--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Aicb
Mobn Varter irolun
Library
Emmt Iatitersity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
RE
gillatif doit employer lcs movens Ics plus prompts pour faire
cefler les nalheurs de Saipt-Domingue 2
Déclare qu'il y a urgence.
Le Confeil, après avoir déciaré l'urgence 2 prend la réfolution fuivante:
A R T I C L E P R E M I E R.
La loi du 5 plaviofe an 4, qui autorife le Direétoire exécutif à envoyer des azens dans les colonies, eft rapportée en
ce qui concerne Saint-Domingue.
I I.
Lc Diredtoire inftruira le Corps légiflatif des mefures qu'il
croira néceffaire de prendre pour rétablir & allurer la tranquillité de cette colonic.
IIL
La préfente réfolution fera imprimée; elle fera portée au.
Confeil des Anciens par un meflager d'état.
De lImprimerie de BAUDOUIN, place du Carrousel,
No, 662.. --- Page 5 ---
35 LEGISLATIR
CORPS
CONSEIL DES CINQ-CENTS:
OPIN IO N
VESCRASSERTAUXGS
Sur les moyens de rétablir les Colonies.
Séance du 16,Prairial, an V.
CrrovENs REPRÉSENTANS,
auffi folemnelle, dans une affaire
DANS une queftion
les haines de parti & les divimalheureufement célebre éclaté par dans les deux mondes; dans
vifions funeftes qui factions ont font allées prendre tant de fois a
une affaire où les
elles fe font fi foutribune les armes avec lefquelles
cette
c'eft avec tout le fang froid
vent combattues : je penfe que
A
2.
V.
CrrovENs REPRÉSENTANS,
auffi folemnelle, dans une affaire
DANS une queftion
les haines de parti & les divimalheureufement célebre éclaté par dans les deux mondes; dans
vifions funeftes qui factions ont font allées prendre tant de fois a
une affaire où les
elles fe font fi foutribune les armes avec lefquelles
cette
c'eft avec tout le fang froid
vent combattues : je penfe que
A
2. --- Page 6 ---
RPICE
de la politique, avec le calme de la fageffe que nous devons
difcuter dans cette enceinte. Attentif â mcs paroles, je
degagerai mon difcours de tout ce qui pourroit fournir
peut-erre quelques mouvemens oratoires 9 & embellir un
moment cette tribune : c'eft avec les grandes vérités politiques
l'éclairent, & non avec le langage toujours dangereux pallions que le légiflateur doit parler au peuple.
Je ne vous préfenterai donc point; comme les orateurs
qui ont déja parlé, le tableau déchirant des malheurs qui
ont enfanglanté nos colonies. Quel eft le Français qui ne
s'eft pas attendri fur ces malheurs, & ne pleure pas depuis
ans fur la perte de notre commerce, & fur la plaie
amait que la patrie a reçue dans nos érabliffemens du Nouveau Monde?
Je ne viendrai point non plus défendre les excès qui ont
défolé cette terre malheureufe, & les hommes accufés d'en
être les auteurs : il n'y a que le crime qui puiffe ablo..dre le
crime ; j'appelle aufi la vengeance des lois fur cenx qui les
ont violées, fur ceux Honnenbrensfhumanis, far ceuxqui,
envoyés pour éteindre la guerre civile, font dénoncés pour
en avoir rallumé toutes les fureurs. Mais lorfque jai entendu
le récit des matix qui ont dévafté les colonies, la peinture
de tous les forfaits dont elles ont été le théârre ; lorfque
j'ai vu frappés des plus graves accufations ceux qui y ont
fguré, je n'ai
me défendre d'une réflexion : eft-ce cnl
rouvrant fans tis des plaies fanglantes que l'on efpère les
cicatrif.r ? eft-il jufte en révolution, 2 loriqu'on accufe des
hommes publics, de ne pas placer à côté d'eux les circonfces dans lefquclles ils fe font trouvés 2 les obftacles ou les
dangers qu'ils ont eus à vaincre, les chances affreufcs,
inévitables qu'ils avoient à prévenir 5 de reverfer fur eux
tous les malheurs, produits névitabl S des chocs, deslpartis, des erreurs , des pallions oul de: réfiftances entantés
par les révolutions. Juger ainfi, une révolution ne feroit plus
placer à côté d'eux les circonfces dans lefquclles ils fe font trouvés 2 les obftacles ou les
dangers qu'ils ont eus à vaincre, les chances affreufcs,
inévitables qu'ils avoient à prévenir 5 de reverfer fur eux
tous les malheurs, produits névitabl S des chocs, deslpartis, des erreurs , des pallions oul de: réfiftances entantés
par les révolutions. Juger ainfi, une révolution ne feroit plus --- Page 7 ---
crime éclatant , & une accufation contre tous les ceux
qu'un l'auroient opérée : ou plucor ce feroit ouvrir
prélnd d'une nouvelle révolation.
cinq ans on a écrit des volumes fur les Colonies;
Depuis
toutes les preffes de TEurcpe;
ce déplorable fujet a occupé
légillatives ont retenti de
les tribunes de nos aflemblées des factions ou des hommes qui
leurs infortunes, des crimes
ces volumes, cette nuée
les ont dévaftées : qu'ont Cequ'ils produit ont produit ? ils ont irrité >
d'écrits far les colonies?
