--- Page 1 ---
a
--- Page 2 ---
A UVLE NBDEE
DE MARBAUX
PENTUREBLEAU
Jlabn Carter roin
fihriny
Brumt Muninersihy --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 ---
- - -C
P --- Page 7 ---
P R E M I EI R E
SOLEMNELLI
DENONCIATION
MINISTR E,
D'UN
NATIONALE,
FAITE A L'ASSEMBLÉE
DU COMTE DE LA LUZERNE,
EN LA PERSONNE
D'ETAT, DE 1A MARINE, ET DES COIONIES :
MINISTRE
-
PAR LE COMTE DE GOUY,FA
au nom de la DÉPUTARION, a
Député de Saint- Domingue,
& de Jes CONMETTANS .
de la COLONIE;
SIGNÉE par les 1 REPKÉSENTANS
trois ASSEMBLÉES PROVINCIALES,
Approuvée & confirmée par.les COLONIALE de Saint-Dominguepar L'ASSENBLÉE
D É D IE E
A LA NATION, A LA Lor, AU Rcr,
A la Partie Françoife de Saint - Domingue >
A toutes les Colonies >
Aux Sociétés des Amis de la Conftitution 2
A tous les bons Citoyens >
Et aux Miniftres de toutes les Puiffances.
IMPRIMÉE POUR L'ASSEMBLÉE NATIONALES
l'an fecond de la Liberté.
Chez DENONVILLE,
PARI Ss 1750. --- Page 8 ---
83SA26Re --- Page 9 ---
AVERTISSE M ENT.
CET Ouvrage, annoncé d la tribune de L'afemblée Nationale le 24 décembre 1789, ( été livré ci
l'imprefion en avril 1790. Certe époque étant aizérieure au décret du 19 juin, on avoit annexé aux
noms propres, des titres alors en2 ufage, qu'il n'a
pas été polible de fspprimer, fi ce n'eft dans quelques additions qui ont été faites dernierement.
LE ledteur qui voudra s'inftruire RÉELLEMENT
de ceite grande caufe, 6. fiur- zout les JUCES qui
depront la décider 9 font infamment priés de youloir bien, après la lefture de chaque chef d'inculparions 3 prendre dans la confidération la pius fe
rieufe le chapitre correfpondant des Pieces JUSTIFICATIVES dépofées. C'EST LA que doit étre
6 qu'eft réellement toute la force de la dénonciazion. Elles forment à elles feules un plaidoyer
IRRÉSISTIBLE,
Qui ne lira pas la totalité de ces pieces intérefiantes, devra croire que le refle n'eft gu'un roman.
Le SUPPLÉMENT eft également de la plus
grande importance.
Je foulligné, imprimeur de l'Académie Françoife s certifie
que le manufcrit de la dénonciation du Miniftre de la Marine m'a été remis par MM. lcs Députés de Saint Domingue
EN AVRIL ET MAI de l'année courante, &c que quelques
articles feulement ont été ajoutés depuis cetteépoquc, A Paris,
ce 3o feptembre 1790. DEMONYILLE.
'un roman.
Le SUPPLÉMENT eft également de la plus
grande importance.
Je foulligné, imprimeur de l'Académie Françoife s certifie
que le manufcrit de la dénonciation du Miniftre de la Marine m'a été remis par MM. lcs Députés de Saint Domingue
EN AVRIL ET MAI de l'année courante, &c que quelques
articles feulement ont été ajoutés depuis cetteépoquc, A Paris,
ce 3o feptembre 1790. DEMONYILLE. --- Page 10 ---
Fautes efentielles d corriger evant Za ledture.
PREM I E R E PARTIE.
Page 125 créanciers . lifez créatures.
Page 128 - : ceffionnaire e
lifez : conceflionnaire.
-
V --- Page 11 ---
DÉNONCIATION
A L'ASSEMBLÉE NATIONALE
DU CTP, DE LA LUZERNE,
MINISTRE D'ÉTAT &c DE LA MARINE,
PARLE COMTE DE GOUY,
Député de Saint- Domingue, au nom dè la
DÉPUTATION & de fes COMMETTANS.
MESSIEURS,
J'arà remplir aujourd'hui auprès de vous un enga- AVANT-PROPOS,
gement de devoir & d'honneur 5 mais avant de foumettre à votre examen les objets intéreffans dont je
dois vous entretenir, il eft néceffaire que je rappelle
à votre mémoire quelques-uns des'faits dont vous avez
tous été témoins dans les féances du I", du 2 Decembre 1789.
Vous n'avez point oublié, MESSIEURS, la demande
que vous firent les COLONIES, d'un COMITÉ choifi dans
votre fein, pour s'occuper de leurs intérêts, prendre
des connoiffances étendues fur leur pofition, leur réA --- Page 12 ---
a a
. M - & difpofer les matieres qui,
gime, leurs produétions,
de P'ASSEMBLÉE
foumifes à la fagefle & à la politique
prépareroient fes décrets.
NATIONALE,
débats s'éleverent fur cette queftion. QuelDE grands
la motion. Plufieurs autres la
ques opinans foutinrent ils avoient conclu à ce que la defrejettoient, & déjà infulaires fit renvoyée au poutinée de nos provinces la parole me fut accordée.
voir exécutif, lorfque
à m'élever contre un projet dc décret
JE n'héfitai pas
traçai un tableau animé
; je
qui me paroiffoit dangereux; des Antilles, de leur importance;
de la pofition aétuelle
à celle de
quelques couleurs approprices
& choififfant
j'ai P'honneur de repréfenter:
ces Illes précicufes que m'éctiai-je, que PAffemblée
C Seroit-il donc poflible, du bonheur & de la liberté
>
Nationale, régénératrice abandonner les infortunés Colons
vouldt
> Françoife,
exécutif qui repofe entre les
2) à la merci d'un pouvoir
& d'un Miniftre
des fubalternes prévaricateurs,
> mains
d'une Colonie dont il a fait per-
> juftement exécré
& dont il femble vouloir
le malheur,
> fonnellement
confommer la ruine D :
D
furent, MESSTEURS, mes propres exprefions.
TELLES
écrites, mais je lcs répétai deux
Je ne les avois point
les ont copiées avec une
fois, & tous les Journaux fur leur identité lè plus
uniformité qui nc peut laiffer
léger doute.
lendemain de dire un mot. fur la lettre
OsuicÉle
0 ZRZET ua
dont il femble vouloir
le malheur,
> fonnellement
confommer la ruine D :
D
furent, MESSTEURS, mes propres exprefions.
TELLES
écrites, mais je lcs répétai deux
Je ne les avois point
les ont copiées avec une
fois, & tous les Journaux fur leur identité lè plus
uniformité qui nc peut laiffer
léger doute.
lendemain de dire un mot. fur la lettre
OsuicÉle
0 ZRZET ua --- Page 13 ---
(3)
PEU RESPECTUEUSE adrcffée par le Miniftre de la
Marine à l'Affemblée nationale. , & fur la motion
anti-conftitutionnelle à laqueile elle donna lieu; je
failis cette occalion de confirmer froidcment les expreffions que j'avois employées la veille. Ce n'eft pas
pour les atténuer aujourd'hui; je les confacre folennellement par écrit. Dans cctte, lice vicrge, dont vOs
fages décrets ont ouvert la barriere, mais dans laquelle
aucun de nous ne s'eft encore préfenté > il importe
de fixer les loix du combat. Toutes, ce me femble,
>
doivent repofer fur la loyauté françaife, & puifque la
refponfabilité a établi entre les oppreffeurs & les opprimés cette égalité fans laquelle la lutte étoit aufli
trop dangereufe, affcz fort de cet avantage, je penfe
qu'un repréfentant de la Nation doit fe mettre à découvert, & que,lorfau'il a reçu de fes Commettans la
miffion d'ABORDER un Miniftre, il faut qu'il. ait la dé-,
licateffc d'ASSURER fon pavillon.
JE n'invoquerai donc point, & je le dis bien haut,
une diftinaion dont la jufteffe me paroît inconteftable,
& dont je dois pourtant, par refpect pour la vérité,
confacrer ici le principe.
CETTE diftinétion porte, MESSrEURS, fuir Ia différence qu'on doit mettre entre un délateur privé &. un
dénonciateur public, entre ce dernier & unaccufateur.
UN DÉLATEUR eft, pour l'ordinaire, un homme fans
miffion, qui, par méchanceté ou pari intérêt, perce les
murs ou defcend dans les' confciences, & fe fait une
A Z
refpect pour la vérité,
confacrer ici le principe.
CETTE diftinétion porte, MESSrEURS, fuir Ia différence qu'on doit mettre entre un délateur privé &. un
dénonciateur public, entre ce dernier & unaccufateur.
UN DÉLATEUR eft, pour l'ordinaire, un homme fans
miffion, qui, par méchanceté ou pari intérêt, perce les
murs ou defcend dans les' confciences, & fe fait une
A Z --- Page 14 ---
- Ko
(4)
joie maligne de produire au grand jour des
odieux que Phumanité auroit
à
foupçons
Un tel homme, s'ill eft
gagné ne pas concevoir.
ne mérite que le méptis de quelquefois baffement utile,
vengeance de ceux qu'il découvre. ceux gu'il inftruit, & laUN DÉNONCIATEUR,
ractére, eft
lorfqu'il eft revêtu d'un caun homme public qui, par horreur
vice, par amour de la vertu, &
du
vues de l'intérêt général, fcrute toujours par les grandes
les ceuvres fecretes des
d'un regard profond
agens de
un devoir de révéler des abus l'autorité, & fe fait
des
dangereufes 2 quelquefois des douloureux, atrocités..
erreurs
l'accumulation ignorée auroit étouffé
dont
la voix plaintive des malheureux,
en peu de temps
jours noblement utile, obtiendra Un tel homme , tounoiffance de fes
tôt ou tard la reconfur la tête
concitoyens & l'eftime de ceux même.
defquels il a appelé la
Nation. De tels hommes,
vengeance de lafaires au maintien de l'ordre , indilpenlablement nécef-
& à la
Loix, ont exiité dans tous les
confervation des
feuls retardé la chite des
Gouvemenens, & ont
appelloit Cenfeurs; à
empires. A Rome, on lcs
Venife,
France ancienne, Procureurs Procurnteurs; dans laamens; dans la France
Généraux de nos Parlefemblée Nationale;
nouvelle, Membres de TAC
a attribué les mêmes par-tont le même principe leur
cations près.
fonctions, à quelques modifiCEs fonétions faintes ne font
tifiécs ayec celles
point tellement idend'ACCUsATÉUX,
qu'elles ne puiffent
feurs; à
empires. A Rome, on lcs
Venife,
France ancienne, Procureurs Procurnteurs; dans laamens; dans la France
Généraux de nos Parlefemblée Nationale;
nouvelle, Membres de TAC
a attribué les mêmes par-tont le même principe leur
cations près.
fonctions, à quelques modifiCEs fonétions faintes ne font
tifiécs ayec celles
point tellement idend'ACCUsATÉUX,
qu'elles ne puiffent --- Page 15 ---
-
: -
M
(5)
qu'il
féparées. Le Dinonciateuravertit
en être facilentent
l'attribue à tcl
exifte un abus, 8q que l'opinion publique délit eft commis
individu. L'Accufateur affirme qu'un
Le Dénonciateur doit prouS qu'un tel eft coupable. & de bonne part, averti
ver qu'il a été, réellement
dépouillées de
&
des intentions pures,
dc l'abus, 2 que l'ont feules porté à en faire la
toute perfonnalité, n'eft
tenu à autre chofe. L'Accudénonciation : il
pas
fuffifantes du délit,
fateur doit adminiftrer des preuves
d'ètre conle coupable, fous peine
doit convaincre Calomniateur. Ainfi la dénonciation
fidéré comme un
finit là ollaccufation commence..
MESSTEORS; je pourrois en tirer
VOILA le principe
n'en réclame pas l'applides conféquences > mais je
derriere des
cation, & je n'ai pas befoin de me placer
La délation. eft indigne
retranchemens de cette efpèce. d'Accufateur eft peutd'un,homme honnète; le rôle
mais
deflous d'un Repréfentant de la Nation;
être au
mes motifs font purs, & je
ma miffion eft exprelle,
ferai plus que de dénoncer.
livrer à cette tâche pénible, je dois
.AVANT de me
fur le POUVOIR
établir irréfragablement mon opinion
Peu de citoyens font plus pénétrés que
EXÉCUTIF.
& de la néceflité de fon inmoi de fon importance
ou nous fommes.
Auence dans lesconjonctures politiques
c'eft en
à quelques perfonnes que
Il pourroit paroître d'en attaquer les agens 5. voici
diminuer la force que
de foi fur cC point.
ma profeffion
le pouvoir légilatif a ptis fous fa fauveQUAND
A 3
ment mon opinion
Peu de citoyens font plus pénétrés que
EXÉCUTIF.
& de la néceflité de fon inmoi de fon importance
ou nous fommes.
Auence dans lesconjonctures politiques
c'eft en
à quelques perfonnes que
Il pourroit paroître d'en attaquer les agens 5. voici
diminuer la force que
de foi fur cC point.
ma profeffion
le pouvoir légilatif a ptis fous fa fauveQUAND
A 3 --- Page 16 ---
- A
a
(6)
garde la Nation, il a da s'impofer l'obligation de
lever autour d'ellc que des Loix vertueufes. n'éla Nation, pour faire valoir ces
Quand
portion de fa
Loix, a délégué une
nier
puiffance au pouvoir
ce dera
dû ne vouloir réguer
exéentif,
veriu. Contrarier,
que par l'empire de la
avilir les agens modérés du
voir exécutif, c'eft paralyfer lc bras de la
poufaire un tort irréparable à T'Etat.
Loi, c'eft
négligence coupable les
Confacrer, par une
de ces
erreurs ou le defpotifimne
déiégués, c'eft avilir dans l'efprit des
qui fe taifent d'abord, mais qui
peuples
qui devroit commander
la foufrent, un pouvoir
bleffer par fon éclat; c'eft par donceur, pour ne pas
infurreétions
le
autorifer par foibleffe des
que défefpoir enfantera tôt ou
d'ou je conclus que c'eft également faire
tard :
poivoir exécutif, que de foutenir
refpcéter le
de fes agens qui fe
avec énergie ceux
refpeétent, & de
leur autorité abufive ceux
dépouiller de
qui ne fe refpedent pas.
DAIGNEZ me pardonner,
générales
j'ai
MESSIEURS, ces réfexions
que
cru devoir vous préfenter. Si je n'aipoint encore entamé la queftion
de la circonfcrire dans
> je viens du moins
un cercle d'oi elle ne
plus vous échapper.
pourra
LE tableau que je vais tracer fembloit réclamer
bordure. La grandeur de la caufe, fà
une
importance, fa publicité, la
nouveauté, fon
qualité du
caraétere du
Dénoncé, le
Dénonciateur, la majefté 'des Juges, les
conféquences du jugement, tout doit excufer à VOS
yeux quelques préliminaires qui pourront fervir de
-8 K -
le d'oi elle ne
plus vous échapper.
pourra
LE tableau que je vais tracer fembloit réclamer
bordure. La grandeur de la caufe, fà
une
importance, fa publicité, la
nouveauté, fon
qualité du
caraétere du
Dénoncé, le
Dénonciateur, la majefté 'des Juges, les
conféquences du jugement, tout doit excufer à VOS
yeux quelques préliminaires qui pourront fervir de
-8 K - --- Page 17 ---
(7)
cadre déformais dans toutes les occafions femblables.:
mais
cntiere eft atLa fcène eft cn France,
l'Europe
tentive au (pectacle qui va s'ouyrir.
EXPOSITION
à
:
M. de la
:
J'AI deux propofitions prouver Que
Lugerne a fait le malheur de Saint- Domingue, 6
quil femble vouloir confommer Ja ruine. Si je parviens à démontren, que telle cft l'opinion de mes Commettans, perfonne ne doutera que P'exéeration de la
Colonie n'en ait été une fuite immédiate.
DE fon côté, le Miniftre a traité ma dénonciation
d'injure & de calomnie. Un jufte retour fur lui-même
lui auroit évité le nouvel embarras oi il vient de fc
mettre; car fi je prouve ce quefmiavancé.Thajaue qu'il
la calomnie dont il m'accufe difparoifme reproche,
lé foupçon dont il a cherché
fant devant mes preuves,
s'évanouira; mais fon imputation reftant
à me noircir
de nous deux alors fera le calomtout entierc, qui
niateur 2
TEL eft l'état précis de la queftion au moment oi
defcendons dans l'arêne. J'y confidere M. de la
nous
Luzerne fous deux rapports : comme Gouverneur goi
néral de Saint-Domingue & comme Miniftre des Colonies. Elevé fuccellivement à ces deux places, s'il a
comme Gouverneur, d'ètre le canal
eu le malheur,
immédiat des ordres arbitraires de la Cour, ila dd fentir
fa propre expérience cc qu'il en coûtoit à un cceur
par
A 4
'arêne. J'y confidere M. de la
nous
Luzerne fous deux rapports : comme Gouverneur goi
néral de Saint-Domingue & comme Miniftre des Colonies. Elevé fuccellivement à ces deux places, s'il a
comme Gouverneur, d'ètre le canal
eu le malheur,
immédiat des ordres arbitraires de la Cour, ila dd fentir
fa propre expérience cc qu'il en coûtoit à un cceur
par
A 4 --- Page 18 ---
ACN
&
(8)
honnête pour devenir l'organe du
defpotifme; ; & lorf
gu'ila quitté ce gotivernement pour entrer au Confeil,
n'a-t-il pas dû confacrer fon pouvoir à la
des nombreux abus dont il avoit été l'inftrument réforme
témoin?
ou le
CE font, Meffieurs,"e ces abus d'autorité ou d'adminiftration qui font réellement le malheur des
ce font les conféquences qu'ils entraînent Peuples;
une Nation au défefpoir & à l'infurredion qui portent
la fuite.
qui ep ef
UN Miniftre autrefois n'étoit appelé
lorfqu'il avoit trahi l'Etat ou
coupable que
L'immoralité du
dilapidé les finances.
que le vol ou la trahifon, VIZIRIAT n'admettoit de crimes
& avec un peu d'adreffe Ou
d'argent, ces crimes-là n'exiftoient
VOS décrets, nous avons maintenant jamais. Graces à
délits fur lefquels la Nation
une autre échelle de
la régiffent; & cette mefure eft pourra bien interroger ceux qui
hifon ou Ia dilapidation
fage, car fla tral'Etat, les abus d'autorité portent un coup mortel à
des individus
portent la mort dans le fein
le
qui le compofent. Les grands forfaits tuent
corps politique ;les autres délits tuent le Citoyen.
CE font ces derniers que je fuis
de
en grand nombre à celui quia fait chargé le malheur reprocher
Commettans. Leurs ordres
de mes
nous enjoignent
direéts, précis & répétés,
depuis
de lc
votre
juftice. Cettc miffion long-temps
dénoncer à
penie bien, nul attrait douloureufe n'avoit, on le
pcur nos cocurs. Nous aveus
:
-zana 6 N
K
CE font ces derniers que je fuis
de
en grand nombre à celui quia fait chargé le malheur reprocher
Commettans. Leurs ordres
de mes
nous enjoignent
direéts, précis & répétés,
depuis
de lc
votre
juftice. Cettc miffion long-temps
dénoncer à
penie bien, nul attrait douloureufe n'avoit, on le
pcur nos cocurs. Nous aveus
:
-zana 6 N
K --- Page 19 ---
(9)
la modération devoit préfider à toutes nos
penfé que
démarches, & que lcs formes les plus douces, pourvu
les intérêts de nos
qu'elles ne compromiffent point
Compatriotes, étoient toujours celles qu'il nous convenoit d'employer.
Sous çe point de vue, la Députation a arrêté de donde fes inftruétions au Miniftre luiner connoiffance
même. HUIr FOIS nous avons été chez lui en Corps;
nous lui avons expofé nos griefs, nos doléances, nos
infortunes, comme finousn'étions pasDéputés, & comme
s'il n'ya avoit pas d'Affemblée Nationale : fon malheur
eft d'avoir cru Pun & l'autre. Nous lui avons prouvé
lui feul avoit caufé tous nos maux, foit pendant fon
que féjour dans la Colonie, en ne nous protégeant pas, cn
nous traitant comme des ennemis, en appuyant fur nous
la verge de fer; foit depuis fon miniftere, 2 en nous laiffant à la merci des fubalternes qui nous oppriment &
nous dévorent Il a été fourd à nos plaintes mefurées;
fidele à fon rôle de Miniftre, iln'a voulu ni convenir des.
faits allégués, ni en devenir le réparateur. Alors nous
avons élevé la voix, nous avons emprunté les acccns
plaintifs de nos Commettans; jes. ils n'ont pule toucher.
Nods avons prononcé ce mot facré, D'ASSEMBLÉE NATIONALE, un fourire amer a été fa réponfe. Nousa avons
parlé d'y avoir recours il nous en a défiésj.. nous
avons oublié le défi, & plaint celui qui fc le permettoit.
Deux mois fe font écoulés depuis cette époque 5 nos
maux ont empiré 5 nos ordres ont été répétés; des
dangers preffans nous ont menacés.
Dans cette circonftance, on a parlé de nous renvoyer au pouvoir exc
ASSEMBLÉE NATIONALE, un fourire amer a été fa réponfe. Nousa avons
parlé d'y avoir recours il nous en a défiésj.. nous
avons oublié le défi, & plaint celui qui fc le permettoit.
Deux mois fe font écoulés depuis cette époque 5 nos
maux ont empiré 5 nos ordres ont été répétés; des
dangers preffans nous ont menacés.
Dans cette circonftance, on a parlé de nous renvoyer au pouvoir exc --- Page 20 ---
AR 1 4
(10)
eutif... Ce mot a renonveilé toutes nos
notre défefpoir. Nousn'avons
plaies.. aigri
taire ou de
plus cu le choix de nous
fons.
parier; nous parlons donc, mais nous gémif
Organe de mes Commettans, choifi
putation tout entiere
par ma Dépour remplir ce miniftere
perfonne ne fait comme moi tout ce
m'en pénible,
& je me permettrois de me
qu'il
coûte,
j'ai
plaindre de la miffion
reçue, fi j'avois la liberté d'écouter
que
quand le devoir me prefcrit de n'obéir mon cceur s
cience.
qu'à ma confPREMIER CHEF DE DÉNONCIATION.
REUNION DÉSASTREUSE DES CONSEILS SUPÉRIEURS
DE SAINT-DONINGUE.
M. le Comte DE LA LUZERNE, Lieutenant
dcs Armées du Roi, nommé
Sa
Général
vernement de
par
Majefté au GouPrince
Saint-Domingue, eft arrivé au Port-auau mois d'avril de l'année 1786. Ses fervices
précédens, les différens emplois qu'il avoit remplis, ,& le
genre connu de fesétudes favorites, n'avoient
là dirigé fon attention vers les intérêts
pasjufquesla Métropole & de nos
commerciaux de
Colonics, vers les connoiffances
adminiftratives de ces Ifles précicufes &
le régime ne nous préfente
éloignées, dont
qu'un petit nombre d'analogies avec le fyfême du Gouvernement continental.
Qu'T me foit permis ici de placer une réflexion entierement à la décharge de celui quej'ai la mifion de dénonccr. Dans un Gouvernement fage, oil les places appelle-
.
* a
jufquesla Métropole & de nos
commerciaux de
Colonics, vers les connoiffances
adminiftratives de ces Ifles précicufes &
le régime ne nous préfente
éloignées, dont
qu'un petit nombre d'analogies avec le fyfême du Gouvernement continental.
Qu'T me foit permis ici de placer une réflexion entierement à la décharge de celui quej'ai la mifion de dénonccr. Dans un Gouvernement fage, oil les places appelle-
.
* a --- Page 21 ---
:
(n)
pas les
roient le mérite, & oi la faveur ne brigueroit
jamais de confier un emploi quelplaces, imagineroit-on
un emploi éloigné, > la réuconquc, un,emploi en chef,
enfin, à u
nion de tous les pouvoirs, une vice-royauté quelque
homme, quelque probe, quelque diftingué, exercé aucune
éclairé qu'il pit être, qui jamais n'auroit
confélégifative ou adminiftrative, & qui par
charge
fouslesanfpices de l'expéquent ne pourroit fe préfenter
ou de fes talens.
rience, comme fous ceux de fa probité
Gouvernement eft la fource de ceux que
CE tort du
à M. de la Luzerne',
nous fommes forcés de reprocher
dénuement
qu'ils ont fait tous nos maux. Dans quel
parcc
en arrivant à Saint-Doningnes
ne fe trouva-t-il pas
nouveau régime; pour
Nouveau pays, nouveau climat,
Voilà
un INTENDANT & dcs FLATTEURS.
tout confeil,
de nos Ifcs font entourés au
ce dont les Gouverneurs
moment de leur inftallation.
M. de la Luzerne, voulant & devant connoître parfaitoutesles parties d'une Contrée qui a250 lieues
tcment
au mois de décembre
de côtes, partit du Port-au-Prince
fon arrivée,
mois feulement après
1786,ceh-i-dire,huity CAP la ville la plus intéreffante dela
& fc rendit AU
demeura 6
Colonie, &le fiége de fon commerce; ily
fuite au Port-au-Prince, dont il ne
jours, & retournade
après, il tourna
fut pas abfent 15 jours. Quelque temps C'eft la partic la
fes pas vers LE Sup de la Colonie.
la moins
plus délaiffée jutqu'ici, la moins profpère,
la moins avancée en culture; celle enfin qui
peuplée,
poflibles, & le plus d'cfpréfente le plusd'acroillemens;
ge de fon commerce; ily
fuite au Port-au-Prince, dont il ne
jours, & retournade
après, il tourna
fut pas abfent 15 jours. Quelque temps C'eft la partic la
fes pas vers LE Sup de la Colonie.
la moins
plus délaiffée jutqu'ici, la moins profpère,
la moins avancée en culture; celle enfin qui
peuplée,
poflibles, & le plus d'cfpréfente le plusd'acroillemens; --- Page 22 ---
2 - -
- a
a
(1)
poir de richeffes. Cc voyage ne fut
long que le précédent, &
pzs tout à fait G
dans une Ifle immenfe ces deux tournées de 15 jours
Gouverneur
furent LES SEULES que fit le
niftration. pendant les vingt mois quc dura fon admiIL eft vrai qu'une opération
méditée dès
importante an miniftère,
long-temps dans le Cabinet, redoutée dès
long-temps par la Colonie, & à
elle
tous les maux qui l'accablent, laquelle
rapporte
Ja Luzeme, & dut abforber
occupa vivement M. de
Les veeux de nos
beaucoup de fes momens.
point,
Commettans font fi unanimes fir ce
que je. mettrai fous vos yeux leurs
fions > aprés svous avoir
propres exprefce défaftreux
préfenté un tableau raccourci de
événement.
QUELQUES années après l'époque oi
indépendante fe donna à
Sain-Domingue
Lovis-i-GxAND, > ce Prince
qui voyoit, > dans la profpérité de cet
profpérité future de fon
établiffement, la
fes nouveaux
Royaume, voulut accorder à
Sujets le plus grand des bienfaits
doute, la Juftice, qui feule peut maintenir la
fans
les membres du
paix entre
corps focial, ou terminer leurs
rens. Il choifit, pour la leur rendre, des
diffégres, qui fe
habitans intemodeles d'un firent, en 1685, un honncur d'être les
fytême judiciaire, àla
décrets ont rappélé celui du
pureté duquel vas
de la famille
Continent. Ces Patriarches
Coloniale fe firent un devoir de rendre
GRATUITEMENT la juftice, & ils ne voulurent
du Monarque que la patente honorable
recevoir
tuoit en Ceur Souveraine.
qui les. confiCe Tribunal établi d'abord
fe
habitans intemodeles d'un firent, en 1685, un honncur d'être les
fytême judiciaire, àla
décrets ont rappélé celui du
pureté duquel vas
de la famille
Continent. Ces Patriarches
Coloniale fe firent un devoir de rendre
GRATUITEMENT la juftice, & ils ne voulurent
du Monarque que la patente honorable
recevoir
tuoit en Ceur Souveraine.
qui les. confiCe Tribunal établi d'abord --- Page 23 ---
-
(13)
enfuite à
& depuis tranf-.
an Petit Goave,
Léogane,
fut pendant feize ans le feul.
féré au Port-au-Prince,
de la Colonie. Sa
Corps de magiftrature fupérieure
population peu. confidérable encore > la fimplicité des
affaires, la bonne foi des habitans n'excédoient point
les forces dc leurs Magiftrats, dont lc zele étoit à toute
épreuve.
MAIS, en 1701, les augmentations rapides qu'avoit
Saint-Domingue, fes fuccès, fon accroiidéjà éprouvées
fement prodigieux, une fuite de défrichemens qui,
dus à l'infatigable aétivité des Colons, commençoient
à féconder plus de 200 lieues de côtes, multipliant les
rapports, compliquant un peu les affaires, én étendant
le nombre, il devint impoffible au Tribunal Patriarchal
de fuffire au befoin de tous les habitans ; & Louis XIV,
rapprocher la Juftice des Jufticiables quis'étoient
pour fort étendus, établit au Cap François un autre Confeil
Supérieur, fous lc même mode que celui qui fiégeoit
au Port-au-Prince, & lui traça fon reffort.
CES deux Cours rendirent conftamment & gratuitement la juftice jufqu'en 1766. Voici, Melflieurs, ,le premier pas important du defpotifine vers nos contrées
alors trop heureufes.
LES Gouvemneurs & Intendans n'avoient pas été fans
s'appercevoir que des Magiftrats propriétaires & gratuits, n'ayant d'autres émolumens que Phonneur & la
confidération attachés â leurs places étoient ofdinairement incorruptibles. La faveur, les ordres de la Cour,
les recommandations de l'autorité étoient des êtres de
Voici, Melflieurs, ,le premier pas important du defpotifine vers nos contrées
alors trop heureufes.
LES Gouvemneurs & Intendans n'avoient pas été fans
s'appercevoir que des Magiftrats propriétaires & gratuits, n'ayant d'autres émolumens que Phonneur & la
confidération attachés â leurs places étoient ofdinairement incorruptibles. La faveur, les ordres de la Cour,
les recommandations de l'autorité étoient des êtres de --- Page 24 ---
: eM
-
-
(14)
raifon auprès de ces Patriarches vertueux. On
donc, en cC temps
imagina
prétexte de
corrompu, > de IessALARIER; & fous
récompenfer leur
intéreffa à ne plus fe piquer d'en défintéreffemnent, on les
rent de leurs
avoir : tous fe démiplaces. Bientôt le Gouvernement
s'étoit impofé, à deffein, la charge de
qui
Juges, s'empara du droit de les choifir. Pientôt payer les
de les prendre parmi les Colons les
au lieu
loix coloniales,
plus éclairés fur les
on trouva plus fûr de les
France à Saint-D Domingue, & l'on vit dans enyoyer de
expédier des Navires de Magiftrats,
nos ports
fons de marchandifes.
comme des cargaiPARMI ces nouveaux venus, il fe trouva,
par-tout, vices & vertus. Les uns, efclaves des comme
niftrateurs, ne rendoient d'arrêts
Admiles autres,
que par leurs
2 fideles à leurs fonéions honorables, ordres;
toient que la voix de leur
n'écoufaifoient
confcience: : quand ces derniers
ttiompher la jultice, les Gouverneurs furicux
s'abandonnoient aux derniers excès, & l'on en vit
malgré leur honnêteté perfonnelle,
qui,
reur par des confeils
emportés vers l'erfaire embarquer de force paflionnés, ne rougirent pas de
une Cour Souvcraine
entiere, & de l'envoyer en
tout
fait fon devoir.
France, pour la punir d'avoir
CEPENDANT, Meflieurs, malgré les abus dont
fyltême judiciaire étoit infedé à
le
comme un grand nombre
Saint - Domingue,
fc paffer de
d'hommes aflemblés ne peut
Juges 2 de nouveaux
une partie de lIle fort
accroiffemens dans
éloignée du centre, avoient
a
une Cour Souvcraine
entiere, & de l'envoyer en
tout
fait fon devoir.
France, pour la punir d'avoir
CEPENDANT, Meflieurs, malgré les abus dont
fyltême judiciaire étoit infedé à
le
comme un grand nombre
Saint - Domingue,
fc paffer de
d'hommes aflemblés ne peut
Juges 2 de nouveaux
une partie de lIle fort
accroiffemens dans
éloignée du centre, avoient
a --- Page 25 ---
(15). Pétabliffement d'un
déterminé les Habitans à folliciter
Saint-Louis.
Confeil Supérieur aux Cayes
TROISIEME
les Cours de JufILs ne fongeoient pas qu'augmenter influence, c'étoit
tice, qui alors avcient une grande
à P'entendre,
affoiblir celle du pouvoir exécutif % qui,
avoft jamais affez; mais cette réfexion politon'en
bientôt
au Miniftre par un de
defpotique fut
fuggérée fyftême, courtifans par
ces hommes qui, novateurs par
de temps
intérêt, intrigans par ambition 2 paroiffent faire le malheur
fur la farface du globe, , pour
en temps
ils tournentleurs pas.
de la Contrée vers laquelle
MARDELLE, Procureur Général au
LE SIEUR LA
Port-au-Prince, n'eut pas beauConfeil Supérieur du
d'un Miniftre ( M. le
coup de pcine à fafciner lcs yeux
des batailles à
Marechalde Cafries) qui, en gagnant
s'inftruire
la tête de nos armécs de terre 2 n'avoit pu
convenoit le mieux à nos Codu régime judiciaire qui
lonies.
la demande faite par les habitans
IL lui perfuada que
d'un troifieme
de Saint-Domingue, 2 de l'établiffement falloit. fuppriConfeil, étoitd'autant plus abfurde, qu'il
mer un des deux qui cxiftoient déja.
IL lui repréfenta que la Colonie n'ayant plus dans qu'une la
Souveraine, & cette Cour fégeant
feule Cour
il s'établiroit
réfidence ordinaire des Adminiftrateurs, > mettroit, én
bientôt, entre elle & cux, une liaifon qui
de temps, tous les Colons dans une dépendance
peu
abfoluc du Gouvernemnent.
itd'autant plus abfurde, qu'il
mer un des deux qui cxiftoient déja.
IL lui repréfenta que la Colonie n'ayant plus dans qu'une la
Souveraine, & cette Cour fégeant
feule Cour
il s'établiroit
réfidence ordinaire des Adminiftrateurs, > mettroit, én
bientôt, entre elle & cux, une liaifon qui
de temps, tous les Colons dans une dépendance
peu
abfoluc du Gouvernemnent. --- Page 26 ---
n
RRNA C
(16)
l'intérêt des habitans exigeoit cetta
IL Paffura que
auroit de Juges, moins il y
mefure; que moins il y
femde procès; & par une de ces di(parates qui de
auroit
tandis que le Chef
en France,
bloient alorsindigenes
de rapprocher la Juftice
fous prétexte
la Magiftrature, créoit dans le Continent ne muldes Juficiables,
le Miniftre de la Marine
titude de grands Bailliages;
le famainfi dire, à Saint-Domingue
éteignoit, pour
tellement les Jufticiabeau de la Juftice, en éinignant
ne pouvoient y
bles de fon fanétuaire, que la plupart
de plus
une route pénible & dangereufe
parvenir qu'après
de 80 lieues.
de cC projet avant fon
M. de la Luzerne, prévenu Y'exécution, fi, depuis
départ, auroit pu en détourner de fon arrivée, jufqu'au
le mois d'avril 1786, époque de la cataftrophe, il eût
mois de, juillet 1787, époque il eût voulu s'occuper férieufondél le vocu des habitans,
défabufant le Miniftre en
fcment de leurs intérêts, & f,
d'une difpoYéclairant, il lui eût fait fentir les dangers
la défolation dans la Colonie.
fition qui alloit porter
filence criminel qu'il garda fur un objet de
EN dépit du
de Cafties recueillit
M. le Maréchal
cette importance,
doutesfur ce point, car,1 malgré
apparemment quelques
malgré les inftigations prefla fermeté de fon cara@tere,
le
pojnt, il
fantes du fieur la Mardelle qui ne quittoit de mettre le
craignit, au moment de figner Yordre,
de pref-
& par une efpece
trouble à Saint-Domingue; arriver, il envoya à M. de la
fentiment de ce qui devoit
la caffation
ordre
de fufpendre
Luzerne un
particulier
du
aremment quelques
malgré les inftigations prefla fermeté de fon cara@tere,
le
pojnt, il
fantes du fieur la Mardelle qui ne quittoit de mettre le
craignit, au moment de figner Yordre,
de pref-
& par une efpece
trouble à Saint-Domingue; arriver, il envoya à M. de la
fentiment de ce qui devoit
la caffation
ordre
de fufpendre
Luzerne un
particulier
du --- Page 27 ---
(it)
du Confeil du Cap, fila réunion comportoit de grands
inconvéniens. Ccs inconvéniens incalculables étoient
dans toutes les bouches, dans tous les coeurs, fur tous
les vifages; & pourtant l'ordre particulier, envoyé
la prudence, fut célé par l'opiniâtreté; & pourtantl'ar-- par
rêt defpotique de la Cour n'en fut pas moins exécuté,
malgré le dcuil univerfel des habitans, à quil'on enlevoit leurs Magiftrats > pour les transférer A SOIXANTE
LIEUES de leur réfidence, &, en les réuniffant à l'ancien
Confeil, mettre le fceau au malheur de la Colonie.
AINSI, dans cette circonftance majeure dont vous
allez, MESSIEURS, connoître toute l'importance, M. de
la Luzerne fut COUPABLE de n'avoir pas prévenu un
ordre dangereux ; il fut plus COUPABLE de l'avoit exécuté, ayant pu s'y fouftraire; il fut plus COUPABLE
encore, ne s'y étant pas fouftrait, d'en avoir, depuis
fon avénement au miniftere > maintenu avec opiniatreté les meurtrieres difpofitions.
Erafin, Meflicurs, que cet abus du pouvoir arbitraire
acquiere à Vos yeux toute l'importance qu'il doit avoir,
je terminerai l'efquiffe que je viens de vous tracer,: ) en
remettant mon foible pinceau entre Ics mains de mes
Commettans; ce font cux-mêmes qui vont pcindre &
parler.
Voyez 2 la fin du volume les pieces jufificatiyes du premier
chef de dénonciation.
Vous venez, MESSIEURS 2 de prendre connoiflancedes
propres expreflions de incs Commettans;1 leurs raifonnemens me femblent concluans
2 leurs plaintes me femB
iffe que je viens de vous tracer,: ) en
remettant mon foible pinceau entre Ics mains de mes
Commettans; ce font cux-mêmes qui vont pcindre &
parler.
Voyez 2 la fin du volume les pieces jufificatiyes du premier
chef de dénonciation.
Vous venez, MESSIEURS 2 de prendre connoiflancedes
propres expreflions de incs Commettans;1 leurs raifonnemens me femblent concluans
2 leurs plaintes me femB --- Page 28 ---
SN
ROA -
(18) femblent grands. M. de la
juftes, leurs.maux me foutien. Avois-je le choix
blent
elt Y'auteur & le
Non, fans
Luzerne en
de
le filence?
vous
ou garder
je devois
de le dénoncer, fidèle de leurs doléances, ont parlé fur
doute; écho
mais dès qu'ils
les accens;
ajouter
en tranfinettre dois me taire, & que pourois-je
un fujet, je venez d'entendre ?
à ce que vous
DE
DÉNONCIATION.
SECOND CHEF
PURIIC.-
DU CAP. - MENSONGE DÉPENSES ÉNORMES
GRAND CHEMIN ARAITRAIRES
CORYÉES
ET INUTILES.
Vhonneur de vous entretenir,
L'OBJET dont j'ai
d'abord avoir quelque rapMeSSIRUAS, vous paroîtra
mais le point de vue
Yarticle précédent 5
fépare
port avec
de vous le prétanter,tan diftinétfous lequelje fuis chargé devient un motif abfolument de Sainttellement 2 qu'il TRES-GRAVE que la Colonic
1l ne
d'un reproche contre fon ancien Gouverneur. & puDomingue éleve moins que d'un FAUX MATÉRIEL difficile de
s'agit de rien
dontil ne nous fera pas
blic en admninifration, lévidence.
la réalité jufqu'à
prouver
Miniftre de la Marine adopta
LORSQUE le précédent
défaftreux de la réunion
notre malheur le projet donné le loifir d'en pefer
pour
il ne s'étoit pas dans l'intervalle de temps
des Confeils,
5 mais
toutes les conféquencess
du Gouvernement,
s'écoula entre la détermination de quelques objeétions,
qui
du plan, frappé
& l'exécution
.
la réalité jufqu'à
prouver
Miniftre de la Marine adopta
LORSQUE le précédent
défaftreux de la réunion
notre malheur le projet donné le loifir d'en pefer
pour
il ne s'étoit pas dans l'intervalle de temps
des Confeils,
5 mais
toutes les conféquencess
du Gouvernement,
s'écoula entre la détermination de quelques objeétions,
qui
du plan, frappé
& l'exécution --- Page 29 ---
Z
que de bons elprits eurent (15) le
commença,
courage de lui
comme j'ai eu
préfenter, il
à avoir quelques doutes fur la Phonneur de vous le dire,
lui dit entre-autres : ( LE CAP poffibilité du fiiccès. On
> fante de la
eft la ville la plus Aorif
Colonic, le
du
> il fe fait le plus
fiége commerce, celle out
D les difcuffions d'affaires, celle par confisquent ou
entre l'acheteur &
> être plus fréquentes.
le vendeur doivent
> tous fes habitans
Comment voulez - vous que
>> leur commerce, quittent leurs manufactures &
pour aller
> diftance P
plaider à 60 licues de
( SOIXANTE LIEUES, dit
> niftre, ne font pas un obftacle à probablement le Mi-
> l'affaire de deurjours;
citer : en pofte, c'eft
> vous
mais, répliqua
jugez Saint- - Domingue
T'Obfervateur,
> vous ignorez fans doute
comme la France, &
> chemins à
qu'il n'y a point de
Saint -
la
grands
> au Port-au-Prince Domingue; que route du
eft
de
Cap
D de rivicres fans
coupée montagnes à pic,
>) torrens
ponts, de feuves
de
rapides; que le pavé
dangereux,
>> fable eft
y eft inconnu, que le
calciné, que le climat
> n'ya ni poftes, ni
eft brdlant ; qu'il
relais, ni
>
voitures publiques, ni
auberges; que pendant
> cheminer qu'a
plufieurs lieues l'on ne peut
cheval, &
> d'hommes qui
qu'à cheval, il eft peu
> ardent
puiffent foutenir l'ardeur d'un
7 qu'aucun
foleil
> voyage par terre, nuage ne tempère ; qu'ainfi le
> poflible aux
SOUVENT MORTEL, eft prefque im.
Européens. Je
>> par mer.; mais outre
conviens qu'on peut aller
a
que la route eft bien
longue, outre qu'elle eft abfolument
plus
interceptéd en
B: 2
a
val, il eft peu
> ardent
puiffent foutenir l'ardeur d'un
7 qu'aucun
foleil
> voyage par terre, nuage ne tempère ; qu'ainfi le
> poflible aux
SOUVENT MORTEL, eft prefque im.
Européens. Je
>> par mer.; mais outre
conviens qu'on peut aller
a
que la route eft bien
longue, outre qu'elle eft abfolument
plus
interceptéd en
B: 2
a --- Page 30 ---
RONA VEN
ANSS
(20) écueils font fi multipliés le
D temps de guerre, > les la prudence ne permet pas de
des côtes, que
des
> long
des titresprécieux,
> confier à deriniquctinatnens, la
feroit irréparable; & les
originales dont perte
incom-
> pieces
font d'ailleurs tellement
du cabotage
re3 bâtimens
mêmes qui bravent tout, y
s modes, que ceux
s'agit, pour aller voir
à deux fois, lorfquil
de fe livrer
> gardent
folliciter un rapporteur,
> un avocat ou
pendant plufieurs femaines; ; car
> au perfide élément la traverfée du Cap aul Portarrive fouvent que
eft
> il
eft de 15 jours, & que le retour plus
> au- Prince
D long >.
étoit fans réplique 2 & il n'y a
CETTE obfervation inAua beaucoup fur le parti que
pas de doute qu'elle
à M. de la Luzerne CET ORprit le Miniftre d'envoyer Tautorifoit à fufpendre, fi les
DRE PARTICULIER qui
graves. Que fit - il,
inconvéniens lui paroifloient trop
la MARDe concert avec ce malheureux & avec le
MsSSIEURS:
ourdi toute cette trame ,
DELLE, qui avoit
jouera un rôle
Sieur de MARBOIS - , Intendant, fe crut qui affuré de lever
fàcheux dans cc Mémoire, il
lui
que
du Miniftre, en CERTIFIANT
tous lcs ferupules
ameneroient de toutes parts,
des chemins fuperbes
dans le temple de la Juf
avec facilité, les Jufticiables ne put réfifter à ce motif
M.le Maréchal de Caftries
de
tice.
dans fon ame foupçonner
déterminant. Il n'étoit pas de fes créatures une coapât exifter entre trois feul but fût de le flatter,
qu.il criminelle, dont le
à leur
lition
de facrificr la chofe publique
de Yabufer, &
intérêt perfonacl.
dans le temple de la Juf
avec facilité, les Jufticiables ne put réfifter à ce motif
M.le Maréchal de Caftries
de
tice.
dans fon ame foupçonner
déterminant. Il n'étoit pas de fes créatures une coapât exifter entre trois feul but fût de le flatter,
qu.il criminelle, dont le
à leur
lition
de facrificr la chofe publique
de Yabufer, &
intérêt perfonacl. --- Page 31 ---
- R
-
A
-
Iz
(sr) )
envôya donc l'édit qui devoit
fatal : mais comme s'il avoit
frapper lé coup
VOQUÉE auroit un jour des fuites prévu que cette loi PROde dépofer dans l'aéte même
funeftes, il eut foin
il ne manqua
fa juftification
&
pas d'inférer dans: le
fature,
principal motif de Ia réunion des préambule, pour
communication des chemins
Confeils, Zu belle
:
un, aétc public, revêtu du fceau c'ef-à-dire, que dans
du
royal, & cenfé émané
Monarque en perfonne, trois
lui pour
Agens, PAYÉS par
l'éclairer, LE TROMPOIENT
l'égide de
fciemments. & fous
fans
l'éloignement ou de la faveur,
pudeur un MENSONGE avéré,
publioient
bien propre à
un FAUX matériel,
rain, fi un compromettre le nom facré du Souvepeuple entier, témoin de
avoit, dans fa juftice, hautement T'impofture, n'en
nommé les auteurs.
