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3lobt Caurter Srolon
Library
Sironn Ilninersity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
[48]
il fait fa demeure P On doit fe convaincre 2 paf
Ic défaveu du Sieur Lair &c par les dépofigoifes de Z
tions de Mes. de la Grand-Maifon & Breffat,
Ze nesf M
que c'eft à la méchanceté feulc de ce Procureur
SENTOUT.
que ce cruel procès doit la naiffance. On a
encore V1I cette vérité dans un mauvais mémoire prétendu juftificatif, qu'il a fait impriRegifrd
mer deux mois après le jugement du procès
Confel Su,
c'eft-à-dire, lorfqu'il m'a cri abattu, & hors >
rant le P;
d'état de défenfe Il étoit inutile fans doute, 9
qu'il nous vantât fes prodiges de valeur dès
felon fa f
l'âge de Il ans: on voit bien par les danpar-tour C
gers qu'il affronte, qu'il ne s'eft pas démenti
envoyées de
dans l'âge mûr...
Mais qu'a de commun la
pour y étr
bombe avec Ce que je dide, difoit Charles
chées ; enj
XII à fon Secrétaire? ?.
Voilà toute ma
Roi dy te
réponfe aut mémoire prétendu juftificatif (1)
fuivane I
de Me. Leroy.
Signé, DE MARSAN.
(r) Je dis prétendu jinflifcatif, parceque ce
FAIT
n'sf pas ainf qu'on purge une dénonciation ac>
milfepe cei
cucillie par le Minifere public.
Lu, 6 permis d'imprimer, GIL Port-au-Prince,
le 15 doit 178g.
Signe, DE MARBOIS.
C à
An Pert-en-prince, de lImprimeris ce MOrARD, Segtembra 1;8),
/ P 0 R T.A U- P R I N C E,
Chex BouaboN, Imprimsur du Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domirgue, --- Page 5 ---
P R ÉCIS
POUR LE SIEUR MALLET;
CONTRE
LE SIEUR BERLIC
WE --- Page 6 ---
d
Ze
huy
SENTO.
Regi
Confs't
rant le
felon /
par-tou
envoyée.
pour y
chées ;
Roi
dy
-
fuivane
FAI
milfep.
PINTEETIY A a
1 e 3
U P R T- A U-P R I N C E,
Cier Bosasos, Imprimeur du Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domingue. --- Page 7 ---
NEY zies
sooiowineoswnoouosuoiom € -
P R E CIS
POUR le Sieur MALLET, Habitant dans La
dépendance de Jirimie, all Cap Dame-Marie;
CONTRE le Sieur BERLIC, Habitant
ail Cap
Dame-Maric. * Xb 4 A #i a *
N donnant à fa caufede La
publicitipar P'imprefion 9 le Sieur
Berlic a fait connoitre Torigine d'un trafic honteux auquel les
cerres de cctte colonie ont été long-temps livrées par lcs efforts
l'une ambitieufe avarice, principe de lincertitude & de l'inftabiliné des propriétés te:ritoriales à Saint-Domingue : il a mis
au grand jour les abus monstrueux que fe font permis dans
les quartiers dloignés, ceux à qui leur état civil donnoi afez
d'accès auprès du Gouvernemen: pour en folliciter les faveurs
avec fruit, ou qui, par leurs intrigues baffes & intérefTécs,
auprès des focrétaires du cépartement des graces, étoient affurés de faire réuflir des demandes fouvent renouvelées fous
des noms imaginaires,
A
R
au grand jour les abus monstrueux que fe font permis dans
les quartiers dloignés, ceux à qui leur état civil donnoi afez
d'accès auprès du Gouvernemen: pour en folliciter les faveurs
avec fruit, ou qui, par leurs intrigues baffes & intérefTécs,
auprès des focrétaires du cépartement des graces, étoient affurés de faire réuflir des demandes fouvent renouvelées fous
des noms imaginaires,
A
R --- Page 8 ---
l2 I
Mais le dévclorpement de ces anciens difordres, qu'on
vu fe renouvcler avec icandale dans des temps encore près d
d
nous 2 est une des armes avcc lefquelles le Sieur Berlic fer:
combattu.
TRA
SENTO.
On prouvera que la ccflion qui lui a été faite par le Sieu
de Spechbach est une fuite de CeS négociations auffi nuifible
à T'accroiffement de cette colonie qu'elles font criminelles,
Regi
On prouvera que jamais le Siewr Tiraces, prétendu conConfet
c.flionnaire $ n'a existé dans cette colonie , que c'est ur
de ces êtres de raifon fous le nom defquels la Sieur de Spcch
rant le
Lach, alors commandant à Jérémic,s'est fait concéder plus de
felon /
4000 carreaux de terre, dont il a fait, fans pudeur 2 un comZoll
merce public dans fon quartier par des cclfions auffi fraudu
2e
parlerfes, que les conceffions qui en faifoient l'objet étoient clanenvayée.
destines.
pour y
On prouvera que le Sieur Mallet est acquéreur de bonne
chées ;
foi d'un terrein régulièrcment concédé, valablement arpenté
& fuflifamment établi ; qu2 par conféquent, il ne peut être trou
Roi
d'y
Elé par le Sicur Berlic > porteur d'une conc.ffion furprife à la
fiuivane
vigilance de MM. les Administratcurs, accordée fous un nom
imaginaire au Sicur de Spechbach, qui l'a laiffée dans l'oubli
pendant près de vingt ans, fans culture, fans arpentage, &
FAI
qui en a fait h colfion quand il a vu que le terrein en avoit
milfep
été concédé & étoit cultivé par un autre.
F A H T So
Au mois de Mars 1787, le Sieur Mallet a acheté d'an Sieur
Pineau une habitetion Atuée au quartier de la Seringue, dépenT - I ACAN L
A U P
R T-A U- P R 1 N C E,
Cher Bouabox, Imprimeu: du Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domingue,
quand il a vu que le terrein en avoit
milfep
été concédé & étoit cultivé par un autre.
F A H T So
Au mois de Mars 1787, le Sieur Mallet a acheté d'an Sieur
Pineau une habitetion Atuée au quartier de la Seringue, dépenT - I ACAN L
A U P
R T-A U- P R 1 N C E,
Cher Bouabox, Imprimeu: du Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domingue, --- Page 9 --- dance de Jérémie, avec les établiffemens qai y étoient dis-lors;
confistans en des cafes à nègres & des plantarions, > dort l'acte
de vent: contient le détail.
