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FUNEBRE
ORAISON
DE
Ea. LROLERC,
J2ax-BAPrOe
Citoyen Français,
GE NÉ RA L . E.N CHER
M E DE A
Akrostraven
DESTA R
DANS LISLE sAbr.bominouk
CAFNTAINERERLRE
P'ançienne Eglise
E, dans le
jour de
PRoroNes de Tarbes >
Calhedrale
Pluvidse an 11),
Revier 1803ra8
IN P NE-ENCR.
Eraquede Bayonne, 1 <
DRM LOISON:
Préfet du
C:" J-P. CURZAL
Des
fhaltes-tyrenes
degpantanenede Général de Brigade ,
PIREAE LAPICE, constiluces du départ. nt 3
Lt des Autoritis
FERRERE,
PAR JABQVES
Curé de: Marseillian.
O
chez F. LAVIONE 3 Imprimeur
A TantiES,
des HautesPynéners
de la Pilccture
X --- Page 4 --- --- Page 5 ---
(5.)
ORAISON FUNEBRE
D' E
TEAN-BAPTISTE LECLERC,
Citoyen Français,
GÉNERAL EN CHEF
DES ARI M ÉES DE LA REPUBLIQUE,
CAPITAINE-GENÉRAL DANS L'ISLE SAINT-DOMINGUE,
Memento mei, Deus meus 2 pro hoc, et ne deleas
miserationes meas guas feci:
Souvenez-vous de moi, Scigneur mon Dicu, ct
n'effacez point de votre souvenir Ics bonnes ceuvres
que j'ai faites pour le rétablissement dc CC Peuple.
Esdras, Z. 2, ch. 14.
L'ox des libératcurs du peuple Hébreu, *
le verlueux Néhemie, après avoir achevé,
avec autant de bonheur que de gloire, le grand
ouvrage de la restauration de Jérusalem, élevait ses voeux vers le ciel, implorait pour
A 2 --- Page 6 ---
(4)
luila divine miséricorde, et, en expiation de
ses fautes, offrait à la clémence du souverain
maitre des destinées humaines, le spectacle
d'un peuple délivré par sa sagesse 9 rentré
dans la voie de Dieu et dans la Patrie de ses
ancètres par lcs efforts de son zèle ct de son
courage. C'est ainsi que. les héros de la religion, ces hommes dont la sainte renommée a
traversé les siècles, nous instruisent encore
parleurs exemples, t et. ne nous laissent pas
iguorer, 2 même en nous parlant de leur gloire,
que cette gloire n'est pas leur ouvrage; qu'il
en faut chercher la source dans celui duquel
découle tout don parfait,, dans celui qui préside aux travaux des fondatcurs, et sans lequel
ces travaux deviendraient inatiles.
Et dans qnelle circonstance plus remarquable
aurai-je pu proposer à vOs méditations cette
vérité sainte, chrétiens audit., que dans ce jour
solennisé par la douleur 3 où nous. venons
mêler nos larmes aux larmes de la Patrie >
sur la tombe d'un de ses héros , du restaurateur de sa Colonie la plus florissante. Ce
Jeandernier trait ne vous rappelle-til point
Baptiste LECTI E R C 3 citoyen Français >
général en chef des armées de la République,
de l'ile de S." Domingue ?
et Capitaine général
Il lui avait été dit ainsi qu'à Esdras et à
é par la douleur 3 où nous. venons
mêler nos larmes aux larmes de la Patrie >
sur la tombe d'un de ses héros , du restaurateur de sa Colonie la plus florissante. Ce
Jeandernier trait ne vous rappelle-til point
Baptiste LECTI E R C 3 citoyen Français >
général en chef des armées de la République,
de l'ile de S." Domingue ?
et Capitaine général
Il lui avait été dit ainsi qu'à Esdras et à --- Page 7 ---
(5)
établissez des juges
Néhemic (1) ( et vous,
afin
des
selon la sagesse,
)) et
magistrats
est au-délà
tout le peuple qui
) qu'ils jugent
avec liberté ceux
)) du fleuve et enseignez
auront besoin d'être instruits )).
)) qui
eetle mission impor-
: Il Pavait entreprise,
souténue
tantc. Commencéc par la valeur,
la sagesse, elle allait être couronnée par
par le succès : et ce succès eût été son ouvrage!
La mort est venue arrêter le héros aul milieur
le législateur au milieu de
de ses triomphes,
commencées., le sage
ses institutions à peiné
méditait
au milien des projets importans qu'il
assurer la durée de ses travaux.
pour Etla France qui, depuis dix ans,. n'avait
combats
par ses victoires ; la
çomplé ses
que
devait enFrance environnée de tant d'éclat,
cri de détresse se méler aux acclatendre un
! et le héros qui
mations de la joie publique
dans l'endroit le plus
la gouverne. 2 allaqué
le
devait expier par des pleurs 7
sensible 2
constamment joui : la
bonheur dont il avait
les Français doivent à son génie
félicité que
instrnisez*
le monde,
Hommes quigouvernez taise à la voix de la
vous ! Que T'orgucit se
(1) Tu autem Esdra, secundim sapientiam . qui constitue cst trans.
judices et prasides, ut judicent omni Populo Esd., LI
doccte liberè.
nei6.
flumen.. - - e s:d et imperitos
A 5 --- Page 8 ---
(6)
mort, et que le néant de la tombe, en nous
rappellant celui de nos vaines grandeurs, nous
ramène à la pratique des vertus, à
des
la'croyance
dogmes révérés d'une religion sainte
qui seule en dévoilant à l'homme le
s
de sa faiblesse, lui a montré dans] le ciel secret
véritable appui et la seule félicité
de son
digne
son
espérance!
C'est en faisantressortir ces imporlantes vés
rités et bien d'autres encore, de tous les traits
quiformeront l'ensemble de cet Eloge funèbre,
que nous recueillerons une utile instruction.
Esprit saint, venillez donner à ma voix la
force quilui manque : meltez dans mes paroles
cette onclion sainte qui caractérise l'éloquence.
-
de VOS orateurs : et puisque dans ce jour SO=
lennel, la voix de la mort s'est faite entendre,
que je fasse entendre à mon tour des paroles
de douleur et de tristesse! Et puisqueje parais
pour la première fois devant cette auguste as=
semblée, avec moninsuffisance et ma faiblesse,
mettez dans le coeur de mes auditeurs, et la
bonté qui les pardonne, et l'indulgence qui
les excuse!
PREMIÈRE PARTIE.
L'ORAGE delar révolution, d'abord contenu
dans les limites de la France,
de
, menaçait
,
que je fasse entendre à mon tour des paroles
de douleur et de tristesse! Et puisqueje parais
pour la première fois devant cette auguste as=
semblée, avec moninsuffisance et ma faiblesse,
mettez dans le coeur de mes auditeurs, et la
bonté qui les pardonne, et l'indulgence qui
les excuse!
PREMIÈRE PARTIE.
L'ORAGE delar révolution, d'abord contenu
dans les limites de la France,
de
, menaçait --- Page 9 ---
(7)
bouleverser PEurope. Toutes les puissances
d'abord avaient VIL avec indifférence, et
qui
fomenté par des vues d'ambition, nos
ensuite
commençaient à se mouvoir.
premiers troubles,
désastres. Elles avaient
pour profiter de nos
dans le délire de leur.c orgueil, que
imaginé,
de ses
et de ses
la France, veuve
magistrats
de son
guerriers, la France qui repoussait
Téclairer, 2 etles
sein les -sages qui pouvaient
défendre,
hommes courageux qui pouvaient la
proie facile. Notre imne présenterait qu'une avait hâté le moment de
prudence pent-être
élait
moins vrat
l'explosion ; mais il n'en
pas
des
IEurope précipitait sur nos frontières
que
armées innombrables.
Elles rèvaient des triomphes, ces armées
invincibles : elles n'ont recueilli
prétendues
comme s'il était possible d'efque des défaites :
facer de la liste des Nations un grand peuple
combat pour ses foyers, une Nation toute
qui
s'immole à la défense de ses droits.*
entière qui
nous.
