--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Bobit Carter Hromn
Ehmmur Litnstry lhueraity
: The John Carter
Brown Library
dOk
Brown University
*k
Parchased from the
Louisa D. Sharpe MetealfFund
: --- Page 3 --- --- Page 4 ---
- - M M
AH 1 --- Page 5 --- --- Page 6 ---
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- --- Page 7 ---
P R E
C IS
SU R
LA
CA N N E
ET SUR LES MOYENS
D'EN EXTRAIRE LE SEL ESSENTIEL. --- Page 8 ---
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- --- Page 9 ---
P
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I
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S U R
L A
CAN 0e N E
ET SUR LES MOYENS D'EN
EXTRAIRE LE SEL ESSENTIEL,
S U I v I
De plufjeurs Mémoires fur le Sucre, fur le Vin de
Canne, fur l'Indigo, fur Jes Habitations & fur
l'état aétuel de Saint-Domingue.
Ouvrage Dédiécette Colonie, & imprimé à fes frais,
Par M. DUTRÔNE LA COUTURE, Doéeur
en Médecine, Affocié de la Société Royale des
Sciences & Arts du Cap François.
Omne tulit pundum, qui Mifeuit utile Dulci, HoR.
A
P A RIS,
a DUPLAIN, rue &x Cour du Commerce.
Chez DUBUISSON, rue Haute-feuille,
DEBURE, rue Serpente.
LEJAY 1 fils,ue de l'Echelle.
DE SENNE, au Palais-Royal.
I
S
O. --- Page 10 ---
-
1a o ne
1U AA - soA --- Page 11 ---
- * *
7 j
X -
(
Man
a
&20
A M E 2e S - SIEURS
LES DÉPUTÉS DE St-DOMINGUE.
MESSIEURS,
APPELLÉS du Nouveau Monde à partager G à étendre la Souveraineté. de la Nation Françoife,
appellés à préfenter l'état politique
G moral d'un Peuple particulier
que votre activité arrache à l'inertie e que 2 pourfon bonheur, vous
a iij --- Page 12 ---
- -
Q - a
-
- - TA
Vi
empleyeràa des Cultures dont ilpartaà
lesfruits > permette quejofre
ge
la Colonie de Saint - Domingue que
un Ouvrage qui, en
vous repréfentets
la Plante la
éclairant la Nationfitr
la
plus riche dans fes produits,far
denrée la plus précieufe dans fes ufapoure, fans doute, , vous aider
ges,
connoitre la nature de vos pefafaire
des
feffions - 3 Pétat G Timportance
licux que vous habiter
La tâche que vous avet à remplir
le bonheur des hommes qui Vipour
verit parmi vous > pour la profpérité
de la Colonie que vous cultivelspour
P'intérêt bien éclairé de la France,ef
peut-être plus. digcile - aujourdhuis
gu'elie n'eft grande. --- Page 13 ---
vij
Yous la rempliriez cette tache avec
tout le courage qu'on attend de vous,
MESSIEURS, fi vous n'avier que
des lumières a répandre ; mais P'erreur, les préjuges > l'enithoufia/me de
la libertepeut-ture, vous préfenteront
des obftacles contre le/quels vous vous
gardere-Jans doute, 2 d'ufer vosforces. Rien ne peut aujourd'lui réfifter
au torrent del l'opinionpubligue, ; laif
fezallerfon cours,Jouvent auff aveugle que rapide 3 placcgvous Juar fes
bords 8 la, le flambeau à la main
vous l'éclairerers s'il vous étoit im2polfible de le changer, au-moins pourrict-v vous peut-être le diriger avec
fuccès.
Je defire, 5 MESSIEURS, que
a iv
d'ufer vosforces. Rien ne peut aujourd'lui réfifter
au torrent del l'opinionpubligue, ; laif
fezallerfon cours,Jouvent auff aveugle que rapide 3 placcgvous Juar fes
bords 8 la, le flambeau à la main
vous l'éclairerers s'il vous étoit im2polfible de le changer, au-moins pourrict-v vous peut-être le diriger avec
fuccès.
Je defire, 5 MESSIEURS, que
a iv --- Page 14 ---
S 9 A D -
WA - -
- TON -
-
- - -
vilj
dans Thommage queje
vous trouviet
Colonie de
à la
rends aujourdhui
SaincDomingue, une nouvelle preuve
dévouement àfa profpérité G
de mon
des fentimens profonds
le témoignage
miinfpirent fes Repréfentans.
que
Jefuis avec refpect,
MESSIEURS,
Votre trèshumble & trèsobciffant ferviteur,
DUTRÔNE LA COUTURE. --- Page 15 ---
VL de
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S
- 48
wogtt
USNKEF Noakte
-
Varte
INTRODUCTION.
EN paffant à Saint-Domingue, j'avois
pour but d'approfondir P'Art du Sucrier,
afin de foumettre fcs diverfes opérations
aux vrais principes de la fcience. La tâche
que je m'impofois étoit grande; il me
falloit d'abord étudier la Canne fous
tous fes rapports, confidérer fon fuc
dans toutes fes parties, examiner tous
les moyens qu'on employe pour le travailler, 9 ceux dont on fe fert pour en
extraire le fel effentiel & pour le préparer
après T'extraction; il me falloit tout
connoître, tout approfondir: tel fut
aufli mon premier foin, cette partie de
ma tâche fut la plus aifée à remplir.
Déterminer toutes les opérations
qu'exige le travail éclairé du fnc de
Canne, déterminer toutes celles qu'exige
lefeleffentiel qu'onen extrait, expoferles
principes fur Jefquels ces opérations doi- --- Page 16 ---
EN a
- 1
Co are aA a : al - -
N.
X
INTRODUCTION
effayer 2
vent être fondées, 2 imaginer ,
établir les moyens de les faire, 2 préfendans
la
de ces moyens
ter
difpofition
régler le mouvel'ordre le plus fimple,
marche
de leur enfemble par une
ment
& facile à fuivre, enfire à exécuter
Sucrier dans fes prinfin recréer PArt du
telle étoit la
cipes, dans fes moyens,
crois
m'impofois & que je
râche que je
remplie.
avoir parfaitement
M. DelaAu mois de Février 1785,
laiffa
livra fa Sucrerie, & me
debate me
faire tout ce que je jugerois
maître d'y
clle
au mois de Juin fuivant,
à propos;
Plan quej jafut établie fur le nouvezu fuccès
Plan, dont le
palla
vois conçu :
(1).
de beaucoup nos efpérances
&c des préjugés s'éle-
(1) Les cris de l'igmorance Deladebate au movèrent de toutes parts contre M. inébranlable dans
ment oû il établit ma méthode; mais
malgré les
en moi, il eut le courage,
fa confiance
8c de l'intrigue, de donner
efforts de Y'amour-propre
patriotique,
d'un zèle vraiment
le premier exemple
, dont le
palla
vois conçu :
(1).
de beaucoup nos efpérances
&c des préjugés s'éle-
(1) Les cris de l'igmorance Deladebate au movèrent de toutes parts contre M. inébranlable dans
ment oû il établit ma méthode; mais
malgré les
en moi, il eut le courage,
fa confiance
8c de l'intrigue, de donner
efforts de Y'amour-propre
patriotique,
d'un zèle vraiment
le premier exemple --- Page 17 ---
INTRODUCTIO N.
xj
J'avois rempli les voeux de M. le Maréchal de Caftries, 3 en préfentant à la
Colonie de Saint-Domingue un exemple
pratique des nouveaux moyens que je
venois d'établir s & fi après en avoir
conftaté les avantages, je fulle repaffé
en France 3 ce Miniftrc qui mettoit le
plus grand intérêt à la perfedtion des
Manufaétures des Colonies, n'eût pas
manqué de donner à mes fuccès tous
les encouragemens que mérite leur importance.
Mais quoique j'eufle bien prouvé dans
TEtablifement de la Manufaéture de
M. Deladebate les avantages de ma méthode 3 je voulus encore en multiplierles
exemples pour démontrer à tous les yeux
la vérité & la certitude de mes principes, afin d'aflurer à jamais leur triomphe far desi crreurs & des préjugés conpour lequel la Colonie mieux éclairée fur fes véritables intérêts, lui devra un jufte tribut de reconnoif
fance. --- Page 18 ---
N L
VENMAD :
M
INTRODUCTIOT N.
xij,
d'une routine
trois fiècles
facrés par
aveugle (1).
Aatlivrai donc à cet efpoir
Je me
voeux de pluteur en me prérant aux
leur prodiguai
; je
fieurs Propriétaires
les principes fur lefquels
(1) Je voyois auffi que
m'éclaireroit dans létablifement
T'expérience répétée
un jour
dans Y'ordre de mes moyens , pourroient
&
de PArt du Raffineur.
fervir de bafe à la régénération
avec tous les
eft impoffible de pratiquer
Art qu'il
fi O:l n'en change entièreavantages qu'il peut offrir, aflez difficile en ce qu'elle
Tâche
ment la conftitution.
érablies fur un nouexige que fes opérations foient
plus fimples, &
fes moyens foient
veau plan > que
entendu 5 ce qui ne pourra
que Y'ordre en foit mieux
Raffineries une noujamais arriver qu'en donnant aux des opérations &
adaptée au plan
il
velle difpofition
la marche des moyens : car
relative à Y'ordre & à
acbâtimens dont la conftruation
n'eft aucun de ces
à la régénération de
abfolument
tuelle ne s'oppofe
vicieux, ne peut recevoir
PArt qui, effentiellement
à des pertes
fans expofer
aucun moyen de perfedtion,
éclairées pour s'y
confidérables les perfonnes aflez peu
livrer.
opérations &
adaptée au plan
il
velle difpofition
la marche des moyens : car
relative à Y'ordre & à
acbâtimens dont la conftruation
n'eft aucun de ces
à la régénération de
abfolument
tuelle ne s'oppofe
vicieux, ne peut recevoir
PArt qui, effentiellement
à des pertes
fans expofer
aucun moyen de perfedtion,
éclairées pour s'y
confidérables les perfonnes aflez peu
livrer. --- Page 19 ---
INTRODUCTIO N. .
xij
mon tems, mes pcines, mes foins, je
facrifiai tout à l'intérêt public. Mais
lamour-propre jaloux de mes fuccès,
tâcha de confondre ma méthode avec des
moyens impraticables propofésau hafard,
fir qu'à l'inftant l'ignorance & l'envie
étoufferoient par leurs clameurs la voix
la
foible alors
fe
de
vérité, 9 trop
pour
faire entendre ( I.).
Aujourd'hui cette vérité fort du fein
(1) Je dois prévenir le Public que M. Dubuc, 3
dans les Etabliffemens qu'il a fait fur fes Habitations
à la Martinique, avoit pour but de raffiner trois
millions de Sucre brut, & non pas de travailler
comme on a cherché à le perfuader ) le fuc de
Canne pour en extraire le Sucre.
Le travail de ce fuc fe fait aujourd'hui fur les Habitations de M. Dubuc, comme il s'eft toujours fait,
fuivant la routine généralement fuivie dans nos Colonies. Qu'on fe garde donc de confondre le but des
dépenfes confidérables qu'il a faites avec ma méthode
qui, dans fon établiffement, - n'exige guères que 25
à 30 mille livres de plus ( argent des Colonies) que
T'établiffement de l'ancienne. --- Page 20 ---
na A Y a
e a a
N
AD
xiv
Txrkosserios
appuyée fur des princide Tévidence,
e, dans mon
certains elle préfente
pes
connoiffances éclairées par
Ouvrage,des & des faits conftatés par
Texpérience
de fuccès; forte de la
plufieurs années dont la fidélité & les
voix des Savans
ma
être fupedtées,
lumières ne peuvent bien diftinguée de
méthode, maintenant à la Colonie & à la
toute autre, offre
très 1 multiMétropole des avantages
calculer la
pliés dont on peut aifément
Elle offre fur-tout une grande
fomme.
de tems & de moyens dans
économie
des Sucres - bruts qui,mainla fabrication
bien cryftaltenant parfaitement purs 2
de médépouillés
lifés & entièrement
long-tems fans
lafle, peuvent fe garder fans déchet.
s'altérer 8 fe tranfporter
les Sucres
Ces Sucres peuvent comme
& même avec plus de fireté,
terrés
dans un trèsentrer en confommation économiques; ils
grand nombre d'ufages
& dans
préfentent dans leur quantité
confidéraleur prix une augmentation
bruts qui,mainla fabrication
bien cryftaltenant parfaitement purs 2
de médépouillés
lifés & entièrement
long-tems fans
lafle, peuvent fe garder fans déchet.
s'altérer 8 fe tranfporter
les Sucres
Ces Sucres peuvent comme
& même avec plus de fireté,
terrés
dans un trèsentrer en confommation économiques; ils
grand nombre d'ufages
& dans
préfentent dans leur quantité
confidéraleur prix une augmentation --- Page 21 ---
INTRODUCTIO N.
XV
ble, & telle qu'il eft impoflible qu'i
l'avenir le Colon ne foit pas conduit
par fon propre intérêt à renoncer au terrage du Sucre, & à opérer par-là la
révolution la plus importante pour le
Commerce de la France : révolution
que le Gouvernement a toujours défirée & qu'il peut effeétuer aujourd'hui
avec la plus grande facilité 2 en favorifant la propagation de ma méthode (1).
(I) En rappochant les Sucres bruts de la condition des Sucres terrés > ma méthode offre au Colon
tous les avantages qu'il cherche dans le terrage du
Sucre 5 favoir point de déchet &x débit facile : mais
elle a de plus celui de rendre l'expédition plus
prompte, 3 d'exiger moins de bâtimens 3 moins de
Nègres dont le tems très-précieux eft rendu à la culture 3 elle préfente aux Marchands une plus grande
fomme de denrées à tranfporter 5 elle offre au Raffineurs de France des Sucres dont la qualité, en leur
affurant un fuccès facile dans le Raffinage, , leur donne
des produits plus purs & plus beaux, qui ne trouveront plus, 2 les Sucres terrés en concurrence avec eux,
I --- Page 22 ---
T 2 O - aE - 2
A 2 TOA
INTRODUCTION
xvj
qui n'eft que le précis
Cet Ouvrage, très-étendue qu'il me fera
d'une tâche
trouve dans la Cofacile d'exécuter fije
& dans le
lonie de Saint- Domingue
dont
Gouvernement les encouragemens zèle,
de feconder mon
il leur importe
Mémoires qui, peuteft fuivi de plufieurs
intérêt des cirêtre, tireront un nouvel
qu'ils
conftances préfentes par Fapperçu fur les
offrent fur Saint - Domingue, fur l'étendue
Habitations à Sucre, 3 &
dont limde cette denrée
des ufages
néceflité ont été jufqu'à
portance & la
les liens les plus plus puillans
ce jour
la France aux Colonies :
qui uniffoient
2 fans
la
Nation semprelleta,
liens que
de nouveaux rapd'affurer par
doure, 3
des fentimens qui
ports plus dignes les François de lun
animent aujourd'lui
& Pautre Monde.
l'Affemblée
Mais dans ce moment intérêts de
Nationale toute entière aux
dans
prendra certainement
la France,
doit metfa fagefle tout le tems qu'elle
tre
plus plus puillans
ce jour
la France aux Colonies :
qui uniffoient
2 fans
la
Nation semprelleta,
liens que
de nouveaux rapd'affurer par
doure, 3
des fentimens qui
ports plus dignes les François de lun
animent aujourd'lui
& Pautre Monde.
l'Affemblée
Mais dans ce moment intérêts de
Nationale toute entière aux
dans
prendra certainement
la France,
doit metfa fagefle tout le tems qu'elle
tre --- Page 23 ---
INTRODUCTIO N.
xvij
tre à la connoiffànce des lieux éloignés
dont les Habitans & les Cultures veulent être confidérés fous des points de
vûe particuliers que la Politique & PHumanité même ne permettent d'examiner qu'après de longues études & de
mûres réflexions.
Si, comme on n'en peut douter, 2 la
régénération du Gouvernement François rend les Cultures du Royaume plus
actives, plus étendues; fi elle multiplie
& augmente les Manufa@tures, les Colonies deviendront alors plus importantes & plus néceflaires que jamais, par
le débouché immenfe qu'elles offriront
au furplus de nos denrées de toute efpèce (I).
(1) En 1787, les' Marchands François ont porté
aux Colonies pour I14,716,c0ol. de Marchandifes,
tant en Nègres qu'en Denrées de France, dont la
Colonie de Saint-Domingue en a reçu, à elle feule,
pour 93,716,000 livres. Ces mêmes Marchands ont
rapporté des Colonies pour 175,812,0001. de Den6 --- Page 24 ---
T
NA
0 -
-
6 a M
INTRODUCTIOS N.
xviij
le nombre de
Si T'on calcule encore conftruire & entrevaifleaux qu'il faut
réciproque de ces
tenir pour le tranfport
le nombre
Denrées, fi l'on confidère
vaifTarmement de ces
d'hommes que
Denrées met
feaux & Téchange de ces
fi l'on confidère les dépenfes
en activité, de tous ceux que ce Com8c la fortune
aifément commerce occupe, onl verra
à la profbien les Colonies concourent
Cultures & des Manufackures
périté des
elles rendent encorc
de la France, dont
Nations tributaires.
les autres
Colonies appellent
Les Denrées des
ils apdans nos Ports,oh
les Etrangers dont nous avons befoin;
portent celles
la France trouve
8c dans leur échange, millions à fon
une balance de quarante
avantage.
d'un enfemTel eft le fruit politique
cn a
rées de diverfes fortcs, dont SaineDomingue maintensnt de
146bizcccl. qu'on jugo
fourni pour
Colonie.
Vimportance de cette --- Page 25 ---
INTRODUCTION
xix
ble de circonflances auffi heureufes
qu'imprévues, amenées parle tems, dont
P'Affemblée Nationale fe gardera fans
doute de rompre le cours en cherchant,
dans la région des poflibles, un nouvel
ordre de chofes facile à concevoir peutêtre, 2 mais qu'aucune force, aucune fagefle humaine ne pourroient ni établir, S
ni diriger.
Je placerai ici le Rapport de P'Académie des Sciences, 9 qui préfente une
Analyfe abrégée de mon Ouvrage auquel j'ai joint divers Mémoires depuis
lejugement de cette favante Compagnie.
b Z7
de rompre le cours en cherchant,
dans la région des poflibles, un nouvel
ordre de chofes facile à concevoir peutêtre, 2 mais qu'aucune force, aucune fagefle humaine ne pourroient ni établir, S
ni diriger.
Je placerai ici le Rapport de P'Académie des Sciences, 9 qui préfente une
Analyfe abrégée de mon Ouvrage auquel j'ai joint divers Mémoires depuis
lejugement de cette favante Compagnie.
b Z7 --- Page 26 ---
EV - - -
E
W - -
de PAcades Regifres
EXTRAIT
du 31
des Scionces,
démie Royale
Mai 1788.
d'examiner un
LAcADiMT Nous a chargés
d'en
fur la Canne & fur les moyens
Ouvrage
M. Dutbnela.Coutare,
extraire le Sucre, par Cet Ouvrage ainfi que
Doéteur en Médecine. relatifs aul mème objet qui
plhffeurs Mémoires
lui, font accomapagnés
ont été envoyés avant
de la Marine qui
d'une Lettre du Miniftre
fur les prodemande l'avis de la Compagnie extraire le Sucre
cédés de M. Dutrône, pour
du vefou.
fidèle de cet OuEn lui rendant un compte état de prononcer &
r'Académie fera en
provrage,
Miniftre fur cette importante
d'éclairer le
duétion des Colonies.
deux Parties: dans
L'Ouvrage eft divifé en
THiftoire NaP'Auteur traite de
la première,
& de fon fuc confidéré
turelle de la Canne
Cette première Para vant & après T'expreflion. Introduction fur THiftoire
tie, précédée par une --- Page 27 ---
xxj
de la Canne à Sucre, 3 comprend fept Chapitres. Le premier. préfente une defcription trèsdétaillée de la Canne à Sucre; le fecond contient l'Hiftoire du développement fucceffif des
parties de ce végétal; le troifième expofe les
variétés qu'offre ce fofeau fuivant la culture s
la nature du fol, le climat, &cc.; le quatrième
offre une théorie de la formation des principes
contenus dans la Canne, & la manière dont
chacun de fes principes fe modifie dans les
vaiffeaux propres, ou dans les cavités qui les
récèlent. Ces quatre premiers Chapitres appartiennent entièrement à l'Hiftoire Naturelle &
Economique de la Canne à Sucre. Il eût été à
défirer que M. Dutrône eût fait plus d'ufage
des expreflions reçues & de la marche fuivie
par les Botaniftes ( 1).
Les trois derniers Chapitres de cette première Partie font deftinés à l'analyfe chymique des fucs contenus dans la Canne mûre.
Quoique cette partie du travail de M. Dutrône
ne foit pas complette 5 onl y trouve cependant
plus de précifion & d'exadtitude que dans tout
ce qui a été fait avant lui fur cet objet. L'Au-
(:) J'aifait, en imprimant mon Ouvrage, toutes les corredions
que l'Académic pouvoir défirer.
B iij
res de cette première Partie font deftinés à l'analyfe chymique des fucs contenus dans la Canne mûre.
Quoique cette partie du travail de M. Dutrône
ne foit pas complette 5 onl y trouve cependant
plus de précifion & d'exadtitude que dans tout
ce qui a été fait avant lui fur cet objet. L'Au-
(:) J'aifait, en imprimant mon Ouvrage, toutes les corredions
que l'Académic pouvoir défirer.
B iij --- Page 28 ---
-
E -
a Y
- e
. - 2
TA
xxij
Chapitre 2 les
diflingue, dans le cinquième
fuc
teur
trois efpèces. 10. Un
Sucs de la Canne , en
féveux; il
contenu dans les vaiffeaux
il déaqueux
inodore & fans couleur;
eft infipide,
de la Canne
de Yextrémité
coule en gouttes
fucré muqueux renfermé
coupée. 2°, Un Suc
& qui eft affez épais
dans le tiffu médullaire, l'exprefion opérée par
pour ne fortir que par
dans les vaif3°. Un fuc contenu
celuiles cylindres.
fur-tout dans Yécorce;
feaux propres, , &
une odeur particulière,
ci a une couleur jaune 2
extrait favonneux.
& il tient en diffolution un
opérée for
Outre ces trois liquides 2 T'exprellion, détache quelbrifant leur tiffu,
les Cannes en
deux efpèces de féques Abres qui conftinent L'une groflière provecules fuivant l'Aureur. très-fine, dûe aul tiffu
nant de Pécorce 5 l'autre infifte beaucoup dans
médullaire. M. Dutrone
de ces
Chapitre fur les propriétés
le fixième
& l'extradion
deux fécules, dont la féparation travail des Sucreexacte font la bafe de tout le chaleur, de Tair,
T'aétion de la
ries. Il examine
& far-tout de la chaux
des acides, de l'alcohol, les fécules. Les fubftan-
& des alkalis fixes fur
déféquer le
alkalines qu'on emploic méritoient pour
plus parjces vefou dans les Sucteries ,
raifon de leur
ticulièrement fon attention en fubftances enL'Auteur fait voir que ces
ufage.
travail des Sucreexacte font la bafe de tout le chaleur, de Tair,
T'aétion de la
ries. Il examine
& far-tout de la chaux
des acides, de l'alcohol, les fécules. Les fubftan-
& des alkalis fixes fur
déféquer le
alkalines qu'on emploic méritoient pour
plus parjces vefou dans les Sucteries ,
raifon de leur
ticulièrement fon attention en fubftances enL'Auteur fait voir que ces
ufage. --- Page 29 ---
xxij
lèvent aux fécules une matière extraétive que
l'on retrouve combinée avec elles dans les Mélaffes, & qu'elles les rendent brunes, sèches &c
friables ; tandis que ces mêmes fécuies féparées par la chaleur, 2 font d'un vert noirâtre,
tenaces & poiffeufes. Enfin dans le feptième
Chapitre, M. Dutrône examine le Suc de
Canne dépuré ou féparé de fes fécules; il en
diftingue les différens états, les diverfes richeffes, par rapport à la proportion d'eau & des
trois principes qui le conftituent. Il propofe une
Table à l'aide de laquelle on peut connoître
fur le-champ la richeffe d'un Suc &la proportion de matière fucrée qu'il contient. En général, cette première Partie contient des faits inréreffans fur la ftruéture de la Canne, fur le
développement, far la formation de fes ptincipes, fur la nature du Suc de Cannc, des
différentes fubitances qui le conftituent, & fur
fa défécation.
La feconde Partie de cet Ouvrage a pour
objet le travail que l'on fait fur le Suc de
Canne dans nos Colonies, & les procédés que
l'Auteur propofe d'y fubftituer. Le premier
Chapitre traite de la récolte des Cannes, des
Moulins où on- les exprime, des Fourneaux,
des Sucreries, du Travail de la Clarifcation
b iv --- Page 30 ---
a MC
-
- - D -
TEV - -
xxiv
des Purgeries ou des Bâti-
& de la Cuite,
&c
contiennent les Sucres cryftallifés,
mens qui
les Sirops & les Médans lefquels fe féparent
M. Dutrône
laffes. Dans le fecond Chapitre,
cinfait voir que la méthode adoptée depuis de
à foixante ans dans les Colonies, a
quante inconvéniens qui dépendent de l'ufage
grands
de
ou fer de fonte , &
des chaudières
porain,
mauvaife
Il croit que T'opide leur
difpofition. Texiftence d'un acide
nion des Raflineurs fur
néceflité des
dans le fuc de Canne, & fur la
l'abforber, les a trompés. Il prouve
alkalis pour
méthode, il eft impoffible de
que dans cette de Ja chaux & des alkalis, que
régler l'emploi
auffi des idées inexaétes
les Raffineurs fuivent
du Sucre. Jl
fur la cuite &c la cryftallifation
fe font dans les travaux;
expofe les pertes qui
brâlant du Sucre dans la cuite, ao.par
1°. en
à travers la maçonnerie
la Gltration des firops
;°. par
des baffins qui fervent de réfervoirs; des Codes Sucres dans la traverfée
le coulage
les mélaffes qui conlonies en France; 49. par
obfervations imtiennent encore du Sucre. Ces
&il eft,
nous ont paru bien fondées,
portantes fort à défirer qu'on trouve une méthode
en effet,
qui s'oppole à ces pertes.
d'une méthode nouvelle;
C'cft à T'expofition
nerie
la Gltration des firops
;°. par
des baffins qui fervent de réfervoirs; des Codes Sucres dans la traverfée
le coulage
les mélaffes qui conlonies en France; 49. par
obfervations imtiennent encore du Sucre. Ces
&il eft,
nous ont paru bien fondées,
portantes fort à défirer qu'on trouve une méthode
en effet,
qui s'oppole à ces pertes.
d'une méthode nouvelle;
C'cft à T'expofition --- Page 31 ---
XXV
proprd à remplir cct cbjet &c qui eft die à lAuteur > que le troifième Chapitre de cette feconde Partie eft deftiné, M. Dutrône rapporte
à trois opérations tous les travaux néceffaires
pour extraire & purifier le Sucre; favoir : la
Défication, Evaporation & la Cuite. Il fait
ces trois opérations féparément & dans différentes chaudières placées fur le même fourneau;
ce qui diftingue déjà fon procédé de celui qui
a été fuivi jufqu'à préfent. Au licu d'écumoires
pour enlever les fécules, 3 il propofe des baffins où on fait déféquer le vefou. Il fubftitue
des chaudières de cuiyre à celles de potain; il
décrit la difpofition de CCS chaudières fur les
fourneaux & la marche régulière des opérations
qui fe fuivent fans fe confondre. Cette méthode
à laquelle l'Auteur ajoute un moyen fimple de
déterminer avec précifion la quantiré de chaux
néceffaire, , rend le travail affez sûr & affez facile pour qu'il n'exige pas conftamment la préu
fence des hommes qui font prépofés à ces atteliers, & pour que les Nègres d'une intelligence
très-ordinaire puiffent le diriger. D'ailleurs la
marche régulière de ce procédé s'oppofe à ce
qu'on puiffe s'en écarter, & facilite la correction des erreurs que la négligence pourroit y
faire naitre. Comme la cryftallifation du Sucre
dépend néceffairement d'une certaine propor-
amment la préu
fence des hommes qui font prépofés à ces atteliers, & pour que les Nègres d'une intelligence
très-ordinaire puiffent le diriger. D'ailleurs la
marche régulière de ce procédé s'oppofe à ce
qu'on puiffe s'en écarter, & facilite la correction des erreurs que la négligence pourroit y
faire naitre. Comme la cryftallifation du Sucre
dépend néceffairement d'une certaine propor- --- Page 32 ---
a - a E
A
-
- - L
xxvj
matière cryftallifable, il
tion entre l'eau & la obfervations mulipliées
par des
a déterminé
chaleur auquel l'eau de diffoque le degré de
à S échapper, eft 83
lution du Sucre commence
& celui où elle
Thermomètre de Réaumur,
même
au
enlevée eft à IIO degrés du
eftenrièrement
entre ces deux termes s une
inftrument. Ila établi,
à chaque degré le
Table de Cuite qui annonce obtient. Cette
produit en Sucre folide qu'on incertains emTable eft préférable aux moyens M. Dutrône
jufquici par les Rafineuts.
ployés
vafes ordinairement employés
a fubftitué aux
du Sucre, des vaiffeaux
pour la cryftallifation
appelle cryftalplus propres > qu'il
fur des
beaucoup
de ceux - ci
lifoirs. La difpofition
dans des
qui portent les firops
gourtières
auffi des avantages
baffins doublés de plomb, 2 a
PAuteur le
fur l'ancienne méthode, 2 comme Chapitre,
offrant, dans le quatrième
prouve en
cette nouvelle méthode
un parallèle exaét entre fur-tout, dans ce paIl fait voir
& l'ancienne.
qui ont lieu dansTancienne
rallèle, que les pertes
indiquées plus haut,
méthode &c que nous avons fienne &, pour affurer
n'exiftent point dans la
5 Tableau des procette affertion, il préfente un comparés à ceux
duits de fa nouvelle méthode le relevé des Livres
de l'ancienne, fait d'après
où cette méde M. Deladebate,
de T'Habitation --- Page 33 ---
xxvij
thode eft établie depuis le mois de Juin 1785,
& qui montre en effet une auginentation confidérable de bénéfices. Suivant T'auteur, la perte
monte a 25 millions de Sucre, far 120 millions de cette fubftance que Saint-Domingue
met aétuellement dans le Commerce. Il affure
que cette perte difparoitra par fa méthode.
Enfin l'Auteur décrit, dans le cinqaième 82
dernier Chapitre, les Fourneaux fur lefquels
font pofées les chaudières de cuivre qu'il a
fubftituées à celies de potain. Nous ajouterons
que tout cet appareil eft repréfenté dans des
deffins & dans des plans qui nous ont été
remis, & qui rendent très-claires les defcriptions données dans l'Ouvrage.
Tels font les principaux points du Traité
dont l'Académie nous a chargés de lui rendre
compte. M. Dutrône a eu deux objets en écrivant cet Ouvrage 5 le premier, de propofer aul
Gouvernement une méthode nouvelle & beaucoup plus avantageufe que l'ancienne de travailler le fuc de Cannes dans les Colonies 5
l'autre,de répandre cette méthode dans les Habitations où l'on cultive la Canne, en livrant
fon Ouvrage à l'impreflion. Rélativement 211
premier objet, nous penfons que la méthode
chargés de lui rendre
compte. M. Dutrône a eu deux objets en écrivant cet Ouvrage 5 le premier, de propofer aul
Gouvernement une méthode nouvelle & beaucoup plus avantageufe que l'ancienne de travailler le fuc de Cannes dans les Colonies 5
l'autre,de répandre cette méthode dans les Habitations où l'on cultive la Canne, en livrant
fon Ouvrage à l'impreflion. Rélativement 211
premier objet, nous penfons que la méthode --- Page 34 ---
aA - - a - -
AS
- -
- a - Te aN ea
xxviij
reconnoît avoir profité des
de M. Dutrône, qui
Boucherie & déjà
procédés imaginés par MM.
fondée fur les
l'Académie, eft
approuvés par
qu'elle peut être
principes de la faine Chymie,
mérite d'être
avantageufe aux Colonies & qu'elle
fecond
Quant au
accueillie par le Gouvernement. contienne beaucet Ouvrage
objet , quoique
& des détails trèscoup de chofes importantes
M. Dutrône
la fabrication du Sucre,
utiles pour
changemens, & furdéfirant y faire quelques
étendus qui
retrancher des détails trop
tout en
retarder la marche, nous atnous ont paru en
ait fait ces changemens
tendrons que P'Auteur relativement à Timprefdonner notre avis
pour
(1). Nous penfons que
fion de cet Ouvrage
cette méthode
le moyen le plus sàr de répandre fenfibles, eft
&c d'en rendre les avantages plus
les
dans les Colonies par
de la faire pratiquer
T'Auteur (2).
foins & fous les yeux de
& retranché les détails indiqués
(r) J'ai fait les changemens
de faire imprimer fon
par PAcademie , & elle m'a permis
fur lcs divers MéRapport qui > comme on voit 2 nc s'étend point
moires que j'ai joint à mon Ouvrage.
détruire des pré-
(:) Tout le monde conviendra que pour
démontrer
plufieurs fiècles de routine , pour
jugés établis par
certains & les plus clairs qui
la vérité des principes lcs plus
pour isftruire fur
doivent fervir de bafe à T'Art du Sucrier > --- Page 35 ---
XXIX
Au Louvre, le 3I Mai 1788.Signés DARCET,
FOUGEROUX DE BoNDAROY, BERTHOLET ET DE
FOURCROY.
Je certifie le préfent Extrait conforme à l'Original & au jugement de LAcadémie. A Paris, le 2
Juin 1788. Signé le Marquis DE CONDORCET.
la manière d'établir les moyens de fairc lcs diverfes opérations
de cet Art, pour apprendre à fe fervir de ces moyens & à
régler la marche de leur enfemble 2 l'exemple pratique doit être
abfolument uni aux infiructions littérales.
DE
FOURCROY.
Je certifie le préfent Extrait conforme à l'Original & au jugement de LAcadémie. A Paris, le 2
Juin 1788. Signé le Marquis DE CONDORCET.
la manière d'établir les moyens de fairc lcs diverfes opérations
de cet Art, pour apprendre à fe fervir de ces moyens & à
régler la marche de leur enfemble 2 l'exemple pratique doit être
abfolument uni aux infiructions littérales. --- Page 36 ---
V a 1 1
TTE a - MOE
TW
Figures de la Planche
Explication des
première.
Planche préfentent la
Les Figures de cette
L. fous tous
Canne, Saccharum Oficinaram
les rapports poflibies.
de Canne formé des derniers
(Fig.première.) Tronçon
8c de la Canne à Sucre
nceuds de la Canne-fiucrée Il fert de plançon.
dont on a coupé les feuilles.
développe2.) Jeune Canne dans fon premier
font
(Fig.
feuilles qu'elle préfente
ment 5 les premières
nommées feuilles radicales.
dont les premiers
3-) Canne de 5 à 6 mois,
époque à
(Fig- noeuds font au terme de la maruration; fe trouve dans
laquelle la Canne peut Aeurir fi elle favorables à la
le tems & dans les circonftances
floraifon.
de dix à douze mois, elle eft parta-
(Fig-4-) Canne
La fouche (A) qui eft la pregée en trois parties. fouche primitive (a) & en
mière, fe divife cn
feconde (BC) eft
fouche fcecondaire (a).Ia
(CD) conCamo-Sucré. La troifième
nommée
la fouche, eft nommée
fidérée en rapport avec
Canne à Sucre.
une Canne (P); les prePlançon d'oit part
&
(Fig-5-) boutons de cette Canne fe développent
niers
Cannes(giqui croiffent en même
formenrdefecondesd
) & en
mière, fe divife cn
feconde (BC) eft
fouche fcecondaire (a).Ia
(CD) conCamo-Sucré. La troifième
nommée
la fouche, eft nommée
fidérée en rapport avec
Canne à Sucre.
une Canne (P); les prePlançon d'oit part
&
(Fig-5-) boutons de cette Canne fe développent
niers
Cannes(giqui croiffent en même
formenrdefecondesd --- Page 37 ---
xxxj
tems quela première (P).Les premiersboutons deces
fecondes (g) penvent auffi fe développer & former
une troifième Canne (qr) qui croit en même-tems
que les deux premières.
(Fig. 6.) Noeuds qui précédent le dernier noeud (L)
nommé Fléche. Ces nocuds ne portent ni bouton,
ni points radicaux.
(Fig.7-) Feuille vue far fa face interne.
(Fig.8 8.) Partie fupérieure d'une Canne dont on a
enlevé les feuilies, afin de préfenter les diverfes révolutions que fubit chaque noeud pour arriver à
l'époque de la maturité.
(Fig-9-) Nocud dont on a enlevé la peau > afin de
rendre plus fenfible l'état &: la difpofition des points
élémens des racines > vus à la loupe 8x au microfcope.
(Fig IO & II.) ) Tronçons de Canne vus dans l'état
naturel préfentant la Canne d'une conftitution foibie.
( Fig. 12,13 G 14-) Tronçon de Caane vu dans l'état
naturel & préfentant la Canne d'une forte conftition.
(Fig. I5-) Vaiffeaux féveux de la Canne fimples &
compofés vus au microfcope.
(Fig. 16.) Vaiffeaux féveux de ja Canne vus à la
loupe 3 ils préfentent des divifions tranfverfales qui
font toujours alternes fur deux lignes oppofées.
(Fig:17.) Coupe longitudinale de la Canne 5 elle
offre la difpofition des vaiffeaux féveux dont les
divifions tranfverfales forment, en fe réuniffant, un
bouton qui renferme le germe d'une Canne nouvelle.
(Fig. 18.) Coupe tranfverfale de la Canne vue à
l'oeil,. --- Page 38 ---
L TE A C -
T -A 1 C MDE
TA
xxxij
tranfverfale vue au microfcope; 5 elle
(Fig. 19-) Coupe
médullaire de la Canne penépréfente la fubftance féveux. La difpofition de cette
trée par les vaiffeaux
forme des cellules exagofubflance eft telle qu'elle
des abeilles.
femblables à celles des rayons
au mines
Portion d'un rameau de fleurs vu
(Fig- 20.)
crofcope.
fe trouve entre deux pédicules
(I Fig. 21.) Fleur qui
fans fleurs.
ouverte dont la bafe eft gar-
(Fig- 22.) Fleur à demi
nie de barbes.
toujours les pé-
( Fig. 23.) Barbes qui accompagnent
dicules.
fes trois bales, fes trois
(Fig. 24-) Fleur ouverteavec
étamines & le pitil. . détachées &: de grandeur
(Fig.2g.) ) Les trois bâles
fenfiblement inégales.
(Fig- 26.) Une des étamines. deux Alyles 8: fligmates.
(Fg.27-) L'ovaire avec fes
2c Ans saa f e L u
(SJS
*
WA a 5 - yN 39 f
HISTOIRE
qui accompagnent
dicules.
fes trois bales, fes trois
(Fig. 24-) Fleur ouverteavec
étamines & le pitil. . détachées &: de grandeur
(Fig.2g.) ) Les trois bâles
fenfiblement inégales.
(Fig- 26.) Une des étamines. deux Alyles 8: fligmates.
(Fg.27-) L'ovaire avec fes
2c Ans saa f e L u
(SJS
*
WA a 5 - yN 39 f
HISTOIRE --- Page 39 ---
H I - STOI R E
DE 0e LA CA N N E
ET DU SUCRE
I NTROD UCTIO N.
La Canne eft, fans contredit, celui de tousles
végétaux qui, par la nature & la richeffe de fes
preduits, 2 mérite le plus de fixer toute notre
attention. Avant de nous livrer à l'étude de cette
plante, avant de nous occuper de la connoiffance des différens Arts dont fes produits fonc
la matière & l'objer, nous remonterons à fon
origine, & nous fuivrons fa marche dans l'ancien
& dans le nouveau Monde.
C'eft dans les Indes Orientales que la Canne
A --- Page 40 ---
- N IV 5
-
2 1
-
H I S T o I R E
-
dès la plus haute
nailfanice; les Chinois,
& d'en
a pris
connu T'art de la cultiver
antiquité, ont
infiniment préextraire le Sucre, produétion
en Europe
cette plante
cieufe qui a précédé
de près de deux mille ans. Térablifement de leur
Les Egypsiens > après
Peuples qui firent
Monarchie, furent les premiers
de i'Orient.
connoître à T'Europe les produdions de plufieurs
devenus maitres
Les Phéniciens,
enlevèrent aux EgypPorts dans la mer Rouge,
Bientôt Sidon &
tiens le Commerce de FInde. infinité de dend'une
Tyr furent les entrepôts La célébrité de ces
rées jufqu'alors inconnues. de Salomon , & ce
Villes éveilla l'ambition les Juifs priffent part au
Prince, voulant que
les Phéniciens, équipa
Commerce de lInde avec
à Tarallèrent par la mer Rouge
des Aottes qui
d'oi elles revinrent chargées
fis &c à Ophir,
qui répandirent la riprécieufes
de cargaifons
dans le Royaume
chefle & la magnificence
d'lfracl (1).
fait la conquète de
Alexandre le Grand,ayant eurichit fes Peuples du
Tyr & foumis TEgypte,
de
des Phéniciens , paniculi@trement ronte par
Commerce
leur frayant une
celui de TInde, en
I1 fonda à Tembonchure
la mer Rouge & le Nil.
(1) Robertion, Hif. d'Auévique.
ieufes
de cargaifons
dans le Royaume
chefle & la magnificence
d'lfracl (1).
fait la conquète de
Alexandre le Grand,ayant eurichit fes Peuples du
Tyr & foumis TEgypte,
de
des Phéniciens , paniculi@trement ronte par
Commerce
leur frayant une
celui de TInde, en
I1 fonda à Tembonchure
la mer Rouge & le Nil.
(1) Robertion, Hif. d'Auévique. --- Page 41 ---
DE LA CANNE ET DU SUCRE,
de ce Heuve, > une fuperbe Ville qui fut depuis,
par fon Commerce, auffi célèbre qu'elle l'étoit
alors par le nom de fon Fondateur.
Après la conquête de l'Alie, Alexandre fit
rompre les Cataraétes de l'Euphrare & du Tigre,
& ouvrit aux marchandifes d'Orient une route
que ces fieuves avoient refufée jufqu'alors.
Le goir des Romains pour les aromates &
les épiceries, donna au Commerce de PInde un
nouveau degré d'aétivité & d'étendue; les Grecs
& les Egypticns le continuèrent fous l'empire
de ces puiffans vainqueurs; ; leurs flottes alloient
s'approvifionner à Mufiris, où les Indiens apportoient leurs marchandifes.
La, deftruétion de l'Empire Romain rendit
Conftantinople maitreffe de ce Commerce
>
qu'elle ft par l'Euphrate & Ic Tigre. Enfin les
Soudans d'Egypte lerétablirent parla mer Rouge,
lorfqu'ils permirent aux Italiens de venir négocier à Alexandrie.
Parmi les denrées d'Orient, le Sucre parcit
avoir été une des dernières connues. L'Hiftoire
des anciens
Egyptiens 2 des Phéniciens & des
Juifs, n'en fait aucune mention. Les Médecins
Grecs font les premiers qui en ayens parlé fous
le nom de Sel Indien (1).
(1) Paulus Eginerta (1) ex fententid Archigenis ef falindicus
colore quidem concrationegne - vulgari fali Fmilis > gufu auiem 6
A 2
avoir été une des dernières connues. L'Hiftoire
des anciens
Egyptiens 2 des Phéniciens & des
Juifs, n'en fait aucune mention. Les Médecins
Grecs font les premiers qui en ayens parlé fous
le nom de Sel Indien (1).
(1) Paulus Eginerta (1) ex fententid Archigenis ef falindicus
colore quidem concrationegne - vulgari fali Fmilis > gufu auiem 6
A 2 --- Page 42 ---
W ASU N -
E adu C
- -
- - CR
H IS T O I R E
à la faveur
de Sel Indien,
A la dénomination
Diofcoride & Pline
douce & aux caraétères que
de ne pas
il eft impofible
affignent au Sucre, candi de notre commerce.
reconnoîte le Sucre
le Sucre
TInde & de T'Arabie que
C'étoit de
mais ce n'étoit
Grecs & aux Latins;
culvenoit aux
dans T'Arabie qu'on
dans Finde, ni
le Sucre.
ni
fabriquoit
& qu'on
rivoit la Canne,
pour fa couleur & fa
melleus. Le fel Indien eft femblable mais fa faveur eft douce.
fapore concrète au fél commun;
ft. lly a unforme
aliud mel quod in arundinibus
Theophrafle (:) forme dans des rofeaux.
autre nicl qui fc
avant Pline dit; vocatur
(3) qui exifloit long - tems eftin Indid e felici Arabié
Diofcoride jacherum, quod mellis genus concretione fird fali fimile, &
8 quoddam
id in arundonibus
On nomme Sucre, unc
zoncrecis ; invenizur falis modo friatur. lArabie heureufe 3 on
quod dortibus fusjolum concret dans PInde &c dans
lui donne une
efpècc de micl
rofeaux, fa forme concrète
la manière
dans des
il fe caffe à
lc trouve
& mis fous les dents,
epparence faline,
India 5 eff autem
du fel.
laudatius
& Arabia fotrfd candilum, denibusfrePine, faccharim
modo
arundinibus colleStum , guunmi
ad Medicine tantion
mel in
nucis avellane magnitudine celui de Pinde cft d'une
giles anmplifinum porte du Sucre, mais
dans des roafium. L'Arabic c'eft un micl qui fe raffemble la gonne 2 il fc
qualité fnpérieures
& lucide -comme
avelinc, &
feaux 7 il eft tranfparenr le
gros a lc volume'd'uns
calle fous les dents , Médecings plus
il n'eft d'ufage qu'en
de Lingua afperitare.
a) Tib. II,cap. libelli de melle.
(2) In fraemento matrris.
G) De Mtedicinali
. L'Arabic c'eft un micl qui fe raffemble la gonne 2 il fc
qualité fnpérieures
& lucide -comme
avelinc, &
feaux 7 il eft tranfparenr le
gros a lc volume'd'uns
calle fous les dents , Médecings plus
il n'eft d'ufage qu'en
de Lingua afperitare.
a) Tib. II,cap. libelli de melle.
(2) In fraemento matrris.
G) De Mtedicinali --- Page 43 ---
DE LA CANNE ET D U SUCRE.
La Canne ne croiffoit alors qu'aux Ifles de P'Archipel Indien, dans les Royaumes de Bengale, de Siam &cc., & le Sucre qu'on en retiroit, paffoir avec les épiceries & les marchandifes des contrées qui fe trouvent au - delà
du Gange, défignées fous le nom de grandes
Indes.
La Canne n'a paffé en. Arabie que dans le
treizième fiècle, époque à laquelle les Marchands commencèrent à voyager dans les grandes Indes, & à aller acheter chez les Indiens
les denrées de leur Commerce.
Si la Canne avoit exifté dans cette partie de
l'Afie qui eft en-deça du Gange jufqu'à la Méditerranée, fi elle avoit exifté en Arabie, en
Afrique, cette plante qui croît aifément dans tous
les pays chauds , qui fe reproduit fans culture,
n'eit certainement pas échappé aux divers Peuples qui ont habité & parcouru toutes ces contrées: fon fuc eft trop agréable au goûr, pour
qu'elle n'eût pas été connue & recherchée avec
empreffement & par les hommes & par les
beftiaux.
Les Perfes, les Egyptiens s les Phéniciens,
les Grecs qui ont parcouru une grande partie
de PAfie avec Alexandre, enfn les Juifs, les
Romains, les Chrétiens, les Mahométans > ne
font aucune mention de la Canne avant TépoA 3 --- Page 44 ---
- Va U
- na -
H 1 $ T o I P L
-
commencèrent à voyager
que où les Marchands
dans les Indes.
à Ormus;
le Sucre à Mufris,
En apportant
qu'on le retiroit d'un
&c. les Indiens apprirent les Habitans de T'Afe
rofeau. Sur cette tradition 2
parmi leurs
( en deçà du Gange) cherchèrent, celui qui dons'ils n'avoient point
rofeaux s
f précieufe, & ils crurent
noit une produétion
de bambou s
lavoir trouvé dans une efpèce
Mambu, dont les jeunes rejetons
quils nomment fuc très-doux & très-agréfont remplis d'un doute, de ce fuc que Lucain
ble, (1) &c c'eft, fans
duices ab arundine
a dit: quique bibunt tenerd
Succos.
après trois ou quaLes rejetons du Mambu,
les neuds, un
laiffent découler, vers
tre ans,
blanc & léger, dont
fuc concret, fpongieux, à celle du Sucre; ils le
la faveur eft analogue Mambu, & le vendirent
nommèrent Sacchar celui de Tabaxir, lorfque
fous ce nom, & fous
Pifon
Commerce de P'Inde fut interrompu.
le
médicinales du
rapporte (2) que les propriétés très-ptécieux &c
Sacchar Mambu le renditent
très-cher.
Pifon, cc fuc eft la bafe d'unc liqueur famcufe
(:) Suivant Achar. Voyage de PIndc.
qr'ils (:) nomment Pifon, Voyage de Pinde,
mèrent Sacchar celui de Tabaxir, lorfque
fous ce nom, & fous
Pifon
Commerce de P'Inde fut interrompu.
le
médicinales du
rapporte (2) que les propriétés très-ptécieux &c
Sacchar Mambu le renditent
très-cher.
Pifon, cc fuc eft la bafe d'unc liqueur famcufe
(:) Suivant Achar. Voyage de PIndc.
qr'ils (:) nomment Pifon, Voyage de Pinde, --- Page 45 ---
DE LA CANNE ET DU SUCRE.
Les Arabes cherchèrent auffi le Sucre dans les
plantes de leur pays, &c ils nommèrent Zuccar
Alhaffer (1) le fuc concret d'une efpèce d'apocin (2) connu parmi eux, fous le nom d'Alhufar ou Alhaler (3).
Avicennes a diftingué trois fortes de Sucres:
Le Zuccar arundineum, qui eft le fel Indien ou
notre Sucre candi; le Zuccar Mambu ou Tabaxir des Petfes'; & le Zuccar Alhafer des
Arabes (4).
Les opinions des Auteurs des quatorzième &
quinzième fiècles fur l'identité du fel Indien avec
le Sucre candi de notre Commerce,ont été
partagées & fortement difcutées dans un Ouvrage latin qui a pour titre : Mathioli & Manardi Epifola Medicinales. Quelques Auteurs ont
prétendu que le Sucre de Diofcoride & de Pline
ne différoit point de la Manne (5); d'autres
l'ont confondu avec le Tabaxir & le Zuccar
Alhafer (6). Aujourd'hui que nous pouvons
démontrer que PArt du Sucrier, lArt du Raf-
(1) Avicennes.
(2) Profper Alpin 3 dc Plantis Egypti.
(3) Sérapion.
(4) Avicennes.
(5) Saumaife, de Mannâ &. Saccharo.
(6) Diation. d'Hin, Nat. Valmont dc Bomare,
A 4 --- Page 46 ---
AA - -
- - - C
-
HiSTOI R E
& du Confifeur étoient, il y a quatre
fineur,
très-haut
de perfeétion
cents ans > à un
fommes point perfuadés que ces
dans les Indes, nous
plus de partidiverfes opinions ne trouveront
fans.
le Sucre à OrLes Indiens qui apportoient Marchands qui achebien aux
mus , apptirent
qu'on le retiroir d'un rOtoient leurs denrées,
indétermince Sc défeau; mais cette affertion
foit fur le ronuée de détails circonftanciés, d'en retirer le Sucre 2
feau, foit fur la manière
& fur la plante qui
fit naître diverfes opinions,
& fur le
fi extraordinaire,
donnoit un produit
être une efpèce
produit lui-mème, qu'on jugea le fecours des
de miel, qui fe formoit fans
une
on le regarda auffi comme
Abeilles (1)5 tomboit fur les feuilles d'un
rofée du ciel qui
c'étoit le fuc
rofeau (2); enfin on imagina que de la gomd'un rofeau concret à la manière
me (3).
branche de leur
La crainte de perdre une
fut
le feul motif qui empèCommerce ne
pas
lc rofeau
cha les Indiens d'apporter à Ormus
retiroit le Sucre. La Canne, comme
dont on
(:) Strabon.
(>) Seneca Epiftol.
(3) Commentateurs de Pline,
-
ciel qui
c'étoit le fuc
rofeau (2); enfin on imagina que de la gomd'un rofeau concret à la manière
me (3).
branche de leur
La crainte de perdre une
fut
le feul motif qui empèCommerce ne
pas
lc rofeau
cha les Indiens d'apporter à Ormus
retiroit le Sucre. La Canne, comme
dont on
(:) Strabon.
(>) Seneca Epiftol.
(3) Commentateurs de Pline,
- --- Page 47 ---
DE 2e LA CANNE ET DU SUCRE.
canne, n'auroit été pour des Marchands qu'un
objet de pure curiofité > & conféquemment
de nulle valeur; mais leurs canots étant trèspetits, puifqu'its n'écoient formés que d'un feul
tronc, d'arbre, Oil concevra aifément qu'ils ne
devoient fe charger gue de Marchandifes du
plus haut prix, fous le plus petic poids & le
plus petit volume. Le Sucre n'avoit pas cet avantage fur le plus grand nombre de leurs Marchandifes, & la Canne beaucoup moins encore
que le Sucre. On-ne doit donc pas être furpris
f, parmi les denréès d'Orient, le Sucre a été
une des dernières connues; d'ailleurs, il n'étoit
d'ufage qu'en Médecine, & quelque précieux
qu'il fût fous ce rapport, pouvoit-il entrer en
concurrence avec les objets de luxe, tels que
les pierreries, les perles, les parfums, les aromates ?
(1) Lorfque les Tartares furent maîtres de
la Perfe, Ormus, Kis, Baffora, devinrent les
entrepôts des denrées d'Orient. Dans les onzième, douzième, & treizième fècles, elles pafsèrent en Europe par diverfes routes : tantôt
elles remontèrent le Aeuve Indus, traversèrent
la mer Cafpienne, & arrivèrent, par terre, à la
(:) Bergeron, T'raité des Tartares, Tome L. --- Page 48 ---
T 1e - CN - - 9 -
S u
TAE - an
H I S T O I R E
le Golphe
Noire ; tantôt elles remontèrent
mer
la route de la mer Noire
Perfique, & prirent
auffi par Bagdad,
r'Arménie; elles pafsèrent
à
par
à Alep, à Antioche,
aller à Damas s
pour
Enfin les Soudans d'Egypte ayant perAcre, &c.
Iraliens de venir à Alexanmis, en 1339, aux
de Saqui, au rapport
drie, ces Marchandifes
confiftoient
& de P'Archevèque de Tyr,
natus
mufcades.
en clous de gérofle,
Sucres, & autres de cette efpèce, reprifoies,
leur avoit ouverte
rent la route qu'Alexandre
anciennement (1).
Vénitien, conMarc-Paul, noble
En 1250,
de Comduit en Tartarie par des fpéculations méridionale de
voyagea dans la partie
merce,
Chine, &
le premier,
F'Empire de la
parcourur,
du
du Gange. Il dit, en parlant
la prefqu'ile
produit des épiceBengale, que CC Royaume
& du Sucre
du
du gingembre, >
ries,
galanga,
l'exemple de
abondance (2). Enhardis par
en
qui jufqu'alors
Marc - Paul, les Marchands, Ormus, allèrent
artendu les Indiens à
avoient
Traité des Tartares, Tomc I.
(:) Bergeron, Bergeron, Recucil de Voyages.
(2)
du Gange. Il dit, en parlant
la prefqu'ile
produit des épiceBengale, que CC Royaume
& du Sucre
du
du gingembre, >
ries,
galanga,
l'exemple de
abondance (2). Enhardis par
en
qui jufqu'alors
Marc - Paul, les Marchands, Ormus, allèrent
artendu les Indiens à
avoient
Traité des Tartares, Tomc I.
(:) Bergeron, Bergeron, Recucil de Voyages.
(2) --- Page 49 ---
DELA CANNE ET DU SUCRE.
it
s'approvifionner chez eux. Ce fur à cette époque qu'on leur enleva la Canne à Sucre & les
vers à foie. L'Arabie heureufe fut le premier
berceau de ces deux productions, qui de-li pafserent en Nubie, en Egypte & en Ethiopie, ot
on fit du Sucre en abondance, comme nous le
verrons bientôt.
Vafco de Gama (1) qui doubla le Cap de
Bonne-E(pérance en 1497, rapporte qu'il fe faifoir, dans le Royaume de Calicut, un commerce confidérable de Sucre & de conferves.
Pedro Alvarès Cabral, Portugais (2),.alla
en Ijoo à Gambaye ; il trouva ce pays trèsabondant en Sucre, dont on faifoit un immenfe
commerce.
Barthema (3) rapporte qu'en 1506, Bathecala étoit une Ville de l'Inde très-illuftre 2 qui
faifoit un grand Commerce en Sucre, fur-tout
en Sucre candi > qu'elle étoit tributaire du
Royaume de Narfinga > & que ce Royaame
étoit très-abondant en Sucre.
Odoardo Barbofa (4) dit qu'en ISIS à Bathecala, fur la côte de Malabar, on faifoit un
(r) Ramufio,
(2) Idem.
Recueil de
(3) Iaem.
Voyages.
(4) Idcm. --- Page 50 ---
L M
TO2 T - e PATA
HIs T o I R E
YZ
de Sucre en poudre 2 parce
riche commerce
il
favoit
le faire en pain; rapqu'on ne
pas
faifoit du Sucre blanc
porte qu'à Bangala, on
le réduire en
& bon, mais que ne fachant facs de toile
mettoit dans des
pain, on le
enfin, il rapporte
çouverts de cuirs bien coufus;
faifoit des conferves de limon,
encore qu'on y
d'autres fruits du pays qui
de gingembre , &
étoient excellents confits au Sucre.
Pigafetta (1) dit qu'en 1519, les
Antoine
des Ifles des Larrons);
habitans de Zamal, ( une
d'une palme,
fe nouriffoient de figues, longues Il dit qu'à
de Cannes à Sucre & de poiffons.
fud de la Chine, à Caghicam
Zubut, Ille au
en
Pulaoan, les Habitans leur apportèrent
&
de l'arach (2) & plupréfent des vafes peints,
faifceaux de Cannes à Sucre très-douces;
fieurs
les avoir comblés de préfens >
que le Roi, après
leur fervit de la
leur donna un repas où on
viandes conau Sucre, & des
canelle préparée
de Sucre, qu'ils
fites avec une fi grande quantité
des cuil-
& les mangeoient avec
les coupoient
lers faites comme les nôtres.
d'après le rémoignage de ces
On peut juger,
(1) Recucil de Voyages , Ramufio.
(*) Eau de-vie de Ris.
avoir comblés de préfens >
que le Roi, après
leur fervit de la
leur donna un repas où on
viandes conau Sucre, & des
canelle préparée
de Sucre, qu'ils
fites avec une fi grande quantité
des cuil-
& les mangeoient avec
les coupoient
lers faites comme les nôtres.
d'après le rémoignage de ces
On peut juger,
(1) Recucil de Voyages , Ramufio.
(*) Eau de-vie de Ris. --- Page 51 ---
DE EA CANNEET DU SUCRE.
13.
Voyageurs, combien devoient être anciens l'Art
du Sucrier, l'Art du Raffineur, & du Confifeur,
qu'ils trouvèrent connus & répandus dans toutes
les grandes Indes.
Nous n'avons point encore trouvé l'époque
précife, depuis le voyage de Marc-Paul, à
laquelle Ja Canne fur apportée en Arabie & en
Egypte. On verra feulement, d'après le témoignage des Voyageurs les plus reculés que nous
avons pu confulter, qu'à la fin du quatorzième
fiècle, la culture de la Canne & la fabrication
du Sucre étoient généralement répandues en
Arabie, en Egypre, & dans plufieurs autres parties de l'Afrique.
Barthema dit (1) qu'en I5o5, > on failoit
dans les contrées de Danar & Zibit, Villes
confidérables de l'Arabie heureufe, un trèsriche commerce en Sucre.
Au rapport de Giovan-Lioni ( 2), Dangaloa,
Ville confidérable de la Nubie, faifoit, en
1500, un grand commerce de Sucre que fourniffoit toute la Province; mais ce Sucre étoit
brut & noir, parce que les Habitans ne favoient
pas le cuire. Ce même Voyageur dir qu'ily avoit
à Dérotte, Ville d'Egypte très-illuftre, bâtie fur
(:) Fecueil de Voyages de Ramufio,
(:) Iden.
de Giovan-Lioni ( 2), Dangaloa,
Ville confidérable de la Nubie, faifoit, en
1500, un grand commerce de Sucre que fourniffoit toute la Province; mais ce Sucre étoit
brut & noir, parce que les Habitans ne favoient
pas le cuire. Ce même Voyageur dir qu'ily avoit
à Dérotte, Ville d'Egypte très-illuftre, bâtie fur
(:) Fecueil de Voyages de Ramufio,
(:) Iden. --- Page 52 ---
M
-
a
. 1 - a ERE
HIST o I R E
Commule Nil du temps des Romains, une
d'Een 1500, aux Soudans
nauté qui payoit,
avoir la liberté de
100,000 farafis, pour
gypte
La Manufaéture de cette Com.
faire du Sucre.
paroiffoit
munauté étoit f confidérable, qu'elle
des
comme un château. Elle renfermoit
grande
chaudières oà on faifoit &
preffoirs & des
>
des Ouvriers
cuifoit le Sucre, & le nombre
à ce travail étoit fi grand, qu'on payoit
employés leur falaire 200 faraffis par jour.
pour
Thèbes, ancienne Ville bâtie
Il dit aufli qu'à
autrefois, il y avoit, s
fur le Nil & f fameufe
abondance de Sucre.
en 1500 > grande
encore qu'au nord du
Giovan-Lioni rapporte
belle
de Maroc, il y avoit une
plaine
Royaume le Aeuve Sus, qu'on y faifoit une
baignée par
de Sucre noir, parce que les
grande quantité
le cuire ni le purger;
habirants ne favoient pas
de Fez,
des Marchands du Royaume
& que
venoient acheter
de Maroc, du pays des Nègres,
bâtie
Sucre à Teijcut, Ville anciennement
ce
les Africains (1). La Canne,
dans la plaine par
Alvarez (), étoit aufli
fuivant Dom François
mais les habicultivée en Erhiopie, en 15535
qui a été dans cette plaine, , il y a quatre
(:) M. Desfontaines les habirants avoient entijèremenr abandonné
ans, m'a affuré de la que Canne, &c qu'il n'y en avoit pas Vll.
k culture Recueil des Yoyages, Ramufio.
(2)
Africains (1). La Canne,
dans la plaine par
Alvarez (), étoit aufli
fuivant Dom François
mais les habicultivée en Erhiopie, en 15535
qui a été dans cette plaine, , il y a quatre
(:) M. Desfontaines les habirants avoient entijèremenr abandonné
ans, m'a affuré de la que Canne, &c qu'il n'y en avoit pas Vll.
k culture Recueil des Yoyages, Ramufio.
(2) --- Page 53 ---
DE LA CANNEET DU SUCRE.
tans la mangeoient crue, ne fachant pas cuire
le Sucre.
Ce fut à la fin du quatorzième fècle qu'on
porta la Canne en Syrie > à Chypre, en Sicile;
le Sucre qu'on en retira étoit, comme celui
d'Arabie & d'Egypte, gras & noir,
Dom Henri Régent de Portugal , ayant fait
la découverte de Madère en 1420, y fit tranfporter des Cannes de Sicile, où on les avoit in
troduites depuis peu (1); elles y furent cultivées avec fuccès ainfi qu'aux Canaries; & bientôt
ces Ifles mirent, dans le Commerce, du Sucre
qui eut la préférence fur tous les Sucres de ce
tems-là, particulièrement celui de Madère.
Les Portugais portèrent la Canneàl lIle SaintThomas, fitôt qu'ils l'eurent découverte; &,
en 1520, ily avoit, au rapport d'un Pilote Portugais (2), plus de foixante Manufactures à
Sucre. Les habitants riches avoient deux à trois
cents Nègres employés à fa culture, & cette
Ifle faifoit 150,000 arobes (3) de Sucre qu'on
purgeoit avec de la cendre.
La Canne fut aufi plantée en Provence, mais
la température de l'hiver força d'en abandonner
(:) Rosertfon, Hiftoire de l'Amérique,
(2) Recueil de Voyages , Ramufio.
(3) L'arobe pefoit trente-unc liyres, --- Page 54 ---
- 3 à a
-
1 A
- - W - - A
Hi S T o I R E
Elle fut cultivée en Efpagne ,
la culture ( 1).
dans ce Royaume >
& il y 2 encore anjourd'hui des Mannfactures
Sicile (2), & à Madère,
en
à Sucre.
fait la découverte
Chriftophe Colomb ayant
Pierre d'ENouveau Monde, un nommé
du
la Canne, en 1506, à Hifpatieniça (3) porta Saint-Domingue.
niola, aujourd'hui
Michel Balleftro (4), fut
Un Catalan, nommé
le fuc; & Gonzales
le premier qui en exprima qui en retira du
de Velofa fut le premier conftruifit un moulin
Suicre (s). Ce Gonzales: & fit venir, à fes frais,
fur la riviere de Nigue TIle de Palme ( une
des ouvriers habiles de
Sucre
faire du
(6).
des Canartes), pour
fur le rémoignage de
Sloane (7) rapporte, croiffoit merveilleufeMartyr, que la Canne
qu'elle étoit
bien à Saint - Domingue,
même
ment
le poignet & que la
grolle comme
S, tandis
donnoit ving: à trente rejetons
rouffe
(1) Dilionnaire dc Miller. fon Voyage de Sicile, que la Canne
(2) Brigdone dit dans
en tetire du Sucre prefqualfer
eft encore cultivéc 2 &: qu'on
y la confommation de PIle.
pour Charlevoix, Hiltoire d'Amériqae.
(3) Gomara, Hiftoire d'Amérique.
(4)
(5) /Théodlore Idem. de Bry , Lib. IIl.
(6) (7) Sloanc, Tome 1, P. 102.
que
) Dilionnaire dc Miller. fon Voyage de Sicile, que la Canne
(2) Brigdone dit dans
en tetire du Sucre prefqualfer
eft encore cultivéc 2 &: qu'on
y la confommation de PIle.
pour Charlevoix, Hiltoire d'Amériqae.
(3) Gomara, Hiftoire d'Amérique.
(4)
(5) /Théodlore Idem. de Bry , Lib. IIl.
(6) (7) Sloanc, Tome 1, P. 102.
que --- Page 55 ---
DE LA CANNEET DU SUCRE.
que' celles de Valence n'en donnoient que cinq
à fix. Il dic auffi qu'en 1518,1 y avoit dans
cette Ifle vingt-huit Sucreries, La culture de la
Canne s'étendit à Saint-Domingue avec une fi
prodigieufe rapidité , &c les produits en Sucre
furent fi confidérables, qu'on affure que les
magnifiques Palais de Madrid & de Toledes
qui font l'ouvrage de Charles - Quinr, furent
entièrement bâtis du feul produir des droits d'entrée du Sucre de lifle Efpagnole (1)..
En fixant la première époque de l'établiffement des Sucreries, dans le nouveau Monde,
chez les Efpagnols & les Portugnis à la fin de
1580, le Pere Labat (2) a commis une tresgrande erreur 5 puifqu'en 1518, il y avoit à
Saint-Domingue vingt a huit Sucreries. Il n'cft
pas croyable non plus que les Portugais qui decouvrirent le Bréfil, en 1joo, ayent refté quatre-vingts ans fans y porter la culture de la
Canne; far-tout, après avoir reconnu l'extrême
fertilicé de CC Pays, & ayant à peu de diftance,
(à Saint . Thomas ) la Canne &c des Manufactures à Sucre confidérables.
Il ne paroic pas que la Canne fic naturelle à
(1) Charlevoix, Tome I. P. 422.
(+) Le Père Labar, Hiftoire d'Amérique,
B
1joo, ayent refté quatre-vingts ans fans y porter la culture de la
Canne; far-tout, après avoir reconnu l'extrême
fertilicé de CC Pays, & ayant à peu de diftance,
(à Saint . Thomas ) la Canne &c des Manufactures à Sucre confidérables.
Il ne paroic pas que la Canne fic naturelle à
(1) Charlevoix, Tome I. P. 422.
(+) Le Père Labar, Hiftoire d'Amérique,
B --- Page 56 ---
N -
U
-
A
TA
H I S T O I R E
1S
& quoique le Pere
aucune partic de TAmérique, ait été trouvée dans
Labat (1) dife qu'elle
des Voyageurs
1es, le sémoignge
démon
quelquss
cite, ne fuffit pas pour
peu connus qu'il
à ce fujet.
trer ce qu'il avance écrit que Pifon regardoit
M. Géofifroi (2) a
aul Bréfil, D'après
la Canne comme indigene de pifon (3), on peut
exprellions
au Nouveau
les propres la Canne eft étrangère
conclure que
a été portée (4)-
Monde, & qu'elle y Cannes ne foient point
ditil, les
,às St-Do3) Quoique,
aux Tes Canaries,
propres, ni indigines encore à la Nonvelle Efpagne, Proiningue, & moins érrangères à toutes ces
mais qu'elles foient
été apportées, cepenvinces & qu'elles y ayent
S, en premier
comme on les a tronvées eft à propos d'en
dant,
Ifles Canaries, il
toutes les
lieu, aux
de traiter de
m'étant propoft
être d'ufage
parler,
contrécs qui peuvent
Plantes de ces
c,
en Médecine
(1) Hifioire d'Amérique. Médicale.
(:) Matière Iliftoire du Breil.
fanr
ailt domef-
(3) Pifon, inquir, hx Came non
progris JIEIS verô rov.e
(4) > Liest, Canariarism, akt Hytaniates abpunee regriss.eis
> rice iajilarans omnibus hijee Pruvonais Caais, nos absresifiant
> Npeaic.fle repartt ficrins in Ijalis
de omnibus plantis
s tanten primà
quidtom msujabena Proyiseits reporiatarde
P Mie de illis agoc.# aledscuni luaben: 6NR
pgiut wfian: in
IEIS verô rov.e
(4) > Liest, Canariarism, akt Hytaniates abpunee regriss.eis
> rice iajilarans omnibus hijee Pruvonais Caais, nos absresifiant
> Npeaic.fle repartt ficrins in Ijalis
de omnibus plantis
s tanten primà
quidtom msujabena Proyiseits reporiatarde
P Mie de illis agoc.# aledscuni luaben: 6NR
pgiut wfian: in --- Page 57 ---
DE LA CANNEET DU SUCRE.
Il paroît donc certain que la Canne eft étrangère, non-feulement à I'Amérique, mais qu'elle
l'eft aufli à l'Europe > à l'Afrique & à toute
la partie de l'Afie qui eft en deçà du Gange.
Nous venons de voir la marche que la Canne
a fuivie, pour fe répandre dans toutes les parties du Monde, depuis lépoque où cette Plante
précieufe fut portée en Arabie. En enlevant la
Canne, on oublia l'art d'en extraire le fel eflfentiel, & les moyens que le hazard offrit en Arabie
aux premiers Culivateurs, furent entièrement
éloignés de ceux qu'on pratiquoir dans les
Indes.
Les détails que donne Rhumphius (1) fur
l'art de faire cryftallifer le Sucre, chez les Chinois, nous apprennent que cet Ar: étoit fondé
fur les principes de la Chymie la plus faine.
>> Le fac exprimé, dit-il, eft reçu dans de
a7 grandes chaudières, fous lefquelles on entre-
>> tient un feu très-fort 5 à mefure que ce fuc
S s'évapore, on en ajoute de nouveau, jufqu'à
a) ce qu'il devienne roux & épais: alors on le
3 met dans des plats de terre grands 8
pro33 fonds qu'on porte dans un lieu chaud. Le
>> Sucre forme à la farface des cryfaux qui fe
(1) Rhunphius, Tome VI.
B 2
dans de
a7 grandes chaudières, fous lefquelles on entre-
>> tient un feu très-fort 5 à mefure que ce fuc
S s'évapore, on en ajoute de nouveau, jufqu'à
a) ce qu'il devienne roux & épais: alors on le
3 met dans des plats de terre grands 8
pro33 fonds qu'on porte dans un lieu chaud. Le
>> Sucre forme à la farface des cryfaux qui fe
(1) Rhunphius, Tome VI.
B 2 --- Page 58 ---
a a - T e T
A
- TO a -
H I $ T o I R E
blancs qu'on nonime
en grouppes
cryftallife aul-
$) réunifent
& celui qui
raffiner
de Sucre,
Pour
D gâreaux eft nonfmé Mofceuade:
chaus2 deffous
clarifie dans de grandes
Sucre, on le
On emploic,
5> le
des blancs d'aufs. de
dières, avec
poule,
s>
cuifant, un peu de graife de grands
>2 en le
à crydtallifer dans
on le met
obriennent des gàp puis
terre. Celui quils
&
de
très-dur,
s> plats
Sucre eft très - bianc,
màle.
teauix de
Sucre
$>
: on le nomme
dont
aul cryftal:
9) femblable obrient de la mofcounde, durs
qu'on
moins
22 Celui
font moins beaux,
s les cryftaux
nommé Sucrefemalleu, de la
&
deux (1),et
de Pufage
32 plus
ne parle point
le
du
-
Rhnumphius
alkalines dans travail
chaux & des leflives
le raffinage du Sucre 5
'ni dans
& les
fnc de Canne,
que les Chinois Nad'ci Ton peut conclure
point: car ce
Indiens ne les employoisnr bien counue, n'etic
turalife, duntiendualeelt d'en faire mention.
cerminement pas négligé d'après la forme du
donc conftant,
du temps de
Il paroit
Palfa en Europe,
peemier Sucre qui
douce du Sucre, n'eft poiat un
La faveur plus ou moins lc croire 3 nous efjérons damontrer
(:) comme on pourroir
ou moins grande des principes
préjogé tient à la proportion plus
gurelile confticucat cC fel,
qui
duntiendualeelt d'en faire mention.
cerminement pas négligé d'après la forme du
donc conftant,
du temps de
Il paroit
Palfa en Europe,
peemier Sucre qui
douce du Sucre, n'eft poiat un
La faveur plus ou moins lc croire 3 nous efjérons damontrer
(:) comme on pourroir
ou moins grande des principes
préjogé tient à la proportion plus
gurelile confticucat cC fel,
qui --- Page 59 ---
DE LA CANNE ET DU SUCRE.
Théophrafte & mème avant, d'après l'état de
celui que Barchema & Barbofa trouvèrent chez
les Indiens ( & le témoignage de Rhumphins
ne permet plus d'en douter - que l'art d'extraire
le Sucre & de le rafliner confiftoit, chez les
Chinois, à l'obtenir dans la plus grande pureté,
fous la forme cryftalline régulicge, tel qu'il eft
dans l'érat de Sucre candi.
Rhumphius dit >> FArt de cuire le Suc de
3> Canne pour en obrenir duSucre,n'ef pas très-
>> ancien chez les Indiens 5 ou ils l'ont appris
>> des Chinois, ou F'appas du gain le leur? a
>> fait imaginer; & jufqu'à ce jour les Chinois
>2 ont été encore les feuls, à Java, qui ayent
97 rafiné le Sucre cC, Comment maintenant fe
refufer à croire que les différents arts que demandent l'exploitation de la Canne & le travail
du Sucre, pour les ufages économiques, n'ayent
pas été connus chez les Chinois, dès la plus
haute antiquité.
Quoique nous n'ayons point encore trouvé de
détails far les moyens qu'on employa d'abord
en Arabie & en Egypre, pour purifer le fuc de
Canne, pour cuire le Sucre & le faire cryftallifer; néanmoins nous voyons par les Sucres
gras & noirs, que les Manufactures de ces
Contrdes mirent dans le Commerce, qu'elles
B 3 --- Page 60 ---
A E a -
-
H I S T O 1 R E
étoient
marche dont les principes
fuivirent une
à ceux des Chinois.
diaméeralement oppofés
la Canne des
Les Marchands qui appereèrent de prendre des
négligèrent, à coup far,
Indes,
d'en traiter le fuc;
infrudions fur les moyens
les Caktivateurs
& les difficultés qréproavérent tenter Tufage
leur fsent, fans doute >
Arabes
d'ingrédiens pour le purifier 2
de toute efpèce
faire cryfaillifer &
& imaginer les cônes pour
purger le Sucre.
Tobfervation leur apEmerveillés de ce que
& des alkalis,
de la chaux
prit fur T'emploi
quils crurent
contents des avantages
& trop
des cônes, pour réféchir
trouver dans l'ufage
ils les regarvices artachés à CES moyens,
aux
abfolument effenticls aut travail
dèrent comme
ans de routine aveudu Sucre; & quatre cents
de ces premiers
confacré les erreurs
gle ont
temps.
furent les premiers qui rafiLes Vénitiens
ils imitèrent d'anèrent le Sucre en Europe, dans T'état candi
& vendirent
bord les Chinois,
& cuifant
en clarifiant
le Sucre qu'ils parifioient;
d'Egypte ( 1 ).
à cinq fois les Sucres gras
quatre
t) Manardi Epiftole Madicinales.
ans de routine aveudu Sucre; & quatre cents
de ces premiers
confacré les erreurs
gle ont
temps.
furent les premiers qui rafiLes Vénitiens
ils imitèrent d'anèrent le Sucre en Europe, dans T'état candi
& vendirent
bord les Chinois,
& cuifant
en clarifiant
le Sucre qu'ils parifioient;
d'Egypte ( 1 ).
à cinq fois les Sucres gras
quatre
t) Manardi Epiftole Madicinales. --- Page 61 ---
DE L. A CANNE ET DU SUCRE.
Ils adoptèrent enfuite T'ufage des cônes, &
vendirent le Sucre raffiné en pain.
Bientôt il s'établit des Raffineries dans les
Villes Commerçantes d'Europe, & clles s'y
font muliplices à mefure que l'Amérique a mis
du Sucre dans le Commerce, & que la confommation de cette denrée s'cft augmentée,
L'ignorance &c l'intérêt préfidèrent feuls d
létabliffement de ces Manufadtures : le raffinage
du Sucre fut calqué fur le travail qu'on appliquoit au fuc de Canne, Sc CCS Arts abandonnés à des mains aveugles & mercenaires font
toujours reftés dans l'enfance.
Toutes les opérations qui ont pour objet le
raffinage, ont été établies originairement fur les
préjugés nés, dans l'Art du Sucrier, del'obfervation mal éclairée d'un très-grand nombre de
faits dont il étcit impoflible que des hommes
ignorants puffent failir la caufe. C'étoit dans la
connoiffance approfondie de la nature des différentes parties qui conftituent le fuc exprimé
de la Canne fucrée, qu'il falloit d'abord chercher les raifons des diverfes opcrations qu'il
convient de lui faire fubir.
Cette connoiffance en préfentant tous les
vices attachés aux moyens qu'on a employés jufqu'ice jour, cût offert les principes fur lefquels
B 4 --- Page 62 ---
- - A - CNAT
&cc:
HISTOIRE DE LA CANNES
dans le choix de noti
l'expérience devoit s'érayer & dans le nouvel ordre
veaux, mieux entendus, donner à leur enfemble.
qu'il convenoit de
inftruits fur la
Alors les Raffineurs d'Europe bientôr reconnu
caufe de leurs préjugés, euffent & fenti la néles vices de P'art qu'ils pratiquent, lui donnant
fa conftitation en
ceflité de changer
établis fur une expébafe, des principes
pour
rience éclairée.
E A
--- Page 63 ---
4.
L 31 TAM K 4.
T
A
WAT
DSTANLE
mtie
PREMIÈRE PARTIE.
De la Canne & defon Suc confidéré avant
& après P'expreffion.
CHAPITRE PREMIER.
Des diyèrfes parties de la Canne & de leur état
particulier.
X. Les caraétères fpécifiques de la Canne pris, Objet del'Etude de la
comme ceux du genre, des parties de la frudti- Canne
fication, ne peuvent fervir qu'i l'étude botanique de cette Plante. Pour conduire le Cultivateur a une connoiflance parfaite de lhiftoire de
la végétation de la Canne, il convient non-feulement de confidérer l'enfemble de toutes fes
parties, l'état & le rapport de chacune d'elles,
d'cxaminer leur ftruéture intime, d'étudier la
marche des.diverfes périodes de leur développement fucceffif; mais il faut encore failir toutes
les modifications qu'elle éprouve en tant que
plante, & fuivre celles que reçoit le corps muqueux, produit de fes fondtions, pour arriver
étation de la Canne, il convient non-feulement de confidérer l'enfemble de toutes fes
parties, l'état & le rapport de chacune d'elles,
d'cxaminer leur ftruéture intime, d'étudier la
marche des.diverfes périodes de leur développement fucceffif; mais il faut encore failir toutes
les modifications qu'elle éprouve en tant que
plante, & fuivre celles que reçoit le corps muqueux, produit de fes fondtions, pour arriver --- Page 64 ---
o -
A -a wA - au e CAA
DE L A C A N N E
d'élaboration quilpuife athaut degré
aul plus
teindre.
en fel effenCeftla converfion de ce corps
objct
a été Tunique
tiel qui, jufqu'à ce jour,
elle mérite donc
de la culture de la Canne; Fartention la plus parde la part du Culivateur
ticalière.
naturelle au Nouveau
Sommaire 2. La Camnen'eft pas
le conftate, elle
hificrique dc Monde, ainfi que T'Hifoire
Elie
li Canne.
dans l'état fauvage.
ne sy trouve point
de la fruéhification
Aeurit, mais les organes
effeny
unes des conditions
font privés de quelques
eft férile:
du germe, qui
tielles à la fscondation bouture, & fe maltiplie
elle fe reproduit de fecondité. Elle aime la
avec une mervillenfe torride, & elle peut sétempérature de la zone
jafqu'au quatendre dans les zones tempérées & même encore
rantième degré de latitude,
moins robufte
eft plus ou
au-deld; fa conftirution
du fol où elle
fuivant la fituation & T'expofition de CC fol, elle
Peu fenfible à la nature
croît.
fubordonnée à fon état patfemble entiètement
mais efle
eft conftante;
ticulier. Sa végétation
faivant la faifon &
eft plus ou moins rapide
faifon. Conde chaque
fuivant la température
plante, elle met
fidérée uniquement comme à fon entier accroifcinq à fix mois à parvenir
efen Novembre
de fafloraifon
fement. L'époque
fol, elle
Peu fenfible à la nature
croît.
fubordonnée à fon état patfemble entiètement
mais efle
eft conftante;
ticulier. Sa végétation
faivant la faifon &
eft plus ou moins rapide
faifon. Conde chaque
fuivant la température
plante, elle met
fidérée uniquement comme à fon entier accroifcinq à fix mois à parvenir
efen Novembre
de fafloraifon
fement. L'époque --- Page 65 ---
E T D E S O N S UC.