tous les malheurs fans en
armé les fagions 3 ils ont aigri ils ont été un vafte arf-nal où
foulager ancun, ou plurôr
leurs intéréts, leurs
felon leurs opinions,
tous les partis,
les traits avec lequels ils fe font
pallions, font allés puifer
déchirés & fe déchirent encore.
de
fi l'on
Il eft temps enfin de raifonner avec plus oà sagesse elles ont été
veur ar: acherles olonies i laffrenfelanarchie à la République. Les anciens
plongees jufqu'icis & les rendre
les lieux qui avoient été
avoient un refpeet religieux
ont été accablée de mille
de la foudre : nos
ReoLIer
frappés
oile religieux cette terre
maux,ah! couvrons : couvronsd'unv fans celle, 2 quece ne
infortunée. Forcés de nous desfecouts en occuper & adoucir fa poficion
foit plus que pour y porter de la légillation & de la politique.
les mefures fages éternelles fur le palfé ne font plas qu'un
Be, déclamations
à la
au calme,
profpétité
obftacle à leur rérabliffement, & qu'elles ont droit d'ataprès lefquels elles foupirent,
tendre de nous.
dans le fond de la queltion 9
Je vais donc de fnite entrer chercher dans la polition
pofer des points aétuellement délibératifs, nos colonies les moyens
où fe trouvent
à leur rérabliffement. En a
lefquels on peut travailler combartrai quelques-unes de celles
bliffant mon opinion , je
& fur-tour le fyfà cette tribune,
qui ont été préfentéo, la force militaire, fyftême impolitique
tème de tout régir par
A 2
la queltion 9
Je vais donc de fnite entrer chercher dans la polition
pofer des points aétuellement délibératifs, nos colonies les moyens
où fe trouvent
à leur rérabliffement. En a
lefquels on peut travailler combartrai quelques-unes de celles
bliffant mon opinion , je
& fur-tour le fyfà cette tribune,
qui ont été préfentéo, la force militaire, fyftême impolitique
tème de tout régir par
A 2 --- Page 8 ---
& fanefte dans tout état focial, & que je crois plus propre
à perdre les colonies qu'à les reconquérir à la République &
à en réparer les maux. Je ne propoferai point le rappel des
commilfaires du Direétoire. Je fnis d'avis de ce rappel. &
de la refponfabilité que vous attacherez à la miffion de tous
ceuxqui feront semtubnsi-mirdeat françaifes:
maisje penfe quecen n'eft point à une loi particulière, mais à
enfemble de
nous devrons le falut de Saintun
moyens,que
Domingue.
Après une révolution de cing ans 2 qui a laiffé après elle
tant de faures, de crimes & de coupables, la première
mefure,je crois, que vous devez prendre, c'eft une amniftie
générale.
11 eft pendant la durée & au fortir des temps révolutionnaires, une clalle d'hommes inquiets qui ne rentrent dans
le calme & fous le joug des lois que lorfqu'ils ne vcient
plus au deffus de leurs têtes planér ces craintes que leur
infpire une cunfcience coupable & continuellement agitée.
C'elt dans leur fécurité civile que l'état trouve la garantie
de leur obéiffance : is deviennent bons ciroyens quand la
loi a renoncé à leur demander compte de leur vie révolutionnaire. Si cette loi, qui fut chez tous les peuples le complément des révolutions, fut jamais politique & néceffaire,
c'eft dans un pays où le déchainement des paflions & la
haine des factions femblent s'être chfputées d'arrocités & de
crimes , ou tant d'hommes ont été égarés
elles & lancés
tous les excès. La République
être encore
teutepe
dans
peutdéchirée par les partis & continuellement tourmentée par
des ofcillitions politiques, fi cette loi falutaire ne fût venue
défarmer toutes les haines, tranquillifer tous les parris,
difliper toutes les fraycurs, abfoudre tous les coupables,
Repréfentans, vous la devez aux colonies - à la nature du
climat & deshommes qui Phabitent,adonné plus d'explofion de
8L d'intenfité à la révolution. Loin de moi le fentiment
irée par les partis & continuellement tourmentée par
des ofcillitions politiques, fi cette loi falutaire ne fût venue
défarmer toutes les haines, tranquillifer tous les parris,
difliper toutes les fraycurs, abfoudre tous les coupables,
Repréfentans, vous la devez aux colonies - à la nature du
climat & deshommes qui Phabitent,adonné plus d'explofion de
8L d'intenfité à la révolution. Loin de moi le fentiment --- Page 9 ---
propofer ici l'amniftie pour tous les crimes; il en cft qui
ont épouvanté Phumanité & livré la parrie : l'impunité pour
les traitres & pour les hommes dont la cruauté a furpaffé
toutes les barbaries feroit 11 crime du légiflateur. Ce fera
à vous à appliquer cette loi avec fageffe & juftice; mats
la politique vous la commande pour commenceràt ramener
le calme dans les colonies.
mefure, la feule indifJe viens de fuite à la principale
penfable après une tourmente de cinq ans 1 fans laquelle
je regarde tout ordre, toute reftauration impollible : fans
laquelle je vois les co'onies plus
jamais livrées à l'arbitraire & à toutes les horreurs de Tanarchie: ce moyen
eft le prompt établiffement de la conftituion. Repréfenrans,
Ja conftitution a proclamé pout lcs colonies un principe
folemnel que vous ne pouvez méconnoitre; elle les a déclarées
parties intégrantes de la République françaife: voili leurs
droits : pouvez-vons en. fufpendre l'exercice, lorfque toutes
les autres parties de la République jouiffent de ces droits?
