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Cicique De Gasline
PETITION
sur la Nécessile du Commerce avec la
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REPUBLIQUE D'HAITI
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JOHN CARTER BROWN LIBRARY
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PETITION
A MESSIEURS
LES DÉPUTÉS DES DÉPANTEMENS,
SUR LA
NÉCESSITÉ
OU SE TROUVE LA FRANCE DE FAIRE UN TRAITÉ DE
COMMERCE AVEC LA
REPUBLIQUE D'HAITI,
ET SUR LES AVANTACES QU'EN RETIRERAIENT LES DEUX NATIONS;
PAR CIVIQUE DE GASTINE,
CITOYEN FRANÇAIS, AUTEUR DE LA LIBERTÉ DES
PEUPLES, etc.
PARIS,
CHEZ LES MATCHANDS DE NOUVEAUTÉS,
Etdanstoutes les librairiesconstitutionnellesdel'Europe,
1823.
EEHMEMIMUEE
ANMMEM
MM --- Page 6 ---
MEMY VNAN
I U V AVIE M --- Page 7 ---
PETITION
A MESSIEURS
LES DÉPUTÈS DES DEPARTEMENS.
Messimens LES DÉPUTÉS,
Les besoins de notre agriculture, la situation de
notre commerce, la surabondance des produits de
nôtre industrie et la voix de T'humanité, appellent
avec moi toute votre attention, sur la nécessité oùt
se trouve la France de faire un traité de commerce
avec la république d'Haiti, et sur les avantages qu'en
retireraient les deux nations.
Le 30 mars dernier, j'ai eu I'honneur d'adresser
à Sa Majesté une lettre par laquelle je pris la liberté de lui exposer respecrneusement Pétat déplorable où les faux calculs et les vues étroites des ministres, réduisent le coiinerce en France, et les
avantages considérables qui résuiteraient, porr notre patrie, de relations promptes et amicales avec
Haiti. Mais,sije crus un momentque les conseillers
de Sa Majesté trouveraient oule, après avoir lu ma
Tettre, de prenère déinitivement un parti avec la
république d'Haii; mon espoir s'évanouit bientôt.
ECTEMMLINNET
) Al LAENM
roites des ministres, réduisent le coiinerce en France, et les
avantages considérables qui résuiteraient, porr notre patrie, de relations promptes et amicales avec
Haiti. Mais,sije crus un momentque les conseillers
de Sa Majesté trouveraient oule, après avoir lu ma
Tettre, de prenère déinitivement un parti avec la
république d'Haii; mon espoir s'évanouit bientôt.
ECTEMMLINNET
) Al LAENM --- Page 8 ---
VIN
(4)
A T'apparition de cet écrit philantropique, la faction
coloniale le mit à l'index de la police; et depuis
cette époque, j'expie chaque jour, par de nouvelles persécutions, le désir d'avoir voulu servir la
France et l'humanité.
Lorsque M. le comte de Bruges, ancien major au
régiment anglais de Montalembert, et aujourd'hui
aide-de-camp de S. A. R. le comte d'Artois, osa
proposer à la France, par la voie des journaux 7 le
massacre général de tous les Haitiens que le gouvernement actuel persiste à considérer comme des
sujets révoltés contre Louis XVIII, de grands personnages regardèrent cette idée, toute monstrueuse
qu'elle est, comme admissible et méme digne d'éloges.
Quant à moi, il m'a suffi un peu plus tard de
démontrer > par des raisonnemens et des faits, le
besoin de reconnaitre l'indépendance d'Haiti, et de
conclure un traité de commerce avec cette république, pour être accusé d'avoir voulu exciter tous les
peuples de FEurope au renversement des trônes 2
et d'avoir provoqué la guerre civile, en excitant les
citoyens à s'armer les uns contre les autres
Une seule difficulté s'est présentée jusqu'à ce
jour sur ce traité. Elle cessera quand les ministres
qui entendent ma! la direction de nos affaires, ne
prétendront plus améliorer les leurs, en élevant des
prétentions de métropole sur ce peuple indépendant et libre. --- Page 9 ---
(5)
Notre diplomatie les reproduit, en toute occurrence, parce que nos relations extérieures sont
moins dirigées dans les intérêts généraux de la
France, que par les préjugés qui ont retardé la civilisation des peuples et substitué des rapports de
supprématie et de dépendance, à ceux qui facilitent l'échange des richesses des différentes nations
par les voies dn commerce maritime.