& Décembre, & elle Aeurit quand la culture
ne I'éloigne pas trop de l'état naturel. Le terme de
fa Aoraifon marque celui de fa vie, dont la darée
eft plus OLl moins longue, fuivant les circonftances, lorfqu'elle ne feurit pas. Confidérée dans
l'état cultivé, le terme de fon accroiffement eft
relatif à fa confitution plus ou moins forte, &c
il s'étend de douze à vinge mois, elle dépérit
d'autant plus promptement que fa confitution
eft plus foible, & c'eft à l'époque de fon dépériffement qu'il convient de la récolter. Elle
porte trois fortes de fucs; l'in purement aqueux,
l'autre extractif, le troifième muqueux. La proportion & la qualité de ces deux derniers, tient
à un nombre infini de circonftances particulières,
dont la connoiffance porte le plus grand jour
fur les foins que demande la culture de cette
plante, une des plus précieufes, fans doute, que
la nature ait offerte à l'homme.
3. Les rofeaux & les graminées different de
Rapports
de la Canne
prefque tous les végétaux, en ce que leurs vaif- avec les rOfeaux féveux qui font la partie la plus folide faux graminées. & les
de ces plantes, n'ont pour écorce qu'une peau
extrêmement mince, avec laquelle ils forment
une tige divifée à certaines diftances par un renAement d'oà part une feuille, & par un dtranglement qu'on nomme noud. Ce noeud préfente intéricurement une cloifon qui partage la
prefque tous les végétaux, en ce que leurs vaif- avec les rOfeaux féveux qui font la partie la plus folide faux graminées. & les
de ces plantes, n'ont pour écorce qu'une peau
extrêmement mince, avec laquelle ils forment
une tige divifée à certaines diftances par un renAement d'oà part une feuille, & par un dtranglement qu'on nomme noud. Ce noeud préfente intéricurement une cloifon qui partage la --- Page 66 ---
a AUA Te
A - -
-
DE L A CA N N E
fouvent creux, qu'on
tige en autant de cylindres, & dont la longueur varie
nomme entre-nauds, T'efpèce, & fuivant les
plas oul moins fuivant
circonftances individuelles. dans les rofeaux &
# Dans la Canne, comme divifion eft marquée par
les graminés, chaque
cette divifion de
feuille. Nous nommons
diftinune
& nous
la tige du nom de Neud-canne, naud-canne, un nccud proguons dans chaque
& une feuille.
prement dit, un entre - naud afpedt (fig. 4-)
La Canne préfente all premier & une tige avec
fouche avec des racines,
une
des fouilles.
doit être difingnée en deux
4. La fouche (A)
formée de plufieurs
Souchcs.
La première (d)et nombre eft conflamparties.
dont le
nocuds particuliers,
de fix, & jamais
ment de cinq, quelquefois
une à deux
Leur étendue porte
plus de fept.
préfente un rang de perits
lignes: leur furface racines. Nous nommons ces
éléments des
points 2
qu'ils femblent uniquenauds radicaus, parce des racines : ils font
deftinés à donner
feuille
ment
une fcuille nommée
divifés entr'eux par
de ces nauds qui forme
radicale. Cellenfemble de la fouche, que nous nomla première partie
qu'elle paroît
fouche promitive 5 parce
des
merons
déreloppemenr
fervir feulement au premier fuivent: comme elle 1le
neuds.cannes qui la --- Page 67 ---
E T D E S de o N Sue
pourroit fuffire à une nombreufe filiation de
neuds, la nature a doué le noud proprement
dit, de plufieurs rangs de points, éléments des
racines qui fe développent.au befoin, pour former avec les neuds, d'oà elles partent > une
fouche fccondaire (a). Il arrive ainfi que les
points des nceuds qui fuivent la fouche primitive fe développent, & forment des racines juf
qu'au moment où les nceuds-cannes font affez
nombreux & affez longs pour élever hors de
terre ceux qui les fuivent & qui vont former la
tige. Cette feconde partie de la fouche devient
très-forte, & femble fervir. foule à la filiation
de noeuds la plus érendue.
S. Les racines réfultent du développement Racines,
des vaiffeaux féveux difpofés en rayons concentriques autour de chaque point, &: de ce point
même que préfentent à leur furface les nceuds
radicaux & les nceuds proprement dits. (Fg. 9-)
La difpofition des vaifeaux féveux de la racine,
coupée tranfverfalement, offre un plan circulaire peu ferré, rempli d'un tiffu cellulaire &c
recouvert d'une peau qui eft blanche d'abord,
puis qui devient brune & noire, & dont le tiffu
eft tres-fpongieux, Les racines (fFig. 4-) fone
prefque cylindriques, > leur diamètre eft a-peuprès d'une ligne, > &c leur plus grande longucur
elt d'un pied au plus; clles fourniffent dans
ée tranfverfalement, offre un plan circulaire peu ferré, rempli d'un tiffu cellulaire &c
recouvert d'une peau qui eft blanche d'abord,
puis qui devient brune & noire, & dont le tiffu
eft tres-fpongieux, Les racines (fFig. 4-) fone
prefque cylindriques, > leur diamètre eft a-peuprès d'une ligne, > &c leur plus grande longucur
elt d'un pied au plus; clles fourniffent dans --- Page 68 ---
: M a N
T
D E L A C A N N E
;0
radicules courtes
leur étendue quelques petites
& peu nombreufes.
foit qu'ils forNauds-can- 6. Tous les nauds-cannes. foit
forment
nes.
la fouche fecondaire,
qu'ils
ment
divifés entr'eux par une feuilie qui
la tige, font
nommons feuilleleur eft propre, & que nous
canne (1).
foit Pétendue
confidérable que
Quelque peu
foit dans la fouche fecondes neuds-cannes,
ils portent toujours
daire, foit dans la tige,
les caradtérinéanmoins tous les attributs qui
fent.
des nauds de la tigo eft ordiLe nombre
il sélève à
miroment de 40 à 60, quelquefais Ces neuds vaquatre-vingt & même au-delà.
ils font,
dans leurs dimenfions;
rient beaucoup
grèles oul renoul petits,
courts Otl longs, gros
fe renconde ces differences
Aés, & plufieurs
les neeads de la même
dans
trent quelquefois
Canne.
dit (Ag.ro. Ee),
Neud
: 7. Le ncud proprement Canne u fimple étrangleprement M n'eft point dans la
des rofeaux & des
ment comme dans la plupart
dont TétenC'eft un véritable anneau
Il
giaminées.
lignes, & j:mais plus.
due eft de 3,4, 5
eft marquée dans les fig. 4,
(1) Chaque divifion cxterne
tranfverfale qui part de
10, 11, 12, 15 & 14, Far une ligne
Vinfertion dc la feuille,
angleprement M n'eft point dans la
des rofeaux & des
ment comme dans la plupart
dont TétenC'eft un véritable anneau
Il
giaminées.
lignes, & j:mais plus.
due eft de 3,4, 5
eft marquée dans les fig. 4,
(1) Chaque divifion cxterne
tranfverfale qui part de
10, 11, 12, 15 & 14, Far une ligne
Vinfertion dc la feuille, --- Page 69 ---
E.T D E S O N Su C.
SI
ofirc à fa furface 2, 3, 4 & même 5 rangs
de points à demi-tranfparents difpofés en quinconce 2 & deflinés à donner des racines; il porte
toujours un bouton (F) qui renferme le germe
d'une canne nouvelle. Une ligne circulaire (e)
à demi-tranfparente, bien fenfible à l'ail, le
parrage d'avec Tentre-neud.
8. L'entre-neeud (eG) ne préfente rien de Entre-nacud.
particulier à fa furface, fon étendue varie depuis une ligne jufqu'à fx pouccs. On remarque
à fa partie fupérieure un léger enfoncement circulaire qu'on nomme ccl, & il eft terminé par
la feuille propre au nocud-canne. L'entre-noud
eft entièrement fubordonné aMX circonftances où
fc trouve le neud-canne, lors de fon développement & de fon accroiffement. Il eft deftiné
à remplir la fonétion qui nous intéreffe le plus
dans la culture de la Canne, dont il porte le
fitc à l'état de fel effentiel, après lui avoir faic
fabir diverfes modifications. Nous verrons dans
li fuite que fon action particulière furle fuc qu'il
élabore, a non-feulement la plus grande analogie avec celle des fruits muqueux 5 mais que
par rapporti cette adtion, il eft lui-même le fruit
muquenx par excellence.
9. Si l'on examine la fruéture intime des Vaiffenuxds
diverfes parties de la Canne, onl voit qu'elles laCmnc.
font formées de vaifleaux féveux & de vaiffeaux
fes modifications. Nous verrons dans
li fuite que fon action particulière furle fuc qu'il
élabore, a non-feulement la plus grande analogie avec celle des fruits muqueux 5 mais que
par rapporti cette adtion, il eft lui-même le fruit
muquenx par excellence.
9. Si l'on examine la fruéture intime des Vaiffenuxds
diverfes parties de la Canne, onl voit qu'elles laCmnc.
font formées de vaifleaux féveux & de vaiffeaux --- Page 70 ---
a AL Ne
A - -
-
E L A CAN N B
D
aufli des trachées
fans doute elles ont
échappent à
propres; utricules, mais ces organes
&c des
la loupe &c au microfcope. 15, 16, 17.) font
Vailfsauxfs- Les vaiffeaux féveux (Jfg s'élève à 1 500 & plus:
veux.
affez gros, 2 leur nombre (fg. 15 & 18 ), ils n'ofcoupés umnfrerolenen s'ils font fimples ; s'ils font
frent qu'une ouverture
deux, trois &c mème
compofés, ils en offrent être vues &c eftimées
affez grandes pour
quatre
eft de
à la loupe.
dont la fonétion
Les vaiffeaux propres
Técorce & dans
Vaiffeaux
dans les feuilles, 'dans
&
propres.
féparer
les fucs particuliers
T'intérieur de la Canne,
fymont une difpofition
propres à cette plante,
fur tout dans
métrique telle qu'ils préfentent, des cavités héxagoT'incérieur de Tenreneud, fur le mème plan &
18.) rangées
formant à
nes (fg.
ceiles des abeilles,
ifclées comme
horifontalement pladiftances égales des rayons
cés les uns fur les autres. moins élevé de la
plus ou
IO. A un point
15 &c 16.)
Boutons.
vaiffeau féveux (Hfg.
la
tige, chaque
P'une (4) continue
fe divife en deux parties; (i) fe porte horifondiredion vetticale; T'autre horifontales s'entrecroitalement. Les divifions
les divifions vertiplans avec
fent fur pluffeurs
formé une cloifon (1fgcales, & après avoir
de hanteur, elles fe
d'unc à deux ligncs
rénnilffenr
17-)
16.)
Boutons.
vaiffeau féveux (Hfg.
la
tige, chaque
P'une (4) continue
fe divife en deux parties; (i) fe porte horifondiredion vetticale; T'autre horifontales s'entrecroitalement. Les divifions
les divifions vertiplans avec
fent fur pluffeurs
formé une cloifon (1fgcales, & après avoir
de hanteur, elles fe
d'unc à deux ligncs
rénnilffenr
17-) --- Page 71 ---
E T D E S O N S U C.
réunifent en un faifceau qui perce l'écorce &
s'applique à la furface du nccud proprement-dic
fous la forme d'un bouton (KKK). Les boutons 2 ainfi formés 3 renferment l'efpoir d'une
génération future & fe préfentent toujours alternativement fur deux ligues oppofées.
II. La cloifon (J) que forment les divifions Divifioni inhorifontales fépare intérieurement les noeuds- ternc de la tigc.
cannes & intercepte entr'eux toute communication, par rapport à leur fonction particulière.
12. Au-deffus du point de leur divifion, les Etarparticu.
vaiffeaux (hfig. 15, 16, 17.) qui fuivent la di- lier fcaux dés féveux vaifreétion verticale préfentent, dans totite l'éten- prement-dita dur natudpro.
due du noeud proprement-dir (ir m2 Rg. 15,16,
J. m. fg. 17-), une face concave & l'autre convexe; puis ils deviennent ronds, fans doute,
par T'abouchement d'autres vailleaux. Les points
de cet abouchement (m.fg. 15,16, 17.), quife
correfpondent dans tousles vaiffeaux, ont quelquefois jufqu'à une ligne.d'étendue, & font marqués
par une demi-tranfparence (efig. 10.)qui forme
démarcation entre le noeud & l'entre-naeud (*) ).
L'efpace que les vaiffeaux féveux laiffent en-
(1) Cette deni-tranfparence forme une ligue de démarcation
entre le nud & l'entre-nceud, ligne qui eft marquéc à P'extéricur > &c dans laquelle la Caune fe caffe prefque toujours 5
attendu qu'elic eft plus foible dans cétte partie que dans routs
autre.
C
efig. 10.)qui forme
démarcation entre le noeud & l'entre-naeud (*) ).
L'efpace que les vaiffeaux féveux laiffent en-
(1) Cette deni-tranfparence forme une ligue de démarcation
entre le nud & l'entre-nceud, ligne qui eft marquéc à P'extéricur > &c dans laquelle la Caune fe caffe prefque toujours 5
attendu qu'elic eft plus foible dans cétte partie que dans routs
autre.
C --- Page 72 ---
a
- T we
-
-
E L A CAN N E
D
à Yautre, eft rempli par
tr'eux, d'une cloifon
fymmétriforme la difpolition
les rayons que
des vaiffeaux propres.
trois parque L'écorce de la Canne préfente
la
L'icorcs.
1j.
lécorce repiemanedie,
ties à confidérer;
8 Tépiderme.
eft formée de vaifpean L'écorce Reprenesntadie
fur un plan
feveux, rangés paalilement
feaux circulaire trisferré.
eft d'abord tenqui eft uesmince,
citrine,
Pead.
La peau,
puis elle devient verte,
dre & blanche,
le ncud canne approche
à mefure que
terme eft annoncé par
jaune,
dont le
eft defde la macurité,
foncé. Cet organe
des ftries d'un rouge pariculière, dont le protiné à une fonétion
propres de Tintédans les vailfeanx
duit palle
rieur.
fine & tranfpaL'épiderme eft une pellicule il eft prefque touEpiderme.
recouvre la peau;
la
fupérente qui
farineux dans
partie fariblanc &
il eft
jours
quelquefois
rieure de Tenrencud;
neux &c noir.
arrivéc à T'extrémité fupérieure l'un
Feuilles.
14. L'écorce, fe divife en deux plans; fuivant;
de Tenerenaud, Pécorce du naud
interne va former plufieurs vailfeaux féveux
l'autre externe reçoit
fe réunir à ceux
de linrérieur
viennent
panillementy
qui
de ce plan
octigegarineer
eft
jours
quelquefois
rieure de Tenrencud;
neux &c noir.
arrivéc à T'extrémité fupérieure l'un
Feuilles.
14. L'écorce, fe divife en deux plans; fuivant;
de Tenerenaud, Pécorce du naud
interne va former plufieurs vailfeaux féveux
l'autre externe reçoit
fe réunir à ceux
de linrérieur
viennent
panillementy
qui
de ce plan
octigegarineer --- Page 73 ---
E T D E S O N Suc.
foutenus par un tiffa réticulaire, pour former la
feuille; fur laquelle fe continue la peau & l'épiderme de l'écorce.
Toutes les feuilles (Fig. 7.), excepté lcs trois
premières radicales, font divifées en deux parties
parune nodofité (M). La partie inférieure (Mn)
a quelquefois plus d'un pied de hauteur, > elle
fert d'enveloppe aux nceuds - cannes faivants,
qu'elle embraffe très-étroitement , en formant
fur eux à-peu-près un rour & demi. Sa face
interne eft blanche, liffe, polie & luifante. Sa
face externe, légèrement cannelée, préfente un
nombre infini de perites aiguilles blanches, longues de deux lignes a-peu-près, dont l'infertion
eft inférieure.
La partie fupérieure (Mo), quieft d'un vert plus
ou moins foncé a jufqu'à quatre pieds de longueur
& même quelquefois plus; droite fur elle-mème,
elle s'étend & s'élève dans l'atmofphère en formant, avec l'axe de la Cane, un angle d'autant moins aigu que le noeud d'oi elle part eftplus près du terme de fon accroiffement parfait:
fa plus grande largeur eft de deux pouces, elle
Va, en diminuant toujours, fe terminer en pointe
alongée.
La nodofité ( (M), qui divife la feuille, a plu- Nodofité.
fieurs lignes d'étendue: le tiffa de fa peau eft
plus tendre, plus épais & d'un vert plus foncé,
C 2 --- Page 74 ---
- -
VA U a - -
-
E L A CA N N E
DI
farineux.
la recouvre eft toujours
qui
membraneux
Tépiderme
un repli
Elle offre inérieurement tbs-sroitement apmince, large d'une ligne, Canne. Ce repli forme
fur le corps de la
de la feuille une
pliqué entr'elle & la partie fupérieure de l'eau de pluie;
lécoulement
arrête
gourière, pour
une barrière qui
il eft en méme-temps & fait obftacle aux infectes dans le
les corps étrangers
les ncuds
aller artaquer
qui pobrroient leur développement.
fur deux
temps de
sélèvene akretnarivemenc
Les feuilles
dans leur expanoppoles & préfenrent 3,4).
plans
d'éventail (ig.
fion une efpèce
fupérieure de l'eau de pluie;
lécoulement
arrête
gourière, pour
une barrière qui
il eft en méme-temps & fait obftacle aux infectes dans le
les corps étrangers
les ncuds
aller artaquer
qui pobrroient leur développement.
fur deux
temps de
sélèvene akretnarivemenc
Les feuilles
dans leur expanoppoles & préfenrent 3,4).
plans
d'éventail (ig.
fion une efpèce --- Page 75 ---
E T
E S
N S U Co
CHAPITRE II
Du déyeloppement des différentes parties de la
Canne.
LHISTOIRET Naturelle de tout végéral doit Importance
1S.
& de "Hiftoire
préfenter les phénomèmes de la frudtification Naturelle de
de la fécondation du germe, > les loix que fuit la Cannc.,
ce germe dans fon développement, les differentes révolutions que la plante éprouve depuis
fa naiffance jufqu'a fon dépériffement total, &
les divers accidents de fes différents âges entre
ces deux termes.
Le Cultivateur ne peut donc fe difpenfer d'étudier, fous tous ces rapports, > la plante confiée
à fes foins, s'il veut arriver à une culture bien
entendue & raifonnée, telle que l'exigent les
plantes utiles qui jouent le plus grand rôle
par rapport à nous; comme la Canneà Sucre,
le Froment, le Mais, la Vigne, l'Olivier, le
Pommier, &c:
Cette étude, bien approfondic, apprend quel
fol, quel climat conviennent le mieux à la
plante; en éclairant fur les circonftances les plus
favorables à fa végétation, elle rend raifon de
tous les accidents qui l'accompagnent, elle conC 1 --- Page 76 ---
W
w
aA - - T a
E L A C AN N E
D
de
encore à la connoilfance
duit nécelfairement
de fes produits.
la nature & de la qualité
la Canne fe forToutes les parties de
Ginération 16.
f'accroiffent & s'élèvent
de due la au Can- dé- ment , fe développent,
> de mane
les unes fur les autres
foncveloppenent, fuccellivement
à la
du
R
chacune eft, par rappoit
qui
LE bouton des nière que
u1l tout particulier
nazuds.
tion dont elle jouit, différens temps indépenparcourir fes
nous
paroit
Cette paricularicé
damment des autres.
qui femCanne fous deux rapports
préfenre la
& que nous diftinguerons
blent fe confondre,
à la fin de CC Chapitre (23).
de
inutile, au moins en Amérique, de
Il feroit
de la fructification
chercher dans les parties
nouvelle; ceft
d'une Canne
la Canne le germe
à la première partie
le bouton, qu'on remarque
dit),
(le naeud proprement-d future :
du neud-camne
d'une genérntion
qui contient l'efpoir
petites feuilles trèspréfente plufieurs
Les condice bouton
fervent d'enveloppe.
ferrées qui lui
renferme étant nécelfairetions du germe qu'il
les boutons, le dévement les mêmes dans tous foumis aux mèmes
elt
loppement de ce germe jamais dans quelque
loix, & ces loix ne vaiient foit le bouton.
de la Canne que
du dévepartie
dans les premiers temps
17- Ceft
bien reconDévelop- des
de la Canne qu'on peut
facile
pement nauds radi- loppement
radicaux. II eft furtout
caux.
noitre les nacuds
ions du germe qu'il
les boutons, le dévement les mêmes dans tous foumis aux mèmes
elt
loppement de ce germe jamais dans quelque
loix, & ces loix ne vaiient foit le bouton.
de la Canne que
du dévepartie
dans les premiers temps
17- Ceft
bien reconDévelop- des
de la Canne qu'on peut
facile
pement nauds radi- loppement
radicaux. II eft furtout
caux.
noitre les nacuds --- Page 77 ---
E T DE s N Suc.
de les examiner fur les boutons développés de
la partie fupérieure d'une Canne, dont la tète
a été coupée (P fg. 5); ces boutons (P.P s
recevant alors les fucs qui fe portoient à la
tète, fe développent quelquefois affez pour
donner une vingtaine de nocuds-cannes. Il eft
moins facile de bien examiner les noeuds radicaux, lorfque le bouton s'eft développé et2
terre 5 parce que les racines qui en partent
& la terre, qui eft embarraffée dans ces racines 3 empèchent qu'on ne les diftingue aufi
nettement que dans la première circonftance.
18. Après avoir enlevé les feuilles radicales,
Dévelop- des
pement
on découvre ordinairement, fous celle du cin- noruds-cannes.
quième naud, 2 le premier nceud- canne qu'on
reconnoit au bouton qu'il préfente far fa partie
latérale droite &c à la ligne qui le divife en
deux parties ; s'il eft privé de ces attributs, il
doit être mis au nombre aes noeuds radicaux;
alors le nasud fuivant porte le bouton qui le
caractérife naud-canne fur la partie latérale
gauche; s'il en étoit privé, ce qui arrive trèsrarement, il feroit à coup fûr le dernier noeud
radical. Le premier naeud-canne porteroit alors
fon bouton fur la partie latérale droite ; les boutons étant toujours alternes fur deux lignes op- -
pofées.
C'eft du centre du dernier naud radical que
C 4
radicaux;
alors le nasud fuivant porte le bouton qui le
caractérife naud-canne fur la partie latérale
gauche; s'il en étoit privé, ce qui arrive trèsrarement, il feroit à coup fûr le dernier noeud
radical. Le premier naeud-canne porteroit alors
fon bouton fur la partie latérale droite ; les boutons étant toujours alternes fur deux lignes op- -
pofées.
C'eft du centre du dernier naud radical que
C 4 --- Page 78 ---
- M a
- -
- -
D E L A CA N N E
neeud- canne ; ce
fort le germe du premier de la vie de la
gernie renferme le principe des nacuds. Le preCanne & de la génétation
la matrice du
mier, en fe formant, , devient matrice du troile fecond devient la
fois
fecond;
de fuite. Cette fuccellion une
fème, & ainfi
paffe du
érablie, le principe de la génération randis
formé dans celui qui fe forme ;
neeud
naeuds formés fe développent
que les premiers
toujours, entre leurs
& s'accroiffent, en mettant de diférence mardiverfes révolutions, un degré
de forte
de leur génération;
qué par le temps
Canne
être confiles nocuds de la
peuvent
s
que
autant de cercles excentriques
dérés comme
occupé par un point
dont le centre eft toujours
& eft remplacé
devient cercle lui-mème,
fucqui
cercles qui s'élevant
par un nouveau point: fur les autres, s'étendent
ceffivement les uns
déterminé, dans un
arriver à un diamètre
pour
temps donné.
(Fg. 8)
Je
en quatte époques
Diverfesé- 19.
partage fubit le naud-canne depuis
volutionsque Tes révolurions que
huit à dix
fubit, chaque
qui dure
neeud-canne linftant de fa génération,
la
pour arriver
de fa maturité. Dans
au maturité. terme de jours, jufgua répoque
au centre
la
l'ébauche du nceud paroit
deux
génétation,
cône (s), qui a
fous la forme d'un petir
& paffe à Tépoque
au plus de hauteur,
oà
lignes
en fortant de ce centre,
de la formation (st)
fubit, chaque
qui dure
neeud-canne linftant de fa génération,
la
pour arriver
de fa maturité. Dans
au maturité. terme de jours, jufgua répoque
au centre
la
l'ébauche du nceud paroit
deux
génétation,
cône (s), qui a
fous la forme d'un petir
& paffe à Tépoque
au plus de hauteur,
oà
lignes
en fortant de ce centre,
de la formation (st) --- Page 79 ---
E T D E S O N S U C,
il eft remplacé par un autre. La première partie
- que préfente cette ébauche, dans le premier
temps de la formation, eft la feuille qui s'elève de huit à dix lignes; dans le fecond temps,
la feuille s'élève à vingt lignes, 2 & eft fuivie
du nocud proprement-dit; dans le troifième,
elle parvient à cinq à fix pouces s le noeud qui la
fuit eft plus marqué & porte un bouton; dans
le quatrième, > elle prend dix à douze pouces
& eft fuivie de la ligne qui fépare le naeud de
l'entre-nceud; enfin dans le cinquième temps 2
la feuille devient aflez grande pour paroitre au
jour : elle eft faivie de l'entre-nceud de la ligne
& du nceud. Le nocud-canne alors tout formé,
paffe à une feconde époque, 2 celle du développement (Eu), dans laquelle chaque partie
prend un caraétère bien plus décidé. Cette époque eft divifée en plufieurs temps > qui répondent à celui de la génération & à ceux de la
formation; les changemens qui accompagnent
ces divers temps font marqués, & fur le narud
dont toutes les parties formées fe développent,
& fur le fuc de l'entre - noeud dont la qualité
eft modifiée à divers degrés. Ce fuc, pendant
le développement, prend dans fon odeur & fa
faveur un caractère doux , herbacé > comme
celui de quelques fruits muqueux verts. --- Page 80 ---
- 5
2 Va
V
a
-
VU
D E L A C A N N E
(as), celle de l'accroiffeLa troifième époque
temps
en
ment, eft auffi divifée plufieurs
quirépon & à ceux
à celui de la génération
dent également
Ces temps font moins matdes premières époques. dont les parties formées
qués fur le naud-canne, >
le degré de force
prennent tout
& développées
fur le fuc de l'enqu'elles puilfent acquérir 2 que
un degré
tre-nacud qui fubit, dans chaque temps, fuite des
d'élaboration de plus; ce fuc par une herbaéprouve, ceffe d'ètre
modifications qu'il & fon odeur deviennent
cé, fa faveur douce à celles du fuc de pomparfairement femblables
formés,
douces. Le fuc des neudscannes
de
mes
fubit, par le travail
développés & accrus, > divers temps de cette
dans les
la maturation,
qui répondent toujours
quatrième époque (vx), &c à ceux des époques
à celui de la genération modifications dans le chanprécédentes, diverfes
faveur fucrée, &
de fa faveur douce, en
balfamigement
de
en l'odeur
de fon odeur
pommes, à la Canne.
que particulière & propre font très-f favorables
Lorfque les circonftances
il arrive quimmnidiarenent
pour la végétation, développement des nauds-canaprès le premier
la fouche fecondaire,
nes qui doivent former
partie de
préfente la première
le bouton que
fournit fes nauds radices ncuds fe développe, feconde filiation fur la
caux, & va former une
igement
de
en l'odeur
de fon odeur
pommes, à la Canne.
que particulière & propre font très-f favorables
Lorfque les circonftances
il arrive quimmnidiarenent
pour la végétation, développement des nauds-canaprès le premier
la fouche fecondaire,
nes qui doivent former
partie de
préfente la première
le bouton que
fournit fes nauds radices ncuds fe développe, feconde filiation fur la
caux, & va former une --- Page 81 ---
E T D E S O N S U C.
première (9,9Fg. 533 fouvent le bouton du
premier nccud-canne de cette feconde filiation fe
développe aufli & en forme une troifième (9 r).
Ces deux dernières fuivent la première de trèsprès & vont former Canne, comme elle.
Tempsque
20. Il faut quatre à cinq mois pour l'entier lc norud-canaccroiffement du premier noeud-canne, & pen- ne arriver met à pour ma
dant ce temps fa filiation eft fuivie de quinze curité,
à vingts nccuds; elle fe continue, dans la même
progreflion, à mefure que chacun de ces noeuds
arrive all terme de fon accroiffement, qui ( eft annoncé par le dépériffement de fa feuille, époque de la maturation; maturation dont le terme
eft marqué par le defsèchement parfait de cette
même feuille.
21. Après quatre à cinq mois, lorfque les pement Dévelop- des
feuilles des deux ou trois premiers nauds-can- nauds qui
portenrlepanes qui paroiffent hors de terre font defsèchées, nicule & caractères qui
la Canne (SFig. 3-) préfente douze à quinze feuil- difinguene
ccs nauds.
les vertes difpofées en éventail; ; alors, confidérée dans l'état naturel, elle a acquis tout fon
accroiffement; car, fi elle fe trouve à l'époque
de la Aloraifon, elle feurit & le principe de
la vie & de la génération paffe tout entier au
développement des parties de la fructificationA cette époque les nacuds-cannes qui fe forment, préfentent bien deux parties, mais la
première eft privée de bouton & de points dlé-
éventail; ; alors, confidérée dans l'état naturel, elle a acquis tout fon
accroiffement; car, fi elle fe trouve à l'époque
de la Aloraifon, elle feurit & le principe de
la vie & de la génération paffe tout entier au
développement des parties de la fructificationA cette époque les nacuds-cannes qui fe forment, préfentent bien deux parties, mais la
première eft privée de bouton & de points dlé- --- Page 82 ---
TT > M -
TA
DI E L A C A N N E
6.), & les divifions des
ments des racines (fig- dans les nocuds précédens
vailleaux féveux, qui
former le
tranfverfalement pour
fe portoienr
d'oit il arrive
bouton, paffent dans les feuilles; diminuant dans
le nombre de ces vaiffeaux
ces naeuds
que
fe forment,
les naeuds à mefure qu'ils
de plus en plus, ne portent plus
qui s'alongent
de vaiffeaux fimples, mème
qu'un peric nombre
très-mince. Le derdans leur écorce qui devient
nomme Aèche (L.Lf3&6),
nier neud qu'on
il eft terminé par
à cinq pieds de long;
a quatre
Aeurs ftériles qui a dix-huit à vinge
un panicule de
pouces de hauteur (1,1). feuilles des derniers
inférieure des
La partie
& forme une envenceuds eft fort longue
la Aèche jufloppe très-ferrée, qui accompagne Ces feuilles s
qu'au panicule &c la fourient.
fe defsèainfi que les noeuds d'oà elles partent, & tomque la Aèche,
chent en mème-temps le principe de la vie
bent avec elle: quoique naeuds fc trouve anéanti,
& de la génération des
doués
néanmoins les feuilles des nauds-cannes de leur
bouton qui ne font point au terme
de
confervent leur port & leur
dernière époque,
couleur verte.
la fouche & la feuille;
Ce fait démontre, entre dont les bénéfices fe
u: mouvement particulier,
feuille.
au ncud de chaque
rapportent
chent en mème-temps le principe de la vie
bent avec elle: quoique naeuds fc trouve anéanti,
& de la génération des
doués
néanmoins les feuilles des nauds-cannes de leur
bouton qui ne font point au terme
de
confervent leur port & leur
dernière époque,
couleur verte.
la fouche & la feuille;
Ce fait démontre, entre dont les bénéfices fe
u: mouvement particulier,
feuille.
au ncud de chaque
rapportent --- Page 83 ---
E T D E S o N Suc.
22. Si la Canne ne fe trouve pas à lépoque Dévelopde la foraifon, ou fi à cette époque la culture eNOT can- des
l'éloigne trop de l'étar naturel, elle ne feurit nes depérifie- jufqu'au
pas (Fig. alors le principe de la vie paffe à mcut.
la génération de nouveaux nceuds, > génération
qui fe continue jufqu'à ce que les vaiffeaux féveux de la fouche, devenus ligneux, ne permettent plus aui fucs aqueux de paffer.
23. On doit diftinguer dans la Canne deux Deux moumouvements; l'un qui appartient au fyftème des vemens tinguer à dans dic
vaiffeaux féveux & fe porte à toutes les
la Canne.
parties de la plante dontil entretient la vie, en fourniffant à la génération des naeuds; l'autre particulier tient au fyftèmé des vaiffeaux propres,
& entretient la fonétion propre & particulière
à chaque nceud.
24. Je donne à l'enfemble de toutes les par- Diverfes deties del la Canne ( ABCD fig. 4,3,2.), confidérée nominations de la Canre
en général, la fimple dénomination de Canne.
confidéréc dans divers
états.
Je nomme Canne à Sucre (CDfg. 4.)
l'enfemble des noeuds qui, par leurs feuilles,
font en rapport avec la fouche à quelque diftance qu'ils fe trouvent d'elle 5 parce que c'eft
dans les diverfes révolutions que fubiffent ces
naeuds, que le corps muqueux eft élaboré pour
devenir Sucre.
Et je nomme Canne fucrée (BCfg. 4.) --- Page 84 ---
E L 19 a 1
- -
O
D E L A C A N N E
parvenus au terme
T'enfemble des nceuds qui, contiennent le Sucre
de leur dernière époque, befoin des bénéfices
formé, & n'ont plus
rout
Ils doivent être confidérés
de la végétation.
en maturité.
autant de fruits muqueux
en
comme
fuctée qu'on récolte, pour
C'eft la Canne
extraire le Sucre.
k
19 a 1
- -
O
D E L A C A N N E
parvenus au terme
T'enfemble des nceuds qui, contiennent le Sucre
de leur dernière époque, befoin des bénéfices
formé, & n'ont plus
rout
Ils doivent être confidérés
de la végétation.
en maturité.
autant de fruits muqueux
en
comme
fuctée qu'on récolte, pour
C'eft la Canne
extraire le Sucre.
k --- Page 85 ---
E T D E S
N Suc.
* a 1
CHAPITRE IIL
Des divers états que préfente la Canne dus aux
infuences du Jol, du climat G de la culture.
25. S, les influences du fol, du climat; fi Influences
l'éducation modifient la conftirution phyfique & du climat, fol, &c. du
morale des animaux; fi la nature a affigné à cha- fur taux, les végéque efpèce les lieux qu'elle doit habiter &
qu'elle ne peut quitter fans danger de languir
& même de périr : les 1 végétaux qui tiennent
bien plus immédiatement à la terre, > doivent
donc être & font, , en effet, beaucoup plus
foumis encore à ces influences.
C'eft aux influences du fol, du climat & de
la culture, que les plantes doivent leur conftitution plus ou moins forte, leur vigueur & la
faculé de remplir, avec plus d'énergie, les diverfes fonétions qui leur font propres.
Si le choix de quelques-unes varie fur la nature du fol, toutes s'accordent à rechercher
l'action de l'air, de la lumière & du foleil; &
s'il en eft qui donnent la préférence à telle ou
telle expolition, c'eft pour recevoir cette action --- Page 86 ---
NA
- ASM
TA -
-
D E L A C A N N E
particulière & plus propre
d'une manière plus
individuelle.
à leur conflirution change de fol, de climat,
Les plantes qu'on
une altération plus ou
oul éprouvent
foit
ou périlfent, foit dans leur conflitution,
moins fenfible;
leurs fonaions (1).
dans le produit de
la nature a doués d'orSur les vés 26. Les végétaux que le corps muqueux, pour
gétaux deftià élaborer
être
nes élabo- ganes propres doux & facré, femblent
rer i corps l'amener à l'état
diverfes influences; ils
mauqueux. les plus fenfibles à ces
divifée aux tetreins
une terre légère &
fartout une
préferent
ils demandent
gras & manécageux; recevoir l'adtion de l'air,
pofition favorable pour foleil; agents qui jouent le
de la lumière & du l'élaboration & la perfecplus grand rôle dans
tion de la matière fucrée. àMadère, en Efpagne
On fait qu'a Chypre, menidionales.oh la vigne
& dans nos Provinces
moins de foin qu'aux
être cultivée avec
le
eft peut
& au nord de la France,
environs de Paris
plus riche en matiere
fuc du raifin eft infiniment eft beaucoup mieux
fucrée, & que cette marière le ciel y étant prefque
élaborée dans ces lieux: :
lumière & du folcil
bean, T'adtion de la
toujours
la Differtarion de
confulter 2 fur cet objet, inférée dans les
(:) On peut titte Srationes Plantirum,
Linné, qui a pour
eft
Aménicés Academiqucr
de Paris
plus riche en matiere
fuc du raifin eft infiniment eft beaucoup mieux
fucrée, & que cette marière le ciel y étant prefque
élaborée dans ces lieux: :
lumière & du folcil
bean, T'adtion de la
toujours
la Differtarion de
confulter 2 fur cet objet, inférée dans les
(:) On peut titte Srationes Plantirum,
Linné, qui a pour
eft
Aménicés Academiqucr --- Page 87 ---
E T D E S 2 O N Suc.
eft plus forte & plus conftante qu'aux environs
de Paris, où les pluies font fréquentes & où le
foleil eft fouvent plufieurs jours de fuite fans
paroître fur Thorifon.
Les changements que font épronver aux végétaux les foins multipliés de la culture, joints
aux influences du fol & du climat, font quelquefois fi confidérables, fur-tout dans ceux qui
produifent les fruits muqueux, qu'ils donnent
lieu à des variétés infinies, qui paroiffent les
faire différer d'eux-mèmes, de manière à n'être
prefque point reconnoiffables.
M. Duhamel a démontré qu'on devoit rapporter, dans les arbres fruitiers, > toutes les
variétés d'une cfpèce à cette même efpèce
prife dans l'état fauvage.
Ainfi toutes les vignes cultivées font forties
de plufieurs efpèces fauvages, il en eft de même
des Poiriers, des Pommiers, &c. &c.
27. Quoique la Canne femble, au premier Sur la Canabord, ne pas différer d'elle-mème; cependant ne, déjà rel'étude approfondie de cette plante & l'obferva- FCacl marquées
tion éclairée font connoitre, d'une manière bien E.eL &
les
évidente, les modifications qu'elle a reçues 5
les différences qu'elle préfente > rant en cllemême, que dans le produit de fes fonétions
font marquées de la manière la plus tranchante, >
non-feulement dans les diverfes parties de SaintD
, ne pas différer d'elle-mème; cependant ne, déjà rel'étude approfondie de cette plante & l'obferva- FCacl marquées
tion éclairée font connoitre, d'une manière bien E.eL &
les
évidente, les modifications qu'elle a reçues 5
les différences qu'elle préfente > rant en cllemême, que dans le produit de fes fonétions
font marquées de la manière la plus tranchante, >
non-feulement dans les diverfes parties de SaintD --- Page 88 ---
Ta a A TA AN
- a - - VAA
L A CAN N E
D E
dans
5o
mais même
Domingue que j'ai parcourues, partic.
les divers quartiers de chaque confidéré la Canne que
Rhumphius qui n'a
à trois variétés,
Naruralifte, , a rapporté
vues dans
comme
toutes celles quila
prifes dela conleur,
cette plante préfente
TInde. Les différences que Chinois; ils ont, fuin'ont point échappé aux
deux fortes de
(1), difingué
à lavant cet Auteur
Tecfia la première,
Cannes. Ils nomment
celles dont récorce
toutes
quelle ils rapportent la feconde, à laquelle
eft mince, & Gamfa celles dont T'écorce eft
toutes
ils rapportent
épaifle.
diverfes obfervations que jai
les
Varietés.de 28. D'après
& les modifcations
la Canneéta faites fur les changemens
du fol,
blies fur fa
Canne reçoir rant du climat t, faifons s
conftirution. que la
des infuences des
de la culture, que
de l'air, de la lumière
de Peau, de la féchereffe,
rapporter toutes
& du foleil; je crois pouvoir
à deux états
qu'ofre cette plante, de la force de
les variétés
non-feulement
principaux, pris
de fon port, de l'état parféveux,
mais
fes vaiffeaux
& des entre - ncuds;
ticulier des naeuds
relatives à fa conflitution
encore des différences,
fon fuc exprimé.
forte ou foible, que préfente Canne de confitation
Ainfi je difingue la
(1) Ramphiur 3 Y. 6.
états
qu'ofre cette plante, de la force de
les variétés
non-feulement
principaux, pris
de fon port, de l'état parféveux,
mais
fes vaiffeaux
& des entre - ncuds;
ticulier des naeuds
relatives à fa conflitution
encore des différences,
fon fuc exprimé.
forte ou foible, que préfente Canne de confitation
Ainfi je difingue la
(1) Ramphiur 3 Y. 6. --- Page 89 ---
E T D E S O N S U C,
SI
forte Nfg. 12, 13, 14.) & la Canne de confi
zution foiblelOfg.10, 11.). Je diftinguc encore,
dans ces deux états, des nuances particulières
qui donnent lieu à des fous-divifions que nous
allons expofer.
29. La Caune d'une forte conftitution aul pre- Canned'une
mier degré (Jfig. 14 ) eft ferme fur fa fouche, tution forte confti- au
elle réfifte aux efforts du vent qui ne la renverfe mier egitre
& ne la caffe jamais; elle fupporte également
bien l'abondance d'eau & la fécherelfe &
court
parlentement fcs révolutions : auffi Tépoque
de fon dépérifement eft-elle plus éloignée, &c
ne commence guère avant dix-huit à vinge mois.
Cette forte de Canne eft la meilleure & la plus
rare; elle fe trouve au Cui-de Jac, depuis la rive
ER de la Rivière blanche jufqu'à l'étang. Je l'ai
vue encore à PAribonite & aux Gonaives.
La Canne à Sucre préfente quinze à feize CanneàSuneuds-cannes- dont les feuilles font très-longues cre.
& très-larges, leur couleur eft d'un beau vert :
comme les vaifleaux féveux de cette forte de
Canne font très - forts-, les feuilles fubliftent
très-longtemps après le defsèchement.
Dans la Canne fucrée, les nceuds cannes font Canne fu.
très-gros, très renflés & longs au plas de deux créc.
à trois pouces; ils font jaunes - quelquefois ils
confervent une teinte verte, fur-tour quand le
terrein eft neuf. Le bouton que porte le naud
D 2
comme les vaifleaux féveux de cette forte de
Canne font très - forts-, les feuilles fubliftent
très-longtemps après le defsèchement.
Dans la Canne fucrée, les nceuds cannes font Canne fu.
très-gros, très renflés & longs au plas de deux créc.
à trois pouces; ils font jaunes - quelquefois ils
confervent une teinte verte, fur-tour quand le
terrein eft neuf. Le bouton que porte le naud
D 2 --- Page 90 ---
- 2 - - 1 ES
- - L A CA N N E
D E
qu'il
s2
& l'efpace
eft très-gros, donne au naud,
poremeneditge
Técorce
d'étenoccupe en pénétrant jufqu'a deux lignes
d'oi
dans cette partie, dans la partie oppofée; une
due de plus que
du naud prend
il arrive que Tinrerpolfion
du bouton. Le
relative à la groffeur
de
obliquité
eft oxdinsirement
nombre des neudscannes Cette Canne fucrée
trente cinq à quarnte-cing. influences de Variere-faifons
eft peu fenfible aux
il porte une forte odeur
fon fuc eft abondant, en eft quelquefois diffiCanne. La défécation
favonneufe,
de
d'une matière
en fel
cile par la préfence abondanre. I1 eft riche
extradive, trop
dont l'estradtion
d'excellente qualité,
le degré de
effentiel
facile, fur-tout lorfque
du
eft toujours
le terme quiresingehuir à un
cnite n'excède pas Réaumur. Ce fel porte.
thermomètre de
propre àla Canne.
balfamique
Canne fucrée
fort degpé,Todour récolter cette
Jamais il ne faut
mois.
dix-huit à vinge
confiration au
avant
Canne d'une forte
mèmes
30. La
les
Canne de
degré (fig- 13.), préfente de décrire 5
conilitadion audew- deuxième
celle que nous venons
forte xiëme degré. caraétères que
avec moins de force.
mais ils font exprimés elle réfifte à T'aéion du
Ferme fur fa fouche. bien l'eau & la fécheallez
dixvent, & fupporte
à dépéric à. feize,
clle commence
dans
relle;
On la trouve panioaliremenr
huit mois.
(fig- 13.), préfente de décrire 5
conilitadion audew- deuxième
celle que nous venons
forte xiëme degré. caraétères que
avec moins de force.
mais ils font exprimés elle réfifte à T'aéion du
Ferme fur fa fouche. bien l'eau & la fécheallez
dixvent, & fupporte
à dépéric à. feize,
clle commence
dans
relle;
On la trouve panioaliremenr
huit mois. --- Page 91 ---
E T D E S O N S 1 U C.
les quartiers Morin & Limonade: elle eft moins
abondante dans les autres.
La Canne à Sucre préfente douze à quinze CanneàSucre.
naeuds dont les feuilles font longues, leur couleur eft d'un vert tendre, & elles perfiftent long.
temps après le defsèchement.
La Canne fucrée porte ordinairement trente Canne fucréc..
à trente-cinq nauds-cannes qui font, & moins
gros, & moins renflés que ceux de la Canne
ficrée forte aul premier degré. Leur longueur
eft aufli de deux à trois pouces, leur couIeur jaune & mème ambrée ; fouvent l'épiderme eft noir dans la partie fupérieure de
l'entre-nocud. L'interpofition du naud eft moins
oblique, le bouton étant moins gros. Cette
Canne eft légèrement fenfible aux influences de
T'arrière-faifon; fon fuc eft allez abondant, la
défécation s'en fait aifément. Il eft riche en fel
effentiel très-beau &c de bonne qualité > dont
l'extraétion eft facile en tout temps; l'odeur de
Canne qu'il porte eft légère.
31. La Canne d'une conftitution forte au troi- La Canne
d'une conftifième degré (fig. 12.) porte les mêmes carac- tution forte
mais
au troiféme
tères que les deux précédentes;
ils font degré.
moins fortement exprimés. Elle croit dans les
terres fortes, élevées, & dans les mornes (1);
(:) Montagnes.
D 3
tout temps; l'odeur de
Canne qu'il porte eft légère.
31. La Canne d'une conftitution forte au troi- La Canne
d'une conftifième degré (fig. 12.) porte les mêmes carac- tution forte
mais
au troiféme
tères que les deux précédentes;
ils font degré.
moins fortement exprimés. Elle croit dans les
terres fortes, élevées, & dans les mornes (1);
(:) Montagnes.
D 3 --- Page 92 ---
R AA W M B
a - - -
TA
D E L A C A N N E
$4
& craint la feelle aime l'abondance de pluie
à quinze, à
à dépérit
chereffe; elle commence fur fa fouche & réfifte
feize mois; ; elle eft ferme
aux efforts du vent.
dix à treize neeudsLa Canne à Sucre préfente étroites, & d'un
cannes avec feuilles courtes,
après le
ces feuilles perfiftent peu
vert citrin;
defsèchement.
vinge à trente ncudsLa Canne fucrée porte renflés, quelquefois
çannes qui font perits, peu
leur coudroits & courts d'un à deux pouces, fenfible aux
citrin; elle eft
leur eft d'un jaune
& il convient de la
influences de l'arrière-faifon, mois. Son fuc eft peu
récolter à quinze, â feize
fel effentiel de
mais il eft riche en
trèsabondant;
quelquefois il porte une
très-bonne qualicé:
favonneufe extracde matière
grande proportion
difficile, & mirâl'extive quirend la défécation
lorfqu'on veut
traction du fel effentiel; 9 fur-rout
de cuite de quamevingedis
Iniappliquer un degré
C'eft particulitremene
à quatre - vingt - douze.
cette matière fe
après les grandes chaleurs que & qu'elle nuit
proportion,
trouve en plus grande
eft de bonne qualité,
davantage. Le fel effentiel
balfamique trèstoujours une odeur
& porte
forte.
conffitution foible, eft
Canned'une 32. La Canne d'une
contlitution
foible &bon- bonne oll mauyaife.
nc.
vingedis
Iniappliquer un degré
C'eft particulitremene
à quatre - vingt - douze.
cette matière fe
après les grandes chaleurs que & qu'elle nuit
proportion,
trouve en plus grande
eft de bonne qualité,
davantage. Le fel effentiel
balfamique trèstoujours une odeur
& porte
forte.
conffitution foible, eft
Canned'une 32. La Canne d'une
contlitution
foible &bon- bonne oll mauyaife.
nc. --- Page 93 ---
ET D E S O N S U C.
Celle d'une confitution foible & bonne Ugelle
11.) eft la plus généralement répanduels
croit dans les plaines. L'état du fol modifie fa
conftitution mais ne la change pas. L'abondance
de pluie l'affoiblit encore, & la rend mauvaife.
L'extrème féchereffe la fait dépérir & mourir.
Son dépériffement efl plus ou moins prompt
fuivant la faifon; il commence à onze, douze
mois, quelquefois a quinze, feize ; elle ne
réfifte pas longtemps aux efforts du vent qui Ia
renverfe & la brife quelquefois 5 elle eft fouvent
courbe, tortue.
La Canne à Sucre préfente douze à quinze à Sucre. La Canne
nocuds-cannes avec feuilles longues de deux à
trois pieds, dont la couleur eft d'un vert tendre; ces feuilles ne perfiftert pas longtemps
après le defsèchement.
La Canne fucrée porte vingt à trente nceuds- La Canne
fucrée.
cannes qui, fuivant les circonftances, font petits,
gros, longs de trois à quatre pouces; s peu renAlés, fouvent droits, & quelquefois rentrans 5
leur couleur eft jaune orangée > quelquefois
citrine: fouvent Tépoque du dépériffement eft
annoncée par des ftries d'un rouge un peu foncé.
L'interpofition du noeud proprement - dit eft
prefque horifontal. Son fuc, qui elt quelquefois très-abondant, eft facile à déféquer. Dans
la primeur, 2 il eft riche en fel effentiel dont
D 4
peu renAlés, fouvent droits, & quelquefois rentrans 5
leur couleur eft jaune orangée > quelquefois
citrine: fouvent Tépoque du dépériffement eft
annoncée par des ftries d'un rouge un peu foncé.
L'interpofition du noeud proprement - dit eft
prefque horifontal. Son fuc, qui elt quelquefois très-abondant, eft facile à déféquer. Dans
la primeur, 2 il eft riche en fel effentiel dont
D 4 --- Page 94 ---
a AA - a T R
- 2 G A C
DE L A C A N N E
ce fel eft beau,de
T'extradion fe fait trèsbien;
& porte une odeur balfamique
bonne qualité, larrière-faifon, le fuc eft pauvre 5
légère. Dans extraire le fel que par une cuite
on ne peut en
odeur
1 & ce fel, alors, porte une
rrès-modérée, >
fortant du four.
analogue à celle du pain
foible &
La Canne d'une conftitution
Canned'une conf- 33.
dans les terres humifoible
10.), croit
titution & mauvaife (Jig.
Elle croit encore dans les
mauyaife. des & marécageufes.
culture
la
neuves qu'on met en
pour
terres
font fraiches; elle
CaLRE
mière fois, & qui
de pluie lui eft
trème fécheteffe & Fabondance
à lélaboration'de
nuifible, au moins par rapport
fur
le
fucrée. Elle eft foible
pied,
la matière
toujours & la caffe
vent la renverfe prefque
à quinze,
fouvent; fon dépériflement commence
feize mois.
à feize noeudsCanne à Su- La Canne à Sucre porte quinze
larges &
crc.
avec des feuilles longues,
cannes >
feuilles
peu après
d'un vert foncé; ces
perfiltent
le defsèchement.
à
naudsLa Canne fucrée offre trente quarante
Canne Sude quatte à cinq pouces. 3
créc.
cannes gros 2 longs
toujours droits.
rarement renflés & prefque
tirant quelLeur couleur eft d'un jaune-pâle du naud
quefois fur le vert. Linterpofition
eft quelquefois oblique.
progremenedic
la déféca
Son fuc eft fouvent rresabondant,
perfiltent
le defsèchement.
à
naudsLa Canne fucrée offre trente quarante
Canne Sude quatte à cinq pouces. 3
créc.
cannes gros 2 longs
toujours droits.
rarement renflés & prefque
tirant quelLeur couleur eft d'un jaune-pâle du naud
quefois fur le vert. Linterpofition
eft quelquefois oblique.
progremenedic
la déféca
Son fuc eft fouvent rresabondant, --- Page 95 ---
ET D E S O N Suc.
tion en eft toujours facile: dans la primeur,
après une longue féchereffe, il eft riche.en fel
effentiel qu'on obtient aifément & qui eft beau;
far-tout fi la cuite eft bien ménagée. Après des
pluies abondantes, particulièrement dans l'arrière - faifon, le fuc eft pauvre 5 il porte une
portion plus ou moins grande de corps muqueux qui n'a pu arriver à Pérat de fel effentiel:
c'eft alors que la. cuite doit être ménagée, avec
le plus grand foin, fi on veut obtenir ce fel
qui porte toujours l'odeur de pain fortant du
four. Cette forte de Canne eft fouvent mal-faite
& tortue.
34- On voit, d'après toutes ces confidéra- Connoiffantions, combien il eft important au Cultivateur ces qu'exige & foins la
de bien connoitre la Canne &c le but de fes culture Canne. de ia
fonétions communes & particulières ; afin de
pouvoir employer à propos les divers agents de
la végétation & de la maturation, pour diriger
& feconder également bien leur aétion, & fur
la Canne à Sucre, & fur la Canne fucrée.
L'eau étant un des plus puiffants agents de
la végétation de la Canne, les foins du Cultivateur doivent fe tourner vers les moyens de
lui en fournir beaucoup & de la faire profiter,
autant qu'il eft pofible, de toute celle qu'elle
reçoit par la pluie &c par l'arrofage; pour cet
de la maturation, pour diriger
& feconder également bien leur aétion, & fur
la Canne à Sucre, & fur la Canne fucrée.
L'eau étant un des plus puiffants agents de
la végétation de la Canne, les foins du Cultivateur doivent fe tourner vers les moyens de
lui en fournir beaucoup & de la faire profiter,
autant qu'il eft pofible, de toute celle qu'elle
reçoit par la pluie &c par l'arrofage; pour cet --- Page 96 ---
U 3O
-
- -
M 2 CMM
CTM - -
E L A C A N N E
D
foit mife dansle plus
effet, il convient quela terre
fuide divifion. Cette terre préfente, des
grand état
fuivant les circonftances,
vant fa nature &
à cette heureufe
obftacles plus ou moins grands furmonter par le
condition. Obftacles qu'il faut
avec
le mélange
labour, par les engrais > par fable, &c.
des terres calcaires, > avec du
rapport aux
la Canne, par
Dela
35. On difingue
fa reprodudion,
duétion NITTL
qui accompagnent
Canne la circonftances
&c en Canne rejetons.
Ss en Canne plantée, réfulte. du développement
La Canne plantée
(1) mis en terre 9
des boutons d'un plançon comprend ordinaire1.)
& ce plançon I Rfg. dont on a coupé les feuilment la Canne à Sucre,
derniers nocuds de
& les deux ou trois
fait des
les (Ry),
Pour planrer, on
la Canne fucrée (Rz). huit pouces quarrés 5
foffes de quinze à dix-I
La terre fouilfur huit à dix de profondeur. fur les bords de la
lée avec la houe, eft mife couchés à plat all nomfoffe, & les plançons font d'abord recouverts
bre de quatre ou cinq,
La fofle eft alors
d'un pouce oul deux de terre. favorable pour recedans la difpofition la plus de pluie, foit d'arconferver l'eau, foit
voir &
divifion où eft la terre , perrofage. L'état de
de la pénétrer & de
aifément aux racines
met
nommé vulgairement plant.
() Tronçon de Canne --- Page 97 ---
E T D E S O N Suc
s'étendre autant qu'elles le peuvent. Les racines
tres-multiplices, très- étendues fourniffent, en
ue-geandesbondance, l'eaunécelfaite au prompt
développement des boutons, & à la végétation
de la Canne plantée
36. La Canne rejeton réfulte du développe- Dela reproment des boutons des naeuds qui formoient la duaion rejeton. par
fouche fecondaire de la Canne qu'on vient de
couper.
La terre qui recouvre ces fouches, dont l'enfemble forme une touffe plus ou moins groffe,
endurcie par une ou plufieurs années de repos,
s'oppofe plus ou moins au développement de
ces boutons; la réfiftance qu'elle offre aux racines fait que le nombre de celles qui fe développent eft moins grand; qu'étant aufli moins
longues, elles fourniffent moins d'eau pour la
végétation de la Canne rejeton. Ainfi endurcie
par le repos, > la terre eft beaucoup moins perméable à l'eau, foit de pluie, foit d'arrofage.
Les petites éminences que forment les touffes
de fouches empèchent encore que l'eau n'arrive aux racines, à moins qu'elle ne foit trèsabondante. Ces circonftances, peu favorables à
la végétation de la Canne-rejeton, font que le
nombre de celles qui fc développent eft moins
grand & qu'elles végètent avec moins de
force.
la terre eft beaucoup moins perméable à l'eau, foit de pluie, foit d'arrofage.
Les petites éminences que forment les touffes
de fouches empèchent encore que l'eau n'arrive aux racines, à moins qu'elle ne foit trèsabondante. Ces circonftances, peu favorables à
la végétation de la Canne-rejeton, font que le
nombre de celles qui fc développent eft moins
grand & qu'elles végètent avec moins de
force. --- Page 98 ---
-
- - VA - 3
- - CSA tAN
D E LA C A N N E
fucrées elles
Parvenues à Pétat de Carines foleil, & fi
d'accès à l'air & au
préfentent plus
comme Cannes à Sucre,
elles fort moins beiles,
comme Canne
elies font infiniment meilleures,
fucrées.
apprennent que
L'obfervation & l'expérience nombreufes,
fi les Cannes plantées font plus
la défécaplas belles que les Camnestejstons, du 2 fel effentiel
tion de leur fuc & l'extraction de foin; que ce
qu'elles portent demandent plus & de qualité moins
fel eft aufli moins beau
bonne.
plus oul moins favoraAttentions 36. Les circonftances préfente la terre, Pétat
1E # bles à la végétation que exigent, dans la plania Canne. des Cannes qu'elle produit confidérations par rapport
tation 3 différentes doit mettre d'une fofle à
à la diftance qu'on
l'autre.
degré, doit être
La Canne forte au premier grandes dans une
plantée à des diftances moins
que dans une
cultivée depuis long-temps,
terre
terre neuve.
degré, demande
La Canne forte all deuxième
ne croit que
près; parce qu'elle
à être plantée cultivées depuis long-temps.
dans les terres
degré, veut ère planCelle forte au troifième
croit que dans les
comie elle ne
tée très-près;
les mornes, elle préfente
lieux élevés, dans --- Page 99 ---
£ T D E S O N Sc.
6I
teujours beaucoup d'accès à l'air &c au foleil
par les divers étages qu'elle forme.
La Canne foible & bonne doit être plantée
d'autant plus près que fa conftitution elt meilleure, qu'elle eft plus expofée à l'action de l'air
& du foleil, & que la terre eft plus légère.
La Canne foible & mauvaife doit être plantée à des diftances d'autant plus grandes > que la
terre eft plus forte, plus neuve & qu'elle eft plus
humide, que les Cannes font moins expofées à
l'aétion del'air & du foleil; parce que ces circonftances étant très-favorables àla végétation, &c trèspeuàlélaboration dela matière fucrée,il convient
de mettre beaucoup de diftance entr'elles; afin
que leur végétation foit moins vigoureufe, & que
l'air & le foleil aient plus d'accès fur elles.
37. L'art du Cultivateur confifte donc à favoir Artentions
qu'exige une
bien modifer, fuivant les circonftances, l'action culture bicn
éclairée.
de l'eau, de l'air &c du foleil ; par rapport à
la végétation & à l'élaboration de la matière
fucrée.
Ainfi, dans les terres où la végétation eft trop
forte, trop active, il faut planter à de grandes
diftances & laifer pouffer la Canne de rejeton, pendant pluficurs années de fuite ; lorfqu'au
contraire elle eft trop foible, il faut ou replanter
à neuf, ou labourer les rejetons.
L'Auteur de l'EMai fur P'Art de cultiver la
végétation & à l'élaboration de la matière
fucrée.
Ainfi, dans les terres où la végétation eft trop
forte, trop active, il faut planter à de grandes
diftances & laifer pouffer la Canne de rejeton, pendant pluficurs années de fuite ; lorfqu'au
contraire elle eft trop foible, il faut ou replanter
à neuf, ou labourer les rejetons.
L'Auteur de l'EMai fur P'Art de cultiver la --- Page 100 ---
L aw - M - -
. 1 CA NO A
p E L A CA N N E
favorifer la végétation, - s
Canne propofe 7 pour
d'enfouir les pailles.
de labourer les rejetons &
nous veaifément, d'après ce que
On concevra
cette prarique
de dire de la Canne, que
nons
eft à propos d'angmenter la
eft bonne, lorfqu'il
de toute l'eau de pluie
végétation, & de profiter
& d'arrofage.
depuis peu d'en
Plufieurs Habitants ont effayé
à leurs ef-
&c le fuccès a répondu
faire ufage,
cet Auteur,
pérances. Tout ce que recommande convient
fur les foins &c les préparations qu'il entendu.
de donner à la terre, eft très-bien --- Page 101 ---
E T
E S 0 N S U C.
6;
CHAPITRE I V.
Sur PEconomie Végétale de la Canne.
38. Sirn ne nous eft pas poflible d'approfondir la caufe du mouvement qui donne la vie Chapitre, Vues dece
aux végétaux, au moins devons-nous étudier
fes effets dans les fonétions des différentes plantes qu'il vivifie; fur-tout dans celles dont les
produits nous intéreffent le plus; & il n'en eft
aucune qui, à cet égard, mérite notre attention
plus que la Canne.
Ces vues nous ont portés à examiner d'abord,
l'influence de la terre & de l'eau dans le développement du germe de cette plante & dans fa
végétation; l'action de fes feuilles tant dans fa.
végéation.que dans l'élaboration de fes facs;
puis, à fuivre les modifications du corps muqueux dans l'entre-naeud, & la marche progreffive qui conduit ce corps, d'une manière prefqu'infenfible, à l'état de fel effentiel.
Cette étude nous a préfenté l'analogie la plus
parfaite, entre le necud-canne & la plupart des
fruits muqueux doux & fucrés.
de fes feuilles tant dans fa.
végéation.que dans l'élaboration de fes facs;
puis, à fuivre les modifications du corps muqueux dans l'entre-naeud, & la marche progreffive qui conduit ce corps, d'une manière prefqu'infenfible, à l'état de fel effentiel.
Cette étude nous a préfenté l'analogie la plus
parfaite, entre le necud-canne & la plupart des
fruits muqueux doux & fucrés. --- Page 102 ---
-
a - TO
- a EO aal
L A - A N N E
D E
de Boyle (1) paroiffent
Taterreoi 39. Les expériences
les racines
végétent les
que la terre dans laquelle
plan:cs n'en- démontrer
& s'accroiffent,,
tre
au des végétaux fe développent
la circulation
EO de
dans le fyfeme de
leurs princi- n'entre point
au nombre de fes
pes.
de la plante, pour fe ranger
donc être
confiturifs; elle ne peut
principes
plas ou
comme une éponge,
confidérée que
retient & fxe les
à F'eau, qui
moins perméable
de s'étendre.
racines en leur permettant
des ArAuteur de la Phyfique
L'eau con- 40. L'illuftre
Tunique fonétion des
Gdérée comdémontré auffi que
melepremier' bres a
de la terre 2 qu'elles pénà-
& le plus racines eft d'enlever
(2).
grand moyen
cette terre eft imprègnée
Zans la vigel'eau dont
tationl.
trent ,
fait fécher au four une certaine quan-
(x) Ce Savant ayant
pelée après le defèchement, y
tité de terre végétale S: l'ayant
cette terre n'cût été arrofema de la graine de Courge 3 quoique une Courge qui pefoit
de l'eau de pluic 2 clle produific 8c
la terre > dans
Sce que
Detléchée de nouveau pefte, fenfible.
quatorze livres.
dc dininution
9 n'avoir pas éprouré
à celles de Boyle,
cette expérience
dc M. Duhamel joinres
comme prin-
(*) Les non-fenlement expériences que la terre n'entre poinr l'eau feule
démontrent de la plante qu'elle porte ; mais que dans des
cipe cenftitutif
Cc Savanr fit germer
fert de bafe à tous fes principes.
des amandes, des glands,
imbibécs d'eau des marrons, arbres provenus dc ccs fcéponges dans leau purc, 7 les petits
firent d'aufi grands
& éleva, arbres , dans les peniaectaaéa Un
chêne
mences: ccs s'ils avoient été élevés cil pleine terre. il avoit , jeune à cet ige 9
progrès que fubfifta pendare huit ans 5
pardicullerement branches qui partoienr d'une tige de dix-neuflignes le bois &
quatre à cing & de dix- huit pouces dc hauteur il 5 s'étoit coude circonférence bien formés, 8 chaque annéc
l'écorce en étoient
vert dc belles feuilles.
C'eft
s'ils avoient été élevés cil pleine terre. il avoit , jeune à cet ige 9
progrès que fubfifta pendare huit ans 5
pardicullerement branches qui partoienr d'une tige de dix-neuflignes le bois &
quatre à cing & de dix- huit pouces dc hauteur il 5 s'étoit coude circonférence bien formés, 8 chaque annéc
l'écorce en étoient
vert dc belles feuilles.
C'eft --- Page 103 ---
E
D E S ON SUic.
C'eft fur l'eau que fe porté le mouvement
qui donne la vie aux plantes, elle paroit être.
le premier & le plus grand moyèn de la nature dans la végétation.
41. L'organifation de la Canne annonce Del'leauque
qu'elle confomme beaucoup. d'eàu: danssfa. vé laCannecon- fomme dans
gétation & dans l'élaboration de fes fucs, Sa favégétation.
fouche éft pourvue d'une tresgrandé quanticé
de racines ; le nombre de vaiffeaux: Téveux
dont fa tige eft formée, s'élève à plus de quinzé
cents, & ces vaiffeaux dont le calibre eft, trèsgrand, font. prefque tous compofés : aufi cette
plante préfère-t-elle les terres humides, & l'ex:
périence de tous les jours apprend qu'elle vé
gète avec d'autant plus de force & d'activité
qu'elle reçoir une plus grande abondance d'eau,
foit de pluie, foit d'arrofage.
Lorique le bouron qui, comme nous l'avons
déjà dit, renferme le germe d'une Canne nouvelle eft mis en terre, l'eau le pénètre d'abord,
elle le tuméfie, les petites feuilles qui le recouvrent fe > développent , les ncuds radicaux s'aM. Duhamel n'employa dans cette expérience que de l'eau de
pluic filtrée dans du fable, & confervée des mois entiers dans
des cruches, de grès. Ces petits arbres foumis à l'analyfe chymique, $ donnèrent les mêmes produits que d'autres petits arbres
de même âge & de même efpèce qui avoient été élevés comparativement en pleine terre.
E
les petites feuilles qui le recouvrent fe > développent , les ncuds radicaux s'aM. Duhamel n'employa dans cette expérience que de l'eau de
pluic filtrée dans du fable, & confervée des mois entiers dans
des cruches, de grès. Ces petits arbres foumis à l'analyfe chymique, $ donnèrent les mêmes produits que d'autres petits arbres
de même âge & de même efpèce qui avoient été élevés comparativement en pleine terre.
E --- Page 104 ---
- 0
- - 3 C
a - ACAE
L A CA N N s
D E
ces ttois
des racines : auffitôr
& donnent
I
travaillongent
forment la fouche primitive,
parties, qui
de la plantule >
développement
deflinée.
lent au premier
paroit uniquement
auquel cette fouche
qui font le
de la plantule,
donLes neuds-cannes travail de cette fouche,
premier produit du des feuilles avec lefquelles
des racines &
qui
nent
forment une fouche fecondaire étendu de
ces neeuds
le plus
doit fervir à Taccroiffemeor
la plante.
doué de tolites les condiLe bouton étant
du germe
effentielles aul déreloppemeir recevoir de lâ
tions
femble ne rien
qu'il renferme ,
& fi elle lui fournit quelCanne d'ou il part, fervent tout au plus qu'à
fecours - > ils ne
).
ques
la fouche primitive (1
des
développer
combinée des racines 2
C'eft de laction
feuilles, que réfulte le
féveux & des
& c'eft
vaiffeaux
de la plante;
développement
Técorce & des vaifpremier
des feuilles, de
miédulde Taction
forment la fubftancé
feaux proptes. qui
réfulte la converdes neuds-.cannes, que
fournis par
laire
aqueux >
fion des fucs purement
boutons tenant à une petite donné porJai mis cn terre ils des fe font bicn dévcloppés & out dc
(1), d'tcoree feulement, ,
que dans cette efpèce
tion Cannes 5 cc qui paroit démontrer ricn quc dc la fouche primidre.
des
la plartule 1c tire
parmination
é
feaux proptes. qui
réfulte la converdes neuds-.cannes, que
fournis par
laire
aqueux >
fion des fucs purement
boutons tenant à une petite donné porJai mis cn terre ils des fe font bicn dévcloppés & out dc
(1), d'tcoree feulement, ,
que dans cette efpèce
tion Cannes 5 cc qui paroit démontrer ricn quc dc la fouche primidre.
des
la plartule 1c tire
parmination --- Page 105 ---
E I D E S O N S U C,
les racines & les vaiffeaux féveux, en fucs
pres, fucs qui prennent diverfes modifications proque nous fuivrons bientôr.
42. L'obfervation & l'expérience démontrent
que les fouilles font des organes particuliers & Del'aaion
deftinés à remplir les fonétions les plus
feuille tance errt de dans
tantes
de l'économie végétale. Elles
impor- la tion, végétadans leur ftructure des vaiffeaux féveux, préfentent
dont
les divifions & les ramifications fe
à l'infini, en fe confondant avec la muliplient
peau. L'eau
que porte. ces, vaiffeaux eft amenée, en
rant toutes leurs ramifications, à la condition parcoula plus favorable pour fe combiner aux différens
principes que les feuilles tirent de l'air & de la
lumière. Soit pure 2 foit
décompofée > l'eau
concourt à. former des fucs qui paffent de la
feuille dans le fyftême des vaiffeaux
où
ils reçoivent le plus haur degré
propres
ces
d'élaboration;
fucs font colorés, , odorans &
&
dans leurs qualités ils
favoureux,
prennent toujours un caradtère particulier qui vient de l'organifation
propre à la plante.
Nous avons vu que la feuille étoir la partie
de la Canne la première formée
(19), & qu'elle
paroiffoit à l'air libre à l'époque du développement du noeud d'oi elle part 5 ce qui
annonce que fes fondtions font effentielles au
développement & accroiffement de ce neud,
E 2
ans leurs qualités ils
favoureux,
prennent toujours un caradtère particulier qui vient de l'organifation
propre à la plante.
Nous avons vu que la feuille étoir la partie
de la Canne la première formée
(19), & qu'elle
paroiffoit à l'air libre à l'époque du développement du noeud d'oi elle part 5 ce qui
annonce que fes fondtions font effentielles au
développement & accroiffement de ce neud,
E 2 --- Page 106 ---
W - - LAT - M -
-
CO DACEES a E
T
CANN E
n E L A
les
; car f on coupe nceuds
prouve Texpériences
les
ce que d'une Canne, 3 non-feulement pas, mais
feuilles
ne fe développent
d'oà elles partent
même la Canne périt.
nous avons dit de
Si on fe rappelle ce que qu'elle a les confeuille (14), on verra
recevoir lacla
favorables pour
& les
ditions les plus
du foleil,
de la lumière,
les
tion de l'air,
de Patmofphère 5 agens aufi
influences Eleériques
(1 )- C'eft
de la végeration le fuc aqueux
plus psifans feuille du neud-canne que doit le con
dans la
mouvement qui
reçoit le premier
herbacé.
duire à l'état muqueux
du neudde la formarion
par le
43. A Tépoque
font ébauchées
Modificatoutes fes parties
mais après
tionsd ducorpta canne,
vivifie la plante;
anuqueux. mouvement qui
à lai-mème;
époque e, Tefghbandonea femble fubir
cette
forces quil
le corps
c'eft de fes propres , & convertir
fait
fes révolutions
lui avoir
routes
fel effentiel , après
allons
muqueux en
modifcaions que nous
diverfes
éprouver
fuivre:
la fuccion des racin
Halles a démontré que
(eveux, , éroiens
(1) Lc Dofteur fucs aqueux dans les vailfeaux vivement fur les
nes & Pafeenfion des
que lc foleil agit font plus & plus nombreufa,
d'autant plus marquécs, & que fes feuilles
feuilles du végétal,
& plus érenducs.
muqueux en
modifcaions que nous
diverfes
éprouver
fuivre:
la fuccion des racin
Halles a démontré que
(eveux, , éroiens
(1) Lc Dofteur fucs aqueux dans les vailfeaux vivement fur les
nes & Pafeenfion des
que lc foleil agit font plus & plus nombreufa,
d'autant plus marquécs, & que fes feuilles
feuilles du végétal,
& plus érenducs. --- Page 107 ---
E T D E S 0 N S Uc.
1 La féve que la feuille reçoit des vaiffeaux Corps-mue herba.
féveux de la tige, l'eau qu'elle abforbe par fa RgcAl
furface inférieure, combinées aux principes que
l'air & la lumière fourniffent, forment pendant
le développement du nocud-canne un fuc muqueux qui, après avoir pris le caraétère herbacé,
defcend dans la partie inférieure de la feuille,
paffe dans l'écorce & dans le fyftème médullaire de l'entre-nacud, où ce caractère fe fortifie
encore.
Dans l'accroiffement du naud-canne, 2 fes par- Corps-mu- doux.
queux
ties devenant plus fortes, donnent aux fucs
qu'elles élaborent une nouvelle modification, 9
dont les degrés font marqués par la proportion
& la qualité de la matière glutineufe, principe
du corps-muqueux pur (1): : cette matière fert
de bafe au principe de Todeur, de la faveur &c
de la couleur de ce corps qui dans ce nouvel
état eft donx, & porte le parfum de la pomme
de reinette bien mûre.
Le mouvement dont jouit le naeud- canne Corps-mur fucré.
accroiffement l'éla- queux
tourne tout entier après fon
à
boration du corps-muqueux, élaboration qsi eft
marquée à divers degrés, tant par la faveur
(1) Nous parlerons plus bas de cette matière , & nous démontrerons fa préfence dans tous les corps muqueux, même
dans le Sucre dont clle cft un des principes.
E 3
ûre.
Le mouvement dont jouit le naeud- canne Corps-mur fucré.
accroiffement l'éla- queux
tourne tout entier après fon
à
boration du corps-muqueux, élaboration qsi eft
marquée à divers degrés, tant par la faveur
(1) Nous parlerons plus bas de cette matière , & nous démontrerons fa préfence dans tous les corps muqueux, même
dans le Sucre dont clle cft un des principes.
E 3 --- Page 108 ---
S I
-
. MA
T TA - XCTA
D E L A CANN E
à mefure que la faveur
fucrée qui fe développe Podeur balfamique pardouce s'affoiblit, que par s'établit à mefure que
ticulière à la Canne qui
Ce travail eft celui
T'odeur de pomme difparoit.
le corps-mudans laquelle
à
de la maturation
d'ou il paffe
arrive à Pétat fucré (1),
de la
Corpomu- queux de fel effentiel, en fe dépouillant à la
geirded fenticl.
celui
balfamique. , propre
partie colorante jaune, maturité opérée par l'aétion
Canne pendant la
du foleil, que le naudde Pair, de la lumière & alors defléchée, reçoit
dont la feuille eft
donne aux
canne, immédiaremen: : aétion qui
deplus
conflitoantes du corps-maqueux.
molécules
toute la force d'aggrégation
venu fel ellentiel,
& qu'elles exercent >
qu'elles peuvent acquérir conremablement > en
fi-tôr qu'on les rapproche forme folide cryftalline
fous une
fe réunilfant
& régulière.
la nature fuit dans
Telle eft la marche que
& dans fa conla formation du corps-muqueux doux, fucré & de
verfion en l'état herbacé,
fel effentiel.
fe palfe dans la
En rapprochant ce qui
fucrés, on
Analogic 44.
doux &
ERLIS préfcute plupart des fruits muqueux nceud- canne une parfaite
ne avec la verra entr'eux & le
plupart des
truits doux. muau micl, à k
queux
muqucux fucré cit analogue
() Cc corps
mane.
x, fucré & de
verfion en l'état herbacé,
fel effentiel.
fe palfe dans la
En rapprochant ce qui
fucrés, on
Analogic 44.
doux &
ERLIS préfcute plupart des fruits muqueux nceud- canne une parfaite
ne avec la verra entr'eux & le
plupart des
truits doux. muau micl, à k
queux
muqucux fucré cit analogue
() Cc corps
mane. --- Page 109 ---
E T DE S O N S U C.
analogie. Ces fruits ne tiennent à l'arbre qui
les produit , que par un pédicule formé de
quelques vaiffeaux féveux & de l'écorce 5 ces
vaifleaux préfentent, en fe divifant, l'ébauche
vafculaire du fruit que la peau du pédicule recouvre en prenant une texture particulière. Cet
enfemble forme un organe qui travaille, par le
mouvement dont jouit fon organifation propre,
le fuc-féveux qu'il reçoit & qu'il convertit en
corps-muqueux herbacé, doux & fucrés Ces
diverfes modifications & les nuances prefqu'infinies qu'elles nous offrent dans différens fruits
doux & fucrés, font dues principalement à une
matière glutineufe qui, par l'aétion de l'air > de
la lumière & du foleil, fe combine dans la peau
du fruit, de diverfes manières, & dans des
proportions différentes au principe de la couleur, de l'odeur &. de la faveur; & c'eft à la
faveur de ce principe que cette matière paffe
dans la fubftance parenchimareufe du fruit dont
les qualités ont d'autant plus d'énergie que
T'adion du foleil fur ce fruit a été plus conftante & plus forte : ce qui eft évidemment
démontré par la délicateffe de la faveur & la
fineffe du parfum des fruits que donnent les
arbres à haute rige & en plein-vent, qui font
plus expofés à cette action.
D'après cet expofé, on voit que la nature
E 4 --- Page 110 ---
1e a -
-
1 -
- A 4 MS
DI E L A a C A NIN E
des fruits muqueux, la
fuit, dans la plupart
pour
dans le nand-canne,
mème marche que
5 mais
& élaborer le corps-muqucux dans
former
eft portée
de ce corps
que la perfection
fruit ne peut
dernier à un degré qu'aucun
à
ce
doit le placer
âtteindre, & que cet avantage comme le plus parla tête des fruits muqueux,
fait.
R
A 4 MS
DI E L A a C A NIN E
des fruits muqueux, la
fuit, dans la plupart
pour
dans le nand-canne,
mème marche que
5 mais
& élaborer le corps-muqucux dans
former
eft portée
de ce corps
que la perfection
fruit ne peut
dernier à un degré qu'aucun
à
ce
doit le placer
âtteindre, & que cet avantage comme le plus parla tête des fruits muqueux,
fait.
R --- Page 111 ---
E T D E S O N S U C.
C H APIT R E
V.
Des Sucs de la Canne confidérés dans la Canne
même.
Arkis avoir confidéré les diverfes par- Diftinaion
45.
des fucs deia
ties de la Canne, tant en elles-mèmes, que dans Canne.
leurs fondions, nous allons examiner fes différens fucs tels qu'ils exiftent dans les organes
oû ils font formés & élaborés. Cet examen nous
conduira à une connoiffance plus jufte, plus
exaéte du fuc exprimé de la Canne fucrée.
Dans les végétaux, la féve eft fans ceffe renouvellée par l'eau que les racines enlèvent à
la terre, & qu'elles portent dans le fyftème des
vaiffeaux féveux qui la diftribuent aux divers
organes pour fervir à leurs fonétions.