Avant d'entrer ici dans aucune autre difcuflion, les habitans
de VOS colonies ne pourroient-ils pas vous dire : < après des
fiècles d'afferviffement vous nous avez rendu la liberté, pourdes lois bienfailantes
quoi nous privez-vous plus long-temps
elle eft affreufe
qui la conftituent ? Voyez notre polition 5
depuis cinq O1l fix années. Libres , nous n'avons pu
goirer encore le repos & les avantages de notre ancien
efclivage 5 nous vous avons demandé des lois pofitives &
claires, & nous n'avons trouvé jufqu'ici, dans votre légiflation incertaine & contradictoire, que des élémens de
faétions & d'anarchie. Nous nous fommes battus, notre fang
a coulé, parce
nous ne pouvions nous entendre; la
guerre civile a Torate notre population 1 nos ateliers, enfanglanté nos demeures; & pour faire ceffer cet état affreux,
vous nous avez envoyé, non
des lois, mais des hommes
à qui vous avez donné plus &" pouvoir qu'aux lois. Au lieu
de voir reparoitre l'ordre, la confiance parmi nous; l'arbiA 3
. Nous nous fommes battus, notre fang
a coulé, parce
nous ne pouvions nous entendre; la
guerre civile a Torate notre population 1 nos ateliers, enfanglanté nos demeures; & pour faire ceffer cet état affreux,
vous nous avez envoyé, non
des lois, mais des hommes
à qui vous avez donné plus &" pouvoir qu'aux lois. Au lieu
de voir reparoitre l'ordre, la confiance parmi nous; l'arbiA 3 --- Page 10 ---
traire, le defpotifme, les cruelles défiances , ont couvert
notre tetre iuforrunée de débris & d'infoitunes 5 nous nous
fammes détruits les uns par les auties par nos propres mains 5
une partie de notre population, > pour échapper au malheur,
à la mort, eft devenue errante & fugitive ; l'autre a péci
dans les champs de bataille ; enfin, au milieu de tant de
maux, vous nous avez placés dans votre conftitution; notre
cccur s'eft ouvert alors à routes les efpérances du bonheur:
mais c'ett au moment oùt Cutte conflitution alloit nous arracher à l'anarchie qui nous mine, que nous voyons recuJer Join de nous l'époque où nous devons jouir de fes bi.nfaits. Quel fera denc le terme à nos malheurs, à l'état
abfolu de ceforganifation fociale où nous vivons ? feronsnous condamnés à gémir toujours-foustatbunire & le defpotifme des hommes?
Vous vous plaignez du brigandage qui dévafte les propriétés, & attente à la vie du citoyen, &.nous n'avons
aucune force conititnitionnelle organifée pour réprimer ce
brigandage; YOUS vous plaignez des crimes qui déshonorent
notre pays, & nous n'avons aucune police, aucuns tribunaux , aucuns magiftrats pour les prévenir & les punir ; vous
déplorez l'abandon de nos cultures: & fi la conftitotion
ne protèye pas le travail & les cultivateurs, comment vouJez-vous que nos cultures Aeuriflent ? VOLIS vous plaignez
encore de notre ignorance & de ncire naturel fauvage &
barbare, & vous n'avez placé parmi nous encore ascun établillement d'inftruction pablique ; vous vous plaignez enfin
de nos divifiens fanglantes, & vous ne nous avez préfenté
encore aucun point de ralliement & de refpcdt: donneznou1s donc au moins cette confitution, après laquelle nous
foupirons comme après le terme de nos maux. Nons finirons, ligilateurs, par une vérité dont vous avez éprouvé
VJuS même la trifte expérience : l'interrègne des lois eft le
rèrne de l'anarchie, & voilà l'état ou vous nous livrez, G vous
nous donnez toujours des homines pour nous gouverner, &
é
encore aucun point de ralliement & de refpcdt: donneznou1s donc au moins cette confitution, après laquelle nous
foupirons comme après le terme de nos maux. Nons finirons, ligilateurs, par une vérité dont vous avez éprouvé
VJuS même la trifte expérience : l'interrègne des lois eft le
rèrne de l'anarchie, & voilà l'état ou vous nous livrez, G vous
nous donnez toujours des homines pour nous gouverner, & --- Page 11 ---
7.
non des lois. >> Voilà, choyenofsepedfeutans > lel langage que
pourroient vous faire entendre avec juftice vos colonies.
Examinons à préfent) leréfultat pour elles del l'établiffemene
de la conftitution ; jettons un moment les yeux furle tableau
de Saint-Domingue dont il s'agit plus particulièrement ici.
On vous a dit que la partie du Nord de Saint-Dumingue
étoit fous le commandement des noirs, le Sud fous la domination des hommes de couleur; que les différentes factions s'entrarrachoient le pouvoir > cela n'eft pas étonnant:
mais qui peut nier que ce foit par jaloulié, par rivalité,
fouvent
haine, que les faétions combattent dans tous les
étars? n'eft que par la conftitution que vous défarmerez
l'ambition des partis ; on difpure le pouvoir aux hommes,
on le dépofe devant les lois; on eft jaloux de la puiffance
particulière, On fe range avec refpect fous la puiflance Publique; le règne des lois eft l'écneil & le tombean de toutes
les ambitions privées; il n'y a plus de prérexte à la révolte
de quelques hommes, aui foulèvement de quelques parties
d'un étst, lorfqu'une loi commune vous affure égalité &
proteétion, Un parti d'hommes de couleur a bien pu méconnoitre les délégués des agens du Diregoire, ce n'eft
la conftitution
vous leur commanderez l'obéifque fance par ; & c'eft lorfque q5 conftitution aura rallié tous les
partis, que vous aurez détruit Tintrigue de l'étranger dans
les colonies, que vous ferez firs de chaffer les Anglais du
territoire que la trahifon leur a livré.
