--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Aaoc
-
3abir Carter Broiun
Cihrany
Bromi Antuersity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(53)
40. S'il convient à la France de faire le
sacrifice de tous ses avantages, tels que
ceux de son commerce, de son numéraire,
de sa navigation, de sa puissance navale >
pour écouter les conseils d'un zèle plus humain qu'éclairé, etles insinuations suspectes
d'une Nation rivale.
Paris, 9 Juin 1789.
--- Page 5 ---
up pd 100
OBSERVATION
a à
DE M. I CHARTON
HTT
1O)
A L. A MOTIO N
DE M. MOREAU DE SAINT-MERY,
1SM030
2931617 inol asblo2
pomentis
tung anomeisvol
ensb
enonorlaub
MESSIEURS,
sinoios
OC
enolot
re
L'empreffement que vous témoignez pour
téndrelà chaque homme la liberté que lui
avoit donné la nature, part firement d'un
motiftres-louable; mais la bonté du motif
ne garantit pas toujours des fuites fureftes
qu'entraine unedemarcheprdcipiée.je fuis
Citoyén: François; jai eu l'honneur d'être
nommé Ele@teur; c'eft en cette qualité que
je vais vous faire part de mes obfervations
fur la traite des Negres. Si mes idées font
bonnes, fi elles peuvent être de quelqu'utiA --- Page 6 ---
RPJOB
(:)
lité, mes voeux feront au comble, carj'ole bien
protefter que je n'ai pour but que le
To 93200
public.
delal libertéentiere des Negres,
Vous parlez
Meffieurs! mais, darisle. fein duRoystme,
une infinité dindividus,
fous VOS yeux,
fous
doivent tvous être chers, gémiffent
qui
accablant ! Nos Religicnxy SRer nos
un joug font traités plus durement 2 plus
Soldats
plus inhumainement
féverement punis, le font les Noirs dans
déshonorés que ne
031 1V
nos Colonies! Colons; ils vous réponConfultez nos
unanimement que cet efclavage prédront
n'a del réel que le
tendu, qui vous révoite,
habitent
les Negres qui
nom. Interrogez & vous n'en trouverez pas
notre Capitale,
eft infiniun feul qui ne vous répéte quil Maitre Colon,
heureux fous fon
ment plus létoit fous fona premier Maitre
quil ne
finie, les Noirs vont
Africain. La journée
le
-
l'air
plus
à la promenade 2 refpirent de lajournée
fuave, fe délaflent des fatigues 8, le matin, on
dans les bras de TAmour;
rogez & vous n'en trouverez pas
notre Capitale,
eft infiniun feul qui ne vous répéte quil Maitre Colon,
heureux fous fon
ment plus létoit fous fona premier Maitre
quil ne
finie, les Noirs vont
Africain. La journée
le
-
l'air
plus
à la promenade 2 refpirent de lajournée
fuave, fe délaflent des fatigues 8, le matin, on
dans les bras de TAmour; --- Page 7 ---
(3)
lès voit retourner au travail avec gaieré,
Nos Colons feuls ont la peine de les conduire; 8z s'ils en tirent le profit, nous en
profitons aufli bien qu'eux. Nous en avons
plus de trois cens à Paris, qui jouiffent
d'une fortune immenfe ; leur fortune fe
répand fur toutes les branches de Com--
merce, & vivifie le Royaume par fa circulation.
Qu'allez-vous donc faire, Meflieurs?y
penfez-vous? avez-vous réfléchi fur les
conféquences de votre projet? Accorder
une liberté entiere aux Negres, c'eft immanquablement augmenter la dette de
FEtat; c'eft expofer la Nation à une perte
irréparable: perre f bien marquée, qu'une
Nation rivale, auffi jaloufe de voir nos
fucreries furpaffer les fiennes, qu'elle eft
conftamment ennemie de notre gloire, n'a
rien omis pour nous amener à ce point de
délire. Des que la liberté regnera dans nos
Colonies, comme en Europe, l'Angleterre
profitera adenosinconf@quenccs.atirerachez
elle les Blancs & les Noirs; & que devierA 2 --- Page 8 ---
(4)
Meflieurs?Lat faute
drontalors nosfucreries,
faite, il ne fera plus temps de revenir fur
nos pas, La Nation nous rendra comptables
dune bienfaifance défaftreufe. Nos Commettans nous reprocheront, avec juftice,
l'abus d'un pouvoir qui ne nous avoit été
confié que pour rédiger nos Cahiers, fuppimerisa abus 8 nommer nos Députés.
Ce n'eft point affez, Meflieurs, Ah! fi
T'Amérique,
vous connoifliez parfaitement
vous frémitiez à la vue du danger auquel
allez
VOs concitoyens 8 VOS
vous
expofer
l'illuftre
freres ! Si l'article propofé par
Membre, M. Moreau de Saint - Méry 2
vous expofez la
pafle aux Erats-Généraux,
barbare,
Nation à commettre une cruauté
une injuftice criante..
Une cruauté barbare : car, fi vous acAe cordez une liberté entiere aux Negres, à
l'inflant cette efpece ruitre & vindicative
mille Blancs, Et à
va égorget cinquante
le maffacre
qui TEurope reprocheri-t-elle
d'indivus
àla Nation,
de tant
refpeétables?
Meffieurs, & la Narion à vous-mêmes!
énéraux,
barbare,
Nation à commettre une cruauté
une injuftice criante..
