--- Page 1 --- --- Page 2 ---
a
-
SO 3ohu Carter Brotn. --- Page 3 ---
a --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 ---
i 1 hed (a giom
Sabn 9083 --- Page 7 ---
NOUTELLES
CONSIDÉRATIONS
SU R
SAINT-D O MINGUE
PREMIE RE PARTIE --- Page 8 ---
RiELh33X --- Page 9 ---
NOUFELLES
CONSIDERATIONS
SUR
SAINT-DOMINGUE,
EN RÉPONSE A CELLES DE M. H.D:,
Par M. D. B
Quod vidimus tef.amur.
PREMIERE PARTIES
SVO
-
A PARIS, -
RUE DAUPHINE,
Chez CELLOT & JOMBERT Fils jeune, Libraires,
Imprim. la feconde porte cochère à droite,
en entrant par le Pont-Neuf,
A U FOND D E LA COUR,
17 80. X
Avec Approbation 6 Privilege du Roi, --- Page 10 --- --- Page 11 ---
DISCOURS PRÉ LIMINAIRE.
Lis murmurés répétés da Public nous
Sapendrindto-dhasbplens pour éfacer , s'il-eft, poflible, en Europe, l'impreffion delavantageufe qu'un livre qui parait
depuis quelque tems aura pu donner de la
Colonie de Saint-Domingue,
Au moment de fa publication dans le
lieu qui en forme la matière & l'objet, la
téclamation a été générale, non pasà caufe
desvérités duresquis'y rencontrent, comme
l'Auteur le prétendra fans
doute, 9 mais pour
les fuppofitions choquantes qui s'y trou=
vent.
Lorque l'on peint en laid, il faut bien
prendre garde d'augmenter les imperfections de fon modéle : c'eft feulement lorfqu'on veut rendre le beau, qu'il peut être
permis de fuivre l'élan d'une imagination
flateufe. En rifquant de paffer pour infidéle, du moins On eft certain de ne
révoler ; mais f, à des traits irréguliers pas
Partie. I
A
--- Page 12 ---
DISCOURS
ajoute encore toutes les idées
le Peintre
au lieu
fanzaiques d'un cerveau chagrin,
réffemblant qui eût rempli
d'un portrait
n'aurez plus qu'un monf
fon objet, vous
ne voudront
tre idéal, fur lequelles yeux
perdu,
s'arrêter; le tems del'Artiftefera
pas
dédaigné malgré le talent qu'il
& Touvrage
annonce.
à craindre que ce ne foit le
N'eft-il pas
fort du Livre dont nous allons entreprentandis qu'écrit avec moins
dre Téxamen, 2
1 il aurait
d'amertume & plus d'éxaditude 2 difcuter
d'une
utilité P Le
pu être
fera grande lui rendre celle à laquelle
avec foin, ce
TAuteura prétendu, lorfqu'il a dit,pag.30,
fe découvrent par
gue des vérités cffentielles 8c lui-même ne
le choc de la contradidion, 2
de notre
nous favoir mauvais gré
pourra
des Cenfeurs
a demandé
travail, 2 puifquil endroits de fon DifcoursPrédans plufieurs
liminaire, où TAgmesnermodatsatilee
commune: ; première remarque
ble que peu
d'avoirà comnousfommeschurmés
parods
que nous nous flattons
mencer une critique
vérités cffentielles 8c lui-même ne
le choc de la contradidion, 2
de notre
nous favoir mauvais gré
pourra
des Cenfeurs
a demandé
travail, 2 puifquil endroits de fon DifcoursPrédans plufieurs
liminaire, où TAgmesnermodatsatilee
commune: ; première remarque
ble que peu
d'avoirà comnousfommeschurmés
parods
que nous nous flattons
mencer une critique --- Page 13 ---
PREIININAIRE
de faire diftinguer par les caraétères de dé- 3
cence 9 de ménagement & d'impartialité
qui
Taccompagneront, comme auffi par
l'avantage inapréciable d'avoir été faite
fur les lieux & au fein des chofes
difcutera,
qu'on y
par conféquent à même de tout
vérifier.
Nous allons fuivre pas à pas M. H. dans
da diftribution de fon
ouvrage; outre
nous a paru très-claire
qu'elle
2 nous nous faifons
un vrai plaifir de nous conformer
qu'il
au defir
marque 2 pages - 7 &8 8,d'être
en fuivant fa méthode
critiqué
moins, il
2 parce que, du
ne pourra fe plaindre que nous
ayons embrouillé la matiere.
Al l'ouverture de ce
Livre, on eft bien
favorablement prévenu par la jufteffe des
idées qui is'y trouvent répandues
dixième
jufqu'a la
de
page. Que ce foient un peu celles
M. H. un peu celles des autres
porte au Public? elles n'en font ; qu'imvraies & très-bien
pas moins
rête à la
expofées, Mais on s'arpage IO 2 & l'on eft furpris
l'Auteur mette trois intérêts différens que
dans
Aij --- Page 14 ---
DISCOURS
Peut-être, pour plus d'éxaêti
une Colonie.
confondre T'Etat avecle
tude aurait-il fallu
dans le fait l'Etat
Commerce, parce que d'autre avantage
ne tire 8 ne peut tirer celui d'entretenir forr
d'une Colonie, que
pour
(
Scquilemploie toujours lui
.commerce, des fommes que l'impôr
elle au-delà
des Colonifles
rapporte : auffi les prom:fes
point
de LEsarnéxitent
& les réclamations
n'a formé de dejamais l'Etat
en réalités
comme prix de fa promandes pécuniaires moyen del la procurer
teêtion, mais comme d'entretien. Ainfi,
& de fubvenir aux frais
il faudrait donc
fimplifier les objets,
8c
pour
confidérer les prétentions
feulement
de la Colonie & du
plaintes réciproques
de la Métropole.
Commerce
cette phrafe : > TuOn trouve, pag. II,
leur Société
maintient
> tilité réciproque des Colons & des Com-
(
>> chanchelante
& la cupimais Tingratitude
>> merçans),
prochaine,
> dité annoncent une féparation conteftations à termi-
>> ou de plus grandes
> ner 7
ets,
8c
pour
confidérer les prétentions
feulement
de la Colonie & du
plaintes réciproques
de la Métropole.
Commerce
cette phrafe : > TuOn trouve, pag. II,
leur Société
maintient
> tilité réciproque des Colons & des Com-
(
>> chanchelante
& la cupimais Tingratitude
>> merçans),
prochaine,
> dité annoncent une féparation conteftations à termi-
>> ou de plus grandes
> ner 7 --- Page 15 ---
PRELININAIRE
M.H.n'a, fans doute, pas fait réflexion
à toutes les conféquences qui naiffent de
ce paffage, & combien linterprétation en.
eft fàcheufe 2 nous ajouterons injufte.
Eh ! Sur quoi peut-il fonder cette aliénation de la Colonie pour fa Métropole A
Ou a-t-il entrevu cette féparation
prochaine, & quel autre commerce remplacerait celui qu'il prétend qu'on. doit inceffament quitter P
Quoi! Parce que des Négocians veulens
être payés de leur avances 2 &x des Colons
cherchent à jouir de leurs travaux 2 defirs
bien naturels chez eux 9 quoique fouvent
oppofés l'un à l'autre ; faut-il donc en conclure que ceux-ci. appelleront T'Etranger
pour fe donner à lui.? Non;l la Colonie ef
peuplée de Français; elle fe fera toujours
gloire de dépendre de la France; c'eft fon
plus grand avantage, 8 fon titre le plus
glorieux. Si quelquefois elle a fouhaité que
FEtranger fût admis dans fes Ports, c'était
le befoin urgent & momentané de quelqu'objet qui lui faifait former ce voeu paffager.
A lij --- Page 16 ---
DISCOURS
6,
M, H.n'eft pas. le feul
Remarquons que dans les Colonies une:
qui ait cru entrevoir
aufli imfecrète à cette féparation
pente
foupçonnée trop
poffible qu'imaginaire 2
légérement fur des propos famsconfèquence: Les:
Particuliers peu réfléchis.
de quelques
du Vent ont auffi été:
Colonies Françoifes
l'on peut:
l'objet de cette imputation que
lorfqu'en vivant fur les lieux,,
direabfurde,
les fention a été à même de connaitre
répandus.
mens les plus généralement les circonftandans
Il ferait dangereux
fubfifter un tel
ces préfentes - 2 de laiffer
ferait coufoupçon dans la Métropole; ce
contre la Colonie;,
rir rifque de Tindifpofer fouvent dans le cours:
8c M. H. quis'éleve
entraves & conde fon Ouvrage contre ces
aurait dû
militaire,
tre le Gouvernement
Miniftère à augfentir que c'était engagerle
l'autre.
menter les unes, &à continuer
15: : cj'auOnavu avec furprife, page Partifans , fi
>> rais eu peut-être plus de de la Nation
facrifié les intérêts
>> j'avais
e,à la tyrannie & au mo9 & de la Colonie.
M. H. quis'éleve
entraves & conde fon Ouvrage contre ces
aurait dû
militaire,
tre le Gouvernement
Miniftère à augfentir que c'était engagerle
l'autre.
menter les unes, &à continuer
15: : cj'auOnavu avec furprife, page Partifans , fi
>> rais eu peut-être plus de de la Nation
facrifié les intérêts
>> j'avais
e,à la tyrannie & au mo9 & de la Colonie. --- Page 17 ---
PRELININATRE
5 nopole. Mon Ouvrage aurait étéd'autant
9) mieux accueilli par les hommes naturel-
>) lement ennemis du bien Public
2 que
> j'aurais cherché à détruire les maximes
> précieufes que la Philofophie a données
>> de tout tems furla manière de gouverner
a les hommes >.
Ce n'eft point le facrifice desintérêts de la
Colonie, ou de la Nation, qu'on voudrait
queM. H. eût fait; mais en rendant compte
des vices de la fille à fa mere, il ne fallait
pas les augmenter ; c'était rendre à toutes
deux un très-mauvais fervice; c'était folliciter 2 non pas les remédes, mais la punition;
& voilà ce qui enleve au Livre de M. H.
beaucoup de Partifans. C'eft une cédule
qui a paru fcandaleufe ; plus modérée,
elle eût été plus jufte & plus utile.
M. H. met au bas de la P. 16 cette note:
k La première Partie de cet Ouvrage
>> était achevée en 1767, & il n'y a été
9> fait d'autres changemens que ceux qu'éxi-
> geait, l'agrandiffement de la Colonie >.
A iv --- Page 18 ---
DISCOURS
conduit à des industions fnCette notea
qui ont
beaucoup. de perfonnes
gulières
dès les.
connu M. H, particulièrement dans la Oo
miers momens de fon arrivée
lui
lonie. On a dit publiquement qu'en de fon
la première Partie
accordant 2- que été faite par lui en. 1767 >
Ouvrage avait
l'avait entreprifeen
il fallait croire qu'il
dans
à terre dans la Colonie,
mettant pied
des hommes ne ré:
u àge où le commun
il avait,
fléchit pas encore, ob,lui-mème, de réflémoins qu'un autre 9. T'apparence. dix-huit
chir; en un mot,. à dix-fept ou
la feule leêture d'un, pareil
ans , lorfque
Ouvrage aurait du Yépouvanter.
voulu
Delà des gens entêtés qui ont
le fonds de T'Ouvrage
nous foutenir être que de M. H.: des gens prétenne pouvait
difaient en confidence
dus inftruits quinous
beaucoup de
lui avait été remis
paqu'il
fondus avec les fiens : des
piers qu'il avait
abfolument
indifcrets qui vouloient
gens
deux de fes Coopérateurs:
nous nommer
naiffeurs qui voulaient
enfin des demi-con
Delà des gens entêtés qui ont
le fonds de T'Ouvrage
nous foutenir être que de M. H.: des gens prétenne pouvait
difaient en confidence
dus inftruits quinous
beaucoup de
lui avait été remis
paqu'il
fondus avec les fiens : des
piers qu'il avait
abfolument
indifcrets qui vouloient
gens
deux de fes Coopérateurs:
nous nommer
naiffeurs qui voulaient
enfin des demi-con --- Page 19 ---
PRELIMINAIR E.
nous montrer les difparates dont ils prétendaient que ce Livre était plein.
Pour nous. 2 n'ayant jamais connu par
nous-même M. H. & fachant combien il
eft cruel de déshabiller un homme fans raifons très-décifives, &x de l'accufer de friperie 2 quand il a compté fe vêtir tout de
neuf, nous nous fommes dérobés à l'impreffion qu'auraient pu nous faire des propos auffi vraifemblables 2 & nous nous
fommes bornés à obferver ce que l'Ouvrage lui-même anonce. 2 que tous les objets qui forment la matiere de la première
Partie, 2 paraiffent traités poftérieurement
à l'année 1774; que nous y verrons même
des calculs concernant 1776, quoique nous
apprenions de M. H. dans fon Epitre aux
Colons qu'on trouve en tête de l'Ouvrage,
que fon Livre fut préfenté au Miniftre en
1775 2 d'où l'on pourrait conclure
était achevé, ce
qu'il
que prouverait encore la
date de l'approbation : mais nous fommes
trap timides pour ofer rien inférer delà-contre la fincérité de M, H. nous.aimons mieux --- Page 20 ---
1O
DISCOURS
les donne,
prendre les chofes commeilnous! concilier avec lui-
&fi nous ne pouvons le
fur
fommes prêts à en rejetter
même, nous
nous toute la faute.
du premier
M. H. auroit pu fe difpenfer à Saintalinéa de la page 17.4 Venujeune choix ait
& deftiné par mon
* Domingue,
travaillé d'abord
>> foin de la Juftice, 2 j'ai
: le tems , les
inftrusion
s pour ma propre lamour de mon état ont
> réflexions 8c
>.
>> achevé TOuvrage
lignes ont reçu ici
Ces quatre ou cinq
nous nous
fort vif, que
un commentaire
Nous remerdifpenferons de rapporter.
avoir apfeulement M. H. de nous
cions
Saint-Domingue
pris par ce paffage 2 qu'à
les Clercs des
la Juftice était foignée par & nous ne nous.
Procureurs ou Avocats, 2 ait fi fouvent reétonnerons plus qu'il lui
Du refte
proché d'y paraitre en négligé. clairement
pas bien
nous ne comprenons de Tétat de Clerc peut
comment lamour
tel que les Conportèr à faire un ouvrage
fidérations Fuer Saint-Domingue.
Saint-Domingue
pris par ce paffage 2 qu'à
les Clercs des
la Juftice était foignée par & nous ne nous.
Procureurs ou Avocats, 2 ait fi fouvent reétonnerons plus qu'il lui
Du refte
proché d'y paraitre en négligé. clairement
pas bien
nous ne comprenons de Tétat de Clerc peut
comment lamour
tel que les Conportèr à faire un ouvrage
fidérations Fuer Saint-Domingue. --- Page 21 ---
PRELIMIN. AIRE.
II
M.H.nous peint page 18 5 tous les obftacles qui fe font préfentés dans la Carrière qu'il voulait parcourir ; il nous dit
>> qu'on lui faifait envifager d'un côté les
>> richeffes & la tranquillité
> fon filence, & de
pour prix de
l'autre une merd'infor-
> tunes 9).
Nous ne devinons pas qu'eft-ce qui
vait offrir à M. H. une forte
pouou des fommes
penfion,
confidérables, pour
mer u11 Livre oùt tout le monde fe fuppritrouve
attaqué, Ceci n'eft guere propofable
lorfque l'Ouvrage eft
que
feule
dirigé contre une
perfonne 3 alors celle qui eft léfée
peut quelquefois tenter des moyens
cuniaires pour acheter un filence favora- péble ; il en eftplus d'un exemple. Mais lorfque tant de perfonnes font compromifes,
Somcinabatapeneset &lesmenaces dont T'Auteur des
Confidérations daigne inftruire fon Leéteur P Ne ferait-ce
là une petite charlatanerie
pas
ter le prix qu'il prétend
pour augmengue l'on doit mettre à la publication de
quelques vérités --- Page 22 ---
URS
DISCO
dures dont il a paré fon Ouvrage.