C'eft la conftiturion en France, dont la proteétion a
rappels le peuple au commerce, à la culture, à l'induftrie,
a tarbli le calme, h coniance nablique. Qnipeit douter
de fon heureufe infuence dans les colonies?
Un des grands moyens par losquels la perfidie anglaife a
divifé & égaré nos colonies, c'ert fon adrefle à répandre
parmi les noirs qu'ils ne jouiroient pas lonz-tempe de la
liberté qui leur avoit été accordée, qu'ils reucreroient elA4
uple au commerce, à la culture, à l'induftrie,
a tarbli le calme, h coniance nablique. Qnipeit douter
de fon heureufe infuence dans les colonies?
Un des grands moyens par losquels la perfidie anglaife a
divifé & égaré nos colonies, c'ert fon adrefle à répandre
parmi les noirs qu'ils ne jouiroient pas lonz-tempe de la
liberté qui leur avoit été accordée, qu'ils reucreroient elA4 --- Page 12 ---
claves dans leurs ateliers. Les commifuires du Diredoire ont
tronvé, à leur arrivée, ces préventions généralement
dues & accréditées. La conftirution pent feule détruire répanfidies, ces méfiances, aveclefque les TAngleterre a bouleverfé cesperSaint-Dommgne jufqu'à nos jours. Tant de biens prèts à
s'opérer par la conftitution s'évanouiffent devant tout autre
moyen, & c'eft ici que je dois combattre l'opinion
par notre collègue Villarer Joyeufe,
Préfentée
C'eft un fp:étacle impofant, fans doute, quela force feule,
fournettant rout , comprimant les factions, défarmant les
partis, appaifant les révoltes, diflipant les rebelles,
lant les hommes à leurs devoirs, à leurs ttavaux, rappe- failant
refpedler les propriétés & la vie des
& refleurir
la culture & Tinduftrie dans lijl pays citoyens, dévaflé,
fans légillation, encore dans Tanarchie: mais l'exécution déforganifé, de
ce pian répendit-il à fa théorie, n'y a-t-il pas d'inconvéniens majeurs, pour le gouvernement militaire,
l'état
de fiége que l'on vous a propofé pour les colonies? pour C'eft ici
une grande queftion quil faut approfondir,
a
donné une pente aux elprits de cette affembléc,en parce fa qu'elle faveur.
Qu'eft-ceq quec'eft qu'un gouvernement militaire? Qu'eft t-ce
qu'un état de fiége? c'eft U état politique hors la
encore
loi, c'eft
l'arbitraire des circonitances & des hommes; & c'cft
au moment oùt nos colonies font fur le point de fortir de
cet érat terrible, que vous propofez encore de les faire
rentrer! Qui les a donc régies avant la révolution, y
le cours de la révolution, fi ce n'eft le gouvernement pendant militaire? ont-elles été heurenfes fous ce gouvernement?. Je vous
le demande, citoyens, n'eft-ce pas encore des hommes
vous enverrez avec leurs opinions, avec leurs
avec que
leur manière de voir,avec leurs intérêts même pailions, ? Vous choifircz, vous enverrez des hommes probes, je le crois; mais
qui peur vous garantir qu'ils ne prendront pas 2. malgré
eux, à ieur arrivee, le mal contagieux des faétions qui
le gouvernement pendant militaire? ont-elles été heurenfes fous ce gouvernement?. Je vous
le demande, citoyens, n'eft-ce pas encore des hommes
vous enverrez avec leurs opinions, avec leurs
avec que
leur manière de voir,avec leurs intérêts même pailions, ? Vous choifircz, vous enverrez des hommes probes, je le crois; mais
qui peur vous garantir qu'ils ne prendront pas 2. malgré
eux, à ieur arrivee, le mal contagieux des faétions qui --- Page 13 ---
n'irriteront 9
un parti, cn fe
ont défolé le pays 2 qu'ils &
E meilleures intenpatlionnant pour un autre, la qu'avec colonie par une faute ou une
tions, ils n'embrafetent
de ia force que vous
a
-
&
étrs? Ft Tapparcil
erreur, peut
donnoit quelque ombrage,
allez déployer à Sainr-Dominane hommes
attendent vos lois; fi
quelque méfiance à des
qui & des craintes far leur
leur donnoit des doutes
cet appareil
de vos ennemis, ou de perfides confeils,
liberé; fi l'adreffe crédulité des noirs, leur infinuoit qu'on
trompant encore la
fi T'affreux fuccès de ce maen veut à leur indépendance; de ces hommes fimples ou de
chiavélifmne, fi l'égarement
défefpéré : alors, repréleurs chefs les jetoit dans un parti de les réduire & de les
fentans, quels moyens aureiz-vous quels moyens ne vous faudroitreconquérir ala Rapubligne?A fauver la colonie? Vous auriez rccours a
il pas recourir pour
la force.
des forces & des vaiffeaux
une expédiRaffembler
la chofe la plus alncas je le fais;
tion lointaine, n'eft pas où l'ennemi a barré les mers par fes
mais dans un moment fans courir aucuns dangers, les faire
flottes, pouvez-vous, Que votre expédition foit parvenue
arriver en Amériqus?