Si on fe rappelle ce que nous venons de dire
de la ftruéture des racines, du nombre & du calibre des vaiffeaux féveux de la Canne, on conce--
vra aifément que cette plante reçoit & contient
beaucoup d'eau. Nous avons dit aufli que l'obfervation apprend qu'elle en confomme une quantité prodigieufe dans fa végétation & dans le
travail de fes fucs que nous diftinguerons en --- Page 112 ---
- - - O 1 S - Ha
L C
- TO
p E L A C A N N E
&c fuc-mufu-fromnetvestradif
fuc-féveux,
queux.
dans le fyftème des vaifDu fuc fé- 46. L'eau confidérée
pure; elle
veux.
fcaux féveux n'eft pas patfitemene forme, > avec
une matière qui
tient en diffolution
elle, la féve ou fuc-féveux.
dans les vaifde féve contenue
La quantiré
Canne fucrée eft très-confifeaux féveux de la
abondantes.
far-tour après des pluies
dédérable,
de la Canne;1 le fuc-féveux
Dans l'exprellion de fes vaiffeaux, 8c on peut
coule de l'extrémité
cuiller. Il eft
le recevoir dans une
aifément
& paroît pur
clair & limpide >
parfitement
mais, quoiqu'il ne porte
comme Feau diftillée;
fi on le garde
ni odeur, ni faveur,
il s'alni couleur,
dans une phiole
pendant plufieurs jours
matière fibreufe
une
tère, & on y apperçoir
& fe dépofe lenqui en trouble la tranfparence
tement.
qui la tenoit
Cette matière unie aul principe
paroit être le corps-muqueux
en diffolution
forme le fuc-féveux
combiné à leau,
pur, qui,
de la Canne.
de faire ici une
Qu'il nous foit permis
Bipfionlfur 47.
fur le corps-muqueux pur.
ke corpsmu- légère digreflion
queux pur.
être la fubftance alimentaire
Ce corps paroît exilte dans toutes les plan
il
du règne végéal;i
tenoit
Cette matière unie aul principe
paroit être le corps-muqueux
en diffolution
forme le fuc-féveux
combiné à leau,
pur, qui,
de la Canne.
de faire ici une
Qu'il nous foit permis
Bipfionlfur 47.
fur le corps-muqueux pur.
ke corpsmu- légère digreflion
queux pur.
être la fubftance alimentaire
Ce corps paroît exilte dans toutes les plan
il
du règne végéal;i --- Page 113 ---
ET- D E S 0 N. Su . C.
ces; c'eft dans le fyftème des vaifleaux féveux
qu'il fe forme & qu'il reçoit fon premier degré
d'élaboration, non-feulement il fert d'aliment
à la plante, mais il paroît qu'elle trouve encore
en lui la bafe de tous fes produits; uni à une
quantiré d'eau, il forme la feve. S'il eft trèsrapproché, il prend une confiftance folide; alors
il eft parfaitement clair & limpide & il porte le
nom de gomme. S'il eft entièrement privé d'eau
il paroît fous la forme d'une poudre blanche
extrèmement fine connue fous le nom d'amidon.
Le corps-muqueux pur dans ces trois érats, ne
porte ni couleur, ni odeur, ni faveur fenlibles:
aufli lorfqu'il eft diffout dans une affez grande
quantité d'eau, fa préfence ne fe manifefte
guères que par fa décompolition, dans laquelle
fe féparent un acide & une matière fibreufe;
cette matière, en fe réuniffant, forme une forte
de membrane nommée moififfure qui n'eft foluble ni dans l'eau, ni dans l'efprit-de - vin,
ni dans les acides, & qui paroît avoir tous les
caraétères de la matière glutineufe.
Si le corps-muqueux pur donne dans fa décompofition fpontanée un acide & une matière
glutineufe, on conçoit aifément que ces deux
principes peuyent être féparés dans le végétal
par l'action d'un organe particulier; que féparés,
ils peuvent s'unir à d'autres principes qui les
dans l'eau, ni dans l'efprit-de - vin,
ni dans les acides, & qui paroît avoir tous les
caraétères de la matière glutineufe.
Si le corps-muqueux pur donne dans fa décompofition fpontanée un acide & une matière
glutineufe, on conçoit aifément que ces deux
principes peuyent être féparés dans le végétal
par l'action d'un organe particulier; que féparés,
ils peuvent s'unir à d'autres principes qui les --- Page 114 ---
- - L -
- V C E T
-
DE L A C A N N 2
plus ou moins de
modifient en les éloignant
leur état primirif.
concevoir que ces deux
Modifications 48. On peut encore
être modifiés
du corpsreftant unis, peuvent
& formuqueux. principés,
combinaifon foit rompue,
fans que leur
du corps-mualors toutes les modifications
mer
fous les noms de mucilages.
queux > connues
farineux, > acides, doux, 9
de corps-muqueux
fucrés, & le Sucre.
fous le nom de fucNous avons déjà défigné
modificaPremiére
(19) la première
modification
herbacé
dans le
dans la Can- muqueux
le
pur
ne.
corps-muqueux
à luition que reçoit
abandonné
naud-came; ce fuc exprimé, fa décompofition
dans
mème, donne toujours
abondante.
un acide & une moififure
défignée fous
Dans la feconde modification
la fubfDeuxième
doux (19)
modification. le nom de fue-muqueux du corps-muquenx, 9
principe
dans
tance glutincufe, caractère herbacé, reçoir
qui porte déjà le
le principe de la
proporion
une plus grande faveur, de Todeur qui conftitue
couleur, de la
dont la couleur eft alors
le fuc-muqueux doux,
avec la faveur
ambrée, & qui porte,
de
citrine,
carackérife, le parfum de pommes fuc
douce quile
fpontanée de ce
reinettes. La décompofition
ou acide,
exprimé eft, fuivant les circonftances, elle donne un
Dans le premier cas,
ou (piritueufe.
grande faveur, de Todeur qui conftitue
couleur, de la
dont la couleur eft alors
le fuc-muqueux doux,
avec la faveur
ambrée, & qui porte,
de
citrine,
carackérife, le parfum de pommes fuc
douce quile
fpontanée de ce
reinettes. La décompofition
ou acide,
exprimé eft, fuivant les circonftances, elle donne un
Dans le premier cas,
ou (piritueufe. --- Page 115 ---
E T DE S O N Svc.
acide, une fubftance glutineufe & une matière
extrèmement fine, portant une partie colorante
réfineufe. Dans le fecond,ilfe dégage du gaz carbonique & il fe forme de l'efprit-de-vin qui refte
uni à l'eau & au fuc-muqueux doux qui n'a point
été décompofé; cet enfemble préfente une liqueur
parfaitement analogue au cidre.
Dans la troifième modification, la partie CO- modification. Troifième
lorante du fuc-muqueux doux prend un caraczère réfineux qui change fon odeur de pommes
en l'odeur balfamique propre à la Canhe. Sa
faveur douce fe change aufli en faveur douce
fucrée. Ce fuc dans ce nouvel état eft parfaitement analogue au miel & prend le nom de
fuc-muqueux fucré. Exprimé, fa décompofition
eft, comme celle du fnc-muqueux doux, ou
acide, ou fpiritueufe, & elle donne les mêmes
principes.
Dans la dernière modification,-le fuc-mu- modificar Quatrième UB
queux fucré eft entièrement dépouillé de fa couleur citrine & de fon odeur balfamique; & fa faveur fucrée eft beaucoup plus développée. Ce dernier état eft celui qui conftirue le fuc-muqueux fel
effentiel, renfermé dans les cellules que forme
la fubftance médullatre du noeud-canne où il paroit parfaitement clair. Comme chaque cellule
eft abfolument ifolée & quilniy.aent'elles aucune communication, ce fuc ne s'échappe que
ièrement dépouillé de fa couleur citrine & de fon odeur balfamique; & fa faveur fucrée eft beaucoup plus développée. Ce dernier état eft celui qui conftirue le fuc-muqueux fel
effentiel, renfermé dans les cellules que forme
la fubftance médullatre du noeud-canne où il paroit parfaitement clair. Comme chaque cellule
eft abfolument ifolée & quilniy.aent'elles aucune communication, ce fuc ne s'échappe que --- Page 116 ---
Tex T
- NN :
- 1 U - CM
C - - A A
D E L A J A N N E
immédiate du
eft forcé par la preffion
lorfquil
moulin ( 1).
encore le naeudrapproche
Cette particularité
fruits
doux
de la condition des
muqueux
canne
eux, il peut ètre entamé 2
& fucrés; comme
fans que les audans une de fes parties,
dégâré
altération; ce qui
aucune
tres éprouvent
à ce que
montre encore qu'il y a impoffbilité de la Canne s
puifle découler
le fuc muqueux
plante n'a pu le préfenter
8c que jamais cette
ni dans létat de firop s
hors de fes cellules,
fait attention que
ni dans l'état concret. Si on
qui rendernier noeud de la Canne-fuerée,
fuivi
le
fel effentiel, eft
ferme le fuc muqueux
forment la Canne
d'une vingeaine de nauds qui dans chacun de
à Sucre ; que le fuc muqueux d'élaboration partinceuds eft à un degré
ces
huit à dix jours de diffétence;
culier, marqué par
il prend au
dans chacun de ces degrés
on aura
que huit à dix nuances différentes,
moins
de modifications
idée du nombre
comune légère
doit fubir dans la
que le corps muqueux principes, pour arriver à
binaifon de fes divers
l'état de fel effentiel.
fenfible la tranfmutaPour rendre plus
Exemple : 49.
pur en corps-muquenx
des modin- du tion-du corps-muquenx
caticus
cosps - mudans un autre" lieu.
queux dansla) Eenar
Nous parlerons de fa dicompofition
nc.
(1)
idée du nombre
comune légère
doit fubir dans la
que le corps muqueux principes, pour arriver à
binaifon de fes divers
l'état de fel effentiel.
fenfible la tranfmutaPour rendre plus
Exemple : 49.
pur en corps-muquenx
des modin- du tion-du corps-muquenx
caticus
cosps - mudans un autre" lieu.
queux dansla) Eenar
Nous parlerons de fa dicompofition
nc.
(1) --- Page 117 ---
E T D E SON Suc.
doux 8c furcré, j'en rapporterai un exemple aufli
curieux que frappant, pris dans le fruit du bananier,
Lorfque la Banane eft arrivée à un certain degré d'accroiffement, on la cueille quoique verte
encore : après l'avoir fait bouillir dans l'enu, &
l'avoir dépouillée de fon écorce, elle conferve
fa forme, & préfente un cylindre de fix à huit
pouces de longueur dont la fubftance prefqu'en.
tièrement amilacée eft ferme, > blanche, inodore
& peu favoureufe; dans cet état, elle forme
un excellent aliment pour les Nègres. Coupée
par petits morceaux & expofée plufieurs jours de
fnite au. foleil elle fe defsèche ; alors on peut la
réduire en poudre très-fine, & cette poudre eft
prefque tout amidon.
CI2s
Lorfqu'on laiffe la Banane fur la plante, elle
mûrit; fa peau qui devient jaune, élabore par
l'action de T'air, de la lumière & du foleil une
matière glutineufe qui fert de bafe au principe de
la couleur, de l'odeur & de la faveur,
à ja faveur de
2 qui palfe
ce principe dans la fubftance
interne du fruit & la change en une fubftance
molle > pulpeufe , de couleur jaune dont la
faveur elt douce & fucrée. Ce fruit dans les
quel il feroit alors impoflible de trouver une
molécule d'amidon, porte un parfum agréable
une
matière glutineufe qui fert de bafe au principe de
la couleur, de l'odeur & de la faveur,
à ja faveur de
2 qui palfe
ce principe dans la fubftance
interne du fruit & la change en une fubftance
molle > pulpeufe , de couleur jaune dont la
faveur elt douce & fucrée. Ce fruit dans les
quel il feroit alors impoflible de trouver une
molécule d'amidon, porte un parfum agréable --- Page 118 ---
-
- 1 2 N -
-
CTU VANO
L A U A N N E
D E
paffe à la
abandonné à lui-mème
& fon fuc
fermentation fpirinueufe. aufli les mèmes tranfmuL'Abricot préfente aufli marquée.
rations d'une manière
des vaiffeaux proC'eft dans le fyftème
Du fuc-fa- so.
le
qui
vonneux-cxBenronmmremadifg
que sélabore
dans les
tradif.
pres
La féve portée
nous refte à confidérer. feuilles & de l'écorce,
vaiffeanx propres des
glutineufe une bafe
préfente dans la matière
tirent de lair,
que ces organes
aux principes
auxquels
lumière & de l'eau, principes
de la
Todeur, la faveur
matière doit la couleur,
ce
cette
qualirés qui, jufqu'à jour
& la diffolubilité, de
nom
fue-favontets-euraelui ont mérité le
foluble dans V'eau
xif; parce qu'érant également on a cru que ce fuc étoit
& dans Tefpricde-vin,
d'un fel & d'une
de la combinaifon
le produit
démontrent
huile. Pluffeurs faits & l'expérience
eft une
la bafe du
fcdmomen-eusif
que
verra dans les Chapitres
matière glurineufes on
des réactifs fur ce
fuivans quelle eft l'acion
le décompofuc & par quels moyens on peut traitant de la
encore en
fer. Nous en parlerons
du Sucre- Mainnature & de la décompofition feulement dans l'écorce
tenant je le confidérerai médullaire de la Canne-
& dans la fubftance
fucrée.
51.
bafe du
fcdmomen-eusif
que
verra dans les Chapitres
matière glurineufes on
des réactifs fur ce
fuivans quelle eft l'acion
le décompofuc & par quels moyens on peut traitant de la
encore en
fer. Nous en parlerons
du Sucre- Mainnature & de la décompofition feulement dans l'écorce
tenant je le confidérerai médullaire de la Canne-
& dans la fubftance
fucrée.
51. --- Page 119 ---
E T D E ) O N S U C.
8r
51. La couleur de l'écorce de la Canne tient Del'action
en partie au fic-fasomnen-esadif qu'on en- agens de divers fur ce
lève aifément par l'eau : elle tient encore, dans tuc.
une plus grande proportion, à une matière
réfineufe qui n'eft foluble que dans l'efpritde-vin.
L'eau bouillante qui s'eft chargée du fuc favonneux-extradif de l'écorce de la Canne-fucrée, porte une couleur ambréc avec l'odeur
de pommes bien mûres.
Quoique la fubftance méduilaire paroiffe extrèmement blanche, elle contient néanmoins
une petite quantité de fuc-favonneux que l'eau
bouillante diffout & qui donne â cette eau une
couleur citrine légère, avec l'odeur de pommes,
L'efprit-de-vin diffour, comme l'eau, le fucfavonneux de l'écorce & de la fubftance mé
dullaire. Les acides ne paroiffent point avoir
de prife fur lui, ils femblent au contraire le
fixer plus intimement à la partie folide de la
Canne. Les alkalis le dégagent dans une
proportion d'autant plus grande, qu'ils font plus
cauftiques & qu'ils font aidés d'un plus fort
degré de chaleur. La fubfance médullaire
avoir
après
été dépouillée du fuc-favonneux par les
alkalis, porte une forte couleur citrine rélineufe.
La diffolution du fuc-favonneux par les alkaF --- Page 120 ---
-
- - W U
D E L A C A N N E
la fubftance
lis, la couleur réfineufe que porte méritent l'atqui a fubi leur aétion,
médullaire
rapport à ce que
tention la plus particulière par
des lellives,
dirons dans la fuite de Tufage
nous
du Sucrier & du Rafineur.
dans TArt
dans lexpreflion de
Le fue-faronneux palfe
qui
à la faveur du fuc-féveux
la Canne-fucrée
fert à Tétendre.
#
/
ance
lis, la couleur réfineufe que porte méritent l'atqui a fubi leur aétion,
médullaire
rapport à ce que
tention la plus particulière par
des lellives,
dirons dans la fuite de Tufage
nous
du Sucrier & du Rafineur.
dans TArt
dans lexpreflion de
Le fue-faronneux palfe
qui
à la faveur du fuc-féveux
la Canne-fucrée
fert à Tétendre.
#
/ --- Page 121 ---
E T D E S
N- S U C.
C HAPITRE V I.
Du Suc exprimé de la Canne Sucrée.
52. Nous avons vu dans les organes de la De la vaCanne les fucs élaborés qu'ils contiennent & riétédes de la Canne. fitcs
examiné leur état particulier.) Les fucs féveux 8c
muqueux fel effentiel, font abfolument privés
de couleur ; le fic-favoneux.exmdif 2 confidéré dans les vaiffeaux propres qui forment la
fubftance médullaire du naeud-canne, en paroît
aufli privé; mais devenu libre, il porte une
couleur citrine. Nous verrons bientôr quelle eft
la proportion du fuc-féveux & combien cette
proportion varie. On concevra aifément que les
fucs muqueux & favonneux doivent également
varier, > fuivant les circonftances. Si on fe rappelle ce que nous avons dit de la différence que
les Cannes préfentent entr'elles; fi on fait attention que ces fucs font le produit particulier de
chaque ncud-canne, on n'aura pas de peine à
croire qu'ils doivent préfenter dans leurs qualirés plufieurs variétés & des nuances infinies,
qu'il eft elTentiel de bien faifir,
pour parvenir
à une connoiffance intime du fuc exprimé de
la Canne-fucrée.
F 2 --- Page 122 ---
A A - A J
CUAME C alal
L A CA N N F
DE
chaffés
Les fucs de la Canne-fucrée , les vaifDus Sucex- & de 53.
du moulin, rompent
des
primé ies partics. par la prellion renferment & en emportent infcaux qui les
tiennent plus ou moins
débris ausquels ils
; ces fucs fortimement unis & confondus fous le nom de
tout homogène connu
ment un Canne ou Suc exprimé.
d'un
Jus de
eft un Auide opaque
gris
Le fuc exprimé
eft douce & fucrée,
olivatre, fa faveur
la Canne, il eft
rerne T'odeur balfamique de
Ce fuc
il porte
& légerement poilfeux. l'autre
doux au toucher
Pune folide,
eft formé de deux parties, ou moins intimefuide, unies ente'elles plus
Nous traitefuivant les circonftances. dont la con
ment, d'abord de la partic folide,
aux
rons
par rapport
noiffance eft très importante dans le travail de
difficalrés qu'elle peéfente
ce fuc.
de la Canne nommés fécules,
54- Les débris
de le dire, forment
De la PRE
comme nous venons
font de deux
tic mignée folide fous lc qui,
folide du fuc exprimé, l'écorce &
nom de fecu- la partie
provient de
lcs.
fortes. L'une groflière de fue-favonneux, une
avec une portion
L'autre
porte,
rélineufe très-abondante. fubfmarière vertc,
elle vient de la
eft d'une finelle exrrême 5
eft d'aurane
médullaire, & Sa proportion de cette fubftance confidécable que les vailfeaux
aufi une
plus
plus foibles 5 elle porte
tance étoient
corce &
nom de fecu- la partie
provient de
lcs.
fortes. L'une groflière de fue-favonneux, une
avec une portion
L'autre
porte,
rélineufe très-abondante. fubfmarière vertc,
elle vient de la
eft d'une finelle exrrême 5
eft d'aurane
médullaire, & Sa proportion de cette fubftance confidécable que les vailfeaux
aufi une
plus
plus foibles 5 elle porte
tance étoient --- Page 123 ---
E T D E S O N S U C.
portion de fiuc-favonneux qui quelquefcis y eft
très-intimement unic.
55. Plufieurs agens tels que l'air, 2 la chaleur, del'air Del'adion fur le
les alkalis, 8c. décompofent le fuc exprimé, fuc exprunc.
en féparant les fécules de la partie fluide.
Lorfque ce fuc eft expofé à l'air en' trèsgrande furface, les fécules fe féparent & fe précipitent aul fond du vafe; la partie Auide qui
les furnage, porte une couleur citrine très-foible dûe au fuc-favonneux qui a paffé dans lexpreflion. Dans cette décempofition le fuc-favonneux qui tient aux fécules n'en eft point féparé & la partie Auide décantée prend le nom de
Suc dépuré ou Vefou. L'eau que contient le vefou
expofé à l'air & aul foleil s'évapore d'une manière conftante & graduée. Les molécules du
fel effentiel fuivent, en fe rapprochant, la marche lente de l'évaporation la plus favorable,
pour leur union cryftalline & régulière. Le Sucre fe préfente alors, fous la forme de cryftaux couverts d'une légère teinte citrine que
donne le fuc-favonneux qui vernit leur furface (1).
(r) ) L'aétion de l'air fuurle fuc exprimé 7 femble indiquer l'ufage
des bâtiments de graduation pour opérer la défécation & l'évaporation.
en partic ; mais la promptitude avec laquelle les féculles paffent
à la fermentation acide, rend ces bâriments impraticables.
F 3
fente alors, fous la forme de cryftaux couverts d'une légère teinte citrine que
donne le fuc-favonneux qui vernit leur furface (1).
(r) ) L'aétion de l'air fuurle fuc exprimé 7 femble indiquer l'ufage
des bâtiments de graduation pour opérer la défécation & l'évaporation.
en partic ; mais la promptitude avec laquelle les féculles paffent
à la fermentation acide, rend ces bâriments impraticables.
F 3 --- Page 124 ---
a - -
CT M
E L A CA N N E
D
le fuc exprimé &
Ce moyen de déféquer eft bien certaineexrraire le fel effentiel
Mais
d'en
naturel & le plus fimple. enment le plus
on doit faire
en grand,
dans le
érant impraticable
le plus poflible
forte de s'en rapprocher
employer.
choix de tous ceux qu'on peut le fuc de Canne,
décompofe
56. La chaleur
au fimDéladion
tous les fucs exprimés,
del fur le chaleur fuc ex- comme prefque bain-marie; , mais fon aétion porprimé.
ple degré du
forte ébullition fuffit raretée même à la plus
entier la fécule de la
féparer en
favorife fon
ment pour
fouvent même elle
:
feconde forte ; Buide & la rend plus intime
union à la partie
d'avoir recours aux
ceft alors qu'on eft obligé Nous ferons voir que,
alkalis pour la féparer. dont on s'eft fervi jufdans T'ufage des moyens travail du fuc de Canne,
le
qu'à ce jour pour
d'employer les alkalis,
on eft toujours obligé
oùt la chaleur
ait des circonflances
les deux
quoiquil y
féparer complètement
feule fuffife, pour
fortes de fécules.
& les rémniffant fous
En féparant les fécules la chaleur en enlève
la forme de gros Aucons,
diffoudre: ce
qu'elle peut
moins
tout le fue-favomneux dans une circonflance
fuc met le vefou
du fel effentiel que
favorable pour lestradion T'adtion de l'air.
n'elt celui qui n'a reçu que
T'ace
fécules 8: le vefou qui ont éprouvé
Les
de fécules.
& les rémniffant fous
En féparant les fécules la chaleur en enlève
la forme de gros Aucons,
diffoudre: ce
qu'elle peut
moins
tout le fue-favomneux dans une circonflance
fuc met le vefou
du fel effentiel que
favorable pour lestradion T'adtion de l'air.
n'elt celui qui n'a reçu que
T'ace
fécules 8: le vefou qui ont éprouvé
Les --- Page 125 ---
ET D E s'o N Su C.
tion de l'air & de la chaleur feulement, confervent l'odeur balfamique de la Canne.
57. Les alkalis font de tous les agens ceux desalkalistur Deladion
dont l'action fur le fuc de Canne eft plus forte lc mé. fuc cxpri-
& plus marquée. Ils le décompofent à l'inftant,
en féparant les deux fortes de fécules fous la
forme de très-gros flocons qui fe précipitent fi
leur action fe paffe à froid, & dont ils enlèvent
tout le fuc-favonneux d'autant plus firement
qu'ils font plus cauftiques : ils fe combinent à
ce fuc dans la plus grande proportion, & leur
combinaifon qui paroit favonneufe, donne aul
vefou une odeur de leflive d'autant plus forte
que l'alkali eft plus abondant & plus pur.
La féparation des fécules par la chaleur & les
alkalis, s'opère d'autant mieux que la partie
colorante réfineufe qu'elles portent eft plus
abondante; & lorfque la fécule de la feconde
forte en eft privée ou qu'elle n'en porte qu'une
très-petite portion, alors elle peut être tenue plus
divifée par la chaleur & même diffoute par les
alkalis. Auffi Tobfervation apprend que les fucs
exprimés apportent d'autant plus de difficultés
dans le travail, que l'écume formée par la
feconde forte de fécule eft moins colorée &
qu'ils ont à un moindre degrél'odeur balfamique
de la Canne.
Il eft aifé de voir maintenant que les alkalis, 9
F 4
-petite portion, alors elle peut être tenue plus
divifée par la chaleur & même diffoute par les
alkalis. Auffi Tobfervation apprend que les fucs
exprimés apportent d'autant plus de difficultés
dans le travail, que l'écume formée par la
feconde forte de fécule eft moins colorée &
qu'ils ont à un moindre degrél'odeur balfamique
de la Canne.
Il eft aifé de voir maintenant que les alkalis, 9
F 4 --- Page 126 ---
TA a
D -
A a 3 C
COA
D E L A CA N N E
fécules de tout le fuc-favonles
mème
en dépouillant
en les diffolvant
neux qu'elles portent, >
doivent être fous
circonflances,
dans quelques
la préfence du fuc-fanuifibles par
ce rapport,
ils font combinés, à la cryftalvonneux auquel
lifation du fel effentiel.
far les fécules
L'adion de l'alkool (1)
Dc P'alkocl - 58.
n'eft
fenfible; il fuffurle fuc ex- dans le fuc exprimé
point heures, leur
primé,
feulement, pour quelques
pend
décompofition fpontanée.
divifer davantage
Des acides 59, Les acides femblent leur union à la partie
fur le fuc cx: les fécules 8c favorifer couleur verte > qu'ils
priné.
Auide 3 ils en altèrent la
couleur feuille-morte.
changent en
de Cannes fraiches eft
Si le fuc exprimé
les
De la ferà lui-mème, > les fécules entrent
mentation abandonné
& déterminent la
acide.
premières en décompofition la maffe du Auide:
fermentation acide dans toute
une
forte fe féparent 5
celles de la première
vient nager à la furpartie fe précipite, > l'autre forte font tenues
face. Celles de la feconde
par
divifées, dans ce premier moment,
plus
elles fc précipiT'acide qui fe développe , puis
tent.
fermentation acide eft bien établie;
Dès que la
trois ou quatre mois
elle fe continue pendant
(1) L'efpriede-vin.
du Auide:
fermentation acide dans toute
une
forte fe féparent 5
celles de la première
vient nager à la furpartie fe précipite, > l'autre forte font tenues
face. Celles de la feconde
par
divifées, dans ce premier moment,
plus
elles fc précipiT'acide qui fe développe , puis
tent.
fermentation acide eft bien établie;
Dès que la
trois ou quatre mois
elle fe continue pendant
(1) L'efpriede-vin. --- Page 127 ---
E T D E S O N Suc.
par la décompolition graduce du fel effentiel.
Cette décompofition a une marche lente qu'on
peut fuivre par degrés, en pefant de temps eit
tempsàl'arcomeurcoupefB-ligucur de Baumé (1),
le fuc en fermentation dont on voit la péfanteur fpécifique diminuer a-peu-près de deux à
trois degrés par mois. Ainfi un fuc dont la
pefanteur étoit de dix degrés, ne porte plus
guère qu'un demi- degré après trois à quatre
mois de fermentation.
Dans cette décompofition du fel effentiel, il
fe fépare une fubftance membraneufe claire &
tranfparente fur laquelle les menftrues n'ont
point de prife & qui donne de l'ammoniac (2)
dans la diftillation.
L'acide qui fc forme dans le premier mouvement de Ia décompofition fpontanée en divifant les fécules, les tient plus unies à la partie
fluide, & la féparation par la chaleur & les alkalis en cft d'autant plus difficile que ce mouvement a eu lieu plus long-temps. Auffi la préfence de la fécule qui n'a pu être enlevée, nuit-
(1) L'Aréomètre dont je me fers eft inferit, Aréomètre de
Baumé pour les firops, fait par Mofli; Bréveté du Roi & de
l'Académie des Sciences, pour les Infrumens de Phyfique, $ &c,
&c. Quai Felctier, no. 16, à Paris. Cet Aréomètre doit portcr
so degrés.
(2) L'alkali volatil, --- Page 128 ---
2 - 3 A 1
-
CM
- S DN
I. A CA N N E
So
DE
du fel effentiel
à la cryfallifation
elle bezucoup
impofible.
& la rend mème quelquefois a enlevé les fé60. Le fuc exprimé dont on
de celles
Dela ferforte & une partie
mentation fpiritucufe. cules de la première chaleur & les alkalis, paffe
la
de la feconde,par
fi on labandonne
à la fermentation fpirimueufe de fécules de la feà lui-mème. La portion à la partie Auide fe
conde forte qui refte unie mouvement de cette
décompole dans le premier s'en dégage du gaz
de fermentarion : il
elles fe
efpèce
(1), & dans ce dégagement Auide qui,
carbonique
de la partie
féparent complètement mouvement donne un
traitée après ce premier
à celui
bien fupérieure
fel effentiel de qualité
eût obrenu (2).
un Méqu'on
à la fin de cet Ouvrage
de
On trouvera
de faire paffer tout
moire fur les moyens
à la
de la Canne-fucrée
fuite le fuc exprimé
en obtenir une
fermentation fpiritueufe, pour vin.
analogue au cidre ou au
liqueur
(1) Gaz acide crayeux. fois du Sucre parfitamenr beatt d'un dc
(2) J'ai obrenu deux avoit fubi un léger mnouvemnent
fuc cn partie déféqué qui pendant 18 à 24 heures.
fermentation Spirinueufe
s
de faire paffer tout
moire fur les moyens
à la
de la Canne-fucrée
fuite le fuc exprimé
en obtenir une
fermentation fpiritueufe, pour vin.
analogue au cidre ou au
liqueur
(1) Gaz acide crayeux. fois du Sucre parfitamenr beatt d'un dc
(2) J'ai obrenu deux avoit fubi un léger mnouvemnent
fuc cn partie déféqué qui pendant 18 à 24 heures.
fermentation Spirinueufe
s --- Page 129 ---
E T D E S D N S U C.
AARI
30CE - SN cmoneecete EVSSPPONCCARSES * - A - GA
C HAPITRE VIL
Du Suc de Canne dipuré OIL Fefou.
61. LE fuc exprimé de la Canne-fucrée, dé- De la dénominaticn
pouillé de fécules 2 préfente les fucs féveux, du Vefou.
muqueux & favonneux réunis, formant enfemble un Auide homogène, clair, tranfparent de
couleur citrine, ambrée, qu'on doit nommer
fuc de Canre dépuré. Nous lui conierverons la
dénomination de Vefou généralement reçue >
quoiqu'elle ait été donnée (au rapport du Pere
du Tertre) (1) à une boiffon préparée avec le
fac exprimé dont on a féparé & enlevé les fécules par lébullition. & par l'écumoire, après
lui avoir laiffé éprouver un léger mouvement
de fermentation acide. Comme cette boiffon n'eft
plus en ufage, on peut maintenant fans inconvénient appliquer la dénomination de Vefou au
fuc de Canne dépuré,
62. La proportion & la qualité des fiucs fe- De la
portion EE
veux-muqueux & favonneux s extractif, varient fucs L qualité dcs forplus ou moins dans le vefou, non - feulement ment 2 Vefou.
(1) Hiftoire de TAmérique, --- Page 130 ---
- AA atas a
a D E L A - A N N E
Canne & fuivant la faifon,
fuivant l'efpèce de
foule de circonftanccs
mais encore fuivant une de chaque faifon.
dues au local & au temps
dans le vefou,
L'eau doit être confidérée,
elle
Del'eau.
63.
différents. Dans le premier,
fous deux états
&c favonavec les fucs muqueux
eft en rapport
tient en divolotion; alors
neux-estradif qu'elle
&c elle prend
elle eft nommée Eax de difolution
dans le
fucs le nom de Frefoufrops 5
avec ces
à l'eau de dif
fecond, elle eft en farabondanice plus ou moins
folution, dans une proportion quelle qu'elle foit,
grande. & cette furabondance de Vefou.
donne al'enfemble le nom
varie de foiL'eau fous ce dernier rapport quintal de
livres par
xante à quate-ving-cing déterminér la proporvefou; ; afin de pouvoir matière foluble dans
relative de l'eau & de
tion
dans le vefon, nous avons
le fuc exprimé & fuivantes fur des diffolufait les deux Tables
à tous les detions de Sucre bien pur, prifes
maintenant
de forte que
grés de l'Arcomètre: d'après ces Tables, un
l'Aréomètre préfente,
de s'affarer à Tinftant,
moyen aufli fàr que facile,
un fuc exde Sucre que porte
de ia quancité
Ou une claire (1),8
primé de bonne qualité
donne dans les Rafincries, ala diffor
(1) C'cft lc nom qu'on
la clatification.
lution du Sucre dans T'eau , après
maintenant
de forte que
grés de l'Arcomètre: d'après ces Tables, un
l'Aréomètre préfente,
de s'affarer à Tinftant,
moyen aufli fàr que facile,
un fuc exde Sucre que porte
de ia quancité
Ou une claire (1),8
primé de bonne qualité
donne dans les Rafincries, ala diffor
(1) C'cft lc nom qu'on
la clatification.
lution du Sucre dans T'eau , après --- Page 131 ---
E T DE So N Suc.
de déterminer la fomme d'eau qu'il faut leur
enlever pour les amener à l'état de firop.
On peut aufli juger d'après elles, par approximation de la proportion d'eau & de matière
foluble que portent les fucs exprimés de médiocre & de mauyaife qualité, --- Page 132 ---
- V - -
-
a- - - AA
- : -
C A N N F
D E L A
A B L E
T
A B L E
à évapoT
De la quantidéedvas?
exde Sucre conréduire unfiuc
De la quantité
8 dans
Ter pour
ou
de bonne qualité
bonne quaprimé
de AiropzedieTes
claire à létat
une
les degrés
LaRareremet
lité; pris à tous
de
Aréometre.
7 8 2
4 4,
à I
91 2 85 4
12 4
)
I
6 4 SI 12 13 7
+
I1 22 2 18 6
TO 2 59
IO II
II
I 3.
L
I2
I 30 2 25 1
2 )
- a
8 2 -
A E 20
))
+
.
- I +
2.9
(
O - -
5o ) (D
Go IO 4 SI
--- Page 133 ---
E T D E S O N Suc.
La différence que préfente la proportion d'eau
furabondante eft quelquefois fi confidérable que
j'ai trouvé, dans la même Habitation, à trois
mois d'intervalle, du vefou à quatorze & à cinq
degrés à l'Arcomètre; le premier contenoit fuivant la Table ci-deffus, vingt-cinq livres onze
onces de Sucre par quintal; ; le fecond neuf livres trois onces.
64. Le fuc-muqueux dont la proportion va- De la
rie en raifon inverfe de celle de l'eau, varie lité du Pe
muqueux.
encore dans fa qualité; non-feulement en ce
qu'il porte à un degré plus ou moins fort les
conditions qui le conftituent fel effentiel, mais
encore en ce qu'il eft plus ou moins éloigné de
cet état.
Nous rapportons à trois qualités principales
toutes. les différences que préfente le vefou à
cet égard. Ainfi le vefou de bonne qualiré eft
celui dont le fuc-muqueux eft tout entier dans
l'état de fel effentiel.
Le vefou de qualité médiocre > porte une portion plus ou moins grande de fucmuqueux, privé
de quelques unes des conditions néceffaires à fa
confitution de fel effentiel; ; état que nous avons
défigné fous le noi de fuc-muqueux fucré.
Enfin le vefou de mauvaife qualité porte encore une portion de corps-muqueux doux.
D'après ces diftinétions, il eft aifé de voir
dans
l'état de fel effentiel.
Le vefou de qualité médiocre > porte une portion plus ou moins grande de fucmuqueux, privé
de quelques unes des conditions néceffaires à fa
confitution de fel effentiel; ; état que nous avons
défigné fous le noi de fuc-muqueux fucré.
Enfin le vefou de mauvaife qualité porte encore une portion de corps-muqueux doux.
D'après ces diftinétions, il eft aifé de voir --- Page 134 ---
AA at a - a A
- T
D 1 L A C A N N E
médiocre, d'autant
que le vefou eft d'autant plus dans une proporcontient,
plus mauvais, , qu'il
du fac-mugseux dans
confidérable,
tion plus fucré & dans l'état doux.
T'état
la chaleur &c
Si aprèsavoir déféqué, par
Degré de 65.
des neuds-cannes, parchaieur qui lesalkalis le fuc exprimé
ce fuc,
dhsmgaele
on évapore
corps- mu- venus à leur acroiffement, dans Yétat doux,
queuxdoux qui contient le corps-muqueux très-foncée & une
il prend une conleur brune fi on lui applique
confiftance de frop poiffeux; du terme quatrede chaleur au-delfus
le
un degré
Thermomètre de Réaumur)
vinge quatre
muqueux fe décompofe.
corps
des neuds-camnes, pris
de 66. Le fuc exprimé
eft dans
chalcur Degré qui
où le corps-muqueux
dEompolcele en maturation,
& évaporé prend égalecorps- mu- fucrs, Pétat fucré, déféqué
& une confiftance
queux
ment une couleur très-foncée à peine peuc-il feppoiffeufe 5
fe
de firop plus
degrés de chaleur fans
apntrevingolix
fel
porter
: randis que le corps-miquenx de Canne
décompofer
dans le fuc
ellentiel, peut fupporter chaleur de plus de cent
de bonne qualité, une
degrés (:) )-
maintenant combien
Il eft aifé de concevoir
doux & facré
du corps-muquens
la préfence
le Sucre bie:i pur ne commence à
(1) Nous ferons voir chaleur que au-deffus de cent vinge degris.
fe kcompofer qu'à unc
peut
que le corps-miquenx de Canne
décompofer
dans le fuc
ellentiel, peut fupporter chaleur de plus de cent
de bonne qualité, une
degrés (:) )-
maintenant combien
Il eft aifé de concevoir
doux & facré
du corps-muquens
la préfence
le Sucre bie:i pur ne commence à
(1) Nous ferons voir chaleur que au-deffus de cent vinge degris.
fe kcompofer qu'à unc
peut --- Page 135 ---
E T D E S 0 N Suc:
peut nuire à l'extraétion du Sucre en s'oppofant
tant à la cuite qu'à la cryfallifation.
67. Le fnc. favonneux- extraélif eft plus ou Dc la
moins abondant fuivant la confitution de la fuc- portion favon- RC
Canne & fuivant l'expofiticn où elle fe trouve : tif. neux-cxtracc'eft à lui que le vefou doir fa couleur qui
varie depuis le citrin leger jufqu'an brun foncé,
fuivant que la chaleur & les alkalis, en dépouillant les fécules du fuc qu'elles portent > ajoutent
davantage à celui qui paffe dans l'expreflion.
68. Nous avons déjà dit que les alkalis en Desalkalis
fe combinant au fuc-favonneux, donnoient à fur vonneux-ex- lefuc-fafa couleur d'autant plus d'intenfité qu'ils ércient tradif,
plus purs, & qu'en détruifant l'odeur balfamique de la Canne, ils donnoient aufli au vefou
une odeur de leffive.
69. Les acides minéraux & le vinaigre radi- Des acides
cal avivent la couleur citrine du vefou & la ce minéraux fuc. fur
changent en couleur jaune, ambrée, fuivant leur
degré de concentration.
70. Les acides végéraux tels que la Crême de Des acides
tartre, le fel d'ofeille, l'acide citrique affoiblif. cc végétaux fuc, fur
fent fa couleur & la détruifent en partie. L'acide oxalique (1) la détruit entièrement. Alors
la bafe de ce fuc, privée du principe colorant qui
(:) Acide Saccharin.
G --- Page 136 ---
C : -
- T à a CATA
CA N N E, 8c.
D E L A
fous forme efolides
> parcit
la tenoit en difoletion, à tous les menftrues. fuc-fablanche &c infoluble fans peine que le folide,
71. On concevra bafe une matière
Obfervation fur les vonneux ayant pour
un principe colorant, fel
inconventiens
par
du
attachés à tenue en dffoluion
à i'extracion
laction des
d'autant plus mifible
en plus grande
alkalis.
fera
ce fuc fe trouvera Pon doit coneflentiel que
le vefou; dicà
dans
d'autant plus noifibles
proportion alkalis font
féclure que les
le
qu'ils
fur
fucfionneos,
dans
leur adion
forte, & que
que des fécules, eft plus
opérer la déparent
de les employer peur
ravec
la néceffité
on doit rechorcher: On
fécation du fuc exprimé,
T'adion.
d'en ménager
méfoin tous les moyens de notre nouvelle
verra dans Texpcfition
les moyens fmples
fous ce rapport,
les
thode que,
avons établis préfentent
& faciles que nous qu'on Puitfe défirer.
plus grands avantages
& que
que des fécules, eft plus
opérer la déparent
de les employer peur
ravec
la néceffité
on doit rechorcher: On
fécation du fuc exprimé,
T'adion.
d'en ménager
méfoin tous les moyens de notre nouvelle
verra dans Texpcfition
les moyens fmples
fous ce rapport,
les
thode que,
avons établis préfentent
& faciles que nous qu'on Puitfe défirer.
plus grands avantages aae AA --- Page 137 ---
PI
tlu
IVNF I SUCRE dinnharum chicrnar 111 --- Page 138 ---
aa a
BA - a
COA
L A A
Fig 26. --- Page 139 ---
d
VoH6r
Dague
SECONDE PARTIE,
De l'exploitation de la Canme-fucrée &
da travail de fon fec exprimé pour en
extraire le fe! efenziel.
CHAPITRE VIIL
Expafition des moyens généralement employés
dans nos Colonics, pour l'exploitation de la
Canne-fucrée 6 pour extraire le fel efentiel
de fon fiuc exprimé.
72. LEXILOITATION de la Canne-fucrée &
le travail de fon fuc
demandent
tiesdutrevail Diverfespare
faite de
expgimé
une qu'erige P'ex.
travaux tres-nombreux, mais bien dif- ia ploitation Canne-fun de
tinéts. Pour en faire connoitre toute l'étendue crée,
& en donner une idée bien
exadte, nous les
diviferons en quatre parties principales gue nous
expoferons fuccellivement avec ordre.
La première partie de ces travaux a pour objes
la récolte & l'exprefion de la Canne-fucrée,
G 2 --- Page 140 ---
R
SA a
rOTO as - a TW
T a -A
P'EXTRAIRE
DES MOYENS
travail de fon fuc
yoo
au
feconde fe rapporte
La
les opérations
expeimné.
embraffe toutes fel effenticl.
La troifiême
de fon
concernent Tenradion objet la fermentaqui
a pour
nommées
Enfin la quatrième des eaue-meres,
tion & la dimillation amers.
chaMélalles ou Sirops
que renferme bacimens
diverfes opérations
des
Les
demandent
cune de ces parties,
panialiets
* --- Page 141 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE: Ior
ARTICLE PREMIER.
De la récolte & de P'expreffion de la Canneficréc.
73- Lss Cannes coupées par des Nègres & des Récolte des
Négreffes font réunies & liées par
Cannes,
paquets >
pour la facilité du tranfport au moulin. Dans
les mornes, elles font portées à dos de mulet.
Dans les plaines > elles font charrices fur des
cabrouets (1) trainés ou par des boeufs ou par
des mulets, & jettées près du moulin dans une
enceinte nommée Parc à Cannes, (PL. 2, A
Fg. I) ).
74. On donne le nom de Moulins aux ma- exprimer Moulins les à
chines (Fig. I & 2.) qui fervent à exprimer les Cannes,
Cannes. Ces moulins font formés principalement de trois gros cylindres de fer fondu, élevés fur un plan horifontal (Bfig. I.) nommé
Table, & rangés verticalement fur la même
ligne (fig. 2. ). Celui du milieu eft nommé Cylindre di milieu: il eft tourné fur fon axe par
une puiffance, & il communique aux deux autr) Ferite charrette.
G 3
(Fig. I & 2.) qui fervent à exprimer les Cannes,
Cannes. Ces moulins font formés principalement de trois gros cylindres de fer fondu, élevés fur un plan horifontal (Bfig. I.) nommé
Table, & rangés verticalement fur la même
ligne (fig. 2. ). Celui du milieu eft nommé Cylindre di milieu: il eft tourné fur fon axe par
une puiffance, & il communique aux deux autr) Ferite charrette.
G 3 --- Page 142 ---
A 1 NA E - 1 - -
SA MA
DES MOYENS D'EXTRAIRE
1o2
latéraux, le mouvement
tres, 2 nommés. Cylindres
qui lui eimprimé.
enfemble, préfenCes trois cylindres 5, pris (Cfs 2.) eft celle
tent deux faces; la première engage les Cannes.
regarde la Negrelle qui
regarde la
que
eft celle que
La feconde oppofée, les Cannes déjà exprimées,
Négrelle qui reçoit feconde fois.
pour les engager une
répond à la droite de la
Le cylindre latéral qui moulin fous la première
perfonne qui regarde le
latéral droit, & Tauface, eft nommé Cylindre
lazéral gauche.
fur fon axe
gre Cylindre du milieu eft tourné
Le cylindre
de
à droite.
de droite à gauche, ou droite gauche à gauche, les
Lerfquil eft tourné de
exprellion dans la
Cannes fubiffent la première du plus grand rapligne formée par les points latéral gauche à cclui
prochement du cylindre
entier dans cette
du milieu; elles paffent en
des deux
ligne, en fuivant le dévcloppement fur la face oppofée, où
cylindres & paroiffert
entre le cylindre
elles font prifes & engagées laréral droit, pour. etre
du milieu & le cylindre fois dans la ligne du plus
exprimées une feconde de ces deux cylindres :
grand rapprochemnent
du milieu tourne
(8 vice verfa, G le cylindre
de gauche à droite).
la Canne
avoir fubi deux exprellions,
Après --- Page 143 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE.
reparoit fur la première face toute acforganifée
& privée de fes fucs.
Les facs produits de la première & de la feconde expreflion tombent fur la table, fe confondent dans la gouttière (Dfg.1.) pratiquée à une
des extrémités & coulent dans les réfervoirs (E
fig. 4.), nommés Bafins d fiec exprimé. Ces baf
fins font ordinairement au nombre de deux &
placés dans la Sucrerie ou adjacents à ce bâtiment.
75. Nous n'entrerons point dans de grands Paiffances
détails fur les moulins; nous dirons feulement mouvoir qui fervent les à
que les puiffances qui les mettent en mouvement moulins.
font ou des befiaux 3 ou l'eau, ou Pair. Dans
nos Colonies, les beftiaux & l'eau font les feules
puiffances employées. Dans quelques - unes des
Colonies Angloifes, où les vents font réglés &
conftants, on fe fert de moulins à vent. Onn'a
point jufqu'àce jour effayé d'employer la chaleur
comme puiffance immédiare ; quoique les Auteurs de la Pompe à Feu affurent que cela féroit très-facile ( I )
Les moulins, confidérés par rapport à la puif-
(r) Le Moulin à moudre du bled que MM. Perriers ont établi derzicrement fur le Quai de la Rapée 9 démentre de la manière la plus fatisfaifante la pollibilité & la facilité même d'appliquer la Pompe à Feu aux moulins à exprimer les Cannes,
G 4
iffance immédiare ; quoique les Auteurs de la Pompe à Feu affurent que cela féroit très-facile ( I )
Les moulins, confidérés par rapport à la puif-
(r) Le Moulin à moudre du bled que MM. Perriers ont établi derzicrement fur le Quai de la Rapée 9 démentre de la manière la plus fatisfaifante la pollibilité & la facilité même d'appliquer la Pompe à Feu aux moulins à exprimer les Cannes,
G 4 --- Page 144 ---
- W - wa - TVAE L
C CA TTETAL
W'EXTRAIRE
DES MOYENS
diftingnés entr'cux par
fance quiles meut, font
moulins à eau font
de la puilfance ; les
le nom
& les moins difpendieux.
les plus commodes
qui font le fervice
Ce font les Négreffes
intelliService du 76.
les Nègres peu
moulin dans da moulin; on y joint
eft
W'expration
Commandeur
de la Canne. gents & forts. Un Nègre fervice & de le diriger.
charge de veiller à ce
des cylind'abord par le lavage conduit
On commence
de la goutière qui
dres, de la tabie,
baflins qui le reçoivent:
le fuc-exprimé & des
fuivant fon intellichacun a fon pofte afligné
gence & fa force.
du parc dans le mouLes" Cannes font porttes des Négreffes regatlin, près de la table. Là,
face, les endant le moulin fous la première far la face
entre les cylindres 3 pallées
de nougagent elles font prifes & engagies
oppofée,
deux Négrefles.
veau par une ou
d'années, on a adapté
Depuis une vingenine feconde face, une machine,
aux inoulins, far la
fert à engager la Canne
nommée Doablenfe, qui machine économife une
feconde fois; cette
une
de
ou deux Négrelles. veille à ce que les débris
Un jeune Nègre
fur la tabie, ne s'oppola Canne qui tombent du fuc exprimé, &: ne
fent pas à l'écoulement
dans la.gourière.
forment point d'engergement fois, prend le non
deux
La Caune exprimée
aux inoulins, far la
fert à engager la Canne
nommée Doablenfe, qui machine économife une
feconde fois; cette
une
de
ou deux Négrelles. veille à ce que les débris
Un jeune Nègre
fur la tabie, ne s'oppola Canne qui tombent du fuc exprimé, &: ne
fent pas à l'écoulement
dans la.gourière.
forment point d'engergement fois, prend le non
deux
La Caune exprimée --- Page 145 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. Io;
de Bagafle, on la lie par gros paquets & on
la porte fous des hangards (FFfg. 3.), nommés :Cafes à Bagalles. La, elle eft rangée avec
foin, afin qu'elle fe defsèche pour fervir de combultible ; quelquefois elle eft tellemeut brifée
& réduite en morceaux , qu'on eft obligé de la
tranfporter dans des paniers. Dans les plines,
oà les pluies font peu fréquentes, on en forme
de grandes piles à l'air libre.
77. Les moulins à beftiaux demandent un bêtes, Moulins fervi- à
fervice plus étendu, par rapport à la puilfance gent. ce qu'ils exiqui les meut, que les moulins à eau. Pour appliquer cette puiffance (les beftiaux), il fuffit
de deux léviers (1,1Ag. 2.) qui paffent prefquhorifontalement au centre de l'axe du cylindre du milieu.
Les beftiaux employés, font ou des beeufs
ou des mulers; il y a à la Martinique quelques
moulins à baufs, il n'y en a point à SaintDomingue : le fervice de ces animaux eft trop
lent &: ne répond pas allez al'activité du Cultivateur de cette Colonie.
Il faut, pour le fervice d'un monlinià mulets,
un troupeau dont la force foit proportionnée à
la quantité de Cannes qu'on a à exploiter; &
rarement ce troupeau eft affez nombreux. Il eft
divifé par attelages de trois mulets chacun; deux
attelages font enaployés enfemble, un fur chaque --- Page 146 ---
a MS a
CAA 2 Ta - -
TA
W
MOYENS D'EXTRAIRZ
DES
deux de fuite; ce
une heure ou
font
lévier s pendant
Tous les attelages
temps eft nommé quart. Deux ou trois Nègres
fucceffivement un quart (1)-
à la nourconflamment employes à - ourvoir dans un
font
mulcrs & à les affembler
riture des
1.) fait près
nommé Parc à Mulets ( Hfig. de temps
parc
afin de perdre le moins
du moulin,
Nègre a la condnite
à relayer. Un jeune
pofible
lévier.
d'un attelage fur chaque
dans des bâtimoulins font renfermés
BeauLes
Cafes à moulins.
lon nomme
mens que
à bètes font à découvert.
coup de moulins
du
tant pour le fervice
80 mulets,
(:) On a ordinairement les charrois de toute efpèce.
moulin, que pour
afin de perdre le moins
du moulin,
Nègre a la condnite
à relayer. Un jeune
pofible
lévier.
d'un attelage fur chaque
dans des bâtimoulins font renfermés
BeauLes
Cafes à moulins.
lon nomme
mens que
à bètes font à découvert.
coup de moulins
du
tant pour le fervice
80 mulets,
(:) On a ordinairement les charrois de toute efpèce.
moulin, que pour --- Page 147 ---
IE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 107
ARTICLE I I.
Des moyens qu'on employe dans le travail du
Suc exprimé.
78. Dawst la néceffité d'appliqueran fucexprimé MoyensemT'action de la chaleur, on a employé des fourneaux ployés ralement géns- dede diverfes conftructions & des chaudières de na-environ, puis 60 ans
ture & de formes différentes. Nous ne parlerons ici que des fourneaux fervant aux chaudières de fer, & de ces chaudières dont Tufage
eft généralement reçu dans nos Colonies depuis
foixante ans environ.
Les Hollandois font les premiers qui ayent
porté des chaudières de fer fondu dans le Nouveau Monde & qui en ayent fait ufage, à l'exemple des Habitans de P'Ifle de Java qui, au rapport
de Rhumphius (1), s'en fervoient il y a plus
d'un fiècle.
Pour mieux expofer l'enfemble du travail
qu'on fait fur le fuc exprimé, afin d'en extraire
le fel effentiel, nous décrirons la difpofition
interne & externe des bâtimens deftinés à ce
sravail.
(1) Rhumphius, Vol. 6. --- Page 148 ---
CT C a -
CA - C C
COTMO
DES MOYENS D'EXTRAIRE
fe divifent en deux parties,
Eidmens 79. Ces batimens
nommée Sucrerie,
qui fervent l'une interne (KJg. 4-),
des Fouran reavaildu
(L), nommée Galerie
fucexprimé. Pautre externe
eft telle que le fervice
neaux. Leur difpofition
féparé. Les
de P'une & de l'autre eft entiètement Sucrerie (K) de
fournétux font placés dans la
au cenle fervice, par rapport
Ils
manière que
externe.
eft entièrement
drier & aut foyer,
la Sucontre le mur qui partage
à
font appliqués Galerie, & ce mur concourt
crerie de la
latérales (1 ). Les
former une de leurs parois
de chaque
8c du foyer
ouvertures du cendrier la Galerie. La partie
fourneau répondent dans
laboratoire) nomfupérieure des fourneaux (le
dans linéquipage, préfente
mée valgairement
ou cinq chaudières
térieur de la Sucrerie quatte
ou moins ovale.
dont la forme eft plus
de
de fer,
fourenues entr'elles par
Ces chandières font
de leurs
s'élève all - deffius
la maçonnerie qui
évafement & forme un
bords, en fuivant leur
augmente d'auou moins élevé qui
glacis plas
tant leur contenance.
(L) eft couLa Galerie des fourneaux
Galeric des 80.
elle eft ouverte preffeurueaux. verte par un appentis;
cft trè-nuifible par rap- la
(:) Nous verrons quc aufi cettc par difpofition rayport au mur : T'effort de du
port au travail 5 clle T'eft l'a-plonb & nuit à la folidité
chalenr fur lui, cn dérange
bâtiment-
glacis plas
tant leur contenance.
(L) eft couLa Galerie des fourneaux
Galeric des 80.
elle eft ouverte preffeurueaux. verte par un appentis;
cft trè-nuifible par rap- la
(:) Nous verrons quc aufi cettc par difpofition rayport au mur : T'effort de du
port au travail 5 clle T'eft l'a-plonb & nuit à la folidité
chalenr fur lui, cn dérange
bâtiment- --- Page 149 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 109
que de tous côrés; elle répond à toute l'étendue des fourneaux & met à couvert des injures
de P'air Sc les chauffeurs & le chauffage.
Le fervice des fourneaux a pour objet le tranfport du chauffage, lintroduction de ce chauffage dans le foyer, l'extraétion & le tranfpout
des cendres hors de la Galerie.
Le nombre des Nègres qu'on met à charrier
la bagaffe aux fourneaux, eft déterminé par la
diftance des cafes ou piles & par la confommation de ce chauffage qui, avec les feuilles
des Cannes nommées paille s eft le feul en
ufage. On met ordinairement deux Nègres à
chaque bouche du foyer, pour te fervice du
fourneau.
S1. Dans toutes les Sucreries il y a deux équi- Partic fitpérieure des
pages, pour le travail du fuc exprimé: on les fourneaux
nommfevuldiftingue, foit par le nombre, foit par la Ca- gairement
équipages
pacité des chaudières en grand (a) & en petit
équipage (b). Ils font accompagnés d'un ou
deux baflins (E) qui leurs font ou propres ou
communs, 2 & c'eft dans ces baflins qu'eft reçu
le fuc exprimé, ainfi que nous l'avons déjà dit.
Ily a encore, dans le plus grand nombre des
Sucreries, deux fourneaux qui répondent également à la Galerie & à l'intérieur de la Stcrerie:lun (c) porte deux chaudières difpofées --- Page 150 ---
V - VA A - N C
DES MOYENS D'EXTRAIRS110
des
à fuc : exprimé 3
comme celles
équipages & leur enfemelles fervent à cuire les firops, L'autre (d)ne
ble eft nommé Eguipege afrop. furmontée d'un
porte qu'une grande chaudière évafé; elle fert à faire
glacis très-élevé & trèséquipage à cla-
& eft nommée
des clarifications
rifier.
chaudières qui forment les
82. Chacune des
Nomsde:di chau2 reçu un nom propre.
verfes
à fuc-exprimé,
dières des équipages
(b) eft nommée la
équipages..
La première (a) équipage
caqu'elle eft d'une plus grande
Grande, parce
pacité que les autres.
deuxième (b) eft nommée la Propre , parce
La
chaudière le fuc doit être déque dans cette
haut degré de propreté.
puré & amené au plus
le Flambeau,
La troifième (c) efyommée Raffineur attend quele
parce que dans celle-cile
Téclairer
les fignes qui peuvent
vefou préfente
de leflive qu'il
fur le degré & la proportion
doit employer.
(d) eft nommée Sirop s parce
La quatrième
être amené à létat de firop,
que le vefou doit y
ce qui n'arrive jamais. dernière (e) eft nommée
La cinquième &
dernière action du feu
Batterie, parce que la
dans
nommée Cuite, que reçoit le vefou-firop bouroccafionne quelquefois un
cctte chaudière,
leflive qu'il
fur le degré & la proportion
doit employer.
(d) eft nommée Sirop s parce
La quatrième
être amené à létat de firop,
que le vefou doit y
ce qui n'arrive jamais. dernière (e) eft nommée
La cinquième &
dernière action du feu
Batterie, parce que la
dans
nommée Cuite, que reçoit le vefou-firop bouroccafionne quelquefois un
cctte chaudière, --- Page 151 ---
£E SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. IIZ
foufflement conlidérable qu'on arrete, en battant
fortement la matière avec une écumoire.
Près de la Batterie eft une chaudière (f),
fcellée en partie dans les parois du fourneau,
nommée rafraichiffoir. C'eft dans ce rafraichiffoir qu'on tranfvafe de la Batterie le vefoufirop cuit au point convenable. Il y a près de
ce rafraichiffoir ou à queique diftance, fuivant
la commodité du licu, un fecond rafraichiffoir (g) plus grand que le premier, dans lequel
on tranfvafe à l'initanr la matière cuite, dont
le premier vient d'être rempli.
A la furface du bord de l'équipage entre chaque chaudière,eft un petit baffin (Z) d'un pied de
diamètre &'de deux à trois pouces de profondeur, l'on verfe les écumes qui, reçues dans
une gouttière (m) creufée fur le bord de l'équipage, font portées dans la Grande, Près de
cette Grands, eft une chaudière () qui-reçoit
les groffes écumes (1).
Les vafes dans lefqueis on met le Sucre i
cryftallfer, font de grands bacs de bois (2i2)
ou des cônes (x) piacés dans la-Sucrerie,
83. Au moment où commence le travail du Expolition
du travail t
fic exprinné
dansleschaue
(1) Ces écimes font communément données aux beftiaux $ dièrer,
dans queiques endroits on lcs fait fermenterpour les diftiller.
it
les groffes écumes (1).
Les vafes dans lefqueis on met le Sucre i
cryftallfer, font de grands bacs de bois (2i2)
ou des cônes (x) piacés dans la-Sucrerie,
83. Au moment où commence le travail du Expolition
du travail t
fic exprinné
dansleschaue
(1) Ces écimes font communément données aux beftiaux $ dièrer,
dans queiques endroits on lcs fait fermenterpour les diftiller. --- Page 152 ---
- 1A L A A a A 1 2
CTN - a CAEE V a
DES MOYENS D'EXTRAIRE
NIZ
de la Sucrerie fe prépa
moulin, les Nègres attachés au fervice externe
rent; ceux qui font
du chaufles fourneaux & affemblent
netroyent
Les Sucriers, (on nomme
fage dans la Galerie. artachés au fervice interne)
ainfi ceux qui font
de la chanx-vive,
lavent réquipage, préparenc diffolution d'alde l'eau de chaux & une
font
foit de foude, qu'on
kalis, foit de potafle,
préparées pour cet
dans le Commerce
trouve
de cendres de certains végé
ufage 2 foit enfin
peifonnes attachent des
diverfes
taux auxquelles
préparent elles-
& qu'elles
vertus particulières
mèmes.
eft rempli de fuc-exprimé,
Dès qu'un baffin
la Grande, qu'on charge
on le fait écouler dans
met alors dans le
déterminé; on.
fubfà un point
de la chaux vive en
fuc qu'elle contient eft ou mefurée e, ou peflée ,
tance; cette chaux mife all hafard. Sa propoielle eft
de pureté,
quelquefois relative à fon degré
tion doit être
font les Cannes qui ont
à Tétat dans lequel
à la faifon, foit
fourni le fuc, (oit par rapport lieu où elles ont
à leur age & au
ainfi
par rapport La charge de cette Grande, fuiété récoltées.
dans les chaudières
lellivée, eft tranfvafée le Sirop & le Flambeau.
vantes & partagée entre
au point déterLa Grande chargée de nouveau chaux jugée conminé, reçoit la quanticé. de
venable,
Cannes qui ont
à Tétat dans lequel
à la faifon, foit
fourni le fuc, (oit par rapport lieu où elles ont
à leur age & au
ainfi
par rapport La charge de cette Grande, fuiété récoltées.
dans les chaudières
lellivée, eft tranfvafée le Sirop & le Flambeau.
vantes & partagée entre
au point déterLa Grande chargée de nouveau chaux jugée conminé, reçoit la quanticé. de
venable, --- Page 153 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE:
*15
venable, puis cette feconde charge eft tranfva
fée en entier dans Ja Propre : enfin la Grandes
remplieafamefare, iegoitlapropotion de chaux
détermince & alors o1l commence à chauffer,
la Batterie étant pleine d'eau.
Le Sirop & le Flambeau étant, après la Bats
terie, les chaudières qui s'échauffent le plus,
& le plus promptement, les matières féculentes
fe fépareht du fuc exprimé; elles fe préfentent
à fa furface & font enlevées avec l'écumoire
fous le nom d'écumes. Bientôt le fud entre en
ébuilition ; alors toutes les giolfes écuines enlevées, on vuide la Batterie & on là charge avec
moitié du produit du Sirop 5 à ce moment 5
s'il eft à propos, on ajoute dans CCS trois chaudières (la Batteries le Sirep & le Flambeau) foic
une portion de chaux-vive, ou d'eau de chaux,
ou de diffolution d'alkali.
La Propre &: la Grande s'échauffent fuccellive
ment & on enlève les écumes à mefure qu'elles
fe préfentent à leur furface. L'évaporation étant
très-rapide dans la Batterie, on la charge bientôt
du produit entier du Sirop; on paffe le produit
du Flambeau dans le Sirop & on tranfvafe moitié de la Propre dans le Flambeau. C'eft dans ces
deux chaudières (la Propre &c le Flambeau )
qu'on ajoute pendant le cours du travail, la
chaux ou les diffolutions alkalines, lorfqu'il en
H --- Page 154 ---
- D 3
V - 1 A a
- - MOOO
L'EXTRAIRE
DES MOYENS
de nous
Enfin la Batteric eft chargée
du
eft befoin.
du Sirop; le produit
avec le produit
celui de la
veau
dans le Sirop >
Flambeau eft palté
& la Propre eft chardans le Flambeau
la Grands, qu'on
Propre
entier de
fuc exgée du produit fuite avec de nouveau
remplic tout. de
primé.
la charge de
pardiellement
La Batterie reçoit Grandes, plus ou moins >
deux,.trois, quatre
& la qualité de fuc
de richelle
fuivant le degré
en palfant partielque ce fuc,
les chauexprimé, 2 après
dans toutes
la
lement & faccefivement écumé autant que
été leffivé &
dières, a
de ce travail le permet-
& l'ordre
difpofition
la
tent.
dans la Batterie
Lorfqu'on a raffemblé
continue PacEuire.
84. convenable de vefou, on dont le defomme
opérer la cuite,
fel eftion du feu, pour
qu'on a fur le
eft relatif au projet
terré, on la porte à
gré
doit
être
fentiel. S'il ne
pas avec le doige; terme
dont on s'affure
un terme
à 97 du Thermomètre
répond au degré 94
qui
de Réaumur.
porte la
de terrer ce fel,n
Si on a projet
avancé dont on s'affure
cuite à un terme moins
& qui répond aul
avec le doige,
également
du mème Thermométte.
degré 90 à 93
atif au projet
terré, on la porte à
gré
doit
être
fentiel. S'il ne
pas avec le doige; terme
dont on s'affure
un terme
à 97 du Thermomètre
répond au degré 94
qui
de Réaumur.
porte la
de terrer ce fel,n
Si on a projet
avancé dont on s'affure
cuite à un terme moins
& qui répond aul
avec le doige,
également
du mème Thermométte.
degré 90 à 93 --- Page 155 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE,
Le produit de la Batterie cuit au point convenable, on firpend le feu & on le tranfvafe
en entier dans le premier rafraichiffoir. On remplit la Batterie à l'inftant avec le produit du
Sirop; le feu reprend & on continue ce travail, de la manière que nous venons d'expofer,
fur le fuc exprimé à mefure qu'il arrive du
moulin.
Le produit de la Batterie reçu dans le rafralchifloir (f), - eft nommé Cuite ou Batterie
il eft tranfvafé aufli-tôt dans le fecond rafraichiffoir (g) où on le laiffe jufqu'à ce qu'on ait
obtenu une feconde Batterie, Cette feconde Batzerie reçoit un degré de cuite UIn peu plus fort
que la première, à laquelle on la réunit rout de
fuite : leur enfemble eft nommé Empli, On les
mèle bien avec un mouveron (2), & fi le degré
de cuite a été appliqué avec l'intention de laiffer le fel effentiel dans l'état brut, l'Empli eft
porté dans un bac (i) où il s'étend & cryf-
(:) Ces deux mots font pris chacun dans les Sucreries fous deux
acceptions.
Le mot Cuite fous la première, défigne l'aétion de la chaleur fur
l'cau de diffolution du Sucre. Par la feconde, on entend une
tité convenable de matière cuite en une feule fois 3 cette quan- même
quantité eft auffi défignée par le mot Batterie, Lorfque nous employerons ces deux mots fous cette dernière acception, nous les
mettrons en lettres italiques,
(2) Spatule de bois,
H 2, --- Page 156 ---
e - ta A - N
- TA - AA TAA
MOYENS D'EXTRAIRE
DES
ce bac de
l'inftant. Qn charge
tallife prefquià
fuccellifs, qui s'étendent
quatre ou cinq Emplis fur les autres.
les uns
le
& cry(allifent
de terrer le fel eflenriel,
Si on a le projer
au vefou-firop
degré de cuite qu'on applique
entre les
fort, T'Empli eft partagé
érant moins
la Sucterie; ces cônes
cônes (k) rangés dans
de fuite
chargés à trois ou quatre reprifes
font
& remplis en entier.
*
-
ellifs, qui s'étendent
quatre ou cinq Emplis fur les autres.
les uns
le
& cry(allifent
de terrer le fel eflenriel,
Si on a le projer
au vefou-firop
degré de cuite qu'on applique
entre les
fort, T'Empli eft partagé
érant moins
la Sucterie; ces cônes
cônes (k) rangés dans
de fuite
chargés à trois ou quatre reprifes
font
& remplis en entier.
*
- --- Page 157 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. IIT
ARTICLE III
Des moyens qu'on employe pour l'extraction du
Sel elfentiel de la Canne.
8s. Nous avons dit que la troifième partie du Vafes ou
l'on met le
travail qu'exige T'exploitation de la Canne fu- fel effentiel à
cryftalifer.
crée & de fon fuc exprimé, fe rapportoit au
fel effentiel (1) que porte ce fuc. Cette troifième partie a non-feulement pour objet la cryftallifation, la purgation, le terrage & l'étuvage
du fel effentiel de la Canne, mais encore la
cuite des firops qui s'en féparent & l'extraétion
du fel que portent ces firops.
Nous venons de voir que le vefou-firop cuit
eft mis à cryftallifer, foit dans des bacs, foit
dans des cônes. Les bacs (PL. 2., fag. 4. iii.)
qui font de bois, ont huit à dix pieds de long
fur cinq à fix de large & un pied de profondeur;
trois bacs fuffifent ordinairement dans une Sucrerie, pour faire cryftallifer le fel effentiel brut.
Les cônes (k) font des vafes de terre cuite ge-
(r) Nous confervons au Sucre la dénomination de fel effentiel dans l'Art du Sucrier; 5 dénomination qu'il perd eil paffant
dans l'Art du Raffincur & dans le Commerce, où il preud le nom
dc Sucre avec diverfes épithètes qui délignent fon état & fa qualitéa
H 3
irement dans une Sucrerie, pour faire cryftallifer le fel effentiel brut.
Les cônes (k) font des vafes de terre cuite ge-
(r) Nous confervons au Sucre la dénomination de fel effentiel dans l'Art du Sucrier; 5 dénomination qu'il perd eil paffant
dans l'Art du Raffincur & dans le Commerce, où il preud le nom
dc Sucre avec diverfes épithètes qui délignent fon état & fa qualitéa
H 3 --- Page 158 ---
G W A A -s 1
1 - - TA M
D'EXTRAIRE
DES MOYENS
fousle nom de formes (P4 3:
néralement connus
employe dans nos
Les formes qu'on
fig. 2. N.).
de hauteur, leur bafe
Colonies ont deux pieds
leur
pouces de diamètre,
a treize à quatorze trou, dont le diamètre
pointe eft percée d'un bouche avec un tampon
eft d'un pouce > on le
ou avec une cheville.
porté de la
S6. Le fel effentiel cryfhallyféelt
3.)
Deerigtion Purgeries
des bâtiments particuliers (PL.
des
Sucterie dans
oà on le difpofe pour que
ra nommés Purgeries,
nomme Purger.
le firop s'en fépare, ce qu'on où on met à purLes Purgeries (A fig. 1.)
des bariments
le fel effentiel brut, font
de long
ger foixante à quatre - vingts pieds
de
de
Ils font
-
large.
fur vingt à vingt quatre l'une inférieure (B)
formés de deux parties;
l'autre fupérieure
nommée Balfin à melafic;
(C), nommée Plancher.
cavité qui répond à
Le Baflin à melaffe eft une
fes parois
toute Tétendue de la Purgerie;
prefque
fond (E) font faits en maçon-
(D) & fon
fa profondeur va quelnerie enduite de ciment; mème plus, & fon
quefois jufqu'a fix pieds, incliné d'un bout à l'aufond eft ordinaitement
de groffes pièces de
tre. Ce baflin elt recouvert
parallement
rangées
bois rondes ou équarties,
Ces pièces
trois
de diftance.
à deux ou
pouces
qui fait le fond de
forment tin plancher (C)
en maçon-
(D) & fon
fa profondeur va quelnerie enduite de ciment; mème plus, & fon
quefois jufqu'a fix pieds, incliné d'un bout à l'aufond eft ordinaitement
de groffes pièces de
tre. Ce baflin elt recouvert
parallement
rangées
bois rondes ou équarties,
Ces pièces
trois
de diftance.
à deux ou
pouces
qui fait le fond de
forment tin plancher (C) --- Page 159 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. I19
Ia Purgerie & qui ne s'élève pas au-deffus du
fol. On range debout, fur ce plancher, les barriques (F, F), qui doivent recevoir le fel effentiel à purger. Le fond de ces bariques eft
percé de trois ou quatre trous d'un pouce de
diamètre à-peu-près.
Le vefou-firop cuit, dont les bacs font rem-
: plis, eft abandonné jufqu'à CC que le fel effentiel foit cryftallifé & refroidi à un certain
degré; alors on l'enlève avec des pelles de
fer, > & on le porte dans les bariques établies fur le plancher de la Purgerie. On a
pour ufage de mettre autant de Cannes-fucrées
qu'il y a de trous aul fond de la barique. Ces
Cannes font affez longues pour s'élever du trou
où une de leurs extrémités eft engagée au fond
fupérieur. Le firop qui fe fépare du fel effentiel s'échappe par les trous du fond & par l'efpace que laiffent entr'elles les pièces de la barique qui ne font pas étroitement ferrées. La
barique eft remplie en entier &c laiffée debout,
pendant un temps plus ou moins long, afin que
le firop s'en écoule; ce qui n'arcive jamais complètement.
87. Les Purgeries (fig. 2.) où on met le fel Defeription
des
effentiel qu'on veut terrer, font des bâtiments à LIMFET
confidérables
terrer" FMIREE fel
beaucoup plus
en étendue que les cffenticl.
Purgeries à purger le fel effentiel brut. Ces
H 4
c laiffée debout,
pendant un temps plus ou moins long, afin que
le firop s'en écoule; ce qui n'arcive jamais complètement.
87. Les Purgeries (fig. 2.) où on met le fel Defeription
des
effentiel qu'on veut terrer, font des bâtiments à LIMFET
confidérables
terrer" FMIREE fel
beaucoup plus
en étendue que les cffenticl.
Purgeries à purger le fel effentiel brut. Ces
H 4 --- Page 160 ---
SS -
ca al - Na D M
LV T
DES MOYENL D'EXTRAIRE
communément difpofés
bariments font le plus
leur intérieur eft
en
traquarré (G,H,1,K.), (L,L) par des
divifé en compartiments bois. Ces traverfes moverfes (M, M) de
de l'une des parois
horifontalement
biles partent
elles gardent entr'elles
larérales du bâtiment 5 diftance & fe portent
cinq pieds de
de
a-peu-pes
deux ou trois pieds
jufqu'à
parallelement foutenues par de petits potéaux
l'autre parois,
& demi. Ces' çomà la hauteur de deux pieds
mettent entr'enx
pertiments nommés Cabanes,
& cette
à dix-huit pouces de diftancé; des forquinze
le fervice
diftance fert de palfage pour
dans Topération du terrage.
mes,
cryftallifé dans les formes, après
Le fel effentiel
eft
dix-huit heures de refroidilfement,
quinze à
dans les Pargeries. Ces
porté de la Sucrerie
le trou, font imformes (N) dont on débouche d'une grandeur
plantées dans des pots (0)
vinge-quatre
relative à celle de la forme. Après du fel effentiel &
s'érant féparé
heures, - le firop
les formes font tranfplanécoulé dans les pots >
avec foin dans
rées fur d'autres pots & rangées
fcl effentict
les cabanes (Z), pour appliquer au
Topération du terrage,
d'enlever, ala fa88. Le terrage a pour objet
refte à la
Tenage dr
de leau, la portion de firop qui
eielcanel, veur
du fcl cffentiel, réunis
furface des petits cryftaux
ant féparé
heures, - le firop
les formes font tranfplanécoulé dans les pots >
avec foin dans
rées fur d'autres pots & rangées
fcl effentict
les cabanes (Z), pour appliquer au
Topération du terrage,
d'enlever, ala fa88. Le terrage a pour objet
refte à la
Tenage dr
de leau, la portion de firop qui
eielcanel, veur
du fcl cffentiel, réunis
furface des petits cryftaux --- Page 161 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 121
R-aggrégés en une mafle conique, qu'on nomme
Pain. Pour cet effet, O1l unit bien la bafe du
Pain en taffant un peu le fel effentiel, puis on
verfe deffus une terre argilleufe délayée dans
l'eau à confiftance de bouillie. La terre argilleufe fait fonéion d'éponge; l'eau qu'elle contient s'échappe d'autant plus lentement' que cette
terre eft plus divifée. Emportée par fon propre
poids l'eau diffout le firop qui, devenu plus
fluide, eft entrainé vers la partie inférieure de
la forme & s'écoule dans le pot fur lequel elle
eft implantée,
Toute efpèce de terre argilleufe, blanche ou
noire, peut être employée avec fuccès, pouryu
qu'elle foit convenablement préparée (1).
La première terre dont on a couvert la bafe du.
Pain, defféchée, eft enlevée &c remplacée par une
feconde, la feconde par une troifième; cette
troifième enlevée après fa deflfication, le Pain
eft abandonné dans la forme pendant une
vingtaine de jours; afin que le firop s'écoule
entièrement: : alors on le fort des formes & on
l'expofe au foleil pendant quelques heures, fur
un plan horifontal fait en maçonnerie. Ce plan
(:) La terre cft battue & délayéc dans des balins (9.9,
Fg. 3.) nommés Bacs à terre. Çes bacs ont ordinairement cinq
à fx pieds quarrés fur quatre à cinq pieds de profondeur, ils,
font faits cn maçoonerie & caduits de ciment.
entièrement: : alors on le fort des formes & on
l'expofe au foleil pendant quelques heures, fur
un plan horifontal fait en maçonnerie. Ce plan
(:) La terre cft battue & délayéc dans des balins (9.9,
Fg. 3.) nommés Bacs à terre. Çes bacs ont ordinairement cinq
à fx pieds quarrés fur quatre à cinq pieds de profondeur, ils,
font faits cn maçoonerie & caduits de ciment. --- Page 162 ---
VA C
A D
c
D'EXTRAIRE
DES MOYENS
de
nommé glacis, a vingt pieds
(R,Fg. 4-)
fur douze à quinze de large.
longs a-peuprès
foleil, ce pain terré eft
avoir été expofé aul
Après
une quinmis à létuve, où il éprouve chaleur pendant qui lui enlèzaine de jours, un degré de
d'eau reftée après le terrage.
ve la portion
font des bâtiLes Etuves (S, Rg-5-)
Des Étuves. Sg.
de vingt pieds quarrés àments en maçonnerie
préfente divers étages
peu-près, dont Tintérieut
Dans la parles Pains font rangés.
oufar lefquels
fourneau (T) dont les
tie inférieure eft un
dehors : ces bâtiments
vertures répondent en
font adjacents aux Purgeries. le Pain de fel effentiel
Convenablement étuvé,
nommés Bacs
dans de grands bacs de bois,
eft pilé
qui ont douze à quinze
àpiler. Ces bacs (U,U)
de
font
de long fur trois à quatre
large, .6.)
pieds
(V.fg.
placés dans un bâtiment particulier des Pargenommé Pilerie; ou dans une partie dans des bariainfi
eft mis
ries. Ce fel,
pilé,
encore pour le taf-
(X,X), où on le pile
ques
alors il paffe dans le Commerce
fer davantage :
fous le nom de Sucre terré ou Caffonnade. encore à
La cuite des firops fe rapporte
Cuite des 90.
partie du travail.
Grops,
la troifième
du fel effentiel
Les firops qui proviennent
nous l'avons
ainfi que
brut mis en bariques,
Les mé
le nom de Mélages.
expofé, ont reçu
é,
encore pour le taf-
(X,X), où on le pile
ques
alors il paffe dans le Commerce
fer davantage :
fous le nom de Sucre terré ou Caffonnade. encore à
La cuite des firops fe rapporte
Cuite des 90.
partie du travail.
Grops,
la troifième
du fel effentiel
Les firops qui proviennent
nous l'avons
ainfi que
brut mis en bariques,
Les mé
le nom de Mélages.
expofé, ont reçu --- Page 163 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 123
laffes font ou vendus, ou portés à la Rhummerie (1) pour être fermentés &c diftillés.
Les premiers firops qui s'écoulent des formes
où on a mis le fel effentiel à cryftallifer pour
être terré, font nommés gros-firops; ceux qui
s'écoulent pendant & après le terrage font nommés frops-fins.
Tous les huit jours ordinairement on cuit les
gros-firops dans l'équipage à firop. Cet équipage eft, comme nous l'avons dit, placé dans la
Sucrerie Pl. 2,fig. 4-); quelquefois il eft établi dans une partie de la Purgerie (PL 3, a,
fig. 2.).11 eft toujours formé de deux chaudières
de fer; la première (a) porte immédiatement
fur le foyer, elle eft nommée Batterie. La feconde (b), eft nommée Sirop ; on les emplit
toutes deux d'une quantiré de gros-firop fuffifante
pour faire une Cuite. La charge de la Batterie,
cuite à un point dont on s'affure avec le doigt
& qui répond au terme quatre-vinge-huit à quatre vingt-dix du Thermomètre de Réaumur, on
fufpend le feu pour la tranfvafer dans le premier rafraichiffoir (c); on remplit la Batterie
avec la charge du Sirop qui eft rempli lui-mème,
à linftant, avec une nouvelle charge de gros-
(1) Les Rhummerics ou Guildives font des atteliers où l'oz
fait feimenter les mélailes. --- Page 164 ---
NU - -s N
Tatal TAWA 1 C
C
MOYENS D'EXTRAIRE
DES
rafraidans le premier
firop. La Cuite reçue
pluficurs autres (d,
chilloir eft partagée entre diftancé de léquipage.
d) qui font à peu de ainfi les grosfirops qu'on
On continue de cuire
où o11l
ces
rafaicnifirs
toujours dans
compartage
ce que la cryfalilifation des forles laiffe jufqu'a alors on en remplic où le
mence à s'établir:
jufqu'au moment
abandonne
on
mes qu'on
bien pris en pain; après quoi
fel eflentiel eft
qui reçoivent le firop
dans des pots
formes après
les implonte effentiel fe purge. Les
noudont le fel
fur de
(1) font implantées Cabanes de la
la purgation
dans les
& rangées
veaux pots
terre le fel effentiel.
