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PRÉCIS HISTORIQUE
D E
LA DERNIÈRE EXPÉDITION
D E
SAINT-DOMINGUE,
Depuis le départ de l'Armée des Côtes de
France, jusqu'à l'évacuation dela Colonie;
suivi des moyens de rétablissement de
cette Colonie :
a
EN DEUX PARTIES,
Par A. P. M. LAUJON, aucien Conseiller à Saint-Domingue, et en dernier lieu, Greffier en chef de la jurisdiction et de l'amirauté du Port-au-Prince.
A PARIS,
DELAFOLIE, imprimeur-Libraire, rue St-Martin,
no.76, près celle Jean-Robert;
CHEZ LE NORMANT, Imprimeur-Librsive, rue des Pré.
te-St-Gemmain-TAusereis, vis-à-vis PEglise;
TAuteur, rue St-Honore, vis-à-vis celle St-Florentin. --- Page 8 ---
P
--- Page 9 ---
A SON ALTESSE IMPÉRIALE
MONSEIGNEUR LE PRINCE LOUIS.
Mosssroxzun,
VOTRE ALTESSE IMPÉRIALE m'a permis de lui présenter un récit fidèle
de l'expédition de Saint-Domingue,
dont il ne parait pas, jusqu'à présent, que le public se soit fait une
juste idée. Témoin et victime de ces
tristes événemens, c'est pour moi un
commencement de consolation que
de pouvoir en offrir le tableau à un
jeune prince, que la bonté de son --- Page 10 ---
- coeur intéresse à tous les
et sur qui les lumières infortunés,
d'acquérir, fixent
qu'il ne cesse
tous les hommes déjà les regards de
Vous les
instraits.
encouragerez,
GNEUR, et par votre
MoNSEIvotre
exemple, et par
heureux Laceueilspuisiesrous dans le
être aussi
gés,
choix de VOS
que je le suis dans celui de protéprotecteur.
mon
J'ai T'honneur d'être
profond respect,
avec le plus
MOXSEIGNEUR,
De VOTRE ALTESSE
INPÉRIALE,
Le très-humble et trèsobéissant serviteur,
A, LArJON, fils. --- Page 11 ---
PRÉCIS HISTORIQUE
D E
LA DERNIERE EXPÉDITION
D E
SAINT-DOMINGUE.
PREMIE RE PARTIE.
Jar échappé au massacre de Saint-1 Domingue : mon imagination est encore remplie
du souvenir déchirant de toutes les calamités
que n'ont cessé d'éprouver les malheureux
français qui ont abordé dans cette ile. J'entends journellement un grand nombre depersonnes tirer des conséquences sur la destinée
fatale de cette colonie qu'ils n'ont jamais
habitée. 7 et parler sans le moindre ménagement de ceux dont ils n'ont pu y suivre ni
la conduite, ni les actions. Témoin de tout,
j'espère mériter plus de foi. Je - n'avais réellement pour but, en me livrant à ce travail,
que de satisfaire l'impatience et la curiosité
I
ile. J'entends journellement un grand nombre depersonnes tirer des conséquences sur la destinée
fatale de cette colonie qu'ils n'ont jamais
habitée. 7 et parler sans le moindre ménagement de ceux dont ils n'ont pu y suivre ni
la conduite, ni les actions. Témoin de tout,
j'espère mériter plus de foi. Je - n'avais réellement pour but, en me livrant à ce travail,
que de satisfaire l'impatience et la curiosité
I --- Page 12 ---
(2)
d'un grand nombre d'amis
desiré que je leur donnasse qui ont vivement
et exacts sur une
des détails précis
tie, d'autant plus expédition dont j'ai fait parcolonie
qu'un long séjourdans
7 m'avait fait d'avance
cette
connaissances
acqaérir des
particulières surle
que sur les hommes qui
pays, ainsi
remplissant la tâche
Thabitent; mais en
je trouve encore une que m'impose l'amitié,
prouver, par les faits, véritable satisfaction à
les moins connues
comment les actions
sont souvent les plus
lomniées, et les meilleures
cadées comme les plus
intentions regardes circonstances
criminelles, quand, par
contredit toutes les incaleulables, l'événement
probabilités.
La première idée à laquelle il
ter et s'attacher, est celle de
faut remonnaître les
bien faire condispositions de Toussaint
l'armée française, lorsqu'elle
envers
s'est présentée
dearsaiat-Doningele de mots
et de donner en
une idée de
peu
colonie à cette époque, Torganisation de cette
Cechef-noir y gouvernait
il avait trouvé le moyen de despotiquement:
réprimer, par la --- Page 13 ---
(3)
force, tous les partis qui s'étaient successivement élevés contre son despotisme et son
autorité; les hommes de couleur (1) y jouissaient d'une assez haute faveur, quoiqu'il les
eût cruellement poursuivis dans la guerre qu'il
soutint contre Rigaud, etles blancs y étaient
dansf'oppression et l'avilissement. Leur nombre consistait beaucoup moins en propriétaires 7 qu'en négocians et commerçans ;
Toussaint avait avec soin écârté ces premiers, ayant généralement divisé lcs propriétés de la. colonie entre les chefs noirs
et mulâtres qui lui en payaient une ferme ),
très-modique ; le peu de blancs qui avaient
été admis à ce partage, et dont plusieurs
occupaient des places dans l'administration,
formaient une classe privilégiée , distinguée par lui à raison de services particuOn entend par hommes de couleur, tous ceux qui
sont d'unecouleur intermédiaire entre le nègre et le
blanc. On les distingue ensuile suivant leur différente teinte et leur degré de proximité ou d'éloiguement avec chacune de ces classes, en grifle, mulâtre, carteron et mistife; mais en général, OIl les
comprend tous sous le nom de mulatres.
I *
'administration,
formaient une classe privilégiée , distinguée par lui à raison de services particuOn entend par hommes de couleur, tous ceux qui
sont d'unecouleur intermédiaire entre le nègre et le
blanc. On les distingue ensuile suivant leur différente teinte et leur degré de proximité ou d'éloiguement avec chacune de ces classes, en grifle, mulâtre, carteron et mistife; mais en général, OIl les
comprend tous sous le nom de mulatres.
I * --- Page 14 ---
WD
(4)
liers, ou de protections
auprès de ceux à qui qu'ilsavaient il
trouvées
confiance; quelques
accordait toute sa
même ainsi rentrés anciens habitans étaient
habitations.
en possession de leurs
Son propre intérêt lui avait fait
nécessité de porter toute
sentir la
la culture, dont il avait son attention sur
guerres qu'il eut à
été distrait par les
celles qui
soutenir dans le sud, et
la colonie naquirent des divisions
fut
auxquelles
son pouvoir fût long-temps en proie, avant que
venir
affermi.Il fallait,
2 exercer une
pour y parsolue sur des hommes autoritétyrannique et abà la paresse, et
naturellement enclins
tournés deleur 2 qu'il avait tant de fois dévéritable emploi,
servirà ses projets militaires; pourles faire
chargéde ce soin, eti reçut de lui Dessalines fut
sans
des
bornes, 2 pour rétablir la
pouvoirs
les ateliers, et forcer les
discipline dans
par les châtimens les
nègres aux travaux
sion s'accordait
plus cruels. Cette mistions de
trop bien avec les
ce
disposipas
dernier,pourquils ilnes'enacquittat
temps parfaitement lordre
; il remit en effet en peu de
parla térreur;la peine demort --- Page 15 ---
(5)
lui était devenue si habituelle et naturelle à
infliger, qu'il était rare qu'il en prononçât
d'autres.
Treize régimens deligne, formantau moins
18,000 hommes, 9 I200 à 1500 de cavalerie
servant de guides, et à-peu-près le même
nombre en dragons ou gendarmes, répartis
dans toutes les villes et
l'état exact des forces bourgs, 2 composaient
de Toussaint : c'est
avec ce nombre de troupes qu'il faisait trembler toute la population de ce pays, et
parvint à rétablir les revenus
qu'il
totalité des habitations.
sur la presque
il n'en avait d'ouvert Quant au commerce,
les
qu'avec les anglais et
américains, et sur-tout avec ces
on pouvait quelquefois
derniers;
vires de leur nation dans compterde4oà50 nades
chacune. des rades
Cayes, du Cap et du
grand nombre de
Port-au-Prince;t un
villes du
négocians des principales
continent y vinrent fonder des maisons de
commerce, 2 et s'y établirent. On eût
dit, à leur confiance dans les affaires
crédits considérables
et aux
qu'ils
se croyaient éternellement acordaient,quils
le commerce de cette
privilégiés pour
ile, sans craindre qu'il
ades
chacune. des rades
Cayes, du Cap et du
grand nombre de
Port-au-Prince;t un
villes du
négocians des principales
continent y vinrent fonder des maisons de
commerce, 2 et s'y établirent. On eût
dit, à leur confiance dans les affaires
crédits considérables
et aux
qu'ils
se croyaient éternellement acordaient,quils
le commerce de cette
privilégiés pour
ile, sans craindre qu'il --- Page 16 ---
AIDAY -
(6)
détjamais y avoir de terme à
de ce chefnègre.
lusurpation
Dans un pays d'une aussi
oà les ressources et les
grande étendue,
si considérables,
produits du sol sont
non
peu de temps
pas pour lui rendre son devaitsuffre,
de splendeur, mais
premier degré 2
grand mouvement pour rétablir un trèsT'abondance
dans le commerce, et
des denrées coloniales
par
mençaient à s'y
qui comcirculation de récolter, et par une grande
quantité d'objs's numéraire 7 résultant de la
dustrie
d'échange qui fondent l'inprincipale de cette
son sol rend nécessaires.
colonie, et que
Le nègre cultivateur, celui
et les veilles assuraient
dont les sueurs
n'avait pourtant
la prospérité de l'ile,
d'être les esclaves pas changé de sort; au lieu
des
ils l'étaient
d'hommes de leur couleur blanes,
pour châtiment, ils
; au lieu du fouet
bâton, ou sous les périssaient, ou sous le
militaire était
baionnettes ; le i ouvoir
absolu; et les chefs de ce
vernement, à qui rien ne devait
goudoux que de se trouver à la I arartre plus
place de leur --- Page 17 ---
(7)
maître, porter des épaulettes, remplir toutes
les places, 2 vivre dans l'affluence, , et jouir
enfin du droit qu'ils s'étaient attribué d'humilier les blancs, et de les sacrifier sous le
moindre prétexte, n'étaient occupés que des
seuls moyens de maintenir une tranquillité
dont ils recueillaient tant de fruits.
Quelques années d'un pouvoir absolu et
sans trouble, avaient mis à la disposition
de Toussaint de fortes sommes, dont il se
proposait de faire en partie l'emploi dans
l'exécution d'un projet qui, en le rendant par
la suite bien redoutableà ses ennemis, devait
assurer sa domination. Ce projet était de
traiter avec le gouvernement anglais, 7 pour
l'introduction ASaint-Domingued'unnombre
considérable de nègres de choix, qu'il eût
généreusement payés, dont il eût augmenté
son armée, 7 et réparti le reste ou sur ses
nombreuses habitations, ou sur celles de ses
chefs les plus aflidés. Soit que le gouvernement anglais n'ait pas accédé à ce projet, 2
soit qu'il ait demandé des délais pour se
consulter 2 les émissaires qui avaient été envoyés à la Jamaique revinrent au Cap, sans
idérable de nègres de choix, qu'il eût
généreusement payés, dont il eût augmenté
son armée, 7 et réparti le reste ou sur ses
nombreuses habitations, ou sur celles de ses
chefs les plus aflidés. Soit que le gouvernement anglais n'ait pas accédé à ce projet, 2
soit qu'il ait demandé des délais pour se
consulter 2 les émissaires qui avaient été envoyés à la Jamaique revinrent au Cap, sans --- Page 18 ---
SRO
(8)
avoir pu obtenir le succès qu'ils
Ce fait est notoire
espéraient.
7 et pourrait
ver pour appui, aux yeux de encore troufuseraient d'y
ceux qui rel'instant
croire, ce qui vient
de se passer à Saint-Domingue, presqu'à
Le 3 janvier 1804, un
dépêché de la
agent anglais fut
Tartarc,
Jamaique sur la frégate la
pour aller porter à Dessalines les
propositions d'un traité dont les bases étaient
à-peu-près semblables à celles
été consenties avec
qui avaient
Toussaint : Dessalines
(Ceci est extrait de la gazetle
Londres, du 23 juin)
officielle de
sion pour faire revivre profita de cette occad'anciennes demandes, non accordées par le
glais, à la tête
gouvernement anfournir
desquelles est celle de leur
un nombre considérable de
nègres.
Je laisse à juger si
reilles vues, Toussaint jamais, avec de pacolonie à la
pensât à remettre la
lontairement France, et à se dépouiller vode son autorité ; il
paix avec les anglais
croyait la
reculée à des
impossible, ou au moins
le
époques qui lui eussent laissé
temps d'accomplirs rses intentions.
Quelques
A --- Page 19 ---
(9)
mois avant notre arrivée, il réunit dans un
bois dépendant d'une de ses habitations
(appelée d'Héricourt), un petit nombre des
principaux chefs sur la fidélité desquels il
croyait devoir le plus compter. Cette assemblée d'antropophages n'eut d'autre but, que de
s'accorder entr'eux sur l'exécution de leurs
projets criminels, qui ne souffrit de retard,
que parce que Toussaint n'imaginait jamais que la France pût faire en hyver un
armement considérable contre Saint-I Domingue, et qu'il se croyait de plus assuré
que l'armistice ne faisait que couvrir des
vues politiques de la part du gouvernement
anglais, qui ne tarderait pas à reprendre les
hostilités ; mais le massacre de tous les
français à notre arrivée, massacre qui ne
s'est effectué qu'en partie, était bien le voeu
le plus cher qu'il eût à coeur d'accomplir, 2
et le premier signal qui dût manifester sa
révolte contre la France.
J'ai cru ces détails nécessaires à faire connaitre 9 pour guérir les esprits de la prévention qui pourrait exister encore en faveur
de ce chef sanguinaire, auquel on, ne deman2
hostilités ; mais le massacre de tous les
français à notre arrivée, massacre qui ne
s'est effectué qu'en partie, était bien le voeu
le plus cher qu'il eût à coeur d'accomplir, 2
et le premier signal qui dût manifester sa
révolte contre la France.
J'ai cru ces détails nécessaires à faire connaitre 9 pour guérir les esprits de la prévention qui pourrait exister encore en faveur
de ce chef sanguinaire, auquel on, ne deman2 --- Page 20 ---
FPOX -
(10)
et des hondes richesses
de se
dait en échange voulait le combler, que
neurs dont on bienfaisantes du gouverneprèter aux vues
de son pouvoir, pour
ment, et de faire usage et de la paix dans la
de Pordre
lc maintien
colonie.
1802, que les trois
Cest le II pluviose Rochefort et de TOrient,se
flottes de Brest,de
du cap Samana, sous
réunirent par le travers
Villaretdu vice-amiral
bâtile commindement nombre de quarante-sept les
Joyeuse, au
Ce point, auquel tous
mens de guerre. point encore arrivés, servaisseaux n'étaient
à Varmée.
vait de rendez-vous
dépend de la partie espaLe cap Samana
qui nous appargnole de Saint-Domingue, touche à la partie
et qui
dans
tient anjourd'lui,
jours passés
française. Après quelques
qu'eurent en
les différentes cottmunications division avec le général
mer les généraux de
eut ordre de faire
en chef, toute l'armée
et forma trois
voile pour Saint-Domingue, commandée par le
divisions; la première, destinée à s'emparer du
général en chef, --- Page 21 ---
(11)
Cap, la capitale du nord; la seconde, commandée par le général Boudel, destinée à
prendre le Port-au-Prince 2 la capitale de
l'ouest 5 la troisième 7 commandée par le
général Rochambeau, destinée à prendre le
fort Dauphin, place principale dans Ia partie
du nord; aucune force ne fut envoyée dans
le sud. Nos troupes de débarquement ne se
montaient pas à plus" de 12,000 hommes ; la
division du généralen chef, de 6oool hommes;
celle du général Boudet, de 4000; et celle du
général Rochambeau, de 2000.
Si toutes les forces qui composaient cette
expédition eussent été réunies, le général Leclerc, à la tête d'une armée de près de 25,000
hommes, eût trouvé bien plus de facilité dans
ses entreprises ; iln'en est pas moins certain
qu'aucune marche, aucune fatigue, 2 aucune
difficulté ne l'ont arrêté, et que sa campagne
a fait l'étonnement de tous ceux qui, se trouvant alors sur les lieux, devaient naturellement prendre à ses actions un intérêt bien
personnel.
Enfin, ce général était arrivé sur les côtes
2*
, à la tête d'une armée de près de 25,000
hommes, eût trouvé bien plus de facilité dans
ses entreprises ; iln'en est pas moins certain
qu'aucune marche, aucune fatigue, 2 aucune
difficulté ne l'ont arrêté, et que sa campagne
a fait l'étonnement de tous ceux qui, se trouvant alors sur les lieux, devaient naturellement prendre à ses actions un intérêt bien
personnel.
Enfin, ce général était arrivé sur les côtes
2* --- Page 22 ---
TA
(12)
et c'est avec 12,000
de Saint - Domingue, s'emparer d'un pays
hommes qu'il allait hautes montagnes, 2 où
immense, hérissé de
que pour les
les chemins ne sont praticables colons quiy sont étanoirs seuls, ou pour les Yair bralant des camblis sans parler de
ins2
des rivières, qu'un
pagnes 2 non plus que
C'est à travers
tant peut grossir en torrens. qu'il lui fallait
et de dangers
car,
tant d'obstacles ennemis sans nombre ;
cherches des
ne s'éleles forces de Toussaint soldats enréquoique
à plus de 21,000
à St.-
vassent pas
était nègre mâle
gimentés, 2 tout ce qui
et des meétait à sa disposition,
Domingue 2
en armer beaucoup
sures étaient prises pour
au besoin.
doute compter sur de
Nous devions sans de notre début dans
renforts, mais succès ou nos reprompts
nos
heula colonie dépendaient arriver de plus
vers; et ce qui put nous le principe, des maux
reux, pour éviter dans ceux que nous avons
plus grands encore que
chefs marquans
éprouves,c'eat que plusieurs cru notre arrendirent à nous, ayant
ne
qui se
considérable qu'elle
mée trois fois plus --- Page 23 ---
(13)
l'était en effet, se soient laissés influencer
dans leur opinion par cette seule considération.
Celui qui 1 n'a pas
voyagé, se forme avec
peine une idée des difficultés
souvent la mer à l'exécution des qu'oppose
mieux concertés. Plusieurs
projets les
nombre de ceux
batimens, du
qui se trouvaient
sous Belle-Ile, à la grande flotte, réunis
firent voile avec elle
et qui
furent forcés
pour Saint-Domingue,
lâcher
1 pour cause d'avaries, de reen Espagne, après avoir été d'abord
séparés de nous par un coup de vent, Les
autres divisious, de Toulon,
Hâvre,
Flessingue, le
Rouen, qui faisaient partie de la
même expédition, ne purentarriver
tiellement dans la colonie,
que parment
ayant été égaleempêchées de se réunir à
des occurrences
l'armée, par
les hommes
majeures contre lesquelles
ne peuvent rien.
L'amiral Villaret, sentant la nécessité
voir des pilotes-côtiers
d'aCap les vaisseaux
pour faire entrer au
général
composant la division du
en chef, et pouvant d'ailleurs se
pro-
de la
même expédition, ne purentarriver
tiellement dans la colonie,
que parment
ayant été égaleempêchées de se réunir à
des occurrences
l'armée, par
les hommes
majeures contre lesquelles
ne peuvent rien.
L'amiral Villaret, sentant la nécessité
voir des pilotes-côtiers
d'aCap les vaisseaux
pour faire entrer au
général
composant la division du
en chef, et pouvant d'ailleurs se
pro- --- Page 24 ---
AP
(14)
quin'eussent
curer par eux des intelligences envoya la
nous être que tres-profitables,
port
pu
à Monteerist, petit
frégate la Syrène
; le comde la partie espagaole
que
dépendant
de couleur 1
mandant était un homme
française,
de voir une frégate
à la
la surprise Timpossibilité de résister
autant que lui était faite, déterminèrent
demande qui
aux ordres de l'apromptement à souscrire rejoignit tla divi
miral. La frégate la Syrène d'ensuite, et plusieurs
sion dans la matinée furent distribués sur
pilotes qu'elle portait,
vaisnombre des principaux
un certain
seaux.
les milliers de questions
On pentimaginer)
sur
leur furent faites, et peincipalement Tarmée
qui
dont ils croyaient que
à
la manière
accueillic. Celui qui vint
française serait surlequel jétais, satisfit
bord du vaisseau des réponses parfaitenotre impatience par desirs, n'admettant
ment d'accord avec nos notre bonne réceppas le plus petit doute sur était un blanc, et que
tion; comme ce pilote
commune avec
rendait sa cause
étaient
sa couleur
le crâmes : ceux qui
la nôtre, nous --- Page 25 ---
(15)
sur les autres bâtimens,
Voici
, en dirent autant,
ce qui fondait leur opinion.
Toussaint, intéressé à écarter tout
çon sur ses projets sanguinaires, voulait soupserver, par la confiance, des hommes coneussent pu échapper à la
qui
méditait contre eux. C'est vengeance dans
qu'il
gu'instruit des bruits
cette vue,
circuler sur ce
qui commençaient à
qu'on faisait, dans les ports de
France, les préparatifs d'une
pour Saint - Domingue, il avait expédition
proclamation
rendu une
capable de rassurer les
tans sur les craintes naturelles
habivaient en concevoir
qu'ils pouthentique de
; et, pour preuve aul'intention où il était de
poser aucune résistance à
n'op-
-
et de s'entendre
l'armée française
avec le chef de cette
dition, pour le maintien de l'ordre expécolosisilavaitordonnd
dans la
que les
publics, tels que les
établissemens
cazernes,
senaux, 2 et jusqu'aux
hopitaux, arville du
quais et aux rues de la
Cap, fussent réparés,
enfin dans le meilleur
nétoyés, et mis
français.
état pour l'arrivée des
(Ces faits sont notoires.)
Ces
détails,que nous rendirent les pilotes,
l'ordre expécolosisilavaitordonnd
dans la
que les
publics, tels que les
établissemens
cazernes,
senaux, 2 et jusqu'aux
hopitaux, arville du
quais et aux rues de la
Cap, fussent réparés,
enfin dans le meilleur
nétoyés, et mis
français.
état pour l'arrivée des
(Ces faits sont notoires.)
Ces
détails,que nous rendirent les pilotes, --- Page 26 ---
(16)
l'erreur générale, etnous
nous frent partager
soulagement, , en
procurérent un premier surle sort de tant de
écartant nos craintes
eût livrés à toute
que la guerre idée douce et
malheureux, des nègres : à cette
voir
la férocité
celle de ne pas
consolante, se joignait colonie marqué par des
notre retour dans la
mais par des
de deuil et d'affliction,
et dont
jours
eussent été données,
les
fêtes qui nous si
coeur partagé
eussions de grand
de lile. La
nous avec tous les habitans heureuse illuplaisirs
combien cette
suite va prouver durée.
sion, fut de courte
la division du général en
Le 14 pluviose, devant le Cap; celles comchef se présenta
Boudet et Romandées par les généraux fait voile pour leurs
chambeau, avaient déjà
point à
Les vents ne permettant
destinations.
Tentrée du port, 2 quoique
Y'amiral de tenter
les ordres
à bord de tous les vaisseaux, et les préété donnés à cet égard, mouche (1)
eussent effectués, il envoya.sa
paratifs
jamais le
bâtinient léger qui ne quitte dans Tarmée.
(1) Petit
les ordres
vaiseauamiral, et va porter --- Page 27 ---
(17)
avec un officier, porteur d'un paquet
le
commandant de la ville. Ce
pour
mait une lettre du
paquet renfergénéral en chef, et les'
proclamations du gouvernement
quelles les droits des
1 par lescouleur
nègres et hommes de
étaient reconnus et assurés.
Christophe, nègre anglais de nation, intelligent, fier, et plus attaché aux blancs
moins suivant l'opinion
(au
coup de sa
générale) que beaules environs couleur, commandait la ville et
du Cap; quoiqu'il fût dans
timité avec
l'inToussaint, et comme chef, l'agent principal de toutes les cruautés
devaient être exercées sur
qui
nous, il ne laissa
pas que d'être ébranlé dans sa résolution.
nombre de vaisseaux
Le
vue, et qui lui
qui se trouvaient à sa
bien
laissaient croire une armée
plus forte qu'elle ne l'était réellement,
l'impression que cette escadre venait de
ser dans la ville, où une partie des
caunègres et mulâtres libres s'étaient anciens
blancs pour se livrer à une joie joints aux
la conduite du maire de la immodérée,
nègre libre, qui fit tous ses efforts ville, ancien
décider à
pour le
n'opposer aucune résistance. à l'ar3
sa
bien
laissaient croire une armée
plus forte qu'elle ne l'était réellement,
l'impression que cette escadre venait de
ser dans la ville, où une partie des
caunègres et mulâtres libres s'étaient anciens
blancs pour se livrer à une joie joints aux
la conduite du maire de la immodérée,
nègre libre, qui fit tous ses efforts ville, ancien
décider à
pour le
n'opposer aucune résistance. à l'ar3 --- Page 28 ---
FTO
(18)
à s'abstefrancaise, le déterminèrent
mée
d'aucun acte d'hostilités.
nir, pour l'instant,
au général Leclerc,
II écrivit en conséquence
de trois jours
de suspendre
qu'il le suppliait
pendant lequel temps
son entrée au Cap 5
Toussaint de Yaril aurait celui de prévenir
que si, avant
rivée des français, ajoutant vaisseaux vede ce terme, nos
tous les
Vexpiration
dans la passe,
naient à se prsenter
l'entrée. Il
forts de la rade en défendraient qui retourna à
cette lettre à l'officier
après
remit
et fut suivi quelques instans commisla division, qui portait quatre
d'une gorlette également par Christophe
saires 2 envoyés
le décider à accéLeclerc, pour
au général
der à sa demande.
observe bien que nous avions
Que l'on
montrant à leurs
surpris nos ennemis en nous où ils n'avaient audans un moment
c'etait un
yeux idée de notre arrivée 3 que
cune
dont il était bien important pour
avantage
avant qu'ils eussent pu
nous de profiter, de défense que le temps
prendre les moyens
manceuleur aurait suggérés 9 et que parune hors d'état
nous les mettions
vre précipitée --- Page 29 ---
(19)
d'exercer, sur les habitans, des cruautés
l'on devait nafurellement
que
craindre dans le
cas d'une défense déterminée. Ces différentes
considérations, 9 joinfes à celles que devait
avoir le général en chef, pour la dignité du
caractère dont il était revêtu (caractère
ne pouvait
qu'il
compromettre en souscrivant à
des délais aussi injurieux
dans la
que. dangereux
circonstance) lc décidèrent à ordonneri l'embarquement des troupes sur les bâtimens les plus légers de la division,
porter dans la nuit vers l'endroit de pour la se
où le débarquement
côte
paraissait plus facile.
Le Cap est situé dans un fond dominé
une montagne fort élevée, qui lui dérobe par la
vue d'une partie de la mer. Les vaisseaux de
notre division se trouvant
sière devant la ville dans la toujours en croimatinée du lendemain, pouvaient aisément ne pas faire
soupçonner à Christophe l'expédition
s'était faite, etqu'une nuit bien abscure avait qui
voilée. Le but du général en
tuant
chef, en effecson débarquement dans la nuit, était
de marcher avec
précipitation 7 tourner la
montagne, ets'emparer de la ville à la pointe
3 *
Les vaisseaux de
notre division se trouvant
sière devant la ville dans la toujours en croimatinée du lendemain, pouvaient aisément ne pas faire
soupçonner à Christophe l'expédition
s'était faite, etqu'une nuit bien abscure avait qui
voilée. Le but du général en
tuant
chef, en effecson débarquement dans la nuit, était
de marcher avec
précipitation 7 tourner la
montagne, ets'emparer de la ville à la pointe
3 * --- Page 30 ---
TO
(20)
surprise, de madu jour, par force et par du sang dans l'inténière à éviter leffusion devait ensuite faire
rieur : un signal convenu de la division la
connaitre aux vaisseaux
du Cap par) les
rmeln,atenmatien
prise
des forts.
d'imaginer un plan quipat
Il était difficile succès plus prompt et plus
faire espérer un
que les vents, quisont
certain, 2 mais il fallait
ne nous
les maitres de nos destinées,
en mer
de contrariétés 2 en empèopposassent pas
la terredans
chant l'escadre lépared'abonder) événement que nous poula nuit ; c'est à cet malheurs qui en ont été la
vons attribuer les
suite.
emen chef fut non-seulement
Le général dans la nuit un débarquepêché d'opérer
tous ses projets, mais
ment, qui eût facilité
forttardlejour
même lexécuter que
il ne put
suivant:
expédition, dont le
Il en résulta qu'une
le succès, parut
seul garantir
secret ponvait
de nos ennemis;
dans tout son jour aux yeux
- 4 --- Page 31 ---
(2 2r)
et nous en eûmes la preuve convaincante,
lorsque nous apperçûmes, 9 de notre escadre
qui n'avait pas quitté sa croisière, le'
des flammés et de l'incendie dans progrès
ville du Cap. Chaque
toute la
le rendait
minute, chaque instant
plus considérable; toutes les campagnes adjacentes eurent le même sort :
pièces de cannes, bâtimens et magasins dépendans des sucreries, tout était en feu.
Ce spectacle s'accrut encore avec
vers le milieu de la
horreur
nuit,
sourd et terrible vint
lorsqu'un bruit
frapper nos
nous fit voir dans une
oreilles, et
flammes et de fumée explosion de feu, de
poudre devait avoir 3 qu'un magasin de
sauté: c'était en effet la
poudrière.
Ne doutant pas que les nègres,
mis le feu à la
, après avoir
ville, et commis tous les
mes qu'un moment aussi affreux
crifaire
pouvait
augurer, ne l'eussent évacuée, ne
tant pas également
douen marche,
que notre armée ne fàt
par les décharges
nous avions entendues, il était d'artillerieque
l'escadre tardât le moins
urgent que
possible à entrer
: c'était en effet la
poudrière.
Ne doutant pas que les nègres,
mis le feu à la
, après avoir
ville, et commis tous les
mes qu'un moment aussi affreux
crifaire
pouvait
augurer, ne l'eussent évacuée, ne
tant pas également
douen marche,
que notre armée ne fàt
par les décharges
nous avions entendues, il était d'artillerieque
l'escadre tardât le moins
urgent que
possible à entrer --- Page 32 ---
(22)
protéger les
dans le Cap, afin de pouvoir tel y désordre, aumalheureux qui, dans un fureur des negres,et
échapper à la
raient pu
à ceux que l'on pouvait
porter des secours à la vie.
encore rappeler
un
ce
Vers le midi de jour (16 pluviose), à deux heures
vent favorable s'étant de élevé, la division étaient
tous les vaisseaux l'incendie était encore dans
mouillés en rade; ville entière en flammes,
toute sa force, la de toutes couleurs 2 homet les malheureux
couvraient la haute
femmes et enfans,
la ville.
mes 2
mer et domine
montaguc qui bordela T
d'envoyer pluChristophe s'était empressé qui était dans
sieurs couriers à Toussaint 2
qu'il oblui annonçant
sula partie espagnole, française, dont l'arrivée
sérvait l'armée
considérables, en appabite et les forces donner lieu de sa partà un
rence, pouvaient
qu'il attendait
changement de disposition',
il se
mais qu'en cas d'attaque,
ses ordres 2
dont il se croyait déjà
conformerait à ceux
instruit.
de cette lettre, qu'ayant
C'estle lendemain
A --- Page 33 ---
(23)
connaissance du débarquement de nos troupes, qui n'avait pu s'effectuer dans la nuit,
il donna sur-le-champ l'ordre d'incendier et
piller la ville; celui d'égorger n'y fut pas
compris. Onlui a su gré de cette restriction; ;
ellen'a pu, il est vrai, empècher le massacre
de tous les blancs qui s'étaient refugiés en
grand nombre dans les plaines 9 mais elle a
sauvé la vie, et à ceux qui ont pu gagner
le bord des navires américains alors en rade,
et à ceux qui, ne s'écartant pas du Cap, et ne
perdant pas l'escadre de vue, s'étaient réfugiés sur la montagne; il ne périt dans la
ville que ceux qui furent écrasés parla chûte
des maisons, occasionnée par l'explosion de
la poudrière.
Le féroce Toussaint parut dans la nuit
à l'entrée de la ville, à la clarté des flammes.
La faiblesse de Christophe en épargnant les
blancs, 7 fut un crime à ses yeux, et sa vengeance sur notre couleur n'en devint que
plus terrible; mais la crainte des soldats
français dont il avait appris le débarquement, et contre lesquels il avait cependant
te
des maisons, occasionnée par l'explosion de
la poudrière.
Le féroce Toussaint parut dans la nuit
à l'entrée de la ville, à la clarté des flammes.
La faiblesse de Christophe en épargnant les
blancs, 7 fut un crime à ses yeux, et sa vengeance sur notre couleur n'en devint que
plus terrible; mais la crainte des soldats
français dont il avait appris le débarquement, et contre lesquels il avait cependant --- Page 34 ---
AMD
(24)
envoyé des détachemens de
de troupes, le décida à la retraite. plusieurs corps
J'ai dit qu'un grand nombre
couvraient la haute
d'individus -
mer et domine la montagne qui borde la
ville; ces malheureux
taient pas hors des mains des
n'épouvaient les dérober à notre assassins qui
miral
défense. L'aréflexion T'illaret-Joyeuse, à qui une
ne pouvait échapper,
pareille
bord l'embossement de
ordonna d'aplusieurs
et frégates, à l'effet de
vaisseaux
canonner la
qui nous montrait un assez grand plaine
de brigands épars, et fit ensuite le nombre
débarquement de toutes les
signal de
rine à bord des
troupes de mavaisseaux, à l'effet de
téger les réfugiés des montagnes.
proqui tenaient aux administrations Tous ceux
qui n'avaient pas suivi le
civiles, et
se précipitéèrent dans des général Leclerc,
chaloupes avec les"
soldats; je me trouvai de ce nombre, et
tageai l'attendrissement qui était réservé parpremiers débarqués,
aux
A mesure que nos chaloupes s'dloignaient --- Page 35 ---
(25)
des vaisseaux pour gagner la terre nous
voyions les malheureux qui couvraient 2 les
montagnes, se précipiter et accourir à notre
rencontre. Ils avaient presque tous un
paquet 1 ou à la main, ou sur la tête ; des
femmes portaient des enfans, des vieillards
se soutenaient à peine, et rassemblaient toute
leur force pour être platôt auprès de nous.Je
n'oublierai jamais ce qu'ils nous dirent fondant en larmes, 9 lorsqu'ils nous abordèrent:
pous voyez (nous montrant quelque
de linge) ce que nous sauvons de nos for peu
tunes ; vous voyez cette ville en cendres; el
bien, nous repoyons les français., et nos
maux sont oubliés. ! Nous parcourûmes avec
eux la ville, et nous nous laissâmes conduire
à leurs différentes demeures, , pour chercher,
ou à en arrêter les flammes, ou à en sauver
quelques effets qui n'en auraient pas été atteints ; c'est ainsi que nous mimes pied-àterre sur cette ile malheureuse, où les
mières jouissances du coour furent
prebien cher.
payées
Je reviens à la marche de l'armée; le géméral Leclerc n'avait trouvé que peu d'obs4
la ville, et nous nous laissâmes conduire
à leurs différentes demeures, , pour chercher,
ou à en arrêter les flammes, ou à en sauver
quelques effets qui n'en auraient pas été atteints ; c'est ainsi que nous mimes pied-àterre sur cette ile malheureuse, où les
mières jouissances du coour furent
prebien cher.
payées
Je reviens à la marche de l'armée; le géméral Leclerc n'avait trouvé que peu d'obs4 --- Page 36 ---
AZDA
(26)
tacles dans son
avaient été
débarquement, les forces qui
envoyées
distribuées en embuscade scontrelui,sétantt toutes
endroits où l'on
dans les différens
devait
présumait que son armée
frait passer; ; mais, comme le terrein
pas à cet égard les
n'ofressources des
tagnes, 2 et que les nègres ne
monque dans des petits bois
purent se placer
haies, d'où l'on
ou derrière de hautes
ils
sut aisément les
nous firent peu de
et débusquer,
réellement le terrein mal, ne disputèrent
entre le bas Limbé et qu'au camp Louise 3
pèrent le pont Vaudreuil. P'Acul, où ils couPar-tout battus et repoussés, ils
vèrent épars dans les
se saureur de nos soldats, plaines 7 fuyant la fudérer et arrêter,
que rien ne put morison en feu et les lorsqu'ils flammes apperçurent Pholevaient de dessus le
épaisses qui s'6grande peine à
Cap; on eut la plus
nombre considérable garantir de leurs coups un
de
avaient été cernés
cultivateurs qui
cherchant à racheter parl'armée. Ces nègres,
de soumission
leur vie par des dehors
et d'obéissance, vinrent
jeter aux pieds du
SC
général en chef, qui, di- --- Page 37 ---
(27)
rigé d'un côté par ses sentimens, ,et de l'autre,
par l'utilité dont il croyait que dût être alors
Fexemple de la bienfaisance, non-seulement
accepta la reddition de cette troupe d'insulaires, mais les en récompensa par des bienfaits particuliers.
Après avoir traversé les plaines de Limbé
et de l'Acul, et divisé une partic de son armée en différens postes, le général en: chef
se rendit au Cap,où il considéra avec horreur et sensibilité, les désastres d'une ville
dont l'étendue considérable, et les restes en
feu d'un très - grand nombre de superbes
bâtimens, annonçaient qu'elle devait rivaliser nos plus belles villes de commerce de
France ; il y fixa, pour le momént, son
quartier-général,ets s'occupa des moyens d'y
rétablir des secours pour son armée, et d'en
procurer aux malheureux habitans.
On peut aisément imaginer, d'après les
actes d'hostilités quiavaient signalé la guerre
dans le nord , quelles devaient être les inquiétudes de ce général sur les deux départemens de l'Ouest et du Sud ; les forces de
4' *
de
France ; il y fixa, pour le momént, son
quartier-général,ets s'occupa des moyens d'y
rétablir des secours pour son armée, et d'en
procurer aux malheureux habitans.
On peut aisément imaginer, d'après les
actes d'hostilités quiavaient signalé la guerre
dans le nord , quelles devaient être les inquiétudes de ce général sur les deux départemens de l'Ouest et du Sud ; les forces de
4' * --- Page 38 ---
vA
MC -
(28) )
l'armée n'étaient
pas assez
pour qu'on eût pu faire
considérablesy
lesud, et 4000 hommes aucun envoi dans
saient la division de
seulement, compol'ouest.
Le général
se présenta le Boudet,qui 16
la commandait,
pluviose devant le
Prince, et envoya à terre
Port-audes dépêches renfermant un officier, avec
la
premier consul et celle du proclamation du
général en chef,
Rien de ce qui se passait dans
n'avait pu transpirer dans
le nord
ce général s'était présenté cette partie 3 et
Prince, presqu'en
devantle Port-aural Leclerc devant méme-temps le
que le géneCap.
Le commandant de la ville
cier fut conduit, était
à qui cet offiToussaint avait
un blanc dans lequel
confiance,
sans doute la plus
mais- qui n'eût
grande
tel
pas été chargé d'un
les coumandement, ordres
s'il ne se fat trouvé
de Dessalines,
sous
tout le
qui commandait
l'escadre, département. Il sentit, à la vue
tout l'embarras de
de
et comme il ne
sa situation 5
paraissait nullement dis- --- Page 39 ---
(29)
posé à aucun acte d'hostilités envers les
français, il fut arrêté par un nommé Lamartinière, homme de couleur, qui était àt
la tête d'un corps de nègres fort considérable; l'officier envoyé par le général Boudet le fut aussi.
Comme l'escadre attendait impatiemment
le retour de cet officier 7 et qu'un laps de
temps infiniment plus long que celui nécessaire à sa mission s'était écoulé 2 son arrestation fut présumée., et le débarquement surle-champ ordonné.
On pourrait être surpris que les nègres,
maitres du Port-au-Prince comme ils l'étaient, avec la certitude d'être promptement
attaqués, n'aient pas mis le feu à la ville,
après avoir égorgé tous les habitans qu'elle
renfermait ; mais il y a tout lieu de penser que Lamartinière 3 qui y commandait alors, croyait ses troupes en état de la
défendre 2 comptant beaucoup sur la résistance d'un fort appelé le fort Bizoton, presque regardé comme imprenable par sa situa-
: tion, défendu par une forte garnison, et dont
la certitude d'être promptement
attaqués, n'aient pas mis le feu à la ville,
après avoir égorgé tous les habitans qu'elle
renfermait ; mais il y a tout lieu de penser que Lamartinière 3 qui y commandait alors, croyait ses troupes en état de la
défendre 2 comptant beaucoup sur la résistance d'un fort appelé le fort Bizoton, presque regardé comme imprenable par sa situa-
: tion, défendu par une forte garnison, et dont --- Page 40 ---
5 .
-
WOV -
(80)
il fallait de nécessité
parassent avant
que les français s'emJI n'aurait
d'arriver jusqu'à la ville.
d'ailleurs pas Osé
davantage, sans les ordres
entreprendre
lites, qui n'était
exprès de Dessaet qu'il
éloigué que de trente licues,
bien avant comptait voir arriver à son secours
que le Port-au-Prince
temps de tomber en notre
eût eu le
mesure que prit ce mulâtre pouvoir ; la seule
blancs, 2 fut d'ordonner
vis-à-vis des
arrétassent dans les
que les patrouilles
tous ceux
rues et dans les maisons
conduisit que l'on y trouverait, et
les
dans la plaine.
qu'on
Cependant, le général
tué son
Boudet avait effecohils'était débarquement dans la nuit du jour
présenté devantle
et il marchait sur cette
Port-au-Prinee,
aurait
ville; ; le fort Bizoton
de terribles pu, comme je l'ai déjà dit, lui offrir
difficultés, et
une grande partie de
l'exposer à perdre
fort fut rendu sans être ses troupes 5 mais ce
de couleur
attaqué, parlhomme
Barderqui le
en fit prendre
commandait, qui
possession aux
çaises, et joignit ensuite
troupes frande l'armée.
ses soldats à ceux --- Page 41 ---
(3r)
Cet événement, le plus heureux que nous
pussions jamais espérer, sauva le Port-auPrince, 7 les blancs quiy étaient cachés, des
flammes et du massacre 2 et fut décisif pour,
la conservation intacte du sud.
Lamartinière, qui s'était attendu à lap plus
vigoureuse résistance du fort Bizoton 2 surpris par les troupes françaises 3 qui parurent
subitement devant les fossés de la ville, ne
put résister long-temps au courage impétueux de nos soldatss les nègres ne songeant
par-tout qu'à la fuite, se sauvèrent dela ville
sans avoir le temps d'y commettre aucuns
ravages, et se précipitèrent dans les plaines
et les bois ; Lamartinicre en rallia le plus
qu'illui fut possible, et SC rendit à leur tête
au bourg appelé la Croix-des-Douquets, à
deux lieues de distance 2 oùt il se joignit à
Dessalines, quiarrivait avec des forces pour
voler à son secours.
On voit que sans la reddition du fort Bizoton, le Port-au-Prince secouru à temps,
n'aurait été pris par nous, qu'avec bien des
difficultés ; que nous eussions considérable-
artinicre en rallia le plus
qu'illui fut possible, et SC rendit à leur tête
au bourg appelé la Croix-des-Douquets, à
deux lieues de distance 2 oùt il se joignit à
Dessalines, quiarrivait avec des forces pour
voler à son secours.
