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Jabr Carter Brolun
Litary
Bmmt Anibersityr
2 Air --- Page 3 --- --- Page 4 ---
dMr --- Page 5 ---
OPINIO N.
DE
M.
L'ABBÉ
MAURY,
DÉPUTÉ D E PICARDIE,
SUR le droit D'INITLATIVE que réclament les
affembléees coloniales pour toutes lés loix relatives à l'état des perfonnes dans les colonies ;
& fur l'admifibilité des HOMMES DE COULEUR aux droits de citoyen aëtif, Ou aux
emplois publics ;
Prononcée dans l'Affemblée Nationale, le vendredi
I3 mars 1791:
ISPRIMÉE PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE.
A PARIS,
DE LIMPRIMERIE NATIONALE,
179 1. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
Colons 161
OPINIO N
DE
M. L'ABBE
M A7 URY,
DÉPUTÉ DE PICARDIE,
SUR le droit D'INITIATIVE que réclament les
affemblées coloniales pour toutes les loix relazives d l'état des perfonnes dans les colonies
Gfir l'adomiffitilicé des HOMMES DE COULEUR aux droits de citoyen ailif, Ou aux
emplois publics;
Prononcée dans l'Affemblée Nationale, le vendredi
I3 mai 1791.
MESSIEURS,
PAI fouvent regretté, je Pavoue, durant le
cours de cette difcuflion, que
PAffemblée na 1
tionale, occupée d'une matière infiniment dé.
licate, & qui devient bien plus difficile encore
A --- Page 8 ---
>
a
(2)"
fefit pas conformée
par les circonflarces,ne de haute fagelie,
aujourdlui à un exemple
hiftoire.
qu'elle auroit trouvé dans fa propre
ner peut avoir oublic,
Nul de voush, Meficurs,
Pannée dernière, pluficurs de nos collègues,
que
fans doute par des motifs très-refpecanimés voulurent traduire à cette tribune la
tables, &cterible queftion de Pefclavage légal
grande
culivent nos colonies.Les Codes nègres qui amxpiaipnmmmaider
lomsperdeséertsn Tortela nation, aitentive
auffitét leur terreur.
entendre difàunfi grandintérêt, fc difpoloita
la
qui alloit mettre aux prifes
cuter un problème
,8 les réolamations
morale avec la politique droits de la liberté. Les
du patitotifme avccles d'afironter tous les danorateurs étoients prêts
étoit environnées ils
gers dont.cette-queflion fut placée à Pordre
avoient déja obtenu qu'elle Les combattants
dujour.1 Lalice étoit ouverte.
plus
avoient oublié la nation, & re voyoient
de votré marine &de votre comdanslaruine la conquôte de leur propre gloire.
merce, que
cula difcuflion alloitg'ouvir,
Mais au momert
Gilence, en décrétant,
votre fagelle leur impofa
unaSA
avec Facclamation. la plus
soriakreoun, ici.nicelilaire queléloquence con
nime, cette vainement à la raifon.
teftoit
toit ouverte.
plus
avoient oublié la nation, & re voyoient
de votré marine &de votre comdanslaruine la conquôte de leur propre gloire.
merce, que
cula difcuflion alloitg'ouvir,
Mais au momert
Gilence, en décrétant,
votre fagelle leur impofa
unaSA
avec Facclamation. la plus
soriakreoun, ici.nicelilaire queléloquence con
nime, cette vainement à la raifon.
teftoit --- Page 9 ---
(3)
Cette mefure de prudence fut applaudie
dans tout le Royaume, & j'ofe ajouter dans
TEurope entière. Il auroit été digne de vous,
de Padopter dans cette circonflance: Les débats aétuels vous ramèneront, tôt ou tard,
vers cette même queflion que vous' aviezyoulu
fagement étouffer dès fon origine. La difcuf.
fion qui vous occupe dans ce moment, n'eft
d'ailleurs ni moins émbarraffante ni moins difficile. Aux efforts quel'on fait pour Pobfcurcir,
ou pour la rendre problématique, vous pouvez
juger aifément , gue let talent des orateurs s'accommode infiniment mieux de' la hardieffe que
de la fagefle des opinions. Les.grands effets
de Pélcquence appartiennent en effct néceffairément aux hommes pattonndiyail/irpaemt
iei- de la caufe apparente de Phumanité, & ne
nous laiflent que les humbles & Roldeprinc'pes
de la.fageffe & du bon fens. Toutes les fois
de fi grands intérêts font agités folemnellement que
dans C une affemblée nombreufe, our tous les
auditeurs jugent "avec leur coeur 2 bien plus
qu'avec leur raifon,ce n'eft plus la vérité
Pon cherche, c'eft la victoire. On ne tre
que
avec
défend
avantage une opinion exadte:mais
:
rigou'
reufe, que tête à tête avec fon ami. Des gie
A2 --- Page 10 ---
1e
(4) fur-tout dès que les té-
&
les interlocuteurs,
des fophiftes adroits
moins fe multiplient 2
par des
cherchent à entraîner les fpedateurs, la muloratoires, ou à éblouir
mouvements raifonnements métaphyfiques;
titude par des
neles comadmire d'autant plus,qu'elle
qu'elle
La foule des auditeurs ne fçait
prend pas.
adopte fucbientôt plus quel parti prendreselle
conl'univerlalité des principes
cellivement
entend;
tradigtoires de tousles orateurs qu'elle
Pon
attefte tous les jours, que
& Texpérience meilleure caufe 2 en la difcompromet la
avant de Pavoir
cutant, 5 au lieu de la décider, tousles fophif;
ainfi dire confrontée avec
pour
de parti," d'une abftraite philomes de lefprit
fenfibilité.
fophie, & fur- tout d'une hypocrite écouté avec beauPour moi, Melfeurs,Jai fans aucune elpèce d'incoup d'attention, 2 & les orateurs qui ont parlé
térêt perfonnel, tous de décret; & je me perpourd & contre le projet d'abord un reproche, que
mettrai de leur faire
mériter également.
les deux partis me femblent. attaquer, les auLes uns fe font cachés pour
Vous avez.
tres fe font cachés pour fe défendre. les préopicomme moi, que
dû remarquer, 2
de part & d'autre, dans un
nants s'étoient mis,.
attention, 2 & les orateurs qui ont parlé
térêt perfonnel, tous de décret; & je me perpourd & contre le projet d'abord un reproche, que
mettrai de leur faire
mériter également.
les deux partis me femblent. attaquer, les auLes uns fe font cachés pour
Vous avez.
tres fe font cachés pour fe défendre. les préopicomme moi, que
dû remarquer, 2
de part & d'autre, dans un
nants s'étoient mis,. --- Page 11 ---
(5)
très-grand embarras, parce qu'ils fembloient
s'être tacitement promis de ne pas nous dire
tout ce qu'ils penfoient. Il n'auroit, fallu pour
réunir tous lesbons elprits, que s'impofer la loi
de s'expliquer avec franchife. On ne l'a point
fait; & j'en fçais bien la raifon. On fe gardoit
mutuellement le fecret: on vouloit fe diffimuler
le terme caché où Pon fe propofoit d'aboutir,
Je vais donc lever le voile qui couvre tous ces
petits myftères de l'efprit de parti;je vais dire
toutce que l'on a voulu déguifer à PAffemblée;
enfinje vais traiter cette queftion, que l'on n'a
difcutée jufqu'à préfent que pour Ia déplacer,
en cherchant le point de décifion où l'on fçavoit très-bien qu'il n'étoit pas; ; je vais, dis-je,
la traiter avec toute Ia franchife de Pimpartialité,
& avec tous les ménagements de la plus inaltérable modération.