Je dois me hâter ici d'aller au devant
tion fimple & très-forte. (
d'ane objee-
> carionn'exiftoit
Puifque cetze belle communi-.
pas * me
>> tre n'aura pas été de
dira-t-on, l'erreur du minif
longue durée >.
MESSIEURS, cette
Pardonnez-moi,
motivoit
kellicommunicarion. des
une réunion des confeils fi
chemins, qui
pas dénuée de tout fondement..
redoutée, > n'étoit
la têtc des trois
Elle exiftoit déjà dans
néc de quinze provocateurs de lédit. Dans cette tourjours qu'avoit faite M. le
pénétrant d'un regard les cimes des
Gouvereur,
maffes des forêts > il avoit faifi
montagnes & les
cuter un chemin de
tous les moyens d'cxéce travail
quatre-vingts lieues; & aidé dans
important, non d'aucun des
métite , qui, depuis de longues
Ingénieurs de
Colonie & en copnoiffoient
années, habitoient la
le fol, mais de nouveaug
B 3.
faite M. le
pénétrant d'un regard les cimes des
Gouvereur,
maffes des forêts > il avoit faifi
montagnes & les
cuter un chemin de
tous les moyens d'cxéce travail
quatre-vingts lieues; & aidé dans
important, non d'aucun des
métite , qui, depuis de longues
Ingénieurs de
Colonie & en copnoiffoient
années, habitoient la
le fol, mais de nouveaug
B 3. --- Page 32 ---
WN A
-
AS na
ROYA
("4s)
anffi-t3t la
récemment arrivés de France, chemin, qai èn
Ingenicurs confeils exécutée, ce beau
avec une
réunion des
motif, FUT ENTREPAIS
avoit été le principal
adivité infatigable.
habidemander des CORVÉES aux
ON commença par
Leurs forces épuilées,
riverains 5 ils sy prétérent. au loin. Ils envoyetans
de ceuxqui deneuroient des Nègres à dix,
on enexigea extrème répagnance, ,
de
rent, avec une
de chez eux, au grand détriment Bientôt
quinze, vingt lieues & dela fanté deleurs atcliers. on les
jeurs manufadtures furent promulgués;t bientôt le
des ordres de rigueur
encore. Tandis que le
exécuta avec plus dc rigueur sorrarworria corvée,
Gouvernement, en France, ÉTARLISSOIT la corvée.
parce que les Ingénieurs
fut infuffante,
inhérens
Ceaat
Mais la corvée
prévu totis les obftacles
de France n'avoient pas Alors; MESSIEURS, pendant
au fol de Ssint-Doningie. appartenans au Roi, fervoient les
cinq cents Nègres,
fabaltemnes ,
que luxe abulif des Adninitrateurs à la caifle publiAdminiftrateurs au
en, chef curent recours ouvrirent ce canal
Le Gouverneur & lIntendant
On diffipa,
que. s'écoule la fubftance des Peuples. le difcerpar oi
impollible, des fommes que ntiles.
pour un ouvrage
à des établiffemens celui des
nement auroit pu appliquer publics fut négligé,
L'entretien des bâtimens
de Yartillerie intetromfortifications oublié, les travaux
Topinitreté à
le falut de la Colonie facrifié par du miniftére &
pus,
des ceuvres déplorables
forcèrent de
la juftification Par-tout les Adninifiateurs cfforts; enfin,
de fes agens.
la nature fe rit de leurs
moyensjpar-tont
emens celui des
nement auroit pu appliquer publics fut négligé,
L'entretien des bâtimens
de Yartillerie intetromfortifications oublié, les travaux
Topinitreté à
le falut de la Colonie facrifié par du miniftére &
pus,
des ceuvres déplorables
forcèrent de
la juftification Par-tout les Adninifiateurs cfforts; enfin,
de fes agens.
la nature fe rit de leurs
moyensjpar-tont --- Page 33 ---
A
*
a
(3)
saheresec-nauten publice
Mrssteuss,a:
trente mois. Le chemin, dont la beaxtél'excufoit
ily a
étécommencé ilya trente mois; mais
en quelque forte,a
heures 2
*la réunion a été confommée en vingt-quatre & demi.
chemin n'eft pas fait au bout de deux ans
& le
réunion n'a coûté qu'un édit au defpotifme,
Mais la
& le chemin a coûté des
& des larmes aux Peuples ,
à la Colonie,
SUEURS aux malheureux, , des HOMMES
& DEUX MILLIONS à la caifle.
AINSI, dans ce fait grave, dont vous allez connoître
la vérité, M. de la Luzerne fut COUP ABLE
toutc
le Miniftre, en lui fourniffant comme
d'avoir trompé
MATÉRIELEMENT FAux;ilfut plus
un fait, un moyen
juftifier fon affertion par des
COUPABLE d'avoir voulu
il fut plus COUPABLE
moyens deftruéteurs de Phumanité;
depuis fon avénement au miniftère, perencore d'avoir,
dans des difpofitions fi pemicieufifté avec opiniatrcté
inutiles.
fes pour P'intérêt général, & à jamais
à mes ComVoilà mon récit, Meffieurs, , permettez
d'en fanétionner la ferupuleufe exaétitudc.
mettans
Voyer ci-après les picces juftificatives.
III. CHEF
DEDENONCIATION
SCANDALEUX D'UN CITOYEN INNOARRÉTEMENT
ARBITRAIRE ET INJUSTE.
CENT, ET JUGEMENT
de P'Amérique ne fe borLES devoirs d'un Vice-Roi
l'adminiftration
MESSIEURS, vous le favez, à
nent pas,
B. 4
tez
d'en fanétionner la ferupuleufe exaétitudc.
mettans
Voyer ci-après les picces juftificatives.
III. CHEF
DEDENONCIATION
SCANDALEUX D'UN CITOYEN INNOARRÉTEMENT
ARBITRAIRE ET INJUSTE.
CENT, ET JUGEMENT
de P'Amérique ne fe borLES devoirs d'un Vice-Roi
l'adminiftration
MESSIEURS, vous le favez, à
nent pas,
B. 4 --- Page 34 ---
KAOA -
- D CAAAS
(44)
des Provinces de fa domination ; tous les
en grand réfidé
dans fa main & dans celle
pouvoirs ont
jufqu'ici
anti-conftide lIntendant fon collègue,8 fi ce fyftème
étoit deftruétif de la liberté, au moins fem-"
tutionnel
fupérieur la loi de
bloit-il impofer à PAdminiftrateur des
dont
les intérêts
citoyens
furveiller avec vigilance à fon choix, le defpote ou le père. Si,
il pouvoit être,
étoit quclqueabforbé par la multitude des affaires,illui fur tous les indifois difficile d'étendre fes foins patemels
la bavidus, au moins devoit-il ne jamais paroitre que
lance de la juftice à la main; & en maintenir fcrupuleufeLa prévention qui l'auroit fait pencher,
ment Péquilibre. auroit approuvé cette inégalité > deT'opiniatreté qui des Colons, des délits d'autant plus
venoient, aux yeux
de ces PRESQUE Sougraves, que > contre les injuftices Miniftre fréquemVERAINS, il ne leur reftoit qu'un
fouvent inaccefible, & lc défefpoir.
ment prévenu,
de celui auquel dut fe livrer le
JUGEZ, MESSIEURS 3
malheureux dont j'ai Phonneur de vous expocitoyen
fer les griefs.
UN ancien Officier , retiré du fervice 2 affranchi de
déformais CITOYEN paifible, avoit
tout affujettiffement,
fur
imagina de 1
acquis un terrein au Cap >
lequel.il devoient augconftruire cinq maifons dont les loyers
menter fa fortune &c celle de fes enfans.
fervices n'avoient pu lui mériter
Ses bons & loyaux
Commiffaireles bonnes graces du fieur JAUVAIN,
& créature de Eintendant MARBOIS x
Ordonnateur 2
ranchi de
déformais CITOYEN paifible, avoit
tout affujettiffement,
fur
imagina de 1
acquis un terrein au Cap >
lequel.il devoient augconftruire cinq maifons dont les loyers
menter fa fortune &c celle de fes enfans.
fervices n'avoient pu lui mériter
Ses bons & loyaux
Commiffaireles bonnes graces du fieur JAUVAIN,
& créature de Eintendant MARBOIS x
Ordonnateur 2 --- Page 35 ---
SA
ns
-
(s5)
L'INSTITUTEUR de
lequel s'étoit déclaré avec indécence bon. Cet Officier
M. de la Luzerne , qui le trouvoit du confcil du Vicefubalterne, enorgueilli de la faveur
à jamais un
crut qu'il lui feroit aifé de ruiner
Roi,
Il lui laifla avancer la confcitoyen qu'il n'aimoit pas.
le
eut
&
proptiétaire
truétion de ces maifons > quand confidérables, ou piis
verfé dans cette bâtifle des fonds
lui fit
importans > le fieur JAUVAIN
des engagemens
fcs ouvriers d'un terrcin qui
fignifier d'avoir à retirer
appartenoit au Roi.
fut un coup de foudre pour le
CETTE fignification à M. de la Luzerne, alors Gouconftru@teur. f1 écrivit
réclamation du,
& lui repréfentant l'injufte
verneur >
lui demanda des Juges. M. le Gouverficur Jauvain, il
lefquels iln'eut pas
neur nomma des Examinateurs parmi lui-même: Le citoyen
honte de placer le fieur Jauvain
crut
SA PARTIE au milieu de SES JUGES ,
léze, voyant
mais le Génédevoir en faire l'obfervation au Général, eu la déliral perlifa, & le fieur JAUVAIN n'ayant -pas lieu en fa
cateffe de fe récufer, l'apport des titres cut
les
Heureufement qu'il avoit des Collègues ;
préfence.
furent mis fous les yeux > & après
pièces & les plans
le citoyen
févère examen, il fe trouva , non pas que le fieur
fur le terrein du Rai, mais que
avoit ufurpé
de foixanté
Jauvain > au nom du roi , avoit cmpiété
pieds fur le terrein du citoyen,
CETTE découverte bien conftatée mortifia fingulièredans le combat qui fe livra
ment le fieur Jauvain,.8
faulfe
dans sa petite tête 2 entre l'aveu d'une
imputa-
vère examen, il fe trouva , non pas que le fieur
fur le terrein du Rai, mais que
avoit ufurpé
de foixanté
Jauvain > au nom du roi , avoit cmpiété
pieds fur le terrein du citoyen,
CETTE découverte bien conftatée mortifia fingulièredans le combat qui fe livra
ment le fieur Jauvain,.8
faulfe
dans sa petite tête 2 entre l'aveu d'une
imputa- --- Page 36 ---
RCCA K
Ko - - KM -A
tion &
(:0)
la morgue de fa place,il
jurier cruellement
s'oublia au point d'inOfficier
par un DÉMENTI FORMEL, un ancien
auquel il auroit pu, fans fe dégrader, faire
quelques excufes.
L'OFFENSÉ eutle mérite bien rare de la
ne fe permit ni un gefte ni un
modération. II
Theure al M. de la Luzerne propos, mais il écrivit fur
une réparation
pourle prier de lui faire faire
convenable. Ce Général ne fe crut
permis de prononcer fans en référer à l'Intendant, pas
confeil; & ce dernier ne pouvant fe réfoudre à fon
fon favori Jauvain à cette épreuve, il fut
mettre
M. le Gouverneur écriroit
convenu que
une lettre
laquelle on efpéroit de terminer cette MIELLEUSE, affaire.
par
L'HONNEUR outragé ne compofe point avec luimême. L'offenfé infifta auprès du Général, & ce Général, bleffé de cette noble remontrance, donna
bien imprudent fans doute, d'arrêter le
l'ordre,
GRENADIERS commandés
plaignant. Des
pour cette exécution
nique > vinrent en plein jour SAISIR au
tyranouvriers un
2 milieu de fes
dont le ,
CITOYEN paifible fur ce terrein même
feul crime étoit d'avoir prouvé
fes titres >
qu'il avoit la propriété,
par
prifon
Trainé au Fort Picolet, une
l'y attendoit : ily y entra avec fon
au bout dc cinq jours, il en fortit
innocence, &
être conduit avec fcandale à bord avec d'unc tranquillité, pour
tranfporta à foixante lieues de chez frégate qui le
Prince, réfidence des
lui, aa Port-aufatrapes de cc malheureux pays.
Ex débarquant, des
Officiers-Majors vinrent le rece-
la propriété,
par
prifon
Trainé au Fort Picolet, une
l'y attendoit : ily y entra avec fon
au bout dc cinq jours, il en fortit
innocence, &
être conduit avec fcandale à bord avec d'unc tranquillité, pour
tranfporta à foixante lieues de chez frégate qui le
Prince, réfidence des
lui, aa Port-aufatrapes de cc malheureux pays.
Ex débarquant, des
Officiers-Majors vinrent le rece- --- Page 37 ---
(27)
voir, le conduifirent avec appareil au palaisdu Gouverneur. Un CONSEIL DE GUERRE étoit affemblé , &
lc Vice-Roi s'en étoit à lui-méme réfervé Ia préfidence. Aucune ordonnance 2 aucune loi n'attribuc au
Général le droit de tenir un femblable Confeil dans un
femblable cas 5 mais je ne m'arrêterai point fur cettc
tranfgrellion- Peut-on chercher l'obfervance dcs règles
dans la violation de toutes les lois? Le fait eft que le
Confeil de guerre eut lieu en mars 1787.
LA parut comme un criminel 1, pour être jugé militairement , un ancien & brave officier qui s'étoit plaint
fon fupérieur d'avoir reçu une offenfe grave > & qui
lavoit inftammcnt conjuré de punir L'AGRESSEUR.
Cette fcène, digne des Nababs de FInde, s'ouvrit à huit
heures du matin', & dura jufqu'i une heure après midi.
Entre le prétendu coupable & les juges, on paffa cinq
heures entières à chercher un crime, & le foupçon d'unc
faute légère même ne fe trouva pas. Les fix Officiers
le Gouverneur s'étoit adjoints pour former ce trique
du rôle anquel on les
bunal extraordinaire, rougiffoient
avoit affociés; les yeux baiffés, n'ofant ouvrir la bouche, ils attendoient avec embarras le dénouement.
M. le Préfident du Confeil,
LE VOICI 2 MESSIEURS.
M. le Gouvernear, fans faire un tour d'opinions, fans
recucillir les voix, fe leve, déclare que le Confeil de
guerre eft fini, & que Paccufegardera pendant trois
jours les arrêts.
TROIS JOURS LES ARRÉTS ! & c'étoit pour lui ordon-
'ofant ouvrir la bouche, ils attendoient avec embarras le dénouement.
M. le Préfident du Confeil,
LE VOICI 2 MESSIEURS.
M. le Gouvernear, fans faire un tour d'opinions, fans
recucillir les voix, fe leve, déclare que le Confeil de
guerre eft fini, & que Paccufegardera pendant trois
jours les arrêts.
TROIS JOURS LES ARRÉTS ! & c'étoit pour lui ordon- --- Page 38 ---
aszN
:
a
her les arrêts qu'on avoit (:8)
arraché de fes foyers avec
qu'on avoit enlevé à des affaires les
éclat;
pour fa fortane, à des
plus intéreffantes
conftrudions
avoit refferré dans une
commencées, , qu'on.
avec fcandale,
prifon 2 qu'on avoit embarqué
qu'on avoit expofé dix
gers de la mer & à fes
jours aux danfait
incommodités, & qu'on avoit
comparoître fans accufation devant un tribunal
fant, un ancien ferviteur du Roi
impoun pere de famille,
, un citoyen eftimé,
> voir arbitraire 2 pour lui dire : ( De par le pouqui m'a été confié, vous
> arrêts. Vous n'aviez
je
mets aux
> à M. lIntendant pas tort, mais vous aviez déplu
en la perfonne de fon
> Jauvain. Je vous ai fait faire
fubdélégué
>
vous voilà
un voyage long &
nible;
au milieu de
péni-
> nez chez vous en courant les votre courfe, retour-
> venez-vous
fi
mêmes dangers, & fouque je ne vous ai
> vous
pas fait l'injuftice de
punir, je ne vous ai pas rendu
> venger >.
la juftice de vous
ArNisr, dans cet abus révoltant d'autorité
fieurs témoins s'affoient
dont plugnant lui-méme
parmi nous 2 & dont le
avoit obtenu
plaide fes
pour y fiéger'les
Compatriotes, M. de la Luzerne fut fufirager
d'avoir obftinément nommé
COUPABLE
fupect & récufé ; il fut
pour arbitre un homme
ofé
plus COUPABLE' de n'avoir
punir une injure dans le favori de fon
pas
l'honneur
favori, quand
ration la exigcoit cette fatisfaction, & que la modé.
réclamoit de fa juftice; il fut
encore d'avoir attenté
plus COUPABLE
toyen, d'avoir
avec éclat à la liberté d'un cimis fa vie' en
fa fortune
fon innocence
danger,
en
en doute; de lui avoir
péril,
-
avec opiniâtreté
COUPABLE' de n'avoir
punir une injure dans le favori de fon
pas
l'honneur
favori, quand
ration la exigcoit cette fatisfaction, & que la modé.
réclamoit de fa juftice; il fut
encore d'avoir attenté
plus COUPABLE
toyen, d'avoir
avec éclat à la liberté d'un cimis fa vie' en
fa fortune
fon innocence
danger,
en
en doute; de lui avoir
péril,
-
avec opiniâtreté --- Page 39 ---
(29),
refufé toute fatisfaion de la part de fon
de l'avoir, par un arrêtement
agreffeur, &
injuftement,
arbitraire, puni trèspuifqu'en définitif, le tribunal, arbitraire
lui-mèmc, n'a pas trouvé matière à la plus
punition.
légèra
VOILA mon récit, MESSIEURS. M. LE
DE COURREJOLLES, Député
CHEVALIER
mingue à l'Affemblée
fuppléant de Saint-Doje viens de citer. Nos Nationale s eft la viétime que
Collegues font fes témoins.: La
cofrefpondance des parties en eft la preuve; ; jc la,dépofe entre vos mains > fans y joindre aucune
vation.
obferVoyer ci-après les pieces jufificatiyes.
IV, CHEF DE DÉNONCIATION.
CITOYENS VENDUS A UN AYENTURIER
PUISSANCES ÉTRANGERES. POUR ZES
UN Adminiftrateur fouverain,
qui, par
opiniâtreté ou
prévention,
vengeance 3 compromet l'exiftence, la
réputation ou la liberté d'un
bien
citoyen, 3 eft fans doute
coupable aux yeux de l'humanité & de la
mais que dira-t-on de celui
loi;
les droits de l'homme
qui, au mépris de tous
& de tous. les
a
ou du moins a laiffé fairé fous fes principes, fait,
HONTEUX & barbare de la
yeux un TRAFIC
d'un
LIBERTÉ & DE LA VIE
grand nombre d'hommes fur lefquels il n'avoit
aucun droit que par la loia
ft fans doute
coupable aux yeux de l'humanité & de la
mais que dira-t-on de celui
loi;
les droits de l'homme
qui, au mépris de tous
& de tous. les
a
ou du moins a laiffé fairé fous fes principes, fait,
HONTEUX & barbare de la
yeux un TRAFIC
d'un
LIBERTÉ & DE LA VIE
grand nombre d'hommes fur lefquels il n'avoit
aucun droit que par la loia --- Page 40 ---
RSKONA VESN
a AUNE
(30)
de l'année 1787, un de ces
VERS les commencemens aftucieux, déterminés, qui s'inhommes entreprenans., qu'ils font fans pudeur, &c
troduifent par-tout parce n'ont rien à perdre, arrivé
qui tentent tout parce qu'ils
s'ctablit au
depuis quelque temps à Saint-Domingue, La tournure de
Port-au-Prince. Il s'appeloit VIDAL.
donner
fon ton, fes projets auroient pu
ce particulier,
homme moins méfiant que M. de
des foupçons à un
à
mais l'adreffe de cet homme fuppléa
la Luzerne 5
chez le Gouverneur, lui plut, detout; il fe faufila
comme on va le voir, des
vint fa fociété 2 & reçut, 1
dc fa confiance.
preuves non équivoques.
MESSIEURS, les motifs
JE ne vous rapporterai pas,
Un voile
de Vidal, ni les détails de fa négociation.
l'endes conférences très-fecretes, &
épais a couvert ordonnerez pourra feule percer ce
quête que vous
vous expofer, ce
myftère d'iniquité. Tout ce queje puis
& ces réfultats font auffi intéreffans
font les réfultats, s'inftruire des abus de notre Goupour ceux qui veulent
ceux qui en furent les
vernement, que fâcheux pour
coopérateurs.
entretiens de Vidal avec M. le
D'APRÈS quelques
redoubla. La
Gouverneur, la rigueur de la police
moindre rixe entre les Citoyens, le plus léger foupçon
àlad'ivreffe étoient punis par une INCARCERATION,
d'abord, mais qui s'expliquelle on ne prit pas garde
Quelle fut la furprife
qua facilement après l'événement. mois de Mars de l'année
de tous les habitans, > lorfqu'au de M. de la Luzerne
1787, après bien des entrevues
av
oubla. La
Gouverneur, la rigueur de la police
moindre rixe entre les Citoyens, le plus léger foupçon
àlad'ivreffe étoient punis par une INCARCERATION,
d'abord, mais qui s'expliquelle on ne prit pas garde
Quelle fut la furprife
qua facilement après l'événement. mois de Mars de l'année
de tous les habitans, > lorfqu'au de M. de la Luzerne
1787, après bien des entrevues
av --- Page 41 ---
- Z
(3r)
& de fon nouveau
l'on
proxencte, la geole
en vit fortir
s'ouvrit, &
prifes, 4i500 hommes procefionnellementy à plufieurs redont
blancs, marchant deux à
pluficurs ENCHAÔNÉS & ferrés
deux,
s'avançoient triftement
par des
vers
le
MENOTTES,
tions les
port; diverles embarcareçurent, & la petite flottille fit
vers POxTO-BELLo, &
voile, partie
fort des
partie vers CARTHAGÈNE, Le
premiers nous eft demeuré inconnu;
autres, , guidés par le fidèle
5 quant aux
VIDAL, ils
auprès d'un port fitué dans une rade de jettèrent l'ancre
la
elpagnole; nos malheureux
poffeffion
barqués. Leur fcélérat
compatriotes y furent déCommandans
raviffeur fe rendit à terre, vit les'
pour le Roi d'Efpagne, traita
termina fes affaires, & ne reparut
avec eux,
plus.
PEU après fon départ, un détachement
clpagnoles fut introduit dans le
de troupes
au bout du fufil, détermina Fort, & la baionnette
infortunés fans
en peu de momens, dcs
armes, à arborerla cocarde
s'engager LIBREMENT au fervice
rouge, & à
pourtant leur bonne volonté
d'E(pagne. Comme'
vée, on les pria de fe foumettre n'étoit pas encore éprouMENOTTES; ; & fous une efcorte
à la précaution des
duifit ainfi,
convenable , on les condu
MESSIEURS,.. jufqu'à QUITTO,
royaumede ce nom, , fitué à 5oo lieues dans les capitale
la, on leur ôta leurs
terres;
les troupes
chaînes, & on les incorpora avec
qui gardent le pays.
PLUSIEURS étoient morts en chemin, de
mifere; d'autres,
de
fatigue & de
l'homme s'élance preffés ce befoin naturel par lequel
vers la liberté, tenterent de s'échap-
URS,.. jufqu'à QUITTO,
royaumede ce nom, , fitué à 5oo lieues dans les capitale
la, on leur ôta leurs
terres;
les troupes
chaînes, & on les incorpora avec
qui gardent le pays.
PLUSIEURS étoient morts en chemin, de
mifere; d'autres,
de
fatigue & de
l'homme s'élance preffés ce befoin naturel par lequel
vers la liberté, tenterent de s'échap- --- Page 42 ---
SROCA K
- R
(3*)
per de Quitto , & déferterent 5 on en attrapa beaucoup qui, fuivant la loi du pays, furent
mines. On ne peut pas douter
la envoyés aux
de ces infortunés françois n'ait que majeure partie
pénible de ces métaux,
péri dans lextractionqui, parmi nous, repréfentent
tout, jufqu'au fang des malheureux qui les arrachent
aux entrailles de la terre; mais un petit nombre
eux échappa aux recherches, & fc livrant
d'entre
des diverfes rivieres qui arrofent
aux courans
fc jettent les unes dans le fleuve ces contrées, & qui
des
autres dans
Amazônes, les
l'Orenoque, ils defcendirent, au milieu
mille morts, jufqu'à la
de
Guyagne, &à Caienne, d'ou
pluficurs SONT REVENUS à Saint-Domingue.
C'EST à ces vidlimes du defpotifme que l'on doit
récit quc vous venez d'entendrc. Libre
le
Miniftres d'en
aux partifans des*
ils nieront
révoquer en doute l'exaétitude ; mais
difficilement un fait NOTOIRE & bien
que je ne me fuis paspermis de' citer fans
grave
c'eft l'embarquement
temoignages:
public, & fans
ou 5oo blancs privés de leur
jugement, de 4
liberté, &
nes. Quels étoient-ils? ou
chargés de chaîzerne fatisfera fans
alloient-ils ? M. de la Ltil
doute à CCS queftions; mais
rejetteroit cette exécution arbitraire fur
quand -
inhumain, il fut COUPAELE de nes'être quelque ordre
ment refufé à en être
pas généreufes'iln'avoit
l'inftrument; il fut plus COUPABLE,
point d'ordrc, d'avoir abufé de fon autorité
fmprème, pour fe laiffer aller
d'un aventurier méprifable, asrin@uatierciminalle
pour lc compte duquel il
permettoit une vile preffe dont il devenoit le
11 Lfut plus COUPABLE encore d'avoir
complice,
dévouéà un banni(
fement
ment refufé à en être
pas généreufes'iln'avoit
l'inftrument; il fut plus COUPABLE,
point d'ordrc, d'avoir abufé de fon autorité
fmprème, pour fe laiffer aller
d'un aventurier méprifable, asrin@uatierciminalle
pour lc compte duquel il
permettoit une vile preffe dont il devenoit le
11 Lfut plus COUPABLE encore d'avoir
complice,
dévouéà un banni(
fement --- Page 43 ---
(33),
fement éternel, & l'on peut dire A LA MORT, des
François retirés près de lui fous la fauve - garde du
droit des' gens; que fon devoir lui prefcrivoit de fairc
juger s'ils étoient crininels, ou de ne pas punir s'ils
étoient innocens.
I
MILLE témoins oculaires nous ont dénoncé ce fait
atroce dont la notoriété a foulevé l'indignation des amis
de l'humanité, La clameur publique confacrera CCS
témoignages, auxquels il feroit facilc d'en joindre un
grand nombre par écrit.
Voyez ci-aprèsles pieces jufificatives du quatrieme chef.
Ve. CHEF DE DÉNONCIATION,
REFUS OBSTINÉ DE IETTRES DE CONFOCATION A
!.
IA COIONIE DE SAINT-DONINGUE.
APRÈS ce que vous venez d'eatendre, ce. feroit,
MESSIEURS, abufer de vos momens, que d'accumuler ici
plifieurs abus d'autorité, qui, prenant leur fource dans
les principes arbitraires qui dirigeoient M. de la Luzerne, ne vous étonneroient pits. Ainfi, je ne vous
ferai point' la longue énumération de tous CCS aétes
tyranniques quel L'HABITUDE du deipotifine rendoit chez
lui prefque involontaires. Mais après vous avoir dévoilé quelques-uns des abus de fon GOSVERNEMENT
il convient de vous expofer les torts de fon MINIS TERE, >
&c de vous entretenir des plus grands intérêts de la
colonie.
LE premier de tous, MESSIEURS, d'aprés ce qui vient
C
, je ne vous
ferai point' la longue énumération de tous CCS aétes
tyranniques quel L'HABITUDE du deipotifine rendoit chez
lui prefque involontaires. Mais après vous avoir dévoilé quelques-uns des abus de fon GOSVERNEMENT
il convient de vous expofer les torts de fon MINIS TERE, >
&c de vous entretenir des plus grands intérêts de la
colonie.
LE premier de tous, MESSIEURS, d'aprés ce qui vient
C --- Page 44 ---
CAN
aa RUA
EM
t34)
de fe foufétoit, fans contredit,
à leur
de vous être expolé,
dont les excès portés
traire à un Gouvemnement dernier degré du defpotifine
comble, & parvenus au plus infapportables, qu'ils
oriental, étojent d'autant avec les loix douces &
contraftoient plus fortement
voifin; mais Y'amour
régilloient un continent
inviolable
égales qui
leur Roi, leur attachement
des Colons pour
feconde patrie, ne leur permettoit
pour la France, leur d'un régime moins tyrannique
d'entrevoir les douceurs la bonté du Souverain.
que dans la juftice &
lui. Hélas :
étoit de parvenir jufqu'à
fi
L'EMBARRAS
il étoit quelquefois
près de fa perfonne,
obftacle de plus
bien plus
entendre ! : - . Quel
difficile de fe faire
Peut-être malgré
quundloignemneats de deux millelieuee n'aurions-nois jamais pul le
les cris de notre défefpoir, paternelle notre Souverain
franchir, fi dans fa bonté
fans difinéions auprès
n'avoit jugé à propos d'appeler de fon empire.
de lui tous les fujets
connoilfez tous, 9
lettres de convocation que vous doivent être citées
Ses
précieufes
mais dont les exprefions qu'elles établiffent un contrafte
dans cet ouvrage, parce
& la dureté de fon
entre la bonté du Monarque n'excluoient qui que ce
frappant Délégué ; fes lettres, dis-je,
perfonne 2 &
auffi elles ne nommoient de fes Miniftres
fût, & comme deftinées à tous, chacun
il
qu'elles étoient
de T'exaditude avec laquelle
dut être RESPONSABLE
de fon départedans les provinces
les feroit parvenir
ment.
Secrétaire d'Etat de
MESSIEURS, 2 le
Sous ce rapport,
Monarque n'excluoient qui que ce
frappant Délégué ; fes lettres, dis-je,
perfonne 2 &
auffi elles ne nommoient de fes Miniftres
fût, & comme deftinées à tous, chacun
il
qu'elles étoient
de T'exaditude avec laquelle
dut être RESPONSABLE
de fon départedans les provinces
les feroit parvenir
ment.
Secrétaire d'Etat de
MESSIEURS, 2 le
Sous ce rapport, --- Page 45 ---
la Marine auroit-il da oublier (35)
Indes, & oferoit-il même
nos pofleffions des deur
qui touchoit fi
traiter D'OUBLI une négligence
effentiellement à la
précicufes contrées 2 Ne craindra-t-il confervation de ces
gon, trop aifé peut-être à
pas qu'un Coupcriminel d'avoir voulu juftifier, ne lui prête le deflein
la liberté
fouftraire il'empire heureux de
publique que la Nation
Roi promettoit, , des peuplades demandoit, & que le
toient à ce bienfait général
immenfes qui n'apportion, que d'être fituées
d'autres fignes de
au dela des mers.
réprobaNoN, MESSIEURS, M. de la Luzerne
qu'il a oublié les colonies, ni
ne dira pas, ni
l'ouverture des Etats Généraux que l'époque fixéc pour
de toutes les colonies
rendit la convocation:
qui eft le
impoflible. Ce befoin de la
Premier de tous chez
liberté,
au ceur de nos compatriotes. P'homme 3 avoit parié
j'ai fouvent appelé la
SANT-DowniGur, > que
tout prévu, & fon aétivité CAPITALE de nos Illes, avoit
diligence du Miniftre de la ne laiffoit rien à faire à la
Marine.
LES lettres de convocation de Sa
il eft vrai; que le 24 janvier
Majefté ne parurenf,
depuis cette époque
1789 5 & véritablement
impofible de
jufqu'au 4 de mai, il edt été comme:
fais bien qu'ils recevoirles auroient Députés de nos colonies; ; je
après l'ouverture des pu, fans inconvénient, arriver
d'avoir recours à ce Etats; mais je n'ai pas befoin
moyen.
Dès le mois d'avril 1788, la
avertic des intentions
Province du NoRD,
annoncées par le Roi, de convo-.
Cz
9 5 & véritablement
impofible de
jufqu'au 4 de mai, il edt été comme:
fais bien qu'ils recevoirles auroient Députés de nos colonies; ; je
après l'ouverture des pu, fans inconvénient, arriver
d'avoir recours à ce Etats; mais je n'ai pas befoin
moyen.
Dès le mois d'avril 1788, la
avertic des intentions
Province du NoRD,
annoncées par le Roi, de convo-.
Cz --- Page 46 ---
V
4 K RREUSTES
: UTESACA
(35)
avoit
Etats Généraux de fon royaume,
quer bientôt les
qui ne tarda pas à fe propager
éprouvé un mouvement De bons Citoyens s'affemblerent,
colonic.
dans toutela
mais non pas ELÉGALEMEKT réILICITEMENT peut-être, fages fur leur pofition; ces s'acIls frent des réfexions des Comités fe formerent, ils coloAexions circulérent;
les
de la
tous propilétaires
crurent; enfin prefque lunion de leurs compatriotes réfidant.en &
nie réclamant
des mémoires, des doléances, ComFrance, leur adrefferent
l'effet de nommer des
de folliciter
des mtiemnatedeeur s'occuper efficicement
miflaires qui puffent
& des lettres de convocale fouvenir du Monarques Etats Généraux qui devoient
la fellion des
tion pour
yofbtbede
animés d'un enthouLES Colons réfidant en France, avec ceux qui réfidoient
fc coalisérent
de ceux de Paris,
fialine patriotique, Un grand nombre
en perà Sant-Doningas, &c des Provinces, fe réunirent
de tous les Ports,
& élurent NEUF COMMISSATRBS, dorna
fonne 2 ou par adhéfion, dans la Colonic, auxquels on Retous Propdétaires
celle de procurer aux foleminftrudion principale, une ADMISSION
pour
de Saint - Domingue défirée, d'ou devoit fortir
préfentans
Affembléc fi
nelle dans cette bonheur de la France.
la liberté & le
ont
ces Commiffaires
Messeons,
jamais
Vous leur jugerez, mifion ; mais vous n'imaginetiez dont il nous a
rempli
renaiffans fous leurs pas,
Cependant
les obftacles
parvenir jufqu'à vous.
SEUL
fallu triompher pour
contradidteur, qu'UN
n'avions qu'ox SEUL
nous
voit fortir
préfentans
Affembléc fi
nelle dans cette bonheur de la France.
la liberté & le
ont
ces Commiffaires
Messeons,
jamais
Vous leur jugerez, mifion ; mais vous n'imaginetiez dont il nous a
rempli
renaiffans fous leurs pas,
Cependant
les obftacles
parvenir jufqu'à vous.
SEUL
fallu triompher pour
contradidteur, qu'UN
n'avions qu'ox SEUL
nous --- Page 47 ---
a
(37)
oppofant, qu'UN SEUL ENNEMI, lc Miniftre de
rine; lui, par état, notre
la Manotreappui. Et remarquez proteéteur, notre foutien,
bien il eft cflenticl
pourtant, MESSIEURS, comdémarches tendoient que je vous prouve que toutes fès
liberté
à nous feriner le
: car G je
fanétuaire de la
trer, il fera clair parviens une fois à vous Ic démonde conferver
alors, ou qu'il avoit
le
fur nous fon
conçu projet
régner feul par le
tyrannique empite > & de
libre
de(potifine, au milicu d'une Nation
déformais, ou qu'il craignoit
fiffent entendre, & ne révélaflent que nos voix ne fe
importoit de cacher. Eh
des fecrets qu'il lui
bien,
vous prouver, jufqu'à
MESSIEURS, je vais
iinportante.
L'ÉVIDENCE, cette propofition
LE 4 Septembre 1788, nous nous
Miniftre de la Marine avec des
préfentâmes au
plus dc QUATRE MILLE
POUVCIRS revêtus de
ties de l'Ie & de toutes SIGNATURES les
de toutes les parne vouldt ni lire les
Provinces.de France ; il
regarder les
pouvoirs, ni même fc préter à
fignatures.
Nous lui remîmes une lettre
une pour lni, toutes deux
pour Sa Majefté, &
Commettans; celui d'être erplicatives du voeu de nos
Il les lut, fe récria, dit appelés aux Etats Généraux.
tard, & nous renvoya à que c'étoit s'y prendre trop
quinzaine,
Nous fimes exaéts. Il nous affura
notre letère à Sa
:
qu'il avoit remis
Majefté > qu'il cn avoit
port au Confeille II du même
fait le rapmois, & que le Confeil
C 3
é, &
Commettans; celui d'être erplicatives du voeu de nos
Il les lut, fe récria, dit appelés aux Etats Généraux.
tard, & nous renvoya à que c'étoit s'y prendre trop
quinzaine,
Nous fimes exaéts. Il nous affura
notre letère à Sa
:
qu'il avoit remis
Majefté > qu'il cn avoit
port au Confeille II du même
fait le rapmois, & que le Confeil
C 3 --- Page 48 ---
ER/ON ( 5 -
(38-)
avoit prononcé,- Quoi,s'il vous plait, M. le
Comte:
C'ef, Mefieurs, 2 ce que vous ne faurez
Ze Roi me l'a défendu; c'eft Ze fecret de l'Etat. jamais ;
n'étoit pas le fecret de
le Roi
Ce
TEtat;
ne l'avoit pas
défendu ; mais le fait eft que nous ne l'avons jamais
f, & que nous l'ignorons encore. Avec de femblables
décifions, un Miniftre demeure maître de la
& un Royaume entier refte dans les fers campagne, du
tifme.
defpoNOUVELLES lettres de notre part au Roi & à tous
les Miniftres. Toutes font renvoyées à M. le Comte
de la Luzeme, & le fecret de l'Etat
veille
tour de lui, empêche l'efpérance même qui
aude tranfpirer
jufqu'à nous.
DEUX mois fe paffent dans cette anxiété, Les NoTABLES font affemblés, & tout aufli-tôt les Colons 7
fe préfentent devant eux avec leurs pouvoirs, leurs
inftructions, & leur ignorance fur le Jecree de P'Etat.
UNE lifte de queftions avoit été
Notables par le Confeil du Roi, Peu., envoyée fans
aux
étoient aufli importantes que celle dont
doute, >
dions la
nous demanfolution; elle n'avoit point été omife fans
deffein. Cependant elle parut d'une telle
aux préfidens des divers bureaux
conféquence
la traiter,
qu'ils voulurent tous
qu'ils nous l'écrivirent, & qu'ils s'en OCCupèrent. Une défenfe
leur
MINISTÉRIELLE vint enchaîner
patriotifmne, & nous empécher de découvrir le
fecret de l'Etat.
oute, >
dions la
nous demanfolution; elle n'avoit point été omife fans
deffein. Cependant elle parut d'une telle
aux préfidens des divers bureaux
conféquence
la traiter,
qu'ils voulurent tous
qu'ils nous l'écrivirent, & qu'ils s'en OCCupèrent. Une défenfe
leur
MINISTÉRIELLE vint enchaîner
patriotifmne, & nous empécher de découvrir le
fecret de l'Etat. --- Page 49 ---
s
(39)
de toutes parts au Miniftre, & touArNSI renvoyés
la liberté
par le Miniftre 2 tandis que
jours repouffés
nous fimes les derniets jouets
furgiffoit de toutes parts,
de la Luzerne fut
du defpotifme 5 & fi M. le Comte
lcs Colons François,
COUPABLE dc n'avoir point appclé
famille,
P'Affembléc de la grande
comme les Corfes,à
le voeu bien
il fut plus COUPABLE d'avoir repouffé
mille
prononcé de Saint - Domingue, lorfque quatre lui étoit
le faifoient eutendre, & qu'il ne
propriétaires
de douter de Pévidente
pas pollible > dans fa confcience >
n'avoit pas
majorité de ce voeu contre lequel l'intrigue enfin il fut plus
encore foulevé un feul oppofant ;
les juftes &
encore d'avoir fufcité > contre
COUPABLE demandes des Colons 2 les Miniftres fes'
patriotiques Confeil du Roi,& les Notables; d'avoir
Collegues, le
d'un Peuple malheureux i
étouffé les voix plaintives fermé toutes les avenues du
de lui avoir foigneufement dans la dure alternative, bu de
Trône ; de Tavoir placé
ou de la relever par une
ployer la tête fous le joug 2
&
pouvoit avoir des fuites dangercufes,
infurreêtion qui
motif de tant d'oppolitions, > que
de n'avoir eu d'autre
les deux mondes, un Empire
le défir de conferver, dans
auquelje conviens qu'il
abfolu, arbitraire, tyrannique, on en a fait le principe
eft pénible de renencer, > quand
de fon cceur & Phabitude de fa vie.
MESSIEURS, combien le veeu des
PoUR prouver 2
combien fa vérification étoit
Colons étoit énergique, &
de vous inviter à
facile
ne puis mieux faire que
> je
eux-mèimes. Les exprefconfulter mes COMMETTANS tant de fois au fieur LA MARfons qu'ils ont adreffées
C 4
ique, on en a fait le principe
eft pénible de renencer, > quand
de fon cceur & Phabitude de fa vie.
MESSIEURS, combien le veeu des
PoUR prouver 2
combien fa vérification étoit
Colons étoit énergique, &
de vous inviter à
facile
ne puis mieux faire que
> je
eux-mèimes. Les exprefconfulter mes COMMETTANS tant de fois au fieur LA MARfons qu'ils ont adreffées
C 4 --- Page 50 ---
: OXA Ka
Pr
(40)
DELLE, Procureur général, au fieur
dant, & par notre organe & leurs MARBOIS, l'IntenDE LA LUZERNE, Miniftte,
écrits, à M. le comte
mais qui n'a jamais voulu quinous a toujours écoutés,
feront aucun doute fur la nous entendre, ne vous laif :
d'après lefquelles
véracité de nos affertions, ,
Confcil de
nous avions cru qu'il étoit poffible au
nous écouter, permis aux
cuter 3 prefcrit au Miniftre de
Notables de dif
pas fait, la Colonie s'en
nous appeler; il ne l'a
jugerez,
plaint amerement ; vous le
Voyer ci-après > les pieces
jufificatives du cinquieme chef,
Vi.
CHSTDEBENONCHATION
ODSTACIES MIS DANS IA COIONIE A
TION DE SES DÉPUTÉS AUX ÉTATS IA NOMINA.
CÉNÉRAUX.
Jusqu'icr, 2 MESSIEURS, la clarté
répandre fir les faits
que j'ai défiré de
m'a déterminé à
que j'étois chargé de dénoncer 3
m'aftrcindre à P'ordre purement chronologique 2 & à tâcher même de
lieu dans chacun des récits
conferver P'unité de
faire. Cette marche,
que j'ai eu P'honneur de vous
plus commode
moins favorable à l'Orateur, eft
l'écouter
pour ceux qui lui font l'honneur de
ou de le lire, & par cette feule
ferois ferupuleufement conformé
raifonyjem'y
Mémoirc, f le
dans le refte de ce
de la Luzerne, NOUVEAU POSTE confié à M. le comte
étendant fes rapports fur
face du Globe ne
toute la fur-
> me forçoit pas de vous le
ter, tantôt donnantdans fon cabinct des ordres repréfinpour nous > tantôt confant leur exécution SINISTRES
dans ics
ou de le lire, & par cette feule
ferois ferupuleufement conformé
raifonyjem'y
Mémoirc, f le
dans le refte de ce
de la Luzerne, NOUVEAU POSTE confié à M. le comte
étendant fes rapports fur
face du Globe ne
toute la fur-
> me forçoit pas de vous le
ter, tantôt donnantdans fon cabinct des ordres repréfinpour nous > tantôt confant leur exécution SINISTRES
dans ics --- Page 51 ---
N
ec
(4r)
PRÉVARICATEURS , tantôt
Colonies à des fous-ordres
la Aatconfacrant, par une approbation bien coupable, iidclement
avoient
terie de CCS fubalternes 2 lorfqu'ils dont la fuite naturempli des injonétions tyrenniques,
dc haine
relle étoit d'accroitre fans ceffc une maffe
lieu
fi contraire aux bons effets que l'on a
toujours
exécutif.Etjer ne puisici mc rcfud'attendre du pouvoir
obfervation dont Pévidence & V'impartialité
fer à une
c'eft qu'un MINISTRE
me paroiffent incontelftables 3
tous les autres,
n'étant qu'un homme faillible comme
des
ftriétement refponfable
pren'eft peut-être point
dans la carriere admi.
miers pas que font fes délégués
s'il les 1
niftrative s'il les arrête alors , s'il les juge >
feule aura été en défaut queldépofe, fa perfpicacité
malheur d'un. mauvais
ques momens 5 mais Iorfqu'au
d'une
choix il joint celui d'un entêtement permanent, abfolu 8C
opiniâtreté inexpugnable > d'un aveuglement
veut
volontaire en faveur de fes protégés ; lorfqu'il obftinéles croire impeccables 5 lorqu'il ferme
toujours
de la juftice & aux cris de
ment l'orcille aux plaintes difconvenir qu'IL s'APla douleur, alors on ne peut
leur fautes,
PROPRIE leur incapacité 2 leurs erreurs, 2
d'autant
délits, & leurs forfaits, & qu'il fe rend
Icurs
nombre de
plus coupable, qu'il foutient un plus grand
complices.
confidérons ce qui fe paffoit dans
Sous ce rapport, de Marine & les fils qu'il
le cabinet du Miniftre la
>
inacceflibles
faifoit jouer 2 tandis qu'il nous rendoit venoit de lui
toutcs les avenues du Trônc. Le Roi
de
nommer un fuccefleur au Gouvemnement général
d'autant
délits, & leurs forfaits, & qu'il fe rend
Icurs
nombre de
plus coupable, qu'il foutient un plus grand
complices.
confidérons ce qui fe paffoit dans
Sous ce rapport, de Marine & les fils qu'il
le cabinet du Miniftre la
>
inacceflibles
faifoit jouer 2 tandis qu'il nous rendoit venoit de lui
toutcs les avenues du Trônc. Le Roi
de
nommer un fuccefleur au Gouvemnement général --- Page 52 ---
- UT/ON CEN
(4)
avoit choifi M. LE
Saint-1 Domingue > & Sa Majefté
des incCe dernier emporta
MARQUIS DU CHILLEAU. fans doute un jour, & qui
truétions qu'il nous montrera
que vous
quelque intérêt aux Commiffaires mais
préfenteront d'en faire Pexamen. Je ne les ai pas vues,
chargerez les faits, elles étoient un peu defpotiquese
à enjuger par
les apprécier à Vinitant.