Purgerie où on
cuits & traités ipempsts
font
Les firops-fins
ainfi que les gros.firops
du fel effentiel
Les firops qui proviennent
amers,
font nommésfiropee être
extrait des grocirops, à la Rhummerie, pour
& vendus out portés comme les mélafles.
fermentés & diftillés
(c (pare du fcl effeatiel &
(x) L'aftion par laquelle cc le Scl firep eit nommée Purgaione
secoule du vafc qui contient
5 A A
font
Les firops-fins
ainfi que les gros.firops
du fel effentiel
Les firops qui proviennent
amers,
font nommésfiropee être
extrait des grocirops, à la Rhummerie, pour
& vendus out portés comme les mélafles.
fermentés & diftillés
(c (pare du fcl effeatiel &
(x) L'aftion par laquelle cc le Scl firep eit nommée Purgaione
secoule du vafc qui contient
5 A A --- Page 165 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 125
ARTICLE
I V.
De la fermentation & difillation des Mélafles.
Les Mélaffes & Sirops-amers (1) qui font Fermenta9t.
tion & ditill'objet de la quatrième & dernière partie de ce lationdesmé
laffes.
travail, font fermentés & difillés dans des bâtiments particuliers, nommés Rhummeries ou
Guildives.
Dans la première partie de CCS bâciments, des
tonneaux, nommés pièces fermenter 2 font rangés debout fur des chantiers. Ces pièces reçoivent ies firops étendus d'eau dans une proportion telle qu'ils portent onze à douze degrés à
l'Arcomètre; dans cet état ils prennent le nom
(1) Les mélaffes & lcs firops-amers font les eaux-mères du
fel efTentiel de la Cannc, Ces caux - mèrcs contiennent encore
beaucoup de fel effenticl qui cryftalli'e, lorfqu'clies font abandonnées à elles-mêmes pendant longtemps. Si on fe rippelle CC
que nous avons dit du vefou , on coucevra aifement q:e les inélaffes, abftractio faite du fel effentiel qu'elles contiennent, font
formées par le fuc-fwonnens-exraalif , par les fucs-muqueuxdoux & fucré qui fe trouvent dans les vafous de médiocre &
de mauvaife qualité & par le fel effentiel décompoté, foit par
les alkalis, foit par la chaleur, Soit Far l'action réunie de C2S
deux agens. --- Page 166 ---
CE M 13 A a à - 1 -
inee
DES MOYENS D'EXTRAIRE
de Rapes. Les Rapes fermentées font portées dans
alambic où on les diftille. Le produit qu'on
obtient un
eft ou du Rhum ou du Taffia, fuivant
l'état du firop & fuivant les circonftances qui
la fermentation & la diftillaont accompagné
tion des rapes.
Nous n'entrerons pas dans de plus grands
but
détails fur cette partie, n'ayant pas pour
d'en traiter ex profelfo, dans ce moment-ci.
*
D'EXTRAIRE
de Rapes. Les Rapes fermentées font portées dans
alambic où on les diftille. Le produit qu'on
obtient un
eft ou du Rhum ou du Taffia, fuivant
l'état du firop & fuivant les circonftances qui
la fermentation & la diftillaont accompagné
tion des rapes.
Nous n'entrerons pas dans de plus grands
but
détails fur cette partie, n'ayant pas pour
d'en traiter ex profelfo, dans ce moment-ci.
* --- Page 167 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 127
CHAPITRE IX.
Obfervations fiur les premiers moyens qu'on enploya dans les Colonies Françoifes pour le
travail du Suc exprimé de la Canne-Sucrée,
& fur ceux dont Pufage eft généralement reçu
maintenant,
92. Daxs les premiers temps qu'on travailla Première
chez les François, en Amérique, - le fuc exprimé méthode ployée en emde la Canne-fucrée, pour en extraire le fel ef- Amérique le tra
fentiel, on employa le plus communément qua- Er du fuc
exprimé,
tre chaudières de cuivre, 3 quelquefois cinq, fix
& même fept, toutes de grandeur différente &
relative, montées les unes auprès des autres
dans la même direétion, chacune fur un foyer
particulier (1).
La première de ces chaudières étoit la plus
grande; elle fervoit à appliquer au fuc exprimé
le degré de chaleur néceffaire pour féparer les
matières féculentes de h première forte, nommées écumes.
(1) Lc Pere du Tertre, Hiftoire d'Amérique,
Le Pere Labat, Hift. d'Amérique.
Traité du Cacao & du Sucre, --- Page 168 ---
T - - 1a D E M
-
- AVAN a l
DES MOYENS D'EXTRAIRE
féparoit, à la
C'étoit dans la feconde qu'on féculentes de
faveur des, alkalis, les matières matière graffes
la feconde forte > nommées une apparence
qu'elles ont quelquefois
parce
graffe.
fervoit à évaporer le vefou jufLa troifième
L'action des alkalis
qu'à confiftance de firop.
dans cette chauau,vefou
étoit encore appliquée
nécelfaire.
dière, lorfqu'on la croyoir cuire le vefou amené
fervoit à
La quatrième
au-delà
à T'état de firop; celles qu'on employoit à la fefervoient de fupplémenr
de ce'nombre
conde, à la troifième. chaudière dont la conLe produit de chaque
paffoit, en
tenance alloit toujours en diminuant, feconde, de la
de la première dans la
entier,
la troifième, & de la troifième
feconde dans
de fuite, lorfque le nomdans la quatiemessinfic on ne fe petmettoir de
bre alloit au-delà. Jamais chaudière dans Tautre,
tranfvafer le vefou d'une
convenable.
l'eût amené à l'état jugé
qu'on ne
chaudière avoit un foyer parComme chaque
fufpendre le feu
au befoin,
ticulier; on pouvoit, fans arrèter ni ralentir le
fous chacune d'elles,
On avoit aufli
travail dans aucune des autres.
d'une
de fitrerle vefou en le paffant
fe
pour ufage
& les Altres dont on
chaudière dans T'aurre; & de laine.
fervoit étoient de toile
Le
à l'état jugé
qu'on ne
chaudière avoit un foyer parComme chaque
fufpendre le feu
au befoin,
ticulier; on pouvoit, fans arrèter ni ralentir le
fous chacune d'elles,
On avoit aufli
travail dans aucune des autres.
d'une
de fitrerle vefou en le paffant
fe
pour ufage
& les Altres dont on
chaudière dans T'aurre; & de laine.
fervoit étoient de toile
Le --- Page 169 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE.
Le but qu'on fe propofoit dans l'emploi des
alkalis, étoit qu'ils fe faisiflent de la matière
graffe pour la féparer du Sucre, afin qu'on pâr
l'enlever plus aifément & obrenir le Sucre plus
fec.
On reconnoiffoit alors, dans le finc de Canne
exprimé, une écume fale & noirâtre, s une matière graffe, du Sucre, de ia Mélafle & de l'eau.
93, En 1725 environ, onl érablir, à l'exemple des Anglois, toutes les chaudières fur uli feul nient Change- de mé.
foyer. La marche qu'on avoit fuivie jufqu'alors d'une thode, nou- fuite
étoit fimple & facile; celle qu'exigea la nouvelle velle fition difpo- des
difpofition des chaudières, quoique très-diflicile chaudières,
à établir & impoflible à fuivre, fut néanmoins
adoptée; parce que cette difpolfition préfentoit
une grande économie de chauffage & cet objct
étoit très-important. On faifoit ufage de bois
alors, & ce combuftible devenoit rare de plus en
plus: ainfi, en faveur de cet avantage, on paffa
fur les dificultés & les inconvéniens de la
matche nouvelle. Cctte confidération, jointe à
l'opinion qui s'établit fur I'ufage des alkalis,
a porté les plus grands obftacles à la connoiffance du futc exprimé & à la perfection des
moyens d'en extraire le fel effentiel.
94. On raifonna, (l'ignorance qui raifonne L'exifence
eft l'ennemic la plus dangereufe de la Science d'un n'eft démon- acide
& des Arts), O1l raifonna fur la néceflité ex. tréeni même
annoncécpar
I
aucun laic.
'ufage des alkalis,
a porté les plus grands obftacles à la connoiffance du futc exprimé & à la perfection des
moyens d'en extraire le fel effentiel.
94. On raifonna, (l'ignorance qui raifonne L'exifence
eft l'ennemic la plus dangereufe de la Science d'un n'eft démon- acide
& des Arts), O1l raifonna fur la néceflité ex. tréeni même
annoncécpar
I
aucun laic. --- Page 170 ---
a - - A a
F CTAA - : CA
-
WEXTRAIRE
DES MOYENS
reconnue par
1;0
chaux & des alkalis
caufe
clufive de la
à deviner la
qui
On chercha fubfances & on Yatla pratique. l'emploi de ces
dans le fuc expriexigeoit
d'un acide
tribua à T'exifence
faifie & génécaidée fut avidement
anmé. Cette
depuis plafieurs
elle a pris
Chymilles
lement adoptée; Topinion de plaficurs d'une dénées , d'après
le titre
de Bergman,
paalisoemes
n'ait
monftration.
aucune expérience
fait,
le fuc exprimé (1),
Qusiglaucan acide dans
d'un
démontrer un
donté de T'exiltence
pu
on n'a point
d'expliquer
méanmoins
on a cru impofible a vu que nonètre fans lequel alkalis; dès-lors on
étoit nédes
fubltances
l'emploi l'emploi de ces
on lui a
feulement
mais encore
cet acide 2
préfentoit le
ceflité par
les difficultés que
foit
attribué toutes
fuc exprimé 2
foit quant au
quant à la
travail,
foit encore
reaux moyens, 9
On a
quant
difpofition de ces moyens. capital &
manvaife
un ennemi
cet acide comme
gardé
cn 1782 à Berci, diverDarcet & Macquer frent, Cannes que MM. Houche-
(1) MM. fur, le Suc exprimié & de ils ne purent y reconneitre
fes experienccr fait venir de Malaga *
fait à Saint - Domitgus
rie avoient d'un acide. Nous avons le Suc exprimé, S: nous pou- de
Vexiftence trbemalijpliées (ur donné le moindre indice
des expericnees qw'aucune nc nous a
vons affurer d'un acide.
la préfence
et & Macquer frent, Cannes que MM. Houche-
(1) MM. fur, le Suc exprimié & de ils ne purent y reconneitre
fes experienccr fait venir de Malaga *
fait à Saint - Domitgus
rie avoient d'un acide. Nous avons le Suc exprimé, S: nous pou- de
Vexiftence trbemalijpliées (ur donné le moindre indice
des expericnees qw'aucune nc nous a
vons affurer d'un acide.
la préfence --- Page 171 ---
LE SEL ESSENTIEL LE LA CANNE. 131
on s'eft uniquement occupé du fein de le combattre. Comme on n'a Vul qu'ane feule caufe à
toutes les difficultés qui fe font préfentées, on
a imaginé qu'il n'exifloit qu'un feul moyen de
la déruire, & toutes les tentarives fe font portées à la recherche de ce moyen. Quelques-uns
ont Cru le rencontrer dans la Chaux-vive, d'autres dans la Potaffe, d'autres dans la Soude,
d'autres plus fins dans les cendres de quelques
plantes, d'autres enfin dans certains fels neutres,
tels que T'alun, &cc., &c.: mais tous font convcIIS depuislongeemps qu'ontre la dificuléd'avcir
un alkali propre à neutralifer l'acidedu fac exprtmé, il falloit encore, après avoir trouvé cet alkali, l'employer dans une proportion convenable pour la faturation précife de F'acide; &
alors on a éré moins recherché fur l'efpèce
d'alkali, mais plus occupé de trouver des figncs
certains qui fixaffent le point de faturation de
cet acide chimérique. Ce point eft depuis longtomps l'objet des voeux & des recherches dcs
Raffineurs.
95. Comme on a Vu que le Sucre étoit toujours accompagné d'une pertion de mélaffe plus frrlafarsta- Opinions
tion de l'aciou moins abondante, &: qu'on ne pouvoit en- de imaginailever cette mélaffe avant la cuite; on a imaginé kalis, re paries alque, d'après une jufte faturation de l'acide, on
pouvoit par la cuite réunir tout le Sacre enl u11l
I 2
ineurs.
95. Comme on a Vu que le Sucre étoit toujours accompagné d'une pertion de mélaffe plus frrlafarsta- Opinions
tion de l'aciou moins abondante, &: qu'on ne pouvoit en- de imaginailever cette mélaffe avant la cuite; on a imaginé kalis, re paries alque, d'après une jufte faturation de l'acide, on
pouvoit par la cuite réunir tout le Sacre enl u11l
I 2 --- Page 172 ---
Bu MTA a
-- - ARCM TC
V'IXTRAIRE
DES NOYENS
d'aue
mélaffe devoit fe féparer
dont la
feroit plus
aggrégé, aifément que cet aggregs attendu d'un
tant pleus
qu'on a toujours
qu'on a
ferré; avantage
& les dilliculeés
fort degré de cuite; à ce but, ont tonjours
pour arriver
ou trop peu faruré.
épsouvées
à l'acide trop
ed'un
été artributes Vincime perfustion de Texiftence fe font
D'après de tous les obftacles qui
de la
acide, caufe T'estradion du fel ellentiel étapecfensés dans
habiles Raflineurs ont fuc
Canme-fuerée, > les plus
falloit lefliver le
comme principe, > quil en faturer Pacide;
bli,
pour
afin de
exprimé avec précifion, degré très-fort,
cuire le vefou àun
de le rap-
&
le Sucrc de la mélalie,
en une
féparer tout
8, de le réunir
fur lui-mème,
procher folide teès-ferrée.
acide dans le fuc
maffe
aveugle à Lin
de facuLa croyance de trouver le moyen acide caufe
exprimé, l'efpoir circonfances, cct
rer, dans tOLECS
les difficulrés que préde toutes
fi foreement occupé
chimérigue travail aétuel, ont
non-feulefente le
les Raflineurs, que
Vefprit de tous
ni jes vices efeniollemene
ils n'ont vu
ni ceux
ment
qu'ils employent,
déarachés aux moyens marche nécelliresnr
réfultent de la
exigent; mais enqai fordonnée que ces moyens attention aux diverWont fait aucune
& aux
core quils
forment le fuc exprimaé
fes parties qui
ement occupé
chimérigue travail aétuel, ont
non-feulefente le
les Raflineurs, que
Vefprit de tous
ni jes vices efeniollemene
ils n'ont vu
ni ceux
ment
qu'ils employent,
déarachés aux moyens marche nécelliresnr
réfultent de la
exigent; mais enqai fordonnée que ces moyens attention aux diverWont fait aucune
& aux
core quils
forment le fuc exprimaé
fes parties qui --- Page 173 ---
1 LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 133
corps étrangers qui fc trouvent dans ce fuc par
accident.
96. Lorfque Bergman découvrit a qu'ilréfultoir, La découverte de Pade la décompofition du Sucre par l'acide nitri- cide facchaque, un acide particulier, qu'il nomma Acide rinaaugmen- té encore le
Saccharin; il conjedtura, d'après l'extrème affi- veurdel'exif projugéen fanité de cet acide avec la chaux, que l'ufage tence acide dans d'un le
de cet alkali, dans les Sucreries & dans les Raf- fuc exprims.
fineries, avoit été néceffité par la préfence d'une
portion d'acide faccharin uni aul fac exprimé
& à la mélalfe, dont les Sucres bruts font plus
OLI moins entachés : conjedture qu'il put d'autant mieux fe permettre, qu'il favoit par tradition que T'ufage de la chaux étoit abfolument
général : mais il ne l'eût pas faite, à coup fir,
fi alors quelqu'un cût donné une connoiffance
exaote de la Canne & de la nature de fon
fuc exprimé,
Lesapôtres de l'acide, devenus plus forts de
la découverte de l'acide faccharin & des COl1jectures de Bergman, ne trouvérent plus d'inctédules; mais l'opinion & moins encore l'erreur d'un grand homme, ne peuvent être.des
titres contre l'expérience & la vérité. Si Bergman eût eu des Cannes à Sucre, qu'il eût pu
traiter chymiquement leur fuc exprimé, il cût
bientôt reconnu que la chaux & les alkalis dé
compofoient ce fuc en portant leur acion fur
I3
acide faccharin & des COl1jectures de Bergman, ne trouvérent plus d'inctédules; mais l'opinion & moins encore l'erreur d'un grand homme, ne peuvent être.des
titres contre l'expérience & la vérité. Si Bergman eût eu des Cannes à Sucre, qu'il eût pu
traiter chymiquement leur fuc exprimé, il cût
bientôt reconnu que la chaux & les alkalis dé
compofoient ce fuc en portant leur acion fur
I3 --- Page 174 ---
CM - TUSN A
-
- OGA T
- IV
D'EXTRAIRE
DES MOYENS
de la partie Aaide
fes fécules, qu'en les féparant ils les. dépouillcient
fous la forme de flocons,
porten. ; d'oit
extractif qu'elles
fe
du fuc-favonneux le feul bur qu'on devoit
il cût conclu que de la chaux & des alkalis,
ponefer.dansi Pufage
des Rcules:
T'entière féparation
faire
étoit d'opérer
il n'efit pas manqué de
mais fans doute
avoient l'avantage de
obferver que fi les alkalis
ce n'étoit pas
completement les fécules,
féparer
paifquils les déporilloient
fans inconvénient; dont la préfence, dans le
d'an facfavommeux,
du fel efdevenoit naifible à T'extraétion
vefou,
fentiel.
détrompés fur l'étendue
Que les Rafineurs
aux alkalis, ne
qu'ils prètent
des avantages
dans le plus grand
voyent donc plus en eux,
moyen de fcnombre de circonfances, qu'en doncles yeux fur
parorles t fceules. Quils ouvrent
à leur nades chaudières de fer, quant
les vices
à leur mmal-propretés quant
ture, à leur forme,
les fourneanx & aux
à leur difpofition fur enfin quant à la marglacis qui les fumontent;
Quils-apdefordonnée que leur ufage exige.
un
che
les divers facs demandent
pronnent donc que
la marche de leurs
traitement particulier, & que
modification,
moyens ne fe précant à aucune infinité de circonfdevient ruincufe dans une
Eufn qu'ils
dans la cuite.
anopuniealisonont
pretés quant
ture, à leur forme,
les fourneanx & aux
à leur difpofition fur enfin quant à la marglacis qui les fumontent;
Quils-apdefordonnée que leur ufage exige.
un
che
les divers facs demandent
pronnent donc que
la marche de leurs
traitement particulier, & que
modification,
moyens ne fe précant à aucune infinité de circonfdevient ruincufe dans une
Eufn qu'ils
dans la cuite.
anopuniealisonont --- Page 175 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 135
regardent fur-tout la propreté comme une condition des plus effenticlles aul fuccès dans le travail du fuc exprimé.
97. Les chaudières de fer & les glacis en véniens Desincon- des
maçonnerie qui les farmontent portent les plus chandièresde
ferScdesgla.
grands inconvéniens & fe refufent abfolument cisquilesfar.
montent.
aux avantages qu'offre la prepreté. Ces chaudières font très - fragiles & leur fraéture, en
arrètant le travail, caufe perte de temps >
perte de chaudière, perte de matériaux; frais
de réparation, altération dans le fourneau qu'on
eft obligé de démolir, , en partic, pour enlever la
chaudière caflée; moins de folidité dans la maçonnerie nouvelle qui foutient la nouvelle chaudière. Une chaudière neuve, un glacis réparé
apportent de nouvelles faletés; & après tous ces
inconvéniens, refte encore la crainte de voir cet
accident fe répéter, à linfant, fur cette mème
chaudière ou fur une autrc. Il femble qu'on
leur ait donné la forie elliptique exprès pour
altérer & décompofer le Sucre: : ces chaudières
plongeant tout entières dans le feu qu'on n'arrète jamais, lorfqu'on les vuide Oll qu'on les
remplit, le vefou qui fe trouve au-delfons du
point où elles, font fcellées reçoit un degré
de chaleur qu'il ne peur fupporter & fe décompofe. Cette décompofition eft quelquefois
fi confidérable qu'il fe forme dans la Batterie
I 4 --- Page 176 ---
MAS - D
- CET
V CA MCME
DES MOYENS D'EXTRAIRE
charbonneufes qui en recouvrent
des croûites
eft obligé de brâler
T'intérieur &c qu'on
arrètout
ce qu'on fait -en
plaficurs fois par jour;
dans la Batterie des
tant le travail & en jettant
fans
enflammées. Enfin elles déchargent
bagaffes
elles donnent une
celle fur le vefou, auquel
teinte noire.
foient les glacis, ils fe
Quelque folides que
à la vérité leurdédégradent prefque toujours :
mais elle
n'arrète point le travail;
&
gradation
vefoti les débris du ciment,
porte dans le
devient très-rapide par
une fois établic, elle chaux qui fert à forTadtion du vefou fur la
caufe
La réparation de ces glacis
mer ce ciment.
de matérianx &c
aufli perte de temps, perte dans le prochain trade nouvelles faletés
porte
vail.
fourneau contre le mur rend
La firuation du
beauconp plus labole fervice des chaudières comme on ne peut
rieux & même dangereux; côté, il arrive que
aborder Téquipage que d'un fur la moitié de la
les Nègres n'écument que
qu'ils nc
préfente le vefou;
furface que
fur toute
ZE
leur écumoire
vent porter
le corps vers la chaudière
due fans avancer
tomber dedans, & pour
& courir le rifque de
ils font obligés
remédier à cet inconvénient,
d'écumer fans rclâche.
ne peut
rieux & même dangereux; côté, il arrive que
aborder Téquipage que d'un fur la moitié de la
les Nègres n'écument que
qu'ils nc
préfente le vefou;
furface que
fur toute
ZE
leur écumoire
vent porter
le corps vers la chaudière
due fans avancer
tomber dedans, & pour
& courir le rifque de
ils font obligés
remédier à cet inconvénient,
d'écumer fans rclâche. --- Page 177 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 137
53. Il eftimpoflible d'établir, dans les chau- Du défordredelamrdières de fer, une marche conftante & facile à che du travaildans les
fuivre; la richeffe & la qualité du fuc expriméésutr-e à
chaudicresde
la font varier à chaque inftant; l'adtivité du feu fer.
plus ou moins forte fur chaque chaudière, foit
par rapport au fourneau, foit par rapport au
chauffage, la dérange fans ceffe : aufli le défordre du travail nuit, par les difficultés qui en font
la fuite > encore plus que les chaudières & les
glacis par leur mal-propreté.
La Grande cft ordinairement chargée de
quinze cents à deux mille livres de fuc exprimé; comme elle eft très-éloignée du foyer proprement-dit, il arrive fouvent que le fuc qu'elle
porte n'entre point en ébullirion : alors c'eft inutilement qu'il reçoit l'aétion de la chaleur pendant une heure, 2 quelquefois plus. Le trouble
qu'apporte l'action de le tranfvafer dans la Propre redivife les fécules qui s'étcient féparées &
réunies en flocons & rend la défécation plus
difficile. A peine le vefou de la Propre éft-il
dépouillé d'une partie de fes fécules qu'il faut
en paffer une portion dans le Flambeau qui,
n'ayant pas été vuidé en entier, 9 reçoit, avec le
vefou qu'il contient, un vefou beaucoup moins
leflivé & moins écumé; mais quelques minutes après, il faut paffer le vefou du Flambeau
dans le Sirop, où il fe mèle à, un vefou beau-
ine le vefou de la Propre éft-il
dépouillé d'une partie de fes fécules qu'il faut
en paffer une portion dans le Flambeau qui,
n'ayant pas été vuidé en entier, 9 reçoit, avec le
vefou qu'il contient, un vefou beaucoup moins
leflivé & moins écumé; mais quelques minutes après, il faut paffer le vefou du Flambeau
dans le Sirop, où il fe mèle à, un vefou beau- --- Page 178 ---
CTS TA D
A TTA M NACCT
D'EXTRAIRE
1;8
DES MOYENS
enfin lorfplus écumé & plus évaporé;
une
coup
la Batterie on1 y palTe
quil faut charger
n'eft jamais entièdu vefou du Sirop qui
partie écumé & dont le plus grand rapproche- à
rement
au-deli de vingt degrés
ment ne porte pas
il ne porte que douze
T'Aréomètre : quelquefois mèle à celui de la Barterie
degrés. Ce vefou fe rapproché 3 alors la porqui eft beaucoup plus
fe trouve empétrée
tion de fécules qu'il porte On laiffe la Batterie
fe débarraffer.
& ne peut
confiftance de firop, puis
fe rapprocher jufqu'à
de forte que le vefou
on la charge de nouveau : fois à l'état de firop
d'une Batterie artive vingt fois il en eft éloigné
qu'il dépaffe fouvent; vinge
Celui du Sirop
l'accès de nouveau vefou.
fouvent que
par
alternative prefqu/aufi
fubit cette
celui du Flambeau pref
celui de la Batterie,
du Sirop'; la Propre
qu'aufi fouvent que celui
feule fois.
feule reçoit fa charge d'une dans le fic exprimé
On ne met jamais,
partie
fibilitt De Mirapof- de ré- 99. fait la charge de la Grande., qu'ane
T'emploi qui
croit nécellaire; lorfqu'elle
SE des la leflives chaux de la leftive qu'on
on en ajoute une
& dans cette eft tranfvafée dans la Propre, Flambeau, le vemarche.
portion; arrivé dans le
leflive & cette
petite
de
encore une portion
fou reçoit
mais les fignes qu'on
portion devroit fuffire ;
couleur du vefou,
attend des écumes, de la le vefou en bourde Fétat des bulles que forme
it nécellaire; lorfqu'elle
SE des la leflives chaux de la leftive qu'on
on en ajoute une
& dans cette eft tranfvafée dans la Propre, Flambeau, le vemarche.
portion; arrivé dans le
leflive & cette
petite
de
encore une portion
fou reçoit
mais les fignes qu'on
portion devroit fuffire ;
couleur du vefou,
attend des écumes, de la le vefou en bourde Fétat des bulles que forme --- Page 179 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 139
foufflement, ne fe préfentent pas toujours, ou
ils ne fe préfentent pas affez tôt; foit parce que
l'action du feu n'eft pas alfez forte, foir parce
que la fécule varie en quantité & en qualité,
foit enfn parce que le vefou eft plus ol moins
étendu d'cau: car toutes ces conditions les retardent ol les alrèrent.
S'il eft à propos de charger le Sirop > il reçoit
le vefou du Flambeau qui eft ou trop ou trop
peu leflivé. Les mêmes inconvéniens fe préfentent encore dans cette chaudière, où il eft
également difficile de s'arrêter à aucun figne;
parce qu'on ignore la quantité de vefou qu'on
a chargé, & le degré de rapprochement où il
fe trouve après le melange. Ces fignes font encore modifiés & altérés par l'action du feu qui
eft plus forte dans cette chaudière; on fe trouve
donc ainfi dans l'incertitude & alors on agit au
hafard.
IOO. Mais en fuppofant la marche du travail De limpof
bien érablie, la leflive bien fixée, on feroit en-lever fbilité entière- d'encore très-dloigné du but qu'on doit fe propofer; ment cules dans les fé- le
car la leffive ne pouvant que féparer les fécu- travailaéucl.
les du fuc exprimé, il faut de plus les enlever & l'écumoire feule ne fuffit pas, quelque
foin qu'on apporte à faire écumer. En fappofant enfin qu'on pûr enlever toutes les fécules à
l'écumoire (ce qui eft abfolument impoflible),
ore très-dloigné du but qu'on doit fe propofer; ment cules dans les fé- le
car la leffive ne pouvant que féparer les fécu- travailaéucl.
les du fuc exprimé, il faut de plus les enlever & l'écumoire feule ne fuffit pas, quelque
foin qu'on apporte à faire écumer. En fappofant enfin qu'on pûr enlever toutes les fécules à
l'écumoire (ce qui eft abfolument impoflible), --- Page 180 ---
- - a à - - - Re AV L
- C - VCA
DES MOYENS D'EXTRAIRE
terreufes qui fe
il refteroit encore les matières
ainfi que
accident dans le vefou,
trouvent par
viennent &c des chaudières
toutes les faletés qui
& des glacis:
plus vicieufe que
Cette marche eft d'autant
forte &c
du feu fur la Batterie eft plas
Taion
riche & de meilleure
que le vefou eft plus
dans
qu'alors, fon rapprochemenr de
qualité; parce
rapide, on a moins
la Batterie étant plus chandières, pour juger
temps dans les autres
enlever les fecules:
le point de lellive & pour
à
foit l'état du vefou par rappott
car quel que
aux fécules, on ne peur
la leflive & par rapport
différer de charger la Batterie.
de veiller continuellement
D: Pin- 101. La néceflicé
fans cefle,
pomibilite oit Temploi de la leflive, d'écumer
fost les Rtd
chaque inftant,
Rineurs Scles de de charger la Batterie prefqu'a
demande
Nagres le
chaudières fuce@lvement,
fuyporsa rravail actucl & les autres
une attention conftante
& desi incon- de la part du Raffitieur
qui
véniens
de la Roulsifon (),
en ali pendant tour le temps
mème plus. Elle exige
peut durer quinze jours &
qu'il doit fupporde la part du Nègre un travail heures, fans une miter pendant ving: quatre
de tous
On nomme du nom de Roulaifon , P'enfemble de la Canne-
(1)
tant la récoite & Texprallion qui fe font
lcs travaux qu'exigenr de fon fuc exprimé: iravaus
Sucréc, que lc travail
tous cn môme-temps.
(),
en ali pendant tour le temps
mème plus. Elle exige
peut durer quinze jours &
qu'il doit fupporde la part du Nègre un travail heures, fans une miter pendant ving: quatre
de tous
On nomme du nom de Roulaifon , P'enfemble de la Canne-
(1)
tant la récoite & Texprallion qui fe font
lcs travaux qu'exigenr de fon fuc exprimé: iravaus
Sucréc, que lc travail
tous cn môme-temps. --- Page 181 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE.
nute de relâche. Or il eft impoflible d'exiger
d'un Rafineur une pareille tâche, d'autant mieux
qu'il eft chargé de veiller encore au travail du
moulin, aux cafes à Bagalle > au fervice des
fourneaux & des purgeries : il eft impoflible
que le Nègre ne fe néglige pas & qu'il ne pro>
fite point de toutes les occafions qu'il trouve
de fe repofer ou au moins de ralentir tous fes
mouvemens. Aufli arrive-t t - il tous les jours
quelques fautes de la part 8 du Raflineur &
des Nègres, indépendantes de celles qui font
attachées à la marche du travail, & c'eft particulièrement pendant la nuit que ces fautes font
plus fréquentes & plus marquées. On' voit,
d'après cette expofition, qu'il eft impoflible de
remédier à celles qui ont été faites, foit par
défaut ou par excès de leffive, foit par défaut
d'écumage, une fois que le vefou eft dans la
Batterie.
Lorfque le fuc esprimé eft pauvre & de mauvaife qualité, il faut une fomme de vefou beaucoup plus confidérable pour former unie Cuites
la première quantité dont la Batterie a été chargéc, fe trouve expofée pendant trois Out quarre
heures à l'aétion du feu & à l'alternative d'un
plus & moins grand rapprochement. Cn conçoit aifément que l'aétion da fcu & cette alternacive de rapprochement, continuées pendant
Batterie.
Lorfque le fuc esprimé eft pauvre & de mauvaife qualité, il faut une fomme de vefou beaucoup plus confidérable pour former unie Cuites
la première quantité dont la Batterie a été chargéc, fe trouve expofée pendant trois Out quarre
heures à l'aétion du feu & à l'alternative d'un
plus & moins grand rapprochement. Cn conçoit aifément que l'aétion da fcu & cette alternacive de rapprochement, continuées pendant --- Page 182 ---
C M 2
-
TAD
- T MCAEO
DES MOYENS D'EXTRAIRE
altérer le vefou & l'alheures, doivent
plufieurs
cft de plus mauvaife
tèrent d'aurant plus > qu'il
qualité.
écumé ou non, le vefouLeflivé ou non,
chargée,
dont la Eatterie eft fuffifamment
doit
firop,
le fel effenciel, qu'on
elt cuit', oul pour que
qu'il refte brut.
foit terré, ou pour
en obtenir,
deux fortes de cuite,
Difinaion 102. On a diflingué
doit être
de deux forle fel effentiel à terrer qui
tes de cuite une pour
l'autre pour le
dans la actuel- mé- mis à cryftallifer en formes;
en Bac. La
thode le.
doit être mis à cryftallifer
brut qui
Cuite en blanc, la fepremière eft nommée
conde, Cuite en brut.
dont on s'affure
la cuite,
On ne juge point de chaleur qu'on appliavec le doigt, au degré bien à la confiftance
mais
que aul vefou-firops
Tagfolide plus ou moins ferrée que préfente
après le refroidifdu fel effentiel
grégation
fement.
foitlétar& la qualité de vefouDel lac cuite 1O3. Quel que
en obrenir le fel effendu fel cffen- firop qu'on va cuire, > pour
lui donner lltl
ciel brut.
brut, on tend roujours à
tiel en
lequel on priffe Pobtedegré de cuite d'après
eft
& on
très-perfundé
nir en mafle aggrégie, entendue met le vefou-firop
la leflive bien
que
la plus convenable pour fupdans la condi.ion
celui de maumais comme
porter ce degré;
de la leflive,
malgré la précifion
vaife qualité,
> pour
lui donner lltl
ciel brut.
brut, on tend roujours à
tiel en
lequel on priffe Pobtedegré de cuite d'après
eft
& on
très-perfundé
nir en mafle aggrégie, entendue met le vefou-firop
la leflive bien
que
la plus convenable pour fupdans la condi.ion
celui de maumais comme
porter ce degré;
de la leflive,
malgré la précifion
vaife qualité, --- Page 183 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 143
s'oppofe à ce but par la proportion de fuc muqueux dans l'état doux & fucré qu'il porte ;
comme on ne conçoit pas qu'il foit poflible
d'obtenir le fel effentiel autrement que fous Ia
forme aggrégée; dans l'intention de l'amener à
cet état, o1l applique aux vefou-firops un degré de
chaleur d'autant plus fort qu'ils font plus mauvais, 8c ce degré s'élève à quatre-vingedic-fapt,
(Thermomètre de Réaumur) & même plus.
104. 11 arrive fouvent que les fucs muqueux Décompodoux & fucré entrent en décompofition beau- fition effentiel du dans fel
coup au-deffous de ce degré; néanmoins on la brut, cuite en
continue toujours l'aétion du feu, quoique cette
décompofition foit annoncée par des fufées d'une
vapeur blanche & par une odeur piquante qui
prend à la gorge : quelquefois la décompofition eft pouffée fi loin que la matière s'enflamme.
105: La matière cuite eft, comme nous l'a- Du fel efvons déjà expofé ( S6), jettée dans un bac où mis fentiel enl brat barielle fe prend tres-promptement en une maffe Aipute purgacion, & de
folide qui renferme toutes les matières fales,
étrangères aul fel effentiel. Cette maffe eft caffée avec des inftrumens de fer & portée encore chaude dans les bariques 5 la mélaffe dont
la Aluidité eft aidée par la chaleur fe fépare &
scchapped'abord, autant qu'ellepeur, par toutes
les ouvertures que laiffent entr'clles les pièces
elle fe prend tres-promptement en une maffe Aipute purgacion, & de
folide qui renferme toutes les matières fales,
étrangères aul fel effentiel. Cette maffe eft caffée avec des inftrumens de fer & portée encore chaude dans les bariques 5 la mélaffe dont
la Aluidité eft aidée par la chaleur fe fépare &
scchapped'abord, autant qu'ellepeur, par toutes
les ouvertures que laiffent entr'clles les pièces --- Page 184 ---
TU a a - E 1 -
-A VN 1 TTOTOU
DES MOYENS D'EXTRAIRE
mais bienferrées qui forment ces bariques;
peu
fe trouvent bouchées, & létôt les ouvertures
avoir lieu que
ne
plas
parle
coulement
pouvant
la mélaffe,
fond devient très-lent; parce que
Auide qu'elle foit, a alors une maffe
quelque
à pénétrer. Sile vefoude trois à quatre pieds
de fel
étoit de bonne qualité, la maffe
firop
eftremplie. fe trouveroit
effentiel dont la barique
trcis
jufqu'au deux tiers, quelquefois aux
purgée
deux ou trois mois de purgation
quarts, après
étoit de
fur les baflins. Mais fi ce vefou-firop
le fel effentiel formeroit alors,
mauvaife qualité,
dans toute
avec la mélalfe, une maffe pâreufe
l'étendue de la barique: maile qui ne fe purgeroit jamais.
aux vefou - firops
La cuite qu'on applique
veut terrer le fel effentiel, qu'on met
dont on
dans les formes, eft fondée
alors à cryftallifer
aufli les
fur les mèmes principes; elle porte
mèmes inconvéniens.
pendant
106. On convient généralement que,
mquéprenvele Du dichet la traverfée des Colonies en France, la quanCanst:tronf tucre brut tité de mélafle qui s'écoule des bariques remfait dix à trente pour cent
EC cn plies de Sucre brut,
&
Frauice.
qu'on ne peut fe difimuler
de pertc 5 perte
foit
tombe toutc entière fur le Propriétaire,
qui
France, foit qu'il vende chez
qu'il charge pour
n'achète jamais de Sucres
luis car le Marchand
bruts
fée des Colonies en France, la quanCanst:tronf tucre brut tité de mélafle qui s'écoule des bariques remfait dix à trente pour cent
EC cn plies de Sucre brut,
&
Frauice.
qu'on ne peut fe difimuler
de pertc 5 perte
foit
tombe toutc entière fur le Propriétaire,
qui
France, foit qu'il vende chez
qu'il charge pour
n'achète jamais de Sucres
luis car le Marchand
bruts --- Page 185 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 145
bruts, dans les Colonies, qu'en raifon du déchet
que ces Sucres doivent éprouver, &c qu'il évalue
toujours au plus haut. Ce déchet ne fe borne
pas feulement au temps de la traverfée; il fe
continue encore dans les magafins des Ports de
France, & pendant le tranfport de ces magafins foit à l'étranger, foit dans l'intérieur du
Royaume : enfin il ne ceffe que dans les Raffineries où l'on vuide les bariques (1).
I07. Cette perte n'eft pas la feule qu'é- Pertc der mé
prouve le Propriétaire. Les baflins à mé- laffe baffins par à mé- les
laffe font, comme nous l'avons dit, faits en lalie.
maçonnerie & enduits de ciment. La mélaffe
décompofe très-promptement le ciment & le
mortier, > bientôt elle pénètre la maçonnerie &c
va fe perdre dans la terre. Quoique cette perte
ne foit pas vifible elle n'en eft pas moins réelle;
& fi on fait attention que la Auidité de la mélaffe eft plus grande que celle de T'huile, on
n'aura pas de peine à croire que la perte qui
fc fait par cette voie doit être confidérable.
(:) Saine-Domingue met annucllemnent cent vingt millions de
Sucre brut dans le Commerce. Suit vingt 'pour cent de perte
(termc moyen du déchet qui a licu dans la traverfc),l n'ca
arrive en France que quatre-vingt-fsize millions. La Colonie &:
la Métropole perdent denc annitcllement vingt-quatre millions de
firop qui, fi le vefou étoit généralement travaillé d'après la nouvelle méthode 3 donnercit à- peu-près douze à quinze millions de
Sucre Marchand, & pluficurs millicns de Rhum cu de Taa.,
K
cent de perte
(termc moyen du déchet qui a licu dans la traverfc),l n'ca
arrive en France que quatre-vingt-fsize millions. La Colonie &:
la Métropole perdent denc annitcllement vingt-quatre millions de
firop qui, fi le vefou étoit généralement travaillé d'après la nouvelle méthode 3 donnercit à- peu-près douze à quinze millions de
Sucre Marchand, & pluficurs millicns de Rhum cu de Taa.,
K --- Page 186 ---
A a - MNS C ND a -
- T LL C TA
DES MOYENS D'EXTRAIRE
France
touSucre brut arrivé en
porte.
Le
féculentes & terreufes,
jous, avec les matières
moins abonde mclallfe plus ou
une portion
Les Raffineurs d'Eudante attachée à fa furface.
matières étrandans toutes les
rope olt vu auffi,
lequel
Sucre, un acide à faturer, pour
géresau
de chaux dans le Rafinage
ils employent l'eau
& dans la cuite des firops (1).
mis le fel effentiel à cryfOblacles 108. Lorfqu'on a
après
des formes, il refte toujours,
ER fE ma- talifer dans
Pain
préfente la malfe
déresfeculen- la purgation, dans le
que de firop dont
tescterren- fesdansleter- aggrégée de ce fel une portion faveur de l'eau
xagc.
à le dépouiller à la
on cherche
Mais les matières
Topération du terrage.
fe trouvent
par
féculentes & terreufes qui
l'adion
folides,
défendent le firop de
dans cette maffe,
elles & falit le fel effende l'eau; il refte avec
d'autant moins
tiel qui, après le terrage, eft
de ces
& moins blanc que la proportion
pur
abondante (2 ).
matières étoit plus
dans un autre lieu des pecjugés Sc dans des le
(i) Nous parlerons
fur Pulage de la chaux
erreurs des Ralineurs de France,
Radinage,
terrés de la partie du Cap font en général lus les
(2) Les Sucres
parce quc dans cettc partis veillent
plus beaux de Saint-Domingues micux tenues > S: que lcs Raflineurs
Sucreries font beaucoup
au travail avec plus defoin.
du Pore-an.Priace, font les plus
Les Sucres bruts de la partie ellimés dans le Conumerce & daus
beaux de la Colonic & les plus
chaux
erreurs des Ralineurs de France,
Radinage,
terrés de la partie du Cap font en général lus les
(2) Les Sucres
parce quc dans cettc partis veillent
plus beaux de Saint-Domingues micux tenues > S: que lcs Raflineurs
Sucreries font beaucoup
au travail avec plus defoin.
du Pore-an.Priace, font les plus
Les Sucres bruts de la partie ellimés dans le Conumerce & daus
beaux de la Colonic & les plus --- Page 187 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE,
On conçoit aifément qu'en
travail bien
ptivant, par uil
entendu &: bien ordonné, le fuc
exprimé de toute matière folide, le
s
fel effentiel, qu'on en retirera, ne préfentera dans
le terrage aucun obflacle à l'adion de l'eau
qui,
après l'avoir dépouillé de tout firop, le rendra
parfaitement pur. C'eft donc à la plus grande
pureté poflible que doivent tendre
toutes les
opérations qui conftituent l'Art du Sucrier &
du Raffineur: quant à la
blancheur, elle ne
Ics Raflineries: particulièremenr ceux de la plaine du Cul
& des Vafes. Leur fupériorité eft dic à ce
dans
de-Sac
les Canmes-fucrées fonr
que
Ces plaines
de la méilleure
parfaizement bennes, & leur fuc exprimé
néral fi
qualité pofble ; mais les Sucreries y font cn g6mal-propres & le travail y cft conduit avec ti
foin, que Phabitant ile jouit poinr des
peu de
les circoniances locales les
avanrages que lui olfre
plus favorobles.
J'ai vu, dars la plaine du
Sucre terré moins cher
Cul-de-Sac, un Habitant verdre fon
quc fon Sucre brut. On ne fera
pris de ce fait, quand on faura qite la
poinr furrecouvre le Sucre brur
portion de mélafe qui
matières féculentes &:
maique > ca le colorant > toutes les
terreufes qu'on
&c dont la préfence n'influc nullement n'apperçoit poiat du tOLr,
toujours d'après la
fur le prix, qu'on évaine
Sucre. Mais
coulcur, la dureté 2 la fschereffs, Ecc, du
lorfque par le terrage la mélaffe a
toutes les faletés paroifTent à
été enlevéesalors
d'altcration
déconvert, & c'eft fur le degré
que caufe leur préfeuce, qu'on
crc terré, La diférence de
règle le prix du Snce prix avec celi'du Sucre
paye pas toujours les frais de décher dans le
brut He
d'acuvre; audi beaucoup dhabitzns,
terrage, nila miinquc leurs Sucres puilfent
Ferfuadés quhi cl imporitle
terrer &
jemais devenir blanes, onr rononcé, à le
fabriquent tout ca brat. Tel cft Pe8er
de l'ignotance.
des Irjrgls 8c
K 2 --- Page 188 ---
A
w - -
-
TA TAN RA T TOTM
DES MOYENS D'EXTRAIRE
$48
comme un accident
doit être confidérée que
lorfqu'on fera
fera toujours le maître,
dont on
laquelle on ne
arrivé à l'extrème pureté pour à la fireté du
doit rien négliger 2 par rapport
Public dans l'ufage du Sucte.
ce but qu'ont
vers
C'eft auffi pariculitrement
nous avons
tous les moyens que
faire
été dirigés établis, & dont nous allons
propofés &
Texpofition.
s
it être confidérée que
lorfqu'on fera
fera toujours le maître,
dont on
laquelle on ne
arrivé à l'extrème pureté pour à la fireté du
doit rien négliger 2 par rapport
Public dans l'ufage du Sucte.
ce but qu'ont
vers
C'eft auffi pariculitrement
nous avons
tous les moyens que
faire
été dirigés établis, & dont nous allons
propofés &
Texpofition.
s --- Page 189 ---
SE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 149
C HAPITR d E
X.
Expofition des nouveaux moyens d'extraire lc
Jel efenticl de la Canne-facrée.
I09. LART du Sucrier, tel qu'il a exiftéjuf- Connoir.
fances nécefqu'i ce jour, fe borne au fimple fouvenir faires dans
T'Artd'extraides moyens appliqués à l'exploitation de la re le fel cffentiel.
Canne 2 pour en extraire le fel effentiel, & à
l'habitude de faire l'application de ces moyens.
Mais cet Art, confidéré fous ces deux points
de vue feulement, eft une routine aveugle auldellas de laquelle il étoit impoflible qu'aucun
Raffineur pût s'élever.
Savoir qu'on applique tels moyens à la culture, à l'exploitation de la Canne; favoir, qu'on
fait tellcs opérations fur fon fuc exprimé & fur
le fel effentiel que donne ce fuc; connoître de
quelle manière on employe ces moyens, 2 on fait
ces opérations; c'eft ne rien favoir fi on ignore
ce qu'eft la Canne en elle-mème, fi on ignore
quelles font les différentes patties qui conftituent fon fuc exprimé, & quel eft le fel effentiel qu'on en extrait; fi on n'a quelques notions fur la nature & l'action des divers agens
K 3 --- Page 190 ---
Te
L T NAC
- O - MCT
MA
igo
DES MOYENS D'EXTRAIRE
fert, tant dans la culture de la
dont on fe
le travail de fon fuc; fi On
Canne que dans
connoiffances fur tous les
n'a encore quelques
& quant
matériaux & uftenfiles qu'on cmploye,
à leur nature, & quant à leurs propriétés particulières; fi enfin on ne peut rapporter à auà aucuns principes les opérations,
cune fcience,
doivent fervir de
les moyens & les faits qui
bafe à PArt du Sucrier.
C'eft l'étude de ces divers objets & les conétude
doivént élenoiflances qu'ofite cette
qui
le Cultivateur & le Rafineur au- deffus du
ver
Nègre, auquel un long exercice, une longue
habitude donneroient l'avantage; fi lancienneté
Thabitude feules étoieut des titres dans la
&
pratique d'un Art éclairé.
Depuis trois fiècles bientôt on cultive
des Erataduel connoif- IIO.
& jufqu'à ce jour ull
fances furla la Canne en Amérique,
fur
de
Canne & feul Auteur a tenté. d'écrire fur la culture
les moyens
ont donné,
d'en extraire cette Plante (I ). Deux Auteurs (1)
le fel effende ce Gècle, une fimple narticl.
au commencement
ration du travail qu'ils ont vU exécuter & qu'ils
m3mes dans la culture & l'exont pratiqué eux
dans le travail de fon
ploitirion de la Canne,
(:) Efai fur PAIt de enitiver la du Cannc. Traité du Cacao S: de
(:) Lc Perc Labat & T'Auteur
Sucre,
ont donné,
d'en extraire cette Plante (I ). Deux Auteurs (1)
le fel effende ce Gècle, une fimple narticl.
au commencement
ration du travail qu'ils ont vU exécuter & qu'ils
m3mes dans la culture & l'exont pratiqué eux
dans le travail de fon
ploitirion de la Canne,
(:) Efai fur PAIt de enitiver la du Cannc. Traité du Cacao S: de
(:) Lc Perc Labat & T'Auteur
Sucre, --- Page 191 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, I5I
fac exprimé pour en extraire le fel effentiel,
& fur ce fel pour le purger & le terrer. L'Auteur de TEBai fier P'Art de Cultiver la Canne,
fait T'hiftoire des moyens qu'il a vus employer
& qu'il a fuivis; il expofe le plus grand nombre des vices qui y font attachés, & met dans
tout leur jour les préjugés & lignorance des
Raflineurs.
Quelques Raffineurs fenfés ont bien apperçu
les vices de leur Art, mais ils n'ont pu que les
pallier en augmentant le nombre des Nègres,
afin d'exiger d'eux plus de foin & plus d'exactitude (1).
On voit fans doute, avec la plus grande furprife, que la Canne, dont la culture a fait la
richeffe & la profpérité des Colonies, que les
moyens de préparer fes produits, qui furent
& feront toujours la bale du Commerce entre
PAncien & le Nouveau Monde, ayent été eiltièrement abandonnés pendant trois fiècles
aux mains les plus aveugles; aufli n'a-t-on eu
jufqu'à ce jour que quelques narrations fur cette
(:) A Saint - Domingue, M. Bellin, qui jouit d'une grande
réputation comme Raffineur, a fait voir qu'en cmployant foulement dix à douze Negres de plus, pour le fervice de léquipage
dans le cravail actucl du fuc exprimé , on pouvoit remédier a
une petite partic des inconyénicns qui font l'effer de la marche
dfordonnée de CC travail.
K 4
'a-t-on eu
jufqu'à ce jour que quelques narrations fur cette
(:) A Saint - Domingue, M. Bellin, qui jouit d'une grande
réputation comme Raffineur, a fait voir qu'en cmployant foulement dix à douze Negres de plus, pour le fervice de léquipage
dans le cravail actucl du fuc exprimé , on pouvoit remédier a
une petite partic des inconyénicns qui font l'effer de la marche
dfordonnée de CC travail.
K 4 --- Page 192 ---
- CA W C MAN
TTA TTTTAC
DES MOYENS D'EXTRAIRE
infiniment précieufe, fur PArt très-imporplante la cultiver & d'en extraire le fel effentant de
donner le nom d'Art
tiel : f toutes fois Oil doit
étaà des moyens mal-entendus & défordonnés,
blis
le hafard & confacrés par Tignorance
par
& Thabitude.
C'eit après avoir examiné, avec le plus grand
foin & foustous lesrapports poflibles, les moyens,
que nous
généralement en ufage aujourd'hui,
de
c'eft après avoir fait l'étude
venons
décrire;
avoir
de la Canne, & après
la plus approfondie
intime de fon fuc
ptis la connoilfance la plus
les
exprimé, que nous avons vu quelles étoient
qu'exigeoit le travail éclairé de ce
opérations
fuc; & alors tous les moyens que nous pouvions
fe font préfentés d'eux-mèmes à 110employer dans le choix de ceux que nous avons
tre efpric:
confulté les
érablis, non-feulement nous avons
de la Chymie la plus faine, mais l'exprincipes elle-mème (1) a fixé l'ordre que nous
périence
Quoique je n'aye pafT: que deux ans & demi à Saint-
(r)
& les obftacles de toute efpécc, pc
Domingne; 3 les dificultés
de ma méthode,
j'ai cu à furmonter dans % écablafiements fuccès dans lcur débat S rant
qui tous onr Cl le plas grand tellement exercé quc je crois aveir
que j'y ai préfidé, n'ont
& dans la confructon dedix
acquis, dans ccs fix érabliffements
la plus confomfonraeaux quc f'ai faits moi-môme, Pespérienee affurer qu'il fera imposiele
mée dans PArdu Sucrier:andi la j'ofe
des mayens que je vas
d'ajourer à la fimplicit? & à perfodtion
qui tous onr Cl le plas grand tellement exercé quc je crois aveir
que j'y ai préfidé, n'ont
& dans la confructon dedix
acquis, dans ccs fix érabliffements
la plus confomfonraeaux quc f'ai faits moi-môme, Pespérienee affurer qu'il fera imposiele
mée dans PArdu Sucrier:andi la j'ofe
des mayens que je vas
d'ajourer à la fimplicit? & à perfodtion --- Page 193 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 153
devions donner à leur enfemble; & on verra s
dans l'expolition que nous allons en faire, toutes les opérations parfaitement diftinétes; on
verra qu'elles fe fuivent fans fe confondre, que
dans le mouvement de tous nos moyens, l'ordre de leur marche eft fimple, facile à faifir
& fûr dans l'exécution ; on verra encore que
cette marche peut fe prèter à toures les circonf
tances où fe trouve le fuc exprimé & le vefou,
qu'elle n'éxige pas toujours la préfence du Raffineur, qu'on peut la confier aux Nègres fans
qu'ils puiffent la déranger, & que toutes les
fautes qui font l'effet inévitable de leur négligence, peuvent ètre toujours facilement réparées.
III. Le fuc exprimé étant formé, comme Principales
nous l'avons déjà dit, de parties folides & Aluides opérations le
unies entr'elles & étendues dans
SETUR
une très-grande exprimé.
proportion d'eau; le premier but qu'on doit fe
propofer, dans le travail de ce fuc, eft la féparation & l'enlèvement des parties folides ou
fécules. Nous avons nommé, Défecation du fac
exprimé, l'enfemble des opérations qui tendent à
le dépouiller de toutes les matières folides, foculentes & terreufes; ces matières enlevées, reftent l'eau, le fic-muqueux & le fuc- favonneuxextractif qui forment enfemble le vefou.
expofer, & dont le fuccès eft confamment démontré fur PHabitation de M. de Ladebate. --- Page 194 ---
$ A RA - - 1 -
NCO MUCNUMEN
DES MOYENS D'EXTRAIRE
Nous avons vu qu'ily avoit, dans le vefou;
d'eau furabondante à celle qui eft
une quantité
avec les matières folubles : Tenlèveen rapport
celui des
ment de cette eau doit donc etre,après
fécules, l'objet du travail fur le vefou ; nous
Evaporation l'aétion de la chaleur fur
nommons
cette eau.
Les fécules & l'eau furabondante enlevées ;
refte l'eau qui eft en rapport avec les matières
folubles nommée Eau .de difolution. L'enlèved'une certaine
de cette eat faiz
ment
proportion
Tobjer du travail fur le vefou-firop. Nous nomCuite ladtion de la chaleur fur l'eau du
mons
vefou-firop.
D'après cet expofé, on voit clairement que
le travail du fuc exprimé confifte en trois opéfucceflives, mais bien difrations principales,
tinctes, qui font la defication du fuc exprimé, 2
Vévaporation du vefou & le cuite du vefou-ferope
faiz
ment
proportion
Tobjer du travail fur le vefou-firop. Nous nomCuite ladtion de la chaleur fur l'eau du
mons
vefou-firop.
D'après cet expofé, on voit clairement que
le travail du fuc exprimé confifte en trois opéfucceflives, mais bien difrations principales,
tinctes, qui font la defication du fuc exprimé, 2
Vévaporation du vefou & le cuite du vefou-ferope --- Page 195 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 15S
ARTICLE PREMIER.
Des nouyeai moyens d'opérer la défécation du
Juc exsprimé & de l'évaporation du vefou.
112. LA défécation eft la première & la plus Moyensd'o:
importante opération qu'exige le travail du fuc cation pérer la du défé. fuc
exprimé; elle a pour but de le débarralfer en- exprimé,
tièrement des matières féculentes &c de les enlever; elle s'étend encore fur les matières terreufes qui fe trouvent dans ce fuc par accident.
Les moyens qu'on employe pour décompofer
le fac exprimé & en féparer les fécules, font la
chaleur & les alkalis. Ceux qu'on doit employer
pour les enlever, ainfi que les matières terreufes,
font l'écumoire, le fitre & le repos.
115. La chaleur, dans fa première action Del Padion
qui s'étend jufqu'à l'ébullition, agit particulie- de dans la la chaleur
rement fur les
ration
Ralter
premières fécules qu'elle féparc cules.
aifément & qu'elle élève à la furface du Auide,
d'oi on les enlève avec l'écumoire Quant à
celles de la feconde forte, elles exigent 2
pour être féparées, un degré de chaleur qui
érabliffe une forte ébullition, Il arrive fouvent,
fur-tout dans la primeur lorfque le fuc exprimé --- Page 196 ---
T
aa TAWR C E A S
- Ce
DES MOYENS D'EXTRAIRE
la chaleur feule peut
eft de bonne qualité, que
complète des
fuffire pour opérer la féparation Aocons
fécules, & quoique les
qu'elles
fecondes
allez volumineux
forment ne foient pas toujours il fuffit qu'elles
être enlevés à Pécumoire,
n'épour
parce qu'alors elles
foient bien féparées,
On eft difchappent pas aux fltres & atl repos. de fe fervir de
penfé, dans ces circonftances, dont 2
on ne peut
chaux & d'alkalis : avantage oà l'on eft obligé,
jouir dans l'ancienne méthode, dit, de les employer,
comme nous l'avons déjà
les fécules >
feulement pour féparer
non pas
les réunir fous la forme d'une
mais encore pour
Técumoire puiffe retenic
écume mouffeufe que
& enlever avec facilité.
réfiftent à la chales fécules
Des alka- 114. Lorfque
coticomitament
lis commc de (6- leur, il convient d'employer
toutes citmoyen les fédes alkalis. On doit, dans
EXEI
l'aétion
à la chaux,
conflances, donner la préférence elle ne leur
féparant les fécules,
parce qu'en
portion de fuc favonneux,
enlève qu'une petite
falfit
ce qui arfon aétion ne
pas,
de
& lorfque
doit la feconder de celle
rive rarement, on foude. Comme la chaux &
la poraffe ou de la
dans la nouvelle métholes alkalis ne fervent 2 de la chaleur pour la f6de, qu'a aider T'adion n'eft jamais obligé de
paration des fécules, on
proportion
en une aulli grande
les employer
qu'en
portion de fuc favonneux,
enlève qu'une petite
falfit
ce qui arfon aétion ne
pas,
de
& lorfque
doit la feconder de celle
rive rarement, on foude. Comme la chaux &
la poraffe ou de la
dans la nouvelle métholes alkalis ne fervent 2 de la chaleur pour la f6de, qu'a aider T'adion n'eft jamais obligé de
paration des fécules, on
proportion
en une aulli grande
les employer --- Page 197 ---
LE SEI, ESSENTIEL DE LA CANNE: 157
que dans l'ancienne; où il faut qu'ils fervent
encore à leur donner une confiftance mouffeufe
qui les retienne fur l'écumoire.
Quelque foin,. quelqu'attention qu'on ap- Infufffans
porte à enlever les fécules à mefure qu'elles fe moire cc de l'écupour
préfertent, il eft impofible d'en opérer l'enle- l'enlèvement des fécules.
vement complet par l'écumoire feule. Non-feulement ce moyen eft infuffifant pour les fécules;
mais il ne peut rien fur les matières terreufes
qui fe trouvent accidentellement dans le fuc
exprimé,
Ces matières viennent de la Canne qui en
eft falie, du vent qui les dépofe fur le moulin,
dans la gouttiere qui porte le fuc & dans les
baflins qui le reçoivent; elles viennent encore
de la chaux qu'on employe, qui porte toujours
une quantité de terre calcaire plus ou moins
grande & du fable.
IIS. Après avoir reconnu l'impoflibilité ab- Baffins profolue d'enlever entièrement à l'écumoire & les presieniever
le filtre
fécules propres au fnc exprimé, & les matières E le repos
touteslesmaterreufes qui lui font étrangères > mais qui s'y tières folides,
trouvent toujours dans une proportion plus ou
moins grande; nous avons vu qu'il étoit indifpenfable de filtrer & de laiffer dépofer le vefou
avant que de le cuire, s & nous avons > pour
cet effet, imaginé d'adapter au laboratoire des
fourneaux portant chaudières de cuivre deux
fécules propres au fnc exprimé, & les matières E le repos
touteslesmaterreufes qui lui font étrangères > mais qui s'y tières folides,
trouvent toujours dans une proportion plus ou
moins grande; nous avons vu qu'il étoit indifpenfable de filtrer & de laiffer dépofer le vefou
avant que de le cuire, s & nous avons > pour
cet effet, imaginé d'adapter au laboratoire des
fourneaux portant chaudières de cuivre deux --- Page 198 ---
MOTA M No
- - - TaA A GO
D'EXTRAIRE
DES MOYENS
merveilleufement bien
baflins qui rempliffent
avantages
& avec les plus grands
ce but,
bien faifir l'enfemble
Difpofition II6. Afin qu'on puiffe
interne de la
le travail du fuc exSucrerie. des opérations qu'exige
doivent garder
primé & fuivre l'ordre qu'elles
doit ètre,
entr'elles; nous allons expofer quelle
de
dans lintérieur de la Sucrerie s la difpofition leur
le plus grand fuccès de
n0S moyens pour
marche.
qu'exige le travail dufuc
Toureslesopérarions être faites fur le mème fourexprimé 2 peuvent
Comme le fourneau
neau ou for deux féparés.
les faire toutes fuccelljvefur lequel on pent
dans le plus grand nomment doit être préféré,
remplillant
bre des Habitations; parce qu'en
égal le but qu'on fe propofe,
avec un fuccès
de huit à dix Nègres
il offre une économie
nous le
de chauffige :
pren8c de beaucoup
fuivrons la marche
drons pour exemple & nous volontiers qu'on
du travail fur lui, d'autant plus
d'entrer
pourra, fans que nous ayons befoin
de
dans de nouveaux détails, faire Tapplication
marche aux deux autres fourneaux que
cette
le travail aducl, o1l filtre le vefou cn le paifane
(1) Dans dans la Batteries mais dans cette Gitration on n'enlève les
du Sirop
folides extrèmement grotfitres 5 parce que
sque des nuatilres
fort oll un tamis de laiton, ou un canehitres dont OIl fc ferr, cit-clie à-pen-peds nulle.
vas: aufi cette filcration
, faire Tapplication
marche aux deux autres fourneaux que
cette
le travail aducl, o1l filtre le vefou cn le paifane
(1) Dans dans la Batteries mais dans cette Gitration on n'enlève les
du Sirop
folides extrèmement grotfitres 5 parce que
sque des nuatilres
fort oll un tamis de laiton, ou un canehitres dont OIl fc ferr, cit-clie à-pen-peds nulle.
vas: aufi cette filcration --- Page 199 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 159
nous Fropofons ( Pl. 5 & 6.):pour les Habitatiaps très-g guandes qui ont befoin des moyens
les phs polinas
Is pure #u fourneau qui répond à P'intérieur du 1e Tie ierie, doit être nommée Laboratothes elle
enie, dans les fourneanx compef.s Pu 40 L 5-), trois ou quatre chaudières
pleceas jurla même ligne; dans les fourneaux
farcomnpofts (2L 2 6,Ag. I.),cle eft formée
de deux Laboratoires qui fe réunifent pour ne
former ga'un enfemble anguel on peut donner
dilerentes formes. Quelle que foit la difpofition
du Laboratoire, la marche du travail eft toujours la même (1).
117. Le Laboratoire doit être placé, dans I Erat duLaSucrerie, de manière que fes dent cotés 8 P'ex- buracoire,
trémité formée par ia Chaudièr à cuire foient
ifolés dans toute leur étendue; abn quele for-"
vice foit aifé & qu'on puiffe exécurer, avec ia
plus grande économie de Nègres, de temps &c
de moyens > tout ce qu'il convient de faire pour
la plus grande perfoction du travail.
Le Laboratoire (E)que préfente Pintérieur
de Ia Sucrerie que nous prenons pour exemple
(1) On trouvera dans le Chapitre (:2) lcs d taiis les ples
circoaflanciss fur lus fourncaux cn général, ec en parcicuiier fur
ceux des Sucteri.s.
puiffe exécurer, avec ia
plus grande économie de Nègres, de temps &c
de moyens > tout ce qu'il convient de faire pour
la plus grande perfoction du travail.
Le Laboratoire (E)que préfente Pintérieur
de Ia Sucrerie que nous prenons pour exemple
(1) On trouvera dans le Chapitre (:2) lcs d taiis les ples
circoaflanciss fur lus fourncaux cn général, ec en parcicuiier fur
ceux des Sucteri.s. --- Page 200 ---
ME MA a 3
EA M
- TO MAD
DES MOYENS D'EXTRAIRE
chaudières de
A,fg. 1 'offre quatre
(PI. 4,
doit être de quatre à
cuivre dont la contenance
(a), 2 celle qui regoit
cinq milliers. La première
première Chaule fuc exprimé, eft nommée (b), eft nomdière à déféquers la deuxième
la troifième
feconde Chaudière à déféquer;
mée
à évaporer, &c la quatrième
(c), Chaudière
(d), Chaudière à cuire.
& ne laifCes chaudières font res-rapprochées deux à trois pouces
fent entr'elles qu'un bord de
les tient fcellées
d'épaiffeur. La maçonnetie qui dont la moinforme les parois du Laboratoiré, de quinze à
eft, fupérieurement,
dre épaifleur
la furface de cette maçonnedix-huit pouces : à former le Laboratoire >
rie concourt aufli incliné de fepe à huit pouelle offre un plan
à celui des Chaudiëces, du bord extérieur chacune d'elles des petits
res, & préfente entre
les écumes enlebaffins (e,e), cû font reçues
des gourrièrés
vées à r'écumoire, & portées par
Entre cette
dans la Première à déféquer.
Gf)
le mur eft un baflin (g) qui
chaudière &
fécules, d'oà elles s'écoureçoit les premières
les porte
lent en dehors par un tuyau qui les recechaudière (A) placce pour
dans une
font faits en
voir. Ces baflins & gourrières
de
laminé & foudés à une garnirure
plomb
toute la furface des parois
cuivre qui recouvre
du
Première à déféquer.
Gf)
le mur eft un baflin (g) qui
chaudière &
fécules, d'oà elles s'écoureçoit les premières
les porte
lent en dehors par un tuyau qui les recechaudière (A) placce pour
dans une
font faits en
voir. Ces baflins & gourrières
de
laminé & foudés à une garnirure
plomb
toute la furface des parois
cuivre qui recouvre
du --- Page 201 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 161
du Laboratoire > cctte garniture cft feudée au
pourtcur des chaudières, qui fent aufi fcudées
entr'elles 5 dans CCt état le Laboratoire cffre la
plus grande propreté,
On doit remarquer au centre des boflins,
(e,e) qui fe tiouvent entre la Chaudicre à
cuire & celle à évaperer, l'ouverture d'un Canal
(1) qui defcend dans l'épaiffeur des parois 8c
qui fe continue horifontalement fous le carelage,
jufqu'au fond d'un chaudron de cuivre (*)
placé aul pied des Baffins à décanter: on remarque encore à la furface du Laboratoire, fur
chaque côtd de la Chaudière d cuire, l'ouverture
(1,2) d'un canal (m) qui vient des Baffins d
décanter, monte dans l'épaiffeur de la p2rois & s'ouvre près du bord de la chaudière.
Un rafraichiffoir (z) placé à la fuite de la
Chaudière à cuire, fait aufli partie du Laboratoire.
IIS. Deux Baflins (E,E,) placés à peu de Difpofition
diftance du Laboratoire dont ils funt les accef-isanee des Bailins à
foires, fervent à filtrer & à laiffer dépofer le
vefou évaporé à un degré déterminé. Ces Baf
fins, nommés Bafins à filerer Ol à décanter,
doivent être affez grands pour contenir tout le
fuc exprimé (amené à l'état de vefou, portant
vinge-quarre à vingt-fix degrés à TAréomètre )
que peut fournir le moulin en vingt - quatre
L
accef-isanee des Bailins à
foires, fervent à filtrer & à laiffer dépofer le
vefou évaporé à un degré déterminé. Ces Baf
fins, nommés Bafins à filerer Ol à décanter,
doivent être affez grands pour contenir tout le
fuc exprimé (amené à l'état de vefou, portant
vinge-quarre à vingt-fix degrés à TAréomètre )
que peut fournir le moulin en vingt - quatre
L --- Page 202 ---
a TAAO W - 1 U - U 2
a TW VUCTU
DES MOYENS D'EXTRAIRE
doivent être faits en maçonnerie,
heures : ils
recouverts
& enrièrement
doublés en plomb,
le fond foit formé
caiffes dont
de phfieurs
Sur ce fond on érablit,
d'une claie d'ofier.
une toile
fitres, d'abord une laine, puis
pour
de laiton. Deux canaux en plomb
&c un tamis
entre ces Baflins & le
érabliffent commanication le vefou évaporé,
Laboratoire; 3 T'un (2) porte
de chaque
dans le chaudron (k) placé au pied le verfe fur
le prend &
Baffin, d'oà un Nègre
au
dont T'ouverture
les Slcres; l'autre (m),
une foupape
fond du Baffin (E) eft fermée par à la Chaule vefou flure & décanté
(),rapporte
fond des Bafins à décanter,
dière d cuire. Le
au-deffas du
doit être élévé d'un demi-pouce
le ca-
(Z) que préfente
niveau de Fonverture
à cuire.
du bord de la Chaxdière
nal (m) près
deux
d'une Sucreric doit préfenter
L'intérieur
Laboratoire doit
Laboratoires (1); & chaque
à décanter.
avec deux Baffins
Ctre en rapport
fuc
(F, F) font
Les Ballins à
exprimé
Damesàfuc 119.
à chaque Laboratoire e:
exprimé. communs ou propres
de la Sucrerie, tant
nous les plaçons en dchors
deux fourneux dans toutcs les Sucreries;
(1) On doit avoir d'aurèter ic travail lorfqu'il arrive qusiafin de n'être pas obligé dont oll fc fert. Cette précaution cit d'autase s'aiqr'accident à cclui les Cannes ne pouvant fo garsler fans
plus nécelfaire que toutes cclies qai fercicnt coupées.
térer, on perdroit
é. communs ou propres
de la Sucrerie, tant
nous les plaçons en dchors
deux fourneux dans toutcs les Sucreries;
(1) On doit avoir d'aurèter ic travail lorfqu'il arrive qusiafin de n'être pas obligé dont oll fc fert. Cette précaution cit d'autase s'aiqr'accident à cclui les Cannes ne pouvant fo garsler fans
plus nécelfaire que toutes cclies qai fercicnt coupées.
térer, on perdroit --- Page 203 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE,
pour la propreté
que pour tenir le fuc
plus fraichement: : ils doivent être
exprimé
un appentis bién fermé, ou être voûités. couverts par
fins, doublés en plomb, font affez
Ces Baf
contenir chacun trois milliers
grands pour
doit les remplir à
au moins. On
née,
une mefure fixe & détermitoujours égale pour chaque
afin qu'on puiffe fe rendre
charge (1);
tant de la
un compre exaét
quantité de fuc exprimé
à la Sucrerie, que de la
qui arrive
quantité de chaux
employe par quintal de ce fuc,
qu'on
les fécules.
pour en féparer
Comme il convient de bien connoître
gré de richeffes du fuc
le deavoir un Aréometre
qu'on travaille, 5 il faur
pour le pefer de temps e12
temps.
Lorfque tout cft convenablément
chaque opération & qu'un Baflin à fic préparé pour
rempli à la mefure
expriméeft
qu'on a fixée
la
on fait écouler le fuc dans la pour charge,
dière à défequer.
première ChauI20. On s'affure à l'inftant de la
de chaux-vive, néceflaire
proportion Balance hyraticn des fécules
pour opérer la fépa- droftatique a refe fervir d'une
; pour cet cffet, On doir Eotat la
balance hydroflarique inventée chaux quancité nécef- de
faire à la fé-
(r) La charge eft unc fomme déterminés
iscules. paration des
vaier, une fois qu'olle cft établie,
qui ne doit jamais
L 2
ftant de la
de chaux-vive, néceflaire
proportion Balance hyraticn des fécules
pour opérer la fépa- droftatique a refe fervir d'une
; pour cet cffet, On doir Eotat la
balance hydroflarique inventée chaux quancité nécef- de
faire à la fé-
(r) La charge eft unc fomme déterminés
iscules. paration des
vaier, une fois qu'olle cft établie,
qui ne doit jamais
L 2 --- Page 204 ---
- E
- AN
- C WOC MPO
DES MOYENS D'EXTRAIRE
depuis deux Cu
8c introduite,
par un Anglois, Domingue.
trois ans, à Saint
fert à
Cette balance qui eft tsts-ingenieufe, focules qui exiffaire connoitre la quantité dc le rapport de la
dans le fuc expriné &
tent
les féparer. Qusiqu'eile
chaux nécelfaire pour quelle eft ia quenrité
pas indiquer
ne paille
nécelfaire à la défication
rigoureufa de lefive
très-bonne pour
complette 5 elle eft néanmoins
doit emla fomme de chaux qu'on d'autant
décorminer
lieu : fon ufage eft
ployer en, premier
de chaux qu'elle
plus far, que la proportion en excès.
indique ne fe tronve jamais mife dans la charge
pefce, eft
La chaux,ainfi
eft remplie. Pour
donc la Promière à défiquer meme temps fur toifon adion fe porte cn
foini de Téque
du fuc; o1l a grand
tes les parties
Ja charge avec une cuiller
tendre, en agitant
deux : puis on la tranfpendant une minate ou
à cuire. Après
entier dans la Chaudière
vafe en
d'une charge
rempli toutes les chaudières
avoir
commence à chauffer.
ainli lellivée, onl
reçoivent un degré de
Ordre dc 121. Les chandières
du foyer prorelatie à leur prosimité
la marcneda dans chaleur
la
à cuire cft
travail
le fuc de
Chaudière
les chaudié- prement dit;
ficulcs fe feparent 3 Vacres.
dont les
fer
le premier chaleur fc porte facolfivement
tion de la
Les premières fécules
les chaudières fuivantes.
commence à chauffer.
ainli lellivée, onl
reçoivent un degré de
Ordre dc 121. Les chandières
du foyer prorelatie à leur prosimité
la marcneda dans chaleur
la
à cuire cft
travail
le fuc de
Chaudière
les chaudié- prement dit;
ficulcs fe feparent 3 Vacres.
dont les
fer
le premier chaleur fc porte facolfivement
tion de la
Les premières fécules
les chaudières fuivantes. --- Page 205 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE; 16;
font enlevées à T'écumoire dans chacune des
chaudières, à melure qu'elles fe raffemblent à
la furface du fuide; elles font veriées dans des
bayes (1 ) & portées à leur defination. Celles
de la Première à défequer font verfées dans le
Baflin (8) qui eft entr'elle &c le mur; d'ou
elles s'écoulent en delors dans la chaudière
érablie pour les recevoir. Les fécules de la feconde forte font verfées dans les petits Ballios
(e) que préfente la furface du Laboratoire; elles
font entrainées dans les gouttières par le fuc
qu'on eniève avec elles &c portées dans la Pron
mière ào défequer, oû elles font enlevées de notveau avec celles de cette chaudière. On écume:
toujours à mefure que l'évaporation fe fait,8c
on ajoute à chaque charge, s'il eft à propos,
foit de la chaux en fubftance, foit une lellive
de chaux ou d'alkali,
Lorfque le vefou de la Chaudière à chire
porte'vingedeux à vingequatre degrés à PAtéomètre, on fufpond le feu 8c on enlève avec
une cuiller ce vefcu qu'on verfe dans le peric
Ballin (e) qui répond all Bafin à decanter qu'on
veut remplir. Sitér après avoir vuidé la Chaudière d cuire (d), on la rompligaves la charge en--
tière de la Chandière 2 évaporer (); on continue
(:) Scau de bois.
L 3
porte'vingedeux à vingequatre degrés à PAtéomètre, on fufpond le feu 8c on enlève avec
une cuiller ce vefcu qu'on verfe dans le peric
Ballin (e) qui répond all Bafin à decanter qu'on
veut remplir. Sitér après avoir vuidé la Chaudière d cuire (d), on la rompligaves la charge en--
tière de la Chandière 2 évaporer (); on continue
(:) Scau de bois.
L 3 --- Page 206 ---
CA CI a ON e
- - -
T T a
DES MOYENS D'EXTRAIRE
à chauffer & on pafle fucceflivement la charge de
laSeconde à déjoguer (à) dans ia Chaudière à éva-
(e); celle de la Première à défiquer (a) dans
porer
la Seconde (8), & la Première (a) eft remplie,
à Pinfant, d'une nouvelle charge de fuc exprimé.
Marched
122. A mefure que le vefou, évaporé aut
trivd pour
déterminé, arrive dans le chaudron (k)
la filration degré
du vefou. placé au pied du Baffin à décanter, un Nègre
le prend & le verfe fur les fltres; il tombe
dans le Bafin, après s'être dépouillé des matières folides qu'il porrcit : on continue d'écumer & d'évaporer, en pallant fuccellivement la
charge entière d'une chaudière dans l'autre, &c
le vefou de la Chaudière à cuire dans le Balfin
à décanter, jufqu'à ce qu'il foit rempli,
On doit difpofer la marche du travail de telle
manière quel le premier Balfin à décanter fe trouve
plein vers lcs fix à huit heures du foir: alors
le vefou évaporé, toujours au même degre,
cft porté de la même manière dans le fecond
le canal qui lui répoud, &c on continue CC
par travail pendant la nuit. Vors les cinq à fx
heures du matin on éteint le fea, on vaide la
Chaudière à caire; puis apres l'avoit bien lavée
Sil en eft befoin, on lève la foupape du premier Baffin 5 le vefou Elrrés'éceule par le tuyau
Scardivegatfukemett par dansla Chaquienpart
é de la même manière dans le fecond
le canal qui lui répoud, &c on continue CC
par travail pendant la nuit. Vors les cinq à fx
heures du matin on éteint le fea, on vaide la
Chaudière à caire; puis apres l'avoit bien lavée
Sil en eft befoin, on lève la foupape du premier Baffin 5 le vefou Elrrés'éceule par le tuyau
Scardivegatfukemett par dansla Chaquienpart --- Page 207 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 167
dière d cuire , ayant dépofé, pendant huit à dix
heures de repos 1 > les matières féculentes &
terreufes qui, par leur extrême fineffe ont
pu échapper aux filtres.
I23. La Chaudière 2 cuire chargée, par ce Moyens de
moyen, d'une quantité de vefou convenable s'ailirer défaut delef. du
pour faire une Cuite, on ferme la foupape & five.
on s'affure fi la défécation eft bien faite. Pour
cet effet on prend du vefou dans une cuiller
d'argent; on le tourne fous différens afpadts,
afin de voir s'il ne porte rien qu'on puiffe appercevoir à l'oeil OuL à la loupe; on mèle à ce
vefou, qui paroit très-clair 8c tranfparent, quelques gouttes d'eau de chaux filtrée, & on l'examine de nouveau. Si, après une ou deux minutes, on n'apperçoit aucun corps folide nager dans
la liqueur & que le vefou foit de bonne qualité, on peu être affuré que la défécation eft
complette: alors on fait chauffer pour achever
lévaporation & opérer la cuite. Si le vefou eft
de qualité médiocre ou mauvaife, il faut encore
employer, comme pierre de touche, une diffolution d'alkali cauftique bien filtrée & melée avec
l'eau de chaux. Si. l'action de ces agens manifefte la préfence de quelques flocons de matière féculente 2 alors on paffe dans le vefou
une leflive, foit de chaux, foit d'alkali, dont
on rigle la proportion fur la quanticé de ces
L 4
le vefou eft
de qualité médiocre ou mauvaife, il faut encore
employer, comme pierre de touche, une diffolution d'alkali cauftique bien filtrée & melée avec
l'eau de chaux. Si. l'action de ces agens manifefte la préfence de quelques flocons de matière féculente 2 alors on paffe dans le vefou
une leflive, foit de chaux, foit d'alkali, dont
on rigle la proportion fur la quanticé de ces
L 4 --- Page 208 ---
M a M A a a a
NA 4
CIM
DES MOYENS B'EXTRAIRE
Aocons qui, dans ce cas, font toujours peu abordants. Bientôt ils font féparés par le concours
de la leflive & de la chaleur qui les élève à
la furface, où ils peuvent être faifis par lécumoire & enlevés avec facilité.
l'eau de chaux fitrée & PalMoyensde 124 Lorfque
de
fi la couleur
s'alier de kali ne féparent point
fecules,
Vesisdelef
brun très-foncé, on peur pedfiye.
du vefou cft d'un
à
fumer
fon intenfité eft dûe, en partie,
l'excès que de leffive qui tient le fuc-favonneux-
&
auffi une
extractif en diffolution
quelquefois
des fecondes focules: dans ce cas, P'aciportion
très-étendu d'eau & l'acide
de fulphutique (1)
fervir de pierre de touche;
oxalique peuvent la chaux qui eft en excès, Pun &
car f c'of
formant avec elle un fel
l'autre la préipitent, CIl
lune &
infoluble.Si c'el la Potaffe ou la Soude,
l'autre font égrlement neutralifées par l'acide
dont Padtion fe porte auffi fur la partic
oxalique
Alors la bafe de
colorante da fac-favenneux.
fuc fe
fous la forme de Aocons
CC
précipite
des fecondes f6blancs, aindi que la portion
cules que les alkalis ont pu diffoudre.
Pour remédier à l'excès de leflive, on
Aciles qui 125.
TCpouveur
employer l'acide fulphurique très-étendu
insdierdi'ex pent
cisdeleitve.
(1) Acids vitrioliques
Alors la bafe de
colorante da fac-favenneux.
fuc fe
fous la forme de Aocons
CC
précipite
des fecondes f6blancs, aindi que la portion
cules que les alkalis ont pu diffoudre.
