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Al20
3obn Uutr Sroton
Library
Aromn Iliversity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
& de 2a2 fc de flacte de l'étre encore en la : Cour, n
les rues. II perçoit corps; fes voicures furchargent fans obftacles n'a point été décteré
il. . n'entrevoit point de d'immenfes revers revenus, le
ne paye que Ce q.'il: les chemins &
moment. 113
; coupable s'endore juiqu'au veur D &
dernier
a
Pour autorifation. Signé, GODIN
1.
DETILLIETTE
Au
Poht-au-Prince, de IImptimerie
:.
Royale, 1787; --- Page 5 ---
a
-
P R ECIS
POURle Sieur JOSEPH-AIMÉ-DAYID DAGUILLARD,
ancien Négociant au Port-au-Prince, originairement
plaignant & accufateur, appelant de fentence de civilifation, rendue en la Chambre Criminelle de la Jurif
didion de la même ville, le 4 Janvier 1787;
CO NTRE le Sieur GARESCHÉ DUROCHER;
Habitant au Boucalfin, au principal laccufeed défendeur,
intimé,
d'un délit qui n'a point d'exemple dans fon
Icoe
genre, par l'atrocité & le concours de fes circonftances.
Ilsagit d'une fentence unique dans fon elpèce,
la molleffe duj jugement qu'elle contient &x parl limpunité par
qu'elle promet au crime.
Qu'on ne s'attende pas à trouver de l'ordre dans ces
A
Me. G * DUBOIS E. --- Page 6 ---
2 intervalle, quand TémoEcrit : je laifferai la plume par
l'oblervateur qut
tion Texigera, à peu près comme Tétourdiffement
mefure des précipices, fe retire quand
gagne fa tête.
L'attentat commis par le Sieur Garefché en la 8
du
BE
(onne du Sieur Daguillard dans la caraStères matinée qui confticembre dernier, réunit tous les
odieux de
tuent un aétion infâme. C'eft violation un compolé de domicile 9
baffeffe, de guet-apens, de & tous ces termes acctid'agreflion dans le fommeil;
expriment mal
joindre,
mulés, & ceux qu'on peut Thonneur y
de Thumanité, Timaune indignité que, pour
gination n'a pas conçue fon encore, &x puifant par a confUn homme, fort par
age dans toutes les parties
titution, a allailli &c brifé de coups
L'affailde fon corps un vieillard fans vigueur : baf-lpe. le moment où
plus grand avantage, a fait épier
un
pour
ferait feul & fans défenfe;
Nègre
ie Sieur Daguillard
Inftruit de la foliétait placé en fentinelle : guetsapens. tout étincelant de la
tude du fexagénaire, Tagreffeur, furtivement dans fon domi
fureur quifagite, sintroduit Et qu'y voit-il ? un fpegtacle
cile : violation d'afile. les bêtes féroces. Le Sieur Daguil
qui défarma fouvent
dormait d'un fommeil profond
dard, couché fur fon lit,
la fainteté de
dans la fécurité que donne à un Citoyen
ofera
furieux, ou quellache
por
fafile de fa maifon. Que! fur luil dans cet état ? La fureur
ter une main meutrière
& la lacheté toujours pufit
eft quelquefois généreule, l'excès du crime. L'ennemi du
lanime, Sépouvante de
a
vent
dormait d'un fommeil profond
dard, couché fur fon lit,
la fainteté de
dans la fécurité que donne à un Citoyen
ofera
furieux, ou quellache
por
fafile de fa maifon. Que! fur luil dans cet état ? La fureur
ter une main meutrière
& la lacheté toujours pufit
eft quelquefois généreule, l'excès du crime. L'ennemi du
lanime, Sépouvante de
a --- Page 7 ---
-
Sieur Daguillard ne fut ni généreux, ni épouvanté. Au
lieu de reculer de pitié ou d'effroi, il profita de Tavantage
qui Jui était offert, & marquant de i'ceil les endroits où
fon bras devait frapper, il efpéra que dans l'étourdifle.
ment d'une telle attaque, il pourrait affez porter de coups
pour remplir fon projet: Agreffion dans le fommcil.
La mam d'un aflaffin ne répond pas toujours à la
férocité de fon ame; l'une tremble quand l'autre eft ferme. Le Sieur Daguillard furmanqué, Bleffe dans 1e les tempes, dans les yeux & par-tour le corps, la doulcur le réveilla, & le péril Iui donnant des forces,il.agie,rdlance
en chancelant & va tomber fur fon meurtrier qu'il couvre de fon fang. Mais que pouvait la caducité furprife &c
rendue plus faible par des bleflures fans nombre, contre Ja
force devenue plus redoutable par les mefures qu'elle avait
prifes? Le Sr Daguillard fe débattait en criant aul fecours:
Uninfant plus tard c'en était fait. Les voilins & les paffans accourent en foule, fe précipirent dans fa maifon 8z.
l'arrachent tout fanglant des mains du meurtrier. En ce
moment le malheureux vieillard devenu libre & cédant
à l'inflina qui commande à l'infe&e de repouffer la
violence, faifit un piftolet fur fa table.
Qu'on ne faile pas honneur au Sieur Daguillard de
n'avoir pas tué le Sieur Garefché : tant de grandeur
d'ame n'entrait
dans fon délire. Le piftolet feul.
épargna la vie aom furieux, il n'était pas chargé. Maintenant que la raifon eft revenue, le Sieur Daguillard
rend grace au fort d'avoir trompé fon défefpoir & réfer
vé une viSime à la Juftice pour l'exemple des effrénés..
Telle eft la (cène d'horreur qui vient de fe paffer as
ur Garefché : tant de grandeur
d'ame n'entrait
dans fon délire. Le piftolet feul.
épargna la vie aom furieux, il n'était pas chargé. Maintenant que la raifon eft revenue, le Sieur Daguillard
rend grace au fort d'avoir trompé fon défefpoir & réfer
vé une viSime à la Juftice pour l'exemple des effrénés..
Telle eft la (cène d'horreur qui vient de fe paffer as --- Page 8 ---
milieu d'un peuple régi par des Loix vengereffes. trait de
Je me trompe, it manque au tableau un & grand fixe le mélumière qui en éclaire toutes les parties
rite de T'enfemble, le jugement du peuple
inftinét,
d'après
Saler
Le peuple juge bien quandiljuge
mal
& ce quil a vu lui-mème. Ilne juge
que fur
& quii
il eft mû
une impulfion étrangère
TSe
parole. Icile par peuple a tout vu & bien vu : qu'a-tiljugé? DaLa foule qui s'était raffemblée aux cris du Sieur
guillard était dans ce filence de confternation que produit la vue d'une altion atroce, En cet inftant le meurtrier ett apperçu séchappant à travers la multitude.
On le reconnait à fon air égaré, à fa démarche incer- &
dont il eft fouillé. On s'écrie le voilà,
taine, au clin (ang d'ocil mille mains font en l'air pour le mettre
dans un
fur-tout au-devant de
en pièces. Le danger fut preflant,
Là, le
la maifon du Sieur Pierre Robert, Négociant.
Sieur Garefché faili violemment à la gorge par cinq ou
allait être étouffé, & déja fon bâton ou
fix des afliftans, lui avait arraché le chef de cuifine d'une
fa canne que
quand leS
Auberge voifine, était levé pour T'affommer,
Zanico furvint & appaifa le tumulte en criant, qu'al
faire! arrête; & comme on s'obftinait à vouleg-vous loir trainer le Sieur Garefché en prifon, le Sieur Zanife
entre deux en difant : on le trouvera toujours
CO jetta & le pouffa dans ia falle du Sieur Robert, pour
afex, fouftraire à la
publique. Le Sieur Robert était
le
rage
(:) Je n'emploie poiat ce mot dansle fens du dédain. Je ie fais fynonyme
ds Public.
, qu'al
faire! arrête; & comme on s'obftinait à vouleg-vous loir trainer le Sieur Garefché en prifon, le Sieur Zanife
entre deux en difant : on le trouvera toujours
CO jetta & le pouffa dans ia falle du Sieur Robert, pour
afex, fouftraire à la
publique. Le Sieur Robert était
le
rage
(:) Je n'emploie poiat ce mot dansle fens du dédain. Je ie fais fynonyme
ds Public. --- Page 9 ---
S
dehors avec laf foule. Il rentre -
précipiramment en voyant
le violateur de tout alile chercher un afile chez lui; &c
craignant la moindre communication avec un homme
chargé de l'exécration publique, il l'oblige à s'enfuir
par un autre porte.