Il ajoute :
détruire mon efpoirs
( Mais ils n'ont pu l'amour de la Patrie,
2 le defir d'être utile,
ont ranimé
> un intérét encore plus puifant
>> mes efforts >.
n'était
d'abord qu'e/poir
Remarquons
enfuite nous demanpas le mot propre ;
entend 8 veut
derons à T'Auteur ce qu'il intérêt encore
nous entendions par cet
que
chez lui quel'amour de laPaplus puiffant
d'être utile ! S'exprimer
trie &c le defir
tort à foi-mêmes
ainfi, c'eft fe faire grand défini fait naître
cet intérêt qui n'eft pas
idées 1
défavorables.
dans l'âme du leêteurdesi
ne
Le refte du Difcours préliminaire homme
qu'être approuvé par tout
peut
honnête & fenfé.
AO
A L --- Page 23 ---
NOUFELLES
CONSIDÉR ATIONS
SERMAINTDONINGUE
C
PREMIÈRE PARTIE,
Formation & éxifence de la Colonie.
LIVRE PRE M IE R.
Tableau de la Colonie.
DISCOURS PREMIER,
Des engagemens des Colons envers PEtat.
Si, dans les quatre premières pages de ce Difcours de lOuvrage de M.H., ilne fe trouve rienà
aprendre, auffi n'y voyons-nous rien à reprendre.
Nous n'aimons cependant point, entr'autres
res forcées les fleuves qui, àla page 23, ( fortant figu-
Formation & éxifence de la Colonie.
LIVRE PRE M IE R.
Tableau de la Colonie.
DISCOURS PREMIER,
Des engagemens des Colons envers PEtat.
Si, dans les quatre premières pages de ce Difcours de lOuvrage de M.H., ilne fe trouve rienà
aprendre, auffi n'y voyons-nous rien à reprendre.
Nous n'aimons cependant point, entr'autres
res forcées les fleuves qui, àla page 23, ( fortant figu- --- Page 24 ---
CONSIDÉRATIONS
14 NOUVELLES l'art a foin de les refferreryfe die
>> des canaux oùt
la furface de la
>> vifent en ruiffeaux, couvrent
un Or li-
& font filtrer dans les plantes
>> rerre,
eft
par les efforts
bientôt en
exprimé
> quide, qui
Mais nous avons des re-
>> de la méchanique >.
M. H. & nous nous
proches plus fréieux à faireà
arrêterons à cet endroit de la page 25.
Colons doivent beaucoup, fans doute,
> Les
bienfaits du Monarque, & beaucoupâleurs
9> aux
les
ne foutient
>> travaux. Si la main qui protége
ils
fi la
cefle,
leur induftrie,
proteéion
9> plus
Dans cet état,je ne cherche-
>> font découragés.
leurs intentions ; quel fe-
> rai point à pénétrer
qu'ils
rait
de la fenfibilité impuifante
Teffer
intérieurement ? C'eft
conferver
>> pourraient
leur recon-
> par leur utilité qu'ils témoignent
font
naiffance s'ils ne font plus utiles, il ne
>>
;
> plus reconnaiffans >.
le penchant vers
Cet article anonce encore
infinuation contre laquelle nous ve=
I"Étranger, éleverenfuite P. 5. Quel galimathias
nons de nous
dernières lignes ! N'eft-il pas
dans les quatre
l'effet. d'une caufe qu'on
ridicule de demander
: en
caraétèrife en même tems d'impuiffance
n'eft-ce pas: zéto?1 La dernière
bonne méchanique,
retournée dans fon
phrafe auroit befoin d'être
conferver quelque anafecond membre pour
M. H.
logie avec ce qui la précéce. En général,
athias
nons de nous
dernières lignes ! N'eft-il pas
dans les quatre
l'effet. d'une caufe qu'on
ridicule de demander
: en
caraétèrife en même tems d'impuiffance
n'eft-ce pas: zéto?1 La dernière
bonne méchanique,
retournée dans fon
phrafe auroit befoin d'être
conferver quelque anafecond membre pour
M. H.
logie avec ce qui la précéce. En général, --- Page 25 ---
SUR SAIRT-DOwINGEr
ne nous a pas paru extrêmement fort dans 15 fa
dialeétique ; ce n'eft point par-là qu'ils nous a
féduits.
Arrêtons-le à ces mots 3 page 28 :
K Le Roi devint donc propriétaire de
ce
9 nous appellons la partie françaife de Saint- que
> Domingue : mais cette propriéré qui réfidait
$ effentiellement fur fa tête n'était en
> forte que paffagère 9,
quelque
Il nous femble très-dangereux d'avancer
la propriété de Saint-Domingue réfidait que
tiellement fur la tête de Louis XIV
effenprincipe
(1) ; & ce
pourrait mener à des conféquences terribles, fi une politique deftruéive voulait
autorifer un jour, pour confeiller à l'héritier s'en de
l'Empire & des droits de ce
nation auffi ruineufe
Monarque une aliépour la France qu'odieufe
pour la Colonie, qu'on
fes
tafigueraitindignement
malgré
réclamations.
L'ame fenfible d'un jeune Roi
tirait jamais à
qui ne confenperdre l'amour &
trente mille Sujets fidéles
Phommage de
2 ( car quels tréfors
pourraient compenfer à fes yeux
fagefTe & les lumières du
celui-là?) la
Miniftère actuel, les
(:) Nota. Quoique ce foit
V
Roi la ceffion de la partie de Philippe qui ait fait all
ment occupée par les Français, Saint-Domingue, il faut fe
actuelled'en conclure ce que M. H, femble
donner garde
indiquer,
fidéles
Phommage de
2 ( car quels tréfors
pourraient compenfer à fes yeux
fagefTe & les lumières du
celui-là?) la
Miniftère actuel, les
(:) Nota. Quoique ce foit
V
Roi la ceffion de la partie de Philippe qui ait fait all
ment occupée par les Français, Saint-Domingue, il faut fe
actuelled'en conclure ce que M. H, femble
donner garde
indiquer, --- Page 26 ---
CONSIDIRATIONS
16 NOUVELLES
fa
mieux developpés,
principes du commerce
fert maintenant à
voix mieux entendue , tout marché dont le foupraffurer la Colonie fur un
allarmes. Mais ce
lui caufa les plus vives
trançon
heureux des circonftances quila
concours
malheureufequilifent aujourd'hui 2 pourrait échapée à linatment changer, & cette phrafe alors de bafe ou de
tenrion de M. H, fervirait
voile à la plus funefte des injuftices.
d'avance fes effets pernicieux,
Pour prévenir
ici une affertion
il ne fera pas inutile de placer
c'eft que les
fentie 8 facile à prouver 3
de
vraie,
celles conquifes ), font
Colonies ( excepté
celles que le Souroutes les parties d'un Empire
fans
moins de droit de démembrer
verain a le
dont elles
& c'eft lamanière
leur confentement; conftitue ce droit facré
furent formées 2 qui fous la même domination
qu'elles ont de refter
en s'érabliffant.
exelerrecommaitient d'Europe font un affemEn effet, les États
fuce
déjà peuplées 2 ajoutées
blage de provinces
ou par la force,
ceffivement à d'autres provinces
prola ceflion des droits des premiers
ou par
avaient d'abord eu d'autres
priétaires qui n'en
droit héréditaire de
que celuilà, ou enfin par
même titre de la
qui poffédaientà ce vaincu eft fans
perfonnes
peine du
force; & la prémière
du vainqueur.
doute, d'être à la difpolition
Mais --- Page 27 ---
SUR SAINT-DONINGUE
Mais les Colonies fe font formées
librement :
c'eft une population qui, en traverfant les mers
pour aller ajouter des provinces floriffantes à
celles de l'Empire dont elle eft fortie, n'a perdu,
ni voulu perdre fon titre, fon nom s fa qualités
elle n'a pas quitté fa Patrie, elle en a feulement
étendu les bornes, & mérite d'autant plus de
refter fous la proteétion de fon Roi, qu'elle a
plus entrepris pour fa gloire & fa puiffance,
C'eftle Citoyen de Paris, de Lyon, de Bors
deaux, qui eft venu à Saint-Domingue à la
Martinique, à la Guadeloupe
7 comptant changer de Province, majs non pas de Nation, car
à ce prixy il ne fe ferait., fans doute, jamais
déplacé, Les privilèges & les avantages qu'on
favait alors lui préfenter au de-là des mers, l'auraient vainement appelé s'il eût falu en aller
jouir fous une domination étrangère; maisils lui
furent offerts fous un Gouvernement français,
dans des poffeffions françaifes qu'il falait fertilifer à 0
. 2 8 lorfqu'il eft rendu fur cette terre
que fes fueurs ont arrofée 2 qu'il a défrichée de
fes mains s lorfque fa génération s'y forme &
s'y perpétue 3 on prétendrait lui enlever fon
nom même avec juftice!
Non,fans doute. 5 il faut la force ou le cons
fentement d'un Peuple pour le dénaturalifer. La
B
ans des poffeffions françaifes qu'il falait fertilifer à 0
. 2 8 lorfqu'il eft rendu fur cette terre
que fes fueurs ont arrofée 2 qu'il a défrichée de
fes mains s lorfque fa génération s'y forme &
s'y perpétue 3 on prétendrait lui enlever fon
nom même avec juftice!
Non,fans doute. 5 il faut la force ou le cons
fentement d'un Peuple pour le dénaturalifer. La
B --- Page 28 ---
CONSIDÉRATIONS
18 NOUVELLES
contre
de
guerre: a le droit conquête
habitans lequelilef d'une
inutile de réclamer. Malheureux vous-même, &
trop faibles par
terre envahie,
foumettez-vous à un joug
laiffés fans défenfe,
mais la vente
vous ne pouvez repouffer ;
que
d'un Peuple, faite en pleine paix,
ou Péchange
févere des droits de
doit être foumife à l'examen
conl'on trafique 2 & ne fe peut pas
ceux que
ou bien des murmures douclure fansleur aveu -
cri de
feraientle premier & le plus jufte
loureux
la nature.
trouve à la
Le difcours du Flibuftier qu'on
nih bien
ne nous a paru ni bien placé,
page 29,
d'Ecolier un peu
bon : c'eft de la rhétorique dont ils rempliftrop crue. Ces richelfes immenfes mal à propos
faient leurs barques, 2 nous paraiffent voulurent devenir
fuppolées. Les Flibuftiers qui
cultivateurs étaient fort gueux. extrêmement jufte.
La note de la page 31 eft
bien raifon de dire que les AdminiftraM. H.a
font relevés trop vite : à
teurs des Colonies
conaitre les pays qu'ils
peine commencent-ilsà
d'autres leur fucceavaient à gouverner 2 que
de ces Chefs
dent & la briéveté du règne
,
plus d'un à multiplierles
éphémères en a porté
en négligeant
des'enrichir promptement
moyens
aimer d'un Peuple avec lequel
ceux de fe faire
bientôt perdre toute redevoir
ils prévoyaient
lation. a
relevés trop vite : à
teurs des Colonies
conaitre les pays qu'ils
peine commencent-ilsà
d'autres leur fucceavaient à gouverner 2 que
de ces Chefs
dent & la briéveté du règne
,
plus d'un à multiplierles
éphémères en a porté
en négligeant
des'enrichir promptement
moyens
aimer d'un Peuple avec lequel
ceux de fe faire
bientôt perdre toute redevoir
ils prévoyaient
lation. a --- Page 29 ---
SUR SAINT-DOMINGUE.
Les Confeils des Iiles du vent fe font déjà
plaints de cette mutation triennale. Elle eft encore plus dangereufe pour Saint-Domingue, qui
étantbeaucoup pplus grand, en devient, par conféquent plus dificile à conaitre 2 & demanderait une miffion au moins doublée. Le Miniftère
qui fent cet inconvénient, accorde ordinairement une continuation qui prouye le vice du
Réglement.,
B 1] --- Page 30 ---
CONSIDÉRATIONS
20 NOUVELLES
SECOND.
DISCOURS
la Mitropole doit aux
De la protedlion que
Culivateurs.
NoraE tâche ferait agréable & courte 9 fi
de M. H. était pareil à ce Diftout l'Ouvrage femblé bien écrit & bien vu.
cours qui nous a
Saint-DoOn peut feulement y ajouter qu'à
les
font encouragés par
mingue les Culivateurs
doivent
fruits confidérables 8 prochains qui
réfulter de leurs travaux. Il faut plus en Europe
à former de nouveaux établiffepour engager défrichemens des landes ne paientleurs
mens. Les
certain nombre d'années ;
frais qu'au bout d'un
éloiT'avidité peu follicitée par une perfpeétive demander à des
n'oferait entreprendre de
gnée,
récoltes, fi elle avait
terres incultes de nouvelles
la rétribuencore à craindre de voir augmenter
d'avoir
fifc éxige d'elle, avant même
tion quele
recueilli des fruits réels.
deviende toute redevance y
Les éxemptions
néceffaires pendant un
nent donc abfolument
doit
faire la mequi ne
pas
tems confidérable, faut accorder pour les noufure de celui qu'il
oùt ces
défrichés à Saint - Domingue 2
veaux
font moins néceffaires,parce
mêmes éxemptions
er
d'avoir
fifc éxige d'elle, avant même
tion quele
recueilli des fruits réels.
deviende toute redevance y
Les éxemptions
néceffaires pendant un
nent donc abfolument
doit
faire la mequi ne
pas
tems confidérable, faut accorder pour les noufure de celui qu'il
oùt ces
défrichés à Saint - Domingue 2
veaux
font moins néceffaires,parce
mêmes éxemptions --- Page 31 ---
SUR SAINT-DOMINCUE
que les bénéfices font plus grands & fe font
moins attendre; même elles ne le font pas du
tout 2 lorfque l'impôt 2 comme adtuellement,
porte fur les denrées. S'il eft affis fur la tête des
Efclaves 2 il eftjufte que chaque Negre nouveau
foit deux ans fans être impofé.
RB
B iij --- Page 32 ---
CONSIDÉRATIONS
22 NOUVELLES
TROISIEME
DISCOURS
ou des Colons, a le mieu.
Qui, des Commergans
répondu aux vues de PEtat?
0 N lit d'abord page 39:
dû fe
Le bur
la Métropole a
procurer
(
que
de la Colonie, eft T'agran5 dans létabliffement
& de la navigation :
>> diffement du commerce
des marretirer, 1o. P'emploi
3> elle en a voulu
excédaientla confom-
& denrées qui
>> chandifes
du Royaume >
mation néceffaire dans Pintérieur
>>
de nouvelles mar5> & devenaient
fuperhuessa.d
& qui puffent ourares en Europe 2
> chandifes
Françaife Tentrée des ports.
9> vrir à la Nation
>> Etrangers.
attirer les Etrangers dans
Il falait ajouter, ou
été plus vrai que cet
les fiens : alors rien n'eît le fuit ne l'eft-il pas
celui qui
article; pourquoi
autant ?
ont acheté,
c Les habitars de Saint-Domingue
de marà ces vues 2 beaucoup
* pour répondre
& ont fabriqué immen9 chandifes françaifes, 7
de café, de coton
>> fément de fucre 2 d'indigo, 2
ont donné en échange >.
> qu'ils fincères, & que M. H. ne nous faffe
Soyons
nous ne fommes 9 pour
point valoir ici plus que
enfuite le droit de nous déprécier
fe ménager
Les habitars de Saint-Domingue
de marà ces vues 2 beaucoup
* pour répondre
& ont fabriqué immen9 chandifes françaifes, 7
de café, de coton
>> fément de fucre 2 d'indigo, 2
ont donné en échange >.
