--- Page 1 --- --- Page 2 ---
cAcquired with tbe assistance oftbe
flie Kupiedh Bass
Fund
JOHN CARTER BROWN LIBRARY --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
PRÉCIS HISTORIQUE
DE LA RÉVOLUTION
DE SAINT-DOMINGUE. --- Page 6 ---
Les formalités prescrites ayant été remplies , je
poursuivrai les contrefacteurs suivant toute la rigueur des lois.
/
-
DE L'IMPRINERIE DE PILLET AINÉ. --- Page 7 ---
PRÉCIS HISTORIQUE
DE LA RÉVOLUTION
DE SAINTDOMINGUE.
RÉFUTATION
DE CERTAINS OUVRAGES PUELIES SUR LES CAUSES
DE CETTE RÉVOLUTION.
DE L'ÉTAT ACTUEL DE CETTE COLONIE,
ET DE LA NÉCESSITÉ D'EN RECOUVRER LA POSSESSION.
PAR L. J. CLAUSSON,
PROPRIETAIRE,
ET ANCIEN MAGISTRAT AU PORT-AU-PRINCE.
Point de colonies, point de commerce $
point de commerce, 1 point de marine.
A PARIS,
CHEZ PILLET AINE, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
ÉDITEUR DE LA COLLECTION DES MCEURS FRANGAISES,
RUE CHRISTINE, No 5.
1819- --- Page 8 ---
Cet ouvrage se trouve aussi à
Agen, chez Noubel.
Limoges, chez Bargéns.
Aiz-la-Chapelle,, Larnelle.
Bossange,
Angers, Fourric-Mae.
Londres.. Dulau,
Arras, Topino.
H. Berthoud,
Bayonne, Bonzom.
Treuttel et Wirtz.
Berlin, Schlesinger. Deis,
Lovient... Fauvel. Caris,
Besangon.. Girard.
Bohaire,
Blois, Aucher-Eloi.
Lyon
Faverio,
Mme Bergeret,
Maire.
Lawalle jeune,
Manheim, Artaria et Fontaine.
Bordeauz.. Melon,
Mans, Pesche.
Coudert,
Chardon, 1
Gassiot, 1
Murseille.. Maswert, Moissy,
Gayet.
Bourges, Gilles.
Chais. Camoin, 1
Breslau, Korn. (Le Fournier-Desp. Metz.
Thiel. Devilly,
Brest..
Egasse.
Mons, Lerouss
Michel.
Montpellier, Sevalle,
Lecharlier,
Nancy, Vincenot.
Bru elles. Demat,
Nantes, Busseuil.
Stapleaux,
Naples, Borel.
Lacrosse.
Niort, Elies-Orillat.
Caen, Mme Belin-Lebaron.
Nimes, Melqniond.
Calais, Leleux,
Noyon, Amondry.
Cambrai, Giard.
Orléans, Huet-Perdoux.
Chartres, Hervé.
Rennes.. Duchesne,
Clermont-Rerrand, Thibaut.
Molliex.
Lagier,
Frère,
Dijon. -
Noellat,
Rouen.
Renault,
Tussa.
Dumaine-Vallé,
Dunkergue, Bbronner-Beauwens, Snint-Brieus, Lemonnier.
Florence, Piatti.
Saint-Malo Rottier.
Francfort, Brenner.
Saint- C. Weyer,
Gand..
Dujardin Houdin.
Pitersbourg Saint-Florent.
Strasbourg, Levrault.
Genece..
Paschoud,
Stockholm, Cumelin.
Manger-Cherbulier. Duflo,
Toulouse.. Vieusseux,
Havre.
Chapelle.
Senac. Ch. Bocca,
Luusanne, Fischer.
Turin. Pic.
Leipsick, Grieshammer.
V'alenciennes, Lemaitre.
Liege.
Desoër, Collardin.
Piowne,Shaulacher Warsovie, Klugsberg.
Lille, Vanackere.
Ypres, Gambart-Dujardin.
lorent.
Strasbourg, Levrault.
Genece..
Paschoud,
Stockholm, Cumelin.
Manger-Cherbulier. Duflo,
Toulouse.. Vieusseux,
Havre.
Chapelle.
Senac. Ch. Bocca,
Luusanne, Fischer.
Turin. Pic.
Leipsick, Grieshammer.
V'alenciennes, Lemaitre.
Liege.
Desoër, Collardin.
Piowne,Shaulacher Warsovie, Klugsberg.
Lille, Vanackere.
Ypres, Gambart-Dujardin. --- Page 9 ---
AVANT-PROPOS.
L'ASSENBLÉE constituante fut malheurénsement saisie dela grande question del'esclavage légal des nègres dans les colonies
françaises ; déjà les hommes de couleur
avaient réclamé leurs droits politiques.
Un orateur célebre fit observer que de
pareilles questions étaient un problème
qui allait mettre aux prises la morale avec
la politique;del leur côté, les colons blancs
manifestèrent leur terreur trop fondée;
la lice fut ouverte : des sophistes adroits
cherchèrent à entrainer les auditeurs par
des mouvemens oratoires, ou à éblouirla
multitude par des raisonnemens métaphysiques qu'elle admire d'autant plus
qu'elle ne les comprend pas. Les combattans oublièrent la nation et ne virent
dans la ruine du commerce et de
plus
le
de leurs prinla marine que triomphe --- Page 10 ---
ij
AVANT-PROPOS.
cipes. Cependant, malgré les grandsefforts
de l'éloquence, qui sont lepropredeshommes passionnés, les principes solides de la
sagesse et du bon sens triomphèrent
un
moment; mais le système colonial ne fut
pas moins compromis par un décret
inexécutable, reconnu tel par les ennemis
des colons, eux - mêmes. Les événemens
se succédaient alors très - rapidement en
France, l'assembléel C législative rendit d'autres décrets, tous
incohérens, et, pour
couronner l'eenvre, la convention décréta
la perte des colonies, et par conséquent la
ruine du commerce français.
A celle époque, il était dangereux de
réclamer contre ces mesures subversives
de tout ordre social;l l'échafaud attendait
les colons, enveloppés dans le système de
terreur et de proscription qui régnait.
Plusieurs ont péri! Ceux qui ont survécu
languissent dans Finfortune; la calomnie
et l'injure les ont làchement
et les poursuivent
poursuivis
encore. En effet, il --- Page 11 ---
AYANT-PROPOS:
iij
doctrinaires du dix-neuétait réservé aux
vième siècle de renchérir sur les démagode 1793, en insultant les colons avec
gues ironie atroce : Quoi! les rédacteurs
une
dans leur numéro du...
du Courrier,
de n'aaoût 1819, osent leur reprocher
leurs propriétés ily a
voir passu garder
: cela leur
vingt-cing ans ! Ils ajoutent
plus facile, et ils se
était probablement
seraient épargné de cruels malleurs.
1l faut, sans doute, pardonner à ces
mais il est
sayans un peu d'ignorance; tient à leurs docpermis de croire qu'elle
les
donc oublier que
trines; peuvent-ils
colons furent de tous tems accusés par
d'avoir montré trop
les révolutionnaires
de courage et lutté troplong-tems contre.
mandataires de la nation? Cet article
les
avoir été dicté par un esvirulent parait
reconnait tout
prit d'inspiration. : on y
récemle fiel répandu dans ces ouvrages
sous divers titres par des
ment publiés
hommes qui ne furent point étrangers
oublier que
trines; peuvent-ils
colons furent de tous tems accusés par
d'avoir montré trop
les révolutionnaires
de courage et lutté troplong-tems contre.
mandataires de la nation? Cet article
les
avoir été dicté par un esvirulent parait
reconnait tout
prit d'inspiration. : on y
récemle fiel répandu dans ces ouvrages
sous divers titres par des
ment publiés
hommes qui ne furent point étrangers --- Page 12 ---
iv
AVANT-PROPOS
à la révolution de
est vrai que MM. les Saint-Domingue. rédacteurs
S'il
rier sont les
du Courinterprètes des sentimens du
ministère actuel, c'est d'un funeste
sage pour les colons; cependant
préne se découragent
ceux-ci
point, ils espèrent
les intérêts du commerce
que
seront enfin
préciés : Puissent aussi leurs
napmations n'être
justes réclapas le vor clamantis in
deserto.
Parmi les
il
ouvrages que je viens
ne
deciter,
faut pas confondre ceux de M. le
chevalier de Guillermin, officier
rieur au corps royal
supépureté des
d'état-major, que la
principes et la force du style
distinguent
éminemment, ni celui
M. Mazères,
de
qui a paru en
est intitulé : De lutilité 18r4,et qui
des
des causes intérieures
colonies,
Saintde la perte de
Domingue, et des moyens d'en
recouvrer la; possession.
L'autenr a fait une observation trèsjudicieuse en répondant à ceux qui,
regar- --- Page 13 ---
AVANT-PROPOS.
V
des colons comme intéresdant Popinion
prèts à la resée, se montrent toujours
elle est
cuser. ( Eh! sans doute, dit-il,
leur
et c'est pour
) intéressée
opinion,
faut Pentendré et la discuter,
) cela qu'il
craindre et de la rejeter
> au lieu de la
examen. Qui parlera donc perti-
> sans
si ce n'est eux?
5 nemment des colonies,
des académiciens? sont-ce ces
)) Sont-ce
leurs
qui les ruinèrent par
) philosophes
? sont - ce ces prétendus
)) abstractions
de tout le
)) amis des noirs coupables
versé par suité de leurs déclama-
) sang
sont-celesmi-
> tions et deleursintrigues?
litaires et les administrateurs échappésà
)
désastreuse du génétalLe-
) Texpédition
connaissent de la CO-
) clerc? Ceux-ci ne
de
que ce que
))
lonie
Saint-Domingue
la
leur en a laissé voir à travers
>
guerre
qui en cou-
)) les ruines ensanglantées
)) vrent la surface! )
Cette dernière observation pent s'apaux Mémoires que vient de pupliquer
-celesmi-
> tions et deleursintrigues?
litaires et les administrateurs échappésà
)
désastreuse du génétalLe-
) Texpédition
connaissent de la CO-
) clerc? Ceux-ci ne
de
que ce que
))
lonie
Saint-Domingue
la
leur en a laissé voir à travers
>
guerre
qui en cou-
)) les ruines ensanglantées
)) vrent la surface! )
Cette dernière observation pent s'apaux Mémoires que vient de pupliquer --- Page 14 ---
vj
AVANT-PROPOS.
blier le général Pamphile de
distingue néanmoins de
Lacroix.Jele
ces écrivains
pocrites, quoiqu'il y ait entre eux
hyparité
doit
Srmtoree
prendreaTégard, de
Le général Lacroix
Saint-Domingue.
qu'ils'identifiait
ne s'est point aperçu
avec des hommes qui ont
paissamment coopéré à la destruction des
colonies. A la vérité, il In'en connaît
toire que par tradition;
Phisrait rendu son
cependant, il autimable 9 si dans ouvrage les
complètement esprocurés il n'avait matériaux qu'il s'est
rattachent
pas élagué ceux qui se
de
aux antécédens del la révolution
où Saint-Domingue. il
Je connais la source
a puisé, etje suis convaincu
tenait qu'à lui de ne
qu'il ne
pas égarer F'opinion.
L'impartialité dont un historien
faire profession lui aurait fait
doit
de ne pas attribuer les
un devoir
de cette colonie
premiers troubles
aux blancs
qui étaient les plus intéressés propriétaires, à
les préweinpat-irgeenllanahs s'était donné --- Page 15 ---
vij
AVANT-PROPOS
de remonter un peu plus haut que
la peine
rapport à ces
le point d'ou il est parti, par
des faits
événemens, il aurait débuté par
cités en les tronantérieurs à ceux qu'ila
et cette exactitude Paurait dispensé
quant,
planteurs et leur arisd'accuser'les grand
tocratie, etc. Mais M. le général Lacroix,
meilleures intentions, s'est écarté
avec les
étonnant qu'il se
de la vérité. Il n'est pas
trouvé d'accord avec les écrivains que
soit
la tàche
jaisignalés. J'ai donc entrepris
de relever les COde remplir ces lacunes,
accusalons blancs de ces imprudentes la suite de
tions; j'ai placé la preuve à
du
l'erreur
chaque fait, et j'ai distingué
crime en faisant la part. de chacun.
six ans avant
J'étais à Saint-Domingue éclaté dans
les premiers troubles qui out
colonie : je l'ai vue dans toute sa
cette
suiviles événemens I
qui ont
splendeur,Tai
ai
entraîné sa décadence et sa ruine, j'en
tracéles eeratenaktnece
Cest
authentiques et irrécusables.
pièces
du
l'erreur
chaque fait, et j'ai distingué
crime en faisant la part. de chacun.
six ans avant
J'étais à Saint-Domingue éclaté dans
les premiers troubles qui out
colonie : je l'ai vue dans toute sa
cette
suiviles événemens I
qui ont
splendeur,Tai
ai
entraîné sa décadence et sa ruine, j'en
tracéles eeratenaktnece
Cest
authentiques et irrécusables.
pièces --- Page 16 ---
viij
AVANT-PROPOS
par de telsmoyens
phlets de
que J'ai réfuté les
certains hommes
pammarquer
qui se font repar Jeur acharnement
colons, afin de
contre les
légitimer leur
en faisant
conduite
trines.
prévaloir de funestes docJ'étais aussi dans la
du
demnitreerpédition
leshorreurs g@néralLeclere.Tai ététémoin det toutes
et de tous les crimes qui l'ont
accompagnée. Mais je dois cet
la vérité, c'est qu'on n'a
hommage à
pas eu, cette fois,
Fimpudenr de les rejeter sur ceux
ont été les
qui en
victimes: on s'est contenté de
pallier les faits afin
ces
d'épargner la honte à
dité prétendus plilantropes que la
rendit cruels et qui'tranchent cupid'hui sur des intérêts
aujourqu'ils n'ont
connus.
jamais
En publiant un précis de la
de
révolution
Saint-Domingue, je ne me suis
dissimulé la défaveur attachée
point
de colon
à la qualité
propriétaire; elle est la conséquence du système qui rappelle l'aurore --- Page 17 ---
ix
AVANT-PROPOS.
j'ai pensé
de la révolution : cependant d'infortunes
vingt-huit années
qu'après
cette triste qualité pouetde persécutions.
abnégation
vait faire présumer quelque
de préjugés. donc attaché à faire conJe me suis
detous les événaitre la source et la cause
révolte des
nemens qui ont précédé la
d'état,
Afin d'éclairer les hommes
nègres. cherche sans cesse à trompier la
dont on
combien il était nécesreligion,Jai senti
saired'entrer dans cesdétails préliminaires
question du système COde l'importante
lonial.
d'ailleurs, vient d'être
Cette question,
M. le chevalier de Guillermin
traitée par
ayant pour titre:
dans un second ouvrage
appel d
Colonie de Saint-Domingue,ou
du Roi et de la France.
la sollicitude
L'anteur, s'étayant :
des grands principes
est fondée la restaupolitiques sur lesquels de la France et de sa
ration de commerce
les assermarine, réfute victorieusement
système COde l'importante
lonial.
d'ailleurs, vient d'être
Cette question,
M. le chevalier de Guillermin
traitée par
ayant pour titre:
dans un second ouvrage
appel d
Colonie de Saint-Domingue,ou
du Roi et de la France.
la sollicitude
L'anteur, s'étayant :
des grands principes
est fondée la restaupolitiques sur lesquels de la France et de sa
ration de commerce
les assermarine, réfute victorieusement --- Page 18 ---
X
AVANT-PROPOS
tionsclesennemis duvraisystème colonial.
J'ai également traité la même
mais je me suis "plus
question,
étendu
particulièrement
sur tous les événemens de la révolution de cette colonie. Ainsi,
rai mis les lecteurs à même de
j'auhommes
juger les
qui ont figuré sur ce grand
théâtre, et de se convaincre que les agitateurs Se trouvent exclusivement
parmi les
révolutionnaires de ces époques désastreuses.
Il fallait aussi fixer
lité de
l'opinion sur l'utiSaint-Domingue et
réel
tsurlepréjudice
que la France éprouverait en renonçant à cette possession; j'ai
ancien état de
comparé son
splendeur avec son élat actuelde dépérisement,Jai
de toute espèce de négociations exposéledanger
chefs de la soi-disant
avec les
république d'Haiti,
le piége que cachent leurs propositions,
la disproportion des offres qui seraient
faites sans garanties pour les propriétaires,
P'impossibilité d'établir pour eux dejustes --- Page 19 ---
xj
AVANT-PROPOS.
enfin l'inévitable perte de nos
indemnités, colonies et la ruine entière de notre
autres
était déficommerce, si Saint-Domingue
réabandonné à des sujets
nitivement
voltés.
les obtacles mis en avant pour
J'ai prévu
qui peuvent condétourner des moyens
je n'ai
cilier tous les intérêts. Cependant
de plan,je n'ai fait qu'indiquer
pointtracé
exécutable, en dépit de
celui que je crois
le contraire.
tous ceux qui soutiennent
sans doute
Le gouvernement prendra colonie; et
à l'égard de cette
un parti
s'y détermine,
comme il est urgent qu'il habile à quiil
jele compare à un médecin
causes
faut
cacher les plus légères
ne
pas
qu'il est appelé à
d'une maladie grave
caractérisé
traiter. C'est pour cela quej'ai maladie
symptômes de cette
les premiers
toutes les colodevenue contagieuse pour
del'art
Maintenant, jappelle les gens
nies.
invite à commencer
à leur secours et je les --- Page 20 ---
xij
AVANT-PROPOS.
par administrer à Saint-Domingue l'antidote convenable au poison que des charlatans ont faitcirculer dans toutesles veines
de cette ile précieuse. --- Page 21 ---
PRÉCIS HISTORIQUE
DE LA RÉVOLUTION
DE
SAINT-DOMINGUE
CHAPITRE PREMIER.
établissemens à SaintDe Torigine des colonies. Des premiers de T'Afrique. De la traite
Doninguc. Moeurs et coutumes contre les hommes de
des nègres, et des causes du préjugé
couleur.
l'antidote convenable au poison que des charlatans ont faitcirculer dans toutesles veines
de cette ile précieuse. --- Page 21 ---
PRÉCIS HISTORIQUE
DE LA RÉVOLUTION
DE
SAINT-DOMINGUE
CHAPITRE PREMIER.
établissemens à SaintDe Torigine des colonies. Des premiers de T'Afrique. De la traite
Doninguc. Moeurs et coutumes contre les hommes de
des nègres, et des causes du préjugé
couleur. de Colomb devine un nouveau
Le. génie
et ce moment, qui
Monde; il le. découvre,
l'esprit huétait un nouvean triomphe pour mémorable
main, commence l'époque d'une
vainqueurs sanguicalamité. Les Espagnols,
dépeuplent TAmérique pour s'y assurer
naires,
de lor. Le vertueux Las- Casas,
la possession
désastreuses, plaide
témoin des'scènes les plus
faire cesser le
la cause de Thomanité, et, pour il fait concecarnage des malheureux Indiens,
des
voir le projet de fertiliser TAmérique par
mains africaines. --- Page 22 ---
Vers le commencement du
cle, des gens de mer de toutes dix-septième sièles
unis
par leur penchant pour les
nations,
grandes
s'établirent dans l'ile
entreprises,
des
Saint-Domingue, l'une
premières découvertes de
tivèrent, firent
Colomb; ils culle commerce,
iles voisines et
parcoururent les
demeurèrent,
tain nombre
pendant un cerd'années, dans un étatabsolu d'indépendance. C'est ainsi qu'ont
grands
commencé les
établissemens, et l'on ne saurait trouver, dans celui de
mens
Saint-Domingue, les fondeordinaires et serviles d'une colonie
(1).
(1)1 Les colonies, ainsi que le mot même
territoires consacrés à
l'indique, sont des
par des cultivateurs. Les Tagriculture et habités ptineipalement
semens qui ont porté ce nom. nations anciennes ont eu des établisune colonie des Phéniciens Carthage fut, dans son origine
été une colonie
(a); toute l'Ionie a passé pour avoir
grecque; l'OEolie
ce titre (6); et Rome donna le nom appartint de
aux Athéniens à
les établissemens qu'elle fonda d'abord colonies à presque tous
dans la vaste étendue de son
en Italie, et ensuite
pris des anciens la dénomination empire (c). Mais quoiqu'on ait
sessions
qui sert à distinguer les
faut européennes en Asie, en Afrique et en
poscependant bien se garder de croire
Amérique, il
modernes appelés colonics aient
que ces établissemens
avec les colonies anciennes.
eu la moindre ressemblance
ciens, devint,
Carthage, fondéc par les Phénipresqu'à sa naissance, une puissance distincte
(u) Hérodote, Tite-Live.
(b) Hérodote, Thuydide,Strmbon,
(e) Tite-Live, Suétone, Columelle.
, en Afrique et en
poscependant bien se garder de croire
Amérique, il
modernes appelés colonics aient
que ces établissemens
avec les colonies anciennes.
eu la moindre ressemblance
ciens, devint,
Carthage, fondéc par les Phénipresqu'à sa naissance, une puissance distincte
(u) Hérodote, Tite-Live.
(b) Hérodote, Thuydide,Strmbon,
(e) Tite-Live, Suétone, Columelle. --- Page 23 ---
de ces braves flibustiers s'étenLes rapports
leur faldant de jour en jour, ils sentirent qu'il
défendre leur enfance
lait un protecteur pour
Hollandais de
politique. Français, Anglais,
chacun voulait se soumettre à son
naissance,
de cette imsouverain naturel. Une prétention
entre tels concurrens, ne pouvait sC
portance,
la voie des armes ; chaque nadécider que par
le
allait comtion se mit en bataille: : carnage
im-
:La contenance des Français en
mencer..
ils restèrent maîtres de
posa à leurs rivaux;
à Louis XIV.
lile, et se donnèrent
la clause exCette donation s'exécuta sous
active, continuelle, et
presse d'une protection absolu de toute espèce
d'un affranchissement
d'impôts.
exclusif avec cette nouvelle
Le commerce
la France un
possession devint bientôt pour
les ciraccroissement de richesses auxquelles
constances ajoutèrent un nouveau prix.
Les colonies grecques ont aussi formé des
de la mère-patric.
et incorporés comme alliés
états tributaires ou indépendans,
de la Grèce; et quant
dans la confédération des républiques dans les provinces de l'emaux colonies romaines à répandues bien dire, que des portions intégrantes
pire, elles n'étaient, à laquelle la ville de Rome servait de
de T'immense fabrique
des tributs et participaient
centre ; leurs habitans payaient
romains.
plus ou moins aux priviléges des citoyens --- Page 24 ---
Louis XIV, dont les succès et les
mentaient également les besoins, revers augoctrois à
demanda des
Saint-Domingue. Cette
une
demande était
titutionnels recomneisemnseasicnies de
des droits consdans
cette contrée. Elle fut
une assemblée nationale,
accordée
s'imposèrent
où les habitans
ils renouvelèrent eux-mémes. Depuis cette époque,
don,
tous les cinq ans ce même
que la générosité
par la suite, beaucoup étendu. franco-américaine a,
La population
mais nuire à la augmenta peu-à-peu, sans jal'industrie
métropole. La culture s'accrut,
doubla, la navigation fut
gée, le commerce vivifié;
encouradu dernier siècle,
enfin, vers le milieu
sensible
cette ile précieuse rendit
France. Il T'avantage serait
de ses relations avec la
cessité des
superflu de démontrer la némoyens qui furent
entretenir et accroître cet état employés de
pour
On sait par expérience
prospérité.
ride, les colonies n'ont que, sous la zone torqu'à l'aide de bras
pu s'établiret fructifier
africains.
premier en avait donné
Las-Cazas, qui le
l'idée, eût
regardé sa pensée comme un
peut-être
que n'avait pas connu de
crime, si P'Afrivitude, si le
tous les tems la serdespotisme le plus
disposait pas sans cesse d'un sanguinaire n'y
nombre infini
érité.
ride, les colonies n'ont que, sous la zone torqu'à l'aide de bras
pu s'établiret fructifier
africains.
premier en avait donné
Las-Cazas, qui le
l'idée, eût
regardé sa pensée comme un
peut-être
que n'avait pas connu de
crime, si P'Afrivitude, si le
tous les tems la serdespotisme le plus
disposait pas sans cesse d'un sanguinaire n'y
nombre infini --- Page 25 ---
a'individus arrivés à un tel degré d'erreurs et
de dépravation, qu'ils comptent quelquefois
bienfait le choix qui les fait immoler
pour un
d'un
aux mânes d'un tyran ou aux préjugés
culte imposteur.
fit donc la traite
Chaque nation européenne
mais il convient de citer ici deux
des noirs;
faits positifs : l'un 7 c'est que les Français
furent les derniers qui reçurent des esclaves
africains; T'autre, que les colonies françaises
sont celles où leur sort était le plus doux, celles
où la servitude n'était le plus souvent qu'un
continuels et
mot, et où des affranchissemens
rendaient la liberté à des hommes
multipliés
encore les soins d'un bon
qui regrettaient
maitre.
Dans tous les rapports, il faut essentiellecalculer le
d'oà l'on part; on ne
ment
point
des Africains
pouvait donc juger l'esclàvage
dans nos colonies, comme la servitude imprila
fois à des êtres qui ne
mée pour première
à des hommes qui,
Fauraient jamais connue,
et
trouvant au fond de leur coeur le sentiment
se livreraient à
Thabitude de l'indépendance,
de
toutes les horreurs du désespoir plutôt que
On eut recours aux Africains
plier sous le joug.
à une
esclaves dans leur pays; en les arrachant --- Page 26 ---
mort certaine, c'était
légitimer ce
on a beaucoup exagéré
trafic, dont
l'odieux
Il faudrait connaître
(r).
bien peu les relations
publiées sur PAfrique et les moeurs de
partie du monde; il faudrait
cette
jamais entendu les Africains sur-tout n'avoir
la touchante
eux-mêmes faire
peinture des malheurs
sont en proie dans leur'
auxquels ils
jamais été témoin de
terre natale, n'avoir
la répugnance invincible
qu'ils ont à retourner dans leur
ignorer que le sort d'un
patrie, pour
Amérique élait amélioré. nègre transporté en
En effet, on conçoit facilement
hommes grossiers
que des
de la vie
qui se rendent les maitres
ou de la liberté de leurs
peuvent offrir qu'un tableau
frères, ne
gards de la
pénible aux ren'existe
philosophie. Dans les lieux où il
pas de loi, où l'humanité est
les passions et la force
muctte,
des hommes.
disposent de la destinée
Que penser des moeurs d'un peuple qui
verse
(1) Des expériences faitcs à diverses
à
et à Cayenne ont prouvé que, sous le époques climat la Martinique
tilles, les travaux de Iagriculture
brûlant des Anpliés d'homines accoutumés à
exigenient les soins multides iles, qui cst à peu près la ces même climats. Or, la température
n'altère point la santé des nègres
quc celle de T'Afrique
qui y sont transportés.
uple qui
verse
(1) Des expériences faitcs à diverses
à
et à Cayenne ont prouvé que, sous le époques climat la Martinique
tilles, les travaux de Iagriculture
brûlant des Anpliés d'homines accoutumés à
exigenient les soins multides iles, qui cst à peu près la ces même climats. Or, la température
n'altère point la santé des nègres
quc celle de T'Afrique
qui y sont transportés. --- Page 27 ---
humain dans ses cérémonies religieuses,
le sang
a vaincus, à moins
qui ôte la vie à ceux qu'il
d'en trafiquer,
qu'il ne lui soit plus avantageux quelquefois
et chez lequel un homme préfère de se dévendre lui-même plutôt que
de se
combattre la
vouer à un travail spontané pour
misère ?
prétendu que les
Cependant, on a toujours de tous les criEuropéens étaient les auteurs
la vente des nègres, quames de T'Afrique : que humaine, n'y avait lieu
lifiée marché de chair
imputées aux
d'infames manceuvres
que par
armateurs et à leurs préposés.
doute, il existe, même de nos sjours,
Oui, sans
de chair humaine chez
des véritables marchés
que
mais, pour se convaincre
les Africains;
absolument étrangère aux
cette barbarie est
consulter les voyageurs
Européens, il suffit de
la
aucun intérêt à déguiser
qui n'avaient
vérité.
dit Drapper, dans son
< Les Anxicos 2
leurs esclaves;
d'Afrique, mangent
> Voyage humaine n'est pas moins commune,
> la chair.
la chair de boeuf
leurs marchés, que
> dans
boucheries. Le père se repait de la
> dans nos
le fils de celle de son père,
>) chair de son fils,
et la mère
frères et soeurs se mangent,
)) les --- Page 28 ---
> se nourrit sans horreur de
> de naître
l'enfant qui vient
(r). >>
I a donc fallu
semblances
respecter bien peu les vraipour chercher à
cette partie du monde n'a
persuader que
sang et T'esclavage
connu la soif du
les Européens
que depuis le monent où
savait
y ont abordé, comme si l'on ne
pas qu'en tout tems, età présent
l'Afrique fournit des esclaves
encore,
Persans, aux Turcs et à
aux Maures, aux
d'autres
Ainsi l'on ne croira
peuples.
les plus cruelles
jamais que les moeurs
soient le résultat de la
nication de ces barbares
commusés,
avec les peuples civilisur-toutavec des
jusqu'au moindre
Français: et pour détraire
doute à cet égard, je cilerai
d'abordl'extrait de deux journauxde
administrateur
M. Gourg,
pour le roi au
Juda, à la côte d'Or,
comptoir de
1789 (2) ; ensuite, Textrait dressés en 1788 et en
capitaine
de la déposition du
Guillaume Mackintosch, faite
parde-
(1) Les nègres, dit le P. Labat,sans
affections pour leurs
recnnnaissance, sans
les malades. C'est chez parens, 2 sont aussi sans compassion
des mères
ces peuples,
pour
assez inhumaines
ajoute-t-il, qu'on voit
pagnes leurs enfans à des tigres. pour abandoner dans les cam-.
(2) Les originaux ont
rinc, ou ils doivent encore étédéposés dans les burcaux de la maexister.
ite
parde-
(1) Les nègres, dit le P. Labat,sans
affections pour leurs
recnnnaissance, sans
les malades. C'est chez parens, 2 sont aussi sans compassion
des mères
ces peuples,
pour
assez inhumaines
ajoute-t-il, qu'on voit
pagnes leurs enfans à des tigres. pour abandoner dans les cam-.
(2) Les originaux ont
rinc, ou ils doivent encore étédéposés dans les burcaux de la maexister. --- Page 29 ---
la chambre des communes d'Angleterre,
vant
le II juin 1789 (1):
Eatrait du journal de M. Gourg.
Du 14 février 1788.
heures du matin, Méhou et Yavo-
( A sept
voir de la part du roi.
> gan (2) sont venus me
avertir
Méhou nous a envoyé
> A neufheures,
ai été avec
venir voir les cérémonies: : j'y
> de
On nous a fait asseoir
anglais.
> le directeur
les Cabechères ;
des
derriere
> sous
parasols
défiler les femmes au nombre
> nous avons vu
fait trois tours
à six cents; elles ont
> de cinq
la
de la
est vis-à-vis porte
> du hangard qui
attachés, dedu
sous lequel étaient
> case
roi,
jaridiques, faites à la barre du par-
(1) Quatorze dépositions des hoinmes qui avaient résidé en
lement d'Angleterre par l'esclavage y a existé de tout tems ,
Afrique, attestent que
et
cette vaste
fait souvent des sacrifices humains, 2 que
qu'on y
très-peu d'objets de commerce.
contrée n'offre que
M. Mosneron Delaunay a faites
Il résulte des questions que
est affreux, qu'on
à des nègres de lAfrique, 7 que l'esclavage y
dans les
immole souvent des hommes dans les funérailles, (Voir le
dans
cautons on les mange.
fêtes, et quc
quelques Journal de Paris du 24 janMercure du 25 juillet 1789 et le
vier 1790.) officiers de la couronne, , et qui, en cette qua-
(2) Premiers
par le roi.
lité, tranchent la tête aux victimes indiquées --- Page 30 ---
IO
> puis le II au soir, sept
> vaux destinés à être hommes et sept che-
> père du roi.
sacrifiés aux mânes du
> Après que les femmes se sont
> été voir avec M. Abson
retirées,j'ai
ces
>) étaient liés chacun à
sept nègres; ils
un
>> les mains et le
poteau par les pieds,
cou; ils ne m'ont
> inquiets : ils
point paru
mangeaient des
>) raissaient même avoir de
ignames et pa-
>> sachant la fin qui les attendait. l'appétit, quoique
> Du 15 février, à sept heures du
> passé un tambour dont
soir, il est
> nonce la cérémonie
le son lugubre anqui doit avoir
> annonçait que tout le
lieu; il
> à cause du
monde eût à se retirer
sacrifice,
>
hommes
non-seulement des sept
qui étaient amarrés avec
>) vaux, mais encore de
les che-
> Du 16 février, à beaucoup d'autres.
sept heures du
> roi nous a envoyé chercher
matin, le
> cérémonies des coutumes; pourassister aux
> lés à huit heures et demie ; nous-y sommesal-
> à l'enirée de la
: nous avons trouvé
porte du roi, de
> trois têtes de nègres
chaque côté,
fraichement
>> la figure en bas ; il y en avait autant coupées 2
>) tre porte, c'est-à-dire
à l'au-
> portes au-dessus
douze têtes aux deux
desquelles on avait
>> une poule noire.
attaché
érémonies des coutumes; pourassister aux
> lés à huit heures et demie ; nous-y sommesal-
> à l'enirée de la
: nous avons trouvé
porte du roi, de
> trois têtes de nègres
chaque côté,
fraichement
>> la figure en bas ; il y en avait autant coupées 2
>) tre porte, c'est-à-dire
à l'au-
> portes au-dessus
douze têtes aux deux
desquelles on avait
>> une poule noire.
attaché --- Page 31 ---
II
on a suspendu, d'un côté, un
> Au marché,
les pattes de derl'on attache par
) chien que
ouvre le ventre : plus loin,
> rière, et à qui on
potence, on a suspendu
> à une très-grande
les
les
un nègre à qui on a coupé
> par pieds
il y en avait
et
l'on a étranglé;
) parties, que
de l'autre
autre ainsi mutilé et amarré
> un
> côté du marché.
le mole roi sort de sa case,c'est
> Lorsquesacrifices : il
> ment où se font ces horribles
à
les
dans le sang des malheureux
> met
pieds
il
la tête, ou; au marché, passe
) qui on coupe
sont suspendus
le
de ceux qui
> dessous corps
sur son hamac et ses
> aux potences, et reçoit
qui découle.