Le Sieur Garefché n'en était pas quitte. Le peuple -
était toujours là. Il fut vu fe fauvant de chez le Sieut
Robert, & cinq cents perfonnes coururent/as de nouveau, tant eft puiffant le fentiment d'équité qui foulève tous les coeurs à la vue d'une indigne a8ion! Mais
ilavait de l'avance &ileutle temps de fe mettre à couvert dans la maifon peu diftante du Sieur Vinay. Le
peuple était accouru & n'abandonnait pas fa proie,
Pour s'en alfurer mieux, quelques perfonnes fe détachèrent & vinrent chercher la Garde, qui fe tranf
porta au-devant de la maifon du Sieur Vinay. On
allait l'enfoncer. Le maitre fe préfenta & en impofa
en invoquant le privilège du Citoyen dont on ne
force pas la maifon fans ordre fupérieur. Les Soldats fe retirèrent, mais le peuple ne défempara
& il fut impofible au Sieur Garefché de s'évader.
ne
PE:
fut que vers les quatre ou cinq heures de l'aprèc
midi qu'une brigade de Maréchauffée, envoyée
le
Gouvernement, vint le prendre & le garantit
de
oedumat
toute attaque. Relpirons.
Le Sieur Daguillard a donné plainte. II 7 a eu
rapport de Chirurgiens, information, décret, interrogatoire & tout ce qui entre dans le préliminaire d'une
procédure criminelle. Le plaignant attendair avec impatience un premicr jugement qui ouvrit le cours à
de l'aprèc
midi qu'une brigade de Maréchauffée, envoyée
le
Gouvernement, vint le prendre & le garantit
de
oedumat
toute attaque. Relpirons.
Le Sieur Daguillard a donné plainte. II 7 a eu
rapport de Chirurgiens, information, décret, interrogatoire & tout ce qui entre dans le préliminaire d'une
procédure criminelle. Le plaignant attendair avec impatience un premicr jugement qui ouvrit le cours à --- Page 10 ---
G devait le déclarer accrTinfrultion, &c ce Garefché jugement accufe; car on faura que
fareurs, & le Sieur l'audace, on ne fait par le confei2
celui-ci avait eu
aufi, comme fi dans une
de qui, de donner plainte Praticien était capable de faire
affaire grave, la rufe d'un
Aflez parlé d'une impuje contre-poids d'un crime.
dente récrimination.
atrentar que je viens d'expoChofe incroyable " cet
de
fer, d'un file taible, fans doute, en comparoifon àcre, mais
fon énormité qui demandair une teinte marqué plus pour infqui eft par lui-même affez forteinent d'un cadre, cet attenpirer la terreur fans le fecours d'enfans
les pretat a été traité comme un jeu
par devait s'afcomme une rixe légère qui
miers Juges,
En un mot, le procès
foupir par un peu d'argent. été converti en procès civil,
commencé au criminel, a
noire, la plus lache à
c'eftà-dire que laStion la plus été
dans la claffe
la fois & la plus audacieufe a vide rangée centaines aux
de ces petits intérêts qu'on
par de deux ou trcis
audiences ordinaires, dans le cercle
qu'on a évalué à quelques poignées
heures; c'eft-à-dire,
dans des circonfand'écus le fang d'un homme fentence répandu du 4 Janvier 1787, ,qui
ces criantes. L'étrange en ces termes:
a jugé ainfi, eft conçue Claude-Pierre de Ronferai, Avocat
6 Vu par nous,.
Severin-Antoine Salaignac, &
Et Mes
99 Sénécha Perdereau, Procureurs, &c. >76
27 Jacques-Yves estraordinaitement intenté... à la
(6 Au procès
Aimé-David Daguillard, ancien
25 requéte du Sf Jofeph. & plaignant, le Subfitur du
demandeur
2> Négociant,
es:
a jugé ainfi, eft conçue Claude-Pierre de Ronferai, Avocat
6 Vu par nous,.
Severin-Antoine Salaignac, &
Et Mes
99 Sénécha Perdereau, Procureurs, &c. >76
27 Jacques-Yves estraordinaitement intenté... à la
(6 Au procès
Aimé-David Daguillard, ancien
25 requéte du Sf Jofeph. & plaignant, le Subfitur du
demandeur
2> Négociant, --- Page 11 ---
93 Frocureur du Roi joint, contre le Sicur Garefché
$5 Durocher, Habitant, défendeur 9).
< Et encore à la requête dudit Sieur Garefché, deman-
$) deur B plaignant, ledit Subftirut du Procureur du
9) Roi joint, &c.>.
66 Tour vu, &c. nous avons jeint les plaintes ret
$3 peétives des parties, prononçant fur icelles par un
$> feul & même jugement, avons renveyé lefdites par-
:.95 ties à fins civiles, cefaifant avons converti les infor.
$> mations des 11, 12, 16, G 20 Décembre dernicr,fai-
$9 tes par RoUs à la requête des parties en enguites, é
9> les interrogatoires fuabis par les Sieurs Daguillard 6
$) Garefcht les 27 B 28 du méme mois en réponfes
$> fonnelles; en conféquence, ordornons que les
PaEOO
$5 Daguillard G Garcfché fferone Fgnifier réciproque-
$> ment les roms, furnoms, dges, qualités & demeures
9) des témoins ouis efdites informations.pour par eunfour9> nir contre lefdits témoins, des reproches f aucuns ils
99 ont dans les délais de l'ordonnance,f bon leur femble,
2) pour les parties er venir enfuice à laudience G leur
-25 étre fuit droitsfeufà reprendre par la fiice la voie
3) estraordinaire, j le casy éche,Be. 92,
Les derniers mots de la fentence, quoique de flyle,
font pourtant remarquables dans l'efpéce. Ils femblent
senfermer unezmère dérifion adreffée au Sieur Daguil
Jard. Si le cas y échet : ch, quand donc el-ce quil
échéra de prendre la vole criminelle, s'il Récher pes
de la fuivre dans la pourluite d'un crime P A-t-on
voulu inviter le Sieur Garefché à ne pas manquer le
Sieur Dagnillard à la feconde fois ? ou bien ne pré-
le,
font pourtant remarquables dans l'efpéce. Ils femblent
senfermer unezmère dérifion adreffée au Sieur Daguil
Jard. Si le cas y échet : ch, quand donc el-ce quil
échéra de prendre la vole criminelle, s'il Récher pes
de la fuivre dans la pourluite d'un crime P A-t-on
voulu inviter le Sieur Garefché à ne pas manquer le
Sieur Dagnillard à la feconde fois ? ou bien ne pré- --- Page 12 ---
voit-on
le CaS de mort totale, où T'on pourra reque
prendre la voie extraordinsire? fenfible & jufte! Si dans
O bon Peuple ! 6 Peuple
vous arrales premiers élans de votre émotion, lorfque d'un meurtier,
châtes le Sieur Daguillard des mains de vous & eût fait
un homme fe fut levé au milieu
efl
entendre fa voix pour vous dire : Cioyens,, ? Le quel Sicur
votre délire, & pourguoi cet emportement tant de haine, n'a
Garefché
vous pourfuivex avec
moi, 9
rien fait E foic digne de votre couroux. Croyer vous
votre
immédiat, ce Juge que
vous verret
Juge
vous aime, que vous revéren
refpeler comme un père qui
vous honoret
comme un intercefeur dans vos befoins, que vous le verrer
comme un
contre la violence, 9
provecieur
- penfer comavec route fa fagefe 8 fon incorruptibiliul,
dis de
du Sieur Garefthé. Peuple,
me je vous
penfer ! La lapidation eût puni fur
qu'euffiez-vous répondu
contre un Juge
Theure T'auteur du blafphème prononcé
!
chériffez. O mes Concitoyens gémillez,
que vous
nul mortel n'eft exempt d'erreur.
mais honorez, être les motifs des premiers Juges?
Quels ont pu
aux preuves acquifes
ils n'ont pas eu, à coup-fàr, égard
contre le Sieur
linformation; elles font accablantes
par
de la procédure n'a rien pu
Garefché. Le myfère
dans un fait qui
dérober à la connaiffance Plufieurs publique des témoins entens'eft paffé publiquement.
inflans avant l'attentat du
dus étaient entrés quelques
du Sieur Daguillard,
Sieur Garefché, dans Tappartement
; ils ont dû dépo-
& l'avaient trouvé dormant prefondément; & certainement
fer de cette circonftance aggravante,
ils
par
de la procédure n'a rien pu
Garefché. Le myfère
dans un fait qui
dérober à la connaiffance Plufieurs publique des témoins entens'eft paffé publiquement.
inflans avant l'attentat du
dus étaient entrés quelques
du Sieur Daguillard,
Sieur Garefché, dans Tappartement
; ils ont dû dépo-
& l'avaient trouvé dormant prefondément; & certainement
fer de cette circonftance aggravante,
ils --- Page 13 ---
ils en ont dépofé, Quelques-uns n'ont pas manque de
dépofer quils ont vu le Sieur Garefché, frapperle Sieur
Dagusilard, endormi, à Za iéte, au front : 3 quelques
autres, quele Sieur Garefché était G viclemment acharné
far lc Sieur Daguillard, que les eftorts que faifaient
plafieurs des affiflans pour le retenir, ne Tempéchérent -
pas de le ruer far lui & de lui porter de nouveaux/
coups. Tous les témoins en un mot atteltent le délit
auffi clairement que le Soleil eftapparent en plein midi,
& vons avez civilifé !
