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R SOJE --- Page 2 ---
Azol
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John Carter Brolmn
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firomn Mnibersitg --- Page 3 --- --- Page 4 ---
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NOUVELLES OBSER VATIONS
SUR SAINT-DO MINGUE,
PAR RALLIER,
Membre du Conseil des Anciens.
Nec odio, nec metu.
Jup publié des observations sur Siint-Domingue à deur époques
différentes de l'an 4, en ventôse et en floréal.
Dans les premicres, je jetois un coup-d'ccil rapide sur l'état oil
se trouvoit alors cette importante colonie, et je Présentois des
vues générales sur les moyens de la faire refleutir.
Dans les sccondes, j'ai traité le même sujet avec plus de développement. J'ai fait sentir le besoin qu'a ce pays de mesures
législatives qui lui soient appropriées, ct j'ai même hasardé d'en
proposer quelques-unes.
Aujourd'hui que Saint-Domingue paroit toucher à un état de
repos que la sagesse peut facilement consolider, mais que la
moindre imprudence pourroit troubler encore ,je me suis scnti de
nouveau teuté de reprendre la plume.
J'ai cependant été retenu d'abord, je l'avoue , par une considération capable de faire sur moi une grande impression,
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CPSCE
(2)
Dans tout ce que j'ai dit jasqu'à présent sur
j'ai pu éviter, j'ai évité
Saint-Domingue 2
soigneusement en effet de faire mention
d'aucun individu; et, n'ayant à parler que des principes ou des
choses, j'ai pu, sans craindre d'offenser
une libre carrièrc.
personne 3 me donner
Mais les circonstances sont telles aujourd'hui, qu'il n'est plus
possible de s'occuper de la situation politique de
sans
Saint-Domingue
nommer, sans juger même quelques hommes doct P'histoire
Particulière se trouve lise inséparablement à celle de cette colonie,
Parler d'hommes qui figurent encore sur la scène du mond:,
qui même y remplissent des rôles éminens, fut en tout temps une
entreprise scabreuse et delicate; mais elle devient en quelque sorte
effrayante quand il est question de suivre ces mêmes homies sur
un théâtre longuement agité par des troubles et par des dissentions
Comment ne pas blesser des intérêts qui se croisent sans cesse :
Comment ne pas heurter tant de pas:ions qui s'entre-choquent a
Comment éviter d'ètre soi-même égaré quelqusfois par les
dont elles s'environnent?
prestiges
Sans autre lumière que des éclairs trompeurs, sans autre guide
que la boussole incertaine et variable de l'esprit de parti, comment ne craindroit-on pas à tout moment de mal placer et Ja
louange et le blâme?
Parmi les hommes qui ont représenté avec éclat dans la révolution de Saint-Domingue, il en est un qui s'est acquis sur-tout
une grande célébrité: mais les opinions sont d'ailleurs fort partagées sur son campte; et s'il est célèbre aux yeux de tous, il
ne l'est pas pour tous dans le même sens. A t-il bii, a-t-ilbrilé
le temple d'Ephère ? A-t-il fait alternativement l'un et l'autre :
C'est sur quoi il seroit peut-être téméraire de prononcer. Ces
hommes extraordinaires sont presque toujours mal jugés par leurs
contemporains, et ne seront bien. appréciés que parla postérité,
M'appartient-il d'ailleurs de juger un homme qui siége maintenant al Corps législatif, et qui, précédemmant investi de la
confiance immédiate di Directoire exécutif, ne seroit peut être
çompiable de sa conduite qu'i lui seul?
l'autre :
C'est sur quoi il seroit peut-être téméraire de prononcer. Ces
hommes extraordinaires sont presque toujours mal jugés par leurs
contemporains, et ne seront bien. appréciés que parla postérité,
M'appartient-il d'ailleurs de juger un homme qui siége maintenant al Corps législatif, et qui, précédemmant investi de la
confiance immédiate di Directoire exécutif, ne seroit peut être
çompiable de sa conduite qu'i lui seul? --- Page 7 ---
(3)
Ebranlé par ces considérations, j'étois presque décidé à garder
le silence..
Mais d'un autre côté Sonthonax a, dans un discours prononcé
à la tribune du Conseil des Cinq Cents ct imprimé, accusé des
hommes qui sont depuis long-temps en grande estime à Saint-Doont concours puissamment à y faire triompher la
mingue 2 qui
à
cause de la liberté, et dans les mains desquels repose encore >
bien des égards,le sort nlté:ieur de cette colonie.
Ces hommes que l'on accyse sont absens : prendre lear défense,
est un acte de jostice et peut-etre même un devoir; s'en dispenser, ce seroit donner un triomphe, au moins apparent, à leurs
ennemis; ce seroit les décourager et les mécontenter cux-mêmes;
ce seroit porter atteinte à la confiance dont ils jouissent , et il
pourroit résulter de tout, cela de fanestes eflcts.
J'ai pesé ces nouvelles considérations, et elles ont vaincu mon
irrésolution. En parlant je puis déplsires.mais en me taisant je
pourrois manquer d'étre utilc : je parlerai.
Nous allons fixer noire altention sur les principzux 2cteurs qui
occupent encore le théàtre politique de Saint Domingue; mais ce
théâtre lui-méme nous est-il parfaitement connu ? avons-I nous bien
présentes à l'esprit les [scènes variées qui s'y sont succédé avec
rapidité, et qui ont amené la situation actuclle :
Plusieurs de ces scènes sont des scènes d'horreur dont on ne
peut s'empécher de détourner les yeux; mais sil'aspect des crimes
allige et surprend l'ami de l'humanité, la connoissance des passions ct des erreurs qui leur ont donné naissance, est l'étude
peut-être Ia plus essenticlle à T'homme public.
Il seroit donc fort à propos qu'avant d'entrer en matière je prés
sentasse un tableau philosophique de la révolution de Saint-Domigue, tableau qui se composeroit moins des événemens euxmêmes que des causes qui les ont produits.
Je sens' l'importance de cette tâche 5 mais oserai-je l'entreprendre ? aurai-je l'ail assez sûr et assez pénétrant, aurai-je une
touche assez ferme et asscz correcte pour bien j'ger 7 pour
bien dessiner et pour mettre à sa juste place chacun des objets
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sentasse un tableau philosophique de la révolution de Saint-Domigue, tableau qui se composeroit moins des événemens euxmêmes que des causes qui les ont produits.
Je sens' l'importance de cette tâche 5 mais oserai-je l'entreprendre ? aurai-je l'ail assez sûr et assez pénétrant, aurai-je une
touche assez ferme et asscz correcte pour bien j'ger 7 pour
bien dessiner et pour mettre à sa juste place chacun des objets
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(4)
eni doivent se rénnir pour former cct intéressant tableau 2 Jesuis
bien éloigné de m'en Aatter.
Mais on s'applaudit quelquefois d'avoir tenté ce que l'on jugeoit
même avec raison être au-dessus de seS forces.
L'ébauche imparfaite que je vais tracer évei.lera peut-être le talent de quelque peintre.
Quand le premier rayon de notre révolution vint à briller sur
Phorizon de Saint-Domingue, les avantages sociaux s'y trouvoient
répartis d'une manière fort inégale entre quatre classes d'habitans,
les grands plunteurs, les petits blancs, les hommes de couleur
libres et les esclaves.
devant le
Cette inégalité ne pouvoit manquer de disparoitre
pouvoir régénérateur qui venoit saper les préjugés, abolir toutes
les distinctions de naissance, et réintégrer les hommes dans la
puissance des droits imprescriptibles de la nature. Il falloit, un
plus tôt ou un peu plus tard, que ces divers élémens qui forpeu moient depuis si long-temps des agrégations séparées et distinctes,
se confondissent enfin pour ne plus faire qu'une masse homogène;
mais il étoit à craindre que cette assimilation ne fat précédée ou
quelque violente détonation. Les bons esprits conceannoncée par
voient cependant que cette refonte, sagement préparée et conduite,
pouvoit s'opérer sans déchirement et sans secousse. Il eût fallu peutêtre pour cela que l'on présentat de bonne heure à tous les yeux,
dans une perspective plus otl moins distante, mais certaine, le
but auquel 011 avoit la ferme intention, mais non pas l'impatience,
d'arriver.
Les différentes classes dont nous venons de parler auroient suivi,
concourir à ce but, une marche sagement graduée 5 et si
pour chacuac avoit, à pas assurés, mais jamais rétrogrades, parcouru
la carrière qui lui eût été tracée, 3 elles auroient toutes cufin
atteint de concert le terme commun, après s'être liées entre elles
sur la route par des rapports nouveanx de confiance et d'utilité
réciproques. La liberté, enfantée sans douleur, auroit bientôt multiplié les
fichesses dont la nature a confié les germes a cette terre féconde;
pour chacuac avoit, à pas assurés, mais jamais rétrogrades, parcouru
la carrière qui lui eût été tracée, 3 elles auroient toutes cufin
atteint de concert le terme commun, après s'être liées entre elles
sur la route par des rapports nouveanx de confiance et d'utilité
réciproques. La liberté, enfantée sans douleur, auroit bientôt multiplié les
fichesses dont la nature a confié les germes a cette terre féconde; --- Page 9 ---
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s'en fit faite entre tous les
et, dans la nouvelle répartition qui
habitans de la colonie, beaucoup auroient gagné,et personne n'auroit perdu.
Mais les choses ne prirent point cette heureuse tournure. Le
but dont nous parlons ne fut point posé, et les grands plânteurs,
excités par un intérêt mal entendu, s'cfforcèrent long,t temps de
lui en substituer un autre.
Les hommes de cette classe avoient le malheur d'être depuis
les enfans gâtés de la colonie. En France même ils
long temps
avoient des distinctions et l'importance que donne la richesse.
S'ils avoieut écouté les conseils de la prudence, ils auroient
renoncé volontairement à une partie de ces avantages, afin de
conserver ct peut-étre même d'améliorer les autres.
Ils avoient de riches propriétés foncières : il étoit juste qu'ils
continuassent d'en jouir; il étoit même très -intéressant pour la
mère-patrie qu'elles fussent maintenues dans une situation Aorissante : mais ils ne pouvoient prétendre de même à éterniser des
jouissances usurpées sur la liberté inaliénable des hommes, ou sur
l'égalité poi itique 1 qui est aussi un. de leurs droits naturels.
Beaucoup de planteurs étoient à-la-fois assez généreux et assez
sages pour se déterminer à des sacrifices, q"i cussent dge glorieux ct même utiles pour eux, s'ils avoient été volontaires.
Mais leur avis ne prévalut pas. La masse la plus irfuente crut
pouvoir maîtriser assez à Saint Domingue la marche de la révolution pour la conduire préci.ément aussi loin que le demandoit
son intérêt, et empécher gu'elle fit un seul pas au-delà.
Naturellement ennemis de toute gène ct de toute contrainte,
les hommes dont noes par'ons voyoient depuis long temps avec
jalousie P'autorité placée dans les mains des agens du gouvernement. Ils crurent que le moment étoit venu d'en attirer à eux
une grande partie, ct is s'estimérent ou assez forts ou assez
hibiles pour s'approprier exclusivement tous les avantages qui
pouvoient résalier d'un nouvel ordre de choses.
Les P emières assemblées coloniales de Saint Domingue, Composées presque cuticrement de grands planteuts, furent tellement
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oient depuis long temps avec
jalousie P'autorité placée dans les mains des agens du gouvernement. Ils crurent que le moment étoit venu d'en attirer à eux
une grande partie, ct is s'estimérent ou assez forts ou assez
hibiles pour s'approprier exclusivement tous les avantages qui
pouvoient résalier d'un nouvel ordre de choses.
Les P emières assemblées coloniales de Saint Domingue, Composées presque cuticrement de grands planteuts, furent tellement
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qu'on les accusa hautement de viser a
inibues de ces principes,
T'indépendance. semblé cependant qu'il y avoit beaucoup d'exaIl m'a toujours
crois
assemblée
gération dans ce reproche. Jc ne
pas qa'aucune rendre indépenle projet de se
coloniale ait eu explic'tement
étoienl ambitieuses sans
dante de la mère-patrie. Ces assemblées
d'autorité, mais
doute clies vouloient attirer à elles beaucoup
non pas toute l'autorité.
de leur côlé, à
Les agens du gouvernement, 3 accoutumés, d'un pouvoir dont les
jouir daus la colonie de Saint-I Domingue
reculoient souvent au gré de leur caprice, prirent
bornes se
de l'ambition des grands planteuis, ct des
beaucoup d'ombrage
pretentions des assemblées colonialcs.
étoient stimulés
ennemis de la révolution, 2 ils
En se montrant
suivoient en mème-temps les inspar leur propre intérêt, ct ils
de la cour de France.
tructions secrètes qu'ils recevoient
doac une lutte très-active entre les grands planteurs
Il s'établit
il est même très-certain que les
et les agens du gouvernement; étoient de beaucoup antérieurs a la réprincipes de cette lutte
degré d'intensité,
volution ; mais elle leur imprima un nouveau
les
l'ambition d'un des partis, ct en excitant inquicen exaltant
tudes de l'autre.
la dissolution de l'assemblée
faut observer au surplus que
- II
fut un violent échec pour ce qu'on apcoloniale de Saint-Marc
peloit le parti de Tindipendance.
it fut
Ce point de ralliement manquant aux glands trois plantents, sectes diffébientôt facile de distinguer parmi eux comme
sentes.
invariablement attachés au systême
Quelques uns demeurèrent
ils continuèrent
de Vassemblée de Saint- Marc;
et aur principes
d'être signalés sous le nom d'indépendans. réussir le
plan qoe leur
désespérant de voir
premier
D'autres,
lcs ennemis d'une réambilion s'éloit tracé, devinrent par degrés
qu'ils s'étoient
n'avoient aimée d'abord que parce
volution qu'ils
tourner à leur avantage. Ils se rapprochèrent
fattés de la faire
et cette alliance,
donc a cct égard des agens du gouvernement;
d'être signalés sous le nom d'indépendans. réussir le
plan qoe leur
désespérant de voir
premier
D'autres,
lcs ennemis d'une réambilion s'éloit tracé, devinrent par degrés
qu'ils s'étoient
n'avoient aimée d'abord que parce
volution qu'ils
tourner à leur avantage. Ils se rapprochèrent
fattés de la faire
et cette alliance,
donc a cct égard des agens du gouvernement; --- Page 11 ---
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qui, dans le principe, peut-être, étoit peu cordiale, se fortifia
ensuite quelquefois par le besoin de se réunir contre des ennemis
communs.
Enfin il se forma un troisième parti, composé d'hommes qui,
n'ayant ni les prétentions exclusives des indépendans, ni l'esprit
contre-révolutionnaire des agens du gouveinement, desiroient fortement l'ordre et l'union 2 demandoicnt que les lois fussent connues
et exécutées, aimoient la révolution, vouloient qu'on en favorisât
la marche, et se sentoient eux - mêmes capables de sacrifier les
plus anciens préjugés au patriotisme et à la philosophic.
Si ce parti avoit été ou plus fort ou mieux protégé, il auroit
auroit
la
civile. Sos
contenu tous les autres, et
empèché guerre
bonnes intentions eussent été pour le gouvernement d'un secours
admirable, si le gouvernement d'alors avoit été lui-mème bien
intentionné.
Mais, par une fatalité vraiment déplorable, les hommes dont
nous parlons, froissés entre tous les partis, méconnus ou trabis
l'autorité, toujours dupes de leur bonne foi, ballottés au milieu
par
souffrirent
des écarts
des plus perfides intrigues,
plus que personne
d'uze révolution dont ils méritoient d'ètre les utiles modérateurs.
D'après ce que nous venons d'exposer, il a été facile d'observer
que la classe des grands planteurs, déja volatilisée en quelque
sorte par l'ancien levain d'une vanitéinquiète, avoitétéla première
à sentir l'impression du soleil révolutionnaire.
Cette même impression fut un peu plus lente, mais beaucoup
plus proforde, sur la classe des hommes de couleur, qui, comprimée pendant long-temps par un préjugé injuste, devoit, selon
les lois de la nature, réagir cn raison de cette compression
même.
La liberté des hommes de couleur avoit jasqu'alors été en quelsoxte illusoire. L'esclavage des noirs lui étoit même préféque rable à quelques égards; car enfin des services mutuels et le lien
même de la propriété attachoient l'esclave à son maitre : l'homme
de couleur, au contraire, n'avoit avec les blancs aucun rapport
utile; il n'en avoit que d'humilians.
Un principe d'équité naturelle, plus profondément gravé dans le
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couleur avoit jasqu'alors été en quelsoxte illusoire. L'esclavage des noirs lui étoit même préféque rable à quelques égards; car enfin des services mutuels et le lien
même de la propriété attachoient l'esclave à son maitre : l'homme
de couleur, au contraire, n'avoit avec les blancs aucun rapport
utile; il n'en avoit que d'humilians.
Un principe d'équité naturelle, plus profondément gravé dans le
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Coear humain que les plus antiques préjugés, crioit
les
de coulcur étoient
que kommes
appelés, aux mêmes termes que tous les autres
Français, à jouir des droits de citoyen.
