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Gromn Iniuersity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
78A2 --- Page 5 ---
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P - R É CIS
SURLAPOSITION ACTUELLE
DE LA DÉPUTATION
DE SAINT-DONINGUE,
AUX ÉTATS-GÉNÉRAUX,
Verfailles, le 20 Juin 1789. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
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44.
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P RÉCIS
SURLA POSITION ACTUELLE
DELADÉPUTATIO N
DESAINT-DOMIN G U. E,
AUX ÉTATS-GÉNÉRAUX
Verfailles, ce 20 Juin 1789.
Vars les commencemens du fiècle dernier, & poftérieurement à l'époque des derniers Etats - Généraux,
des Gens de Mer de toutes les Nations, unis par leur
penchant pour les grandes entreprifes, s'établirent
dans l'Ifle DE ST-DOMINGUE 5 ils cultivèrent, firent
le commerce 3 parcoururent les liles voifines, 3 &
demeurèrent INDÉPENDANS pendant un certain nombre
d'années. C'eft ainfi qu'ont commencé les grands
Empires, & l'on ne fauroit trouver dans cet Établiffement, les foudemens ordinaires & ferviles d'une
COLONIE.
LES rapports de ces braves FLIBUSTIERS s'étendant
de jour en jour, ils fentirent qu'il Ieur falloit un
A 2 --- Page 8 ---
[4j
Protedteur pour défendre leur enfance
Anglais, Hollandais de
5 Français 3
foumettre
naiffance, chacun voulait fe
à fon Souverain naturel. Une
cette importance
prétention de
entre tels concurrens > ne
vait fe décider que les
pouarmes à la main. Chaque
NATION rangea les fiens en bataille. Le
alloit commencer.
la
carnage
contenance des Français en
impofa à leurs rivaux. Ils reftèrent
maitres de
& fe donnèren: à Louis LE
PIfle,
GRAND,
CE Dox s'exécuta fous la claufe
expreffe d'une
protedtion aétive, continuelle & d'un affranchiffement
AESOLU de toutes efpèces d'impôts.
LE commerce exclufif avec cette nouveile
devint fucceflivement
la
poffeffion,
pour France, un accroiffement
de richeffes, auxquelles les circonftances
un nouveati prix.
ajoutérent
Louis XIV, dont les fuccès & les revers
tèrent égalemen: les befoins, demanda
augmenà
des OcTROIS
St-Domingue. Cette demande était une reconnoiffance authentique des droits
CONSTITUTIONELS de
cette Contrée. Elle fut accordée dans une Affemblée
Nationale, od les Habitans s'imposèrent
EUX-MÉMES,
Depuis cette époque, ils ont, tous les CINQ
ANS,
ances
un nouveati prix.
ajoutérent
Louis XIV, dont les fuccès & les revers
tèrent égalemen: les befoins, demanda
augmenà
des OcTROIS
St-Domingue. Cette demande était une reconnoiffance authentique des droits
CONSTITUTIONELS de
cette Contrée. Elle fut accordée dans une Affemblée
Nationale, od les Habitans s'imposèrent
EUX-MÉMES,
Depuis cette époque, ils ont, tous les CINQ
ANS, --- Page 9 ---
1s1
renouvellé ce même DoN, que la générofité FrancoAméricaine. a beaucoup étendu de nos jours.
TANDIS que St-Domingue ne ceffait de donner a
fon Roi, des preuves de fon patriotifme, le pouvoir
Miniftériel s'attachoit à miner fourdement fa conftitution primitive, dont on vient de préfenter les bafes
fondamentales.
IL faudrait un volume, & des volumes pour conrenir feulement la Table des matières de nos infortunes.
Leur accroiffement n'ayant été que fucceffif, n'a pas
d'abord étouffé les principes de vigueur, qui portoient
vers la profpérité une Terre vierge & féconde, dont
le fein, à peine entr'ouvert, produifoir des tréfors.