> pagnesle sang
heures du soir, est en-
> Le 19 février, à sept
le sacrifice
le tambourqui annonce
>> core passé
coutumes; il consistait en
des
) du dernierjour
chaque porte du roi, et
>) cinq hommes pour
les têtes
scize à qui on a coupé
) au macché,
d'un hangard sous le-
> qu'on a étalées auprès de sèches; les corps
> queli il y en a beaucoup dans les herbes der-
> ont été emportés etjetés
de
aux
rière les cases, où ils servent
pâture
>
oiseaux de proie, à l'excep-
> panthères et aux
aux gibets
> tion de ceux qui sont suspendus
restent
ce que la putréfaction
> et quiy
jusqu'a --- Page 32 ---
> les fasse tomber. Celui
>) têtes au roi reçoit
qui en rapporte les
> ou 50 livres. Tous ordinairement 5 cabèches
les
> ainsi sont ordinairement nègres que l'on tue
> des captifs
des malfaiteurs ou
fJaits à la
> peu de chose
guerre; ; mais il faut si
pour être
> du
criminel aux
roi.qu'on ne
yeua
> ces malheureua. peuts'tempécher de plaindre
> Le 8 janvier 1789, à huit
> on a sacrifié huit
heures du soir,
hommes
> du roi, savoir
aux deux portes
quatre à la
> sort pour aller
porte par où l'on
au marché,
> par où les femmes
et quatre à celle
> dinairement
rentrent. Le roi sort orlorsqu'on fait
A quatre
le sacrifice des
premiers, met les
> qui coule,
pieds dans le
va au marché, où
sang
> ment les pieds dans le
il met égale-
> sacrifie; il
sang des seize
en fait autant
qu'on y
> qu'on immole à sa rentrée. pour les quatre
> rémonie est ce
Cette cruelle céqui
> appelée Thiaie.
caractérise la. coutume
Les nègres
> que les hommes et les
sont persuadés
> sacrifiés vont dans animaux qui sont ainsi
l'autre
> mère du roi.
monde servir la
> Le 9 janvier, à une heure
) cérémonie étant
après midi, la
finie, le roi
>> qu'ilallait monter
nous a fait dire
sur le théâtre, et qu'il fal-
monie est ce
Cette cruelle céqui
> appelée Thiaie.
caractérise la. coutume
Les nègres
> que les hommes et les
sont persuadés
> sacrifiés vont dans animaux qui sont ainsi
l'autre
> mère du roi.
monde servir la
> Le 9 janvier, à une heure
) cérémonie étant
après midi, la
finie, le roi
>> qu'ilallait monter
nous a fait dire
sur le théâtre, et qu'il fal- --- Page 33 ---
l'attendre. Au bout de trois quarts-
> lait
que
il est sorti cinq palanquins
> d'heure,
avons suivis, et qui ont été au marché,
* nous
trouvé un chien suspendu à
> oà nous avons
ayant
les
de derrière,
>> une potence par pattes
d'hommes
> le ventre ouvert, et seize têtes
savoir huit à chaque
>> fraichement coupées,
> bout du marché.
à
> En montant sur le théâtre, , j'ai remarqué
de l'escalier, dans une petite enceinte,
> gauche
de ciamarrés sur une espèce
> deux nègres
dont les nègresses se servent pour por-
> vière
tête. On m'a dit que ces
> ter des pots sur la
deux
étaient destinés à être jetés parnègres
curiosité d'aller
> dessus le théâtre ; j'ai eu la
examiner de
ils me regardèrent
> les
près;
et ne paraissaient point
> très-tranquillement
contraire sourire.
> inquiets; ils m'ont paru au
a fait faire deux tours sur le théâtre,
> On leur
enceinte, où il y avait des
> dans la première
leur ont coupé la tête. >
> hommes qui
Eatrait de la déposition du capitaine Guillaume Mackintosch.
Du jeudi 11 juin 1789.
Avez-vous eu quelquefois rai-
( Demande.
serait le sort des es-
> son de soupçonner quel --- Page 34 ---
>) claves, s'il ne se trouvait point
> curopéens?
d'acquéreurs
> Réponse. A T'époque où mon
> le seul en
vaissean était
1778, tandis que la
> la France et T'Amérique
guerre avec
>> mateurs
empéchait les ard'équiper des vaisseaux
> que, j'avais envie de faire
pour PAfri-
> esclaves, qui, à cause des baisser-le prix des
>> paraissait trop élevé, Ilsurvint circonstances, me
> dant lequel je discutai
un délai penavec les
> habitans sur
principaux
T'inconséquence de
> haut le prix des esclaves,
tenir trop
> semblable
lorsqu'il était vraiqu'il ne se présenterait pas
> teurs. Je demandai à
d'acheces habitans,
> culièrement
et partiau plus considérable de
> ce qu'ils feraient de leurs
la côte,
> guerre, s'il ne se trouvait prisonniers de
> reurs. Il hésita
point d'acquélong-tems sans me
> aucune
donner
réponse ; j'insistai sur la
> en lui observant qu'il devait les question, 2
>) dans leurs cantons. Enfin, il
renvoyer
> Quoip queje les laisse
me répondit:
relourner
>> reviennent encore
pour qu'ils
pour me tuer! En
> mot, il me fit clairement
un
entendre
> s'ils n'étaient pas vendus, ils seraient que,
> mort (r). )
mis à
(1) D'ou il résulte évidenient que Tabolition de la traité
sur la
> en lui observant qu'il devait les question, 2
>) dans leurs cantons. Enfin, il
renvoyer
> Quoip queje les laisse
me répondit:
relourner
>> reviennent encore
pour qu'ils
pour me tuer! En
> mot, il me fit clairement
un
entendre
> s'ils n'étaient pas vendus, ils seraient que,
> mort (r). )
mis à
(1) D'ou il résulte évidenient que Tabolition de la traité --- Page 35 ---
Ces détails font horreur,j'en conviens, mais
détruire l'imj'ai cru devoir les rapporter pour
atrocités, faite à l'inputation de pareilles
fluence des Européens que des prétendus phin'ont cessé de peindre comme des
lantropes
allant
lè
êtres sanguinaires et barbares
porter
et la mort chez des peuples doux et
désespoir
humains.
Le nègre acheté sur les côtes d'Afrique était
donc arraché à une mort certaine et transcolonies. S'il n'éprouvait point de
porté aux
d'esclave, il
changement dans sa condition
trouvait du moins des compensations, ne futà l'intérêt que son maitre
ce que par rapport
avait de le conserver.
La traite était le seul moyen de fertilila terre des colonies au-delà du tropique.
ser
point les Africains de se faire la guerre; ; qu'à la
n'empèchera vérité ils vendront moins d'esclaves, mais qu'ils en égorgeront
davantage.
de Voltaire, le récit
On lit, dans THistoire philosophique,
d'une conversation entre le roi de Dahomay et M. Atkinson,
anglais. Celui-ci faisait des observations sur le sort
voyageur
tombaient entre ses mains. < Croyez-vous,
des prisonniers qui fassions la
le plaisir d'échandit le roi 2 que nous
guerre pour
vous nous
ger nos prisonniers contre les marchandises que
ap- les
portez d'Europe? Si ce commerce n'avait pas lieu, nous
égorgerions > ; et en même tems il lui montra un temple bati
avec des crânes humains et dédié aux fétiches du pays. --- Page 36 ---
Dans l'origine de leur
moment où l'on
établissement, et au
Africains
commença à y introduire des
pour les cultiver, il n'y passait
ou presque point de femmes
point
hommes seuls, brôlant
curopéennes: ; des
du désir de faire fortune, osaient franchir les mers et
vivre dans des climats d'autant
s'exposer à
plus meurtriers
qu'ils étaient privés de toutes les
qu'on s'y est procurées depuis.
ressources
Transportés sur cette terre étrangère encore
inculte, affaiblis par la chaleur du climat,
vent malades et privés des secours
soupu leur porter des épouses de leur qu'auraient
Européens s'attachèrent à des
couleur, les
femmes africaines qui leur rendirent des soins d'autant
assidus que, de leur continuation
plus
attendaient
seule, elles
pour récompense la liberté.
Ces premiers blancs vécurent avec ces
mes comme dans un état de mariage; femeurent des enfans.
ils en
de leurs
Quelques - uns 2 touchés
soins, et entrainés par l'amour
ternel, épousèrent leurs esclaves;
padant libres
en les renpar cet acte, ils légitimaient le
fruit de leurs amours ou de leurs habitudes;
le plus souvent, ils laissaient à leurs enfans les
possessions qu'ils avaient cultivées. D'autres,
moins sensibles que ces premiers, peut-être
urent avec ces
mes comme dans un état de mariage; femeurent des enfans.
ils en
de leurs
Quelques - uns 2 touchés
soins, et entrainés par l'amour
ternel, épousèrent leurs esclaves;
padant libres
en les renpar cet acte, ils légitimaient le
fruit de leurs amours ou de leurs habitudes;
le plus souvent, ils laissaient à leurs enfans les
possessions qu'ils avaient cultivées. D'autres,
moins sensibles que ces premiers, peut-être --- Page 37 ---
des liens indissolubles,se conengagésd déjà par
les enfans ainsi que la
tentaient d'affranchir
et donfemme qui les avait mis au monde,
enfans des terres et des esclaves. .
naient à ces
du blanc avec la néLe muldtre, produit
de la couleur.
forme le premier degré
gresse,
Le produit du blanc : avec unc muldtresse
c'est le second degré; du
s'appelle quarteron,
provient le tierblanc avec une quarleronne enfin, du blanc
ceron, c'est le troisième degré;
forme
tierceronne sort le métis, qui
avec une
après lequel la couleur
le: quatrième degré,
celle des
de T'épiderme cst," à s'y.méprendre,
blancs lés plus blancs de la peau.
Mais les gens de couleur se' marièrent entre
des nuances plus ou moins
eux, et produisirent
cuivrées, selon le degré d'où ils provenaient;
de là les grifs , les marabous, etc., etc.
la colonie de Saint-Domingne. , par
Lorsque
de ses cultures, excita plus d'inT'accroissement du
on y fit pastérêt de la part gouvernement,
pour favoriserla poser quelques Européennes
n'eurent
pulation blanche, mais leurs mariages
tout le fruit qu'on s'en était promis. Les
pas
des filles de couleur, et
blancs leurs préféraient
ce parti se choisisceux qui ne prenaient pas
et visaient des femmmes parmi leurs esclaves,
--- Page 38 ---
vaient en
avaient des concubinage avec elles. Dès qu'elles
enfans, elles devenaient
que leur
libres ainsi
progéniture, et la facilité avec
on obtenait alors des terres
laquelle
blancs à même d'en
incultes mettait les
enfans.
donner à chacun de leurs
Jusque là, on n'avait point connu de
gés contre, cette classe d'hommes
préjurégalité élait parfaite
de couleur:
Ce n'est
entre eux et les blancs.
qu'à l'époque de la paix de
que ces préjugés ont pris naissance
ramené dans la colonie de
: elle avait
foule de jeunes gens des deux Saint-Domingue une
que leurs
sexes de couleur,
parens avaient envoyés en
pour les y faire élever et instruire.
France
Un sentiment d'orgueil, fortifié
d'éducation qu'ils avaient
par le genre
lousie et leur haine
reçue, excita leurjaches que la
contre les familles blanpaix attirait aussi dans les iles, et
auxquelles les blancs donnaient alors
rence. Les hommes de
la préfépar nature,
couleur, vains et altiers
regardèrent ces
des humiliations.
preférences comme
L'autorité dut
tervenir pour mitiger leurs
quelquefoisinrées (x); il en résulta
prétentions exage
diverses ordonnances
(1) Les événemens de la révolution de
justilient cette assertion. En sollicitant
Saint - Domingue
T'égalité des droits, les
iles, et
auxquelles les blancs donnaient alors
rence. Les hommes de
la préfépar nature,
couleur, vains et altiers
regardèrent ces
des humiliations.
preférences comme
L'autorité dut
tervenir pour mitiger leurs
quelquefoisinrées (x); il en résulta
prétentions exage
diverses ordonnances
(1) Les événemens de la révolution de
justilient cette assertion. En sollicitant
Saint - Domingue
T'égalité des droits, les --- Page 39 ---
T'exécution, peutêtre trop rigoureuse,
dont
successivement de tous droits poles dépouilla
classe intermédiaire
litiques, et' en forma une
entre les, esclaves et les blancs.
avec le tems et à meP Ce préjugéstenracina: blanche augmenta en posure que la couleur
coau système
pulation; il sei lia par politique
voir; dans
lonial d'après lequel. on ne devait
hommes de couleur, que des affranchis reles
de leur liberté à leurs pères, leurs
devables
bienfaiteurs.
les fruits honteux du liConsidérés comme
devaient-ils, en efbertinage de leurs maitres,
les
à cette égalité de droits que
fet, participer
réclamer à plus juste
nègres esclaves pouvaient
titre? Cet usage n'existe pas même aujourd'hui
les colonies anglaises. Il y a plus : aux
dans
où les droits de PhuEtats-Unis d'Amérique,
manité ont été examinés avec la plus scrupuces mêmes Américains qui veleuse rigueur,
leur innaient de conquérir si glorieusement
de couleur travaillaient à oblenir la domination. Ils
hommes
les maitres absolus d'une très-grande partie
sont de la aujourd'hui colonie, ou le peu de blancs qu'ils admettent n'exerce
droit
; et ce qui prouve combien leur amouraucun
politique;
se
d'indigènes, , eux qui
propre est désordonné, , ils qualifient de l'Européen avec
n'existeraient pas sans la cohabitation,
TAfricaine. --- Page 40 ---
dépendance consacrèrent
partics méridionales de leurs T'esclavage dans les
rent point les hommes
Etats, et n'admicitoyen actif.
de couleur au rang de
et bornés à leur Ceux-ci,satisfaitse de leur liberté,
tection
industrie, assurés de la
commune de la loi, vivent
proheureux dans leur sage obscurité,
toujours
sent paisiblement leur
et enrichiscux-mêmes.
patrie en s'eprichissant
Mais la révolution qui se
éveilla T'ambition de
préparait en France
leur. Ils entrainèrent quelques hommes de couvrai de dire
le la caste entière, et il est
pales
que préjugé fut une
causes des premiers
des.prineiDomingue.
troubles-de Saintmotif de Cependant a-t-il pu devenir. un
qui n'avaient réprobation contre les Européens,
lonial?
point connu d'autre
Ah! sans doute, il est
régime COprocher T'abaissement
injuste de leur redominer dans des
d'une caste qui voulait
colonies fondées
Français dont ils tenaient
par des
Les obstacles mis à l'union T'existence!
ches avec les hommes
des femmes blanceux-ci à tel
de couleur araient irrité
leur grief
point qu'ils en ont toujours fait
principal; ; mais il faut
ces obstacles tenaient moins remarquier que
l'orgucil qu'à une
au préjugé de
politique prévoyante qui
COprocher T'abaissement
injuste de leur redominer dans des
d'une caste qui voulait
colonies fondées
Français dont ils tenaient
par des
Les obstacles mis à l'union T'existence!
ches avec les hommes
des femmes blanceux-ci à tel
de couleur araient irrité
leur grief
point qu'ils en ont toujours fait
principal; ; mais il faut
ces obstacles tenaient moins remarquier que
l'orgucil qu'à une
au préjugé de
politique prévoyante qui --- Page 41 ---
cherchait à conserver la pureté du sang européen (1):
blâmer les hommes
Toutefois, ,je suis loin'de
couleur d'avoir revendiqué leurs droits pode
litiques; mais je ne puis approuver les moyens
les obtenir. Ces
qu'ils ont employés pour
ont été ceux de la force et de la viomoyens
l'ai dit, causé les prelence; ils ont, cômme je
troubles de Saint - Domingue. J'aurai
miers
dans un autre chapitre, que
donc à démontrer,
des nègres et Fincendie des habitala révolte
des hommes de couleur,
tions ont été l'ouvrage
Pendant la session de 1818, un nègre, nommé Re-.
(1). adressé à la chambre des députés ine pétition tengis, a
d'une circulaire adressée en l'an.g
dante A obtenir le rapport
les mariages entre
aux préfets pour les inviter à empècher
les blancs et les noirs. Cette pétition a été appuyée par
de
qui a cru voir dans cette circulaire
M. Laisné Villevesque, les hommes de couleur et un motif
un sujet d'opprobre pour
entre Saint-Domingue et la
d'éloignement à la réconciliation
Je regrette que cet honnête etloyal députén'ait pas
métropole.
ont donné
voulu se reporter au tems et aux circonstances qui
mesure ; il aurait sans doute réservé sa sensibilité
lieu à cette
considérant
fut prise à
pour une autre occasion, en
qu'elle
oit les nègres et mulâtres abondaient en France
uue époque
l'autorité s'aperçut quedes unions
sur-tout à Paris 7 et Iorsque
allaient produire trop
multipliées avec des femmes blanches
de loi
du
africain. Au reste, il n'est pas
qui
de mélanges sang
au teint de lys et de roses
empêche un Français d'unir sa fille
des conleurs.
à un noir : il ne faut disputer ni des goits, 2 ni
nègres et mulâtres abondaient en France
uue époque
l'autorité s'aperçut quedes unions
sur-tout à Paris 7 et Iorsque
allaient produire trop
multipliées avec des femmes blanches
de loi
du
africain. Au reste, il n'est pas
qui
de mélanges sang
au teint de lys et de roses
empêche un Français d'unir sa fille
des conleurs.
à un noir : il ne faut disputer ni des goits, 2 ni --- Page 42 ---
instruments d'un
parti se disant
mour de T'humanité.
animé de l'aCHAPITRE II.
Etat de splendeur de
entre les autorités Saint-Domingue. Causes de scission
tion admise aux supérieures et les propriétaires.
nale. Origine dc ctats-gencraus, la société des ensuite à T'assembléc Députa- natioSon influence directe sur la amis des noirs. Ses travaux.
du produit tannuel de
révolution des colonies. Tableau
années qui ont précédé Saint-Domingue ses désastres. pendant les dernières
LA guerre de
avait jeté un grand T'indépendance de PAmérique
éclat sur la colonie de SaintDomingue, où les flottes
les venaient se réunir françaises et espagnorations
pour combiner des
ultérieures. A la vérité, les
opéres souffraient des effets de
propriétaicausait une baisse sensible
cette guerre qui
rées coloniales;
dans le prix des denmais le commerce, favorisé
parl'affluence des étrangers,
sources immenses
procurait des respar. la quantité de
qui circulait dans toutes les
numéraire
A
villes.
T'époque de la paix de 1783, les
recouvrèrent des débouchés
habitans
pour leurs denrées:
plus avantageux
; cette colonie avait déjà --- Page 43 ---
de
qu'elle excila
acquis un tel degré prospérité d'une nation
plus vivement l'attention jalouse les faits hisC'est par
voisine et commerçante. convient d'en convaincre
toriques du tems qu'il
les hommes les plus prévenus.
lettres à SOIL
Milord Chesterfield, dans ses
TAngleterre n'interfils, leur apprendra que
de Sept-Ans, qui,
vint dans la guerre appelée
objet
n'avait rien moins pour
dans T'origine, commerciales, qu'afin de tomque des rivalités
françaises et. pour déber sur les colonies
donnaient déjà
truire l'influence qu'elles nous
de T'Eudans le nouveau système mercantile
rope (1).
marche des érénemens,la penEn suivant la
de ces novateurs
sée s'arrête sur le caractère but secret d'une
surent
deviner le
qui ne
pas
renouvelée au parleproposition tant de fois
Chesterfield le dit plus positivement (lettres 228 7
(1) Lord
vol. IV): ( Les principes et les réglemens
vol. III, et 285,
les manufactures et la na-
> faits en France sur le commerce, ce qu'ilys avait de plus ac-
> vigation, , étaient, dans ce genre, n'est que
prouvé pour nous :
> compli en Europe 5 ce qui
prodigieux trop
que les uns et
> ajoute milord, par l'accroissement à notre grand préjudice, de-
> les autres ont pris en France, sans
de leur commerce
> puis environ trente ans ; car, les parler nous ont enétendu dans les deux Indes 7 Français
> fort
celui du Levant, et maintenant ils approvi-
> core enlevé
ys avait de plus ac-
> vigation, , étaient, dans ce genre, n'est que
prouvé pour nous :
> compli en Europe 5 ce qui
prodigieux trop
que les uns et
> ajoute milord, par l'accroissement à notre grand préjudice, de-
> les autres ont pris en France, sans
de leur commerce
> puis environ trente ans ; car, les parler nous ont enétendu dans les deux Indes 7 Français
> fort
celui du Levant, et maintenant ils approvi-
> core enlevé --- Page 44 ---
ment d' 'Angleterre
et de
pour l'abolition dr la traite
l'esclayage des noirs. Au
affirmer sans crainte
surplas, on peut
que le
glais n'a feint d'accueillir. gouvernement anla faire ajourner
cette motion, et de
pendant
consécutives d'un
vingt-cinq années
bien
parlement à l'autre,
persuadé à l'avance des effets
2 que
qu'elle produirait tôt
désastreux
même, ses hommes ou tard parmi nous. Déjà
apercevoir la
d'état savaient déméler et
France dans les fermentation. qui régnait en
esprits et
par la lutte toujours
qui s'entretenait
croissante
mens et T'autorité
entre les parlesuprême.
Dans sa
volume IV, milord
Lettre,
Meacemesmte-pantie
une. phrase des
Chesterfield, en relevant
Paris adressées remontrances du parlement de
au roi en
) a une tendance à
1752,ajoutait: (C Ceci
) des principes
ce que nous appelons ici
Milord
résolutionnaires. >>
voyait dé loin, et il voyait
Vers le même tems, la secte
juste.
>
philosophique
sionnent tous les marchés
) colonies, à la ruine
d'Europe avec les sucres de leurs
> mence à croire ici que presque absolue des nôtres. On com-
)) pour objet la
notre grande et secrète
a
> ct que nous Martinique et SaintcDomingue; s'il expédition cn est
>) perdront à leur réussissions, tour
nous récupérerons et les ainsi,
>) précicuse, le
une des branches de
Francais
sucre.
commerce la plus --- Page 45 ---
celle dite des économisles, et contre
enfanta
la splendeur des villes
T'évidence marquée par
renmaritimes, cette dernière secte prétendit
pour la
dre en quelque sorte problématique
des
l'avantage ou le désavantage
métropole
colonies.
était
Cependant l'état de Saint-Domingne
lorsqu'en 1787 le conseil Sudevenu prospère,
et réuni à celui
périeur du Cap fut supprimé
,sous le titre de conseil sudu Port-au-Prince,
Cette réunion,
périeur de Saint-Domingue.
l'effet éloignait la justice des justidont
dans l'ame des haciables, porta le désespoir
riche
bitans de la province du Nord, la plus
de la colonie. Elle fut la
et la plus peuplée
et elle excita
source des premières agitations, les admicontre
un juste mécontentement
On a
nistrateurs qui l'avaient provoquée.
donc lieu d'être surpris qu'aucun écrivain
caractérisée ; quand on a la prétenne l'ait
historien exact et impartial, on
tion d'être
le
omettre les sujets qui paraissent
ne doit pas
lecteur à
si tel
plus indifférens : c'est au
juger
fait cité a été de nature à produire la conséquence tirée.
La province du Nord resta néanmoins paiside la formation des étatsble jusqu'à T'époque
'avaient provoquée.
donc lieu d'être surpris qu'aucun écrivain
caractérisée ; quand on a la prétenne l'ait
historien exact et impartial, on
tion d'être
le
omettre les sujets qui paraissent
ne doit pas
lecteur à
si tel
plus indifférens : c'est au
juger
fait cité a été de nature à produire la conséquence tirée.
La province du Nord resta néanmoins paiside la formation des étatsble jusqu'à T'époque --- Page 46 ---
généraux; mais, aussitôt qu'elle
naissance, elle
en eut confavorable
regarda cet événement
à ses plaintes, et dès-lors elle comme
résolution d'envoyer des
prit la
Ce voeu fut bientôt
députés en France.
répété par les
l'Ouest et du Sud; elles
provinces de
verneur-général et à s'adressèrent au goumandèrent un
T'intendant, et leur deleur
réglement qui fixât le mode de
convocation. Ces
voyant sans doute les suites administrateurs, préqui devait être funeste
d'une démarche
nial, ajournèrent
pour le système coloqu'ils allaient
cette demande, déclarant
rine, Plus
en référer au ministre de la macalmes que ces planteurs
taient de quelques
qui s'irriabus, ils ne
point les colonies
considéraient
françaises comme
intégrante du territoire de France portion
rence du climat et des
: la difféjuger
productions leur faisait
qu'elles ne pouvaient être
même régime, sans le
soumises au
Voilà quelle fut, je
plus grand danger.
époque;j j'aime
pense, leur opinion à cette
imaginer
mieux la supposer telle que d'en
une autre..
Mais ce refus ne salisfit point la
Nord, elle eut recours
province du
res résidans
aux grands propriétaien France, et les constituant ses
commissaires spéciaux, clle leur donna les --- Page 47 ---
fut
étendus. Cet exemple
pouvoirs les plus
de la coloimité par les deux autres provinces
dans le
elles nommèrent trente députés,
nie ;
les neuf com;
nombre desquels se trouvaient du Nord avait déjà
missaires que la province
chargés de ses intérêts..
colons
Vers le même tems, les propriétaires un.comité terésidans à Paris avaient formé
Ce comité
à T'hôtel Massiac.
nant ses séances
de la députation
d'abord à l'admission
s'opposa
cependant l'intérêt comaux états-généraux; le club Massiac se réunit aux
mun T'emporta, demander un mode d'organisadéputés pour
coloniale. On a beaucoup
tion d'une assemblée
qu'à
démarches, qui ne tendaient
blâmé ces
la colonie; mais
des innovations funestes pour furent entraiil faut remarquer que les colons
la nécessité de prévenir les manceuvres
nés par
les avaient devandes hommes de couleur qui
d'inquiétudes
cés. Elles causaient d'autant plus
dont Tuétaient protégés par une 'secte
qu'ils
d'attirer l'influence de la rénique désir était Antilles. H a donc fallu ce
volution jusqu'aux
déterminer les
concours de circonstances pour
à demander que Saint-Domingue
propriétaires
fàt représenté aux états-généraux. ont ouvert,
Ainsi, en blâmant les colons qui
ient devandes hommes de couleur qui
d'inquiétudes
cés. Elles causaient d'autant plus
dont Tuétaient protégés par une 'secte
qu'ils
d'attirer l'influence de la rénique désir était Antilles. H a donc fallu ce
volution jusqu'aux
déterminer les
concours de circonstances pour
à demander que Saint-Domingue
propriétaires
fàt représenté aux états-généraux. ont ouvert,
Ainsi, en blâmant les colons qui --- Page 48 ---
sans le vouloir, Ja carrière
faut convenir
des rérolutions, il
qu'ils étaient
leurs
conséquens dans
démarches; les griefs dont ils
plaindre, les bruits
avaient à se
sinistres
toutes parts, étaient
qui circulaient de
des motifs
qu'ils
suffisans pour
employassent les
subversiong générale moyens d'échapper à la
dontils étaient
Cependant les trois
menacés (1).
mer une assemblée provinces vonlurent forunique et propre à repré-
(0)L.abbeGregoire, alors curé
pandre contre les habitans des dEaberménil, venait deréoi, entre autres
colonies un écrit
principes de niorale
incendinire
par lui, on lit, page 11 : (
proclamés charitablement
> pour les blancs la
Ainsi, l'intérêt et la sûreté
> gens de couleur, mesure des obligations morales! seront
> sistent à vous sourencz-vons-en; si vos sNegres et
ils
despotes
)
pourrez suivre. opprimer, vous ont tracé la
per-
>,
route que vous
Page 29: ( Convient-il
> égaux ? Je crains bien que nos esclaves deviennent nos
> vanitélJe
que cela ne soit le fin mot. Pauvre
> et du citoyen cmewemecibadebrntumne ;
des droits delhonme
Page 55 : ( tirez-vous-en, , s'il se peut. >
> lunivers Puissé-je voir. une, insurrection
pour étouffer la
générale dans
)) cte.,etc. >
tyrannie, ressusciter la liberté!
Page56: ( Ilnef faut qu'mn
>> ler dans l'ame des
Othello, un Padrejan pour réveil-
>) droits. >
nègres les sentimens de leurs inaliénables
Page 57: ( Parce qu'il vous
>> indignes
faut du sucre, du café, du tafia,
Je ne ftis mortelatmangesy que citer Jes plutôt de Therbe, ct soyez justes! )>
negres à la
passages de cet écrit
révolte, ct qui vonait les
qui appelait les
blancs à Ia mort. Voili
dans l'ame des
Othello, un Padrejan pour réveil-
>) droits. >
nègres les sentimens de leurs inaliénables
Page 57: ( Parce qu'il vous
>> indignes
faut du sucre, du café, du tafia,
Je ne ftis mortelatmangesy que citer Jes plutôt de Therbe, ct soyez justes! )>
negres à la
passages de cet écrit
révolte, ct qui vonait les
qui appelait les
blancs à Ia mort. Voili --- Page 49 ---
toute la colonie. Un plan de convocasenter
de France par le ministre de la
tion, envoyé
fut
Les trois comités
marine, ne
pas adopté.
s'étaient établis dans chacune de ces proqui
un autre, suivant lequel
vinces en concertèrent
3 les
religicux ct pacifiques de ce prêtre
quels étaient principes
l'intérêt plutôt que Thumanité a constamment dirigé.
que
la monarchie légitime, ils soit
On a lieu des'étonner que, > sous
à qui la retraite et la
encore question de M.Tabbé Grégoire, mieux T'éclat et la
plus profonde obscurité conviendraient
que
célébrité dont les libéraux de 1819 cherchent à T'environner.
déterminer leur choix en sa faveur 2 ils ont besoin
Si, pour
les
dans
de quelques traits caractéristiques, 2 ils peuvent puiser
en1815,etdont
la Pétite Biographie romeatonadion@aprineed fut Péditeur. Voici l'article:
Eymery, libraire, rue Mazarine,
des enfans du seigneur
( Grégoire fut d'abord précepteur
le nomma ensuite curéde ce village. Député
d'Emberménil , qui
, il fut un des premiers
du clergé de Nancy aux états-généraux du tiers-état. Le 8
à la chambre
de son ordre qui passèrent
roi faijuillet 1789, ils'opposa à Tapproche des troupes quele
sait avancer vers Paris 7 et dit: Que siles Français consentaient
esclaves, ils seraientla lie des nations. Le 5 octobre,
à devenir
des
qui furent
il dénonça la prétendue orgie gardes-du-corps,
massacrés la nuit suivante, en partie par suite de ses déclamameurtrières. Le
de Grégoire perdit quelques
tions
patriotisme
de dépouiller le clergé
degrés de sa chaleur quand on proposa retournera aux donade ses biens; il soutint alors qu'ils devaient
teurs et non appartenir à la nation. Ilfut le premierecd(siastiqui prèta le serment constitutionnel, ct, en récompense,
que
de Blois. Lors de la' fuite de Louis XVI,
on le nomma évêque
force contre ce monarque,
Grégoires'dleva avec la plus grande
de Loiret demanda qu'il fitjugé par une convention. Député
és de sa chaleur quand on proposa retournera aux donade ses biens; il soutint alors qu'ils devaient
teurs et non appartenir à la nation. Ilfut le premierecd(siastiqui prèta le serment constitutionnel, ct, en récompense,
que
de Blois. Lors de la' fuite de Louis XVI,
on le nomma évêque
force contre ce monarque,
Grégoires'dleva avec la plus grande
de Loiret demanda qu'il fitjugé par une convention. Député --- Page 50 ---
l'assemblée coloniale de
forméc par la
Saint-Domingue fut
députation des
composée de deux
paroisses, et fut
cent douze membres.
Avant de parler de sa réunion
tes, je ne dois
et de ses acpas omettre un fait qui, trèsimportant par sa nature, n'aurait
pas eu, dans des circonstances
cependant
ordinaires, l'inet-Cher à cette convention
il demanda et fit
quilavaitappelée de tous Ses voeux,
royauté
prononcer, ,. séance tenante >
7 en aflirmant que les rois
l'abolition de la
que les monsires sont dans l'ordre sont, dans lordre moral, ce
est celle du. martyrologe des
plysique, > et que leurhistoire
nations. Le 15
nonça nne des plus violentes diatribes novembre,.ily proplus respectable des
quiait parue contre le
cours, qui n'est qu'une monarques et contre la royauté, Ce disfut imprimé par ordre de longue la provocation à la mort du roi,
organiser le
convention. Etant en mission
département du Montblanc,
pour
de Louis XVI, et désolé de ne
pendant le jugement
mort, il écrivit à l'assemblée pouvoir voter verbalement sa
interrompues de ce roi parjure que > convaincu des trahisons non
à mort par. la
il demandaitguilfite rcondamné
écrite
convention, sans appel au peuple. Cette
en commun par les députés Grégoire,
lettre fut
les 1 Simond etJagot, tous en mission dans Hérault de SéchelMontblanc. En aout 1795, ilinvita
le département du
qu'il avait fait de Louis XII,
Barrère à rétracter l'dloge
prétendu père du
et s'engagea à prouver que ce
tion de Saint-Cloud, peuple en avait été Je fléau. Après la révoluà force de sollicitations Grégoire fit partic du corps-législatif, et
il parvint à obtenir de
entrée au sénat. >
Buouaparte son
Quels souvenirs un parcil homme ne laisse-t-il
bien aimer les révolutions
pas ? Il faui
pour songer à lui!
tracter l'dloge
prétendu père du
et s'engagea à prouver que ce
tion de Saint-Cloud, peuple en avait été Je fléau. Après la révoluà force de sollicitations Grégoire fit partic du corps-législatif, et
il parvint à obtenir de
entrée au sénat. >
Buouaparte son
Quels souvenirs un parcil homme ne laisse-t-il
bien aimer les révolutions
pas ? Il faui
pour songer à lui! --- Page 51 ---
ont exercée sur des
fluence que ses résultats
esprits déjà fortement aigris.
des
On vénait de recevoir à Saint-Domingue
la rigueur de T'hiver de
nouvelles affligeantes;
de ré1788 à 1789 avait détruit tout espoir
Dès-lors la colonie, soumise
colte en France.
menacée d'ine diau monopole, se trouvait
sette que M. le marquis Duchilleau, gouverneur-général, voulut prévenir (1). Le moyen
consistait à permettre pour un tems lintroduction des farines étrangères, dans quelques ports
de la colonie seulement ; mais cette mesure
de
de la part de M: de
trouva
T'opposition
des iles Sous-leMarbois, intendant-général
Vent. M. Duchilleau voyait les besoins pressans de
la colonie; M. de Marbois voulait concilier le
désir des habitans avec l'intérêt du commerce
français. Le gouverneur traitait les colons en
père, l'intendant les irritait par sa rigueur.
Après une longue discussion, dans une séance
du conseil supérieur, en date du II mai 1789,
la proposition de M. Duchilleau fut enregistréc
T'opposition de M. de Marbois, ct la
malgré
(1) Un arrêt du parlement de Bordeauxavait arrêté la sortie des blés, même pour les colonies. Le commerce exclusif
des farines françaises dans les. colonies était donc un monopole barbare, sur-tout gadonv-alactutasonet exception.
irritait par sa rigueur.