Vous allez, MESSIEURS,
débarque à Saint - Domingue le
M. DU CHILLEAU
M. de la Luzerne >-
décembre 1788 5 prévenu par
donner le
l'Intendant Marbois, fâns lui
& accueilli par
ni de rien connoitre, ce pertemps de fe reconnoitre,
le furlendemain 26 une
fide Collegue lui fait figner
la violation la
ordonnance qui n'étoit rien moins que
& des
évidente de tous les droits des Citoyens de celle
plus
devoit le perdre dans l'efprit
Nations, & qui
s'il n'edt bientôt reconnu fon
qu'il alloit gouvemer, fa conduite qu'il n'étoit réelleerreur 2 & prouvé par
ment pas coupable.
ordonnance étoit 2 fous prétexte de
LE but de cette
habitans, , d'en rendre la MANIcondefcendre au voeu des
efficacement les.
IMPOSSIBLE, > de contrarier
FESTATION
que le Miniftre craignoit tant,
ASSEMBLÉES COLONIALES
dont l'adles ÉLECTIONS DES DÉPUTÉS,
& fur-tout
fi redoutable à ceux qui avoient 3
miflion paroiffoit fortes raifons pour ne pas laiffer paffer
commc lui, de
la vérité dans le Continent.
MESSIEURS , cette ordonnance
Vous la verrez 2
Colons d'exprimer
semarquable ; clle permettoit aux
FESTATION
que le Miniftre craignoit tant,
ASSEMBLÉES COLONIALES
dont l'adles ÉLECTIONS DES DÉPUTÉS,
& fur-tout
fi redoutable à ceux qui avoient 3
miflion paroiffoit fortes raifons pour ne pas laiffer paffer
commc lui, de
la vérité dans le Continent.
MESSIEURS , cette ordonnance
Vous la verrez 2
Colons d'exprimer
semarquable ; clle permettoit aux --- Page 53 ---
ASe
-
(451)
.leurs voeux pour Ou contre une repréfentation aux
États Généraux; & pour donnerà cette déclaration toute
la latitude poflible, des requêtes écrites dcvoient être
Cing perfonnes feuleadreffées aux Adminiftrateurs.
figner chaque requéte. La figrature
ment pouvoient rendoit nul le vau des cinq autres.
d'une fixcieme
devenoient autant
Plufieurs nullités de cette importance
de FINS DE NON RECEVOIR. > & comme ces déclarations Coloécrit & fous cachet , toute la
fc paffoient par
les Adminiftranie auroit foufcrit ces requêtes 2 que
auroient
dire qu'ils n'en avoient pas reçu
teurs
pu
douze.
ON ne les mit pas à cette épreuve. Le piége étoit
perfonne ne s'y laiffa prendre & eXtrop groflier 5
timides,
croyant être oblicepté quelques têtes
qui,
&
gées de parler 7 opinerent POUR la repréfentation,
têtes vendues > qui, croyant plaire , eurent
quelques
TOUTE
Tinfamie de s'y oppofer 2 Saint-Domingue clle avoit de
ENTIERI E prouva, par fon filence, combien
dans
mépris pour les bafes d'une conftitution combinée
les bureaux & fanétionnée par le Miniftre.
MALGRÉ tous les foins que fe donna l'Intendant pour
la faire prévaloir, il eut bien de la peine à obtenir un
réfultat, & encore ce réfultat fut-il abfolument CONTRE
SON SYSTÉME. Quc fit-il: Muni du pouvoir LÉGISLATIF,
dont il étoit l'organe > foutenu du pouvoir EXÉCUTIF
réfidoit dans la main du Gouverneur , enfin aidé du
qui
JUDICIAIRE que dirigeoit fon Procureur génépouvoir
il
d'intimider, par l'abus de
iral la Mardelle, imagina
peine à obtenir un
réfultat, & encore ce réfultat fut-il abfolument CONTRE
SON SYSTÉME. Quc fit-il: Muni du pouvoir LÉGISLATIF,
dont il étoit l'organe > foutenu du pouvoir EXÉCUTIF
réfidoit dans la main du Gouverneur , enfin aidé du
qui
JUDICIAIRE que dirigeoit fon Procureur génépouvoir
il
d'intimider, par l'abus de
iral la Mardelle, imagina --- Page 54 ---
-
: TsO
(44)
n'avoient point été effrayés par
ce dernier 2 ceux qui
le
des deux autres. Le Procureur général,
lexercice
dont la miflion fainte cft de pourfuiMiniftere public,
de déconferver la vertu, menaça
vre le crime, pour fouverain tous ceux qui avoient
noncer au Tribunal
vues de la Cour, de DÉCRÉémis un veeu contraire aux
de les embarles
de les faire arrêter,
TER
coupables,
enfin de les traiter comme
quer pour le Continent ,
fenti-qu'ils étoient des
des fcélérats, parce qu'ils avoient combie de la démence
hommes 3 mais ce qui fut le
à dénonc'eft de le voir prèt
chez cc digne Magiftrat,
nommés par les Colons
cer aufli les neuf Commiffaires
des habitans de la
de France 2 en vertu des pouvoirs
ébruitée fauva
Colonie. Cette menace indiferetement
Ilvit que
au fieur la Mardelle.
une grande imprudence
& il nous garda fes
cette violence ne prendroit pas 5
bonnes intentions pour une occafion prochaine.
vexatoire qui n'auINFORMÉS de cette difpofition
comexcité
notre MÉPRIS, f elle n'eit pas
roit
que
réfidant dans
promis la liberté de nos Compattiotes formelle à M. de la
l'Ife > nous en portâmes plainte
& nous conLuzerne. Loin d'improuver, il approuva, les tyrans de
firma ainfi dans l'opinion douioureufe que de fes ordres
Saint-Domingue n'étoient que les agens
arbitraires.
obltacles étoient autant de véhicules qui
Tous ces
Aulli, malgré Pordonnance
nous menoient àl la liberté 5
la Colonie
renfermoit,
abfurde & lc fyitême qu'elle
Los
foruna-t-elle fon voeu avec énergic & paifibilité.
approuva, les tyrans de
firma ainfi dans l'opinion douioureufe que de fes ordres
Saint-Domingue n'étoient que les agens
arbitraires.
obltacles étoient autant de véhicules qui
Tous ces
Aulli, malgré Pordonnance
nous menoient àl la liberté 5
la Colonie
renfermoit,
abfurde & lc fyitême qu'elle
Los
foruna-t-elle fon voeu avec énergic & paifibilité. --- Page 55 ---
-
a
AESe 2
(45)
choifirent Préfident, Secté-.
Paroiffes s'affemblerent ,
rédigerent leurs cahiers, & nommerent au fcrutaires; Eleéteurs. Ces Elcéteurs , réunis dans les trois
tin des
leurs AfCapitales des trois départemens > organiferent
&
à l'éleétion folemfemblées refpe@tives > procéderent
nelle de leurs Députés aux États Généraux.
mieux la
majorité du voeu
Er rien ne prouve
grande
la conduite que tinrent les Adminiftracolonial, que
fans contredit, ces éledtions; ilsles
teurs. Ils craignoient,
n'eût aucun doute fur
avoient affez traverfces,pour qu'on
n'àvoient garde d'approuver ces affemblées
ce point' ;ils
leur récente ordonqui contrarioient fi manifeftement
le moinnance, & cependant ils n'oferent fe permettre
que l'infurredion, quoique trandre mouvement, parce le cri de la liberté unanime,
quille, 2 étoit générale;
les
plus que
l'indignation univerfelle, & que
tyrans,
tous autres, craignent les peuples.
Nos DÉPUTÉS furent donc nommés, revêtus des
colonie chargés de fes griefs, &
pouvoirs d'une grande
de tout un
s'embarquerent: à la vue & aux applaudifemens
mais ce fuccès fut dû tout entier à leur patriopeuple; tifme, à leur énergic ; & M. de la Luzerne n'en fut pas
d'avoir choii des agens malfaiteurs, , &
moins COUPABLE
inftruétions de defpotifine & de
de leur avoir donné des
ou
rigueur; il fut plus COUPABLE d'avoir employé
faire un grand mal à un
fecondé de petits moyens pour entier entre les bras
peuple fidele qui fe jettoit tout
d'un Monarque chéri qu'on déroboit aux empreffemens
de fcs fujets; enfin il fut plus. COUPABLE encore, après
'avoir choii des agens malfaiteurs, , &
moins COUPABLE
inftruétions de defpotifine & de
de leur avoir donné des
ou
rigueur; il fut plus COUPABLE d'avoir employé
faire un grand mal à un
fecondé de petits moyens pour entier entre les bras
peuple fidele qui fe jettoit tout
d'un Monarque chéri qu'on déroboit aux empreffemens
de fcs fujets; enfin il fut plus. COUPABLE encore, après --- Page 56 ---
6 3 NA
(
raveszera
(146)
Pévidence 2 le
malgré lui > & jufqu'à
avoir connu
manifefté de trois grandes provinces,
veu clairement
caché à notre Souverain, &
de lavoir foigoeufement jufqu'à fon cceur. En' effet, tand'avoir ainfi compromis
ainfi dire, fur les
dis que notte bon Roi, placé, préfentoit pour
une main paconfins des deux hémifpheres,
un Miniftre barbare
ternelle à fes enfans du Continent,
de l'autre main
impitoyablement
Yexcitait à REPOUSSER
& de PAfe.
SES ENFANS de PAmérique
d'afMESSIEURS, combien
PoUR vous prouver, contre nous, & à quel point
tuces, ont été employées ulcéré la colonie, nous allons 7
des refus réitérés ont
les ceuvres du Mifuivant notre ufage, vous préfenter
niftre, & les cris de nos Commettans.
chef,
les pieces juftificatives du fixieme
Vayez ci-apris,
CHEF DE DÉNONCIATION
VII.
couUN
ETAT ENIEFÉ A CITOYEN ESTIMLANEE,ZOUR
DÉPOVIILES SON CAIOMNIATEUR.,
YRIR DE SES
éleve fa voix impérieufe ;
QUAND le defpotifine arbitraire, les interprètes de
quand, avilis par l'antorité
alors la volonté d'un
la loi ceffent d'ètre fes organes; bonheur de tous; tous les liens
feul fe met à la place du
& fi dans un tel état
du contrat focial font rompus, FObfervateur philofophe
quelque chofe peut étonner
entre les biens & les
ceft qu'une heureufe intermittence de fe fuivre fans
au-moins ces derniers
maux empêche les heures de la vie, & nous préferve
folution 2 comme
ainfi des horreurs du défefpoir.
ffent d'ètre fes organes; bonheur de tous; tous les liens
feul fe met à la place du
& fi dans un tel état
du contrat focial font rompus, FObfervateur philofophe
quelque chofe peut étonner
entre les biens & les
ceft qu'une heureufe intermittence de fe fuivre fans
au-moins ces derniers
maux empêche les heures de la vie, & nous préferve
folution 2 comme
ainfi des horreurs du défefpoir. --- Page 57 ---
-
1 TSE
(47)
bonheur, MESSIEURS, eft le feul que la cod
Ce trifte
ait
non feulement penlonie de Saint-Domingue goûté,
de M. lc Comte de la Luzerne,
dant l'adminiftration
au miniftere de la
mais encore depuis fon avénement
marine.
diffimuler ici l'embarras que j'ai éprouvé;
JE ne puis
rédaéteur de ce mémoire,
choifi par ma Députation pour
nombre
chacun de mes collegues m'a remis un fi grand
je me fuis trouvé comme accablé fous le
de pieces, que
affluoient autour de moi. Chaque
poids des matériaux qui
mais votre
objet,j'en conviens, méritoit d'être défigné;
eft fi précieux, & la tâche que je remplis fi pétemps
ménager votre patience & foulager
nible, que pour
de la contraction qu'il éprouve,
promptement: mon coeur
faits dont Pexamen
j'ai feulement pris au hafard quelques
mettra à même d'apprécier les infortunes qui
vous
Commettans 2 &c de jufifier P'amertume
accablent mes
M. de la Luzerne a élevés dans leurs
des fentimens que
ames.
LES récits fàcheux que vous allez entendre fe font
d'cux-mêmes fous ma plume dans l'ordre oi je
placés
& quoique
vais avoir Thonneur de vous les préfenter;
foit pas toujours obfervée, je dois
la chronologie n'y
tous fe font paflés, ou fous
certifier, MESSIEURS, de M. que de la Luzerne, ou fous fon
le gouvemement
miniftere, ou fous l'un & l'autre également.
fuis forcé de le dire, & je ne le dis
HÉLAS! oui, je
commencées par: le
qu'en gémilfant, des injuftices
ique
vais avoir Thonneur de vous les préfenter;
foit pas toujours obfervée, je dois
la chronologie n'y
tous fe font paflés, ou fous
certifier, MESSIEURS, de M. que de la Luzerne, ou fous fon
le gouvemement
miniftere, ou fous l'un & l'autre également.
fuis forcé de le dire, & je ne le dis
HÉLAS! oui, je
commencées par: le
qu'en gémilfant, des injuftices --- Page 58 ---
RZM -
a
(48)
fes fubalternes, ont été confommées
Gouverneur ou
le Miniftre ou fes agens."
par
Médecin du Roi au Cap,
EN 1786, le fieur BARADA,
fes lumieres & refgénéralement eftimé pour
citoyen
palfe en France pour quelques
peêté pour fa probité, le fieur de Marbois, FIntenaffaires. En fon abfence, intérim à un fieur Artaud fon
dant, donne la piace par
protégé.
S reprend fa place. Ce
BARADA revient en 1787, ARTAUD & à fon protecprocédé déplut fort au fieur la femme du fieur Barada,
teur; quelque temps après, fon mari, achete le magalin
non commune en biens avec Aulli-tôt Artaud fe démafque;il
de PApothicaite du Roi.
au Miniftre, une incompatibilité
fait-dénoncer en France, d'Apothicaire & de Méderévoltante entre ies places Le Miniftre qui ne veut,
cin, fclon lui très-ditparates.
renvoie le mémoire
décider de lui-mème,
qui ne peut
Ces derniers feignent de chercher
aux Adminiftateurs. recevoir des inftruétions impardes lumieres; & pour
fon
chargent de
tiales, M. de la Luzerne &
collegue ARTAUD,
miffion; qui, MESSIEURS:.. e LE SIEUR
fon
cette
de Barada. Artaud fait
c'eft-à-dire, le compéliteur calomnies contre Barada, &
rapport, & r'affaifonne de
nuire à
un autre citoyen dont le crédit pouvoit
les
contre
au moins bicn fifpect,
fes vues. Sur ce rapport, Earada à donner fa démiffion,
Adminiftrateurs forcent
en faveur du ficur
par intérim de fa place
& difpofent
Artaud.
mais à l'inftant même il
BARADA obéit àla force,
fe
eft-à-dire, le compéliteur calomnies contre Barada, &
rapport, & r'affaifonne de
nuire à
un autre citoyen dont le crédit pouvoit
les
contre
au moins bicn fifpect,
fes vues. Sur ce rapport, Earada à donner fa démiffion,
Adminiftrateurs forcent
en faveur du ficur
par intérim de fa place
& difpofent
Artaud.
mais à l'inftant même il
BARADA obéit àla force,
fe --- Page 59 ---
a
N
-
fe
49 )
pourvoit au Tribunal Supérieur de la
concert avec le citoyen lézé
colonie, &, de
une réparation éclatante.
comine lui, ils demandent
La Cour
EN LEUR FAYEUR, & le fieur Artaud Souveraine prononce
comme CALOMNIATEUR. Ce
cft condamné
une recommandation
jugement devoit-il être
firmation d'une
pour obtenir d'un Miniftre la conplace accordée par intérim 2 Eh
MESSIEURS, M. le Comte de la Luzerne
bien,
même au miniftere. Son
eft appelé luifer les
premier foin eft de
complaifances du fieur Artaud
récompenherborifoit ou difféquoit dcs infeétes
avec lequel il
Il fait caffer, par un arrêt du
à Saint-Domingue.
Tribunal
Confeil, l'arrêt fi jufté du
pouvoit laver Souverain; & comme fi un arrêt du
un homme
Confeil
Ipoliation du fieur
entaché, il confomme la
Baradaspuis, ,comme
difpenfateur fuprême il
Miniftre, comme
Artaud à la place de Médecin 3
nomme DÉFINITIVEMENT
conférée DÉJA DEUX
du Roi, qu'il lui avoit
verneur.
FOIS par intérim, comme GouArNSI, dans cette affaire, M, de la
PABLE d'avoir, pour séclairer,
Luzerne eft COUil eft plus COUPABLE
confuilté une des
rielle
d'avoir abufé de l'autorité parties;
pour fanétionner l'abus qu'il avoit
miniftétorité comme
fait de fon auencore d'avoir, Gouverneur; enfin il eft plus
fans accufation, fans
COUPAELE
ves, fans jugement, enlevé fon
décret, fans preudepuis
état à un citoyen
donné vingt-cing ans, l'exerçoit fans
qui,
un défagrénient
reproche, d'avoir
eu la force de n'écouter injufte à un Tribunal qui avoit
compenfs un calomaiateur que fon devoir, & d'avoir rédes dépouilles de l'innocent,
D
; enfin il eft plus
fans accufation, fans
COUPAELE
ves, fans jugement, enlevé fon
décret, fans preudepuis
état à un citoyen
donné vingt-cing ans, l'exerçoit fans
qui,
un défagrénient
reproche, d'avoir
eu la force de n'écouter injufte à un Tribunal qui avoit
compenfs un calomaiateur que fon devoir, & d'avoir rédes dépouilles de l'innocent,
D --- Page 60 ---
- X
(
(o) eft attefté par toute la coloi
Cs fait, MESSIEURS,
du Confeil Supérieur du
nie , prouvé par les regiftres d'Etat, & certorié par
Cap; & par ceux du Confeil
des réclamations particulieres.
chef.
ci-après les pieces juftificatives du feptieme
Voyex
CHEF DE
DENONCIATION.
VIII.
RÉITÉRÉ A UN OCTOGÉNAIRE
DéNz DE JUSTICE
D'INFORTUNES.
ACCABIÉ
cette vertu fi douce à pratiquer;
Si la clémence 2
à un homme en
mais à laquelle il n'eft pas permis avoit obtenu fur
de s'abandonner fans réferve >
place
Miniftre un tel empire qu'il ne pût jamais
le coeur d'un à fon infuence bénigne 2 on reprocheroit
fe fouftraire
Adminiftrateur de nuire à la propafans doute à cet
aucune digue aux
gation de la yertu en n'oppofant
au moins afprogrès du crime ; cependant on feroit
oblileffet naturel de fes difpofitions
furé que, par Thomme honnête ne feroit repouffé, 3
geantes, jamais
accueilli, &c que le prix
que le mérite feroit toujours
le cours d'une
des fervices rendus à PEtat pendant rcfufé à la vieilleffe inlongue vie, ne feroit point
tant de droits fur les
firme qui, comme lenfance, a criminel eft protégé,
bienfaifantes. Mais fi le
ames
hommc intéreffant foit traité avec
& que T'honnête
lon convienne avec moi que
barbarie, il faudra que
caufe de ces deux excès
le dcfpotifine eft la feule
compte
8i que la Nation doit demander
oppofés,
Miniftre de n'avoir été ni le vengcux
également à un
du crime ni l'appui de Finnocence.
comme lenfance, a criminel eft protégé,
bienfaifantes. Mais fi le
ames
hommc intéreffant foit traité avec
& que T'honnête
lon convienne avec moi que
barbarie, il faudra que
caufe de ces deux excès
le dcfpotifine eft la feule
compte
8i que la Nation doit demander
oppofés,
Miniftre de n'avoir été ni le vengcux
également à un
du crime ni l'appui de Finnocence. --- Page 61 ---
aa
5 3
CA
Ce principe s'applique (5:)
au récit qui précede & au également;, trait
MESSTEURS, &
qui va fuivre.
Ux vieillard de 85 ans, qui fert l'Etat
années, qui, au milicu de ce fiecle,
depuis 60
mier, le myftere d'une confpiration pénétra; le prelever lc Pérou à la domination de formée pour enrévéla au feu Roi ce dangereux FE(pagne, & qui
BERTRAND DUVERNET,
complot ; le fieur
fervice, des bontés des honoré, , poûr cet imporiant
de Bourbon, fut dès lors deux Monarques de la Maifon
confiance, au
attaché, comme homme de
M. le Duc de Choifeil département: de la Marine; il reçut de
il
plufieurs commiffions
fixa, en qualité d'Envoyé
délicates;
les limites
éxtraordinaire du
refpedives des poffefions des
Roi,
fances qui fe font partagé
deux puifconflamment employé
Saint - Dominguc ; &
qui fe font fuccédé dans depuis par tous les Miniftres
il
l'adminiftration de la
jouiffoit, en travaillant, d'une
Marine,
louis, lorfque M, dc Sartines,
penfion de cent
au profit de l'Etat la
en 1779, pour opérer
bien métitée,
fupprefion de cette penfion fi
propofa au fieur
de Garde - magafin
Duvernet une place
valoit beaucoup principal au Cap - François, qui
davantage.
Ce bon citoyen, entrant dans les
du Minifire, remit fa
vues économiques
comme fon grand
penfion, accepta la place; mais
à retourner à Saint. âge ne lui permettoit plus de fonger
&c PAR
t-Domingue, il fit espreffément,
qu'il feroit ÉCKIT, libre convenu entre le Miniftre &
de faire occuper cet emploi lni,
par un
D2
vernet une place
valoit beaucoup principal au Cap - François, qui
davantage.
Ce bon citoyen, entrant dans les
du Minifire, remit fa
vues économiques
comme fon grand
penfion, accepta la place; mais
à retourner à Saint. âge ne lui permettoit plus de fonger
&c PAR
t-Domingue, il fit espreffément,
qu'il feroit ÉCKIT, libre convenu entre le Miniftre &
de faire occuper cet emploi lni,
par un
D2 --- Page 62 ---
C
- Utae
(s) à lui payer à Paris la
ADJOINT 1 lequel s'obligeroit fruit de fes longs & pénibles
fomme de 2600 livres avoit 7 été payée pluficurs années,
travaux. Cette fomme placé par le Miniftre, quoiqu'il
lorfqu'un nouvel adjoint,
s'eft fouftrait
foufcrit la même claufe obligatoire,
Duvemet
edt
facré, & a laiflé V'infortuné
àcct engagement déchirante.
dans une pofition
ému de fa fituation,
M. le Maréchal de Caftries, ordonna PAR ÉCRIT,
& convaincu de fon bon droit, fur les appointerens
fon traitement feroit retenu
le Tréforier des
que
& payé à Paris par
de Padjoint >
Colonies.
qui eut le porteM. le Comte de Montmorin, après la retraite de
feuille pendant quelques mois, fenfible également aux
M. le Maréchal de Cafties, ferviteur du Roi, lui ft
malheurs de cet ancien années qui pouvoient lui
fur trois
donner un acompte
être dues.
M. de la Luzeme, 8 cette
ALORS arriva au miniftere
dont Yoété celle d'un DÉNI DE JUSTICE à la main.
époque a
fe croire que les pieces
piniatreté ne peut
fans doute en faveur du GardeCe Miniftre, 2 prévenu
avoit fait fa cour à Saintmagalin en exercice, quilui refufé à toutes Ies deDomingue, , s'eft conflamment le fieur Duvernet pour lui
mandes que lui a adreffées fi
dû.
lui étoit légitimement
faire toucher ce qui
le befoin, a employé quelques
Cg dernier, preffé par
a
fe croire que les pieces
piniatreté ne peut
fans doute en faveur du GardeCe Miniftre, 2 prévenu
avoit fait fa cour à Saintmagalin en exercice, quilui refufé à toutes Ies deDomingue, , s'eft conflamment le fieur Duvernet pour lui
mandes que lui a adreffées fi
dû.
lui étoit légitimement
faire toucher ce qui
le befoin, a employé quelques
Cg dernier, preffé par --- Page 63 ---
A
KWA -
(53)
protedtions auprès de M. de la Luzerne. Il
que des proteétions deviennent des
ignoroit
cclui qui ne peut fe difimuler fon torts auprès de
moyen alors de Ia voiler, , cft de injuftice. Le feul
auprès des proteéteurs
calomnier le protégé
il répondit
Ia
; c'eft ce que fit le Miniftre :
que penfion étoit abufire.
raétérifer ainfi-des ALIMENS
Peut-on caprix de foixante
accordés à un vieillard
ans de travaux ?
pour
CEPENDANT l'infortuné ne touchoit rien de
tement, Obligé d'accepter les fecours
fon trairitables, cet homme
des ames chadécouvrir fes
refpedable > qui n'ofoit encore
befbins, fentit, plus
foit, & toute la rigueur du
que qui que cC
toute celle d'un Miniftre grand hiver de 1788, &
infenfible,
font écoulés
Plufieurs mois fe
encore, 3 & la juftice ni les remords
produifoient rien en fa faveur.
ne
LA patience a fes bornes, &
forces. Le fieur Duvernet
l'indignation donne des
fidele de fes
dreffa Thiftorique fimple &
infortunes, & fe fit
Juin dernier s jour à jamais célebre porter à Marlyle 17
puifqu'il fut celui de la conftitation dans nos annales,
AUGUSTE
de
me
qui
fait l'honneur de
L'ASSENBLÉE
jetta aux pieds de Sa
m'entendre; ; il fe
mémoire
Majefté, & lui
par lequel il eft prouvé
préfentant un
de l'Etat pour des
qu'il eft créancier
refife auffi de avances facrées dont le Miniftre lui
maître interdit, liquider à
le montant, il donne à fon
toute la cour
tacle attendriffant d'un
attentive, le (pecdes travaux utiles à la Vieillard qui, blanchi dans
patric, contraint par la miD3 --- Page 64 ---
S 3 -
(34)
la faim, eft forcé de venirà 85 ans:
fere, épuifé par
à fon fouverain cet aliment de
demander a.genoux la cruauté de fon Miniftre lui
néceffité premiere que
refufe depuis fi long-temps. LE. Roi le releva avec bonté, l'affura que juftice
&
feroit payé inceflamment. lui feroit rendue > qu'il
paterneiles du MoMalheureufement ces difpofitions M. de la Luzerne
narque ne pouvoient s'exécuter que
n'en fdt inftruit. Le Mémoire du fieur Duvernet, que
le Roi lui remit pour Y faire droit, alluma toute
fa haîne. je vous prie, obferver les dates, & vous
DAIGNEZ, étoit le fyftème miniftériel à Tépoque
rappeller quel Juin demier. Tout ce qui fc fit dans ces'
du 17 au 23
de ce fiel defpotique
jours malheureux eft imprégné
le décret de la R RESPONSABILITÉ
qui a juftement appelé
des agens du pouvoir exécutif.
Roi lui remit pour Y faire droit, alluma toute
fa haîne. je vous prie, obferver les dates, & vous
DAIGNEZ, étoit le fyftème miniftériel à Tépoque
rappeller quel Juin demier. Tout ce qui fc fit dans ces'
du 17 au 23
de ce fiel defpotique
jours malheureux eft imprégné
le décret de la R RESPONSABILITÉ
qui a juftement appelé
des agens du pouvoir exécutif. le 2I Juin, lc lendemain
EH BIEN, MESSIEURS,
M. de la Luzerne
de la feance du Jeu de Paume,
lettre où il fc
écrit au fieur Duvernet une longue
des
trouve des citations fauffes, des contradiétions,
&illa termine par ces mots cruels : ( Le Roi
duretés,
Pappui qu'il veut bien
D m'ordonne d'ajouter que di qu'à votre age 6 à
D vous préter encore, n'ef
de jamais dire
IL vous défend
s. vos infirmités. de la conduite que vozs avez
D que. détoit le prix
à la Havanne >
> tenue à Curacco,d1 la Marinique,
A
à S. Domingue.. es
p à la Nouvelle Angleterre,
--- Page 65 ---
N - AERE
C
1ss)
dit ccla. Cc n'ef
'AH! le Roi n'avoit sdrement pas
de lÉtat
a voulu qu'on acquittit la dette
pas ainfi qu'al
de 85 ans qui lui a confacré fa vie
envers un vieillard
&: qui, fur
toute entiere dans des places importantes,
LE
ne demande d'autre grace que
lébord de fa tombe, >
PAIN qui lui elt dài
depuis le 21 juin, le fieur Duvemet n'a
CEPENDANT
royal que le Miniftre lui
reçu aucun effet de cet appui
retenti all fond
reproche ; mais ces paroles cruelles ont
ne
de fon cccur 7 & les Députés dè Saint-Domingue un
voir dévouer au mépris & à T'ignominie
peuvent
obtenu Peftime de la Colonie,
citoyen honnête- qui a
lui-refufe tout,
& qui, dans fcs derniers jours, 2 lorfqu'on
mettre
de s'entourer des amis de la vertu, pour
abefoin
fon
& en, recevoir. la. force
la fienne dans tout
jour,
déni de
bien
de prouver à la Nation que dans ce
juftice
caradtérife:
Luzerne cft COUPABLE de s'être laiffé aveu-. M. de la
homme injufte. qui refufe
gler à Saint-Domingue par un
qu'il eft plus
de payer ce qu'il doit légitimement affreufe 5 extrémité un
COUPABLE d'avoir réduit àla plus
refufant obftirefpe@table, en lui
citoyen, un vieillard
enfin qu'il eft
nément juftice depuis trois ans entiers;
le Roiplus COUPABLE encore, ou d'avoir trompé fes
la
dénaturant les faits, & noirciffant à
yeux
en
d'un de fes meilleurs ferviteurs , ou d'avoir
conduite
porter MINISabufé du nom facré du Souverain, pour d'un infortuné que.
àla plus
refufant obftirefpe@table, en lui
citoyen, un vieillard
enfin qu'il eft
nément juftice depuis trois ans entiers;
le Roiplus COUPABLE encore, ou d'avoir trompé fes
la
dénaturant les faits, & noirciffant à
yeux
en
d'un de fes meilleurs ferviteurs , ou d'avoir
conduite
porter MINISabufé du nom facré du Souverain, pour d'un infortuné que. TÉRIELLEMENT la mort dans le fein
Miniftres ont honoré de leur confiance- > & que
vingt
D 4 --- Page 66 ---
S OX (
756)
la cruauté de vouloir faire moutir de chalui feul a
grin.
MESSIEURS, attefté par des lettres origiCE FAIT,
la
du Miniftre 2
nales que j'ai vues 2 par correfpondance l'eft encore
& autres pieces qui vous feront foumifes,
la requête fignée du fieur Bertrand Duvernet, anpar Commiffaire des Guerres, aétuellement à Paris,
cien
dans une grande détreffe 2 & qui m'a
qui y languit
fur le bureau. J'y joins la requête
conjuré de la dépofer
dernier, S qu'il
imprimée qu'ilp préfentaau Roile 17 juin
de fa propte main, ainfi que le premier exema fignée
FORMELLE, qu'il fait pour
plaire de la DÉNONCIATION de la Marine à l'Affemblée
fon compte > du Miniftre
nationale.
Voyex ci-après les pieces jufificatives du huitieme chef.
IX. CHEF DE DÉNONCIATION
REFUS CONSTANT DE JUGES IMPARTIAUX A UN
CITOYEN INCENDIS PAR L'ORDRE EXÉCKABIE
DES DESPOTES.
ENTOURÉS de malheureux habitans de nos triftes concherchent la juftice à deux mille lieues de
trées qui
&
REPOUSSÉS de toutes parts >
leurs foyers 2
qui, dans les décrets équitables
n'ont d'autre efpoir ici que
des Repréfentans de la Nation > lorfque je voudrois >
MESSIEURS, reporter vos regards fur Saint - Dominme refufer à vous fupplier de les argue, je ne puis
auroit péri
rêter encore un inftant fur un homme qui
triftes concherchent la juftice à deux mille lieues de
trées qui
&
REPOUSSÉS de toutes parts >
leurs foyers 2
qui, dans les décrets équitables
n'ont d'autre efpoir ici que
des Repréfentans de la Nation > lorfque je voudrois >
MESSIEURS, reporter vos regards fur Saint - Dominme refufer à vous fupplier de les argue, je ne puis
auroit péri
rêter encore un inftant fur un homme qui --- Page 67 ---
a N J
M
4 - -
(57)
mille fois,fil'énergie de fon
caraétere ne lui avoit fervi
d'égide contre les coups redoublés
les
teurs & les Miniftrcs lui
que Adminiftraportent depuis fix ans.
LESIEUR Foursnet,aujounfiui
nationale
Capitaine de la garde
parifienne non foldée, car en
lui rendejuftice, ,il veut fe rendre utile à fa attendant qu'on
des témoignages flatteurs de fes camarades pattie;honoré
ciers de fon diftriét,
& des offidont
pour le courage & la préfence d'efprit
il a donné des preuves les
&
dernier
13 14 juillet
2 poffédoit une GUILDIVERIE ou
TAFFIA à Saint-Domingue.
fabrique de
SoN établiffement excite la jaloufié d'un de
Le Lieutenant de Roi de Saint-Marc,
fes voifins.
faitarréterle fieur
ami de ce voilin,
C'eft la
Foumier,& le fait mettre AU CACHOT.
jurifprudence du pays ; le
fon
prifonnier demande
élargiflement aux Adminiftrateurs, , ill
voifin fe met en regle, il
l'obtient ; fon
de quatre
préfente une réquête fignée
connoiffent particuliers, & quoique trois d'entre eux re-.
que leur fignature a été
demandent aéte au Greffe,
SURPRISE 3 & cn
teurs ordonnent
cependant les Adminiftraque la Guildiveric fera
que, fi elle ne l'eft pas dans
détruite > &
fant fera conduit
quelques jours, le refuElpagnoles,
pieds & poings liés fur les terres
6 le Feu mis d Jes bdtimens.
CET ordre eft
MARC,
fignifié au Lieutenant de Roi de SAINTqui le tranfinet verbalement
& lui en REFUSE
au ficur Fournier,
l'exécution
COPIE 5 il y forme oppofition, mais
n'en va pas moins fon
train; ON MET LE
ne l'eft pas dans
détruite > &
fant fera conduit
quelques jours, le refuElpagnoles,
pieds & poings liés fur les terres
6 le Feu mis d Jes bdtimens.
CET ordre eft
MARC,
fignifié au Lieutenant de Roi de SAINTqui le tranfinet verbalement
& lui en REFUSE
au ficur Fournier,
l'exécution
COPIE 5 il y forme oppofition, mais
n'en va pas moins fon
train; ON MET LE --- Page 68 ---
ORE
TR VEAN
(58)
à la manufacture de cet habiFEU MATÉRIELREMENT
on chaffe fes animaux ,
tant, on difperfe fes negres,
ordre de
la Maréchauffée deux fois,avec
on envoye
Il s'échappe (ans fecours, laifl'arrêter MORT OU VIF.
fa fortune, toutes fes
fant én proie aux flammes toute
reffources.
demande communication de cette
LE fieur Fournier
renduc
calomnieufe fignée de quatre perfonnes,
requête
& fource de tous fes malhcurs.
contre lui,
ON répond à fon Avocat que cettc communication les
ruineux pour toutes
zn procès
occaforneroit refufe de l'accorder. Il paffe en France.
parties, & on
ille prend à partie; il exigela
Ilypourfuit l'Intendant;
cachée;
communication de cette requèice fi foigucufement
& un aumais un arrêt du Confeil en commandement, PIntendant
confirmatif du premier 3 décident que
tre,
&
le plaignant fera DÉperfécuteur a eu raifon, que
BOUTÉ de toutes fes demandes.
malheuDEPUIS fix ans 2 MESSIEURS, ce Citoyen Miniftres &
les antichambres des
reux ne quitte pas
de demander des juges au Soules Bureaux. Il ne ceffe
Ces
à fes calomniateurs.
verain, & des dédommagenens
demandes, paffent
derniers, pour fe foufraire à fes.juftes
encore à cette
les mers. Faute de raifons, ils ont recours Fournier les
la calomnic. Le Sieur
arme puiffante,
mais depuis quatre ans que cette
dénonce au CHATELET;
obtenir un jugement.
dénonciation exifte, il ne peut
direéte devoit
On fait toute l'infuence qu'une alliance
.
verain, & des dédommagenens
demandes, paffent
derniers, pour fe foufraire à fes.juftes
encore à cette
les mers. Faute de raifons, ils ont recours Fournier les
la calomnic. Le Sieur
arme puiffante,
mais depuis quatre ans que cette
dénonce au CHATELET;
obtenir un jugement.
dénonciation exifte, il ne peut
direéte devoit
On fait toute l'infuence qu'une alliance --- Page 69 ---
ase
NNAN
(59)
donner à M. de la Luzerne, fur le Magiftrat fon beaupréfidoit à cc Tribunal, & qui ne s'eft démis
pere , qui
que pendant Pété de 1789.
CEPENDANTIe fieur Fournier, repouffé par les Bule MINISTRE, & par les Tribunaux, ne perd
reaux, par
tout des bontés du Monarque 5 il
pas courage; il efpere
cn accueillant avec
ofes'adrelfer au Ror, & Sa Majefté,
bonté fon placet, croit devoir le renvoyer au Miniftre
dela Marine ; il refte fans réponfe. Le fieur Fournier,
des
infinies 2 parvient jufqu'à la REINE.
avcc
peines
renvoi, même filence. Enfin,
Nouveau placet, nouveau
deux placcts remis à la
dans T'efpace de fix femaines,
obtiennent enfin
Reine, & quatre placcts remis au Roi,
Sz Made M. de la Luzerne, la réponfe que voici:
déclaré que les arrêts de fon Confeil étoient
jefea
zous les chefs, G
inarraquables 2 irrévocables fur.
étre
la moindre atteinte.
gu'il ne pouvoit y
porté
I
à deux tranchans qu'un
ET c'eft avec ces poignards
la
Miniftre defpote rend, au nom d'un Souverain jufte,
juftice à fes fujets fidcles ! Heureufement il fut bien
prouvé cette fois que le Monarque n'étoit pour rien
dans la réponfe de fon Miniftre; car, dans lc moment
où l'on ofoit dire en fon nom qu'il avoit déclaré les
arrêts de fon Confeil irrévocables, il daignoit, par unc
ànouvelle marque de fon équité paternelle, répondre
le fieur Fournier, &c
un nouveau placet préfenté par
dont cet"
ordonner au Miniftre la révifion de ces arrêts
infortuné Colon nc ceffoit de fe plaindre.
A cette preuve irréfifible d'un abus d'autorité bien:
l'on ofoit dire en fon nom qu'il avoit déclaré les
arrêts de fon Confeil irrévocables, il daignoit, par unc
ànouvelle marque de fon équité paternelle, répondre
le fieur Fournier, &c
un nouveau placet préfenté par
dont cet"
ordonner au Miniftre la révifion de ces arrêts
infortuné Colon nc ceffoit de fe plaindre.
A cette preuve irréfifible d'un abus d'autorité bien: --- Page 70 ---
(
-
(60)
faifant dire
le Miniftre ne fut répondre qu'en
queleoupable, Fournier que sil ofoit encore fe permettre
aul fieur
de leurs Majefis, il le feroit enque démarche auprès
paffer à saint-Domingue,
lever,embarguer de force,
il le méritoit.
e que là ilyferoit puni comme
Ah! 1 quelle doétrine
COMME IL LE MÉRITOIT!,
Meffieurs, toute
motstils contiennent,
dans ces quatre
que vos fages déIa fcience de Pancien gouvemement 'mais fans prétendre
crets viennent enfin de détruire; far la balance de la jufnous immifeer à porter la main fi le fieur Fournier eft
tice, fans prétendre prononcer
des prédécelfeurs
fondé ou ne left pas à fe plaindre ordonné ou fouffert linde M. de la Luzerne, qui ont eft du moins inconteftable
cendie de fes propriétés, il de n'avoir point, fur le
que ee Miniftre eft COUPABLE
placet du fieur
renvoi par leurs Majeftés du premier deux arrêts dont Fun
examiné attentivement
Fournier 3
dans une caufe femblable, derendu en commandement
foupçons ; qu'il eft plus
voit déjà faire naître de violens
des placets fabléCOUPABLE de n'avoir pas tenu compte de fon Roi, que les
quens, & d'avoir répondu au nom
tandis que dans
arrêts du Confeil étoient inauaquables,
contradicdeux abfolument
mille caufes on en a obtenu
encore d'avoir, depuis
toires; qu'il eft plus COUPABLE JUGES à une malheu-.
près de trois ans, REFUSÉ DES
douze fois de
reufe viétime qui pourtant a approché elle auroit mille torts s
fes Souverains, & qui, quand rien ne peut le laver
a le droit d'être jugée; & qu'enfin
en préfence de
jufqu'à fc permettre,
dc s'être emporté cherchoient à vaincre fon opiniigens relpedtables qui
a
depuis
toires; qu'il eft plus COUPABLE JUGES à une malheu-.
près de trois ans, REFUSÉ DES
douze fois de
reufe viétime qui pourtant a approché elle auroit mille torts s
fes Souverains, & qui, quand rien ne peut le laver
a le droit d'être jugée; & qu'enfin
en préfence de
jufqu'à fc permettre,
dc s'être emporté cherchoient à vaincre fon opiniigens relpedtables qui
a --- Page 71 ---
S - J
-
treté, des menaces de violence (6r)
Publics que la LOI punit dans devenues des
repris fa
tous,
ATTENTATE
place, & qu'elle eft au deffus puilqu'elle a enfin
CE fait,
de tous.
les nombreux MESIEURS, ce déni de
de leurs
placcts du fieur Fourier, jultice, 2 attefé par
l'eft
renvois, par la
par le certificat
encore par un précis corepondance du
nier, que je joins.
manufcrit ligné du Minifre,
daigner jeter les au procès. Il ofe vous fieur Foureu Thonneur de yeux fur un mémoire
fupplier de
mois, & dans vous remettre à tous imprimé qu'il a
niftre qui
lequel il DÉNONCE à' la ily a quelques
toute
l'immole à fon
Nation le Mifaveur il ne demande opiniâtre relfentiment. Pour
Yoyet
que des Juges,
ci.apris les pieces
jufificatives du newyieme
Xe CHEF DE
chef.
DÉMISSION
DENONCIATIOX
TRAT ARRACHÉs
serUAGIVAURE INJUSTENENT A UN MACIS.
DorEy DU CONSEIZ.
QuE la calomaie, ce
dangereur fuccès de fafciner poifon fubtil, puiffe obtenir le
gourdi quipréfere fon
les yeux d'un
lui manifefteroit
apathie coupable à la fatrape endcs plus
T'innocence d'un
lumiere qui
Puifqu'il grands maux qui puiffent acauf@obcurcet un
compromet fans ceffe la alliger un empire,
proptiétés de tous les
vie, Phonneur & les
d'un peuple &lhomme citoyens; de lal mais que le
cet odieux
loi is'allocient conduéteur
artifans de lcur breuvage, qu'ils deviennent pourprépare
le Miniftre
propre fedudion, &
eux-mémes lés
qui les dirige, 8cle
que pour y affilier
Souyerain qui les gou-:
un
compromet fans ceffe la alliger un empire,
proptiétés de tous les
vie, Phonneur & les
d'un peuple &lhomme citoyens; de lal mais que le
cet odieux
loi is'allocient conduéteur
artifans de lcur breuvage, qu'ils deviennent pourprépare
le Miniftre
propre fedudion, &
eux-mémes lés
qui les dirige, 8cle
que pour y affilier
Souyerain qui les gou-: --- Page 72 ---
- -
- /
(6)
ils ofent leur offrir la liqueur qui doit exciter
verne,
c'eft une
leur courroux contre une viétime refpe@table, de châticonnivence criminelle pour laquelle il y a peu
dont il eft douloureux de trouver des coumens > &
pables.
