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PROCES-V ERBAL
ET description de la Cérémonie funèbre
a eu liez 2
Jacmel, le 29 Floréal, An quatrième 1 la République
française , une et indivisible, à P'occasion de la mort
dETIENNE POLFEREL, ea - commissaire civil de
Saint -Domingue.
Lx nouvelle de la mort d'Etienne Polverel, ex-commissaire civil
à Saint-Domingne,répanditlafiliction surt tous ses habitans républicains;
ceux du département de l'Ouest de cette ile, crurent qu'il était de
leur devoir de donner à sa mémoire un témoignage authentique de
leur reconnaissance pour le bien que ce vertueux philantrope avait
fait pendant sonL séjour dans cette Colonie, et par un acte auguste
et solennel en sa faveur, repousser la calomnie qui avait essayé de
flétrir, aux yeux de la France, la réputation de cet illustre philosophe.
A cet effet, aussitôt qu'il nc fut plus permis de douter de la réalité
de la mort de ce grand homme, un service funèbre fut arrêté, mais'
retardé
diverses circonstances jusqu'au 29 Floréal, où il eut lieu,
à rdere chef lieu provisoire da. département de l'Ouest.
Ce jour, au lever du soleil, les pavillons des forts furent hissés à
demi-mât, enseigne de deuil; anssitôt, à l'imitation des forts, les
bâtimens français, ) et ceux des diverses nations étrangères, mouillés
dans le port., arborerent leurs pavillons de la même manière.
Un catafalque avait été dressé sur la place principale, entre l'autel
de la patrie et l'arbre de la liberté; le catafalque, tendu de noir,
était chargé sur les quatre faces d'étoiles sans nombre, avec des
caractères qui formaient les phrases suivantes :
A l'Orient. Liberté, égalité, sureté, propriété; que tous les signes
de P'esclavage disparaissent.
Et au bas, sur le marchepied, étaient matéricllement des colliers
et des chaînes brisés.
A l'Occident, on lisait : Que cet arbre que j'ai plante soit tonjours
le signe vivant de lasliberté,
Pouple, somviens-toi que sans le travail i7 n'est point de bonheur.
Er au bas, our le-murplicpiad, étalem matériellement divers instrumens aratoires.
Au Midi. On m'accuse d'avoir brisé les
de
;: oft
ciel ! les sages le désiraient, la Républigue fT voulait, Pesclavage la nature
entière le commandait.
On maccuse d'avoir envali des trésors, je meurs
aucun
remord n'empoisonne ma dernière heure; fabandonne indigent, mes calompiateurs au jugement de la postérité,
DIOT
licpiad, étalem matériellement divers instrumens aratoires.
Au Midi. On m'accuse d'avoir brisé les
de
;: oft
ciel ! les sages le désiraient, la Républigue fT voulait, Pesclavage la nature
entière le commandait.
On maccuse d'avoir envali des trésors, je meurs
aucun
remord n'empoisonne ma dernière heure; fabandonne indigent, mes calompiateurs au jugement de la postérité,
DIOT --- Page 4 ---
PJCB
(2)
'Au Septentrion , étaient ces phrases : Génie bienfaisant de la
révolution, erauce mon dernier woeu, étends tes faveurs jusqu'i
Saint-Domingue ; tous ceux qui le conservent à la République y
sont libres, egaur et. frères : qu'un rayon de ta divine lumière cimente
éternellement leur union , afin qu'ils puissent purger cette terre de
tous les esclaves des pygmées courronnés. Vive la Républigue..
Je meurs.
Le bout était parsemé de larmes en ordre symétrique, d'ossemens
et de têtes de mort.
Le catafalque était recouvert d'un drap mortuaire avec les attributs
maçonniques, et des larmes en nombre mystérieux, formant, par les
caractères qu'clles renfermaient, d'un côté, ces mots, sous le compas:
Vis libre ou meurs : et de l'autre, sous le niveau : Obéis à la loi.
En avant, à quelques pas du catafalque, était élevée une pyramide
de marbre peint, au sommet de laquelle était une urne.
Sur Ics quatre faces de la pyramide, étaient quatre médaillons
encadrés dans une couronne de feuilles de chêne, dans l'un était
un bonnet de liberté, et sur son exergue : Droits de l'homme 5
lat
l'antre, une balance, et sur son revers : Loi du 4. Avril.