Après une longue discussion, dans une séance
du conseil supérieur, en date du II mai 1789,
la proposition de M. Duchilleau fut enregistréc
T'opposition de M. de Marbois, ct la
malgré
(1) Un arrêt du parlement de Bordeauxavait arrêté la sortie des blés, même pour les colonies. Le commerce exclusif
des farines françaises dans les. colonies était donc un monopole barbare, sur-tout gadonv-alactutasonet exception. --- Page 52 ---
mesure proposée reçut son exécution
cet instant, la division s'établit
(1). Dès
cians
entre les
français et les habitans de la
négotre le gouverneur et
colonie, enà ces causes
l'intendant. C'est encore
qu'il faut attribuer les
troubles qui éclatèrent
de
premiers
M. le
peu
tems après.
marquis Duchilleau fut bientôt.
placé; son gouvernement
remde Peynier,
passa àM, le comte
qui arriva précisément à
de la fermentation
l'époque
sion du conseil
occasionnée par la suppressupérieur du Cap. M.
leau emporta les
DuchilM. de Marbois regrets de toute la colonie;
la quitta bientôt
nouvelle qu'il reçut de l'arrivée après, sur la
nant du Capavec des
d'un corps velui et contre M. le intentions hostiles contre
conseil
procureur-général près le
supérieur (2).
(1)1 L'ordonnance rendue par M.
ctait en harmonieavect un arrêt du conseil Duchilleau, > le 27 mai 1789,
qui n'ouvrait aux
du mois d'août 1784,
hibant
étrangers que trois ports d'entrepôt, en
l'esportation des denrées coloniales
profias et sirops. Cette ordonnance fut
autres que les tarapport fait par le ministre de la marine, néanmoins cassée sur un
roi, le 23 juillet de la même année, à au conseil-d'état du
ne possédait pas pour vingt jours de Tépoque oùt la colonie
de-là que Tadministration coloniale subsistances. Il résulte
dissidence d'opinions entre les deux était vicieuse , puisque la
mettait en péril ct la colonic ct les colons. adntitrateursgeirae
(2)On avait répandu an Port-au-Prince le
de 1800 hommes; une grande
bruit del'arrivée
partic de la population de la
au conseil-d'état du
ne possédait pas pour vingt jours de Tépoque oùt la colonie
de-là que Tadministration coloniale subsistances. Il résulte
dissidence d'opinions entre les deux était vicieuse , puisque la
mettait en péril ct la colonic ct les colons. adntitrateursgeirae
(2)On avait répandu an Port-au-Prince le
de 1800 hommes; une grande
bruit del'arrivée
partic de la population de la --- Page 53 ---
la province du Nord avait
Les députés que
à T'assemblée nationale étaient exnommés
de demander le rétablispressément chargés
du Cap;
sement de l'ancien conseil supérieur
sans relàche auprès du ministre
ils sollicitaient l'exécution du voeu réitéré de
de la marine
l'asleurs commettans, lorsqu'ils apprirent que
sous prétexte des irrégusemblée provinciale,
de
larités qui avaient entouré la suppression
avait pris le parti de le rappeler;
ce conseil,
de
qu'elle avait enjoint aux magistrats présens
leurs fonctions, et qu'elle avait remreprendre
sauf T'approplacé les absens provisoirement,
bation del'assembléc nationale.
de qualifier cet acte dont les
Il est difficile
la
à rien moins qu'à jeter
effets ne tendaient
confusion et le désordre dans toutes les parties
de la colonie. Le désespoir l'avait dicté, la jusla répression, mais la raison
tice en demandait
qu'il fot reconnu. Aussi, les députés
exigeait
/
pendant une nuit auprès du fort qui domine
ville bivouaqua Le lendemain matin cette armée parut; elle
la route du Cap- hommes seulement, tous colens propriéétait composée de 18 la classe la
distinguée. Leur mistaires et appartenant à
de plus solliciter le rétablissement
sion n'avait d'autre objet que
M. de Marbois et
provisoire de l'ancien conseil du Cap , mais
M. de la Mardelle, à qui on avait inspiré des craintes s'étaient
embarqués la veille.
--- Page 54 ---
n'entreprirent-ils point de faire
rétablissement de l'ancien
l'apologie du
conseil du
se bornèrent? à
Cap; ils
y aurait à ne
le
remninsemwentsd
pas reconnaître, et
rent les moyens d'accorder
présentèvolonté
à-la-fois la bonne
de la nalion, la dignité du
et le voeu clairement
monarque
manifesté par l'assemblée
provinciale du Nord,
Cet acte fut par la suite
approuvé.
Toutes ces agitations servaient à
projets d'une société
point lés
qui s'était formée dans le
sein de la France, et qui
préparait de loin le
déchirement et les convulsions
auxquels SaintDomingue ne tarda pas à être livrée (r).
Cette société était fille de celle de
Londres,
(1) Des réclamations portées vers celte
trône furent entendues de S. M.,
époque aux pieds du
( Une inquiétude
qui s'exprima en ces terimnes:
générale, un désir
> se sont emparés des esprits et finiraient exagéré d'innovations
) ment les
par égarer totaleopinions 2 si l'on ne se hâtait de les
> réunion d'avis sages et modérés. >
fixer par une
Ces piroles royales et pleines de sagesse n'ont
lés novateurs ; ils n'ont été que plus ardens à
point arrêté
projets de destruction, et le
poursuivre leurs
a péri victime du plus affreux monarque qui voulait conserver
parricide!
L'augnste successeur de l'infortuné Louis XVI a sans
éprouvé le même sentiment, puisque, à Touverture doute
sion de 1818, il a demandé le cone
de Ia ses-
> repousser ces principes
ours des chambres ( pour
qui, sous le masque de la liberté,
dens à
point arrêté
projets de destruction, et le
poursuivre leurs
a péri victime du plus affreux monarque qui voulait conserver
parricide!
L'augnste successeur de l'infortuné Louis XVI a sans
éprouvé le même sentiment, puisque, à Touverture doute
sion de 1818, il a demandé le cone
de Ia ses-
> repousser ces principes
ours des chambres ( pour
qui, sous le masque de la liberté, --- Page 55 ---
sous le titre de Sociélé des amis des
connue
de toute la secte avaient été
Noirs. Les plans
imaginés dans le nord de la Nouvelle-Angleles
alors connus pour les
terre par
quakers,
Ils
plus habiles politiques de ces provinces.
cherchaient à propager leur doctrine. L'Angleterre leur parut la partie de l'Europe la plus
à former leur premier établissement,
propre
et la nation, comptant sur l'amour religieux que
tout Anglais porte à son pays et à son gouverdans cet esprit
nement 2 ne l'envisagea que
accorde à toutes les opid'indifférence qu'elle
et
Observateur
nions religieuses
politiques.
constant de Tétatdu créditen France, de toutes
du caractère français et de cet
les variations
d'imitation auquel il est porté, le minisesprit
vit dans la secte des amis des
tère anglais ne
noirs qu'un moyen politique d'arriver aux plus
révolutions qu'eit encore éprouvées la
grandes française. Il calcula le caractère inmonarchie
quiet de cette foule d'embrions de cour, que
l'ordre social, mènent parl l'anarchie au pouvoir
> attaquent et dont le funeste succès a coûté au monde tant de
> absolu,
> sang et de Jarmes. >
n'avaient
Il est donc constant que les principes
pointchangé de
il y a six mois, , et depuis cette époque il est douloureux bientôt,
penser que la source des larmes n'est point tarie, que
peutétre, elles couleront en abondance. --- Page 56 ---
l'amour de la nouveauté plus
le
s'instruire faisait
que désir de
voyager en Angleterre depuis
quelques années, et iljugea que les plus
ennemis de la France
grands
pouvaient être des Français mêmes.
La société de Londres répandit
divers en faveur de sa doctrine.
mille écrits
livres
Ces écrits, les
composés sur cette matière furent
voyés en France et traduits
engens de
par les plus habiles
lettres, 3 par quelques philosophes répandus dans les cercles les plus brillans.
que les esprits des Français
Lorsfurent
par la lecture de ce qui avait été écrit préparés
genre 2 le ministère
en ce
anglais s'occupa de chercher; et il trouva des hommes
intrigans dévorés
ingénieux,. des
les satisfaire
d'ambition, que le besoin de
rend capables de tout
dre, au risque même de
entreprenblique (r).
périr en place puTelle fut l'origine de la société des amis
des
(1) Brissot de Varville était passé en
cement de 1788; ; ilavait eu des liaisons Amérique aut commenkers de Pensylvanie. Il revint en France inlimes avec Jes quaséjourné quelque tenns à Londres, d'ou il en 1789, après avoir
loppemens de cette doctrine soi-disant apporta les dévefessie pr quelques membres du parti de phitlantropique, proavaient profité de T'exalnation des idées de T'opposition. Ceux-ci
retour, les présenta à la société de Paris. Elle Brissot, qui, à son
comptait alors,
érique aut commenkers de Pensylvanie. Il revint en France inlimes avec Jes quaséjourné quelque tenns à Londres, d'ou il en 1789, après avoir
loppemens de cette doctrine soi-disant apporta les dévefessie pr quelques membres du parti de phitlantropique, proavaient profité de T'exalnation des idées de T'opposition. Ceux-ci
retour, les présenta à la société de Paris. Elle Brissot, qui, à son
comptait alors, --- Page 57 ---
T'établissement date de fénoirs de Paris, dont
de
vrier 1788, et qui entretint correspondance
fraternité avec celle de Londres.
dans le principe, elle ne
Obscure etmodeste
du sort
désir de T'adoucissement
montra quele
lesdes esclaves, , sans vérifier les moyens par
cet adoucissequels on avait déjà perfectionné
la
et au lieu de travailler à conserver
ment,
maîtres, clle sema bientôt l'esprit
sécurité des
d'insubordination parmi les nègres, et T'inquiétude parmi les colons.
des
Accusée par eux et par la saine partie
ennemis de toute révolution, cette
Français
être accablée : en
société sentit qu'elle pouvait batterie; elle puconséquence elle changea de
elle
les droits delhomme,
blia qu'eninvoquant
cela la liberté des
ne demandait point pour
ait
le
la calomnie lui en
prêté
noirs, quoique
une
dessein : elle déclara que ( jamais
pareille
entrée dans l'esprit de ses mem-
> idée n'était
les Mirabeau, les Conparmi ses membres les plus influens 2 sous le nom du docdorcet, auteur d'un écrit publié dès 1775, n'était pas inintelliteur Schwartz, et dont la métaphysique colonies;1 l'abbé Grégoire et le
gible pour les propriétaires enfin des M. le marquis de Lafayette, qui
parti des girondins,
à
dès qu'il presdonna Tordre de vendre ses esclaves la société Cayenne dont il était membre.
sentit le résultat des travaux de
Quelle singulière philantropic --- Page 58 ---
> bres ; elle reconnut
> immédiat serait
que Taffranchissement
une
> colonies et un
opération fatale pour les
présent funeste
> dans Pétat
pour les noirs
d'abjection et de
>>
nullité où ils
sont; que ce serait abandonner à
)) et sans secours des enfans
eux-mêmes
>> êtres mutilés
au berceau, ou des
et impuissans. >>
Lhypocrisie était le caractère
cette société ; ses travaux
distinctif de
décélé ses intentions
antéricurs avaient
défendait de vouloir perfides, et lorsqu'elle se
la liberté des nègres, c'est
parce qu'elle avait été contrariée
velles des premiers
par les noutroubles
à
qui avaient eu lieu
Saint-Domingue. Aussi aima-t-elle
plier que de
mieux
rompre, et c'est pour cela
profitant d'une circonstance
que, 7
ment ses
qui servait égaleprojets , elle se borna à
bolition de la
demander l'atraite, et à défendre les droits.
politiques des hommes de couleur.
Lorsque le ministère anglais
société de Paris avait
s'aperçut que la
acquis quelque consistance, et qu'elle faisait des
teurs, il s'occupa de faire
progrès corrupde la nation
cesser les murmures
cians et des anglaise, linquiétude des négopropriétaires de ses
ce moment, les amis des
colonies, De
furent moins
noirs, de Londres,
accucillis, les raisons des com-
endre les droits.
politiques des hommes de couleur.
Lorsque le ministère anglais
société de Paris avait
s'aperçut que la
acquis quelque consistance, et qu'elle faisait des
teurs, il s'occupa de faire
progrès corrupde la nation
cesser les murmures
cians et des anglaise, linquiétude des négopropriétaires de ses
ce moment, les amis des
colonies, De
furent moins
noirs, de Londres,
accucillis, les raisons des com- --- Page 59 ---
entendues; et tont-à-coup cette
merçans mieux
fut ajournée de
cause, portée au parlement, être
et train
reprise
session en session, pour de la politique et des
les calculs
tée que d'après
Ces changemens auintérêts de TAngleterre.
de Paris, mais ils
raient dû éclairer la société
la preuve
aucune influence sur elle,et
n'eurent
est clairement
qu'elle avait une arrière-pensce fit à T'assemétablie dans une adresse qu'elle (1). On y reblée nationale le 5 février 1790
mots : ( La société si lâchement,
marque ces
calomniée ne tient sa mis-
> si injustement Thumanité qui l'a portée à dé-
> sion que de
même sous le despotisme
> fendre les noirs,
> passé,etc. )
la liberté des nègres
Ainsi, elle avouait que était depuis longesclaves dans les colonies
ct qu'elle tratems le sujet de ses méditations sans autre convaillait à leura affranchisement, droits de Thomme ; et
sidération que celle des
des
de cou-
: elle embrassait la cause
gens
elle
lorsqu
de beaux systèmes d'où
leur, en étalant
relaexclure toutes les conséquences
semblait
des noirs, elle n'aspirait qu'à
tives à la liberté
; enfin
dans le Nouveau-Monde
la proclamer
était alors président de la société.
(1) Brissot de Varville --- Page 60 ---
c'est Taffranchissement
pira l'intérêt si
des esclaves qui lui insvéhément
des mulâtres.
qu'elle prit au sort
Est-il donc étonnant
dont la publicité
que ses premiers essais,
colonies, aient
se répandait dans toutes les
jeté l'alarme à
où le mécontentement
Saint-Domingue,
Doit-on
croissait de jour enj
encore trouver
jour?
tans aient cherché à
étrange que ses habiquiles
se garantir des malbeurs
menaçaient de toutes
des hommes de mauvaise parts? Cependant,
bueraux blancs de
foi ne cessent d'attriquiont éclatédans Saint-Dominguelest troubles
cette
(C Ces sont les
colonie. A les entendre:
grands
> tés, c'est dans
planteurs qui les ont exciT'espoir de
>> vernement que
s'emparer du gou-
>>
T'aristocratie fonda à SaintDomingue un comité secret
>> cieux prétexte de
qui, sous lespé-
> politiques et administratifs s'emparer des intérêls
) chercha sans relâche à
de la colonie,
> tionnaires
décréditer les foncpublics, à secouer
>) métropole, àusurperle
le joug de la
> faire à-la-fois
pouvoir, afin de satisCes
son orgueil et sa cupidité(s)..
déclamateurs affirment ensuite
d'autorité que le soulèvement
d'un ton
des esclaves fut
4) Voyez le Journal du Commerce des
12 et 13 avril 1819.
) chercha sans relâche à
de la colonie,
> tionnaires
décréditer les foncpublics, à secouer
>) métropole, àusurperle
le joug de la
> faire à-la-fois
pouvoir, afin de satisCes
son orgueil et sa cupidité(s)..
déclamateurs affirment ensuite
d'autorité que le soulèvement
d'un ton
des esclaves fut
4) Voyez le Journal du Commerce des
12 et 13 avril 1819. --- Page 61 ---
l'effet de la lutte entre les hommes puissans et
les hommes libres.
tomber
J'ai toujours pensé qu'il ne pouvait
mît le feu à sa
sous le sens qu'un propriétaire
maison pour ne pas faire fléchir son orgueil
blessé; il faut être arrivé au tems où nous
tout le contraire.
sommes pour apprendre
du pathos philoVoilà ce qu'on peut appeler
sophique. Au reste, il est vrai qu'unesemblable
n'appartient qu'aux légataires univeropinion sels des faiseurs de la révolution; et lorsqu'ils
cherchent à nous persuader que ce sont les
leur émigration, ont mis le
nobles qui, après
feu à leurs châteaux et assassiné les patriotes
il est conséquent de leur part de dire
français,
de Saint-Doque ce sont les propriétaires habitations et
mingue qui ont incendié leurs
égorgé leurs nègres.
J'éprouve le besoin de donner à ces exclusifs
dernière
de l'atrocité des reproches
une
preuve
colons.
disne cessent d'adresser aux
Que
1 qu'ils
de l'explicaje? ce n'est pas moi qui me charge
de
tion, je fais intervenir ici un des membres
le
Garran de Coulon, qui,
la secte,
député
parlant de la cause des troubles de Saint-Docherche à repousser T'accusation faite
mingue,
des amis des noirs d'avoir proà la société
duit l'insurrection par ses écrits philosophi- --- Page 62 ---
ques(S).Jenesais, dit-il, pourquoi on
le dissimuler : ce sont les
voudrait
produits par la révolution moucemens divers
forts insensés
franguise el les efqu'on a faits pour en arréler les
progrès, qui
contcus@ijnuuroation des
dans nos iles. C'est l'air
negres
contagieua de cette
révolation, son eaemple
désespérant qui ont
faitjaillir les premières élincelles de la
à
révolte
Saint-Domingue, et qui en ont dispersé les
flammes de toutes parts.
Cet aveu d'un homme qui faitautorité
les détracteurs des colons
parmi
point récusé
ne sera sans doute
par eux; mais comme ils
raient T'interpréter suivant leurs
pourcrois devoir me charger du
passions, je
dirai donc que la Société des commentaire. Je
liant
amis des noirs,
son système exagéré et irréfléchi au
de la révolution, profita de l'élan
plàn
Français
les
universel des
pour
intéresser à son projet de
détruire la servitude des nègres. Dans
thousiasme
son enaveugle, elle oublia que ceshommes
grossiers étaient incapables de distinguer la
liberté d'avec la licence, et qu'une loi
dente détruisant leurs
imprupréjugésdevait êlre
eux et pour les colons un arrêt de
pour
mort; que
(1) Opinion de Garran de Coulon, député de
causes el les remèdes des désastres des
Paris, sur les
blée nationale le 29 février
colonies, luc à l'asscm1792.
oublia que ceshommes
grossiers étaient incapables de distinguer la
liberté d'avec la licence, et qu'une loi
dente détruisant leurs
imprupréjugésdevait êlre
eux et pour les colons un arrêt de
pour
mort; que
(1) Opinion de Garran de Coulon, député de
causes el les remèdes des désastres des
Paris, sur les
blée nationale le 29 février
colonies, luc à l'asscm1792. --- Page 63 ---
si elle eût été sincèrement animée de cette
raisonnée qui calcule à-la-fois et
philantropic
les causes et les effets, elle aurait reconnu que
Taffranchissement devait au moins être prélentement et par degrés, en y faisant inparé
utiles pour tous, après *
tervenir des institutions
les avoir soigneusement méditées.
Tel était le sentiment de labbé Raynal, ce.
dela liberté des nègres; son tépremierapôtre
moignage ne peut pas être suspect (1).
de tels moyens on eût évité
En employant
mais loin de là, cette
les plus grands désastres;
société ne mit plus de bornes à son entreprise.
avoir cherchéà animer les colons et les
Après
commerçans de Franceles unscontrelesautres,
à ceux-ci des principes incompaen présentant
tibles avec les intérêts de la métropole, lorsque
conseils insidieuxelle ne putles faire
malgréses elle accusa les colons de lesàvoir imaadopter,
ginés. Alors elle s'empara de la déclaration
des droits de Thomme, elle T'envoya avec prodit l'abbé Raynal, faire tomber les
(1) I ne faudrait pas,
dans la servitude ou qui y ont
fers des nègres qui sont nés
n'auraient pas été préparés
vieilli. Ces hommes stupides, qui incapables dc se conduire
à un changement d'état, scraient indolence habituelle ou
eux-mêmes ; leur vie ne serait qu'une
des Deux-Indes.)
un tissu de crimes. (flistoire. plilosophique --- Page 64 ---
fusion dans les colonies, et
qui la firent
soudoya des agens
retentir au milieu des ateliers. Les
avantages que Saint-Domingue procurait à la
France valaient cependant bien la peine
mis dans la balance
d'être
par ces hommes quiallaient
chercher au loin des objets de
quand une foule de malheureux compassion, leur
( Laissez-là les Tartares et
criait:
songezà VOS voisins. > N'étaitil pas digne, en effet, qu'à l'intérêt de conserver les colonies d'où
milliers de Français tiraient leur plusieurs
ces métaphysiciens sacrifiassent
existence,
nions
quelques opiphilosophiques qui dérangent plutôt
qu'elles ne corrigent la marche de la nature?
Cependant, on vivait encore à cette
à
époque
Saint-Domingue dans un élat de sécurité
apparente. Cette colonie rendaità la France le
tribut entier de ses cultures, qui enrichissaient
la métropole, la rendaient
même et
puissante en ellesupérieure dans son commerce avec
l'étranger. Mais cet état de choses devait bientôt subir l'effroyable destruction
une secte avide de désordres etde préparée par
Comme il est utile de faire. ressortir calamités(1).
l'im-
(1) Un membre de l'assemblée constituante
une circulaire portant que bientôt le soleil avait répandu
en Amérique que des hommes libres.
n'éclairerait plus
ient
même et
puissante en ellesupérieure dans son commerce avec
l'étranger. Mais cet état de choses devait bientôt subir l'effroyable destruction
une secte avide de désordres etde préparée par
Comme il est utile de faire. ressortir calamités(1).
l'im-
(1) Un membre de l'assemblée constituante
une circulaire portant que bientôt le soleil avait répandu
en Amérique que des hommes libres.
n'éclairerait plus --- Page 65 ---
causé par d'imprudens
mensité du dommage
c'est ici le lieu de marquer le degré
novateurs,
était
auquel Saint - Domingue
de splendeur
troubles
moment où les premiers
parvenu au
ont éclaté.
des colonies
En parlant de Timportance
américain, M. Arfrançaises dans T'Archipel
Saint-Doà
noud (1) s'attache principalement
précédéla
mingue. Dans les troisannésquiontp
il fait remarquer que cette colonie
révolution,
dans les ports de la métropole,savoir:
a envoyé
sucres de toutes
Café, 734 mille quintaux;
était chargé en 1789 de la sons-direction du
(1)" M. Arnoud
Il a publié en 179', sous
bureau de la balance du commerce. relations commerciales
le titre de Balance du commerce et des les parties du globe, 2 un
extérieures de la France dans toutes
intéressantes rerempli des plus pénibles ct des plus
nommé
ouvrage
dans les douanes. M. Arnoud avait été
cherches puisées
des comptes depuis sa création. 1l
conseiller maître à la cour
T'exercice de ses fonctions.
est mort il y a peu d'années, dans italien a aussi publié, sur
Vers la même époque, 2 un savant
de T'Europe 2
extérieur de toutes Jes puissances
Je commerce
estinné. Le tableau qu'il a joint à cet ouun ouvrage justement
de
liv. tournois, à
vrage présente une somme 5,150,000,000 des
de I'Europe.
laquelle s'élève le commerce total puissances lui donnait
710 millions, ce qui
La France y est portée pour le commerce de l'Angleterrc,
de 80 millions sur
un avantage
650 millions.
qui n'est comprise dans CC tableau que pour
rendu par
aussi consulter le dernier compte
On peut
Cet administrateur intègre a fait conM. Barbé de Marbois.
et ses avantages,
naître l'état de Saint-Domingue, ses produits
5,150,000,000 des
de I'Europe.
laquelle s'élève le commerce total puissances lui donnait
710 millions, ce qui
La France y est portée pour le commerce de l'Angleterrc,
de 80 millions sur
un avantage
650 millions.
qui n'est comprise dans CC tableau que pour
rendu par
aussi consulter le dernier compte
On peut
Cet administrateur intègre a fait conM. Barbé de Marbois.
et ses avantages,
naître l'état de Saint-Domingue, ses produits --- Page 66 ---
sortes, 1750 mille quintaux;
quintaux; indigo,
coton, 90 mille
41 mille quintaux,
damment des cuirs,
indépensirops et tafias qui ont été
exportés.
( On peut juger, dit cet
>> productions seront
auteur, que ces
encore
>) France une mine
long-tems pour la
de
>
inépuisable
richesses,
comme le mouvement dans les
)) times demeurera
ports mariune école
>) les matelots français
perpétuelle pour
formant les
> de six cents navires du
équipages
commerce
> ment employés.
journelleOn peut voir par les relevés des douanes
que pouvait être la belle colonie de
ce
Saint-Domingue avant qu'elle eût été livrée à toutes les
horreurs de la
désorganisation. du système sous
lequel elle avait prospéré:
vins L'importation, et de toutes les en 1790, des farines, des
marchandises
des manufactures
provenant
somme de.
françaises, a produit une
Ac Aqueilfiutsjontergoe vaisseaux
150,5-5,970 liv.
venus à Saint-Domingue pendant la négriers même
année, et qui ont produit une vente de.
Totalde l'importation
. 88,841,684
commerce
par 514 bâtimens du
français, ci .
Le produit de
259,417,654 liv.
cru de cette l'exportation des denrées du
compte de colonie, en 1790 > et pour le
négocians de France, 3 s'cst élevéà.
D'oi il résulte
599,627,078 liv.
quc, non compris les béné- --- Page 67 ---
fices de retour, , le commerce français avait 160,209,424 liv.
déjà en sa faveur une balance de. .
Dans la même année, , les étrangers ont imà Saint - Domingue, tant en nègres
porté
qu'en marchandises et approvisionuemens, 34,688,600 liv.
pourl la somme de.
La colonie leur a fourni
en objets d'exportation permise parles différens arrêts
du conscil de Versailles,
liv.
27,516,600
pour : .
Et il est également constaté > par des relevés exacts
45,716,600 liv.
faits sur les livres des douanes étrangères , que cette
même année 1790 l'exportation dis m archandises
non permises, comme sucre, café, coton et indigo,
par les étrangers > s'est
18,400,000
montéc à :
de la colonie a
Ainsi, la balance all profit
11,028,000 liv.
été de. :
RÉCAPITULATION.
Année 1790.
livres.
L'importation
livres. :
L'exportation 399,627,078
nationaleaétéde 259,417,654 nationalenétéde
Celle étranL'importation
gère de. .
45,716,600
étrangère de :
34,688,600
Exportation
Total. -
274,106,254 d'autres denrées
etdroitsfraudés,
ci..
16,000,000
Total. .
461,543,678
.
été de. :
RÉCAPITULATION.
Année 1790.
livres.
L'importation
livres. :
L'exportation 399,627,078
nationaleaétéde 259,417,654 nationalenétéde
Celle étranL'importation
gère de. .
45,716,600
étrangère de :
34,688,600
Exportation
Total. -
274,106,254 d'autres denrées
etdroitsfraudés,
ci..
16,000,000
Total. .
461,543,678 --- Page 68 ---
De qielle importance n'était-elle
la puissance qui la possédait,
pas pour'
à elle seule,
une colonie
qui,
procurait un commerce
tation, d'exportation, bénéfice de fret d'impor- et divers
autres, montant à. .
Et qui, par de tels
735,449.932 fr.
moyens, donnait le mouvement et la vie à plusieurs millions de
çais? ?
FranIls sont bien coupables les auteurs de la destruction de tous ces canaux de la
nationale ! Mais quels
prospérité
sontils?L'esprit de parti
toujours veut les voir dans les
lons, qu'il signale d'abord propriétaires Cocrates
comme des aristoentichés de préjuges, ensuite comme les
seuls révolutionnaires du pays oi ils
à la domination eaclusive
aspiraient
disent les élèves de
(t). Voilà ce que
cette propagande qui fait
germerl l'étrange doctrine de
intérêls
s'appuyer sur les
moraua de la révolution; ils
de révolutionnaires les hommes
qualifient
victimes
qui en sont les
: c'est la tactique de tous ces charlatans qui ne sont philosophes
tion et que l'impunité
que par spéculaencourage (2).
J'ai indiqué ce qui avait produit les
premiè-
(1) Voyez le Journal du Commerce des 12 ct 15 avril
(2) Il scrait injuste de ne pas convenir qu'il existe de 1819. vrais
philantropes 2 des amis sincères delhumanité; mais il ne
pas les chercher dans les rangs de nos prédicateurs soi-disant faut
'est la tactique de tous ces charlatans qui ne sont philosophes
tion et que l'impunité
que par spéculaencourage (2).
J'ai indiqué ce qui avait produit les
premiè-
(1) Voyez le Journal du Commerce des 12 ct 15 avril
(2) Il scrait injuste de ne pas convenir qu'il existe de 1819. vrais
philantropes 2 des amis sincères delhumanité; mais il ne
pas les chercher dans les rangs de nos prédicateurs soi-disant faut --- Page 69 ---
à
et les premières agitations
res inquiétudes
avaient
Saint-Domingue; ; j'ai démontré qu'elles
dans les écrits incendiaires de la facleursource
des Amis des noirs, et dans le
tion dite Société
admisentiment de T'oppression, reproché aux
nistrateurs de la colonie. Je dois maintenant
sur les événemens qui
reprendre ma narration
en ont été la suite.
CHAPITRE III.
coloniale. Ses actes. Sa lutte aycc
Organisation de l'assemblée dissolution. Révolte d'Ogé. Assasl'autorité supérieure. Sa
Décrets sde
sinat du colonel du régiment du Port-au-Prince. Leurs effets. EvéT'assemblée nationale. Leur incohérence.
nemens. Anarchie.
J'AI dit dans le précédent chapitre que les
s'étaient formés dans les trois procomités qui
et modestes, font le bien sans éclat;
libéraux : ceux-là, simples la célébrité et sont loin de pratiquer les
ceux-ci courent après
vertus qu'ils préchent.
ces modernes indépenC'est une remarque assez juste caractère que
est toujours en opdans veulent tout asservir ; leur c'ést à bon droit qu'on peut
position avec leurs principes, ct
leur faire cette application :
I'humanité partout respire en vos écrits ;
Vous y plaignez le sort des nègres de l'Atrique.
Et vous ne pouvez pas garder un Deur domestique. Gendres, comédie. )
(Les
--- Page 70 ---
vinces de la colonie, avaient
d'organisation
adopté un plan
d'assemblée coloniale. Cest
les bases de ce
sur
plan que se constitua la
mière assemblée réunie à Saint-Marc, preavril 1790, sous le titre d'Assemblée
le 14
de lapartie française de
genérale
Placée à deux mille lieues Saint-Domingue. de
la
alarmée de
métropole,
T'application des principes
raux adoptés par l'assemblée
génécée par les hommes de couleur nationale, menataient mis en état d'insurrection qui déjà s'éde
dansles plaines
P'Artibonite, cette assemblée rendit des décrets dont l'exécution devait atteindre les
rogatives des
préreprésentans du Roi.
C'est alors que s'engagea une lutte qui
duisit! des divisions funestes
proentre les
taires de l'autorité et les partisans de déposiblée générale,
l'assemcomposée des propriétaires les
plus riches et les plus instruits.
Jusque-là,les
nègres ne paraissaient pas devoir être mis en
mouvement, tous les ateliers étaient
dans quelques quartiers
paisibles;
seulemént, les
de couleur SC réunissaient
hommes
plots qui éclatèrent
pour tramer les compeu de tems après.
Pénétrée du principe consacré par la métropole, et d'après son exemple, T'assemblée
rale de Saint-Domingue
généconsidéra comme un
instruits.
Jusque-là,les
nègres ne paraissaient pas devoir être mis en
mouvement, tous les ateliers étaient
dans quelques quartiers
paisibles;
seulemént, les
de couleur SC réunissaient
hommes
plots qui éclatèrent
pour tramer les compeu de tems après.
Pénétrée du principe consacré par la métropole, et d'après son exemple, T'assemblée
rale de Saint-Domingue
généconsidéra comme un --- Page 71 ---
intérieur.
droit celui de statuer sur son régime
dè
lois ne pouvaient être
En effet,
pareilles
sein même de la colonie, d'abord
faites qu'au
raison de la différence du climat, du genre
en
et de culture, des moeurs et des
de popnlation
elle décréta le
habitudes (1). En conséquence,
d'après laquelle
28 mai 1790, une constitution
déelle s'attribua la législation de l'intérieur ,
On venait de recevoir l'extrait d'un ouvrage imprimé, :
(1)
titre : Siite de la découverte d'une conspiration
ayant pour
de la France. ( Lisez, colons et voyez si vos
contre les intérets
Lassemblée nationale a décrété le
) propriéues sont en sureté.
les colon'avait point entendu comprendre
> 8 mars, qu'elle
avait créée pour le royaume;
> nies dans la constitution qu'elle travailleront à leur organisad'outre-mer
> et nos possessions leur constitution , de la manière la plus
> tion intérieure, à conforinei à leur climat, à leurs moeurs,
) avantageuse et la plus
intérêts et à ceux de la inétropole.
> à leurs
amis des noirs et de T'Angleterre n'est pas
> L'espoir des
colonies et les provinces inaritimes se
) encore perdu, et les
à de nouvelles inquiéexposées
> verront Cencoreprobablemente
qu'ils seront condes actes d'autant plus dangereuxq
> tudes, 2 à
de méthode et de secret.
> duits avec plus d'art, noirs
à la vérité, presque dis-
> La secte des amis des
s'est, de lumière s'est porté
> sipée dès l'instant qu'un grand coup mais une autre société
> sur ses intentions et ses manoeuvres, fondue la sociétédes amis
)) plus profonde. 2 dans laquelle s'est direction des sieurs Mirabeau, ,
> des noirs 1 s'est élevée sous la l'abbé Grégoire, etc., ayant
Brissotde Varville,
> de Condorcet,
de leurs sectaires et de leurs disciples.
3 à leur suite nombre
Club de la propagande
>> Cette société s'est d'abord appellée
porté
> sipée dès l'instant qu'un grand coup mais une autre société
> sur ses intentions et ses manoeuvres, fondue la sociétédes amis
)) plus profonde. 2 dans laquelle s'est direction des sieurs Mirabeau, ,
> des noirs 1 s'est élevée sous la l'abbé Grégoire, etc., ayant
Brissotde Varville,
> de Condorcet,
de leurs sectaires et de leurs disciples.
3 à leur suite nombre
Club de la propagande
>> Cette société s'est d'abord appellée --- Page 72 ---
clara que ses décrets, à cet
égard, ne seraient
soumis qu'à la sanction du
refus de la
roi, et qu'en cas de
part de S. M., l'exécution
en serait
suspendue aussitôt la manifestation
légale de ce refus.
officielle et
Néanmoins, elle décréta
tous les articles formant la
que
constitution de la
partie française de Saint -
Domingue seraient
envoyés en France pour être
présentés à l'acceptation de l'assemblée nationale
tion du roi.
et à la sanc-
> etde la révolution de 178g. Je
> tention à ce mot la
prie mes lecteurs de faire at-
> deur.
propagande, et d'en sonder la profon-
> Son but est non-seulement de
> les bons principes, dans tout le propager ce qu'elle appelle
> toute la terre. Elle les traduira royaume, mais encore dans
> fera parvenir dans tous les
dans toutes les langues, les
> pondances dans les
pays; elle se formnera des correscontrées les
D son sein des missionnaires
plus dloignées; partiront de
> points du monde
qui se porteront dans les divers
D ler en révolution, qu'il conviendra à cette société de travail-
, sous le nom si
> si trompeur, de Thumanité, de la spécieux, presque toujours
> Ainsi, d'après les plans de cette liberté.