Dans des circonstances aussi périlleuses,
braves
sous la con=
avions vu nos
guerriers, P'impiété a
duite d'une simple héroîne que
déshonorée de nosjours, parce qu'il appartient
comme aux harpies de la fable 9
à l'impiété
de souiller et de flétrir tout ce qu'elleapproche;
A 4 --- Page 10 ---
(8)
nous avions vu, dis-je, nos braves
chasser de la France les superbes guerriers
de Crécy, d'Azincourt et de Poitiers, vaingueurs
il probable que les descendans des héros Etaittrefois n'auraient
d'aupas aujourd'hui le même
courage, et qu'ils ne sauraient
avec la même énergie
pas lutter 3
s' contre des hommes
quin'avaient ni les mêmes intérêts à
ni cetl héritage immense de gloire. à défendre,
conserver?
Non, non : la providence a voulu
la
France triomphât, et la France
que
Son génic
a triomphé.
protecteur se réveille à la voix de
celui qui tient dans ses mains les
des Empires. Les
destinées
dangers s'accroissent
mais lés ressources se
maltiplient. Nos armées
sont peu nombréuses, mais nos soldats sont
autant de héros. Elles
et voilà qu'à la
manguent de chefs >
à
de la Patrie,
première apparence du danger
on voit sortir des rangs de
soldats > du cabinet de l'homme de lettres simples
du sein des villes, du fond des
,
'une foule d'hommes
campagnes, 3
qui semblent tout-à-fait
étrangers â l'art terrible des Turenne et des
Condé,'et dont les noms cependant seront
placés à côté de ces noms illustres dans
les Annales de la gloire. Tous se
rent par leur valeur ; tous ont cueilli distinguè les
palmes de la
tous ont
victoire;
défendu leur :
homme de lettres simples
du sein des villes, du fond des
,
'une foule d'hommes
campagnes, 3
qui semblent tout-à-fait
étrangers â l'art terrible des Turenne et des
Condé,'et dont les noms cependant seront
placés à côté de ces noms illustres dans
les Annales de la gloire. Tous se
rent par leur valeur ; tous ont cueilli distinguè les
palmes de la
tous ont
victoire;
défendu leur : --- Page 11 ---
(9)
Patrie : quelques-uns sont morts pour elle.
Tous ont des droits à nos hommages.
Celui que nous pleurons, 2 Jean U Baptiste
LECLERC, fut un des premiers à se rendre au
où Paltendaient le danger et la gloire.
poste Attaché à cette armée da Nord, fameuse par
tant de victoires et par. la triste destinée de
de la plipart de ses généraux, il sut conserver la franchise d'un soldat en présence de ces
hommes ombrageux, investis des pouvoirs
et montrer en, présence de T'endu peuple 2
commande
nemi, cet intrépide courage qui
l'admiration eta appellé les honneurs.ilfutdlevé
au grade d'adjudant-général.
Mais nous, tandis que nos braves guerriers donnaient, sur nos frontières, T'exemple
faisions-nous
des plus héroiques vertus, que
dans Pintérieur de cette France si vaillamment défendue? O temps d'affreuses calamilés!.. La providence semblaitavoir suspendu
laction de son pouvoir tutélaire, et le génie
du mal présidait seul à nos déplorables destinées. Ilsaccomplissait dans toute son étendue
l'oracle du proplète : (( La terreur, le piége
)) et la fosse vous attendent. Celui qui aura
)) fai dans son épouvante, tombera dans la
)) fosse, et celui qui sera tiré de. la fosse sera
vais faire venir
> pris au piége, parce quej je --- Page 12 ---
I u 10l )
>) sur les habitans de cette terre, l'année
les
))
oûje
visiterai dans ma colère, dit le seigneur.> (1)
Ces paroles terribles, Chrétiens auditeurs,
vous rappellent-elles point le souvenir de ne
temps affreux ? Ah!
ces
déchirons,-s'il se
ces pages sanglantes de notre
peut,
histoire., et
n'avilissons point aux yeux de nos descendans, une génération que tant de gloire a cou=
ronnée.
Enfin, il fizt permis de respirer
instans sur cetle terre où nous ne quelques savions
plus que pleurer et mourir. Mais au régime
de la terreur va succéder. une réaction aussi
terrible. Des hommes, profondément ulcérés
par le sentiment des malbeurs qu'ils n'avaient
pas mérités sans doute, s'empressent de punir
par des assassinats, des coupables homicides.
Oubliant que les têtes criminelles ne doivent
tomber que sous le fer de la loi, ils se relldent les vils instrumens de la
vengeance , en
croyant n'obéir qu'à la justice. Dans ces Cri=
ses orageuses, la voix du législateur doitappeler à son aide les armes du soldat
pour
(1) ( Pavor ct fovea, ct laqueus super te... Qui fugerit a
>> facie pavoris cader in foveam ; et qui conscenderit dc foveâ ca-
> pictur in laqueo : adducam enim super,Moab annum
3). nis corum, dicit Dominus. >
visitatioJerem. 48. 43.44.
qu'à la justice. Dans ces Cri=
ses orageuses, la voix du législateur doitappeler à son aide les armes du soldat
pour
(1) ( Pavor ct fovea, ct laqueus super te... Qui fugerit a
>> facie pavoris cader in foveam ; et qui conscenderit dc foveâ ca-
> pictur in laqueo : adducam enim super,Moab annum
3). nis corum, dicit Dominus. >
visitatioJerem. 48. 43.44. --- Page 13 ---
(11 )
lcs opposer à la fureur des citoyens, Le gca
iéral Leclerc fut chargé d'arrêter à Marseille,
le cours de ces crimes politiques. Il paraît
au milica de cette fière cité; sa présence en
leur
impose aux deux partis qui déjà,dans fois,
furenr, avaient fait couler, plus d'une
le sang humain : il fait entendre le langage
ct commande, au nom de la
de Phumanité,
Le
Patrie, le pardon des injures reçues..
pardon des injures reçues!. étrange ren=
versement! Cette sagesse dont Phomme est
si fier, cetté raison qu'on avait placée dans
les temples, la voila maintenant forcée d'emle divin langage du Dieu de Tévanprunter
d'accord avec la religile! La philosophie,
sublime
gion, ordonne la pratique de la plus
des vertus ; elle commande lc pardon des
elle Pobtient Ah! qu'elle ne se
injares :
la voix de.la
glorifie point de son triomphe;
était
religion était étouffée ; mais son silence
entendu. Marseille fut sauvée, et la République dut au génie et au courage du général
d'une
ses villes
Leclerc, la conservation
de
les plus florissantes.
encore inCependant, la fortune balançait
certaine entre la France et ses nombreux
ennemis. Nos généraux, il est vrai, parcouraient les contrées voisines en vainqueurs; --- Page 14 ---
mais ils étaient bientôt (12)
leurs
forcés d'abandonner
conquêtes, par le défaut d'harmonie
d'ensemble dans le
et
de
gouvernement anarchique
Fintérienr; et la guerre, quoique
funeste aux puissances coalisées,
toujours
tait encore aucun
ne présenrieux. -
avantage au peuple victoDans ces circonslances;
au milieu de la France , Diei fit paraître
un de ces hommes nés
pour changer les destinées des
dans l'art de la
empires. Habile
Part' des
guerre, aussi habile dans
dence à négociations, la
3 sachant allier la pruvaleur, adoré des soldats
conduisit toujours à la victoire, chéri qu'it
peuples dont il sut toujours
des
et afin qu'il ne
respecter les droits,
manque rien à sa
nant l'exemple de la modération gloire, dondans la
périté, lui qui, dès le
pros=
carrière, a donné
commencement de sa
tus qui
l'exemple de toutes les vere
caractérisent les héros.
Cet homme, etje n'ai pas besoin del le nommer, obtient, des maîtres qui
alors le commandement
gouvernaient,
armées de la
en chef d'une des
mets
République. Perdue surles somglacés des Alpes, cette armée
abandonnée
paraissait
trêmie da roi de' > parce que la faiblesse exSardaigne ne donnait aucune
inquiétude pour cette partie de la frontière
de toutes les vere
caractérisent les héros.
Cet homme, etje n'ai pas besoin del le nommer, obtient, des maîtres qui
alors le commandement
gouvernaient,
armées de la
en chef d'une des
mets
République. Perdue surles somglacés des Alpes, cette armée
abandonnée
paraissait
trêmie da roi de' > parce que la faiblesse exSardaigne ne donnait aucune
inquiétude pour cette partie de la frontière --- Page 15 ---
(15)
qu'elle défendait. Ces braves soldats, manquant
de tout, avaient plus à se défendre de la rigueurdu climat que des attaques de l'ennemi.
Ils étaient prêls à tomber dans le découragement : BONAPARTE parait au milieu d'eux.
