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7911.
(8)
qu'ils doivent aux décretsdu Copslégilasifindtonnés
le roi & foutenus de toute la puiffance nationale;
Eai cette obéiffance 2 mais la reconnoilance des cOlons libres de toute couleur & fur-tout de ceux qui
tiennent de plus près à la mère-patric, de ceux qui fe
font toujours diftingués parmi fes enfans,lui paroillent
folidement fondées fur leur intérêt refencore & plus fur le fentiment inviolable d'attachement &
pedif de zèle que mérite, qu'inlpirela conftitution, & qu'on
altérer dans le coeur des bons cine pourra Toute jamais paffion chez eux cède à l'amour de la
toyens. & toute infinuation qui tendroit à Paffoibliffepatrie ment de 5 ce lien facré, fera repouffée par eux avec
horreur. Dans cette jufte confiance, & fans rien préjuger
fur le voeu que les colonies font autorifées à émettre
relativement aux loix commerciales, & que le Corps
Légillatif péfera fcrupuleufement, PAflemblée Nationale a chargé fes Comités réunis de Conflitution,
des Colonies, de Commerce & de Marine, de rédiger
fans délai les projets les
propres à concilier tous
les intérêts commerciaux PEF Colonies & de la Métropole, & à porter la culture & les richeffes des
iles françoifes au plus haut degré dont elles foient
fufceptibles. --- Page 5 ---
Do OP - I N IO-N
luloo
DE M. ROUSSILLOU 2 Député de Touloufe;
- DIV
PRONONCEE
A L'ASSEMBLÉE NATIONALBI
sb
A la Séance du samedi 125
a 3
Septembre 1791.
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Sur L'affaire des COLONLES: baite
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IMPRIMÉE PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
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MESSIEURS,
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a unosi
QUELQUE grande que foit la défaveur qu'on a
cherché à jeter fur les commerçans, je n'en aurai
pas moins le courage. de dire mon opinion fur la
queftion importante qui vous occupe dans ce momentsh l'intérêt de la patrie l'exigen & mon fepment
de la fervir avec fidélité m'en fait, un devoir,
e Vos décrets des 8, 28 mars & 12 ogtobre
avoient rétabli Pordre & le calme dans) vOs 12361
nies; on y attendoit avec impatience vosinftrucions,
A
fur les commerçans, je n'en aurai
pas moins le courage. de dire mon opinion fur la
queftion importante qui vous occupe dans ce momentsh l'intérêt de la patrie l'exigen & mon fepment
de la fervir avec fidélité m'en fait, un devoir,
e Vos décrets des 8, 28 mars & 12 ogtobre
avoient rétabli Pordre & le calme dans) vOs 12361
nies; on y attendoit avec impatience vosinftrucions,
A --- Page 6 ---
EPJCD
(2)
pour former les aflemblées
tion 2 VOS décrets, lorlque la provinciales en exécudu I5 mai dernier, quoique connoillance de celui
pandu l'alarme, &porté la défolation non-officielle, dans y a réparties. Ce feul cri s'y eft fait entendre
toutes fes
nos propriétés font compromiles
; nos vies &
cri a été celui du ralliement de par ce décret, & ce
lettres officiellles de M. de Blanchelande tous les partis ; les
de laflemblée provinciale du Nord de
2 l'adreffe
gue, & plufieurs lettres particulières écrites Saint-Domin- des.
nies, ne vous annoncent malheureufement
coloque cette réunion des partis n'a pour but que trop,
grande réunion de forces, pour veiller à la qu'une
Wation des perfonnes & des
&c conferpouffer l'exécution de votre propriétés, décret
pour retraire à vctre promeffe folemnelle de 2 laiffer comme conaffemblées coloniales de l'initiative
jouir les
tre décret du I2 octobre dernier. accordée par VOCes difpofitions ont porté la terreur & le
ragement dans toutes les villes de commerce découcipalement à Bordeaux, Ia Rochelle, le
2 prin-
& Marfeille. Les négocians de
Havre, Rouea
més, vous ont adreffé leurs cervilles,juftement alartions ont étéconfidérées dolcanots & leurs
norables membres, comme eepréfentéespar quelques
Foc
rigées par Favarice, & foutenues diéées par P'orgueil, dientre autres M. Gregoire vous a' par la violence; les
fentations du commerce ne doivent dit, pas que être
confidération 2
prifes
HaE
dans cette caufe. parce J'aurai qu'il feroit juge & partie
la
Phonneur de Jui
que queftion étant foumife àla décifion de répondre
blée nationale, le commerce ne
être FAffeme
comme juge; & c'eft une bien nouvelle peut
confidéré
voir les chofes, que de trouver des juges manière dans des de
fupplians qui A craignent pour leur exiftence. 1C B011
idération 2
prifes
HaE
dans cette caufe. parce J'aurai qu'il feroit juge & partie
la
Phonneur de Jui
que queftion étant foumife àla décifion de répondre
blée nationale, le commerce ne
être FAffeme
comme juge; & c'eft une bien nouvelle peut
confidéré
voir les chofes, que de trouver des juges manière dans des de
fupplians qui A craignent pour leur exiftence. 1C B011 --- Page 7 ---
d
(3)
Ilef vrai que les armateurs. les fabricans, les né.