Quatre boulets de bronze soutenaient la Pyramile et reposaient
sur un piédestal; sur chacun des côtés duquel était gravéc cette
inscription : 1 Polverel, Saint-Domingue reconnuissant.
Un second piédestal, au-dessus du premier, portait quatre basreliefs; le premier représentait l'arrivée, à Saink-Domingue, des trois
commissaires civils, Polvarel, Sonthonax et Ailhand ; l'on voyait une
partie de l'ile de Saint-Domingue, une ville en feu, et le teinple du
préjugé; dans cette partie le cicl couvert d'épais muages, la foudre
éclatant de toutes parts ; sur la tête d'un rocher bordant la' mer,
étaient représentés deux personnages, un rouge et un noir, levant
les mains au ciel à la vue d'un vaisscau faisant route vers la terre;
I'homme noir, nu et charge de chaines; à l'opposé du tableau, le
vaisseau, toutes voiles dchors, voguant sur une mer tranquille et sous
im ciel serein, portait le cap sur Saint-Domingue ct paraissait prêt
d'arriver; à son inât de misaine l'on voyait une balance, le pavillon
gépublicain flottait à son grand mât; au mât d'artimon un pavillon au
bonnct de liberté, et le pavillon de 1792 arboré à la
Le deuxième bas-relief était une allégorie des anre des commissaires civils à Saint-Domingne,et des événemens quay eurent lieu
pendant leur séjour,
Les commissaires étaient représentés s'avançant vers la caipagne,
portant une balance. , une pique surmontée d'un bonnet de liberte
etle contrat social;, un groupe-d'eiriesins, descendant d'une habitation,
venaità leur rencontre, un autre groupe d'hommes de couleur se rendait
d'un autre. côté auprès d'eux; on voyait au sommet du morne un soleil
icvant; au bas, dans le fond du tableau, paraissait un vieux colon
blanc, l'épée au côté et la croix de Saint-Louis à la bontonnière
mettre le feu à unep pièce de cannes à sucrc; danslduigaementeay voyais
social;, un groupe-d'eiriesins, descendant d'une habitation,
venaità leur rencontre, un autre groupe d'hommes de couleur se rendait
d'un autre. côté auprès d'eux; on voyait au sommet du morne un soleil
icvant; au bas, dans le fond du tableau, paraissait un vieux colon
blanc, l'épée au côté et la croix de Saint-Louis à la bontonnière
mettre le feu à unep pièce de cannes à sucrc; danslduigaementeay voyais --- Page 5 ---
(3)
un vaisseau anglais doublant une pointe de l'ile, dominée par un fort
qui amenait le pavillon républicain.
Le troisième bas-relief représentait la convention nationale 3 présidée
par Robespierre, derrière lequel était élevée une guillotine; deux personnages aux oreilles et queue d'âne, la tête coiffée de
étaient
à la barre de la "convention, tenant un masque d'une serpens, main et de.
l'autre une légende portant ces mnots : Nous demandons la mise
hors de la loi de Polverel et Sonthonar ; sur la table des secrétaires
on lisait : Dénonciation de Polverel et Sonthonaz.
Le quatrième bas-relief était une allégorie du dernier
de
la conyention nationale sur. l'affaire des Colonies; ; la calomnie, jugement
la forme d'une hydre à dix têtes, emblême des dix dénonciateurs sous de
Polverel et Sonthonax, dans les débats entre les accusateurs et Jes
accusés, obscurcit Pathmosphère de son souffle empoisonné; la vérité
repousse versle monstre la fumée qu'il exhale par les rayons de lumière
qui partent d'une glace qu'elle tient dans sa main.
Le piédestal qui portait ces bas-reliefs, reposait sur un autel de
verdure entouré d'acacia; ; en avant de l'obélisque flottait à demi-mâ
lepavillon optysasoswe-ppiteg grewadiersgardaitle catafalque.