Ce principe prévalut d'aborde en clfet, et les hommes de couleur
furent admis pendant quelque temps dans les assemblées
Mais bientôt on modifia, on rétracta même cette
publiques.
sorte qu'au lieu d'effacer dans l'ame dcs
concession; de
souvenir de leurs ancicns
hommes de couleur le
lc sentiment
gricfs, on l'envenimnoit au contraire par
cuisant d'une nouvelle injure.
Les hommcs de coulcur firent entendre leurs
mirent de la persévérance dans leurs
plaintes; et s'ils
forcé d'avouer
Jusles réclamations, on est
qu'ils y mirent à-la-fois de la modération, de la
sagesse, de la patience même.
II est certain aussi que leurs portenrs de parole prouvérent
nénalement, par la prudence et la dignité avec lesquelles ils s'énon- gdcèrent 3 combien ils méritoient par leur moralité ce
demandoient au nom de la nature.
qu'ils
Il est plus que probable que les hommes de couleur
jamais avisés de soutenir leurs
ne se fussent
dédains
prétentions à maia armée, si par des
effectés et constans, 2 si même par des procédés violens et
injustes, on ne les aveit pas, comme malgré
à
extrémité,
eux, poussés cette
Il est sur-tout bien malheureux que l'on n'ait pas exécuté
fidèlement lcs concordats qui furent faits
plus
il
avec eux à différentes
époques; est tout naturel que la bonne foi souvent
se
convertissc à la fin en une défiance ombrageuse.
trompée
Quels hommes seront excmpts de reproches, si, après Ics avoir
aigris par de longues insultes, rebutés
voqués par des cruautés
par d'injustes refus, pro-
abusés par de fzusscs
poussés à bout par le déserpoir, on ne s'en prend finalement promesses,
eux des suites d'une réaction
qu'à
qu'on aura rendue incvitable, si on
(1) On' ne parle depuis long. temps que de punir avec sévérité des excès
impute exclusivement aux hommes de couleur. Mais at. on
que lon
triers d'ogé, de Desbaudières, &cc. : Ab!
fait justice des meurnons aussi, s'il le faut, quelque chose Fardonnons à ceux-ci; mais pardond'être juste aussitô: que l'on devient
aux aucres. Dans sous les cas on cesse
partial.
qu'à
qu'on aura rendue incvitable, si on
(1) On' ne parle depuis long. temps que de punir avec sévérité des excès
impute exclusivement aux hommes de couleur. Mais at. on
que lon
triers d'ogé, de Desbaudières, &cc. : Ab!
fait justice des meurnons aussi, s'il le faut, quelque chose Fardonnons à ceux-ci; mais pardond'être juste aussitô: que l'on devient
aux aucres. Dans sous les cas on cesse
partial. --- Page 13 ---
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s'obstine à ne vouloir juger de leurs dispositions habituelles que
par l'état violent et forcé aaquel on aura porté leurs ames ?
Ah!. que l'on fasse envers les hommes de couleur l'essai de
meilleurs principes ; que l'on s'altache a leur faire cublierle passé;
que par des procédés généreux et francs on bannisse peu-à peu
de leors ames toute céfiunce et toute inquiétude : alors on connoîtra leur vértiable caractère; alors on apprendra si ces hommes
sont naturellement fcroces, intraitables et perfides.
Parlons maintenant de cette classe intéressante et nombreuse que
l'on a désignée sous/ différens noms, tels que ceux de noirs, de
cultivateurs, de nouveaux libres, ou de ci devant esclaves.
Cette masse, sur. laquelle l'astre puissant de la liberté devoit finir
par avoir l'action la i lus forte , S mbla 3 par cette raison-là même
peut-étre, se laisser pénétrer plus lentemeit par ses rayons ; clle
demeura pendant quelque temps comme inerte et passive.
- Crpendant le noir n'igroroit pas la liberté: il l'avoit vue quelquefois arriver ju qu'a lui par des concessions individuelles, et le
scntiment de Ses précieux avantages pouvoit être un peu émoussé
dans son caur ; mais il n'y étoir-pas, à beancoup pres, oblitéré.
Je suis néanmoins convaincu qu'il ne fut jamais tombé dans l'esprit des noirs de conquérir leur liberté par la force,si en la leur
montrant dans une perspective même éioignée, on leur avoit donné
une espérance certaine de l'obtenir.
Je nc doute pas qu'ils ne l'eussent attenduc avec patience ; mais
quand ils virent qu'on ne les payoit ni en réalité ni en espérances,
ils conçurent des inquictudes. L'impatience leur succéda bientôt;
et il ne faut pas s'étonner si ure fois armés ils voulurent atteindre
par l voie la plus courte ce mème but vers lequel ils n'eusent pas
fait difficulté, dans le principe, de se laisser conduire par un chemin plus long ct plus doux.
On est même fo:cé de reconnoitre que lorsque les noirs commencèrent à s'insurger,isy furent déterminés plutôt par des suggestions étrangeres que par rn élan spontané vers la liberté.
Ceux qui leur mirent les armes à la main leur présentèrent bies
l'appât de la liberté-pour les exciter; mais ils étoient ponssés eecrètement cux-mémes par des intéréts bien différens. Ils vouloient,
conduire par un chemin plus long ct plus doux.
On est même fo:cé de reconnoitre que lorsque les noirs commencèrent à s'insurger,isy furent déterminés plutôt par des suggestions étrangeres que par rn élan spontané vers la liberté.
Ceux qui leur mirent les armes à la main leur présentèrent bies
l'appât de la liberté-pour les exciter; mais ils étoient ponssés eecrètement cux-mémes par des intéréts bien différens. Ils vouloient, --- Page 14 ---
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de cette force auxiliaire, donner de l'ascendant à l'un des
partis, moyen cu bien les affoiblir tous en les mettant aux prises les uns
contre les autres. Peut être même qu'animés de vues encore plus
ils cherchoient à jeter de la défaveur sur la cause de
perfides,
lui faisant
des troubles dont ils étoient cuxla hiberté, cn
imputer
mêmes les véritables instigateurs.
Ils comptoient, par ce marége, accréditer des mesures rigousous la dictée apparente de la nécessité,
reuses, ou provoquer,
le rappel de l'ancien régime.
les hommes de couleur libres, et les noirs esclaves s
Quoique
du même
ils tendoient cependant les uns
ne partissent pas
point,
eux tous
et les autres au même but, et il et été avaniagcux pour
de faire cause commune et de réunir leurs efforts. Mais cette
réunion fut contrariée pat des causes qu'il est facile d'indiquer et
de sentir.
l'intérêt n'eussent
établi entre
1°. Quoique les préjugés et
pas
les hommes de couleur et les noirs une barrière semblable à celles
avoient élevées entre ces deux' classes et celle des blancs,
qu'ils
établi une. Il falloit quelque philosophic
cependant ils en avoicnt
la renverser, et il n'y avoit nulle part à Saint : Domingue
pour
beaucoup de philosophie.
couleur et
2°. Une intelligence parfaite entre les hommes de
les noirs auroit trop déconcerté les vues des désorganisateurs,
fissent
une étude particulière de tous les moy ens
pour qu'ils nc
pas
avec art la défiance, la jalousie, les
de la troubler. Ils scmeient
dissentions et les vengeances.
n'avoient
3°. Peut-être aussi que les hommes de couleur
pas
lcs noirs qu'ils laissoient en partant bien loin derrière
prévu que
les talens extraordinaires et les rares
eux, se trouveroient, par
en état de les
de
vertus de quelques-uns de leurs chefs,
regagner
vitesse,t de marcher de front avec eux dans la carrière de la
liberté.
extrèmement heureux qu'un parfait et
Il eit été, selon moi,
de couleur et les
constant accord cit cxisté entre les hommes
noirs; si cela seul n'eit pas suffi pour empécher la guerre civile, > il est certain du moins qu'elle en fût devenuc, moins
les rares
eux, se trouveroient, par
en état de les
de
vertus de quelques-uns de leurs chefs,
regagner
vitesse,t de marcher de front avec eux dans la carrière de la
liberté.
extrèmement heureux qu'un parfait et
Il eit été, selon moi,
de couleur et les
constant accord cit cxisté entre les hommes
noirs; si cela seul n'eit pas suffi pour empécher la guerre civile, > il est certain du moins qu'elle en fût devenuc, moins --- Page 15 ---
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cruelle, moins désastreuse, moins générale, moins inaccessible aux
moyens de conciliation. Au lieu que la discorde et la coupable
intrigue 9 multipliant ct variant sans ccsse leurs combinaisons
entre trois couleurs rivales qu'elles affectoient quelquefois de
réunir deux à deux Par des rapprochemens passagers ou particls,
couvrirent rapidement la colonie de tous les Aléaux qu'clles sont
capables d'enfanter pour lc malheur et pour la destruction des
bommes.
Jc n'ai rien dit encore de la part que prit, duns ces divisions,
la classe des petits-blancs, que j'ai cru cependant devoir comprendre au nombre de celles que l'on distinguoit à Saint-Domingue, et qui remplissoit dans la population blanche une place
assez considérable.
Cette classe n'a point formé pendant les troubles, ni un parti isolé
des auires, ni une corporation parfaitement distincte 5 les homnes
dont elle se composoit, agissoient rarement ensemble ; mais chacun
se laissant conduire par son intérêt momentané et individucl,
ou n'embrassoit aucun parti, ou n'étoit point déterminé par la
couleur dans le choix,de celuiqu'il croyoit devoir favoriser, de sorte
qu'ilse trouvoit de ces hommes par-tout, sans qu'ils cussent nulle
part des enscignes qui leur fussent particulières.
Cette classe ne laisse pas cependant d'étre intéressante sous plusieurs aspects.
1°. C'est précisément parce qu'ele s'est trouvée avoir des relations
plus ou moinsi intimesavec chacune de cellesquise faisoier :la
c'est
guerre, s
parce qu'elle est encore en quelque sorte disséminée entre
elles toutes, qu'elle peut, en qualité de lien commun, contribuer
tres-eficacement au rétablissement de la concorde générale ; il est
même juste et essentiel d'observer que beaucoup d'individus qui
appartiennent à cette classe, ont toujours adhéré aux principes de
cette portion saine des planteurs dont j'ai eu occasion de parler il
y a peu d'insians.
2°, La classe des petits-blancs, renfermant des hommes laborieux,
est eppeléeadonmer, coscurremmentavee les deux autres, un exemple
précicux, celui d'hommes de toutes les couleurs, qui, confondus
il est
même juste et essentiel d'observer que beaucoup d'individus qui
appartiennent à cette classe, ont toujours adhéré aux principes de
cette portion saine des planteurs dont j'ai eu occasion de parler il
y a peu d'insians.
2°, La classe des petits-blancs, renfermant des hommes laborieux,
est eppeléeadonmer, coscurremmentavee les deux autres, un exemple
précicux, celui d'hommes de toutes les couleurs, qui, confondus --- Page 16 ---
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ensemble, se dévoucront, à l'envi, à des travaux utiles, etsur-toutk
ceux de l'agriculture.
Mais, dans ce que nous avons à dire désormais, la classe des
pe:its-blancs ne devant point jouer un rôle qui n'appartienne qu'z
elle seule, je cesserai de la désigner SOUS ce nom collectif, et je
ne conserverai de dénominations distinctes que pour trois classes,
celle des blancs, celle des hommes de couleur, et celle des
noirs.
Les agens du gouvernement auroient pu, par une conduite sage 9
prévoyante et ferme, préveair l'horrible division quis'établit entre
ces trois classes.
Après même qu'eile eut éclaté, ils auroient pu l'appaiser encore, s'ils avoient été animés et conduits par un desir sincère d'opérerune réconciliation.
Ilfalloit, je ne saurois trop le répéter, prévoir de bonne heurele
but vers lequel on devoit, bongré, malgré soi, être entrainé par Ia
force des événemens; il falloit vouloir ce but et le faire vouloir
aux autres. Hi falloit le présenter à tousles partis comme un point
de ralliement aussi nécessaire que raisonnable, et travailler sans
relâche à applanir, à adoucir les chemins qui devoient y conduire.
Concilier les nouyeaux droits de deux classes avec l'intérêt de
toutes étoit le grand problème à résoadre, et les agens du gouvernement, avoient cotre les mains toutes les données qui pouvoiënt en faciliter la so'u.i ion.
Ils de oient s'établir comme intermédiaires entre les habiians
de toutes les couleurs et le Corps légr-latif de France.
C'étoit à eux de transmettre les plaintes ct les réclamations de
chacun, de proposer des plans ut'les, d'indiquer les lois exigécs.
par les circonstances, et d'en solliciter l'émission.
Ils avoient à combattre, , je le sais, des passions ardentes et d'opiniâtres pré,ugés 3 mais ils avoient aussi des armes puissantes à
lcur opposer, ct les plus sêres de toutes étoient une patience infasigable, une sévère impartialité et une inviolable franchise.La con"
ations de
chacun, de proposer des plans ut'les, d'indiquer les lois exigécs.
par les circonstances, et d'en solliciter l'émission.
Ils avoient à combattre, , je le sais, des passions ardentes et d'opiniâtres pré,ugés 3 mais ils avoient aussi des armes puissantes à
lcur opposer, ct les plus sêres de toutes étoient une patience infasigable, une sévère impartialité et une inviolable franchise.La con" --- Page 17 ---
(13)
duite des agens de l'ancien goavernement fut-elle toujours" basée
sur ces principes ?
On répond avec regret, maissins hésiter, que non.
Sentant que leur autorité étoit de jour en jour moins respectée,
que chaque parti cherchoit a les entrainer dans son tourbillon, et
qu'aucun n'avoit en cux une véritable confance, ils eurent recours
aux armes des foibles, à l'intrigue et à la dissimulation.
Attachés ostensiblemeat à un Parti, qui les maîtrisoit même peutêtre plutôt qu'ils ne savoientle diriger, ils. favorisoients secretemeat les
autres, et en les trahiss.nt, enles servant tour-à-tour, ils cherchoient
à se ménager auprès de tcus une odieuse inflien e : ainsi, bien
loin de réconcilier les différente couleurs, ils leurs fournissoient au
contraire les moyens de s'ertre-détruire.
Ils s'établissoient entre elles comme un perfide modérateur, non
pas pour appaiser leurs querelles, mais pour balancer leurs efforts
respectifs, et pour sauver, a l'abri de leur division même, les restes
d'une désastreuse autoritéIl n'est peut-être rien d'aussi déplorable en politique
de voir
des hommes appelés, par d'honorables fonctions, à maintenir que
tout l'ordre et la concorde, adopter cet affreux systèmne de dissi- parmulation.
Iln'est rien qui soit aussi pasfisiementdoumeifde la
du zele, du patriotisme et des verlus.
confance,
Quels doivent étre, en effet, l'embarras, le découragement et le
désespoir des homes probes et énergiques,
une
loriqu'appereevant
contradiction manifeste entre la conduite pullique dur
vernement et ses principes secrets, ils ne sayent plus dans gousens ils doivent marcher! Ils se trouvent, à tous
quel
à obéir ou à commander à des traitres, et à voir momens, une exposés
une ténébrense confusion se répandre à la fois sur la carrière gliçante des >
talens et sur celle des devoirs.
Le temps pendant lequel ce funeste systême parut prévaloir a
Siint-Domingue, est sans contredit la péciode la plus malheureuse
de son histoire; c'est celle qui fut sur-tout marquée Par les incendies, les brigandages et les assassinats.
Enfin, s le 19 septembre 1792, les commissaires civils, Son-
momens, une exposés
une ténébrense confusion se répandre à la fois sur la carrière gliçante des >
talens et sur celle des devoirs.
Le temps pendant lequel ce funeste systême parut prévaloir a
Siint-Domingue, est sans contredit la péciode la plus malheureuse
de son histoire; c'est celle qui fut sur-tout marquée Par les incendies, les brigandages et les assassinats.
Enfin, s le 19 septembre 1792, les commissaires civils, Son- --- Page 18 ---
(14)
thonax et Polverel, arrivèrent au Cap,et Icur présence ft espérer
un meilleur ordre de choses. On dut croire sur-tout à un changement de principes quand on vit cmbarquer pour France le gouverneur Blanchelande.
Efectivement, à partir de cette époque, des principes plus
francs, plus décidés, semblèrent d'abord prévaloir 3 et il en résulta aussitôt d'heureux effcts.
