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PO IN T
DE LA
QUESTION
SUR
LES COLONIES
ASSEMBLÉE NATIONNALE.
Par M. DE LONGCHAMP, Colon de Lcogane 3 Ifle Saint-Domingue.
Je ne fais pas de coalition 9 mais j'exprime un voeu patriotique.
a A
A PARIS,
De TImprimerie de Srqux-THrmoust, Place Cambray.
I 7 9 O. --- Page 4 --- --- Page 5 ---
POINT
DE
LA QUESTION
SUR
LES COLONIES.
MESSIEURS;
Au milieu des crifes nombreufes qui nous agitent, celle
dont les Colons font l'objet va vous occuper.
Daignez, parmi la foule d'écrits dont on vous inonde,
diftinguer quelques obfervations d'un Colon défintércfTé,
impartial, & qui gémit de voir des plans ennemis fe
réalifer de plus en plus.
Aij --- Page 6 ---
Je remonte à lArrêt du 30 Août 1784. Avant cette
époque, les loix d'entre la Mere-Patrie &c les Colonies,
affujettiffaient CCS dernieres à l'échange de leurs denrées
contre celles de France ; nous étions, quoique féparés
par POcéan, unis par les rapports du commerce; &c malgré l'influence miniftérielle defpotique, nous confervions
- une fraternité profpere.
Il vint à la tête de quelques hommes, d'établir un
fyftéme de concurrence mitigée, & de le faire adopter par
M. dc Caftres.
En conféquence, on permit aux étrangers d'importer
dans nos Colonies concurremment avec nos Négocians
Français, , mais on nc permit aux Colons dc donner
en échange aux étrangers que nos firops, nos eaux-de-vie
de fucre & de Pargent.
J'ai démontré jufqu'à l'évidence, &c i'ai eu pour moi
tout le Commerce, même les premiers Commis inftruits
que cet Arrêt informe, enfant de la cupidité,
I°, Ruinoit le Commerce de France;
29. Introduifoit une contrebande néceffaire;
3°. Rendoit à P'étranger ce que nous payons à la MerePatrie;
4°. N'étoit d'aucun avantage pour le Colon.
1°, Il ruinoit le commerce de France,
En ce que lAnglo 1- Américain n'ayant à faire qu'un
tout le Commerce, même les premiers Commis inftruits
que cet Arrêt informe, enfant de la cupidité,
I°, Ruinoit le Commerce de France;
29. Introduifoit une contrebande néceffaire;
3°. Rendoit à P'étranger ce que nous payons à la MerePatrie;
4°. N'étoit d'aucun avantage pour le Colon.
1°, Il ruinoit le commerce de France,
En ce que lAnglo 1- Américain n'ayant à faire qu'un --- Page 7 ---
voyage de douze jours 5 ayant un moindre efpace à parcourir, un moindre danger à courir, moins d'avaries à
effiyer fous tous les rapports, pouvoit baifler momentanément la main fur toutes les marchandifes en concurrence avec la France : c'eft ce qui eft arrivé. Les Armateurs Français, dégoutés de ne pas trouverleurs produits ni leurs retours ordinaires, ont ceffé leurs tranfports;
perte premiere pour le commerce, perte retombante fur
les Poffeffeurs des matieres premieres, fur les Fabricans,
fur les Manipulateurs, > fur les Acheteurs, furles,Pacotilleurs
de France.
2°, Il introduifoit une contrebande néceffaire.
Le Commerce de France n'apportant plus les objets
de néceffité aux Colonies, il a fallu s'en pourvoir auprès
de PEtranger. La mafle des firops, &c enfin des objets
dont la vente étoit permife aux termes de PArrêt, n'équivalant pas à la maffe des befoins, il a fallu folder en
argent; 5 mais nous n'avons pas d'argent en Amérique, il
a donc encore fallu, ou manquer du néceffaire en fuivant
la loi, ou l'enfreindre pour avoir ce néceffaire.
Ceft ce qui - eft arrivé; on a voulu l'empêcher, les troubles s'en font enfuivis s parce que néceffité contraint la
loi.
