--- Page 1 --- --- Page 2 --- --- Page 3 ---
Droguatr
dereee
CuS
PROPOSITIONS
N.127.
Surles préceptes d'Iygiène navale à observer
sous les Tropiques du Cancer, du Capricorne, sous la Zône torride,et surlAcclimatement des Européens à Saint-Domingue et
aux Antilles ;
Présentées et soutemues d TEcole de Médecine de Paris, le
27avit 1806,conformément CIz dispositions delarticle XI
de la loi du 19 rentose an 11,
PAR MARC-JULIEN DROGUET,
Chirurgien de premicre classe entrctenu de la Mariue.
Medicinam quicunngie rull rectè cousequi Sheeficiat oportct:
Cim adurbem sibii ignotam) pervencrit, lunc ejus situm considerure
eporters,quomodo cl ad ventos el ads solis ortunn jaceal, etc.
HIPP., de aere, aquis ct locis, cap I.
A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE DE DIDOT JEUNE,
Imprimeur del l'Ecole de Médecine, rue des Magmecerboane,N.3.
1806.
- --- Page 4 ---
PRESIDENT,
M. BOURDIER.
E X A MINATEU RS,
MM. SUE.
PETIT-RADEL.
DESGENETTES
DUMERIL
DEJUSSIEU.
à
Par délibération du 19 frimaire an 7,"École. a arrêté quel les opinions émiises
dansies disseitations qai lui sont présentées, doivest être considérées comn e
propres à leurs auteurs; qu'elle n'enteud leur donner aucune approbation ni
improtation. --- Page 5 ---
AUX MEMBR ES DU CONSEIL
D E SALUBRITÉ NAVALE,
AU PORT DE BREST,
Comme un faible hommage de mon profond
respect et dema reconnaissance SuILS bornes.
M, J. DROGUET. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
(5)
E 10 cm
CE a
PROPOSITIO NS
navale à observer souS les
Sur les préceptes d'Hygiène
Tropiques du Cancer, du Capricorne , sous la Zône
des
à Sainttorride, et sur TAcelinatement
Européens
Domingue et aux Antilles.
ART. I.eF
Aux maladies des autres climats se joignent encore quelques
maladies très-perbicieuscs, qui n'épargnent presque aucun de ceux
qui arriyent dans les colonies d'Amérique.
I I.
L'élévation de la température entre les tropiques et sous la zône
torride influe singulierement sur tous les êtres qui y sont soumis
depuis peu et pour la première fois.
II I.
Elle opère un changement subit qui prédispose l'Européen aux
maladies des nouyeaux climats qu'il va habiter.
I V.
Les non-acclimatés sortant d'un pays froid et se rendant promptement à un des tropiques, sont sujets à de fortes transpirations..
I I.
L'élévation de la température entre les tropiques et sous la zône
torride influe singulierement sur tous les êtres qui y sont soumis
depuis peu et pour la première fois.
II I.
Elle opère un changement subit qui prédispose l'Européen aux
maladies des nouyeaux climats qu'il va habiter.
I V.
Les non-acclimatés sortant d'un pays froid et se rendant promptement à un des tropiques, sont sujets à de fortes transpirations.. --- Page 8 ---
(6)
V.
Cette diaphorèse augmente progressivement, et devient tresfatigantc, suitout pendant la nuit.
V I.
Dans cette région, les marins commencent à être incommodés,
leur appétit diminue, la constipation se déclarc, lenr sommcil est
interrompu; ils ne peuvent plus don mir dans le faux-pont ni dans
la cambusc, où la chaleur est trop forte, et où Pair n'est pas assez
renouyelé.
V II.
Alors paraissent des éruptions de différente nature : l'érysipèle
et le phlegmon ont également. lien. Les malades perdent leur
gaieté, cherchent à s'étendre à l'ombre ou dans leurs lits; l'altération devient considérable, ct les portc à boire abondamment
d'une eau qui déjà commence à s'altérer. La langue se couyre
spontanément dun limon jaunâtre.