On voit que sans la reddition du fort Bizoton, le Port-au-Prince secouru à temps,
n'aurait été pris par nous, qu'avec bien des
difficultés ; que nous eussions considérable- --- Page 42 ---
T -
(32)
ment souffert, et que nos soldats
entrés qu'au milieu des
n'y fussent
cadavres fumans des flammes, 7 et sur les
taient dérobés à la malheureux qui ne s'6qu'en se cachant dans recherche des nègres 3
l'incendie de cette ville leurs maisons; car -
acte de
eût été le
vengeance - de Dessalines premier
voyant obligé de T'abandonner.
2 en se
Mais il arrivait
aucuns
trop tard, et il
avait
moyens de
n'y
tajt passé; il
réparer tout ce qui's'6armée, par les ordonna, hauteurs sa retraite avec son
IArtibonite,
des Verretes et de,
pour se rendre au bourg de la
Petite-Rivière, à
il avait fait conduire vingt-cing lieues de là, où
de Saint-Marc
une partie des blancs
qui n'avaient
sur les lieux, et dont il
pas été égorgés
tarder l'exécution; il ne faisait que reville qu'âprès toutes ;
n'avait quitté cette
s'être ensuite
ces mesures prises 2 et
consumer
procuré les
le plaisir de la voir
par
flammes.
Sur toute la route
Bouquets, il donna s jusqu'à la Croix-desmassacre et de
les mêmes ordres de
destruction. Le beau
quartier
partie des blancs
qui n'avaient
sur les lieux, et dont il
pas été égorgés
tarder l'exécution; il ne faisait que reville qu'âprès toutes ;
n'avait quitté cette
s'être ensuite
ces mesures prises 2 et
consumer
procuré les
le plaisir de la voir
par
flammes.
Sur toute la route
Bouquets, il donna s jusqu'à la Croix-desmassacre et de
les mêmes ordres de
destruction. Le beau
quartier --- Page 43 ---
(33 )
de l'Archaie, un des plus riches de toute la
colonie 7 et qui avait donné aux anglais
des revenus si considérables en sucre et café,
tout le temps qu'ils en eurent la possession,
fut également mis en cendres et ses habitans
égorgés.
J'aiditqueLamartinière avait fait conduire
en plaine tous les blarcs de la ville du Portau-Prince, dont ses patrouilles s'étaient emparées ; il ne s'échappa que ceux qui se jetèrent dans les montagnes,ou, dans la crainte
d'être découverts, ils se tinrent dans l'épaisseur des bois, ne vivant que d'herbes et de
feuillages jusqu'au moment où ils purent
regagner la ville; les autres furent tous
égorgés.
Enfin, le général Boudet était au Portau-Prince, et la ville était conservée!
Le jour de son arrivée, se présente à lui
un nègre officier, 2 nommé Célestin , absent de son régiment, par congé du général
Laplume qui commandait en chef tout le
département du Sud; les services qu'il vient
--- Page 44 ---
A
(34)
offrir étant acceptés, il reçoit l'ordre
tir à linstant, pour
de parprise du
annoncer à ce général la
lui
Port-au-Prince par les
et
porter la proclamation du français,
sul et celle du général Leclerc. premier conCetofficier arrive dans la nuit aux
(1), fait réveiller
Cayes
dépêches.
Luplume et lui remet ses
Quoique Toussaint eût
à ce nègre le commandement jusqu'ici conservé
de la
sud, en raison de la parfaite
partie du
avaitsu y
tranquillité qu'il
maintenir, son caractère de
ceur et de bonté le desservait
douprit: et, dans les circonstances dans son escolonie était sur le
difliciles où la
redoutait
point de se
il
sa faiblesse, pour
trouver,
ses projets.
l'exécution de
Laplume est donc informé de
des français dans la colonie,
Tarrivée
de la prise du
Port-au-Prince, et de
en chef, dans le nord, l'expédition à la
du général
tête d'une armée
(1) Capitale du département du Sud.
douprit: et, dans les circonstances dans son escolonie était sur le
difliciles où la
redoutait
point de se
il
sa faiblesse, pour
trouver,
ses projets.
l'exécution de
Laplume est donc informé de
des français dans la colonie,
Tarrivée
de la prise du
Port-au-Prince, et de
en chef, dans le nord, l'expédition à la
du général
tête d'une armée
(1) Capitale du département du Sud. --- Page 45 ---
(35)
bien plus forte que cellc débarquée dans
l'ouest.
La lettre qu'il venait de recevoir du général Boudet ne lui laissait, à la vérité, aucune incertitude sur son sort; mais il se présentait de grandes difficultés qu'il ne dépendait pas de luide vaincre, ct contre lesquelles
son pouvoir et sa volonté eussent en vain opposé des efforts : c'était le voeu de ses troupes.
Quoiqu'il fût très-aimé de tous les hommes
de couleur, anciens libres de la colonie,
en très-grand nombre dans son département,
et qu'il le fit également de tous les officiers
nègres des troupes de ligne, il savait qu'une
grande partie de ces derniers était prévenue des intentions de Toussaint, si les francais se présentaient jamais dans la colonie, et
craignait une proposition qui s'accordait si
peu avec les devoirs qu'ils s'étaient engagés
de remplir ; cependant, il n'hésite pas un
instant dans sa détermination, et donne dcs
ordres pour réunir chez lui, à la pointe du
jour, tous les officiers du corps 2 tant de
ligne que nationaux.
Après qu'il eut cherché à découvrir l'im5* --- Page 46 ---
P1
(3 36)
pression que leur faisait
de-la prise du
éprouver la nouvelle
forces, tant dans Port-au-Prince le
et celle de nos
leur donna
nord que dans l'ouest, il
connaissance des
qui
proclamations
assuraientlesdroitse du
de couleur et du cultivateur; soldat,delhomme
bleau du sang qui allait
; leur fit le tapartie de la colonic, inonder cette belle
leurs soins et les siens conservée intacte par
dont ils recevaient
: leur parla des blancs
gnages de
journellement des témoibonté, et qui seraient
mières victimes ; enfin, leur
leurs precendie, le désordre et le
représenta l'insuccéder à la plus douce carnage qui allaient
tranquillité.
Ce discours fit sur eux l'effet
attendait : leur accord fut
qu'il en
cevoir les armées
unanime pour reserment, et se françaises ; ils en firent le
les mêmes
chargèrent de communiquer
ils
sentimens à leurs soldats, dont
croyaient pouvoir répondre
mêmes.
comme d'euxLaplume, rassuré par ce
ordonna que tous les
premier succès,
l'instant sur la
corps fussent réunis à
place, pour y entendre la
ours fit sur eux l'effet
attendait : leur accord fut
qu'il en
cevoir les armées
unanime pour reserment, et se françaises ; ils en firent le
les mêmes
chargèrent de communiquer
ils
sentimens à leurs soldats, dont
croyaient pouvoir répondre
mêmes.
comme d'euxLaplume, rassuré par ce
ordonna que tous les
premier succès,
l'instant sur la
corps fussent réunis à
place, pour y entendre la --- Page 47 ---
(37)
proclamation du premier consul, 2 celle du
général en chef, et prêter ensuite leur serment de fidélité et d'obéissance à la France.
Lorsque les soldats, déjà prévenus par les
officiers, eurent tous entendu le discours que
leur fit le général Laplume, écouté les proclamations qu'on leur lut, et vu leurs chefs
si disposés à la soumission, iln'y eut qu'une
voix parmi eux pour prêter le serment que
l'on exigeait.
C'est une observation à faire, que la docilité aveugle des nègres à la volonté de leurs
supérieurs ! On les eût exhortés au pillage,
au massacre, à l'incendie, à tous les crimes
possibles enfin, qu'on leur eût dépeints
comme des devoirs, qu'ils les eussent exécutés avec les mêmes transports!
Laplume ne fut pas plutôt sûr de ses
troupes, qu'il dépêcha deux aides-de-camp,
lun à Acquin, l'autre au petit Goave, pour
faire prévenir les deux chefs de ces différens
quartiers de se rendre à l'instant à Cavaillon,
où il avait à les entretenir d'événemens de la
plus haute importance. --- Page 48 ---
- - -
Je
(38 ).
Après les avoir informés de
s'était passé
tout ce
2 il leur parla de
qui
qu'il avait de leurs
Tassurance
fiance dans
sentimens, et de la conleurs
laquelle il était qu'ils
efforts aux siens,
uniraient
son
3 pour maintenir, dans
département, une tranquillité
gnait depuis
qui y rélaient tous les long-temps, et dont ils recueiljours de si
cet effet leurs premières grands fruits ; qu'à
démarches devaient
saint
de
sufhemnpelergrancamr
ne se réfugiassent troupes Touspourrait aisément
parmi eux, ce qui
blir avec un
s'exécuter, en allant s'étaqui sépare le corps de troupes sur la lisière
département du Sud de
delOuest, et en défendant la
celui
en cas que les ennemis
communication
se
y pénétrer. Cette mesure présentassent de
pour
Laplume retourna
sureté prise,
générai Boudetsa aux Cayes, envoya al
troupes, et le
soumission et celle de ses
prévint de ses
garder le cordon de l'ouest dispositions pour
et du sud.
Il restait encore un quartier
tant dans ce
bien imporn'était
département, et pour lequel il
pas sans
de Jérémie.
inquiétudes ; c'était celui
Ily avait de fortes raisons
pour
ent de
pour
Laplume retourna
sureté prise,
générai Boudetsa aux Cayes, envoya al
troupes, et le
soumission et celle de ses
prévint de ses
garder le cordon de l'ouest dispositions pour
et du sud.
Il restait encore un quartier
tant dans ce
bien imporn'était
département, et pour lequel il
pas sans
de Jérémie.
inquiétudes ; c'était celui
Ily avait de fortes raisons
pour --- Page 49 ---
(39)
croire que le nègre Domage, qui en était le
commandant, ne trahirait pas Dessalines et
T'oussaint, dont il avait et l'amitié et la
confiance : la force et la crainte pouvaient
seules le détourner des maux qu'il était en
son pouvoir de commettre.
Laplume ne perdit pas un seul instant, et
prévint le général Boudet d'envoyer sur-lechamp des troupes par mer à Jérémie, tandis que de son côté il allait marcher contre
cette ville, pour forcer Domage à se rendre;
ajoutant qu'il cspérait d'autant plus d'une
démarche aussi prompte 2 que ce chef ne
pouvait avoir aucune communication avec
Dessalines et Toussaint : les choses réussirent en effet comme illavait annoncé.
Domage reçut de Laplume les différentes
proclamations, avec la nouvelle que toutes
les troupes et les habitans du département
s'étaient soumis au gouvernement français;
il fut également informé que l'armée qui
s'était emparée du Port-au-Prince, 7 était
beaucoup moins forte encore que celledébarquée dans le nord. lous ces renseiguemens,
--- Page 50 ---
(40)
joints d'un côté à la
vaisseau de
surprise de voir un
mouiller
74 canons 2 chargé de
dans la rade de
troupes,
Tautre.alsesuranceg
Jérémie, 2 ét de
attendait à peu de qu'ilavait que Lapilume
distance sa
avec un assez grand nombre détermination de
décidèrent à se rendre.
forces, le
Voilà donc la totalité de la
soumise, et tous les chefs
partie du sud
du
dans les intérêts
gouvernement pour le maintien de la
tranquillité, On peut Se faire une idée de
limportance de cette possession,
puis affirmer que dans le seul lorsque je
ment de Jérémie
arrondisse-
(qui n'en forme
petite partie) il s'y récoltait de 25 à qu'une
lions de livres de café
30 milpar an à cette époque.
J'ajouterai encore, que ce
n'avait jamais été
département
deux autres les exposé aux troubles des
grande partie ; des propriétaires étaient en
hommes de
sous le règne de Rigaud
couleur, qui, 7
(t), maintinrent le
(r). Rigaud est un chef mulâtre
long-temps tout ce département. qui a gouverné
ite partie) il s'y récoltait de 25 à qu'une
lions de livres de café
30 milpar an à cette époque.
J'ajouterai encore, que ce
n'avait jamais été
département
deux autres les exposé aux troubles des
grande partie ; des propriétaires étaient en
hommes de
sous le règne de Rigaud
couleur, qui, 7
(t), maintinrent le
(r). Rigaud est un chef mulâtre
long-temps tout ce département. qui a gouverné --- Page 51 ---
(4t)
meilleur ordre dans les ateliers 7 et la seule
diftérence qu'il éprouva lorsqu'il passa sous
la domination de Toussaint, c'est que Dessalines, chargé, comme je l'ai dit,de surveiller la culture, avait employé vis-à-vis des
nègres, non pas la plus grande rigidité, mais
la plus grande cruauté pour les forcer dans
leurs travaux. La culture n'avait pu qu'y
gagner,et cette partiede la colonie aurait pu,
à peu de chose près: : souffrir la comparaison
de ce qu'elle était alors, à ce qu'ellc était
autrefois.
Je reviens actuellement dans le nord, où
je vais suivre les opérations du général en
chef.
Pendant le peu de temps que durèrent les
événemens importans de l'ouest et du sud,
qui, malgré les circonstances malheureuses
dont ils furent accompagnés, présentaient
cependant un résultat fait pour offrir quelques consolations 2 le général Leclerc s'était
occupé au Cap de cicatriscr 2 autant qu'il
était en son pouvoir, les plaies des malheureux qui avaient survécu à tous les désastres
--- Page 52 ---
SAT
(42)
que notre présence avait
ensuite appris avec la ocoasionnéail avait
faction que Paul
plus grande satismandant à
Lowverture, nègre comSanto-Domingo, et Clervaut,
mulatre,commandant. à
rendus dans la partie Sant-Yago, s'étaient
Kerverseau.
espagnole au général
grande Quoique cette partie fût de bien moins
posant importance la
qu'aucune de celles compartie française, c'était
beaucoup de ne pas l'avoir
toujours
Nous.y gagnions de plus,
pour ennemie.
les forces militaires
d'affaiblir d'autant
de
Louverture et Clervaut Toussaint, Paul
régiment qui leur restait ayant chacun un
soldats vont bientôt
fidèle, et dont les
faire la
se réunir aux nôtres
guerre aux autres chefs rebelles. pour
Le nègre Lahelirois,
petit quartier appelé
commandant d'un
distance du Cap, avait Limonade, à peu de
aussi reconnu le goules
lomneende-adehrte
attaques de
courage contre
que firent les Toussaint, et contre les efforts
dier les
nègres de ce parti pour incenhabitations, et insurger les ateliers
ôt
fidèle, et dont les
faire la
se réunir aux nôtres
guerre aux autres chefs rebelles. pour
Le nègre Lahelirois,
petit quartier appelé
commandant d'un
distance du Cap, avait Limonade, à peu de
aussi reconnu le goules
lomneende-adehrte
attaques de
courage contre
que firent les Toussaint, et contre les efforts
dier les
nègres de ce parti pour incenhabitations, et insurger les ateliers --- Page 53 ---
(43)
dépendans de son arrondisementjeest ainsi
que nous vimes se détacher d'une coalition
redoutable une partie des chefs qui la composaient, et dont la réunion nous eût présenté de bien grands obstacles à conquérir.
Récapitulant le produit de tous nos efforts
dans la colonie, depuis le moment de notre
arrivée:
De trois départemens qui cmp ose nt la
partie française de Saint-Domingue, nous
étions en possession de celui du sud en entier,
intact dans toute son étendue: dans les deux
autres 2 des deux capitales et des principaux
ports du nord.
Quant à la partie espagnole dont j'ai déjà
parlé, et qui nous était également soumise,
quoique brute et presque inculte, elle n'en
était pas moins bien essentielle pour nous à
posséder; elle serait, dans un temps de tranquillité, une source de nouvelle fortune pour
tous les concessionnaires; ; et le soldat français qu'on pourrait y fixer recueillerait aisément, au bout de quelques années de travaux, le fruit de ses fatigues etde ses peines.
6* --- Page 54 ---
TA - -
(44)
L'état de la colonie
alors à nos yeux de (quoique se présentant
pussions établir
manière à ce que nous
fixe et plus
sur elle une opinion plus
rer avec moins déterninée) de
nous laissait respivoir sur l'avenir douleur, et même entrenous croyions
quelques espérances que
beaucoup près, fondées;mais ce n'était pas, à
difficultés
au point de ne pas voir les
à surmonter. inouies qu'il nous restait encore
Des deux principales villes
l'ouest, dont nous étions
du nord et de -
était en cendres le
en possession, l'une
tait emparé le 5 fort Dauphin, dont s'6été aussi
général Rochambeau, avait
incendié; le port de
mandait un nègre nommé Paix, où comsubi le même sort
Maurepas, avait
Môle et du
; enfin, à T'exception du
ports et bourgs Portan-Prine, toutes les villes,
Pouest et du 1 dans toute l'étendue de
flammes.
nord, étaient la proie des
Quant aux plaines et
renferment, nous n'avions montagnes qu'elles
tier de Limonade dans
que le petit quarle nord, la plaine du
é; le port de
mandait un nègre nommé Paix, où comsubi le même sort
Maurepas, avait
Môle et du
; enfin, à T'exception du
ports et bourgs Portan-Prine, toutes les villes,
Pouest et du 1 dans toute l'étendue de
flammes.
nord, étaient la proie des
Quant aux plaines et
renferment, nous n'avions montagnes qu'elles
tier de Limonade dans
que le petit quarle nord, la plaine du --- Page 55 ---
(45)
Cul-de-Sac, et les montagues du Mirebalay
et des Grands-Bois dans l'ouest 7 dont les
nègres attachés à la culture n'eussent pris
aucune part au soulèvement contre les blancs:
or, que pouvaient signifier, pour l'immense
étendue de ces deux départemens, trois petits
quarliers, dans lesquels on.n'osait même se
transporter qu'avec forte escorte, et dont les
cultivateurs étaient plus occupés de préserver
Ics habitations des dangers qu'elles couraient,
que de se livrer aux travaux qu'elles exigeaient?
Le généralen chef avait sans doute de terribles griefs contre Toussaint, qu'il regardait
avec raison comme le seul auteur de tous les
crimes qni s'étaient commis 1 mais le mal
passé était sans remede, et tout ressentiment
à cet égard devait faire place au desir de
faire oublier tant de désastres par le retour
de l'ordre. Cette seule considération fixait
l'attention de ce général, et le guidait dans
ses déterminations; il n'y avait pas de sacrifices qui balançassent dans son esprit l'avantage inexprimable de rendre au plutôt, et
par tous les moyens possibles, la colonie à --- Page 56 ---
TE -
(46)
ses productions ordinaires.
couvrait une des branches La France y rede ses revenus ; le
les plus lucratives
asile
malheureux
depuis si
babitant, un
le
long-temps perdu pour lui; et
nouvelle commerçant, ruiné dans nos
source d'espérances ports, une
blissement de sa fortune.
pour le rétaconsidérée
La paix fut donc
comme devant conduire
promptement au but que
plus
qu'une guerre dont
on se proposait,
les résultats,
on ne pouvait garantir
sur la nature quoique de
l'armée eût en général
différente de celle cette guerre une idée bien
donné depuis.
que l'expérience lui en a
Nous avions emmené de
fils de Toussaint,
France les deux
non, directeur de accompagnés de M. Couaà qui l'éducation l'institution des colonies,
en avait été confiée,
Cet homme respectable
au devant des desirs du avait volé de cceur
l'entteprise de ce
premier consul dans
mités, et ses nombreuses voyage ; son âge, ses infirchef d'une des
occupations, comme
tion de Paris, premières maisons d'institun'avaient été d'aucune consi-
emmené de
fils de Toussaint,
France les deux
non, directeur de accompagnés de M. Couaà qui l'éducation l'institution des colonies,
en avait été confiée,
Cet homme respectable
au devant des desirs du avait volé de cceur
l'entteprise de ce
premier consul dans
mités, et ses nombreuses voyage ; son âge, ses infirchef d'une des
occupations, comme
tion de Paris, premières maisons d'institun'avaient été d'aucune consi- --- Page 57 ---
(47) )
dération pour l'en détourner : on peut donc
croire qu'il accepta avec plaisir et sans la
plus légère réflexion, la mission que lui donna
le général en chef de reconduire ses deux pupilles à leur père, malgré l'embarras et les
difficultés de le trouver, 2 à travers les bois
et les montagnes, dans un pays couvert d'ennemis.
Ils partirent tous les trois, coururent à différentes occasions les plus grands risques 7
dont ils n'échappèrent qu'après s'être fait reconnaitre, et arrivèrent enfin sur une des habitations de Toussaint, située dans le canton d'Ennery 2 à plus de trente licues du
Cap, oùt ils ne trouvèrent que sa femme; elle
parut revoir ses enfans avec plaisir, accueillit honnêtement M. Couanon, envoya différens exprès à son mari, de la résidence
duquel elle n'était point certaine, et le vit
enfin arriver au bout de quclques heures.
La nature arracha à ce tigre un mouvement de.tendresse et de sensibilité, cn voyant
ses enfants; ; il les tint long-temps serrés entre
ses bras, et les rendit ensuite à leur respec- --- Page 58 ---
-
(48)
table instituteur,
qui, ne laissant
per un moment aussi favorable pas échapcès del l'importante mission
pour le sucgé, lui présenta la lettre dont il était charpremier consul , et
le que lui écrivait le
vait chargé de lui que général en chef l'aremettre,
Toussaint la lut et relut avec la
fonde attention, sans
plus propût faire juger de
répondre un mot qui
sentait,
l'impression qu'il en resfaction. quoique sa figure annonçât la satisM. Couanon s'adressant
enfans, leur dit : ( Soyez ensuite aux deux
> père les
auprès de votré
> consul et du interprêtes fidèles du premier
> nie:
général en chef de la coloqu'il apprenne de vous
> intentions du
combien les
> sont dignes gouvernement en sa faveur,
d'exciter sa reconnaissancels
L'un d'eux, nommé
pour mot les paroles Isaac, répéta mot
premier consulenvers pleines de ibonté du
quittassent Paris
Toussaint, avant qu'ils
lui dit
pour se rendre à Brest : il
également, comme elles leur avaient
èles du premier
> nie:
général en chef de la coloqu'il apprenne de vous
> intentions du
combien les
> sont dignes gouvernement en sa faveur,
d'exciter sa reconnaissancels
L'un d'eux, nommé
pour mot les paroles Isaac, répéta mot
premier consulenvers pleines de ibonté du
quittassent Paris
Toussaint, avant qu'ils
lui dit
pour se rendre à Brest : il
également, comme elles leur avaient --- Page 59 ---
(49)
étéconfirmées parle général en chef Leclerc,
dans tous les momens oùt il prit occasion de
leur parler de lui; lun et l'autre se réunirent pour l'inviter, au nom de la reconnaissance, dont leur coeur était encore rempli,
et du salut de la colonie, auquel il pouvait
avoir tant de part, de se rendre auprès du
général en chef et d'accepterla place de lieutenant au gouvernement qu'il lui offrait, la
première après celle qu'il occupait, et qui
lui donnait tant d'occasions de contribuer à
tous les efforts de ce général pour le rétablissement de l'ordre à Saint - Domingue, Ils lui
répétèrent mille fois qu'il n'était nullement
accusé de tous les désastres qui avaient signalé l'arrivée de l'armée française, et que
tout serait d'ailleurs oublié pour ne songer
qu'au bien qui devait remplacer tant de
maux. M. Couanon plein deson dévouement,
fut jusqu'à lui offrir de rester en ôtage avec
les siens 2 jusqu'à ce qu'il ett acquis la
preuve dela sincéritédes offres qui lui étaient
faites, et tous ensemble enfin, n'eurent qu'une
voix pour faire entendre leur supplication.
Mais Toussaint était inébranlable; si son
--- Page 60 ---
A
(50)
coeur éprouvait une peine réelle, c'était
den'avoir pu accomplir ses projets dans celle
leur étendue, et jamais le sentiment toute
pentir ne succéda à celui de
du ren'était occupé que du
ses crimes. Il
ter, durant
moyen de les augmenune conférence où l'on
tant d'efforts pour le ramener à des faisait
tions pacifiques, et se repaissait
intenment de l'idée de
intérieureordres
carnage dont les derniers
qu'ilavaitdonnés devaient être suivis.
Enfin, sur ses refus les plus
se rendre auprès du
opiniâtres de
Couanon le
général Leclere, M.
pressa d'écrire à ce
lettre dans laquelle il lui
général une
motifs; il y accéda,
en exposerait les
main à la pointe du annonçant que le lendehomme
jour, il leur enverrait un
chargé de sa réponse, qui iles accomnières pagnerait jusqu'au Cap; ce furent là ses derparoles: il ne s'opposa
de ses enfans, les embrassa pas au retour
et partit,
De très-bonne heure, dans la matinée
d'ensuite, un M. Granville
de la lettre que Toussaint arriva, porteur
avait promise; cet
Dabitantrespectable dut l'avantage de cette
pointe du annonçant que le lendehomme
jour, il leur enverrait un
chargé de sa réponse, qui iles accomnières pagnerait jusqu'au Cap; ce furent là ses derparoles: il ne s'opposa
de ses enfans, les embrassa pas au retour
et partit,
De très-bonne heure, dans la matinée
d'ensuite, un M. Granville
de la lettre que Toussaint arriva, porteur
avait promise; cet
Dabitantrespectable dut l'avantage de cette --- Page 61 ---
(5r)
mission, quilui sauva la vie, aux soins qu'il
avait eus dans la colonie d'un dernier enfant
de Toussaint. Il rejoignit M. Couanon et ses
deux pupilles,et firent tous ensemblelevoyage
du Cap.
M. Couanon 2 aujourd'hui existant dans
la capitale, peut dire sous quelles couleurs
lui fut peint le caractère de Toussaint, et
quelles confidences horribles lui furent dévoilées à son égard par ce même habitant, qui
crut renaitre au monde en échappant à la
barbarie de cC chef sanguinaire. Ils arrivèrent tous ensemble au Cap, et rendirent
compte de leur mission au général en chef,
en lui remettant la lettrede Toussaint. Cette
lettre était évasive sur les propositions du
général en chef, et il demandait un délai
pour s'y soumettre. Quatre jours lui furent
accordés, et ses enfans expédiés de nouveau
pour lui en porter la nouvelle ; les quatre
jours se sont écoulés et les enfans n'ont pas
reparu.
Tel a été le résultat dune démarche qui
avait dû tant coûter à la délicatesse, et
pour laquelle le desir du bien l'avait seul
emporté sur les sentimens de la plus juste
7* --- Page 62 ---
(52)
Fengeance: il ne restait
chef qu'à l'exercer
plus au général cn
son pouvoir.
par tous les moyens en
Je vais donner brièvement
campagne dont les
les détails de la
champ ordonnés. préparatifs furent sur-leUne division commandée
amiral
par le contreLinois, 9 venait d'entrer
nous avait apporté
au Cap, et
le général
près de 30oo
en chef en
hommès ;
mandés par le général envoya 15c0, combattre
Debelle, pour comhauteurs Maurepas, du
qui s'était retiré dans les
port de Paix
comme je l'ai dit, brûlé la ville. 2 après Il avoir 2
suite à la tête de 6000
se mit enreste, tant pour la
hommes et laissa le
de quelques
garde du Cap, que celle
teurs ; les principaux postes dans les haugénéraux de division
fourneauz et Duga (ce
Hardy, , Dedernier, chef de
Tétat-major, ) Taccompagnaient.
A peu de distance du Cap, le
chefa ayant détaché le
général en
avec 1200 hommes, général Defourneauz
pour aller s'emparer des
2
suite à la tête de 6000
se mit enreste, tant pour la
hommes et laissa le
de quelques
garde du Cap, que celle
teurs ; les principaux postes dans les haugénéraux de division
fourneauz et Duga (ce
Hardy, , Dedernier, chef de
Tétat-major, ) Taccompagnaient.
A peu de distance du Cap, le
chefa ayant détaché le
général en
avec 1200 hommes, général Defourneauz
pour aller s'emparer des --- Page 63 ---
(53.)
montagnes de Plaisance 1 et redescendre
ensuite par la coupe des Gonaives, continua
sa route avec le reste de ses troupes pour
parcourir les différentes montagncs du Dondon et de la Marmelade, le canton d'Ennery,
et se rendre ensuite aux Gonaives, oùt il devait opérer sa jonction avec le général
Defourneauz.
Cctte espèce de guerre ne pouvait, à proprement parler, s'appeler qu'une battue;
nous n'avions pas assez de forces poungarder
les quartiers que nous parcourions, et le but
ne pouvait être que de détruire ce que l'on
rencontrerait de nègres armés, pousser dans
les plaines dc l'ouest ceux qu'on ne pourrait
atteindre, afin d'y engager avec eux, s'il
était possible, une affaire générale, et surtout aller s'emparer du fort de la Crète-àPierrot, que l'on savait défendu par Dessalines avec un assez grand nombre de
troupes.
Mais le fait est qu'après avoir parcouru
bien du pays, harassé nos soldats, en leur
faisant éprouver les fatigues et les besoins, --- Page 64 ---
a
(54)
nos ennemis étaient bien
nous tiraient et blessaient peu diminués, Ils
des
des hommes dans
embuscades, oùt ils
ravines et
pensaient que les
à l'abri de Tépaisseur des bois les mettaient
nos
courage de nos poursuites 2 et, quoique le
troupes
sur les difficultés, et T'emportât toujours
jamais à se précipiter dans qu'elles n'hésitassent
partaient les
les endroits d'oùt
les nègres. coups, on atteignait rarement
évacué Arrivait-on dans un
et n'offrait
bourg, il était
sait-on des
que des cendres ! Traverhabitations,
sertes ! Si quelques
2 elles étaient déenfans se montraient vieillards, à
femmes ou
les jettait à
nos yeux, la crainte
disaient-ils nos pieds ; ils
les blancs, les
respectaient,
leurs maîtres, et demandaient regardaient comme
n'avait pas l'intention de
la vie, qu'on
tivateurs sans
leur ôter. Les culber à la recherche armes,qui avaient su se déronègres armés,
et à la contrainte des
voilà nous tenaient aussi le même
langage;
la guerre de
voilà la nature du
SL.-Domingue,
ner la paix!
pays où il fallait rameEnfin, le général Leclerc
arrive aux Gc-
leurs maîtres, et demandaient regardaient comme
n'avait pas l'intention de
la vie, qu'on
tivateurs sans
leur ôter. Les culber à la recherche armes,qui avaient su se déronègres armés,
et à la contrainte des
voilà nous tenaient aussi le même
langage;
la guerre de
voilà la nature du
SL.-Domingue,
ner la paix!
pays où il fallait rameEnfin, le général Leclerc
arrive aux Gc- --- Page 65 ---
(55) )
naives, (l'un des ports de la partie de
l'ouest), où il fait sa jonction avec le genéral
Defourneauz. Jen'ai pas besoin de répéter
que cette ville était en. cendres, puisque j'ai
dit que toutes celles du nord et de l'ouest,
excepté le Port-au-Prince et le Mole,avaient
été incendiées.
Sur la nouvelle qu'il.y reçoit que le.général Debelle avait été repoussé au Port-dePaix, dans ses différentes attaques contre
Maurepas, il envoie promptement le général Defourneauz avec sa division, pour lui
porter des secours, eti il se disposait quelques
jours après à l'y rejoindre lui - même avec
son armée, lorsque Maurepas 2 intimidé
par ses dispositions 7 vient se rendre à lui
avec ses troupes.
Il donne alors l'ordre au général Defourneaux d'aller reprendre position dans les
hauteurs de Plaisance, afin d'empécher,
autant qu'il serait en son pouvoir, toute communication du nord avec l'ouest ; rappclle
le général Debelle avec une partie de ses
troupes pourl'envoyer combattre Dessalines --- Page 66 ---
(56)
à la Créte-a-Pierrot
de
; ordorne au
Hardy
se porter sur la
général
des Gonaives, où Pon avait montagne noire
réfugiés Toussaint et
avis que s'étaient
les troupes de
Christophe ; distribue
Maurepas dans les divisions
Defourneauz, Debelle et
Maurepas au Port-de-Paix Hardy 5 renvoie
commandement de la
pour prendre le
des Gonaives
ville, et s'embarque
pour le
le général Dugua et les Pon-au-prince,a ofliciers
avec
major.
de son étatLe général Rochambeau
paré du fort Dauphin,
qui s'élait emdit, avait reçu ordre du comme nous l'avons
au départ de l'armée du général Leelere,
dans la partic de
Cap, de se rendre
l'ouest, où l'on considérait
que devait être le théâtre de la
que l'on avait cherché
guerre , puisen parcourant le nord, (comme je l'ai dit),
forces ennemies,
ày pousser toutes les
et que l'on savait d'ailleurs
que Dessalines y était retranché,
11 eut une marche terrible à
plaines d'Oninaminte,dela
travers les
et la montagne noire des Grande-Rivière,
Gonaives ; arrivé
, de se rendre
l'ouest, où l'on considérait
que devait être le théâtre de la
que l'on avait cherché
guerre , puisen parcourant le nord, (comme je l'ai dit),
forces ennemies,
ày pousser toutes les
et que l'on savait d'ailleurs
que Dessalines y était retranché,
11 eut une marche terrible à
plaines d'Oninaminte,dela
travers les
et la montagne noire des Grande-Rivière,
Gonaives ; arrivé --- Page 67 ---
(57)
dans les savannes de la Désolée 2 près les
limites qui séparent la partie du nord de
celle de l'ouest, il défit complètement un
corps de la garde d'honneur de Toussaint,
avec lequel il eut un engagement , et se jeta
ensuite dans les hautes montagnes des Cahos,oà il eut le bonheur de rallier un assez
grand nombre de malheureux blancs qui s'y
tenaient cachés, et qui étaient prêts à y expirer de besoin. Faisant halte sur l'habitation Magnan, il y fit la découverte d'une
caisse renfermant de très-grosses sommes 7
qu'il envoya, sous forte escorte, au Portau-Prince, avec ces mêmes habitans qu'il
avait délivrés.
Je reviens au général Debelle. Il venait
d'attaquer sans.succès le fort de la Crête-àPierrot, il avait eu considérablement d'hommes blessés, il l'était lui-même, et avait été
forcé de faire retraite à Saint-Marc.
Le général Leclerc, instruit au Port-auPrince de sa défaite, donne ordre au général
Dugua de se rendre par mer à Saint- Marc
poury prendrelecommandement des troupes,
et se réunir àlui par les plaines de l'Artibo8 --- Page 68 ---
(58)
nite, près de la
suite.aveelegénéral Cntte-a-Pierrot; il se met enhommes
Boudet, à la tétede3000
pour se rendre dans cette
plaine, et pour abréger la
même
moyen de se
distance, 2 il trouve
montagnes. frayer une route à travers les
Cette seconde
ne fut pas plus heureuse attaque dela Crite-a-Pierrot
fort, dans lequel
que la première ; ce
avec
Dessalines se défendait
a-peu-près 1500 hommes,
deneuf pièces de canons
2 était garni
entouré d'un fossé de d'assez fort calibre,
fondeur,
quinze pieds de
2 sur douze de
prodehors d'une forte haie large 2 et garni en
campèche, de
de bois d'épine et de
près de douze
tion; ; ces difficultés
pieds d'élévadérées comme
seraient peut-être consid'abord
peu de chose pour une
plus nombreuse,
armée,
pourrait a volonté
2 ensuite, dont on
n'était pas là la facilité remplir le vuide ; mais ce
pays où les hommes que nous offrait un
cents lieues de leur sol transportés de dix-huit
cieux à conserver
naturel, sont si préfit-il retirer
; aussi, le général en chef
ses troupes et suspendre
jusqu'à l'arrivée d'un mortier
l'action
et de plusieurs
ient peut-être consid'abord
peu de chose pour une
plus nombreuse,
armée,
pourrait a volonté
2 ensuite, dont on
n'était pas là la facilité remplir le vuide ; mais ce
pays où les hommes que nous offrait un
cents lieues de leur sol transportés de dix-huit
cieux à conserver
naturel, sont si préfit-il retirer
; aussi, le général en chef
ses troupes et suspendre
jusqu'à l'arrivée d'un mortier
l'action
et de plusieurs --- Page 69 ---
(59)
ebusiers, qu'il envoya chercher à St.-Marc:
il fut rejoint, dans l'intervalle 2 par les deux
divisions des généraux Rochambeau et: Hardy; les efforts de ce dernier pour découvrir
la retraite de T'oussaint et Christophe,
avaient été infructueux.
Ces deux renforts déterminèrent promptement une troisième attaque, dans laquelle
le mortier et les obusiers eurent grande part
à nos succès ; les nègres se voyant assaillis
par autant de troupes et de tels moyens, se
décidèrent à évacuer dans la nuit; un grand
nombre tombèrent, en fuyant, sous les coups
de nos soldats.
Nous primes possession de ce fort, que
l'on démolit, et dont on emporta les pièces
de canons.
Le général Leclerc retourna au Port-auPrince avec le général Boudet, le général
Dugua et tout son état-major 3 le général
Rochambean eut ordre de se rendre pour
le moment à Saint-Marc,etle général Hardy
de retourner au Cap.
8* --- Page 70 ---
- 1
(60)
* Toussaint et Christophe
paru, l'un et l'autre étaient n'avaient pas
nord; ; Christople
passés dans le
grand nombre de y avait rallié un assez
toutes les nuits
nègres 2 et menaçait
nuant d'incendierles d'atfaquer le Cap, en contiles
environs, et inquiétant
avant-postes ; toutes les
habitans de la ville,
troupes et les
furent continuellement pendant près d'un mois,
de son côté
sur pied : Toussaint
vint, à plusieurs
querle général
reprises, attatagnes de
Defourneauz dans les monPlaisance, et fut toujours
plètement battu.
comCes deux chefs
de la division nègres, 3 instruits du retour
Hardy dans le
nirent pour placer leurs
nord; se réuembuscades qui
troupes dans les
dangereuses, pouvaient nous être les plus
9 profitant à cet égard des
tages que leur donnaient de
avantagnes 3 presque
très-bautes mondes routes étroites généralement boisées, et
et tortueuses.
En effet, malgré toutes les
que pouvaient indiquer l'art de précautions la
malgré le sang-froid du
guerre ,
général Hardy et
le
nirent pour placer leurs
nord; se réuembuscades qui
troupes dans les
dangereuses, pouvaient nous être les plus
9 profitant à cet égard des
tages que leur donnaient de
avantagnes 3 presque
très-bautes mondes routes étroites généralement boisées, et
et tortueuses.
En effet, malgré toutes les
que pouvaient indiquer l'art de précautions la
malgré le sang-froid du
guerre ,
général Hardy et --- Page 71 ---
(6r)
l'intrépidité de nos soldats, cette division
avait considérablement perdu lorsqu'elle
rentra au Cap.
Que l'on réfléchisse un instant sur lhorreur d'une guerre, où le soldat voyant bien
rarement son ennemi, quoiqu'il en fat atteint,
cédait à son courage, et se précipitait aveuglément dans les bois, aux risques de tomber entre Jes mains de ces antropophages, 2
qui ne conservant pas de prisonniers, les réservaient ensuite aux plus affreuscs tortures.
Le général Leclerc resta peu de temps
au Port-au-Prince, expédia le général Boudet en mission sur les îles du Vent, donna
au général Rochambeau le commandement
en chef de la partie de l'ouest et du sud, et
revint au Cap dans les premiers jours de
floréal, après six semaines à-peu-près d'absence.
Les nègres armés ayant vu les départemens du Nord et de l'Ouest parcourus par
quatre divisions différentes, avaient évalud
nos forces bien au-dessus de ce qu'elles
étaient ; ils avaient acquis la conviction que --- Page 72 ---
(62)
leur retraite sur le
sommet des plus
montagnes ne leur servait
hautes
la poursuite des
pas d'abri contre
gravir leurs
Français : ils les avaient vu
ravines
mornes et s'élancer dans
2 sans qu'aucuns
les
difficultés pussent les
dangers, 2 aucunes
se rallentit alors
arrêter; ; leur
crainte
en proportion de ce que courage leur
de
augmentait, et la voix de
Dessalines et de
Toussaint,
les rallier au combat. Christophespouvait seule
Le nègre cultivateur avait
reçu une impression
d'un autre côté
plus favorable à
bien plus forte et bien
l'on avait rencontrés nos intérêts 5 tous ceux que
cunes marques
sans armes et sans augnés ; nos soldats militaires, avaient été éparfemmes, ni les enfans. n'avaient maltraité ni les
avait adressées
Les paroles qu'on leur
et de bonté,
étaient pleines de douceur
berlé: des et portant assurance de leur lichés à
nègres et hommes de couleur attal'armée, leur
avaient-traduit les
clamations en créole et leur en
prodes copies, pour qu'elles
avaient laissé
mains à
servissent entre leurs
détromper le soldat égaré.
beaucoup de ces cultivateurs,
Enfin, 2
qui ine connais-
avait adressées
Les paroles qu'on leur
et de bonté,
étaient pleines de douceur
berlé: des et portant assurance de leur lichés à
nègres et hommes de couleur attal'armée, leur
avaient-traduit les
clamations en créole et leur en
prodes copies, pour qu'elles
avaient laissé
mains à
servissent entre leurs
détromper le soldat égaré.
beaucoup de ces cultivateurs,
Enfin, 2
qui ine connais- --- Page 73 ---
(63)
saient ni la richesse, ni les honneurs,
n'avaient fait
, qui
que changer de maîtres et
n'arrosaient pas moins de leur sueur la terre
qu'ils cultivaient, paraissaient bénir notre
retour 2 et pensaient que la domination de
leurs chefs était arrivée à son terme,
On voit par tous ces détails que, quoique cette campagne fût bien éloignée de nous
présenter pour résultat la destruction de nos
ennemis 9 cependant il était possible qu'elle
pût contribuer bien eflicacement aux vues
d'ordre et de rétablissement que l'on se
posait.
proElle eut aussile grand avantage, d'éclairer l'opinion du général en chef sur un
dont il n'avait
pays
auparavant aucune connaissance, et de le mettre à même de
de ses observations
profiter
pour diriger à l'avenir
sa conduite et ses opérations.
Il avait parcouru en partie l'immense
étendue des deux départemens du Nord et
del l'Ouest; il avait pu jugerde la bien grande
difliculté d'y faire la guerre à des hommes --- Page 74 ---
Na
(64)
qui trouvaient dans le sol de
tous leurs besoins,
quoi fournir à
lorsqu'il nous était presil qu'impossible de nous y procurer les
avait observé un pays
nôtres;
donnait autant
qui, par sa nature,
d'avantage à nos
pour nous faire du mal, que de
ennemis
se dérober ensuite à nos
facilités pour
poursuites.
La campagne qu'il venait de faire
été écrasante
avait
pour ses troupes ;
yavaient
beaucoup
à la vérité, sucombé.Ilya avaitlieu de croire,
que l'avenir en prouverait l'utilité, mais ce n'était qu'une
pour le moment que
espérance, et
En quoi avaient-ils restait-il de nos efforts?