Les noirs insurgés de la partie du Nord revinrent en grand
nombre sur leurs habitations respectives; ct tous seroient successivement rentrés dans l'ordre, si on avoit toujours agi daos le
même sens, et si, à mesure que les noirs posoient les armes,
on les etit protégés contre le ressentiment de ceux qui persistoient
encorc dans leur rebellion.,
Mais, par une fatalité aissi afligeante que singulière, on vit
bientôt lcs commissaires civils changer, a leur tour, absolument
de systême; regreter, en quelque sortc 7 la facilité avec laquelle
ils avoient commencé à pacifier la plaine du Nord; suspendre sans
nécessité des opérations qui avoient eu déja un grand succès 3
reprendre les mémes erremens qui avoient été suivis pendant si
l'ancien
; donner
long - temps par Jes agens de
gouvernement
même, dit-on, des éloges à ia conduite qu'avoit tenue Blanchelande; protéger plus ou moins ouvertement les noirs révoltés;
montrer une grande prévention contre ce qu'ils, appeloient Ics
étendoient bien légèrement à
indépendans (1), qualification qu'ils
(:) C'étoit certainement d'une manière et bien injuste et trop générale que
l'on répandoit contre les blancs cette accusation d'indépendance.
L'assemblée coloniale du Cap étoit incontestablement le foyer le plus remarquable qui cxistà: alors de ce prétendu esprit d'indépendance Eh bien ! que
Pon cxamine comment se comporta cctte assemblée envers les commissaires
civils; on la verra,"bien loin d'être usurpaisice, se retrancher, je ne dirai
pas dans les limites, mais en deçà méme des limites de Scs fonctions.
La loi du 22 août 1792 avoit donné à cctte assemblée colonialc, elle avoit
donné même à route la nasse des citoyens, des attributions indépendantes des
commissaires.
Çn ne se prévalut point cependant de ces dispositions 5 mais on se désista
issaires
civils; on la verra,"bien loin d'être usurpaisice, se retrancher, je ne dirai
pas dans les limites, mais en deçà méme des limites de Scs fonctions.
La loi du 22 août 1792 avoit donné à cctte assemblée colonialc, elle avoit
donné même à route la nasse des citoyens, des attributions indépendantes des
commissaires.
Çn ne se prévalut point cependant de ces dispositions 5 mais on se désista --- Page 19 ---
(15)
presque tous les blancs; s'envelopper enfin, dans bien des
Oc-,
casions, dc ce même nuage d'obscurité et de contradiction dans
les principes , qui, dans lcs temps antéricurs, avoit
de sinistres cffets.
produit tant
Les commissaires civils pensoient peut - étre qu'il pouvoit
avoir dc l'inconvénient à faire
y
triompher un parti sur les autres; ;
et, certes, quand je propose de 1 S concilier tous, je n'entends
point du tout moi-même qu'il fallàt ni assurer ni attribuer la
victoire à aucun,
Mais ce n'étoit pas faire triompher aucun parti que de les
déterminer tous à poser les arines : c'cst la loi seule qui deroit
triompher, et les commissaires civils avoient entre les mains
celle du 4 avril 1792, plus favorable à la liberté qu'aucune de
celles qui avoient été renducs jusqu'alors.
Cesta cc point de raliement qu'il falloit, CC me
ler tous les partis; et il suffisoit,
semble, rappefaire
cn effet, pour le moment, , de
respecter et exécuter cette loi, bien digne de précéder et
d'annoncer celle qui devoit fonder la liberté générale.
Pourroit-on n'etre pas frappé dc l'étonnante contradiction
se manifestoit dans la conduite des commissaires
qui
civils,
après les avoir entendus déclarer, , à leur arrivée au
quand,
tembre
Cap, en sep1792, qu'ils regardoient l'esclavage comme nécessaire à
la culture et à la prospérité de ls colonie, et qu'ls
s'il le falloit, pour faire triompher ces
mourroient,
principes (1),on les voit, le
29 aoit suivant, proclamer de leur chef la liberté générale ?
de toure préccation à cet égard avec une facilité
bien des
de foiblesse.
que
gens traitérens
Cette conduite, soit qu'on la loue, , soit qu'on la blâme, méritoit du
a ceux qui la tiarent, de n'êcre Pas signalés comme des partisans
moias
du systême d'indépendance.
incorrigibles
(s) Dans l'écrir qui a été publié sous le ticre de Premitre
le commissaire Sonthotax et le général Toussaint - l'Ouverture Corfirence entre
trouve (page 6) Cette phrase remarquable
l'on
: etc, il se
que
met dans la bouche
Toussaint : C Si en arrivant ici vous aviez proclams la liberté
de
pous serions réunis à vous; mais rappelez-vous que vous avez générale, au
nous
cn face de l'Etre suprème, l'esclavage
juré contraire,
pouvions avoir
éternel, ct que d'après cela, nous ne
confiance en vous. 22
entre
trouve (page 6) Cette phrase remarquable
l'on
: etc, il se
que
met dans la bouche
Toussaint : C Si en arrivant ici vous aviez proclams la liberté
de
pous serions réunis à vous; mais rappelez-vous que vous avez générale, au
nous
cn face de l'Etre suprème, l'esclavage
juré contraire,
pouvions avoir
éternel, ct que d'après cela, nous ne
confiance en vous. 22 --- Page 20 ---
(16)
Vouloit-on accroitre par la surprise le prix de cette intéresC'edt cté faire un faux calcul'; ct la surprise
sante concession?
falloit sur-tout éviter: le bienfait auau contraire, étoit cc qu'il
utile, s'il avoit élé prévu, annoncé
roit été plus touchant et plus
et préparé leng-temps à Y'avance.
circonsOn dira peut-ètre qi, dans la première de ces deux
civils obéirent à des instructions dont ils
tances, les commissaires
dans la seconde, ils cédèrent àne devoient pas s'écarter; que,
de
la fois et à leur sentiment personnel et a nne sorte nécessité. les
J'admettrai volontiers une explication qui tend à justifier
commissaires civils 5 mais alors il fandra convenir aussi que leurs
étoient a-la fois et bien mal conçues et bien inutiles.
instructions retracerai point ici les événemens qui ont fait du 20
Je ne
si déastreuse pour la commune du Cap.
juin 1793 ane époque malheurs de cette affreuse journée à la fatalité
J'imputerai les à des rixes imprévucs, à la rivalité de plusieurs
des circonstances,
dont les limites n'avoient peut-étre pas originairement
pouvoirs
été poiées avec assez de précision.
d'avoir de sang - froid
Je ce supposerai aucun homme capable
voulu et prémédité de pareilles horreurs. de
sur les
Jetons seulement, en passant, un regard compassion
matheureux qui en furent les victimes.
de fait
tous étoient étrangers aux querelles, aux voies
Presque
qui en furent ou la cause ou l'occasion.
furent le premier ct
Le fer et le feu portés dans leurs asyles
venoit les
térrible avis qu'ils eçurent du danger personnel qui
feu.
1l falloit, sans délibérer, abandonner une ville en
atteindre.
leur fuite vers la mer, les autres vers la terre;
Les uns dirigérent
dans ce péril instant, des circonset il y a toute apparence que, seules le choix que chacun avoit à
tances locales déterminérent
faire entre ces deux espérances de salut. furent suivis par d'autres
événemens du 20 juin
Les déplorables
Epargnons-nous ces tristes tableaux;
non moins afligeans peut-être.
chose de consolant,
nos regards sur quelque
ct pour reposer
laquelle le comoccopons-nous de suite de la proclamation par
Sonthonax déclara, le 29 aoit 1793, la liberte générale.
missaire
Cette
chacun avoit à
tances locales déterminérent
faire entre ces deux espérances de salut. furent suivis par d'autres
événemens du 20 juin
Les déplorables
Epargnons-nous ces tristes tableaux;
non moins afligeans peut-être.
chose de consolant,
nos regards sur quelque
ct pour reposer
laquelle le comoccopons-nous de suite de la proclamation par
Sonthonax déclara, le 29 aoit 1793, la liberte générale.
missaire
Cette --- Page 21 ---
(17)
Cette déclaration étoit le dénoucment heureux à la vérité, mais
bien mal préparé, d'une piéce qui, dans ses derniers actes sur.
tout, avoit malheureusement été bien tragique.
Un plus grand bienfait ne pouvoitguère s'annoncer sous de plus
sinistres auspices. L'époque cependant en est devenue
tant il est vrai que la liberté est un présent digne d'exciter précieuse la 2
récomnoissance des hommes, lors même qu'elle est lancée vers' eux
avec le fracas ct l'impétuosité de la foudre.
Ce qui doit sur - tout sembler extraordinaire, c'est de voir
V'asteur d'un si grand bienfait fuir peu de temps après les hommes sur lesquels il venoit de le répandre 2 au lieu de rester
auprès d'eux pour leur en apprendre l'usage, et pour recueillir
leurs bénédictions. Il semble lui-même effrayé dess suites du grand
changement qu'il vient d'opérer, et il n'ose s'embarquer de sa
personne sur le vaisseau que , d'une main trop hàtée peut-être;
il n'a pas craint de lancer au sein des flots.
Il faut convenir que la liberté sortant de ses mains ne ressembloit point à cet enfant, gage d'une union
mére, ausssitôt après sa naissance, serre affectueusement légitime, dans que sa
bras, auquel elle prodigue de tendres soins, et qu'elle craint ses de
perdre de Vue un seul instant.
Elle nous rappeloit plutôt ce fruit d'une union furlive
mère n'ose avouer. 1 qu'elle éloigne de ses yeux dès $2 naissauce, que sa
qu'elle craint ensuite de rencontrer, 1 et en faveur duquel la
vidence céleste ou la sensibilité publique sont obligies de
proles soins de la maternité.
suppléer
On ne peut pas se dissimuler que les ennemis de la France
n'attendissent, avec une maligne impatience, Ia déclaration du
août; ils étoient bien assurés que son explosion subite
l'alarme parmi un grand nombre de
répandroit
d'en voir résulter la subversion de propriétaires, leurs
> qui craindroient
toient
fortunes, 2 et ils se flatqu'un aveugle désespoir convertiroit quelques
traîtres.
Français en
Il est bien douloureux d'avouer que leurs espérances ne furent
vaines.
pas
Avant le 29 août, aucune portion du territoire français à SaintNouvelles observations, par Rallier,
B
'alarme parmi un grand nombre de
répandroit
d'en voir résulter la subversion de propriétaires, leurs
> qui craindroient
toient
fortunes, 2 et ils se flatqu'un aveugle désespoir convertiroit quelques
traîtres.
Français en
Il est bien douloureux d'avouer que leurs espérances ne furent
vaines.
pas
Avant le 29 août, aucune portion du territoire français à SaintNouvelles observations, par Rallier,
B --- Page 22 ---
(18) )
Dominguc n'avoit cncore été souillée par un pavillon ennemi;
mais, aussitôt après cette époque, le Mole, Saint-Marc, Lcogane,
lcs Gonaives, Jérémie, et une multitude d'auties postes 3 furent
livrés aux Anglais. Plusieurs autres le fuient aux Espagnols. Chaque
jour étoit signalé par quelgue défection nouvelle. D'indignes
complots se tramoient par-tout. De perfides conseillers, qui n'atse livrer à l'cnnemi, que l'occasion de lui rendre
tendoient, pour
environnoient les commissaires civils
quclque éclatant service s
fausses démonstrations de
cux-mémes, et masquoient, sous de
zèle, les pièges dans lesquels ils cherchoient à les entrainer.
C'est ainsi que, sous de spécieux prétextes ct d'aprés un faux
exposé, on avoit fait résoudre unc tentative pour reprendre le
Môle. Ce projet, qui ne pouvoit réussir, auroit, en épuisant nos
le salat de la colonie entière. Mais
foibles moyens, compromis
heureusement
Laveaux, qui commandoit au Port-dc Paix, sut
appercevoir et déjouer ccite intriguc.
tomba enfin à son tour au pouvoir des AnLe Port-au-Prince
contenoit
glais, avec les richesses et les bàtimens que son pcrt
encore."
commissaires civils
cette place la veille de sa redLes
quittérent
dition; et ce départ étoit, à bien des égards, plus affigeant encore
que n'avoit dté cclui du Cap.
Leur retraite à Jacmel ressembloit à unc fuite, et annonçoit, d'une
vraiment désolante, l'intention ou ils étoient d'abandonner
manière
sur-le-champ la colonie.
de lcur
en France, qui arriva sur les entreA Mais Pordre
rappel
sans
eût
faites', cenvertit en un acte de soumission cc qui,
cela,
été en cux l'effst d'une détermination volontaire.
Il s'est écoulé près de deux ans entre ce départ des commissaires civils et l'arrivée à Saint-Domirgue des premiers agens du
Directoire exécutif, du nombre desquels se trouvoit encore Sonthonax.
à
sous un point de vue
Cette longue période se présente l'esprit
yéritablement alarmant. liberié née au scin des orages, abandanQue va devenir cette
mission cc qui,
cela,
été en cux l'effst d'une détermination volontaire.
Il s'est écoulé près de deux ans entre ce départ des commissaires civils et l'arrivée à Saint-Domirgue des premiers agens du
Directoire exécutif, du nombre desquels se trouvoit encore Sonthonax.
à
sous un point de vue
Cette longue période se présente l'esprit
yéritablement alarmant. liberié née au scin des orages, abandanQue va devenir cette --- Page 23 ---
(19)
née à elle-même au milicu de mille dangers, et sevrée de la prés
sence de ceux à qui clle devoit sa naissance?
Calmons cep-ndant nos inquiétudes.
Non-seulement la liberté survivra à Ces deux ans d'épreuve 3
mais cette période sera pent-être à quelques égards la plus heureuse qu'ait presentée jusqu'ici l'histeire de la révolution de SaintDomingue.
Erpliquons cette étonnante assertion.
Ce for un coup de foudre qui donna la liberté à Saint-Domingue;
mais Cc coup de foudre au moins produisit sur-le-champ un grand
bien; cc fet de séparer, par l'effet de sa détonation même, des
élémens qui, quoique naturellement très-opposés entre eux et trèsincohérens, n'avoient pas laissé de présenter dans un mélange
confus l'apparence trompcuse d'un véritable amalgame.
Cette grande sccousse fir éclore des trahisons; mais lcs traîtres
du moins furent démasqucs ct connus. Oa vit paroitre à l'opposite
des.amis véritables ct sincèrcs dc la France et de ia liberté.
A comnptsrdectiamont, chacun se montra franchesient ce qu'il
étoit en cffet. Onse fit la guerre, mais ce fut une guerre ouverte;
et l'on fut délivré de Cc sysiéme affreux d'intrigues, de dissimulation et de peridies,qui, pendant si long-temps, avoit comine engeurdi toutes especes de sentimers généreux.
Les tatens, les vertus repiirent de l'énergie.
La libertéerfin cbtint a-la fris dcux grands savantages, celui d'avoir
des amis zélés, et celui de connoitre Ses ennemis.
Livrons nous aui plaisir de dé igner ici plusieurs des individus
qui, dans ces circonstances vraiment critiques, sc signalérent le
plus par leur fidélite à Ia France ci Par leur atlachement à la cause
de la liberté.
Le général Laveaux qui, pendant l'interim dont nous
parlons >
commandoit en chefa Saint Domingue, mérite certainement d'être
cité le premier avec éloge.
Il ne pouvoit guères recevoir une mission plus épineuse; et dans
la manière dont il l'a remplie, il a d-ployéheaucoup de zèle, de fermeté et dc constance.
Plusieurs opérations militaires farent conduites par luiavec succèsa
E: 2
leur atlachement à la cause
de la liberté.
Le général Laveaux qui, pendant l'interim dont nous
parlons >
commandoit en chefa Saint Domingue, mérite certainement d'être
cité le premier avec éloge.
Il ne pouvoit guères recevoir une mission plus épineuse; et dans
la manière dont il l'a remplie, il a d-ployéheaucoup de zèle, de fermeté et dc constance.
Plusieurs opérations militaires farent conduites par luiavec succèsa
E: 2 --- Page 24 ---
(120) )
T1 fut l'effroi des traitres, et les tertatives qui furent faitcs pour
ne servirent qu'a la faire
ébranier ou pour tromper sa propre fidélité,
brilier avec plus d'éclat.
à
J'ai déja fait l'éloge de la sagesse avec laquelle il s'opposa
sur le M6le, dont la perfidie avoit donné
une entreprise imprudente
entrainer la
le conscil, et dont le non-succès presque certain pouvoit
perte de la colonic entière (1).
Le général Laveaux auroit fait beaucoup plus de bien encore
faut
sans doute imputer
si, par une fatalité qu'il
principalement
circonstances, il n'avoit pas aliéné de lui de plus en plus les
aux
cceurs et la confiance des hommes de couleur.
commandoit dans le Sud, ne se distinLe général Rigaud, qui
estimables. Attachegua pas mcins par des qualités brillantes et
ment inviolable à la France et à la révolution, activité, fermeté,
hainc des Anglais, tels furent, quoi qu'en disent
talens militaires,
dominans
caractérisérent.
ses ennemis personnels 1 ies traits
quile
Sa couleur, fatiguée par de longucs provocations 2 étoit, comme
l'avons déja observé, devenue ombrageuse et inquiète. Les
nous
un
trop de CCS imchef: eux-mèmes se ressentoient peut-être
peu
pressions : c'étoit Tcffe: inévitable des malheurs passés.