Pour remédier à l'excès de leflive, on
Aciles qui 125.
TCpouveur
employer l'acide fulphurique très-étendu
insdierdi'ex pent
cisdeleitve.
(1) Acids vitrioliques --- Page 209 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 165
d'eau, ou nne diffolution foit de crême de tartre, foit de feld'ofeille, foit de felde citron, foit
enfin l'acide oxalique. Mais pour employer, fans
inconvénient & avec fuccès, ces divers acides;
il faur être très-éclairé fur leurs propriétés &c
avoir la main bien exercée à ménager leur action. Heureufement on peut fe difpenfer, dans
la marche que nous expofons, d'avoir jamais
befoin de leur ufage; pour peu qu'on veuille fe
procurer de bonue chaux & la pefer avec
foin.
126. Tandis qu'on cuit la charge dela Chau- Marchedu
travail par
dière à cuire & fuccoflivement tout le preduiz mapportiPsvaporation
du premier Bagin a décancer; on continue d'e- peident la
cuire.
cumer & d'évaporer dans les trois Chandières
précédentes, & on porte le vefou de la Chaudière à évaporer, à mefure qu'il y arrive, au
point d'évaporation déterminé; on le palle de
cette Chaudière dans le fecond Balfin 2 décanter (toujours à la faveur du petit Ballin (c) &
du canal (2) qui lai répondent); on continue
de remplir ce fecond Bafin, de cetre manière,
( en faifant palfer le vefou par les fileres) jufqu'au moment ou tout le produit du premier
fe trouve cuit: : ce qui doit arriver far les Gx
à huit heures du foit. A ce momeat, cil palfe
la charge de la Chaudiere d évaporer dans la
Chaudicre d Cuire qui, alors, fert à évaporer.
in (c) &
du canal (2) qui lai répondent); on continue
de remplir ce fecond Bafin, de cetre manière,
( en faifant palfer le vefou par les fileres) jufqu'au moment ou tout le produit du premier
fe trouve cuit: : ce qui doit arriver far les Gx
à huit heures du foit. A ce momeat, cil palfe
la charge de la Chaudiere d évaporer dans la
Chaudicre d Cuire qui, alors, fert à évaporer. --- Page 210 ---
- Ua
-
- - A
- m MeN
a
DES MOVENS D'EXTRAIRE
S'il eft à propos, Oil lave le premier Balfin 2
décanter & on le remplic de nouveau, comme
la première fois, avec le vefou évaporé dans
la Chaudière à cuire, à mefure qu'il arrive au
déterminé, Le fecond Bafin eft aban.
point
la nuit, & le matin
donné au repos pendant
du vefou
à cinq heures on procède à la cuite
de
ainfi qu'on a fait la veille pour
ce Balfin,
travail
on
celui du premier. Une fois ce
établi,
le continue en fuivant toujours Talternative.
On voit que dans ce travail chaque
Avantages 127.
être confonqac donne charge de fuc-exprimé paffe, fans
cette marche
elle
dans le tra- due, d'une chaudière dans Tautre, oà
reçoit
vail du fuc
de chaleur
convient
exprimé. fuccelfifivement le degré
qui
à la marche de la. défécation & de T'évaporarégler la leffive far
tion. On voit qu'on peut
charge & fuivre les fignes que préfenchaque écumes, les bulles du vefou en ébultent les
fur lefquels il ne faur pas
lition, 8cc. fignes
routefois avoir un trop fort degré de confiance.
dans la fltration & la déOn voit encore que
de T'excantation, opérées ainfi que nous venons
toutes les matières folides, qui ont
pofer ,
font enlevées avec le plus
écheppé à Pécumeire,
de maingrand fuccès & fans angmentation
car la marche de tout ce travaii ne
d'auvre :
nombre de Nedemande pas unl plus grand
dans
qu'on n'en employe ordinairement
gres
ois avoir un trop fort degré de confiance.
dans la fltration & la déOn voit encore que
de T'excantation, opérées ainfi que nous venons
toutes les matières folides, qui ont
pofer ,
font enlevées avec le plus
écheppé à Pécumeire,
de maingrand fuccès & fans angmentation
car la marche de tout ce travaii ne
d'auvre :
nombre de Nedemande pas unl plus grand
dans
qu'on n'en employe ordinairement
gres --- Page 211 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 17K
le fervice qu'exige la marche du travail dans les
chaudières de fer.
128. La défécation &c l'évaporation com- Avantages
mencent prefqu'en mémetemps & marchenttes des de chaudie- cuivre
enfemble jufqu'aux Befins à décanter, où la FRER: défécation
défécation s'achève entièrement. Les chaudières & à lévapode cuivre, dont le fond ne
ration.
porte qu'une légère
convexité, reçoivent la chaleur de manière
cet agent. s en pénétrant le fuc exprimé dans que
toute fon étendue, > faifit les fécules qui ne
vent échapper à fon aétion & les élève à la peu- furface. Cette aétion fur elles ne doit être ni
lente, ni
trop
trop rapide; on eft le maitre, avec les
chaudières de cuivre, de la graduer à volonté. Une fois qu'on connoit l'activité
moins
plus ou
grande de fon fourneau, on règle la
charge de la Première à defiquer, en augien.
tant ou diminuant la quantiré de fuc
de manière qu'elle fe trouve toujours dans exprimé;
cette
Première, quand il eft à propos de la tranfvafer,
au point qu'on défire, 5 par rapport à la défécation.
L'évaporation ne peut jamais nuire, 2 dansles
chaudières fuivantes, à In féparation & àlenlèvement des fécules
par lécumoire, en donnant au vefou une denfits qui les tiendroit
embarraffées. La charge de la Première, à défeguer pouvant être de deux à trois milliers
trouve toujours dans exprimé;
cette
Première, quand il eft à propos de la tranfvafer,
au point qu'on défire, 5 par rapport à la défécation.
L'évaporation ne peut jamais nuire, 2 dansles
chaudières fuivantes, à In féparation & àlenlèvement des fécules
par lécumoire, en donnant au vefou une denfits qui les tiendroit
embarraffées. La charge de la Première, à défeguer pouvant être de deux à trois milliers --- Page 212 ---
-A L O TTEU - C a - a
- a -
ma
DES MOYENS D'EXTRAIRE
palfant en entier d'unè
de fuc, & cette charge
chaudière dans Tautre, il arrive que la prole vefou eft toujours
portion d'eau que porte
la liberté
allez grande pour laiffer aux fécules
de fe féparer & de fe préfenter à P'écumoire;
que foit Tévaporation , on
car quelque rapide
à volonté en régler la marche jufqu'an
peut
la filratrion & la décandegré déterminé pour
tation (1). On s'affure de ce degré, au moyen
Aréomètre, formé d'une boule de cuivre
d'un
de deux à trois pouces de diamètre (PL. 5,
un tube de fix à huit pouces. On
fig. S.), portant
avec du plomb en grains;
charge cet Aréomètre
de PAde manière qu'au degré vinge-quarre
dans
réomètre de Baumé la boule, plongée
la
Anide
fe trouve couverte jufqu'à
le
avoir fait connoinaiffance du tube. Après
le
Commandeur, on
tre ce point au Nègre
le lui
charge de veiller à ce travail; on peut
la nuit, d'autant plus voabandonner pendant
(1) La Table que nous avons donnte dms fur la prenuisre de conpartic de cct Ouvrage, page. 94, eit un moyen clle doic
noitre à chaque inftant la rapidicé de révaperation; fs divers degris avec
fervir à en rigler la marche cn fuivant
PAréomètre.
cette Tabie ici, mais nous avons CIE
Nous aurions pu accollée placer à celle qui amonce les divers degris
devoir la lailfer
afin qu'on puitfe voir plus facilement
de richeffe du vefou,
leurs rapports réciproques.
uvrage, page. 94, eit un moyen clle doic
noitre à chaque inftant la rapidicé de révaperation; fs divers degris avec
fervir à en rigler la marche cn fuivant
PAréomètre.
cette Tabie ici, mais nous avons CIE
Nous aurions pu accollée placer à celle qui amonce les divers degris
devoir la lailfer
afin qu'on puitfe voir plus facilement
de richeffe du vefou,
leurs rapports réciproques. --- Page 213 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 175
lontiers que la Cuite ayant lieu pendant le jour,
les Nègres n'ont plus qu'à pefer la chaux pour
chaque charge de fuc-exprimé qui arrive dans
la Chaudière à défequer, puis à écumer, & à
verfer le vefou fur les filtres.
La marche dcs chaudières de fer, bien loin
d'avoir aucun de ces avantages de 2 a tous les
vices oppofés. Ces vices font d'autant plus
marqués que le fuc-exprimé eft plus riche & de
meilleure qualité, &c que l'aétion de la chalcur
a plus de force & d'aétivité fur la Batrerie; parce qu'alors il faut la charger fans ceffe, quelque
foitl'étar du vefou: & dans ce cas, toutes les
opérations fe confondent dans cette chaudière
ohla Défécation, l'Evaporation & la Cuite font
fans ceffe le cercle,jufqu'au moment où elle eft
fufifamment chargée, pour qu'on puiffe pourfuivre la Caite.
129. Il eft aifé de voir, d'après l'expofition Ohfervacion
fur la cuire
que nous venons de donner de Ia marche de opérle dans
un fourneau
la Défécation, de FEvaporation & de la Caite foparé
dans le Laboratoire à quatre chaudières de
cuivre ( PI. 4, fg. B), çue, lorfqu'on
fera ces trois opérations dans les Laboratoires des Sucreries que nous propofons, (PL
5 & 6.), la marche du travail fera abfoJument la même quoique divifée. La Caite
opérée dans la feule chaudière que préfente le --- Page 214 ---
1 a C a - 3 W
- A A
" - ATAMAW
-
DES MOYENS D'EXTRAIRE
Laboratoire d'un fourneau fimple (PI. Sfig.
4.), ou dans les deux que préfente le Laboratoire d'un fourneau fur-compofé ( Pl. 6,Fg.
1.), ne fera pas plus diftinéte que dans la
Chaudière à cuire du Laboratoire à quatre chaudières. Elle demandera feulement quelques Nègres de plus; mais dans les grandes Habitations, cette confidération ne doit pas être un
motif d'exclufion; au contraire, comme il eft
effentiel que le travail fe falle très-rapidement,
on doit alors en divifer la marche.
*
ou dans les deux que préfente le Laboratoire d'un fourneau fur-compofé ( Pl. 6,Fg.
1.), ne fera pas plus diftinéte que dans la
Chaudière à cuire du Laboratoire à quatre chaudières. Elle demandera feulement quelques Nègres de plus; mais dans les grandes Habitations, cette confidération ne doit pas être un
motif d'exclufion; au contraire, comme il eft
effentiel que le travail fe falle très-rapidement,
on doit alors en divifer la marche.
* --- Page 215 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 175
ARTICLE I de I.
De la Cuite & de P'ufage du Thermomètre pour
s'affiurer de fes divers degrés.
I30. ON ne fe refufera point à croire main- Avantages
tenant que le vefou peut être & eft en effet évidens notrei nouvel de
parfaitement dépouillé de toutes matières folides le marche.
par les moyens que nous avons établis; qu'il
peut être cuit en fomme, foit fur le même
fourneau, foit fur un fourneau féparé; qu'on
peur avant que de-le cuire s'affurer de fon érat
& remédier facilement au défaut ou à l'excès
de leflives qu'on peur faire far ce vefou dans
la Chaudière à cuire, telle opération qu'on veut
pour la plus grande perfection du travail ; enfin
qu'on a l'avantage de ne cuire que pendant le
jour, avantage infiniment grand, en ce que le
Raflineur blanc peut donner fes foins à toutes
les Cuites, & qu'il eft difpenfé de veiller pendant la nuit; attendu que le travail étant rédait
à la défécation & à l'évaporation,
être
peut
abandonné au Nègre Commandeur,.
131. On ne peat par aucun moyen augmen- des Application prinsipes
ter la proportion da fel cffentiel que porte le de la cuite Chymie & à à
vefou, en convertiffant le corps muqueux doux la cryltallifation du feiet
fenticl.
Cuites, & qu'il eft difpenfé de veiller pendant la nuit; attendu que le travail étant rédait
à la défécation & à l'évaporation,
être
peut
abandonné au Nègre Commandeur,.
131. On ne peat par aucun moyen augmen- des Application prinsipes
ter la proportion da fel cffentiel que porte le de la cuite Chymie & à à
vefou, en convertiffant le corps muqueux doux la cryltallifation du feiet
fenticl. --- Page 216 ---
MTAN O M D
N 3 TAA
a TUA
DES MOYENS D'EXTRAIRE
on ne peut pas non plus
& fucré en Sucre;
doux & fucté, ni le
enlever les fucs-muqueux
le fel effentiel ;
fufavonscs-evradif avant
divers fucs font plus folubles que
puifque ces
doit donc fe propofer eft
lni. Le but qu'on
la plus
d'extraire, dans le meilleur état pollible,
il
quantité de ce fel: pour cet effet,
graiide
à la Cuite du vefou-firop
convient d'appliquer
condu fel ellentiel qu'il
&c à la cryftallifation
lefquels
les
de Chymie, d'après
tient, 2
principes
par réfroiobtient les fels qui cryftallifent
On
des matières N folubles,qui
diffement. La préfence
avec le fel effe trouvent dans le vefou-fitep
fait une loi de ces principes S & une
fentiel,
rigoureufe quc, dans le vefouloi d'autant plus
les
de mauvaife & de médiocre qualité,
firop
doux & fucré ne peuvent pas
facs-muçueux
le mème degré de chafupporter àbeaucoup
près effenticl. ils entrent en
leur (65,661 que le fel
le
lorfqu'on veut leur appliquer
décompofition,
de
même degré de Cuite qu'aux vefou-fireps
bonne qualité.
comme nous Tavons déjà
ipneeance 1g2. La Cuite eft,
fur l'eau de diffoludentiafinetts furlaCuise, dit, Tadion de la chaleur
tion du Sucre.
& dEurore
Jamais les Raffincurs d'Amérique de la cha
n'ont eu une jute idée de Taétion
leur dgns la Cuite. Ils rapportent bien quelques
uns
compofition,
de
même degré de Cuite qu'aux vefou-fireps
bonne qualité.
comme nous Tavons déjà
ipneeance 1g2. La Cuite eft,
fur l'eau de diffoludentiafinetts furlaCuise, dit, Tadion de la chaleur
tion du Sucre.
& dEurore
Jamais les Raffincurs d'Amérique de la cha
n'ont eu une jute idée de Taétion
leur dgns la Cuite. Ils rapportent bien quelques
uns --- Page 217 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE;
uns de fes effets, auxquels ils
ont donné diverfes
dénominations; mais ils n'entendent nullement cette action, qu'ils ont fouvent
défignée
par le mot Cuifor (1), terme confacré à la
principale opération de l'Art du Confifeur.
Comme les Raffineurs n'ont
jamais bien
conçu l'action de la chaleur dans la
jamais ils n'ont
la définir.
Cuite 5
pu
Auffi ne trouvet-on la définition du terme Cuire dans
aucun
Didionnaire, excepté dans
il eft
FIncyclopédie; ou
dit; > Cuire en terme de
Rafincur, c'eft
13 l'action de pétrifier le Sucre
en
en le
3>
clairée,
faifant bouillir un temps fuffifart
c, Je laiffe
aul Lecteur à juger du mérite de
cete définition.
133. Les connoilfances du Raffineur fe borExprefions
qui fervent
(1) La Cuiffon du Sucre eft la principale
aux Reffi
du Confifeur. Cerre
opération de PArt neursparrap.
la Cute,
opération n'a pas été mieux entendue
portàlaCuiavec laquelle le Confifeur la confond
que te.
quoiqu'elle foit parfartement dictinéte. La Cuiffon eft très-fouv.nt,
la chaleur fur l'eau de
l'action de
renferinéc
cryftallifation du Sucre. Cette action eft
entre le terme 110 & 120 du Thermomètre de
mur : infirument qui doit fervir, dans
Réaucelui du Raffineur, à connoitre & à fixer cet Art, comme dans
Ceiffon, entre ces deux
les divers degrés da
toutes fes
termes, dont le Confifeur a befom pour
préparations. Degrés qu'il
tions prifes des divers
défigne par des dénominacuiller ou fur
accidens que préfente le Sucre fur la
l'écumoire, en fe rétroidiffant 3 favoir la Cuiffon
Perit, au Lift, à la Plume, 8c., &c., degrés
au
rapportent à aucun terme fixe, & que l'Artifte lc qui le fe
fommé a toujours de la peine à failir,
- plus conM
parations. Degrés qu'il
tions prifes des divers
défigne par des dénominacuiller ou fur
accidens que préfente le Sucre fur la
l'écumoire, en fe rétroidiffant 3 favoir la Cuiffon
Perit, au Lift, à la Plume, 8c., &c., degrés
au
rapportent à aucun terme fixe, & que l'Artifte lc qui le fe
fommé a toujours de la peine à failir,
- plus conM --- Page 218 ---
TTM VAA TONAA CSTCAL -
DES MOYENL D'LXTRAIRE
dénominations dont il fe fert
nent à quelques
où fe trouve le
défigner l'état particulier
pour
cuire. A Pinftant où ce vefou
vefou qu'il va
une écuarrive à Pétat de firop, il y plonge
il la relève, & après Tavoir expofée
moire,
fois fur elleà l'air, en la tournant plufieurs
il la fixe de champ'; fi le firop qui
mème,
des
découle en formant
goursy eft attaché
lentement > il détombent
tes féparées qui
faire la
figne cet état par cette expreflion,
Goutre.
f le firop qui
Lorfque la Cuite commence,
dans la
T'écumoire qu'on a plongée
recouvre
au-deffius du Auide en la
chaudière & élevée
fisée de champ, tombe en faifant nappe,
tenant
faire la
on déligne cet état par cette exprellion,
toile.
degrés de la Cuite:
Ce font-là les premiers
avancés, font pris des fignes que
les autres, plus foumife à la preuve du doige.
donne la matière
avec le bout aut
Cette preuve confifte à prendre
fur une cuiller ou fur un nouveron qu'on
pouce,
dans ie vefou - firop en Cuivient de plonger
vefou fur laquelle
te, une petite portion de CC
afin
abaiffe Tindex ou le doigt du milieu;
on
allez de confiftance pour s'atde voirs'il a acquis
à
& le fuivre, en formant un Gl,
tacher au doige
nomme
mefuré que cC doigt s'éloigne; cC qu'on
ifte à prendre
fur une cuiller ou fur un nouveron qu'on
pouce,
dans ie vefou - firop en Cuivient de plonger
vefou fur laquelle
te, une petite portion de CC
afin
abaiffe Tindex ou le doigt du milieu;
on
allez de confiftance pour s'atde voirs'il a acquis
à
& le fuivre, en formant un Gl,
tacher au doige
nomme
mefuré que cC doigt s'éloigne; cC qu'on --- Page 219 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE:
faire lefil. Lorfque le vefou a acquis plus de
confiftance encore & que le fil, ainfi formé, fe
foutient bien , on porte le pouce vers la
du petir doigt, en tenant l'index fixé
bafe
file fil fe
en Tair;
rompt, on dit alors que leflfe
Les autres termes font pris. de la manière rompt.
le fil fe forme, de celle dont il fe
dont
des divers accidens
rompt, &
qu'il préfente, en fe
rant après s'être rompu.
retiC'eft dans le fouvenir de ces
& de
dénominations
quelques autres de cette efpèce non moins
importantes 5 que confifte principalement la
fcience du Raffineur.
Ily a encore des expreflions de
que Cuite forte, Cuite foible, bonne rapport, telles
Cuite. Mais
comme, dans l'opération de la Cuite, il
aucun point fixe ni
n'y a
déterminé; ces
ne fe rapportent jamais qu'au projet expreflions du
neur far la matière qu'il cuit
Raffià la qualité de la matière,
2 relativement
quel il la
> au vafe dans lemet à cryltallifer, & à l'étar dans
lequel il veut l'obtenir : projet dont il
ou
plus
moins
s'cloigne
par ignorance ou par accident.
134. Ilfaur, à une température de vingr-deux
degrés, trois parties d'eau & cinq de
Thermomè- Ulage du
fatisfaire l'action
Sucre, pour trc pour déréciproque de ces deux
terminer &
dont le produit fluide
êtres, fuivre Facau point de faturarion eft tion cie la
nommé Sirop,
la chaleur Cuite, dans
M 2
ou
plus
moins
s'cloigne
par ignorance ou par accident.
134. Ilfaur, à une température de vingr-deux
degrés, trois parties d'eau & cinq de
Thermomè- Ulage du
fatisfaire l'action
Sucre, pour trc pour déréciproque de ces deux
terminer &
dont le produit fluide
êtres, fuivre Facau point de faturarion eft tion cie la
nommé Sirop,
la chaleur Cuite, dans
M 2 --- Page 220 ---
3 - 9 - -
DES MOYENS D'EXTRAIRE
1So
Paction de Cuire;
de la Cuite Oul
l'aL'opération
étant, comme nous
en teroe de Rafineur,
de la chaleur fur
déjà définie, Fadtion
vons
diffolution du Sucre 5 cette action apl'eau de
commendoit néceflairement
pliquée au firop,
toudu Thermomètre
cer & finir à un degré
nous a
fixe. La vérité de cette propolition
jours
mulciplices
été démontréc par des expéiences dilfolutions de
faites fur des
que nois avons réels de Sucre raffiné parfaiquintaux fiétifs &
nous avons appliqué
auxquelles
tement pur, chaleur à divers degrés.
T'acion de la
terme
avoir reconnu que le premier
Après
à qmatre-vingt-trois
de cette aéion commençoir
(1) 8c
de Réaumur
degrés du Thermomètre
dix; nous avons
le dernier finiffoit à cent
ces
que
Yexpérience), entre
établi toujours d'après
à chaque
l'échelle fuivante ; qui,
deux termes 2
la fomme du Sucre pillé
degré, annonce, par
la propertion
à T'état folide après la Cuite, dans cette opéla chaleur a enlevée
d'eau que
de Réaumur dont Dots
(:) C'eft toujours du Thermomètre chez M. Moffi, Bréveté du Roi &
nous fervons. On trouvera confirudion des Inftruments de Phylide l'Académis, , pour la
des Thermomêtres tres-t0vs
que 7 Quai Petletier No. (16), notre échelic, tant. pour régler la
&t rescommodes; faits d'après & du Raflineur, que pour régler la
Cuite dans PArt du Sucrier T'Art du Confifeur.
cuilfon du Sucre dans
ètre chez M. Moffi, Bréveté du Roi &
nous fervons. On trouvera confirudion des Inftruments de Phylide l'Académis, , pour la
des Thermomêtres tres-t0vs
que 7 Quai Petletier No. (16), notre échelic, tant. pour régler la
&t rescommodes; faits d'après & du Raflineur, que pour régler la
Cuite dans PArt du Sucrier T'Art du Confifeur.
cuilfon du Sucre dans --- Page 221 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. ISI
ration. Or fi on porte fur un quintal de Sucre,
diflous & mis dans P'état de firop par foixante
livres d'eau, l'action de la chaleur à un degré
déterminé, 2 quatre-vinge-luit * par exemple )
on obrient une fomme de Sucre déterminée;
qui, une fois connue, cinquante-deux livres)
fait nécelfairement connoitre la proportion d'eau
I trente-une livres quatre onces deux gros) qui a
été enlevée, & celle (vinge-huit livres douze
onces fix gros ) qui refle encore combinée,
dans l'état de firop, à l'autre portion de Sucre
(quarante - huit livres.) (1) Voyez la Table
fivante.
135. Quoiqu'il fe trouve dans l'eau de dif- DuT Thermo
folution que porte le vefou - firop & tous les mètre; cuite ve-
-
SE
firops vefou, 2 des matières folubles qui ne fou-firop.
font pas fel effentiel; ; l'eau néanmoins eft unie
à ce fel dans une proportion relative & déterminée. Le Thermomètre doit donc être employé pour en fixer la Cuite, dont le produit
folide eft toujours relatif à la proportion d'eau
que la chaleur a enlevée à chaque degré de cet
inftrument. A la vérité, la fomme de ce produit fera d'autant plus éloignée de la quantité
(F) Nous n'avons point cu égard, dans notre échelle, aux
fractions; dans les parce que nous avons cru qu'on devoit les négliger
travaux en grand, lorfqu'on n'a pas befcin de calculs
abfolument rigoureux.
M 3 --- Page 222 ---
- - a -
U e
- a - A 5 -
DES MOYENS D'EXTRAIRE
annoncée, d'après notre échelle, que ces matièabondance.
res feront en plus grande
:
L'ufage du Thermomètre dans la Cuite >
loin d'exclure la preuve du doigt qui eft
bien
à Péclairer &
très-commode, fert aul contraire
rendre la
moins équivoque. Il
à en
pratique
fixes & de
donne aux Raffineurs des termes
fur lefquels il peut fe régler avec
rapport
fareté. --- Page 223 ---
- LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE.
Echelle des divers degrés de l'ac- Table de la
tion de la chaleurJur l'cau de
la quantité d'cau
diffolution du Sucre
que chalur n'a point
de
all point
enlevée, 8 gui, aux difaturation.
vers degrés defon action,
refe unie au Sucre dans
l'état de Sirop.
Eau qui refte fSucre reftel
Eau de difàchaquede- à A dcfolution en- Produit en Su- gredeCuitel gré de CuiTher. levée à cha- 'cre cryftallifé combinéeau te combiné à
degré à chaque degré Sucre, dansi P'eau, dans
deo Cuite. dc Cuite.
l'état de fi- Pétat de fiIRN après rop,après la
cryltalli- cryftallifafation.
tion.
a
de Sirop.
Eau qui refte fSucre reftel
Eau de difàchaquede- à A dcfolution en- Produit en Su- gredeCuitel gré de CuiTher. levée à cha- 'cre cryftallifé combinéeau te combiné à
degré à chaque degré Sucre, dansi P'eau, dans
deo Cuite. dc Cuite.
l'état de fi- Pétat de fiIRN après rop,après la
cryltalli- cryftallifafation.
tion.
a 84 4
X
1OO
8 II 8
2 3
86 18
* 0 7 I 80 12 * 88 24 9 S
- 3 5 O 3 52
31 4 2 :
S 8 12 D
89 33 II S 56
26 6
90 36 3
3 44
à 23
91 38 I
63 4
d
I2
91 2 39 4
66 3 93 41 7 5 69 2
0 8
33 13
3 30 14
43 4
I 16 12
95 41 C
-
27 15
) 96 46 7 2
5 13 8 6 22 9
97 48 7 41 86 5
I I 8 4 19 II
98 5o I S 83 3 - 9 14 3 15
99 Si
8;
a 9
IOO 52 5 7 87
7 IO I I2 2
IOI 53 I 3 88 a
5 II IO
1O2 54 I
90 T
5 5
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103 55 3 S
I
91 4
4 12 3 8
104 5S 12
92 7 1O5 56 7 - 24 2
3 8
1C6 57 ) 4 95 5
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107 58 6
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IOÇ 52 /
8 3
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11ol60
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M 4 --- Page 224 ---
TA - TTO -
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CU TO
1S4
DES MOYENS D'EXTRAIRE
a 02
: AsX - a R SIA R2 2 - AA
II 1e I.
A RTICLE
Des nouveaux moyens de faire Cryfallifer,
éc. le Sel cfenciel de la CannePurger,
Sucrée.
LE Sucre eft un fel effentiel qui cryfPrincipes 136.
déde Chymie tallife par réfroidiliement. L'expérience
qu'on doit
des fels de cette
à montre que les molécules
RCTRA eryitallifala forme cryftio: du fel forte demandent, pour prendre
effenteldela
dans le Auide
Canne - fu- talline, à fe mouvoir librement
créç.
les tient ifolées; afin qu'elles puiffent exerqui
fur les autres leur affinité réciprocer les unes
dans leur réuque. Ces molécules prennent, belle, plus rénion, une forme d'antant plus
la proportion d'eau qu'on leur
gulière, que
lailfe eft plus confidérable.
Lorfqu'on laiffe aul Sucre qu'on fait cryftald'eau, il forme de
lifer une grande proportion
cryftaux bien réguliers (1); dans cet
très-gros
() Qu'on fe gar.le de confendre la cryftallication en Habitant grande
eatt Sc la cryftallifation cn graade mafle; comnc un de vinge
de Saint Domingue qu1 a Cait faire des cryllallifoirs La cryfrieds de long fur dix de large & deux de profondleur. dans les vafes
tallifacion du Sucre à grande call peur s'opérer
les Elus petits tels qu'un gobelet.
aux bien réguliers (1); dans cet
très-gros
() Qu'on fe gar.le de confendre la cryftallication en Habitant grande
eatt Sc la cryftallifation cn graade mafle; comnc un de vinge
de Saint Domingue qu1 a Cait faire des cryllallifoirs La cryfrieds de long fur dix de large & deux de profondleur. dans les vafes
tallifacion du Sucre à grande call peur s'opérer
les Elus petits tels qu'un gobelet. --- Page 225 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 18;
état, il porte le nom de Sucre candi. On fait
que les fels font d'autant plus purs & plus parfaits que la forme. - fous laquelle ils fe préfentent, approche davantage de celle que la nature
leur a aflignée. Le Sucre candi eft donc dans
l'écat le plus parfair qu'on puiffe défirer, & les
moyens qu'il convient d'employer, > pour extraire
le fel effentiel de la Canne, doivent donc être
fondés fur ce principe de Chymie, eryfalifr
à grande eau, étabii pour tous les fels qui cryf.
tallifent par réfroidiffement.
C'eft d'après ce principe qu'il convient d'e
tablir la Cuite du vefou firop & des firops, &
qu'on doit donner aux vafes, dans lefquels on
met le fel elfenziel à cryftallifer, la forme & la
contenance les plus favorables pour la cryftallifation & la purgation de ce fel.
Nous parlerons d'abord des Purgeries & de
leur difpolition interne, pour T'extraétion du fel
effentiel par la nouvelle méthode.
137. Les Purgeries, dans la nouvelle mé. Des Parge
thode (PL. 4, E, F, PI. 5, F,G.), fervent ries difpolition tdeleur
à mettre le fel effentiel à cryftallifer & à pur- inzernc.
ger. Ces bâtiments doivent être très-larges &
conftruits fur la même ligne'; afin qu'on ait
moins d'étendue à parcourir pour le fervice &c
qu'on puiffe voir, d'un coup d'ail, tour ce qui
sy palfe. Ils préfentent intéricurement pluficurs
thode (PL. 4, E, F, PI. 5, F,G.), fervent ries difpolition tdeleur
à mettre le fel effentiel à cryftallifer & à pur- inzernc.
ger. Ces bâtiments doivent être très-larges &
conftruits fur la même ligne'; afin qu'on ait
moins d'étendue à parcourir pour le fervice &c
qu'on puiffe voir, d'un coup d'ail, tour ce qui
sy palfe. Ils préfentent intéricurement pluficurs --- Page 226 ---
TE CTa W C J A
DES MOYENS D'EXTRAIRE
fles de cryftallifoirs (Pl 4,1 H,I.) érablis fur
des gouttières (K), qui fe terminent.à des
baflins (L, M, N, O.).
Les cryftallifoirs doivent avoir tous la même
forme & la même contenance. Une cerraine
quantité (H) eft détermince à recevoir le vefou-firop cuit dans la Sucrerie; & les gouttières,
fur lefquelles ils font établis, ont leur ballin
particulier (L). D'autres cryftallifoirs (1) font
deftinés à recevoir les premiers firops de vefou
clits; leurs gouttières doivent avoir un baffin
particulier. Les feconds 2 troifièmes & quatrièmes firops cuits, doivent aufli avoir leurs
cryftallifoirs (I) &c leurs baflins ; afin' que les
produits en Sucre &c les firops ne fe confondent
point, & qu'on puiffe les traiter féparément.
Cantenan- 1;8. L'expérience nous a démontré que la
SE & cryftalli- forme fomme :
de matière qui réuniffoit le plus grand
foirs.
nombre de circouftances favorables pour la cryftallifation du fel effentiel de la Canne-fucrée,
étoit de quinze à feize pieds cubes; & celt
d'après cette connoiffance que nous nous fommes arrètés à la forme & aux dimenfions de
la caille que nous allons décrire. Nous avens
encore imaginé de donner au fond de cette
caifle diverfes difpofitions > dont l'effet eft
moins fur &: moins commode que celle à laquelle nous nous fommes fixés, (PI. 4,88.7.)
Canne-fucrée,
étoit de quinze à feize pieds cubes; & celt
d'après cette connoiffance que nous nous fommes arrètés à la forme & aux dimenfions de
la caille que nous allons décrire. Nous avens
encore imaginé de donner au fond de cette
caifle diverfes difpofitions > dont l'effet eft
moins fur &: moins commode que celle à laquelle nous nous fommes fixés, (PI. 4,88.7.) --- Page 227 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 187
Le Cryfallifoir-cailfe (H, I,) doit avoir
cinq pieds de long fur trois de large, Son fonds
eft formé de deux plans inclinds(d, d,fig. 6.) de
fix pouces, , dont la réunion forme une gouttière
qui répond à la ligne centrale de Ja plus grande
dimenfion. Il y a, dans cette gouttière, douze
à quinze trous d'un pouce de diamètre pour
l'écoulement des firops. Sa profondeur eft de
neuf pouces fur les côtés, elle va en augmentant vers la gourtière, où elle a quinze pouces.
Le cryftallifoir - caiffe doit être fait avec des'
planches d'un pouce d'épaiffeur & doublé en
plomb laminé très-mince.
Il convient, avant que de doubler la cailfe,
de percer les trous de la gourtière, & de brûJer
avec une boule
: intérieurement,
de fer rougie, le pourtour de ces trous; de manière qu'il
préfente une légère concavicé au milieu de laquelle fe trouve le trou. Par cette difpolition,
El ne refte pas une goutte de firop dans la caiffe
après la purgation. Les trous font garnis avec
des viroles de cuivre étamées ou de fer blanc
foudées, intérieurement, au doublage & replices,
exrérieurement, & clouées fur le fond. Les caiffes, ainfi faites & doublées avec foin, préfentent tous les avantages poffibles quant à la
cryftallifation & purgation du Sucre, & quant
à la folidité,
El ne refte pas une goutte de firop dans la caiffe
après la purgation. Les trous font garnis avec
des viroles de cuivre étamées ou de fer blanc
foudées, intérieurement, au doublage & replices,
exrérieurement, & clouées fur le fond. Les caiffes, ainfi faites & doublées avec foin, préfentent tous les avantages poffibles quant à la
cryftallifation & purgation du Sucre, & quant
à la folidité, --- Page 228 ---
-
a - -
ON - -
TA A C ale
DES MOYENS D'EXTRAIRE
Ces cailfes font établies fur des traverDifpolition 139.
des caiffes à
fixes
foutenues par des potelets ( b,
cryftallifer. fes
(a,a),
du fol.
b,fg. 6.) à huit à dix pouces au-deffus
Les traverfes font faites avec des planches de
fciées en long, fur une
deux pouces d'épaiffeur,
&
largeur de trois pouces. Elles font clouées
fixées fur les potelets, à dix pouces de la ligue
centrale de la gouttière, dont elles fuivent parallèlement la diredtion.
Les gouttières (K,fg. 6.) fur lefquelles font
établies les caifTes, font faites en maçonnerie &
inclinées vers le bafin qui reçoit les firops. Elles
doivent être enduites en ciment & doublées en
laminé. Quoiqu'elles foient inclinées 2
plomb
horinéanmoins les traverfes font fur un plan
fontal, &c gardent le niveau entr'elles.
Les baflins à firop (L, M, N,),
Bafins à 140.
des
font creufés
recevoirlefi. fitués à Pextrémité
gouttières,
rop-vefou.
de profondenr, le plus près
à plufieurs pieds
de la Raffinerie ; ils font faits en mapoflible
çonnerie & doublés en plomb. Leur contenance
être
de la mcitié de la fomme
doit
à-peu-près
les
Ils
des caiffes, dont ils reçoivent
firops.
à feur de
font recouverts en madriers (1)
&
une ouverture (R', en
terre,
préfentent
deux a
(:) On donne ce nom aux planches qui portent
trois pouces d'épaitleur.
; ils font faits en mapoflible
çonnerie & doublés en plomb. Leur contenance
être
de la mcitié de la fomme
doit
à-peu-près
les
Ils
des caiffes, dont ils reçoivent
firops.
à feur de
font recouverts en madriers (1)
&
une ouverture (R', en
terre,
préfentent
deux a
(:) On donne ce nom aux planches qui portent
trois pouces d'épaitleur. --- Page 229 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 189
forme de trappe, dans le bout qui répond à la
Raffinerie.
141. On fixe la Cuite du vefou- firop au Degrs de
cuitequiconThermomètre; le degré qui convient pour ob- vient au vefou - firop
tenir, dans la plus grande proportion, le fel pour cn CXforme
traire le fel
effentiel cryftallifé en cailfes fous la
la effenticl.
plus belle & la plus régulière, eft quatre-vingtfepr & demi à quatre-vinge-huit. Lorfqu'on s'eft
affuré du degré de Cuite convenable, on éteint
le feu, en introduifant dans le foyer deux ou
trois paquets de tètes de Cannes, ou de bagaffes vertes; ; alors, fans courir aucun rifque
de brûler le Sucre, on vuide le produit de
l: Chaudiire à cuire, dans le rafraichiffoir (n)
qui fait partie. du Laboratoire. De-li on le
porte tout de fuite dans une caiffe dont on a
eu foin de boucher les trous avec des chevilles de bois (ig. 6,c,c.) garnies de paille
de mais. Il faut encore avoir l'attention de
mettre autour de ces chevilles, dont la pointe
s'élève intérieurement de trois oll quatre pouces, une petite quantité de Sucre fur lequel
on verfe un peu de vefou-firop cuit qui, en fe
réfroidiffant promptement, fait corps avec le
Sucre, s'attache à la cheville &c la retient.
142, Les cailfes font fonétion de fecond CrySallirafraichiffoir; on les remplit de deux Cuites fation cff:aciclbzur. du ie!
qu'on mèle bien enfemble au moment où On
intérieurement de trois oll quatre pouces, une petite quantité de Sucre fur lequel
on verfe un peu de vefou-firop cuit qui, en fe
réfroidiffant promptement, fait corps avec le
Sucre, s'attache à la cheville &c la retient.
142, Les cailfes font fonétion de fecond CrySallirafraichiffoir; on les remplit de deux Cuites fation cff:aciclbzur. du ie!
qu'on mèle bien enfemble au moment où On --- Page 230 ---
MTA NA M L - V -
DES MOYENS D'EXTRAIRE
les réunit. La matière ainfi dépofée dans la
caiffe fe réfroidit lentement, & après vingtquatre heures, la cryftallifation s'étant établie
à la furface, aux parois & aul fond du cryftallifoir, il convient d'imprimer alors à toute
la maffe, Auide encore, un léger mouvement
avec un mouveron, en ayant foin d'élever vers
la furface le fel effentiel qui s'eft déjà dépofé
aul fond. Après cette opération, la cryftallifation fe fait fimulranément dans toute l'étendue
de la caiffe; & fi le mouvement a été imprimé à temps & bien entendu, la cryftallifation, en cing ou fix heures, devient générale &
egale, depuis le fond jufqu'à la furface (1).
Purgation 143. Après quatre à cinq jours la maffe todu fel effen- tale étant réfroidie, il convierit de tirer les
tiel,
chevilles; alors la purgation fe fait tres-promp.
tement, & après fix à huit jours, clle eft abfolument complette.
Le fel effentiel bien purgé de fon firop eft
légèrement humide; mais, pour peu qu'il foit
cxpofé à lair, il devient parfaitement fec. Dans
cet état, il doit être mis en barrique (Q),i
() 11 y a une infinicé de confidérations i avoir dans le
nouvement qu'oa applique j la matiére en cryftallifation, par
rapport à fa qualicé, alt deprs de Cuite qu'elle a rcçu 1 au
degré de réfroidiffenven: o c'le fe trouve, &: à l'état dans lequel
o1 veut obrenir lc fel cilenticl. --- Page 231 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE.
IOI
il convient de le piler fortement
Sucres terrés.
comme les
En cuifant le vefou-firop à
quatre-vingr-huit
degrés, on obtient moitié & même plus de la
quantité de fel ellentiel qu'il porte; & fi la défécation & la cryftallifation ont été bien
entendues, ce fel eft alors dans le plus haut
de pureté & de beauté qu'il puiffe
degré
brut.
acquérir en
I44. Si on veut terrer le fel effentiel
Attentions
venant du vefou-firop purifié de la manière pro- qu'exige l'exnous venons
que fel tradtion effenciel du
d'expofer; on fe fert alors
le mettre à cryftallifer,
pour qu'on veat
ou des caiffes que nous terrer.
venons de décrire, ou de formes.
Lorfqu'on fe fert de cailles, il faut augmenter
le degré de cuite & le porter de
huit à
quatre-vingtquatre-vingt-dix ( il faut aufli veiller
avec plus de foin à toutes les citconflances
doivent
qui
accompagner le mouvement qu'on eft
obligé d'appliquer à la matière en cryftallifation.
Lorfqu'on employe des formes, il convient
de difpofer une partie de la Purgerie (PL,
F,G) en cabanes (H, H) pour les
5,
recevoir :
comme nous avons vu dans la difpofition interne des Purgeries de l'ancienne méthode
(Ph 3).
On érablit dans la Sucrerie ou dans la Pur
les citconflances
doivent
qui
accompagner le mouvement qu'on eft
obligé d'appliquer à la matière en cryftallifation.
Lorfqu'on employe des formes, il convient
de difpofer une partie de la Purgerie (PL,
F,G) en cabanes (H, H) pour les
5,
recevoir :
comme nous avons vu dans la difpofition interne des Purgeries de l'ancienne méthode
(Ph 3).
On érablit dans la Sucrerie ou dans la Pur --- Page 232 ---
- M - -
-
DES
D'EXTRAIRE
-
MOYENS
fecond rafraichiffoir de cuivre (PL.S 5,K.)
gerie un
de deux à trois milliers, dans
de la contenance
Cuites, dont
lequel on réunit trois ou quatre
les formes rangées (1) pour cet
on remplit
foit dans la Pureffet, foit dans la Sucrerie,
pour le refte du travail
gerie, & on procède
décride la manière que nous avons déjà
Les formes ne peuvent être emte (87 )
eft de bonne
ployées que lorfqué le vefou-firop
attendu le degré de cuite que leur con
qualité, & leur forme conique exigent. Degré
tenance
à quatrequ'il faut porter de quatre-vingtodix
vingedouze, & que les vefou-firops de médiocre & de mauvaife qualité ne peuvent fupDans ce cas, il faut néceffairement avoir
porter.
ainfi que pour la cryftallirecours aux caiffes,
extraire de
fation du fel effentiel qu'on veut
toutes fortes de firops-vefou.
dans la purgation des pains de
On procède
qu'il convient
fel effentiel, dans la préparation
de leur donner pour le terrage, s & dans cette
dernière opération de la manière que nous avons
décrite (88).
On doit obferver ici que le vefou ayant
dépouillé de toute maété complettement
dans la cryf
tière folide, il ne 'fe préfente
la purgation, le terrage & l'étutallifation,
vage
vefou.
dans la purgation des pains de
On procède
qu'il convient
fel effentiel, dans la préparation
de leur donner pour le terrage, s & dans cette
dernière opération de la manière que nous avons
décrite (88).
On doit obferver ici que le vefou ayant
dépouillé de toute maété complettement
dans la cryf
tière folide, il ne 'fe préfente
la purgation, le terrage & l'étutallifation,
vage --- Page 233 ---
LE SÉL ESSENTIEL DE LA CANNE,
vage (1) du fel elfentiel
aucunes
&
difficultés,
qu'après avoir fubi ces diverfes
ce fel eft
opérations s.
parfiitement pur & aufli blanc
puiffe le défirer.
qu'on
Les firops qui fe féparent du fel effentiel
dans la
purgation 2 doivent être nommés Sirops-vefou, pour les diftinguer de totites fortes
de firops. On les
difingue entr'eux en
fou de premier, fecond,
firops-vetroifième produit, &cc.
145. Nous allons
fition
expofer quelle eft la difpo- De la Rafqu'il convient de donner au Laboratoire fineric & du
du fourneau qui fert à cuire les
Laboratoire du fourneau
à clarifier.
firops-vefou & fimple à cuire les firopsDans un-petir bâtiment
vefou.
(G), nommé Reffinerie, adjacent aux Purgeries &
placéà-peu-près
(1) Nous avons fair confiruire,
extrait & terré fuivant la
pour étuver le fel effentiel
confrudion fembalble
nouvelle méthode, une étuve d'une
ci, Le fel cffenticl à-peu- près aux ferres chaudes de ce paysde le
y regoit l'alion du foleil; 5 CC
mertre fur lc glacis. Cette étuve eft échauffte qui difpenfe
jour par le foleil ; pendant la nuit un
pendant le
la fourenir à la température
très-petit feu fuffit pour
degrés. Cette manière d'tuver convenable, eft.
qui eft de 36 à 40
expéditive, moins
préfrable en ce qu'elle eft plus
un aril plus brillant difpendieufe, &
& qu'elle donne au fel effenticl
plus blanc.
Comme le local ne nous a pas permis de
nous avons fait conftruire la meilleure
donner à celle que
a'en offrons point de plan ; attendu dipofition pollible nous
propofer gue
que. nous ne voulons rien
l'expérience ne nous ait démoners être
tageux fous tous les ripports po.libles, &c
eris-avanen roure fireré.
qu'on nc puile fuivre
N
difpendieufe, &
& qu'elle donne au fel effenticl
plus blanc.
Comme le local ne nous a pas permis de
nous avons fait conftruire la meilleure
donner à celle que
a'en offrons point de plan ; attendu dipofition pollible nous
propofer gue
que. nous ne voulons rien
l'expérience ne nous ait démoners être
tageux fous tous les ripports po.libles, &c
eris-avanen roure fireré.
qu'on nc puile fuivre
N --- Page 234 ---
TUCA -
DES MOYENS D'EXTRAIRE
être établi un fourneau fimples
aul centre 2 doit
&c pour clarifier au
pour cuire les firops-vefou la defcription avec
befoin. Nous en donnerons
celle des fourneaux de Sucrerie. fournenud cuire
Pl. 4fg-9) du
Le Laboratoite
fcule Ghaudière () de
les firops, préfente une dont elle eft fcelléc, dans
cuivrc. La maçonnerie
fupétieurc quinze à
dans fa partie
fon pourtour,a
fa furface forme un
dix-huit pouces d'épaiffeur 5
du bord exterplan incliné de cing à fx pouces où eft foudée une
11C à celui de la chaudière,
la recougarniture en cuivre ou en plomb qui les côtés du
fon étendue. Sur
vre dans toute
réfervoirs (g,g)
font deux petits
Laboratoire, >
qu'on va cuire;
qui reçoivent les firops-vefou la claire lorfqu'on clails fervent aufi à filtrer
réfervoirs font faits en maçonnerie
rifie. Ces
leur fond eft à la hau-
& doublés en plomb;
dans laquelle ils
du bord de la chaudière, >
teur
à la faveur d'un peti: tuyau ()-
fe vuident >
latérales de la
On doit établir fur les parois
aux
(i) pour porter
Rafineric, une gourière
Ton verfe dans
réfervoirs les firops-vefou que
de cette
ballin (x) placé à T'extrémité
un petir
des ballins à firop.
goutrière, 2 près cuire dans CC Laboratoire, difMarchbedu 146. On peut
de firop-vefeu qu fon
rraxanl dans
ainfi, beaucoup plus
ta crinte dus pofé
dans les équipages à firop formés dg
tiragovefot. n'en cuit
ourière
Ton verfe dans
réfervoirs les firops-vefou que
de cette
ballin (x) placé à T'extrémité
un petir
des ballins à firop.
goutrière, 2 près cuire dans CC Laboratoire, difMarchbedu 146. On peut
de firop-vefeu qu fon
rraxanl dans
ainfi, beaucoup plus
ta crinte dus pofé
dans les équipages à firop formés dg
tiragovefot. n'en cuit --- Page 235 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE,
deux chaudières de fer. Si-tôt que la chaudière
eft chargée d'une quanrité de firop-vefou
venable, on fait chauffer; &: tandis
conCuite
que la
s'opère, on remplir les réfervoirs
font à fes côtés; afin de la
qui
le
charger au befoin
plus rapidement
dre de
poflible 2 pour ne point Pertemps.
Lorfque les firops-vefou font de bonne
lité, l'on porte le degré de cuite
quaaul terme
quatre-vinge-huit; on le fixe avec le Thermomètre auquiel on tapporte la preuve du
on arrète le feu en intreduifant dans le doigr;
quelques paquets de têtes de
foyer
vuide ia chaudière
Cannes, & on
dans le rafraichiffoir
placé près d'elle pour cet effer, A l'inftant (2), elle
eft rechargée avec le firop des réfervoirs
débouchant le tuyau, & le feu reprend
en
Une fois ce travail
aufli-tôr.
établi, on le continue toujours de la même manière,
147. Cette première Cuite eft
une caiffe préparée, ainfi
portée dans Cryftalliplus haut
que nous l'avons dit gatioa fation CSFRT fcl
lui
(141), bientôt on y joint ceile qui effentiel des
fuccède, & après les avoir mèlées,
firops-vefou.
abandonne. Toutes les
on les
ainfi réunies
cuites fuivantes fonr
deux à deux & abandonnées
dant vinge-quatre heures &
peuquelquefois
Après ce temps, le réfroidiffement
plus.
point convenable
étant à un
qu'on reconnoiravec le doigt,
N 2
cl
lui
(141), bientôt on y joint ceile qui effentiel des
fuccède, & après les avoir mèlées,
firops-vefou.
abandonne. Toutes les
on les
ainfi réunies
cuites fuivantes fonr
deux à deux & abandonnées
dant vinge-quatre heures &
peuquelquefois
Après ce temps, le réfroidiffement
plus.
point convenable
étant à un
qu'on reconnoiravec le doigt,
N 2 --- Page 236 ---
B
- MRVAL - -
DES MOYENS D'EXTRAIRE
de la caifTe avec un mouon mouve la charge
s'opère,
d'heures la cryfalifition
veron; en peu
uniforme dans toute l'é
devient générale &
trois à quatre jours,
tendue de la maffe. Après la
la purgadébouche les trous de
cailfe;
on
très-rapide, mais elle ne devient
tion eft d'abord
huit à dix jours 5 alors le fel
complette qu'après & aufli beau qu'on puilfe
effentie! eft aufi pur
dans les bariques,
le défirer: il eft mis & pilé
(F,PL.4).
oà il 'ne purge plus
troifième, quade fecond,
Les firops-vefou
font cuits, de la
trième, cinquième produir
approche d'aumème manière, à un degré qui
qu'ils
tant moins du terme quatre-vingehuit, Cxite
moins bons. On partage la première
font
caiffes qu'on veut remplir , &
entre routes les
fuccèdent font également
toutes celles qui lui
leur charge departagées entre ces cailfes 5
dans le
arrentions particulières
mande quelques
pour détermimouvement qu'on lui applique
qui, après ce mouvement,
ner la cryftallifarien
La purgation dufcl
devient générale & uniforme.
quatrième,
detroifiste,q
effentiel des firopsvefou
être complette,
cinquième produit exige, pour quoi le fel, estrait
quinze i vingr jours; après eft nis & pilé fedu frop de chaque produit,
Tarénent dans les bariques. la chaudière de
Au moment oû on charge --- Page 237 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. +97
fitopvefou pour le cuire, on y-ajoute une quantité d'eau de chaux relative à la qualité du frop.
Lorfqu'il left mauvais, ou lorfque les firops font
de quatrième, cinquième produit, il convient
d'éguifer l'eau de chaux avec de la poraffe.
148. Après toutes ces Cuites & cryftallifa- Delames
tions répétces, on a un réfidu que nous allons laffe-vefou.
examiner fous le nom de Mélafevefor -(1).
Nous avons vu que les vefous de meilleure
qualité portoient toujours, avec le fel effentiel,
une portion de fuc favonmeux-extradtif,
Nous avons vu auffi que les vefous de mcdiccre &de mauvaife qualité portoient encore,
avec le fuc favonneux, une portion plus ol
moins grande de fucs muqueux-doux & fucré,
Maintenant on concevra aifément que dans les
diverfes Cuites & cryftallifations qu'on fait fubir aux vefous-firop & aux firops-vefou, la proportion de ces fucs, relative à celle du fel effentiel, augmente à mefure que celle de ce fel
diminue : or il eft évident que les vefous-firop
de bonne qualité, dont la cuite aura été bien
ménagée, donneront tout le fel,effentie! qu'ils
portent, moins une petite portion qui fe trou-
(r) Nous donnons à CC réfidu ou eau-mère, le nom de
Melaffe-vefou, a pour lc diftinguer de la Mélaffe des Raffinerics,
dont nous parlerons dans un autre lieu.
N 3
, augmente à mefure que celle de ce fel
diminue : or il eft évident que les vefous-firop
de bonne qualité, dont la cuite aura été bien
ménagée, donneront tout le fel,effentie! qu'ils
portent, moins une petite portion qui fe trou-
(r) Nous donnons à CC réfidu ou eau-mère, le nom de
Melaffe-vefou, a pour lc diftinguer de la Mélaffe des Raffinerics,
dont nous parlerons dans un autre lieu.
N 3 --- Page 238 ---
-
a
W - R - - - a
DES MOYENS D'EXTRAIRE
dernier lieu embarraffée dans le fuc favera en
évident
le révonneux-extradlif. 11 eft encore
que
de qualité médiocre &
fidu des vefous-firep la fomme des fucs famauvaife, fera relatifà
le
& fucré que portera
vonneux, muqueux-donx de fel effentiel que ces
vefou, &c à la quantizé
fucs retiendront.
Les facs fvonneux-exta@if, muqueusPropristé 149.
davantage à
des alkalis doux & fucré, en fe rapprochant
rend leur
deviennent moins Anides,
SRe nécef- chaque cryftallifation,
faire dans la
tenacité une
grande
cuite des fi- & oppofent par leur
plus
rops-vcfou. réfiftance aux molécules faccharines.
Nous avons vu que les alkalis fe combinent
avec le fuc favonneux ; ils fe comparfiitement
bien avec les fucs muqueuxbinent également
plus Auides.
doux & fucréqu'ils rendent beaucoup
des
dû T'ufage
C'eft à cette propricté qu'eft
alkalis dans la cuite des firops de toute efpèce;
car alors les molécules faccharines, trouvant
moins d'obfacies à fe réunir, cryftallifent d'aumieux
CCS fucs font rendus plus
tant
> que
alkalis dont l'action,
Auides par leur union aux
aufli malaidée de celle de la chaleur, fe porte
heureufement fur les principes conftitutifs du
fel effentiel, le décompofe &c angmente encore
la proportion de la méiaffe.
La mélaffe-vefou eft formée, comme
Parties qui 150.
de fuc fafornent la
eft aiie de le voir maintenant,
rélaffe - ve- il
fou.
fucs font rendus plus
tant
> que
alkalis dont l'action,
Auides par leur union aux
aufli malaidée de celle de la chaleur, fe porte
heureufement fur les principes conftitutifs du
fel effentiel, le décompofe &c angmente encore
la proportion de la méiaffe.
La mélaffe-vefou eft formée, comme
Parties qui 150.
de fuc fafornent la
eft aiie de le voir maintenant,
rélaffe - ve- il
fou. --- Page 239 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNES 199
vonneux - extraétif, de fucs muqueux - doux,
fucré, d'une portion de fcleffentiel décompofé
par le concours de la chaleur &c des alkalis,
& d'une portien de ce fel embarraffée dans
toutes ces matières.
Si la mélaffe-vefou eft réduite à une confiftance telle qu'elle ne porte que quarante degrés
à l'Aréomètre (1),& qu'on l'abandonne pendant long-temps dans un baflin très-étendu &
peu profond, lès molécules faccharines, malgré
la réfiftance que leur oppofe la mélaffe, fe
rapprochent, s'uniffent fous forme cryftalline
& tombent au fond du bafin: on a la preuve
de ce fait dans toutes les Sucreries des Colonies.
151. Si on verfe fur de la mélaffe - vefou Adion de
l'acide oxalique fur la
inélafic * VEfou.
(1) Nous avons vu , d'après la Table page 943 que l'eau
unic - au Sucre, fc trouvoit au point de faturation, dans une
proportion dc trois parties pour cing de Sucre, que leur combinaifon prenoir à ce point lc nom de frop, &c qu'elle portoit trente-quatre degrés à TAréomètre (dans une température
dc vingt-deux degrés). Il eft aifé dc concevoir que lcs fucs favonncux, muqueux 7 &c. qui fe trouvent unis au Sucre dans
cctte diffolution , ajoutent à la péfanteur fpécifque du firop,
d'autant plus que la proportion de CCS fucs eft plus grande $
d'où l'on doit conclure que les firops qui donnent le plus haut
degré à l'Arcomètre, au-deffus du terme trente-quatre, font les
plus mauvais. Cet inftrumen: doit donc fervir à eftimer la qualiré des firops-vefou.
N 4
7 &c. qui fe trouvent unis au Sucre dans
cctte diffolution , ajoutent à la péfanteur fpécifque du firop,
d'autant plus que la proportion de CCS fucs eft plus grande $
d'où l'on doit conclure que les firops qui donnent le plus haut
degré à l'Arcomètre, au-deffus du terme trente-quatre, font les
plus mauvais. Cet inftrumen: doit donc fervir à eftimer la qualiré des firops-vefou.
N 4 --- Page 240 ---
NA 500NN V
DES MOYENS D'EXTRAIRE
étendue d'eau diftillée, une difolution d'acide
non-feulement cet acide s'unit à la
oxalique,
mais il enlève encore le
chaux qu'il précipite,
colorant des fucs favonneux & muprincipe dont la bafe fe préfente, alors, fous la
queux,
forme de petits focons blancs. --- Page 241 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 201
CHAPITRE XI
Parallèle de Pancienne & de la nouvelle méthode
d'extraire le fel elfentiel de la Canne fuerées
fmivi d'un Tableau des prodaits comparés de
Pune & de Taure, fait d'après lés livres de
P'Habitation de M. de Ladebate, 5 oi la nouvelle gft établie depuis le mois de Juin 1785.
152. LE fimple expofé que nous venohs de Objecdece
faire de la nouvelle méthode, fuffiroit fans doute Chapitre.
pour en démontrer tous les avantages. Mais
comme il nous importe de détromper le Public fur les clameurs injuftes & menfongères de
plufieurs Perfonnes qui, facrifiant tout à l'intérèt particulier & à lamour-propre, > ont ofé
dire que l'établiffement de cette nouvelle méthode
exigeoit de grandes dépenfes fans préfenter des
à
bénéfices certains; ; nous la mettrons en paralièle
avec Tancienne, dans. les principaux points ot fes
avantages font marqués de la manière la plus
tranchante, & ctabliffent entr'elles deux une
différence fi grande & fi bien déterminée, que
le Public éclairé
maintenant, ne pourra refufer --- Page 242 ---
à
- CA A 5
DES MOYENS D'EXTRAIRE
à la nouvelle la préférence qu'elle mérite fous
tous les rapports.
d'abord les différences que
Nous expoferons
méthode, les
préfentent, en faveur de notre
chaudières de cuivre & les fourneaux de noufur les chaudières de fer
velle conftruétion,
& les fourneaux de ces chaudières.
enfuite ces deux méthot
Nous comparerons
dans la marche de ces
des dans leurs moyens,
font le
& dans les produits qui en
moyens >
réfultat.
*
fous
tous les rapports.
d'abord les différences que
Nous expoferons
méthode, les
préfentent, en faveur de notre
chaudières de cuivre & les fourneaux de noufur les chaudières de fer
velle conftruétion,
& les fourneaux de ces chaudières.
enfuite ces deux méthot
Nous comparerons
dans la marche de ces
des dans leurs moyens,
font le
& dans les produits qui en
moyens >
réfultat.
* --- Page 243 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 203
ARTICLE PREMIER.
Des Chaudicres de Cuivre & de Fer, & de leurs
fourneaux.
153. LE cuivre eft, après l'or & l'argent (1), De la pré
le métal le plus fenfible à l'aétion de la cha- férence mérite Pufa- que
leur, & qu'elle pénèrre avec le plus de rapi- Scte du les cuivre Sudiré, Cet avantage joint à la folidité, à la crerics.
propreté & à la médiocrité de fon prix, a mé.
rité au cuivre la préférence qu'on lai donne,
furles autres métaux, dans les ufages économiques & dans les Arts.
Il eft employé dans toutes les Raffineries
ayec d'autant plus de fireté, que le Sucre & le
firop ont la propriété de le défendre du vert de
gris. Le vefou, comme le Sucre & le firop, a
cette propriété (2).
Le fond des chaudières de cuivre eft formé
d'une feale pièce de cuivre roige battu; leurs
(1) Voyez les Expériences de M. Ingen-houze, 2 Journal de
Phyfique, Janvier 1789, , P. 68.
(:) L'inaction du vefou & du firop-vefou fur Ic cuivre, prouvent qu'ils ne coutiennent Point d'acide; car on fhic que CC métalfe lailfe artaquer par les acides les plus foibles, --- Page 244 ---
- - a
a35
a
D
M MOVA
DES MOYENS D'EXTRAIRE R
font faites de plufieurs planches de cuiparois
clouées entr'elles & le fond par
vre laminé,
rivés. Les dimenfions de
des clous de cuivre
chaudières
au travail du vefou,
ces
propres
celles des chaudières
font plus grandes que
& leur
dont on fe fert dans les Raffineries,
forme eft auffi différente.
Lorfqueleurs fonds ont été faits avecfoin,
"des Avantages chaudiè- 154.
laétion du feu la plus forte fans
res de cuiyre ils fupportent
aller
eens leur fo- s'altérer, & le temps de leur durée peut
lidité. &' leur
telle forme & telle
propreté. à un fiècle. Elles prennent
veut leur donner. La maçoncontenance qu'on
en plomb ou en
nerie qui les foutient, garnie
elles
cuivre foudés à leurs bords, forme avec
Laboratoire du fourneat, & ce Laboratoire
le
vefou la
grande propréfente alors au
plus
preté.
tout temps, > en tout lieu I
Le cuivre a, en
: on n'a
bien déterminée
une valeur intrinsèque
lorfqu'il ne peut
donc perdu, dans l'emploi, arbitraire. Nos Co
plus fervir, que la valeur
cin
lonies feules en ont banni l'ufage depuis
mieux éclairés l'ont
quante ans : les Anglois
confervé.
Les chaudières, dites de fer, employées
convéniens Vices &cin- 155du vefou, font faites avec und
tiennent pour le travail
coule en une foule
Ti nature, forte de fonte de fer, qu'on
àla malproCette fonte qui ef
prats,6 Bcc.de
de forme clliptique.
ia fonte de pièce
fer.
feules en ont banni l'ufage depuis
mieux éclairés l'ont
quante ans : les Anglois
confervé.
Les chaudières, dites de fer, employées
convéniens Vices &cin- 155du vefou, font faites avec und
tiennent pour le travail
coule en une foule
Ti nature, forte de fonte de fer, qu'on
àla malproCette fonte qui ef
prats,6 Bcc.de
de forme clliptique.
ia fonte de pièce
fer. --- Page 245 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 205
très-impure, contient encore une très- grande
portion d'oxide de fer ( 1). Elie eft beaucoup
moins conduéteur de la chaleur que le fer pur,
qui lui- même l'eft beaucoup moins que le
cuivre (2 ). Les chaudières de fer font donc,
par cette double raifon, moins propres que
celles de cuivre, à tranfmettre l'action de la
chaleur dans le travail du vefou.
Le fer peu conduéteur de la chaleur, conferve celle dont il fe charge, à un degré pref
que toujours trop fort, pour que les fubftances
végétales & animales puiffent en fapporter
l'aétion fans fe décompofer. Cet inconvénient
& fa mal-propreré l'ont fait bannir des ufages
économiques & de prefque tous les Arts.
La fonte de fer eft très-attaquable à la rouille
& elle en eft toujours couverte. Jamais elle ne
prend le brillant métallique; elle a toujours
une couleur noire & terne. La rouille qui couvre fa furface eft tressenace; elle fe détache
avec peine, mais elle fe détache toujours: auffi
quelque foin qu'on apporte à laver ces chaudières,j jamais la dernière eau du lavage n'eft pure ;
elle porte toujours une teinte noire affez forte;
& cette téinte paffe dans le vefou.
(1) Chaux de fer.
(2) Mémoire de M. Ingen-houze déjà cité, --- Page 246 ---
V - 3 VA 3 e
DES MOVENS D'EXTRAIRE
Les chaudières de fer font tres-fragiles, 8
fubitement de
elles caffent en changeant trop
température ( I ) : quelque bonnes qu'elles
foient, elles n'échappent jamais à la fraéture.
des
grandes eft de deux
La contenance
plus
infufmilliers au plus, & cette contenance eft
fifante
le travail du vefou : on eft obligé
pour
de beaucoup par de la maçonde l'augmenter
étant infiniment moins folide enneric qui,
les chaudières, eft beaucoup plus
core que
être
mal-propre; car fa furface ne peut
garnie ni en plomb, ni en cuivre; 5 la foudure
n'ayant pas de prife fur le fer,
La fonte de fer n'a abfolument aucune valeur intrinsèque, & une chandière caflée ne
foit.,
vaut pas un fol queique pefante qu'elle
La conftuétion des fourneaux portant
Soliditédes 156.
La mafourneaux chaudières de cuivre, eft très-folide.
portancchay ditresdecui- çonnerie (PL, 6,Fg. 4 & 5-) s'élève, prefqu's
vre.
T'étendue du foyer. Elle n'a,
plomb, dans toute
fur une hauteur de trois pieds fix pouces, qu'une
courbe de quatre à cinq pouces au plus à dévenir faifir le fond de la chaucrire, pour
dière. Les voûtes qui rempliffent T'efpace que
chaudière entr'elics, n'ont tout au
laille chaque
(1) Elles font expoftas à CC changement chaque fois inftan. qu'on
les vuide ou qu'on les remplic; cc qui,ecive a chaque
. Elle n'a,
plomb, dans toute
fur une hauteur de trois pieds fix pouces, qu'une
courbe de quatre à cinq pouces au plus à dévenir faifir le fond de la chaucrire, pour
dière. Les voûtes qui rempliffent T'efpace que
chaudière entr'elics, n'ont tout au
laille chaque
(1) Elles font expoftas à CC changement chaque fois inftan. qu'on
les vuide ou qu'on les remplic; cc qui,ecive a chaque --- Page 247 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 207
plas que quatre pieds; elles font faites en briques, , & on pourroit les faire en bafalte (1):
alors elles feroient d'une folidité telle, qu'elles
dureroient autant que les autres parties du
fourneau.
157. La maçonnerie des fourneaux portant Du de
chaudières de fer, eft pen folide; elle s'élève aFI fouracaux des
en retraite ( PI. 2,ng. 8 & 9-) fuivant leneimicnr de fer.
développement s pour laiffer entr'elle & ces
mêmes chaudières a-peu-près le même efpace;
puis elle fe recourbe pour venir les faifir à-peuprès à quatre pouces de leur bord, La courbe
qu'eile décrit, fur la hauteur de huit à dix
pouces, a douze à quinze pouces.
Les voûtes qui partagent chaque chaudière,
ont d-peu-près fix pieds de portée. La néceflité
de remplacer les chaudières calfées, par d'autrés
chaudières dont le diamètre eft quelquefois ou
plus petit, ou plus grand, a empèché qu'on ne
fo fervit de bafalte pour faire ces voûtes;
parce
qu'il faudroit en retailler les pièces, Otl en
employer de nouvelles; ce qui demanderoit un
(1) Cette forte de pierre, qui paroit être un produit volcanique, eft très-abondante à la Martinique ; on en trouve dans plufieurs endroizs à Saint-Domingue 5 elle fupporte parfajtement
bien l'adion du feu: on doit préférer celle qui eft d'un gris."
blanc. --- Page 248 ---
- a a
DES MOYENS D'EXTRAIRE :
temps trop long, pour des réparations de cette
cfpèce qui fe répètent fi fouvent.
Lesglacis qui furmontent les chaudières, pour
leur contenance, font faits en brisugmenter
ferrées;
ques inclinées à plat & très-étroirement
l'effet conftant de la chaleur & Paction du vefou far la chaux du ciment qui unit ces briles dérangent prefqu'à chaque inftant, &
ques,
exigent des réparations continuelles.
Vices atta- 158. Les chaudières de fer plongent tout enchés à la naà
ture & à la tières dans le foyer, moins trois quatre pouforme dcs
la
les
chaudièresde ces fur lefquels porte
maçonnerie qui
fer.
tient fcellées dans tout leur pourtour. Quoiqu'elles préfentent une tres grande farface au feu,
néanmoins Pébullition du vefou n'eft pas trèsforte
qu'elles s'oppofent par leur na5 parce leur forme, à l'aétion de la chature & par
cû la ma-.
leur qui ne les pénètre qu'au point
çonnerie les faifit.
dont la tendance eft de bas en
La chaleur,
haut, agit toujours en fuivant la perpendiculaire; tombant obliquement fur la convexité de
la chaudière qui la réfléchit, elle fc porte dans
du foyer où elle eft alors
la partic fupérieure
forcée de la pénétrer, la maçonnerie lui opporéfiftance encore. La Batfant une plus grande
teric fcule, étant fur le foyer propremenedit,
ou
'au point
çonnerie les faifit.
dont la tendance eft de bas en
La chaleur,
haut, agit toujours en fuivant la perpendiculaire; tombant obliquement fur la convexité de
la chaudière qui la réfléchit, elle fc porte dans
du foyer où elle eft alors
la partic fupérieure
forcée de la pénétrer, la maçonnerie lui opporéfiftance encore. La Batfant une plus grande
teric fcule, étant fur le foyer propremenedit,
ou --- Page 249 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE.
cu le feu eft toujours
de
très-ardent, eft pénétrée
Par-tout,
159. La convexiré que préfentent les
des chaudières de cuivre, n'eft que! de fonds dûs Avantages à la napouces aul plus, fur. cing-piedsndes
quatre forme ture & des à la
lobliquité qu'elle donne ànla chaleun diamère; chaudièresdo cuivre.
frappe,ef prefque nulle, & le
qui sles
perméable,
çuivre étant trèsoppofe peu de réfifanrea
ce Auide qui Pénètre
T'action de
ces fonds, de, toutes
avec la plus grande faciliré,
parts
Dans ln Laboratoire. de. cuivre,
trois chauidières (PL.
formé de
5,B.fig. 1.).
ne.
dontles-fonds
préfenroient au foyer que trente-deux
de furface chacun, j'ai
pieds
cuit une quantité de fac défiqué, évaporé &
dérable,
exprimé affez confi-.
pour obtenir 'cent quarante formes: de
Sucrey en vinge-quatre heures. Dans
ce même
Laborntoire, j'ai également
& cuit une fomme de fuc déféqué, évaporé
produit a
exprimé, dont le
rempli onze caiffes' contenant chacune
quinze picds cubes; ce qui fait cent foixantecing pieds (le pied cube répond à
Or il n'eft jamais arrivé
une forme).
pareil
qu'on aic obrenu u112
produit dans les
à
de fer.
équipages
chaudières
L'évaporation & la'cuite fe faifant donc
rapidement dans les chaudières de cuivre plus
dans celles de fer, tant
que
par rapport au métal
--- Page 250 ---
- a -s
a a
DES MOYENS D'EXTRAIRE
A10
àla chafa nature, eft plus perméable
eft
qui, par
la forme de la chaudière qui
leur, que par
recevoir l'action ; il en réplus propre à en économie de temps, de
falte néceffairement
Car
dans la fabrication.
chauffage &. avantage
Yévaporation & la
T'expérience prouve que fe faire trop rapidecuite ne peuvent jamais
ment.
de cuivre a non-feuL'ufage des chaudières
délirer,
Avanrages
les avantages qu'on peut
que tent) prefen. les chau- lement tous
travail du vefou; mais etldières de cuile fuccès du
des chauvse dans leur pour
économique que celui
prix.
core il eft plus
dières de fer.
PL. 4, B,
Laboratoires en cuivre (
Pour deux
du vefou,i il faut
au travail
B,fg. I & 2) propres
Laboratoire fimple
huit chaudières & une pour un
s-). Chaà cuire les firops ( Pl. 4sfig.
& les
propre
faite dans les dimenfions
que chaudière,
péferoit à-peu-près 8o0
épailfeurs convenables,
à la Manuelle coûteroit, en pièces,
livres :
fols la livre.
faéture de Romilly (1) 32
neuf
coûteroient
maintenant ce que
Voyons
chacune Soo livres.
chaudières pefant
licucs au-deffus de Rouen 5 il y
Romilly cit i quelques
commander des chan-
(:) Fonderic en Cuivre, oùl Ton Feut
a dières une 8: autres uftonfiles dc cuivre.
pailfeurs convenables,
à la Manuelle coûteroit, en pièces,
livres :
fols la livre.
faéture de Romilly (1) 32
neuf
coûteroient
maintenant ce que
Voyons
chacune Soo livres.
chaudières pefant
licucs au-deffus de Rouen 5 il y
Romilly cit i quelques
commander des chan-
(:) Fonderic en Cuivre, oùl Ton Feut
a dières une 8: autres uftonfiles dc cuivre. --- Page 251 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE,
Soit 80o livres à
32 fols, ci.. 1280
Soit pour fret & affurance
livres,
fols par livre,. Scit pour façon, ci.. LG0
TOTAL. 2000 livres. Chaque chaudière coûteroit donc, rendue fur
l'Habitation & prête à être
livres argent de France,
employée, 2000
livres
qui repréfentent
argent des Colonies; ainfi neuf
res à 3000 livres chacune coûtechaudiè. roient, ci. 27000 livres. Il faut pour deux
équipagés en fer (PI
4, a, b.) dix chaudières; deux
2,Aig. ge à firop
pour un équipa-
(c); une pour un
à
en
équipage clarifier
(d); tour treize chaudières. Elles
5o à 80 livres le
1e
coûtent de
livres à 100O
quintal , & elles pefent de 800
livres ; ainfi nous les
foo livres prix commun. Treize porterons à
5oo livres, font argent des Co- chaudières à
lonies... 6500 livres. La différence
dières de
que préfente le prix des chaucuivre eft donc de
cette différence
20,500 livres, &c
confidérable. paroît 2u premier moment trèsMais on doir faire attention
pour conferver le capiral de 27,000
que, >
livres, on n'a
--- Page 252 ---
-
DES MOYENS D'EXTRAIRE
conferver celui
frais à faire, &c que, pour
aucuns
il faut année commune quatre
de 6;00 livres,
nombre des
chaudières; (dans le plas grand
chauon caffe aul moins quatre
Habitations 2
année). Or quatre chaudières de fer chaque
livres; il faut
dières à 500 livres font 2000
entreannée commune 2000 livres pour
donc
chaudières de fer. tenir le capital de 6500 en fomme de 20,500
Mais comme il n'y a qu'une
fe proculivres de plus à mettre dehors pour l'intérèt
chandières de cuivre, & que
rer des
n'eft que de 105o livres, il
de cette fomme
du cuivre, on a uin
s'enfuit que dans Tufage
ce bénéfice qui
bénéfice annuel de 975 livres; préfentent les
eft le moindre des avantages que
confidéde cuivre, mérite quelque
Chaudières
ration. à la fin du Chapirre fuiOn verra encore
les avantages que
combien font grands
vant,. chaudières, tant par rapdonne T'ufage de ces
préfentent aul feu, que
port à la furface qu'elles & à la capacité des four:
rapport à T'étendue
par
neaux qui les portent. S 3 F
--- Page 253 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE,
J2 VA a
A RTICLE
I I. Des avantages qu'offre la nouvelle méthode comparée à Lancienne dans fes
moyens J dans
l'ordre de leur marche > dans la purification
du vefou, dans la cuite du
vefou-Frop, 3 dans
la cryfallifation du fel efentiel qu'on obtient,
dans la qualité, la quantité 6 la pureté de
cefel.
portent. S 3 F
--- Page 253 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE,
J2 VA a
A RTICLE
I I. Des avantages qu'offre la nouvelle méthode comparée à Lancienne dans fes
moyens J dans
l'ordre de leur marche > dans la purification
du vefou, dans la cuite du
vefou-Frop, 3 dans
la cryfallifation du fel efentiel qu'on obtient,
dans la qualité, la quantité 6 la pureté de
cefel. 160. Nous entendons
per cette expreflion an- Ancienne
cienne méthode, la difpoficion des
méthode. moyens employés aétuellement, & la manière de fe fervir de ces moyens dans les diverfes opérations
qu'on fait généralement dans nos Colonies, fur
le fuc exprimé de la Canne-Sucrée,
extraire le fel effentiel brut & terré, pour en
Cette méthode demande, jour & nuit, une
afliduité rigoureufe de la part du Raffineur
blanc, tant que dure la roulaifon, & un (ravail conftant de la part des Nègres, pendant les
vingt-quatre heures qu'ils reftent à la Sucrerie. 161. Si dans la méthode
que nous avons Nouvelle
érablie, le travail n'eft pas
méthodie. interrompu, tou:
O 3 --- Page 254 ---
T TD ( e
DES MOYENS D'EXTRAIRE
eft moitié moins confidéjours eft-il vrai qu'il
la nuit; puifqu'il ne s'agit que
rable pendant tranfvafer le vefou d'une chaud'écumer & de
dans
à mefure quil S lévapore;
dière
l'autre;
du Raffitravail qui n'exige point la préfence
neur blanc.
afitrer & à décanter, fans
Anantages 162. Les Baffins
rendent le RaftiQMe préfen. nouvel. augmenter la main-d'ceuvre,
tcla le méthode
maitre de toutes fes opérations; il n'a
dans la
neur
la quantiré de
fiertion rat pius befoin d'employer que
la bavefou.
néceffaire à féparer les féculés &:
chaux
(120), devient
lance que nous avons indiquée
Il peut
fir pour fixer cette quantité.
un moyen
charge de vefou, en la paffuivre fur chaque
dans lautre, tous les fifant d'une chaudière
dans l'emploi
qui lui fervent de guide
de
gnes
Il
encore diriger la marche
des alkalis. peut
de PAréoTévaporation à fon gré, au moyen les filtres
mètre. Enfin il eft effuré que, par
toutes
& le repos, il enlèvera comaplettement le vefou
les matières infolubles, Sc portera
néglihaut degré de pureté, malgréla
au plus
gence des Nègres.
donnent encore au
Les Baffins à décanter
de ne cuire
Raffincur F'avantage inappréciable. Ainfi, après setre
le velou que pendant le jour.
veiller fans
repofé pendant la nuit, il peut
à toutes lcs opérations qui accompagment
peine
, il enlèvera comaplettement le vefou
les matières infolubles, Sc portera
néglihaut degré de pureté, malgréla
au plus
gence des Nègres.
donnent encore au
Les Baffins à décanter
de ne cuire
Raffincur F'avantage inappréciable. Ainfi, après setre
le velou que pendant le jour.
veiller fans
repofé pendant la nuit, il peut
à toutes lcs opérations qui accompagment
peine --- Page 255 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 215
& fnivent la Cuite. Il peur reconnoître les
fautes qui cnt été faites, dans l'emploi des alkalis & y remédier. Il peut par divers moyens
dont il eft maître de faire ufnge, ajouter à la
pureré & i la beauté du vefou-firop qu'ii va
cuire. Il a l'avantage de le cuire en fomme &
de continuer la cuite fans interraption,
par l'accès de nouveau vefou. Enfin il trouve dans le
Thermomètre un moyen fûr & infaillible de
fuivre les divers degrés 'de l'aétion de la chaleur, & de fixer le terme de la cuite. Il
éteindre le feu &c vuider la chaudiire à cuire peut
fans
>
décompofer une molécule de Sucre.
Le Raffineur jouit, dans ce travail, du plaifir du fuccès dont il eft fir, & il a la douce
fatisfaction de n'avoir jamais à punir les Negres que pour des fautes qu'il leur étoit facile
de ne pas commettre; fautes qu'il peut fouvent pardonner, fans inconvénienr, attendu
les Baffins à décanter les
que
réparent toutes.
16;. La marche défordonnée qu'exigent les
chaudières de fer, fe refufe totalement à
tachés Desvicesar- à l'ances
tous cienne méavantages, > & préfente tous les vices
thode dans
pofés.
op- la purifica-.
tion du veLe Rafineur ne
fou,
fixer la
peut, > par aucun moyen 2
quantité de leflive qu'il eft obligé
d'employer, puifqu'il ne la règle pas fur ja quantité de fécules à féparer, mais bien fur la çonO 4
de fer, fe refufe totalement à
tachés Desvicesar- à l'ances
tous cienne méavantages, > & préfente tous les vices
thode dans
pofés.
op- la purifica-.
tion du veLe Rafineur ne
fou,
fixer la
peut, > par aucun moyen 2
quantité de leflive qu'il eft obligé
d'employer, puifqu'il ne la règle pas fur ja quantité de fécules à féparer, mais bien fur la çonO 4 --- Page 256 ---
- 1
- -
- - a
DES MOYENS D'ÉXTRAIRE
mouffeuffe qu'il eft forcé de leur donfiftance
fe founer par un excès d'alkali, pour qu'elles
les
ticnnent fur l'écumoire > afin qu'on puitfe
enlever. La néceflité de meler les différentes
entr'elles, en les palfant d'une chaucharges dière dans l'autre, fait que jamais, dans aucune
chaudière, il n'eft fir de l'érar du vefou par
à la leffive & au degré d'évaporation.
rapportque Técumoire 2 pour en11 n'a.d'autre moyen
marières terreufes; &
lever les fécules & les
fois
eft abfolument infuffifant. Une
ce moyen
eft dans la Batterie, il lai eft imque le vefou
font l'effet
poflible de réparer les fautes qui
inévirable de la marche défordonnée de ce travail,8 de la négligence, des Nègres.
de la Batterie eft
J.. Comme la contenance
&c que le vefou dont on la charge
très-petite,
à plus de dix-huit degrés ;
n'eft jamais évaporé
d'une
il arrive qu'on ne peut la charger que
à-la-fois, &c qu'on la charge à
pecite quantird
d'obrenit
vinge reprifes différentcs, avant que forcé de
une Cuite. Il atrive encore qu'on eft
cuire jour & nuit, &: que, pour régler la mardu vefou dans les chaudières & Axer la
che
du Rafmineur eft abfolumcne
cuite, la préfence
néceffaire.
fa nature & par fa forme,
La Batteric, par
la vuider,
s'oppofe à ce qu'on puidle jamais.