3°. Il rendoità PEtranger ce que nous payons à la MerePatrie.
Sans doute en donnant nos denrées premieres & coloniales en échange à PEtranger, nous en privons la MerePatrie; nous privoris le fifc des droitsi impofés : tout l'avan- --- Page 8 ---
tage que l'on tire des Colonics va donc à cet Etranger
aux dépens du Français.
4°. Il n'étoit d'aucun avantage pour lc Colon.
Cela eft tout fimple : au moment de la concurrence
PEtranger nous a tout offert à la baifle; fe trouvant feul,
&c le Colon dans la difette, il a impofé la loi; on lui a
acheté à tout prix avec les conditions qu'il a voulu y
mettre.
Cet Arrêt étoit donc déteftable, il a occafionné tous
nos maux.
Examinons ce qui a fuivi.
Déjà depuis quelques années, P'Anglererre voit avec
des liaifons commerciales font établies entre la
peine, que
France &c les Anglo-Américains. La perte de ces belles
Provinces n'eft point eflacée, même par le ridicule traité
de Commerce, qui nous rend le jouet des Anglois euxmêmes.
Que cherche donc l'Anglererre ? A réparer fes dommages aux dépens de la France; &c l'on y donne à plein
colier.
De tout tems, nos Ifles à fucre ont fait l'objet de leur
jaloufic; comme les Ifles à épicerics, ont occafionné leurs
guerres avec la Hollande.
II n'étoit pas facile de s'emparer de nos poffcilions,
il étoit plus aifé d'y infpirer la révolte dans les Noirs, le
défefpoir dans les Blancs.
Voici le raifonnement Anglois.
mages aux dépens de la France; &c l'on y donne à plein
colier.
De tout tems, nos Ifles à fucre ont fait l'objet de leur
jaloufic; comme les Ifles à épicerics, ont occafionné leurs
guerres avec la Hollande.
II n'étoit pas facile de s'emparer de nos poffcilions,
il étoit plus aifé d'y infpirer la révolte dans les Noirs, le
défefpoir dans les Blancs.
Voici le raifonnement Anglois. --- Page 9 ---
de fa régénération! A beaucoup
La France s'occupe
d'exaltation 1 Jettons-en
d'énergie, elle joindra beaucoup
Ecriavant une idée bien métaphyfique; que nos meilleurs
s'échaffaudent fur les horreurs privées qui fe comvains
Ifles; difons que les Noirs font nos freres;
mettent dans nos
invoquons Phumanité, ce mot tant de fois proftitué!
Ayons des Chefs de Seête, & nous aurons des Seétaires!
du François, failit avec avidité; il fejettera à corps
L'efprit
la bonté dc fon coeur lui renperdu, dans un fyftéme, que
dra plus cher encore.
attaque une propriété dont
Il ne s'appercevra pas qu'il
: détruire ! On
ileft refponfable; ; il voudra bouleverfer 2
foufcrira comme pour une nouvelle croifade!.
De leur côré, les propriétaires criercnt à Paffaffinat,
ils montreront de Pénergie 5 nos bouches, nos écrivaffeurs
étoufferont à coup dc fillogifme, ces réclamations
payés,
juftes.
Les Colons feront au défefpoir, ils déferteront leurancienne patrie, ils fe donneront à nous, 8c nous nous venavec avantage, des Américains qui nous ont quirté,
gerons,
ont affuré leur liberté à notre détri-
& des Français, qui
ment.
Alors, plus de Marine parmi nos ennemis, parce qu'elle
n'aura. plus d'aliment. Plus de commcrce, plus d'échange ,
plus d'interloppe.
Nous feuls, nous régirons ces côtes fuperbes, formées
la nature, pour donner à la France PEmpire des mers.
par
Nous abforberons lc numéraire des, Français, & leurs
ains qui nous ont quirté,
gerons,
ont affuré leur liberté à notre détri-
& des Français, qui
ment.