évidemment
bien de la colonie ? Nos ennemis profité au
détruits, ou tellement diminués étaient-ils
bre n'en fût plus à craindre ? La que le nomseul but que l'on eût et dût avoir culture, le
était-elle rétablic? Les habitations en vue 2
avions parcourues étaient
que nous
même état d'abandon;les toujours dans le
les armes contre
nègres, ,ou portaient
nous 2 ou les cachaient dans
l'épaisseur des bois, et telles bonnes en effet
que pussent être ou devenir jamais les intentions du cultivateur, comment
pouvait-il
ût plus à craindre ? La que le nomseul but que l'on eût et dût avoir culture, le
était-elle rétablic? Les habitations en vue 2
avions parcourues étaient
que nous
même état d'abandon;les toujours dans le
les armes contre
nègres, ,ou portaient
nous 2 ou les cachaient dans
l'épaisseur des bois, et telles bonnes en effet
que pussent être ou devenir jamais les intentions du cultivateur, comment
pouvait-il --- Page 75 ---
(65)
jeter ou rendre ses armes. 2 sortir de sa retraite cachée, regagner sa demeure, y chercher un asile à l'abri de la contrainte
2 lorsquel'étenduc du pays et la faiblesse de notre
armée, 1 ôtaient les moyens de lui assurer
cette protection, 2 qui pouvait seulelegarantir
des poursuites exercées contre lui!
Quoique ces réflexions indiquassent bien
au général en chef le remède le plus certain et le plus prompt qu'ily eûtà nos maux,
qu'il sentit que, 7 malgré le refus obstiné de
Toussuint et son mépris, j'ose dire, 2 pour
les propositions généreuses quilui avaient été
faites, il serait avantageux pour le bien de
la colonie, 2 que nous en vinssions aux accommodemens avec lui, Dessalines et
Christophe, il devait cependant les mêmes
égards à la dignité de son caractère, et ne
pouvait réunir tous ses efforts pour l'exécution de son projet sur ce point, qu'en Cachant bien ses intentions 2 ensorte que les
nègres pussent considérer un traité avec eux,
moins comme une chose qui nous fût agréable, que comme une faveur qui leur était
accordée.
--- Page 76 ---
(66)
Clervaut et Paul Lowverture
appelés au Cap; leurs
avaient été
dehors dans les
régimens, campés au
assignés,
postes qui leur avaient été
les
étaient mis en avant dans toutes
actions, et
voure et
attaquaient avec tant de brasaint et de d'intrépidité les troupes de TousChristophe,
avions des affaires
coutrelesquellesnous
dats avec
continuelles, que nos sollesquels ils
vaient à cet égard revenir combattaient, ne pouet leur accordèrent
de leur surprise 7
confiance,
bientôt la plus grande
Christophe n'iguorait rien de ce
passait parmi nous : il avait des
qui se
tombaient souvent entre
espions qui
même plusieurs
nos mains ; il en eut
dats de
qui furent trahis par les solClervaut, qu'ils
duire.
cherchaient à sédans le Quoique la reddition de
sud, dont le département Laplume
servé en parfaite
s'était conconstance bien tranquillité, fàt une cirqu'il ne vît
aflligeante pour son parti, et
mission de pas avèc moins de peine la souMaurepas,
et Paul Loweruure, Labelinois, Clervaut
eût-il continué de
Peut-être néanmoins
persister dans cette guerre,
les solClervaut, qu'ils
duire.
cherchaient à sédans le Quoique la reddition de
sud, dont le département Laplume
servé en parfaite
s'était conconstance bien tranquillité, fàt une cirqu'il ne vît
aflligeante pour son parti, et
mission de pas avèc moins de peine la souMaurepas,
et Paul Loweruure, Labelinois, Clervaut
eût-il continué de
Peut-être néanmoins
persister dans cette guerre, --- Page 77 ---
(67)
s'il eût cru pouvoir déterminément
sur les grandes ressources
compter
en hommes l'immense
que pouvait offrir
étendue des deux départemens du Nord et de-] l'Ouest
craignait
5 mais il
l'impression qu'avait
fait sur le cultivateur le
généralement
à travers les
passage de l'armée
campagnes, et regardait de
comme un mal bien récl et bien
plus
croissement de l'armée
grand, l'acfrançaise. Il n'entrait
pas un vaisseau au
du haut des
Cap qu'il ne l'apperçût
de
montagnes, et ne crût le nombre
troupes qu'il nous apportait
de celui
fortau-dessus
que nous recevions ; en effet, cette
erreur paraitra bien naturelle
saura que la moitié du
, quand on
temps nous la partagions nous-mêmes,
s'en fit
gmeigueledargicment
presque sous nos yeux.
Je parle plus particulièrement de Christophe en ce moment, que de Toussaint et de
Dessalines, parce que c'était contre lui seul
gu'étaient alors dirigées les attaques dans la
plaine du nord, que Toussaint s'était retiré
au canton d'Ennery, à près de trente lieues
du Cap, sur une de ses
Dessalines
habitations, et que
n'avait pas quitté la partie de
9* --- Page 78 ---
wwe
(68)
l'ouest. Les espions,
le moyen d'entretenir que nous avions trouvé
donnaient
dans la plaine, nous
chaque jour lieu de
Christophe se déciderait bientôt penser que.
ches que nous desirions.
aux démarétait instruit du
Le général Leclerc
et sa vanité
prix que son
mettaient à la haute amout-propre faveur
jouissaient auprès de lui et dans
dont
mée les chefs qui s'étaient
toute P'ardans leurs
rendus : confirmés
grades et comblés de tous
neurs
les honla
emilitaires,ilbraraiente
sienne et celles de ses
d'autretableque
premiers généraux.
Christophe ne tarda pas en effet
mer nos plus chères
à confirofficiers eut en son espérances ; un de ses
général Frescinel, nom une entrevue avec le
au haut du Cap commandant nos troupes
fut suivie de
; cette première démarche
clerc crut toutes celles que le général Leimportante nécessaires pour consolider cette
une conférence négociation, de
2 qu'il termina par
fameux chef
quelques heures avec ce
d'insurgés : son
soumission, l'assurance de
repentir, sa
son
son respect et de
dévouement, 2 furent les premiers
qu'il offrit en témoignage de
gages
sa sincérité,
fut suivie de
; cette première démarche
clerc crut toutes celles que le général Leimportante nécessaires pour consolider cette
une conférence négociation, de
2 qu'il termina par
fameux chef
quelques heures avec ce
d'insurgés : son
soumission, l'assurance de
repentir, sa
son
son respect et de
dévouement, 2 furent les premiers
qu'il offrit en témoignage de
gages
sa sincérité, --- Page 79 ---
(69)
C'est vers le milieu de floréal qu'eut lieu
cet évènement, d'autant plus desiré, qu'on
le considérait, avec raison, comme devant
conduire promptement au même résultat.
avec Dessalines ct Toussaint, n'étant pas
présumable que Christophe eut entamé aucune négociation avec nous sans les en avoir
instruits. Eu effet, nous vimes peu de jours
apresarriverau Capdeux personnes envoyées
par Toussaint, ; l'une était son secrétaire 2
l'autre un des capitaines de sCS gardes.
Ils trouvèrent auprès du général en chef
l'accès qu'ils desiraient, et furent à plusieurs
reprises et dans différens voyages, 2 les porteurs de paroles pour la conclusion d'un
traité qui paraissait n'admettre de diflicultés
que dans le refus de Toussaint de se rendre au Cap. Cet acte de soumission coûtait
à son amour-propre:le souvenir de sa grandeur passée ajoutait à sa répugnance de se
présenter dans une ville oû, habitué depuis
si long-temps à faire unc entrée triomphante,
il allait paraitre comme un criminel.
Il n'y avait cependant aucuns moyens --- Page 80 ---
(70)
darrangemens sur ce point; il fallait
gouvernement celte
au
fallait que les nègres vengeance apparente; ib
leur chef allait
sussent et crussent que
voir un
y expier un crime et recepardon : il ne put donc éviter
mortification, et se résolut à
cette
s'y soumettre,
Je le vois encore
nombreux de
au milieu du
ses ofliciers;
cortège
bruyante musique et suivi précédé de sa
je vois ses traits
de ses gardes ;
cassé, avec la honte affreux, son air vieux et
je vois cet
et le crime sur la figure;
ministres des assemblage d'hommes odieux,
cruautésd
lever les yeux sur ce reste sdeleurchef!Ils, de
n'osent
pées à leur rage, et traversent victimes échapune ville encore famante
dans le silence
allumés,
des feux qu'ils yont
tacle déchirant qui n'offre par-tout que le
tion!
du ravage et de la destruc- specLe général en chef dinait ce
à bord d'un des vaisseaux
jour-là en rade
obligea Toussaint
de l'armée ; ce qui
dans ses
d'attendre son arrivée
appartemens.
Ce n'était pas ce nègre
Christophe, avec
traversent victimes échapune ville encore famante
dans le silence
allumés,
des feux qu'ils yont
tacle déchirant qui n'offre par-tout que le
tion!
du ravage et de la destruc- specLe général en chef dinait ce
à bord d'un des vaisseaux
jour-là en rade
obligea Toussaint
de l'armée ; ce qui
dans ses
d'attendre son arrivée
appartemens.
Ce n'était pas ce nègre
Christophe, avec --- Page 81 ---
(71) )
lequel le général Leclerc avait traité quelques jours avant, plein de soumission, de
respect, ne parlant que de repentir et de
moyens d'expiation. Toussaint, d'un abord
duret fier, et sans aucune forme engageante,
annonça plutôt, dans cette circonstance, le
regret dela démarche à laquelleil consentait,
que le remords de ses crimes. Ce chef altier
et féroce était encore ému de la gêne qu'il venait d'éprouver, en passant en revue devant
des hommes, aux yeux desquels il avait nonseulement perdu ce caractère de supériorité
qu'ilavait exercée si long-temps, mais
qui il était devenu un objet d'horreur pour et
de mépris; ; il ne dissimula donc rien de ses
sentimens, 2 annonçant sa soumission comme
une contrainte, refusant, en fait de pouvoir
et d'autorité, les offres qui lui étaient faites,
se réservant de rendre les articles de
traité communs avec Dessalines et son
mettant d'en remplir strictement les 2
proconditions.
Tel est en peu de mots le résultat de sa
conférence avec le général Leclerc, après
laquelle il se retira. --- Page 82 ---
(72)
Peu de jours après suivit la
de Dessalines,
soumission
On doit bien s'attendre
que le général Leclerc fit aux engagemens
trois chefs.
contracter à ces
Toussaint devait
corps militaires envoyer au Cap tous les
joindre
attachés à sa personne
seulement, au cas de
fortsàceuxd
besoin, ses efdeDessalines et
faire reptrer tous les nègres tChristophe,pour
leurs
cultivateurs sur
habitations, et opérer le
général dans les
désarmement
en cas de besoin, campagnes ; je dis seulement
de ses
parce que la première base
conventions était
de toute espèce
qu'il pât se retirer
d'affaires
ne rechercher
publiques, pour
que sa tranquillité,
C'était donc Christophe
Dessalines
pour le nord et
pour l'ouest, qui devaient être
chargés de ces deux conditions si
tantes à remplir. Quant à ce qui
impor
garder la partie
pouvait renoirs entraient dès militaire, le
tous les corps
moment au service du
gouvernement; lesofliciers étaient maintenus
a
de toute espèce
qu'il pât se retirer
d'affaires
ne rechercher
publiques, pour
que sa tranquillité,
C'était donc Christophe
Dessalines
pour le nord et
pour l'ouest, qui devaient être
chargés de ces deux conditions si
tantes à remplir. Quant à ce qui
impor
garder la partie
pouvait renoirs entraient dès militaire, le
tous les corps
moment au service du
gouvernement; lesofliciers étaient maintenus
a --- Page 83 ---
(73)
dans leurs grades, et les soldats mis sur le
même pied que les nôtres.
Tels furent les principaux articles de ce
traité. Dessalines mandé ensuite au Cap,
eut dei même que Churistophe.plusieurs conférences avec. le général en chef,après lesquelles
ilsserendirenti à leurs destinations respectives,
l'un dans le nord et l'autre dans l'ouest.
Le général en chef venait non-seulement
d'accomplir le voeu le plus cher que pussent
former les colons et les malheureux habitans
de cette colonie; mais il était parvenu à effectuer un point bien important, en ne laissant
pas douter aux nègres dans toute l'étendue
de Saint - Domingue,. que la reddition de
Toussaint, Dessalines et Christophe, ne fàt
un acte de contrainte de leur part, dans lequel ils n'avaient fait que céder à la force
et à la puissance de notre gouvernement.
Aussi, la joie que répandit la nouvelle de
cette paix fut-clle générale; on croyait y
voirla fin de ses longues peines, et on la regardait commela source d'unenouvelle prospérité,
IO --- Page 84 ---
46 P
(74)
Le moment était enfin
colonie de cet état de
arrivé de tirer la
épourantable dans trouble et de désordre
vaient plongée.
lequel tant de crimes l'aLe militaire
ayant été considéré,
raison, comme le seul qui
3 avec
circonstances où
pût agir dans les
été impossible nous nous trouvions, il avait
l'administration d'organiser aucune partie de
par se livrer à cette civile; ; on commença donc
premier pas qui dût occupation, qui était le
l'ordre 2 en faisant annoncer le retour de
classes de la
connaître à toutes les
société, les lois qui
régir, et sous la protection
devaient les
pouvait librement
desquelles chacun
exercer son industrie.
Nous n'avions
à certains
que des larmes à
maux irrémédiables,
donner
paration ne pouvait être
dont la réni à la main des
confiée ni au temps,
dérables
hommes ; les pertes consique nous avions faites
rens
dans difféla quartiers , nous mettaient
nécessité d'y
presque dans.
appeler une
pulation; il y en avait oùt l'on nouvelle poporter au-dessus de Ioà
n'aurait pu
12 le nombre des
industrie.
Nous n'avions
à certains
que des larmes à
maux irrémédiables,
donner
paration ne pouvait être
dont la réni à la main des
confiée ni au temps,
dérables
hommes ; les pertes consique nous avions faites
rens
dans difféla quartiers , nous mettaient
nécessité d'y
presque dans.
appeler une
pulation; il y en avait oùt l'on nouvelle poporter au-dessus de Ioà
n'aurait pu
12 le nombre des --- Page 85 ---
(75)
individus de notre couleur
sacre.
échappés au masLe général en chef commandait à trois
classes d'hommes à
blancs les
Saint-Domingue : les
hommes de couleurs anciens libres, et les nègres autrefois esclaves;
ces distinctions
; je fais
d'anciens libres à esclaves,
parcequ'elles n'ont jamais cessé
que dans quelque
d'exister, et
même de
rang que fut, sous le règne
Toussaint, un nègre autrefois esclave, l'ancien libre ne le crut
égal; ; nous acquimes
jamais son
arrivée la
nous-mêmes à notre
preuve bien évidente de cette différence entr'eux, dans l'empressement
mirent tous les anciens libres à abandonner que
le parti de Toussaint
pour se rallier au nôtre, malgré les places qu'ils
occupaient dans
son gouvernement et les
retiraient. Cette classe avantages qu'ils en
actions ont tant influé d'hommes, 2 dont les
par la suite sur la destinée malheureuse de Saint -
n'a cessé., tout le temps qu'a vécu Domingue le 3
néral Leclero, de lui donner les
géles plus signalées de dévouement preuves
mission.
et de souIo* --- Page 86 ---
- -
V a -
(76)
Il était nécessaire
la plus grande confiance que ce général inspirat
qu'il venait
aux nouveaux chefs
qui pouvaient d'adjoindre si
à ses opérations, et
vues d'ordre et de puissamment seconder ses
qu'il sut écarter rétablissement; ; il fallait
par sa conduite la méfiance
dre le
Neemtaunlenidonesgree
ressentiment sur leur quidevaient tcrainconsidérer les pouvoirs
conduite passée
comme une
dont ils avaient joui
on les maintenait, usurpation, et cclui dans lequel
principal de remplir, comme ayant pour objet
le seul but auquel àlaidedeleurs services,
donc que le premier nous aspirions. Il voulut
rité, concourût,
acte émané de son autodonner
par son
un témoignage importance, 3 à leur
rité; il voulut
les éclatant de sa sincéde
que
bases fondamentales
Torganisation de la
des délibérations
colonie, résultassent
ils eussent
d'une assemblée à
dans les part, et ordonna à cet effet laquelle
trois
que
l'Ouest et du Sud, départemens des
du Nord, de
différentes classes de députés pris dans les
au Cap pour
citoyens, se rendraient
par lui, et devant y composer un conseil présidé
niques de
s'occuper des lois orgaSaiat-Domingue.
:
ales
Torganisation de la
des délibérations
colonie, résultassent
ils eussent
d'une assemblée à
dans les part, et ordonna à cet effet laquelle
trois
que
l'Ouest et du Sud, départemens des
du Nord, de
différentes classes de députés pris dans les
au Cap pour
citoyens, se rendraient
par lui, et devant y composer un conseil présidé
niques de
s'occuper des lois orgaSaiat-Domingue.
: --- Page 87 ---
(77)
Je sais qu'une parcille mesure a dû être
bien douloureuse pour tout colon ou habitant
de Saint-Domingue ; que l'esprit qui se. reporte toujours vers son but desiré, s'esta
santi avec peine surlidée que de tels hommes appéallaient être admis à un degré de
rité parmi nous
supério3 lorsque les vrais intérêts de
la colonie semblaient si puissamment
ser à ce que l'on conservât même
s'oppoun systême
d'égalité entre leur couleur et la
suis également de cette
nôtre; je
est-il vrai
opinion, mais encore
que dans la position dans
nous nous trouvions, il était
laquelle
notre inclination ne fat
impossible que
la nécessité la
pas combattue par
plus absolue, et que nous ne
pouvions sans injustice regarder comme
fait
un
blâmable, ce qui n'était commandé
par la plus saine politique et les
que
mieux intentionnées.
vues les
Le général Leclerc
les
les
ayant sans cesse sous
yeux
opérations qui devaient fixer
toute son attention, savait que dans le nord
Christophe était joint à
pour
Clenautetalaurgpos
rappeller le nègre cultivateur sur toutes
les habitations et reprendre les
armes qui --- Page 88 ---
leur
(78)
avaient été
lines,dans la fournies 7 tandis que Dessaoccupation. partie de l'ouest, avait la même
Son desir eût bien été
totirnée dans la colonie, d'entreprendre une
blissait autrefois
comme l'usage l'étaen chefyenait lorsqu'un nouveau
en prendrele
général
mais sa présence étant commandement;
pour y surveiller les
nécessaire au Cap
de l'ouest, il ne
opérations du nord et
point, et chargea put de remplir son voeu sur ce
Dugua, chef'de
cette mission le
son état-major.
général
Je suis maitenant
aux époques où les détails parvenu dans cet écrit
moi bien
vont devenir pour
cien habitant douloureux à tracer. Comme
de
anque chaque curopéen Saint-Domingue, je savais
mat sous
devait un tribut au clil'avais lequel nous nous trouvions : et
payé moi-méme peu de
je
mon premier
temps après
nie 3 mais durant débarquement dans la colode résidence,
T'espace de onze années
, je n'avais jamais
y eût rien de si funeste à
observé qu'il
ture de la maladie
augurer sur la naque l'on y éprouvait. Je'
de
anque chaque curopéen Saint-Domingue, je savais
mat sous
devait un tribut au clil'avais lequel nous nous trouvions : et
payé moi-méme peu de
je
mon premier
temps après
nie 3 mais durant débarquement dans la colode résidence,
T'espace de onze années
, je n'avais jamais
y eût rien de si funeste à
observé qu'il
ture de la maladie
augurer sur la naque l'on y éprouvait. Je' --- Page 89 ---
(79)
pouvais citer les généraux Laluzeme
s
Duchilleau, Penier, Blanchelande, qui
vinrent tous successivement prendre le commandement de cette ile, et retournèrent en
France sans avoir à regretter la perte d'aucuns officiers de leur suite; les commissaires
Roime, Mirbech et St-Leger, dont l'envoi succéda à celui des gouverneurs généraux, n'eurent pas un sort plus fâcheux ;
les régimens d'Artois et de Normandie s'acclimatèrent et formèrent une partie de la
population de ce pays; enfin, M. Hédouville
qui y fut envoyé du temps du directoire,
revint après huit mois de résidence avec les 9
mêmes personnes qui l'avaient suivi.
L'on ne devait donc pas présumer que nos
soldats pussent être exposés à de plus grands
dangers que ceux qu'avaient précédemment
encouru tant de milliers d'européens, dont
les maladies n'avaient eu aucunes suites facheuses; eti iln'yavait pas de raison pour que
nous dussions tourner nos inquiétudes vers
l'objet qui, se présentait le moins à la penséc comme un fléau à redouter.
Les premiers chefs marquans que nous --- Page 90 ---
a
(80)
perdîmes au Cap dans le courant de
furent les généraux de division
florcal,
Doyen et Hardy :
Debelle, le
quoique ces
pertes ne fussent
premières
l'esprit du soldat pas sans effets, tant sur
que sur celui de
nous ne les considérames
Phabitant,
d'une maladie
qué comme l'effet
ment attribuer grave à
que l'on pouvait aisélarmes
différentes causes. Nos almême mois, n'angmentèrent que vers la fin du
> lorsque plusieurs
moururent également sans avoir à personnes
temps d'appeler des
peine le
secours 5 les
commençaient alors à se
hépitaux
ordinaires à être
remplir; les remèdes
les progrès du mal administrés sans effets, et
l'instant où la maladie tellement rapides dès
manifester, que le malade commençait à se
semblait
par un torrent
emporté
devaient
destructeur, contre lequel
humains. s'épuiser en vain tous les efforts
Au milieu de ces scènes
général en chef était
afligeantes, le
des travaux
occupé sans relâche
nous
pénibles qu'il avait à
n'avions point d'officiers
remplir;
le sud; ; il y envoya le
généraux dans
général de division
ifester, que le malade commençait à se
semblait
par un torrent
emporté
devaient
destructeur, contre lequel
humains. s'épuiser en vain tous les efforts
Au milieu de ces scènes
général en chef était
afligeantes, le
des travaux
occupé sans relâche
nous
pénibles qu'il avait à
n'avions point d'officiers
remplir;
le sud; ; il y envoya le
généraux dans
général de division --- Page 91 ---
(8r)
Deburreau, avec recommandation de s'entendre avec Laplume dans toutes ses opérations. Persuadé, d'après la conduite de ce
chef nègre, que ses conseils ne pourraient
jamais tendre qu'à la conservation de cette
partie intéressante de la colonie, il l'avait
confirmé général de brigade et conservé en
activité.
Je nc crois pas inutile de dire ici quelques
mots sur ce département.
Son étendue, depuis la pointe la plus sud de
l'ile, jusqu'à sa lisière avec la partie de
l'ouest, est de 80 lieues,ses revenus les plus
considérables sont en cafc. La dépendance
de Jérémie renferme les quatre quartiers de
Plimouth, du Cap, d'Almarie, du Corail et
des Abricots, dont la récolte annuelle, à l'époque de notre arrivée, pouvait monter à
30 millions de livres de café; un autre quartier appelé le Rochelois, donneaussides revenus considérables dans cette denrée; ceux
connus sous les noms de Tiburon, des Irois,
de 'Ancedeneaux, du petit Trou, réunissent à cette plantation celle du coton et du
cacao,
II --- Page 92 ---
(82)
Les principales
celles des
plaines en sucrerie sont
semble, Cayes et de Torbec, qui, jointes enn'en font, à proprement
qu'une séule; ces deux plaines
parler 2
sans interruption de sucreries, présentent,
de quatorze lieues de
une étendue
à-peu-près
long, sur une largeur
égale.
Nous avons ensuite, en gagnant
les plaines de Cavaillon, Saint-Louis Touest,
Michel, qui sont également
et Sàintmais
cultivées en sucre,
beaucoup moins considérables
ton ; celle d'Aquin est
en COcette culture
très - abondante en
: Miragouane a aussi
cotoneries:
quelques
Tels sont les quartiers les plus
etla nature de leurs productions. importans,
dans ces légers
Je suis entré
des grands dérais,pourqu'ony puissejuger
colonie de la avantages que devait retirer la
conservation intacte de ce département ; la 'culture y était dans toute
activité, et comme je l'ai déjà dit, la
son
ranquillité et la plus stricte
parfaite
guaient sur toutes les
discipline réhabitations.
Les habitans blancs
y étaient un peu plus
Tels sont les quartiers les plus
etla nature de leurs productions. importans,
dans ces légers
Je suis entré
des grands dérais,pourqu'ony puissejuger
colonie de la avantages que devait retirer la
conservation intacte de ce département ; la 'culture y était dans toute
activité, et comme je l'ai déjà dit, la
son
ranquillité et la plus stricte
parfaite
guaient sur toutes les
discipline réhabitations.
Les habitans blancs
y étaient un peu plus --- Page 93 ---
(8 83)
nombreux que dans les deux autres départemens, attendu qu'une partie de ceux quis'y
trouvaient à l'époque où Toussaint en chassa
Rigaud, et qui, sous ce dernier chef, étaient
en possession de leurs habitations 2 y avaient
été maintenus.
En troupes de lignes nègres, le nombre
d'hommes était de six mille, et à-peu-près
autant en gardes nationales, compris d'abord
tous les blarcs 25 7 ensuite les hommes de couleur, et les nègres, presque tous anciens
libres.
Lorsque le général Deburreau arriva aux
Cayes, ily trouva en troupes européennes,
300 hommes de la 906. que le général Dugua
venait de passer en revuc ; il y avait à Jérémie près de 5oo hommes sous le commandementdeladjudant Darbois, qui y avaient
été envoyés, comme je l'ai dit, à l'époque où
Laplume lcs crut nécessaires pour décider
Domage à se rendre.
Le militaire de tout grade y reçut à son
arrivée le meilleur accueil ; le général
II * --- Page 94 ---
N
(84)
Debumeon, en
louer des hommes particulier de
7 n'eut qu'à se
lui donnèrent les
toutes les couleurs, qui
sincérité de leurs plus grandes preuves de la
vernement, On sentimens envers le gouun trait qui n'eut peut méme, à ce sujet, citer
l'ancien
jamais d'exemple dans
comme régime, et qui a dà être
bien satisfaisant
considéré
tance : c'est l'assemblée dans la circonsCayes en la maison du qui eut lieu aux
elle était
général
composée de tous les chefs Laplumes
liers, tant de la plaine
d'ateadjacentes,
que des
qui vinrent en
montagnes
général Deburreau
corps féliciter le
de leur
sur son arrivée, l'assurer
de
respect, de leur
leurs efforts continuels dérouement, et de
plus grand ordre
pour maintenir le
sur les
quelles ils appartenaient. habitations auxPouvait-on ne pas
lité sans fin, dans
présager une tranquilralité de ceux
un département où la généconnaitre ? qui Thabitent se faisait ainsi
Je reviens dans
ser les événemens lenord, où doivent se pasles plus importans.
corps féliciter le
de leur
sur son arrivée, l'assurer
de
respect, de leur
leurs efforts continuels dérouement, et de
plus grand ordre
pour maintenir le
sur les
quelles ils appartenaient. habitations auxPouvait-on ne pas
lité sans fin, dans
présager une tranquilralité de ceux
un département où la généconnaitre ? qui Thabitent se faisait ainsi
Je reviens dans
ser les événemens lenord, où doivent se pasles plus importans. --- Page 95 ---
(85)
Après que le général en chef eut fait occuper par nos troupes toutes les villes
dans les deux
compridépartemens du Nord et de
l'Ouest, et mis les garnisons les plus considérables dans celles qui étaient les
connues
plus repour leur salubrité, , telles que le
Môle et Saint-Marc, il fut
jours â l'ile de la
passer quelques
Tortue, 3 où il accompagna madame Leclerc, et revint ensuite
au Cap (r). Cet intervalle avait donné le
temps aux députations des départemeris
d'axeiver; elles étaient composées,
l'ai dit, d'hommes de toutes
comme je
les
pris autant quepossible, dans les deux couleurs, classes
de commerce et de Thabitant.
Cette assemblée s'ouvrit
le milieu de
à-peu-près vers
prairial ; le préfet
M. Benezeck, si
colonial,
de tous les
justement aimé et estimé
habitans, par les principes qu'il
annonçait, n'assista qu'aux deux premières
(1) Cette ile de la
tagnes, n'est qu'à douze Tortue,qui est toute en mongrande
lieues du Cap, et sur une
partie de sa longueur, distante
truis lieues de la côle de
seulement de
Saint-Domingue. --- Page 96 ---
(E6)
séances, chef
et périt, ainsi que le
de justice, M.
respectable
ce même fléau
Dasperonz, victime de
devehaient de dérastateur, dont les ravages
jour en jour plus menaçans.
la Cependant, 7 malgré la tristesse
vue du nombre
générale à
journellement
cffrayant des malheureux
laclic, le Cap atteints de cette affreuse mapar son
vement, la reconstruction commerce, son mourelevées comme
de ses majsons
un spectacle
par enchantement, offrait
Cette
digne d'intérêt et
ville, située à la pointe de d'admirdation.
par cette raison dans
Pile, reçoit
partie des bâtimens son poit ure grande
et de plus, elle
qui arrivent d
attire à elle
Europe;
de la côte et de Tintérieur; toutle commerce
petites
grand nombre de
goëlettes et embarcations
rendent de préférence,
légères s'y
ea toute espèce de
pour approvisionuer
dises
commestibles et marchansèches, les différens lieux dont elles
partent, et des cargaisons de la
valeur s'y trouvent ainsi
plus haute
plus court délai, Ces
vendues dans le
chargent aussi à leur mêmes bâtimens légers
rées coloniales
bord toutes les denqui se transportent des plaines
petites
grand nombre de
goëlettes et embarcations
rendent de préférence,
légères s'y
ea toute espèce de
pour approvisionuer
dises
commestibles et marchansèches, les différens lieux dont elles
partent, et des cargaisons de la
valeur s'y trouvent ainsi
plus haute
plus court délai, Ces
vendues dans le
chargent aussi à leur mêmes bâtimens légers
rées coloniales
bord toutes les denqui se transportent des plaines --- Page 97 ---
(87)
et des montagnes; ces objets, vendus dans les
villes, y deviennent ensuite la matière d'un
commerce trèsétendu, et fort luc ratif pour
toutes les personnes industricuses qui s'y
livrent.
Dans les premiers temps de cette paix, nouvellement conclue avec les nègres, les bâtimeus marchands qui s'étaient hasardés des
ports de France, au risque d'un voyage dont
le résultat dépendait d'événemens qui leur
étaient inconnus, firent d'excellentes affaires,
d'autant plus que toutes les denrées coloniales
qui se trouvaient amassées dans l'intérieur
des terres. , ayant été portées dans les villes,
leur abondance les y maintint long-temps à
un très-bas prix.
Nous apprimes alors, dans les premiers
jours de messidor, l'arrestation de Toussaint
et son arrivée dans la rade du Cap, sur la
frégate à bord de laquelle il avait été embarqué, Voici ce qui a donné lieu à cet événement.
Ce chef-nègre s'était retiré sur uue de ses --- Page 98 ---
A
88 )
habitations située au canton
de la lisière qui
d'Enery, près
et ceile de
sépare la partie du nord
l'Ouest, ,à 30 lieues
Cap.Le général Leclerc,
a-peu-près du
distance de ce lieu, dans instruit la
qu'à peude
des Gonaïves et celle de montagne noire
nègres étaient
la Brande, des
se préparer
encore armés 2
plutôt à des vues paraissant
qu'àdes mesures de paix,
d'hostilités,
à
engagea
interposer son autorité, et
Toussaint
fluence pour faire rentrer user de son innègre profite de la
les rebelles. Ce
bler un certain nombre circonstance, fait rassemde cultivateurs
environs, à qui il savait
des
et les envoie dans les encore des armes >
gés, sous le but
quartiers des insurMais ce détachement supposé d'y rétablir l'ordre,
de bataillon
est arrêté par le chef
dans ce
Pisquidoux 3 qui commandait
quartier un corps de
connu sous le nom de
700 hommea,
de
légion expéditionnaire
Saint-Domingue. Cet officier
nègres pour être des
reconnait ces
sarme et les renvoie, cultivateurs, les dénaître des
Cet événement fit
lieu à une soupçons sur Toussaint, et donna
observation
conduite.
scrupuleuse sur sa
de bataillon
est arrêté par le chef
dans ce
Pisquidoux 3 qui commandait
quartier un corps de
connu sous le nom de
700 hommea,
de
légion expéditionnaire
Saint-Domingue. Cet officier
nègres pour être des
reconnait ces
sarme et les renvoie, cultivateurs, les dénaître des
Cet événement fit
lieu à une soupçons sur Toussaint, et donna
observation
conduite.
scrupuleuse sur sa --- Page 99 ---
(8,) )
Les choses en restèrent cependant
ce ne fut qu'au bout de
là, ef
l'on
plusieurs jours que
intercepta un paquet qu'il adressait à un
nègre nommé Fontaine, son ancien aide-decamp, servant en cette même qualité
du général en chef; ce paquet renfermait auprès
deux lettres, 2 l'une au Cen, D... l'autre
commandeur de sa sucrerie sur Phabitation au
d'Héricourt. 11 disait au premier de
nuer à trouver des moyens de lui
contides farines, 2 et de tâcher sur-tout procurer de
surer de la confiance du général
s'asau second, de lui
Leclero ;
dans les
ménager des ressources
nègres de son atelier, et de s'arranger pour leur conserver le plus d'armes
qu'il lui serait possible. Ce furent ces deux
lettres, officiellement connues, eti
dans la colonie,
imprimées
2 qui, jointes aux circonstances que j'ai précédemment exposées, donnèrent lieu à l'arrestation de Toussaint. Le
général de division Brunet en exéeutal'ordre
avec infiniment d'adresse, un jotr que ce
chef-nègre s'était rendu à l'invitation
lui avait faite de venir diner chez lui. qu'il
On n'a pas d'idée de l'effet
que produisit
--- Page 100 ---
e
(90)
cette nouvelle:
ricain, elle décida parvenue au continent améfamilles à retourner dans une heure plus de
à
toutes les lettres
Saint-Domingue, que
le faire en un mois. particulières On
n'avaient pu
lement le caractère de connaissait générace qu'avait dû lui
ce nègre ; on savait
coûter le sacrifice de
toute-puissance, et l'on
sa
leseffetsde son
craignait tôt ou tard
donc cet évènement ressentiment. Chacun regarda
contribuer le
comme celui qui devait
plus à consolider
rances, 2 et la joie que l'on
nos espéen ressentit à
Saint-Domingue, éclater,
ne manqua de forces
que par le chagrin
pour
toujours éprouver le tableau que nous faisait
mortalités
douloureux des
vant les que nous ne cessions d'avoir deyeux.
J'entends tous les jours dire
restation a été la cause de
que cette arheurs. Cette
nos derniers malnable
opinion, qu'aucun motif
ne peut fonder, tient à la
raisonprévention. Il
plus extrême
bord
faudrait, en
que ces nêmes
supposant d'asent
personnes ne voulusdans appercevoir les
rien de mal intentionné
lettres dont je viens de
rapporter
vant les que nous ne cessions d'avoir deyeux.
J'entends tous les jours dire
restation a été la cause de
que cette arheurs. Cette
nos derniers malnable
opinion, qu'aucun motif
ne peut fonder, tient à la
raisonprévention. Il
plus extrême
bord
faudrait, en
que ces nêmes
supposant d'asent
personnes ne voulusdans appercevoir les
rien de mal intentionné
lettres dont je viens de
rapporter --- Page 101 ---
(91)
le contenu, qu'elles trouvassent
moyen de détromper les habitans ensuite le
nion qu'une trop
sur l'opilongue et trop malheureuse expérience leur a fait si
concevoir du caractère de ce chef. justement On disait
en France que Toussaint accueillait tous les
habitans qui retournaient à
lorsqu'il les gardait
SL.-Domingue,
bâtimens
prisonniers à bord des
surlesquels ils arrivaient, qu'il leur
défendait sous peine de mort de mettre piedà
terre, et qu'il fallait les plus hautes
mandations auprès de lui
recomsévérité de ces ordres! On pour adoucir la
dait les biens,
disait qu'il ren3 tandis qu'il les conservait
presqu'en totalité! On disait que l'on en était
traité avec de grands égards, tandis
plus legère distraction, celle enfin de que la
mettre la plus grande
ne pas
promptitude à sC ranger, s'incliner, ôter respectueusement
chapeau, lorsque lui ou ses principaux chefs son
venaient à passer, attirait d'abord au délinquant quelques coups de canne sur le lieu
même du délit, et le forçait ensuite à fuir
Ja colonic, pour ne pas courirysous le moindre
prétexte 2 risque de la vie!ll faudrait
ces mêmes personnes eussent và le nombre que
12* --- Page 102 ---
- . a V
(92)
d'hommes sacrifiés à sa
férocité pour assurer vengeance et à sa
eussent pu
son pouvoir; qu'elles
commettre l'appercevoir, les
du pied des autels,
un dimanche, plus le grands crimes, 2 choisir,
pour le
moment du Lever-Dieu
signal de mort d'an
nombre demalheureux
assez grand
à la
blancs
messe, et quily avait quiassistaient
effet. Il faudrait enfin
rassemblés à cet
sonnes se fussent trouvées que ces mêmes perlépoque de notre
dans la colonie à
rober à la fureur arrivéc, de
et que pour se déerré dans les bois, ce tigre, elles eussent
privées de tous les sans refuge, sans secours,
elles
premiers besoins ; alors
pourraient se
etl la prudence suflisaient persuader que la raison
l'opinion générale
seules pour motiver
Domingue,
qui existait alors à
2 quoique combattue
Saintpar la leur. Nous
aujourd'lui
diffeilequ'tun tel homme pensions tous qu'il était
foi à sa propre ruine,
travaillat de bonne
tous projets ambitieux, qu'il écartôt pourla vie
regagner un
par lesquels il eût
poste et des
pu
s'était détaché à
honneurs dont il
rétablir notre regret, et qu'il mit enfin à
même plaisir pouvoir, 2 le même soin et le
qu'il avait mis à affermir
le
Saintpar la leur. Nous
aujourd'lui
diffeilequ'tun tel homme pensions tous qu'il était
foi à sa propre ruine,
travaillat de bonne
tous projets ambitieux, qu'il écartôt pourla vie
regagner un
par lesquels il eût
poste et des
pu
s'était détaché à
honneurs dont il
rétablir notre regret, et qu'il mit enfin à
même plaisir pouvoir, 2 le même soin et le
qu'il avait mis à affermir
le --- Page 103 ---
(93)
sien. Au reste, quel effet a produit cet événement lorsque la nouvelle en a été généralement connue ? A-t-il renversé un édifice
de paix qui ne faisait encore que s'établir?
A-t-il détaché lcs nègres de nos intérêts,
fait reprendre les armes, ouvert un nouveau
champ à la guerre et à la dévastation? Rien
de tout cela: : CC n'est qu'au bout de trois mois
qu'une nouvelle insurrection s'est déclarée;
je dirai plus, l'arrestation de ce chef a sauvé
la vie à tous ceux d'entrc nous qui revoient
aujourd'hui leur patrie. Il n'est pas douteux
quele caraclère froid et reéchideTouseirl,
sa grande audace et la confiance qu'eàt inspiré sa présence, 7 n'cussent fait éclater la
révolte dans des temps où elle eût pu nous
devenir bien plus funeste, et où les autres
chefs, faute de l'avoir à leur tête 2 manquèrent de courage et d'accord pour lever
l'étendart de la rebellion.
Je reviens à mon sujet.
Les travaux dugénéral en chefavec les députés qu'il s'était adjoints, continuaient avec -
la même activité; tous les jours nous voyions --- Page 104 ---
(94)
paraitre de nouveaux arrêtés
férentes parties de
relatifs aux dif
cipaux
Tadministrmations ; les
regardaient les
prinmerce pour l'entrée des impôts sur le comcaises, et les droits de marchandises frandes denrées coloniales taxe sur chacune
qui
échange; d'autres
s'emportaient en
étrangers, et la défense concernaient les navires
d'introduire dans la
qui leur était faite
qui pussent souffrir la colonie aucuns objets
marchandises
concurrence avec nos
lear égard les européennes, On fit revivre à
anciennes
dernière mesure dut
ordonnanices ; cette
de ce général
prouver la sollicitude
de
pour les intétêts du
France, et combien il avait commerce
justilier aussi
à coeur de
tances
promptement que les circonsles
pouvaientle lui permettre, et
moyens en son pouvoir, la
par tous
cherchait à attirer
confiance qu'il
Ces
sur son
parties ne furent
administration.
quelles son attention pas les seules sur lescuper aussi de
se fixa : il devait s'oction était la ces hommes dont la conservaplus
de notre
importante à la
colonie, et sans
prospérité
efforts devaient être
lesquels tous nos
parler des
sans fruits : je veux
cultivateurs; des lois, à la fois
oyens en son pouvoir, la
par tous
cherchait à attirer
confiance qu'il
Ces
sur son
parties ne furent
administration.
quelles son attention pas les seules sur lescuper aussi de
se fixa : il devait s'oction était la ces hommes dont la conservaplus
de notre
importante à la
colonie, et sans
prospérité
efforts devaient être
lesquels tous nos
parler des
sans fruits : je veux
cultivateurs; des lois, à la fois --- Page 105 ---
(95)
douces ct sévères, firent accorder à leurégard
la rigidité des devoirs et la plus stricte discipline aux principes de justice et d'humanité,
Enfin, la partie judiciaire fut celle qui termina les occupations de cette assemblée, où
tous les voeux des représentans avaient été
réunis pour prouver à la colonie l'accord parfait qui régnait entre toutes les classes et
toutes les couleurs, et fonder, autant sur ses
travaux qui en furent le résultat, que sur
l'opinion publique qu'elle entrainait, la confiance si nécessaire à fixer dans ce malheureux pays, où les circonstances nous faisaient
sentir de plus en plus le besoin d'établir la
tranquillité par la paix, la douceur et la persuasion.
Quel'on se plàt alors à jeter un coup d'ceil
sur les campagnes, 2 à en parcourir l'étendue!
on y voyait dans la presque généralité des
quartiers, les nègres retourner paisibles sur
leurs habitations, des habitans recevoir de
leurs anciens esclaves des témoignages de
soumission, 2 de respect et d'attachement:] je
puis en citer plusieurs qui éprouvèrent cette --- Page 106 ---
(56)
satisfaction. On
avec sécurité commençait à se hasarder
au milieu des
montagnes ; je les ai
plaines et des
et me suis cru en sûreté; parcourues' 'sans armes
les villes, on
; rentrait-on dans
de fusils,
y voyait des chariots
arriver
chargés
et se déposer dans journellement des
du dehors
reposait pas seulement magasins ; on ne s'en
Dessalines, Clervaut, sur les soins de
repas 3 pour opérer le Chiristophe et Mauencore sur ceux de tous désarmement, mais
des différens
les commandans
de cette
quartiers, chargés
mesure si
également
quillité.
importante à notre tranQuelle différence de l'état où
si récemment vu la
nous avions
était alors ! Que de colonie, avec ce qu'elle
ter sur un si
raisons pour nous féliprompt changement!
Cependant lépidémic continuait
ges sur les nouveaux
ses ravataile nord
débarqués, et je
pour me transporter dans quitJ'avais entendu dire, et je
l'ouest.
que l'incendie du Cap, où croyais en effet,
grand nombre de
s'était consuméun
cadavres, , joint à l'air mé
récemment vu la
nous avions
était alors ! Que de colonie, avec ce qu'elle
ter sur un si
raisons pour nous féliprompt changement!
Cependant lépidémic continuait
ges sur les nouveaux
ses ravataile nord
débarqués, et je
pour me transporter dans quitJ'avais entendu dire, et je
l'ouest.
que l'incendie du Cap, où croyais en effet,
grand nombre de
s'était consuméun
cadavres, , joint à l'air mé --- Page 107 ---
(97)
phitique qui s'exhalait de tous les décombres
de cette ville, contribuaient à la mortalité;
j'espérais donc que le tableau que j'avais eu
si long-temps devant les yeux, ne serait plus
le même à mon arrivée au' Port-au-Prince,
et que je pourrais respirer avec moins de
douleur; mais je fus trompé dans mon attente: les effets de cette cruelle maladie s'y
firent également ressentir, et j'eus le chagrin
d'y voir périr, de même qu'au Cap, la plus
belle et la plus intéressaute jeunesse.