VIII
Des affections gastriques ne tardent point alors à se déclarer, et
font désirer ardemment aux malades l'usage des acides. Cependant,
on doit être réservé sur leur emploi, car la débilité de l'organe
digestif commence déjà à se faire sentir. Des qu'on a procuré
quelques éyacuations par lipécscmnha,oulet tartre stibié, et par les
Javemens, il faut revenir bicntôt aux fortifians, aux bons bouillons, aux vins généreux, surtout ceux de Bordeaux, moyens simples qui doivent former la basc du traitement.
I X.
Une attention que le médecin ne doit jamais perdre de vue, c'est
d'obtenir du capitaine, pour l'intérêt dc léquipage et lc salut des
déjà à se faire sentir. Des qu'on a procuré
quelques éyacuations par lipécscmnha,oulet tartre stibié, et par les
Javemens, il faut revenir bicntôt aux fortifians, aux bons bouillons, aux vins généreux, surtout ceux de Bordeaux, moyens simples qui doivent former la basc du traitement.
I X.
Une attention que le médecin ne doit jamais perdre de vue, c'est
d'obtenir du capitaine, pour l'intérêt dc léquipage et lc salut des --- Page 9 ---
(7)
malades, la perniission de placer Thôpital dans la batteric de 18,
où P'air circule plus librement.
X.
Cinglant vers les pays chauds ct sur le point d'arriver dans Jes
colonics, on voit.fréquemment paraitre sur la superficie du corps
des éruptions de toute espèce 2 des galcs, des dartres, des ébullitions; il survient aussi des inflammations, telles qu'ophtalmies et
angincs. La gonorrhéc qui ayait cessé de couler en Europe, et
dout lc malade se croyait guéri, reparait quelquefois. Des bubons
vénériens ct des chancres mal traités se renouvellent avec dcs pustules de meme nature.
X I.
Arrivé dans les' colonies, le médecin a besoin de toute la sagacitéet dela prudence d'un vieux praticien,pour prescrire aux marins
Ja corduite qu'ss doivent tenir et le nouycau régime qu'ils doivent
adopter.
X I I.
Il doit s'assurer de la nature du sol, de celle des eaux 3 étudier
Ja topogruphie du licu, et principalement celle des hôpitaux, dont
le séjour devient si fréquemment le tombeau des Européens.
XIIL
Arrivé au mouillage, lc commandant, de concert avec le médecin, doit choisir de préférence ( toules choses égales d'ailleurs)
Pendroit cui ily a plus de fond, et oùt la mer découvre le moins, II
doit éviter de se faire abriter parl les montagnes, oû il serait privé
de la fraicheur des briscs. Le point essentiel, est de s'assurer s'il
existe à terre des maladics contagicuses : dans ce dernier cas, toute
cemmunication doit ètre interdite ayec l'endroit infecté,
decin, doit choisir de préférence ( toules choses égales d'ailleurs)
Pendroit cui ily a plus de fond, et oùt la mer découvre le moins, II
doit éviter de se faire abriter parl les montagnes, oû il serait privé
de la fraicheur des briscs. Le point essentiel, est de s'assurer s'il
existe à terre des maladics contagicuses : dans ce dernier cas, toute
cemmunication doit ètre interdite ayec l'endroit infecté, --- Page 10 ---
(8)
X I - V.
Rclativement aux malades qui existent à bord, le médecin doit
voir s'il y a place dans les hopitaux ; s'ils peuvent y étre traités convenablement et sans danger : dans Jc cas' contraire, il doit prendre
le parti suivant: :
X V.