Alors, plus de Marine parmi nos ennemis, parce qu'elle
n'aura. plus d'aliment. Plus de commcrce, plus d'échange ,
plus d'interloppe.
Nous feuls, nous régirons ces côtes fuperbes, formées
la nature, pour donner à la France PEmpire des mers.
par
Nous abforberons lc numéraire des, Français, & leurs --- Page 10 ---
productions territoriales, feront un-gage pour nos fupér.
fluités.
Ercela eft-arrivé, - &c vous avez Mefficurs à décider. 1S
Je n'ignore pas queles: Coloniesvont peur-êtrc tropl loin;
mais c'eft que vous les avez.oubliées, &c que celui qui eft.
au défefpoir, n'a pas le tems d'attendre.
D'abord,je répondrai aux Anglais.
Votre projet eft découvert, car.
Auffi-tôt que dans une de vos feffions, vous avez donné
cette impulfion machiavelifte, &c que votre argent &c Penthoufiafme l'ont fait adopter chez nous; vous l'avez détruite, vous avez. raffuré votre Commerce, vous Lavez
prefque. mis dans la, confidence.
2.
2°. Dans le. moment où vous nous préchiez l'abolition:
de la Traite, vous. avez conclu un traité avec PE(pagne >
pour fournir les Noirs dont ele a befoin,ce qui eft renouveller l'affiente.
3°. Jamais Négres ne furent plus cruellement traités,
que dans VOs poffeffions, &c fur-tout à la Jamaique.
4.Jamais Navigateurs n'en ont plus perdu que vous dans
le paffage, par Vos mauvais traitemens &c votre avarice.
5°. Jamais Brocanteurs ne furent plus Maquignons que
vous, &c plus trompeurs; en telle maniere que vous êtes -
difcrédités, même fur la côte d'Or; &c à plus' forte raifon,
dans nos Ifles.
& 68. C'eft qu'au moyen de vos comptoirs 2 vous commettez des violences pour les enlever,
Vous --- Page 11 ---
Vous n'avez rien. de pareil à reprocher aux Français!
Mais vous êtes jaloux, vous voyez votre puiffance s'cnfuir, votre dette nationale vous effrayc, vous n'avez pas
nos reffources; &c j'ofe le dire, (malgré vOs forfanteries)
notre amour pour la Patrie. Vous êtes égoiltes de fangfroid; &c ce n'eft qu'en produifant chez nous l'effervef--
cence, que vous pourrez remplir VOs vues perfides.
Cela n'arrivera pas.
Je viens à la France, & je lui dis :
Oubliez-vous que nous fommes Vos enfans, les freres de
vos enfans? Oubliez-vous que nous n'avons qu'un même
voeu, qu'une même patrie? ?
Pourquoi nous méconnoifltz-vous ?
Si je parle de nos droits : nous fommes hommes.
Si je parle de nos propriétés, elles font inviolables.
Sije parle devotre avantages ?..2
Sans nous, votre balance de commerce eft de trente millions, au-deffous , vous les foldez en argent à l'Etranger ;
& indépendamment de ce que nous payons au fifc public s
nous vous donnons (vos provifions faites) quatre-vingt millions, quirempliffent votre vuide. Nous faifons vivre cingq
millions de VOs habitans : votre Marine fe forme avec nous:
vos Armateurs, VOS Commerçans s'enrichiffent : les Propriétaires que vous avez dans votre fein y répandent le fruit
de nos labeurs ; nous n'abforbons pas votre numéraire i
nous fommes pour vous l'abeille induftrieufe!. . .
B
nous vous donnons (vos provifions faites) quatre-vingt millions, quirempliffent votre vuide. Nous faifons vivre cingq
millions de VOs habitans : votre Marine fe forme avec nous:
vos Armateurs, VOS Commerçans s'enrichiffent : les Propriétaires que vous avez dans votre fein y répandent le fruit
de nos labeurs ; nous n'abforbons pas votre numéraire i
nous fommes pour vous l'abeille induftrieufe!. . .