> de gouvernement, tous les
société, toutes les formes
) par des manceuvres
empires doivent être attaqués
> résister à ses décrets sourdes; ; et malheur à ceux qui oseront
et à ses dogmes! Souverains
>, chefs de tous les
dela terre,
> Les premières gouvernemens, > avisez à votre stireté!
vues de cette société
>> sur nos possessions d'outre-mer. sc porteront sans doute
D nies
Les propriétaires des colodoivents'attendre à être Ses premières
victimes. >
) par des manceuvres
empires doivent être attaqués
> résister à ses décrets sourdes; ; et malheur à ceux qui oseront
et à ses dogmes! Souverains
>, chefs de tous les
dela terre,
> Les premières gouvernemens, > avisez à votre stireté!
vues de cette société
>> sur nos possessions d'outre-mer. sc porteront sans doute
D nies
Les propriétaires des colodoivents'attendre à être Ses premières
victimes. > --- Page 73 ---
Cette disposition, qui forme le dernierarticle
pour Saint t-Domindu décret de constitution
n'avait
que. l'assemblée générale
gue, prouve
point ces
-Emrarer
cessé de l'accuser, puisque, par
dont on n'a
implicitement à l'exécetarticle, clle renonçait
cution de son décret, au cas de non acceptation
et de sanction.
croissant
Cependant, la lutte allait toujours
et l'assemblée
entre les autorités supérieures
le 30 mai
générale à cause de ses actes, lorsque
décret
officielle du
elle reçut la notification
l'assemblée
rendu le 8 mars - précédent par 28 du même
nationale, et les institutions du
Il
des colonies.
mois, relatives à T'organisation
T'esprit et
d'en faire connaître
est important
l'objet sommaire.
nationale déclal'assemblée
Par ce décret,
comme
considérant les colonies
rait < qu'en
français, elle n'avait
> une partie de l'empire
jamais entendu les comprendre
> cependant
décrétée pourleroyaume,
> dansl la constitution
être
à des lois qui pourraient
> et les assujettir
locales
avec leurs convenances
> incompatibles:
chaque coloelle autorisait
> et particulières;
son voeu sur la constitu-
> nie à faire connaitre
conla
et l'administration
> tion, législation --- Page 74 ---
venables à la prospérité et au
) habitans, à la
de
bonheurde ses
charge
se
)) principes généranx
conformer aux
qui lient
)) métropole, et
les colonies à la
quiassurent la
> leurs.intérêts
conservation de
respectifs. >
L'instruction du 28 mars
> conditions
prescrivait ( les
d'éligibilité à
)) niale, et le nombre des T'assemblée colo-
> lae composer à raison du députés qui devaient
nombre
> éligibles; elle portait
des citoyens
> rendraient
que les députés élus se
immédiatement à
> détermineraient le lieu des Léogane, et y
> semblée coloniale
séances de l'as-
; enfin, elle
> l'étendue desi fonctions
déterminait
> bldescolonialés,
déléguées aux assemet posait les
> confiées aux
limites de celles
Il est évident agens du pouvoir exécutif. >>
parle texte du décret du8 mars
quel'assemblée nationale ne pouvaito
verles dispositions de celui
qu'approunérale de
que Tassemblée
Saint - Domingue avait rendu gele 28
maiavantlsnotification de ce décret du 8
Il fut reçu dans la colonie
mars.
de reconnaissance
avec un sentiment
vaincu
; on demeurait alors conque Tasembléenationale
aux colonies une constitution voulait donner
position et à leurs besoins. approprice à leur
L'assemblée générale de
Saint - Marc, qui
quel'assemblée nationale ne pouvaito
verles dispositions de celui
qu'approunérale de
que Tassemblée
Saint - Domingue avait rendu gele 28
maiavantlsnotification de ce décret du 8
Il fut reçu dans la colonie
mars.
de reconnaissance
avec un sentiment
vaincu
; on demeurait alors conque Tasembléenationale
aux colonies une constitution voulait donner
position et à leurs besoins. approprice à leur
L'assemblée générale de
Saint - Marc, qui --- Page 75 ---
reçu lc décret et Tinstruction
avait également
satisfaction,
avec les signes de la plus grande
de
ensuile des dontes sur l'interprétation
éleva
Ses membres crurent
T'ank (pdeceteinstrnction.s
chosesaud'un ordrede
Testiancantsemeat
ils attachaient la plus geandeimportance.
quel
après
Cet article portait: : < Quimmédiatement
du décret et de Tinstruction,
> la prommigation
âgées de vingt-cinq ans
> toutes les personnes
d'immeubles, ou,
>
accomplis, propriéiaires
domiciliées
dune telle propriété,
>> à défaut
depuis deux ans et payant
> dans lai paroisse
se réuniraient pourformer
> une contribulion,
>7
> T'assemblée provineiale.
des hommes de
Redoutant les prétentions
sur. la foi
conlemtiquil continuaient de s'agiter
émisqulils recevaient de leurs
des espérances
de Saint - Marc
saires, T'assemblée générale décret
:
rendit le I" juin 1790, $ un
portant tout
adhéraità celui du 8 mars, en
< 1° Qu'elle
contraire à son acte de
> ce qui n'était pas mai; 2° que, sans rien pré-
> constitutiondu28
du 28 mars, elle
> juger sur les instructions
et à délibéles
à se réunir
> invitait
paroisses
générale
voulaient quelasemblée
> rersielles
ensuite
ses fonctions. >) Elle prit
> continuat
lui attirèrent le désavoeu
d'autres mesures qui --- Page 76 ---
del l'assemblée
autres
provineialeduNord, de plusieurs
corporations formées dans la
sous les auspices du
colonie
De leur côté, les hommes gouvernement.
tant des
de couleur pupfiavantages que leur fournissaient les
progrès de la révolution en France,
taient à la barre de Tassemblée
argumenl'art. 4 des instructions du
nationale sur
ils oubliaient le texte
28 mars 1790, mais
risait chaque
du décret du 8, qui autocolonie à émetire son vaeu sur la
constitution, la legislation et
convenables au bonheur de Ladministration
incontestableq
ses habitans. Il est
le texte de son décret du
Lterenteeasfon
aucun
8, n'admettait encore
hommesde changement danslesystème .
colonial. Les
respect le
avec
Tamnninrasncmeate.
résultat de l'initiative accordée
l'assemblée
à
sumée
codasiale.dentfretaene était
par cette même instruction.
préils ne rougirent
Loin de là,
à leurs
pas d'avouer que la résistance
prétentions était la véritable
l'insurrection qui troublait
cause de
Saint-Domingue
la tranquillité de
(r).
N'est-il pas naturel,
d'après cet aveu, de se
- (a) Pétition des hommes de
en date du 18 mars 1791.
couleur à l'assemblée nationale, 1
codasiale.dentfretaene était
par cette même instruction.
préils ne rougirent
Loin de là,
à leurs
pas d'avouer que la résistance
prétentions était la véritable
l'insurrection qui troublait
cause de
Saint-Domingue
la tranquillité de
(r).
N'est-il pas naturel,
d'après cet aveu, de se
- (a) Pétition des hommes de
en date du 18 mars 1791.
couleur à l'assemblée nationale, 1 --- Page 77 ---
récrier contre la partialité de cCs écrivains qui
sans cesse les colons blancs de Saintaccusent des malheurs de cette colonie?
Domingue
qui
Cependant, les assemblées provinciales
été convoquées en exécution des insavaient
tructions du 28 mars, contrombrenttawermbiée
Mais d'autres
générale de Saint-Domingue.
des admiactes d'empiètement sur les pouvoirs
nistrateurs de 'la colonie hâtèrent sa dissolution.
s'en répandit, et d'autres
La nouvelle qui
avaient déterminé les membruits inquiétans
Port-aubres du comité provincial, établi au
Prince, à se réunir et à délibérer sur les meà
dans la circonstance. Ils avaient
sures prendre
dans le lieu de leurs
appelé la force armée
grossissait, M. de Mauduit,
séances; T'orage
colonel du régiment du Port-au-Prince, reçut
lordre du gouverneur de dissoudre ce comité
et de s'emparer de ses membres, pour servir
de garants de la conduite ultériéure de l'assemblée générale. ordre fut exécuté dans la nuit du 29 au
Cet
douze hommes furent
30 juillet 1790. Dix ou
tués de part et d'autre, et le comité fut dissous.
M. de Mauduit paya ensuite bien cherlhonneur
du succès de cette expédition. --- Page 78 ---
Il est difficile de peindre la situation
semblée générale de
de l'asoù elle
Saint-Marc, au moment
apprit ce résultat; elle fit à la hâte une
proclamation pour inviter toutes les
à se réunir, mais son heure était paroisses
6 août M. de Vincent la
arrivée. Le
ordres du
somma, en vertu des
dans
gonverneur-géncral, de se séparer
état de quarante-huit heures. Ne se sentant pas en
résister, les membres de cette assemblée
s'embarquèrent à bord du vaisseau le
qui fit voile pour la France.
Léopard
Les détracteors éternels des colons conclueront-ils de tous ces faits que c'est à l'aristocratie des grands
l'assemblée
proprielaires, aua actes de
de Saint-Marc, qu'il faut attribuer
les malheurs de
manvajse
Saint-Domingue ? Certes 2 la
foi peut seule inspirer de
idées!
pareilles
Quand on puise à des sources
quand on ne cite que d'après les traditions impures,
d'un
parti, et qu'on tiént soi-même à des
erronées, ons'expose à des
opinions
inexactitudes,à des
mensonges. Ce n'est pas que je veuille être
l'apologiste de l'assemblée de Saint - Marc
j'étais, à l'époque de sa réunion, dans
;
de ceux qui l'ont
lesrangs
improuvée ; mais le tems
amène les réflexions, et
tré
l'expérience a démonque ses actes ne résultaient point d'une VO-
soi-même à des
erronées, ons'expose à des
opinions
inexactitudes,à des
mensonges. Ce n'est pas que je veuille être
l'apologiste de l'assemblée de Saint - Marc
j'étais, à l'époque de sa réunion, dans
;
de ceux qui l'ont
lesrangs
improuvée ; mais le tems
amène les réflexions, et
tré
l'expérience a démonque ses actes ne résultaient point d'une VO- --- Page 79 ---
qu'ils ont été produits par les
lonté coupable,
cette
circonstances dont le torrent a entrainé
assemblée. Quiconque se fût trouvé dans une
position, eût vu naitre les mêmes oraparcille
ges, et peut-dtre de plus violens.
était
Placés au sein d'une révolution où tout
nouveau, il n'est pas étonnant que les membres
Saint-Marc se soient égarés
de T'assemblée-de
toutefois elle avait
dans la recherche du bien ;
influence de la révolution
prévu la dangereuse
les colofrançaise sur Saint-Domingue et sur
nies, et elle avait cherchéles moyens de les en
garantir. Si elle s'est trompée, c'est un malheur
doit
lui
à crime; si elle
qu'on ne
pas
imputer
n'a pu parvenir au but qu'elle se proposait,
de quelques adc'est Tinexpérience politique
ministrateurs temporaires qu'il faut accuser.
n'avaient
Au surplus, ces premières agitations
point encore compromis le système colonial,
c'est-à-dire que les esclaves n'avaient pas fait
de démonstrations : mais on travaillait secrètement à les faire soulever au signal convenu; les
hommes de couleur se ménageaient cette ressource.
de l'assemblée de SaintAprès le départ
Marc,il y eut quelques mouvemens séditieux --- Page 80 ---
dans la province de T'Ouest; ils furent bientôt
comprimés. La tranquillité paraissait renaître,
lorsqu'elle fut de nouveau troublée
vée dans la colonie du
par l'arride couleur
nommé Ogé, homme
qui avait passé un an à Paris, et
vint débarquer, le 2I octobre
qui
des ports de la
1790, dans l'un
province du Nord, sous le
tume d'un matelot américain.
COSChargé des instructions de ceux de ses compatriotes qui étaient en permanence
de
la Société des. amis des noirs,
auprès
huit jours
Ogé se trouva,
après son débarquement, à la tête
d'une petite armée d'hommes de
couleur, déeeibablesredbsatén nègres,et exerçant des actes de violence de tous les
Il avait associé à ses projets de révolte. genres.
nommé Chavanne, autre homme de
un
Ils écrivirent au
couleur.
mandant
gouverneur-genéral, au comparticulier de la province du Nord,
et à l'assemblée provinçiale
(1), pour les infr.-
mer qu'ils venaient demander l'exécutio
décret du 8 mars
1 du
1790, et qu'ils
la force pour réussir.
emploier.ient
Cette demande impéricuse, faite
avec me-
() Les copies oflicielles ont été
nial delassemblée constituante. déposées au comité colo-
couleur.
mandant
gouverneur-genéral, au comparticulier de la province du Nord,
et à l'assemblée provinçiale
(1), pour les infr.-
mer qu'ils venaient demander l'exécutio
décret du 8 mars
1 du
1790, et qu'ils
la force pour réussir.
emploier.ient
Cette demande impéricuse, faite
avec me-
() Les copies oflicielles ont été
nial delassemblée constituante. déposées au comité colo- --- Page 81 ---
, puisque le décret dont
naces, était prématurée;
létat
des
sur
politique
ils'agit ne statuait point
de couleur; ainsi la conduite d'Ogéet
hommes
révolte d'autant plus crimides siens fut une
même
nelle, qu'elle se communiqua presqu'au
où
dans toutes les parties de la colonie
instant
de couleur firent des mouvemens
les hommes'
Mais Fautorité
plus ou moins inquiétans (1).
de force
quelque appareil
n'eut qu'à déployer
pour les réprimer. et les siens avaient pillé et
Cependant, Ogé
habitans paisibles et surpris
assassiné plusieyrs
ensuite
dans leurs propriétés; il vint attaquer
avoir opposé une
le bourg du Dondon,etaprès
résistance ouverte aux troupes de ligne et aux
milices du Cap, il fut repoussé et abandonné
l'avaient suivi; il se retira sur le
de ceux qui
territoiré espagnol.
avait succédé à
M. de Blanchelande, qui
M. le comte de Peynier dans le gouvernement
2 le réclama; et peu de jours
de Saint-Domingue, frères, Chavanne et treize
après, Ogé,un de ses
furentrendus: à la
autres chefs ayant été arrêtés,
France, en vertu de Farticle 6 du traitéde 1777-
(1). II est juste de convenir quilyeitdes exceptions, refusèrent 2 et que de
les hommes de couleur
dans plusieurs quartiers
prendre part à cette révolte. --- Page 82 ---
L'instruction du procès de ce chef et de
complices, par le conseil supérieur du
Ses
laissa aucun doute sur le
Cap, ne
tion généralé dela
projet d'une insurrecPar
part des hommes de
son testament de mort du
couleur.
qu'il confirma le
9 mars 1791,
clara
lendemain, le frère d'Ogédé
que deux députés des gens de couleur
près de T'assemblée nationale
audans la colonie,et
étaient revenus
que leur
nait le soulèvement. Il
présence y soutebordement
ajouta. que, sans le dédesrivières,ces
réunisà quinze mille
tommesdeconleur,
nègres, sgraient
mois de février précédent,
venus, au
du Cap et la livrer
fondre sur la ville
au pillage. Il dénonça les
principaux agens de ces troubles, et
points de ralliement et les
indiqua les
été prises
mesures qui avaient
pour l'exécution de cC
abominable.
complot
Oge et ses complices furent
damnés à la
jugés et conpeine capitale, . qu'ils subirent dans
les premiersjours de mars I 791. Cetleexécution
jeta leffroi dans l'ame des hommes de
des autres quartiers de la colonie,
couleur
raient ces chefs de révolte
qui considéde la résistance
comme des victimes
des blancs à reconnaître leurs
droits politiques.
M. de
B-stakmsdmanmemnoee
ominable.
complot
Oge et ses complices furent
damnés à la
jugés et conpeine capitale, . qu'ils subirent dans
les premiersjours de mars I 791. Cetleexécution
jeta leffroi dans l'ame des hommes de
des autres quartiers de la colonie,
couleur
raient ces chefs de révolte
qui considéde la résistance
comme des victimes
des blancs à reconnaître leurs
droits politiques.
M. de
B-stakmsdmanmemnoee --- Page 83 ---
celle des gens de couleur du quartier de
ses,
répondit en leur citant les déMirebalais : il y
les seuls
des 8 et 28 mars,
crets etinstructions
connus. Il leur
qui fussent alors officiellement
ils se trompaient sur le
fit envisager ( combien
donner
de ce décret, en voulant leur en
> sens
contraire à celui du texte.
> un absolument
c'était une erreur
> Enfin il leur déclara que
d'Ogé,
> volontaire, ,et d'autant pluscriminelle
du
que les instructions
> d'avoir prétendu
des
de
la caste
gens
> 28 mars confondaient
des blancs leurs
avec la classe
> couleurlibres,
le décret du 8 porte for-
>, bienfaiteurs, quand
rien ne sera innové, etc. (1).>
> mellement que
Les choses devaient donc rester dansl'ordre
coloniale eût
établi,jusqu'à ce que T'assemblée
eût fait une constituémis son voeu,et qu'elle
de
tion qui devait être revêtue de T'approbation
T'assemblée nationale.
de couleur devaient l'attendre
Les hommes
d'autant
de confiance, que déjà ceux
avec
plus étaient nés de pères et mères
d'entre eux qui
l'assemblée de
libres,avaient été appelés par
Satnt-Slarc,alajpsisancer des droits politiques.
de M. Blanchelande a été insérée dans le
(1) Cette réponse
Moniteur du 14 février 1791. --- Page 84 ---
Cette concession, faite avant la connaissance
officielle du décret du 8 mars, était un
il fut payé d'ingratitude.
bienfait;
s'est
L'injustice à cet égard
propagée à un tel point, qu'encore
d'hui les écrivains attribuent la
aujourhommes de couleurau refus
rébellion des
ont
que les blancs leur
opposé. Quand on s'est une fois
dans la voie du
engagé
mensonge et de la perfidie, on
n'aime point à rétrograder, et
de quelques écrivains serait l'amour-propre
étaient forcés de
trop blessé s'ils
lons blancs
convenir que ces mêmes COvoulaient conserver Saint-Domingue à la France, en appropriant à cette colonie
une constitution convenable.
)
La mort d'Ogéetde. ses complices avait fait
une impression telle, que tous les rassemblemens se dissipèrent bientôt ; le calme
encore renaître, mais c'était celui
parut
l'orage. Il éclata peu de tems
qui précède
de
après l'arrivée
quelques troupes, composées de deux bataillons d'infanteric, l'un du régimentd'Artois,
et l'autre de Normandie, avec un détachement
du corps royal d'artillerie.
Malgré les précautions prises par M. de
Blanchelande, ces troupes, dont la subordination était un peu affaiblie,
débarquèrent au
Port-an-Prince, et firent connaissance avec le
tems
qui précède
de
après l'arrivée
quelques troupes, composées de deux bataillons d'infanteric, l'un du régimentd'Artois,
et l'autre de Normandie, avec un détachement
du corps royal d'artillerie.
Malgré les précautions prises par M. de
Blanchelande, ces troupes, dont la subordination était un peu affaiblie,
débarquèrent au
Port-an-Prince, et firent connaissance avec le --- Page 85 ---
dont M. de Mauduit était colonel.
régiment
La bonnei intelligence ne dura paslong-tems:
débarqués, instruits de ce qui
les nouveaux
dans cette
s'était passé huit mois auparavant
à ce régiment de n'être pas
ville, reprochèrent
Is le blâmérent
à la hauteur des principes.
d'avoir obéi aux ordres de son colonel, Ne qui lui
avait commandé une - expédition tyrannique
du comité dansi la nuit du 29 au 30 juil-
(celle
hautement
let 1790); enfin, ils annoncèrent
était une tache. pour des
que cette expédition
soldats français.
mécontens de la ville
des
: Une députation
rendit chez
profita de cette exaltation, et se
Mauduit. Elle le somma de remettre
le colonel
les drapeaux qu'il avait pris au comité provincial. Il offrit de les délivrerà l'instant; mais on
exigea qu'il vint, à la tête de son régiment,les
d'oà ils avaient été enlevés.
replacerdanslelieu demande impérieuse:; ; à
Il souscrivit à cette.
arrivé,le colonel, ,accablé d'outrages, fut
peine
assassiné au milieu de la ville par ses propres
soldats, et sa maison fut mise au pillage. M. de
Blanchelande partit au moment même pour
éviter à ces furieux un double crime : il se renaprès son
se forma
ditau
Cap.Aussitôt:
départ,ils
nouvelle municipalité qui s'empara de
une
--- Page 86 ---
tous les pouvoirs; mais bientôt la
méla entre les
discorde se
corps nouvellement
etlerégiment du
débarqués
Port-au-Prince. Un
de résistance faillit
simulacre
occasionner de grands désordres,la ville en fut
le régiment se
Bheurssementpréernée
laissa désarmerji il
de suite et partit
futembarqué
pour France (r):
Onn'ap pas perdu de vue que l'assemblée
tionale, après avoir
nasolennellement annoncé
qu'elle voulait s'occuper des
à assurer le bonheur et la
moyens propres
nies, avait
tranquillité des colopromis de leur donner une
tution
consticompatible avec leurs besoins et leurs
usages particuliers; elle avait déclaré
serait statué sur l'état des
qu'il ne
personnes dans les
.(a) Ces événemens précédérent d'autres
atroces , et c'est à juste titre
actions non moins
tous les hommes sensibles. qu'ils ont excité Tindignation de
Sans vouloir les
pas permis de dire qu'au lieu de les citer excuser, n'est-il
des calamités qui afligérent la;
comme une source
la
colonie, ils n'en furent
conséquence non moins condamnable?
que
partialité d'un historien de
N'était-il, pas delimremarquer que des faits de même rappeler les antécédens ? Il est à
dulgence On sévérité, selon
nature sont traitds avec inemparent; c'est ainsi
l'esprit qui dirige ceux qui s'en
deszet5s
que, lorsqu'il est question des
toient septembre, quelques écrivains ou se taisent journées
avec ménagement, tandis
OI s'appicées à Saint - Domingae, les que pour les barbaries exerà leurs yeux les
grands proprictaires blancs sont
instigateurs et les seuls coupables.
écédens ? Il est à
dulgence On sévérité, selon
nature sont traitds avec inemparent; c'est ainsi
l'esprit qui dirige ceux qui s'en
deszet5s
que, lorsqu'il est question des
toient septembre, quelques écrivains ou se taisent journées
avec ménagement, tandis
OI s'appicées à Saint - Domingae, les que pour les barbaries exerà leurs yeux les
grands proprictaires blancs sont
instigateurs et les seuls coupables. --- Page 87 ---
surlinitiative de leurs assemblées.
colonies que
avait calmé les esprits, et Ton
Cette promesse
de la misespérait béaucoup à Saint-Domingue
du
sion de trois commissaires que, par décret
février
lc roi était prié d'y envoyer,
Ier
1791;
d'afavec pouvoirs de suspendre tousjugemens
faires rélatifs aux derniers troubles.
furent détruites
Tout-a-coup ces espérances
le 15
a la notivelle d'un autre décret rendu
par mai de la même année, et qui; en anéantissant
faités par
l'éffet dés précédentes promesses
nationale, vint exciter de 'nouvellés
Tassemblée
(1). Aussi les
convulsions à Saint-Domingue
de se plaindre
colons ne purentils Wemnpecher
ils
, auxquellés
de ces mesures contradictoires'
à juste titre e la source de leurs
rapportaient
côte; l'attente des hommes
maux. D'un autre
de couleur libres ne se trouvait pas remplie;
par la loi contre ceux
Téxclusion prônoncée nés de pere et mère libres
qui n'étaient pas
:
(i) Ce décretcontensit trojs dxpnitenveeselaulige délibérerait jainais sur
mière, < que le corps-legislauif hommes de ne couleur qui ne seraient pas
> l'état politique etmèretibres- des
> La seconde, C quc les assem-
> nés de père
lors:rexistantes continteraient leurs fonc-
> blées coloniales
les hommes, de cculeur nés de
> tions. > La troisième, seraient a:que admis dans touteslesa assemblées
> père et mère libres
futures, s'ils avaient d'ailletrs les
> coloniales et provinciales
> qualités requises. > --- Page 88 ---
mécontenta singulièrement cette dernière classe, la plus nombreuse, et qui paraissait avoir
sollicité le plus vivement un décret en sa faveur.
Iln'en fallut pas davantage pour rallumer la
haine des mulâtres contre les blancs, et la discorde se glissa, comme cela devait être, entre
les affranchis et les hommes de couleur nés de
pères et mères libres. Dans cet état de
le gouverneur de
choses,
Saint-Domingue crut devoir
prévenir le ministre de la marine de l'effet
produisait déjà la connaissance de ce décret que
du 15 mai. Après lui avoir fait le tableau du
danger où se trouvait la colonie, il n'oublia
point de lui faire remarquer que c'était à l'instabilité des mesures législatives qu'il fallait attribuer la cause des nouveaux troubles dont
Saint-Domingue était menacé. Cette
me dispense de disculper
remarque
davantage les colons
propriétaires, qu'on ne cesse d'accuser comme
auteurs des maux qu'ils avaient tant d'intérêt
de prévenir.
Cependant ce décret si funeste ne fut point
envoyé officiellement ; M. de Blanchelande
avait écrit au ministre qu'il ne prendrait
sur lui d'en ordonner la
pas
les
promulgation. Toutes
places maritimes, les villes de commerce et
de manufactures firent spontanément des réclamations; enfin, l'assemblée nationale, éclai-
'on ne cesse d'accuser comme
auteurs des maux qu'ils avaient tant d'intérêt
de prévenir.
Cependant ce décret si funeste ne fut point
envoyé officiellement ; M. de Blanchelande
avait écrit au ministre qu'il ne prendrait
sur lui d'en ordonner la
pas
les
promulgation. Toutes
places maritimes, les villes de commerce et
de manufactures firent spontanément des réclamations; enfin, l'assemblée nationale, éclai- --- Page 89 ---
convaincue que Pincerrée par ce cri général;
de la métrotitude des esprits sur les principes
troubles
avait été la première cause des
pole
rendit un nouveau décret
de Saint-Domingue,
étaient plus
dont les principales dispositions
et de
conformes aux vues d'une saine politique
l'intérêt général; : mais il était malheureusement à
tard, et ce décret ne put arriver assez
trop
la révolte des nègres, qui
tems pour prévenir
avait éclaté le 16 août 1791 (1).
les faudissimulé les erreurs et
Je n'ai point
assemblées de
tes commises par les premières
et
j'en ai indiqué la source,
S-int-Domingue;
dans lesquels je suis entré me paraisles détails
démontré que les évésent avoir suffisamment
ont
auxquels ces fautes et ces erreurs
nemens
être raisonnablement
donné lieu ne, peuvent
Ce décret, en datc du 24 septembre 1791, portait et l'état que
(:)
l'état des personnes non libres,
( les lois concernant de couleur ct nègres libres > ainsi que
> politique des hommes relatifsalexécutions de ces mêmes) lois 1 seraient
> les réglemens
coloniales; qu'elles s'exécuteraient
> faites par les assemblées
des' gouverneurs, pendant
> provisoirement, aveclapprobation directementà la sanction du
> un an, et qu'elles seraient portées
porter obstacleau
décret antérieurpuisse
> Roi, sans qu'aucun
conféré
coloniales.>
ce
exercice de droit
auxassemllées
> plein
de ce décret était relatif aux reLe surplus des dispositions
et aux lois coucerlations commerciales avec la métropole était, comme de juste,
nant la défense des colonies. L'initiative
réservée à T'assemblée nationale et au roi.
à la sanction du
> un an, et qu'elles seraient portées
porter obstacleau
décret antérieurpuisse
> Roi, sans qu'aucun
conféré
coloniales.>
ce
exercice de droit
auxassemllées
> plein
de ce décret était relatif aux reLe surplus des dispositions
et aux lois coucerlations commerciales avec la métropole était, comme de juste,
nant la défense des colonies. L'initiative
réservée à T'assemblée nationale et au roi. --- Page 90 ---
reprochés aux colons. Dans tous les
n'avaient
cas, elles
pu autoriser les hommes de
se révolter
couleurà
pour obtenir, parla voie des
ce qui ne devait leur être accordé
armes,
que dans le
Escnt
CHAPITRE IV.
Formation d'une nouvelle assemblée
nègres dans la province da Nord. coloniale. Révolte des
saires civils. Concordat entre les Arrivée de trois commisgardenationale du Port-au-Prince. hommes de couleur et la
Incendie de la ville du Port-nu-Prince. Rupture de ce concordat.
saires. Insurrection dans les
Départ des commisArrivée de troisnouveaux provinces de l'Ouest et du Sud.
neur et de 6ooo hommes de commissaires civils, > d'un gouversaires. Instructions secrètes. troupes. Début de ces commisPort-au-Prince. Bombardement Expédition contre la ville du
d'une grande partie de ses habitans. de cette ville. Déportation
baut au Cap. Retour des commissaires Arrivée du général Galbarquement du général et de sa famille. dans cette ville. Emsoulèvemens. Insurrection dans la rade du Provocations? à des
marins et de la troupe. Atlaque de la ville Cap. Descente des
Carnage, 2 incendie, pillage. Retraite des sur trois points.
part du convoi. Liberté générale des commmissaires: Dé.
vasion de plusieurs quartiers de Ia colonic nègres proclamée. InNouvelle commission civile
par les Anglais.
Domingue. Elévation
envoyée par le directoire à SaintSon caractère. Evacuation detacaint-tapatune des
Ses progrès.
Louverture contre Rigaud: Ses Anglais. Guerre de Toussaintprojets d'indépendance. Constitition victoires, ses cruautés, Ses
Domingue. Elat de cette colonie
parl lui donnée à Saintsous son gouvernement.
LA juste condamnation
d'Ogé et de ses complices avait ralenti lcs
mouvemens des hom-
Domingue. Elévation
envoyée par le directoire à SaintSon caractère. Evacuation detacaint-tapatune des
Ses progrès.
Louverture contre Rigaud: Ses Anglais. Guerre de Toussaintprojets d'indépendance. Constitition victoires, ses cruautés, Ses
Domingue. Elat de cette colonie
parl lui donnée à Saintsous son gouvernement.
LA juste condamnation
d'Ogé et de ses complices avait ralenti lcs
mouvemens des hom- --- Page 91 ---
secrède couleur; mais ils se réunissaient
mes
dans les ténèbres
tement, et ils préparaient
qui leur
d'exécuter les.instructions
les moyens
France
les moteurs de
étaient envoyées de
par
tous ces désordres.
à arriver.
Ce moment ne tarda point
formée
Une nouvelle assemblée coloniale,
du 28 mars, devait être
d'après les instructions
le 25 août 1791. Quelquesinstallée au Cap,
rendant à leur poste,
uns des députés, en se
habitafurent témoins d'un incendie sur une
du Limbé; plusieurs travertion du quartier
flammes; ensèrent des sucreries en proie aux
de ces députés furent impitoyablefin, quatre
ment massacrés en route.
qu'il
vinrent déposer
Diverses personnes
dirigé
de conspiration,
existait un vaste plan
ville du
où les
contre la
Cap,
particulièrement du feu mis à des habitations
insurgés, au signal
avaient organisé un massacre général.
voisines,
prenait les
Pendant que M. de Blanchelande
l'insurnécessaires pour la préserver,
mesures
et, dans
rection faisait des progrès au-dehors, révoltés
la nuit du 22 au 23 août, des nègres
assassinèrent les blancs isolés sur les habitations
environnans (r).
des quartiers
même tems sur les trois habi
(1) La révolte avait éclaté en
signal
avaient organisé un massacre général.
voisines,
prenait les
Pendant que M. de Blanchelande
l'insurnécessaires pour la préserver,
mesures
et, dans
rection faisait des progrès au-dehors, révoltés
la nuit du 22 au 23 août, des nègres
assassinèrent les blancs isolés sur les habitations
environnans (r).
des quartiers
même tems sur les trois habi
(1) La révolte avait éclaté en --- Page 92 ---
A chaque instant on
fâcheuses
apprenait des nouvelles
; tous ceux qui fuyaient de la
rapportaient que les violences
plaine
mentaient
des insurgés
avec leur
augtendait
nombre, et que le mal s'6rapidement à toute la partie du Nord.
Malgré les précautions
cher les
prises pour empécommunications de cette
avec celles de l'Ouest et du
province
de couleur
Sud, les hommes
s'étaient armés dans les environs
tations Galifet; M. Odeluc,
fut assailli, ainsi
qui en était le
que les blancs attachés à ces procureur-gérant,
les nègres portant pour bannière le cadavre habitations, par
empalé au bout d'une pique.
d'un enfant blanc
devenu l'un des chefs, M. Odeluc S'adressant à son nègre cocher,
ne l'aijamais fait que da bien, lui dit : C Malheures, je
- Cela est vrai,
pourquoi veux-tu ma mort ?
répondit-il, mais j'ai
de
ger. > A l'instant mille
lui promis vous égorpartie des blancs périt coups
sont portés, la majeure
avec lui.
Dans le même moment, l'atelier de
avait juré fidélité au procureur,
T'habitation Flaville, qui
les appartemens des
s'arme, 9 se révolte, entre dans
du
blanes, et en massacre
La
procureur demande à genoux la vie de cinq.
femme
sont inexorables, ils assassinent
son mari ;1 les nègres
infortunée qu'elle et ses filles l'époux, en disant à Jépouse
M. Robert,
sont destinées à leurs
employés sur la
plaisirs.
propres
mémehabitation, est saisi
nègres, 2 qui le garottent entre deux
par scs
scient avec lenteur. Un autre colon
planches et le
nègres, qu'il avait comblé de
est égorgé par celui de ses
son
bienfaits. Son
cadavre, est forcéc d'assouvir la brutalité épouse, jetée sur
Au quartier de la
de ce monstre.
enfans naturels de Grande-Rivière, M. Cardinean avait deux
couleur, à qui il avait donné la liberté, et
ègres, 2 qui le garottent entre deux
par scs
scient avec lenteur. Un autre colon
planches et le
nègres, qu'il avait comblé de
est égorgé par celui de ses
son
bienfaits. Son
cadavre, est forcéc d'assouvir la brutalité épouse, jetée sur
Au quartier de la
de ce monstre.
enfans naturels de Grande-Rivière, M. Cardinean avait deux
couleur, à qui il avait donné la liberté, et --- Page 93 ---
les ateliers.
et insurgeaient
du Portau-Prince,
ils fonnombre de nègres,
Réunis à un grand
de midirent, le 22 août, sur un détachement
escortant des femlices, qui se rendait en ville,
des vieillards et des enfans pour les sousmes,
fureurs dont ils étaient menacés. Au
traire aux
nationaux
bruit de la fusillade, quelques gardes
soldats de ligne sortirent pour combattre ces
et
Ainsi, l'on
insurgés; mais ils furent repoussés.
mettre en doute que les hommes
ne peut plus
de linde couleur n'aient été les provocateurs
subite dans le Nord, puisqu'ils la
surrection
avait
l'enfance avec la plus tendre sollicitude;
dont il
soigné à lui le pistolet sur la gorge, lui demandent
ils se présentent il consent à leur demande : à peine en sont-ils
son argent;
saisis qu'ils le poignardent. Chauvet du Breuil est assassiné par un muA PAcul, M.
à
il destinait sa forlâtre de seize ans, son fils naturel, qui
tune
l'avoir affranchi dès son adolescence.