J'ai cru devoir m'adresser à vous, dans cette circonstance 7 MM. les Députés, pour vous prier de
faire connaitre au Roi, qui, suivant la Charte, déclare la guerre, fait les traités de paix, d'alliance et
de commerce, 3 etc., etc. 7 combien il est urgent que
le gouvernement vienne au secours de notre industrie défaillante, en établissant avec Haiti des relations amicales.
Hâtez-vous, Messieurs, d'engager le Roi à traiter avec cette république pendant qu'il en est encore temps
La faction coloniale, dont on ne peut nier aujourd'hui la pernicicuse influence sur notre diplomatie, crie sans cesse que Sa Majesté ne peut,
sans compromettre la diguité de sa couronne 7 reconnaitre l'indépendance d'une contrée sur laquelle ses
(*) Des lettres récentes d'Hlaiti annoncent que si le cabinat de
Paris persiste à méconnaitre Pindépendance de citte république,
les marchandises françaises y. seront entièrement prohibées, et
que tous ses purts seront fermés à nos vaisscaux, sous quelque
pavillon qu'ils s'y présenteut.
CSREIMETIVITE
NOANEMEM
M
la diguité de sa couronne 7 reconnaitre l'indépendance d'une contrée sur laquelle ses
(*) Des lettres récentes d'Hlaiti annoncent que si le cabinat de
Paris persiste à méconnaitre Pindépendance de citte république,
les marchandises françaises y. seront entièrement prohibées, et
que tous ses purts seront fermés à nos vaisscaux, sous quelque
pavillon qu'ils s'y présenteut.
CSREIMETIVITE
NOANEMEM
M --- Page 10 ---
NYIME HUA
(.6 )
ancêtres ont exercé la souveraineté. Quoi! l'on ose
dire qu'un monarque ne saurait faire un acte de sagesse et de prudence dans l'intérêt national, sans
compromettre la dignité de sa couronne!.. ; qu'un
roi ne saurait préférer une paix qui enrichit à un
état de guerre qui ruine ses peuples, sans compromettre la dignité de sa couronine!.
; qu'an roine
saurait abandonner des prétentions contraires au
droit naturel, pour les remplacer par une alliance
avantageuse, 3 SanS compromettre la dignité de sa
couroune!.
; qu'un roi enfin ne pent accorder la
politique avec la nature et Phumanité, sans compromeitre la dignité de sa couronne!.. Mais les mêmes hommes auraient jeté les mêmes cris, si on les
avait consulté sur Péquité et la politique qui ont fait
assurer, par une charte royale, les bienfaits de la
révolution, et reconnaitre les services rendus à la
patrie sous les différens gouvernemens qui se sont
succédés en France, depuis 89 jusqu'à la restauration.
Si quelque chose pouvait comprometire la dignité de la couroune, daus une monarchie constitutionnelle où les ministres seuls sontr responsables,
ce serait assurément des missions semblables à celle
de MM. Dauxion, Lavaisse et Médina; celle de
MM. Fontanges et Esmangart ; cclle de Pévèque
Glory et autres ambassades occultes. De pareilles
explorations sont plus propres à exciter la méfiance
et le mépris des gouvernemens ayec lesquels on --- Page 11 ---
(7 )
veut traiter, qu'à opérer un rapprochiement entre
des nations faites pour s'estimer réciproquement,
et destinées, pari la nature, à faire un échange mutuel des productions de leur sol et de leur industrie.