On nous parle ici de circonflances particulières qu'on ne développe point; & on a
grand foin de nous étaler de beaux fyftêmes,
d'oàl l'on femble exclure toutes les conféquences relatives à la liberté des noirs. Les partifans
des hommes de couleur veulent ainfi nous acheminer infenfiblement vers cette grande patente
nationale qu'ils tiennent fufpendue fur tous les
A3 --- Page 12 ---
-
(6)
bientôt dans
ateliers des nègres,pourp proclamer
monde le règne de la liberté, qu'ils
le nouveau
furtoute Pétendue de Femafpirent à propager Taffranchiflement des efclapire françois. Ceft cctintérêt fivéhément qu'ils
ves qui leuri infpire
Les orateurs oppofés
prennent aux mulâtres. imité, à leur tour, la marà cette opinion ont
ont craint
che tortueufe de leurs adverfairessils
d'aborder de front la queftion de Pefclavages
en
ils ont voulu la faire premgeringlicienene formel, mais
leur faveur, non par un décret induétions éloides préambules, par des
par
indireaes,par
gnées, par. des conféquences
les
& en repoullant
des décifions préparatoires;
des droits
hommes de couleur de Fexercice exhérédation
politiques, ils ont cru que cette
vous
feroit un obflacle de plus, qui
préalable
d'atteindre les efclavés pour brifer
empécheroit
en ne
leurs fers. Ceft ainfi qu'en tergiverlant, difimulant
follicitant qu'une loi provifoire, en d'affronter le
fes moyens & fes vues, de peur
où
danger, on fe met dans un pofte périlleux;
Ton devient très-facile à vaincre.
Laifions la les nègres, & ne confondons pas
abfolument difparates. Je n'ignore
deux caufes
colons odieux, onnous
paguepourmndielas
ers. Ceft ainfi qu'en tergiverlant, difimulant
follicitant qu'une loi provifoire, en d'affronter le
fes moyens & fes vues, de peur
où
danger, on fe met dans un pofte périlleux;
Ton devient très-facile à vaincre.
Laifions la les nègres, & ne confondons pas
abfolument difparates. Je n'ignore
deux caufes
colons odieux, onnous
paguepourmndielas --- Page 13 ---
(7)
- les repréfente fans ceffe les chaines à la main,
& environnés d'une multtude d'efclaves, qu'ils
gouvernent avec un fceptre de fer. Toutes ces
déclamations doivent difparoitre devant le
priscipe lumineux de mon cloquent ami
M. d'Efprémenil : Cef Z3, loi qui fcit les
eflives, & ce font les feuls coloas frangois quiaf
franchigent les negres dans 1:0s colonies. Ilne faut
donc plus voirici dans Ics hommes de coulcur,
que des affaniclis qui doivent la liberté à ces
mêmcs colons, qu'on nous dénonce comme
leurs ennemis 8t comme leurs (yrans.
En finiplifiant ainfi la queflion que nous
traitons, il me femble que fans mettreàlécart
les droits de Phumanité, qu'il faut toujoursrefpefter, nous pouvons placer avec confiancel la
juflice, le patriotifine êcla poltique,entre nous
&les paitifans des hommes de couleur.
Pofons d'abord pour principe fondamental,
dans cctle dilibération, que dans tous les
gouvernements anciens O1 modernes, 1 fagement organifés, la loi adifingué les efclaves,
les affranchis,les hommes libres& les citoyens.
Tous CCS intervalles politiques font fortement
marqués dans la 1igi0 tion, Bc nous trouvons
par-tout des clailas intérmédiaires entre PefclaA4 --- Page 14 ---
-
(8)
& le droit de cité. Je foutiens donc que le
vage
nécefdroit de cité n'eft pas une conféquence de coufaire de la liberté; & que les hommes
ne doivent Pobtenir, qu'à
leur de nos colonies d'etre mûrement & prodes conditions digues TAffemblée nationale.
fondément difcutées couleur par
font libres & proLes hommes de
grâces à la gépriétaires dans nos colonies,
nérofité de nos concitoyens colons, 2 auxquels
depuis deux ou trois générations,
ils doivent,
Ils nousdemanleurl liberté &. leurs proptiétés. les admette à
dent aujourd'lui une loi qui
Pexercice des droits politiques,.c c'eft-à-dire au
de citoyen actif, en lcs appelant aux
rang
éleétorales ou coloniales,
affemblées primaires,
fonétions judiaux places municipales 2 aux militaires dans le
ciaires, & enfin aux grades
colonies.
commandement des troupes de nos
Voilà le véritable état de la queftion: voilà
ifolé de droit public que nous devons
le point
examiner dans cette tribune.
libres
J'obferverai d'abord que les nègres
plus intéreffants à mes yeux,
font beaucoup
hommes libres de couleur.
quel les mulâtres, ou homme qui ia mérité perUni nègre libre eft un
fon
fonnellenient par fa bonne conduite, par
aux grades
colonies.
commandement des troupes de nos
Voilà le véritable état de la queftion: voilà
ifolé de droit public que nous devons
le point
examiner dans cette tribune.
libres
J'obferverai d'abord que les nègres
plus intéreffants à mes yeux,
font beaucoup
hommes libres de couleur.
quel les mulâtres, ou homme qui ia mérité perUni nègre libre eft un
fon
fonnellenient par fa bonne conduite, par --- Page 15 ---
(9)
travail, par les fervices qu'ila rendus à fon maitre,d'obtenir de fa reconnoiffance T'inappréciablei liend@andelofiancifament Leshommes de
couleur, au contraire 2 font tous, ou prefque
tous les fruits honteux du libertinage de leurs
maitres; &je demande,qu'en délibérant ici fur
leurs prétentions, nous les réduifions du moins
à la claffe trés-peu nombreufe des mulâtres
qui peuvent prouver légalement leur affranchiffement, & qui font nés en légitime mariage
d'un père & d'une mère libre. Il feroit trop
abfurde, en effet, de donner aujourdhuipour
rivaux & peut-être pour fupérieurs à nOS COlons; des hommes de couleur qui ne jouiffent
que d'un afranchiffement tacite, fans en avoir
obtenu aucune reconnoilfance légale, dans,un
pays oû,en vertu de VOS propres loix. 2 l'efclavage eft le droit relativement aux hommes
noirs, & où la liberté doit être regardée comme
l'exception. II feroit trop abfurde, que des nègres marons qui ont déferté de l'une de VOS
colonies, pour fe tranfplanter dans une autre, 2
&c qui n'y jouiffent de la liberté, que parce qu'il
ne fe préfente aucun maître pour les réclamer,
fuffent aflimilés politiquement aux François
établis dans nos pofleffions anéricaines. Il fe- --- Page 16 ---
- IO )
abfurde enfin, quie des légillateurs ,
roit trop
convaincus dela dtikidtaateurem
accordaffent la plus immorale propubliques,
déja malheureufement
tedtion au concubinage,
G commun aux Antilles.
préli
avoir pofé tous ces principes
Après
avec con
minaires & fondamentaux,Tavance eft indécent
fiance dans cette tribune 2 qu'il
avez
remettre en queflion ce que vous
d'y décrété,le 8 mars, & le 12 o8obre derdéja
déclaré que votre confitution
nier. Vous avez
colonies; que vous leur
étoitinapplicable à VOS
Vinitiative en matière de légiflation;
accordiez
flatueriez jamais rien furlétat des
& que vousne
que fur le voeu
perfonnes dans lcs colonics,
coloniales.
préalable & formel des affemblées elles font
Ccs affemblées coloniales exiftent :
confituées: elles font reconnues
légalement
de véritables corps reprépar vous, comme
jadjure Thopneur
fentatifs Or, Meffieurs ,
Affemblée. Quand on a fait une prode cette
eft écrite, quand
meffe, quand cette promelie
disjefquand
elle cft confignée dansune loi:que la difcute plus,
elle efl devenue une loi, on ne
plus,on
on nel'élude
on ne Vinterprète plus,
J'exécute.