A la disparution de l'astre, un convoi, formé par la réunion des
députations de tous les corps, est parti du fort del'égalité et s'est
à la maison commune , d'oi, après avoir pris la
porté il
s'est rendu au Champ de Mars, oùt la troupe sous les municipalité, l'étatmajor et le général de brigade, > employé dans le département armes, de
l'Omest, l'attendait; un premier comp de canon a été tiré à l'instant
ou le convoi s'est mis en marche dans l'ordre suivant : les
de
la garnison formant la haie, composée des gardes nationales de troupes
des dragons volontaires des mornes, du 15€, 48- et 1060 Jacmel,
du 2C bataillon de la Charente, Pas-de Calais, Morbihan, du 1er régimens bataillon 9
delal légion, artillerie, cavaleric, infiunteriedelegalité, de la
à pied, une pière de campagne à la tête de chaqne
gendarmerie au centre
Ies dépntations dans tous les gradcs des différens corps culonne, de troupe susnommés, des invalides de la légion, des cultivateurs, des
du commerce de la marine française, de la marine et commerce ouvriers,
étrangers, des officiers de santé, des habitans et garnison de
et des Cayes-Jacmel, des franc-mnaçons, des officiers dela sénéchanssée, Baynet
amiranté, des officiers de Padministation, de l'état-major de
de trois jeunes filles et trois jeunes garçons blanes, rouges et l'armée, noirs,
portant une couronne de fenilles de chêne ct des corbeilles de fleurs;
venait ensuite lel général de brigide et la municipalité de Jacmel,
avec une dépitation de celle de Baynet, ferinaient le
3 suivi
d'une foule de peuple. Le convoi s'est ainsi rendu, à cortége lents et
dans le plus' morne silence, sur la place où devaitiavoir pas lieu la céré4
monie, éclairé de cent flambemnix 4ite portaient autant
un concours immense de personnes de tout état, de tout d'africains, Age et de
tout sexe, s'y trouvait rassemblé.
Jacmel,
avec une dépitation de celle de Baynet, ferinaient le
3 suivi
d'une foule de peuple. Le convoi s'est ainsi rendu, à cortége lents et
dans le plus' morne silence, sur la place où devaitiavoir pas lieu la céré4
monie, éclairé de cent flambemnix 4ite portaient autant
un concours immense de personnes de tout état, de tout d'africains, Age et de
tout sexe, s'y trouvait rassemblé. --- Page 6 ---
(4)
La troupe a formé un bataillon carré autour de la
et la municipalité sont montés sur l'autel de la patrie, place; entourés le général de la
députation: les trois jeunes filles et les trois jennes
aux deux côtés du catafalque, sC sont avancés vers l'antel garçons, de placés
ont offert les fleurs à la municipalité, et le jeune africain a la patrie,
la couronne civique au général de brigade, en lui disant : présenté
nous te prions de poser pour TOLLS cette couronnesurla tête de General,
le général ayant pris la couronne 2 l'a posée sur le Polverel;
tandis que la municipalité et les enfans jetaient des
catafalque 7
au même instant un second coup de canon a scellé fleurs cet autour, et
Un orateur (E) a prononcé le discours suivant :
hommage.
ctle C Unenouvelle deuil
afligeante a répandu sur ces contrées la consternation
Jarmes..
Un grand motif de douleur fait aujourd'hui couler nos
Saint-Domingue a perdu l'amil leplus
et ses habitans patriotes > le plus zélé défenseur ardentdesa de leurs prospérité, droits et le
plus chaud partisant de leur bonheur.
Il faudrait une plume plus éloquente que la
avec dignité à vosyeux les vertus de ce nouveau Solon; nôtre,
retracer
de reconmaissance,
maibtere lesentiment
les 7 gravé dans le coeur de tous ceux qui furent, à
Saint-Domingue, tudes,
temoins de ses travaux et le sujet de ses sollicifaire suppléera mérité sans de doute aux moyens qui nous manquent,
l'éloge
Çe grand homme; eh !
pour
peut être rendu à la mémoire de Polverel, quel hommage le
plus flattenr
sant de la douleur générale
l'on voit que spectacle attendrisles visages; c'est le tableau c plus
peinte de en ce moment sur tous
et l'encens le
expressif notre reconnaissance
mânes; chacun plus des pur traits que nous puissions briler à l'honneur de ses
profondément
qui ont illustré ce héros de l'humanité sont
de la liberté et gravés de dans nos coeurs, et l'éloge funèbre de l'apôtre
de tous les
l'égalité, à Saint-Domingue, est dans la bouche
républicains qui l'habitent.