Lors de la défaftreufe réunion des deux Confeils Squen 1787, M. DE SAINTverains de Saint-Domingue
Doyen du Confeil,
MARTIN, Magiftrat feptuagénaire,
années dans les
éclairé par une expérience de quarante l'eftime de toute
affaires publiques, & récompenfé par Adminiftrateurs
la colonie > follicita : & obtint des
de fanté.
la permifion de refter au Cap, pour raifon
CE loifir fi mérité par un Juge qui, depuis quarantc
demandé un feul congé, fut encore
ans, n'avoit pas défir de fe rendre utile, qui devient un
troublé par ce
été à leurs concibefoin pour ceux qui l'ont toujours
avec deux
Le ficur de Saint-Martin fut chargé,
toyens.
de préfider à Pinventaire du grefte du
de fes collegues, donnoit tous fes foins, le Greffier
Cap. Tandis qu'il y
il
y avoir
s'enfuit avec la caiffe, dans laquelle pouvoit
cent mille francs de dépôts.
pour
naturel de la part d'un comptable
CET événement
donner matiere à des
infidele, fembloit ne devoir pas
le
outrageans; mais comme fi le vecu plus
foupçons
Adminiftrateurs eit été de trouver des
cher des deux, les bons habitans de la colonic, cercoupables parmi
MM. de la Luzerne
tains parleur place de l'impunité,
Marbois fe permirent d'accufer M. de Saint-Mar-
& de
criminel enlevement.
iin d'avoir coopéré à ce
événement
donner matiere à des
infidele, fembloit ne devoir pas
le
outrageans; mais comme fi le vecu plus
foupçons
Adminiftrateurs eit été de trouver des
cher des deux, les bons habitans de la colonic, cercoupables parmi
MM. de la Luzerne
tains parleur place de l'impunité,
Marbois fe permirent d'accufer M. de Saint-Mar-
& de
criminel enlevement.
iin d'avoir coopéré à ce --- Page 73 ---
a 3X ASe
2S a A
(65)
Magiftrat, pere de fx enfans, tous
Ce refpectable
honorables, aieul
revêtus de places & de décorations
nombre de petits enfans dont il étoit l'exemd'un grand
de l'eftime de la colonic, n'avoit qu'une
ple, environné de lui de repouffer cette atroce inculpamaniere digne
LUI-MÈME à fa Compagnie; 2 à.fa
tion. IL SE DÉNONÇA
Compagnic déjaincorporée à une Compagnic étrangere;
réfidante à foixante lieues de chez lui; i
à fa Compagnie
fa Compagnie PRJ ÉSIDÉE par fes deux ADVERSAIRES 9
fes deux ACCUSATEURS, MM. de
fcs deux DÉLATEURS,
la Luzerne & de Marbois.
DANS cette affemblée, quelque preffée qu'elle fit
entre le devoir &c l'autorité, fe manifefta une indignacontre ceux qui s'étoient crus affez puiffans
tion générale
atteinte à l'hoaneur d'un feppour porterimpunément jamais ne s'étoit écarté de la voie de
tuagénaire qui
Thonneur. Les deux Adminiftrateurs," redoutant un jugement qui alloit les couvrir DE HONTE,.eurent Padreffe,
une RÉTRACTATION forbien tardive, de prévenir, 7 par
n'étoit
de
melle, Pexamen d'une calomnie qu'il
pas
leur intérêt de laiffer approfondir.
UN arrêt folemnel & unanime de la Cour vint rendre
à Tinnocence tout fon éclat, au mérite tout fon luftre,
à la vieilleffe toute la vénération qui lui eft due.
LE Rapporteur fut chargé par toute fa Compagnic,
d'écrire à leur Doyen une lettre remplic de ces témoid'intérêt, de refpeét & d'amitié, qui feuls pougnages
la bleffure
la calomnie avoit ofé lui
voient guérir
que
faire.
êt folemnel & unanime de la Cour vint rendre
à Tinnocence tout fon éclat, au mérite tout fon luftre,
à la vieilleffe toute la vénération qui lui eft due.
LE Rapporteur fut chargé par toute fa Compagnic,
d'écrire à leur Doyen une lettre remplic de ces témoid'intérêt, de refpeét & d'amitié, qui feuls pougnages
la bleffure
la calomnie avoit ofé lui
voient guérir
que
faire. --- Page 74 ---
S - -
&
(64) avoit recouvré le repos fi
DÉJA ce digne Magiftrat déjà M. de la Luzerne
néceffaire à fes derniers jours 5 d'ètre élevé au miniftere,
parti pour la France, venoit les premieres dépéches
lntgphmntisnemen après
l'Intendant Marbois,
reçues de ce nouveau Miniftre, écrivit à M. de Saint-Martin
Souverain en fon abfence, ordonner de fe rendre au Portau nom du Roi ; pour lui
fa démifion.
fans délai, ou d'envoyer.
au-Prince
annoncent le
ordre conçu dans ces termés qui
la
CET
étoit bien évidemment
malheur du mécomtentement, rétractation publique à
miniférielle de cette
Confeil
vengeance
outragé avoit forcé en plein
laquelle Phonneur Luzemne & de Marbois.
MM. de la
du Roi, & pourfant la jufCET. ordre étoit au nom
avouer Tordre intice & la bonté du Roi ne pouvoient malade à entrehumain d'expofer un feptuagénaire
longue & impraticable.
prendre une route
écrivit la lettre la
infortuné vieillard : il
les.
QuE fit cet
& il conjura
raifonnée & la plus refpedueufe,
de
mieux
au nom de leur propre honneur, vaine
deux Adminiftrateurs,
5 mais
à vouloir LE DÉSHONORER
médité
ne pas perfifter étoit marquéc; le COMPLOT
inftance, 2 la viétime
le coup étoit porté;
depuis fix mois étoit irrévocable; de
du Miniftre,
Intendant, fort lappui fa démiflion
lc tyrannique ordre AESOLU, de donner
répondit par un
même,. faifi, arrété 6
d'être, à linftant
fous peine
le Continent.
embarqué de force pour
infirme ne pouvoit
AINSI, parce qu'un feptuagénaize
pas
inftance, 2 la viétime
le coup étoit porté;
depuis fix mois étoit irrévocable; de
du Miniftre,
Intendant, fort lappui fa démiflion
lc tyrannique ordre AESOLU, de donner
répondit par un
même,. faifi, arrété 6
d'être, à linftant
fous peine
le Continent.
embarqué de force pour
infirme ne pouvoit
AINSI, parce qu'un feptuagénaize
pas --- Page 75 ---
A
(B)
pas faire foixante lieues, on"le mcnaçoit de lui en faire
faire deux mille, c'eft-à-dire, qu'on L'ENVOYOIT A LA
MORT.
ENCORE néceffaire à fa famille, iln'héfita pas entre
fcs jours & fon état; il envoya la démiffion qu'on. lui
arrachoit pour prix d'un DEMI-SIECLE de fervices, & la
Colonie perdit le Doyen & l'exemple de fes Magiftrats:
AINSI, MESSIEURS, dans cette coalition monftrucufe
dc defpotifine, de vengeance, dc calomnie, M. de la
Luzerne fut COUPABLE d'avoir, fans preuve aucune s
accufé d'un crime affreux un Magiftrat integre; il fut
plus COUPABLE de n'avoir pas confirmé dans fon cceur
la rétraétation généreufe qu'avoit prononcée fa bouche,
& d'avoir écouté un reffentiment qui devoit diriger le
premier aéte de fa toute - puiflance contre l'innocence
reconnue 5 enfin il fut plus COUPABLE encore d'avoir
confommé fon noir projet, en arrachant fon état, fans
dédommagement ni retraite, fous pcine d'exil & de
mort, à un feptuagénaire entouré d'une nombreufe pof
térité, & invefti de l'amour de tout un peuplc.
CETTE caufe particulicre nous eft fpécialement recommandée par nos Commettans. Ils ont recucilli le
mérite & la vertu éconduits par lc Miniftre. Leurs fuffrages ont d'abord placé A LA TÂTE du Comité Colonial de la partie du Nord, M. de Saint-Martin; leurs
fuffrages l'ont élevé depuis au pofte de PREMIER PRÉSIDENT du Confeil Supérieur, rétabli par l'énergic de
fes Concitoyens, A tant de témoignages confolans
>
E
par nos Commettans. Ils ont recucilli le
mérite & la vertu éconduits par lc Miniftre. Leurs fuffrages ont d'abord placé A LA TÂTE du Comité Colonial de la partie du Nord, M. de Saint-Martin; leurs
fuffrages l'ont élevé depuis au pofte de PREMIER PRÉSIDENT du Confeil Supérieur, rétabli par l'énergic de
fes Concitoyens, A tant de témoignages confolans
>
E --- Page 76 ---
& -
trouve (66) de contradiéteurs que le
M. de Saint-Martin ne FIntendant MARBOIS, & le
Miniftre LA LUZERKE,
Général LA MARDELLE: : vous feuls,.MesProcureur déciderez de quel côté eft la raifon.
SIEURS,
jufifiecatives du dixieme Chef.
Voyez ci-apres les pieces
XI CHEF DE DÉNONCIATION.
PROUTÉE DANS UNE CAUSE D'ÉTAT 3
FORFAITURE
ET REFUS DE RÉPARATIOX.
homine de mérite avec iniquité, tout
PERDRE un
fa place à un délateur protégés auexprès pour donner,
envers tin oétogénaire accatorifer un déni de paiement
refufer des Juges à un
blé d'infirmités & de befoins; fept ans en follicite;
citoyen incendié, qui depuis à une Colonie entiere
vertueux
enlever un Magiftrat
quel abus d'autorité, Mgsqui Phonore de fes regrets; côté de ces délits, fi ce n'eft
mettre à
SIEURS, 2 puis-je
bien odieux, bien récent s
un nouvel aéte de tyramnie, tout à Pheure par le Mi-
& dent Ja réparation refuféc eft heureufement encore
NISTRE COMPLICE de l'ofienfe,
dans vos, mains.
plande famille, propriétaire
UN fexagénaire 7 pere
de confiance qu'il eft
teur, revêtu d'une de ces places
quand on ne les
f difficile de conferver long-temps, Receveur Général
mérite pas, le fieur DE SÉJOURKET,
exerçoit
de Saint-Domingue,
de toutes les impofitions
honneur, fous les
depuis quatre ans cet emploi avec
oi ils
au Port-au-Prince
yeux des Adminiftrateurs,
font leur réfidence.
UN fexagénaire 7 pere
de confiance qu'il eft
teur, revêtu d'une de ces places
quand on ne les
f difficile de conferver long-temps, Receveur Général
mérite pas, le fieur DE SÉJOURKET,
exerçoit
de Saint-Domingue,
de toutes les impofitions
honneur, fous les
depuis quatre ans cet emploi avec
oi ils
au Port-au-Prince
yeux des Adminiftrateurs,
font leur réfidence. --- Page 77 ---
A
(:67)
Lez mai 1787, 1 l'Intendant Marbois entre clicz lui
à1 l'improvifte; il demaiide à voirlesregiftres du Comptable ; il n'y trouve ni erreurs, ni doubies cmplois ni
ratures; il fe fait ouvrir la caiffe, fait compter lcs efpeCcS en fa préfence, prétend que la fonime qui devroit y
être ne s'y trouve pas, dreffe un PROCÈS VERBAL, le
fait figner par UN SEUL témoin, & fe retire,
APRèS un tel éclat, la fécurité du fieur Séjournet
devenoit un préjugé puiffant en faveur de fon innoceneo;
cependant lc lendemain 3 mai , DÉFENSE au fieur Scjoutnet de faire aucune recette.
LE 6, ordre à ce Receveir Général de fc rendre
thez FIntendant, accompagné d'un Garde. Là 5 en
préfence DE DEUX TÉMOINS AFFIDÉS, choifis par
M. l'Intendant , M. l'Intendant, fans plainte 2 fans
procédure préalable, dans fon propre cabinet, fait prêter
ferment au Comptable 2 lui fait fubir un interrogatoire
de quatre heures, dreffe procès verbal, le lui fait figner,
& le congédic.
LE même jour, DÉNONCIATION au Procureur Général, du fieur Séjournet 2 comme PRÉVARICATEUR, & injonétion de rendre plainte des faits énoncés dans les procés verbaux, tant foit peu irréguliers, que je viens de citer. Même fécurité de la part
de l'accufé.
LE 7; réquifitoire du Procureur-Général. Conclufions féveres aggravées par F'Intendant. Ordonnance de
E 2
, DÉNONCIATION au Procureur Général, du fieur Séjournet 2 comme PRÉVARICATEUR, & injonétion de rendre plainte des faits énoncés dans les procés verbaux, tant foit peu irréguliers, que je viens de citer. Même fécurité de la part
de l'accufé.
LE 7; réquifitoire du Procureur-Général. Conclufions féveres aggravées par F'Intendant. Ordonnance de
E 2 --- Page 78 ---
Tae VN
(68).
de fes propres conclulions.
FIntendant en conformité
DÉCRET d'ajoura
Le 1O, fignification ; affignation; de toutes fonétions 5
fufpenfion
nement perfonnel; de tous les biens du comptable;
SAISIE & annotation
FIntendant & le fidele ProDESCENTE chez lui par verbal de vifite; ENLEVEMENT
cureur-Général; procès
de fes regiftres.
pardevant PIntendant, en
LE II, interrogatoire
Cet interrogatoire ne
vertu du' décret d'ajournement. DEMIE. Dans la nuit comdure que SEPT HEURES ET
munication au miniftere public.
conclufions définitives du Procureur-Général,
Le 12 ,
AUX ORDRES du dénonciateur
conformément: aux vues,
convocation extraortout-puilffant. Lc même jour, >
SouIntendant du Confeil
dinaire par ledit Seigneur
de condamner
verain du Port-au-Prince, & propofition
A L'HEURE MÂME le comptable.
malgré le glaive du defpotifme fnfLe Confeil,
affez de courage & de pudeur pour
pendu fur fa tête, eut
fur une procédure auffi
refufer NETTEMENT de prononcer
un inftant d'emMONSTRUEUSE. L'Intendant éprouva & voulant, à tout
barras; mais, fertile en expédiens , comptable pour
prix, faire condamner le malheureux toutes LES CAISSES
difpofer de fes dépouilles & mettre
il imagine de
dans fa dépendance la plus immédiate, facile à féduire qu'un
bien plus
créer une COMMISSION, fe montroit impartial & récalTribanal fouverain qui
NETTEMENT de prononcer
un inftant d'emMONSTRUEUSE. L'Intendant éprouva & voulant, à tout
barras; mais, fertile en expédiens , comptable pour
prix, faire condamner le malheureux toutes LES CAISSES
difpofer de fes dépouilles & mettre
il imagine de
dans fa dépendance la plus immédiate, facile à féduire qu'un
bien plus
créer une COMMISSION, fe montroit impartial & récalTribanal fouverain qui --- Page 79 ---
ASZ 2221 RAUA 1 -
(69)
citrant. Pour exécuter ce projet, il
rité fuprême de M. le Gouverneur invoque l'autoLA LUZERNE fe
à
; M. le Comte DE
prête cet abus d'autorité
fable. Il prend fur lui tous les
inexcufuites; il nomme la
événemens & toutes leurs
même
commifion, & fans
pour le public juftement
ménagement,
Luzerne s'en attribue à
indigné, M. de la
donne
lui-même la préfidence, & fe
pour LIEUTENANT M. de Marbois.
AINSI, le Délateur, T'Accufateur, le
à
Commiffaire
l'infpedion > & le Juge 2 vont s'identificr dans
même individu, . 3 graces à la
le
de F'agent du pouvoir
complaifance fans bornes
exécutif,
IL fembloit que tous les Membres de
miflion, honteux de
cette Comles domaines de la l'ufurpation qu'ils faifoient fur
complot odieux juftice, plus honteux peut-être du
qui en étoit le motif,
ment empreffés de mettre fin à
fuffent juftefaifoit rougir, Dès le 18 du même une miffion qui les
fieur dc Séjournet,
mois, ils affignent le
toire
pour fubir fon dernier
pardevant la commifion; ; il
intetrogatcrroge, il répond, & le même comparoit, on l'inDENCE de M. le Comte
jour, fous la PR ÉSIde la Luzerne
l'ORGANE de fon digne
& par
collegue, la
PAR EUX
commiffion CRÉÉE
dûment juge > prononce > & déclare le
auteint 6 convaicu d'avoir
comptable
fomme confidérable
DIVERTI une
déclare
provenante de fes recettes, la
INCAPABLE de poffeder à l'avenir
place, le BANNIT pour fix mois, Ze
aucune
3000 livres d'AMENDE
condamne en
envers le Roi, ordonne le
E 3
la
PAR EUX
commiffion CRÉÉE
dûment juge > prononce > & déclare le
auteint 6 convaicu d'avoir
comptable
fomme confidérable
DIVERTI une
déclare
provenante de fes recettes, la
INCAPABLE de poffeder à l'avenir
place, le BANNIT pour fix mois, Ze
aucune
3000 livres d'AMENDE
condamne en
envers le Roi, ordonne le
E 3 --- Page 80 ---
- -OX CN
A
(70)
de fes biens faifis & annotés 2 au proft
PENTE
volée ; ordonne enfin que le fieur Sede la caiffe
CORPS de rendre dans fioo
journer Jera tenu par
recettes, G que
femaines les comptes de toutes fes
le jugement fera imprimé & AFFICHÉ.
leéture d'un femblable arrêt > qui pourroit fe
A la
à voir dans le fieur
refufer, au premier coup-d'axil, véritablement coupable? 1 - Mais
Séjournet un homme
de lumiere fur
fi la réfexion laifle tomber un rayon
Intendant,
cette ceuvre de ténebres, nous verrons un
d'un
du Roi, fe rendre DÉLATEUR
un Commiffaire
public, s'étacomptable, fe porter fon ACCUSATEUR
avant
blir fon JUGE fouverain 2 le préjuger COUPABLE
le décréter d'ajournement perfonnel
de Tentendre, >
faire faifir fes
avant d'avoir acquis une feule preuve,
foit jugé débiteur 2 braver T'opinion
bicns avant qu'il
qui refufe de tremper
unanime de toute fa compagnie
fans miflion , une
dans cette mer d'injuftice 3 créer, confommer une FORcommiffion extrordinaire pour
à la
s'en déclarer le Licutenant , appeler
FAITURE,
réfifter à Phorreur que TROIS
complicité fon collegue,
de ces
des Membres de la commiflion ont témoignée
condamner entre fept, à la pluformes monftrueufes,
comme reliralité d'UNE SEULE VOIX, un comptable
d'une fomme confidérable qu'on nc fpécifie
quataire
fa condamnation par le même arrêt
pas, prononcer de rendre fcs comptes, le deflituer de
qui lui enjoint
débiteur, ordonner
fa place avant dc le conftituer fes biens avant de
Fexécution & la vente de tous
débet, avant d'en fizerla quotités
comnoitre le prétendu
ufes,
comme reliralité d'UNE SEULE VOIX, un comptable
d'une fomme confidérable qu'on nc fpécifie
quataire
fa condamnation par le même arrêt
pas, prononcer de rendre fcs comptes, le deflituer de
qui lui enjoint
débiteur, ordonner
fa place avant dc le conftituer fes biens avant de
Fexécution & la vente de tous
débet, avant d'en fizerla quotités
comnoitre le prétendu --- Page 81 ---
a
s
(71)
avant d'avoir mis lc comptable en demeure dc
ordonner l'affiche & l'impreflion de l'arrêt
payer;
reçu aucune preuve de
avant d'avoir
fes dépouilles à deux créatures coupabilité, 3 enfin diftribucr
qu'on avoit deffein
ger ou intérêt de placer à la tête du
d'obliTréfor public.
Voilà
département du
la Luzerne & du fieur de l'ouvrage de M. le Comte de
Marbois.
été la conduite du ficur de
Voyons quelle a
Séjournet.
IL ne s'échappe point en plaintes
perd point en regrets frperfus, des ameres, il ne
à f réputation & à l'honneur de fcs momens précieux
ment qui l'avoit condamné lui
enfâns. Le jugefes comptes 5 la Loi lui donnoit ordonnoit de rendre
l'arrêt ne lui accordoit
fix
trois mois, mais
EN HUIT JOURS.
que femaines. IL LES REND
juge, eft aufli le L'Intendant, fom accufateur & fon
VÉRIFICATEUR. Ce
doute, fut plus foigneufement
compte-li, fans
le fieur de Marbois rend
examiné que ceux que
& qu'il
tous les ans à la
publie au grand fcandale de ceux
Colonie,
ces fortes de matiercs.
qui entendent
voici : Le Juge
Quel en fut le réfultat : Le
accufateur, le
vere vétificateur, le fieur de Juge integte 2 le féde reconnoître
Marbois enfin eft
que ce comptable Frauduleuxe obligé
pofitaire infidele, atteint &
, ce déles deniers de fe
convaincu d'avoir diverti
recette eft débiteur,
MESSIEURS, je me trompe 2 eft CR.
Non,
fomme de 1506; liv., dont fa caiffe ÉANCIER d'une
envers lui; & comme fa caiffe lui eft reliqustaire
par M. lIntendant,
avoit éié enlevéc
M, lIntendant
par ordre de M. le Gouvemeur,
MARBOIS, dc concert avec M. le Gon.
E 4
déles deniers de fe
convaincu d'avoir diverti
recette eft débiteur,
MESSIEURS, je me trompe 2 eft CR.
Non,
fomme de 1506; liv., dont fa caiffe ÉANCIER d'une
envers lui; & comme fa caiffe lui eft reliqustaire
par M. lIntendant,
avoit éié enlevéc
M, lIntendant
par ordre de M. le Gouvemeur,
MARBOIS, dc concert avec M. le Gon.
E 4 --- Page 82 ---
-S - J
CN
(7)
verneur LA LUZERNE, lui expédie une ordonnance de
ladite fomme de 15065 liv. qu'il va toucher chez le
Caiffier fon fucceffeur. Au moyen de ce REMBOURSEMENT,la caiffe que le ficur de Séjournet AVOIP VOLÉE
cnvers lui, le coupable, docile à
s'étant ACQUITTÉE
Il trouve
T'arrêt de fon banniffement, paffe en France. y
Miniftre de la Marine 2 2 celui qui venoit de le
pour
Gouverneur de Saint-Domingue. La
juger comme
immédiat du Souverain
toute-puiflance de ce délégué
Confeil
point fon innocence. Il fe pourvoit au
n'effraye du Roi. M. de la Luzerne y préfide > mais il n'y
les arrêts comme au Port-au-Prince : ici il
diéte pas fa voix, & fa voix n'empêche pas la loi de
n'a que
arrêt du Confeil du Roi, SIGNÉ LA Luprononcer : un
rendu par
ZERNE, caffe un arrêt SIGNÉ LA LUZERNE,
la commiffion éphémere créée par M.DELA LUZERNE.
eft renvoyée au Confeil fouverain de
La procédure
être jugée au fonds, avec DÉSaint-Domingue, pour y
ilMembres
la, commiffion
FENSE aux
qui compoloient
légale, d'en plus connoitre.
d'un autre arrêt réclamé par
CET arrêt, précurfeur
la Juftice, prête des forces à un fexagénaire perfécuté.
à Saint-Domingue: ; il
Le fieur de Séjournet repaffe
deux
pourfuit fon jugement 2 & le 18 Mai 1789,
y
jour après fa condamnation, intervient
ans jour pour fouverain gui PABSOUT de zoue
arrêt du Confeil
e Eui
de publier fon inefpece d'accufation >
permet
nocence par Pimprefion 6 par PAEFICHE.
à la fociété, à fa famille, à fes biens, deRENDU
à Saint-Domingue: ; il
Le fieur de Séjournet repaffe
deux
pourfuit fon jugement 2 & le 18 Mai 1789,
y
jour après fa condamnation, intervient
ans jour pour fouverain gui PABSOUT de zoue
arrêt du Confeil
e Eui
de publier fon inefpece d'accufation >
permet
nocence par Pimprefion 6 par PAEFICHE.
à la fociété, à fa famille, à fes biens, deRENDU --- Page 83 ---
( 4
A C
(73)
douloureux d'un long décret, le fieur
livré des liens
décret injufte avoit feul pu fufde Séjournet, que cc
des impendre de fes fonctions de Receveur-Général même
croit qu'il va au
pofitions de Saint-Domingue, fon
C'étoit, hélas !
inftant être réintégré dans
emploi. de toutes les
un foible & bien jufte dédommagement
avoient
cuifantes qui, pendant deux annécs,
peines
alteré fa fanté, perdu fa fortune, 2
déchiré fon cccur, enfans. Il eft forcé de s'adreffer
diflipé celle de fes
Intendant, malgré
encore au fieur de Marbois, toujours dureté. Ulcéré
fes délits répétés. Il en eft repouffé avec
dans le calomniateur,
de retrouver un PERSÉCUTEUR fon age ni fa fanté ne
auteur de tous fes maux 9
de fcs enfans l'appetvent le retenir, quand le bien-être
MESSIEURS,
pelle. I1 repaffe en France, & récemment, de la Marine,
il s'eft préfenté à l'audience du Miniftrc
rendu
lorfque les Tribunaux lui ont
& l'a fupplié,
auffi lui rendre fon état.
Phonneur, de daigner
la réponfe a été un REFUS 2 croiCROIRIEZ-VOUS refus que a été motivé fur LE CHAGRIN
riez-vous que ce
cauferoit à MONSIEUR DB
qu'une réparation folemnelle
je crois, feront
MARBOIS : .
. D'autres Juges,
envers cet Adminiftrateur tyranmoins complaifans
pas que dans cette
nique; mais il ne vous échappera Luzerne fut COUde délits, M. de la
complication
de n'avoir
arrêté les démarches irrégulieres
PABLE
pas
FIntendant;
& calomnieufes faites dans le principe par
COUPABLE de s'être aflocié à une FORqu'il fut plus
en jugeant, avec une prévention marquée,
FAITURE, fans défenfe 3 au fein d'une commiffiou
un homme
ans
pas que dans cette
nique; mais il ne vous échappera Luzerne fut COUde délits, M. de la
complication
de n'avoir
arrêté les démarches irrégulieres
PABLE
pas
FIntendant;
& calomnieufes faites dans le principe par
COUPABLE de s'être aflocié à une FORqu'il fut plus
en jugeant, avec une prévention marquée,
FAITURE, fans défenfe 3 au fein d'une commiffiou
un homme --- Page 84 ---
A
R/ON W
(74)
dirigée par an Juge-accufateur; enfin
ICOMPÉTENTE, COUPABLE encore, après avoir confommé
qu'ilfut plus criante dont les Tribunaux eux-mêmes
une injuftice
Thonneur d'un citoyen 2 de
ont vengé folemnellement obftinément refufé à coopérer
s'être, tout-à-Theure,
d'un outrage
à la réparation, toute en fon pouvoir, coopérateur.
dont il a été, fans difficulté, le principal
MESSIEURS, en peu de
Er pour vous rappeler,
les faits les plus immots, & dans une piece légale 2
dans les
de cette incroyable affaire, confignés
portans
& Arrèts que 3'AI SOUS LES
Mémoires, Requêtes, du Confeil de S. Domingue
XEUX, & dont les regiftres
du Confeil d'Etat FONT FOI, je vous fupplie
S ceux
fur la trèsinftamment de daigner jetter un coup-d'ail
préfentée au fieur de Marbois par
courte Requète
arbitraires, &c
FInfortunée viéime de fes vexations
réponduc de la main de cet Intendant.
du fieur de Marbois que le
C'EST fur cette réponfe
FOIS depuis
fieur de Séjournet 2 POUR LA TROISIEME
fait la traverfée de Saint-Domingue
dix - huit mois, a
dans les ciren France. Devoit - il s'attendre que
le réfultat de ce TROISIEME
conftances aétuelles 2
bouche du Miniftre de la
fût de recevoir de la
voyage
du cruel 8:
Marine en perfonne 2 LA CONFIRMATION
:
injufte refus de PIntendant de Saint-Domingue
du onzieme Chef.
Voyer ci-apres les pieces juflificatives
Saint-Domingue
dix - huit mois, a
dans les ciren France. Devoit - il s'attendre que
le réfultat de ce TROISIEME
conftances aétuelles 2
bouche du Miniftre de la
fût de recevoir de la
voyage
du cruel 8:
Marine en perfonne 2 LA CONFIRMATION
:
injufte refus de PIntendant de Saint-Domingue
du onzieme Chef.
Voyer ci-apres les pieces juflificatives --- Page 85 ---
AASE
& VAN
-
V
(75)
XII.. CHEFI
DEDENONCIATION.
PUBIIQUE. POURSUITE TYRANNIQUE
EXACTION UN PERE DE FAMILLE INNOCENT, ET'
ENYEKS CRUELLES DE CE TRAITEMENT BARBARE!
SUITES
homme doué de ces caraéteres prononcés quine
Qu'Ux
leurs propres yeux, qui ne fentent que par
voient que par
fe refufe abfolument à toute impulleurs propres fens ,
la voix de fa
fion étrangere > & n'écoute jamais que c'eft le réfultat
confcience ou lc cri de fes paffions 2
être
naturel d'une maniere d'ètre morale 2 qui, pour
inconvéniens, n'en infpire pas moins
fujette à de grands
l'individu qui nous préune forte d'admiration pour
fente ce phénomenc,
fans énergie, fans caraôtere >
Qu'ux autre homme, mobilité à toutes les dircétions
fans ame > cede avec
de toutes fesfaculdonne, que dans P'abftradion
qw'onlui
par les fens d'autrui 5 c'eft un
tés, il femble n'agir que
qu'une expétience
trifte effct de la foiblefle humaine 2
doute.
malheureufe nous défend de révoquer en
trop
être civilifé ait, pour ainfi dire, féparé
MAIS qu'un deux
fc foit dit : ( Je ferai
fon exiftence en
5 qu'il
de réfifter au
Phomme fort quand il s'agira
> toujours
Phomme foible quaud il fau-
) -bien, je ferai toujours
n'écouterai jamais les
P dra s'abandonner au mal ; je
& le paidées que la vérité, la magnanimité,
> grandes
avec hardiefle ; j'accucil-
> triotifme me préfenteront
lerai
ces petits moyens que la Aatterie 2 la
D
toujours
ence en
5 qu'il
de réfifter au
Phomme fort quand il s'agira
> toujours
Phomme foible quaud il fau-
) -bien, je ferai toujours
n'écouterai jamais les
P dra s'abandonner au mal ; je
& le paidées que la vérité, la magnanimité,
> grandes
avec hardiefle ; j'accucil-
> triotifme me préfenteront
lerai
ces petits moyens que la Aatterie 2 la
D
toujours --- Page 86 ---
23 -
- - A
- à
(76)
m'offriront avec art; jen'accor9 baffeffe, 2 l'intrigue,
derai aucune confiance à ces citoyens généreux qui
>
les amis nés des peuples & les régénérateurs des
9) font
livrerai fans réferve à des intrigans
> Nations, & je me
de leurs femblables &
p fubalternes qui font les féaux
du
humain y
e J'avoue
> les oppteffeurs genre
dans la nature, dont
qu'un tel homme eft un ACCIDENT
la double
je ne conçois pas bien l'exiftence 3 & que
les
propriété qu'il a de ne pouvoir s'amalgamer ayec
bons, & de fe combiner fans effort avec les méchans,
eft puiffant, lorfqu'il eft Miniftre, lc
le rend , lorfqu'il
ASPIRE tous
plus dangereux de tous les êtres, puifqu'il
les vices, & qu'il REPOUSSE toutes les vertus.
un tableau d'imagiQUE n'eft- ce là, MESSIEURS, la douleur de vous
nation, & pourquoi faut- il quej j'aie
en offrir le modele?
M. de Ia Luzerne refufoit en France
TANDIS que
avoit pertoute forte de juftice aux malheureux qu'il
fon
le fieur de Marbois,en
fécutés à Saint-Domingue,
continuoit
de notre Souverain,
nom, au nom refpeétable
les aêtes de tyrannie
les perfécutions > les vexations 2
la Marine, le
de toutes efpeces; & puis le Miniftre.de fe
ou
feul refuge qui dût refter aux infortunés, ou taifoit,
leurs malheurs, & par cette
apptouvoit, ou appuyoitfur)
tous lcs
conduite inconcevable, s'EN AFFROPRIOIT
torts.
ainfi
l'on réduit les hommes au dernier
C'EST
que
les révolutions fc préparents
défefpoir; c'eft ainfi que
ations 2
la Marine, le
de toutes efpeces; & puis le Miniftre.de fe
ou
feul refuge qui dût refter aux infortunés, ou taifoit,
leurs malheurs, & par cette
apptouvoit, ou appuyoitfur)
tous lcs
conduite inconcevable, s'EN AFFROPRIOIT
torts.
ainfi
l'on réduit les hommes au dernier
C'EST
que
les révolutions fc préparents
défefpoir; c'eft ainfi que --- Page 87 ---
-A
ys
É A Ge
(m)
c'eft ainfi qu'elles s'achevent, parce que les annales du
monde nous difent à toutes les pages que la liberté
naquit toujours des cendres du defpotifine.
Au mois d'aodt 1788, Saint-Domingue fut ravagé
Sesdégâts s'étendirent fur deuxdes
par un affreux ouragan.
des malheureux
trois Provinces de PIle, & une partie
habitans de ces contrées, au fcin de l'aifance & des richeffes de l'agriculture , fe trouva > en quelques heures ,
privée de gite, dc nourriture 2 & des premiers befoins
de la vie.
DANS cet état d'angoiffe qui fulpend l'homme entre
l'exiftence & la mort, & qui lui laiffe tout le temps
de contempler Thorreur de fa pofition > nos généreux
les habitans des ÉTATS-UNIS > oubliant gue nos
voifins 3
banniffent
de nos
lois prohibitives les
rigoureufement
s'en approcherent avec empreffement. Ils vincôtes,
kent nous offrir tout ce qui nous manquoit.
Au fein des regrets & des calamités > l'abondance
moins alloit renaître..
Le fieur de Marbois
au FERMER LES PORTS 5 fa tête > froide comme fon
FAIT
dans cette défolation générale, de fubfcoeur , imagine,
à la pitié utile de nos
tituer une fpéculation produétive,
libres voifins. Les magafins étoient garnis de bifcuit de
mer qui commençoit à fe gâter.
dit l'Intendant, une bonne occafion de s'en
< VOILA,
n'ont rien à manger 2 il faudra
D défaire ; ces gens-ci
le
à tout
à bien qu'ils s'en contentent & qu'ils paient
défolation générale, de fubfcoeur , imagine,
à la pitié utile de nos
tituer une fpéculation produétive,
libres voifins. Les magafins étoient garnis de bifcuit de
mer qui commençoit à fe gâter.
dit l'Intendant, une bonne occafion de s'en
< VOILA,
n'ont rien à manger 2 il faudra
D défaire ; ces gens-ci
le
à tout
à bien qu'ils s'en contentent & qu'ils paient --- Page 88 ---
G - a
KN
Dx
(78).
D prixs, & il Ic taxa fort cher & au
conditions
comptant. Ces.
> inadmiffibles dans la circonftance, alloient
entraîner la perte d'unc multitude de viétimes fi
capitaines des navires marchands,
> les
indignés de cet affrenx.
monopole, & dociles à ia voix de Phumanité,
à l'inftant fait porter à terre toutes les
n'euffent
le bifcuit qui fe trouvoit à leurs farines , tout
bords. Fideles
interpretes des fentimens des armateurs de nos
leurs Commettans, ils eurent la
ports,
denrées faines & fraîches à
générofité de livrer ces
un prix inférieur, & d'accorder, pour les payer,les termes de leur cargaifon,
AINSI M. l'Intendant eut peu de
même qui n'avoient
pratiques, & ceux
pas d'argent comptant, ne
rent pas de faim. Lemal récl ne fut
mourumais le SPÉCULATEUR n'en devint donepasbiengrand ;
lc Peuple
dans
pas moins odieux, &
qui,
tout ce qui tient à fa
ne peut fe réfoudre à féparer l'adminiftration fubfiftance >
des Adminiftrateurs, ne vit plus dans l'autorité qu'une
BLE TYRANNIE qui ne comptoit pour rien la EXÉCRA- vie des
hommes, quand il s'agifloit d'un
peu d'argent.
Us nouvéau trait de fifcalité vint mettre le
la haîne que l'on portoit à l'Intendant
fceau à
Luzerne, d'abord
5 & M. de la
par fon filence, & enfuite par une
APPROEATION bien
far lui-même
coupable 2 ne tarda pas à étendre
LA TACHE dont s'étoit couvert le fieur de
Marbois. Ceci, MESSIEURS, demande toute votre
tention.
atLORSQUE Saint-Domingue fe donna à la
France, ce
calité vint mettre le
la haîne que l'on portoit à l'Intendant
fceau à
Luzerne, d'abord
5 & M. de la
par fon filence, & enfuite par une
APPROEATION bien
far lui-même
coupable 2 ne tarda pas à étendre
LA TACHE dont s'étoit couvert le fieur de
Marbois. Ceci, MESSIEURS, demande toute votre
tention.
atLORSQUE Saint-Domingue fe donna à la
France, ce --- Page 89 ---
3ER
n
< VAA -
2t
(79)
claufe BIEN EXPRESSE de recevoir du SouveFut fous la
& de ne payer aucun autre
rain une proteltion gratuite, naturellement du bénéfice
impôt que celui qui provenoit
de fon commerce.
Saint-Domingue, pour prouver fon patrioLORSQUE à Louis XIV, dans fes malheurs s de fe
tifme, offrit
des frais de la proteétion que lui
charger clle-méme
fc montoient qu'à
avoit promife la France, 2 ces frais.ne
mille écus, & ce fut fous la claufe BIEN EXPRESSE
cent
cette impofition volonque les babitans répartiroient bon leur fembleroit, & pour
taire entre eux , comme
un temps limité.
deux loix FONDAMENTALES de la Colonie que
VOILA
& que le
tous nos Souverains ont reconnues, refpeétées,
fancionnées lui-même en 1775, lorfque 2 par
Roi a
ordonnance fur le
civil
Tarticle 34 de fon
gouvernement
il défend exprefiment toute
de Saint - Domingue >
préalable des
levée de deniers ,fans une délibération
habitans.
on a le bonheur de
EH BIEN , MESSIEURS 2 quand
auffi
vivre fous des loix auffi claires , auffi précifes,
d'une main impie prétend arracher
facrées, celui qui
de la Conftitution d'un Peude notre Code le feuillet
brave la haîne de la
ple, eft un CONCUSSIONNAIRE qui la vengeance de la
Nation, & qui appelle fur fa tête
loi.
obferver ici que çet octroi gratuit de 300
. Je dois
bonheur de
EH BIEN , MESSIEURS 2 quand
auffi
vivre fous des loix auffi claires , auffi précifes,
d'une main impie prétend arracher
facrées, celui qui
de la Conftitution d'un Peude notre Code le feuillet
brave la haîne de la
ple, eft un CONCUSSIONNAIRE qui la vengeance de la
Nation, & qui appelle fur fa tête
loi.
obferver ici que çet octroi gratuit de 300
. Je dois --- Page 90 ---
< a o (
(8)
livres accordé à Louis XIV, s'étant infenfiblement
mille
fomme de SIX MILLIONS,1 le peuple généaccru jufqu'ala
fi éclatantes de fori dévoucreux qui donnoit des marques s'attendre queles Adminifment àla Métropole avoitdis ,loinde chercher a angmentrateurs qu'elle lui envoyoit,) auroient des ordres précis
ter ce fardeau patriotique, confervant AU MOINS précieud'en allégerl le poids 2 en
habitans dc tépartir euxfement LE DROIT ACQUIS aux
mêmcs entre eux cet impôt volontaire.
nombre de différens prélévemens qui comipofoient
Au
étoit la recette des droits appelés
ce produit annuel,
des Miniftres des aucuriaus, qui fervoit à l'entretien
fous le nom de
tels & la recette des droits connus
les Maréchauffées & autres objets
fupplicits, qui payoit
Ces deux caiffes étoient
relatifs à la sûreté publique.
une capitation
diftinétes, & elles étoient alimentées par
Negre.
temps à 30 fous par chaque
fixée depuis long-t
avant la fupprefion du Confeil
Le:7 février 1787, peu
du Cap, M. FRANÇOIS DE NEUFCHATEAU,
Supérieur Général, conclut â ce que, vu l'état brillant
Procureur
fàt modérée à 20 fous au
de ces caiffes, Y'impofition
lieu de 30.
fans caufe, fans motif,
UN an après, en mars 1788 la 1 Luzerne &c de Marbois
fans befoin, il plaît à MM. de
tête de Negre 9
Timpofition à UN ÉCU pat
de porter
la quotité,de R ÉUNIR ces deux
d'eft-à-dire, d'en TRIPLER
fouverains,
caiffes, de s'en rendre les Adminiftrateurs l'année fuid'annoncer même une augmentation pour la Colovante,& de donner ainfi tacitement au Confeilde
nic.
a
après, en mars 1788 la 1 Luzerne &c de Marbois
fans befoin, il plaît à MM. de
tête de Negre 9
Timpofition à UN ÉCU pat
de porter
la quotité,de R ÉUNIR ces deux
d'eft-à-dire, d'en TRIPLER
fouverains,
caiffes, de s'en rendre les Adminiftrateurs l'année fuid'annoncer même une augmentation pour la Colovante,& de donner ainfi tacitement au Confeilde
nic.
a --- Page 91 ---
AMr FATISES 22
2 NAS
2a
(Bt) )
arbitrairement à l'avenir tous les"
nie le droit d'impofer
de la
ou
Habitans de Saint-Domingue au gré
cupidité
des Adminiftrateurs en chef & des Minif
de l'ineptic
tres.
CETTE déviation de principes alarme tous les proelle décourage tous les Colons qui fentent
priétaires ;
fur
ces effets défaftreux vont pefer particulierement
que
ils préfentent leurs juftes remontrancesi
l'agriculture;
SÔR DE L'APPUI DU MINISlIntendant; mais PIntendant,
à mainTRE,n'écoute ni la loi, ni la foi, & fe difpofe
n'a
teuir par LA FORCE un régime oppreffif qu'il
pas
établi fans raifons.
une fingularité que vous aurez pu, MEsAINSI, par
fois dans les faits contenus
SIEURS, obferver plufieurs
tandis que les Parlemens > en France,
dans ce Mémoire :
du fifc avoit ouvert fur
effrayés de l'abîme que le génie
Soule droit d'impofer que nos
nos pas, abrogeoient
à ces enregiftreverains avoient ufurpé , & renonçoient
abufifs, dont ils reconnoiffoient les dangers; un
mens
Roi comme s'il eit voulu conferver au
Miniftre du
le dédomdefpotifime un TRÔNE en Amérique, pour
de celui qu'il alloit perdre en Europe > chermager
l'ariftocratie parchoit à établir dans cet hémifphère
de fes
lementaire & la burocratie fifcale , que le vaeu
anciens Habitans & le droit des gens fembloient en
éloigner à jamais.
A la fuite de cette hydre infernale de la FISCALITÉ,
entrerent tous les malheurs qu'elle provoque 2 toutes
F
defpotifime un TRÔNE en Amérique, pour
de celui qu'il alloit perdre en Europe > chermager
l'ariftocratie parchoit à établir dans cet hémifphère
de fes
lementaire & la burocratie fifcale , que le vaeu
anciens Habitans & le droit des gens fembloient en
éloigner à jamais.
A la fuite de cette hydre infernale de la FISCALITÉ,
entrerent tous les malheurs qu'elle provoque 2 toutes
F --- Page 92 ---
-
(5:) l'ame, toutès les violences
vexations dont elle eft
les
nouveaux pour les Colons, qui,
qu'elle entraîne, Aéaux n'avoient eu à fc défendre que
jufqu'a ce moment >
maintenant font affaillis de
contre le climat , & qui
dont je ne
des aétes TORTIONNAIRES
toutes parts par
citerai qu'un feul :
vous
avoient bien prévu les
LE Miniftre & lIntendant recette de la nouvelle impoaificultés qsemuninerilss les Marguilliers des paroif
fition. Ils en avoient chargé les avoient rendus RESPONnotables, &
fes, citoyens
qu'ils ne feroient pas.