LA population augmenta peu à peu, fans jamais
être à charge à la Métropole. La CULTURE s'accrut,
FINDUSTRIE doubla, laNAVIGATION fut encouragée,
le COMMERCE vivifié; enfin, en dépit des Irtendans >
des Gouverneurs, 3 des Miniftres > & des vexations
diverfes que leurs fyftêmes différens & leur ignorance
femaient autour de Nous, cette Ifle précieufe, que
l'on a toujours IMPROPREMENT appellé une Colonie,
tandis qu'elle eft un SECOND ROYAUME 5 cette Ifle
précieufe, qui, plus grande que la moitié de la
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[6J
France 5 préfente à l'oeil étonné du
étendue, de 200. LIEUES de
voyageur, une
côtes, 3
60 VILLES, 6000
CAPITALES,
VILLAGES, eft devenue la plus
riche, la plus puiffante , la plus produétive de
nos
Provinces, & ce qui eft admirable, & bien
SOLANT dans l'état défaftreux de
CONnos Finances, c'eft
gu'elle eft encoref
ff les
sepaeneienetemtnes
Etats-Généraux, pefant dans leur politique fon
importance, 3 s'attachent à rétablir fa
à la
conftitution, &
perfedtionner par des Loix fages, qui affureront
à jamais le BONHEUR des
Habitans, la RICHESSE de
cette Contrée 8r le BÉNÉFICE de la France.
DANS cette pofition d'importance actuelle, de
malheurs préfens, & d'accroiffement futur
3 la Colonie
a reçu les Arrêts du Confeil du Roi, rendus
dernière; ; elle a vu avec une fatisfaction
l'année
inexprimable,
que Sa Majefté s'étoit enfin rendue au
de fes
voeu unanime
Peupies 3 & avait réfolu de s'entourer des
Avis falutaires de tous les Sujets de fon
Ceux de
obéifance.
St-Domingue fe font adreffés SANS DÉLAI,
à leur Gouverneur & à
leur.Intendant, & ils ont
demandé un RÈGLEMENT qui fixât le mode de leur
Convocation.
LES Adminiftrateurs n'avaient garde de les écouter,
s'étoit enfin rendue au
de fes
voeu unanime
Peupies 3 & avait réfolu de s'entourer des
Avis falutaires de tous les Sujets de fon
Ceux de
obéifance.
St-Domingue fe font adreffés SANS DÉLAI,
à leur Gouverneur & à
leur.Intendant, & ils ont
demandé un RÈGLEMENT qui fixât le mode de leur
Convocation.
LES Adminiftrateurs n'avaient garde de les écouter, --- Page 11 ---
(7)
Oppofés par principes à toutes les demandes qui tendent au foulagement des Peuples', ils ont borné leurs
fonétions à rendre au Miniftre un compte fervile des
difpofitions de la Colonie. Réduite au défefpoir par
leur filence, elle a imploré, dans fa douleur, l'affiftance
des Colons fes enfans qui habitaient le Continent; elle
leur a envoyé une longue énumération de fes malheurs & 4C00 SIGNATURES ont fanétionné fes juftes
plaintes.
LES Colons de France fe font affemblés. En vertu
des procurations à eux déléguées - ils ont nommé un
COMITÉ compofé de NEUF PROPRIÉTAIRES PLANTEURS qu'ils ont revêtu des pouvoirs les plus étendus.
Depuis onze mois 3 ces COMMISSAIRES zèlés n'ont
oublié aucune des démarches qui pouvaient les amener
au but de leurs travaux.
ILS ont reclamé la juftice du MINISTRE de la Marine; celle de tous les Membres du CONSEIL du Roi;
celle des NOTABLES
ces derniers fur-tout vollaient les accueillir, mais un ORDRE Miniftériel et
venu leur enlever une caufe grande & jufte que leur
équité , contre le gré du Miniftre DESPOTE, et
promptement décidé en faveur de la Colonie.
PENDANT qu'ils tentaient vainement en France, de
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(8)
parvenir au pied du Trône, dont
leur avaient été
toutes les avenues
fermées avec des
on ne peut fe faire une idée
précautions dont
la Colonie
exacte, 3 les habitans de
inftruits du peu de fuccès des
des Commiffaites de
follicitations
demandes
France, après avoir réitéré leurs
au Gouverneur & à IIntendant
que le moment était
s ont fenti
venu de montrer qu'ils MÉRITAIENT d'être libres 5 mais tempérant
dence bien rare &
par une prupar un fang froid admirable l'efferveftence naturelle
desefprits dans un climat
ont formé le
brôlant, ils
plus BEAU PLAN de
F'ont exécuté
régénération 8
avec une modération qui affurera à
dans les Annales de T'Hifloire
jamais
ple
3 la GLOIRE de ce peuéloigné. Par un preffentimen:
pour ainfi dire, deviné
inexplicable, ils ont
les dilpofitions du RÈGLEMENT
qu'ils exécutaient en
Amétique , pendant qu'on le promulguait en France.
