--- Page 1 ---
*
* --- Page 2 ---
a
Habir Carter Bromn
Lihrary
Bnmn Anitrersity
Ky --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(12)
suffisantes pour vous ranger à l'avis:
que
des comités. Cet avis est appuyé par le:
voeu du commerce; il est appuyé par le
voeu même des colonies ; elles voient dans
la cessation des troubles qui
son adoption
qui nous affligent et nous alarment; elles
voient un acte de condescendance 2 et
Y
franchement, messieurs , je n'y vois qu'un
véritable acte de justice. --- Page 5 ---
- P
I
N
IO
N
DE M. CHABERT DE LA CHARIERE,
Député de la Guadeloupe à l'Affemblée Nationale,
SUR le Projet de Décret préfenté, au.nom des Comités
de Confitution, de la Marine, d'Agriculture & de
Commerce, Gdes Colonies, à la Stancedu7 Mai:794
C. fur les Colonies (1).
MESSIEURS,
comme
* LES Colonies regardent depuis long-tems
décrété,le premier article du projet qui vous eft préfenté par vos quatre comités, puifque vous leur en avez
donné la promeffe dans le préambule de votre Décret
du 12 o&tobre dernier. Cette promeffe, qu'elle foit la
(1) Cette Opinion n'a pu être prononcée dans la féance des
II & 12 mai, la difcuffon fur la totalité du projet.ayant éto *
fermée ayant le rang obtenu pour la parole.
A
e --- Page 6 ---
conféquence de la maniere ou non du Décret (2)
pofent fur la foi la plus formelle, du & 8 les mars, eft exptimée
Vous êtes inftruits nationale.
Colonies fe reIl. depuis la
des divérfes
eft tems révolution, de vous le. malheur de caufes qui ont fair,
Décrets ont eue faire
plufieurs
a paru jouir,
fur la connoltre
Colonies.
la dhieuflion. & ce foin- tranquillite n'ef
dont intuence la
que vos
Cette
point étranger Guadetoue à
ta. feule Colonie, la plus
lobjer de
tation de qui foit fulcepuible confidérable des iles du
devenir culture, avoir
d'une
Vent,
un objer
été
grande
aux droits des Peuples. d'iéchange menacée par des plafieurs augmen- fois de
revolution, qui donna Elle fur la traités contraires
organifation propre â à fon affemblée première, après la
conflitution, & le
sbcuper de la coloniale une
prima le defir qu'elle premier article de propofition de fa
pertie de lEmpire avoit de ne jamais, fes pétitions exBientôt ce travail Français.
cefler de faire
bientôt fyfième la- qui tendoit à décruire fur troublé par la nouvelle
Des
Cuadeloupe en reffentit les propriénés
du
dans propagateurs perfides de
les effets coloniales;
plufieurs
ce
précurfeurs.
découvrir une quartiers; & l'on fur fyfême affez furent arrêtés
d'exemple qui fuivirent parmi confpiration les elelaves dont il n'y heureux avoit pour
opérér la
la fondation de depuis la
les premiers pas eu
le conflate. defirucion de tous les colons Colonie. Elle devoit tems
On ne pouvoit
: une procédure
circoniiance Décret
prévoir quelle feroit la
du 8 alarmantes, mars
2 lorfque la
fuite de ces
1 preffa de le publier, arriva à la
nouvélle de votre
eloignoit les mefures fans en attendre Catadetapel On s'emdu defelpoirs &, lenvoi officiel.
en confacrant
premiers pas eu
le conflate. defirucion de tous les colons Colonie. Elle devoit tems
On ne pouvoit
: une procédure
circoniiance Décret
prévoir quelle feroit la
du 8 alarmantes, mars
2 lorfque la
fuite de ces
1 preffa de le publier, arriva à la
nouvélle de votre
eloignoit les mefures fans en attendre Catadetapel On s'emdu defelpoirs &, lenvoi officiel.