zient defcendu fur fes
dans ce pays,.que VOS calculé troupes les refToutces immenfes
Pa3t
bralantes, avez-vous
maintenir dans un climat qui
vous faudra trouver pour vous earopéennes. On vous a dit que
a déja dévoré tant d'armées des forèts, des Aeuves, des monles noirs avoient des armes, des alimens prefque toujours
tagnes pour leur défenfe, du courage & des forces : mais vOs
allurés; vous avez
ils font fans ceffe renaiffans . il
befoins font immenfes, avez contre vous la nature, l'infaut les fuppléer; & vous
vos armées puifient
fluence du climat. Mais je fuppofe ircder n'avez-vous rien
vaincre les dangers d'meintennpétie de deux mille lieues, de l'amàcraindre dans tn éloiguement quel frein pourricz vous en arrèter
bition de leurs chefs? par
autiez-vous de furou en réprimer les projersé quel moyen
A 5
Opinion d'E Efcha[eriaux (ainé).
nature, l'infaut les fuppléer; & vous
vos armées puifient
fluence du climat. Mais je fuppofe ircder n'avez-vous rien
vaincre les dangers d'meintennpétie de deux mille lieues, de l'amàcraindre dans tn éloiguement quel frein pourricz vous en arrèter
bition de leurs chefs? par
autiez-vous de furou en réprimer les projersé quel moyen
A 5
Opinion d'E Efcha[eriaux (ainé). --- Page 14 ---
1o
veiller les pouvoirsimmenfeque vous feriez obligés de confier
à vos géneraux, & quelle feroit la liberté des colonies toujours expofées aux coups de l'arbitraire, aux ufarpations ae
la pniflance militaire ? Ah, reprefentans, iorfque vous avez
entre es mains, dans la cunfhtution, un moyen prefqu'alluré
alors fur une
de calmer VOS colonies, ne pleureriez-vous pas
fauffe politique qui rouvriroit la guerre civile; & croyeztoujours au
de nos défaftres, touvous que l'ennemi,
guer
avide de confommer notre ruine, ne profiteroit pas
jours
malheureufe
attiser les aifcordes, ou
de cette tomber pofition fur la colonie au pour moment où, épuifée & déchirée, pour il la verroit réduite à l'impuillance de fe défen. re :
ou je fuppofe encore que nous fullions allez heureux
avoir rénité aux maux d'une guerre civile &
Emtet
dans
anarchie ne feroir pas
dans quelle défolation,
quelle
dans
plongée encore pour long-temps Saint Domingue;
quel
état déplorable ne languiroit pas encore long-temps Je commerce national? Repicfentans, voila.quelques conféquences maldu projet que l'on vous a préfenté & les nouveavx
heurs quil peur entrainer après lui. Effaroucher les efprits,
reproduire lés méfiances, comprimer l'ame du peuple, n'eft
feulement la nature du gouvernement miltare : vous
Emnute qu'il ne marche prefque toujo rS qu'avec les formes
defpotiques, & que fous précexte de plier leshommes al'obéif
fance, il tend prefque toujours lui-méme alindependance &
à la domination. Je veux
vous n'ayez poiut à craindre
fon ambition armée du drdite terrible d'ordonner & d'exécuà deux mille lieues de l'autorité à laquelle il eft foumis :
ter, croyez-vous qu'ii foit bien politique, pour préparer un pays à
l'établiffement d'une conftitution libre,d d'y inftaller un pouvoir dont la liberté a toujours eu tout i crandre?
Pour appuyer le projet qui vous a été préfenté, on vous
a cité la Vendée. Il n'y a, je crois, aucune fimilitude en
faveur du gouvernement militaire entre Saint-Domingue &
la Vendée.
ille lieues de l'autorité à laquelle il eft foumis :
ter, croyez-vous qu'ii foit bien politique, pour préparer un pays à
l'établiffement d'une conftitution libre,d d'y inftaller un pouvoir dont la liberté a toujours eu tout i crandre?
Pour appuyer le projet qui vous a été préfenté, on vous
a cité la Vendée. Il n'y a, je crois, aucune fimilitude en
faveur du gouvernement militaire entre Saint-Domingue &
la Vendée. --- Page 15 ---
La Vendée étoit épuifée par la guerre 2 fes chefs étoient
détruits, fes bandes royales éparfes & défarmées, quand le
militaire a foumis & pacifié la Vendée. La
gouvernement royauté vaincue par-tout au dehors avoit enlevé aux habitans de cette contréel l'efpoir d'en relever jamais le fimulacre;
la Vendee étoit fous les yeux du gouvernement, fous l'aation
continuelle & toujours renouvelée de la force publique; fa
reddition étoit inévitable : il ne falloit qu'arracher les derniètes atmes aux hommes égarés qui défoloient ce pays, &
les mettre dans l'impuiffance de fe révolter encore.
Mais il n'en eft pas de même de Saint-Domingue, &
les difpofitions des e'prits de fes habitans, & pour la
posit nature de fori climat : donnez-lui la conftitution, > il eft
foumis à VOs lois. Voulez-vous le foumettre par la force,
il fera le tombeau de vos armées & le défufpoir. de votre
légiflarion quand vous l'aurez foumis. Je ne mettrai pas
fous vos yeux tous les daingers du projet qui vous a été
propolé. Le déchirement ou la perte de voscolonies, voilà,
à mon avis, fes effets inévitables.
