--- Page 1 ---
AFOUO
ANIMO --- Page 2 ---
eAequired with tbe assistance
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Fund
JOHN CARTER BROWN LIBRARY
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Va le
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C 7
Tex lecir
Tenptinit
De Lantaer
2.4 nast
tulll Nacale --- Page 5 --- --- Page 6 ---
A
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mmm --- Page 7 ---
OEUVRES
DE
M. NAILLET-LACOSTE --- Page 8 ---
IMPRIMERIE DE A. BELIN. --- Page 9 ---
OEUVRES
DE
M. MAILLET-LACOSTE,
ANCIEN ÉLÈVE DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE, PROFESSEUR
DE RHÉTORIQUE AU COLLÉGE ROYAL DE ROUEN 2 MEMBRE
DES ACADÉMIES DU GARD ET DE ROUEN.
PARIS,
CHEZ A. BELIN, IMPRIMEUR - LIBRAIRE,
AUE DES MATHURINS S.-3., no. 14;
ET CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTES.
1822. --- Page 10 --- --- Page 11 ---
PREFACE
Roven, 20 novembre 1821,
CETTE loi, qui nous prescrit généralement le
silence sur nous-mêmes 9 serait le conseil de la
vanité, si elle n'était pas le précepte de la modestie. Il faut, en effet, tant de
précautions en
parlant de soi, 2 que le plus habile est, très-souvent, celui qui a pris la précaution de ne point
parler de lui.Je ne me serais pas écartéici d'une
loi, qui est, en quelque sorte, sous la garde de
tous les amours-propres, si elle n'avait souffert
une grande exception dans les préfaces; ; et je
n'aurais pas entrepris cette préface elle-même,
avec tant de développemens hasardeux où l'auteur parait toujours, si un critique du premier
ordre ne me l'avait, pour ainsi dire, commandée. J'ai obéi d'abord en tremblant. Je ne me
suis ranimé qu'en - jugeant enfin, non plus d'aa --- Page 12 ---
(i)
près mes premiers
torité du grand
aperçus 3 mais d'après l'aulittérateur
critique. Jé me suis dit, que le
bienveillant et éclairé, qui
indiqué une pareille
m'avait
de si grandes
tâche, ne devait pas y voir
diflicultés,
pable de les vaincre. puisqu'il me croyait CaJe dois avouer d'ailleurs,
des productions
que, dans la plupart
qui vont suivre,
peu attirépar les diflicultés
j'ayais été un
les obstacles ont été aussi elles-mêmes. Sidonc
d'abord le
grands ici quej'ai pu
fait
craindre, le grand
que me prescrire,
critique n'aurait
que j'avais déjà suivie pour la préface, une loi
était bon,
, pour le recueil. Or, il
une
peut-être, d'annoncer ce recueil
pièce qui en portât le caraétère.
par
Qu'onn'aille pas, cependant,
mière de Ces
attribuer la preune
productions au désir de
difliculté, ou de braver
surmonter
comme Tinspiration du
un péril. Elle a été
nité outragée;
moment. J'ai vu Thumaloppé le
et, dans ma douleur, s'est
peu de talent
dévenature.
que m'avait donné la
Je ne puis pas même diré
que jaie eu le mé-
ât le caraétère.
par
Qu'onn'aille pas, cependant,
mière de Ces
attribuer la preune
productions au désir de
difliculté, ou de braver
surmonter
comme Tinspiration du
un péril. Elle a été
nité outragée;
moment. J'ai vu Thumaloppé le
et, dans ma douleur, s'est
peu de talent
dévenature.
que m'avait donné la
Je ne puis pas même diré
que jaie eu le mé- --- Page 13 ---
(ij)
rite du courage. Dans la jeunesse surtout,
celui
qu'un sentiment généreux domine, ne brave
précisément le danger; ; il ne. le voit plus.
pas
Eh! faut-il donc tant de courage à l'homme
qui parle en faveur deThumanité, chez des
çais?Ne doit-il pas se dire qu'il est dans les Frand'une armée immense.
rangs
> qui, tôt ou tard, demeure victorieuse?
Aussi, le vrai courage, c'était de braver dèslors les reproches de ces âmes
lionnêtes, si
long-temps opprimées, 2 pour les
à
disposer ne
pas ensanglanter leur triomphe; pour leur faire
envisager, plutôt dans la classe des malheureux que dans celle des coupables, tant d'hommes qui, dans T'effervescence des
font des victimes
révolations, ne
que parce qu'ils
de leur propre délire. C'est lesontd'avance
par un tel motif
que doit s'expliquer une partie de la
suivante. Après tant d'horreurs, dont production
de déplorer la plus
je venais
grande,jes me hâtais de
dans des esprits
jeter
2 justément indignés,
germes de tolérance, afin
quelques
d'épargner à ma patrie
anedeces catastrophes, où des âmes vertueuses, --- Page 14 ---
(ir)
mais trop
ardentes, :.
menses avantages
compromettant leurs imhumanité même par la colère, font gémir cette
qu'elles
en résultait pour moi prétendent venger. Il
qu'en
cette position
paraissant plaider ma
singulière s
tribunal, qui, armé d'un
cause devant un
de me condamner,
grand pouvoir, venait
plaidé bien
sans donner ses
davantage la
motifs,Jai
veau tribunal, un
sienne, devant un nounouvean
vu la mobilité de la scène gouvemement, qui,
lever d'un moment à
politique, pouvait s'éjuges enaccusés.
Tautre, et transformer les
Dominé parde
je ne me jugeais
semblablesidées,
phus si
perdu et ma fortune
malheureux d'avoir
par les décrets
nies, et la
sur les colopar cet arrêté perspective d'une carrière honorable
technique; qui me renvoyait de TÉcole
parce que, dans la
polyqui avait
bouche de celui
souffert, ce
de
ne devait plus sembler langage la modération
Le vrai
suspect.
gir de la courage encore, c'était de ne pas roublaient liberté, au milieu des débris
son ouvrage.
qui semle joug de ses
Lorsque je l'ai vantée sous
tyranniques amis, ,, j'ai fait un effort
ar cet arrêté perspective d'une carrière honorable
technique; qui me renvoyait de TÉcole
parce que, dans la
polyqui avait
bouche de celui
souffert, ce
de
ne devait plus sembler langage la modération
Le vrai
suspect.
gir de la courage encore, c'était de ne pas roublaient liberté, au milieu des débris
son ouvrage.
qui semle joug de ses
Lorsque je l'ai vantée sous
tyranniques amis, ,, j'ai fait un effort --- Page 15 ---
(r)
douloureux sur moi-méme,
alors à mon enthousiasme puisque, en cédant
pour elle, je
paraitre obéir à la peur ou insulteràl pouvais
J'ai dû être absous,
Tinfortune.
plus sévères,
aux yeux des juges les
lorsquejai fait entendre
un grand Etat et dans un État
que, dans
avait
chrétien 2 elle
étéarrachéeases deux alliées naturelles, la
royauté et la religion.
Jai tenu ce langage, au momentoù
imprudent du Directoire
un message
ment de
venait de faire du serhaine à la royauté un objet de délibération, pour une assemblée
même une telle
française; ; présentait
ration
mesure, comme si toute délibédevenait superflue.
Des discussions si
doute
hautes, 2 en accablant sans
ma faiblesse, éveillaient bien
en moi, cette ardeur naturelle
davantage,
Elles
au premier âge.
agissaient sur mon âme, bien
qu'elles avaient d'élevé
plus par ce
vaient offrir de
que par ce qu'elles poule charme
hasardeux. Une fois placé sous
de ces grandes idées d'ordre, si souvent éclipsées dans nos orages politiques, je m'aveuglais à chaque instant, non-seulement
sous --- Page 16 ---
M
le point de vue du (j)
core sous lej point de danger vue de personnel, mais enTexécution
Ausi,jes sens bien
littéraire,
productions à
queje soumets ces
les
une épreuve bien
premières
présentant aujourdhui
périlleuse, en
pour elles cet intérét des qu'elles n'auront plus
tige du moment,
circonstancos, ce preslorsqu'il Lmpshopesinutine dans ces
fallait les
premiers essais,
sans de la
opposer aux fonguenx partimés dans démocratie, ont été clairement
plusieurs des productions
exprilorsqu'il a falla les
suivantes,
tables (t)
opposer à ces âmes
ciété
qui, au milieu des
respects
humaine, s'obstinent tempêtes de la SOfuge dans le pouvoir
à voir son unique remême été, en
absolu d'un seul. Ils ont
discours prononcé, quelque sorte, enseignés dans le
Tinfluence
en 1820, à
prétendue
Montpellier, sur
de nos
républicaine du système
sétudes.Presquer toute la seconde
partie est,
(t) L'auteur désigne
mi eux
surtout ici l'écrivain
reproduit le style de
qui a le.
combattant ses systèmes, M. de Montesquieu, tout en
Bonald.
unique remême été, en
absolu d'un seul. Ils ont
discours prononcé, quelque sorte, enseignés dans le
Tinfluence
en 1820, à
prétendue
Montpellier, sur
de nos
républicaine du système
sétudes.Presquer toute la seconde
partie est,
(t) L'auteur désigne
mi eux
surtout ici l'écrivain
reproduit le style de
qui a le.
combattant ses systèmes, M. de Montesquieu, tout en
Bonald. --- Page 17 ---
(vij)
en effet, consacrée àindiquerl'ordre, dans lequel
on pourrait conduire l'esprit de la jeunesse à ces
précieuses idées de la monarchie tempérée, en
prenant, pour point de départ, les anciennes
républiques, avec leurs vertus et leurs fautes.
Dans ce dernier ouvrage, rien ne devait plus
s'opposer à la hardiesse des développemens,
puisque cette liberté, telle que l'auteur en offrait
la théorie, après avoir été, tour à tour, la proie
des factions et d'un soldat, était devenue
la
France un présent de son roi. Cette uniformité pour
ded doctrine sur ces points fondamentaux,
objets
aujourd'hui des plus grands débats parmi les
hommes, devrait être une recommandation
un recueil dont plusieurs
pour
pièces ont été produites, à de longs intervalles, dans les circonstances les plus diverses. Envisagé sous ce point
de vue, ce recueil pourrait s'offrir comme un
seul ouvrage.
Dois-je dire que dans une de ces pièces, où
jai voulu résoudre une question politique bien
délicate, j'aurais parlé avec moins de sévérité.
de T'homme le plus extraordinaire de nos
temps. --- Page 18 ---
- s S
( a viij )
sijavais eu à parler de lui après sa
modernes,
le
dans ces
mort; si javais pu me représenter les plus noderniers momens, où les sentimens
et
honorer Thomme privé
bles qui pnissent di faire oublier les torts du
Thomme public, ont
Ah! malheur à celui
conquérant et du despote ?
senti expirer sa colère, à la seule penqui n'a pas
dans une terre d'exil, après
sée d'un tombeau, Malheur à celui qui n'a pas
tant de grandeur !
Thaumanitéprononcé
entendu ce sublime rappelàl
a vu ce guerrier,
du haut du trône, lorsqu'on Thomme qui en fut le
pleurant, devant son roi,
ennemi; et ce grand roi, consolant,
plus grand
complimentant ce guerrier!
politique enDans une autre pièce 2 purement
celui
jai soutenu un rôle bien pénible,
core,
de
mais, il m'était imposé
d'accusateur ou juge;
dont lUniversité
par Tamitié. Unde ces hommes,
qui
voulait connaitre des événeméns
s'honore,
incroyables à une âme comme
devaient sembler
dira-t-on, commula sienne. Pourquoi donc, me
dans le
aujourd'hui au public ce qui,
niquer
devait être confié à un seul? Cest
principe 2
rôle bien pénible,
core,
de
mais, il m'était imposé
d'accusateur ou juge;
dont lUniversité
par Tamitié. Unde ces hommes,
qui
voulait connaitre des événeméns
s'honore,
incroyables à une âme comme
devaient sembler
dira-t-on, commula sienne. Pourquoi donc, me
dans le
aujourd'hui au public ce qui,
niquer
devait être confié à un seul? Cest
principe 2 --- Page 19 ---
(ix)
qu'ayant à prononcer sur deux partis
jaiyu queje les jugeais moins sévèrement opposés 7
ne se jugeaient entre eux.
qu'ils
Or, je me consolerais
d'être hai de tous les deux, si je pouvais faire
en sorte que chacun d'eux haît un peu moins
l'autre.
Mais je craindrais de donner une fausse idée
de ce recueil, si je parlais toujours de ces
ductions relativesà àla politique.
pro-
.Pourmesoulager
moi-méme, je veux en indiquer une d'un autre
genre à ces âmes contemplatives et tendres,
les discussions politiques
que
importunent. Si elles
daignent la parcourir, elles pourront bien y être
blessées encore sur quelques points. Mais,
le lointain où tout leur sera
2 dans
offert, elles
veront plus que des
n'éprousouffrances, ou plutôt,
des émotions du genre de celles
que
que nous allons
chercher à nos spectacles. C'est même le plus imposant de tous les spectacles qui leur sera
senté. Je veux
l'essai
prédésigner
sur la perfectibilité indéfinie de l'espèce humaine. On
sous le rapport du
trouvera,
style, un grand contraste
entre cet aperçu etlouvrage quej'ai voulu com- --- Page 20 ---
AAM A
-
w
(x)
de
que jattaque présente
battre. Le philosophe
ce calme qui sembleséduisantes erreurs, avec
des véà la vérité; etjeluiopposed
rait convenir
exaltation qui semblerités austères, 2 avec cette
Mon excuse 2
conduire à toutes les erreurs.
dans
rait
se trouvera
si ce n'est pas ma justification, maguilique, sans
le plus
,et
ce sujet extraordinaire, s'offrir, et au philosophe,
contredit, qui puisse
la hauteur où il fallait
et au poëte. A
à Torateur,
imposible
le bien voir, 2 il m'étaitir
sous
me placer pour J'avais; à chaque instant,
de n'être pas ému.
avec sa grandeur et
Tespèce humaine
les yeux,
doctrine erronée elle-même,
Cette
ses misères.
dans un jour si éclatant,
qui me la présentait
que, son effet
devait opérer sur moi, ne fat-ce météores qui brild'un moment 7 comme ces ramenait même à
pour s'évanouir. Elle me
Rien ne
lent,
chose de positif et d'auguste. notre
quelque
la sublime horreurde
prouverait, en eflet,
ces écarts du malnature pour le néant, comme à force de réveries, 2
heureux philosophe, qui, la mort, , retombe
plus rien après
ne voyant
réverie nouvelle, lorsque,
épouvanté dans une
à
météores qui brild'un moment 7 comme ces ramenait même à
pour s'évanouir. Elle me
Rien ne
lent,
chose de positif et d'auguste. notre
quelque
la sublime horreurde
prouverait, en eflet,
ces écarts du malnature pour le néant, comme à force de réveries, 2
heureux philosophe, qui, la mort, , retombe
plus rien après
ne voyant
réverie nouvelle, lorsque,
épouvanté dans une
à --- Page 21 ---
(xj)
dans la vahité de ses
ler
pensées, : il va jusqu'à recuindéfiniment (r) cette limite importune de la
vie, pour transporter à lhomme, surla
que la religion ne lui
terre, ce
tre existence.
promet, que dans une auEn dissipant ce brillant
dont le philosophe voulait
prestige,
entourer notre humanité,je la voyais encore assez belle, méme indépendamment de son éternel avenir.
vais cesser
Sije poud'admirer, c'était pour plaindre, et
jamais pour hair. Ah! celui queje combattais
.m'en donnait pas l'exemple, lui, dont
ne
aurait pu paraitre l'émanation
l'ouvrage
d'une âme heureuse, égarée par T'admiration ou par la reconnaissance, au milieu des plus sublimes
ples de vertus, tandis qu'il écrivait
exemde ses bourreaux.
souslejoug
Aussi, au milieu du grand
spectacle
voir que. lui..
neplus
tipiatdgnateapueipee
hienbidhevaglsiadenn
pour
(1) Ce philosophe unissait ces deux
en effet, doivent aller ensemble
erreurs, qui,
définie de l'espèce
: la perfectibilité indéfini de la vie. humaine. et le prolongement in- --- Page 22 ---
mrm -
AMN
asanrssr
/ AAA
(xij)
s'oublinit toujours. Etjai demandé,
l'auteur qui
dans ma douleur, où
dans ma vénération et
étaient ses statues et sa tombe. voulais donTidée que je
Afin de compléter descends de ces hauteurs
ner de ce recueil, je
au-dessous de
contemplative,
de la philosophie
d'ohje suis parti,
cet ordre des idées politiques d'un ordre pureet jarrive. à deux productions de T'éloge de Rollin
ment littéraire, la préface exercée par les journaet le traité dela critique
à ces deux
de préférence,
listes. Je m'arrête, eveucfireéranouire ce qu'elles
pièces, parcequeje
à des esprits inatoffrir de superbe
au
pourraient
sembler, en eflet,
tentifs. Elles pourzaient manifestes, dictés par
premier coup d'ceil, deux
puissances
contre les deux grandes
la passion,
des lettres. Or,je
la république
qui se disputent insulter que flatter les puisne veux pas plus
sances.
deléloge de Rollin,
Pourjustifier cette préface
et elles me
il me suffira de deux remarques 2 d'oà je suis
conduiront précisément au point
parti, pour la commencer.
à
a A
2 -
Elles pourzaient manifestes, dictés par
premier coup d'ceil, deux
puissances
contre les deux grandes
la passion,
des lettres. Or,je
la république
qui se disputent insulter que flatter les puisne veux pas plus
sances.
deléloge de Rollin,
Pourjustifier cette préface
et elles me
il me suffira de deux remarques 2 d'oà je suis
conduiront précisément au point
parti, pour la commencer.
à
a A
2 - --- Page 23 ---
( xiij )
La première, c'estqu'on pourrait contester
jugemens académiques
aux
jusqu'à cette
tion
qualificad'académiques ; puisque très - peu d'académiciens 2 surtout, , depuis nos malheureuses
divisions politiques, prennent connaissance de
tous les ouvrages envoyés au concours
lors, il est
; que, dès
possible que tel ouvrage, qui n'a
même été mentionné, eût obtenu le
pas
l'avaient
prix, si tous
doit
connu. Avec cette simple attention, on
cesser de voir, d'un côté, l'académie
ou même la majorité de
entière
lacadémie, etde l'autre
un seul individu; ; cequien
en
Et,
efetseraitaccablant.
présentant cette première
signale plutôt un abus des comités, remarque, je
cuse la négligence des
queje n'acmême
académiciens 3 et, lors
que jaccuserais leur
loin d'attaquer
négligence, je serais
leur caractère. Je déclare, sans
ironie,, que l'élevation même de certaines âmes
peut les égarer ici. Elles ne conçoivent
ce's soit un si grand malheur d'être
pas que
palme,
frustré de la
académique; elles ne s'arrêtent pas aux
conséquences qui peuvent en résulter : et voilà
pourquoi.elles s'épargnent la fatigue non-seule- --- Page 24 ---
AA 2 M mm
asA A sss
(xiv )
2 mais même
ment de juger avec circonspection, vientnuires à leurjustice.
dejuger. Leurr rmodestie
travaux oùl elles
J'ajonterais que, vu les grands
vienabsorbées, leur justice
sont très-souvent
drait nuire à nos plaisirs. et elle exigera quelLa seconde remarque,
faut beau-.
développetens, 7 c'est quils'en des auteurs
ques
secret sur les noms
coup que ce
Pavais pensé. Des mosoit observé, comme je
à un peu de pajoints
tifs même gespectables,
peuvent conspirer
resse dans les académiciens,
violer cette
Tambition des concurrens pour
en
avec
tant d'onvrages devient,
loi. La tâche de juger
à de moins
on est exposé
effet, moins effrayante; les noms des auteurs
lorsque
fortes méprises,
les beautés et les fauites.
penvent faire pressentir même les juges les plus
Mais alors, en supposant
il leur est diffcile
éclairés et les plus intègres; à cette. première
complétement
de se soustraire'
/écrivain
ils se placent.
influence sous laquelle
erindre d'avoirété
obscur doit toujours un pen Il leur est difficile
opprimé par un grand nom.
aux
toujours aux impalisions,
encore de résister
3 me
-
prises,
les beautés et les fauites.
penvent faire pressentir même les juges les plus
Mais alors, en supposant
il leur est diffcile
éclairés et les plus intègres; à cette. première
complétement
de se soustraire'
/écrivain
ils se placent.
influence sous laquelle
erindre d'avoirété
obscur doit toujours un pen Il leur est difficile
opprimé par un grand nom.
aux
toujours aux impalisions,
encore de résister
3 me
- --- Page 25 ---
- Xv )
illusions même de l'amitié, de la haine
Qu'on ne me dise pas qu'ils doivent peut-être. être
moins disposés à traiter, avec
au
ménagement, les
concurrens qui ne se sont pas fait connaître.
Puisque lintrigue est si générale et si
leur
active, ils
supposeront bien moins de scrupule que de
prudence. Leur premier mouvement
ser que de tels hommes
sera de pende
n'ont pas d'amis au sein
lacadémie, ou qu'ils n'ont pas un nom
puisse fournir des
qui
présomptions en leur
qu'ils formentdès lors ce vil peuple,
faveur;
la loi que parce que la loi les
quin'observe
de
protège. Je viens
supposer ce tribunal, jugeant ou
de juger sans passion. Mais,
s'efforçant
surtout que la passion
n'est-ce pas là
tel homme,
règne sans remords; que
qui dans nos tribinaux
rait fait Théroique sacrifice
civils, autice,
de l'amitié à la
se croit même obligé de
jnsveur de celui
prononcer en faqu'il aime; que d'autres âmes
fortes, qui ne voudraient
plus
tice, daignent
pas commettrelinjuse
rarement la combattre,
linjustice ne leur
parce que
heur
semble, en pareil cas 2 un malque pour la vanité P J'ai supposé
encore --- Page 26 ---
AA M V - 2 à M
A A sAas
(si)
éclairés. Mais,
composé de juges
tout ce tribunal
sans nous écarter beauou du moins,
sans sortir,
en effet, vraisemblacoup de cette supposition, attendre à tronver la,
ble, il faudra bien nous
dans la force des
ailleurs, cette inégalité
comme
établit la domination,
volontés ou des talens, 2 qui
Voyez, dès lors,
de quelques-uns.
invisible
la tyrannie
être, à la fois,
comme Tintrigue pourra
Rouvmagenidioers
etpuissante.( Quelanteurdanc
beautés; se
quelques
cependant
oul
où se trouvent
la faveur de deux
soit secrètement ménagé
influence. Leur
acalémiciens d'une grande
d'entrois
avec une volonté fixe,
sera-t-il diflicile,
étrangers peut-être à des
traîner ces esprits qui,
méme faire des
affections personnelles, peuvent tant soit peu recomvoeux pour qu'un onvrage, ce suppliced'une
vienne les sarracheràd
mandable,
prolongte?le ne conçois
discussion minntiense,
influens
où ces académiciens
qu'une supposition
Cest celle où le conseraient forcés d'être justes.
talent,
d'un grand
cours offrirait un ouvrage Mais, s'il faut que cet
par un grand nomlui-même,
protégé
talent se protège
ouvrage d'an grand
AA à -
recomvoeux pour qu'un onvrage, ce suppliced'une
vienne les sarracheràd
mandable,
prolongte?le ne conçois
discussion minntiense,
influens
où ces académiciens
qu'une supposition
Cest celle où le conseraient forcés d'être justes.
talent,
d'un grand
cours offrirait un ouvrage Mais, s'il faut que cet
par un grand nomlui-même,
protégé
talent se protège
ouvrage d'an grand
AA à - --- Page 27 ---
(x xvij )
je ne crois même pas qu'il leur faille
effort, pour faire prévaloir
un grand
T'ouvrage médiocre,
lorsque je considère que, dans les réunions les
plus distinguées par T'esprit, les seules illusions
du ton de la lecture ont
pu souvent faire trouver
risibles des morceaux
sublimes, et sublimes des
beautés communes. Enfin,
dénoûment,
lorsqu'on touche au
lorsqu'on va découvrir le nom
cet écrivain secrètement
de
favorisé; comme ces acteurs, qui soignent surtout la fin de leur
ces mêmes hommes,
rôle,
qui connaissaient ce nom
d'avance, sont ceux qui affectent le plus vifdésir de le connaître; et tous
la
proclament, à la fois,
modestie et le talent du vainqueur.
Me dira-t-on que ce tribunal doit au moins
redouter cet autre tribunal du
bien plus
public? Il compte
y trouver un complice
toutes les fois qu'ilaura sacrifié
qu'un juge,
des écrivains inconnus. Si, heureusement pour la
nous intéressons à T'innocence société, nous
qu'on
trbs-malhenresement
opprime 2
pour cette république des
lettres, nous nous intéressons bien
qu'on méconnaît
peu au talent
ou qu'on outrage. La paresse à
b --- Page 28 ---
mu -
aamarsn
a
AAA
(xviij )
dansTexamen, devienexaminer, les préventions
tribunal imponent bien plus fortes, lorsqu'un et de la rareté du vrai
Par une suite
sant a parlé.
naturelle à Thome, nous
talent et de la vanité
à voir de la vanité
sommes bien plus disposés inconnu qui rédu talent dans cet écrivain
nous nous
que
même l'avoir juge,
clame; et, sans
le ridicule.
hâtons de le punir par
dans ces considéraIl est bien évident que, parler plutôt pour
tions, je n'ai pas prétendu concurrens sans intrimoi que pour tous ces exprimé des opinions
gue, qui anraient surtout
Je serais d'une
à celles de leurs juges.
contraires?
n'étais pas disposé
présomption sans excuse,sijes il s'en trouve
dans ce nombre,
à croire que,
sont de beaucoup
dont les ouvrages
plusieurs
supérieurs au mien.
de m'engager est si
Cette partie où je viens
difficiles poursientbien
délicate, que des esprits
un nouveau tort.
voir, dans cette justification, de tels arrêts, lorsqu'on
Maisondoitser résignerà
des
issarder
résoudre à traiter
sujets
a pu se
d'occasions, la adeviedefkerit.
Dans beancoup
,
à croire que,
sont de beaucoup
dont les ouvrages
plusieurs
supérieurs au mien.
de m'engager est si
Cette partie où je viens
difficiles poursientbien
délicate, que des esprits
un nouveau tort.
voir, dans cette justification, de tels arrêts, lorsqu'on
Maisondoitser résignerà
des
issarder
résoudre à traiter
sujets
a pu se
d'occasions, la adeviedefkerit.
Dans beancoup --- Page 29 ---
(xix) )
doit être celle du guerrier : per tela,
ignes.
per
Je devais être surtout animé de cet
esprit, en
parlant del la critique exercée parlesjournalistes;
puisque, dans ce sujet comme dans le précédent,
j'avais à faire voir une. belle institution
pervertie;
que,dès lors,Jaurais mérité les mépris de cette
critique contemporaine, si je n'avais pas, sur
quelques points, bravé sa colère. Il est vrai
je n'ai pas été condamné à blâmer
que.
dans ce siècle comme dans tous les toujours. Si,
institution de la
autres, cette
critique a été très-souvent corrompue par la passion, elle a été plus que jamais
honorée par le talent. On peut même citer des
circonstances où le caractère et le talent se sont
unis pour enlever tous les suffrages. Quoi de plus
noble, par exemple, que la joie avec laquelle le
grand écrivain quela France vient de
a annoncé au monde littéraire celui perdre,
est
(2) qui en
aujourd'hui un des plus beaux ornemens ?
Mais les motifs puisés dans l'intérêt
personnel
(r) M. de Fontanes. (2) M. de Chateaubriand. --- Page 30 ---
AAN s A A M mrrs
ao a SAAS
(xx) I
J'avouerai donc
les plus décisifs.
sont toujours distrait des tristes vérités renque rien ne m'a discours sur la critique, comme
fermées dans ce
qui, sans aula conduite des deux littérateurs, avaient parlé les precun e relation avec moi,
l'un dahs le
de mes essais,
miers de quelques-uns du 8 mai 1811; l'autre dans
journal de T'Empire
des années 181I
numéros du Mercure
plusicurs
Si T'on peut me
erepochendweintone
et 1812.
discours dans la colère,je
pluisieurs pages de ce
avoir trouvé queldois à ces deux écrivains d'en
des sentimens
au milieu de T'effusion
ques unes ,
Il est tel passage oi, lorsque
les plus affectueux.
qu'une vérité générale,
je semblais n'exprimer
Les louanges que
ma reconnaissance.
jexprimais
deux écrivains, en m'ôtant,
m'ont données ces
ici, m'imposent,
le droit de les louer
MM. Duspent-étre,! le devoir de les nommer :
au moins,
sault (t) et Boufllers.
celui qui m'a fait conJ'allais nommer encore
Littéraires, ouvrage en
(1) L'auteur des Annales
chez Maradan.
4 forts volumes in-80., imprimé
exprimer
Les louanges que
ma reconnaissance.
jexprimais
deux écrivains, en m'ôtant,
m'ont données ces
ici, m'imposent,
le droit de les louer
MM. Duspent-étre,! le devoir de les nommer :
au moins,
sault (t) et Boufllers.
celui qui m'a fait conJ'allais nommer encore
Littéraires, ouvrage en
(1) L'auteur des Annales
chez Maradan.
4 forts volumes in-80., imprimé --- Page 31 ---
(xxj)
naître au premier des écrivains (1), que je viens
de désigner; qui, dans ces derniers
surmonté ses souffrances
temps, a
pour me recommander
au second (2) dans une lettre, brillante
sion de son âme; et je l'aurais d'autant plus expreslontiers nommé, qu'il n'a plus aujourd'hui d'au- votre pouvoir que l'ascendant de ses qualités personnelles. Mais j'ai craint que ma reconnaissance
ne fit pas d'accord avec sa modestie. J'ai craint
d'offenser, par un tel hommage, l'homme qui
n'a pas voulu,jusqu'ici,
communiquer. rau public
une seule ligne de ces nombreux
manuscrits, sur
lesquelsjsientendule premierdeceidesgrads
écrivains s'exprimer. avec admiration. Avec tant
de titres et tant d'indifférence, tout ensemble,
pour la gloire 7 il sera le premier, peut-être, à
condamner la publication d'un si faible recueil.
C'est cependant à lui que j'ose le dédier.
(t) M. de Fontanes. Le résultat de cette
dation a été pour l'auteur l'entrée dans recommanparla chaire de rhétorique, au Lycée de Nice, l'Université, enr8r2,
(2) M. de Châteaubriand, --- Page 32 ---
M
2 a - A AM
V a
NR
A --- Page 33 ---
TABLE
DES MATIÈRES.
Pxéracr.
Sur la Fête du 21 janvier,
Page j
ordonnée par la Convention e
Au Directoire, quiavait
I
renvoyél'auteur de P'École
polytechnique , à cause l'article précédent. 5
Sur le Serment de haine à la Royauté, demandé
par le Directoire..
Sur les outrages qu'avait
essuyés, dans le palais
du Directoire, un Journaliste connu
horreur pour les excès de la révolution.. par son
Sur le système de la Perfectibilité
sur l'un de ses auteurs..
indéfinie, et
Sur Brutus faisant mourir
ses enfans.
Ad? summun Pontificem
per Nicaeam iter facientem (postridie ejus adventàs).Anno 1814
se februario
menTraduction de l'article
précédent.
--- Page 34 ---
V AA 5 A $ M amras
(xxiv )
Considérations générales sur les Juifs, depuis le
retour de la captivité de Babylone jusqu'à la
destraction de Jérusalem par les Romains.. Sur les troubles de Nimes..
Littéraire, exercée surtout par
De la Critique
les Journalistes..
Préface de l'Éloge de Rollin.
Éloge de Rollin..
Extraits d'un discours sur FInstruction, pronondans l'année 1809, et en latin
cé en français
dans l'année 1811.
nouvelle sur un point de politique et
Question
de morale.
républicaine du sysSur TInfluence prétendue
tème de nos études.
Discours prononcé parl V'auteur, dans P'Académie
1821, lorsqu'ily fut nommé à
de Rouen, en
la place de M. Lepitre .
- - A A
loge de Rollin..
Extraits d'un discours sur FInstruction, pronondans l'année 1809, et en latin
cé en français
dans l'année 1811.
nouvelle sur un point de politique et
Question
de morale.
républicaine du sysSur TInfluence prétendue
tème de nos études.
Discours prononcé parl V'auteur, dans P'Académie
1821, lorsqu'ily fut nommé à
de Rouen, en
la place de M. Lepitre .
- - A A --- Page 35 ---
OEU VRES
DE
M. MAILLET-LACOSTE,
DE SAINT-DOMINGUE
SUR LA FÉTE
DU 21 JANVIER,
ORDONNÉE PAR LA CONVENTION.
(Imprimé lezr janvier 1796, dans le journal intitulé
le Censeur des journaux.) )
Jr suppose que, transporté chez un peuple
inconnu, je visse toutl l'appareil d'une grande
fête nationale ; je me dirais : Peut-être est-ce
asjpardhoiannivenaine d'une victoire éclatante, ou d'une paix long-temps désirée, ou
d'une révolution heureuse, Sij'apprenais
que
I --- Page 36 ---
M MA
AA SAAA
(2)
d'une telle fête fut le supplice d'un
l'objet
aurait péri dans le cours d'une
homme qui
révolutionsouillée
révolutionsanglante, d'une
des crimes inouis : ces crimes, me diraispar
auront été sans doute son ouvrage; (1)
je,
insensé et cruel
peut-être est-ce un prince
voulu étendre au-dela des bornes
qui aura,
Pour lui la probité
T'autorité de ses pères.
un ridicule,
aura été une chimère, 2 la religion
salutaire des lois un attentat,
la contrainte
des peuples un blasphèle cri respectable
né sur le
au lieu d'un prince
me ; (2) ou,
né de la
trône, peut-être est-ce un monstre
factions qui aura usurpé tous les poulie des
la
des propriétés, tyvoirs. L'envahissement
des
rannie des consciences, la proscription
signalé cette désastreuse épotalens, auront
vieillard, auquel j'ouque. Je suppose qu'un
(1) Ce que Louis XVI ne fut pas.
(2) Ce que Robespierre fut.
A
V --- Page 37 ---
(3)
vrirais ainsi mon âme, m'arrétàt et me dit:
c Les derniers crimes dont votre imagination
vient d'ébaucher la peinture, et d'autres encore, que je vous pardonne dene pas pouvoir
imaginer, ont effectivement tsouillénotre
age >
mais ce n'est pas leur éclatante punition
que
nous célébrons ici, nous célébrons plutôt leur
affreux prélude.
)) Le prince quià pareil jour fut conduit à
l'échafaud n'y avait fait monter personne.
)) S'il eût eu quelques vertus de moins, il
n'aurait pas péri.
)) Son prédécesseur, au milieu des transports d'amour de tout son peuple, disait:
Qu'ai-je donc fait pour être tant aimé? Lui,
il aurait pu dire : Qu'ai-je donc fait pour être
tant hai?
)) Revêtu d'immenses pouvoirs, il a mieux
aimé les communiquer que d'en user. Il est,
dans une longue suite de siècles, le seul
prince qui ait voulu voir son peuple libre,
quelques vertus de moins, il
n'aurait pas péri.
)) Son prédécesseur, au milieu des transports d'amour de tout son peuple, disait:
Qu'ai-je donc fait pour être tant aimé? Lui,
il aurait pu dire : Qu'ai-je donc fait pour être
tant hai?
)) Revêtu d'immenses pouvoirs, il a mieux
aimé les communiquer que d'en user. Il est,
dans une longue suite de siècles, le seul
prince qui ait voulu voir son peuple libre, --- Page 38 ---
A
(4)
ait été puni comme un tyran. >
et le seul qui
et déchiré
d'un récit aussi étrange,
Surpris
le contraste de ce que
tout ensemble par d'abord et de ce que je
j'aurais imaginé
croirais transviendrais d'entendre, je me
où les idées
porté dans une contrée barbare, verserais des
seraient eflacées : je
de justice
ce peuple;
larmes amères surtaveaglementded
en
ainsi Jui-même sa honte,
qui perpétuerait
ses propres
consacrant, en immortalisant fuir une terre où
écarts; et me hàtant de
le
aurait des fêtes, je supplierais
le crime
d'aussi
à jamais ma patrie
Ciel de préserver
déplorables excès.
a --- Page 39 ---
(5)
AU DIRECTOIRE,
Qui avait renvoyé Pauteur de l'Ecole
polytechnique 9 d cause de Particle précédent.
( Les princes équitabies n'ont jamais balancé à se con5) damner eux-mêmes dans les discussions
et
> la position la plus avantageuse au bon droit douteuses; est d'avoir
> à se défendre contre une partie intégre et
> juge dans sa propre cause. )
éclairée,
J.-J. RoUssEAU.
Jz m'étais déterminé d'abord à subir
en silence votre arrêté qui me renvoie de l'École
polytechnique, mais j'ai craint que par là je
ne parusseme défier ou de mon innocence ou
de votre justice.
Je me suis dit : Il a été évidemment fait
une surprise à l'autorité. La détromper, c'est
la servir, et sans doute aussi ce sera lui --- Page 40 ---
(6)
faire de plus agréable
plaire; ; car, quepeut-on
que de
qui se respectent,
à des magistrats
ou de recond'être justes
leur offrirloccasion
naitre qu'ils ne lont pas été?
Je vais donc, citoyens Directeurs, poursorte en votre nom, ceux
suivre, en quelque
inattention que des
qui ont abusé de cette
doivent
hommes occupés de grandes affaires
porter dans les petites, pour
naturellement
contre lequel
vous entrainerà à Facte irrégulier
je réclame.
cet acte. Il condamne et
1l est irrégulier,
sijamais un
n'est pas motivé (1). Cependant, c'est bien, ce
arrêté a besoin d'ètre motivé,
me semble, lorsqu'il condamne.
mes
donc réduit à deviner
Je me voyais
les découvrir,
torts. Mais inutilement, pour
simplement : aLe Directoire
(1) L'arrêté portait
MAnEr-LACOSTE de FÉexécutif renvoie le citoyen
cole polytechnique. >
1l est irrégulier,
sijamais un
n'est pas motivé (1). Cependant, c'est bien, ce
arrêté a besoin d'ètre motivé,
me semble, lorsqu'il condamne.
mes
donc réduit à deviner
Je me voyais
les découvrir,
torts. Mais inutilement, pour
simplement : aLe Directoire
(1) L'arrêté portait
MAnEr-LACOSTE de FÉexécutif renvoie le citoyen
cole polytechnique. > --- Page 41 ---
(7)
j'ai interrogé ma conscience ; je l'ai trouvée
muette, comme l'arrêté lui-méme.
Enfin, des personnes qui voient autrement
que moi, ont indiqué à mes serupules une
lettre publique oùt je condamnais l'anniversaire du 21 janvier. Eh bien ! donc,
soit là mon crime; c'est celui de la que ce
totalité des Français.
presque
Sans doute que nos adversaires n'exigeront
pas de nous un respect aveugle, une vénération superstitieuse pour tous les événemens
dontla révolution se compose. Deleur
propre
aveu, nous pouvons, , nous devons même en
condamner quelques uns. Or, oseront-ils
bien fixer le terme où doit s'arrêter notre
censure?Ils diront peut-être
que présenter la
mort du Roi comme un crime, c'est signaler
à la France ses premiers
magistrats comme
des hommes criminels. S'ils
lire
pouvaient
au
au fond de mon âme, ils verraient combien
une conséquence aussi odieuse répugne à mes --- Page 42 ---
V A
(8)
11 est en effet une vérité dont je
principes.
jamais; ; c'est que dans les
suis plus frappé que
le
révolutions plus qu'en aucun autre temps,
horrible s'offre quelquefois à
crime le plus
de l'action la plus
nous sous les apparences
les âmes
belle. Dans ces effroyables crises,
deviennént aisément des âmes
énergiques
vigueur leur est fatale.
atroces. Leur propre
dans
Elles ne s'en plongent que plus avant
les excès. On les voit, dans leur délire,
l'héroisme, la
prendre T'exagération pour
la grandeur. Elles ne sentent
cruauté pour
plus, n'agissent plus comme
plus, ne jugent
transformées en
les autres. Vous diriez que,
êtres, elles ont une autre conde nouveaux
morale.
science, une autre raison, une autre
dont l'effet naturel, lorsque nous
Ces idées,
est de nous invoulons nous en pénétrer,
à
cliner à la tolérance; ; de nous disposer
plutôt qu'à hair; à voir des hommes
plaindre
coupables ; à
égarés plutôt que des hommes --- Page 43 ---
(9)
être indulgens pour. les
personnes, lors même
que nous sommes inexorables sur les choses
ces idées, que doit avoir sans
:
à son esprit tout homme
cesse présentes
acteurs d'une
qui veut juger les
révolution, ont toujours été
présentes au mien. Elles ont fait, à mes
lajustification d'une foule de
yeux,
j'estime en dépit de leurs personnes, que
doute, citoyens
écarts, et sans
la mienne.
Directeurs, elles feront ici
Voilà mes adversaires désarmés
partie à laquelle ils
dans une
auront cru peut-être
que je n'aurais pas même osé toucher.
respect que nous devons
Du
aux hommes ils
passeront sans doute à celui
vons. aux choses; ils
que nous deévénement
diront que flétrir un
qui a eu une influence
diate sur
imméT'affermissement de la
c'est flétrir la république
république,
même.
éclairés, j'en appelle à
Républicains
que
vous : est-il vrai
T'affermissement de cette
république,
je n'aurais pas même osé toucher.
respect que nous devons
Du
aux hommes ils
passeront sans doute à celui
vons. aux choses; ils
que nous deévénement
diront que flétrir un
qui a eu une influence
diate sur
imméT'affermissement de la
c'est flétrir la république
république,
même.
éclairés, j'en appelle à
Républicains
que
vous : est-il vrai
T'affermissement de cette
république, --- Page 44 ---
a
f10)
ait tenu dans le
qui vous est si chère, homme ? Vous
à la mort d'un
principe
frémiriez de le penser. Que
rougiriez, vous
veulent lui
direz-vous donc de ceux qui
même, un de ses
faire, de cet événement
sans doute
titres de gloire? Vous ne verrez
aveudes hommes tout au moins
en eux que
Thonorer,
qui T'ontragent en croyant
gles,
en la croyant défendre.
quila compromettent il serait vrai que cet
Mais je vais plus loin,
été nécessaire
événement déplorable aurait
de la république 7 que
à laffermissement
hautement
encore le condamner
je pourrais
ennemi de la république.
sans être pour cela
désapprouver
Et, en effet, ne puis-je pas la naissance
ont accompagné
les excès qui
et néanmoins
d'un certain ordre de choses,
choses en
et chérir cet ordre de
approuver Pour juger un gouternement,
lui-mème?
tel qu'il est,
le
ce me semble,
on prend,
être d'abord. S'il fait
et non tel qu'il a pu --- Page 45 ---
-o
(I)
le bonheur du peuple (et si notre
ment n'a pas encore atteint
gouvernece but, il peut
l'atteindre), s'il fait, dis-je, le bonheur du
peuple, ila par là même
rempli sa destination, etl'on peut bien encore
déplorer, mais
non plus reprocher le passé, Que
effet d'un homme
penser en
qui viendrait dire à une
nation heureuse sous un gouvernement
lier : Il faut détruire l'ordre
réguactuel des
choses; ; il a commencé par des crimes. Le
détruire,
dirait-on, ce serait chercher un
remède violent
pour un mal qui n'est
ce serait immoler le
plus;
serait
présent au passé; ce
sacrifier notre bonheur à notre
geance. Telle serait la
venle
réponse que dicterait
simple bon sens-, et telle n'est
dant la
de
pas cepenlogique nos
adversaires; car, selon
eux, se déclarer contre la
se déclarer
révolution, c'est
contre le
la
gouvernement; faire
censure de l'une, c'est vouloir la ruine
de l'autre.
immoler le
plus;
serait
présent au passé; ce
sacrifier notre bonheur à notre
geance. Telle serait la
venle
réponse que dicterait
simple bon sens-, et telle n'est
dant la
de
pas cepenlogique nos
adversaires; car, selon
eux, se déclarer contre la
se déclarer
révolution, c'est
contre le
la
gouvernement; faire
censure de l'une, c'est vouloir la ruine
de l'autre. --- Page 46 ---
(1)
Il reste donc démontré que j'ai pu désapT'anniversaire du 21 janvier, et
prouver
à la
Bien plus, 2
être attaché
république.
suis attaché à la républic'est parce que je
V'anniversaire du
que que j'ai désapprouvé
exercer
J'ai cru non-seulement
21 janvier.
mais même remplir un devoir,
un droit,
déshonorait
une fète qui
en condamnant
le
de mon pays,
à mes yeux gouvernement
des conséet offrait à mon imagination
beaucoup plus graves qu'on ne
quences tenté de le croire d'abord. Il est en
serait
de l'homme des sentimens
effet dans le coeur
toujours impunément,
qu'on ne heurte pas
fond de
tiennent à un
surtout lorsqu'ils
le malheur,
générosité, à la compassion pour
à des souvenirs chers ; surtout lorsqu'une
nation nombreuse et éclairée les éprouve
et les manifeste avec éclat.
avec énergie
doit fléchir alors
Un gonvernement sage
puissance de l'opidevant cette redoutable --- Page 47 ---
O
(13)
nion, s'il ne veut pas compromettre la sienne;
Que sera-ce, si dans une solennité
il met une sorte d'ostentation à la publique
fouler
aux pieds ? Une fète
nationale, en contradiction avec le voeu national, offrait
tainement une absurdité; mais les ceraccoutumés à réfléchir
esprits
sur les causes des
révolutions pouvaient y voir quelque chose
de plus ; ils pouvaient se
plus d'un
rappeler que
gouvernement a péri, pour avoir
imprudemment choqué les opinions
laires. Quant à moi, si l'on
popuà quelle
me demande
époque la république m'a
le plus près de sa
paru
dans le
ruine, je dirai : C'est
moment
d'un
méme, ou, sur la tombe
Roi, on lui pronostiquait une durée
éternelle; c'est dans cette journée
où je voyais le
funèbre,
côté et la nation gouvernement seul d'un
de l'autre.
Ah ! au lieu de chercher à
nous rendre
l'image de la révolution
sans cesse présente, --- Page 48 ---
(14)
chercher plutôt à l'écarter pour
on devrait
voudrais enfin la voir,
toujours. Que je
elle, dans un
cette liberté, laissant après
éternel oubli, les événemens malheureux
s'élancer
qui ont souilié ses premiers jours,
brillante de son berceau! Quand
pure et
on élague les échaun édifice est construit, ont servi à sa consfandages informes qui
à nu dans son
truction, et l'édifice parait
simplicité. La république est
imposante, Dérobons, s'il est possible, 2 à notre
fondée.
révolution par laquelle
souvenir T'effroyable
arriver jusqu'à
il nous a fallu passer pour
seule aux regards
elle. Qu'elle se présente
il lui restera le
de la postérité. Mais non,
cortège de nos victoires.
magnifique
servi à sa consfandages informes qui
à nu dans son
truction, et l'édifice parait
simplicité. La république est
imposante, Dérobons, s'il est possible, 2 à notre
fondée.
révolution par laquelle
souvenir T'effroyable
arriver jusqu'à
il nous a fallu passer pour
seule aux regards
elle. Qu'elle se présente
il lui restera le
de la postérité. Mais non,
cortège de nos victoires.
magnifique --- Page 49 ---
(15)
SUR LE SERMENT
DE HAINE A LA ROYAUTÉ,
DEMANDÉ PAR LE DIRECTOIRE.
(Imprimé dansle Censeur desJournausen 1796.)
Jz ne saurais voir dans le serment qu'une
institution empruntée par la politique à la
religion.
Or, peut-il subsister dans une législation d'oàl l'on a pris soin d'écarter toute idée
religieuse?
Dépouillé de ses imposans accessoires s
séparé du principe qui le vivifie, que peut-il
être autre chose qu'une vaine formule ?
J'admire ces législateurs qui voudraient
étouffer la religion d'une main et emprunter
son secours de l'autre. --- Page 50 ---
(16)
Dois-je ici dissimuler un regret que partadoute avec moi tous les esprits
geront sans
Elle s'élevait, cette
vraiment philosophiques?
au milieu de la dépravation sans
religion,
comme la dercesse croissante des mocurs,
du sage, comme la source
nière espérance
naissante pouvait
sacrée où une république
la
pure. Quel magnipuiser sa morale plus
des
témoignage c'eût été de la sagesse
fique
réformateurs, si, dans
vues de nos derniers
désordre d'un gouvernemient quis s'écroule;
le
d'une desdans le feu, dans Timpétuosité
truction générale, ils se fussent respectueusedevant cette institution d'un
ment arrêtés
à la faiordre supérieur, qui, suppléant
blesse de notre nature par la grandeur des
et des promesses ; qui, élevant par
menaces
les âmes les
la pnissance de ses inspirations
sublivalgaires à la hanteur des plus
plus
chargée de rendre la vertu
mes, s'est comme
et la
sur la terre ! La religion
commune
A
, dans Timpétuosité
truction générale, ils se fussent respectueusedevant cette institution d'un
ment arrêtés
à la faiordre supérieur, qui, suppléant
blesse de notre nature par la grandeur des
et des promesses ; qui, élevant par
menaces
les âmes les
la pnissance de ses inspirations
sublivalgaires à la hanteur des plus
plus
chargée de rendre la vertu
mes, s'est comme
et la
sur la terre ! La religion
commune
A --- Page 51 ---
(17)
liberté, ces deux grands principes qui
gouvernent les hommes, eussent confondu leurs
influences. L'une n'eût plus été considérée
comme une conquête sur l'autre. On n'eût
pas révolté des esprits paisibles, on n'eût
pas déchainé des monstres. Des résistances
fatales n'eussent pas arrêté la liberté dans
son essor, des crimes inouis n'eussent
souillé ses triomphes.
pas
Je sais que des esprits
exagérés me
cheront chacune de ces
reprolignes; qu'ils n'écarteront pas seulement ces premières idées
comme étrangères au sujet, mais comme
indignes du sujet. Qu'ils
daignent au moins
l'envisager avec moi sous les rapports
sensibles d'une
plus
politique qui doit leur être
familière.
Je le demande : Le serment
venir à un peuple tel
le
peut-il conque nôtre? Il a fait
des prodiges dans Rome naissante. A
a-t-il servi dans Rome
quoi
corrompue ?
--- Page 52 ---
(18)
bien avec les
1l se concilie parfaitement ages. Peut-il se
vertus naives des premiers
des
de même avec les raflinemens
concilier
siècles policés?
vois le législateur
Je frémis, quand je
la gravité de
patiodiquement
compromettre
sainte avec la légèreté
Tinstitution la plus
national.
du caractère
c'est cette légéreté que
Mais, dites-vous,
les révoluvoulez fixer. Vous craignez
vaines
vous
n'est
par ces formes
tions. Ah! ce
pas charme d'un gouverqu'on les prévient. Le
le seul lien qui
voilà
nement prospère, retenir et fixer les peuples.
puisse désormais
n'en reconnaissent
La liberté et la raison
pas d'autres.
nous dit-on, est que
Le grand principe,
faite. Or,
du peuple soit toujours
la volonté
toujours ce qu'il a juré,
ou le peuple voudra toujours. S'il le veut
ou il ne le voudra pas
s'il ne. le
le serment est superlu;
toujours, --- Page 53 ---
(19)
veut pas toujours, le serment doit
jeté comme contraire
être revolonté da
au principe, que la
peuple soit toujours faite. J'avoue
que je raisonne ici dans une théorie
velle; mais cette théoric est la
noule principe de la
vôtre. Posez
souveraineté du
vous nc pouvez me
peuple;
répondre : niez ce
cipe; mon dernier
prinsans
argument reste à la vérité
majeure-, mais en même
VOS dogmes politiques
temps tous
comble. Je
croulent de fond en
vous renferme ici dans un cercle
dontje ne vois pas que vous puissiez
Il n'est
sortir.
pénible de voir des hommes
qui on ne peut refuser d'ailleurs
à
dération et des
de la molumières,
le maintien d'un
employer, pour
mêmes
gouvernement libre, les
moyens
absolu,
qu'emploierait un monarque
pourfaflermisement de sa
Est-ce donc par des
puissance.
sermens qu'une
blique doit se soutenir,
répudont la liberté
ce gouvernement
est l'àme, ce gonvernement
n'est
sortir.
pénible de voir des hommes
qui on ne peut refuser d'ailleurs
à
dération et des
de la molumières,
le maintien d'un
employer, pour
mêmes
gouvernement libre, les
moyens
absolu,
qu'emploierait un monarque
pourfaflermisement de sa
Est-ce donc par des
puissance.
sermens qu'une
blique doit se soutenir,
répudont la liberté
ce gouvernement
est l'àme, ce gonvernement --- Page 54 ---
(2 20)
est de n'exister qu'autant qu'il
dont l'essence
hommes qui, pour afplait au peuple? Quels
choquent
parmi nous,
fermir la république
de la république!
les principes
de haine à la
Dirai-je que ce serment
de ce siècle
royauté sera une des superstitions
Si cette forme de gouverement
de raison!
de la théorie,
elle ni les lumières
n'avait pour
si elle avait
ni la sanction de Vexpérience; des peuples
constamment réprouvée
été
insurmontable à leur
comme un obstacle
le serment qui la
bonheur, j'avouerais que ridicule à mes yeux ;
proserit ne serait que
même, je ne
dans cette supposition
car,
juré de hair son
sache pas qu'on ait jamais soit besoin d'un
mal, et je ne crois pas qu'il
été exaltée
cela : mais elle a
serment pour
éclairés; mais
les plus
par les philosophes
de culte chez la
elle a obtenu une sorte
et spécialenations,
plupart des grandes
aujourd'hui même
ment chez la nôtre; mais, --- Page 55 ---
(2r)
et presque sous nos' yeux, elle fait le bonheur et la gloire d'un peuple célebre,
chez
lequel; quoi qu'on en dise, nous voyons la
liberté s'embellir à l'éclat du diadème,
loin de s'y éclipser. La
bien
proscrire pour toujours serait donc protester à la face de tous
les siècles, et contre le cri des
contre les oracles de la
nations, et
les
sagesse > et contre
témoignages subsistans de
Je le vois, les hommes, l'expérience.
derniers
qui, dans ces
temps, ont eu en leur
les destinées de la France,
puissance
restàt à
voudraient qu'elle
jamais telle qu'elle est sortie de
leurs mains. Ils voudraient
la
forme de
que
même
gouvernement, les mêmes
les mêmes idées
lois,
qui ont prévalu à la fin
de ce siècle s prévalussent dans
siècles.
tous les
Or, je ne crains pas de le
ne sache rien de
dire, je
plus directement
au voeu de la nature,
opposé
qui n'a pas voulu sans
doute qu'avec cet esprit qui tend sans cesse
elle qu'elle est sortie de
leurs mains. Ils voudraient
la
forme de
que
même
gouvernement, les mêmes
les mêmes idées
lois,
qui ont prévalu à la fin
de ce siècle s prévalussent dans
siècles.
tous les
Or, je ne crains pas de le
ne sache rien de
dire, je
plus directement
au voeu de la nature,
opposé
qui n'a pas voulu sans
doute qu'avec cet esprit qui tend sans cesse --- Page 56 ---
22 )
nous prissions pour
à varier ses productions,
inférieure à
modèles des êtres d'une espèce
des êtres qui, mus par un instinct
la nôtre ;
aujourtoujours le mème, se comportent
ont
dans les sortes de sociétés qu'ils
d'hui
de la même manière qu'ils
formées entre eux,
Exiger
dès le premier jour.
se comportaient
cette perpétuité
de nous cette permanence,
c'est supdans nos institutions sociales,
les oude deux choses Tune, ou que
poser
dès T'abord,
de Phomme sont parfaits
vrages
de les perfectionuer.
ou qu'il est incapable
faire de nous des
Dans le premier cas, c'est
brutes.
Dieux; et dans le second cas, des
pas de notre esOr, de gràce, ne sortons
point
Ne nous élevons pas jusqu'au
pèce.
infaillibles; ne nous abaissons
de nous croire
lesprit par
jusqu'au point de remplacer
pas
reconnaitre notre place
l'instinct : sachons
entre ces deux extrêmes.
O homme ! Quel est ton aveuglement, --- Page 57 ---
(23)
de te prosterner devant l'oeuvre de
mains ! Quel est ton orgueil,
tes
d'exiger de
ta postérité qu'elle se prosterne après toi
pour lui rendre éternellement
hommage !
S'il appartenait à une génération d'enchainer
les suivantes, ce serait à la plus éclairée.
Mais la plus éclairée sera
probablement la
dernière. Celle-là du moins aura pour elle
l'expérience de toutes les autres.
Il suit de tout ce discours, que le serment
suppose ces mêmes idées religieuses
que le
législateur a bannies de son
tend à
ouvrage; qu'il
corrompre la morale des peuples;
qu'appliqué aux peuples mênes, il est en
opposition directe avec ce principe de leur
souveraineté, fondement des théories
velles sur le pouvoir;
nouqu'il contrarie enfin
le plus simple bon sens.