> qu'ils fincères, & que M. H. ne nous faffe
Soyons
nous ne fommes 9 pour
point valoir ici plus que
enfuite le droit de nous déprécier
fe ménager --- Page 33 ---
SUR SANT-DoxIkeug
felon fa fantaifie. Avouons
cifément
que ce n'eft pas prépour répondre aux vues de rEtat,
habitant achete de la toile, &
quun
qu'il plante de
l'indigo : c'eft fon befoin & fon intérêt
porte. C'eft l'affaire des
qui l'y
culer
les
gouvernemens de calpour
peuples, mais ce n'eft jamais l'af-.
faire des peuples de calculer pour les
mens.
gouverneM. H. dit page, 40 :
4 La bande du Sud-Ef la partie la
9) due & peut-être la plus fertile
plus étendes
9 françaifes à Saint-Domingue
poffeffions
> cultivée &
2 c'eft la moins
,
c'eft cependant celle
9). moins fouffert
qui a le
pendant les guerres. Les
> priétaires y font chargés de contrats pro9) res dans le fort principal, ufuraires
ufurai-
> térêts exigés *.
dans lesinNous remarquerons à propos de ce
que les propriéraires
paffage ;
à-visles
chargés.de ces. contratsvisAgens de la Compagnie de
fe font occupés à les faire
Saint-Louis,
annueller, &
y ont réuffi, pour la
qu'ils
la
plapart, en fe fervant de
rigueur de la Loi qui n'admet
gitime au deffus du taux fixé pas d'intérêt léNous
par le Prince.
ne voulons pas éxaminer fi des
font loyalement fondés à revenir
héritiers
fur
nes conventions
d'ancienauxquelles ils doivent la formation des établiffemens dont ils
jouiffent auBiv
les faire
Saint-Louis,
annueller, &
y ont réuffi, pour la
qu'ils
la
plapart, en fe fervant de
rigueur de la Loi qui n'admet
gitime au deffus du taux fixé pas d'intérêt léNous
par le Prince.
ne voulons pas éxaminer fi des
font loyalement fondés à revenir
héritiers
fur
nes conventions
d'ancienauxquelles ils doivent la formation des établiffemens dont ils
jouiffent auBiv --- Page 34 ---
NOUVELLES CONSIDERATIONS
Mais nous ferons obferver,en pafjourd'hui. les habitans de la Bande du Sud,
fant, à MM,
intentées par pluque les aêtions en reftitution
un
d'entr'eux contre la Compagnie 9 font
fieurs
leurs propres mains > au
obftacle préparé par
viennent de faire en
fuccès de la demande qu'ils
à
leur fit permis d'emprunter
Caur pour qu'il
huit pour cent.
ailleurs du
Nous aurons occafion de parler
ce fujer, & peur-être feronsmémoire préfentéà
aflez heureux pour indiquer un moyen
nous
moins coûlteux & plus naturel que cet
plur fir,
les belles plaines de
emprunt 2 pour fertilifer obfervateur fenficette partie de IHle 2 qu'un
fenfans éprouver un
ble ne faurait parcourir
f
cultiment fecret de triftefic en les voyant peu
tivées.
du ton
On eit un peui fcandalifé. 2 page 43,
familier de M. H. en parlant de M. de Voltaire.
dit-il; le terme eft un peu maigre;
Cet Ecrivain 2
refte
le moindre adjectif qui le reléve : au
pas
de la
d'aimer à traiter lefc'eft le défaut
jeuneffe
tément les grands hommes.
Page 48 : a1 fi le fucre des Anglais eft inférieurs
il eft toujours à un plus haut prix
9 fi cependant
Saint-Domingue, il en ré9) à la Jamaique qu?à
Cultivateur qui
c'eftle
9> fulte qu'en Angleterre,
le moins
aux vues de fa Métropole 2
9 a
répondu --- Page 35 ---
SUR SAINT-DOMINGUE
$ & qu'en France, c'eft le Commerçant; cette
>) vérité eft fi inconteftable, que fil'exportarion
> des denrées de Saint-Domingue était permife
9> aux Anglais 2 elles renchériraient dans cette
9 Colonie de plus de vingt pour cent. >,
Tout ceçi nous paraît peu éxact. D'abord ,le
fucre des Anglais eft généralement plus beau
que le nôtre, c'eft une vérité que nous pouvons
attefter d'après la comparaifon faite par nousmême avec foin. Nous ne parlons que du fucre
brur, & c'eftle feul qui faffe l'objet du commerce du Nord que M. H, propofe d'étendre.
Cette fupérioriré eft fi décidée, que les Anglais
firent un Billen 1773, qui défendait de vendre
dans aucun marché Anglais du fucre brut de fabrication Françaife 9 à caufe de fa qualité inférieure,
Iln'en eft pas de même du terré, lesFrançais
font, cet égard, fans rivaux. Les Anglais ne
rafinent le leur qu'en Anglettere, d'où ilrevient
en très-grande quantité, même pour la confommation de leurs Iiles à fucre; opération dont la
jufteffe & T'avantage ont trouvé chez eux-mêmes
plufieurs contradiéteurs.
Quant aux dernières lignes de l'article
nous venons de citer, nous répondrons qu'ilfe que
pourrait bien que les denrées de la Colonie
renchériraient d'un fixième, s'il érait
y
permis
ne
rafinent le leur qu'en Anglettere, d'où ilrevient
en très-grande quantité, même pour la confommation de leurs Iiles à fucre; opération dont la
jufteffe & T'avantage ont trouvé chez eux-mêmes
plufieurs contradiéteurs.
Quant aux dernières lignes de l'article
nous venons de citer, nous répondrons qu'ilfe que
pourrait bien que les denrées de la Colonie
renchériraient d'un fixième, s'il érait
y
permis --- Page 36 ---
CONSIDÉRATIONS
26 NOUVELLES
jufques dans
de venir les chercher
aux Anglais
ferait un éclair momentané
fon fein; mais ce
annoncerait fa ruine aux.
la Colonie, qui
pour
éclairé.
pénétrans du Calculateur
yeux
décider contre le commerce,
M. H. parait fait le titre de ce Difcours. Peutla quefion qui
raifon; nous ne voulons pas
être a-t-il en effet
mais nous dirons que
la-deffus;
le contrarier
denrées par nous-mêmes
Fexportation de nos
brileft un projet plus
dans les Pays étrangers, ceux chez qui nous
lant que folide, parce que auffi une marine qu'ils
voudrions les porter, 2 onta
accroître & foutenir ; en conféquence
veulent
or 2 ils favent compils faut qu'ils Yoccupent: & faire des loix proter auffi bien que nous, toujours que nous
hibitives qui empécheront fécurité ce moyen
avec
puiffions nous procurer
trop fouvent proextenfeur de notre commerce,
dans
auffi impofible
pofé par M. H. puifquileft dans la théorie. Lorfla pratique, que féduifant
2 il faut
s'occupe de la chofe publique
faire
qu'on
but
8 nepas
du moins avoir un
praticable, complaifans dans
avec foi fes Leéteurs
voyager
le pays des chimères. --- Page 37 ---
SUR SAINT-Dosixoux
DISCOURS QUATRIE ME,
Des forces de la Colonie en tant
qu'induprieufe.
Cri
Difcours, le plus sintéreffant de tous
qui compofent l'Ouvrage de M. H.
ceux
une multitude de calculs fur les
nous offre
qui forment la maffe des
différens objets
nie, & c'eft celui
revenus de la Colodont l'éxamen nous a le plus
particulièrement attaché,
Le travail pénible &
falu faire à ce
ennuyeux qu'il nous a
fujet 2 ne nous préfentait, il eft
vrai, rien d'agréable ; mais fon utilité
a dédommagés
nous en
fuffifamment, & nousavons
tant mieux fenti la néceffité de
d'auqu'après la vérification
nos recherches,
faite fir les piéces originales, , nous n'avons pas trouvé un feul
jufte 2 ni même approximantla
compte
vérité.
L'imagination, ce bien
vivante
précieux, cette flamme
qui doit régner dans tous les
d'agrément, devient un feu
ouvrages
livres
dangereux dans les
économiques, C'eft alors un
hardi qui vous
guide trop
égare, s & nous avons
avec douleur 2 que M. H. n'avait fuivi reconnu,
là pour tous lescalculs
que celuidans ce Difcours.
qu'ilapréfentés au Public
Les erreurs oi il eft tombé font d'une
trop
écieux, cette flamme
qui doit régner dans tous les
d'agrément, devient un feu
ouvrages
livres
dangereux dans les
économiques, C'eft alors un
hardi qui vous
guide trop
égare, s & nous avons
avec douleur 2 que M. H. n'avait fuivi reconnu,
là pour tous lescalculs
que celuidans ce Difcours.
qu'ilapréfentés au Public
Les erreurs oi il eft tombé font d'une
trop --- Page 38 ---
CONSIDÉRATIONS
28 NOUVELLES
les laiffer paffer fans
grande conféquence pour
néanles noter : nous. ne nous arrêterons pas
moins à les relever toutes.
tâche fans becette
Afin de ne pas allonger
diffommes décidés à ne point
foin, nous nous calculs
Pon trouve P. 53
cuter les premiers
que Ce ferait, felon
& fuivantes 2 jufqu'à la page 72.
yainement cette matière:iln'eft
nous, furcharger
bien au jufte ce qu'6plus important de favoir
il y a dix ans ; c'eft ce qu'elle
fait la Colonie
avec éxadtieft aéluellement qu'il faut connaitre
la diffiavec fidélité. D'ailleurs
tude & peindre
fur les tems antérieurs à
culté des vérifications
abfolument
fuffi pour nous arrêter , n'ayant outre la
voulu hafarder à ce fujet. En
,
rien
des calculs de M. H. depuis 1774 >
comparaifon aflez ce que nous devons penfer
nous apprend
les années précédentes,
de ceux qui concernent dans le même endroit
qui fans doute ont été pris
dans fa tête.
c'eft-à-dire,
que ces derniers,
à P'article
Nous avons apperçu à la page 65,
de la
des revenus
fucre brut de la récapitulation faute d'arithméColonie, en 1767, une petite
lui aurait fait
tique qu'un peu plus d'attention
de
livres pefant
éviter. Il porte 80,718,000 livres le quintal,à
fucre brut, au prix de 24
cela forme
livres ; il fe trompe :
19,304620
livres, ce qui fait
une fomme de 19,374720 --- Page 39 ---
SUR SAINT-DOMiNGuL
une différence de 70,100 1, à ajouter à fon total 29
de75:000,000,
A la page 72, nous voyons une femblable
erreur au fecond article de la récapitulation
des revenus de 1774. 88,408,000 livres de ficre
brur J à 24 I. le quintal, donnent
21,217,920 1.
au lieu de 21,217,320 livres
2 que porte le
compte de M. H. C'eft une erreur de 600 livres.
Son total de 82,000,000 eft auffi mal additionné; il ne doit s'élever d'après les nombres
qu'il a pof@es.qu181.91l,000 livres ; ce qui fait
89,000 livres d'erreur.
Nous avons des griefs bien plus effentiels à
reprocher à ces calculs 2 & nous n'avons remarqué en paffant, ces mécomptes faciles à redreffer 2 que pour faire convenir M. H. luimême 3 que fon ouvrage n'a étéaffez foigné dans
aucun genre,
Paffons maintenant à l'erreur
la
capitale 2 & pour
démontrer, 2 nous allons d'abord
tièrement la récapitulation
copier endesrevenus de
telle qu'elle fe trouve à la page 72 : le Leéteur 1774,
voudra bien lui-même en redtifier le total d'après l'obfervation que nous venons de faire.
M. H. luimême 3 que fon ouvrage n'a étéaffez foigné dans
aucun genre,
Paffons maintenant à l'erreur
la
capitale 2 & pour
démontrer, 2 nous allons d'abord
tièrement la récapitulation
copier endesrevenus de
telle qu'elle fe trouve à la page 72 : le Leéteur 1774,
voudra bien lui-même en redtifier le total d'après l'obfervation que nous venons de faire. --- Page 40 ---
COXSIDÉRATIOXS
30 NOUVELLES
A TIO N
R ECAPITUL
fimagination de M.H:
revenus en 1774, d'après
liv."
Des
quinital, 28,368,000
Sucre blanc ou terré, - 59,100m.à à à 481.le 24 le quintal, 21,217,320
Suère brut .
. . 88,408 à 6 la livre, 11,100,000
Indigo. : -
e 1,85o à 170 le quintal, 5.950,000
3,500
.
Coton.
à
8f. laliv. 11,980,000
29,700
120,000
Café : .
à
16f. laliv.
Cacao -
e
sfo 14 à rSl.chaque
252,000,
320,000
Cuimenpoil.banseues.
à IO chaque
Cuirs tannés, côtés . e
32 à IO -
50,000
Carct . : .
58 5 à 33 la barriq. 1,914,000
Syrop ou Mélaffe e
IO à 72 la barriq. 720,000
Tafia. . . . .
& Campèche, pour . 0
19,680
Bois de Gayac, Acajou
82,000,000
TOTAL. .
éxorbitantes portées dans cette
Les quantités
fufpeêtes, nous
récapitulation nous ayant paru
les
fait les plus exaêtes recherches pour
avons
Confeils Souverains du Portvérifier : MM. des
fait dreffer en 1776,
au-Prince & du Cap ayant P'établiffement de
procéder avec équité à
pour
des denrées exporTimpôt, un tableau général
années confétées de la Colonie pendant cinq
avons trouvé la récapitulation
cutives, nous y
nous allons la
des revenus de l'année 1774 :
à celle' de M. H. Nous
placerici par oppofition
en même tems les fommes fuppoy joindrons
les prix fixés par M. H.
fées produites d'après
les différences plus
lui-même 1 2 afin de rendre
fenfibles.
rées exporTimpôt, un tableau général
années confétées de la Colonie pendant cinq
avons trouvé la récapitulation
cutives, nous y
nous allons la
des revenus de l'année 1774 :
à celle' de M. H. Nous
placerici par oppofition
en même tems les fommes fuppoy joindrons
les prix fixés par M. H.
fées produites d'après
les différences plus
lui-même 1 2 afin de rendre
fenfibles. --- Page 41 ---
SUR SAINT-DOxINGUs.
RECAPITULATION
Des reverus de la Colonie en 1774, d'après des pièces authentiques dépofees aux Grefes.
Sucreb blanc.ou terré, 39,625,9701.à Quanzités. Prix.
Sommes, 'l. Cd.
Sucrebrut
481.lequintal. 19,020,465 12
60,733,994 à 24 leq quintal, 14,575,990 II 2
Indigo :
1,633,428 à 6 la livre
9,800,568
Coton .
-
2,446,374 à 170 le quintal,
Café . . .
- 39,880,747 à
Sf laliv. 4,158,82; 16
Cuirs en poil, bann.
5,427 à 181. chaque, 15,952,298
Cuirs' tannés, côtés,
6,736 à Io chaque,
97,686
Boucauds de Syrop,
8,357b.à 66 le bottc.
67,360
Barriques de Taffia,
551,562
*
362b.à 72 la barriq.
26,054
Cacao . .
150,000 à
16flaliv.
Caret 3
5s000 à Iol. laliv. 120,000
Gayac, Acajou,
5o,0co
Campéche pour. .
19,000
TOTAL.