Combien de malheurs nouveaux on auroit du moins évités,si Ics
(:) Le compte rendu par le général Laveaux a ses concitoyens, le premier
foréal an, 5, est un ouvrage précicux à bien des égards, ct je crois devoir
en recommander la lecture. vérités, et s'il cn cst quelques autres que l'auOn Y trouve d'importanres
aux
un devoir de taire, on ne peut, le plus souvent, qu'applaudir
teur sc fait
metifs de sa discrétion.
de combien d'abus il a été le
11 laisse, au surplus, appercevoir quelquefois je pourrois citer à l'appui de cette
témoin 5 et parmi plusieurs passages de que la phrase suivante qui se trouve
observation, je mç conténrerai rapporter
en tête de la page 19. entendre ccla à des commissaires qui, environnés d'em-
< Comment faire
l'exaspération de ces messienrs pour du zèle
biches et de trahisons, prenoient
inconvenantes pour de la chalcur, ct les
patriotiqus, les propesitions les plus
d'ames fortement prononcées contre
actes les plus punissables pour l'exagétation intérieurement $ mais je mc, disois :
les ennemis da gouvernement : Je gémissois
1à
CCS mêmos
Si les amis de la patrie se découragent, qui sera pour scopder
c
ouvriront les yeux : >>
* commissaires lorsqu'ils
isons, prenoient
inconvenantes pour de la chalcur, ct les
patriotiqus, les propesitions les plus
d'ames fortement prononcées contre
actes les plus punissables pour l'exagétation intérieurement $ mais je mc, disois :
les ennemis da gouvernement : Je gémissois
1à
CCS mêmos
Si les amis de la patrie se découragent, qui sera pour scopder
c
ouvriront les yeux : >>
* commissaires lorsqu'ils --- Page 25 ---
(2i))
hommes de couleur eussent oublié les premiers torts que l'on avoit
eus envers cux, et si lcs chefs du parti oppesés'en fussent ressouvenus un peu davantage !
Parmi les hommes dont la liberté générale a mis cn évidence à
Saint-Domingue le patriotisme, les talens et les vertus, iln'en est
paint qui mérite une mention aussi distinguéc que le gencralToussaint-lOaverture.
A compter de Palfranchissement de ses frères, la France et la
liberté n'eurent point de plus pur, de plus zélé Partisan 5 il l'étoit
meme dans le cceur bien antérieurement à cette époque; 5 il l'étoit
dans cc temps qu'on se plait à lui reprocher aujourd'hui, oi il avoit
semblé se ranger sous des enseignes ennemies.
Eh ! dans ces temps malheureux existoit-il quelque bannicre
de laquelle on pit dire avec certitude que c'éoii celle du vrai
patriotisme et de la vertu :
Quelques-unes, à la vérité, se paroient bien de ces noms respectables, mais elles en imposoient trop souvent par cette
affiche trompeuse, ou,'si elles étcient sincères, elles devenoient
bientôt elles - mêmes le jouet de la perfidie, et conduisoient
dans les plus dangereux pièges ceux qui les suivoient de bonne
foi.
Sans doute que Tonmint-FOnverture SC demandoit depuis
long-temps à lai-mème ou étoit le parti des hommes sincèrement
attachés aux intérêts de la France, à sa nouvelle constitution, et
à la commune liberté.
Mais pendan: fort long-temps cette belle cause n'existoit point
encore à Saint-Domingue, ou elle n'y existoit tout au plus qu'en
une vaine spéculation. Toussaint la vit se réaliser enfin : dès lors
il l'embrassa avec transport, et jura de ne la déserter jamais: Il
revint à la tète d'une troupe vaillante et nombreuse, toute composée d'hommes qui, attachés à son opinion, et plus attachés
encore à ses vertus, avoient mis lcur sort et leuis espérances dans
ses mains.
Ainsi, pendant que la déclaration de la liberté générale détachoit de la bonne cause un grand nombre de traitres, ce meme
B3
ssaint la vit se réaliser enfin : dès lors
il l'embrassa avec transport, et jura de ne la déserter jamais: Il
revint à la tète d'une troupe vaillante et nombreuse, toute composée d'hommes qui, attachés à son opinion, et plus attachés
encore à ses vertus, avoient mis lcur sort et leuis espérances dans
ses mains.
Ainsi, pendant que la déclaration de la liberté générale détachoit de la bonne cause un grand nombre de traitres, ce meme
B3 --- Page 26 ---
(22)
lui ramenoit d'un autre côté des défenseurs énergiques, et
signal
cet échange étoit entièrement à son avantage.
la colonie
Conduite par les chefs que nous venons de nommer, renaitre des jours
de Saint-Domingne auroit probablement vu
malheureusement trop prctranquilles, si la mésinte'ligence, de couleur et celui des noirs,
noncée, entre le parti des hommes
Toussaintalors
pour chefs non - seulement
qui
tgconnoissoit
Laveaux lui- mêmc, n'avoit pas été
l'Ouverture, mais le général
fermentation.
de troubles et de
une cause toujours agisanic
doma un grand éclat à cette
L'événement da 30 ventôse an 4,
irréconciiable, les
division, et brouilla, d'ene manière presque du No d, avec le
principaux hommes de couleur de la partic
commandant en chef de la celonie.
edt frappé le sol
Il sembloit que la journée du 20 jain 1793, chacen craignit d'y
du Cap d'une sorte dc malédiction, et du que Nord avoit été transposer les pieds. Le chef-licu de la partie
féré au Port de-Paix.
totalement abandonné, et la
Cependant, le Cap ne fut point
rendroit important,
garde de ce poste 2 que sa sitnation seule de couleur, sut, avec de
fu: corfiée à Vilatte. Cc chef, homme constamment un ennemi
très-foibles moyens, battre et repousser à la conquéte du Cap, et
supérieur, qui attachoit un grand prix eussent été dc véritables
qui les monumcns mènes du 20 juia
pour
trophécs.
honcrable, que Vila'te et les
Cette défense fut d'autant plus
des vertus guerrières, supsiens. non contents de se signaler par
et cruelle
héroique une longue
portèrent avec une paticnce
famine.
commanda seut au Cap, il y mérita, on ne
Tant que Vi'atte
généralc.
l'estime et l'admiration
sauroit en disconvenir,
Pattention du gouverneEnfin, le Cap attirant de nouveau détermina à y reporter sa rément, le commandant en chef sc
sidence.
établie entre le
Une sorte de rivalité s'étoit, dans Pintervalie;
surLes habitans du Cap se plaignoient
Cap ct le Port-de-Paix.
leur détresse. Cette mème
tcut d'avoir été mai secourus pendant
on ne
Tant que Vi'atte
généralc.
l'estime et l'admiration
sauroit en disconvenir,
Pattention du gouverneEnfin, le Cap attirant de nouveau détermina à y reporter sa rément, le commandant en chef sc
sidence.
établie entre le
Une sorte de rivalité s'étoit, dans Pintervalie;
surLes habitans du Cap se plaignoient
Cap ct le Port-de-Paix.
leur détresse. Cette mème
tcut d'avoir été mai secourus pendant --- Page 27 ---
(33)
rivalité pouvoit, à quelques égards, avoir gagné jusqu'aur chefs.
réduit a la conVilatte se voyoit, peut-être avec quélque dépit,
dition de subalterne dans le lieu cu il avoit commandd avec éclat.
Laveaux, depuis son retour au Cap, y avoit trouvé quelques
abus à réprimer, et la sévérité dont il avoit fait usage 1 quoique
avoit
le nombre des mécontrès-louable en elle-mème,
augmenté
tens.
C'est, sclon toute apparence > à ces différentes causes qu'il
faut principalement altribuer l'insurrection qui éclata au Cap le
30 veniôse an 4, insurrection pendant laquelle le commandant
en chef et Tordonnateur furent mis en état d'arreetation, et y restèrent deux jours.
Les hommes de couleur eurent-ils seuls part à cette insurrection? Les faits attestent le contraire. Vilatte en fai-il ie chef et le
prircipal moteur : Plusieurs circonstancas autorisent plutét à
penser que le mouvement s'opéroit sans sa participation 2 quilfit
Ce qu'il put pour en ralentir l'action, et qu'il concourut enfin à
l'app:iser tout-à-fait.
Quoi qu'il cn soit, il eût été extrémement à desirer pour la
tranquillité de la colonie, que cette affaize fat assoupie, et se
terminat par une sincère récenciliasion. Elie paroiceoit même
d'abord prendre cette conrolarte tournure ; mais bienrôt après,
toutes les démarches qui farent fai:es tendirent beaucoup moins
à rapprocher les esprits qu'à les exaspérer ct à les diviser de
plus en plus.
S'il me falloit porter un jugement sur l'affaire du3o ventése,
je dirois que dans un temps ordinaire, les auteurs bien connus
d'un attentat de ce genre cortre la subordination, auroient dé
étre punis d'une manière exemplaire.
Mais la colonie de Saint-Domingue présentoit dans ce tempslà un si grand nombre de traits pareils, et jusques-là impunis,
qu'on devcit craindre, à ce qu'il me semble , d'encourir le rcproche de partialité, si l'on se montroit sovère dans cette occasion-li scu'ement 2 après avoir été si indulgent danis toutes les
autres.
Pour ne citer qu'un fait susceptible d'être comparé à celui du
B4
uroient dé
étre punis d'une manière exemplaire.
Mais la colonie de Saint-Domingue présentoit dans ce tempslà un si grand nombre de traits pareils, et jusques-là impunis,
qu'on devcit craindre, à ce qu'il me semble , d'encourir le rcproche de partialité, si l'on se montroit sovère dans cette occasion-li scu'ement 2 après avoir été si indulgent danis toutes les
autres.
Pour ne citer qu'un fait susceptible d'être comparé à celui du
B4 --- Page 28 ---
(2f),
dans le même temps à-peu près,
30 ventose, on se rappelle que
une
il s'éleva, dans le Sud, entre Montbrun et Beauvais, celle querelle de Laqueiques égards, ne ressembloit pas mal à
qui,
veaux et de Vilatte.
Montbrun fut arrêté et envoyé en
Le résultat en fut que
France.
n'y avoit point à sa contoissance
Laveaux convient () qu'il
il crut
arréter Montbrun. Cependant,
de motifs légitimes pour
circonstances
cette arrestation.
devoir aux
d'approuver
justifier le 3oventosc,
Je ne fais point ce rapprochement pour
n'étoient Fes
mais pour montrer que des faits de ce gerre manière de
à Srint-Domingue, et que dans la
sans cxemple
d'après l'événément, cu
les juger on s'est déterminé qeelquefois
par des considérations particulières. faits dont la colonie même de SaintC'est uniquement sur les
l'attenDomingue a été le théàtre, que j'ai fixé jusqu'à présent
Il eût
étéassez à propos de l'appeler
tion de mes lecteurs.
cependant
aux colonies
temps aussi sur les différentes lois relatives
quelque été rendues successivement en France par les Assemblées
qui ont
d'avoir une grande influence
législasives, et qui n'ont pu manquer
elles-mèmes.
sur tout ce qui s'est passé dans les colonies
jusqu'àa présent
Je sens que 'cet accessoire essentiel a manqué
ici, d'une
à mon tableau, et pour y suppléer je vais rappeler France sur
manière très-succinte, les lois qui ont été rendues en
la révolution; je me bornerai même à celles
les colonies pendant
qui étoient susceptibles d'une application généralc.
dans le courant de ce discours, que pour
J'ai déji exposé,
marche inégale et incertaine pouprévenir les secousses qu'une révolution dans les colonies, il eit été a
voit faire éprouver a la
de bonne heure la liberté
desirer qu'ine lci fondamentale présentàt
l'intention d'atgénérale comme le but certain que l'on avoit des lois régletcindre, sauf à indiquer immédiatement après, par moins
ia marche plus ou moins lente, plus ou
graduée,
mentaires, l'on auroit cru devoir suivre pour y arriver.
que
() Comptc reada p2r Laveaux, page 106.
it été a
voit faire éprouver a la
de bonne heure la liberté
desirer qu'ine lci fondamentale présentàt
l'intention d'atgénérale comme le but certain que l'on avoit des lois régletcindre, sauf à indiquer immédiatement après, par moins
ia marche plus ou moins lente, plus ou
graduée,
mentaires, l'on auroit cru devoir suivre pour y arriver.
que
() Comptc reada p2r Laveaux, page 106. --- Page 29 ---
(25 )
II faut convenir que notre législation ne sC proposa point assez tot
ce grand but: pendant long-temps mcme elle sembla n'en avoir
aucun; mais elle SC laissa diriger, comme au hasard, par l'inAnence de quelques hommes dont lcs principes n'étoient pas, a
beaucoup prés, ccux d'une prévoyante et impartiale philosephic.
La loi du 8 mars 1790 avoit été d ctée par les grands planteurs, et elie fit beaucoup de mal. Ellc auroit di, quoique avec
ménagement peut-étre 2 porter du moins. un premier coup aux
préjugés; elle les Aatta au contraire, et. les fortifia mémc , en leur
ouvrant la voie à des prétentions nouvelles.
I.a loi du 15 mai 1791 auroit fait quelque bien, et elle anroit
sur-tout été beancoup micux accueiilie, si elle avoit été précédée
par des lois plus sages. Au surplus, si quelqu'un avoit droit de
s'en plaindre, c'étoient les hommes de coalear, auxçucls elle
n'accordoit point assez.
lcs
avoient été si mal disposés à recevoir
Cependant 3
esprits
cette loi, qu'elle éprouva pendant long-temps une très-forte ct
très- étonnante opposition.
Elle auroit fini, malgré cela, par être respectée ; elle eût même
préparé utilement la voie à celie du 4 avril 1792, plus conforme
aux vrais principes, si, par une désolante fatalité, on n'avoit pas
intercalé entre ces deux lois celle du 24 septembre 1791, quiimprimoit à la révolution une marche absolument rétrograde.
Vint enfin la loi du 16 plaviose an 2, qui terminoit sans
doute la révolution des colories de la manière dont elle devoit
l'ètre; mais cette Ici avoit été très-mal préparée; c'étoit lc cou-,
ronnement régulier d'un édifice dont toutes les parties inféricu:es
nanquoient de symétrie, de liaisor et de solidité.
Toutes les lois relatives aux colonies auroient da les conduirc,
par une pente douce et réglée, au régime d'une parfsite liberté:
mais leur incohérence et leurs fréquentes contradictions semérent
atl contraire la carrière qu'il falloit parcourir, de cascades, d'aspérités et de précipices.
L'ordre des faits que je viens d'interrompre un instant, nous
reportc à l'arrivée des cinq agens envoyés à Saint-Domingue par
le Directoire exécutif. Ils débarquérent au Cap lc 21 Roréal an4.
ée, au régime d'une parfsite liberté:
mais leur incohérence et leurs fréquentes contradictions semérent
atl contraire la carrière qu'il falloit parcourir, de cascades, d'aspérités et de précipices.
L'ordre des faits que je viens d'interrompre un instant, nous
reportc à l'arrivée des cinq agens envoyés à Saint-Domingue par
le Directoire exécutif. Ils débarquérent au Cap lc 21 Roréal an4. --- Page 30 ---
(26 )
les événemens du S0 ventôse étoient récens;
A cette époque
les
fuil dépendoit encore des agens d'en prévenir conséquencss entre
P'oubli du passé, et en ménageart,
nestes, en accordant
sincère. Ceite reconci'iaLaveaux et Vilatte, une réconciliation du Nord avec le Sud, celle
tion cut en même temps été celle
d'une couleur avec les deux autres.
La tranquillité et le bonheur de la colonie eussent probablesuite de cette mesure. Deux des agens en appuyoient
ment étéla,
fortement l'avie; milbeuteuaenentine prévalut pas.
Mais des obstacles bicn plus grands enccre au rétablissement
s'élevèrent bicntôt après dans le Sud, à la suite
de la conco:de,
eurent licu en frucidor an 4des mulheureux événemens qui
fut versé
Le
n'avoit point cou'é au Cap en ventôse; il en
sang
et ces excès, attribués bien
beauccup aux Cayes en fructidor;
fournirent du moins à
ou mal à propos aux hommes de couleur,
odieux.
leurs ennemis un puissant moyen de les rendre
excès ont été commis, et que les auteurs
Lorsque de grands ami de l'ordre et de Themanité se trouve
ea sont incertains, un
cruelle. Un sentiment impérieux
quelquefois dans une perplezité
mais il craint
l'ercite à prendre cn man la défense des innocens, contre ses ince zèle même, mal éclairé, ne le transforme,
que
teniions, en apologiste des coupables.
dans tous
Au reste, plus un crime est grand, plus il convient , condamnés
les cas, que ceux qui en sont prévenus ne soient point
il
fussent-ils même convaincus d'y avoir trempé,
sans preuves;
atténuer leurs torts;
seroit juste encore de citer tout ce qui peut
il importeroit
il seroit essentiel de connoitre leurs complices;
de ces complices ne scroient
enfin d'examiner si les plus coupables
pas leurs accusateurs eux-mémes.
crimes.