Qu'eft-ce donc enfin qui a porté les premiers Juges
à civilifer Talion la plus criminelle P Seraient-ce des
confidérations tirées des perfonnes? II eft vrai qu'en fait
de réparation d'injures, la Jultice fe permet des acceptions en raifon de'la naifance, du rang, du mérite og
démérite perfonnel, Voyons donc dans un paralléle
des Sieurs Daguillard &x Garefché, confidérés tous deux
fous ces divers rapports, 9 s'il fe rencontre quelqu'avantage en faveur du dernier qui ait pu décider
lui l'exceflive faveur de la fentence de civilifation,
Bont
le premier a tant à fe plaindre.
Par fa naiffance, le Sieur Garefché n'eft affurémenz
pas un homme remarquable, & c'eft en ufer bien
envers lui que de n'en rien dire. Qu'importe au refte
d'être le fils d'un pauvre Vinaigrier, ou d'un riche:
Partifan 3
Et genus, 8 pro-ayos, G qua nont fecimus igfo
non ca nopra vocoe.
D
de la fentence de civilifation,
Bont
le premier a tant à fe plaindre.
Par fa naiffance, le Sieur Garefché n'eft affurémenz
pas un homme remarquable, & c'eft en ufer bien
envers lui que de n'en rien dire. Qu'importe au refte
d'être le fils d'un pauvre Vinaigrier, ou d'un riche:
Partifan 3
Et genus, 8 pro-ayos, G qua nont fecimus igfo
non ca nopra vocoe.
D --- Page 14 ---
d'être le fils IO de fes ceuvres & fon proIl eft beau dans la fociété. Sous cet afpest, pourquoi
pre créateur le Sieur Garefché n'eft point fans mérite;
ie diffimuler?
induftrie & fes talens s'élever affez
on l'a vu par fon
des notables Citoyens: : voilà ce
rapidement au niveau
& devait lui attirer des
qui eft à lui véritablement,
des détails qui
t éloges & de la confidération; ; É j'omers
les
honneur, qu'on me le pardonne, je
lui feraient
ignore.
quel homme eft-ce? La modéEtle Sieur Daguillard,
quand on, parlait tout
ration confeillait d'être indulgent
maintenant du
à Theure du Sieur Garefché; en ordonne parlant d'être vrai jufSieur Daguillard, le devoir
me confidère comme THiftoriograqu'à la rudeffe; je
phe de la. Juftice.
eft né Français, d'un père
Le Sieur Daguillard Tant quil a penfé d'après
Elpagnol, Juif de religion. Téducation, il a fuivi la
les principes inculqués par
au fortir du berceau.
croyance qu'on lui avait enfeignée
lui-méme. QuelIla changé quand il a penfé d'après
atténuer fon
partifans du Sieur Garefché, pour
ques
ont eu befoin d'objeéter au Sieur Daguillard
attentat,
fuça avec le lait. Gràces foient renla religion qu'il éclairée de ce fiècle, elle a repouffé
dues à la raifon
des délires.
dans les temps barbares le plus pernicieux
Nous ju eons les agtions & non les confciences. forti
Le père du Sieur Daguillard était
d'Efpagne
éviter les perfécutions de TInquilition.
enj - 1715 pour & trouva une nouvelle patrie à BorIl vint chercher
famille ancienne, & des alliances
deaux, au milieu d'une
'il éclairée de ce fiècle, elle a repouffé
dues à la raifon
des délires.
dans les temps barbares le plus pernicieux
Nous ju eons les agtions & non les confciences. forti
Le père du Sieur Daguillard était
d'Efpagne
éviter les perfécutions de TInquilition.
enj - 1715 pour & trouva une nouvelle patrie à BorIl vint chercher
famille ancienne, & des alliances
deaux, au milieu d'une --- Page 15 ---
RI
honorables qu'il y reconnut en grand nombre. La
maifon Gradis, devenue depuis f recommandable dans
toute la France, & jufqu'à Verfailles, s'honorant de
de lui comme il s'honorait d'elle, ne fouffrit
qu'il
fit un début médiocre dans le Commerce; Ra ouvrit
tout d'un coup une maifon de banque qui fut toujours
accréditée. Il mourut en 1767 > laiffant douze enfans, &
emportant les regrets des riches quil avait obligés &
des pauvres qu'il avait affiftés
Le Sieur Daguillard, partie au procès, vint en 1745,
dans la Colonie apprendre à être utile au pays, d'un
frère ainé qui y rélidait depuis long-temps & dont le
Supérieur de Léogane à cette époque, avait attefté que
c'était par les feçours qu'il avait procurés, que l'Iile
avait fublifté dans la dernière guerre. Auffi ces fervices attirent-ils la proteétion de M. le Comte de Maurepas à celui qui les avait rendus. Il y avait une ame
chez le Sieur Daguillard capable de recevoir & d'imiter de pareils exemples. Les anciens de cette ville ont
vu les beaux jours de fon. commerce : qu'ils difent quelle
fur fa conduite. Il confent à être repouffé dans foa
malheur, s'ileft un feul malheureux qui puiffe luir reprocher d'avoir été repouffé par lui dans fa profpérité,
Sa maifon était le rendez-vous des honnêtes gens de
la ville & de la plaine, parce qu'au milieu des plus
grandes affaires qu'il maniait en fe jouant, il avait Tart
d'entretenir chez lui la gaieté, T'abondance & les plaifirs
honnêtes. Dix fucreries, aujourd'hui de la plus grande
valeur, ont été établies fur fes avances, par des propriétaires fans moyens; il en a créé deux lui-même;
profpérité,
Sa maifon était le rendez-vous des honnêtes gens de
la ville & de la plaine, parce qu'au milieu des plus
grandes affaires qu'il maniait en fe jouant, il avait Tart
d'entretenir chez lui la gaieté, T'abondance & les plaifirs
honnêtes. Dix fucreries, aujourd'hui de la plus grande
valeur, ont été établies fur fes avances, par des propriétaires fans moyens; il en a créé deux lui-même; --- Page 16 ---
r2
de bâtir le Port-au!
deft lui qui a donné Texemple à bâtir. Combien de ferPrince, & il a aidé les autres
dans la guerre de
vices ne rendit-il pas à fon quartier il fournit tout, bois,
1755? On1 manquait de tout, ferremens, &c. Sa réputahardes,
1 vivres, uftenfiles, & fes ceuvres éraient récentes, lorftion vivait encore d'Elaing vint gouverner la Colonie.
que M. le Comte
bientôt reconnu ce que valait
Cet illuftre Chef eut
homme tel que le Sieur Dadans un pays naiflant, un
fut honoré fouvent de
guillard, & Tutile Négociant Le malheur a prefque tout
fes plus tendres carcfles... eft refté avec quelque énergie
détruit : mais Thomme
encore.
Sieur Garefché ; tel cft le Sieur Daguil.
Tel eft le
lard. Et vous 'avez civilifé -
fit-ce un Prince
Non. On ne civilife pas un affafinat, l'Autorité aurair pà
quicôt attaqué le Sieur Daguillard; Teût
civilifée.
afloupir fa plainte, mais la Juftice ne
pas ait à reproL'injuftice n'eft pas la feule chofe qu'on eft encore irrécher à la fentence du 4 Janvier, elle été précédée d'un
gulière & nulle pour n'avoir pas
du
qui ait décidé fur les plaintes relpeéives des
jugement
&c du Sieur Garefché, lequel 8
Sieur Daguillard
d'accufateur,
deux refterait au procès en qualité embarraflante,
fequel accufé. La queftion n'était pas de
la laiffer indécife au Greffe laJurifdi8tion,
pourquoi quand elle était jugée par le Public?
4 Janvier, elle été précédée d'un
gulière & nulle pour n'avoir pas
du
qui ait décidé fur les plaintes relpeéives des
jugement
&c du Sieur Garefché, lequel 8
Sieur Daguillard
d'accufateur,
deux refterait au procès en qualité embarraflante,
fequel accufé. La queftion n'était pas de
la laiffer indécife au Greffe laJurifdi8tion,
pourquoi quand elle était jugée par le Public? --- Page 17 ---
S. I.
La civilifation mal ordonnée.