Mais calculez, au contraire 2, tous les avantages du rétabliflement de la conftitution dans ce pays : l'efpoir & la
confance renaiffent 9 plus de doute dans le coeur des noirs
fur leur liberté ; tout fe rallie, tout revient à la culture 5
l'ennemi ne trouve plus dans la haine des factions les
moyens de bouleverfet la colonie ; les noirs qui couvrent
les poffeflions anglaifes 2 brifent leurs chaînes 3 & redeviennent libres : à l'exemple de leurs fières, ils s'infurgent, ou
reviennent dans un pays qui leur offre des travaux modérés & les douceurs de la liberté ; Saint-Domingue recouvre
bientôt toutela population que la guerre civile ou l'émigration lui ont enlevée.
Vous vous plaignez du peu de civilifation des noirs : ah!
ce n'eft point avec un gouvernement militaire qui ne leur
infpireroit que la terreur 5 ce n'eft point avec la force que
ennent libres : à l'exemple de leurs fières, ils s'infurgent, ou
reviennent dans un pays qui leur offre des travaux modérés & les douceurs de la liberté ; Saint-Domingue recouvre
bientôt toutela population que la guerre civile ou l'émigration lui ont enlevée.
Vous vous plaignez du peu de civilifation des noirs : ah!
ce n'eft point avec un gouvernement militaire qui ne leur
infpireroit que la terreur 5 ce n'eft point avec la force que --- Page 16 ---
vous les atracherez à leur état barbare : c'eft avec la confti
tution, avcc des lois, que vous leur donnerez le goit de la
civilifition, que vous les attacherez à Fadminiftracion, au
travaux, 2ux jouiffances d'un étar focial, dont ils n'ont éte
jufqu'ici gue les ilotes. N'en doutez pas, de nouveaux be
foiusleur donneront bientôt une nouveile induftrie ; delir de
joar, libenté de jouir, font dans P'ame des noirs comme
dans le cocur de tous' les peupies réunis en focieté, UI1 des
piemiers, un des; plus grands relforts d'activité; & ce prin
cipside fociabilivé elt un fir garant du rétablisiement de
colonies.
La conftitation, des lois: c'eft avec des lois que les premiers légiflireurs du monde arrachèrent I'homme fauvage
des forêts gu'il enfanglantoit par fes combats. La nature
humaing n'a point changé, ceft avec certe puiflance que
vous reconquerrez vos poffeflions en Amérique,
Mais, repréfentans, il eft une mefure que Thumanité
& la politique vons commandent. Cette mefare, nous l'avons
tous dans le coeur pour la reftauration de nos colonies. Lan
cienne commiflion vous a préfenté un projet qui rappelle
dans leur patric tous CeS hommes que li tetreur des feônes
fanglantesde Saint-] Domingue avsittranfportés aux cFtats-Unis
& en France > tous ceux que l'arbitraire avoit exilds chep
l'étranger. Je vous ai déja fait fentir dans tinl tapport, qui
étoit jufte de regagner à la république des citovens qu'on
placera toajours parini iles viétimes, &: non parmi les traltres.
Vos colonies, pour revenir à lenr premicie e astiviré, à leur
fplendeur, réclament, quand CC ne fcroit pas la juftice qai
l'exigeroit,cette mafle précieufe de populacion. Le gouverement doit fe hârer de la leur rendre. Il fant que ces hnommeslong-temps perfécutés long-temps malhenreux , trouvent
àl leur retour une confitation qui proregeleur vic, leurs prospriétés & leur afyle. Des iois turdlaires doivent les péaeders
dans un paysoi ils furent les victimes du defpoufiue de de
larbitraire.
fcroit pas la juftice qai
l'exigeroit,cette mafle précieufe de populacion. Le gouverement doit fe hârer de la leur rendre. Il fant que ces hnommeslong-temps perfécutés long-temps malhenreux , trouvent
àl leur retour une confitation qui proregeleur vic, leurs prospriétés & leur afyle. Des iois turdlaires doivent les péaeders
dans un paysoi ils furent les victimes du defpoufiue de de
larbitraire. --- Page 17 ---
No
La conftitution n'eft pas le feul bienfait que vous tous devez les
à vos colonies. Si les hoamies Y farent opprimés, féconde, ont
d'induftrie, tout ce qui crée & ce qui
moyens
Vous devez vous empreffer de verfer fur cette
été anéantis.
tous les fecours que fa pofition > que fa
terre malheurenfe
fommes avancées par le goudétrefTe réclament. Quelques érablitfement fous le nom d'emprunt
vernement raviveroient , quelque bientôt un pays qui n'attend que des
colonial ,
revenir à fon premier état. J'invoquerai ces
moyens pour
dans le projet que je vous
fecours & ces érabliflemens
ME
fenterai. Il eft encore une autre grande d'affeétion mefure les s colonies pat
quelle vous parviendrez à rattacher
liberté
Cette mefure eft la plus grande
a la métropole.
dans toutes les relations
dans lesimportations & exportations,
encore une
commerciales de ce pays avec vous. J'invoquerai des chofes, , VOS
commillion , pour regler, fur l'état préfent colonies. Alrapports politiques & commerciaux avec vOS voilà ce
vous
léger, adoucir, attirer à vous 2 protéger, 1
devez que les redevez faire à leur égard. On a dit que vous manufacture : la
garder comme une ferme, comme une les colonies doivent
liberté repouffe ces idées impolitiquess des mêmes droits
jouir, fi vous voulez les voir profpérer,
que tout le refte de la république.