SABLES des recettes
Propriétaire planteur,
LE SIEUR DE LA FAUCHERIE, honoré de Peftime de fes
de famille,
Négociant, > pere Tannée précédente 3 par leurs fufconcitoyens, nommé
de la ville du CAP,
de la Paroille
frages 2 Marguillier colleéter le nouvel impôt arbitraire >
reçut lordre de
l'Intendant fon organe. Il
établi par le Miniftre & par
mais perfonne ne
vain de faire fa colleéte 5
effaya en
Général des droits
il écrivit au Receveur
voulant payer, lettre la plus mefurée, la plus honnête,
mnunicipaux la
de défigner un autre Receveur
par laquelle il le prioit heureux que lui.
feroit fans doute plus
qui
DÉNONCIATION du fieur de la FauSUR cette lettre, Général la Mardelle; convocation
cherie au Procureur Tribunal alors en vacances 5 concluextraordinaire du miniftere public , & fur CCS condu
fions rigoureufes arrêt de la Cour qui décrete d'ajourclufions adoptées,
citoyen, ordonne que, Joit
nemenugerfonnel cetexcellent
défigner un autre Receveur
par laquelle il le prioit heureux que lui.
feroit fans doute plus
qui
DÉNONCIATION du fieur de la FauSUR cette lettre, Général la Mardelle; convocation
cherie au Procureur Tribunal alors en vacances 5 concluextraordinaire du miniftere public , & fur CCS condu
fions rigoureufes arrêt de la Cour qui décrete d'ajourclufions adoptées,
citoyen, ordonne que, Joit
nemenugerfonnel cetexcellent --- Page 93 ---
-
(8;)
lui fera FAIT ET PARESIT ; qile Jes biens
procès
établic chez lui,fes meubles
feront SAISIS, garnifon ARRÉTÉE, f, dans le
EXÉCUTÉS, 8 fu perfonne
à LUI SEUL la
délui de V'ordonnance, il ne payepas
impofte fur zouce La ville du Cap.
fomme entiere
CET arrêt eft mis à cxécution UN DIMANCHE, malgré
le texte de la loi, & avec une publicité Sc un fcandale
ajoutent encore aux rigueurs de fes difpofitions.
qui Tout eft SAISI au Cap chez ce Négociant refpeétable >
de lui faire perdre fon crédit. La Commune
au rifque
exécuteurs une garantic DE DIX
s'affemble, & offre aux
à l'habiMILLIONS 3 ils la refufent. Ils fe tranfportent
tation du fieur de la Faucherie 5 on le trouve alité &
férieufement malade ; mais les ordres portoient fans
ni la religion ni Phumanité. On
doute de ne refpeéter
des bras de fa femme & de
L'ARRACHE inhumainement
fes enfans; on l'entraîne fans ménagement jufqu'au Cap,
& là, malgré les cris de tous les Habitans, malgré les
refpeétuetifes &c fortes que la Chambre du
remontrances à
d'adreffer aux Commandans,
Commerce juge propos
la
on lui fait verfer de force dans la caiffe municipale
Il fatisfait, mais le décret fatal étoit
fomme impofée. le
Pour éviter la PRISON, le
lancé, il reftoit à purger.
fieur dela FAUCHERIE, end dépit d'une FIEVRE ARDENTE,
eft contraint de fe faire tranfporter fous un- ciel brià foixante lieues de chez lui;
lant,au Port-au-Prince lc 2 Rapporteur de la Cour, & lui
ild comparoit pardevant
démontre SANS RÉPLIQUE, & à fon grand étonnement,
(eulement
ia
de ces nouveaux droits
non
que perception
eft abfolument indépendante de la charge de MarguilF:
ger.
fieur dela FAUCHERIE, end dépit d'une FIEVRE ARDENTE,
eft contraint de fe faire tranfporter fous un- ciel brià foixante lieues de chez lui;
lant,au Port-au-Prince lc 2 Rapporteur de la Cour, & lui
ild comparoit pardevant
démontre SANS RÉPLIQUE, & à fon grand étonnement,
(eulement
ia
de ces nouveaux droits
non
que perception
eft abfolument indépendante de la charge de MarguilF: --- Page 94 ---
Ra
(84),
contraire à l'e(prit & à la lettre des ordonnances
lier, &
n'eft Marguillier ou Collecdu Roi, mais encore qu'il
l'on eft prefque à la
teur que pour Pannée 1787; que eût dû éprouver tant
-fin de 1788 ; que fi quelqu'un de 1788, puifqu'il
d'horreurs, c'edt été le Marguillier
créé en 1788, colleétible en 1788;
s'agiffoit d'un impôt
vis-à-vis de lui,8 que
que lon s'eft trompé crucllement avoir des fuites bien funeites.
cette méprife étrange peut vrai. Il revient chez lui par
Hélas! il ne difoit que trop
les Adminiftrateurs
cette route pénible, fatigante, belle, que & qui eft un des Aéaux
repréfentoient comme f
le tableau déchirant des
de la Colonie; il nous trace
& des lois abuatrocités dont une autorité exagérée de DÉNONCER
fives l'ont rendu viétime ; nous conjure
SIGNE
au Roi , à la Nation;
ces exacions tyranniques Commiffaires élus par la.
de fa main, avec. les autres néceffaires pour parveParoiffe du Cap, les pouvoirs
fa Patrie, ET,
but nous SOMME de venger
nir à ce
MEURT.
toute la ville eft en deuil, tous les HabiA Vinftant
fe cherchent,
comme dans une calamité publique,
tans,
maifon du malheureux la Fauchefe rapprochent, & la
de toutes ces ames émues &
rie devient le rendez-vous touchante. Dans cette confle théâtre de la fcene la plus
de contradtion uniternation générale, dans ce moment
beloin d'épanverfelle, ou tous les coeurs ferrés avoicnt ancien ferun
patriote, un
cher leur douleur, 2
citoyen dans fes armées, & jufteviteur du Roi, Officier général
qui depuis lui
honoré de l'eftime de la Colonie
ment
le nommant Fun de fes Dépua accordé fes fuffrages en
. Dans cette confle théâtre de la fcene la plus
de contradtion uniternation générale, dans ce moment
beloin d'épanverfelle, ou tous les coeurs ferrés avoicnt ancien ferun
patriote, un
cher leur douleur, 2
citoyen dans fes armées, & jufteviteur du Roi, Officier général
qui depuis lui
honoré de l'eftime de la Colonie
ment
le nommant Fun de fes Dépua accordé fes fuffrages en --- Page 95 ---
W
a M
-
-
(85)
Nationale, M. LE MARQUIS DE Routés àl PAffemblée
SUR LE
VRAY prend la plume , & plaçant un papier
même de notre infortuné compatriote, il écrit,
CERCUEIL
aux Commandans partifous la diétée de tous les cccurs >
nombre
culiers du Cap, une lettre revêtue d'un grand
& qui n'exprime que LIITÉRALEMENT
de fignatures, ,
dont les excès du defles fentimens D'EXÉCRATION
potifne avoient rempli toutes les ames.
APRÈS cette fatisfaétion aux mânes de la viétime
immolée, tout le cortége fe rendit à l'Eglife: Là, en
d'une foule immenfe de Peuple qui honoroit
prefence
celui
avoit fa mériter fon eftime & fes.
de fcs larmes
qui
noregrets, M. LE MARQUIS DE ROUVRAY s'avançant
les
des Adminiftrateurs. > leur
blement vers
repréfentans
funebre qui
remit à cux-mèmes une minute de l'adreffe
fi bien le fentiment général. Je ne puis mieux
exprimoit
tranferivant à la
vous le peindre > MESSIEURS, qu'en
L'ORIGINAL jai dans mes mains,,
fuite de ce mémoire
que)
a a été
eft
conforme au. duplicata qui
&. qui parfaitement
&
eft refté
envoyé à M. le Comte de la Luzerne, qui
dans les fiennes fans réponfe & fans fatisfaction.
m'aftreindre ici à la forme ordinaire
DOIS-JE
ici les délits
j'ai adoptéc? Dois-je vous récapituler
que
la Luzerne eft COUPABLE? Hélas! fi les
dont M. de
d'entendre font les
détails horribles que vous venez
crimes de fon Intendant & de fon Procureur Général,
SPÉCIALE accordée par lui à ces
la proteétion
lui eft
Le
deux vampires de la Colonie 2
perfonnelle.
F 3
forme ordinaire
DOIS-JE
ici les délits
j'ai adoptéc? Dois-je vous récapituler
que
la Luzerne eft COUPABLE? Hélas! fi les
dont M. de
d'entendre font les
détails horribles que vous venez
crimes de fon Intendant & de fon Procureur Général,
SPÉCIALE accordée par lui à ces
la proteétion
lui eft
Le
deux vampires de la Colonie 2
perfonnelle.
F 3 --- Page 96 ---
:
(
(86) d'avoir ofé rifquer Pexiffieur de Marbois fut COUPABLE d'un aliment quipoutence des Habitans, pour fe défaire ilfut plus COUPABLE
leur fanté;
voit ètre dangereux pour
dela Colonie,
des loix fondamentales
d'avoir, au mépris
qu'clies n'avoient pas
ofé promulguer une impofition
d'avoir, maigré
autorifée ; il fut bien plus COUPABLE
de la Chambre d'Agriculture. > ordonné
les remontrances
il avcit exécuté la
la réunion des caiffes 2 comme
unanimes des
réunion des Confeils > malgré les voeux d'avoir dénoncé
Colons 5 il fut plus COUPABIE encore
fait décreter fans fujet un citoyen qu'il
fans motif &
refponfable d'une recetteillén'avoit pas le droitderendre
COUPABLE
établic; enfin il fut fingulierement
inadgalement
criminelle, ou par ane
d'avoir, par une intention tous les traits de fon delvertance inexcufable, dirigé
contre un officier
potifine & fes injuftes réclamations
qui n'étoit plus comptable.
alors Miniftre, il fut
QUANT à M. de la Luzerne,
en a autorifé pluCOUPABLE de tous ces faits, puifqu'il
la clameur
inftruit des autres par
fieurs, & qu'étant
eux-mèmes de la Copublique & par les Repréfentans
les lui ont plufeurs fois OFFICIELLEMENT
lonie, qui
feulement il n'a pas eu égard à nos
DÉNONCÉS, non feulement il n'a pas ordonné de répajuftes griefs, non
il n'a pas puni les
rer lc mal déjà fait, non feulement
de tant de forfaits; mais illes a APPROUVÉS
inftigateurs
par fes correfpondanpar fon filence, ou ENCOURAGÉS
honorables
par des témoignages
ces, ou RÉCOMPENSÉS
devroit vous paroitre une
dont l'exiftence, MESSIEURS,
fuivre,
fable, fi, dans un des chefs de dénonciation écrite quiva fous les
je n'étois.à même d'en mettre la preuve
mal déjà fait, non feulement
de tant de forfaits; mais illes a APPROUVÉS
inftigateurs
par fes correfpondanpar fon filence, ou ENCOURAGÉS
honorables
par des témoignages
ces, ou RÉCOMPENSÉS
devroit vous paroitre une
dont l'exiftence, MESSIEURS,
fuivre,
fable, fi, dans un des chefs de dénonciation écrite quiva fous les
je n'étois.à même d'en mettre la preuve --- Page 97 ---
a M -
ASS
4 A
Nationale. (87) En attendant, je dépofe
yeux de P'Affemblée celles qui ont trait à la perte du
entre vos mains toutes
notre compattiote, notre
malheureux LA FAUCHERIE, toutc entiere, Je dépofe
ami, &le CLIENT de la Colonic infortunée nous a adrellés
LES POUVOIRS que fa veuve
& fcs affaffins ; je
pourfuivre fes perfécuteuts
intéreffans
pour dans vos cccurs les crisde fes ENFANS de trentcdépofe redemandent à M. de la Luzerne un perc
Je
qui
les amener au même âge.
quatre ans qui pouvoit
de cCS ORremets à votre humanité les pleins Ce pouvoirs ne fera point en:
PHELINS, viétimes des defpotes. invoqué les PERES DE
vain qu'à cet age tendre ils auront fi vous daignez les
ils n'auront rien perdu
LA PATRIE;
adopter.
CHEF - DE
DÉNONCIATION:
XIII
D'UN INIENDANT PROSMAINTENUE OPINIATRE
D'UN GOUYERNEUR
CRIT; RAPPEL SOUDAIN
CHER A IA COLONIE.
affreufe a privé un vaifleau de
I QUAND une tempête dépouillé de prefque toute fa
tous fes agrès, quand,
le pouffe vers la terre,
mâture, un vent impétueux feule voile pour manceu-
& qu'il nelui refte plus qu'une défendent le port; que
vrer au milieu des écueils qui lieu d'envoyer vers ces
diroit-on d'un barbare qui, au Phumanité réclame,
infortunés en péril, des (ecours que dont il difpole, & à
dirigeroit contre eux les forces
comme la
l'aide de ces machines formidables, de brifer qui, le feul mât
foudre, renverfent tout, tâcheroit malhcureux ?
auquel eft attaché le falut de ces
F 4
; que
vrer au milieu des écueils qui lieu d'envoyer vers ces
diroit-on d'un barbare qui, au Phumanité réclame,
infortunés en péril, des (ecours que dont il difpole, & à
dirigeroit contre eux les forces
comme la
l'aide de ces machines formidables, de brifer qui, le feul mât
foudre, renverfent tout, tâcheroit malhcureux ?
auquel eft attaché le falut de ces
F 4 --- Page 98 ---
KO KaN
(88) I
EH BIEN, MesSIEURS, vous avez entendu le récit
D'UNE PARTIE de nos maux; vous avez
le
tableau de la tourmente cruelle
contemplé
nous avez vus dans les horreurs qui nous agitoit; vous
du naufrage; une SEULE
PLANCHE nous reftoit encore, c'étoit un bienfait du
Souverain; pourquoi M. de la Luzerne s'eft-ilhâté de
nous la ravir quand elle nous étoit fi néceffaire:
Vous n'avez point oublié qu'en octobre 1788 le
nouveau Miniftre de la Marine avoit eu
feur dans lc gouvernement
pour fuccef
général de
M. le Marquis DU CHILLEAU. Le Saint-Doningue,
fon Miniftre avoit
Roi, un peu malgré
>
fait de CC pofte important la
digne récompenfe d'un des vainqueurs de la DOMINIQUE,
qui, après avoir puiffamment coopéré dans la derniere
guerre à la conquête de cette Ile, s'y étoit fait adorer en la gouvernant jufqu'à la paix.
Ce Général parti avec des inftruétions
que nous avions lieu de craindre, avoit miniftériclles
Port-au-Prince dans les derniers
pris terre au
année 1788. Vous
jours de cette même
n'avez point aublié que l'Intendant
Marbois avoit débuté par
à figner, dès le
engager ce nouveau Vice-Roi
lendemain de fona artivée, une ordonnance
DÉSASTREUSE qui devoit ÉTERNISER le
Saint. - Domingue,
defpotifme à
puifque fon but étoit
JAMAIS les colons des
d'éloigner A
dc la
Etats-Généraux, fource unique
liberté; cette fignature eft le feul
la Colonic ait à faire à M. du
reproché que
toutefois,
Chilleau, s'il en. mérite
pour avoir, en arrivant, cédé à des ordres
POSITIFS du Miniftre, , & à la néceffité,
le fieur
Marbois lui
que
de
peignoit comme très-urgente,
JAMAIS les colons des
d'éloigner A
dc la
Etats-Généraux, fource unique
liberté; cette fignature eft le feul
la Colonic ait à faire à M. du
reproché que
toutefois,
Chilleau, s'il en. mérite
pour avoir, en arrivant, cédé à des ordres
POSITIFS du Miniftre, , & à la néceffité,
le fieur
Marbois lui
que
de
peignoit comme très-urgente, --- Page 99 ---
a
(89) )
des enfans de
CET Intendant, qui, jadis précepteur
lc pédaM. de Monaco, s'étoit déclaré, par habitude,
de M.de la Luzerne; qui, avec orgucil & fcangogue l'avoit affervi pour commander, qui avoit RÉGNÉ
dale,
&
ne lui avoit laiffé de liberté que
fous fon nom, qui
Intendant defpote
celle de s'ASSOCIER à fes délits; cet
aufli gouverner M. du Chilleau, & prolonger
comptoit
d'autant plus intéreffante pour lui, %
une vice-royauté
avoient paflé en Europe, &
que de nombreux griefs
oi, rentrant en
devoicnt lui faire craindre le moment
France, & pouvant y trouver de grands changemens 1
ni
ni foutien, ni
il ne lui refteroit plus proteéteur,
égide contre la multitude de fes ennemis.
IL effaya donc de circonvenir le nouveau Général, &"
de l'affilier à fes principes; mais ce dernier, dès qu'il
reconnu le terrain, remercia fon guide, c'eft-àeut
voulut
de bandeau. Franc, loyal,
dire, qu'il ne
plus
commander
vertueux, il voulut voir par SES XEUX,.
par SA RAISON, ordonner par L'HUMANITÉ, gouver- abfoluner par LA LOI. Cette maniere d'être étoit
avec celle du fieur de Marbois.
ment incompatible
de lâ,
De là, des différences dans leurs opinions;
des aigreurs dans, leurs. difcuffions S de la, de Phudans leurs difpofitions refpeétives 5 de là enfin
meur
& foutenue dans leurs aétions,
une oppofition publique
finit
rendre tout rapproche-
& un éloignement qui
par
mcnt impoflible.
TOUT ce que propofoit PIntendant > éprouvé ad
creuzet du vertueux Gouverneur, étoit ordinairement
reçonnu mauvais & rejetté; tout ce que propofoit le
cuffions S de la, de Phudans leurs difpofitions refpeétives 5 de là enfin
meur
& foutenue dans leurs aétions,
une oppofition publique
finit
rendre tout rapproche-
& un éloignement qui
par
mcnt impoflible.
TOUT ce que propofoit PIntendant > éprouvé ad
creuzet du vertueux Gouverneur, étoit ordinairement
reçonnu mauvais & rejetté; tout ce que propofoit le --- Page 100 ---
A
) KEW
a
(90)
Gouverneur 1 quelque fage que ce fût, étoit, par repréfuilles, réprouvé par l'Intendant; & de ce choc
pétuel entre deux pouvoirs égaux, réfultoit pertoujours le malheur de la Colonie.
prefque
UN exemple frappant vint appuyer cette vérité, LA
DISETTE fe fit fentir à Saint-Domingue. M. du Chilleau & fon collegue
ouvrirent, aux termes des ordonnances, les trois ports d'entrepôts aux farines américaines, & attendirent de cette mefure le retour de
l'abondance; mais l'abondance ne revint
que les Américains n'avoient
point , parce
pas la liberté
de ces ports, en paiement de leurs farines, des d'exporter denrées
coloniales. Le Gouverneur voyant que le mal ne cédoit
point au remede 2 jugea le remede INSUFFISANT, &
convaincu. que le falut du peuple eft la loi fupréme, &c
que toutes les FROHIBITIONS doivent tomber devant le
befoin impéricux de conferver fon exiftence; il propofa
une feconde ordonnance par laquelle il ouvroit aux
farines érrangeres zous les ports d'Amiraut, G
mettoit aux navires qui les importeroient de Je char- perger en retour des denrées de nos manufadtures. Cette
ordonnance devoit être le falut de la Colonie. LIntendant s'y oppofa de toute fa force, & finit par REFUSER
hautement de la figner.
LE Gouverneur jugea froidement le réfultat de ce
refus; il ne fe diffimula pas qu'il falloit fe
perdre la Colonic. Il n'héfita
il
perdre ou
pas; SIGNA SEUL l'ordonnance, il la porta au Confeil Souverain de SaintDomingue, cette Cour, éleétrifée par le dévouement
Colonie. LIntendant s'y oppofa de toute fa force, & finit par REFUSER
hautement de la figner.
LE Gouverneur jugea froidement le réfultat de ce
refus; il ne fe diffimula pas qu'il falloit fe
perdre la Colonic. Il n'héfita
il
perdre ou
pas; SIGNA SEUL l'ordonnance, il la porta au Confeil Souverain de SaintDomingue, cette Cour, éleétrifée par le dévouement --- Page 101 ---
à6
a aSS
AL
(or)
de TInen préfence
patriotique du DÉcrus firangois,ofa,
cette ordontendant lui-même, enregiftrer unanimement
&
& lui donner ainfi publicité
nance fi néceffaire > colonie fut fauvée : mais le fieur
FORCE DE LOI. La
à fouftir tranquillement
Marbois n'étoit pas hoime
fon pupille; je n'ai
cet échec. Il écrivit aut Miniftre de la Luzerne de me compas cru devoir exiger de M.
fournir ainfi des
fa correlpondance, & de me
muniquer
avois déjà
contre lui-mème , quandj'en
armes trempées
du contenu de cette
de fi terribles; mais on peut juger
l'audacieux
Peffet
produifit. On dit que
lettre par
qu'elle
dans F'aveuglement du
Intendant eut affez de confiance
OPTAT
lui mander qu'il falloit qu'il
Miniftre, pour
entre M. du Chilleau & lui.
MESSIEURS, je dois vous fupplier de vouloir
Icr,
cette lettre & cette menace
bien obferver les époques;
le 29 juin, d'eftde PIntendant arriverent à Verfailles
avant
à-dire, fix jours après le 23, & quatorze jours
celui de la révolution.
des lettres de nos
LE même bâtiment nous apporta
conduite
Commettans, & des ordres précis fur la
que
avions à tenir. La DÉPUTATION de Saint-Dominnous
toute entiere chez M.le Comte dela
gue fe tran(porta
de PIntenLuzerne, pour lui dénoncer LA PERFIDIE
de lui la MAGNANIMITÉ du Goudant, & exalter auprès
dévoilées dans deux
verneur. De grandes vérités furent
nieroit
conférences fucceflives, &c M. de la Luzemen'en Ces
feule
nous étions DIX TÉMOINS.
pas une
2 puifque
deux entrevues fe terminerent par la demandeerprefle,de
gue fe tran(porta
de PIntenLuzerne, pour lui dénoncer LA PERFIDIE
de lui la MAGNANIMITÉ du Goudant, & exalter auprès
dévoilées dans deux
verneur. De grandes vérités furent
nieroit
conférences fucceflives, &c M. de la Luzemen'en Ces
feule
nous étions DIX TÉMOINS.
pas une
2 puifque
deux entrevues fe terminerent par la demandeerprefle,de --- Page 102 ---
e - R -
(9>)
notre part, du RAPPEL de M. de
BATION formelle de la
Marbois, & d'une APPROconduite de M. du Chilleau,
Vorcr la réponfe du Miniftre,
converfation: :
aprés notre feconde
Je ne puis,
MESSIEURS, me
une petite
difpenfer de donner
réprimande à M. du
a mangué aux
Chilleau, parce qu'il
formes ; mais je vais
champ 11. de Marbois,
rappeller fur le
nie le défire.
puifqu'il paroit que la ColoCss propres termes de M. de la Luzemne
mis par nous le
à
furent tranfmémejour nos Commettans.
notre fiurprife, lorfqu'au milieu des
Quelle fut
agitoient la Cour, lc Confeil, fccouffesviolentes qui
L'ASSEMBLÉE
NALE, Paris & toute la
NATIOMarquis du Chilleau France, nous apprimes que M.le
avoit été RAPPELÉ SECRETEMENT, que fon fucceffeur avoit été nommé auffi
TEMENT, qu'ii étoit parti
SECR E-;
il étoit fous voile,
très-brufquement, que déjà
fait un
que par conféquent le Miniftre s'étoit
jeu DE NOUS TROMPER
avoit craint
indignement; qu'il
que l'Affemblée Nationale n'éclairât
religion du Roi, & nous vîmes alors
la:
ces jours de
clairement que dans,
fermentation & de défordre, ou
Confeillers coupables étoient
quelques.
le Monarque & la
parvenus à élever, entre
fonges, M: de la vérité, un mur d'erreurs & de mennelle
Luzerne, par une connivence crimiavec ces ennemis de la patrie, s'étoit réfervé
foin, de MAINTENIR dans nos.
le
arbitraire odieux
poffeflions d'outremer, cet
que la franchife américaine vouloit
re, ou
Confeillers coupables étoient
quelques.
le Monarque & la
parvenus à élever, entre
fonges, M: de la vérité, un mur d'erreurs & de mennelle
Luzerne, par une connivence crimiavec ces ennemis de la patrie, s'étoit réfervé
foin, de MAINTENIR dans nos.
le
arbitraire odieux
poffeflions d'outremer, cet
que la franchife américaine vouloit --- Page 103 ---
-
W
N
(93)
DÉNONCER à la Nation, comine PAffemblée Nationale
de DÉNONCER au Souverain les efforts que
ne cefloit
perpétuer fon empire en
le defpotifimne faifoit pour
France.
Er remarquez, MESSIEURS, , quelle importance le
Miniftre de la Marine attachoit à ce fecret ! Son infouciance habituelle fit place, en cette occafion, à la vigides
lance la plus aétive. Il craignit que l'expéditionnaire
du Gouverneur général ne laifsât tranfpirer
patentes
& il ne fit point expédier ce BREVET ;
cette difpofition,
Saintil craignit que l'armement d'une frégate pour
donnât
foupçons, & il envoya
Domingue ne
quelques
l'ordre à Breft de difpofer une frégate COMME POUR
de
& de l'expédier avec la
L'INDE, T'approvifionner,
perfonne de M. de Peynier. Il ne pouvoit pas ignocette deftination SIMULÉE pour les régions les
rer que
à FEtat une
plus lointaines, coûteroit en pure perte
fomme confidérable au delà d'un fret pour nos Colonies;
mais dans cette. crife violente qui devoit décider de
l'efclavage ou de la liberté; dans ces momens défaftreux
oi le Confeil, au milieu de la paix, prenoit contre
la Nation toutes les précautions que des hoftilités
étrangeres auroient pu feules juftifier : qu'étoit-ce que
de l'argent PRIS fur-le tréfor public, pour conferver à
il n'en coûtoit rien, un empire
un Miniftre, auquel
détruire.
abfolu que rien alors fembloit ne pouvoir plus
AINSI, dans la circonftance la plus critique oi fe
fôt depuis long - temps trouvée la Monarchie 2 dans
moment où la
de la Nation affemblée
un
puiffance
X
étrangeres auroient pu feules juftifier : qu'étoit-ce que
de l'argent PRIS fur-le tréfor public, pour conferver à
il n'en coûtoit rien, un empire
un Miniftre, auquel
détruire.
abfolu que rien alors fembloit ne pouvoir plus
AINSI, dans la circonftance la plus critique oi fe
fôt depuis long - temps trouvée la Monarchie 2 dans
moment où la
de la Nation affemblée
un
puiffance
X --- Page 104 ---
Ae
KN (94)
devoit applanir tous les obftacles, fi des Miniftres ré
fractaires à fes loix n'en euffent été les
dans un inftant oil une explofion fouterraine promoteurs;
d'un moment à l'autre, miner fur le Continent pouvoit, les fondemens de l'autorité légitime, l'agent fuprême du
voir exécutif dans les deux Indes ne
poud'étendre cette commotion
craignoit pas
dangerenfe julques dans nos
Colonies, en arrachant à la principale d'entre elles
un Gouverneur qu'cile chériffoit; en
bout de fix mois de
rappcliant, au
commandement, un Général
s'il eit été moins aimé, auroit, fans
qui,
aucun doute >
gouverné trois ans
Saint-Domingue; en facrifiant cet
Adminiftrateur ADORÉ, pour lequel on votoit une ftatue, à cet Intendant DÉTESTABLE dont l'effigie
la proteétion & l'attachement tendre de
, malgré
M.de la
a depuis fubi le DERNIER SUPPLICE.
Luzerne,
Trop heureux
qu'une fuite précipitée ait dérobé fa perfonne à la vengeance des viétimes de fon adminiftration tyrannique.
C'EST le fouvenir cuifant des malheurs & des
tions de tout: genre que nous avions éprouvés, vexaquinous
aautorifés,au commencement de cet article, à
notre
fenter
infortunée Colonic fous l'emblème repré.
vaiffeau violemment battu
la
d'un
par
tempête 5 notre
perte eût été certaine fans les foins de notre vigilant
Gouverneur, c'étoit la planche dans le naufrage; le
Miniftre vient de nous l'enlever Nous fommes donc
fondés à conclure que dans ce cas capital:
M..de la Luzerne fut COUPABLE de n'avoir
voulu, dans une correfpondance très-claire, dont pas
nous
onic fous l'emblème repré.
vaiffeau violemment battu
la
d'un
par
tempête 5 notre
perte eût été certaine fans les foins de notre vigilant
Gouverneur, c'étoit la planche dans le naufrage; le
Miniftre vient de nous l'enlever Nous fommes donc
fondés à conclure que dans ce cas capital:
M..de la Luzerne fut COUPABLE de n'avoir
voulu, dans une correfpondance très-claire, dont pas
nous --- Page 105 ---
S -
(95')
les calomnies de I'lnavons vu une partie, diftinguer
d'avoir facrifié
tendant, de la loyauté du Gouverneur;
M. du Chilleau, vertueux & chéti, au fieur de Marbois,
fut plus COUPABLE, lors des
prévenu & détefté; qu'il
lui
plaintes graves &: fans répliques que nous
porde nous avoir formellement
tâmes contre l'Intendant, lorfqu'il étoit bien loin de le rapPROMIS fon rappel,
lui-même
notre Goupeller; de nous avoir dit de
que
il
ayant péché contre la forme,
verneur général
de lui faire une légere
ne pouvoit fe difpenfer
le deftituoit
réprimande , lorfque l'ordre injufte qui
étoit déjà parti; qu'il fut bien plus COUPABLE, puif
MESSIEURS, appartient tout entier
que ce délit-là, d'avoir, entre le 23 Juin & le 12
à la Nation >
du fort entier des
Juillet, difpofé avec defpotifne
d'une
Colonies, & fait courir à la France le hafard
infurrection que le patriotifine auroit réprouvé, mais
dans les premiers momens d'une fermentation dont
qui,
pouvoit nous faire perdre
les fuites font incalculables,
la plus importante de ces poffeflions fi précieufes pour
enfin qu'il fut plus COUPABLE encore
la Métropole 5
criminelles qu'avec
de ne s'être prêté à CLS manceuvres
puifconnoiffance de leur coupabilité,
une parfaite milieu de la paix il les obombroit du manteau
qu'au
& les couvroit d'un voile dont
myferieux du filence,
le Tréfor public faifoit les frais.
à mes Commettans
APRÈS ce récit, MESSIEURS,C'eRt le Gouverneur étoit
eux-mêmes, à vous prouver que
le rappel
T'Întendant étoit HONNI, que
CHÉRI, que
été
que le départ de
de M. du Chilleau a
injufte,
manteau
qu'au
& les couvroit d'un voile dont
myferieux du filence,
le Tréfor public faifoit les frais.
à mes Commettans
APRÈS ce récit, MESSIEURS,C'eRt le Gouverneur étoit
eux-mêmes, à vous prouver que
le rappel
T'Întendant étoit HONNI, que
CHÉRI, que
été
que le départ de
de M. du Chilleau a
injufte, --- Page 106 ---
SO KESM
(96)
M. Peynier a été fecret, & que fon arrivée à SaintDominguc à la place d'un Général
celle d'une
adoré, a été P'étininfurreétion qui nous a fait trembler fur
le fort de cette immenfe contrée.
Voyez ci-après les pièces juftificacives du treigieme Chef.
XIV, CHEF DE DENONCIATION.
IETTRE D'APPRORATION DICTÉE AU Ror EN FAVEUR
DE L'INTENDANT COUPABIE.
St la liberté eft le plus bel apanage de l'homme
naturel, fi l'homme civilifé n'a confenti à fe priver d'une
légère portion de cette liberté, que pour s'affurer à jamais la jouiffance de l'auire portion & de tous les
biens qui en découlent; fi lhomme, en fe rapprochant
par befoin de fcs femblables, a fenti
auroit
qu'il
en
curautantdadverfires que d'égaux 2 à moins qu'une hiérarchie de conventiona'afignit à chacun la placed'olipcut
dépendre la félicité de tous 5 f, fous ce rapport, les
Nations n'ont choifi des chefs que comme des guides
vers le bonheur, & fi les Peuples ne fe font donné des
Rois que pour punir le vice > récompenfer la vertu,
& maintenir ainfi la tranquiliité publique; enfn fi ces
principes, reconnus par PAffemblée Nationale, étoient
de tout temps confacrés parla raifon, comme les bafes
fondamentales du droit naturel & du droit des gens,
QUEL NOM donnerons-nous à un délit, qui, fapant
toutes ces vérités impreferiptibles, abrogeant routes les
claufes de ce contrat folemnel qui a réuni les fociétés
fous l'empire de. leurs chefs & de la Loi, dénaturant
les
incipes, reconnus par PAffemblée Nationale, étoient
de tout temps confacrés parla raifon, comme les bafes
fondamentales du droit naturel & du droit des gens,
QUEL NOM donnerons-nous à un délit, qui, fapant
toutes ces vérités impreferiptibles, abrogeant routes les
claufes de ce contrat folemnel qui a réuni les fociétés
fous l'empire de. leurs chefs & de la Loi, dénaturant
les --- Page 107 ---
- (97-)
les vacux des Peuples qui n'avoient confenti à obéir que
être heureux, & trompant lcs intentions du Souvepour rain qui ne vouloit commander que pour le plus grand
fes
ainfi de brifer les liens
bien de
fujets, > rifqueroit
qui uniffent le pere & fcs enfans, OUTRAGERCIT les
droits de la Nation, & LÉZEROIT également ccux de
la Majefté fuprême : .
o Ah ! CE NOM TERRIBLE 3
MESSIEURS, ne fera pas bien dificile à trouver, quand
l'exiftence d'un fembiable délit ne vous aura été que
trop évidemment démontrée.
M. le Comte de la Luzere, en cédant le premier
Juillet dernier 2 comme j'ai eu Phonneur de vous le
dire tout-à-I'heure, à la demande que faifoit l'Intendant Marbois > de rappeler le vertueux Gouverneur
des
diamétralement oppofés ne
avec lequel
principes
l'adminiftration de
lui permettoient plus de partager
Saint-Domingue ; M. de la Luzerne, dis-je, ne s'étoit
difimulé la hardiefle de cette décifion purement
pas miniftériclle, dans un moment ou la France attentive
à la voix de fes Repréfentans fembloit ne vouloir plus
obéir qu'à des DÉCRETS NATIGNAUX; 2 fanétionnés par
le Souverain.
CEPENDANT, accoutumé à voir plier les Colonies
fous le joug fi pefant de fes ordres arbitraires, il imapar habitude, les Colons fe foumettroient
gina que,
encore fur-tout fi, à caufe de l'importance qu'il
mettoit à faire régner fouverainement fon Intendant, 2
le plus grand fauteur du defpotifime, il donnoit à la
manifeftation de fa,volonté un dégré de folemnité qui,
G
CEPENDANT, accoutumé à voir plier les Colonies
fous le joug fi pefant de fes ordres arbitraires, il imapar habitude, les Colons fe foumettroient
gina que,
encore fur-tout fi, à caufe de l'importance qu'il
mettoit à faire régner fouverainement fon Intendant, 2
le plus grand fauteur du defpotifime, il donnoit à la
manifeftation de fa,volonté un dégré de folemnité qui,
G --- Page 108 ---
* RM CAN
(58) les éblouit par fon
nouveau pour les peuples, liberté de gémir en fe
encore
leur laiffat que la
éclat, & ne
prolemant.
à adopter
motifs le afterminoient de la CoDeux puilans
les Députés
mefure; la fermeté que dans les deux conférences
cette
avoient montrée
plaintes
lonie lui
avec lui, &c les nombreufes fon favori
qu'ils avoient eues de toutes parts contre
qu'il avoit reçues
Marbois.
n'euffions
doutoit pas que nous
D'uN côté, il ne
franchife à nos Commettais,
écrit avec la plus grande informés de tous les obftacles
nous ne les eufions élevés contre notre admiflion
que le Miniftre avoit
leur ayant rendu compte
que Etats Généraux, & que
nous ne leur euflions
aux
énergiques,
la RESPONde nos converfations des affaires en France, les Proannoncé la fituation
réclamée par toutes FIntenSABILITÉ des Miniftres, POSITIVE du rappel de
vinces, & la promelfe malheur.
faifoit leur
dant qui
d'avis lui fignalant
autre cbté, une foule contre le fieur de
D'UN jour de nouveaux griefs & leurs fous-ordres
chaque le fieur de la Mardelle, convenir avec lui-mème
Marbois,
de
il fatobligé tous les honnètes gens.
ou créatures,
à
amis de
étoient EN HORREUR
pour les
qu'iis
7 confolante
le defpotifme
Dans cette perfaafion leur prouve que la Luzerne
la liberté, pmifqw'elle
M. de
avec lui fon ver rongeur,
au Peuple
portc
qu'un FIRMAN qui préfenteroit
devoit craindre
fieur de la Mardelle, convenir avec lui-mème
Marbois,
de
il fatobligé tous les honnètes gens.
ou créatures,
à
amis de
étoient EN HORREUR
pour les
qu'iis
7 confolante
le defpotifme
Dans cette perfaafion leur prouve que la Luzerne
la liberté, pmifqw'elle
M. de
avec lui fon ver rongeur,
au Peuple
portc
qu'un FIRMAN qui préfenteroit
devoit craindre --- Page 109 ---
A
étonné le RAPPEL de cclui (99)
TENUE de ceux qu'on
qu'on aimoit & la MAIRla Colonic lc fignal abhorroit, du
ne devint pour toute
contens celui d'un foulevement défefpoir, & pour les méavoit tellement affedté fon général; &c cette crainte
cipitation avec
ame > que, malgré la
de M. de
laquelle on expédia les inftrucions préPeynicr > ce Général
defiendre d terre que
reçut celle de ne
lorlque le
auroit, en vertu du FETFA Genéral rappellé
pied dans la frégate
du Vijir, mis le
France.
qui devoit Ze
reporter en
AINSI M. de la
fon cabinet à Verfailles Luzerne, tranquillement aflis dans
ordres injuftes &
> donnoit de fang froid des
juftice &c le
dangercux, dont il connoiffoit l'indanger, Affuré par la
agens affidés de pouvoir fouftraire difcrétion de fes
mois aux Repréfentans de la
pendant quelques
fance de fes machinations
Nation > la connoif
doute, & à cette époque fecretes > il penfoit fans
let, l'ariftocratie,
mémorable du mois de Juilque des coups d'autoritét encore exiftante, penfoit de même,
anéantir ce coloffe formidable très-prochains devoient bientôt
nale, & détruire
de l'Affemblée Natiodans les fecrets jufqu'au du
fouvenir de fes décrets. Initié
alors dans fon
Confeil, les ordres qu'il donna
les couvrit, département, & le MYSTERE dont il
de ceux de fes prouvent qu'il avoit adopté le fyftême
& que, s'il fut collegues que la Nation A RÉPROUVÉS,
depuis
Pourtane aucune difgnation implicitement compris s Jans
dans la Requête
exprefe ni nominative,
que le Coips légillatif Grut devoir
G 2
de fes décrets. Initié
alors dans fon
Confeil, les ordres qu'il donna
les couvrit, département, & le MYSTERE dont il
de ceux de fes prouvent qu'il avoit adopté le fyftême
& que, s'il fut collegues que la Nation A RÉPROUVÉS,
depuis
Pourtane aucune difgnation implicitement compris s Jans
dans la Requête
exprefe ni nominative,
que le Coips légillatif Grut devoir
G 2 --- Page 110 ---
a
ER
- A N -N
(1o0) I
demander le mappeldune
pour
à FAffemau Monarque, inconnu julques-li
eu
préfenter de fon Confeil, >
il n'avoit encore
partic
avec laquelle
favéur qu'à
blée nationale 2
il ne dut cette
hafard
efpèce de rapport,
par
aucune
heureufe, qui > Péloignant, fembloit
une circonflancel même inftant que M. NECKER,
Paf
au
homme , & pouvoir
peut-éte, l'attacher au char d'un grand avoit paru le compalorfquil
focier à fon triomphe,
de fcs revers.
gnon
M. de la Luzerne fabriqua,
Qu'IL en foit,
deux arrêts du Confcil,
Quor
défaltreux,
Lun d'eux, fuivant
dans ces jours Peynier fit porteur.
rendues par
dont M. de
les oxdonnances leur fût
& annulloit
Colonic
Yufage > calfoit Chilleau, quoique la
inutilM. le Marquis du falut, & l'autre, en prorogeant de la traite
redevable de fon
en faveur
Arlement une PRIME confidérable la vérité, un bénéfice aux d'un
Noirs, ofroit, à
coûter plus
des
mais pouvoit
,auroit
mateurs négriers 7 Nation, fans être exigeante,
million al'Etat. La confoltée fut ce point.
pu défirer d'ètre
aux voeux
deux arrêts, fi contraires
CEFENDANT ces
c, n'étant propres qu'à
imanifeités à Ssint-Domingse qui les avoit pRovoobis, une
fatisfaire M. de Marbois, faveur de leur exécution,
non à concilier 2 en
inouies de cet Intendant
&c obéiffance que les vexations M. de la Luzerne, tourn'avoient que trop aftoiblic, & par le défir de fervir
fans doute également,
d'unc refponfalilité
mienté favori, & par Vinquiétade
un moyen
fon
Nation tiomphoit imagina
certaine, f la
Rovoobis, une
fatisfaire M. de Marbois, faveur de leur exécution,
non à concilier 2 en
inouies de cet Intendant
&c obéiffance que les vexations M. de la Luzerne, tourn'avoient que trop aftoiblic, & par le défir de fervir
fans doute également,
d'unc refponfalilité
mienté favori, & par Vinquiétade
un moyen
fon
Nation tiomphoit imagina
certaine, f la --- Page 111 ---
-
-
IOI )
&
cut V'avenglement de croire intout nouveau, qu'il
lui-même à l'abrides
mettre lc defpoti(me
faillible, 2 pour
immédiarecherches de la Nation, en le plaçant plus
tement fous l'égide de l'autorité royale.
comme Miniftre, à M. de Marbois une
IL écrivit,
il lui donnoit fes ordres & lui
lettre dans laquelle
s'il eût craint dans fa
traçoit fa conduite; & comme
les Colons ne CRUSSENT plus à ces
confcience que
du Souverain , dont les Miniftres
prétendus ordres
confacrer le malabufoient depuis fi long-temps pour
heur de la Colonie > il ofa, par un renverfement
au lieu d'ordonner aut nom du Roi, &
bien étrange,
fon feing la vérité de la fignature
de certifier par
déterminer fon Roi à certifier
royale, il ofa, dis-je,
fon Miniftre n'étoit, POUR CETTE FOIS 2 que
que
fidele de fes intentions, & ne trompoit
l'organe fes fujets; & faifffant cette occafion précieufe
point d'annuller d'un trait de plume tous ces griefs effrayans
la Colonie entiere reprochoit à fon favori, même
que
tous les aétes tyrande fanétionner authentiquement
de fon adiminiftration, il abufa de l'empire que
lui niques donnoit fa place fur un Monarque qui , quelles que
foient fes propres lumieres, ne peut pas étendre fes rebienfaifans fur toutes les parties de fa dominagards
de
tion dans les deux Indes, & il ne rougit point
à écrire de fà propre main, au bas de fa
T'engager lettre à FIntendant Marbois, ce que Louis XIV
propre
,
n'écrivit peut-être jamais à Colbert.
MON ORDRE EXPRÈS. QUE M. DE LA
C'EST PAR
G 3
E
arque qui , quelles que
foient fes propres lumieres, ne peut pas étendre fes rebienfaifans fur toutes les parties de fa dominagards
de
tion dans les deux Indes, & il ne rougit point
à écrire de fà propre main, au bas de fa
T'engager lettre à FIntendant Marbois, ce que Louis XIV
propre
,
n'écrivit peut-être jamais à Colbert.
MON ORDRE EXPRÈS. QUE M. DE LA
C'EST PAR
G 3
E --- Page 112 ---
R/OO KaNN
1o2 )
LUZERNE VOUS ÉCRIT. CONTINUEZ A REMPLIR vos
FONCTIONS, ET A M'ÈTRE AUSSI UTILE QUE VOUS
ME L'AVEZ ÉTÉ JUSQU'ICI. Vous POUVEZ ÉTRE SUR
DE MON APPROBATION, DE MON ESTIME, ET
COMPTER SUR MES BONTÉS. SIGNÉ LOUIS.
QUE de réfexions, MESSIEURS,
de
l'analyfe
ces
quatre lignes royales ne préfente-t-clle pas aux Légilateurs de la France !
C'EST par mon ordre EXPRÈS que M. de Za
Lugerne vous écrit. Ainfi, dans ces contrées éloignées,
fituées à 2000 lieues du Trône, oi l'authenticité des
ordres du Souverain eft bien plus néceffaire
le continent, toutes les fois
le
que dans
que Monarque n'écrira
pas DE SA MAIN quelques phrafes entieres ai bas de
chaque ordre donné, fa fignature royale, fi révérée
jadis, ne produira plus d'autre effet que de
au Peuple un moyen fubreptice que le Miniftre paroitre
mis en ceuvre pour les tromper.
aura
CONTINUEZ d remplir vos fonctions. Mais
fonne ne les lui difputoit,. & cette autorifation pergéréc
fingcoupablement , n'a pu avoir, dans l'efp:it de
l'inftigateur, d'autre fens déterniné quc celui-ci.
> le Peuple, juftement foulevé
C Si
>> tions, vouloit, dans fon
contre vos prévarica-
> de la Colonie,
défefpoir, vous expulfer
dites-lui, & montrez-lui DE LA
>> DU Bor, qu'il veut lui-mème
MAIN
> à remplir Vos fonétions
que vous continuiez
>.
Er continueg à m'étre
aufruileques vOuS mc Paves
ftigateur, d'autre fens déterniné quc celui-ci.
> le Peuple, juftement foulevé
C Si
>> tions, vouloit, dans fon
contre vos prévarica-
> de la Colonie,
défefpoir, vous expulfer
dites-lui, & montrez-lui DE LA
>> DU Bor, qu'il veut lui-mème
MAIN
> à remplir Vos fonétions
que vous continuiez
>.
Er continueg à m'étre
aufruileques vOuS mc Paves --- Page 113 ---
A6
(1oy - )
les Rois font à plaindre; puiftie jufguici. Ah ! que
être abufé à ce point !
le meilleur de tous peut
que
utile !
e J'avois
Aufi utile ! . - e Marbois du
exécutif,
parmi les agens pouvoir
cru jufqu'ici que
des ferviteurs vraiment utiles,
ceux-là feuls étoient
du fouverain, &
qui, pénétrés des intentions pures fans ceffe dans tous
gouvernant par la loi, affocioient bouches le nom du Roi aux
les cceurs & dans toutes les
des Peuples.
& de l'amour
expreflions de la reconnoiffance
à
fubftituant leurs paflions particulieres
Mais ceux qui,
d'autres
de faire
celles d'un Monarque qui n'en a
fon que nom facré
le bonheur de fes fujets 2 n'emploient leurs bévues,
autoriferl leurs malverfations, couvrir
qu'a
leurs Aatteurs, & qui finiroient par
ou récompenfer de fes
s'il étoit pofible
lui aliéner le coeur
peuples, leur Roi; ceux-là,
à des François de ceffer d'aimer utiles ; je dis plus,
non fans doute, ne lui font point
ennemis du Trône, puifque
ce font les plus dangereux
P'autorité dont le
toutes leurs aétions tendent à avilir
maintien eft fi néceffaire à lordre public.
de
étre far de mon approbation,
Vous pouvet
bontés. Ef-il bien
mon eftime, 6 compter fiur mes
MARBOIS que
poflible que. ce foit A UN SIEUR DE
fouM. de la Luzerne ait fait adrefTer par le premier methonorables qui
verain de TEurope ces paroles
d'un
troient le fceau de T'immortalité à la réputation
hommes de génie & de vertu qui ont de temps
de ces
fur la furfarce du Globe: Ah ! quand
en temps paru
avec
de
notre excellent Roi les traçoit
complaifance
étoient la récomfa propre main, il croyoit qu'clles
G
-
DE
fouM. de la Luzerne ait fait adrefTer par le premier methonorables qui
verain de TEurope ces paroles
d'un
troient le fceau de T'immortalité à la réputation
hommes de génie & de vertu qui ont de temps
de ces
fur la furfarce du Globe: Ah ! quand
en temps paru
avec
de
notre excellent Roi les traçoit
complaifance
étoient la récomfa propre main, il croyoit qu'clles
G
- --- Page 114 ---
R/OX KEN A 2 -
(ro4)
penfe de grands fervices, & il n'avoit garde de penfer
qu'elles étoient deftinées à couvrir de grandes fautes.