Le Sieur Pineau étoit proprictaire de cette habitation par la
conceffion qui lui en avoit été accordéele II Février 1786,
& qu'il avoit fait arpenter de fiire, 211 mois d'Avril de la même
année. Et cott: concaffion n'a pas été acccrdée clandestinement,
car le certificat qui i'a précédé a été publié fx fois fans oppcfition : c'est ce que prouve le procès verbal de publication qui
est produir 2u procès,
Le Sieur Mallat, devenu propriétaire de ceterrein, dont il à
été mis en peffeflion rielle, a continué lcs établiffemens qui
avoient été commencés par le Sicu: Pineau fon vendsur; il a
planté des cafés en tres-grande quantité, & a fait des établiffemens confidérables.
Cest alors & pour la première fois, qu'on a tenté de faire
valoir une concoflion accordée 20 Sieur de Spechbach fous le
nom d'un Siaur Tiraces en 1770, dont on n'avoit jamais entendu parler, & don: celui qui en étoit porteur n'avoit fait
aucun ufage. Le Sieur Berlic, qui s'étcit fait céder des 1785,
par le Sieur de Spechbach la cencefiion accordée à ce prétendu
Sieur Tiraces, fic afligner le Sieur Mallet devart le Juge de
Jérémie pour lui faire défenfe de continuer d'abattre des bois
far T'habitation dont s'egit,
Cest toujours de cette manière que COS fortes de contestations
s'engagent j celui qui attaque, & qui prérend avoir des droits,
fe préfenre comme s'il étoit en rofefion & agit en propristaire.
Mais dans la circonstance, la Justice ne fera pas abufte par
cette conrenance affectée du Sieur Beilic. Il fera facile de dif
uge de
Jérémie pour lui faire défenfe de continuer d'abattre des bois
far T'habitation dont s'egit,
Cest toujours de cette manière que COS fortes de contestations
s'engagent j celui qui attaque, & qui prérend avoir des droits,
fe préfenre comme s'il étoit en rofefion & agit en propristaire.
Mais dans la circonstance, la Justice ne fera pas abufte par
cette conrenance affectée du Sieur Beilic. Il fera facile de dif --- Page 10 ---
tinguer qui di Sieur Mallet ou du Sieur Berlic étoit cn poffef
fion lors de la contestation. D'abord, le Sieur Mallet est pord
goifes
teur d'un acte de vente qui contient le détail des (tabliflemers
le nef
faits dès 1787, & d'un procès-verbal d'arpentage fait dès 1786,
SENTO
auquel le Sisur Berlic lui-méme a été fommé d'affister comme
propristaire d'un terrein limitrophe, appartenant ci-devant à
Zmermann.
Regi
Mais la Sicur Berlic ne peut produire qu'une ceffion fous
Confil
fignature privée, faite à fon profit par le Sicur de Spechbach
cu dos de la concefion, & il n'avoit alors aucun Procès-verrant le
bal d'arpentage : il produit à la vérité des receniemens, mais
felon /
il fra facile de faire voir quils ne s'appliquent point au terrein
en contestation ; d'ailleurs , dc femblables titres qu'on fe fait à
par-zou
foi- même ne peuvent pas établir une poffeffion réelle contre
envoyée.
un tiers.
pour y
Le Sieur Mallet, attaqué par le Sieur Berlic, penfant qu'on fe
chies;
plaignoit d'une anticipation de terrcin, & bien éloigné de croire
qu'on lui contesteroit la propriété de l'habiration entière quil
Roi dy
avoit achctée, fe hâta de faire fignifier fes titres de propriété
Juivane
au Sieur Berlic, & lui demanda la communication des fiens,
Sur le refus du Sieur Berlic que cette interpcllation judiciaire
embarraffoit, il intervint Sentence le 12 Janvier 1788, qui
FA
l'orconna,
milfep
Le Sieur Berlic ne pouvant pas fe décider à mettre au jour
les titres de fa propriété fans les expofer à un examen qui en
feroir connoitre toute la foibleffe il intervint Sentence par défaut qui le débouta de fa demande, & lui fit défenf: de trouWer le Sieur Mallet dans fa propriété & fa poffefion.
Enfin forcé de fe mettre à découvert ou de renonçer à fa
Ttz - -
/ P
R T- A U-P R I N C E,
Ciez Bouasox, Imprimeur da Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domingue,
propriété fans les expofer à un examen qui en
feroir connoitre toute la foibleffe il intervint Sentence par défaut qui le débouta de fa demande, & lui fit défenf: de trouWer le Sieur Mallet dans fa propriété & fa poffefion.
Enfin forcé de fe mettre à découvert ou de renonçer à fa
Ttz - -
/ P
R T- A U-P R I N C E,
Ciez Bouasox, Imprimeur da Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domingue, --- Page 11 ---
1sl
prétention , l Sizur Berlic a formé oppofition à cetta S:ntence,
& a fait connoitre ators une conceffion qui paroit avoir été
accordée au Sieur Tiraces en 1770, & la ceffion qui lui cn
a été faite par le Sicur de Spechbach le 2 Août 1785, ay
des de la conceffion même.
Muni de ces vrais chiffons, , il a dit:s Je fuis aux droits du
9> Sicur Tiraces, concetlionnaire depuis 1770. Lc Siour Mailer
>2 est aux droits du Sieur Pineau, conceflionnaire du même
5 terrein depuis 1786 fculement. Je dois être préféré au Sieur
39 Mallet : il faut qu'il m'abandonn:le terrein & les établiffc-
> mens qu'il a achetés & ceux quil a faits depuis 2 parceque
> je fuis plus ancien conceffionnaire 6, Et par la force dc cet
axiome conccfion fur concecfion ne vaut.
Il n'a pas été difficile ati Sieur Mallet d'écarter Tapplication
de cet axiome destructeur, & de prouver que la concellion
accordée au nom d'un Sieur Tiraces en 1770, ne pouvoit
être d'aucune confidération entre les mains du Si.ur Berlic 5
d'abord, ,parcaqu'il est incertain que le terrein énoncé en la conc-ffion Tiraces, foit le même que c-lui accordé en 1785 au
Sieur Pinean ; fecondement, parceque cctte conccflion Tiraces,
qui a été ignorée depuis 1770, dont onl n'a jamais fait ancun
ufage, qui n'a été ni établie ni arpentée, ne peut pas recevoir
fon exécution contre un conceffionnaire postériour à la vérité,
mais de bonne foi, qul a pris pofleffion publique de fon terrein par un arpentage fait deux mois après, quila établi, qui
en jouir publiquement & qui y a verfé de gros capitaux. D'us
autre côté, parceque la celfion, qui paroi faite au Sieur Berlic,
n'est accompagnés d'aucune des formalités néceffaires pour en
affurer la validité, & que delautre, c'étoit le Sieur de Spech-
la vérité,
mais de bonne foi, qul a pris pofleffion publique de fon terrein par un arpentage fait deux mois après, quila établi, qui
en jouir publiquement & qui y a verfé de gros capitaux. D'us
autre côté, parceque la celfion, qui paroi faite au Sieur Berlic,
n'est accompagnés d'aucune des formalités néceffaires pour en
affurer la validité, & que delautre, c'étoit le Sieur de Spech- --- Page 12 ---
bach lui-même qui étoit concelicinaire fous le ncm fippofé
d
de Tiraces,
Ze
Dans cet état des chofes, il est intervenu Sentence le 13
Janvier 178), qui a déclaré nulle la ceffian faite aul Sicur
Pa
SENTO
Berlic, & néanmoins a déclaré nulle auli la concellion ac.