en confacrant --- Page 7 ---
(3)
l'union des Colonies à la Métropole, il
détruire pour toujours le projet des tivaux de paroiffbit la France,
chef-d'euvre de la politique moderne, trop
fecondé par le délire d'une faufle philofophie. long-tems
Les inftruéions du 28 mars, qui accompagnoient le
Décret, n'occalionnèrent alors aucuns débats.
blée Nationale avoit déclaré, par le Décrer du L'Afémn'avoit pas entendu comprendre les Colonies S,qu'elle dans la
Conftitution décrétée pour la France, & elle leur accordoit Pinitiative far celle qui pouvoit leur
Il ne vint à l'idée de perfonne, ce qui auroit convenir.
contradidion, qu'elle eût entendu appliquer paru la dif- une
pofition de l'article IV des inftrugtions, aux hommes
de couleur libres, qui" ne jouiffoient ni du droit de voter
dans les affemblées de paroiffes, ni de la plénitude des
droits civils; c'eft à-dire que perfonne n'imagina
Affemblée Nationale, en laiffant aux Colonies le
de
AROE
propofer leur confitution, eût commencé par en'
détruire entièrement une des bafes effentielles.
Heureufement les écrits qui ont jeté des doutes fur
cet article, & par lefquels On a voulu faire confidérer
comme provifoire le Décret du 8 mars; heureufement
ces écrits, qui ont caufé tant de maux'ailleurs, ne font
parvenus que très-tard à la Guadeloupe;n mais, lorfqu'ils
y. arrivèrent, ils firent naître de nouvelles
d'autan: plus dangereufes, qu'elles fervirent à divifer alarmes, les
efprits fur les principes de vos' Décrets. Celui du 12 OCtobre fut reçu aflez à tems pour arrêter les progrès du
défordre; &, dans cette Colonie comme dans toutes
les autres, il a été le fignal du ralliement & de la
foumiflion aux principes qui établiffent la fouveraineté
nationale.
Depuis ce tems, l'ordre & le calme ont régné à la
Guadeloupe dans tous les ateliers, au moyen des pré.
A2
les principes de vos' Décrets. Celui du 12 OCtobre fut reçu aflez à tems pour arrêter les progrès du
défordre; &, dans cette Colonie comme dans toutes
les autres, il a été le fignal du ralliement & de la
foumiflion aux principes qui établiffent la fouveraineté
nationale.
Depuis ce tems, l'ordre & le calme ont régné à la
Guadeloupe dans tous les ateliers, au moyen des pré.
A2 --- Page 8 ---
(4)
de la Colonie; &
cautions qui ont été prifes à l'entrée à dire qu'il ne refte plus
lettres raccordent
contre ceux
les dernières Nègres qu'un fentiment d'indignation à leur bonheur, ,en
aux
& qui nuifent
foins
qui les provoquent moraux que Thabinude,les & leurs
troublant les rapports entretiennent enrr'eux
& la Rreconnoillance
maitres.
reçoit de la Guadeloupe ces de nouvelles l'efcadre
C'eft lorfqu'on c'eft loriqu'on apprend l'arrivée des forts, permet
heureufes;
& que la remife cette Colonie, longr
à la Marinique, le retour de la paix dans la
civile; c'eft
d'efpérer
les horreurs de guerre coloniale
tems dévaftée par
une nouvelle affemblée,
lorfqu'a S-Domingue :
faifir les moyensaqui doivent réfulter, de
fe forme pour
de l'ordre, de la foumiffion qu'il
pour le nétablifiement du 12 oRtobre, & de la confiance vous
tous au Décret
circonttances qu'on
propole
infpire ; c'eft dans.ces Décrets & fur votre promeffe.