. 64.439,819 19 2
Tel eft le compte éxaêt qui réfulte des piéces
authentiques qui nous font parvenues. Tel eft
celui que M. H. eût dû trouver d'après fes évaluations, s'il n'efit fait dans les quantités les erreurs monftrueufes que l'oppofition des deux
tableaux vient de faire appercevoir : Bz qu'il ne
dife pas que les déclarations faites aux Receveurs
des Oitrois fone des guides
infideles,Iin'y en a point
de plus fitrs. La recette étant confiée à beaucoup
* Nous avons fuivi pour ces trois derniers artrcles M. H. dans
la quantité, 1 parce que ces objets ne payant point de droits, font
inçonnus; d'ailleurs étant peu confidérables, l'aproximation
plus ou moins éloignée ne peut faire une grande erreur,
ne
dife pas que les déclarations faites aux Receveurs
des Oitrois fone des guides
infideles,Iin'y en a point
de plus fitrs. La recette étant confiée à beaucoup
* Nous avons fuivi pour ces trois derniers artrcles M. H. dans
la quantité, 1 parce que ces objets ne payant point de droits, font
inçonnus; d'ailleurs étant peu confidérables, l'aproximation
plus ou moins éloignée ne peut faire une grande erreur, --- Page 42 ---
CONSIDÉRATIO: NS
NOUVELLES
cela feul fait voir l'impoffie
de mains différentés,
on en ad=
ce point, quand
bilité de tromperfar
Receveur particumettrait la volonté. Chaque faut bien qu'il
lier fournit des comptes qu'il
lui; & après qu'ils
rende juftes, même malgré
général & PInété
par le Receveur
ont
apurés
les vife chaque année : ainfi
rendant, le Confeil
que M. H. veut
c'eft donc bien mal à propos
3 les
fur la fidélité de ces guides
jetter un nuage
doive fuivre; à
feuls qu'on puiffe & quelf'on
arbitraides eftimations
moins qu'on ne préfère à des calculs effentielres & toujours erronnés,
lement vrais.
la diffé-.
pas non plus que
Qu'il ne prétende
nous vient de ce qu'il
fe trouve entre
rence qui
& non la maffe exmaffe produite,
a fupputéla
& connue.
portée par la voie légitime
enlève beauOutre que le commerce étranger Colonie, que
moins de denrées de cette
coup
lui PAuteur de PHiftoire philoM. H.& avant
des deux
du commerce
& politique
iln'aurait
fophique cherchent à le faire croire 2
Indes ne
excufe à donner , parce qu'il a
même pas cette
lignes qui la lui ôtent,
mis à la page 71 quatre
point comprenquiln'entend
en nous apprenant
toutes les denrées
dre dans fa récapitulation & réelle 9 & quil
dans leur quantité produite
avoir déduit
fes nombres qu'après
n'a pofé
mentalement
commerce
& politique
iln'aurait
fophique cherchent à le faire croire 2
Indes ne
excufe à donner , parce qu'il a
même pas cette
lignes qui la lui ôtent,
mis à la page 71 quatre
point comprenquiln'entend
en nous apprenant
toutes les denrées
dre dans fa récapitulation & réelle 9 & quil
dans leur quantité produite
avoir déduit
fes nombres qu'après
n'a pofé
mentalement --- Page 43 ---
SUR SAINT-DOMIRGUE
mentalement ce qu'il eftime avoir été
emporté
par 'Etranger : c'eft du moins ce qu'indique le
paflage que nous allons cirer.
4 On eftime, dit-il, qu'il s'eft recueilli
>> 1774, 2 millions trois cens cinquante milliers en
> d'indigo, dont il faut déduire 5oo milliers
M ont étéenlevés par les
qui
Etrangers 32
Opérant enfiite conféquemment à cette obfervation, il ne porte en effet dans fa
lation
récapituque 1,850,000 livres; d'oà nous devons
conclure raifonnablement
que ce qu'il a fait
pour un article, il l'aura fait également
tous.
pour
Que dire, que penfer en voyant une différence fi confidérable P
Augmenter en idée la
maffe de nos richeffes, de plus d'un
rifquer de faire augmenter en réalité quart,c'eft
ges d'autant. M. H. n'a
nos charpeut-être pas prévu le
danger qui pouvait s'enfuivre de fes calculs
éxagérés dans les quantités, Nous aimons à lui
trouver le moins de torts poffibles, &
fommes déjà
nous ne
que trop occupés à noter ceux
que nous ne pouvons difimuler, fans lui
cher encore ceux qu'il n'a vraifemblablement réproparinadvertance ; car nous ne faurions nous que
fuader qu'il eût voulu de gaieté de coeur faire per- à
la Colonie le plus grand mal qu'on puiffe lui
caufer. Pour faire fentir à M. H, combien l'éPartie I.
C --- Page 44 ---
CONSIDÉRATIORS
NOUVELLES
qu'il a préfenté des revenus
tat hyperbolique Colonie aurait pul lui devenir préjudiciade cette
foi & yeitjoint la
ble, file Miniftère y eûit ajouté doivent avoirapfenfible que les années
gradation
& Tangmentatioaréole
portée dansles quantités,
des fucres, en fus
de plus d'un tiers dans le prix
que fes
de celui qu'il a fixé 2 nous remarquerons feraient efti81,000,000 fuppofés en 1774 en
de centannée-ci, 1778, (1)P plus
mer pour cette
préfent s'il ne condamnevingidenandonrlaag
fournirait
rait pas un Fermier, par éxemple > qui
de
état très-enflé des revenus
à fon Seigneur un
imprutient de lui; fi ce Fermier
la terre qu'il
à voir augmenter fon
dent ne s'expoferait pas
M. H. lui-même
bail prochain ? Sans doute 1
préf'accuferait de mal-adreffe : c'eftnéanmoins de plus
cifément ce qu'il a fait. En augmentant il l'a
les revenus de cette Colonie;
d'un quart
demandes du Roi fuivre la
expofée à voir les
de ce
2 fi le coeur paternel
même progreffion
qu'il fe ré
Monarque ne nous faifait efpérer des befoins de
plutôt furl la friate mefure
glera
Les hoftilités n'étaient pas encore com.
(:) Nota.
écrivait ceci, & le fucre
mencées lorfque Y'Auteur
valait au Cap au moins 70 livresle quinital.
quart
demandes du Roi fuivre la
expofée à voir les
de ce
2 fi le coeur paternel
même progreffion
qu'il fe ré
Monarque ne nous faifait efpérer des befoins de
plutôt furl la friate mefure
glera
Les hoftilités n'étaient pas encore com.
(:) Nota.
écrivait ceci, & le fucre
mencées lorfque Y'Auteur
valait au Cap au moins 70 livresle quinital. --- Page 45 ---
SUR
la
SAIXT-DowiNGug
Colonie, que fur le degré de richeffes 35
Colons.
des
Après avoir apperçu l'erreur
M. H. a faite fur les
prodigieufe que
paffés à la
revénus 2 nous fommes
récapitulation des forces
à les produire, & nous n'avons
employées
cher d'y reconnaître
pu nous empês
cidée de faire
également une volonté dépaffer cette Colonie pour beaucoup plus riche gu'elle n'eft en
les fonds bien au-defTous
effet, en portant
de leur valeur
ce qui femble tendre à faire
réelle $
tion du Cultiyareur,
envifager la condi-
& même
comme extrêmement aifée
opulente.
En effer en établiffant
pital, & 82,000,000 de 558,000,000 de Ca4
que les habitations
revenus, c'eft annoncer
à leurs propriétaires; rendent quinze pour cent
c'eft faire regarder
ci comme des mortels heureux
ceuxqui nagent dans
T'abondance; comme les poffeffeurs
fources fécondes de richeffes
opulens de
fantes, qui font chargées d'un toujours renaiftribut
en comparaifon de leurs
trop léger
produits.
Telle eft, au contraire la fituation de
Colonie, que, déduétion faite des
cette
les & inévitables, des frais
pertes annuelremplacemens
d'exploitation & des
néceffaires 3 les terres prifes en
général ne rendent au plus que de fix. à
cent de leur capital ; & ce n'eft
feptpour
I
qu'après ce déCij
naiftribut
en comparaifon de leurs
trop léger
produits.
Telle eft, au contraire la fituation de
Colonie, que, déduétion faite des
cette
les & inévitables, des frais
pertes annuelremplacemens
d'exploitation & des
néceffaires 3 les terres prifes en
général ne rendent au plus que de fix. à
cent de leur capital ; & ce n'eft
feptpour
I
qu'après ce déCij --- Page 46 ---
CONSIDÉRATIONS
36 NOUVELLES
alors fe livrer à la
fait, qu'on peut
pouillement des biens d'Europe & d'Amérique; les
comparaifon
à déduire fur ceux-ci
encore trouverez-vous & continucls que court un
hafards effrayans
à chaque inftant pécafel immenfe, qui peut
dans des
pour le remplacer,
rir, & vous jetter, au-delà de vos revenus.
dépenfes bien
qu'il fallait' chercher
Ce n'eft donc pasainfi intéreffante à fa Métroà rendre cette Colonie doute, & doit le devenif
pole: elle l'eft, fans
mais c'eft fur-fout par'
tous lesjours davantage;
2. par la
fournit au commerce
de'
l'aliment qu'elle
82 la maffe
grandeur de fes confommations befoin d'être enqui n'ont pas
fes productions confidérables.
fléespour paraitre
ouvre & entreMais en même tems qu'elle
d'augmenter
la France des moyens
de
tient pour
fa
2 elle a befoin
fon induftrie & population, Miniftère 8z de toutes les
toute l'artention du
font livrés à des
faveurs du Prince. Ses habitans fouvent pautravaux pénibles > & fe trouvent
lintrimilieu de leurs richeffes, par
vres, au
Peu debiens font libérés.
cation de leurs affaires.
des avances
fervent à acquitter
Leurs revenus
ou à folder des reprifaites pour les produire, forme une circulation adive
fes d'héritages. Cela
mais qui ne rend pas les
tres-profitable à l'Etat,
ne foit donc point
Particuliers heureux. Qu'on
ans fouvent pautravaux pénibles > & fe trouvent
lintrimilieu de leurs richeffes, par
vres, au
Peu debiens font libérés.
cation de leurs affaires.
des avances
fervent à acquitter
Leurs revenus
ou à folder des reprifaites pour les produire, forme une circulation adive
fes d'héritages. Cela
mais qui ne rend pas les
tres-profitable à l'Etat,
ne foit donc point
Particuliers heureux. Qu'on --- Page 47 ---
SUR.S SAINT-Doxisers
tenté de leur envier desfortunes dont
fent fouvent
ils nejouif
pas. Qu'on ne les apprécie ni
la phifyque ni dans. le moral
dans
de M. H. Il les
d'après, les idées
a fait, pour la plupart, de
vais riches, 2 & ils ne fe trouvent
mauà la fin de chaque année,
ordinairement
&
que des êtres honnêtes
malheureux, fecrètement travaillés d'une indigence voilée à grands frais. fous
brillante d'une fauffe félicité.
l'apparence
M. H. nous offre auffi un état des
& des impôts de la Colonie
revenus
donne fur une feuille
en 1776; il le
la
&
détachée, qu'il place entre
page 72 la page 73, fans
voir pourquoi
qu'on puiffe fa-
(1); car il ne part que de la récapitulation de 1774, pour oppofer les.
aux fonds, & prononcer,
revenus
les revenus excédent de jnditiaufement 2. que
des fonds
10,000,000 le huitième
employés à les produire,
Il femble que puifqu'il s'était donné
de fournir, de créer même.
la. peine
il aurait dû
un tableau de 1776,
partir delà pour calculer
au lieu de
; & alors
il
10,000,000 excédant le
en eût trouvé près de
huitième,
core mieux
26, ce qui aurait enrempli fes vues. Voilà du
comme un autre en eût agi; mais M.
moins
H.ne rai-
(:) Nous en devinons à peu près la
ferons pas. à M, H. le chagrin de la dévoiler caafe. Nousne
ici.
Ciij
de 1776,
partir delà pour calculer
au lieu de
; & alors
il
10,000,000 excédant le
en eût trouvé près de
huitième,
core mieux
26, ce qui aurait enrempli fes vues. Voilà du
comme un autre en eût agi; mais M.
moins
H.ne rai-
(:) Nous en devinons à peu près la
ferons pas. à M, H. le chagrin de la dévoiler caafe. Nousne
ici.
Ciij --- Page 48 ---
NOUVELLES CONSIBERATIONS
comme tout le monde, on s'en apperfonne pas
çoit trop fouvent.
& des impôts de
Cet état ifolé des revenus
étant
la Colonie de Saint-Domingue en 1776,
rapproché de la date de la publication de
le plus
de M. H., eft fans doute celui qui a
P'Ouvrage
les
du Public, & décidûi fixer davantage
yeux
Colonie;
der fes idées fur les richeffes de cette
il eft cependant fait avec auffi peu d'éxaétitude
& il devait néceffairement
que les précédens,
fon
avoir ce vice au plus haut degré, puifque de
anticipation ne lui laiffe même pas Papparence
Nous allons en mettre
la moindre probabilité.
enfuite l'état
ici une- copie pour lui oppofer
cotés.
vrai & vérifié des mêmes objets qui y font
Ilfuffrait fans doute pour ôter toute croyance
l'état fourni par M. H. des revenus de l'anà
ditlui-même,
née 1776, de faire remarquer qu'il
de fon Epitre aux Colons, qu'il préfenta
page 7
Miniftre au inois d'Caobre 1775;
fon Livre all
eft du 29 Mai
que la permiffion de Pimprimer
Com-
& la publication de la même année.
1776, donc trouve-t-on un tableau qui,
ment
y
être dreffé à
n'aurait pu
SEO
être jufte,
enfuite auroit dûi pafmingue qu'en 1777 s qui
&
eft
à M.H. qu'il
fer les mers pour parvenir
inconcevable qu'ilait pufournir à Paris en 17762
Cela fent la magie ;mais nous favonsà peu près
dequclle force eft cetenchantement.
& la publication de la même année.
1776, donc trouve-t-on un tableau qui,
ment
y
être dreffé à
n'aurait pu
SEO
être jufte,
enfuite auroit dûi pafmingue qu'en 1777 s qui
&
eft
à M.H. qu'il
fer les mers pour parvenir
inconcevable qu'ilait pufournir à Paris en 17762
Cela fent la magie ;mais nous favonsà peu près
dequclle force eft cetenchantement. --- Page 49 ---
SUR SAINT-DONINGUE
Quelque terrible que fùt contre M. H. l'argument qu'on pourrait lui faire d'après tout
ceci, nous ne voulons pas nous en
&
nous
fervir,
allons combattre très-férieufement fes calculs chimériques, en mettant à côté les véritables.
Le hafard à mieux fervi M. H. cette fois
les autres; & d'erreurs en erreurs tantôt que
en
plus, tantôt en moins, il eft parvenu à n'avoir
que quelques millions de différence
duit total; les 14,000,000 d'erreur danslepro- qu'il fait
.moins fur le café,
en
ayant heureufement fait la
balance des 8,000,000, en plus de fucre
& des 6,000,000 de brut; &
blanc,
l'indigo en moins
compenfant 2 auffi à peu près, les cotons, cuirs,
&c. en plus.