çordée au Sicur Pincau 9 comme étant du mêm: terrein que
celui accordé au Sicur Tiraces ; en conféquence, a ordonné
Regi
que le terrein feroit réuni au domaine du Roi.
Confat
Le Sieur Mallet & le Sieur Belic, ont l'un & l'autre in.
terjeté appel de cetto Sentence.
rant le
11 fiuffira pour le Sieur Mallet de prouver quc la conceffion
felon /
accordée au Sieur Pineau n'est pas nulle, & que le Sieur
par-tou
Mallet doit être maintenu dans la propriété du terrein énoncé
en cette conceftion.
envayée
Si on confidère en elle-même la conceffion accordée aut
pour y
Sieur Pineau en 1786, on n'y trouve aucun vice qui en puiffe
chtes;
indiquer ia réprobation; elle est accompagnée de toutes les forRoi dy
malités ufitées pour la fanction des conceflions de terre en cette
colonie.
fuivant
D'abord, clle a été précédée d'un certificat délivré par un
arpenteur, vifé du commandant qui n'étoit pas alors le Sieur
FA
de Spechbach (4). Ce çertificat a été publié fix fois confécumilfep
(w) Lorfou'on f prifentoit au Sieur de Spechbach peur lui
faire vifr ln certificat d'arpenteur , il le ratenvit, s'en faifoie
délivrer un Jur les mimes abornemens Puir fon arpentcur de confance, 6 ooteroit une concefion qui fe trouvoit lx première; 6
ceia Sappelle a Jérsmie, conceilion ou terreà la Spechbach. On
en troive L: preuve dans le grege de Jiramie, d l'occafion d'ur
ONACAE acne 4 Apo
U P
R T-A U-P R I N C E,
Chez BouaoN, Imprimeur da Roi & du Confeil Supédeur de Saint-Domingue,
fon arpentcur de confance, 6 ooteroit une concefion qui fe trouvoit lx première; 6
ceia Sappelle a Jérsmie, conceilion ou terreà la Spechbach. On
en troive L: preuve dans le grege de Jiramie, d l'occafion d'ur
ONACAE acne 4 Apo
U P
R T-A U-P R I N C E,
Chez BouaoN, Imprimeur da Roi & du Confeil Supédeur de Saint-Domingue, --- Page 13 --- tives, & cette publicarion fait naitre une réflexion bien naturelle. Cesten 1785 , au mois de Déccmbre, qu'el-a été faite.
Déjà le Sieur Berlic étoit ceflionnaire de la concaffion Titaces,
s'ii faur en croire la cuflion fous fignature privée, figné Spechbuch, du 2 Août de la même année, dont l'écriture est encore très fraiche. Commant le Sicur Berlic, nouvel acquéreur
de ce terrein 2 qui nous dit en avoir fourni fon recenf-ment
trois mois après, a-t-il pu ignorer qu'on pourfaivoit la concef
fion de ce terrein P Comment a-t-il pu rester dans l'inaction,
pendant qu'on publioit le certificat délivré pour en obtenir la
conceffion?
Mais fuivons l'ordre des faits. Sur ce certificat publié & re
publié, lc Sieur Pineau a été bien autorifé à penfer que ce terrein n'étoit pas concédé, puifque d'une part, il n'avoit pas
procès que le Sieur de Spechbach y a eu avec un Sieur Chefneau
dont il avoit retenu le certificat pendant trois mois, 6 s'étoit pendant ce temps-li frit expidier une concefion fous le nom de Jcan
Jacques Estokek, mon neveu. Quand Chefiscau fprefinta Four
f mettre en polefion du terrein dont it avoit obtenu la conccfion,
le Sieur de Spechbach fe montra 3 6 voulut dire conme aujourd'hui, conceffion fur conceffion ne vaut : mais Dame Juplice lui
impofa filence. On pourroit fournir beaucoup d'autres exemples de
conc:fions à la Spechbach. Le Sieur Berlic lui-mme en connoit
un particulier, qui concerne la terre de Magdelcine Milly s qu'il
a achetée 6 oit il avoit encore trouvé une concelfion Spechbach.
Cest peut-érre à titre d'indemnité qu'il a eu ccffion de lz concefJion Tiraces, 3 qui ef vraiment une concefion à la Speclbach.
lui
impofa filence. On pourroit fournir beaucoup d'autres exemples de
conc:fions à la Spechbach. Le Sieur Berlic lui-mme en connoit
un particulier, qui concerne la terre de Magdelcine Milly s qu'il
a achetée 6 oit il avoit encore trouvé une concelfion Spechbach.
Cest peut-érre à titre d'indemnité qu'il a eu ccffion de lz concefJion Tiraces, 3 qui ef vraiment une concefion à la Speclbach. --- Page 14 ---
[8]
vestige d'établiffemens ni de culture, & que de l'autre il n'avoi
d
été formé aucune oppofition à la publication du certificar.
goifes
Cest dans cette circonstance, quil lui a été accordé une
Ze nesf
conceflion d'un terrcin de mill: pas en carré ou la valeur réduite
SENTO
dars les hauteurs de lz Scringue , paroiffe du Cap Darme-Marie,
bornée au Norl de la conccflion de Beyonne, chaffant au Sud
bois debout, àtEst, de Jacques Cadou ainé,. chaffant auffi
Regi
bois dibout à I'Ouest.
Confsl
Cette conceffion fignée Coustard & de M.arbois, , contre-fignée
Sentot & Simon, contient dans le style ordinaire. > des défenfes
rant le
à toutes perfonnes de troubler le Sicur Pincau dans la propriété
felon /
de ce terren; elle a été enregistrée au greffe del'Intendance. Ainfi
donc elle est bien en formc, & on ne peut lui oppofèr aucune
par-zou
irrégularité qui lur foit inhérente; elle n'est donc
pas nulle, 3
envoyée
voyons fi elle peut être coiloquée.
pour y
Dans le fait, catte conçeflion a bien été colloquée, car dés
chies ;
le mois d'Avril 1786, c'est-à-dire, trois mois après fa date,
Roi
lSicur Pineau Ta fait arpenter. Cet arpentage est produit au
dy
procès, il a été fait en préfence des voifins où iceux dûment
fiivant
appalés, il a éréfgmépar le Sieur Larteau qui y a affisté comme
limitrophe, & le Sizur Berlic lui-même avoit été fommé de
s'y trouver, non pas comme aux droits de Tiraces, parceque
FA
certe antique conceflion étoit ignorée, mais comme ayant
milfep
acheté une portion de terre de Zimmermann qui avoifincit.