2 qui veut qu'une
institution quelconque puisse être indéfiniment perfectionnée ou même completement
refondue. Il doit donc être re eté : 1°,
parce --- Page 58 ---
(24)
qu'il est défectueux dans
parce qu'il est
son principe; 2*.
5°.
pernicieux dans ses effets 3
parce qu'il est vicieux dans son
cation; 4o, parce qu'il est absurde
appliobjet.
dans son --- Page 59 ---
(25)
SUR LES OUTRAGES
Qu'avait essuyés, , dans le palais du Directoire 3 un journaliste connu
reur pour les excès de la
par son horrévolution.
(Imprimé édans le Censeur des journauxen
1796.)
L fut un peuple chez lequel
faite à un individu de la
toute injure
part de ses magistrats
devenaitle signal d'une révolution.
Le fils d'un de ses rois crut pouvoir
ter-à l'honneur d'une
attenfemme, et la royauté
disparut.
Un décemvir farouche voulut renouveler
le même crime, et les décemvirs
plus.
ne furent
Un citoyen se présenta sur la place
blique, saignant encore des blessures puqu'il
un peuple chez lequel
faite à un individu de la
toute injure
part de ses magistrats
devenaitle signal d'une révolution.
Le fils d'un de ses rois crut pouvoir
ter-à l'honneur d'une
attenfemme, et la royauté
disparut.
Un décemvir farouche voulut renouveler
le même crime, et les décemvirs
plus.
ne furent
Un citoyen se présenta sur la place
blique, saignant encore des blessures puqu'il --- Page 60 ---
(36)
d'un sénateur ; et le sénat faillit
avait reçues
changea de face.
périr, et le gouvernement
on voyait
hommes! 1 chez lesquels
Quels
s'ébranler toute entière,
la société frémir et
outragé. De
à l'aspect d'un de ses membres
donc
vénération ils étaient
quelle religieuse
du citoyen, puisque
pénétrés pour la dignité
d'y
qui s'oubliait au point
le gouvernement
atteinte, était
porter ou d'y laisser porter dans les irrésisanéanti sur Theure; et que,
PEtat
accès d'une fureur généreuse ,
tibles
renouvelé, comme
se trouvait tout à coup
eût voulu le purifier d'une profanation!
si on
chez un tel peuple
Il n'est pas dit que
des droits de Phommes
on parlât beaucoup
été mieux respecmais je doute qu'ils aient
doute que
mieux sentis nulle part : je
tés,
obtenu d'aussi
leur violation ait nulle part
d'aussi éclatantes vengeances.
promptes et
inutile de le.dire, fut
Ce peuple, il est
eneflet,
libre de la terre. Comment
le plus
- --- Page 61 ---
(27)
dans les jours de son énergie, la.tyrannie
aurait-elle pu se perpétuer chez lui? C'estla
patience des opprimés qui fait l'audace des
oppresseurs.
Des hommes, que je ne veux pas caractériser, ont voulu, dans ces derniers temps,
nous le donner pour modèle. Ils ont osé
nous parler des Romains. Insensés! Eh! si
nous étions des Romains, vous ne seriez,
plus.
Quoi donc ! veux-je ici,
m'appuyant sur
des exemples
célèbres, 2 provoquer, en présence de tous les partis, la terrible ressource
des insurrections ? A Dieu ne plaise ! Je
sais que ce serait le comble de la folie de
vouloir, dans ce siècle de lumières,
duire, chez une grande nation, de reproces résistances désordonnées et convulsives
pouvaient tout au plus convenir à de > qui
petits
peuples barbares, dans des ages d'ignorance.
Qu'ai-je donc voulu ? Quel a donc étd mon
quer, en présence de tous les partis, la terrible ressource
des insurrections ? A Dieu ne plaise ! Je
sais que ce serait le comble de la folie de
vouloir, dans ce siècle de lumières,
duire, chez une grande nation, de reproces résistances désordonnées et convulsives
pouvaient tout au plus convenir à de > qui
petits
peuples barbares, dans des ages d'ignorance.
Qu'ai-je donc voulu ? Quel a donc étd mon --- Page 62 ---
(38)
ces terribles catastrophes?
but, en,rappelant
parmi nous de semJ'ai voulu en prévenir
blables. Cest parce que je redoute, avec
les amis de T'ordre, 9 une révolution
tous
j'ai cru devoir retracer,aux
nouvelle, que
les causes légères
yeux du gouvernement,
qui, chez un peuple célebre 2
en apparence
déterminer une révoont souvent suffi pour
l'autorité établie
lution. Certes, un ennemi de
lui tient
un pareil langage ; au conne
pas
les salutaires leçons
traire, il voudrait que
elle. Il
de Thistoire fussent perdues pour
les écueils contre lesquels
ne lui montre pas
il les lui cache; il
elie pourrait se briser,
écarts,
n'élève pas la voix sur ses moindres
des contrane trouvant
il se tait,afin que,
livre avec sécurité
dicteurs nulle part, elle se
elle-même
à des écarts nouveaux, et prépare l'excès de la
sa ruine, en provoquant, par,
fatales quisont
tyrannie, de ces insurrections
la mort violente des gouvernemens. --- Page 63 ---
- 29 )
SUR LE SYSTÈME
DE LA PERFECTIBILITÉ INDÉFINIE
ET SUR L'UN DE SES AUTEURS.
(Faiten 1802, et imprimé pourla première fois dans
le Journal des Arts.)
2urs
eslappnicientinatisnueed des méthodes
et la puissance de
Thabitude; qui a réfléchi
sur les développemens des êtres dans les
périodes varices de leur existence, doit voir
qu'il ne serait possible à I'homme de
fectionner indéfiniment
perses facultés, qu'en
prolongeant indéfiniment ses jours, c'està-dire, que nous ne pourrions arriver à
prodige que par un autre. Aussi
un
sophe distingué,
un philotoujours conséquent dans
ses erreurs mémes, a-t-il donné à la fois
ces --- Page 64 ---
I 30) )
espérances au genre hudeux magnifiques
que dans ce
main. Il a même osé prétendre
facultés comme de nos jours,
progrès de nos
cesse croissante
dans cette lumière sans
viles
que
toutes les passions
de notre intelligence,
seraient
ces taches de Thumanité,
ou cruelles,
Dans cette hypothèse,
comme consumées.
ce drame
imposante au moins par son objet,
tant
du monde irait donc, après
mystérieux
dénouer dans un nouvel
de catastrophes, se
la poésie et
d'or. Admirons ici comment
àge
tour à tour balancent l'espèce
la philosophie
et les espérances; ;
humaine entre les regrets
cette félicité, qui inous fuit toujours,
comment
Tune à T'origine du monde,
est reléguée par
l'autre dans les siècles
et nous est montrée par
infortuné entre
à venir. Ainsi roule ce globe
images du bonheur.
deux grandes
à démontrer
Si je pouvais me résoudre des titres de
sorte ici la fausseté
en quelque
bornais du moins
notre noblesse; si je me
a
; ;
humaine entre les regrets
cette félicité, qui inous fuit toujours,
comment
Tune à T'origine du monde,
est reléguée par
l'autre dans les siècles
et nous est montrée par
infortuné entre
à venir. Ainsi roule ce globe
images du bonheur.
deux grandes
à démontrer
Si je pouvais me résoudre des titres de
sorte ici la fausseté
en quelque
bornais du moins
notre noblesse; si je me
a --- Page 65 ---
(31)
à un essai
rapide, 3 j'observerais d'abord
qu'en admettant les plus favorables
sitions sur l'état futur de nos sciences suppoet de
nos arts, ce serait toujours une
opinion
étrange que celle qui nous ferait arriver,
en si grande pompe, à l'innocence et à la
vertu : et il serait superflu
peut-être de
recourir à des théories, lorsque je
pourrais
opposer si souvent aux lumières modernes
des vertus antiques; ; lorsque du moius
pourrais
je
représenter nos arts, qui jusqu'ici
ont eu un charme pour adoucir, mais
non
pour épurer nos moeurs; véritables bienfaiteurs des nations, dans ces
riodes d'une
orageuses pécivilisation naissante, mais toujours impuissans contre la dépravation
peuples
des
policés, s'ils n'en sont pas les complices. Je demanderais même
si, en
posant que nos facultés
supà des
pussent atteindre
développemens nouveaux 2 nous ne
devrions pas nous attendre aussi à une éner- --- Page 66 ---
(3a)
naissent
nouvelle dans ces passions qui
gie
croissent avec, cette raison
avec nous ; qui
notre déclin
même qui les combat; que
affaiblit. Des exemples viendraient enseul
Jetant mes regards surcore à mon appui.
oû la nature plus
ces contrées brillantes,
les géféconde a semé Tesprit et développé
montrerais les écarts de
nies supérieurs, j'y
malgré le joug des
Thomme plus multipliés,
lois et les chaines innombrables de Topinion.
ces êtres extraordinaires qui
Je rappellerais
leurs siècles. Pour un
fatiguent si souvent
ferais voir
qu'on admire et qu'on aime, j'en
n'admire qu'en pleurant;
tant d'autres qu'on
alors
et peut- être que nous envisagerions facultés
même de nos
cet accroissement
frémiscomme une calamité : peut-être que
sant à la vue de notre espèce agrandie 5
à la vue d'une mer devenue plus
comme
souflleraient des vents
vaste, sur laquelle
devant cet
reculant
plus impétueux; que
I
qu'on admire et qu'on aime, j'en
n'admire qu'en pleurant;
tant d'autres qu'on
alors
et peut- être que nous envisagerions facultés
même de nos
cet accroissement
frémiscomme une calamité : peut-être que
sant à la vue de notre espèce agrandie 5
à la vue d'une mer devenue plus
comme
souflleraient des vents
vaste, sur laquelle
devant cet
reculant
plus impétueux; que
I --- Page 67 ---
(3 33)
avenir si brillant et si terrible,
nous nous
rejetterions dans notre médiocrité,
dans un asile; nous bénirions le ciel comme
aurait fait moins
qui nous
grands, pour nous faire
heureux et meilleurs.
plus
J'attaquerais ensuite
ce principe lui-méme de la perfectibilité
définie de nos facultés,
inles
ctj'aurais pour moi
réponses de la physiologie; la considération frappante de ces rares génies,
sont venus de siècle en siècle
qui
expirer à peu
près au même point, pour la vigueur,
l'élévation de la pensée ; le plan
pour
la
général de
nature, variée dans la conduite des individus, mais uniforme dans la direction
des
espèces , que, dans ce balancement des
individus, , elle maintient et
sépare; enfin
T'appréciation exacte des méthodes, dont
les unes, , comme les
langues, ont bien pu
perfectionner nos facultés, mais dans des
limites déterminées et connues, tandis
d'autres, comme le langage
que
analytique, ne
--- Page 68 ---
(34)
les aider sans les étendre.
font plus que
je fede Thomme à ses ouvrages,
Passant
beaux-arts ne sauraient
rais voir que nos
dans leurs prosuivre nos sciences
toujours
un effet de notre impuisgrès, et que, par elles-mèmes, ce riche
sance, nos sciences
résulfat
des siècles, ce magnifique doivent
héritage
entière 7
des travaux de T'espèce
dernier terme,
Arrivé à ce
s'arrêter un jour.
notre orgueil, se
qui, heureusement pour
dans notre
distance incalculable
perd à une
au-delà duquel le
avenir; à ce terme fatal,
enfin invasystème de nos connaissances, se transfixé, ne fera plus que désesriablement
être le
mettre d'àge en àge, pour plus que son
humain encore
poir de Yesprit
jour, oû
placé dans ce nouveau
triomphe;
à moi ces trois grandes
se déconvrirsient Phistoire des hommes,
périodes de toute
leur esprit (1),
ou se développe
la première
Par Vinvention des langues.
(1)
avenir; à ce terme fatal,
enfin invasystème de nos connaissances, se transfixé, ne fera plus que désesriablement
être le
mettre d'àge en àge, pour plus que son
humain encore
poir de Yesprit
jour, oû
placé dans ce nouveau
triomphe;
à moi ces trois grandes
se déconvrirsient Phistoire des hommes,
périodes de toute
leur esprit (1),
ou se développe
la première
Par Vinvention des langues.
(1) --- Page 69 ---
(35)
la seconde où se développent leurs
beauxarts, la troisième où s'arrêtent leurs
mêmes : dans ce moment, où
sciences
destinées
je verrais les
humaines
accomplies, s où
verais comme le besoin d'une
j'éprouvelle qui vint
espèce nouavec des facultés plus
santes pour continuer notre
puissais si,
ouvrage, je ne
malgré cette vue importune de nos
limites, et dans ce spectacle de
sions sans cesse
nos pasrenaissantes, l'admiration
et un tendre intérêt
pour notre humanité
ne seraient pas encore les impressions
nantes de mon âme. Je
domim'inclinerais
ne sais si je ne
pas, dans mon respect et dans
mon amour, s devant cet être
merveilleux,
jeté nu sur une terre
d'autres
sauvage, au milieu
êtres qui semblent ne voir
proie à dévorer, et bientôt
qu'une
cette terre et
l'ornement de
son roi:
prodige des
transformant, par ce
langues, son instinct en génie ;
par la puissance de ses
arts, ses cabanes en --- Page 70 ---
(36)
la sagesse de ses lois, d'errantes
palais; par
florissantes; forcé dans
peuplades en sociétés
de tout arrade tout disputer,
ses progrès
et plutôt son rival que
cher à la nature,
son ouvrage. marche
je pourrais suivre
Voila et la
que
m'imque je devrais
et les ménagemens
avec
de combattre,
poser, si j'entreprenais brillante erreur née
quelque méthode, cette
si
lumières mêmes, cette opinion
de nos
indéfinie. Mais
séduisante de la perfectibilité
pénible, et il serait déplacé
il me serait trop
de point en point
peut-être d'aller débattre
où se sont réfugiées les plus
un système
de Thumanité. Qu'il me
belles espérances de louer l'auteur luisoit plutôt permis
fit sur
même, de retracer l'impression que
Trop souvent la critique
moi son ouvrage.
de son auteur.
d'un système n'est quelasatire
homCouronnons notre critique par notre
mage.
pénible, et il serait déplacé
il me serait trop
de point en point
peut-être d'aller débattre
où se sont réfugiées les plus
un système
de Thumanité. Qu'il me
belles espérances de louer l'auteur luisoit plutôt permis
fit sur
même, de retracer l'impression que
Trop souvent la critique
moi son ouvrage.
de son auteur.
d'un système n'est quelasatire
homCouronnons notre critique par notre
mage. --- Page 71 ---
(37)
Ce fut dans ces premiers jours d'une
ardente jeunesse, où l'âme neuve demande
des émotions, comme un age plus mûr cherche des vérités, ce fut alors
que je
courus les pages de l'écrivain infortuné parle nom ne retentit
dont
pas assez à mon gré
sa vengeance et pour notre honneur. pour
d'abord de la nature de ses idées, Frappé
entendre Platon même
je crus
: mais, lorsqu'au milieu de tant d'objets
imposans et vagues, je
remarquai un style simple et
toujours ébranlé,
précis ; que
je trouvai l'auteur toujours froid et tranquille, cet enthousiasme
qu'il m'inspirait, sans le partager, n'eut
de
plus
bornes, et il me sembla qu'une intelligence céleste daignait
parler aux hommes.
Quel surcroit d'étonnement,
rappelai
lorsque je me
que T'homme qui concevait une si
grande idée de son espèce, qui lui
tisait d'un ton si calme d'aussi
prophéhautes destinées, éerivait sous l'empire de
l'ignorance --- Page 72 ---
(38) )
et de tous les crimes que des bourreaux
cette tête qui rèvait leurs
avaient proscrit
dérober du
contraint de se
vertus ; que,
dans des lieux
milieu des hommes, il fuyait
écartés, dans des bois, 2 comme un monstre
Quelle est donc,
poursuivi par des sanvages!
cette âme si ferme et si pure,
me disais-je,
déchirante,
qui, dans la situation la plus
développe tout un système, et n'interrompt
le tranquille cours de ses
par aucune plainte
de donner
pensées! Je ne pus m'empêcher
des larmes à celui qui ne s'en permettait
lui-mème ; et, le front incliné
aucune sur
religieux,
dans un recueillement presque
Thomme vertueux
j'admirai profondément
taire.
pardonner et se
qui sait souffrir,
ces idées
Cette sérénité dans la douleur,
si élevées, ces sentimens si magnanimes,
milieu du délire de toutes les factions,
au
(1) Sous la Terreur. --- Page 73 ---
(3 39 )
brillèrent alors à mes yeux, comme ce léger
azur qui se découvre dans la tempête; et
je vis bien que dans l'ordre éternel des destinées, lorsqu'arrivent ces jours d'égarement
et de fureur, où les nations sont comme
abandonnées à un déluge de crimes, s'élèvent aussi de ces âmes privilégiées, où Phumanité menacée d'un naufrage universel
trouve encore un asile.
Vous, les amis de l'homme dont je cherche vainement les statues et la tombe,
dites à ceux qui pourraient le hair encore,
qu'au milieu de ses maux, il n'a songéqu'aux
prospérités d'une génération meilleure. Vous,
peintres > qui demandez de grands objets,
représentez-le debout parmi des ruines ,
les regards tournés sur l'avenir, et dans sa
main le livre de la perfectibilité indéfinie de
l'espèce humaine.
asile.
Vous, les amis de l'homme dont je cherche vainement les statues et la tombe,
dites à ceux qui pourraient le hair encore,
qu'au milieu de ses maux, il n'a songéqu'aux
prospérités d'une génération meilleure. Vous,
peintres > qui demandez de grands objets,
représentez-le debout parmi des ruines ,
les regards tournés sur l'avenir, et dans sa
main le livre de la perfectibilité indéfinie de
l'espèce humaine. --- Page 74 ---
(40)
SUR BRUTUS
FAISANT MOURIR SES ENFANS.
en 1798, dans le
(Imprims pour la première fois,
journal intitulé : Les Nouyelles Politiques.)
Patrinen Tunivers à sa patrie, sa patrie
sa famille à soi-mème; voila
à sa famille,
ont été
l'ordre de nos devoirs, tels qu'ils
la raison. Se préférer soi-même
réglés par
sa
sa famille à sa patrie, patrie
à sa famille,
Tunivers; voilà l'ordre de nos affections,
à
ont été inspirées par la nature.
telles qu'elles
dans chacun des points
Comme on le voit,
division que je viens de tracer,
de la grande
avec nos denos aflections sont aux prises
le
voirs, et la vertu n'est elle-mème que
de ces derniers sur les premières.
triomphe --- Page 75 ---
(41)
Si la nature nous inspirait tout ce
la
raison nous commande; si
que
nous voulions
tout ce que nous devons; alors, faisant le
bien sans effort, nous n'aurions plus précisément de vertus , mais des perfections
nous ne serions plus des hommes, mais des ;
dieux. C'est de ce point de vue général
qu'il faut envisager les choses, si l'on veut
voir les questions les plus
la morale
compliquées de
se simplifier et se réscudre. Descendons au cas particulier de Brutus.
L'action de Brutus n'est
s'il
pas un crime, 2
a immolé ses enfans à sa patrie. Elle
est une vertu, si, en les immolant à
patrie, il les a aimés. Je ferai donc deux sa
questions :
1°. Brutus voulait-il la liberté de son pays?
Illa voulue, puisqu'il l'a fondée; il l'a voulue, puisqu'il est mort pour elle. Onm'objectera peut-être que c'est moins la puissance
du peuple que du sénat, qui remplaça --- Page 76 ---
(42)
l'autorité des Rois. Je réponds que
d'abord
plus grand par la mème.
Brutus me parait
l'autorité
bien de transporter
Il se garda
multitude ignorante et
toute entière à une
des chefs
Vrai modèle
presque sauvage. concilier l'énergie et la
populaires, il sut
la liberté
mesure; ; il voulut tout ensemble
et Pordre.
S'il ne
Brutus aimait-il ses enfans?
2°.
le sacrifice qu'il en a fait
les aimait pas,
et dès lors point
n'a pas coûté à son coeur,
suivant des
d'effort. Or,
de vertu, car point
où il les
respectables, le jour
témoignages
aussi
le jour
condamna peut être
appelé immoler
Bien loin de les
de son supplice.
s'immoler avec eux
à son orgueil, il parut
dans cette même
de sorte que,
à sa patrie;
voir en lui qu'un
journée, où lon ne veut
la première
hourreau, il fut pent-être
victime.
V'admirer et le
Il ne nous reste donc qu'à
Or,
de vertu, car point
où il les
respectables, le jour
témoignages
aussi
le jour
condamna peut être
appelé immoler
Bien loin de les
de son supplice.
s'immoler avec eux
à son orgueil, il parut
dans cette même
de sorte que,
à sa patrie;
voir en lui qu'un
journée, où lon ne veut
la première
hourreau, il fut pent-être
victime.
V'admirer et le
Il ne nous reste donc qu'à --- Page 77 ---
(43)
plaindre. Admirons le citoyen qui sacrifiait
ses enfans à sa patrie ; plaignons l'homme
contraint de faire un pareil sacrifice. Car
on est toujours à plaindre, quand on se
trouve placé entre ses affections et ses devoirs; et, pour ne pas sortir de mon sujet,
entre les tendres sentimens de la paternité
et les sévères idées de l'ordre public. --- Page 78 ---
(44)
AD SUMMUM PONTIFICEM
Per Niccam iter. facientem (postridià ejus
adventis.)
ANNO 1814 MENSE FEBRUARIO (1).
(Imprimé, en 1814, dans le journal de Nice.)
tibi obEx his populorum obsequiis, 9 qui
in
tanquam omnes
viam effusi procurrunt,
amplexum involarent, judicare popatris
Pontifex, ut nostris animis
tuisti, venerande
aliquot
firmiter haec religio inhaereat, quam
sapientice professores evellere
insanientis
tentàrunt.
imperiorum ritu senesDim eam, quasi
alors la rhétorique dans le
(1) L'auteur professait
lycée de cette ville. --- Page 79 ---
(45)
centem; facile se eversuros
in te praserlim pristinge
arbitrarentur;
ejus cetatis
ac velut flos juventae refulsit.
decor
Ejus profecto exinias
tutes, quae in dolore
exprompsisti virenitescunt;
vigent, in squalore
; adeo ut, omni
humande
magnitudinis
praesidio destitulus, apparueris major.
Exilium, vincula tibi gradus extiterunt,
bus suprà caeteros homines nobis
quiascendere. Hoc ipso
visus es
quod ex illa primarià
Christianorum civitate aberas, tua nobis veneranda imago vividins affulsit.
Dicam quod sentio, et quae fortiter
fortiter extollam. Non solum Ecclesiae egisti,
titas, sed Europae dignitas,
sancfuit, illibata mansit. Tu
quantàm in te
caeteros
adversûs illam vim
principes obruentem, ut bellator
inter ruinas, stetisti inconcussus. Tu
propriis Christianorum
eam
devicisti.
armis, patiendo,
Si quid in hàc terrà tuam animam
ad --- Page 80 ---
(46)
eminentem recreare valeat, fruere
caelestia
virtutum
illà, quee jam nunc tibi decernitur,
orfruere universi Christianorum
mercede;
certantibus studiis,
qui,
bis acclamationibus,
ad hanc supremam
te iterin quodammodo
impleSedem eligit, quam tunc preclarits videretur.
oculis vacua
visti, cum profanorum
de traduire cc discours en
L'auteur a essayé
, il s'est
et, dans cette lutte avec lui-méme
français,
d'autres circonsconvaincu, 2 comme dans beaucoup
avec
moderne, qui veut se familiariser
tances , qu'un
ne doit pas tarder
cette belle langue des Romains, l'expression de ses
à la trouver plus commode pour même.
maternelle
idées, que sa langue
unc preclarits videretur.
oculis vacua
visti, cum profanorum
de traduire cc discours en
L'auteur a essayé
, il s'est
et, dans cette lutte avec lui-méme
français,
d'autres circonsconvaincu, 2 comme dans beaucoup
avec
moderne, qui veut se familiariser
tances , qu'un
ne doit pas tarder
cette belle langue des Romains, l'expression de ses
à la trouver plus commode pour même.
maternelle
idées, que sa langue --- Page 81 ---
XO
(47)
TRADUCTION
DE L'ARTICLE PRÉCÉDENT.
Harangue au Pape, passant par Nice
lendemain de
3 le
son arripée.
(Io Février 1814.)
CEs hommages des peuples
au-devant de
qui accourent
vous, comme on accourrait
au-devant d'un
père, 2 vous font juger sans
doute combien est puissante
cette religion
sur nos âmes
que des philosophes insensés
ont essayé d'abattre.
Tandis qu'ils
effort
espéraient en triompher sans
comme d'un Empire parvenu à sa décrépitude, elle a reproduit en vous tout l'éclat
de ses plus beaux jours et
de sa jeunesse.
comme la fleur --- Page 82 ---
(48)
de ces vertus
Certes, vous avez déployé
dont
elle, de ces vertus
qui ne sont qu'à
dans les humiliale caractère est de briller
en
de croitre dans les souffrances; ;
tions et
de
dépouillé de tout l'appareil
sorte que,
vous avez paru plus
la grandeur humaine, 2
ont été pour
L'exil, la captivité,
grand.
par lesquels vous
vous comme les degrés
autres hommes.
êtes élevé au-dessus des
vous
où vous avez disDans toute cette période,
votre
de la capitale de votre Empire,
paru
vivement
vénérable n'en a que plus
image
frappé nos âmes.
toute entière,
J'exprimerai ma pensée
mettrai à vous louer le même courage
et je
mis à bien faire. Vous avez
que vous avez
été en vous, non-seusauvé, autant qu'il a
Phonneur
lement les droits de YEglise, mais
inouie
Tandis qu'une puissance
de PEurope.
toutes les autres,
dans T'univers accablait
devant elle
vous avez constamment paru --- Page 83 ---
(49)
comme un guerrier debout sur des
et armé de la seule
ruines;
patience du
vous êtes
chrétien,
resté vainqueur.
Si quelque chose sur la terre
tiver une âme qui
peut capsoupire vers le ciel; en
attendant les récompenses
sez
éternelles, jouisde celle qui vous est dès maintenant
offerte ; jouissez de ces acclamations de tout
le monde chrétien qui, dans ses
fait de vous comme une réélection transports,
siége
pour ce
auguste, que vous n'avez jamais si
bien rempli, que lorsqu'aux
fanes il
yeux des propouvait paraitre vacant.
--- Page 84 ---
50 1e )
GENÉRALES
CONSIDERATIONS
SUR LES JUIFS,
de la captivilé de BalyDepuis le retour
de Jérusalem
la destruction
lone jusgu'd
par les Romains.
de la captivité de BabyDrpois le retour
enclins à leurs
lone, on vit les Juifs moins souvenir de leur
désordres par le
peuples
premiers mieux connus des autres
chatiment;
de leurs Écritures en
la traduction
dans
par
et par leur dispersion
langue grecque,
où ils parurent comme
différentes contrées,
comme colonie;
soldats, comme marchands, et hais, à cause
méprisés
mais, en général,
semblaient absurdes
de leurs coutumes qui
aversion
tristes, et de leur insurmontable
et
ifs moins souvenir de leur
désordres par le
peuples
premiers mieux connus des autres
chatiment;
de leurs Écritures en
la traduction
dans
par
et par leur dispersion
langue grecque,
où ils parurent comme
différentes contrées,
comme colonie;
soldats, comme marchands, et hais, à cause
méprisés
mais, en général,
semblaient absurdes
de leurs coutumes qui
aversion
tristes, et de leur insurmontable
et --- Page 85 ---
(51)
pour les coutumes étrangères
pays les plus
; dans les
éloignés, ne perdant
de vue Jérusalem et leur
jamais
de toute part à leur
culte; envoyant
tributs que leur
commune patrie les
religion prescrivait; confiant
partout à des
loi, à des
synagogues le dépôt de la
ethnarques
la justice; ; par la mutuelle T'administration de
se prétaient dans le
assistance qu'ils
malheur ou dans les
voyages, 2 offrant l'image d'une
mille dispersée
grande fasant
par toute la terre ; se laisabuser, dans les derniers
leurs docteurs, dont les
temps, par
cérémonies à la
uns, mettant des
place de la
firent que des hypocrites;
morale, ne
niant
et dont les autres,
des T'immortalité de l'âme, ne firent
libertins ; au milieu de
que
l'esprit et des
ces écarts de
le déclin
passions, qui venaient
de T'ancienne loi,
signaler
pures pratiquant
quelques âmes
nouvelle; de
d'avance les vertus de la
sorte qu'on pouvait déjà
prévoir --- Page 86 ---
(52 )
combattre la vérité, et
ceux qui devaient mourir pour elle;et, dans
ceux qui devaient
embrasse. plus de
toute cette période qui
placée
la nation succesivement
600 ans,
les plus diverses; paidans les circonstances et sous les Macédoniens;
sible sous les Perses
par les rois de
favoriséc, puis persécutée.
les prealors au monde
Syrie, et montrant relevant avec éclat sous
miers martyrs; se livrée à des dissensions
Juda.le-Midhabée: ;
ravagée par
sous ses derniers successeurs; Hérode; et
les Parthes ; tyrannisée par des Romains,
tombant enfin sous le joug
leurs gouaprès Tavoir opprimée par
et
qui,
détruisirent la ville capitale,
verneurs,
dans ce peuple extraorparla consommerent, qui dure encore.
dinaire, 7 cette dispersion --- Page 87 ---
53 )
SUR
LES TROUBLES DE NISMES,
( Envoyé de Nimes a un inspecteur de
le 21 janvier 1816.) PUniversité,
Vous m'avez demandé des
sur les troubles de cette ville. renseignemens
C'élait
poser la tâche d'un
m'imbien délicate.
juge sur une matière
Si j'ai tardé à vous
voyez en moi non de la
écrire,
scrupule. Je me
paresse 2 mais du
sentais bien assez
tialité, mais non assez de lumières d'imparrépondre
pourvous
sur-le-champ. La même
qui peut contribuer chez
sitnation,
avantage,
moi au premier
s'oppose au second : vis
un isolement
je
dans
étrange. Pour vous
essayé d'en sortir. J'ai
plaire, j'ai
interrogé quelques
personnes des deux partis, et d'autres
qui
écrire,
scrupule. Je me
paresse 2 mais du
sentais bien assez
tialité, mais non assez de lumières d'imparrépondre
pourvous
sur-le-champ. La même
qui peut contribuer chez
sitnation,
avantage,
moi au premier
s'oppose au second : vis
un isolement
je
dans
étrange. Pour vous
essayé d'en sortir. J'ai
plaire, j'ai
interrogé quelques
personnes des deux partis, et d'autres
qui --- Page 88 ---
(54)
parti. J'ai même pris sur
ne sont d'aucun
de lire d'un bout à
moi, chose bien rare,
mais l'auteur,
sans style;
l'autre un ouvrage
et du goût, me padéfaut de l'esprit
au
avoir de la conscience.
raissait
sans doute d'excelCette ville renferme
capables
des âmes généreuses,
lens esprits, dévouemens. Ainsi le goudes plus beaux donné par le roi, n'a pas
vernement libre,
que beauaujourdhui de plus zélés partisans
les
désignés comme
coup de ces protestans, T'autel et du trône par
éternels ennemis de
parmi ces caexaltés. Et,
des catholiques
tout exaltés qu'ils
tholiques eux - mêmes,
dans
être, il s'en est rencontré,
peuvent
d'assez magnanimes
ces derniers malheurs,
lors même qu'ils
ennemis,
pour sauverleurs
les croire can'étaient pas assez justes pour
Et cepenpables de leur rendre la pareille? alors cette
dant ils ne faisaient que payer
en
que tous les partis
dette de Théroisme, --- Page 89 ---
55)
France, nous ne saurions trop le redire
ont payée tour à tour. Il existe donc ici s
(et c'était pour moi un besoin de vous le
dire d'avance), il existeici, comme ailleurs,
de ces âmes qui, au milieu de toutes les
fureurs des révolutions, sauvent l'honneur
de l'humanité. Il ne me reste plus
qu'à vous
offrir de ces aperçus d'après
lesquels vous
pourrez juger quel a été leur nombre ou leur
influence.
Les protestans ont cruellement abusé de
la victoire en 1790. Egarés par des craintes
chimériques sur la résurrection d'un ancien
ordre de choses qu'ils abhorrent, ils n'ont
pas suivile duc d'Angonlême en 1815;s'ayeuglant et s'endurcissant toujours
ils ont tourmenté
davantage,
ceux qui l'avaient suivi.
De la les excès du parti
catholique dans les
commencemens de la seconde restauration.
Des milliers d'hommes de la ville et des
campagnes 7 poussés par tous les motifs qui
imériques sur la résurrection d'un ancien
ordre de choses qu'ils abhorrent, ils n'ont
pas suivile duc d'Angonlême en 1815;s'ayeuglant et s'endurcissant toujours
ils ont tourmenté
davantage,
ceux qui l'avaient suivi.
De la les excès du parti
catholique dans les
commencemens de la seconde restauration.
Des milliers d'hommes de la ville et des
campagnes 7 poussés par tous les motifs qui --- Page 90 ---
(56)
se sont montrés dans
font les révolutions,
devenus la
instant
et sont
un
partout,
Des pillages, des assassinats,
seule puissance.
de
étaient les nouvelles de chaque jour,
nuit. Ce torrent écoulé, quelques
chaque
enrégimentés sous les
centaines de furieux,
fait leur chef
ordres d'un homme qui s'était
dire
audace, se sont pour ainsi
par son
à eux seuls le même
chargés d'entretenir
dans une
d'horreurs; et secondés,
système
T'activité des
grande portion du peuple, par
linertie des autres, ils ont commis
uns, par
attendre d'une
tous les excès que l'on peut
mois,
tribu de sauvages, pendant plusieurs
avec une sorte de discipline
en plein joar,
Du moins, dans
et d'ordre, avec impunité.
si des horles trois mois de Tusurpation,
la
ont eu lieu dans les campagnes,
reurs
Les chefs du parti vainville restait paisible.
dominaaccoutumés à une longue
yuenr,
ressaisir les
avaient su, dès T'abord,
on,
à
* --- Page 91 ---
(57)
rènes; de manière à tout
diriger dans ce
parti, comme à tout comprimer dans l'autre.
Alors, si je puis le dire ainsi, le mal
était dans le gouvernement
qui
méme, coulait
paisiblement par le canal des lois. A cette
tyrannie des lois Ia multitude n'avait
mélé la sienne : en sorte qu'aux
pas
observateur
yeux d'un
qui, comparant les deux
ne
ques,
considérerait
époque la ville et les
apparences, un gouvernement, qui devait
recommencer la révolution, s'est annoncé
comme s'il devait la finir, et un
nement qui devait la finir, s'est gouverannoncé
comme s'il devait la
comble des
recommencer. Le
maux, à cette seconde
c'était que des hommes d'une
époque,
leurs
conduite d'ailirréprochable, que des femmes même
étaient loin d'en gémir.
Quoiqu'ils dussent
craindre que cette populace de furieux
ne
frappât au hasard, ce qui est arrivé
quefois, ils se consolaient de
quelleurs terreurs
nement qui devait la finir, s'est gouverannoncé
comme s'il devait la
comble des
recommencer. Le
maux, à cette seconde
c'était que des hommes d'une
époque,
leurs
conduite d'ailirréprochable, que des femmes même
étaient loin d'en gémir.
Quoiqu'ils dussent
craindre que cette populace de furieux
ne
frappât au hasard, ce qui est arrivé
quefois, ils se consolaient de
quelleurs terreurs --- Page 92 ---
(58)
de leur vengeance dans
par la perspective forcée de la partie protestante.
l'émigration
qui se disaient
Nous avons vu des hommes,
sourds aux
rester
catholiques et royalistes,
aux ordres
remontrances de leurs pasteurs,
chercher même dans un prince
de leur roi,
qu'ils pussent
du sang un chef de parti, Vainement cet
opposer à Y'autorité royale.
de
animé de tout T'esprit
excellent prince,
contre
oncle, proteste, à son passage,
son
lesquelles des insensés
des horreurs par
lui plaire. Lorsque, >
croyaient peut-être
le temple des
deux jours après son départ, ordre; la poprotestans se rouyre, sur son
veut la
les insulte; le général qui
pulace
des soldats trop peu dociles,
réprimer, trouve
à mort, et l'asest lui-même blessé presque croire qu'une
sassin se dérobe. Je ne puis
lui ait
riche du parti catholique
maison
ait fait faire pour lui
donné asile, qu'elle
lui ait mécollecte abondante, qu'elle
une
sr --- Page 93 ---
(59 )
nagé les moyens de s'enfuir à Gênes, où il
jouirait, où il vivrait de son crime.
Quoi
qu'on ait voulu me persuader de ces derniers
détails, je suis tente d'y reconnaître
un de
ces bruits qu'auront imaginés, dans le
parti
contraire, quelques uns de ces malheureux
qui se consoleraient ainsi par des mensonges, en attendant qu'ils
puissent se venger par des assassinats ; car je ne puis
dissimuler que de ce côté aussi la férocité
se trouve souvent dans cette
portion du
peuple oùt nous aimons à rèver de la simplicité et de la bonté. Et, à l'occasion
dernier
du
événement, je manquerais à la
vérité, si je n'ajoutais que la fureur de la
multitude catholique avait été un
voquée par la joie insultante,
peu propar l'air de
menace de quelques
protestans, qui, dans
cette ouverture de leur
temple, voulaient
voir non le triomphe de la loi, mais le leur.
Vous voyez que, dans cette doulourcuse
onté. Et, à l'occasion
dernier
du
événement, je manquerais à la
vérité, si je n'ajoutais que la fureur de la
multitude catholique avait été un
voquée par la joie insultante,
peu propar l'air de
menace de quelques
protestans, qui, dans
cette ouverture de leur
temple, voulaient
voir non le triomphe de la loi, mais le leur.
Vous voyez que, dans cette doulourcuse --- Page 94 ---
(60)
où je m'engage 3 je porte de
exposition
pour ne laisser échaptous côtés nies regards,
enfin la ville
per aucun tort. Aujourd'hui
le mérite
est calme, mais elle n'a pas tout
à A
Elle la doit en parlic
de sa tranquillité.
qu'elle
des forces étrangeres et à T'opinion
formée de la vigueur du roi, de
s'est enfin
le roi de tous
à se montrer
sa persévérance
J'effusion du sang
les Français. En 1790,
moindre,
été
et le scandale
a
plus grande
tout ts'est passé en quelques jours,
parce que
de la victoire.
dans le feu, dans Timpétuosité
alors aussi les vainqueurs n'ont pas su
Et
d'eux-mèmes. Il a fallu que la gé
s'arrêter
vintles comnéreuse garde de Montpellier
Ainsi, de quelque côté que vous
primer.
vous considérez les
vous tourniez, lorsque
frémissez toumalheurs de cette ville, vous
lui
enfin un esprit
jours; et vous soupçonnez
qui
vindicatif, dans un degré d'énergie
ailleurs. Voilà la cause secrète
n'existe point
- --- Page 95 ---
(6r)
qui explique à mes yeux tous ses maux ;
voilà la vraie raison pour laquelle la révolution, si séduisante à son aurore dans plusieurs parties de cet Empire, a offert, dès
l'abord, ici l'affreux caractère
qu'elle a pris
enfin partout.
Quelle magnifique occasion de rompre ce
long enchainement de
vengeances ne s'était
pas offerte aux protestans en 1815! Qu'ils
eussent marché pour le duc d'Angoulème,
au moment oùt ce prince pouvait leur avoir
manifesté quelque méfiance, à la suite des
rapports exagérés dont il était assailli; qu'ils
eussent rivalisé de zèle avec le parti de leurs
accusateurs ; qu'ils eussent combattu
lui, malgré lui-même
ils
pour
(car
en étaicnt
réduits à cette étonnante extrémité), la
beauté d'une telle conduite aurait subjugué
les âmes les plus grossières, les plus haineuses, et la réconciliation se faisait sur le
champ de bataille. Que les catholiques, à
agérés dont il était assailli; qu'ils
eussent rivalisé de zèle avec le parti de leurs
accusateurs ; qu'ils eussent combattu
lui, malgré lui-même
ils
pour
(car
en étaicnt
réduits à cette étonnante extrémité), la
beauté d'une telle conduite aurait subjugué
les âmes les plus grossières, les plus haineuses, et la réconciliation se faisait sur le
champ de bataille. Que les catholiques, à --- Page 96 ---
(62)
dans leur dernier triomphe;
leur tour ,
bienveillance, ou du
eussent accueilli avec
confus et
moins sans colère, les protestans nobles
dans l'effusion des plus
tremblans; ;
si noble désentimens produits par une
distincil n'aurait plus subsisté de
marche,
qu'en ce que les vaincus
tion entre les partis
ceux
plus chéri les vainqueurs que
auraient
même. Il est vrai que cette
de leur parti
l'autre
avance faite à un parti par
sublime
choses
le législateur ne
est une de ces
que
de la nature
attendre
doit pas généralement
seules forces. Il
réduite à ses
humaine, 2
évangélique
aurait fallu surtout cet esprit
et
Louis XVI a porté sur l'échafaud
que
le trône; il aurait fallu la
Louis XVIII sur
ainsi des haines
religion même pour éteindre
haines
nous sommes convenus d'appeler
que
si le langage de Phomme
de religion; comme
, pour
s'était mis d'accord avec ses passions
faut qu'on adore, en
calomnier ce qu'il
SANA A --- Page 97 ---
(6 63)
présentant leremède commele mallui-méme.
Nous ne jouissons donc ici que d'une suspension d'hostilités. S'il existait un
sorti de la main des hommes,
ouvrage
qui pût en
faire une paix sincère et durable ; qui pût
consommer au fond des coeurs ce que l'autorité n'a fait
qu'ébaucher au dehors ; ce
serait sans doute cette pure émanation
d'une âme royale et chrétienne, ce testament, le plus beau trésor de la dynastie
renaissante. A la première lecture
publique
que j'ai entendue de cette pièce oùt la bonté
devient sublime, 2 1 j'ai été si fortement ému,
que je croyais ma sensibilité épuisée. J'ai
osé me présenter à une cérémonie nouvelle
et plus imposante, c'était comme défier la
douleur; j'en ai été accablé. Il me semblait
alors que le pardon des plus cruelles offenses me serait échappé avec mes larmes.
Abandonnant mon âme à des fictions dans
lesquelles je refaisais en quelque sorte notre
t la bonté
devient sublime, 2 1 j'ai été si fortement ému,
que je croyais ma sensibilité épuisée. J'ai
osé me présenter à une cérémonie nouvelle
et plus imposante, c'était comme défier la
douleur; j'en ai été accablé. Il me semblait
alors que le pardon des plus cruelles offenses me serait échappé avec mes larmes.
Abandonnant mon âme à des fictions dans
lesquelles je refaisais en quelque sorte notre --- Page 98 ---
(64)
histoire, je rèvais aux résultats qu'auraient
ces admirables paroles, si elles
pu produire entendues dans nos temples et
avaient été
mêmes du délire
dans nos camps, aux jours
et du crime, et je me figurais le peuple
enfin lui-mème, après
français paraissant
comme la
tant de factions, pour opérer
révolution de la douleur et de Thumanité;
les citoyens et les soldats conje me figurais
cette
fondus, brisant, les larmes aux yeux,
puissance d'une assemblée qui
monstrueuse
et,
croyait les représenter par un assassinat,
du roi qui n'était plus, se
dociles sujets
de la victime
montrant les dignes vengeurs
sang de ses bourreaux.
en épargnantjosqu'au
dans l'aveElle sera donc aussi magnifique
d'abord,
nir qu'elle a pu être douloureuse
destinée d'un prince dont les paroles
cette
devenir un bienfait pour
dernières vont
sans
toutes les générations, en se présentant
à côté de notre révolucesse aux esprits, --- Page 99 ---
(65)
tion, comme la plus salutaire moralité du
plus terrible des drames. Ne vous semblet-il pas, dès lors, quecet € empire de la bonté,
dont il avait fait un si malheureux essai sur
son peuple, lui est donné, après sa mort,
sur tous les peuples, pour tous les siècles ?
--- Page 100 ---
( 66)
LITTÉRAIRE,
DE LA CRITIQUE
EXERCÉE
PAR LES JOURKALISTES
SURTOUT
à Marseille, a été
discours, imprimé en 1815,
sur
Ce l'occasion du snjet proposé par FInstitut, la critique
fait à
et sur les inconvéniens de
les avantages
au concours.
littéraire. 11 est postérieur
douloureux que doit
Pexernér du sentiment ohstacles qui se préproduire la vue des
une assemblée,
au-devant du génie,
un
sentent
être T'organe, a jeté
bien digne d'en
élevé à côté d'elle
regard sur ce tribunal la
littéraire.
les titres à
gloire
dans
pour juger
chercher ailleurs que
Trop grande pour
contre la critique;
ses travaux un rempart
.
littéraire. 11 est postérieur
douloureux que doit
Pexernér du sentiment ohstacles qui se préproduire la vue des
une assemblée,
au-devant du génie,
un
sentent
être T'organe, a jeté
bien digne d'en
élevé à côté d'elle
regard sur ce tribunal la
littéraire.
les titres à
gloire
dans
pour juger
chercher ailleurs que
Trop grande pour
contre la critique;
ses travaux un rempart A --- Page 101 ---
(67)
trop éclairée pour ne pas lui
quelques avantages, même
reconnaître
gare, et quelques
lorsqu'elle s'équ'elle est
inconvéniens, même lorsjuste > elle a
combattre, mais la
voulu, non la
fait à tous les
juger, et, par un appel
talens,
ouvrage
provoquer un nouvel
qui devint, pour la
un nouveau trésor,
littérature,
venir,
comme il pouvait depour la critique elle-même,
occasion plus éclatante de faire
une
ses
et
ressortir et
avantages ses inconvéniens.
Je viens après le combat;
soient mes succès,
et, quels que
sans doute que
toujours le sort de ce jenne
j'envierai
le
vainqueur, dont
triomphe est devenn celui des lettres
mêmes, dans ce jour mémorable
ellesde si grands
où il a vu
princés s'efforçant
majesté de leur
d'éclipser la
rang, pour ne laisser
que sa gloire (1). Mais,
briller
outre que cette car-
(t) Ce trait est relatif à la séance
académique, oir --- Page 102 ---
(68) )
cherche la vérité, reste éterrière, où lon
tous les concurrens >
ouverte à
nellement
la palme 7
dès lors, en se disputant
qui,
voir sous les yeux, non plus
doivent se
mais de toutes les générad'une assemblée,
jentreprends aujourtions; la question que
à moi
s'est présentée
d'hui de résoudre,
j'ai jugé imune telle grandeur, que
les
avec
traiter dignement, dans
possible de la
C'està cette époque
de notre servitude.
retrouvé
jours
peuple a
heurense où un grand
ou rien n'a pu
liberté avec ses rois
sa
d'un discours surle même sujet,
M. Villemain, auteur
de Russie, 2
de MEmpereur
fut couronné en présence et du Roi del Prusse,qui
d'Allenague
de rEmpereur
sans appareil.
étaient yenus à l'assemblée, 18,5.]L/histoire des
() [Notej faite en septembre
au phénomène
nations n'offre rien de comparable flétrie dans les malliberté française, d'abord
de cette
rève de quelques
heureux essais d'une répoblique, monstres;l bienhonnètes, prétexte de quelques
âmes
S
A
et du Roi del Prusse,qui
d'Allenague
de rEmpereur
sans appareil.
étaient yenus à l'assemblée, 18,5.]L/histoire des
() [Notej faite en septembre
au phénomène
nations n'offre rien de comparable flétrie dans les malliberté française, d'abord
de cette
rève de quelques
heureux essais d'une répoblique, monstres;l bienhonnètes, prétexte de quelques
âmes
S
A --- Page 103 ---
(09)
enchainer nos pensées
que ces
sacrées qui les embellisent,
convenances
m'a semblé
c'est alors qu'il
recevoir, dans une inspiration
irrésistible, l'ordre de
commencer.
tôt après détruite, par l'homme
vaincre
qui n'avait semblé
que pour elle, et qui sans doute
peu vaincu par elle; reparaissant
aussiavait un
posante,ayec la
d'une manière imdynastie même
une seconde fois détruite
proscrite en son nom; ;
entre le
dans ce pacte monstrueux
despotisme et l'anarchie qui
s'unir; une seconde fois
feignaient de
appareil de forces
reproduite au milieu d'un
étrangères
à la détruire, dans cet
ordinairement employé
rions appeler le pacte événement que nous pourentre un
cesse tourmentédu besoin de
grand prince, sans
peuple fatigué enfin du
pardonner, ett un grand
cord sublime, où l'on scandale des révolutions : acgard de la
ne peut pas même dire, à l'émajorité de ce peuple,
joie se soient mélées celles
qu'aux larmes de
du
moment méme où le
repentir, puisqu'au
prince et cette
de
peuple semblaient armés l'un'
majorité son
voyaient leurs ennemis
contre l'autre, ils ne
séparés.
que dans ceux quiles avaient --- Page 104 ---
(70)
chose au monde doit se préSi quelque
attributs de l'indépensenter avec tous les
disons
c'est le rôle du critique,
dance,
de lettres en général.
mieux, de Thomme oùt il existe, on ne
Que dans ce système,
des prétentions qui ne peuvent
lui oppose pas
autre. La république
avoir lieu que dans un
lois de la
des leltres a dû échapper aux
est
L'homme
société sur les préminences. facultés de
dans celte république , par les
est dans l'état sauvage par
T'esprit, ce qu'il
autour de
facultés du corps. Il ne voit
les
Tout ce qui n'est
lui ni sénat, ni prince.
éminentes de T'esprit,
pas doué des qualités
dans ses presest peuple à ses yeux. Si,
quelques
attaques, il paralt blesser
santes
la victoire.
convenances, il s'absout par
conflit, l'empire est au
Dans ce perpétuel
de cet autel
plus digne. Il en est comme
devait
dont le sacrificateur
mystérieux,
ses droits au premier
sans cesse disputer
lui ni sénat, ni prince.
éminentes de T'esprit,
pas doué des qualités
dans ses presest peuple à ses yeux. Si,
quelques
attaques, il paralt blesser
santes
la victoire.
convenances, il s'absout par
conflit, l'empire est au
Dans ce perpétuel
de cet autel
plus digne. Il en est comme
devait
dont le sacrificateur
mystérieux,
ses droits au premier
sans cesse disputer --- Page 105 ---
(71)
rival, qui se présentait pour le combattre.
Et il est heureux qu'au milieu des distinctions nécessaires de l'ordre
social, se maintienne cet ordre de choses où chacun
ne
peut se distinguer que par ses qualités
sonnelles. La
percritique est donc le droit de
tous. Ne doit-elle pas être de plus
envisagée
comme le premier besoin des lettres ? En
supposant même que des génies
ne
supérieurs
manquent jamais à un peuple, deux
causes de décadence menaceront
littérature
toujours sa
: l'indocilité de l'esprit de l'homme
impatient de secouer le joug des
la nature des obstacles
règles, et
que le grand écrivain
est forcé de vaincre à son
début; c'est-àdire, que nous devons craindre
des
que
ouvrages bizarres ne prospèrent, et que des
chefs-d'ceuvre ne puissent parvenir à se faire
connaître. Pour échapper à ce désordre des
talens restés dans
l'obscurité, et des innoVations où les talens mêmes seraient
fu- --- Page 106 ---
(72)
et des esprits
nestes, des âmes généreuses
ont dû soupirer
réféchis, tout ensemble,
létablissement d'une critique régulière,
après
de soin à faire connaitre le
qui mit autant
en mettre à se
grand écrivain, qu'il a pu
mieux
rendre digne d'ètre connu; qui, pour
noble
de faire apprécier
remplir ce
projet
hàtât de nous
les vrais chefs - d'ceuvre, se
fautes subtiles où pourrait
dévoiler ces
et enlevât au génie
échouer notre goût,
il pours'égare, ce prestige avec lequel
qui
rait égarer la foule.
lorsMais cette critique, qui est légitime,
n'est fondée que sur les
que sa puissance
être éminemment
talens de T'esprit; qui peut à les faire resutile, lorsqu'elle s'attache
évidemment
sortir dans les autres, devient
aulorsqu'elle refuse aux
une usurpation,
faire entendre dans
teurs la faculté de se
et,
où elle les juge,
cette feuille publique
devenir
surtout, peut
dans cette supposition
a --- Page 107 ---
(73)
une grande calamité, lorsqu'elle rassemble
en elle-méme les vices qu'elle devrait combattre. Observons-la d'abord dans cet état
même d'usurpation, qui, comme tant d'autres, peut se légitimer par un noble
de la puissance. Ce sera l'observer dans usage
toute
l'énergie de ses moyens pour le bien comme
pour le mal. Ce sera dès lors disposer les
esprits à mieux
apprécier son
dans tous les états où elle
influence,
pourrait s'offrir.
Et, pour établir un ensemble qui embrasse
tout, dans ce système où nous allons
trer,
enimaginons un point de perfection qui
devienne notre terme de départ. C'est-àdire, dans cette institution de la
telle qu'elle existe réellement de critique,
nos jours,
essayons de concevoir un grand critique tel
qu'il pourrait exister.
Supposons donc, dans l'homme
d'un tel
chargé
ministère, une tête ferme, qui n'attende pas l'opinion d'autrui
pour en avoir
rir.
Et, pour établir un ensemble qui embrasse
tout, dans ce système où nous allons
trer,
enimaginons un point de perfection qui
devienne notre terme de départ. C'est-àdire, dans cette institution de la
telle qu'elle existe réellement de critique,
nos jours,
essayons de concevoir un grand critique tel
qu'il pourrait exister.
Supposons donc, dans l'homme
d'un tel
chargé
ministère, une tête ferme, qui n'attende pas l'opinion d'autrui
pour en avoir --- Page 108 ---
(74)
lasser
une patience que ne puissent
une;
de cet examen
les attentions scrupuleuses
les
aussi pénible souvent pour
prdlimninaire, ,
délicat, que pour les
hommes d'un esprit
cette belle disposition
hommes sans esprit;
le talent,
d'une âme, qui aime à présumer
humains aiment à présucomme des jages
puisse captiTinnocence; ; et, afin qu'il
mer
pourrait effaroucher
ver tant de lecteurs que
lui, en
la raison sans parure, 7 supposons
brils-unes de ces qualités
outre, quelquesdans les autres; qualantes qu'il doit juger
difficile de bien
lités, d'ailleurs, qu'il est
dans
Que,
juger, si on ne les a soi-mème.
à la
mêmes où il est condamné
les momens
lui, non la faiblesse
on voie en
gravité,
mais la force qui se modère;
qui se traine,
decette lentenr qui, en s'accélérant,
non
mais cette vivacité
viendrait maladresse, devient la gràce.
qui, en se réprimant,
tel que nous
distingué,
Voilà le critique --- Page 109 ---
(75)
pouvons le concevoir; l'homme vraiment
digne de poser, sur la tête de l'orateur
du poête, cette couronne
ou
riter lui-méme.
qu'il pourrait méSuivons-le dans ses travaux.