Il est un art précieux de prévenir lès
Il est un art atroce de les provoquer.
titres à la reconfournit le plus beau, de tous les
Le premier
noissance des hommes.
service à lour rendre que celui
Est-il en effet un plus grand
de les empécher de devenir coupables?
il importeroit
il seroit essentiel de connoitre leurs complices;
de ces complices ne scroient
enfin d'examiner si les plus coupables
pas leurs accusateurs eux-mémes.
crimes.
Il est un art précieux de prévenir lès
Il est un art atroce de les provoquer.
titres à la reconfournit le plus beau, de tous les
Le premier
noissance des hommes.
service à lour rendre que celui
Est-il en effet un plus grand
de les empécher de devenir coupables? --- Page 31 ---
(27)
Mais l'art de rendre les hommes criminels est au contraire le
plus odieux de tous les talers.
calomniateur lui-même inspire une moindre horreur; il
Le
le sentiment de leur innocence ;
laisse au moins à ses victimes
le
consolation leur est enlevée par
provomais cette dernière
cateur.
odieux
mais si nous
Le crime sans doutc est
par lui-méme;
de détester le furieux qui l'a commis,
ne pouvons nous empécher
sentiment réserveron-nous à l'homme de sang-froid qui, pour
quel
aura commencé par aliéner sa iaison?
l: pousser à un pareil excés,
Jusqu'a quel point CCs réfexions sont-ellés applicables aux crimes
ont été commis aux Cayes dans le mois de fructidor an 4?
qui
bien
mes lecteurs à prendre une conPour en
juger, j'engage
ne
noissance des faits, plus détaillée et plus approfondic que je
puis la leur donner ici.
Un grand nombre d'individus de toutes couleurs, mais blancs
la plupart, ont été massacrés aux Cayes, commune dans
peur les hommes revêtus de la principale autorité, étoient des
laquelle hommes de couleur. Ce sont ces derniers que l'on accuse de ce.
crime.
Voici ce que les hommes de couleur répondent.
Ona, disent-ils, envoy é vers nous une délégation composée en
partic d'hommes que l'on savoit être les ennemis personnels de
notre chef militaire. En vain a-t-on représenté à la commission Vinconvenance et les dangers d'un pare.l choix, elle n'a pas laissé de
passer outre.
Avant cette époque, le quartier que nous habitons étoit depuis
fort long-temps tranquille, et l'on n'avoit eu aucun extès à nous
reprocher.
Les délégués et leurs agens répandirent des germes d'insurrection
parmi les cultivateurs de la Piaine, qui jusque-là avoient été
paisibles.
Dc mauvais traitemens indisposèrent un grand nombre d'officiers
et des corps militaires entiers.
Des outrages personneis furent faits au commandant en chef.
poque, le quartier que nous habitons étoit depuis
fort long-temps tranquille, et l'on n'avoit eu aucun extès à nous
reprocher.
Les délégués et leurs agens répandirent des germes d'insurrection
parmi les cultivateurs de la Piaine, qui jusque-là avoient été
paisibles.
Dc mauvais traitemens indisposèrent un grand nombre d'officiers
et des corps militaires entiers.
Des outrages personneis furent faits au commandant en chef. --- Page 32 ---
28 )
nombre de personnes, dont plusicurs
Enfin, on arréta un' grand
jouissoient de Pestime et de la confiance publique.
se firent sans précaution et sans
Quelques unes de ces arrestations
coups de canon
ménagement. Une insurrection s'en suivit. Quelques
armés
tirés répandirent l'alarme dans la Plaine; 3 des cultivateurs de
de toutes parts, ct se répandirent en foule autour
accoururent
l'entrée; mais ils forcèrent les pasla ville. On leur en interdit
commirent toutes sortes
pénctrèrent dans la ville, ct y
sagea,
d'excès.
avoit indes tronbles, 2 la voix pablique
Dès le commencement
comme le seul bomme cadiqué le commandant en chef Rigaud
à la tête de ses
pable de lcs appaiser. II étoit alors aux Irois,
combattoit avec succès les ennemis de la République.
troupes, et y
rétablit enfin la tranOn le rappelle 5 il rentre aux Cayes,et y
massacres sont
mais avant
réussisse, de nombreux
quillité; ;
qu'ily n'être
écouté par ces mèmes cultivacemmis. Il se plaint de
plus
voix. Il déclare
teurs qui chérissoient et respectoient autrefois sa
avoir lui-même couru les plus grands dangers.
de
Voila les délits. Quels sont les coupables? sont-ce les hommes
a-t-il ordonnéles massacres?
couleur? sont-ce les cultivateurs? Rigaud
Les causes
le mérite de les avoir fait cesser?
N'a-t t-il pas plutôt
sont-ce
le mauvais choix ct la
premières de ces malheurs, ne
pas.
les voies de'
conduite imprudente des délégués, les provocations,
le
l'insurrection dont ils cnt répandu
fait qu'ils se sont permises,
germe dans les ateliers :
cette affaire, et qu'il est
Telles sont les questions que présente
avec soin et sans
impossible de bien résoudre, si, en comparant
pas
été faits, on ne parvient
passion les différens rapports quiont faits bien exacte, et sar-tout bien
à acquérie une connoissance des
impartiale.
moi-mème d'énoncer mon opinion sur tous
Je ne me permeltrai
nécessaire par la suite pour
cela deviendra
ces objets qu'antant que
ont été faites contre Rigaud.
répondre aux inculpations qui
m'étois engagé à tracer des causes
Jc termine ici le tableau que je
les troubles de Saint-Dominguer
ptincipales qui ont occasionné
ports quiont faits bien exacte, et sar-tout bien
à acquérie une connoissance des
impartiale.
moi-mème d'énoncer mon opinion sur tous
Je ne me permeltrai
nécessaire par la suite pour
cela deviendra
ces objets qu'antant que
ont été faites contre Rigaud.
répondre aux inculpations qui
m'étois engagé à tracer des causes
Jc termine ici le tableau que je
les troubles de Saint-Dominguer
ptincipales qui ont occasionné --- Page 33 ---
(29)
Peut-ètre Ce travail accessoire m'a-t-il détourrétrop long-lemps
du véritable cbjet qui m'a mis la plume à la main, je veux dire
la just fication des hoinmes accusés par Sonthonax.
Cependant ce qui me reste à dire fait si naturellement suite i
ce qui précéde , que je ne crois pas devoir regretter le temps que
j'ai consacré a ce travail préparatoire. Je ne saurois regarder eomme
une simple digression ce qui forme 3 avec la partie essentielle de
mon ouvrage, un tout tellement lié que la première partie ne
pourroit être retranchéc sans nuire beaucoup a lintelligence de la
seconde. -
Son:honax, nommé et admis au Corps législatif, a demandé à
faire au Conseil dont il est membre, l'exposé dc la conduite qu'il
a tenue à Saint-Domingue pendant sa dernière mission. Quelques
voix s'opposoient à ce qu'il fût entendu; elles se fondoient sur ce
que Sonthonax ayant été à Saint-Domingue l'agent du Directoire
exccntif, c'éioit au Directoire seul qu'il étoit comptable de sa
conduite.
D'autres orateurs ont prétendu que Sonthonax se trouvant sous
le coup de quelques imputations assez graves, il étoit à-la-fois de
son honneur et de la dignité du Corps législatif qu'il repoussàt Pur
bliquement ces inculpations.
Cc dernier avis a prévalu : Sonthonaz a parlé; mais il a déclaré
que ce n'étoit point sa justification qu'il venoit présenter, parce
gu'il ne sc regardoit point comme accusé.
Ila a fait un exposé sommaire de la conduite qu'il a tenue pendant sa dernière mission, et il a accusé lui-même plusieurs individus qui remplissent en ce moment à Scint-Domingue les places
les plus importantes.
Ces individus sont les citoyens Vilatte, Julien Raymond, André
Rigaud et Toussaint- POuverture. Les trois premiers, hommes de
couleur, et le quatrième , noir.
L'examen le plus sévère de la conduite de ces hommes n'a pume
convaincre qu'ils fussent coupables, ou qu'ils le fussent du moins, *
beauconp prés, autant que le prétend leur accusateur.
Ces hommes sont absens. Rien de ce qui les concerne n'est étranger ni indifférent au sort présent et futur de la colonie.
Raymond, André
Rigaud et Toussaint- POuverture. Les trois premiers, hommes de
couleur, et le quatrième , noir.
L'examen le plus sévère de la conduite de ces hommes n'a pume
convaincre qu'ils fussent coupables, ou qu'ils le fussent du moins, *
beauconp prés, autant que le prétend leur accusateur.
Ces hommes sont absens. Rien de ce qui les concerne n'est étranger ni indifférent au sort présent et futur de la colonie. --- Page 34 ---
(30)
T'ai déja observé en commençant, qu'il scroit
Jc crois, comme je
non-sculement injuste, mais d'une très-dangereuse consaquence,que
personne ne prit leur défense.
du moins la satisfacD'autres s'en cccupent peut-étre; mais Jaurai
tion d'avoir concouru à cette entreptise.
d'énoncer
d'abordde Vilatte, mais dansla seule intention
Je parlerai
le 30 ventôse ne lui soit jamais reles veeux que je fais pour que
désormais seulement de la
proché, et pour que l'on se ressouvienne antérieurement à cette époque.
conduite estimable qu'il a tenue
sur le
raisons pour n'en vculoir pas dire davantage
J'ai plusieurs
ci-dessus les événede Vilatte. Premièrement, en rappelant
compte
déja fait connoitre et motivé suffisamment
inens du 30 ventôse, j'ai
second lieu, comme je le crois s
à son sujet. En
si,
mon opinion
de choses à dire en sa faveur, je ne veux pas
ilreste encore beaucoup
Laveaux.
ni le mérite à mon coliègue
en ôterle plaisir
laisser échapper une
Je sais qu'il cst assez grand pour nc point
du peuple, dès
occasion de ce genre 5 et d'ailleurs un représentant ne peut plus
l'instant qu'il sc trouve revêtu de ce titre honorable, des injures
sans doute qu'il ait cu américutement
se ressouvenir
personnelles à venger.
Julien Raymond; il se trouve principalement
Je passe au citoyen
de Sonthonax. Le premiet
inculpé dans deux passages du discours
(pages 19 et 20) ) commence ainsi: :
de PesploiRaymond, incertain et lâche, ne s'occupant que conserver
zation des sucreries afermées pour son compte, (de T'Oise crut ), et en
sa vie et son or en me livrant à Bourdon rivolutionnaires qui ont
roulant sur moi zout le poids des ftaux déshonorer) par ce honIL n'hésitupasàs se
désolé Saint-Domingus.
zeux marché, et ma perte fut résoluc, etc.
Le second ( pages: 22 et 23) se termire ainsi: bravé mille morts et tous
Raymond,pour les droits dugueij'ai assassins ! No", je ne
les outrages, le voir au nombre de mes
d'imiter sor
à tant de perversité ; le ciel me garde
suis pas fair
tour. Je Pabandonne d ses remords,si
erime en l'accusant à mon
s se
désolé Saint-Domingus.
zeux marché, et ma perte fut résoluc, etc.
Le second ( pages: 22 et 23) se termire ainsi: bravé mille morts et tous
Raymond,pour les droits dugueij'ai assassins ! No", je ne
les outrages, le voir au nombre de mes
d'imiter sor
à tant de perversité ; le ciel me garde
suis pas fair
tour. Je Pabandonne d ses remords,si
erime en l'accusant à mon --- Page 35 ---
(3i)
ser cceur asser corrompu pour briser les liens de la reconnoissance
en est encore susceptible.
Ilsuffiroit, à mon avis, pour justifier Raymond, de citerles deux
traits svivaus :
1°, Raymond, membre de la commission formée des agens du
Directoire exccutif, fut d'avis que T'on assoupit l'affaire du 30 ventôse, et que l'on pardonnàt à Vilatte.
2°. Lorsqu'il fut qucstion d'envoyer des délégués dans le Sud,
Raymond proposa Kerversau, Labadie, Gérard. Ces trois hommes
avoicnt une réputation de vertu que personne n'oscroit attaquer.
Jem'applaudis, en mon particulier, d'avoir connu le citoyen Gérard,
qui, se mettant au-dessus de l'intérêt et des préjugés, professa, dès
le commencement de la révolution, les principes d'une sage et
impartiale philosophie.
On se trompe rarement en jugeant des hommes par ceux à qui ils
accordent eux-mèmes leur estime et leur confiance.
Hommes de cculeur, sachez voir dans Raymond votre meilleur
ami! Ses conscils tendoient à empècher que vous ne devinssiez coupables ou que vous ne parus.iez l'étre. Vous seriez ingrais, si vous ne
sentiez pas le prix d'un parcil service.
A quelque époque de la révolution que l'on examine lIa conduite dc Raymond,. on la trouve toujours marquée au coin de
la raison, de la modération, d'une douce philanthropie, et d'un
respect raisonné pour les droils imprescritil l.s des hommes.
C'est vous, sage Raymond, qui, dès l'année 1789, vous exprimiez en ces termes : ( Ce rot de liberté qu'on ne prononce
ce mot
avec lui l'idée du
> pas sans enthousiasme;
qui porte
semble vouloir nous faire
s bonheur, ne fot-ce que parce qu'il
tant de siècles, cette
2 oubiier les maux que nous souffrons depuis
liberté, le plus grand, le premier des biens, est-clie faite
les
Je le crois. Faut-il la donner à tous les
> pour tous hommes?
crois encorc. Mais comment faut il la donner?
p honmes? Jele
conditions : Voilà pour vous la plus
> quelles en, doivent être les
toutes
etc. >
D grande, la plus importante de
les que-tious, ctr.,
Je m'applaudis d'avoir, a-peu-prés dans le même temps, pensé
nous souffrons depuis
liberté, le plus grand, le premier des biens, est-clie faite
les
Je le crois. Faut-il la donner à tous les
> pour tous hommes?
crois encorc. Mais comment faut il la donner?
p honmes? Jele
conditions : Voilà pour vous la plus
> quelles en, doivent être les
toutes
etc. >
D grande, la plus importante de
les que-tious, ctr.,
Je m'applaudis d'avoir, a-peu-prés dans le même temps, pensé --- Page 36 ---
(32)
et écrit cemme vous. C'est vous cncorc qui, en 1791, exhortiez
vos frères d'une manicre si touchante à la paix, au patriotisme et
a la patience.
dé
votre
Sonthonax, la veille de son
C'est vous que
collègue
part du cap, désignoit encore, daus une lettre quc j'ai vue, sous,
les noms du probe et vertueux Raymond.
Oh! combien la plume de Sonthonax étoit, en cet instant , juste
et véridique!
d'avoir
des intérêts dans lesfermes de
On accuse Raymond
pris
habitations. J'ai déja traité cette question dans l'opinion
quelques j'ai émise à la tribune le 11 nivôse dernier, et je n'y requc viendrai ici que d'une manière fort succinte.
Un homme appelé a d'éminentes fonctions, doit généralement
éviter sans doute d'intervenir pour son compte dans les enchères
publiques; et CC principe, quand on l'isole des circonstances qui
souvent dénaturent la meralité de nos actions, peut fournir un
facile d'inculper Raymond. Mais si la culture étoit presmoyen
abandonnée à Saint- Domingue; s'il étoit de la plus
qu'entièrement
la
de la relever;
grande importance et de plus grande urgence
si l'on manquoit pour cela de crédit, de capitaux, de confiance,
de moyens de toutes cspèces, etc.; si; pour animner la concurrence, et exciter des spéculateurs timides, il étoit indispensable
le gouvernement donnât le premier exemple; si, en couvrant
des que enchères qu'il s'efforçoit en vain de faire monter à un taux
raisonnable, Raymond a souvent enrichi le trésor public, alors qui
est-ce qui osera le blâmer d'avoir fait tant de bien, et d'avoir
employé pour le faire les seuls moyens qui fussent praticables?
d'avoir
de délicaParmi ceux qui accusent Raymond
manqué
tesse, ne pourroit-il pas s'en trouver auxquels des reproches plus
graves seroient moins injustement appliqués?
Sonthonax s'applaudit lui-même du rétablissement des cultures :
mais n'en a-t-on pas la principale obligation à la persévérance avec
laquelle Raymond a surmonté ies difficultés que l'on a opporées
pendant si long-temps à l'exécution de son plan?
Et quel reproche enfin peut-on s'cbstiner à faire à Raymond,
quand
ent Raymond
manqué
tesse, ne pourroit-il pas s'en trouver auxquels des reproches plus
graves seroient moins injustement appliqués?
Sonthonax s'applaudit lui-même du rétablissement des cultures :
mais n'en a-t-on pas la principale obligation à la persévérance avec
laquelle Raymond a surmonté ies difficultés que l'on a opporées
pendant si long-temps à l'exécution de son plan?
Et quel reproche enfin peut-on s'cbstiner à faire à Raymond,
quand --- Page 37 ---
(35)
quand on le volt déclarér lui-même (i) l'intèntion od it est ds
renoncer à tout bénéfice dans les fermes?