LA Colonie eft divifée en DIX
SÉNÉCHAUSSÉES
ROYALES > qui jugent en dernier reffort
6000 liv:, & qui relèvent
jufqu'à
Confeil
toutes DIRECTEMENT du
Supérieur de Saint- Domingue. Dans
ces
toutes
SÉNÉCHAUSÉES, tous les habitans majeurs fe font
réunis en,vue du clocher de leur Paroiffe &
mencé
ont compar choifir entr'eux un PRESIDENT &
CRÉTAIRE. Ils ont remis
un SEen leurs mains les DOLÉAN-:
SSÉES
ROYALES > qui jugent en dernier reffort
6000 liv:, & qui relèvent
jufqu'à
Confeil
toutes DIRECTEMENT du
Supérieur de Saint- Domingue. Dans
ces
toutes
SÉNÉCHAUSÉES, tous les habitans majeurs fe font
réunis en,vue du clocher de leur Paroiffe &
mencé
ont compar choifir entr'eux un PRESIDENT &
CRÉTAIRE. Ils ont remis
un SEen leurs mains les DOLÉAN-: --- Page 13 ---
(9)
CES du diftrict, & après avoir reçu leur SERMENT,
ils ont formé leur CAHIER, & l'ont confié aux ELECTEURS qu'ils venaient de choifir au SCRUTIN 8x à
la MAJORITÉ ABSOLUE des fuffrages; chacun d'eux
a été revêtu de POUVOIRS fuffifans pour la Miffion
qu'il alloit remplir,
PEU de jours après 3 ces ELECTEURS de toutes les
SÉNECHAUSSÉES fe font rendus dans les 3 capitales
de leurs provinces refpectives. Là, après avoir VÉRIFIÉ leurs pouvoirs 2 ils ont nommé à leur tour un
Préfident & un Secrétaire d'Office. Et après avoir
réitéré leur SERMENT, ils fe font occupés de la Colledte de toutes les Feuilles de doléances des Paroiffes
& de la RÉDACTION du Cahier général.
CE FAIT, ils ont procédé avec ordre à la nomination au SCRUTIN de leurs DÉPUTÉS aux Etats-Généraux. Le SCRUTIN a été recommencé pour chaque Elu,
jufqu'à ce qu'il ait obtenu plus : de la moitié des
fuffrages. Ces Députés 2 de l'Eleétion defquels il a
été dreffé Procès-verbal en bonne forme, ont été revêtus chacun d'un pouvoir très-étendu &c authentique 3
dont ils font porteurs > 8 au fujet duquel aucune
forme n'a été omife. Ils ont prêté avant leur départs
le SERMENT SOLEMNEL de bien & fidèlement rem- --- Page 14 ---
(1o)
plir la mifion à eux déléguée,
& en recevanr leurs
infiru@ions, il Jeur a été intimé l'ordre de
quer fans retard & de fe joindre à
s'embarlègues qui avaient
ceux de leurs Colété élus en
entre les bras de la Nation. France, pour fe jetter
MAIGRÉ des contradictions fans
Eleétions s'étaient
nombre 3 Ies
faites avec la plus grande
EN PRÉSENCE de tous les
publicité
& dans la ville
Commandans pour le Roi,.
même ot RÉSIDENT le Gouverneur &
l'Intendant ; pour partir 3 des PASSEPORTS étaient
ceffaires à nos Députés, ils les
néont demandé ouverrement fans cacher l'objet de leur
étre été
royage. Il ett peutdangereux de les refufer ; les
les ont accordé, & nos braves
Adminiftrateurs
une traverfée
Compatriotes 3 après
longue & pénible 3 dans laquelle ils ont
TOUS été fur le point de
périr, ont eu le bonheur
d'arriver en France avant la conftitution de l'ASSEMBLEE NATIONALE.