Le génie, à son début
de l'indifférence
surtout, au milieu
du grand nombre, doit
craindre et ces esprits étroits
qui ne peuvent
pas Tapprécier, et ces âmes jalouses
veulent
qui ne
pas Phonorer : de sorte qu'à l'entrée
de cette belle carrière des lettres,
vons nous figurer
nous poucomme deux monstres
toujours préts à étouffer tout ce qui
briller un
peut
jour, 9 la sottise et l'envie.
armé pour les combattre, le
Toujours
se hâte
grand critique
d'éclairer, de subjuguer tous ces
hommes inattentifs ou superbes,
l'écrivain
qui, dans
nouveau, prendraient le sublime
pour de l'emphase,
grand
2 tandis que, dans le
écrivain depuis
ils
long -1 temps connu,
prendraient l'emplase pour le
qui ne jugént pas de l'auteur
sublime;
par T'ouvrage,
envie.
armé pour les combattre, le
Toujours
se hâte
grand critique
d'éclairer, de subjuguer tous ces
hommes inattentifs ou superbes,
l'écrivain
qui, dans
nouveau, prendraient le sublime
pour de l'emphase,
grand
2 tandis que, dans le
écrivain depuis
ils
long -1 temps connu,
prendraient l'emplase pour le
qui ne jugént pas de l'auteur
sublime;
par T'ouvrage, --- Page 110 ---
(76)
de F'ouvrage par je ne sais
mais qui jugent
sont d'avance
idée confuse qu'ils se
quelle
Comme ils savent que
formée de T'auteur.
de s'avenle vrai talent est rare, ils craignent
dans des lectures qui seraient pour
turer et
dans des éloges qui ne
eux sans plaisir, et
honte. Ils sont
seraient pas pour eux sans
sentiment
retenus encore par ce
peut-être
aux domisecret, qui fait que Ton s'oppose
enchainouvelles. Et voilà comme,
nations
leur paresse, par
nés tout ensemble par
ils se
par leur orgueil,
leurs préventions,
dans l'indiftérence
retranchent obstinément
les écrivains qui osent se présenter
pour tous
nombre qu'on révère.
a la suite de ce petit
d'esAttentif à réprimer cette disposition
relativement aux écrivains
prit qui fait que,
sorte
nous résistons en quelque
nouveaux, 9
critique se garde bien
notre
à T'admiration,
dédain tous ces
dès lors de repousser avec veulent se dishommes qui, en littérature ,
à --- Page 111 ---
(77)
tinguer du peuple, et qui forment
mêmes un peuple si nombreux. S'il euxpar les juger avec sévérité, il
finit
par les
commence
envisager avec respect, parce
comme cette cité célèbre qui
que, 3
autel pour le dieu
réservait un
inconnu; il aime à croire
que 3 parmi tant d'écrivains
nait pas, il s'en
qu'il ne controuve peut-être
uns plus dignes de ses hommages quelquesceux qu'il honore. Se
que tous
des lectures
condamnant donc à
fastidieuses, pour ne nous en
procurer que d'agréables, il
parer à ces hommes
peut se comqui, pour arriver à
quelques parcelles d'or, s'imposent les
vaux les plus durs, dans les
trales plus sombres.
profondeurs
térature
Heureusement pour la litet pour lui, si cette même
de
disette
talens, 2 qui rend sa tâche pénible,
rend nécessaire
la
; par son ardeur à l'exécuter, il la rend bientôt
lant,
plus facile. En immodès l'abord, tant d'écrivains
médiocres,
à
quelques parcelles d'or, s'imposent les
vaux les plus durs, dans les
trales plus sombres.
profondeurs
térature
Heureusement pour la litet pour lui, si cette même
de
disette
talens, 2 qui rend sa tâche pénible,
rend nécessaire
la
; par son ardeur à l'exécuter, il la rend bientôt
lant,
plus facile. En immodès l'abord, tant d'écrivains
médiocres, --- Page 112 ---
(78)
dont ils allaient profaner
au dieu du gont
terreur salutaire à
Yautel, il imprime une
suivre. Toute
d'autres qui allaient les
tant
devant lui,
foule s'éclaircit, se dissipe
cette
libre au vrai talent,
laisser la place
pour
caché derrière elle. Et, comme
trop souvent de faire le plus grand bien
est
sa maxime
en faisant le moins
possible à la littérature, littérateur, on se soude mal possible au
aux désans murmure,
met généralement,
sans
de T'homme qui a prononcé
cisions
parvient à ce résultat
colère. Tandis qu'il
hair de la médiosi rare de ne pas se faire
tendre vénéracrité qu'il condamne, quelle lui cette âme
tion n'éprouve pas pour
ou dévedont il a pressenti
jeune et vive,
ou haté la gloire!
loppé le talent, et prédit
la gloire
l'aimera, sans doute, comme
Elle
l'amitié est un tréelle-même. Or, si
celle de
magnifique position que
sor, quelle
dès T'abord, lever un
Thomme qui peut,
- 2
à --- Page 113 ---
A
(79)
tel tribut sur les esprits les plus
de son siècle! Sans
distingnes
doute, qu'en parlant
des avantages qu'il doit
procurer aux lettres,
je ne pouvais oublier cet avantage si
cieux, qu'il doit recueillir
prépour lui-méme.
Un tel résultat
devait, en
reluire dans
quelque sorte, 9
ce discours, de même
côté de la vertu doit briller
qu'à
sa récompense.
Si au milieu de tant
d'amours-propres, s
toujours prêts à s'enflammer, il sent
exerce une des
qu'il
magistratures les plus délicates ; au milieu de ces esprits
topjours
disposés aux plus violens écarts. il
,
sent
qu'il en exerce une dcs plus
Dans le premier cas, il est
imposantes.
s'alarmer
plus prompt à
qu'as'enorgueillir de son pouvoir.
Dans le second., il en use avec la fermeté
que déploirait un sénat inébranlable, dans
une république oragense,
à la
de cette foule
Ainsi,
vue
d'ouvrages qui sont journellement le supplice de son goût, faisant
aux plus violens écarts. il
,
sent
qu'il en exerce une dcs plus
Dans le premier cas, il est
imposantes.
s'alarmer
plus prompt à
qu'as'enorgueillir de son pouvoir.
Dans le second., il en use avec la fermeté
que déploirait un sénat inébranlable, dans
une république oragense,
à la
de cette foule
Ainsi,
vue
d'ouvrages qui sont journellement le supplice de son goût, faisant --- Page 114 ---
(80)
qu'ils ne devienefforts pour
de perpétuels
il s'attache
les écueils du nôtre,
nent pas
à son siècle le scansans cesse à épargner
les producdale de ces admirations pour
qui debizarres ; scandale
tions les plus
littérature d'un peuvient la honte de la
Ginit
à force de se répéter,
ple, et qui,
par en être la ruine.
de fausses
sa noble résistance 7
Malgré
usurpées peuvent
doctrines, des réputations Mais, à la lude loin en loin.
prévaloir
qu'il fait incessamment
mière du flambeau
entière, tout est
briller sur la littérature
Ces
sous son vrai jour.
bientôt envisagé
déguiserleur
esprits audacieux, quicroysient de leurs écarts,
faiblesse par la violence
des témébientôt proscrits comme
sont
et cette mulcomme des sacriléges;
raires,
séduite revient 9
titude momentanément
religieuse 7
sorte de vénération
avec une
modèles dont la simplivers ces antiques --- Page 115 ---
(8r)
cité est si magnifique et la sévérité
trayante.
si atQuelleque soit la grandeurdes
de son ministère
attributions
, il n'a pas
donner ses décisions
l'orgueil de
comme une loi.
ces points délicats,
Sur
leurs"
surtout, où les meilesprits se partagent, le
à ses yeux, le vrai
public est,
souverain.
ces momens
Mais, dans
d'ellervescence
nent
que détermipresque toujours de grands événemens
littéraires, il voit comme
où il doit lui-même
un interrègne
ressaisir la
s'efforce alors d'exercer
puissance.
ému ou
sur le public
cendant encore trop peu instruit, cet asque le public, enfin
et plus calme
plus éclairé
mème.
2 doit reprendre sur luiAinsi s'opère comme
reflux du pouvoir
un flux et
dont il
entre lui et ce
est tour à tour l'adversaire public,
gane.
et l'orAu lieu du goit, est-ce la
morale que
G
un interrègne
ressaisir la
s'efforce alors d'exercer
puissance.
ému ou
sur le public
cendant encore trop peu instruit, cet asque le public, enfin
et plus calme
plus éclairé
mème.
2 doit reprendre sur luiAinsi s'opère comme
reflux du pouvoir
un flux et
dont il
entre lui et ce
est tour à tour l'adversaire public,
gane.
et l'orAu lieu du goit, est-ce la
morale que
G --- Page 116 ---
(82)
sous ses yeux ? Se prélon ose attaquer
de ces
devant lui quelques-ons
sente-t-il
des lecteurs à force
écrivains qui cherchent
sais
? A l'instant, je ne
quoi
de scandale
hautain se manifeste
de brusque et de
Sa voix a tonné
dans cette àme si paisible.
tout le baun cri de guerre, et
comme
de bien s'est raltaillon sacré des hommes
Dans limautour de lui.
lié, s'est pressé
qui croit teattitude de Thomme
il
posante
de la société même 7
nir son ministère
il écrase
de tous les traits du ridicule,
perce
du génie ces insensés qui,
de tout le poids
ébranler
faire parler d'eux 1 7 osent
de
pour
les protège. Hors
Tédifice même qui
comme le guercirconstances éclatantes,
séces
il ramène la
rier revenu du combat,
les reproson front, et malgré
rénité sur
hommes trop ardens qui
ches de quelques
Phumenr, et apdéforment leur vertu par
Tintolérance,
leur littérature par
pauvrissent
- --- Page 117 ---
a
8 83)
je le vois dérobant
rannie
sa belle âme à la
d'un système,
tytenant à
3 au supplice de hair;
toutes les opinions
ont de noble et
par ce qu'elles
d'élevé;
un égal
applaudissant, avec
transport, aux prodiges
opérer et T'honneur des
qu'ont pu
thousiasme des
monarchics et lenà tour des larmes républiques; donnant tour
tres
aux infortanes des illuspersonnages et à la liberté
se livrant avec charme
mourante;
que doit
aux inspirations
produire en nous cette idée
guste du grand
auEtre, et croyant
vertus de celui
encore aux
dogme
qui a pu se refuser à ce
consolateur, principe des
vertus. Quels
plus hautes
que soient les
doive juger un homme doué ouvrages que
aimant, d'un
d'un coeur aussi
esprit aussi flexible,
rare que ses systèmes
il est
à son gout les
particuliers dérobent
dans des
beautés qui ont pa naitre
systèmes tout contraires. Si
quefois il
quels'égare, 2 ce seront de ces aima-
qui a pu se refuser à ce
consolateur, principe des
vertus. Quels
plus hautes
que soient les
doive juger un homme doué ouvrages que
aimant, d'un
d'un coeur aussi
esprit aussi flexible,
rare que ses systèmes
il est
à son gout les
particuliers dérobent
dans des
beautés qui ont pa naitre
systèmes tout contraires. Si
quefois il
quels'égare, 2 ce seront de ces aima- --- Page 118 ---
(84)
qui embellit
bles erreur's d'une imagination
d'une âme pénétrante,
tout de sa lumière,
les autres de
expansive, qui, faisant rougir
elles la
si peu, produit en
lui ressembler
vertu, à force d'y croire.
ce sublime
Rapprochons de nous-mêmes homme qui,
modèle. N'y voyons plus qu'un
en delieu de combattre linjustice 2
au
Comme, sous un ciel qui
vienne T'organe. s'attache aux restes d'azur
s'obscurcit, la vue
de mème 2 dans
qui peuvent briller encore, tablean de la critique
du
cette dégradation
mon esprit, consque j'ai d'abord offert,
qui fuient,
tammient dirig@venlearantagese dissimnler
de se
s'efforcer, un instant,
va
s'accumulent, réservant
les inconvéniens qui
inconvéniens
un second tableau ces
pour
eux-mêtes.
réloquenee; et
11 faut des passions pour
les
dans son acharnement,
la critique 2
tend à donner de
éveille. De mème qu'elle
--- Page 119 ---
A a
a
(85)
la rectitude aux esprits,
lorsqu'elle ne veut
que les éclairer, de même elle
imprimer de la
peut leur
vigueur, lorsqu'elle les outrage. C'est alors que l'on voit de ces répliques véhémentes, de ces
génie'q qui
explosions du
s'indigne. Ce reptile, qui s'attache au lion, le fait rugir. La
offre alors comme
littérature
une guerre, où se développent des talens qui seraient restés inconnus dans le calme.
Trop souvent la
paresse du grand écrivain est plus forte
son amour-propre. Dans ces
que
momens d'une
attaque imprévue, 9 où tous les regards sont
dirigés sur lui, son
amour-propre devient
plus fort que sa paresse. Il évite les moindres
fautes, , parce qu'il se voitsous les
d'un ennemi
yeux
qui voudrait trouver des
fautes dans ses beautés mêmes. Il est
en soupirant, à de
mené,
nouveaux chefs-d'oeuvre, , et il bénit enfin cette
censure importune qui l'a préservé des séductions de
évue, 9 où tous les regards sont
dirigés sur lui, son
amour-propre devient
plus fort que sa paresse. Il évite les moindres
fautes, , parce qu'il se voitsous les
d'un ennemi
yeux
qui voudrait trouver des
fautes dans ses beautés mêmes. Il est
en soupirant, à de
mené,
nouveaux chefs-d'oeuvre, , et il bénit enfin cette
censure importune qui l'a préservé des séductions de --- Page 120 ---
(86)
étouffer sa
; qui, en voulant
la prospérité
Ainsi, au moment
gloire, T'a angmentée.
déshonore, elle
même où la critique se
à s'honorer
forcer le grand écrivain
peut
davantage.
plus loin dans une
Avant de m'engager
doudiscussion qui ne peut plus être que
moi, paisqu'elle doit paraitre
loureuse pour
j'aime à le
satire de notre humanité;
une
T'homme qui veut aujourdhui
reconnaitre,
de la critique, se
relever les incouvéniens
dans la même
trouve, à quelques égards, à faire, sous
celui qui aurait
position que
T'histoire d'an tyran. Cette
un bon prince,
dans la splencritique, faible, parmi nous,
dans
deur des lettres , s'est perfectionnée suite
par une
leur déclin, et, peut-être, on voit l'art
de leur déclin même, comme
les maà mesure que
de guérir prospérer,
même lui
On pourrait
ladies se multiplient.
le but, à force
reprocher d'avoir passé --- Page 121 ---
(87 )
d'esprit et d'art,
lorsque, portant dans un
genre les prétentions d'un autre, elle semble plutôt chercher à éclipser les auteurs
qu'à les juger. Il est vrai que le lecteur
séduit par cette pompe dont elie
,
s'entoure,
devient volontiers son complice. Plusieurs
de nos critiques
doivent, en etfiet, nous
trouver indulgens, lorsque le même talent,
qui les égare, les absout; surtout, si l'on
considère
que, 2 dans tous les temps, parmi
les ouvrages qui paraissent, c'est le bien
petit nombre qui mérite de paraitre. Alors
il est heureux qu'un écrivain
distingué ait
pris l'engagement de publier ses idées, toutes les fois que tant d'écrivains médiocres
osent publier les leurs; qu'il fasse plutôt
usage de son imagination pour
produire un
bel ouvrage, que de son gout pour en critiquer un mauvais; comme s'il se chargeait
de payer au pablic la dette de l'auteur.
Il en résulte que la plupart des
lecteurs, 9
aitre. Alors
il est heureux qu'un écrivain
distingué ait
pris l'engagement de publier ses idées, toutes les fois que tant d'écrivains médiocres
osent publier les leurs; qu'il fasse plutôt
usage de son imagination pour
produire un
bel ouvrage, que de son gout pour en critiquer un mauvais; comme s'il se chargeait
de payer au pablic la dette de l'auteur.
Il en résulte que la plupart des
lecteurs, 9 --- Page 122 ---
(88 00 )
les productions nouvelles,
indiflérens pour
article
voient que l'occasion de quelque
n'y
seraient tentés de remercier
piquant; qu'ils
qu'il fait,
T'auteur, non pas de l'cuvrage
celui
fait faire. Ici, je ne
mais de
qu'il
écrivains (1) si
parlerai point de ces deux
tout ensemble par l'élévation
remarquables
de leurs talens (2), qui,
et parl l'opposition
élevées où ils
descendus de ces régions
voulu
étaient faits pour briller toujours, ont
dans cette
momentanément se renfermer
inférieure de la critique, pour échapsphère
foudres du despotisme ,
per pent-être aux
énerentrainés par leur indomptable
et qui,
à leur insu,
gie, étaient comme reportés,
hanteurs d'oà ils le menaçaient
à ces mêmes
n'était pas
encore (5). Dans ce genre, 7 qui
(1) MM. de Bonald et de Chateaubriand.
(2) Pares magis quim similes. Quint. article de M. de
(3) Qu'on se rappelle mmagnifique --- Page 123 ---
(89 )
le leur, ils ont plutôt abandonné
puté la palme à trois hommes
que disentourés d'un
grand nombre de rivaux dignes d'enx. Le
premier (1), avec de la
mais
gràce, 2
sans
l'enjouement, s'est distingné surtout par la
force 9 et parait appartenir à Ja classe des
orateurs. Le second
(2), avec de la gràce
encore, mais sans la force, s'est distingué
surtout par T'enjouement, et mériterait
place parmi ces comiques
une
dans les
légers, quibrillent
nuances. Quant au troisième
avec moins d'éclat
le
(5),
moins
que
premier 7 avec
d'aménité que le second, il a déployé une souplesse de talent, et une fécondité
d'imagination , qui en faisaient le
heureux imitateur de l'écrivain
plus
(4) dont il
Châteaubriand, , dansle
Bonald, dans la Gazette Mercure,et un autre de M. de
de France.
(I) M. Dussault.
(2) M. de Feletz.
(3) Geoffroi.
(4) Voltaire,
ins
que
premier 7 avec
d'aménité que le second, il a déployé une souplesse de talent, et une fécondité
d'imagination , qui en faisaient le
heureux imitateur de l'écrivain
plus
(4) dont il
Châteaubriand, , dansle
Bonald, dans la Gazette Mercure,et un autre de M. de
de France.
(I) M. Dussault.
(2) M. de Feletz.
(3) Geoffroi.
(4) Voltaire, --- Page 124 ---
(90)
ardent ennemi : homme proétait le plus
à la vieillesse un
digieux x, qui, opposant à Tinstant marqué
front rebelle, trouvait faisant sourire les
toujours prèt;
son esprit
les plus frivoles.
plus sérieux, faisant penser
sous le règne de ce redoutable
Tandis que, hommes de lettrès, critiques
critique, des
à la tyrannie; sous le
cux-mêmes, criaient aimable, des hommes
charme de ce génie
instant, à letrs
du monde, enlevés, un
que,
à reconnalttre,
souffrancès, se plaisnient flatter une autre tyrans'il avait le tort de
l'art de nous
bien
craelle, il avait
nie
plus
du moins que le presen consoler, autant
distraire de la
de l'imagination peut
tige
de cè caractèré
réalité. Dénué, en effet, dans les ouvrages
de grandeur, qui, mème
toujours les
littéraires, elfarouchera
purementl
de la liberté des peuples,
princes ennemis
qui élève les àmes,
parce que toute pensée contre le dcspotisparait une conspiration --- Page 125 ---
(91)
me qui les dégrade, il
fait
sembisitéminemment
pour être l'écrivain d'une nation ingénieuse, , légère et tyrannisée.
Que dans ce ministère de la censure littéraire, disposant souverainement d'nne
feuille
publique, On me garantisse une succession
d'hommes, > qui, aux qualités de
remarquables dans
l'esprit si
ces trois écrivains, réunisscntfempressement à les faire connaitre
les autres; et, comme, entre les
dans
grand
mains d'un
prince, la monarchie même absolue
doit trouver grace devant le
plus rigide, de même
républicain le
toute cette critique de
nos journaux deviendrait, à mes yeux, le
plus souvent du moins, un bienfait
pour les
lettres, en même temps
des
qu'elle en serait tine
parties les pins brillantes. Or,
éloge de la critique
après cet
qui règne de nos jours,
voyons, si nous devons présumer
soutienne dans tous les siècles,
qu'elle se
aussi
d'une manière
imposante. Voyons d'abord si nous ne
de même
républicain le
toute cette critique de
nos journaux deviendrait, à mes yeux, le
plus souvent du moins, un bienfait
pour les
lettres, en même temps
des
qu'elle en serait tine
parties les pins brillantes. Or,
éloge de la critique
après cet
qui règne de nos jours,
voyons, si nous devons présumer
soutienne dans tous les siècles,
qu'elle se
aussi
d'une manière
imposante. Voyons d'abord si nous ne --- Page 126 ---
(92)
désespérer de trouver souvent en
devons pas
à faire briller le
elle cette noble disposition
néand'antrui; disposition qui est,
talent
premier devoir, et dontjelaccuse
moins,son
même
nous donner aujourd'hui
de ne pas
exemples. Je me représente
d'assez fréquens
loin d'un beau rivage,
un navigateur emporté
encore;j je me
que son imagination: a pu parer
jeté enfin parmi des écueils,
le représente
tout entier à
sous un ciel qui, senveloppant lointain. Telle
déjà dans le
ses yeux , gronde
Osons toutefois
est maintenant ma position.
avant, suivant une marche oppénétrer plus
dans leurs desposée à celle des poètes, qui,
les
des enfers, commencent par
criptions
lÉlysée.
lieux de douleur et finissent par
dans sunjournal, ,se charge
Ce critique, qui,
auteur
sur les auteurs, est déjà
de prononcer
comme. critique.
lui-méme, ne fat-ce que
dès lors on
Dès lors il est juge intéressé,
la passion ne l'égare,
peut craindre que --- Page 127 ---
(93)
comme lignorance pourrait égarer le vulgaire. Ici,j je suis forcé de dévoiler
une des
grandes plaies de la littérature dans tous les
siècles. Cette
restriction, 2 qu'un grand
taine mettait à la justice
capiqu'une
pour un trône ;
jeunesse impétneuse met souvent à
P'honneur même pour les plaisirs; les littérateurs la mettent trop souvent aussi à l'amitié
même pour la gloire. Si nous en trouvons
parmi eux qui
ailleut.jusqu'a louer, 9 sans réserve, les succès de l'étranger, de l'eunemi,
dont la réputation pourrait
éclipser la
nous devons leur savoir
leur,
gré d'un tel
comme de l'effort le plus
éloge
pénible. A force de
s'affermirdans cette magnanime conduite, ils
voudraient s'étourdir sur ce sentiment
naturel, qui tend à les en écarter
trop
Poursuivis, dans leurs
sans cesse.
sentiment
plusbeauxélans, parce
importun qui les humilie si fort
à leursyeux, ils voudraient en
noble
dégager cette
passion de la gloire, comme lor de son
tel
comme de l'effort le plus
éloge
pénible. A force de
s'affermirdans cette magnanime conduite, ils
voudraient s'étourdir sur ce sentiment
naturel, qui tend à les en écarter
trop
Poursuivis, dans leurs
sans cesse.
sentiment
plusbeauxélans, parce
importun qui les humilie si fort
à leursyeux, ils voudraient en
noble
dégager cette
passion de la gloire, comme lor de son --- Page 128 ---
(94)
alliage ; de sorte que l'on pourrait ici soupleur défaut par leur vertu. Ames
çonner
point de régénéreuses, ne me reprochez
véler votre secret. C'est celui de la faiblesse
humaine; ; et c'est en la combattant que vous
vous montrez divines.
donc bien
Ce tribunal de la critique sera
le talent qu'un trône
moins un refuge pour
doit rendre ce répour l'envie. Et, ce qui
le
sultat plus désastreux, c'est que rarement
sous ses vraies couleurs.
monstre y paraitra
le méchant
C'est ici que l'on peut dire que
d'efforts à feindre le bien que
emploie plus
à le faire. Ainsi cette
Thomme vertueux
est
qui le dernier supplice
âme jalouse, pour
louera quelquefois ; mais ce sera,
de louer,
connu, contre
ou le grand écrivain déjà
elle pourrait bien peu par ses cenlequel
médiocre, pourlequel
sures, ou un écrivain
Et
elle peut encore moins par ses éloges.
avoir été entrainée,
elle voudra paraitre --- Page 129 ---
a A
(95)
dans le premier cas, par
le second,
T'enthousiasme, dans
par un peu de complaisance, afin
de donnerune idée
ble, de son
avantageuse, tout ensemgout et de sa modération.
de l'ascendant
Forte
qu'elle obtient par une telle
adresse, elle en profite pour mieux accabler
le grand écrivain qui ne s'est
connaitre.
pas encore fait
Ou, s'il ne s'offre
présent, de
point, 3 pour le
génie naissant - à étouffer ;
les solennels éloges
après
qu'elle décerne à ces
grands hommes qui n'ont plus besoin de
nos éloges, elle recherche,
ces tristes écrivains
comme sa proie,
dont les fautes ne sauraient être contagieuses ; elle les recherche
pour les immoler bien plus à Sa vanité
qu'au bon goût; et c'est ainsiqu'elle
l'art d'être vraie
trouve
sans être ntile, et dans
ses éloges et dans ses censures.
Eh ! en écartant même cette
l'envie, quel héroisme
passion de
dans un
ne faudrait-il pas
critique pour examiner
2 avec
tristes écrivains
comme sa proie,
dont les fautes ne sauraient être contagieuses ; elle les recherche
pour les immoler bien plus à Sa vanité
qu'au bon goût; et c'est ainsiqu'elle
l'art d'être vraie
trouve
sans être ntile, et dans
ses éloges et dans ses censures.
Eh ! en écartant même cette
l'envie, quel héroisme
passion de
dans un
ne faudrait-il pas
critique pour examiner
2 avec --- Page 130 ---
(96)
d'un juge, cette foule de proles scrupules
viennent incessamductions nouvelles qui
! La répuses regards
ment se disputer
de la lecture d'un
gnance qui nous éloigne bien plus vive,
écrivain sans nom, devient
comme
cette lecture se présente
lorsque
ct comme un devoir
une sorte de devoir, existe-t-il béaucoup.
de tous les jours. Or,
être ainsi les
d'hommes qui consentent à
des autres ? Du moins,
martyrs de la gloire
il
une si
dans tout un public 7 oû
règne
rediversité d'esprits , , je puis me
grande
qui, suivant la naprésenter les lecteurs,
suivant leurs
ture des ouvrages annoncés, ainsi dire, 2 les
caprices, se relèvent, pour
les autres ; en sorte que cet examen,
uns
le nombre, peut devenir
déjà imposant par
Mais, dans
encore facile par la curiosité.
si
si restreint de, la critique 7
ce tribunal
retombe pas sur
même tout le fardeau ne
sera
de la nouveauté
un seul, cet attrait --- Page 131 ---
(97) )
bien plutôt détruit
malheurenses.
par tant de nouveautés
De lh, ces
ficiels dont on s'efforcera examens superde dissimuler la
précipitation et le désordre
accessoires,
par le luxe des
3 par le ton imposant de
cisions. De là
ses do-.
encore, et bien
cette inaction
plus souvent,
profonde, ce silence
jusqu'à ce que d'autres motifs
superbe,
lintérêt des lettres
que ceux de
viennent
tribunal littéraire.
déterminer ce
Ici, me faisant
à travers
jour, 3 pour ainsi dire,
l'effrayante abondance
sujet preisente, afin de
que mon
le moment,
ne m'occuper, pour
que des effets de cette
tion, dont le peuple
prévenle jouet; je
semblerait devoir être
ple,
demanderai si ce même
étranger à toutes ces
pennos autours,
répulations de
de littérature; comme à tous nos systèmes
; qui ne voit dans un
que l'ouvrage
ouvrage
lui-mème, ne serait
quefois plus près de la
pas quelvérité, non-seule7
de
que mon
le moment,
ne m'occuper, pour
que des effets de cette
tion, dont le peuple
prévenle jouet; je
semblerait devoir être
ple,
demanderai si ce même
étranger à toutes ces
pennos autours,
répulations de
de littérature; comme à tous nos systèmes
; qui ne voit dans un
que l'ouvrage
ouvrage
lui-mème, ne serait
quefois plus près de la
pas quelvérité, non-seule7 --- Page 132 ---
(98)
audacieux, qui, en charment que ces esprits d'un peu de science,
geant leur médiocrité à leur goût qu'à
ont ajonté bien moins
beaucoup de
mais même que
leur orgueil,
distingués de la canos écrivains les plus
lequel ils se comdans
pitale. Un préjugé, chef-d'oeuvre littéraire
c'est qu'un
comme
plaisent,
dans les proviuces ;
est imposible
notre langue, le prosi, pour bien parler
n'était pas de nous
cédé le plus couvenable le mieux parlée ;
régler sur ceux qui lont
sommes pardès-lors, au point où nous
ne dat
que
société des illustres morts
venus, la
de celle des vivans
nous dédommager
pas
même les chefs-d'ocules plus illustres ; que
ne fussent pas
des uns et des autres
leur
vre
d'un plus grand secours que
pour nous
leurs chefs-d'eeuvre
conversation, pnisque
d'euxla plus belle partie
nous montrent
conversntion nous les
mèmes, et que leur
Or, je
montrerait avec leurs négligences. --- Page 133 ---
(90) )
suppose qu'un critique, dominé
préjugé, s'arrète,
par un tel
d'un
par hasard, à l'examen
ouvrage supérienr, sorti de nos
vinces.
proComma, au milien de cette
importune d'auteurs
foule
obsédé; dans
obscurs dont il est
son
impatience, dans accablement, dans son
faire craindre
son humeur, il doit nous
que le génie ne passe
voilé, à ses yeux, par le
s comme
nuage de ses
ventions, ou par le prestige
preCe résultat me
deson orgueil !
si l'auteur
semblerait même
était un autre
infaillible,
le hasard donnerait
Bossuet, à qui
vains tropaccrédités pour juges ces écriélevées,
peut-être dans les classes
je veux dire ces esprits si
qui se jugent si fins; ;
froids,
de petites
aveugles qui, à force
phrases, croient
grâce de Voltaire
reproduire ou la
> ou la profondeur de
Montesquieu. Dans leur délicatesse
effarouchés de
saperbe,
T'énergie des
nouvel
mouvemens du
orateur, 9 ils le jageraient
d'abord
ités pour juges ces écriélevées,
peut-être dans les classes
je veux dire ces esprits si
qui se jugent si fins; ;
froids,
de petites
aveugles qui, à force
phrases, croient
grâce de Voltaire
reproduire ou la
> ou la profondeur de
Montesquieu. Dans leur délicatesse
effarouchés de
saperbe,
T'énergie des
nouvel
mouvemens du
orateur, 9 ils le jageraient
d'abord --- Page 134 ---
100 )
P'obscurité de son nom, comme ils
d'après
de l'ancien que
bien ne juger
pourraient
Aussi fiers que s'ils posd'après sa gloire.
vantent, ils
sédaient tout le mérite qu'ils
après les perfecauraient T'air de soupirer
siecle, devaut Thomme qui
tions du grand
même sans
à leurs yeux 7
les retracerait
enfin le
défaut. Als condamneraient
aucun
nom de Bossuet luinouveau Bossuet au
devenant ainsi des juges iniques,
mème,
su être des lecqu'ils n'auraient pas
parce
taudis que ce peuple , qui
teurs passionnés; ;
Tantique et le
s'atlache peu à distinguer
de
chose remarquable 9
moderne, mais qui,
mouvesur la voie des grands
est toujours
vengerait, par
mens de la haute éloquence, larmes : les ouet par ses
ses transports
leur froideur.
trages faits au goit par
si j'insistais
serait-ce maintenant
Qne
naturelle
que la cupidité
sur ce désordre,
comme
doit nous faire pressentir
à Phomme --- Page 135 ---
(ToI )
lun des plus fréquens, ou même comme
un perpétuel scandale; si je montrais cette
libre circulation des éloges et des censures
remplacée par un honteux trafic, cù paraitraient, d'une part (1), la médiocrité avide
de s'enrichir, de l'autre (2), la médiocrité
avide de s'illustrer, 2 tandis que l'on verrait
gémir dans la solitude le génie
trop
vre pour payer sa gloire ! A un tel pautacle, o vous âmes ardentes,
specqui professez
tout ensemble le culte des lettres et de
Phonneur, l'apparition d'un vengeur miraculeux, chassant
ignominieusement de leur
temple ces profanes qui le
souillent, ne
devient-elle pas 2 dans les voeux de VOS
cocurs indignés 2 comme le rève de VOS
imaginations blessées ? Et ne versez - vous
pas des larmes améres sur cette institution,
(1) Dans les journalistes.
.(2) Dans les auteurs. --- Page 136 ---
102 )
d'une manière si séduisante
qui se présente
d'abord, pour n'ètre plus qu'un nouveau
de prévariquer avec une arrogante
moyen
sécurité?
m'appesantirais-je sur
Mais, pourquoi
celui qui se place
tous ces détails, 2 lorsque
aussi extraordinaire pour
dans une position
juger les autres 7 doit, dès l'abord, prévoir
toutes les passions ? que toutes les inque
contre sa probité,
trigues seront conjurées
contre son goût; en sorte qu'il rencontrera
pour découplus d'obstacles que personne
vrir la vérité et pour la dire; que mème,
de diriger Topinion
avec cette prétention
en avoir une ?
du public, à peine pourra-t-il
de trouPouvons nous du moins espérer
dans T'exercice d'un tel ministère, des
ver 2
beauconp d'auhommes plus capables que
de résister à d'aussi fortes épreuves ;
tres
inférieurs
des hommes qui ne soient pas
des membres de Ce
en lumières à plusieurs
stacles que personne
vrir la vérité et pour la dire; que mème,
de diriger Topinion
avec cette prétention
en avoir une ?
du public, à peine pourra-t-il
de trouPouvons nous du moins espérer
dans T'exercice d'un tel ministère, des
ver 2
beauconp d'auhommes plus capables que
de résister à d'aussi fortes épreuves ;
tres
inférieurs
des hommes qui ne soient pas
des membres de Ce
en lumières à plusieurs --- Page 137 ---
(103 )
nombreux tribunal du public 2 qu'ils prétendent éclairer? ? Mais non. L'écrivain d'un
grand génic se condamne diflicilement à interrompre ses travaux, pour juger ceux des
autres ; et l'écrivain d'un grand caractère
vit ordinairement paisible, loin de tout ce
choc des
passions, 2 qu'il craindrait d'exciter
ou de ressentir; tandis que ces âmes vulgaires, que tourmente le sentiment de leur
médiocrité, s'agitent sans cesse pour suppléer au talent par l'intrigue. Ainsi, sans
nous laisser aveugler par l'éclat de la critique contemporaine, nous devons
présumer
que ce seront, le plus souvent, des hommes incapables de se faire une réputation,
qui, dans un journal, se chargeront de
celle des autres ; ou, ce qui est plus déplorable, des hommes
qui, avec quelques
talens, en profiteront pour nuire, dans une
position plus avantageuse.
( Herhain de génie, qui sortez
pour --- Page 138 ---
(104)
la première fois de votre retraite ; qui n'avez d'autres titres à présenter qu'un chefd'oeuvre, le plus grand des obstacles que
vous aurez à vaincre 2 sera donc presque
toujours cette critique même, qui devrait
les aplanir; cette critique, vouée, le plus
souvent, au culte ou de la fortune 7 ou
du pouvoir, , ou des réputations déjà faites, 2
si elle n'est pas clle-mème sa première idole.
Difficulté Vous aurez à triompher ct de Sa paresse
de connaitre se faire
et de ses préventions dans
à examiner 1
de lucritide tous les dédains et de tous
que. T'examen, et
inprodigue à l'homme
les outrages qu'elle
vous aura fait suconnu. Et, lorsqu'elle
de son mépris, vous gémirez
bir ce supplice
si vous parvenez à vous
bien davantage,
imDangerde en faire counaitre. Votre supériorité
s'erfiie connaiie. portunerait ses faibles ycux 2 provoquerait
1.Silencolère. Comme tous ceux qui arccob-tint, toute Sa
prrmier, rivent à la gloire échappent ou menacent
moyen de
farouche
la, critique d'échapper à son empire, tyrau
jalouse.
gémirez
bir ce supplice
si vous parvenez à vous
bien davantage,
imDangerde en faire counaitre. Votre supériorité
s'erfiie connaiie. portunerait ses faibles ycux 2 provoquerait
1.Silencolère. Comme tous ceux qui arccob-tint, toute Sa
prrmier, rivent à la gloire échappent ou menacent
moyen de
farouche
la, critique d'échapper à son empire, tyrau
jalouse. --- Page 139 ---
(105)
et timide, elle se retrancherait dans un
silence obstiné. Si elle en pouvait sortir, 20,Acharce serait surtout parce qu'elle croirait avoir faire nement res- à
trouvé quelques épigrammes bien piquantes. lement sorrir sen- les
Son jugement serait une profanation, serait defauts.
plus criminel que son silence même. Une
jouissance bien douce pour elle serait, sans
doute, 3 de livrer aux dérisions du public
quelques-unes de ces pages malheareuses
qui vous seraient échappées dans le sommeil du talent. Mais si vous lui
3. Beaupartout une perfection
opposez tés déligucrains
désespérante 2 je rées.
bien que, dans une citation sacrilége, elle ne vous fasse
pleurer sur votre
chef-d'ceuvre mutilé. Que dis-je ? comme
elle ne connait
4°, tés Beau- déque trop tout le pouvoir criéesavec
d'une décision superbe et
audace.
tranchante, d'une
plaisanterie même vulgaire SuP les têtes les
plus fortes, elle osera, mais
est vrai, ofrir à
rarement, il
ses Jecteurs ces beautés
mêmes qui l'épouvantent, afin d'en
pré- --- Page 140 ---
106 )
venir l'effet par le ridicule. La majesté de
oratoires ne sera que
VOS développemens
la vigueur de votre argude T'emphase 7
mentation que de la sécheresse. Vainement
voulu sortir de T'obscurité, en
vous aurez
doive resrien qui
y
ne vous permettant
et
ter. Pour décréditer ces traits frappans
lesquels vous rappelez les
multipliés, par
maitres, elle vous opposera jusqu'à
grands
oû ils ont cessé d'ètre grands.
ces pages
comme la
Elle vantera leurs négligences
afin de présenter chez
gràce du génie,
soutenue, comme
vous cette perfection
Vous aurez
50. Eloges la contrainte de la médiocrité.
perfides.
ses éloges. Semblable 3
à redouter jusqu'à
(r)
sije puis ainsi parler , à ce prince perfide
d'une rivale importune (2),
qui, à T'aspect
embrassut l'écarter du trône par un
(1) Néron.
(2) Agrippine.
gligences
afin de présenter chez
gràce du génie,
soutenue, comme
vous cette perfection
Vous aurez
50. Eloges la contrainte de la médiocrité.
perfides.
ses éloges. Semblable 3
à redouter jusqu'à
(r)
sije puis ainsi parler , à ce prince perfide
d'une rivale importune (2),
qui, à T'aspect
embrassut l'écarter du trône par un
(1) Néron.
(2) Agrippine. --- Page 141 ---
(107 )
sement, elle viendra vous accorder du
ton de la
>
bienveillance, toutes les qualités
du second
rang , pour que l'on soit tenté
de vous refuser celles du
premier. Et elle
aimera bien mieux vous louer
de
citer. Votre éclat
que
vous
pourrait faire trop vivement ressortir la faiblesse et de
et de ses
son style
louanges. Elle pourra enfin vous
accorder toutes celles que vous méritez. tion 6.Atten- à ne
Mais elle se gardera de rien offrir
onanepas point citer
qui les fairedecijustifie, afin que 3 sans se
tations
compromettre convenapour l'avenir, elle puisse vous
bles, les éloges dans
au
confondre,
moins pour le présent, avec la foule de mérités.
ces écrivains
médiocres, 9 loués par ellemême sans mesure
2 parce qu'ils avaieut
payé ses éloges. Génie sublime,
mais inconnu, voilà le monstre devant
serez condamné à
lequel vous
vous humilier. A l'exemple du poëte invoquant les divinités
nales,
inferlorsqu'il veut dévoiler les mystères --- Page 142 ---
(108)
(1), il vous faudra sacride leur empire
voudrez
fier à cette furie 7 lorsque vous
dofaire reconnaitre dans ce. brillant
vous
est
dans cet Empire qui
maine des lettres,
le vôtre. >
si aisée jusqu'à
Puisque cette critique,
si dansans la passion,
un certain point
doit être le plus sougereuse avec elle,
le métier de ces
vent le refuge et comme
dans
hommes incapables de se distinguer
originales ; ne devons-nous
les compositions
nuira autant à la littépas prévoir qu'elle
en faisant paraitre ses productions,
rature,
celles d'autrui? Qu'attendre
qu'en étouffant
travaillant pour un sade la médiocrité,
com7 sur un sujet
laire,, avec précipilation
mandé?
(1) Sit mili fas.. e Sit numine vestro..
Virgile,
fas clarere ; tuo sit numine laudes
> Sit mihi
9 Et peperisse mili. --- Page 143 ---
(1o9)
Supposons même cette censure exercée
par l'homme le plus digne de dispenser
la gloire. C'est-à-dire, replaçons-nons daus
Thypothèse où nous nous sommes complu
d'abord à retracer les avantages
le
que
grand critique doit produire. On considérera peut - être comme un résultat bien
rare, qu'avec un beau génic il
puisse se
tromper, qu'avec une belle âme il veuille
tromper les autres. Cependant les
de l'esprit et les surprises de Ia vertu erreurs
même
se répéteront plus fréquemment ici
tout ailleurs. En effet, telle
que parest d'abord la TO,Erreurs
diversité des organisations,
del'esprit.
qu'il semble
impossible qu'un bon ouvrage plaise même
à tous les bons esprits. Ainsi
de nos plus grands
Beflon, l'un
prosateurs, n'élait qu'un
écrivain
médiocre, au jugement de Condillac, lun de nos plus grands
philosoples.
Ainsi, pour nous renfermer dans le même
genre, Corneille avait mal apprécié Racine.
que parest d'abord la TO,Erreurs
diversité des organisations,
del'esprit.
qu'il semble
impossible qu'un bon ouvrage plaise même
à tous les bons esprits. Ainsi
de nos plus grands
Beflon, l'un
prosateurs, n'élait qu'un
écrivain
médiocre, au jugement de Condillac, lun de nos plus grands
philosoples.
Ainsi, pour nous renfermer dans le même
genre, Corneille avait mal apprécié Racine. --- Page 144 ---
(no)
Si donc un Corneille, un Condillac avaient
eu à nous faire connaitre, dans un journal,
les talens d'un Racine, d'un Buffon, le seul
la supériorité de
résultat qu'aurait produit
aurait été un plus
ces deux premiers génies,
obstacle à la vérité. Considération,
grand
mille autres, doit nous faire
qui, entre
à un seul à
sentir que,si c'est en général
c'est à plusieurs à le juger;
faire un ouvrage,
même le nombre des juges sera
que plus
de
en fagrand, plus il y aura probabilité
de la rectitude de leurs décisions; en
veur
enchainement de consorte que, par un
nous voyons toutes ces
sequenesinvincibles,
tomber devant
autorités de nos critiques
antorité du public, pourlequel
cette grande
tous les chefsen effet ont été produits
d'cenvre. Enfin, pour épuiser tous les jours
prise 20. Sur- dela
la critique peut
vertu. désavantageux sous lesquels
favorable
s'offrir, même dans la supposition
d'admettre, combien de ces
que je viens --- Page 145 ---
(III )
hommes estimables qui, dans nos tribunaux
civils, auraient fait
Théroique sacrifice de
l'amitié à la justice, et qui, sur ce tribunal
de la critique
littéraire, se croient obligés
de louer l'auteur qu'ils aiment;
qui, dèslors, se font presque un devoir dei tendre des
pieges à notre goit, tandis
mier devoir
que leur preserait de préserver notre
de tous les piéges! Il est vrai
goût
que ces louanges données par l'amitié, comme ces autres
louanges arrachées
par limportunité, ou
surprises par l'adresse, ou même achetées
parl'or, sont bien moins dangereuses
critique injuste, par la raison
leur qu'une
fet peut être de
que
efrenvoyer l'auteur à son
juge naturel, au public dont elles éveillent
la curiosité, en lui
promettant un chefd'oeuvre. Alors, ce juge un peu farouche
détruit souvent, dans sa colère, cette frêle
réputation qui n'est plus qu'une
à ses yeux, et la médiocrité imposture
retombe de
or, sont bien moins dangereuses
critique injuste, par la raison
leur qu'une
fet peut être de
que
efrenvoyer l'auteur à son
juge naturel, au public dont elles éveillent
la curiosité, en lui
promettant un chefd'oeuvre. Alors, ce juge un peu farouche
détruit souvent, dans sa colère, cette frêle
réputation qui n'est plus qu'une
à ses yeux, et la médiocrité imposture
retombe de --- Page 146 ---
(112) )
dans l'obscurité dont elle
tout son poids
dû sortir. Je ne considérerai
n'aurait pas
comme de graves
donc pas de tels éloges
offirlavaninconvéniens, puisqu'ils peuvent
à l'exerle souverain naturel
tage de ramener
que
Je ne m'oceuperai
cice de sa puissance.
le talent,
des obstacles qui résultent, pour
des outrages de la critique.
du silence ou
du grand
Or, me dira-t-on que le propre obstacles,
talent est de triompher de. tous ces
recevoir même une nouvelle force, que
d'en
milieu de toutes ces luttes
c'est enfin au
lettres doit surtout
que la république des
prospérer (1)?
du discours, consacrée aux
(1) Toute cette partie
divisions: 1o.les
inconvéniens 7 offre ces trois grandes
dans des
doivent entrainer ia critique
causes qui
souverainement dans
écarts,surtout' lorsqu'elle règne
qu'elle obtient
un journal; 2°. le grand ascendant désastreux quidoipar ce journal; 30, les résultats
à cclte
Un tel procédé est conforme
vent en provenir.
prospérer (1)?
du discours, consacrée aux
(1) Toute cette partie
divisions: 1o.les
inconvéniens 7 offre ces trois grandes
dans des
doivent entrainer ia critique
causes qui
souverainement dans
écarts,surtout' lorsqu'elle règne
qu'elle obtient
un journal; 2°. le grand ascendant désastreux quidoipar ce journal; 30, les résultats
à cclte
Un tel procédé est conforme
vent en provenir. --- Page 147 ---
(113 )
Hélas! chez une nation plus avide
plaisanterie légère
d'une
que d'une discussion
fonde; qu'un instinct de
proter à honorer le
grandeur peut porde
mérite, mais qu'un fond
malice porte à le désoler dans
phes
ses triommémes; et, afin de voir les choses de
plus haut, parmi des êtres
plus faits
qui ne sont pas
pour supporter toujours la
tion dans autrui,
perfecinstant dans
que pour l'admettre un
la nature enx-mémès (1), tous ceux que
a distingués par des qualités émidivision logique : la cause, l'action, les effets.
marche progressive du discours n'estdonc
La
ment arrêtée. L'objection
ici nullemettre dans un
actuelle ne sert qu'à la
plus grand jour, en
nettement le passage à Ia troisième marquant plus
partie.
(1) < Je suis ennuyé de l'entendre
juste,disait ce citoyen en parlant toujours appeler
ce mot me révèle tout
d'Aristide. > Comme
être importunés
l'homme! ! Or,si nous pouvons
d'une grande vertu dans les
combien plus le serons-nons d'un
autres,
graud talent !
--- Page 148 ---
(n4)
s'alarmer de leur supérionentes doivent
comme
mème ; ils doivent se considérer
rité
semblables une royanté
exerçant sur leurs à des chances mltiplices,
orageuse, exposée terribles. Et, sous ce
à des catastrophes
qui nous prépoint de vue; , cette religion
humaines,
Dieu victime des passions
sente un
être envisagée comme
devrait, au moins,
conception philosol'emblème d'une haute même qui seraient
phique, par cenx-là soupconner qu'one
assez avengles pour n'y Que sera - ce si
grande erreur populaire. qui tend à sonlever
de révolte,
cct esprit
contre les êtres privilégiés
le genre humain
lui ce tribut de l'adviennent lever sur
foqui
entretenn,
miration, est régulirement dont le résultat
menté par une institution
la poisordinaire est de transporter comme
le plus
est de donner
sance à la médiocrité,
que l'envie détribun à tout ce peuple
SOIIS préun
des hommes 2 qui,
vore ! Lorsque
. qui tend à sonlever
de révolte,
cct esprit
contre les êtres privilégiés
le genre humain
lui ce tribut de l'adviennent lever sur
foqui
entretenn,
miration, est régulirement dont le résultat
menté par une institution
la poisordinaire est de transporter comme
le plus
est de donner
sance à la médiocrité,
que l'envie détribun à tout ce peuple
SOIIS préun
des hommes 2 qui,
vore ! Lorsque --- Page 149 ---
A
(115) )
texte de venger le gout,
outragent le
nie, sans lequel les lois du
géun code sans
goût seraient
empire; qui, par leur acharnement, s'efforcent d'éteindre dans le
littérateur 7 avec l'espoir du
jeune
l'ardeur du
succès, toute
travail, et d'enlever
térateur consommé
au litde
jusqu'à la
son talent ;
conscience
lorsque de tels hommes
trouvent, dans un journal accrédité
rapide véhicule de leurs
, le
santes : sous les traits
opinions flétrisle
de cette censure
grand écrivain isolé n'est-il
$
cas d'un
pas dans le
guerrier sans
gaards d'un lâche
armes, sous les poides
; et toute la
lettres,
républiqne
7 dans ane position
Etat corrompu
pire qu'on
par ses lois,
ses chefs ?
opprimé par
tion
Ignore-t-on ce que peut l'aclong-temps continuée des
plus légères ?
causes les
Iguore-t-on l'ascendant
l'écrivain le plus
que
semble toutes
médiocre, mais qui rasses forces, pent prendre SIP --- Page 150 ---
(n6)
mais qui, soit
le plus distingué 3
rôle
l'esprit
se réduisant au
modestie ou paresse,
de toutes
fait rarement usage
de lecteur,
admettre même
les siennes 2 Dès lors, sans
cette
supposition qui placerait
l'effrayante
les mains d'un écrientre
feuille publique
ne doit-on pas
et méchant,
vain supérieur
cette attaque journalière
spupconner que
miner à la
envenimée peut
d'une censure enfin crouler et les opilongue, et faire
solidement
les plus
nions et les réputations
boulequ'elle peut aller jusqu'à
établies;
littéraires d'un
toutes les doctrines
verser
vif et léger,
surtout d'un peuple
penple ;
effaronche et qu'un
qu'un grand onvrage
de tels récaptive ? Je veux que
événejournal
nombre des
sultats soient a mis au
mèmé qu'il
les plus rares. Je veux
mens
d'un caractère aussi
existe des hommes
aient besoin
leur talent, qui
ferme que
de Tenvie.
d'être ranimés par ces morsures
d'un
toutes les doctrines
verser
vif et léger,
surtout d'un peuple
penple ;
effaronche et qu'un
qu'un grand onvrage
de tels récaptive ? Je veux que
événejournal
nombre des
sultats soient a mis au
mèmé qu'il
les plus rares. Je veux
mens
d'un caractère aussi
existe des hommes
aient besoin
leur talent, qui
ferme que
de Tenvie.
d'être ranimés par ces morsures --- Page 151 ---
(17)
Mais faut-il que leurs ouvrages soient
connus d'un assez. grand nombre de déjà
éclairés, qui
juges
puissent, en les
les venger. Et telle est la
admirant,
crivain
position de l'édramatique > même à son début.
Celui-la, du moins, peut espérer de franchir toutes les barrières
lui
et la critique
que
opposent
la
s'érigeant en puissance, 2 et
puissance elle-méme
de la
s'emparant du rôle
critique (1). Secondé des acclamations de tout un peuple, il
peut se
comme de vive
frayer,
force, un chemin vers la
gloire. Mais, dans les autres
parties de la
litérature, le premier crime de la critique peut être de s'opposer,
à la publicité d'un
pour toujours,
bel ouvrage.
refuse d'en
Qu'elle
manière
parler, ou qu'elle en parle de
à tout présenter sous un faux
le public 3 qui, comme un souverain jour;
in-
(1) Allusion à Richelieu et à Corneille, --- Page 152 ---
(18)
du fardeau de la
dolent, s'est dépouillé
s'empresse bien peu de réparer
puissance,
ou cette iniquité
ou ce déni de justice 9
étonnante des
Par la plus
des jugemens.
le voeu général
inconséquences s quoique
belles
hommes soit de jouir des plus
des
dès lors, l'éproductions de l'esprit; que,
de
dût avoir, du parti
crivain distingué
totalité de son esson génic , la presque laissons se débatpèce : cependant nous
aù nos plaitre, sans nous 7 cette cause
sa
moins intéressés que
sirs ne, sont pas
Técrivain, qui
gloire. Et il est rare que
à être connu du public,
n'a pu parvenir
nombre qui T'enle soit même du petit
celui
toure. On est disposé à penser que méoblenu la gloire ne l'a pas
qui n'a pas
admire
ritée. On admire moins, 7 lorsqu'on
soupscul. Lami, dans son enthousiasme, le zèle.
qu'il peut être séduit par
çonne
ne soupLennemi, daus son acharnement,
- --- Page 153 ---
(19)
conne pas jusqu'à quel point il peut être
aveuglé par Ja haine. Mais si le malheureux est entouré de ces hommes qui aspirent aussi à un nom dans les lettres,
alors., non-senlement les ennemis S 7 mais
tous ces amis vulgaires rendent grâce à la
critique qui est venue étouffer cette lumière trop voisine de leurs yeux malades.
Déplorable disposition des esprits ! 11 faut
que la voix de la renommée vienne souvent nous révéler le mérite de l'homme
placé près de nous; et cette gloire, qu'il
serait si doux, pour l'homme de lettres
de tenir d'abord des mains de l'amitié, lui 2
vient presque toujours comme un présent
de l'étranger. Ainsi, bien loin que l'auteur 7 qui n'a pas obtenu d'abord de la
critique une justice éclatante, puisse être
secondé par ceux qui l'entourent, pour
conquérir, de proche en proche, les suffrages du grand nombre, il aurait besoin
gloire, qu'il
serait si doux, pour l'homme de lettres
de tenir d'abord des mains de l'amitié, lui 2
vient presque toujours comme un présent
de l'étranger. Ainsi, bien loin que l'auteur 7 qui n'a pas obtenu d'abord de la
critique une justice éclatante, puisse être
secondé par ceux qui l'entourent, pour
conquérir, de proche en proche, les suffrages du grand nombre, il aurait besoin --- Page 154 ---
120 )
du grand nombre pour
alors des snffrages
rencontre dans
triompher des obstacles qu'il
arrêté
Yentourent. Il est comme
ceux qui
barrière. Le public en croit
par une double
finit par en croire enun seul, et chacun
despotisle public; en sorte que ce
core
fortifie de tout Tascenme d'un seul se
de
obtenir du jugement
dant qu'il pourrait
toute
sert alors à l'écrivain
tous. De quoi
Comme ces animaux
l'énergie de son âme 2.
il ne
accablés sous des chaines,
terribles,
mieux sentir
sent pius sa force, que pour
déCe beau talent, qui se serait
sa misère.
sous la douce inveloppé au grand jour,
de
de la faveur publique 2 privé
fluence
languit et meurt dans
son aliment naturel,
Pohscurité.
lequel il aura
Quant au chef-d'ouvre par
on peut prononvoulu se faire connaitre,
la
ce sera un trésor perdu pour
cer que
cette faction acpostérité. De même que --- Page 155 ---
1 12I )
tive des critiques, dont l'unique affaire est
de juger les auteurs , ou de paraitre les
juger, les condamne rarement, sans obtenir le suffrage ou plutôt la croyance d'un
public que tant d'autres affaires captivent;
de même, dans cette succession des
àges 2
comme dans les centuries à Rome la
mière
, pregénération entraine presque toujours
le jugement des suivantes
2 surtout lorsqu'elle a condamné. Et en effet, au milieu de tant d'ouvrages nouveaux, à la lecture desquels à peine nous pourrions suffire, irions-nous
procéder au jugement de
tant d'autres, déjà flétris à nos
les
yeux par
censures ou par le silence des contemporains 2 Les siècles, qui se succèdent
toujours plus riches en
chefs-d'omuvre, deviennent toujours plus indifférens
pour ceux
qu'on a pu méconnaitre. Ils arrivent enfin
aux dédains > à la satiété de l'opulence.
Aussi, ce prodige d'un Milton trouvant un --- Page 156 ---
(122) )
deviendra toujours plus rare.
Addisson
dans l'absence de ce
Me dira-t-on que 2
nouveau
l'écrivain
tribunal prévaricateur,
de plus
aurait eu à combattre peut-être trouvé,
obstacles ; parce qu'il aurait
grands
la même envie, , et une
dans le public 2
? Mais il n'aurait
plus grande ignorance armée (1) d'une
eu à combattre Y'envie
@
pas
Mais il l'aurait trousorte de puissance.
cette nombreuse
vée bien moins vive dans
étrangère aux prétentions
portion du public,
disons-le 9
d'auteur ; dans cette portion 7
sans amertume,
qui condamne en général
Mais
elle jouit sans reconnaisance.
comme
peut opposer le
Tignorance si grande que
timide, qui
peuple, est cette ignorance et non cette
Timpulsion,
attend ou reçoit
dans un
> qui,
ignorance présomptueuse, la donne. Mais
la prépare ou
critique 2
(1) Par un journal.
aux prétentions
portion du public,
disons-le 9
d'auteur ; dans cette portion 7
sans amertume,
qui condamne en général
Mais
elle jouit sans reconnaisance.
comme
peut opposer le
Tignorance si grande que
timide, qui
peuple, est cette ignorance et non cette
Timpulsion,
attend ou reçoit
dans un
> qui,
ignorance présomptueuse, la donne. Mais
la prépare ou
critique 2
(1) Par un journal. --- Page 157 ---
(133)
plusicurs hommes, enfin, auxquels on n'aurait pu reprocher ni lignorance, ni l'envie, plusieurs hommes places hors de l'influence de tant d'autres causes d'erreur
qui viennent assaillir le
critique, au lieu
de se soumettre
à
aveuglément sa décision,
auraient travaillé à s'en former une ; et
alors cet infortuné,
immolé, pour ainsi
dire, dans les
ténèhres, par un tribunal
inique > aurait été jugé d'une manière
il est vrai, désordonnée et lente
,
s non plus
d'après les caprices d'un seul, mais
les lumières de
d'après
plusieurs. Il aurait été
jugé, comme le poëte
dramatique sur nos
théâtres, comme l'orateur au barreau.
si personne ne l'avait lu, le silence Ou,
tous n'aurait éte
de
une présomption pour personne ; tandis que, dans cette institution
de la critique, le silence d'un seul devient
si souvent une présomption
Le résultat de
pour tous.
cette partie de mon dis- --- Page 158 ---
(124)
n'est pas de diminuer notre concours
depuis long-temps
fiance dans les ouvrages
admirés, dût une feuille publique avoir
mais de
donné le signal de Tadmiration,
notre indifférence pour les oudiminuer
feuille
repoussés par une
puvrages qui,
à se faire conblique, n'ont pu parvenir
naitre. La gloire des premiers n'a rien que
puisque l'opinion constante
de respectable,
la décision
du grand nombre a confirmé
n'a
L'obscurité des seconds
du critique.
la décision du
rien d'humiliant, puisque
suspecte à tant d'égards, n'a pas
critique,
T'examen du grand nomété confirmée par
bre, qu'elle T'a même empêché.
cet
Au lieu d'être arrêté à son début,
et fier,
écrivain, d'un caractère impétueux
?
dans léclat de ses triomphes
est-il attaqué
considère que les inconvéniens
Si je ne
de même que je
d'une telle supposition, 9
n'en ai considéré d'abord que les avantages, --- Page 159 ---
(125)
voici les résultats qui se découvrent à moi.