'on la charge à
pecite quantird
d'obrenit
vinge reprifes différentcs, avant que forcé de
une Cuite. Il atrive encore qu'on eft
cuire jour & nuit, &: que, pour régler la mardu vefou dans les chaudières & Axer la
che
du Rafmineur eft abfolumcne
cuite, la préfence
néceffaire.
fa nature & par fa forme,
La Batteric, par
la vuider,
s'oppofe à ce qu'on puidle jamais. --- Page 257 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 217
ni la remplir fans brûler beaucoup de Sucre.
Le Raflineur après s'être donné beaucoup de
peincs, a le chagrin de voir que le Sucre
a obtenu n'eft jamais fans
qu'il
reproches. Toujours lignorance ou Tamour-propre le rendent
injufte, & fouvent plus qu'injufte. Il croit ne
devoir jamais fe difpenfer de punir des fautes
que. le Nègre ne peut évirer, attendu
font ellentiellement attachées
qu'elles
aux moyens qu'il
employe &.à la marche de ces moyens.
La nouvelle méthode, comparée à l'ancienne
dans la Cuite du vefou-firop & dans la
lifation de fon fel effentiel, offre
cryftaldifférence bien
encore une
grande & bien, marquée, dont
tous les avantages s'étendent
fur
les vefous,
également
tous
quelle que foit leur qualiré,
164. Le but que fe propofe le Raffineur,
cuifant le vefou-f firop d'après fes
en véniens Desincon. de ia
comme nous l'avons déjà
préjugés, eft, Cuite dans
dit, de
l'ancienne
toutes les molécules faccharines
rapprocher méthode &
entr'elles, afin des pertesqni
qu'elles forment une maffe
en fontiafuitrès-ferrée
aggrégée très-dure, tc.
& féparée de la mélaffe: effet
2 toujours attendu d'un degré de Cuite très- qu'il
élevé, qu'il ne peut appliquer fans
le
décompofer
Sucre; en effet il le décompofe fouvent
point de l'enflammer dans la Batterie, En
au
vant prefque toute l'eau de
enlefeule fois, les molécules diffolution, en une
cryftallines paroilfent;
fuitrès-ferrée
aggrégée très-dure, tc.
& féparée de la mélaffe: effet
2 toujours attendu d'un degré de Cuite très- qu'il
élevé, qu'il ne peut appliquer fans
le
décompofer
Sucre; en effet il le décompofe fouvent
point de l'enflammer dans la Batterie, En
au
vant prefque toute l'eau de
enlefeule fois, les molécules diffolution, en une
cryftallines paroilfent; --- Page 258 ---
V - A
A
DES MOYENS D'EXTRAIRE
la chaleur les abandonne, fous
à l'inftant que
le temps de
forme folide; mais n'ayant pas
dans
nombre, ni de prendre
fe réunir en grand
la forme que la narure
leur réunion trop fubite >
& qu'elles prennent toujoars,
leur a aflignée
eft lente & libre, clles
lorfque cette réunion
d'une
forment de petits cryftaux irréguliers,
fineffe d'autant plus grande que la proportion
enlevée
la Cuite eft plus cond'eau qu'on a
par
la chaleur les abandonne plus
fidérable, & que
matières féculentes &
Toutes les
promptement.
avec elles dans le vefouterreufes qui fe trouvent
avec elles, 2 lorffirop, forment un pèle-mèle
cryfà l'état folide. Les petits
qu'elles pallent
préfentent une étendue
taux qu'elles forment,
fi elles
de furfaces beaucoup plus grande que retien5 elles
étoient réunies en gros cryfaux; de la méquantité
nent donc une plus grande
l'adtion de
elles ont éprouvé
laffe avec laquelle
eft d'autant plus
la chaleur, & cette quantité devenue moins
grande encore, que la mélalfe eft
de l'eau
T'enlèvement plus abondant
fuide par
de diffolution.
alors, avec le fel effentiel,
La mdlaffe forme
& torreufes, ane
avec les matières féculentes
fc débarraller
forte de rôte dont elle ne peur même elle ne
rrès-long, &
que dans un temps
s'en débarralie jamais; car étant très-fufcepubie
plus
la chaleur, & cette quantité devenue moins
grande encore, que la mélalfe eft
de l'eau
T'enlèvement plus abondant
fuide par
de diffolution.
alors, avec le fel effentiel,
La mdlaffe forme
& torreufes, ane
avec les matières féculentes
fc débarraller
forte de rôte dont elle ne peur même elle ne
rrès-long, &
que dans un temps
s'en débarralie jamais; car étant très-fufcepubie --- Page 259 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE,
de fermenter,elle entraîne, dans fa décompofition, celle du Sucre qui devient d'autant plus
facile qu'il eft dans un plus grand état de
divifion. Une fois cette décompofition établie,
elle fe continue, & la mélaffe fe rencuvelle
fans ceffe. Auffi ne doit-on pas être furpris
les Sucres, après un déchet de vingt-cing à trenté que
pour cent, déchètent encore dans les Magalins
& dans le tranfport, foit dans l'intérieur du
Royaume, foit à T'Etranger.
165. Les principes fur lefquels notre méthode Des avaneft établie, > prefcrivent une marche diamétrale tages fente quepré. notre
ment oppofée. Le but qu'elle fe propofe n'eft pasa méthodedans cuite &
feulement, de retirer du vefou tour le fel effentie! dans tallifacion la cryfqu'il contient; elle veut encore le préfenter fous &c. &c. >
une belle forme cryftalline & bien purgé de tout
firop. Il convient, pour arriver à ce but, d'appliquer au vefou-firop un degré de cuite
mette le fel effentiel dans les circonftances qui les
plus favorables à fa cryftallifation. Il convient
encore qu'il foir mis à cryftallifer daps des vafes qui puiffent, par leur forme & leur contenance, fe préter aulx degrés de cuite les plus
foibles, & réunir toutes les conditions
demandent une belle
que
cryftallifation & une purgation prompre & facile,
Si o1l jette un coup-d'ail fur les caifles
nous avons imaginées & établies (PL.
que
4, E,F,
ables à fa cryftallifation. Il convient
encore qu'il foir mis à cryftallifer daps des vafes qui puiffent, par leur forme & leur contenance, fe préter aulx degrés de cuite les plus
foibles, & réunir toutes les conditions
demandent une belle
que
cryftallifation & une purgation prompre & facile,
Si o1l jette un coup-d'ail fur les caifles
nous avons imaginées & établies (PL.
que
4, E,F, --- Page 260 ---
C -
à - ra - a
DES MOYENS D'EXTRAIRE
fous tOIIS
&fig. 6), on verra qu'elles préfentent
les conditions les plus heureufes
les rapports,
ces deux objets : on verra encore, que
pour
fur des gouttières, que dans
dans leur difpofition
la
& des baffins à firop,
létat des gouttières
main-d'euvre eft ménagée avec le plus grand
aufi fimple que facile,
foin, & que ce travail
économie
eft réduit en tout, à la plus grande
de bras, de temps & de moyens.
mauvais que foit le vefou-firop, on
Quelque
& quelque
le cuire fans le décompofer,
peut
foit le degré de cuite qu'il peut fupfoible que
néanmoins la plus grande
porter, on en retire
contient; finon au
partie du fel effentiel qu'il
& au
produit, au moins au fecond
premier
troifième (1).
du Thermomètre
Le degré quatre-vinge-huit
d'applieft celui qu'il convient
de Réaumur,
de bonne & de médioquer aux vefou - firops
fel cffentiel brut,
en obtenir le
cre qualité, pour
dans Pétat le plas défirable.
avoir obtenu unc quantiré de Sucre relarive à,la de
(1) Après
a enlevéc dans la cnite du vefou-firop
quantité d'eau qu'on
qu'un degré de 85 à
mawaife qualité, qui nc peut s'elt finpporter fiparé du Sucre, Oll obrient
86; fi on cuit le firop qui
le premier; Texpérience ayant
un produit plus confidérable que à cc lirop un degré de cute
démoncré qu'on peut appliquer
dc 37 à 88.
Sucre relarive à,la de
(1) Après
a enlevéc dans la cnite du vefou-firop
quantité d'eau qu'on
qu'un degré de 85 à
mawaife qualité, qui nc peut s'elt finpporter fiparé du Sucre, Oll obrient
86; fi on cuit le firop qui
le premier; Texpérience ayant
un produit plus confidérable que à cc lirop un degré de cute
démoncré qu'on peut appliquer
dc 37 à 88. --- Page 261 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 221
Le vefou-firop, cuit ice degré, , donne mnoitié de la quantité de fel qu'il contient, fous la
forme de beaux cryftaux bien ifolés dont le
firop fe fépare complettement. II peut ètre mis
& pilé en barique comme les Sucres terrés;
comme eux, il peut fe tranfporter fans déchet
& refter en magafin fans s'altérer; comme eux,
il peut encore - entrer en confommation dans.
les ufages économiques. I1 ne préfente aucun
obftacle dans le Raffinage & les produits qu'il
donne, font très-fapérieurs en qualité & en
quantité à ceux que donnent les plus beaux
Sucres obtenus par l'ancienne méthode.
Le firop qui s'écoule du fel effentiel, produic
d'un vefou cuit à quatre-vingte-huit degrés, doit
être cuit à ce même degré, & donner aufli
moitié de la quantité du fel qu'il contient 5 ce
fel eft bien cryftallifé, bien purgé & fe comporte en tout, comme celui du premier produir.
On peut obtenir jufqu'à fix produirs des- vefous d'excellente qualité, en cuifant toujours a
un degré convenable les Grops de chacun de
ces produits.
166. La fomme de fel effentiel qu'on obtient par la nouvelle méthode, au premier & en Bénéfices quantité
8cen'
au fecond produit,
qualicé,
égale en quantiré ceile qu'on
obtient par l'ancienne, en une feule fois, des
meilleurs vefou-firops auxquels On applique un --- Page 262 --- DES MOYENS D'EXTRAIRE
degré de cuite qui répond au terme quatres
du Thermomètre. Si on confulte
vinge-quinze
donnée
183),
F'Echelle que nous avons
(pag. les trois
verra
ce degré, on obtient
cn
qu'a
de fel effentiel contenu
quarts de la quantité
la
dans le vefou-firop qu'on a cuit. Or, par
méhode,on obtient cette quantité dans
nouvelle
réunis.
le premier & le fecond produit
Suivant cette même Echelle, le premier prodegrés, moitié de
duit eft, à quarre-vinge-huit
dans le vela quantité du fel effentiel contenu
Le firop, qui fe fépare de ce prefou-firop.
à
cuit
quatre-vingtmier produit, >
également moitié de la
huit degrés > donne également
Or moitié
quantité du fel effentiel qu'il contient.
de.la roralité du fel effentiel dans le premier
dans le
Pe
duit, & moitié de l'autre moitié
font bien les trois quarts du tout. Ona
cond, bénéfice réel, laldifférence que préfente
donc, en
réunis, avec celui
le prix de ces deux produits
& cette diffédu feul produit de lancienne;
&
à
livres par quintal,
rence va 8, 10, 15
mème plus.
obtient par un troiLe fel elfentiel qu'on
même fixième
cinquième &
fièmc, quarième,
bénéfice dans la dif
produit, préfente aufli un
avec celui de la mdlaffe;
férence de fon prix
vend dans
dans l'ancienne méthode, on
car
réunis, avec celui
le prix de ces deux produits
& cette diffédu feul produit de lancienne;
&
à
livres par quintal,
rence va 8, 10, 15
mème plus.
obtient par un troiLe fel elfentiel qu'on
même fixième
cinquième &
fièmc, quarième,
bénéfice dans la dif
produit, préfente aufli un
avec celui de la mdlaffe;
férence de fon prix
vend dans
dans l'ancienne méthode, on
car --- Page 263 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE,
l'érat de mélaffe, le Sucre qu'on obtient
la
par
nouvelle, au troifième > quatrième > &cc. produit.
167. Comme on n'éprouve abfolument aucune perte en travaillant d'après notre méthode, en mélaffe. Bénéfices
puifque les baflins qui reçoivent les firops font
doublés en plomb, & qu'on ne met les Sucres
en bariques que lorfqu'ils font parfaitement bien
purgés ; il en réfulte qu'on a encore, pour bénéfice, la mélaffe que perdent les Sucres bruts
de l'ancienne méthode dans la traverfée:
qui va de dix à trente pour cent, & qui perte
toute.entière fur le Propriétaire.
porte
Ona de
celle qui fe perd à travers la
plus
ballins à mélaffe;
maçonnerie des
perte qu'on ne peut évaluer,
mais qui doit être confidérable, fi on en
par fa fluidité,
juge
168. On conçoit aifément que le vefou étant
parfaitement purifié, par les moyens
& Avantages bénéhices
avons établis, tous les produits
que nous dâs reté à du la
qu'on en obtien:
E
font aufli purs & aufli beaux qu'on
credelanou- velle méthodéfirer, & que dans
puiffe le de.
l'opération du
ne
terrage, ils
préfentent aucune difficulé.
Les Sucres terrés de l'ancienne méthode
tent toujours l'odeur &la faveur
por
Canne
balfamique de la
> qui fervent particulièrement à les diftinguer des Sucres
entièrement les
Raffinés; on peur en priver
Sucres terrés de notre méthode,
par des moyens que nous ferons connoûtre --- Page 264 ---
R
DES MOYENS D'EXTRAIRS
dans la pratique. Alors ils fe trouveront, fans
le fecours de. la clarification, > avoir tous les
avantages des Sucres. Raffinés; & leur pureté
les rendra préférables à ceux d'un très - grand
nombre de Rafineries de France, où on tripote
le Sucre fans le purifer.
Le Sucre brut de notre méthode offre au
Raflineur, dans fa pureté, un bénéfice de fix à
huit
cent, fur les Sucres de l'ancienne, qui
dans pour la clarification, perdent par quintal fix à
huit livres de matières féculentes & terreufes,
qu'on enlève fous le nom d'écumes.
La nouvelle méthode eft établie depuis le
mois de Juin 1785, fur P'Habitation de M. Dedu
ladebaté fiuée au Camp-de-Louife, près
Cap; elley eft exécutée avec le plus grand foin;
conftante & éclairée par des calune pratique
culs aufli exacts que farisfaifants Ty a fixée pour
jamais.
dans le Tableau fuivant, les
Nous préfentons,
produits comparés de l'une & l'autre méthode.
On verra d'après CC Tableau fait, par M. Deladebate lui-même, fur le rclevé des livres de
fon Habitation, combien font grands les bénd
fices qu'il doit à la nouvelle, combien il eft
avantageufement payé des frais de T'érablilloment.
CHAPITRE
culs aufli exacts que farisfaifants Ty a fixée pour
jamais.
dans le Tableau fuivant, les
Nous préfentons,
produits comparés de l'une & l'autre méthode.
On verra d'après CC Tableau fait, par M. Deladebate lui-même, fur le rclevé des livres de
fon Habitation, combien font grands les bénd
fices qu'il doit à la nouvelle, combien il eft
avantageufement payé des frais de T'érablilloment.
CHAPITRE --- Page 265 ---
O (
55,000 liv. de diflcette net.
o
hdant les huit derniers mois de Cap 3oà 36 1. --- Page 266 ---
-
ut
:1
L9 --- Page 267 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE.
CHAPITRE XII
Des Fourneaux,
16S. LE fuccès dans L111 Art n'exige pas feu- De la con.
leni ent la connoiffance de l'enfemble des noiffance dos
fourneaux.
mo,ens qui le conftituent 2 il exige encore
que l'Artifte faffe une étude approfondie des
agens dont il fe fert, qu'il en foit le maitre,
qu?l les manie à fon gré, qu'il
dimirse leur action & la
à augmente ou
plie toutes les circonftances.
La chaleur eft le principal agent dans le travail da fuc exprimé de la Canne-fucrée; il eft
donc bfolument effentiel au Raffirieur de bien
conncitre tous les moyens d'en appliquer l'action.
Certe connoiffance a pour objet l'étude des
fomaux, & cette étude doit
tes les parties du fourneau, le comprendre toude chacune
but & l'ufage
d'elles > leur conftruc.ion &c la
connolfance des matériaux les plus
à
cette conftruétion.
propres
17c Le fourneau, en général, eft un vafe Des
qui prend différentes formes, fuivant
& Tea
que l'e- fres
tics du dats
P
neau. --- Page 268 ---
a - R
DES MOYENS D'EXTRAIRE
des diverfes fubftances que l'on
xige le travail
être fimple, compof,
a à rraiter. Ce vafe peut
& mème furcompofe. dans toutes circonftances,
Il doit être propre, combufibles, à favorià recevoir des matières conferver la chaleur qui
fer la combuffion, à
à conduire cette
fe forme dans la combaftion,
doivent en
même chaleur fur les corps qui
au-dehors les princiéprouver Tacion, porter
& à en garder
volatils des combuftibles,
pes
fixes.
les principes
ces ufages : > le fourneau
Pour remplir tous
différentes; favoir
eft formé de quarre parties Laboratoire & la Chele Cendrier, le Foyer,le
minée,
de fonderies & de forDans les fourneaux
font ordinaireges, ces trois premibres parties les autres fortes de
ment confondues; 5 dans
moins difinetes.
fourneaux, elles font plus ou
les
du cendrier eft de recevoir
Ufage de 171. L'ufage
combultichacne des
fixes des matières
du cendres, principes dans le foyer l'air propre à
pueuls bles, & de porter
fitué fous le foyer.
la combuftion 5 il eft
combuftidoit recevoir les matières
Le foyer
chaleur qui réfuite de leur
bles, conferver la
dans le Laboratoire.
décompofition & la porter
avcc
fe confond quelquefois
Le Laboratoire
aufli il en eft parfairele foyer > quelquefois
combultichacne des
fixes des matières
du cendres, principes dans le foyer l'air propre à
pueuls bles, & de porter
fitué fous le foyer.
la combuftion 5 il eft
combuftidoit recevoir les matières
Le foyer
chaleur qui réfuite de leur
bles, conferver la
dans le Laboratoire.
décompofition & la porter
avcc
fe confond quelquefois
Le Laboratoire
aufli il en eft parfairele foyer > quelquefois --- Page 269 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE.
ment diflinét; il doit renfermer les
corps auxquels on veutr appliquer l'action de la chaleur.
La dernicre partie du fourneau eft la cheminée, elle porte au-dehors les
matières combuftibles
principes des
volatilifées par la chaleur
& elle eft placée à l'extrémité du
Laboratoire.
foyer ou du
172. Le fourneau fimple eft celui dont le
foyer & le Laboraroire étant circonfcrits,
tes Diverfesf de four- sfoz
renferment ou ne porrent que les
ne neaux.
pondent à leur
corps qui récapacité,
Le compofé eft celui dont le foyer & le
Laboratoire n'érant point circonfcrits, font
ou moins prolongés, renferment
plus
plufieurs
ou portent
corps.
Le furcompofé eft celui qui eft formé de
plufieurs fourneaux réunis que l'on
en adtion, enfemble
peut mettre
ou féparément, & qui in'onr
qu'une cheminée,
P 2 --- Page 270 ---
NA
D'EXIRAIRE
DES MOYENS
PREMIER.
ARTICLE
Fourneaus de nouvelle confruclion portant
Des
chaudières de cuiyre.
dit
le travail du fuc
Nous avons
que
Fourneaux 173.
confiftoit en trois opérations principaenufagedans
de
les Sucreries. exprimé
chacune d'elles exigeoit Paétion
les, & que
adtion peut être appliquée,
ia chaleur. Cette
fmulanément dans
pour ces trois opérations, elle peut aufli être aple même fourneau 5
deux fourneaux difpliquée féparément dans
férens.
dans le travail du fuc exprimé
On fe fert,
fortes de fourneaux que
& des firops, des trois
nous venons de diftinguer. E,fig. 4. Pl. 6,
Le fourneau fimple (Pl 5, chaudières le fourA,fg. 3.) ne porte qu'ane
(PL. 5, B,fg. 1. Pl. 4, B,Jg.
neau compofc
fur une feule
deux, trois 3 quatre
1) en porte
ligne.
( Pl. 6,Rg 1) en
Le fourneau furcompofé lignes, qui fe réuplufieurs fur plufieurs
porte riffent en un feul point.
faire les trois opéOn peut fe fervir, pour
fimple (Pl 5, chaudières le fourA,fg. 3.) ne porte qu'ane
(PL. 5, B,fg. 1. Pl. 4, B,Jg.
neau compofc
fur une feule
deux, trois 3 quatre
1) en porte
ligne.
( Pl. 6,Rg 1) en
Le fourneau furcompofé lignes, qui fe réuplufieurs fur plufieurs
porte riffent en un feul point.
faire les trois opéOn peut fe fervir, pour --- Page 271 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 219
rations fimultanément, foit d'un fourneau compofé à trois ou quatre chaudières, foit d'un
fourneau furcompofé à cinq.
Lorfqu'on veut faire ces trois opérations fur
deux fourneaux féparés, 2 on opère la défécation & l'évaporation jufqu'au vingt quatrième degré à l'Arcomètre de Baumé, dans un
fourneau compofé à trois chaudières feulement
(PL. 5, B,fg. 1); puis Onl achève l'évaporation & on opère la cuite, foit dans un fourneau fimple (I E,fig. 4), foit dans un fourneau compofé à deux chaudières.
174. Le fourneau portant chaudières de cui- Divifiond du
fournenu en
vre fe divife en deux parties, l'une répond parties interentièrement à l'extérieur de la Sucrerie, tout ne&estarnc.
le fervice en eft externe; l'autre répond à lintérieur, & tout le fervice en eft interne.
La longueur des fourneaux fe mefare tant
fur le nombre & le diamètre fupérieur des
chaudières, que fur la hauteur de la cheminée.
La largeur fe mefare aufli fur le diamètre fupérieur des chaudières > & fur l'épaiffenr des
parois en maçonnetie qui les foutiennent. La
hauteur comprend la profondeur du cendrier,
l'épaiffeur des grilles, la hauteur du foyer 80
du Laboratoire.
175. Le cendrier &c le foyer répondent ex- Dela PaI
tieexterne edu
sérieurement à la Sucrerie (PI. 6.fig. 2 & 3 ) fourneau,
P 3 --- Page 272 ---
DES MOYENS D'EXTRAIRE
& inférieurement au Laboratoire.. Ils doivent
être ifolés dans toute leur étenduc, , autant que
les circonftances le permettent. Le fervice en
eft plus facile & le foyer plus propre à confervet la chaleur.
La cheminée eft placée, en dehors, à l'extrémité du foyer.
D: cen- 176. Le cendrier eft la partic la plas infédric: &c de rieure du
dont il fait la bafe. Dans
fes divilions.
fourneau,
les fourneaux compofds & futcompofes, il fe
divife en cendrier proprement-dit & en maflif
da cendrier. Sa longueur fe mefure fur le diametre fupérieur des chaudières & fur Tépaif
feur qu'on veut donner aux parois du foyer. Sa
largeur comprend T'étendue qu'on veut donner
&
de fes parois. Sa hau211 foyer
Pépaiffeur
teuir s'élève du fol à la partie fupérieure des
grilles.
Du cenLe
(DAg.a)eft
177.
cenddiargmepremenedird
ment-di. drier Fropre- une cavité qui répond au foyer propeement-dit;
fa figure eft a-peu-près circulaire, fon petic
diamètre a 5 pieds + pouces au plas 5 le
de fon diametre longinudinal doit avoir
rayon
de
Tauen devant 8 à IO pouces
plus que
tre qui eft de 2 pieds 6 pouces. Sa profondeur doit aveir 3 pieds; lorfque le local permettra de lui en donner 4 à S, il conviendra
de terminer fon fonds en cul de lampe (D,
ement-dit;
fa figure eft a-peu-près circulaire, fon petic
diamètre a 5 pieds + pouces au plas 5 le
de fon diametre longinudinal doit avoir
rayon
de
Tauen devant 8 à IO pouces
plus que
tre qui eft de 2 pieds 6 pouces. Sa profondeur doit aveir 3 pieds; lorfque le local permettra de lui en donner 4 à S, il conviendra
de terminer fon fonds en cul de lampe (D, --- Page 273 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 233
fig. 4 ): par cette difpofition > les cendres fe
raffemblent toujours dans le milieu &c l'extraction en eft plus facile. L'ouverture (a.fg. 4)
qui fert à les extraire, fe trouve alors à une
plus grande diftance des grilles; elle peut être
facilement bouchée par les cendres pour empecher l'accès de Tair, afin que celui qui entre par
les ventoufes (b,b,5g. 2) ait un courans plus
rapide, & falfe mieux fondion de fouflet.
Ce cendrier doit avoir plufieurs ouvertures;
tne (a,fg- 2 ) fort à extraire les cendres,
elle porte 18 à 20 pouces de largeur, fur 20
à 24 de hauteur, &c elle doit être pratiquée
fur la partie la plus en avant du cendrier,
afin que l'air qui y paffe porte fur lc combuftible. Les autres nommées ventoufes (b, b),
fervent à porter, dans le foyer, l'air propre
à la combaftion. L'ouverture externe de ces
ventoufes dcit être très - grande & l'ouverture
interne ne doit avoir qu'un pouce de hauteur
fur trois ou quatre de largear, &c répondre le
plas près des bouches du foyer & en deffous.
Elles font fonétion de fouflet d'autant plus
cflicacement, que l'ouverture interne cft plus
refferrée.
Ses épaiffeurs doivent avoir latéralement 26
à 50 pouces : ciles portent far le devant 24 à
28 pouces.
p 4
fes dcit être très - grande & l'ouverture
interne ne doit avoir qu'un pouce de hauteur
fur trois ou quatre de largear, &c répondre le
plas près des bouches du foyer & en deffous.
Elles font fonétion de fouflet d'autant plus
cflicacement, que l'ouverture interne cft plus
refferrée.
Ses épaiffeurs doivent avoir latéralement 26
à 50 pouces : ciles portent far le devant 24 à
28 pouces.
p 4 --- Page 274 ---
-
DES MOYENS D'ÉXTRAIRE
Le cendrier eft terminé par des grilles s(c,c
Rg.2, & 4) quile recouvrent. Ces grilles, qui
font de fer fondu, ne devroient avoir que 3
pouces de largeur fur S à 6 pouces au plus
de hauteur. L'efpace qu'on doit laiffer entr'elles
eft de 3 à 4, pouces.
Les grilles du commerce ont 6 pouces quarrés & quelquefois plus ; ces dimenfions font
très-vicicufes. En préfentant une très-grande furface, elles s'oppofent à la chûte des cendres
& ne laiffent point un accès affez libre à T'air
qui doit fervir à la combuftion.
Dn mimf 178. Le maflif du cendrier (E,E,fg 2 &
olt du cendrier cendrier 4) fert de bafe au foyer improprement - dit.
miproprele fourneau n'eft
ifolé, la terre
mentdit. Lorfque
pas
feule le forme. S'il eft ifolé, ce maffif préfente
formce
la terre & fouune partie moyenne
par
tenue latéralement par une maçonnerie, qui a
18 à 20 pouces d'épaiffeur de chaque côté. Sa
hauteur (ig 4) far le devant, eft de 3 pieds;
elle va, vets la chemince, en angmentant de
IO à 12 pouces. Sa largeur & fa longueur fc
mefurent far celles qu'cn veut donner aul foyer
improprement dit, dont il fait la bafe.
Tivifiondu 179. Le foyer eft établi fur le cendrier; il fe
foyer.
divife, dans lcs fourneaux compofés & farcompofés, en foyer proprementedit & en foyer im-
4) far le devant, eft de 3 pieds;
elle va, vets la chemince, en angmentant de
IO à 12 pouces. Sa largeur & fa longueur fc
mefurent far celles qu'cn veut donner aul foyer
improprement dit, dont il fait la bafe.
Tivifiondu 179. Le foyer eft établi fur le cendrier; il fe
foyer.
divife, dans lcs fourneaux compofés & farcompofés, en foyer proprementedit & en foyer im- --- Page 275 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 233
proprement-dit. Sa longueur fe mefure fur le
nombre & fur le diamètre fupérieur des chaudières; fa hauteur s'élève de la furface du cendrier au fond des chaudières ; fa largeur eft de
IO pieds quelques pouces. Ses parois dont l'éPaiffeur eft de 24 à 30 pouces fe divifent;
par rapport aux matériaux dont elles font formées, en deux parties; l'une interne, l'autre
externe.
180. Le foyer proprementdic (G) répond Foyer
au cendrier proprement-dit (D,fg. 4); il pré- pCRELRE
fente une cavité dont le foud eft formé
le
grillage du cendrier; fa figure,
par
inférieurement,
s'éloigne plus ou moins de la circulaire, fuivant le nombre de beuches, & elle s'en approche
d'autant plus qu'il s'élève davantage vers le fond
de la chaudière, où il fe termine. Son petit diamètre ne doit jamais avoir plus de
5 pieds IO
pouces, lorfqu'il a deux bouches; ; & 5
à 8 pouces, lorfqu'il n'en a qu'une. Le pieds du
diamètre
rayon
longitudinal qui fe porte fur le
doit avoir 8 à IO pouces de plus
devant,
afin qute la combuftion fe faifant que l'autre;
deçà du centre du
beaucoup en
entraînée
foyer, la flamme qui eft
par un courant rapide vers la cheminée, porte fon aétion également fur toute la
furface du fond de la chaudière. Sa hauteur fe
mefure de la furface du
grillage au centre du --- Page 276 ---
-
DES MOYENS D'EXTRAIRE
fond de la chaudière : elle doit être de 40 à 44
pouces au plus.
Ce foyer doit avoir une ou deux ouvertures
(d,d) prariquées dans la partie la plus antdrieure de fes parois; eiles fervent pour T'introduétion du combuftible & ellcs doivent être
formées, pour plus grande folidité, par des
cylindres de fer fondu, de I2 à 15 pouces de
diametre.
Lorique les bouches du foyer préfentent une
plus grande ouverture. 2 la fomme de paille ou
de bagaffes que le Nègre introduit n'eft pas
affez confidéreble pour la remplir entièrement;
il ya alors un vuide entre le combuftible &: la
partie fupéricure de la bouche, par lequel s6tablit un courant d'air qui nuit d'autant plus
à T'effet de la combuftion, que ce vuide eft
plus grand. La partie inférieure de ces bonches
doit
s'élever au-deffus du niveau des
nc
Fas
grilles. Les parois de CC foyer fe divifent en denx
patties, par mapport anx matériaux dont elles
font formées. Ceux qui fervent à former la
partie interne (c,c), doivent etre propres à
fupporter l'adion du feu la plus forte, tels que
les bafaltes & la brique. L'efpèce de brique connue dans le commerce s fous le nom de brique
de Nantes, cft,par fa nature &c par fa forme, la
as
grilles. Les parois de CC foyer fe divifent en denx
patties, par mapport anx matériaux dont elles
font formées. Ceux qui fervent à former la
partie interne (c,c), doivent etre propres à
fupporter l'adion du feu la plus forte, tels que
les bafaltes & la brique. L'efpèce de brique connue dans le commerce s fous le nom de brique
de Nantes, cft,par fa nature &c par fa forme, la --- Page 277 ---
LE SEL ESSENTIEL -DE LA CANNE. 235
meilleure 8c même la feule qu'on doive employer. L'épaiffeur de cette partie doit avoir
12 à I5 pouces, La partie externe G.f) peut
êrre faite avec toute forte de matériaux 5
pouryu qu'iis ne préfentent, qu'un petit volume.
Les pierres calcaires &. fcintillanres doivent
être préférces à la brique, comme moins conduétcurs de chaleur.
Le foyer proprement-dic communique avec
le foyer improprement- - dit qui en eft la continuation.
181. Le foyer improprement-dit ( H, H) Foyer imeft établi far le maflif du cendrier ( E, E) qui proprement- dit."
lui fert de bafe; il préfente une cavité irrégulière qui s'ouvre dans celle. du foyer proprement-dit, avec laquelle elle femble fe confondre. Cette cavité s'étend jafqu'a l'ouverture de
la cheminée, ein fe divifant en autant de parties qu'il y a de chaudières. La divifion eft
marquée de chaque côté par un avancement en
forme de pilaftre (gs g) qui répond à l'intervaile que gardent entr'eux les fonds de chaque
chandière; (intervalle qui cft mefuré par la dif
férence qu'il y a entre le diamètre fupérieur
des chaudières & le diamètre de leur fond).
Cet avancement fert de bafe à la maçonnerie
qui remplic T'efpace que gardent les chaudières
entr'elles, Les avancemiens qui fe répondent --- Page 278 ---
1 1 -
DES MOYENS D'EXTRAIRE
d'un côté à T'autre, font à égale diftance de la
ligne centrale du foyer. Ceux qui fe trouvent
entre la première & la deuxième chaudière,
doivent être établis à 24 pouces de cette ligne.
Ceux qui fe trouvent entre la deuxième & la
troifième, cntre la troifième &-la quatrième s
fe rapprochent d'un pouce fur cette ligne. Ce
foyer décrit latéralement une courbe (h,h,h)
d'un avancement à l'autre, faifant fegment
d'un cercle qui répond au fond de la chaudière
& dont le diamètre doit avoir inférieurement
pieds 6 à 8 pouces. Ce cercle s'élève en fe
venir faifir le
refferrant toujours un peu, pour
fond de la chaudière à l'angle qu'il forme avec
les parois (fg.4).
va
La hauteur du foyer improprement-dit
de la cheminée; ;
en diminuant vers F'ouverture
elle doit être de 26 à 28 pouces au centre
de la première à défsquer (Sg. 4). L'épaiffeur
de fes parois eft de 24 à 2S pouces, en fuivant le diamètre qui répond à chaque chaudans la partie qui ré
dière; eile a davantage
pond à Tavancement.
La partie interne (e, c,fig. 2 &c s) des parois s.eft formée comme celle du foyer proptement-dit, de briques de Nantes, & la partic cx2 & 5) de toure forte de
terne (F,JAg.
matériaux.
. 4). L'épaiffeur
de fes parois eft de 24 à 2S pouces, en fuivant le diamètre qui répond à chaque chaudans la partie qui ré
dière; eile a davantage
pond à Tavancement.
La partie interne (e, c,fig. 2 &c s) des parois s.eft formée comme celle du foyer proptement-dit, de briques de Nantes, & la partic cx2 & 5) de toure forte de
terne (F,JAg.
matériaux. --- Page 279 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 237
Si on réféchit à la manière d'agir du Auidela forme de ces fourchaleur, on verra que
la
propre à faneaux eft en méme-temps
plus
vorifer fon adion, & la plus folide par rapport à l'enfemble des chaudières.
La chaleur agiffant par fa maffe & fa tendance étant de bas en haut, la difpofition de
la
fupérieure du fourneau doit être telle
partie
environne le fond. de
que la maçonnerie, 2 qui
chaque chaudière > préfente le moins de furface
pofible, afin que le fond reçoive la plus grande
quantité de ce Auide. Nous ferons voir combien les fourneaux portant chaudières de cuivre ont d'avantages, à cet égard, fur ceux qui
portent des chaudières de fer.
De. la chcd
182. La cheminée (I, K,fig.2 2 & 4) s'ott- minéc.
vre à l'extrémité du foyer improprement - dit.
Elle eft forméé de deux parties; l'une (I) horifontale, l'autre (K) verticale. La partie horifontale (I) dont l'ouverture doit avoir 26
pouces de hauteur fur 28 à 30 de largeur,
doit fuivre la direétion du foyer & avoir le
moins de longueur poflible. Elle comprend
l'épaifeur des parois du Laboratoire, celle du
mur de la Sucrerie & le diamètre de la partie
verticale.
La partie verticale (K) s'ouvre perpendiculairement fur la partie horifontale; fon ouver- --- Page 280 ---
€ 2 -
2;8
DES MOYENS D'EXTRAIRE
ture eft circulaire. Dans les fourneaux fimples, elle porte IS à 20 pouces de diamètre;
dans les fourneaux compofés, elle doit avoir
23 à 2.4 pouces 5 dans les fourneaux farcompofés, il convient de lui donner 25 à 26 pouces. File a, pour calibre, l'aire de fon ouverture qu'elle conferve jufqu'à moitié de fon
érendue, où il commence à diminuer, pour fe
réduire à-peu-près à I5 pouces à fon extrémité
fupérieure
Nous préférons la forme circulaire à la forme
quarrée, parce qu'elle préfente moins d'obftaclesà
la rapidité du courant des macières volatilifées,
& qu'elle demande aufli moins de matériaux.
Sa hauteur doit fe mefurer du fond de
la partie horifontale &: s'élever depuis 23
jufqu'à 25 picds. Ses parois (n2, m) portent 2
jufqu'a uil tiers de fon étendue, 16 pouces d'épaiffeur & au-deffus 8 à 12 pouces. Il convient de mettre plulicurs cercles de fer, chacun à difances égales, pour ajouter à fa folidité & l'empècher de fe fendre.
Obferva- :83. On fait que Paétivité de la combuftions cendrier, fur le lc tion dans un fourneau, eft en raifon de la rapidité
foyer & la du courant
s'établit du foyer à la chemicheminéc.
qui
née; & cette rapidicé eft die particulièrement
à un certain rapport des ouvertures du cendrier
& du foyer, tant avec l'aire que préfente l'ou-
ajouter à fa folidité & l'empècher de fe fendre.
Obferva- :83. On fait que Paétivité de la combuftions cendrier, fur le lc tion dans un fourneau, eft en raifon de la rapidité
foyer & la du courant
s'établit du foyer à la chemicheminéc.
qui
née; & cette rapidicé eft die particulièrement
à un certain rapport des ouvertures du cendrier
& du foyer, tant avec l'aire que préfente l'ou- --- Page 281 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE:
vercure de la cheininée dans le foyer,
Tétendue de fon calibre & de fa hauteur. qu'avec
Mais, comme tne infnité de peties circonftances dérange ou favorife ce rapport, il eftimpoflible de déterminer rigoureufement
eft l'ouverture qu'on doit donner à la cheminée quelle
dans le foyer, & quelle doit être fon calibre
& fa hauteur. Il faut à cet égard confulter l'obfervation, qui apprend que les ouvertures du
cendrier ainfi que les bouches du foyer, doivent être pratiquées dans la partie la plus antérieure du fourneau. Celles du cendrier
doivent
s'approcher le plus près poflible des bouches du
foyer; afin que l'air fe porte tout de fuite fur
le combuftible.
Les bouches du foyer doivent être
afin qu'elles puiffent être entièrement petites 9
par le
bouchées
combuftible; car on fait que, dans tout
fourneau, l'air qui entre par les bouches du
foyer nuit à l'aétivité de la combuftion
l'action de la chaleur.
& a
L'obfervation apprend, par rapport à la cheminée; que plus fon ouvertare, dans le
eft grande, plus on doir lui donner
foyer,
d'élévation,
pour obtenir un courant tres-rapide, On
noîtra aifément le point d'élévation
recons'arrêter, à l'état & à la manière
oû on doit
dont fe com- --- Page 282 ---
- AD
DES MOYENS D'EXTRAIRE
portent la fumée & la flamme, en fortant de
fon extrémité.
Si la cheminée fe trouve dans un rapport
convenable pour le calibre & pour la hauteur
la fumée fort confamment par gros tourbil
lons noirs, & on voit, pendant la nuit, la
famme former à fon extremité, un lumignon
qui repréfente un cône de feu dont la hau
teur femble être de 3 à 4 pieds, &c qui, de
temps en temps, fe développe en forme de
getbe.
Lorfque la cheminée eft trop peu élevée ou
que fon ouverture fupérieure eft trop grande,
intervalles & la
la fumée ne paroit que par
flamme fe développe en forme de gerbe. Lerfqu'au contraire la cheminée eft ou trop élevée,
Oil que fon calibre cft trop refferré dans la partie
la fumée fort fans former de tourbilfipérieure, ,
fous la forme
lons noirs & la flamme paroit
d'un cône très - court toujours terminé en
pointe.
fon
Un fourneau peut remplir parfaitement
objet, par rapport à la combuftion, fans que
néanmoins l'aétion de la chaleur fe porte
comme il convient fur les chaudières; foit
parce que la capacité du foyer eft trop grande, foit parce que les chaudières font ou trop,
ou trop peu élevées fur le foyer,
184-
fipérieure, ,
fous la forme
lons noirs & la flamme paroit
d'un cône très - court toujours terminé en
pointe.
fon
Un fourneau peut remplir parfaitement
objet, par rapport à la combuftion, fans que
néanmoins l'aétion de la chaleur fe porte
comme il convient fur les chaudières; foit
parce que la capacité du foyer eft trop grande, foit parce que les chaudières font ou trop,
ou trop peu élevées fur le foyer,
184- --- Page 283 ---
LE SEL ESSENTIEL DE,LA CANNE.
184. Le Laboratoire eft la partie du four- De la
neau qui s'élève dans lintéricur de la
tie du Darc
il eft formé
les
Sucrerie; neau qui répar
chaudières & la maçonne- ricur pond al'incé. de
rie qui les foutient & les partage entr'elles. Il Sucrerie. la
ne préfente qu'une chaudière dans les fourneaux
fimples; dans les fourneaux
compofés & farcompofés,.. le nombre de celles qu'il
eft plus ou moins grand.
préfente
185. Les chaudières qui forment un Laboratoire compofé, préfentent au foyer la face ex- re Laboratoi- compoft,
terne de leurs fonds. L'efpace
fonds
que gardent ces
entr'eux, eft mefuré par la différence
du diamètre fupérieur des chaudières fur leur
diamètre inférieur. Cet efpace eft entièrement
rempli par de la maçonnerie (L,Sg. 4),
aj pour bafe les avancemens
qui
défignés ci - deffus
(g, gsfig. 2 & 4). La partie inférieure de
cette maçonnerie eft formée d'une voûte
en briques de
faifit
(o)
Nantes, qui
très - étroitement le fond de chaque chaudière à
qu'il forme avec les parois, fans dépaffer l'angle
angle. On pourroit faire cette voûte
cet
en bafalte, elle feroit beaucoup plus folide
briques.
qu'en
La maçonnerie qui foutient l'enfemble des
chaudières fur les côtés & aux extrémités
(PI, 6,
959, fig. 4 & 5), forme lès parois du Laboratoire. Son épaiffeur fuit l'évafement des chauQ
le fond de chaque chaudière à
qu'il forme avec les parois, fans dépaffer l'angle
angle. On pourroit faire cette voûte
cet
en bafalte, elle feroit beaucoup plus folide
briques.
qu'en
La maçonnerie qui foutient l'enfemble des
chaudières fur les côtés & aux extrémités
(PI, 6,
959, fig. 4 & 5), forme lès parois du Laboratoire. Son épaiffeur fuit l'évafement des chauQ --- Page 284 ---
- a
D'EXTRAIRE
DES MOYENS
dières; elle a dans fa partie fupérieure 15à
elle fe termine par une furface (r,fig. s)
pouces; ;
du bord externe dela
inclinée de 5 à 6 pouces,
Cette farface ( Pl.4fig. 1)
parois à la chaudière. chaudière de petirs bafpréfente entre chaque e) de 14 à 15 pouces
fins circulaires (es es
diamètre fur 2 à 3 pouces de profondeur,
de
elle préfente encore
recevoir les écumes;
pour
6fi entre les baflins, pour
des goutières
à déféquer (a) les écuporter dans la première enlève avec elles. Entre
mes & le vefou qu'on de la Sucrerie, eft un
chaudière & le mur
cette
recevoir les fécules de la prebaflin (g) pour
hors de la Sucrerie
mière forte, & les porter
du
(x) pratiqué dans Tépaiffeur
par un tuyau
mur.
Laboratoire doit être garnie
La furface du
les baffins
cuivre dans toute fon étendue;
en
(f,f) doivent être
(e,6,6) & les gouttières
en cui-
& foudés à la garniture
faits en plomb
doit être foudée au pourvre, qui elle-mème
liée fur le bord extour des chaudières & re
fupérieure,
formé dans fa partie
terne des parois
bois à laquelle la garniture
par une pièce de
doi: être clouée fur le repli.
PL.
chaudières (a, b,c, d,fg. 0 2,8
Les
une cavité
&
4, Pl. 6) préfentent
figfes dimenfions 2 & dont
qui varie pour
it être foudée au pourvre, qui elle-mème
liée fur le bord extour des chaudières & re
fupérieure,
formé dans fa partie
terne des parois
bois à laquelle la garniture
par une pièce de
doi: être clouée fur le repli.
PL.
chaudières (a, b,c, d,fg. 0 2,8
Les
une cavité
&
4, Pl. 6) préfentent
figfes dimenfions 2 & dont
qui varie pour --- Page 285 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE
la I contenance eft de quatre à cinq milliers.
La profondeur de la chaudière dcuire
doit être, dans toutes
(d)
Son
cinconflances, de 30
pouces.
diamètre inférieur, qui eft celui
de fon fond, doit avoir 60 pouces. Son diamètre fupérieur,. dans les fourneaux
& furcompofés, doir être aul plus de compofés 6
6 pouces. On peut lui donner
pieds
7 pieds fans
inconvénient, dans les fourneaux fimples.
La chaudière (c) à évaporer doit
pouces de profondeur ; fon diamètre porter inférieut 29
doit être de 62 pouces, & le fapérieur de 6
pieds 8 à IO pouces.
Les chaudières à déféquer doivent avoir, la
feconde (6) 28 Pouces de profondeur, la
miere (a) 27 pouces 5 leur diamètre infé- prerieur (1) doit porter 62 à 64 pouces, & le
fupérieur 7 pieds à 7 pieds 4 pouces. Le fond
de toutes ces chaudières doit avoir 2 à
ces de concavité.
3 pouNous aflignons aux chaudières à
à
évaporer 8c
déféquer un pouce de profondeur de
à mefure qu'elles
moins,
s'cloignent de la chaudière à
cuire; parce que, fe furbaiffant d'un
les
unes fur les autres, leurs fonds fe
pouce
trouvent néan-
(1) On pcut fans inconvénient cmployer
siont le fond Forte le meine diamdire.
quatre chaudières
Q 2
pouNous aflignons aux chaudières à
à
évaporer 8c
déféquer un pouce de profondeur de
à mefure qu'elles
moins,
s'cloignent de la chaudière à
cuire; parce que, fe furbaiffant d'un
les
unes fur les autres, leurs fonds fe
pouce
trouvent néan-
(1) On pcut fans inconvénient cmployer
siont le fond Forte le meine diamdire.
quatre chaudières
Q 2 --- Page 286 ---
AC A
DES MOYENS D'EXTRAIRE
moins à la mème hauteur fur le foyer (Veyex
Pl. 6,fig. 4). chaudière à cuire, doit être un
Près de la
rafraichiffoir de cuivre (Pl. 4, msnig. I, PI.
6,n,8g. 4) fcellé, en partie, dans les parois du Laboratoire, dont il eft un accelfoire.
Sa capacité doit être allez grande pour contenir
à
cubes. Il reçoit le produit de
15 pieds
la chaudière à cuire, lorfqu'on la vuide.
y
AR
-
--- Page 287 ---
LE SLL ESSENTIEL DE LA CANNE,
ARTICLE I I.
Defcription des Fourneaux fervant aux Chaudières de fer généralement employées dans nos
Colonies pour le travail du Jic exprimé de la
Canne-Sucrée,
184. ON fe fert généralement dans
lonies
nos Co- Fourneaux
pour le travail du fac de Canne
portantchau. compolés
de fourneaux compofés de
à exprimé, dières de fer.
dières de fer.
quatre cinq chauLes Sucreries (PL. 2, K, Fg. 4) de qui les renferment > ont 22 à 28 pieds de
fur
à I5o de long.
large
IOO
La longueur des fourneaux eft fuivant le
nombre & le diamètre des chaudières, de
à 70 pieds, dont 26 a
la
5o
Leur
35 pour
cheminée.
largeur eft de IO à I5 pieds; ordinairement elle va en diminuant d'un pied de la
Grande à la Batterie. Leur hauteur eft de 8 à
9 pieds; elle va de la Batterie à la Grande
en diminuant de 6 à 8 pouces,
187. Le cendrier
bafe du
(PL 2, Sig. 5, M) eft la Cendrier
fourneau; fon étendue a, 25 à
de CCS fourde long, IO à 15 de
fur
35 pieds neaux comlarge
3 de hauteur pofis.
Q a 3
uant d'un pied de la
Grande à la Batterie. Leur hauteur eft de 8 à
9 pieds; elle va de la Batterie à la Grande
en diminuant de 6 à 8 pouces,
187. Le cendrier
bafe du
(PL 2, Sig. 5, M) eft la Cendrier
fourneau; fon étendue a, 25 à
de CCS fourde long, IO à 15 de
fur
35 pieds neaux comlarge
3 de hauteur pofis.
Q a 3 --- Page 288 ---
M
DES MOYENS D'EXTRAIRE
au plus. Il eft borné d'un côté par la terré
qui fait le fond de la Sucrerie; de l'autre côré,
il eft borné par le mur de la Sucrerie qui concourt à former fes parois, en le féparan: de la
gallerie. Les deux extrémités font ifolées. Il fe
- dit & en mafdivife en cendrier proprement
fif du cendrier.
M) eft citCendrier Le cendrier proprement-dic (e
propeementfon diamètre a 4 à 5 pieds ; fa hauEit.
culaire;
le
qui en forme la partie
teur, compris
grillage
fupérieure, a 30 à 36 pouces. Il communique
dans la gallerie (L) par un canal (f) qui a
de
Ce canal fert à
15 à 18 pouces
largeur.
extraire les cendres & à porter dans le foyer
lair propre à la combuftion.
Le maflif du cendrier ( M g) fert de bafe
Malfif du
Il préfente une Cagendrier, aut foyer impcoprement-dit.
de large fur
vité (h) qui a 30 à 36 pouces
à
de long; fa profondeur eft égale
4 5 pieds
elle comà celle du cendrier proprementdit,
munique dans la Gallerie par un canal (i).qui
de large far 20 à 24 de hauteur.
a
pouces
le
Ce canal eft fermé, O11 ne l'ouvre qu'après
travail pour extraire les cendres qui y font
tombées.
Ce maflif eft prefqu'entièrement fait en magonnerie, & fon étendue eft relative à la grandeur du foyer,
eft égale
4 5 pieds
elle comà celle du cendrier proprementdit,
munique dans la Gallerie par un canal (i).qui
de large far 20 à 24 de hauteur.
a
pouces
le
Ce canal eft fermé, O11 ne l'ouvre qu'après
travail pour extraire les cendres qui y font
tombées.
Ce maflif eft prefqu'entièrement fait en magonnerie, & fon étendue eft relative à la grandeur du foyer, --- Page 289 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 247
188. Le foyer (N,fig. 6) eft établi fur le
cendrier (M) qui lui fert de bafe. Sa longueur, fourneaux Foyerdeceg
lorfqu'il porte cinq chaudières a grand diamè- compofés,
tre,eft de 34 à 35 pieds; fa largeur, compris
le mur de Ia Sucrerie, eft de Ioà II
fa hauteur fe mefure de Ia furface du cendrier pieds;
à la ligne ponctuée (Ag-7) qui paffe fous. le
fond des chaudières. Ligne
du Laboratoire
qui fépare le foyer
(1).
Le foyer fe divife aufli en foyer
dit, & en foyer improprement-dit. propremeneLe foyer proprement-dit (k N) eft circulaire; fon fond eft formé
le
premeut-dits Foyerprei.
céndrier
par
grillage du
proprement-.dit. Sa haureur fe mefure
de la furface de ce grillage au fond de la chandière qui lui répond; elle eft de 30 à
ces. Son diamètre
33 poude fes
porte pieds, & Tépaiffeur
parois eft de 3od; 36 pouces. Il y a dans
ces parois un canal circulaire (1)
deux, dont le diamètre
quelquefois
ils forment
porte IS à 18 pouces ;
les bouches du foyer.
Le foyer improprement-dit (N
s'ouvre
dans le foyer
m)
Foyer ims
fure de la proprement-dit; fa hauteur fe me- dit." propremencfurface du maffif du cendrier à la
ligne ponétuée (Sig. 7) qui paife fous les chaudières; elle va du Sirop où
elle a 24 à 30
(r) Nommé valgairement équipage.
Q 4
ils forment
porte IS à 18 pouces ;
les bouches du foyer.
Le foyer improprement-dit (N
s'ouvre
dans le foyer
m)
Foyer ims
fure de la proprement-dit; fa hauteur fe me- dit." propremencfurface du maffif du cendrier à la
ligne ponétuée (Sig. 7) qui paife fous les chaudières; elle va du Sirop où
elle a 24 à 30
(r) Nommé valgairement équipage.
Q 4 --- Page 290 ---
-
-
SA
DES MOYENS D'EXTRAIRE
pouces, en fe réduifant vers la Grande
conferve 18 à 20
où elle
Les
pouces,
parois du foyer fe divifent
port aux marériaux dont elles
3 par rapinterne & externe, La
font formées, en
eft entièrement
parois interne (n,n)
l'externe
formée de briques de Nantes,
(0,0) eft formée de
>
du pays & de pierres,
grofles briques
Les parois internes du foyer
dit (Fig. 90) s'élèvent d'abord imptoprementpuis décrivent une courbe
verticalemenr, 9
des chaudières
qui fuit l'évafement
& vient les faifir à
ces de leur bord.
4 à 5 pouLaboraroi- 189. Le
redeces fourLaboratoire eft cette
neaux com- neau qui s'élève
partie du fourpofés,
au-deffus de la ligne
(Fig. 7) qui paffe fous toutes les
ponétuée
il fe termine à la furface du
chaudières ;
bord de ces chaudières.
glacis contigu au
Il peur être divifé en trois
terne
parties; l'une inrépond au foyer, l'autre
la partie interne de l'externe toyenne fépare
l'intérieur de la Sucreric.
> qui répond à
La partie interne du Laboraroire
par la convexité des
eft formée
&
chaudières
par lintervale (P, P) qu'elies (a,hye,d,e)
tr'elles. Sa hauteur eft mefiurée
gardent encft entre la ligne
par l'efpace qui
boratoire du
ponétuée qui fépare le Lafoyer, & le point cà commence --- Page 291 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 249
lc fcellement des chaudières. Sa plus grande
largeur eft de 6 pieds.
La partie moyenne eft formée par la partie
inférieure (g) des arceaux (1) qui féparent
les chaudières entr'elles & qui fervent à : les
fceller. Sa hauteur eft de 4 à 6 pouces.
La partie externe (ig. 4, b) préfente la
concavité des chaudières (ash,cs d, e), les
glacis (n,n) qui les furmontent, la partie
fupérieure (0,0) des arceaux qui les féparent & la furface (P,P) des parois du Laboratoire.
La furface de la parcis qui répond à la ligne
centrale de la Sucrerie, eft affez étendue entre chaque chaudière pour qu'on puiffe y érablir un petit baflin (1,2) d'un pied quarré
ou circulaire fur 2 à 3 pouces de profondeur.
Ces baflins reçoivent les écumes qui font
portées dans la Grande (a) par une gouttière
(m) pratiquée att bord du Laboratoire. Cette
gouttière eft partagée en deux parzies par une
cloifon mobile (9) qui fait obftacle aux écumes qui viennent des trois premiers baflins
afin qu'elles coulent dans la Grande. Les écu- >
mes de la Grande font verices dans le baflin
(:) On nomme ainii les vodtes cn magonneric qui fparent
les chaudières &: lcs ticnnent fcellées.
) par une gouttière
(m) pratiquée att bord du Laboratoire. Cette
gouttière eft partagée en deux parzies par une
cloifon mobile (9) qui fait obftacle aux écumes qui viennent des trois premiers baflins
afin qu'elles coulent dans la Grande. Les écu- >
mes de la Grande font verices dans le baflin
(:) On nomme ainii les vodtes cn magonneric qui fparent
les chaudières &: lcs ticnnent fcellées. --- Page 292 ---
2 -
DES MOYENS D'EXTRAIRE
qui lui répond & portèes par la feconde partic
de la goutrière dans une chaudière (k) placé
près du Laboratcire pour les recevoir.
Les chaudières que préfente le Laboratoire
ont reçu des noms propres d'après leur conte
nance , & d'après l'état du vefou qu'elles co1l
tiennent.
Celle (c) qui eft fixée fur le foyer propre
ment-dit, eft nommée Batterie.
Celles qui font établies fur le foyer improprement-dic font nommées, comme nous l'avons vu déjà, des noms de Sirop (d), Flambeau (c), Propre (8) &c Grande (a). Elles fe
fuivent dans une proportion relative à leur grandeur. La Batterie eft la plus petite; elle porte
ordinairement 40 à 44 pouces de diamétre.
C'eft elle qui détermine le diamètre des fuide 4 pouces les uns
vantes qu'on angmente
fi la Batterie a
fur les autres 3 de forte que
40 pouees s le Sirop en a 44, le Flambeau
43, ainfi de fuite.
de la briLes Glacis (n,n n) font faits avec
d'étendue que les
ques ils ont d'aurant plus
chaudières font plus petites. Ils font divifés
entr'eux par la partie fupérieure (o) des arde
& cft receaux qui a 5 i6 pouces
large,
couverte en plomb.
decàs
La furface du Laboratoire efinclinée --- Page 293 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE. 25E
pouces de' la Batterie à la Grande > pour que le
vefou puiffe, lorfqu'il prend un volume confidérable par le bourfouflement, retomber de
la chaudière la plus avancée dans celle qui l'eft
le moins.
190. La cheminée, dernière partie du four- des Cheminée fourneau, eft un canal fitué à l'extrémité du foyer neaux com:
polés.
oppofée aul foyer proprement-dit. Ce canal eft
formé de trois parties. Les deux premières font
horifontales;1 la troifième eft verticale. Les deux
parties horifontales font pratiquées dans les parois du foyer.
La première horifontale (r, Sig. 6) prend
fon embouchure dans le foyer improprementdit, en fuit la direction, & s'ouvre dans la
gallerie du fourneau.
La feconde (s), coupe Ia première à angle
droit par une ouverture de 18 pouces de large,
fur 18 à 20 de hauteur; elle fe continue jufque dans la gallerie. Les ouvertures de ces deux
parties, dans la gallerie du fourneau, font fermces pendant le travail; elles s'ouvrent feulement lorfqu'il eftbefoin d'extrairetantles cendres
du foyer improprement-dit, que celles qui tombent de la partie verticale.
La troifième partie (t, Rg. IO) du canalcheminée s'élève verticalement fur la feconde
horifontale (s), & femble former un canal
elle fe continue jufque dans la gallerie. Les ouvertures de ces deux
parties, dans la gallerie du fourneau, font fermces pendant le travail; elles s'ouvrent feulement lorfqu'il eftbefoin d'extrairetantles cendres
du foyer improprement-dit, que celles qui tombent de la partie verticale.
La troifième partie (t, Rg. IO) du canalcheminée s'élève verticalement fur la feconde
horifontale (s), & femble former un canal --- Page 294 ---
a
DES MOYENS D'EXTRAIRE
2g2
adoffé au mur de la Sucrerie. Sa
particulier eft'de 24 à 26 pieds; fon calibre eft ,
hauteur
partie de fon étendue ,
dans la plus grande
de I6 à 18 pouces quarrés; il fe refferre vers
l'extrémité fupérieure, & fe termine par une
Ses épaifouverture de 12 à 14 pouces quarrés.
feurs font inférieurement de IS à 20 pouces >
& fupéricurement de 8 à 12.
otA
- --- Page 295 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE.
A R TICLE IIL
Des avantages gue préfentent les Fourneaux
portant Chaudières de cuivre fiur ceux portant Chaudières de fer.
Novs allons comparer maintenant les différences qu'offrent les fourneaux portant chaudières de cuivre, tels que nous venons de
les décrire, tant par rapport à la capacité de
leur foyer, que rapport à l'étendue de la furface que préfentent les chaudières de l'une &
l'autre forte à l'aétion direéte de la chaleur.
On fait que la chaleur eft un fluide qui
en raifon de fa maffe, & que fa maffe eft d'au- agit
tant plus confidérable que le foyer, dans
elle fe produit > a une moins grande lequel étendue: on fait que fon action fur les
y font expofés; eft d'autant
corps qui
lui
plus forte qu'ils
préfentent une plus grande furface, &
cette action eft moins
que
étrangers.
partagée par des corps
191. La capacité du foyer & de la
interne du Laboratoire d'un fourneau partie
Fourneaux
dières de fer,
à cing chau- ROTre la
qui ne forment enfemble qu'une cité de SRS
foyers.
lequel étendue: on fait que fon action fur les
y font expofés; eft d'autant
corps qui
lui
plus forte qu'ils
préfentent une plus grande furface, &
cette action eft moins
que
étrangers.
partagée par des corps
191. La capacité du foyer & de la
interne du Laboratoire d'un fourneau partie
Fourneaux
dières de fer,
à cing chau- ROTre la
qui ne forment enfemble qu'une cité de SRS
foyers. --- Page 296 ---
- -
DES MOTENS D'EXTRAIRE
feule cavité, eft de 1380
-
déduire de cette
pieds cubes; ; on doic
la folidité des capacité I06 pieds cubes pour
cinq chaudières
geant dans Ia cavité, la
qui, en ploncubes,
réduifent à 1274 pieds
La capaciré du foyer d'un
velle conftruétion
fourneau de notcuivre, tel
portant quatre chaudières de
n'eft
que celui que nous avons décrit,
guères que de 320 pieds
la cavité de ce foyer eft à
cubes ; ainfi
fourneau à chaudières
celle du foyer du
de
à 4.
fer, comme I elt
Si, dans un temps donné,
chacun de ces fourneaux
On1 brâile dans
combuftible,
une fomme égale de
on obtient bien la même
de chaleur; mais la maffe de
quantité
fourneau à
ce Auide dans le
inverfe de chaudières de fer, étant et raifon
la capaciré de ce fourneau, qui eft,
rapport au fourneau à chaudières de
Par
comme 4 à I; il réfulte
la
cuivre >
avec quatre fois moins de que
chaleur agit
neau à chaudières
force dans le fourchaudières
de fer, que dans celui à
de cuivre,
Le fourneau à chaudières de cuivre
donc, par rapport à fa capacité,
préfente
mie de combuftible,
une éconode celui
qui va aux trois quarts
qu'on employe dans les fourneaux a
chaudières de fer. --- Page 297 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE: 255
192. La furface que préfentent les chaudiè- Chaudière:
tes de fer à l'aétion de la chaleur, quoique dans comparées l'étentrès-étendue, ne doit néanmoins être confidé- face duede qu'elles la furrée que relativement à l'effet direét & ver- offrent foyer. au
tical de ce fuide fur elles; Car (a tendance
érant de bas en haut, on doit regarder comme
nulle ou prefque nulle, l'aétion de celle qui eft
réfléchie par l'extrème obliquiré de ces chaudières.
Si on compare la furface des plus grandes
chaudières de fer avec. celle des chaudièresdecuivre, & qu'on déduife 4 pouces du diamétre de
chacune d'elles, pour la maçonnerie qui les tient
(cellées; alors une Batterie de 44 pouces ne préfentera à la cavité du foyer,que la furface d'une
chaudière de 40 pouces & ainfi des autres.
Or la furface totale que préfentera au foyer
une Batterie de 44 pouces, 5 fera IS pieds quar:
rés 4 pouces, & l'aire du cercle de cette.chaudiète qui reçoit l'adtion direéte de la chaleur,
fera 9 pieds quarrés 2 pouces.
Surfaces totales des chaudières fuivantes &
celle de l'aire de leur cercles.
Fouc.'P.q. pou. aires
Savoir pour un Sirop de 48.21.12 2./10..78
pour un Flambeau 52. 24.24. 12. .84
pour une Propre 56.29.92. 14.118
pour une Grande 60-134.16.17...
'adtion direéte de la chaleur,
fera 9 pieds quarrés 2 pouces.
Surfaces totales des chaudières fuivantes &
celle de l'aire de leur cercles.
Fouc.'P.q. pou. aires
Savoir pour un Sirop de 48.21.12 2./10..78
pour un Flambeau 52. 24.24. 12. .84
pour une Propre 56.29.92. 14.118
pour une Grande 60-134.16.17... --- Page 298 ---
D:S MOYENS D'EXTRAIRE
Quoique la fomme des furfaces totales
frent ces cing chaudières, foit de
qu'ofquarrés'128
126 pieds
de la chaleur pouces, néanmoins l'action direéte
furfaces,
ne porte que fur la fomme des
que préfente l'aire du cercle de
que chaudière, qui fe
charés 92 pouces.
montel; pieds quarLa farface que préfentent les
cuivre eft, d'après.les dimenfions chaudières de
aflignées à
que nous avons
dcuire.. chacue; favoir pour la chaudière
pour celle à éraporer,
19 .9. 132 pou.
pour la 2me à déféquer,
pour Ia
I0o
première 2
-2
ICO
La fomme de ces furfaces eft 86".9..
.S4pou.
La convexité de ces chaudières eft fi
qu'on peut regarder comme nulle la
petite
de la chaleur; ainfi
réflexion
quatre chaudières de cuivre
préfentent à l'adion directe de ce Auide,
furface qui eft à celle
une
dières de fer,
que préfentent cinq chaucomme 4 elt à 3.
Or en fuppofant égalité de
les fourneaux à chaudières circonftances dans
dieres de
de fer & à chaucuivre, les chaudières de cuivre
cevroient dans le même
rechaleur de
temps * L122 tiers de
plus que les chaudières de fer.
193. --- Page 299 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 257
193. Les fourneaux de nouvelle confrudtion
ont encore un très-grand avantage far ceux à
chaudières de fer, fi on les confidère relativement
à la furface que préfente à l'aétion de la chaleur,
la maçonnerie qui tient les chaudières fcellées &
les fépare entr'elles.
La furface totale de la partie fupérieure du
foyer d'un fourneau à cinq chaudières de
fer,elt de 157 pieds 96 pouces quarrés >
dont on doit déduire 63 pieds 92 pouces
quarrés pour l'aire des cercles de ces cinq
chaudières.
Ainfi l'étendue de la furface en maçonnerie
fur quoi porte > en pure perte, s l'aétion direête
de la chaleur > eft de 93 pieds 4 pouces
quarrés.
Li furface totale de la partie fupérieure du
foyer d'un fourneau à quatre chaudières de
cuivre , eft de 135 pieds 36 pouces quarrés >
dont il faut déduire 86 pieds 84 pouces quarrés pour la furface des quatre chaudières.
Ainfi la furface en maçonnerie, que préfente
le foyer de ce fourneau à l'adtion diredte de
la chaleur, eft prefque moitié moins confidérable que celle du foyer du fourneau à cinq
chaudières de fer..
Si on rapproche ces avantages de cenx qu'offre lufage des chaudières de cuivre, tant par
R
ces quarrés >
dont il faut déduire 86 pieds 84 pouces quarrés pour la furface des quatre chaudières.
Ainfi la furface en maçonnerie, que préfente
le foyer de ce fourneau à l'adtion diredte de
la chaleur, eft prefque moitié moins confidérable que celle du foyer du fourneau à cinq
chaudières de fer..
Si on rapproche ces avantages de cenx qu'offre lufage des chaudières de cuivre, tant par
R --- Page 300 ---
- a -
DES MOYENS D'EXTRATRE
la nature & la folidité de ce métal, que par
leur forme & leur propreté, on verra qu'elles
méritent fous tous les rapports poflibles la préférence fur celles de fer.
On trouve, fans contrafte, dans l'Ouvrage de
M. Morcau de Saint-Méry, qui a pour titre >
Cenfitutions 6 Loix des Colories Françoifes de
PAmérique, &c. Gc., la defcription d'un.fourde linvention de M. Bellin. Cet invenneau
vicesattachés aux chauteur, après avoir parlédes
dières de fer & desinconvéniens de leurufage, dir
font d'autant plus facheux
s tous ces évènemens
les
qu'ils n'ont prefque
32 pour
Colons-Suctiers,
toutes les
>9 pas de choix à faire, attendu que
de France ne fourniffent plus
3> Manufadtures
de mauvaifes chaudières. Rien ne peut
>> que
état des chofes, déterminer un
5> même dans cet
intérêt
de la part de ceux qui ont
a changement
la co115) à manquer de foins pour augmenter
fi ce n'elt Fautorité du Gouver-
>> fommation,
eft digne de fon
2 nement. Cet objet important
falle cefil eft temps qu'il
>> regard protedteur,
contraindre les Habi-
>> fer cet abus qui peut
à
le cuivre,
3> tans de nos Colonies
préféter
fon
exceflif. Un Infpeéteur fans
>> malgré
ptix
Oil ne pourroit embarquer ,
>2 l'aveu duquel
les Colo32 dans les ports, des chaudières pour
toutes celles de mau-
> nies, & qui rejetteroit
. --- Page 301 ---
LE SEL ESSENTIEL DE LA CANNE, 259
35 vaife qualité, 3 rétabliroit l'ordre à cet égard,
3 & les Colons payeroient avec joie, par une
augmentation fur le prix des chaudières, de
p quoi former cet établiffement d'Infpeéteurs c,
On aura peine à concevoir comment M. Bellin qui convient, dans fa defcription, des avantages des chaudières de cuivre, ofe faire une
propofition aufli abfurde dont le faccès, fans
rien diminuer des vices & des inconvéniens des
chaudières de fer, expoferoit les Colons à en
manquer à chaque inflant, &c en porteroit le
prix à un taux exceffif.
Nous croyons qu'il eûr été plus digne d'un
bon Citoyen de faire des voux pour que le Roi
envoyât à Saint-Domingue des hommes inftruits
qui appriffent aux Habitans les moyens de fe
fervir des chaudières de cuivre.
Le fourneau dont M. Bellin donne la figure,
le diffère des fourneaux ordinaires
qu'en ce
qu'il préfente une chaudière de plus, dont l'addition ajoute encore aul défordre de la marche
du cravail fur le vefou.
La defcription de ce fourneau qui a coûité
cinquante ans de travail à l'efprit inventeur de
M. Bellin, démontre combien lignorance des
Raffineurs eft craffe & profonde.
Les Propriétaires éclairés maintenant fur les
R 2
in donne la figure,
le diffère des fourneaux ordinaires
qu'en ce
qu'il préfente une chaudière de plus, dont l'addition ajoute encore aul défordre de la marche
du cravail fur le vefou.
La defcription de ce fourneau qui a coûité
cinquante ans de travail à l'efprit inventeur de
M. Bellin, démontre combien lignorance des
Raffineurs eft craffe & profonde.
Les Propriétaires éclairés maintenant fur les
R 2 --- Page 302 ---
-
DES MOYÉNS D'EXTRAIRE, 8cc.
avantages de la nouvelle méthode, prendront fans
doute les moyens de la propager. L'intérèt les fol
licite d'en adoprer l'ulage, & Phumanité leur en
fait un devoir; car la nouvelle méthode leut
offre les moyens firs de diminuer la peine des
cravaux des Sucreries, & elle fouftrait leurs Ne
gres aux punitions injuftes & à l'ignorance des
Raffineurs.
> --- Page 303 ---
'I
000 -
). --- Page 304 ---
- --- Page 305 ---
'I HEUPERTONTEE.
us
Pins
ihhin --- Page 306 --- --- Page 307 ---
M É M OIR E
Sur PArt de Raffiner lc Sucre.
L'ART du Raffineur eft né, en Europe, chez les
Vénitiens, l'intérêt préfida à fa naiffance, l'ignorance & le hafard ont conduit fes premiers pas,
& les préjugés del'Art du Sucrier ont fervi de
principes à fon inftitution qui, jufqu'à ce jour,
a été livrée auix mains les plus aveugles.
Les Sucres fales &c noirs que l'Egypte commença dé mettre dans le Commerce à la fin du
treizième fiècle, furent la première matière fur
laquclle s'exerça d'abord PArt du Raffineur.
Les Vénitiens préfentèrent leur premier Sucre
raffiné dans l'état candi, tel qu'étoit celui qui
venoit de P'Inde - 2 avec lequel ils le confondirent. Mais bientôt ils lui donnèrent une nouvelle forme ( celle de Pain.) qu'il a confervée
jufqu'à ce jour.
L'Art du Raffineur paffa enfuite dans les
diverfes parties de l'Europe ci la confommation & le Commerce du Sucre s'étoient établis,
& c'eft particulèrement depuis que l'Amérique
eft devenue la fource la plus féconde de cette
R 3
celui qui
venoit de P'Inde - 2 avec lequel ils le confondirent. Mais bientôt ils lui donnèrent une nouvelle forme ( celle de Pain.) qu'il a confervée
jufqu'à ce jour.
L'Art du Raffineur paffa enfuite dans les
diverfes parties de l'Europe ci la confommation & le Commerce du Sucre s'étoient établis,
& c'eft particulèrement depuis que l'Amérique
eft devenue la fource la plus féconde de cette
R 3 --- Page 308 ---
SUR LES MOYENS
denrée,
cet Art s'eft étendu & muliplié en
France où que l'on peut compter maintenant peutête plus de cent Raffineries.
de la
Nous avons vu que le fac exprimé
étoit la matière de P'Art du SuCanne-fucrée
crier; nous avons expofé fur quels principes
devoient être fondées les diverfes opérations qui
étoient les moyens
conftituent cet Art; quels
&
pour faire ces opérations
les plus fimples
dans l'ordre le
nous avons préfenté ces moyens
mieux entendu qu'ils doivent garder entr'eux.
on
Maintenant peut juger, d'aprèslexpofition
avons faite de la nouvelle méthode s
que nous
nous avons établi end'après le parallele que
les
tr'elle &c l'ancienne > combien font grands
T'Art du Sucrier aura tirés de la
avantages que
fcience.
pourroit n'être confiL'Art du Raffineur qui
dans
déré
comme une opération de plus
que
les mêmes
PArt du Sucrier, eu pour principes
dont il eft une fuite;
préjagés que ce dernier
dcs vices efaufli porte-t-il dans fa conftitution
fes
fentieis qui exigent qu'on reprenne toutcs
jufques dans leurs fondemens, pour
opérations établir fur des principes éclairés par une
les
du fuc exprimé de la
connoiffance approfondie
fucrée de fon fel effentiel, & partiCanne
de > l'art de l'estraire 3 alors les
culièrement --- Page 309 ---
DERAFFINER LE SUCRE.
moyens les plus fûrs & les plus fimples à employer, fe préfenteront d'eux-mèmes; on n'aura
plus qu'à confulter T'expérience dans le choix
& dans-l'ordre qu'il convient de donner à leur
enfemble.
Cet Arr que les Savans ont entièrement négligé jufqu'à ce jour, a été décrit par M. Duhamel qui, en faifant l'Hiftoire de fes diverfes
opérations, a moins cherché à faire connoitre cC qu'elles devoient être, qué ce qu'clles
étoient.
MM. Boucherie Négocians à Bordeaux éveillèrent, ,ily a quelques années, l'attention du Gouvernement fur l'importance & la néceflité d'éclairer PArt du Rafineur, & ils proposèrent de
donner une préparation au Sucre avant que de
le Raffiner : ce qui Jeur mérita des récompenfes & des encouragemens de la part du Miniftre de la Marine.
Dans un Art dont la conftitution eft effentiellement mauvaife, les moyens de perfedtion
qu'on préfente, n'ont fouvent d'autre effet que
de faire reffortir davantage les vices de cette
conftitution.
La fcience doit donc aujourd'hui reprendre
toutes les opérations de PArt du Raffineur, les
examiner, les lier à de nouvelles, leur donner
une bafe folide, & les établir dans un rapport
R 4
du Miniftre de la Marine.
Dans un Art dont la conftitution eft effentiellement mauvaife, les moyens de perfedtion
qu'on préfente, n'ont fouvent d'autre effet que
de faire reffortir davantage les vices de cette
conftitution.
La fcience doit donc aujourd'hui reprendre
toutes les opérations de PArt du Raffineur, les
examiner, les lier à de nouvelles, leur donner
une bafe folide, & les établir dans un rapport
R 4 --- Page 310 ---
-
SUR LES MOYENS
mutuel dont l'ordre foit facile à fuivre,
l'enfemble offre un accord
& dont
parfait.
Avant de parler de cet Art, il eft
de faire connoire dans
effenticl
Sucre du Commerce
quel état fe trouve le
l'objer.
qui en eft la matière &
Ce font les Colonies
niffent maintenant
d'Amérique qui fourtour le Sucre que
confomme. Ce Sucre eft dans deux T'Europe
gnés fous le nom de Sucre brut
états défi-
&
ou Cafforade,
Sucre terré
Le Sucre brut eft ainfi nommé
du moment qu'il eft
parce que
Commerce
extrait, ii paffe dans le
fans recevoir aucune
cft encore entaché
préparation; il
par dela mélafle, dont la
Proportion plus ou moins abondante érablit
ticulièrement les différentes fortes de
parbruts qu'on
Sucres
diftingue dans le Commerce. Eile
mafque aufli toutes les matières féculentes
terreufes qui y font mêlées, & dont la
&
eft fi abondante
quantité
livres
qu'elle va quelquefois à 5 à 6
par quintal.
Le Sucre terré ne diffère du Sucre
ce qu'il a été dépouillé de
brut qu'en
tion du terrage; du refte il mélaffe par T'opéraféculentes &
porte des matières
terreufes, dont la
ou moins grande établit feule-la proportion plus
ditférence que --- Page 311 ---
DE RAFFINER LE SUCRE:
16;
ces Sucres préfentent entr'eux dans leur purcté.
Les plus belles fortes de Sucre terré font confommées en nature; les autres font, ainfi que
les Sucres bruts, purifiées avant que d'entrer en
confemmation.
La purification du Sucre eft le feul objet de
toutes les opérations qui conftituent l'Art du
Raflineur, 1l n'entre point dans le plan de cet
Ouvrage de traiter des détails de cet Art; nous
expoferons feulement d'une manière fuccinte
fes diverfes opérations, tant pour en donner
une idée jufte, que pour avoir occafion de faire
fur chacune d'elles quelques obfervations, qui
en éclairant les Raffineurs fur les vices capiraux
de leur Art, leur feront fentir davantage la
néceffité de le reformer fur un nouveau plan.
La première de ces opérations eft nommée
Clarification ; elle confifte à faire diffoudre le
Sucre, foit brut, foit terré, dans une proportion d'eau déterminée. Cette eau, dans le
plus grand nombre des Raffineries, eft chargée de chaux - vive (I) dans une proportion relative à l'état du Sucre & aux préjugés
du Raffineur en faveur de la chaux. On mèle à
cette diffolution une certaine quantiré de fang
de bauf ou d'eufs, & on lui applique l'ac-
(1) Soit diffoute 2 foit cn fufpeufion.
, foit terré, dans une proportion d'eau déterminée. Cette eau, dans le
plus grand nombre des Raffineries, eft chargée de chaux - vive (I) dans une proportion relative à l'état du Sucre & aux préjugés
du Raffineur en faveur de la chaux. On mèle à
cette diffolution une certaine quantiré de fang
de bauf ou d'eufs, & on lui applique l'ac-
(1) Soit diffoute 2 foit cn fufpeufion. --- Page 312 ---
SUR LES M OYENS
tion de la chaleur qu'on élève très-doucement
Pébullition. La lymphe animale faifit
jafqu'à
toutes les matières folides feen fe coagulant,
& les élève à la furface
culentes & terreufes,
du Auide fous la forme d'une écume épailfe,
d'un brun plus ou moins foncé; lorfqu'elles font
les enlève avec l'écubien raffemblées, 2 on
moire. Comme il n'arrive jamais que toutes les écuété enlevées dans cette première
mes ayent
Couverture, on.en fait une
opération nommce
réfroidir la diffofeconde, & pour cela on fait
lution à un certain degré, en y ajoutant de l'eau;
de fang
puis on y mèle une nouvelle quantité
d'eufs moins confidérable que la première;
ou
ayant foin de graon chauffe de nouveau s
la chaleur comme à la preduer doucement
feconde
mière fois. La lymphe faifit dans cette
lui étoit échappé dans la precouverture, ce qui
à
s'eft bien raffemblée
mière, & après qu'elle
Pécumoire.
la furface, on l'enlève aufli avec troifième &
On réitère cette opération unc
deux
fois; mais dans ces
mème une quatrième
de l'eau. Sil'opéradernières on n'employe que
fe
été bien conduite, la diffolution
tion a
matière folide, &c
trouve dépouillée de toute
On la tranfelle paroît claire & tranfparente.
à travafe dans un réfervoir en la faifant palfer --- Page 313 ---
DE RAFFINER LE SUCRE.
vers un fitre de laine; là elle prend le nom
de Claire ou Clairée.
L'obfervation a appris qu'il étoit effentiel
d'employer l'eau qui fert à diffoudre le Sucre
dans une proportion déterminée, & on n'a point
de moyens de s'affurer de cette proportion.