LEUR premier devoir a été de
Généraux
préfenter aux Etatsune Requête noble 8z fraternelle dont les
porteurs ont été également bien accueillis
TROIS
par les
ORDRES, le 8 de ce mois.
Sr-DOMINGUE dirifée, comme on l'a
dit, 9 en DIX
laquelle ils ont
TOUS été fur le point de
périr, ont eu le bonheur
d'arriver en France avant la conftitution de l'ASSEMBLEE NATIONALE.
LEUR premier devoir a été de
Généraux
préfenter aux Etatsune Requête noble 8z fraternelle dont les
porteurs ont été également bien accueillis
TROIS
par les
ORDRES, le 8 de ce mois.
Sr-DOMINGUE dirifée, comme on l'a
dit, 9 en DIX --- Page 15 ---
(I)
SÉNÉCHAUSSÉES Royales 3 . femblait avoir le droit
d'envoyer QUARANTE REPRÉSENTANS à l'Affemblée
de la Nation 5 mais les habitans de cette contrée importante J malgré la juitice d'une réclamation fondée
fur la combinaifon de fa population, des richeffes de
fes propriétés, & de la fomme de fes rétributions 3
ont préféré une modération louable à une repréfentation plus éclatante. Ils n'ont nommé que TRENTE
DÉPUTÉS, & ils font fondés à craindre que léloignement & des maladies ne LES PRIVENT de plufieurs
d'entr'eux.
LEURS Collègues échappés aux dangers des mers,
oul aux PERSÈCUTIONS INTÈRESSÉES des Miniftres,
fe préfentent aujourd'hui avec confiance à l'Affemblée
de la grande Famille.
O!vous, dignes Repréfentans de la Nation Françaife, qui allez prononcer fur la plus grande queftion
qui depuis deux fiècles ait été agitée dans le Sénat
de la France, fongez que PEUROPE ENTIÈRE eft attentive au décret que vous allez rendre, &c avant d'en
manifefter l'exprefion, daignez & relire tout ce qui
précède & fixer enfuite vos yeux fur le TABLEAU
FIDÈLE que nous devons, en finiffant, expofer à vos
regards. --- Page 16 ---
(12)
Sr-DOMINGUE n'a été foible qu'un
cation n'a jamais rien coûté
jour 3 fon éduà fa mère
année, , elle lui fait
adoptive. Chaque
riches
Thommage de fes récoltes. Les
productions de fon fol, elle ne les
qu'à la Métropole & à BAS
donne
lui fait
PRIX. Celle-ci en
paffer fon fuperflu au taux
la
échange
VEUT Y METTRE, De
que Mère-Patrie
habitans
tous les enfans de lEtat, fes
font les plus induftrieux
ils font le moins à
peut-être, & quand
les plus utiles.
charge 3 ils tâchent encore d'être
DANS la paix, ils font les artifans
fortune
heureux de Ia
publique 3 dans Ia guerres ce font des
tunés qui n'ont
inforpour eux que leur courage & leur
défefpoir. Le premier coup de canon eft le
défaftreux qui FERME leurs
fignal
leur ille, elle devient
ports. Circonfcrits dans
pour eux l'univers.
TATION des richeffes
LEXPORcoloniales ceffe fubitement
TIMPORTATION des denrées utiles à la
,
devient
fubfiftance
impoffible 3 les
dent, les DENRÉES
MANUFACTURES fe dégraprécicufes de la Colonie s'aviliffent; ; le Colon chargé de tout le
militaire
poids du SERVICE
qu'un pouvoir tyranique aggrave
entouré de richeffes INUTILES &
encore 2
privé d'un pain NÉCESSAIRE, s'arme & repouffe
nemi qui lui
courageufément l'enpréfentait à la fois
LBERTÉ,
FABONDANCE & la
offible 3 les
dent, les DENRÉES
MANUFACTURES fe dégraprécicufes de la Colonie s'aviliffent; ; le Colon chargé de tout le
militaire
poids du SERVICE
qu'un pouvoir tyranique aggrave
entouré de richeffes INUTILES &
encore 2
privé d'un pain NÉCESSAIRE, s'arme & repouffe
nemi qui lui
courageufément l'enpréfentait à la fois
LBERTÉ,
FABONDANCE & la --- Page 17 ---
(13) )
Er c'eft cette Province valeureufe, ou LA RICHESS5
& LA VIE font également précaires, qu'un Minittre
Defpote prétend dépouiller â lui feul d'un droit inhérent à fon effence, d'un droit que fon origine Jui a
acquis, que fes travaux lui ont mérité, que fon induftrie doit rendre auffi précieux à la Mère-Pattic,
qu'il lui femble cher à elle-méme, DU DROIT qu'ont
toutes les Provinces FRANÇOISES > comme PARTIES
CONSTITUANTES de la Nation, de prendre part aux
DÉLIBÉRATIONS de l'Empire, quand elles en partagent
les CHARGES.