Lhistoire moderne de l'Angleterre vientiici fort
à propos nous prouver qu'un puissant monarque
peut, sans compromettre la dignité de sa: couroime, >
reconnaltre l'indépendance d'un pays sur lequel it
a exercé les droits de souverain, 2 et traiter ensuité
sur le pied d'une parfaite égalité avec sa colonie
nouvellement émancipée. En agissant ainsi, le cabinet de Saint-James céda au voeu général de la
nature 2 et servit Pintérêt réciproque des deux nations, sans compromettre la dignité de la couronne
Si l'Angleterre ne reconnut l'indépendance de sa
colonie d'Amérique, qu'après s'être bien convaincue de l'impossibilité absolue de pouvoir y rétablir
jamais sa domination, ne faut-il pas convenir que
la France est absolument dans le même cas envers
son ancienne colonie de Saint-Domingue3.. Eneffet, les Etats-Unis d'Amérique, au moment de
leur affranchissement, ne comptaient pas trois millions d'habitans, encore étaient-ils dispersés sur un
continent d'une étendue immense ; et Haiti en a actuellement plus de deux millions sur un espace peu
étendu. Les Anglo-Américains, lors de leur insurrection, n'avaient pas encore une forme d'adminisCELIMEUMVT
UVULIE
est absolument dans le même cas envers
son ancienne colonie de Saint-Domingue3.. Eneffet, les Etats-Unis d'Amérique, au moment de
leur affranchissement, ne comptaient pas trois millions d'habitans, encore étaient-ils dispersés sur un
continent d'une étendue immense ; et Haiti en a actuellement plus de deux millions sur un espace peu
étendu. Les Anglo-Américains, lors de leur insurrection, n'avaient pas encore une forme d'adminisCELIMEUMVT
UVULIE --- Page 12 ---
a a EMGRNM
(8 )
tration régulièrement établie, tandis qu'Haiti jouit
de tous les bienfaits dune sage constitution exécutée par un gouvernement et des magistrats dont la
justice, la franchise et la loyauté ne craignent, en
Europe > aucun objet de comparaison.
Les troupes envoyées par P'Angleterre pour réduire sa colonie, remportèrent tres-souvent des
avantages signalés sur leurs adversaires, tandis que
nos frères, lors de la trop fameuse expédition de
Saint-Domingue, n'obtinrent sur les Noirs, si je
puis m'exprimer ainsi, que des succès désastreux...
Le climat des Etats-Unis était favorable aux Anglais, tandis que le climat d'Haiti est mortel pour
nos compatriotes. L'Angleterre ne perdit pas vingt
mille hommes dans sa guerre contre les Etats-Unis,
et la France a sacrifié plus de qnatre-vingt mille
héros dans sa guerre contre les Haitiens. Enfin 2
quand l'Angleterre renonça pour toujours à ses
droits sur sa colonie, celle-ci n'avait pas cinquante
mille hommes sous les armes, tandis que Pindépéndance nationale d'Haiti est confiée à une armée
de ligne de plus de cent mille hommes effectifs de
toutes armes, et à une garde nationale qui ne
compte pas moins de quarante mille braves prêts à
tout sacrifier pour la défense de leurs droits et de la
liberté !
Lorsque le cabinet de Versailles, qui ne mérita
jamais le reproche d'être trop libéral, reconnut atthentiquement l'indépendance ct la liberté des --- Page 13 ---
(9)
Etats-Unis d'Amérique, il justifia cette déclaration
solennelle par l'invocation du principe éternel de la
liberté des peuples et de l'indépendance des nations
Les amis de l'hamanité et de la paix peuvent encore espérer, sans doute, que Louis XVIII reconnaitra, pour la république d'Haiti, les principes
d'indépendance que Louis XVI invoqua en fayeur
des Etats-Unis d'Amérique?
Les prétentions de notre diplomatie sur Haiti
n'ont eu pour résuitat, jusqu'à ce jour, que de
faire un tort considérable à notre agriculture ct à
notre industrie.
Dans l'état politique où se trouve aujourd'hui le
Nouvesn-Monde, il est bien facile de démontrer
l'absurdité de prétendre érablir une colonie frangaise; quelque modifiée qu'elle puisse être, sur la
terre à jamais libre d'Haiti, au lieu de conclure,
avec cette république, un traité de commerce qui
nous procurerait des avantages immenses.
Il n'est pas besoin de gouverner telle ou telle ile,
dit Jérémie Bentham, célèbre jurisconsulte anglais de la posséder, pour y vendre des marchandises. Les habitans des Antilles ont besoin des
productions de la France. S'ils étaient indépendans,
il faudrait bien qu'ils les acheiassent. Dans leur
() Théoric des peines et des récompenses 2 tom. 2 1 pag. 979
el 383.
CIIMUNUE
ous procurerait des avantages immenses.