En vain la calomnie essaya-t-elle de ternir, aux yeux de
trompée , la réputation et la gloire des deux célebres l'Europe
qui, sur la terre de l'oppression et au milieu des
philosophes
la noble audace de proférer les mots sacrés de poignards, eurent
et de briser les fers de
rivés
liberté et d'égalité,
barie,
Pesclavage
par plusieurs siècles de barintéressée d'égoisme et de préjugé, et par le.système affreux de la politique
de
desnations;alors queles ennemis de la France et les
ses Colonies employaient le mensonge etla
faire.tomber cannibales
le glaive que leur trame infernale avait suspendu perfidie sur la pour tête des bienfaiteurs de Phumanité , alors même les
ici leurs noms chéris dans les fastes de républicains français gravaient
Jeur attente, le crime eût
Saint-Domingues et Si, contre
autels que nous aurions élevés prévalu a
sur la vertu et l'innocence, les
des
ces victires de l'erreur et de la haine
implacable les
monstres altérés du sang des patriotes, n'eussent été
que
plus faibles signes de notre indignation; mais la vérité a
(1) Le citoyen Reydelmas,
éris dans les fastes de républicains français gravaient
Jeur attente, le crime eût
Saint-Domingues et Si, contre
autels que nous aurions élevés prévalu a
sur la vertu et l'innocence, les
des
ces victires de l'erreur et de la haine
implacable les
monstres altérés du sang des patriotes, n'eussent été
que
plus faibles signes de notre indignation; mais la vérité a
(1) Le citoyen Reydelmas, --- Page 7 ---
(5)
confondu la calomnie, et la France éclairée a su
les vrais
amis de la révolution ; elle a sans doute proscrit de son distingner sein ces infames
conjurés de la ruine de ses possessions d'outre-mer, et par de
précautions, les éloignera pour toujours d'une terre qu'ils ne sages
raient pas de rendre une seconde fois le théâtre de leurs fureurs manquede la guerre civile, le foyer de leurs complots liberticides, et de leurs et
projets constans de scission avec la métropole.
Que les habitans de ce nouveau sol de la liberté, arrachés à
et à l'esclavage, par le courage infatigable du
l'égoisme la
vient de nous
philantrope que mort
enlever, 3 ne craignent plus le retour des fléaux destructeurs que les enfans de la discorde avaient dessein de
encore une fois sur ces
le jugement de la France et répandre ses nouvelles
plages;
bonheur dispositions, dont
en notre faveur, nous assurent le maintien du
le
ses envoyés avaient jeté les premières semences; déjà
précurseur de la nouvelle délégation
nous est destinée,
lheureuse distinction de son mérite et le Hiato de ses
nous par
annonce le terme prochain de nos calamités et de nos collégues,
devient le gage certain de la félicité dont nous allons inquiétudes,
faut-il que dans ces jours d'allégresse, nous ayons à jouir. Pourquoi la
du génie bienfaisant dont le destin trop cruel devait pleurer mort
tence pour le bonheur de la philosophie et de Phumanité prolonger >>, l'exisUn second orateur (1) a prononcé cet autre discours :
< Citoyens vous le savez, la mort vient de nous enlever
missaire civil Polverel ; c'est à Paris, le
de
le coml'an 3e, 1 que ce grand homme, victime d'une maladie 175 jour cruelle Germinal de
contractée à Saint-Domingue, a terminésa glorieuse, mais bien qu'il avait
carrière; en te perdant nous avons perdu un de nos plus fermes pénible
notre protecteur, notre liberateur, notre père.
appuis,
nécessaires -Assemblés ici pour honorer sa mémoire, que n'avons-nous les talens
les traits pour retracer dignement les grandes closes qu'il a
principaux de sa vie politique, ce serait le monument faites, le
glorieux qu'il fut possible de lui ériger; malheurensement
at. est infiniment au-déssus de nos forces, nous n'aurons cette
téméraire présomption de l'entreprendre;
pas la
camarades, à lui offrir, dans la sincérité bornons-nous, de nos
mes chers
de notre doulenr, de notre reconnaissance sans bornes. coeurs, Thommage
Polverel ! du haut du séjour de la gloire immortelle, oùt les
t'ont élevé, abaisse un instant tes regard sur nous; contemple vertus notre
à affliction, notre consternation profonde, prête un instant l'oreille
nos accens douleureux.
tu Quelles obligations ne t'avons nous pas ! quels services ne nous as
pas rendus !
des Des hommes bouffis d'orgueil, vivant d'abus, dévorant la substance
malheurenx, , opprimaient le peuple de
point de machination
Saint-Domingue; iln'est
perverse qu'ils ne tramassent, point de crimes
(1) Le citoyen Bonard ainé,
à affliction, notre consternation profonde, prête un instant l'oreille
nos accens douleureux.
tu Quelles obligations ne t'avons nous pas ! quels services ne nous as
pas rendus !
des Des hommes bouffis d'orgueil, vivant d'abus, dévorant la substance
malheurenx, , opprimaient le peuple de
point de machination
Saint-Domingue; iln'est
perverse qu'ils ne tramassent, point de crimes
(1) Le citoyen Bonard ainé, --- Page 8 ---
(6)
horribles qu'ils ne commissent pour nous priver des heureux effets
de limmortelle révolution de notre mère - patrie; tu parus, et ces
monstres s'enfuirent ou furent expulsés.
