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A20c
J
A
S
CATDEO
Jolu Carter Srotor
Librarn
Bromn Ininersitg --- Page 3 --- --- Page 4 ---
-724
(4)
d'ou, malheureusement, il serait possible de conclure,
(a dit M. DE COCHEREL), que ce Décret d'inviolabilité ne serait qu'un Décret d'insolvabilité, ce qui est
assurément contre l'intention du premier moteur de ce
Décret 5 ce qui blesserait infiniment la dignité de
l'Assemblée Nationale..
A Paris, chez CLOUSIER, Imprimeur du ROI,
rue de Sorbonne. --- Page 5 ---
> .
atte moathat a -
mim
Tri
Cajitt WA Sce VSHKEE VALH
OBSERVATIONS,
DE M. DE COCHEREL, Député de SaintDomingue, à PAlemblée Nationale, fir le
Mémoire du Minifire de la Marine, renvoyé
au Comité des Douge.
Stjwois pu monter à la Tribune, & me faire
entendre. 3 je vous aurois dit, Meffieurs, que les trois
caufes principales qui ont occafionné l'infurredtion qui
règne à Saint-Domingue, font :
-
- I". Le defpotifme miniflériel quin'a ceffé d'exercer
dansnos Colonies le pouvoir arbitraire dans ces tems
orageux, 3 même où fon fceptre fe brifoit de toutes
parts avec le fuccès de l'impunité.
2°. LA rigueur des loix prohibitives qu'on a cherché
à maintenir dans un tems de difetre 8 de calamités,
au lieu de céder prudemment à l'empire des circonftances, & d'accorder des fubliftances follicitées infructueufement pendant fix mois confécutifs.
A
Ta --- Page 6 ---
(2)
;*. LES alarmes
répandues 3 de toutes parts,
les Colonies
dans
> par les écrits incendiaires des Amis des
Noirs érigée, pour ainfi dire, en Tribunal dans le
fein même de la Capitale, qui fe glorifie d'avoir
fa tête MM.
à
Necker 3 de la Fayette & de la Rochefoucault, & dont les Membres les plus accrédités
fiégent
parmi vous, Meffieurs. Votre flence à l'égard de
fecte & votre Déclaration des Droits de
cette
IHomme, ont
peut-être auffi exagéré, aux yeux des Propriétaires
Planteurs, les dangers dont ils étoient menacés.
VOILA, fans doute 3 Meffieurs, > les caufes. majeures
qui ont fécondé les germes du mécontentement
général; mais une autre cau'e, plus réelle
vous échappe dans ce moment : vous la peut-étre 3
dans les principes politiques de la rivale de la trouverez
liés aujourd'hui au fjftéme
France,
philofophique de cette
liberté univerfelle, dont l'Angleterre n'a jetté
les
premières bafes, fans vouloir élever l'édifice que
qu'elle
a abandonné à l'efprit imitateur du François.
Ir. n'appartient peut-être
pas 3 Meffieurs, au Député
d'une contrée, ou le dédale de la politique eft méconnu, d'en faifir le fil dirigé par les génies tutélaires de la Nation, 2 mais, , au moins 3 Meffieurs, qu'il
me foit permis de vous foumettre quelques réflexions.
les
premières bafes, fans vouloir élever l'édifice que
qu'elle
a abandonné à l'efprit imitateur du François.
Ir. n'appartient peut-être
pas 3 Meffieurs, au Député
d'une contrée, ou le dédale de la politique eft méconnu, d'en faifir le fil dirigé par les génies tutélaires de la Nation, 2 mais, , au moins 3 Meffieurs, qu'il
me foit permis de vous foumettre quelques réflexions. --- Page 7 ---
% (3)
DEs bruits fe répandent que la Jamaique ne veut
plus reffortir du Parlement d'Angleterre, & qu'elle
prétend n'en reconnoître 9 dorénavant, que le Poi.