Nous
remarquerons que l'erreur de - M. H. fur
les quantités , eft la caufe de celle qu'il commet
fur le produit de l'impôt, & que nous avons rectifiée en même tems dans notre étar, oùt nous
nous fommes bien gardés de faire comme
:&
lui,
d'ajourer, s aux fommes produites par les denrées ,les 5,000,000 qu'elles paient au Roi, puifqu'au lieu de placer l'impôt en addition, il
9 eft
indifpenfable de le mettre en fouftraéion des
revenus : car enfin, un millier de fucre blanc
qui,à 5o livres le quintal, produit 5oo
ne
livres,
donne pas en fus 36 livres pour acquitter fon
Civ --- Page 50 ---
CONSIDÉRATIONS
T4O NOUVELLES voudra l'exporter fera donc
impôt: celui qui foixante-douze livres en arobligé d'en vendre
Colonie,
lui
dans l'intérieur de la
qui progent
il paiera Fimcureront 36. livres avec lefquelles
Il fallait
-pôt & acquérera le droit d'exporter. de
fouftraire limpôt de la maffe au lieu l'y.
donc
mieux dire, il ne fallait pas
: ajouter 3 oul pour
quiln'y fait
le joindre du tout à la maffe, parce la valeur.
abfolument rien pour en connaître donne tant:
de denrées à tant ,
Telle quantité
avait à confidérer. Que
voilà tout ce qu'il y
ces
avoir droit de réalifer en Europe pro-
- pour
plus ou moins en impôt , en
duits, on paie
ifolée & différente
fret, 8cc. c'eft une queftion tort de les conde la récapitulation : M.H. a et
de plis
fondre. Au refte un embrouillement d'erreurs,
ou de moins dans une multiplicité c'eft
chofe affez indifférente ;
per
doit être une
dre fon tems que de la relever. M.H. de nous
Nous en voulons un peu à
prefque rendus complices
avoir 9 malgrénous,
de les copier &
de fes fautes, en nous forçant il eft vrai que
ici le tableau ;
d'en repréfenter
de lui démontrer
nous en retirerons Tavantage
par-touf.
combien il s'eft trompé
à lni-même
'eft
chofe affez indifférente ;
per
doit être une
dre fon tems que de la relever. M.H. de nous
Nous en voulons un peu à
prefque rendus complices
avoir 9 malgrénous,
de les copier &
de fes fautes, en nous forçant il eft vrai que
ici le tableau ;
d'en repréfenter
de lui démontrer
nous en retirerons Tavantage
par-touf.
combien il s'eft trompé
à lni-même --- Page 51 ---
-
T A T
Pren.Part.pag.43;
REVENUS ET DES IMPÔTS DE LA COLONIE DE SAINT - DOMINGUE,
DES
en 1776. a
A
POID S. E N C O M B R E M E N T. P R I X. I M P O S T. liv. liv. mililiers, ,allant pour :
30,000 tonncaux à 5ol. lec quintal. 10,000,000 paye 361. par millier
2,160,000
SUCRE BLANC
60,000 m. :
45,000
251. le quintal. 22,500,000 : 181. parr nillier
:,620,000
SUCRE BRUT
90,000
pour
1,800
71. 1of lal livre. 13,500,000
1ofparl livre 500,003
INDIGO . 1,350m. pour
a 2001. le
2f6d. livre. COTON
3-5oom. pour :
5,c00
quinral. la
7,000,000
par 412,500
32,000
81 livre . 12,803,000 * 181. part millier
576,0c0
CAFÉ :
32,000m. pour
Igo
16C lalivre. 120,000
n'o point taxé. CACAO 28,000 boucauts, 1gon. m. pour
28,000
661. le boucaur : 1,848,000 . zl. 10f parl boucaut 2 10,000
SYROP,
re 56,0001
pour
4,000
721. la barrique : 720,000 61. par barrique. 60,000
TAFIA, 10,000 barriques, pt. 5.0001. pour
1S1. la bannerte . 252,000 21. par bannette. 2,000
CEIRSENTOIL, 14m. bana.pt.. 7j0m. pour
10l. lccôté
320,000 : 11. par côté
32,000
CUIASTANNES,331 I1l. cotis,ps. 320m. posr
101. la livre. $0,000
nepaye rien,
GAYAC,ACNJOUSCAIOUS-CANHICHE ÇARET. 1,500 sm. m. pour pour
1,500 eftimés
40,000 . ne paye rien. Poins
246,525 milliers. ENCOMBREMENT 147,525 tonneaux
PRIX . 89,150,000
IMpôr
5.998,scol. 5.998,500
Valcur commune de toutcs les Denrécs, à l'infant de lenr fortie
95,148,500 1.
,
GAYAC,ACNJOUSCAIOUS-CANHICHE ÇARET. 1,500 sm. m. pour pour
1,500 eftimés
40,000 . ne paye rien. Poins
246,525 milliers. ENCOMBREMENT 147,525 tonneaux
PRIX . 89,150,000
IMpôr
5.998,scol. 5.998,500
Valcur commune de toutcs les Denrécs, à l'infant de lenr fortie
95,148,500 1. Lts COMMISSAIRES des daux Confsils affemblés au Port- -an-Prince, cn Avril 1775, pcur la répartition de lImpôt, n'ont eflimé le produit de cet Impôr qu'à mille livres,) y compris
lc eadaftre; au licu nous l'evaluons à
livres, fans
le cadalire, caqui fait unc diférence dep prés du neuvieme, entre leur calcul8c
tdibet
lar raifon de cette diffirerce que eft que Meffienrs 5.998,500 lcs Commilaires, aulicu comprendrc de calculer Petaraduel de la Colonie & de fes produdions fe font dirigés fur uD relevé des déclarations d'Oftrois
faites depuis 1770, 4ae ini endant leur a fourni , &i ils ont dit, Tlnpota pro.uit ca cinq ans une telle fominc, qui donne par chaque annéc tant ; donc en (nifant tels changemens,
dans la répartition, ,telle: rng sentation, l'impôt produira cette année &les fuivantes5-310 inille livres : il cf trés-évident que confidérables cette maniere de calculer: n'eft point) bonne. 1". Les déclarations E 12s anx Receveurs des O3rois font des guides ia'ideles; 20. les revenus del la Colonie fort plus
qu'ils ne l'étaient cn 1770; &, commc ily
lieu d'efpérer qu'ilss s'accro tos encore, ilya une furchurge très-forte dans la répartition. 2 cg
1 TEEMUSSAETAE aa M Eoc --- Page 52 --- --- Page 53 ---
SUR SAIYT-Doxrxour.
Mais CC ferait
s felon nous 2 un bien faible
avantage que d'avoir appris à nos Ledteursà fe
défier des calculs de M. H., f nousn'avions
en même tems que nous détournions
pu,
de deffus des erreurs, les fixer fur des leursyeux
Il eft jufte de ne rien laiffer à défirer vérités.
matière auffi
fur une
importante. A cet effer nous allons
leur préfenter deux états fidèles de'la
denrées que la Colonie a produites dans quantitédes les
nées 1776 & 1777, & du produit de
annous y joindrons un fommaire des
l'octroi;
tions de la Colonie
confommapendant ce même tems.,
c'eft-à-dire de l'importation du
commerce de
Françe, & de la faible branche du
bois & chevaux
font
commerce en
que
avec elle les nouveauxAngleterriens (1).
Nous ne difimulerons
dreffés
pas que ces réfultats,
d'après les pieces
originales, ne foient
pour un Particulier très-dificiles à fe
Le prix des denrées n'eft
le
procurer.
pas même dans les
(:) Nous n'établiffons point les prix détaillés de chaque objer , tant de produgions que de
Nous en mettons feulement le total confommations.
que tableau. : autrement il eût fallu au bas de chages de compres, & nous n'avons
copier vingt pafuyer au
pas cru devoir faire ef-
'ait le pablic tout P'ennui de ce travail ; il faffit
plus jufte poflible, 2 le total des valeurs de qu'il
portation & de l'importation.
l'ex-
iffons point les prix détaillés de chaque objer , tant de produgions que de
Nous en mettons feulement le total confommations.
que tableau. : autrement il eût fallu au bas de chages de compres, & nous n'avons
copier vingt pafuyer au
pas cru devoir faire ef-
'ait le pablic tout P'ennui de ce travail ; il faffit
plus jufte poflible, 2 le total des valeurs de qu'il
portation & de l'importation.
l'ex- --- Page 54 ---
NOUVELLES CONSIDERATIONS
de leur chargement.
trois endroits principaux
Celui des ventes, des cargaifons eft auffi fujet
différences ; il faut .comparer &
à de grandes
les relevés de chacompenfer après avoir reçu.
Nous ferions reftés dans la douloureufe
que port. de rien donner d'éxaêt fur cette maimpuiffance main
& la feule quia'da
tière, fi une
fire,
fen'avait daigné venir à notre
être notre guide,
de fon tracours, & nous aider d'une partie
vail, afin de nous mettre en état de fatisfaire
la jufte curiofité de nos
d'une façon pofitive
Leéteurs.
Nous n'avons point voulu porter en compte
les articles du cacao, caret, & bois de gayac,
n'étant point fujets à
acajou, 8cc.;. ces objets
déclaration, ne font pas très-précifément cond'ailleurs ils font de peu de conféquence,
nus;
réunis, une yaleur de
& ne forment pas 2
300,000 livres.
notre total
M. H. s'applaudit déjà de ce que
de Pannée 1776 excéde le fien, &
des revenus
cette
il dit en lui-même : au moins on ne pourra
d'avoir préfenté des calfois me reprocher
n'ai
culs enflés; l'on doit même avouer queje
mal deviné dans le courant de 1776, ce qui
pas
ne pouvait être connu qu'en 1777.
Pardonnez-moi M.H., nous vous reprocherons encore cette fois de vous être permis,
applaudit déjà de ce que
de Pannée 1776 excéde le fien, &
des revenus
cette
il dit en lui-même : au moins on ne pourra
d'avoir préfenté des calfois me reprocher
n'ai
culs enflés; l'on doit même avouer queje
mal deviné dans le courant de 1776, ce qui
pas
ne pouvait être connu qu'en 1777.
Pardonnez-moi M.H., nous vous reprocherons encore cette fois de vous être permis, --- Page 55 ---
H T A 1
Prem. Par.pag.42i
DES PRODUCTIONS, OCTROI ET CONSOMMAIIONS DE LA COLONIE
DE SAINT-. DOMIN GUE.
(-
A
En I 7 7 6.
En I 777
PRODUCTIONS Ou EXPORTATION. OCTROI
PRODUCTIONS Oil EXPORTATION. OCTROL
XE
DENRÉES. QUANTITES. PRODUIT DE L'OCTROL A DENRIES QUANTITÉS, PRODUIT DE L'OCTROI
Sucre blanc.
p,8ag.ogtliv. pefant. 36livreslen millier 1,865,8-81. 6f. 1d. Sucre blunc.
42,408,711liv, pefant, 361 livres le millicr
C
Sucre brut
84,1:0,550
iSlivres le nillier : 1514.169 S 8 Caf: brut
71,014,360
8 ivres lamniliicr. 1.5290931. 146 1rd.
Cifc
46,163,96)
1Slivresie nillicr : Siosi 1O
51,784
S li le nilicr 775 112
Coton
2,315.498
2f6d. lalivre : 294.437 5 Coc "go
581,
livre ,676 6
Indigo
1,831,942
1ofla licre 915.971
) 564, 702
Cialivre
Currs tannés
2,294 côrés. 20f.chaque
2,204
Cuirs ane
A,595, cetd
vre cha aque
6,558
Curs en poil
8,76; bannertes. livies chaque 1",530
uri poi!
- 59 anc:tes.
S
Tana.
2,450 barriques, 6liv. labarricue 14,7.0
J Earigues. v:
o
Syrop
3.1S41 boucaurs. a 71, 1oûle! boucaur. 23.SS
P
it Doucaut, . a 71
3.99;
TOTAL.
5,479,S111. 17f. ILG.
TOTAL. : 5,2991931 1, 9 f7d.
Valeur de ces denrécs fo'gnculement calValear de ces Daarées, foigneufement cal- - -
culée dapresiervamations ducours.
culee, d'aprèsles V. di sioas du cours,
MONTAST DE L'EXPORTATION en argent
$5,83-.6041 liv fONT N N DE WENVORTATION ca argent.
103,104-5181iv.
CONSONMATIONS ou IMPORTATION d'Eurep: 6 delAmérique du Nord, CONSONMITIONS ou IMPORTATION d'Europe oidetAmbique du Nord.
CARGAISONS 8 D'EUROTE, en Farines, Vins, Toiles. Be curres, Huiles, Esux-de-vie, ,3c. CALGAISO:S DEUROFE, cn Farn n:s. Vins, Tolies, Beurr: Huiles,
DAMERIQUE, en Chevaux, 53 aria: Bois, Blanc dc B.i CC Tabacs sc.
1 D'AMLRIQUE, Ca Chevaux, aric Bois, Blane de Bileins, Enuxade-vie, Tabice,8c. &c.
Vateurenetsent, duprexlesFadures des Capitaines &les prix courans. $4,235,322liv. Valeur cn argent, d'aprèsles Faduresd des Capisaines, a les prix courans.
En13 0,74 introduits par le Conimerce de France, aleur d'après les
En :9,344 Negres introduits per le Coramerce de Fiance, leur d'après les 10,513.36oliv.
Con:ptes de en:e
59,779.-691. Compees de - ente. :
28,645,6:liv.
Mos A IT DE LINPORTATION en argent
Sg,osdgpoliv. MONTANT DE LINPORTATION en argent.
79,200 sul
Ian sJeraon
AS
.
En13 0,74 introduits par le Conimerce de France, aleur d'après les
En :9,344 Negres introduits per le Coramerce de Fiance, leur d'après les 10,513.36oliv.
Con:ptes de en:e
59,779.-691. Compees de - ente. :
28,645,6:liv.
Mos A IT DE LINPORTATION en argent
Sg,osdgpoliv. MONTANT DE LINPORTATION en argent.
79,200 sul
Ian sJeraon
AS --- Page 56 --- --- Page 57 ---
SUR SAINT-DONiNGUE
comme dans la récapitulation de
1774, une
augmentation dans les quantités auffi dangéreufe que l'autre 2 & qui conduit aux mêmes
conféquences, de repréfenter la Colonie beaucoup plus riche qu'eile n'eft; & fi notre total des
valeurs en argent excéde le vôtre, c'eft
votre eftimation arbitraire des prix s'eft trouvée que
abfolument contrariée par l'événement, & fort -
au-deffous de la réalité; c'eft donc chez vous
une erreur qui a corrigé l'autre: encore au milieu de tout cela n'avez-vous pas bien faifi la
vérité; & fi ce n'eût été trop nous
occuper
d'erreurs, nous vousaurions donné ici le même
tableau qu'à la page 3, d'une récapitulation véritable des quantités eftimées d'après -vos prix
fiaifs; alors notre total ne fe ferait élevé qu'à
84,000,000, Jugez vous-même de la force de
votre efprit appréciateur : vous avez fi bien
eftimé, qu'il nefe trouverait que 14,000,0c0 del.
d'erreur en moins, dans les valeurs! Si vous en
doutez, prenez la plume 2 & comptez, ainfi
nous l'avons déjà fait pour 1774,
que
d'après mOS
quantités & vos prix imaginaires;
nous fommes dégoûtés de travailler fur pour nous 9
des données faufes.
Occupons-nous plutôt de quelques
remarqucs néceffaires fur le tableau que nous
venons de dreffer.
Il en eft une qui fe préfente d'abord, c'eft de --- Page 58 ---
CONSIDERATIONS
44 NOUVELLES
& Pextrouver la balance entre limportation coup d'oeil
portation. Nous voyons au premier
liv.
s'eit montée en 1776 à 15.823,210 Colonie
qu'elle
livres, que la
& en 1777 à 23,900,207 confommé,
a produit de plus qu'elle n'a
pourquoi la
Le Leéteur demandera peut-être du côté des probalance eft beaucoup plusforte Timportation. a
duétion en 1777, & pourquoi
beaucoup plus faible ?
ayant fufNous répondrons que T'embargo la fin de
pendu en France les armemens vers la traite des
l'ânnée dernière, & ceux pour
voilà les
n'ayant pas été fi nombreux,
Nègres
caufes du déficit dans Timpordeux principales
tation. ferons auffi obferver que les 4,000,000
Nous
de plus dans la valeur
& demi qui fe trouvent
ne doivent pas être
de Texportation en 1777, de Faugmentation
pris comme la mefure certaine
que
annuelle des revenus de la Colonie parce eft dûi
excédent fur les produits de 1776
cet
auquel les fucres fe font éleaul prix éxorbitant derniers mois de l'année
vés pendant les fix
du prix des cafés. Va1777, & au rehauffement dans le commerce, & qui
riations fréquentes
nécéllairele chanparaiffent rendre d'autant plus.
nous indidans la durée de T'ogroi, que
gement
du fecond volume quitraite
querons au Difcours
de l'impôr.
fur les produits de 1776
cet
auquel les fucres fe font éleaul prix éxorbitant derniers mois de l'année
vés pendant les fix
du prix des cafés. Va1777, & au rehauffement dans le commerce, & qui
riations fréquentes
nécéllairele chanparaiffent rendre d'autant plus.
nous indidans la durée de T'ogroi, que
gement
du fecond volume quitraite
querons au Difcours
de l'impôr. --- Page 59 ---
SUR SAINT-DONTGUE
LIVRE SECOND,
Dela propriétédes BienaSuin-Domingun
AsM
SN
DISCOURS PREMIER,
Du droit de Hache, 6 des Concefions.