de révenir fur vos 8 màrs eft nul, & les propriétés
Votre Décret du
fi vous ne décrétez
coloniales ne font plus garanties, vous avez promis. le 12 OCl'article confitationnel article que n'attendoit que fon lieu lieu
Cet
ce
EE
tobre dernier. & vos comités vous indiquent
celui
être placé;
vous avez marqué vousemémexio ils font
le moment que des Colonies, pour laquelle jai entendu
de Torganilation vOS ordres; &c cependant contre cet
allemblés par,
la queftion préalable
propoler & appuyer
vous
article.
pas l'initiative les que Colonies
Que ceux qui n'approuvent cette vétité, que
avez nenteanmsaten leur nature à être dépendantes,
à fucre, delflinées par. qu'aux Nations
proxégeront de luster,
ne
appartenir
I
peuvent aguels de culture. Qu'ils fans doute loin de
leurs moyens
de tous : qui: eft
leur
pour le malheur
lemblés par,
la queftion préalable
propoler & appuyer
vous
article.
pas l'initiative les que Colonies
Que ceux qui n'approuvent cette vétité, que
avez nenteanmsaten leur nature à être dépendantes,
à fucre, delflinées par. qu'aux Nations
proxégeront de luster,
ne
appartenir
I
peuvent aguels de culture. Qu'ils fans doute loin de
leurs moyens
de tous : qui: eft
leur
pour le malheur --- Page 9 ---
(5)
leur penfée, contre la néceffité des chofes, qui condamne à n'exifter que par cette condition, ces riches
établiffemensdon: touresl.spuilflances maritimes envient
la pofferiion.
Je ne m'arrête pas à combattre l'injuftice & le danger
d'un fyitème déja rejeté par P'Affemblée Nationale, &
qu'elle profcrira fans doute aujourd'hui d'une manière
encore plus formelle;je me hâte de difcuter ce qui a
rapport à l'article IL du projer de décret, qui concerne
particulièrement les hommes de couleur libres.
On a prétendu que l'Afemblée Nationale n'avoit
les hommes de couleur libres
aRns
entendu comprendre
ces expreflions : L'état des perfonnes; mais pourquoi
ces expreffions générales, ,s'il ne s'agifloit que de défigner les Efclaves? Ne fe rappalle-t-on pas que les
alarmes qu'olle-a voulu calmer, provenoient des doutes
répandus & fur le Décret du 8 mars & fur les inftructions? Que l'on confulte l'adreffe de la province du
nord de S.-Domingue, à laquelle fe rapporte le préam:
bule du Décret du 12 ogtobre; ou plutôt j'en appelle
aux écrits mêmes qui ont été publiés contre ce Décret,
& notamment à la Lettre de MM. Pabbé Grégoire aux
Philantropes (1)-
On a dit aufli que l'exercice de tous les droits, qu'on
réclame en faveur des hommes de couleur libres, leur
appartenoit déja par les lois, & l'on cite feulement une
difpofition de TEdit de 1685, contrariée par d'autres
difpolitions de la même loi, faite dans un tems où il
exiftoit à peine aux Colonies une population d'hommes rL
Ce font toutes
de couleur libres, qu'on pût compter.
lois
les lojs poftérieures quil faur confidérer; & ces
(1) Le 12 Odobre 1790 doit étre une époque à janais funébre érc.
Opin. de M. Chabert de la Charière.
A3
de 1685, contrariée par d'autres
difpolitions de la même loi, faite dans un tems où il
exiftoit à peine aux Colonies une population d'hommes rL
Ce font toutes
de couleur libres, qu'on pût compter.
lois
les lojs poftérieures quil faur confidérer; & ces
(1) Le 12 Odobre 1790 doit étre une époque à janais funébre érc.
Opin. de M. Chabert de la Charière.