je n'ai plus quie quelques réfexions à vous
Repréfentans , repouflet le fyfteme deftruéteur que l'on
préfenter, pour
vos
aux Antilles.
vous a propofé pour
polfetions donc la deftinée de vos
Quelle eft donc > quelle de feroit de crimes qu'il n'en a éclaté
colonies, trifte théatre plus
dans aucune
dans aucune révolution, chez aucun voient peuple, toutes los autres parcontrée de la terre ! Loriqu'elles
S ne
ties de l'Etat heureufes fous des lois conffirationnelles
pourront- elles jamais fe repofer fous une légiflation politive, des
fous des principes enfin qui les garancitlent à l'ayenir remplir le
bouevsfemensgselles y ont éprouvés : Croyant
é
colonies, trifte théatre plus
dans aucune
dans aucune révolution, chez aucun voient peuple, toutes los autres parcontrée de la terre ! Loriqu'elles
S ne
ties de l'Etat heureufes fous des lois conffirationnelles
pourront- elles jamais fe repofer fous une légiflation politive, des
fous des principes enfin qui les garancitlent à l'ayenir remplir le
bouevsfemensgselles y ont éprouvés : Croyant --- Page 18 ---
vacu de la conftitution, > impatientes de fe réunir à VOUS 9
elles avoient envoyé une repréfentation au Corps
vous avez
légiflarit:
regardécette députation commeinconfatiosmnolk,
vous l'avez rejetée. Dans ce moment peut-être,de nouveaux
députés traverfentles mers pour venir repréfenter les colonies
dans les confeils nationaux. Les mêmes vices annulleront
leur nomination encore. Les mefures que vous croyez politiques les menacent de ne pouvoir peut-être élire en
minal de repréfentation au Corps légiflacif. Vous invoquez gerla conftitution contre tout ce qui s'eft fair d'illégal dans les
colonies, & cependant elles n'ont pu jouir encore de cette
conftitution ; & c'eft lorfqu'clles en ont befoin pour mettre
un terme à leurs maux, lorfqu'elles vous la demandent,
qu'on vus propofe de leur porter un gouvernement militaire, l'image de ce gouvernement delpotique qui les régiffoit
avoit appefanti fur elles avant la révolution
les fers de SH plus intolérable fervitude ! Jufques à quand la
légiflation fera-t elle donc injufte & inconléquente à leur
égard? Ah ! légiflateurs, hâtez- vous de réparer ceS inconfequences & ces injuftices; hâtez-vous de les faire jouir des
mémes droirs que tous les autres départemens ! Qae la déciaration des droits 2 que l conftitution qui les déclaré
parties intégrantes de la république, ne foient plus pour
elles in vain fimlacre : élémens politiques, lois, inftitutious républicaines, rendons leur communs tous ces bienfaits, s poar qu'elles éteignent enfin leurs difcordes civiles.
Ahl fur-tout, que les noms de colons,de planteurs, de
nègres s foient pour toujours eflacés parmi nous; qu'ils ne
reparoiffent plus à cette tribune avec les idées que les paffions & Pintérér y ont tant de fois attachées, qui ont fait
couler rant de fang; que CCS noms foient relégués
jamais dans lcs codes barbarcs oû in defpotifme Eosi
avoit ofé convertir et loi le plus avilfant efclavage. Non,
la liberté ne rérrogradera pas dans les colonies françaifes;
j'en jure par la conflitation, où fcs droits facrés font
'ils ne
reparoiffent plus à cette tribune avec les idées que les paffions & Pintérér y ont tant de fois attachées, qui ont fait
couler rant de fang; que CCS noms foient relégués
jamais dans lcs codes barbarcs oû in defpotifme Eosi
avoit ofé convertir et loi le plus avilfant efclavage. Non,
la liberté ne rérrogradera pas dans les colonies françaifes;
j'en jure par la conflitation, où fcs droits facrés font --- Page 19 ---
des
confignés. Non,la voix des Rouffeau,
folemnellement
n'aura pas retenti en vain, travers les
Mably, des Raynal,
dans le cceur des fauvages;
mers, jufques dans les antres, arraché l'efclave de deffous
cc n'eft pas en vain qu'elle aura
cette voix, le
le fonet du plantent. Elle épouvanteroit, Thumanité, auroit la factilégiflateur qai, conjurant Phomine contre dans les chaines de fon
lège audace de remettre
cruel qui regarderoit un autre
femblable, & le propriéraire Qu'un paéte folemnel réunifle
homme comme fa propriété. affeétion les hommes de toutes les
aujourdhai d'une éternelie créal
la loi en fafle une
coulenrs. La nature les
égaux; que les fons de la difcorde
famille de frères. Cc no font plus
appelle aujourd'hui
impie, ceitla voix de la frarerniné, qui
de la Réde cette tribune tous les Français, quelque l'humanité. partie Que les expublique qu'ils habitent, à Tunion, laiffons échapper ici, aillent
prellions du fentiment que nous
dans nos colonies.
porterfefpérance & la' tranquillité favez toutes les peines., le
Pour vous, légillateurs, les gui facrifices enfin que coûte une
fang Sc les larmes, tous doublement refponfables envers
révolution; vous qui étes la
du fuccès de votre ouvos cnaremporains & de poftérité prendre dans une mare difcuflion
vrage, je vous conjure
éviter de nouveaux malheurs
les mefuresles plus fages, pour
& fauver les colonies.