POUVEZ-vOUS penfer un feul inftant, Mellieurs,
que la Jamaique, dénuée de toutes forces intérieures
& des moyens de défenfe extérieure, ofit jamais
prononcer une pareille déclaration, fi elle n'étcit
fuggérée par le Parlement lui-même 3 qui ne peut
avoir un autre voeu & d'autres intérêrs que ceux du
miniftère, & fi cette déclaration eft ainfi concertée,
qu'en devez-vous conclure ? Une indépendance, fans
doute, de toutes les Colonies Angloifes & Françaifes
excitée, 3 protégée & foutenue par toutes les forces
de l'Angleterre. Le Prince Williams va partir dit-on,
avec douze vaiffeaux de ligne pour commander- la
ftation des Ifles du Vent; on ajoute qu'il doit fe déclarer le Proteéteur de l'Indépendance des Colonies,
comme notre Monarque l'a été de la nouvelle Angletterre : ce ne font, peut-être, là que des conjectures 3 Meflieurs; mais fi elles étoient fondées, la
caufe des défordres excités dans la Colonie, feulement
parmi quelques Habitans des villes, qui n'ont rien à
perdre, mais tout à gagner dans une révolution, ne
feroit-elie pas. alors clairement manifeflée & pourroita
elle nous laiffer encore des doutes ? Et pourquoi
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(4)
donc M. Charles de
tenues
Lameth, dans une des
aux
Séances
Jacobins, 2 s'eft-il efforcé de la
au contraire, cette caufe dans
trouver 3
les
efpèce d'ariftocratie
principes d'une
fes
(1) établie 3 pour me fervir de
expreffions, entre les grands Blancs &c les
Blancs. Eft-ce encore une
petits
à plaifir, M. de
hydre nouvelle que crée
Lameth, pour fe
de la combattre?
procurer la gloire
Mais, j'ofe lui pronoftiquer
pour cette fois, les efforts de
que,
impuiffans à
fon courage feront
viendra à Saint-Domingue; faire
que jamais il ne pary
difparoitre la différence
entre celui qui poffede & celui
qu'il y a
que jamais il ne réuffira
qui ne poffede pas j
Colons
à confondre aux yeux des
Américains, les nuances des
la différence
couleurs dont
phyfique - 3 morale &
fera
jours la bafe de la
politique
touConflitution d'un
des peuples libres & des
pays habité par
peuples efclaves. Au
je ne demande
refte,
pas a être cru fur parole ; que M.
(*) Iz n'eft pas de pays dans le monde
parfaitement
oi l'égalité foit plus
établic > entre les Blancs, qu'à
M. de Lameth ne
Saint-Domingue.
peut donc entendre par ariftotratie entre
grands & petits
les
Blancs, que la différence qui exifte
fortunes.
entre leurs
'un
des peuples libres & des
pays habité par
peuples efclaves. Au
je ne demande
refte,
pas a être cru fur parole ; que M.
(*) Iz n'eft pas de pays dans le monde
parfaitement
oi l'égalité foit plus
établic > entre les Blancs, qu'à
M. de Lameth ne
Saint-Domingue.
peut donc entendre par ariftotratie entre
grands & petits
les
Blancs, que la différence qui exifte
fortunes.
entre leurs --- Page 9 ---
(5.)
de Lameth fe tranfporte fur fes propriétés immenfes
dont il nous a fouvent parlé & qu'il aille effayer de
prêcher à mes Compatriotes la Religion qu'il eft fi
aifé de profeffer aujourd'hui en France, où on, ne
connoit, oi on ne doit connoitre que la liberté,
M. de Lameth a encore ajouté, dans la même
Séance, que la fciffion des Députés de Saint-Domingue ayec les Colons Américains 2 réfidens à Paris,
avoit entraîné celle de la Colonie avec la Métropole.
Cette idée auroit befoin d'être développée pour être
entendue, car ie vous avouerai, Meffieurs, , que je
ne conçois pas comment, du choc des opinions d'oà
nait néceflairement la lumière, a" pu s'échapper l'étincelle qui a embrâfé nos Colonies; nos difcuffions avec
nos frères de T'Hôtel de Maffiac, n'ont
jamais eu
pour but que le bien général; il eft un pour nous,
il ne peut être divifé, & nos intérêts communs nous
rappellent tous au même principe; d'ailleurs on ne
peut attribuer la fource des défordres actuels à des
motifs fi vagues, fans être forcé de convenir, au
moins, que les Colonies, dont les Députés n'ont
aucun rapport avec les Colons de IHôtel de Malliac;
que les Colonies , qui n'ont pas méme de Députés à
F'Affemblée Nationale, 3 devoient, 3 au moins 3 étre
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(6)
exemptes des troubles qui agitent l'Ile de
mingue : &
Saint-Docependant 3 Meflieurs, vous
s'eft paffé à
favez ce qui
Cayenne, ce qui fe paffe encore à la
Martinique. La fciflion des Colons de
réfidens à Paris, avec leurs
Saint-Domingue,
influer auffi fur les
Députés a-t-elle donc pu
cuflions & oi
Colonies étrangères à leurs difelles font ignorées. Je le
M. de Lameth lui-méme;
demande à
veut-il pas voir la
Eh! pourquoi donc ne
fource du mal oi elle exifte réellement, dans les principes de la fociété des
des Noirs. C'eft cette fecte
Amis
dans toutes
qui a répandu la tetreur
nos Colonies, qui y avoit même
éguifé fes
déjà
poignards ; c'eft cêtte fedte, j'ofe le
qui eft la vraie caufe déterminante
dire,
caufes qui ont
de toutes les autres
s malheureufement, , excité T'infurreétion
qui défole nos Colonies &
l'extinction de
qui ne ceffera que par
cette Religion, auffi funefte
rêts de la France,'
aux intéqu'elle eft meurtrièré aux
Que fes partifans
Colonies,
s'empreffent donc de
&
qu'ils
P'abjurer
s'accufent, eux feuls, aux yeux de Ia
des maux qui
Nation,
affligent notre Patrie ; qu'ils
enfin, 3 de chercher des
ceffent,
coupables oi il n'en exifte
pas 5 le crime n'habite
que dans le coeur de celui
qui veut le mal.