Les nouvelles de la pacification avec les
nègres avaient déjà passé les mers, et nous
en avions la preuve dans la quantité de bàtimens européens qui mouillaient journellement dans nos ports et nous débarquaient un
nombre considérable de. passagers ; beaucoup de navires de la Nouvelle-Angleterre
arrivérent aussi, et nous ramenèrent la plupart de toutes les familles qui, depuis le
mier incendie du Cap en 1793, s'étaient prefixées dans cette ile, où plusieurs n'avaient
subsisté quc du produit de leur industrie.
Il manquait à la colonie un des établisse13 --- Page 108 ---
(98)
mens les plus utiles, qui de tous
àvait procuré les plus
temps nous
dont nous devions grands avantages, et
effets dans la
attendre les meilleurs
celui des
circonstance actuelle, c'était
gendarmeries. maréchaussées 2 autrement dites
Nos troupes
les villes et les bourgs les occupaient bien
dans l'intérieur des
plus voisins, mais
terres nous
cunes forces militaires et
n'avions aucas de
actives, et dans le
réprimer une
la
insurrection, maintenir
discipline sur les
forte aux
habitations, préter main
gérans et
sureté et en
habitans, garantir leur
imposer aux
néral en chef
malfaiteurs : le ges'occupa de
ce corps; la prudence lui Torganisation de
grands
faisant craindre de
de
inconvéniens, en ne comiposant
nègres, comme il l'avait été de que
temps (1), il arrêta qu'un même
tout
nos soldats égalerait celui
nombre de
dans chaque
de ces hommes
pris
compagnie. Les officiers
1 partie dans notre
furent
les jeunes habitans du armée, partie dans
pays, et dans les nègres
(1) Toutes nos maréchaussées
composées que de nègres ou mulâtres n'élaient autrefois
libres.
en ne comiposant
nègres, comme il l'avait été de que
temps (1), il arrêta qu'un même
tout
nos soldats égalerait celui
nombre de
dans chaque
de ces hommes
pris
compagnie. Les officiers
1 partie dans notre
furent
les jeunes habitans du armée, partie dans
pays, et dans les nègres
(1) Toutes nos maréchaussées
composées que de nègres ou mulâtres n'élaient autrefois
libres. --- Page 109 ---
(99)
ethommes de couleur qui s'étaient attirés le
plus de confiance.
Il était de la plus sage politique que les
blancs ne fussent pas seuls privilégiés, et que
les nègres et hommes de couleur ne se crussent pas humiliés, par leur exclusion de
toutes les places, et sur-tout des emplois militaires, auxquels leur vanité attachait un si
grand prix. Le général Leclerc conserva
donc le commandement à tous les nègres et
hommes de couleur qui, comme chefs des
différens quartiers du sud, avaient contribué
ày maintenir la tranquillité lors de notre arrivée; il en plaça également dans le nord et
dans l'ouest, et en adjoignit ensuite plusieurs,
tant à son état-major, qu'à celui de tous les
généraux de division de l'armée : par cette
conduite il flatta leur amour-propre, leur inspira la' plus grande confiance, > et augmenta
leur zèle et leur fidélité dans tous les services
que l'on pouvait en attendre.
Il était encore un point sur lequel ce général sentait non-seulement la nécessité de tranquilliser les habitans,, mais qu'il regardait
13 * --- Page 110 ---
- de IOO )
Ini-méme comme assez
toute son attention.
important pour fixer
sidérables
Malgré les renforts connotre
que nous recevions de
armée s'affaiblissait de
France,
tandis que celle des
jour en jour,
la moindre
nègres n'éprouvait pas
par le nombre dimninution; des
nous étions réduits,
alors dans les
malades que nous avions
état de leur
bôpitaux, à ne pas être en
opposer, en troupes de
pables de faire le
lignes cahommes avec
service, la moitié des
taquer et lesquels ils eussent pu nous atnous
que cette réflexion surprendre ; en supposant
craintes
ne dut autoriser aucunes
desirer réelles 2 au moins devait-elle faire
que des moyens fussent
venir à les dissiper. Le
pris pour parma toutes les
général Leclero calordonnant
inquiétudes à cet égard, en
que les troupes noires seraient incorporées avec les nôtres, après avoir
blement donné des
préalaaux nègrés de ces congés de retraite 2 tant
rait comme moins corps que l'on regardeen état de porterles
gu'à ceux qui l'accepternient
armes,
manière toujours à ce
volontiers, de
taillon le nombre de que dans chiaque bades
s'il
nos soldats égalât celui
leurs,
ne lexcédait
pas : les officiers
gard, en
que les troupes noires seraient incorporées avec les nôtres, après avoir
blement donné des
préalaaux nègrés de ces congés de retraite 2 tant
rait comme moins corps que l'on regardeen état de porterles
gu'à ceux qui l'accepternient
armes,
manière toujours à ce
volontiers, de
taillon le nombre de que dans chiaque bades
s'il
nos soldats égalât celui
leurs,
ne lexcédait
pas : les officiers --- Page 111 ---
Ior )
devaient ensuite
composer un corps particulier, connu sous le nom de Légion
aux ordres des généraux de division d'Elite,
mandant les
comdépartemens où ils se trouveraient, et faisant partie de leur
C'est vers la fin de messidor
état-major.
rent ces deux
que s'exécutéarrétés, tant sur la
des
formation
gendarmeries, que sur
ces troupes noires
l'incorporation de
avec les nôtres. Ilsemblait
que tous les moyens fussent alors
assurer notre tranquillité dans la prévus pour
nous faire espérer le retour
colonie, et
ancienne
prochain de son
splendeur : nous n'imaginions
que deshommes à qui tous les crimes avaient pas
été pardonnés, qui se trouvaient comblés de
toutes les faveurs du
gouvernement, et;
lesquels on avait franchi la distance du pour
et de la couleur,
rang
quoique la nature du
semblât faire une loi de cette
pays
pussent encore méditer les
différence,
projets les plus
sanguinaires, et préparer à la colonie
nouvelle subversion; ; rien ne semblait une
sager un pareil malheur
prépreuve de la
: je vais donner la
livrions.
sécurité à laquelle nous nous --- Page 112 ---
( 102 )
Le plus grand nombre des
navires marchands
capitaines des
peu dans la
qui étaient arrivés depuis
champ leurs colonie, au lieu de vendre sur-lefice, au pair marchandises à très-petit bénéquelquefois, même, comme cela arrivait
dans les denrées mettant toutes leurs espérances
geaient en retour, coloniales dont ils se charpetite partie au n'en vendaient qu'une trèsraient avec
comptant 5 ils se procupromptitude des sucres
cafés, avec lesquels ils
et des
leur batiment;
commençaient à lester
du chargement prenaient du frêt pour le reste
France, commandé ; renvoyaient leur navire en
et restaient dans la parle second capitaine,
colonie, où ils détailbâtimens
queces
Numierepa-areme
leur en
mêmes
Ne doit-on
apportassent une nouvelle.
qui sont confiés pas convenir que des hommes à
spéculent ainsi, d'aussi grands intérêts et qui
sont bien rassurés sur
tranquillité du pays dans lequel ils
la
etn'y éprouvent aucune
se fixent,
crainte?
Dans le nombre des habitans
arrivés de la
nouvellement
Nouvell-Angleterre, ceux qui
ens
queces
Numierepa-areme
leur en
mêmes
Ne doit-on
apportassent une nouvelle.
qui sont confiés pas convenir que des hommes à
spéculent ainsi, d'aussi grands intérêts et qui
sont bien rassurés sur
tranquillité du pays dans lequel ils
la
etn'y éprouvent aucune
se fixent,
crainte?
Dans le nombre des habitans
arrivés de la
nouvellement
Nouvell-Angleterre, ceux qui --- Page 113 ---
(1o3 )
avaient laissé des fonds dans ce
pays s'empressèrent del les faire
soit
les
revenirisi-Domingusy
pour
employer au rétablissement de
leurs habitations dans les plaines, soit
la reconstruction de leurs maisons
pour
dans les
villes;je puis, entr'autres, citer M.
bien connu pour avoir déplacé de Lefeure, CharlesTown, plus de cent mille écus
pour rétablir
sa sucrerie à la petite Anse, plaine du
et fait reconstruire plusieurs de
Cap,
ses
M. Depestre fit également revenir maisons; ;
lieu de très-fortes
du même
la
sommes, qu'il dépensa de
même manière.
Si des habitans, qu'une longue et
connaissance du caractère du
profonde
dû tenir en garde contre
nègre aurait
fausses
toute espèce de
mesures, et qui, par leurs malheurs
passés , étaient instruits à
moindre
prévoirjusqu'aux
dangers, 3 se sont trouvés assez en
sûreté dans la colonie pour faire à ce
le sacrifice des derniers restes deleur Pays
s'ils ont pu le croire assez
fortune;
l'abri de toute crainté
paisible et assez à
seuls
pour y tranisporter les
moyens quileur restaient, et les
cer d'un pays étranger où ils ne couraient dépla- --- Page 114 ---
(104)
aucun risque, n'est-il pas certain
de
hommes
que tels
approuvaient les opérations du
vernement, croyaient pouvoir
gouplus entière confiance.?
y donner la
J'ai cité le capitaine de navire
dont le commerce â
marchand,
mense; Phabitant Saint-Domingue est imrêts ne sont
propriétaire 2 dont les intépas moindres et dans
quel on ne devait craindre
l'esprit duJe vais parler du
aucune erreur.
bli en ce
négociant-marchand; étapays.Tous leurs actes
nonce de la sécurité
portaient lan-
; ils
le particulier, offrant
transigeaient avec
d'anciennes
pour la terminaison
affaires 7 des sacrifices soit en
argent, soit en denrées ;
ai
même une de cette
j'en
eu moiespèce avec la maison
Camfrancq, une des premières et des
riches du
plus
Port-au-Prince, dont
en réglement de
j'ai refusé
cafés. Toutes compte, trente milliers de
leurs lettres en France
vaient pour but que de rétablir
n'aciennes spéculations
leurs an-
: ils faisaient
avançaient de l'argent
plus, 7 ils
colonie, dont les
aux habitans de la
ximité
propriétés les plus à la proprésentaient de plus
promptes res-
q, une des premières et des
riches du
plus
Port-au-Prince, dont
en réglement de
j'ai refusé
cafés. Toutes compte, trente milliers de
leurs lettres en France
vaient pour but que de rétablir
n'aciennes spéculations
leurs an-
: ils faisaient
avançaient de l'argent
plus, 7 ils
colonie, dont les
aux habitans de la
ximité
propriétés les plus à la proprésentaient de plus
promptes res- --- Page 115 ---
(Io5)
sources ; une pareille conduite de la
d'hommes si attachés à leurs
part
intérêts, à
échappés des mains du
peine
nement meurtrier
nègre,sous le gouverduquel ils avaient si
temps souffert 3 était sans doute le témoi- longgnage d'approbation le plus flatteur
recevoir le
que pât
général en chef pour toutes les
peines qu'il avait prises dans son administration!
Quittons-nous] la colonie
d'oeil sur la France? Nous pourjeter un coup
commerce
y voyons toutle
ral les plus s'empresser sincères
d'adresser à ce génésible de voir dans cette félicitations. Ilesti imposcontrainte
démarche l'effet de la
1 ou la preuve de l'erreur dans
laquelle on eût pu être entretenu
n'est pas de négocians dans
2 car il
ne fussent à même de
nos ports qui
exacte de Saint
connaître la situation
-
Domingue, 2 soit par leurs
correspondans, soit par les capitaines des
bâtimens qui revénaient de cette
soit enfin, 2 par les milliers de lettres colonie
parvenaient, L'on disait et l'on
qui leut
de ce
écrivait donc
pays ce que l'on pensait, ce
dit et écrit
que j'ai
moi-même, bien éloigué de pré14 --- Page 116 ---
(106)
voir alors que de nouveaux
sitôt l'afliger encore.
désastres dussent
Il résulte clairement de
quele général Leclerc
tous ces détails
époque, des difficultés avait triomphé, à cette
avait eu à combattre sans nombre qu'il
qu'il était parvenu à depuis son arrivée ;
confiance dans
rétablir la plus grande
qu'il
l'esprit de tous les
n'y en avait pas un
habitans ;
ses espérances bien
qui ne crût alors
nât la preuve
fondées, et qui n'en dontions.
par sa conduite et ses opéraNous allons maintenant
sance des événemens
donner çonnaisnouveau
qui ont entrainé
Saint - Dominguc dans
de
nous exposerons ensuite les
sa ruine:
pu y donner lieu.
causes qui ont
Le mois de messidor, celui
des chaleurs
des plus
funeste à
en Europe, avait été le grannos troupes et aux
plus
vans. Les exemples
nouveaux arriles effets de la
que je pourrais citer sur
à peine
maladie,a cette époque, sont
concevables; un bâtiment arrive de
nouveau
qui ont entrainé
Saint - Dominguc dans
de
nous exposerons ensuite les
sa ruine:
pu y donner lieu.
causes qui ont
Le mois de messidor, celui
des chaleurs
des plus
funeste à
en Europe, avait été le grannos troupes et aux
plus
vans. Les exemples
nouveaux arriles effets de la
que je pourrais citer sur
à peine
maladie,a cette époque, sont
concevables; un bâtiment arrive de --- Page 117 ---
( 107 )
Bordeaux au Cap; huit jours après, de 48
passagers qu'il apportait 2 il y en avait 40
de morts ; plusieurs des européens qui vinrent ensuite, imaginant se sauver de cette
horrible contagion, en ne mettant pas pied
à terre, et passant du bâtiment dont ils débarquaient à bord du premier prêt à partir
pour France, en furent également atteints,
avant que celui qui devait les ramener
dans leur patrie eût eu le temps de mettre
à la voile. Nos navires marchands avaient au
plus conservé le quart de leur équipage; on
en était réduit à n'employer que des nègres
pour les travaux de la rade. Un navire suédois fut vendu au Cap après avoir perdu
capitaines 9 officiers, matelots, plus de cinquante hommes enfin, qui composaient son
armement, et dont il ne resta qu'un petit
mousse âgé de douze ans.
Nos malades étaient en si grand nombre,
qu'après avoir disposé de différentes cazernes
et magasins dans les villes pour en faire des
supplémens d'hôpitaux, ces mesures ne suffisaient pas à nos besoins ; tous les secours
que nous recevions de France avaient à peine
14* --- Page 118 ---
(108 )
le temps de
débarquer; plus les jeunes
annonçaient de forces et de
gens
étaient en
vigueur, plus ils
effets de danger, 3 plutôt ils ressentaient les
cette horrible maladie.
Au milieu de toutes les
nous donnait alors la colonie espérances que
blissement, la
sur son rétail était affreux consternation était générale;
d'y voir succomber
cruellement tant de malheureux
aussi
vaient pour en être les soutiens
qui arricelui qui n'a
: je doute
tacle aussi pas eu sous les yeux un que
idée
déchirant, puisse s'en faire specréelle; il faut avoir
une
loureuse situation
éprouvé notre doupour se la représegter.
A cette époque, mouillèrent
Port-au-Prince plusieurs
au Cap et au
du-Vent,
bâtimens des Ilesannonçant que ces colonies
tranquilles, et les nègres rétablis
étaient
ciennes lois ; on parlait même sous les angriers qui s'y étaient
de navires nèCes nouvelles,
pariaitement vendus.
fini d'individus, répandues par un nombre invais effet dans pouvaient être du plus mauparler
un pays où nous n'avions
d'esclavage, oit les hommés
pu
qui s'6-
et au
du-Vent,
bâtimens des Ilesannonçant que ces colonies
tranquilles, et les nègres rétablis
étaient
ciennes lois ; on parlait même sous les angriers qui s'y étaient
de navires nèCes nouvelles,
pariaitement vendus.
fini d'individus, répandues par un nombre invais effet dans pouvaient être du plus mauparler
un pays où nous n'avions
d'esclavage, oit les hommés
pu
qui s'6- --- Page 119 ---
(I 109 )
taient attachés à nous devaient s'en rapporter
à la sincérité de nos sentimens à leur égard,
et dans
lequel enfin, 2 les circonstances fàcheuses où nous nous trouvions nous
saient
faiune loi si impérieuse de maintenir
avec eux le plus parfait accord.
C'était encore une suite de notre mauvais
sort que ces nouvelles arrivassent précisément dans des temps aussi
malheureux, et
qu'il devint impossible de les empêcher de
circuler, Nous sentions bien qu'il était naturel que le gouvernement,
des erreurs commises empresséderéparer
par un faux
eut envoyé prendre possession de ces systême, iles à la
paix, et que les chefs chargés d'en commanderiles expéditions ; n'y rencontrant pas les
mêmes: obstacles qu'à Saint-Domingue
tendu que leur étendue et leur
(atdix fois
population est
moindre), se soient empressés
établir le seul régime qui pitleur
d'y
et y assurer la
convenir,
tranquillité; nous n'eussions
certainement pas craint ces nouvelles, et
nous fussions trouvés bien en mesure de les
recevoir, sans la destruction presque totale
de notre population. --- Page 120 ---
(11o)
Vers le milieu de
de nègres armés,
thermidor, une bande
Lamour Daivance, commandés par un nommé
des montagnes
paraît dans les hauteurs
Prince
qui avoisinent le
3 met le feu à
Port-autue les
plusieurs
gérans ou propriétaires habilations,
vaient, et emmène les
qui s'y trounouvelle,
cultivateurs. Cette
répandantlallarme dans la
délachement de
ville,un
300 hommes de troupes la
de ligne, , joint à
garde nationale,
sur.le-champ des
pour se mettre à la
part
insurgés; mais le mal était poursuite
que l'on ne
plus grand
de tels
Timaginait, et l'incendie faisait
les
progrès 2 que l'on en suivait des
ravages.
yeux
Les brigands
longeant la partie ouest de
Saint-Doningue, et se
lisière qui
rapprochant de la
sépare ce
du Sud, s'étaient
département de celui
à
emparés de la ville de
gane, 7 sept lieues de distance
LéoPrince,
du Port-au2 avaient forcé les habitans à
fugier dans un fort près du bord
se reincendié toute cette belle
de la mer,
compte plus de cent
plaine, où l'on
tous les cultivateurs. sucreries, 9 et insurgé
Saint-Doningue, et se
lisière qui
rapprochant de la
sépare ce
du Sud, s'étaient
département de celui
à
emparés de la ville de
gane, 7 sept lieues de distance
LéoPrince,
du Port-au2 avaient forcé les habitans à
fugier dans un fort près du bord
se reincendié toute cette belle
de la mer,
compte plus de cent
plaine, où l'on
tous les cultivateurs. sucreries, 9 et insurgé --- Page 121 ---
(III )
En possession de quelques canots
une descente nocturne dans l'ile
3 ils font
dont ils n'étaient
de la' Tortue,
qu'à une petite distance
surprennent dans la nuit un
mant un grand nombre de hôpital renferpeuvent réussir à faire
malades, et ne
aurait
le
autant de mal qu'on
pu
craindre, la garnison de
ile s'étant mise à leur
cette
ils avaient
poursuite;mais comme
insurgé tous les cultivateurs des
habitations qu'ils parcouraient, nos
eussent fini par succomber sous leur troupes
si le général en chef (instruit de nombre,
ment ) n'eût fait partir du
cet événeconsidérables
Cap des forces
qui, jointes à la
quittèrent l'ile qu'après la destruction garnison, ne
grande partie de ces rebelles.
d'une
Tout faisait craindre alors
une nouvelle
guerre, et dans quel Itemps, grand
nos
que
Dieu'Lorshôpitaux ne pouvaient contenir
nombre de nos
le
vions voir
malades, et que nous ne
un vaisseau mouiller dans pourades,sans en considérerles
nos
de nouvelles
passagers comme
laient
victimes, que peu de jours alsacrifier aux ravages de
Les mesures
l'épidémie.
que nous avions considérées --- Page 122 ---
(I12)
comme les plus sages et les mieux
vues pour le bonheur de la
précelles dont les effets
colonie, furent
funestes. Tous les nous devinrent les plus
gendarmeries,
nègres employés dans les
désertèrent dans la
généralité des deux
presque
et de
départemens du Nord
les l'Ouest; ceux qui avaient servi dans
régimens, et qui avaient eu des
de retraite,lors
congés
noires
delincorporation des
avec les
devinrent troupes
nos
nôtres,
également
ennemis, et se Tejoignirent dans
fuite à un grand nombre de leurs
leur
officiers.
anciens
La partie de l'ouest n'était
qui nous offrit dans
pas la senle
quartiers lespectacle quelques-uns de ses
effrayant du
et de lincendie; celle du nord
massacre
dans les hauteurs de
avait aussi,
de brigands,
Plaisance, des bandes
commandés par les nègres
Macaya, Silla et TÉvcillé, Dessalines
çoit l'ordre de quitter Saint-Mare
recompagner le
et d'acgénéral de division
dans une attaque contre ces
Brunet
et se trouve
insurgés; il obéit
chargé en chef de cette
tion, ce général étant tombé malade expédi- à Plai-
massacre
dans les hauteurs de
avait aussi,
de brigands,
Plaisance, des bandes
commandés par les nègres
Macaya, Silla et TÉvcillé, Dessalines
çoit l'ordre de quitter Saint-Mare
recompagner le
et d'acgénéral de division
dans une attaque contre ces
Brunet
et se trouve
insurgés; il obéit
chargé en chef de cette
tion, ce général étant tombé malade expédi- à Plai- --- Page 123 ---
(113)
sance. Il est strictement recommandé dans
cette affaireraux deux officiers Gran-Seigne
et Pulon 2 l'un et l'autre attachés à l'étatmajor du général Brunet, d'avoir l'oeil sur
Dessalines, et de ne pas le quitter.
Ce nègre justifia dans cette occasion tous
les témoignages de confiance que l'on paraissait lui accorder; il dispersa les ennemis des
montagnes 7 en tua un grand nombre, fit
pendre parmi eux, ceux qui annonçaient
jouir de plus d'autorité, désarma les cultivateurs ; et pour résultat final, envoya dans
nos magasins à peu-près dix-huit cents fusils
dont il s'était emparé, Cejrapport est exact et
tiré du compte qu'en ont rendu eux-mêmes
les oflieiers de l'armée qui J l'ont accompagné,
et dont les premiers devoirs étaient de surveiller ses actions : mandé au Cap par le général Leclerc, il en reçoit le meilleur accueil et parait avec éloge dans le premier
ordre du jour.
Les malheurs qui commençaient à affliger
de nouveau la colonie dans un moment où
nous avions si peu de troupes à notre dispo15 --- Page 124 ---
(114)
sition; et'à une époque où les chaleurs
daient les fatigues dela
renportables aux européens guerre presqu'insup:
chef-nègre l'attention
7 attiraient sur ce
générale, et sa dernière
expédition, dont on connaissait les
sur-tout pour ce qui concernait le succès,
ment, ne pouvait laisser croire désarmepas sincère dans les services
qu'il ne fût
dait de lui.
que l'on attenAu milieu de tous ces
tement du Sud était
dangers, 7 le déparétait
encore intact; ;
parvenu à repousser les
Laplume
avaient forcé le cordon de
brigands qui
les nègres
l'ouest et du sud;
employés dans enrégimentés, les
2 de même que ceux
avaient pas quitté gendarmeries, et
2 ne nous
être fidèles ; la
ne cessaient de nous
douceur
présence de leur chef, sa
etl'attachement
lui les avaient
qu'ils avaient pour
qui par
toujours retenus ; les soldats
congé ou licenciement s'étaient
giés sur les différentes
réfudans le même état de habitations 2 étaient
hommes de couleur
tranquillité, et les
au gouvernement continuaient à douner
et d'attachement. des preuves de soumission
ne nous
être fidèles ; la
ne cessaient de nous
douceur
présence de leur chef, sa
etl'attachement
lui les avaient
qu'ils avaient pour
qui par
toujours retenus ; les soldats
congé ou licenciement s'étaient
giés sur les différentes
réfudans le même état de habitations 2 étaient
hommes de couleur
tranquillité, et les
au gouvernement continuaient à douner
et d'attachement. des preuves de soumission --- Page 125 ---
(115)
Mais dans les départemens du Nord.et de
l'Ouest,les insurrections loin de diminuerp par
l'effet des craintes qu'auraient dû inspirer
les dernières exécutions ordonnées par Dessalines, augmentaient sans cesse. Le général
Leclerc est a-la-foisinstruit que dans le nord,
du côté du Port- de-Paix, le quartier des
Moustiques est totalement en révolte, tandis
que dans T'ouest, un chef nommé Bélair,
moteurd'une insurrection des plus étendues,
menace de troubler la tranquillité, non - seulement de toutes les montagnes des Verrites
et dela Petite-Rivière, mais encore dela belle
plaine de l'Artibonite ; le général ordonne au
général de brigade Boyer, de se porter avec
le général Clervaut (mulatre), dans les
bauteurs du Port-de-Paix, pour se joindre à
Maurepas qui y commandait, et charge ensuite Dessalines de l'expédition contre Bélair.
Ce chef-nègre, à la tête de la 4°. et de la
Se. demi-brigade coloniale, arrive le 16 fructidor au bourg de la Petite-Rivière 2 oùr il
apprend qu'une troupe de brigands descendue des montagnes 2 désole la plaine sous
15* --- Page 126 ---
(116)
les ordres d'un nommé
de brigade
Cotrean, ; le général
Diablanouski (
commandait le quartier des polonais), qui
demi-lieue de
Verrites 2 à une
Dessalines distance, avait avec lui la II".;
vient qu'il va s'entend avec ce général, et cond'attaquer marcher sur la plaine avant
Bélair dans les
che en effet contre
hauteurs;i il marlui le.18 du même Cotreau s qui se rend à
quilui sont donnés mois, et exécute les ordres
de
SPs nègres, et
dearmehsunieciamg
mandant de la d'envoyer leurs armes au comciers de notre armée. Petite-Rivière, un des offiDesalines,instruite dela
et de sa position dans les retraite de Bélair
dirige ensuite
hauteurs de
ses armes contre
Plassac,
et dans la journée du
lui, le cerne,
avec sa femme.
19 le fait prisonnier
Le 20, il les envoie l'un et
dant commandant
l'autre à l'adjunaives à
Huin, au
des
l'effet d'être
bourg Gopourle Cap, et demande embarqués de ce port
que ce chef rebelle soit au général Leclerc
de guerre, composé
jugé par un conseil
d'officiers de sa couleur,
urs de
ses armes contre
Plassac,
et dans la journée du
lui, le cerne,
avec sa femme.
19 le fait prisonnier
Le 20, il les envoie l'un et
dant commandant
l'autre à l'adjunaives à
Huin, au
des
l'effet d'être
bourg Gopourle Cap, et demande embarqués de ce port
que ce chef rebelle soit au général Leclerc
de guerre, composé
jugé par un conseil
d'officiers de sa couleur, --- Page 127 ---
(I II7 )
afin que son jugement puisse produire plus
d'impression parmi les nègres.
Il était difficile d'obtenir en si peu de
temps, 7 plus de succès que Dessalines en
avait eu. Quoique sa conduite fût soigneusement surveillée par les officiers chargés
de cette commission, rien n'avait été remarqué qui pût faire suspecter sa sincérité et
porter de la méfiance sur ses actions ; les
résultats étaient tellement en sa faveur, qu'il
ne paraissait pas aisé de les faire accorder
avec l'idée que l'on eut pu concevoir de
son intelligence avec nos ennemis: ; d'un côté,
nous voyions les rebelles qu'il combattait
désarmés, et leurs armes remises entre nos
mains, de l'autre, leur chef en notre pouvoir.
La colonie semblait néanmoins profiter bien
peu de ces dernicrs avantages , et les insurrections continuaient à se manifester dans
tous les quartiers avec la plus grande force
et de la manière la plus inquiétante.
Le général Rochambeau, réunissant au --- Page 128 ---
(118 )
Por-an-Prince le plus de troupes
avait été possible, avait
qu'il lui
à l'effet de
marché à leur tête
dans le sud porter une partie de ses forces
efforts
pour secourir Laplume, dont les
constans étaient
sion des brigands de l'ouest d'empécher l'invatement. Ce
dans son dépargénéral eut une
pour les fatigues, mais
campagne terrible
cultés qu'il
glorieuse par les diffisurmonta, et les
obtint sur nos ennemis. Il avantages qu'il
les postes les plus
parvint à dégager
tie de la colonie, importans dans cette parplus grand
et laissa à Laplume le
nombre de ses troupes.
Dans le nord, presque tous les
soulevaient à-la-fois.
quartiers s'y
Le 25 fructidor,
couleur, commandant Vernette, homme de
Marmelade,
à Saint-Michel et à la
écrit à Dessalines
plus urgent qu'il marche
qu'il est des
avec ses
pour secourir ces deux quartiers, troupes
un grand nombre de
cernés par
la route qu'il doit
rebelles, Jui indiquant
sa jonction.
tenir pour opérer avec lui
Dessalines marche à
se rejoint à Vemnette, et du 25
l'instant,
au 30, dégage
,
couleur, commandant Vernette, homme de
Marmelade,
à Saint-Michel et à la
écrit à Dessalines
plus urgent qu'il marche
qu'il est des
avec ses
pour secourir ces deux quartiers, troupes
un grand nombre de
cernés par
la route qu'il doit
rebelles, Jui indiquant
sa jonction.
tenir pour opérer avec lui
Dessalines marche à
se rejoint à Vemnette, et du 25
l'instant,
au 30, dégage --- Page 129 ---
(I19 )
ces deuxquartiers avec .
perte seulementd'une
quinzaine de ses soldats nègres; ; il continue
ensuite sa marche sur le canton d'Ennery,
olilbatégalement les brigands quis'y étaient
retirés, et fait fusiller deux chefs tombés entre
ses mains ; retourne de-là à Plaisance
des généraux Brunet et
auprès
Thouvenot, et reçoit l'ordre de se rendre au Cap auprès du
général en chef. Nous étions alors dans les
premiers jours de vendémiaire.
Le général Leclerc ne pouvait se conduire
avec Dessalines que d'après les rapports
lui en faisaient, non-seulement les
que
de l'armée, sous les ordres.
généraux
desquels il servait, mais les officiers employés dans les
expéditions qui lui étaient confiées, et
tous avaient des instructions
qui
pour avoir toujours les
particulières,
Le résultat de
yeux sur ses actions.
toutes les affaires dont ces
officiers rendaient
était
compte 7
tellement à
l'avantage de ce chef-nègre, tant par la destruction des brigands, que par les exemples
qu'il en faisait, et les armes qu'il leur
qu'il paraissait véritablement
prenait,
se livrer sans injustice (
impossible de
malgré les craintes --- Page 130 ---
(120)
que l'on en avait) à l'idée de le croire
pable de la plus légère trabison.
caCependant, à peine un feu semblait-il
paisé,qu'un autre éclataitavec plus de apet s'étendait avec
force,
rapidité; on eût cru qu'un
génie malfaisant enflammait les
tait la rage dans le coeur de
esprits, metque tout entr'eux
nos ennemis, et
annonçait le plus
accord
parfait
poursesoustraire? à notre
et se livrer aux plus horribles dépendance, excès.
Christophe n'avait figuré dans aucune expédition ; le poste qui lui avait été fixé le
tenait sans cesse en activité dans la
du nord, où il semblait
plaine
efforts contre les
employer tous ses
insurgés de cette
et des différents quartiers de
plaine 3
Limonade et du
T'Acul, de
Morne-Rouge.
Le général Leclerc chargea Dessalines
de tenter les voies de
chef de ces
négociation avec le
révoltés, appelé
et de se concerter à ce
Sans-Soucy >
sujet avec les
raux Brunet et Thowvenot ; mais cette géné- tentative paraissant impossible dans l'état où
plaine
efforts contre les
employer tous ses
insurgés de cette
et des différents quartiers de
plaine 3
Limonade et du
T'Acul, de
Morne-Rouge.
Le général Leclerc chargea Dessalines
de tenter les voies de
chef de ces
négociation avec le
révoltés, appelé
et de se concerter à ce
Sans-Soucy >
sujet avec les
raux Brunet et Thowvenot ; mais cette géné- tentative paraissant impossible dans l'état où --- Page 131 ---
- 12I )
étaient les choses, et le général Brunet étant
obligé de se transporter dans les hauteurs du
Port-de-Paix, où des massacres horribles venaient d'avoir lieu; Dessalines eut ordre de
quitter le nord, et de retourner dans l'ouest,
d'oul'on avait également reçu les nouvelles
les plus désastreuses.
Dans l'intervalle de toutes ces opérations
le sud n'était pas sans atteinte, * et les bri-' >
gands, quoique constamment repoussés par
Laplume et tous les chefs de cette partie
I parmi lesquels régnait toujours le meilleur
accord), n'en avaient pas moins forcé le cordon dans certains points, et fait différentes
excursions qui avaient couté la vie à plusieurs habitans, que la sécurité retenait encore sur leurs habitations.
A Jérémie, une insurrection arrêtée dans
sa source par la vigilance des habitans
donna lieu à l'arrestation du nègre Domage, 3
ancien commandant de ce
quartier, 7 qui fut
accusé d'en être Pauteur; la prise de ce
chefdévoila toute la trame, et produisit dans
le nord l'explosion subite de tous les chefs
qui étaient dans de même complot.
--- Page 132 ---
- 122 )
On apprit, dans la matinée du
miaire > que Clervaut, qui
21 vendéles avant-postes du haut du commandait tous
aux rebelles dans la
Cap, était passé
lui tous les soldats nuit, emmenant avec
mêmes postes
nègres employés dans ces
; un mulâtre
venu de France
nommé
avec
Pétion,
avait le grade de chef T'expédition de
2 et qui
accompagné,
bataillon, l'avait
Le général Leclerc avait
la nécessité
senti dépuis peu
villes de la d'organiser, dans les ptincipales
pitallégerle colonie, une garde nationale
service du militaire
qui
ter nos forces ; après avoir
et augmencelle du Cap, il donna ordre passé en revue
sarmer toutes les
d'arrêter et déencore en assez troupes nègres qui étaient
sur-tout à
grand nombre en ville, et
tion
larsenal;i il avait acquis la
que ces hommes avaient
convicgences avec les rebelles
des intellinos rangs
et ne restaient dans
l'ennemi que dans Pintention de
à la première
favoriser
attaque.
Cette mesure de stireté
ensuite au haut du
prise, il se rendit
Cap pour remplacer dans
en revue
sarmer toutes les
d'arrêter et déencore en assez troupes nègres qui étaient
sur-tout à
grand nombre en ville, et
tion
larsenal;i il avait acquis la
que ces hommes avaient
convicgences avec les rebelles
des intellinos rangs
et ne restaient dans
l'ennemi que dans Pintention de
à la première
favoriser
attaque.
Cette mesure de stireté
ensuite au haut du
prise, il se rendit
Cap pour remplacer dans --- Page 133 ---
(123)
les postes le vuide des soldats nègres qui les
avaient abandonnés. Il y avait lieu de
ser que Christophe et Paul Louverture penétaient dans la
qui
plaine, ne tarderaient
à devenir aussi nos ennemis; on sut
pas
en effet,
que dans la nuit du 21 au 22, ils s'étaient
rejoint à Clervaul, emmenant avec eux tous
les nègres qu'ils avaient pu rallier.
Le 22 se passa en dispositions prises en
cas d'attaque.
Dans la nuit du 23, les brigands arrivant
en masse 2 se précipitèrent sur nos avantpostes 2 forcèrent la barrière du Limbé (1),
gardée pari un corps de polonais, et ne furent
arrêtés que par les chasseurs de la garde
nationale, qui leur reprirent une pièce de
canon, dont ils s'étaient déjà emparés. Cependant comme les nègres affluaient sur eux
de toutes part, 7 il eût été difficile
tinssent
qu'ils soulong-temps de si terribles efforts, si
() Cette barrière, qui s'étend depuis le pied du
Morne jusqu'au bord de la mer, 2 défend P'entrée de
la ville.
16* --- Page 134 ---
(124)
le général en chefne fut arrivé
de bataille, à la tête de
sur le champ
des dragons du
son état-major et
se
Cap. Il charge les
jette avec fureur au milieu de brigands,
et donne par-tout
leurs rangs,
rageuse
l'exemple de la plus couintrépidité : les nègres
sont embarrassés de leur
épouvantés
butent en
nombre; ils se culfuyant, et
route des cris les
accompagnent leur déplus
ainsi que SC termina cette épouvantables; c'est
journée.
Le général
sujet
Leclerc, 2 voulant écarter tout
d'inquiétude sur les postes les plus
avantageux pour la sûreté de la ville du
Cap,ct craignant que Jes garnisons du
de-Paix et du
Portvassent trop faibles Fort-Dauphin, ne se troudes brigands,
pour résister à la réunion
donna l'ordre
mer de ces deux
d'évacuation par
places. Le général
qui s'était porté avec sa division Brunet,
hauteurs du Port-de-Paix,
dans les
dit
3 comme je l'ai
Christophe, précédemment, instruit de la révolte de
Clervaut et Paul
ne laissa pas à
Lowerture,
vre leur
Maurepas le temps de suiexemple, et le força à
pour le Cap avec la plus
s'embarquer
grande partie des
ister à la réunion
donna l'ordre
mer de ces deux
d'évacuation par
places. Le général
qui s'était porté avec sa division Brunet,
hauteurs du Port-de-Paix,
dans les
dit
3 comme je l'ai
Christophe, précédemment, instruit de la révolte de
Clervaut et Paul
ne laissa pas à
Lowerture,
vre leur
Maurepas le temps de suiexemple, et le força à
pour le Cap avec la plus
s'embarquer
grande partie des --- Page 135 ---
(125)
troupes nègres qu'il avait sous ses ordres.
Le 29 vendémiaire on sut que Dessalines,
qui était dans la partie de l'ouest, avait
tourné ses armes contre nous et attaqué.le
fort des Gonaives, défendu par nos troupes ;
qu'il n'avait pu s'en emparer, mais que nos
soldats avaient été forcés de l'évacuer et de
s'embarquer pour le Port-au-Prince,
Le 30 du même mois, le général en chef
tomba malade : l'état de guerre et de désordre dans lequel se trouvait de nouveau
Saint. - Domingue, furent des peines
sensibilité ne
que sa
put long-temps supporter; les
difficultés qu'il avait si récemment surmontées, ses espérances les mieux fondées et si
généralement partagées sur le rétablissement
de cette colonie, ne présentaient
plus-à sa
pensce que Ges souvenirs amers 3 il connaissait les dangers auxquels restait exposée la
réputation d'un chef dans toute affaire où le
succès trompe son attente; il savait que les
revers inattendus peuvent diminuer sa
autant que les hasards les plus heureux gloire,
tribuent àl
conT'augmenter;quel l'on ne veut
des faits que sur les
juger
résultats, et que la --- Page 136 ---
(126)
justice et Timpartialité
d'accès dans les
trouvent bien moins
la médisance. coeurs, que la méchanceté et
esprit
Dévoré par le
travaillant avec
chagrin, ) son
destruction
plus de
à
2 que la maladie progrès sa
faire par elle même, il
ne pouvait le
du Io au I I brumaire, 2 mourut dans la nuit
des dangers de son
n'ayant jamais parlé
état,
pour les ordres qu'il conservant sa raison
donner, et ne
croyait nécessaires à
sur la colonie, témoignant d'inquiétudes
que
Avant de contiouer cet
d'après les faits
ouvrage 3 je vais, 9
déterminer
que je viens
les causes, les rendre d'exposer, en
sensibles,ct m'efforcer de
s'il se peut
fixer
blique sur des événemens
Topinion pula calomnie ont tant
que Tignorance et
dénaturés.
C'est à tort que l'on
Dessalines fut le seul pourrait penser que
velle insurrection.
auteur de cette noupar les autres
Si elle n'eût été partagée
chefs, il aurait été trahi
détrompé sur le projet de
ou
désasire n'eût pas été aussi Tentreprendre; ; le
de causes différentes
général, et tant
n'y auraient pas con-
des événemens
Topinion pula calomnie ont tant
que Tignorance et
dénaturés.
C'est à tort que l'on
Dessalines fut le seul pourrait penser que
velle insurrection.
auteur de cette noupar les autres
Si elle n'eût été partagée
chefs, il aurait été trahi
détrompé sur le projet de
ou
désasire n'eût pas été aussi Tentreprendre; ; le
de causes différentes
général, et tant
n'y auraient pas con- --- Page 137 ---
(127)
couru avec le même accord.II n'est
douteux que les nègres ne s'y soient déterminés pas
par trois motifs bien puissans, et qu'il est
trop aisé de sentir pour se refuser à l'évidence. Le premier,
levéles
Pépidémic qui nous a enneufdixièmes des forces qui nous
été envoyées: ; ie second, les nouvelles
ont
annoncéle maintien de
qui ont
l'esclavage à la Martinique et à la Guadeloupe, de même
la
mise en vigueur des anciennes lois dans que
colonies ; le troisième enfin, les
ces
leur offrait le
secours que
gouvernement anglais, dont les
yeux n'ont cessé d'être fixés sur cette
dition, et qui s'est constamment efforcé expéempêcher le succès.
d'en
Que d'avantages n'avaient
rebelles dans
pas ces chefs
un pays d'une aussi
étendue, où tous nos
grande
moyens étaient
lisés, et par l'effet de
paramaladies
lépidémie et par les
2 gu'eussent seules produites les
fatigues de la guerre dans les plus
chaleurs de l'année ! Tous les
grandes
en
plés
entier d'hommes de quartiers, leur
peurecevaient leur seule influence. couleur,
vaient librement
Ils pouen diriger la conduite,
2 et --- Page 138 ---
(128)
la faire fourner à l'exécution de
complots.
leurs affreux
Onse persuadera sans peine
dition à notre
que leur redle résultat d'un gouvernement voeu
2 n'était pas
mé; Toussaint,
que leur coeur eût forsurpris comme je l'ai
parl l'apparition de notre escadre
dit,
de Saint-Domingue,ne
sur les côtes
il leut
put exécuter, comme
desiré, son plan de défense et de destruction, les moyens d'accord entre lui
ses chefs, n'étaient pas encore
et
nière dont ils l'eussent
pris de la maété, s'ils
vu notre arrivée. Notre
avaient préabandonna une partie de prompte apparition
à leur
ces mêmes chefs
propre résolution; les uns furent
midés par nos forces, qu'ils crurent
intisidérables
plus conqu'elles ne l'étaient en
tres furent séduits
les
effet; d'aufurent faites ; et les derniers par
offres qui leur
à la nécessité,
enfin, cédèrent
Cependant, , ces nègres après leur
mission à notre gouvernement
soudans une ile où ils avaient
7 revoyaient
loi, des hommes dont le long-temps fait la
rang et la couleur
pre résolution; les uns furent
midés par nos forces, qu'ils crurent
intisidérables
plus conqu'elles ne l'étaient en
tres furent séduits
les
effet; d'aufurent faites ; et les derniers par
offres qui leur
à la nécessité,
enfin, cédèrent
Cependant, , ces nègres après leur
mission à notre gouvernement
soudans une ile où ils avaient
7 revoyaient
loi, des hommes dont le long-temps fait la
rang et la couleur --- Page 139 ---
(r9)
rappelaient sans cesse à leur imagination le
souvenir de leur ancien avilissement ; s'ils
étaient flattés de notre accueii et de nos
égards, ils les attribuaient à des vues intéressées de notre part, et ne trouvaient dans
aucun de ces témoignages un motif qui
pit suffisamment les rassurer sur la crainte
que leur inspirait l'avenir. Il n'est donc pas
extraordinaire que, servis comme ils l'ont été
par les terribles elfets de l'épidémie, qui détruisait nos ressources à mesure qu'elles nous
étaient envoyces 2 effrayés des lois établies
dans nos iles voisines, qui mettaient sous
l'ancien joug des hommes de leur couleur, 2
etsourdement travaillés parla politique artificieuse d'un gouvernement ennemi, prêt à
leur offrir tous les secours 3 la trahison se
soit réveillée dans leur coeur. 2 et qu'ils en
ayent nourri le germe jusqu'au moment oil,
libres de toute contrainte, ils se sont empressés d'éclater. Aurions-nous eu ces malheurs
à redouter , sans Ja perte d'un aussi grand
nombre d'hommes?Les chefs nègres eussentils osé conspirer ? Toutes les précautions
que pouvait indiquer la prudence, n'eussentelles pas été prises pour leur en éter les plus
--- Page 140 ---
(130) )
Nos forces ne nous eussentlégers moyens? ?
de nos volontés; et
rendus maîtres
elles pas chefn'eit-ilt pas trouvélemoyen
le généralen
avec sûreté, ses projets,
d'accomplir alors 2
avait repoussés pour
qu'une sage politique
seul devait eflecet que le temps
le moment,
tuer ?
nouvelles relatives
J'ai annoncé que les dans les Tles-dudes nègres
préjuà Tesclavage été on ne peut plus
Vent, avaient
et que je les regardiciables à nos intérêts,
des causes de
comme une
dais également colon ou individu échappé
dire
nos désastresstout
peut
de Saint-Doningse, comme elles
au massacre ont produit, et
fait,
l'effet qu'elles y fixé l'attention sur un
ontsur-dechamp semblait si nécessaire à
dont le seul soupçon situation milheureuse et
écarter, dans la
réduisaient les pertes
affligeante oùl nous
continuyons d'éconsidérables que nous
prouver.
dont
et femmes de couleur,
Les hommes
avaient été perdus 2
les titres de liberté
de s'en prosurle-champ
s'empresstrent
, comme elles
au massacre ont produit, et
fait,
l'effet qu'elles y fixé l'attention sur un
ontsur-dechamp semblait si nécessaire à
dont le seul soupçon situation milheureuse et
écarter, dans la
réduisaient les pertes
affligeante oùl nous
continuyons d'éconsidérables que nous
prouver.
dont
et femmes de couleur,
Les hommes
avaient été perdus 2
les titres de liberté
de s'en prosurle-champ
s'empresstrent --- Page 141 ---
(13r)
curer de nouveaux, soit par leur extrait de
baptême, 2 dont ils cherchèrent à découvrir
lcs enregistremens., soit par tout autre acte
qui pût constater leur état civil. Comme
greffier en chef du tribunal de première
instance du Port-au-Prince,
7 je puis certifier que deux de mes commis, sans autres
occupations quelconques 2 ne purent suffire
pendant près de deux mois aux demandes
qui leur furent faites 2 et aux recherches
qu'elles nécessitèrent.