Il cherche à leur communiquer l'ardeur qui
l'anime : ils répondent par le spectacle de leur
détresse. Ils disent : ( Confinés dans ces horri=
) bles solitudes, sans pain 9 sans habits et sans
) armes, que nous. serait-il possible d'entre-
> prendre ? ) Tout est possible à des Français, s'écrie le nouvel Annibal I ! (( Voyez
> ces plaines immenscs, ces cités populeuses
) de l'antique Italie : il n'existe entr'elles et
) vous qu'une armée que. vous devez vaincre;
seront le
de la victoire;
) ses magasins
prix
)) c'est làque vous devez marcher pour répa-
) rer vos pertes ou pour, conquérir ce que la
)) Patrie ne peut vous accorder. )) Il dit, et ses
braves, naguères découragés, partagent T'enthousiasme de leur nouveau chef. L'aigle des
Alpes fond avec moins de rapidité sur l'agneau
timide caché au fond de l'obscure vallée, que
le soldat français ne se précipite sur l'ennemi.
Trois victoires successives à Coni, à Ronco, à
Castiglione, sont les coups d'essai du jeune hés
ros : lous les chemins du Piémont nous sont
ouverts, et le roi de Sardaigne, tremblant dans-
- --- Page 16 ---
("14)
sa dernière citadelle, se croit heureux de
server une ombre de royauté, en. livrant con=
ses forteresses au vainqueur.
toutes
Cessuccès sont le prélude de succès encore
plus importans. Les Impériaux cachés
des retranchemens
derrière
qu'ils avaient crus
bles, voient leur espérance trompée:le imprenaLodi est emporté...
Les
pont de
tàt vaincus
ennemis sont aussique rassemblés dans les plaines
d'Arcole.. Mantoue, la fière Mantoue, défendue par d'impénétrables marais et par une
garnison de trente mille hommes, tombe
notre pouvoir. Cette place
en
dernier
importante était le
rempart de PAutrich.. Le monde
vit avec admiration un jeune inconnu à la tête
d'une armée dont on ne soupçonnait pas même
l'existence, 9 s'avancer aux portes de
et conclure en
Vienne,
personne, avec l'un des héritiers des Césars, , les préliminaires de Léoben!
Au milieu de ces brillantes expéditions, Bonaparte sut distinguer le mérite du général Leclerc. Entr'eux s'établit cette fraternité d'armes
si commune dans les temps héroiques de la
chevalerie, Bonaparte l'associa bien souvent
au partage de sa gloire; il fit encore plus, il
en fit son ami. O amitié! don du ciel, plaisir
des ames généreuses, heureux qui peut achever avec ton secours le pénible voyage de la
éoben!
Au milieu de ces brillantes expéditions, Bonaparte sut distinguer le mérite du général Leclerc. Entr'eux s'établit cette fraternité d'armes
si commune dans les temps héroiques de la
chevalerie, Bonaparte l'associa bien souvent
au partage de sa gloire; il fit encore plus, il
en fit son ami. O amitié! don du ciel, plaisir
des ames généreuses, heureux qui peut achever avec ton secours le pénible voyage de la --- Page 17 ---
(15)
vie! sentiment si cher, 3 tu nous consoles dans
l'adversité, 9 et sans toi le bonheur n'a plus de
eharmes. L'ami fidèle, dit
est
forte
l'écriture,
une
protection ; celui'qui il'a trouvé, a trouvé
un trésor L'ami fidèle est un remède
donne la vie et l'immortalité.
qui
(1)
Des noeuds si puissans doivent être resserrés
encore. Lajeune soeur du conquérantdel l'Italie
est accordée au général Leclerc. L'ami
un frère.
Elle est contractée cette
devient
les plus heureux auspices : les chants de unionsous
née se mélentaux chants de la victoire. Ses Phymé- flambeaux brillent au milieu des armes; la
val bénir ces noeuds quel'amoura formés religion
rais enfin au milieu des
Papompes dela fête sacrée,
épouse heureuse aux yeux da monde! Tombe
aux pieds de l'autel du sacrifice; mais n'oublie
point dans l'effusion de la:
la joie, de demanderau reconnaissance et de
ciel, et la
les afflictions, de
la
patience dans
> ctl résignation dans les revers.
N'oublie point que ce Dieu que tu viens
est le père de l'orphelin, et l'époux adorer;
tel de la veuve.
immer
Mais la paix, une ombre de
les héros au sein de la Patrie. C'était paix le ramène
moment
(I) Amicus fidells protectio fortis. Qui autem invenit
veni thesaurum Amicus fidelis
iilum intalitatis e Ecclesiastic. VI. 14. medicamentum 16,
vitae et immor- --- Page 18 ---
(16)
dejouir de leur gloire, au milieu deleurs conci
la renommée, depuis si longtoyens que
entretenus que de leurs tribmtemps, n'avait
phes. Mais Paris et son luxe, Paris et sa magniParis et le ccrcle continuel des plaisirs
ficence, ,
retenir des
dont il est le théâtre, ne peut
guerriers résolus des'immoler à la patrie; elle cxige
les Français combaltent
de nouvenuxsacrfices,)
il faut conquérir un gage à la paix
encore,
fut résolue.
universelle : Texpédition d'Egypte
Il rentre dans sa brillante carrière, le héros
triomphateur ; son frère reste parmi nous ;
mais si Leclerc consent à céder sa part de la
gloire, c'est pour mirir des projets que nous
bientôt éclore, et dont le résultat sera
verrons
le bonheur de la République.
La conquête de l'Egypte fut aussi rapide,
la conquête de PItalie.
aussi glorieuse que
héros la France
Mais la France réclame son
;
aura la préférence : il reparait bientôt sur
nos rivages.
Chr."" auditeurs,
Retracez à votre souvenir,
de P'histoire de notre révolution a >
cette époque
où lcs trois bisarres pouvoirs qui se dispuétaient engagés dans
taient nos hommages ,
de cette
une lutte fatale. Pénétrez au milieu,
plus le sanctuaire des lois',
assemblée quin'est
La, vous
mais une arêne de gladiateurs.
verrez,,
;
aura la préférence : il reparait bientôt sur
nos rivages.
Chr."" auditeurs,
Retracez à votre souvenir,
de P'histoire de notre révolution a >
cette époque
où lcs trois bisarres pouvoirs qui se dispuétaient engagés dans
taient nos hommages ,
de cette
une lutte fatale. Pénétrez au milieu,
plus le sanctuaire des lois',
assemblée quin'est
La, vous
mais une arêne de gladiateurs.
verrez,, --- Page 19 ---
(17)
comme à la cour.des fils de Salomon, 2
verrez ,
de
et de la sagesse,
les conseils
Texpérience
devenus un objet de. risée, et l'anarchie aps
pelant à grands cris la terreur et la mort. Pinici votre témoignage., 2 vous aujourvoque
Magistrat > et qui vous
d'hui notre premier
distinguiez alors dans les rangs des, vertueux
défenseurs des droits du. peuple : il vous
fallat, dans une, occasion mémorable A 2 dés
, Téloquence de la vérilé, faire parler
ployer
touchant
opposer à
à la Patrie son
langage,
d'andes convulsions nouvelles le tableau
ciennes convulsions et des désastres qu'clles
avaient fait naître. Vous sûtes rallier autour
la
des législateurs étonnés
de vous
majorité
silence une miun moment, et réduire au
norité turbulente et factieuse. cas Vos efforls
et pour cctte fois
réunis conjurèrent l'orage,
du moins la Patrie.ne fut pas mise en danger:(1)
dém
La nation 2 témoin de Ce3 scandalenx
bats attendait dans les allarmes, 2 le retour
,
régime quiavait fait tant
de cet épouvantable
anciens
3 2
d'infortunés. Semblables aux
péuples
lcs Français tournaient leurs yeux vers Torient
= Le libérateur ?
popr appeler un libératenr.