ts de la France,'
aux intéqu'elle eft meurtrièré aux
Que fes partifans
Colonies,
s'empreffent donc de
&
qu'ils
P'abjurer
s'accufent, eux feuls, aux yeux de Ia
des maux qui
Nation,
affligent notre Patrie ; qu'ils
enfin, 3 de chercher des
ceffent,
coupables oi il n'en exifte
pas 5 le crime n'habite
que dans le coeur de celui
qui veut le mal. --- Page 11 ---
(7)
JE m'arréte, Meffieurs J & je vous propofe le
Décret fuivant :
D E C R E T.
ARTICI L E P R E M I E R.
L'ASSEMBLÉE NATIONALE jugeant
qu'elle ne peur
prononcer fur les troubles de l'Ifle
fur les motifs
les
Saint-Domingue, >
qui
ont occafionnés, & fur les
moyens propres à les appaifer,, que
elle n'ait entendu la dénonciation
préalablement
faite à l'Afemblée
Nationale par. M. le Marquis de Gouy
de la
d'Arfy, 3 au nom
Députation de
Saint-Domingue > contre M. le
Comte de la Luzerne, Miniftre del la Marine.
A DECRÈTÉ & décrète
Tajournement de la
du Miniftre de la Marine
plainte
contre l'Affemblée Provinciale de la partie du Nord de
l'époque
Saint-Domingue 3 à
qu'elle fixera pour entendre la dénonciation
de laDéputstion de Samt-Domingue
contre ce Miniftre,
ordonne, néanmoins, que, vu la pofition
oi
fe trouve l'Ifle de
critique
Saint-Domingue, M. le
de l'Affemblée Nationale,
Préfident
3 fe retirera pardevers le Roi.
pour le fupplier d'accueillir les
de fa Colonie
voeux des Habitans
pour le retour de leur vertueux Gou- --- Page 12 ---
(8)
verneur, le Marquis du
Chilleau, dont la
parmi eux eft néceffaire
préfence
pour rétablir l'ordre & la paix.
ARTECLE II.
L'ASSEMBIÉE NATIONALE
fource
reconnoiffant que la
principale des défordres dans les Colonies
vient des alarmes excitées
, proparles maximes
d'une fociété qui s'eft
dangereufes
établie, fous le titre
des Noirs, décrète la diffolution
d'Amis
comme deftrudtive des
de cette Société, 3
la fireté des
principes du Commerce & de
Colonies.
ARTICI E IIL
L'ASSEMBLÉE NATIONALE déclarant
rien fatuer fur les loix
qu'elle ne peut
Colonies,
prohibitives, relatives aux
avant qu'elle ait reçu & entendu leurs
réclamations, , décrète l'ajournement fur la
des loix
queflion
prohibitives, au tems o elle recevra du fein
méme des Colonies Françaifès leurs
manifeftés, fans
voeux légalement
> par cette raifon 3 entendre
à Ia" continuation de la Traite dés Noirs. s'oppofer
A RTICLE IV,
L'ASSEMBLÉE NATIONALE
confidérant la différence
ait reçu & entendu leurs
réclamations, , décrète l'ajournement fur la
des loix
queflion
prohibitives, au tems o elle recevra du fein
méme des Colonies Françaifès leurs
manifeftés, fans
voeux légalement
> par cette raifon 3 entendre
à Ia" continuation de la Traite dés Noirs. s'oppofer
A RTICLE IV,
L'ASSEMBLÉE NATIONALE
confidérant la différence --- Page 13 ---
(9)
abfolue du régime de la France à celui des Colonies,
déclarant , : par cette raifon, que fon Décret des
Droits de I'Homme, ne peut ni ne doit les concerner, décrète qu'iln'y fera pas promulgué fous quelque
prétexte que ce puiffe être; décrète encore qu'elle
reconnait aux Colonies Françaifes le droit de faire
elles-mêmes leur Conftitutions dont l'arrêté fera envoyé
à leurs Députés près l'Affemblée Nationale pour être
préfenté à la fanétion néceflaire.