gocians qui ont figné ces pétitions, ont un intérêt
dired & particulier à ce que le décret du
mai
foit retraété ou modifié; mais ce n'eft pas une 15 raifon
les pour faire rejeter leurs pétitions : je rappellerai que
évèques confitutionnels & les autres eccléfiaftiintéreffés ont feuls reclamé contre l'omiflion,
Ratt par MM. les commiffaires revifeurs, de
dansla conftitution du traitement des
parler
que cette réclamation, quoique dirigée eccléfiaftiques; par l'intérêt
purement perfonnel, n'a été niimprouvée ni répoullce
par PAffemblée nationale. J'aurai l'honneur de lui
repréfenter, fe
que s'il eft libre à Phomme qui fouffre de
plaindre, il'eft du devoir de l'homme jufte de l'éfort couter, de à moins que M. Grégoire ne trouve que le
plufieurs millions d'hommes réfidans en
France, ne doit
entrer en balance avec celui
d'une poignée Pabeaaar qui réfident en
& qu'il eff bien plus beau, bien plus fublime, Amériques d'aller
chercher les objets de fa pitié dans un autre hémifphère, que de s'affeéter des malheurs qui font fous
nos yeux, fur-tout quand cela peut fe faire fans
aucun rifque pour foi, & qu'au contraire les
diflemens de la multitude, qui eft toujours au applau- niveau
de cetté philofophie, font le prix de ces grands efforts
pour Phumanité.
Oui, Meffieurs, les pétitions des négocians ont été
diétées par Pintérêt, &
l'intérêt le plus preflant, le
plus grand, , puifqu'il eet à celui de toute la France.
Quantà ce quiles regarde perfonnellement 2 ils tremblent pour leurs propriétés, pourl les fommes immenfes
qui leur font dues, ilsredoutent l'entier anéantiffement
de leur commerce, déja ébranlé par les funeftes variations du change; mais VOS lumières, 2 Meffieurs, 2 ne
vous permettent pas d'ignorer les rapports qui lient
A 2
ant, le
plus grand, , puifqu'il eet à celui de toute la France.
Quantà ce quiles regarde perfonnellement 2 ils tremblent pour leurs propriétés, pourl les fommes immenfes
qui leur font dues, ilsredoutent l'entier anéantiffement
de leur commerce, déja ébranlé par les funeftes variations du change; mais VOS lumières, 2 Meffieurs, 2 ne
vous permettent pas d'ignorer les rapports qui lient
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(4)
la fortune publique à la leura par combien de cataftrophes feroit marquée la deltrucon fubite du commerce des principales villes maritimes de la Frances
le contre- coup iroit s'en
dans toutes les
autres villes & jufques au rejeen de.nos
où
linduftrie & Pagriculture, foudainement campagnes, privées de
leurs principes dadivité, tomberoient à Pinflant dans
la langueur.
a
al
Pout fe convaincre de cette vérité, il fuffit de
jeter les yeux fur le réleve exact que j'ai fait de notre
commerce avec les colonies, & que je vais avoir
Phonneur de vous foumettre, pour mieux fixer votre
attention & votre opinion fur une queftion de la
décifion de laquelle dépendent la profpérité ou la
ruine du commerce national.
Les exportations faites de France pour les ifles
d'Amérique ou la partie d'Afrique qui eft une
dance dece commerce, montent, année moyenne dépende 1785 à
pnite
1789 inclufivement, à 88 millions,
Cette Tomme de 88 millions fe
entre les
citoyenis françois de la manière Estantae
44 millions aux manufaguriers qui
fur cette valeur fontla part indireêe
des cultivatetrsi vendeurs des matières brutes.
wog
88 millions.
22 millions aux agriculteurs directement.
22 millions aux étrangers quif four
nifient lest produits agricoles & les
marchandifes fabriquées.
Les, retours de nos aneruol colonies a len denrdes sub
derleur
fol s'cleyenti année moyeane prile fur quatie, 50 à
environ, 200-millions. mmongib pd
85 2uO
cette valeur fontla part indireêe
des cultivatetrsi vendeurs des matières brutes.
wog
88 millions.