Il établira 1Il hôpital ambulant sur l'endroit le plus élevé de la
grève,ou encore mieux > sur un morce voisin bien aéré,exposé anx
brises dc la mer. A cet eflet, il tirera du vaisseatt tous les sccours
qui seront eu son pouvoir, tels que vin, pain, riz, pruneaux,
oseille confite, choux-crontes, tablettes à bouillon, alimens préférables à ceux du pays, auxquels PEuropéen n'est point encore
accoutuné, Il fera faire la cuisiuc des malades par des hommes
de l'équipage; linspection de la pharmacic cl la visite des marios
confiés à scS soins lui seront exclusivement réseryées.
X V I.
L'hopital sera construit de maniere que les toiles qui en forment
les parties latérales pourront, à volonté, s'élever et s'abaisser. Dès
que la brise du large diminuera, on baissera la,toile, pour garantir
les malades de la fraîcheur et de I'humidité des nuits, Le lendemain
vers lcs dix heures, lorsque la brise du large recommence, on lève
les toiles pour établir Ull courant d'air qui rafraichit les malades
et leur procure un soulagement marqué. L'asile des malades ainsi
distribué, exempt des émanations qui entourent ordinairement les
hôpitaux, , cst,pour les marins, d'autant plus salutaire, qu'il csl près
de la mr, dont la vue scule leur plait et les distrait,
X V I I.
Lhôpital instalé, il reste au médecin à remplir une tâche aussi
difficile qu'mnportaute, Thygiene du vaisscau. Il se concertera avec
agement marqué. L'asile des malades ainsi
distribué, exempt des émanations qui entourent ordinairement les
hôpitaux, , cst,pour les marins, d'autant plus salutaire, qu'il csl près
de la mr, dont la vue scule leur plait et les distrait,
X V I I.
Lhôpital instalé, il reste au médecin à remplir une tâche aussi
difficile qu'mnportaute, Thygiene du vaisscau. Il se concertera avec --- Page 11 ---
(9)
la
soit maiatenue dans tous les
le commandant pour que propreté
du bâtiment. lI fera laver tous les jours les ponts, les gailpoints lards, ouvrir lcs écoutilles et sabords ; renouveller, quand il parail'eau de la sentine ; introduire deleau dans la cale,
tra convenable,
s'assurer si P'eau
si le vaisseau n'en fait pas; fera pomper, pour
très-fétide; fera laver les hardes des marins, les obliqui sort est
convenables,
eu
gera à sC nettoyer, à se baigner aux heares
ayant
de s'assurer
n'existe pas de requins daus la
soin auparavant
qu'il mouillé, llaura soin
le vaisseatt
rade ou la baie où le vaisseau est
que
soit bien tenté pendant la chaleurd du jour. Il ne négligera pas le parfum de Guyton de Morvean * reconnu si utile. Il empêchera que
personne ne se couche sur le pont, et ne s'expose aux rayons brûlans
du soleil , habitude ordinaire des troupes. II défendra de laisser les
marins descendre à terre à d'autres heures que celles du matin
ou du soir, à moins que le service n'en ordonne autrement. Enfin,
il doit leur mettre soUS les yeux conbien peut leur étrc dangereuse la grande altération qui les porte à faire abondamment usage
de l'eau et des limonades du pays, ainsi que des fruits acides. 1l leur
aussides frictions sèches sur le corps, de se couvrir la poiprescrira trine, de ne pas rester la tête nue, surtout lc soir; il leur défendra également de ne pas se mouiller les pieds, pendaut ou apris
la chaleur, crainte d'une prompte répercussion de transpiration,
ou même du tétanos.
XVIIL
Sil est des circonstances où l'on doit augmenter la ration de vint
de l'équipage, c'est surtout dans les pays chauds; mais il arrive
malheurcusement qu'au lieu de pouvoir l'accroitre, on est obligé
de la diminuer. Dans ce dernier cas, on donne ordinairement du
rhun O11 de l'eau-de-vie en remplacement. Il faut alors prescrire
aux marins d'étendre ce epiritueux dans beaucoup d'eau, ce qui
rend cette boisson moins mal-faisante,
--- Page 12 ---
(10)
XI X.