Nota. Un Arrêté pris par la Députation des trois
Colonies réunies, qui déclaroit formellement que le
projet de Décret du Comité des Douze, étoit plus
convenable aux intérêts des Colonies que celui indiqué
ci-deffus,propofé par M. deCocherel, l'a condamné au
filence qu'ont réclamé d'ailleurs de lui fes Collègues
au nom de la patrie. --- Page 14 ---
A N N a O N
C E
DE M. DE
COCHEREL,
A L'ASSEMBLEE
NATIONALE.
MESSIEURS,
Nos Commettans nous ont chargé.
de vous fupplier de vous
expreffément
& précife fur le fort de expliquer d'une façon claire
leurs Nègres ; ils nous
cent qu'ils regarderont comme une décifion
annon-.
de votre
défavorable
part, 3 un Décret de il n'y a pas lieu à dé
libérer, ou d'un ajournement
ront dans ccs Décrets
quelconque 5 ils ne verfe
qu'un délai au terme od. doit
confommer leur ruine; sils nous écrivent
filence myftérieux les tient dans
que votre
funefte à la fireté
un état d'incertitude
de leurs propriétés & de leur
exiftence; & fi aujourd'hui, Melfieurs,
oi cette grande
queftion vous eft foumife, att lieu de vous
clairement, comme il
expliquer
appartient à des
fages & éclairés, vous
Légiflateurs
vous contentez de décréter
que vous n'entendez pas
A
3 que la Conftitution de la
ftérieux les tient dans
que votre
funefte à la fireté
un état d'incertitude
de leurs propriétés & de leur
exiftence; & fi aujourd'hui, Melfieurs,
oi cette grande
queftion vous eft foumife, att lieu de vous
clairement, comme il
expliquer
appartient à des
fages & éclairés, vous
Légiflateurs
vous contentez de décréter
que vous n'entendez pas
A
3 que la Conftitution de la --- Page 15 ---
(I)
France foit celle des Colonies,
auxquelles vous laiflez
le foin de la faire elles-mémes ; fi vous ne déclarez
pas formellement que votre Déclaration des Droits de
IHomme eit incompatible avec le régime des Colonies, qu'elle n'y eft; pas admiffible & qu'elle n'y fera
pas. promulguée, vous n'aurez rien fait pour les Colonies 3 Meffieurs; elles ne verront dans VOS réticences
que le projet certain d'une perte plus éloignée
que
les circonftances ne vous permettent pas d'effedtuer
aujourd'hui : en conféquence pour raffiurer les Colonies, pour y ramener l'ordre & le calme dont elles
ont befoin, pour les attacher à jamais à la Métropole, je vous propofe le Décret fuivant.
> Csesusinesnwreadiet la différence
>> abfolue du régime de la France, à celui des Co-
>> lonies, déclarant par cette raifon que fon Décret
$> des Droits de I'Homme ne peut ni ne doit les
>> concerner, 3 décrète qu'il n'y fera pas promulgué
>> fous quelque prétexte que ce puiffe être 10 3 décrète
s encore qu'elle reconnaît aux. Colonies Françaifes
s> le droit de faire elles-mêmes leur Conftitution dont
s l'Arrêté fera envoyé à leurs Députés près l'Affemblée
Bo Nationale,pour être préfentée à la fandtion néceffaire. --- Page 16 ---
.784 --- Page 17 ---
113.
PSAIK
a
NANE
wsgide
OBSERVATIONS
DE M. D E COCHEREL, Député de
Sainz-Domingue, 3 à PAfembiée Nationale, fur la demande des Muldtres.
MESSIEURS,
LORSQUE les Députés de St-Domingue
font venus folliciter leur admiffion à
l'Aflemblée Nacionale, ils vous ont annoncé qu'ils étoienitles Repréfentans des
Communes de leur Pays; ils vous ont
déclaré qu'ils n'y connoiffoient point la
diftinétion des ordres ; ils vous ont dit
qu'ils n'en connoifloient qu'un, celui
d'hommes libres; 5 is vous en ont préfenté l'état de population qu'iis ont fait
monter à environ 40 miile hommes ;
vous avez fixé le nombre de leurs DeA --- Page 18 --- --- Page 19 ---
E771
L6sid
1.
Tont
S7fo --- Page 20 ---