22 millions aux agriculteurs directement.
22 millions aux étrangers quif four
nifient lest produits agricoles & les
marchandifes fabriquées.
Les, retours de nos aneruol colonies a len denrdes sub
derleur
fol s'cleyenti année moyeane prile fur quatie, 50 à
environ, 200-millions. mmongib pd
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(9)
Cette fomme de 200 millions rembourfe d'abord
les avances de nos agriculteurs & de nos manufacturiers, elle paye les étrangers qui fourniflent cerlains
articles des marchandifes, & elle donne aux propriétaires domiciliés en France, la rente de leurs proprietés territoriales en Amérique. Enfin, cette fomme
ialarie la feulé marine marchande que nous ayons
bien floriffante, & dans la proportion que nous verrons Nos ci-après. ventes diredtes aux nations étrangeres fur la
mafle en denrécs reçues annuellement de nosifles, fe
font élevées pour les quatre années de 1786 à 1789
inclufivementa 592 millions,ce qui donne pour lannée moyenne un debouché habituel de 148 millions.
Obfervons combien cette maile d'échanges avec
Pétranger efl précieule dans un moment où tant de
circonftances concourent à notre pénurie en matières
d'or &c d'argent. Si nous n'avions pas une femblable
mafle à livrer aux Européens, qui, abftraction faite
de nos befoins extraordinaires en grains &c autres fubfiftances, nousfourniflent annuellement pour environ
300 millions de marchandifes, il arriveroit que la
valeur de nos exportations en articles du fol & de
Pinduftrie de la France, ne s'élevant pas à plus de
200 millions, Pordre aétuel des échanges fubitement
anéanti, nous. appauvriroit de plus en plus, tant par
un écoulement continuel de notre numéraire, que
par la fuppreflion des branches de travail qu'alimente
le commerce des colonies.
Le commérce de la France avec fes colonies 2
occupe annuellement plus de 600 bâtimens, ,jaugeant:
au moins 200 mille tonneaux, qui font employés a
tranfporter: les marchandifes expédiées de France, &c
à rapporter lesi denrées d'Amérique.
19s 5n00
Voicii comment jévalue les bénefices du fret:lel
éraire, que
par la fuppreflion des branches de travail qu'alimente
le commerce des colonies.
Le commérce de la France avec fes colonies 2
occupe annuellement plus de 600 bâtimens, ,jaugeant:
au moins 200 mille tonneaux, qui font employés a
tranfporter: les marchandifes expédiées de France, &c
à rapporter lesi denrées d'Amérique.
19s 5n00
Voicii comment jévalue les bénefices du fret:lel --- Page 10 ---
(6)
du fret au départ de France eft évalué au
en temps de
à 60
plus
ES
ou 4oliv. argent de France paix
liv. argent des illes,
liv.font
par tonneau, or 200 mille
tonneauxà.4o
un premier bénéfice de..
8,000,000
Le fret d'arrivée des ifles en
eft au plus bas prix de 60 liv. argent France, de
France par tonneau, d'oà il fuit que 200
milletonneauxdemer à 60l liv., forment
un fecond bénéfice de
12,000,000
Ce n'eft pas tout; le cabotage de
port cnport duroyaume occupe environ
un million de tonneaux françois : le
commerce d' 'Amériquee employeaumoins
la moitié de ce tonnage, ce qui fait
milletonneaux qui au plus bas prix
liv.
AECO
de fret par tonneau du poids de
20001. donnent encore un bénéfice de 5,000,000
TOTAL 25,000,000
Non feulement la fciflion de nos colonies anéantiroit ce profit, mais ce malheur laifferoit encore
fans moyens de fubliftance plus de 20 mille matelots
agens principaux de la force publique maritime. Nous
ferions aufli privés de tout efpoir de fonder
un commerce dire@ dansle nord, objet de nos jamais voeux
depuis des fiècles.
Nous pourrions de même rénoncer à toute
mulgation raifonnable d'un adte de
pro- car
nous aurions perdu 2 dans la vente navigation; exclufive aux
cond étrangers des denrées des Ifles, le moyen le plus féd'entretenir l'adtivité des tranfports
par le voiturage d'articles de commerce maritimes, d'an très-
efpoir de fonder
un commerce dire@ dansle nord, objet de nos jamais voeux
depuis des fiècles.