Nous avons lu avec plaifir, tout ce que dit
l'Auteur dans ce chapitre, depuis la
jufqu'à la cent-feptième. Mais M. H. page ainfi
bien d'autres 2 eft beaucoup plus heureux que à
détruire qu'à érablir.
Après nous avoir très-bien expofé les inconvéniens qui font réfultés & des anciennes
ceffions faites fans précaution, & des
connouvelles
précautions infuffifantes que l'on a vainement
prifes pour remédier aux vices des
& en prévenir de nouveaux, M. H. premières n'eft 9
auffi 1 clair dans les moyens
pas
fuppléer à la
qu'il propofe pour
pénétration des Juges, felon fes honnêtes
expreflions, , page 106.
Comme nous n'avons le tems, 2 ni la volonté
de chercher querelle à M. H. pour des bagatelles, nous ne nous amuferons pas à le chicaner --- Page 60 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
qui commence fon troifième
fur cette phrafe
& qui eft ininalinea de cette même page 106,
dit
c La marche de l'efprit humain, a
relligible. Auteur, eft de paffer d'abord du fim-
> un grand
& enfuite de revenir au fm-
> ple au compofé, avaient le défaut de ne pas
>> ple ; mais elles
donnés >, Nous
Pétendue des terreins
> défigner
fuppofer qu'entre le mot
voulons charitablement
mais
le
de la troifième ligne & celui
qui
Aimple
inattentifaura
fuit immédiatement, > PImprimeur
il efttrès
omis une ou deux lignes 2 auxquelles à Palinea
dificile de fuppléer, à & nous pafferons
fuivant, , page 107.
d'un terrein
K On veut acquérir la propriété
une conceffion du Prince, par
>> vacant, par
ne vaupar un arpentage:n
>> des établiffemens, commencer par un arpen*
>> drait-il pas mieux
8 demander une conétablir enfuite
5) tage, 2
>> ceilion >?
renferOutre que ce moyen ne parait pas
faire
mertousles avantages que l'Auteur en veut
dépouillant des alentours
dériver, c'eft qu'enle
retrouve
il
& le déguife 3 on
dont P'accompagne
du droit de hache,
précifément les inconvéniens
être deven
lui-même avoue 2 page 88 5
que
la Peuplade s'ef accrue.
nuifble depuis que
abfolument faire
Cet arpentage dont il veut
formalité
Pétabliffement, n'eft qu'une
précéder
illant des alentours
dériver, c'eft qu'enle
retrouve
il
& le déguife 3 on
dont P'accompagne
du droit de hache,
précifément les inconvéniens
être deven
lui-même avoue 2 page 88 5
que
la Peuplade s'ef accrue.
nuifble depuis que
abfolument faire
Cet arpentage dont il veut
formalité
Pétabliffement, n'eft qu'une
précéder --- Page 61 ---
SUR SAINT-DOMINGUE.
vaine qui n'affurer point cet
érabliffement, & ne
garantit d'aucun rifque.
Afin de faire mieux fentir
l'impoffibilité de la
marche propofée par M. H. qui veut qu'on établife d'abord fans titre
2 fuppofons - la déjà
adoptée, & voyons les conféquénces de cette
hypothèfe.
Je prends donc un Arpenteur avec moi; le
mène dans un bois dontj'ai
je
quelqu'idée confufe
que jedois, ou à des relations de Chaffeurs
ou à moi-même; je fais mefurer
s
3 comme on
peur, cent quartés; enfuite je mets hache en
bois par un bout. Mais voilà juftement
autre, 2 à la même
s'eft
qu'un
la même
époque 2
avifé de faire
opération, à une demi-liene delà fur
le revers de quelque morne, & il
précifément parlebout oije
commence
comprais finir, Nous
pourfuivons tous les deux,à peu près d'un
égal, notre défrichement avec
pas
nous dérobant nos travaux l'un à tranquilité 2 &
par le morne, foit
P'autre > foit
par le fouillis du bois
nous- permet pas de nous appercevoir quine
nous rencontrons enfin
2 nous
une
avec furprife ; & voilà
difpute, un procès pour favoir
de
nous le terrein doit
auquel
y avons les mêmes appartenir en entier : nous
l'autre
la
droits, un par la partie a 2
par
partie. I Nous
chacun de ce que nous aurons contenterons-nons
défriché P Quand --- Page 62 ---
48 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
connzit les hommes, cela n'eft pas facile à
on
néanmoins, nous aucroire ; mais fuppofons-le
rons alors deux petites portions de terre qui ne
feront plus affez étendues pour les grandes cultures que nous devions entreprendre. D'ailleurs
deux Particuliers fe renon n'a fuppofé que
contrant fur le même terrein ; & dans les mon-.
tagnes il peut y en avoir à la fois quatre out
cinq fur un terrein de mille pas 5 qui travaillefans fejoindre : premier inconront long-tems infaillible du droit de Hache, ou de lévénient
rabliffementavant le titre, ce quieftpofitivement
la même chofe.
Il en eft un autre, & le voici. Cent carreaux
de terre ne fe défrichent pas dans un inftant : un.
Pere de famille concevra le projet d'un nouvel
établiffement ; il emploiera 2 pendant une ou
années, une partie de fon attelier à le,
plufieurs
il mourra : fes hériters n'auront
commencer ;
Péxécuter
pas la même idée 2 ou ne pourront
leurs forces feront divifées. Que
parce que
travail fans titre de plufieurs
peviendra donc ce
la fucceflion,
années 2I1 fera perdu 2 pour
faire valoir que le droit
parce que ne pouvant fera borné à ce qui fera
de hache , ce droit
de terre
habitué , 8 une quinzaine de carreaux
ifolés-font plus à charge qu'avantageux.
oferatravailler ainfi d'une manièreincerQui
taine
ront
leurs forces feront divifées. Que
parce que
travail fans titre de plufieurs
peviendra donc ce
la fucceflion,
années 2I1 fera perdu 2 pour
faire valoir que le droit
parce que ne pouvant fera borné à ce qui fera
de hache , ce droit
de terre
habitué , 8 une quinzaine de carreaux
ifolés-font plus à charge qu'avantageux.
oferatravailler ainfi d'une manièreincerQui
taine --- Page 63 ---
SUR SAINZ-DowiNdek
taine, fans être affuréd'obtenir
lesfiens,T'objer de
pourlui, ou Pour
fespeines PI
le dire, fur-tout
Perfonne, on peut
tres-recherchées aujourd'hui que les terres font'
quand leir fite en
tation poffible. Si vous
rendllexploi.
avoir
permettez d'établir fans
préalablement un titre, combien fe
rontà la fois fur le même
jettéen eft heureufe ! Et
endroit, fi Texpofition
furer
d'ailleurs qui pourra fe raf
contre les effets de la
pays où les Adminiftrateurs protedion dans un
font fi fouvent
changés, 2 & paraiffent
nouvelles
prefque tous avec de
créarures?
En un mot , propofer Pétabliffement
titre, c'eft mettre un obftacle
avant le
des hommes
aux entreprifes
refte
fages, qui connaiffent que le droit
fouvent fans effet quand il eft fans
c'ef en mêetems ouvrir la
appui 2
téméraires de ces hommes porte aux projets
dité cherche à tout
hardis dont la cupienvahir : & qui ne
pas la juftice, mais les reffources
regardent
ils fe flattent pour la faire taire fecretes dont
Paflons
out la tromper.
au fecond moyen Falutaire dont
M. H. page iog. Il eft excufable de
parle
trompé, n'ayant pas été à portée
s'y êtrè
par lui-même cette méthode du d'aprofondit
Angalis ; que la pratique vient Gouvernemient de
extrémément onéreufe,
démontrer
K Le Gouvernement Anglais,
Partic I,
dit-ilspege 1O9;
D
taire fecretes dont
Paflons
out la tromper.
au fecond moyen Falutaire dont
M. H. page iog. Il eft excufable de
parle
trompé, n'ayant pas été à portée
s'y êtrè
par lui-même cette méthode du d'aprofondit
Angalis ; que la pratique vient Gouvernemient de
extrémément onéreufe,
démontrer
K Le Gouvernement Anglais,
Partic I,
dit-ilspege 1O9;
D --- Page 64 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATION
les nouvelles terres de fes Co-
>> vend à l'encan
modéré;
par lots égaux, à un prix
>> lonies 2
diftribuer lesterres sn'eft point
manière de
* cette
& ne permet ni les
>> onéreufe aux particuliers, eft d'ailleurs favoni T'injuflice: Elle
>> procès,
>> rable à la culture, parce que ceux quimettent néceffaiont
>> les terres à un prix quelconque,
avantale defir de les exploiter le plus
>> rement
; il n'en eft pas ainfi de ceux
>> geufement poffible;
elles font données gratuitement >.
P à qui
Philofophigue 6 PoOn lit auffi dans PHifoire
du commerce des deux Indes, que les Anglais
titique le
de yendre les terres neuves au
ont pris parti
était dans leurs
lieu de les concéder, parce gu'il
commeà eux
principes d'équité de ne regarder
que ce qu'ils auraient acheté.
dirait un Caraibe de Sain-Vincent,s1l
Que
? fur-tout s'ill'avait lue
pouvait lire cette phrafe
fut écrite au moment oi il tombait
lorfqu'elle
violaient
expirant fousles coups des Anglais, qui
lui ravir fa terre natale P
la foi des traités pour
d'honC'eft, en vérité, , faire beaucoup trop
Gouvernement Anglais que de lui donner
neur au
dans la maniere dontil difpofe
léquité pour bafe,
Le
de fes conquêtes , ou de fes ufurpations.
Gouvernement Anglaisa vendu, parce queléchiavait befoin d'argent, 2 & que les terres de
quier
être l'objet d'une
ces Mles lui ont paru pouvoir
atale P
la foi des traités pour
d'honC'eft, en vérité, , faire beaucoup trop
Gouvernement Anglais que de lui donner
neur au
dans la maniere dontil difpofe
léquité pour bafe,
Le
de fes conquêtes , ou de fes ufurpations.
Gouvernement Anglaisa vendu, parce queléchiavait befoin d'argent, 2 & que les terres de
quier
être l'objet d'une
ces Mles lui ont paru pouvoir --- Page 65 ---
SUR SAINT-DOMINGUE
fpéculation financière. D'ailleurs il eft dans 5L
principes d'un peuple
les
le Gouvernement marchand,de tout vendre:
Français a donné,
a fenti que ce ferait pour le Fifc
parce qu'il
reffource
une bien foible
qui gréverait beaucoup & rendrait
peu.
Répondons maintenant à M. H.
On ne vend point chez les Anglais
égaux, & le prix de lacre-n'eft
par lots
trente fchelins,
point borné à
comme il le dit. Les
faires du Roi vendent à
Commifmanières.
tous prix & de toutes
On vend en propriété &
une loi bifarre du
d'après
la feule de cette Gonvernement, qui n'eft pas
feuls naturels
efpèce qu'on y remarque > les
Anglais peuvent acheter de cette
façons les terres des Colonies :
baux de 14, de 40, de
on vend par
à l'expiration.
99 ans, renouvelables
Le prix de ces ventes eft fi gênant
quéreur obligé d'en
pour l'acpayer d'abord un tiers
comptant 9 qu'en 1776 la Dominique
d'ailieurs par d'autres malheurs
2 afifligée
2 fe vit dans
l'impoffibilité de fatisfaire aux
traétés pour des acquifitions engagemens conétaient reftées
dont grand nombre
en friche, & força fon
neur à révoquer les ordres
Gouverrément
qu'il avait inconfidédonnés, 2 pour éxiger des Habitans les
fommes dont ils étaient
reliquataires envers le
Dij --- Page 66 ---
5: NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
Roiàcaufe des terres qu'ils s'étaient faitadjuger
années auparavant. La Grenade & Anquelques été
gênées pour payer rle
tigués ont
pareillement
prix des adjudications , & n'ont pu y fatisfaire.
Tl-eft ainfi beaucoup d'autres erreurs dans le
Gouvernement Anglais, qui, dansléloignement,
des traits de fageffe, 8 que la plupart
paraiffent
Français citent
des Cenfeurs du Gouvernement
foucomme des modéles, un peu par humeur,
déclamation, 88 quelquefois faute de
vent par connaiffances à ce fujet. Nous aurons
véritables
de
éncore occafion de remarduer quelques-uines
& nous le ferons avec d'autant
ces méprifes 2
avoir été auffi partifan
plus de plaifir, qu'après
:
avant de le bien connaitre
de ce Gouvernement
un affez long tems d'expérience
par nous même, dans fon fein , nous a bien fait
& d'habitude
en nous mettant à
revenir de notre prévention,
- - RCCAN
même derapprécier.
e Enfin, nous voulons juger du moyen proM: H.,& donné comme eflicace pour
pofé par
les
; fi nous en voulons
prévenif tous
procès
mainjuget, difons-nous, par ce qui fe paffe
tenant dans les Hles Anglaifes, nous troiverons
encore qu'il eft bien loin de réunir l'avantage
il
qu'il lui attribue; car aétuellement même,
s'éleve dans les Ifles, déjà citées, des conteftations fans nombre, relativement: aux bornes des
er du moyen proM: H.,& donné comme eflicace pour
pofé par
les
; fi nous en voulons
prévenif tous
procès
mainjuget, difons-nous, par ce qui fe paffe
tenant dans les Hles Anglaifes, nous troiverons
encore qu'il eft bien loin de réunir l'avantage
il
qu'il lui attribue; car aétuellement même,
s'éleve dans les Ifles, déjà citées, des conteftations fans nombre, relativement: aux bornes des --- Page 67 ---
SUR SAINT-DoNINove
terreins vendus, malgré qu'ilsaient d'abord été 33
mefurés par des Arpenteurs Royaux,
c'eft un inçonvénient inhérent
parce que
en bois debout
au genre desterres
2 caufé par les
laifes, & la dificuité extrême précipices, 2. les fabois fourré de lianes,
de percer. dans un
2 embarraffé d'arbres cour
chés que les fréquens coups de vent y.
& par deffus lefquels la nature, fi active déracinent,
ces climats-ci, fait naître
dans
une infinité de
vivaces & ligneufes qui forment
plantes
oùr
autant de forts
PArpenteur, 2 ordinairement accompagné de
peu de Négres, ne faurait abfolument
Il faut donc atrendre le défrichement pénétrer,
de ces terreins pour les mefurer
compler
jufteffe ; &z puifque l'erreur eft avec quelque
dans une conceffion en bois debout indifpenfable il
encore mieux qu'elle foit faite fur a
vaut
donnée, plutôt
fur
une chofe
que
une vendue.
M. H. finit ce difcours par ces paroles
quables, page IIO,
remars
K Les abus font évidens &
>> moyens d'y remédier font
multipliés ; les
faciles. Je ne. m'ar-
>> rêterai point à démontrer de
>> l'efficacité de ceux
plus en plus
que je propofe. J'en ai
$ affez pour ceux qui
dit
penfent ; je n'ai point écrit
R pour les autres. 9 ils font fourds à la voix de la
$ raifon >.
On eft affez furpris de trouver
ces lignes
Dij --- Page 68 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
à la fin d'un Chapitre fur le droit de
emphatiques
hache 6 des concefions. Ne les croiroit-on pas.
extraites de quelqu'un de ces livres, chef-d'ceuvres du génie, oit l'en a combattu avec la forces
&
Pobicurité de Monla précifion quelquefois
tefquieu, ces préjugés impofans; ces abus génédéshonorent encore notre fiécle. Elles
raux qui
étaient bien placées dans ces fortes d'ouvrages.