& à confacrer de grands délits. Il ignoroit qu'un
cet écrit rémunérateur viendroit fe
jour
placer entre le
coupable & la juftice de la Nation, Il ignoroit
lorfque la colonie entiere dénonceroit à l"Affemblée que
Nationalc des opérations défaftreufes, des affertions
évidemment fauffes, des abus inouis
trafics
d'autorité, des
honteux. 2 des intrigues criminelles, des traits
incroyables d'inhumanité, des exaétions tyranniques, des
dénis de juftice révoltans, des oppreffions
calomnies
cruelles, des
atroces, des forfaitures prouvées, des jugemens
pervers, des concuflions démontrécs, enfin tous les délits
dont le fieur de Marbois eft d'autant plus
a eu conftamment l'adreffe de s'affocier coupable qu'il
Gouverneur fon
pour complice le
collegue, oule Miniftre fon
cet Intendant feroit à même de dire à tous les fapérieur; Colons
foulevés contre lui:c Apparez Vos cris, & retirez-vous
>> fans efpoir de réparations; toutes vOs dénonciations
> font des menfonges, puifque le Roi a
> toutes mes aétions
le
approuvé
> puifque
Roi m'a accordé
> toute fon efime, puifque le Roi m'a
> fes bontés >.
promis toutes
C'EST ainfi que lc defpotifine , fottant entre
rance & la crainte , & renverfânt tous les l'efpémettoit l'autorité
principes,
royale aux prifes avec la
nationale > & compromettant l'une & l'autre puiffance
LÉZCIT également toutes deux.
> LES
C'EST ainfi que des expreffions royales, qui,
depais
toute fon efime, puifque le Roi m'a
> fes bontés >.
promis toutes
C'EST ainfi que lc defpotifine , fottant entre
rance & la crainte , & renverfânt tous les l'efpémettoit l'autorité
principes,
royale aux prifes avec la
nationale > & compromettant l'une & l'autre puiffance
LÉZCIT également toutes deux.
> LES
C'EST ainfi que des expreffions royales, qui,
depais --- Page 115 ---
* VA
ToS )
de la Monarchie > traverfoient les mers 1
l'établiffement
fans altération, pour
la premiere fois peut-être 7
pour
avoient été FIDELEMENT tranfla premiere fois peut-être
au lieu de
d'un autre hémifphere,
mifes aux Habitans fentimens de bienfaifance & d'apne leur pcindre que des
la bénédi@ion de toutes les
peller lalégrelle publique , de tous les cceurs , alProvinces, & la reconnoiflance
protérées dans leur fource parle fouffle miniftériel ,
tout contraires & bien facheux :
duifirent des effets
Intendant, qui fit, à
triomphe infultant du defpotique les villes cette letfon de trompe, PUBLIER dans toutes
infultant de fa
tre fi Aatteufe de fon Roi ; mépris plus
douleur unanime 1
fes nombreux ennemis, >
part pour
infurreétion générale, & préparatifs
défefpoir univerfel,
dont l'exécution alloit
de la fcene la plus TRAGIQUE
n'eut épargné
fuivre, fi la fuite précipitée du coupable
à la Colonie une cataftrophe fanglante.
le Miniftre engageoit le Roi à écrire
AINSI, tandis que
vous
main à in Adminiftrateur, , je
approuve,
de fapropre
aime 5 les Peuples, qui ne fc
je vous eftime, je vous
s'écrioient unanitrompent pas fur leurs perfécuteurs, ,
vous BLAMONS, nous vous MÉPRISONS,
mement. 2 nous
la trompette du pernous vous DÉTESTONS : tandis que
ces mots magnifiques > je
fide proclamoit avec emphafe
fynonyme de
la voix du peuple,
vous récompenferai, murmuroit, JE vOUS PUNIRAI.
la voix de Dieu,
M. de la Luzerne fut COUPABLE d'avoir faifi
AINSI,
faire fecretement dans fon
un moment de trouble pour
importantes
département des di@politions extrèmement
2 nous
la trompette du pernous vous DÉTESTONS : tandis que
ces mots magnifiques > je
fide proclamoit avec emphafe
fynonyme de
la voix du peuple,
vous récompenferai, murmuroit, JE vOUS PUNIRAI.
la voix de Dieu,
M. de la Luzerne fut COUPABLE d'avoir faifi
AINSI,
faire fecretement dans fon
un moment de trouble pour
importantes
département des di@politions extrèmement --- Page 116 ---
AX KEN
- A
(TO6 )
fous les yeux de l'Affemblée Nationale,
SULTER, > & conire le vaeu formel des 9 SANS LA CONDéputés de SaintDomingue 5 il fut plus COUPABLE;
le faifoit, le
de
fentant, comme il
danger ces difpolitions, d'avoir, à quelque prix que ce fat 3 tenté d'en maintenir l'exécution
entiere 5 il fut encore plus COUPABLE
échapper à la refponfabilité
, d'avoir , pour
qui l'attendoit, effayé un
moyen abfolument inufité, qui ne tend rien
mettre l'opinion du Roi en contradiétion moins qu'à
ment des
avec le jugePeuples; enfin en in(pirant au
tracer de fa main royale le
Monarque de
rable
témoignage le plus honoen faveur d'un homme vraiment
bontés, ils s'eft rendu
indigne de fes
la NATION dont il véritablement COUPABLE, & envers
vouloit enchaîner la juftice, & envers la MAJESTÉ fouveraine dont il a
droits.
compromis les
Ces réfexions, MESSIBURS, n'ont
nos Commettans
point échappé à
eux - mêmes. Ce font eux
nous
ont expreffément chargés de vous les
qui
dénoncer à l"Affemblée
tranfmnettre, &c de
timens.
Nationale ces délits & leurs fenVeuillez bien leur prêter un inftant
tion.
d'attenVoyer ci-après les pieces jufificatives du quatorieme
chef.
Xve, CHEF DE DÉNONCIATION.
DISETTE DE FARINES , INSOUCIANCE
CRIMINELIE
DU MINISTRE.
WS'IL eft vrai qu'après la liberté
a Phomme
rien ne foit plus cher
que f confervation, rien auffi ne doit exci-
&c de
timens.
Nationale ces délits & leurs fenVeuillez bien leur prêter un inftant
tion.
d'attenVoyer ci-après les pieces jufificatives du quatorieme
chef.
Xve, CHEF DE DÉNONCIATION.
DISETTE DE FARINES , INSOUCIANCE
CRIMINELIE
DU MINISTRE.
WS'IL eft vrai qu'après la liberté
a Phomme
rien ne foit plus cher
que f confervation, rien auffi ne doit exci- --- Page 117 ---
A -
a VAN
(107 )
vivement fa gratitude, , que les foins qui ont
fer plus
& rien ne doit cncourir plus
pourbut SA SUESISTANCE, >
l'infouciance qu'afjuftement fon animadverfion, que
feéteroient fur ce point important ceux qui gouvernent.
bien même les Adminiftrateurs feroient
Mais quand
de tous ces talens qui fouvent
doués, pour commander :
leurs facultés, qui
leur manquent, il efti impoffible que
s'étendre égaont néceflairement des bornes 2 puiffent
& à tous
lement & à tous les détails du Gouvernement ,
les dédales de la cabale. & de l'intrigue ; 8c lon peut
vérité
les momens confacrés par un Midire avec
que
font autant
niftre au maintien de fon autorité paflagerc,
de larcins qu'il fait à la Patrie.
Nous avons, à cet égard, un reproche BIEN GRAVE
à faire à M. le Comte de la Luzerne.
fans doute que de toutes les por- -
IL n'a jamaisignoré celle
a le plus de droit à
tions d'un vafte Empire,
qui
la certitude de fes fubfiftances, c'eft UNE COLONIE qui
l'aliment de premiere néceffité, ,& qui,
ne produit point
à deux mille lieues de la
fituée au milieu des eaux >
du défefpérir dans les angoilfes
Métropole > pourroit
Poubli coupable, fat-il même involontaire s
poir par
d'un Miniftre négligent.
M. de la Luzerne n'ignoroit pas non plus que les
défaftreufes de l'année 1788 avoient dimiintempéries nué l'abondance des farines, & avoient laiffé fur cette
denrée fi néceffaire des inquiétudes qui devoient naturellement refferrer la quotité des expottations. Daus
ropole > pourroit
Poubli coupable, fat-il même involontaire s
poir par
d'un Miniftre négligent.
M. de la Luzerne n'ignoroit pas non plus que les
défaftreufes de l'année 1788 avoient dimiintempéries nué l'abondance des farines, & avoient laiffé fur cette
denrée fi néceffaire des inquiétudes qui devoient naturellement refferrer la quotité des expottations. Daus --- Page 118 ---
RX KEM
(108 )
cette circonftance, fes regards devoient fe tourner
intérêt vers Saint - Domingue &
avec
France 2 & fices derniers
vers nos ports de
de fournir
ne fe trouvoient pas à même
abondamment aux befoins de la
les champs de
Colonie >
l'Amérique nous préfentoient des
ces dont la PR LOHIBITION
reffournous interdifoit pourtant
Tufage, 7 jufqu'à ce qu'il plut à la
de nous laiffer
puiffance exécutrice
profiter des tréfors de ces guérêts.
CEFENDANT la difetteavoit commencé à fe faire
à Saint-Domingue, & le Miniftre,
fentir
Verfailles àr nous interdire l'entrée uniquement occupé à
des Etats
n'avoit pas encore fongé à donner aucun des, Généraux, ardres
devoient procurer efficacement des fubfiftances
qui
lons.
aux CaM. le Marquis du Chilleau
y pourvut le
une ordonnance
30 mars par
fage qui ouvroit aux navires étrangers
lestroisprincipaux, portsdela
n'étoit pas encore eng
CaleseatdeNtabeltiqu
préta à cette mefure guerre saweteaseleGearemeard fe
, mais elle fut infrucucufc. Les
Armateurs des Etats-Unis ne
de nos loix
pouvant point, au terme
prohibitives, charger en retour leurs bâtimens des denrées de nos Manufa@tures,
peu de numéraire
emportoient le
que nous avions, nous faifoient
un tort irréparable, fe retiroient
ainfi
noient plus, La. difette
mécontens, & ne reveceffité d'un
reparut donc, & avec, elle la némoyen plus efficacc.
Le SEUL qu'il y ett à prendre fut propofé en. plein
Confeil. par M. le Marquis du Chilleau; c'étoit d'our
des denrées de nos Manufa@tures,
peu de numéraire
emportoient le
que nous avions, nous faifoient
un tort irréparable, fe retiroient
ainfi
noient plus, La. difette
mécontens, & ne reveceffité d'un
reparut donc, & avec, elle la némoyen plus efficacc.
Le SEUL qu'il y ett à prendre fut propofé en. plein
Confeil. par M. le Marquis du Chilleau; c'étoit d'our --- Page 119 ---
( 109 )
les dix
d'Amirauté 2 & de permettre à nos
viir
ports des fucres & des cafés en retour de
voifins de charger
ouvertement ; il
leurs farines. L'Intendant s'y oppofa
force la caufe de la prohibition contre LE
plaida avec
Ses difcours publiés par fon ordre
SALUT de la Colonie.
impriméc vont
dans les gazettes, & fa correfpondance condamnation
être mis fous vos yeux. Vous y lirez la
de M: de la Luzerne, que la force de la vérité
FORMELLE
fans qu'il s'en doutât.
arrachoit au fieur dc Marbois ,
de nou-
< Pourquoi i, difoit-il en fubftance > préfenter
facilités à Pintroduétion des farines : Je con-
> velles
mais cette rareté ne peut pas
> viens qu'elles font rares,
contraire
> durer. Elle doit nous faire préfumer au
que
font couvertes de bâtimens bordelois qui
> les mcrs
lon n'en ait point
D cinglent vers nos ports; ; & quoique
l'on puiffe Cn
3) d'avis certain, la meilleure preuve que Miniftre de la
) offrir, c'eft LA VIGILANCE CONNUE du
NOTRE POSITION, il connoît notre
> Marine ; IL SAIT
il a fous les yeux
> détreffe; affis au Confeil d'Etat-,.
dans les mains
les reflources du royaume, &
D toutes
de les diriger vers nous. Peut - on fup-
> les moyens
fans avis 3 fans
nous, laifsât en péril,
> pofer qu'il
dc veiller par nous - mêmes à
D ordres, fans pouvoirs
> nos preflans befoins >?
ainfi, le Miniftre ne fongeoit
Er tandis qu'il parloit
du Parlement de
point à nous 5 il connoiffoit l'arrêt
des
févérement T'exportation
Bordeaux qui proferivoit
ni à Philadelfarines, & il n'écrivoit ni à Bordeaux, )
: il voyoit linquiétude-far
phie, ni à Saint-Domingue
chaque jour en France,&cil
les fubfiftances augmenter
> nos preflans befoins >?
ainfi, le Miniftre ne fongeoit
Er tandis qu'il parloit
du Parlement de
point à nous 5 il connoiffoit l'arrêt
des
févérement T'exportation
Bordeaux qui proferivoit
ni à Philadelfarines, & il n'écrivoit ni à Bordeaux, )
: il voyoit linquiétude-far
phie, ni à Saint-Domingue
chaque jour en France,&cil
les fubfiftances augmenter --- Page 120 ---
- 0 D 6 KaN
S
ZaM
(Hto)
n'en concevoit aucune fur l'état critique ou
il écoutoit avec diftraction les
nous étions;
Députés de la
repréfentations vives des
Colonie , & il fourioit à leur
fance ; il voyoit la difette ou le refferrement impuic.
préparer ici des RÉVOLUTIONS de la
des grains
tance, , & il ne fongeoit
plus haute imporvoit produire fous le
pas que la même caufe poufe rendoit
Tropique les mêmes effets; enfin il
coupable ici de cette haute
fon favori fe faifoit, à
négligence dont
contre le Gouverneur Saint-Domingue, un argument
ver. Le
prévoyant qui vouloit nous faucroiriez-vous,
20 feptembre il
Mzssrzuns,d du 5 juillet au
2 n'eft pas entré UN SEUL navire
France dans les Ports de
de
Saint-Domingue,
Qu'ARRIVA-T-IL: c'eft que M. du Chilleau figna feul
F'ordonnance 2 & qu'à Ce dévouement
ddmcs, nous notre SALUT, lui SA
généreux nous
DISGRACE,
BIENTÔT les Américains entrerent dans
l'abondance fembloit devoir
nos ports;
le prix de la denrée
amener une diminution dans
> lorfque la Colonic vit, à fon
grand étonnement > le fieur de Marbois
CEERTÉ, en achctant
entretenir LA
de farines;
par préférence une grande quantité
c'étoit, difoit-il, pour les troupes.
Jufques-là leur fubfiftance étoit
expédiée de
droiture > & par conféquent n'étoit
France.en
les befoins des
polnt prélevée fur
Colons; mais depuis la rareté
en France, non feulement M. de la
des grains
pourvu à nos befoins
Luzeme n'avoit pas.
, mais il avoit eu la cruauté
nous charger, > dans notre
de
de nos garnifons,
difette 2 de pourvoir à ceux
Nous ignorions ce nouveau défafitre;
fiftance étoit
expédiée de
droiture > & par conféquent n'étoit
France.en
les befoins des
polnt prélevée fur
Colons; mais depuis la rareté
en France, non feulement M. de la
des grains
pourvu à nos befoins
Luzeme n'avoit pas.
, mais il avoit eu la cruauté
nous charger, > dans notre
de
de nos garnifons,
difette 2 de pourvoir à ceux
Nous ignorions ce nouveau défafitre; --- Page 121 ---
-
1 A
IRAS
X
(III )
il contribua à foutenir le haut prix des
non feulement
des
farines , mais il ouvrit la porte au plus dangereux
fous prétexte d'acheter) pour la troupe,
abus. L'Intendant,
le compte du GouD'ACCAPARER pour
fut foupçonné
fe changea prefque en certitude s
vernement. Ce foupçon
moment de déon vit affiché, dans un nouveau
quand
vendroit pour 120 livres,
trefle, que le Gouvernement fe
à 80 francs en
en détail, ce qu'on avoit pu procurer TAXÉ fe
Le fouvenir du bifcuit GÂTÉ &c
retraça
gros.
dans toutes les têtes. On obferva que. le
douloureufement avoit chez fon beau-pere 2 à Philadelfieur de Marbois
qu'il avoit propofé de
phie, des MAGASINS DE FARINES & de cette maffe de remartran(porter dans la Colonie ;
d'un aliment néfur un monopole dont la rareté
ques accréditoit le bruit > & dont la négligence du
ceffaire
que M. de
Miniftre avoit été la premiere caufc 2 ilréfulta
fut trouvé COUPABLE de n'avoir pas farveillé
la Luzerne
la fubfiftance d'une Colonie
un objet auffi important confiée que à fes foins;plus COUPAimmenfe, fpécialement F'Adminiftrateur généreux qu?
BLE d'avoir févi contre
enfin
fi à propos le rémede au mal ;
plus
avoit appliqué de n'avoir pas prévenu en temps utile
COUPABLE encore
, de l'état de pénufes coopérateurs à Saint-Domingue. de n'avoir pas même
rie oil fe trouvoit le royaune 2
oi la difette
approvifionné les troupes dans le moment
fe faifoit reffentir à tous les Habitans 2 & d'avoir autode la
de PIntendant 2 des accaparifé ou toléré,
part
odieux dans la difette,
remens inutiles dans l'abondance >
deviennent tôt
& qui, dans des circonftances critiques 2 les plus danfàcheux des infurreétions
ou tardleprétexte
gereufes.
le royaune 2
oi la difette
approvifionné les troupes dans le moment
fe faifoit reffentir à tous les Habitans 2 & d'avoir autode la
de PIntendant 2 des accaparifé ou toléré,
part
odieux dans la difette,
remens inutiles dans l'abondance >
deviennent tôt
& qui, dans des circonftances critiques 2 les plus danfàcheux des infurreétions
ou tardleprétexte
gereufes. --- Page 122 ---
AX S KEN 2A2 es -
(112F)
Cg que je viens, MESSIEURS, d'avoir Phonneur de
vous expofer, n'eft point un récit, ce font les plaintes
de nos Commettans, dont nous ne fommes que les OIganes.
Voyez ciaprès les pieces jufificatives du quingieme chef.
XVI CHEF DEDÉNONCIATION
TRAIT D'INNUNANITÉ ENVERS DES CITOYENS
NATURALISÉS ET LABORIEUX.
A ce trait d'infouciance coupable que viens de
expofer,
je
vous
MESSIEURS, nous fommes forcés
trait de vigilance bien
d'oppofer un
rigoureux,que la clameur
vous dénonce,
publique
> & dont elle partage les torts entre le
Miniftre qui a donné l'ordre, & l'Intendant qui l'a
voqué.
proEN 1764, peu après cette pzix déplorable qui cédoit
à nos heureux rivaux nos établiffemens dans
le Gouvernement touché dei l'attachement P'ACADIE,
familles Acadiennes avoient
que quelques
de la
témoigné pour les intérêts
France, & voulant leur offrir, contre les
tions de leurs
perfécuconquérans, un afile agréable
eux
& utile pour nous, les
pour ,
tranfporta au nombre de 4000 à
Saint-Domingue, & les dépofa dans les plaines du MBLE
SAINT-NICOLAS, pofte trés-important
fa
& fufceptible d'un grand intérêt
par polition >
par la beauté de fon
port.
CES braves gens, pourlaplupart d'origine Allemande,
endurcis
contre les
tions de leurs
perfécuconquérans, un afile agréable
eux
& utile pour nous, les
pour ,
tranfporta au nombre de 4000 à
Saint-Domingue, & les dépofa dans les plaines du MBLE
SAINT-NICOLAS, pofte trés-important
fa
& fufceptible d'un grand intérêt
par polition >
par la beauté de fon
port.
CES braves gens, pourlaplupart d'origine Allemande,
endurcis --- Page 123 ---
a A
4 -
a X - W -
(n3)
s'étoient flattés de
endurcis aux fatigues de la culture, 3
défricher aifément le fol de Saint-Doningue, que lon
comme le plus fertile de tous
peut regarder en général
des bornes à notie
les pays; mais la nature qui a pofé
& qui n'a pas permis que LES BLANCS
puiffance travailler >
de lcurs mains fousle vingtieme degré
puffent
à
fuccomber ces Colons labode latitude, a vu peu peu
triftes reites
rieux, & les a réduits à cinquante familles,
hommes y furent débarqués il y a vingtde ces 4000
qui
cinq ans.
fans doute, n'eft plusintéreflant que lè fort de
RIEN,
après avoir échappé aux horreurs de
ces infortunés qui,
la
& au fer ennemi, fe font éteints encore en vouguerre
lant nous être utiles.
Le Roi, dans fa juftice, paye une foible folde à ces
malheureux, & tout l'agrément de leur vie confiftoit
de
carreaux de terre, c'cft-àdans la jouiflance quinze
dans les environs du
dire de trente-fix arpens plat pays,
Môle Saint-Nicolas.
TRANQUILLES & heureux, ils cultivoient ce petit terlorfque le
FISCAL du ficur de Marbois a cru
rein,
génie
à les fpolier de ce coin de
apercevoir un léger bénéfice
terre qui devoit ètre un jour leur tombeau. En conféfans confidération pour leurs anciens fcrvices, 2
quence, ni
, leur dévouement, ni pour leurs maiheurs:
pour
d'abandonner cette habitation
ORDRE à ces infortunés
& de la céder à des
quileur devoit culture & fécondité,
Fermiers, CRÉATURES du fieur de Marbois,qui prometH
de ce coin de
apercevoir un léger bénéfice
terre qui devoit ètre un jour leur tombeau. En conféfans confidération pour leurs anciens fcrvices, 2
quence, ni
, leur dévouement, ni pour leurs maiheurs:
pour
d'abandonner cette habitation
ORDRE à ces infortunés
& de la céder à des
quileur devoit culture & fécondité,
Fermiers, CRÉATURES du fieur de Marbois,qui prometH --- Page 124 ---
- a
PR
S D FM
(14)
; Ceit
rendre 1400 livres au goavetaemeat;
toient d'en
le malheur d'une peuplade
vendre bien bon marché
entiere.
dans la
Chilleau faifant fa tournée
M. du
habitans.
EN 1789, eft entouré de ces intéreflans maux, lui
partie du nord,
lui content leurs
tombent à fes pieds,
Gouverneur, touIls
leurs défirs; & le fenfible de leurs demandes,
expriment leurs cris & de la modération ni les intentions
ché de
fes pouvoirs >
facrifice
ne croit pas outrepafler leur bonheur par le léger
du
du Roi, en payant de 1400 livres; ; la jouiflance familles béd'un modique fermage eft rendue, & cinquante
celui
petit terrein leur
avec le nom du Souverain,
niffent tous les jours, nomment leur pere.
d'un Général qu'ils
d'un remords, ne
Marbois, incapable Miniftre, fon ami s
L'INTENDANT
il dénonce au
dà imiter
Teft pas d'une perfidie; & de juftice qu'il auroit
qui ne
cet aéte 4humanité dénonce, &c M. de la Luzeme,
à l'avenir 5 ille à fon ancien Précepteur, 2 donation IMPROUVE cft
fauroit rien refufer de M. du Chilleau, 9 & la
Pordre
la bienfafance le Comte de Peynier emporte
annullée, & M.
cesinfortunés Germains,
une fecondefois
longs malheurs ne
denéroonsrn anciens fervices & leurs
qui les
leurs
itérative,
que
foufraire à une fpoliation
peuvent à la fituation la plus éritiqueréduit
le Miniftre,
de M. VTntendant 2 tranfinis par Gouvemneur; &
L'ORDRE EXÉCUTÉ par le nouveau donné ce nouvient d'ètre
glorieux d'avoir
-le fieur de Marbois,
fortunés Germains,
une fecondefois
longs malheurs ne
denéroonsrn anciens fervices & leurs
qui les
leurs
itérative,
que
foufraire à une fpoliation
peuvent à la fituation la plus éritiqueréduit
le Miniftre,
de M. VTntendant 2 tranfinis par Gouvemneur; &
L'ORDRE EXÉCUTÉ par le nouveau donné ce nouvient d'ètre
glorieux d'avoir
-le fieur de Marbois, --- Page 125 ---
a
a
3S A
(ns)
déboire à fon ancicn collegue, prouve, par fa
conduite, veau
qu'il cSt difpofé à répéter fouvent de pareils
aétes, puifqu'ils lui valent, graces à M.de la Luzerne,
t'approberion de Sa Majefé, fon eflime & fes bontis,
écrites de fa main.
C'EST ainfi, MESSIEURS, qu'à bien peu de frais
M. de la Luzerne fe rend COUPAELE, aux yeux de la
colonic, d'un petit aEte tyrannique qui annonce un
cceur Aétri, infenfible aux befoins du peuple, & qu'il
partage avec fon déplorable Intendant une animadverfon qui cnleve au pouvoir exécutif toute fon inAuence
& tout fon éclat.
CB trait, entre mille autres, nous a été tranfmis par
nos Commettans.
Voyer ci-après les piecesjufifeatives du feizieme chefs
XVII CHEF DE DÉNONCIATION.
RÉUNIONS TYRANNIQVES AU DOMAINE DU Roi, EP.
CONCESSIONS FRAUDUIEUSES.
LORSQUE Thomme, le plus impérieux fans contre--
dit de tous les êtres, après avoir foumis tous les animaux à fa puiflance, voulut auffi maîtrifer le plus
féroce d'entre eux, le tigre de PAfie, jamais il ne put
parvenir à dompter cet animal fuperbe, qu'en s'attachant à le tourmenter fans ceffe, & le harcelant jour &a
nuit de toutes parts. Ce raffinement de cruauté, qui ne
fait pas l'éloge de l'inyenteur, valut à notre ESPECK
H2
êtres, après avoir foumis tous les animaux à fa puiflance, voulut auffi maîtrifer le plus
féroce d'entre eux, le tigre de PAfie, jamais il ne put
parvenir à dompter cet animal fuperbe, qu'en s'attachant à le tourmenter fans ceffe, & le harcelant jour &a
nuit de toutes parts. Ce raffinement de cruauté, qui ne
fait pas l'éloge de l'inyenteur, valut à notre ESPECK
H2 --- Page 126 ---
AOX
EaN 79 - L
(116)
une trifte viétoire dont elle ne peut guere s'enorgueillir. -
Eh bien 2 voilà l'exemple qu'à choifi le
defpotifme. La tâche étoit difficile fans
il
doute; ne
s'agiffoit de rien moins que de dominer toutes les facultés d'une multitude d'individus à chacun defquels
le befoin inné de la liberté infpiroit le défir d'en
conferver à tout prix la jouiffance imprefcriptible.
Les difficultés ne rebuterent point les defpotes. Ils
s'acharnerent fur leurs viétimes, ils les captiverent
& à force de les contrarier, de les
les défoler fous mille formes, ils
tourmenter, de
parvinrent à affaiffer
leurs femblables fous le poids d'un joug honteux dont
l'Affemblée nationale aura la gloire un jour d'avoir
affranchi toute l'Europe.
LEs points de notre être fur lefquels ces defpotes
cruels dirigerent de préférence leurs traits déchirans,
furent toujours les objets qui nous étoient les
chers 2
plus
:
LIBERTÉ, SANTÉ, EXISTENCE, PROPRIÉTÉ, En effet,
lhomme cefle d'être quand on lui enleve ces biens
précicux. Cette marche cruelle, raifonnée par la
rannie, fut donc adoptée par tous les tyrans, & c'eft tyfans doute avec horreur, mais fans furprife
> que vous
avez vu dans le cours de ce Mémoire les infortunés
Colons de Saint-Domingue viétimes du plus outrageant
defpotifime, privés, fans motifs, fans jugement, de
leur liberté individuelle, forcés par la cupidité de faire
ufage d'alimens dangereux, être encore contraints de
tifquer fans ceffe leur exiftence dans des routes pénibles qui en ont vu périr un grand nombre. Ainfi,
le Miniftre & FIntendant, qui s'étoient fait un jeu
> que vous
avez vu dans le cours de ce Mémoire les infortunés
Colons de Saint-Domingue viétimes du plus outrageant
defpotifime, privés, fans motifs, fans jugement, de
leur liberté individuelle, forcés par la cupidité de faire
ufage d'alimens dangereux, être encore contraints de
tifquer fans ceffe leur exiftence dans des routes pénibles qui en ont vu périr un grand nombre. Ainfi,
le Miniftre & FIntendant, qui s'étoient fait un jeu --- Page 127 ---
(117)
la liberté ,. la fanté, la vie
cruel de compromettre
à faire
même des citoyens, 2 n'avoient plus qu'un pas
achever lc tableau,. & mériter d'être comparés
pour
cruels que.les TIGRES qu'ils
à CCS barbares qui, plus
réufliffent à les dompter.
apprivoifent,
territoriales, aux impôts arbitraires,
Nos propriétés
fembloient avoir échappé aux
aux concuffions près,
MESSIEURS, comment nos
tyrans. Vous allez voir,
à nous en ravir le
Adminiftrateurs font parvenus
fonds.
les propriétaires, les fouQUAND les çonquérans,
CC
verains valeureux de Saint - Domingue attacherent
riche Aeuron à la couronne de France, ils laifferent
nationale le foin de mettre en ceuvre ce
à V'induftrie
diamant précieux,
XIV n'eut pas plutot reçu le don de ce
Louis
d'en divifer les terres
fecond Royaume > qu'ild'emprelfa cultivateurs patriotes qui
& de les partager entre des
infuences d'un climat
ofaffent les défricher, braver les
loinbien dangereux, & féconder ces contrées
alors
conceflions auroient trompé le vaeu du
taines. Ces
n'avoient furveillé lexécuPrince, fi des loix fages
tion de fes intentions politiques.
fi
à P'Etat,
QuOIQUE ces aliénations, 2 profitables
fait
avec celles dont on a
n'euffent aucune analogie
celles-ci fuffent
tant d'abus dans le continent, quoique fubftance du
faerifice arraché par la faveur à la
un
H 3
flions auroient trompé le vaeu du
taines. Ces
n'avoient furveillé lexécuPrince, fi des loix fages
tion de fes intentions politiques.
fi
à P'Etat,
QuOIQUE ces aliénations, 2 profitables
fait
avec celles dont on a
n'euffent aucune analogie
celles-ci fuffent
tant d'abus dans le continent, quoique fubftance du
faerifice arraché par la faveur à la
un
H 3 --- Page 128 ---
R7ON KaxN
A3
(118) )
Peuple, tandis que celles-là étoient une femence de
profpérité pour la Mere-Patrie; cependant le Gouvernement crut devoir impofer aux Conceffionnaires
des obligations raifonnables. La CONTENANCE de chaque
concellion fut limitée; l'obligation de CULTIVER fut
impofée; la difenfe de VENDRE avant d'avoir commencé un établillement, fut intimée à la cupidité qui
n'auroit vu dans la ceflion multipliée de ces terres
qu'un aliment à l'agiotage, fans aucun profit
la
Métropole. Ainfi, fous peine de réunion au domaine pour
du Roi,il falloit, dans le' cours de la premiere
née, avoir opéré des DÉFRICHEMENS,
an-,
d'une récolte prochaine. C'eft à ces loix, avant-coureurs diétées
la plus fage politiqie, que
Par
accroiffemens
Saint-Domingue dut des
rapides, & c'eft à leur obfervation
modifiée par la prudence, que l'on peut attribuer le ,
degré de fplendeur qui lui donne
d'importance dans la balance du aujourd'hui tant
péan.
commerce EuroCHAQUE terre cultivée étant extrémement
chaque propriétaire d'une
féconde, 2
craindre alors de s'en voir CONCESSION nouvelle devoit
privé, fi fa
tendoit fans travail lc térme fatal ot des négligence atplus actifs lui feroient fubftitués.
propriétaires
MAIS depuis plufieurs années, depuis environ
aus, les chofes ont bien changé de face dans quinze
cieufes provinces. L'INDIGO,
ces préculture facile
plante votace & d'une
2 à laquelle lcs premiers
avoient confié d'abord le foin d'abforber les planteurs fcls
trop
voit
privé, fi fa
tendoit fans travail lc térme fatal ot des négligence atplus actifs lui feroient fubftitués.
propriétaires
MAIS depuis plufieurs années, depuis environ
aus, les chofes ont bien changé de face dans quinze
cieufes provinces. L'INDIGO,
ces préculture facile
plante votace & d'une
2 à laquelle lcs premiers
avoient confié d'abord le foin d'abforber les planteurs fcls
trop --- Page 129 ---
a 1
R
(19)
fubftancicls dont ce riche fol étoit pénétré, avoit préles terres à la végétation dc CC rofeau balfamique
paré
donne le SUCRE. Déjà toutes les plaines couqui nous
fembloient avoir rempli lcs intenvertes de CANNES
fermé tout accès aux
tions du Légilateur, & avoir
fpéculations de Pinduftric.
MAIS linduftrie ne fc rebute pas aifément. Après
fes regards fur ces plaines couronnées
avoir promené
fatisfaction fon ouvrage,
de fucre, & contemplé avec
élevées dont des
eile leva.les yeux fur ces montagnes
la cime,
bois épais ou des lianes rampantes couvrent
chercha la culture qui pouvoit convenir à ce
Elle
bientôt les forêts antiques & le cacao peu
local, &
arbriffeau
céderent la place à cet
précieux
produélif
qui nous donne le CAFÉ.
L'USAGE de ce fruit, auffi agréable que falutaire,
les établiffemens de CC genreétant devenu univerfel,
de
fuccès & à fe
ne tarderent pas à obtenir
grands moins élevées
multiplier rapidement. Les parties les
incultes fc métamorphoferent en
de ces MORNES jadis
& une
peu de temps en, vergers d'un grand rapport,
nouvelle branche de commerce. fut ainfi préfentée par
les Colons à V'induftrie de la Métropole.
à en recucillir les avanTANDIS qu'elle s'appliquoit
fàcheufe vint contrebalancer
tages, une découverte
l'indigo,
fuccès. On
que le café > comme
nos
s'apperçut
prodigicufement la terre, & qu'après quelques
épuifoit elle avoit befoin d'un très-long repos pour
récoltes,
être en état de reproduire le même plant.
H 4
les Colons à V'induftrie de la Métropole.
à en recucillir les avanTANDIS qu'elle s'appliquoit
fàcheufe vint contrebalancer
tages, une découverte
l'indigo,
fuccès. On
que le café > comme
nos
s'apperçut
prodigicufement la terre, & qu'après quelques
épuifoit elle avoit befoin d'un très-long repos pour
récoltes,
être en état de reproduire le même plant.
H 4 --- Page 130 ---
- -
a R2
A 7
(120) )
CETTE obfervation fut bientôt fuivie d'une
demandes en conceffions. Sans s'arrêter
foule'de
aux COSTIERES
douces, on fc promit de défticher les
PICS les
efcarpés, & on s'en fit adjuger la
plus
propriété par le
Gouvernement, qui ne vit dans cette facilité
augmentation de culture &
qu'une
Ce fut ainfi
la
par conféquent de richeffes.
que prefque totalité des terres fe trouva
partagée entre les Colons, à la
le paffé, d'y former des
charge, comme par
établiffemens,
que les forces des Planteurs,
Heureufement
fe trouverent
que leurs moyens aratoires
au deffous de leur zele. S'ils euffent
défricher tout ce qui leur avoit été
pa
feroit tombé fans
concédé, le café
doute à un prix très-bas,
pas dédommagé des frais de
quin'auroit
douze
culture, & dans dix od
ans l'Europe & P'Amérique auroient été foudainement privées d'une boifon devenue
befoin. Il auroit fallu attendre
prefque un
être pour fe procurer de
un demi-fiecle peutnouveau les
merciaux de cette graine, & cet
avantages comété le dernier.
inconvénient n'edt pas
QUAND on connoit nos Colonies,
couru cet autre
quand on a paroi l'on
Univers, on fait que dans ces
trouve beaucoup de toIrens &
de pays
vieres, oi l'on rencontre des bois
très-peu rifeul canal de
immenfcs & pas un
navigation, la feule maniere
cher eft d'appliquer le feu à la
de déftianciennes
deftruétion de forêts
coime le monde.
Ox fait aufli que dans ces climats
ne feroit
brdlans, la vie
pas fupportable, fi l'air n'étoit quelquefois
'on
Univers, on fait que dans ces
trouve beaucoup de toIrens &
de pays
vieres, oi l'on rencontre des bois
très-peu rifeul canal de
immenfcs & pas un
navigation, la feule maniere
cher eft d'appliquer le feu à la
de déftianciennes
deftruétion de forêts
coime le monde.
Ox fait aufli que dans ces climats
ne feroit
brdlans, la vie
pas fupportable, fi l'air n'étoit quelquefois --- Page 131 ---
NAS 4
- a
(1s1)
bienfaifantes. Or, détruirc les
rafraichi par dcs pluies
la Nature a fi fagement
forêts, CCS conduéteurs que
foufétablis entre les nuages & nous, ce feroit nous
S nous priver à jamais de ces
traire à fa bienfaifance,
doit
rofées céleftes auxquelles fcules une terre calcinée
fa prodigieufe fécondité.
connoiffances néceffaires, MESSIEURS, pour
DE ces
eft foumis, il réfulte qu'un Mijuger le cas qui yous
des
&
niftre qui, fans confidérer la différence
époques
le temps apporte à toutes les
les changemens que
fervilcfc référer
inftitutions humaines 2 prétendroit
obferver
ment aux loix du fiecle dernier, &c les faire
feroit un très-mauvais politique, qui
avec rigueur, très-mal fa Nation, &c la Province particuferviroit
lierement confiée à fes foins.
feroit moins excufable dans un NACETTE erreur
CHIMISTE confommé,
TURALISTE profond, dans un
les détails phyfiques que j'ai eu Phonneur
pour qui
font des élémens familiers.
de vous offrir,
ELLE feroit, j'ofe le dire > impardonnable, fi ce
Miniftre & fcs fous-ordres avoient devant les yeux des
Pexpérience de leurs prédéceffeurs fe feexemples que
roit plu à leur préfenter.
OR M. le Comte de la Luzerne fc trouve dans
moins
de tous. Il étoit fur les lieux;
ce cas.le
graciable
il connoiffoit lc fol oll
il pafToit fa vie à herborifer;
devoit le connoître ; il pouroit ou devoit confulter. les
Miniftre & fcs fous-ordres avoient devant les yeux des
Pexpérience de leurs prédéceffeurs fe feexemples que
roit plu à leur préfenter.
OR M. le Comte de la Luzerne fc trouve dans
moins
de tous. Il étoit fur les lieux;
ce cas.le
graciable
il connoiffoit lc fol oll
il pafToit fa vie à herborifer;
devoit le connoître ; il pouroit ou devoit confulter. les --- Page 132 ---
SZR Ka
a
122 )
Habitans, Tous les Journaux de la Colonie lui
appris à chaque
auroient
l'avoient
page que tous les Adminiftrateurs qui
précédé avoient fenti que
RUINER les propriétaires aétuels
2 pour ne pas'
des
pour ne pas rendre cette fource de cafcteries; que,
dans la main des
richeffes NULLE
cafionner bientôt commetgans; à PUnivers que, pour ne pas OCqu'une abondance
une PRIVATION abfolue
fenfible;
momentanée rendroit encore plus
démarche, que pour ne pas expofer 7 par une fauffe
le fort de toutes les fucreries & l'exiftence
mêmc des Habitans, en rifquant de
ment le climat par la deftruéion fubite changer totaledes forêts, il falloit déformais
& univerfelle
modération de la loi fur les ufer avec une extrême
bénir l'heureufe
RÉUNIONS; qu'il falloit
impoflibilité ou fe trouvoient
Colons d'étendre dans ce
plufieurs
moment une culture
au delà des befoins de la confommation; précieufe,
économifer pour la
; qu'il falloit
toit à
poftérité le peu de terre qui refdéfricher ; qu'il ne falloit pas incendier en un
jour tous ces BOIS DEBOUTS, dont la rarcté
fans ceffe, & dont la confervation
augmente
falubrité du
importe tant à la
climat; qu'il falloit enfin ne pas braver
F'expérience, & qu'il étoit fage d'imiter des
teurs qui, déterminés par les motifs qui viennent Adminiftradéveloppés, n'avoient
d'être
pas depuis dix ans prononcé vingt
réunions par chaque année.
TOUTES ces confidérations importantes n'avoient
point frappé M. de la Luzerne pendant fon
nement, & lui échapperent encore pendant gouver- fon minifterc. Mais n'allez pas croire, MESSIEURS,
que je
braver
F'expérience, & qu'il étoit fage d'imiter des
teurs qui, déterminés par les motifs qui viennent Adminiftradéveloppés, n'avoient
d'être
pas depuis dix ans prononcé vingt
réunions par chaque année.
TOUTES ces confidérations importantes n'avoient
point frappé M. de la Luzerne pendant fon
nement, & lui échapperent encore pendant gouver- fon minifterc. Mais n'allez pas croire, MESSIEURS,
que je --- Page 133 ---
- a
à
(3)
& nc préfumez pas que je
lui en fafle un crime,
qui préceden' 9
veuille affoiblir lcs dénonciations graves
bien
de n'avoir pas
en inculpant un Adminiftrateur
nombre de fes
vu, & en plaçant fon incapacité au
délits.
MESSIEURS, après vous avoir feulement deNoN,
immodéré des RÉUNIONS ne
montré que le fyftéme confommer publiquement le
tendoit à rien moins qu'à
montrer une
malheur de la Colonie, je vais vous
exercés
véritable dans les aêtes tyranniques
CONCUSSION
M. de la LuM. de Marbois, & fancionnés par
par
zerne.
fi les propriétés ont été arIL y a eu TYRANNIE,
5 il y a eu CONrachées aux Citoyens avec injuftice fous-ordres ont trouvé
CUSSION 2 fi les tyrans ou leurs
perfonnels,
ou des avantages
dans ces larcins publics,
le
funefte
ou le plaifir de la vengeance, ou moyen
&c
d'énerver la liberté & de perpétuer le defpotifine > des
fi je prouve ces affertions , ce ne fera pas m'écarter
de modération que je me fuis prefcrites, que
regles
d'appeler cela des DÉLITS.
pluficurs années il n'y
Vous avez vu que depuis
de RÉUNIONS à Saint-Domingue.
avoit prefque plus
à FIntendance de ce
Le fieur de Marbois eft nommé
forme le projet d'en bouleverfer
malheureux pays,
toutes les loix, d'en
tous les ufages, d'en changer
à ce
modifier à fa guife la conftitution. Pour parvenir haubut, quel moyen de fuccès Commander avec
EASO
d'appeler cela des DÉLITS.
pluficurs années il n'y
Vous avez vu que depuis
de RÉUNIONS à Saint-Domingue.
avoit prefque plus
à FIntendance de ce
Le fieur de Marbois eft nommé
forme le projet d'en bouleverfer
malheureux pays,
toutes les loix, d'en
tous les ufages, d'en changer
à ce
modifier à fa guife la conftitution. Pour parvenir haubut, quel moyen de fuccès Commander avec
EASO --- Page 134 ---
R/O URE
(124)
teur ne fuffit pas; il faut fe faire des
faut donc devenir riche & donner
créatures, il
ne peut devenir riche en
beaucoup. Mais on
de donner, fans
peu de temps &c être à même
foin de
prendre. Ir PRIT donc, mais il eut
couvrir fes exaétions odieufes du voile
table de la loi.
refpecDÉJA, de concert avec M. de la
il
RÉUNI les Confeils
Luzerne, avoit
les abus ; déjà il avoit Souverains 2 & vous en avez vu
RÉUNI toutes les
vous en avez déploré les fâcheux
caiffes, &
plus qu'à R1 LÉUNIR
effets;il ne lui reftoit
au domaine les propriétés les
facrées, & vous allez voir, & tous les
plus
coulerent de cette fatale
maux qui déelle avoit été
opération, & à quel deffein
concertéc.