Cet homme ardent renonce à ses grands
travaux, pour exhaler sa haine dans ces
sortes d'écrits qui offrent rarement l'intérêt du sujet, du moins à la
postérité.
Rarement aussi il y supplée par l'intérêt
du style. Comme il
songe plus à blesser
qu'à plaire, son énergie n'est
desse. La
plus que rugràce de son style s'évanouit dans
sa rage. Tout ce que la nature lui a donné
de force et d'élan, toute cette flamme
du génie se tourne contre
lui-même. Il est
comme foudroyé par ce feu céleste qu'il
n'a pas su diriger. Lignorance sourit à un
tel spectacle. Elle triomphe à l'aspect de
ces hommes qui ne se servent de leur esprit que pour tourmenter les autres et
se tourmenter
pour
eux-mémes, d'une manière
non pas même plus raflinée, mais plus vive
et plus
durable; et, au lieu de la gloire
des lettres, 2 elle n'en voit que l'opprobre.
comme foudroyé par ce feu céleste qu'il
n'a pas su diriger. Lignorance sourit à un
tel spectacle. Elle triomphe à l'aspect de
ces hommes qui ne se servent de leur esprit que pour tourmenter les autres et
se tourmenter
pour
eux-mémes, d'une manière
non pas même plus raflinée, mais plus vive
et plus
durable; et, au lieu de la gloire
des lettres, 2 elle n'en voit que l'opprobre. --- Page 160 ---
(126)
Comme tous ces inconvéniens s'aggralorsqu'après de grandes catastrophes
vent,
littéraire est exerpolitiques, cette censure,
cée par ces âmes haineuses, sous Pinfluence
Qu'on
desquelles tout se corrompt etsaigrit!
pénibles où
se rappelle ces circonstances
la littérature n'était plus, il est vrai, sades dissensions cicrifiée à la stupide rage
viles, mais où Y'animosité des dissensions
semblait avoir pénétré dans la litciviles
Combien de fois le paisible lectérature.
après tant de bouleversemens,
teur, qui,
s'adressait aux lettres, autant pour reposer
éclairer son goût 9 ne
son âme que pour
milieu des luse voyait-il pas. reporté au
voulait fuir ! Combien
gubres scènes qu'il
dominé et comme
de fois ne se sentait-il pas
haines
blessé de nouveau par toutes ces
critique célebre () n'épolitiques qu'un
(1) La Harpe. --- Page 161 ---
(127) )
prouvait jamais plus fortement pent-être
que lorsqu'il en gémissait d'une mauière si
solenneile ; lorsqu'égard loin de son sujet,
il épuisait un reste de chaleur à relever,
dans les autres, des écarts où il était tombé
lui-mème, et, par la violence de ses invectives, reproduisait une partie des maux
qu'il déplorait : condamné à n'offrir, dans
ses éternelles complaintes , ni l'intérêt du
malheur, puisqu'il se lamentait, avec tant
de faste, sur des événemens
qu'il avait
jusqu'à un certain point provoqués; ni le
mérite du
courage , puisqu'il ne tonnait
contre la tyrannie des factions que sur leur
tombe ; ni même ces convenances du goût,
dont il voulait tracer les lois, puisque, de-'
vant un auditoire d'avance
persuadé, se
déchainant sans mesure contre ces mêmes
opinions qu'il avait soutenues saus prévoyance, il allait démontrer longuement les
horreurs d'une révolution à ses victimes, --- Page 162 ---
(128)
les calamités de la
et, en quelque sorte 7
guerre à des vaincus!
égarer l'iSi une censure acharnée peut elle peut
des àmes ardentes 2
magination
âmes tendres. Combien
éteindre celle des
des criéctivains qui souffrent plus
de ces
des éloges ! Litiques s, qu'ils ne jouissent
Ils se
vrez-leur des attaques multipliées. remenfin de leurs forces, hésitent,
défient
par la
placent la gràce des mouvemens occupés
gêne des manières , et, toujours ils ne
de bizarre,
à ne rien se permettre
Telle est même
rencontrent rien de sublime.
désensibilité qui les livre 9 sans
cette
traits de la censure 2 que le
fense, aux
déconcerpremier trait peut suffire pour Fceuvre de
arrêter en eux tout
ter, pour
milieu des faciles épanTintelligence. Qu'au
heureuse qui s'achemens de cette âme
surviennent tles
bandonne à toute sa force,
préd'une critique jalouse 1 qui
clameurs
ne rien se permettre
Telle est même
rencontrent rien de sublime.
désensibilité qui les livre 9 sans
cette
traits de la censure 2 que le
fense, aux
déconcerpremier trait peut suffire pour Fceuvre de
arrêter en eux tout
ter, pour
milieu des faciles épanTintelligence. Qu'au
heureuse qui s'achemens de cette âme
surviennent tles
bandonne à toute sa force,
préd'une critique jalouse 1 qui
clameurs --- Page 163 ---
(129 )
sente ces chels-d'auvre
comme des ridicules, et sa gloire comme
une illusion
populaire ; à l'instant, chez elle, l'essor
pensée se réprime ; les trésors
de la
nous prodiguer, dans
qu'elle allait
elle-mème
sa joie, se dérobent à
dans sa tristesse. Frappée d'une
stérilité subite, elle se cherche vainement
même. Le monstre de l'envie
elleson souffle.
a tout flétri de
Ainsi, le critique haineux,
attaque son talent, le détruit; dès
qui
si je puis parler ainsi, il la
l'abord,
désarme.
Cette susceptibilité de plusieurs
recommandables est un
écrivains
mais qui ferait de la défaut, sans doute J
plus grand défaut
justice rigoureuse un
dans leurs
qu'en voulant relever
juges, puisune faute,sans aucun
ménagement, , nous pouvons faire
un chef-d'ceuvre. Nous
avorter
vés à ce résultat,
sommes donc arrique, sans une grande réserve, la critique peut être
même
funeste, 2 lors
qu'elle est juste.
--- Page 164 ---
(130)
peut-être, qu'au
Enfin, on m'oljectera,
la
milieu de tous ces maux produits par
des lettres doit être
critique, la république T'influence de cet
toujours envisagée sous
conservateur, qui, dans notre sysesprit
à son tour,
tème social, se développe,
de T'erreur Ou des
la suite des ravages
sous son empire,
passions, et reprend, succomber, ou les
allaient
les parties qui
chute, avec une sorte
reproduit, après leur
des atsauvant le pouvoir
de triomphe;
ou la liberté des
tentats de la licence 7
du pouvoir. Je T'avouerai,
envahissemens acharnement trop marqué,
le critique, d'un
de la satire ne
doit craindre que le glaive
dans ses mains. Plus même nous
s'émousse
moins nous
croirons alors à son esprit,
1 parce que nous
croirons à ses jugemens
qu'il ne se servira de son esprit,
penserons
de raison
donner une apparence
que pour
Mais outre que, dans les
à ses jugemens.
Sn a 7 -
pouvoir. Je T'avouerai,
envahissemens acharnement trop marqué,
le critique, d'un
de la satire ne
doit craindre que le glaive
dans ses mains. Plus même nous
s'émousse
moins nous
croirons alors à son esprit,
1 parce que nous
croirons à ses jugemens
qu'il ne se servira de son esprit,
penserons
de raison
donner une apparence
que pour
Mais outre que, dans les
à ses jugemens.
Sn a 7 - --- Page 165 ---
(13r)
lettres surtout, le méchant
ne connait
trop ces tempéramens
que
mieux
il
perfides, oû, pour
nuire, en dissimule le désir
considération frappante
s une
faiblir
vient au moins afTobjection qu'on m'oppose
qu'il s'en faut
; c'est
affectés à la beaucoup que nous soyons
vue du talent qu'on
comme à la vue de l'innocence outrage 2
prime. Lhomme de lettres
qu'on opnous
est celui dont
plaignons le moins les
que nous supposons
disgraces, 2 parce
peut seule le rendre qu'une méprisable vanité
sensible à ses
peut-être encore,
disgràces ;
se rendant
2 parce que le
intérieurement
vulgaire ,
sent point appelé à des
justice 2 ne se
levés,
malheurs aussi
, si je puis le dire, et
renous n'éprouvons
qu'en général
vive
jamais une sensibilité
pour les maux d'autrai,
plus
nous sommes dans le cas de les que lorsque
peu pour nous-mèmes.
craindre un
Nous allons
considérer toutes ces calamités
jusqu'à
de T'homme --- Page 166 ---
(132)
comme des incidens propres
de lettres,
curiosité, à diversifier nos
à piquer notre
tout ensemble de
plaisirs. Nous jouissons
larmes. C'est
chefs-d'aeuvre et de ses
ses
sans
mème au milieu de ces humiliations
où toute la sensibilité
cesse renaissantes 7
contre
aurait animé le talent, se tourne
qui
même, c'est alors que nous dele talent
beaux dévemandons au génie ses plus
ce peuple barbare
loppemeis: ; semblablesà
mourussent
qui voulait que ses gladiateurs
avec gràce.
cette censure littéraire 9
Ainsi, puisque
réguer, sans parque je suppose toujours
doit être
dans nos feuilles publiques,
tage,
loin du but
le plus souvent emportée
des causes multipliées,
qu'elle annonce 2 par
actives ;
même rend plus
que sa position
elle doit être le plus
que, dès-lors aussi,
qu'elle
funeste aux talens nouveaux
souvent
aux écrivains énerretient dans T'obscurité;
M
gràce.
cette censure littéraire 9
Ainsi, puisque
réguer, sans parque je suppose toujours
doit être
dans nos feuilles publiques,
tage,
loin du but
le plus souvent emportée
des causes multipliées,
qu'elle annonce 2 par
actives ;
même rend plus
que sa position
elle doit être le plus
que, dès-lors aussi,
qu'elle
funeste aux talens nouveaux
souvent
aux écrivains énerretient dans T'obscurité;
M --- Page 167 ---
(133 )
giques, qu'elle pousse à des écarts par la
colère; aux écrivains timides,
à l'inaction
qu'elle réduit
par le désespoir ; au public,
qu'elle égare par ses décisions, ou qu'elle
scandalise par ses débats ; que, bien loin
même d'être arrêtée par la
perspective de
ses propres excès, comme le pourrait être
une magistrature violente dans l'ordre
litique, elle trouve une
poliaire dans
puissante auxicette malignité naturelle au
coeur de l'homme i qu'un monde frivole est
toujours prét à provoquer ses attaques, si
elle sait, pour ainsi dire,
poignarder avec
grâce : concluons que ce tribunal
dont les crimes sont abandonnés
étrange
à l'opinion
par les lois, tandis que son premier crime
est de la séduire, ne peut être
ment. 3 parmi nous
générale9 même dans sa plus
grande prospérité, qu'un brillant abus dont
la défense du goût est le prétexte, la
ma- --- Page 168 ---
(134)
T'aliment, la dégradation des
lice humaine
lettres le résultat.
de détruire la
Mon voeu serait-il donc
le dire
critique ? Non ; mais, si je puis
Qu'en marquant les
ainsi, de la détrôner.
lettres, elle
places, dans la république des
la nature de cette
n'en prenne pas une que
feuilles
repousse. Que nos
même république
transmettre ses
publiques , au lieu de nous
borarrêts sur les ouvrages nouveaux, se
comme ces ounent à nous les annoncer 2 elles nous les
eux-mêmes : ou, si
vrages
nous communiquent
transmettent , qu'elles
de l'auteur,
aussi des fragmens du choix
des ouvrages
détachés non - seulement
n'a
mais de ceux qu'elle
qu'elle a jugés,
le public puisse
pas voulu juger, afin que
ses dé2
non-seulement
aisément apprécier,
silence. Cest-àmais même son
cisions ,
descende sur la même
dire 3 ou qu'elle
consente
les auteurs, ou qu'elle
ligne que
€ -
V --- Page 169 ---
(135)
à les voir se placer près d'elle. Et même,
dans cette seconde supposition, plus favorable encore que la précédente à la cause
des lettres, je désirerais que l'anteur osât
se juger. Les écueils d'une pareille tàche
deviendraient sur l'heure autant d'épreuves.
S'il était sans talent, et qu'on ne lui
opposàt pas même ce contre-poids de la critique, tout cet ensemble de citations et
de
jugemens, , peu dangereux pour le goût
dans un siècle de
Jumières, 9 pourrait encore être attrayant pour la curiosité ou
piquant, du moins , pour cette malignité
que les ridicules amusent. Il en résulterait
un de ces délassemens
auxquels ne sont
point insensibles les esprits les plus austères.
S'il offrait des talens
distingués, ce même
ensemble de citations et de jugemens servirait non - seulement de frein , mais de
supplément à cette critique de nos jours,
qui, dans ces brillans articles, lors même.
Jumières, 9 pourrait encore être attrayant pour la curiosité ou
piquant, du moins , pour cette malignité
que les ridicules amusent. Il en résulterait
un de ces délassemens
auxquels ne sont
point insensibles les esprits les plus austères.
S'il offrait des talens
distingués, ce même
ensemble de citations et de jugemens servirait non - seulement de frein , mais de
supplément à cette critique de nos jours,
qui, dans ces brillans articles, lors même. --- Page 170 ---
(136)
dédaigne trop de nous
qu'elle est juste,
cherche bien
en convaincre, parce qu'elle
moins à faire paraitre T'auteur, qu'a paraitre elle-mëme.
le
Dans cette nouvelle disposition 9
pulintérêt d'un combat, où
blic; éveillé par
observerait,
les armes seraient enfin égales,
curiosité plus vive, et les auteurs
avec une
condamnée
et la critique. Cette critique ,
réserve, ne deviendrait
a une plus grande
devenir meilleure.
moins puissante que pour
écrivains
Ou, si elle restait injuste, 2 les
n'auraient plus tant à gémir d'être
distingués
c'est
outragés à la vue du public, puisque l'inspourraient à
à la vue de ce public qu'ils
extraits de
De brillans
tant. se défendre. circulant à la suite de
l'ouvrage calomnié,
chercher ce Jecteur
T'outrage, viendraient
l'ouvrage
qui n'aurait pas daigné chercher les talens
lui-mème. Dès leur début, tous
a 1 - --- Page 171 ---
à
(137 )
de la littérature se placeraient
sur un grand
théâtre, à côté même de cette
gissante, bien au-dessus
critique rude cette foule obscure,,si ardente à retenir dans ses
tous ceux
rangs
quiveulent en sortir. Cette
à laquelle ils doivent
guerre
s'attendre, dans tous
les systèmes, s de la part de
Tignorance, des
passions haineuses, de l'envie, serait mise,
pour ainsi dire, sous des lois. La
cessant d'être un
critique,
juge qui les protège, deviendrait un ennemi qui les
une puissance
exerce, et non
qui les écrase. Pour que l'on
puisse donc apprécier, d'un
tout l'espace
coup d'oeil,
la
que nous avons parcouru et
direction que nous avons suivie, que l'on
supprime, par la pensée, cette partie littéraire de nos journaux; ; les écrivains
tout à leur début,
3 surgémissent dans une sorte
d'anarchie : qu'elle reste ouverte à la critique seule, ils sont sous un
pirc cent fois
despotisme - 9
que l'anarchie même ; qu'elle
l'on
puisse donc apprécier, d'un
tout l'espace
coup d'oeil,
la
que nous avons parcouru et
direction que nous avons suivie, que l'on
supprime, par la pensée, cette partie littéraire de nos journaux; ; les écrivains
tout à leur début,
3 surgémissent dans une sorte
d'anarchie : qu'elle reste ouverte à la critique seule, ils sont sous un
pirc cent fois
despotisme - 9
que l'anarchie même ; qu'elle --- Page 172 ---
(138
alors dans une comleur soit aussi ouverte,
la
oû
où le public, où critique,
binaison,
leurs droits, il se
les auteurs exercent tous
régulier >
forme comme un gouvernement inconvéniens inn'offre plus que les
qui
humanité. Cest donc
séparables de notre
conflit de pluou plutôt du
de Taccord,
quelques-uns,
sieurs parties que résultent d'abord nous
des avantages que
du moins,
seule. Lorsque nous
cherchions dans une
veillant sur
cette critique
représentions
sans aucune conles intérêts des lettres,
élevions,
currence avec les auteurs, nous
les
sorte, un trône, qui, pour
en quelque
lettres, devait rester
intérêts mêmes des
mèmes imtoujours vacant. Les
presque
et du coeur, qui nous
perfections de l'esprit besoin de la critique,
avaient fait sentir le
la néont fait sentir bien davantage
nous
barrière à sa puiscessité d'opposer une
l'avons vu, est
Cette barrière, nous
sance.
- --- Page 173 ---
(I 139) )
dans la prompfe et libre intervention des
auteurs se défendant sous les yeux du
blic, qui, sans doute, n'a
pupas l'infaillibilité
en partage 2 mais qui, lorsqu'il persevère
avec constance dans les mémes
doit être censé l'avoir.
jugemens,
Comme s'il fallait
que, jusqu'au dernier moment, des similitudes, puisées dans l'ordre
sent éclairer
politique, - vinsou agrandir cette discussion ;
c'est ainsi
que, 3 dans la formation des SOciétés, tant de peuples ont considéré
torité absolue d'un
l'auseul, comme l'unique
remède à la turbulence de
plusieurs,
tous, et que
fatigués des ravages de cette autorité
elle-mème, 3 ont trouvé, dans leur intervention
régulière, sa plus belle limite. Ici
jes sens que j'ai épuisé toutes les
de mon sujet ; etil m'est doux de combinaisons
découvrir,
pour dernier résultat,
fication
qu'avec une modilégère, en apparence, l'institution --- Page 174 ---
(140 )
les Iettres devienla plus désastreuse pour
drait la plus salutaire. mise à une telle disL'importance que j'ai trouvée à un tel
cussion, ou plutôt que j'ai
étonnera sans doute et ces critiques
sujet,
être malins, qui l'anfrivoles, qui veulent
de leurs feuilles (1),
noncent même à la tète
moins
oubliant quec'est la ce quilfindraitles bornés
et ces raisonneurs plutôt
tàcher 3
recherchent froiqu'austères, qui toujours
comme si,
dement l'utile dans lagréable,
institutions humaines, l'agréable
dans nos
là même utile. Esprits
n'était pas souvent par
ce que vous appelez
légers, qui, en attaquant lettres, croyez ne
la vanité de T'homme de
moeurs ;
travers dans nos
plaisanter qu'un
vu,à l'une de nos feuilles publiques,
(1) N'ai-je pas
sans malice est comme
cette épigraphe? c Unjournal corsaires mêmes ne lui
vaisseau démâté. Les
> un
le salut. >>
N rendent pas
à même utile. Esprits
n'était pas souvent par
ce que vous appelez
légers, qui, en attaquant lettres, croyez ne
la vanité de T'homme de
moeurs ;
travers dans nos
plaisanter qu'un
vu,à l'une de nos feuilles publiques,
(1) N'ai-je pas
sans malice est comme
cette épigraphe? c Unjournal corsaires mêmes ne lui
vaisseau démâté. Les
> un
le salut. >>
N rendent pas --- Page 175 ---
(141 )
esprits farouches, qui, en attaquant cette république des lettres elle-mème,
proscrire qu'un luxe dans
croyez ne
nos institutions, 2
voyez enfin, sous leur vrai jour, ces mêmes
objets, qui, s'offrant de loin en loin à
pensée, m'ont soutenu dans
ma
même
ce travail, de
que les magnifiques points de vue
d'une route pénible raniment,
comme par
enchantement, le voyageur fatigué.
Je l'avouerai donc. Cette gloire,
vie avec tant d'ardeur,
poursuinon-seulement
l'homme de lettres, mais
par
hommes, dans
par tant de grands
tous les genres, s'évanouit
quelque sorte aux yeux de celui
en
avoir
qui, après
envisagé tous les efforts de
humaine
l'espèce
s'agitant sur ce globe, vient à conprendre, dans sa pensée, l'universalité
siècles et des étres.
des
Mais, s'iln n'est fortement
soutenu lui-méme par cette religion
qui vient
austère,
foudroyer, du mème coup, l'orgueil et les plaisirs,
qu'il se hâte de sortir de
it
quelque sorte aux yeux de celui
en
avoir
qui, après
envisagé tous les efforts de
humaine
l'espèce
s'agitant sur ce globe, vient à conprendre, dans sa pensée, l'universalité
siècles et des étres.
des
Mais, s'iln n'est fortement
soutenu lui-méme par cette religion
qui vient
austère,
foudroyer, du mème coup, l'orgueil et les plaisirs,
qu'il se hâte de sortir de --- Page 176 ---
(14a)
où son âme désence point de vue désolant, défense, au hideux
chantée seraitlivrée, sans
situation terempire de l'intérét personnel;
de
alors le prestige
rible, qui ne détruirait
celui des volupla gloire; que pour accroitre puisse la dédaités. S'il existe un homme qui hautes consiet faire le bien, sans ces
de
gner
d'un avenir éternel ; qu'au nom
dérations
dirai-je,
bien même 2 il la respecte,
ce
religion. Or, j'en vois
comme une seconde
ou brille
surtout le temple dans ce sanctuaire, sciences. Qui in'a
des lettres et des
le flambeau
est bien loin
dlevéjusque-la ses regards,
sociétés
pas
saisi tout le système de nos
d'avoir
lorsque le législateur vaj juspolitiques. Oui,
à Torgueil, et s'atdemander des vertus
qu'à
sortir du jeu des passions Phartache à faire
affermit siaudamonie des Empires; ; lorsqu'il milieu de ces
cieusement son ouvrage 2 au
menacent de T'englouprécipices mêmes qui
retrouver
tir, en sorte que nous pourrions
--- Page 177 ---
(143)
comme une image des conceptions de son
génie, dans l'instinct si hardi de ces êtres
qui
suspendent leurs demeures sur les abimes, et
dorment au milieu des
tempêtes : alors tout
ce qui peut concourir et à la solidité et à l'éclat de cet édifice
social, ne se montrerait pas
à nous dans son ensemble, si nous
n'apercevions, dans une douce lumière, cette
blique des lettres payant les
répuguerriers par la
gloire, et consolant les peuples du déclin de
cette gloire des guerriers par une autre
plus
appropriée à nos vraies destinées
cet aveu de sa
; arrachant
supériorité à ceux-là même
que l'on pourrait croire les moins
la reconnaitre,
disposés à
puisque souvent, , lorsque tout
a succombé, clle devient pour les vaincus la
plus belle recommandation
auprès d'un superbe vainqueur : puissance
duitsans
auguste 2 qui séappareil etgouverne sans contrainte;
qui, en opposant l'esprit à la
duit la société;
force, a proqui mème, 7 dans la supposi-
ant
supériorité à ceux-là même
que l'on pourrait croire les moins
la reconnaitre,
disposés à
puisque souvent, , lorsque tout
a succombé, clle devient pour les vaincus la
plus belle recommandation
auprès d'un superbe vainqueur : puissance
duitsans
auguste 2 qui séappareil etgouverne sans contrainte;
qui, en opposant l'esprit à la
duit la société;
force, a proqui mème, 7 dans la supposi- --- Page 178 ---
(144)
tion terrible de quelque nouveau ravage de
la tyrannie ou des barbares, de quelque Catastrophe inouie parmi les hommes, se présenterait comme le dernier et brillant refuge
mourante rallumerait son
ou la civilisation
flambeau.
à
A
A - --- Page 179 ---
A
(145)
PRÉFACE
DE
LÉLOGE DE ROLLIN.
( Intelligo quim scopuloso
> Nam, cim omnis
dificilique in loco? verser.
> ingenii atque eloquentice arrogantia odiosa est, titm illa
multo molestissimua. ))
Crc.
L. est difficile
succès,
veuille le
onseudlementiqron
mais même qu'on sente les
d'un ouvrage oàl'on
beautés
nions,
ne retrouve pas ses
2 surtout à une
opiépoque
comme la nôtre, oùr tant
d'irritation
d'hommes
ment leur vertu
déforpar Thumeur, et
sent leur littérature
appauvrispar
en
Tintolérance. Ainsi;
supposant même nos concours
académiIO --- Page 180 ---
(146)
(1),et ce discours sans
ques sans intrigue
j'aurais eu encore bien peu d'espoir,
défaut,
le dixqueje n'avais pas assez ménagé
parce
siècle et la révolution. On aurait
huitième
cherchant de continuels
vouln, en outre, que,
philosophiques, 9
prétextes à des digressions
insisté, d'un côté, sur les proj'eusse moins
et, en général, 2
ductions latines de Rollin,
- Jei
m'éeriviez-vous que. vous aviez con-
(1) e Que.ne
deux académiciens
coura? > m'ont dit séparément
Ces deux
avec qui j'avais eu quelques rapports.
hommes, du plus beau caraclere, me reprochaient, ce
dans leur amitié,
comme un défaut de confiance la violation d'une
que je me serais reproché comme des lettres. Plein de.la
lois sacrée dans la république
n'élait
sur Jes noms des anteurs
pensée que ce secret
la plus légère intrigue
pas une yaine formalité, que
dès acade
de la part des concurrens était réprouvée de juges,
miciens. comme un outrage eSleurenraetifed la capitale un
même voula faire dans
je n'avais pas
cette circonstance d'un
fait sans
voyage quejaurais
18 ArUg
concours.
$ M AA
- -
dans la république
n'élait
sur Jes noms des anteurs
pensée que ce secret
la plus légère intrigue
pas une yaine formalité, que
dès acade
de la part des concurrens était réprouvée de juges,
miciens. comme un outrage eSleurenraetifed la capitale un
même voula faire dans
je n'avais pas
cette circonstance d'un
fait sans
voyage quejaurais
18 ArUg
concours.
$ M AA
- - --- Page 181 ---
(147 )
sur la partie scolastique ; de
l'autre; sur
ce qui pouvait rappeler
tout
ces discussions de
jansénisme. Or, il sera facile de faire voir
que sur ces trois points on a été loin de
soupçonner et les convenances et les
sources du sujet.
res1°. Pouvais-je faire l'éloge de
pas faire la
Rollin, et ne
critique de ces écrivains qui lui
ressemblaient si peu, de ces
moins
philosophes au
imprudens , qui, toujours armés
contre la religion des peuples les
rés, n'auraient
plus éclaipas même voulu sauver de son
naufrage cette idée inappréciable d'un
Dieu;
qui, en vantant la liberté, insinuaient
les âmes son plus cruel
dans
poison, la dissolution
des moeurs; ; et nous présentaient
sanctuaire cette démocratie
comme son
devons
absolue que nous
envisager comme son tombeau? Pouvais-je, en même temps, ne pas gémir d'une
révolution où cette même
le rève des
liberté, tour à tour
uns, le prétexte des autres, et la --- Page 182 ---
(148)
n'a triomphé du despoproie d'un soldat,
avait triomphé
que FEurope
tisme que parce
cet orateur qui n'a
de la France ? Si, comme
(1),
sortant de son sujet
pu s'animer qu'en des cris mon enthoujavais exprimé par
montré le
elle, me serais-je
siasme pour
de Tun des hommes les
digne panégyriste
existé? J'ai
modérés qui aient jamais
diffiplus
le plus
pris le rôle incontestablement cette liberté
Jaivoulu, non préconiser
cile.
T'aiment, mais la défendre
parmi ceux qui
Ce qui, inne l'aiment pas.
parmi ceux qui
des journaux (2),
de l'accord
dépendamment
de ce jeune écrivain, , surles
() Laseule digression
un talent tresdistingué.
prouve
qui
penplandefantingaé.r constamment dans ce morceau,
Ils'est soutenu
étendue, puisque c'est le quart
est d'une assez grande
de son discours.
du 4 décembre 1818, et le
(2) La Quotidienne 1 octobre 1818, le Spectateur
Conatitutionnel, du 18
Religieuse, ont exprimé
Religieuz, et la Chronique
la même opinion sur ce discours.
un talent tresdistingué.
prouve
qui
penplandefantingaé.r constamment dans ce morceau,
Ils'est soutenu
étendue, puisque c'est le quart
est d'une assez grande
de son discours.
du 4 décembre 1818, et le
(2) La Quotidienne 1 octobre 1818, le Spectateur
Conatitutionnel, du 18
Religieuse, ont exprimé
Religieuz, et la Chronique
la même opinion sur ce discours. --- Page 183 ---
a a
(149)
me prouverait que j'ai réussi en partie
ce système de conciliation, c'est
dans
produite à la distribution des Timpression
royal de
prix du collége
Montpellier, où ce même
avait été prononcé,
discours
avant la décision académique, avec des modifications
à la circonstance. Toutes
appropriées
les
chais à ces points délicats, foisque je toude nos divisions
déplorables sujets
auditeur
depuis trente ans 2 ce même
qui s'alarmait d'abord,
j'allais échouer contre des
comme si
gnait bientôt
écueils, me témoiraissait
que j'avais su les
et
me
féliciter d'an
éviter, pavenait celui de la
triomphe qui devedans le silence de modération même. C'est
toutes les passions
ses qu'a été entendu cet
hainenéloge de
ne les ressentit jamais. Moi
l'homme qui
je troublais ce concert
seul, peut-être,
des sentimens affectueux, je devenais indigne de les
en me livrant un peu
à
partager, 3
sances de
trop ces vaines jouisTamour-propre d'auteur. Mais si --- Page 184 ---
(150) )
de mon héros se retraçait plus
la modèstie
m'en punir, son huvivement à moi pour
d'elledans
manité trouvait un spectacle digne
et
étonnées de se rencontrer
toutes ces âmes
restait plus à former
Il ne me
de s'entendre.
telle journée pàt
qu'un voeu : c'était qu'une le prélude d'une
à moi comme
se présenter
prélat distingué (1)
autre. Mais, lorsqu'un
émotions de
ensuite ajouter aux
est venu
manifestant les siennes, j'ai
Tassemblée, en
recevais alors toute ma
pressenti enfin que je
serait en effet trop
récompense. Un orateur
couronné à la
heureux dans ce siècle d'ètre T'Académie Franfois par un évèque et par
çaise.
du moins, m'objecter que
Pourrait-on,
politiques,
mesure dans les opinions
cette
les considérapour
que cette prédilection nui à la partie littéauraient
tions religieuses
de Montpellier.
(1) M. Fournier, , érêque
-
pressenti enfin que je
serait en effet trop
récompense. Un orateur
couronné à la
heureux dans ce siècle d'ètre T'Académie Franfois par un évèque et par
çaise.
du moins, m'objecter que
Pourrait-on,
politiques,
mesure dans les opinions
cette
les considérapour
que cette prédilection nui à la partie littéauraient
tions religieuses
de Montpellier.
(1) M. Fournier, , érêque
- --- Page 185 ---
à
(1 151) )
raire de mon ouvrage; qu'ilen serait résulté,
dans le premier cas, de la langueur; dans le
deuxième, de l'emphase, ou même dans les
deux cas, des hors-d'ceuvre? Mais il se trouve
que ces idées politiques ou religienses ont
été prises dans la substance même de
mon
sujet, et ne se sont développées
dans
les proportions convenables
que
pour en être la
plus brillante parure. Il se trouve dès lors
que j'ai accompli cette poétique sévère qui
veut que les idées religieuses n'interviennent
jamais dans nos disconrs, sans que tout S'eclipse à l'instant devant elles. Je citerai de
préférence le passage sur la correspondance
avec Frédéric, parce que telle est dans ce
morceau la marche un peu voilée de la composition, qu'il pourrait ne pas produire tout
son effet dans une première lecture. Je saisis
ce moment oùt Rollin, sur le bord du tombeau, fait SCS adieux à Frédéric.
dans son langage des
J'aperçois
marques d'une émo- --- Page 186 ---
(152 )
suis forcé de porter
tion si profonde, queje
chercher la
plus haut mes regards, pour en
si
à moi ce dogme
cause. Alors se présente
du livre divin
terrible, que le titre (:)r même
semblerait un mystère de plus.
quil'annonce
fixés sur cette effrayante
Les yeux un instant
offerte à une si grande partie
perspective,
moi-mème le
du genre humain, j'éprouve
et je
trouble que je voulais m'expliquer;
vénération plus vive, vers
reviens, 7 avec une
Thumanité
conciliant ce que
cette âme qui,
de plus terde plus tendre et la religion
a
bien au-delà de cette tolérance
rible, s'élève d'autres n'ont pu atteindre;
à laquelle tant
léternel
réduite à trembler pour
puisque,
elle
del'illustre objet de ses affections,
avenir
haut degré, le besoin
ressent, dans un plus entendre avec la plus
de le chérir, le lui fait
voulait le
réserve, comme si elle
admirable
(r) Evangile.
à --- Page 187 ---
(153 )
conquérir à sa croyance par son amour. Je
crois ce morceau capable
d'agirmème sur ces
âmes qui, avec un fonds de grandeur toutefois, auraient subi tous les rayages de l'athéisme.
2°. Ilfallait que l'ouvrage pit supporter de
tels ornemens. Aussi me
donné
suis-je
une
base vaste et; profonde dans slapartie
classique.
C'était creuser dans le fond du sujet. Je
croyais aussi que c'était réaliser les intentions
lesplus
ddiatesderAcadémic. (( Sans doute,
me disais-je, que ce ne sont pas seulement
des considérations morales, mais des vues
littéraires très-élevées qui l'ont déterminée
à proposer cet éloge. Elle. est fatiguée de
tant de lieux communs sur ces
personnages
qui ont joué un grand rôle dans les Empires ; elle indique aux concurrens un
sujet
ingrat, en apparence, afin qu'ils en fassent
sortir des idées neuves,
2 substantielles ; elle
veut agrandir ce domaine de
l'éloquence aca-
considérations morales, mais des vues
littéraires très-élevées qui l'ont déterminée
à proposer cet éloge. Elle. est fatiguée de
tant de lieux communs sur ces
personnages
qui ont joué un grand rôle dans les Empires ; elle indique aux concurrens un
sujet
ingrat, en apparence, afin qu'ils en fassent
sortir des idées neuves,
2 substantielles ; elle
veut agrandir ce domaine de
l'éloquence aca- --- Page 188 ---
(154)
Voila
je me snis attadémique. )
pourquoi
combattre ces mêmes dificultés quie
ché à
se sont attachés à
tous les autres peut-être
m'ont
éluder; mais je dois dire qu'elles ne
dans le lointain. Une
semblé effirayantes que
détails
j'auau milieu de ces
que
fois engagé
arides, je maniais mon
rais pu croire les plus
seule aurait pu
sujet avec une aisance qui
dans
que je le prenais
me faire soupconner
à exprimer des
son vrai sens ; j'éprouvais
de discours
idées si nonvelles pour ces sortes
charme qu'un voyageur à peindre
le mème
inconnues. La périphrase
de belles contrées
devenait pour moi un moyen
elle-mème
Ainsi la seule définition
d'aller plus vite.
fait tomber
interlinéaire
de la traduction
inutile. Vous
toute une discussion, comme
sur ce point si important
remarquerez que, >
je me suis
des langues,
de lenseignement
la mesure conveattaché à prononcer, 2 avec
assez
qui ne croit pas
nable, entre Rollin, --- Page 189 ---
(155)
aux avantages de cette
méthode, 2 et Dumarsais, qui parait trop y croire.
Mais un motif particulier devait
terminer à insister
me désur ces productions latines dont l'estimable secrétaire
démie n'a
dit
de l'Acapas
un seul mot dans son
rapport. (( Rollin élait un rhéteur
disait
éloquent,
Voltaire. )) Ces paroles seraient
nous une énigme, si nous nous
pour
lire ses
bornions à
ouvrages français. Il faut
dans Rollin deux
distinguer
écrivains, l'écrivain latin
et l'écrivain
français : l'un a été aussi brillant que l'autre a été utile. Je
ses productions latines
veux qu'avec
seules il n'eût point
mérité un éloge
certainement
académique ; tandis que
il l'aurait mérité sans elles.
Mais du moment
été
que cethommage lui avait
décerné, il fallait ou ne
en lui le mérite
pas considérer
des
d'écrivain, ou insister.sur
productions dans
se présente
lesquelles ce mérite
avec le plus d'avantage. Il est
ile. Je
ses productions latines
veux qu'avec
seules il n'eût point
mérité un éloge
certainement
académique ; tandis que
il l'aurait mérité sans elles.
Mais du moment
été
que cethommage lui avait
décerné, il fallait ou ne
en lui le mérite
pas considérer
des
d'écrivain, ou insister.sur
productions dans
se présente
lesquelles ce mérite
avec le plus d'avantage. Il est --- Page 190 ---
(156)
dans l'ordre des choses qui chez
beau que,
les talens de
Rollin obtiennent nos éloges,
l'orateur et du poête ne viennent qu'au
même aux yeux d'une acadeuxième rang,
mais il serait étrange qu'ils ne fussent
démie;
Si elle ne
des titres à ses hommages.
pas
c'est un avantage de
les a pas soupçonnés,
les lui découplus pour le panégyriste qui
laissé dans
vide n'aurais-je pas
vre. Eh! quel
fait ressormon ouvrage, si je n'avais pas
latines, lorsque je contir ces productions
seules les titres litsidère qu'elles ont fait
de Rollin jusqu'à soixante ans ;
téraires
qu'au jugement des critiques contemporains
elles semblaient bien sufles plus sévères,
si la
en lui la vertu,
fisantes pour parer
les
vertu avait besoin d'une parure ; que
surtout ont produit le plus grand
harangues
mais
effet non-seulement dans PUniversité,
ont incontestabledans le monde; qu'elles
franment préparé le succès des productions
--- Page 191 ---
AAA A
M
(157 )
çaises; ; que, le plus souvent, elles nous présentent l'écrivain utile à côté de l'écrivain
brillant; que l'une des dernières nous offire
le germe du Traité des études.
1l est vrai que, dans cette direction impriméc.à mes idées, je devais craindre de
trop louer l'écrivain latin. Or,
voyez mes
restrictions, lorsque j'ose le comparer ou à
Cicéron, sous le rapport du
style, ou à
Bossuet, sous le rapport de la pensée. On
a pu remarquer que ce n'est pas la seule
partie de cet éloge où les restrictions
se
présentent : elles le tempèrent souvent; elles
le commencent mème, par la raison
je devais présenter Rollin
que
sous un jour plus
brillant que plusieurs ne l'auraient pensé,
et que si la première loi da
de dire des vérités
panégyriste est
avantageuses à son héros,
sa première adresse est de disposer à
croire. Les
y
promesses de l'exorde, sans les
concessions sévères qui les
précèdent, au-
se
présentent : elles le tempèrent souvent; elles
le commencent mème, par la raison
je devais présenter Rollin
que
sous un jour plus
brillant que plusieurs ne l'auraient pensé,
et que si la première loi da
de dire des vérités
panégyriste est
avantageuses à son héros,
sa première adresse est de disposer à
croire. Les
y
promesses de l'exorde, sans les
concessions sévères qui les
précèdent, au- --- Page 192 ---
(158 )
un enthousiaste;
raient pu faire soupconner Vagrandir : prédénature son sujet pour
qui
, elles devaient
cédées de ces concessions
bien loin
réfléchi, qui,
annoncer un esprit
s'attad'être dominé par des préventions,
che à les: combattre.
siècle, et surtout
Mais aux yeux de notre
e,
et surtout de TAcadémie
de la Prance, ,
latort de ces productions
le plus grand
d'est d'ètre des. productines que je vante, moderne: De là ce parations latines d'un
égaque nous pouvons
doxe où je prétends
langue ;
Jer les anciens dans leur propre comme
dont la préuve, jetéc
paradoxe ,
si peu de place dans
ent courant, occupe devais point espéret
mon discours. Je ne
domme elle
victorieuse à tous,
qu'elle paràt
Je traiparu à moi-méme..
me Ta toujours
je sens
tais un de ces - points sur lesquels
les bons esprits ne a seront
bien que même
cas, à
d'accord. 11 suflit, en pareil
jamais --- Page 193 ---
(159 )
l'orateur d'ébranler, en passant, l'opinion
du grand nombre, d'offrir à tous l'intérêt
du combat, s'il ne peut offrir à tous
lui de la victoire; mais
ceque ceux qui persisteraient à me reprocher ce
paradoxe
comme erroné, ne me le reprochent
du moins comme inutile dans
pas
mon système.
J'en avais besoin pour mon objet,
mon objet devait être non-seulement puisque
de.
donner - une idée avantageuse du talent de
Rollin dans ses productions latines, mais
même dè présenter sous un jour attachant
cette partie de ses ceuvrés si
etis sil
peu connue
peu recherchée ; et qu'il est difficile
de voir sous un jour attachant des
tions où nous.
producpensons d'avance que l'auteur n'aura pu parvenir qu'à un style médiocre ou barbare.
3°. Si la superbe délicatesse de
quelques
esprits académiques s'est effarouchée de ce
qui pouvait leur rappeler le collége, elle --- Page 194 ---
(160)
moins effarouchée de ce qui
ne s'est pas
débats du
leur rappeler ces
janponvait
à
sénisme. Avec toutes leurs prétentions
force de tête, et, j'aime à le
une grande
talens distingués s ils ont
dire 2 avec des
quelcomme les esprits faibles, par
jugé,
J'ai voulu présenter à leur
ques accessoires.
forte
dans les
admiration cette âme
qui,
délicates, a montré toute
positions les plus
de son faste:
la fermeté stoique, dépouillée
fermeté
mais d'abord elle employait cette
à soutenir quelques opinions théologiques;
été capables de Fadmirer :
et ils n'ont pas
milieu de ces
ensuite elle s'offrait à eux au
et ils
déplorables folies des convulsionnaires, fain'ont plus vu en elle qu'une honteuse
blesse. Mais avant de leur répondre, j'édevant un
le besoin de me justifier
prouve tribunal, qui, au reste 7 les a conautre
qu'il ne me condamne:
damnés bien plus
dont lej jugement sera toujours
Des hommes
*,
iques;
été capables de Fadmirer :
et ils n'ont pas
milieu de ces
ensuite elle s'offrait à eux au
et ils
déplorables folies des convulsionnaires, fain'ont plus vu en elle qu'une honteuse
blesse. Mais avant de leur répondre, j'édevant un
le besoin de me justifier
prouve tribunal, qui, au reste 7 les a conautre
qu'il ne me condamne:
damnés bien plus
dont lej jugement sera toujours
Des hommes
*, --- Page 195 ---
a A AA
(16r) )
pour moi du plus grand
voulu
poids, 3 auraient
que, 7 par respect pour la
je n'eusse point loué cette
religion,
quelle Rollin a soutenu
fermeté avec lahasardées
des opinions au moins
; que, par respect pour le
vernement de nos rois
goulecteur le scandale
2 j'eusse épargné au
de l'homme de bien
sécuté ; ils ont même nié
persécution. Je les
qu'ily ait eu per-:
conjure d'observer
n'ai loné la fermeté de
que je
Rollin
rant ses
qu'en déploillasions; que cette fermeté ellemême a été bien plutôt de la
que de Taudace;
résignation
qu'elle n'a rien de
mun avec cettte humeur
comdes sectaires
superhe, apanage
sion
; que c'est enfin à son
ou jamais
occaje l'ai fait
qu'on a pu s'écrier, comme
: (( Admirons ici cette
)) sublime, qui, dans les
religion
)) où elle cesse
momens même
d'éclairer des
)) curieux ou trop
esprits trop
ardens, les
)) jours de ses ineflables
animant touinfluences, fait
II --- Page 196 ---
(162)
par les plus hautes vertus,
) reconnaitre
à elle. )) Sans doute
> qu'elles sont encore
de
qu'un homme comme
il est pénible penser
Rollin a souffert sous un gouvernement
celui de nos rois ; mais, dans mon
comme où je crois avoir parlé comme
discours,
telles sont les attendoit parler Thistoire,
trompé,
tions paternelles de ce gouvernement
demoment même où il frappe, qu'il
au
tous les autres, lorsvient un modèle pour
auront le malheur de croire dangequ'ils
recommandable par des
reux un citoyen
réserve
vertus : et telle est la respectueuse
devient un modèle pour
de Rollin, qu'il
le
croiront que
tous les sujets , lorsquils
leur
leur demande plus que
gouvernement
d'accorder. Et
conscience ne leur permet
deux résultats qui vous consolent, vous
ces
doux par le contraste
semblent encore plus
tour
derniers temps, oû l'on a vu
de ces
factieuses et des gouà tour des résistancessi
a
oyen
réserve
vertus : et telle est la respectueuse
devient un modèle pour
de Rollin, qu'il
le
croiront que
tous les sujets , lorsquils
leur
leur demande plus que
gouvernement
d'accorder. Et
conscience ne leur permet
deux résultats qui vous consolent, vous
ces
doux par le contraste
semblent encore plus
tour
derniers temps, oû l'on a vu
de ces
factieuses et des gouà tour des résistancessi
a --- Page 197 ---
A
(163)
vernemens si cruels. Il vous reste
ment un peu de colère contre
seuleabusant de
ce parti qui,
la
son ascendant, a pu enlever à
jeunesse un tel instituteur. Et,
venir sur des détails
sans requ'il me suffit d'avoir
présentés une fois, c'est là surtout
rait la persécution.
que seLa plus cruelle
de persécuter Rollin était
manière
de
servir la
l'empécher de
jeunesse. Il est vrai
tacles eux-mémes
que les obsne faisaient
rendre
cette âme plus ingénieuse
que
noble besoin.
à remplir un si
Ainsi la postérité s'est
chie des pertes du
enricollége de Beauvais. Mais
vainement je me suis attaché à louer
jauséuiste, sans blesser les
Rollin
ligieuses s à louer Rollin convenances reblesser les
persécuté, sans
convenances
me restait un
monarchiques : il
troisième écueil
ble, c'était de
insurmontam'occuper de tels
sans' blesser les
objets,
convenances
du' siècle aux yeux de
philosophiques
quelques esprits ma- --- Page 198 ---
(164)
de plaire à des
lades. Je devais désespérer les Lettres prohommes qui déclareraient
d'un talent
elles-mômes T'ouvrage
vinciales
si, restées inconnues
égaré ou équivoque,
à
elles se présentaient
jusqu'à nos jours,
d'un grand nom.
eux sans la recommandation
même si tous ces ménagemens,
Que sais-je
ne seraient pas
je me suis imposés 2
que
nouveaux torts : tant d'hommes,
pour eux de
Phistoire de Rollin 2
dans cette partie de
double plaisir de
le
voudraient se ménager
côté, que ridityrannie d'un
ne voir que
cule de Y'autre.
ridicule dans ce siècle,
Ainsila crainte du
Fautorité dans le précédent,
et la crainte de
résultats, deux
auront produit les mêmes
son hissur Rollin :
ouvrages incomplets de Boze ; et son éloge, par
toire, par M.
lors même que
Cependant,
M. de Berville.
qu'on a cru devoir
de sa vie,
cette partie
n'aurait offert d'aildisimuler de nos jours,
cule de Y'autre.
ridicule dans ce siècle,
Ainsila crainte du
Fautorité dans le précédent,
et la crainte de
résultats, deux
auront produit les mêmes
son hissur Rollin :
ouvrages incomplets de Boze ; et son éloge, par
toire, par M.
lors même que
Cependant,
M. de Berville.
qu'on a cru devoir
de sa vie,
cette partie
n'aurait offert d'aildisimuler de nos jours, --- Page 199 ---
3Ar
(165 )
leurs aucun de ces caractères qui frappent
les regards de la multitude, elle aurait été
bien digne encore de l'attention du
panégyriste. Comment, en effet, ne pas envisager avec intérêt I'homme qui, placé entre
les rigueurs de l'autorité et les dérisions d'une
philosophie superbe ou d'un monde frivole,
ne redoute rien que sa conscience ? J'aurois
pu même faire valoir en sa faveur la circonstance que,sans doute, on s'empressera
le plus de m'opposer (r). Oui, il
un
m'inspire
nouveau sentiment de vénération et d'amour, lorsqu'avec un esprit si
il se mêle à une
distingué,
multitude, - objet de risées,
pour prier sur la tombe de l'homme
révère. Philosophes
qu'il
hautains, il se confond
alors à VOS yeux avec le vulgaire; il n'ob-
(r) C'est la circonstance de Rollin,
tombean du diacre Pâris, dans le
priant sur le
Médard.
cimetière de Saint- --- Page 200 ---
(206 )
les regards d'une pitient plus de vous que
s'élève bien autandis qu'il
tié dédaignense,
fortes, objets de VOS
dessus de tant d'âmes
de ces
Combien 2 en effet, 9
hommages.
brillant théàtre, ne
hommes qui, sur un
qu'ils
montrent de la grandeur que parce
le
devenir
voient l'admiration des peuples
ou de leurs souffrances!
prix de leur courage effusion de son âme
Mais lui, dans cette
admirail mériterait surtout votre
pieuse,
bravé vos mépris; je me
tion, parce quila
songé à les braver.
trompe : il n'a pas même
imprimé à
sublime
Dans le mouvement toutes ses affections, 2
toutes ses pensées, à
demeure
ce monde comme une
il traversait
d'autres spectaétrangère 7 ne voyant plus
de
Dieu. 11 faut bien peindre
teurs que son
; il
se présentent
telles àmes, lorsqu'ellos
sous
bien s'attacher à les caractériser,
faut
dans le vague des
peine de confondre 9
et la
et lénergie des républiques
éloges,
ses affections, 2
toutes ses pensées, à
demeure
ce monde comme une
il traversait
d'autres spectaétrangère 7 ne voyant plus
de
Dieu. 11 faut bien peindre
teurs que son
; il
se présentent
telles àmes, lorsqu'ellos
sous
bien s'attacher à les caractériser,
faut
dans le vague des
peine de confondre 9
et la
et lénergie des républiques
éloges, --- Page 201 ---
(1 167 )
sublimité du christianisme, c'est-à-dire,
les
vertus qui diffèrent le plus par les motifs lors
même qu'elles se rapprochent le plus
les effets, puisque les unes recherchent par
la
louange, comme leur plus doux aliment, et
que les autres la dédaignent comme
une chimère, ou la redoutent comme un écueil. La
circonstance sur. laquelle je viens d'insister n'a
pas été, il est vrai, désignée dans
mon discours : c'est que tant d'autres, si fortement
exprimées, devaient suffire. Dans un
si riche,
sujet
j'ai cru devoir ce sacrifice bien
moins à la loi des convenances,
de la briéveté. Mais il
qu'à celle
se trouve que l'éclat
des situations, que la mltiplicité et la nature des incidens concourent
avec la noblesse de son àme pour
répandre sur cette
partie de sa vie le plus vif intérêt aux
de la multitude,
yeux
comme aux yeux du sage.
J'aurais donc manqué ou de philosophie,
ou de goût, si je l'avais
supprimée 9 comme --- Page 202 ---
(1 168 )
son caractère, ou comme
déshonorante pour
N'aurais-je
ingrate pour un, panégyrique. si je n'avais
manqué de gout encore,
pas
c'était cette partie orageuse de
pas senti que
fournir matière à la
son histoire qui devait
?
vraiment éloquente de son éloge
partie
en parlant
L'orateur qui ne s'animerait pas
de la vertu malheureuse 7 ne serait-il pas
indigne et incapable de la
tout ensemble
la vivalouer? Et n'est-il pas heureux que
le fracas de cette partie de l'oucité, que
avec ce tableau
vrage viennent contraster où il eut si peu
de Rolliu dans son enfance,
de Rollin
besoin de guides; avec ce tableau
collémagistratures des
dans ces paisibles
si admirable
où il se montra un guide
ges,
avec tant d'autres
de Tenfance des autres;
où je me suis étudié à exprimer,
morceaux,
même de la composition,
par le caractère
cette âme livrée à
les aimables qualités de
résulte une si
douceur babituelle? Il en
sa
il eut si peu
de Rolliu dans son enfance,
de Rollin
besoin de guides; avec ce tableau
collémagistratures des
dans ces paisibles
si admirable
où il se montra un guide
ges,
avec tant d'autres
de Tenfance des autres;
où je me suis étudié à exprimer,
morceaux,
même de la composition,
par le caractère
cette âme livrée à
les aimables qualités de
résulte une si
douceur babituelle? Il en
sa --- Page 203 ---
(I 169) )
grande variété, que vous croyez voir et un
autre personnage et un autre panégyriste.
Je ne puis même cacher
que j'ai un peu insisté, par calcul, sur beaucoup de ces morceaux, qui exigent, dans le style, de la simplicité et du calme : c'était
fàt moins
pour que l'on
disposé à voir en moi de l'exagération, lorsque j'arrivais à ces parties qui
exigent de l'élévation et de la chaleur. Je.
savais bien que j'écrivais à une époque où
la littérature souffre des raffinemens de l'esprit, comme la société peut souffrir
fois d'un excès de civilisation;
quelque-
; époque remarquable, où des écrivains du naturel le
plus heureux, en voulant s'interdire
tuosité des
l'impémouvemens oratoires, 2 comme
un ridicule, s en voulant reproduire
cessse la dignité de
sans
Montesquien ou la grâce
de Voltaire, perdent, avec la chaleur
tielle à
essenTéloquence, et cette dignité et cette
gràce qui auraient pu naitre des libres dé- --- Page 204 ---
(ng0)
de leur esprit. Ce déplorable
veloppemens
en grande partie 7
résultat me semblerait,
académiques
des triomphes
un contre-coup homme debien, qui prede' Thomas, de cet
élans de sa belle
facilement les
nait trop
même. On devait
âme pour ceux du génie
corps
pressentir dès lors que notre premier de
d'avoir pris
littéraire, honteux un jour
bien
de la chaleur, pourrait
l'emphase pour
un autre,
d'un excès que par
ne se corriger
de Yemphase.
de la chaleur pour
en prenant
à dire sur ce beau
Voilà ce que j'avais dont j'ai cru qu'on
sujet et sur la manière d'autant plus remerdevaitle traiter. Je dois
efde l'avoir indiqué à nos
cier PAcadémie
d'en
la
j'étais loin
pressentir
forts (1), que
je cherfécondité. Dans les commencemens, idées
les idées; bientôtlesi
chais péniblement
variété d'obm'ontpoursuivi. Dans la grande
Cest M. Garzt qui a eu cette belle idée.
() --- Page 205 ---
(171)
jets à traverslaquelle il fallait me faire jour,
mon travail était comme une abréviation
continuelle; et, lorsqu'en dernier lieu, craignant d'avoir dépasséla mesure prescrite (1),
j'ai voulu abréger encore; à chaque tentative de réduction, je sentais dans le sujet
une résista nce qui m'annonçait que je touchais sau vif.Les mains paternelles tombaient
sans cesse. Ce sujet est grand parlui-méme,
parce que vous y trouvez, contre l'attente
commune, ce Tepsisemcidateeadeye
cettecirconstance,d que vous le trouvezcontre
l'attente commune, 2 ajoute à l'intérêt : l'éloge
se présente comme une découverte. II s'agrandit encore par les accessoires. Quelque
part que vous vous porticz, Tenseignement,
lhistoire, la politique, la religion, 7 la mo-
(1) Mon travail était fini, lorsque j'ai vu dans les
journaux que l'éloge de Rollin ne devait point passer
une heure de lecture.
ateeadeye
cettecirconstance,d que vous le trouvezcontre
l'attente commune, 2 ajoute à l'intérêt : l'éloge
se présente comme une découverte. II s'agrandit encore par les accessoires. Quelque
part que vous vous porticz, Tenseignement,
lhistoire, la politique, la religion, 7 la mo-
(1) Mon travail était fini, lorsque j'ai vu dans les
journaux que l'éloge de Rollin ne devait point passer
une heure de lecture. --- Page 206 ---
(172)
rale vous offrent les plus nobles idées qui
occuper le philosophe. Ce serait
puissent
que de ne pas
bien manquer d'imagination
les saisir; mais aussi ce serait bien manquer
de goit, que de les faire prédominer, au
d'éclipser cette vénérable image de
point
devaient seulement
notre recteur , qu'elles
embellir.