ituées: elles font reconnues
légalement
de véritables corps reprépar vous, comme
jadjure Thopneur
fentatifs Or, Meffieurs ,
Affemblée. Quand on a fait une prode cette
eft écrite, quand
meffe, quand cette promelie
disjefquand
elle cft confignée dansune loi:que la difcute plus,
elle efl devenue une loi, on ne
plus,on
on nel'élude
on ne Vinterprète plus,
J'exécute. --- Page 17 ---
(II )
: C'eft cette exécution littérale de
meffès que réclament
VOS procomités réunis. Vous aujourd'hui nos quatre
devez donc
fans héfiter, le projet de décret
adopter >
fentent;
qu'ils vous prémoudeeskpetaitiomeg
articles additionnels, afin de
parquelques
vaine & illufoire la volonté ne pas rendre
avez manifeftée,
ferme que vous
d'appeler
mais
avec
riuccefivement,
prudence 2 tous les François aux droits
que leur affàre la conflitution. En
ici les droits de
interrogeant
loix
thomme, qui ne fon pas des
pofitives, mais de fimples principes de 1égiflation, dont on ne devroit jamais
France que dans cette
parler en
lintérêt
Alemblée, il faut placer
couleur national entre YoUS & les gers de
qu'on recommande à votre
Les principes abfraits ne
humanité.
peuvent avoir ici une
application, &c encore moins une
lue. Nous ne fommes
rigueur abfopas des
nous ne foutenons
jurileonfultes; 5
pas une thèfe : nous n'argumentons pas dans une écoles enfn
plaidons pas fur un point de
nous ne
tons un grand intérét
droit : nous difcufoin doit donc
national ! Notre premier
être de pofer rle
le principe confervateur de
principe facré,
dans les
toute fociété, que
gouvernementsles plus libres de la --- Page 18 ---
-
(12) )
terre, le droit de liberté eft abfolument féparé
du droit de cité. Le droit de liberté eft une
du droit naturel: le droit de cité eft
émanation
délégation du corps
au contraire une fimple
focial.
-
qui
Voilà, Meffieurs Pasiomeinconetable
diéter
votre décifion.Au
doit vous
aujourd'hui
d'uné
lieu de nous envelopper ici des nuages
fortons à préfent de
obfcure métaphyfique,
enceinte. Allons parcourir les gouvernecette
libres de Punivers; & voyons à
ments les plus
d'allumer devant
la clarté du fanal que je viens
de droit public que j'invovous 2 file principe
fon applicaque avec tant d'affàrance, a reçu
chez les différents peuples qui nous ont
tion
utiles
& de fi grands exemdonné de G
leçons,
oà ils nous ont
ples dans la carrière de laliberté,
avec autant de fngeffe que de gloire.
précédés
où
Qu'a-t-on fait d'abord en Angleterre s
des
& oûlon refpeête auffi,je
l'on a
colonies, hommes ? Les colonies
crois 2 les droits des
Saint-Chrifangloifes, au vent ou fous le vent,
Antigue, la Jamaique,, n'ont pas même
tophe,
délibération. Connoitété citées dans cette
folidement
on dans les iles du peuple le plus
des hommes de couleur
libre de FEurope,
édés
où
Qu'a-t-on fait d'abord en Angleterre s
des
& oûlon refpeête auffi,je
l'on a
colonies, hommes ? Les colonies
crois 2 les droits des
Saint-Chrifangloifes, au vent ou fous le vent,
Antigue, la Jamaique,, n'ont pas même
tophe,
délibération. Connoitété citées dans cette
folidement
on dans les iles du peuple le plus
des hommes de couleur
libre de FEurope, --- Page 19 ---
(13 )
appelés à l'exercice des droits
privilége de citoyen adtif je dis politiques, au
car c'eft un privilége & non
au privilège,
Meflieurs, il n'y
pas un droit. Non,
hommes de
en. exifte aucun. Tous les
couleur qui vivent fous la domination de la Grande-Bretagne, font
exclus des prérogatives
pleinement
leur faveur. Ces hommes quel'on réclame ici en
lonies
de couleur des COangloifes, fatisfaits de leur
bornés à leur
liberté, &c
indufitie,affitrés de la
commune de la loi, affirés fur-tout protedion
les foumettra jamais à aucune
qu'on ne
décrétée
loiqui n'ait été
pour Puniverfalité des colons,
rent à aucune autorité civile, vivent n'alpidans leurf fage obfeurité,6 enrichiffent heureux
ment leur patrie en s'enrichiffant
paifibleQuel eft Pufage
l'on
eux -mêmes.
que
a fuivi chez
autre nation plus
une
long
neuve, qui, en fortant de fon
donné affoupiffement politique, femble avoir
au genre humain Péveil de la
Dans PAmérique"
liberté?
dans la Caroline & feptentrionale dans la
2 & fur-tout
un très-grand nombre de Virginie, 2 On compte
cultivateurs
taire, qui font auffi des hommes libres propris- de
léur. Les droits de l'humanité
couexaminés avec la plus
viennent d'être
fcrupuleufe rigueur 7 --- Page 20 ---
(1 14)
dans ces' états de PAmériqué, où les peuples
fe font pa:tagés toutes les dépouitles de la tyrannie. Eh bien! dans ces heureufes contrées
où tous les préjugés fost tombés à la fois, les
hommes de couleur ont-ils été admis au rang
de citoyen adif,par ommincrAmntienaigu invenoient de conquérir fi gloreufementleuri le rédépendance ? Non, Meffieurs, non, je
ces hommes de coupête encore, , non aucunde
leur n'a été appeid à cette grande prérogative
nationale. On ne connoit ni dans le congrés,
des étatsni dans les affemblées particulières
dans
unis,ni dans les pflemlidessiedorales ,ni
dans les corps: srea
les affemblées primairesyni
à Parpréfentatils," ni dans les municipaltésl,nid
mée, ni dansles tribunaus, la nouvelle prétenfaveur(des
ticn qu'on élève parmi nouis,en
colon
hormes de couleur quifont nésii dans nos
nies; ecc'eft dans la républiquela plusrécente,
&lamiouxi sorgahifse de Punivers ; que desmucrus même cil
latresfer font çrus libressfe.font
fans être ehcore: admis sau paringerdes
toyens,
queda fociété a le droitide
droits politiquess:t cédantipas à un enthou:
modifier, quand, ne
telslontils
fialme gratokre's ellevasels:liomines
font,ison pats selsiquilsydesroient être,car
eft dans la républiquela plusrécente,
&lamiouxi sorgahifse de Punivers ; que desmucrus même cil
latresfer font çrus libressfe.font
fans être ehcore: admis sau paringerdes
toyens,
queda fociété a le droitide
droits politiquess:t cédantipas à un enthou:
modifier, quand, ne
telslontils
fialme gratokre's ellevasels:liomines
font,ison pats selsiquilsydesroient être,car --- Page 21 ---
ils n'exiftent ainfi nulle (15)
opprimer
partis enfin, quand fans
état à
perfoune, elle ne veut pas livrer un
une domination
: Sia après avoir obfervé dtrangère.
lez revenir en Europe, ,informez "Amériquevous voude ce qui fe paile en
vous d'abord
étrangers naturalifés
Angleterre. Tous les
Anglois, ou nés en Angleterre de parents étrangers, jouiffent-ils
cette ile fortunde de l'exercice
dans
desi droits
litigues ? non fans doute. Le fils d'un
ponaturalifs n'en a pas'meme la
homme
n'eft: que foul. petit. fils
la plénitude : ce
comme entièrement
que
loi regarde
qu'elle inveflit
incorporé à la nation, &
fans réferve de toutes les
rogatives des citoyens anglois.
préparfaitement traité cette
Blackstone a
queftion de droit
public, "au commencement du fecond
de fon commentaire fur les loix
volume
régnicole naturalifé
angloifes, Un
du
par desi lettres- patentes
bre roidAngleterre, du confeil
ne peutjamais : être memprivé, ni d'aucune des
chambres dul
deux
fice de
parlement, ni obtenir aticun ofrecevoir confiance civil ou militaire, ni même
aucun don de la
la naturalifationfe fait
couronne. Lorfque
Pade
par un ade
n'y efb jamais admis
daparlement,
Eis7
2 fns que ces ex- --- Page 22 ---
(16)
littéralement inférées. Les adclufions y foient
oferont-ils dénoncer
verfaires de mon opinion
& ces réferves de la légiflation
ces reftridions des attentats contre les droits
angloile 2 comme
enfin, que le
de Fhomme ? ou recorinoitront-ils
du droit
droit de liberté eft évidemment féparé
de
de cité ? Si pour achever de les convaincre
vérité qu'ils ont tant obfcurcie 9 ou
cette
depuis pluplutôt qu'ils ont tant méconnue,
il faut les accabler encore par
fieurs jours 2
de fait qui échappent à
d'autres vérités
il fera facile de
toutes leurs fubtiles arguties;
encore plus frappant,
leur citer un exemple
lon doit préndre,
des fages précautions que
fociale qu'un
graduer cette adoption
pour fage ne doit jamais prodiguer légérepeuple
On reçoit à Genêve
rement à des étrangers.