Cette fommation est produite 2u1 procès.
Mais f ce terrein a été arpenté publiquement il a auffi été
éusbli, le Sieur Pinean y fit zuffi tôt construire des logemens,
planter des vivres & dy café, & il Çn a fourni fon recenfsment de lannée 1786.
Ne
U P
R T-A U-P R I N C E,
Cher Bouaoox, Imprimeu: da Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domirgue,
Cette fommation est produite 2u1 procès.
Mais f ce terrein a été arpenté publiquement il a auffi été
éusbli, le Sieur Pinean y fit zuffi tôt construire des logemens,
planter des vivres & dy café, & il Çn a fourni fon recenfsment de lannée 1786.
Ne
U P
R T-A U-P R I N C E,
Cher Bouaoox, Imprimeu: da Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domirgue, --- Page 15 ---
[9]
II est bien effentiel de remarquer que le Sieur Pineau ne
poffédoit aucun autre terrein. Cette habitation étoit la feule
quil efit. Parconféquent on ne peut point appliquer à un autre
local le recenfement qu'il a fourni & qui est produit. On fera
voir quil n'en est pas ainfi du Sieur Berlic, qui cherche à
tromper la Justice en lui préfentant des recenfemens étrangers
au terrein en contestation, pour prouver quil en a été poffeffeur.
Si la conceffion accordée au Sieur Pineau a été reconnue,
arpentée, colloqué: & établie dans le fait, elle a auffi été mife dans
le commarce, puifque le Sicur Pineau I'a vendue par acte public
au Sieur Mallet. Cet acte, qui n'a pas été fait pour la caufe,
affirme encore la poifeffion du Sieur Pineau d'unc manière
bien authentique, puifqu'il contient l'énumération des établiffemens qui existoient alors fur ce terrein,
Le Sieur Mallet devenu propriétaire de cctte habitation, en
1 continué les érabliff-mens, y a planté beaucoup de café, &
en a constamment fourni fon recenfement depuis quil est
acquéreur.
Voilà donc la collocation de la conceffion Pineau & la
poffeffion réelle de cette habitation bien constantes dans le fait.
On défie bien le Sieur Berlic d'en prouver autant. D'abord,
quant à la coliocation, elle R'a existé pour lui ni dans le fait,
ni dans le droit.
En effet la conceffion qu'il veut faire adapter au terrein,
dont la collocation a été faite en forme pour celle du Sieur
Pineau, est de 1770.
Alors le porteur de cette conceffion pouvoit la faire colloquer, mais c'est ce qui n'a point été fait. Cette conceflion
clandestinement obtenue fous un nom interpofe, a été mife
lic d'en prouver autant. D'abord,
quant à la coliocation, elle R'a existé pour lui ni dans le fait,
ni dans le droit.
En effet la conceffion qu'il veut faire adapter au terrein,
dont la collocation a été faite en forme pour celle du Sieur
Pineau, est de 1770.
Alors le porteur de cette conceffion pouvoit la faire colloquer, mais c'est ce qui n'a point été fait. Cette conceflion
clandestinement obtenue fous un nom interpofe, a été mife --- Page 16 ---
[ro]
en oubli par le Sicur de Spechbach qui Favoit fcllicitée. Elle
goifes d
n'a point été arpentés tant qu'elle est restée au pouvoir du Sieur
le
Spechbach. Près de quinze ans f font écouiés, 5 fans que cette
concelfion ait
nesf
reçu aucan caractère public, aucune indication
SENTO
même.
En 1785, le Sieur Berlic en divient le ceflionnaire, mais il
Regi
n'est pas plus empreffe de la faire colloquer que le Sieur de
Spechbach. Elle reste encore dans le néant. Elle n'a donc pas
Confst
été colicquéc.
rant le
Ce n'est qi'à la fin de l'année 1787, que le Sieur Berlic,
felon /
esstruit que lcs établiffemens du Sieur Mallet pouvoient fatisfaire fon ambition, terta de s'en emparer, en donnant le jour
lantique conceffion de 1770. Pcur y parvenir, il cflaie de la
fire arpenter, mais l'Arpentour reconnoit que déjà le terrein
Emane
a été arpenté, il trouve les lifièrcs & les bornes, la chofe ne
pour y
pest rlus être douteufe.
chdes;
C'est la le titre de collocation qu'on préfente. titre vériRoi dy
tablement fait pour la caufe , dans un temps où le Sicur Berlic
fuivane
cherchei: à s'en faire pour fe montrer enfin & faire fortir de
la pouffière la conceffion furannée que le Sieur de Spechbach
lui avoit cécée depu's deux ans.
FA:
Quant à la poffeffion, il est demontré qu'elle n'a pu appartenir ai Sieur Berlic, puifque des actes publics prouvent que le
Siru: Maller. fcit
milfep
par lui-méme 9 foit par le Sieur Pineau fon
vendeur, toujours été en pofffion riclle du terrcin qu'on lui
conteste aujourd'aui.
Envain préfentc-t-on pompeufémen: trois recenfemens fournis
par l Sieur Berlic, pour prouver quil poffédoit ce terrein.
D'abo:d deux peifonnes ne peuvert pas poffeder récllement le
a TOXT3-rX SCAnE
/ P O R T.A U-P R I N C E,
Cier Boursos, Imprimaur da Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domingue,
ion riclle du terrcin qu'on lui
conteste aujourd'aui.
Envain préfentc-t-on pompeufémen: trois recenfemens fournis
par l Sieur Berlic, pour prouver quil poffédoit ce terrein.