ET, ce qu'il y a d'odieux, c'eft que tous prétextes
manquent à ce procédé vexatoire.
Si Saint-Domingue ett été CONQUISE, elle auroit
pour députer aux Etats, 3 les mêmes droits que les pays
conquis; fi Saint-Domingue eût été RÉUNIE à la Couronne par l'effet d'une difpofition matrimoniale ou tef
tamentaire, elle auroit, pour enyoyer fes Repréfentans,
Jes.mêmes droits que les Provinces CÉDÉES ou LÉGUÉES.
QUAND, au contraire, Saint-Domingue SOUVERAINE
s'eft donnée librement, volontairement, fous la foi des
traités, & dela parole d'un grandRoi, a-t-elle VOULU,
a-t elle PU rendre fon fort moins favorable que celui de --- Page 18 ---
(14)
toutes les Provinces
fans doute.
ACQUISES ou CONQUISES P Non,
FRANÇAISE d'origine, FRANÇAISE
tion, elle eft
d'adopinconteflablement, fous ces deux
ports, une PROVINCE
rapFRANÇAISES fon cceur lui dit
qu'elle eft la Province LA PLUS FRANÇAISE
de TEmpire
Français, & fa raifon l'affiure
n'eft
que FEmpire Français
pas COMPLÉTEMENT réuni, là oi les REPRÉSENTANS de
Saint-Domingue ne fe trouvent pas.
DES titres auffi facrés, fondés fur le droit
REL, fur le droit PUBLIC, fur la
NATUpourraient-ils, à la honte de
CONSTITUTION, ,
notre fiècle, être affaiblis
par la dificulté puérile que leur oppofe le
d'une lettre DIRECTE de Convocation
défaut
P Si cen'eft
un OUBLI, c'eft une PRÉVARICATION
point
bien criminelle de la part de celui qui n'était-là
rappeller
que pour en
l'ufage. Mais
qu'importeaprès tout cette forme
fuperfue? Quand le Souverain, dans fon Confeil, rend
des ARRÉTS, quand ces Arrêts EMBRASSENT
quand lesAmesexCEPTENT
TOUT,
RIEN,nefont-ilsy spas;
tout fon Peuple. Quand il appelle
pour
NOMINATIVEMENT
auprès deliroutzs les Provinces defon
il:
obéifance 5 quand
convoque les pius. notables Purfonzages de chague Province, Barritaczs & Sinichaufies 3 quand il exprime
que cette corvocation a pour but d'établir zn ordre fxe
& durable dans toutes les parties de
LAdminifration i
AmesexCEPTENT
TOUT,
RIEN,nefont-ilsy spas;
tout fon Peuple. Quand il appelle
pour
NOMINATIVEMENT
auprès deliroutzs les Provinces defon
il:
obéifance 5 quand
convoque les pius. notables Purfonzages de chague Province, Barritaczs & Sinichaufies 3 quand il exprime
que cette corvocation a pour but d'établir zn ordre fxe
& durable dans toutes les parties de
LAdminifration i --- Page 19 ---
(15)
quand il leur promet d'écouter favorablement leurs ayis
fur TOUT ce qui peut intéreffer le bien de fon Royaume
entier, de manière que TOUS fes Sujets reffentent les
efets falutaires d'une f notable Afemblée ; quand il dit
& répète tout cela, quelle ferait la Province fous
l'obéifance du Monarque, 5 quel ferait le Bailliage ou la
Sénéchauffée DE SON EMPIRE qui oferait fe fouftraire à
une invitation fi expreffe & fi entrainante, fous le
prétexte frivole de n'avoir pas reçu directement une
Lettre, que la notoriété & la RECONNA'SSANCE PUBLIQUE ont dénoncé à la Nation. LE VIVARAIS fut
oublié en 16145 il députa & fut tadmis fans la moindre
oppofition.