établir : ils
tous les émigrants qui veulent de s'y la loi, & on
font tous fous! la protedion
y
Îimplement des habitants; leurs enles appelle
des natifs, &
fants nés à Genève, Sappellent à la claffe des
pas encore
n'appartiennent font
les enfants de ces
bourgeois. Ce ne
que
troifième génatifs, qui devenus eitoyens,ala d'entrer dans le grand
nération, ont le droit
confeil commun de la République.
Voilà
migrants qui veulent de s'y la loi, & on
font tous fous! la protedion
y
Îimplement des habitants; leurs enles appelle
des natifs, &
fants nés à Genève, Sappellent à la claffe des
pas encore
n'appartiennent font
les enfants de ces
bourgeois. Ce ne
que
troifième génatifs, qui devenus eitoyens,ala d'entrer dans le grand
nération, ont le droit
confeil commun de la République.
Voilà --- Page 23 ---
(17)
Voilà, Meffieurs, des exemiples refpedtables,
voilà des maximes de gouvernement qui ont
été adoptées par des peuples que l'on n'aceufera fans doute. 2 ni d'être des eiclaves, ni d'être
des barbares. Voilà parquels deg césils ont élevé
au rang de citoyens altifs 2 les étrangers qui
ont voulu s'ailocier à leur gouvernement. Le
premier moment de Paggrégation d'un individu
à un corps politique, n'a jamais acquis à perfonne le droit de cité, dans aucun des
pays
que nous venons de parcourrir.
Appliquons maintenant ces principes à la
queftion du moment, Si nous nous tranfportons par la penfée dans nos colonies des Antilles, 2 avec la même impartialité, la même
modération d'efprit, le même defir d'affàrer le
bonheur de nos femblables, nous y trouve
rons des françois blancs, des nègres libres,
de nouveaux affranchis qu'on appelie mulâtres
ou hommes de couleur 2 & enfin des efclaves,
Dée, 2 Meflieurs, 2 avant de chercher à concilierdans notre décret, les intérêts des colons,
les intérêts des hommes de couleur, les intérêts de la métropole, enleur rendant juflice
à tous, 2 vous comprenez qu'il ne faut jamais
perdre de vue deux puiffantes confidérations
Op.de M.TabtéMaury) Jur le droit d'initiative. B --- Page 24 ---
(18 )
la décifion de PAfemblée
qui doivent préparer c'eft de nos colonies aménationale. D'abord fommes occupés. Ne porricaines', que nous
conftitutionnels : ils
tons pas là nos principes
à la popus
à Torganifation,
font inapplicables
inévitables sd'un pays
lation,. &c aux prohibitions
Fintérêt national,
où la terre condamnée, 2 par
font en
particulières 2 qui
à des produaions colonies une vafte manuquelqué forte de nos elle-mème d'efclavage.
fadture, 2 femble frappée Tera donc toujours eflenLe régime colonial
de la
tiellement différent du gouvemement
métropole.
affujettis à de legères impofiNos colons
qui fuffifent à peine aux dépenfes.locales,
tions
autre tribut direét à la France,
ne payent aucun
d'occident, c'elt-àque le droit du domaine
cent. , fur
contribution de cinq pour
dire une
du caffé, du coton, du cacao, 2
le prix du fucre 2
France. Nous nous 1
&C., qu'ils apportent en nous lesfoumetjons
ruinerions nous-mêmes ,fi
leurs marà des impôts plus confidérables; vendons à toute PEurope,
chandifes que nous foutenir la concurrence
ne pourroient plus
comles ventes des autres puillances
avec
lorfque nous en aurions augmenté
merçantes,
cinq pour
dire une
du caffé, du coton, du cacao, 2
le prix du fucre 2
France. Nous nous 1
&C., qu'ils apportent en nous lesfoumetjons
ruinerions nous-mêmes ,fi
leurs marà des impôts plus confidérables; vendons à toute PEurope,
chandifes que nous foutenir la concurrence
ne pourroient plus
comles ventes des autres puillances
avec
lorfque nous en aurions augmenté
merçantes, --- Page 25 ---
(19)
imprudemment le prix 2 par nos impofitions
fifcales. Leg grand-impôt national que nous
cevons denos colonies, confifte dans le double perpriviligeexclufifque
de
nousnounfommesreenve
les approvifionner par notre commerce, &
d'attirer toutes leurs produéions dans nos
Cette exportation de nos denrées, & cette ports. importation du produit de leurs cultures, valent
annuellement plus de deux cent
millions au Royaume.
cinquante
Si nous pouvions douter de Fimpoffibilité
d'appliquer à ces régions lointaines notre
d velle conflitution
noufrançoife, nous trouverions
dans la feule différence des climats,des raifons
fuffifantes pour nous prémunir contre cet en-,
thoufiafme
d'humanitésque 2 l'on veut nous
fenter ici comme le confeil de la
préNous allons examiner
raifon.
dire à nous-mémes,
2 devons-nous nous
les prétentions & les droits
politiques des habitants d'un pays cultivé
des efclaves ! Comment,
par
à
après avoir autorifé
regret cette violation de tous nos
conflitutionnels,
principes
pour conferver à la France le
rang politique dont elle jouit parmi les
fances de
puifPEurope : comment 7: après avoir
fermé les yeux, dans cette Aflemblée, fur
une
B2 --- Page 26 ---
(20)
fait à Thumanité : comment
fi grand outrage
pudeur, nous
oferions-nous, 2 avec quelque
de nos
ferupuleux dans la difpenfation
de
montrer
de ces droits
nouveaux droits politiques,
analyfe, ne
citoyen atif, qui, en dernière Quoi! ce feroit
peuvent fatter que Torgueil? où nous avons tcdans cette même contrée, la plus prompte inléré Pefclavage, que 2: par
indillinate-
:
conféquence 2 nous affimilerions de nos anciens conment, T'exiftence politique
hommes
citoyens françois, & de ces nouveaux hommes de
de couleur ? Et quels font donc ces demande cette S
couleur pour lefquels on nous
des
? Ce font les defeendants
émancipation efclaves, qui,par un mélange
maîtres & des
cette race intermécoupable, ont engendré & les noirs. Ils doivent
diaire entre les blancs mêmes hommes blancs
tous lewr liberté à ces
affranchis, & auxqui les ont généreufement avec toute la philoquels on nous propofe,
de les égaler
fophie des figures de rhétorique,
Il me
de nos çolonies.
dans Tadminiftration national qui " établiroit
femble que le décret
politique entre les
aujourd'hui cette égalité leurs anciens maitres. 2
hommes de couleur &
les blançs.
danger pour
feroit du plus grand
d
A:
wr liberté à ces
affranchis, & auxqui les ont généreufement avec toute la philoquels on nous propofe,
de les égaler
fophie des figures de rhétorique,
Il me
de nos çolonies.
dans Tadminiftration national qui " établiroit
femble que le décret
politique entre les
aujourd'hui cette égalité leurs anciens maitres. 2
hommes de couleur &
les blançs.
danger pour
feroit du plus grand
d
A: --- Page 27 ---
(2i)
Vous me demandez quel left ce danger? Hélasi
il eft bien facile de le découvrirs
cherche faris
$ quand On le
prévention; & avec le courage fi
raré de la bonne foi. Le danget d'établir fur
le. même niveati politique. les hommes de couleur & les hommes blancs, vient d'abord de
ce, .que la plupart de ces affranchis ont encore
leurs parerits; leurs oncles, leurs neveux, leurs
frèréss & peut-être leurs pères, dans les ateliers
de fefelavage. Une famille entière n'eft
affrarichie à-la-fois: Vos
jamais
tiflent, Mellieurs,
murmures m'avers
que vous n'appercevez
éncore la conféquiencé de mon
pas
- Eh! il s'agit bien ici de vanité!Certes raifonnement.
comme
je fçais
vous, qu'ûh homme n'a pas befoin de
faire desprénvèsp pour être citoyen; quandil
des impôts. Mais ma philofophie, à
paye eft
la philofophie de la
mois
fouffrez
légillation $ & la vôtrè 3
qu'on vous le dife, n'eft que l'exaltation d'une théorie que des hommès d'état dois
veht reléguet daris lés livress commé un mérs
veilleux idéal qu'il eft impoffible
aux gouvernements:
d'appliquer
Je reprends doncs & je développe un fais
fonnement qu'oni a mal deviné, un raifonnes
mént gue fnes improbatéurs ont cru réfuter
B3 --- Page 28 ---
(22) )
vi@orieufement, en répondant à leur propre
penfée; & non pas à la mienne.
