--- Page 1 ---
a --- Page 2 ---
Rh
%
Asoe
Habir Carfer Wrolun
filmary
Brnmt Hniversity
-
a --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- OBSERVATIONS
SURL'ORIGINEET LES PROGRÉS
DU PREJUGÉ
DES 1e COLONS BLANCS
CONT RE
LES H OMME: S DE COULEUR;
Sur les inconvéniens de le pepéuerslaniceuité,
la facilité de le détruire ; sur le projet du
Comité colonial,. ctc.
PAR M. R A YI M O N D,
Homme de couleur de Saint - Domingue.
A PARIS,
(BELIN, libraire, rue Saint-Jacques, près St, Yves;
Cher/DESENNE, libraire, au Palais-Royal;
(BAILLY, libraire, rue St. Honoré, barrière des Sergens;
Etau Bureau du PATRIOTE FRANÇOI, 2 place du' Théâtre Italien,
rue Favart, no, 3.
26 JANVIER
I. --- Page 6 --- --- Page 7 ---
LETT RE
DE: J. P. BRISS OT
A M. RAYMOND.
Tarlu, avec un véritable intérêt, vOS Observations sur l'origine etles progrès du préjugs
des colons blancs contre les kommes de couleur. Je ne. doute point qu'elles ne puissent
être infiniment utiles, pour achever de détromper les membres de l'assemblée nationale, surles fausses idées quel les blancs leur
ont inspirées à T'égard de VOS frères. Vous
devez vous hâter de les publier ; car M.
Barnave nous menace d'une lecture trèsz
prochaine d'un plan très-complet sur l'organsiation générale des colonies. -J'ai de la
peine à croire que l'assemblée nationale
veuille, pour la quatrième fois, adopter,
de confiance, et sans aucune discussion,
les idées de ce préte - nom des colons. Le
masque est tombé, l'homme est connu, et
l'assemblée nationale ne se laissera pas sans
doute entrainer. , avec la même facilité, dans
des mesures funestes; elle se déshonoreroit,
si, étant avertie par les surprises précéden:
a ij --- Page 8 ---
jv
elle cédoit encore une fois à la ruse du
tes,
colonial, qui ne manquera pas de
comité
la veille du déné présenter son rapport, que
part des Alottes.
insigne
avec quelle
Vous rappellez-vous
empéchoit
perfidie M. Moreau deSaint-Méry du décret dn
la discussion et l'ajournement
étoit dans
novembre ? A l'entendre, tout
danger; il 1 n'y avoit pas un mole plus grand letinstructions devoient par.
ment à perdre; ;
Deux mois cepentir sous huit ou dix jours.
dans
dant se, sont écoulés, la Aotte est encore
et les instructions dans le portenos ports ,
feuille du comité colonial.
mais le passé
Jignoreleplan de ce comité;
eton ne doitpoint attendre
peutjugerl'avenine
ou dela perversité.
delumières de Tignorance
balanceer
scitle plan, on ne doit pas
Quel que
discussion.
à Tajournet, sans
on a comMon raisomement est simple ;
Eh!
foule de fautes pour les col 0 nies.
mis une
lss
? parce qu'on n'a vu que par
pourquoi
et des négocians 1 qui ont
yeux des planteurs
suivant leur intérêt.
défiguré tous les objets,
écrit sous leur
Le nouveau plan est encore
dictée. Il faut donc s'en défer.
les coloChercher à ramener la paix dans
nies, à former des assemblées primaires,
a comMon raisomement est simple ;
Eh!
foule de fautes pour les col 0 nies.
mis une
lss
? parce qu'on n'a vu que par
pourquoi
et des négocians 1 qui ont
yeux des planteurs
suivant leur intérêt.
défiguré tous les objets,
écrit sous leur
Le nouveau plan est encore
dictée. Il faut donc s'en défer.
les coloChercher à ramener la paix dans
nies, à former des assemblées primaires, --- Page 9 ---
des municipalités, et une administration CO=
bniale ; en un mot, à exécuter le premier
qu'il soit : tel doit
éécret, quelqu'informe
objet de l'assemblée. Il faut se
etre T'unique
à
borner au provisoire, à ce qui est urgent,
ce qui est nécessaire, et ne point s'occuper
définitivement les colonies, jusd'organiser
ait entendu les mulâtres et
qu'à ce qu'on
toutes les parties par leurs députés, comme
on a entendu les blancs ; jusquà ce que les
négocians et les colons soient plus d'accord,
la discussion ait éclairé leurs intéou que
rêts; jusqu'à ce qu'enfin on ait les rapports
Cette organisation doit
des commissaires.
donc être l'ouvrage de la législature future;
elle
seule avoir les lumières nécespoura
l'on ne se sert que des
saires. Aujourd'hui
Alambeaux de la haine - , du voile des préjugés, et du glaive de la vengeance.
Eh ! puis, quelle confiance avoir dans
un comité composé, en parrie 2 d'hommes
ennemis, par intérêt, de la liberté et des
principes, et dhommes, dont l'ignorance
sont
mathématiet l'impéritie
aujourd'hui
démontrés. ? En se confiant à des
quement
guides aussi infidèles, aussi aveugles Tas.
semblée nationale risque de violer encore
une foule
une fois ses principes, d'égorger --- Page 10 ---
vj
d'honnétes citoyens, de s'aliéneràjamaisies -
1les, et de ruiner le commerce.
On n'a point encore assez de lumières pour
bienjuger des colonies, ,et on a trop de choses
ces lumières. Aussi, le:
à faire, pour acquérir
membres delassemblée nationaleguivoulen:
sincèrement le bien et la vérité, doivent-il:
réjeter avec soin toutes les propositions qu'on
Telleestcelle de statuel
leur faità cet égard.
dans iesIndes
sur le sort de n OS possessions
orientales. A entendre M. Mosneron, elles
dangers. II faut encourent les plus grands
hommes et trésors pourr rèpavoyervaisseaux,
de
rer ; défendre et s'aggrandir, en profitant
la bonne volonté des Indiens.
Systéme absurde et funeste, comme on le démontrera,
cettequestion sera agitée. - Eh ! vivez
quand
point,
en paix avec vOS voisins, n'intriguez
netracassez point, n'ayez] pas la fureurdefaire
de
un rôle dans l'Inde;
les importans,
jouer
commandezdes toiles, payez. lesbien, et vous
indiens,dansl les états
serez aimésces princes
Tor et vividesquels vous ferez circuler
ont-ils
fiérez l'industrie. - Les Américains
des villes fortifiées, des garnisons, nne fotte
militaire dans les Indes orientales ? Non ;
fiottent dans tous
cependant leurs pavillons
floles ports Indiens ; leur commerce est y
rissant.
e;
les importans,
jouer
commandezdes toiles, payez. lesbien, et vous
indiens,dansl les états
serez aimésces princes
Tor et vividesquels vous ferez circuler
ont-ils
fiérez l'industrie. - Les Américains
des villes fortifiées, des garnisons, nne fotte
militaire dans les Indes orientales ? Non ;
fiottent dans tous
cependant leurs pavillons
floles ports Indiens ; leur commerce est y
rissant. --- Page 11 ---
vij
Je reviens à votre ouvrage. Je crois
pourra servir encore à écarter
qu'il
quele comité a, dit-on, arrété, un projet
poser aux hommes
pour en iml'air de
peu éclairés, pour avoir
concilier les intérêts de la
avec la passion des blancs : c'est 'de justice
crire le droit de citoyen actif à
circonsdegré de sang mélé. Vous
un certain
avez très -bien
prouvé l'illusion etl les funestes
de cette idée harbare : elle allumeroit conséquences
les iles trois volcans, au lieu d'un.
dans
le moyen le plns efficace
C'est bien
d'armer les frères
contre les frères, les enfans contre leurs
rens.
paL'assemblée nationale doit être
vers TOUS, ou elle viole
juste enrenverse la constitution ses iprincipes, et
doivent
: les hommes libres
étre TOUS au méme
allume une
niveau, ou l'on
Ses
guerre éternelle dans les iles.
flambeaux brillent déjà; on les doit à une
équivoque des précédens décrets sur le
des mulâtres. Les blancs
sort
lent qued'échafauds,
cependant ne parde gibets. Mais
cette discorde, il est des
si, dans
les blancs; s'il est des rebelles coupables, ce sont
ce sont les blancs. Le brave
aux décrets,
Ogé et ses compagnonsne demandent que justice, et l'exécution des décrets. --- Page 12 ---
riij
Jenesnis si, dans linstruction que M. Baril est un article pour sauver
nave annonce,
des fureurs de la ven*
la vie des insurgens, lavoit oublié, j'espère que
geance; mais s'il
dede T'humanité se levera, pour
quelqu'ami
de France
mander que le seul corps législatif
insurrection, et que les préjuge de cette
lui soient renvoyés; autretendus coupables la haine feroient couler le
ment T'injustice et
Il a déjà coulé; et
sang le plus innocent. forcer les législateurs
ce crime ne doit-il pas le sort de milliers
qui vont prononcer sur
avec une sed'hommes, à lire, à examiner,
votre ouvrage, et ceux quiont
vère attention, faveur des mulâtrés. 1 - Erudiétè publiés en
Qu'ilslisent mémeles pemini qui judicatis.
de vos adversaires,
honteux
tits pamphlets
des Rouveray ;1 ils
des Gouy, des Moreau,
foi, la
serviront à votre cause. La mauvaise
s'y montrent à décou.
perversité, Tignorance,
négocians qui,
vert. Il n'est pas jusqu'aux sentent que votre
maintenant détrompés, ne
la leur, et que les iles ne peuvent
cause est
des hommes libres y
prospéref, tant que
seront opprimés.
ORIGINE
adversaires,
honteux
tits pamphlets
des Rouveray ;1 ils
des Gouy, des Moreau,
foi, la
serviront à votre cause. La mauvaise
s'y montrent à décou.
perversité, Tignorance,
négocians qui,
vert. Il n'est pas jusqu'aux sentent que votre
maintenant détrompés, ne
la leur, et que les iles ne peuvent
cause est
des hommes libres y
prospéref, tant que
seront opprimés.
ORIGINE --- Page 13 ---
ORIGINE
Du préjugé des Blancs contre les hommes
de couleur des colonies.