SE ferait-on une arme de l'INERTIE des autres Colonies ? Mais leur SILENCE, volontaire ou FORCÉ, ne
faurait porteratteinte àl'ACTIVITÉ de Saint-Domingue,
ni préjudicier à fes droits. Nous tenons d'ailleurs, du
Miniftre de la Marine, EN PERSONNE, que toutes les
Colonies de l'Amérique ont demandé exprelfément à Étre
repréfentées à la fefion atluelle des Etats-Genéraus. Que
peuvent-ils donc, que doivent-ils exiger des DÉPUTÉS
de Saint-Domingue? Des pouvoirs bien libellés, revêtus de toutes les formes qui peuvent les rendre authentiques. Or, quand au milieu des contradictions de
toutes efpèces, que l'autorité faifoit germer autour
d'eux, ils apportent des pouvoirs, d'après lefquels il --- Page 20 ---
(16)
eft aifé de juger que ceux qui les
tablement le
préfentent ont véri:
voeu de leurs Conftituans; 3 quand il eft
notoire que ce VIEU GÉNÉRAL eft bien réellement
celui d'une COLONIE ENTIÈRE;
mier, le
quand il a, le preplus IMPOSANT de tous les caraétères, celui
d'avoir été recueilli LIBREMENT
affuré
5 alors, on doit être
que, dans un objet qui touche de fi près à la
reftauration univerfelle, & aux plus chers intérêts de la
Patrie, les REPRÉSINTANS d'une Nation franche
&
LOYALEnejugeront pas des chofes avec l'efprit de CHICANE, mais qu'ils fauront, dans leur JUSTICE & dans
leur POLITIQUE, écarter majeftueufement
tous les
ACCESSOIRES, 3 pour ne voir que la VÉRITÉ, le BIEN
de TEtat, & le BONHEUR de tous fes
Membres,
Le Comte DE REYNAUD.
Le Comte DE MAGALLON.
Le Marquis DE PERRIGNY.
Le Chevalier DoUGÉ.
Signé
par le Comité Le Comte DE VILLEBLANCHE
de la
Le
Digutation.
Marquis DE ROUyRAY.
DE COCHEREL.
DE Bopkin-FNrz-OIRALD.
EARCHEYIQULTIRALIS
Le Marquis DE Gouy-D'ARSY. Député
Rapporteur.
BONHEUR de tous fes
Membres,
Le Comte DE REYNAUD.
Le Comte DE MAGALLON.
Le Marquis DE PERRIGNY.
Le Chevalier DoUGÉ.
Signé
par le Comité Le Comte DE VILLEBLANCHE
de la
Le
Digutation.
Marquis DE ROUyRAY.
DE COCHEREL.
DE Bopkin-FNrz-OIRALD.
EARCHEYIQULTIRALIS
Le Marquis DE Gouy-D'ARSY. Député
Rapporteur. --- Page 21 ---
a
-
J
J.
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&
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Doglle
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M OTIO N
DE M. DE COCHEREL,
DÉPUTÉ de Saint-Domingue, à PAssemblée
Nationale.
SLANCE du 1O Octobre 1789.
Noxxis par vous 3 MESSIEURS, mardi dernier,
pour accompagner SA MAJESTÉà Paris, M. DE Goux
et moi sommes partis de Versailles avant les voitures
du ROI : arrêtés un instant à Sèves, notre voiture
a été aussi-tôt entourée par un grand nombre de particuliers 5 un d'eux m'a adressé la parole, m'a demandé
si je n'étais pas un Député, si je n'étais pas M. DE
VIRIEU : M. DE Gouv lui ayant répondu que non,
plusieurs d'entre eux ont aussi-tôt élevé la voix, et
lui ont dit qu'ils le connaissaient parfaitement bien, --- Page 22 --- --- Page 23 ---
TY
Tuet
i --- Page 24 ---