Voycz dans les journaux da temps, les séances des 27 et
(1)
28 fructidor an 7B --- Page 20 ---
(18)
il est venu ! il estau milieu de nous
est avec lui. Accompagnés
: son frère
de
ils
d'un petit nombre
braves, entrent, à la voix des hommes
vertueux quiles appellent, dans
devenue le palais de la discorde. cette'enceinte
se taisent devant eux; les bons Les passions
rassurés; ; les méchans tremblent citoyens sont
et l'ombre de
à leur tour,
Robespierre qui,
sur sa tombe,
déjà debout
Iait ses bourreaux, aiguisait ses poignards, appecache sous ses hideux désignait ses victimés, , se
lambeaux, et s'enfonce
pourjamais dans P'abime la
Une constitution mieux
paix renaît!
la majesté du
réglée, , plus digne de
règne de
peuple français , succède au
T'anarchie; et sanctionnée
sentement unanime des
parle conpour jamais le bonheur citoyens,, clle assure
de la
Le héros pouvait, devait République.
posera après tant de succès
peut-être se rerieure est encore
; mais la paix extéun besoin pour le
Français; le héros vole à la conquêle peuple de
paix. La
la
paix 3 elle est dans les plaines de
Tltalie, théâtre sanglant de nos revers
nos triomphes, où nous avions été
et de
ment heureux sous ses ordres, où constamvions éprouvé que des défaites
nous n'an
commandait
depuis qu'iln'y,
plus. Son armée se rassemble au
pied des Alpes Françaises. Elle vole!
(je n'ai
ais; le héros vole à la conquêle peuple de
paix. La
la
paix 3 elle est dans les plaines de
Tltalie, théâtre sanglant de nos revers
nos triomphes, où nous avions été
et de
ment heureux sous ses ordres, où constamvions éprouvé que des défaites
nous n'an
commandait
depuis qu'iln'y,
plus. Son armée se rassemble au
pied des Alpes Françaises. Elle vole!
(je n'ai --- Page 21 ---
(19)
point su trouver d'expression dans notre
gue pour peindre ce passage
lanvole au-dessus de leurs
merveilleux.) Elle
les plaines du
cimes, descend dans
Milanais, et toutes nos
nes conquêles sont retombées
ancienen notre
voir, 2 tandis que les ennemis
poude Gênes, et qui
occupés au siège
déjà se
en idée, ne se sont
partageaient la France
nous sommes les maîtres pas encore apperçus que
dans leur
pays , et que leur' armée n'est
propre
nôtre, que par une marche
séparée de la
Les deux armées
d'anjour.
quent auprès de
se. rencontrent et se choMaringo.
trefois dans les plaines de La, comme aua
un nouveau combat de Marignan, s se livre
notre
géans. a Le bruit de
triomphe fait trembler
peut enfin jouir de
l'Earope; ; le héros
revenir dans
toute sa gloire ; il
sa Patrie : le bonheur des peut
çais est assuré,
FranIl revient, 3 et le
de
le
compagnon
sa
à
général Leclerc, 9 est avec lai. a Mais gloire, >
tait-ce point l'éloge de ce dernier
n'6-.
étiez venus entendre ? et je n'ai
que vous
tretenir jusqu'à présent
su vous enveilleux: de
que des exploits merson ami. Ah!
ombre n'en sera point
croyez-moi, son
donc rien d'avoir
jalouse. ma Et n'est-ce
été distingué
dans la carrière de la
par Bonaparte
gloire, d'avoir partagé
B 2 --- Page 22 ---
(20)-
d'avoir eu part à sa confiance 9
ses travaux,
d'avoir mérité d'êtré associé à sa destinéc par
des noeuds que Phymen a bénis ? Les deux
époux partageaient la gloire deleur frère; environnés des témoignages del lajoic puiblique,
ils voyaienty'ouvrir devant eux une nouvelle
carrière dc plaisirs., de bonheur et d'espé2 ! ces
rance... e Espérance, bonheur, plaisirs
se trouver dans le langage
mots-devraientils -
consolateurs
dés hommes 9 et ces sentimens
sont-ils faits pour nous! Faibles créatures que
nous sommes,. nous osons porter nos pensées
dans le vague. de Vinfini I ; nous nous. créons i
de.brillantes chimères ; nous. osons vivre dans
Tavenir ; < et T'heure présente , cette heuré
même que nous croyons à nous, nousécliappe,
1X
et dans le moment squi la suit, nous ne sommes plus ! Qui Teûtlcru, que la pompe des
fêtes dût être sitôt remplacée par cet appareil
fimebre, le voile de: Vhyméniée, par le crêpe
de la mort 5 et que: lei cercueil s'avançait à
côlé du lit-nuptial a : Olvanité de's projets des
hommes ! Humilions 4 nous sous la main de
celui qui ne changejamais, et sachons placer
en lui toutes nos espérances qui ne seront
jamais trompées.
Mais n'anticipons point SUT les évènemens.
Suivons le général Leclerc sur un nouveau
imebre, le voile de: Vhyméniée, par le crêpe
de la mort 5 et que: lei cercueil s'avançait à
côlé du lit-nuptial a : Olvanité de's projets des
hommes ! Humilions 4 nous sous la main de
celui qui ne changejamais, et sachons placer
en lui toutes nos espérances qui ne seront
jamais trompées.
Mais n'anticipons point SUT les évènemens.
Suivons le général Leclerc sur un nouveau --- Page 23 ---
(21) )
thédtre de gloire et d'infortune : c'est le sujet
de la seconde partic.
DEUXIE ÈME PARTIE
Apnès tant de travaux ct de succès s la
providenice avait couronné les glorieux efforts
de la France: Les potentats de FEarope, htid
miliés et confondus , demandaient à notre
premier Consil une paix nécessaire à leurs
peuples ; après dix années d'orages. La paix
avait été conclue ; la France avait à s'applaudir de Phabileté de ses négociatears; au=
tant peut- être que du courage de ses guerriers; elle avait laissé réposer son tonnerre ;
PUnivers étaient tranquilles 3 parce
TEurope, 3
l'avait
siluit terra: (1)
que la Frarice
voulu;
Alors il fut permis au héros de la Francer
de' rétablir sur ses antiques bases l'édifice de
l'ordre social, ébranl6jusqu'en ses fondemens
dans les horreurs de la révolution. Semblable
à lEsprit (s'il est permis cépendant dé com=
les opérations de la divinité avec celles
parer d'un faible mortel) semblable, dis-je, àPES
Pécriture nous représente au milieur
prit que
de la naissance du
du chaos, le premier jour
(T) 1 Mac h. r.3.
B3 --- Page 24 ---
( S 22 )
monde, 9 donnant le mouvement et la vie
chassant les ténèbres devant la lumière, fai- 5
sant succéder l'ordre et l'harmonie à la confusion, et offrant aux esprits célestes
2 seuls
témoins des merveilles de sa puissance lé
magnifique spectacle dela création; Bonaparte ,
chasse au loin les ténèbres dont la raison
blique avait été si long-temps
purend au
enveloppée- s
pouvoir sa force et sa dignité, aux'
lois leur utile
influence, 3 à la justice son intégrité, aux talens leur éclat et leur
aux moeurs leur pureté
gloire 2
primitive , et couronne enfin son ouvrage parle rétablissement
de ces institutions saintes dont l'oubli
tous nos malheurs. La
causa
religion rentre dans
tous ses droits; elle n'est plus prisonnière dans 2
ses temples; elle ose se montrer dans les de-:
meures de l'opulence pour lui commander la
charité s elle pénètre dans la chaumière du,
pauvre pour lui prescrire la reconnaissance
et la résignation.
Le zèle actifdu héros réparateur n'est point
borné par les limites de l'ancienne Patrie; il
songe à ces fractions de l'Empire Français
séparées de nous par l'immensité des mers. 3
A Saint-Domingue, sur un sol encore humecté du sang des malheureux Indiens, s'élevait notre plus puissante colonie, Nos frères
s elle pénètre dans la chaumière du,
pauvre pour lui prescrire la reconnaissance
et la résignation.
Le zèle actifdu héros réparateur n'est point
borné par les limites de l'ancienne Patrie; il
songe à ces fractions de l'Empire Français
séparées de nous par l'immensité des mers. 3
A Saint-Domingue, sur un sol encore humecté du sang des malheureux Indiens, s'élevait notre plus puissante colonie, Nos frères --- Page 25 ---
(23)
établis sur ces bords lointains, jouissaient au
sein de l'abondance et d'une longue paix, de
tous les avantages que peuvent donner une
opulence accrue par les travaus de plusieurs
générations, une terre naturellement productive, et qui semble avoir été exceptée de la
malédiction jetée sur ce théâtre des labeurs du
genre humain.