L'Aréomètre de Baumé que nous avons déjà
cité, peut fervir avec le plus grand avantage à
cet ufage. Nous avons obfervé que la diffolution la plus convenable devoit porter 30 à 32
degrés. Il eft également effentiel de bien graduer l'aétion de la chaleur, & c'eft particulièrement dans cette graduation que confifte tout.
le mérite de celui qui.clarifie. L'expérience nous
a démontré que le Thermomètre étoit un guide
parfaitement far; il fert encore dans cette opération à connoitre le degré de réfroidilfement
qu'on doit donner à la claire avant que d'opérer la deuxième & troifième couverture.
Les Raffineurs ont toujours cril & croyent
encore qu'une caufe particulière exige l'emploi de la chaux dans la clarification; ils ont
attribué cette caufe, pendant plufieurs fiècles >
à la préfence d'une matière graffe à laquelle ils
prétendoient que la chaux fe combinoir &
qu'elle féparoit du Sucre. Depuis la découverte
de l'acide oxalique par Bergman, ils ont imaginé qu'elle étoit due à la préfence d'un acide
Les Raffineurs ont toujours cril & croyent
encore qu'une caufe particulière exige l'emploi de la chaux dans la clarification; ils ont
attribué cette caufe, pendant plufieurs fiècles >
à la préfence d'une matière graffe à laquelle ils
prétendoient que la chaux fe combinoir &
qu'elle féparoit du Sucre. Depuis la découverte
de l'acide oxalique par Bergman, ils ont imaginé qu'elle étoit due à la préfence d'un acide --- Page 314 ---
SUR LE S M OY E N S
qu'ils ont prétendu exifter dans la mélaffe qui
entache le Sucre. Le fait eft qu'iln'y a ni graille,
ni acide unis alt Sucre, foit brut, foit terré,
& que l'emploi de la chaux dans la clarification eft nuifible fous tous les rapports.
Nous avons vu quelles étoient les différentes matières Auides & folides qui exigeoient la
purification du Sucre. Examinons maintenant
quelle eft l'aétion de la chaux fur elles & fur
le Sucre.
L'adtion de la chaux fur le Stcre ne peut
qu'ètre nuifible en ce qu'elle s'y combine, &c
qu'elle tend à le décompofer; fur les matièrcs
terreufes elle eft nulle, elle dégage des fécales
un fuc favonneux- extractif, & elle favorife
mme leur diffolution par la chaleur. C'eft en
cela que la chaux eft nuifible, puifqu'elle rend
folubles des inatières qui ne font pas Sucre,
qui ne peuvent le devenir, & dont la préfence
s'oppofe néceflairement à fa purification. La
ciraux nuit encore eil tant qu'alkali, en s'oppofant à la coagulation de la lymphe (1).
Cependant, dira-ton, l'obfervation apprend
tous les jours que, lorfque les Raflineurs n'employent pas la chaux, la cuite & la cryftallifa-
(1) On fait que les alkalis ont la propricté de diffoudre la
lymphe, 8: cenfiquemment ils s'oppofent à (a coagulation. --- Page 315 ---
DERATFINER-LE SUCRE.
tion du Sucte leur préfentent des difficultés.
Cela eft très-vrai, & fur ce point l'obfervation
ne les a point trompés. Mais ils auroient dû
faire attention que c'étoient la cuite & la ctyftallifacion qui exigeoient l'emploi de cet alkali
& non pas la clarification.
Lorfqu'on fait diffoudre du Sucre brur, la
mélaffe, dont il eft entaché, comme plus foluble eft diffoute la première, & quoiqu'on puiffe
faire, rien ne peut l'enlever, C'eft cette même
mélaffe, fur laquelle tous les efforts du Raffineur dans la clarification font inutiles > qui
exige dans la- cuite & dans la cryftallifation la
préfence - de la chaux; elle s'y combine & devient infiniment plus fluide : alors elle oppofe
moins d'obftacles à l'aétion de la chaleur dans
la cuite, & au rapprochement des molécules
faccharines dans la cryftallifation; d'ou P'on voit
combien il eft effentiel d'enlever , par une opé.
ration préliminaire, la mélaffe que porte le Sucre brut.
MM. Boucherie proposèrent de faire fubir
au Sucre brut l'opération du terrage, & ils fe
fervirent pour cet effet de caiffes de bois dont
les fonds étoient percés de trous de vrilles, gardant entr'eux un pouce de diflànce.
Le Gouvernement leur accorda à jufte titré
un privilége exclufif pour récompenfe.
entiel d'enlever , par une opé.
ration préliminaire, la mélaffe que porte le Sucre brut.
MM. Boucherie proposèrent de faire fubir
au Sucre brut l'opération du terrage, & ils fe
fervirent pour cet effet de caiffes de bois dont
les fonds étoient percés de trous de vrilles, gardant entr'eux un pouce de diflànce.
Le Gouvernement leur accorda à jufte titré
un privilége exclufif pour récompenfe. --- Page 316 ---
-
SUR LES M OYE N S
Si cette opération qui eft parfaitement bien
en elle-mème, n'a pas et
vue & très-bonne
deft
tout le fuccès qu'on devoit en attendre,
malheureufsment il falloit pour Tappliquer
que
local
de donner à
avec avantage un
qui permit
des caiffes, comme celles que neus avons dételle
la maincrites (138), une difpofition
que
d'ceuvre fût ménagée avec le plus grand foin;
caiffes auroient eu le double avantage de ferces
bien à terret 8c à cryftallifer.
vir également
conviendra maintenant que fi Tufage de
On
nuifible dans la clarification du Sula chaux eft
dans celle
elle le fera bien davantage
cre brut, terrés, & qu'on n'en a pas befoin
des Sucres
de
favorifer la cuite & la cryftallifation
pour
attendu
dans-la clarification d 2
ces Sncres,
que
Teau
n'enlève aux fécules qu'une tres-pepure
tte portion de fachrmem-enun@iffs).
On voit, d'après ce que noits venons de dire,
Boucherie enlevant la mélalle de
que MM.
préliminaire 2
lenrs Sucres bruts par un terrage
befoin de chaux dans la clarifican'avoient pas
Néanmoins ils n'auroient
tion, ni dans la cuite.
dû la bannir entièrement de leur Raffincpas
Nous obferverons qu'on doit employer Peau de chaux
dansle (:) travail qu'on faic fur les écumes, pour en extrairc plus
facilement tout ic Sucre qui y refte uni. --- Page 317 ---
DERAFFINER LE SUCRE.
rie, parce qu'il convient de T'employer dans la
cuite des firops.
Après la clarification, la claire eft évaparée
& cuite dans des chaudières de cuivre montées, pour cet effet, far des fourneaux d'une
conftruétion particulière & propreà la combuftion
du charbon de terre, feul combuftible en ufage
dans les Rafincries.
Les Raffineurs s'affurent du degré de cuite
qu'ils veulent donner à la claire-frop (1),
la preuve du doigr. Lorfqu'elle eft cuite par au
point qu'ils ont jugé couvenable, on fufpend le
feu, & on porte la Cuite dans une chaudière
de cuivre mobile nommée
Rafruichifoir; on y
réunit plufieurs Cuites, & on a foin de les bien
meler en les mouvant plus ou moins longtemps avec un mouveron, pour en accélerer le
réfroidiffement.
Lorique cet enfemble de Cuites eft convenablement mêlé & réfroidi, on le porte dans des
formes (1) rangées dans lil lieu. particulier
nommé Empli, & fixées debout fur leur
pointe 2
(1) Nous nommerons ainfi la Claire réduite
ration à l'état de firop.
par l'évapo-
(>) Les formes des Raffineries font de grandeurs différentes.
C'elt d'après la qualité des Sucres qu'on détermine la
de cclles dont onl fe fert 5 ainfi moins leur qualiré eft grandeur
plus les formes font grandes.
bonne >
) rangées dans lil lieu. particulier
nommé Empli, & fixées debout fur leur
pointe 2
(1) Nous nommerons ainfi la Claire réduite
ration à l'état de firop.
par l'évapo-
(>) Les formes des Raffineries font de grandeurs différentes.
C'elt d'après la qualité des Sucres qu'on détermine la
de cclles dont onl fe fert 5 ainfi moins leur qualiré eft grandeur
plus les formes font grandes.
bonne > --- Page 318 ---
à
SUR LES MOYENS
dont le trou eft bouché avec un tampon de
On les emplit, en les chargeant à plulinge.
de fuite. Un moment après, tanfieurs reprifes
conferve encore de la Auidis que la matière
afin que les
dité, on la mouve dans la forme,
cryftaux qui font déjà formés, également
petits
T'étendue du Auide, ferrépandus dans toute
molécules faccharivent de point d'appui aux
érabliffent
la chaleur abandonne, &
nes que la bafe de la maffe aggrégée & cryfavec eiles
former le Sucre en palfant à
talline que doit
l'état folide.
du Sucre, on
Après l'entière cryftallifation
fur
débouche le trou des formes qu'on implante
recevoir le firop qui fe fépare
des pots, pour
du Sucre.
font implanLes formes, après la pargation,
fur d'autres
& o11 les range avec
tées
pots,
du
le Sucre à Topération
foin pour préparer
unit bien la bafe du
terrage; pour cet effet on
fur laquelle on étend une terre argilleufe
pain
dans l'eau à confiltance
blanche, bien délayée
de bouillie.
la terre, defcend par
L'eau en abandonnant
dans les intervalfon propte poids; en paffant
elle étend
les que lailfent les cryfaux entr'eux,
avec
le firop, le rend plus Anide & l'emporte
clic. Dans celavages il Y a toujours unc porrion
de --- Page 319 ---
DE RA AFFINER LE SUCRE.
de Sucre diffoute que l'eau emporte dans l'état
de firop.
Lorfqu'on a paffé, ila faveur de deux ou trois
couches de terre fucceflives, 5 la quantiré d'éau nécellairepour bien laverle pain deSucre,onle laiffe
pendant plufieurs jours dans la forme, puis on
le porte à l'étuve, afin d'enlever par la chaleur
l'eau qui y eft reftée, On le met enfuite dans le
Commerce pour la confonmation.
Les firops-claire (1) qui réfultent de la
gation avant & après le terrage, font foumis purféparément à l'aétion de la chaleur, & cuits à
un degré relatif à la forie ou On1 les met à
cryftallifer; (cette forme eft toujours plus grande
que celle dont on s'eft fervi pour le premier
produit) puis on les traite de la même manière que nous venons d'expofer, pour la
gation, > le terrage & l'étuvage.
purLes firops qui réfultent de ce, fecond
font cuits & mis dans des formes
produit
des (2), le Sucre fubit les
plus granrations.
mèmes opé-
(1) Nous nommerons ainfi les freps des Rafineries
diflinguer de toute forte dc frops; & nous les
pour las
tr'eux en firops-claire de premier, fecond, rroifième diflinguérons ch-
(2) On cmploye pour mettre à cryflallifer les produiz, Sucres &c.
firops-claire, des formes d'autan: plus
des
plus mauvais.
grandes que ces firops fon;
S
), le Sucre fubit les
plus granrations.
mèmes opé-
(1) Nous nommerons ainfi les freps des Rafineries
diflinguer de toute forte dc frops; & nous les
pour las
tr'eux en firops-claire de premier, fecond, rroifième diflinguérons ch-
(2) On cmploye pour mettre à cryflallifer les produiz, Sucres &c.
firops-claire, des formes d'autan: plus
des
plus mauvais.
grandes que ces firops fon;
S --- Page 320 ---
- 6
SUR L E S M 0 Y E N S
font
Enfin les firops de ce troifième produit
aufli & mis dans des formes plus grandes
cuits
Ces deux derniers produits demandent
encore.
& le terrage > un temps trèspour la purgation fur-tout exige fix mois avant
long. Le dernier
encore
d'être en état de paffer à T'étuve,
que
la bafe du pain, le
on ne peut y mettre que
refte étant toujours chargé de firop.
Raffineurs de France ne font pas plus
Cuite.
Les
de la Cuite, que les
éclairés fur Popération
les
des Colonies dont ils ont adopté
Raffneurs
les expreflions &c les moyens.
préjugés, Morveau
il y a quelques
M: de
propofa,
fixer
Tufage d'un Aréomètre pour
années (1), cuite du Sucre dans les Raffineries;
& faivre la
ferquel qu'il foit, ne peut
mais un Aréomètre
vir dans cette opération.
fe
dans la
Pour bien entendre ce qui
paffe chaleur
il faut confidérer laction de la
Cuite,
fur T'eau, dans les diffur le Sucre, ou plutor
à lui.
férens états oà elle peut être par rapport confidérée
doit être
L'eau unie au Sucre,
fous trois rapports différens.
telle
1°. Elle y eft unie dans une proportion
forme avec lui un corps folide & cryfqu'elle
Sucre candi, le Sucre en pain),
tallin, (le
ia nouvelic Encyclopédic par ordre de matièros.
(r) Voyez --- Page 321 ---
DERAFFINER LE SUCRE.
fous ce rapport elle eft nommée Eau de cryflallifation.
2°. Elle y eft unie dans une proportion plus
grande & relative, où elle le préfente dans l'érat
fluide (le firop), fous ce rapport elle eft nommée Eau de difolution.
39. Elle y eft unie dans une proportion plus
grande encore & indéterminée (la claire, le
vefou), fous ce dernier rapport elle eft nommée Eau furabondante à l'eau de difolution.
Ces trois rapports bien érablis, non - feulement il eft facile de diftinguer l'action de la
chaleur fur l'eau que chacun d'eux
préfente >
mais encore on peut la fuivre par degrés de la
manière la plus fûre & la plus fatisfaifante.
1°. L'adtion de la chaleur fur l'eau furabondante à l'eau de diffolution, eft nommée Evaporazion 5 on peut fuivre fes divers degrés fur
la claire comme fur le vefou, avec l'Aréomètre
de Baumé, Voyez la Table que nous avons
donnée, pag. 94, faite pour fervir de règle
dans cette opération.
2°. Nous avons nommé Cuite, l'action de
Ia chaleur fur l'eau de diffolution. Le Thermometre feul Peut fervir à établir le terme oi
commence cette action & à en fuivre les divers degrés. Voyez l'Echelle que nous avons
S 2
fur
la claire comme fur le vefou, avec l'Aréomètre
de Baumé, Voyez la Table que nous avons
donnée, pag. 94, faite pour fervir de règle
dans cette opération.
2°. Nous avons nommé Cuite, l'action de
Ia chaleur fur l'eau de diffolution. Le Thermometre feul Peut fervir à établir le terme oi
commence cette action & à en fuivre les divers degrés. Voyez l'Echelle que nous avons
S 2 --- Page 322 ---
SUR LES: M OY ENS
donnée pag. 163; clle eft le guide le plus fur
auquel on puiffe fe confier.
3°. Nous nommons Cuilfon, l'action de la
chaleur fur l'eau de cryftallifation; elle commence au terme IIO où finit la Cuite. Le
Thermomètre fert auffi à fuivre fcs divers degrés & à en marquer le dernier terme 120. A
ce terme la, chaleur fe porte fur les principes
conftitutifs du Sucre qu'elle décompofe, & le
premier degré de cette décompofition eft nommée Caramel.
On conçoit aifément, d'après les diftinétions
que nous venons d'établir, quelle eft l'action
de la chaleur fur l'eau unie 211 Sucre, & on voit
manife(tement que le Thermomètre eft le feul
fur
fixer & fuivre les divers degrés
moyen
pour
de la Cuite.
CryfallifaNous avons vu que les cônes font les feuls
tion.
vafes dont on fe fert dans les Raffineries, pour
La contenance &
mettre le Sucre à cryftallifer.
particulièrement la forme de ces vafes exigent
qu'on applique à la Claire &c aux Sirops un
degré de cuite d'autant plus fort qu'ils font plus
mauvais; aufli arrive-t-il alors, que la mélaffe
&c le Sucre forment une maie qui, après fix
mois de purgation & de terrage, ne donne en1
core qu'un mauvais produit.
llc eft aifé de voir, d'après ce que nous avons, --- Page 323 ---
DE RAFFINER LE SUCRE:
dit Chap. XII, Art. III, combien il feroit facile & avantageux d'appliquer à la cuite & à la
cryftallifation des firops-claire des divers produits,
les principes fur lefquels nous avons établi la
cuite & la cryftallifarion des firops-vefou.
Au mois d'Août 1783, nous fimes à Berci,
MM. Boucherie & moi, la première application
de ces principes à la cuite & à la cryflallifation des divers firops de leur Raflinerie,
5 &
F'expérience nous démontra qu'on
extraire avec autant de fuccès
pouvoir en
la
que d'avantage,
plus grande quantité de Sucre.
Les Raffineurs peuvent donc être certains
que par des cuites & des cryftallifations
tées & ménagées avec foin, ils retireroient répé- de
leurs firops à la faveur des caiffes
avons décrites
que nous
(138), tout le Sucre qu'il est
poflible d'en extraire. lls
effer, faire
doivent., pour cet
tout ce que nous avons prefcrit,
Chap. XI, Art. III, pour.la Cuite des
vefou qui ne diffèrent en rien des
Siropsfirops-claire,
qu'en ce qu'ils portent une plus forte
tion de
propormélaffe, *
La quantité de mélaffe unie aux
établit
firops-claire,
particulièrement la différence qu'ils
fentent entr'eux dans. leur
préqualiré.
C'eft fa préfence qui exige de grands ménagemens dans la cuite des firops, & des atS 3
XI, Art. III, pour.la Cuite des
vefou qui ne diffèrent en rien des
Siropsfirops-claire,
qu'en ce qu'ils portent une plus forte
tion de
propormélaffe, *
La quantité de mélaffe unie aux
établit
firops-claire,
particulièrement la différence qu'ils
fentent entr'eux dans. leur
préqualiré.
C'eft fa préfence qui exige de grands ménagemens dans la cuite des firops, & des atS 3 --- Page 324 ---
sUR LES M 0 Y E N S
dn
dans la cryftallifation
tentions particulières
Sucre qu'on en extrait.
à
Il eft aifé de voir qu'on doit appliquer
de la claire & à la cuite de la
Tévaporation
nous avons dit de
claire-firop, tout ce que
du vefou & de la cuite du vefouTévaporation
à la
mais qu'on doit encore rapporter
frop;
à la
> aul terrage &
cryftallifation 2
purgation
nous avons
du Sucre, tout ce que
à létuvage
dans T'Art du Sucrier:
dit de ces opérations
TArt du Rafineur,
car comme elles ont dans
elles doila même macière & le mème objet,
& fe
avoir
bafe les mèmes principes
vent
pour
fervir des mêmes moyens.
confidère la claire après la clarification,
Si on
le Sucre la mélaffe
on voit qu'elle porte avec
le fuc favonneux-extracdont il étoit entaché,
fécules, & foutif que la chaux a enlevée aux
On
fécules elle-mèmes en diffolution.
vent ces
refufer de convenir que la
ne pourra donc fe
des fécules doit nuire
préfence de la mélaffe &
& on conviendra
& nuit en effet à la cuite, 2
à la cryfnuifent bien davantage
auffi qu'elles
du Surallifation, à la purgation & au terrage
s'oppofant au rapprochecre : car leur préfence faccharines, les cryfaux
ment des molécules
réunion, font moins
qu'elles forment dans leur
malfe
moius bien exprimés > & la
ag
gros,
ire
préfence de la mélaffe &
& on conviendra
& nuit en effet à la cuite, 2
à la cryfnuifent bien davantage
auffi qu'elles
du Surallifation, à la purgation & au terrage
s'oppofant au rapprochecre : car leur préfence faccharines, les cryfaux
ment des molécules
réunion, font moins
qu'elles forment dans leur
malfe
moius bien exprimés > & la
ag
gros, --- Page 325 ---
DERAFFINERIE SUCRE.
grigée que prend leur enfemble, eft moins folide. Leur préfence rend le fir-p moins Auide,
il s'écoule plus diflicilement dans la purgation
& il en refte davantage dans la maffe
Les fécules qui fe font
aggrégée.
précipitées reftent
tnies à cette maile, & s'oppofent encore au faccès de la purgation ; leur préfence rend le lavage plus difficile par le terrage; ; car en retenant une plus grande quantité de firop, elles
exigent qu'on porte une plus grande quantiré
d'eau pour T'étendre, & elles
s'oppofent au
paffage de cette eau qui agit fur le Sucre &
le diffour.
Elles s'opofent encore à
qu'elles retiennent
l'étuvage, en ce
toujours une petite portion
d'eau; d'ailleurs elles femblent attirer Phumidité de l'air lorfque le Sucre y eft expofé,
On voit, d'après ces obfervations,
> combien il
eftimporanr d'apporter de foin à la clarification;
car, lorfqu'elle eft mal-faite, s il eft impoflible
que toutes les opérations fubfequentes fe fallent
bien. C'eft aufli de cette
cation de la claire )
opération (la clarifidans P'Art
que dépend tour le fuccès
du Raffineur; comme dans PArt du
Sucrier, il dépend de la défécation
du vefou.
complette
Notre projet n'étant pas de traiter en détail
de P'Art du Raffineur, nous n'avons
Préfenté
S 4 --- Page 326 ---
-
SUR LES M OY ENS
dont la
que le but des opérations principales
marche varie dans chaque Raffinerie, non-feulement fuivant les préjugés de celui qui la con
duit, mais encore fuivant l'intérêt du Propriétaire.
Ceux qui, par exemple d > fourniffent à la
confommation de Paris, n'ont confulté que leur
intérêt & le goût de la multitude dans le travail qu'ils font fur le Sucre qu'ils ne purifient
mais qu'ils tripotent de diverfes manièpoint,
y trouver plus de
res, fuivant qu'ils croyent
bénéfices.
dans
Si on diffout du Sucre de ces Raffineries
de Teau bien pure, la diffolution eft trouble, 2
& elle préfente une infinité de perits corps infolubles dont une partie fe précipite, tandis que
l'autre refte en fufpenfion.
& de la fécule
Ces corps font de la terre
retiennent, malgré le terrage, une portion
qui
ils donnent au Sucre
de mélalle avec laquelle
moins
ane teinte d'un jaune fale plus ou
Ils retiennent encore, malgré l'étumarquée.
d'eau qui, en ajouvage, une petite portion
être
du Sucre, fait qu'il peut
tant au poids
médiocre. Sa faveur doucevendu à un prix
frupeufe dàe à la préfence de la mélafle,(faeft
étendue que la faveur fucrée
veur qui
plus
préfente encore
avec laquelle on la confond)
ane teinte d'un jaune fale plus ou
Ils retiennent encore, malgré l'étumarquée.
d'eau qui, en ajouvage, une petite portion
être
du Sucre, fait qu'il peut
tant au poids
médiocre. Sa faveur doucevendu à un prix
frupeufe dàe à la préfence de la mélafle,(faeft
étendue que la faveur fucrée
veur qui
plus
préfente encore
avec laquelle on la confond) --- Page 327 ---
DE RAFFINER LE SUCRE.
28r
une économie dans la quantité de ce Sucre
qu'on confomme pour les ufages les plus ordinaires.
Cette double économie a fait la réputation
du Sucre de ces Raffineries, & lui a mérité la
préférence du vulgaire fur les Sucres qui font
bien purifiés.
Les Sucres qui, dans leur diffolution, préfentent quelques corps étrangers > ne peuvent
être employés avec fûreré dans beaucoup d'u-,
fages, particulièrement en Pharmacie; cat l'excès de chaux dont on fe fert dans ces Raffineries, fe combinant au Sucre ou reftant interpofé entre la mafle aggrégée de fes cryftaux, >
peut altérer &c décompofer un très-grand nombre de médicamens dans iefquels on fait entrer le Sucre en fubftance ou en firop.
Il feroit à défirer que le Collége de Pharmacie de Paris, d'après des Expériences multipliées & fuivies, éclairàt le Pablic fur le danger d'employer des Sucres Raffinés avec de la
chaux, pour la préparation des médicamens;
car on ne peut douter, d'après les Expériences de M. Dizé rapportées par M, Boucherie (1), qu'il ne refte une portion de chaux
unie au Sucre dans le Raffinage.
(1) Journal de Phyfique du mois dc Septembre 1788, --- Page 328 ---
-
M É M OIRE
& les Propriétés du Sucre.
Sur la Nature
fa nature, par la diverfité de
LE Sucre par
de fes
fes ufages & par Pétendue
propriétés
eft fans contredit la fubftance
bienfaifantes,
Thomme, & celle qui
la plus précieufe pour,
fon attention.
mérite le plus de fixer toute
le Sucre, d'après
Les Anciens ont confidéré
de miel. On
Théophrafte, coinme une forte
que c'eft un fel effentiel
fait depuis long-temps
de
plantes particnlièremene
qu'on retire
plufieurs
de la Canne.
de Sucre candi lorfCe fel prend le nom
durs &: tranfqu'il eft cryf.llifé en gros cryfaux
&
dont la forme (1) varie beancoup
parens
M. de Romé de T'ile,
a été rapportée par
fa
variétés principales : voyez Cryflalloa fept
très-foluble dans l'eau & peu dans
graphie. I1 eft
effenticlle & primitive du Sucre eft un oftae-
(1) > La forme dont les deux pyramides font tronquées près
> dre redangulaite, d'oit réfulte un décatdre formé par deux plans
> dc leur bafc,
oFrols Pun à l'autre , & par huit trapèfcs
s> carrés ou reftangles
de M. de Romé dc TIle C.
* en bifeau. Cryfallographie
l'eau & peu dans
graphie. I1 eft
effenticlle & primitive du Sucre eft un oftae-
(1) > La forme dont les deux pyramides font tronquées près
> dre redangulaite, d'oit réfulte un décatdre formé par deux plans
> dc leur bafc,
oFrols Pun à l'autre , & par huit trapèfcs
s> carrés ou reftangles
de M. de Romé dc TIle C.
* en bifeau. Cryfallographie --- Page 329 ---
D U SUCR E.
28;
Talkool. Uni à une petite portion d'enu, il devient fifible, & l'Art du Conffeur doit à cette
propriéré un tres-grand nombre de fes préparations.
La faveur du Sucre eft Oil fucrée & douce, ou
douce & fucrée; il importe de bien diftinguer
la faveur fucrée de l faveur douce, Cette dif
tindtion a déjà été établie par les Chinois dans
les dénominations de Sucre.male & Sucre femelle; elle donne la raifon d'une erreur génd
ralement répandue, favoir que les Sucres bien
raffinés fucrent moins que ceux qui ne le font
pas. Le fait : eft que dans les Sucres les plus
raffinés, la faveur fuctée eft pius
& plus étendue que la faveur dqure, développée ils fucrent
donc davantage ; mais à la vérité ils dulcifient
moins, & on eft oblige d'en augmenter la
portion, 2 lorfqu'on veut obtenir la faveur douce proà un degré bien marqué.
Les différences que le Stcre préfente dans fa
faveur plus ou moins fuctée,
douce, les variétés
> plus. ou moins
qu'il-offre dans fa forme
cryfalline, annoncent que fes principes conftitutifs peuvent varier beaucoup dans leurs
portions, fans que ce: fel perde fes caradtères proprincipaux. Cette variation établit néceffairement des différences très-marquées dans la
lité du Sucre: 5 diffétences qui fon: relatives qua- à --- Page 330 ---
W
SUR LES PROPRIETÉS
la nature du fol & à la faifon où on exploite
la Canne.
Le Sucre eft phofphorique & combuftible;
il brûle à la manière de l'alkool, en donnant
une flamme bleue fi fa combuftion eft lente,
& une Aamme blanche fi elle eft rapide. On,
en retire par la diftillation du palegme, de l'acide, de Thuile, un produir gazeux & du charbon, qui ef, comme celui de toutes les fubftances mucueufes, fpongieux, léger & irifé,
Bergman en traitant le Sucre par l'acide nitrique, a rétiré de fa décompofition un acide
particulier; mais en découvrant l'acide oxalique, ,
Bergman ne nous a point appris quels étoient
les principes conftitutifs du Sucre; car il paroit
que cet acide n'entre point au nombre de fes
principes.
M. Lavoifier nous apprend, , d'après fes Expériences, que les principes les plus cloignés
du Sucre font Thydrogène - > l'oxigène & le
carbonne (1).
J'ai commencé à Saint - Domingue un trèsgrand nombre d'expériences fur le Sucre,, que
j'ai écé obligé d'abandonner; mais je les reprendrai à mon retour dans cette Colonie, oi
l'air, la chaleur, la lumière, le foleil fe pré-
(:) Traité Elémentaire de Chymic, année 1789.
fes Expériences, que les principes les plus cloignés
du Sucre font Thydrogène - > l'oxigène & le
carbonne (1).
J'ai commencé à Saint - Domingue un trèsgrand nombre d'expériences fur le Sucre,, que
j'ai écé obligé d'abandonner; mais je les reprendrai à mon retour dans cette Colonie, oi
l'air, la chaleur, la lumière, le foleil fe pré-
(:) Traité Elémentaire de Chymic, année 1789. --- Page 331 ---
D U Suc R C.
28;.
tent merveilleufement bien à tout ce qu'il eft
poflible de faire avec ces agens.
Le Sucre parfaitement pur, diffous dans l'eau
diftillée, expofé fur le feu à l'aétion de la chaleur feule, eft altéré dans un de fes principes
qui fe colore plus oùl moins, fuivant que cette
action,eft plus ou moins forte, ou plus ou
moins long-temps continuée. Le développement.
de la couleur jaune & d'une faveur particu-,
lière (1 ) eft dû certainement à la décompofition de ce fel par la chaleur.
Cette diffolution ainfi colorée, prife à froid,
paroit très-claire & tranfparente; fi on y mèle
de l'acide oxalique, cet açide enlève le principe colorant à fa bafe qui fe précipite fous la
forme d'une poudre blanche.
Si on mèle à froid de l'alkali cauftique à une
difolation de Sucre, l'alkali ne paroit avoir
aucune action fenfible fur lui; mais fi on expofe le mèlange fur le feu, T'alkali, aidé de la
chaleur, développe une couleur jaune & une
faveur firupeufe d'autant plus fortes qu'il eft
plus cauftique, & qu'ii eft plus fecondé par la
(:) Le Sucre en fc colorant prend une faveur particulière
qus nous diftinguons de la faveur douce & de la faveur fucrée
par le nom de Saveur frupeufe,
fible fur lui; mais fi on expofe le mèlange fur le feu, T'alkali, aidé de la
chaleur, développe une couleur jaune & une
faveur firupeufe d'autant plus fortes qu'il eft
plus cauftique, & qu'ii eft plus fecondé par la
(:) Le Sucre en fc colorant prend une faveur particulière
qus nous diftinguons de la faveur douce & de la faveur fucrée
par le nom de Saveur frupeufe, --- Page 332 ---
M R
SURLES PROPRIETÉS
chaleur. L'acide oxalique enlève auffi la couleur de ce melange dont la bafe fe précipite.
Si à une diffolution de Sucre on mêle à froid
& féparément, foit de l'acide oxalique, foit un
acide minéral coucentré. 5 foit un alkali cauftique, ces agens ne femblent produire aucun effet
fenfible fur lui; mais dans leur action combinée il y a effervefeence, il fe dégage une odeur
de pommes, il fe forme un fel qui cryftallife
à linftan: (1), & dans le Auide qui le furnage, on voit des flocons plus ou moins abondans qui préfentent divers accidens (2) fuivant
(:) Cc fel réfulte de la combinaifon de l'acide minéral &c
dc P'alkali.
(2)Si fur une diffolution de Sucre, unie à l'acide oxalique,
on met en jeu l'acide fulphurique concentré & la foude purc, il
ya cifervefcence, & il fe fépare une matière floccnncufe dont
la proportion eft d'aucant plus grande que celle de P'acide. & de
l'alkali a été plus confidérable. Cette matière prend d'abord une
teinte légbrement citrine 7 ainfi que le fuide dans lequel clle eft
en fufpenfion 2 puis la couleur des focons fe change dans P'efpace de pluficurs jouts en couleur lic-de-vin.
Si on met cn jeu l'acide nitrique & la foude fur une diffolution de Sucre portant de l'acide oxalique, l'ellerveleence a licu ;
il fe forme un précipité Aloconneux en raifon de la quantité d'acide & d'alkali, la couleur du précipité clt brunc, celle dn Auide
eft citrine & ples forte que dans l'expérience précédente. Lc précipité Hocomcux abandonné dans le Auide Fendant plauticurs jours,
prend unc couleur d'ardoife.
Dans l'adtion des acides oxalique, muriatique S: de la foude
fur le Sucre, il y a c'fervefeence S un Précipité focouneux qui
Prend anc teinte reulle; unc nouvelle dofe d'acide S de fonde
ité clt brunc, celle dn Auide
eft citrine & ples forte que dans l'expérience précédente. Lc précipité Hocomcux abandonné dans le Auide Fendant plauticurs jours,
prend unc couleur d'ardoife.
Dans l'adtion des acides oxalique, muriatique S: de la foude
fur le Sucre, il y a c'fervefeence S un Précipité focouneux qui
Prend anc teinte reulle; unc nouvelle dofe d'acide S de fonde --- Page 333 ---
D U S UCI R E.,
l'efpèce d'acide qu'on a employé, Ce mélange
porte aufli une couleur jaune plus ou moins
forte en intenfité, qu'on peut lui enlever cn partic, en répétant le jeu de l'acide & de l'alkali
qui donnent de nouveaux flocons.
Ces flocons & le précipité des expériences
précédentes far lefquels les menftrues, même
l'Ether, n'ont aucure action, font bien certainement un des principes conftitutifs du Sucre.
Si le Suc exprimé de Cannes - fucrées eft
abandonné à lui-même, il paffe à. la fermentation acéteufe, & 'dans la décompofition du
Sucre qui dure trois à quatre mois, il fe fépare
une matière glutineufe très-abondante qui, def.
féchée &c foumife à la difillation, donne de
lammoniac; on ne peut douter que cette matière ne foit un des principes conftitutifs du
Sucre; elle paroit être, ainfi que celle qui fe.
fépare dans les expériences précédentes, de la
même nature que la matière glutineufe du froment ; mais dans le Sucre, cette matière eft
portée à un degré d'élaboration beaucoup plus
grand.
forme un nouveau précipité qui eft blanc, lc Auide
une
teinte citrine très-foible.
prend
Le précipité floconneux qu'on obtient par l'acide exalique 2/ lé
vinaigre radical & la foude cft d'ua gris cendrs, &
a un: belle couleur cicrinc.
le Quide
même nature que la matière glutineufe du froment ; mais dans le Sucre, cette matière eft
portée à un degré d'élaboration beaucoup plus
grand.
forme un nouveau précipité qui eft blanc, lc Auide
une
teinte citrine très-foible.
prend
Le précipité floconneux qu'on obtient par l'acide exalique 2/ lé
vinaigre radical & la foude cft d'ua gris cendrs, &
a un: belle couleur cicrinc.
le Quide --- Page 334 ---
L
a
SUR LISPROPRIETES
Si Onl décompofe le fitc exprimé par la fer
mentation fpiritueufe, O1l obtient un vin analogue au cidre; fi on diftille ce vin après l'avoir
laiffé en bouteilles pendant un an 2 on obtient
de l'eau - de- vie, & le réfidu évaporé & mis
à cryftallifer, donne un fel particulier affez
abondant (1). Ce fel, qui eft féparé dans la décompolition du Sucre par la fermentation fpiritueufe, cryftallife en petites aiguilles longues de
4 à 5 lignes qui, réunies fur la même bafe, forment une forte de houpe; il eft plus foluble dans
l'eau que le Sucre & ila une faveur fitcrée trèsfoible. Ce fel que nous nommerons Sel de Sucre, eft très-fec, & n'attire point l'humidité de
l'air (2).
(1) J'ai retiré 4 gros de Cc fel purifs, de 26 onces de vin
de Canne.
(>) Nous avons cherché à obtenir ce fel du Sucre fermenté.
Pour cet effet nous avons mis dans une diffolution de Sucre
portant 8 degrés à l'Aréomètre > une quantiré convenable de levure de bière pour faire paffer Ce Sucrei la fermentation fpiricueufes.
Nous avons obtenu un vin très-clair, d'une faveur douce & agriable; après l'avcir fait féjourner pendant quelques-temps en bouteilles, llous Pavons évaporé au foleil jofqu'i confiflance firupeufe: CC produit a pris, Fendant l'efpace de deux à trois mois,
avec la forme concréte granulenfe, l'odeur & la faveur duimiel.
Après avoir lavé cettefortede miel dans Palkeol, rour C1 fiparerla
partic firupeufe, HouS Pavons diflous dans l'cau diflillée, & nous
avors convenehlement évaporé la diffoluion fur le bain de fable.
Après deux mois de repos, nous avons obtenu unc matle blanche
ayant la confiftance du leurre, fans odelir, ni fayeur feuibies
Si
te granulenfe, l'odeur & la faveur duimiel.
Après avoir lavé cettefortede miel dans Palkeol, rour C1 fiparerla
partic firupeufe, HouS Pavons diflous dans l'cau diflillée, & nous
avors convenehlement évaporé la diffoluion fur le bain de fable.
Après deux mois de repos, nous avons obtenu unc matle blanche
ayant la confiftance du leurre, fans odelir, ni fayeur feuibies
Si --- Page 335 ---
DU SUCR E.
Si on étend le fel de Sucre dans une trèsgrande preportion d'eau, , il s'altère bientôt
& donne dans fa décompofition une matière
fibreufe (1) qui fe préfente fous la forme de
Rocons très-légers.
Nous creyonsque ce fel doit ètre confidéré, ,ainfi
quela matière glutineufe, comme un des principes prochains du Sucre. Il ncus paroir aufli queles
difiérences que préfente le Sucre dans fa faveur 8c
dans la forme de fes cryfaux, font dies aux
différentes proportions de matière glutineufe, qui
fans doute eft le principe de la faveur douce
& que c'eft particulièrement fur elle que fe
>
l'aétion de la chaleur & des alkalis dans la porte décompofition du Sucre par ces agens.
Lorfqu'on examine le Sucte dans fes ufages,
on eft furpris de l'étendue des diverfes
tés
propticqu'il nous offre.
Dans nos Oflices, il s'unit à tous les fruits
& leur prête à tous les charmes de la douccur.
Tantôr folide, il prend dans l'Art du Confifeur
les couleurs les plus agréables & les formes les
nous croyons qu'en prenant lc vin de Sucre à des termes de
dicompofition plus éloignés, il fera pomible d'en obtenir un fel
cryfallifable tel que celui du vin de Cannc.
(1) il paroit que cette matière fert dc bafe à tous les fols
cffentiels & même à l'acide oxalique qui, s'il cft étendu dans
une grande quantité d'eau, , donne en fc décompofart une matière
fibreufe qui forme des houpes volumincufes & lgères.
T --- Page 336 ---
SURLES! PROPRIÉTES
plus variées pour plaire i nos yeux & féduire
notre palais.
Tantôt Auide, à quelles combinaifons ne fe
prète-t-ii pas, dans PArt du Liquorifte 3 pour féduire & épuifer nos goûts ?
Il conferve les fucs &c la fubftance des fruits
de tous les pays, de toutes les faifons, & il
les raffemble en tout temps fur noS tables.
Dans nos Cuifines, il fait l'affaifonnement &
le délice du plus grand nombre de nos mèts ;
iln'en eft point auxquels il ne paiffe donner quelqu'agrément.
Si dans nos Cuifines on voit le Sucre s'unir
à la fubftance alimentaire pour conferver la
fanté en entretenant la vie,on le voit auffi dans
les Pharmacies prèter tous fes charmes aux
de conferver la vie & de rétablir la
moyens
fanté. II fait la bafe de tous les firops ; il entre
dans les pâtes, dans les tablettes &c.; il raffemble les poudres. & les préfente fous la forme
de bols, de pilules, &c.
Il fert dans P'Art du Pâtiflier, à la préparation de certaines pâtes. Les effais que nous
avons tentés, nous donnent lieu de croire que
PArc du Boulanger pourroit tirer de grands fecours de l'ufage du Sucre. M. Parmentier a
commencé, à l'Ecole de la Boulangerie de
Paris, diverfes Expériences dans lefquelles il
les poudres. & les préfente fous la forme
de bols, de pilules, &c.
Il fert dans P'Art du Pâtiflier, à la préparation de certaines pâtes. Les effais que nous
avons tentés, nous donnent lieu de croire que
PArc du Boulanger pourroit tirer de grands fecours de l'ufage du Sucre. M. Parmentier a
commencé, à l'Ecole de la Boulangerie de
Paris, diverfes Expériences dans lefquelles il --- Page 337 ---
DU S U C R E.
fe propofe de confidérer fous tous les
les effets du Sucre dans la panification. rapports,
M. Macquer a démontré de la manière la
plus fatisfatfinte, qu'en peut retirer les plus
grands avantages de l'ufage du Sucre dans l'Art
de faire fermenter les Vins (r).
Nous invitons les Braffeurs à T'employer dans
la confeétion de la Bière 5 car nous fommes bien perfuadés qu'il- Peut
fappléer avec
avantage aux décoétions de houblon (2).
Les vertus Médicinales da Sucre le rendirent
très. - précieux & très-cher dans les
premiers
temps qu'il fut.connu en Enrope. Elles fe feroient plus étendues, fans doute,
eft devenu plus commun, fi des Médecins depuis qu'il
rans n'en avoient pas fait craindre
ignolui attribuant les
l'ufage, en
propriétés d'échauffer & d'amaigrir. Heureufement les Médecins modernes
fe font élevés au-deffus de ces
fait que le fameux Tronchin préjugés; on
l'eau fucrée à
recommandoit
prefque tous fes malades. Cullen
& pluficurs bons Médecins attribuent la diminution fenfible des fèvres
purrides au Sucre,
Forhergill, dont toute l'Angleretre honore la
(r) DiSionnaire de Chymie.
(2) On peut fur.tour aitendre cet
& des Mélaffes.
ayantage du Sucre brut
T 2 --- Page 338 ---
SUR LES PROPRIETES
mémoire, faifoit les vaeux les plus ardens pour
que le prix du Sucre permit au Peuple d'en
faire ufage:
Les Expériences de M. Imbert de Lonnes,
premier Chirurgien de M. le Duc d'Orléans, >
rapportées dans la Gazette de Santé (1) établiffent de la manière la plus fatisfaifante les propriétés ancifcorbutiques du Sucre qu'il confirme
par le fait fuivant. 39 Un Vaiffeau appartenant
>i MM. Homberg 2 Armateurs avantageufe92 ment connus au Havre, venoit de nos Ifles,
92 & portoit beaucoup de Sucre. Un calme qu'on
39 n'avoit pu prévoir fit manquer les vivres penMatelots étoient
32 dant plufieurs jours. Quelques
>> morts du fcorbut pendant la traverfée, &
92 prefque tout l'équipage étoit menacé de fuc-
>> comber à cette cruelle maladie; le Sucre >
>> feule reffource qui lui refoit, le conduifit atl
$, Port. Les accidens du fcorbut cefsèrent, &c
>> le remède fut en même-temps un aliment
>> agréable <C,
Ce fait prouve de la manière la plus évidente qu'on pourroit guérir le fcorbut par T'ufage
du Sucre, &c qu'on devroit chercher à garantir
les gens de mer de cette dangereufe maladie
(1) No. 41, année 1786,
>> feule reffource qui lui refoit, le conduifit atl
$, Port. Les accidens du fcorbut cefsèrent, &c
>> le remède fut en même-temps un aliment
>> agréable <C,
Ce fait prouve de la manière la plus évidente qu'on pourroit guérir le fcorbut par T'ufage
du Sucre, &c qu'on devroit chercher à garantir
les gens de mer de cette dangereufe maladie
(1) No. 41, année 1786, --- Page 339 ---
DU S U C R E.
en le faifant entrer aul nombre de leurs alimens 5 ce qui feroit facile &c peu coûteux
au Gouvernement, car une ration d'une once
de Sucre qui, peut-ètre, feroit fuffifante pour
chaque Matelot, ne coûteroit guères que fix
deniers par jour.
Le Sucre- brut fait d'après la nouvelle méthode, préfenteroit par fa pureté, par fa faveur
balfamique & par la médiocrité de fon prix,
tous les avantages qu'on peut défirer; car en
fuppofant qu'a.Saine-Domingue, il coûtât tau Roi
5o livres le quintal, il ne lui reviendroit pas
en France à S fols la livre, attendu qu'il. n'auroit ni fret, ni affiurance, ni commifion, &rc.
à payer, puifqu'on pourroir en charger fes vaiffeaux qui reviennent tous les ans de cctte
Colonie.
Il feroit à défirer que dans les Hopitaux on
donnât du Sucre aux Malades, foit en fubftance, foit en diffolution; on pourroit l'unir avec
fuccès, fans doute, aux bouillons qui en feroient plus agréables & plus faciles à digérer.
Si les vertus Médicinales du Sucre peuvent
êrre plus étendues, fes propriétés Chirurgicales
méritent auffi d'être plus éprouvées; fes qualités douces, lénifiantes, devroient lui donner la
préférence fur les onguens & les emplâtres
dans le traitement des plaies ; il n'a point
T 3 --- Page 340 ---
- a
SURLES PROPRIiTES
de fe rancir, il ne
comme eux l'inconvénient d'irritations. S'il ne
peut donc jamais caufer
de
de priver les plaies du contact
s'agit que
les huiles &
l'air, il a cet avantage autant que
s'il s'agit de porter fur elles quelles graiffes;
remèdes actifs, il peut comme les graiffes
ques
& les huiles leur fervir d'excipient.
depuis long-temps on fit entrer le
Quoique
des alimens, ce n'eft
Sucre dans la préparation
eft
depuis M. Rouelle T'ainé, qu'il
guères que
fubfance alimentaire: ce favant
regardé comme confidéroit comme le pain le plus
Chymifte le
l'ufage dans tous
parfait; il en recommandoit
abonfes Cours, & il en mangeoit en grande
dance. Ses leçons, fon exemple, ont beaucoup
la confiance du Public
contribué à augmenter
dans les propriétés du Sucre.
démontrer que la maMaintenant qu'on peut
du
tière glutineufe fert de bafe aux principes
combinaifon elle eft exSucre, que dans cette
foluble &
tèmement pure & parfaitement
dans la difpofition la plus proconféquemment facilement digérée, perfonne ne repre à être
le Sucre foit la fubftance
fufera de croire que
multialimentaire la plus parfaite, & des faits
aucun doute fur ce point.
pliés ne laiffent
dans fa Matière Médicale 3
M. Geoffroi,
afe aux principes
combinaifon elle eft exSucre, que dans cette
foluble &
tèmement pure & parfaitement
dans la difpofition la plus proconféquemment facilement digérée, perfonne ne repre à être
le Sucre foit la fubftance
fufera de croire que
multialimentaire la plus parfaite, & des faits
aucun doute fur ce point.
pliés ne laiffent
dans fa Matière Médicale 3
M. Geoffroi, --- Page 341 ---
D U S U C R E.
rapporte l'obfervation de deux Perfonnes qui
mangeoient beaucoup de Sucre, dont la vieilleffe a été longue & fans infirmités.
On voit dans la Gazette de Santé (:) que
M. Emeric, Médecin aux environs de SaintMalo, a vécu près de cent ans, en fe nourriffant avec des alimens fucrés; que M. de la
Vergue, Médecin à la Guadeloupe, a vécu
très-vieux, 3 en fuivant le mème régime, & que
M. de Bauvoir, Lieutenant de Roi atl Havre,
difoit qu'il devoit à T'ufage du Sucre la bonne
fanté dont il jouiffoit à l'age de quatre-vingts
ans.
L'extrème facilité avec laquelle le Sucre peut
fe digérer, le rend l'aliment de tous les âges
&c de toutes les circonflances; il convient particulièrement aux enfans, aux vieillards, aux
perfonnes foibles &c délicates, aux malades, aux
convalefcens.
On peur le. donner à l'enfant qui vient de
naître, & peut têtre eft-il le feul qui lui convienne dans les premiers momens de fa naiffance; il porte avec Tavantage' de le nourrir,
celui de concourir à diffoudre le méconium &
à en: faciliter l'évacuation. Le goût de l'enfant
Ne. 41, année 1786.
T 4 --- Page 342 ---
SUR LESPROPRIÉTÉS
pour l'eau fucrée eft une indicaticn bien sûre à
laquelle on doit avoir d'autant plus de confiance,
que le lait de la mere, dans les premiers temps
de l'accouchement, femble n'être guères que de
l'eau fucrée.
Qu'on éloigne donc pour jamais le lait de
vache dont on a reconnu, depuis long-temps,
tous les inconvéniens , & qu'on a cherché inutilement à remplacer par le lait de chèvre.
L'obfervation rapportée dans la Gazette de
Santé (1), prouve de la manière la plus fatisfaifante les avantages de l'ufage du Sucre dans
la première enfance (2).
On peut donc fe livrer en toute fireté à
l'indication de la nature, manifeftée par Pextrème avidité des enfans pour le Sucre. Qu'on
leur en donne en nature, en boiffon, & dans
tous les alimens. Sur-tout qu'on bannifle pour
jamais l'ufage de la bouillie de farine & de lait
que les eftomacs les plus robuftes peuvent rarement fupporter. Que le premier aliment de l'enfant foit une bouillie faite avec de la mie de
pain defféchée au four, réduire en poudre &c
cuite dans l'eau fucrée; que cette bouillie 9 ex-
(r) No, 33, annéc 1788.
(2) Nous pourrions citer une pareille obfervation, fi nous ne
craiguons de fortir des bornes que nous nous fomnes Preferites.
eftomacs les plus robuftes peuvent rarement fupporter. Que le premier aliment de l'enfant foit une bouillie faite avec de la mie de
pain defféchée au four, réduire en poudre &c
cuite dans l'eau fucrée; que cette bouillie 9 ex-
(r) No, 33, annéc 1788.
(2) Nous pourrions citer une pareille obfervation, fi nous ne
craiguons de fortir des bornes que nous nous fomnes Preferites. --- Page 343 ---
D U S U C R E.
trèmement fimple & qu'on peut fe procurer partout, foit la feule dont on nourriffe l'enfant.
Il feroit à défirer pour le bien de l'humanité
& pour le bonheur des enfans, qu'on tentât
Hans les Dépôts publics, de les alimenter avec
le Sucre Sc des alimens fucrés, & qu'on confta-.
ât par des Expériences faites avec foin & bien
faivies, les avantages qu'on eft en droit d'attendre de fon ufage dans les premiers temps
He la vie.
La bouillie que nous venons d'indiquer pour
les enfans s conviendroit fouvent beaucoup
mieux, aux perfonnes épuifées par de longucs
maladies, après lefquelles l'eftomac reprend
quelquefois fi difficilement fes fonétions 2 que
les porages gras, les bouillies de ris, de gruau,
&c.
Les préjugés établis dans des temps d'ignorance fur la qualité échauffante du Sucre, en
font craindre encore l'ufage à beaucoup de perfonnes.
Si Onl fait attention que le Sucre contient la
fubftance alimentaire la mieux préparée & en
trèsg grande proportion, Gi on fait attention que
fes propriétés falines le rendent le diffolvant
des alimens qu'il allaifonne, on verra que fous
ces deux rapports il n'eft poin: d'aliment qui --- Page 344 ---
- - -
SUR LES pRoPRIiTES
nourrife davantage. Or on fait que le propr
des fubftances très-nourilfantes, eft d'augmen
ter les forces vitales, &c que de leur augmen
tation réfulte néceffairement une chaleur bien
faifante à laquelle nous devons le bonheur de
exiftence. Sous ce point de vue le Sucre
notre
eft fan
échauffe, & la chaleur qu'on éprouve
doute le plus grand bien pour la fanté. Ell
doit être bien diftinguée de la chaleur d'effer
les fubftances aromati
vefcence que produifent
ques qui ne font point alimentaires.
On croit encore valgairement que les pro
fondantes du Sucre font maigrir. L'ex
priétés démontre le contraire tous les jours
périence
à Sucre, tous les bef
car fur les Habitations
font nourris ave
tiaux, pendant ja fabrication,
des Cannes & avec les écumes du vefou; quoi
fatiguent alors plus qu'en aucun autr
qu'ils
néanmoins ils fe portent beaucouj
temps >
de l'embonpoint.
mieux & ils prennent
vefou &
donne des écumes de
Lorfqu'on
du firop aux cochons, ils engraiffent prompte
& leur chair devient plus tendre & plu
ment
délicate.
Les faits fuivans prouvent encore que l'ufag
ils font tirés des Cahiers d
du Sucre engraifle;
M. Rouelle P'ainé,
qu'en aucun autr
qu'ils
néanmoins ils fe portent beaucouj
temps >
de l'embonpoint.
mieux & ils prennent
vefou &
donne des écumes de
Lorfqu'on
du firop aux cochons, ils engraiffent prompte
& leur chair devient plus tendre & plu
ment
délicate.
Les faits fuivans prouvent encore que l'ufag
ils font tirés des Cahiers d
du Sucre engraifle;
M. Rouelle P'ainé, --- Page 345 ---
D U SUc R E.
>> Le Royaume de la Cochinchine eft, de
s> tous les Pays des Indes Orientales, celui qui
>> produit une plus grande quantité de Sucre &c
>) de la meilleure qualité; cette denrée y forme
> le plus grand objet d'exportation pour le
> Commerce Etranger.
>> Les Cochinchinois font une très- grande
>: confommation de Sucre; ils en mangent or-
>> dinairement avec leur ris, & c'eft le déjet-
>> ner commun des hommes & des femmes de
9> tout âge.
99 Dans toutes les Auberges du Pays on ne
32 trouve guéres que du ris au Sucre; c'eft la
>> nourriture ordinaire des Voyageurs.
35 Les Cochinchinois confifent comme nous
> tous leurs fruits, & de plus, laplupart de leurs
3> légumes, la citrouille, certains concombres,
> des racines, des cardes, la graine de lotus,
>> & la feuille épaiffe de l'aloés.
35 Ils prérendent que rien n'eft fi pourriffant
> que le Sucre. C'eft d'après lexpérience du
> Pays que le Gouvernement alloue à une cer-
>> taine compagnie de foldats choifis pour repré-
>> fenter, une fomme dont ils payent le Sucre
37 & les Cannes à Sucre que la loi du Prince
5> les oblige de manger par jour.
>> Le but de cette loi eft d'entretenir, par --- Page 346 ---
SURLESPROPRIÉTES
>1 la nourriture journalière du Sucre, l'embon-
>> point des foldats qui,approchant de plus près
3> la, perfonne du Roi, font deftinés à la repré2> fentation & à faire honneur à leur Maitre
55 par leur bonne mine: en effet, ces foldats
>> qui font au nombre de 5oo environ, font
>> dans un embonpoint admirable. Ils font réellc-
>> ment engraillés all Sucre.
5> Les Cochinchinois engraiffent également
>5 leurs animaux domeftiques, leurs chevaux >
>> leurs bufles & leurs éléphans avec la Canne
37 à Sucre. Ils prétendent qu'aucune nourri95 ture n'eft plus propre à rétablir un animal
>3 épuifé cC.
Nous conviendrons néanmoins que le Sucre
pour engraiffer, doit être uni à d'autres alimens dont il facilite la digeftion & qu'il rend
plus nourriffans. S'il faifoit le feul aliment d'un
individu, il pourroit le nourrir & augmenter fes
forces fans T'engraiffer; on conçoit même que
fa propricté fondante devroit produire l'effet
contraire. Sous ce feul rapport le Sucre doit
amaigrir.
Mais fi le Sucre peut nuire dans une feule
circonftance, on doit fe garder d'en redouter
l'ufage dans toute autre.
On fait qu'en général les perfonnes livrées
à la boifion du vin & des liqueurs fpititueu-
u, il pourroit le nourrir & augmenter fes
forces fans T'engraiffer; on conçoit même que
fa propricté fondante devroit produire l'effet
contraire. Sous ce feul rapport le Sucre doit
amaigrir.
Mais fi le Sucre peut nuire dans une feule
circonftance, on doit fe garder d'en redouter
l'ufage dans toute autre.
On fait qu'en général les perfonnes livrées
à la boifion du vin & des liqueurs fpititueu- --- Page 347 ---
D U SUc R E.
30r
fes, mangent d'autant moins qu'elles boivent davantage. 11 en eft du Sucre commedesliqueurs fpiritueufes, il peut & doit produire le même effet,
d'une manière moins fenfible à la vérité, car il
paroît qu'il ne diffère de l'efprit-de-vin, qu'en
ce que la matière glutineufe & le fel de Sucre entrent en plus grande proportion dans la
combinaifon de fes principes.
Les propriétés échauffantes & fondantes du
Sucre 2 offrent de bien grands avantages aux
vieillards.
On fait que la chalenr entretient la vie &
qu'elle met en mouvement tous nOS crganes.
On fait aufli qu'elle diminue à mefure que
nous avançons en âge; or un aliment qui en
augmentant la chaleur, s'unit encore aux humeurs épaiffes & vifqueufes pour les divifer &
les rendre plus fluides - > eft fans doute l'aliment le plus précieux pour P'hiver de l'àge.
Les vieillards qui font ufage du Sucre, peuvent donc s'attendre à une vieilleffe fans infirmités qui , en général, font caufées par la
préfence de diverfes humeurs dont les organes trop affoiblis, ne peuvent pas toujours fe
débarraffer. On conviendra donc que les propriétés échauffantes & fondantes du Sucre rendent fon ufage infiniment précieux & falutaire
dans la vieilleffe. --- Page 348 ---
SUR LESPROPAIiTiS
Le Sucre eft, fans contredit, le plus grand
bienfait que l'Homme ait reçu de la Nature;
qu'il s'attache donc à en connoitre tous les
avantages & à en profiter. C'eft particulièrement aux Médecins & aux Chirurgiens à étudier fes effets; que l'expérience ferve de bafe
à leurs jugemens 2e > fur lefquels doit s'établir
la confiance du Pablic. Que l'Adminiftration fe prête à faire les effais qu'on
&
peut
qu'on doit tenter dans les Hopitaux > dans les
Camps, à la Mer, & qu'elle prenne des
mefures fages pour augmenter les Cultures à
Sucre, pour rendre les moyens de le préparer
plus fimples, plus avantageux, tant dans les
Colonies qu'en France ; afin de faire diminuer le prix de cette denrée, & d'en rendre
l'ufage plus général parmi le Peuple.
Si les moyens de fabriquer le Sucre que
nous avons établis fe propagent > les Sucres
bruts feront affez purs pour être confommés,
dans le plus grand nombre des ufages économiques, fans être raffinés, & leur prix alors
feroit aflez médiocre pour que le Peuple pût
s'en permettre l'ufage. La faveur balfamique
qu'ils portent, ajoutercit encore pour beaucoup
de Perfonnes, un nouveau prix à leur faveur
douce & fucrée.
Puiffe la Nation dans le moment où elle
nous avons établis fe propagent > les Sucres
bruts feront affez purs pour être confommés,
dans le plus grand nombre des ufages économiques, fans être raffinés, & leur prix alors
feroit aflez médiocre pour que le Peuple pût
s'en permettre l'ufage. La faveur balfamique
qu'ils portent, ajoutercit encore pour beaucoup
de Perfonnes, un nouveau prix à leur faveur
douce & fucrée.
Puiffe la Nation dans le moment où elle --- Page 349 ---
D U SUcR E.
'occupe des intérêts les plus chers à fon bonaeur & à fa profpérité, confidérer les avantaes que lui offrent les Colonies à Sucre dans
ine produétion dont l'ufage fait les délices de
ous fes alimens, & dont la Culture & le Comnerce font de la plus grande importance pour
a confommation du fuperfus de fes denrées!
-
a
--- Page 350 ---
D U V I N
SUR les moyens de faire une Ligueur
Vineufe avec le Suc exprimé de la
Canne-fiucrée.
Arnis avoir fuivi dans la Canne les diverfes
modifications du corps muqueux jufqu'au plus
haut degré d'élaboration qu'il femble pouvoir
atteindre; après avoir confidéréles entre-nacuds
de la Canne comme le fruit muqueux par excellence, il étoit naturel de croire que fon fucexprimé abandonné à lui-même devcit, comme
celui de prefque tous les fruits muqueux, 3 fubir
la fermentation fpiricueufe; cependant T'expsrience démontre tous les jours que ce fuc, exprimé de Cannes fraichement coupces, paffe
conftamment à la décompolition acéteufe.
Surpris autant que certain de ce fait, je dûs
conclure que le mouvement de la fermentation
acide étoit imprimé au Sucre dans le fuc exprimc, par l'efpèce de décompolition qu'éprouvent
les fublances avec lefquelles il eft uni, & j'obfervai que les fécules de la première forte font
les premières partics de ce fuc qui fe décompofent, & que le produit de leur décompolition
étant --- Page 351 ---
DE CANNI-sucxin
étant toujours acide, celle du Sucre le devient
néceffairement.
J'avois obfervé, en Normandie,
obtenir de bon Cidre des diverfes que, pour
fortes de
pommes, , on eft obligé de les laifler en grenier
pendant un temps plus ou moins long. D'après
cette obfervation, j'abandonnai des Cannes à
elles-mèmes, & après huit à dix jours, elles
prirent une. odeur de
pommes forte a & vineufe 5 je les fis exprimer, & la fermentation piritueufe déjà très-avancée, fe. continua
dans leur fuc exprimé,
Lorfqu'on "obferve avec attention ce qui fe
paffe dans la fermentation du fuc des diverfes
fortes de fruits, on eft tenté de croire
les
divers êtres qui réfultent de la fermentation que
ritueufe, ne font que fe féparer & qu'ils exif- fpitoient tout formés dans le fruit avant l'expref.
fion; car fi l'alkool (1) étoit un produit de
la décompofition du
arriver
corps muqueux, il devroir
que le fac des fruits les plus doux donneroit, dans fa fermentation, la plus forte
portion d'alkool, & cependant l'obfervation profemble prouver le contraire. Toujours
certain que la fermentation du fuc
paroit-il
fruit, eft une fuite du
exprimé d'un
mouvement & des com-
(1) Efprit-de-vin,
V.
fi l'alkool (1) étoit un produit de
la décompofition du
arriver
corps muqueux, il devroir
que le fac des fruits les plus doux donneroit, dans fa fermentation, la plus forte
portion d'alkool, & cependant l'obfervation profemble prouver le contraire. Toujours
certain que la fermentation du fuc
paroit-il
fruit, eft une fuite du
exprimé d'un
mouvement & des com-
(1) Efprit-de-vin,
V. --- Page 352 ---
DU V I N
binaifons qui Ont commencé dans ce fruit
même, > & - qai s'achèvent dans fon fuc exprimé
On fait que les poires les plus propres à faire
du poiré riche en alkool, font fi âcres que perfonne ne peut en manger une feule bouchée fans
éprouver dans les organes du goût, une aftriction très - forte qui dure pendant plufieurs
heures.
Ces poires font exprimées à l'inftant qu'on les
récolte, & leur fuc qui eft légèremént doux,
eft mis dans des tonneaux fans avoir cuvé avec
le marc (1): toutes les parties de ce fuc fe
féparent, la chaleur & le gaz acide carbonique
s'échappent comme volatiis 3 & tandis que les
folides fe
l'alkool & le
- parties
précipitent,
corps
muqueux s'uniffent pour former le poiré qu'on
fourire alors, pour le mettre dans d'autres tonneaux.
Les diverfes fortes de poires douces & agréables qu'on fert fur n0S tables, donnent un fac
très-doux, dont le poiré eft pauvre en alkool
(1)1 Il cft très-probable quc fi on faifoir cuvcr pendant un ou
pluficurs jours les poires 2 les pommes après les avoir bicn écraSées aiali qu'on fait pour le raifin, lc fitc qu'on en exprimeroit
fubiroir alors plus rapidement la fermentation vincufe, & que lc
Poiré & le Cidre ÇI feroient beaucoup plus richcs cn alkool. --- Page 353 ---
DE CAXNEsvexir
& en corps muqueux; aufli tourne-t-il
tement à I'acide, & le
prompvinaigre en eft plat.
Si on obferve ce qui fc paffe dans la fermentation des pommes 2 on voit qu'en général celles
qui font les plus propres à donner du cidre riche
en alkool &c en corps-muqueux, font douces
& amères. Prefque toutes exigent d'être mifes
en grenier pendant un temps plus ou moins
& il en eft qui y reftent trois à
long,
Elles
quatre mois.
y prennent une odeur vineufe très-forte,
& quoiqu'il s'en trouve quelquefois la moitié 2
de pourties, le cidre qu'elles donnent n'en eft
pas moins riche cn alkool 8c en
La féparation des diverfes
corps-muqueux.
parties qui réfultent de la fermentation fpiritneufe de leur
fe fait fouvent à une témpérature
fuc,
dix
au-deffous de.
degtés, & même quelquefois au-deffous de
zéro, à la vérité elle fe fait alors un
lentement.
peu plus
Il refte encore dans les Cidres, ainfi
dans
les Poirés, lorfqu'on les foutire,
que
une portion de fécules
quoique clairs, s
qui fe
ou moins lentement
décompofent plus
3 & femblent
d'une manière infenfible le
prolonger
mouvement de fermentation. Le vinaigre qu'ils donnent
en fe
décompofant, eft bon & généreux.
Si ces fortes de pommes étoient exprimées d
Tinflant qu'elles ont été récoltées, leur fuc feroit
V 2.
'on les foutire,
que
une portion de fécules
quoique clairs, s
qui fe
ou moins lentement
décompofent plus
3 & femblent
d'une manière infenfible le
prolonger
mouvement de fermentation. Le vinaigre qu'ils donnent
en fe
décompofant, eft bon & généreux.
Si ces fortes de pommes étoient exprimées d
Tinflant qu'elles ont été récoltées, leur fuc feroit
V 2. --- Page 354 ---
-
P U VIN
doux, mais fa fermentation s'établiroit difficilement &c le produit en feroit très-pauvre en
alkool & en corps-muqueux ; celui-ci pafferoit
promptement à la décompofition acide & donneroit de mauvais vinaigre.
Si on obferve encore ce qui fe paffe dans la
fermentation des diverfes fortes de raifins, on
voit que ceux qui font les plus doux au goût
& qui femblent contenir beaucoup de corpsmuqueux, ne donnent dans les Provinces du
Nord de la France,qu'un vin pauvre en alkool, 2
qui ne fe garde pas longtemps & qui donne
de mauvais vinaigre.
On voit dans les Provinces moyennes de la
France, que quoique le raifin ne femble pas
être plus doux que celui des environs de Paris, ,
les vins font néanmoins riches en gaz acide
carbonique, en alkool & en corps muqueux,
& que la proportion de ces deux dernières
parties fe trouve dans LIn rapport affez égal. Le
vinaigre que donnent ces vins dans leur décompofition, eft fort & généreux,
Enfin dans les Provinces Méridionales, le
femble s'être élevé à P'état fucré
corps-muqueux
& l'emporter dans fa proportion fur l'alkool.
En Efpagne, à Chypre, à Madère, l'état fucré
du corps-muqueux eft bien 'marqué, & la furabondance de fa proportion bien déterminée. --- Page 355 ---
DE CANXI-SUCRIL
D'après l'obfervation des Perfonnes qui diftillent le Poiré, le Cidre & les Vins, la quantité d'alkool qu'on en retire, eft fouvent auffi
abondante & quelquefois plus, lorfqu'on les
diftille peu de temps après la fermentation. Or
fi l'alkool n'exiftoit pas tout formé dans le fruit
au moment où on T'exprime, s'il étoit le produit de la décompofition du corps-muqueux,
les vins qui contiendroient le plus de ce corps,
donneroient de l'alkool en plus grande proportion, & on gagneroit à attendre qu'il'fie tout
décompofé pour les diftiller. Il paroit au contraire que les vins les plus riches en corpsmuqueux après la fermentation, fe confervent
d'autant plus longtemps que ce corps eft plus
élevé vers l'état Sucré, & que fa proportion
eft plus abondante; tels font les Vins d'Efpagne, de Chypre, de Madère, &c.
Il paroit auffi que dans la décompofition acide
de toutes fortes de Vins, la proportion du vinaigre quife forme, eft en raifon &de la quantité &
dela qualité du corps-muqueuxe quife décompofe.
Aufli le vinaigre du vin de Canne eft-il trèsfort & très-généreux.
Si maintenant on obferve ce qui fe palfe
dans le marc de Poires, de Pommes, de Raifins, dans les bagafles de Cannes fermentées,
o1l voit qu'il s'en dégage de la chaleur, du gaz
V 3
de Vins, la proportion du vinaigre quife forme, eft en raifon &de la quantité &
dela qualité du corps-muqueuxe quife décompofe.
Aufli le vinaigre du vin de Canne eft-il trèsfort & très-généreux.
Si maintenant on obferve ce qui fe palfe
dans le marc de Poires, de Pommes, de Raifins, dans les bagafles de Cannes fermentées,
o1l voit qu'il s'en dégage de la chaleur, du gaz
V 3 --- Page 356 ---
DU V I N
acide carbonique, de l'alkool & du gaz inflammable (1).
Nous conclurons de ces obfervations que dans
les fruits, foit fur l'arbre, (tels la Poire 2
le Raifin) foit en tas, (telles la Pomme, la
Canne) les divers principes qu'ils ont tirés del'air,
de la lumière & du foleil, & qui font renfermés dans leurs vaiffeaux, 2 venaut à rompre ces
vaifleaux, rencontrent le corps-muquenx doux,
ou fucré, ou fel effentiel,s'y uniffent & forment
avec lui l'alkool, &c quc la proportion de ce corps
qui n'a point trouvé à fe faturer de ces principes, refte dans l'état muqueux jufqu'à ce qu'elle
fe décompofe pour donner du vinaigre.
Cc font donc les parties folides du fruit (fes
vaiffeaux) qui en fe divifant > en fe déforganifant, donnent les principes qui s'uniffent aul
corps - muqueux 3 plus O1l moins élevé déji
dans l'ordre des diverfes modifications que nous
avens fivies > pour en faire de P'alkool.
C'eft aufli ce qui arrive lorfqu'on mêle de la
levure de bière à une diffolution de Sucre. La
levure en fe décompofant, donne au corps-
(1) J'obferverai quc quelquefois le feu prend dans nos Colonies aux piles de bagaffe, foit à lair libre, foir dans lcs cafcs,
fins qu'on puitfe découvrir rar quelle caufe; fans doute on peur
Pautribucr à la jermentation. --- Page 357 ---
DE CANNE-SucRis.
muqueux élevé déjà(comme Sucre) à lln trèshaut degré de proportion dans la combinaifon
de fes principes, une nouvelle proportion de
ces mèmes principes, propre dle monter à l'état
d'alkool. Ceft aufli ce qui lui arrive dans la
Canne, lorfqu'on la laiffe en tas pendant plufieurs jours (1).
La Canne fermentée donne, après huit à
dix jours, une odeur de pommes forte & vineufe; G on l'exprime à cette époque, la fcrmentation fe continue dans fon fuc exprimé, &
après cing à fix jours, on obtient un vin parfaitement analoguc au Cidre.
Si la Canne eft abandonnée quelques jours
de plus, l'odeur & la faveur de pommes difparoiffent ou au moins diminuent confidérable-,
ment; le futc qu'elies donnent alors eft très-vineux, & la fermentation fpirirgeufe qai ef fort
avancée, s'achève en peu de jours, 2 &c on obtient un vin très-analogte au vin blanc de
raifn.
Comme les ncads de la Canne-fitcrés n'arrivent que fuccellivement à maturité, ccux qui
(1) ) II paroit qu'il n'y a qu'une partie du Sucre qui, dans
la fermencation, cft élevée à l'état d'alkool 2 tandis qsic l'autre
fe décompofe & pafTe par divers états qu'il feroit inportant de
fuivre.
V 4
c on obtient un vin très-analogte au vin blanc de
raifn.
Comme les ncads de la Canne-fitcrés n'arrivent que fuccellivement à maturité, ccux qui
(1) ) II paroit qu'il n'y a qu'une partie du Sucre qui, dans
la fermencation, cft élevée à l'état d'alkool 2 tandis qsic l'autre
fe décompofe & pafTe par divers états qu'il feroit inportant de
fuivre.
V 4 --- Page 358 ---
- à
D U V I N
y font depuis longtemps, font les plus fufceptibles de fermenter, &c paffent au point ou il
conviendroit de les exprimer longtemps avant
ceux de la partie fupérieure de la Canne; il eft
donc à propos de la partager en plufieurs tronçons qu'on met à fermenter féparément.
Le moit de Canne ( nous nommerons de ce
nom le fic exprimé de Cannes fermentées)
mis dans des tonneaux 3 continue de fermenter
comme les fucs de Poires, de Pommes, &c.
Les matières féculentes fe féparent par l'action
même de la fermentation; une partie fe précipite, l'autre eft rejettée fous la forme d'une
écume mouffeufe très-abondante; ; une portion
de fuc eft auffi rejettée & il fc fait un vuide,
qu'il faur avoir foin de remplir une ou deux
fois par jour, foit avec de l'eau fucrée, foit
avec du fable bien lavé.
Après plufieurs jours, 2 la fermention étant
tombée au point convenable, on perce le tonneau à 4 à 5 pouces au-deffus du fond, & fi
le vin eft clair, il convient de le foutirer dans
un tonneau propre qu'il faut remplir en entier.
Sil eft un peu trouble, ce qui artive quand la
matière féculente eft très-abondante, il faut le
coller & le foutirer après vingequatre heures
de repos.
Ce vin feroit alors trop doux pour en faire --- Page 359 ---
DE CANNI-SUCRÉE
ufage comme boiffon ordinaire, aufli convientil de l'abandonner a lui-même pendant quelque
temps, ainfi qu'on le pratique pour le Vin &
le Cidre. Si on le met tout de fuite en boureilles, après peu de temps de féjour, il mouffe
& pétille à l'inftar du Vin de Champagne. Sa
couleur eft plus ou moins ambrée fivant l'état
& la qualité des Cannes.
Pour obtenir de bon Vin, le choix des
Cannes n'eft point indifférent; celles qui font
dans les conditions les plus propres pour donner
du Sucre, font aufli les meilleures pour donner
un Vin de bonne qualiré,
J'ai obtenu de Cannes récoltées dails un marais fangeux & trop mauvaifes pour qu'on put
les exploiter, même pour faire de la mélaffefirop, un moût qui, après le complément de
la- fermentation fpiritueufe, m'a donné un Vin
d'un goûr de fange déteftable.
Ce fait démontre que le Vin de Canne,
comme le Vin de Raifins & le Cidre, a nonfeulement la faveur propre à la Canne-fucrée,
(confidérée par rapport à fon analogie avec les
fraits muqueux ) mais /encore celle relative
aux circonftances où elle fe, trouve ( confidérée
comme plante) par rapport à la nature, à la
pofition & à la fituation du fol où elle croir.
Saveur connue fous le nom de goût de terroir,
re que le Vin de Canne,
comme le Vin de Raifins & le Cidre, a nonfeulement la faveur propre à la Canne-fucrée,
(confidérée par rapport à fon analogie avec les
fraits muqueux ) mais /encore celle relative
aux circonftances où elle fe, trouve ( confidérée
comme plante) par rapport à la nature, à la
pofition & à la fituation du fol où elle croir.
Saveur connue fous le nom de goût de terroir, --- Page 360 ---
D U Vi I N
L'état du moût de Cannes eft tel que fa fermentation fe continue & s'achève avec fuccès
même dans les plus petits vafes; j'en ai mis
dans des Dames-jeannes & même dans une
caraffe dont j'ai obtenu de très-bon Vin. En
ajourant à ce moûr le fuc d'un fruit tel que
Tananas, l'orange, le citron, la gouyave 2 l'abricor, &c. on obtient un Vin qui A la faveur
& le parfum du fruit que l'on a employé: on
peut aufi lai donner une couleur rouge plus ou
moins forte & très-agréable, avec le fuc da fruit
de la raquerte fauvage.
Si on foumet le Vin de Canne à la diftillation, on en retire une eau-de-vie que nous
nommons Eau-de-vie de Vin de Cannes. Nous
avons diftillé dix pintes de Vin, fait avec les
plas mauvaifes Cannes poffibles, & nous avons
obtenu quatre pintes d'eau-de-vie portant 17
degrés à PAréomètre de Baumé. Nous fommes
bien perfuadés qu'on retireroit du Vin fair avec
de bonnes Cannes, uie proportion d'eau-devie plus grande encore.
L'eau-de-vie de Canne eft rrès-agréable, & le
difpure au pius excellent Rhum.
On voit que la Nature bien loin d'avoir
privé, comme on l'avoit cru jufqu'à ce jour,
la zône torride de fruits propres à faire une
boifion vincufe & agréable, capable dc tenpé- --- Page 361 ---
DE CAXNI-suexis
rer l'ardeur qu'éprouvent les Habitans de fes
contrées brîlantes, la enrichie de la Canne à
Sucre qui offre à CCS Habitans, dans fon fel
ellenticl, Taliment le plus pur, & dans fon fuc
fermenté, la fource la plusabondante d'une boif
fon falutaire.
La Canne fe prôte à tous les goûts : pomme
ou raifin, elle donne à volonté ou du Cidre,
ou du Vin. Elle croît en tout temps, prefqu'en tous lieux, & elle peut être récoltée dans
toute faifon.
En confidérant la Canne à Sucre par rapport
aux produits fpiritueux qu'on en peut retirer s
elle offre au Cultivateur des avantages plus certains &. plus grands qu'aucune autre denrée
Coloniale.
Un carreau de terre qui préfente une furface
de 3400 quelques toifes, peut produire 2 à 300
cabrouètéesde Cannes pefant IOOO livres chacune.
La Canne-fucrée donne ordinairement moitié de
fon poids enfucexprimé, En fuppofantun cinquicme de perte dans la confeltion du Vin pour le
coulage & pour la Jie, 2 il refteroit 400 livres
'une liqueur Cidre ou Vin, produit d'une caprouèrée de Cannes. Trois cents cabrouètées donneroient donc 120,000 livres de Vin, ou 60,000
pintes, mefure de Paris, dont le produit difillé feroit 24,000 pintes d'eaa-de-vie; mais en
exprimé, En fuppofantun cinquicme de perte dans la confeltion du Vin pour le
coulage & pour la Jie, 2 il refteroit 400 livres
'une liqueur Cidre ou Vin, produit d'une caprouèrée de Cannes. Trois cents cabrouètées donneroient donc 120,000 livres de Vin, ou 60,000
pintes, mefure de Paris, dont le produit difillé feroit 24,000 pintes d'eaa-de-vie; mais en --- Page 362 ---
DU VIN DE CANNE-SUCRÉE:
réduifant ce produit à moitié &c n'eftimant
l'eau-de-vie qu'à IO fols la pinte, un carreau
de terre produiroit au moins 6000 livres en
argent.
Le Coton, lIndigo le Café, la Canne exploirée pour faire du Sucre, ne donnent jamais,
dans les circonftances les plus heureufes, par
carreau de terre, > un produit de 6000 livres en
argent.
La confection & la diftillation du Vin de
Cannes n'exigent pas plus de peines, ni de foins
que la fermentation & la diftillation des mélaffes.
Comme la culture de la Canne n'eft fujette
à aucun accident, cette plarte n'ayant rien à
craindre des infectes, commne elle peut être récoltée tous les jours de l'année, & que pour
être exploirée en Vin & en Eau-de-vie, elle
ne demanderoit pour toute dépenfe qu'un petit
moulin & un alambic, que d'ailleurs toutes les
opérations de cette forte d'exploitation peuvent
fe faire fuccellivement, il feroit poflible de commencer cette culture avec une dixaine de Nègres. --- Page 363 ---
31/
OBSERVATIONS
SuR les deux fortes de fécules que donne la
Plante nommée Indigofora Tinéttoria, L., éfar
l'état particulier de ces fécules.
Casr dans le temps de fa floraifon
coupe la plante nommée Indigofora
qu'on
Tinatoria, L.,
pour en extraire la fécule' connue fous le' nom
d'Indigo. Cette plante a une odcur qui lui eft
propre, & dont la force eft relative aux circonftances où elle fe trouve au moment où on
la coupe. Odeur qui répugne aux beftiaux. &
les éloigne,
A l'inftant qu'elle vient d'être coupée, la
Indigo eft mife dans une cuve nommée plante
poire, qu'on remplit d'eau à un
Tremnable. L'eau
point conveles
attaque les fécules, les diffout &
enlève, en entier, à la faveur de la
odorante à qui elles fervent de bafe.
partie
cules font le produit.d'une
Ces féopérée dans
fécrétion particulière
lécorce & dans les feuilles de la
plante.
L'action de l'eau fur cette plante eft nommée
mife dans une cuve nommée plante
poire, qu'on remplit d'eau à un
Tremnable. L'eau
point conveles
attaque les fécules, les diffout &
enlève, en entier, à la faveur de la
odorante à qui elles fervent de bafe.
partie
cules font le produit.d'une
Ces féopérée dans
fécrétion particulière
lécorce & dans les feuilles de la
plante.
L'action de l'eau fur cette plante eft nommée --- Page 364 ---
-
OBS E R V A T I O N S
Macération. La macération eft immédiatement
fuivie d'une fermentation purride, dans laquelle
il fe dégage un gaz fans chaleur fenfible (au
moins je n'en ai remarqué aucune dans les cuves
que j'ai vues fermenter), cette fermentation cft
nommée vulgairement Pourriture.
Le temps dans lequel fe palle ces deux opérations, eft plus cu moins long fuivant la faifon, & fuivant que la partie odorante de la
plante a plus Oll moins d'énergie.
La macération peut être partagée en plufieurs
temps; dans le premicr, l'eau fe charge de la
partie odorante unie à la fécule qui lui fert de
bafe & qu'elle rend ioluble; à mefare que cette
partie odorante s'échappe, la fécule ceffant d'ètre
foluble, rend l'eau trouble fans lui donner de
couleur apparente.