Persistez, bon Raymond; dans cette géhéreuse détermination
désarmez par la vos plus rigourcux détrasteurs; restittiez a dcs pro*
priétaires qui vous béniront, des habitations dont vous aurez empêché le dépérissement et l'abandon; renoncez en faveur de l'Etat
à des bénéfices, même légitimes; et, nous mohtrant enfin vos mains
bienfaisantes et purcs, 2 ptocurez-rous la douce satisfaction d'effacet
jusqu'aux derniets traits, par lesquels des hommcs injustes ou préa
venus voudroient s'efforcer de ternir vos vertus.
Il est évident que Sonthonaz ne s'est si fort aigti contre sont
collègue que parce que celui-ci, dans le rapport quil a falt
imprimer, s'cst permis de désapprouver quelgues-unes de ses
opérations.
Mais si le rapport de Raymond he contient que la vérité,estil coupable de l'avoit dite? n'edt-il pas été au conttaire très-coupable
de la taire?
Après tout, Sonthonax a bien de l'avantage sur Raymond :
celui-ci l'attaque sur un champ de bataille oi it est en bonne posture pour se défendre. Sonthonax, ati contraire, 3 en accusant
Raymond absent, attaque un hommé sans défense, oi qui ne
pourra du moins que bien après coup repousser les traits lancés
contre lui.
Exminonsumsiaterant les inculpations que Sonthonax s'est
mis de faire contre Rigaud. Ce sont celles od il a laissé voir le per
de passion.
plus
Depuis un an (dit-il page 2),je signale Raymand corimé
lassassin des Européens; et (Page 25) il le qualifie de meur
trier des Français.
Sonthonar annonce formellement que Rigaud ést l'auteut des
massacres qui eurent lieu aux Cayes en fructidor an 4. Gc
dit-il (pag- 9 et 10), ses satellites; ce sont des brigands sonty à. sa
solde qui égorgent, gui pillent. Il parle encore (page 10); des
(1) Rappoft de Raymond, ; page37.
Nouvelles observ. de Ralliers
Page 25) il le qualifie de meur
trier des Français.
Sonthonar annonce formellement que Rigaud ést l'auteut des
massacres qui eurent lieu aux Cayes en fructidor an 4. Gc
dit-il (pag- 9 et 10), ses satellites; ce sont des brigands sonty à. sa
solde qui égorgent, gui pillent. Il parle encore (page 10); des
(1) Rappoft de Raymond, ; page37.
Nouvelles observ. de Ralliers --- Page 38 ---
(34).
les ordres de Rigaud. II cite (pag. u)
malheureux égorgés par
de
des arbres de
de prétendus actes de l'autorité privée Rigaud,
des lois
la liberté arrachés, des qutels de la patrie renversés,
aux pieds, etc. II donne (page 13)
de la République foulies
il l'accuse
11 et
à Rigaud la qualification de tigre furieux ;
(pag.
12) d'avoir essayé de négocier avec les Anglais, etc.
maniParmi tous ces chefs d'accusation, il y en a qui portent
sont invraisemblables, tous sont desfestement à faux; plusieurs
dit ci- dessus
titués de preuves. Je ne répéterai point ce que j'ai
avoir
sur les malheurs des Cayes, sur les causes qui parolssent éclater.
cette terrible réaction, et sur l'occasion qui la fit
amené
concerne Rigaud en particulier, les questions
Voici, pour ce qui naturellement à examiner : Rigaud a t il été
qui se piésentent
des troubles? a t-il ordonné les massacres?
Yauteur et le provocateur
ont.ils été exéculés par des troupesà L SC8 ordres, par ses satellites,
à sa solde? Pouvant empécher le sang de couler,
par des brigands de donner pour cela les ordres convenables?
a t-il négligé
a-t-il été l'auteur des troubles des
Première question : Rigaud
Cayes? ?
sait
des arrestations ordonnées par les déTout le monde
que
l'insurlégués, et notamment celle de Lefranc, occasionnèrent
du
des Cayes,
les premiers jours, fit répandre
rection
qui,de
de Rigaud.
cette insurrection ne fut donc point l'ouvrage
sang :
à combattre les ennemis de la France, et
Il étoit alors occupé.
étoit fixée sur toute autre chose que
probablement son attention
des projets d'assassinats. des troubles, la voix publique indiqua
Dès le commencement
de les appaiser : il
Rigaud absent comme le seul homme capable
de cherse fut, méprise au point
seroit bicn extraordinaire qu'clle
la source. du mal!
cher le reméde la oi étoit au contraire
aimoit la gloire militaire, qui élève l'ame,et ne permet
Rigaud
sensible à ses charmes de devenir lâche ct
- point à 1homme
voulu Aétrir dantu un jour des laucrucl. Peut-on imaginer qu'itait
riers acquis par de longs travaux?
voler au seObligé de renoncer à de nouveaux trophées pour
n'ait fais
at-il de l'apparence qu'il
cours de ses concitoyens, y
contraire
aimoit la gloire militaire, qui élève l'ame,et ne permet
Rigaud
sensible à ses charmes de devenir lâche ct
- point à 1homme
voulu Aétrir dantu un jour des laucrucl. Peut-on imaginer qu'itait
riers acquis par de longs travaux?
voler au seObligé de renoncer à de nouveaux trophées pour
n'ait fais
at-il de l'apparence qu'il
cours de ses concitoyens, y --- Page 39 ---
(35")
ce sacrifice que pour venir se déstonorér
des
médités?
par
meurtres pré."
Examinons maintenant cette autre
été commis par les
question : Les massacres ont-ils
troupes aux ordres de
lites, par des brigands à sa solde P
Rigaud, par ScS satel:
Rigaud n'avoit point de satellites, il
à sa solde. Il avoit a ses ordres des n'avoit point de brigands
vaincre sous sa conduite les ennemis trompes du , qui, accoutumées à
rement ni reçu de lui, ni exécuté l'ordre nom français, n'ont stsinats de sang-froid.
de commettre des assaIl paroît dailleurs incontestable
furent T'ouvrage de cette multitude queles de excès commis aux Cayes
les premiers coups de canon tirés caltivateurs, : qui, regardant
cendirent
comme un signal d'alarme, destumultueusement de leurs babitations
ordre, ainsi que sans chefs, formèrent
respectivess et sans
Cayes un attroupement confus.
autour de 1a.commune desVoilà lcs hommes que Sonthonax
mais il n'est pas cxact de dire désigne SOuIS le nom de brigands;
de Rigaud.
que ces brigands fussent a la solde
Avoit-il présidé à leur rassemblement ? Personne
soutenir; il n'avoit pas cté en son Pouvoir de
n'oseroit le
étoit peut-être ensuite fort difficile de le
T'empseher, ct il lui
Il paroît constant que cette
dissoudre.
peu de temps avant le retour de troupe entra de force aux Cayes,
fureur aveagle, elle s'y livra à Rigaud, et que, transportée d'une
furent d'abord enfoncées
toutes sortes d'excès ; les maisons
d'être
et pillées ; désordre qui, manque
Favant-courcur de violences cominises
rarement
Peut on croire que Rigaud autorisa
contre les personnes,
reurs? ne mérite-t-il pas
l'on ait et dirigea toutes ces hortion qu'il fait lui-môme que
quelque égard à la déclareplus d'autre-i impulsion que les Afcicains , irtités 3 ne conneissoient
hommes,
que la rage dont ils étoient animés ; Ces
qui jadis avoient été dociles à sa
que
alors son autorité ; qu'it donna
voix, méconmoissoient
le cours des vengeances;
cependant des ordres pour, arrêter
ses ofliciers;
qu'il fut en cela secondé avec zèle par
trouvérent qu'il exposa ses propres jours i que six cents
un iasyle dans 8a maisor, etc. ?
blancs
C2
soient
hommes,
que la rage dont ils étoient animés ; Ces
qui jadis avoient été dociles à sa
que
alors son autorité ; qu'it donna
voix, méconmoissoient
le cours des vengeances;
cependant des ordres pour, arrêter
ses ofliciers;
qu'il fut en cela secondé avec zèle par
trouvérent qu'il exposa ses propres jours i que six cents
un iasyle dans 8a maisor, etc. ?
blancs
C2 --- Page 40 ---
(36 )
On,1 l'accuse d'avoir tout sacrifié à des vengeances et à des inimitiés particulières. Cependant il est appris que l'assassin connu
de son propre frère étoit aux Cayes pendant l'insurrection, et qu'il
ne Iui fut point fait de mal.
il
Rigaud, dit-on encore 1 prévint des maux, à la vérité;mais
davantage. Quelle certitude, dirai-je à mon
auroit pu en prévenir
tour, ont à cet égard ses détracteurs?
ne réussiroit pas à perdre, si, fermant
est Thomme qu'on
* Quel le bien
fait, il suffisoit, pour le trouver criminel,
les yeux sur
quilaf
Des
en pouvoit faire encore davantage 2
préde. supposer qu'il
du moins en pareille matière être
somptions vagues ne peuvent
admises comme des preuves.
a, de l'aveu de tout le monde, 3 fini par rétablir la tranPs Rigaud
et nous devons croire, jusqu'a cC que le conquillité aux Cayes,
a fait
çela tout Ce qui étoit
traire nous soit démontré, qu'il
pour
en son pouvoir. de la délégation du Sud 1 étoient plus" en butte
an Lea membres
ils n'eurent point
personne à la fureur des insurgés. Cependant
que
c'est tres-probablement à Rigaud qu'ils en eurent lode mal, et
être
à la fois; il croyoit
bligation. Il ne - pouvoit pas
par-tout
doit lui savoir
avoir beaucoup à sc plaindre des délégués, et on
gré d'avoir donné ses principaux soins au maintien de leur
quelque
sareté:- tacis
a laissé voir dans cette affaire
-5 Mais, assure-t-on encore, Rigaud
même eu dede l'animosité et des res:entimens personnels ; on a
puis" a lui réprocker des actes d'insoumission.
sais pas
jusqu'a quel point ces imputations
Je ne
fondécs précisément mais de quoi s'agit-il enfin? Ce n'est pas de
pruvent être
;
terribles
a été constamsavoir si Rigaud, pendant Ces
épreuves,
homme, mais de prouver qu'il n'a point,, comme
ment plus r'en qu'an accuse, été ni un assussin, ni le complice des
Sonthonaz
- : -
assassing. croirois faire injure à Rigaud 1, si j'entreprenois, de le. jusJe
d'avoir, négocié avec les Anglais. Sa vie- et ses
tifier du reproche
sa
et son inactions répondent assez à cette inculpation; gloire
oir si Rigaud, pendant Ces
épreuves,
homme, mais de prouver qu'il n'a point,, comme
ment plus r'en qu'an accuse, été ni un assussin, ni le complice des
Sonthonaz
- : -
assassing. croirois faire injure à Rigaud 1, si j'entreprenois, de le. jusJe
d'avoir, négocié avec les Anglais. Sa vie- et ses
tifier du reproche
sa
et son inactions répondent assez à cette inculpation; gloire --- Page 41 ---
(37) )
térêt sont d'être bon Français, et son caeur assurément ne 1:s démentira jamais.
Sonthonax donne enfin très - clairement à entendre que Rigaud
lui paroit indigne de participerà l'amnistie: Je trouve,pour moi,
bien plus convenable et plus juste de dire qu'il n'en a pas
be esoin.
Je vais maintenant défendre Toussaint - l'Ouverture, et cette
entreprise m'étonne moi-mèmc. Lorsque je voyois tant d'hommes,
et ceux-la notamment qui dénigrent aujourd'hui Toussaint l'Ouverture, s'accorder à chanter ses louanges, je ne prévoyois pas qu'ils
dussent me mettre dans la nécessité de le justifier.
-
Il se trouve que, sur quelques points tres-essentiels, Sonthonax
et Totuaine-POuverture sont contraires en faits.
S'il fact en croire ce dernier, Sonthonax, dès le mois de frimaire
ou de nivôse an 5, l'avoit sondé sur un projet tendant à établir
l'indépendance à Saint - Domingue, et à se défaire des habitans
blancs ou par le fer ou par Ja déportation.
Toussaint, étonné et alarmé à-la-fois 3 avoit demandé si la liberté
des noi:s étoit menacée. Sonthonax avoit répondu d'une mnanière
évasive, mais cependant négative. Alors Toussaint avoit manifesté
l'horreur qu'un pareil projet excitoit en lui: il avoit conjuré Sonthonax de chasser lui-méme pour toujours de son esprit des idées
acmblables, et il avoit cxigé de lui la promesse de ne jamais ramener enire eux la conversation sur ce sujet.
Cependant Sonthonar étoit revemu plusieurs fois à la charge, et
Rotamment en floréal et. en fructidor an 5.
Toussaint dès-lors n'avoit plus douté que Sonthonax ne s'occupât tout de bon du projet en question ; et persuadé en même temps
gu'il n'étoit point homme à ajourner l'exécution d'un dessein qu'if
avoit une fois laissé éclater, il pensa qu'il importcit absolument
au salut de la colonie qu'il déterminât Sonthonax à la quitter sans
délai. Il prit sur lui de lui faire cette déclaration, et il l'obligea
d'y acquiescer.
Celte affaire se traitoit entre eux dans le plus grand secret.
Toussaint avoit promis de ne révéler à personne les différentes
C3
'étoit point homme à ajourner l'exécution d'un dessein qu'if
avoit une fois laissé éclater, il pensa qu'il importcit absolument
au salut de la colonie qu'il déterminât Sonthonax à la quitter sans
délai. Il prit sur lui de lui faire cette déclaration, et il l'obligea
d'y acquiescer.
Celte affaire se traitoit entre eux dans le plus grand secret.
Toussaint avoit promis de ne révéler à personne les différentes
C3 --- Page 42 ---
(38 )
Sonthonax lui avoit faites, et ce secret fut reli91 piopositions que
le départ de celai-ci.
giensement gardé jusqu'après
Sontbonax cdt Pair,
- Des mesures furent concertées pour que
en partant, d'avoir cédé, ou à une détermination libre de s2 part,
ou à des instances d'un tout antre genre que celles qui avoient eu
lieu en effct.
SonVoila les principaux faits: sut lerquels on s'attendoit que
thonax, de retour en France, donneroit des éclaircissexens. 1
Jui et Toussaint 1'Oua On pensoit assez généralement qu'entre
4 verture il pouvoit y avoir quelque mal-entendu.
chose
senFaire des vaeux pour l'indépendance de son pays, est une
bonne et lonable, quand dans ce projet on comprend la patrie
toute entière. : il en seroit aotrement sans doute, s'il étoit question
de - délacher de cette patrie une de ses parties intégrantes.
Au surplussne sur cela comme sur quelques autres articles, il
Sonthonax eit-voulu simplement sonder et éprou240 étoit possible que
tiver: Touwint-1Ouverture T6 1 a e J
Il se pouvoit aussi que Sonthonax, vraiement inquiet sur la
-liberté: des colonies; crit que. des meseres extraordinaires étoient
indispemablespour maintenir cette liberté,et pour empêcher, d'un
les colonies elles-mèmes n'échappassent pour touii autres côtés que.
s'occupat à merir pour
sfijours, à ila France: Il étoit possible quiil
ccla quelque projet, et que: Toussaint l'eit 1 jugé trop sévérenrent
idée mal
mal rendue; et peut-étre plus
sur une première
digérée,
umal. comprise éncore.
. a 697 * file
Sonthonar donneroit sur cela des explications
3 On espéroit que
a été de nier absolument les
satisfaisantes. Mais le parti qu'ila a pris
loi.
cohitiences.secretes entre Toussint-lOnverture et
prétendues I a nié aussi que, , pour le déterminer à partir pour France,on ait
usé: envers lui d'ancune espèce de contrainte. - 197 anE 2n009
et simple répand une grande obscurité
45 4 Cette: dénégation pure
d'autant
incertain sur le' jugesur toute cette affaire. On est
plus
en
le'
même de Sonthotar,
11 ment qne f'on doit porter, que rapport
ni bien clair.
pris isolément, n'est pas toujours bien conséquent
Au reste,i, comme l'assure Sonthonax, les confereacessecrétes
sont une fausseté, il sc présente une question fort importante :
n009
et simple répand une grande obscurité
45 4 Cette: dénégation pure
d'autant
incertain sur le' jugesur toute cette affaire. On est
plus
en
le'
même de Sonthotar,
11 ment qne f'on doit porter, que rapport
ni bien clair.
pris isolément, n'est pas toujours bien conséquent
Au reste,i, comme l'assure Sonthonax, les confereacessecrétes
sont une fausseté, il sc présente une question fort importante : --- Page 43 ---
(39 )
c'est celle de savoir si Toussaint lui-même
calomnie, ou si elle s'est
est-l'auteur de-cette
Cette dernière
répandue sans son avea ? :
saint a avoué les écrits opinion n'est guères soutenable ; car enfin Touset sous scs
Il qui ont été imprimés au Cap souS son non
adresser yeux. avone tout au moins les
au Directoire exécutif,
originaux qu'il a dà
Si, pour trancher la difficulté, on convenoit de
constantes toutes les assertions de
prendre pour
plus avancé; car il semble, , sur ce Sonthonar, on n'en seroit gudres
méme, Il dit (page
sujet, se contredire un peu luide tenir le
23) que Toussaine est parfaitement incapuble
Langage qu'on Zui préte; et ces
clairement que Toussaint n'est pas le calomniateur. expressions annoncent
Mais, à la page suivante, parlant
ou iZ a trompé le gouvernement toujours de Toussaint, it dit: :
me chargeant d'un crime
par sa dernière accusation, ; en
lectres au ministre démontrent que je n'ai pas commis; ou bien ses
mon complice. Ici c'est bien Toussaint que, lorsqu'il les écrivoit, iZ étoiz
pour son accusateur.
que Sonthonax reconnoit
Si Toussaint s pour noircir Sonthonar, a réellement
confidences qui n'ont jamais eu lieu, il De mérite
supposé des
mens dont Sonthonaz use envers lai
point les ménagedément les cloges que lui ont donnés (page à l'envi 18). Non seulement il
de Sonthonax lui-même; mais
tant de voix, et celle
der Gomme le plus fourbe ;
on ne peut s'empécher de le
et le plus scélérat des Hommcs. régarSonthonax dit (F page 17) : Je suis parti librement de
Domingue, le 7 fructidor dernier, pour me rendre
Saintcu Corps législatif.