D'abo:d deux peifonnes ne peuvert pas poffeder récllement le
a TOXT3-rX SCAnE
/ P O R T.A U-P R I N C E,
Cier Boursos, Imprimaur da Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domingue, --- Page 17 ---
[ II 1
même objet: : enfuiteq qu'est-ce qu'un recenfment contre un ters
qui i titre & recenf.ment :
D'an autre coté, rien n'est plus vague quelénonciation des
recenfnens qu: prodait le Sieur Berlic. Lep premi-r, daté du IO
Novembre 1785,énonce une quantité de IOO carreaux de terre;
le f.cond > daté du 28 Cctobre 1786, contient une quantité de
225. dans les mêm:s abornemans que le premier, & ne pena
plus par confequant s'apy Equer àla conceflion Tiraces, quin'est
quee de IOO ca: rreauv ;1 troifième, qu est daté du 18Mai 1787,
çontient encore une donnée de 225 carreaux, & le quatrième
enfin du 2 Juin 1788, n2 comprend plus qu'ine quantité de
758 carreaux, toujours dans les mêmes abornemens g" le
premier, & qui, comme on voit, ne peut pas convenr
anlfi à la conccflion Tiraces, quir n'est que de 100 carreaux,
Le Sieur Berlic rapporte & produit encore dix atitres recenfemens , mais ils font abfolument étrangers au terrein en question,
ils remontent à une époque antérieure à la ceffion faite au
Sieur Berlic, & s'appliquent à l'habitation d'une Magdelsine Miff,
qui n'a aucun rapport avec la contestation préfente. On ne falt
pas à quelle fin le Sieur Berlicà grofli & embarraflé fa production de toutes cCs pièces inuiles, moins qu'il n'ait efpéré
faire illufion à la Justice, en lui préfentant un volume de recenfemens bieninerilescans la circonstance, puifquil n'est ceflionna.re
dur terrein en cuestion que depuis le I Août 1785Si ia conceffion Tiracis que préfente pour la première fois
le Sieur Berlic, quoiqu'elle ait vingt ans d'une cxistence aufi
imutile qu'ignorée, n'a point été colloquée, & fi le Sieur Berlic
n'a eu aucune poffeffion du terrein quiy est énoncé, commert
put-il aujourdhui former le deflein de dépouiller le Sicur Mallet
dont lc titre est récant à la vérité, mais qui 2 reçu toute l'exé-
Si ia conceffion Tiracis que préfente pour la première fois
le Sieur Berlic, quoiqu'elle ait vingt ans d'une cxistence aufi
imutile qu'ignorée, n'a point été colloquée, & fi le Sieur Berlic
n'a eu aucune poffeffion du terrein quiy est énoncé, commert
put-il aujourdhui former le deflein de dépouiller le Sicur Mallet
dont lc titre est récant à la vérité, mais qui 2 reçu toute l'exé- --- Page 18 ---
I 12 J
cuion quil étoit pollible de lui donner, puifqu'il a été arpentis
d
srois mois après fa date, ctabli dans fannée même,& venfu
g:bliquement av.c fes établiffemens & fs plantations l'année
le
faivant:.
phuf
SENTO
N'est-il pas véritablement ridicule de vo'r un fimple ceffionnaire d'une concefTon ignorée, mépriféc & très antique fe préfonter après une férie de vinge ans d'inaction & d'oubli, & dire
Regi
à un conceflionnaira actif qui a verfé fur fa terre fes capitaux
Confst
& ceux qu'on lui a prétés. >) Retirez-vous de deffus la terre
rant le
a que vous avez cultivée, dort vous étes poffeffeur de bonne
N foi,dont vous étes propriétaire par l'autorité du Gouvernement.
felon /
a Vos titres font légiimes, j'en reconnois la vérité, , mais conpar-to4
D conccfin fur concefion rc vaut, vous avez dô ignorer qu'en
D 1770, il a été délivré une conceffion du tarrein qu'on vous
envoyée
2 a accordé depiis 3 parceque j n'ai fait ni arpenter ni
pour y
a culiver la terre co:tenu: dans ma : concefion. Mais conchies ;
D cfon fur conccfion ne vaut, & avec cct adage j vous
Roi
*? deporills, >>
dy
H.ursufment quela Justica & léquité n'auront plus à gémir
Juivant
di laconifm: de cette Loi, Heureufement qu: l'antériorité inutile
z chimérique d'une conc. fion cédera déformais à la vigilance
FA
& à l'activiré fructueufe du nouveau conccflionnaire, qui a f
nired protit la faveu: du prince, qui s'est fait investir par
milfp
42 acpublic d'une poff-ilion rielle.
L: Si:ur B:rlic devroit bien rendre les armes aujourd'hui,&
reconnoitre qu'il ne pout plus y avoir de contestation férieufe
entsluspanis,fans violer une Loi form.ll.,d'aurant plus facrée
g-'elleétoit artendu: avec un empreffamene éclairé, pour mettre
fa aux troublus, aus inquiétudes q-i Gnt agicé long-temps kcs
BZ cn LALo a
U P
R T-A U- P R I N C E,
Chez Bouasox, Imprimeur da Roi & du Confeil Supérieur de Saint. - Domingue,
y avoir de contestation férieufe
entsluspanis,fans violer une Loi form.ll.,d'aurant plus facrée
g-'elleétoit artendu: avec un empreffamene éclairé, pour mettre
fa aux troublus, aus inquiétudes q-i Gnt agicé long-temps kcs
BZ cn LALo a
U P
R T-A U- P R I N C E,
Chez Bouasox, Imprimeur da Roi & du Confeil Supérieur de Saint. - Domingue, --- Page 19 ---
il
vrais colons far leurs propriétés, devenues inczrtaines, loriqu'on
pouvoit les attaquer avec faccès par des titres anciens 9 ài ia vérité,
mais dont l'ancienneté même étoit en leurs mains une marque
de réprobation.
Qul'ost-ce en effet qu'uncfmblabl: conc-fiont:lle que calle
accordée au ncm d'un Sieur Tiraces en 1770, & qui n'a pas
vu le jour depuis, finon un piège tendu en f.cret à Vactivie
d'un cultivatcur laborieux, que le hafard porteroit un jolr à
demander & à obtenir > pour fon malh: ur 1 une conceflion dans
ce même local qu'il a vu long-t.mps inarile & fans proprictaire
apparent ?
Ce n'est pas la conceffion qui confère la propriété 2 fi elle est
méprifce par celui qui l'a obtenue. Si on peut, par analogic. 7
appliçuer ici d'autres principes la conceffion donne 2t conceffionnaire jus ad rem, mais c'est Parpentage, c'est lPétabliflement. 7 c'est en un mot, Taccompilfement des conditions de
la donation qui lui est faite, quil lui donne jus in TE, le droit
de propriété; une conceflion non arpentie, non ccablie est une
donation non acceptée & par conféquent nuile.
Une conceflion fans arpentage, fans poffaflion réelle, fans
établiffemens 9 fans culture, méprifée pendant vingt ans, n'est
qu'an titre vain qui n'est d'aucune confidération 2 quand on le
compare à une autre conceflion plus nouvalle, 2 à la vérité,
mais dont le conceflionnaire a justifié le bienfait du Prince,
par une activiré industricufe en rempliffant les conditions de la
concaflion, en faifant reconnoitre arpenter & colloquer fon
domaine, en s'en faifant mettre publiquemen: en poffefion, en
l'établiffant s en défrichant fa terre & y verfant des capitaux.