B --- Page 12 ---
Io
TT
richeffes
Vous nous rendez, direz-vous, les
de votre fol
pour celles du nôtre. -
:i 1
Erreur: vous avez befoin de nous ; & nous c'eft par fraternité que nous achetons de vous, à grands frais.
Le bled, qui croîtroit au centuple chez nous.
Le vin, que VOS Commifionnaires empoifonnent, en le
frelattant.
La brique 8c la tuile , que nous fabriquerions auffi bien
que vous.
Les viandes falées, 2 qui nous coûteroient moins à notre
porte.
Les toiles, dont PInde nous fourniroit.
Les vivres qui font à côté de nous.
Les outils, les fers, que nos Ouvriers, que nos Négres
même travaillent.
Les matériaux de toute efpece, qui ne feroient pour nous
qu'un objet d'échange, & fans dépenfe.
La morue falée, que nous aurions à Terre-Neuve,
meilleure, & fans frais.
Les autres poiffons, que nous péchons dans nos parages, ou dans les parages limitrophes.
Les huiles, les graiffes, les fuifs, que nous pouvons fabriquer ou remplacer.
Les étoffes, les fuperfluités, que nous profcrirons par
des Loix fomptuaires. --- Page 13 ---
II
La proteétion: quelle eft la' Nation qui ne nous protégera pas à pareil prix.
J'ajoute : que VOs Philofophes apprentifs Adminiftrateurs. 2 apprentifs Commerçans, apprentifs Hommes d'Etat,
ne voyent pas qu'ils nous réduifent au défefpoir 5 qu'ils
fervent VOS ennemis &c les nôtres, qu'ils préchent Paffallinat, &c que mourir pour mourir, nous devons cflàyer d'être
libres.. - ou de mourir.
Cherchant cependant à tout pacifier, j'embraffe les Colons,&je lcur dis..
freres:
Vous êtes Français 5 défabufez VOs freres, faites-leur
concevoir,
Que le Négre eft chez vous plus heureux que douze
millions de nos Compatriotes, de nos Cultivateurs.
Que l'intérêt perfonnel, cette loi du Propriétaire, affure
leur exiftence & leur fort précieux.
Que c'cft un bonheur pour eux que l'établiffement de
la Traite, puifque tout ce qui fc tranfporte fargnotre fol
échappe aux horreurs d'une mort inévitable; que la population des Négres eft doublée depuis ce Commerce ;
que les autres Sauvagés fe détruifent avec cette prérendue
liberté, qui confifte à s'éntretuer" pour une béte fauve à
la chaffe.
Dites à VOS Concitoyens 2 que vous voulez être unis à
la-France, recevoir la Conflitution, participer à la régénération ; mais que vous demandez > par rapport aux
Bij
échappe aux horreurs d'une mort inévitable; que la population des Négres eft doublée depuis ce Commerce ;
que les autres Sauvagés fe détruifent avec cette prérendue
liberté, qui confifte à s'éntretuer" pour une béte fauve à
la chaffe.
Dites à VOS Concitoyens 2 que vous voulez être unis à
la-France, recevoir la Conflitution, participer à la régénération ; mais que vous demandez > par rapport aux
Bij --- Page 14 ---
convenances; , au climar, à tous Ies rapports des localités, l'avantage de vous organifer, d'après les bafes pofées
par PAffemblée Nationale, dont vous reconnoîtrez les
Décrets, toutes les fois que vous ferez repréfentés comme
Citoyens actifs dans fon fein. C'eft ce que l'on a accordé à
la Ville de Paris.
Jurez de ne jamais vous féparer de cette France, oùt vous
avez des percs, des freres, 2 des amis > des propriétés;jurez
de répandre votre fang pour la Patric., qui n'a jamais ceflé
d'être la vôtre.
Jurez lc maintien des propriétés !. .
Jurez cnfin la fidélité à la Nation (c'eft-à-dire à vousmême), à la Conftitution 2 à la Loi, au Roi.
Que le ferment civique foit affermi dans VOS climats
brûlans par cette énergie qui vous eft naturelle.
En me réfumant.