Quelles font les plaintes qu'on peut civilifer, quil
eft lage de civilifer P L'ordonnance criminelle n'a rien
Rarué fur ce point, parce qu'en effet ii était difficile
dans des millions d'efpèces poffibles 8 toutes diverfes,
de pofer des limites entre celles qui appartenaient à
la pourfuite extraordinaire, & celles qui ne lui appartenaient pas. L'ordonnance a donc laiflé à la prudence
des Juges, de diftinguer les cas fufceptibles de Tinflruction criminelle, de ceux qui n'en font pas fafceptibles.
C'eft la difpofition textuelle de T'art. 3, du tit. 20 de
l'ordonnance de 1670, unique fiége de la matière. S'il
parait, dit cet article, avant la confrontation des 16u
moins que L'afaire ne doit pas être pourfuivie criminellement, les Juges recevront les parties en procès ordinaire,
8 pour cet epers ordonneront que les informations ferone
converties en enquéte
S'il parait : c'eft donc aux Juges à pefer les faits,
leurs circonftances, leur influence fur la fareré des
Ciroyens, leur atrocité en eux-mémes & fans égard
aux dangers de Texemple; cette cxamen qui femble
d'abord entrainer des combinaifons péribles, ne coûte
aucun effort d'efprit. Ily a un Ta8t exquis & infaillible
dans le coeur humain. Sivous écartés les' paffions fourdes, les impercepribles préjugés 59 fi vous écartés
Finfluence de l'autorité ou de la féduétion, même
Ciroyens, leur atrocité en eux-mémes & fans égard
aux dangers de Texemple; cette cxamen qui femble
d'abord entrainer des combinaifons péribles, ne coûte
aucun effort d'efprit. Ily a un Ta8t exquis & infaillible
dans le coeur humain. Sivous écartés les' paffions fourdes, les impercepribles préjugés 59 fi vous écartés
Finfluence de l'autorité ou de la féduétion, même --- Page 18 ---
: 14 homme qui, avec le
innocente
a pas d'entrailles, un
ne puilfe décibon fens ordinaire un peu
09.12
fainement G une attion doit être traitée civilement
der
Qu'on fe rappelle bien ce qu'a fait
ou criminellement. qu'on fe le peigne bien, le vilage
le Sieur Garefché,
-
dans la chambre du Sieur Daguiltout en feu, entrant bien celui-ci, vieillard de foixanlard; qu'on fe figure
dans le fommeil, frappé dans
te ans & plus, plongé de fang dans le fommeil, fe
le fommeil, ruiffelant
des mains d'un
débattant, criant & arraché avec peine de bon fens
furicux X... S'il fe rencontre un, bien homme civil & nullement
qui ofe dire que tout cela eft
mais le Public
criminel, je n'aurai rien à répondre; & le fait eft jugé. La
moi d'avanice
a répondu
voulut tuer le coupable.
populace Te vit T'attentat, voilà le cas oû le mot s'appliVox
vox Dei:
une
in(piration fubite qu'on apprécie
que.
par
da
action, & non par la réflexion qui trompe &
mauvaile
n'éclaire en ce genre. Il faut fentir
plus qu'elle
fut
fentiment que le Peuple voupoint réfléchir, ce
par
lut tuer le Sieur Garefché. fuis fi puiffamment doJ'avoue qu'en ce moment je
fouleva le peuple
miné par le même fentiment peuple qui à mon tour, jai
contre le Sieur Garefché, que dans une affaire comme
la plus grande répugnance
l'on puife
innocente ?
(2) Y a-t-il donc une féduaion
fa fource dans aurtr Pertu même
qui en doute ? Il y en a une VE a Difcours de M. d'Agueficau fus la
& n'en eft pas 'moins dangereufs
Rtévention-.
leva le peuple
miné par le même fentiment peuple qui à mon tour, jai
contre le Sieur Garefché, que dans une affaire comme
la plus grande répugnance
l'on puife
innocente ?
(2) Y a-t-il donc une féduaion
fa fource dans aurtr Pertu même
qui en doute ? Il y en a une VE a Difcours de M. d'Agueficau fus la
& n'en eft pas 'moins dangereufs
Rtévention-. --- Page 19 ---
TS.
celle-ci, à parler des cas fujets à la
établir qu'elle n'y eft
fujette. civilifation, a pour
Il n'y a qu'un Eulent parmi les
Auteurs; tous
enfeignent que ce n'eft qu'en matière légérc guil a
lieu à la civilifation. Ligere : le mot eft vague; ce y
eft léger
les uns, eft grave pour les autres. Les qui
Auteurs alecat le fens du mot par des exemples; S'il
y a eu plainte en fait de réintégrande, ou pour bornes
arrachées fans violence & fans excès savec armes, on
civilifer; on le peut loriqu'il n'y a eu que de
peus
injures verbales : vous êtes un coquin, vous êtes limplec une
coquine; encore fi l'injure a été dite entre gens dis
commun, il eft défendu d'informer.
Mais on fera mieux juger de la nature de l'attentat
commis en la perfonne du Sieur Daguillard, & s'il était
convenable de le civilifer, en rapportant les Cas où les
Criminaliftes s'accordent à décider qu'il y a lieu à l'inf
truétion extraordinaire par recollement & confrontation.
Obfervons d'abord que ce n'eft point au hafard OL
pour exagérer le fait par le mot, qu'on a donné, dans
cet Ecrit, au délit du Sieur Garefché le nom d'affaffinar.
Cette qualification ne lui convient malheureufement
que trop d'après tous les Criminalifles. M. Muyart de
Vouglans, Confeiller au Grand Confeil, liv. 3 des Loix
crim. tir. 3, ch. 2, $ I, n. 4, en marquant les didérences qu'il y a entre le meurtre & T'affeflinat, dit
3> 3° En ce que le meurtre fuppofe la confomma5> tion du crime par la mort de celui à
on eu
93 voulait; ce quin'eft point néceffaire
qui
pour T'affalinat,
Vouglans, Confeiller au Grand Confeil, liv. 3 des Loix
crim. tir. 3, ch. 2, $ I, n. 4, en marquant les didérences qu'il y a entre le meurtre & T'affeflinat, dit
3> 3° En ce que le meurtre fuppofe la confomma5> tion du crime par la mort de celui à
on eu
93 voulait; ce quin'eft point néceffaire
qui
pour T'affalinat, --- Page 20 ---
encore que tefu
forme par le feul attentat,
9) lequel fe enfuivi 5).
dit : <6 on
9 ne s'enfoit dans fon Die. vo afuffinats traitemens
Ferrieres,
touS excès & mauvais
de ce nom
arméc 8 avec
2> appelle
à quelgu'sa à main
de
5> que ont éfaits
homme qui donne des coups
: ainf II2
celui ci
I
9> avantage 2
nitre QUI EST SANS DÉFENSE, de Cet
5> baton à un
Enl jufice vengeance
Cn dioit de demander
OIl moiss
>> eft
crime qui doit être puni plus
dos
9) afulfmnat 5
les circonfanees @ la qualité
Jaivant
2> gribvenont,
>> perfounes >>.
Traité des mat. crim. donne
; Roufleau de Lacombe, de meurtre ou d'affaffinat à
indifin@temement le nom
voici fes termes,
faite par furprife;
(4 A Tégard
toute agrefion feal. 7, dict. 6, n. 1:
compartie 1, ch. 2,
il fe dit de ceux qui
du meurtre de guet-apens,
& de deffein
de propos délibéré
des homicides
tuent ou feuls
9> mettent
comme auff de ceux qui
:
ET AVEC
5> prémédité
& excèdent EN TRAHISON
>> ment outragent
5).
T'attentat
2) AVANTAGE
qui ne s'eft pas enfuivie,
A la mort près
eft donc un véritable
fouffert par le Sieur Daguillard moins de la feconde claffe:
meurtre ou affaflinat, au
prinédivation.
car 1o ilya
il en a tous les caralères: de traverfer une grande
de plus prémédité domicile que
d'un Ciroyen pour
Quoi d'entrer dans le
de
traitre
ville,
eu trahifon : quoi
plus
le
Taffaillin? 29 Iya homme fans défenfe, dans
de farprendie un
de
par la circonf-
"fommeil? que
ly a eu guet-apens o plus Il y. a eu outrage:
Négre mis en vigie. 5
tance d'un
il en a tous les caralères: de traverfer une grande
de plus prémédité domicile que
d'un Ciroyen pour
Quoi d'entrer dans le
de
traitre
ville,
eu trahifon : quoi
plus
le
Taffaillin? 29 Iya homme fans défenfe, dans
de farprendie un
de
par la circonf-
"fommeil? que
ly a eu guet-apens o plus Il y. a eu outrage:
Négre mis en vigie. 5
tance d'un --- Page 21 ---
& excès : quoi de plus outrageant, quoi de plus excédan: que d'employer l'arme du bâton ou de la canner
fur un homme endormi, de le frapper à la tête & de
lei mettre tout.en fang ?
