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EORFSLEOISLATIE
-
CONSEIL DES ANCIENS,
OPIN TIO N
D E RALLIE R.
-
Sur - la résolution du 8 Roréal an 6, relative aux élections
faites en Lan 4 par les parties de POuest Ct du Sud.
de
Saint-Dopingue,
-
a1fs
a
Séance du 23 floréal an 6.
ai a
ILEPRSSESTANE DU PEUPLE,
34 JE ne viens point combattre le rapport
vient de
vous
qui
être fait par votre commission. Je
elle, que la résolution doit être
pense 2 comme
approuvée. Mais, en
vous voyant forcés de repousser de votre sein des
homines qui ont bravé tant d'obstacles et de dangers pour
répondre à la confiance de leurs
conciloyens /9 vous
éprouvez sans doute un sentiment pénible. Un pareil
sentiment ne doit point demeurer étouffé au fond de vos
cocurs;ile lestjuste,an contraire, il est utile de
et c'est
lemnanifester;
pour ajouter dans ce sens quelques mots à ce
de
a
quele
rapporteur
vofre commission vient déja de vous
dire,
Ua t 2I0Y Jn A --- Page 4 ---
RPJCI
demandé à paroitre un instant à cette tribune.
que j'ai
eut seule,'en
La partie du nord de Saint-Domingne à la Convention
l'avantage d'élire des députés
1793,
nationale.
avoient inconde l'ouest et du sud, qui
Les parties
de n'avoir point
testablement le même droit, regrettoient
le moment
à en user, et elles attendoient
été appelées
doit
avec une impatience qui
d'en être dédommagées
sembler bien naturelle.
an 3 vouloit qu'elles ne se
Une loi du 5 thermidor
leurs assemblées pripermissent point de convoquer l'autorisation des chefs de
maires et électorales sans
autorisation.
cette colonie : elles obtinrent cette
mois de
à leurs élections dans le
Elles procédèrent
on ne sauroit nier que
germinal an 4. A cette époque,
à
constitution de l'an 3 ne fût connue Saint-Domingue:
la
difficile de se refuser à croire que les élecil est même
la majorité
étoient instruits de son acceptation par
teurs
du peuple français.
vendéannexé à la loi du premier
Mais le tableau
assemblées électorales, n'étant
miaire an 4, relative aux
oil n'y
à Saint-Domingue,
point à cette époque parvenu
de
à élire
connoissoit d'autre fixation du nombre
députés
à
déterminée par la loi du 22 août 1792,
que celle
laquelle on se conforma.
n'ayant point, comme
La colonie de Saint.-Domingue
française, eu
de la République
les autres départemens
en vendémiaire
d'assemblées convoquées paranticipation et du sud crurent se rattales
de l'ouest
an 4,
parties
aux termes de la conscher, autant qu'il éloit possible,
les leurs en germinal.
titution, en convoquant
c'est-à-dire
Cependant vers la fin de fructidor suivant,
se conforma.
n'ayant point, comme
La colonie de Saint.-Domingue
française, eu
de la République
les autres départemens
en vendémiaire
d'assemblées convoquées paranticipation et du sud crurent se rattales
de l'ouest
an 4,
parties
aux termes de la conscher, autant qu'il éloit possible,
les leurs en germinal.
titution, en convoquant
c'est-à-dire
Cependant vers la fin de fructidor suivant, --- Page 5 ---
dans les derniers jours de l'an 4, une assemblée éleetorale unique fut.convoquée au Cap, et élut des députés
qui devoient représenter au Corps législatif la colonie
toute entière.
Ces députés, quoiqu'ils ne pussent désormais
en France qu'en l'an 5, éloient
arriver
cependant
comme formant la députation de l'an 4.
regardés
Ily avoit déslors, relativement à une partie
la
colonie, de doubles élections
l'an
de,
les parties de l'ouest et du sud pour
4. En effet,
représentées
les
ne pouvoient pas étre
leurs
par
députés qu'elles avoient élus dans
assemblées particulières de germinal, et
en même temps à la représentation
participer
le fruit-de l'assemblée
commune 5 qui étoit
générale de fructidor.
Siles procès-verbaux de ces différentes élections étoient
parvenas dans le méme temps en France, il se seroit
probablement ouvert une discussion sur. la question de
savoir si les élections faites au Cap. devoient être maintenues dans leur entier, ou si, au contraire, les
tions particulières de l'ouest et du sud étant 2
élecet tout au plus réductibles, ne devoient
faire régulières,
atissi les élections du
pas
réduire
Cap au nombre de députés
revenoit privatiyement à la seule partie du nord. qui
Maisla loi du deuxième jour
a tranché ou
complémentaire an 5
prévenu ces difficultés, en
dans leur entier, 2 les élections faites
approuvant, 2
lan 4.
au au Cap pour
Il n'est point dans les principes du Conseil de
venir sur une décision de ce genre, ni d'élever
remais des doutes sur les droits de
désor.
ceux qui réunissent
A 2
venoit privatiyement à la seule partie du nord. qui
Maisla loi du deuxième jour
a tranché ou
complémentaire an 5
prévenu ces difficultés, en
dans leur entier, 2 les élections faites
approuvant, 2
lan 4.
au au Cap pour
Il n'est point dans les principes du Conseil de
venir sur une décision de ce genre, ni d'élever
remais des doutes sur les droits de
désor.