Heurcux lcs Européens qui arrivent aux colonies dans un temps
ou la température est moins brûlante, et où les maladies contagieuses ne sont point eu pleine activité !
X X.
L'expérience prouve évidemment qu'il est des circonstances et des
momens favorables pour sC familiariser avec CCS climats, les plus
mal-sains et les plus meurtriers. Souvent la maladie ne se, déclare
et ne sévit avec violcnce que par le concours de plusieurs causes; 5
les tenps, les saisons, les licux, le temnpérament, la maniere d'ètre
et d'exister, sont antant de raisons qui influent sur son développement.
X X I.
La chaleur excessive du jour doit foujours être évitée; elle détermine des affections funcstes, quelquefois mortelles.
X X II.
La fraieheur des nuits n'est pas moins dangereuse.
XXIIL
Il est donc de rigueur d'éviter également CCS deux extrêmes. On
doit aussi se garantir de lintempérie des saisons ct de l'influence de
tous les lieux.
X X I V.
On nc peut être indifférent sur le choix des alimens et des boissons; leur quantité, leur qualité el le moment d'en user, doivent
êtredéterminés.
X XV.
Dans les maladies contagieuses, l'isolement est d'autant plus né-
ur des nuits n'est pas moins dangereuse.
XXIIL
Il est donc de rigueur d'éviter également CCS deux extrêmes. On
doit aussi se garantir de lintempérie des saisons ct de l'influence de
tous les lieux.
X X I V.
On nc peut être indifférent sur le choix des alimens et des boissons; leur quantité, leur qualité el le moment d'en user, doivent
êtredéterminés.
X XV.
Dans les maladies contagieuses, l'isolement est d'autant plus né- --- Page 13 ---
(n)
cessaire pour le nouveau débarqué, qu'il peut se soustraire à ce
fléau, en se familiarisant avec le climat et les habitudes du pays,
dont il a un besoin indispensable.
XXV I.
Il est nécessaire d'établir les demeures des nouvcaux débarqués
sur des lieux élevés. En suivant ce précepte, on imite en cela la
nature, qui, dans toutes ses productions, - plaçant le remède à côté
du mal, semble ménager, de distance en distance dans ces contrées,
des mornes nombreux pour préserver les habitans de l'influence et
de l'infection des lieux environnans.
XXVI II.
Les lacs et les rivières, les plaines nouvellement défrichées, lcs
bas-fonds, lieux toujours humides, sont 1 pour les non-acclimatés,
des voisinages souvent dangereux, s'ils ne sont pas mortels.
XXVIIL
La tranquillité d'esprit et de corps est d'une inclispensable nécessité.
X XIX
Les travaux de l'esprit poussés trop loin, l'imagination trop longtemps étendue, ne peuvent se soutenir dans ces climats, où l'état
de l'atmosplère relâche tous les organes, et tend à affaiblir l'exercice des fonctions intellectuclles.
X XX.
Les travaux du corps, s'ils ne sont pas excessifs, loin de nuire,
sont utiles; mais il faut les éviter pendant le fort dc la chaleur.
XX XL
I faut éviter de passer les nuits sans goûter les douceurs du --- Page 14 ---
(:2)
sommeil. Ce temps doit être consacré au rep oS, afin de réparer
les peites continuelles.
XXXII
1l est ires-dangereux de coucher sur la tcrre, surtout quand elle
est humide. ; Onl y passerait à peine impunément une nuit entière,
pour peu que l'on fiit prédisposé à une affection morbifique : des
douleurs rhumatismales, des affections aux yeux, ou même le létanos, en seraient des suites trop certaines.
XXXIIL
Les excès en tous genres sont tres-dangereux; il faut s'abstenir
de ceux de ia tuble.
X X X I V.
La mélancolie est une affection funeste. Il arrive souyent que
l'Européen allant chercher dans des pays lointains une fortune à
laquelle il aspirait, se voyant déchu de son espoir, s'cfforce de
trouver dans les liqueurs spiritueuses du pays un remede à SeS
chagrins; mais cet infortuné n'y trouve, au contraire, qu'un poison qui achève de le consumer.