Depuis
dmon poste
été ajourné, à cause des troubles neuf mois mon dépar avoit
Mais il
du Sad et du Port-de-Paix.
s'explique bien différemment
pages annoncent positivement
(pages 19,2 20 ets1). Ces
se sont déterminés à livrer SteTeanairnefouverure et Raymond
FOise );
lettre
Sonthonax à Vaublanc et à Bourdon ( da
rendre qu'une
a été concertée entre eux
à son poste au Corps législatif;
pour l'inviter à se
faite avec de mauvaises
que cette lettre avoit ét6
officiers de Ja
intentions, qui n'ont point échappé aux
garnison du Cap,'e etc.-
Non sculement Sonthonax avoit dit
(page 17) gu'il étoit parti
C4
nefouverure et Raymond
FOise );
lettre
Sonthonax à Vaublanc et à Bourdon ( da
rendre qu'une
a été concertée entre eux
à son poste au Corps législatif;
pour l'inviter à se
faite avec de mauvaises
que cette lettre avoit ét6
officiers de Ja
intentions, qui n'ont point échappé aux
garnison du Cap,'e etc.-
Non sculement Sonthonax avoit dit
(page 17) gu'il étoit parti
C4 --- Page 44 ---
(40)
librement ; mais il rend campte immédiatement après de ses
motifs.
La restauration du commerce et des cultures 3 lu réédification
de la ville du Cap, enfin la paix La plus plofonde ayant suc*
cédé aux orages, aux dévastations et aux dangers de toute
espèce,je crus , dit-il, pouvoir songer à retourner en France.
Mais (page 21) il motive ce même départ sur des considérations bien différentes.
On alloit, dit-il, se porter contre Iui (Tessutot-O-verture) )
aux dernières eactrémités, lorsque, pour éviter Lefusion du sangs
Pinsurrection de la plaine, l'incendie des propriétés et le massacre des propriétaires, j'annonçai à tous les fonctionnaires
publics de la commune du Cap, que j'allois partir pour me
rendre en France au Corps législutif.
Comment concilier ces derniers motifs avec les précédens à
Sonthonax annonce (page 18) la découverte d'un complot tramé
par des prétres et des émigrés, et dont Taunuin-POavenune
étoit l'instrument, pour se défaire de la commission du gouvernement. On dait croire qu'il ne partira désormais qu'après avoir déjoué
çet abominable çomplot.
On s'attend du moins qu'il aura pria le temps d'en bien apprafondir lc dangereux mystère.
On est tout surpris de voir qu'il n'est plus question du tout du
gomplot, et que rien n'est changé au projet de départ:
Le peuple, dit-il cependant (page 22.) étoit consterné de mai
départ; O7I ne parloit que de s'y opposer.
La municipalité vint, environnée du peupie, et en son noms
me déclurer gue mon départ annoncé causoil les plus grands
murmures ; que le mécontentement cugmentoit à chaque instant, et
Punique moyen pour moi de prévenir des malheurs étoit de
que rester dans la colonie jusqu'a ce que les nouvelles d'Europe
me permissen: de la quitter suns danger pour la close publigue. Certes, de pareilles invitations étoient bien pressantes, ct les
mouifs qu'clles faisaient valoir étoien: bien déterminans!
oms
me déclurer gue mon départ annoncé causoil les plus grands
murmures ; que le mécontentement cugmentoit à chaque instant, et
Punique moyen pour moi de prévenir des malheurs étoit de
que rester dans la colonie jusqu'a ce que les nouvelles d'Europe
me permissen: de la quitter suns danger pour la close publigue. Certes, de pareilles invitations étoient bien pressantes, ct les
mouifs qu'clles faisaient valoir étoien: bien déterminans! --- Page 45 ---
OA
193 b 40196 insmoleibsam 39 00 baaz le 21518 TAsinaidit
(41)
On conçoit dificilement comment I'homme qui, par zeler pour
l tranquitlité.de.ta colonie, ajourncit depais neuf mois son depart,,ne l'a pas dillerésencore dans des conjonciures aussi- critiques,, a
v:
Ce gui rend sur-tout bien douloureux l'état de perplexité dont
on nc peut sortir en examirant toute cette aliaire, c'est qu'ont
est presquc forcé de reconnoitre que, d'un côté ou de l'autte', if
y. a nccessairement plus' que de l'ericur.
SAA
J'ai besoin, dans une parcilie circonstance, de me tappeler bien'
fortement a l'esprit l'intention dans laqueile j'ai pris la plume.
J'écris non pour attaquer, mais pour défendre.
Je ne dis point que Sonthonax soit coupable : je me réserve"
bien certainsmert la consolation der penser que ses torts nc sont
qu'spparens; mais je dis nettement ct ouvertement que Toussaintl'Oaverture n'est roint criminel, et que l'on nc pourroit suspecter sa bonne foisans une irds-grande' injustice. Sonthonax ne lui
oppose qu'nn fit : c'est la lettre écrite par Toussaint POuverture,"
le 13 pluviose an 5, au minjstre de la marine.:
1101 NOL n
Dans le commencement de cette lettre, Toussaint parle collectivement des citoyens Soathonax ct Raymond, et il dit : Nallex
pas croire
que les caoyens Sonthonax et Raymond trahissent les intéréts de la France.
La suite de la lettre s'applique particulièrem:nt à Sonthonax,et
Toyssaint y demande, au nom del l'intérêt de la colonic, qu'au
moins jusqu'h la pai: ce commissaire reste en place, et continue
de résider à Saint-Domingue.
Comment, observe Sonthonax, Foussaint a-t-il pu, le 13 plu.
viose, parier ainsi d'un homme qui, en frimaire ou' cn nivose, a
lui avoit, à ce qu'il dit, proposé l'indépendince?
Toussaint répondroit à cela, sans doute, que la lettre dont it
est question avoit cté écrite dans l'intervalle entre la premicre
conférerce et les suivantes, qui n'eurent lieu qu'en foréal ct ca
fructidar. a
Cc sont Ces dernières sculement qui persuadèrent à Toussaint
que Sonthonax s'occupoit tout de bon da projet de rendre la colonie incépendintc.
Nouvelles observ. de Rallier,
C5
é l'indépendince?
Toussaint répondroit à cela, sans doute, que la lettre dont it
est question avoit cté écrite dans l'intervalle entre la premicre
conférerce et les suivantes, qui n'eurent lieu qu'en foréal ct ca
fructidar. a
Cc sont Ces dernières sculement qui persuadèrent à Toussaint
que Sonthonax s'occupoit tout de bon da projet de rendre la colonie incépendintc.
Nouvelles observ. de Rallier,
C5 --- Page 46 ---
(-42)
La première cuverture qui lui avoit élé faite à cet égard, en
frimaire ou en nivose, n'avoit élé regardée par lui que comme
l'écart fugitif d'une imagination distraite, comme une sorte de
rêve sans consistance et sans dessein.
de
Sonthonax et lui s'étoient promis mutuellement, Tun,
n'y
plus songer et de n'en plus parler; l'autre, d'observer sur ce qu'il
venoit d'entendre le plus inviolable secret.
Toussaint regardoit comme non avenye une confidence qu'tl
croyoit devoir être sans suite, et sur laquelle il avoit promis de
se Pouvoit-il, taire.
à l'époque que l'on cite,et dans de pareilles citconstances, laisser rien transpirer de cette aventure dans sa correspondance avec le ministre? Devoit-il afficher des soupçons qui,
dans le fait, n'avoient encore aucune existence : Pouvoit-il, sans
manquer à sa parole., ne pas continuer de s'exprimer sur le compte
de Sonthonax de la même manière que par le passé ?
Cette lettre, qu'on lui oppose comme une preuve d'imposture
est donc, au contraire 3 un monument de sa bonne foi.
Mais on pourroit dire quelque chose de plus, et observer que
cette lettre est un timoin direct qui dépose en faveur de Toussaint. S'il ett été assez scélérat pour supposer, dans Pintention
peride de calomnier Sonthonax 1 des conférences imaginaires, il
auroit
controuvé les dates avec plus d'adresse et
en
probablement
de réfexion.
On est forcé de reconnoitre que Sonthonax n'est pas bien conséquent à lui-mène dans les reproches qu'il fait à Toussaintl'Ouverture.
à ToussainelOuverIldit (page 18): Je dois cette justice
concevoir de
c'est
lui-méme il est incapable de
zure,
que par
douter,
s'il n'apareils projc:s, et je sais, d n'en pouvoir
que
voit
été obsidé, travaillé au- deld de coute imeginazion,
il n'elt pas jamais consenti d se souiller du crime de rebellion.
ces expressions de celles des pages 24 et 25.
Rapprochons
le
Certes, si quelgu'un pourolt étre soupgonné de favoriser
d'indépendance, ce seroit sans doute celui dont ia vie
systôme r'a 6:d qu'une rivolte continuelle contie la France.
politique
, d n'en pouvoir
que
voit
été obsidé, travaillé au- deld de coute imeginazion,
il n'elt pas jamais consenti d se souiller du crime de rebellion.
ces expressions de celles des pages 24 et 25.
Rapprochons
le
Certes, si quelgu'un pourolt étre soupgonné de favoriser
d'indépendance, ce seroit sans doute celui dont ia vie
systôme r'a 6:d qu'une rivolte continuelle contie la France.
politique --- Page 47 ---
(43)
Tauasin-FO-veraure a été Pun des chefs de la Vendée de
Saint-. Domingue. Par l'impulsion de ces mémes émigrés qui
l'entourent aujourd'hui, il organisoit en 1791 la révolte des
noirs et lc massacre des blancs propriétaires. En 1793 et 94,
il commandoit Parmée des brigands, aux ordres du roi catholique, et iln'a passé au service des républicains que lorsque
les nigociations de paix lui ont appris que PEspagne n'avoit
plus besoin de Zui.
I1 y a évidemment centradiction, il y a même incompatibilité
viens de citer et les derentre les premieres phrases que je
nières.
Affirncns avec confiance, d'après des faits multipliés et constans, auxquels on n'oppose que des allégations sans fondement et
Touxsint-lOaveriure n'a jamais été l'instrument
sans preuves, que
d'un complot tendant à se défaire de la commission du gouvernement. I a toujours été fidèlement soumis aux agens du Directoire
jusqu'au moment ot, convaincu bien ou mal à propos qu'un projet
pernicieux éloit près d'éclater, il a cru devoir prendre beaucoup
sur lui pour le prévenir.
S'il a été dans l'erreur, Sonthonax ne doit s'en prendre qu'à
lui-même de ne l'avoir pas détrompé.
J'ai déja fait voir combien ce que l'on appelle son ancienne
rebellion étoit excusable. Ce n'est point quand l'Espagne a cessé
d'avoir beso'n de lui qu'il a repassé sous les enseignes républicaines, mais quand il a vu que la liberté de ses pareils éioit
proclamée dans la partie française. Qui sait mieux cela que
Sonthonax?
On l'accuse aujourd'hui de se laisser gouverner par des prétres
et des émigrés, reproche çue jusques-la on ne s'éloit point encore
avisé de lui faire.
Pour moi,je ne sais pas si ceux qui entourent Toussaint cher-.
chent : lui inculquer des principes contraires à la liberté; mais
cc que je sais fort bien, c'est qu'en tout cas ils auroient bien
perdu leur temps 7 et qu'a cet égard , les abbés Martini ct
Lantheaume auroient beatconp a faire encorc pour achever sa
conversion.
et des émigrés, reproche çue jusques-la on ne s'éloit point encore
avisé de lui faire.
Pour moi,je ne sais pas si ceux qui entourent Toussaint cher-.
chent : lui inculquer des principes contraires à la liberté; mais
cc que je sais fort bien, c'est qu'en tout cas ils auroient bien
perdu leur temps 7 et qu'a cet égard , les abbés Martini ct
Lantheaume auroient beatconp a faire encorc pour achever sa
conversion. --- Page 48 ---
a
dA
at ab m Httobl 7q100) 44.) nol n8 droulnss lup Tol
Il est superstiticux, dit-on; mais quand il seroit vrai
homme qui, par un miracle sans exemple, s'est affranchi que cet
méme de tant d'erreurs et de tant de
auroit lui-,
servé quelque chose des préjugés religieux, préventions, les plus difficiles con- de
tous à déraciner, faudroit- il lui en faire un crine?
Sa conscience religieuse est foible; mais sa con cience
est lumineuse et forte. Ses confesseurs, quels qu'ils soient, politique n'auront
rien à déméler avec celle-là,
Quant aux émigrés qui obsèdent, dit-on, Toussaint ; c'est de:
Bayon-Libertat, , son ancien maitre, que l'on veut parler. Oa
reproche à Toussaint ses procédés généreux et touchans envers
ce vicillard, qu'il a invité à revenir de la
oi, depuis l'incendie du Cap, il s'étoit réfugié. Neuvelle-Angleterre, :
Bon Toussaint, ces crimes-la n'excitent point en vous de remords. Combien d'hommes auroient sujet d'être humiliés,
côté de vos prétendus crimes, ils étoient
de
si, à
vertus!
obligés
mettre leurs
Toussaint s'est vengélui même du reproché d'étre
la faction
complice de
Vaublanc, en la combattant aussitôt qu'il l'a
et dans un temps. oui i! avoir lieu de ia croire triomphante. connuc,
J'ai aussi combattu de toutes mes forces Vaublanc et ses
tisans, quand ils étoient en crédit; mais je ne me fais point à parcontre toute vraisemblance, contre l'évidence même, accuser ccux voir, à
qui l'on veut nuire d'ètre vendus à cette faction.
Ici, c'cst Rigaud, le meurtrier des Françuis, l'assassin des
Européens, qui se, concerte avec le planteur Vaublanc : là, c'est
Toussaint qui se hâte de se coaliser avec Rigaud, aussitôr
voit défendu par Vaublanc (1).
quille a
Il est un moyen bien simple de répondre à ces
encore
inculpations.
Répétons
ce que Sonthonax a dit (page 17): Je suis
parti librement de Saint-Domingue le 7. fructidor dernier
$
me rendre d mon poste au Corps ligistutif; je ne connoissois pour
alors ni mon exclusion par la faction Vaublenc, ni ma réintégration difinitive par une loi particulière.
() Discours de Sonthonax, page 25,
anc (1).
quille a
Il est un moyen bien simple de répondre à ces
encore
inculpations.
Répétons
ce que Sonthonax a dit (page 17): Je suis
parti librement de Saint-Domingue le 7. fructidor dernier
$
me rendre d mon poste au Corps ligistutif; je ne connoissois pour
alors ni mon exclusion par la faction Vaublenc, ni ma réintégration difinitive par une loi particulière.
() Discours de Sonthonax, page 25, --- Page 49 ---
(45) )
La loi qui excluoit Sonthonax du Corps législatif est du 10
germinal an 5. A cette époque, la faction Vaublanc n'existoit pas
encore ou étoit du moins bien peu connue : c'est le 10 prairial an 5,
c'est-à-dire deux mois plus tard que Vaublanc prenonça au Conseil
des Cinq Cents son discours sur les colonies.
Sonthonax conviendra que peu de personnes à Saint-Domingue
étoient aussi bien ct aussitôt instruites que lui des nouvelles de
France.
Sur toutes ces bases, il doit m'être permis d'établir le raisennement suivant :
Si,le.7 fructidor an 5, Sonthonax, mieux instruit que personne des nouvelles de France, n'avoit encore aucune connoissance
de la loi du 10 germinal an 5, très -intéressante pour lui, comment peut-i il accuser des personnes privées des mémes facilités
pour recevoir des nouvelles, d'avoir, antérieurement au 7 fructidor an 5, été vendues à une faction qui n'avoit été connue
en France qu'en prairial?
Dans le discours de Sonthonax, on retrouve encore (page 26)
ces expressions : J'en aiautendu vainement (des nouvelles) depuis le
mois de Brumaire dePan 5 jusqu'in fructidor dernier. Ces déclarations me semblent précieures pour tous les individus, dont
jai entrepris ia defense.