Mais ces hommes corrompus parlabus des
jouissances, avaient laissé s'éteindre le flambeau sacré qui doit guider le voyageur dans
le sentier de la vie. Ils avaient perdu de vue
la récompense promise par la religion à la
vertu , et n'aspiraient à d'autre félicité qu'à
celle dont il leur était donné dej jouir; comme
dont
Ie
ils S'ém
ces peuples
parle
Prophète,
criaient dans leur délire: ( Hâtons-nous d'é-
)) puiser tous les plaisirs; peut-être mourrons-
) nous demain: Cràs enim moriemur )). (1)
Ils sont morts, les infortunés!ils sont morts !
mais que leur fin a été terrible ! Ils recelaient,
ils entretenaient eux-mêmes la cause de leur a
propre ruine. Tant de prospérité reposait sur
l'esclavage de ces hommes venus d'Afrique
pour cultiver un sol que des maitres orgueil.
leux dédaignaient de cultiver eux-mêmes.
(r) Isaie, 22. #3.
B4 --- Page 26 ---
(24)
Le cri de la liberté se fait
cain brise ses fers. Le
entendre; PAfri
qui atteste
malitre, cet être avili,
profonde
l'abaissement de l'esclave et la
corruption du tyran , le mulâtre
s'associe à sa vengeance. Le blanc
pâle et tremblant au milien de
étonné 3
abratis qui tremblaient
ces hommes
le danger de
hier, connaît trop bien
leur nombre sa position, , calcule avec effroi
et leur férocité,
tenir vainement le bout de la 3 cherche à ree
efforls ! la chaîne est
chaine; inutiles
brisée, 3 et seul, livré à
Ini-mème, le mnonarque découronné
blable au nautonier perdu
> sem=
orageuse, ne sait
au sein d'ane mer
Ciel!
plus où repose l'espérance.
que d'horreurs
terrible ! La flamme signalerent ce moment
embrasées;
s'élève des habitations
; les plantations sont
le sol qui les vit naître les consumées sur.
sentsous des.
;
villes disparaissont égorgés, monceaux de cendres ; les pères I
des enians dévoués lentement égorgés sous les yeux
aux mêmes
mères, les
supplices ; les
épouses, > les vierges
ne peuvent obtenir grâce
elles-mêmes
reaux; elles
aux yeux des bourbrutalité, doivent, après avoir assouvileur
tomber sous leurs
tout le cri de mort
poignards ; par=
lesnng
se fait entendre, par-tout
eême les ruiselle,etlamain barbare de Phomme
cadavres et les débris sur cette lerre
ement égorgés sous les yeux
aux mêmes
mères, les
supplices ; les
épouses, > les vierges
ne peuvent obtenir grâce
elles-mêmes
reaux; elles
aux yeux des bourbrutalité, doivent, après avoir assouvileur
tomber sous leurs
tout le cri de mort
poignards ; par=
lesnng
se fait entendre, par-tout
eême les ruiselle,etlamain barbare de Phomme
cadavres et les débris sur cette lerre --- Page 27 ---
(35)
où la providence avait caché tant de. trésors.
Cependant, au milieu de tant. d'horreurs,
le coeur déchiré se repose avecattendrisemeut
actes dc dévouement et de vertu.
sur quelques
et cachèrent
Les bois etles cavernes reçurent
vice
dans leurs impénétrables asyles, quelques
times sauvécs par des esclaves qui se crurent
alors heureux d'acquitter envers le malheur
la delte de la reconnaissance ; et au milieu
des solitudes du- nouveau monde., on. entendit le cri de douleur de plus d'une Rachcl
désolée élevant jasqu'au ciel sa plainte lamentable. Plainte éternelle ! douleur inconsolable ! Ils ne sont plus , ils ont été., pour
ravis à sa tendresse , les gages de
jamais 3 de
( Vox in ramd audita
Thymen et lamour:
et ululatus multus, Rachel
) est, ploratus
> plorans filios suos et noluit consolari, quid
) no7z sunt. )) (1)
Quelqueseuns encore 3 parmi tant dinfor-.
tunés, échappèrent, parles mêmes moyens, s
à la ruine épouvantable de leur Patrie. Errans
et proscrits 5 on les a vus au milieu des hations étrangères, implorant la pilié, mendiant
le pain de la misère s et. ne recueillant que
T'opprobre. Ils avaient dormi leur long som-
(1) Math. z. 18. --- Page 28 ---
(26).
meil, ces hommes qui n'avaient
tre dieu que l'or. Mais au moment connu, d'auheur et la mort sonnèrent
oùt le maldu réveil, toute leur
pour eux l'instant
opulence avait
et ils n'avaient plus rien
disparu,
mains
trouvé dans leurs
: dormierunt somnum suum et
invenerunt viri divitiarim
s
nihil
in manibus
Sur un sol dépeuplé de
suis.(1)
tres et dévasté
ses anciens maipar les nouveaux se
un peuple
forme
particulier, un peuiple
ne
semble à aucun autre
qui
respeuple. La
maudite de
postérité
Cham, une multitude d'ésclaves
révoltés, 3 flétris encore par lcs traces de leurs
anciens fers 3 ose
milieu des nations revendiquer une place au
clament
civilisées; et s'ils ne propas hautement leur
ils prétendentjouir de tous les indépendance 9
Findépendance donne. Les avantages que
France
ennemis de la
encouragent peut-être
vies ambitieuses
secrètement ces
7 et Saint-Domingue. : allait
pour jamais être séparé de la
Le danger de cette
Mere-patric.
importante colonie n'é
chappe point à la prévoyance du héros
rateur. A peine la mer nous est-elle
répapar le traité conclu avec
rouverte
armement déjà
PAngleterre, qu'un
préparé s'élance de nos ports.
(1) Psalm, 75 5.
ouragent peut-être
vies ambitieuses
secrètement ces
7 et Saint-Domingue. : allait
pour jamais être séparé de la
Le danger de cette
Mere-patric.
importante colonie n'é
chappe point à la prévoyance du héros
rateur. A peine la mer nous est-elle
répapar le traité conclu avec
rouverte
armement déjà
PAngleterre, qu'un
préparé s'élance de nos ports.
(1) Psalm, 75 5. --- Page 29 ---
(27) )
chargés d'une armée
Nos vaisseaux partent conseil de sages; ils ont
de guerriers et d'un
mission. Ils doivent
reçu la plus honorable
l'ordre et la paix aux faréurs
faire succéder
rétablir ce qui a été
sanglantes de Tanarchie,
ramener la
sur un.sol
détruit, et
prospérité exeès de deux partis
désolé par les horribles
acharnés à s'entre-détruire.
nos
Ils partent, nos invincibles guerriers,
marins; ; la mer étonnée voit avec
courageux
le nouveau paorgueil flotter sur ses vagues Leclerc est à la tête
villon de la République.
et à sa
de lexpédition ; c'est à sa prudence
côtés
lc succès en est confié. A ses
sagesse que
vie.
belle, et
est la compagne de sa
Jeune,
de
de la plus brillante, comme
pouvantjouir henreuse destinée, elle a tout quitté 2
la plus
et les embrassemens
et la splendeur du rang,
faisait réjaillir
d'une mère , et un frère qui
de léclat qui Tenvironne 7
sur elle une partie
dont elle est tendreet d'autres frères encore
aimée. Elle a tout quitté ! Femme goment
méritais un meilleur sort , puisnéreuse ! tu
Dieu t'imremplir les devoirs-que
que, pour
balanças point un moment à
posa , tu ne
qui r'attachaient
rompre ces noeuds si puissans
ses'
à la Patrie ! Mais il était dans les vues
le nom de ton
crètes de la providence , que
Tenvironne 7
sur elle une partie
dont elle est tendreet d'autres frères encore
aimée. Elle a tout quitté ! Femme goment
méritais un meilleur sort , puisnéreuse ! tu
Dieu t'imremplir les devoirs-que
que, pour
balanças point un moment à
posa , tu ne
qui r'attachaient
rompre ces noeuds si puissans
ses'
à la Patrie ! Mais il était dans les vues
le nom de ton
crètes de la providence , que --- Page 30 ---
(28-)
frère. fit connu- dans tout PUnivers. L'ancier
Monde avait joui de sa gloire ; tu devais l'apdans un Monde nouveau. L'Amérique
porter
Etrange destinée, que tu n'as pu
te réclamait.