Voici celles queje propofe.
N.
PROJET DE RESOLUTIO
confidérant qu'il eft inftant
Le Confeil des Cing-Cénts, les
de la République,
de refferrer entre elles toutes
parties à la métropole 5
& far-tout les colonics françaifes du commerce, de la marine; que
Confidérant que Pintérét fuire ceffer prompremene! lestroula politique commandenrdef colonies,
rérablir le calme, &
bles qui ont agité les
d'y
e.
N.
PROJET DE RESOLUTIO
confidérant qu'il eft inftant
Le Confeil des Cing-Cénts, les
de la République,
de refferrer entre elles toutes
parties à la métropole 5
& far-tout les colonics françaifes du commerce, de la marine; que
Confidérant que Pintérét fuire ceffer prompremene! lestroula politique commandenrdef colonies,
rérablir le calme, &
bles qui ont agité les
d'y --- Page 20 ---
potter des fecours dans ces contrées trop long-temps défolées
par la guerre civile,
Déclare qu'il y a urgence.
Le Confeil, après avoir déclaré l'urgence, a réfolu ce qui
fuir:
A R T I C L E P R E M I H R.
II y aura amniftie, dans les colonies, pour tous les délits
relatifs à la révolution.
Ne font pas compris dans l'amniftie ceux qui ont livré
des parties de Ja colonie aux Anglais 2 les émigrés avant
l'incendie du Cap & ceux qui ont porté les armes contre
la République.
I I.
Ies réfugiés & déportés depuis l'incendie du C apfoit
en France, foit aux Etats-Unis de P'Amérique, font rappelés,
la préfente loi, dans Jeurs foyers & fur leurs
ESLE, ils feront tranfportés aux frais du gouvernemer
dans leur pays.
IIL
Les commiffaires du Direétoire exécutif feront chargés
de proclamer la conftitution dans toutes les parties des iles
françaifes qui ne font pas occupées par-l'ennemi. Les autorités civiles, les commandans milicaires font chargés de
fon exécution.
I V.
Le gouvernement eft tenu de faire paffer inceffamment
aux colonies un cerrain nombre d'ouvriers pour le rétabiiffement des édifices & des habitations qui ont été ruinées
pendant les divifions qui ont agité Saint-Domingue. Il eft
également renude faireparvenir les uftenfiles & inftrumens --- Page 21 ---
des cultures. Ces fe.
aratoires néceffaires au rétabliffemen
les commiffaires
cours feront diltribués, à titre de défolées. prèt, par il fera décrété pour
civils, aux habitations les plus
cet objet une (omme de. 0
V.
Il fera érabli une cailTe fous le titre d'emprunt colonial; à la
colons
faire des emprunts à cette caiffe,
les
pourront
fur leurs propriétés & habitations.
charge commiflion de Thyporhèque fera nommée pour organifer cet établiffeUne & régler le mode de diftribution aux emprunteurs.
ment,
V I..
Le Corps légifarif déclare que ceux qui des auront établiffemens concouru de
par des fpéculations de commerce,. par
des
culure, & par des moyen d'induftrie, au rérabliffement
colonies, auront bien mérité de la patrie.
PROJET D'ARRÈTÉ
ARTI I C L E P R E M I E R.
Il fera nommé une commifion! 1 pour déterminer quels
d'après les lois, les biens appartenans à la République,
font,
le mode d'après lequel ces derniers pourront être
& régler
vendus.
II.
dérermiIl fera également nommé une commiflion les colonies pour & la métroner les rapports commerciaux entre de douanes
feront
pole, & revoir & fixer un tarif
venant auquel & fortang
affajetties les productions & marchandifes
de France & des colonies.
1 pour déterminer quels
d'après les lois, les biens appartenans à la République,
font,
le mode d'après lequel ces derniers pourront être
& régler
vendus.
II.
dérermiIl fera également nommé une commiflion les colonies pour & la métroner les rapports commerciaux entre de douanes
feront
pole, & revoir & fixer un tarif
venant auquel & fortang
affajetties les productions & marchandifes
de France & des colonies. --- Page 22 ---
IIL
La commiflion de clatlification des lois fera tenue de pr'-
fenter les mfutes légiflatives les plus convenables pour lixer
les engagemens entre les propriétaires & les cultivateurs, &
déterminer le smodifications aux lois déja faires pour le resfte
de la République, pour les appliquer à la nature du climat
des colonies.
I V.
Les rapports déja faits far la divifion du territcire des iles
françaifes, fur les déportés & réfugiés de Saint-Domingue >
foit en France, foit aux Etats-Unis de l'Amérique, feront
de fuite mis à la difcuflion.
A PARIS, DE L'IMPRIMERIE NATIONALE,
Prairial, an V. --- Page 23 ---
CORPS LEGISLATIR
CONSEIL DES CINQ-CENTS.
RA de PPO 2
R 1 T
FAIT
PAR JOURDAN,(de la Haute-Vienne)
Surles moyens de rétablirl'ordre à Sain-Dumingue.
Séance du 16 prairial an V.
REPRÉSENTANS DU PEUPLE,
Jr ne me préfente point à cette tribune pour traiter du
fond de la grande queftion fur les colunies, qui
le
Confeil depuis quelques jours. Vous avez nommé occupe une commiflion qui eft chargée de vous préfenter des projets de
a
A --- Page 24 --- --- Page 25 ---
E797
L1332
A Fte
--- Page 26 ---