A a --- Page 207 ---
(173 )
ELOGE DE ROLLIN.
Discours qui a concouru pour le prix d'éloquence , proposé par Pdcadémie Française en 1816.
LA France
échappe au danger des fausses
doctrines ; un Roi réparateur monte sur le
trône; et la première de nos assemblées littéraires propose l'éloge de Rollin au concours
de tous les talens. Ce sera donc un
trait et le plus frappant de cet
premier
éloge, que"
son époque. Et après les écarts de tant d'esprits superbes , pouvait-on mieux consacrer,
mieux annoncer la nouvelle ère où nous
entrons, que par les louanges de l'homme
en qui le talent fut toujours l'instrument
de la vertu ! Tout en lui, je le sais, semblerait s'opposer d'abord au grand éclat d'un --- Page 208 ---
0374)
de sa naiséloge académique : T'obscurité
déà laquelle il s'est
sance ; la profession habituel de ses vertus
voué; le caractère
habituel
ou la douceur domine ; le caractère
talent
dans la plus grande partie
de son
qui,
nous montre
de ses ouvrages les plus connus,
de goût
Thomme de bien et Phomme
plutôt
de génie. Mais si nous savons
que T'écrivain
la gloire dont
l'apprécier sur tous les points,
pendant sa vie cessera d'êtré pour
il a joui
Nousl le verla plupart de nous une énigme.
de sa
dans la première partie
rons déployer,
les plas
luné des imaginations
carrière, 2
seconde, T'une des âmes
heureuses ; dans la
soit dans
les plus fortes ; et tout ensemble;
soit hors de l'enseignel'enseignement. ;, constamment à nous ; sous
ment, se montrer
aux
Tun des points de vue les plus imposans séduit le
même de cet orgueil que
yeux
Et ces traits saillans
prestige des grandeurs.
brilleront à
je vous désigne d'avance,
que
as
luné des imaginations
carrière, 2
seconde, T'une des âmes
heureuses ; dans la
soit dans
les plus fortes ; et tout ensemble;
soit hors de l'enseignel'enseignement. ;, constamment à nous ; sous
ment, se montrer
aux
Tun des points de vue les plus imposans séduit le
même de cet orgueil que
yeux
Et ces traits saillans
prestige des grandeurs.
brilleront à
je vous désigne d'avance,
que --- Page 209 ---
(1 175) )
vOs regards sur le fonds
de
mables
précieux
ces aiqualités de l'esprit et du coeur. 5 dans
le cortége desquelles il se présente à
les
toutes
imaginations, sans le secours de nos
éloges.
Les commencemens de sa vie nous offrent
un de ces combats trop fréquens dans les
hommes célebres, entre la fortune et la nature. Une mère 2 dont l'esprit
pénétrant
pouvait soupçonner le sien, se
trainte
voyait conavec douleur de le retenir dans les
travaux
pour en faire, à
ArReneLEOO
Tinstant, un soutien de sa
famille. Mais un digne membre de
cette
congrégation célebre qui, dans tout le
monde chrétien, s'était consacrée à la religion et à la science, a
être
déjà vu qu'il pouvait
un ornement de l'Etat; et tandis
cet enfant, marqué dès-lors du
que
sceau de
(1) Il était fils d'un coutelier. --- Page 210 ---
(176)
future, bien différent de ces esprits
sa gloire
résistent à tous les bienfaits
indociles qui
luttait contre le sort pour
de Tinstruction,
dont j'ai cherché
les conquérir; ; cet homme,
ici
vainement le nom, 9 pour le prononcer vient
Taccent de la recomnaissance,
avec
les obstacles. Grâce à
faire tomber tous
devait
bienveillance, celui qui
son active
les trésors de
à répandre
nous enseigner
privé lui-mème:
Téducation, n'en sera pas
T'enfant
Rollin devient comme
Le jeune
hommes généreux qui ont
adoptif(s) de ces
fortune coulât
partie de leur
voulu qu'une
développer
les
futures 7 pour
sur générations heureux qu'un sort jaloux
surtout ces génies TÉtat. Dans cette position
pouvait dérober à
ne fatnouvelle il a bientôt payé sa dette, vertus
T'exemple de toutes les
ce que par
Telle est l'amapeut comporter son àge.
que
boursier au collége des Dix- Huit.
(1) Il est nommé
fortune coulât
partie de leur
voulu qu'une
développer
les
futures 7 pour
sur générations heureux qu'un sort jaloux
surtout ces génies TÉtat. Dans cette position
pouvait dérober à
ne fatnouvelle il a bientôt payé sa dette, vertus
T'exemple de toutes les
ce que par
Telle est l'amapeut comporter son àge.
que
boursier au collége des Dix- Huit.
(1) Il est nommé --- Page 211 ---
(177)
bilité de son caractère, que le
soin de ses rivaux
premier beéclipsés est de vanter
leurvainqueur. Un grand nombre de familles
s'empressent del le connaitre
2 de P'accueillir,
d'embellir de sa présence les
elles
journées où
peuvent jouir de leurs enfans
viennent,
; elles
pour ainsi dire, le disputer à son
heureuse mère. Toute la jeunesse
à son seul nom, > redouble
studieuse,
cet ascendant d'une
d'activité, et par
conduite
il commence, à
exemplaire s
, son insu, 2 comme élève, ce
grand ouvrage du perfectionnement
des, qu'il doit continuer
des étucomme
comme chef d'enseignement, professeur,
vain. C'est
comme écriaux plus grands personnages
inspire le plus vif enthousiasme.
qu'il
brillante noblesse
La plus
croit s'honorer lorsqu'elle
l'honore. A la tête de ces illustres
teurs d'un
appréciamérite'naiscant, de ces hommes
avides d'en accélérer les
d'en
développemens ou
récompenser les efforts,
2 nommons ce
--- Page 212 ---
(1,8)
ministre, Lepelletier 7 qui, en emvertueux
de ses deux
brassant le modeste vainqueur
semblait toujours en embrasser un troifils, A côté de ce nom, si honoré dans
sième.
celui d'Hersan,
la magistrature, plaçons
moins honoré dans cette Université,
non
d'ètre le chef, tandis qu'il en
dont il refusa
d'Hersan 7
était la gloire. Dans la pensée
Rollin le remplacera un jour sous le fardeau
: il le remplace déjà dans
de Tensciguement
légères ou il faut exprimer
ces productions les sentimens les plus déen vers gracieux
Rollin
les
tendres. C'est au jeune
licats,
plus
renvoie tous
que le professeur consommé
d'honorables importunités,
ceux qui, par
intérêts de sa gloire
veulentlui faire payerlesi
latine.
un tribut à sa muse
en demandant
jeune plante,
et cette
Rollin paie pourlui; mèle déjà ses fleurs aux
qui s'élève toujours,
elle granfruits de ce bel arbre, sous lequel aussi les
bien les croire
dit, et qui peut
3A
'est au jeune
licats,
plus
renvoie tous
que le professeur consommé
d'honorables importunités,
ceux qui, par
intérêts de sa gloire
veulentlui faire payerlesi
latine.
un tribut à sa muse
en demandant
jeune plante,
et cette
Rollin paie pourlui; mèle déjà ses fleurs aux
qui s'élève toujours,
elle granfruits de ce bel arbre, sous lequel aussi les
bien les croire
dit, et qui peut
3A --- Page 213 ---
(179)
siennes. Une grace paraitrait avoir
à une si aimable enfance.
manqué
briller dans
Elle n'a pas su
ces représentations
que l'on offrait alors
dramatiques,
blic frivole,
comme appâtà un pula
pour ménager aux travaux de
jeunesse quelques uns de ces
mens qui devaient être ensuite applaudisseses jeux (1); représentations prodigués à
devenues
souvent, dans nos écoles, un vain
trop
non-seulement
luxe, qui
servait à couvrir une
réelle de richesses
disette
littéraires, mais même la
produisait, par la direction
donnée aux
malheureuse
esprits. La rectitude de l'âme
simple et candide de Rollin
tous ces artifices à
se refusait à.
, toutes ces
où Thomme disparait
transformations
pour faire
à
teur : en sorte que l'on serait place l'acrer en lui ane verta de
tenté d'admiplus, 2 là où l'on voit
(1) La séance commençait
sait par la pièce.
par T'examen, et finis- --- Page 214 ---
(180)
Le seul rôle qu'il saura
un talent de moins.
celui de défenbien remplir 1 ce sera
dans un
la morale et du goit,
seur de
d'erreurs. Il vous
et
siècle de corruption le voir sur ce théâtre
tarde sans doute de
étonné de sa gloire.
éclatant, où lniseuls'est
mon discours
Pour moi, j'aime à prolonger
aurait
comme je sens qu'il
sur son enfance, lui-méme. Oui, pour
voulu la prolonger lire dans cette àme,
peu que nous sachions vertuetla science, 5
chérissait: tavant toutla
rester
qui
aurait voulu
nous devons voir qu'il
de la vie où dortoujours dans cette période terribles, qui,
ment encore ces passions
tous nos efcontrarieront
une fois éveillées,
la science. Ces
la vertu et pour
dans
forts pour
bien
se découvrent
nobles dispositions latine qu'il prononça >
harangue
la première
en 1684, I
forcéenfin
vingt-deux: ans ,
vit trainer
lorsqu'à
il se
de se produire au grandjour, chaire de Seconde
une victime à la
comme
dans cette période terribles, qui,
ment encore ces passions
tous nos efcontrarieront
une fois éveillées,
la science. Ces
la vertu et pour
dans
forts pour
bien
se découvrent
nobles dispositions latine qu'il prononça >
harangue
la première
en 1684, I
forcéenfin
vingt-deux: ans ,
vit trainer
lorsqu'à
il se
de se produire au grandjour, chaire de Seconde
une victime à la
comme --- Page 215 ---
s
(-181 )
du collége de Plèssis. Nous
pouvons dire
que dans ce discours il a payé un tribut à
la jeunesse, , à cet àge des erreurs,
la
plus respectable de toutes. Ne
par
pouvant se
ter à cette idée pénible d'un divorce préla vertu et la science
entre
9 s'obstinant à unir
dans sa pensée ce que la société nous montre
si souvent séparé, il
prononce que sans la
vertu, sans la piété, il nous est
de
imposible
parvenir à une véritable science.
dant, lorsqu'il s'égare ainsi dans Cepenà force de
sa théorie
vertu, ne nous égarons pas nousmêmes dans nos jugemens
sévérité.
par un excès de
Si nous considérons combien la
bassesse de l'âme dégrade le génie, combien
l'orage des passions contrarie les
paisibles
procédés de l'esprit dans ses
investigations
laborieuses, nous serons forcés de convenir
qu'il entre dans cette opinion
fonds de vérité, bien
un grand
capable d'animer un
discours : aussi en fait-il jaillir les plus bril- --- Page 216 ---
(18>) )
détails. Quant à T'errenr quily: a melée,
lans
la poésie de son ouvrage, 9
voyons-la comme d'une, âme digne d'un
comme la fiction
monde ameilleur.
du style d'une haParlerai-je maintenant
lorsqu'il
latine faite par un Français,
rangue
sourire plusieurs de nos
me semble voir
considèrent
modernes dédaigneux ; qui
tout T'esperdu, comme enseveli,
comme
voudrions faire passer dans
prit que nous
morte ?1s se persuadent
cette langue appelée
donné de lécrire
qu'il ne nous est pas même
porter la
comme si, pour y
médiocrement;
écrique les plus grands
même supériorité Rome, nous n'avions pas
fains de T'ancienne
de tous, qui sont
les plus beaux moyens
si mème, à
leurs chefs-d'oeuvre ; comme
leur conversation,
côté d'un tel secours,
pas
ne se présenterait
que l'on regrette,
comme un obstacle 7 puisque
quelquefois
nous montrent la plus
leurs chefs-d'oeuvre
à A
porter la
comme si, pour y
médiocrement;
écrique les plus grands
même supériorité Rome, nous n'avions pas
fains de T'ancienne
de tous, qui sont
les plus beaux moyens
si mème, à
leurs chefs-d'oeuvre ; comme
leur conversation,
côté d'un tel secours,
pas
ne se présenterait
que l'on regrette,
comme un obstacle 7 puisque
quelquefois
nous montrent la plus
leurs chefs-d'oeuvre
à A --- Page 217 ---
3 V
(183 )
belle partie
d'eux-mémes, et que leur conversation nous les montrerait
avec leurs négligences. Ce préjugé, si peu fondé,
vous voyez, se reproduira
comme
cependant toujours, par je ne sais quel inconcevable
prestige. Il se maintiendra
non-seulement
comme la consolation de ceux
qui ne savent
pas cette belle langue des Romains
comme le travers de
> mais
n'en
ceux qui la savent. Et.
voyons-nous pas un exemple dans le
célèbre Muret, quia pu lui-mème soutenir
cette opinion, aussi fausse
qu'elle est commune, et qui la réfutait si bien à l'instant
par le style dans lequel il l'exprimait ? A
l'exemple de ce professeur distingué, Rollin, dans ce premier discours, reproduit
avec une profusion étonnante les plus belles
formes de la phrase de Cicéron. Ce sont
pour ainsi dire, des moules toujours présens oùr coule sa pensée. Il est vrai que son
imagination, incessamment attirée vers les --- Page 218 ---
(184)
d'un si grand écrivain 2 ne poursuit
ouvrages
de force les idées
toujours avec assez
répas
surtout lorsqu'elles
propres au sujet,
oratoire. Linvention
sistent à Yexpression
sacrifiée à
chez Jui, se trouve quelquefois cette éloTélocution; et quelquefois encore
de
elle-même, plutôt prise qu'imitée
cution
une fleur enlevée
l'auteur ancien ; comme
coloris de
aucun
à sa tige, ne présente hatez pas toutefraicheur et de vie. Ne vous
de son tasur Tétendue
fois de prononcer années de plus, donlent. Avec quelques
et de
de vigueur à sa pensée 2
nant plus
il se montrera le
liberté à son expresion 2
nombre
heureux de ce petit
rival souvent
cette langue
d'illustres modernes, en qui
de
revit, non-seulement parée
des Romains
même dégagée de
mais
toutes ses grices,
la rendre plus
certaines formes ; qui, pour rendent pas
difficile dans les anciens 2 ne la
pluis belle.
et de
de vigueur à sa pensée 2
nant plus
il se montrera le
liberté à son expresion 2
nombre
heureux de ce petit
rival souvent
cette langue
d'illustres modernes, en qui
de
revit, non-seulement parée
des Romains
même dégagée de
mais
toutes ses grices,
la rendre plus
certaines formes ; qui, pour rendent pas
difficile dans les anciens 2 ne la
pluis belle. --- Page 219 ---
(185)
Dès 1688 on put voir un
qué dans son talent,
progrès marlorsqu'au milieu d'une
paix brillante il
prince
prononça cet éloge d'un
pacifique , piége admirable tendu
son humanité à l'âme
par
roi dont le seul
guerrière d'un grand
la
défaut est d'avoir outré
grandeur. Il succédait alors à
dans la chaire
Hersan
d'éloquence du collége
conme il venait de lui succéder royal,
chaire
dans la
d'éloquence du collége de Plessis
lorsque ce professeur était
marquis de Louvois,
appelé par le
d'un fils de la
ministre, à l'éducation
plus belle
Hersan
espérance; ; et c'était
lui-même, > qui éprouvant
disciple une tendresse et
pour son
toujours plus vives, avait une admiration
fait
cette jeune tête ces deux
accumuler sur
Ah! saluons-le à
dignités littéraires.
versité,
son départ de cette Unioù, par un dernier
se donne un si digne
bienfait, il
encore les
successeur. Ayons
yeux sur Ini, comme il conti- --- Page 220 ---
(186 )
d'avoirlesyeux: sur elle, puisque, pour
nuera
du collége de
contribuer à la prospérité
moment ou Rollin en devienBeanvais, au
il doit faire sentir à ce disciple
dra le chef,
(1),qui, dans
chéri cette main bienfaisante donner d'autres
enfance, avait su lui
son
de Vinstraction. Suivonssecours que ceux
tombe. Interromle par honneur jusqu'à sa celui d'Hersan,
l'éloge de Rollin, pour
pre
le
cher de Rollin,
c'est remplir le voeu plus
toutes nos
qui, ce me serable, repousse
maitre.
les renvoyer à son
lonanges pour
à l'attente d'un grand
Après avoir répondu
de son fils; après
ministre, dans l'instruction
d'un perconstamment oublié auprès
s'être
lintersi distingué, pour se rendre
sonnage
le rôle
des malheureux - , pour jouer
prète
une direction
sublime dela bonté imprimant
T'obscurecherchant
heureuse à la pnissance;
(a) Il donna mille écus.
maitre.
les renvoyer à son
lonanges pour
à l'attente d'un grand
Après avoir répondu
de son fils; après
ministre, dans l'instruction
d'un perconstamment oublié auprès
s'être
lintersi distingué, pour se rendre
sonnage
le rôle
des malheureux - , pour jouer
prète
une direction
sublime dela bonté imprimant
T'obscurecherchant
heureuse à la pnissance;
(a) Il donna mille écus. --- Page 221 ---
(187 )
rité, comme d'autres pourraient
la gloire, il se retire à
rechercher
Là,il fonde une école Compiigne, sa patrie.
enfans
florissante en faveur des
pauvres : ils'y faitlui-mème leur instituteur; et par une belle erreur d'un zèle
jours croisant, il
tounouvelle à
entreprend une fondation
laquelle sa fortune ne
suflire. Arrivé ainsi à
peut plus
ses derniers
après une succession de
momens s
lui laissent plus
sacrifices qui ne
d'autres richesses
vertus, il sait ajouter à
que ses
récompense
un tel fonds par la
qu'il demande aux
reux dont il a été le
malhense voit
protecteur et dont il
presque l'égal. Stipulant
eux que pour lui, il leur
plutôt pour
d'une prière
demande le tribut
nouvelant ainsi prononcée sur sa tombe : rel'exemple de cet homme de
bien, autre lumière de
chancelier
TUniversité, du
cer
Gerson, qui était venu
sa vieillesse dans
aussi plaT'enfance
ce cortége auguste de
indigente 7 pour lui consacrer les --- Page 222 ---
(188) )
d'une voix admirée des conderniers sons
demandé d'autre
ciles , et qui ne lui avait
dont
que cette prière,
prix de ses efforts,
paroles, pour en
je veux répéter les simples
aux in-
; pour me joindre
orner ce discours il fut le bienfaiteur ; pour
fortunés dont
avec
succéder dans la reconnaisance
leur
avec vous tous.
Hersan, avec Rollin (1),
pitié de
Mon Dieu, mon créateur, ayez
((
serviteur, Jean Gerson. >
> votre pauvre
notre vénération devant
Tombons ici dans
émanés des sensacrée d'oi sont
la source
devant cette
timens si nobles et si purs;
belles
à lépoque où les plus
religion qui,
profane avaient
institutions de la sagesse
à son tour
disparu de Tunivers, est venue du soin de nos
elle-méme
pour se charger
religions
tandis que les anciennes
vertus,
deuxième volume du Traité des
(1) Voyez la fin du prononcée en 1720.
Études, et la Harangue
d'oi sont
la source
devant cette
timens si nobles et si purs;
belles
à lépoque où les plus
religion qui,
profane avaient
institutions de la sagesse
à son tour
disparu de Tunivers, est venue du soin de nos
elle-méme
pour se charger
religions
tandis que les anciennes
vertus,
deuxième volume du Traité des
(1) Voyez la fin du prononcée en 1720.
Études, et la Harangue --- Page 223 ---
(189)
de tant de peuples semblaient
gées que du soin de
ne s'être charleurs plaisirs. Un tel
hommage devait se présenter ici, et
une protestation contre les efforts comme
hommes, qui, dans
de ces
ces temps malheureux,
voudraient enlever à la morale affaiblie
nations son plus bel
des
devoir de la
appui, et comme le
de l'homme reconnaissance, dans l'éloge
qui soumettait à cette
son âme toute entière;
religion
voir toutes
qui voulait lui deses vertus, telles qu'elle
les inspirer, les diriger,
prétend
les faire.
et, pour ainsi dire,
Elle produit souvent l'éclat de
comme elle fait
son talent,
rale. C'est la
toujours le fonds de sa mole caractère frappant
sentent cet éloge d'un
que préses autres
prince pacifique et
harangues latines
point de vue, annoncent
qui, sous ce
productions
si bien toutes les
de sa vie. Vous en
tout par ce morceau si animé jugerez sursur la fureur --- Page 224 ---
( L a 190) )
la
de ces guerdes duels, et par peinture
dans
leurs derniers jours
riers qui passent
donné un grand roi.
que leur a
ce palais
lequel il vivifie
Cet esprit religieux, par mnorales de ses hatoutes les considérations
sentir dans leur
se fait encore bien
rangues, 7
Au milieu des événemens
partie historique.
à faire entrevoir le
qu'il retrace, il aime
satisfaire aux besuprème moteur; et; pour
crée une
âme
il se
soins de son
pieuse, ménagée, peut
bien
sprte d'épopée 2 qui,
que l'époune tout autre grandeur
présenter
Ne devrions - nous pas cepenpée antique.
de faire trop souvent
dant lui reprocher
surtout dans
intervenir ce grand ressort,
modernes? elles ne sont point
nos histoires
lumière que les évéplacées sous la même souveraine sagesse
nemens de l'antiquité. La
révélations,
donné de ces
ne nous a point
puissent nous aider
de ces textes précis, qui
ses desseins
à découvrir ou à soupçonner
eur
présenter
Ne devrions - nous pas cepenpée antique.
de faire trop souvent
dant lui reprocher
surtout dans
intervenir ce grand ressort,
modernes? elles ne sont point
nos histoires
lumière que les évéplacées sous la même souveraine sagesse
nemens de l'antiquité. La
révélations,
donné de ces
ne nous a point
puissent nous aider
de ces textes précis, qui
ses desseins
à découvrir ou à soupçonner --- Page 225 ---
a a
(191) )
sur les destinées ultérieures
Les événemens
des peuples.
et les
drame des
catastrophes de ce
éclairés à Empires ne peuvent plus être
nos yeux que par le
la sagesse humaine.
flambeau de
Si, pour les
tir, ou ponr les juger, nous
pressenparler ce grand cracle de la voulons faire
muet, nous nous
religion devenu
tôme de
exposons à mettre le fannos imaginations à la place de
pensée divine.
la
Respectons ce voile
lequel se dérobe la cause
derrière
qui ne Se levera
première; ce voile
théâtre des
pour nous que lorsque le
événenens aura
le voyez, Rollin ne
disparu. Vous
Tinflmence
s'égare jamais que sous
trop vivement sentie de
ques grandes et nobles
quelpas
pensées : et ne
que ce génie se décolore
croyez
et
lorsqu'il est transporté hors de languisse, s
sublime
cette splère
naturel d'idées, vers laquelle il lui est si
d'aspirer. La harangue
quelques mois après
prononcée
l'éloge d'un prince
pa- --- Page 226 ---
(193)
du Daucélébrer les triomphes
cifique, pour
les deux éloges
phin, duc de Bourgogne; les deux ande Louis XIV, qui ont signalé
la
rectorat en 1695 et 1696;
nées de son
de Phiconsacrée à l'avénement
harangue
d'Espagne en 1701,
lippe V à la couronne
année de sa principalité
dans la cinquième
forcent d'adde Beauvais, nous
du collége
flexibilité et une vigueur
mirer en lui une
ceux
pas
de talent que ne soupgonnerzient
franà lire ses productions
qui se bornent
traits de cet
çaises. Reproduisant quelques nous est tour
homme prodigieux, qui parmi
impétueux et le plus grave
à tour le plus
les vertus
orateurs, il sait et peindre
des
l'énergie de leur action,
guerrières dans
terribles ébranledans le fracas des plus hauteurs de la poet s'élever à ces
mens 1
découvre tout d'une seule
litique, d'oà lon
de ces
à sa suite,
vue. Vous éprouvez,
vous êtes sous
illusions qui annoncent que
isant quelques nous est tour
homme prodigieux, qui parmi
impétueux et le plus grave
à tour le plus
les vertus
orateurs, il sait et peindre
des
l'énergie de leur action,
guerrières dans
terribles ébranledans le fracas des plus hauteurs de la poet s'élever à ces
mens 1
découvre tout d'une seule
litique, d'oà lon
de ces
à sa suite,
vue. Vous éprouvez,
vous êtes sous
illusions qui annoncent que --- Page 227 ---
(193 )
l'empire d'une imagination
croyez le
puissante. Vous
voir, ou tout poudreux dans les
combats, ou gravement assis dans les
seils; et la pourpre du modeste
conprésente à vous
rectenr se
comme celle d'un
ou d'un sénateur romain.
consul
A côté de ces
discours, dans
Rollin a si bien rempli
lesquels
versité,
l'attente de TUnivous désirerez peut-étre voir des
tragédies du genre de celles qui,
nous, ont honoré quelques
parmi
dans une société rivale
talens, surtout
latine
(1). Une tragédie
était, en effet, un tribut annuel
T'Université, par un ancien
que
tendait lever
réglement, présur chacun de ses professeurs
d'éloquence, pour orner ou pour
même ses exercices
remplacer
littéraires, ne considérant
pas qu'elle demandait ce que, même
les génies du premier
parmi
ordre, un très-petit
(1) Chez les jésuites.
--- Page 228 ---
(194) )
donner. Rollin n'a jamais
nombre pourrait tribut. Dirai-je qu'il n'était
payé ce dernier talent de faire des tragépas plus dans son
le
d'en jouer? ou ce réglement,
dies que
rebelle, n'aura-t-il pas
seul qui Yait trouvé
dans son caracrencontré plus de résistance
guère donné
dans son talent? Iln'est
tère que
de réussir que dans les genres
à T'homme
Or, Rollin soufpour lesquels il se passionne.
mais
dans ses principes,
frait non-seulement lorsque des solennités
dans ses affections, faire ressembler ce qu'il
scolastiques venaient
pouvait supporter
aimait le plus à ce qu'il théàtre. Non, il
le moins, un collége à un
mais ils'en
fait de belles tragédies,
n'a point
faire de bons.
est réservé plus de temps pour au public,
élèves. Lorsquil les montrait parés de leur
on les trouvait suflisamment ces résultats
propre science. C'était pour
sur un
solides études, un vrai triomphe
des
étonnéde s'y plaire. Dès lors,
monde frivole,
ait le plus à ce qu'il théàtre. Non, il
le moins, un collége à un
mais ils'en
fait de belles tragédies,
n'a point
faire de bons.
est réservé plus de temps pour au public,
élèves. Lorsquil les montrait parés de leur
on les trouvait suflisamment ces résultats
propre science. C'était pour
sur un
solides études, un vrai triomphe
des
étonnéde s'y plaire. Dès lors,
monde frivole, --- Page 229 ---
195)
ces exercices de nos écoles, ramenés dans
plusieurs à leur vrai
caractère, ont
en réalité ce qu'ils pouvaient avoir
gagné
perdu en
apparence. Rollin leur ménageait
fois un ornement, mais
quelquequi semblait sortir
de leur propre fonds et restait un
c'était
accessoire;
lorsqu'il se montrait lui-même au milieu de ces jeunes talens,
faire
tendre de ces vers dignes de T'ancienne pour
enJamais il ne fut mieux
Rome.
inspiré, que lorsqu'en
1692 il offrit à l'auditoire une lutte de la
pocsie et de la peinture, en essayant d'exprimer par la parole ce tableau ingénieux,
qui, placé à la tête d'une thèse
philosophique de l'abbé de Louvois,
présentait,
avec une grandeur
alors la
imposante, ce qu'était
France, et ce qu'après de passagères
éclipses elle redeviendra toujours. Ce tableau n'existe plus peut-être, mais il a passé
tout entier dans les vers de Rollin. C'est
d'après sa poésie brillante que les peintres --- Page 230 ---
196 )
sans travail, et le repourront le retrouver beau sans génie : ou,
produire encore plus
c'est la qu'il
portant plus haut nos regards, éternel modèle
comme un
reste en dépôt
pour les grands princes. consacrait à ces
Outre ces poésies qu'il il nous en a laissé
solennités des colléges,
deux se feront
plusieurs, parmi lesquelles l'une (1) il reDans
toujours remarquer.
n'avait
la source à laquelle
monte jusqu'à
soit affaibli,
le génie de Boilean,
le
paatieindrel
qui n'était plus
soit égaré dans un genre dans la langue lasien. En le reproduizant de si vives couleurs,
tine, il le ranime par
résulte comme une métamorphose,
qu'il en
Horace lui-même. Rolvoir
oùt vous croyez
étrangère ce que
lin finit dans une langue daus la sienne.
Boileau n'a pu qu'ébaucher
rOde de Boileau surla prise de
(1) Traduction de
Namur. --- Page 231 ---
a
(197 )
Ce chef-d'euvre est l'une des plus fortes
preuves de la puissance de
Texpression,
puisqu'un intervalle immense sépare deux
ouvrages qui offrent le même fonds de
pensées.
L'autre
production (1) vous semble d'abord un jen; mais vous éprouvez bientôt
de ces impressions qui vous annoncent
l'auteur était trop ému
que
pour se borner à
des jeux. Un grand homme avait été
traint d'aller mourir sur
conune terre étrangère. C'est celui qui au milieu de ses discussions théologiques, devenues les combats de
toute sa vie, voyant soupirer aprèsle
de ses amis qu'il trainait,
repos un
pour ainsi dire, haletant après lui, le ranimait par ces paroles:
(( N'aurez-vous
pas pour vous reposer l'éter-
)) nité toute eniière ? )) Santeuil avait loud
beau génie par de beaux
ce
vers,et avait eu
(1) Santolius paenitens.
terre étrangère. C'est celui qui au milieu de ses discussions théologiques, devenues les combats de
toute sa vie, voyant soupirer aprèsle
de ses amis qu'il trainait,
repos un
pour ainsi dire, haletant après lui, le ranimait par ces paroles:
(( N'aurez-vous
pas pour vous reposer l'éter-
)) nité toute eniière ? )) Santeuil avait loud
beau génie par de beaux
ce
vers,et avait eu
(1) Santolius paenitens. --- Page 232 ---
(198 )
Dans une fiction
la faiblesse de se rétracter.
ordre (1),
une poésie du premier
qu'embellit
le langage d'un
Rollin prète à Santeuil
faiblesse 3
homme qui se repent de cette
telle
comme un crime. Or,
qui lenvisage
dans toute cette
est la chaleur répandue
T'auteur exvous voyez bien que
pièce, que
voulez, trahit des sentiprime, ou, si vous
chers'às son coeur. Dans ce moment,
mens bien
nuages qui vienjentrevois au loin quelques vie. Ah ! recuattrister une si belle
nent
goûtons encore, quellons dans le passé,
grand poids que soit pour moi Gue- l'o-
(1) De quelque
historien de Rollin, M.
pinion de Pingénieux souscrire à son jugement si
nau de Mussy,je ne puis
Vous y trouvez un
sévère sur la poésie de cette pièce. de ceux-ci :
nombre de traits du genre
grand
fedatus pulvere, et ater
( Ora sepulchrali
Assurgens. > hic illuc restigia, diris
< Errabunda) fero rabida ora modis. >
Distorquens --- Page 233 ---
a
(199 1 )
ques instans, 9 le plaisir de voir heureux celui
que nous aimons. Il l'était sous la multiplicité des travaux dont il s'accablait
cesse. C'est ce qu'ila
sans
pu déjà vous faire soupçonner par ces premiers discours d'éclat dont
je viens de
parler 2 quoique dans des
ductions de ce genre le caractère
prose montre
rarement, ou ne se montre que paré
le talentn même. Mais si
comme
vous le suivez
ces discours d'une moindre
dans
commandait
étendue que lui
en diverses circonstances la
ture de ses
na-
€
fonctions, vous achevez de le
voir tel que vous l'avez
dire,
soupconné; c'est-àcomme un homme tourmenté du besoin immense de servir la jeunesse.
finissez
Vous
par vous intéresser à cette Université, comme il s'y intéressait
elle s'offre à
lui-mème :
vous comme une
dont il est le citoyen le
république,
plus distingué. Tout
contribue alors à
piquer votre curiosité
jusqu'à ce désordre d'un recueil où
>
vous
ctions, vous achevez de le
voir tel que vous l'avez
dire,
soupconné; c'est-àcomme un homme tourmenté du besoin immense de servir la jeunesse.
finissez
Vous
par vous intéresser à cette Université, comme il s'y intéressait
elle s'offre à
lui-mème :
vous comme une
dont il est le citoyen le
république,
plus distingué. Tout
contribue alors à
piquer votre curiosité
jusqu'à ce désordre d'un recueil où
>
vous --- Page 234 ---
200 )
ces discours souvent sans date.
sont présentés
attention plus vive ces
Vous relisez avec une
afir
productions d'une époque incertaine 3
convenablement, s'il est
de les distribuer
dans Phistoire d'une vie qui vous
possible,
attachante. Tandis que
semble toujours plus
abandonnez avec lui à toutes ces
vous vous
idées sévères et imposantes d'instruction 2
quels mouvemens inatd'ordre public, par
sensibilité il les
tendus de la plus douce
dans ce noble exposé des trainterrompt
rectorat, pour donner
vaux de son premier
mère
venait de perdre
des larmes à sa
qu'il
milieu de son triomphe ; et avec
comme au
et les ranime,
quelle énergie il les reproduit
dans ses
lorsque, cherchant ses consolations
dévoue
un nouveau serdevoirs, il se
par
Université, qu'il embrasse
ment à cette
seconde mère ! Vous croyez
comme une
âme si élevée
alors plus quej jamais qu'une
devait être aimée de tous; 2
et si tendre --- Page 235 ---
(201)
comme elle l'est de vous-même ; et c'est
moment Où cette illusion si douce
au
arrive à
son comble, qu'elle va se détruire
pour vous.
Lorsqu'à peine revenu de VOS fortes émotions, vous portez sur le discours suivant
des yeux encore humides de VOS larmes d'admiration etd'amour, 2 les révélations les plus
sinistres viennent déconcerter toutes
VOS
pensées et contrister votre âme. Dans
discours, cet homme
ce
qui jusqu'alors avait
tonné avec la vigueur de Caton contre le
relâchement de la discipline
trouve les
antique s replus aimables épanchemens de
Cicéron, mais de Cicéron modeste,
, pour se
plaindre des ennemis que lui a faits son dévouement à cette discipline. Alors éclataient
sans doute les premiers
symptômes de cette
faction domestique, qui devait le
livrer,
pour ainsi dire, aux ennemis du dehors.
Elle se présente donc encore à moi cette
période que j'aurais voulu franchir
comme
discipline
trouve les
antique s replus aimables épanchemens de
Cicéron, mais de Cicéron modeste,
, pour se
plaindre des ennemis que lui a faits son dévouement à cette discipline. Alors éclataient
sans doute les premiers
symptômes de cette
faction domestique, qui devait le
livrer,
pour ainsi dire, aux ennemis du dehors.
Elle se présente donc encore à moi cette
période que j'aurais voulu franchir
comme --- Page 236 ---
C I 202 )
cette période où d'inon franchit un abime;
des
terminables débats se ranimant au nom
intérêts les plus sacrés, avec plus d'activité
ont enflammé tant d'amoursque jamais,
sans éclairer les esprits.
propres
elle est moins déplorable qu'on
Cependant
l'homme
commencer par
ne pense 2 puisqu'à
caractères y
nous célébrons , de grands
que
montrant dans le malheur toute
parurent ,
dépouillée de son faste.
la fermeté stoique
même tous ces débats
Ainsi, en considérant
superbe, qui ne yerrait
comme le philosophe
notre
de part et d'autre que des erreurs 2
moment où, elle parait se déhumanité, au
de Y'esprit, se rc
grader par les égaremens
des vertus. Mais nous plaçant plutôt
lève par
oû,
leur propre
dans le point de vue
pour
devaient se placer sans cesse
soulagement,
et vraiment chrétiennes
les àmes modérées
ici cette reliadmirons
du parti vainqueur,
intervalles on
sublime, qui, dans ces
gion
a --- Page 237 ---
2 203 )
elle cesse d'éclairer des
ou trop
esprits trop curieux
ardens, les animant
ineffables
toujours de ses
plus hautes influences, 3 fait reconnaitre par les
vertus qu'ils sont encore à elle.
Dis-lors, Rollin se
avec intérêt à tous les présentera toujours
ne partageront
esprits généreux qui
mireront
pas ses opinions : ils addu moins sa réserve à les
mer, et son courage à souffrir
expriet sous ce point de
pour elles;
qu'un parti.
vue il n'y aura plus
discours
Que penserons-nous donc de ce
le sein de prononcé en son honneur dans
l'Académie des
Inscriptions et
Belles-Lettres, dont il fut un associé si distingué; de cet éloge
orateur,
incomplet, où le faible
par des réticences
dérobant les causes des
multipliées, vous
incidens les plus douloureux et les moins
tous les
prévus, 2 vous livre à
supplices d'une
à tous les écarts d'une eardosiéimpatente,
rend coupable de mille imagination qui se
soupçons exagérés?
des
Inscriptions et
Belles-Lettres, dont il fut un associé si distingué; de cet éloge
orateur,
incomplet, où le faible
par des réticences
dérobant les causes des
multipliées, vous
incidens les plus douloureux et les moins
tous les
prévus, 2 vous livre à
supplices d'une
à tous les écarts d'une eardosiéimpatente,
rend coupable de mille imagination qui se
soupçons exagérés? --- Page 238 ---
(204 )
Ahlsans doute que l'Académie
veut
Française
atjoured'huiaoquitter en entier la
de l'Académie des
dette
Lettres;
Inscriptions et Belles-
; et ici, pour être
du
juste 2 faut-il même
courage, lorsque l'exposé de la
toute entière serait
vérité
la
l'éloge de nos rois, et
punition de ceux qui les ont
Je vois bien plutôt
trompés ?
l'ornement de mon
dans ce qui aurait
sujet
pu en paraitre l'écueil.-Le
plus beau spectacle se découvre à moi dans
ces événemens même
que lon aurait voulu
dérober à nos yeux.
J'aperçois tout ce que
peut l'influence d'une
les
dynastie modérée sur
passions féroces qui frémissent autour
d'elle. Vainement dans une sphère inférieure s'agitent des esprits animés par la veugeance ; vainement ils font retentir des cris
de fureur jusqu'au trône. Ge
parti si ardent
parvient , je le sais, à.égarer deux de
Rois; mais il ne peut en obtenir
nos
mesures oû, à côté de leur
que ces
religion alarmée --- Page 239 ---
(205 )
et séduite, se découvrent toute leur sollicitude pour des Français, tout leur
respect
pour ces hautes convenances d'une civilisation perfectionnée; il ne parvient qu'à leur
faire mettre la vertu sous un
ostracisme,
dirai-je, adouci par tout ce que T'humanité
peuty méler d'égards, etl lon sent alors
les persécutions viennent de
que
ces sujets perfides, et les égards, du trône.
Vous futes, dans ces circonstances
malhenreuses 3 les dignes ministres de nos
Rois, ô
vous, d'Argenson, Pelletier
Mesme,
, président de
, lorsque vous paraissiez sans
en première ligne
cesse
pour arracher cette noble
victime à la rage des
affaiblir leurs
persécuteurs, ou pour
coups !
Ospectacle bien différent
senté à la fin de
quinous a été préce dernier siècle
le
trône ayant disparu, les
lorsque
n'ont
passions soulevées
plus rencontré de barrières et ne se sont
plus signalées que par des combats à mort !
letier
Mesme,
, président de
, lorsque vous paraissiez sans
en première ligne
cesse
pour arracher cette noble
victime à la rage des
affaiblir leurs
persécuteurs, ou pour
coups !
Ospectacle bien différent
senté à la fin de
quinous a été préce dernier siècle
le
trône ayant disparu, les
lorsque
n'ont
passions soulevées
plus rencontré de barrières et ne se sont
plus signalées que par des combats à mort ! --- Page 240 ---
(206 )
me direz-vous (1),
Mais quelle est donc,
de ces persécutions, 7
la source première
(1) VARIANTE.
j'avais dit d'abord:
A la place de cet alinéa,
la source
est donc, me direz-vous,
e Mais quelle
image anticipée et
de ces persécutions,
D première
de la tempête qui devait
il est vrai,
>> bien faible,
-
Je vais vous le dire.
tout bouleverser un jour?
la postérité ne
cette Société fameuse, que
3 C'est
louer sous un rapport, ni trop
>> pourra ni trop
si elle a paru
sous un autre , puisque,
>) condamner
des lettres comme un modèle,
>> dans Tenseignemento
dirai même pas, dans
a osé se montrer, je ne
> elle
VEtat comme
comme une secte,etdansl
les
> la religion
dans la morale de toutes
une pnissance, mais
a côté de
comme une monstroosité,et
>) religions, 2
comme une conspiration.
> toutes les puissances,
les foudres
laissons-la sous V'anathème 9: sous
reli3 Mais
peut-être et le plus
le plus puissant
beau
> du génie
dont s'honore le plus
> gieux tout ensemble,
L'âme douce
siècles. Qu'elle reste sa victime.
3 de nos
sije poussais plus
célebre me désavouerait,
) quej je --- Page 241 ---
(207)
image anticipée et bien
de la tempête
faible, il est vrai,
qui devait tout
un jour? L'âme douce
bouleverser
permis
de
que je célèbre ne m'a
que
nommer ses
me
défenseurs : elle
désavouerait, si je prétendais la
davantage; disons
venger
la
mieux, si je
venger. Elle m'avertit de
prétendais
récit le calme
mettre dans mon
frances.
qu'elle a mis dans ses soufJe ne puis cependant
nemis jusque dans
l'immoler à ses enson éloge. Je dirai
qu'en 1703, lorsqu'il faisait
donc
lége de
prospérer ce colBeauvais, où des pères
avec tout l'empire de leur
venaient,
leurs larmes, le forcer
tendresse et de
pour leurs enfans,
de trouver une place
alors même,
parce qu'il
> loin mes plaintes; ; si
je prétendais la
vantage; ; disons mieux, si
venger da-
>) Elle m'avertit de
je prétendais la venger.
D qu'elle a mis'dans mettre dans mon récit le calme
ses souffrances. )
érer ce colBeauvais, où des pères
avec tout l'empire de leur
venaient,
leurs larmes, le forcer
tendresse et de
pour leurs enfans,
de trouver une place
alors même,
parce qu'il
> loin mes plaintes; ; si
je prétendais la
vantage; ; disons mieux, si
venger da-
>) Elle m'avertit de
je prétendais la venger.
D qu'elle a mis'dans mettre dans mon récit le calme
ses souffrances. ) --- Page 242 ---
208 )
avec l'une de ces âmes
avait correspondu
partait d'un excès
ardentes en qui T'erreur des hommes qui
de zile, 1 s'est rencontré
de nos priauraient voulu que la première
Mais
d'état s'ouvrit pour les recevoir.
sons
ce bataillon de
rassurez- - vous : protégé par
dont je viens de vous nommer,
gens de bien,
à faire prospérer enles chefs, il continuera moins cet établissecore, il soutiendra du créé
ses soins, 7
ment unique - 7 presque
par
diébranlé par la seule idée qu'un
et déjà
étreravi. Même quatre
recteur si sage peutlui
des moeurs et des
ans après, ce sanctuaire
plus auguste
un caractère
études prendra
sous
s'il est possible, en devenant,
encore,
Tinfortune, un
un asile pour
ses auspices,
mêmes coups d'autorité
refuge contre ces
les autres.
qu'il ne craindra jamais que pour nouvelle attad'une
Sorti alors vainqueur
mais ce sera cinq
il succombera enfin;
que,
pouvait succomberla
ans plus tard, et comme
des moeurs et des
ans après, ce sanctuaire
plus auguste
un caractère
études prendra
sous
s'il est possible, en devenant,
encore,
Tinfortune, un
un asile pour
ses auspices,
mêmes coups d'autorité
refuge contre ces
les autres.
qu'il ne craindra jamais que pour nouvelle attad'une
Sorti alors vainqueur
mais ce sera cinq
il succombera enfin;
que,
pouvait succomberla
ans plus tard, et comme --- Page 243 ---
A A
M
(209)
vertu sous une dynastie
tromper, mais
que l'on pourra bien
(et c'est la foi
Français, c'est le
politique des
l'oni ne rendraj serment de leur amour) que
jamais cruelle.
leurs ténèbres, dans la
Laissonsici dans
plots, les
nuit de leurs comlui, ont
ayant vécu
amaberes@)qui,
pu couspirer contre
avec
vu ses vertus de
lui; qui n'ont
qui n'ont senti, plus près que pour les hair;
bien
avant tous les
son autorité était
autres, comen étre
salutaire, 9 que
jaloux. A l'éternel
pour
gouvernement,
honneur d'un
n'être
qui aurait bien mérité de
jamais
reçoit l'ordre abusé, au moment où Rollin
de sortir du
vais, ses amis lui font
collége de Beaucomme
envisager un bénéfice
assuré; et
ger à cette noble quoiqu'il ne fut pas étranmilice de Téglise
(), qu'il
(*) Les chapelains du
rent les instramens de collége de Beauvais, quifan
(2) Il avait étét tonsuré, Letellier.
--- Page 244 ---
210) )
eût essentiellement servi la religion par ses
travaux dans T'enseignement, qu'il ne possédât qu'une fortune médiocre, cependant,
instans d'une disgrice,
dans ces premiers
instans de saisissement et de surdans ces
où il nous est si naturel de chercher
prise
à notre faiblesse, il refuse
partont des appuis
qu'il ne croit pas l'avoir
un tel bienfait, parce
mérité. Ne perdons pas sitôt de vue ce moment si beau oùt l'odieux de la proscription
s'effacc,t où l'éclat de la vertu se ranime.
tel spectacle soulage un instant nos
Qu'un
des forces, , pour en supâmes. Prenons-y
ofun autre : c'est celui que va nons
porter
de toute cette jeunesse du
frir le désespoir
Au premier bruit de ce
collége de Beauvais.
Rollin lui-mème, sans rien
départ,, auquel
s'était efforcé de la dispodire de précis,
avec ces accens que la religion seule peut
ser,
eussiez cru voir la défaire entendre, vons
d'une famille qui pleure un père :
solation
A
des forces, , pour en supâmes. Prenons-y
ofun autre : c'est celui que va nons
porter
de toute cette jeunesse du
frir le désespoir
Au premier bruit de ce
collége de Beauvais.
Rollin lui-mème, sans rien
départ,, auquel
s'était efforcé de la dispodire de précis,
avec ces accens que la religion seule peut
ser,
eussiez cru voir la défaire entendre, vons
d'une famille qui pleure un père :
solation
A --- Page 245 ---
V 5
(211 J
les jeux
suspendus, un silence
terrompn seulement
morne, inbientôt
par des sanglots, et,
après (c'était vers la fin du
une retraite faite sansordre,
jour),
dans les lieux de
etavant Theure,
core. Mais
repos, pour y pleurer enréprimons notre
tons, s'il est possible, la
doulenr; imiquien
force d'âme de celui
estlobjet. Toujours
il s'est d'abord
occupé des autres,
ménagé, dans
un successeur
F'illustre Coflin,
moins sensible. qui puisse rendre sa perte
Pour lui, exilé de celte terre
classique , sa véritable
un instant, le
patrie, iléprouve,
supplice de n'être
mais il s'est bientôt
plus utile;
d'un travail
placé sous le charme
digue de lui. Il a
sur ce rhéteur célebre,
jeté les yeux
qui, dans son
ouvrage, 5 reproduit Aristote
grand
Cicéron par la
par la finesse,
semble,
gràce > et les efface par
en même
l'entemps qu'il vous fait
par l'austérité de sa morale
sentir,
été digne de
> qu'il aurait
trouver cette noble définition --- Page 246 ---
(212 )
accueillie, 3 comme par acclamade V'orateur,
de bien. Rollin écarte
tion, de tous les gens
toutes ces considérations
de ce chef-d'oeuvre
les
(atiguent plus les esprits qu'elles ne
qui
place des notes anssi élégantes
éclairent; y
lumineuses, et annonce avec grandeur
que
où il a si
tout T'ouvrage par une préface,
dérobé à Quintilien et à Cicéron leur
bien
lorsqu'il cesse de les imiter
manière > que,
les copier, vous voyez que c'est plutôt
pour
impuissance. Du fond
par modestie que par
il fait ce présent à la jeude sa retraite,
sait la consoler de
nesse. C'est ainsi qu'il
ou plutôt, c'est ainsi qu'agranson absence,
dissant la sphère où il avait été renfermé
il commence à devenir l'instijusqu'alors,
de la jeunesse de tous les peuples.
tuteur
cette âme céleste sereAprès cet ouvrage,
insensiblement de la littérature protirait
dans la
fane, et s'absorbait de plus en plus
des divines écritures. En 1719
contemplation
à A V
nesse. C'est ainsi qu'il
ou plutôt, c'est ainsi qu'agranson absence,
dissant la sphère où il avait été renfermé
il commence à devenir l'instijusqu'alors,
de la jeunesse de tous les peuples.
tuteur
cette âme céleste sereAprès cet ouvrage,
insensiblement de la littérature protirait
dans la
fane, et s'absorbait de plus en plus
des divines écritures. En 1719
contemplation
à A V --- Page 247 ---
A
(2r3)
l'Université le rappelle,
pour ainsi
sur la terre. Elle venait d'obtenir
dire,
bienfait de l'instruction
ce grand
gratuite. Elle charge
Rollin d'exprimer sa reconnaissance.
Rollin
s'acquitte de cette noble tàche dans
harangue latine, où il sème de
une
condes
ces idées féqui semblent exiger un grand ouvrage pour arriver à leurs pleins
développemens. L'Université le lui demande,
ainsi l'auteur de suivre
priant
Timpulsion de son
propre génie. Cette prière, comme il le dit
lui-mème, de , élait un ordre. Alhonneurd'une
telle invitation, elle ajoute celui d'un second
rectorat, en 1720. Rien, peut-être, n'est
pable de ranimer T'enthousiasme
cades grandes
choses, , comme le discours qu'il
dans ce moment. Il est vrai
prononça
que l'intérêt,
toujours si puissant, des circonstances
flammait
enencore son âme. LUniversité
nait, selon lui, de
vevictoire
remporter une grande
sur un point qui alors était l'objet --- Page 248 ---
(214)
les plus graves. Après
des contestations
elle le tablean de sa
avoir déployé devant
après lui avoir rappelé ces
grandeur passée ;
et des
oû, au sein de la pauvreté
temps
consultée par les souvertus, elle se voyait
par les conciles généraux, ,
verains pontifes,
semble
il lui crie avec une vivacité qui vous
ardent, sans
nouvelle dans ce caractère
qu'elle vient de se mondoute, mais grave,
Hélas!
de ses plus beaux jours.
trer digne
à une si grande
lorsqueje vous le représente
fais
dans une si vive lumière, je ne
hauteur,
même
vous le montrer dans la position
que
l'attcindre. Brusou la foudre vient encore
nouvelle,
quement enlevé, par une tempête
mère, dont la reaux voeux de sa seconde
connaisance est forcée de rester muette,
dans sa solitude, non pas avec
il se rappelle
la grande tàorgueil, mais avec tendresse,
à son zèle; et en 1728,
che qu'elle a indiquée
Traité des
à soixante-sept ans, il publie son
le montrer dans la position
que
l'attcindre. Brusou la foudre vient encore
nouvelle,
quement enlevé, par une tempête
mère, dont la reaux voeux de sa seconde
connaisance est forcée de rester muette,
dans sa solitude, non pas avec
il se rappelle
la grande tàorgueil, mais avec tendresse,
à son zèle; et en 1728,
che qu'elle a indiquée
Traité des
à soixante-sept ans, il publie son --- Page 249 ---
(215)
Etudes, premier ouvrage français sorti de
sa plume.
Je me
représente ces eaux étincelantes
qui tombent avec grand bruit d'une
source
élevée, et qui vont ensuite entrainer
leur cours des eaux
dans
liser les
étrangères, poir ferticampagnes. Elles ne brillent
elles coulent sans bruit à
plus,
tout s'embellit
VOS pieds; mais
sur leurs bords; ; et si quelquefois elles disparaissent à vOs
souIS la riante
yeux, c'est
végétation qu'alimente leur
douce influence. Telle est l'image
me forme de ce génie si brillant que je
si utile ensuite, dont les
d'abord,
niers
idées, dans ses derouvrages, s'associant avec tant de
à toutes les heureuses
gràce
pensées des écrivains
qu'il rencontre sur son domaine, iront
cesse féconder, dans les
sans
générations naissantes, les germes des talens et des vertus.
Plusieurs grands hommes,
dirigés par ses
préceptes, animés de son esprit, lui devront --- Page 250 ---
(216) )
cet éclat parlequel ils l'auront éclipsé.
jusqu'àa le déclin des années, différentes causes
Outre
séexpliquer cet intervalle qui
pourraient
des dernièpare ses premières productions
d'usage de sa propre langue,
res : son peu
exercé à exprimer les
où il ne s'était point
et vives pensées de sa jeunesse ;
grandes
dessein formel de descendre à la
peut-être le
faibles; enfin
desintelligences) les plus
portée
même de son travail. Il se
la précipitation
fermentation génévoyait au milieu d'une,
rale. Il se hâtait de donner à la jeunesse
pût la protéger contre les
une armure qui
audacieuse. 11 semtraits d'une philosophie
modèle ce souverain
blait avoir pris pour
il
dans une de ses harangues,
pontife que,
s'excitant
nous peint avec tant de grandeur,
de
à faire le bien, sans délai, par la vue
tombeau dressé d'avance (1).
son
pronyer que le déclin de l'àge
() Ce qui pourrait
-
hâtait de donner à la jeunesse
pût la protéger contre les
une armure qui
audacieuse. 11 semtraits d'une philosophie
modèle ce souverain
blait avoir pris pour
il
dans une de ses harangues,
pontife que,
s'excitant
nous peint avec tant de grandeur,
de
à faire le bien, sans délai, par la vue
tombeau dressé d'avance (1).
son
pronyer que le déclin de l'àge
() Ce qui pourrait
- --- Page 251 ---
(217) )
Dans cette production nouvelle,
se découvrent le professeur, le chef
d'enseignement, I'historien. Ainsi, la faire
c'est remplir les intervalles
connaitre,
quej'ai pu laisn'avait que faiblement agi sur son esprit, c'est
dédicatoire latine adressée à l'Université l'épitre
mencement de son
Il
au comouvrage. ne pouvait faire à cette
langue un plus brillant adieu. Je
permette de parler
supplie qu'on me
encore d'une
Je ne ferai qu'une
production latine.
Rollin
remarque, et ce sera
contre des critiques sévères, pourjustifier
s'aveugler eux-mémes
qui pourraient
Cette
parleur distinction des genres.
épitre vous présente 2 dans un degré
cette harmonie soutenue
éminent,
qu'il a portée dans tous ses
ouvrageslatins, même lesmoins oratoires. Cr,
quel'écrivain sache couper convenablement: pourvu
pourquoi, dans
son style,
Pouvrage même le moins
serait-elle condamnée
oratoire,
qu'elle seconde si
comme un vain luxe, 3 lorsbien le mouvement de la pensée
Jorsqu'elle contribue si
puissamment à la faire
nétrer, à la graver dans les âmes. En
pémant ainsi sur cette harmonie,
nous expritrop négligée, osons --- Page 252 ---
(218 )
et en même temps faire
ser dans mon récit,
l'auteur peut devenir enpressentir ce que
core.
moins par le style,
Ici, il vous captive
Y'ordonmais il vous attache toujours par
il la développe et la sounance; et comme
plus vaste
tient; dans un ensemble beaucoup
il vous donne
celui de ses discours,
que
idée de la force de sa tète. Dès
une nouvelle
ces trois
Tabord, il indique à vos regards
objets, qui dans un enseignement
grands
être séparés :
bien dirigé ne peuvent jamais
la relila culture de T'esprit, les moeurs,
les historiens anciens, nous avons pour
le dire, par
du plus habile des
nous et le précepte et l'exemple
si fortemaîtres, de Cicéron 2 puisqu'il la regrette
la
ment dans les histoires de Thucydide; puisqu'il dans
laisse éclater, d'une manière si enchanteresse, se
toutes les parties de ses lettres ou son espression de la
ranime et se colore , sans rien perdre toutefois
simplicité du genre épistolaire.
historiens anciens, nous avons pour
le dire, par
du plus habile des
nous et le précepte et l'exemple
si fortemaîtres, de Cicéron 2 puisqu'il la regrette
la
ment dans les histoires de Thucydide; puisqu'il dans
laisse éclater, d'une manière si enchanteresse, se
toutes les parties de ses lettres ou son espression de la
ranime et se colore , sans rien perdre toutefois
simplicité du genre épistolaire. --- Page 253 ---
A
(219)
gion. C'est vous avertir, dès l'entrée de
son
ouvrage, du point de vue dans
devez
lequel vous
vous placer pour le juger.