Il n'est pas besoin de gouverner telle ou telle ile,
dit Jérémie Bentham, célèbre jurisconsulte anglais de la posséder, pour y vendre des marchandises. Les habitans des Antilles ont besoin des
productions de la France. S'ils étaient indépendans,
il faudrait bien qu'ils les acheiassent. Dans leur
() Théoric des peines et des récompenses 2 tom. 2 1 pag. 979
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CIIMUNUE --- Page 14 ---
t EMNENE
10 )
état de dépendance que sont-ils de plus?..
Aussi, le savant Anglais que je viens de citer, proclama-t-il, comme une vérité incontestable, qu'il
n'est pas besoin de posséder les colonies pour commercer avec elles, et que quand même on ne ferait
pas le commerce avec les colonies, les capitaux
qu'on y emploie seraient appliqués aussi fructueusement à d'autres entreprises.
La domination d'un peuple sur un autre peuple,
quelque modifée qu'elle puisse être, représente
toujours le maître el l'esclave. Dans un pareil état
de choses, la nature est outragée, et cette tendance
mutuelle des nations à échanger les produits de
leur industrie, est remplacée par la méfiance et la
haine.
Si les milliers de Français qui ont péri si misérablement dans les guerres désastreuses de Saint Domingue, ainsi que les sommes énormes qu'ont coûté
ces expéditions extravagantes, avaient étéemployées
au défrichement des plaines incultes de la Bretagne, des landes de Bordeaux, à la construction de
nouveaux canaux dans l'intérieur de la France, la
population et la richesse de notre patrie se seraient
accrues dans une immense progression.
C'est donc au sein même de cet empire, et non
pas sur des rivages lointains et dans des iles étran*
(*) M. Bentham écrivait avant la révolution de Suint-Damingue. --- Page 15 ---
1 II )
géres, que le gouvernement de la France doit former des colonies. Que le ministère emploie tous
ses efforts pour augmenter le nombre des citoyens,
mais qu'il renonce à la manie, pitoyable dans le
dix- neuvième siècle, de créer des chevaliers., des
comtes , des vicomtes, des ducs et des marquis
Qu'il reconnaisse enfin que la vraie gloire, la seule
noblesse consiste à labourer. un champ, à mourir
pour la défense de sa patrie on à l'enrichir du produit de son industrie; mais non à vivre dans une
condamnable oisiveté, n'ayant d'autres titres pour
participer à la gloire nationale et à l'estime de leurs
concitoyens, a que des cordons, des rubans et des
parchemins indignes du vrai mérite, puisqu'ils sont,
le plus souvent, le prix de l'intrigue et l'ornement
de la médiocrité.
En défrichant de nouvelles terres , des milliers
d'individus naitront pour défendre et enrichir l'état.
Il faudra plus de draps, plus de toile, 2 en un mot,
plus d'objets de l'industrie ; et nos manufactures,
en se multipliant, contribueront dayantage à la
splendeur et à la richesse nationale.
Iln'est pas douteux, MM. les Députés, que la
France ne réunisse bientôt tous les avantages de la
civilisation du commerce intérieur et extérieur le
plus riche, le plus actif et le plus varié, si notre diplomatie sait profiter des relations commerciales et
politiques qu'Haiti semble encore disposée à établic
avec la France. C'est alors qu'en échange des proCEENMELIE
UVI
, contribueront dayantage à la
splendeur et à la richesse nationale.
Iln'est pas douteux, MM. les Députés, que la
France ne réunisse bientôt tous les avantages de la
civilisation du commerce intérieur et extérieur le
plus riche, le plus actif et le plus varié, si notre diplomatie sait profiter des relations commerciales et
politiques qu'Haiti semble encore disposée à établic
avec la France. C'est alors qu'en échange des proCEENMELIE
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2 1 L MUEUCNM
12)
ductions de notre sol et de notre industrie, nous
recevrons directement des Haitiens les denrées COloniales et les matières premières, indispensables à
la confection d'une foule d'objets de nos fabriques.
Quant aux avantages immenses qui résulteraient
infailliblement, pour la France, de l'indépendance
de la république d'Haiti, rien n'est plus facile à démontrer. Outre plusieurs centaines de millions que
le commerce de cette ile jetterait annuellement dans
la balance de notre commerce défaillant, dans peu
d'années cette puissance deviendrait, tant par sa position géographique que par la sagesse de son gouvernement, un marché perpétuel des marchandises
et des productions des deux mondes. Elle ne peut
manquer alors de devenir un entrepôt général des
produits de l'industrie française, qui n'attend qu'un
évènement aussi heureux pour reprendre toute son
activité, et atteindre un degré de perfection où elle
n'aura pas de rivale sur le globe.