- Dans les villes 2 les nègres et négresses domestiques se rachetaient secrètement de leurs
anciens maitres, 7 ou de leurs fondés de pouvoir.
Dans les plaines, 2 les chefs des ateliers n'en
faisaient pas mystère, et parlaient hautement de leur prochaine servitude; M. de
Boisdabert, un de mes amis, habitant du
quartier des Gonaives, 2 fut du nombre de
ceux à qui ses propres nègres en firent Ia
confidence.
Quel avantage ne devaient pas retirer les
17* --- Page 142 ---
- a
(18).
nouvelles si impolitichefs rebelles, 2 de ces
avaient
répandues, et qureue-mémes
quement
Combien ne devaient-elles
soin d'accréditer!
à céder
les cultivateurs
tendre à disposer
aux noupas séduction, et à les entrainer faire comà la
voulait leur
veaux crimes qu'on
mettre !
Dessalines emIl ne faut pas croire que les moyens ordiles insurger,)
trop
ployat 2 pour resté trop en évidence,
naires 3 il serait de la trahison,et sa poliexposé aux effets offert assez de sécurité:
tique ne lui eût pas
qu'aux pres'était ouvert sur ses projets
dont les
il ne
des habitations hommiers commandeurs nombreux 3 ces
ateliers étaient les plus
il s'était assuré,
de la fidélité desquels la
et
mes 2
les nègres à révolte;
chargés d'exciter
leur cachaient
de leur procurer des armes, 9 ordres ils agisavec soin, par quels
sur-tout, était de Ja plus haute importance tousaient. 1l
les nègres le crussent
pour ce chef, que de notre gouvernement,
dans les intérêts
un mérite
jours
pût se faire à nos yeux n'étaient
afin qu'il
Ses victoires
de leur soumission. dans les expéditions pour
jamais douteuses
;
chargés d'exciter
leur cachaient
de leur procurer des armes, 9 ordres ils agisavec soin, par quels
sur-tout, était de Ja plus haute importance tousaient. 1l
les nègres le crussent
pour ce chef, que de notre gouvernement,
dans les intérêts
un mérite
jours
pût se faire à nos yeux n'étaient
afin qu'il
Ses victoires
de leur soumission. dans les expéditions pour
jamais douteuses --- Page 143 ---
(133)
lesquelles il était
l'incendie et les commandé; car, lorsque
surrection d'un massacres annonçaient l'inportait
quartier, 7 et qu'il s'y transpour en arrêter les effels, les
mandeurs araient déjà tout préparé
comsuccès; jusqu'aux victimes
pour ses
ber de
qui devaient tomélaient préférence sous les coups de ce tigre,
désignées
positions militaires d'avance, d'après les disaisément croire
prises à cet effet; on peut
qu'elles n'étaient
sies que parmi les nègres les
jamais choiblancs qui n'avaient pris les plusattachésaux
contrainte, ou parmi ceux dont armes que par
sait plus
on connaissulines. particulièrement la haine pour DesCe chef,
il savait surveillédans sa conduitecomme
fiance l'être, et jaloux de s'assurer la conqu'il lui était si important de
exerçait alors
mériter,
les nègresofferts courageusement à
sa rage contre
n'avait
mnis ses coups; ; ses soldats, qu'il
pas
dans sa confidence, suivaient
l'acharnement dont il leur
il les exposait même
domnaitfexemple;
mérité,
avec la plus grande tégnage de regardantleur plus de
mort comme un témoisa
sincérité.Lordre se réta- --- Page 144 ---
A
(134)
et Dessalines,
blissait ainsi par le carnage,
extermiaprès s'être montré comme dieu un ange de paix à qui
nateur, n'était plus qu'an
la remise'des
tout était soumis ; il ordonnait
les malarmes, sacrifiait dans les supplices et tout en
heureux tombés en son pouvoir 3 incendie, il
attisant le feu du plus terrible !
semblait tout faire' pour Yappaiser
ainsi pacifiés;
Des quartiers se trouvaient désordre, 7 et des
au
.
la tranquillité succédait considérions comme de la
affaires que nous
et Esurlesquelles était
plus haute importance, attention, se terminaient
fixée toute notre
5 qui revepour ce chef-nègre
Leglorieusement
auprès du général
nait ensuite au Cap
et de succès. Les
clerc comblé dhonneurs
de le suivre
officiers 2 de notre armée, chargés trouvé que les
et de T'observer, n'avaient faire de sa conduite ,
grands éloges à
à donner
plus
hautes recommnandations
et les plus
et à son dévouement.
à son courage
contribua le plus à éloiUn des traits qui
et à détruire la
gner de lui tout soupçon, fut sa conduite enméfiance qu'il inspirait.,
et de succès. Les
clerc comblé dhonneurs
de le suivre
officiers 2 de notre armée, chargés trouvé que les
et de T'observer, n'avaient faire de sa conduite ,
grands éloges à
à donner
plus
hautes recommnandations
et les plus
et à son dévouement.
à son courage
contribua le plus à éloiUn des traits qui
et à détruire la
gner de lui tout soupçon, fut sa conduite enméfiance qu'il inspirait., --- Page 145 ---
(135) )
vers len nègre Bélair, chefqu'il avait fait renommer comme un des plus marquans. Ce
nègre tomba aisément en son pouvoir ; remis
ensuite entre les mains de notre
ment, il porta sa tête sur un échaffaud, gouvernefut donné
et
pour exemple par Dessalines, afin
d'effrayer les conspirateurs.
Voilà le grand secret des trames odieuses
ourdies par ce malheureux, et si adroitement conduites pour notre destruction.
J'ai dit aussi que le gouvernement
avait été d'accord avec
anglais
nos ennemis pour
effectuer notre perte, et je crois sur ce
avoir bien peu de choses à dire
point
pour en don
ner la conviction. Il n'est pas besoin de raisonnement, pour faire croire à l'intérêt
vait cette puissance de
qu'as'opposer au rétablisment de l'ordre, dans la plus belle et la
productive detoutes les colonies
plus
qui existent.
Je ferai voir parlasuite, que le plus grand
nombre des armes que nous
brigands
primes sur les
: étaient anglaises ; que des
niers, sur lesquels on trouva des cartouches prison- --- Page 146 ---
-
(136)
qu'elles leur
ont déclaré
de cette nation 2 la
; et je citeenvoyées de Jamaique aide-deétaient enfin le colonel Rosse, premier en misrai
Rochambeau, qui, bâticamp du général
a déclaré que des
sion par ce genéral, mouillés dans le port
mens anglais étaient
en est officiel.
son rapport
des insurgés:
laisser
2 je crois 2
Ces détails ne peuvent les causes qui ont
doute sur toutes
des
aucun lieu à la nouvelle insurrection crois, du
donné
Domingue; et je
nègres à Saint- avoir sincèrement rendu
fond de mon coeur,
nos malà la vérité, en n'attribuant d'évéjustice
qu'à un concours
heurs sur cC point, aussi difficile de prévoir
nemens qu'il était dont les effets n'ont pu
d'empéchér,, et
d'un chef,qui
que atteinte à la réputation
les plus
porter
dans les circonstances
a bien prouvé
les plus périlleux,
alligeantes et les momens existence était le plus
la perte de son
qu'il eût desiré
que faible de tous les sacrifices à la
de
bonheur et
prospécité
de faire au
la colonie.
PARTIEFIN DE LA PREMIÈRE --- Page 147 ---
PRÉCIS HISTORIQUE
D E
LA DERNIBRE EXPÉDITION
D E
SAINT-DONINGUE
DEUXIÈNE PARTIE
Lrg général
Rochambeau, un des généraux
de division le plus
avantageusement connu
dans l'armée, fut celui désigné pour succéder au général Leclerc, 7 et dont le choix
parut être le plus agréable aux habitans.
La colonie était en deuil: les derniers evénemens y avaient généralement répandu la
tristesse et la consternation. L'intérêt, le mobile le plus cher dans un pays oùt tout est
sacrifié à la fortune et à l'ambition, ne présentait, sous tous ses rapports, que des réflexions pénibles et douloureuses ; chacun
voyait ses projets retardés, ses avances per18
clerc, 7 et dont le choix
parut être le plus agréable aux habitans.
La colonie était en deuil: les derniers evénemens y avaient généralement répandu la
tristesse et la consternation. L'intérêt, le mobile le plus cher dans un pays oùt tout est
sacrifié à la fortune et à l'ambition, ne présentait, sous tous ses rapports, que des réflexions pénibles et douloureuses ; chacun
voyait ses projets retardés, ses avances per18 --- Page 148 ---
-
V
(138 )
obstacles à surmonter.
dues, et de nouveaux n'était pas à un tel point
Cependant le mal
absolument sans reque nous le crussions
encore quelques
mède; nous appercevions la
de Saintd'espérance sur position
lueurs
désastres;
malgré ses affligeans
Domingue, 2
vers la France, nous
et, jetant nos regards voeux pour qu'elle ne
lui adressions tous nos des secours qui nous
cessât pas de continuer convaineu jusqu'ici,
avaient si paisamment
prenait à notre
et du tendre intérêt qu'elle efforts pour, nous prosort, et de tous ses
curer la tranquillité.
la totalité du département
Dans le sud,
dans le nord,
était toujours en notre villes pouvoir: du Capet du Môle,
nous avions les deux
rétablie et d'une
la première en grande partie : dans Touest,
tres-nombreuse population
et de
celles du Port-au-Prisce
nous avions
Saint- Marc.
fussent répandus
les insurgés
belle
Quoique
9 la
deux derniers départemens,
dans ces
à très-peu de distance
du Cul-de-Sac,
du
plaine
et les montagnes
du Port-an-Prince, --- Page 149 ---
(139 )
Mirebalais et des Grands-Bois étaient
en notre possession; ; on y avait même encore fait
passer quelques renforts afin deles
s'il était possible, des
préserver,
quels elles ne
pressans dangers auxpouvaient manquer d'être
promptement exposées.
Des gardes nationales bien
posées d'habitans et
armées, comeuropéens
et de nègres et hommes de couleur acclimatés,
libres, formaient
anciens
de forces aussi pour. nous un accroissement
que les
redourable pour nos ennemis
nières, troupes européennes; ; parmi ces der3 ceux de nos soldats qui avaient
échappé aux fureurs de
dires, qui
lépidémie, c'est-àaprès en avoir été
avaient pas succombé,
atteints, n'y
étaient
sans crainte sur les
désormais
dangers de cet horrible
fléau; leur sang avait perdu cette
sence bouillante et meurtrière,
effervessemblait naître le
, de laquelle
Ces
principe de la maladie.
hommes, bien précieux pour la colonie,
pouvaient en affronter le climat
durcir à toutes les
7 s'y enenfin
fatigues, et. se regarder
comme transportés dans une nouvelle
patrie,
18 *
étaient
sans crainte sur les
désormais
dangers de cet horrible
fléau; leur sang avait perdu cette
sence bouillante et meurtrière,
effervessemblait naître le
, de laquelle
Ces
principe de la maladie.
hommes, bien précieux pour la colonie,
pouvaient en affronter le climat
durcir à toutes les
7 s'y enenfin
fatigues, et. se regarder
comme transportés dans une nouvelle
patrie,
18 * --- Page 150 ---
A -
(140 )
Rochambean ne fut pas pluLe général
éminent auquel il était
tôt informé du poste
ets'emappelé, qu'il quitta le Port-au-Prince accueilli dans cette
barqua pourle Cap. Il fut
de conville avec les plus hautes marques
Si lon ne pouvait
fiance et d'attachement. premier chefd'un
juger de son mérite comme d'une qualité était
dans lequel plus
pays,
bien gouverner, lexpérience
nécessaire pour
moins
que, commemnilitaire,
avait au
appris
n'avait ouon lui devait des éloges; personne succès,
blié la part qu'il eut à nos premiers et dude nos troupes
lors du débarquement
nombre d'harant la première campague; existence à T'ardeur et
bitans devaient leur
il sut coila promptitude avec lesquelles sur le sommet des
duire sa colonne jusques
plus hautes montagnes.
d'intéressant dans
II ne s'était rien passé militaires, depuis la
le nord en opémations
mort du général Leclerc.
maitres de la chaîne des monLes révoltés, hau! du Cap, à une demi-lieue
tagnes du
établi plusieurs postes;
de la ville,y avaient --- Page 151 ---
(141) )
le général en chef fit dresser sur le plateau
de lhabitation Vertière, une batterie d'obusiers, avec lesquels il les força d'évacuer.
Cegénéral, profitant ensuite de l'arrivée de
quelques troupes fraîches, venant d'Europe,
fit marcher de nouveau contre les deux villes
du Fort-Dauphinet duPort-de-Paix, etchargea le général Clausel de cette double commission.
Ces deux places attaquées par mer, furent
enlevées sans difficultés.
Dans cette dernière circonstance, la conduite du général Rochambeau encourut la
plus sévère censure; oni n'imaginait
eût
pas qu'il
pu concevoir d'intérêt plus pressant
celui d'assurer la tranquillité des
que
quartiers
encore en notre pouvoir, et dont la conservation était d'un si grand secours et
le gouvérnement, et
pour
pour Phabitant propriétaire, et pour le commerce enfin, par le
nombre considérable d'affaires que la vente
de denrées qu'ils produisaient, maintenait
en activité,
la
plus sévère censure; oni n'imaginait
eût
pas qu'il
pu concevoir d'intérêt plus pressant
celui d'assurer la tranquillité des
que
quartiers
encore en notre pouvoir, et dont la conservation était d'un si grand secours et
le gouvérnement, et
pour
pour Phabitant propriétaire, et pour le commerce enfin, par le
nombre considérable d'affaires que la vente
de denrées qu'ils produisaient, maintenait
en activité, --- Page 152 ---
( 1 142 )
d'écri de douleur et
Iln'y eut donc qu'un de forces aussi imtonnement, sur T'emploi de la colonie qui
portantes dans une partie ressource pourla
plus aucune
ne présentait
sur - tout regretter
culture 3 on paraissait été envoyées' dans le
qu'elles n'eussent pas s'attendre aux plus grands
derait
porter
sud,onfon
des insurgés 7 pour
efforts de la part
dans ce département.
le ravage
de croire que le général
Il m'est impossible
aussi bien SaintRochambeau; connaissant critique et malheuDomingue, et la situation réduisaient les derniers
reuse à laquelle nous d'ailleurs par honneur
intéressé
événemens 2
à justifier les témoiet par amour-propre et d'affection qu'il
gnages de confiance
de tous les harecus
avait si nouvellement dans cette occasion 9
bitans 2 ait pu s'écarter desagesse et de prudence,
d'aucunes mesures
de faire céder
reproches
:
et sesoit expostaux de la colonie, ala satisfacles vrais intérêts
en France, par un
tion de faire connaitre
le Fort-Dauphin
que
du
de ses aides-de-camp, éracués par ordre
et le Port-de-Pais, avaient été repris sous son
général Leclero, --- Page 153 ---
(143) )
gourernement-,Je répète donc que je ne partage pas à cet égard l'opinion qui s'en est
généralement manifestée à Saint-Domingue,
et que je présume au coutraire que le FortDauphin a paru nécessaire à possérler
sa proximité avec la partie
2 par
espagnole, et les
facilités que ce port nous procurait
tirer de cette partie les animaux et bestiaux pour
nécessaires pour alimenter le Cap, le Môle
et l'ile de la Tortue, et que le Port-de-Paix,
la paru également, comme le poiut de terre
le moins éloigné de cette même ile, où était
établin notrehopital général.
Je vais entrer actuellement dans des détails que ma plume répugne à tracer, qui
réveillent en moi des souvenirs bien douloureux, et jettent le plus grand
ment sur
découragela tâche que je me suis imposée.
Je vais faire connaître des
été
fautes.qui ont
plus préjudiciables à nos intérêts,
n'eussent pu le devenir jamais les efforts que
constans de tous nos ennemis,
2 pour réaliser
en ce malheureux pays un systême complet
de ruine et de destruction.
J'ai déjà eu de fréquentes occasions de.
réveillent en moi des souvenirs bien douloureux, et jettent le plus grand
ment sur
découragela tâche que je me suis imposée.
Je vais faire connaître des
été
fautes.qui ont
plus préjudiciables à nos intérêts,
n'eussent pu le devenir jamais les efforts que
constans de tous nos ennemis,
2 pour réaliser
en ce malheureux pays un systême complet
de ruine et de destruction.
J'ai déjà eu de fréquentes occasions de. --- Page 154 ---
-
(144)
ont desiré
des mulâtres : ces hommes certains
parler
comme
rigalité à Saint-Domingue, révolution en France;
riches ont desiré la bien un changement
ces derniers voulaient qui pitles mettre au
dans le gouvernement le rang et la naissance
niveau de ceux que d'eux , mais ne consenclassaient au-dessus cela à devenir eux- mêmes
taient pas pour le monde,et à rien perdre
les égaux de tout de la considération que
de Timportance et
fortune. Les
leur donnait une très s-grande libres voulaient faire
mulâtres et hommes distinguait leur coutomber le préjugé qui
faire étendre auleur de la nôtre, mais sans
justes de
>
cunes des faveurs qu'ils croyaient le sort des nègres
solliciter pour eux, sur
la servitude
esclaves, dont ils regardaicnt intérêts qu'elle le
aussi utile à leurs
comme devenait aux nôtres.
Polverel et
Lorsque les commissaires la discorde, le fer
Sontonaz vinrent porter
colonie,
le feu dans cette malheureuse mainet
détruit le prestige qui
qu'ils y eurent âmes dans Tordre et lobéistenait 500,000 et chassé les propriétaires,
sance, poursuivi
liciter pour eux, sur
la servitude
esclaves, dont ils regardaicnt intérêts qu'elle le
aussi utile à leurs
comme devenait aux nôtres.
Polverel et
Lorsque les commissaires la discorde, le fer
Sontonaz vinrent porter
colonie,
le feu dans cette malheureuse mainet
détruit le prestige qui
qu'ils y eurent âmes dans Tordre et lobéistenait 500,000 et chassé les propriétaires,
sance, poursuivi --- Page 155 ---
(145)
soulevé les nègres contre leurs
maîtres, 2 et
planté l'arbre de la liberté comme le signal
de destruction de notre couleur, les pouvoirs
se divisèrent ainsi dans la colonie : la partie du sud, comme celle dont la populatida
était la plus considérable en hommes de couleur, devint le partage des mulâtres, sous
le commandement de Rigaud ; Toussaint
s'empara du nord, et les anglais eurent
outre les principaux ports et quartiers de 9
l'ouest, le Môle dans le nord, et. Jérémie dans
le sud. Ecrasés ensuite par les dépenses
leur occasionnait la conservation deleurs que
sessions en ce pays, et obsédés par ces deux poschefs, dont l'activité ne se ralentissait
ils trouvèrent plus avantageux de faire pas, 2
un
traité avec celui de leurs ennemis qu'ils regardaient comme le plus puissant, et déclarèrent leur choix pour Toussaint. C'est alors
que ce nègre formal le projet d'envahissement
de la seule partie de Saint - Domingue qu'il
lui restait à conquérir, et se porta à tous les
excès de fureur et de cruauté envers les
hommes de couleur que renfermaient le nord
et l'ouest ; se mettant ensuite à la tête d'une
--- Page 156 ---
V2
(146)
a
il alla offrir la guerre
armée nombreuse,
la colonie.
et le força de quitter
Rigaud
qu'il avait
et les précautions
des
Le temps
plus rien à redouter
prises pour n'avoir calmé sa fureur contre eux,
ayant
haute famulatres,
en assez
il en fit entrer une partie
les admettant
veur dans son gouvernement, des biens que ceux de
aux mêmes partages oublier enfin dans sa sésa couleur, et parut ressentimens. Mlais le feu
curité ses, premiers n'avait fait que couver dans
de la vengeance
à qui tant de vexale sein de ces hommes, exercées contre eux, raptions ct de cruautés de leurs familles , et nous
pellaient la perte duatrenpresmemmaentia
en eimesla preuve
età se rallier
à
nunbomerfoundiate
mirent
à nos drapeaux.
avoir contre les nègres
Nous ne pouvions meilleurs défenseursjusfidèles et de
cessé de
de plus
actuel, ils n'avaient
qu'au moment
signalés services, et nous
nous rendre les plus
d'un massaere
certainement garanti
à des
avaient
abandonnant pas,
genéral, en ne nous
erte duatrenpresmemmaentia
en eimesla preuve
età se rallier
à
nunbomerfoundiate
mirent
à nos drapeaux.
avoir contre les nègres
Nous ne pouvions meilleurs défenseursjusfidèles et de
cessé de
de plus
actuel, ils n'avaient
qu'au moment
signalés services, et nous
nous rendre les plus
d'un massaere
certainement garanti
à des
avaient
abandonnant pas,
genéral, en ne nous --- Page 157 ---
(I 147)
époques où l'épidémie qui régnait sur notre
couleur, ne nous laissait presque que leurs
bras. pour soutien.
Quoique Dessalines et ses autres chefs
nous eussent trahis 2 ces mêmes hommes
n'en demeurèrent que plus ardens dans.nos
intérêts, plus attachés à la destruction des
rebelles et au rétablissement de la colonie,
supportant avec courage et résignation les
pertes cruelles que ces nouveaux malheurs
venaient de leur occasionner, et la pauvreté
à laquelle ils les réduisaient ; nos intérêts,
nos devoirs, nous faisaient, - 2 sans doute, une
loi de la justice et de Phumanité envers eux;
eh bien! nous les avons forcés à devenir nos
ennemis ; après les avoir réduits à la rage et
au désespoir, Oil les a vus, la torche à la main,
incendier leurs propriétés, et demander la
mort, plutôt que de rester. sous notre joug.
Ce tableau.de désolation n'a pas été général,l les mêmes motifs n'ont pas existé dans
toutes les parties de la colonie; dans le lieu
seul oùt ils ont été
victimes, 2 ils ont arboré
la révolte;le Sud estle malheureux départe19' --- Page 158 ---
(148)
sur eux;
ment où la barbarie s'est cédaient appésantie qu'au sentiet la preuve qu'ils ne leur arrachait invoment de vengeance que conduite à leur égard 2
fontairement notre Nord et de POuest, qui
c'est que ceux du mêmes plaintes à former, 2
a'avaient pas les
ne prirent
les mêmes injustices à reprocher, ne leur étaient
part a des injures qui
aucune
et résistérent, jusqu'au la
pas personnelles 2 efforts constans de
dernier moment 2 aux
à s'unir à la
séduction, pour les engager
même cause.
d'habitans qui ne
Je sais qu'il est peu horreur les époavec
doivent se rappeler profitant des désordres
ques où les mulâtres,
s'emparer de l'aude Saint-Domingse pour
pour exercer
torité,n'en ont fait usage que
et des
couleur des persceutions
sur notre
différentes de celles que
cruautés bien peu
aux nègres 5
reprochons aujourd'aui
ni
nous
n'est ni par attachement,
je sais que ce
ni par aucune cause
par pureté de principes, justement exciter notre
qui puisse peut-être se sont dévoués à notre
Recosnnbsutacepaeihi sont décidés que par pur
parti, et qu'ils ne s'y
'en ont fait usage que
et des
couleur des persceutions
sur notre
différentes de celles que
cruautés bien peu
aux nègres 5
reprochons aujourd'aui
ni
nous
n'est ni par attachement,
je sais que ce
ni par aucune cause
par pureté de principes, justement exciter notre
qui puisse peut-être se sont dévoués à notre
Recosnnbsutacepaeihi sont décidés que par pur
parti, et qu'ils ne s'y --- Page 159 ---
(149)
motif d'intérêt personnel, attrait bien
sant chez tous lcs hommes; mais
puisn'arrivions à Saint - Domingue enfin, nous
reprendre le pouvoir d'entre les que pour y
mains de
nos ennemis. II ne pouvait exister de circonstances plus heureuses pour
que de
voir nos armées s'augmenter nous, d'une
d'hommes aussi nombreuse
classe
ce n'était sûrement
que la leur, et
pas dans le moment
nous en recevions de vrais services,
que
devions intenter un
quenous
duite
procès sur leur conpassée. D'ailleurs, quelle était la nécessité de sacrifier les intérêts de la colonie
à l'envie de satisfaire d'anciennes
ctdenes'attacher
haines,
qu'à faire
et l'animosité dans tous les revivrel'aigreur
de rétablir
coeurs, au lieu
Taccord, par l'oubli des maux
passés? N'avons-nous pas vu notre
ment ne rendre la tranquillité à la gouvernequ'en éteignant toutes les
France, 2
et ralliant les
passions, calmant
esprits, et présentant enfin un
régime de justice, de douceur et de modération, à bien des hommes qui n'avaient
fité de l'anarchie dans des
proreux, que
temps malheupour se Jivrer aux excès les
criminels !
plus --- Page 160 --- (150)
parla seule. raiJe fais ces observations, dernièrement dans la coson quejai comnu de personnes disposées
lonie beaucoup trop ressentiment envers les
à n'écouter que leur intérêt etleur streté
mulâtres, quoique leur tous les jours,P plus
rendissent,
petsonnelleleur
nous en avions; qu'elles
sensiblele besoin que
sur le maintien
sussent combien ils influaient
Saintdans le Sud ; qu'à de la
de la tranquillité
les trois quarts
Marc, ils composaient ville et des plaines 5 qu'au
population de la
défaut de forces suffiPor-au-Priuce, 2 à
les plus imporsantes, nos forts et nos postes
dans les
leur étaient confiés, et que
la
tans
ils formaient
plaines et les montagnes,
consgénéralité des détachemens
presque
contre les insurgés.
tamment envoyés
si récemment maLes craintes qu'avaient de la colonie sur le dénifestées les habitans
pas à se juspartement du Sud, ne tardèrent des Cayes aul
tifier. Un caboteur (1) parti
oùt Pon apprit que les insurgés,aprts
moment
bâtimens légers, faiCapilaine de ces petits
(1)
de la côle.
sant le coinmerce
es,
consgénéralité des détachemens
presque
contre les insurgés.
tamment envoyés
si récemment maLes craintes qu'avaient de la colonie sur le dénifestées les habitans
pas à se juspartement du Sud, ne tardèrent des Cayes aul
tifier. Un caboteur (1) parti
oùt Pon apprit que les insurgés,aprts
moment
bâtimens légers, faiCapilaine de ces petits
(1)
de la côle.
sant le coinmerce --- Page 161 ---
(15r) )
y avoir pénétré et s'être emparés de l'Anse-àVeau, Miragouane et le Petit-Trou, avaient
égorgé tous les habitans de ces quartiers,
arriva au Cap, et jeta, par ce rapport, l'allarme dans toutela ville. Quoique Laplume,
toujoursfidèle ; qui commandait en chef ce
département depuis le départ du général
Deburredu, 2 n'eût encore rien pu faire parvenir d'officiel-à cet égard, le général Rochambeau, 7 sur le point d'effectuer une
tournée auMôle et à la Tortue pour y visiter
les hôpitaux, ne s'empressa pas moins de
faire partir sur-le-champ 500 hommes
porter des secours dans ce département:nous pour
étions alors dans les premiers jours de
viose 1803.
pluDurant son absence du Cap, qui fut très
courte, nous eûmes le détail de ces malheureux événemens 1 et des causes elfroyables
qui les avaient occasionnés : le mulâtre Bar
det, commandant le fort Bizoton lors du
débarquement de nos troupes dans la partie
delerest,aquinous devions la prise du Portau-Prince, 5 le salut dela ville et des habitans
qu'elle renfermait, et par suite la conserva- --- Page 162 ---
(152)
avait été arrêté au PetitTrou,
tion du sud; 7
Darbois, et noyé dans
par ordre du général commandait la gendarmela même nuit. Il ayant préféré ce comrie de ce quartier, le réunissait à sa famille
mandement > qui de ses proptiétés 2 au grade
etle rapprocbait auquel l'avait élevé le
de chef de brigade Un acte de despotisme et
général Leclere. arbitraire, produisit surde cruauté aussi
de tous les hommes
le-champ le soulèvemeut mêmes quartiers 2 qui
de couleur de ces
bande d'insurgés du
furent se réunir à une
distans des linord et de Touest, alors peu fondre sur nous en
mites du sud, et vinrent desmêmes nègres contre
désempérés,a la tête toujours, et depuis si peu
lesquels ils avaient
leur haine et leur
de temps encore; prouvé
acharnement.
demande si lon ne devait pas éprouver
Je
indignation, en apprenant
la plus profonde à qui nous avions le plus
qu'un des hommes étaitmort de la main de ceux
dobligations, il avait sauvé la vie!
à qui peut-être
raisonnables, poliQue de motifs justes,
et vinrent desmêmes nègres contre
désempérés,a la tête toujours, et depuis si peu
lesquels ils avaient
leur haine et leur
de temps encore; prouvé
acharnement.
demande si lon ne devait pas éprouver
Je
indignation, en apprenant
la plus profonde à qui nous avions le plus
qu'un des hommes étaitmort de la main de ceux
dobligations, il avait sauvé la vie!
à qui peut-être
raisonnables, poliQue de motifs justes, --- Page 163 ---
(153 )
tiques même, s'élevaient contre une mesure
aussi barbare! Le mulâtre 2 naturellement
ombrageux, défiant, susceptible au dernier
degré,a besoin, de notre part, des témoignages
delaplus extrêmeloyauté:
sa
deslemomentque
confiance cesse, P'harmonie est détruite,
aucun acte ne lui parait sincère, aucun
cédé ne le rassure, il ne voit enfin dans pro- nos
démarches que fausseté et trahison.
Que de réflexions, en effeti, ne dut pas
faire naître en ces hommes un événement de
cette nature ! Celui de Jeur couleur dont la
conduite avait été proclamée avec le plus
d'enthousiasme, et dont il semblait qu'ils se
fissent honneur de partager la gloire, destiné
à périr aussi cruellement, l'avenir ne leur
présentait plus que des craintes, et leur ôtait
jusqu'à l'espoir de nous donner jamais des
témoignages suffisans de zèle et de fidélité,
qui pussent les mettre à l'abri d'une autorité
aussi tyrannique et aussi arbitraire.
Je ne dis pas qu'il soit impossible que
Bardet ait trahi notre gouvernement après
l'avoir si bien servi ; mais je crois que dans
--- Page 164 ---
4e:
(154)
en eut été
et après que la conviction
ce cas,
établie,il
bien évidemment et pulbliquement intérêts que sa condevenaitnéesnire à nos
qu'elle lui
et la recomaissance
aux
duite passée, lui fissent trouver grâce
avait métitée,
à qui cette cirdu chef de la colonie, de s'attacher,
yeux constance eût offert Foccasion et du prix
T'exemple de la bienfaisance hommes dont
par
au service, des
qu'il accordait devenaient si utiles, et qui
les secours nous
faire penpouvaient, en nous abandonnant, du côté de nos
cher la balance des forces
ennemis.
au mal le remède néMais loin de porter
tellement aggravés,
cessaire, nos torts se sont ensuite de sauver
qu'il est devenu impossible
nous
dont la conservation Saintun département
maintenus à
eût, sans aucun doute, ennemis.
Domingue en dépit de nos
de jours après le reLe 28 pluviose, peu chef, vint mouiller
tour au Cap du général dans en la rade de cette
nne frégate anglaise encore en paix avec cette
ville : nous étions même nuit nous sommes
puissance; ; dans la
porter
tellement aggravés,
cessaire, nos torts se sont ensuite de sauver
qu'il est devenu impossible
nous
dont la conservation Saintun département
maintenus à
eût, sans aucun doute, ennemis.
Domingue en dépit de nos
de jours après le reLe 28 pluviose, peu chef, vint mouiller
tour au Cap du général dans en la rade de cette
nne frégate anglaise encore en paix avec cette
ville : nous étions même nuit nous sommes
puissance; ; dans la --- Page 165 ---
(155) )
attaqués par Ics negres, qui, profitant de
l'obscurité pour se soustraire à la vigilance
de nos soldats dans nos avant-postes, étaient
venus à travers les montagnes fondre sur le
fort Bel-Air, à peu de distance du Cap, s'en
étaient emparés et avaient égorgé toute la
garnison; se portant ensuite sur la barrière
Bouteille, qui est la seule.qui défende l'entréc de la ville, ce poste important était également tombé en leur pouvoir; ils ne l'occuperent néanmoins que peu de temps., en
ayant été chassés par un fort détachement
qui accourut pour les en débusquer,
Le général Rochambeau avait fait baftre
la générale et rassemblé le plus de forces
possibles : il donne ordre au commandant de
bataillon de la garde nationale, Cagnet, de
marcher contre les insurgés à la tête de trois
de ses compagnies 7 et de leur joindre celle de
la gendarmerie maritime.
On avait les plus vives
inquiétudes sur
un de nos hôpitaux, peu distant du fort BelAir, et qui n'avait d'autre protection
celle de ce fort; ; le commandant
que
Cagnet vole
20 * --- Page 166 ---
(156)
secours des malheureux
avec sa froupe au renfermait cet hépital ; les
sans défense que
la torche à la
accouraient en foule,
Inattennègres y
ou ils'y présente.
main, au moment
l'expose une gréle
tif aux dangers auxquels dirigée contre lui du
de balles et de mitraille qu'à délivrer tant de
fort Bel-Air, il n'aspire meurtrières prètes à les
victimes des mains
aux efforts des
sacrifier, s'oppose par-tout
et
incendier cet établissenent, de
insurgés pour
maitre du champ
enfini à rester
ses succès et
parvient bataille. Cet officier, animé par donne ensuite le
le courage de ses troupes, soldat sent sa force
signal delassaut: : chaque
qui les
son ardenr 3 le Morne-à-Pic avec une
égaler deleurs ennemis, est gravi
arrèsépare
danger ne peut
promptitude qu'aucun tout cède à leurs efforts,
ter; dans un instant
et le poste est en notre pouvoir.
chef, à la tête d'une colone,
Le général en
attaquer les inle Morne pour moment oule
contournait dans ce même fort, au
d'assaut;
surgés commandant Cagnet s'en emparait et cernés
poursuivis de toute part dans leur
les nègres,
éprouvèrent
-par nos avant-postes,
est gravi
arrèsépare
danger ne peut
promptitude qu'aucun tout cède à leurs efforts,
ter; dans un instant
et le poste est en notre pouvoir.
chef, à la tête d'une colone,
Le général en
attaquer les inle Morne pour moment oule
contournait dans ce même fort, au
d'assaut;
surgés commandant Cagnet s'en emparait et cernés
poursuivis de toute part dans leur
les nègres,
éprouvèrent
-par nos avant-postes, --- Page 167 ---
(1 157 )
fuite une perte considérable; plus de 180 fusils, tous de fabriques anglaise,
massés dans ce fort et dans les furent raun grand nombre de cartouches environs ;
même nation furent
de cette
gibernes des
aussi prises dans les
nègres morts sur la place.
Peu d'instans après fut conduit
mandant
au comCagnet, un chef nommé
que nos soldats avaient fait
Monfort,
nègre déclara
prisonnier : ce
se seraient que Christophe et Clervaut ne
pas hasardés dans cette dernière
entreprise 2 s'ils n'eussent
lèvement
compté sur un sougénéral de la part des nègres domestiques ct ouvriers de la ville,
manquaient ni d'armes ni de
qu'ils ne
que Christophe avait
munitions, 2. et
de cartouches
recu six mille paquets
la veille du jour où la
anglaise mouilla dans la rade du frégate
faits sont notoires, et
Cap. Ces
le commandant
peuvent être certifiés par
Cagnet ( depuis
adjoint à l'état - major du
capitaineaujourd'hui de retour
général en chef),
en cette capitale.
Peu de jours après cette
instruit au Cap de la suite attaque, on fut
des affaires du --- Page 168 ---
-
(158) )
les efforts et les succès du
sud et combien
étaient insuflisans pour
général Laplume des maux que nous nous
balancer Pénormité
et qui préparaient
faisions à nous-mêmes,
Tabime où nous allions nous plonger.
à la tête de toutes les troupes
Ce général,
s'était empressé
qu'il avait pu rassembler 2 aller chasser les
de quitter les Cayes pour
et repreninsurgés de dessus son territoire, 9
indien leur possession 2
dre les quartiers
Darbois,
au général
quant en même-temps les routes par lesà Jérémie, 2
commandant
conduire sa colonne 7 pour
quelles il devait
opérer avec lui sa jonction.
Laplume ne senIl est peu douteux que
que
aussi vivement et douloureusement
tit
de nos derniers malheurs,
nous 2 les causes
des mocru devoir se contenter
mais ayant
allégués le général Darbois
tifs que lui avait
il en avait simplejustifier sa conduite,
; la
pour informé le général Rochambeau la
ment
comme nègre, jetait
couleur de ce chef,
toutes ses actions, et
plus grande timidité sur dont il était revêtu,
-faisait céder l'autorité
que
aussi vivement et douloureusement
tit
de nos derniers malheurs,
nous 2 les causes
des mocru devoir se contenter
mais ayant
allégués le général Darbois
tifs que lui avait
il en avait simplejustifier sa conduite,
; la
pour informé le général Rochambeau la
ment
comme nègre, jetait
couleur de ce chef,
toutes ses actions, et
plus grande timidité sur dont il était revêtu,
-faisait céder l'autorité --- Page 169 ---
(159)
aux égards qu'il avait pour les officiers de
notre armée, quoique placés sous son commandement. Cette pernicieuse considération'
nous fit perdre les avantages inappréciables
que procurent souvent les mesures les plus
sévères 9 lorsqu'exereées dans le moment où
elles doivent l'être 2 aucun retard ne peut
les rendre ensuite inutiles et infructueuses.
Ce général eut dans sa campagne tous les
succès qu'il pouvait desirer, sa petite armée
se trouvant renforcée de 5oo hommes
lui
avait envoyés le général
que
Rochambeaut, et qui
débarquèrent à Miragouane au moment où
il en reprit possession ; la colonne du genéral
Darbois, dont la marche s'était effectuceavec
promptitude, se rejoignit également à lui, et
contribua à assurer nos
avantages sur les
insurgés, qui furent en peu de temps chassés
de l'Anse-a-Veau et du Petit-Trou, le
ral Darbois, à la tête denos 5oo hommes géné.
de
ligne, 7 eut ordre de les poursuivre hors des
limites du sud, ce qu'il exécuta.
Peut-être nos maux ne se fussent-ils
étendus plus loin, et
pas
eussions - nous encore --- Page 170 ---
- a
(s6)
dans
de maintenir la paix
trouvé le moyen
les esprits fussent
ce dépa arteient, 1
quoique de la dernière injustice qui
fortement aigris
le général Laplume en il
s'y était commise, douce espérance : mais
concevait la plus détrompé sur ses desirs
ne tarda pas à être de nouveau d'opposer
à cet égard, et obligé dévouement à des malsoa courage et son les mêmes causes que
heurs occasionnés cherchions par
si ardemment à
celles que nous
faire oublier.
a
qu'il vénait de faire 7
Durant Tespédition chargé du commandePofficier qui restait et de son arrondisenent,
ment des Cayes
Prosper et Brachai,
faitareterles mulâtres partiedesl shommes
dememequelar plus grande
de cette
la gendarmedie Phomme
qui composaient
dans la nuit;
ville, et les fait noyer
commandant larde couleur Desravines, habitant de ce
rondissement des Coteaux arrêté 9 avec son fils
quartier 7 est également
et fusillé le même jour.
mulâtre Ferrou 7 riche
C'est alors que le
auprès duquel les
de la colonie,
propriétaire
les mulâtres partiedesl shommes
dememequelar plus grande
de cette
la gendarmedie Phomme
qui composaient
dans la nuit;
ville, et les fait noyer
commandant larde couleur Desravines, habitant de ce
rondissement des Coteaux arrêté 9 avec son fils
quartier 7 est également
et fusillé le même jour.
mulâtre Ferrou 7 riche
C'est alors que le
auprès duquel les
de la colonie,
propriétaire --- Page 171 ---
(16r)
insurgés du nord et de l'ouest avaient
ployé tous les moyens d'artificé et de séduc- emtion pour l'engager dans leur parti, et
n'avait fait usage de l'influence
qui
sur les hommes de
qu'il avait
rendre leurs liens
sa couleur, que pour
plus étroits et plus fermes
avec nous et le gouvernement, devient dès
l'instant même un de nos ennemis les
plus
inplacables, et entraîne dans sa révolte, nonseulement tous les mulâtres et nègres libres
de son quartier, mais même tous
Port-Salut,
ceux du
commandés par un nommé Juste
Vancol,
Ferrou, maître de la vie de tous les blancs
qui habitaient ces quartiers, les réunit à l'instant, etaprès leur avoir exposé les
tifs desa:
justes morebellion, ne se porte à d'autres
cès contre eux que de les faire
exaux Côteaux et de les
embarquer
il se
renvoyer aux Cayes;
transporte ensuite à la tête de ses forces
sur Phabitation Drouet,
ville.
peu distante de cette
Le général Laplume, instruit de
veaux
ces noudésastres, et prévoyant lesinquiétudes
--- Page 172 ---
-
(162 )
habitans des
elles deraient laisser les
à Acquin
où
embarquera
Cayes, fait tsurede-champe de son monde pour y
la plus grande partie et part avec sa cavalerie
des secours,
après toutefois
porter rendre par terre s
de ne laispour s'y
Darbois
avoir fait dire au général nombre de ses troupes dans
certain
et de faire
ser qn'un nouvellement repris, afin de se
les quartiers regagner Jérémie,
diligence pour
de conserver cette partie
mettre en mesure
quila menagaient.
encorei intacte des dangers pour les Cayes par
dans sa route
rendus
Il est rejoint de cette ville, qui s'étaient escorte.
les dragons de lui pour renforcer son
au-devant
fut de
soin à son arrivée, 7 les derSon premier qui avait ordonné
mander Toflicier
de connaitre les causes
nières esscatianalino à de telles mesures ; à
avaient pu le porter reçut, conforme
qui
qu'il en
Darbois
mais la réponse faite le général
déjà
seulement
celle qu'avait semblable ; accusait
dans un cas
avec les insurgés.
de complicité
les justiciés
douloureux de me perIl me serait trop
malheureux ne
suader que ces événemens
avait ordonné
mander Toflicier
de connaitre les causes
nières esscatianalino à de telles mesures ; à
avaient pu le porter reçut, conforme
qui
qu'il en
Darbois
mais la réponse faite le général
déjà
seulement
celle qu'avait semblable ; accusait
dans un cas
avec les insurgés.
de complicité
les justiciés
douloureux de me perIl me serait trop
malheureux ne
suader que ces événemens --- Page 173 ---
(163 )
sont pas résultés de motifs d'accusation réellement fondés, et que celui par l'autorité duquel ils ont eu lieu, n'a pas été convaincu
qu'il n'exerçait dans cette occasion qu'une
vengeance bien méritée; cependant, je n'en
répéterai pas moins 2 que les moyens qu'il
a employés ( en supposant que ces hommes
fussent coupables), sont atroces, barbares,
impolitiques, j'ose dire plus, injurieux pour
le gouvernement sous lequel ils se sont commis.