XXX V.
Vénus n'est pas plus favorable que Bacchus; elle n'épargne point
ses sacrificateurs, et il vaut micux la négliger que de s'y livrer
ayec indiscrétion.
X X - X V I.
Les fruits d'Amérique sont d'autant plus dangereux, qu'ils joignent à leur abondance une saveur agréable; celui qui en mésuse
n'est pas long-temps sans en ressentir les funestes effets; ils dérangent la digestion, donnent naissance à la plupart des maladies
du bas-ventre,. tels que maux d'estomac, cholera-morbus, diar-
la négliger que de s'y livrer
ayec indiscrétion.
X X - X V I.
Les fruits d'Amérique sont d'autant plus dangereux, qu'ils joignent à leur abondance une saveur agréable; celui qui en mésuse
n'est pas long-temps sans en ressentir les funestes effets; ils dérangent la digestion, donnent naissance à la plupart des maladies
du bas-ventre,. tels que maux d'estomac, cholera-morbus, diar- --- Page 15 ---
(13)
shée : étant lout acides ou macilagineux, ils ne peuvent manquer
d'occasionner les acccidens que je viens de citer.
XXXVIL
L'utilité des bains locaux et entiers est généralement reconnuc; mais il ne faut pas les prendre trop, chauds ni y rester trop
long-temps, antrement ils deviendraient débilitans : ils. ouvreut lcs
pores de la peau, favorisent la transpiration si utile dans ces
climats, entretiennent le jeu des solides, empèchent la stase des
liquides; en conseryant ainsi un juste équilibre entre CCS deux
puissances, ils concourent efficacement à la santé de celui qui en
fait usage.
XXXVIIL
Les évacuations stercorales doivent êtrc favorisécs, et même
sollicitées, quand clles. cessent d'êtrc régulières; aussi importe-t-il
de prendre de temps à autre quelques lavemens simpics, quelquefvis mucilagineux ou aiguiscs, suivant les circonstances. Cette
pratique me parait d'autant plus utile, que la coustipation est
une des premières incommodités qui affligent le marin ou le
soldat français, entre les tropiqnes ou à son arrivée aux colonies.
XXXIX
Si le marin français est souvent ans Pimpossibilité de changer
de tinge toutes les fois qu'il est imbibé de sueur, du moins ne'
doit-il pas le conserver sale; négligence impardonnable qui,s'opposant à la transpiration, amène bientôt le désordre dans les autres fonctions Il scrait à désirer que les militaires eussent, à ce'
sujet, double ordannance.
XL.
L'usage modéré du vin est utile. L'eau vineusc est unc des
boissons les plus salutaires ; elle fait.une excellente tisanc dans,
de tinge toutes les fois qu'il est imbibé de sueur, du moins ne'
doit-il pas le conserver sale; négligence impardonnable qui,s'opposant à la transpiration, amène bientôt le désordre dans les autres fonctions Il scrait à désirer que les militaires eussent, à ce'
sujet, double ordannance.
XL.
L'usage modéré du vin est utile. L'eau vineusc est unc des
boissons les plus salutaires ; elle fait.une excellente tisanc dans, --- Page 16 ---
(14.)
la plupart des maladies : elle tempère la soif, soutient le ton de
l'estomac, entretient la transpiration, au lieu que les limonades
jeltent dans l'abattement ceux qui en font un usage habituelle.
X L I.
Le café, production indigène, est utile, surtout aux colons;
qui en font un fréquent usage, et dont ils se passeraient difficilemeit' : il facilite la digestion, procure la gaieté, éloigne l'accablement que produit le climat et l'état de l'atmosphère, les rend
propres au travail, et leur fait chérir la vie qu'ils menent au
milieu de ces contrées brûlantes, Il est aussi un bon anti-scorbutique.