DEPUis long-temps on agite une grande
question pour nos colonies: savoir si les gens de
couleur libres auront les droits de citoyen actifdansles
colonies.
Les planteurs blancs, qui sont lesaristocrates,
les nobles des colonies, veulent ôter ces droits
inestimablesauxn mulâtres libres, qu'ils détestent,
et qu'ils veulent dégrader. Pour y parvenir, ils
out artificieusement confondu la cause des gens
de couleur avec celle des esclaves; et cette
confusion réfléchie a tellement embrouillé les
idées, sur le véritable état des gens de couleur
libres, que, jusqu'à ce moment s une grande
partie desmembresde l'assemblée nationalen'ont
pas encore des notions bien claires, sur la classe
des gens de couleur libres et propriétaires.
Il est donc essentiel de les éclairer, et de dire
ici, 1°.ce qu'ont été les gens de couleur dans.
leur origine ; 2°. comment ils se sont perpétnés;
et enfin ce qu'ils sont dans le moment actuel..
Un mulâtre estle produit d'un blanc avec une
femme noire,
A --- Page 14 ---
On entend, par gens de couleur
mêlés, le produit des mulâtres
out sangmulâtres avec des
entr'eux ou des
blancs, 2 et de leurs différentes
progénitures.
Dans l'origine de Tétablissement
et au moment oût l'on
descolonies,
des africains
commença à y introduire
pour les cultiver, il n'y
point Olt Presque point de femmes
passoit
des hommes seuls, brûlant du
européennes; :
tune, osoient franchir
desir de faire forvivre dans
les mers et
à
un climat d'autant
s'exposer
qu'ils étoient privés de toutesles plus meurtrier,
s'est depuis procurées.
ressources qu'on
Transportés sur cette terre
inculte, affoiblis parla chaleur étrangère, encore
du climat,
malades, et privés des
souvent
leur porter des
secours qu'auroient pu
épouses de leur couleur
éuropéens s'attachèrent à des femmes
2 ces
quileur rendirent des soins d'autant africaines, o
que, de leur continuation
plus assidus,
leur plus
seule, ellcs attendoient
grande
Ces
récompense 2 leur liberté,
premiers blancs vécurent
comme dans un état de
avec ces femmes
enfans.
mariage ; ils en eurent des
du soin Quelquesuns, de
touchés de la tendresse et
ces femmes, et entrainés
paternel,
par l'amour
épousèrent letirs
rendant libres
esclaves; et en les
par cet acte, ilslegitimoient
encore
plus
seule, ellcs attendoient
grande
Ces
récompense 2 leur liberté,
premiers blancs vécurent
comme dans un état de
avec ces femmes
enfans.
mariage ; ils en eurent des
du soin Quelquesuns, de
touchés de la tendresse et
ces femmes, et entrainés
paternel,
par l'amour
épousèrent letirs
rendant libres
esclaves; et en les
par cet acte, ilslegitimoient
encore --- Page 15 ---
le fruit deleurs amours ou de leurs habitudes
Le plus souvent ils laissoient,
(1).
en mourant, à ces
enfans des posesiomgulazvcient cultivées
D'autres hommes, moins sensibles
(2).
que ces premiers,-P peut. - être plus
enfin
orgueilleux, peut - être
engagés déjà par des liens indissolubles,
se contentèrent d'affranchir les enfans ainsi
la femme qui les avoit mis au
que
monde, et donnèrent à ces enfans des terres et
claves.
quelques esVoilà, dans le premier âge de la colonie,
qu'étoient les gens de couleur libres. Ensuite ils ce
se marièrent entr'eux, et les filles épousèrent
des blancs qui arrivoient de France.
Lorsque la colonie fut un peu plus cultivée
et que le gouvernement
commença às'en occu-
(1) Louis XIV, 2 dans son édit de 168,, ordonnoit même
à un maître d'épouser son esclave,
enfans, s'il n'étoit
lorsqu'il en avoit eu des
déjà marié. (Voyez le CodeNoir.)
(2) Dans ces premiers temps, 2 les terres ne coûtoientrien
on délivroit des concessions à un père sous le nom de ses 3
enfans. Ces possessions étoient les plus belles des colonies et
les plus productives 3 car ces premicrs habitans les avoient
choisics; mais ces mêmes terres sont passées aujourd'hui à
des blancs qui en ont dépossédé les gens de couleur,
une foule d'actes tyranniques,
2 par
A 2 --- Page 16 ---
per, on y fit passer quelques femmes
pour y favoriser la population
blanches
cette époque les vertus de
bianche; mais à
soient ainsi les
ces femmes qui pasmers, paroissoient
pectes,etleurs
plus que susmariages avec les
pas tout le fruit qu'on s'en étoit blancsn'eurent.
blancs leur preféroient des filles promis. Les
de
ceux qui ne prenoient
couleur; et
choisissoient des
pas ce dernier parti, se
femmes parmi leurs
pour soigner leur ménage et leurs
esclaves,
en faisoient leurs
personnes; ils
femmes, sous le titre de ménagére. Des qu'elles avoient des enfans
maitres, elles devenoient
avec leurs
enfans,
libres, ainsi que lenrs
qui étoient toujours élevés
enfans libres. La facilité
comme les
noit alors des
avec laquelle on obteterres
d'en
incultes,lesmettirap portée
donner à chacun de leurs enfans.
Tel a été l'état des gens de couleur libres
second âge de la colonie.
au
Jusques-là on n'avoit point connu le
contre cette classe d'hommes libres. Il prejugé
aucun déshonneur à les
ny avoit
voir, à les
vivre avec eux, à faire des alliances fiéquenter,
avec leurs
filles,et on donnoit aux hommes de couleur des
commissions d'oficiers dans les milices.
C'est vers le milieu du troisième âge de la
colonie que commença le préjugé ; en voici
second âge de la colonie.
au
Jusques-là on n'avoit point connu le
contre cette classe d'hommes libres. Il prejugé
aucun déshonneur à les
ny avoit
voir, à les
vivre avec eux, à faire des alliances fiéquenter,
avec leurs
filles,et on donnoit aux hommes de couleur des
commissions d'oficiers dans les milices.
C'est vers le milieu du troisième âge de la
colonie que commença le préjugé ; en voici --- Page 17 ---
T'origine. Les colonies, un pen avant la guerre de
1744,avoient fixé davantage les yeux de la métropole, parce qu'elles prodnisoient déjà beauconbypoailsoafiediem ;les femmes
même franchirent lesmers en grand nombre,
y chercher la fortune dont elles étoient
pour
dépourvues ; des mères y menèrent leurs filles
les
mharier a de riches colons, Leurs voeux furent pour
sollvent trompés. Comme elles venoient sans fortune, bien des jeunes gens qui passoient dansles
colonies pour y acquérir des richesses, préféroient d'épouser des filles de couleur, qui leur
portoient en dot des terres et des esclaves,
faisoient valoir. Ces
2 qu'ils
préférences commencèrent
à donner de la jalousie aux femmes blanches.
Inde ira.
Ces jalousies se changèrent en haine dans le
troisième âge. On voyoit alors beaucoup de
jeunes gens de familles, et un grand nombre
de cadets de noblesse qui passoient dans les COlonies 5 épouser des filles de couleur. 2 dont les
parens étoient devenus riches (I),et se,t trou-
(I) En 1763, on comptoit plus de trois cents blancs,
dont plusieurs gentilshommes quiavoient épousé des filles de
couleur. Yoyez les Considérations sur Saint - Domingue >
par H. D.
)
A 2 --- Page 18 ---
ver, par ce moyen, aisés età à même
leurs fortunes.
d'augmenter
Telles étoient encore les choses à la fin du
troisième âge des colonies, à Tépoque de
Cette époque ramena dans les colonies 1749.
ques jeunes gens des deux sexes dans la classe queldes hommes de couleur,
avoient
que leurs pères riches
envoyés en France, pour les faire
élever et instruire, Les talens
y
avoient acquis, etleur
d'agrémens qu'ils
fortune, neservirent
leur attirer davantage la
qu'à
leurr
jalousie des blancs. On
voit reprochoitleur leur
origine, parce qu'on ne poureprocher autre chose ; mais à cette
époque encore, des blancs honnètes,n'en
sèrent pas moins ces filles de
épouredoubla la rage des ennemis couleur; ce qui
de cette classe.
Cependant, malgré leurs efforts etle
ils cherchoient à les
mépris dont
couvrir, cette classe
mentoit, aux dépensmême de la
s'augche; et parce que beaucoup de blancs population blande vivre avec des femmes
préféroient
d'épouser des femmes
noires, pluôt que
petit nombre de
blanches, et parce que. le
ces dernières étoit un autre obstacicalapopulationt blanche.Une partiedes enfans
de'couleur qui résultèrent de ces mariages et associations, étoit envoyée en France parleurs
soit pour les faire élever, soit
pères,
pour leur faire
ensmême de la
s'augche; et parce que beaucoup de blancs population blande vivre avec des femmes
préféroient
d'épouser des femmes
noires, pluôt que
petit nombre de
blanches, et parce que. le
ces dernières étoit un autre obstacicalapopulationt blanche.Une partiedes enfans
de'couleur qui résultèrent de ces mariages et associations, étoit envoyée en France parleurs
soit pour les faire élever, soit
pères,
pour leur faire --- Page 19 ---
apprendre des professions analoguesaux facultés
de leurs parens.
La paix de 1749 atira dans les iles
nombre de familles
un grand
blanchesqui adoptèrent
tôt le ressentiment et le
bienblancs
préjugé, que les anciens
commençoient à manifester contre les
de couleur, et que leurs fortuncs
gens
faisoient
croissantes ne
qu'augmenter.
La paix de 1763 luic donna de nouvelles
A cette époque on vit revenir dans les forces.
toute cette jeunesse de couleur,
colonies
unebonne
qui avoit reçu
éducation,dont plusieurs avoientservi
dans la maison du roi (1), et comme officiers
dans différens régimens.