P'obferve d'abord à P'Affemblée, qu'il eft fort
inutilede faire,dans cette tribune, de pathétiques
déclamations en faveur de Phumanité. Toutes
les fois, en effet, qu'il n'exifte manifeftement,
ni aucun projet, ni aucune plainte d'oppreffion,
à quoi tendent une fi perfide popularité ou
de fi miférables calomnies, fi ce n'eft à
plutôt les tribunes 2 en leur dénonçant les
tromper
colons comme autant de tyrans. , parce qu'ilsne
des hommes de couleur?
veulent pas dépendre
les muNon, perfonne ne veut ici opprimer
lâtres. Si quelqu'un en a formé le deflein, je
fans craindre d'être démenti, que
déclare,
J'examine loyaleje n'en fuis pas lei complice.
d'apmentyeilneferoit pasinfiniment dangereux
tous les mulâtres à Pexercice de ces droits
peler
finiroient par mettre nos colonies
politiques,qui leurs mains. On a beaucoup difcuté 9
entre
Affemblée, fur le nombre refpedif
dans cette
des hommes de couleur; & les
des blancs &
fe font livrés malpartifans de mon opinion
contefterle fait,
adroitement à des calculs;pour
mieux accabler
au lieu de s'en prévaloir, 2 pour
leurs advefaires. Je choifis donc, Meffieurs,
à Pexercice de ces droits
peler
finiroient par mettre nos colonies
politiques,qui leurs mains. On a beaucoup difcuté 9
entre
Affemblée, fur le nombre refpedif
dans cette
des hommes de couleur; & les
des blancs &
fe font livrés malpartifans de mon opinion
contefterle fait,
adroitement à des calculs;pour
mieux accabler
au lieu de s'en prévaloir, 2 pour
leurs advefaires. Je choifis donc, Meffieurs, --- Page 29 ---
(23.)
Phypothèfe la moins favorable, en
à la caufe que je défends. Je
apparence 2
hommes de couleur font
fuppofe que les
aux hommes blancs
fupérieurs en nombre
dans nos colonies; & en
prenant aéte de cet aveu
a ofé fe faire un
indiferet, 2 doht on
moyen, j'en conclus
ces hommes de couleur
que fi
attachent un
prix au defir de dominer; que fi la fantaifie grand
pouvoir militaire, municipal,
du
niftratif, eft devenu le luxe de judiciaire, leur
admila libertésj'en conclus,
amour pour
dis-je,
que ces hommes de couleur, invinciblement,
par le nombre dans
2 qui domineront
toutes les affemblées électives, dès que vous les aurez reconnus
actifs, feront
citoyens
inceffamment les maîtres de VOS
colonies, & qu'ils auront bientôt tous les
à leur merci. Je vais plus loin;
blancs
drois laiffer, dans
car je ne voudans vOS
cette caufe, 2 aucun nuage
efprits, aucun argument fans
Je fiuppofe
réplique.
d@pc, que les mulâtres ne foient
pas d'abord les plus nombreux dans les
blées coloniales. Il n'eft
aflemde cette cafte
aucun des individus
mélangée, qui, en fa gualité de
propriétaire, n'ait la faculté d'affranchir
parent efclave. Il fe formera donc
fon
coalition de domination
bientôt une
entre les hommes de
B. 4 --- Page 30 ---
(24)
eouleurs & à moins qu'ils ne foienti indifférents
à ce titre de citoyen actif, & qu'ils n'y attabeaticoup moinis d'importânce que leurs
chént défenfeurs; il eft facile de prévoir qu'apropres
d'une ânhée 2 ces hommes de
vant l'expiration
dans toutes les
couleur formeront la pluralité
éle@orales & coloniales:
affemblées primaires,
ils deJufqu'à préfent ils h'ont fçà qu'obéir: dé -
viendront des tyrans; & vous n'aurez que
en cherchant à j'anéantir:
placé le defpotilme,
ferecruter ainfi;
Les biancs ne peuvent jamais
T'inévitable
en nombre fuffifant, pour balancer
Ceux-ci
des hommes de couleur.
multiplication les rois de nos colonies, le jour
deviendront
comtme les blancs, dans les
qu'ils entreront 3
& dès que vous en aurez
aflemblées coloniales;
ilsle
Tait des citoyens adtifs, ils challerontsqmand françois. Je ne
voudront, tous nos concitoyens puiffe être doucrois pas que cettet conféquence raiforinable. Je deteufe; pour aucun efprit
de la namânde maintenant aux repréfentants d'expofer
tion, s'il eft fage, s'il eft patriotique
mal-
& la France à de fi grands
les François
fans douté, de fe montrer
heurs. Il eft beau,
malheuf, malheur au
humain & généreux; mais
en décrés
peuple qui [e livre a Penthoufialme 5
être doucrois pas que cettet conféquence raiforinable. Je deteufe; pour aucun efprit
de la namânde maintenant aux repréfentants d'expofer
tion, s'il eft fage, s'il eft patriotique
mal-
& la France à de fi grands
les François
fans douté, de fe montrer
heurs. Il eft beau,
malheuf, malheur au
humain & généreux; mais
en décrés
peuple qui [e livre a Penthoufialme 5 --- Page 31 ---
(29
tant des loix; qui, dans l'affemblée de fes
légillateurs, dédaigne les confeils vénérables
la raifon, & ne fçait applaudir
de
de théâtre !
qu'à des coups
Tous les hommes del couleur ont été des
elclaves, qui font devenus des affranchis,
leurs maitres leur Ont légué la liberté. giand
affranchi n'eft
Mais un
nouvelle
pas encore alfez âmalgamd à la
nation dont il devient membie,
àvoirle droit d'infuer fur le
peur
de participer à la
gouverneinent, &
puiffance publique. Ce
ne lui appartient
droit
f'attache à
pas fur-teut,lorfqie fa tribu
une claffe
dhommesinfinimentr hombreufe, à une clafie
n'a fait
rivaie, 9 à une claffe qui
que changer de maîtres, en
dans
nos coloniès, à une claffe enfin paffant
pas opprimer, fans
qu'il ne faut
doute, mais qui né doit
cependant pas être favorifée, au
dc ces mêmes hommes
préjudice
d'abord,
blancs, dont elle étoit
par vOS loix, la propriété. Ce feroit
manifeftement une fouveraine
d'aller en ce genre au-delà des imprudence, que
tedions & voilà,
devoirs de prode la difficulté Mellieurs, le véritable noeud
dans
qu'on n'a pas encore ofé aborder
cette tribune.
