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17902- --- Page 5 ---
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DE STANISLAS
CLERMONT-TONNERRE;
S U R.
L E S
C.OLO N I E S.
Le 11 mai 1791 --- Page 6 ---
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) P 0E I DU N I à N O N
DE STANISLAS
CLERMONT-TONNI ERRE,
S U R
L ES COLO NI E S.
Le 11 mai 1791.
M ESSIEURS,
J'ADOPTE le projet de décret que vous
présentent VOS comités réunis; je le crois
le plus sage qu'illeur fit possible de vous
offrir, soit que nous le considérions en
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soit
nous examinions les
principe 2
que
circonstances.
Je pense qu'on ne peut l'attaquer qu'en
déplaçant absolument la question. Je sais
combien d'idées accessoires il est possible
d'amener dans cette discussion. Je n'inculperai pas les intentions de ceux qui invitent l'assemblée nationale à traiter aujourd'hui des questions qui tendent à compromettre nos colonies; mais j'attaquerai
leur manière de raisonner, et je crois que
dans cette affaire, 2 la raison et la justice
sont parfaitement d'accord avec votre véritable intérêt.
En effet > on voudroit vous amener à
statuer d'abord sur ce qu'il importe de
régler dans les colonies ; on voudroit y
transporter toutes nosidées, tous nos principes,toutes nos institutions; etlonne voit
point,etl'onne wnspeisaneingelifestaepe
ravantstatuer, 7 qu'ilfaut auparavant arrêter --- Page 9 ---
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irrévocablement nos idées sur les vrais rapports de toute métropole avec ses colonies..
C'est sur ces rapports 2 messieurs, qu'il
est important et pour elle et pour vous de
ne vous faire aucune illusion.
Je sais que les colons sont François ; je
vois leurs députés parmi vous 5 je les vois
coopérer avec ardeur aux travaux de l'assemblée nationale; je les vois reconnoître
àvec orgueil qu'ils sont une véritable partie intégrante de l'empire François ; mais
permettez-moi de vous le dire, toutenj jouissant de leur patriotisme, j'entends la voix
non moins impérieuse de la vérité et celle
de l'expérience ; je me rappelle que le pacte
social n'est institué que pour le bien des
contractans ; que leur intérêt en est la
première base, et que ce n'est qu'en ménageants soigneusement cet intérêt, quel'on
parvient à fortifier les affections et à éterniser les liens qui peuvent rapprocher les
A 3
de vous le dire, toutenj jouissant de leur patriotisme, j'entends la voix
non moins impérieuse de la vérité et celle
de l'expérience ; je me rappelle que le pacte
social n'est institué que pour le bien des
contractans ; que leur intérêt en est la
première base, et que ce n'est qu'en ménageants soigneusement cet intérêt, quel'on
parvient à fortifier les affections et à éterniser les liens qui peuvent rapprocher les
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hommes, L'union des colonies à la métropole, leur fusion, si je puis parler ainsi,
dans la souveraineté nationale, doivent
éprouvér des modifications particulières,
bien elles opéreroient le despotisme de
ou
la métropole sur les colonies s et bientôt
celles-ci connoissant leur véritable intérêt,
renonceroient à cette fiction politique. Il
suffit, pour s'en convaincre, de remonter
au principe du contract social, principe
Rousseau, auquel il ne suffit pas
posé par
d'élever des statues au milieu de nous 5
mais que l'on ne pent honorer dignement
professant sa doctrine. La volonté
qu'en
du corps social ou la loi n'est obligatoire
pour chacun des sujets, que parce qu'elle
est égale pour tous,, que parce qu'elle est
T'expression de la volonté de tous sur un
objet qui frappe également sur tous. Du
moment où elle seroit la volonté du plus
grand nombre, ne frappant que sur le plus --- Page 11 ---
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petit, elle perdroit ce caractère de loi; da
moment où un corps politique seroit tellement constitué, qu'une de ses parties recevroit toujours la loi des autres et ne la
leur donneroit jamais, il ne seroit plus un
corps social, il seroit une véritable monstruosité; miais cet état de choses arrivera
toujours lorsque le corps social sera divisé >
en deux parties intégrantes très-inégales,
et dont les intérêts ne seront évidemment
pas les mêmes. Le despotisme de la plus
grande sur la plus petite sera inévitable ;
l'influence de la plus petite sur la volonté
générale sera illusoire 2 et ce prétendu
corps social, ou se soutiendra par l'op-:
pression, ou tendra toujours àse dissoudre.
Voilà cependant, messieurs, le tableau
vrai de l'état de choses que nous avons
consacré, de l'état de choses qu'a adopté
le patriotisme des colons, et contre le désavantage duquel il est juste, il est urgent, --- Page 12 ---
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vous leur offriez
il est indispensable que
vous-mêmes le seul contre-poids qui peut
rendre votre union durable, en cessant de
la leur rendre onéreuse. Bien loin que vOS
comités ayent dépassé ce but, je pourrois
soutenir qu'ils ne Pont pas encore atteint; ;
mais au moins est-il clair que le genre
d'initiative que l'on résérve aux colonies,
leur existence est
initiative sans laquelle
compromise, il est clair, dis-je, que cette
initiative ne peut pas être refusée.
De quel droit ne Paccorderiez-vons pas?
titre fonderiez-vous ce refus?