Lestalens, les
qualités, 2 les grâces, et les connoissances que la plupart de ces jeunes
sédoient, et qui faisoient la
gens posde
censure des vices et
Tignorance des blancs des iles, furent la cause
même de T'avilissement oùt on les jetta. Les sots
ne pardonnent pas l'esprit, ni les tyrans la vertu,
(1) A ce sujet 2 Hilliard d'Auberteuil
dans ses considérations
disoit, en 1776,
beaucoup de
> que depuis qu'il passoit en France
jeunes créoles blancs, ilsavoient fait
le préjugé, que les hommes de couleur ne
connoître
tromper sur leur état, et qu'ils n'étoient pouvoient plus
service.
plus reçus au
A 4 --- Page 20 ---
Aux humiliations dont les blancs
jeunesse de couleur, ils
accablèrentcette
des loix
cherchèrent à joindre
oppressives qui
probres, qui étouffassent sanctionnassent ces opdustrie de,
tous les talens et lincette classe.
Avant cette époque, les hommes de couleur
exerçoient l'art de la
à Jacmel,
chirurgie;il y en avoit un
appellé Huguet, qui avoit
cours à Paris, et étoit
fait ses.
dans le même
tres-recherché, Un autre,
à
cas,appelé Descourbes, l'a exercé
Aquin, En avril 1764, on défendit
de couleur d'exercer cet
aux hommes
le
art utile, on en accorda
monopole aux blancs. Il en fut de même
les sages-femmes de couleur.
pour
- Il y avoit, commeje l'ai dit, à
une
gue,
grande quantité de blancs Saint-Dominpersonnes de couleur. On
mariés à des
si
accabla ces blancs de
cruelsimépris, qu'on arrêta subitement
sociations, dictées par la nature des
ces asauroient fait
lieux, et qui
rapidement peupler et
ces iles. Vous observerez
prospérer
marche a di faire
combien une pareille
propager le.
dontlesblancs veulent faire
concubinage 9
réjaillir maintenant)
peine sur les fruitsinnocens
tla
Plusieurs
qui en sont provenus.
filles de
blanesayant eu des enfans avec des
couleur, voulant s'arracher, eux etleurs
enfans > à ce mépris
injuste 2 s'établirent en
ement peupler et
ces iles. Vous observerez
prospérer
marche a di faire
combien une pareille
propager le.
dontlesblancs veulent faire
concubinage 9
réjaillir maintenant)
peine sur les fruitsinnocens
tla
Plusieurs
qui en sont provenus.
filles de
blanesayant eu des enfans avec des
couleur, voulant s'arracher, eux etleurs
enfans > à ce mépris
injuste 2 s'établirent en --- Page 21 ---
France avec elles, et par un nouveaut mariage,
ils légitimèrent leurs enfans. Qu'imagina la jalousie des blancs ? On surprit un arrêt du conlseil,"qui défend ces mariages, même en France,
et depuis, on vit des curés, à Paris, refuser de
marier ici des hommes de couleur avec des
blanches.
Plusieurs blancs, quoique mariés à des femmes
de couleur, 2 avoient été élevés aux charges publiques; plusieurs étoient marguilliers de leurs
paroisses. Mais vers 1762, M. Guérin, habitant
riche de Jacmel, mari d'une femmede couleur,
ayant été élu marguillier de sa paroisse, fut dépossédé de sa charge après quelquesmois d'exercice, par un arrêt du conseil du Port-au-Prince,
qui déclaroit que les blancs, mésalliés, ne pouvoient jouir de cet honneur.
Pendant la guerre de 1755 2 et avant, messieurs Guillaume Labadie, Jacques Bourry, JacquesDelaunay, 2 d'Avesne, et beaucoup d'autres,
avoient des brevêts de capitaine et de lieutenant
des milices : en 1768 on les en dépouilla, quoiqu'ils eussent parfaitementservi en cette qualité,
Ce fut alors. , que la jalousie des blancs contre
les gens de couleur se déploya avec une fureur
dont onn'a pas d'exemple. Cétoitlépoque du rétablissement des milices ; on ne se borne pas à --- Page 22 ---
IO
de
dreshedlenpacitiond
couleur, malgré leurs
d'officiers lesgens
services éclatans. Onvit
sueedlerdceneinintee une foule
qui rencherissoient les
d'ordongances
rannie, autant
unes sur les autres en tydoient
qu'en absurdité, Les unes
aux personnes de couleur de
défenvoiture roulante ;
se servir de
s'habiller à la
une autre leur défendoit de
des mêmes manière des blancs, et de se vêtir
bien Tordonnance étoffes, de porter des bijoux : c'étoit
la plus simpolitique,
détruisoit par-là une
puisqu'on
métropole;
branche de Tindustrie de la
s'égorge
mais la jalousie ne respecte rien
elle-même, Des lettres ministérielles s
fendoient
déblancs
d'enregistrer les titres de noblesse des
qui avoient épousé des femmes de
leur; d'autres défendoient
coupersonnes de couleur
qu'on laissât passer des
enfans,
les
en France, , ni même leurs
roient pour
faire éduquer ; d'autres
déchus du rang des blancs
déclaseroient des femmes de
ceux qui épougnoient aux notaires couleur ; d'autres enjoiet curés de
actes qu'ils feroient
mettre 7 sur les
leur, le mot libre pour les personnes de collils , à leur
2 pour les rappeler, disoientorigine,
d'autres vouloient les quelqu'éloignée qu'elle fit; ;
européen
obliger à quitter le nom
delidiôme qu'elles avoient, pour en prendre un
africain. Enfin,cette fureuri fut poussée
ient des femmes de
ceux qui épougnoient aux notaires couleur ; d'autres enjoiet curés de
actes qu'ils feroient
mettre 7 sur les
leur, le mot libre pour les personnes de collils , à leur
2 pour les rappeler, disoientorigine,
d'autres vouloient les quelqu'éloignée qu'elle fit; ;
européen
obliger à quitter le nom
delidiôme qu'elles avoient, pour en prendre un
africain. Enfin,cette fureuri fut poussée --- Page 23 ---
d'Auberteuil a osé avansée si loin, qu'Hilliard
luiblanc devoit se faire justice
cer 2 qu'un homme de couleur, sans que dans
même d'un
connoisaucun cas la justice pût en prendre
sance (1).
dit-on, tout le monde
Quand un arbre tombe,
branches. Les perits-blancs, sans poscourt aux
faire la loià ces malsession - 2 voulurent aussi
quiétoit
heureux qu'on dégradoit. Lepetit-blanc,
d'un homme de couleur, ne lui éparaux gages
les
les humiliations; ; lesouvriers-blancs'
gnoit pas
les
de conleur n'osoient
pressuroient, et
gens
qui
dans les villes, les petits-blancs,
se plaindre: ouvriers chez les géns de couleur 9 vouétoient
on ne peut se
loient être leurs maitres. Enfin, 2
des humiliations et
faire une idée des vexations,
l'on faisoit éprouver aux perdes injustices que
M.Dennery vint gousounesde couleur. Lorsque
la
après avoir gouverné
verner Saint-Domingue,
d'arrêter"
Martinique, instruit des faits, il résolut
ces actes d'oppression, 2 qui ne pouvoient que
retarderla prospéritéd des colonies; ildonna ordre
des différens quartiers, de
à tous les commandans
les
quise permettroient
faire punir petits-blancs
Considérations sur la colonie de Saint-Domingue,
(1)
discours III des affranchis. C'est
par Hilliard d'Auberteuil 2
les plus étranges.
le discours ou l'on trouve les propositions
faits, il résolut
ces actes d'oppression, 2 qui ne pouvoient que
retarderla prospéritéd des colonies; ildonna ordre
des différens quartiers, de
à tous les commandans
les
quise permettroient
faire punir petits-blancs
Considérations sur la colonie de Saint-Domingue,
(1)
discours III des affranchis. C'est
par Hilliard d'Auberteuil 2
les plus étranges.
le discours ou l'on trouve les propositions --- Page 24 ---
des vexations à Tégard des
Ces ordres ont été
gens de couleur (1).
blancs ont
souvent exécutés. Les
encore été réprimés
petitsverneurs 2 tel que M, de
par d'autres goucette haine contre les
Bellecombe ; et de-là
sans propriété,
sangs-mélés, de ces blancs
sans édutcation, sans
qui a éclaté d'une horrible
mceurs : haine
que, le jour de la
manière, àla Martinieolonies, où l'on Fête-Dieu, et dans les autres
a vu les seuls
poursuivre et
petits - blancs
les
égorger les gens de
accusant de complots
conleur, en
La classe dhommes chimériques.
ellerésistéàun
les plus estimables auroitenchainement
justices aussi bien combiné, d'opprobres et d'inpréjugé a-t-il été
aussi suivi? Aussi le
filles de couleur porté au dernier point, Aussi ces'
libres qui rivalisoient
vant, en honnéteté;l les blanches,
auparapouvoieut épouser des blancs,
parce qu'elles
gées de se prostituer à des
ont-elies été oblielles vivent en
biancs,avec lesquels
des
concubinage. Je parleici de celles
villes;car les gensde
priétaires de terres et
couleur, 2 habitans-progrand nombre)
d'esclaves, (et ils sont en
avilis. Il
ont souffert, et ne se sont
en est de même des
point
dans les villes, des états
mulâtres, qui ont,
et des propriétés.
() Voyez les Considérations sur
dans le Discours III déjà cité.
Saint-Dominguc, dans --- Page 25 ---
n résulte de tout ce que vous venez de lire, 9
que la plus grande partie de la classe des gens
de couleur est née libre, de parens libres, et en
légitime mariage,et que ceux qui sont illégitimes
sont nés de mères libres. Sur la totalité de cette
classe, il n'y en a pas 200 qui aient été véritablement esclaves et affranchis.
Quant aux nègres libres qui sont encore compris dans la classe des gens de couleur libres,
iln n'y en a pas I5oo en tout , et plus des deux
tiers sont nés libres, et les autres affranchis. Ces
faits et ces calculs peuvent aisément se vérifier
par les rôles des milices et les registres des paroisses.
Que résulte-t-il detout ce que je viens d'exposer? Plusienis vérités importantes.
Io. Queles hommes de couleur ne sont point,
comme le répètent éternellement les planteurs. ?
a
des affranchis qui doivent leur liberté aux blancs.
2°. Que le préjugé élevé contr'eux a une origine bien récente 9 puisqu'elle ne date pas de
plus de 30 années.