Paut-on bien, dans de femblables circonstances, parler Cet
ion plus nouvalle, 2 à la vérité,
mais dont le conceflionnaire a justifié le bienfait du Prince,
par une activiré industricufe en rempliffant les conditions de la
concaflion, en faifant reconnoitre arpenter & colloquer fon
domaine, en s'en faifant mettre publiquemen: en poffefion, en
l'établiffant s en défrichant fa terre & y verfant des capitaux.
Paut-on bien, dans de femblables circonstances, parler Cet --- Page 20 ---
[14]
ancien langage concofion fur conceffion ne vaut. S'il est permis
d'invoquer Cet axiome c'est à peine lorfque deux perfonnes
goifes d
obtiznnent la concflion du même terrein
fans en avoir fait
le nesf
aucun ufage, lorfque lcs chofs font égales entre les deux conSENTO
ccfionnaires, & pourvu qu'il ni ait ni dol, ni fraude,
Mais ici les chofcs ile font certain.ment pas égaics.. Le Sieur
Mailet a fit arpenter fon terrein trois mois après la date de
Regi
ia conceflion, il l'a fait cultiver, il y a fait constuire des
Confel
érablillemens & il en jouit réellement depuis que la conceflion
en a été délivrée, en joignant à fa poffeflion celle de fon
rant le
vendeur.
felon /
Le Sieur Berlic n'a ni arpentage, ni poffeffion, ni établiffemens : larpentage qu'il produit est fit pour la caufe, depuis
par-tou
qu'il a vu le Steur Mailet en poffafion, &
pour donner un
envoyée
air de nouveauté à fa concefion ai La Spechbach, obtenue au
pour y
nom d'un Sieur Tiraces, ou plutôt pour la faire fortir du
chées ;
néunt dans lequel elle a resté pendant vingt ans. Jamais
Berlic n'a été en pofleffion de ce terrein, puifque des actcs
Roi dy
pubics prouvent que le Sicur Mallet en a été en pofleffion
fuivane
de fit depuis que la conceffion en d été accordée, puifque
le Sieur Berl.c la reconnu lui-méme. en faifant défenfe au Sieur
Mallet de continuer à abbattre du bois fur cc térrein. Le Sieur
FA
Berl:c poffecle un terrein limitrophe qu'il a acheté de Magdcleine
milfp
Mifli, mais Cette proximité n'etend pas fa poffeflion juque
fur la terzcin accordé au Sieur Pincau, autrement de
proche en
proche cclui qui feroit véritablement en poffeffion d'un carreau de terre, pourroit fe dire poffeffeur de la colonic entière,
parceque la maffe de terre quila compofe fe touche fans interstices,
Quant aux étabiiffemens il est encore démontré par des actes
ONA - - Entee
/ P
R T-A U- P R I N C E,
Chez BouRoN, Imprimour da Roi & du Confeil Supésicur de Saint - Domingue,
proche cclui qui feroit véritablement en poffeffion d'un carreau de terre, pourroit fe dire poffeffeur de la colonic entière,
parceque la maffe de terre quila compofe fe touche fans interstices,
Quant aux étabiiffemens il est encore démontré par des actes
ONA - - Entee
/ P
R T-A U- P R I N C E,
Chez BouRoN, Imprimour da Roi & du Confeil Supésicur de Saint - Domingue, --- Page 21 ---
3.
[1
publics que Berlic n'en a fait aucun. D'abord dans Tacte de
vente faite au Sijur Mallet, par le Sieur Pincau, on voit la
dafcription des établiflemens, qui ne font certainement pas
l'ouvrage du Sieur Berlic. Et le Sieur Mallet quia toujours été
en poffalfion de ce terrein n'eàt pas fouflert la Sieur Berlic J
faire des établifl-m:ns.
Depuis que l'instance est engagée s Berlic a bien tenté dy
faire non pas des ctablffemens, mais des abatis de tois du
côté qui avoifine la terre Magdeline Miffi dont il est acquéreur;
il cfpéroit par-ià prouver fa poffefion > mais le Sieur Malle
lui a fait faire défenfe par acte extra-judiciaire du 4 Avril 1789,
& il est intervenu Sentence qui a confirmé ces céfenfis; cla
prouve bin que Berlic n'est pas poil-fleur.
Ainfi fous ces rapports généraux la conceffion Tiraces doit
être écartée: clle ne feroit pas plus favorable entre les mains
de Tiraces lui-méme. Mais en cailes du Sieur Berlic, elle dcit
néceflairenent être réprouvéz.
Le Sieur Berlic fe préfente comme cefionnaire en 1785, de
la conceilion Tiraces accordée en 1770. Peut-on bien, avec
quelque pudeur 7 oppofer une femblable ceffion à un acquéreur
legitine, 7 à un poffeffeur de bonne foi? Ne feroit-ce pas introduire le défordre en cette coloni: que de prendre en confidération un caffionnaire de femblables titres?
Outre les raifons d'intérêt public & celles de Téquité naturelle,
qui proferivent la conceffion Tiraces prife en elle-même ; les
circonstances de la ceffion fa'te à Berlic ne permettent pas
qu'ons'y arrêt:, parceque cette ceffion est auffi vicieufe 8x au.li
imaginaire que le Sieur Tiraces lui-même, quiparoit l'avoir faite.
D'abord elle est contraire a:x regles de TAdministration Sc
-
ables titres?
Outre les raifons d'intérêt public & celles de Téquité naturelle,
qui proferivent la conceffion Tiraces prife en elle-même ; les
circonstances de la ceffion fa'te à Berlic ne permettent pas
qu'ons'y arrêt:, parceque cette ceffion est auffi vicieufe 8x au.li
imaginaire que le Sieur Tiraces lui-même, quiparoit l'avoir faite.
D'abord elle est contraire a:x regles de TAdministration Sc
- --- Page 22 ---
116]
aux Orconnances fur la distribution des terres. Cette ccffion
a été faite dans un temps oà il n'y avoit aucun établiflement
goifes d
fr le terrein, & fans l'affistarce ni l'autoafacion du Gouvernele nesf
ment, & parconféquent elle est véritablement vicieufe &
nulie. (b)
SENTO
Le Sicur Berlic a bien fenti que Tabfence de cette formalité rendoit fa ceflion nulle, & pour réparcr ce vicc, il a fait
Regi
des tentatives auprès du Gouvernement, pour obtenir une
approbation , qui auroit toujours été tardive & incapable de
Confeil
nuire à un tiers. Mais la requéte que lc Sieur Berlic a préfentée
rant le
en Noven:bre a étérejetéc, & il a été débouté de fa demande,
felon /
vu la lettre du Ministre du 29 Avril 1779 2 qui réprouve de
femblables c.flions. C'est ce qui réfilte du certificat délivré par
par-zou
le Sieur Maché, conforme au registre du bureau contenticux
envoyée
de T'Administration de Saint-Domingue.
pour y
Le Sieur Berlic n'a pas parlé de ce petit accident parcequ'il
n'cst pas propre à rendre bien recoinmandable la ceflion quil
chies ;
préfente à la Justice.