M. l'Intendant fe fit informer
les terres qui n'étoient
exaêtement de toutes
fes Commis, fes
point établies; & un beau jouz
Secrétaires, & autres gens AFFIDÉS
préfenterent à M. lIntendant
de
requête en réunion de
pluficurs ces terreins. Ces
appointées fans la
requêtes ne peuvent être
permiflion du Gouverneur.
formalité ne pouvoit être un obftacle
Cette
M. de la Luzerne donna les
entre AMIS ;
RÉUNIONS furént
PERMISSIONS, & les
prononcées. Voila donc des proprictaires.indigens, de pauvres peres de famille, des
des orphelins dépouillés; mais
veuves, s
voilà le domaine du Roi
auffi, me dira-t-on >
prictés?
enrichi de toutes ces proQuelles richeffes, MESSIEURSI Des
incultes, & qui, fuivant la Loi, doivent être proptiétés
à un nouveau maftre fans
concédécs
fentez
aucune rétribution. Vous
que l'enrichiffement de l'Etat ne pouvoit être --- Page 135 ---
-
- N
- -
A
(15)
du fieur de Marbois, car jufques-la
le but de l'agiotage
avoit
du mal de fait & de profit pour
il n'y
que
perfonne. IL faut. vous dire que les ordonnances & l'ufage accordent aux pourfuivans en réunion la préférence pour
la nouvelle conceflion des terres réunies. Or les pourfuivans étoient les créanciers des Adminifrateurs; donc
les créatures des Adminiftrateurs furent très-légalede ces terreirs enlevés & réunis. ment gratifiées
NANTIS de ces terres incultes, il falloit, au terme
de la Loi, les établir dans Pannée, & ne pas les
vendre
Pétabliffement ne fit fait. Sur ces deux
que
interpréterent
points embarraffans , les Adminiftrateurs
la Loi, & permirent, en premier lieu, de NE PAS
ÉTABLIR les terreins; en fecond licu, DE LES VENDRE
fans être établis. Os fent déjà toute Putilité de ce nouveau commerce,
n'offroit aucun rifque & préfentoit des BÉNÉFICES
qui certains.
établir dans Pannée, & ne pas les
vendre
Pétabliffement ne fit fait. Sur ces deux
que
interpréterent
points embarraffans , les Adminiftrateurs
la Loi, & permirent, en premier lieu, de NE PAS
ÉTABLIR les terreins; en fecond licu, DE LES VENDRE
fans être établis. Os fent déjà toute Putilité de ce nouveau commerce,
n'offroit aucun rifque & préfentoit des BÉNÉFICES
qui certains. De fi heureux commencemens encouragerent
tous les fubalternes & bien d'autres à fe
puiffamment
des Courtifans de M. le Gouverneur
mettre au nombre
accablés de de-
& de M. PIntendant. Bientôt ils furent
bientôt les gazettes & affiches de la Colonic
mandes;
nombreufes annonces. La cufurent fcuillées de CCS
pidité une fois éveillée ne s'cndort pas facilement. demandoit
cultiver, enfuite on deD'abord on
pour
avoit
manda pour vendre. Un mortel heureux qui
obtenu
conceflions, en vendoit trois pour établir
quatre
--- Page 136 ---
- a a RRE
(136)
la quatrieme, & la fpoliation de
quatre Citoyens
compofoit la fortune d'un favori des Adminiftrateurs,
LA reconnoilfance de ces nouveaux concelfionnaires
étouffa peadant quelque temps les cris des propriétaires
anciens. Egorgés par le couteau facré de la Loi, leurs
plaintes juftes ne pouvoient en impofer aux FIDELES
interpretes des Lois, à Meffieurs de la Luzerne & de
Marbois; mais le fieur de la Mardelle, enivré de leurs
fuccès, ne fut pas fe tenir dans de juftes bornes, &
voulant CONFISQUER, non pas feulement les terres non
établies, mais même celles qui
la
l'étoient, ce qui, à
vérité, préfentoit à fa cupidité un attrait bien plus
propre à remuer fon ame; ce
coupable magiftrat ne
rougit pas de faire revivre une loi barbare,
torifer ce nouveau crime, &
> pour auprofitant de l'afcendant
que lui donnoit fa place fur les dépofitaires des Loix,
far le Confeil fouverain qui devoit en être
l'organe, mais
qui n'avoit pas le droit d'en créer une feule, il fit
paffer dans le Confeil pour toute Ia Colonic
en
AXIOME judiciaire > cette horrible fnaxime :
CONCESSION SUR CONCESSION NE YAUT. CETTE loi infernale lui donnoit toute la Colonie,
En eifet, en vain un Habitant avoit-il
obtenu, il
a cent ans, une conceflion : en vain avoit-il
y
toutes les formalités
rempli
prefcrites : en vain avoit-il
pelé fes voifins à fon
apabornément : en vain avoit-il verfé
des fonds immenfes fur ceite
propriété : cn vain avoitil élevé des bâtimens
confidérables : en vain avoit-il
contraété une alliance aralogue à fes
vain avoit-il marié fes enfans
poffeffions : en
& difpofé leurs par-
en vain avoit-il
y
toutes les formalités
rempli
prefcrites : en vain avoit-il
pelé fes voifins à fon
apabornément : en vain avoit-il verfé
des fonds immenfes fur ceite
propriété : cn vain avoitil élevé des bâtimens
confidérables : en vain avoit-il
contraété une alliance aralogue à fes
vain avoit-il marié fes enfans
poffeffions : en
& difpofé leurs par- --- Page 137 ---
127 )
fc
& difoit : ( II
tages; .
un inconnu préfentoit,
titre a
D y a cent ans que vous jouiffez, mais mon
&
ne foit comu de perfonne >
D cent un ans , quoiqu'il
les, formalités d'ufage, quoique
> quoiquej'aie négligé
vous
> je n'aie fait aucune réclamation > quoique bien
de bonne foi, vous voudrez
D foyez poffeffeur
tiennent au fol, vos
> me céder Vos bâtimens qui
tiennent
tiennent au fol, vos cafés qui
9) cannes qui
& de vos
> au fol, cnfin le fruit de vos peines
de vos fueurs & de vos travaux, parce que
> foins,
fur conceffion ne
D la nouvelle loi dit que conceffion
&
votre conceffion fut abulive, puifque
>) vaut, que
l'on fent bien que
> la mienne exiltoit . e - e > Et
cette
douteufe poucette exiftence, 2 que
propriété
une date F A LSIFIÉE, ou à un titre
voit nc tenir qu'à
reffources de chicane qui
FABRIQUÉ, ol à des
faifoient triompher la fraude au nom
perpétuellement
de la loi.
Sectétaire intime de MI. de MarC'EST ainfi qu'un
avidité
une aétivité fans excmple & une
bois, par
à réunir dans fes mains SEIZE
inextinguible, parvint
récompenfe de plus
CONCESSIONS à la fois, digne
dont lui feul avoit été l'infatigable
de cent fpoliations
agent.
avoit élevé un cri
CET oubli de toute pudeur
Plafieurs
aniverfel d'indignation dans toute la Colonie.
fe trouvoient des
Habitans 2 à la convenance defquels
favéritablement
voyant avec quelle
biens
négligés,
cilité les RÉUNIONS fe prononçoient > & craiguant
NL 2 AST 1.
la fois, digne
dont lui feul avoit été l'infatigable
de cent fpoliations
agent.
avoit élevé un cri
CET oubli de toute pudeur
Plafieurs
aniverfel d'indignation dans toute la Colonie.
fe trouvoient des
Habitans 2 à la convenance defquels
favéritablement
voyant avec quelle
biens
négligés,
cilité les RÉUNIONS fe prononçoient > & craiguant
NL 2 AST 1. --- Page 138 ---
2 0 Ka
V A
NPA
(128) )
d'être prévenus par les furets de l'Intendant,
en leur nom perfonnel des demandes
formerent
ces terreins incultes. De
en réunion de
crainte d'être
on devenoit (poliateur.
dépouillé 9
Jufques-la les
avoient aufli toujours obtenu la conceffion pourfuivans
ainfi ces Habitans n'eurent
nouvelle $
du
pas la moindre inquiétude
fuccès, & crurent qu'il fuffifoit de
être fàr de l'inveftiture défiréc,
pourfuivre pour
Ils firent donc & les
pourfuites & les. frais affez confidérables
relatifs, Les
qui y font
jugemens furent favorables & les
furent prononcées. Mais quand ils fe
réunions
recueillir le fruit de leur découverte préfenterent pour
marches, ils
& de leurs déapptirent avec autant de
douleur que quelque favori des
furprife que de
obtenu, fans peines ni
Adminiftrateurs avoit
voitife.
foins, les objets de leur conUN de ces Citoyens éconduits, le fieur
DE LA GAUTRATE, habitant
ROUSSEAU
vaillon, partic du
depuis vingt ans à Cafud, pere d'une nombreufe
avoit
famille,
fongé, pour. l'établir, à profiter des circonftances
favorables. Il venoit de faire prononcer la réunion
terrein de I5oo pas carrés,
d'un
NOGUEZ. Il en demande
appartenant à la dame
de réponfe. Il fe rend auffi-tôt la conceffion : point
reétement
au Port-au-Prince, s'adreffe dià MM. de la Luzerne & de
apprend que le fieur
Marbois, &
de
WANTE, Secrétaire particulier
Tfitendant, ce ceflionnaire univerfel
cité, vient d'être
que j'ai déjà
gratifié de ce terrein. Il ne cache
pas fon mécontentement, la douleur
voir
qu'il éprouve de
paffer ce fol à fa convenance entre les mains
d'un
-tôt la conceffion : point
reétement
au Port-au-Prince, s'adreffe dià MM. de la Luzerne & de
apprend que le fieur
Marbois, &
de
WANTE, Secrétaire particulier
Tfitendant, ce ceflionnaire univerfel
cité, vient d'être
que j'ai déjà
gratifié de ce terrein. Il ne cache
pas fon mécontentement, la douleur
voir
qu'il éprouve de
paffer ce fol à fa convenance entre les mains
d'un --- Page 139 ---
a
A
(129)
d'un homme chargé de dettes & couvert de bienfaits
Le fieur WANTE n'étoit pas crucl. Il fait propoficur ROUSSEAU de lui céder cette terre dont
fer au
livres
il a envie, & ne lui deinande que 40,000
ce facrifice. On peut juger de la que le métier
pour étoit bon. Aufi le fieur Torrès, un des (ous-ordres des
la brillante
bureaux de T'Intendance 3 encouragé par.
fortune du fieur Wante, écrit-il au fieur du Lyon fon
ami, qu'il va marcher fur les traces de fon Patron,
& tàcher de gagner comme lui, s'il eft poffible, en
année TROIS CENT MILLE LIVRES dans
une Jeule
le commerce des réunions.
Cr brigandage, fource inépuifable de fortune pour
foi ou fcs protégés; ce brigandage, objet de fcandale
fc continua publiquement fans pu-
& de corruption,
deur, fous lcs yeux dc M. de ia Luzerne, & pendant
tout le temps qu'il fut Gouverneur. Saint-Domingue
étoit aux abois 2 le défeipoir dans tous les cceurs, 2
lorfquheurcufement M. le Marquis du Chilleau dédans la Colonie. Sa délicateffe naturelle lui
barqua
infpira une méfiance involontaire contre cette opérafa
lui en découvrit les abus, &
tion ufitée; politique
fa fermeté lui prefcrivit de ne pas fe laiffer entamer
fur ce point. 11 refufa toute permiflion, & ce- trait
d'honnéteté, qui lui valut l'amour des Colons, 2, fut,
dit-on, une des caufes de fa difgrace. Un feul homme
avoit fufpendu les calamités dont deux hommes feuls
avoient été les inftrumens. - SA PERTE FUT JURÉE,
ORDONNÉ.
Alors le fieur de MarSON RAPPEL
bois, redevenu fouverain, & par conféquent defpotea
I
A M REAS
lion, & ce- trait
d'honnéteté, qui lui valut l'amour des Colons, 2, fut,
dit-on, une des caufes de fa difgrace. Un feul homme
avoit fufpendu les calamités dont deux hommes feuls
avoient été les inftrumens. - SA PERTE FUT JURÉE,
ORDONNÉ.
Alors le fieur de MarSON RAPPEL
bois, redevenu fouverain, & par conféquent defpotea
I
A M REAS --- Page 140 ---
O -
(1jo 1
reprend fes anciens erremens. Ls TRAFIC HONTEUX ET
LUCRATIF des réunions recommence. M. DE PEYNIER
obtint la place de M. du Chilleau, mais on ne l'avoit
pas nommé fon fucceffeur pour être le coniradidteur
de l'Intendant Juiqu'au moment où ce dernier a pris
la fuite, il s'cft montré fon complaifant , & ne s'eft
point oppofé a ce défaftreux commerce, qui fait gémir
toute ia Colonie, pour enrichir quelques favoris Ou
quelques fripons.
Er CcS fcandaleufes opérations, M. DE LA LUZERNE
en a été le témoin; M. de la Luzerne en a fa la
continuation; M. de la Luzerne ne les a pas profcrites!..
Qu'ii nous montre Ia correfpondance de
M. du Chilleau ! Qu'il vous laiffe jeter les yeux fur
l'effroyable tableau que lui fait de tant d'attentats,
ce vertueux gouverneur, & qu'il convienne qu'apiès
avoir fait le malhzur de la Colonie de Saint-Domingue, un de fes agens affidés, fon Procuteur-Général la Mardelle, a penfé confommer fa ruine , en
abrogeant le réglement fage par lequel un conceffionnaire qui, au défir de fon titre, avoit rempli les formalités d'ufage & formé un établiffement fur fon terrein, ne pouvoit plus être troublé par un conceflionnaire , même plus ancien, qui avoit laiffé décheoir
fon titre en ne cuitivant pas; qu'il convienne enfin
qu'après avoir fait le malheur de la Colonie, il (E
voulu confommer fa ruine, en autorifant la continuation
de ces réunions perfides au domaine du Roi, prétextes
de tant d'injuftices & de tant de mauxs
age & formé un établiffement fur fon terrein, ne pouvoit plus être troublé par un conceflionnaire , même plus ancien, qui avoit laiffé décheoir
fon titre en ne cuitivant pas; qu'il convienne enfin
qu'après avoir fait le malheur de la Colonie, il (E
voulu confommer fa ruine, en autorifant la continuation
de ces réunions perfides au domaine du Roi, prétextes
de tant d'injuftices & de tant de mauxs --- Page 141 ---
(1t)
'AINST, dans ce chef dc dénonciation de la plus
grave importancc, fous un rapport politique; de ia
plus criminelle connivencel, 2 fous un point dc vuemoral,
quatre individus chargés fpécialement par le Monarque
du bonheur & du falut d'une contréc utile &c éloignéc, un Procureur-Général, un Intendant, un Gouverneur, un Miniftre (M. DE LA LUZERNE JOUOIT
A LUI SEUL CES DEUX DERNIERS ROLES), fe font
rendus colle@ivement COUPADLES :
D'IMPÉRITIE envers les deux mondes, en rifquant
de faire difparoître fous peu d'années de tous les marchés Européans cette graine recherchée à laquelle nous
devons une boiflon falutaire;
D'IMPÉRITIE envers Saint-Domingue, en rifquant
de la priver tout à coup des reflources que lui préfentent fes forêts, & de provoquer dans fon climat
un changement auffi dangereux pour les manufaétures,
qu'infalubre pour les habitans;
DE TYRANNIE envers des peres de famille indigens,
en prétant une extenfion rigourcufe à une loi que,
vu le changement dcs temps , la prudence devoit
reftreindre;
DE CONCUSSION envers tous les Colons, en leur
enlevant leurs biens, COMME VERRÈS, pour inveftir
de leurs dépouilies, fi ce n'eft eux-mèmes $ au moins
leurs favoris, & par-là rétrécir le domaine de la liberté, en étendant les conquêtes du defpotifme;
I2
no
indigens,
en prétant une extenfion rigourcufe à une loi que,
vu le changement dcs temps , la prudence devoit
reftreindre;
DE CONCUSSION envers tous les Colons, en leur
enlevant leurs biens, COMME VERRÈS, pour inveftir
de leurs dépouilies, fi ce n'eft eux-mèmes $ au moins
leurs favoris, & par-là rétrécir le domaine de la liberté, en étendant les conquêtes du defpotifme;
I2
no --- Page 142 ---
ROM N A A 22 a EA
(1)
la Nation, en atd'un crime public envers
ENFIN
Pun des plus précieux apanages
taguant ouvertement
pour profituer le prode Phomme, SA PROFRIÉTÉ, d'un agiotage honteux,
duit de ces larcins à F'entretien
fcandaleux,
infâme , d'un brigandage
&
d'un commerce
de la loyauté Françoife,
indigne dans tous Ies temps
aétuels de la
diamétralement oppofé aux principes tant de majefté
qui marche avec
Nation magnanime & la liberté.
vers la ségenération
viens d'avoir Phonneur de
Tous les faits que je
la
MESSIEURS, ne font que quintellence fur
vous citer,
Mémoires qui nous ont été adreflés
des NOMEREUX
Permettezfujet par nos Commettans. eux-mêmes
cet important
ufage, de les mettre
nous, fuivant notre vérité ne s'altere point en pallant
La
avant
en votre préfence. mais la conviéion pénétrera plus
par ma bouche,
la colonie vous parlera fans
dans vos coeurs, quand
intermédiaire.
jufificatives du dix-feptieme chefs
Voyez ci-après les pieces
CHEF DE DÉNONCIATION.
XVIII.
PAR IE MINISTRE ENTRE
DIYISION ENTRETENUE IA COIONIE ET IES COIONS, ET
IES DÉPUTÉS DE MATÉRIEIIE D'UN ACTE D'ov DÉTALSIFICATION IE SORT DE SAINT-DONIxGUE.
PENDOIT
de révolution, > oi toutes les
St dans un moment tous les intérêts (e croifent,
opinions fe choquent, oi
ou tous les
oi toutes les pallions fe développent,
pieces
CHEF DE DÉNONCIATION.
XVIII.
PAR IE MINISTRE ENTRE
DIYISION ENTRETENUE IA COIONIE ET IES COIONS, ET
IES DÉPUTÉS DE MATÉRIEIIE D'UN ACTE D'ov DÉTALSIFICATION IE SORT DE SAINT-DONIxGUE.
PENDOIT
de révolution, > oi toutes les
St dans un moment tous les intérêts (e croifent,
opinions fe choquent, oi
ou tous les
oi toutes les pallions fe développent, --- Page 143 ---
*
A
113)
fe confondent, un MINISTRE, abufant de
pouvoirs
les
l'infuence que le préjugé lui procure, > employoit de'
qui reftent dans fes mains pour achever
noyens les refforts de la machine politique, &c d'en
BRISER
feroit d'autant
difperfer toutes les pieces, a certes il
les devoirs de fa place lui auroient
plus coupable, que
la loi dc ne rien négliger
impofé plus particulierement de la diffolution les rouages de CC
pour préferver la confiance du Souverain fembloit
mécanifme que
avoir mis fous fa fauve-garde.
EH BIEN, MESSIEURS, j'ai ce REPROCHE GRAVE
à adreffer à M. DE LA LUZERNE; & quand j'ai dit
qu'après avoir fait le malheur de Saint-Domingue,
il avoit poulu confonmer la ruine de cette colonie,
n'ai rien avancé que je ne fufe à même de prouver
je
aux plus incrédules.
de vue tous les foins que
Vous n'avez pas perdu
fermer les avenues
ce Miniftre s'étoit donnés pour nous
du Trône, toutes les peines qu'il avoit prifes pour
interdire Pentrée de l'aflemblée de la grande
nous
elforts ! Votre équité nous avoit
famille.
. Vains
Déjà les murs du jeu de
vengés de tant d'injuftices.
avoient été témoins de notre ADMISSION propaume
& les trois. Ordres réunis
vifoire, , de nos SERMENS >
décret, lorfalloient confacrer définitivement ce jufte
qu'une OPROSITION que nous ne pouvions pas prévoir,
vint alatmer notre impatience. .
e Je crois,
auroit déconcérté nos mefures, fi le
même qu'elle
Is
--- Page 144 ---
OC KEN
* SAG
(r34 1
"Tribunal ett été" moins ferme & lcs Juges moins clairvoyans.
Dès cC moment, plufieurs avis fecrets murmurèrent des foupçons contre M. DE LA LUZERNE.
-
Long - temps notre délicateffe s'obftina à les
comme calomnicux; mais l'évidence éleva fon repouffer fambeau au milieu de nous, > 8c T'IMMORALITÉ du Minifère ne parut pas plus douteufe que la LOYAUTÉ
CRÉOLE qui avoit préfidé à toutes nos démarches.
LEUR publicité pour obtenir du Gouvernement le
bienfait d'une
REPRÉSENTATION, avoit, depuis un an,
frappé tous les regards; pas un feul oppofant n'avoit
cherché à ralentir notre zèle. Qu'on juge de la furprife que nous éprouvâmes, lorfqu'à l'inftant de recucillir le fruit de nos travaux,
admiffion fi fortement
lorfqu'au moment d'une
du fort de
réclamée, & qui alloit décider
Saint-Domingue, la voix de
de nos compatriotes vint
quelques-uns
fois, cette
rompre, pour la premiereUNANIMITÉ importante qui nous avoit environnés jufqu'alors !
LEUR oppofition TARDIVE n'eut aucune influence
fur la décifion nationale,
Les Députés de la plas beHe colonie du monde
eurent la gloire d'être admis, & pour la REPRI ÉSENTER dans l'Affemblée de la Nation, &
VRIR LA PORTE aux
pour en OUfeflions
Repréfentans de toutes nos pofd'outre-mer.
UN tel décret,
CONTRADICTOIREMINT RENDU,n'em
oit environnés jufqu'alors !
LEUR oppofition TARDIVE n'eut aucune influence
fur la décifion nationale,
Les Députés de la plas beHe colonie du monde
eurent la gloire d'être admis, & pour la REPRI ÉSENTER dans l'Affemblée de la Nation, &
VRIR LA PORTE aux
pour en OUfeflions
Repréfentans de toutes nos pofd'outre-mer.
UN tel décret,
CONTRADICTOIREMINT RENDU,n'em --- Page 145 ---
a
à A .
a A
A A
(135)
folemnel. Cependant , peu de jours
Etoit que plus
plus grand nombre de
après, nous apprincs qu'un avoient cherché à fe
Colons s'étoient affemblés; qu'ils
miflion
SANS POUVOIRS, à fc donner une
conftituer
& qu'ils avoient fait à ce fujet
SANS COMMETTANS,
des démarches que le Miniftre avoit très-favorablement
accueillics.
Nous ne vimes dans cette Afemblée de nos comcompofée de foixante ou quatre-vingts Copattiotes,
réunion d'intérêts précicufe
lons diftingués > qu'une
nous
, dont ils' faifoient partie;
pour nos Commettans, coalition
foyer de iun'aperçâmes dans cctte
qu'un
ferions certains de pouvoir en emmieres oi nous
fans cefle, fans crainte de les épuifer jamais;
prunter
indignés de cette PRÉVENmais nous fimes juftement
repouffoit
MINISTÉRIELLE, qui, d'un côié,
TION
des Commiffaires dont
obftinément DEPUIS DIX MOIS,
étoient revêtus de quatre mille fignatures
les pouvoirs Colonie elle-même, & de trois cents
données dans la
dans le continent; & d'un autre côté,
agnatures reçues
d'EMPRESSEMENT des Colons dont
accueilloit avec tant
le nôtre, étoit fans
le caraétere indélébile, 3 comme
doute de vouloir le, bien de leur pays, mais qut
cc titre inaliénable, ccluid'être ÉLUS
n'ajoutoient pasi
les VRAIS REPRÉSENTANS du peuple.
BIENTÔT nous invitâmes ceS Colons, nos frères, à
entre nos mains le réfultat de leurs réfexions
dépofer
d'aller
pourlebonheung@nsal. & nous nous emprefsâmes
à notre tour ieur exprimer, dans leur affemblée, coil14
loir le, bien de leur pays, mais qut
cc titre inaliénable, ccluid'être ÉLUS
n'ajoutoient pasi
les VRAIS REPRÉSENTANS du peuple.
BIENTÔT nous invitâmes ceS Colons, nos frères, à
entre nos mains le réfultat de leurs réfexions
dépofer
d'aller
pourlebonheung@nsal. & nous nous emprefsâmes
à notre tour ieur exprimer, dans leur affemblée, coil14 --- Page 146 ---
ROC R
(136)
bien nous avions à cceur d'entretenir une liaifon f
défirable. Nos forces mutuelles alloient done s'accroître
par cette union, & nous nous en promettions les
plus heureux effets, lorfque fur une demande faite à
M. DE LA LUZERNE par la députation, il ofa fe
permettre de lui répondre qu'il ne pouvoit rien décider fans l'adhéfion de la Société des Colons 'Américains.
Nous ne pâmes nous difimuler alors
avoient le voeu de la Colonie,
que ceux qui
que ceux qu'elleavoit ÉLUS
au fcrutin, que ceux quiétolentroxrEUns de fes
gui avoient été ADMIS al'Afembléc
cahiers,
SIÉGEOIENT
Nationale, qui y
comme Repréfentans de
& de la Nation, entachés, fans doute Saint-Domingue
LA LUZERNE, du crime affreux
auprès de M. DE
MIERS
d'avoir, ofé LES PREporter au defpotifine miniftéricl un
dont
il ne pouvoit plus fe relever dans
coup
n'étoient pas les Dépués felon
nos Colonies,
étoient honteufement
fon caeur , qu'ils
méconnus, officiellement
&
fon
rejetés,
qu'à
fens, 2 les vrais délégués de Saint-Domingue étoient ceux qui n'en avoient reçu aucune
aucun pouvoir.
mifion,
Vous le favez, MESSIEURS, il eft dans l'homme
d'être flatté des égards qu'on lui
patriotes, fenfibles à la
témoigne. Nos comconfiance d'un Miniftre dont
nous n'étions pas les apôtres, fe montrerent
moins confians vis-à-vis de
un peu
nous; les conférences fe
ralentirent, & nous apprimes avec douleur
LA LUZERNE avoit ofé
que M. DE
s'appuyer de leur
ment pour envoyer à
confentcSaint-Domingue UN' ORDRE DU
é des égards qu'on lui
patriotes, fenfibles à la
témoigne. Nos comconfiance d'un Miniftre dont
nous n'étions pas les apôtres, fe montrerent
moins confians vis-à-vis de
un peu
nous; les conférences fe
ralentirent, & nous apprimes avec douleur
LA LUZERNE avoit ofé
que M. DE
s'appuyer de leur
ment pour envoyer à
confentcSaint-Domingue UN' ORDRE DU --- Page 147 ---
2 4
*
C 4 A N -
(197)
toute Ia Colonie fous
Rei, a P'effet de CONVOQUER devoit réfiulter, fclon
MINISTÉRTEL, d'oi
un MODE
nomination de DÉPUTÉS LÉGAUX.
lui, unc nouvelle
MESSIEURS, ce Miniftre, que QUATRE MILLE
AINSI,
déterminer à une convocaSIGNATURES n'avoicnt pu
n'attendit, pour en
tion follicitéc pendant dix mois,
Paveu de SOIXANTE OU QUATREconfentir une, que n'attendit
notre ADMISSION
VINGTS COLONS. Il
que
travailler
folemnelle à PAflemblée Nationale, pour décrets nous
à notre EXCLUSION ; & tandis que vos
donnoient le titre de Repréfentans de Saint-Domingue, àl'anos fermens nous lioient irévocablement
& que
M. DE LA LUZERNE
chevement de la Conftitution,
nommer
fongeoit à faire affembler la Colonie pour fucceffeurs.
& nous donner des
des Députés legaux,
mille lieues d'ici les méprifes font bien
A_deux
Nous favions bien que nos Commettans,
dangereufes.
du miniftere, ne fe
en garde contre les expéditions
qui n'aulaifferoient pas abufer par des ordonnances
nous
le fccau de 1a burocratie; mais
roient eu que
de
de nos
devions craindre que lc veeu quelques-uns
ne
aflociés à la pancarte miniftérielle,
compatriotes,
ne devoit plus avoir.
lui donnât une influence qu'elle s'affembloit, & que
Nous fentimes que fi la Colonic
dans
fi les menées fourdes de PIntendant déterminoient choix
un
ccs affemblées IwcesiniTenic-AetE DANGEREUX
AGRÉABLE au Miniftre, & par conféquent de Saintla Nation, il pourroit arriver un jour
pour
qui firement n'auroient
Domingue, des ANTI-DÉPUTÉS
érielle,
compatriotes,
ne devoit plus avoir.
lui donnât une influence qu'elle s'affembloit, & que
Nous fentimes que fi la Colonic
dans
fi les menées fourdes de PIntendant déterminoient choix
un
ccs affemblées IwcesiniTenic-AetE DANGEREUX
AGRÉABLE au Miniftre, & par conféquent de Saintla Nation, il pourroit arriver un jour
pour
qui firement n'auroient
Domingue, des ANTI-DÉPUTÉS --- Page 148 ---
WNOSA -
- R
(1;8 )
pas accès dans le fanétuaire de la Pafrie,
fenfibles même àcc refus néccffaire,
mais qui,
être autel contre autel, & finiroient éleveroient peutl'occalion du plus
de
par devenir
grand
tous les malheurs, le
SCHISME entre les compatriotes, la DISCORDE
les frères.
entre
DANS cettc circonftance délicate, od
nous ferions trouvés fi M. de la Luzerne jamais nous ne
eût R RESPECTÉ
VoS décrets, s'il eit eu pour des Membres du
légilatif les ÉGARDS qui leur étoient dus Corps
été un ANGE DE PAIX entre
, s'il eit
f nos frères & nous, &c
qu'il n'eit pas fomenté un
coeurs & les nôtres
éloigaement que leurs
defavouoient : dans cette conjoncture, dis-je, nous crimes devoir faire un facrifice à
la paix, & nous nous réunîmcs à nos
pour avifer aux moyens de leur accorder, compatriotes, fans
compromettre Firréfragabilité de vos décrets, Ces ASSEMBLÉES COLONIALES qu'ils défiroient f vivement. Ce
fut là ou nous vimes tout ce
la foif de
que peut l'ambition.,
l'autorité, ou le défir de la
fir
ces êtres MOBILES auxéuels le féjour vengeance des Cours
donné l'habitude inconcevable de facrifier leur
a
PROPRE à leur ORGUEIL. Ce même
AMOURMiniftre
depuis un an, avoit bien confenti à nous
qui,
n'avoit jamais voulu
écouter, &
niftre
nous entendre; ce même Miqui avoit, empêché le CONSEIL du Roi, les
MINISTRES fes collegues les
NOTABLES, de nous
accueillir, de faire droit fur nos juftes demandes
n'héfite pas, A LA PREMIERE RÉQUISITION de
s
Colons ifolés, qui n'avoient d'autre titre auprès quelques de
un an, avoit bien confenti à nous
qui,
n'avoit jamais voulu
écouter, &
niftre
nous entendre; ce même Miqui avoit, empêché le CONSEIL du Roi, les
MINISTRES fes collegues les
NOTABLES, de nous
accueillir, de faire droit fur nos juftes demandes
n'héfite pas, A LA PREMIERE RÉQUISITION de
s
Colons ifolés, qui n'avoient d'autre titre auprès quelques de --- Page 149 ---
a a
- -A
A
ASE
(139)
dc devenir dans fa main, s'ils en avoient été
lni, que
contre
n'héfite pas, dis-je,
capables, un moyen
nous;
lcs Miniftres
à convoquer unl comité général DE TOUS
du Roi, qui fe tint chez M. le Garde des Sceaux;
fa
fut fi marquée, fi com-
& ce jour-là complaifance
obtint, de
municative, fi PRÉVENANTE , qu'il nous
tout le Confeil d'Etat; une andience de TROIS
après lui avoir fait ÉNERGIQUEMENT
HEURES, oi,
fentir combien cctte faveur nous cût été PLUS PRÉCIEUSE dix mois plutôt, nous arrêtames, de concert
un mode de convocation qui,
avec nos compatriotes,
autant que les localités pouvoient le permettre, ne
s'éloignoit pas de Tefprit de vos décrets.
LA rédacion devoit s'cn faire quclques jours après.
Quelle fut notre furprife, lorfque nous trouvâmes leabfolument DÉNATURÉ : Les Députés votans s
projet
admis à vos féances, & pénétrés de vos principes,
refuferent de le figner, & M. DE LA LUZERNE qui, peu
de temps avant, avoit rejeté une de leurs demandes,
lz Fgnauure d'un feul d'entre eux avoit
parce que
n'en réclama
été omife; M. DE LA LUZERNE, dis-je,
une feule, & fous les yeux de PAffemblée Napas
&
tionale clle-même, fans lui en rendre compte,
malgré les oppofitions des Députés votans, il expéordonnance de CCNdia pour Saint - Domingue cette
VOCATION que nots avions IMPROUVÉE, & qui, nous
perfiftons à le croire, auroit infailliblement mis lc
TROUELE dans la Colonie, fi fa proclamation n'eût
été précédée par, une INSURRECTION générale que ia
nature des, chofes, le malheur des tomps, & les cxcès
le-même, fans lui en rendre compte,
malgré les oppofitions des Députés votans, il expéordonnance de CCNdia pour Saint - Domingue cette
VOCATION que nots avions IMPROUVÉE, & qui, nous
perfiftons à le croire, auroit infailliblement mis lc
TROUELE dans la Colonie, fi fa proclamation n'eût
été précédée par, une INSURRECTION générale que ia
nature des, chofes, le malheur des tomps, & les cxcès --- Page 150 ---
PRON a
K
(140)
de nos tyrans firent éclater pour leur
punition & notre
vengeance.
DANS cet état de défordre oi tous les
fent confondus, les dépèches
pouvoirs
le
que venoit d'expédier
Miniftre, & qu'il avoit adreffées à fon Gouverneur
général & à fon Intendant, font INTERCEPTÉES
P'affemblée provinciale du Nord. Le
eft
par
paquet
ouvert
PUBLIQUEMENT; la leéture en eft faite.
TION univerfelle éclate contre fon
L'INDIGNArenfermoit-il donc: Etoit-ce le
contenu. Que
les
projet de convocation
que
Députés de la Colonie avoient concerté
les Colons Américains chez M, le Garde des
avec
Non,
Sceaux:
MESSTRURS, ce projet-là, trop favorable à la
liberté, avoit été reformé
Etoit-ce
par M. DE LA LUZERNE.
au moins le travail des Colons
revêtu de leurs
Américains,
Miniftre
fignatures > & confié par eux au
expéditionnaire : Non,
projet-là,
MESSIEURS; ce
rédigé par des Colons , ne
être contraire aux vrais intérêts de la Colonie. pouvoit pas
Qu'ÉTOIT-CE donc 2 C'étoit une FALSIFICATION
notoire de l'euvre faite fous les yeux du
&c qu'il auroit au moins da
Miniftre,
envoyer CONSCIENCIEUSEMENT fans modification. C'étoit une ADDITION
MINELLE de quatre articles
CRIdangereux, une VARIANTE
PERFIDE, préparée dans le laboratoire
envoyée fous le nom de ceux qui N'EN miniftériel, &
EU connoiffance.
AVOIENT PAS
DEUX lettres
accompagnoient ce préfent
La premiere,
empoifonné,
OSTENSIBLE, refpiroit le patriotifmne
c qu'il auroit au moins da
Miniftre,
envoyer CONSCIENCIEUSEMENT fans modification. C'étoit une ADDITION
MINELLE de quatre articles
CRIdangereux, une VARIANTE
PERFIDE, préparée dans le laboratoire
envoyée fous le nom de ceux qui N'EN miniftériel, &
EU connoiffance.
AVOIENT PAS
DEUX lettres
accompagnoient ce préfent
La premiere,
empoifonné,
OSTENSIBLE, refpiroit le patriotifmne --- Page 151 ---
a
(141)
la feconde, vouée au SECRET du CR-
& la liberté;
leur fourniffoit tous les
binet des Adminifmateurs,
utile, de la
moyens de CONTRARIER une opération
chard'une autorité abufive, & les
tourner au profit
forte, de tout le rifque des
geoit même, en quelque
événemens.
L'ASSEMBLÉE provinciale du Nord crut ne pouvoir
neutralifer ces coupables defleins 2 qu'en les DÉNONà la Colonie & à la Nation. Elle fit impriÇANT
& ajouta un COMmer ces pieces authentiques, y
MENTAIRE qui en dévoiloit tous les dangers.
AINSI, il ne fallut rien moins qu'une infurredtion
fauver la Colonie, ou des horreurs
univerfelle, pour
chaînes
d'une GUERRE CIVILE, ou des nouvelles
que
avoit forgées dans le filence, fous le
le defpotifme
nom de nos compatriotes, QUI NE s'EN DOUTOIENT
PAS.
M. DE LA LUZERNE fut donc COUPABLE d'avoir
accueilli l'oppofition formée contrel'admilion définitive
ilfut
coupable de n'avoir pas voulu
de nos Députés;
plus
à S. M. fous cette qualité, honorable,
uous PRÉSENTER fi les Elus de la Nation devoient être RÉcomme
PROUVÉS par le Souverain, quand ils n'avoient pas
obtenu l'affentiment de fon Miniftre; il fut encore
après nous avoir privés de cette
PLUS COUPAELE,
d'avoir
faveur, dont NOUS SEULS n'avons pas joui,
entretenu avec une fociété cftimable, mais SANS POUÉCRITE, à laquelle il
NOIRS, une correfpondance
,
uous PRÉSENTER fi les Elus de la Nation devoient être RÉcomme
PROUVÉS par le Souverain, quand ils n'avoient pas
obtenu l'affentiment de fon Miniftre; il fut encore
après nous avoir privés de cette
PLUS COUPAELE,
d'avoir
faveur, dont NOUS SEULS n'avons pas joui,
entretenu avec une fociété cftimable, mais SANS POUÉCRITE, à laquelle il
NOIRS, une correfpondance --- Page 152 ---
SRPOCA S
K TVA
( 142) )
s'étoit obftinément refufé vis-à-vis de
pondance dont l'objet étoit d'aflembler nous; cortef
la
CONTRE LE VGU d'une partie de fes
Colonie
hommer d'autres
Députés, pour
Repréfentans EN OPPOSITION
ceux que lAflemblée Nationale venoit
avec
& AU MÉPRIS DE SES DÉCRETS. Il fut d'admettre,
COUPABLE d'avoir cherché à
BIEN PLUS
de l'influence des
appuyer fon defpotifine
Miniftres d'Etat, en les rendant
confidemment témoins d'une conférence
art, dont le feul but étoit de
difpofée avec
nous faire
par une INFIDÉLITÉ
concourir,
condamnable, à des mefures inconititutionnelles, qui devoient à la fois NOUS
dans l'efprit de nos
PERDRE
Commettans, &c nous attirer
L'IMPROBATION de l'Affembiée Nationale, Enfin il fut
SINGUIIEREMENT COUPABLE de n'avoir
pour parvenir à fcs fins, d'avoir
pas rougi,
SIFICATION
recours à une FALMATÉRIELLE, & à toutes ces miférables
précautions, indignes d'un grand Roi & d'un
Peuple, dont lc réfultat
grand
infaillible eut été
dans la plus malheureufe
d'allumer
Colonie de
feu de la guerre civile, file
P'Amérique , le
génie tutélaire de SaintDomingue n'avoit RALLIÉ toutes les
ce fignal profpère de la
opinions à
Nationale venoit de
LIBERTÉ, que l'Affemblée
DÉPLOYER aux yeux de l'univers.
Tous ces faits, encore récens, femblent
befoin que d'être rappelés
être
n'avoir
ment; mais
pour
conftatés fuffifamj'ajouterai à leur évidence, en
fur le bureau les lettres de M.
dépofant
DE LA LUZERNE à la
DÉPUTATION, fa correfporidance avec la SOCIÉTÉ
COLONS de Paris, & fes dépêches
DES
HEUREUSEMINT
PLOYER aux yeux de l'univers.
Tous ces faits, encore récens, femblent
befoin que d'être rappelés
être
n'avoir
ment; mais
pour
conftatés fuffifamj'ajouterai à leur évidence, en
fur le bureau les lettres de M.
dépofant
DE LA LUZERNE à la
DÉPUTATION, fa correfporidance avec la SOCIÉTÉ
COLONS de Paris, & fes dépêches
DES
HEUREUSEMINT --- Page 153 ---
I AS
ASEA 2 MA - RAEXA
t143)
Snferceptées, commentées, publices, & dénoncées pat
On y yerra clairement que fi les
mes Commnettans. agitent lc continent, s'étendent dans
mouvemens qui
conferver fon emnos Colonics, LUI SEUL, pour y
pire, aura FOMENTÉ les divifious qui quelque jour,
peut-êire, déchireront leur fcin.
Voyet ciaprès,les piecrsjuflifcatises du dix-huitieme chefs
PÉRO R A I S O N.
DIX-HUIT CHEFS de dénonciations capitales, de
Saint-Domingue SEULE > contre un SEUL Miniftre,
vous ont été tracés, MESSIEURS, par le foible organe
qu'il a plu à mes Collegues de choilir.
MALGRÉ P'adhéfion FCRMELLE de la Colonie entiere, arrivée pendant l'impreflion de cet ouvrage;
malgré les ENCOURAGEMENS Aatteurs que mon travail as reçus DES TROIS PROVINCES de Saint-Domingue;
malgré l'injonétion EXPRESSE de mes Commettans de ne
rien laiffer en arriere. 2 &c de manifefter avec énergie, à
la face de la Nation, TOUS les fujets de plaintes qui
fourcent de toutes parts contre le Miniftre de ia Marine & fes coupables agens : mon coeur oppreflé
des tableaux déchirans qu'il a été forcé de foumettre
à vos regards, ma main fatiguée, mes crayons émouffés, tout m'avertit qu'il eft temps de TERMINER enfin
cette ceuvre pénible.
Nous favons d'ailleurs que les momens d'unea affemblée
nergie, à
la face de la Nation, TOUS les fujets de plaintes qui
fourcent de toutes parts contre le Miniftre de ia Marine & fes coupables agens : mon coeur oppreflé
des tableaux déchirans qu'il a été forcé de foumettre
à vos regards, ma main fatiguée, mes crayons émouffés, tout m'avertit qu'il eft temps de TERMINER enfin
cette ceuvre pénible.
Nous favons d'ailleurs que les momens d'unea affemblée --- Page 154 ---
MRON A
(144)
font le patrimoine de la Nation; nous
CONSTITUANTE
portion de TEmpirc n'a qu'un
favons que chaque
2 & quelque imà ce dépêt précieux,
droit proportionnel foit la Colonie au nom de laquelle nous
portante que
la mafTe de fes infortunes puavons parlé, quoique
de la fomme de tous
bliques ne foit compofte que n'aurons. pas l'indifcrétion
les malheurs privés-, nous
mille griefs particuliers
de laiffer parvenir jufqu'à vous Les accens douloureux
qui ont attrifté nos ames. fe confondre dans le cri
iront
de chaque opprimé s'éleve à la fois de toutes nos Colonies
général qui
les tyrannife 5 & fans trahir
contre le Miniftre qui
individuelles pourront
notre miffion, les doléances
colodes réclamations
être facrifiées à PUNANIMITÉ
niales.
pafferai fous filence ces ordres tyranniques 2
AINSI, je
abus de pouvoir de la part
qui, pour perpétuer un
défendent à un habitant
d'un Miniftre prédécelleur, fans jugemént, de rede nos Ifles, SANS DÉCRET, fous peine de punition CORtourner dans fa patric;
& fous queique PR ÉFORELLE, à quelque ÉPOQUE de ne pouvoir douter
TEXTE que ce foit, & je rougis
de leur
eut des Vifirs qui, dans Tégarement
Maquil y
écrire miniftéricllement : Su
defpotifine, ont pu de retourner à Saint- Domingue s
jefte vous défend
de PAmérique > A
ni dans aucune des auires parties
APPARTIENQUELQUES PUISSANCES QU'ELLES foient les Te-
(quelle folie 1) & quelles que
NENT,
vous offret de vous foumettre,
parations auxquelles
(quelle
je rougis
de leur
eut des Vifirs qui, dans Tégarement
Maquil y
écrire miniftéricllement : Su
defpotifine, ont pu de retourner à Saint- Domingue s
jefte vous défend
de PAmérique > A
ni dans aucune des auires parties
APPARTIENQUELQUES PUISSANCES QU'ELLES foient les Te-
(quelle folie 1) & quelles que
NENT,
vous offret de vous foumettre,
parations auxquelles
(quelle --- Page 155 ---
a <
ASE 2 NA
(1as)
inhumanité !) J'ai l'ordre original fous les
(quelle
yeux (1).
fous filence la PROSTITUTION des graces
JE pafferai
odieux,
du Roi, & les DÉNIS de juftice, mélange
employé à la fois à Saint-Doningue, pour conferver
& décourager les amis
des ciclaves au defpotifme,
de la conftitution. Je rougis de fonger que cette décoration honorable que je portc, a pu, récemment endevenir dans lés mains d'un Miniftre, en l'accore, cordant AVANT LE TEMPS, un moyen de SUBORNER
des patriotes; en la refufant au temps PRESCRIT, un
de fe VENGER des fcétateurs de la iiberté
moyen
fous filence les cris, les gémiffemens de
JE pafferai
deux infortunés ci-devant employés à Trinque-Maley,
mais viéimes
accufés à tort ou à raifon ,peu m'importe,
MONSTRUEUSE, mais SPOLIÉS de leur
d'une procédure
bien, mais accablés fous les liens d'un DÉCRET rigouenfin transférés en France, & DEPUIS CINQ ANS
reux,
au
exécutif, des juges
y demandant EN VAIN pouvoir
les condamner s'ils font criminels, ou pour les
pour
abfoudre s'ils font innocens (3).
(I)LETIRE de M.de la Luzerne au Gieur de LILLECHANTEGRIT, habitant de Saint-Domingue, du 17 janvier 1788.
(2) LETTRE de M. de la Luzerne à M. DE PEYNIER, en lui
envoyant des Croix de Saint - Louis, du II février 1790.
(3) MÉMOIRE du Sieur l'ARADIE, & du Sieur GALLET,
garde-r magalin général à Trinque-Maley, du S juillet 1790.
LETTRE du fieur EVEN 3 leur avocat, à M. de la Luzerne a
de Breft, le 21 juin 1790,
K
1788.
(2) LETTRE de M. de la Luzerne à M. DE PEYNIER, en lui
envoyant des Croix de Saint - Louis, du II février 1790.
(3) MÉMOIRE du Sieur l'ARADIE, & du Sieur GALLET,
garde-r magalin général à Trinque-Maley, du S juillet 1790.