Une cruauté barbare : car, fi vous acAe cordez une liberté entiere aux Negres, à
l'inflant cette efpece ruitre & vindicative
mille Blancs, Et à
va égorget cinquante
le maffacre
qui TEurope reprocheri-t-elle
d'indivus
àla Nation,
de tant
refpeétables?
Meffieurs, & la Narion à vous-mêmes! --- Page 9 ---
(5)
Une injuftice criante : nous tenons tous
à nos propriétés, tous nous en réclamons
unanimementles droit pour chaque individu.
Pourquoi donc nos freres Colons feroientils exclus du privilege? Ont-ils ceffé d'être
hommes? Ne font-ilsplus nos concitoyens?
A quel titre donc voulons-nous les priver
dece quileur appartient légitimement
Toucher à leur poffeffion, fans leur rembourfer la valeur de ce qu'ils poffédoient,
c'eft vouloir, de gaieté de coeur, réduire
trente mille familles à la mendicité. Le
pouvons-nous, Meflieurs?.Ne feroit-ce pas
là le comble de l'injuftice & de l'inhumanité Et, malgré tous nos efforts, 2
pourtions-nous les dédommager de la perte
que nous allons leur caufer? Vos deux
Caifles nationales, que vous avez inférées
dans VOS Cahiers, étant adoprées par les
Etats-Généraux., auront peine à acquitter
les dettes contraétées de l'Etat. Comment
donc tireriez-vous de ces deux Caiffes deux
milliards & demi, qu'en bonne juftice vous
êtes obligés de répartir aux Colons, pour --- Page 10 ---
(6)
prix de leurs Negres & de leurs terves?
ferieufement, Meffieurs 1 Si
Penfez-y
l'article
propofépalle, nosficreriestombens
mille Blancs périffent ; trente
cinquante familles font livrées à Phorreur 8 au
mille
ddefpoarabaNatoncatieed efecouvred d'ignominie &c d'opprobre. Plus de Commerce
plus de Marine. Loin de donner
pour nous,
la loi, nous la recevrons ignominieufement
maritimes. Au lieu de tirer
des Puiffances
millons de bénéfice pour notre
quarante
comme il vous a été démontré
Métropole,
Membre des Colonies 2
par T'honorable
8c
le Mémoire
M. le Marquis de Guy, par:
de déde M. Neker, nous ferons obligés
bourfer, année par année, quatre-vinge
millions, tant pour le fucre que pour le
café, qui font maintenant un objet de
premicre néceffité; voilà, par conféquent,
une différence de cent vingt millions par
an dans le revenu, objet bien conféquent,
Meffieurs, dans l'état de crife où fe trouve
la Nation.
fubvenir à la mifere
Mais, voulons-nous
Marquis de Guy, par:
de déde M. Neker, nous ferons obligés
bourfer, année par année, quatre-vinge
millions, tant pour le fucre que pour le
café, qui font maintenant un objet de
premicre néceffité; voilà, par conféquent,
une différence de cent vingt millions par
an dans le revenu, objet bien conféquent,
Meffieurs, dans l'état de crife où fe trouve
la Nation.
fubvenir à la mifere
Mais, voulons-nous --- Page 11 ---
(7)
des Negres? Meffieurs, nous le pouvons, ;
- fans toucher aux propriétés de nos Concitoyensi, &cfans expofer la Nation. Suppliez
dès Erats - Généraux de mettre un frein à
lavidité des Capitaines. Leur cupidité feule
fait lei malheur de ces infortunés. Guidés
par le feul intérêt, quand ils vont à la
traite, ils les entaflent, comme des harengs,
dans leurs vaiffeaux. L'air fe corrompt dans
ces bâtimens par le défaut de circulation
& de renouvellement, & les malheureux
contraétent des maladies de toute efpece.
Que les Etats- Généraux défendent donc
aux Officiers quelconques, fous peine de
punition corporelle & de dégradation, de
tranfporter, dans leurs navires, , plus de
Negres qu'ils ne pourroient y placer de
tonneaux ;2 alors l'air fe raréfiera dans les
bâtimens 5 les Negresy refpireront à l'aife,
& y jouiront d'une fanté parfaite. Nos
Concitoyens colons jouiront de leur propriété, la Nation de fa gloire & de fes
revenus.
mes Concitoyens ! ne nous laiffons --- Page 12 ---
Y - -
(8)
pas induire en erreur! Evitons avec précaution le piege qu'on nous tend avec cest
Nous pouvons nous enrichir par nos Colonies, n'en laiffons donc pas échapper le
moyen! Sur-tout, ne donnons point à une
Nation rivale le cruel plaifir de nous écrafer
un jour ! --- Page 13 ---
a DE
VIVRES
LIBRE -
OU R
MOURIR
DISCOUR S
SUR la nécessité de maintenir le décret rendu
le 23 mai 1791, en faveur des hommes de
cauleur libres, prononcélei2 septembre:79:,
à la séance de la Société des Amis de la
Constitution, 2 séante aux Jacobins.
PAR J.-P. BRISSOT.
Imprimé par ordre de la Société.
MESSIEURS,
QUEL est donc cet acharnement à solliciter
la révocation du déciet rendu le 15 mai, en
faveur des hommes libres de couleur? Est-ce
A --- Page 14 --- --- Page 15 ---
Lusld
V2
- a --- Page 16 ---
a