Sonthonax, dans son discours du 16 pluviose, n'a rien dit du
citoyen Pinchinat, qui, par ses qualités personnelles, s'est distingué
parmi les hommes de couleur, et qui en conséquence n'a pu manquer,dans ces teinps de troubles, d'avoir, ct des amis nombreux,
et des ennemis passionnés.
Mais comme Sonthouax a parlé fort déavantageusement de Pinchinat dans sa proclamation du 23 frimaire an 5, je me fais une
sorte de devoir re placer ici quelques mots pour sa défense.
Pinchinat joint à un esprit éclairé, conciliant et sage, des talens
et de lélévation dans le caractère. C'est un zéié partisan de Ja
liberié,et, pendant toute la révolution, ses frères ont trouvé-en lui
un défenseur énergiqne de leurs droits. I! eut ane grande part aux
premiers çoncordats gui furent fits entre les blancs et les hommes
an 5, je me fais une
sorte de devoir re placer ici quelques mots pour sa défense.
Pinchinat joint à un esprit éclairé, conciliant et sage, des talens
et de lélévation dans le caractère. C'est un zéié partisan de Ja
liberié,et, pendant toute la révolution, ses frères ont trouvé-en lui
un défenseur énergiqne de leurs droits. I! eut ane grande part aux
premiers çoncordats gui furent fits entre les blancs et les hommes --- Page 50 ---
(-46 )
de couleur, concordatiquiauroisnt tassuré la tranquillité de la colonie, s'ils avoient été fidèlement exécutés.
/ Ces faits sont de toute notoriété, et au contraire les accusations
que-les ennemis de Pinchinat ont répétées sa l'envi contre lui sont
toutes vagues et destituées de preuves.
cite à sa charge un scul fait, c'est d'avoir en 1791
consenti d1 Sonthonax à la déportation de 300 noirs : mais, outre que Pinchinat
explique ce fait de manière à faire voir que ses intentions furent
trompées, mais qu'elles étcient purcs, les marques éclatantes de
confiance dont Sonthonax lui-même n'a point ces-é de combler Pincbinat jusqu'en 1793 suffisent pour réfuter sa dénonciation. Il n'auroit Pas témoigné tant d'estime à T'homme qu'il cût été fondé dèslors à trouver si coupable.
Ce qui mc prévient le plus en faveur de Pinchinat, c'est que
-NR j'ai toujours entendu ceux-là même qui l'accusoient d'avoir conconcouru à faire du mal,convenir qu'il étoit capable de faire beaucoup de bien.
en auroit fait sans doute, si ses bonnes intentions n'avoient Oui,il pas été si souvent trompées; ct il en fera encore, quand,
certain de voir ses frères maintenus dans tous leurs droits, il n'aura
plus qu'a leur donner l'cxcmple de la fidelité à remplir leuss
devoirs.
Qnc l'on essaie une fois ce que peuvent sur les hommes de couleur des procédés généreux et francs; S qu'on léur montre cette confiance % qui appelle la confiance 5 qu'on leur trace par des lois,sages
la conduite ultérieure
doivent tenir. Si après cela
et précises
qu'ils
ils SC révoltent contre la règle; s'ils font mentir ceux qui, comme
moi,. répondent aujourd'hui de leurs bonnes intentions : alcrs, j'y
consens, que l'on punisse leurs nouveaux torts avec toute la rigueur
que la loi autorisc.
J'ai parcouru C -
la carrière que je m'étois tracée : les hommes que
jai défendus sont des amis zélés de la liberté de la France et de
celle des colonies. Ils ont rendu à l'une et à J'autre de nombreux
ct de signalés services. Ils jouissent tous respectivesent d'une grande
confiance dans lcs différentes partics de Saint - Domingue qu'ils ont --- Page 51 ---
(47)
habitees our quiils habitent ercore. On ne sauroit, sans leur intervention, se flatter de rétablir un ordre parfait dans cette grande
colonie : ils y feront sur-tout un bien infini, quand, réconciliés - sincèrement entre eux, ils y pourront agir parfaitement de concert.
J'ai cru que la justice et la politique s'offensoient à-la-fois de
voir dénigrer 'dans leur absence des hommes' qui méritent bien plus
d'être loués que blamés, des liommes qu'il convient d'encourager
ct non de mortifier.
.
Cependant, fidele au plan que je m'étois formé de ne pas employer d'armes oflensives, fai évité antant que je l'ai pu de recriminer contre leur accusateur.
ront agir parfaitement de concert.
J'ai cru que la justice et la politique s'offensoient à-la-fois de
voir dénigrer 'dans leur absence des hommes' qui méritent bien plus
d'être loués que blamés, des liommes qu'il convient d'encourager
ct non de mortifier.
.
Cependant, fidele au plan que je m'étois formé de ne pas employer d'armes oflensives, fai évité antant que je l'ai pu de recriminer contre leur accusateur. - Sans doute qu'a Saint - Domingue il y a un grand nombre de
coupables : il y en a dans toutes les couleurs,
Il convient d'ensevelir dans l'oubli, par' une amnistie, cette
foule de délits et d'erreurs. Le pardon général prononcé par elle
préparera utilement la voie à des milliers de pardons individuels.
Mais tout en approuvant la mesure de l'emnistie, je m'oppose
à'ce' qu'on' y fasse d'odicuses exceptions ; je' m'oppose également
à ce qu'on applique cette mesure à des hommes pour qui elle scroit un outrage. Sonthonax repousse pour son propre compte cette
mortifianse absolution : pourquoi voudroit-il en user comme d'une
arme ctuclle contre des hommes qui ne la dédaignent pas peut être
moins justement ni moins franchement
lui?
1 Le pinceau de l'amnistic est fait pour que cffacer les crimes et non pour
obscurcir ou pour décolorer les vertus.
qe L .15
:7 Quand je relis tout ce que je viens d'écrire, j'y treuve un ton
de bonhommie quil ne me laisse pas sans quelque inquictude sur
l'aceueil que cc perit ouvrage recevra du public.
Qui pourra, me dis-je à moi-même, fixer sans ennui, son attention sur des desseins sans couleur, et sur des narrés qui n'ont pour
tout mérite qu'une insipide impartialité:
lo Mais bientôt la réfiexion me rassure et m'avertit que pour être
lu avec quelque intérêt il n'est plus nécessaire d'étre ni passionné
ni partial.
Si mon ton de modération peat exciter encore la pitié de quelques
l'aceueil que cc perit ouvrage recevra du public.
Qui pourra, me dis-je à moi-même, fixer sans ennui, son attention sur des desseins sans couleur, et sur des narrés qui n'ont pour
tout mérite qu'une insipide impartialité:
lo Mais bientôt la réfiexion me rassure et m'avertit que pour être
lu avec quelque intérêt il n'est plus nécessaire d'étre ni passionné
ni partial.
Si mon ton de modération peat exciter encore la pitié de quelques --- Page 52 ---
( 48.)
hommes, dont l'ame a pris T'habitude des impressions violentes, je
me permettrai de leur dire: :
Notre révolution n'a pu sans, doute s'opérer sans dcs secousses
extraordinaires et sans le déploiement des forces motrices les plus
actives.
Ceux qui ont su les faire éclore et les diriger, ont été pendant
quelque temps des hommes infiniment précieux.
Quand les dieux punissent les Titans, l'éclat de la foudre, 3 les
convulsions de la nature, l'ebscurcissement des cieux, le désordre
des saisons, sont des scènes qui, au lieu d'inspirer Phorreur,
doivent exciter au contraire la reconnoissznce des hommes. L'idée
s'en confond alors dans leur esprit avec celle d'une juste répression
et d'un renouvellement nécessaire. Mais si tous ces phénomènes
encore
les Titans ne sont plus, nous
tcrribles se perpétuoient
quand
serions fondés a dire aux dieux : Cessez de signaler volre puissance
deviennent odicux dès le moment qu'ils se
par des prodiges qui
du
fertisont plus indispensables ; rendez-nous la sérénité
ciel,la
lité de la terre, le retour régulier des saisons, les beautés touchantes de la nature.
Cachez.désormais votre toute puissance sous un ordre constant,
qui semble se maintenir de lui-même , et Rous bénirons, d'autant
rien de surnaturel n'en trahira
plus votre main bienfaisante, que
désermais l'action.
Avant de terminer ces obscrvations, je dois y réserver une
de m es lecteurs auront déja
place pour une réfexion que beaucoup
faile, et qu'il seroit même intéressant d'approfondir.
Nous venons de fixer notre attention sur les hommes qui vers
la fin de l'an 5 étoient le plus en évidence à Saint-Domingue; et
encore actuellement des places imdont la 7 plupart y remplissent
portantes. 17
hommes de: couleur ou noirs, et on n'y trouve
Iis sont tous, ou
pas un blanc,
blanche de Saint-Domingue ,jadis
Qu'est devenue la population
et psrsc3
sur-tout
son infuence
- si nombreuse 3 si remarquable
par - p.ib.
ut
richesses?
la fin de l'an 5 étoient le plus en évidence à Saint-Domingue; et
encore actuellement des places imdont la 7 plupart y remplissent
portantes. 17
hommes de: couleur ou noirs, et on n'y trouve
Iis sont tous, ou
pas un blanc,
blanche de Saint-Domingue ,jadis
Qu'est devenue la population
et psrsc3
sur-tout
son infuence
- si nombreuse 3 si remarquable
par - p.ib.
ut
richesses? --- Page 53 ---
(49) )
Quelles sont les causes qui l'ont fait disparoitre en grande partie
de la colonic, et entièrement des premières places?
Cette question pourroit faire naitre une discussion 3 dont Ics détails seroient longs et affigeans.
Conteatons. nous de dire ici que les planteurs, par Jeurs opiniâtres préjugés, parl'ambition excessive d'un grand nombre d'entre
eux, par les crimes de quelques-uns, concourutent eux-mèmcs à
former l'orage dont leur couleur finit par être la victime, Ajoutons
à ces causes l'esprit de contre-révolutiqn et d'intrigue des agens.
de l'ancien gouvernement, l'enthousiasme même de la liberté,
qui, souvent contrarié ou égaré, ft d'une source pure sortir des
excès coupables; ajoutons-y sur-tout la defance, la haine, la
jalousie, la cupidité, la fureur toujours croissante des vengeances,
et nous connoîtrons les principales canses qui, agissant et réagissant
fortement sur la classe blanche, parce qu'elle donnoit plus de
prise que les autres, et qu'elle avoit beaucoup à restituer ou à
perdre, l'ont réduite enfn à l'espéce de nullité ou Saint-Domingue
la voit aujourd'hui.
Certes, si la révolution s'étoit opérée dans cette grande colonie
par une marche méthodique et graduce, qai eût été elle-mème le
fruit d'une sage combinaison de tous les intérèts, et d'une réunion franche de toutes les volontés, les résultats en eussent été
bien differens. Des hommes de toutes les couleurs figurercient
aujourd'hui dans les premiéres places, et il est même probable
que, dans cette répartition 9 les blancs auroient encore conservé
respectivement quelques avantages.
1Mais le sort, qui ne peut plus rétrograder, en a ordoané autrement. Nous sommes arrivés au but par une route qui n'étoit
ni la plus régulière ni la plus douce. Mais nous ne voulons 3 ni ne
pouvons retourner en arrière; et dans un tel état de chosès, c'est
peut-étre un bonheur, à bien des égards., que les places les plus
importantes se trouvent remplies par des hommes de coulear et
par des noirs.
Les blancs reprendront facilement ct nécessairement, vis-à-vis
des autres habitans de la colonie, 2 les droits de l'égalité naturelle,
ni la plus régulière ni la plus douce. Mais nous ne voulons 3 ni ne
pouvons retourner en arrière; et dans un tel état de chosès, c'est
peut-étre un bonheur, à bien des égards., que les places les plus
importantes se trouvent remplies par des hommes de coulear et
par des noirs.
Les blancs reprendront facilement ct nécessairement, vis-à-vis
des autres habitans de la colonie, 2 les droits de l'égalité naturelle, --- Page 54 ---
(50):
et- il n'est point à-craindre qu'aucune autre couleur entreprenne
de les asservir.
2ue
conservent le
Mais les hommes de couleur et les noirs, qui
souvenir encore récent de l'état d'abaissement et de servitude
autrefois condamnés, ne seront pas de longauquel ils étoient
patsurés sur la crainte d'y retomber.
temps peut-dtre parfaitement
sera pendant
d'un bien nouvellement acquis
E La jouissance
chez eux d'une jalousic inquelque temps encore accompagnée
d'obtenir moins que ce
quière; ct pour qu'ils ne craignent pas
pendant
qui leur est dà, il n'est'pas désavantageux peut-etre chose de que plus.
quelgue temps encore ils aient même quelque
FAu reste,la marche que la révolution a prise à S.int-Domingue
entre
quelque chose aux rapports primitifs qu'avoient
a changé
ont formé
elles. les trois couleurs qui 5 pendant trop long-temps
trois castes distinctes.
19 3: Aat
C'étoient autrefois les hommes de couleur qui; interposés par
même entre les blancs et les noirs, sembloient être le licn
la nature
des trois couleurs devoit, par un héureux
moral et politique qui
amalgame, ne faire cnfin qu'une seule massc.
ce
Mais dans la situation ou les ckoses se trouvent aujourd"hui,
parlant, > être la couleur
sontiles: blancs qui doivent, politiquement de ceux' sur-tout que
intermédiaire. Un grand nombre d'entre eux,
les
les
ont déja des relations intimes,
l'on nommoit
petits-blancs, les hommes de couleur. C'est
uns avec les noirs > les autres avec
deux*
à eux de tirer parti de ces doubles rapports, pour rapprocher en
simple nuance suffit pour mettre aujourd'hai
coulcurs, qu'une C'est à eux de se montrer tous animés d'un-mème
opposition. de faire de leur concorde particulière un instrument
esprit, et
de la concorde générale.
pour parvenir au rétablissement
sont actuellement à Saint-DoPuissent les blancs, tant ceux qui
de l'im.
mingue, que ceux qui pourront y rentrer, se pénétrer
mission que les circonstances leur assignent !
portante
être sensibles àla gloire de rétablit à Saint- -Domingues
Puissent-ils bases solides, la paix, la concorde et I'harmonie sooiale! sa
sur des
T'attachement opiniatre que cuelques-uns de
Puissent ils expier
en donnant
leurs prédécesseurs ont montré à d'antiques préjogés,
de l'im.
mingue, que ceux qui pourront y rentrer, se pénétrer
mission que les circonstances leur assignent !
portante
être sensibles àla gloire de rétablit à Saint- -Domingues
Puissent-ils bases solides, la paix, la concorde et I'harmonie sooiale! sa
sur des
T'attachement opiniatre que cuelques-uns de
Puissent ils expier
en donnant
leurs prédécesseurs ont montré à d'antiques préjogés, --- Page 55 ---
(Si)
àl leur tour dans les colonies de grands exemples de
d'humanité, de déintéressement et de vertu !
philosophie,
Puisse l'homme qui vient de partir
a a
l: titre d'agent da Directoire
pour Saint-Domingie avec
honorable confiance!
exécutif, justifier pleinement cette
Ses forctions sent les plus belles qu'un mortel
TINI
remplir : il est chargé de doaner des
puisse avoir à
nouvellement à la liberté,
vertus à des hommes rendus
Ses propres Vertus nous répondent de ses succès ; maie ma voixy
n'anticipera point sur celle de la renommée, en donhant
pérances à cet égard pour des réalités.
mes es- P
Je me dois à moi-mème cette justice, que, dans teut
dit, l'amour de la vérité a constamment été
ce que j'ai
commis des erreurs, elles
mon guide. Si j'ai
tion à ceux qui voudront bien sont involontaires.. et j'aurai del'obligad'être
les relever : j'ai évité, avec un
soin,
ou le détracteur oul l'adulateur de
égal
Si mon ouvrage contient
qui que ce soit.
hommes voudroient
cependant des choses que quelques
n'y pas voir, j'en suis
pas cru qu'il me fit permis de ricn retrancher très-faché; de
mais je n'si
Que'ques sacrifices
ce que j'ai dit.
que je sois disposé à faire à la crainte de
déplaire > je sens que cette crainte-là doit elle-même être
fois sacrifiée aux intérêts de la vérité, et sur-tout à
quelquenocence qui n'est point i
ceux de l'inIl
portée de se défendre elle même.
est peu d'hommes peut-être qui frémissent
à l'idée d'oflenser
autant que moi
mirois
qui que ce soit; mais, graces au
fréencore davantage, si, bien convaincu qu'un tel ciel,je chemin est
pour moi celui du devoir, je m'étois cependant abstenu
d'y marcher.,
0r
BAUDOUIN, imprimeur du Corps légiflatif, place du
Carroufel, no. 662. --- Page 56 --- --- Page 57 --- --- Page 58 --- --- Page 59 ---
E717
L399r --- Page 60 ---