Quels ont été les résultats de nos prétentions sur
la première des Antilles Le délabrement de notre commerce et la privation volontaire et profondément absurde d'un trafic extérieur considérable,
dont le cabinet de Saint-James, plus sage que le
nôtre, a su profiter
D'après un pareil systême de déception, est-il
surprenant que la France, quoique couverte de fabriqnes et de manufactures en tous genres, soit ac- --- Page 17 ---
(13)
cablée, au sein même de la paix, du poids de presque tous les maux que produit la guerre, au point
de payer, 2 après sept ans de restauration, près d'un
milliard d'impôts. Enfin, dans le court espace de
peu d'années, 1 Pon a vu s'évanouir les plus belles
espérances, et la misère tomber sur le commerce et
dessécher la population.
Si la cessation de notre commerce maritime a
privé la France de plus de cinquante mille matelots, il est évident qu'un traité de paix avec Haiti,
en rétablissant notre marine marchande, nous fournirait, en cas de guerre, plus de marins instruits et
expérimentés qu'il ne serait nécessaire pour le service de nos escadres et de nos flottes. Peut-on négliger cette considération au moment où la Russie
menace d'accomplir des desseins qui lui donneront,
sur les mers, une puissance que P'Angleterre n'eut
jamais 222.
Non-seulement nos relations commerciales avec
la république d'Haiti, élèveraient dans peu notre
marine à ce haut degré de prospérité, mais cette
puissance, possédant dans son sein des bois d'une
qualité supérieure et une foule d'autres objets indispensables aux constryctions navales, trouverait
elle-même un avantage certain à les échanger avec
la France, pour des objets provenant de notre sol
ou de nos manufactures, qui sont devenues nécessaires" aux Haitiens dans l'état de civilisation ou
cette république est. parvenue en si peu d'années.
wemyENnV m
-
ce haut degré de prospérité, mais cette
puissance, possédant dans son sein des bois d'une
qualité supérieure et une foule d'autres objets indispensables aux constryctions navales, trouverait
elle-même un avantage certain à les échanger avec
la France, pour des objets provenant de notre sol
ou de nos manufactures, qui sont devenues nécessaires" aux Haitiens dans l'état de civilisation ou
cette république est. parvenue en si peu d'années.
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a mEsUAN
(14)
Dans l'état déplorable oû se trouve le commerce
français, j'ai cru, MM. les Députés, que le moyen
le plus efficace de venir à son secours, serait d'exposer à Sa Majesté le besoin impérieux et profondément senti des négocians français, d'établir des
relations commerciales avec tous les peuples de la
terre, et particulièrement avecla république d'Haiti.
C'est, l'on ne peut en douter, le plus puissant
moyen d'épurer les moeurs > puisqu'il est bien
prouvé que P'homme, naturellement porté à la
vertu, ne s'abandonne au crime que lorsque les vices de la législation ou les erreurs de la politique le
placent dans l'affreuse alternative d'attenter à la vie
de son semblable, pour arracher la sienne aux horreurs de la faim (*) Cette triste vérité est si
(*) En examinant avec une sévère impartialité l'ensemble de
Tadministration des pcuples de TEurope, il est facile de s'apercevoir que ce n'est point l'art de gouverner qui est si compliqué, mais bien plutôt l'art de tromper et de dépouilier les nations de leurs richesses. Toute la science de I'homme d'état se
réduil à ceci : Rendre les hommes heureuz. Vous obticudrez ce
résultat aussitôt qu'ils seront libres.
C'est moins dans la confection des lois qui punissent les fautes, que dans celles qui assurent le bonheur de tous les membres
de la société, que vous trouverez,le moyen d'épurer les moeurs.
Vainement, 6 législateurs! vos lois défendront et puniront le
crime, tantqu'il existera des lois qui placeront les citoyens dans
l'affreuse position de lc commettre!,
Que l'on compulse les
annales de la justice et l'on trouvera une preuve irrécusable de
ce que j'avance, dans la grande disproportion quiexiste entre le
nombre des délits de toute espèce commis pendant T'hiver, et
, que vous trouverez,le moyen d'épurer les moeurs.