Roi dy
Comment peut-il efpérer de faire approuver par la Cour, 5
fuivane
une ceflion éprouvée par TAdministration, fur fa propre
demande.
Costs'abufer érrangement. Qu'est-ce qu'une femblable ceffion?
FA
Que peut céder un conceffionnaire qui n'a point accompli les
milfp
conditions de la donation qui lui a été faite; qui ne l'a point
acceprie, qui T'a au contraire méprifée
pendant vingt ans. Qucls
(b) Confiérce fous ce rapport, qui 9f le feul qui lai corrienne, la Sentence a bien jugi en déclarant cette cefion nulle.
droits
EEETSSENVERAE2AemTwne
C P 2 R T-A U-P R I N C E,
Chex Bouasos, Imprimeur du Roi & du Confeil Supérieur de Saint. -Domingue,
qui ne l'a point
acceprie, qui T'a au contraire méprifée
pendant vingt ans. Qucls
(b) Confiérce fous ce rapport, qui 9f le feul qui lai corrienne, la Sentence a bien jugi en déclarant cette cefion nulle.
droits
EEETSSENVERAE2AemTwne
C P 2 R T-A U-P R I N C E,
Chex Bouasos, Imprimeur du Roi & du Confeil Supérieur de Saint. -Domingue, --- Page 23 ---
<
(7)
droits avoit le Sieur Tiraces qui paroit le cédant, lui qui n'a
fait ni arpenter, ni établir, ni cultiver le terrein porté dans la
conceflion, qui l'a laiffée dans l'érat de nature brure qu'il avoit
alors ; il n'avoit certainement ni pefelion ni propricti. Il n'a
donc cédé ni propriété ni poffeflion. Quels peuvent donc
étre lus droits que le Steur Berlic veut exerçer aujourd'hui en
fon nom.
Mais f des vices de la ccflion elle-même, on paffe aux circonstances qui l'ont accompagnée, on cst encore plus frappé
détonnement que le Sieur Berlic ait ofé montrer fes titres à
la Justice.
En effet, on voit au dos de la conceflion accordée en 1770
an Sieur de Spechbach, fous le nom dc Tiraccs, 12 le Sieur
51 Tiraces ne pouvant établir la préfente concefion, il m'a
> chargé de la céder en mon nom à M. Berlic, ce que je Iui
>> cède pour en jouir en toute propriété. Fait aux Abricots,ce
n 2 Août 1785. Signé, , Spechbach Llo
Voilà le titre de Berlic quil veut mettre en oppofition avec
le contrat de vente fait au Sieur Mallet par acte public, qui
contient le détail des établiffemens & des plantations que le
Sieur Pincau, concellionnaire, avoit fait.
Il paroic par catte ceflion , fignés Spechhach 1 que le Sicur
Tiraces a chaigé le Sieur Spechbach de la faire pr'cifment atl
Sieur Berlic qu'il ne connoiffoit pas, qu'il n'avoit jamais VIl,
pufque ca Sieur Tiraces n'a jamais existé en cette cclonie.
Etc'estavec cette ceflion, que ie Sicur Beilic veut déporiller
le Sicur Mallet de fon habitation.
Mais il est bien étange q.e le Sieur Spechbach agiflant
alors all nom d'un ticrs, n'ait pas même énoncé le pouvoir
B
Spechbach de la faire pr'cifment atl
Sieur Berlic qu'il ne connoiffoit pas, qu'il n'avoit jamais VIl,
pufque ca Sieur Tiraces n'a jamais existé en cette cclonie.
Etc'estavec cette ceflion, que ie Sicur Beilic veut déporiller
le Sicur Mallet de fon habitation.
Mais il est bien étange q.e le Sieur Spechbach agiflant
alors all nom d'un ticrs, n'ait pas même énoncé le pouvoir
B --- Page 24 ---
1:8]
d
de ce tiers dans cette conceffion. Cela étoit
Z
fable pour la sureté de
pourtant indifpen.
caution
ceffionnaire, & certainement cette'
n'auroit
pré:
gay
SENTO
échappé ni au Sieur Berlic qui achetoit, ni
Sieur Spechbach qui vendoit, fi véritablement le Sieur an
eût existé, fi le Sieur Spechbach n'eôt pas été le vrai Tiraces'
Regi
naire fous ce nom imsginaire.
conceflionMais depuis Tinstance, Berlic à bien fenti qu'on lui
foit le
Confat
défaut de pouvoirs de ce Tiraces, dont
opporant le
naire par T'entremife du Sieur
il paroit ceffionde fe faire donner
Spechbach. Auffi a-t-il eu le fecret
felon /
ce prétendt pouvoir, qui paroit daté du
Cap, & venu dans une lettre auffi fignée Tiraces.
par-4
n paroit que c'est depuis' la mort du Sieur de
envayée
qus la Dame fa vauve a remis ce
Spechbach,
mais la lettre & le
pouvoir au Sieur Berlic ;
pour y
pouvoir appartiennent bien moins au Sicur
chies;
Tiraces, qu'au Sieur Spechbach lui-même. Tout
vrage du Sieur
celà est l'ouRoi
Spechbach 9 qui favoit à merveille quil n'avoit
dy
point à craindre la dénégation d'écriture,
races n'a existé dans
, parceque jamais Tifiivane
que
fon imagination. Il en est de celui- -ci
comme de
Jean-Jacques Efiokek inon neveu, ai nom
il
avoit pris une conc:ffion far le certificat que le Sieur duquel Chefiseau
FA
lui avoit préfenté pour le faire vifer, & de tant d'autres qui font
fi connus dans le quartier de Jérémie,
milfip
ceffions à la
que Cas fortes de conSpechbach font paffées en proverbas. La majeure
partie des terres de ce quartier ont été concédées fous des nons
Suiffes, que la Sieur Spechbach employoit ou imaginoit au
befoin. Après s'être enrichi par ce trafic hontcux de conceffions qu'il multiplioit fous des noms fappotés, il a enrichi
plufieurs particuliers des cantons Suiffes, au nom de qui il
avoir follicité des conceflions, & qu'iis ont vendues enfuite à
-*XX7XX* SPLeAE
P
R T- A U-P R I N C E,
Chez Bouzbos, Imprimeur da Roi & du Confeil Supérieur de Saint. - Domingue.