écrits pour le petit nombre ; pourquoi faut-il
M. H. les en ait tirées pour les faire mal
que figurer à la fin d'un difcours non-abftrait qui 2
être lu par toutes fortes de gens
en vérité , peut
penfeurs, 2 ou non-penfeurs.
quelquefois
tefquieu, ces préjugés impofans; ces abus génédéshonorent encore notre fiécle. Elles
raux qui
étaient bien placées dans ces fortes d'ouvrages.
écrits pour le petit nombre ; pourquoi faut-il
M. H. les en ait tirées pour les faire mal
que figurer à la fin d'un difcours non-abftrait qui 2
être lu par toutes fortes de gens
en vérité , peut
penfeurs, 2 ou non-penfeurs. --- Page 69 ---
SUR SAIST-DOxiNGUE
DISCOURS SECOND.
Dequelques Loix touchant la propricté des biens de
la Colonie.
- Nt trouve d'abord fur ce titre une note
qui fait à merveille le pendant de la
qui
phrafe
déplacée qui terminele difcours précédent. Voici
cette note hétérogène:
( Ce difcours n'a rien qui puiffe plaire à des
32 Leéteurs frivoles. Fatigués
parce que j'ai dit
9 fur les conceflions 2 s'ils redoutent l'ennui
* ils peuvent paffer au difcours fuivant >,
Nous qui aimons par fois à être frivoles ;
nous nous fommes empreffés de profiter de ce
charitable avis, & nous n'avons fait qu'un faur
au difcours troifième, en difant en nous-mêmes,
celui-là fans doute eft agréablement traité,
allons bien nous amufer'! Quelaéténotre nous
étonnement à l'afpeét de fon titre de lefelavage des Né.
gres ! Auffi-tot nous avons pris le parti de rétrograder , ne nous figurant pas qu'un tel fujet fit
fufceptible de cette gaieté qu'annonçait la petite
note, & nousavons entrepris le difcours fecond,
nous réfignant d'avance à tout ce qui pourrait en
arriver.
Nous lifons depuis la page III jufqu'à celle
128., & nous ne pouvons qu'approuver tout ce
Div --- Page 70 ---
CONSIDERATIONS
56 NOUVELLES dit contre la faifie-réelle es moyen
que M. H. dans les Colonies ,. aufi contraire
impraticable de P'Etat qu'à celui de Findividu,
aux intérêts
des Ifles voifines 2 &
qui a culbuté la plapart
de
la Jamaique de s'élever au point
empêché oùt la bonté de fon fol, fon étendue, la
richeffes
du commerce de fa nafaveur & la fupériorité
tion femblaient T'appeller.
le
C'eft auffi avec plaifir que nous
voyons
s'élever, à la page 121, contre le droit d'aineffe
T'eftimable Auteur de THifoire Phis
propofé par
du commerce des deux Indes,
Lofophique 6 Politique
prévenir ces
comme un moyen falutaire paur
des
dottes énormes, hypotéquées , provenant
égaux, & qui font que le propriétaire
partages d'un bien n'en eft que le fermier obéré,
apparent
malheureux que les" paiemens >
d'autant plus dontil eft chargé, n'ont pas été
termes & rentes
balancés & prévoyans *
fixés d'après des calculs
toujours des engagemens
mais font prefque laiffé de milieu entre une
forcés, qui n'ont pas
état de détreffe,que
ruine totale > ou un long
heureufe a feule
V'efpérance de quelque récolte
porté à préférer.
contrainte & qui n'eft
D'après cette fituation
dans les colonies s T'Auteur
que trop commune de citer a propofé pour y reméquenous venons
a revêtu de tout ce que
dier 2 un fyfème qu'il
font prefque laiffé de milieu entre une
forcés, qui n'ont pas
état de détreffe,que
ruine totale > ou un long
heureufe a feule
V'efpérance de quelque récolte
porté à préférer.
contrainte & qui n'eft
D'après cette fituation
dans les colonies s T'Auteur
que trop commune de citer a propofé pour y reméquenous venons
a revêtu de tout ce que
dier 2 un fyfème qu'il --- Page 71 ---
SUR SAIXT-DOxINGUE
Tart &cl'éloquence
fant.
peuvent avoir de plus féduiIla même
ércjufquapourvoir à la
de ces êtres dévoués à la
deftinéel
funefte de leur
pauvreté par la date
naiffancetardive. Il lesa préfentés
comme une population préparée pour la Guyane,Sainte-Lucie, ou tel endroit dont le fol oifif
appelle ençore le cultivateur.
Nous avouons que f, comme ce Philofophe
éclairé, nous n'avions pu pàrler des Colonies
que fur des Mémoires, fi nous n'avions
par nos yeux & fenti
pas vu
aurions
par notre coeur 2 nous
adopté fes idées fans la moindre difficulté ; mais les réfléxions que nous
à ce fujet, appuyées de
avons faites
connaifances
lieres prifes fur les
particudans
lieux, ne nous ont laiflé voir
cette propofition du droit
fource éternelle des
d'aineffe qu'une -
plus graves défordres.
Il en eft un, 9 & le plus terrible de
nous n'indiquerons
dans
tous 2 que
que
un avenir peu
chain, lorfqu'une poftérité dégénérée
procroitrela fomme de fes vices
aura fait
en raifon de la dimi,
nution des vertus de fes pères, C'eft alors
droit d'aineffe prêterait
que le
un motif puiffant à des
hainesinteftines qui déchireraientle fein
les familles ; alors
detoutes
2 peut-être, les
aiguifés par un grand intérêt.
Mais poignards
le rideau fur des icènes finiftres
baiffons
cruel
qu'il eft trop
d'entrevoir 2 même dans une perfpedtive
la dimi,
nution des vertus de fes pères, C'eft alors
droit d'aineffe prêterait
que le
un motif puiffant à des
hainesinteftines qui déchireraientle fein
les familles ; alors
detoutes
2 peut-être, les
aiguifés par un grand intérêt.
Mais poignards
le rideau fur des icènes finiftres
baiffons
cruel
qu'il eft trop
d'entrevoir 2 même dans une perfpedtive --- Page 72 ---
CONSIBENATIONS
;8 NOUVELLES
des crimes futurs
éloignée 2 & fans annoncer' croire
nous eft plus doux de
impoffibles
qu'ils
feulement à nos Leéteurs quelquespréfentons
aétuels qui réfulteraient de
uns des inconvéniens
T'inégalité des partages. Tordonne aujourd'hui
Suppofons la loi qui
enfans dans
& admettons trois
promulguée s
déjà deux malheureux
chaque famille: en voilà
leur fituamariage devient interdit par
à quile
oùt Findigence avilit
tion même, dans un pays
des Négres & de
& dégrade aux yeux même fur fon front le figne
cette race mixte qui porte Le cadet d'une maifon
inéfaçable de la bârardife.
chercher dans uné autre 2 une compagne,
ira-t-il
lui, fans fortune, pour traîner
devenue 9 comme
& de douleur A
enfemble des jours d'opprobre
befoins 2
Affaillis tous les deux par de communs vifs de tous les
oferont-ils fe livrer aux plus
au
facré des devoirs, au voelt,
plaifirs, au plus
vainement à
cri de la nature 1 qui les appellera en s'uniffant
? Non, ils craindront
le remplir
leur mifère fur des enfans
enfemble, d'étendre
avec le jour. Ou
Vinfortune
qui refpireraient
oùt la nature
f, dans un de ces momens
aux
bien,
fortement qu'ailleurs >
commande 2 ici plus
ils écoutent fa
deux fexes de fe rapprocher, fuites du penchant
fur les
voix & s'aveuglent
Tun vers l'autre 5
qui les porte violemment
craindront
le remplir
leur mifère fur des enfans
enfemble, d'étendre
avec le jour. Ou
Vinfortune
qui refpireraient
oùt la nature
f, dans un de ces momens
aux
bien,
fortement qu'ailleurs >
commande 2 ici plus
ils écoutent fa
deux fexes de fe rapprocher, fuites du penchant
fur les
voix & s'aveuglent
Tun vers l'autre 5
qui les porte violemment --- Page 73 ---
SUR SAINT-Dowiweur
quel bonneur peut- on attendre d'une
flétrie par la pauvreté, & quelle trifte union
tion doit s'enfuivre ! L'indigence
populatoutes parts les rangs & les couleurs confondra de
uinique d'un
: la fille
négre ou mulâtre, propriétaire da
plus perit terrein, fera recherchée
ces miférables cadets nés fur des
par vingt de
avoir été leur berceau
terres qui,après
demeure.
2 ne feront jamais leur
Cen'eft pas tout : ces aînés enrichis
voulant faire paffer à leurs fils
parla loi,
cette
qu'ils ne doivent qu'à P'heureux hafard opulence
fit naitre les
qui les
premiers, 2 fuivront les
odieux
principes
2 ofons dire coupables 2 de plufieurs
Nobles d'Europe, qui ife bornent
à un feul héritier
volontairement
2 quoiqu'il y ait
plus de reffources en France
beaucoup
honorablement
pour faire vivre
les cadets d'une maifon diftinguée.
Eft-ce donc là le but d'une Colonie?
de tels principes
Sont-ce
le
qui doivent la guider ? Eft-ce
moyen de la réduire à un petit nombre de
riches Seigneurs qu'il faut rechercher? Ne font-ce
pas plurôt ceux d'augmenter fa
le politique doit
population, dont -
s'occuper ?
Il eft affligeant
pour un Philofophe humain',
que tous ceux qui compofent un Etat ne puiffent
pas être également riches & heureux mais
;
.
Eft-ce donc là le but d'une Colonie?
de tels principes
Sont-ce
le
qui doivent la guider ? Eft-ce
moyen de la réduire à un petit nombre de
riches Seigneurs qu'il faut rechercher? Ne font-ce
pas plurôt ceux d'augmenter fa
le politique doit
population, dont -
s'occuper ?
Il eft affligeant
pour un Philofophe humain',
que tous ceux qui compofent un Etat ne puiffent
pas être également riches & heureux mais
; --- Page 74 ---
60 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
graduée des fortunes eft un bien moin:
Pinégalité
de ne faire que deux lots, d'un
dre.mal que de l'autre rien, mérités par un an
côté tout, 2
de moins. Ne vaut - il
d'éxiftence de plus ou
mieux cent fois une population nombreufe
pas
tremblent
d'étendre, qui
que fes Auteurs ne
pas,
elle-même de fe multiplier, & qui
ne craint pas
laifera
hérià la vérité, n'héritera 2 ne
pour
des affaires compliquées, des reprifes,
tage 2 que
mais qui du moins
des droits, des liquidations 2
confommé, & même pré:
aura vêcu 2 produit 5
des fourçes futures de proparé à la Métropole
?
duétions & confommations réciproques
dife
les enfans profEt qu'on ne nous
pas que
crits
le fyfême du droit d'ainefle 2 iront
par
une induftrie aétive & déjà
porter à la Guyane
éxercée, C'eft une idée brillante qui, comme
à Péxamen. Nous allons
tant d'autres, difparait
en faire appercevoir le faux.
Un
a trois fils, les affemble & leur dit:
pere
la même mère vous ait
mes enfans, quoique
trois de
conçus, quoique vous ayez tous les
enfin quoique je vous porte
bonne qualités 2
tous fur la même ligne dans mon coeur paternel, une loi vient d'être établie; vous > mon
ainé, vous ferez mon feul héritier, 2 vous n'avez
rien à faire jufqu'à ma mort ; & vous 2 mes
deux cadets, yous qui me fûres fur-toutattachés8r
la même mère vous ait
mes enfans, quoique
trois de
conçus, quoique vous ayez tous les
enfin quoique je vous porte
bonne qualités 2
tous fur la même ligne dans mon coeur paternel, une loi vient d'être établie; vous > mon
ainé, vous ferez mon feul héritier, 2 vous n'avez
rien à faire jufqu'à ma mort ; & vous 2 mes
deux cadets, yous qui me fûres fur-toutattachés8r --- Page 75 ---
SUR SAINT-Dowiwobr
me montrâtes plus de refpedt & d'amour,
n'hériterez pas demoi,la loi le
vous
&
ne vous laifferai point de part dans défend, je
fion, de
ma fuccef
peur que Monfieur votré frere n'eût dela
peineà vousla payer; ne confumez donc plusinutilement auprès de moi vOS
Et
beauxjours;a allez..
oit, mon père : s'écrieront les deux dernicrs
enfans, en tombant aux pieds du vieillard, Et
oùr A Je n'en fais rien ; à Sainte-Lucie
Guyane, > dans des terres
2 à la
inhabitées que vous
cultivrez. - Mais il faut des Négres
fricher ces
pour dés
forêts, nous n'en avons
& il
he nous, refte plus les
pas,
moyens d'en
Des Négres! répond le père ; les premiers acquérir,
feffeurs de ces terres aujourd'hui fi
pofcette habitation
fertiles s de
que je cultive 2 n'avaient
leurs bras, 2 & ils ont commencé
que
mens
ces établiffeque vous voyez fi étendus : faites comme
eux.
L'Auteur detHifoire
Philofophique a raifonné
comme ce père, & il'n'a pas cru quily eût de
réplique. Voici ce que les enfans
à lun & à l'autre.
répondraient
Nous avons été élevés dans l'aifance
mains ne font pas faites aux travaux de 5 nos
nous ne favons pas manier la hache.
force: 3
mon
vous,
Rappellezpère, 9 que nous avons quelquefois
commandé vos travaux 5 mais vous ne nous
ire
Philofophique a raifonné
comme ce père, & il'n'a pas cru quily eût de
réplique. Voici ce que les enfans
à lun & à l'autre.
répondraient
Nous avons été élevés dans l'aifance
mains ne font pas faites aux travaux de 5 nos
nous ne favons pas manier la hache.
force: 3
mon
vous,
Rappellezpère, 9 que nous avons quelquefois
commandé vos travaux 5 mais vous ne nous --- Page 76 ---
CONSIDERATIONS
62 NOUVELLES les faire nous-mêmes. Les
accoutumésàl
avez pas
abatu les premiers arbres dans
Blancs qui ont
des CharpenColonie étaient des Matelots ,
la
laborieux dès leur enfances
tiers, des Artifans la mifère & de la frugalité en
Nés dans le fein de
fe bornaient
befoins en Amérique
Europe, 2 leurs
racines fans apprèt faifaient
à peu de chofe ; des
8 le pain d'orge
la châtaigne
leur nourriture; de France les y avaient prépades campagnes fuffifait à Saint-Domingue pour
rés : un ruiffeau
il leur avait fuffi en Poiles défaltérer comme
à former
c'eft ainfi qu'ils font parvenus
le
tou ;
Mais nous , la molleffe &
des habitations.
années 5 c'eft
luxe ont entouré nos premieres milieu de toutes
dans une maifon commode,au nos premiers
de Paifance, que
les fuperfluités
& fans peine à l'ajours ont coulé fans fatigue bien ,. nous avons
bri de votre aile tutélaire.Ou
en France
de
peryrenchteleme
étéenvoyés
goûter les prémices
la plus foignée 3 pour y
vous avez pourvu
tous les plaifirs, parce qu'alors & vous voulez >
libéralement à nos befoins 3
heutout-à-coup ces inftans trop
qu'oubliant
fur des forces phyfiques qui
reux, comptant
qu'elles n'ont jamais été
nous manquent, parce dans des forêts immenexercées, nous allions
des érabliffen
fes, feuls & fans fecours, tenter & les Sauvages de
les bêtes féroces
mens parmi
vu
tous les plaifirs, parce qu'alors & vous voulez >
libéralement à nos befoins 3
heutout-à-coup ces inftans trop
qu'oubliant
fur des forces phyfiques qui
reux, comptant
qu'elles n'ont jamais été
nous manquent, parce dans des forêts immenexercées, nous allions
des érabliffen
fes, feuls & fans fecours, tenter & les Sauvages de
les bêtes féroces
mens parmi --- Page 77 ---
SUR
ce
SAINT-DoxiNGug
Continent, encore plus dangereux
quin'attendront, après
qu'elles, >
l'inftant de la maturité quenousaurons femé, que
plantations
pour venir fondre fur nos
de nos fueurs commençantes, & recueillir le fruit
1O mon pèrelc'eft
enfans à une mort
envoyer VOS
prompte & certaine,
pénible fentier de la mifère,
par le
défefpoir.