C'eft donc un meurtre, ou un affaffinat de la Teconde
efpèce, mais un affaffinat pourtant, que les premiers,
Juges ont.civilifé. Il faudra renverfer bien des notions
reçues pour perfuader que cela eft bien jugé.
Le délit du Sieur Garefché eft très-grave & point
ordinaire 0 la première juftice due au Sieur Daguillard
fera, dans la proportion qu'on gardera dans la pourfuire
de la vengeance qu'il attend. La première peine à im-y
pofer au Sieur Garefché, ef de Jui faire fupporter les
anxiétés d'une procédure extraordinaire. Elle eft fuivier
dans des cas beaucoup moins violens, & en preuve nous.
rapporterons, l'arrêt rendu ilya peu de jours entre le
Sieur Barrere, Négociant de cette ville, & le Sieur
Milliard, Infpeêteur de Police : pofons d'abord les principes de la matière.
Ferriere, Dia. yo injures dit : 4 Pour CC qui eft
5) des injures réelles, le Juge n'en doit pas non plus
>> légèrement faire un procès extraordinaire, fur-tout
2) entre perfonnes viles, à moins que T'excès ne fois
29 confidérable, comme s'ily a plaie ouverie., cpiufion
>> de fang 6 rapport de Chirurgien >). Ici tous les caraetères requis ferencontrent dansle
plus haut degré de gravité : plaies ouvertes, plaies mulipliées, plaies à la tête,. effufion de fang antorrent de
lang, rapport de Chirurgien conftatant les bleffures. Et
puis les perfonnes font-elles donc viles 2 Un.ancicn:
C --- Page 22 ---
18. Négociant quia eu le bonheur de Créer plufieurs Habitans qui valent mieux que le Sieur Garefché, eft-il un
homme vil? Ajoutez au délit particulier la circonftance
de la préméditation, ajoutez-y le guet-apens, ajoutezy la
farprife dans le fommeil, ajoutez-y la violation du domirile, ajoutez-y Tacharnement dans Tagreffion. Affranchir un pareil attentat de linftru@tion extraordinaire,
n'eft-ce pas plus qu'an déni de juflice? Rouffeau de Lacombe, loc. cit. fect, 6, dift. 3,ayant
titre des injures réelles & par voie.de fait, s'explipour avec une toute autre févérité encore que Ferrieque écoutons : (6 Ces fortes d'injures fe commettens en
res,
battant & excédant autrui.
Tagreffion. Affranchir un pareil attentat de linftru@tion extraordinaire,
n'eft-ce pas plus qu'an déni de juflice? Rouffeau de Lacombe, loc. cit. fect, 6, dift. 3,ayant
titre des injures réelles & par voie.de fait, s'explipour avec une toute autre févérité encore que Ferrieque écoutons : (6 Ces fortes d'injures fe commettens en
res,
battant & excédant autrui. Elles fe pour-
$* frappant, la voie de la
informations, rap9* fuivent par
plainte,
Sy port de médecins 8c Chirurgiens, 8xc. 9. G Quant à la punition, cela dépend des circonflanles
ont été donnés & les bieffures fai--
97 ces. Si la coups chaleur d'une rixe & que la mort ne s'en
9> tes dans
la
fe réduie
S9 foit pas fuivie dans les quarante jours, peine
à des dommages-intérêts plus ou moins
$) ordinairement
>. S) forts fuivant les circonftances. -
GUET2 66 Si LES BLESSURES AVAREXTÉTÉFANSSDE MANIÈRE D'ASSASSI-
$) APENS ET DE SANG FROID PAR
SERAIENT
$9 NAT; ou SILEB BLESSÉ ÉTAIT MORT, ELLES
:
9> PUNIES DE PEINES CAPITALES 95. Gefkain@-qu'on punit le crime quand on rendjuftice;
&. quand on ne la rend pas, que fait-on? on civilife. de
Cherchons encore quelques efpèces où il S'agille
délits communsi8c légers, & voyons ce qui s'oblerve
dans leur. pourfoite & leur réparation : nous. citerons
--- Page 23 ---
après des cas plus graves & qui fe rapprochent un pei
plus du cas de ce procès. M. Muyart de Vouglans nous offre les deux exemples;le premier eft au liv. 2 tit. 4,
3. Là,n
parlant de
eh.g.n,
Y'admonition, il dit : ( Quoique dans
9)
Tulage
cette peine ne fe prononce qu'enfiite d'une
9)
procédune
extraordinaire, elle n'eft pas néanmoins infamante, g
5 tant parce qu'elle ne s'exécute pas publiquement
9> parce qu'elle ne doit fe prononcer que pour les crimes que
25 cammis fans dol (3) éfeulement par Lefer de la viva93 cité ou de l'imprudence >)
Voila certainement des cas légers, & cependant c'eft
avec l'apparcil de l'inftruétion extraordinaire qu'on les
pourfuit, & l'admonition en eft la peine. Mais que font ces cas-là devant notre efpèce? Qué
font les casles plus graves cités dans les livres, en comparaifon de l'attentat dont il s'agit 3 I n'était pas aifé
à la plus fombre imagination d'aller auffi loin en frppofition, que le Sieur Gareiché en exécution : jugez-en. : Le même Criminalifte, M. Muyart de Vouglans, au
som. I, liv. 3, tit. 7, ch, 2, de l'injure réelle O1
voie de fait, n. 8, a accumulé tous les caraétères qu'il par
apû imaginer, agravans une injure réelle, de cette manière : ( Par rapport à la qualité de linjure réelle il
5> ya plufieurs chofes à confidérer, lavoir, f elle a été
2) faite avec agrefon, G elle a été faite avec armes (4);
mis (3) fans C'eft-à.dire dans le langage de ce Criminalifte, G le delit a été com3,
préméditation oir il
& fans guel-apens.
les caraétères qu'il par
apû imaginer, agravans une injure réelle, de cette manière : ( Par rapport à la qualité de linjure réelle il
5> ya plufieurs chofes à confidérer, lavoir, f elle a été
2) faite avec agrefon, G elle a été faite avec armes (4);
mis (3) fans C'eft-à.dire dans le langage de ce Criminalifte, G le delit a été com3,
préméditation oir il
& fans guel-apens. V,I'Auteur, au liv. 3, tit. 7, sbi
()On n:7. Git explique ls ce quil entend' par dol en fait de crime,
que baton ou la Sanne fons des armes,. --- Page 24 ---
a été faite
2> elle a été faite avec avantage (5):helle fur les habits; G elle
9 fiur le
même ou feulement cruelle & à coups redou9) a été afe d'une manière
du
fur un endroit
corps
blés; Gle
a été porté
où
(6). 2 a
Dans tous ces cas
ferait
COeDuI
2 qui
à
des effets durables
eft de nature produire
No finjure
il ef2 certain que de fimples réparà9) & (candaleux,
des
de prifon & d'abllentions d'honneur, ou
peines
s
fuffire & quily
9 tion des lieux (7) ne pourraient
ou, au
-
lieu à des peines corporelles, afflidives
2 aurait
des injue N. 7, à Tégard
9) moins infimantes..
elles fe
commifes par dol 6 avec préméditation,
5) res
févèrement que les autres, en ce que,
9 punillent plus
dit, c'eft le dol qui forme le
9) comme nous l'avons
tellemen: que la fimçaradère du crime;
$ principal
lorfqu'elle eft manifeftée par quel-
>> ple machination, fait dégénérer Tinjure en affafinat
9). qu'acte extérieur,.
puniffable de la peine de ce
2, &la rendpar conféquent
S> crime >).
d'atrocité, empruntés
Tous"ces caraétères graduels délits, commis en difféça & là de T'efpèce de plulieurs
divers coupables,
rens temps, en différens lieux, quils par ont été réunis par
f T'on difait aux Criminaliftes
(5) Comme en furprenant à I'ail, un homme à la tempe. endormi.