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(6)
à celles des Colonies anglaifes 8 efpafe rapportent
gnoles.
bien connoitre quel étoit, d'après les
Il fuffit,
l'état des hommes de couleur libres,
lois ABET mémoire du Roi, enregiftré dans les
de confulter le
Il fait appercevoir les raifons policonfeils fupérieurs. &
étoient les vues du goutiques de ces lois, quelles On voit auffi qu'il entendoit
vernement à cet égard. fur cet y objet, une initiative que
donner aux Colonies,
vous ne ferez que confirmer. concernant les hommes
J'aidit que les lois françaifes à celles des Colonies
de couleur librès, fe rapportent dois ajouter que les lois ananglaifes & efpagnoles;jc defavorables, pifqu'elles mettent des
glaifes font plus à la faculté d'acquérir, & qu'elles
bornes pour eux font fans moyens, à fe choifir un
obligent ceux qui del leur conduité.Les lois efpagnolés,
maitre quiséponde
qu'on s'en eft prévalu fans
que je n'ofe citer, que parce pas feulement cette derles connoitre, ne contiennent elles la font encore fervir à la fureté
nière difpofition; ;
(1)
font impofées fur les
du paiement des taxes
qui
hommes de couleur libres.
lois
votre attention de ces
Il eft tems d'éloigner rendre favorable en la portant vers,
odieufes, & de la
contrées où vous vous
les Erats-unis de TAmérique, les élémens de la liberté. Vous
glorifiez d'avoir étonnés pris des iois de nos Colonies, en conierez moins
de la Caroline méridionale & de
fultant la Conffitution cultivées par des efclaves.
la Georgie, provinces
de la Caroline exclut
L'article XIII de la Confitution
titr, V du liv. VII du recueil des lois pour les
(1) Loi III,
Indes efpagnoles.
où vous vous
les Erats-unis de TAmérique, les élémens de la liberté. Vous
glorifiez d'avoir étonnés pris des iois de nos Colonies, en conierez moins
de la Caroline méridionale & de
fultant la Conffitution cultivées par des efclaves.
la Georgie, provinces
de la Caroline exclut
L'article XIII de la Confitution
titr, V du liv. VII du recueil des lois pour les
(1) Loi III,
Indes efpagnoles. --- Page 11 ---
(7)
tout autre que P'homme blanc, de la
fon fuffrage & d'élire les repréfentans capacité de
de donner
L'article IX de la Conftitution de la fa paroiffe.
que les habitans blancs à voter dans Georgie n'admet
Je ne prétends tirer de ces
toutes les éleations.
clufion: qu'il ne faur pas condamner exemples que cette connos Colonies, des chofes gu'on voit fans examen, dans
pays libres, dont la Conftitution
établies dans des
nobleffe & les autres diftinéions récente a fupprimé la
teur n'entreprend pas de traverfer politiques. les
Le naviga-
& le légiflateur qui croit pouvoir mers fans bouffole;
autre hémifphère, doit étudier les changer raifons les lois d'un
l'éloignement permet difficilement de locales, dont
les rapports, & qui font liées à des chofes concevoir tous
néceflairement. fouffrir &
dont il faut
qu'il doit avoir devant les protéger l'exifence. C'eft là
Kaynal, qui y trouvent toute yeux leur ces paroles de l'abbé
ne feront pas fufpectes : c Une
application, & qui
>> fouvent un grand
& grande les
innovation eft
>>
l'efpèce humaine danger,
droits primitifs de
>> fondemens de
ne peuvent pas être toujours les
tom. 2.pag. 8 ). Taaaihnen-htprs, polit.,
Dans tous les tems, la plupart des
des Conftitutions libres, où les droits contrées de la offrent
plus ou moins inégalement
cité font
orgueilleufe théone, mais partagés. Ce n'eft pas une
éclairée par l'expérience, une polirique néceffaire,
Colonies de toutes les Nations qui a fait difinguer dans les
intermédiaire des hommes de couleur en Amérique, libres. la claffe