On nous a menacés plufieurs fois,
durant le --- Page 32 ---
(26 )
ficeft avec
cours de cette difcuffion, 9 Tignore de nos Cofondement, de la iciffion prochaine
lonies. On nous a dit,que les colons épouvantés de fe voir bientôt fous la dépéndance
iroient folliciter une
des hommes de couleur,
domination étrangère, 2 & que TAngleterre,qui
plus qu'on ne penfe fur cgtte
infue peut-être
à leur ouvrir lés bras.
délibération, 2 étoit prête
jaJ'aime à efpérer que la France n'éprouvera fcmalheur, un malheur quila
mmais un fi grand
du fecond
roit defcendre au rang des puiffances
fi vous
Meffieurs les novateurs,
ordre. Oui,
de deux cents milperdiez annuellement plus colonies; fi vous
lions que vous tirez de vOS
- pour
de commerce,
EStEr
compenfer VOS traités défaftreux
chaque année,près de quatre-vingt
pour payer,
viagères que. vous devez aux
millions de rentes
; fi : vOs
en vertu de VOS emprunts
étrangers, 2
de Nantes, de Bordeaux,
négociants du Hâvre,
la perte
écrafés tout-à-coup par
de Marfeille,
millions que VOS COde plus de quatre cents
fe voyoient
Ions doivent au commerce françois,
eux-mémesàt une banqueroute
ainfi condamnés
n'aviez plus le commerce
univerfelle; fi vous
alimenter VOS maexclufifde VOS colonies, ,pour
M
w
VOS emprunts
étrangers, 2
de Nantes, de Bordeaux,
négociants du Hâvre,
la perte
écrafés tout-à-coup par
de Marfeille,
millions que VOS COde plus de quatre cents
fe voyoient
Ions doivent au commerce françois,
eux-mémesàt une banqueroute
ainfi condamnés
n'aviez plus le commerce
univerfelle; fi vous
alimenter VOS maexclufifde VOS colonies, ,pour
M
w --- Page 33 ---
(27) )
nufadures, pour conferver votre
entretenir P'aétivité de votre
marine, pour
acquitter VOs
agriculture, pour
échanges,pour fubvenir à voS befoins de luxe, pour tenir à votre avantage la
balance de votre commerce avec PEurope &
PAfie, je le dis hautement : je le dis à- VOS
économiftes, déja, convaincus de tant d'autres
héréfiespolitiques, ,le Royaume feroit perdu fans
retour ! Oui, Mellieurs;le Royaume' feroit iné:
vitablement perdu; vous auriez opéré vousmêmes la fciflion de VOS colonies, non
faute des blancs avides à fe rallier 2 à par la
tre nation moins ferupuleufe,
une au-
& plus fagement
protedtrice de leurs droits, mais,
3 j'ofe le dire,
par-la feule faute de la loi indifcrète
l'on
vous propofe de décréter. Si vous appeliez que
effet foudainement tous leshommes'de
en
couleur
aux priviléges de citoyen adtif; fi vous les précipitiez brufquement & fans "gradation, dans
l'exercice d'un pouvoir fi nouveau
vous forceriez tous les blancs à
pour eux,
s'expatrier. Le
féjour de VOS colonies leur deviendroit intolérable 2 dès qu'ils fe verroient fous le
de
leurs anciens efclaves, Pour fe
joug
garantir de cet
empire combiné & toujours croillint,
laifleroit plus à Pimagination
qui ne
elle-méme aucun --- Page 34 ---
(28) lesl blancs & les efclaves. ,les
intermédiaire entre
de vendre leurs plantablancs feroient obligés
encore les acheter:
tions,flourefoise on daignoit
onl les
mieuxles expulfer, on les vexeroit,
Pour
& les hommes de couleuf
humilieroit fans celle;
ambition,
vidimes à leur tour de leur aveugle leurs propas long-tems
ne conferveroient mêmes amis des noirs, qui
priétés contre ces
leur émancipanous demandent aujourdhui
de Yaffranle prélude
tion politique,comme des efelaves.
chiffement général
Meffeurs,on s'attaché
Je ne fçais pourqwoi, dans cette Affemblée
à fufciter tant de défaveur
veut réduiré euxaux hommes blancs, quelon
honfervitude, pour le plus grand
mêmés en
Ces blancs que Toh cherneur de Phumanité!
font cependant lIes
che à vous rendre odieux, uniflent nos Covéritables, les feuls liens qui où VOS iles ne
lonies à la métropole. Le jour
par des
habitées & adminiftrées
feront plus
n'aura plus de colonies ;
blancs, la France
que d'une clalle
elles ne feront plus peuplées font pas, quoide nègres 8c de mulâtres quine françois, puiguils
qu'on en dife, de véritables
Ces infulaires,
même vû la France.
n'ont pas
eit la véritable patrie 5 moutdont PAfrique
iles ne
lonies à la métropole. Le jour
par des
habitées & adminiftrées
feront plus
n'aura plus de colonies ;
blancs, la France
que d'une clalle
elles ne feront plus peuplées font pas, quoide nègres 8c de mulâtres quine françois, puiguils
qu'on en dife, de véritables
Ces infulaires,
même vû la France.
n'ont pas
eit la véritable patrie 5 moutdont PAfrique --- Page 35 ---
(29) )
ront peut - être de faim dans le
fertile de
pays le plus
à
Punivers, en fe livrant à Fincurie,
limprévoyance, 2 à limpéritie, & à
rable pareffe de leur
lincules habitants de
candère; mais foit que
riffent de
ces heureufes contrées pémisère, foit qu'une
fine vienne s'en
puiffance voiemparer, il eft
tout homme quifçait calculer évident, pour
faut étudier le fort des
Pavenir; qu'ilnemenaces. ni
colonies 2 ni dans les
dans les prédidions
nos colons : il fautle voir à
finiftres de
tre délibération
l'avance dans nofervation ou leur prélente, parce que leur conféquence
perte éternelle fera la conrendre néceffaire du décret que vous allez
aujourd'hui.
Que les homhmes de couleur
donc citoyens adtifs dans
deviennent
nos
un certain tems,
colonies, 2 après
9 après un nombre déterminé de
générations ; qu'ils obtiennent ce
tional, à de fages
privilége natations & des réferves conditions, avec des limi
mité
fondées fur leur légitioriginelle, fur l'état de leur
& de
Jeur mère, fur les contributions père
feront foumis, fur la
auxquelles ils
proportion de leur
pulation, afin que leur influence
pojamais domine: dans les
ne puiffe
affemblées coloniales, --- Page 36 ---
(30) )
&
je Tapprouve, je le defire;
je le conçois, fera tenté de s'y oppofer. Mais 2
ne
perforine
t cette émancipation politique
Meffieurs 9 que foudain d'une loi nouvelle &
foit le bienfait
hommes
ont à peine
illimitée ; que des
foient qui revêtus inbrilé les fers de T'efclavage, 2
la
le même jour, de toute
puifdiftinaement, du droit de cité,fur leurs confance politique
anciens maitres, fur des
citoyens, fur leurs
fur cinquante
hommes dont ils font les rivaux,
inftant
mille François qu'ils pourroient à chaque
fe mettant à la tête d'une dr-:
exterminer, en
nègres leurs véritables
mée de fix cent mille
n'eft
là
le dire : ce
point
concitoyens 2 jole
françois puifune mefure que des légillateurs vous ne lifent jamais adopter. Non, non,
de
ainfi VOS frères colons au joug
vrerez pas
vois dans
leurs efclaves. On vous strompoit:jeles
hu-,
quand on abufoit de votre
ce moment,
aveugler votre patriotifine.Iln'y.
manité pour
Aufli malgré tous
aplus icic qu'une feule opinion.
excitercette difcuflion a paru
les orages que
dans cette Affemblée,,
depuis plufieurs jours
fentiment qui
j'ai toujours cru à l'antique du fond de tous les
s'échappe dans cet inftant
milieu des tranfcoeurs ; & je m'applaudis, au
A
,
quand on abufoit de votre
ce moment,
aveugler votre patriotifine.Iln'y.
manité pour
Aufli malgré tous
aplus icic qu'une feule opinion.
excitercette difcuflion a paru
les orages que
dans cette Affemblée,,
depuis plufieurs jours
fentiment qui
j'ai toujours cru à l'antique du fond de tous les
s'échappe dans cet inftant
milieu des tranfcoeurs ; & je m'applaudis, au
A --- Page 37 ---
(31) )
ports de votre fenfibilité, de n'avoir jamais
défefpéré du falut de la France!
Imaginez, Meffieurs 2 que la nation françoife met dans ce moment une balance entre
VOS mains. Dans l'un des ballins, je vois cinquante mille blancs : & dans l'autre j'apperçois
fept cent mille noirs ou hommes de couleur. Si vous ne vous hâtez de mettré du
côté des blancs les prérogatives de la puiffance politique, il n'y a pius d'équilibre.