Vainement, 6 législateurs! vos lois défendront et puniront le
crime, tantqu'il existera des lois qui placeront les citoyens dans
l'affreuse position de lc commettre!,
Que l'on compulse les
annales de la justice et l'on trouvera une preuve irrécusable de
ce que j'avance, dans la grande disproportion quiexiste entre le
nombre des délits de toute espèce commis pendant T'hiver, et --- Page 19 ---
(15)
palpable, qu'il suffit de jeter un coup-d'cil sur
l'ensemble de la société, 2 pour s'en convaincre.
C'est en prenant pour guide lés principes immuables de la nature qui a voulu faire des hommes
autant de frères, et des peuples' autant de familles,
que vous parviendrez, MM. les Députés, à améliorer le sort malheureux d'un si grand nombre de vos
semblables.
La nature, en distribuant ses richesses avec tant
de profusion sur la surface du globe, n'a pas dit
que les productions de telle contrée ne seraient
consommées que par sa propre population, puisque
cette même nature a fait naitre, chez les habitans
d'un hémisphère, le besoin et le désir des productions de l'autre. Ce besoin de tous les hommes de
se procurer des objets étrangers au sol qui les a vus
naitre, indique assez que le but de la nature a été
de les exciter à communiquer ensemble de tous les
pays de la terre, en faisant un échange réciproque
des productions de leurs climats respectifs.
ceux commis durant l'été. Les alentours ct même certaines rues
de la capitale sont dangereuses, le; soir, en hiver; tandis que
dans Tété, l'on n'y court aucun risque1... La raison en est simple et naturelle, - clest qque, dans la belle saison 2 le riche égoiste
est intéressé à faire travailler, tandis qu'en hiver, , lc peuple est
sans travail, et par conséquent sans moyens d'existence.
Si les hommes paraissent meilleurs en été qu'en hiver, on
peut facilement, et sans déranger les cours des saisons, faire en
sorte que T'été, pour cux, soit perpétuel!ll.. Détruisez nos
mauvaises lois, et avec elles tomberont les échafauds et lons
les crimes qu'elles punissent, cans jamais en prévenir un seul.
CIEUMEUME V7E
AVII
, lc peuple est
sans travail, et par conséquent sans moyens d'existence.
Si les hommes paraissent meilleurs en été qu'en hiver, on
peut facilement, et sans déranger les cours des saisons, faire en
sorte que T'été, pour cux, soit perpétuel!ll.. Détruisez nos
mauvaises lois, et avec elles tomberont les échafauds et lons
les crimes qu'elles punissent, cans jamais en prévenir un seul.
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07-145
(1 16)
C'estdonc la nature qui repousse tout ce qui est
injuste, et qui commande tout ce qai est sage, qui
nous ordonne d'établir, avec Haiti, un commerce
d'échange qui ne peut manquer de devenir immnense dans peu d'années. Pour s'en former une
idée, il suffit de réfléchir sur le génie actif et indastrieux qui distingue la France des états qui l'avoisinent, et la position avantageuse d'Haiti pour
devenir l'entrepôt du commerce de l'ancien monde
avec le nouveau.
Je crois en avoir dit assez, Messieurs, pour vous
donyaincre qu'il serait plus avantageux à la France
dereconnaitre dioaibenmahodipemdeas d'Haiti,
et de faire un traité de commerce avec cette puissance, que de conserver, sur la souveraineté de
cette république, des prétentions ruineuses pour
notre prospérité nationale, et plus ridicules encore
que celles des monarques de la Grande-Bretague, 5
lorsqu'ils prenaient le titre de rois de France, puisque du moins ils ne privèrent jamais la nation anglaise des avantages qu'elle retirait, tant de ses rclations commerciales avec nous 2 que de l'ineptie et
des bévues que commettaient ceux à qui l'administration de la France était confiée.
Je suis avec respect,
Messieurs les Députés,
Votre concitoyen,
CIVIQUE DE GASTINE.
Imprimeria de F. P. HanDY, rue Dauphine, n.o 36. --- Page 21 ---
HILHMEMINNET
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