Les choses étaient en cet état dans ce département, 7 lorsque les nouvelles en parvinrent au Cap.
Le général en chef, se trouvant trop distant des deux parties de Pouest et du sud,
sur lesquelles son attention devait être plus
particulièrement fixée, décida que son quartier - général se transporterait au Port - auPrince. Le 23 ventose 2 il s'embarqua pour
cette ville, après avoir ordonné que les premiers vaisseaux de guerre ou transports
d'Europe qui mouilleraient dans la rade du
Cap,fi fussent surlechanpenoyfedant le sud.
21 * --- Page 174 ---
(164)
vivement
Les habitans du nord parurent affaiblisafiligés d'une détermination qui, hommes la posant de près de douze cents
d'autant
du Cap, devait augmenter
;
pulation
dans ce département;
l'audace des insurgés
également comme
le commerce la regardait devant y perdre beaunuisible à ses intérêts, de la consommation,
coup sous le rapport
le peu de denrées
et craignant ensuite que
encore fourcoloniales que le sud pourrait Cap, où la vente
nir, ,au lieu d'être portées au
entretenu
qui s'en fût faite, y eût toujours ne s'exporcertain courant d'affaires, 2
le
un
comme port
tassent au Port-au-Prince, afflueraient de préde la colonie dans lequel d'Europe, attendu la
férence les bâtimens
dans cette partie.
résidence du gouvernement
mêmes raisons qui avaient contribué furent
Les le deuil sur la ville du Cap,
du
à jeter
durent rassurer les habitans Rocelles- qui
à T'arrivée du général et
Port-au-Prince cette satisfaction douce
chambeau; mais sécuritéaprès des momens
réelle qu'inspirela devenir bien faible end'allarmes, finit par n'est plus et que nout
suite, quand le danger
férence les bâtimens
dans cette partie.
résidence du gouvernement
mêmes raisons qui avaient contribué furent
Les le deuil sur la ville du Cap,
du
à jeter
durent rassurer les habitans Rocelles- qui
à T'arrivée du général et
Port-au-Prince cette satisfaction douce
chambeau; mais sécuritéaprès des momens
réelle qu'inspirela devenir bien faible end'allarmes, finit par n'est plus et que nout
suite, quand le danger --- Page 175 ---
( 165 )
eessons de nous y croire exposés.
nos seuls
Occupés de
intérêts, nous ne pouvions
notre imagination du
distraire
heurs récens les
souvenir de nos malavaient donné ;
dernières affaires du sud
esprits,
un coup plus mortel à tous les
que ne l'avait fait la révolte de
salines et de
DesChristophe. Les ravages affreux
delépidémie, joints aux autres circonstances
que j'ai rapportées, nous avaient
façon préparés à l'effet des
en quelque
avions sur ce premier
craintes que nous
dire aussi
événement ; je pourrais
que l'état de doute
nous ne cessions d'entretenir allarmant que
de ces hommes,
sur la sincérité
auxquels nous
toujours le desir de nous faire soupçonnions du mal
n'attendre
et de
que l'occasion la plus favorable
pour l'effectuer
souhaiter
7 allait jusqu'à nous faire
sition
un changement dans notre
2 quels que fussent les
ponous dussions en courir.
risques que
répète encore, notre
Mais autant, je le
chait de cefte
imagination se rappropremière crainte, autant elle
s'éloignait de l'idée
ves
qu'après toutes les
qu'avait subi le sud, et les
épreunous avions d'être assurés
raisons que
tous les hommes
de la fidélité de
qui Phabitaient, nous dus- --- Page 176 ---
(166) )
de la colonie
sions jamais voir cette partie que les deux
exposée aux mêmes ravages dussent trouver
autres, et que tant de maux fautes 2 pour ne
leur cause dans nos propres
moins méme servir d'une expression
pas
nagée.
écoulés depuis celui
Peu de jours s'étaient en chef au Port-aude l'arrivée du général
la prise du
Prince, lorsque nous apprimes Cette ville,
petit Goave par les insurgés.
du
autrefois partie du département d'afaisant
à conserver,
Sud, paraissait importante port fort utile aux
bord, par un très-beau extrême- proximité
nègres, ensuite par limites son du sud. Delpèche,
avec! les nouvelles dont P'attachement pour
homme de couleur,
jamais démenti, en
les français ne s'était
c'est avec
avait conservél le commandements chef de couleur comlui et Nerette, autre également dévoué à nos
mandant à Acquin,
eut, à Cavaillon, la
intérêls, que Laplume parlé dans le commenconférence dont jai
cement de mon ouvrage.
abandonné par les trois quarts
Delpèche,
es son du sud. Delpèche,
avec! les nouvelles dont P'attachement pour
homme de couleur,
jamais démenti, en
les français ne s'était
c'est avec
avait conservél le commandements chef de couleur comlui et Nerette, autre également dévoué à nos
mandant à Acquin,
eut, à Cavaillon, la
intérêls, que Laplume parlé dans le commenconférence dont jai
cement de mon ouvrage.
abandonné par les trois quarts
Delpèche, --- Page 177 ---
(167 )
de la garnison, composée en grande partie
de nègres et mulâtres, n'eut que le temps de
quitter cette place et de s'embarquer
le Port-au-Prince, avec le peu de soldats pour
blancs qu'il avait sous son commandement.
Le 7 germinal, le général Rochambeau
voulut tenter de reprendre cette place, et
donna le commandement de
l'expédition au
colonel Netervood , commandant de sa
garde: : une jeune et jolie créole, à laquelle
ce militaire était déjà fiancé, était le
réservé aux efforts de son
prix
courage après cette
dangereuse entreprise.
Le vaisseau le Dugay-Trouin, à bord
duquel s'embarquèrent les troupes, mouilla
le même jour dans la rade du petit Goave et
canonna la ville 3 les nègres lévacuérent,
après l'avoir incendiée. , et se retirèrent dans
un fort dont l'extrême élévation et
de la position, comme n'étant dominé l'avantage
aucune hauteur, laissait entrevoir de
par
difficultés pour s'en emparer.
grandes
Le 8, les troupes débarquèrent
P
; peut-être --- Page 178 ---
-
7A
(168 )
militaire qui les commanle jeune et brave
entraidait s'est-il laissé trop promptement etn'ade son courage,
ner aux impulsions médité sur les difficultés qu'il il
t-il pas assez
de vaincre,
avait à surmonter : impatient faite pour éloigner
toute mesure
diminuer les
regardait moment de l'action et en
à son
le
comme aussi injurieuse
dangers, 3
douloureuse au mouveamour-propre que sûr de ses troupes, et
ment de son coeur 3
sentimens sur la
croyant lire ses propres soldats, il céda enfin
figure de chacun de ses
et donna le
bouillante elfervescence
à sa
signal d'assaut.
les détails d'une affaire
Je m'épargaerai ont été si afligeans pour
dont les résultats
composaient cette exnous ; les troupes qui
pas seulement en
ne consistaient
nationaux du
pédition, mais en gardes
les
militaires 1
qui rivalisèrent avec
Port-an-Prince, 2 aussi chèrement qu'eux
soldats, et payèrent
tous les officiers
leur courageux dévouement; dangereusement blessés ;
de la garde furent
ne survécut que peu
le colonel Netenvood
de jours.
afligeans pour
dont les résultats
composaient cette exnous ; les troupes qui
pas seulement en
ne consistaient
nationaux du
pédition, mais en gardes
les
militaires 1
qui rivalisèrent avec
Port-an-Prince, 2 aussi chèrement qu'eux
soldats, et payèrent
tous les officiers
leur courageux dévouement; dangereusement blessés ;
de la garde furent
ne survécut que peu
le colonel Netenvood
de jours. --- Page 179 ---
( 169 )
Cet affreux revers donna autant d'audace
et d'arrogance aux insurgés, qu'il occasionna
de regrets et de douleur dans la ville.
Le IS du même mois, une petite division
arrivant de France, sous les ordres de l'amiral Bedout, mouilla dans la rade du Portau-Prince et nous apporta près de deux mille
hommes. Au milieu de toutes nos peines
nous avions la consolation de voir
la 3
France ne nous abandonnait
que
pas;il se passait
rarement quinze jours, qu'un envoi plus ou
moins fort ne succédât à un autre, etle général Bedout n'avait fait voile pour le Port-auPrince, que parce que d'autres troupes, arrivées précédemment au Cap depuis le départ
du général en chef, avaient été envoyées dans
le sud, 7 conformément aux ordres
avaient été laissés.
qui y.
Le général Brunet, rappelé du Mole
remplacer le général FFatrin, mort peu pour de
temps après son arrivée, eut ordre de partir
sur-le-champ pour le sud, et fit voile du
Port-au-Prince le 15 du même mois, avec
les troupes de cette division qui n'étaient
encore débarquées,
pas
--- Page 180 ---
(10)
le mulâtre Ferrotl, après avoir
J'ai dit que hommes de couleur des Côinsurgé tous les
avait fait embarquer
teaux et du Port-Salut, habitans blancs de ces
pour les Cayes les
et s'était
quartiers tombés en son pouvoit, Drouel,
ensuite sur Thabitation armée
transporté
de cette ville; son
à peu de distance
augmentée 2 nonsy était considérablement
des museulement de la presque généralité adjacens, mais
latres de tous les quartiers soldats et officiers
aussi de tous les anciens n'avait encore séduits,
nègres, qu'aucun parti n'avaient point apporté de
et qui jusqu'alors
troubles dans le département.
dont nous recevions
Le général Laplume, >
de fidélité,
chaque jour de nouvelles preuves n'avait pu ébranet que nulle considération
le plus de
avait rassemblé aux Cayes
Ferrou
ler,
disponibles pour attaquer chasser de
troupes
il parvient à le
dans son camp S le force ensuite à se réfugier
ses ppsitions, et
après avoir dispersé ses
dans 1 S montagnes,
troupes.
du nord et de l'ouest,
Alors les insurgés
lume, >
de fidélité,
chaque jour de nouvelles preuves n'avait pu ébranet que nulle considération
le plus de
avait rassemblé aux Cayes
Ferrou
ler,
disponibles pour attaquer chasser de
troupes
il parvient à le
dans son camp S le force ensuite à se réfugier
ses ppsitions, et
après avoir dispersé ses
dans 1 S montagnes,
troupes.
du nord et de l'ouest,
Alors les insurgés --- Page 181 ---
(171)
commandés par les nommés Cangé et Geffrard, se rejoignent à Ferrou, redescendent
en grand nombre dans la plaine, et attaquent
nos postes avec des forces si supérieures,.
que nous sommes promptement obligés de
les évacuer et de nous replier sur la ville;
où nous rentrons dans le plus grand désordre. Profitant bientôt de l'état de crainte et
d'allarme dans lequel les derniers
avantages
qu'ils venaient d'obtenir, 2 avaient jeté les habitans des Cayes, ils se hâtent d'attaquer
cette ville,après avoir préalablement sommé
Laplume de la rendre : mais
ment battus et repoussés dans 7 chacune complettede
leurs tentatives pour s'en
leurs forces
emparer, 3 voyant
se diminuer par les pertes qu'ils
avaient éprouvées, et craignant que les secours que nous pouvions recevoir d'un moment à l'autre, ne nous missent à même de
les attaquer de nouveau et de reprendre la
plaine, ils, s'empressèrent de détruire toutes
les ressources que nous devions en espérer,
en insurgeant lcs cultivateurs et en incendiant
toutes les habitations. On vit ces hommes
sacrifier au desir de la vengeance leurs inté22* --- Page 182 ---
(173)
eux-mêmes
rets les plus chers, et promener habitations.
la torche sur leurs propres
arrivé de France eau
Le général Sarrazin, forces qui avaient précédé
Cap', avec. les Bedoul, ayant fait voile
celles de l'amiral
à la tête de ces mêmes
le sud;
de ce port pour monillé à la pointe de Tiburon
troupes, avait
et n'était débarqué que
le premier germinal,
en campagne : son
pour entrer sur-le-champ Jes insurgés des quartiers
but était d'éloigner
et de
en7
Jérémie,
parcourir
qui avoisinaient lieues pour se rendre aux dut'
suite vingt-cing
ce qu'il
Cayes. On peut se représenter et dans des
souffrir à travers les montagnes, subsister que
ou ses troupes ne purent
nuit et
pays
et restèrent exposées
du maronage,
de leurs ennemis. Cegéjour aux attaques néanmoins à effectuer rcette aunéral parvint
et fut rejoint par Ladacieuse entreprise, la nécessité de faire
plume, qui, sentant diviser l'attention et les
une sortie qui pit se mit à la tête d'une
efforts des insurgés,
et rentra
marcha à sa rencontre,
colonne,
avec lui aux Cayes.
ou ses troupes ne purent
nuit et
pays
et restèrent exposées
du maronage,
de leurs ennemis. Cegéjour aux attaques néanmoins à effectuer rcette aunéral parvint
et fut rejoint par Ladacieuse entreprise, la nécessité de faire
plume, qui, sentant diviser l'attention et les
une sortie qui pit se mit à la tête d'une
efforts des insurgés,
et rentra
marcha à sa rencontre,
colonne,
avec lui aux Cayes. --- Page 183 ---
(173)
Les révoltés du nord et de l'ouest, ayant
pénétré dans le sud et ne faisant plus
même
qu'une
cause avec les mulâtres et nègres libres de ce département, qui avaient euxmêmes entraîné dans leur parti, non-seulement les anciens soldats et officiers noirs réformés, mais encoreles ateliers sans nombre
de toutes les habitations 7 on devait regarder comme bien inutile et infructueux tout
effort pour parvenir à la pacification.
Nous conservions encore intacte la
dance de Jérémie; mais à quels dangers dépen- n'était-elle pas exposée, et pouvions-nous croire
qu'il nous devint jamais possible d'empêcher
la révolte et la flamme d'y pénétrer,
les insurgés
lorsque
qai ne pouvaient porter à-la-fois
leurs ravages sur tous les points, 2 se réuniraient pour y commettre les mêmes horreurs
que dans tous les autres !
Cange et Geffrard, chefs de cette méme
bande de révoltés du nord et de
s'étaient
l'ouest, ne
joints à Ferrou qu'après avoir forcé
les différens postes établis pour la garde du
cordon > obligé le colonel Hurto qui les --- Page 184 ---
(174) )
commandait, à 'se replier sur TAnse-h-Veatt, Mirales' petits endroits 7 tels que
attaqué
Saint-Louis et Cavaillon,
gouane, Acquin, n'étaient pas morts vicoù les habitans qui
trouvé de
times de leur barbarie, 7 n'avaient évacuation, et
salut que dans une prompte
de toules
enfin les cultivateurs
avoir insurgé
des
habitations, tant des plaines que
les
montagnies.
choses étaient en cet état déplorable
Les
le général
dans ce département, 7 lorsque du Port-auBrunet, parti le 15 germinal dit, arriva le
Prince, comme je lai déjà
3 même mois à Jerémie.
20 du
sur-le-champ par mer, un exIl dépécha
lui faire part de son
près à Laplume, 2 pour la distribution de ses
plan de campagne, de
opérer avec
Torces, et de tous ses efforts pour colonnes
Ildevait formerdeux
Jui sa jonction.
points différens,
qui, faisant route sur deux continuelle aux révoloffriraient une guerre de terrein qu'ils OCtés, dans toute rétendue jusqu'aux Cayes;
cupaient depuis Jérémie ensuite les-monces deux colonnes, quittant
un exIl dépécha
lui faire part de son
près à Laplume, 2 pour la distribution de ses
plan de campagne, de
opérer avec
Torces, et de tous ses efforts pour colonnes
Ildevait formerdeux
Jui sa jonction.
points différens,
qui, faisant route sur deux continuelle aux révoloffriraient une guerre de terrein qu'ils OCtés, dans toute rétendue jusqu'aux Cayes;
cupaient depuis Jérémie ensuite les-monces deux colonnes, quittant --- Page 185 ---
(175) a
tagnes pour retomberdans la plaine de Torbec, devaient s'y réunir à une grande
detoutes lestroupes de la ville,avec
partie
Laplume serait venu à leur rencontre. lesquelles
formément àl l'annonce de ces
Congénéral Brunet ordonne
dispositions, le
que 500
sous lecommandement du
hommes,
commandant Mafrant, formeront la première colonne et
tiront de Jérémie en suivant la route de par- Plimouth, tandis que le reste des troupes s'embarquera pour Tiburon, d'où elles se, mettront en route, pour suivre les mêmes chemins
déjà parcourus par le général Sarrazin;
tant ensuite lui-même
parpour Tiburon, il
resta que le temps nécessaire pour hâter n'y
cette
expédition, qu'il confia au général
passé de France avec ces mêmes polonais,
troupes, et
s'embarqua pour les Cayes ; mais à peine futil arrivé qu'il apprit la mort de ce dernier
chef, et fit partir l'adjudant
commandant
Cercley pour aller le remplacer.
Le général Sarrazin était en plaine à la
tête de 600 hommes, attendant
ment que les deux colonnes
impatiemle général Brunet,
annoncées par
descendissent des mon- --- Page 186 ---
a (176) d'agir offensiet le missent à même
dont
tagnes,
Jes révoltés; mais ce plan,
vement contre tant de succès, avait été plus
on se promettait qu'il ne devint aisé à exécufacilement conçu
desirées, eusi ardemment
dire
ter : ces troupes, malbeureux, et je puis
rent le sort le plus
pour nos espérances.
le plus décourageant
Cercley, après
L'adjudant - commandant forces laissées à
s'être mis à la tête s'était des joint un certain
Tiburon, auxquelles avait bien passé le petit
nombre d'habitans. S, distant de douze lieues
bourg des Côteaux, avoir rencontré de diffide Tiburon, sans Varrèter; mais Ferrou,
cultés qui pussent
s'était porté à sa reninstruit de sa marche, considérables, les avait
contre avec des forces
et fortes embusdistribuées en nombreuses des hauteurs et dans
cades, et placces sur
des bois et lavandes endroits où lépaisseur rendaient nos efforts contre
tage des positions Les polonais, bons soldats
eux bien difficiles.
l'assaut d'un fort,
bataille rangéc ou pour
occasion 7
en
pas plus en cette
pusne prouvèrent fait en tant d'autres, qu'ils de
qu'ils nel'ont
pour cette espèce
sent égaler nos troupes
et fortes embusdistribuées en nombreuses des hauteurs et dans
cades, et placces sur
des bois et lavandes endroits où lépaisseur rendaient nos efforts contre
tage des positions Les polonais, bons soldats
eux bien difficiles.
l'assaut d'un fort,
bataille rangéc ou pour
occasion 7
en
pas plus en cette
pusne prouvèrent fait en tant d'autres, qu'ils de
qu'ils nel'ont
pour cette espèce
sent égaler nos troupes --- Page 187 ---
(I77)
guerre; la couleur des hommes qu'ils avaient
à combattre, 1 leurnombre, les cris épouvantables dont ils accompagnaient chacune de
leurs attaques, et par-dessus tout, la nature
du terrein qui laissait au milicu des montagnes tant de diflicultés pour se défendre de
leurs pièges meurtriers, étaient en général
autaut de circonstances qui, soit par leur
nouveauté pour les polonais 7 soit par les
dangers certains qu'elles
présentaient, causaient leur déroute en toute rencontre. Dans
cette dernière affaire, 9 le plus grand nombre
fut tué, blessé, ou fait prisonnier, et le commandant Cercley 7 obligé non - seulement
de faire une très-p prompte retraite aux Coteaux, dont il était déjà à quelque distance,
mais d'y embarquer avec célérité les tristes
débris de son armée, sur de petits bâtimens
légers qui avaient eu ordre de longer la côte
jusqu'aux Cayes.
La colonne sous les ordres du commandant Mafrant, composée de ces mêmes troupes, n'avait pas été plus heureuse, et fut, à
près de 15 lieues de Jérémie, complettement
--- Page 188 ---
(178)
womnézoacTauis
battue parun chefnègre,
réuni des
Frangois, qui avait également Pattaquer, et qui
forces considérables pour moyens en semant
s'était servi des mêmes nombre et s'emparant
des embuscades sans
Le comles plus avantageuses.
petit
des positions
retraite au Corail,
mandant MaframtSt
de Jérémie, avec
bourg de la dépendance
et la douconsidlérablee en hommes, un de ses
une perte
de n'avoir pu sauver del l'6leur profonde
informé
blessés. Ferrot, promptement et de celle des habivacuation de nos troupes grande diligence
tans des Côteaux, fit la plus son armée dans
pour conduire surle-champ et des Cayes, etlà, ses
les plaines de Torbec
#augmenter,
forcesdevant considéretlenent facile de cerner les 600
il pouvait lui devenir
le général Sarrazin
hommes commandés par
S mais les géet de les faire tous prisonniers; instruits de nos
néraux Brunet et Laplume,
les dangers
derniers désastres, et présumant firent une
courir ce général,
purent
que pourrait
avec tout, ce qu'ils
sortie des Cayes
et arrivant à temps
rassembler de troupes, dans la ville avec
rentrèrent
pour le dégager, renfermièreat.
l'armée et s'y
lui devenir
le général Sarrazin
hommes commandés par
S mais les géet de les faire tous prisonniers; instruits de nos
néraux Brunet et Laplume,
les dangers
derniers désastres, et présumant firent une
courir ce général,
purent
que pourrait
avec tout, ce qu'ils
sortie des Cayes
et arrivant à temps
rassembler de troupes, dans la ville avec
rentrèrent
pour le dégager, renfermièreat.
l'armée et s'y --- Page 189 ---
(179)
C'est ainsi que se sont terminés nos efforts
dans cette intéresstnte partie de la
et que des secours
colonie,
nombreux, sur
nous
lesquels
croyions si justement fonder nos espérances, ont plus servi à augmenterTorgueil
de nos ennemis, qu'à nous
procurer aucun
avantage réel, dont nous puissions nous féliciter : nous étions alors dans les
jours de floréal.
premiers
Ilne s'était rien passé dans l'ouest durant
ces tristes événemens. Les révoltés, intéressés
à détruire les quartiers soumis et
d'abord
conservés,
pour nous priver de nos
ensuite
ressources,
pour ajouterià leurs forces, avaient
porté la plus grande partie de leur armée
dans le sud, pour y faire les ravages dont
nous venons de parler, et ne s'étaient
pés d'aucun des deux autres
occudépartemens.
La plaine du Cul-de-Sac,
7 avoisinant le
Port-au-Prince, et les quartiers des GrandsBois et du Mirebalais continuaient
jours à nous donner des
donc tourevenus.
Dans le nord, la ville du Cap, contre la23* --- Page 190 ---
(180)
du général en chef;
quelle ; depuis le départ ne renouvelassent
que les nègres
o1l craignait
tranquille;
Jeurs atfaques 2 était parfailement établi, sur les difféClausel avait
cette
le général principaux qui contournent
rens points grand dnombrede. Blok-Honses,
ville.ananers
construites
au'rement dites muisonsforls, certaine hauteur,
jusqu'a une
le feu, et
en méconrerie Ton pit y mettre
pour éviter que mais d'une épaisseur a résisle reste en bois, du canon : Jes hommes ss'y
ter méme à Peffet
échelle placée dans
introduisnient par une
ainsi à Tabri
Tintérieur, et s'y maintenaient faire jouer à vode toule craintes pourant la
soit
soit monsqueterie, et créJonté surlennemi,
d'ouvertures
Tartilleric, 2 au moy en elfet Cette espèce de
à cet
s'en
neaux pratiques vient des anglais, qui
fortification ncus
tout le temps qu'ila
servirent avec succès
d'une partie de la
conservèrent la possession
nombre
en avait un très-grand
colonie : ily
du Capsur la chaine des montagnes
Clausel ne borna pas la les serLe général
habitans de ce déparvices qu'il rencit aux de former une espèce
tement : il entreptit
illeric, 2 au moy en elfet Cette espèce de
à cet
s'en
neaux pratiques vient des anglais, qui
fortification ncus
tout le temps qu'ila
servirent avec succès
d'une partie de la
conservèrent la possession
nombre
en avait un très-grand
colonie : ily
du Capsur la chaine des montagnes
Clausel ne borna pas la les serLe général
habitans de ce déparvices qu'il rencit aux de former une espèce
tement : il entreptit --- Page 191 ---
(r8r )
d'alliance avec les nègres
une
Congos, 9
des
nations la plus nombreuse parmi sept à huit
qui composent la population des noirs. Ces
hommes ne pouvaient s'approcher de nos
postes qu'à des distances qui leur étaient
prescrites ; en avaient eux-mêmes d'établis
pour se défendre contre Dessalines en cas
d'attaque, et nous protéger contre lui. Cette
alliance nous offrait de
plus, > outre lavantage
de diminuerle nombre de nos ennemis,
de procurer de grandes
7 celui
ressources à la ville,
dans l'établissement d'un marché qui se tenait à la distance de près d'une
dans
licue, et
lequel nous trouvions à échanger avec
ces mêmes nègres, notre argent et nos marchandises, contre des vivres et des denrées
du pays.
Cest ainsi que le général Clausel
non-seulement la tranquillité du
assura
Cap, mais
entretint dans cette ville un commerce et un
mouvemento qui devint aussiavantageux
l'intérieur, que pour les intérêts de la métro- pour
pole, par les facilités que cela
capitaines
le
procura aux
pour
chargement des navires
européens qui étaient en rade. --- Page 192 ---
(182)
en relation avec les
J'ai dit que les anglais à la révolte et leur
insurgés, les excitaient
de
des armes ct munitions
fournissaient
fussions alors en paix
guerre, quoique nous vaisseaux fussent reçus
avec eux,et queleurs
: jen ai donné
comme amis dans nos ports
donner une
preuve; je vais en
une première
scconde.
aide-de-camp du généLe colonel Rosse,
du Port-auRochambeat, était parti
ral
américain, le 3o.germiPrince sur un navire
le 5
la Cote-Ferme;
nal, en mission pour le travers de Tibufloréal, il rencontre par du sud au pouvoir de
ron, un des quartiers
anglaise la Suriennemis 2 la corvette
nos
approche d'abord pour
nam ; ce bâtiment
le pavillon
le reconnaitre, mais appercevant de faire voile sur terre
américain, il continue
faisant aux
entre dans le port de Tiburon,
:
et
auxquels ils répondent
insurgés des signaux rencontre un second batideux jours après, il
même route.
faisant cette
ment anglais
de
Rosse a envoyé un rapport
Le colonel
en chef qu'au généces faits, tant au général
la corvette
nos
approche d'abord pour
nam ; ce bâtiment
le pavillon
le reconnaitre, mais appercevant de faire voile sur terre
américain, il continue
faisant aux
entre dans le port de Tiburon,
:
et
auxquels ils répondent
insurgés des signaux rencontre un second batideux jours après, il
même route.
faisant cette
ment anglais
de
Rosse a envoyé un rapport
Le colonel
en chef qu'au généces faits, tant au général --- Page 193 ---
(I 183) )
ral Latouche - Tréville, commandant
forces navales.
nos
Cette dernière circonstance
7 jointe à ce
que j'ai dit précédemment, ne peut laisser
aucun doute sur la conduiteinfame des
glais, qui, affichant ainsi les sentimens anles
plus réprouvés parPhonneuretla
délicatesse,
viennent allumer chez nous la guerre et mettre les armes dans les mains de nos esclaves,
pour nous en faire égorger: et cependant
une de leur colonie est assez voisine de la
nôtre pour que la traversée d'une terre à
l'autre puisse s'en faire en 36 heures. Mais
il entre dans la politique de ce
nent de ne calculer aucune
gouvernefois
perte, toutes les
qu'atteignant le but qu'il se
il satisfait, dans Ce sentiment de haine propose,
notre nation, la plus chère de toutes
pour
sances ; j'ajouterai d'ailleurs,
ses jouisnombre de
que je suis du
ceux qui ne se persuadent
être pas sans raison que, d'après la
peutconnaissance qu'ont les anglais des ressources et de
l'étendue d'une colonie qui peut seule balancerleurs riches possessions dans PInde
puis sur-tout que réunie à la
(departie Espa- --- Page 194 ---
(1 184) mettre à même
le temps pourrait nous
ils croignole,
un jour les revenus ),
d'en doubler infiniment à faire le sacrifice
raient gagner
en Amérique,
ce
de tout
qu'ils posstdent certains que la conquêle
s'ils pouvaient être et son entière réduction,
de Saint-Domiogue difficultés dont nous ne pusfusettunedeces
et contre laquelle
sions jamais triompher, effortsles plus conssépuiseraient envain nos
de cette ile 2
L'immenise commerce
tans.
nègres, leur serait presqu'exoccupée parles
partie de ses revenus
la plus grande
et tout en
clusif;
entre leurs mains 1 leur amourtomberait jouir leur orgueil et
la France
faisant
Pidée bien douce que
propre de
qui portât un coup
faire une perte
sa marine et
ne pouvait sensible à son commerce,
des bénéplus
ils profiteraient
leur
ses mamfactures, qu'un tel événement
fices considérables
procurerait.
bien, à T'appui de mon
Qu'on se rappelle
Dessalines, après
opinion sur ce point, que et fait connaitre
égorgé tous les blancs,
intimes
avoir
ses liaisons
par ses proclamations a fait suivre cette praavec les anglais,
ât un coup
faire une perte
sa marine et
ne pouvait sensible à son commerce,
des bénéplus
ils profiteraient
leur
ses mamfactures, qu'un tel événement
fices considérables
procurerait.
bien, à T'appui de mon
Qu'on se rappelle
Dessalines, après
opinion sur ce point, que et fait connaitre
égorgé tous les blancs,
intimes
avoir
ses liaisons
par ses proclamations a fait suivre cette praavec les anglais, --- Page 195 ---
(185)
fession de la déclaration formelle
Français qui aborderait jamais
que tout
Saint-Domin.
gue y trouverait la mort.
Le Port-au-1 Prince était fort
mais nous tremblions, d'après les tranquille 1e
du sud, pour la plaine du Cul-de-Sac événemens
et les
montagnes du Mirebalais et des
dont les
Grands-Bois,
revenus nous offraient toujours de si
précieuses ressources; ; les cultivateurs de ces
différens quartiers nous étaient non -seulement de la plus grande fidélité, mais
eussent réellement défendus contre
nous
mis, si la prudence eût
nos ennearmé leurs bras. Plusieurs permis qu'on eût
motifs se réunissaient pour fonder leur
attachemeat, ou
mieux dire, la préférence qu'ils
pour
naient sur Dessalines le
nous dontérêt dans les
; premier, leur inbénéfices énormes
leur
produisait 1 la vente des différens vivres que
ils approvisionnaient la ville tous les
dont
dimanches, et qu'ils pouvaient taxer aussi immodé.
rément qu'illeur plaisait ; le second, la haine
naturelle qu'ils, avaient pour Dessalines
qui les avait jadis si cruellement
dont ils craignaient d'avoir
traités,et
excité le plus
--- Page 196 ---
(186 ) conduite à notre
par leur
vif ressentiment
égard.
bien exC'était sans doute un contraste dans toute Pétraordinaire, de n'apperceroir guerre, flamme et
tendue de la colonie, que lorsque si près de
ravage de toute espèce, encore du spectacle
nous 2 nous jouissions et du bon ordre.
consolant de la paix
comme je Tai dit préédem- de
Le dimanche, où un certain nombre
ment, était le jour (outre ceux qui étaient
nègres par habitation conduire les denrées apparen service pour maitres ), aviient la permis- réndre
tenant à leurs
de se
sion des gérans ou proprittaires, vendre les volailles, léguen ville pour yaller avaient soignés et cultivés loimes et fruits qu'ils dans leurs momens de à
toute la semaine
en grande partie
sir. Jls se réunissaient appellé la Croix - descet effet, au bourg en route de leurs habiBouquets, se mettant les cabrouets ou chatations respectives avec dont jai parlé. Un
riots portant les denrées et de cavalerie se
d'infanterie
et se joignait
détachement d'abord sur ce lieu;
prenait
yaller avaient soignés et cultivés loimes et fruits qu'ils dans leurs momens de à
toute la semaine
en grande partie
sir. Jls se réunissaient appellé la Croix - descet effet, au bourg en route de leurs habiBouquets, se mettant les cabrouets ou chatations respectives avec dont jai parlé. Un
riots portant les denrées et de cavalerie se
d'infanterie
et se joignait
détachement d'abord sur ce lieu;
prenait --- Page 197 ---
(187 )
ensuite à 7 ou 800 hommes de
.
troupes, 9 envoyées du Port-au-Prince,quit formaient ainsi
l'escorte du convoi, et entraient en ville au
son d'une musique guerrière et au bruit des
tambours.
L'étendue du commerce qui se faisait ce
jour au Port-au-Prince ne peut se décrire;
de 3 à 4000 nègres ou nègresses qui arrivaient ainsi de la plaine, bien peu s'en retournaient avec le produit de la vente qu'ils
avaient faite ; cet argent était de suite employé dans les magasins en acquisitions de
marchandises pour leur utilité; ce n'avait été
pour eux que l'échange d'une chose pour unie
autre, et tout était passé au profit du négociant.
On peut donc conclure de ce dernier détail
et de l'avantage bien plus important
résultant des sucres, cafés et autres denrées encore,
d'exportation, sans lesquelles le commerce
d'outre-mer devait cesser d'exister, combien
nous avions de vocux à former pour la conservation des quartiers, daus lesquels seuls
étaient toutcs nos ressources.
24* --- Page 198 ---
(188 )
avait pris à cet
Rochambeau
Le général
et les meilleures mesures,
effet les plus sages
toutes les garnisons
d'abord
enen renforçant
, et formant
établies dans les montagnes, colonnes mosuite dans la plaine différentes à tout instant vers
biles, prêtes à se porter
consentitaussi
Tendroit atfaqué ou menacéil
nombre
que fit un assez grand frais
à la demande
d'entretenir à leurs
de propriétaires 5 des militaires convalessur leurs habitations mulâtres de la ville eurent
cens 3 de jeunes
d'aller garder ces
également la permission les arrangemens
mêmes habitations, d'après
soit
soit avec les propriétaires,
qu'ils prirent, fondés de pouvoir.
avec leurs
alors, comme je l'ai dit, dans
Nous étions fioréal : le général Laplume,
le courant de
de sauver un
plus de possibilité
ne voyant
si long-temps
département dans lequelilavait menacans pour
fait tête aux orages les plus et certain que sa
maintenir la tranquillité, derenir nécesplus y
présence ne pouvait obtint du général en chef
saire sollicita et
France. Il quitta
la permission de passer en arriva le 21 au Portles Cayes le 17 floréal et
Nous étions fioréal : le général Laplume,
le courant de
de sauver un
plus de possibilité
ne voyant
si long-temps
département dans lequelilavait menacans pour
fait tête aux orages les plus et certain que sa
maintenir la tranquillité, derenir nécesplus y
présence ne pouvait obtint du général en chef
saire sollicita et
France. Il quitta
la permission de passer en arriva le 21 au Portles Cayes le 17 floréal et --- Page 199 ---
(189 )
au-Prince; s'embarquant de cette ville pour
France, dans un des vaisseaux de la division
de Pamiral Bedout, il relâcha dans un
de PEspagne où il mourut. Telle a étéla fin port de
cet estimable
cheEnigre, qui a rendu de si
grands services à la France, et dont la conduite a bien prouvé le désintéressement,
qu'avec toutes les facilités possibles de puisger à la fortune, le gouvernement
sonà sa mort, de venir au
a étéobligé,
secours de sa famille.
On doit croire que son départ ne put améliorer nos affaires dans le sud ; le général
Sarrazin s'était embarqué des Cayes
aller secourir les troupes du cordon,
pour
gées de faire retraite à
qui, oblimême
PAnse-à-Veau, de
qu'un assez grand nombre
comme
d'habitans,
je l'ai dit plus haut, s'y trouvaient
vivement pressées par les insurgés : ce
ral parvint à
génééloigner ces derniers, et à protéger l'évacuation de la
place, qui se fit
mer et se dirigea vers Jérémie.
par
Ce dernier quartier, le seul qui n'eût
encore dans sa totalité éprouvé les funestes pas
eflets de la guerre et de
du les forces
linsurrection, attenqui s'y trouvaient répandues, --- Page 200 ---
( 1 Igo )
une autre
dans
des insurgés
et Toccupation
aux attaques
partie, exposé dès ce moment réitérées de leur part,
les plus vives et les plus le sort des autres.
ne tarda pas à avoir
Rochambeau, appercevant
Le général
bientôt que d'énormes
qu'il ne nous restait nous soutenir dans la
dépenses à faire pour
nous retirions de
les ressources que
enlevées,
colonie,
étant de jour en jour
son sol nous faire connaitre au gouvernes'empressa de
réelle, et pour ne laisser
ment notre situation
qu'il en
doute sur les informations de tous les
aucun
envoya des députés
et
donnait,
confirmer son témoignage, armée
ordres pour
d'une
la demande quilfaisait les côtes de
appuyer
qui, ne quittant
après
nombreuse, vers la fin de vendémiaire, SaintFrance que
fût arrivécà
de septembre 3
eussent
Téquinoxe
où les troupes
Domingue à une époque s'acclimater ct faire
cinq mois pleins pour
des fortes
eu
avant le commeneeenat ce général
la chaleurs. guerre Il est à présumer que à cette ded'attaque
joignit ensuite son plan
des succès ceret donna la preuve
mande,
derait en attendre.
tains que l'on
de vendémiaire, SaintFrance que
fût arrivécà
de septembre 3
eussent
Téquinoxe
où les troupes
Domingue à une époque s'acclimater ct faire
cinq mois pleins pour
des fortes
eu
avant le commeneeenat ce général
la chaleurs. guerre Il est à présumer que à cette ded'attaque
joignit ensuite son plan
des succès ceret donna la preuve
mande,
derait en attendre.
tains que l'on --- Page 201 ---
(191) )
Le gouvernement n'avait à choisir qu'entre
la perte absolue de la colonie, ou le seul
moyen qui lui était présenté pour la sauver.
Cette réflexion, 2 qui eût pu nous donner les
plus vives inquiétudes, ne nous en causa cependant aucune 2 rassurés sur nos craintes
par les témoignages d'intérêt que la France
n'avait cessé de nous prodiguer,et dont nous
avions la preuve dans les sacrifices énormes
qu'elle faisait pour. nous secourir; aussi, malgré l'étendue de nos pertes, trouvâmes-nous
dans nos espérances une consolation assez
douce encore pour que notre courage en fat
ranimé, et que nos forces en reprissent une
nouvelle énergie; la frégate chargée de nos
députés ne tarda pas à mettre à la voile
France.
pour
Nos côtes étaient infestées d'un nombre
considérable de barges, ou bateaux plats,
armés par les nègres 2 avec lesquelles, au
moyen de rames, 9 ils allaient dans les calmes
attaquer les goëlettes et bâtimenslégers, naviguant des différens ports du nord, del'ouest
et du sud; ; exerçant, en cas de succès, leur --- Page 202 ---
-
V2
(1 192)
monstrueuse férocité sur les malheureux
se pastombés en leur pouvoir. Ce spectacle
sait souvent devant nos yeux, quoiqu'à une
difficilement d'aller
distance qui nous permit
des secours aux attaqués : plusieurs
porter
ordonnées par l'amiral Latouexpéditions aller détruire et brûler, le long
che, pour les barges et bateaux ennede la côte,
de succès, les
mis, s'exécutèrent avec peu
d'emnègres tenant généralement ces espèces
barcations dans de petites anses 9 d'où ils les.
enlevaient à la vue de nos bâtimens, etles
dans lépaisseur des bois.
transportaient
Ils savaient aussi employer dans l'occasion
la ruse et Fartifice : je vais rapporter un des
événemens qui a le plus excité notre douleur
et notre indignation.
Un navire venant du Havre, chargé d'un
nombre de passagers 2 est apperçu
grand tard dans la soirée,à une grande disassez de la rade du Port-an-Prince; ; le capitance
l'état de la colonie, se trou-,
taine ignorant
entrer
vant sur un mouillage et ne pouvant
brize luiayant manqué, jette
dans le port, 2 la
: je vais rapporter un des
événemens qui a le plus excité notre douleur
et notre indignation.
Un navire venant du Havre, chargé d'un
nombre de passagers 2 est apperçu
grand tard dans la soirée,à une grande disassez de la rade du Port-an-Prince; ; le capitance
l'état de la colonie, se trou-,
taine ignorant
entrer
vant sur un mouillage et ne pouvant
brize luiayant manqué, jette
dans le port, 2 la --- Page 203 ---
(193)
l'ancre et passe ainsi la nuit. Le
à la petite pointe du
lendemain
de terre deux
jour, il apperçoit partir
saient des
canots, dont les nègres lui faisignes d'amitié, et
fruits du
montraient des
pays qu'ils lui apportaient ; le
taine, sans crainte ni méfiance;
capipoint à l'arrivée des
, ne s'oppose
ils touché
canots, mais à peine ontson bord, que les
coup plus grand nombre nègres, , en beaubord
qu'il n'en avait d'aapperçus, s'emparent
armes qu'il avaient
sur-le-champ des
cachées, montent à l'abordage, et égorgent sans
malheureux
pitié tous les
que ce bâtiment
trois femmes seulement
renfermait: :
conduites
sont épargnées et
entendu par eux à terre : on n'en a jamais -
parler,
Ils
s'occupaient 2 après avoir
navire sur les
à
échoué ce
dises,
côtes, en piller les marchanrade lorsque la frégate en station dans la
envoya des chaloupes armées
trop tardives pour remédier à
9 mais
les hommes qui les
tant de maux;
qu'à sauver quelques montaient ne parvinrent
du batiment,
débris de la cargaison
ety mirent ensuite le feu.