Ta gloire vivra.
remplir que par un sacrifice! comme le cyprès
dans ces contrées ; elle croitra
à côté de la tombe de ton. époux. lesnouveaux
Le vents ct les mers favorisent
déjà Saint-Domingue se découvre
'Argonautes; Ils voient le terme de leur
à leurs yeux.
ont.
ils oublient les dangers qu'ils
voyage ;
traverséc, et pleins
courus dans une longue
dand'ardeur, ils se préparent aux nouveaux notre
qui les attendent . Cependant, 3
gers
dans la rade du Cap-Français ;
flotte entre
contemple du haut de ses
PAfricain tremblant flottantes qui vont bientôt
tours, cés citadelles
usurpés par lui, une
lancer sur ces. rivages Les blancs qu'ils repnultitude de combattans.
aux transtenaient dansleurs fers', se livrent
enfin
ports de la joie ; leurs libérateurs sont brisé
le
de PAfricain sera
venus 3
sceptre
Ce n'était qu'une vaine espérancc,
chrétiens auditeurs, ces momens:
* Rappelez,
êtes attendris en lisant
d'erreur, où vous vous
des
Des.
les fictions des romanciers et
poites. a StA
victimes. que le talent de Timagination tombées au.
vous rendre intéressantes > sont
--- Page 31 ---
(ag)
dun tyran làche et cruel. Vous avez
pouvoir intérêt tle récit de leurs infortunes >
suiviavec
pour elles 5
mais le bonheur va commencer
dernier
le perséculeur est investi dans son
asyle, et des libérateurs àrmés viennent arp
L'art du
racher sa proie de ses mains
toutencorc Voyez
poëte vous trompait haut de: ces. remparts 2 ce
à-coup paraitre au.
femme désolée, ces
vicillard en-pleurs, cette
couverts de la pâleur de la mort.
enfans déjà
milieu
elle étinLa mort, clle est au
d'eux,
celle dans les poignards des bourreaux placés
à côté de chacune des victimes, et les libératremblans, sentent leurs mains glacées :
teurs
sur leur bouche; ils ont hâté
la menace expire
étaient, venus sauver 5
le trépas de ceux qu'ils
une
ils n'offitiront qu'à des mânes, plaintifs >
tardive, mais inutile vengeance.. . Homvous.rougissez peut-être
mes qui m'écoutez,
à des vaines fice.
d'avoir donné des pleurs
tions Suivez Phistoire de St-Domingue,
larmcs du isentiment vont couler sur de
et les
qui ne. sont, hélas ! que
somblables.roalheurs
trop réels. les villes de la colonie élaient au pouToutes des satellites de Toussainl- Louverture ;
voir
nombre de blancs échappés au masun petit
comme des ôtages qai
sacre ? élaient gardés.
à des vaines fice.
d'avoir donné des pleurs
tions Suivez Phistoire de St-Domingue,
larmcs du isentiment vont couler sur de
et les
qui ne. sont, hélas ! que
somblables.roalheurs
trop réels. les villes de la colonie élaient au pouToutes des satellites de Toussainl- Louverture ;
voir
nombre de blancs échappés au masun petit
comme des ôtages qai
sacre ? élaient gardés. --- Page 32 ---
(50) )
devaient assurer l'impunité des rebelles.
cirépondent par des insultes à
Ceuxsommations
nos premières
tions
> par des outrages à nos invitafraternelles > par des
dris de victoire, Ils
hurlemens à nos
les
se montrent fièrement sur
remparts, les armes à la
rent à nos
main, et déclaguerriers, qu'ils ne
jusqu'à eux qu'à travers les débris parviendront de la
embrasée, , et sur les cadavres de
ville
égorgés.
nos frères
Le général français les voit
se préparer à
avec horreur
sein,
l'exécution de leur barbare desla
et, pour la première fois, un héros de
République et ses braves
un instant en
légions délibérent
présence de l'ennemi.
sent trop bien qu'il faut joindre
Leclerc
courage pour conserver la vie à l'adresse au
fortunés.
tant d'inUne fausse atlaque est dirigée
tadelle, les canons de la flotte
contre lad cises remparts; mais tandis
tonnent contre
pés, oht tourné de
que les rebelles trom..
ce côté toute leur
tion, nos soldats se jettent dans de frêles attenquifs, abordent plus loin sur la côte.
CSw
formant en
Là,-se
bataille, 2 ils chassent
Ies hordes africaines
devant eux
; et les repoussent
qu'à l'enceinie de la ville.
jusLes cris des rebelles vaincus,
réveillent l'at- --- Page 33 ---
(51)
tention de leur chef; ilvoitle nouveau danger
qui le menace, et qu'il n'a plus un moment
à perdre. (( Cessons , s'écrie-t-il, une résis-
> tance inutile; nous ne sommes que des fan-
) tômes armés en présence des blancs; ils ont *
) sur nous l'ascendant du génie et du cou-
> rage ; mais faisons-leur acheter chèrement
)). leur victoire, et qu'ils soient forcés d'arroser
)) de pleurs leurs nouveaux trophées! Il dit,
et s'élance > la flamme à la main 3 dans les
rues de la ville: : déjà les maisons sont embrasées ; le feu se communique de proche en
toits s'écroulent avec un horrible
Rer
che; les
cas ; des colonnes d'une épaisse fumée, 2 mêlée
de pâles étincelles, s'élèvent jusqu'aux nues.
Les Français restés sur la flotte, détournent
les yeux de cette scène de désolation. Mais,
ô spectacle digne d'éternelle mémoire ! nos
combattans entrent pèle et mêle dans la ville,
avecles dernières bandes des fuyards. Les uns
cherchent à propager l'incendie > les autres
font jaillir de tous côtés l'élément qui l'éteint.
Ils s'élancent au milieu des flammes ; ils marchentsur les débris embrasés qui les environnent. , arrachent au nègre forcéné la torche
plus meurtrière dans ses mains que le glaive;
ils dédaignent d'égorger ce vil ennemi qui ne
sait pas même se défendre, qui ne sait que se
uyards. Les uns
cherchent à propager l'incendie > les autres
font jaillir de tous côtés l'élément qui l'éteint.
Ils s'élancent au milieu des flammes ; ils marchentsur les débris embrasés qui les environnent. , arrachent au nègre forcéné la torche
plus meurtrière dans ses mains que le glaive;
ils dédaignent d'égorger ce vil ennemi qui ne
sait pas même se défendre, qui ne sait que se --- Page 34 ---
:,
- (59-))
venger; et après avoir lutté quelques
contre lel plus terrible des fléaurx, ils instans
l'incendie, enchaînent les mains
arrêtent
allumé s et arborent enfin le
qui l'avaient
victoire surles tour's
la
drapeau de la:
teindre, surles
que
flamme nt pu atpalais que leur intrépide courage a conservés.
Le cri de la victoire se fait'entendre
remparts; ; On y répond surla flotte
sur les
d'alégresse: Nos foudrds
par un cri
drapeau de la
vengeurs saluent le
mnations de Réptiblique, et parii les acclases' soldats., le général n'a plus
s'applaudir de P'heureux succès des
qu'a
qu'ila prisés , et de Texéçution
mesures
avait si sagement combiné.
d'un.plan qu'il
Mais au mhilieu de tant de
nl'avez pas oublic sans douie désastres, vous,
tinés dévoués à
ces blancs infors
une mort assurée. Oh! félichtons-nons, M. T. C.F.,
quelques-nns d'entr'eux
félicitons in nous ;
qu'ils fussent
furent sauvés. Soit
prévenus par les avis secrets du
géaéral 4
français, soit qu'ils ne prissent conseil
que dé leur désespoir dans ce moment
soit enfin qu'ils fassent
terrible,
vidence
protégés par une proparticulière, 2 les infortunds
vés. Lcs citoyens d'une ville
furent saul=
lente,
autrefois opus'cchappèrent de leurs maisons
des proscrits ; et
comme
pendantlannit, des femmes,
des --- Page 35 ---
(55 )
des enfans, des vieillards éperdus, gravirent
lentement les mornes voisins, à la lueur des
flammes qui consumaient leur Patrie. Là, ils
furent lémoins de sa ruine; ils entendirentles
cris des combaltans, et virent s'évanouir en
un instant toutes leurs possessions.
Ainsi, dans une circonstance à = peu-près
fuyait à
du
semblable 9, lorsqu'il
Tapproche
rebelle Absalon, toutle peuple de Jérusalem,
sous la conduite de son monarque, alors plus
infortuné quel le dernier des serviteurs de son
palais, s'enfuit sur la colline des oliviers, heureux de se dérober.au malheur de tomber entre
les mains d'un ennemi sans pitié. David, dit
Phistoire sacrée s montait la colline des oliviers, et pleurait en montant ; il allait nuds
pieds et la tête couverte, et toutle peuple qui
était avec lui montait la tête couverte et en
pleurant; et omnis populus operto capile ascendebat plorans. (1)
Ces mêmes scènes dhorreur", - , les mêmes
attentats de la part des rebelles, la même intrépidité de la part de nos soldats , se font
remarquer dans toutes les villes de la colonie.