3°. Que ce préjigé est dû entièrement à la jalousie des femmes blanches, et aux ordonnances
impolitiques et tyranniques 2 par lesquelles on
a, depuis 1768, cherché à avilir les hommes de
conleur.
ternellement les planteurs. ?
a
des affranchis qui doivent leur liberté aux blancs.
2°. Que le préjugé élevé contr'eux a une origine bien récente 9 puisqu'elle ne date pas de
plus de 30 années.
3°. Que ce préjigé est dû entièrement à la jalousie des femmes blanches, et aux ordonnances
impolitiques et tyranniques 2 par lesquelles on
a, depuis 1768, cherché à avilir les hommes de
conleur. --- Page 26 ---
4°. Que d'après ces
truction decep
considérations 2 la desbien difficile préjagénepeut être
2 ni bien
uneinnovarion
ne fera que remettre dangéreuse 2 puisqu'elle
en possession de
les gens de couleur libres
droits, dont ils
y a 30 ans.
jouissoient il
On a donc cherché
reur à T'assemblée dimprimer une fausse terbolition du
nationale, sur les effetsde l'apréjugé,
Mais n'est-ce pas par des
que les colons blancs
mensonges éternels
égarer Tassemblée
sont toujours parvenus à
nationale ?
N'ont-ils pas dit encore
les vices et la
par-tout, 2 pour prouver
paresse des
possesseurs des
mulatres, qu'autrefois
meilleures
avoientvendues: aux
propriétés 2 ils les
tes ?Tandisqu'on blancs, pour payer. leurs detde cette bonté, pourroit citer vingt habitations
extorquées aux mulâtres par mille
injustices, et que réduits à des
ils les ont rendus
terreins stériles,
productifs.
Ils citent, ces blancs, les
mulâtresses, qu'ils
débauches de ces
qu'ils forcent à se corrompent eux-mêmes 2 et
prostituer 2 en défendant
mariage avec les
le
gens de couleur. blancs, et en deshonorant les
Ils citent les crimes des
on les défie
gens de couleur ; et
> en compulsant les
registres de --- Page 27 ---
I5
Saint - Domingue, 2 de prouver qu'on ait condamné un vingtième de mulâtres, comparés avec
les blancs, quoique la justice soit si sévère pour
les premiers, et indulgente pour les autres?
Que les blancs osent citer, parmi les gens de
couleur, 2 des crimes aussi atroces que ceux prcduits par certains blancs! Qu'ils citent une femme
de couleur qui ait approché en scélératesse d'une
Madame Alleaume 2 exécutée pour avoir empoisonné deux de ses maris, et mutilé le troisième!
Ah! M. Dennery avoit bien raison de dire, en
s'indignant des abominations commises par les
blancs, que Saint-Domingue étoit une seconde Sodome, que le feu du ciel devoit devorer.
DEUXIE M E QUESTION
Doit-on accorder les droits de citoyen actif à tous les
gens de couleur libres ; et doit-on les restreindre
à certaines fractions de cette classe ?
On m'assure que le comité colonial
2 cédant
en partie a la vérité, et en partie au préjugé,
doit ? pour concilier tous les partis
7.
poser ce metzo termine > c'est-à-dire, de n'ac- procorder ces droits qu'à ceux quiauroient atteint
it devorer.
DEUXIE M E QUESTION
Doit-on accorder les droits de citoyen actif à tous les
gens de couleur libres ; et doit-on les restreindre
à certaines fractions de cette classe ?
On m'assure que le comité colonial
2 cédant
en partie a la vérité, et en partie au préjugé,
doit ? pour concilier tous les partis
7.
poser ce metzo termine > c'est-à-dire, de n'ac- procorder ces droits qu'à ceux quiauroient atteint --- Page 28 ---
un certain degré de mélange de
confonde avec les blancs,
sang blanc,quiles
derme. Mais
par la couleur de
outre que ce séroit, encore Tépifois, violer le principe de
une
inutile de le démontrer, l'égalité, commeilest
le préjugé,
cette transaction avec
augmenteroir les
les diminuer, seroit la
divisions, loin de
de
source d'une foule d'injustices, haines et de jalousies; d'oi
roit que la prospérité des
résultedée. Entrons dans des
colonies, seroit retardétails.
Pour prouver les inconvéniens de
sure, il est nécessaire de bien
cette meentend
expliquer ce qu'on
par degré de couleur dans les
Le produit du blanc
colonies.
avec une
nomme mulâtre, Et c'est le
négresse, se
Le produit du
premier degré.
le blanc,is
mulâtre, ou premier degré avec
s'appelle quarteron. Et c'est le second
degré.
Le produit du
quarteron, Oll second
avec le blanc, s'appelle
degré,
degré.
tierceron, ou troisième
Le produit du ticrceron ou troisième
avec le blanc, s'appelle
degré,
degré.
metis, ou quatrième
A.ce degré, la couleur de
faitement la même
Tépiderme est
que celle des blancs, les par-,
blancs de la peau. Et dans' ce
plus,
mélange entre ce
même --- Page 29 ---
même degré, leurs produits ne montreront jamais
aucune nuance qui pût faire appercevoir qu'ils
sont nés d'Africains.
Le troisième degré offre bien rarement une
différence dans la couleur de Tépiderme, avec
celle des blancs, et cette différence même est
presque insensible.
Ledeuxième degré Ol quarteron montre plus
de variété. A ce degré, il y a des individus qui
sont aussi biancs que les François les plus blancs,
etles plus bruns sont comme les peuples du midi
de la France les plus bazanés.
On appelle le produit de deux mulâtres, mulâtres francs, et leur couleur est un peu plus
claire que cclle du mulâtre naturel,
On appelle le produir entre les seconds degrés
ou quarterons, quarterons francs; leur couleur
est communément plus claire que celle du quarteron naturel.
Il en est de même du tierceron oll troisième
degré, et du métis ou quatrième degré,
On doane le nom générique de gens de couleur,à tous les mélanges de ces différens degrés.
Maintenant que tous ces degrés sont bien conmus, on doit voir, d'après le préjugé, combien
il doit être rare de voir parvenir au troisième et
quatrième par légitimité; car, pour :
parvenir au -
secorid degré, ouceluide quarteron cn logitimité,
B
de même du tierceron oll troisième
degré, et du métis ou quatrième degré,
On doane le nom générique de gens de couleur,à tous les mélanges de ces différens degrés.
Maintenant que tous ces degrés sont bien conmus, on doit voir, d'après le préjugé, combien
il doit être rare de voir parvenir au troisième et
quatrième par légitimité; car, pour :
parvenir au -
secorid degré, ouceluide quarteron cn logitimité,
B --- Page 30 ---
il ne faut qu'un blanc qui veuille se marier, et
encourir le mépris de ses semblables; aul lieuque
le troisième et quatrième, il en faut deux
pour trois. Or, il est évident qu'on trouvera bien
et
rarement ce nombre de blancs.
Prenons un exemple.Je suppose quilyaitsix
mulâtresses: à épouser, par des blancs pour avoir
des enfans légitimes du second degré. Il faut,
six blancs qui veuillent se mécomme on voit,
sallier. De ces six mariages, il viendra, je suppose,six filles et six garçons ; il faudra encore
six autres blancs qui veuillent se mésallier pour
avoir des tiercerons légitimes, Ol le troisième
degré; et pour arriver aul quatrième degréde couleur et de légitimité, il faudra encore six blancs;
donneroit le nombre de dix-huit blancs.
ce qui réfléchissant à la force du préjugé, voits
Or, en combien il seroit dificile de trouver Ce
concevez
nombre de blancs.
Mais, me dira-t-on, on n'exigera que le degré
sans exiger celui de légitimité. Hé
de couleur,
bien, alors qu'arrivera-t-il?
et éleveriez. les enI°. Vous récompenseriez
vicieux, et
fans illégitimes, de pères et mères
ont violé les moeurs au détriment des enfans
qui
de pères et mères vertuerk ; en sorte
légitimes
vice et puni:
que le lepalsmurnicompemcrales
Toit la yertu, --- Page 31 ---
2°.Cer n'est pas tout encore, Le
par
cette
législateur,p
mesure, éloigneroit du mariage, ct porteroit les flles de conleur au libertinage; cari il est
bien clair qu'une fille, voulant avoir des enfans
quifussent réputés blancs, préféreroit devivre en
concubinageavec un blanc quilui en procurcroit,
que de SC marieravec un homme de couleur, qui
sembleroit la dégrader. Ne seroit-ce pas favoriser
le concubinage au détriment du mariage?
3°.Nous avons Vil quele préjugé, depuis 1764
jusquiajourdhui,avoit, tempéclebesncoupdem
riages entre blancs et filles de couleur, et que cela
avoit engagé une infinité de filles de couleur à
vivre en concubinage avec les blancs : il doit donc
être évident que c'est dans cette classe d'enfansillégitimes de couleur, que se trouveront lesprivilégiés pour le degré de couleur; et alors,
auriez des citoyens actifs sans
vous
famille, avonés et
patrimoine. 2 sans
reconnus, ; et des gens decouleur,ar: premier, au second degré del
unc
légitimité,
ayant
famille, un patrimoine, exclus de ce
titre.
4.Iyal beaucoup d'habitations, dont les
priétaires n'ont jamais été dans les colonies; pro- les
économes, les ouvriers de ces habirations ont
eu des enfans avec.des esclaves, que les maitres
n'ont jamaisvouln vendre à leurs
peres; en sorte
B 2
sans
reconnus, ; et des gens decouleur,ar: premier, au second degré del
unc
légitimité,
ayant
famille, un patrimoine, exclus de ce
titre.