ceux qui réunissent
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le triple avantage d'avoir été élus par une assemblée
électorale, d'avoir été 1 admis au Corps législatif
une loi,, et d'y siéger par le fait depuis long-temps. par
Ce ne sera sûrement pas moi qui propeserai de porter
atteinte aux élections faites aul Cap pour lan 4, moi
qui, dèsle 1ogerminal an 5, ai défendu leur légitiinités
Mais tont en conyenant que - des raisons majenres
s'opposent désormais à ce que l'on mette seulement en
question si les députations particuliéres del, l'ouest et
du sud de Saint-Domingue doivent, être maintenant admises, je ne, puis m'empécher de rappeler les considérations.suivanics à l'attention et même à la. sensibilité
des membres de ce Conseil.
e1 9l a
Les parties de T l'ouest et du "sud se fondoient sur
l'article VI du titre II de la loi du 10 juillet
elles se fondoient même sur
1791;
L
l'exemple que leur avoit
donné en 1795 la partie du nord, pour se croire autorisées à former des asseniblées électorales porticulières;
elles pourroient même aujourd'hui invoquer la division
constitutionnelle établie par la loi du 4 brumaire an 6, et
représenter que l'exemple d'une seule assemblée électorale n'aura eu lieu que tres-pasagtrement à SaintDomingue, et deux fois seulement, l'une en l'an 4,et
l'autre en l'an 5.
Au reste, soit que les élections de l'ouest et du sud
présentent en elles-mémes des irrégularités, - soit qu'elles
aient seulement le désavantage d'avoi été connues trop
tard, il seroit injuste de dire que, sous certains rapports,
elles ont été absolument nulles et de nul effet : elles
sont, pour les individus désignés par elles, un témoignage d'autant plus réel de la confiance. et de l'estime --- Page 7 ---
de leurs concitoyens, qu'elles furent, à ce qu'il paroit,
exeiptes de troubles.
Les hommes qui y réunirent la majorité des sullrages
ont sacrifié leur repos, leurs aflaires, leur fortunes
leur sureté, pour remplir, autant qu'il étoit en eux,
l'honorable mission dont tiis se voyoient chargés; mais leur
bonne volonté a été contrariée par de facheux et de
nombreux obstacles.
Après avoir attendu pendant fort long-temps l'occasien ou la permission de s'embarquier pour la France,
ils. ont finalenrent cu le malheur d'être pris dans la
traversée; ils ont éprouvé, dans une longue : et dure
captivité, le traitement que les Anglais réservent à ceux
qu'ils recounoissent F pour les vrais amis de la France
et de la liberté. Echappés enfin à cette triste position 7
et débarqués en France, des difficultés inattendues leur
ont encore interdit tout accès auprés de vous.
Quel leur revient-il définitivement de tant de traverses,
de tant de périls, de tant de constance, 7 de tant dè
sacrifices ?
ue : et dure
captivité, le traitement que les Anglais réservent à ceux
qu'ils recounoissent F pour les vrais amis de la France
et de la liberté. Echappés enfin à cette triste position 7
et débarqués en France, des difficultés inattendues leur
ont encore interdit tout accès auprés de vous.
Quel leur revient-il définitivement de tant de traverses,
de tant de périls, de tant de constance, 7 de tant dè
sacrifices ? Wfi
Tout est perdu pour eux, et ils se trouvent infructueusement séparés par la mer de leurs propriétés,
deleurs affaires, de leurs familles, dont il leur' sera
bien difficile de se rapprocher.
II en coute sans doute à votre sensibilité, citoyens
collégues, de prononcer l'arrêt qui les condamne à un
pareil sort. Ils l'entendront cependant encore prononcer.
eux-mêmés cet arrêt d'un esprit tranquille et sercin,s'ils
peuvent se convaincre qu'en payant ce tribut à des considérations impérieuses, vous ne refusez pas de leur en --- Page 8 ---
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RiC3e
payer à eux-mémes un de regrets et d'estime, s'ils sont
autorisés à penser que VoS coeurs les appeloient à siéger
avec vous au Corps législatif pendant que vos - voix
étoient forcées dé les en exclure.
Ils retourneront à Saint-Domingue avec la mortification d'avoir fait un voyage inntile; mais des pensées
consolantes en adouciront l'amertume. Honorés de la
confiance de leurs concitoyens, ils auront de plus la
satisfaction d'avoir fait tout ce qui dépendoit d'eux pour
y répondre, et ils y joindront celle d'ayoir oblenu du
sénat français des témoignages d'estime.
Le Directoire exécutif sait que la confiance du
est
le plus beati titre que puissent faire valoir les hommes peuple
qu'il est question d'appeler aux fonctions publiques. Il
sait en mêrne temps que les citoyens élus par les parties
de l'ouést et du sud de Saint-Domingue jouissent éminemment de cet avantage. Il se fera sans doute un
devoir de calmer à la fois VOS regrets et ceux des habitans de Saint-Domingue, en, utilisant, pour cette COlonie, 2 les talens et les vertus des hommes qui n'ont
pu la représenter. J'ai cru, citoyens collègues, , que vous me permettriez d'ajouter ces courtes réflexions à celles que vous
a faites le rapporteur de votre commission, et je vote,
nonobstant cela, pour la résolution.
A PARIS, DE LIMPRIMERIE NATIONALE,
Floréal an 6. --- Page 9 --- --- Page 10 ---