. Après s'être enrichi par ce trafic hontcux de conceffions qu'il multiplioit fous des noms fappotés, il a enrichi
plufieurs particuliers des cantons Suiffes, au nom de qui il
avoir follicité des conceflions, & qu'iis ont vendues enfuite à
-*XX7XX* SPLeAE
P
R T- A U-P R I N C E,
Chez Bouzbos, Imprimeur da Roi & du Confeil Supérieur de Saint. - Domingue. --- Page 25 ---
3L
[191
leur profit, tel que le Sicur Zunmerman, qui fans être venu
ici, s'est trouvé conceflionnaire, & a recu' 'le prix de la vente
quii a fait de fa conceflion, Cn envoyan: un pouvoir daté de
Ruel près Nanterre, le 22 Février 1787, Ii en eSt' de même
d'un Sieur Petitak qui n'a paru ici en 84, que pour vendre
cing conceffions que le Sieur Spechbach lai avoit ainfi procurde,
& en a emporté le prix en Suiffe.
C'est ainfi que les François dans la domination Françoife
font devenus les tributaires des cantons Suifles, & ont été. réduits
à acheter à prix d'argent des terres qu'un Suiffe avoit furprifts
à la faveur du Gouvernement, , parcaque le caractère public de
Commandant de quartier nel lei rendoispasti@pect,S ne permatoit
pas qu'on vit en lui un conceffionnaire plutôt fpiculazeur que
cultivateur.
Si la conceffion dont le Sieur Mallet est propriétaire par
l'acquifition publique qu'il en a faite cst postérieure à ceile de
Tiraces, fi elle ne remonte qu'en 1786, clle n'a pas resté dans
l'oubli, celui qui l'a obtenue, n'en a pas fait un trafic prohibé
& honteux, dès qu'il en a été porteur 1 il l'a trois mois après
faic arpenter, > il a appelé les voifins à cet arpentage, après
s'être ainti fait mattre en poff-fion, il a commencé fon défrichement, fait bâtir une maifon, des cafes à nègres, il a
planté des vivres, du café,& a fourni fes recenfem ns i comment le ceffionnaire Tiraces poura-t-il s'enrichir de fes travaux en difant concefion fur concelfion nc vaut. Ce feroit accorder
la préférence. à un concclfionna' ire imtile à la cclonic, &indigne
de la faveur qu'i a méprifs, pendant ving: ans : récompenfor une coupable indiférence, & punir la fructuerfé activi:é
du cultivateur laborieux. En Uni inot, eil écartant la concellion
ceffionnaire Tiraces poura-t-il s'enrichir de fes travaux en difant concefion fur concelfion nc vaut. Ce feroit accorder
la préférence. à un concclfionna' ire imtile à la cclonic, &indigne
de la faveur qu'i a méprifs, pendant ving: ans : récompenfor une coupable indiférence, & punir la fructuerfé activi:é
du cultivateur laborieux. En Uni inot, eil écartant la concellion --- Page 26 ---
goifes d
I201
Ze nesf
Tiraces, I ceffionnaire Be:lic ne perd rien, puifquil paroit
SENTO
n'avoir riea débourfé, puifqu'il n'a point de prix énoncé dans
fa caflion , & puifuil n'a fait ni établiffemens, ni plantation.
En dépouillant le Sieur Mallet, acquéreur, , on hui enlève une
Regi
habitation qu'il a achetée publiquement , parcequ'elle étoit dans
Confel
le comm:rce, dont ilaj payé le prix,& fur laqueile il a fait
des érabliffemans & des plantations confidérables.
rant le
La Loi, d'accord avec les règles de Péquité, veut que la préfelon /
férence foit accordée à cslui qui s'est mis én poffefion par un
arp.ntage & qui a établi le terrein qui lui a été concédé. Le
par-tou
Siur Maliet attend avec une fécurité réfléchie l'Arrêt qui doit
envoyée
fixr fon fort. (-)
pour y
chies; ;
(c) On a dit pour le Sieur Berlic,page 24 de fon M.moire,
Roi d)
qusla Loicommand: une infruction tren rapide , pourgieilepuife
fitivane
cere foigné:; ceperd.ant fa dernière regaite dans cettc afaire efa
du3 Juin, iie don: ClL près de fix mois 3 pour faire fon Mi
moire imprimé d.ans un: afaire qu'il avoit infruits 6 qui itoit
FA
produit depiis cirg mois. Mais ded le Sieur Mallet, qui 4 vérimilfep
biblerzent droit à l'inculgence : C.tr ce Mimoire de Birlic a peru
Lendi main à l'inflent oic on alioitjuger Laftire, il a fallu y
rponire de fuiee, pour ne pus retarder le jugement f long-eumps
ettndu, 6 la riponfe du Sicur Mallet ctoit chct fImprisncur le
Mercredi matin.
Page 7 > ligne E,apris ces mots > don: l'écriture est encore
très fraiche; ajouteg:
Linfpecrion de Técriture mife au dos de ia concelion Tiraces
/ P
R T-A U-1 P R I N C E,
Cher BosRboN, Imprimear da Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domingue.
ettndu, 6 la riponfe du Sicur Mallet ctoit chct fImprisncur le
Mercredi matin.
Page 7 > ligne E,apris ces mots > don: l'écriture est encore
très fraiche; ajouteg:
Linfpecrion de Técriture mife au dos de ia concelion Tiraces
/ P
R T-A U-1 P R I N C E,
Cher BosRboN, Imprimear da Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domingue. --- Page 27 ---
ial
portant ceffion au Sieur Berlic, justifie les inquidrudes 6 les
tribulations qui ont agitée la veuve-de Spechbach lors del'instruc- -
tion qu'on a faite devant le premier Juge en infcription de fax
contre cette ceflion loriqu'on la ccmpare à la lettre de la veuve
de Spechbach, qui accompagne Cctte cefiion avec laçuelle elle
au une analogie fiapante, & fi on avoit employé la dénégation
d'icrizure qui étoit un moyen de droit; au lieu de l'infcription de
faux, qui ne pouvoit pas réuffir contre un acte privé, à coupfar , la veuve de Spechbach auroit dévoilé le mystère pour
en prévenir les fuites. Signé 3 J. G. MALLET.
Monfieur DE VERTIÈRES, Corfailla-Rapponear.
Me. CHACHEREAU, Avocat.
CS =
Au Port-an-Prince, de lImprimerie de MOZARD,
le 4 Décembre 1789A --- Page 28 ---
d
le
Vhd
SENTO
Regi
Confet
rant le
felon /
EmaRe
pour y
chées ;
Roi dy
fuivane
FA,
milfp
tr Icmmm I - -
1 U P
R T.A U-P R I N L E,
Cher Bouabox, Imprimau: du Roi & du Confeil Supérieur de Saint - Domingue. --- Page 29 ---
3L
- --- Page 30 --- --- Page 31 ---
A
E729
N --- Page 32 ---