4.Iyal beaucoup d'habitations, dont les
priétaires n'ont jamais été dans les colonies; pro- les
économes, les ouvriers de ces habirations ont
eu des enfans avec.des esclaves, que les maitres
n'ont jamaisvouln vendre à leurs
peres; en sorte
B 2 --- Page 32 ---
esclaves.
cesenfans de cconleursontdemeurds.
que
loix exigeSilyen a qui sont au degré quelles tireriez de I
être citoyens; alors vous
roient pour individu, pour le porter au rangde
T'esclavage un
excluriez de ce droit un père
citoyen, et vous
un propriétaire.
du comité soit adopJe suppose que la mesure la haine, laj jalousie
tée; il en résultera le trouble,
dans les familles.
arrivent au degré oùt il
Un frère et une soeur
qu'une alliance avec un blanc, pour
ie faut plus
citoyens actifs.. Le
avoir des enfans reconnus
épouser une
frère, d'après le préjugé, ne pourra
il épousera donc une fille de couleur,
blanche;
seront germains avec ceux que
et ses enfans, qui
blanc, seront de condition
sa sceur aura eus d'un
obligés de mépriser
différente ; les derniers seront
différence ne
Quels désordres cette
les premiers.
familles!. On demande
porteroit-elle pasdansles
créer
de partage, pour
en France uneloid'égalité familles, et dans les COplus d'union dans les
désuniroit; d'aulonies on en feroit une quiles
sont plus
les distinctions de rang
tant plus que
de fortimne.Lesmeilcruellesque les distinctions
détruire les
leures loix sont celles qui peuvent
haines et faire régher les mceurs. decoulear et de
60, Si vous donnez aui degré --- Page 33 ---
légitimité, joints ensemble, la préférence , et
qu'il failleles réunir tous les deux, jusqu'an second degré; qu'arriveroit.1PLe préjugésnbsistera
toujours pour une nombreuse partie ; car dans
cet état de choses, jamais cenx qui sont en arrière
de ces deux degrés, n'yarriveroient, parce qu'il
ne trouveroit pas des blancs qui voulussent se
mésallier.
7°. Les hommes, sur-tout, d'après le préjugé,
ne pouvant trouverà se marier avecdes blanches,
n'atteindroient jamais le degré de couleur. Il arriveroit encore, d'après cette mesure, que les enfans étant plus proches du degré que leurs mères, 2
les mépriscroient. Or, quels troubles et quels
désordres un pareil mépris des moeurs domestiques occasionneroit dans les familles!
8°. Toutes ces mesures, soit pour le degré de
couleur seul, soit pour le degré de légitimité,
soit les deux ensemble, seroient donc dangereuses, et ne feroient qu'entretenir le préjugé.
9°.1 Il faut le détruire en entier, etlon détruira
la cause de toutes les divisions actuelles. Déclaa
les
ont
rez quetous unpredienilamudehcdosie
droit d'être citoyens actifs; alors beaucoup de
blancs ne répugneront plus à épouser des fillesde
couleur, parce qu'alors ces mariages ne les écarteront pas des places ; alors les filles de couleur
B 3
uses, et ne feroient qu'entretenir le préjugé.
9°.1 Il faut le détruire en entier, etlon détruira
la cause de toutes les divisions actuelles. Déclaa
les
ont
rez quetous unpredienilamudehcdosie
droit d'être citoyens actifs; alors beaucoup de
blancs ne répugneront plus à épouser des fillesde
couleur, parce qu'alors ces mariages ne les écarteront pas des places ; alors les filles de couleur
B 3 --- Page 34 ---
qui n'attendront que de leur vertu, leur alliance
avec les blancs, la pratiqueront. Enfin, ces alliances, devenant communes, peu à peu onsy
accoutumera, , et dans vingt ans, j'ose le prédire, le préjugé sera effacé ; et Si, comme je
n'en doute pas, des filles d'Europe épousent,
dans les colonies, des hommes de couleur,
bientôt les mariages entre blancs purs seront en
petit nombre; et les antiques prétentions qu'ils
pourroient conserver, seront anéanties par Tintérêt général de la majorité, qui tendroit à les
détruire.
Je ne m'appesantirai pas sur les conséquences
heucamngsréshenciende cet état de choses;
elles ont été développées dansplusieurs ouvrages,
et sur-tout dans la lettre de M. Brissot à M. Barnave;. mais je ne puis terminer ces réfexions,
sans proposer quelques questions a aux colons
blancs, qui veulent si lestement nous dépouiller
des droits, qui nous appartiennent au même
titre qu'à enx.
Promidrequestion.
3nr - :
nationale a-t-elle le droit de désbl Lassemblée
créter, comme article constitutionnel, qu'une
classe d'individus; : libres, propriétaires, contribuables, cic.doitebéir, sonsculsmentàdeslix --- Page 35 ---
qu'ils n'auroient pas consentie, mi leurs représentans, mais encore à celles qui seroient faites
par une classe d'indiyidus, ennemis déclarés des
premiers ?
Les colons blancs ont assez montré qu'ils
étoient les ennemis des hommes de couleur libres, etc. et cependant ils sollicitent l'assemblée
nationale pour qu'elle décrète, comme article
constitutionnel, qu'ils pourront eux seuls faire
desloix pour les hommes de couleur libres, pro;
priétaires !
Deuxième question
L'assemblée nationale peut-elle transmettre le
droit de législatrice, qu'elle tient de la nation,
à une partie de la population d'une province,
pour en user envers l'autre partie, sans que
cette première partie de la population dit rester
assujétie aux loix qu'eile feroit pour la seconde?
Les colans blancs demandent à l'assemblée
nationale de leur transmettre le droit d'être seuls
légisiateurs des hommes de couleur libres, propriétaires, 2 contribuables 2 et que ceux-ci soient
assujétis aux loix qui leur seront '
données par les
colons blancs, sans que ceux-ciy soient assujétis,
Troisieme question.
L'assemblée nationale a-t-elle le droit de dé
B 3
ix qu'eile feroit pour la seconde?
Les colans blancs demandent à l'assemblée
nationale de leur transmettre le droit d'être seuls
légisiateurs des hommes de couleur libres, propriétaires, 2 contribuables 2 et que ceux-ci soient
assujétis aux loix qui leur seront '
données par les
colons blancs, sans que ceux-ciy soient assujétis,
Troisieme question.
L'assemblée nationale a-t-elle le droit de dé
B 3 --- Page 36 ---
créter Tétat des personnes de : couleur libres,
propriétaires, contribuables, différemment que
celui des blancs, d'assigner aux premiers une
ligne de démarcation, qu'ils ne sauroient jamais
franchir, et de les priver, par ce moyen, des
avantages de la société?
Les colons blancs demandent cependant à
Tassemblée nationale, qu'une ligne de démarcation-s sépare d'avec eux les hommes de coulleur libres,prop riétaires, contribuables, etc. et
qu'ils ne puissent jouir des mêmes avantages que
les blancs, qui ne sont ni plus libres ni plus
contribuables que les hommes de couleur.
Quatrième question.
L'assemblée nationale 2 comme législatrice 9
des individus à obéirà des
peut-elle, en forçant
loix que ni enx ni leurs représentans n'auroient
consenties, les forcer encore à demeurer dans
un pays, oir C2S loix ne lieroient qu'eux, et ne
péseroient que sur eux?
Si lés colons blâncs sont autorisés à faire
seuls des loix pour les hommes de couleur librès, etc. si ces-loix ne sont obligatoires et ne
alors empêcher
pésent que sur eux, peut-on
leurs
les hommes de couleur d'émigrer avec --- Page 37 ---
fortunes, pour aller chercher ailleurs des loix
plus égales et plus justes?.
Cinquième question.
L'assemblée nationale, comme législatrice 2
peut-elle, sans renvernertoutfondement d'équité,
sans blesser toute justice, faire plus péser la loi
sur certains individus libres, propriétaires, contribuables, etc. que sur d'autres, sous le faux
prétexte que les premiers n'ont pas une origine
aussi distinguée que les autres?
Les colons blancs n'allèguent pas d'autres raisons que celle de la différence d'origine, pour
demander à l'assemblée nationale des loix qui
ne touchent et n'assujétissent que les hommes
de couleur libres, propriétaires, contribuables,
etc. comme les colons blancs:
Sixième question.
Des législateurs qui doivent habiter le pays
pour lequel, ils font des loix, peuvent-ils se
soustraire eux seuls à la totalité des loix qu'ils
feront?.
Si les colons blancs observoient ce qu'ils demandent à l'assemblée nationale, le droit d'être
seuls les législateurs dans les colonies, ils feroient des loix contre les hommes de couleur
les hommes
de couleur libres, propriétaires, contribuables,
etc. comme les colons blancs:
Sixième question.
Des législateurs qui doivent habiter le pays
pour lequel, ils font des loix, peuvent-ils se
soustraire eux seuls à la totalité des loix qu'ils
feront?.
Si les colons blancs observoient ce qu'ils demandent à l'assemblée nationale, le droit d'être
seuls les législateurs dans les colonies, ils feroient des loix contre les hommes de couleur --- Page 38 ---
libres, propriétaires et
tent les colonies,
contribnables, qui habibitent
que la plupart des blancs
pas.
n'haSeptième question.
Quel estle
pouvoir sur la terre
roger le droit de faire des loix
qui peut s'arT'Eternel s'en est abstenu?
injustes, lorsque
Les loix
injustes sont celles
contre les droits de la
qui sont faites
nature, et avec le
desquelles on force ceux,
glaive
faites, dy obéir,
contre qui eiles sont
quoiqu'ils n'aient
suités, et que leurs intérêts
pas été conTelles seroient
soient blessés,
lons blancs
cependant les loix que les co-'
couleur
sollicitent contre les hommes de
libres, propriétaires,
contribuables, etc.
Huitième question.
L'assemblée nationale
et sans renverser
peut-elle, sansi injustice
toute la
de
déclaration des droits
Thomme, décréter qu'tun citoyen
quivasétablirdansles colonies
françois 2
y étredégradéde ses
frangoises,puise
droits, ainsi
en
que ses enfans,
épousmatiesitiméments une
sous le prétéxte
personne néelibre,
son origine d'une que cette personne libre tient
dans
femme qui aura vécu autrefois
T'esclavage ? --- Page 39 ---
Un citoyen françois passe dans les colonies ;
s'il y suborne une fille, s'il vit avec elle dans un
concubinage public, il ne perdaucun des droits
de citoyen françois.