C'eft à vous, augufte Affembléc, à qui je dois un hommage, &x après vous avoir repréfenté ;
Que les Colons ont d'éternels reproches à faire au cidevant Miniftère:
Quc les prétendus Députés à PAfTemblée Nationale,
n'ont été élus, ni librement, niaufcrutin, ni par une convocation légale des Colons propriétaires.
Queles Colons ne font donc nullement repréfentés :
Qu'ils font des individus libres comme les Habitans de
la France: --- Page 15 ---
Qu'ils fe regardent, par leurs propriétés, comme partie
intégrante de la Commune de France, puifque dès longtems les titres, les qualités font abrogés entr'eux pour
prendre la qualiré générique d'Habitans . - d'hommes...
Que plus que d'autres ils ont gémi fous le poids du régime ariftocratique &c du pouvoir arbitraire :
Queleurs Nègres ont été jufqu'ici moins efclaves qu'euxmêmes.
Que leur utilité eft efTentiellement liée à ce grand
Royaume :
Que le Commerce eft l'ame dc PEtat:
Que des paradoxes, quelques lumineux, quelques fcintillans qu'on les fuppofc, ne militent pas contre dcs faits:
Que le grand problême qu'il y avoità réfoudre, eft;f
les Colonies produifent plus qu'elles ne coûtent, & qu'à cet
égard le problême eft réfolu.
P'ofe prendre la liberté de vous propofer le projet de
Décret fuivant.
L'Affemblée Nationale confidérant que toutes les Colonies ne font que des fradionsdc la Monarchic françoife,
plus ou moins approximées, mais qu'elles ont la Patrie
pour mere commune.
Qu'elles ont avec tous les François un droit égal à Ia
liberté des individus &c à la régénération de PEmpire.
Décréte.
Que tous les Habitans des Colonies feront affimilés aux
'ofe prendre la liberté de vous propofer le projet de
Décret fuivant.
L'Affemblée Nationale confidérant que toutes les Colonies ne font que des fradionsdc la Monarchic françoife,
plus ou moins approximées, mais qu'elles ont la Patrie
pour mere commune.
Qu'elles ont avec tous les François un droit égal à Ia
liberté des individus &c à la régénération de PEmpire.
Décréte.
Que tous les Habitans des Colonies feront affimilés aux --- Page 16 ---
Citoyens de la France, dans tous les cas prévus & déterminés par la Loi.
Qu'ils feront également repréfentés à PAffemblée Nationale.
Qu'on formera parmi eux des Départemens &c des
Diftridts.
Qu'attendu leur régime particulier 8c leur localité, ils
préfenteront inceffamment des projets d'organilation particuliere 2 que lAffemblée décretera, que le Roi fanétionnera, & d'après lefquels ils feront régis.
Qu'ils feront le ferment civique, ,nc devant fe regarder
quc comme François.
Que PArrêt duso Août 1784 fera provifoirement fupprimé, faufles précautions ultérieurcs que prendra PAffembléeNationale fur le rapport du Comité qu'elle aura chargé
d'examiner les plans propofés par les Députés des Colonies.
Qu'ilne feront plus foumis à l'arbitraire d'un feulhomme,
mais qu'ils exifteront fous la fauve garde de la Nation &
fous Pégide de la Conftitution.
Que la traite des Nègres eft confervée, fauf les modifications qui feront convenues ae par rapport au fervage des
individus & le refpect dàà la qualité d'homme.
Ccs Décrets rédigés dans votre fageffe, dans votrepleine
fcicnce &c puiffance, MESSIEURS, préviendront un fchifme --- Page 17 ---
I5
dangereux, préjudiciable pour tous, utile à nos feuls ennemis
Je fuis, avec le plus profond refpect,
MESSIEURS,
Votre très-humble êt trèsobéiffant ferviteur,
DE LONGCHAMP,
Colon de PIle Saint-. Domingue. --- Page 18 ---
12850-1
E490
letto Domye
DSalp
Wer
I-SI2E
21f20 --- Page 19 --- --- Page 20 ---