Sur quel
Qu'est-ce que c'est que la souveraineté d'une
métropole sur ses colonies ? Vous avez
n'appartient pas à
reconnu qu'un peuple
faites encore un pas, et sachez
un homme;
convenir qu'un peuple n'appartient pas plus
La nature des choses,
à un autre peuple.
tout est un obsla position géographique,
tacle à la fiction par laquelle on suppose-
usée.
De quel droit ne Paccorderiez-vons pas?
titre fonderiez-vous ce refus?
Sur quel
Qu'est-ce que c'est que la souveraineté d'une
métropole sur ses colonies ? Vous avez
n'appartient pas à
reconnu qu'un peuple
faites encore un pas, et sachez
un homme;
convenir qu'un peuple n'appartient pas plus
La nature des choses,
à un autre peuple.
tout est un obsla position géographique,
tacle à la fiction par laquelle on suppose- --- Page 13 ---
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roit que ces deux peuples n'en font véritablement qu'un. Ils ne peuvent être unis
que par l'affection; l'affection ne peut subsister que par la communauté d'intérêts;
les intérêts ne peuvent être communs qu'autant que la partie la plus forte renonce
à régir exclusivement la plus foible, qu'autant que cette partie la plus foible trouve
dans l'organisation sociale un contre-poids
à l'ascendant qui la menace. Ce contrepoids est évidemment l'initiative, et s'il
restoit une réflexion à faire, ce seroit uniquement sur la foiblesse du contre-poids.
Ce qu'il est sijuste de faire, vous est
-
encore commandé par votre intérêt bier
entendu. Rappelez-vous ce que Franklin
disoit au peuple Anglois, lorsque personne
ne pouvoit encore soupçonner les destinées
de l'Amérique; 5 ce grand homme lui montra
dans une première injustice, la cause et le
principe de l'indépendance des colonies. --- Page 14 ---
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Mais quelles sontdoncles raisons quicombattent l'acte de justice et de condescen-
'dance que VOS colonies attendent de votre
sagesse P
Elles se réduisent toutes, en dernière
analyse, au desir ambitieux de traiter
une grande question sur laquelle tous les
élémens nous manquent 3 une question
dont la solution précipitée sera funeste à
vous, à VOS principes., à VOS colonies,
aux individus mêmes dont les instances la provoquent ; une question dans laquelle vous serez toujours forcément endeçà de la rigueur des principes, lors même
que vous leur aurez fait les sacrifices les
plus impolitiques.
Ces considérations sont puissantes 3 et
je ne fais que les indiquer.
La philosophie vient aussi de provoquer
en Angleterre une discussion de même
nature. De' longs débats, un immense --- Page 15 ---
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recueil dedocumens, ont conduit le parlement Anglois à une décision toute contraire
à celle qu'attendoit la philosophie. Instruisons-nous par cet exemple ; ne sacrifions
pas de grands intérêts à la manie impolitique de forcer la marche du temps 3 et
de créér ce qu'il peut seul amener. Observons quelle sera sur VOS colonies l'influence
de votre révolution ; mais ne fortifions
pas cette influence du despotisme d'une
loi, et n'entassons pas indiscrétement les
expériences politiques.
Je me résume et je finis. Vos colonies
ne vous resteront solidement attachées, 3
qu'autant que vous ménagerez leurs véritables intérêts 3 leur intérêt le plus cher
ne peut être sauvé que par Pinitiative qu'on
vous propose. On,ne s'oppose à cette mesure, que pour vous faire discuter une
question dont l'examen seul entraîne la
ruine des colonics. Ces raisons sont plus
'entassons pas indiscrétement les
expériences politiques.
Je me résume et je finis. Vos colonies
ne vous resteront solidement attachées, 3
qu'autant que vous ménagerez leurs véritables intérêts 3 leur intérêt le plus cher
ne peut être sauvé que par Pinitiative qu'on
vous propose. On,ne s'oppose à cette mesure, que pour vous faire discuter une
question dont l'examen seul entraîne la
ruine des colonics. Ces raisons sont plus --- Page 16 ---
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que suffisantes pour vous ranger à l'avis
des comités. Cet avis est appuyé par le
voeu du commerce; il est appuyé par le'
voeu même des colonies ; elles voient dans
son adoption la cessation des troubles qui
qui nous affligent et nous alarment; elles
y voient un acte de condescendance 3 et
franchement, messieurs, je n'y vois qu'un
véritable acte de.justice. --- Page 17 ---
OP
I
N 1O
No
DE M. CHABERT DE LA CHARIERE,
Député de la Guadcloupe à l'Affemblée Nationale,
no
SUR le Projet de Décret préfenté, au.nom des Comités
de Confitution, de la Marine, d'Agriculture & de
Commerce, 6des Colonies, à la Séance eds7 Mai:794.
5b furles Colonies (1).
sino
L
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tido au suarob
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gobchueyt
OIuI
210i19
MESSIEURS,
OvS
comme
& LES Colonies regardent depuis long-tems
décrété,le premier article du projet qui vous eft préfenté
vos quatre comités, puilque vous leur en avez
donné It promelfe dans le préambule de votre Décret
du 12 oétobre dernier. Cette promeffe, qu'elle foit la
(1) Cette Opinion n'a pu être prononcée dans la féance des
II & 12 mai, la difcuffion fur la totalité du projetsayant éto *
fermée avant le rang obtenu pour la parole.
A --- Page 18 --- --- Page 19 ---
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