Mais s'il épouse une femme vertucuse 2 s'il
pratique toutes les vertus civiles et morales, s'il
est bon père, bon mari, bon citoyen, s'il fait
bien élever ses enfans, et qu'ils répondent aux
soins qu'il en a pris: ch bien, 2 tout cela ne lempêchera pas d'être dégradé de tous les droits de
citoyen, lui et ses enfans, si la femme qu'il a
épousée, née libre, tire son originsd'unefemme
qui aura été esclave! L'injustice va encore plus
loin ; car, > si les enfans! légitimes de ce premier
mariage, sont encore mariés à des citoyens françois,et qu'ilsaient des enfanslégitimes; eh bien,
cCs enfans, àla seconde génération de légitimité,
quoique François, sont encore 5 ainsi que leurs
pères,flétris parl'opinion, diégradés des droitsde
citoyens 2 et privés de tous les avantages de la
société, quoique riches propriétaires, et contribuables.
Cependant Louis XIV, dans son éditde 1685,
octroyoit aux affranchis, proprement dit,ledroit
de citoyen. 1l faisoit plus ; il obligecit le François, quiavoit abusé de son csclave, del'épouser
etde légitimer ses enfans, s'il n'étoit pas marié;'et
, diégradés des droitsde
citoyens 2 et privés de tous les avantages de la
société, quoique riches propriétaires, et contribuables.
Cependant Louis XIV, dans son éditde 1685,
octroyoit aux affranchis, proprement dit,ledroit
de citoyen. 1l faisoit plus ; il obligecit le François, quiavoit abusé de son csclave, del'épouser
etde légitimer ses enfans, s'il n'étoit pas marié;'et --- Page 40 ---
la femme, devenue libre par le fait du mariage,
étoit élevée à la condition de son mari, ainsi que
ses enfans.
L'assemblée nationale seroit-elle moins juste
qu'un despote P --- Page 41 ---
LETTRE
De M, RAYMOND d J. P. BRISSOT.
A
Lehaard vient de me procurer la lecture d'une
lettre que distribue contre vous P. B. F. Laborde,
quise dit députéà la défunte assemblée générale
de Saint-Domingue.
Ce brave champion laissant à d'autres plumes
le soin de répondre à la lettre que vous avez
publiée contre M. Barnave, et qui reste enccre
sans réponse ; ce brave champion, dis-je,s'est
attaché à travestir et altérer deux faits que vous
ayez cités dans cette lettre, et que je vous ai
fournis moi-même.
Avant de réfuter tous les mensonges et toutes
lesinepties que renferme ce misérable pamphlet,
je dois remarquerladresse des colons 2 qui,n'osant attaquer VOS calculs et vos raisonnemens,
s'attachentà de petits, mais bien petits faits, pour
rendre suspecte T'exactitude de VOS renseignemens, et détruirelimpression que vous avez faite.
Mais cette ruseneleurr réussira pas; et secondant
le zèle que vous mettez à poursuivre ces tyrans
des colonies, je vais prouver la mauvaise foi et --- Page 42 ---
Tignorance que porte P. B. F.
dans le récit de ceS petits détails, Laborde, jusques
GUILAUME, CHARLES et
DIE étoient trois frères. Ils ALEXANDRE LABAbiens aussi considérables n'ont pas hérité de
veut le faire entendre
que P. B, F. Laborde
étoit
par sa lettre. Leur
Béarnois; il fit en mourant
père
par lequel il laissa M.Darmand un testament,
mentaire et légataire universel, exécuteur testanoissant lesintentions du
Celui-ci, conaprès, à Guillaume, Charles défiant, remit, deux ans
toute la
etAlexandre Labadie
succession; et chargea
dic, dont la probité lui étoit
Guillaume Labaà Benjamin Labadie leur connue, de donner,
somme de frente
frère, mineur, 7 une
millelivres à sa
a été exécuté,
mujoritéscequi
Cette succession consistoit
esclaves et de mauvaises
environ en soixante
enfans a eu environ
terres. Ainsi chacun des
ont été partagées. quinze nègres, et les terres
Comment P.B.F.Laborde
les terres dont
ose-t-il avancer que
depuis
Labadic a hérité, ont dû
quarante ans, à quarante fois leur s'élever,
primitive, tandis qu'iln ne doit
valeur
terres que possédoitle vieux bon pasignorer que les
ont si fort perdu deleur
hommelzbedie,
première vaieur, quele
terres. Ainsi chacun des
ont été partagées. quinze nègres, et les terres
Comment P.B.F.Laborde
les terres dont
ose-t-il avancer que
depuis
Labadic a hérité, ont dû
quarante ans, à quarante fois leur s'élever,
primitive, tandis qu'iln ne doit
valeur
terres que possédoitle vieux bon pasignorer que les
ont si fort perdu deleur
hommelzbedie,
première vaieur, quele --- Page 43 ---
quartier ou elles étoient situées est devenu un
désert? P.B. F.Laborde ne peut pas ignorer que,
depuis le grand Haliers jusqu'à la rivière des
Côtes-de-Fer (ce qui fait une distance de six
lieues),iln'y a plus un seul établissement, tant
lasécheresse frappe cette partie de stérilité; dailleurs, elle est totalement privéed'eau douce, qu'il
faut aller chercher jusqu'à deux ou trois lieues.
Guillaume Labadie, après la mort de son
fut obligé,par la séchercsse du quartier, d'aban- père,
donner ces habitations et d'en acheter une à la
coline d'Aquin, de M. Radoux ; habitation sur
laquelle Labadie a toujours resté depuis, sans
avoir vendu ni cédé ses autres terres.
Iya environ dix ans que Labadie voulut es#
sayer de cultiver encore une de ces
située à
habitations,
TEtang-Salé; mais les sécheresses T'y ont
fait renoncer, et il a été contraint d'en faire une
espèce de hâte (endroit destiné à élever des bestiaux), seul moyen de tirer parti de ces terres.
D'après tout cela, il est évident que Labadie
n'a en, de Théritage de son père, qu'environ
quinze nègres et l'habitation de IE'tang - Salé,
Ses autres frères ont eu les autres. Aujourd'hui
Labadie a cent cinquante esclaves appartenant à
lui seul, et beaucoup d'argent
comptant, avec
T'habitation de la Coline, qu'il a acquise de
M Radonx, --- Page 44 ---
Si les frères vivans de Labadie
aussi riches
ne sont pas
à
que lui, c'est qu'ils se sont obstinés
cultiver toujours ces mauvaises
quelles P. B. Laborde
terres, auxprête une si forte valeur.
Tout ce détail dément, d'une
tible,ce que P. B. F. Laborde manière irrésisrance,
avance avec assuque Labadie n'étoit pas aussi intelligent
pourladministrationd desesbiens,
dit dans la note de votre
que vouslavez
Voyons
lettre, 2 page 15.
maintenant sip. B. F.Laborde est
exact dans les autres assertions
plus
La
de sa lettre.
dépense de Labadie, dit-il, ni ses
envers safamille, ni toute autre
bienfaits
considération, n'ont
pu diminuer sa forune.
Labadie, comme je l'ai prouvé, a considérablement augmenté sa fortune, et il n'en a
moins été généreux et bienfaisant
pas
mille et les
envers sa faétrangers, tant blancs que
de couleur.
personnes
Il a abandonné à son beau-frère
nay, les droits
Julien Delauqu'avoit sa femme à la
de leur mère
succession
Avant
commune, madame Vincenenil, *
cela, il avoit payé plusieurs dettes de
bean-frère,, eti ilavoit fait des dons
ce
dérables à deux
assez consineveux et une nièce du
sa femme,
côté de
Quant à son frère Charles Labalie
2 quoique
moins
de couleur.
personnes
Il a abandonné à son beau-frère
nay, les droits
Julien Delauqu'avoit sa femme à la
de leur mère
succession
Avant
commune, madame Vincenenil, *
cela, il avoit payé plusieurs dettes de
bean-frère,, eti ilavoit fait des dons
ce
dérables à deux
assez consineveux et une nièce du
sa femme,
côté de
Quant à son frère Charles Labalie
2 quoique
moins --- Page 45 ---
moins riche que lui, il n'a jamais eu besoin d'aucun secours; mais il n'en a pas été de même de
Benjamin, son cadet 9 auquel il a fait
fois des dons dont il a mal usé,
plusicurs
Et qui peut nier que Labadie n'ait été très-.
charitable envers les pauvres blancs,
et autres ? il y en avoit toujours chez pacotilileurs
B. F. Laborde doit bien le savoir
lui,.et P.
de charité de Labadie l'avoit fait ; cette sorte
surnommer le
père des pacotilleurs.
Quant à ses voisins, hommes de couleur, rien
ne prouve plus le bieri qu'il leur faisoit,
dévotrément
quele
que quinze d'entre euxlui ont montré,lorsqu'ils se sont armés, pour ailerle délivrer
à - Aquin ; lors de T'invasion dès
brigands qui l'ont assassiné
vingt. a cinq
chez lui. D'ailleurs,
P. B, F. Laborde, qui étoit du nombre
dans sa lettre, que quinze mulâtres
2 avoue
mander sai grace; c'est
vinrent denête homme
une preuye que cet honne leur étoit pas indifférent,
Je passe à la dénégation de P.B. F.
sur les connoissances de Labadie. Il Laborde,
être.
dit, et croit
plaisant : que la nature n'a pas mis
la titcerépue de Labadie, les
dans
bire, legénie dé
conmsisueadid-iha
Bufon et lérudition de nos historiens
anciens et. miodernés, etc. Cela est vrai, Maisla
ture a-t-elle mis'le génie etles
naconnoissances de
C --- Page 46 ---
ces grands hommes dans la tête unie et
ple deP. B. F. Laborde P Hélas! !
très-simvaincre du contraire, il
pour se contre, qu'il
ne faut que lire sa letprend cependant grand soin
être de lui,. -
d'affirmer
Sans être égal à tous ces grands
badie a su les entendre, les
hommes, 2 Lales
concevoir, eti même
expliquer 2 et sa tête, quoique
bien mieux
crépue, est
meubidedeconnoisunced
P.B. F. Laborde, etde
quecellede
Pour le
beaucoup d'autres blancs.
prouver 2 voici un moyen que je lui
propose. Je consignerai ici 6ccoliv., P.B.F.Labordeen fera autant, Nous enverrons à Saint-Domingue un homme impartial, et en état
quel est le plus instruit, de Labadie, dejuger
F.Laborde : si c'est le
ou de P. B.
premier, P.B. F. Laborde
perdra son argent, et il appartiendra à
aura fait le voyage; si c'est
celui qui
Laborde
au contraire P.B.F.