Ce n'est qu'en passant sur les cadavres des
blancs égorgés, et à travers les flammes d'hor-
(:) 2.Reg. 15. 30.
pleurant; et omnis populus operto capile ascendebat plorans. (1)
Ces mêmes scènes dhorreur", - , les mêmes
attentats de la part des rebelles, la même intrépidité de la part de nos soldats , se font
remarquer dans toutes les villes de la colonie.
Ce n'est qu'en passant sur les cadavres des
blancs égorgés, et à travers les flammes d'hor-
(:) 2.Reg. 15. 30. --- Page 36 ---
(54)
ribles incendies,
3 que les Français
successivement de
s'emparent
Léogane, de Jacmel, Saint-Marc, du Môle, de
la colonie est
deJérémie ; mais enfin,
soumise, 9 et les
pandus sur tout son
vainquenrs ré
que des rebelles soumis territoire, ne voient plus
mes, ou d'infortunés qui déposent leurs arleur retraile,
colons qui, sortant de.
de leurs
viennent reconnaître les limites
les ruines anciennes possessions, et] pleurer sur
qui furent jadis le foyer
Alors s'ouvre pourl le général
paternel.
nouvelle
il
français, une
le même carrière;
saura la parcourir avec
succès. C'est peu davoir
ennemis qui dévastaient
dissipé les
ses j il faut consolider ces contrées heureupar les institutions
T'oeuvre de la guerre
Nous ne. suivrons bienfaisantes de la paix.
point le
dans tous les détails de Tadministration capilaine-genèral
tante de la colonie : qu'il Inous sullise de imporqu'à sa voix tout rentre dans l'ordre; savoir
mande le respect pour les
2 il compropriétés sont
propriétés; et les
buaaux
respectées ; il établit des tria
pour veiller à l'exécation des lois; il
maintient parmi les soldats
plus sévère.
9 la discipline la
Malgré les crimes dontils
rendus coupables, il
s'étaient
esclaves'; elle leur
proclame la liberté des
avait été promise par les
vainqueurs, et des Français se montrent tou- --- Page 37 ---
(55 )
jours fidèles à Teurs sermens ; mais ils demens
reront soumis à un régime nouveau, rigonreux, mais nécessaire; ctsile blanc ne peut
plus abuser de SCS droits, Te'nègre ne pourra
plus désormais se livrer à la licence. On les
ramène à Teurs travaux dans les ateliers où
l'opulence des colons S'alimentedeleurs sueurs,
en même-temps qu'cle paye un tribut à leur
laborieuse industrie.
Quel changement merveilleux ! Cette
terre qui naguères offrait aux regards les objets les plus lugnbres 2 offre maintenant le
spectacle de Ia prospérité. Les cris de joie ont
succédéaux cris de détresse. La sécurité règne
dans les villes ; la paix habite dans Tes campagnes, etl le colon désormais tranquitle s peut
énvisager Ies compagnons de ses travaux >
sans craindre de trouver enr eux des meurtriers Otr des incendiaires... Ah! sars doute
it faut reconnaître dans ce succès
les efforts du génie et de T'habileté inespéré des hom- s
mes ; mais peut-on méconnaître aussi Ie secours d'aae providence protectrice ? oh! ! non e
sans doute. Et nous qui nous honorons d'être
chrétiens, nous admettrons Te concours de Ia
cause première au milieu des causcs secondes
qu'eile daigue associer à Poeuvre de Sa bienfaisance; et le restaurateur de St.-Domingne
doute
it faut reconnaître dans ce succès
les efforts du génie et de T'habileté inespéré des hom- s
mes ; mais peut-on méconnaître aussi Ie secours d'aae providence protectrice ? oh! ! non e
sans doute. Et nous qui nous honorons d'être
chrétiens, nous admettrons Te concours de Ia
cause première au milieu des causcs secondes
qu'eile daigue associer à Poeuvre de Sa bienfaisance; et le restaurateur de St.-Domingne --- Page 38 ---
(56 )
aurait cru qu'il manquait quelque chose à son
onvrage, si, conformément aux instructions
de celui qui l'avait envoyé , il n'eût rétabli
le culte de Dieu,, souillé
le mélange impur des
parmi ce peuple par.
superstitions africaines.
A sa voix., les églises sont rouvertes ; les ministres revêtus des marques distinctives de leur
sacerdoce, offrent de nouveau sur les autels
la victime d'expiation, la victime sans 'tache.
Ils proclament , en présence du peuple, les
Vérités saintes > les vérités éternelles ; et
croix, arborée sur la cime des temples
Ja
nonce aux vainqueurs loubli des
> aninjures re=
çues., aux vaincus, le retour de la clémence
et de la félicité.
Hélas ! avec quel charmeje me laissais
traîner par ces tableaux de bonheur.et d'alé- engresse! Avais-je donc oublié que d'autres horreurs , des tableaux plus déchirans
devaient terminer mon
encore 3.
ouvrage ? Iln'est que
trop vrai., Chrétiens auditeurs ; ce
ne fut que d'un instant. A peine le bonheur
avait été remis dans le fourreau,
glaive
le retirer.
qu'il fallut
Quelques restes' impurs des brigands
pés aux combats;
échap3 se réfugient dans les montagnes, 2. dans la profonde enceinte de forêts
inaccessibles. Etonnés d'abord, mais bientôt --- Page 39 ---
(57 )
enhardis par la clémence des
ils osent se répandre dans les vainqueurs s
glissent au sein des habitations. plaines, se:
dans Tombre,
Là, cachés
rêts
semblables au monstre des fo-
, qui allend sa proie au
chent de
passage 2 ils tàe
surprendre des hommes qu'ils n'ont
pu vaincre, et n'osant se montrer en
ils se montrent en
ennemis,
brigands et en assassins.
Ce'nouveau genre d'allaque
veau genre de
exige un noudéfense; et sila
avait été terminée
première guerre
celle-ci à
par l'énergie de la valeur,
son tour demandait peut-être
d'habileté et de finesse. Le
plus
déploie dans des circonstances capitaine-général
talens divers. Ses forces
différentes, des
les points,
éparpillées sur tous
dissipent tous les
préviennent tous les désastres. rasemblemens,
beau se
L'ennemi a
cacher, 2 par-toutil se voit assailli.
braves se font un jeu de franchir
Nos
tacles; ; onles voit
tous les obsgravir les rochers les
escarpés > percer des forêts
plus.
braver la faim et la soifdans les impénétrables >
un
soleil
déserts, etsots
brôlant, si différent du solcil de
Patrie. Les rebelles étonnés
la
dans leurs forts ils
, sont relancés
;
abandonnent successivement tous les postes qu'ils
désarmement de
occupaient, et le
tous ceux qui peuvent être
dangereux ou suspects 3 s'opère sans efforts.
C 5
cer des forêts
plus.
braver la faim et la soifdans les impénétrables >
un
soleil
déserts, etsots
brôlant, si différent du solcil de
Patrie. Les rebelles étonnés
la
dans leurs forts ils
, sont relancés
;
abandonnent successivement tous les postes qu'ils
désarmement de
occupaient, et le
tous ceux qui peuvent être
dangereux ou suspects 3 s'opère sans efforts.
C 5 --- Page 40 ---
( 58 )
Or mon Dieu! que VOs desseins sont
impénétrables! Après tant de succès si péniblement
obtenus, > le guerrier avait cru qu'il pouvait
se reposer désormais à l'ombre des lauriers
qu'il avait cueillis, le colon recommençait à
cultiver T'héritage de ses ancètres, la société
renaissait de ses ruines ; et voilà qu'un nou=
veau fléau plas terrible que la guerre
dévorant que la flamme, vient
2. plus
arrêter le guerrier dans sa marche
>
le
triomphante 9 épouvanter
citoyen dans sa demeure, et condamnerides
Jarmes nouvelles le cultivateur dont les
sont encore humides. Une horrible
yeux
contagion
se déclare parmi nos troupes. Dans nos
et sur nos flottes, la mort a
camps
déployé son drapeau funèbre : il remplace nos pavillons et
nos trophées. Elles tombent sous la faulx de
la mort, nos phalanges invincibles. La tombe,
à peine fermée 9 se rouvre encore pour recevoir des victimes nouvelles; elles se succèdent,
elles se
l
pressent, se précipitent dans l'abime
qui ne peutjamais être comblé. Lange du Seigneur a étendu sa main, 3 il a donné le signal:
le trépas obéit à cet ordre terrible: l'arrêt est
sans appel; il faut mourir ! C Immisitque Do-
) minis pestilentian in Israël, et mortui sunt
)) ex populo septuaginta millia virorum, )) (1)
(1) Reg. 24. 15. --- Page 41 ---
(59)
le trépas de tant d'infortunés
mon Dieu!