(6) Comme à la tête,
n'entendent pas lc langage des Criminalifes; arrêt
(1)Jobfave pour. ceux qui eft une défenfe portée par fentence ou d'entrez
que Pabflention des lieux,
d'une voie de fait conti ilerahle,
à celui qui s'eft rendu coupable celui
a bleffé & excédé, ou d'en approchce
dans. la ville où habite deux,, trois qu'il licues, &c. On limite, communement
plus près que d'unc,
deux ans, dix ans, vingt ans. Elle n'umgorto
gette définfe à un terme,
pas l'infamie de droic.
fentence ou d'entrez
que Pabflention des lieux,
d'une voie de fait conti ilerahle,
à celui qui s'eft rendu coupable celui
a bleffé & excédé, ou d'en approchce
dans. la ville où habite deux,, trois qu'il licues, &c. On limite, communement
plus près que d'unc,
deux ans, dix ans, vingt ans. Elle n'umgorto
gette définfe à un terme,
pas l'infamie de droic. --- Page 25 ---
En feul coupable, dans un feul attentat, fur un feut
homme,.quc répondraientt-ils? ils fuirafent en fe voilant
le vilage. Et G on ajoutait qu'on à civilifé cet attentat compofé de plufieurs crimes, que répondraientils. P ils feraient déjà loin & n'auraient pas ia douleur
d'entendre.
O vous tous que l'attentat commis en la perfoane
du Sieur Daguillard épouvante, apprenez vOS reffources, connaiflez vos Magiftrats, 8.béniffez le Ciel qui
voUs les - donne ! Un grand! monument vient d'être
élevé par eux à la fareté publique, malheur à l'audz=
cieux qui troublera votre repos.
Qui n'a pas oui parler, dans cette dépendance, du
procès criminel intenté par le Sieur Jean-Marc Barrere,
Négociant de cette ville, contre le Sieur Milliard,
Infpeéteur de Police? Que d'excufes s'offraient en foule
pour atténuer la violence de l'accufé ! 1o Il venait
de capturer plufieurs Matelots; ils les condoifait en
prifoa avec peu de forces; le moindre trouble dans
fa marche atrait fait évader les capturés. 2° I étaic
huit heures du. foir; l'Infpeéteur ne diftinguait pas
affez les objets pour les reconnaitre, &x à vrai dire P
linjure faite au Sieur Barrere n'était pas faite à lui, nais
à un inconnu. 30 Point de plaie, point d'effufion de
fang. 4" Point de préméditation, rencontre malheureule,
fortuite, IInfpeétcur en fongion & fonéion dificile.
Rien n'a pu fauver lagreffeur. Il avait ofé frapper
un Citoyen; nulle excale à une telle injure. Sur la
plainte du Sieur Barrere, la juflice criminelle a déployé
lapparcil de la teireur contre le coupable 3 Tinfrucs
. 30 Point de plaie, point d'effufion de
fang. 4" Point de préméditation, rencontre malheureule,
fortuite, IInfpeétcur en fongion & fonéion dificile.
Rien n'a pu fauver lagreffeur. Il avait ofé frapper
un Citoyen; nulle excale à une telle injure. Sur la
plainte du Sieur Barrere, la juflice criminelle a déployé
lapparcil de la teireur contre le coupable 3 Tinfrucs --- Page 26 ---
récollement &
tion s'elt faire à T'extraordinaire' par été rendue le
confrontation, 8 enfin fentence a
preTinfpegeur de Police,
mier Août 1786, quia dégradé de remplir les fondlions de
en le déclarant incapable
à
de faux. E
place, avec défenfes de-les exercer d'aumône peine
condamne en outre en trois livres
(8) applis
%
des
Ordonne que la préfene
cable au pain
prifonniers. & afichée au nombre de cenit
Jentence fera imprimde dudit Milliard, 8c. a
exemplaires, aux frais 18-Décembre dernier (1786) ).qui
Sur quoi arrêtle
confirme la fentence en tous fes
du Sieur Barrere: 2
Voilà ce
a jugé dans
tares
qu'on du Sieur Daguillard on a civilifé.
& dans laffaire
Réponfe a une objedlion.
Sieur
fon appel
On objeétera au
Daguillard
à une
0e
fon intérêt fe
Somtoe
n'eft pas recevable : il que lui eft indifférent de parvenir à
réparation civile, voie ou
une autre : qu'il n'y a
ge but par une
par chargé de la pourfuite du
que - le Miniftère lintérêt public, de la fociéré, à qui il apparcrime pour
linftrustion criminelle.
zienne de requérir de la frivolité de cette objeSion par les
On jugera contradi@toires & infenfées qui en réfuleonféquences Oubliez celui qui raifonne & qui n'a plus de
tent. crédit fur les efprits: méditez fes raifonnemens.
lis aumône, dans une expédition de Ta fentence
fous les lire
(8)Je
une faute de copifte & ne
pas
LSIS
yeix: ne ferait- ce point la:fentence a déclaré Vinfpectcur, incapable de reaplia
amende? i Après qu'on devrait lire amcnde.
-
fa
adrs
place,
onféquences Oubliez celui qui raifonne & qui n'a plus de
tent. crédit fur les efprits: méditez fes raifonnemens.
lis aumône, dans une expédition de Ta fentence
fous les lire
(8)Je
une faute de copifte & ne
pas
LSIS
yeix: ne ferait- ce point la:fentence a déclaré Vinfpectcur, incapable de reaplia
amende? i Après qu'on devrait lire amcnde.
-
fa
adrs
place, --- Page 27 ---
Vous dites qu'une partie civile n'a qu'un feuf inté
rêt; favoir, d'obtenir une réparation que vous faites
confifter en argent, &vous ajoutez que Tagion ordinaire
fuffic pour cela; mais pourquoi donc Tordonnance a-telle autorifé la voie criminelle P LeI Légiflareur, fnivant
vous, aurait fait une bévue, & pis que cela, il aurait
induit en erreur les juiticiables, car quand ils fe croiratent fondés à pourfoivre, par la voie criminelle, la
réparation d'une injure, ils fe verraient condamnés aux
dépens fur le moindre appel; al eàt mieux valu cent
fois refufer aux particuliers Tachion criminelle, que de
les expoler à des méprifes ruineufes & à des chagrins.
Mais non, ce n'eft point un leurre que Tordonnance
a "préfenté aux Peuples en leur ouvrant fa voie cris
minelle. Elle a voulu qu'en effet les ades criminels ne
fuflent pas traités comme les adtes civils? Elle a voulu
que les torts reçus dans fa perfonie 6 dansfom
par des excès & des
corps,
coups, is ne fuffent pas traités
comme les torts reçus dans fa vigne ou dans fon
en un mot, l'ordonnance a plus eftimé le fang-d'un pré,
Citoyen que fon argent. A-t-elle eu tort ? En accordant la voie criminelle, c'eft un commencement de
réparation que le Légiflateur a voulu faire au
excédé, en- foumettant Tauteur de l'excès à Ciroyen
d'ume indruaion extraordinaire. -
1. Tefroy
Voila pour les cas fimples: que fera ce A l'on'
fon imaginarion fur T'attentat du Sieur Garefché porte
celui qui a houteufement violé l'alile facré d'une maifon, Quoi!
qui a furpris le. maitre dans le fommeil, qui a eulla
lacberd de fe jetter fiur -lur dans cet a état,"qui l'a
excès à Ciroyen
d'ume indruaion extraordinaire. -
1. Tefroy
Voila pour les cas fimples: que fera ce A l'on'
fon imaginarion fur T'attentat du Sieur Garefché porte
celui qui a houteufement violé l'alile facré d'une maifon, Quoi!
qui a furpris le. maitre dans le fommeil, qui a eulla
lacberd de fe jetter fiur -lur dans cet a état,"qui l'a --- Page 28 ---
%4
redeublés, ne (erait
afommé fans réfifhance à coups sil fallait payer le prix
autrement pourfbivi que
meuble calfél
eft ouverte
-
criminelle
RCa
Il s'enfuit de ce, que la voic la réparation des injures.
par la Loi même pour obtenir T'a prife, le droit de fe
quil appartient à, celui
écarte ou ne la fuit pas,
le
R
paindre quand Derla Juge Ja conléquence que Tappel de la,
convenablement.
eft recevable
même d'un décret trop léger, à, l'appel d'une fentence,
d'un, plaignant. Quant de la partie civile, il eft
ee" civilifation de la part
pareil jugement
mapifellemen: recevable 2 la, paifqu'on Loi. La Loi lui accorde
le fruftre du bénéfice de criminelle, & la fentence de
Tavantage de Taction Appel, quoi de plus fimple P
civililation le lui ravit,
Tordonnance établit pour
Confdérez sencore. que
- 2. cclui quia
agent 10 & chef.de la pourfuite donne, criminelle la juftice s'ébranle,
reçu Tinjure. Au lignal décrets, qu'il Rien ne lui eft refufé des
marche & lance fes
befoin, Illui eft taccordé dinvofecours dengilpeuravois du Miniftère public pour fuppléer à
quer le concours Et l'on voudrait que tout à coup fàt ce
fes demandes.