, après
du Limbé, un colon, pèrededeux jeunes
A la granderavine
un chefd'une bande;
demoiselles blanches, est garotté par grif,c
donne l'autre à un de ses satelil viole T'aînée en sa présence,
filles sont
satisfaite, le père et les
égorgés.
lites; ; leur passion d'horreur et de carnage ont eu lieu dans tous
Ces scènes
moment.Les infortunés habiles quartiers insurgés, au même
au-delors. A mesure
tans étaient surpris chez eux ou traqués victimes ont été plus nomque la révolte s'est étendue, les de barbarie, ct l'on se rapbreuses ; les nègres faisaient assaut
arrachait les yeux
pellera un mulâtre nommé Castaing, qui
des blancs avec des tirebouchons.
passion d'horreur et de carnage ont eu lieu dans tous
Ces scènes
moment.Les infortunés habiles quartiers insurgés, au même
au-delors. A mesure
tans étaient surpris chez eux ou traqués victimes ont été plus nomque la révolte s'est étendue, les de barbarie, ct l'on se rapbreuses ; les nègres faisaient assaut
arrachait les yeux
pellera un mulâtre nommé Castaing, qui
des blancs avec des tirebouchons. --- Page 94 ---
répétaient dans l'Ouest au même moment
l'assemblée coloniale, séante à
où
lieues, arrétait qu'il serait donné soixante-dix
province et à celle du Sud des
avis à cette
nemens qui
malheureux évéaffligeaient les environs du Cap.
Cependant elle voulut
du
ces hommes,
s'occuper sort de
malgré leur conduite
et, dans les premiérs jours du mois de coupable;
bre, sur la proposition
septemuns de ses membres, spontanée de quelquesles
l'assemblée délibéra sur
moyens d'améliorer l'état des hommes de
couleur libres. Elle les invita à se réunir
leurs paroisses
dans
titions
respectives, et à rédiger des pétendantes à fixer leur état
pour ceux qui étaient alors sous les politique, et,
les autorisa à former des
armes, elle
assemblées dans leurs
camps mêmes, pour la rédaction de leurs
titions.
péCertes, elle ne pouvait donner une
plus sincère de ses intentions
garantie
hommes,
en faveur de ces
auteurs des premiers troubles et
complices de la révolie dés noirs.
Mais, au lieu de concourir à l'arrêter dans
la partie de l'Ouest où ils l'avaient
excitée, les
mulâtres, au contraire, la multipliaient afin de
pouvoir dicter des lois à la ville du Port-auPrince. Là, deux partis divisaient les
blancs, et --- Page 95 ---
était la bizarrerie de leur position, que
telle
sous la bannière dite de l'acelui qui paraissait
des homristocratie, soutenant les prétentions
couleur, était le révolutionnaire de
mes de
l'autre, marchant sous les
France, tandis que
de l'égalité et combattant ces prétendrapeaux
aristocrate à Saint-Dotions, élait vraiment
mingue.
flattaient les mulâtres pour
Les premiers
ils étaient
éviter de plus grands malheurs ;
moins pour soutenir leur
dans leurs rangs,
venger la mort du colonel
cause, que pour
Mauduit et les outrages faits au gouvernement
l'assemblée
existant. Les seconds se rappelaient
et ne voulaient point de trande Saint-Marc, révoltés, C'est contre ce dersaction avec les
de couleur étaient
nier parti que les hommes
acharnés. Profitant de la division qui
le plus
ils augmentèrent
existait au Port-au-Prince,
de révolte, et formèrent un
leurs moyens
fort
faire craindre
noyaud'insurgés: assez
pour
un embrasement général.
nationale
Dans cet état de choses, la garde
des
de cette ville proposa an arrangement;
furent nommés de part et d'aucommissaires
tre, et la réunion eut lieu le II septembre 1791
au centre des posià la Croisedes-Bouquels,
qui
le plus
ils augmentèrent
existait au Port-au-Prince,
de révolte, et formèrent un
leurs moyens
fort
faire craindre
noyaud'insurgés: assez
pour
un embrasement général.
nationale
Dans cet état de choses, la garde
des
de cette ville proposa an arrangement;
furent nommés de part et d'aucommissaires
tre, et la réunion eut lieu le II septembre 1791
au centre des posià la Croisedes-Bouquels, --- Page 96 ---
tions militaires de ces hommes dont
litique venait d'être le
l'état pobérations de
premier objet des délil'assemblée coloniale.
Ils connaissaient trop bien l'influence
mnoyens extraordinaires
des
qu'ils
pour les négliger; ils se montrèrent employaient,
en vainqueurs sans avoir combattu, et dictèrent les
conditions d'un concordat qui fut
aucune réclamation.
accepté sans
Cependant, vers la même époque,
blée nationale
T'assemdécrétaitque les lois concernant
l'état politique des hommes de couleur et nègres libres seraient faites par les assemblées
coloniales, et portées directement à la sanction
du roi: Ce décret ne
tion de la
passa point sans opposipart des défenseurs des amis
noirs et de la cause des
des e
contrariait les
gens de couleur; il
prétentions de ces derniers, qui
préféraient le texte de eelui du 15 mai,
qu'il n'accordait les droits
quoihommes de couleur nés de politiques qu'aux
bres. On
pères et mères line connaissait alors d'officiel que le
décret du 8 mai 1790 et les instructions du 28,
quand on y reçut, avec le même
nouveau décret du 24
caractère, ce
commissaires
septembre 1791, et trois
nommés pour prendre connaissance de la cause des tronbles, les faire
ces-
du 15 mai,
qu'il n'accordait les droits
quoihommes de couleur nés de politiques qu'aux
bres. On
pères et mères line connaissait alors d'officiel que le
décret du 8 mai 1790 et les instructions du 28,
quand on y reçut, avec le même
nouveau décret du 24
caractère, ce
commissaires
septembre 1791, et trois
nommés pour prendre connaissance de la cause des tronbles, les faire
ces- --- Page 97 ---
Par la dernière disposition, l'asser, etc. (1)
aux
nationale vota des remercimens
semblée
d'Amérique et à tous
citoyens des Etats-Unis
milieu des désordres de Saintceux qui, au
des secours et s'6Domingue, avaient fourni
dévoués au salut de cette colonie (2).
taient
relève suffisamment les coCette disposition
de la ridicule impulons de Saint-Domingue
d'avoir.
n'a cessé de leur adresser
tation qu'on
les secours des puissances étrangèresi
imploré
commissaires étaient les sieurs Mirbeck, Saint-Léger
(4) Ces
et Roume Saint-Laurent. commettaient les nègres révoltés dans
. (2) Les atrocités que si nombreuses et si inquiétantes, que
la partie du Nord étaient
de concert avec le gouverT'assembléc coloniale crut devoir, dictait la prudence. Elle
toutes les mesures qué
neur , prendre
: ( Qu'attendu Taugavait rendu le 24 aout un arrêté portant:
oil
des nègres et T'impossibilité
> méntation de l'attroupement
leur défense, plusicurs
) les villes allaient se trouver pour demander aux puisbâtimens seraient expédiés pour
> petits
d'hommes et des munitions de
voisines des secours
> sances
> guerre et de bouche. >
aussi quelques
Lassemblée provinciale de lOuest expédia
deux
à la Jamaique, d'ou arrivèrent
jours après une goelette
Ces demandes de secours, que
bâtimens chargés de munitions.
encore le sujet des
commandait la nécessité, ont été et sont
les plus perfides faites aux colons pardeshommes de
imputations
même en tems
ignorans. Il faut donc leur apprendre que,
possesguerre ( et elle n'existait pas alors),les gouvernemens étouffer
de colonies étaient engagds à s'entr'aider pour
seurs
de nègres. (Art. 9 du traité du 3 juin 1777-)
des révoltes
timens chargés de munitions.
encore le sujet des
commandait la nécessité, ont été et sont
les plus perfides faites aux colons pardeshommes de
imputations
même en tems
ignorans. Il faut donc leur apprendre que,
possesguerre ( et elle n'existait pas alors),les gouvernemens étouffer
de colonies étaient engagds à s'entr'aider pour
seurs
de nègres. (Art. 9 du traité du 3 juin 1777-)
des révoltes --- Page 98 ---
Il avait été stipulé dans le
septembre
concordat du II
que ses effets s'étendraient
hommes det couleur de la
aux
pelés à jouir de tous les province da Sud ap3
frèresdela
avantages que leurs
là se conduisirent petseroestonaetrmige Ceuxdence;
d'abord avec sagesse et pruceux-ci; toujours en armes, voulurent
anticiper l'exécution des clauses qu'ils avaient
dictées; sur des refus motivés, ils
brage et menacèrent
prirent l'omde
d'hostilités. On se réunit
nouveau; un second
21 octobre,
concordat, en date du
portait que dans le délai
( le gouverneur serait invité à
d'un mois
> clamation afin' de
faire une pro-
> toyens blancs
convoqier tous les ciet de couleur
> à l'effet de procéder à
indistinctement,
une nouvelle
> tion d'assemblées
forma-
>
municipales,
et coloniales. >>
provinciales
Ce- nouveau conçordat, arraché par la violence, ne pouvait lier ni le gouverneur ni l'assemblée qui était formée en exécution du décret du 8 mars 1790; mais la raison était
impuissante sur des hommes protégés d'ailleurs
par le parti révolutionnaire de France,
Le délai expiré, ils se
au
présentérent en armes
Port-au-Prince et réclamèrent l'exécution
du traité du 21 octobre. Les sections
se réu- --- Page 99 ---
nirent : le résultat des délibérations était conforme à leurs voeux lorsqu'une rixe survenue
esclave et un blanc engagea
entre un nègre
se
entre les deux partis un combat général qui
l'incendie de trois cents maisons.
termina par de couleur s' 'étaient retirés conLes hommes
disfusément, et après s'être ralliés à quelque
ils recrutèrent leur
tance du Port-au-Prince,
du Culparti en se rendant maîtres de la plaine
de-Sac et des ateliers de toutes les habitations.
Pourarrêter ces désordres, les commissaires
civils qui venaient d'arriver au Cap invitèrent
les blancs et les hommes
par une proclamation
de codleur à déposer les armes, à rentrerdans
età
sentimens de haine
leurs foyers
abjurertous
de discorde. Cette proclamation n'o eut point
et
La ville du Portl'effet qu'on devait enaltendre.
au-Prince était disposée à obeir, mais, investie
l'armée des hommes de couleur, elle resta
par la défensive; ceux-ci répondirent à la prosur
adresse dans laquelle ils proclamation parune
munitestèrent contre les corps administratifs,
cipaux et populaires, déclarant que jusqu'à leur
dissolution ils demeureraient en étatde guerre;
ils ne se bornèrent pas là,ils poursuivirent avec
acharnement le siége du Port-au-Prince qui,
recevant ses eaux de deux sources éloignées,
ir, mais, investie
l'armée des hommes de couleur, elle resta
par la défensive; ceux-ci répondirent à la prosur
adresse dans laquelle ils proclamation parune
munitestèrent contre les corps administratifs,
cipaux et populaires, déclarant que jusqu'à leur
dissolution ils demeureraient en étatde guerre;
ils ne se bornèrent pas là,ils poursuivirent avec
acharnement le siége du Port-au-Prince qui,
recevant ses eaux de deux sources éloignées, --- Page 100 ---
chacune d'une lieue, en fut
par les moyens que les
tout-à-coup privé
d'en détourner le
assiégeans avaient pris
cours.
Réduits au désespoir, les
résolution
assiégésprirent une
violente : l'équipage du vaisseau le
Borée, commandé par M. de
gagné; le
Grimoard, fut
vaisseau S alla s'embosser devant le
camp des insurgés, et malgré les
tions de ce brave capitaine,
représentasur le camp. Les hommes l'équipage fit feu
de couleur avaient
annoncéqu'ils se livreraient aux derniers
ils tinrent parole : à la troisième
excès;
vit la torche à la main,
bordée, on les
par le
marquant leur retraite
ravage et l'incendie de plusieurs" habitations.
J'ai dit précédemment que la conduite des
hommes de couleur de la proyince du Sud avait
étéjusqu'alors sage et digne d'éloges; ils la soutinrent encore malgré les tentatives et les insinuations de ceux de la partie de l'Onest. Ils
goûtaient en paix les fruits de leurmodération,
lorsque la nouvelle de l'incendie du Port-auPrince parvint à leur connaissance. Cet événement produisit dans tous les esprits les sensations les plus vives; il eut les suites les
fàcheuses. Les blancs
plus
conçurent de la méfiance
contre les hommes de couleur, mais ils restè-
'éloges; ils la soutinrent encore malgré les tentatives et les insinuations de ceux de la partie de l'Onest. Ils
goûtaient en paix les fruits de leurmodération,
lorsque la nouvelle de l'incendie du Port-auPrince parvint à leur connaissance. Cet événement produisit dans tous les esprits les sensations les plus vives; il eut les suites les
fàcheuses. Les blancs
plus
conçurent de la méfiance
contre les hommes de couleur, mais ils restè- --- Page 101 ---
8r
Ceux-ci, poussés par leurs
rent tranquilles
l'Ouest, prirentdel - l'omfrères sdelaprovincede!
Quoique les
brage et coururent aux armes.
hostile,
blancs n'eussent fait aucune disposition
hommes de couleur, égarés par des suggesles
livrèrent aux excès les plus
tions perfides, se
etarmèrent les esalaves,
violens; ilssoulevèrent lois à la ville des Cayes, à
ils imposèrent des
celles de Cavaillon et de Jérémie, ets'emparèle seul lieu fortifié de
rent du fort Saint-Louis,
leur armée se sila province du Sud. Partout
le pillage et l'incendie.
gnala par les massacres, étaient sans consisLes commissaires civils
ils n'avaient pu parvenir
tance et sans crédit,
des deux partis
même à calmer l'effervescence
danslap aprovincederOuest
quispacleureémniond doublé leurs forces et opposé une diauraient
au torrent de T'insurrection;
gaeinsurmonables
de
la colonie sans qu'on s'aperçût
ils quittèrent
leur départ.
révolte faisait des progrès dans
Cependant la
du Nord oà cent mille nègres porla province flamme de tous côtés. Epars sur une
taient la
de gorges et de
surface de terres entrecoupées
cherchaient
montiagoeslash.balaneg squifuyaient
rallier et à vendre chèrement leur vie; mais
à se
obstruces, ils furent pris et
les routes étaient
--- Page 102 ---
massacrés; les plantations etales
de cette proyince n'offrirent
manufactures
monceaux de cendres
plus alors que des
et de cadavres. Dans les
provinces du Sud et de l'Ouest, la
vile n'était
guerre cipas moins cruelle, et la
tière payait chèrement
colonie enportés sur les
quelques succès reminsurgés.
Tel était l'état des choses
Versle moisd d'aoûtde
en 1792.
cette
trois nouveaux
annéc,arrivèrent
hommes de
commissaires civils avec 6000
troupes (r). M. de
remit son
Blanchelande
gouvernement à M. Desparbès,
débuta par une proclamation faite
qui
surer les esprits.
pour rasOn devait tout attendre des blancs,
des calamités qui désolaient
fatigués
ils étaient
un si beau pays;
disposés à la plus ehtitresoumision,
Mais, par une fatalité attachée au sort de SaintDomingue, cette expédition qui
pouvait tout
réparer, ou au moins arrêter le cours de
les désordres, ne fut employée
tous
et servit à la destruction
qu'à les étendre,
du système
et par conséquent de la colonie.
colonial,
Les commissaires civils
paraissaient n'avoir
celles (1) Sonthonax, Polverel et Ailhaud. Ces
que possédait la colonie, étaient bien forces > ajontées à
arrêter tous les désordres.
suflisantes pour
dition qui
pouvait tout
réparer, ou au moins arrêter le cours de
les désordres, ne fut employée
tous
et servit à la destruction
qu'à les étendre,
du système
et par conséquent de la colonie.
colonial,
Les commissaires civils
paraissaient n'avoir
celles (1) Sonthonax, Polverel et Ailhaud. Ces
que possédait la colonie, étaient bien forces > ajontées à
arrêter tous les désordres.
suflisantes pour --- Page 103 ---
celle de faire exécuter une
d'autre mission que
fixait les droits politiloi du 4 avril 1792, qui
libres;
des hommes de couleur et nègres
ques
à connaître que leurs pouon ne tarda point
la colonie allait
voirs étaient sans bornes et que
être livrée à trois proconsuls chargés d'instrucavec cette épigraphe : Divide ut.
tions secrètes,
imperes.
militaires étaient soumis à femEn effet, les
de
de leurs réquisitions, ils disposaient
pire
et Yautoutes les branches de Tadministration,
torité pleine et entière leur était dévolue.
Un mois ne fut pas écoulé que, sous prétexte
complot formé par de soi-did'un prétendu
ces proconsuls
sant contre-révolutionnaires,
M. Desparbès, M. de Campfort,
firent déporter
colonel du régiment du Cap, ainsi que plusieurs
recommandables; ensuite ils se
propriétaires la colonie : Sonthonax resta dans
partagèrent Polverel et Ailhaud se rendirent dans
le Nord,
hommes de couleur les attenl'Ouest, où les
daient avec une vive impatience.
L'exécution de la loi du 4 avril était, comme
l'objet ostensible de leur mission : Qr
je l'ai dit,
cette loi était déjà exécutée dans plusieurs quartiers de la colonie et particulièrement: au Portau-Prince, où la municipalité comptait parmi --- Page 104 ---
des homies de couleur et nègres
ses membres
donic pour
libres. Les difficultés s'aplanissaient alors facivils, qui pouvaient
les commissaires
révoltés; mais cette
cilement réduireles nègres
conforme à leurs instrucmarche n'était pas
ils basaient leur
tions secrètes, sur lesquelles
plan de conduite. sûrement à leurs fins, ils
Pour arriver plus
les diTinquiétude et rallumèrent
répandirent Ce soin fut confié à des agens qu'ils
visions.
sortaient de l'école de la
avaient amenés et qui
révolutionnaire. Dans une assempropagande
Polverel
blée de paroisse, au Port-au-Prince,
un court exorde sur
monta en chaire,et après rélativement à ses inles bruits qui circulaient
il déclara
tentions et à celles de ses collègues,
à
que ( leur mission se bornait
publiquement de la loi du 4 avril; : que c'était à
> T'exécution
des instructions seleur supposait
> tort qu'on
celles de proclamer la
> crètes, notamment
reconnaissaient la
> liberté des nègres, qu'ils
et
de Pesclavage dans les colonies,
> nécessité
leur mission plutôt que
> qu'ils abdiqueraient
si délicate du sys-
> d'attenter à cetle partie
disait autant
colonial. > Sonthonax en
> tème
à T'égard d'Ailau Cap et à la même époque;
horhaud,il ne voulut point prendre part aux
'on
celles de proclamer la
> crètes, notamment
reconnaissaient la
> liberté des nègres, qu'ils
et
de Pesclavage dans les colonies,
> nécessité
leur mission plutôt que
> qu'ils abdiqueraient
si délicate du sys-
> d'attenter à cetle partie
disait autant
colonial. > Sonthonax en
> tème
à T'égard d'Ailau Cap et à la même époque;
horhaud,il ne voulut point prendre part aux --- Page 105 ---
de ses collègues
reurs que le machiavélisme il avait deviné leurs propréparait? à la colonie,
de Polverel
atroces, et quand il se sépara
fit
jets
dans la province du Sud, il
pour se rendre
la
qui devait le
voile pour France sur frégate
porter aux Cayes.
s'adjoignirent DelLes deux commissaires
et
lun des secrétaires de la commission,
pech,
duquel ils avaient un empire absolu.
sur l'esprit
comment ils ont opéré en
On verra bientôt déclarations, ,etl'on pourra
sensinverse de leurs
les actes dont ils ont
juger de leur perfidie par
destruction. Ils
leur système de
fait précéder
les chefs
avaient débuté au Cap par. déporter d'aristocraqu'ils accusaient
du gouvernement, Sonthonax fit embarquer
tie; trois mois après, redoutait Tinfluence sur
ceux des blancs dont il
coloniale fut
L'assemblée
le parti, populaire.
exécution de la loi
dissoute, et l'on, procéda, en
Partout des
du 4 avril, à de nouvelles élections. été élus; mais
hommes de couleur avaient
ils n'auraient pu former une majorité,
comme entrait dans le projet des proconsuls
et qu'il
dominer, on trouva les moyens
de les faire
de la nouvelle assemblée. 2
d'empécherla réunion
tant était imIln'y, eut point de réclamations,
Dans le
l'autorité des commissaires!
posante --- Page 106 ---
Nord, Sonthonax se contentait de
les progrès de la révolte; iln'avait neutraliser
cela que de la voie des
besoin pour
l'Ouest, Polverel
correspondances; dans
n'était pas moins contrarié
que lui de la déférence des autorités
daires et de l'entière
seconTous les deux
soumission des blancs.
n'étaient embarrassés
choix des mesures à
que sur le
la ruine de la colonie. prendre pour consommer
Or, voici comment
prirent ces doctrinaires de la
s'y
porteurs d'instructions
révolution, ces
des
de la Société des amis
noirs : avant de quitter le Port-au-Prince
pour se rendreaux Cayes,
à tous les
Polverelavaitadressé
corps constitués des
la conduite des habitans de
félicitations sur
cette ville,surl'empressement qu'ils avaient mis à exécuter la
du 4 avril. La frégate la
loi
tait dans la
Prérieuse, qui le porprovince du Sud, n'était
à
licues
pas vingt
lorsqu'elleaperçut le vaisseau
qui forçait de voiles pour la
-América,
seau avait
rejoindre. Ce vaisappareillé de Saint-Mare, d'oûSonthonax, avait lancé une proclamation
quelle il appelait les
par laquatorze paroisses de la
province de l'Ouest à marcher contre la
du Portau-Prince,
ville
foyer de séditions. qu'il désignait comme uIl
Les sighaux de PAmérica furent
répétés par
ues
pas vingt
lorsqu'elleaperçut le vaisseau
qui forçait de voiles pour la
-América,
seau avait
rejoindre. Ce vaisappareillé de Saint-Mare, d'oûSonthonax, avait lancé une proclamation
quelle il appelait les
par laquatorze paroisses de la
province de l'Ouest à marcher contre la
du Portau-Prince,
ville
foyer de séditions. qu'il désignait comme uIl
Les sighaux de PAmérica furent
répétés par --- Page 107 ---
qui, au bout de quelques heures, se
la frégate
de voix. Après avoir louvoyé
trouva à portée
les deux bâtimens vinrent
pendant trois jours,
,où stamouiller dans la rade du Portan.Prince,
autre frégate (la Fine). Les deux
tionnait une
commissaires, réunis ssur le vaisseau, envoyaient
qu'ils avaient placés
Jeurs ordres aux agens
de faire marcher
dans toutes les paroisses, afin
constercontre la ville rebelle. La
les habitans
elle fit bientôt place
nation s'y était répandue,
et les
néanmoins les autorités
au désespoir;
rendirent à bord du
principaux notables se
Sonthoavoir essayé de fléchir
vaisseau: Après
les témoignages que
nax, ils revendiquèrent donnés huit jours auparaPolverel leur avait
il fut sourd à leurs
vant : mais, ce fut en vain ;
machiaà leurs prières, et le
représentations, Ces hommes altérés de sang
vélisme T'emporta.
qu'on leur livrât un
et de carnage exigèrent
les mulâtres
certain nombre d'habitans que
été
désignés. Cette proposition ayant
avaient
vaisseau et les deux frégates s'emrejetée, le
étaient disposés sur
bossèrent, et les corps qui
de la ville à
toutes les routes s'approchèrent
une distance toutefois respectueuse.
tentaLe 12 avril 1793, après une dernière
tive de la part des notables du Port-au-Prince, --- Page 108 ---
les bâtimens embossés
du matin: ; Jeur feu fut attaquèrent à neufheures
sur les deux forts qui dominent principalement dirigé
pouvaient
la rade. Ils ne
riposter que faiblement par le manque d'artilleurs, que la défense de la
obligé de
place avait
répartir sur les points
côté de la terre. La ville
menacés du
à quatre heures du
se rendità discrétion
soir, et le lendemain les
commissaires y ayant fait leur entrée,
rent à seshabitans une contribution imposède
francs, destinés à payer les
450,000
quante boulets
quatre cent cinqu'elle avait reçus la veille.
Polverel et" Sonthonax
de
s'occupèrent d'abord
proscriptions ; quatre à cinq cents
nes furent déportées
personpour France et embarquées sur divers bâtimens qui
dre au Cap,
devaient se renpour former un convoi sous
corte des vaisseaux et
l'esvait disposer.
frégates dont on pouAprès ces exploits
consuls
révolationnaires, les proorganisèrent les pouvoirs dans les
vinces del'Ouest et du Sud ; partout
prode couleur obtinrent
leshommes
blancs furent
l'avantage, partout les
humiliés et persécutés.
La guerre avec les Anglais existait
deux mois, et quoique les hostilités depuis
pas encore été très-sensibles
n'eussent
sur les côtes de
l'esvait disposer.
frégates dont on pouAprès ces exploits
consuls
révolationnaires, les proorganisèrent les pouvoirs dans les
vinces del'Ouest et du Sud ; partout
prode couleur obtinrent
leshommes
blancs furent
l'avantage, partout les
humiliés et persécutés.
La guerre avec les Anglais existait
deux mois, et quoique les hostilités depuis
pas encore été très-sensibles
n'eussent
sur les côtes de --- Page 109 ---
8g
le convoi du Port-au-Prince
Saint-Domingue, sous escorte, quinze jours
se rendit au Cap
avril. Le général
la canonnade du 12
après
de la COGalbaud, nommé au gouvernement du mois
arriva dans les premiers jours
lonie,y
des instructions qui le soumetde mai, avec
des comtaient entièrement aux réquisitions la
civils. Ils étaient toujours dans promissaires
où ils apprirent, son arrivée.
vince de T'Ouest,
actes assez insiGalbaud prit sur lui quelques
moins
gnifians, mais qui n'effarouchèrent pas
ombrageux ; en conséquence,
ces deuxhommes
où leur enils, se hâtèrent de revenir au Cap,
si le
trée aurait été le signal de leur défaite,
Galbaud eût montré l'énergie que son
général
Loin de là, il fut au-devant
frère lui inspirait.
faiblesse qu'ils
des commissaires, et décéla une
à profit. Il fut embarqué avec toute sa
mirent
arrivée.
famille un mois après son
de bâtimens
La rade du Cap était couverte
blancs
nationaux et étrangers ; environ mille
quartiers de la colonie étaient disdes différens
bâtimens et condamnés à
séminés à bord de ces
mais il fallait avitailler un pala déportation :
demandait du
reil convoi, et cette opération
tradélai. Pendant ce tems, les commissaires la
vaillaient à T'exécution du grand projet que --- Page 110 ---
9o
Ropeadekeranaitcoantit
dat et méthodiques dans leur Fidèlesason manréservaient
conduite, ils se
toujours les moyens d'accuser
qu'ils allaientfrapper. C'est
ceux
cessé d'être employée
unetactique quin'a
cès. C'est ainsi
avec un douloureux sucqu'après
Galbaud et de sa famille, l'embarquement les
de
deux
imaginèrent de faire insulter
proconsuls
de couleur les marins
par des hommes
permission de
qui ivenaient à terre avec
leurs officiers. Sous prétexte de
prévenir des rixes, il fut défendu
de la commission
par un arrêté
terre
7 à ces marins, de rester à
après sept heures du soir. D'autres
sures du même genre, et toutes
medevaient produire Teffet
inexécutables,
avaient
que les commissaires
prévu, mais ne voulant
les auteurs de la grande
point paraître
composée, et dont ils avaient tragédie qu'ils avaient
rôles, ils firent
distribué tous les
dont les marins préluderleshommes de couleur,
venaient
lence. Quelques voies de
d'éprouver l'insoritation ; elle fut
failaugmenterent l'irdifférens
communiquée aux soldats des
corps qui se trouvaient parmi les
déportés; aussitôt une descente à
jetée, on envoya des
terrefutproGalbaud,
députations au général
prisonnier en rade,
prendrele .
pour l'inviter à
commandement, ily consentit.S'cm
mes de couleur,
venaient
lence. Quelques voies de
d'éprouver l'insoritation ; elle fut
failaugmenterent l'irdifférens
communiquée aux soldats des
corps qui se trouvaient parmi les
déportés; aussitôt une descente à
jetée, on envoya des
terrefutproGalbaud,
députations au général
prisonnier en rade,
prendrele .
pour l'inviter à
commandement, ily consentit.S'cm --- Page 111 ---
et de leurs adhérens,
parer des commissaires
après laquelle
tel était le, but de T'expédition
Galbaud, nmtrnermen
l'ordre; mais
rait avisé aux moyens de rétablir d'avance les réles proconsuls avajent calcule
des
sultats de cette expédition ; et au moyen
avaient prises, ils savaient bien
mesures qu'ils
de leurs oues philanqu'elle aboutirait au gré
tropiques.
à deux
La descente eut lieu le 20 juin 1793,
midi, sur trois points différens et
heures après
del'arcolonnes. Celle du centre s'empara
par
le bord de la mer, et qui était
senal, situé près
hommes de couleur.
gardé par soixante-quinze résistance, et furent enIls se rendirent sans
trois colonnes s'avoyés à bord. Ensuite les
attaquer Thôtel du gouvernevancèrent pour
civils. Déjà
ment, où étaient les commissaires
émila colonne de droite s'était emparéed'une
où elle avait établi deux pièces de canon
nence
Celle
qui
lofficier qui
rescamnktearesd
lorsque
du icentreyétait parvenue,
blessé. Sa chute
la commandait fut grièvement
la troupe, composée en grande partie
effraya
habitués à ce genre de comde matelots peu
se livrer au pilbat. Ils se débandèrent pour poursuivis par
lage; les autres détachemens, --- Page 112 ---
des corps nombreux, se retirèrent
au. bord de lamer, où ils
en désordre
de retourner
contraignirent Galbaud
en rade. Maisson
les colonnes
frèreavait rallié
dispersées, et le lendemain il attaqua le
Gouvernegent, sous la
feu de la batterie
la
protection du
que veille on avait
sur les hauteurs.
établie
C'était là ce que voulaient les commissaires
civils ; toutefois ils crurent
le poste où ils se faisaient prudent d'évacuer
hommes de
garder par l'élite des
couleur. En se retirant, ils
un appel aux nègres insurgés
firent
portes de la
qui étaient aux
vilie, 2 à leur disposition. Dans l'intérieur, les esclaves avaientreçu le
à l'instant, la colonne
motd'ordre:
du
commandée par le frère
général fut assaillie de toutes parts, la fusillade partit des portes et fenêtres de toutes
les maisons, de tous les coins de rues
furent bientôt jonchées de morts et de qui
Les nègres de l'extérieur entrèrent mourans.
la
la torche à
main, et mirent le feu dans vingt endroits
de la ville. Le frère de Galbaud fut fait
nier et conduit aux commissaires,
prisondres desquels il fut enchaîné
par les orbarbarie
et traité avec une
atroce. L'incendie s'étendait
il consuma les deux tiers de la ville; d'un partout,
côté, les bâtimens de la rade étaient
autre
menacés
extérieur entrèrent mourans.
la
la torche à
main, et mirent le feu dans vingt endroits
de la ville. Le frère de Galbaud fut fait
nier et conduit aux commissaires,
prisondres desquels il fut enchaîné
par les orbarbarie
et traité avec une
atroce. L'incendie s'étendait
il consuma les deux tiers de la ville; d'un partout,
côté, les bâtimens de la rade étaient
autre
menacés --- Page 113 ---
batteries de deux forts qui la domidu feu des
des mesures en enclouant
nent : mais on prit
pouvait le
de l'un de ces forts, qui
les pièces
enfin tout le convoi mit à
plus géner la sortie ;
bâtimens
la voile, sous Tescorte de plusieurs
vingt jours de traversée,il
de guerre; et après
baie de Chemouilla dans la rade d'Hampton,
sapeack, aux Etats-Unis d'Amérique. étaient
Dans cet intervalle, les commissaires la lioù ils avaient proclamé
rentrés au Cap,
avaient appelés
berté de tous les nègres qu'ils
défendre et brûler cette ville (1).
-pour les
ces révoltés se livrèrent
Gorgés des pillages 1
Le désordre deà la licence la plus effrénée.
eux-mévint tel que les proconsuls en furent
Cependant rien ne pouvait
mes épouvantés. il leur tardait de l'exécuter
arrêter leur plan :
T'expérience
dans toute sa plénitude. Malgré
dans
venaient d'introduire
de l'anarchie qu'ils
dans
du Nord, ils se rendirent
la province
oû, après
celle de POuest, au Port-au-Prince,
ils
les principaux habitans,
avoir convoqué adhésion à l'acte de liberté
demandèrent leur
les esclaves
voulaient étendre à tous
qu'ils
de la colonie. Sans égard aux représentations
Le dommage causé par ce seul événement a été estimé
(1)
deux cents millions. --- Page 114 ---
les plus sages, fondées sur le
ces esclaves, la liberté
propre intérêt de
générale fut
avec une sorte d'appareil, et à l'instant proclamée
gres désertèrent les ateliers.
les nèProscrits, persécutés, réduits au
les habitans
désespoir,
dépéchèrent à la Jamaique
obtenir des secours; les
pour
rent d'abord à Jérémie, Anglais se présentèdont ils
à la fin de 1793, et
s'emparèrent
Marc, de
successivement de SaintLéogane, du Port-au-Prince et du
Mole-Saint-Nicolas
Polverel et Sonthonax ayant exécuté les instructions de leurs commettans,
et
rempli leur mission, prirent la fuite fidèlement
de l'invasion du Port-au
au moment
Prince, et
barquer à Jacmel. Ils arrivèrent vinrents'eme
peu de jours après la chute de
en France,
Une foule de leurs victimes Robespierre.
dans les bastilles de la
gémissait alors
d'un décret de la
république, en vertu
convention, qui avait ordonné
l'arrestation de tous les colons. Ce fut aussi à
cette époque qu'elle ratifia les actes des commissaires civils, et qu'elle décréta la liberté
nérale des nègres dans toutes les colonies fran- géÇaises.
Saint-Domingue, naguère si florissant, n'offrait plus alors que des ruines dans la
province
.
dans les bastilles de la
gémissait alors
d'un décret de la
république, en vertu
convention, qui avait ordonné
l'arrestation de tous les colons. Ce fut aussi à
cette époque qu'elle ratifia les actes des commissaires civils, et qu'elle décréta la liberté
nérale des nègres dans toutes les colonies fran- géÇaises.
Saint-Domingue, naguère si florissant, n'offrait plus alors que des ruines dans la
province --- Page 115 ---
au nom de la république
du Nord, gouvernée
de Polserel et de Sonfrançaise par les sicaires
thonax. Les parties de l'Ouest et du Sud présentaient encore des ressources : mais le mucommandait aux Cayés en despote
lâtre Rigaud
Léofarouche. Il vint âvec son armée attaquer
que les Anglais n'avaient pu fortifier;
gane, ville fut évacuée après un combat opicette
où flottait le paniâtre. Les autres quartiers
des émigrations
villon britannique profitèrent
la contagion de la révolte.
de ceux qui fuyaient
et
Des ateliers nombreux; une force imposante
surveillance sévère contribnèrentàlas splenunes
et le commerce le plus
deur de ces quartiers,
actif vint ajouter à la prospérité de ces contrées.
nouvelle commisDans cet intervalle, une
le directoire exécutif arriva
sion nommée par
avait survécu à Polveau Cap. Sonthonax, qui
membre de cette
rel, mort en France, était
commission dont faisait également partie
l'ami de Brisl'homme de couleur Raymond,
avait suivi en France les intérêts de
sot, et qui
l'or des blancs les
sa caste; en soudoyant avec
meneurs de la faction européenne.