! Le chefque
suffire à votre justice
ne peut-il
environner de tant de gloire,
vous avez daigné
et relevé VOS au=
qui a rouvert vos temples
trouver gràce devant vos yeux! !
tels, ne peut-il
déployer un nouveau
Voyez-le maintenant
David, il console
genre d'héroïsme. Nouveau
et ses crimes n'ont point
ses conipagnons ,
l'or antour
causé leur infortune. Il prodigué
d'eux ; et tout ce que le génie du bien peut
arrêter les progrès du mal , est
tenter pour lai. Ces vétérans qui n'ont: jamais
tenté par
voient avec
pâli devant le fer de Tennemi,
attendrissement à côté du lit de douleur, 2 ce
ont vu tant de fois à leur
même général qu'ils
Ils meurent
tête dans les champs de la gloire.
dernièr
contens d'emporter ses regrets 5 leur
sentiment est consacré à la reconnaissance >
et le dernier de leurs voenx à sa conservation.
Voeux impnissans ! ils ne seront point exaucés.
doit tomber avec le soldat, vic=
Le général dont il n'a
le défendre. Suitime du fléau
pu
convez-moi, Chrétiens auditeurs 2 venez
digne des regards du ciel,
templer un spectacle
Finfortune.
Phomme vertueux luttant contre
Environné de CC lugubre apparcil plus tera
rible
la mort, cet home qui bientôt ne
que
encore du bonheur de ceux,
sera plus, s'occupe
ne seront point exaucés.
doit tomber avec le soldat, vic=
Le général dont il n'a
le défendre. Suitime du fléau
pu
convez-moi, Chrétiens auditeurs 2 venez
digne des regards du ciel,
templer un spectacle
Finfortune.
Phomme vertueux luttant contre
Environné de CC lugubre apparcil plus tera
rible
la mort, cet home qui bientôt ne
que
encore du bonheur de ceux,
sera plus, s'occupe --- Page 42 ---
(40 )
qui doivent lui survivre. Il se livre dans
derniers momens , aux détails fastidieux ces
l'administration
de
velles
publique , commande des nou=
expéditions, examine le plan d'une nouvelle attaque, Calme et serein, il console
amis éperdus , et le sourire de la
ses
montre par intervalles
gaicté se
sur ses lèvrès
rées par les approches du
décolotrépas. Mais tout
son courage l'abandonné à la vue de son.
épouse en pleurs, qui se précipite auprès de
lai, portant entre ses bras son fils, son fils
unique. Ils viennent dans un dernier embrassement, recueillirle dernier soupir d'un
et d'un époux. Le spectacle de leur
père
déchire son ame; ; il conjure ses amis désespoir de dérober à ses regards ces objets trop chers.-- Ils
s'éloignent msa s'cloiguent à regret
Femine courageuse ! jette-toi dans les bras
de la Divinité , tu n'as plus
terre: ; mais le ciel t'a conservé d'époux sur la
la
la vie,
consacrer au bonheur de ton fils. Eh ! pour
dis-je 2 tant de consolations t'attendent que
core! Oh ! reviens, reviens
envoir ce tribut d'admiration parmi nous receà ta vertu ! Nous
que nous devons
n'oublierons jamais ta réponse sublime, 3 lorsque tremblant pour tes
jours, celui que nous pleurons voulut t'arracher à ces bords
tu
funestes; répondis: : ( La --- Page 43 ---
(41)
Consul doit savoir. mourir.
)) soeur du premier
). Oh ! reviens , res
> à côté de son époux
ils volent imviens, nos coeurs r'altendent ;
doit te
sur les bords de la mer qui
patiens
France. Ton retour, il est vrai,
rendre à la
Tu quittas
bien différent de ton départ.
sera
de la grandeur
nos rivages avec toutfappareil éclatantes allaient
et du pouvoir ; tes voiles monde le bonheur
porter dans un nouveau
désordres,
et la paix 13 et faire succéder aux d'un
intestine, la sagesse
goud'une guerre
aujourd'hui tes voiles
vernement réparateur:
où seule 2
funèbres ramènent ton vaisseau, 7
-
l'amertume de la douleur, tu pleures ,.
et dans
sur Yurne funeste qui con=
nouvelle Cornélie,
n'est plus ! Oh!
tient la cendre de Tépoux qui
reviens auprès d'une mère , auprès
reviens 7
n'a point ébloui,
d'un frère que la prospérité
reviens con=
qui sait compatir à Pinfortune; ;
à Pécole
soler ton courmaternel. en préparant de Porles brillantes destinées
de Phéroisme,
phélin que la providence a conservé la,
Et vous, d mon Dieu ! s'il est vrai que
des chrétiens, lorsqu'elle est unanime
prière
s'élève du milieu des tombeaux,
et lorsqu'elle
veuillez accorder le
est sûure d'être exaucée,
et
salut d'un héros si digne de nos louanges
désormais una=
de nos regrets, , à nos prières
oler ton courmaternel. en préparant de Porles brillantes destinées
de Phéroisme,
phélin que la providence a conservé la,
Et vous, d mon Dieu ! s'il est vrai que
des chrétiens, lorsqu'elle est unanime
prière
s'élève du milieu des tombeaux,
et lorsqu'elle
veuillez accorder le
est sûure d'être exaucée,
et
salut d'un héros si digne de nos louanges
désormais una=
de nos regrets, , à nos prières --- Page 44 ---
(43)
nimes!. - Hier dans cette même
vant ce même autel, deux
enceinte, dede Jesus = Christ depuis
portions de Téglise
se sont enfin réunies longstemps et
séparées s
pieds de la croix
,
ont enseveli aux
ciennes divisions. : jusqu'an souvenir d'ana
Elle s'est opérée cette
nion, sous les auspices de ce. Prélat
réutemps
digne des
le langage apostoliques , qui nous a fait entendre
affectueux de la
auspices de notre
religion; sous les
dignes collègues dans premier Magistrat et de SCS.
ils ont honoré
les fonctions publiques:
l'autorité qui émane des
mes, en faisant servir son utile
homrétablissement des lois saintes
influence au 1
en présence de ce Générat émanées du ciel:
la France
ami des héros de
2 et de ces braves
de la paix du sanctaire soldats. Témoins
Pheureux fruit de
3 ils ont recueill:
monde est redevable celte autre paix dont le
à leur
sence de celte foule
courage: en préémus, édifiés,
immense de citoyens
altendris.
Aujourdhui, ces mêmes
venus se placer autour dan hommes sont re=
rendre Tes derniers devoirs tombean, pour
héros, dan ami,
à la cendre d'i.
Ils offrent à
d'un bienfaiteur de la Patrie.
prières : elles sa mémoire des Jarmes et des'
res consacrées s'éleveront vers le ciel, ces Priepar Fananimité de nos senti- --- Page 45 ---
(43) )
mens religieux; elles accompagneront une ame
suppliante en présence de l'éternelle justice-
- Qu'il soit heureux , heureux à jamais , 6
mon Dieu! celui pour lequel la Patrie reconnaissante vous implore! Fermez les yeux sur
des faiblesses inséparables de lhumanité , et
veuillez marquer sa place parmi ces hommes
vertueux et célèbres qui furent les fondateurs
ou les restaurateurs des Empires !
Mânes de St. Louis, accueillez le guerrier
français qui mourut comme vous au sein
d'une terre étrangère, en voulant établirparmi
des barbares, des moeurs plus pures,. des lois
plus humaines > et les dogmes révérés de la
religion de J. C.f Mânes de Duguésclin et de
Bayard , et toi Barbazan qui fus aussi sans
peur et sans reprocke, héros de mon pays,
levez-vous 3 ombres illustres 2. et recevez un
nouveau compagnon de gloire dans le séjour
de l'éternelle félicité! Ainsi soit-il. --- Page 46 --- --- Page 47 --- --- Page 48 ---