LETTRE du fieur EVEN 3 leur avocat, à M. de la Luzerne a
de Breft, le 21 juin 1790,
K --- Page 156 ---
RON -
(346) les traitemens affreux qu'a
JE pafferai fous flence
& MIS
-
public, lorfqu'empifonné
effuyés un Officier
le Commanfans jagement & SANS DÉCRET,1
AUX FERS
M. de la Luzerne de TINTERIM, endant chargé par
saviliffoit jufqu'a le frapper LUI- -
troit dans fa prifon, ainfi à une MORT DOULOUREUSE
MÉME, & le menoit
terminer fon fupplice (r)-
& certaine, qui feule a pu
filence tous les efforts que le MiJE pafferai fous
empécher la RÉniftre & fes agens fc font permis pour
& je ne dirai
d'une Colonie infortunée 2
GÉNÉIATION
exercées contre un citoyen
rien des cruautés inouies du crime irrémiffible d'avoir.
pattiote, qui, coupable
Pordre & la paix,
savonistia révolution en préchant ARRACHÉ de fa
DÉPOUILLÉ de tous fes biens,
fur une
fut
fur une pirogue, jeté
maifon, EMDAKQUÉ abandonné au milicu des fauvages
terre EARBARE, & il n'a échappé que par un mide CUMANA, dont
racle ().
SÉVÉRITÉ qui refule
fous filence, &c la
la
Js pafferai
officier du Régiment de
un fecours à un ancien
l'oblige à repaffer les
Guadcloupe, & la DURETÉ qui
le retient dans
une maladie CONSTATÉE
de refmers, quand
qui ne lui laifle
& TINHUMANITÉ
un hopital,
ÉPÉE, dont il s'eft demicrement PERCÉ
fources que SON
d'une fociété patriotique, que
de défefpoir aux yeux
notaire royal à Tabago, mort oa
(1) Lf Sieur MAGNE,
1789.
Avocat au Confcila & habitant à
(2) LE Sieur BOsQUE,
#abago, 1790,
dans
une maladie CONSTATÉE
de refmers, quand
qui ne lui laifle
& TINHUMANITÉ
un hopital,
ÉPÉE, dont il s'eft demicrement PERCÉ
fources que SON
d'une fociété patriotique, que
de défefpoir aux yeux
notaire royal à Tabago, mort oa
(1) Lf Sieur MAGNE,
1789.
Avocat au Confcila & habitant à
(2) LE Sieur BOsQUE,
#abago, 1790, --- Page 157 ---
FSEA MA (147)
lericit dc fcs maux &"des injuftices minftérielles
venoit de toucher jufqu'aux larmes (1).
JE pafferai fous flence la mauvaife foi qui, dans
promet à un fourniffeur des
une année malheurcufe,
& qui confomme fa ruine en les lui
INDEMNITÉS,
Pauthenticité de fes droits; & je
REFUSANT, malgré
aflez mal de
rougis pour le Miniftre qui, préfiumant
la loyauté de la Nation françoife, pour la croire capable d'approuver de telles ÉCONOMIES, a méritéqu'une
plaidant pour fon époux & pour fes
inere courageufe,
dc la Nation ces
enfans, ait adreffé à un Repréfentant
paroles remarquables :
La dénonciarion du Minifre de Za Marine eft
K
> devenue la caufe de tous les François > depuis
vous
de Lz jufice de PAfemblée
) que
follicitex
à LA VEN-
> Nationale un arrêt qui puife fervir
du Nouveau Monde, A LA DÉLIFRANCE
> GEANCE
de P'ancien, à PEXEMPLE des deux (2). >
D
JE pafferai fous filence cet incroyable DÉNI DE
JUSTICE, ce refus opiniâtre de donner des juges à
de vaifTeau, auquel un caprice
un Sous-Lieutenant
du DESPOTE a enlevé fon élat & fon honneur, fans
fans informations, SANS JUGEMENT 5 je pafpreuves, ferai ce trait fous filence, parce que cet inforiuné a
(I) M. du D.
> Lieutenant en premier. 12 juillet
1790.
(2) MADAME DE CASTERA. IS feptembre 1790.
K Z
ICE, ce refus opiniâtre de donner des juges à
de vaifTeau, auquel un caprice
un Sous-Lieutenant
du DESPOTE a enlevé fon élat & fon honneur, fans
fans informations, SANS JUGEMENT 5 je pafpreuves, ferai ce trait fous filence, parce que cet inforiuné a
(I) M. du D.
> Lieutenant en premier. 12 juillet
1790.
(2) MADAME DE CASTERA. IS feptembre 1790.
K Z --- Page 158 ---
ON - M
(148 )
Député à PAffemblée Natrouvé dans M. BoUviER,
un défenfeur pref
tionale, mon honorable colleguc >
fahs doute,
fon innocence, qui,
fant , qui a publié
d'avoir répondu à vingt
fait
M. de la Luzemne
de
a rougir
produites en faveur
ATTESTATIONS BRILLANTES, qui porte bien le cachet
l'accufé, par cette phrafe
ne prouvent
de P'ancien régime : des certifcats
rien. (1)
fur cette viaime
JE n'arrêterai point vos regards
fes chefs, fes
intéreffante du pouvoir arbitraire, que PORTS ont
& les DÉPUTÉS DE TOUS LES
camarades, recommandée à la juftice de lAflemblée
fifpécialement
de la FÉDÉRATION. Elle
Nationale dans le champ
mème oi ces
n'oubliera jamais que c'eft au moment du Dieu des arbraves marins venoient, en préfence
s'unir de cocur & d'ame à la CORSTITUTION,
mées, de
ferveur de leur patriotifme, adreffé
qu'ils ont, dans la
de la patric : Nous vous
cette pélition aux rendre peres à M. de Margouet le rang
fupplions de faire
dépouillé
dont ila été injufement vain ré-
& Pexifence
royale, & qu'il avoit en
dans la Marine de M. de la Luzerne ()-
clamé de la juftice
fous flence, & les inculpations ATROCES, la
Je pafferai
le Miniftre de
& les réticences CALOMNIEUSES que
ASTATIQUE, le fieur PIGNOX
(1) ET d'après ce principe flétri. Juin 1790.
refte dégradé, fans être
Luzernee
du feur de MARGOUET à M. de la
(2) MÉMOIRE
Août 1799
de la Luzerne ()-
clamé de la juftice
fous flence, & les inculpations ATROCES, la
Je pafferai
le Miniftre de
& les réticences CALOMNIEUSES que
ASTATIQUE, le fieur PIGNOX
(1) ET d'après ce principe flétri. Juin 1790.
refte dégradé, fans être
Luzernee
du feur de MARGOUET à M. de la
(2) MÉMOIRE
Août 1799 --- Page 159 ---
3 A 2
-
(149)
contre LE SEUL qui nous refte
Marine s'eft permifes
d'ASSAS. Trois coups
des compagnons du valeureux
dc fervices, &c
de feu reçus à fes côtés, quarante ans
fupérieurs gagnés à la guerre, REPOUSSENT
des grades
déshonneur qu'une main miniftérielle
fuffifamment le
de verfer fut fcs chéveux blancs; & quand
s'efforce
MALGRÉ les ordres du Roi, à refufer
elle s'obftine,
enlevé,
de rendre à un opprimé un état injuftement
dédommagé par l'avis unanime du Comité
n'en eft-il pas
PAffemblée Nationale, qui, après
des rapports de
mois, pour
mir examen, A VOTÉ, il y a plafieurs
RÉPARATION authentique fit faite à cet officier
qu'ane
le GOUVERNEMENT d'une de nos
refpe@table, & que
Colonies lui fût accordé (1).
MAIS n'éveillerai-je point votre follicitude paternelle fur ces DÉLITS S. PUBLICS qui compromettent 7
à chaque inftant > P'exiftence fi précieufe des citoyens
& la confervation des propriétés nationales?
ignorer qu'à SAINT-MARC, ville
Vous laifferai-je
de Saintà peu près centrale de la partic françoife
une riviere placée par la nature pour
Domingue,
embrafé,. eft obftruée par la curafraichir ce féjour
détournent les
pidité de quelques riverains qui en
des
lucratives; que des maladies
eaux pour
fpéculations
d'une infiltration
ÉPIDÉMIQUES font la fuite naturelle
(I) M. de la Luzerne n'a point obtempéré à ce voeu équitable, &le Chevalier DE LABORIE, accufé, calomnié, blefe, PaSANS RÉCOMPENSE & SANS EMPLOI au fein d'une
languit
il a verfé SON SANG, & qu'il brûle de fervir
trie pour laquelle
encore. 1790.
K 3
adies
eaux pour
fpéculations
d'une infiltration
ÉPIDÉMIQUES font la fuite naturelle
(I) M. de la Luzerne n'a point obtempéré à ce voeu équitable, &le Chevalier DE LABORIE, accufé, calomnié, blefe, PaSANS RÉCOMPENSE & SANS EMPLOI au fein d'une
languit
il a verfé SON SANG, & qu'il brûle de fervir
trie pour laquelle
encore. 1790.
K 3 --- Page 160 ---
ON
(150)
malfaifante; que les Magiftrats de police ont ordonné
fagement l'enlevement des obftacles qui arrétoient
cours d'une eau fi néceffaire
le
entiere
pour abreuver une ville
5 que cet ordonnance, approuvée de tous les
habitans, a été improuvéé par trois particuliers
s'étoicnt arrogé un PRIVILÉGE
qui
viere;
EXCLUSIF fur la rique parmi ces trois habitans étoit UN PROTÉGÉ
de M. le Couverneur & de M. l'Intendant;
obliger cet individu, au rifque de faire que pour
ville enticre, M. le GOUVERNEUR & M. pétir une
ont déclaré le Tribunal de police
TINTENDANT
que redoutant la
ICOMPÉTENT; mais
compétence, & fur-tout ja
Confeil fipéricur,
juftice du
juge en dernier reffort des fentences des Sénéchaux, ils fc font créés
AD HOC; qu'ils ont infrmé AU SOUVERAIN COMMISSAIRES lc
ment prononcé; qu'ils ont décerné des
jugecondamnations PÉCUNIAIRES
peines & des
contre les
& qu'ils ont ordonné le RÉTABLISSEMENT premiers Juges,
afin d'abandonner la riviere
des obflacies,
n'abreuver la
aux trois intéreffés, & de
ville que de la filtration
d'une eau
infiffifante
flagnante, 2 imprégnéc de particules méphitiques qui portent avec eiles la MALADIE & la
MORTE
Vous dirai-je que 1 jufement indignés de cet arrêt
monftrueux, 2 les premiers Juges en ont
au confeil des dépêchcs
interjeté appel
d'avoir
5 qu'ils ont eu la
en France pour
douleur
nifre qui déjà les avoit RAPPORTEUR ce même MiNEUR, à
condamnés, comme GOUVERla maintenu Saint-Doningue; fon
que loin de fe récufer, il
facré un
arrêt; qu'tne nouvelle injuftice a conattentat à la juftice; que les jours des Ci-
ux, 2 les premiers Juges en ont
au confeil des dépêchcs
interjeté appel
d'avoir
5 qu'ils ont eu la
en France pour
douleur
nifre qui déjà les avoit RAPPORTEUR ce même MiNEUR, à
condamnés, comme GOUVERla maintenu Saint-Doningue; fon
que loin de fe récufer, il
facré un
arrêt; qu'tne nouvelle injuftice a conattentat à la juftice; que les jours des Ci- --- Page 161 ---
AA
U -
M
(1St)
les cris du peuple
toyens font reftés en danger; que lc bras de la Loi,
opprimé ont été étoullés, & que
poar
le defpotifne 7 a été impniffant
paralyfe par
qui la LOI n'eft qu'une
frapper ces defpotes 3 hommes pour n'eft QU'UN JEU ()a
CHIMÈRE, & la VIE des
ignorer qu'au Port-an-Prince, CaVous laifferai-je
en refufant une
pitale dc la Colonie 2 la Providence,
deux
les en a dédommagés par
riviere aux habitans,
defquelles eft attachéc,
fources abondantes, à l'ufage
l'exiftence de tous lcs Citoyensjque
fous un cielbrilant eft mille fois plus précieufe pour
T'eau de ces fontaines
dont un fol fertile récompenfe
eux que toutes lesrichelfes malgré le joug odieux qui peleurs travaux, & que,
hélité de crier à la
foit fur leurs tètes, ils n'ont pas
& L'INTENDANT
tyrannie contre le GOUVEXNEUR ANGLOIS, &
l'un SON JARDIN
qui, pour : arrofer, fe font permis, pendant CINQ
Yautre SON HERBIER, dérober CINQ HEURES chaque jour
MOIS de fuite, de
communal que
à la fubfiftance des Colons, un tréfor
un agrément frivole (2)?
T'ÉGOISME appliquoiti
laifferai-je ignorer CCS ÉCONOMIES CRIMIVous
a ofé fe faire gloire,
NELLES dont un Intendant coupable
des minutes du greffe de la Sénéchauffée
(1) EXRTRAIT
de Saint-Marc.
EXTRAIT des regiftres du Confeil d'Etat.
MÉMOIRE & Lettre de M. MALLET DE LA BROSSIERE*
(2)
du Roi, dans la Marine & lcs Coloniess
ancien médecin
Décembre 1789.
K 4
laifferai-je ignorer CCS ÉCONOMIES CRIMIVous
a ofé fe faire gloire,
NELLES dont un Intendant coupable
des minutes du greffe de la Sénéchauffée
(1) EXRTRAIT
de Saint-Marc.
EXTRAIT des regiftres du Confeil d'Etat.
MÉMOIRE & Lettre de M. MALLET DE LA BROSSIERE*
(2)
du Roi, dans la Marine & lcs Coloniess
ancien médecin
Décembre 1789.
K 4 --- Page 162 ---
A
(152)
dans les nombreux mémoires qu'il a
fir les finances d'une Colonie
répandus en France
que perfonné ne connoît; économics qui lui ont attiré tant
de
la part d'un collegue, aujourd'hui
d'éloges
Miniftre, dont l'aveuglement n'a été que trop prouvé par l'IMPROBATION éclairée qu'un Gouverneur moins fifcal, mais
plus CITOYEN & plus MILITAIRE, a publié contre ces
économics dangercufes
Vous laifferai-je ignorer le DÉSORDRE RÉEL de
cette adminiftration prétendue brillante,
avoir épuifé les caiffes
qui, après
publiques par la conftruétion
d'un chemin inutile, n'a trouvé d'autre
de
lcs remplir, qu'en fufpendant tous les travaux moyen relatifs
àl'entretien des bâtimens publics, des
& de FARTILLERIE:
FORTIFICATIONS,
Quelques écus de plus garniffent
INUTILEMENT le tréfor colonial, & les AFFUTS font
délabrés, & les BATTERIES font dégradées, & les
VRAGES ne font pas entretenus 3 & un FORT, dont la OU- néceflitéa été indiquée pendant la guerre derniere, n'a
été conftruit, & lcs ARSENAUX font dépourvus d'armes pas
de munitions, & Saint-Domingue n'eft
&
défenfe, &'la
pas en état de
plus précieufe de nos pofleflions nationales
eft A LA MERCI de nos ennemis, n'eft
D'UN
pas à l'abri
COUP DE MAIN de quelques corfaires, &
être livrée par des mal- intentionnés,
peut
bons Citoyens font privés des
parce que les
à la Nation
moyens de la conferver
(1)
(1) VOYEZ la corrcfpondance de M. DUCHILLEAU, Lettre
à M, dc la Luzerne, au Port-au-Princé,
mars 1789.
nationales
eft A LA MERCI de nos ennemis, n'eft
D'UN
pas à l'abri
COUP DE MAIN de quelques corfaires, &
être livrée par des mal- intentionnés,
peut
bons Citoyens font privés des
parce que les
à la Nation
moyens de la conferver
(1)
(1) VOYEZ la corrcfpondance de M. DUCHILLEAU, Lettre
à M, dc la Luzerne, au Port-au-Princé,
mars 1789. --- Page 163 ---
TA H
a S A à
-Aa
(153) la VÉRITABLE CAUSE de
ENFIN vous dévoilerai-je
toutes nos iles, & qut
tous les troubles qui ont agité
prévoir
nous cn puifions
les agitent encore 2 fans que
l'iffue :
Juillet 1789, la COCARDE nationale', placée
LE 17
devint, pour toutes les
fur la tête de notre Souverain, dc la liberté. Si le
parties de T'Empire, le fignal dans le fens de la réMiniftre de la Marine eût agi
ce
volution, il auroit, dès le lendemain, proclamé
dans les deux Mondes.
figne de CONFRATERNITÉ
EH BIEN, ce ne fut QU'EN JUIN 1790, c'eft-à-dire, nous
que des lettres interceptées
ONZE MOIS après, de la Luzerne EXHORTOIT lc
apprennent que M.
à autorifer ce fymbole
Commandant de Saint-Domingue
les Créoles avoient déjà adopté,
d'harmonie > que
de la part du Gouvernement.
non fans empêchement
PAffemblée Nationale DÉCRÉTA
LE II août 1789,
les troupes & pour
une formule de SERMENT pour de la Marine eût
Si le Miniftre
les Commandans.
il auroit, dès le
agi dans le fens de la révolution, de PAffemblée,
12 du même mois, pris LES ORDRES
avoit à faire dans fon Département.
pour ce qu'il
c'eftEH BIEN, ce ne fut QUE LE 27 OCTOBRE, adreffa fa
qu'il vous
à-dire, DIX SEMAINES après,
janvier 1790,
première queflion à ce fujet; & le 14
de
le Gouverneur de Saint-Domingue REFUSOIT
prèter le fcrment quc tous lcs Citoyens réclamoient
R
ffemblée,
12 du même mois, pris LES ORDRES
avoit à faire dans fon Département.
pour ce qu'il
c'eftEH BIEN, ce ne fut QUE LE 27 OCTOBRE, adreffa fa
qu'il vous
à-dire, DIX SEMAINES après,
janvier 1790,
première queflion à ce fujet; & le 14
de
le Gouverneur de Saint-Domingue REFUSOIT
prèter le fcrment quc tous lcs Citoyens réclamoient
R --- Page 164 ---
- . )
S
A
C154)
de lui, parce que, difoit-il, il; n'avoit
ordre fur ce. point.
reçu aucur
LEs 8 & 28 mars PAffemblée
le fort dcs Colonies. Si le Nationale a DÉCRÉTÉ
lc fens de la
Miniftre eût agi dans
emporté
révolution, une corvette:. fous voile edt
LE LENDEMAIN ces décrets bienfaifans.
En BIEN , comme fi l'on avoit voulu laiffer
fermentation des cfprits le temps de
à la
PLOSION & d'occafionner
produire unc EXfut que VERS LA FIN D'AVRIL quelque défordre CC ne
qu'au mois d'AOUST
pour les Antilles, &
appareillerent
pour Finde, que des bâtimens
pour ceite miffion importante,
LE 20 juin 1789, en dépit de tous les obftacles
que les intrigues miniftériciles fouleverent
efforis, 'les Députés de
contrc nos
Ze jeu de
Saint-Doningue parurent dans
paume, &, fraternellement accucillis par les
Repréfentans de la Nation, ils
s'unir A JAMAIS à la Conftitution jurereht avec eux de
de la même aanée, ils
françoife, En août
la GUADELOUPE
ouvrirent à leurs' freres de
la porte de PAfemblée de la
famille. En feptembre fuivant, les
grande
MARTINIQUE. vinrent
Députés dc, la
y prendre féance.
Sr le Miniftre des Colonies
de la révolution,
cdt-agi dans le fens
fécutives
éclairé par ces trois admiffions con-
, il- fe fcroit EMPRESSÉ de faire
toutes nos iles des lettres de
paffer à
Provoqier les éleétions de leurs CONVOCATION 2 pour.
repréfentans.
de la
famille. En feptembre fuivant, les
grande
MARTINIQUE. vinrent
Députés dc, la
y prendre féance.
Sr le Miniftre des Colonies
de la révolution,
cdt-agi dans le fens
fécutives
éclairé par ces trois admiffions con-
, il- fe fcroit EMPRESSÉ de faire
toutes nos iles des lettres de
paffer à
Provoqier les éleétions de leurs CONVOCATION 2 pour.
repréfentans. --- Page 165 ---
CN
- AN a 4
AADA
(155)
toutes nos poffeltions d'outre - mer font
Ex EIEN >
PROFONDE fur cCS points
reftées dans une IGNORANCE
à chacune
& M. de la Luzerne a laiflé
jmportans 1
ifolées de notre territoire, le foin
dc CCS portions
la révolupénible d'ENFANTER SANS SECOURS
&
tion & il en a réfulté de grandes crreurs >
de grands maux > & TABAGO,
nous avons éprouvé
encore fes Repréaccabléc d'infortunes, n'a point
n'en a
fentans parmi vous ; & SAINTE-LUCIE & les
envoyé, &: CAYENNE n'en a point élu,
point
lcs plus malheuiles DE FRANCE & DE BOURBON 2
de
reufes de toutcs peut-être, n'ont point encore
Députés. :
s'il eft vrai que les pouvoirs
AH ! MESSTEURS,
CES
dont nous ont honorés nos Commettans 2 que de
particuliers qu'ils ont remis à chacun
MANDATS
confondus dans Y'obligation fanous, fe foient tous
s'il eft vrai que le
crée de faire le bien général;
ReDéputé du plus petit Bailliage fcit devenu le
PRÉSENTANT de la Nation cntiere : ceite miflion
à chaque Membre de cette
augufte ne prefcrit-elle pas
CCS liAflemblée de franchir, dans fon patriotifmc,
mitcs dont la nature a aborné les grandes divifions
-t-elle pas la loi
du globe : Ne nous impofe
d'étendre notre furveillance fur toutes les contrées qui
reccient des FRANÇOIS, &c, fous ce rapport, pourrat-on s'étonner de voir un Député de PAmérique diriger un inftant VOS regards far FASIE?
LES territoires précieux quc la France y poffede
n'ont point encorc occupé les Ligidateurs de PEm-
ifmc,
mitcs dont la nature a aborné les grandes divifions
-t-elle pas la loi
du globe : Ne nous impofe
d'étendre notre furveillance fur toutes les contrées qui
reccient des FRANÇOIS, &c, fous ce rapport, pourrat-on s'étonner de voir un Député de PAmérique diriger un inftant VOS regards far FASIE?
LES territoires précieux quc la France y poffede
n'ont point encorc occupé les Ligidateurs de PEm- --- Page 166 ---
AON &
(196)
pire. Cependant, d'un côté, des ILES
COMPTOIRS intéreffans, des
produ@ives, des
méritent votre attention,
ÉTABLISSEMENS utiles
réclament auili votre
follicitent vos bienfaits,
moment ou l'ambition JUSTICE; d'un autre côté, du
les iles voifines de notre angloife, trop refferrée dans
der fir les bords de l'INDUS continent, , a cru devoir fonprofpérité duqueleft attachée un fecond Empire, à la
l'Angieterre dans
toute linfuence qu'exerce
l'intérêt du
l'équilibre de I'Europe; ; la
commerce > &c la raifon ont da politique,
diquer lc. degré d'importance
nous inà nos poflelions dans les
qu'il convient d'attacher
dans la balance des
mêmes parages. Elles font,
CONTRE-FOIDS
rapports commerciaux, lc feul
à Ja
que nous puiflions oppofer aujourd'hui
puiffance de nos rivaux.
En BIEN, le defpotifme d'un
ritie des APNINISTRATEURS MINISTRE, & l'impéa l'envi CCS contrécs
qu'il a choifis, défolent
TUNES, font
malheurcufes. Leurs
-
en raifon direéte de
INFORfc trouvent de la
T'éloignement oil elles
DATICNS dons elles puiffance font
nationale, & les DÉPRÉn'énongant
le théâtre, font tellos,
quc des vérités, on a l'air de
qu'en
que des fables,
ne débiter
LNEXCUSABLE évacuation de
donnée déformais d
PONDICHÉRY, abanmations des DÉPUTÉS l'invafion & au pillage, les réclade ce pays, l'ADRESSE
préfentée à P'Affembléc Nationale,
touchante
mois, par les habitans des iles de ilya déjà quelques
BoURaON, les
FRANCE & de
VEXATIONS de' tout genre dont ils
air de
qu'en
que des fables,
ne débiter
LNEXCUSABLE évacuation de
donnée déformais d
PONDICHÉRY, abanmations des DÉPUTÉS l'invafion & au pillage, les réclade ce pays, l'ADRESSE
préfentée à P'Affembléc Nationale,
touchante
mois, par les habitans des iles de ilya déjà quelques
BoURaON, les
FRANCE & de
VEXATIONS de' tout genre dont ils --- Page 167 ---
N 3A36 C A
(157)
lcs TRIBULATIONS qui les envifont les viétimes,
n'a de
ronnent, la TYRANNIE d'un Gouverneur qui
loi
fcs caprices, les BÉVUES pardonnables d'un
Inatendant, que allié dc M. de la Luzerne, qui, en 1789,.
ceilé dc juger des PROCÈS au Châtclet de Paris,
a
aller ADMINISTRER tous nos établiflemens dans
pour
arbitrairement
Ilnde,desTAXES intolérables, impolées
VINCULTURE dune Colonie fertile,
fur les Citoyens,
ciel de la Nature, des DILAplacée fous le plusbeau
PIDATICNS dont on ne peut fe faire une jufte idée,
d'opérations défaftrenfes,
unc SÉKIE non interrompue Caifle royale à tousl les favoris du
desPRÉTS faits furla
Gouvernement > TROIS MILLE ESCLAVES entretenus
aux frais de la Nation pour fervir au luxe afiatique
des defpotes, des EAYONETTES & des cartouches opélans de ce peuble vers la régénépofées aux premiers
infurmontables
ration & la liberté, des OBSTACLES
les Affemblées éleétorales & la nomiélevés contre
d'UN MILLION de
nation des Députés, > enfin plus
ANNUELLES à réformer, &c plus de TRENTE
dépenfes
échappés du tréfor royal, 2 à faire rentrer
MILLIONS dans les coffres de la Nation :
VOILA Teffidelle de la fituation déplorable à laquellc un
quifle
& foible a réduit nos établiffemens
Miniftre opiniâtre
au de là du Cap de Bonne-Elpérance.
VoxEz, MESSIEURS, voyez pourtant quelles fuites
peuvent avoir lcs erreurs de celui auquel
effrayantes
SOUVERAINE de la
eft confiée Fadminifration prefque
Miniftre
Marine & des Colonics. Bien différent d'un
de la Guerre, d'un Miniftre de lintérieur ; l'un ne
quifle
& foible a réduit nos établiffemens
Miniftre opiniâtre
au de là du Cap de Bonne-Elpérance.
VoxEz, MESSIEURS, voyez pourtant quelles fuites
peuvent avoir lcs erreurs de celui auquel
effrayantes
SOUVERAINE de la
eft confiée Fadminifration prefque
Miniftre
Marine & des Colonics. Bien différent d'un
de la Guerre, d'un Miniftre de lintérieur ; l'un ne --- Page 168 ---
VORON a -
(158)
peut malverfer que dans fon département,
peut nuire qu'à la
l'autre ne
la Maifon
Capitale ou aux Commenfaux de
royaie, tandis qu'un Miniftre des
peut étendre fon influence malfaifante
Colonies
DES DEUX MONDES. Les délits de fes far les François
toujours bornés
collegues feront
)
comme leurs
mais
qui tient dans fa main les rênes foncions; de
celui
T'Afie, peut verfer fes forfaits fur T'Amérique & de
F'Univers.
la MOITIÉ 1 de
DE tous les agens du pouvoir
TEL MINISTRE dont le choix eft le exécutif, c'eft un
de tous les délégués de la
plus important;
fuprème
LUI, dont les lumieres
puiffance, C'EST
fanccs
étendues, dont les connoif
la
profondes doivent diriger avec plus de
nomination de ceux auxquels il confie
fagacité
de fes ordres; & loin que la France
l'exécution
avantage, celui qui
jouiffe de cet
autorité fans
y dirige aujourd'hui, avec une
bornes, ce département
à chaque pas CONVAINCU
magnilique, eft
d'impétitie
ou de foibicfle. Accablé fous le faix des > d'opinitreté
cufables dont j'ai fait le
pieces irréimprims à la fuite de
dépôt, & dont l'extrait eft
tifier, ni de fes
cet ouvrage, il ne peut fc juf
probation
erreurs PERSONNELLES, ni de
criminelle par laquelle il s'eft
Yaples délits de fon Intendant favori
APPROPRIÉ
balternes. Enfin,
& de fes agens fuentre tous les
vu l'étendue de fes
Miniftres, celui qui,
lence L'homme de Za rapports, devroit être par excelNarion, eft juftement celui
qui, par tant de PREUVES acquifes, fe
évidemmient
trouve bien
COUPABLE :
probation
erreurs PERSONNELLES, ni de
criminelle par laquelle il s'eft
Yaples délits de fon Intendant favori
APPROPRIÉ
balternes. Enfin,
& de fes agens fuentre tous les
vu l'étendue de fes
Miniftres, celui qui,
lence L'homme de Za rapports, devroit être par excelNarion, eft juftement celui
qui, par tant de PREUVES acquifes, fe
évidemmient
trouve bien
COUPABLE : --- Page 169 ---
s *
-
à - - VAN
(159)
commnisonlaiflé commeftrei-dese opérations
D'AvOTR
- des abus inouis
alfaftreufes, - - des faux matériels,
des traficshonteus,- - - -des intrigues crimid'autorité, -
des exaétions
nelles,--des traits odieux d'inhumanité,-
dcs dénis de jufice révoltans, dcs
tyranniques,
atroces, - des
cruelles, - des calomnies
opprellions
1 des
forfaitures prouvées, - des jugemens pervers,
des négligences meurconcuflions démontrécs >
des aétes antibarbares,
trieres, - des fpoliations
fans
conffitutionnels, - des fautcs politiques prefque
remedes. .
le malheur de la Colonie; done
DoNc iZ a fait
l'avois
fa ruine, ainfi que je
iZ vouloit confommer
énoncé le ier décembre 1789.
TEXTUELLEMENT
MAIS alors n'a-t-il pas mérité fon exécration, &
exagérée le jour oi la vécette expreflion qui parut
les lettres & mérité me l'arracha, aujourd'hui que
Commettans l'ont tecniquement conmoires de nos
femblera-t-elle pas exprimer avec jufteffe
facrée, ne
le fentiment que j'avois à peindre 2
au traitement que
Si l'on en doutoit, j'en appelle
l'EFFIGIE
le peuple fit fubir, à Saint-Domingue, à
du Miniftre; & à celle de fon Intendant 2 lorfque ce
déroba
la fuite, fa tête coupable au fupdernier
, par
plice qui l'attendoit.
Donc ils étoient tous deux exécrés dans la Cos
l'avois AVANCÉ le ier décembre a
lonie, comme je
à peindre 2
au traitement que
Si l'on en doutoit, j'en appelle
l'EFFIGIE
le peuple fit fubir, à Saint-Domingue, à
du Miniftre; & à celle de fon Intendant 2 lorfque ce
déroba
la fuite, fa tête coupable au fupdernier
, par
plice qui l'attendoit.
Donc ils étoient tous deux exécrés dans la Cos
l'avois AVANCÉ le ier décembre a
lonie, comme je --- Page 170 ---
- K
- K A
(160)
l'avois froidement CONFIRMÉ le lendemain,
comme je
FALLOIT DÉMONTRER.
CE QU'IL
c'étoit donc une vérité
MAIS fi je l'ai démontré,
n'étois donc pas
frappante que je proférois alors; je calomnié, je n'ai
; & fi je n'ai pas
un calomniateur; fait à M. de la Luzerne une injure gradonc point
craint de l'avancer dans la
zuite, ainfi qu'il n'a pas
d'adrefTer à PACqu'il fe permit
lettre irrefpectueufe
file fentiment d'une bonne
femblée Nationale, comme
Miniftre d'ofer manconfsienez pouvoit juftifier un
Afemblée de
à la vérité & à la plus augufte
quer
PUnivers!
fuis donc pas un de ces hommes défignés par
Js ne
les circongances préfentes 3 ayant
lui: qui, dans
rendre favorable, ou Popinion qu'ils
befoin de fe
défendent, cherchent
foutiennent, oll la caufe qulils
de
maniere que ce foit des plainzes
à y lier quelque
contre les Minifres du Roi.
verrueux fera bien, déforEr cet adminifraveur
G à la calommais, d'oppofer à cet artifice ufité,
conduite,
le pourfuit, d'autres armes que fa
nie qui
: car fa conduite eft coufa fermeté, & fon filence
aveugle, & fon
pable, fa fermeté eft un entêtement
flence eft un aveu.
M. de la Luzerne a défiré d'étre enEr puifque
& comme
zendu, rien de plus jufte, on Y'entendra ;
demandé
je fufe tenu d'articuler des faits a
il a
que
j'ai
conduite,
le pourfuit, d'autres armes que fa
nie qui
: car fa conduite eft coufa fermeté, & fon filence
aveugle, & fon
pable, fa fermeté eft un entêtement
flence eft un aveu.
M. de la Luzerne a défiré d'étre enEr puifque
& comme
zendu, rien de plus jufte, on Y'entendra ;
demandé
je fufe tenu d'articuler des faits a
il a
que
j'ai --- Page 171 ---
- 43 A
&
j'ai neftement
(1e)
il m'a
articulé des faits
requis de eproduire des nombreux; & comme
des preuves irréfifibles, & je les preuves, j'ai produit des
pieces aue Jourien, j'ai public; de
&
réplique, je les
communique cummuniguer des
la
imprime ; & comme pieccs fans
conclus refutation n'en fera ni facile
je penfe que
que
ni
leure, eft dénuse Timpatation qui me
completre > je
de tout
concernoit dans fa
quent attentatoire au
fondement, & par
la Nation nous
caraÉtere dont la
conféa tous revêtus.
confiance de
Doxc c'eft lui qui
lui qui m'a
m'a fait injure
calomnié,
; DONC
entrepris de démontrer
- ce que j'avois c'eft
(page 7).
cncore
Er cependant,
Affembiée de
MESIEURS, au fein même
voir exécutif lumieres, c'étoit à un tel
de cette
Tenvoyer
que plafieurs opinans
agent du poul'ezamen de nos
avoient
de
cuffion des plus
jufes
propofé
fentiment
chers intéréts des demandes, > la dif
yeux de pénible ne dut pas
Colonies ! Qnel
qui tous les faits
m'aficder, MCI, ,
que j'ai tus, étoient dès que j'ai cités, & bien
aux
confcience
lors
d'autres
ment
duquel tant de méfaits induliubles; MOI, à la
démontrés !
étoient
des confidérations Devois-je, en cet
vidorieulela confiance
particulieress
inflant, céder à
de mes
Auroieje été
pable de FOIBLIR: Commettans, fi j'avois digne de
une vertu fans
Non; la vertu fans
été caà Fafpea des PRINCIES; dès
RESSORT eft
vices, elle en eft quelle ne frémit pas
fouillée,
L
la
démontrés !
étoient
des confidérations Devois-je, en cet
vidorieulela confiance
particulieress
inflant, céder à
de mes
Auroieje été
pable de FOIBLIR: Commettans, fi j'avois digne de
une vertu fans
Non; la vertu fans
été caà Fafpea des PRINCIES; dès
RESSORT eft
vices, elle en eft quelle ne frémit pas
fouillée,
L --- Page 172 ---
M - 7A 4 X -
Ti6s)
à cette mefure DÉSASTREUSB:
S'AI donc da m'oppofer
pour en
moyens étoient à ma difpofition
dan-
& quels
finon de n'en point cacher les
écarter les eftets,
de le déchirer, de manifefter
gers, de lever le voile,
enfin de DÉNONCER
favois moi-même 2
tout ce que je
quand j'en avois reçu lORDRE
le Miniftre, fur-tout
& que c'étoit LE VEU
exprès de mes Commettans, entiere-Je DÉNONÇAI DONC,
toute
de ma Députation coutât, je nc m'en repens point.
&, quoiquil m'en
eft une CONSPIRALINDULGENCE pour le defpotifme
TION contre la liberté,
aucune réfexion fur les MOJe ne me permettrai
nicomerntysicameues
TIONS légeres, inconfidérées, a donné lieu. Elles font
auxquelles cette dénonciation fenfibilité des honorables
honneur à la loyauté & à la
pas
Membres qui les ont faites. Ils ne pouvoient &
Miniftre fat récllement SI COUPAELE,
croire qu'un
de la liberté, ce
ils prenoient pour une exagération douleur.
n'étoit que le cri de la
qui
fi fur-tout
S'ILS ont écouté tout ce qui précede, Juftificales Pieces
ils daignent lire ATTENTIVEMENT un regret de leur
tives que je mets fous leurs yeux ,
foupçon
dans mon âme le chagrin qu'an
part compenfera leur contre ma véracité avoit pu me
élevé dans la
faire éprouver.
bien moins encore fur les erreurs de
Je m'arrêterai
La nouveauté de mon aétion a
L'OPINION PUBLIQUE.
contre elle, que fa hardi élever plus de préventions
cede, Juftificales Pieces
ils daignent lire ATTENTIVEMENT un regret de leur
tives que je mets fous leurs yeux ,
foupçon
dans mon âme le chagrin qu'an
part compenfera leur contre ma véracité avoit pu me
élevé dans la
faire éprouver.
bien moins encore fur les erreurs de
Je m'arrêterai
La nouveauté de mon aétion a
L'OPINION PUBLIQUE.
contre elle, que fa hardi élever plus de préventions --- Page 173 ---
- - S FNER
- - Z
(163) )
dicfle n'a pu lui mériter de faveur; mais ELLE-MÉME
& fi cette fatisfaction fouffroit quelque
me vengera;
tranquillement les effets de fa juc
délai, j'attendrois
les PRÉJUGÉS des hommes hontice, en fongeant que DÉCOURAGER ni le patriotifimne ni
nêtes nc doivent
la vertu.
MAIS c'eft trop parler de MOI, quand je ne fuis
l'organe de mes Collègues, un foin plus imporque
tant m'occupe. .
Si Fon excepte les Rois, les Empereurs, 2 & les
Sultans, dont lcs contemporains ou la poftérité ont
L'HISTOIRE: ne nous préfente pas un grand
fait juffice ,
sombre de dénonciations publiques.
PARMI les hommes revêtus d'une portion feulement
Pautorité fouveraine , f, entre VERRÈS & HASde
je retranche ceux qui, comme LES VISIRS,
TINGS,
innocentcs peut-être, d'un defont été les viétimes,
potifme atroce > fi je retranche encore ceux qui, comme
ont reçu du peuple en fureur un
VASCONCELLOS 3
il n'eft pas prochâtiment toujours injufte 3 quand
noncé pat la Loi, je trouve peu de Miniftres qui,
DÉNONCÉS folemnellement., aient parcouru la route
ordinaire d'un jugement LÉGAL.
UNE Affemblée Nationale CONSTITUANTE n'a pas
de l'autorité de l'exemple. C'eft
befoin fur ce point
confà elle à le donner à Punivers. C'eft au pouvoir
tiuant à RÉSOUDRE cette grande queftion politique;
L 2.
prochâtiment toujours injufte 3 quand
noncé pat la Loi, je trouve peu de Miniftres qui,
DÉNONCÉS folemnellement., aient parcouru la route
ordinaire d'un jugement LÉGAL.
UNE Affemblée Nationale CONSTITUANTE n'a pas
de l'autorité de l'exemple. C'eft
befoin fur ce point
confà elle à le donner à Punivers. C'eft au pouvoir
tiuant à RÉSOUDRE cette grande queftion politique;
L 2. --- Page 174 ---
-RN Q
(164.)
ACTUELLE t ftatuer fur toutes les
c'eft à la légillature
fecondaires qui en découlent.
queflions
la RESPONSARILITI É
LE décret célebre qui prononça
Des décrets
des Miniftres, ne pofa que le principe.
le
conftateront LA FORME & régleront
d'exécution
la refponfabilité fera exercée.
MODE en vertu duquel
fera probablement charLa HAUTE CoUr NATIONALE
fonétions terribles S refpedtables.
gée de ces
DANS des caufes de cette importance , LA SOLEMfans doute, au rang de fes premiers
NITÉ fera placée,
de confacrer par
devoirs. Si ce fut une belleinftitution, fouvenir des Rois
des monumens & par des fêtes le
fervices
avoient rendu de grands
& des Citoyens qui
de GRANDS
à Phumanité, on fentira, par analogic > que
préviendront de grands crimes, empécheront
EXEMPLES
La France jugera un Miniftre dénoncé,
de grands maux.
fes Rois, avant de leur rendre
comme FEgypte jugeoit
les honneurs funcbres.
attendant la RÉDACTION folemnelle de ce
MAIS en
Code de Loix nationales qui, apparemment,
nouveau
feuillet de PHiftoire de notre liremplira le dernier
Colonie malheuberté, une COLONIE puiffante, une
des
xeufe, la plus grande & LA PLUS IMPORTANTE
Colonies françoifes, gémit depuis plufieurs annécs,
réclame juftice, & Pattend.
eût été le fort du Miniftre qu'elle m'a chargé
QUEL
l'Affemblée Nationale, f, comme HAsde dénoncer à
cxpofé à i'éloquence
TINGS, il eût été publiquement
foudroyante des Fox, des BURKE, des SHÉRIDAN
, une COLONIE puiffante, une
des
xeufe, la plus grande & LA PLUS IMPORTANTE
Colonies françoifes, gémit depuis plufieurs annécs,
réclame juftice, & Pattend.
eût été le fort du Miniftre qu'elle m'a chargé
QUEL
l'Affemblée Nationale, f, comme HAsde dénoncer à
cxpofé à i'éloquence
TINGS, il eût été publiquement
foudroyante des Fox, des BURKE, des SHÉRIDAN --- Page 175 ---
- A
-
Cc farcroit de
(16; )
fication
peines ne
en fera-t-elle l'accablera pas; mais fa
ma
plus facile:
juftimillion, ma PÉNIELE
Non,
teur fe retire : l'AccUSE MISSION eft finie; MESSTEURS, le
vois s'élever
refte avec fcs
dénonciaentte eux & lui la
Juges; mais je
Saint-Domingue lcs
qu'il a
VoIX UNANIME de
Colonies qu'il a adminifrées, gouvernée,le VEU de TOUTES
actions, & les pieces
le récit FIDÈLE de fes
Grand Dieu !. -
authentiques que j'ai
nois pas de
contre de tels adverfaires DÉPOSÉES...
défenfeur.
je ne conNous SUPPLIONS
D'ADOPTER
L'ASSENRIEE
NOS
NATIONAIE
DABS LE PROJET CONCEDSIORE,
DE DÉCRET RENFERMÉES
L'ASSENILÉE
SUIPANT :
DÉRONCIATION du NATIONALE, après avoir entendu la
les Députés de
Miniftre de la Marine
> faite par
COLONE, & s'être Sin-Doningee, fait
AU NOM DE
DES
rendre
CETTE
RAPFORTS, tant de Ia compte par fon CoMiTÉ
pieces jutificatives DÉFOSÉES nature & authenticité des
à
nonciation, > que des
Tappui de ladite
DE LA,
DÉFENSES
déLUZERNE, a décrété &c produites par le fieur
r°, QUE fon
décrete :
pour remettre à Préfident fe retirera
crite de la
SA MAJESTÉ une pardevers le Roi,
contre le fieur DÉNONCIATTION de
qui vient d'être copie manuf.
Pieces
la Luzemne, &
prononcée
Jafificatives à l'appui.
Un EXTRAIT dcs
2°. QuE Sa Majefté
fa
fera
juflice > s'il n'eft pas de fuppliée d'examiner dans
D'ÉLOIGNER de fes Confeils L'INTÉRÉT de la Nation
un MINISTRE qui ne peut
JESTÉ une pardevers le Roi,
contre le fieur DÉNONCIATTION de
qui vient d'être copie manuf.
Pieces
la Luzemne, &
prononcée
Jafificatives à l'appui.
Un EXTRAIT dcs
2°. QuE Sa Majefté
fa
fera
juflice > s'il n'eft pas de fuppliée d'examiner dans
D'ÉLOIGNER de fes Confeils L'INTÉRÉT de la Nation
un MINISTRE qui ne peut --- Page 176 ---
VRTIM C 7
18-151
(166) )
dans fon département de la confidération
plus jouir
bien du fervice, & DE RAPPELER les
fi néceffaire au
Intendant, & de LA MARDELLE,
fieurs de MANBOIS,
de leur conduite.
Procureur général,pour rendre compte
que le fieur DE LA LUZERNE
3°. Qu'AUSSI-TôT
QUITTÉ fes fonétions miaura, fur les ordres du Roi,
fes RÉPLIQUES &c
niftérielles, il fera tenu de produire
les
MOYENS de défenfe; favoir, pour
autres NOUVEAUX
PRIVÉES, pardevant les TRIaccufations en matieres
les accufations en matieres
BUNAUX ordinaires; & pour
CouR NATIONALE,
PUBLIQUES, pardevant la HAUTE
qui fera inceffamment établic.
S I GNÉ:
DE COCHEREL,
DE REYNAUD,
DE PERRIGNY,
BETNERAUDIRAEE
DE VILLESLANCHE,
DE MARMÉ,
Députés
DE. COUxASJOLLES,
des trois Provinces
DE LABORIE,
de Saint - Domingue
DE ROUVRAY,
DE CHABANON,
6 GORMAN,
DE MAGALLON,
FITZ-GERALD,
Louis-I MARTHE DE Goux..
TRÈS - IMPORTANT placé à la
* VOYEZ un Supplément & qui en renferme de trèsfuite des Pieces Jufificatives,
çuricufes. --- Page 177 ---
A --- Page 178 --- --- Page 179 ---
CM
2 2 --- Page 180 --- --- Page 181 --- --- Page 182 ---
C