ce chef de l'agion criminelle
moteur principal, Tauxilinire qu'il a mis en mouvement! quil il
éclipté
de parler en fon, nom, quand comperdit E prérogative de fe taire! Cela choque la plus
plairait, àTautre
bon donc, encore un coup, accor de
mune raifon. A quoi
Tappel mal fondé
der la voie criminelle : Diftinguez civile peut être mal fon
Tappelnon. recevable: La partie par les moyens ufités:
dée dans fonappel, vouslapunirer
mais
NE
en mouvement! quil il
éclipté
de parler en fon, nom, quand comperdit E prérogative de fe taire! Cela choque la plus
plairait, àTautre
bon donc, encore un coup, accor de
mune raifon. A quoi
Tappel mal fondé
der la voie criminelle : Diftinguez civile peut être mal fon
Tappelnon. recevable: La partie par les moyens ufités:
dée dans fonappel, vouslapunirer
mais
NE --- Page 29 ---
x5
mais il eft abfurde de dire qu'elle y eft non recevable,
Ceft ce qui réfulte du témoignage des Auteurs du Rdpertoire univerfel e raifonné de Jurifprudence, ouvrage
récent & eflimé, au fujer de toutes fentences 8 ordonnances rendues en matière criminelle, dont ils affurent que
Fappel elt à la volonté des parties. Ils cirent par rapport aux appels des décrets attaqués, comme n'étant
pas affez rigoureux, un arrêt du Parlemert de Rouen
du 28 Juiller. V. au, mot appel, pag. 497, col. I.
Ily a bien plus forte raifon de le décider ainfi pour.
Tappel d'une fentence de civililation; car indépendamment des motifs expliqués plus haut, il faut remarquer
qu'une pareille fentence a Tefet d'un jugement difinin
uf (9), puifqu'elle éreint une aétion pour lui en fubfiguer une autre. Dès-lors c'eft tout comme fi le Juge
dèsle principe refufait au plaignant de recevoir fa plainte.
L'appel ferait indubitablement recevable : pourquoi ne
le feraiti-l pas de la fentence de civilifation? Le refus de
l'adtion criminelle, en ce derpier cas, eft fait plus tard
de la part du Juge, 8x, l'appel vient plus tard de la
part du plaignant, il n'y.a a pas d'autre diférence.
QU E S TI O N.
Ili importe au Sieur Daguillard de conferver à fa
pourfuite tous les avantages. de la procédure criminelle,
(9)V. M. Muyart de Vouglans, V t.2,liv. le
tit. livre 6,,art. du fhile 2 n. criminel I 2, de: 35
pag. 172, édit. de Paris, 1781.
nouvéau
M. Dumont, édic. de Paris, in-4, 1778, ch. 18 pag. 78,
D
au Sieur Daguillard de conferver à fa
pourfuite tous les avantages. de la procédure criminelle,
(9)V. M. Muyart de Vouglans, V t.2,liv. le
tit. livre 6,,art. du fhile 2 n. criminel I 2, de: 35
pag. 172, édit. de Paris, 1781.
nouvéau
M. Dumont, édic. de Paris, in-4, 1778, ch. 18 pag. 78,
D --- Page 30 ---
26 confidérable
de diCe Terait lui en retrancher un
le fecret de que linftrucvulguer à une audience publique
ce qui arriverait
tion qui a été faite jufqu'à préfent; eft obligé de faire
par la leéture que le Miniftèrc public Ce n'elt donc pas
à l'audience de toute la procédure.
de favoir où fe
fans intérêt que je propofe la queflion
de la
Tappel tranché par le Sieur Daguillard à la chambre
portera fentence de civilifation, ou à l'audience. ou
fur le rapport d'un de Meflieurs.
fur cette Gmple
Je conçois qu'on a déjà prononcé des raifons adrcflées aux
expolition. A préfent voici
Magifrats.
à voir
à l'audience quelques
On eft accoutumé
: delà le préjogé,
en matière de perit
teshr
appels
à Textraordinaire;
que quand iln'y a pas un réglement Ce
eft
doit fe porter à Tsudience,
préjugé
tout appel
le fonde fur Y'ordonnance.
d'autant plus fort qu'on
cette ordonnance de
Mais quand on vient à exominer
eft Tuniplus près au titre des appellations, art. 2, qui le fens
trait à la quellion, on n'y trouve pas
ayant
lui fuppofes ii eft conçu en ces termes:
Tradi qu'on
d'informer des décrets
9) les appellations de permillion feron: portées à lau
9> & de zoutes autres infruclions,
Sp dience de nos Cours 6 Juges 9). jugemens dinftruc:
Or, qu'eft-ce qu'on entend par
les ordonnances portant permillion
tion ? on entend
nature qu'il foit, ou
dinformer, ou décret de quelque
demandées
celles qui adjugent ou rejettent une provifion exoine
ou
admettent ou rejettent un
propofé,
ou qui
le monitoire. Voile
enfn qui permettent ou défendent
> & de zoutes autres infruclions,
Sp dience de nos Cours 6 Juges 9). jugemens dinftruc:
Or, qu'eft-ce qu'on entend par
les ordonnances portant permillion
tion ? on entend
nature qu'il foit, ou
dinformer, ou décret de quelque
demandées
celles qui adjugent ou rejettent une provifion exoine
ou
admettent ou rejettent un
propofé,
ou qui
le monitoire. Voile
enfn qui permettent ou défendent --- Page 31 ---
les feuls cas des jugemens dits d'infruaion, fuivant tous
les Auteurs,
Il s'en faut de beaucoup qu'une fentence de civilie
fation, par la nature, foit un jugement de cet ordre,
Un jugement d'inftruction eft une époque ou poine de
a
remarque dans une procédure, s'il eit permis de parler /
ainfi : une fentence de civilifation pole des bornes &
élève un mur de féparation. Le jugement d'inftruéion
n'alrère pas la qualité de T'adtion. La civilifation la dénature,la change, l'anéantit. Lesjugemens d'inftrugion
ne font que prépararoires : une fentence de civilifation
participe de la nature des jugemens défnitifs, en ce
qu'elle étcincl'action criminelle. Lesjugemnens d'inflruction ne font jamais retardés dans leur exécution pas
Nappel des parties,ce qui a fait dite que Tappel en ces
cas était dévolutif8 non fulpenff; Tappel au contraire
d'une fentence de civilifation eft tout a la fois dévolusif & fulpenff.
Il eft fulpenff, tout à Theure je l'établirai. Et pourquei eft-il lufpenfif? Parce qu'unc fentepce de civilifa
tion détruit Tadion originaire & principale 5 parce
qu'elle dénature la fubfance même du procès. Compagons : dans Tappel dun décret de foit our, on d'ajourmement perfonnei, chofe dinfruciion, la procédure
n'eft pas fufpendue, par qu'elle raifon? parce que le
plus ou le moins de rigueur d'un décret n'akère pas
la qualité de l'attion : c'eft toujours une alion crimiaelle qui fublifte. De même par rapport au moniroire 9
de même pour l'exoine, pour la provilion; l'admiftions
ou le refus du monitoire, Tadmifion ou rejet de l'exol
fonnei, chofe dinfruciion, la procédure
n'eft pas fufpendue, par qu'elle raifon? parce que le
plus ou le moins de rigueur d'un décret n'akère pas
la qualité de l'attion : c'eft toujours une alion crimiaelle qui fublifte. De même par rapport au moniroire 9
de même pour l'exoine, pour la provilion; l'admiftions
ou le refus du monitoire, Tadmifion ou rejet de l'exol --- Page 32 --- plus ou moins forte de la provifion;
ne,Tadiudication de la totalité, ne forment que des acciou le débouté
&1 laiffent laétion entière. Mais
dens dans la difcuffion
la civilifation anéantit.