Si dans ces premiers temps on foumet la
cuyée (l'eau chargée de fécules) à l'action des
alkalis caufiques & de l'eau de chaux, il fe
fépare une fécule blanche abondante fous la
forme de flocons.
Dans le fecond temps, la cuvée devenue plus
trouble, prend une teinte verte extrèmement
légère; la fécule qui à Ce terme fe fépare par
l'aétion des alkalis, porte une petite teinte verte.
Cette couleur fe dévcloppe de plus en plus, &
dans les derniers inftans de la macération, la --- Page 365 ---
S U R LINDI G 0.
cuvée eft très-verte. Les alkalis en féparent alors
une fécule verte extrèmement belle (1).
A cette epoque commence la fermentation
putride; elle s'annonce par le dégagement d'un
Pagsivetberedebalisiplan ou moins abondantes, fuivant les circonflances; ces bulles crèvent
la furface de la cuvée, dans
laquelle on apberçoit bientôt une petite teinte jaune. Si alors
pn lui applique l'action des alkalis, la fécule
qui fe fépare, porte une couleur bleu-ciel trèségère. La couleur verte de la cuvée diminue
K difparoit à mefure que la couleur jaune fe
éveloppe & s'établit. Enfin lorfque la fermenation eft arrivée à un certain point que PIndiotier juge convenable à des fignes
quile troment fouvent, il l'a fait écouler dans une cuve
hférieure nommée Batterie.
Dans lécoulement, la cuvée eft très-trouble,
couleur paroît d'un jaune
pâle, > B il s'en
chappe une odeur d'ammoniac ( 2 ) aflez forte;
(1) Si la macération étoit bien conduitc & arrétée
ent oi la fécule fe trouve chargée autant
eft au mocouleur verte, 3 on pourroit fans doure la qu'il de poflible de
prs elle préfenteroit, à P'Art du Teinturier, féparer la couleur l'eau, &
écieufe qui lgi manque & dont il feroit
la plus
le Gouvernement Prenoit des mefures
polfible de l'enrichir, 3
cs chymiques les plantes de nos Colonies. pour foumettre Nous aux recherifieurs qui certainement rempliroient à
en connoiffons
S efpérances.
Cet égard nos Yaeux &c
(z) Alkali volatil,
prs elle préfenteroit, à P'Art du Teinturier, féparer la couleur l'eau, &
écieufe qui lgi manque & dont il feroit
la plus
le Gouvernement Prenoit des mefures
polfible de l'enrichir, 3
cs chymiques les plantes de nos Colonies. pour foumettre Nous aux recherifieurs qui certainement rempliroient à
en connoiffons
S efpérances.
Cet égard nos Yaeux &c
(z) Alkali volatil, --- Page 366 ---
0 B S E R V A T I O N S
quelques minutes après, la cuvée, perdant avec
fa couleur jaune l'odcur d'ammoniac, prend une
couleur verte & lodeur propre àla plante indigo;
cette plante refte dans la trempoire, entièrement
dépouillée de fon odeur, fans avoir en apparence
rien perdu de fa couleur ; alors elle ne répugne
plus aux beftiaux qui en mangeroient volontiers
La cuvée peut, avant que de fubir l'opéra
tion du battage, refter plufieurs heures dans 1
Battcrie fans s'altérer. Elle porte deux fortes d
fécules, une infoluble tenue en fufpenfion dan
l'eau, l'autre foluble y eft en parfaite diffo
lution.
Si on foumct la cuvée à l'action des acide
minéraux, ils n'en féparent point de fécu
les, ils avivent feulement la couleur de cell
qui eft infoluble. L'acide fulphurique l'aviv
plus qu'aucun autre. L'acide acétique ne produ
aucun effet fenfible. L'acide oxalique fépare
fécule infoluble & la dépouille prefqu'en enti
de fa couleur.
La fécule infoluble fe trouve dans deux éta
différens par rapport à fa couleur & à fon ac
hérence à l'eau. Dans le premier elle eft ble
indigo, & elle fe fépare aifément de la Cuvé
dans le fecond, elle eft bleu-ciel & elle ne
fépare que difficilement. La proportion de C
deux fécules eft toujours en raifon l'une
l'aut --- Page 367 ---
S U R I'IN bic d.
3ii
Tautre., Si la fermentation fc faifoit
bien dans toute P'éendue de la cuvée également &
fûr toujouts arrêtée à
qu'elle
temps, toute la féculé
infoluble prendroir la couleur Indigo, mais
l'ignorance s'oppofe fouvent à cette heureufe
condition.
Si on applique à la cuvée l'aétion des alkalis, la fécule infoluble fo fépare & fe réunit
fous la forme de Aocons fans diftinéion
Le battage eft le feul
d'état.
noyen qu'on emploie
pour féparer toute la fécule Indige. Dans
opération qui dure a-peu-près deux
cette
cuvée perd fa couleur
heures, la
verte & l'odeur de la
plante, pour prendre la couleur bleue & l'odeur
propre à la fécule bleu-indigo.
La falive humaine a une tres-grande affinité
avec cette fécule bleu-indigo, elle
unit
une extrême
s'y
avec
rapidité & la fépare en entier fous
la forme de gros flocons. Elle ne touche
à la fécule blen-ciel
point
qui peur être
tous les alkalis purs. 'La diffolntion féparée par
opère la
de faven
féparation de cette fécule blen - ciel
avec beaucoup plus de fuccès qu'aucun
alkali.
autre
La cuvée eft abandonnée
La fécule
après le battage:
la
bleu-indigo fe précipite aul fond de
cuve, & après fept à huit heures de
on laifle écouler la cuvée chargée de la repos, fécule
X
tous les alkalis purs. 'La diffolntion féparée par
opère la
de faven
féparation de cette fécule blen - ciel
avec beaucoup plus de fuccès qu'aucun
alkali.
autre
La cuvée eft abandonnée
La fécule
après le battage:
la
bleu-indigo fe précipite aul fond de
cuve, & après fept à huit heures de
on laifle écouler la cuvée chargée de la repos, fécule
X --- Page 368 ---
0 S E R V AT I O N S
folub'e & de celle infoluble bleu-ciel qui n'a
pu fc féparer. La perte de cette dermière qui
quelquefois eft confidérable, ruine le Culti ateur. La couleur de la cuvée après la feparation & la précipitation de Ja fécule bleu-indigo,
eft relative à la proportion de fécule bleu-ciel
qu'elle porte; elle eft olivâtre tirant d'autant
plus fur le vert 2 que la proportion de cette
fécule eft plas confidérable, & tirant d'autant
plus fur le jaune qu'elle left moins.
L'acide fulphurique avive beaucoup la féculeindigo ; je crois qu'on pourroit l'employer avec
fuccès lorfque la fécule bleu ciel eft abondante,
pour la tenir plus divifée dans l'eau, afin qu'elle
pût être emportée plus aifément dans l'égouttage, car c'eft fa préfence qui le rend difficile.
La cuvée dont la fécule infoluble eft entièrement féparée & enlevée, eft claire & tranfparente; fa couleur eft ambrée, & clle porte
une odeur de leflive très-forte. Lcs alkalis cauftiques en féparent une fécule abondante fous
la forme de flocons; cette fécule fe précipite
promptement & prend en fe defféchant une
couleur orangée. La cuvée devenne plus claire
après ce précipité, a perdu de fa couleur &
de fon odeur. Une feconde aétion des alkalis
en fépare une, feconde fécule; une troifième --- Page 369 ---
S U R PINDI G o1
action, une troifième fécule abondante & trèspeu colorée ; une quatrième aétion en fépare
une fécule blanche abondante; enfin une cinquième action en fépare encore une fécule
blanche affez abondante pour faire croire que
la cuvée n'en eft pas entièrement épuifée. Dans
cet état 2 elle n'eft pas fans couleur & elle
porte une odeur favonneufe agréable,
T X
X 2 --- Page 370 ---
a
S U R L E S U C
OBSERVATION
SUR la propriété antidélétère de Pacide
oxalique.
ON fait que la racine de Manihot qu'on n'a
point privée de fon fac, eft un poifor pour
Thomme & pour les animaux. On fait que le
fac exprimé de cette racine eft un poifon plus
violent que la racine elle même. J'ai vu plufieurs fois des cochons mourir dans l'efpace de
cinq à fix heures, pour avoir avalé de ce fuc
qui eft peu abondant. Il emporte aveclui, dans
l'expreflion, une fécule amilacée très-belle dont
on fait des bifcuits qui font excellens.
Ce fuc dépouillé de fa fécule amilacée eft
trouble, fans couleur &il porte une odeur virulente, nauféabonde. La partie odorante délétère
de ce fuc a pour bafe une matière féculente fur
laquelle les acides minéraux & les alkalis agiffent
foiblement. L'acide oxalique agit avec beaucoup
de force far elle; il la fépare fous la forme de
Aocons & lui enlève fon odeur Çn décruifant
fn propricté délétère.
ule amilacée eft
trouble, fans couleur &il porte une odeur virulente, nauféabonde. La partie odorante délétère
de ce fuc a pour bafe une matière féculente fur
laquelle les acides minéraux & les alkalis agiffent
foiblement. L'acide oxalique agit avec beaucoup
de force far elle; il la fépare fous la forme de
Aocons & lui enlève fon odeur Çn décruifant
fn propricté délétère. --- Page 371 ---
D U M A N I H O T.
J'ai préparé des alimens avec le fuc de la
racine de Manihot, dont j'avois enlevé la partie
odorante délétère avec l'acide oxalique > & je
les ai fait manger à un cochon qui n'en eft pas
mort, & qui même n'en n'a pas été malade.
D'après ce fait, d'après la propriété dont jouit
l'acide oxalique d'enlever aux fécules leur COlLleur &c leur odeur, on peut conjeéturer que cet
acide feroit un très-bon antidote contre les facs
vénéneux & délétères de beaucoup de plantes.
Ea Ste
X 3 --- Page 372 ---
-
C O N S I D E R A T I
N
CONSIDERATIONS
SUR les Habitations de nos Colonies
d'Amérique, , 8 fier les moyens de réduire à des principes fixes PArt de les
adminifrer.
Uwe Concefion dans les Colonies Françoifes,
eft une certaine étendue de terre donnée à
T'homme libre par le Souverain, à la feule condition de la cultiver.
L'homme libre imprime, par la culture, le
fceau de la propriété fur la conceflion qu'il a
reçue > & dès-lors cette propriété eft attachée à.
lui pour jamais.
On nomme Habitation tte fociété d'hommes
réunis, un enfemble dc beftiaux & de bâtimens
fixés fur une propriété,
Une Habitation doit être confidérée comme
un petit Gouvernement dont le Propriétaire
eft le maitre, & qu'il régit fous la Loi du Souverain. --- Page 373 ---
SURI LES HABITATIONS
Ce Gouvernemenr préfente trois objets principaux à confidérer, favoir:
I°, Les hommes, les befliaux & les bâtimens.
2°. La terre & le labour.
3°. L'efpèce de culture & la récoltes
-
X 4 --- Page 374 ---
C
N S I D E R A T I C N S
TA
R A
ARTICLE PREMIER,
Des Hommes, des Beftiaux 6 des Bâtimens..
Lrs hommes, fur une Habitation, font dans
deux états diftérens, libres & efclaves.
L'homme libre eft le Proprictaire, le Maitre,
le Cultivateur.
L'efclave eft la propriété, le ferviteur, 2 l'inf.
trument de culture.
Le Proprictaite peut être ou préfent ou abfent.
Le Maitre étant celui qui gouverne & commande, doit abfolument être toujours préfent.
L'Art de gouverner une Habitation eft néceffairement lié à l'art de la cultiver; le Maitre doit donc être Cultivateur. Lorfque les foins
de fon gouvernement font très-étendus, trèsmulipliés 2 il les partage avec des hommes
de confiance 2 blancs & libres comme lui, chargfs de tranfmertre fes ordres & de veiller à
Jeur exicution. Ces hommes font nommés
Gerans, Iiconomes, Refineurs, &c.
Lorfque le Propriftire eft préfent, il doit
être le Maitre, gouverner & répondre de tout
donc être Cultivateur. Lorfque les foins
de fon gouvernement font très-étendus, trèsmulipliés 2 il les partage avec des hommes
de confiance 2 blancs & libres comme lui, chargfs de tranfmertre fes ordres & de veiller à
Jeur exicution. Ces hommes font nommés
Gerans, Iiconomes, Refineurs, &c.
Lorfque le Propriftire eft préfent, il doit
être le Maitre, gouverner & répondre de tout --- Page 375 ---
SURLES HABITATIONSE
ce qui fe fait; ce feroit à tort qu'il chercheroit à s'excufer, fi Tadminiftration, la culture,
la récolre n'alloient pas bien : comme Maitre, s
il doit tout prévoir, > pourvoir & veiller à tout.
L'autorité, dans un Gouvernement, tient toujours à celai qui eft chargé de faire exécuter la
loi, foit qu'elle ait fa fource dans fa volonté,
foit qu'elle ait été établie par le Souverain.
Ainfi, lorfque le Propriétaire s'abfente il
confère tous fcs pouvoirs à un homme de confiance qui devient le Maitre > & repréfente en
tout ce même Propriétaire. Quel que foit cet
homme, le choix qu'on a fait de lui l'honore
& lui donne un droit de plus à la confidération publique.
La Loi du Souverain a mis l'efclave à l'abri de l'abfolu pouvoir du Propriétaire & du
Maitre.
Si le caprice, fi l'entètement cédoient toujours à l'intérêt bien éclairé, la condition de
l'efclave feroit, s dans nos Colonies, aufli heureufe qu'on puiffe le défirer. Car fi le Proprié:
taire a dreit de difpofer de la liberté & du
temps de fes Nègres, s'il profite de leur travail,
il doit aufli pourvoir à rous leurs befoins dans
tous les temps de leur vie. L'Humaniré, la
Loi lui en impofent le devoir, & Pintérêt le
fait veiller fans ceffe aux foins de le remplir. --- Page 376 ---
a
C O N S I D E RA T I O N $
Les beftiaux, fur une Habitation, font d
de trois efpèces, favoir, baufs, mulets 8
chevaux.
Les bâtimens font aufi de trois fortes.
Ils fervent au Maître & au fervice de fa per
fonne.
lls fervent aux Nègres & aux beftiaux.
Ils fervent à la récolte & à fes produirs.
Les Nègres, les beftiaux, les bâtimens conf
tituent le mobiliér de l'Habitation, & c'eft dans
ce mobilier que confifte particulièrement la ri
cheffe du Propriétaire. Les êtres qui le forment
font périffables & fujets à une infinité d'accidens; ils exigent jour & nuit les foins les plus
attentifs. C'eft dans l'art de fe fervir de ce inobilier & de le conferver que confifte toute la
tâche du Maître.
De la Terre & du Labour.
La terre, dans les Colonies, eft haute ou
baffe. La terre haute qui couvre les montagnes,
eft plus Oùl moins bonne par rapport à fon élévation, à fon expofition 2 à fa nature 9 à fa
profondeur. La terre baffe dont les plaines font
formées, varie aufli beaucoup par les avantages qu'elle offre dans fa naturc, dans fa fituation & fon expofition.
& de le conferver que confifte toute la
tâche du Maître.
De la Terre & du Labour.
La terre, dans les Colonies, eft haute ou
baffe. La terre haute qui couvre les montagnes,
eft plus Oùl moins bonne par rapport à fon élévation, à fon expofition 2 à fa nature 9 à fa
profondeur. La terre baffe dont les plaines font
formées, varie aufli beaucoup par les avantages qu'elle offre dans fa naturc, dans fa fituation & fon expofition. --- Page 377 ---
SURLES HABITATIONS.
La valeur des terres doit être établie tant fur
les dificultés plus ou moins grandes qu'elles
préfentent dans le labour, que fur In quantité
d'eau qu'elles reçoivent, foit par la pluie, foit
par les rivières : car leurs produits fonr toujours fubordonnes à la facilizé qu'on a de les
labourer, & à l'abondance d'eau dont elles font
arrofées.
La diftance de l'entrerôt principal, les difficultés qui fe préfentent dans les charrois des
denrées de culture & de celles d'approvifionnement, doivent entrer aufi en confidération
dans la valeur des terres.
Ce font les Nègres qui labourent la terre,
& ils ne fe fervent jamais que du feul inftrument nommé Houe. L'habitude qu'ils cnt de
s'en fervir, fait qu'ils donnent à la terre > avec
le plus grand fuccès, toutes les préparations qui
conviennent à chaque culture. Quelques Culivateurs ont effayé de labourer avec la charrue,
dans les plaines; mais elle ne peut fervir qu'à
donner cettaines préparations aux terres extrèmement légères: fon ufage préfenre d'ailleurs
tant d'inconvéniens qu'on l'a prefqu'entièremeng
abandonnée. --- Page 378 ---
- a
C U N S I D É R A T I O N 3
Des Cultures & de leurs produits.
La feule denrée de Commerce qu'on cultive
dans les montagnes, eft le Café, Cette culture
eft périffable & dure atl plus trente ans. Car,
ou les terres font emportées par les pluies abondantes, ou l'air devenu plus libre, plus fec,
par les abattis de bois qu'on eft obligé de faire,
ceffe d'être propre à la végétation de cet arbufte. Il feroit à défirer qu'on tentât la culture
des arbres à épices dans les montagnes qui fe
refufent à celle du Café,
On cultive dans lcs plaincs la Canne, 2 l'Indigo, le Coton & le Cacao. Le produit de ces
cultures eft prefque toujours relatif à la, quantité d'eau, foit de pluie, foiz d'arrofage, qu'elles
reçoivent.
La culture du Café,celle du Coton, du Cacao, peuvent être commencées avec un trèspetit nombre de Nègres, fans aucuns frais d'établiffemens pour la récolte.
On peut commencer la culture de I'Indigo
avec peu de Nègres; mais la préparation de la
fécule qu'on extrait de cette plante, demande
néceflairement quelques frais d'établiffement.
Quant à la culture de la Canne, elle a exigé
jufqu'à ce jour un très-grand nombre de Nègres
La culture du Café,celle du Coton, du Cacao, peuvent être commencées avec un trèspetit nombre de Nègres, fans aucuns frais d'établiffemens pour la récolte.
On peut commencer la culture de I'Indigo
avec peu de Nègres; mais la préparation de la
fécule qu'on extrait de cette plante, demande
néceflairement quelques frais d'établiffement.
Quant à la culture de la Canne, elle a exigé
jufqu'à ce jour un très-grand nombre de Nègres --- Page 379 ---
SURLES HABITATIONS
& des érabliffemens confidérables, pour la ré
colte & pour la préparation de fes produits. On
pourroit maintenant la Commencer avec dix Nègres, fans autre établiffement qu'un moulin &
un alambic.
Les Habitations à Sucre, font les propriétés
les plus confidérables, & pour l'étendue du
terrein, & pour le mobilier; 5 elles font en ellesmêmes les plus importantes par les foins étendus & multipliés qu'elles exigent 2 elles le deviennent davantage par rapport à la Métropole,
tant par la richeffe des produits qu'elles lui
fourniffent, que par la fomme de denrées d'approvifionnement qu'elles confomment.
*
a
-
ARE le --- Page 380 ---
334 C
N $ I D E R A T
N :
ARTICLE I I.
Sur les moyens de réduire à des principes fixes
P'Art de gouverner les Habitations.
LART de bien commander les Nègres tient
à des principes pris, tant de la connoiffance de
leur caraéère,.de leurs facultés, de leurs forces & de leurs befoins, que de celle des devoirs que la Loi impofe all Propriétaire, de
fes obligations envcrs cux & de fon intérêt
bien éclairé.
C'eft dans le temps & dans Ia force des Nègres que fe trouve la richeffe du Propriétaire;
c'eft fur le ménagement & fur l'emploi bien
entendu de ces deux facultés que doivent fe calculer les produits d'une Habitation, &c non pas
fur l'Attelier général.
On nomme Attelier général, l'enfemble de
tous les Nègres attachés à une Habitation.
On divife cet Attelier, d'après la force des
Nègres, en grand & en perit.
Le grand Atrelier eft formé par les Nègres
qui font affez forts pour fapporter tous les --- Page 381 ---
SURLES HABIT ATIONS
travaux. Les Nègres foibles forment le petit.
Le produir d'une Habitation doit s'établir fur
le nombre de journées employées au travail &
far la force des Nègres de
journée; d'où l'on
voir que l'Attelier général peur être nombreux
fans que le revenu foit confidérable; parce qu'il
peut y avoir' beaucoup de malades, d'infitmés,
d'enfins & de domeftiques.
L'humanité, l'intérêt doivent des fecours aux
malades, la reconnoilfance doit du foulagement
aux infirmes, elle doit être le loutien des vieillards; les enfans demandent auffi de la part du
Maitre les foins les plus particuliers, car jamais
il ne faut s'en repofer entièrement fur leurs
peres & meres. Quant aux valets ils font plus
que partout ailleurs, les frèlons de la gent-ouvrière.
Les 365 jours de P'année, déduétion faite de
52 Dimanches, de 16 Fêtes & de 17 jours de
pluie environ, font réduits à 280 journées de travail. Or, en fuppofant que l'Attelier général foit
allez nombreux pour donner conftamment 00
Nègres travaillans, on aurale produit de 28ojournées mulipliées par 100, > ce qui donnera 28,000
journées à appliquer à tous les travaux de l'Habitation,
Les journées de corvées, de charrois, de cul-
anches, de 16 Fêtes & de 17 jours de
pluie environ, font réduits à 280 journées de travail. Or, en fuppofant que l'Attelier général foit
allez nombreux pour donner conftamment 00
Nègres travaillans, on aurale produit de 28ojournées mulipliées par 100, > ce qui donnera 28,000
journées à appliquer à tous les travaux de l'Habitation,
Les journées de corvées, de charrois, de cul- --- Page 382 ---
-
335 C 0 N 3 I D É R A T I O N's
cure, de vivres & de fourrages prélevéos, 1
fomme de celles qui reltent eft employée plus
ou moins bien à la culture de la Canne, à f
récolte & à la fabrication du Sucre.
Cette fomme de journées & la force des
Nègres étant déterminées, leur produit eft auff
néceffairement déterminé; d'où il eft aifé de
voir que le temps qu'on a perdu en ne faifant
pas. ce qu'cn auroit pu faire dans la.j journée 4
eft perdu pour jamais.
Le Maitre qui gouverne, doit donc ménager
avec le plus grand foin le temps, la force de
fes Nègres & en faire le meilleur emploi.
Mais pour bicn remplir cette tâche, il faur
qu'il ait fans ceffe les yeux ouverts fur tous les
départemens de fon adminiftration ; il faut qu'il
connoiffe fous tous les rapports & dans les plus
petits détails, tous les objets de chaque département ; il faur qu'il connoiffe encore les mouVemens particulers de chaque objet, les rellorts
de cès mouvemens, & qu'il yeille fans celle
au maintien de leur état.
Ainfi chaque jour il doit des foins divers aux
Nègres, aux beftiaux > aux bâtimens, aux cultures, à leurs produits, &c.
Pour bien gouverner une Habination, noilfeulement il elt important de bien connoitre
les --- Page 383 ---
SURLES HABITATIONS.
les objets qu'elle renferme, fous tous les rapports; mais encore il faut les avoir toujours pré
fens, afin qu'il n'y ait jamais ii
oubli, > ni
erreur dans les mouvemens particuliers & dans
l'ordre qu'ils doivent garder entr'eux; car comme
ils finiffent chàque jour pour recommencer le
jour fuivant, chaque jour le Maitre doit fe,
rendre un compte fidèle & exaét de tout ce
qui,s'eft" paffé, pour être micux éclairé fur
limpulfien qu'il, doit donner le lendemein.
Nous allons' expofer U111 tableau
-
fort fimple,
qui, en préfentanr, fous un feul afpect, le mouvement général &c particulier-de tout l'Attelier,
pourra remplis çe but avec avanrage.
La première colonne verticale de ce Tableau porte le mois, toutes celies qui lui font
parallèles portent l'objet dont on doir s'occuper,
a
Les colonnes tranfverfales
la
lonne du mois & toutes celles Partagent
COqui lui répondent,-en cafes. Les cafes de la colonne du mois
portent le quantième & annoncent la journée.
Les cafes de tous les objets qui lui répondent
8c qui Ont été mis en mouvement dâns la
née, doivent
jonpetre'remplies par des nombres qui
donnent la connoiffance du mouvement de chaque objet.
La néceflité de remplir chaque jour les cafes
Y
'occuper,
a
Les colonnes tranfverfales
la
lonne du mois & toutes celles Partagent
COqui lui répondent,-en cafes. Les cafes de la colonne du mois
portent le quantième & annoncent la journée.
Les cafes de tous les objets qui lui répondent
8c qui Ont été mis en mouvement dâns la
née, doivent
jonpetre'remplies par des nombres qui
donnent la connoiffance du mouvement de chaque objet.
La néceflité de remplir chaque jour les cafes
Y --- Page 384 ---
a
338 C O N S I D É R A T I O N S
des colonnes aétives de CC tableau, forcera à
voir toutes chofes & à les connoitre dans les
plus perits détails : de cette connoiffance réfuleera nécellairement ceile de l'Art de gouverner; l'ordre s'érablira par-tout &c de l'ordre
naitront l'écouomie du temps, la profpérité,
l'abondance. Le Maitre & ceux qu'il charge de
faire exécuter fes ordres, forcés de porter fur
rous-les objets un ail attentif & vigilant, farveilleront fans ceffe les Nègres qui, ne voyant
point les moyens d'échapper aux punitions
qu'exige une difcipline nécellairement févère 2
ne s'écarteront jamais de leur devoir.
Le Propriétaire abfent trouvera, dans ce tableau, un compte exaét que fon fondé de pouvoirs pourra lui envoyer chaque mois.
Le réfumé des tableaux de chaque mois formera un nouveaul tableau, qui fera celui de l'année, Ges treize tableaux, réunis par année dans
un livre particulier, préfenteront toujours all
Maitre L111 point de comparaifon facile à faifir
& à fuivre dans les travaux des mois & des
années fuivantes.
Une adminiftration, fi petite qu'elle foit, devant avoir néceffairement des principes pour
bafe, des moyens peur le développement de
ces principes, des rapports entre CCS moyens, 3
& un ordre entre ces rapports, il faur néceilai- --- Page 385 ---
SUR LES HAEITATIONS.
rement que cet ordre foit founis à une marche conftante &: invariable qui enchaine la Volonté arbitraire. Cette marche eft d'aurant plus
indifpenfible qu'une Habitation changeant fouveat de Mairre 2 il eft de la plus grande
importance pour le Propricmaire, que le nouveau Maitre atiquel il confie fes intérêts trouve
un ordre établi qui ferve de rigle à fa conduire.
Le changement de Maitre fur une Habitstion donne toujours naillance au défordres la
marche établie dans Padminiftration n'ayant
actuellement pour principe que la volonté du
Maitre qui quicte, n'eft jamais fuivie par celni
qui arrive. Le defir de faire pius & mieux que
fon prédéceffeur 1 , n'éclaire point fur les meilleurs moyens 5 & fi l'on fe trompe, c'eft aux
dépens du Propriétaire qui paye zoujours trèscher les crreurs, d'ou nait le défordre.
Le Tableau que nous propofons, en préfentant avec ordre tous les cbjets fur lefquels porre
P'adminiftration d'une Habitarion 5 prefcrit la
marche que l'on doit faivre; & cette marche,
une fois érablie, devicat un guide flr & conf
tant qui, en éelairant les Maitres far leurs
devoirs & fur la manière de les reiplir, mer
le Propriéraire en garde contre toures les fortifes de f préfomption & de l'eareremenr ES fuuY:
entant avec ordre tous les cbjets fur lefquels porre
P'adminiftration d'une Habitarion 5 prefcrit la
marche que l'on doit faivre; & cette marche,
une fois érablie, devicat un guide flr & conf
tant qui, en éelairant les Maitres far leurs
devoirs & fur la manière de les reiplir, mer
le Propriéraire en garde contre toures les fortifes de f préfomption & de l'eareremenr ES fuuY: --- Page 386 ---
340 C o N S I D E R A T I O N S
vent plus à craindre que l'ignorance qui les
accompagne.
Nous avons donné ce Tableau à plufieurs
Maîtres, & l'effai qu'ils en ont fait avec le
plus grand fuccès, aflure aux Proprictaires tous
les avantages qui y font néceffairement attachés.
X
- --- Page 387 ---
ANNEE 17
Tois de
H ABITATION DE M.
MOUV E M E N D E 1 ATTE L L E RL - E N 1 1 - 1.
GRI
NEGRILLONS
TOTAL
NÉGRE ESSES
NIGRITTES
)
:5o
L R
R 0 L A
N.
R l R
ADIS
Moulins.
Sucrerie.
Tourneaux. Cute dev frops
-
Poids
Vente des
Gn:
Pux
Meladt
a
a
de E e E 2
a
g de 2 e
2 à
- 3
2 e
E
NI E EGRILLONS
TOTAL
NEG R SSI
NEGRITTE
erakkrarioxs
61 A
Mukr
Chewa Vades
Mowmr Tl --- Page 388 --- --- Page 389 ---
S U R L A CoiONI I E.
N
CONSIDERATIONS
SUR Pétat atuel de la partie Frangoife
de Saint-Domingee.
LA partie Françoife de l'ifle
Saint - Domingue, confidérée par rapport aux Villes, aux
nes & aux
plaimontagnes, 5 peut être divifée en
quatre parties principales, nommées du nom
de la Ville la plus confidérable
dans chacune
qui fe trouve
d'elles, favoir: :
Le Cap,
Saint-Marc,
Le Port all Prince,
Et les Cayes,
Ces Villes font T'entrepêt principal du Commerce érabli entre le Culivateur & le Marchand
François. L'importance de chacun de ces entrepots eft en raifon compofée du
quentité 8: de la
nombre, de la
Cultivaseur
qualité des denrées que le
préfente en échange aui Marchand
Ftangois, & de celles qeil reçoit de
Miarchand.
ce, même
Y 3
Port all Prince,
Et les Cayes,
Ces Villes font T'entrepêt principal du Commerce érabli entre le Culivateur & le Marchand
François. L'importance de chacun de ces entrepots eft en raifon compofée du
quentité 8: de la
nombre, de la
Cultivaseur
qualité des denrées que le
préfente en échange aui Marchand
Ftangois, & de celles qeil reçoit de
Miarchand.
ce, même
Y 3 --- Page 390 ---
N
O N S I D
R A I I O N S
La proporcion des denrées de la Colonie,
dont les principales font le Sucre, le Cafe,
l'ndigo & le Coton, eft toujours relative & à
l'état du fols au nombre des Cultivateurs. La
proportion des denrées Européennes doit Ctre
aufli néccffairement relative au nombre des Cultivateurs, puifque c'eft le Cultivatear qui confomme, en meme-temps qu'il produit.
La partie des Cayes & celle du Cap, par
rapport aux circonlances heureufes dûes ai local, préfentent au Cultivateur beauccup plus
d'avantages que les denx autres. Celle des Cayes
l'empoite mêmc aujourd'hui fur celle du Cap,
à cct égard; 5 mais colle da Cap l'emporte
fur toutes par fon ancienneté, par les facilités
& les firetés qu'elle offre à tous les Marchands.
La partic du Cap a été la première établie;
Faccès de cet entrepôt a toujours été plus facile
& plus ccmmode. I cS navires y font venus
en plus grand nombre & y'ant apporté plus
d'Europcens : toutes les terres, plaines & montagnes, ont été concédées & cultivées prefqu'i
l'inftant. Malheureufement Tétat & la difpofition des terres des montagnes de Saint-Dominguc font tels,u qu'elles font emportées par les
plies, ou qu'clies cellent d'être propres à la
cniture d'aurant plus prom
D: que le nom- --- Page 391 ---
S U R L A CoLox N I E.
bre de Celtivateurs cft plus confidérable &
leur adtivicé eft plus grande.
que
Les montagnes ne fe culrivent qu'en Café,
& cet arbufte ne dure guères plas de
à
trente ans. La terre , après ce temps, fi vinge ellen'a
pas été emportée par les pluics, fe refufe au
renouvellement de plantation. Le Cultivateur
alors forcé à de nouveaux
défrichemens, les maltiplie & les étend avec une activité alaquelle fon
ambition ne préfente jamais de bornes, &
fes facultés feules
que
peuvent arrêter.
C'eft à l'aétivité du Cultivateur
qu'on doit la
profpérité étonnante de la partie du Cap; &c
malheureufement la caufe de cette brillante profpérité doit être néceffairement celle de fon dépériffement & de fa ruine. Toutes les
gues, depuis le Mafihere jufqu'au Dondon, monta- font
entièrement
dépouillées, B., dans
au plus, elles feront
vingt ans
complettement
Déja cette partie ne fait plus ni Coton, épuifces.
Indign.
5 ni
Quoiqne les
érabliffemens en Café fe foient
conidérablement étendus & multipliés dans les
montagnes de la
de
du Gros
Sarnelode,
Plaifianee &
bfarne, cependant le Café fe vend alt
Cap deax à trois fols par livre plus cher
dans les autres Parties de la
que
Colonie; Ec f les
Y 4
t ans
complettement
Déja cette partie ne fait plus ni Coton, épuifces.
Indign.
5 ni
Quoiqne les
érabliffemens en Café fe foient
conidérablement étendus & multipliés dans les
montagnes de la
de
du Gros
Sarnelode,
Plaifianee &
bfarne, cependant le Café fe vend alt
Cap deax à trois fols par livre plus cher
dans les autres Parties de la
que
Colonie; Ec f les
Y 4 --- Page 392 ---
C O N S 1 D E R A T I O N S
quartiers de Jérêmie, de la nouvelle Plnouth
& quelques autres encore, n'envoyoient pas au
Cap la plus grande partie de leur Café,la diminution de fa cultare dans les Mornes du
Cap, feroit bien plus marquée. Il ne reflera
biehtôt à cette partic çue la cultere de la Canne
qui diminuera aufli nécolhirement.
La cultare des plaines dépend en partic de
P'état des montagnes. On faiz que les terres
couvertes de bois font arrofées de pluies fréquentes & abondantes; on fait que ces pluies
diminuent cn raifon des défrichemens, &: l'obfervation le démontre chaque jour.
Les pluies font beaucoup moins abondantes
dans la partie du Cap qu'autrefois; 8c elles diminueront encore. Les rivières de cctte partie
font peu nombreufes & peu confidérables; elles
ne peuvent fervir à l'arrofage des plaines, &c
elles entreticnnent à peine un très petic nombre
de moulins à eau.
La Canne elt cultivée avcc d'autant plus d'avantages que les pluies font plus fréquentes;
la culture de cette plante riche & précieufe diminuera néceffairement dans la nême proportion que les pluies; & il y a longiemps que
cctte diminution feroit fentible dans la plaine
da Cap, fi les pluies de nord qui l'arrofent
ordinaisement, depuis le meis d'Ofebre juf --- Page 393 ---
S U R L A CoLo N I E.
gu'au mois d'Avril, ne
partie, dla diminucion des fuppléoient, en grande
agnes.
pluies dans les monLe Calrivateur des montagnes de la
Hu Cap, bientôr forcé de les
partie
abandonner, laif.
fora un vuide immenfe en denrées
Forcé de fe retirer dans des lieux Colonialess
0 pourra aider à la
éloigués, il 1
cs
confommation des denEuropéennes que le Marchand François
pparte. Dès-lors ce Marchand fera
y
er ot il trouvera & denrées
obligé d'al-
& confommateurs.
'entrepée du Cap deviendra donc & moins
ontidérable & moins important.
L'état des montagnes qui entourent les
es dela dépendance de
plaiit
Saint-Marc & du Port
Prince, eft tel qu'il eft impolible
lcure de ces
que la
blement à plaines ne diminue pas confidéTavenir.
Les plaines du Biont-Rozis, des
e Tdribonite
Gonaives &
qui concourent à former la déendance de
es-grande Seint-Mare, font fériles dans une
partie de leur ctendue,
eau foit de pluic, fcit
par défaut
gnes gui borment
d'arrofage. Les monces plaines font
Prement.nues & fériles; celles profqu'enre cultivéas en Café, feront
qui peuvent
bientôt
es, & leur
dépouilufe des
dépeullement, en diminuant la
plules, fora encore aul préjudice des
déendance de
es-grande Seint-Mare, font fériles dans une
partie de leur ctendue,
eau foit de pluic, fcit
par défaut
gnes gui borment
d'arrofage. Les monces plaines font
Prement.nues & fériles; celles profqu'enre cultivéas en Café, feront
qui peuvent
bientôt
es, & leur
dépouilufe des
dépeullement, en diminuant la
plules, fora encore aul préjudice des --- Page 394 ---
2 - - - -
a -
345 C O N S I D E R A T I O N 5
plaines, dont la culture qui,ne peut angmenter 2
diminuera néceffairement: : & déjà plufieurs Habitans des bas de la plaine de PArtibonite ont
été forcés, depuis peu, d'abandonner la culture
de la Canne.
Les plaines des Fefes, da Cul-de-Sac, &
de Lioganc, qui forment la dépendance du
Port ail Prince, font aufli dans les mèmes circonftances. Celle des Vafes eft entièrement cultivée en Cannes. Les montagnes qui la bornent
2ul nord, forment deux érages; celles du premier font abfoluent Aériles, celles du fecond
fon: cultivées en Café; & la cherté de cette
denrée en accélère le dépouiliement de jour en
joar.
Les montagnes qui bornent la plaine du Culde-Sac ail nord font nues; unc feule nommée
Grund-Dois,elt cultivée en Café; celles qui la
bornent au fud donnent fource aux deux rivie
res qui l'arrofent. Depnis l'écignenient des
Negres marons : CCS montagnes fent mifes er
culture, & déjà il y a un tres-grand nombre
d'établiflemens confidér-bies. Les plaies diminuant dans ces montagnes, à mefure qu'on mul
tipliera & qu'on étendra les défrichemens, four
niront beaucoup moins aux rivières, & comine
la culture de la plaine eft entierement fubordon
nécala quantité d'cau que portent ces rivières
- - - --- Page 395 ---
S U R L A
CoLoxi E.
il eft de toute impofibilité
pas a l'avenir en raifon des qu'elle ne diminue
La plaine de Léegane plus pluies.
blie que les précédentes, eft anciennement étades mentagnes
bornée à l'efa par
qu'on cultive maintenant
Gac jemais; elle verra aufi fes preduits
plus
tre, comme celles des Vafes & du
décroien raifon des pinies.
Culde-Sac,
La plaine des Cayes favorifte
par la nature, a plafieurs rivières plas qu'aneune
tos; elle doit nicefairement
tresabondanFartie de
devenir un jour la
Certe
Saine-Domingue la plus importante.
plaine préfeute dans fon
cent trente Suercries,
étendue au moins
toutes
vEes d'enu, &
abondamment pourmoulin. Elle pour arrofage & pour ufage de
préfente encore til grand nombre
d'indigoteries & de Cotonneries. Les
gues qui la bornent font très
montacoup font cuitivables
étendues, & beauen Café, Les pluies. y font
fieqtentes & abondantes,
femens
parce Gue les établif
qu'en a commencés dépuis
uées, font peu confidérables.
peu d'anmentagnes &
Une partie des
depuis le
petites plaines qui fe trouvent
Cap Tiluron jufqu'aunx fiontières E
pagnales, peur Cre caltivée en Sucre,
Indigo & Cafc & fe
Corou,
trepot principal.
rapporter aux Cayes, enCuelgucs confidérsbles
que foient les entre-
antes,
femens
parce Gue les établif
qu'en a commencés dépuis
uées, font peu confidérables.
peu d'anmentagnes &
Une partie des
depuis le
petites plaines qui fe trouvent
Cap Tiluron jufqu'aunx fiontières E
pagnales, peur Cre caltivée en Sucre,
Indigo & Cafc & fe
Corou,
trepot principal.
rapporter aux Cayes, enCuelgucs confidérsbles
que foient les entre- --- Page 396 ---
- - - a a
- -
C O N S I' D E R A T I o N S
pô:s des Colonies, ils ne peuvent être coufidérés fous le même point de vue que les Villes
Commerçantes d'Europe.
Le Commerce étant l'échange de denrées
contre denrées ou contre argent, 2 fe fait en
fomme ou en détail.
L'échange en fomme fe faifant de Royaume
à Royaume, 2 de Province à Province, de Ville
à Ville, n'exige ni la préfence de la denrée,
ni celle du Négociant. Le temps plus Oil moins
long que demande cet échange par rapport aux
diftances, a forcé d'accorder des délais pour le
payement; deli, la confance & le crédit. La
facilité que préfente le papier pour une circulation érendue &c éloignée, a donné lieu aux
billets & lettres de change qui font devenus,
en Europe, le figne repréfentatif de l'argent le
plus commode pour le Négociant.
Léchange en déeail fe mefure far les facultés
& fur l'étendue des befoins da Confommateur;
ilfe fait ei préfence de la marchandife& fans délai. Pour qu'il foit commode & avantageux >
il faut que le moyen que préfente le Confommateur foit divifiole dans la proportion de fes
befoins &: de fes facultés, il faut encore qu'il
ait une valeur permanente qui foit la même
pour tous : Targent feul préfente cet avantage.
Le Négociant Frangois ne fe préfente point
facultés
& fur l'étendue des befoins da Confommateur;
ilfe fait ei préfence de la marchandife& fans délai. Pour qu'il foit commode & avantageux >
il faut que le moyen que préfente le Confommateur foit divifiole dans la proportion de fes
befoins &: de fes facultés, il faut encore qu'il
ait une valeur permanente qui foit la même
pour tous : Targent feul préfente cet avantage.
Le Négociant Frangois ne fe préfente point --- Page 397 ---
a
5 U R L A Coro N I E.
dans les Colonies
comme Négociant, mais bien
comme Marchand Forain. Le lieu de fa réfidence ne peut être confidéré
de Commerce,
comme.une Ville
2 mais bien comme une Foire.
C'eft particulièrement vis- à- vis du
chand Forain
Marque l'argent devient le moyen
d'échange le plus commode & même le feul
commode. Cette vérité eft démontrée
fair; jamais Téchange n'a été
par le
fir & plus
plus rapide, plus
avantageux que lorfque la
a été abondamment
Colonie
C'eft auffi à fa
pourvue de numéraire.
préfence qu'eft dûe la
du Culivateur dans la
profpérité
la
dépendance du Cap &c
préférence que donne à cet entrepôt le Marchand François,
C'eft le défaur de numéraire
tivareur de la
qui tient le Culpartie des Cayes dans l'inertie
dans la misère. C'eft le
&c
défaur de numéraire
empêche le Marchand
qui
Nègres & des
François d'y porter des
denrées. La prime (1) qui lui
(1)1 Lc Gouvernement a
il
une prime de 300 livres accordé, par têtc de y a trois ou quatre ans. t
qui en porteroient aux Cayes. Cette Nègres aux Marchands
charge Pour le
prime qui eft unc
du Marchand François, Gouvernemenr, 2 tourne toute entière aul grande
Cayes en tire lc moindre fans que le Cultivateur de la plaine profir des
des Nègres qu'on
avantage. Car la ples grande
tivateurs en Café apporte des aux Cayes, eft achetée Par les partic CulPlamouzh, & de quelques montagnes autres de Jéremie - de la Nouvelle
quartiers.
-
. Cette Nègres aux Marchands
charge Pour le
prime qui eft unc
du Marchand François, Gouvernemenr, 2 tourne toute entière aul grande
Cayes en tire lc moindre fans que le Cultivateur de la plaine profir des
des Nègres qu'on
avantage. Car la ples grande
tivateurs en Café apporte des aux Cayes, eft achetée Par les partic CulPlamouzh, & de quelques montagnes autres de Jéremie - de la Nouvelle
quartiers.
- --- Page 398 ---
-
- -
3j0
CO 2 NS I D E R A T I O N
elt accordée pour le Commerce des Noirs,firelle moitié plus confidérable encore, ne le détermineroit pas à profiter des avantages qu'eile
fembleroit lui offrir.
Le Marchand François qui arrive au Cap,
à Saint-Marc, aul Port au Prince avec une Cargaifon de Nègres, la vend en très-peu de tems;
ili reçoit comptant un quart, un tiers, mème moitié de la valeur de cette cargaifon & le furplus lui
eftalfirépar des engagemens à 6,12, 18 mois de
terme, qui lui fonr prefque toujours exadtement
payésen: rgomtCesiandiandaliteaonckomy
tant qa'il a reçu, les denrées qui lui préfentent lefpoir d'an meilleur retour; & lorfqu'il
eft obligé d'acheter du Sucre, il choilit toujours celui qui elt de plus belle & de meilleure qualité.
Lorfque CC mêmc Marchand fe préfente aux
Cayes, l'acheteur n'a point de comptant à lui
donner, il n'ofre que des denrées. Comme il
y a peu de Cafe, de Coton & d'indigo, parce
que les érablifemens en cegenre, qucique nombreux, font peu conlidérables, il ne trouve
guères que du Sucre de rrès-mauvaife qualité
dont la remife lui préfente toujours une perte
allarée. Quand le produit de la prime fuffiroit
au Marchand dans Fapprovitionnement des denries de retour, i! ne ie dérermineroit pas en- --- Page 399 ---
S U R L A
Coto N I E.
core à venir aux Cayes ; parce
chez le Cultivateur
qu'il ne voit
faire aux
aucune poffibilité de farifengagemens qu'il pourroit prendre,
quelque éloignés qu'ils fuffent. Si le
fe refufe aux
Marchand
avantages que lui offre le
nement en faveur des Cayes,
Gouverner à porter des fecours
pour le détermiimporrante
en Nègres à cette
partie, on doit être bien
de croire qu'il lui en
éluigné
dant nous ofons affurer portera en argent. Cepenla faire fortir de l'état que l'argent feul peur
de
cft depuis Gi
langueur où elle
faire valoir les longtemps ; F'argent feul peur
vorifée; & à la avantages. dont la Nature Ta fa
faveur de cet
vera au-deffis de
agenr, elle s'él6Colonie.
toutes les autres parties de 1 la
L'Arrêt du Confeil du mois
en admettant les
d'Aoâr 1785,
érrangers dans la
pouvoir caufer le plus grand bien
Colonie, 5
mais
aux Cayes ;
malhnenreufement ils ne
ceux des encrepôts où ils font fréquentene que
un débit
fûrs. de trouve:
promp: & facile, & oi ils
en argent comptant. Comme
font payés
Port 20
leur affluence au
&
Prince, au Cap fur-tour, eft
qu'ils ne Peuvent
tràs-grande
Nciatils & du
Porter en retour que des
Tafia, il arrive
Iiv vires ne trouve une affez qu'aucun de leurs
CCS denrées pour faire fon grande quantiré de
chargement en entier:
quentene que
un débit
fûrs. de trouve:
promp: & facile, & oi ils
en argent comptant. Comme
font payés
Port 20
leur affluence au
&
Prince, au Cap fur-tour, eft
qu'ils ne Peuvent
tràs-grande
Nciatils & du
Porter en retour que des
Tafia, il arrive
Iiv vires ne trouve une affez qu'aucun de leurs
CCS denrées pour faire fon grande quantiré de
chargement en entier: --- Page 400 ---
- a A 14 -
: -
C O 1 NS I D É R A T I O N S
alors ils emportent en argent la plus grande
partic du prix de leur cargaifon; ou tentés par
les profits que leur préfente le retour en Sucre
&: en Café, ils s'entendent avec P'Habitant pour
enlever ces denrées cn fraude, & quelques foins
que l'Adminiftration mette à les furveiller, le
plus grand nombre échappe à fes pourfuites:
d'où il réfulte que l'Erranger ne fréquente gusres que les Entrepôts du Cap & du Port ail
Prince, où il y a beaucoup plus de facilités
pour enlever du Sucre & du Café; & loriqu'il
n'a pas trouvé à fc peurvoir de ces denrées, il
s'en retourne avec l'argent qu'il a reçu, ce qui
eft pis encore.
Comme les Etrangers ne trouvent point à
vendre aux Cayes, argent comptant, les cbjets
de leurs cargaifons, & que d'ailleurs les Sucres
de cette partie ne leur offrent pas à beaucoup
près les mêmes profits dans la fraude que ceux
du Port au Prince Otl du Cap, ils ne fréquentent prefque point cet entrepôt, & le Cultivateur eft privé des avantages qu'il devoit naturellement attendre de T'Arret du Confeil portant leur admitlion.
Si on examine lcs malhenreux efets du défaut de numéraire aux Cayes, 011 voit que toutes les opérations du Marchand François tendent à ruiner PHabitant & le ruinent en effet.
Prefque --- Page 401 ---
UR L A Coro: N I Ko
Prefque tous les Négriers
35*
qui
Cap, au Porc au Prince,
arrivent au
de leur cargaifon
envoyent le rebue
forcé
aux Cayes, Le
par le befoin & féduit
Culivateur.
achète fort cher les moribonds par Tefpérance,
fente; ou la mort les lui
qu'on lui préa
mulipliés
enlève, ou les foins
qu'exige le
fanté le ruinent; &, dans rérabliffement de leur
ce dernier
rarement il eft confolé
le
cas, trèsférable Negre don: la par fuccès: car le mia
ne fè
conftitution a été
rétablit pas toujours; & quand elle épuifces fe
a
blic, le Cultivateur a
réta-
& très-cher.
perdu un temps très-long
En fe
préfentant aux Cayes avéc des denrées
Enropéennes, le Marchand fait
teur n'achète jamais
que le Cultivaa
contraint
que lorfqu'il eft abfolument
par le befoin, &
il
miné à toute forte- de
qu'alors eft déterles chofes dont il
facrifice pour fe procurer
ne peur plus fe
que ce même Cultivateur
paffer. Il fair
fur le choix; il
ne peur être difficile
la
met donc le plus haur
Marchandife - qu'il lui offre,
prix a
toujours de la plus médiocre quoiqu'elle foit
duit la denrée
qualité, &c il téqu'il reçoir en
mince valeur : le Cultivateur échange à la plus
néceflité, en fubiffant
gémit & cède à la
la loi
eft impofée.
rigoureufe qui lui
Ruiné Par cette forte
d'échange, le Colon
Z
a :
peur être difficile
la
met donc le plus haur
Marchandife - qu'il lui offre,
prix a
toujours de la plus médiocre quoiqu'elle foit
duit la denrée
qualité, &c il téqu'il reçoir en
mince valeur : le Cultivateur échange à la plus
néceflité, en fubiffant
gémit & cède à la
la loi
eft impofée.
rigoureufe qui lui
Ruiné Par cette forte
d'échange, le Colon
Z
a : --- Page 402 ---
-
- V a
CONSIDÉRATIONS, &c.
eft fans ceffe au dépourvu & pour lui & pour
fes Nègres, pour fes Manafaétures. Sans doute
TAdminifration, plus éclairée fur l'importance
de la plaine des Cayes & fur la néceflité de
feconder fes Habitans dans le développement
des avantages dont la Nature l'a favorifée, viendra à leur fecours, en les affranchiffant de la
tyrannie que le Marchand François exerce fur
eux. Elle le peut par des moyens fimples que
l'intérêt de la Colonie & de la Métropole follicite: ; elle le doit par humanité, puifque le
fort du Nègre eft- attaché à la profpérité des
lieux qu'il habite, & à l'aifance de fon Maitre.
F I N. --- Page 403 ---
DECRET. de la Faculté de
Médecine
en rUniverfiué de Paris.
LAx mil
lundi
fept cent quatre - vingt - neuf, le
quatorzième jour du mois de
la Faculté de
Septembre,
Médecine de Paris
fes Ecoles fupérieures,
affemblée en
Rapport
lui
après avoir entendu le
que
ont fait MM.Solier de la
millais, Corvifart & Geraud,
Rode M. Dutrône la
de l'Ouvrage
decine
Couture, Doéteur en
> fur la Canne G les
Mé.
extraire le Sucre, a jugé
maycns d'en
Rapport, que cet
conformément audit
clarté, méritoit Ouvrage, écrit avec ordre &
tion relativement fur-tour une grande confidéra-
&
à la méthode fimpie, fûre
économique qu'il préfentoit
moyens de traiter le Suc
pour tous les
que les principes
exprimé de la Canne;
qui ont dirigé T'Aureur dans
Tapplication de fes
la faine Chymie
procédés, font avoués par
& par la
que T'Auteur
Phyfique éclairée ;
pour ainfi dire parsiftsicanetraffijeu à desrègles,
manipulation calculées, & avoir réduit à une
celui
qui exige moins
qui en eft
dinrelligence dans
chargé, moins
guante dans le
d'afliduité fatid'abondance furveillant, & qui donne
& d'aniformité dans
plus
la confedion des Sucres
le produit,
& autres produits de
Z 2
. :
3 -
que T'Auteur
Phyfique éclairée ;
pour ainfi dire parsiftsicanetraffijeu à desrègles,
manipulation calculées, & avoir réduit à une
celui
qui exige moins
qui en eft
dinrelligence dans
chargé, moins
guante dans le
d'afliduité fatid'abondance furveillant, & qui donne
& d'aniformité dans
plus
la confedion des Sucres
le produit,
& autres produits de
Z 2
. :
3 - --- Page 404 ---
:
-
la Canne,
foumife à une routine
> auparavant
incertaine, laborieufe & difpendicufe; que conféquemment la Faculté devoit fon Approbation
à cet Onvrage, fait pour porter un grand jour
fur une des branches utiles du Commerce, &c
pour tourner à l'avantage d'un grand nombre
d'hommes; & jai conclu de la même manière.
Edme-Claude BoURRU, Doyen, --- Page 405 ---
EXTRAIT des
Regiftres de la
Sociéré Royale de Midecine.
Messisuns de Jullien & de
nommés par la Sociéré Royale de Foureroy,
pour lui rendre
Médecine
M. Dutrône la compte d'un Ouvrage dont
Couture, Dodteur en
cine, eft Aureur, &
Médefur la Canne 6 qui a - pour titres. Précis
extraire le Jcl
fir les moyens d'en.
efenzicl, &c. en ont fait leur
Rapport dans la féance tenue
Il de ce mois. Ils ont
au Louvre, le
offre des idées
expofé que cet Onvrage
des
neuves, des procédés utiles,
moyens de perfectionner une grande Fabrication; moyens dont l'enfemble
fenter une pracique
paroit préa
une
plas fimple & plus facile,
économie de tems, d'ouvriers, & de
chines, une application plus jufte des vrais macipes de la Chymie, & ce qui eft
prinfar-tout bien
innéteffant, une augmentation fenfible
qualiré & la quantité des
dans la
ajouré que les obfervarions produirs, Ils ont
les Habitations
de M. Dutrône far
& far Saintvent être intérellantes dans Domingue, pettColonies font regardées
un moment où les
France, & où il
comme Provinces de la
des connoiffances importe de prendre fur elles
exaétes. D'après ces confidé
Z 3
- - - - L
innéteffant, une augmentation fenfible
qualiré & la quantité des
dans la
ajouré que les obfervarions produirs, Ils ont
les Habitations
de M. Dutrône far
& far Saintvent être intérellantes dans Domingue, pettColonies font regardées
un moment où les
France, & où il
comme Provinces de la
des connoiffances importe de prendre fur elles
exaétes. D'après ces confidé
Z 3
- - - - L --- Page 406 ---
- -
23 CACU
rations, la Société Royale de Médecine, en
adoptant les conclufions de fes Commiffaires,
a penfé que l'Ouvrage de M. Dutrône étoit
digne de fon approbation &c d'être imprimé fous
fon privilége. Ce que je certifie conforme au
jugement de cette Compagnie.
A Paris, ce 18 Septembre 1789.
Vice D'AZYR, Secrétaire perpétuel. --- Page 407 ---
Explication des Figures de La Planche
deusieme.
Fig. I.
Coupe tranfverfale d'un Moulin à Bétes,
a a. Salle du Moulin.
bb. Charpente du Moulin.
B. Table du Moulin.
D. Gouttière qui Porte le fuc exprimé.
cccc, Cercle en maçonnerie élevé à une
venable, nommé Trottoir.
hauteur con-.
dddd. Paffages pratiqués dans le trottoir
vice du moulin.
pour le feia
ee. Efcaliers pour monter de Ja falle
A. Parc à Catnes,
fer le trottoir.
H. Parc à mulets,
f Rampe par oi les mulets
g. Rampe par oi les mulets montent fur le trottoir.
deftendent du trottoir,
Fig. 2.
Coupe verticale d'un Moulin à Bètes.
b b. Charpente qui foutient les trois
C. Première face
cylindres.
h. Axe du
que préfente les cylindres.
II.
cylindre du milien.
mités Leviers qui traverfent l'axe h: c'eft à leurs
que les mulets font attelés.
extréZ 4
a --- Page 408 ---
cc. Trottoir.
Fig. 3FF. Cafes à bagaffes.
Fig. 4.
L. Galerie des fourneaux.
K. Sucrerie difpofée d'après l'ancienne méthode,
EE. BaSins à recevoir le fuc de Canne.
a b. Equipages à travailler le fuc de Canne.
a b e de. Chaudières de fer qui foiment l'équipage a.
n n. Glacis en maçonnerie qui furmonte les chaudières.
PF. Surface de l'équipage.
ZL Baffins à recevoir Ics écumes.
m. Gouttière qui porte les écumes des chaudières
bede dans la grande a.
9. Gouttière qui porte les écumes de la grande dans
la chaudière /.
po. Partie fupérieure des arceaux qui féparent les
chaudières,
f Tremier rafraichiffoir,
g. Second rafraichiffoir.
iii. Bacs où l'on met le Sucre brut à cryftailifer,
k. Formes où l'on met à cryflallifer le Sucre qu'on
veut terrer.
E. Equipage à cuire les firops,
d. Equipage à clarifier.
Fig. Si
L. Galeric des fourneaux,
de la grande dans
la chaudière /.
po. Partie fupérieure des arceaux qui féparent les
chaudières,
f Tremier rafraichiffoir,
g. Second rafraichiffoir.
iii. Bacs où l'on met le Sucre brut à cryftailifer,
k. Formes où l'on met à cryflallifer le Sucre qu'on
veut terrer.
E. Equipage à cuire les firops,
d. Equipage à clarifier.
Fig. Si
L. Galeric des fourneaux, --- Page 409 ---
M. Plan du condrier;
eM. Cendrier proprement dit,
c. Cavité de ce cendrier.
f. Canal qui fert à extraire les cendres de
vité e.
la CaM g. Cendrier improprement
drier.
dit, ou maffif du cen.
h. Cavité de ce maffif.
i. Canal qui fertà extraire les cendres de la
cavité h.
Fig. 6.
N. Foyer.
KN, Foyer proprement dit.
11. Bouches de ce foyer,
Nm. Foyer improprement dit.
nn. Parois internes de ce foyer.
o0. Parois externes.
r. Premier canal horifontal de la
S. Second canal horifontal.
cheminée;
t. Ouverture du canal vertical,
Fig. 7.
Coupe longitudinale du Fournean.
e. Cavité du cendrier
f. Canal de ce cendrier. proprement dit,
g. Malfif du cendrier.
h. Cavité de ce maffif.
i. Canal de cette cavité.
K. Foyer proprement dit,
I1, Bouches de ce foyer,
- --- Page 410 ---
- à
o -
:3.62
m. Foyer improprement dit.
PP. Partie interne du Laboratoire formée par la convexité des chaudières & par l'efpace qu'elles gardent
entr'elles.
abcde. Cavités des chaudières qui, avec les glacis, 3
forment la partie externe du Laboratoire.
RT. Glacis qui furmontent les chaudières.
99 Votites en maçonnerie nemmes Arceaux, qui
fervent à fceller les chaudières , & que je nomme
partie moyenne du Laboratoire.
oo. Partie fupérieure des arceaux qui partage les glacis 11 11.
Fig. S.
Coupe verticale paffant au centre dela chaudière e
nommée Batterie.
e. Cavité du cendrier proprement dit,
K. Cavité'du foyer proprement dit.
1. Bouche du foycr.
PP. Partie cxterne du Laboratoire.
9 9. Partie moyenne du Laboratoire.
e n. Partie externe du Laboratoire.
n. Parois interne du foyer &: du Laboratoire,
oo. Parois externes.
ox. Mur de la Sucrerie.
Fig. 9.
Coupe verticale paffantancentre dela chaudièree,
nommée Propre.
g. Mafif du ccndrier. --- Page 411 ---
m. Foyer improprement dit.
PP. Partie externe du Laboratoire.
cn. Partie externe.
99. Partie moyenne.
nn. Parois internes du foyer & du Laboratoire.
00. Parois externes.
ox. Mur de la Sucrerie.
Fig. IO,.
Coupe Verticale de la chaudière
du
paffant au centre
deuxième canal horifontal,
I. Ouverture du premier canal horifontal de la che-
:minée.
S. Second canal horifontal.
t. Canal vertical.
vy. Parois de la cheminée.
X. Mur de la Sucrerie
parois externe du 2 fa partie inférieure. o fait la
fourneau.
Explication des Figures de la Planche
troifième.
Fig. I.
Pargerie faivant T'ancienne méthode
pour la
purgatien du Sucre brur.
A. Partie de la Furgetic qui fert de
magalin,
:
- :
- :
verture du premier canal horifontal de la che-
:minée.
S. Second canal horifontal.
t. Canal vertical.
vy. Parois de la cheminée.
X. Mur de la Sucrerie
parois externe du 2 fa partie inférieure. o fait la
fourneau.
Explication des Figures de la Planche
troifième.
Fig. I.
Pargerie faivant T'ancienne méthode
pour la
purgatien du Sucre brur.
A. Partie de la Furgetic qui fert de
magalin,
:
- :
- : --- Page 412 ---
-
C. Plancher de la purgerie qui recouvre le baffin B.
B. Baftin à mélaile de la purgerie dont la coupe préfente des bariques fur le plancher.
F F. Bariques établies fur le plancher du baffin dans
lequel tombe la mélafe qui fe fépare du Sucre brut
dont les bariques font remplies.
ED. Fond & parois en maçonnerie du baffin B,
Fig. Z.
GHIK. Purgerie pour la purgation & le terrage
du Sucre mis à cryftallifer en formes.
N. Fornes dans lefquel on met le Sucre à cryftallifer.
O. Pots dans lefquels on implante les formes pour
recevoir les firops qui fe féparent du Sucre.
NO. Formes implantées dans les pots.
LL. Divifion des Purgeries en compartimens nommés
Cabanes.
Z. Difpofition des formes dans les cabanes.
a. Equipage à cuire les firops.
a b. Chaudières de fer qui forment cet équipage,
b. Equipage à clarifier.
C. Rafraichifloir.
d d. Rafraichifloirs.
Fig. 3.
999- Bacs où l'on préparela terre pour terrerle Sucre
Fig. 4.
R. Plan en maçonnerie, nomné Glacis, fur lequel oa --- Page 413 ---
axpofe le Sucre au foleil avant que de le mettre
l'étuve.
a
Fig. 5.
S. Etuve oi l'on met le Sucre terré à deffécher,
T. Fourneau de l'étuve.
Fig. 6.
V. Pilerie qui renferme les bacs oi l'on
UU. Bacs dans
pile leSucre:
lefquels on pile le Sucre
que de le mettre en batique.
defféché avang
Explication des Figures de la Planche
Quatrième.
A. Intérieur d'une Sucrerie
ler le fuc de
difpofée pour travail
Canne, d'après la nouvelle méthode.
Fig. I7
B. Laboratoire formé de
a. Première chaudière à quatre chaudières de cuivre;
b, Seconde chaudière à déféquer,
déféquer.
C. Chaudière à évaporer.
d. Chaudière à cuire,
ee. Baflins à recevoir les fecondes
ff Gouttière qui portent les fecondes écumes.
la chaudière d.
écumes dans
:
ler le fuc de
difpofée pour travail
Canne, d'après la nouvelle méthode.
Fig. I7
B. Laboratoire formé de
a. Première chaudière à quatre chaudières de cuivre;
b, Seconde chaudière à déféquer,
déféquer.
C. Chaudière à évaporer.
d. Chaudière à cuire,
ee. Baflins à recevoir les fecondes
ff Gouttière qui portent les fecondes écumes.
la chaudière d.
écumes dans
: --- Page 414 ---
-
-
. 366
g. Baflin qui reçoit les écumes de la chaudière a.
x. Tuyau qui porte les écumes dans la chaudière h.
h. Chaudière qui reçoit les écumes.
FF. Bafins à recevoir le fuc de Canne.
y. Canal qui porte le fuc de Canne dans la chaudière d.
K. Cheminée du fourneau.
12. Rafraichifloir de cuivre.
ZI. Ouvertures des canaux qui viennent des baffins
EE.
pp. Grille qui recouvre une ouverture pratiquée dans
3 Ia voûte des fourneeu pour parler alix chauffeurs.
9 9. Grille qui recopreun canal cui répond aux chaudières placses près du cendrier.
Fig. 3 & 4.
E E. Baflins à Sltrer & à décanter le vefou.
ii. Canaux qui portent le vefou Jans les chaudiè.
res kk
Kk Chaudrons qui reçoivent le vefou pour être verfé
dans Jes bafins EE.
mi. Canaux qui portent le vefou filtré dans la chaudière G.
coc. Ouverture. dè ces canaux fermée par une foupape.
EF. Pargerie diipofée pour taire cryitallifer & purger
le Sucre brut travaillé d'après la nouvelle méthode.
Hi. Caiffes à cryftaliifer.
K K. Gouttieres fur leiquelles lcs caifles font établies.
ca. T'raveries qui portent les caifles.
EMNO. Bafins à recevoir les firops-vefou.
R. Ouverture des bailins L MN O, --- Page 415 ---
Q. Bariques dans quoi on pile le Sucre
G. Raffinerie difpolée
brut.
firops-vefou.
pour raffiner & pour cuire les
Fig. 5.
Laboratoire d'an fourneau
fimple.
j Chaudière de cuivre à cuire les
/. Rafraichiffoir de cuivre.
firops.
gg. Réfervoirs où l'on met le
hh. Tuyau qui porte les
firop qu'on va cuire.
k.k. Petits baflins dans firops dans la chaudière.
on rempli les réfervoirs lefquels on verfe le firop dont
Z, Cheminée du
g.
fourneau. ry
Fig. 6,
Coupe verticale des Caiffes.
de d. Fends inclinés de la caifle,
dans leur réunion.
formant une gouttière
CC. Chevilles dont on bouche les
la gouttière de la caifle,
trous pratiqués dans
aa. Traverfes qui Portent les
b6. Potelets fur
caifles.
K K. Gouttières fur lefquels les traverfes font clouées.
qui portent les lefquels les caiffes font établies
firops dans les baffins.
&
Fig. 7.
Coupes de deux projets de caiffes,
:
a
réunion.
formant une gouttière
CC. Chevilles dont on bouche les
la gouttière de la caifle,
trous pratiqués dans
aa. Traverfes qui Portent les
b6. Potelets fur
caifles.
K K. Gouttières fur lefquels les traverfes font clouées.
qui portent les lefquels les caiffes font établies
firops dans les baffins.
&
Fig. 7.
Coupes de deux projets de caiffes,
:
a --- Page 416 ---
-
- - - 3e
-
Explication des Figures de la Planche
cinquième.
A. Sucrerie qui préfente une autre difpofition pour
travailler le fuc de Canne, d'après la nouvelle méthode.
Fig. I.
B. Laboratoire d'un fourneau compofé, formé de trois
chaudières de cuivre.
a. Première chaudière à déféquer.
b. Seconde chaudière à déféquer.
C. Chaudière à évaporer.
d. Rafraichiffoir de cuivre.
ee. Baffins à recevoir les fecondes écumes.
ff. Gouttières à porter les fecondes écumes dans la
chaudière a.
8. Baffin à récevoir les écumes de la chaudière a.
X. Canal à, porter les écumes dans la chaudière h.
f. Chaudière de fer à recevoir les écumes.
D.D. Baflins à recevoir le fuc de Canne.
y. Canal à porter le fuc de Canne dans la chaudière a.
K. Cheminée du fourneau.
P. Grille qui recouvre une ouverture pratiquée dans
la voûte des fourneaux pour parler aux chauffeurs.
9. Grille qui recouvre un trou qui répond aux chaudières de fer placées près du cendrier.
Fig. --- Page 417 ---
Fig. 2 & 3:
CC. Baffins à filtrer &x à décanterl le vefou,
i. Canal qui porte le vefou dans le
k. Chaudron de cuivre qui reçoit le chaudron vefou k.
verfé fur les filtres des baffins C.
pour être
o. Ouverture du canal 712 fermée par une
foupape.
Fig. 4.
E. Laboratoire du fourneau fimple à cuire le
firop.
vefour. Chaudière de cuivre qui fert à former ce
toire,
Laboramh. Canal qui porte le vefou filtré dans la
s. Rafraichifoir.
chaudière T.
t. Réfervoir pour le
FG. Purgerie
firop-vefou qu'on va cuire.
difpofée fuivant la nouvelle méthode,
pour faire cryftalifer & terrer le Sucre.
K. Rafraichiffoirs.
I. Formes oà l'on met le Sucre à
H. Cabanes où l'on range les formes cryftallifer.
& terrer le Sucre.
pour purger
L. Caiffe oi l'on met les firops-vefou
tallifer.
cuits, à cryf
M. Baffins qui reçoivent les
Sucre des caiffes.
firops qui fe féparent du
N. Ouverture de ces baffins.
O. Bacs oi l'on pile le Sucre terré
le mettre en barique,
avant que de
Fig. 5.
P. Etuve où l'on met le Sucre à deffécher.
Aa
:
ftallifer.
& terrer le Sucre.
pour purger
L. Caiffe oi l'on met les firops-vefou
tallifer.
cuits, à cryf
M. Baffins qui reçoivent les
Sucre des caiffes.
firops qui fe féparent du
N. Ouverture de ces baffins.
O. Bacs oi l'on pile le Sucre terré
le mettre en barique,
avant que de
Fig. 5.
P. Etuve où l'on met le Sucre à deffécher.
Aa
: --- Page 418 ---
-
: -
a -
a. Fourneau de l'étuve.
Fig. 6.
R. Glacis ot l'on expofe le Sucre au foleil avant que
de le mettre à l'étuve.
Fig. 7.
S. Bacs oi l'on prépare la terre pour terrer le
Sucre.
Fig. 8.
Aréometre de cuivre qui fert à déterminer le degre
d'évapora:ion convenable au vefou.
Explication des Figures de la Planche
fixième.
Fig. I
B. Autre difpoficion de l'intérieur d'une Sucrerie pour
travailler lc fuc de Canne d'après la nouvelle méthode.
a. Partie inférieure de la Sucrerie.
b. Etablifiemen: du cendrier d'un fournequ fiur-compofé.
C. Foyer de ce fourneau.
d. Laboratcire d'un fourneau fur-compofé 2 oi l'on
peut, à la faveur de deux baffins à filtrer, faire
fmultanément toutes les opérations qu'exige le tra- --- Page 419 ---
vail du fuc exprimé.
37E
ee, Baflins à filtrer.
Fig. 2,
A. Partie inférieure de la Sucrerie
B. Etabliffement du cendrier.
4, planche 4;
D. Cendrier proprement dit.
a. Canal à extraire les cendres,
6b. Ventoufes à porter dans le
la combuftion.
foyer l'air propre a
xx. Chaudières de fer fcellées dans la
pour recevoir l'eau qui fert à
maçonnerie
E E. Cendrier
éteindre les cendres,
drier.
improprement-dit, ou malfif du cenC. Etabliffement du foyer,
G. Foyer proprement-dit,
cc. Grilles du foyer.
dd. Bouches du foyer.
HH. Foyer impropremencilit,
ee. Paroisinternes.
ff Parcis externes.
I. Canal horifontal de la cheminée,
K. Canal vertical.
L L. Votites des fourneaux,
M M. Maffifs qui
la Sucrerie, & fervent concourrent à former le fonds de
neaux.
à porter les vodtes des four4
NN. Efcaliers qui defcendent
aux fourneaux,
Aa4
E -
- --- Page 420 ---
-
-
Fig. 4.
Elle préfente la coupe longitudinale du fourneau
a quatre chaudières > (Fig. 2. pl. +-)
D. Cendrier proprement-dit.
a. Canal à extraire les cendres.
C. Grilles qui recouvrent le cendrier.
EE. Mafif du cendrier.
G. Foyer proprement-dit.
d. Bouche de ce foyer.
gg. Avancemens qui portent les votites.
abcd. Chaudières de cuivre qui forment le Laboratoire.
L. Maçonnerie qui partage les chaudières.
00. Vottes qui fcelient les chaudières.
9g. Maçonnerie qui foutient les chandières.
11. Rafraichiffoir.
I. Canal horifontal de la cheminée.
K. Canal vertical.
m2 12. Parois de la cheminée.
Fig, 5.
Coupe tranfverfale paffant aul centre de la
chaudière à évaporer.
E. Malif du cendrier.
H. Foyer impropeement-dit.
Ec. Parois internes de CC foyer.
ff Parois externes.
Vottes qui fcelient les chaudières.
9g. Maçonnerie qui foutient les chandières.
11. Rafraichiffoir.
I. Canal horifontal de la cheminée.
K. Canal vertical.
m2 12. Parois de la cheminée.
Fig, 5.
Coupe tranfverfale paffant aul centre de la
chaudière à évaporer.
E. Malif du cendrier.
H. Foyer impropeement-dit.
Ec. Parois internes de CC foyer.
ff Parois externes. --- Page 421 ---
e
rr. Surface interne du Laboratoire,
Fig. 3.
Partie inféricure de la Sucrerie A,
figurée dans
la Planche
5.
A. Cendrier d'un fournean fimple.
B. Cavité du cendrier de ce fournea.
a. Canal à extraire les cendres.
68. Ventoufes pour porter dans le
à la combuftion.
foyer Pair propra
CC. Parois internes de ce cendrier.
dd, Parois externes.
D. Etabliffement de la cheminée,
E. Foyer d'un fourneau fimple.
F. Cavité de ce foyer.
e. Bouche de ce foyer,
ff Parois internes.
8E. Parois externes. A /
h. Canal horifontal de la cheminée.
i. Canai vertical,
GG. Voites des fourneanx.
IL Efcaliers.
L. Cendrier du fourneau"
M. Cendrier
compofé B. pl, S fig.r
k. Canal
proprement-dit.
IZL.
pour extraire les cendres.
Ventoufes.
N. Maif du cendrier.
mm. Parois
interne. .
11n. Parcis externes,
O. Foyer de ce fournean
P. Foyer proptement-dit. compofé,
Aa;
- - - : D --- Page 422 ---
a
-
0. Bouche du foyer.
Q. Foyer improprement-dit.
PP. Parois internes du foyer.
99 Parois externes.
R. Canal horifonta! de la cheminée.
S. Canal vertical.
TTT. Maflifs portans Ics voltes, & concourant avec
elles à former les fonds de la Sucrerie.
rrrr. Chaudières de fer qu'on remplit d'eau pour
éteindre les cendres.
% --- Page 423 ---
B
C3
a
II
-
1t
--- Page 424 ---
/ --- Page 425 ---
PI 5
- N E de 1e d 1
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:
L
Lyith
- cafe UAMtEe DAl K
TAB L E
DES M
ATIERE S.
Hisrorxe de la Canne & du Sucre.
Introduétion.
Page I
PREMIERE
PARTIE
De la Canne & de fon fuc confidéré
après T'expreflion.
avant &
CHAPITRE
PREMIER.
Des diverfes parcies de la Canne
état particulier.
& de leur
CHAPITRE II.
Du
déveloprement des différentes
Canne.
parties de la
C H TAPITRE
IIL
Des divers états
que préfente la Canne, dus
Aat
-
- - - à
: :
.
Introduétion.
Page I
PREMIERE
PARTIE
De la Canne & de fon fuc confidéré
après T'expreflion.
avant &
CHAPITRE
PREMIER.
Des diverfes parcies de la Canne
état particulier.
& de leur
CHAPITRE II.
Du
déveloprement des différentes
Canne.
parties de la
C H TAPITRE
IIL
Des divers états
que préfente la Canne, dus
Aat
-
- - - à
: : --- Page 430 ---
aux influences du fol, du climat & de la
culture.
page 47
C H APIT R E
I V.
Sur l'économie végétale de la Canne.
C H API T R E
V.
Des fucs de la Canne confidérés dans Ia Canne
même.
C HAPITRE V I.
Du fuc exprimé de la Canne-fucrée.
8;
C H AP IT RE
VII L.
Du fuc de Canne dépuré ou vefou.
SECONDE PARTIE.
De l'exploitation de la Canne-fucrée &c du travail de fon fuc exprimé pour en extraire le
fel ellentiel.
CHAPITRE VIIL
Expofition des moyens généralement employés --- Page 431 ---
dans nos Colonies,
pour l'exploitation de la
Cannefacrée, tiel
& pour extraire le fel
de fon fuc exprimé,
effenpage 99
ARTICLE
PREMIER.
De la récolte & de
fucrée.
l'expreflion de la CanneIOI
ARTICIE II
Des moyens qu'on employe dans le
fuc exprimé,
travail du
I07
A RTICLE
II I.
Des moyens qu'on employe
du fel ellentiel de la
pour l'extradion
Canne,
A R
TICL E
I V.
De la fermentation & de la diftillation
lalles.
des Mé125
C
I X.
HAPITRE
Obfervations fur les premiers
employa dans les Colonies
moyens qu'on
le travail du fuc
Françoifes, pour
exprimé de la Canne-facrée
a a - A : - E -
- -
-
- --- Page 432 ---
& fur ceux dont Tufage eft généralement
reçu maintenant.
page 127
- H APIT R E
X.
Expofition des nouveaux moyens d'extraire le
fel effentiel de la Canne-fucrée.
ARTICLE PREMIER,
Des nouveaux moyens d'opérer Ia défécation du
fuc exprimé & l'évaporation du vefou. 153
A R TICL E
I I.
De la Cuite & de l'ufage du Thermomètre pour
s'affurer de fes divers degrés.
A R T ICLE
I 2 d I 1e I.
Des nouveaux moyens de faire cryftallifer : purger &c.le fel eflentielde la Canne-fucréc. 184
C H APIT R E
XI
Parallèle de l'ancienne & de la nouvelle méthode d'extraire le fel elfentiel de la Cannefucrée, fuivi d'un Tableau des produits com-
I.
De la Cuite & de l'ufage du Thermomètre pour
s'affurer de fes divers degrés.
A R T ICLE
I 2 d I 1e I.
Des nouveaux moyens de faire cryftallifer : purger &c.le fel eflentielde la Canne-fucréc. 184
C H APIT R E
XI
Parallèle de l'ancienne & de la nouvelle méthode d'extraire le fel elfentiel de la Cannefucrée, fuivi d'un Tableau des produits com- --- Page 433 ---
A - a -a - a -
parés de l'une & de T'autre, fait
livres de l'Habitation de
d'après les
Ia nouvelle
M. Deladebate, où
de
méthode eft établie depuis le mois
Juin 1783.
page 202
ARTICLE PREMIER.
Des chaudières de cuivre & de fer & de leurs
fourneaux.
A
RTICL E
I d0 I.
Des avantages qu'offre la nouvelle
méthode
comparée à l'ancienne dans fes
dans l'ordre de leur marche,
moyens >
rification du vefou,
dans la pudans la cuite du vefoufirop, dans la cryftallifation du fel eflentiel
qu'on obrient, dans la qualité, la
& la pureré de ce fel.
quantité
CHAPITRE XII
Des Fourneaux.
ARTICLE
PREMIER.
Des Fourneaux de nouvelle
tant chaudières de cuivre. conftruction por228,
: 3 N -
A
a -
-
- --- Page 434 ---
ARTICLE
I I.
Defcription des Fourneaux fervant aux chaudières de fer généralement employées dans
nos Colonies, pour le travail du fuc exprimé
de ia Canuc-Sucréc.
page 245
A RTICLE II I.
Des avantages que préfentent les Fourneaux
portant chaudière de cuivre fur ceux portant
chaudières de fer.
M É M O IR E
Sur T'Art de Raffiner le Sucre.
M E M O I R E
Sur la nature & fur les propriétés du Sucre. 282
M É M O I R E
Sur les moyens de faire une liqueur vineufe
avec le fuc exprimé de la Canne-fucrée. 304 --- Page 435 ---
a a : a 3 1 a a
OBSERVATIO N S
Sur les deux fortes de fécules
plante nommée
que donne la
fur l'état
Indigefora Tinetoria I. &
particulier de ces fécules.
page 317
QBSERVATIO N
Sur la propriété antidélétère de
lique.
l'acide Oxa324
CORSIDERATIONE
Sur les Habitations de nos Colonies
que, & fur les moyens de
d'Amériprincipes fixes l'art de les
réduire à des
adminiftrer. 326
ARTICLE
PREMIER.
Des Hommes
> des Beftiaux & des
mens.
BâtiDe la terre & du labour,
Des cultures & de leurs
prodaits,
A R
TICLE I I.
Sur les moyens de réduire a des
l'art d'adminiftrer les
principes fixes
Habitations,
a AE
- -
: a - --- Page 436 ---
69-18
Chownnal
7:12-68
CONSIDÉRATIONS
Sur Pérat aétuel de la partie Françoife de l'Ie
Saint-Domingue.
pag. 341
Fin de la Table des Matières,
A Paris, de lImprimerie de CLOUSIER,
Imprimeur du ROI, rue de Sorbonne. --- Page 437 ---
AA
. :
- --- Page 438 ---
- --- Page 439 ---
- a
- : 5 a
m -
E790
D978P
- --- Page 440 ---
- --- Page 441 --- --- Page 442 ---