Nos concitoyens américains font facrifiés.
Le mode d'oppreflion ne fera plus le même
dans nos Colonies; mais les oppreffeurs
deviendront
n'y
que plus terribles, 2 lor/que la
loi fe fera déclarée complice du plus fort. Eh !
quels reproches pourriez-vous craindre, lorfque vous fouvenant que la légiflation d'un
grand empire vous eft confiée, vous direz aux
colons, 2 vous direz à l'univers : je n'appelle
pas indiffinétement tous les hommes de cou+.
leur au rang des citoyens 2 parmi lefquéls le
peuple élira fes juges; maisje leur affûre à tous
dans les tribunaux une égale juftice : jc leur.
afsûre à tous la feule égalité qui IC foit point
une chimère, Tégalité devant la loi. Je ne les
appelle pas tous au commandement militaire'; --- Page 38 ---
(32),
de la
leur alfare à tous la protedion
mna S je
armée veillera
force publique ; la puilfance elle fera toujours prête
fans cefle à leurs pôtés: desfadfieux allez hardis
s'il exifte
alerdefindre,
d'un mulâtre 2 uniquepour troubler le repos nature aura mis quelques
ment parce que la
fur fon front. Je ne
çouches de couleur de plus
tous dansles
coipemanieipaxs
les admets pas
des municipalitcés légales 9
mais je r'ai inflitué Pobligation facrée de proqu'en leurimpofant
de la cité; & les pretous les habitans
laloi vient
léger magitrats du peuple, auxquels & tutélaire,
miers
cette autorité domellique
oublier
d'attribuer bientôt dépolés, s'ils pouvoien!
&
feroient
abhorre tautes les tyrannies, homque la nation d'autant plus de fecours aux moins
qu'elle doit
qu'elle leur a délégué adtif
mes de couleur, honorable de citoyen
de droits, Ce titre France elle-méme, & n'apnouveau dans la
Pourquoi ne
selt
à tous les François.
encore
partient pas reftreint plus févérement
feroit-il pas
dans la métropole?
dans les colonies que n'en doutez pas, MefA ces conditions,
de cou*
dette envers les hommes
fieurs, votre
acquittée. Permetezmoi,
leurferal afufifammenta
paniculisre,
aucune prévention
fans.
fans heurierici
droits, Ce titre France elle-méme, & n'apnouveau dans la
Pourquoi ne
selt
à tous les François.
encore
partient pas reftreint plus févérement
feroit-il pas
dans la métropole?
dans les colonies que n'en doutez pas, MefA ces conditions,
de cou*
dette envers les hommes
fieurs, votre
acquittée. Permetezmoi,
leurferal afufifammenta
paniculisre,
aucune prévention
fans.
fans heurierici --- Page 39 ---
(33)
fans éveiller des fouvenirs
l'heureufe harmonie de
qui troubleroient
ment
principes & de fenti2 que je crois voir régner dans ce
ment autour de moi;
mode vous
permettez moi, dis-je,
demander, par quelle incroyable imprudence On a ofé affimiler dans cette
les colonies au Royaume
tribune,
que la France venoit
2 en vous rappelant
dans fon
d'opérer une révolition
dre l'influence gouvernement, & qu'il falloit en étenJution ! Hélas left jufgu'aux Antilles ? Une révoce donc auffi une
que l'on veut commencer dans
révolution
Une révolution ! mais
VOS colonies ?
colonies
une révolution dans VOS
en feroit Tindépendance,
Tancantiffement. Une
c'eft-à-dire
changement de
révolution y feroit un
domination; elle feroit
tous les elclaves dans la
rentrer
berté, tous les hommes jouiflance de leur licice inoui,
de couleur dans l'exermais peu durable, de leurs droits
politiques ; &t tous les blancs, proferits
infurredion inévitable.
par cette
priétés, efclaves de 2 dépouillés de leurs proleurs efclaves,
plus à opter qu'entre
n'auroient
& la mort,
Témigration, la fervitude
Telles fontles
conféquences
tous ces principés
inévitables de
Op. de M.
philofophiques que l'on étale
tatiMauryfr le droit d'initiative, C --- Page 40 ---
(34)
humanité. Il en réfulte,
ici avec une fifaflucufe colonies n'avoient pas le
Meffieurs, que vOS
vous
cette aflemblée,8eque
droit devoterdans dû admettre leurs députés
n'auriez jamais
du continent franparmi les repréfentants colons ne fçavoient pas
çois, Les imprudents miniftériel étoit anéanti,pour
que le delpotifme
&. qu'ils comprometeux comme pour nous, qu'ils fe compromet
toient la nation, autant venant fiéger dans ce.
toient eux-mémes, en
fan@uairc. Quelle influence pouvoientlanscla- eftinapeffelfur notre confitution, qui
mer en
fur la fxation de nosimpicablealeurs régimnes
fur notre.
pêts, auxquels ils ne font pasaffujetis: tandis
légiflation enfin, qui leur eft étrangère, fans
vouloient décréter,t tresjultement,
quils
& le faire confacrer,
nous,leur code particulier, fanaion de PAffemblée naenfuile parla double
d'inutiles regrets,.
tionale & du Roi?l'exciterois détail tant de coni-,
fije voulois développer en
mais je
tradiaions & tant d'inconfaquences;
que
aujourdhui à cette allemblée,
rappellerai
écouté à Verfailles, lorfque je
je ne fus*point de tout mon pourokr.atad
voulus m'oppofer,
Colonies. La difmiffion des députés de nos
alors lé-.
tinction des trois ordres étoit encore
rien
reconnuc. Onne me répondit
galement
tail tant de coni-,
fije voulois développer en
mais je
tradiaions & tant d'inconfaquences;
que
aujourdhui à cette allemblée,
rappellerai
écouté à Verfailles, lorfque je
je ne fus*point de tout mon pourokr.atad
voulus m'oppofer,
Colonies. La difmiffion des députés de nos
alors lé-.
tinction des trois ordres étoit encore
rien
reconnuc. Onne me répondit
galement --- Page 41 ---
(35) )
de raifonnable. Mais on vouleit récompenfer
le zèle de ces infulaires qui avoient acquis une
fi grande faveur, en acourant pour s'unir au
mémorable ferment du jeu de paume ; & Pon
reçut avec acclamation dans le temple des
trois ordres du Royaume, les mandataires récls
ou fuppofés de, ces mêmes colonies, où le
clergé étoit compofé de quelques religieux fans
propriétés; où la nobleffe étoit formée de tous
les riches planteurs qui vivoient en France;
& où la principale maffe du tiers-état confiftoit
en fix ou fept cent mille efclaves.
Aucun de ces imprudents députés ne fe propofoit, fans doute 2 d'opérer une révolution
dans nos Colonies. On peut faire une révolution dans un grand état, quand on met la
raifon &c la juftice à la place des abus. Mais
ici, Meffieurs, 2 fi vous tentiez un pareil bouleverfement, vous fubftitueriez à VOS concitoyens qui connoifient vOS loix, qui les ont
étudiées, qui ne fe fontjamais féparés de la
métropole, qui ne vont dans VOs colonies
que pour les cultiver, & s'enrichir, qui fou--
pirent vers le moment où ils pourront revenir
en France, qui font dlever parmi nous leurs
enfants, &qui ne croyent point émigrer, en
C 2 --- Page 42 ---
(36)
allant travailler à la profpérité de votre comà une fi grande diftance; vous leur
merce. 2
étrangers àla nation,
fubfitueriez des indigènes
des hommes qui ne vous font unis par aucun
noeud, ni par Phabitude du climat,ni par les
liens du fang, ni par les relations du patrio
tifme; des hommes enfin que Péblouiffement de
rendroit trop dangereux,
ce nouveau privilége
vous deviez leur accorder prématupour que
jufte en elle-même,
rément une loi, peut-être
dans les circonftances
mais très-impolitique
aétuelles.
donc, Meffieurs, à appeler
Préparons-nous
les
dans la fuite, avec de fages précautions,
de couleur,à Pexercice des droits pohommes
litiques,d d'aprèsle voeu des affemblées primaires
font provifoirement & légalement orgaqui
Colonies. Connoiffons d'abord
nifées dans nos
Phumanité,
jufqu'oà s'étendront à leur égard,
la générofité, & la prudence de nos colons
blancs fachons dans quelle mefure, & dans
;
ils veulent établir leur égaquelle proportion, 2
J'ofe vous rélité politique avec les mulâtrer.