Le général Laveaux, qui n'avait pas quitté
Saint-Domingue, n'exerçait son autorité que --- Page 116 ---
sous le bon plaisir des chefs de la
surrection.
première inTowesin-Louvertare lui avait inspiré de la confiance; il partagea le
avec cet homme, dont la dissimulation pouvoir
tout le génie (1).
faisait
A peine les nouveaux commissaires:
furent-ils
débarqués que les difficultés se multiplièrent
Eninmiraiaa affectantune
à
Tirammanata
aspirait le supplanter et à se débarrasser
suite de ces hommes venus de France,
enqu'il regardait comme des obstacles à ses projets.
La division se méla bientôt entre
Sonthonax en fut encore l'artisan.
eux, et
les
Il contrariait
prétentions des hommes de
couleur, soutenus par Raymond. Celui-ci voulait la
nence de sa caste sur celle des
prééminoirs; celui-là ne
connaissait que des hommes libres,et leur
cordait une protection qui devait être funeste acaux mulâtres.
Toussaint paraissait entièrement soumis à la
(1) Toussaint, esclave sur T'habitation des jdsuites, avait été
vendu 3 ainsi que tout le mobilier , après la suppression de ces
religieux. Il appartenait à M. Bréda,
au
de la première
propriétaire, moment
Il avait un insurrection, > à laquelle il prit une part active.
commandement grade supérieur dans l'armée des insurgés, sous le
du nègre Jean-François, qui s'est retiré depuis en Espagne.
entièrement soumis à la
(1) Toussaint, esclave sur T'habitation des jdsuites, avait été
vendu 3 ainsi que tout le mobilier , après la suppression de ces
religieux. Il appartenait à M. Bréda,
au
de la première
propriétaire, moment
Il avait un insurrection, > à laquelle il prit une part active.
commandement grade supérieur dans l'armée des insurgés, sous le
du nègre Jean-François, qui s'est retiré depuis en Espagne. --- Page 117 ---
commission; mais il observait et n'attendait
le moment de profiter des avantages que
lui que préparait la mésintelligence croissant entre
la
Voici comment arriva
ceux qui composaient.
leur défection : Raymond mourut dans la COlonie, et Leblanc, qui s'était embarqué pour
France, succomba, dans la traversée, des suites, dit-on, d'un empoisonnement.
Sonthonax restait seul dépositaire d'une autorité qui déclinait de jour en jour, à cause de
l'ascendant qu'avait pris Toussaint, auquel le
général Laveaux avait cédéle commandement;
mais, pour sauver les apparences, Sonthonax
usa, des restes de son crédit et se fit nommer,
ainsi que trois autres individus choisis dans
de la colonie au conles trois couleurs,députés
seil des cinq-cents.
Cette nomination se fit au Cap pour les trois
provinces, sans aucune des formalités prescrites.. Toussaint favorisa ces irrégularités à
cause de l'intérêt qu'il-avait de se débarrasser
de Sonthonax. Celui-ci revint en France, et la
députation dont il était membre fut admise.
Toussaint, ne se trouvant plus gêné par la
présence d'aucun représentant du gouvernement français, réunit tous les pouvoirs, qu'il
exerça dès-lors dans toute leur étendue. Après
--- Page 118 ---
avoir réorganisé l'armée, il détacha
bandescontrel les Anglais, dont
quelques
faisait fleurir la province de l'Ouest. l'administration
sions étsientinquidlantes
Cesexcurelles rendirentindispensable une augmentation de forces, et,
conséquent, un surcroit de dépenses onéreuses par
pourlegonvernement anglais. Ilsongea dès-lors
à évacuerlesparties qu'il occupait, et chargea le
général Maitland de cette opération. Toutefois
il était autorisé à s'y maintenir ou à les abandonner, selon qu'il jugerait convenable
térêts de son pays., Des combinaisons aux inlui firent
politiques
adopter ce dernier parti ; en conséquence, des négociations furent entamées
avec
Tosaint-Louverture, quiune se montra
exigeant dans cette circonstance,
point
heureuse, Les
pour lui trèsconditions ayant été arrêtées et
signées, les Anglais. évacuèrent
tous les points qu'ils
successivement
occupaient depuis
ans.
quatre
Toussaint en prit possession au nom de la
république française, dont il avait
le
vet de général en chef
reçu bregouverneur de SaintDomingue: à ce titre, le directoire exécutif
avait ajouté l'envoi d'un sabre et d'une
de pistolets de la manufacture de
paire
Versailles :
enfin, ses deux fils avaient été admis au lycée
. évacuèrent
tous les points qu'ils
successivement
occupaient depuis
ans.
quatre
Toussaint en prit possession au nom de la
république française, dont il avait
le
vet de général en chef
reçu bregouverneur de SaintDomingue: à ce titre, le directoire exécutif
avait ajouté l'envoi d'un sabre et d'une
de pistolets de la manufacture de
paire
Versailles :
enfin, ses deux fils avaient été admis au lycée --- Page 119 ---
Mais c'élait
colonial aux fraisdu gouvernement.
artificonnaître l'esprit de ce nègre
bien peu
de croire à son attachecieux et fourbe, que
le motif de tous ces
ment à la France, par
bienfaits.
que les Anglais lui avaient
Maitre des parties
les plus
remises, et qui étaient, sans contredit, lordre
il s'attacha à maintenir
productives, établi, afin de profiter de toutes
qu'il y trouva
lui develeurs ressources , et parce qu'elles
naient nécessaires.
de Rigand dans lc
Cependant la présence
ultérieurs;
Sud était un obstacle à ses projets
il conil voyait en lui un rival de son pouvoir,
çut l'idée de sa destraction.
le géPendant qu'il faisait ses préparatifs,
Hédouville arriva à Saint-Domingue en
néral
français. Il
qualité d'agent du gouvernement
la
n'avait point de troupes à sa disposition,
morale était la seûle qu'il pèt employer;
force
avoir une idée bien fausse du cac'était encore
espérer de le rameractère de Toussaint pour
Le général
les voies de la persnasion.
ner par
la dupe de sa
Hédouville fut complètement
Après
dissimulation et de ses perfidies (1).
des.
entamées pour conci-
() Pendant le cours négociations Hedouville envoya deux
lier Toussaint et Rigaud, le général --- Page 120 ---
IOO
avoir épuisé tous les
entre lui et
moyens de conciliation
de
Rigaud, ce général se vit contraint
quitter la colonic et revint
Son départ leva les
en France.
embarrassaient
derniers obstacles qui
tre Rigaud. Une Toussaint dans ses projets conguerre
lui
sanglante, mais
procura un triomphe
courte,
abandonna la
complet; son rival
province du Sud,
fut
aux' deux autres.
qui
réunie
Cependant, ombrageux et vindicatif
cès, Toussaint méditait
à l'exdu parti qu'il venait de l'entière destruction
posait d'hommes
vaincre, et qui se comtiers.
de couleur de tous les
quarLeur position était
critique; ils
trop bien leur ennemi
connaissaient
se garantir de sa barbarie. pour ne pas chercher à
un quartier où ils
Ils se rallièrent dans
d'attaque, résister espéraient pouvoir, en cas
saint, qui
avec avantage; mais Touscraignait léur
n'avait point oublié
ressentiment, et qui
qu'ils étaient les moteurs
de ses aides-de-camp à
Prévenu de leur mission, Saint-Marc, il fit' oir se trouvait Toussaint.
laquelle ces deux ofliciers furent dresser une embuscade dans
Toussaint était aux pieds des autels impitoyablement et
massacrés.
munion lorsqu'on vint lui
allait recevoir la comle sourire se peignit sur son annoncer l'exécution de ses ordres;
visage.
oublié
ressentiment, et qui
qu'ils étaient les moteurs
de ses aides-de-camp à
Prévenu de leur mission, Saint-Marc, il fit' oir se trouvait Toussaint.
laquelle ces deux ofliciers furent dresser une embuscade dans
Toussaint était aux pieds des autels impitoyablement et
massacrés.
munion lorsqu'on vint lui
allait recevoir la comle sourire se peignit sur son annoncer l'exécution de ses ordres;
visage. --- Page 121 ---
10I
troubles de la colonie, leur tendit
des premiers
derses troupes les lieux où
des piéges, inonda
d'un grand
ils s'étaient rétirés; et s'empara
fit
nombre qu'il périr rérolationnairenent. si les blancs qui
Il'e en aurait éteint la race,
en faconfiance n'eussent imploré
avaient sa
restaient épars ct cachés;
veur de ceux qui
clément, et les
d'ailleurs, il voulait paraitre à ses fureurs
malheureux qui avaient échappé
lui causer aucune inquiétude.
ne pouvaient
dans un âge assez avancé,
Toussaint, quoique
beaucoup
joignait, à un certain tact en affaires, était de ded'activité, Sa principale ambition colonie, et de la renvenir le législateur de la
Partout il rétablissaitfordre
dre indépendante. violence; à sa voix; les nèpar des moyens de
et la terreur
rentraient dans les ateliers,
gres
la soumission et le resde son nom inspirait,
les, moindres fausévèrement
pect: Il punissait choisir les hommes les plus protes, et savait
dont il se réservait exclusivepres aux affaires, Il était infiniment dangereux
ment la direction.
de talens;
de lui faire connaitre une supériorité
passif
il fallait se résoudre à être linstrument
de ses volontés.
rétabli le calme dans
Lorsque Toussaint eut résolution de s'emla partie française, il prit la --- Page 122 ---
parer de la partie espagnole, qui avait été cédée
à la France par le traité de
vait
Bâle; ce traité n'apas jusqu'alors reçu son exécution, et il
semblait que Toussaint ne devait agir que d'après les ordres du gouvernement
il commençaità
français. Mais
s'habituer au
et il ne prenait plus conseil pouvoirsuprême, de
que
lui-même.
Depuis long-tems il avait envoyé à Santo-Domingo le sieur Roume
Saint-Laurent, l'un des
membres de la première et de la troisième
commission civile,afind de lui préparerles voies
de cette prise de possession.
Les' autorités espagnoles n'étaient
séesà remettre leur territoire
pas dispoàToussaint, quoiqu'il parlât au nom de la France ; elles demandaient un ajournement motivé sur ce que cette
remise devait être précédée de formes voulues
par le traité même. Toutes ces représentations
furent inutiles ; incapable de fléchir, et sachant
d'ailleurs que son pouvoir ne pouvait lui être
disputé, Toussaint envoya son frère Paul Louverture à Santo-I
Domingo pour en prendre le
commandement et administrer sous ses ordres:
La crainte d'une irruption de ses bandes détermina les Espagnols, ils se soumirent à la domination de Toussaint; qui se contenta de cette
prise de possession, et leur laissa le libre exer-
. Toutes ces représentations
furent inutiles ; incapable de fléchir, et sachant
d'ailleurs que son pouvoir ne pouvait lui être
disputé, Toussaint envoya son frère Paul Louverture à Santo-I
Domingo pour en prendre le
commandement et administrer sous ses ordres:
La crainte d'une irruption de ses bandes détermina les Espagnols, ils se soumirent à la domination de Toussaint; qui se contenta de cette
prise de possession, et leur laissa le libre exer- --- Page 123 ---
1o3
Illaconcice deleurs moeurs etdeleurreligion.
à
lui-même comme un frein nécessaire
sidérait
d'hommes quilavaitàg gouopposerà la masse française, aussi ne manverner dans la pârtie
avec une dévoquaitil jamais à ses exércices
tion outrée.
de rivaux, sa conDepuis qu'il n'avait plus
France devint
vis-à-vis de la
duite politique
plus dans
plus qu'équivoque ; déjailn'admettaity de passela colonie que les personnes porteurs fallait prendre
étrangers; il sentit qu'il
ports.
s'y livra avec tous les ménagemens
un parti, il
de Thypocrisie.
lui fut présenté, il
Un.plan. de constitution
de l'éclat à sa
l'adopta, et cet acte ajoutant
dans la
marqua ses premiers pas
puissance,
qui avait été l'objet
carrière de l'indépendance, Conformément à sa constide ses méditations.
furent organisés, 1 les
tution, tous les pouvoirs
dans les provinces
cultures florissaient sur-tout
del'Ouest et du
mienereintue
dans le nord, les reété moins violentes que
étaient dans une
venus de Saint t-. Domingue
dire que
satisfaisante, etl'on peut
proportion
de Toussaint tily, eut une
sous le gouvernement
prospérité relative. --- Page 124 ---
10f
CHAPITRE V.
Expédition Massacre du des général blancs Leclerc. Incendie de Ia ville du
Affaire de la
dans plusieurs quartiers de la colonie. Cap.
de Toussaint. Créte-à-Pierrot. Son
Fautes du général. Arrestation
Guerre extérieure. embarquement. Nouvelles insurrections.
sacres: Mort de Dessalines. Evacuation de la colonie. Nouvesux.mas
Partage de la colonie.
t! LA France était sous le
laire, et
gouvernement consuBuonaparte avait été heureax à
rengo. L'ambition du
Masa pensée. Comme'i il pouvoir occupait toute
delà de
ne pouvait étendre auPEurope les conquêtes
la France devait être toute
qu'il projetait,
tinent.
militaire sur le conCet étatde choses convenait
Tomsint-Lauvertate,
parfaitement à
puissance à
qui pouvait affermir sa
Saint-Domingue.
tait encore de
Quoiqu'it affecde la république gouverner' cette colonie au nom :
insensiblement consulaire, il s'en' détachait
de
par des actes
souveraineté, Et il est à caractéristiques
était appuyé en France
remarquer qu'il
plus opposé
parle parti qui était le
par principes à son
on l'en défendait
indépendance;
comme d'une calomnie. Mais
pouvait affermir sa
Saint-Domingue.
tait encore de
Quoiqu'it affecde la république gouverner' cette colonie au nom :
insensiblement consulaire, il s'en' détachait
de
par des actes
souveraineté, Et il est à caractéristiques
était appuyé en France
remarquer qu'il
plus opposé
parle parti qui était le
par principes à son
on l'en défendait
indépendance;
comme d'une calomnie. Mais --- Page 125 ---
ro5
arriva l'époque de la paix d'Amiens, qui fit
rentrer dans lintérieur les aimées auxquelles
Buonaparte devait ses triomphes et sa gloire.
farouche il comprénait la
Dans sa politique
des effets de leur état
pensée de se garantir
d'inertie; il woyait d'un oeil inquiet et jaloux
Tarméedugénéral Moreau, qui n'avait pas peu
contribué à ses victoires; il résolut de l'éloiOn lui parla de Saint-Domingue et du
gner.
chefqui commandait cette colonie; iln'enfallut
éléctriser un - homme de la
pas davantage pour
trempe de Buonaparte: il ordonna T'expédition
de Saint-Domingue, été
de consulter les
Il eût sans doute
sage
des localités
hommes qu'une longue expérience
pouvait éclairer, , mais on les écarta, on les repoussa ; le mulâtre Rigaud fut seul écouté;
il avait des vengeances à satisfaire , on le
à un commandément. En conjugea propre
dans le cadre de cette.
séquence, il fut compris
armée de généraux de tous grades que la paix
venait de réduire à l'état d'inactivité. De nombreux états-majors, des' bataillons complets
d'employés civils et militaires furent appelés
dans cette expédition, dont Buonaparte confia
le commandement: à son beau-frère, le général
Leclerc. --- Page 126 ---
Elle parut sur la côte de
février 1802. Toussaint fit Saint-Domingue en
à-dire
ses préparatifs, c'estqu'il donna l'ordre de l'inçendie et du
massacre. général des blancs. Il savait.
Rigaud, son plus implacable ennemi, était que
ployé dans l'expédition, et dès-lorsi il ne la emsidéra plus.q que sous le rapport hostile.
conCependant le capitaine-général avait pensé
que le déploiement d'un, grand
firait
appareil sufpour imposer à Toussaint ; il différa
long-tems le débarquement de sonarmde. Les
intervalles furent remplis par des tentatives de
négociations qui n'eurent aucun résultat. Toussaint refusa même deux fois de recevoir ses
fans, que le directeur du collège où ils avaient enété élevés lui présenta comme gage des bonnes
intentions de la France à son égard.
Toutes démarches ayant été inutiles, l'attaque fut décidée. L'escadre entra dans la rade
du Cap sans éprouver une grande résistance de
la part des forts qui la dominent; mais au même
instant les flammes se' edéveloppèrent, l'incendie
de la ville fut général, Les troupes étant, débarquées, firent leurs efforts pour en arrêter les
progrès effrayans. La ville était déserte, les
habitans qui n'étaient pas tombés au
de l'ennemi s'étaient cachés dans les cavités pouvoir
des
L'escadre entra dans la rade
du Cap sans éprouver une grande résistance de
la part des forts qui la dominent; mais au même
instant les flammes se' edéveloppèrent, l'incendie
de la ville fut général, Les troupes étant, débarquées, firent leurs efforts pour en arrêter les
progrès effrayans. La ville était déserte, les
habitans qui n'étaient pas tombés au
de l'ennemi s'étaient cachés dans les cavités pouvoir
des --- Page 127 ---
environnantes; ils ne reparurent
montagnes
furent maîtres de la
que lorsque les Français
place.
blâmer les démarches
Je ne prétends point
mais il est
conciliatrices du capitaine-général;
le
action prompte eût préservé
certain qu'une
Cap et ses habitans. commandant une diviLe général Boudet,
devant le Port-ausion, parut en même tems
charge:
Prince, où sès soldats entrèrentauj upasdec
sa victoire s'il eût poursuivi
Il aurait complété
quiavaient
dans la plaine les nègres épouvantés cents blancs
entrainé dans#leur fuite quatre
des
massacrèrent le lendemain au pied
qu'ils
montagnes.
du Sud, sous le commandeLe département
de Tousment de Laplume, l'un des généraux
il
avait accueilli les troupes françaises 5
saint,
bien préles fruits d'une tranquillité
gontait
former une colonie séparée;
cieuse et semblait
dans cet état sii l'on eût
il se serait maintenu
Le général en chef
empêché Rigaud de paraitre.
combien la présence
ne tarda pas às s'apercevoir
dans la colonie était dangereuse,
de cet homme
méfier de son ressenet combien il aurait dû se
timent; il le fit embarquer:
de dix-huit
Après avoir joui du massacre --- Page 128 ---
cents victimes immolées
salines, l'exécuteur
par les soins de Desde ses ordres
Toussaint avait fait sa retraite sanguinaires,
Descahaux, dans la
sur Thabitation
Le morne de la
dépendance des Gonaives.
être inaccessible Créted-Pierrot lui paraissait
à l'audace de nos
entoura sa cime de
soldats;" il
délire desa
fortifications que, dans le
pensée, il regardait comme
quables. C'était le dernier
inattaeffort qu'il
opposer au courage d'une armée
voulait
voure avait
dont la bratriomphé de
: Le général
toutes ses résistances:
vision,
Rochambeau, à la têté de sa diaprès àvoir emporté le
prenant sa route par les
Fort-Dauphin,
ficiles, et de cette
montagnes lés plus difsant les
extrémité de la colonie chasbrigands devant lui, vint effectuer
jonctionaSaint.Marer
sa
deux divisions du
etauPort-au-Princes 'avec
Boudet. Un
général en chef et du
seul noyau de douze à
général
hommes tenait à la
quinze cents
sans; doute
Créte-à-Pierrot Il eût été
plus conyenable de s'en tenir
simple blocus de ce morne,
au
fendit en
que Dessalines déle
personne pendant quelque tems; mais
général en chef en jugea
busquant les noirs de
autrement: : en délut leur
ce dernier refuge, il vouimprimer. une grande térreur:
armes et les bien persuader
de ses
qu'aucun abri ne
hommes tenait à la
quinze cents
sans; doute
Créte-à-Pierrot Il eût été
plus conyenable de s'en tenir
simple blocus de ce morne,
au
fendit en
que Dessalines déle
personne pendant quelque tems; mais
général en chef en jugea
busquant les noirs de
autrement: : en délut leur
ce dernier refuge, il vouimprimer. une grande térreur:
armes et les bien persuader
de ses
qu'aucun abri ne --- Page 129 ---
désormais les garantir. Cependant, enl
pouvait
la fleur de son arsacrifiant devant cC rocher
iln'avait pas calculé qu'il leur apprenait
mée,
lui résister avec
à profiter des positions pour
leurs vivres
Quand ils eurent épuisé
avantage.
les nègres évacuèrent ce
et leurs munitions, bientôt après Dessalines et
dernier repaire, et
soumission au général
Toussaint firent leur
en chef.
moins de trois mois , l'armée exAinsi, en
dei quinzé mille
péditionnaire, forte au plus
avait
dans la colonie,
hommes à son arrivée
Toussaint et fait
dispersé toutes les forces de
decolosse de puissance
évanouir ce prétendu
en chef.
vantl'autorité légitime du général
quelle fatalité une expéMais, dira-t-on, par
commencée n'a-tdition aussi heureusement l'issue la plus fuelle bientôt plus offert que
P Par une raison toute simple : parce
neste
dans le cabinet le
qu'on n'a pas su conserver
de bataille,
même aplomb que sur le champ
T'admiqu'il ne fallait pas débuter dans
parce
marche douteuse et équinistration par une
sur le système
voque, parce que les opinions
qu'au lieu
colonial ont été divergentes, 7 parce
leurs
d'appeler des colons sages, on a repoussé
leur
de vieux préjugés
conseils en
supposant --- Page 130 ---
1IO
à
intérêt les portait
leur propre
à des
sur lesquels
qu'il ne fallait pas confier
transiger, parce
d'autres nègres (1);
nègres le désarmement extérieure a subiteenfin, parce que la guerre des rebelles, qui
ment facilité les opérations leur avait faits,
qu'on
des avantages
le
ont profité
par
où se trouvaitfarmée
et de Tépuisement administration.
défaut d'une bonne chef fut dominé ou forMais le général en
qui, à cette
influencé par Topinion
prétement
de la révolution,
époque trop rapprochée
généraux de son
valait encore parmi quelques
armée.
venait d'organiser les pouAu moment où il
avait conquise au
voirs dans la colonie qu'il nouvelle révolte,
de
le feu d'une
Il crut àl la
lieu prévenir
dele rallumer.
il adopta les moyens à celle des autres chefs
bonne foi de Toussaint,
militaires franpar quelques chefs
il per-
(1) Dessalines 7 instigué sa révolte; en conséquence,
préparait sourdement
faciliter le désarmement
çais,
en chef que, pour les blancs; ce qui eut
suada au général fallait aussi soumettrel
des cultures, et
des nègres, il été y nommé tmpetetir-gtdal il en profita, et fit
lieu. I1 avait lui donnait un grand avantage 5 les noirs qui
cet emploi sur les habitations, principilenent révolte, , et qui
désarmer
voulu participer à sa première aux blancs.
n'avaient point distingués par leur attachement contraint ceux-ci de
s'étaient toujours
avaient
massacrés.
Des ordres du apbisc-gtieal ; ils y furent tous
rentrer sur leurs habitations;
y nommé tmpetetir-gtdal il en profita, et fit
lieu. I1 avait lui donnait un grand avantage 5 les noirs qui
cet emploi sur les habitations, principilenent révolte, , et qui
désarmer
voulu participer à sa première aux blancs.
n'avaient point distingués par leur attachement contraint ceux-ci de
s'étaient toujours
avaient
massacrés.
Des ordres du apbisc-gtieal ; ils y furent tous
rentrer sur leurs habitations; --- Page 131 ---
III
secrètement d'après ses ordres : I
qui agissaient
il facilita leur trahison. Elle éclata au moment
où la mortalité, que Toussaint avait regardée
auxiliaire, avait déjà fait
comme un puissant
degrands ravages danslarmée;n maiscethomme
venait d'être-arrêté près de T'habidangereux
tation oà il tramait ses complots. Son embarla France fut ordonné par le géquement pour
s'étaient dessillés
néral en chef dont les yeux
des
matérielles de ses noires
à la vue
preuves
perfidies. L'arrestation des complices de Toussaint aurait dû et pouvait être en même tems exécutée;
alorsla colonie seraiti induhguablementresées
des Français, elle eût été conservée à
ponvoir
la Frânce malgré la guerre extérieure; mais on
né voulut pas prévenir les projets évidens des
lieutenans de Toussaint, et son embarquement
ne fut qu'une demi - mesure qui en accéléra
T'exécution.
Dessalines , ce grand exécuteur des massacres, , dont il avait toujours fait ses affreuses
délices, Dessalines, à qui la couleur blanche faisait le même effet que leau présentée à des
hydrophobes; avait succédé à Toussaint-Louverture dansl'opinion secrète de toute sa caste.
Revêtu d'un commandement très-étendu, il
# --- Page 132 ---
II2
puisa dans l'exercice de son. autorité même
les moyens faciles d'une trame contre le
vernement. Aidé par ses satellites, il
gourépandit l'esprit de révolte dans
souffla, il
les
quartiers de la province du Nord.Le principaux
ment rapide de ses bandes occasionna débordement la perte du
subiteFort-Dauphin, du Port-de:
Paix, du Borgne, et autres cantons
Ces évacuations inattendues
importans.
furent exécutées
avec tant de précipitation, que des soldats
furent abandonnés dans la confusion de
ces mouvemens; bientôt après les
tous
pétueuses de l'ennemi,
masses imguidées par des
raux qui, la veille, étaient
généles bannières
encore rangés sous
françaises, et recevaient les témoignages flatteurs d'une bienveillance
pée; attaquèrent la ville du
tromviolence de leurs
Cap avec toute la
efforts, et dans l'espoir qu'un
parti intérieur favoriserait leur
rendrait
entreprise et
pour eux la victoire certaine.
C'est alors que se développa cette
tant de fois éprouvée de la garde
énergie
dont les prodiges de valeur
nationale,
instant les gardes rebelles
dissipèrent en un
etfirentldionnement
du général en chef. Jusqu'à cette
avait
époque, elle
étél'objet de ses préventions ; il avait cru
voirdansleshabitans une passionrécriminante;
qu'un
parti intérieur favoriserait leur
rendrait
entreprise et
pour eux la victoire certaine.
C'est alors que se développa cette
tant de fois éprouvée de la garde
énergie
dont les prodiges de valeur
nationale,
instant les gardes rebelles
dissipèrent en un
etfirentldionnement
du général en chef. Jusqu'à cette
avait
époque, elle
étél'objet de ses préventions ; il avait cru
voirdansleshabitans une passionrécriminante; --- Page 133 ---
redoutables, des sentimens nuides préjugés
de l'ordre ; le bandeau
sibles au rétablissement détruites, les erreurs
fut déchiré, les illusions
livrait
abjurées. On se
reconnues et hautement
lorsque la
d'un meilleur avenir,
à T'espérance
Leclerc à la colonie.
mort enleva le général
l'insurMalgré les secours arrivés d'Europe,
rection faisait des progrès effrayans; les revers
et T'observateur vit avec peine
s'enchainaient,
qu'on agissait en sens contraire des opérations
les auraient au moins balancés par quelques
qui
succès.
de l'Ouest et du Sud furent
Les départemens
bientôt un
en peu de tems forcés, et devinrent
théâtre de carnage et de désolation.
désespérantes 9
Pendant ces conjonctures
à qui
quels remèdes le général Rochambeau,
de la colonie était dévolu,
le gouvernement
douloucherchait - il à appliquer à ces plaies
? Enfoncé dans son palais, au milieu
reuses
foulant aux pieds les
d'une cour voluptueuse -
l'état des
soins et les devoirs que lui prescrivait
choses, il cherchait dans T'ivresse des plaisirs
consoler de l'affliction publique : par ses
à se
ildonordres, ,on noyait des nègres et mulâtres;
nait des fêtes ! Mais je m'arrête, je sens
combien il est pénible de rappeler des
trop
--- Page 134 ---
faits honteux pour l'honneur
cette raison, je tairai
français, ct, par
la conduite
ceux qui se rattachent à
particulière de ces
couragés par l'exemple du chef généraux, ende la
et, renchérissant
colonie,
sur lui par des exactions et
par leur cupidité (1).
A peine venait-on de recevoir l'avis
velles difficultés
des nousurvenues entre le
ment français et celui
gouverneJes Anglais
d'Angleterre, que déjà
déployaient le menaçant
appareil
(1)I1 est juste de consacrer ici des
général Desfourneaux, qui n'est resté exceptions dans
méritées. Le
pendant les six premiers mois de
la colonie que
par ses connaissances locales et Texpédition, , avait contribué
succès de nos armes.
par sa valeur aux premiers
Les généraux Claparède, de Noailles,
Pajot, Brunet, Lalance,
Clausel, Dhenin,
out honoré leur caractère Thonyenot, et Pamphile de Lacroix
leur
par leurs qualités béroiques et
désintéressemnent; on leur doit cette
par
rien négligé pour protéger et sauver les habitans. justice, qu'ils n'ont
La marine a aussi des droits à la
et je me fais un devoir de lui signaler reconnaissance le
publique,
mès, qui commanda plusieurs stations vice-amiral Willaude vaisseau. Cet officier
en qualité de capitaine
l'activité: c'est ainsi supérienr savait joindre la prudence à
colonie des malleurs qu'il préserva plusieurs quartiers de la
tion. Mais
qui ne les accablèrent
ce qui doit rester à jamais gravé qu'après dans l'évacuades vrais amis de
la mémoire
tint dans la rade des T'humanité, 2 c'est da conduite honorable qu'il
nots qui lui
Cayes, en repoussant de son bord les caamenaient des victimes à sacrifier, ( Eloignez-
'est ainsi supérienr savait joindre la prudence à
colonie des malleurs qu'il préserva plusieurs quartiers de la
tion. Mais
qui ne les accablèrent
ce qui doit rester à jamais gravé qu'après dans l'évacuades vrais amis de
la mémoire
tint dans la rade des T'humanité, 2 c'est da conduite honorable qu'il
nots qui lui
Cayes, en repoussant de son bord les caamenaient des victimes à sacrifier, ( Eloignez- --- Page 135 ---
extérieure. Saint-Domingue voyait
de la guerre
à l'entour de ses
leurs escadres actives appeler
côtes la famine et tous les fléaux qui forment
le signal de leurs hostilités fut
son cortége;
de cette colonie, et le prel'arrêt de la perte
elle le
mier bruit de leurs canons devint pour
coup de la mort.
l'évacuation suLa disette futle prétexte de
qui tombèrent au
bite de plusieurs quartiers
de Dessalines, et le rendirent plus enpouvoir
Il vint ensuite prendre des positreprenant. lieues du Port-au-Prince, où l'on
tions à trois
trois cents
attendait un convoi protégé par
hommes. Il avait été convenu avec le général
commandant cette' place, qu'au siLavallette,
de canon" un renfort de
gnal de trois coups
à la rencents hommes serait envoyé
quatre du convoi et attaquerait par derrière
contre
vous ! cria-t-il aux chefs de ces embarcations; éloignez-vous de ces :
La frégate que je commande ne sera point le tombeau >
hommes, objets de votre rage et de votre traits désespoir... de dévouement
Les colons n'oublient pas non plus les
du
ont si
à l'époque de l'évacuation Cap,
et de courage qui,
alors lieutenant de port, aubien caractérisé M. Cocherel, Il s'était déjà fait remarquer
jourd'hui capitaine de frégate. il compléta ses preuves au
penilant le cours de T'expédition; d'habitans lui doivent leur
moment du danger, et beaucoup
salut. --- Page 136 ---
l'ennemi, qui, se trouvant ainsi pressé de
tes parts, serait incapable de
toutems ses embuscades. Le
maintenir longfut distinctement
signal s'effectua, il
entendu au
mais on oublia le secours Port-an-Prinee,
fut sacrifié, et
promis. Le, convoi
Dessalines,
succès que lui-même n'avait encouragé par un
affecta bientôt le ton
pas osé attendre,
liarisé
hardi d'un général famiavec la victoire. Deux jours
envoya sommer Lavallette de lui
après, il
place soumise à son
remettre la
refus, Dessalines fit établir commandement; sur son
pièces
une batterie de deux
sur un mornet dominant la
de' la ville, et menaçant
poudrière
ft également
T'hôpital militaire. Il
éminence,
prendre position sur une autre
d'où les boulets traversaient la
dans toute son étenidue. C'est
ville
néral Lavallette.
alors que lei gédépêcha deux
à ce même Dessalines
parlementaires
demment fait dire
auquel il avait précéque jamais il n'aurait
probre de traiter avec lui, et
l'opqu'il se
avec cette inépuisable valeur du
défendrait
çais. Les négociations
militaire frande huit jours
s'établirent, on convint
pour évacuer la place, on s'obligea, par conventions verbales, à laisser les
forts en bon état, l'arsenal
nitions, la ville
pourvu de ses muintacte, ct l'exécution de ce
précéque jamais il n'aurait
probre de traiter avec lui, et
l'opqu'il se
avec cette inépuisable valeur du
défendrait
çais. Les négociations
militaire frande huit jours
s'établirent, on convint
pour évacuer la place, on s'obligea, par conventions verbales, à laisser les
forts en bon état, l'arsenal
nitions, la ville
pourvu de ses muintacte, ct l'exécution de ce --- Page 137 ---
la foi des otages. Le chef
traité fut garantie par
de donner à chad'administration fut chargé
civiles la connaissance officune des autorités
et il désigna
ciclle de toutes ces dispositions,
chefs militaires les bâtimens destinés au
aux
Enfin, T'évacuation
transport des troupes (1).
Ja
s'accomplit, et pendant les trois jours qui
on débitait an prix de 8 piastres
précédèrent,
de France) le' baril
fortes ( 40 francs, argent
cette
de farine qui se vendait 250 francs avant
Ainsi, les précicuses ressources qui
époque.
résistance sei
permettaient de faire une longue
(1) Des ordres avaient été également transmiis pour T'emdes archives. Comme membre de la cour d'appel,
barquement de l'exécution de ces ordres. Après la capitula
jef fus chargé Lavallette me fit connaitre qu'il ne pouvait
tion, > le général
nombre de caisses et
accorder de place que pour un certain m'attachai en ce qui
boucauts. Me trouvant circonscrit, je
où l'on avait
concernait les minutes des greffes, à Tépoque chartes de Verduplicata au dépôt des
cessé d'envoyerdes depuis 1789 inclusivement' jusqu'au jour
sailles, c'est-à-dire La colonie cessait d'être française, et pas
de T'embarquement.
les chefs avaient
sait au pouvoir de ces hordes insurgés,dont entière dévastation. Il
suffisamment prouvé l'intention d'une
donc
de leur soustraire au moins tout cequi
était
les important intérêts civils des colons, ceux du commerce
constituât dès familles
En conséquence, outre les
français et
françaises.
celles des notaires , les papiers
minutes des grefles,j'embarquai
de l'état civil.
relatifs aux successions vacantes 2 et les registres
Le convoi fut pris le lendemain de sa sortie du Port-au-Prince
prouvé l'intention d'une
donc
de leur soustraire au moins tout cequi
était
les important intérêts civils des colons, ceux du commerce
constituât dès familles
En conséquence, outre les
français et
françaises.
celles des notaires , les papiers
minutes des grefles,j'embarquai
de l'état civil.
relatifs aux successions vacantes 2 et les registres
Le convoi fut pris le lendemain de sa sortie du Port-au-Prince --- Page 138 ---
trouvaient effrontément étalées
en vente, etles
preuves d'abondance étaient donnécs
une dérision de la conduite du
comme
général qui avait
proposé la remise de la place.