Africains Y peuvent être foumis à
Les feuls
cette opinion dans laquelle vit le l'efclavage. De-là
fa couleur eft vouée à la
Nègre indigène, que
être entrerenue
fervitude; opinion qui ne
l'homme
que par une grande diftance entre peut
blanc, & qui néceflite une
lui-&c
reufement obfervée, même après la liberté. diftinétion A rigouSparte,
érique, libres. la claffe
Africains Y peuvent être foumis à
Les feuls
cette opinion dans laquelle vit le l'efclavage. De-là
fa couleur eft vouée à la
Nègre indigène, que
être entrerenue
fervitude; opinion qui ne
l'homme
que par une grande diftance entre peut
blanc, & qui néceflite une
lui-&c
reufement obfervée, même après la liberté. diftinétion A rigouSparte, --- Page 12 ---
(8) dix mille foldats exercés
dix mille citoyens, ou dans plucôt un camp, pouvoient à peine
dans fes murs comme elclaves fous les lois rigoureufes
contenir cent mille
des Colonies à fucre, dans une
de Pélotie. Les habitans foible de leur nombre à celui
proportion encore plus avec fécurité, épars dans les
de leurs efclaves; vivent des Nègres, contenus par la feule
au milieu
permet d'allier àla ferEFRTE force
préjugé; & ce préjugé doux, & les aites de la bienvicude le regime le plus périt, & le preftige puiffant qui
faifance. Le préjugé colomale elt détruit, G l'efclave fur les
foutient la conftiutien
par la loi à exercer
voit fon femblable appelé
:
blancs la fupériorits politique. de décréter des-à-préfent,
Onvous propofe cépendan: de couleur libres. 9 l'exercice ab- des
en faveur des hommes & de foumettre à des principes dont VOS cOdroits politiques, d'un ordre de chofes
des
folus la corrcéion les hommes les plus éclairés
mités ont penté que befoin de plafieurs femaines pour
Colonies avoient
Pacférerez-vous des opinions de
concilier tous les rapports. condamnent tous les membres des
pnéfomptucufes que qui ont vu les Colonies, à au des projet amendecette Aemblée tend à difpofer les efprits
des
comités qui
à vous-mêmes
mens pomibles, & à vous procurer la loi ne doit pas frapper
notions fur des points que
fans les appercevoir ?
rien de favorable
Dire que les colons ne libres, propoferont c'eft autorifer les preaux homm:s S de couleur auffi que T'Affemblée Nationale eft jufte
miers à fe perfuader
de ce qui
fatuera en faveur de ceux-chauadels Colonies, forcées par
Qui ne voit qualis
de Vinitiative,
& raifonnable.
des comités, d'ufer
des
Yarticle II du
le fait? Auff les députés
le SOE par
à vos comités
en perdent sétoient-ils bornés à demander n'eft
le
Colonies
article, qui
que
la
du premier
MOe
difpofition
ufte
miers à fe perfuader
de ce qui
fatuera en faveur de ceux-chauadels Colonies, forcées par
Qui ne voit qualis
de Vinitiative,
& raifonnable.
des comités, d'ufer
des
Yarticle II du
le fait? Auff les députés
le SOE par
à vos comités
en perdent sétoient-ils bornés à demander n'eft
le
Colonies
article, qui
que
la
du premier
MOe
difpofition --- Page 13 ---
(9)
cipe conftitutionnel annoncé par le Décret du 12.00
tobre. S'ils cèdent aujourd'huia d'autres vues,c'eft
la
de l'Affemblée
R
la feule confiance dans
fageife
tionale. L'avantage confervé aux colons eft de pouvoir s'attacher par des propofitions favorables les hommes de
couleur libres: ce qu'ils auront propofé, commanidera
mieux à l'opinion, qu'ane loi obtenue fans leur initiative, & dont l'exécution ne peut être calculée fur un
fyftême de force. Cette conlidération doit fuffire aux
amis de l'ordre & du repos des Colonies, ceux qui
croient que le bien même doit s'opérer fans violence,
qnand rien n'oblige d'agir autrement.