Meflieurs, qu'ils céderont tout ce
pondre 2
accorder fans compromettre la
qu'ils pourront eft
où toutes les claffes
nation. Le tems
venu,
umanité,
jufqu'oà s'étendront à leur égard,
la générofité, & la prudence de nos colons
blancs fachons dans quelle mefure, & dans
;
ils veulent établir leur égaquelle proportion, 2
J'ofe vous rélité politique avec les mulâtrer.
Meflieurs, qu'ils céderont tout ce
pondre 2
accorder fans compromettre la
qu'ils pourront eft
où toutes les claffes
nation. Le tems
venu, --- Page 43 ---
(37)
des citoyens doivent faire des facrifices. Eh
bien ! VOS colons en feront auffi. Pourquoi
defefpéreriez-vous fi légérement de leur patriotifme ? Pourquoi les mettriez-vous dans la
dépendance d'une cafte nombreufe, - qui forme
T'avant-garde d'une armée plus nombreufe encore & plus formidable, & qui pourroit les dominer, les afervir, les égorger à fon gré?Les
colons ne décideront rien, 2 en ufant de l'initiative que vous Ieur avez promife; ils
reront la loi, en éclairant les
prépalégillateurs. Mais
nous, - Meflieurs, qui délibérons dans un fi grand
éloignement, 2 nous qui n'avons encore pofé
aucuné des bales de l'adtivité politique des COlons, n'allons pas faire les parts, fans avoir entendu toutes les claffes intéreffées à les rendre
au moins égales; & fouvenons-nous que la loi
bre.
CrEEn
Un décret précipité peut faire ruiffeler le
fang dans nos colonies; & il eft peut - être de
l'intérêt des hommes de couleur
de ne point obtenir cette loi
eux-mèmes,
affimilation
illimitée, cette
abfolue avec les blancs,
fanatifine.
qu'un
philofophique follicite aujourd'hui
en leur faveur.
D'ailleurs, eft-ce dans un moment d'infur- --- Page 44 ---
(38)
nouvel ordre
convient d'établir un
reétion qu'il
milieu des débris d'un
de chofes ? eft-ce au
augmenter
difcorde & Panarchie, en détermiESEsEmOSes
encore la
du droit de cité? Ces hommes
nant Fexercice
mûrs pour la liberté,
de couleur, à pcine
à fe voir, toutfont-ils fufffamment préparés
publique ?
inveftis de. la puiflance
à - coup,
où vous venez de voir
eft-ce bien au moment;
P'Affemblée natiofrançois, auquel
avoir
un général voté des remerciments, 2 pour
nale avoit Colonies à la France, lâchement
confervé les
foldats 2 eft-ce dans
mallacré par fes propres décrets retiennent à Paris
un moment, où vOs
toute entière ? eft-ce
une affemblée coloniale
de VOS
oùl le commandant
dans un moment, vient de mourir de douleur
forces maritimes milieu de Finfurredion généen Amérique, au environné dans fa propre
rale, dont il étoit.
où le gouverneurefcadre? eft-ce au moment,
la fuite,
s'eft vû obligé de prendre infulaires un
général
à ces malheureux
pour épargner
eft-ce dans un moment,
grand crime de plus?
du régiment de Noroû un leuienant-colonel de chagrins 2 a lui-mème
mandie., dévoré milieu de cet efprit de verperdu ila raifon, au
arrêter les
univerfels dont il ne pouvoit
tige
it.
où le gouverneurefcadre? eft-ce au moment,
la fuite,
s'eft vû obligé de prendre infulaires un
général
à ces malheureux
pour épargner
eft-ce dans un moment,
grand crime de plus?
du régiment de Noroû un leuienant-colonel de chagrins 2 a lui-mème
mandie., dévoré milieu de cet efprit de verperdu ila raifon, au
arrêter les
univerfels dont il ne pouvoit
tige --- Page 45 ---
(39 )
progrès ? eft-ce au moment, où r un - autre
commandant militaire, défefpérant de fe faire
obéir 2 s'eft donné la mort ? eft-ce dans
un moment 2 où les officiers du régiment
colonial du Port-au-Prince ont tous été obligés
d'abandonner leurs drapeaux, ne pouvant plus
contenir cette foldatefque indomptée, 2 qui ne
parloit que de pillages, de maflacres & d'incendies? eft-ce dans un pareil moment, qu'il faut
décréterune loi flimportante, faire denouveaux
mécontents, fe décider en faveur d'un parti, devenir nous-mêmes deshommesde parti, dans un
un autre hémifphère. 2 mettre en mouvement, &
peub-être en état de guerre, cette autre puiflance
incalculable del'opinion, livrer nos concitoyens
à toutes les efpérances téméraires, à tous les
effrayants exces d'une imagination trompée, sappeler tous les affranchis au rangd de citoyen actif,
leur perfuader peut-être, que cette révolution
eft pour eux un droit de repréfailles, le droit
terrible de fe venger de leurs anciens maitres,
auxquels ils confervent de fivieux & de fiprofonds reffentiménts ? Non, Meffieurs, ce n'eft
point dans de pareilles circonflances, qu'une
affemblée légiflative doit prendre fa dernière
détermination. Que faut-il donc faire? Adopter --- Page 46 ---
04s6
( 40 )
votre
comités, fufpendre
leprojet de voS quatre Pinitiative de la loi aux
décret définitf,eferver & attendre leur voeu
alfemblées colontles, intérêts combinés de
pour fipuler tous les
des colonies & de
Thumanité, de, la liberté,
faut, au lieu
France. Ce qu'ilfaut faire ? ahlil
déla
oùt nous devons finir, en
de commencer par
alsirerproteccrétant
à
à ceux
umetesienecais.atbas
colons, mais protedion tous,
tion aux
à ceux qui
vos frères & vos concitoyens,
quifont
ceux xqnifontlesplus
fontles moins nombreux,à allez interroger le
foibles , à ceux dont vous affemblées coloniales,
patriotifime dans leurs doutez pas, ils font
n'en
& qui répondront,
dis-je, à cet honoFrançois! qui répondront,
à ce grand
de confiance,
rable témoignage nationale, que je ne veux pas
acte de juftice
en vous indiquant 9.
appeler un bienfait 2 fage, de nonveaux
avec un defintérefement
les colonies &
de profpédité 9 pour
moyens
pour la nation.
les
nationale a admis
Le décret de PAfemblée de
adif.
de couleur aux droits citoyen
hommes
DE
TURSTANERESATIORIE
ront,
à ce grand
de confiance,
rable témoignage nationale, que je ne veux pas
acte de juftice
en vous indiquant 9.
appeler un bienfait 2 fage, de nonveaux
avec un defintérefement
les colonies &
de profpédité 9 pour
moyens
pour la nation.
les
nationale a admis
Le décret de PAfemblée de
adif.
de couleur aux droits citoyen
hommes
DE
TURSTANERESATIORIE --- Page 47 ---
&
R APPO R 1e de T
FAIT
AU NOM DES COMITÉS RÉUNIS
De Constitution,de.la.rine, d'Agriculture
et de Commerce 2 & des Colonies, à la
Jéance du 7 Mai 179 1 ;
SURLES COLONIES.
P A R M. DE LATTRE;
Député du Département de la Somme.
AMPRIMÉ PAR ORDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALI.
MESSIEURS,
Vos comités de conftitution, de la marine, d'agriculture & de' commerce. 9 fe font joints
VOS ordres au
comité des colonies, pour s'occuper
objets
Ear
tans qai intéreffent ces poffeffions lointaines. Les
IERES
petitions des hommesde couleur, quevousavez renvoyéesà
A --- Page 48 --- --- Page 49 ---
Dvals K
LusId
V.3
A GtNs SDREAACS 2 CA
- 3y : D : --- Page 50 ---
N3A