--- Page 204 ---
3 a
(1 194)
Cette occasion ne fut pas la seule oùt nous'
à verser des larmes sur le sort de maleûmes
qui,. attirés en cette :
heureux compatriotes, chercher des ressourcolonie, les uns pour y
la France ne pouvait leur procurer,
ces que
revoir des propriétés si long-:
d'autres pour y
abandonnées, et du produit desquelles
temps
le terme de leur longue miils attendaient
tomber. en-.
sère, n'y débarquèrent que pour féroces et leur
tre les mains de ces tigres
servir de victimes.
Un bâtiment parti de Nantes, également
nombre de passagers 7 obligé
avec un grand
d'entrer au Fortpar la force des courans
des
Dauphin, trouva ce port en la possession
et se mit ainsi au pouvoir de nos
nègres,
est faite,
ennemis; ; lors de la reprise quis'en
les cadavres mutilés de tous ces;
on a trouvé
d'horreurs dont
malheureux: iln'y avait pas
leur mort n'eût été précédée.
Ilnes'était passéaucune action marquante,
de TOuest, depuis la fin
dans le département
floréal
celle de prairial ; quelques
de
jusqu'à
Dauphin, trouva ce port en la possession
et se mit ainsi au pouvoir de nos
nègres,
est faite,
ennemis; ; lors de la reprise quis'en
les cadavres mutilés de tous ces;
on a trouvé
d'horreurs dont
malheureux: iln'y avait pas
leur mort n'eût été précédée.
Ilnes'était passéaucune action marquante,
de TOuest, depuis la fin
dans le département
floréal
celle de prairial ; quelques
de
jusqu'à --- Page 205 ---
(195)
habitations avaient seulement été incendiées
par les insurgés dans différentes
qu'ils firent contre les
attaques
session: c'est à celte quartiers en notre posépoque que leur armée,
envoyée dans le sud poury porter les
qui s'y sont cffectués,
ravages
Le
repassa dars l'ouest.
général Rochambeau n'en fut pas plutôt
'instruit que, certain des dangers
qui nous
menaçaient, il envoya la presque totalité de
sa garde pour renforcer notre corps de troupes dans la plaine ; mais toutes ces
tions n'empéchèrent
précaupas que, promptement
attaqués par la généralité des forces
de nos ennemis, nous ne
réunies
leurs
ptimes résister à
puissans efforts; les deux quartiers des
Grands-Bois et du Mirebalais évacuérent
l'un et l'autre, le
second
premier sur la plaine, le
sur la partie espagnole: ne pouvant
ensuite, malgré le courage et l'activité de
nos soldats et des habitans de cette même
plaine, faire face sur tous les points à des
nuées de nègres qui n'avaient que la dévastation pour but, nous fimes, après différentes affaires,
le
3 obligés de faire retraite sur
bourg de la
vive douleur de Chotc-des-Bouquets, avec la
voir se consumer par les
25* --- Page 206 ---
(196)
riches et belles sucreries 3 que
flammes ces
avaient jusqu'ici
tant de veilles et de peines noire et épaisse couconservées ; une fumée
ses habitans
bientôt la ville, et instruisit
vrit
qu'ils venaient d'éproudes nouvelles pertes
ver.
d'éOn doit sentirla preagrimpontbilte où une étinTincendie dans un pays
de
viter
embrâser une pièce
celle suffit pour flammes se communiquent
cannes, dont les réduisent ainsi en cendres
d'ellesmémes, et étendue. Quelque nomla propriété la plus
ils ne font jabreux que soient les nègres,
; ils chermais face à un corps de troupes mullipliées sur
chent, par des apparitions les forces quil leur
différens points, à diviser ensuite en déles attaquent
de
sont opposées, sur-tout de Favantage
tail, et profitent
garnir d'embuscades
leur nombre pour
par lesquels
toutes les routes et chemins, la localité leur fait
sur
leur comnaissance qu'elles doivent passer:
justement présumer
la torche acoù ils se transportent,
tombe
par-tout leurs pas; si un prisonnier des torcompagne mains, il périt au milieu
entre leurs
itions les forces quil leur
différens points, à diviser ensuite en déles attaquent
de
sont opposées, sur-tout de Favantage
tail, et profitent
garnir d'embuscades
leur nombre pour
par lesquels
toutes les routes et chemins, la localité leur fait
sur
leur comnaissance qu'elles doivent passer:
justement présumer
la torche acoù ils se transportent,
tombe
par-tout leurs pas; si un prisonnier des torcompagne mains, il périt au milieu
entre leurs --- Page 207 ---
(197 )
tures; si vivement poursuivis dans les
ils croient sentir leur
plaines,
tagnes peu
infériorité, des monvoilà
éloignées leur offrent un sûr abri:
encore une fois, la guerre de l'Amérique, voila les hommes
réduire.
que nous y devions
Quelques lettres de France,
guerrea avec PAngleterre,
parlant de
pandu dans notre.
avaient d'abord réplus allarmantes
esprit des inquiétudes
que
encore qu'aucune de celles
pouvait nous faire éprouver l'état
dela colonie ; mais nos craintes à affreux
s'étaient totalement
cet égard
velles
dissipéesye et par les nouque nous eûmes ensuite dé la
que, et par celles
Jamaisieurs, bâtimens que nous apportaient plument de nos
marchands, sortis nouvellede
ports. Leur arrivée était un point
tranquillité bien plus grand
tout ce que les
pour nous, que
eussent voulu capitaines de ces bâtimens
il
dire pour nous
car, ne paraissait
persuader ;
la certitude des
pas présumable qu'avec
les eût
dangers auxquels la guerre
exposés, et les pertes énormes
devenaient pour eux la suite, ils
qui en
hasarder un tel
eussent Osé
tique de la France voyage, si la situation poliavec l'Angleterre eut pu --- Page 208 ---
*
A
-
(198 )
leur donner quelques allarmes.
nous eûmes la douleur de voir Cependant
nos espérances aussi
sur ce point
que dans dans
cruellement trompées,
lesavions
toutes les occasions oùr nous
crues justement fondées. La frégate
PInfatigable arriva de Brest au Port-auPrince en 31 jours, avec les ordres les
pressans pour que le général en chef ent plus à
transporter sur-le-champ son
ral au Cap : nous ne nous
quartier-généle motif d'une aussi
méprimes pas sur
prompte
et vimes avec la plus grande détermination, clarté
maux à leur
tous nos
comble, et la colonie perdue.
Que l'on Se figure la position de tant de
malheureux que la famine allait bientôt
désoler, obligés de se défendre contre des
ennemis féroces, que ces nouvelles ne manqueraient pas.d'enhardir, et ne pouvant tenter de s'évader qu'aux risques de tomber,
ou au pouvoir des
anglais, ou en celui de
ces mêmes hommes, dont les barges
affronter les mers sans
pouvant
crainte, ne tarderaient pas de s'y multiplier; ajoutez à ces
réflexions cruelles et pénibles, celle de n'attendre aucun terme à tant de maux, de les
voir sans remèdes, et de
considérer, aux dé-
eraient pas.d'enhardir, et ne pouvant tenter de s'évader qu'aux risques de tomber,
ou au pouvoir des
anglais, ou en celui de
ces mêmes hommes, dont les barges
affronter les mers sans
pouvant
crainte, ne tarderaient pas de s'y multiplier; ajoutez à ces
réflexions cruelles et pénibles, celle de n'attendre aucun terme à tant de maux, de les
voir sans remèdes, et de
considérer, aux dé- --- Page 209 ---
( - 199 )
pens de sa forfune ou de ses moyens quelconques, le salut de son existence,
seul bien qu'il fat permis
comme le
d'espérer. Les nègres -
qui n'ignoraient rien de ce qui se passait
mi nous, allumèrent bientôt des feux parcrêtes de toutes les
sur les
montagnes : c'était la manière dont ils exprimaient leur joie dans les
occasions où ils avaient à se féliciter de
ques succès.
quel-
- Le départ du général Rochambeau
le Cap, jeta l'effroi et la consternation pour
le
dans
Port-au-Prince; un grand nombre de familles, allarmées des dangers
auxquels elles
croyaient rester
exposées, 9 suivirent le quartier-général: : l'empressement qu'elles témoignèrent à quitter cette ville, fut une nouvelle
causede peine etd'inquiétude
retenaient leur
pour ceuxqu'y
élat, ou la situation de leurs
affaires. On s'embrassait comme si l'on
séparait pour
et
se
toujours, ceux qui s'éloignaient, emportaient avec eux les regrets les
plus vifs de ne pouvoir être suivis d'un
nombre d'amis, dont
grand
ils regardaient les
maux à venir comme prompts et
ce qui ajoutait encore au
inévitables;
chagrin de ceux --- Page 210 ---
( 200 )
nonfuir, était le départ,
qui ne pouvaient
delétat, mais même
seulement des bâtimens de ceux du commerce
d'une grande partie
au'Cap, soit que,
qui se rendirent également ils ne se soumissent qu'a
mis en requisition,
soit que cet acte de
des ordres supérieurs 3
leur part fût volontaire.
n'était encore qu'une présomp- si
La guerre
avions des conséqences
tion 1 mais nous tirer sur léloignement subit
afiligeantes à
aller se fixer dans
du général en chef, colonie pour où se tint d'hala seule ville de la
dans un cas pareil,
bitude le gourernement méler à nos peines la plus
que nous n'osions
légère espérance.
arriva au Cap
Le général Rochambeau de messidor : le 15
dans les premiers jours croisière anglaise, forte
du même mois, une
frégates, se
vaisseaux et plusieurs
de quatre
la ville; il s'en établit égaleprésenta devant
forte, devant
ment une, mais benucounptoiss
et les Cayes.
le Part-ab-Prince
dès ce moment la guerre
Nous regarlâmes quoiqu'aueunes nouvelles
comme certaine,
ère espérance.
arriva au Cap
Le général Rochambeau de messidor : le 15
dans les premiers jours croisière anglaise, forte
du même mois, une
frégates, se
vaisseaux et plusieurs
de quatre
la ville; il s'en établit égaleprésenta devant
forte, devant
ment une, mais benucounptoiss
et les Cayes.
le Part-ab-Prince
dès ce moment la guerre
Nous regarlâmes quoiqu'aueunes nouvelles
comme certaine, --- Page 211 ---
201 )
officiclies ne nous ca fussent parvenues, et
que les Anglais, tout en faisant différentes
prises sur nos côtes, 2 prétendissent
faisaient
qu'iis ne
qu'exécuter les ordres de leur
sans que les deux nations en fussent cour,
encore
venues en Europe à une rupture ouverte.
Toutes communications entre les différentes parties de la colonie se trouvèrent
bientôt interrompues ; le service fut sans activité, et les départemens de l'ouest et du
sud abandonnés à leur affreuse
sans
situation,
que les demandes des différens chefs
d'administration pussent parvenir au général
Rochambeau, qui, dans ce cas, n'eût
même eu la facilité de leur faire
pas
secours.
passer des
Le général Sarrazin avait reçu ordre de
quitter le sud, pour venir prendrele
dement du
commanPort-au-Prince, et le
Frescinet était parti de cette ville général
rémie: l'un et l'autre étaient
pour J6destination.
arrivés à leur
Les nouvelles de guerre
parvenues à la
--- Page 212 ---
202 )
avaient ralenti les exy
Nonvelle-Angleterre
les dangers
péditions
de côtes infestées
Burcuseiemingeial
60 lieues
que présentaient
de nègres, pour se
de barges et embarcations
l'ile au Port-au-Prince,
rendre de la pointede
les bâticontribuaient plus encore à éloigner
de cette ville, que du Cap,
mens américains
craintes sur ce point.
où ils étaient sans
s'emparer d'un
Jes insurgés pouvaient
Quand
ils n'y tuaient personne 7
de ces bâtimens,
dans un canot
d'embarquer
se contentaient
les laissaient en
le capitaine et Téquipage, ensuite leur prise
pleine mer, et conduisaient
dans le port le plus voisin.
s'appercevant qu'il
(
Le général Sarnazin, barils de farine dans
ne restait que quelques
de l'état au Port-au-Prince,
les magasins
où il allait se trouver
ct sentant Pembarras
le comnourrir ses troupes 2 engagea
pour
à l'effet de pourvoir 7
merce à s'assembler
de
ce
provisions;
s'il était possible, à manque
magasin
Vassurance qu'aueun
il en recut
des farines.Iordonna
marchand ne contenait
dans toute la
alors des visites domiciliaires
cent
suite desquelles il se procura
ville, par
les magasins
où il allait se trouver
ct sentant Pembarras
le comnourrir ses troupes 2 engagea
pour
à l'effet de pourvoir 7
merce à s'assembler
de
ce
provisions;
s'il était possible, à manque
magasin
Vassurance qu'aueun
il en recut
des farines.Iordonna
marchand ne contenait
dans toute la
alors des visites domiciliaires
cent
suite desquelles il se procura
ville, par --- Page 213 ---
(203 )
vingt barils, dont il
vaient répartis
s'empara, et qui se trouentre un grand nombre de
particuliers, qui les conservaient
leur famille, comme
pour eux et
famine. On fut
une ressource contre la
ville à
bientôt réduit dans cette
manger des animaux de toute
pèce; nombre de malheureux
esrait
quel'on pourciter, y expirèrent de besoin.
Nous conservions encore dans la
comme je l'ai dit
plaine 3
de la Croix - des ptécédemment, le
-
bourg
700 hommes, tant de Bouquets 1 occupé par
d'habitans : les sucreries troupes de ligne que
fournirent pendant
avoisinant ce bourg
gement au
un temps quelque soulaà
Port-au-Prince, dans les
sucre et les patates que l'on
cannes
et que l'on conduisait
s'y procurait,
par convoi.
ensuite dans cette ville
Saint-Mare, commandé par le
Denain, et peuplé aux trois
général
en hommes de couleur,
quarts et demi
la colonie
était renommé dans
comme le lieu où la
sait avec le plus
guerre se fairévoltés ; un grand d'acharnement contre les
nombrede chefs mulâtres
26 * --- Page 214 ---
-
-
204 )
pour nos intérêts un zèle etun
yémoigatrent bien dignes de nos égards , et je
dévouement
: aussi
pourrais dire de notre reconnaissance:
des leurs tombait atl pouquand quelqu'un
leurs têtes étaient-elles
voir de nos ennemis 2
d'enthouportées en triomphe avec plus
n'eussent été les nôtres.
siasme que
Cette ville eût bien plus souffert encore
: si ces hommes n'eusque le Port-au-Prince,
courage et leur
sent trouvé le moyenjparleur
ressources
intrépidité, de procurer quelques
ils
aidés de nos troupes,
paraux habitans;
distaient eil maraude à une assez grande les brifuir
tance, et faisaient généralement femmes les suigands à leur approche ; leurs
cétaient
vaient dans ces sortes d'expéditions :
la
de leurs armes,
elles qui, sous protection
la terre ;
récoltaient les vivres et fouillaient
car c'en était réellement une,
cette caravanne,
chargée de burentrait ensuite à Saint-Marc
les fadans toutes
tin qui se distribuait s'achetait par les permilles pauvres 2 et
sonnes aisées à de très -hauts prix.
viens de dire deux mots sur les deux
Je
leur approche ; leurs
cétaient
vaient dans ces sortes d'expéditions :
la
de leurs armes,
elles qui, sous protection
la terre ;
récoltaient les vivres et fouillaient
car c'en était réellement une,
cette caravanne,
chargée de burentrait ensuite à Saint-Marc
les fadans toutes
tin qui se distribuait s'achetait par les permilles pauvres 2 et
sonnes aisées à de très -hauts prix.
viens de dire deux mots sur les deux
Je --- Page 215 ---
(: 205 )
villes que nous conservions dans
n'ai que des rapports aussi
l'ouest : je
le sud, où les besoins de
tristes à faire sur
saient également
toute nature se faiavions fait
sentir, et dans lequel nous
ble
toutes les pertes qu'il était
que nous
possiseulement
éprouvassions; il nous restait
Jérémie, quelques postes aux environs de
Nous ne recevions dans le nord
nouvelles de France, par les
aucunes
existaient
difficultés qai
nir; les pour qu'elles pussent nous parvedevant le anglais ne quittaient leur station
les
Cap que lorsque le mauvais
forçait de
temps
nous avions la s'éloigner, et c'est alors que
chance de voir entrer
sement dans ce port quelques
heureuricains, qui s'étaient
bâtimens ameleurs
trouvés ainsi à l'abri de
poursuites et de leur surveillance
lorsque ramenés par le beau
;
paraissaient à nos
temps ils reinontagnes
yeux, nous pouvions, des
leur
qui bordent la mer, appercevoir
communication avec les
mies ; les nègres leur
barges enneananas, et fruits du apportaient en oranges,
être le plus
pays, Ce qui pouvait leur
agréable, et cette nation si fière --- Page 216 ---
ar
(206 )
s'abaissait à traiter d'échange avec ces espas là le cas de dire
claves révoltés.N'est-ce
aisément
la haine et la politique savent
que
les distances ?
rapprocher
J'ai dit plus haut que le général Clausel
avait trouvé le moyen de s'allier une bande
armés de
considérable de nègres Congos
qui par motif d'intérêt dans
ce département, d'un marché, où ils nous venTétablissement
daient des vivres et denrées du pays, pour
marchandises, s'étaient engagés à
diverses différens postes qui pussent protéger
établir
défendre des attaques
leur alliance et nous
Le général Rochambeau,inr.
de Dessalines.
avaient besoin de secours,
truit quec ces nègres
étant prises
plusieurs positions avantageuses
dans la plaine par nos ennemis 9
et occupées
des généordonna, sous le commandement
eut
Clausel et Noailles, une sortie qui
raux
l'on pouvait en attendre 5
tout le succès que chassés de tous leurs postes
les insurgés furent
considérade fuir avec une perte
et obligés
com.
ble. Cette mesure rétablit nos opérations marché
merciales avec les nègres Congos, etle
reprit son activité.
positions avantageuses
dans la plaine par nos ennemis 9
et occupées
des généordonna, sous le commandement
eut
Clausel et Noailles, une sortie qui
raux
l'on pouvait en attendre 5
tout le succès que chassés de tous leurs postes
les insurgés furent
considérade fuir avec une perte
et obligés
com.
ble. Cette mesure rétablit nos opérations marché
merciales avec les nègres Congos, etle
reprit son activité. --- Page 217 ---
207 )
Nous étions alors dans les premiers
de thermidor: le général Rochambeuu jours
appris par une
avait 1
goèlette, 2 miraculeusement
arrivée du Port-au-Prince, la situation affreuse dans laquelle se trouvaient les
et les habitans de cette ville
troupes
; sentant la
prosquimposibiliédy remédier, il hasarda
le seul moyen qui put
en traitant
olifrirquelguespérancry
de toute la cargaison d'un navire
américain chargé de
farine, 2 et faisant donner des instructions au capitaine
pût, avec moips de danger
pour qu'il
à
possible, chercher
gagner ce port. Cette expédition réussit; le
navire américain arriva au
etlesl habitans de cette ville Port-au-Prince,
éprouvèrent quelque soulagement.
Nous eûmes au Cap 2 à cette
instant de bonheur
époque, un
que je ne puis
sans émotion. Les
décrire
anglais, : 7 comme je l'ai
déjà dit, assuraient toujours
la
entre leur nation et la nôtre que
guerre
core déclarée,
n'était pas enmalgré les hostilités
commettaient ; nos maux étaient à qu'ils
point, et notre perte si certaine
un tel
traire, que nous chérissions
en cas concette espérance; --- Page 218 ---
- -
(208)
et combattue par des
quoique bien légère
dans une de ces
craintes si fondées. Un jour,
si fréquentes en Amérique,
belles soirées,
sur la
en grand nombre,
nous promenant,
nous vîmes une des"
jetlée qui borde la mer, 7
vaisseau amiral
frégates ennemies rallier au
brick, qui nous parut d'une coupe
un joli
la marche: ce bâtiment,
légère et faite pour
heure et demie
été relâché après une
ayant
se
devant
au moins de détention 2 présenta
deet tira un coup de canon pour
notre port
cette manceuvre nous surmander un pilote;
d'autant moins qu'en
prit, et nous sûmes
construction de ce
conjecturer, que par la
un
le prendre pour
navire nous ne pouvions fut notre joie et notre
américain. Mais quelle
voile dans
lorsqu'entranti à toute
étonnement, salua les forts et arbora pavillon
la passe, il
avoir été dans notre pofrancais!Il faudrait de l'effet qu'une telle
sition pour bien juger
retenus par la
surprise nous causa ; quoique
à des
crainte de nous livrertrop promptement
eussent redoublé nos peines
espérances qui
néandéçues, nous ne pouvions
en les voyant
de croire que cette
moins nous empêcher
et ne fut chargée
corvette ne vint de France,
pavillon
la passe, il
avoir été dans notre pofrancais!Il faudrait de l'effet qu'une telle
sition pour bien juger
retenus par la
surprise nous causa ; quoique
à des
crainte de nous livrertrop promptement
eussent redoublé nos peines
espérances qui
néandéçues, nous ne pouvions
en les voyant
de croire que cette
moins nous empêcher
et ne fut chargée
corvette ne vint de France, --- Page 219 ---
I 1e 209) )
d'une mission d'une nature à être respectée
par les anglais 2 puisqu'après être tombée en
leur pouvoir, elle avait été mise en liberté;
la première idée qui se présentait à notre CSprit, était lapplanissement de toutes difficultés entre notre gouvernement et celui d'Angleterre, et l'accord rétabli
entr'eux; nos inquiétudes sur la nécessité de fuir la colonie
cessaient dès-lors, la France venait à notre
secours 7 nous conservions nos foyers, tous
nos efforts allaient tendre à la réduction de
nos ennemis, et le bonheur
habiter dans
pouvait encore
nos coeurs ; mais nous n'avons
jamais eu que des espérances trompées et
détruites durant notre séjour en ce malheureux pays. Au lieu d'un envoyé de paix,
mille bénédictions eussent accueilli
que
sur le rivage, c'était le préfet de Tabago qui,
capitulation avec les anglais, à qui il avait par
rendu cette ile,
transportait son domicile sur
nos terres et venait prendre la préfecture de
Saint-Domingue, Tout son génie en adminis-.
tration ne pouvait rien changer à nos
et son arrivée nous causad'autant
maux,
moins d'impression, que nous nous attendions à une
--- Page 220 ---
2 210 )
bien différente de celle qu'il poujouissance
vait nous faire éprouver.
utile au bien moIl se rendit cependant
en
mentané de cette colonie expirante 2
assiduement avec le général en
travaillant
lettres-dechef, à l'émission de nouvelles
France, dont les formes , preschange sur
devaient obvier
crites par le gouvernement,
les bede numéraire et faciliter
au manque
Chacun trouva ses intérêts
soins de l'armée.
de France
dans cette en@atinyetilecommerce,
consipuisqu'une quantité
principalement, coloniales, qui se troudérable de denrées
chargées dans les
vaient depuis long-temps
seraient debâtimens de commerce, 7 et qui
remises
venues la proie des anglais, furent
les
entre les mains du gouvernement," qui et les
paya en ces mêmes lettres-de-change, aux
vendit ou les donna ensuite en paiement étaient
des navires américains qui
capitaines
eurent assez
en rade. Différens particuliers
donner
de confiance en ces papiers, pour somde très-fortes
contre eux, en échange, à la caisse générale
mes 1 qu'ils déposèrent
de la colonie.
remises
venues la proie des anglais, furent
les
entre les mains du gouvernement," qui et les
paya en ces mêmes lettres-de-change, aux
vendit ou les donna ensuite en paiement étaient
des navires américains qui
capitaines
eurent assez
en rade. Différens particuliers
donner
de confiance en ces papiers, pour somde très-fortes
contre eux, en échange, à la caisse générale
mes 1 qu'ils déposèrent
de la colonie. --- Page 221 ---
2II )
Nousapprochioner
du terme où le comble encanmoins,chaque de
jour,
possibilitéd'y
nos maux et l'imloi
remédier devait nous faire une
impérieuse du seul parti
tait à prendre ; l'ouest et le qu'il nous resduits à un état de
sud étaient rédécrire; ; le général désolation que je ne puis
Port-an-Prince
Sarrazin avait quilté le
le seul
sur u petit bâtiment armé,
qui restât dans la rade de cette
et s'était: refugié à Cuba,
ville,
son commandement
après avoir résigné
au général
une partie des forces
Lavalelle;
que nous avions à la
Crott-des-Houquets, avait été détruite
suite d'une affaire contre les
à la
une de ces
insurgés, dans
expéditions oùt nous
en ville quelques vivres de la
escortions
qui, dans leur défaite,
plaine ; celles
le Port-au-Prince,
ne purent regagner
des-Bonquets,
retournèrent à la Croixet se retirèrent évacuèrent en corps ce bourg,
dans la partie
elles arrivèrent.
espagnole oùt
Dans le sud, , le général
tenté de prendre
Brunct, qui avait
Cayes, dans
position dans la plaine des
l'espérance des'y procurer
ques secours, avait
quelétéobligé de faire rentrer
27* --- Page 222 ---
(2 212 )
en ville; il avait aussi faitles plus
ses troupes
négocier avec les mugrands efforts pour alors avec les insurgés
latres,mais confondus
du nord et de louest répandus dans la totalité
5 il était trop tard pour
de ce département
de leur
qu'ils pussent traiter séparément
et tourner de nouveau leurs armes
cause,
dans les bras desquels
contre des hommes,
avaient si
ils venaient de se jeter, et qu'ils
pour servir leur venutilement employés
convenud'une trève
geance. Il fut néanmoins
le général
de quinze jours, pendant laquelle avec les
Bruncl eut soin de faire échanger,
des marchaninsurges, une grande partie
dises sèches dont les magasins abondaient,
des viandes et vivres frais, si nécescontre
habitans.
saires à ses troupes et aux
et
Les droits de douane > d'importation
devenant tout-à-fait. nuls par
d'exportation
le
le fait de ia guerre, et les ressources que
créées dans le nord, ne
géneral en chefavait
de la coloprofitant point aux autres parties
était
nie, la caisse du département du Sud de
et toutes les branches
totalement épuisée, le soldat qui, dans ses
service en souffrance ;
.
saires à ses troupes et aux
et
Les droits de douane > d'importation
devenant tout-à-fait. nuls par
d'exportation
le
le fait de ia guerre, et les ressources que
créées dans le nord, ne
géneral en chefavait
de la coloprofitant point aux autres parties
était
nie, la caisse du département du Sud de
et toutes les branches
totalement épuisée, le soldat qui, dans ses
service en souffrance ; --- Page 223 ---
(213 )
fatigues et ses privations ne recevait aticune paie 7 éprouvait un mécontentement
qu'il était difficile de désapprouver.
Dans cet état de choses, le général Brunet
fut obligé de prendre des mesures dont l'exécution coûtait vivement à son corur, mais
que l'urgence rendait nécessaires :i il ordonna
en conséquence un emprunt de 200 mille
francs sur le commerce.
2 rempli par vingtquatre des négocians les plus en état de
fournirleur contribution ; à ce premier impôt en succéda ensuite un autre de 25 mille
piastres, ; ou 131,250 francs, répartis
tionnellement entre tous les marchands proporet
propriétaires de la ville.
Les nouveaux arrivans ne furent
atteints, cette seconde année, de cette pas même
peste dont ils avaient été si récemment les
victimes. Un grand nombre de jeunes
n'éprouvèrent, à ma
gens
maladie
connaissance, que la
ordinaire de tous les temps 2 communément appelée maladie du
est bien loin de s'annoncer
pays, qui
avec aucun de
ccs simptômes effrayans de mort et de des- --- Page 224 ---
(2 214 )
caractérisent la maladie épidétruction qui
commis débarqués à
mique ; trois de mes
atteints'
ces époques, en furent promptemeut donc
point.Je crois
poueti n'y succombèrent:
et vérité 7 que les'
voir conclure avec justice
commencé
ravages épouvantables quiavaient tenaient
quelques mois après notre arrivée,
événemens malheureux qui renà un de ces
victime de dédent, dans un temps, un pays
dans d'au:
sastres 7 qu'il n'éprouverait point ce qui se
tres,et j'en donne pour exemple où cette
à la Nouvelle - Angleterre,
passe
cause tant de désolation,
même fièvre jaune
occasionne
par les pertes énormes qu'elle
ressentir
dans les familles, et ne se fait pas
toutes les années.
dans
Plus notre résidence se prolongeait
malheureuse colonie, plus nos peines
cette
sans que de
et nos misères angmentaient, dût résulnos efforts et de notre constance notre siter aucun bien qui pût changer
faire éviter le sort auquel
tuation, et nous
bien évidemnous paraissions, , parnécessité, durée des maux que
ment condamnés. La
les esavait préparé
nous avions éprouvés,
toutes les années.
dans
Plus notre résidence se prolongeait
malheureuse colonie, plus nos peines
cette
sans que de
et nos misères angmentaient, dût résulnos efforts et de notre constance notre siter aucun bien qui pût changer
faire éviter le sort auquel
tuation, et nous
bien évidemnous paraissions, , parnécessité, durée des maux que
ment condamnés. La
les esavait préparé
nous avions éprouvés, --- Page 225 ---
(215) )
prifs à la résignation; le salut personnell'emportait sur Pintérêt; nombre
d'habitans, accoutumés à souffrir depuis de si longues années, voyaient d'un ceil morne, mais tranquille, 7 cette nouvelle cause d'affliction
eux, et n'aspiraient qu'au mnoment oùr pour
nouvelle terre leur
une
offrirait un asile qui soulageât leur' coeur du spectacle déchirant
qu'ils avaient. sans cesse devant les
mais comme quelle que soit la situation yeux d'un ;
pays, il y a toujours deux classes dans ceux
quil'habitent, les uns qui, au milieu de trèsgrandes pertes, ont cependant, ou par leur
prévoyance, 7 ou par une suite naturelle de
l'état de leurs affaires une
petite réserve
dans laquelle ils mettent leur espérance,
d'autres, au contraire,
leur
2 qui n'existent que de
industrie, ou ne possèdent que des propriétés insuffisantes pour se procurer d'elles
des moyens disponibles, il s'en suivit
beaucoup de personnes se trouvaient plus que à
plaindre que d'autres, et n'avaient que la
perspective affligeante d'être en proie à la
plus affreuse misère, sur un sol étranger
ne leur offrirait pas même la
qui
ressource des --- Page 226 ---
à
- 2
(216)
travaux les plus
leurs
grossiers, 9 pour suffire à
premiers besoins.
Je vais entrer dans quelques détails
manière dont nous fûmes enfin
sur la
d'évacuer tous les
contraints
ports en notre
et de fuir encore une fois cetteile possession,
où
infortunée,
tantd'européens avaient été victimes dela
guerre 7 de l'épidémie et des ravages de
toutes les natures,
Les deux départemens de l'Ouest et du
Sud, furent les premiers que nous abandonnâmes à nos ennemis.
Dans l'ouest,1 legénéral Lavalette
le 12 vendemiaire, un de ses
envoya,
escorté de deux
aides-de-camp
dragons et un trompette,
pour proposer à Dessalines l'évacuation du
Port-au-Prince; ce chef-nègre y consentit, et
donna cinq jours pour qu'elle eût lieu ; des
ôtages furent envoyés de part et d'autre
la garantie du traité.
avait
pour
Iln'y
que trèspeu de bâtimens dans la rade de ce port, et
le départ de tous les habitans blancs eut
pu
ses
envoya,
escorté de deux
aides-de-camp
dragons et un trompette,
pour proposer à Dessalines l'évacuation du
Port-au-Prince; ce chef-nègre y consentit, et
donna cinq jours pour qu'elle eût lieu ; des
ôtages furent envoyés de part et d'autre
la garantie du traité.
avait
pour
Iln'y
que trèspeu de bâtimens dans la rade de ce port, et
le départ de tous les habitans blancs eut
pu --- Page 227 ---
(217)
devenir difficile à effectuer; cette
remarque
n'échappa pas à Dessalines, qui la considéra
comme bien - avantageuse au projet
avait d'en retenir une partie, afin d'exercer qu'il
bientôt sur eux ses cruautés accoutumces,
après les avoir dépouillés dece qu'ils eussent,
par leur fuite, soustrait à sa rapacité,
Pour mieux couvrir la noirceur de ses
intentions. 2 il s'empressa d'écrire au général
Lavalette qu'il le priait d'être son interprête
auprès des habitans de la ville 2 et de les assurer que toute protection serait accordée à
ceux qui ne quitteraient pas la colonie. Cette
malheureuse lettre, lue en assemblée de
paroisse, 7 eut en partie l'effet qu'il desirait.
Plusieurs familles qui se trouvaient obligées
de tout sacrifier au salut de leurexistence,
mallheureusement trop disposées à la confiance par leur affreuse situation
2 n'hésitèrent pas à s'abandonner
aveuglément aux
monstres qui allaient les dominer; iy eut
aussi beaucoup de femmes qui s'embarquèrent seules avec leurs enfans, 2 et dont les
mnaris restèrent.
Les troupes étaient toutes à bord à l'ex28 --- Page 228 ---
(218)
des cinq jours, et les habitans décipiration
s'étaient encombrés dans le peu.
dés à partir,
beaucoup
de bâtimens qu'il y avait en rade;
n'avaient trouvé place que dans des goëlettes
embarcations légères ; on en vit même
et
affronter les dand'assez bien inspirés, pour
et
de la mer dans de simples canots
gers
plutôt que de se donpirogues de pécheurs, maîtres, et de rester
ner leurs esclaves pour
exposés à leur cruauté.
faire le tableau fidèle
Pourrais-je jamais état de désolation ?
d'une ville livrée à cet
de
Pourrais-je rendre le spectacle déchirant
étroitement unis, et quele véritable
ménages
les uns des autres; d'enfans
amour séparait
de leur généreux
recevant les embrassemens entre les bras ? Que
père, d'amis se serrant
malheude larmes furent échangées sur ce
les coeurs semblaient
reux rivage, I et comme
sensibilité,
pressentir, parl leur douloureuse
l'éterces tendres adieux étaient pour
que
nité!
instruits de cet événement par
Les anglais,
s'étaient
avec les nègres,
leur intelligence
des autres; d'enfans
amour séparait
de leur généreux
recevant les embrassemens entre les bras ? Que
père, d'amis se serrant
malheude larmes furent échangées sur ce
les coeurs semblaient
reux rivage, I et comme
sensibilité,
pressentir, parl leur douloureuse
l'éterces tendres adieux étaient pour
que
nité!
instruits de cet événement par
Les anglais,
s'étaient
avec les nègres,
leur intelligence --- Page 229 ---
(219 )
éloignés dans la nuit du jour
afin de nous inspirer plus de delévacuation, confiance
notre départ ; mais une fois nos bâtimens dans
la voile, ils ne tardèrent
à
à
convoi avait
pas paraitre. Le
en tête le navire VAimable, de
Bordeaux, portant le général Lavalette
l'état - major de l'armée,
et
nombre de
2 avec un grand
troupes ; d'autres bâtimens de
commerce, 3 également chargés de troupes et
d'habitans, 8e joignaient ensuite à
de goëlettes, bateaux et canots, tous quantité
de malheureux, fuyant la mort
remplis
chercher la misère.
pour aller
Ce tableau, digne de la plus tendre
n'inspira
pitié,
cependant aux anglais d'autres
sentimens que ceux de la barbarie et de la
cupidité; ils tombèrent comme des vautours
au milieu de ces malheureuses
qu'ilsdépouillerent et
victimes, 2
dupeud'argent qu'elles
emportaient, et de leur linge et
ils furent néanmoins
vêtemens ;
leurs cruautés aussi loin empêchés d'étendre
siré, le ciel
qu'ils l'eussent. deobscurcit ayant permis qu'un nuage épais
Phorison, et se fondit en une pluie
abondante, qui donna à plusieurs bâtimens] Ja
28* --- Page 230 ---
- -
220 )
à leur vue, et de se dérofacilité d'échapper
YAimable , de Borber à leur poursuite ;
et batcaux fudeaux, et plusieurs goëlettes
tombés en
rent de ce nombre. Parmi ceux
ils ne conservèrent que les plus
leur pouvoir,
pillèrent les passagers
richement chargés, désarmèrent le militaire,
dans les autres 7
ensuite à ce qu'ils suiet ne s'opposerent pas
les iles espavissent leur destination pour
de Cuba et de la Havanne. Nous avons
gnoles
Lapaletle,ayant fait
su depuis que le général
à
voile de ce dernier port pour se rendre
avec des troupes sous son
Santo-Domingo
et péri dans
commandement, avait naufragé
nonide même quele plus grànd
ce voyage,
élaient avec lui. Les
bre des hommes qui
de la même exautres navires faisant partie
ont relâché à la Nouvelle-Anglepédition,
terre.
étéévacué quelques jours
Saint-Marcavait
capitulation
avant le Port-au-Prince 9 par
anglaise
d'une frégate
avec le commandant le
et qui prit à son
qui croisait devant port,
qui s'y
bord le petit nombre de militaires ville et les
les blancs de la
trouvaient,
,
élaient avec lui. Les
bre des hommes qui
de la même exautres navires faisant partie
ont relâché à la Nouvelle-Anglepédition,
terre.
étéévacué quelques jours
Saint-Marcavait
capitulation
avant le Port-au-Prince 9 par
anglaise
d'une frégate
avec le commandant le
et qui prit à son
qui croisait devant port,
qui s'y
bord le petit nombre de militaires ville et les
les blancs de la
trouvaient, --- Page 231 ---
(221) )
chefs les plus marquans d'entre les
de couleur; le: reste de ces
honmes
sans aucune
derniers, se voyant
ressource
et leur famille, dans les queleonque iles
pour eux
pu se réfugier,
où ils eussent
préférèrent la mort à une
perspective aussi effrayante, et
à se livrer aux coups meurtriers consentirent
qu'ils avaient combattus
des hommes
moment.
jusqu'au dernier
Dans le sud, le général Brunet évacua
Cayes le 19 du même mois,
les
avec le commodore
par capitulation
dant la croisière Cumberland, commantout ce qui était militaire anglaise derant ce port ;
ministration
ou employé d'adpartit pour la
s'embarqua sur quatre bâtimens Jamaique 2 et
qui étaient en rade, et qui furent marchands
anglais : les habitans eurent
livrés aux
rendre à Cuba; la
la liberté de se
confiance et le
en retinrent un aussi grand
malheur
Port-au-Prince,
nombre qu'au
mêmes
quicédèrent, àcet effet, aux
moyens pratiqués pour les
ne pas s'éloigner.
engager à
Les malades des Cayes furent
envoyés au a --- Page 232 ---
(2 222) )
Môle, port qui était
voir, et souS le
toujours cn notre pouNoailles.
commandement du général
Les anglais, après avoir promis
même capitulation, de
par cette
tés de toutes les
respecter les propriémée, n'en ont personnes attachées à l'arpas moins ordonné, à la Jamaique, la visite de toutes les malles
quées, et pris en argent,
embaret bijoux, tout ce quis'est argenterie, linge
venir.
trouvé leur conLe général Erescinet évacua
Jérémic, mais par
également
lâtres; il fut ensuite capitulation ayecles muconduit à la
pris par les anglais et
Jamaique.
Il ne restait -
donc
tale du
plus que le Cap, la capinord, et le Môle, dont je viens de
ler, qui, dans toute la
parcolonie, ne fussent
pas au pouvoir des ennemis : Dessalines
réunit alors toutes ses forces pour aller
le siège de cette première ville. Le
faire
Rochambeau s'y était
général
maintenu,
sa troupe et les malheureux habitans quoique
y Tes-
la
pris par les anglais et
Jamaique.
Il ne restait -
donc
tale du
plus que le Cap, la capinord, et le Môle, dont je viens de
ler, qui, dans toute la
parcolonie, ne fussent
pas au pouvoir des ennemis : Dessalines
réunit alors toutes ses forces pour aller
le siège de cette première ville. Le
faire
Rochambeau s'y était
général
maintenu,
sa troupe et les malheureux habitans quoique
y Tes- --- Page 233 ---
223 )
sentissent depuis long-temps les effets de la
famine et de la disettede toute espèce, A tant
de peines se joignait encore, pour beaucoup
de ces derniers, celle de s'être vus contraints
d'obéir à des ordres
supérieurs, en se dépouillant des misérables restes de leur fortune, et faisant sur ce point un sacrifice
les circonstances devaient leur rendre bien que
sensible.
Lès évacuations del'ouest et du sudavaient
eu lieu en vendémiaire, aux époques
viens de
que je
mentionner: ce ne fut quele 26brumaire que Dessalines se présenta devant le
Cap avec plus de 15,000 hommes; durant cet
intervalle il avait eu la politique d'ordonner
dans les deux autres départemens les meilleurs traitemens pour les blanes, et d'affecter
même que, sur la moindre plainte, la
stricte justice leur fût rendue. Cette
plus
artificieuse lui réussit au point
des conduite
de sud et de l'ouest avaient que
lettres
amis du
déjà rappelé des
continent, et qu'aux Cayes et à
Jérémie, nombre d'habitans se
sureté sur leurs habitations; croyaient en
sons de commerce du
plusieurs maiPort-au-Prince écri- --- Page 234 ---
-
(2 224)
en France, dans lès vues
virent également
d'affaires et de
d'y obtenir une continuation
confiance.
Dessalines fut trèsL'attaque du Cap par
firent
chaude: nos troupes et les habitans y
de valeur, et plus de 1500 de
des prodiges
de baennemis restèrent sur le champ
nos
mais les deux armées pouvaient se
taille ;
manière bien différente: : lunc
comparerd'unes
des besoins de la vie
ne pâtissait sur aucun
Pauà volonté, quand
et pouvait se recruter
aucune de
tre, déjà bien faible et n'ayant
eût fini par se miner en peu
ces ressources,
malgré les plus coude temps et succomber,
rageux efforts.
du même mois, le général en chef,
Le 27
le conseil des notables et par
sollicité et par
par le général
toute la garnison (représentée division du Nord
commandant la
Lapoipe,
du général Clausel), d'endepuis le départ
les
envoya
avec
anglais,
trer en pour-parler
le général Boyer,
son chef d'état-major,
mais cet
du commodore de T'escadre;
auprès
ses demandes et ses
officier ennemi porta
.
du même mois, le général en chef,
Le 27
le conseil des notables et par
sollicité et par
par le général
toute la garnison (représentée division du Nord
commandant la
Lapoipe,
du général Clausel), d'endepuis le départ
les
envoya
avec
anglais,
trer en pour-parler
le général Boyer,
son chef d'état-major,
mais cet
du commodore de T'escadre;
auprès
ses demandes et ses
officier ennemi porta --- Page 235 ---
( à 225 )
prétentions à un tel degré
le général Rochambeau fut d'exagération, que
ter avec
contraint de traiDessalines, et lui fit proposer l'évacuation de la ville et des forts, dans
délai de dix
le
jours, ce qu'il accepta.