2 qui est le plus instruit
sera perdu.Je défe P.B.F.d
s mon argent :
refuse, il est jugé,
d'accepter ce pari. S'il :
Les commissions honorables dont
été
Labadie a
revêtu, prouvent l'idée qu'on avoit de son
intelligence, Labadie a été commissionné de
lieutenant dans la
très-bien
milice;et, en cette
servi dans la guerre de
qualité,
Voulez-veus
1749 et 1757une preuve de cet esprit public
uit
sera perdu.Je défe P.B.F.d
s mon argent :
refuse, il est jugé,
d'accepter ce pari. S'il :
Les commissions honorables dont
été
Labadie a
revêtu, prouvent l'idée qu'on avoit de son
intelligence, Labadie a été commissionné de
lieutenant dans la
très-bien
milice;et, en cette
servi dans la guerre de
qualité,
Voulez-veus
1749 et 1757une preuve de cet esprit public --- Page 47 ---
35.
queP.B. F.I Laborde paroit rcfaser à cet homme
de couleur s si généralement estimé ? En voici
tine. Labadie 9 en 1782, a donné 1OOO livres 2
pour sa part volontaire, de contribution, d'un
vaisseau que la colonie avoit voulu offrir au
roi ; et j'ai les preuves en main 9 que les
personnes de couleur libres, et propriétaires
d'Aquin, ont donné, entré dix-huit, une somme
de près de dix mille livres, pour ce même objet.
Voilà pourtant leshommes que M. Laborde veut
dégrader, et' priver du droit de citoyen.
J'arrive à l'assassinat de Labadie; on dit que
P.B.F.Laborde étoit un des complices : d'après
cela vous ; jugez de l'intérêt qu'ilavoit à dénaturer
les faits; mais ses contradictions mêmes vont les
rétablir.
1,3.
Les cizoyens d' Aquin 2 dit-il, page 6; envoyèrent
chez Labadic desforces suffisantes, poury dissiper un
attroupement de gens de couleur, dont on les avoitin-:
formis., etc.:.
Premièrement, il est faux que Labadie eût une
assemblée chezlui dhommesdecouleur libres : la
suite le prouvera. Mais quand même il eût été
prouvé que des gens de couleur libres et propriétaires se fussent assemblés chez Labadie, pour y
délibérer sur leurs affaires, n'en avoient-ils pasle
C 2 --- Page 48 ---
36.
droit ? Qui avoit celuideles en empêcher ? Les
blancs ne s'assembloient-ils pas? Pourquoi des
hommes libres et propriétaires comme
eussent-ils été empêchés ?
eux,. en,
sur-tout lorsqu'ils
avoient étéinvités parlecomité dusud, ànommer
des électeurs de leur classe, pour aller
connoissance de leurs intérêts
prendre
Mais si Labadie senl étoit respectifs.
quoiles mêmes
soupçonné, pour-,
personnes, avant d'aller chezlui;
ont-elles été 2 au nombre de
Claude Boisrond et chez mon frère, vingt-cing, chez
être absens de leurs habitations? qu'on, savoit,
trouvant pas, ont-elles
Pourquoi, .
neles
lâchement insulté leurs;
épouses, enfoncé toutesles
leurs
POrtes, 3 2 enlevé tous
papiers 7 sous prétexte
i'
d'y chercher ma:
correspondance?
Lisez,
monsieur, 2 attentivement la lettre de
P. B. F. Laborde, page 7, et comparez son récit
avec la relation que jevous ai envoyée, et vous
verrez de quel côté est la vérité."
A minuit on arriva, dit P.B. F.) Laborde,
Labadie, avec vingt-cinqhommess M,
chegi
d la porte qui fait face au nord ; Labadie Gayfiarpa
pas à répondre; M. Gay lui donna sa
ne tarda.
parole
nur que rien ne lui seroitfait. Labadic
d'hon-,
si quelqu'un ouvre sa
répondit, qics
porte, illui briilera la cervelle;
ca.linstant mëme Labadie ouvre Sa porte et couche
minuit on arriva, dit P.B. F.) Laborde,
Labadie, avec vingt-cinqhommess M,
chegi
d la porte qui fait face au nord ; Labadie Gayfiarpa
pas à répondre; M. Gay lui donna sa
ne tarda.
parole
nur que rien ne lui seroitfait. Labadic
d'hon-,
si quelqu'un ouvre sa
répondit, qics
porte, illui briilera la cervelle;
ca.linstant mëme Labadie ouvre Sa porte et couche --- Page 49 ---
erssjoxte M. Gay, etc. et tire son coup de fusil,
Gomment se fait-il que Labadie, qui menace de
brûlerla cervelleau premier quiouvrira sa porte,
T'ouvre lui-même au même instant ; et lorsquil
sait qu'il y a vingt-cinq hommes armés , qui en
veulent à ses jours ? cela peut-il se croire ?
Alors, continue Laborde, M. Gay, gui échappa
à la mort, saisit Labadiesparles cheveuz,
s le terrassa,
I étoit maitre de sa vie, et ilne la lui ravit pas.
Remarquez, et ceci est essentiel, que dès ce
moment, voilà les blancs, maitres de Labadie
et que par conséquent il est mis hors d'état de
rien entreprendre.
Mais ( continue Laborde) les citoyens tirèrent
Str les portes anl sud de la maison, quoique fermée, et en Pair, 2 dans l'intention d'en imposer aux
autres muldtres qui étoient chez Labadie, etc.
Tout ceci n'est-il pas bêtement arrangé,pour
disculper T'assassinat? N'est-il pas plus vraisemblable, comme le dit la relation que je vous ai
remise, que les portes de la maison , forcées et
abattues par les coups de fusils 2 nécessitèrent
Labadie, alors, à sortir, et à faire usage de son
arme pour se défendre; et que c'est à cette époque où il reçutles trois coups de feu, et que son
petit nègre fut tué à ses côtés ?
Car; si ces coupsde fusils n'eussent ététirés,
C 3 --- Page 50 ---
comme ditP.B.F.)
aux mulâtres
Laborde, que pour faire peur
qui étoient chez
:
se sont enfuis, àla faveur
Labadie, Jet qui
Laborde
de la nuit, comme dit
: pourquoi n'a-t-on pu prendre ni
aucun de ces mulâtres?
voir
comment
s'évader, sans être
pouvoient-ils
en rase :
apperçus,d'ume maison isolée
investie campagne 2 lorsque cette maison étoit
de 25 à 30personnes? Quine
leurs, que sous la ligne, età
sait, d'ailnuits sont si
I5 degrés près, les
peu sombres, qu'elles
à une très-grande
laissent voir
tout le
distance? Et, qui ine voit dans
verbiage de
P.B.E.Laborde, un
ment de mensonges
entassegrossiers ? -
Sitôt,
le nom
le petie
dont
dBBE.Iabonte,pur
est Valère, ou petit coquin,
grif,
leverrez, auquelil donne
comme vous
occasion de faire
un nomsale,p pouravoir
une o diatribe, vit
son maitre, ilse
qu'on avoit saisi
présenta avec unfusit et le tira;, mais
lefivilfafausse amorce ; alors les blancs
ée grif; ilfue couché, Labadic
tirèrent sur
reçut trois blessures.
Comment 3 monsieur 2 pouvoir arranger les
personnagesde cette scène, pour faire
ce coup de théâtre P Labadie
concevoir
son petit nègre,
est arrêté et saisi;
pour le venger, veut
ses assassins : il étoit
tirer sur
indubitablement.
cette troupe, etde Labadie
séparé de
: comment se fait-il
ée grif; ilfue couché, Labadic
tirèrent sur
reçut trois blessures.
Comment 3 monsieur 2 pouvoir arranger les
personnagesde cette scène, pour faire
ce coup de théâtre P Labadie
concevoir
son petit nègre,
est arrêté et saisi;
pour le venger, veut
ses assassins : il étoit
tirer sur
indubitablement.
cette troupe, etde Labadie
séparé de
: comment se fait-il --- Page 51 ---
que tandis que les blancs ripostent à ce grif
Labadie reçoit trois coups de feu, lui qui devoit
en être éloigné, puisqu'à ce moment P. B. F.Laborde le dit saisi?
Ah! monsieur, c'est ici oùt l'on sent la nécessité des jurés et le vice d'une procédure écrite
car les témoins, devant les
;
jurés, seroient fort
en peine d'arrangerlap position des
leurs dépositions dans
personnes avec
cette affaire,
Mais au reste, 2 quel trait peut mieux
l'assassinat prémédité, de Labadie,
prouver
fait quelques jours
que celui
avant, de M. Ferrand de
Beandlere, auPetit-Goave? Ce magistrat n'avoit
commis d'autre crime quecelui d'avoir
adresse en faveur
rédigéune
deshommes de couleur
et les blancs lui tranchent la tête.
libres,
la connoissance
Jugez, d'après
que Labadie devoit avoir de ce
fait, s'il devoit croire aux bonnes intentions
brigands
des
quiforçoient sa maison dansles
et si tout ne devoit pas lui faire voir ténèbres,
voiloit ses jours.
qu'on en
Voulez-vous voir, monsieur, combien P.B.F.
Laborde est impartial,
en
inconséquent et toujours
catredictonvclimbne,d lisez la deuxième
et troisième note de la page 8 de sa lettre.
la deuxième note, il fait T'éloge de la brave Dans
duite da mulâtre
conBeuthier, et à la troisième note
C 4 --- Page 52 ---
il veut tourner en ridicule la
attribuez à la classe des
bravoure que vous
mulâtres,a ainsi
Damas, et tous les généraux
que M.de
ces hommes ? Mais
qui ont commandé
je suis d'autant
pris que P. B. F. Laborde
plus survouredeshommes
mette en doute la brade couleur, quefeu son
Lonné, de qui il a hérité, en a fait
oncle,
foisl'expétience à ses
plus d'une
dépens.