Nous gémissions dans l'humiliation et dans l'opprobre, soUS le
d'un prejugé barbare ; tu parus, et nous sortimes de l'abaissement." jong
Un esclavage horrible appesentissait sur nous sa verge de fer; tu
parus, et nous fûmes libres.
Les philosophes les plus humains, trompés par les calomnies
répandues sur la moralité des africains 4 n'avaient osé conseiller en
leur faveur qu'un affranchissement graduel et lent; tu vins, , tu vis
ces hommes malheureux, tu jugeas que leur bonté égalait leur malheur,
tu leur donnas subitement une liberté dont ils n'abusent pas, et la
France, détrompée par toi, a proscrit irrévocablement un fléau
existerait peut-être encore à jamais, s'il n'eût été foudroyé par ton qui
courage philantropique.
Cet arbre vénéneux avait son tronc à Saint-Domingue, il étendait
ses branches nombreuses sur l'archipel des Antilles, en le coupant à
sa racine, tu l'as ancanti pour jamais; en plusieurs lieux ses rameaux
déjà desséchés, n'opposaient plus aucun obstacle à l'action bienfaisante des ravons de la liberté; bientôt cet astre régénérateur reprendra
sa douce influence sur toute la surface de Ce - brillant hémisphère.
Et c'est à toi que les Antilles seront redevables de cette grande
révolution.
Les serpens de l'envie se sont efforcés vainement de ternir l'éclat
de tes hauts faits, tu les as terrassés et foulés aux pieds ; pourquoi
faut-il que tu n'ayes pas assez vécu pour venir, avec ton digne collésue,
jouir parmi nous de la récompense de tes travaux?
Grâces éternelles te soient rendues, à bienfaiteur de l'humanité !
que ton nom, transmis d'âge en Age, rappelle à nos derniers nevetx
les biens inapréciables qu'ont reçu. de toi lèurs ancêtres ; qu'à notre
exemple, ils ne le prononcent qju'avec transport, qu'avec respect,
qu'avec vénération.
*
O Polverel ! tu vivras dans nos' cocurs tant
coulera dans
nos
qualegang
veines ; tu vivras dans'le coeur de notrer postérité la plus reculée ;
tant qu'il restera de nous un seul rejetton sur la terre, et lorsque
quelque burin habile aura gravéle tablean de tes actions dans les fastes
immortels de Phistoire, tous les amis de l'humanité s'écrieront à l'envi,
sur toute la face du globe, vive. à jamais la mémoire de Polverel >
Au dernier membre da discours, l'orateur ému par sa sensibilité
n'a pu le terminer, un autre la remplacé et en a continué la lecture.
Après un intervalle de quelques minntes, pendant lequel on
toutes
cevait sur
les figures le sentiment de la donleur profonde apper- qui
affectait tous les cceurs, le premier orateur a entonné un hymne
patriotique adapté à la circonstance 9 et le refrain a été répété en
coeur par tous les spectateurs ; un troisième coup de canon a terminé
cette cérémonie funebre et vraiment anguste, aux cris mille fois répétés
de vive la République, vive la Liberté, vive lEgalité !
toutes
cevait sur
les figures le sentiment de la donleur profonde apper- qui
affectait tous les cceurs, le premier orateur a entonné un hymne
patriotique adapté à la circonstance 9 et le refrain a été répété en
coeur par tous les spectateurs ; un troisième coup de canon a terminé
cette cérémonie funebre et vraiment anguste, aux cris mille fois répétés
de vive la République, vive la Liberté, vive lEgalité ! --- Page 9 ---
(7)
Après la cérémonie les troupes ont défilé autour du catafalque, et
se sont retirées dans leurs casernes respectives.
Il s'est aussitôt formé plusieurs groupes d'africains des deux sexes, >
autour du catafalque, qui, au son des instrumens lugubres de leur
natal, ont dansé pendant toute la nuit.