Vous le voyez attentifà exercer
cultés dans l'ordre où elles
nos fase développent.
Ainsi, la mémoire se présente
offre les
d'abord, ill lui
langues; la raison vient ensuite, il
lui offre les sciences; ; et non-seulement
bien saisi
il a
l'enchainement dans lequel les
grandes parties de son ouvrage devaient
succéder : les nuances les
se
lui
plus délicates ne
échappent pas, Voyez avec quelle adresse
il place son morcean sur le
gout, avant de
parler de la
littérature ; et son morceau
sur la gloire véritable, avant de
l'histoire.
parler de
Si dans ce système
près uniformément d'enseignement à peu
établi dans toute l'Europe, il respecte tout ce qui, soumis
lui à un nouvel et sévère
après
examen, a paru
irréprochable au grand nombre, il ose ré- --- Page 254 ---
(220)
certaines parties, qui n'ont rien de
former
leur antiquité. Ainsi, il voit
respectable que
les enfans ne commencent
avec peine que
maternelle, et
pas par l'étude de la langue
ils
dans l'étude d'une langue étrangère
que
de l'écrire. Il voit
commencent par essayer
dans un
avec peine encore que plusieurs,
des
zèle indiscret pour cet enseignement
l'isolent tristement de cette variété
langues,
faciles, qui pourraient
de connaissances.
de
délasser et enrichir l'esprit
tout ensemble
cette preTenfance, si elles accompagnaient
mière étude, en attendant ces connaissances Mais
élevées qui doivent la suivre.
plus
infidèle Jui-méme à ce beau prinponrquoi, semblerait être le sien, d'épargner
cipe, qui
comme de diriger
tous les efforts inutiles,
condamtous les efforts nécessaires, a-t-il pu dévoiméthode puissante (1) qui,
ner cette
(1) Traduction interlinéaire.
à A
- a --- Page 255 ---
a a
221 )
lant le sens de chaque mot, l'ordre de
chaque
phrase, réduit presque lintelligence d'une
langue à une simple lecture, et par des restitulions adroites, où elle reproduit
la clarté les mots supprimés
pour
pour l'élégance,
ne prolonge cette lecture que
le travail? Cette
pour abréger
méthode n'a pas, il est
vrai, toute la fécondité que lui
ses aveugles admirateurs
supposent
: elle ne peut pas
renfermer tout l'enseignement d'une
mais elle en devrait être la base. langue; Si
voulons une marche rapide dans les
nous
ultérieurs, elle ne pent
progrès
pas nous
de l'étude des règles; mais elle
dispenser
devrait nous
y disposer. Offrez-les, ces règles, à un élève
ainsi préparé, et elles ne se présentéront
plus comme un fardeau à sa mémoire,
comme une
à
3 ni
énigme sa raison, mais comme
la dernière lumière qui viendra
les
dissiper tous
nuages que le précédent exercice devait
laisser encore.
ous
ultérieurs, elle ne pent
progrès
pas nous
de l'étude des règles; mais elle
dispenser
devrait nous
y disposer. Offrez-les, ces règles, à un élève
ainsi préparé, et elles ne se présentéront
plus comme un fardeau à sa mémoire,
comme une
à
3 ni
énigme sa raison, mais comme
la dernière lumière qui viendra
les
dissiper tous
nuages que le précédent exercice devait
laisser encore. --- Page 256 ---
222 )
L'introduction de cette méthode dans le
de Rollin fournirait à la jeunesse
système
de mieux suivre et l'esprit de ce
un moyen
système, et la marche de nos connaissances
modernes, puisqu'elle se familiariserait daen moins de temps avec cette littévantage
devenue plus que jamais
rature antique,
milieu de
notre point de ralliement, au
fermentation qui travaille le monde
cette
être initiée
littéraire, et qu'elle pourrait
de ces sciences, qui,
plutôt aux mystères
semblent depar leurs progrès perpétuels,
toujours plus grande dans
mander une place
si
de nos écoles. Un plan
l'enseignement
la splendeur et des
fortcment combiné pour
sciences et des lettres, trouverait encore
obstacles, je le sais, dans un
de grands
siècle où tant d'hommes calculent ce que
l'accroischaque effort doit produire pour
de leur fortune. Mais qu'alors le lésement
rintervienne lui-mêne pour Se mon-.
gislateur
A 4r --- Page 257 ---
1 $
(223) )
trer le protecteur immédiat de ces hautes
parties de la civilisation, qui pourraient enfin
languir, tandis que toutes les auires,
celles du moins qui
que
soin sensible de
n'éprouvent pas un beces brillans auxiliaires,
péreront toujours assez sous la
prosl'intérêt
garde de
personnel; qu'il fasse envisager de
grands avantages à la jeunesse lettrée et
vante : et plusieurs, qui,
satôt dans les travaux de la pour s'élancer plus
vie civile, auraient
satisfait à peine à de faibles études
naires, viendront se
prélimiprésenter avidement à
ces sources précieuses, d'où l'on croira voir
déconler, avec Tiustruction, les richesses
et les honneurs. Alors, dès leur
génies distingués,
début, des
qui, dans les occupations
les plus obscures, seraient demeurés
aux auires comme à
inconnus
eux-mémes, resteront
une conquête pour les sciences,
lettres, pour les fouctions les
pour les
dans TEtat; tandis
plus éminentes
que le grand nombre,
ces sources précieuses, d'où l'on croira voir
déconler, avec Tiustruction, les richesses
et les honneurs. Alors, dès leur
génies distingués,
début, des
qui, dans les occupations
les plus obscures, seraient demeurés
aux auires comme à
inconnus
eux-mémes, resteront
une conquête pour les sciences,
lettres, pour les fouctions les
pour les
dans TEtat; tandis
plus éminentes
que le grand nombre, --- Page 258 ---
(224)
subissant la loi. de sa
gouts, ou de ses
médiocrité, ou de ses
intérêts,
moins, dans les autres
emportera, du
cial, d'heureux
parties de l'ordre SOtravaux.
vestiges de ses premiers
Si Rollin n'a pas réformé,
juges sévères
autant que des
premiers
pourraient le désirer, dans les
degrés de
laisséa faire dans Tinstruction, il n'a rien
Tenseignement de
quence et de la poésie.
l'éloriorité de raison il
Avec quelle supérègles fastidieuses écarte et cet amas de
qui
les Grecs, dans les s'accumulaient, chez
à
traités de
mesure que les vraies beautés rhétorique,
discours, et ces matières
fuyaient des
de compositions
chimériques, bien dignes de
compliquées et si vaines!
ces règles si
ceptes vraiment
Retenant les préutiles, il les place dans
grand jour par des
un
retrouvez toute
développemens où vous
la lucidité des idées de
Quintilien, Quant aux matières des
exercices,
s'accumulaient, chez
à
traités de
mesure que les vraies beautés rhétorique,
discours, et ces matières
fuyaient des
de compositions
chimériques, bien dignes de
compliquées et si vaines!
ces règles si
ceptes vraiment
Retenant les préutiles, il les place dans
grand jour par des
un
retrouvez toute
développemens où vous
la lucidité des idées de
Quintilien, Quant aux matières des
exercices, --- Page 259 ---
A V a
(225 )
il aime à les choisir dans les grands
écrivains.
Ecartant tout l'appareil qui embellit
pensée principale, il va la saisir dans une
sa
simplicité; et ce morceau brillant
détruit, il vous aide à le refaire
qu'il a
dations
par des graménagées avec tant d'art, que vous
croyez être admis à ce sanctuaire, où le
nie préside à ses. créations.
géL'élève, ainsi
conduit, reste enfin avec le grand orateur,
devenu son modèle; et comme son dernier
maitre.
C'est avec le même talent qu'il dévoile
trésors de la poésie des Grecs et des
les
qu'il
Romains,
explique ce nouveau langage
résulte du simple mécanisme de
qui
leur versificâtion, sans jamais donner dans les écarts
de ces critiques subtiles,
rassis, A
admirateurs de sens
qui, laissant échapper des beautés
réelles, en poursuivent
cet
d'imaginaires. Mais
esprit si gracieux
sévérité
repousse, 2 avec une
qui vous étonne, tout ce prestige
--- Page 260 ---
(226 -
)
épopée; et cet arrêt, qu'il rie
de T'antique
de la
ill le
rend d'abord qu'au nom
religion,
ensuite au nom du goût. 1l déclare
rend
combinaison d'incidens pui
qu'une heureuse
d'intérêt
sés dans la nature est une source
féconde que ce merveilleux des
bien plus
anciens.
fàtCette opinion sur la poésie épique,
vous fait soupçonner en lui
elle une erreur,
préditection, un talent marqué
une certaine
découvrez
T'histoire : c'est ce que vous
pour dans les essais historiques qu'il vous
bientôt
avec lenteur,
donne. Son récit, qui.coule
laisse le loisir de combiner, dans votre
vous
d'iucidens, que
esprit, tout cet ensemble
sacrifient quelquedes écrivains supéricurs
saillie, à un trait; et ce grand
fois à une
il aime à tout présenter
jour, dans lequel
devient bien plus pur,
dès le principe,
réflexions qu'il
lorsque vous arrivez à ces
détachées avec effori de son
semble avoir
à
,
donne. Son récit, qui.coule
laisse le loisir de combiner, dans votre
vous
d'iucidens, que
esprit, tout cet ensemble
sacrifient quelquedes écrivains supéricurs
saillie, à un trait; et ce grand
fois à une
il aime à tout présenter
jour, dans lequel
devient bien plus pur,
dès le principe,
réflexions qu'il
lorsque vous arrivez à ces
détachées avec effori de son
semble avoir
à --- Page 261 ---
AA
(227 )
récit. Quelques-unes, comme son
sur les
jugement
Gracques, vous laissent dans l'étonnement, parce que vous voyez qu'il a trionphé de certaines préventions
devait le livrer la beauté même auxquelles
de son caractère, si ami de la paix des États. Cet
prit fin et calie, qui lui fait
esépuiser tous les
points de vue sous lesquels on peut envisager les hommes et les
le
choses, vous semble
génie même, lorsqu'il soumet à sa lumière cet ostracisme d'Athènes,
délicate de cette
solution
il
question pressante : Fautque le peuple soit victime de l'ambition
du grand homme; ou le grand
homme, des
soupçons du peuple ? Solution si heureuse,
dirons-nous, que la loi, par le plus admirable
tempérament, a stipulé tout ensemble
pour la liberté du peuple et
la
du grand homme;
pour
gloire
qu'en paraissant même le
frapper, elle le sert, elle le
soustrait bien
protége, elle le
plus qu'elle ne le livre à la
pressante : Fautque le peuple soit victime de l'ambition
du grand homme; ou le grand
homme, des
soupçons du peuple ? Solution si heureuse,
dirons-nous, que la loi, par le plus admirable
tempérament, a stipulé tout ensemble
pour la liberté du peuple et
la
du grand homme;
pour
gloire
qu'en paraissant même le
frapper, elle le sert, elle le
soustrait bien
protége, elle le
plus qu'elle ne le livre à la --- Page 262 ---
(228 )
puisque, se retirant avec
fureur populaire,
biens et sa gloire, il ne perd sa patrie
ses
n'est plus pour lui qu'un
que lorsqu'elle
légère
ennemi, et que cette disgràce
camp
d'un. peuple que
doit hàter. la compassion
si souvent réparant sa tyrannie
nous voyons
du même héros
son amour, aux pieds
par
victime et son idole.
tour-à-tour sa
qu'il se
Mais c'est à la fin de son- ouvrage
ensemble avec. le plus de sinrmontre tout
lorsqu'il présente ses
plicité et de charme,
Toute
la direction de la jeunesse.
idées sur
semble être la
théorie sur ce grand objet
sa
de son àme. Lorsque son prenaive effusion
ferme, vons voyez que
mier soin est d'ètre
Il
besoin est d'être indulgent.
son premier
d'abord cet ordre riétablisse
veut qu'on
etles élèves portent égagide dont le chef
la première
lement le joug, en sorte que, les homdounée, ce scient moins
impulsion
l'institution, que Vinstitumes qui ménent
--- Page 263 ---
A - à
V -
229 )
tion qui mène les hommes. Il
pense qu'alors
pourra s'exercer, sans se
cette autorité légère qui dirige compromettre s
traindre, et
sans concorrige sans flétrir. Avec quel
mélange de dignité et de
il
la cause de la
tendresse, plaide
pudeur et de T'enfance, lorsqu'ii semble protester contre une
en usage de son temps; punition
punition
dégrade,
terrible, qui
qui effarouche les àmes,
leur laisse que le sentiment
qui ne
de leur humiliation, et peut-être l'épouvantable
de la
besoin
vengeance; punition bien moins Capable de corriger des méchans,
faire. Il
que d'en
pense que le plaisir de communiquer la science et celui de la recevoir
vent seuls
doisoulager le professeur et l'élève
d'un fardeau
immensey doivent, plus
cane autre cause, écarter le scandale qu'aucolère dans
de la
lun, et le danger de la résistance dans l'autre.
Bénissons, en effet, le ciel
qui, en nous faisant naitre dans
Tiguorance, 2
iger des méchans,
faire. Il
que d'en
pense que le plaisir de communiquer la science et celui de la recevoir
vent seuls
doisoulager le professeur et l'élève
d'un fardeau
immensey doivent, plus
cane autre cause, écarter le scandale qu'aucolère dans
de la
lun, et le danger de la résistance dans l'autre.
Bénissons, en effet, le ciel
qui, en nous faisant naitre dans
Tiguorance, 2 --- Page 264 ---
(230)
nous a donné la curiosité
qui, en nous créant
pour en sortir; ;
cette faiblesse
faibles, 2 a attaché à
même un charme qui
pelle à l'instant t-la
apdans
protection de tous. Ainsi,
ce concours de la curiosité de l'enfant
quis'élève vers la vérité, et de la bienveillance de l'homme qui s'incline
fant, le travail est
vers l'enl'instruction
tempéré par le plaisir;
de l'un devient le bonheur des
deux. Ce bonheur a été surtout celui
Rollin. Or, il eût craint de le
de.
en recourant à ces mesures compromettre
viennent au moins
extrémes, qui
interrompre les plus doux
rapports entre le maitre et l'élève. Il
tellement pénétré,
est
lorsqu'il s'abandonne aux
développemens de sa
en
à
méthode, qu'il se met
scène, son insu. Nous le
versant avec ses enfans,
voyons conl'autorité de
abdiquant près d'eux
la
sa place, pour essayer celle de
raison; s'insinuant dans leurs âmes,
sant coulerleurs
failarmes, y mélant les siennes.
A a --- Page 265 ---
(23r ).
Avouons-le cependant : ces procédés si compliqués, si délicats, où l'autorité, la
la douceur paraissent
raison,
tour-à-tour, ne
vent être à l'usage que des âmes
peusienne. Il pouvait
comme la
espérer de trouver dans
les inépuisables trésors d'an esprit
d'un coeur aimant, les
souple,
expédiens heureux,
propres à remplacer le ressort de la crainte
et encore a-t-il succombé
:
quelquefois.
ce sont les âmes qui chérissent le
Or,
manière de
plus cette
diriger les autres, qui doivent
le plus souffrir d'y succomber. Nous
du moins juger de sa douleur
pouvons
solations
par les conque lui adressait un de ses illustres amis. Nous oserions donc
pour échapper aux inconvéniens penser que,
qu'un tel système
mulipliés
le
présente, non-seulement
grand nombre, mais tous doivent se retrancher dans cette autorité absolue
traine même
qui ensans persuader; ; qui fait de
T'obéissance une habitude;
qui, par une ac-
ffrir d'y succomber. Nous
du moins juger de sa douleur
pouvons
solations
par les conque lui adressait un de ses illustres amis. Nous oserions donc
pour échapper aux inconvéniens penser que,
qu'un tel système
mulipliés
le
présente, non-seulement
grand nombre, mais tous doivent se retrancher dans cette autorité absolue
traine même
qui ensans persuader; ; qui fait de
T'obéissance une habitude;
qui, par une ac- --- Page 266 ---
(2 232 )
tion puissante, comprime
jeunes âmes ce
toujours dans les
à se développer germe d'indépendance prêt
toujours. Ce n'est
cette autorité,
pas que
violente.
pour être absolue, doive
Il faut que l'on voie dans
être
ration des
la modépeines la douceur du
dans leur certitude
maitre, et
sa fermeté; il faut
qu'il ait toujours
surtout
présent ce bel
Rollin nous propose dans
exemple que
point de châtier
Platon, qui, sur le
un esclave, s'arrête toutà-coup, parce qu'il se sent emporté
colère. Que dans ces
par la
il est sous la.
déplorables instans, où
tyrannie d'une
nous dégrade plus
passion qui
sensiblement
autre, il fasse comme
qu'aucune
une abdication
gère d'une autorité
passaqui ne semblerait
qu'une arme pour la
plus
terreur
vengeance. Hélas ! la
produite alors dans ces
ne savent obéir
âmes, qui
digne de leur
que lorsqu'on n'est plus
sentie
commander; la douleur respar celles qui ne voudraient
point --- Page 267 ---
à
(233 )
distinguer leur obéissance de leur
sufliront pour tout contenir dans amour, 2
silence. Que le professeur,
un morne
éclipsé, absent,
pourainsi dire, dans cet orage de la
seul puni par elle, ne
passion,
pire que dans sa sérénité, reprenne son emet tout est réparé.
Doucement conduit à la fin de cet
ouvrage, vous vous sentez reporté à ces
çus où l'auteur a dévoilé à VOS
aperregards des
parties si intéressantes du tableau de l'antiquité. Vous éprouvez un regret, c'est
ne vous ait pas montré ce tableau
qu'il
Vous lui demandez
en entier.
une histoire ancienne,
comme l'Université lui avait demandé
Traité des études. Cette
un
grande tache,
s'était d'avancei
qu'il
imposée à lui-mème, au milieudeson ouvrage, illa commenceà àsoixanteneufans et] la finità
soixante-discsept, comme
si dans ce déclin de la vie il se fàt rajeuni
parle zèle. Si quelque chose pouvait lui ins-
qu'il
Vous lui demandez
en entier.
une histoire ancienne,
comme l'Université lui avait demandé
Traité des études. Cette
un
grande tache,
s'était d'avancei
qu'il
imposée à lui-mème, au milieudeson ouvrage, illa commenceà àsoixanteneufans et] la finità
soixante-discsept, comme
si dans ce déclin de la vie il se fàt rajeuni
parle zèle. Si quelque chose pouvait lui ins- --- Page 268 ---
(234)
une nouvelle ardeur, c'était la pensée
pirer
immense dans l'insqu'il remplissait un vide
truction de la jeunesse. L'antiquité s'offrait
nombre d'ouvrages. A
éparse dans un grand
la voix de Rollin, elle s'est reproduite avec
ensemble imposant. Tandis que la jeuun
le charme des dénesse était captivée par
tails, lesjuges sles plus exercés ont été frappés
de Yordonnance; ils ont avoué
de la majesté
qu'il a su élever un édifice digne des magnimatériaux qu'il avait trouvés sous sa
fiques
la
main. Les événemens les plus importans,
législation des peuples, leurs moeurs, leurs
usages, leurs aris, leurs personnages remartout se présente à vous dans un
quables,
qu'enlevé
ordre si luminenx, si attachant,
vous ne vivez plus que
aux temps modernes,
dans T'antiquité.
Parmi tous ces peuples qu'il fait passer
devant vous 2 vous voyez bientôt grandir
étonnante
qui enfin soucette
république,
--- Page 269 ---
A V
(2 235 )
met tout à ses lois, et qui, dans ce domaine
de l'histoire 3 semble demander
une place
digne d'elle, > comme pour y régner encore.
Ce sera pour Rollin la matière d'un nouvel
ouvrage. Comme ces guerriers qui veulent
mourir en combattant, il le commence l'année même où il finit le premier; et le
blic reçoit en même temps les derniers pulumes de T'histoire
vOancienne, et le premier
de Thistoire romaine.
Je ne sais s'il n'était
pas plus propre que
beaucoup d'écrivains d'un ordre
à nous donner l'histoire de
supérieur
cette
et de toutes les autres. Un si république
petit nombre
d'hommes, > dans ce long débat entre les
partisans de la liberté et ceux du
savent se
pouvoir,
représenter les choses sous ce
jour heureux qui dispose à la tolérance et
mène àla vérité; je veux dire, savent
d'une part, des âmes ardentes
voir,
et fières,
qui peuvent embrasser la cause de la li-
'un ordre
à nous donner l'histoire de
supérieur
cette
et de toutes les autres. Un si république
petit nombre
d'hommes, > dans ce long débat entre les
partisans de la liberté et ceux du
savent se
pouvoir,
représenter les choses sous ce
jour heureux qui dispose à la tolérance et
mène àla vérité; je veux dire, savent
d'une part, des âmes ardentes
voir,
et fières,
qui peuvent embrasser la cause de la li- --- Page 270 ---
(a36)
berté comme celle de la vertu
l'autre, des âmes
mème; et de
modérées et
qui se retranchent dans
circonspectes
tes
ces idées
d'ordre, de stabilité,
imposancompatibles
qu'elles ne croient
qu'avec leur système d'autorité
absolue! Heureux les hommes
visagent ainsi ce
rares qui endiscussion
grand débat! Une telle
leur offrant de
de la noblesse dans
part et d'antre
constamment
les motifs, ils se disent
à eux-mémes
les plus honnètes
que les âmes
les rangs
peuvent se trouver dans
opposés; et dès-lors ils
au tourment de
échappent
de
halir, et méritent le rôle
juge, qui est celui de I'historien.
de Rollin était
L'àme.
hauteur.
naturellement placée à cette
Vous voyez qu'une monarchie
ternelle obtient avant tout
paet son amour. Mais il
son admiration
du
ne s'effarouchera
spectacle de cette
pas
il n'en fera
la
république romaine;
pas
satire sous
vous en douner
prétexte de
Thistoire, comme on a pu
à
a à --- Page 271 ---
(237 )
le reprocher de nos jours à cet écrivain;
qui, instrument trop docile d'un
;
bragenx, semblait
tyran omvouloir immoler, aux
pieds de son nouveau trone, cette
blique dont la grande
,
répuC'est
image le faisait pàlir.
ici qu'une opposition
faire ressortir la
frappante va
grandeur de cette àme modérée. Il s'est présenté parmi
hommes
nous de ces
impétueux qui semblaient devoir
être les martyrs de leurs
moment
opinions; et du
qu'ils se sont vus en présence de
ce despotisme, sorti tout armé du sein
d'une révolation, qui devait,
enfanter la liberté, ils ont Oli trabi disait-on,
par leur
silence, ou flétri par leurs écrits ces nêmes'
doctrines qu'ils avaient préconisées
transport. Peut-être même
avec
de maux
qu'après tant
accumulés, lorsqu'une multitude
en délire poursuivait cette chimère de ré
publique, ils ont embrassé ce système d'un
pouvoir absolu avec la même sincérité
qu'ils
d'une révolation, qui devait,
enfanter la liberté, ils ont Oli trabi disait-on,
par leur
silence, ou flétri par leurs écrits ces nêmes'
doctrines qu'ils avaient préconisées
transport. Peut-être même
avec
de maux
qu'après tant
accumulés, lorsqu'une multitude
en délire poursuivait cette chimère de ré
publique, ils ont embrassé ce système d'un
pouvoir absolu avec la même sincérité
qu'ils --- Page 272 ---
238 )
l'avaient combattu : âmes alors bien
heureuses! toujours esclaves
maldu
de
moment; qu'une
limpression
pita dans
première peur préciTanarchie, qu'une seconde
plongea dans la servitude;
peur
condamnés à éveiller
; éternellement
turbulence,
le despotisme par leur
9 ou à déshonorer
maine
l'espèce hupar leur faiblesse. Au milieu
fluctuations de ces hommes
des
qui,
T'expérience du
égaréspar
moment, ou entrainés
leur
par
inconstance, ou déterminés par les
tifs les plus vils,
mo2 combattent la liberté
comme une horreur 5 ou l'abandonnent
comme une mode, ou la sacrifient à
nouvelle idole, Rollin, dans
une
un calme majestueux, sait toujours sentir et déclarer
les
avantages qui en découlent. Il ne l'exalte
pas aveci un air menaçant, mais il la
Il semble avoir trouvé dans
respecte.
ce
son humanité
que tant de philosophes hautains
trouvé
n'ont
gue dans leor orgueil. Tous ces
sysa A 2
V --- Page 273 ---
A MA
(2 23g )
tèmes de gonvernement tempéré, où la loi
devient plus puissante que
Thomme, 2 se
présentent à lui dans un bel accord
la morale; et en même
avec
temps cette morale
est à ses yeux une émanation et de
ces
rapports naturels qui nous unissent, et de
ces autres rapports qui nous rappellent à
l'auteur de notre être. Or, ce dernier
de vue, s'il n'empêche
point
pas l'enthousiasme
pour les choses de la terre, en
les écarts. C'est ainsi
préviendra
que s'élevant
daus ses pensées, il
toujours
Va puiser jusqu'à la
source et le principe et la mesure de
amour pour cette liberté, à
son
d'autres
laquelle tant
sacrifient sans mcsure 7 secrifient
en aveugles, jusqu'au point de l'immoler
elle-mème. Coltivée
par T'honne qui
de si haut, l'histoire
voyait
ne pouvait porter que
d'heureux frnits. Tous ces sentimens
l'énergie républicaine
que
inspire > en passant
par cette âme religieuse et
pure, 3 se déga-
amour pour cette liberté, à
son
d'autres
laquelle tant
sacrifient sans mcsure 7 secrifient
en aveugles, jusqu'au point de l'immoler
elle-mème. Coltivée
par T'honne qui
de si haut, l'histoire
voyait
ne pouvait porter que
d'heureux frnits. Tous ces sentimens
l'énergie républicaine
que
inspire > en passant
par cette âme religieuse et
pure, 3 se déga- --- Page 274 ---
(2 240 )
geaient de cette rudesse qui
dre terribles dans
pouvait les renune monarchie,
ver à l'âme de
pour arriqui devait] les lajeunesse dans cette mesure
rendre salutaires. D'une si
école vous verrez sortir
belle
non-seulement des
litterateurs, mais des citoyens. Ce
dent Romain faisait
que l'arront
pour la patrie, ils le fepour le prince qui la représente.
A côté de ces imménses
soltent de Ses
avantages qui réhistoires, que deviennent les'
erreurs qu'on a pu lui reprocher ? Il s'est
trompe, peut-étré , sur quelques dates,
non sur les impressions
mais
s'attacher à
que T'historien doit
fallait
produire. Il a pu errér oùr il
quelques degrés de plus
mais non oùt il fallait du
d'érudition,
et ses erreurs
gout et de l'àme; ;
belles
entrainées dans le cours de ses
et simples compositions
historiques,
Paerostinocemimenty pour laisser lés coeurs
dominés par ces doucès émotions
posent à bien faire.
qui disà AA
impressions
mais
s'attacher à
que T'historien doit
fallait
produire. Il a pu errér oùr il
quelques degrés de plus
mais non oùt il fallait du
d'érudition,
et ses erreurs
gout et de l'àme; ;
belles
entrainées dans le cours de ses
et simples compositions
historiques,
Paerostinocemimenty pour laisser lés coeurs
dominés par ces doucès émotions
posent à bien faire.
qui disà AA --- Page 275 ---
a
(241 )
On a pu reprocher encore
un
d'originalité à son
manqne
ouvrage, de force à sa
pensée, et d'éclat à son style.
J'avoue qu'on
positions
woitéeggraveredanssese com- Réponse
françaises un défant qui se fait
aupremier
peu remarquer dans
nn reproche.
tines les plus belles. ses compositions lail aime
Se défiant trop de ses
forces,
à
écrivain. Mais
s'appuyer sur un grand
ne trotiverons-nous
plutôt la matière d'un
pas ici
che ? Dans
éloge que d'un
cet intervalle si
reprolaissait son grand
court que lui
but, quel est
àge pour atteindre à son
y arriver
Theureux génie qui aurait
en s'obstinant
pu
de la composition
toujours au travail
de servir
originale ? Plus empressé
que de briller, il a
en laissant parler
prouvé son zèle
tant de
sa place, et son
grands hommes à
chefs-d'auvre. goût dans l'emploi de leurs
J'avoue encore que,
il présente
lorsqu'il marche seul; Réponse
rarement ces
aux deux
combinaisons d'ane antres reproches.
--- Page 276 ---
(a42)
narration hardie, qui fait qu'une grande
d'événemens roulent à la fois et
multiplicité devant vous ; ces traits d'un
distinctement
pénétrant qui les annonce dans leurs
génie
ainsi dire, dans
causes et les dessine, , pour
leurs germes ; ces grandes idées qui, agissant
les
leur donnent la
long-temps sur
àmes,
et de
force de se soutenir par elles-mèmes
constamment toute cette scène des
dominer
de
empires. Descendant enfin aux procédés
reconnaitrai qu'abanla composition , je
donné à lui-même, il laisse regretter queldans les sujets brillans, cette parure
quefois,
d'expression, cette aisance, ce mouvement
distinguent sa phrase latine. Il semble
qui
la force de ses études, il a passé
que, par
dans une autre. Sa langue nad'une langue
et une
tale lui parait un peu étrangère,
étrangère parait sa langue natale.
langue
lorsqu'en
Voilà ce qu'on peut remarquer. 9
lisant ses histoires on a pris la résolution de
ter queldans les sujets brillans, cette parure
quefois,
d'expression, cette aisance, ce mouvement
distinguent sa phrase latine. Il semble
qui
la force de ses études, il a passé
que, par
dans une autre. Sa langue nad'une langue
et une
tale lui parait un peu étrangère,
étrangère parait sa langue natale.
langue
lorsqu'en
Voilà ce qu'on peut remarquer. 9
lisant ses histoires on a pris la résolution de --- Page 277 ---
w
(243)
les juger sous le rapport de la
style. Mais cette résolution
pensée et du
la fait souvent oublier.
mème , il vous
moins les
Comme il réunit au
distribation qualités essentielles, une nette
des détails, une juste
tion des résultats, une diction
appréciaclaire et pure, vous êtes bientôt généralement
d'un homme
dans le cas
variété
qui, attentif à une grande
d'objets, ne s'occupe pas de
mière qui la lui découvre.
la luque, , pour peu
J'irai jusqu'à dire
bilité,
que vous soyez doué de sensivous éprouvez de ces
vous pourriez craindre,
émotions où
d'être trompé
dans vOs jugemens s
sir
par votre plaisir, si ce plailui-méme ne devait
de vOs
pas être la mesure
jugemens. La divine
la vertu,
inspiration de
réparant ce qui
à la pensée et au style, pourrait manquer
ses pages les
embellit à VOS yeux
plus simples. Il est des
si
éerivains
éloquens, qu'ils paraissent vertueux
croire, du moins, est le besoin
(le
des belles --- Page 278 ---
(244)
àmes, comme c'est même le système de
ques bons esprits) (r); mais lui, il. quelest si
vertueux, que, 7 même sans art, il en devient
éloquent. Mille fois vous vous sentez attendri et meilleur ; et dans votre reconnaissance 7 en dépit de toutes les réclamations
des esprits fins, mais
froids, vous prononcez
au fond de votre coeur que c'est un
écrivain.
grand
Un reproche bien plus grave, à ses
que tous les précédens, lui a été fait yeux,
souvent
par ses amis et par lui-méme. Et
je ne sais
si, jusques dans ses efforts
mériter
pour ne pas le
, il ne nous fait pas sentir qu'il le
mérite encore , et si nous ne devons pas l'en
chérir davantage. Dans ce queje vais dire,
si je perds de vue l'écrivain
pour ne plus
(r) Pour étre éloquent, il faut surtout savoir exprimer de nobles sentimens, etpourles bien
il faut les éprouver; ce qui nous met sur la exprimer voie de
l'ancienne définition de l'orateur.
si, jusques dans ses efforts
mériter
pour ne pas le
, il ne nous fait pas sentir qu'il le
mérite encore , et si nous ne devons pas l'en
chérir davantage. Dans ce queje vais dire,
si je perds de vue l'écrivain
pour ne plus
(r) Pour étre éloquent, il faut surtout savoir exprimer de nobles sentimens, etpourles bien
il faut les éprouver; ce qui nous met sur la exprimer voie de
l'ancienne définition de l'orateur. --- Page 279 ---
(: 245 )
voir que Thomme, et si ensuite je
instant, mes regards
porte , un
sur cette religion
Tattirait tout entier à elle, je croirai qui
reproduit, par la succession même des avoir
de ce
idées
discours, comme une image des
rations de cette àme, qui, ennoblissant opétalent par son caractère et son
SOIL
la religion,
caractère par
, s'élève enfin à ces hauteurs où
elle se dérobe à nous,
pour ne nous laisser
plus voir que cette puissance
la garde de laquelle elle
auguste, sous
Lors" donc
a placé ses vertus.
qu'averti, pour ainsi dire, d'en
haut, il suspend son admiration
vertueux
pour les
personnages de l'antiquité, vous
voyez qu'il résiste à l'un de ses penchans les
plus doux. Vous diriez un homme
le supplice d'avoir à
qui subit
Il a beau
condamner ses amis.
nous déclarer que l'orgueil a inspiré leurs actions les plus belles, il
plutôt le croire que le sentir. Et l'on parait
dire de cette âme sinaturellement
peut
modeste, --- Page 280 ---
( 246 )
qu'il a fallu que l'orgueil de
fut révélé. Avec
l'homme lui
quelle fierté
(je suis forcé
cependant
des
d'emprunter ce mot au langage
passions pour exprimer une vertu où
n'entre aucune d'elles)
), avec quelle fierté
cependant il savait se relever,
T'honneur de ses
lorsque, pour
téprimer la
fonctions, il s'agissait de
vanité des petites âmes ; lorsqu'il s'agissait de leur faire sentir
toute la
diguité, 3 j'allais presque
jesté de cette
dire, toute la males
profession, qui, régnant sur
générations naissantes,
samment
3 influc si
sur l'avenir des
puistriomphe
peuples ! O jourde
modeste pour elle, que celui oùr le
des
plus
affaire
hommes, 2 faisant sa grande
d'une étiquette qui pouvait sembler
frivole, 9 resta vainqueur des
ce
prétentions de
personnage, qui, à force de
lever les
vouloir reprérogatives de son
blait avoir oublié
rang, semDe tels
l'esprit de son ministère !
procédés de la part d'une âme si
istriomphe
peuples ! O jourde
modeste pour elle, que celui oùr le
des
plus
affaire
hommes, 2 faisant sa grande
d'une étiquette qui pouvait sembler
frivole, 9 resta vainqueur des
ce
prétentions de
personnage, qui, à force de
lever les
vouloir reprérogatives de son
blait avoir oublié
rang, semDe tels
l'esprit de son ministère !
procédés de la part d'une âme si --- Page 281 ---
a
(247 )
pénétrée des sentimens
sont-ils pas une nouvelle évangéliques ; ne
de ce caractère,
preuve de la force
qui savait
ce qui est
concilier tout
grand, et une
à ceux
victorieuse réponse
qui nous présentent Thumilité
tienne comme funeste à
chréTharmonie
parce que le chrétien,
sociale,
leur semble
dépouillé de T'orgueil,
de
livré sans défense aux
l'orgueil
attaques
tion délicate d'autrui?Cest en effet une posique celle où
de combattre la vanité
T'homme est forcé
Mais la même
des autres et la sienne.
s'élever dans religion qui lui défend de
l'orgueil de ses
1e
donne de maintenir
pensées s lui oravec fermeté toute
portion de l'ordre social,
cette
sitaire et
dont il est le
; en lui montrant ainsi
dépopoints son devoir
sur tous les
lui trouver des toujours présent, elle sait
commun
motifs qui n'ont plus rien de
avec cet ordre social
Elle met l'éternité
lui-mème.
bien loin de
sous ses yeux;'e et
se sentir
alors,
trop faible dans ce --- Page 282 ---
(248 )
conflit de passions qui
bat, pour ainsi dire, T'entourent, il comvine. Ainsi, dans
avec une armure diThomme
cet admirable
du plus haut
systeme,
sans
rangs saura le défendre
orgueil, comme le vrai soldat
battre sans colère.
sait comRestons dans ce dernier
nous avons à finir le
point de vue, où
lui-méme;
portrait de
; et
l'homme
cette sorte de observons-le, non plus dans
magistrature
nous l'avons admiré
perpétuelle où
térieur de sa vie jusqu'ici; mais dans l'inavec la société privée, dans ses relations
Et
ou avec ses amis.
d'abord personne n'a
un plus magnifique
peut-être donné
maxime de lun de démenti à une sévère
nos vrais
puisqu'il a surtout
philosophes, 9
son fidèle serviteur paru grand aux yeux de
homme qu'il avait de quarante ans, > de cet
auprès des
chargé de le représenter
malheureux; ; de les
quelque sorte,
servir, 2 en
avantluimème; de consulter,
relations
Et
ou avec ses amis.
d'abord personne n'a
un plus magnifique
peut-être donné
maxime de lun de démenti à une sévère
nos vrais
puisqu'il a surtout
philosophes, 9
son fidèle serviteur paru grand aux yeux de
homme qu'il avait de quarante ans, > de cet
auprès des
chargé de le représenter
malheureux; ; de les
quelque sorte,
servir, 2 en
avantluimème; de consulter, --- Page 283 ---
(249)
dans des largesses sans cesse renaissantes
non pas sa fortune, mais leur misère.
Des invitations réitérées
à ses travaux; au milieu de Tarrachaient-elles toute la
joie d'un
repas, ce qu'on pouvait lui offrir de
agréable, c'était un enfant à
plus
encourager, à
interroger, à éclairer. Sil'on n'avait
ménager
point su
cetassisonnementà,
retirait avec une sorte de
sesplaisirs, il se
avoir
remords; il croyait
perdu sa journée. Et, quoiqu'il fàt habituellement livré à la retraite
ces momens où il
; même dans
réalisait, au milieu d'une
société, cette scène d'un
il était
professeur et de son
élève,
loin de ces formes
santes et sauvages, qui, chez un
repousbien plus sévère des
peuple, juge
manières que des
seront
mccurs,
toujours un si grand tort ;
dans l'homme d'un
puisque
grand savoir elles font
qu'on ne croit plus, en général,
tages du
aux avansavoir, et que dans l'homme du
plus grand talent elles font
qu'on ne croit --- Page 284 ---
(250)
plus en lui au talent même. L'aménité
gràce le
et Ia
distinguaient même
parmi ceux qui,
négligeant le fond pour les
lent
formes, ne veupoint un mérite plus substantiel
l'aménité et la gràce. Jamais
que
prit le
on ne lui surplus léger effort pour occuper la
mière place dans la conversation.
preIl est vrai
que dans la profonde vénération
éprouvait
que l'on
pour lui, tous s'étaient comme
rangés d'avance pour la lui céder.
Ce beau caractère qu'il
les
développait dans
sociétés, se retrouve bien dans son commerce épistolaire. Lisez les fragmens
cieux qui nous en
prérestent; vous verrez que
toujours une grave pensée T'occupe, mais
que toujours aussi il est attentifà suivre les
convenances les plus délicates.
trouve-t-il
Ainsi, se
en rapport avec ce grand poète
lyrique, en qui le caractère ne parait
avoir répondu au talent; il n'a rien de pas
à coeur que de rétablir cet
plus
accord, qui est
à
commerce épistolaire. Lisez les fragmens
cieux qui nous en
prérestent; vous verrez que
toujours une grave pensée T'occupe, mais
que toujours aussi il est attentifà suivre les
convenances les plus délicates.
trouve-t-il
Ainsi, se
en rapport avec ce grand poète
lyrique, en qui le caractère ne parait
avoir répondu au talent; il n'a rien de pas
à coeur que de rétablir cet
plus
accord, qui est
à --- Page 285 ---
(351)
pour lui une beauté tout
que tous les
autrement chère
chefs-d'eeuvre des
quel tempérament,
arts. Mais
il est
quelle réserve ! comme
d'avertir long-temps combattu entre le
et la crainte
besoin
quel bonheur
d'offenser! et avec
enfin,
nuantes paroles du
empruntant les insiil Ine laisse
plus éloquent des apôtres,
plus voir que la
qui lui commandent
religion etl'amitié,
de
De cette
frapper pour guérir!
celle
-
correspondanice
qui a été suivie
passez- vous à
1740, entre lui et le depuis 1757 jusqu'à
même caractère
grand Frédéric; ce
se reproduit
avec un redoublement
devant vous
vous voulez, le même d'intérêt; ; c'est, si
plus brillant. Vous portrait dans un cadre
le
doute de Tavantage
voyez touché sans
mais c'est
d'entretenir un prince $
voie
parce qu'il croit y découvrir
plus abrégée
une
Et tout se met ici pour servir les hommes.
l'écrivain
dans un beau
ne ressent de
rapport : ni
l'orgueil, parce qu'il --- Page 286 ---
(252 )
correspond avec un grand
grand
prince; ; ni ce
prince ne laisse
la fierté d'un
soupçonner nulle part
protecteur. Vous
part et d'autre le
remarquez de
devient
langage d'une amitié qui
toujours plus tendre; vous
enfin couler vos larmes
sentez
de Rosback,
; et c'est le vainquenr
qui, en s'adressant, comme ille dit
lui-mème, à son cher, à son vénérable
a,le premier, Tavantage
Rollin,
Rollin, arrivé
d'agir ainsi sur vous.
alors à près de quatre-vingts
ans, sentait
de
approchier sa mort. Vers la
sa réponse,
est
fin
qui
sa dernière lettre
ce prince, il lui parle d'une
à
voudrait
amitié qu'il
éternelle; et vous sentez
un effort sur lui-méme
qu'il fait
plus
pour ne rien dire de
que ces paroles, comme il en avait
un autre pour ne pas les dire
fait
que, l'oeil
plus tôt. C'est
toujours fixé sur une autre existence, il était effrayé plus
cette différence
que jamais de
devoir
de religion, qui semblait
le séparer pour toujours de son au-
, il lui parle d'une
à
voudrait
amitié qu'il
éternelle; et vous sentez
un effort sur lui-méme
qu'il fait
plus
pour ne rien dire de
que ces paroles, comme il en avait
un autre pour ne pas les dire
fait
que, l'oeil
plus tôt. C'est
toujours fixé sur une autre existence, il était effrayé plus
cette différence
que jamais de
devoir
de religion, qui semblait
le séparer pour toujours de son au- --- Page 287 ---
(353 )
gnste ami : et par cette dernière
son amour,
effusion de
que sa réserve rendait
plus tonchante, il aurait voulu
encore
barrière, en
anéantir cette
l'àme
opérant une révolution dans
royale à laquelle s'adressait
Ame divine (et
la sienne.
je ne fais ici
un nom qui te fut
que te donner
par celui (1)
décerné, dès ton enfance,
qui devait le mieux te
naitre), des marques d'une
condresse, voilà donc tes
plus vive tenderniers
inspirer ta croyance
moyens pour
voilà ton
aux autres hommes!
sentir
intolérance? Ainsi nous
que si cette
fais-tn
jours si chère, religion, qui te fut touçante contre mais qui se montre si menaceux qui n'y croient
pu faire
pas, avait
humanité naufrage en toi, c'est dans ton
seule qu'elle aurait
écueil.
trouvé son
Etje parle d'une victime de
Tintolérance!
(1) Hersan. --- Page 288 ---
(254)
et, ce qui redouble
mon supplice,
nonce encore ce mot, devenu le
je prode tant de furieux,
cri d'alarme
mêmes
qui se sont montrés euxles plus intolérans des hommes!
qu'il entre dans
Puisma tâche de vous
comme une double
tracer
histoire, de vous
senter, d'une part, I'homme
préles
qui mérite tous
témoignages de vénération,
tient même de
qui les obde
T'étranger et de la
ses
plupart
compatriotes; et de vous le
de l'autre, traité
présenter,
par le
son pays, seulement
gouvernement de
l'on
avec ces égards que
peut attendre d'un ennemi
je me hâterai du moins dans
généreux,
à dire de cette
ce qui me reste
doulourcuse partie de sa vie,
quej'aivoulu me déroberà moi-mème
çant ses grands
en platés,
ouvrages, 9 ses grandes
tous les
qualihommages des âmes
nous et ses
justes entre
chant
malheurs; je me hâterai, rechertoujours quelques vertus sur
nous puissions
lesquelles
reposer nos regards.
emi
je me hâterai du moins dans
généreux,
à dire de cette
ce qui me reste
doulourcuse partie de sa vie,
quej'aivoulu me déroberà moi-mème
çant ses grands
en platés,
ouvrages, 9 ses grandes
tous les
qualihommages des âmes
nous et ses
justes entre
chant
malheurs; je me hâterai, rechertoujours quelques vertus sur
nous puissions
lesquelles
reposer nos regards. --- Page 289 ---
(255 )
Dès l'année de son
Beauvais, arrive
départ du college de
parmi nous cet acte
queje ne veux pas nommer
fameux
la paix qu'il n'a
par respect pour
à la
pu rétablir, Rollin en
puissance suprème,
appelle
en. 1718. Devenu
avec TUniversité,
de cette
comme le ministre
Société dont il ne
public
ordre que sa conscience
reçoit pas un
d'avance, il
ne lui ait dicté
exprime dans une
éloquente les motifs de
déclaration
il le renouvelle
cet appel en
en 1720,
1719;
été nommé
époque où il avait
recteur,
cette grande cause;
principalement pour
le plus
; offrant ainsi le spectacle
homme frappant que puisse donner dans
le contraste de son
un
sa position. En
caractère et de
après la paix, effet, il soupire sans cesse
et, pour la concilier
principes qui lui semblent
avec des
est presque forcé de
inviolables, il
guerre ; il voudrait pousser des cris de
être confondu
foule, et il voit FUniversité
dans la
se ranger autour --- Page 290 ---
(256 )
de lui, comme une armée
à chaque instant
fidèle; il redouble
de résignation et d'humilité, et à chaque instant
double.
son ascendant reViolemment reporté dans sa
traite, il est poursuivi
remaine
jusques sur son dopar l'autorité courroueée,
vientluiinterdire
puisqu'elle
tout espoir d'une
dans cette assemblée
admission
qui
nore. Privé de cette
aujourd'hui l'hochère à Thumanité perspective encore plus
la vanité
des grandes âmes
des petites,
qu'à
choisie
puisque cette réunion
sera toujours, pour les écrivains
néreux, l'image de cette société
géunir tous, il n'en
qui doit les
de son
trouve pas moins au fond
coeur d'assez puissans motifs
se livrer aux plus grands
pour
de ces travaux
travaux. Au milieu
mêmes; dans le
qu'il leur a consacré;
sanctuaire
formelle de
malgré sa promesse
rester étranger à tous ces
que les passions humaines
excès
aux plus belles
méleront toujours
causes, il subit deux fois
'image de cette société
géunir tous, il n'en
qui doit les
de son
trouve pas moins au fond
coeur d'assez puissans motifs
se livrer aux plus grands
pour
de ces travaux
travaux. Au milieu
mêmes; dans le
qu'il leur a consacré;
sanctuaire
formelle de
malgré sa promesse
rester étranger à tous ces
que les passions humaines
excès
aux plus belles
méleront toujours
causes, il subit deux fois --- Page 291 ---
S
a
(257) )
l'outrage de ces visites que les criminels
devraient redouter. Ils s'en
seuls
et avec décence
plaint avec force
ordonnées,
au ministre qui les avait
qui, il est vrai, avait en même
temps commandé toutes ces
séance que le caractère
mesures de biende la victime
mandait avant lui. C'était
comce même
qui, dloigué
ministre,
par son naturel de toute
nie, devait ensuite lui donner
tyrande l'intérêt le
les marques
plus tendre, à
son avant-dernière
Poccasion de
maladie; devait
ser, au nom du Roi et au
s'em:presvoyer, de lui dédier,
sien, de lai ensi je puis le dire, un
exemplaire de cette belle
Romain,
édition de TOrateur
je
entreprise aux frais de PEtat. Mais
poursuis ma triste tàche. J'ai voulu
ment la rendre moins
seuleThumanité de
triste, en parlant de
celui qui se voyait
je ne dirai pas
condaniné,
parj je ne sais quelle
lorsque les fautes des
fatalité,
nifestes, mais
hommes sont si mapar le plus déplorable
sys17 --- Page 292 ---
(a18)
les
d'un persétème, à prendre apparences
Toujours forcé de se montrer au
cuteur.
dans PUniversité (sans parler
premier rang
comme lun des
de sa grande réputation), faculté des arts,
membres de la
principaux
de la tribu de Paris, dans la
comme doyen
à
nation de France, il s'oppose, en 1759,
révocation de T'appel. Exclu, dès-lors,
la
assemblées générales et
des
avec plusieurs,
Société, il fait conde cette
particulières
syndic Gibert, puni de
naitre au courageux
voudrait lui
résistance par T'exil, qu'il
sa
de ses sentimens
donner d'autres marques
eti il trouve
des discours et des larmes,
que
de ce collègue 9
dans la sublime réponse
dans le reste de sa conduite, un
ainsi que
du sien. Cet homme aucaractère digne
il offrait sa fortune
quel, dans ce moment,
avait
était celui qui, à d'autres époques 9
littéraires avec une
critiqué ses principes
rendue plus sensible encore par
amertume
à
'il
sa
de ses sentimens
donner d'autres marques
eti il trouve
des discours et des larmes,
que
de ce collègue 9
dans la sublime réponse
dans le reste de sa conduite, un
ainsi que
du sien. Cet homme aucaractère digne
il offrait sa fortune
quel, dans ce moment,
avait
était celui qui, à d'autres époques 9
littéraires avec une
critiqué ses principes
rendue plus sensible encore par
amertume
à --- Page 293 ---
A Vw
(: 259 )
l'aménité de la réponse. Mais il était
que les traits les
décidé
plus nobles des grands
caractères viendraient de toutes
parts embarraser, surcharger cet éloge.
orage, le dernierde
Après cet
sa vie, il poursuit, sans
distraction, son histoire
moment où
romaine, jusqu'au
T'ouvrage échappe à sa main
mourante. Il lègue alors ce grand
avec tous ses biens, au plus cher de travail,
ciples, à celui
ses disauquel il a payé avec
tout ce qu'il avait
usure
reçu d'Hersan. Mais une
part avait été faite d'avance
pour cet ancien
serviteur, élevé au premier
amis.
rang de ses
Dégagé enfiu de tous les soins de la
terre, , au milieu d'une assemblée
le front serein,
en larmes,
et, sije puisle dire,
d'avance d'un rayon de cette
frappé
qui fut l'attente et la
immortalité
consolation de
sa vie, comme un
toute
captif qui chante sa délivrance, il fait entendre
ces paroles dernières : (( C'est
aujourd'bui un jour de fête. )x --- Page 294 ---
(260 )
Ame divine! qu'il me soit encore permis
à toi dans ce moment, ou,
de m'adresser
arrivé sur ta tombe, je sens mes souffrances
tiennes. Si, au milieu des félifinir avecles
tu
doivent être enfin ton partage ,
cités qui
de la terre,
peux être sensible aux hommages
F'orateur qui viendrait te
sans doute que
consacrées aux
louer dans ces solemnités
de la jeunessse de cet empire, métriomphes
conforme
nageraità ton éloge un appareil plus
à tes voeux que toute la pompe académique
retentir le discours le plus digne de
oû doit
c'est te
toi. Te louer devant cette jeunesse,
; et te louer dans de tels
louer en famille
toi la joie de
jours, c'est renouveler pour
tu savais si bien partager
ces triomphes que
avec elle.
à mes
Mais moi-mème je serais coupable
manqué mon but , sije ne me
teux,Jaurais
le fruit salutaire de cette
hàtais de recueillir
disdernière et douloureuse partie de mon
M
oû doit
c'est te
toi. Te louer devant cette jeunesse,
; et te louer dans de tels
louer en famille
toi la joie de
jours, c'est renouveler pour
tu savais si bien partager
ces triomphes que
avec elle.
à mes
Mais moi-mème je serais coupable
manqué mon but , sije ne me
teux,Jaurais
le fruit salutaire de cette
hàtais de recueillir
disdernière et douloureuse partie de mon
M --- Page 295 ---
S $
(26r )
cours. En présence de cetteimage delhomme
vertueux, poursuivijusqu'asa tombe au nom
même de cette religion qui était
plir toute sa vie, embrassons
venue remtous ensemble
ce système de conciliation et d'amour,
le plus prévoyant des Rois, debont
que
ruines qu'il
sur des
répare, s'obstine à nous montrer à travers les nuages de nos
n'est-il pas alors le digne
passions. Eb!
interprète de cette
religion, qui foudroieavec tant d'éclat toutes
ces haines, que nous sommes convenus
peler haines de religion ?
d'apcomme si le langage de l'homme s'ctait mis d'accord
passions
avec ses
pour calomnier ce qu'il faut qu'on
adore, en présentant le remède
mal lui-méme.
comme le
Mais, ne serait-ce que
la France aura vu des honneurs d'asjounthuique
solennels
décermésàlan de ses bienfaitenrs, àlhomme
qui a tellement accompli tous les
tous les conseils de la morale, préceptes,
que le louer --- Page 296 ---
262 )
dignement c'est donnerdes gages à la vertu ?
Nos princes, qui savent si bien nous
der dans ce qui est honnête ct
précéraient-ils laissé
grand, se sedevancer par. l'Europe entière, sans se hàter de consacrers son
par lc leur 2
exemple
Non, non, depuis
si nous avions eu besoin d'être long-temps
plus beau
avertis, le
signal est parti d'en haut. Ce
Monarque, aussi malheureux
XVI,
que bon, Louis
acquittant la dette de son prédécesseur, 7 a voulu ( remarquez cette haute
pensée du prince ) qu'une statue fut clevée
à Rollin entre Bossuet et Turenne. Ah !
où puis-je mieux terminer
par
ce discours, comment puis-je mieux suppléer à sa faiblesse
que par ce tableau de la vertu sur le trône
couronnant la vertu dans un sujet ? Vous 3
diriez que l'infortuné Monarque,
pressentant
l'orage, avait voulu désarmer le ciel de ses
foudres, demander gràce pour la
cette image de Phomme de
terre, par
bien, élevée au
S a
à --- Page 297 ---
VU
1 263 )
milieu de la corruption
toujours croissante.
L'orage a grondé, et au milieu de
table nuit répandue
l'épouvanseul,
sur la France le crime
pendant long-temps, n'a
dans sa route.
point erré
succède,
Aujourd'hui que la sérénité
de
pour soulager nos âmes
tant de révolutions,
fatiguées
nouveau théâtre cette contemplons sur un
scène
terrompue sur la terre.
sublime, 2 inla plus vénérable
Voyons la victime
de nOS temps
qui a repris dans le ciel malheureux,
voyons-la sourire
sa couronne ;
encore à celui
honoré de ses
qu'elle a
et Jamentable hommages dans sa première
existence. Heureuse
blée
dans
l'assemqui,
son tribut de
mour, s'associe,
respect et d'ala France
ou plutôt associe avec elle
etle Monde à ce spectacle
devant lequel tous les discours
auguste,
doivent finir!
oyons la victime
de nOS temps
qui a repris dans le ciel malheureux,
voyons-la sourire
sa couronne ;
encore à celui
honoré de ses
qu'elle a
et Jamentable hommages dans sa première
existence. Heureuse
blée
dans
l'assemqui,
son tribut de
mour, s'associe,
respect et d'ala France
ou plutôt associe avec elle
etle Monde à ce spectacle
devant lequel tous les discours
auguste,
doivent finir! --- Page 298 ---
- 0 264 )
EXTRAITS
D'un Discours sur P'Iustruction, prononcé
enfrançais cans Pannée 1809, et en latin
dans Pannée IS1I.
(Voyez, sur ce discours,un article de M. Dussault,
dans le journal de PEmpire du 8 mai 18r1, et un
article de M. de Boufflers, dans le Mercure de 18r1.)
(PREMIER EXTRAIT.. J
Vono0Dgitabedeenbtiejeroe
l'enfance, dans la simplicité de T'apologue,
dans la gràce de l'idylle, dans les merveilles des fictions antiques ; qui, offrant
bientôt un plus noble caractère, nous étonne
par la majesté de l'épopée, fait retentir à nos
(1) La langue latine.