Vers la même
époque, les villes des
et
de Saint-Marc
Cayes
furent évacuées par suite de
capitulations qui n'obtinrent
du
pas l'assentiment
général en chef; mais bientôt lui-même
soumit à la loi d'un
se
corda
nègre féroce, qui lui acdix jours pour sa retraite. En vain l'Anglais offrit des conditions
lut de
qui assuraient le satout un peuple désolé, Rochambeau
préet conduit à la Jamaique, où ces archives et
retenues et mises en. dépôt dans les
minutes ont été
Cependantle
magasins de Port-Royal.
gouverneur anglais, après m'avoir permis de
pérer au placement de tous ces papiers, ordonna
COoserait délivré un récépissé. Devenu
qu'il m'en
que les procès-verbaux
libre, je l'ai déposé, ainsi
de
par. moi dressés, à l'agence
Saint-Iago de Cuba. A mon retour en
française
adre-sé une expédition
France, en 1805, ,j'ai
la
régulière de ces pièces au ministre de
marine, en lui retraçant toutes les précautions
prises dans l'intérêt général. Un
que j'avais
été ma
simple accusé de réception a
solde récompense; je n'ai élé payé ni de mes frais,
du traitement qui m'est da
ni de la
cour d'appel. II est vrai
en ma qualité de juge en la
que'je ne devais rien espérer d'un
vernement qui ne tenaitaucun
gouune expédition
comptedesservices rendus dans
malheureuse; ; jai gardé le silence.J'avaisy pensé
quelerétablisement de la dynastiel
colons de Saint-Domingue
elegitimeallait procurer aux
combien ils ont étd
quclque amélioration.. Hélas!
trompés ! combien ils le sont encore !
el. II est vrai
en ma qualité de juge en la
que'je ne devais rien espérer d'un
vernement qui ne tenaitaucun
gouune expédition
comptedesservices rendus dans
malheureuse; ; jai gardé le silence.J'avaisy pensé
quelerétablisement de la dynastiel
colons de Saint-Domingue
elegitimeallait procurer aux
combien ils ont étd
quclque amélioration.. Hélas!
trompés ! combien ils le sont encore ! --- Page 139 ---
avilir l'étendard de la patrie devant un
féra
il lui abandonna avec une froide
nègre révolté;
des forteresses
indifférenceun: arsenal superbe, munitions et de
redoutables, l'abondance des
les instrumens de guerre; il abandonna
tous
nombre
de
dans les hôpitaux un
prodigieux
malades, et on sollicita pour eux la générosité
Il abandonna des subsistances
des cannibales.
deux mois 0e , une
qui auraient nourri, pendant
armée qu'on se hâta d'aller rendre prisonnière
à bord des vaisseaux anglais; enfin
de guerre lui-même se livra et fut conduit
Rochambeau
à la Jamaique.
trouvait à cette
Le général Ferrand, qui se
d'homépoque à Montéchristavec une poignée
disoutenir cette position, se
mes, ne pouvant
où il organisa ungourigea sur Santo-Domingo, administration d'autant plus
vernement et une
d'éloges, qu'il s'attacha la population
dignes
lui conservant ses moeurs et ses
espagnole, en serait maintenu, sans la guerre
préjugés. Ils'y
Buoaussi impolitique qu'atroce,s suscitée par
dans la péninsule. L'exaspération fut
naparte
aux Inrépétée dans les possessions espagnoles
et après six ans d'une occudes occidentalés;
sage et
pation paisible, sous un gouvernement:
fut
modéré, cette partie de Saint-Domingue --- Page 140 ---
rendue à ses premiers
glais avaient aidés
possesseurs, que les Annéral
pour la reconquérir. Le geFerrand n'avait pas voulu survivre à la
douleur que lui causait tla défection d'un
dont il se croyait aimé; il se donna la peuple
huit mois auparavant la
mort
capitulation de SantoDomingo et l'évacuation du
Dans ceti intervalle, les habitans pays. de la
française s' 'étaient
partie
dispersés; un grand nombre
réfugiésà Saint-Iago de Cubay recevaientlhospitalité lai plus généreuse ; mais à
la guerre de la
l'époque de
péninsule, qui fit exécrer le
nom français par tous les
heureux furent
Espagnols, ces. mallieux qu'ils
impitoyablement expulsés des
enrichissajent par leur industrie.
Forcés d'abandonner les
avaient acquises, ils se
propriétés qu'ils
tres colonies, dans
répandirent dans les aules possessions anglo-américaines, et en France, où ils sont réduits à
chétive aumône, qualifiée de
une
rement
secours, arbitrairépartis.
Cependant, il en était resté dans chacune
des villes de Saint-Domingue
voir des
tombées au pouinsurgés: La perspective de l'infortune
leur avait fait
vaient
préférer ce parti; ils ne poucroire qu'on les rendrait
de crimes dontils n'étaient ni les responsables
auteurs ni les
anglo-américaines, et en France, où ils sont réduits à
chétive aumône, qualifiée de
une
rement
secours, arbitrairépartis.
Cependant, il en était resté dans chacune
des villes de Saint-Domingue
voir des
tombées au pouinsurgés: La perspective de l'infortune
leur avait fait
vaient
préférer ce parti; ils ne poucroire qu'on les rendrait
de crimes dontils n'étaient ni les responsables
auteurs ni les --- Page 141 ---
Le féroce Dessalines les -fit tous
complices.
que ceux dont la promassacrer; il n'excepta
furent
fession lui élait utile : c'est ainsi que
quelques médecins, chirurgiens, apoépargnés enfin des hommes d'arts et métiers.
thicaires,
par cette
Après avoir satisfait ses vengeances
sanguinaire , Dessalines se fit proexpédition
d'Haiti, et prétendit à la souclamer. empereur de l'ile. Mais les hommes de
veraineté entière
couleuravaient fait T'expérience de ses cruautés
de Toussaint; ils soupsous le gouvernement
étaient destinés à
çonnaient avec raison qu'ils
devenir ses victimes; en conséquence ils jugede se rallier, etse donnèrent pour
rent prudent
distingué dans les derchef Péthion, qui s'était
circonstances, Ilj ljustifia bientôt leur connières
embuscade qu'il avait préfiance, et dans une
Prince,
parée à peu de distance du Port-au-1
Dessalines reçut le coup mortel.
Dèsce moment les deuxpartis se séparèrent;
noirese retira dansle Nord, et Péthion
l'armée
mettant une barrière
rentra au Port-au-Prince, celles de l'Ouest et du
entre cette province et
celle de
Sud. Il s'éleva ensuite une question,
savoir si la colonie passerait tout entière sous
la domination de Christophe, successeur de
Dessalines, ou bien sous le gouvernement de --- Page 142 ---
Péthions si elle serait
caine. Dans tous les monarchique ou républicas, les deux chefs étaient
d'accord sur
l'autre
Tindépendance, mais ni l'un ni
ne voulurent céder leurs
soit pour la forme du
prétentions,
la suprématie.
gouvernement, soit pour
d'Haîti
Christophe se fit proclamer roi
sous le nom de Henri Ie (1). Péthion
prit le titre modeste de président de la
blique haitienne. Le
répusur celle de.
premier modela sa cour
le
Buonaparte, le second voulut être
Wasinghton de la colonie. Ces deux contendans eurent recours à la voie des
combats
armes ; les
qu'ils se livrèrent n'ayant point eu de
résultats décisifs, ils prirent le parti de se retirer chacun dans sès limites, laissant
un espace de vingtlieues de
inhabité
fertile,
pays autrefois trèsaujourd'hui inculte! Le seul
pour Péthion fut d'avoir eu
rival avantage
bare
pour
le barChristophe, dont les cruautés
rent des défections dans ses
produisirèrent des
troupes, et procutransfuges à son ennemi.
Péthion avait des qualités personnelles,
mort a laissé,
et sa
diton, 2 des regrets qui ne peu-
(4) Il est créole de l'ile
Avantla révolution, il Saint-Christophe, colonie anglaise.
ronne, au Cap, et ila Teshesie-dodataborged eu l'honneur deservirà
ede la Cousonnes qui sont devenues ses sujets.
boire à des per-
isirèrent des
troupes, et procutransfuges à son ennemi.
Péthion avait des qualités personnelles,
mort a laissé,
et sa
diton, 2 des regrets qui ne peu-
(4) Il est créole de l'ile
Avantla révolution, il Saint-Christophe, colonie anglaise.
ronne, au Cap, et ila Teshesie-dodataborged eu l'honneur deservirà
ede la Cousonnes qui sont devenues ses sujets.
boire à des per- --- Page 143 ---
le caractère de son sucvent s'effacer que par
les opinions sont partagées.
cesseur, sur lequel
CHAPITRE VI.
Etat actuel. de la colonie de Saint-Domingue. la France. Dépérissement Concludes cultures. Conséquences funestes pour)
sion.
souvent à tranLAmanie des systèmes porte
les
les plus importantes ;
cher sur
questions
celle qui se
c'est ainsi qu'on traite aujourd'hui
: l'irattache à la colonie de Saint-Domingue
et T'esprit de parti s'en emparent,
gnorance
intervient souvent dans ces
lintérêt particulier
la France n'est condiscussions, et Tintérêtde
indifférent.
sidéré que comme un accessoire
de trente ans fait rarement plier
Un philosophe
il est vain, tranchant; deson amour-propre:
mandez-lui son opinion sur Saint-Domingue;
les avantages d'une telle
il ne considérera point
sans
il dissertera sur les antécédens
possession, et s'il est confondu dans ses railes connaitre,
: Eh bien ! périssent les
sonnemens, il s'écriera:
Et voilà ce
colonies plutôt que les principes! --- Page 144 ---
qui s'appelle'soutenir les intérêts
révolution!
moraux de la
J'ai indiqué, au
vrage, les
commenceme ent de cet oucauses qui ont produit diverses
tations à Saint-Domingue
agiles avait fait connaître ; jamais personne ne
premiers
comme la source des
troubles, j'ai prouvé que
tion des nègres avait été
l'insurrechommes de couleur,
provoquée par les
des amis des
instruments de la Société
noirs; j'ai dû renverser tout l'échafaudage monté par ces libéraux, autrefois
révolutionnaires, à
grands
Saint-Domingue, contre les
propriétaires : c'était là mon but
cipal ; il fallait
prinbiensubstituer la vérité au mensonge ; j'ai rempli cette tâche en
de pièces
m'appuyant
authentiques ou de faits matériels
enfin j'ai déroulé aux yeux du lecteur la
;
des crimes qui ont
série
S'il est
ensanglanté celte colonie.
incontestable que ce pays, en
aux incendies, aux dévastations
proie
avait éprouvé
et au carnage,
depuis douze ans une diminution
considérable dans sa population (1), il
de doute que cette
esthors
sensible
diminution a dû être plus
après la fatale expédition du général
(1) On cstimait qu'elle était en 1802
les nègres, de moitié pour les hommes réduite de
d'un tiers pour
prarts pour lcs blancs.
couleur et des trois
ies, aux dévastations
proie
avait éprouvé
et au carnage,
depuis douze ans une diminution
considérable dans sa population (1), il
de doute que cette
esthors
sensible
diminution a dû être plus
après la fatale expédition du général
(1) On cstimait qu'elle était en 1802
les nègres, de moitié pour les hommes réduite de
d'un tiers pour
prarts pour lcs blancs.
couleur et des trois --- Page 145 ---
Leclerc. Les naissances ont-elles compensél'efrésultat des guerres sanglantes qui ont
frayant
Il est difficile de
eu lieu après cette expédition?
on considère que le nègre, nale croire, quand
privé des soins qui lui
turellement insouciant,
autrefois
a dû succomber
étaient
prodigués,
dans l'éloiaux maladies souvent épidémiques,
des secours que ses nouveaux maîtres,
gnement
point à
d'une insouciance égale, ne songeaient
lui porter.
sont exactes, quoi qu'on en
Ces données
dire. Si elles sont démenties, ce ne peut
poisse
intéressés à préêtre que par des spéculateurs
un
senter la colonie de Saint-Domingue sous
aspect satisfaisant.
sont
d'acToutefois, les voyageurs ne
pas
cord entre eux : leur opinion est fondée sur
c'est une marchandise qu'ils colleur' position,
de tirer meilleur parti du
portent dans l'espoir
J'en ai vu plusieurs, et je les ai tous
courtage.
raisonnemens. Je
confondus par leurs propres
n'avais entendu que des récits auxquels j'apvieil
beau mentir qui vient
pliquais ce
adage:
d'un
de loin, lorsque j'ai eu connaissance
publié à la fin de 1818 par M. Rououvrage Loiret). Cet ouvrage est lerésultat des
zaud (dul
observations qu'il annonce avoir faites sur les --- Page 146 ---
de 1817 à 1818: Il ne
lieux, dans son voyage
d'Haiti, qu'ila parparle que de la république
de ses
de ses forces,
courue en observateur
et du caractère
moyens physiques et moraux,
nous innational de ses habitans. Il débute par
la certitude que par une
former qu'il a acquis
secret du cabinet
délibération prise en conseil
taciT'Angleterre a
de sa majesté britannique,
de cette réputement reconnu Tindépendance
sur les
blique. M: Rouzaud fonde sa conviction
obtient sur
avantages que la puissance anglaise droits d'imles autres nations, dans le prix des
dans la protection
portation et d'exportation,
et le
que le pavillon anglais
toute particulière
du roi et du président
commerce reçoivent
observations qu'iln'y
d'Haiti. Il conclut de ses
les colons,et qu'ils
a plus rien à espérer pour leur deuil de leurs
maintenant faire
peuvent
est ainsi, M. Rouzaud aupropriétés. S'il en
à toute la
conseiller d'étendre ce deuil
rait pu
seulement dcl'intérêt
France : carilnes'agitpass
français
des colons, mais de cclui du commerce
française. Au surplus, je comet de l'industrie
révoquer en doute la reconnaissance
mence par
anglais aurait faite de
que le gouvernement
haitienne. Je
T'indépendance de la répablique
bien croire à la protection toute particuveux
en
à toute la
conseiller d'étendre ce deuil
rait pu
seulement dcl'intérêt
France : carilnes'agitpass
français
des colons, mais de cclui du commerce
française. Au surplus, je comet de l'industrie
révoquer en doute la reconnaissance
mence par
anglais aurait faite de
que le gouvernement
haitienne. Je
T'indépendance de la répablique
bien croire à la protection toute particuveux --- Page 147 ---
les Anglais dans ce - pays,
lière que reçoivent
même à
leurs relations commerciales,
pour.
aux autres nations, à
celle qui est accordée
l'exclusion des Français. Mais je ne crois point
à un. acte de l'espèce citée par M. Rouzaud,
qu'il est inutile à la politique anglaise;
parce
de toute autre réflexion.
jem'abetiens
Ainsi, dans le droit, la colonie appartient
toujours à laFrance. Reste maintenant la question relative à la possession de fait.
L'auteur prétend que cette question est résolue par les obstacles insurmontables qui doiventrésulter del'attitude de ce pays, considéré
sous le rapport des moyens physiques et moraux, et sur-tout de l'intérêt de ses nouveaux
propriélaires. Je ne conteste point des obstacles, mais je
ne les vois que dans les chefs habitués au pouvoir et dans quelques prolétaires gagnés par
des récompenses et des faveurs. Quel qu'en
soit le nombre, il est infiniment au-dessous de
cette masse d'hommes pour qui la servitude 1égale est convertie en un esclavage de fait, et
qui n'aspirent qu'à leur délivrance. Voilà ceux
qui doivent exciter la sollicitude des vrais amis
de l'humanité ! Qu'ils comparent l'état des nè- --- Page 148 ---
T'objet des soins d'un bon maigres.autrefois courbés sous le joug de ces tytre, aujourd'hui
leurs 'égaux, qui ne connaissent
rans, naguère leurs volontés mobiles. Jadis
d'autres lois que
assurée, ils
les nègres avaient une existence
n'avaient point à redouler le dénuement,T'emen Europe tant de jourbarras où se trouvent
naliers, quand la maladie vient les surprendre.
insouciance naturelle, leur imprévoyance
Leur
seulement par humaétait garantie non pas
sounité,mais encore par intérêt. Maintenant,
de leurs nouveaux maitres;
mis aux caprices
tous se livrent
ouvriers, cultivateurs et soldats,
de
horreurs de la licence, décorée du nom
aux
vivent dans l'état de servitude que la
liberté, et
force leur impose.
haiIl Fest possible que dans la république
l'administration. soit plus supportable
tienne
Christophe; mais
que sous le gouvernementde convaincu que le
je n'en demeure pas moins
n'est nullement propre à T'améliorasystème
dirai plus, à la civilisation;
tion des cultures, je
de citer les obser=
je n'ai besoin pour cela que
dit
3 de
vations de M. Rouzaud: Il nous
(page
belle
du Portsa brochure) que ( la
plaine
de
celles non moins intéressantes
> au-Prince,
administration. soit plus supportable
tienne
Christophe; mais
que sous le gouvernementde convaincu que le
je n'en demeure pas moins
n'est nullement propre à T'améliorasystème
dirai plus, à la civilisation;
tion des cultures, je
de citer les obser=
je n'ai besoin pour cela que
dit
3 de
vations de M. Rouzaud: Il nous
(page
belle
du Portsa brochure) que ( la
plaine
de
celles non moins intéressantes
> au-Prince, --- Page 149 ---
des
si bien culy Léogane et
Cayesjautrefois
si bien meublées (1), sont à présent
) tivées,
où à peu près la; culture, qui
>> en savanes (2),
n'atteindra
que lentement,
5) ne peutsétendre
jamais, l'état
siècles, peut-être
> de plusieurs
du passé. Les bras
)) florissant et de produit
point, mais ils ne s'emploient
>- ne manquent
très-peu. > Voili ce que
> pas, ou s'emploient
n'est point susdit M. Rouzaud, dont l'opinion
contrées
: d'où l'on doit conclure que les
pecte
cultivées ou qui le sont avec
qui ne sont point
de chose,
lenteur, ne produisent rien ou. peu
qu'il y. a peu de ressources
et par conséquent Ce serait aussi une erreur
pour le commerce.
résultats de quelques
de le juger d'après les
entreprises par des hommeshardis
spéculations et qui ont pu tirer un parti avanon favorisés,
milliers de café, cueillis
tageux de quelques
qui
avec effort au milieu des plantes sauvages
toutes ces belles plantations (3). On
couvrent
de divulguer les moyens ems'est bien gardé
faire
depuis plusieurs années pour
ployés
(1)11 entènd parler des nègres d'habitations. terrains couverts
(2) Ce sont dcs prairies naturelles ou des
de bois et halliers.
un navire venant de l'un des
(5)11 est arrivé très-récemment haitienne, et toit, faute de denrées quiln'a
ports del la républiquel
cargaison d'oranges et de citrons.
pu sé procurer, ila composésa
--- Page 150 ---
croire à la restauration
progressive de SaintDomingue, au moins des quartiers de cette
lonie qu'on prétend être le plus
COministrés. Les bonnes
sagement adgens sont
les bâtimens qui sortent de
persuadés que
gésde denrées du
ses ports sont charcru ; ils nesavent pas qu'elles
proviennent desiles voisines, qu'elles sont
cisées comme venant de
franputécoloniefi
Saint-Domingue, réfrançaise, et que c'est
obtiennent Taffranchissement
ainsiqu'elles
des droits extraordinaires; ; ce qui tourne au profit
et de quelquesspécnlatears)
del'étranger
libéraux
Ces faits sont exacts, et la
parintérêt.
ddourmchcomiaisunce cupidité seule en a
est rendue à ses
Depuis que.la France
légitimes souverains, on a
tournélesregards svers
deux
SaintDoiningue;e etdans
rapports très-lumineux faits à la
des députés, l'un par M. le
chambre
neaux le i6
général DesfourM. Lainé le septembre 1814, et l'autre par
14-octobre suivant,
été appelée sur cette colonie
l'attention a
rissante, sur la nécessité
autrefois si flotres, enfin
de réparer ses désassur l'importance de sa
Les deux
possession.
rapporteurs ont été d'avis qu'une
expédition devait être précédée de
mens sur T'état de celte
renseigneétait convenable de
contrée 2 et qu'il
s'en remettre à cet égard à
1814, et l'autre par
14-octobre suivant,
été appelée sur cette colonie
l'attention a
rissante, sur la nécessité
autrefois si flotres, enfin
de réparer ses désassur l'importance de sa
Les deux
possession.
rapporteurs ont été d'avis qu'une
expédition devait être précédée de
mens sur T'état de celte
renseigneétait convenable de
contrée 2 et qu'il
s'en remettre à cet égard à --- Page 151 ---
la prodence du gouvernement. Divers projets
particuliers sur les moyens de rentrer à SaintDomingue ont été publiés à la même époqué
tous
la réussite, les uns
et depuis:
garantissent
par la voie des armes. 7 les autres par'celle d'une
mission préparatoire. Ce dernier moyen a été
adopté en 1816.
Des hommes très-estimables et sur-tout bien
intentionnés ont été chargés d'aller sonder les
dispositions du chef de la république d'Haiti,
de luifairedesoffres, et d'obtenir sa soumission
à des conditions avantageuses. Elle a échoué
et cela devait être : le début
cette commission,
des commissaires était déjà un sujet de soupdes hommes aussi ombrageux que le
çon pour
de couleur. Les offres les plus
sont les gens
éblouir des chefs qui,
brillantes ne pouvaient
depuisla dernière expédition dont ilsont gardé
le souvenir, jouissent d'un pouvoir qu'ils regardent comme inébranlable.
Qu'allait-on offrir, et qu'a-t-on offert à ces
hommes, pour avoir la garantie de leur soumission au gouvernement légitime ?
Des grades et des honneurs!i ils n'ont rien à
désirer à cet égard, ils se sont partagés les
rôles, et sont satisfaits de leur sort.
Des richesses ! ils jouissent des revenus des --- Page 152 ---
habitations dont ils se sont rendus propriétaisoit la médiocrité, ils suffires, et quelqu'en
sent à leurs besoins.
reconnaitre leurs
Leur a-t-on proposé de
et la liberté? ils ont dû rédroits politiques
de ces
pondre : Nous sommes en possession
nous les avons conquis et nous sauavantages,
Vos promesses sont fallarons les conserver.
cachent une arrièrecieuses, vOS propositions sincères, vous aupensée; : car si elles étaient
différens dans VOS COriez alors deux régimes
liberté à Saintlonies : vous reconnaitriez la
existe à la
Domingue, tandis que l'esclavage
Martinique.
le caractère des hommes
On connait assez
telle a dû être leur
de couleur pour croire que
ont
réponse : ce qu'ily a de certain, c'est qu'ils
n'éconteraient aucune proposidéclaré qu'ils
leurindéon n'ait reconnu
tion qu'au préalable
de recevoir
pendance, consentant à ce prix
et même
dans leurs ports le pavillon français,
de faire avec la France un traité de commerce
n'étant point auavantageux. Les commissaires
torisésàune pareille négociation, sont revenus
de n'avoir pu rien obtenir de ces
avecle regret
veulent traiter de puissance à
hommes, qui
puissance.
ient aucune proposidéclaré qu'ils
leurindéon n'ait reconnu
tion qu'au préalable
de recevoir
pendance, consentant à ce prix
et même
dans leurs ports le pavillon français,
de faire avec la France un traité de commerce
n'étant point auavantageux. Les commissaires
torisésàune pareille négociation, sont revenus
de n'avoir pu rien obtenir de ces
avecle regret
veulent traiter de puissance à
hommes, qui
puissance. --- Page 153 ---
bien constant que la voie de la
Il est donc
succès dont on
conciliation n'ayant pas eu le
être renouvelée
s'était flatté, elle ne peut plus
la dignité du gouvernesans compromettre serait d'ailleurs une dément, et parce que ce
mesuresa sadopteramarche inatile.Ainsi, quelles
car il faut
t-on à l'égard de Saint-Domingue? des'en OCun parti, et il y a urgence
prendre
à la France que
cuper, si lon veut prouver
manufaccommerce et de ses
l'intérêt de son
de la saine
exclu des calculs
tures n'est point
politique.
répandue,
Une opinion assez généralement armée contre
toute tentative à force
repousse
pour un traité au
cette colonie, et se prononce
indemnité
duquel on obtiendrait une
moyen'
faveur des propriétaires dépossesannuelle en
sionnés.
estaussi celle de M. Rouzaud,
Cette opinion
secrois avoir reconnu comme T'envoyé
que je
haîtienne: Il l'a
cret du chef de' la république où il dit que la
développée dans sa brochure,
de
n'a rien de mieux à faire que
proFrance
général de ses colonies,
clamer le licenciement
d'allégeance
de les dégager de leur serment libres et inles déclarer
envers la métropole, immédiatement avec chadépendantes, et faire --- Page 154 ---
cune d'clles un traité de commerce et d'amitié,
M. Rouzaud assure que ce système serait
reçu par elles avec reconnaissance, qu'il serait
appuyé, d'une part, del'Amérique méridionale,
dontl'émancipation ne lui paraitplus douteuse,
de l'autre, par
Unis
Saint.Domingue, et parles Etatsqui doivent à la France leur prospérité
actuelle, Ilajoute que la république d'Haiti,
fois certaine des franches
une
serait
intentions du roi,
sans aucun motif d'ombrage et d'inquiétude, par le fait de ces
draient
mesures, qui devienune garantie de son état
et de
ses institutions.
politique
Ces
donnéaentipédinuci,ete ce quiprouve
qu'elles tiennentà des
c'est
scombinsbeminérestes
que l'auteur insinue que par ce
<, la république haitienne trouverait. moyen,
dans
>> France les ressources nécessaires
la
> duire
pour répromptement son féroce
> et' appeler au bénéfice de ses
antagoniste,
>>
institutionscette
masse noire, comprimée et
>> la verge cruelle de
gémissante sous
son chef,
n'a
>> Phumanité
la
qui
de
que
face (r). > Pour mieux
faire valoir son système d'émancipation
rale, dont le renouvellement de
génél'abolition de
(1)Cestde Christophe qu'il s'agit ; cC sont les craintes
inspire à la république haitienne, > qui font tenir ce langage. qu'il
stitutionscette
masse noire, comprimée et
>> la verge cruelle de
gémissante sous
son chef,
n'a
>> Phumanité
la
qui
de
que
face (r). > Pour mieux
faire valoir son système d'émancipation
rale, dont le renouvellement de
génél'abolition de
(1)Cestde Christophe qu'il s'agit ; cC sont les craintes
inspire à la république haitienne, > qui font tenir ce langage. qu'il --- Page 155 ---
la traite et de l'esclavage serail la conséquence
nécessaire et la condition eapresse et immédiate, M. Rouzaud garantit que la France,
dût être la reduction de la culture
quelle que
l'effet de ces
dans les colonies émancipées par.
mesures, rattrapperail, par. ses rapports directs
et privilégiés, ce qu'elle a perdu, peut-être aunavideli, etsanssurcharges; ; mulliplieraitsa
procurerail une grande activité à sont
gation,
cesserait d'être triindustrie nationale; ; qu'elle
butaire de létranger, et particulièrement de
LAngleterre, pourles matinmspreniareonenfie
qu'elle pourrait devenir le marchedetEurope.
Ces avantages sont très-séduisans, , j'en conviens; sije les considère seulement sous le rapTindemnitéannuelleào obtenir en faveur
port de
ils seraient
des propriétaires dépossessionnés,
déterminans pour mon compte personnel, et
delarévolution etdes
fatigué, comme jelesuis,
révolutionnaires, j'accepterais volontiers une
des outrages et
rente qui me dédomagerait
des persécutions que j'ai éprouvés, 2 qui suppléerait la perte d'une place obtenue depuis la
rentrée du roi, et dont j'ai été dépouillé sans
motifs au nom du roi. Il me conviendrait fort
d'avoir l'assurance d'une indemnité au moyen
des
de laquelle je pourrais me passerd'emplois, --- Page 156 ---
hommés qui les distribuent et qui les ôtent au
gré de leurs caprices Mais j'ai de vieux
cipes, et dussai-je être traité
princrois
à
d'immobile, je ne
point ces avantages trompeurs,
qu'avant tout il faut voir l'intérêt
parce
non l'intérêt
général et
particulier.
Le système de M. Rouzaud est à
celui que M.
peu près
Turgot a publié en avril
dans un Mémoire sur les suites de
1776,
dance américaine. En
l'indépenparlant du danger que
pouvaient courir nos colonies, au cas d'une invasion, et des motifs qu'ily avait alors de la
craindre, M. Turgot a fait cette observation:
La morale de
LAngleterre, en politique, n'est
pas faite pour nous rassurer. (A cette
il ne prévoyait pas l'insurrection
époque
qui a éclaté
quinze ans après à
Saint-Domingue, et dont les
causes ont été plus perfides que celles qui précèdent une invasion). En sa, qualité d'économiste 2 M. Turgot
envisageait nos
avec les colonies plus onéreux
rapports,
en conséquence il était d'avis que profitables;
nant la libertéde faire le
qu'en leur donles nations, la France commerce avec toutes
serait entièrement dédommagée du sacrifice qu'elle ferait de l'exclusif de ses iles, par l'avantage du
avec le continent septentrional.
commerce
Sans chercher
causes ont été plus perfides que celles qui précèdent une invasion). En sa, qualité d'économiste 2 M. Turgot
envisageait nos
avec les colonies plus onéreux
rapports,
en conséquence il était d'avis que profitables;
nant la libertéde faire le
qu'en leur donles nations, la France commerce avec toutes
serait entièrement dédommagée du sacrifice qu'elle ferait de l'exclusif de ses iles, par l'avantage du
avec le continent septentrional.
commerce
Sans chercher --- Page 157 ---
la question de savoir si,à l'éà approfondir
étaient ou non
de 1776, les colonies
poque
ne vois dans le
onéreuses pour la France, 2 je
esprit de système
Mémoire de M.Turgot qu'un
Losenbnetmameseet
dontl'application.