SiP.B.F, Laborde avoit pris la
T'article des colonies
peine de lire
françoises, dans le
teur du 14 janvier de cette
monipas été si prompt à
année 3 il n'eût
tourner en dérision la
voure des hommes de couleur
bracet article,
; il eût vu dans
que 400 blancs avoient fui
les mulâtres du sud, et abandonné
devant
de canon - P
trois pièces'
Laborde ne cesse de décrier la bravoure
gensde couleur.Je le crois. C'est dleur
des
MM, Peynier ret Mauduit
aide que
ont dissous l'assemblée
coloniale; ; ce sont eux qui ont sauvé le
Prince etla
Port-auMartinique. P. B. F. Laborde
donc oublié cette vérité
a-t-il
vingt fois avancée
nos adversaires, 9 les blancs même,
les par
lâtres étoient le boulevard le
que
mulonies,
plus sir des CoIl me reste à vous faire connoitre P.
B.F.La-
MM, Peynier ret Mauduit
aide que
ont dissous l'assemblée
coloniale; ; ce sont eux qui ont sauvé le
Prince etla
Port-auMartinique. P. B. F. Laborde
donc oublié cette vérité
a-t-il
vingt fois avancée
nos adversaires, 9 les blancs même,
les par
lâtres étoient le boulevard le
que
mulonies,
plus sir des CoIl me reste à vous faire connoitre P.
B.F.La- --- Page 53 ---
borde qui vous écrit, Vous aurez alors la mesure
du personnage et de la foi qu'on lui doit. Il est
passé fort jeune à
il hérita d'un
oncle
Saint-Domingue;i
qui mourut,
Cet oncle de Laborde avoit
famille environ
gagné avec ma
IOO mille livres, comme MM, les
quatre-vingt-cing disent, que touslesblancs,
ne. sont pas habitans,
qui
9 gagnent de Targent, c'est-àdire, par toutes sortes de voies (1). Lonné,
cadedeladbondesroitiadhet denousune créance
d'environ 24,000 liv. que nous avions sur T'habitation de notre mère, pour environ
Avec cette créarice il
3,000 liv,
trouva moyen de s'impatroniser dans Thabitation de feue ma mère,
femme âgée alors de plus de 65 ans, ne
vant agir, à cause de ses infirmités,
poulaquelle Lonné
5 et avec
nous avoit brouillés par ses
rapports envenimés, pour écarter nos regards
de ses manoeuvres. Pendant deux ans
géré les affaires de ma mère
qu'il a
, et qu'il avoit un
intérêt sur Thabitation 2: il a gagné 40 esclaves.
Mais enfin, ma mère', 2 avertie de tous côtés, et
(:) Voyez l'Examen du Rapport de M. Barnave,
M. Millet ; et l'Observation politique SUT la situation de Saine- Par
Domingue, par M. Depons, --- Page 54 ---
comparant les grands profits de Lonné avec ses
petite moyens, ie chassa."
Cbligéde plaider avec la Vacance,
la succession de cet
pouravoir
oncle, P. B. F. Laborde
vécut pendant ce temps anx dépens de Poinson
homme de couleur, qui lui servoit de
restaplasde
père; il y
delasutccessionde aneApnumeidupdter partie
sononcle,ilrepasae en France,
pour y faire une pacotille avec environ'8oooliv,
Pendan: son séjour à Bordeaux, il fit des dettes
de plus, ge'il n'a point encore payées
dix ans. Un de ses
depuis
curation de
compagnons lui obtint la promadame de la P
couleur ; de retour à
2 femme de
Laborde fut bientôt Saint-Domingue, P. B. F.
dépouillé de cette procuration; alors il retourna chez
Poinson, son bienfaiseur, qui le nourrissoit et le logeoit, et il étoit
journellement avec des personnes de couleur
avec lesquelles il faisoit de petites affaires bien
avantageuses. Vous conviendrez,dapres
quilya plus que de Tingratitude dans scesfaits,
mépris deP. B.F.Laborde
l'insolent
leshommes
envers ses bienfaiteurs,
de couleur.
Il me désigne, dans sa lettre, comme
en parlant de celui
mulâtre,
qui vous a fourni des faits.
Sije l'étois, je n'en rougirois
ame honnête
pas, parce qu'un
en'ajamais à rongir quede mauvaises
Vous conviendrez,dapres
quilya plus que de Tingratitude dans scesfaits,
mépris deP. B.F.Laborde
l'insolent
leshommes
envers ses bienfaiteurs,
de couleur.
Il me désigne, dans sa lettre, comme
en parlant de celui
mulâtre,
qui vous a fourni des faits.
Sije l'étois, je n'en rougirois
ame honnête
pas, parce qu'un
en'ajamais à rongir quede mauvaises --- Page 55 ---
actions ; mais P. B.: F.Laborde doit me connoitre
assez, pour savoir que je suis fils et petit-fils, en
légitime mariage 2 de pères blancs Européens et
habitans de Saint-Domingue, et que je le défie
d'alléguer contre moi aucune action qui puisse
faire rougir un ami de la vertu. -
- P.B. F. Laborde ne veut pas finir sa lettre sans
répéter, poir la millième fois, l'argument bannal des colons: vous 12e connoisser pas ce payslà,
allez dans ce pays la.
A-t-il pu croire que si vous exécutiez ce
conseil, vous abandonnericz les principes qui
vous dirigent, que vous revêtiriez un jour l'ame
de boue, , etlesprit rétreci de certains colons?
il vous connoit peu; car ce' n'est pas avec les
yeux de l'ignorance que vous voyez; ce n'est
pas avec une ame de fer que vous, sentez, et ce
n'est pas enfin, avec un esprit étroit que vous
cherchez la vérité.
P.B.F. Laborde vous conseille de faire un
voyage de trois ans à Sajnt-Domingue, pour y
connoitre la vérité sur les bommes de couleur;
Eh ! bon dieu ! a-t-on besoin d'aller siloin, et
d'un si long temps pour la trouver ? Ne la voiton pas ici, cette vérité , quoiqu'on cherche à
l'obscurcir ? 1°, dans-les mensonges des colons --- Page 56 ---
qui ont osé affirmer au comité de vérification
queles homines de couleur, libres
(1)
2 avoient été
concouru à la
ETtCC
nomination des' dépatés blancs;
lorqu'au contraire l'on vit à
Sénéchal, M.Ferrandde
Saint-Domingre le
avoir rédigé une
Bauditre,assassiné, pour
couleur, libres, pétition en faveur des gens de
qui demandoient, comme
priétaires et tcontribuables, dej jouir des droits procitoyens ;
de
2.DansTasassinaty
qu'on
imemneiedetaboainpere
soupçonnoit qu'il tenoit chez lui des assemblée des gens de couleur
libérer et nommerdes
3 libres, pour déélecteurs pourl les
par invitation du comité de ce lieu;
Cayes,
3°. Dans les intrigues des colons blancs
ourdies ici pour écarter les réclamations
les citoyens de couleur
que
tribuables,
propriétaires, et conadressoient à l'assemblée nationale;
4°. Dans l'adresse coupable que les colons
blancs ont employée, pour faire confondre
lac cause des libres, propriétaires et contribuables,
avec célle de leurs esclaves;
5°. Dans les soins qu'ils ont pris pour faire
(1) MM, les membres du comirérde vérification
vent attester ce fait.
peu-
pour écarter les réclamations
les citoyens de couleur
que
tribuables,
propriétaires, et conadressoient à l'assemblée nationale;
4°. Dans l'adresse coupable que les colons
blancs ont employée, pour faire confondre
lac cause des libres, propriétaires et contribuables,
avec célle de leurs esclaves;
5°. Dans les soins qu'ils ont pris pour faire
(1) MM, les membres du comirérde vérification
vent attester ce fait.
peu- --- Page 57 ---
intercepter, tant ici qu'à Saint-Domingue S tout
ce qui auroit pu donner des, lumières.à l'assemblée nationale; :
6. Dans leurs artifices pour faire rejetter
comme illusoire,l'ofre de 6millions de don.pas a
triotique que les gens de couleur ont faiteà àla
nation., et qu'ils sont prêts a.payer-aux. cdmmissaires que l'assemblée ti nationale nommera
les
pour - 4 d recevoir-( GE).
32 29
7°. Dans le résultat de toutes: ces;
intrigues;
quiont emnsinchacmibleationdo à portertrois
décrets sur les colonies 2 sans que les hommesde
couleur libres et
propriétaires. 2 aient pu se faire
entendre, ni leurs défenseurs ; quoique
dantlassemblée nationale leur eût
cepenpromisauthentiquement, que jamais on ne réclameroit en vain
auprès d'elle, contre des préjugés, etc, ; et dans tous
les rapports qui ont précédé ces décrets, les
discussions n'ont jamais été ouvertes, les colons
blancs seuls ont été consultés.
Enfin, ne la voit-on pas, cette
le silence de M,
vérité, 2 dans
Peynier? M, Peynier vient de
(1) J'ai des lettres, signées de plus de so personnes de
couleur, dc la partic du sud, , qui m'autorisent au nom
dc tous, de renouveller cet offre, et qui sont
à
faire les fonds. Mais, ai-je jamais pu êtrc
préts
entendu ? --- Page 58 ---
J800
Saint-Domingue, il a : dissous T'assemblée coloniale; ila été forcé dermer les gens deconletirs
personnepeurdonner plusde lumières à l'assemblée nationale 3 cependant il est en France , à
Parismême, eciin'est pas entendu, Même obser:
vation pour le dératé dé M. de-Dainas. Envoyé
en France exprès,i1 n'est point enténdu! ceper:
dant, si l'on doit croire ses récits, êt ils nie peitsr
vent pas être suspects, on doitaux gens de cous
leur le salut de la Martinique. --- Page 59 ---
R ÉPONSE
AUX OBSERTATIONS
D'UN HABITANT DES COLONIES,
SUR le Mémoire en faveur des Gens de
couleur, ou fang-mèlés, de Saint-Domingue, & des autres Ifles françoifes
de LAmérique 3 adreffe a PAlemblée
Nationale 2 par M. GRÉGOIRE, Curé
d'Emberménil, Député de Lorraine.
Par M, l'Abbé DE COURNAND. --- Page 60 --- --- Page 61 ---
- à
L05ld
Y2
d
1 : - A -
X --- Page 62 ---
*