XLIL
Dans le régime qui doit être suivi aux colonies, les liqueurs spiritueuses ne seront point entièrement bannies; tout dépend de leur
administration, et surtout de leur qualité, Le thum ou tafia, qui
en fait la majeure partie, doit être vieux, et ne pas être bu pur.
Etendu dans un véhicule approprié, il est un bon excitant, et il
serait à désirer qu'on pût toujours en mettre dans l'eau des marins.
XLIII,
La gaieté, toujours salutaire,cst absolument nécessaire dans les
pays cmbrasés, et on ne doit rjen éparguer pour la faire naître,
l'exciter et T'entretenir,
XLIV.
L'exercice modéré, proportionné aux forces, est des plus utiles;
mais il a ses momens d'élection pour en jouiravec fruit. Le matin,
lorsqu'il fait encore frais, et le soir, quand la brise du large a tempéré la chaleur excessive du jour, sont les heures favorables pour
les. promenades et les différens trayaux.
st absolument nécessaire dans les
pays cmbrasés, et on ne doit rjen éparguer pour la faire naître,
l'exciter et T'entretenir,
XLIV.
L'exercice modéré, proportionné aux forces, est des plus utiles;
mais il a ses momens d'élection pour en jouiravec fruit. Le matin,
lorsqu'il fait encore frais, et le soir, quand la brise du large a tempéré la chaleur excessive du jour, sont les heures favorables pour
les. promenades et les différens trayaux. --- Page 17 ---
(15)
X L V.
Que u'envoie-t-on dans ceS climats inhespitaliers des hommes
pris de préférence dans le midi de la France? ils auraient plus de
chances en leur faveur. Par ce choix, le climat et les différens
genres de maladies, toujours funestes aux' non * acclimatés, mnoissonneraient moins de victines; l'état y conserverait ses marins, ses
soldats, cl aurait mois de dépenses à faire.
X'L V I.
L'eau des colonies est, en général, crue, saumâtre, chargée de
sel marin calcaire, de sélénite; elle est lourde à l'estomac, engendré
lcs maladics chroniques, comme obstructions, fièvres lentes, dévoiement. Pour lui enlever ses mauvaises qualités, on corrigera sa
crndité par des acides, desliqueurs alcoolisces. L'ébullition, sutout
le filtre, la rendront moins dangereuse.
X.I V I I.
Les limonades, les orangeades, ne doivent être prises' qu'en
petite quantité, à moins qu'clles ne Soient alcoolisées, antrement'
elles seraient dangereuses.
XLVIIL
Si l'isolement est nécessaire pour la plupart des hommes quiarrivent dans ces pays, conbien .n'est-on pas coupable de les acettmulerquelguefuis dans les vaisseaux, les hopitaux, lescasernes! Quc
les militaires soient cantonnés sur les mornes; qu'ils nc vichnent
dans les villes faire le scrvice quc par détachemens; telle cst la
conduite que do' vent tenir leurs chefs..
X LI X.
H faut éviter d'arriverà l'époque de Thivernage 3 temps extrèmement dangercux pour. les personnes non-acclinatées.
coupable de les acettmulerquelguefuis dans les vaisseaux, les hopitaux, lescasernes! Quc
les militaires soient cantonnés sur les mornes; qu'ils nc vichnent
dans les villes faire le scrvice quc par détachemens; telle cst la
conduite que do' vent tenir leurs chefs..
X LI X.
H faut éviter d'arriverà l'époque de Thivernage 3 temps extrèmement dangercux pour. les personnes non-acclinatées. --- Page 18 ---
(16)
L.
Le ventre doit être tenu libre par divers moyens; autrement, la
diarrbée ou la dysenterie viendra remplacer cet état de constipation, et l'on sera encore hcureux si une fièvre bilieuse de mauvais caractère ne SC nêle pas de la partie.
L I.