Nous pourrions de même rénoncer à toute
mulgation raifonnable d'un adte de
pro- car
nous aurions perdu 2 dans la vente navigation; exclufive aux
cond étrangers des denrées des Ifles, le moyen le plus féd'entretenir l'adtivité des tranfports
par le voiturage d'articles de commerce maritimes, d'an très- --- Page 11 ---
(7)
grand encombrement 2 genre d'induftrie qui excite
Pambition des Hollandois, des Hambourgeois, & de
quelques autres peuples du Nord.
Enfin une dernière confidération, c'eft Pimpoflibilité dans laquelle fe trouveroit la France de
une fomme de contribution fuffifante pour les payer frais
de gouvernement & l'intérêt de la delte publique,
après qu'on aura fouftrait de la fortune de FEtat
cinq cent millions de valeurs qui circulent par le traYailqu'occafionnent nos colonies; & après qu'on aura
dépouillé toutes les claffes qui fe meuvent dans cet
immenfe laboratoire, des moyens de fournir annuellement leur tribut pour l'entretien du corps politique.
Par le tableau que je viens de mettre fous vos
yeux, & dont l'exaétitude eft juftifiée par l'excellent
ouvrage de M. Arnould, fur les relations commerciales extérieures de la France avec toutes les parties du globe, & par la balance de notre commerce
avec Tétranger en 1789, 2 qui vous a été préfentée
par M. Goudard, d'une manière f nette & G claire, a
qu'elle lui a mérité VOS juftes applaudiffemens; par
ce tableau,je crois avoir démontré que Pintérêt du
négociant eftfintimement lié à celui delEtat,9 que ces
intérêts font indivifibles.
Cette vérité inconteftable doit vous faire encore
mieux fentir, Mefflieurs 2 que plus on vous peint les
commerçans avides de bénéfices, 2 dirigés par le feul
intérêt, plus vous devez être frappés de leurs
fantes réclamations.
prefTout le monde fait, & Pexpérience nous l'a appris, que
profpérer, il faut au commerce, paix,
liberté, VEPOEE & protedion; que le trouble &la guerre
le découragent & finiffent par l'anéantir.
En laiflant aux affemblées colloniales la faculté de
peint les
commerçans avides de bénéfices, 2 dirigés par le feul
intérêt, plus vous devez être frappés de leurs
fantes réclamations.
prefTout le monde fait, & Pexpérience nous l'a appris, que
profpérer, il faut au commerce, paix,
liberté, VEPOEE & protedion; que le trouble &la guerre
le découragent & finiffent par l'anéantir.
En laiflant aux affemblées colloniales la faculté de --- Page 12 ---
(8)
faire les lois concernant l'état des perfonnes non-libres, & l'état politique des hommes de couleur &
négres libres, vous préviendrez les plus
malheurs 3 vous donnerez aux colons,
éclairés
par les lumières
la
Brea
que
révolution a répandues, les
moyens de fe rapprocher des gens de couleur; & en
attendant que l'opinion amène infenfiblement &
fans fecouffe 2 Pexécution de VOS principes 2 vous 2
maintiendrez Pharmonie & la paix fi nécellaires dans
tous les temps 2 & fur-tout dans notre pofition
aQuelle.
a
Il ne fuffit pas, Mellieurs, d'être jufte, il faut encore, Pêtre avec prudence. La véritable juftice ne
dédaigne point les tempéramens ; elle fait
fi pour opérer avec fruit, elle a befoin du fecours attendre, du
temps: & elle croiroit avoir manqué fon but, fi en
failant le bien, elle n'avoit pas évité tout le mal
étoit en fon pouvoir d'écarter.
qu'il
D'après ces confidérations, - 2 je conclus à l'admiffion du projet de décret préfenté par les comités réunis; & vu fon importance, & comme on vient de
parler de refponfabilité, & que les hommes de bonne
foi ne la redoutent pas,je demande
n'aille aux
voix que par appel nominal, afin que qu'on la nation connoille ceux qui font attachés à la profpérité publique.
S A ATIW
A PARIS, DE L'I MPRIMERIE NATIONALE. --- Page 13 ---
RAPPORT
FAIT
A LASSEMBLÉE NATIONALE,
A U N O M D U C 0 M I T É
D'AGRICULTURE ET DE COMMERCE,
Sur les droits à impoferfitr les denrées coloniales,
Par M. RoyssILLOU, député de Touloufe.
IMPRIMÉ PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
M ESSIEURS,
UNE fociété quife conftitue a deux objets principaux
àconfidérer, fon organfaitionintédenre & fes rapports
avec les fociétés étrangères: il ne fuffit pas qu'elle foit
bien ordonnée en elle-même, il faut encore qu'elle
A --- Page 14 --- --- Page 15 ---
:
LuSId
V.3
- - - A a a --- Page 16 ---
35 -