Loin de vous 2 loin des légiflateurs français, cette
politique affreufe qui a ofé vous propofer comme un
motif de décréter immédiatement l'exercice des droits
politiques en faveur des hommes de couleur libres,
çelui de les attacher à la France, en les oppofant aux
colons blancs; étrange & dénaturé fyftème, qui prétend
par la divifion & le défordre intérieurs, rendre difficile
la conquête des Colonies! Les hommes de couleur libres
applaudiront eux-mêmes dans les Colonies à une mefure
inattendue qui les, conduit à obtenir fans danger ce
eft jufte gu'ils efpèrent. S'il en étoit autrement, ce
Uer s'offriroit contre eux de toute part, même"
de celle des efclaves,
fouffrent déja difficilement
dans leurs mains 1L de la puiffancc hérile, & qui
auroient à leur imputer la ceffation des affranchifiemens,
Je puis vous faire connoître les difpofitions particulières de la Colonie que je repréfente. Elle defiroit
modifier elle-même les lois qui concernent les hommes
de couleur libres, ou en faire de nouvelles. Ce fontles
inftruétions qu'elle avoit données à fes députés avantle
Décret du 8, mats. Elle fe repofe aujourd'hui fur le
mains 1L de la puiffancc hérile, & qui
auroient à leur imputer la ceffation des affranchifiemens,
Je puis vous faire connoître les difpofitions particulières de la Colonie que je repréfente. Elle defiroit
modifier elle-même les lois qui concernent les hommes
de couleur libres, ou en faire de nouvelles. Ce fontles
inftruétions qu'elle avoit données à fes députés avantle
Décret du 8, mats. Elle fe repofe aujourd'hui fur le --- Page 14 ---
(z0)
Décret du 12 o8tobre. En attendant le fuccès de fes
titions, fon affemblée coloniale a fupprimé la
RALITE
de liv. établie par les ordonnances furl les hommes &
EaAir de couleur libres, & elle a réparti fur les facultés des colons la valeur de cette taxe.
Sij'ai entré dans cette difcuflion, cen'eftp pas que j'aye
douter de l'exécution de votre promeffe, en même
pu tems
j'ai voulu vous prouver l'injuftice des confeils
que
contraires. (eux qui ofent vous propofer d'oublier votre
T'article I du projet des"
OUELESE
meffe,en offenfent la rejetant dignité & la loyauté de cette Affemblée.
les hommes de couleur
Ceux qui prétendent même excepter l'article II du
libres, & rejeter en
tems
projet,
vous confeillent dans la forme un agte de puiffance
plutôt qu'un aête de juftice.
mon
Je dois parler avec éette vérité que commandent de l'Etat
devoir envers mes commettans, & l'intérêt
Les uns &les autres veulent fubfituer aux alarmes qui
ont troublé les Colonies, les craintes d'une fubverfion les lens
prochaine &c inévitable. Ils veulent altérer
liens
naturels qui uniffent les Colonies à la Métropole; de
les colons chériffent, qu'ils ont défendus au prix
quel leur fang & de leur fortune, & qui font, les feuls fur
lefquels la juftice vous permette de compter.
NATIONALE
DE LINPRIMERIE --- Page 15 ---
E X TR AIT
DU REGISTRE
DES Délibérations de la Chambre du Commerce de la ville de Bordeauz - ;
E T
ADRESSES du directoire du département de
la Gironde à PAssemblée nationale ;
DE la Société des Amis de la Constitution ;
Du Club du café national de la ville de
Bordeauz, à PAssemblée nationale :
lielatifs aI décret renda par Elle le 24 Mai 1792,
CZL sujet des Colonies.
IMPRIMÉS PAR CRDRE DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
a *TIEsOG I PS
A PARIS,
DE L'IMPRIMERIE NATIONALE,
1791.
24 Mai 1791. --- Page 16 --- --- Page 17 ---
Toht AVT &
P
LUSId
V.5
SS SAa
Xa Mes 1 N NYS --- Page 18 ---
3a