--- Page 299 ---
a
( 265) )
AsPIOITE ut in fabella (1) simplex, in
ritio carmine venusta, in veteribus pasto- circà
deos mandaciis
letior, 2 primim cam pucris
ludibunda videatur; ut mox audaciàs se attollens, heroici carminis majestatem
mat, eloquentice fulmina
exprijaculeier, gravis-
(*) Lingua latina. --- Page 300 ---
266 )
foudres de Téloquence, étale sous
oreilles les
de
les scènes les plus imposantes
nos yeux
sattrayante,etlorsqued dans
Thistoire;t toujours:
elle fait pasde ses périodes
la magnificence
étonnante des républiser devant nous la plus
et
et ses victoires,
ques, avec ses catastrophes
des évélonsquempruntant la teinte lugubre
décrit, elle nous représentele
nemens qu'elle
fixant le même peuple
sombre Despotisme la servitude et dans la
dans l'immobilité de
milieu de cette
stupeur de léponvante ; et au
qu'elle embrasse, , communivariété d'objets
que
à tout cette vie de Yexpression,
quant
ceux qui ne connaisne peuvent soupçonner
si
une telle langue, et que peuvent
sent pas
la connaissent;
rarement reproduire ceux qui
fait tout enbeautéinhérente à sa nature, qui
de notre gout etle supplice
semble le charme
de notre faiblesse.
si, par un déQue enous serions coupables
de talent
faut de choix dans les méthodes ou
A
au
qu'elle embrasse, , communivariété d'objets
que
à tout cette vie de Yexpression,
quant
ceux qui ne connaisne peuvent soupçonner
si
une telle langue, et que peuvent
sent pas
la connaissent;
rarement reproduire ceux qui
fait tout enbeautéinhérente à sa nature, qui
de notre gout etle supplice
semble le charme
de notre faiblesse.
si, par un déQue enous serions coupables
de talent
faut de choix dans les méthodes ou
A --- Page 301 ---
A
A
N
(267 )
simas historiae partes sustineat,
bilis, et cum, verborum
aeque miraubertate
primum ex imperiosis populis,
gaudens,
bus laborantem
aut factioniaut victoriis
exhibet, et cum praefactior
assurgentem
quid è tristitià
jàm, quasi alidam ellingit temporum trahens, horrenomnis illa tyrannidis faciem, s cujus impetu
virtus, , omnis ille
in gente ferocissima
animorum ardor
eam rerum varietatem conciderunt : dimque
tuà quadam ac
amplectitur, 9 perpesingulari virtnte
quam in hâc linguaram
pollens 7
critate, et ignarus
vulgarinm medionere vix
suspicari et peritus retiprià
possunt; ex quà virtute huic
atque inhaerente et legentis
proimitantis dolor
voluptas et
consequuntur.
Quantàm in juventutem
linguze tàm jucundee
peccaremus 2 si à
studio refugeret,
prop- --- Page 302 ---
268 )
dans l'exécution, nous présentions, sous un
poiut de vue effrayant, à la jeunesse, l'étude
d'unel langue qui doit être si attrayante pour
elle ! Dans une pareille étude, la mémoire
commence , la raison continue, Pimagination
finit. Que cette division soit celle de VOS tracomme elle le sera de cette partie de
vaux
mon discours.
L'enfance est d'abord plus capable de retenir des mots que de comprendre des règles.
Après T'avoir rfamiliarisée avec toutce système
des élémens variables du discours; ou même,
sans recourir à un
si elle est trop impaliente,
telpréliminaire, employez - pourelle cette mélui dévoithode simple et puissante (1) qui
lantle sens de chaque mot, l'ordre de chaque
phrase; qui rassemblant sous ses yeux toutes
dans des livres oùt elle
les ressources éparses
secours 2 révoitplutôt un épouvantail qu'un
(1) Traduction interlinéaire.
a a - --- Page 303 ---
à
(269)
ter quod in nobis, circà docendi
aut in eligendo judicium,
rationes, s
ingenium
aut in exequendo
desideraretur. Studium
memoria inchoat, ratio
hujusmodi
cit excogitandilabor. Ad prosequitur, lanc
perfifessor conatus, ut ego hanc regulam protem, accommodet.
orationis parIn pueri ingenium cadit magis verba
nere quàm prrecepta intelligere.
retites orationis mutabiles
Cim parcognitas
habuerit perceptas ac
2 aut etiam, si prima haec
rum impedimenta. avidins
studiopit, statim in mediam
prretervolare cuhàc scriptà
abripiatur linguam, ,
cujusque verbi interpretatione subnixus, 3 quae
sensum, cujusque verborum
comprehensionis ordinem
cuncta sub ejus manum
detegens, quae
in iis dissipata libris, congerens subsidia,
se deterreri quàm allevari quorum apparatu magis
in intelligendis
sentit, eum ferè, 7
auctoribns, ab investigandi
prretervolare cuhàc scriptà
abripiatur linguam, ,
cujusque verbi interpretatione subnixus, 3 quae
sensum, cujusque verborum
comprehensionis ordinem
cuncta sub ejus manum
detegens, quae
in iis dissipata libris, congerens subsidia,
se deterreri quàm allevari quorum apparatu magis
in intelligendis
sentit, eum ferè, 7
auctoribns, ab investigandi --- Page 304 ---
( 270 )
duit presque Tintelligence d'une
simple
langueà une
lecture, et pardes restitutions
oùt elle reproduit,
adroites
pour la clarté, les mots
supprimés pour
lecture
l'élégance, ne prolonge cette
que pour abrégerle travail. En même
tems, afin de remédier à cette
la mémoire
bizarrerie de
humaine, qui peut aller si
vent d'un terme à un autre
sousecond au
, sans revenir du
premier; ; qui peut, par
nous suggérer les
exemple,
expressions françaises correspondantes au latin, sans nous redonner
dans un autre moment les
expressions latines
correspondantes au français : cet
la traduction
ouvrage de
consommé, ramenez votre élève
par des transitions
ménagées dans un ordre
rétrograde, du français auquel il est
au latin d'oà il est
arrivé, >
parti; et alors par un effet
qui semblera
prodigieux, et qui
est naturel et se répète
cependant
langues
chaque jour dans les
vulgaires, vous le verrez,
sans aucune théorie,
presque
commençant. à parlerla
AA 1A A a --- Page 305 ---
1A
(27:)
molestià ad legendi facilitatem
verbaque ob concinnitatem
traducit ;
perspicuitatem
suppressa , ob
lectioni, tantûm reponens, de
3 quantum adjicit
labore
ut huic memoriae vitio
detrahit. Simul,
quemdam impulsa
medearis > quae in
test; qua, ut
cursum vix regredi poexemplum
verba respondentia
proferam, gallica
tassè latina
latinis, nec rursûm forrespondentia gallicis
poterit ; hàc interpretatione
subjicere
est, cûm puer à latino
perfectà, id
cum pervenerit, à
sermone ad gallidatim referatur
gallico ad latinum
: tunc, quod
gratra naturam,
videbitur connaturam
3 quod tamen et secundum
et secundum morem in
garibus existit, ferè omni
linguis vultus linguam latinam
doctrinà destituquam ex usu
inteligere, ex imitatione
inccepit
verô in iis proludiis
incipiet loqui. Ne
usûs disciplina.
consistas velim. Tarda
Nonne etiam
ingenio homines in suâmet prestantisimo
lingua barbari
, quod
gratra naturam,
videbitur connaturam
3 quod tamen et secundum
et secundum morem in
garibus existit, ferè omni
linguis vultus linguam latinam
doctrinà destituquam ex usu
inteligere, ex imitatione
inccepit
verô in iis proludiis
incipiet loqui. Ne
usûs disciplina.
consistas velim. Tarda
Nonne etiam
ingenio homines in suâmet prestantisimo
lingua barbari --- Page 306 ---
(272)
langue latine par imitation, de même
commencé à l'entendre
qu'il a
ne
par habitude. Mais,
vousarrêterpast à
seul laisse
cepremieressai. L'usage
trop long-temps flotter
Ne voyons-nous
l'esprit.
plus
pas même les hommes les
heurensement organisés, mourir
avoir pu pacleraveeparctéleurl
sans
qu'ils se sont bornésauseul
langue, parce
en écartant cette
usage ? D'ailleurs,
notion des principes
perdriez l'un des beaux
> vous
procurer l'étude d'une avantages que puisse
lopper
langue, celui de dével'esprit de l'enfant par des considérationsappropriées à sa faiblesse.
succès,
Que cep premier
obtenusans les règles, ne soit
une raison de les
donc pas
dédaigner;
un moyen d'y conduire.
qu'il soit plutôt
à un élève ainsi
Offrez-les ces règles
senteront
préparé, et elles ne se prémoire, plus comme un fardeau à sa méni comme une énigme à sa
mais comme la dernière
raison,
lumière qui viendra
dissiper tous les
nuages que le précédent exerA A
iblesse.
succès,
Que cep premier
obtenusans les règles, ne soit
une raison de les
donc pas
dédaigner;
un moyen d'y conduire.
qu'il soit plutôt
à un élève ainsi
Offrez-les ces règles
senteront
préparé, et elles ne se prémoire, plus comme un fardeau à sa méni comme une énigme à sa
mais comme la dernière
raison,
lumière qui viendra
dissiper tous les
nuages que le précédent exerA A --- Page 307 ---
à
(293)
saepé reperinntur, quod eam solo usu
gistro didicerunt ? Praetereà, hàc
niarum notione sublata,
praeceptoevanesceret, quod è pucherrimum illud
linguarum studio exsurgit, eae scilicet exercitationes,
puero judicandi prudentiam,
quae in
tionem
citrà ejus vexa9 acuunt ac corroborant.
hunc ergo successum, ad
Primuni
ceptorum adjumento
quem sine praepervenit, non is exitus
consequatur 7 ut praecepta ipsa respuat insolentius, sed ut illa arripiat celerius.
nis haec regularum series
Omrato olleratur,
discipulo sic paneque ejus memoriam
aut intelligentiam
obruet
affulgebit lumen, obcmcabit, sed ut novum
ingenio adhuc 9 quod caliginem puerili
offusam discutiet.
ergo in primos humanze
Intentus
natus 3 in prrecipua
intelligentice COlinguze latinge
menta ; in partes illas
fundaà gallicà recedit
difliciliores quibus
tandi
ac discrepat, suam
facultatem exploret,
cogiex ipsà oratione
--- Page 308 ---
(274)
devait nécessairement) laisser encore. Que
cice
suite
qui aient pour objets
dans une
d'aperçus
de l'entendeles opérations les plus simples
de la
ment, les principes les plus généraux
latine, considérée en elle-même, les
langue
cette mémelangue,
difficultés particulièresde
l'élève
considérée relativement: à la (rançaise ,
successivement à étudier son esprit,
apprenne
qu'il reçoit
dans les premiers développemens
des
le soumettre aveci rigueurà
parla parole;àl
invariables; ; à le plier avec souplesse
regles
multipliés
aux formes nouvelles, aux caprices
étrangère, Dans ce dernier trade la langue
sesidées
vail, , oir son objet est de transmettre
maternelle dansl'idiome ancien,
de la langue
la théorie Péclaire sur les
il ne suffit pas que
qu'une
en
1nawitihneonatees
penéveratte.ophilte,) rompant
pratique
aux directions que
quelque sorte son esprit
le
prescrit la règle pour éviter ces écueils, les
mene par une suite d'efforts,u point de
S
ce dernier trade la langue
sesidées
vail, , oir son objet est de transmettre
maternelle dansl'idiome ancien,
de la langue
la théorie Péclaire sur les
il ne suffit pas que
qu'une
en
1nawitihneonatees
penéveratte.ophilte,) rompant
pratique
aux directions que
quelque sorte son esprit
le
prescrit la règle pour éviter ces écueils, les
mene par une suite d'efforts,u point de
S --- Page 309 ---
V
(2;5)
vires ac penè initiz sumentem
omnem
; eam ad
applicet; preeceptoram rationem constanter
; ad varios lingure externae
rioresque lusus solerter inflectat.
libehoc labore, ubi animi
Ultimo in
nacul in alteram
sensus è linguà vercriptum itere
traducere conatur. , praeslonginquo videre
id ingrediatur, id sibi
parim est :
niat
usu pertinaci muoportet; ; per repetitos
tus assequatur ut sine conalibus deniqué conaper ergo ad maximas
vincat. Semhujus linguie diflicouepentenedunatem,
per sibi aut obstaculum
trahatur.Seminsidias declinandas
perrumpendum aut
sentiat.
ne intempestivam
Ipse professor
elegantian
ne eas reformidet locutiones, aucupetur ;
docentis laudem
, si non ad
insignes, 9 certè ad discentis
progressus necessarias. Id conetur
non ut ipse aliquid gallicé
imprimis,
ut discipulus aliquid latine concinnum , sed
periat. Cim dicendi
emendatum reveneres sic refugere --- Page 310 ---
(276)
efforts.
jel le voie donc sans
éviter sans
Que
cette langue
cesse en action pour subjuguer
oi elle est lc plus rebelle ; qu'à
dans les points
difficulté;
chiaque instant il heurte contre une
soit semée de piéges; que lej proque sa route
d'une fausse défesseur lui-même se préserve
pas de labizarlicatesse ; qu'il nes'effarouche faudra bien
rerie des phrases, auxquelles il
pour mieux exereerlélève.
quil se condamne
être ici de trouL'objet dumaitre ne peut pas
de
élégante en français, mais
ver une phrase
correcte en latin; et
faire trouver une phrase travail lil fait mosi dans cette partie de son
c'est
mentanément divorce avec les gràces,
où son élève
mieux hàter T'époque
pour
sacrifier avec lui-mème. Soumis
pourra leur
sévère, cet élève sortira
à une direction aussi
des
de la ponssière
réellement en triomphe
dans tout le
élémens, et n'aura pas à porter
fardeau de son
cours de ses études, le pénible
sont
comme tant d'autres, quine
ignorance,
S à
mentanément divorce avec les gràces,
où son élève
mieux hàter T'époque
pour
sacrifier avec lui-mème. Soumis
pourra leur
sévère, cet élève sortira
à une direction aussi
des
de la ponssière
réellement en triomphe
dans tout le
élémens, et n'aura pas à porter
fardeau de son
cours de ses études, le pénible
sont
comme tant d'autres, quine
ignorance,
S à --- Page 311 ---
-
(277 )
videtur, celerius alumnum ad
tandas instruit. Ex hàc tam acri eas consecprofectus puer prima obstacula disciplinà
perabit, nequè , suà ignorantià egregiè sutus, in toto studiorum
excruciadus
curriculo pudibunincedet, ut caeterum hoc
glorium, verè fugitivi,
vulgus intium ordines sibi
quos ultimi discenDenique lux
reposcunt ac vindicant.
cipulus, velut pulchrior exoritur. Adhuc dismachinatione
celeriter in linguam
quadam, est
Ejus leges, semet
externam immissus.
memorià
recolligens, agnovit; eam.
tereà ejus percursavit, judicio obtinnit. Iningenium fit et ad
uberius et ad judicandum excogilandum
illae demum dicendi
acutius. Omnes
obscurius perceptae, venustates, primum
quàm rejectis
9 ejus ante oculos, tanfervore, in hàc, involucris, enitescunt. In hoc
tià
ut ità dicam > adolesceningenii ad novas voluptates
Cave excogitandi
exsurgentis,
preegrave onus ci violen- --- Page 312 ---
(278)
que des fugitifs, que les classes inférieures
demandent. Enfin, un plus beau
resente. Jusqu'ici,
jour se préune méthode facile
sant à la mémoire de
s'adresT'enfant,1 l'a mis
ment en possession d'une
rapidelangue
grande partie de la
étrangère ; sa raison a vu cette
se ranger sous des lois. Par le double langue
d'un tel travail et du
effet
progrès des
soni imaginationsenrichit,
années,
lesbeautés
son gonts'éveille;
dustyle, plus clairement
plus vivement senties, viennent aperçues,
lui offrir des
jouissances nouvelles. Dans ce charme des
premières émotions, danscette sorte d'adolescence de l'esprit, n'allez
lemment
pas appliquér viovotre élèveau travail des
tions
composioriginales; ; vous l'épuiseriez dans d'infructueux efforts.
Non, qu'il ne produise
point encore, qu'iljouisse plutôt des
tions d'antrui;
producque son seul travail soit de rendre dans l'une des langues, les iddes
qu'il conçoit, qn'il admire dans qu'ilsent,
l'autre. Que
- A
V V
'adolescence de l'esprit, n'allez
lemment
pas appliquér viovotre élèveau travail des
tions
composioriginales; ; vous l'épuiseriez dans d'infructueux efforts.
Non, qu'il ne produise
point encore, qu'iljouisse plutôt des
tions d'antrui;
producque son seul travail soit de rendre dans l'une des langues, les iddes
qu'il conçoit, qn'il admire dans qu'ilsent,
l'autre. Que
- A
V V --- Page 313 ---
à - -
(279) )
ter imponas. Omnis ille juvenilis
conatus irritos
arder in
ad inveniendum evanesceret. Ne adhuc sese
inventis fruatur. accingat; aliorum potius
in unà
Solus ei sit ille
lingua sentit,
laborque
in alteram traducere. concipit, miratur, 3
mis
Ne in hoc ipso pritemporibus elaboret, nisi
est ut se ipse excutiat
quantàm sat
locutio illa
atque erigat. Tanc
expetita, 9 animo velut sitiente
combibatur. Sic se res habet.
perculit, in suo auctore, sententize Discipulun
fulgor. Eam in alteram
alicujus
tere cupit,
linguam transmitab alio
,constur.Siprostremos nequitipse,
transmissam videt. Nonne
tali exercitatione
autem in
conspirant
requiri possunt ad usum
omnia, qum
celeriter
lingnae cujuslibet
comparandum? --- Page 314 ---
(2 280 )
cetexercice même 2 dans les
ne se prolonge qu'autant commencemens,
qu'il faut pour secouer , pour réveiller l'esprit;
qu'alors l'expression cherchée paraisse. Vous le
l'élève est ici préoccupé
voyez :
fournie
d'une belle pensée
par son auteur ; il éprouve le besoin.
de T'expression ; il la
cherche, et s'il ne la
peut trouver lui-méme, elle est trouvée
lui. Or, un tel
pour
les
procédé ne réunit-il pas. toutes
conditions nécessaires
pour accélérer nos
progrèsdansl lel
belusaged'unel langue ?
Ala première partie de ce système d'enseignement, on oppose une objection
est
plus beau
qui son
triomphe. Elle ne laisse point faire,
dit-on, assez d'etforts pour
la langue
Tintelligence de
ancienne ; et l'on veut voir
tout résultat une
pour
augmentation non de succès, mais de paresse.
Ilest utile sans donte
efforts
que T'esprit fasse des
pour la solution d'un problème dans
les sciences; pour la pensée et
pour l'expres-
-
V A
?
Ala première partie de ce système d'enseignement, on oppose une objection
est
plus beau
qui son
triomphe. Elle ne laisse point faire,
dit-on, assez d'etforts pour
la langue
Tintelligence de
ancienne ; et l'on veut voir
tout résultat une
pour
augmentation non de succès, mais de paresse.
Ilest utile sans donte
efforts
que T'esprit fasse des
pour la solution d'un problème dans
les sciences; pour la pensée et
pour l'expres-
-
V A --- Page 315 ---
A
(28r)
Haec docendi ratio in hàc ipsà parte impugnatur, quà praecipuè triumphat. Ad-intelligentiam linguze veteris, itinere, inquiunt, nimis libero perducit. Neque indè
studiis sed socordiae lucrum fieri
putant.
Prodest equidem ingenio, ut in scientiis
verum, in componendà oratione rem et
verba, in auctore interpretando verba, cûm --- Page 316 ---
282 )
sion dans la composition d'un discours; pour
Texpression, lorsqu'il possède la pensée, dans
l'interprétation d'un auteur : parce que ces
deux facultés de notre âme, la raison etlimagination,s'exercent: alors sur des objets dignes
d'elles, et que T'esprit comme le corps doit se
fortifier
des exercices appropriés à sa napar
ture. Tel est même le beau résultat de ces
efforts de T'esprit dans les compositions littéde l'art d'éraires, que ce perfectionnement
de la
crire, qui, jusqu'a une certaine époque
est l'effet combiné du travail et de Tage,
vie,
écrivains lafinit par être, dans quelques
borieux, le triomphe du travail sur T'àge.
Bien au-delà de CC terme heureux où l'imagination doit avoir natureilement le plus de
flamme, on les voits'élever à des beautésinattendues, et jeter leur plus grande lumière au
moment même oùt ils vont s'éteindre. Buffon,
sur le bord du tombeau', faisant entendre
du
semble en imiter la voix
T'cloge
cygne,
s --- Page 317 ---
(2 283 )
rem tenet, assequi conetur :
illoe animi facultates,
quià enim duze
tio et vis excogitandi, judicandi scilicet T'aexcellentize
tunc in opus hominis
adaequatum incumibunt,
niumque, ut
ingenaturae
corpus, 9 per exercitationes suse
accommodatas corroborari
etiam pulcherrimum
debet. Id
pariunt, ut illa scribendi lucubrationes assiduce
vitze temporibus,
ars, 3 quee, primis
laboris
conspirante provehitur, veluti annorumque cursu
tibus annis atque
demim reflanimpulsu, ad
adversantibus, solo laboris
Imiraculainperatsy
apud Buffonem nostrum, illud procedat.Sie,
men in flammam
ingenii lusurum, exardescit, grandiorem, jàmjam occacycued
cim cycni laudes, velut
voce, concelebrat.
tium est in linguà
Operze ergo preintelligenda elaborare. loquenda, non verô in
cipulus in
Etenim, dum sic disverborum quodque verbum, in qiamque
gitur;
comprehensionem misere impinplerimque cjus mens tenebris circum-
ud procedat.Sie,
men in flammam
ingenii lusurum, exardescit, grandiorem, jàmjam occacycued
cim cycni laudes, velut
voce, concelebrat.
tium est in linguà
Operze ergo preintelligenda elaborare. loquenda, non verô in
cipulus in
Etenim, dum sic disverborum quodque verbum, in qiamque
gitur;
comprehensionem misere impinplerimque cjus mens tenebris circum- --- Page 318 ---
(2 284)
mourante. J'avouerai donc que les efforts
sont utiles à l'esprit, lorsqu'il
s'agit de bien
parler une langue. Mais ils ne le sont pas, lorsqu'ils'agit de l'entendre. Et en effet, dans la
plus grande partie de ce temps énorme où
l'élève est condamnéà chercher le
mot, à chercher le
sens d'un
sens d'une phrase, vous
déconcertez sa raison au milieu des ténèbres
où vous voulez qu'elle se traine; vous
mez les jeunes saillies de son
répriimagination;
vousn'offrez: à sa mémoire aucun aliment dont
elle puisse s'empareravec: : avidité: c'est-à-dire,
que vous le retenez dans un état
violent, où
ses facultéssont plutôtenchainées
Il parvient, je le veux, à entendre qu'exercées.
quelques
phrases; mais au moyen de la méthode
sée,ilaurait obtenu deux
propoavantages, dontl'un
entrainel'antre : celuide voir plus de phrases,
celui de pouvoir plus facilement entendre les
phrases qu'il n'aurait pas vues. Pour
ici tous les doutes, et en même
dissiper
temps pour
-
a - --- Page 319 ---
A
(-285)
fusa stupet; ; amabilis ille ardor
niliter exsultantis
animi juveoccurrit,
extinguitur; nihil memorice
quod apprehendere aut
velit : adeÔ ut, in illà
possit aut
ingenii
grande puerilis aevi spatium,
servitate,
nullo exitu,
summo labore,
transigatur. Aliquot,
sus eruit. Proposità
volo, senobtinuisset,
vero ductus viâ, duo
quorum alterum ex altero consequitur; nempè ut in lingud veteri
tiaretur latius et in
spainvadere
partes adhuc intactas
posset facilins. Ut omnem dubitationem
eximam, simul ut nostrae illios
cendi rationis
dopreestantia penitus
hoc primàm
innotescat;
peto: : cur hic
turus annis, excultus
professor madoctrinà, in iisdem
perszepè auctorum locis inhareat
Romae nullà doctrinà
quos olim
labore evadebant.
adolescentes, - 2 nullo
Usus ei nimiram deest,
nempè non sat multos in lingua
locos attigit. Hoc iterum
externà
fessor in latine
peto : cur hic proscribendo
emendatus, non
at;
peto: : cur hic
turus annis, excultus
professor madoctrinà, in iisdem
perszepè auctorum locis inhareat
Romae nullà doctrinà
quos olim
labore evadebant.
adolescentes, - 2 nullo
Usus ei nimiram deest,
nempè non sat multos in lingua
locos attigit. Hoc iterum
externà
fessor in latine
peto : cur hic proscribendo
emendatus, non --- Page 320 ---
de 0e 286) )
faire ressortir toute la
supériorité de notre
systéme, je demande d'abord,
professeur dans toute la
pourquoi ce
prit, dans tonte la
maturité de son eslumière de ses
ne peut souvent saisir le
principes,
phrases,
sens de ces mémes
que dans l'ancienne Romed
gens sans théorie entendaient desjennes
C'est que l'usage lui
sans effort.
manque 2
qu'il ne s'est poiut familiarisé c'est-à-dire,
grand nombre de
avec un assez
phrases. Je,
en outre,
demande en
pourquoi ce même
écrit la Jangue latine
professeur qui
la
avec pureté, ne pent
parler avec aisance ; tandis
quila parlait tavec
que ce Romain
aisance, ne pouvait
avec pureté? C'est
l'écrire
que P'usage
core à l'un, tandis
manque enque les principes manquaient à l'autre. Or, la méthode
combattue,
triomphant sur tous ces
au complet
points, nous mène
usage de la langue
avec une
ancienne,
promptitude et une régularité qui
surpassent les avantages de la conversation
à a - --- Page 321 ---
V A
(287 )
sit idem in loquendo
manus in
facilis; dûm hic Robendo
loquendo facilis non esset in scriemendatus. Alteri usus
dum alteri deesset
iterim deest,
doctrina.
plina, quam explosam
Atqui disciusum linguce
volunt, ità nos ad
veteris perducit, ut
monem quotidianum
ipsum seringressu
celeri simul et firmo
praecurrat, quandoquidem
sustentati, citrà
ejus ope
omnem
sum ex oratione
errorem, 2 et senelicimus et
sensu reficimus; ;
orationem ex
sciis tanta
atque unà, dum nobis inobstacula tantillo
cunt, praecepta ediscendi tempore evanesimminuit, tàm
cim necessitatem
facilitatem auget,
inquam, quae demum
precepta
tione libat,
discipulus velut racendi
usu combibit. In hàc ergo dovià, et stndiorum
facilitas cum
celeritas et usûs
junguntar. preceptorum severitate con-
em ex
sciis tanta
atque unà, dum nobis inobstacula tantillo
cunt, praecepta ediscendi tempore evanesimminuit, tàm
cim necessitatem
facilitatem auget,
inquam, quae demum
precepta
tione libat,
discipulus velut racendi
usu combibit. In hàc ergo dovià, et stndiorum
facilitas cum
celeritas et usûs
junguntar. preceptorum severitate con- --- Page 322 ---
(2 288 )
elle-meme, puisqn'elle en fait évanouir
toutes les incertitudes dans
elle nous
ce procédé où
à
apprend tour-à-tour à entendre et
reproduire chaque phrase et
semble,
;
tout . enpar. cette marche rapide, où de si
graudes difficultés sont emportées à l'insu
de l'élève, elle lui rend
mêmes
plus faciles ces
principes qu'elle lui a rendus moins
nécessaires ; ces mêmes principes
lui
sont enfin dévoilés
la
qui
par théorie, inculqués
par la pratique. Cette méthode concilie
et la rapidité de
donc,
l'étude, et l'aisance de l'usage, et la pureté des principes.
Lorsque, pénétré des avantages d'un tel
système, je vois ces professeurs
nous apprendre une
qui, pour
ainsi dire,
langue, nous font, pour
acheter le sens de chaque
lintelligence de chaque
mot,
forts
phrase, par des efplus ou moins prolongés,
m'empécher de les
je ne puis
comparer à des hommes
qui, voulant nous faire connaître
une grande
A
4 A à A
de l'usage, et la pureté des principes.
Lorsque, pénétré des avantages d'un tel
système, je vois ces professeurs
nous apprendre une
qui, pour
ainsi dire,
langue, nous font, pour
acheter le sens de chaque
lintelligence de chaque
mot,
forts
phrase, par des efplus ou moins prolongés,
m'empécher de les
je ne puis
comparer à des hommes
qui, voulant nous faire connaître
une grande
A
4 A à A --- Page 323 ---
$
(2 289) )
Cum, his utilitatibus
horum mihi in mentem apprimé cognitis 5
qui in linguarum
venit profesorum,
singula offusam ab studio caliginem circà
lunt, non
ipso discipulo discuti vominibus, possum quin eos comparem hos qui magnam rerum
nobis commonstrare
varietatem
oculos velum
cupientes, nostros ante
obstinate reponerent, quod
--- Page 324 ---
290 )
s'obstineraient à replacer
variété d'objets, >
sans cesse devant nos yeux un bandeau qu'il
faudrait soulever avec de longs efforts,
nous
pour voir chaque objet nouveau.
On me dira que celui qui aura si facileoubliera de même. Je réponds
ment appris,
d'abord, que notre méthode n'exclut point
lectures réitérées et réfléchies de tout
des
sorte
l'élève,
ce qu'on a pu voir; en
que
la direction convenable à
donnant toujours
à
son esprit, se trouve n'avoir précisément
faire que les efforts nécessaires pour retenir,
tandis que Ja victime de l'autre système en
fait si souvent d'infructueux pour apprendre.
Je réponds en second lieu, que ces lectures
réitérées elles-mêmes, qui peuvent être conêtre
seillées comme uliles, ne doivent pas
nécessaires. Il n'en est point
prescrites comme
science. L'homme
d'une langue comme d'une
un enchainement rigouqui veut parcourir
: est soureux de propositions géométriques,
--- Page 325 ---
a
: 291 j
longis esset conatibus
removendum, ut rem
quamque novam adspicere possemus.
At enim, qui tàm facile didicerit,
facilitate obliviscetur,
eàdem
obstat,
inquiunt. Primo, nihil
quin discipulus ad eadem crebro revolvatur, adeo ut nunquàm sit ei
dus labor, nisi ad recordandum snscipiendum in veteri illà ac horridà necessarius;
sepè suscipiendus
disciplina, tàm
esset ad discendum
tus. Secundo, ipsam hanc
irrivestigia
curam praecipere tanquàm utilem repetendi
non tanquàm necessariam
potes s
enim scientizeque
debes. Linguee
diversze
rationes valde sunt inter se
atque sejunctae. Qui in geometrià
progredi vult, perscepe regrediatur
est, ut jàm illustratre partes ei
necesse
cem ad novas illustrandas, tanquàm falingua vero
praeferant. In
grediens, perdiscenda, qui semper provetera sibi ex animo effluere
sen-
endi
non tanquàm necessariam
potes s
enim scientizeque
debes. Linguee
diversze
rationes valde sunt inter se
atque sejunctae. Qui in geometrià
progredi vult, perscepe regrediatur
est, ut jàm illustratre partes ei
necesse
cem ad novas illustrandas, tanquàm falingua vero
praeferant. In
grediens, perdiscenda, qui semper provetera sibi ex animo effluere
sen- --- Page 326 ---
292 )
forcé de revenir sur ses pas, pour puivent
principes cette lumière
ser dans les premiers
nouveaux.
doitléclairer sur des principes
qui
dans létude d'une langue, que celui
Mais,
toujours se trouve oublier sucqui avançant
cessivement les pages qu'il a successivement
celui-là continue d'avancer
apprises; que mêmes mots, les mêmes tourencore, et les
devant lui, à force de
nures se reproduisant
il finira par rapvoir des pages nouvelles, les relire. Mais
prendre les anciennes sans
hâte de déclarer, que ce dernier proje me
lui-même au système des
cédé, inférieur en
outre
réitérées, n'est pas en
applilectures
où il faut que le procable à nos écoles,
chaque jour, et le public chaque
fesseur
aisément connaitre les proannée, puissent
grès des élèves.
rassembler sous un scul
Ainsi, pour tout
facile travail dans
point de vue, rapide et
delune
conduit
lequel lélève est tour-à-tour
- --- Page 327 ---
V a
V A - à
(2 293 )
tit, dum nova afluunt, ille tamen
progredi
perseveret, et iisdem verbis, iisdem
borum constructionibus,
veriteràm
ejus ante oculos 3
atque iterim
mum
recurrentibus, id deassequetur 3 ut nova
vetera reparet. Cito tamen comparando,
dixerim hunc
procedendi modum, praeterquàm
bus
lectionirepetitis est minimè
conferendus, aliquantulàm à nostris scholis
quoque die professor
abhorrere, ubi
discipulorum
, quoque anno civitas
progressus cognoscant oportet.
Sic, ut omnia simul animo
velox facilisque
subjiciam,
cursus in quo
ex unâ linguà ad alteram
discipulus
vicissim ducitur --- Page 328 ---
(29f)
des langues à l'autre; étude des
ce premier travail
regles dont
a dà lui faire sentir
besoin et entrevoir l'idée
le
à
; exercices analogues ces règles, dans lesquels il
objet la correction; exercices
a pour
d'un ordre
relevé, dans lesquels il a
plus
gance; voilà le fond
pour objet l'éléd'un système qui
prime tous les efforts inutiles,
suptous les efforts nécessaires.
qui dirige
Quel sera donc, me dira-t-on, le rôle du
professeur? A Dieu ne plaise
lui épargner
que je prétende
ces explications verbales,
par les convenances du
qui
des
ton, s par la variété
tournures, par ces observations diversifiées suivant la nature des
ces accessoires enfin
esprits, par tous
qui ne sauraient s'écrire,
disposent
d'abordl'enfance: à mieux entendre
la langue sévère de linterprétation
dispensent même dans la
écrite, la
suite
et tout ensemble font
d'yrecourir,
tant de beautés
ressortir à ses yeux
qui, malgré toutes les resA a
à
des
ton, s par la variété
tournures, par ces observations diversifiées suivant la nature des
ces accessoires enfin
esprits, par tous
qui ne sauraient s'écrire,
disposent
d'abordl'enfance: à mieux entendre
la langue sévère de linterprétation
dispensent même dans la
écrite, la
suite
et tout ensemble font
d'yrecourir,
tant de beautés
ressortir à ses yeux
qui, malgré toutes les resA a
à --- Page 329 ---
A
(295)
praecepta ediscendi labor, 3
niculum
quorum et admidesiderare et rationem
potuit; exercitationes
introspicere
rum severitatem,
primô ad przeceplogantiam
dein ad sermonis eleaccommodatas : en summa totius
discipline, quae conatus cum inutiles
primit, tum necessarios
supregit.
Quzenam igitur professori sunt
partes ? Absit à me ut illas peragendie
tollam, quae vivà voce
explanationes
ignorat, multa nos
proferuntur ! Quis
scribendo
loquendo
non possemus ! Detur eflicere, quae
fessor in verbis efferendis
mihi procopiosus, necnon et in sonans, 2 variandis
sagax, pertractandis
ingeniis odorandis
est, quin
solers: nemini dubium
adolescentes; illius
bus informati,
ptielectioniscripte
monum subhorridum interpretationis sercilits, dein omittant primo intelligant fafunditàs; et simul tot --- Page 330 ---
(: 296 )
sources de cette interprétation
raient perdues
même, sepour elle! pratique heureuse,
qui dépouillant les leçons
cette
élémentaires de
aridité, leur plus terrible
souvent d'un élève
fléau, fait
charmé
indocile un auditeur
et le ramène à ses devoirs
plaisir. A cet exercice s'en
par le
ment un autre.
joint naturelleQue cet élève, légèrement
familiarisé avec les auteurs anciens,
sous VOS yenx de traduire dans
essaie
leur
quelques pages qu'il admire dans la langue
et ici faites-vous un art de le suivre sienne;
précéder
et de le
tour-à-tour; de vous
lui dans les routes mêmes
engager avec
où il s'égarc,
mieux lai faire sentir son
pour
placer ensuite
erreur, et de le
dans des routes nouvelles.
Qu'il se voie successivement:
abandonné.
soutenu, porté,
Que ce mot propre dont le
besoin le tourmente,
3 lui soit tantôt insinué
par des gradations
légères, tantôt
avec un éclat imprévu. Mais
présenté
surtout dans
à
a
our; de vous
lui dans les routes mêmes
engager avec
où il s'égarc,
mieux lai faire sentir son
pour
placer ensuite
erreur, et de le
dans des routes nouvelles.
Qu'il se voie successivement:
abandonné.
soutenu, porté,
Que ce mot propre dont le
besoin le tourmente,
3 lui soit tantôt insinué
par des gradations
légères, tantôt
avec un éclat imprévu. Mais
présenté
surtout dans
à
a --- Page 331 ---
( 297 )
venustates vividius sentiant,
ejusdem
quae in ipso
interpretationis lumine delitescerent. Maneat igitur illa consuetudo,
quidquid in studiis durum
quae,
lioribus initiis
occurrit, molprretexens, quae velut officio
lenocinans, persrepè discipulum è
cià, è fastidio in
contumationem
alacritatem, 3 in admiratraducit. Huic exercitationi
facile accedit. Veterum
altera
in eam transmittere lingnà tinctus puer
ex tempore conetur
quae admiratur in suà. Hic vero ea
ratio oplima, si non
ducendi
cissim
semper duxeris. Vieum aberrantem
admonitum
sequere s erroris
deseri
retrahe. Se allevari, ferri
sentiat. Hoc verbum unice
niens, in quo investigando
convein animum leniter
insudat, ei nunc
gore
illabatur 3 nunc cum falimprovico irrumpat. Si verô
ut flammula hzec ingenii
accidit
paulaulàm
ne fastidio abalienatus
deflagret,
excute, concita.
indermiscat, te ipsum
Tunc ille est verborum CO- --- Page 332 ---
(299) )
ces momens où son imagination
pour prévenir un dégoût fatal, languit;
toutes les
développez
ressources de la vôtre. C'est alors
qu'il faut le ranimer, l'étonner
mulation des plus brillantes
par l'accublouir au milieu des trésors tournures, l'éde cette
que dans son
langue,
impuissance il accusait
être de stérilité.
peutVoilà,
insister sur mille autres
dirais-je, sans
objets plus élémentaires, voilà la part qui reste au
deux exercices du
professeur :
plus grand éclat, que
linterprétation écrite ne saurait
puisqu'elle reçoit des facilités
exclure,
qu'elle en donne à
de l'un, et
l'autre.
(DEUXIÈNE EXTRAIT.)
Aux Mères qui se hitent de
produire leurs
Enfans dans le monde.
MÈRES
impatientes et tendres, laissez
croitre cette jeunesse loin des séductions
d'un monde qui devrait être si
long-temps
- à
a A - --- Page 333 ---
S N
(299 )
commovendus. Tunc eampià; splendore
cui fortassè, sibi parcens,
dem hanclinguam,
stuirascehatur, omni suo cultu refulgentem
Ut alia innumera petermittam, quae
peat.
accedunt, illae, illae, 2
ad elementa propiàs
duae
restant partes 9
inquam 7 professori splendilissimae, quiequidem exercitationes
buscum scripta interpretatio mirè couspirat,
alteram adjuvet, et adjuvequandôquidem
tur alterà.
nimiùm ac male seduMATRES properae
hàc hominum
lae, hanc juventutem procàl
illecebris crescere
celebritate voluptatumque
cedunt, illae, illae, 2
ad elementa propiàs
duae
restant partes 9
inquam 7 professori splendilissimae, quiequidem exercitationes
buscum scripta interpretatio mirè couspirat,
alteram adjuvet, et adjuvequandôquidem
tur alterà.
nimiùm ac male seduMATRES properae
hàc hominum
lae, hanc juventutem procàl
illecebris crescere
celebritate voluptatumque --- Page 334 ---
I 300 )
pour elle un pays inconnu.
doux de l'embrasser
Qu'il vous sera
au milieu de ses couronnes 2 parée de sa science
belle, et de son innocence
toujours si
Elle
plus belle encore!
aura joui des vrais plaisirs de
Elle aura accompli
son àge.
ses travaux, dans cette
période de la vie où le temps donné
bien loin d'être
à létude,
un larcin fait au
est. le plus beau
bonheur,
moyen d'y atteindre.
Voyez ces êtres
êtes plus
délicats, que vous vous
empressées de caresser que d'instruire, ces idoles, ou plutôt ces victimes
d'une aveugle tendresse. Dans leurs
précoces, séduits
plaisirs
par un vain éclat, ils ont,
pour ainsi dire, cueilli d'avance la
de la vie. Ils ont détruit
fleur
tout leur bonheur.
dans son germe
être
Ils seront condamnés à
toujours frivoles; avec cette différence,
que cette légéreté même
une grace
, qui pouvait être
pour leur première jeunesse, deviendra le ridicule de leur maturité.
A a a A 1a AA a A à w --- Page 335 ---
s
(301) )
patimini. Quàm vobis jucundum
illibatam
studiorum decursu ovantem
erit eam in
doctrinà, venustiûs
complecti, tàm venustè Veras suae aetatis vosapientia comptam !
munia
perceperit. Sua impleverit
luptates
labori concetunc temporis, cûm quidquid
felicitati perisse, sed profuisse
ditur, non
splendidiàs dixerim.
adumbraHos videte vix prae se hominis
magis
tionem ferentes, qui inter blanditias
doctrinas innutriti, nimià parenquàm inter
difluxerunt. Dum, laeto fultumi indulgentià
avidius captant, omgore delusi, voluptates velut in flore preecerpta,
nis eorum felicitas,
perpetua levievannit. In vità infructuosà,
levitas,
dabunt. Sed haec ipsa
tate poenas
poterat adolescentuquae lepore quodam dedecorabit virum.
lum commodare,
qui inter blanditias
doctrinas innutriti, nimià parenquàm inter
difluxerunt. Dum, laeto fultumi indulgentià
avidius captant, omgore delusi, voluptates velut in flore preecerpta,
nis eorum felicitas,
perpetua levievannit. In vità infructuosà,
levitas,
dabunt. Sed haec ipsa
tate poenas
poterat adolescentuquae lepore quodam dedecorabit virum.
lum commodare, --- Page 336 ---
(30s)
(TIOISTENE
EXTRAIT.)
Aux Profeseurs
qui se plaignent de leur
élat.
Vous êtes placés entre les
gustes des générations
monumens auespérances de la
passées et les tendres
êtes comme les génération présente. Vous
gieux, rendu pontifes de ce culte relinérable
par les modernes à la véantiquité, Et vous
dre ! Lorsque d'illustres pouvez vous plainraissent de lÉtat dont ils personnages dispaque l'oeil
ont fait la gloire ;
inquiet de la patrie
vance leurs
cherche d'ascène du successeurs, vous, derrière la
doivent monde, formant les acteurs qui
l'embelir un jour,
votre retraite les
préparant dans
élémens
vent perpétuer
précieux qui doides lumières
cette succession heureuse
et des vertus, vous
dans les rangs
produisez
éclaircis des hommes
honorent, cette brillante
qui nous
ouvrage, vous faites
jeunesse, > votre
disparaitre nos ruines --- Page 337 ---
$ N 1 -
(303 )
collocati inter pulcherrima aetaVos estis
monumenta et tenellas
tum praeteritarum
adestis hunovae. Vos veluti pontifices
spes
recentiores veneranjus religionis 5 qua,
prosequuntur ; et
dam hanc antiquitatent
! Cim summi
putatis
vobis conquerendum
eorum gloviri ex eà gente excedunt , quae
inclaruit, cum patria orba ac lugens,
rià
sollicita circumspiqui sint eis successuri, humanarum sceia
cit : vos procil rerum
informetis, juremoti 2 ut eam ornaturos
è vestro sinu
ventutem hanc splendidisimam
senescentem jàm ac corruenin societatem
inter ruinas, spargitem, tanquàm flores
afflatu refovetis 3
tis ; omnia felici quasi
similitndinem,
recreatis; ad ipsius Naturze
altesub horrida illà hiemis specie,
quee,
instruens, sua opera
rius veris pompam --- Page 338 ---
( 304) )
sous ces fleurs que vous avez
vous nous offrez
su faire éclore; ;
litique,
partout, dans l'ordre polimage d'un
création
rajeunisement, d'une
nouvelle : semblables à la
qui, loin de nos regards,
Nature,
le magnifique
élabore en silence
ouvrage de ses
pour les étaler dans
reproductions,
Vous
un nouveau
ne pouvez être dignes de printemps.
si hautes,
ces fonctions
qu'autant que vous
vous tout cequi
réunissez en
et inspirer
Peceuederhsdnination
T'amour; et vous
dre ! Ah !
pouvez vous plaincomme il plaignez-vous ; mais que ce soit
peut arriver au grand prince
pirer sous le fardeau de la
desouceux qui le sentent
royauté : ce sont
mieux.
le plus, 7 quile portentle
ctions,
Vous
un nouveau
ne pouvez être dignes de printemps.
si hautes,
ces fonctions
qu'autant que vous
vous tout cequi
réunissez en
et inspirer
Peceuederhsdnination
T'amour; et vous
dre ! Ah !
pouvez vous plaincomme il plaignez-vous ; mais que ce soit
peut arriver au grand prince
pirer sous le fardeau de la
desouceux qui le sentent
royauté : ce sont
mieux.
le plus, 7 quile portentle --- Page 339 ---
N
M
I ( (305 )
silentio claborat, tanto apparatu
quanto
atqué diffundit. Tanta
elaborata expromit
haec munia non digne potestis implere 5
nisi vobis inest quidquid et benevolentiam
conciliare et admirationem incutere valeat,
vobis conquerendum putatis ! Ah ! conct
querimini ; ut vero magnus ille princeps 2
sub regice potestatis onere gemens ; quod
qui maximè sentiunt, iidem optime gestant.
--- Page 340 ---
(306 )
QUESTION NOUVELLE
SUR
UN POINT DE
POLITIQUE ET DE MORALE.
(Fait en 1819.)
e Sciant, quibus moris illicita
> sub malisp principibus
mirari, posse etiam
> que ac modestiam, si magnos viros esse, ; obsequiumindustria ac
) laudis excedere, quo
vigor adsint, eÔ
> nullum reipublica plerique per abrupta, sed in
> ruerunt. >
usum, ambitiosd morte inclaTAc.
Je vais essayer de résoudre
bien délicate
une question
; mais l'écueil même
qu'elle
peut offrir, doit être
pour l'écrivain un
charme de plus. Lorsque tant
d'esprits circonspects s'attachent à pressentir
l'opinion
d'autrui avant d'exprimer la leur, rien
doit plus soulager les âmes
ne
de rencontrer de
généreuses que
ces hommes qui persua- --- Page 341 ---
A A
( 307 )
comme ils doivent, n'ont
dés qu'ils pensent
qu'une crainte ; c'est de ne point s'exprimer
comme ils pensent.
civiles de l'anDans le feu des guerres
s'élève au-dessus
cienne Rome, un citoyen
venger ; les plus époudes lois qu'il prétend
signalent sa puisvantables proscriptions
et le grand orateur, qui devait un
sance,
formidable,
jour étouffer une conspiration
d'un
un instant, le panégyriste
se fait,
Un second usurconspirateur triomphant.
séduisant de
pateur se présente, le plus
tous, il est vrai, par sa clémence et par
victoires ; et il obtient du même orases
mêmes hommages. La République
teur les
d'un troisième
expire enfin sous les coups
ambitieux; et les deux plus grands poëtes
tout leur génie à cédu siècle emploient
lois, le
lébrer le destructeur des anciennes
lâche des meurtriers. Quelles doivent
plus
écriètre alors nos pensées ? Si ces grands
tous, il est vrai, par sa clémence et par
victoires ; et il obtient du même orases
mêmes hommages. La République
teur les
d'un troisième
expire enfin sous les coups
ambitieux; et les deux plus grands poëtes
tout leur génie à cédu siècle emploient
lois, le
lébrer le destructeur des anciennes
lâche des meurtriers. Quelles doivent
plus
écriètre alors nos pensées ? Si ces grands --- Page 342 ---
: 308 )
vains n'ont caressé la
puissance
entrer en
que pour
partage 7 avec elle, des
de la société vaincue;
dépouilles
qués de toutes les
qu'ils restent niarflétrissures
flatteurs,
imprimées aux
c'est-à-dire, aux derniers des
mes. Mais les nobles
hommanifestés
sentimens qu'ils ont
d'ailleurs, dans leur conduite et
dans leurs
ouvrages, ne doivent-ils
disposer à suspendre ici
pas nous
Dans les
notre jugement ?
jours de tyrannie j n'existe-t-il
donc pour l'écrivain que lun de ces trois
rôles, ou la bassesse qui
prudence
encense 7 ou la
qui se tait, ou T'héroisme
cuse et s'immole ? Le rôle
qui acnégyriste, s'il
même de pase renferme dans de certaines
limites, ne pent-il pas devenir
le plus utile anx
quelquefois
peuples, et
Jors de la grandeur ? La
prendre dèstion
voilà cette quesque je voulais résoudre.
Il est beau sans doute
néreuses
que des âmes géviennent par intervalle braver la
A
1A
- --- Page 343 ---
M A
( 309 )
fat-ce
pour réveiller les
tyrannie, , ne
que
fut-ce
un grand exemple; ne
peuples par
de la
empêcher la prescription
que pour
déplorable
làcheté. Mais ne serait-il pas
d'une nales àmes les plus énergiques
que
sans cesse à des attation, en s'acharnant
souvent
rôitérées, ne fissent le plus
ques
de T'endroit ou il doit
qu'avertir le despote
de
épuiser le plus pur sang
frapper 2 pour
les accuser
la société? Ne pourrait-on pas
de leur
alors de se faire plutôt les martyrs
vanité que de la patrie ?
le silence peut
Je conçois encore que
des cirest même
avoir sa noblesse ; qu'il
où il devient le seul parti qu'on
constances
qu'un amdoive prendre. Ainsi,je suppose
bitieux, secondé par de brillans souvenirs
braves
dont T'égareet par des
trompés,
de
lui un crime
plus,
ment serait pour subitement le cours de
vienne interrompre
félicité
pour essayer 2 pour
la
publique,
la patrie ?
le silence peut
Je conçois encore que
des cirest même
avoir sa noblesse ; qu'il
où il devient le seul parti qu'on
constances
qu'un amdoive prendre. Ainsi,je suppose
bitieux, secondé par de brillans souvenirs
braves
dont T'égareet par des
trompés,
de
lui un crime
plus,
ment serait pour subitement le cours de
vienne interrompre
félicité
pour essayer 2 pour
la
publique, --- Page 344 ---
(310)
jouer. le rôle de prince dans la
effrayée. Je
capitale
suppose 2 en 1
que les
nations et les rois
outre,
la civilisation
s'arment, au nom de
les exécuteurs elle-méme, pour se rendre
de l'éternelle justice
proscrit ce monstre de
3 qai
tôme de
duplicité et ce fanprince, S'empresser alors de
offrir le tribut même de
lui
quelques critiques 3 ce serait au moins, à côté du
odieux des crimes, la
plus
plus déplorable des
erreurs 2 surtout, si le prince
modèle d'humanité,
légitime,
2 présentait,
un point de ralliement à
comme
une Charte sacrée
ses peuples S,
berté,
3 garant de leur liet, s'il était possible,
de sa puissance. Mais
nouveau titre
reculons dans le passé,
contemplons , dans toute sa
l'homme que nous e
splendeur 2
venons de
ses humiliations
présenter dans
ou dans ses vains efforts
pour en sortir.
oùt les idées de Bappelons-nous ces jours
liberté, proscrites par cet --- Page 345 ---
A M
(311)
soldat, T'étaient bien davantage
heureux
remarquable, où la
par T'opinion : époque
frappée d'une première
nation française 1
devant l'abime
terreur, reculait toujouis
allait
de V'anarchie, et ne voyait pas qu'elle
dans un autre abime. Aveuglée 2
tomber
le malheur et par la
tout ensemble, par
de tous ses
reconnaissance, elle favorisait,
progressifs de cette
voeux, les accroissemens entourée alors de
puissance impériale, qui,
venait, pour ainsi dire,
tous les prestiges,
En préétouffer la liberté sous la gloire.
qui allait tout ensence de ce despotisme,
que
de tout réparer,
vahir, sous prétexte
notre
devait faire Técrivain ami, comme
lui-mème, du système des gouverne-.
Roi
? Se taire ? Il serait devenu 2
mens libres
de l'adulation
sa faiblesse, le complice
par
universelle qui enivrait ce guerrier.
presque
dur
? En provoquant
Lui parier un
langage
même
la colère du despote, il n'aurait pas
,
que
de tout réparer,
vahir, sous prétexte
notre
devait faire Técrivain ami, comme
lui-mème, du système des gouverne-.
Roi
? Se taire ? Il serait devenu 2
mens libres
de l'adulation
sa faiblesse, le complice
par
universelle qui enivrait ce guerrier.
presque
dur
? En provoquant
Lui parier un
langage
même
la colère du despote, il n'aurait pas --- Page 346 ---
1 312)
obtenu la reconnaissance
était l'illasion
des peuples. Telle
paru du scandale. , que son héroisme aurait
reste
On n'aurait vu
impur de la plus hideuse enluiqu'un
Que devait-il donc
des factions.
faire
son but ? Avoir l'air
pour atteindre à
Il devait
de le fuir d'abord.
se réfugier dans l'éloge.
loge devaitêtre,
Oui, l'éun
toutensemble, offert comme
hommage au bien
qu'avait fait cet homme
prodigieux 5 et opposé comme
au mal qu'ii voulait
une barrière
faire.
en effet, la férocité
Quelle que soit,
par la raison
d'un tyran; ou plutôt,
même qu'il est d'une
férocité, il faut
grande
des
essayer de l'apprivoiser
lowanges, 2 mais par des
par
deviennent des
louanges qui
leçons. On dit des
princes, gue ce sont
meilleurs
cependant des
que, dès-iors, on doit
hommes;
en eux quelques
s'attendre à trouver
plus cruels
délauts. Mais, je dirai des
hommes despotes, que ce sont aussi des
; que, dès-lors, on doit
toujours
$ --- Page 347 ---
- -
M M
s S
(313)
capables de revenir des plus
les supposer
prodigué par
grands excès. L'éloge 7 qui,
d'un
faire
des hommes corrompus > peut
adresse
bon prince un tyran, ménagé avec
d'un
des hommes vertueux, peut faire
par
Ainsi, sans sortir de
tyran un bon prince.
récente, si féconde en leçons
cette période
les
un
les princes et pour
peuples,
pour
tourmenté de la passion des conguerrier,
de ravager les
quêtes, cesse-t-il, un instant,
parcourir paisicontrées étrangères, 2 pour
?
blement celle qu'il appelle son Empire
pour lui faire envier,
Saisissez ce moment,
prince
s'il est possible, le bonheur qu'un
et donne. Et, s'il en a
pacifique éprouve
si la religion
déjà goûté quelques prémices,
de
et la patrie ont pu d'abord s'applaudir
entourez-le des augustes images
ses lois,
reconnaisde la religion et de la patrie
luioffrez-le comme un modèle à
santes;
sans colère, des leçons
même. Il recevra,
ier,
Saisissez ce moment,
prince
s'il est possible, le bonheur qu'un
et donne. Et, s'il en a
pacifique éprouve
si la religion
déjà goûté quelques prémices,
de
et la patrie ont pu d'abord s'applaudir
entourez-le des augustes images
ses lois,
reconnaisde la religion et de la patrie
luioffrez-le comme un modèle à
santes;
sans colère, des leçons
même. Il recevra, --- Page 348 ---
(314)
puisées dans sa propre conduite;
âme farouche,
; et son
9 étonnée d'un plaisir
veau, s'ouyrira pour
nouà ces donces vertus toujours, peut-être,
voir être
dont il semblait deplutôt le persécuteur
dèle. Enhardi
que le mopar des succès
s'est-il abandonné à l'ambition prodigieux, 2
le monde
de conquérir
civilisé; et ses talens
ainsi que le courage de la plus personnels, >
tion de Tunivers,
belliquense narendent-ils cet événement
toujours plus probable ? Ah ! venez
d'avance en favenr des
stipuler
de cette
vaincus ; en faveur
grande nation elle-méme,
rait trop malheureuse de
qui sesang la servitude
cimenter de son
A la suite
des autres et la sienne.
de tant de
dans l'avenir
guerres 9 peignez
de
une paix durable, un système
civilisation mieux combiné,
soler la terre et absoudre
venant conafin
son
que ce rève brillant,
vainqueur ;
bler le délire de
qui pourrait seml'orateur ou du
poête 2 --- Page 349 ---
s w
S
(315) f
sérieux da conquérant.
devienne le projet
dans toute
EnSin, voyez-vous se développer,
le plan terrible d'un desposa conduite 7
hardiment nontisme sans bornes? ? Louez-le
Tenseulement du bien qu'il a fait, pour
mais même
gager à en faire davantage,
belles intentions qu'il n'eut jamais 2
des
Jurez que le despopour les lui inspirer.
s'ila fait
tisme est loin de sa pensée ; et,
chéd'ailleurs de grandes choses, s'il parait
par sa gloire. Voila
rir la gloire, 3 jurez-le
de tyrannie,
la tàche, qui, dans les jours
elle n'est
s'offrir aux écrivains. Et
peut
sans honneur,
peisgriadépendsmment
pas
résultats qu'elle peut produire 2
des beaux
En effet, louer
elle n'est pas sans danger.