Nous ne pouvions guères courir de chances
plus désavantageuses que les conditions
quelles les anglais voulaient
auxlorsque nous avions celle de nous soumettre,
coup de vent propice,
profiter d'un
du port dans
qui nous eût mis hors
un moment où il ne devenait
pas impossible d'échapper, sinon
lité; au moins en partie, à toute leur en totalance.
surveilCe délai fut
cessaires
employé aux préparatifs né.
pour l'exécution du
les troupes furent
traité; toutes
d'habitans
embarquées, et nombre
qui, malgré l'espèce
exercée envers nous dans l'ouest d'indulgence
ne se seraient
et le sud, 2
furent
pas moins décidés à partir,
fiance malheureusement retenus par la conque leur inspira la
Dessalines,
proclamation de
la ville,
publiée et aflichée dans toute
--- Page 236 ---
(226 - )
Nous avions reçu, dans la dernière: attaque
le
de nouvelles preuves de zèle
contre Cap,
des hommes de couet de fidélité de la part
évin'apperçussent que trop
leur, quoiqu'ils
colodemment le sort de notre malheureuse
nie et celui qui leur était destiné, puisque,
de
ils étaient résolus de
par cause pauvreté,
dussent-ils
leur sol,
payer
ne pas abandonnerl
nous avaient
bien chèrementless services qu'ils
rendus. Le général cn chef crut de son devoir et de sa justice de leur donner un témoiet de sa satisfacgnage de sa reconnaissance offrir de suivre une
tion, en leur faisant
si valeuarmée auprès delaquelle ils avaient
combattu, et dont ils avaient parreusement toutes les occasions, et les périls
tagé, dans ils refusèrent ces offres par les
et la gloire :
de faire connaître, et
motifs que je viens
s'abandonnèrent à leur destinée.
Dessalines avait donné dix
J'ai dit que
de la ville etdes forts:
jours pour l'évacuation
mettre
dès le cinquième, tout était prêt pour
à la voile, avec le premier temps qui eût pu
de tromper la vigilance de
nous permettre mais le ciel se refusa à nos
nos ennemis,
ils refusèrent ces offres par les
et la gloire :
de faire connaître, et
motifs que je viens
s'abandonnèrent à leur destinée.
Dessalines avait donné dix
J'ai dit que
de la ville etdes forts:
jours pour l'évacuation
mettre
dès le cinquième, tout était prêt pour
à la voile, avec le premier temps qui eût pu
de tromper la vigilance de
nous permettre mais le ciel se refusa à nos
nos ennemis, --- Page 237 ---
(227)
desirs, el le dernier jour expirait
étions cncore dans le port. Le que nous
chef fut alors
de
général cr
obligé se mettre à la discrétion du commodore anglais,
les officiers
qui promit que
ne seraient pas désarmés et
leurs propriétés seraient
que
respectées : cette
condition est la première qui ait été violée.
Le 9 frimaire' 1804, tous les bâtimens,
tant de guerre que de commerce, firent voile 2
du port pour se mettre au pouvoir de la flotte
anglaise, qui attendait leur sortie, L'armée
nègre entrait dans la ville comme nous
reillions : on les vit de nos vaisseaux se appacipiter des
prémontagnes et y accourir en foule;
tous les coeurs furent déchirés à cet
des idées de
aspect ;
carnage et de mort éfaient les
seules qui se présentassent à notre esprit
nous jetions des regards
;
de
d'attendrissement et
pitié sur les malheureuses victimes
le
rivage continuait d'offrir à nos
et que
s'étaient toutes rassemblées yeux,
qui
pour nous voir
partir; c'est ainsi qu'entrainés par le vent
dont nos voiles étaient déjà
remplies, nous
nous éloignâmes du port et le perdimes bientôt de vue.
29* --- Page 238 ---
(228 )
avaient envoyé des officiers à
Les anglais
et escorbord de chacun de nos bâtimens,
la
taient ainsi le convoi faisant route pour
Jamaique.
Noailles était toujours au
Le général officier décida en un instant
Môle : ce brave
l'évacuation de cette ville.
s'étaient
Le convoi parti du Cap, auquel
les vaisseaux de guerre anglais qui
joints
le Mole, était à sa vue ; il résolut
bloquaient
de l'obscurité, pour
dans la nuit de profiter
bâtimens chargés de sa troupe
sortir avec sept
ville; son plan était
et des habitans de sa
au grand
sans être reconnu, 2
de se mêler,
et de s'évader ensuite
nombre des autres, 2
d'autant mieux
qui était
avec son escorte;ce
avait avec
combiné, que les bâtimens qu'il
une
être facilement pris pour
lui pouvaient
convoi, et qu'alors sa mapartie du grand
par les annoeuvre ne pouvait être suspectée
tous les bâtimens sortis du Cap ayant,
glais,
des officiers de cette nation
comme jel'ai dit,
efforts furent
à leurs bords. De si louables
brillant succès;i il parvint
couronnés du plus
qui était
avec son escorte;ce
avait avec
combiné, que les bâtimens qu'il
une
être facilement pris pour
lui pouvaient
convoi, et qu'alors sa mapartie du grand
par les annoeuvre ne pouvait être suspectée
tous les bâtimens sortis du Cap ayant,
glais,
des officiers de cette nation
comme jel'ai dit,
efforts furent
à leurs bords. De si louables
brillant succès;i il parvint
couronnés du plus --- Page 239 ---
(229 )
à échapper à nos ennemis, et fit voile
l'ile de
pour
Cuba, 7 où il arriva avec ces sept bâtimens.
Ce général, quittant ensuite cette même
ile sur un bâtiment armé et
de
chargé
troupes pour se rendre à la Havanne, où il
tait se joindre au général Lavalette, compcontra près de ce dernier
renport une corvette
anglaise : il ft hisser le pavillon de cette
tion, cacha ses
nahommes, 2 et n'eut pas l'air de
fuir; le capitaine de la corvette le haila
savoir d'où il sortait; il répondit dans pour
langue, qu'il connaissait
cette
parfaitement : de la
Jamaique. Le capitaine lui dit
qu'il en venait
également, et qu'il avait ordre d'établir
croisière dans ces
sa
d'un bâtiment à bord parages, pour s'emparer
duquel se trouvait le
ginéralNoailles; ; ce dernierlui dit
même mission et
qu'ilavait
qu'ils ne se
de vue.
perdraient pas
Méditant alors dans la nuit
corvette, à laquelle il n'était d'attaquer cette
des'en
pas suspect, et
emparer. à l'abordage, ilexécula cette
audacieuse entreprise, et monta le premierà --- Page 240 ---
* -
5 230 )
bord à la tête de ses
terrible s'en suivit grenadiers. Un combat
: chaque homme se battit
corps à corps avec son ennemi, et ce brave
militaire, tout couvert de blessures,
gloirede
2 eut la
de la corvette fairearborerpavillnt dont il
français à bord
duire à la
s'empara, et de la conHavanne; ; mais blessé à
il ne
vécut que peu de jours dans ce mort,
rut avec les regrets de
port, et moul'armée
Telle a été la fin de la malheureuse
dition de Saint-Domingue,
expéFIN DE LA DEUXIÈME PARTIE. --- Page 241 ---
MOYENS
DE RÉTABLISS) E M E N T
DE LA COLONIE,
Qvorous je dusse regarder ma tâche
comme finie, après avoir fait connaître les
vraies causes de tous les maux qui ont
duit en dernier lieu la perte de
proSaint - Domingue , je me permettrai néanmoins
quelques réflexions sur les chances qui doivent
encore exister en notre faveur, et sur la conduite qu'il nous conviendra de tenir, lorsqu'abordant de nouveau cette ile malheureuse, 3 nous irons en arracher la
à un tigre féroce, dont les crimes possession
assez convaincu
nous ont
qu'il chercherait à la dé-.
fendre par tous les moyens en son pouvoir.
Je ne parlerai pas d'un plan
militaire, cette entreprise serait d'abord d'attaque
dessus de mes forces, et s'il arrivait
auensuite
que quelques - unes de mes idées sur ce
se rencontrassent avec celles
point
que le gouver-
ile malheureuse, 3 nous irons en arracher la
à un tigre féroce, dont les crimes possession
assez convaincu
nous ont
qu'il chercherait à la dé-.
fendre par tous les moyens en son pouvoir.
Je ne parlerai pas d'un plan
militaire, cette entreprise serait d'abord d'attaque
dessus de mes forces, et s'il arrivait
auensuite
que quelques - unes de mes idées sur ce
se rencontrassent avec celles
point
que le gouver- --- Page 242 ---
(232)
convenable d'adopter, ce serait
ment juge
faute d'éveiller l'atcommettre une grande
des faits
tention de nos ennemis sur
quele
secret ne peut assez cacher : je
plus profond donc à de simples observations
me bornerai
utilité de fixer les
qui doivent avoir pour de posséder encore
esprits sur la possibilité à la France, et dont
une colonie si importante
aux yeux de
la réduction semble présenter bien au-destant.de personnes des difficultés
sus de nos efforts.
suffisamest, je pense,
Le gouvernement
de troupes à emment éclairé sur le nombre
pour ne
dans la première expédition,
ployer
faute à cet égard ; j'insisterai
faire aucune
la chose la plus imporseulement, comme
toute autre précautante > et sans laquelle les faire arriver à Sainttion serait nulle, de
ou dans les preDomingue à la fin d'octobre,
à laquelle
miers jours de brumaire, époque s'acclimasoldats aurout cinq mois pour
nos
avant l'arrivée des
ter, et faire la guerre, d'aucune maladie.
chaleurs et la crainte
arréfant à ce que tant de perEn nous --- Page 243 ---
( 233 )
sonnes disent inconsidérément, il faudrait
tout détruire en ce malbeureux
si
nous n'avions d'autres moyens de le pays,
recouvrer; la conquête en serait difficile, et la
France pourrait se préparer d'avance à de
bien grands sacrifices; mais je suis certain
qu'il ne peut jamais entrer dans les vues
sages et réfléchies du gouvernement, de
créer volontairement des obstacles
se
surmontables dans une
presqu'inentreprise dont les
résultats avantageux peuvent aisément s'obtenir ; de commettre à de longues années
ce qu'il est en son pouvoir d'effectuer
tement; de rendre nos
prompsoldats, non les vainqueurs, mais les bourreaux d'une
de 300,000
population
individus, et de commencer enfin
par détruire les principales ressources d'une
colonie, pour chercher à la rétablir. En m'exprimant ainsi, je réponds non pas à une
à cent, mais à un nombre infini de
qui ne se sont pas cachées de leur personnes
cet
opinion à
égard; je ne dis pas que, s'il était
ble de faire disparaîitre la
posside
population entière
Saint-Domingue, pour en transporter surle-champ une nouvelle, dussent tous les
priétaires supporter les dettes énormes dont pro30
uire les principales ressources d'une
colonie, pour chercher à la rétablir. En m'exprimant ainsi, je réponds non pas à une
à cent, mais à un nombre infini de
qui ne se sont pas cachées de leur personnes
cet
opinion à
égard; je ne dis pas que, s'il était
ble de faire disparaîitre la
posside
population entière
Saint-Domingue, pour en transporter surle-champ une nouvelle, dussent tous les
priétaires supporter les dettes énormes dont pro30 --- Page 244 ---
-
(234)
par-là grevés, 2
leurs biens se trouveraient
un avanil n'en résultât avec le temps, la trantage pour eux et pour la France, assurée:
quilliédecettei ile s'en trouvant plus
raisonmerd'après les possibilités,
mais il faut
remèdes à des
et-ne pas annoncer comme
exécuter.
maux, des faits que l'on ne peut
n'établirai donc aucun moyen en
Je
la preuve et de lutinotre faveur, qu'avec
et des facilités
lité dont ils peuvent être,
les
nous devons avoir pour nous
proque
curer,
à notre arrivée dans la colonie,
Nos forces,
classes d'hommes:l les
seront topposées à trois
libres , les nègres
mulâtres et nègres anciens esclaves, et ceux
enrégimentés, autrefois
esclaves,
d'entre les cultivateurs, également
n'auraient été armés qu'au besoin.
qui
femmes, formant au moins la
Quant aux
de l'ile, la crainte
moitié de la population
rentrer. dans
des châtimens les fera bientôt
celles appelées
le devoir; il n'y a guères que dans les villes
négresses de grande case,qui, --- Page 245 ---
(: 235 )
et les plaines 5 ont
avec les officiers
presque toutes vécu
nègres, Ol
cette couleur, qui conservent privilégiés dans
de l'acharnement
de la haine et
contre les blancs;
tenant à la culture,
le
; celles
n'ont pas
que luxe et l'oisiveté
gatées,trouveront
térêt à nous rester fidèles toujours plus d'ingouvernement
et à jouir,sous un
tranquille, des petits
que dans des momens de loisir produits
curera leur industrie.
leur proNous pouvons donc nous Tegarder
assurés, 2 que la moitié des bras
comme
la colonie, et qui
que renferme
la faire fructifier peuvent en fouillant la terre 8
de nouveau, sont à
lorsque nous aurons réduit l'autre nous, 9
si nous ne pourrons
5 voyons
dedifficultés
pas faire entrevoir moins
parait
pour cette réduction, que l'on ne
généralement en craindre.
Des hommes de couleur et
nègres libres.
Il doit être facile à tout
le seul contenu de cet
lecteur, d'après
même son
ouvrage, de porter luileur et jugement sur les hommes de counègres libres de Saint-Domingue.
30*
sont à
lorsque nous aurons réduit l'autre nous, 9
si nous ne pourrons
5 voyons
dedifficultés
pas faire entrevoir moins
parait
pour cette réduction, que l'on ne
généralement en craindre.
Des hommes de couleur et
nègres libres.
Il doit être facile à tout
le seul contenu de cet
lecteur, d'après
même son
ouvrage, de porter luileur et jugement sur les hommes de counègres libres de Saint-Domingue.
30* --- Page 246 ---
( 236 )
Je n'entends pas parler de ce qu'ils ont
douze ans dans des temps de réfait il y a
de mots leur
volution ; j'ai exposé en peu
criconduite passée 1 je n'ai pas cachéleurs intémes;j'ai fait plus; jai avancé que leur
était peut-e étre le seul motif
rêt particulier attribuer la préférence qu'ils
auquel on dût
sur celui de
avaient dorinée à notre parti
dis et
Toussaint et de Dessalines ; mais je
ces hommes ont, par le fait, et
répète, que
montré pourla réquelle qu'en soit la cause,
un couduction de nos ennemls, 9 un zèle,
chefs
dont tous les
rage et un dévouement, témoins; que sur
de notre armée ont étéles
maltrois départemens, a 2 il en est deux oùr,
nos malheurs, la guerre enfin
gré nos revers,
rendait notre
qui, venant y mettre le comble, livrait à la venévacuation certaine et les
des-r nègres ; ils ont combattu à nos
geahce
derniers momens et ne nous
côtésjusqu'aux Dans le seul département du
ont pas trahis. devenus nos ennemis, > c'est une
Sud, ils sont
claire, et
vérité; mais la cause en est trop
senti trop de peine à la faire connaitre, de
j'ai
d'en parler
pour ne pas me dispenser
nouveau. --- Page 247 ---
(2 237 )
Je raisonne donc sur l'évidence
et je dis que d'après ce qui s'est reconnue,
aurions bien tort de conclure passé, nous
conservons pas encore dans que nous ne
hommes de bien
ces mêmes
faut que la
nombreux amis ; mais il
de notre
France, par l'organe du chef
naitre première expédition, fasse bien conses intentions à leur
sur- tout de faire
égard, et celle
grande
poursuivre avec la plus
rigueur tout acte illégal et
par. lequel il serait attenté à leur arbitraire,
etàleurs propriétés.Lintérét
personne
couleur libres est
des hommes de
sement de la étroitement lié au rétabliscolonie ;
nous de nègres et
propriétaires comme
autant que les blancs d'habitations, ils doivent,
à la faire
, mettre tous leurs soins
d'autre asile fructifier; et n'ayant d'ailleurs
et d'autre patrie
ils ne peuvent trouver. le
que cette terre,
que dans sa
repos et le bonheur
parfaite tranquillité,
considère leur existence
Que l'on
d'un nombre
actuelle au milieur
dérable
d'hommes dix fois plus consique n'est le leur, dont ils ont
éprouvé toute la férocité
déjà
sous le règne de
Toussaint, et auxquels ils doivent
laisser
uctifier; et n'ayant d'ailleurs
et d'autre patrie
ils ne peuvent trouver. le
que cette terre,
que dans sa
repos et le bonheur
parfaite tranquillité,
considère leur existence
Que l'on
d'un nombre
actuelle au milieur
dérable
d'hommes dix fois plus consique n'est le leur, dont ils ont
éprouvé toute la férocité
déjà
sous le règne de
Toussaint, et auxquels ils doivent
laisser --- Page 248 ---
- -
-
-
(2 238 )
continuelle de les voir tôt ou tard
la crainte
se ranger sous nos drapeaux.
motif pourra donc les empêcher de
Quel
leur sera fait? Quel
résister à Tappel qui
trouveront-ils à continuer de seravantage rebelle, et à s'attacher obstinévir un parti
la
ment à une cause qui n'est pas
leur,
leur offrirons des forces puisJorsque nous
l'assurance de les
et
santes pour protection,
faire jouir, dans le repos et la tranquillité, ?,
mêmes fruits auxquels nous aspirons, 7 et
des
infailliblement le prix de la consqui seront
et des efforts de nos soltance, du courage
sont
dats? Les maux de Saint - Domingue
nés de la révolution ; le temps a marqué
désordre doit avoir le sien,
son terme ; tout
s'étendre
et le pouvoir de la France saura
au-delà des mers 7 comme sur un continent
l'on ne considère pas le changevoisin. Que
comme d'une
ment de notre gouvernement habitans de
légèrc influence sur l'esprit des
cette ile : le mulâtre et le nègre libre seront
mûs par les sentimens que leur
promptement
l'intérêt et le devoir ;
dicteront la raison, --- Page 249 ---
(: 239 )
ils regarderont comme un décret du ciel le
rétablissement de la colonie
seules lois qui doivent la
2 d'après les
gouverner, et
son régime puisse comporter.
que
J'ajouterai d'ailleurs, qu'ils se trouveront
encore plus naturellement portés à
desirs par la présence de plusieurs remplirnos de leurs
anciens chefs, retirés aujourd'hui dans les iles
voisines, 2 et qui se joindront aisément à nous
dès P'instant de notre arrivée.
Je mets donc en fait, d'après cet
nos
exposé,
que
colonnes guerrières une fois débarquées en Amérique, recevront pour accroissement cette classe d'hommes, aussi
tante par le nombre,
imporque nécessaire
nous tracer le refuge des
pour
instruire
insurgés, et nous
sur les localités.
Ondoit bien présumer que je. n'entends
parler de Clervaut, Pétion,
pas
autres mulâtres
Cauge, et tous
qui ont levé les premiers l'étendart de la révolte, en conspirant
nous.
contre
errières une fois débarquées en Amérique, recevront pour accroissement cette classe d'hommes, aussi
tante par le nombre,
imporque nécessaire
nous tracer le refuge des
pour
instruire
insurgés, et nous
sur les localités.
Ondoit bien présumer que je. n'entends
parler de Clervaut, Pétion,
pas
autres mulâtres
Cauge, et tous
qui ont levé les premiers l'étendart de la révolte, en conspirant
nous.
contre --- Page 250 --- (240)
à la seconde classe d'hommes 3
1 Je passe
toute la force et les
dans laquelle reposent
espérances de Dessalines.
Des nègres enrégimentés.
comme je l'ai déjà dit,
Je distinguerai, tenant à des corps de troupes,
lesnègres armés,
longues anenrégimentés et aguerris depuis
cultivateurs armés seulement
nées,d'avecles
besoin: Pourquoi les premiers se sont-ils
au
ralliés aux différens chefs qui
si fidèlement
C'est qu'ils n'ont pas eu
les commandaient? dans les droits que leur
assez de confiance
conpromettaient nos proclamations 2 qui
fondaient avec eux la généralité des autres
contre lesquels on les employait
nègres 9
de l'ordre; qu'ils n'ipour le rétablissement
tout-à-fait
gnoraient pas que des principes
contraires à ceux que nous annoncions s
dans nos iles voisines, et
étaient en activité
momens de notre
que si, dans les premiers seule dirigé nos
arrivée, la politique avait
l'intention
déterminations; a c'était bien avec
les cird'en adopter de différentes 2 lorsque
le permettraient, intention que
constances
-
ègres 9
de l'ordre; qu'ils n'ipour le rétablissement
tout-à-fait
gnoraient pas que des principes
contraires à ceux que nous annoncions s
dans nos iles voisines, et
étaient en activité
momens de notre
que si, dans les premiers seule dirigé nos
arrivée, la politique avait
l'intention
déterminations; a c'était bien avec
les cird'en adopter de différentes 2 lorsque
le permettraient, intention que
constances
- --- Page 251 ---
( 24E )
nous eussions déjà remplic, sans le
de nos armées, parles effets de l'épidémie. ravage
C'est douc uu tres-grand malleur
que ces
nègres enrégimentés ne se soienf pas crus
rassurés sur les craintes que devait leur
inspirer l'avenir, et qu'ils aient pensé que le
gouvernement leur destinait un jour le même
sort qu'il réservait aux cultivateurs.
Dessalines leur a dit: : vous êtes soldats,
mais LIBRES; et quoique cette liberté
Se 'étendre sur la généralité des autres
dût
c'est néanmoins par la force des
nègres,
savait tenir les autres dans
uns, qu'il
cette
l'oppression, 7 et
oppression est bien plus cruelle pour le
cultivateur, que son ancien esclavage,
Jen'en veux d'autre preuve que ce qui se
passe aujourd'hui même à Saint-Domingue,
oi, d'après la proclamation de Dessalines,
dont rendent compte les papiers
nous
publics, 2
voyons que ce chef a été obligé de
prendre les mesures les plus sévères
empécher que les nègres ne trouvassent pour le
moyen de s'évader de la colonie.
De quelle utilité peuvent jamais être les
--- Page 252 ---
(242)
enrégimentés pour la culture et la
nègres
du sol ? Accoutumés à une vie
production
leur ferez-vous reprendre
errante et oisive,
ils
la houë, avec ces hommes sur lesquels
ont conservé, par état, une grande supérioà un joug auquel
rité? Les soumettrez-vous
d'années ?
ils ont été soustraits depuis tant désordre
Cet avilissement les révolterait; le
serait dans VOS ateliers ; ils y donneraient
l'exemple de la paresse et de lindiscipline, et
enfin que les occasions de
ne chercheraient
renaitre lcse
avec audace et faire
se soulever
anciens troubles.
Si les nègres soldats ne peuvent jamais
cultivateurs, il faut donc se déciredevenir
der à Jeur destruction totale, ce qui in'est pas
difficultés par la nature du pays , ou
sans
au moins a des délais bien
doit entrainer
France. Par un seul mot
ruineux pour la
bommes dans ses intéDessalines retient ces
rêts ! Par un seul mot détruisons sa puisavoir prononcé le rétablissesance! Après
avec
ment de l'esclavage à Saint-Domingue, lois,
modifications aux anciennes
quelques
cultivateur se trouve plus heupour que le
totale, ce qui in'est pas
difficultés par la nature du pays , ou
sans
au moins a des délais bien
doit entrainer
France. Par un seul mot
ruineux pour la
bommes dans ses intéDessalines retient ces
rêts ! Par un seul mot détruisons sa puisavoir prononcé le rétablissesance! Après
avec
ment de l'esclavage à Saint-Domingue, lois,
modifications aux anciennes
quelques
cultivateur se trouve plus heupour que le --- Page 253 ---
(243) )
reux d'être dans la servitude
de
d'une liberté
que
jouir
qui ne lui présente que la
rannie et la mort, déclarez
le
tyment met dans une classe que gouverneparticulière les
nègres enrégimentés, et que la eertitude du
zèle qu'ils mettront à remplir les devoirs
dont ils seront chargés, lui fait
leur égard, la
devancer, à
récompense que méritera leur
service: : qu'ils soient déclarés libres, et
chaque soldat reçoive un brevet
que
lui
qui puisse
garantir sa liberté.
Ce n'est ni par des promesses ni
des proclamations,
par
que vous persuaderez le
nègre à cet égard; illui faut un titre qui détruise dans son esprit la crainte d'aucune
reclamation de la part de son ancien maitre.
1l ne faut pas craindre que les
taires, à qui
propriéappartiennent ces mêmes nègres,
puissent avoir des regrets sur ce léger sacrifice: d'un côté ils savent trop bien
n'ont rien à attendre de leur
qu'ils a
l'autre, si celte
service; de
perte pouvait leur être sensible, ils s'en croiraient amplement
dédommagés, et par le rétablissement de la
paix
3r*
) --- Page 254 ---
(244),
dans la colonie, et par la profonde soumission des nègres agriculteurs qui
de leurs habitations.
dépendent
Avec une telle mesure, le désordre s'établira daas l'armée de Dessalines des
liers de bras se rangeront
milsous nos
et vous aurez des hommes
le drapeaux,
que
véritable
intérét liera à votre cause, puisqu'ils y trouveront le seul bien qu'ils desirent et
lequel ils eussent bravé la mort en combat- pour
tant comme rebelles. Faites une grande distinction pour tout chef ou officier de cette
armée: leur influence reconnue serait
dangercuse pour la tranquillité de la colonie; trop
s'ils demandent la paix et leur
soit avec la seule réserve de les grâce, faire que ce
jouir
en France, ou sous tout autre climat, et de
la liberté à laquelle ils aspirent, et d'un traitement qui puisse assurer leur existence. Je
suis fort dloigné de croire que la généralité
des nègres enrégimentés passera de notre
côté, quoiqu'ils n'aient été en effet que les
instrumens passifs de tous les crimes qui
leur ont été ordonnés; ; il en est, pour ces
sortes d'exécutions, sur qui le choix de
, faire que ce
jouir
en France, ou sous tout autre climat, et de
la liberté à laquelle ils aspirent, et d'un traitement qui puisse assurer leur existence. Je
suis fort dloigné de croire que la généralité
des nègres enrégimentés passera de notre
côté, quoiqu'ils n'aient été en effet que les
instrumens passifs de tous les crimes qui
leur ont été ordonnés; ; il en est, pour ces
sortes d'exécutions, sur qui le choix de --- Page 255 ---
(2 245 )
Dessalines s'est trop particulièrement fixé,
pour qu'ils puissent avoir la confiance etl'audace de se présenter dans nos rangs ; ces
hommes n'abandonneront jamais leur chef
et nous aurons, sinon la gloire, au moins
la satisfaction de les vaincre.
Dessalines peut aussi, par sa seule influence, en retenir plusieurs dans ses intérêts, mais il n'en résultera pas moins
la quantité de ceux quis'uniront à nous,jointe que
aux hommes de couleur libres, nous
sera une armée plus forte que la sienne, compo- et
que cette addition à nos forces ne pourra
être regardée comme peu de chose, dans un
pays oùr tant de considérations doivent nous
faire une loi impérieuse de mettre tout en
usage pour que les efforts de nos troupes
soient promptement décisifs pour Ja destruction de nos ennemis.
Les anglais nous ont donné, durant leurséjourà
St.-Domingue, 7 la preuved'une grande
vérité que nous devons mettre à profit, c'est
de ne faire commander les
des officiers blancs
nègres que par
: vous en ferez de bien --- Page 256 ---
(2 246) )
meilleurs soldafs, et serezal'abri des
de la séduction par l'influence de la dangers
couleur.
N'ayez aucune crainte de leur nombre
quand la guerre sera finie, habillez
:
les bien ; ils seront fiers de leur et payezleur état ;
liberté et de
composez. - en des
dans les
maréchaussées
plaines et les
tout conformezmontagnes, et survous aux anciennes
nances qui leur accordaient
ordonchaque nègre maron
ane prime pour
tait en leur
(I) quelcur. activité metzèle
pouvoir: vous exciterez ainsi leur
par l'intérét, et doublerezle
auront à remplir leur
plaisir qu'ils
sont cent fois plus durs devoir; à
ces hommes
semblables,
l'égard de leurs
été
que nous ne l'avons jamais
envers eux ; lorsqu'un habitant voulait
autrefois punir son esclave, il le
de le vendre à un
menaçait
libre; ; c'était la
nègre ou à un mulâtre
menace la plus sévère
pût lai faire, et qui lui réussissait le qu'il
pour le faire rentrer dans le deroir, mieux
(r) On api elle nègre maron, celui
de Thabitation de son maître,
qui se sauve
été
que nous ne l'avons jamais
envers eux ; lorsqu'un habitant voulait
autrefois punir son esclave, il le
de le vendre à un
menaçait
libre; ; c'était la
nègre ou à un mulâtre
menace la plus sévère
pût lai faire, et qui lui réussissait le qu'il
pour le faire rentrer dans le deroir, mieux
(r) On api elle nègre maron, celui
de Thabitation de son maître,
qui se sauve --- Page 257 ---
( . 247 )
Je-crois avoir tout dit pour prouver la facilité que nous aurons à attacher à nos intérêts
les nègres enrégimentés ; je passe actuellement aux nègres culfivateurs armés seulement au besoin.
Des nègres cultivateurs armés seulement
au besoin.
Ces hommes, moins difficiles à combattre
par leur inhabileté dans le
service, nous
senteront de bien grands
préavantages pour leur
réduction 7 lorsqu'ils se verront abandonnés
des forces réelles sur lesquelles leur chef
devait le plus compter : accoutumés à la
vie d'habitation, séparés de leurs femmes
de leurs enfans, de leur petite
il n'est pas de nègre industrieux propriété (car
qui n'ait un
petit coin de terre qu'il cultive à ses heures
de loisir, et des volailles et bestiaux
élève avec soin), la désunion
qu'il
qu'ils auront
souS les yeux 2 en rendant plus certains les
dangers auxquels ils resteront exposés, leur
fera desirerlatranquillitéq
ils l'accepteront
quileurseraoifertey
comme une faveur 7 et ne
s'effraieront pas de la condition à laquelle
ils devront se
soumettre, puisqu'encore une --- Page 258 ---
à
( d0 d 248)
fois, 2 s'ils ont l'avantage, sous le
règne de
Dessalines,de se répéter à eux-mêmes
n'ont plus de maitres, ils ont mille qu'ils
sions par jour de ressentir
oceaplus durement
que jamais le poids de Tesclavage et de la
tyrannie. Cependant, me dira-t-on beaucoup ont écouté la voie de la séduction, 2 lorsqu'ils étaient en possession de cette même
tranquillité : je répondrai qu'ils croyaient
pouvoir le faire avec audace, lorsque la
sition de la colonie annonçait
popar-tout notre
faiblesse; qu'ils cédaient à l'instigation de
leurs chefs d'ateliers qui étaient secrètement
dans les intérêts de
Dessalines, que la sottise
et la crédulité ont seules déterminé leur résolution ; et qu'enfin, le danger n'était
aussiévidemment présent à leurs
pas
le sera dans cette dernière
yeux, qu'il
circonstance.
D'ailleurs, tout a un terme dans la vie, et.
tels hommes qu'une imagination vive et tumultueuse a porté aux excès les plus répréhensibles, trouvent dans le résultat des malheurs qui en sont pour eux la suite, une
leçon salutaire contre les dangers d'y retomber, et se regardent comme trop heureux
déterminé leur résolution ; et qu'enfin, le danger n'était
aussiévidemment présent à leurs
pas
le sera dans cette dernière
yeux, qu'il
circonstance.
D'ailleurs, tout a un terme dans la vie, et.
tels hommes qu'une imagination vive et tumultueuse a porté aux excès les plus répréhensibles, trouvent dans le résultat des malheurs qui en sont pour eux la suite, une
leçon salutaire contre les dangers d'y retomber, et se regardent comme trop heureux --- Page 259 ---
(2 249)
en abjurant leurs folies, de jouir de la
qui leur est présentée.
paix
On aurait tort de croire ce.
inappliquable à un nègre
raisomnement
dessus de son
comme étant aul'intérêt
jugement: : tout ce qui
et la streté
touche
tous les hommes. personnelle est senti par
Passons maintenant aux détails
calité du pays, et les fautes
sur la loy éviter.
que nous devons
Aucune force ennemie
de
n'empéchera le débarquement nos troupes à
gue; les insurgés seront dans les Saint-Dominc'est-là que seront tendus tous leurs montagues:
et que des mesures,
pièges,
tiendront
prises bien alavance, les
attentivement sur leurs gardes.
Ne nous occupons pas de rétablir les
que nous trouverons en
villes
les plaines soient
cendres, avant que
elles excitent la tranquilles et pacifiées :
tretiennent l'oisiveté cupidité chez les uns et enn'avons besoin
chez les autres ; nous
chose, soit
que d'hommes utiles à la
comme militaires, soit
employés
comme
d'administration, et encore ces der32 --- Page 260 ---
( 250 )
niers, par la preuve que nous avons acquise,
peuvent-ils être bien
avantageusement incorporés dans des compaguies ; aucun de ces
marchands et pacotilleurs, que l'on peut regarder comme les sangsues d'une colonie,
toujours prêts à l'abandonner à la
première
alerte, et qui ne l'auraient abordée que dans
des vues d'intérêt, infiniment trop prématurées pour l'état oùt elle se trouvera. Laissons
à des temps heureux un commerce utile à
toutlemonde; ce sont les campagnesdeSaintDomingue qu'il faut réduire; chaque homme
qui touche Ce sol, lui doit ses efforts : pourquoi faut -il que celui qui fonde sa prospérité sur le bien d'un pays,n'ait pas des obligations à remplir proportionnées aux avantages, qu'il peut en attendre?
Établissons seulement au Cap, au Portau-Prince et aux Cayes,les trois premiers
ports des trois départemens de la colonie,
des magasins et arsenaux: : ces magasins serviront d'entrepôt généraux pour ce qui concerne les vivres, liquides et habillemens, et
fourniront ensuite à ceux des plaines et 2 des
montagnes : les hôpitaux sur-tout, seront
ait pas des obligations à remplir proportionnées aux avantages, qu'il peut en attendre?
Établissons seulement au Cap, au Portau-Prince et aux Cayes,les trois premiers
ports des trois départemens de la colonie,
des magasins et arsenaux: : ces magasins serviront d'entrepôt généraux pour ce qui concerne les vivres, liquides et habillemens, et
fourniront ensuite à ceux des plaines et 2 des
montagnes : les hôpitaux sur-tout, seront --- Page 261 ---
(251 )
construits dans les
se rapprochant du climat montagnes; combien, en
est salutaire à tous les européen, l'air en
quidoivent,
nouveaux
par nécessité, avoir une arrivans,
en ce pays, qui les sauve
maladie
celles dont ils
ensuite de toutes
pourraient être atteints !
Comme il serait possible
que objection sur la
que l'on fit quelaisément des
possibilité de construire
établissemens dansd
par leur distance et leur
deslieux qui,
présenter quelques
dération, doivent
que les plus beaux diflicultés, je répondrai
eussions autrefois dans établissemens que nous
dans les
la colonie 2 étaient
mâçonnerie, montagnes ; quantité en pierres et
auront résisté au
ral, etn'auront besoin
ravage généde
que d'être
demi-quart de lieue
recouverts; ;
lieue
en
ily a des habitations demi-quart de
d'elles, nos soldats
; sur chacune
nègres; ces sortes trouveront des cases à
ment respectés d'établisemens, généralevateur
comme la propriété du
2 leur offrant un abri sûr. S'il cultiqu'elles ne pussent snffire
arrivait
foute'
5 ou que, 2 contre
vraisemblance, un
eussent étédétruites, grandnombre d'elles
ils peuvent, bien promp32 * --- Page 262 ---
A
(252 )
le
moment, se constement et pour premier
cahutes couvertes en feuilles
truire de petites
eux de la
de bananiers 2 et qui seront pour
même utilité.
de nos forces sera donc
La majeure partie
puisqu'elles doiportée dans les montagnes,
et
vent être le refuge de nos ennemis 2 que
craindront aucune maladie
nos troupes n'y
conserverons les
dangereuse. Tant que nous
ne se hasarderont pas
hauteurs, 2 les nègres
tant mieux
à descendre dans les plaines ;
d'ailleurs si nous pouvions les y pousser 9
sur eux ne serait pas
puisque notre avantage
douteux.
les chevaux et mulets dont nous
Outre
sur Pennemi, nous pouvons
nous emparerons de toutes les iles espagnoles
nous en procurer
peut aussi
voisines ; la Noivelle-Angleterre
fournir des chevaux ; ces précautions
nous
bien en avant, afin que
doivent être prises
en soufsur ce point nous ne restions pas
france.
espagnole, dont nous conscrveLa parlie
jusqu'à cette
la propriété
rons probablement
et mulets dont nous
Outre
sur Pennemi, nous pouvons
nous emparerons de toutes les iles espagnoles
nous en procurer
peut aussi
voisines ; la Noivelle-Angleterre
fournir des chevaux ; ces précautions
nous
bien en avant, afin que
doivent être prises
en soufsur ce point nous ne restions pas
france.
espagnole, dont nous conscrveLa parlie
jusqu'à cette
la propriété
rons probablement --- Page 263 ---
(253 )
époque, nous approvisionnera aisément
bestiaux : on sait que les habitans de
en
n'ont d'autre commerce
ce pays
Cuba et la Côte-Ferme que celui-là ; l'ile de
également 5 il faut être nous en procureront
assuré d'ailleurs
nous pourrons
que
aussi, sur les lieux
trouver de grandes
mêmes,
sistance,
ressources pour la sub7 le bétail de toute espèce étant trèsnombreux dans la colonie, et la
vant en faire tomber une
guerre degrande
notre pouvoir.
quantité en
Quant à la conduite
militaire, il
grand soin de ne laisser
fautavoir
rière
aucun ennemi dernous : ayons de nombreuses
gnies d'éclaireurs,
compamulâtres ralliés composées des nègres et
sous nos
hommes, parleurs
drapeaux ; ces
connaissances
peuvent être mieux
locales, ne
vons en attendre
employés, et nous deles plus signalés services : ils
connaîtront les embuscades et
tous les dangers, Fouillons
prévoiront
teur et exactitude;
les bois avec lendeur des
; pénétrons dans la
ravines à mesure
profonrons 5 saisissons-nous
que nous avanceles
des vivres sur toutes
habitations; ne les quittons jamais
sans --- Page 264 ---
-
(2 254) )
détruire ce que nous ne
pourrions en
ter, et déraciner
emporjusques aux
faisons en quinze jours de marche plantations ;
pourrait faire en un seul ;
ce quel'on
attaquons tous les
camps 5 et gardons-nous sur-tout de cette
impétuosité
française, 9 qui; dans certaines
affaires de la dernière
si fatale ; lorsqu'en campagne, nous a été
ennemis dans
cernant et affamant nos
certains
leur retraite 5 nous sommes
deles vaincre sans danger;
ce moyen à celui de rendre cette préférons
toire
même vicdouteuse, en exposant
nos
témérairement
soldats,
La tête de Dessalines nous livrera celles
des autres chefs ; avec elle s'évanouira
cette magie qui
toute
pourrait encore enchaîner à
ses intérêts les bras que nous n'aurions
vaincus 7 et j'ai peine à croire
pas
masse de nos forces et l'étendue qu'avec la
de nos
moyens, plus de cinq mois puissent s'écouler avant que nos efforts n'aient été victoricusement couronnés, 2 et que nous puissions
enfin travaillerà la restauration d'une colonie
dans laquelle la guerre aura terminé SCS
ravages.
oute
pourrait encore enchaîner à
ses intérêts les bras que nous n'aurions
vaincus 7 et j'ai peine à croire
pas
masse de nos forces et l'étendue qu'avec la
de nos
moyens, plus de cinq mois puissent s'écouler avant que nos efforts n'aient été victoricusement couronnés, 2 et que nous puissions
enfin travaillerà la restauration d'une colonie
dans laquelle la guerre aura terminé SCS
ravages. --- Page 265 ---
(255 )
Les campagnes pacifiées, il ne faut
quelques: mois pour le rétablissement que des
villes.Les Etats-Unistroureront dans la vente
de leurs bois un commerce
ouvriers seront
avantageux ; les
employés à de hauts
chacun fera usage de ses
prix;
construire une demeure-; les moyens pour se
;
auront de grandes valeurs
emplacemens
toute
; l'industrie de
nature reprendra son activité, et
durant la guerre n'eût été
cequi
objet de luxe inutile,
pour nous qu'un
nécessité,
deviendra, sinon une
au moins un agrément à desirer
les plaines nous présenteront d'autres
;
tages pour satisfaire notre ambition avanaffermerons des terres, prendrons
; nous
avec.les
desintérêts
propriétaires. 31 pour le rétablissement
del leur bien; achèterons des parties de
que nous. louerons, 2 ou qui se paieront nègres
mêmes sur les revenus des habitations euxmille chances seront ouvertes à la
; enfin,
fortune, et
Saint-Domingue renaitra d'autant plus aisément de ses cendres, que les besoins seront
grands et les peines comptées
chose.
pour peu de
Les habitans
propriétaires de Saint-Do- --- Page 266 ---
- -
(256 21 )
doivent entrer aussi Hans la plus
mingue considération pour le but que nous
grande
personne n'ignore avec
desirons atteindre; dernier lieu, défendu la
quel zèle ils ont, en
où leurs bras lui decolonie dans des temps
dans mille
venaient si nécessaires, 2 comme mérité des
occasions leur conduite leur a
éloges, et comme ils ont enfin, glorieusement méchamtriomphé des manoevres perfides,
éloigner d'eux la con*
ment pratiquées pour
à leurs yeux
fiance des chefs, en les peignant Le rétales ennemis de la France.
comme
sans
blissement tdel la colonie ne peut s'opérer
eux seuls peuvent revivifier
leurs secours ; le temps n'a que trop effades principes que à la culture ce degré de
cés, et redonner
attendre que de
perfection qu'elle ne peut
ct de leur capacité.
leur expérience
Je crois du plus grand intérêt pour colonie nous,
auprès du chef de la
qu'ils jouissent
qui fassent
d'un crédit et d'une considération, cette crainte
renaître dans l'esprit du nègre
il
a
pour eux, sans lesquels n'y
et ce respect
solidement établie ; qu'adpas de tranquillité
ilsy soient écoumis au conseil administratif,
onner
attendre que de
perfection qu'elle ne peut
ct de leur capacité.
leur expérience
Je crois du plus grand intérêt pour colonie nous,
auprès du chef de la
qu'ils jouissent
qui fassent
d'un crédit et d'une considération, cette crainte
renaître dans l'esprit du nègre
il
a
pour eux, sans lesquels n'y
et ce respect
solidement établie ; qu'adpas de tranquillité
ilsy soient écoumis au conseil administratif, --- Page 267 ---
(257)
tés et distingués, et que chargés seuls enfin
de l'ordre et de la discipline des
se montrent
ateliers, ils
par-tout dans les plaines à la
tête de la force armée, et fassent
et jour de la plus infatigable
preuve nuit
activité,
C'est une bien grande consolation
qui reste de ces malheureuses
pour ce
ne pouvoir douter des intentions victimes, 2 de
de notre- jeune
bienfaisantes
Monarque en faveur de la COlonie, et d'être assurés qu'ils jouiront un
sur leur propriété, de la paix et du bonheur jour,
que son règne leur aura procurés.
Je crois avoir tout dit
la France
pour prouver que
par sa force, la forme de son
vernement qui ne présente plus la crainte goud'aucune instabilité, et tous les
son pouvoir pour ramener. à ses intérêts moyens en
les classes d'hommes
toutes
qui habitent Saint-Domingue et s'y montrent
mis, rétablira
aujourd'hui ses enneaisément sa
cette ile jadis si florissante, puissance dans
notre
et rendra ainsi à
commerce, à nos armemens
nufactures,
etànos ma2 une
bles leur ont depuis prospéniéquedegrands troussilong-temps fait perdre.
FIN. --- Page 268 ---
-
-
07-155 --- Page 269 ---
H I - STOIR E
DES DÉSASTRES
DE SAINT-DONINGUE, --- Page 270 --- --- Page 271 ---
E805
4371p. --- Page 272 ---
PAAAAAA a
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