Domingue, si on l'eût faite en 1788,lorsquion
avanmettre en doute lesimmenses
ne pouvait
Alors, la COtages que la France en retirait.
avait
lonie était.i française, alors.la métropole
relations commerciales exclusives une
pour ses
dans les rapports de goût,
garantic certaine'
d'amitié et d'intérêt, qui lientles pemplesd'une
Iln'eit point été question d'une
même origine.
et d'ailleurs impossible,
indépendance absolue, occasion de le démoncomme j'aurai bientôt réconnaissance d'un
trer; il n'eât fallu qu'une
du
droit légitime et tout à-la-fois politique,
colonies de statuer sur leur régime
droit aux
intérieur.
de
Voilà ce. que voulaient les propriétaires
Saint-Domingue, les plus intéressés au repos
de leur pays, et ce qu'ils considéraient comme
de la France. Une secte enlié à la prospérité
les accuse encore aunemie les a traversés, on
et
d'avoir été les auteurs des troubles
jourd'hui insurrections dont ils sont les victimes 9
des
mentent à leur conscience
mais ces accusateurs --- Page 158 ---
puisqu'ils se font les
licenciement
apologistes du projet de
la
général proposé par un
république d'Haiti (r).
envoyéde
Est-ce parce que le mal est fait
avoir recours à ce
qu'il faut
remède? et doit-il être employé sur la foi de ces docteurs
sans cesse les intérêts
qui préchent
Ont-ils jamais
morauadela révolution P
distingué les
constitutions
tempéramens, les
physiques et morales? Ici, sans
égard au climat, aux
ils prétendent
meeurs, aux habitudes,
tout soumettre à leur
l'expérierce n'est rien
niveau;
rigibles. Il faut
pour eux, ils sont incorment
donc démontrer que le licenciegénéral aurait
traire, mais
non-seulement un effetconqu'il serait
funeste pour la France, encoreiréocablement si le
doptait. Il y a plus : je regarde gouvernement la
l'acomme un
proposition
la
piège 7 attendu que, soit le chef de
république haîtienne, soit le prétendu roi.
d'Hatiti, sont tellement
lation qu'ils
dépendans de la popugouvernent, qu'il n'est pas en leur
(1)11 est à
d'hui
remarquer que les hommes qui préchent
Tindépendance de Saint-Domingue
aujourcoopéré aux désastres de cette colonie. ont, pourl la plupart,
Ils
amour-propre, un système qu'ils ont
embeassent, par
grands planteurs, pour le plus grand autrefois supposé aux
cipes révolntionnaires.
triomphe de leurs prin-
dépendans de la popugouvernent, qu'il n'est pas en leur
(1)11 est à
d'hui
remarquer que les hommes qui préchent
Tindépendance de Saint-Domingue
aujourcoopéré aux désastres de cette colonie. ont, pourl la plupart,
Ils
amour-propre, un système qu'ils ont
embeassent, par
grands planteurs, pour le plus grand autrefois supposé aux
cipes révolntionnaires.
triomphe de leurs prin- --- Page 159 ---
de faire un traité de cette nature. La
ponvoir délibération sur un pareil sujet metmoindre
et la méfiance de
trait leur autorité en péril,
même
subordonnés deviendraitàl l'instant
leurs
tres-dangereuse pour eux.
acpopulation
Les élémens quicomposentla divisent en deux
tuelle de Saint-Domingue se
qui est la plus nombreuse,
classes. Lapremière, africaines, dont l'état
comprend ces hordes
parla doud'incivilisation étaitautrefois mitigé
vingt-huit années de trouceur de la scrvitude;
de licence, n'ont pu
bles, d'insurrections et
vers la barbarie.
que la faire rétrograder les hommes de couLa seconde comprend
beaucoup
leur descendans d'Africains, qui,
moins nombreux, sont forcés 2 pour maintenir
d'employer des nègres, leurs enT'équilibre,
nemis naturels. des blancs dont la résidence
Je ne parle pas
facileest tolérée dans le pays ; on les compte
ment.
despotique du faLà, c'est le gouvernement
rouche Christophe.
anarchi-démoIci, c'est une administration
sous la présidence de Boyer, succescratique,
seur de Péthion.
sont
la nature
comme ici, les chefs
7 par
1 Là, --- Page 160 ---
des choses, dans la
vernés ou administrés. dépendance de leurs gouPar-tout les bandes africaines
qu'à un pouvoir magique
n'obéissent
révolte.
sans cesse, menacé de
Les villes principales,
dies, présentent
ravagées par les incenlion ; quelques toujours l'image de la destrucles maisons
mauvaises cabanes remplacent
qui les ornaient. Les
trefois si riches de cultures,
plaines 2 aucouvertes de halliers, de bois sont maintenant
anciennes plantations
qui couvrent les
vre les débris des
; à peine loeil y découqui servaient à leur bâtimens, moulins et usines
magnifiquement
exploitation! Les routes,
tion dcs
percées pour la communicaquartiers, ont disparu ; on ne
que par des sentiers
voyage
byrinthes. Tel est l'état pratiqués en forme de laactuel de cette
qui sera dans peu le tombeau des
colonie,
couleur. D'un côté,
hommes de
troupes contre la
Christophe a dirigé ses
république
ont envahi les
haîtienne; ; elles
montagnes qui couronnent le
Port-au-Prince, et Boyer, le chef de cette république,se trouve dans un
d'un autre côté, le nègre dangerimminent;
dard de la révolte
Goman a levé l'étendésole les
dans la partie du Sud, et
quartiers qu'il occupe. Sa position
des
colonie,
couleur. D'un côté,
hommes de
troupes contre la
Christophe a dirigé ses
république
ont envahi les
haîtienne; ; elles
montagnes qui couronnent le
Port-au-Prince, et Boyer, le chef de cette république,se trouve dans un
d'un autre côté, le nègre dangerimminent;
dard de la révolte
Goman a levé l'étendésole les
dans la partie du Sud, et
quartiers qu'il occupe. Sa position --- Page 161 ---
Christophe etrend celle de Boyerd'aufavorise
se trouve placé
tant plus embarrassante 1 qu'il
deux ennemis féroces; enfin, lirruption
entre
roi d'Haiti n'est point
des masses du prétendu
doit reaccidentelle, c'est l'effet d'un plan qui
les hommes de
cevoirtôt ou tard son exécution,
réitérés
couleur succomberont sous les efforts
aujourd'hui ide Saint-Dodes Africains, quifont
nouvelle Guinée; ils en ont le presmingue une
la proposisentiment, et voilà ce, qui explique
de traiter de Tindépendance de la répution
haîtienne avec des chefs qui éprouvent
blique
qu'ils paieraient
le besoin d'une protection
bientôt d'ingratitude. donc lissue de cette nouvelle
Quelle que soit
moins désolé les quarguerre, elle n'aura pas
l'incendie
tiers qui en auront été le théâtre;
dévoré le peu d'établissemens récréés avec
aura
auront disparu avec les
lenteur, et les cultures
cultivateurs.
les bandes de ChristoCeux-ci vont grossir
les contenir, parcé
phe, qui ne pourra plus
donner
qu'ils préféreront se former en tribus,
b
de leur nation, ct vivre erà chacune un chef
dans les dérans dans les montagnes', comme
serts de l'Afrique.
si l'on
Telle sera la fin de Saint - Domingue,
les
ne se hâte de prendre un parti qui préserve --- Page 162 ---
autres colonies dans T'archipel
qui, dans tous les cas, ne doit mexicain, et
pas être celui de
F'indépendance de la république haitienne
comme le conseillent M. Rouzaud
Pour' dernière
et consorts.
observation sur la
sa brochure qui traite de la
partie de
des nègres, et qui persiste paresse naturelle
licenciement
néanmoins dans le
général, je demanderai si ces élémens de population offrent une
pareil traité ? Certes, des
garantie d'un
més à la destruction
Africains accoutuet à tous les
ne seront jamais
désordres,
disposés à des relations de
commerce et d'amitié : Et,
pour eux l'intérêt de cette d'ailleurs, où est
n'ont pas les goûts des
reconnaissance? Ils
tudes, ni leurs besoins Européens , leurs habi-
! Ils n'éprouvent qu'un
sentiment, celui de la licence dans
ils peuvent exister sans travail.
un pays où
Al'égard des hommes de couleur, il
conviens, des motifsquiles
ya,j'en
cher des blancs,
portentà se rapprosans eux ils n'existeraient
Mais comme ils participent du
pas.
et comme, à quelques
sang africain,
les inclinations
exceptions près, 2 ils ont
de cette caste, il est prudent
se méfier de leurs
de
considère
propositions, 9 sur-tout sil'on
la circonstance qui porte à une
reille insinuation. 11 en est sans doute de très- paeslimables, etmon ineantioneatpandolirmaer
'en
cher des blancs,
portentà se rapprosans eux ils n'existeraient
Mais comme ils participent du
pas.
et comme, à quelques
sang africain,
les inclinations
exceptions près, 2 ils ont
de cette caste, il est prudent
se méfier de leurs
de
considère
propositions, 9 sur-tout sil'on
la circonstance qui porte à une
reille insinuation. 11 en est sans doute de très- paeslimables, etmon ineantioneatpandolirmaer --- Page 163 ---
la masse de leur population, je veux seulement
faire connaître que, soutenus par des élémens
révolutionnaires, , imprégnés de ce virus qu'ils
aux nègres, il n'est pas en
ont communiqué
leur ponvoir de garantir l'exécution du projet
insidieusement proposé pour leur indépendance.
Il y.a plus : l'auteur de la proposition, en annonçant que cette indépendance avait étésecrètement reconnue par! l'Angleterre, ne s'est pas
qu'il tombait en contradiction avec luiaperçu
franmême, en conseillant au gouvernement
çais de traiter de son côté avec la république
d'Haiti. Comment n'a-t-il pas réfléchi qu'il plaçaitla Francedans une fausse position, et qu'un
arrangement deviendrait le signal de
pareil
nouvelles hostilités ?
En adoptant une pareille mesure, la France
éprouverait bientôt le regret d'un traité qui
évidemment les intérêts du
compromettrait
commerce anglais.
Que si l'on étendait cette mesure aux autres
colonies qui nous restent, est-il certain qu'elles
jouiraient sans commotions et sans troubles de
ce nouvel ordre de'choses? Cela n'eût pas fait
de question avant la révolution de Saint - Domingue 7 mais les tems ont changé, les circonstances ne sont plus les mêmes, T'exemple est --- Page 164 ---
l'existence
donné, et ce serait compromettre
à
des autres colonies que de les abandonner
elles-mèmes dans le moment où elles ont le
plus besoin de protection contre la contagion
menace toutes les Andont Saint - Domingue
tilles.
que cette mesure
Il est donc incontestable
profiterait aux classes les plus nombreuses, qui
les
et dès l'instant que ces consont
Africains;
desblancs,
trées ne eruiplesteiaistedeope colonies. Elles seront
la France n'aura plus de
àla mercidesnègres, qui ne sont pas, quoi qu'on
de véritables Français, puisqu'ils n'ont
dise,
France. Déjà, et à plusieurs
pas même vu la
insurrectionnels s'y
reprises, des mouvemens
le lienciement général y prosont manifestés,
concourrait à leur
duirait la révolte et tout
faire éprouver le sort de Saint-Domingue:
n'est pas uniforme surle réMais l'opinion
et ccla n'est
gime à appliquer à nos colonics,
leurs
étonnant; les uns en parlent selon
pas
les autres, animés,
vues d'intérêt personnel, sentimens louables
j'en suis convaincu, par des
les
désirent qu'on leur applique
en eux-mémes,
C'est, en vérité,
bienfaits de notre constitution.
de part el d'autre pousser trop loinla sollicitude
contrées ; l'esprit de système leur a
pour ces
serait conscience d'y reété si funeste, que CC
appliquer à nos colonics,
leurs
étonnant; les uns en parlent selon
pas
les autres, animés,
vues d'intérêt personnel, sentimens louables
j'en suis convaincu, par des
les
désirent qu'on leur applique
en eux-mémes,
C'est, en vérité,
bienfaits de notre constitution.
de part el d'autre pousser trop loinla sollicitude
contrées ; l'esprit de système leur a
pour ces
serait conscience d'y reété si funeste, que CC --- Page 165 ---
N'avons-nous pas la charte, qui porte
noncer.
textuellement quel les colonies seront régies par
Comment se fait-il que
des lois particulièeres?
deshommes dont ledevoir restd'empécherqion
s'en écarte, de rappeler sans cesse àson excne
soient les premiers à en demander la
cution, violation ? Et si cet article de la charte n'existait
les colonies, n'avons - nous pas
pas pour de l'instabilité des mesures 16T'expérience
gislatives qui ont achevé à Saint - Domingue
préparé par la secte dont
le bouleversement
j'ai fait connaître les travaux? ?
Iln'y a qu'un moyen de préserver nos colonies encore paisibles, c'est de commencer par
Saint-Domingue, oà, je le répète, les nègres
vont devenir ce qu'ils étaient en Afrique. Si
donc l'on ne se hâte d'aller les délivrer de leurs
fureurs, ce pays autrefois si florissant,
propres
n'offrira bientôt plus que le
si hospitalier,
coutumes barbares de la
tableau hideux des
Guinée.
Les derniers événemens donnent la mesure
de ceux qui doivent les suivre, c'est une guerre
à mort entre les noirs et les mulâtres. Avec le
triompheront et alors Sainttems, , les premiers
de resDomingue, sans culture 7 n'offrira plus
sourcesau commerce. Il ne faut pas se faireillu10 --- Page 166 ---
sion sur celui qui a existé jusqu'à présent, puisl'aveu même des apologistes de la réque, de haitienne, il est réduit à des exportapublique
Le débordement des
tions de peu de valeur.
hosbandes de Christophe, et l'indépendance les
tile de Goman, sont des fléaux pour tous
des la colonie qui se trouvent ou
quartiers
a donc pas de
abandonnés ou ravagés. Iln'y
à
il n'y a point à balancer entre
tems perdre,
de récupérer
cet état affreux et la perspective
l'ininsensiblement les avantages que réclame
Toutefois, il n'entre pas dans
dustrie française.
à
pour ramener ces hommes
ma pensée que,
leur propre sûl'état de dépendance qu'exige
de
reté, il faille leur opposer aucun moyen l'indestruction. Ces moyens ne sont pas dans
le désir
térêt de la métropole; en témoignant n'ouleurs propriétés, les colons
de recouvrer
et c'est aussi
blient pas qu'ils ont une patrie,
s'ocqu'ils voudraient qu'on
de sa prospérité
cupât.
obstacle mis en avant est l'imLe plus grand
et de ramener à la soupossibilité de réduire
accoutumés demission ces masses d'hommes
à la liberté. Hélas! on se trompe
puis long-tems
liberté n'est pas comprise
bien étrangement: : la
la licence, et
eux, ils la confondent avec
par
aussi
blient pas qu'ils ont une patrie,
s'ocqu'ils voudraient qu'on
de sa prospérité
cupât.
obstacle mis en avant est l'imLe plus grand
et de ramener à la soupossibilité de réduire
accoutumés demission ces masses d'hommes
à la liberté. Hélas! on se trompe
puis long-tems
liberté n'est pas comprise
bien étrangement: : la
la licence, et
eux, ils la confondent avec
par --- Page 167 ---
T'excès de leurs maux les a pénétrés de la nécessité du retour.des blancs. Ils soupirent après
leurs anciens maitres, tandis que ceux-ci, toujours accablés de préventions, gémissent dans
l'infortune la plus cruëlle.
Opposera - t - on sans cesse la nécessité des
circonstances à T'empire desquelles il faut se
soumettre ? Ce faux-fuyant est commode pour
veulent distraire l'attention sur l'avanceux qui
tage de la possession de Saint -Domingue, qui
ne considèrent la France que. sous le rapport
agricole, sans jeter les yeux sur sa position topographique, sur l'étendue de ses côtes; sur
l'industrie de ses habitans.
Consultez les principaux négocians des villes
maritimes, consultez les colons propriétaires
qui ont survécu à leurs malheurs ; jusqu'à présent ils ont été écartés, et les questions les plus
importantes pour eux ont été résolues par ceux
que domine l'esprit de parti ou qui sont guidés
N'abjurera-t-on japar un intérêt particulier.
mais ces préventions contre les colons, et peuton croire qu'ils ne sont pas disposés à des sacrifices, à des concessions que le tems a rendus
nécessaires ? Par quelle fatalité, les ennemis de
tout système colonial, ct, par conséquent, de
la prospérité de la France, sont-ils exclusivement entendus sur des matières aussi impor- --- Page 168 ---
quelles sont les intentions du
tantes ? J'ignore
bruits
FISAL
squicireulent,ilipafauts s'eni rapporterauxi
le chef de la réraitrait disposé à traiter avec
d'Haiti; on.assure même que des enpublique
ont eu déjà des comvoyés de cette république
m'a rendu
munications à ce sujet. Le malheur
pas foi à cette nouvelle,
défiant, et je n'ajoute
raison d'y
quoiqu'il y aurait peut-être quelque
le gouvernement
croire. Je sais qu'en principes
le droit de faire tous traités, toutes convena
nécessaires à la sûreté de TEtat,
tions qu'iljuge
mais je suis convaincu
au bonheur de ses sujets,
traité qui ratifierait l'indépendance
qu'un
J'ai
d'Haiti serait plus nuisible qu'avantageux:
connaitre dans le cours de cet ouvrage
fait
de la
d'obtenir aucune garantie
T'impossibilité
à la France ; j'ai
part de ces chefs étrangers
caractère, leur position, il mesemble
tracéleur
d'après cela que la dignité du gouvernement la
essentiellement compromise, - si sur
serait
hommes intéressés ou salariés,
foi de certains
exécution.
traité dc cette nature recevait son
un
d'ailleurs, nos autres colonies, et
Il perdrait,
les intérêts du comcompromettrait également
merce français.
nouvelle prend de la conCependant, cette
des indemsistance, à cause de la stipulation
caractère, leur position, il mesemble
tracéleur
d'après cela que la dignité du gouvernement la
essentiellement compromise, - si sur
serait
hommes intéressés ou salariés,
foi de certains
exécution.
traité dc cette nature recevait son
un
d'ailleurs, nos autres colonies, et
Il perdrait,
les intérêts du comcompromettrait également
merce français.
nouvelle prend de la conCependant, cette
des indemsistance, à cause de la stipulation --- Page 169 ---
nités à accorder aux propriétaires dépossessionnés.
années! De
Un vingtième payable en vingt
quelle époque partira-t-on pour fixer l'évaluation ? Est-ce à dater de la signature du traité?
serait une dérision puisqu'on sait que dans
ce les colonies les terres n'ont de valeur que par
les bras! Au surplus, une pareille transaction
se faire sans T'intervention et le conne peut
; tel est le droit
sentement des propriétaires
le
n'intervertira
commun que
gouvernement
point en faveur des indépendans révoltés que
rend
de
l'état de Saint - Domingue
incapables
donner aucune sûreté.
Espérons donc que toutes propositions contraires aux vrais intérêts de la France seront
écartées; espérons que deshommes d'état, dépouillés de tout intérêt personnel, et mus par
noble ambition, feront adopter des meune
à concilier tous les partis; c'est
sures propres
Ics
ainsi qu'ils répondront au voeu que toutes
villes de commerce maritime ont récemment
exprimés relativement à la reprise de possession
deSaint-Dominguedifficultés,
Je ne dissimule point quelques
mais je pense qu'on les a toujours beaucoup
exagérées. Je n'ai pas non plus la prétention de --- Page 170 ---
au
les moyens
vouloir indiquer gouvernement
doit employer, je dis qu'il est nécessaire
qu'il
sous
et urgent de faire rentrer Saint-Domingue
française. Cependant j'épuiserai
la domination
colonie, etje comtoutes mes données sur cette
du
pléterai mes observations par Texpression
désir de les avoir rendues palpables pour tout
homme d'état.
qui ont conOn a écouté dcs hommes sages
mission
: on sait mainseillé une
préparatoire
tenant à quoi s'en tenir. Christophe, ce prétendu
n'offrait pas même la garantie de
roi d Haiti,
ils n'ont pas dû
l'existence aux conciliateurs ;
le
des
de paix. Admis par
lui porter
paroles haitienne, ils n'ont pu
chef de la république
à
faire entendre le langage de la persuasion
pourtant
ces hommes de couleur représentés
de vrais Français et doués du sentiment
comme
et de l'amour filial: On
naturel de la paternité
pareils moyens.
ne peut plus recouriràder
refusent
Mais sont-ils donc Français ceux qui
leur souverain légitime. , de se
de reconnaitre
Non,
soumettre aux lois dela commune patrie?
de couleur, en faisant proposer aules hommes
,ne
jourd'hui de reconnaitre leur indépendance,
de bonne foi, ils ont une arrière-pensont pas
Tirruption qui les presse
sée: ils avaient préva
On
naturel de la paternité
pareils moyens.
ne peut plus recouriràder
refusent
Mais sont-ils donc Français ceux qui
leur souverain légitime. , de se
de reconnaitre
Non,
soumettre aux lois dela commune patrie?
de couleur, en faisant proposer aules hommes
,ne
jourd'hui de reconnaitre leur indépendance,
de bonne foi, ils ont une arrière-pensont pas
Tirruption qui les presse
sée: ils avaient préva --- Page 171 ---
de tous côtés, ils savent que tôt ou tard ils succomberont sous le poids des masses dirigées
Christophe, qui n'a de Plumapar le féroce
c'est le motif qui les ferait
nité que la face, et
consentir à un traité avec la France, pouravoir
auxiliaire dontils se débarrasseraient après
une
J'avoir fait servir à leur triomphe.
Si les hommes de couleur étaient vraiment
de l'amour de la patrie qu'ils font inpénéhrés
dans leur invoquer ; ils ne persisteraient pas
dépendance. Confians dans la bonté paternelle
du Roi, dans la sincérité des blancs éprouvés
et
de
ans
trente
d'infortunes,
dépouillés
par
préjugés,ils se soumettraient au gouvernement
Leur pergévérance, au consans conditions.
traire, atteste leur rébellion, leur ingratitude,
elle attirera un jour sur eux le châtiment réservé aux parricides. France cette alternative si
Ily a donc pour la
bien démontrée par M.le comte de Bruges, 2 dans
livraison du Conservateur.
la vingt-troisième
africain avec les con-
(C Ou le gouvernement
noire, le
inhérentes à la race
> séquences qui, fléau de toute les nations, ou l'é-
> rendront le
d'un ordre assez fort pour pro-
> tablissement
forcer lcs
au tra-
> téger les blancs et
nègres
> vail. > --- Page 172 ---
Cette opinion d'un homme sage et profondément instruit n'a pas moins été controversée
les partisans de ces doctrines qui boulepar
les Etats. La passion qui les dirige
versent tous
M. le comte de
leur a fait supposer, quoique
vouBruges se soit clairement expliqué, ( qu'il
l'ancien système de Tesclavage,
> lait rétablir
sévère, afin de mieux
> le rendre même plus
la domination des blancs. >
> asseoir
à l'auteur de T'article
Voilà ce qu'ils prêtent
lumineux sur l'état actuel des Antilles, et sur
leur est réservé. Ils se sont bien garle sort qui
de cet article fait
dés de citer les passages
citation leur
rassurer les Africains. Cette
pour donné la peine de les commenter, et
aurait
afin de mieux tromd'étendre leur controverse
la bonne foi des lecteurs.
per
la raison survit
B Quoi qu'il en soit, comme
à Ferreur et aux passions, on doit detoujours
guidé
meurer convaincu que le gouvernement,
motif, adoptera le parti que
par ce premier de la France entière.
réclame l'intérêt
et la naSi le commerce, les manufactures
les
sont reconnus pour être les sources
vigation
de la
des nations qui
plus constantes
prospérité élémens des
savent les cultiver, si ces premiers
de
sociétés renferment les germes inépuisables
comme
à Ferreur et aux passions, on doit detoujours
guidé
meurer convaincu que le gouvernement,
motif, adoptera le parti que
par ce premier de la France entière.
réclame l'intérêt
et la naSi le commerce, les manufactures
les
sont reconnus pour être les sources
vigation
de la
des nations qui
plus constantes
prospérité élémens des
savent les cultiver, si ces premiers
de
sociétés renferment les germes inépuisables --- Page 173 ---
l'industrie française, qui, plus que la France
français, peuvent et doivent préet le génic
qu'ils ont
tendre à cette première prospérité
déjà su en tirer?
disconyenir de
On ne peut donc aujourd'hui
cesdeux) propositions:
intérieure
La première, que la prospérité
action
Etat dépend de la mise en
de tout grand richesses de son sol, par les resde toutes les
de ses
de l'industrie
sorts les plus multipliés
habitans.
le déploiement de ses forLa seconde, que
meilleur
se trouve subordonné au
ces physiques
la science
emploi de ses moyens moraux, pour relatifs
a créé tous les arts
du commerce, qui
la
2 et que
manufactures et à navigation
aux
les colonies à sucre, dans
parmi les premières,
tems modernes, tiennent le premier rang;
nos
ramener ces établisainsi, nul doute que pour
et d'une insemens d'une si haute importance
surla
de tout
fluence sidirecte
prospéritéfuture
des
ils élaient
lc royanme, au point splendeuron
à Saint-Domingue, il ne faille emparvenus
de reconquérir cette colonie
ployer les moyens
bonheur
en adoptant un système approprié au
de toutes les classes.
créer des
Quelle est donc la nécessité d'aller --- Page 174 ---
colonies sur les côtes
tandis
d'Afrique sous la ligne ;
que nous avons à
les 18
Saint-Domingue, par
degrés de latitude septentrionale, des
positions que nous pouvons rendre, à peu de
frais, inexpugnables,
lorsqu'il est certain
nous verrons une foule de mécontens,
que
du despotisme de leurs
fatigués
nouveaux maitres,
se ranger sous la bannière d'un
venir
gouvernement
protecteur de leur existence.
Ausarple,conidéromse cette colonie comme
si elle n'avait jamais
appartenu à la France ;
supposons qu'elle lui est cédée en
d'autres possessions,
échange
rêt du
ne serait-il pas de l'intégouvernement de s'en emparer, plutôt
que d'essayer de nouveaux établissemens
Sénégal, où les avantages
au
que l'ons'en
ne peuvent compenser les ressources promet
duira
que proSaint-Domingue, , même dans l'état de
dépérissement où il se trouve?
Jc n'étendrai pas plus loin
il serait inconvenant de donner mesobservations; de la
à un projet d'expédition,
publicité
fais
quel qu'il soit; je ne
qu'indiquer ce qui est ntile et possible. Le
gouvernement doit protection aux colons, depuis si long-tems malheureux. Elle n'est
suppléée par cette aumône
point
2 improprement
ira
que proSaint-Domingue, , même dans l'état de
dépérissement où il se trouve?
Jc n'étendrai pas plus loin
il serait inconvenant de donner mesobservations; de la
à un projet d'expédition,
publicité
fais
quel qu'il soit; je ne
qu'indiquer ce qui est ntile et possible. Le
gouvernement doit protection aux colons, depuis si long-tems malheureux. Elle n'est
suppléée par cette aumône
point
2 improprement --- Page 175 ---
qualifiée secours; etl'alternative est trop cruelle
pour qu'ils ne demandent point à être fixés sur
leur sort. C'est à I'homme d'état placé près du
trônc à s'entourer des lumières de ceux dont
l'expérience peut éclairer; c'estàl lui qu'appartiennent les moyens d'exécution.
FIN. --- Page 176 --- --- Page 177 ---
des Livres de fonds qui se trouvent
Eatrait du Catalogue
rue Christine, n" 5.
chez PILLET ainé, imprimeur-lib,
sur les
1/Hermite de la Chaussée - d'Antin, on.Observations du 1ge
Moeurs et Usages des Parisiens au commencement
siècle; avec cette épigraphe: Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mcurs,
BonKAO, Art poétigue.
membre de P'Académie française. Cing de fleu- forts
Par volumesin-12, M. deJouy, ornés de dix charmantes gravures et 18 fr. 75c.
rons. Prix. . vol. in-8°.
: . 30 50 fr. fr.
Le même, cing
Papier vélin..
ou Observations sur les Meurs
Guillaume le Franc-Parleur,
du 19e siècle faisant
et usages Parisiens au commencement
et par le même
suite à FHermite de la Chausee-d'Antin, ornés de quatre jolies gravures, et
auteur. Deux vol. in-12,
: 7 fr. 50 C.
de fleurons. Prix. in-80, Prix.
. 12 fr.
Le même, 2 vol Guiane, ou Observationssur les Meurs franL'Hermite de la
du 19 siècle; faisant suite et à
au commencement de la Chaussce-dAntin et au Franc-Parleur,
FitCie
Trois vol.in-12, ornés dej jolies gravures
parle même auteur.
1I Tr. 25 C.
et de fleurons. Prix . Prix.
18 fr.
Le mème, 3 vol. in-89, Observations sur les Moeurs et
L'Hermite en Province, ou
du 190 siècle; faisant
Usages français au de commencement la Chausee-d'Antin. au Franc-Parleur,
suite à PHermite dela Guiane, et parles même auteur. J Deuxv.in-12, 5o.
alHermite
et de vignettes. Prix :
7fr.
orné de jolies deux gravures volumes in-8°. Prix. : .
12fr. o.
Le mème, volume se pend séparément. Ily en a de diverses
NOTA. Chague
relidres dans les deux formats.
et de l'Influence de sa doctrine sur les opi- la
De. Machiavel
et la
de la France, pendant
nions, les moeurs
politique Un vol. in-8°. Prix.. : : 5f fr.
révolution, par M. Mazères. Française, ou Précis de l"Histoire de
Essai sur la Monarchie le
des arts et des sciences,
France, considérée sous rapport des différens peuples quil'ont
des mceurs, usages et institutions des Gaules jusqu'au règne de Louis
habitée, depuis Torigine Notice sur les Grands Capitainesqui se sont
XV; suivi d'une Henri-le-Grand; ; F. Rouilion-Petil, vol.
distingués depuis de philosophie et de ELA,tr Un fort 31 fr.
ex-professeur
n-12. Prix.
l"Histoire de
Essai sur la Monarchie le
des arts et des sciences,
France, considérée sous rapport des différens peuples quil'ont
des mceurs, usages et institutions des Gaules jusqu'au règne de Louis
habitée, depuis Torigine Notice sur les Grands Capitainesqui se sont
XV; suivi d'une Henri-le-Grand; ; F. Rouilion-Petil, vol.
distingués depuis de philosophie et de ELA,tr Un fort 31 fr.
ex-professeur
n-12. Prix. --- Page 178 ---
Histoire de la Convention nationale de
d'un Coup-d'eils surl les Assemblées France,
et de Notices historiques surles constituante accompaenée et législative,
quables qui ont liguréa celte per-onnages de la les plas remarÇaise. Deux Par R.J. Durdent, auleur époque de
révolution franvol. in-12. Prix. . :
l'Hlisloire de Louis XVI
Histoire de l'Ambassade dans le
: 5 fr.
1812;, par M. de Pradt,
grand-duché de
de Varsovie en
bassadeur à Varsovie. Huitième archevéque Malines. alers amPrix. .
édition, revue et corrigée.
Histoire de LoUIs XVI, roidel
4fr.5 50 C.
aux jeunes Français. Par R.J.I France et de Navarre. Dédiée
un Jac siaile. Prix .
Durdent. Unvol. in-80, avec
Jeanne d'Arc, ou Coup-d'eil sur les
6'fr.
au tems de Charles VIet de Charles révolutions de France,
pucelle d'Orléans: : par M.
VII, et sur-tout de la
raire exact des" expéditions Bernat-Saint-Prie de
Avec un itinédeux cartes du théàtre de la guerre, Jeanne d'Arc, son portrait,
catives, et des docuinens inédils qui plusienrs pièces justifisurl'histoire de cette célebrel héroine. Un jettent vol. in un grand
Le Guide des Eponx et des
80? Prix eet fr.
heureux en mariage dans toutes Eponses, les ou des Moyens d'être
l'on indique les causes qui
classes de la société; ou
amènent et entretiennent produisent la
les mauvaises unions ,
sordre dans les ménages; où l'on discorde, le Ironble et le démoyens de bien assortir les époux et présente les en même terns les
fideles; les
de les préser ver et
de la épouses ; de les rendre
faire jouir de la paix et du guérir bonheur dans jalousie. le etc., et de
vrage utile, non-seulement aux
mariage. Ouanciennement à tous les mariées, mais encore personnes aux. nouvellement et
M. Léopold, jeunes gens d'age 5 contracter veufs, le veuves, et
Ménoires
ancien avocat. Uny vol. in-12. Prix. mariage. I fr. 50 Par C.
bois,, premier Secrets Ministre et Correspondance inédite du cardinal Durecueillis, mis en ordre, sous et la régence du duc d'Orléans,
d'Utrecht, et de diverses notices augmentés d'un précis de la paix
Sevelinges. Deux vol. in-80, papier historiques, fin.
par M. L. de
Papier vélin. . . :
12 fr.
(Euvres complètes de J. La Fontaine :
20 fr.
notice sur sa vie, avec les notes les précédées plus d'une nouvelle
commentatenrs, et quelques observations remarquables des
Denx plus complete volumes que toutes celles qui ont paru nouvelles. Edition
Fonlaine, in-80, ornés de
d'un jusqu'a ce jonr.
d'un fuc simile de SO1: gramures, portrait de La
représentant la maison du célèbre éeriture, à et unesignette
telle qu'elle existait encore en 1814. fabuliste, Chateau-Thierry,
Papier vélin .
Prixpapie fin.fr. 15fr.
30 fr.
rs, et quelques observations remarquables des
Denx plus complete volumes que toutes celles qui ont paru nouvelles. Edition
Fonlaine, in-80, ornés de
d'un jusqu'a ce jonr.
d'un fuc simile de SO1: gramures, portrait de La
représentant la maison du célèbre éeriture, à et unesignette
telle qu'elle existait encore en 1814. fabuliste, Chateau-Thierry,
Papier vélin .
Prixpapie fin.fr. 15fr.
30 fr. --- Page 179 ---
depuis l'origine de la nationjusqu'a
Vie privée des Français,
Nouvelle édition, avec
nos jours; corrections par Legrand-TAussy. et additions ; parJ.B B. B. de Roquedes notes,
16 francs.
fort. Trois vol.in-8".Prix servir à Phistoire de la révolution de Saint- de
Hémoires pour M, le Neutenant-général Pamphile del'ile
Domingue: Lacroix. R.EL vol. in-8°, ornés d'unecarte Prix 15 générale Ir. pour Paris et
et d'un plan de la Crête-a-Pierrot.
18 fr. franc de port. des contribuables de la règie des imposiLe Nenuel-guide ou Recueil des lois, décrets, ordonnances, 2
tions indirectes,
relatifs à ladite légie depuis sa
décisions et réglemens 30 juin 1818 ; avec les tarifs des droits
création jusqu'au
de vente en détail,du droit géuéde eircolition.drentreny les mudèles de registres, et insral de consommation;
classe de contribuables. Par
tructions nécessaires à à chaque cheval. Un volume in-8° de
M.Jaccaz, ex-commis
Woas
en caractère petit-romain.
de 800 pages, , impriné Paris, et 10 fe.
poste.
7 fr. 50 c. pour
, duc d'Elchingen, parla prince de la Mosyie du maréchal Ney le récit de toutes ses campagnes en
kowa; comprenant Autriche, en Prusse, en Espagne, en Portugal,
Suisse, en
vie
Phistoire de son procès, etun
en Russie, etc.; d'anecdotes sa privée, inédites; suivie de piècesj justifigrand nombre
du maréchal et d'un fac simile
catives, ornée du portrait Seconde édition. Un fort vol. in-8".
de son écriture.
Prix. 6 francs. de la presse, ou Analyse des discussions
Manuel de la liberté les trois lois relatives à la presse et aux
législatives sur écrits
; précédé d'un discours
journaux et
périodiques; Essai historique sur l'état Et la
liminaire contenant France avant un les lois actuelles , avec le texte des
presse ordonnauces en
et réglemens qui forment le code Dédié com- à
lois,
de F'imprimerie et de la librairie.
pletdel la presse,
Ouvrage indispensable aux inagisM.le gardedes-soeaux. avocats, età tous les ofliciers de police
trats, jurés,
fr. pour. Paris et
t
ciaire. Un fort volume in-12. Prix,3
75 c. par la poste.
Recueil de notes curieuses 'sur la
Carnet d'un Foyageur, ou les habitudes de Buonaparte à Longvie, les occupations,
habitans de Ssinte-Helène, ,la
wood; sur les priucipaux de cette ile, etc.; prise sur les
description pittoresque mois de 1818. Avec trois vues coJieux dans les derniers la nouvelle mnaison de Buonaloriées del l'ancienne et de nature. Un vol. in-80. Prix 5fr.
parte, dessinées Paris, d'après et'4 fr. 25 c. parla poste.
75c. pour
ou les habitudes de Buonaparte à Longvie, les occupations,
habitans de Ssinte-Helène, ,la
wood; sur les priucipaux de cette ile, etc.; prise sur les
description pittoresque mois de 1818. Avec trois vues coJieux dans les derniers la nouvelle mnaison de Buonaloriées del l'ancienne et de nature. Un vol. in-80. Prix 5fr.
parte, dessinées Paris, d'après et'4 fr. 25 c. parla poste.
75c. pour --- Page 180 ---
07-136
Le Bonhomme, ou Observations sur les Moeurs et
parisiens, par M. de Rougeinont. Suite du
usages
vol. in-12, orné de deux jolies
Rodeur. Un
exéeutées par les premiers artistes. gravures Prix, 5f et devignettes
fr.50 C. pitrila poste. Le même, un volume fr.75 in-80 c.,et 4
6fr.et 7 fr. 50 c. Idem, papier véliu 12 fr.
: prix
Description générale de la Chine,
nioires de la mission de Pékin. rédigée d'après les méla description topogmaphique des Ouvrage qui contient : 1°
composent cet Empire, celle de
provinces qui
des
états
des
HE
divers
tributaires
Tartarie, iles et
de ses villes, letableau de sa qui en dépendents le nombre
de son1 histoire naturelle, rassemblés population, etles trois règnes
première fois avec quelque
et donnés pour la
les conuaissançes acquises étendue; et
2l'exposé de toutes
rope sur le gouvernement, la parvenues jusqu'iei en Eules sciences et les arts des Chinois. religion > les lois,les mceurs,
revue et considérablement
Troisième édition,
sier , conservateur de la augnientée. Par M. l'abbéGrodu Roi, ,al'Arseual.
bibliotheque de MONSTEUR, frère
tre voluines in-8°. Prix Première de et deuxième livraisous. Quacripteurs, 5fr. pour Paris, chaque volume, , pour les sousvrage formera sept voluines ,et6fr.50 in-8°, C. La par la puste. L'ouen octobre 1819.
dernièr paraitra
Histoire létat actuel des révolutions de
de Norwège, suivie du
ce pays et de ses
tableau la
de
parJ. P. L. Cattesu-Calleville, rapports avec Suéde;
mnembre de l'académie des sciences chev.de et de TEloile-Polaire,
belles-lettres de Stockholn, , etc.Autrardu l'acudémie des
mer Baltique, de IHistoire
Tableau de Ja
ctc. Deux vol.in-8° avec une deCarisuine, carte. Prix reine de Suede,
et 15 fr. par la poste.
12 fr. pour Paris,
Histoire de resclauvage en Afrique
ans)de P.J. Dumnont , natifde (pendant trente-quatre
pice royal des
Paris, , maiutenant; à T'hosrations, parJ. Incurables; S. Quesné. Un rédigée volume sur ses propres déclaportraits de Dumont, et d'un fac simile in-80 de omné de deux
Prix, fr.
son écriture. --- Page 181 --- --- Page 182 --- --- Page 183 ---
E819
cutwp --- Page 184 ---