Il cst reconnu que la grande humidité dont l'air est surchargé
dans les pays chauds prive cet élément de son élasticité ordinaire,
occasionne conséquemment le relaclement et l'ipertie des organes,
amene la pléthore des humeurs sércuses. D'après ces principes,
l'emploi des toniques pris dans les amers, et surtout le quinquina,
n'est point à négliger pour entretenir les forces digestives.
L I I.
La terreur doit être bannie de l'ame de l'Européen, s'il veut s'acclimater. Les lâches sont sûrs d'être atteints de la maladie, et partout il leur est réservé de tomber les prémières victimes du sort
qu'ils redoutaient le plus.
LIII
L'excessive chaleur humide et pourrissante, l'air stagnant, les
exhalaisons infectes, les passions tristes, concourent puissamment
au développement, à l'aliment et à l'intensité des maladies contagieuses.
L I V.
La grande évaporation qui a constamment. lieu dans les pays
chauds, saturant l'atmosphère d'une bumidité continuelle, doit être
reconnue par les médecins instruits et les vrais physiologistes pour
la cause principale de la plupart des maladies. qui désolent ces
contrées, Les rayons du soleil, la puissance dissolvante de l'air, --- Page 19 ---
(17)
les vents, sont les trois agens qui, pendant lc fort de la chaleur,
divisent, volatilisent ks partics de Tean, ui, ainsi répandue dans
larmosplère SOuS la forme de gaz, se rapproche, SC condense, ct
forme pendant la nuit des nuages qui, en tombant sur la terre,
fournissent ces rosées abondantes qui rendent la fraicheur ct thumidité si funcstes aux non-acclimatés.
L V.
Le médecin qui, par de sages conscils, an régime de vie biea
ordonné, une police médicale rigoureusement établie, prévient
Je développement des maladies contagieuses, jouit d'un triomphe
plus beau, que lorsqu'il est condamné à Çn combattre les funestes
effets. Dans ce dernicr cas, son art cst quelquefois impuissant,
et,n malgré le traitement le micux conçu et le plus fidèlement
exécuté, il 'est que trop souvent le triste spectateur dcs victimes
qu'il ne peut arracher à une mort certaine.
Heureux si mes faibles idées sur cette partie de Thygiène, fruit
de mcs nombreux voyages, peuvent être agréées de la célebre
Ecole à laqnelle j'ai P'honneur de Ics soumettre!
es
effets. Dans ce dernicr cas, son art cst quelquefois impuissant,
et,n malgré le traitement le micux conçu et le plus fidèlement
exécuté, il 'est que trop souvent le triste spectateur dcs victimes
qu'il ne peut arracher à une mort certaine.
Heureux si mes faibles idées sur cette partie de Thygiène, fruit
de mcs nombreux voyages, peuvent être agréées de la célebre
Ecole à laqnelle j'ai P'honneur de Ics soumettre! --- Page 20 ---
11-159
C806
D784p
1-SI2E
(18)
HIPPOCRATIS APHORIS M I.
I.
Lassitudines sponte obortee morbos praenuntiant. Sect. TI, apl. 5,
I I.
Nigrae dejectiones, qualis sanguis niger, sponte prodeuntes et
cum febre et citra febrem, pessimee, et quô plures colores dejectionum pravi fucrint, eb pejus. A medicamento autem, melius
est, , quanto plures colores fuerint non pravi. Sect. IF,aph. 21.
III
Sudores frigidi cum febre quidem acutà oborti, mortem; cum
mitiori autem, morbi longitudinem significant. Ibid., aph. 37.
I V.
In febribus acutis, convulsiones, et circa viscera dolares vehementes, malum. Ibid., aph. 66.
V.
In febribus, à somno pavores aut convulsiones, malo sunt. Ibid.,
aph. 67.
V:I.
Ex sanguinis profluvio deliratio, aut conyulsio, malo cst. Sect,
VII, aph. 9. --- Page 21 --- --- Page 22 ---