PEL de tout ce dessus a été dressé le présent procés-verbal, signé
d'un grand nombre de personnes présentes à la cérémonie, pour être
déposé en la maison commune de cette ville.
A Jacmel, le premier Prairial, an quatrième de la
une et
République
française
indivisible ; ainsi signé à la minute, Banvais,
Reydelmas, Birot, Domergue jeune, Demun, Sibert, Didier,
a" >T. Paris, Ballet, Marion, Desrivieres, Chanlatte ainé, officier
municipal du Port-Républicain; Constantin, juré; Desvallons, Gautier,
Cancaux, Maugé, Alliesse, Dormenou, Duperroir, officier de santé
de la légion ;. Petiniaud, Leroy, , procureur de la commune; Tallavigne
ainé, Alix, officier municipal; Arteau, sergent du 15Bonard aigé, Oquin, Rieart, commissaire des guerres au département régiment;
de l'Ouest; Paçôt; lieutenant-colonel au 2e bataillon de la
Marchand,
A. D.
Charente,
Andat,
Arfy, notable; J. P. Fontaine, Desruelles,
Maillet, Lafite, Terreforte; Richard, D'allemand, Capitaine, Driau,
et Garnier, notaire.
Pour extrait collationné conforme à la minute déposée au greffe
de la municipalité de Jacmel.
DIDIER, secrétaire greffier.
EXTRAIT du Registre des Délibérations de la Commission
wéléguée , par le Gouvernement français , aux Isles sous
vent.
*
La commission, yu le preces-@culal de la cénémenie fundbre qui a
eu lieu le 29 Floréal, Taromnatrièie de la Répl jucefrahçaise, une
et mdivisible, M dominune de Jacmel, al'occasion de la mort
de PolverelNex omm Issaire civil, voulant faire connaître ce témoiEnage public de-ccom grlaisande des citoyens des Colonies envers l'un
de leurs défenseurs, thort Paore et victime de son dévouement à la
cause de la liberté et de l'égale 2 arrête qu'il sera imprimé au nombre
de trois cens exemplaires 5 envoye au ministre de la Marine, à toutes
les autorités de la Colonie, et aux journalistes républicains,
être inséré dans les journaux.
pour
Au Cap: le 17 Prairial, l'an quatrième de la République
une
française,
et indivisible.
Signé, au registre des procès - verbaux , SONTHONAX, président ;
LEBLANC, GIRAUD ? RAIMOND 2 commissaires ; PASCAL, secrétaire
général de la commission.
Au Cap; chez P. Roux, imprimcur de la Commission, --- Page 10 ---
04-37
E796E0 onpli tso
ure
P9630
N a
119 OTT
nOaA1 --- Page 11 --- --- Page 12 ---
,
A. D.
Charente,
Andat,
Arfy, notable; J. P. Fontaine, Desruelles,
Maillet, Lafite, Terreforte; Richard, D'allemand, Capitaine, Driau,
et Garnier, notaire.
Pour extrait collationné conforme à la minute déposée au greffe de la municipalité de Jacmel.
DIDIER, secrétaire greffier.
EXTRAIT du Registre des Délibérations de la Commission wéléguée , par le Gouvernement français , aux Isles sous vent. La commission, yu le preces-@culal de la cénémenie fundbre qui a eu lieu le 29 Floréal, Taromnatrièie de la Répl jucefrahçaise, une
et mdivisible, M dominune de Jacmel, al'occasion de la mort de PolverelNex omm Issaire civil, voulant faire connaître ce témoiEnage public de-ccom grlaisande des citoyens des Colonies envers l'un
de leurs défenseurs, thort Paore et victime de son dévouement à la
cause de la liberté et de l'égale 2 arrête qu'il sera imprimé au nombre
de trois cens exemplaires 5 envoye au ministre de la Marine, à toutes
les autorités de la Colonie, et aux journalistes républicains, être inséré dans les journaux. pour
Au Cap: le 17 Prairial, l'an quatrième de la République une française, et indivisible.
Signé, au registre des procès - verbaux , SONTHONAX, président ;
LEBLANC, GIRAUD ? RAIMOND 2 commissaires ; PASCAL, secrétaire général de la commission.
Au Cap; chez P. Roux, imprimcur de la Commission, — Page 10 —
04-37
E796E0 onpli tso ure
P9630
N a
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