Or, il
ainsi les princes c'est les conseiller.
d'en conseiller
est mille fois plus périlleux
d'en
mauvais que d'en critiquer, que
un
bon. Vivez alors dans votre
outrager un
silence, écrivains 2
retraite, gardez votre
ains. Et
peut
sans honneur,
peisgriadépendsmment
pas
résultats qu'elle peut produire 2
des beaux
En effet, louer
elle n'est pas sans danger.
Or, il
ainsi les princes c'est les conseiller.
d'en conseiller
est mille fois plus périlleux
d'en
mauvais que d'en critiquer, que
un
bon. Vivez alors dans votre
outrager un
silence, écrivains 2
retraite, gardez votre --- Page 350 ---
(316)
qui en êtes si fiers; et, le
vous laisserez le
plus souvent,
champ libre à des
tisans ou à des
courfactienx; et le prince,
par des
égaré
fatteries, 2 ou révolté par des outrages, ne croira pas lui-mème à sa
ou se fera un affreux
tyrannie,
plaisir de
sans cesse. Pour moi
Taggraver
, j'ai un plus noble
exemple à proposer aux sages
premier de tous
; celui du
peut-être, de Platon reparaissant à la cour de
morale la plus sévère
Denys 7 avec la
et les formes les plus
aimables, pour le conquérir
séduction, à l'humanité.
2 comme par
Sachons donc distinguer de tous ces flatteurs, , responsables de nos
petit nombre d'hommes
calamités, ce
magnanimes,
voyant l'orgueil d'un
qui,
rocité d'un
vainqueur dans la fédespote, n'ont caressé l'orgueil
que pour désarmer la férocité, n'ont
des louanges
donné
que pour inspirer des
disons mieux,
vertus;
, ont essayé d'apprivoiser le
a V V - --- Page 351 ---
C
A a S
- S
(317 )
de la tyrannie 9 au risque d'être
monstre
Aussi, ont-ils queldévorés les premiers.
souffrances,
expié, dans de cruelles
quefois
assez loué. Vengeonsle tort de n'avoir pas
des
; puisque
les par notre reconnaissance
ont voulu
critiques S, au moins frivoles,
les flétrir par leur censure. Félicitons-les
comme la religion l'orplutôt d'avoir pensé
comme la prudence
donne, et d'avoir agi
n'ont point désespéré
le conseille; puisquils
violent
humaine dans le plus
de la nature
ont employé 9
des caractères, et qu'ils
d'art, le seul remède qu'il pit
avec tant
Félicitons-les, ils ont remd'abord souffrir.
dans toute sa noblesse , le rôle imposé
pli,
des lettres 2
la société à cette république
par
dédaignée et des gonvernetrop souvent
si bien seconder par ses
mens qu'elle peut
peut si
influences, et des guerriers qu'elle
la gloire, et des nations
bien payer par --- Page 352 ---
(318) )
auxquelles elle peut s'offrir, dans les jours
de leur servitude > comme ces corps de
réserve, qui rétablissent les combats 9 ou
du moins protègent les retraites. --- Page 353 ---
AN u
(319)
SUR LINFLUENCE
PRÉTENDUE RÉPUBLICAINE
DU SYSTÈME DE NOS ÉTUDES;
DISCOURS
Prononcé d la distribution des prix du colroyal de Montpellier, le 28 aoit 1820,
lege
MESSIEURS,
Plusieurs objections se sont élevées, dans
derniers temps, contre le système de nos
ces études. Il en est une qui doit éveiller les
de tout Français attaché à ses rois.
serupules
craindre, nous disent
( Ne devez-vous pas
des hommes respectables, que ces républi-
INE
DU SYSTÈME DE NOS ÉTUDES;
DISCOURS
Prononcé d la distribution des prix du colroyal de Montpellier, le 28 aoit 1820,
lege
MESSIEURS,
Plusieurs objections se sont élevées, dans
derniers temps, contre le système de nos
ces études. Il en est une qui doit éveiller les
de tout Français attaché à ses rois.
serupules
craindre, nous disent
( Ne devez-vous pas
des hommes respectables, que ces républi- --- Page 354 ---
(320 )
ques de l'antiquité, incessamment
l'esprit de VOS élèves,
offertes à
n'y laissent enfin des
impressions contraires aux doctrines
narchiques ? Ne devez-vous
molors de trahir
pas craindre dèsun de VOS premiers
qui est d'inspirer à la
devoirs,
des sentimens
génération naissante
analogues à la société où
doit vivre? ) Je puis dire
elle
objection dans les
que j'écoute cette
exiger de
dispositions que doivent
nous ses auteurs. Je vois les
augustes victimes immolées
plus
d'une monarchie
sur les débris
lieu de
de quatorze siècles, au mices cris de liberté et de
chers aux anciennes
patrie, si
républiques. Poursuivi
par d'aussi effroyables images,
dans le sein de cette
je me réfugie
monarchie
me
pour
consoler
renaissante,
avec ce qui nous reste du
sang de nos rois; et presque dans leur
lais je retrouve, je reconnais
pades révolutions,
l'affreux génie
qui, faisant encore entendre
ce mot de patrie, vient
frapper tous les vrais --- Page 355 ---
a
(321 )
Francais dans un seul. Et
veau tant de
je pleure de nouvertus, qui, sur le point de
s'envoler vers le
ciel, jeltent sur la France
une si vive lumière. En
de
présence de ces ruines,
ces échafauds et de ce
prononce, dans toute
poignard, je
l'amertume d'un coeur
français, que, dès qu'ils'agit du salut de
Rois, nous devons nous faire
nos
tout
un devoir de
examiner, et une sagesse de tout
dre. Si donc il était
crainpossible que la
nesse sortit de ce
jeucommerce avec l'antiquité, moins disposée à chérir ses
à s'immoler
princes, s
pour eux; s'il pouvait lui en
coûter une seule verlu,
nous ne devrions
pas balancer un instant.
puis le
Continuant, si je
dire, au nom de T'ordre
dévastations
public, les
deces barbares des siècles
rance > nous devrions mutiler,
d'ignotous les yeux des
soustraire à
le
chefs-d'oeuvre; littéraires où
génie méme serait un malheur de
pour les nations. Mais le culte de la
plus
monar21
coûter une seule verlu,
nous ne devrions
pas balancer un instant.
puis le
Continuant, si je
dire, au nom de T'ordre
dévastations
public, les
deces barbares des siècles
rance > nous devrions mutiler,
d'ignotous les yeux des
soustraire à
le
chefs-d'oeuvre; littéraires où
génie méme serait un malheur de
pour les nations. Mais le culte de la
plus
monar21 --- Page 356 ---
322 )
chie n'exige pas de nous d'aussi douloureux
sacrifices. Je dis plus, il en souffrirait. Ce
sera la division de ce discours. Mais je crains
que ce seul mot de division n'épouvante,
qu'il ne fasse présager de longs développemens. Non, si des juges aussi éclairés me font
une loi de la méthode, cette vive jeunesse , si
naturellenentimpatiente dans un parcil moment, me fait une loi de la brièveté. Je sens
à
bien que je ne pourrais jamais procurer
nos jeunes vainqueurs etàleurs-heureux parens un plaisir égal à celui que je diffère.
PREMIÈRE PARTIE.
douloureuse doit dominer tout
Une pensée
discours; c'est
l'homme peut abuser
ce
que
de ce qu'il y a de plus auguste, pour se
quelquefois, même à son insu,
précipiter,
excès. Si; sans
dans les plus épouvantables
- MA V a AA
à --- Page 357 ---
- 2
$ N M
(313 )
dans la substance des choses, sans
pénétrer
qui en résultent,
apprécier les avantages
d'après les
nous voulions juger uniquement
à
s'offriraient de toutes parts
horreurs qui
peut-être à nos yeux
nous, tout rentrerait
et, au lieu de judans un affrenx équilibre;
pleurer et géger, nous ne pourrions que le dirai donc,
mir. Ames pieuses, je vous
de force dans votre douleur,
un peu plus
nous aveugler sur
puisque la donleur peut
même
Ainsi, dans ce moment
nos devoirs.
obsèdent, esoù des idées funèbres nous
de raisonner malgré nos souffrances,
sayons
s'efforce de combattre
comme le guerrier
malgré ses blessures.
de ces anVous craignez que le spectacle
républiques n'égare notre jeunesse.
ciennes
Niez-vous
Je ferai cette première question.
vertus? Mais du moins (et cette conleurs
suffire pour mon objet),
sidération pourrait
leurs historiens
des vices que
ce ne sont point --- Page 358 ---
(324)
présentent à notre admiration; ce sont principalement de ces vertus que vous invoquez,
avec une si louable persévérance, dans cette
dépravation de nos
moeurs; je veux dire,
la religion du serment, le respect
l'autorité des pères et des vicillards, pour le
mépris
des richesses et même des honneurs,
3 la noblesse des procédés au milieu de la fureur des
guerres, le dévouement pour la patrie ou
pour l'autorité légitime. Eh bien! si toutes
ces vertus n'avaient existé chez des peuples
qui se sont maintenus si long-temps à la
tête de l'espèce humaine, il faudrait
remercier ces écrivains de les avoir inventées. En
voulant honorerleur patrie, ils auraient servi
le genre humain; et ici le roman vaudrait
mieux que l'histoire.
Oui, si, comme vous le croyez, cette république romaine, sans parler des autres,
n'avait jamais été qu'un assemblage de brigands habilement disciplinés, ce serait une
a
qui se sont maintenus si long-temps à la
tête de l'espèce humaine, il faudrait
remercier ces écrivains de les avoir inventées. En
voulant honorerleur patrie, ils auraient servi
le genre humain; et ici le roman vaudrait
mieux que l'histoire.
Oui, si, comme vous le croyez, cette république romaine, sans parler des autres,
n'avait jamais été qu'un assemblage de brigands habilement disciplinés, ce serait une
a --- Page 359 ---
A m M V A 3
(3 325 )
vérité terrible qu'il faudrait
En
cacher. à la
effet, en présentant
terre,
dans sa
une telle république
veriez monstrueuse férocité, vous ne saupas Thonneur de tant de
qui se sont abaissées
monarchies
flétririez l'espèce
devant elle, et vous
minence
humaine, puisque la prééparmi les peuples se serait
pendant tant de
trouvée,
Et dès-lors
siècles, le partage du crime.
vous enleveriez au moraliste
plus grands avantages,
ses
à la vertu cette
lorsqu'il veut exciter
Voilà les
multitude des âmes faibles.
conséquences auxquelles
condamnez,
vous vous
présente
lorsque, 2 dans ce tableau
chez le même
qui
rable
peuple un si admide prospérités, enchainement, d'abord de vertus et
ensuite de
décadence,
corruption et de
Alors
vous venez effacer les
une des branches les
vertus.
T'histoire est
plus riches de
frappée de stérilité eutre
mains; ou, si elle produit
vos
ils sont empoisonnés.
encore des fruits,
Voyez plutôt les choses --- Page 360 ---
326) )
sous un jour qui nep peut humilier
le
A l'exemple du plus beau
que vice.
citerai
génie (je ne vous
pas une autorité profane), àl
du plus beau génie de
T'exemple
l'église naissante,
lorsque, dans ce magnifique
la Cité divine, il vient à
ouvrage de
parler des Romains,
expliquez plutôt cette grandeur de
siècles par des vertus, devenues plusieurs
auxiliaires d'une
au moins les
politique profonde; et alors
vous
n'adopterez pas un système
à ce sublime
particulier
la
interprète de la religion et de
politique ; vous ne ferez
l'opinion des siècles
que partager
qui ont précédé nos déplorables jours. Je vais plus loin. En même
temps que vous cesserez d'atlaquer les fondemens sur lesquels s'appuie la certitude de
toutes les histoires, vous
fets
penserez sur les efgénéraux des vertus et des
comme les plus fortes tétes
vices, et
mais
qui se soient jaoccupées des
la multitude.
gouvernemens, et comme
C'est en effet une opinion heuA 1A
siècles
que partager
qui ont précédé nos déplorables jours. Je vais plus loin. En même
temps que vous cesserez d'atlaquer les fondemens sur lesquels s'appuie la certitude de
toutes les histoires, vous
fets
penserez sur les efgénéraux des vertus et des
comme les plus fortes tétes
vices, et
mais
qui se soient jaoccupées des
la multitude.
gouvernemens, et comme
C'est en effet une opinion heuA 1A --- Page 361 ---
à a à A w
- 327 )
parmi les hommes >
reusement dominante durables sont le plus souqueles prospérités
fidèles à la movent le partage des peuples
deviennent
la misère etla servitude
dans
rale; que
de la mollesse
tôt ou tard le châtiment
dans la victoire; ;
Topulence et de la tyrannie
prosbien obtenir quelques
que le crime peut faire
à ses pieds la
éclatantes, et
gémir
pérités
toujours son triomphe
vertn,maisquep presque de tonnerre; et ces
passe comme un coup
encore, sous un
disgràces de la vertu sont
si sa
pnisque
point de vue, un bonheur, faiblesse,sa
est un attrait pourla force, et
prospécité
pour la
misère est une épreuve
pour tous
ensemble un avertissement
tout
leurs regards. Qui veut
d'élever plus haut
de
réfléchir alors, même indipendamment drame
à ce
doit soupconner
toute révélation, dernier acte qui ine se passe pas
de la vie un
sur la terre.
voulant : fétrir un
Craignez donc 3 en --- Page 362 ---
(328 )
peuple, de compromettrela
aux yeux de ces hommes morale elle-méme
ment pour notre
qui, malheureusela
espèce, 3 formeront
majorité chez tous les
toujours
ce travers à notre
peuples. Laissez
moderne
ces âmes artificieuses
despote. Comme
et froides
tous les avantages
qui calculent
de
qu'elles peuvent recueillir
lindignation et des illusions de
ilr n'a fait
la vertu,
potisme qu'entretenir au profit de son desune erreur
crimes, dans
produite, à force de
la
ces jours où les
France s'offraient
bourreaux de
noms romains.
souvent à elle avec des
Sans doute que la morale
fois outragée,
a été quelquede ces
non-seulement dans les mccors
faiblesse grands peuples, c'est le sort de' la
humaine, mais méme dans les
cipes de leurs plus
prinla gloire de la
grands philosophes, c'est
Vous n'en devez religion qui nons éclaire.
craindre aucune
funeste dans les jeunes âmes.
impression
Sous T'influence
raient
bourreaux de
noms romains.
souvent à elle avec des
Sans doute que la morale
fois outragée,
a été quelquede ces
non-seulement dans les mccors
faiblesse grands peuples, c'est le sort de' la
humaine, mais méme dans les
cipes de leurs plus
prinla gloire de la
grands philosophes, c'est
Vous n'en devez religion qui nons éclaire.
craindre aucune
funeste dans les jeunes âmes.
impression
Sous T'influence --- Page 363 ---
A - a
( 309)
divine, V'enfant, vis-à-vis
de cette religion
, devient un juge soude ces grands génies
verain, aussi ferme que modeste. Il proconviction, mais aussi avec renonce avec
et contre Platon > lorsqu'en posant ses
gret, il oublie celles de la pudeur, et contre
lois
Aristote, lorsqu'il déclare que l'homme peut
crime asservir son semblable , et consans
milieu des misères de
tre Caton, lorsqu'au
sait
attendre le signal du
la vie, il ne
pas
départ. Et il s'attache à cette religion avec
voit les égaun plus vif amour, 2 lorsqu'il
remens de ces beaux génies qui ne l'ont pas
Ainsi, en fixant ses regards sur ces
connue.
dans
républiques anciennes 3 il est confirmé
la véritable morale, et par les vertus des
peuples et par les erreurs des sages.
Craignez-vous l'effet de ces vertus mêmes
monarchique ? Redoutezsur une jeunesse
où la monarchie sucvous une comparaison
comberait au fond des coeurs ? Tout-à-lheure --- Page 364 ---
330 )
je vous reprochais de calomnier la nature
humaine. Je pourrais vous reprocher maintenant de calomnier la monarchie ellemême; je pourrais vous dire : Vous considérez donc ce culte de la
royauté comme
une superstition qui craindrait un moment
d'examen. Vous ne sentez pas dès-lors l'excellence de votre propre cause : c'est vous
quil'outragez. Mais, sans m'élever, au moins
pour le moment, à des considérations
politiques, que vous seriez peut-étre les premiers à condamner en ce lieu, quoiqu'elles
naissent de mon sujet, qu'elles soient toutes
en faveur du gouvernement de nos rois; ;
je vous dirai de vous fier davantage à l'effet naturel que les vertus
produisent; surtout lorsque c'est le génie même qui, dans
ses immortelles compositions, s'est chargé
de les retracer, de les faire revivre à nos
yeux. Non-seulement elles laissent dans les
âmes un désir, un besoin plus ou moins
tre les premiers à condamner en ce lieu, quoiqu'elles
naissent de mon sujet, qu'elles soient toutes
en faveur du gouvernement de nos rois; ;
je vous dirai de vous fier davantage à l'effet naturel que les vertus
produisent; surtout lorsque c'est le génie même qui, dans
ses immortelles compositions, s'est chargé
de les retracer, de les faire revivre à nos
yeux. Non-seulement elles laissent dans les
âmes un désir, un besoin plus ou moins --- Page 365 ---
( - 331 )
elles y laissent encore ces
vif de les imiter,
forment leur
idées d'ordre qui
précieuses
moins éclairée qu'éessence. Làme n'est pas
honochauffée au récit de ces actions qui
Thumanité. Des vertus d'une position
rent
Pinstant les vertus d'une
elle a conclu à
du républiautre. Ainsi, le dévouement
le dévouement
cain pour sa patrie produit
s'immoler
du sujet pour son roi, puisqae
roi c'est s'immoler pour sa patrie
pour son
mêmej m'abusea avec vous;
encore. Mais ici
je
parle comme si, dans ce mouvement,
je
de nos idées 2 ce passage
dans ce progrès
autre offrait un
à un
d'un gouvernement
franchir. Ah! écariutervalle dangereux à
idées de notre
tons un instant ces tristes
d'une maturité flétrie par
maturité, surtout
de retrouver les
les révolutions. Tàchons
de notre
les souvenirs, 2 du moins,
émotions 7
étions sous le
premier àge. Lorsque nous
belles actions de V'antiquité,
charme de ces --- Page 366 ---
332 )
cette question de la
prééminence des
vernemens s'offrait-elle à nous?
gourépandre son froid sur notre Venait-elle
ne dirai
plaisir ? Je
pas qu'à cause du
de nos idées
petit nombre
politiques elle était
de nous. Je dirai
au-dessus
que, dans la vivacité
nos émotions, nous étions
de
Nous faisions bien
au-dessus d'elle.
que les
mieux que d'étudier ce
délicat dans gouvernemens peuvent offrir de
ce balancement des
nous admirions des vertus
pouvoirs ;
jours ce que
qui répareront toucebalancement des
offrir de
pouvoirs peut
défectueux; et si nous étions
ou Romains dans notre
Grecs
tait
admiration, ce n'éque pour devenir de meilleurs
Le plus beau de nos siècles
Français.
faveur. Jamais
dépose en ma
T'antiquité n'a été plus
ment étudiée
viveparmi nous que sous ce Roi
qui a si bien mérité le titre de
jamais la France n'a été
Grand; et
animée d'un
plus
esprit
monarchique. Et ce n'était pas à force
MA
AA
-
ou Romains dans notre
Grecs
tait
admiration, ce n'éque pour devenir de meilleurs
Le plus beau de nos siècles
Français.
faveur. Jamais
dépose en ma
T'antiquité n'a été plus
ment étudiée
viveparmi nous que sous ce Roi
qui a si bien mérité le titre de
jamais la France n'a été
Grand; et
animée d'un
plus
esprit
monarchique. Et ce n'était pas à force
MA
AA
- --- Page 367 ---
S S
(333 )
les grandes âmes
de hair les Romains que
;
à chérir l'ordre public
d'alors apprenaient
les vertus romaines ne sont pas
puisque
dans leurs écrits que dans
moins vantées
sublime
c'est même le plus
ce discours; que
de nos orateurs
comme
de nos théologiens
de Gierté et
avec le plus
qui les a peintes
réservé qu'à
(1). Il n'était
de grandeur
ensemble la
notre siècle d'en offrir tout
des moeurs féroces, et la saparodie dans
tire dans des écrits serviles.
crois avoir fait sentir que,
Jusqu'ici,je
des vertus sedans le cas où la supériorité
évidemment du côté des anciens, nous
rait
instituteurs de
n'aurions pas besoin, nous
de
de refaire, de parer Phistoire
lajeunesse,
cette France monarchique - 7 pour corriger,
de nos élèves, l'effet qu'audans l'esprit
histoires de Y'anraient produit toutes ces
universelle.
(1) Bossuet 2 dans son Histoire --- Page 368 ---
(334)
tiquité. Je crois avoir fait
plus beau
sentir que le
moyen, au contraire, de
cesser cette
faire
supériorité, ce serait de
senter vivement à
la prénotre nation, d'en importuner 2 si je puis le
Mais cette
dire, sa fierté.
supposition, dans
raisonné en premier
laquelle j'ai
aussi fausse
lieu, n'est t-elle pas
qu'elle est pénible
orgueil ? D'abord
pour notre
austérité,
Rome, dans toute son
a-t-elle
fortes,
jamais eu des vertus plus
plus
paru,
sévères, que celles qui ont
pendant cette longue
notre monarchie,
existence de
dans nos
nos
magistrats, dans
guerriers, sur ce trône lui-mème,
follement réputé leur écueil?
, si
noms, honneur de la
Que de grands
dans ce
France, viennent,
venirs moment, se retracer à nos
et se
soudans
disputer nos hommages !
cette première
Mais,
je
partie du parallèle oùr
m'engage, un sentiment
rête. Je craindrais
d'équité m'arqu'on ne reprochàt ici
à
magistrats, dans
guerriers, sur ce trône lui-mème,
follement réputé leur écueil?
, si
noms, honneur de la
Que de grands
dans ce
France, viennent,
venirs moment, se retracer à nos
et se
soudans
disputer nos hommages !
cette première
Mais,
je
partie du parallèle oùr
m'engage, un sentiment
rête. Je craindrais
d'équité m'arqu'on ne reprochàt ici
à --- Page 369 ---
$
( : 335 )
discours le même défaut d'intérêt
à mon
où des demi-dieux, proqu'à ces épopées
divine, combattent
tégés par une armure
d'une armure
contre des hommes chargés
de vue de
Non, sous le point
vulgaire.
dont je viens
vertus fortes et sévères
ces
la lutte ne peut pas être égale,
de parler,
parmi
depuis qu'elle a fait son apparition
qui est venue
les hommes, cette religion
si hautes,
obtenirde notre faiblesse des vertus
mouvement des âmes pieuses
que le premier
profond des
est de s'écrier, avec le plus
:
le
sublime des poètes
philosophes et plus
c'est à vous
Ce n'est
à nous, ô Dieu,
(
pas
est due. )) Je ne parlerai
)) que la gloire en
véritablement les
donc pas de ces vertus,
caractère le
de toutes, dont le
premières
T'admiration
frappant est de dédaigner
plus
de même que, trop souvent,
du monde,
monde est de ne pas saun des travers du
sur
admirer. La victoire est gagnée
voir les --- Page 370 ---
336) )
ce. premier champ de
quelque chose de
bataille; et je vois
plus fort que la modestie,
quelque chose que les Romains
n'ont jamais
nommé, je vois l'humilité la
rure des vainqueurs.
première paredescends
Orgueil humain,
sur ton
je
mande
domaine, et je te desi, du côté de ces vertus
qui obtiennent ton
brillantes
peut craindre
premier hommage, elle
un parallèle avec qui que ce
soit, cette nation qui s'est
toutes les autres
distinguée entre
par le culte de
Dans ce combat de
T'honneur.
besoin,
gloire 9 aurions - nous
ou des prodiges incontestables
Ces derniers
de
temps pour établir notre
deur, ou de ces louables
grantriotisme
illusions du papour y croire ? Ah ! je
que cette fin du dernier siècle
suppose
eût vu
non - seulement les anciennes
périr
peuple, mais
lois de ce
ce peuple tout
et
nous fussions
entier, que
nous - mêmes une nation véritablement nouvelle, établie
sur son tom3A à
nous
ou des prodiges incontestables
Ces derniers
de
temps pour établir notre
deur, ou de ces louables
grantriotisme
illusions du papour y croire ? Ah ! je
que cette fin du dernier siècle
suppose
eût vu
non - seulement les anciennes
périr
peuple, mais
lois de ce
ce peuple tout
et
nous fussions
entier, que
nous - mêmes une nation véritablement nouvelle, établie
sur son tom3A à --- Page 371 ---
(337 )
beau. Je vous le demande,
Messienrs, à
vous, que je place, un instant, dans
supposition violente
cette
que vous n'êtes plus des
Français. Cette nation française
de la
(sans parler
splendeur de ses arts et des
de sa littérature,
trésors
puisqn'il est ici
ment question de vertus
unique-
), cette
nation, avec
antique
la
l'impétuosité de son
franchise de son caractère,
courage,
ses mceurs, l'héroisme
l'aménité de
les
de sa gaieté dans
souffrances, les aimables effusions
sa pitié pour les souffrances
de
passerait-elle
à
d'autrui, ne
bleaux de pas, nos yeux, dans ces taThistoire, à la suite des
et des
Grecs
Romains, comme un troisième
nement de l'espèce humaine
orlait donner la
? Et, s'il falle peuple qui mettait préférence, seraitelle pour
ses
les spectacles des
complaisances dans
gladiateurs ? Nous nous
écrierions, sans doute, au milieu des
des choses qui s'oflriraient
grandes deux côtés
--- Page 372 ---
( 338 )
à nous 2 que le plus grand fut le plus humain; et à force d'admirer et d'aimer tout
ensemble, à force de nous identifier
les objets de notre admiration
avec
et de notre
amour, nous nous trouverions encore Français. Or, comme il est incontestable
tout gouvernement contraire à la nature que
doit avoir pour effet de dégrader les
àmes,
ne nous resterait-il pas une impression favorable au gouvernement sous lequel se serait perpétué, à travers tant de
siècles, un
peuple si énergique et si brillant ? Ne trouverions-nous pas encore, dans son prodigieux amour pour ses Rois 2 leur éloge
comme le sien, puisqu'ilne nous est
turel d'aimer
pas naqui nous opprime ? Que serait-ce, si nous portions nos
regards sur
ce trône. lui-méme ? Nous arréterions-nous
à quelques faiblesses 7 à quelques excès
dus dans la gloire ? Aurions-nous
permême besoin d'ètre séduits par l'éclat des victoires
M --- Page 373 ---
M 2
C 339 )
admirer ? Ce Roi, plus grand encore
pour
le
de recevoir la loi
lorsqu'il est sur
point
la lui donne 9
de PEurope, que lorsqu'il
ne s'offriraitil pas à nous, avec sa magna*
nime résolution dans ses vieux jours, comme
le modèle de tout ce que le courage peut
de plus auguste dans le malnous présenter
heur ? Et ne nous écrierions-nons pas une
seconde fois, avec les larmes de l'admiration ? Heureux le peuple qui, pour être
n'avait besoin que de regarder le
grand, 2
trône de ses Rois ! Je viens de soulager
besoin immense de mon coeur et des
un
vètres. J'ai payé, ou plutôt nous avons payé
ensemble le tribut que nous devions à notre
nation, à la monarchie, à nos Rois. Je reviens à cette antiquité, sans craindre de paraitre aveuglé par mon enthousiasme pour
elle.
armes de l'admiration ? Heureux le peuple qui, pour être
n'avait besoin que de regarder le
grand, 2
trône de ses Rois ! Je viens de soulager
besoin immense de mon coeur et des
un
vètres. J'ai payé, ou plutôt nous avons payé
ensemble le tribut que nous devions à notre
nation, à la monarchie, à nos Rois. Je reviens à cette antiquité, sans craindre de paraitre aveuglé par mon enthousiasme pour
elle. --- Page 374 ---
(3 340
DEUXIÈME PARTIE.
Vous nous direz peut-étre
pas les vertus de
: ( Ce ne sont
ces anciens
nous
peuples que
craignons, ce sont leurs écarts. Ces
révolutions si mulipliées
le
peuvent en laisser
germe dans les âmes. Il est à craindre
que les jeunes
n'enfantent imaginations ne s'exaltent et
des voeux parricides. Nous voudrions surtout leur dérober
princes
ce scandale de
dépossédés. ))
Je réponds d'abord à cette dernière
tie. Déchirez donc aussi
partoutes nos histoires
modernes, puisqu'il n'en est aucune où
se
ne
reproduise ce scandale ? Et
il sonvent bien
encore, estchez les
moindre, ou même nul
anciens. Quelles
dans leurs
sont, en eflet,
histoires, la plupart de ces victimes du courroux
populaire ? Des ambitieux, qui viennent bouleverser
tique de la société,
l'ordre anpour se mettre à la --- Page 375 ---
(3 341 2 )
de l'autorité légitime 1 et qui sucplace
comme sur un champ de
combent ensuite,
bataille. Caralors chaque citoyen était, nonseulement autorisé par une coutume unimais même excité par des réverselle 7
Pusurpaéclatantes $ à frapper
compenses malheureux savait d'avance que,
teur. Le
au-dessus des lois
du moment qu'il s'élevait
vis-à-vis de ses
de son pays, il se plaçait
Ainsi,
concitoyens sous la loi de la guerre.
la même où vous êtes tentés de voir une
arme les peuples contre leurs
doctrine qui
une loi
souverains, vous devez voir plutôt
fidèlement traduite dans nos
positive qui,
institutions: entirmeheammitest
liaire de la légitimité. Or, voyez comme
ici vous devez vous rassurer. En supposant
cette loi devint aussi la nôtre, jamais
que
de noble dans son objet, ne
ce qu'elle a
a de sauracheterait à nos yeux ce qu'elle
ou de hasardeux
vage dans ses moyens 2 --- Page 376 ---
342 )
dans son application. Jamais
qu'un contre-sens
elle ne serait
dans nos mceurs. Je
veux qu'un exemple, Notre
nien
narque, attaqué
vénérable mopar un usurpateur incorrigible, nous - a mis, , nous a laissés,
tant, sous cette loi
un insEt,
grecque ou romaine.
Tusurpateur,
moment,
protégé contre la loi du
contre nos propres
notre caractère de tous les
haines, par
vé sa punition
siècles, n'a trouque sur le champ de
Il a été décidé alors
bataille.
que le poignard,
pourra bien armer
qui
quelques furieux
quelques monstres ou
dans tous les
ne sera jamais, parmi
systèmes,
tionale. Sur
nous, une arme nace sol natal des sentimens héroiques, nous voulons voir notre
en face, et nous voulons
ennemi
Notre
qu'il nous voie.
premier mouvement, en
est de lui crier de
l'attaquant,
se défendre, et notre
générosité est plus forte
Je n'en voudrais
que notre colère.
pas davantage pour pro-
quelques monstres ou
dans tous les
ne sera jamais, parmi
systèmes,
tionale. Sur
nous, une arme nace sol natal des sentimens héroiques, nous voulons voir notre
en face, et nous voulons
ennemi
Notre
qu'il nous voie.
premier mouvement, en
est de lui crier de
l'attaquant,
se défendre, et notre
générosité est plus forte
Je n'en voudrais
que notre colère.
pas davantage pour pro- --- Page 377 ---
3 y - /
(343 )
nation française est lc prenoncer que la
n'en veux pas
Mais je
mier des peuples.
vOS teraussi pour affirmer que
davantage
A la hauteur où sont
reurs sont vaines.
surlout lorsque
placées les âmes frauçaises,
à leur noblesse $
l'instruction vient ajouter
délicat, an
sur ce point
elles résisteraient,
exemples. Et elles
prestige des plus illustres
avec moins de sévérité
ue condamnent pas
César
sacrifiant César aux lois, que
Brutus
les lois à son ambition.
lui-même sacrifiant
une
si l'ancienne Rome nous présente
Ou,
justifie Brutus, c'est
coutume , une loi, qui
conc'est cette loi qu'elles
cette coutume,
damnent.
partie de votre
Je reviens à la première
révolutions
objection. Oui, sans doute, les
chez ces - anciens peuples.
sont fréquentes
contre les réMais le meilleur préservatif
n'est-il donc pas leur histoire?
velutions
du récit de ces catasNe sortons-nous pas --- Page 378 ---
de 344)
trophes comme de celui des
la vue de ces ébranlemens tempêtes ? A
les résultats sont
politiques, dont
incaleulables, ne
nous pas dans notre
trouvonscement de
terreur un commensagesse ? Je veux
âmes ardentes et féroces
que quelques
projets de
conçoivent alors des
titude,
bouleversementy mais cette mulsans laquelle ces ambitieux
toujours comme des
seront
généraux sans soldats,
apprend en même temps à redouter des
motions où elle est
comment et victime. presque toujours instruSi le premier vice
l'homme
qui se développe dans
est l'orgueil, le premier
nement, pour lequel T'homme doive gouverver du penchant, est celui oùr le éproud'obéir, ce malheur si
malheur
est si habilement
grand pour l'orgueil,
Offrez
déguisé au premier aspect.
donc à la jeunesse T'histoire de
gouvernement, mais
ce
d'une manière
avec persévérance >
développée. C'est lui oflirir
Si le premier vice
l'homme
qui se développe dans
est l'orgueil, le premier
nement, pour lequel T'homme doive gouverver du penchant, est celui oùr le éproud'obéir, ce malheur si
malheur
est si habilement
grand pour l'orgueil,
Offrez
déguisé au premier aspect.
donc à la jeunesse T'histoire de
gouvernement, mais
ce
d'une manière
avec persévérance >
développée. C'est lui oflirir --- Page 379 ---
s
- a
(3 345 )
delorgueil ; pnisque
Thistoire des mécomptes
qui a refusé de se donner
le même peuple,
et souvent
ne tarde pas à sentir,
un chef,
douloureuses secousses, 2
au milieu des plus
s'est donné plusieurs maitres.
qu'il
histoire des républiques nous reDe cette
moralité précieuse,
cueillons bientôt cette
forme de
est, non
cette
gouvernement
que
tend le plus à enfanter des verpas celle qui
le moins s'en passer,
tus, mais celle qui peut
de cette obstination du peuple à jouer
à cause
qu'elle
ou à essayer le rôle de monarque;
les nations ce qu'est pour les guerest pour
qui protège la
riers une armure pesante,
même nous
force et écrase la faiblesse. Plus
d'abord les vertus dont elle a
avons admiré
ens'honorer, , plus nous lui soupçonnons
pu
de
suite un côté faible, un principe profond
a pu rendre si souvent
désordre, puisqu'elle
vertus inutiles pour le bonheur. Que
ces
? Combien de fois nous les
dis-je inutiles --- Page 380 ---
( 346 )
voyons fatales à ceux qu'elles
à l'état même?
décorent, ou
Rappelez-vons ces grands
personnages , qui finissaient
comme une armée ennemie
par trouver
dans ce peuple
soupçonneux dont ils étaient la
sauveurs.
gloire ou les
Rappelez-vous encore ces âmes
généreuses qui, dans ces agitations
tuelles, où il est si facile de
perpéla droite route,
perdre de vue
de
bouleversaient l'état, à force
vouloir le servir. Ne sentons-nous
alors le besoin d'un
pas
la
système qui, déplaçant
puissance, dérobe à une aveugle multitude la direction de ses
arrache le
propres destinées;
génie et la vertu à cet ostracisme
sous lequel elle se complait à les placer;
par la stabilité des
et,
institutions, fasse sentir
une barrière ou platôt un
les
appui aux âmes
plus fortes.
Aussi, avec quel enchantement
voyonsla véritable
m
décoration de la république ro-
pas
la
système qui, déplaçant
puissance, dérobe à une aveugle multitude la direction de ses
arrache le
propres destinées;
génie et la vertu à cet ostracisme
sous lequel elle se complait à les placer;
par la stabilité des
et,
institutions, fasse sentir
une barrière ou platôt un
les
appui aux âmes
plus fortes.
Aussi, avec quel enchantement
voyonsla véritable
m
décoration de la république ro- --- Page 381 ---
(347 )
Comme dans ces douces illusions que
maine! 1
autour
Thistoire, nous nous pressons
produit
les Ménénius Agripde ces grandes figures,
vient
dont Tapparition
pa, les Cincinnatus,
Hésitons-nous
calmer les flots populaires!
entre Cientre Fabius et Varron,
jamais
pas au
Ne courons-nons
céron et Clodius?
vainqueur
à la suite de Scipion
capitole,
de Carthage ?
des tribuns comme
peut-être à
Jeunesse, vous êtes exposée
siècle
Vous venez daus un
bien des orages.
romain, les deroh, pour parler le langage
de
centuries menacent de s'armer
nières
du nombre. Cest dans
toute la puissance
pour
le sénat romain que vous trouverez, belles.
vOS armes les plus
les combattre,
de nos
Eh! qu'a fait dans le principe
vertueux orateur (1), qui est audébats ce
Tolendal, qui en 1790 fit
(1) Le comte de Lally
CuLE
brochure intitulée : Cincinnatus
paraitre une
Prançais. --- Page 382 ---
348 )
jourd'hui l'un des ornemens du
çais ? Son génie
sénat frannotre avenir, prophétique , qui voyait tout
çais
n'a fait que répéter à des Franégarés les paroles que le grand
natus adressaitaux
CincinVous
Romains ingrats.
voyez donc que c'est
lieu de ce fracas des
surtout au milaires que la jeunesse doit gouvernemens popuvoie des idées
se trouver sur la
maitres
d'ordre, de stabilité. Ses
n'ont plus besoin
effort pour la conduire
que d'un léger
litiques les plus
jusqu'aux résultats ponier
précieux. Mais, sous ce derpoint de vue, 2 les anciens sont
ses maitres. Ce que la simple
encore
faits a pu ébaucher dans
exposition des
les
ces grands écrivains
jeunes àmes,
semble de leurs
l'achèvent. De l'enil
compositions bistoriques,
s'échappe an esprit de
vient calmer les têtes les modération, qui
luste
plus ardentes. Sallui-mème, si corrompu et si
vous semble transformé
factieux,
en un autre
homme, 2
, 2 les anciens sont
ses maitres. Ce que la simple
encore
faits a pu ébaucher dans
exposition des
les
ces grands écrivains
jeunes àmes,
semble de leurs
l'achèvent. De l'enil
compositions bistoriques,
s'échappe an esprit de
vient calmer les têtes les modération, qui
luste
plus ardentes. Sallui-mème, si corrompu et si
vous semble transformé
factieux,
en un autre
homme, 2 --- Page 383 ---
- 5
(349 )
des intrigues du forum et des
lorsqu' d'il passe
à cette majesbrigandages d'un proconsulat,
de la
tribune de Phistoire. Il parle
tueuse
et de Catilina comme
vertu comme Caton,
leur
Cicéron mème. De tels listoriens, par
font mieux apprécier et les
gravité, nous
ingénieux de la
plaisanteries du chefle plus
moderne (), et les déclamations
philosophie
disciples (2);
de l'un de ses plus fongueux
l'ennui qu'ils nous font
et ce n'est point par
Nous trouvons chez eux; >
acheter la sagesse.
étonnantes, ce quip peut
dans des proportions
exalter les âmes et ce qui doit les tempérer.
si fortement empreintes
Par leurs harangues,
de lintérêt des circonstances, ils nous plondans tout le feu des passions du mcgent
leurs réflexions ils nous en rement, et par
milieu de
tirent. Nous nous trouvons, au
(1) Voltaire.
(2) Raynal. --- Page 384 ---
( 350 )
ces scènes de Thistoire,
et juges; et nous
tourzà-tour acteurs
ensuite,
jugeons plus sagement
parce que nous avons plus
senti d'abord. Vous diriez
vivement
hommes ont
que ces grands
appliqué à T'histoire une
établie par un autre grand homme
règle
autre genre de composition.
pour un
Ils
notre sensibilité
n'émeuvent
que pour la mieux
que pour faire pénétrer
diriger,
âmes les hautes
plus avant dans nos
leçons qu'ils nous destinent,
Haletans à leur suite, à travers
mens
ces événequ'ils nous font si bien apprécier,
vivons en quelque sorte
nous
lisons la
avec ceux dont nous
vie; nous recueillons en
heurds
quelques
l'expérience de plusieurs siècles.
Mais je ne suis pas encore arrivé
au bnt
que je me propose. Je me
ici à
un voyagenr qui,
compare
après une excursion
des contrées
dans
lointaines, ne veut prendre de
repos que dans sa patrie. Cette aristocratie,
pour laquelle nous faisions d'abord des
voeux --- Page 385 ---
à
(35: )
milieu des excès d'une aveugle multiau
pas quelquetade, ne nous épouvante-t-elle
Ne sentons-nous
fois dans ses vengeances?
alors le besoin d'une troisième puissance,
pas
intervention imposante, sépare
qui, par une
du moins les exles combattans, ou réprime
même si, à
cès de la victoire ? Je demande
sans cesse renaisla vue de ces agitations
tentés de nous
santes, nous ne sommes pas
dans le despotisme d'un seul,
réfugier jusque
des tètes les plus fortes
comme l'a fait une
sait adqui, il est vrai,
de nos jours
réparer les erreurs de sa polimirablement la sévérité de sa morale et par la
tique par
? Or, nous n'avons
hauteur de ses pensées
hisbesoin de sortir de ces anciennes
pas
reconnaitre que ce sublime gotoires, pour
nie, à force de reculer devant ces gouverressemble enfin à ces
nemens populaires,
(t) M. de Bonald.
des tètes les plus fortes
comme l'a fait une
sait adqui, il est vrai,
de nos jours
réparer les erreurs de sa polimirablement la sévérité de sa morale et par la
tique par
? Or, nous n'avons
hauteur de ses pensées
hisbesoin de sortir de ces anciennes
pas
reconnaitre que ce sublime gotoires, pour
nie, à force de reculer devant ces gouverressemble enfin à ces
nemens populaires,
(t) M. de Bonald. --- Page 386 ---
(35x)
hommes qui, poursuivis par l'ennemi,
toujours, jusqu'à laisser bien loin
vont
eux leur plus ferme
derrière
histoires
rempart. En effet, ces
nous offrent aussi de ces monarchies informes, où des
à vivre
Rois, se condamnant
sans lois
des
fondamentales, sont comme
sauvages parmi les Rois. Or,
nous dans ces monarchies ? Si que voyonsrésistent
les peuples
au joug, les explosions d'une liberté
qui, repoussée par le despote, rentre
des tempètes, et son énergie,
par
mé l'état,
qui aurait anidevenant un feu qui le dévore :
si les peuples s'abattent sous le
froyable
joug, une ef
dégradation dans les âmes,
fait
le plus souvent qu'un
qui
grand empire figure
parmi les nations, non plus comme
sance, mais comme
une puisune proie : dans le
mier cas, 3 tous les crimes des âmes
predans le second, tous les vices des féroces;
ches; et, dans les deux
âmes làcas, de malheureux
princes, livrés au supplice d'une
position in-
si les peuples s'abattent sous le
froyable
joug, une ef
dégradation dans les âmes,
fait
le plus souvent qu'un
qui
grand empire figure
parmi les nations, non plus comme
sance, mais comme
une puisune proie : dans le
mier cas, 3 tous les crimes des âmes
predans le second, tous les vices des féroces;
ches; et, dans les deux
âmes làcas, de malheureux
princes, livrés au supplice d'une
position in- --- Page 387 ---
(3 353 )
puisquils sont presque
certaine, orageuse,
du palais,
victimes des intrigues
toujours
des fureurs du peuple
lorsqu'ils ne le sont pas
soldats. Nous ne tardons pas à reconou des
seulement cette royauté sans
naitre que c'est
historiens ont prétendu
règles que ces grands
Yair de céder aux
flétrir, lorsqu'ils ont eu
la
de leurs nations, d'écrire sous
préjugés
serment de haine à la
tyrannie de cetaveugle
eussent
royauté. Ou, s'il était possible qu'ils
cette royauté même,
condamné, en effet,
consacrée par des lois,nous
limitée ou plutôt
ces illustres philosophes,
leur opposerions
et, dans
leurscontemporains, quil'ontvanté;e
raison
le conflit de ces grandes: autorités,notres
resterait libre pour juger par elle-mème.
de toute cette antiquité, avec la
Ainsi,
et les fureurs
turbulence de ses démocraties
s'élève comme un hymne
de ses despotes,
monarchie temcontinuel en faveur de cette
obtenu une sorte de culte chez
pérée qui a
--- Page 388 ---
( 354)
Vous êtes donc dans une poles Français.
sition bien meilleure que vous ne pensiez,
l'austérité de
b vous 1 âmes respectables par
suis
vous auxquelles je me
vos principes,
Vous
constamment adressé dans ce discours.
besoin de mutiler, de torturer
n'avez pas
des flatteries pour
Thistoire, de lui arracher
lorsqu'elle ne doit que
un gouvernement, Laissez-la parler. dans sa
des leçons à tous.
Rois
franchise, et le gonvernement de nos
brillant éloge. C'est
aura trouvé son plus
l'excès de vOS précautions y
vous qui, par
le mal que
produiriez, s'il était possible,
écarter. Ne devez - vous pas
vous voulez
craindre,en effet, que, si nous conspirons
tenir cette jeunesse dans lignorance,
pour
si elle
en sortir; que,
elle ne conspire pour
le bienfait
la science comme
ne reçoit pas
elle ne l'envid'un gouvernement paternel,
tard comme sa conquête sur unx
sage plus
qu'elle ne s'é
gouvernement tyrannique ;
--- Page 389 ---
( 1 355 )
Combattriezclaire comme on se révolte?
Parce
enfin, un excès par un autre?
vous,
voudraient enlever à la reque des furieux
voudriezligion et au trône leur majesté,
à cette liberté son prestige?
vous enlever
des séductions qui agiElle a en elle-même
et sur les
et sur la multitude
ront toujours
d'elle, c'est
cultivés. Vous séparer
esprits
de force et de
d'un principe
vous priver
d'immenses avangrandeur; c'est donner
Au nom des grandes
tages à vos adversaires.
assochoses dont vous êtes les défenseurs,
celle-là; vous aurez tout
ciez-leur encore
vous. Je ne vous dirai pas : Acceptez
pour
je vous dirai : Embrassez
avec résignation;
que
ce système de gouvernement
avec amour
Roi, ou plutôt, que la
nous a donné notre
d'expirer,
elle-mème, sur le point
société
douleur. Voyez : à côté
a enfanté dans sa
brillent
idole des Romains,
de cette liberté,
élémens de prosparmi nous deuxadmirables
aurez tout
ciez-leur encore
vous. Je ne vous dirai pas : Acceptez
pour
je vous dirai : Embrassez
avec résignation;
que
ce système de gouvernement
avec amour
Roi, ou plutôt, que la
nous a donné notre
d'expirer,
elle-mème, sur le point
société
douleur. Voyez : à côté
a enfanté dans sa
brillent
idole des Romains,
de cette liberté,
élémens de prosparmi nous deuxadmirables --- Page 390 ---
356 )
périté, cette religion que les
pas connue, et cette
Romains n'ont
royanté,
pas su comprendre.
qu'ils n'ont
garde sévère de
Espérez que sous la
l'autorité de nos
sous l'influence douce de
Rois, que
pères, cette même
la religion de nos
liberté, si
corrompue, d'abord,
remuante, si
entre les mains des
factieux, se réconciliera
et la
enfin avec T'ordre
morale; et nous devrons
résultat à ce prince
surtout ce
de toutes les
qui, placé au centrc
opinions et de tous les
rêts, a tracé à son
intédoit suivre
peuple la route
sur cette mer
qu'il
vernemens libres
orageuse des gou-
: prince admirable,
prenant de toutes
qui,
et d'élevé,
parts ce qu'il y a de noble
s'obstine à nous montrer,
vers les nuages de nos
à traprincipes d'une
passions, et ces vieux
sévère morale, le
jet des institutions
grand obtème de conciliation scholastiques, et ce sysles
devenu un refuge pour
Français, et ce système d'une
liberté devenu
généreuse
un modèle pour T'Europe. --- Page 391 ---
y
(35, )
DISCOURS
Pauteur, dans PAcadémie
Prononcé par
fut nommé
de Rouen, en 18a1,lorsqu'ily.
a la place de M. Lepitre.
Mzssirvas,
l'usage semble condamner un
Je sais que
devant T'assemblée qui
candidat à s'humilier
Thonore. Pour moi, je ne m'attacherai pas
un sentiment de vanité, lorsque
à réprimer
si
à Tinspirer, , et
votre suffrage est propre
caractère si disposé à le pardonner.
votre
autre sentiment plus vif, comme
Mais un
c'estlaj joie de pouvoir
plus pur, me domine ;
qui s'est
louer, devant vous, Thomme (r)
(s) M. Lepitre. --- Page 392 ---
(.358 )
montré, parmi des factieux, avec le
ment d'un sujet fidèle; dans le
dévoueétudes antiques,
déclin de nos
talent
avec un enthousiasme et un
dignes de leurs plus beaux
le monde, avec cette
jours; dans
candeur de
dont il aimait à s'entourer,
l'enfance
dèle,
: admirable moquetouthomme,
chargéde ces fonctions
augustes de
l'enseignement, 2 devrait avoir
toujours sous les yeux ; puisque, dans
grande fortune, il recherchait,
une
comme son
bonheur, ces fonctions elles-mémes,
quelles tant d'autres
par lescher la plus brillante croiraient" payer trop
fortune.
Si le plus doux de ses travaux était de
diriger des esprits naissans, la plus douce
de ses récompenses devait être de s'unir à
des esprits cultivés,
des
que rassemble le culte
sciences, des belles-lettres, des beauxarts (1).. Aussi,lun de ses plus heureux
jours
(1) Titre de P'Académie de Rouen,
-mémes,
quelles tant d'autres
par lescher la plus brillante croiraient" payer trop
fortune.
Si le plus doux de ses travaux était de
diriger des esprits naissans, la plus douce
de ses récompenses devait être de s'unir à
des esprits cultivés,
des
que rassemble le culte
sciences, des belles-lettres, des beauxarts (1).. Aussi,lun de ses plus heureux
jours
(1) Titre de P'Académie de Rouen, --- Page 393 ---
( 359 )
unanimes Tont
a. été celui où vOS suffrages
appelé au milien de vous.
dans une telle âme que pouCe n'était pas
si souvent revaient naitre ces objections
On ose decontre les Académies.
produites
à quoi sert une Académie
mander encore
des lettres ? Je demanderai
dans T'empire
sénat dans une réd'abord à quoi sert un
prédeviendraient
publique ? LesAcadémies
qui
de modération
cieuses par ce caractère d'elles. C'est la que
tendàs se former au milieu
la
de chacun est réglée par
Timagination
en effet,
raison de tous. Il est remarquable, excès de
Yécrivain qui, dominé par un
que
est hors de lui-mème, lorsquilsagit
chaleur,
s'agit dej juger
rentre lorsqu'il
de produire ,y
Ainsi, lors mêmeque
les productions d'autrui.
est dans chaque esprit en parTexaltation
en comla
peut se trouver
ticulier 9 sagesse
mun.
Messieurs, que se borCe n'est pas la,
--- Page 394 ---
360 )
mentles salutaires effets de
démiques. Par cette
cesinstitutionssea.
admission,
perspective même d'une
par ces concours ouverts,
travaux commandés,
par ces
vous
autour de vous, et
entretenez, et
activité dans
parmi vous une heureuse
les esprits. Or, des
blées littéraires,
assemconvenablement
dans un
distribuées
empire, en combattant ainsi
resse par
la pales travaux Tamour-propre, del
2 déterminent, vers
tible
l'esprit, tout ce qui est
d'un aussi noble
susceppour ainsi dire,
essor > et expriment,
de la
d'une nation tous les trésors
pensée. Il est vrai
arrive dans
qu'alors, 9 comme il
une végétation
foule de productions
abondante, une
à côté des bonnes. médiocres se présentent
Mais le temps
dévore les premières;
inexorable
; et les
restent, pour briller seuls. chefs-d'auvre
Mais, de tous VOS
cieux
bienfaits, le plus prépour les âmes aflectueuses,
sives, c'est de ramener
s expanincessamment à la
ée. Il est vrai
arrive dans
qu'alors, 9 comme il
une végétation
foule de productions
abondante, une
à côté des bonnes. médiocres se présentent
Mais le temps
dévore les premières;
inexorable
; et les
restent, pour briller seuls. chefs-d'auvre
Mais, de tous VOS
cieux
bienfaits, le plus prépour les âmes aflectueuses,
sives, c'est de ramener
s expanincessamment à la --- Page 395 ---
)
-
I I 36r )
contemplatifs qui s'en
société et ces esprits
retirent à leur insu, et ces caractères chagrins
arrachent avec humeur. Il en résulte
qui s'en
quinnit tousles
un sentiment de bienveillance
comme il est vrai qu'un système
les talens,
tous les arts. Ah! qu'ils ne
d'analogies unit
farouches et
viennent pas, tous ces écrivains
qui ont vécu seuls 2 qu'ils ne
superbes,
les
de la
viennent pas nous vanter
plaisirs
solitude. Ces plaisirs n'étant guère que ceux
qu'ils ont pu se donner à eux-mèmes, un
est
dans leur bouche > puistel éloge
suspect
le leur. La senqu'il devient indirectement
de la
dès linstitution
tence en a été portée
vie sauvage
société humaine : dans leur
leur talent, étrangers aux affections
comme
les plus douces, comme aux convenances
sacrées, ils auront manqué le bonheur
les plus
comme la gloire.
les taAinsi, Messieurs, vous préservez
lens de cet isolement funeste, où trop sou- --- Page 396 ---
362 )
vent ils s'éteignent,
lorsqu'ils ont l'air de
fermenter; oùt trop souvent ils
s'égarent - ,
lorsque, restant fièrement seuls, ils veulent
tracer la route ; où trop souvent enfin
l'homme perd, en aménité, ce que l'écrivain
paraitrait gagner en culture : c'est-à-dire,
que l'on puise, dans vos assembléès, et cette
activité qui donne
limpulsion, et cette sagesse quilamodère, et cete esprit de sociabilité
qui vient tout couronner. De ces trois
avantages,le premier devient moinssensible dans
notre siècle, etle troisième dans notre nation.
Mais le second, j'entends ce ministère de
mesure et d'ordre, , scpiertpltuadinportane
que jamais, parceque, plus que jamais, vous
aurez à réprimer tous les écarts d'une folle
indépendance, je ne dis pas dans l'ordre
politique. Le gouvernement, perdu, à la fin
du dernier siècle, sous les nuages des factions sans cesse renaissantes, égaré ensuite
dans ces régions d'un
despotisme sans bornes,
nation.
Mais le second, j'entends ce ministère de
mesure et d'ordre, , scpiertpltuadinportane
que jamais, parceque, plus que jamais, vous
aurez à réprimer tous les écarts d'une folle
indépendance, je ne dis pas dans l'ordre
politique. Le gouvernement, perdu, à la fin
du dernier siècle, sous les nuages des factions sans cesse renaissantes, égaré ensuite
dans ces régions d'un
despotisme sans bornes, --- Page 397 ---
(3 363 )
milieu que les passions
fixé enfin dans ce
désormais en brajamais, 1 peut
ne connurentj Elevant moins haut vOs penver les orages.
dans votre
sées, vous aurez à combattre autour de vous,
domaine. On prélude,
On
propre
nouveaux en littérature.
à des systèmes
admiration de vingt
conteste des titres qu'une
Vous diriez
devrait avoir consacrés.
siècles
est fatigué de ses plaisirs,
que l'esprit humain
de ses antiques mode la gloire
cette
ou importuné
lettres françaises de
dèles. Sauvez les
ces écrivains,
révolution dont les menacent
le joug
doute, ne veulent secouer
qui, sans
le porter. Après
parce qu'ils ne peuvent
littéraire
que
notre gloire
tant de pertes, 2 que
de calamités, notre
nous reste. Dans ces temps cette famille de
littérature est devenue, , avec
Pour
Rois, notre plus beau patrimoine.
nos
nous les plus grands succès
déterminer parmi
le génie d'un
littéraires, il suffit de diriger
manl'énergie et la gràce ne
peuple à qui --- Page 398 ---
07-159
( 364 )
quèrent jamais. Qu'une direction régulière
soit donc imprimée aux esprits; et, dans ces
momens où nous venons d'entendre les derniers éclats de nos longues tempêtes, dans ce
silence des factions et des guerres, tout doit
nous faire présager une nouvelle prospérité
de ce paisible empire des lettres. Le signal
nous en est, pour ainsi dire, donné d'en-haut.
Nous voyons sur le trône, avec la sagesse
qui fait les
grands rois, 2 le talent même qui
fait les littérateurs.
FIN. A AA à -
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A y
- 2
E322
maaid
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