6 je ne les
Je me déferais de mes raifonnemens autorités. Mo Dumont
fortes
voyais - appuyés des plus criminel,
78, édit. de
dans fon nouveau Rile
maxime pag:
du Palais,
Paris, in-4", donne comme une
d'un jugement de civilifation cajulpeniffs
que tappdl
fe
à l'audience comme
conféquent il ne porte pas
par
dinftruétion.
un jugement
de la maxime qui n'eft qu'indis
Mais T'explication Aile criminel, eft favamment
quée dans le nouyeau manière ordinaire, par M. Muyart
préfentée, fuivant fa
liv. I, tit. 6, S. 20, art. Z 9
de Vouglans, tom. 2,
interlocutoires.
ayant pour titre, de L'eppel des jagemens nombres qui fe tienCet article eft
en quatre les uns par les autres,
nent
la main &
FERaA
fuis par obligé de les rapporter en entier.
je
N. I.
à Tappel, deux fortes
(e Il faut difinguer, quant en matière criminelle;
interlocuroires
$) de jugemens les fuites (ont réparables en définitive,
5) les uns dont
de provifon, ou les
telles
font les fentences
S)
que
ou bien celles concernant
9) fentences d'élargiliement,
tendent à dénaturer le
l'exoine, &c. Les autres qui
$)
laiffent des impreffions qui ne peuvent
9) procès, ou
de ce nombre font les fentences
D aifément (e réparer;
locuroires
$) de jugemens les fuites (ont réparables en définitive,
5) les uns dont
de provifon, ou les
telles
font les fentences
S)
que
ou bien celles concernant
9) fentences d'élargiliement,
tendent à dénaturer le
l'exoine, &c. Les autres qui
$)
laiffent des impreffions qui ne peuvent
9) procès, ou
de ce nombre font les fentences
D aifément (e réparer; --- Page 33 ---
$7 de converfion en procès ordinaire, & les jugemens
2) qui ordonnent la torture 59.
N. 2.
G A Tégard des jugemens de la première efpèce - D
$) comme leur exécution requiert célérité, & que le
9) retard qu'on y apporterait pourrait occalioner le
92 dépériffement des preuves, Tappel qui en eft inter95 jerté n'eft point fulpenfif, mais feulement dévolutif,
9) comme Tappel des jugemens préparatoires, en foree
$S que Texécurion n'en peut être arrêtée que par arrêt
95 de défenfe 99°
N. 3.
Mais il n'en efp pas de mime des jugemens de la de:t
nière efpice, lelquels ont enl quelque forte Tefee des jugemens défirnisifs; en ce qu'ils laiffent des traces 66 que
53 ces derniers ne peuvent entièrement effacer, CE
5.9 qu'on peur dire fur-tout des jugemens dc torture 29°
N. 4.
Ge Au refte, quant à la manière de procéder fur
29 l'appel de ces jugemens interlocutoires (civilifation
59 & torture) elle eft la même pour les uns comme.
99 pour les autres, c'eft-à-dire quils ne Sinfruifent &
99 ne fe jugent point à Taudience comme Tappel des
mais feulement à la Chambre
97 jugemens préparatoites,
29 du Confeil, comme les appels des jugemens défini2) tifs dont nous allons parler 599
Prenons garde à la nature de cette affire : jofe le
dice, la porter à l'audience, ce ferait en quelque forie
) elle eft la même pour les uns comme.
99 pour les autres, c'eft-à-dire quils ne Sinfruifent &
99 ne fe jugent point à Taudience comme Tappel des
mais feulement à la Chambre
97 jugemens préparatoites,
29 du Confeil, comme les appels des jugemens défini2) tifs dont nous allons parler 599
Prenons garde à la nature de cette affire : jofe le
dice, la porter à l'audience, ce ferait en quelque forie --- Page 34 ---
'3o
devient à Fau
la civilifer encore ; Caf qu'eft-ce que
en enquéte
dience une information P elle Sy change
perd
ordinaire, par la publicité, &x Tinterrogatoire Tenrendant y
D
fon énergic par la facilité qu'on acquiert additions et & des comd'y préparer dans la fuite des
Ce n'ef plus
mentaires, & alors rout eft corrompt. méditent, contournent
Y'accufé qui fe défend: d'autres
dont on a
fa délenie en Tadaptant à la defnitive procédure répaier cette
déchiré te voile. Comment en
violation du fecret 2
S Zo
Nullité de la fnience de civilifuion.
eu dans Finftroftion devant le
II n'y a point
ait déclaré lequel du SC
mier Juge, de fentence qui
tous deux plaignans S
Daguillard ou du Sieur Garefché, d'accufé. N'eft-ce
tiendra lieu d'accufateur & doute Tautre vient du concours
point là une nullité? Mon
'affurent que quand
des fuffrages de tous les Auteurs qui faut d'abord fixer la
il
il y. a plaintes refpedives, déclarant lune accufateur &r
qualité des parties, en
1, fe8t. 7y
Faure accuf. V. Lacombe,
3,chap, de fon diét. V.
init. V. Ferrieres, vo
EEL
eod. V. Lange, tom. 2, chap. 2, enfin arrêt
Denifart
du Parlement de Dijon, rapporté pat
de réglement Boubier, liv. 37. - des plaintes, n. % 97
M. .le Préfident
le 16 Novembre 1726.
rendu à l'audience,
& de vaine forCeci n'eft point fans conféquence
be,
3,chap, de fon diét. V.
init. V. Ferrieres, vo
EEL
eod. V. Lange, tom. 2, chap. 2, enfin arrêt
Denifart
du Parlement de Dijon, rapporté pat
de réglement Boubier, liv. 37. - des plaintes, n. % 97
M. .le Préfident
le 16 Novembre 1726.
rendu à l'audience,
& de vaine forCeci n'eft point fans conféquence --- Page 35 ---
3r
malité; en effet; une fois que l'un des deux
a éré déclaré tenir lieu d'accufe, T'information EIMEEt à
fa requête ne doit plus être lue dans l'examen du procés; c'eft ce qui fut jugé -
d'une manière bien folemnelle
par un autre arrêt du même Parlement de Dijon, le
12 Août 1730, rendu en conféquence du précédent
au rapport de M. Lantin, toutes les Chambres affemblées, l'arrêt palfa d'une voix, dit M. Bouhier qui le
rapporte & qui était du nombre des Juges. On décida
que Tinformation faite à la requête de M. de Folleville,
Préfident aux requêtes du Palais de Rouen, lequel
avait éré déclaré accufe par un arrêt préliminaire, ne
ferait pas lue. V. M. Bouhier, liv, 37, tit. des infore
mations, n 4- (:)
L'accufé ne fouffre en aucune façon de ce rejet 3 4
il a la voie de fes faits juftificatifs, pour oppofer tous
fes moyens, 9 &c dans lefquels il fait entrer tout ce
eft à fa décharge tant dans f plainte que dans
information.
C O N C L U S à
C N S.
Ace qu'il plaife à la Cour, mettre Tappellation 6
Rnence du 4 Janvier dernier, au néant, émendant,
renvoyer la procédure pardevant le Juge d'appel, ti Lefee
de déclarer à vue des pleintes & informations ropEaasy
par une fentence préliminaire, lequel du Sieur LoguitLard ou du Sieur Garefché siendra lieu d'accufateur 01g
(to) La citation de M. fe Préfident Boubier eft tirée d'ua manufcrit Gie
2X Dijon, que j'ai_e en mon pouvoir,
vier dernier, au néant, émendant,
renvoyer la procédure pardevant le Juge d'appel, ti Lefee
de déclarer à vue des pleintes & informations ropEaasy
par une fentence préliminaire, lequel du Sieur LoguitLard ou du Sieur Garefché siendra lieu d'accufateur 01g
(to) La citation de M. fe Préfident Boubier eft tirée d'ua manufcrit Gie
2X Dijon, que j'ai_e en mon pouvoir, --- Page 36 ---
du procis fvivie à
eaccuije, pour après récollemant être Cinfrattion 6 confrontatign. jufqu'is
Testrondinaise
fauf Lappel er3 la Cour, 8 Jauf
fonsence défnitive :
la vindiôie
M. le Procureur-Gendral à prendre pour
publique telles conclufions quil avifera. defes réferves contre
acle au Sicur Daguillard
- Donner
notamment à ligaide Laële fait doule Sieur Garefché,
privée, en date du 4
ble entre les parties fous fignature
aufujet d'une rente
Ogobre 1785poriant des' conventions
par ledis Sieur
viagère de dix mille livres tournois, promife
énoncées
Garefchd audit Sieur Daguillard, aux conditions réfirve de
audit adle, lequel ledit Sieur Duguillard_fe asendu l'aueniai comfaire déclarer comme non avenu, dernier. Condamner la
:
mis en fa perfonne le 8 Décembre
Sieur: Garefché aux dépens.. a1
DAGUILLARD D, Partics
DECULLION, 1
Avoc.
VALENTIN
2 I I a
run
aura
hetirere uraomtre
Noa. Le Sieor Daguillard
Public
il
nouveau Mémoire aux Magifrats &x au
quand
fonddècerte trifte A.ffaire. ILyexpolera
fera queliondu envers le Sieur Garefché & combien celui
fes bienfaits
ci eit ingrat en tous fens.
st
Au Portau.Prince, de TImprimerie Royale. 1787- --- Page 37 --- --- Page 38 --- --- Page 39 --- --- Page 40 ---