2 des regrets & du
Ici le père attendri
fans de refter
Permet encore à fes enleur
avec lui, Ils vivent avec &
ainé, 2 la diftinaion ferait
comme
la maifon
trop odieufe dans
paternelle, Enfin le vieillard
alors l'ainé entre dans
meurt :
deux cadets
tous fes droits 2 8x les
ont bien de la vertu & de la
fophie s'ils finiffent leur carrière
philohonorés.
fans s'être désVoilà un tableau très-fidèle de
rait dans prefque
ce quife paffes
d'aineffe
toutes les familles, fi le droit
s'établiffait à
avons cru qu'il ne ferait Saint-Domingue. Nous
ici,& d'étendre
pas inutile de le
cet article trop
placer
futé par M. H. L'Auteur de briévement réphique eft A'perfuafif,mème PHifoire Philofoquand il fe
qu'on ne faurait prendre alors
trompe,
tions pour - arracher fes
trop de précaude fon ftyle qui entraine Leéteurs aux charmes
mêmes qui lui font le vers fon opinion ceuxplus contraires,
Ajoutons qu'il éxifte à
loi
Saint-Domingue une
très-fage 2 par laquelle les principaux
incon-
par M. H. L'Auteur de briévement réphique eft A'perfuafif,mème PHifoire Philofoquand il fe
qu'on ne faurait prendre alors
trompe,
tions pour - arracher fes
trop de précaude fon ftyle qui entraine Leéteurs aux charmes
mêmes qui lui font le vers fon opinion ceuxplus contraires,
Ajoutons qu'il éxifte à
loi
Saint-Domingue une
très-fage 2 par laquelle les principaux
incon- --- Page 78 ---
coxsipttatioxs
64 NOUVELLES
font évités. Lorf
véniens des partages égaux
le Gouvernefucceffion eft vacante ,
fi
qu'une
régulier 2
ment prononce par un Jugement eft fufceptible de
Phabitation qui en fait l'objet
&t
fe difeute avec foin,
divifion. Cette queflion
carreaux de terre,
fi elle contient cent cinquante prononcée. Cela
eft ordinairement
fa divifibilité
les cohéritiers
n'arrive toutefois qu'autant que s'accorder enOll ne veulent pas
ne peuvent
femble.
à M. H.I1 dit page 128,
Revenons
toutes les dettés
# Comme il convient que
un certain
ou remifes après
> foient acquittées,
arbitraire,
tems, & que rien ne doit demeurer
9>
de recouvrement
$ il refte à propofer un moyen ; ce ferait de
efficace que la faifie-réelle
> plus
bailler à ferme >).
> faifir &
M. H. veut dirê
a Nous ne favons pas ce que
de ce mot enL'explication
par les dettesremifes. sfingulières que nous ne pou:
trainerait à desidées être les fiennes S , & dont
vons nous perfuader
traces dans le refté
nous n'avons trouvé aucunes nous ferons tou
ainfi, comme
de fon Ouvrage:
foi poffible, 2 nous
avec lui de la meilleure
jours
à ce mot échappé , peut-être
ne prêterons pas
qui nous forcepar hafard, une interprétation avec vivacité , 8t
rait à nous élever contre
du bail
tout de fuite au moyen
à
nous pafferons
fiennes S , & dont
vons nous perfuader
traces dans le refté
nous n'avons trouvé aucunes nous ferons tou
ainfi, comme
de fon Ouvrage:
foi poffible, 2 nous
avec lui de la meilleure
jours
à ce mot échappé , peut-être
ne prêterons pas
qui nous forcepar hafard, une interprétation avec vivacité , 8t
rait à nous élever contre
du bail
tout de fuite au moyen
à
nous pafferons --- Page 79 ---
SUR SAINT-DONINOVE
à ferme qu'il propofe
T65
comme tres-avantageux
pour Pacquittement des dettes. Nous ne le
croyons pas fans inconvéniens
ment moins préjudiciable
2 quoiqu'infiniPar
que la faifie-réelle;
exemple, on prétend que les deux
res années de fon bail, un Fermier rafe derniètations, & coupe far
les plandre ; qu'il force
pié tout ce qui peut rena
tout, Négres,
ture même,
beftiaux, > la na9 & qu'il ' abforbe ainfi dans fa der=
nière année de jouiffance les
ou
revenus des trois
quatre autres fubféquentes,
En vain ona penfé conrenirl'avidité
d'un Fers
mier, en l'obligeant par une condition
du bail, à remetrre un certain nombre expreffe
de cannes de différens âges à
de pièces
T'expiration de fa
ferme, pour affurer des revenus égaux
Xa fortie : il fait,s'il veut éluder
après
plus
,
les claufes les
précifes s & d'ailleurs il force le travail
des
Négres, > qu'il détourne à fonprofit par mille
moyens fecrets 2 & ne laiffe au
que des bras exténués
Propriétaire
rendre la
, auxquels on ne peut
vigueur qu'après les foins les
tentifs & les plus coûteux;
plus atencore
ces Individus excédés de travail beaucoup de
deux années
pendant une ou
2 meurent-ils la fnivante
le
compte du Propriétaire, à qui l'on a bien pour
le même nombre de têtes, mais
remis
languiffans,
des êtres ufés,
dépéris,
Partie I.
: --- Page 80 ---
CONSIDIRATIONS
65 NOUVELLES
contre le bail à fermes
L'objedion la plusgrave
à
créancier, qui oblige un habitant
c'eft qu'un fon bien
le confier à un Fers
fe défaifir de
pour débiteur & lui un troimier, place entre. fon
deffein des'enGème homme qui ne s'y met qu'à
enfin
des deux autres ; car
richir aux dépens
habitation à ferme qu'aus
perfonne ne prendune d'en tirer des fruits excétant qu'il eft très-fûr
à faire. Donc, un
dens la rente qu'il confent P'ancien Propriébien qui, entre les mairs de
faifait 100,000 livres de revenu net, poutaire,
année de cette fomme;
vait fe libérer chaque
70, afin
lieu
le Fermier n'en paiera que
au
que
livres pour lui par année; &
de gagner 30,000
foit
fon tems 9
il ne croira pas que ce
trop pour
les rifques de mortalité qu'ilcourt
fes peines,6
pendant fon bail,
A
e 0 UA
V
ien qui, entre les mairs de
faifait 100,000 livres de revenu net, poutaire,
année de cette fomme;
vait fe libérer chaque
70, afin
lieu
le Fermier n'en paiera que
au
que
livres pour lui par année; &
de gagner 30,000
foit
fon tems 9
il ne croira pas que ce
trop pour
les rifques de mortalité qu'ilcourt
fes peines,6
pendant fon bail,
A
e 0 UA
V --- Page 81 ---
SUR SAINT-DoxiNous
DISCOURS TROISIEME
De Pefclayage des Négres,
Lrspr premières lignes de ce Difcours
raiffent échappées à leur Auteur dans nous pament oùt fon
un moimagination n'était pas nette. On
y remarque un embrouillemente extrême
faut
2 un déd'analogie entre les idées, des mots hors
dep place, & des conféquences inattendues.
Retraçons ce paffage en l'analyfant.
< L'idée que l'homme fauvage puiffe
>> voir le plus
eft celle de conces
diffeilement,
la fer-
> vitude; au contraire 2 le fentiment le
> de la nature eft la pitién.
plus près
On foupçonne bien ce que M. H. a voulu
mais qu'il nous permette de lui obferver dire;
s'eft très-mal
qu'il
énoncé;que ce mot, , aie contraire
après fervitude annonçait celui de liberté,
de piziéqu'on eft furpris de
2 au lieu
leurs il n'eft pas vrai
l'idée trouver-là; que d'ailque
de la
foir la plus difficile à concevoir
fervitude
pour l'homme
fauvage; que toutes les idées
mathématiques &
métaphyfiques le font beaucoup plus;
expreflion,
que cette
2 homme fauvage,eft
cet endroit ; que l'acception
impropre dans
mot, homme
philofophique du
Jauvage > ne fe prend que pour l'élève de la nature, feul, 3 ifolé dans un
bois, &
Eij
'ailque
de la
foir la plus difficile à concevoir
fervitude
pour l'homme
fauvage; que toutes les idées
mathématiques &
métaphyfiques le font beaucoup plus;
expreflion,
que cette
2 homme fauvage,eft
cet endroit ; que l'acception
impropre dans
mot, homme
philofophique du
Jauvage > ne fe prend que pour l'élève de la nature, feul, 3 ifolé dans un
bois, &
Eij --- Page 82 ---
COXSIBERATIONS
68 NOUVELLES conyenir ici où M. H. veut parler des
ne faurait
devait donc mettre pour ne pas
Négres : qu'il
au lieu de
faire d'équivoque, les fauvages 2.
Métan'éxifte que pour les
Phomme fauvage s qui
n'eft
phyficiens, être fans vices ni vertus , qui
celui dont il eft queffion dans
certainement pas
fens même, M. H. fe
ce Difcours; que dans ce
par
trompé, & annoncerait
ferait groffièrement
de Têtre
ce feul principe 2 que, * la métaphyfique
été la matière de fes réflexions.
n'a jamais
de chofes à lui diré
Nous aurions beaucoup
perfuadés
nous n'étions intimement
à ce fujet,fi
d'éxaatitude dans T'expreffion
que c'eft par faute
nuance métaphyqu'il a donné à fa penfée une
les
& nous n 9. aimons pas les querelles fur
fique, ,
àla feconde partie de fon raifonmots. Paffons
nement.
avoir dit que le fentiment le plus
Après nous eft la
il ajoute :
près de la nature
pitié, toutes les vertus
4 C'eft de ce fentiment que
eft trop
tirent leur origines (toutes
5 humaines
dire la
: < il en réfulte
fort, il fallait
plupart):
à la
Phomme naturel eft le plus difpofé
9> que
le plus vertueux du monde
5> vertu; quethommel eft le plus libre >.
eft celui qui
- 9> policé
la même faute que nous veIcilon apperçoit
d'un autre; connons de relever ; mot à la place Phonmel le plus
féquenceinopinée, Il fallair dire,
5 humaines
dire la
: < il en réfulte
fort, il fallait
plupart):
à la
Phomme naturel eft le plus difpofé
9> que
le plus vertueux du monde
5> vertu; quethommel eft le plus libre >.
eft celui qui
- 9> policé
la même faute que nous veIcilon apperçoit
d'un autre; connons de relever ; mot à la place Phonmel le plus
féquenceinopinée, Il fallair dire, --- Page 83 ---
SUR SAINT-DoxiNcug
Vertueux du monde policé eft celui
eft 69
plus difpofé a la pitié; & non
qui
lé
ce qui ne réfulte nullement
pas le plus libre :
du premier
Il finit cette tirade incohérente
membre,
par ces mots:
< La bienfaifance eft l'apanage de la liberté
J'aimerais mieux dire du malheureux *.
Haud ignara mali, miferis fuccurrere
:
difco.
K Il ne faut donc pas s'étonner
M. H. page 130 >-que les
> 9 continue
> nos efclaves
Négres, 4 en devenant
2 contraétent une infinité de vices
> qu'ils n'avaient pas dans l'état naturel
P perdent envérs nous le fentiment de
; ils
la pitié *
Quand on a paffé neuf ou dix ans dans une
Colonie, il eft très-plaifant d'écrire
gres, en devenant nos
que les Né
nous le fentiment de Efclaves, 2 perdent envers
lapitié. De bonne
là celui que nous devons leur
foi,eft-ce
infpirer,
nous paraiffons chez eux avec
lorfque
fciences, abftraétion
nos arts & nos
faite du deffein del les
ter pour les revendre.? La Pitié d'un
acheun Blanc eft quelque chofe de fi Négre pour
qu'il n'eft jamais venu en tête à peu naturel;,
M. H. de la faire
perfonne qu'à
regretter comme détruite
l'efclavage ; car-il faudrait en admettre
par
blement l'éxiftence
préalapour en déplorer la
En général,cet Auteur n'a
perte.
à fes expreffions,
pas affez pris garde
3 qui ne rendent prefque
fa penfée: il faut être auffi accommodant jamais
Partie 1.
que nous
* Ei iij
enu en tête à peu naturel;,
M. H. de la faire
perfonne qu'à
regretter comme détruite
l'efclavage ; car-il faudrait en admettre
par
blement l'éxiftence
préalapour en déplorer la
En général,cet Auteur n'a
perte.
à fes expreffions,
pas affez pris garde
3 qui ne rendent prefque
fa penfée: il faut être auffi accommodant jamais
Partie 1.
que nous
* Ei iij --- Page 84 ---
NOUVELLES CONSIDIRATTONS
ne pas l'arrêter à chaque page
le fommes 2 pour
ou fingulières, que
fur des phrafes inintelligibles
manière fans
lui-même a compofées de cette
& fur lefquelles un Logicien
s'en appercevoir 2
trouverait bien à reprendre.
pointilleux
une petite fortie
Nous trouvons 2 page 131: 2
une
les Philofophes , qui ne mérite pas
contre
réponfe férieufe.
>
en murmurenty (de
K Les Philofophes,dit-il,
avons des efclaves), , * & cependant
ce que nous
ne
à cette iniquité, puifqu'ils
> ils participent
retirés dans les déferts.
>> fe font point encore
mal
le droit de nous reprocher un
que
> Ont-ils
dans fa force P Si leurs
> nous avons trouvé la naiffance & les pro5 écrits en condamnent
leur indolence les approuve >.
>> grès,
à M. H. en faveur de la
Paflons cette gaieté
dans
rareté : on en trouve peu de femblables
; il a voulu s'amufer un inftant,
fon Ouvrage
pas que, parce
car il ne prétend apparemment ifles de PAmérique,
qu'ily a des Négres aux
d'Alembert & tant
Diderot,
MM. PAbbÉRaynal, Paris & fuient dans les
d'autres abandonnent
avec des hommes
déferts pour ne plus fe trouver
ils ont
contre laquelle
qui tolèrent une iniquité
non
fans
vainement réclamé. Il ne veut pas
plus,
ces mêmes Philofophes , devenus
doute 2 que
de Phumanité , paffent
miffionnaires fanatiques de force les fers qu'ils
& brifent
en Amérique,
tant
Diderot,
MM. PAbbÉRaynal, Paris & fuient dans les
d'autres abandonnent
avec des hommes
déferts pour ne plus fe trouver
ils ont
contre laquelle
qui tolèrent une iniquité
non
fans
vainement réclamé. Il ne veut pas
plus,
ces mêmes Philofophes , devenus
doute 2 que
de Phumanité , paffent
miffionnaires fanatiques de force les fers qu'ils
& brifent
en Amérique, --- Page 85 ---
SUR SAINT-DOMINGUE
7R
n'ont pu perfuader de détacher ; c'eft-là cependant ce que cet article fignific lorfqu'il leur
reprodielindolence,ouj plutôt il ne fignifieriep
du tout.
-
On lit, page 132, 4 les Négres font bons &
39 faciles à conduire ; ils font laborieux quand
>> ils ne font pas découragés : aucune efpèce
> d'hommes n'a plus d'intelligence : elle fe déve9) lope même chez eux avant qu'ils foient civi-
>> lifés, parce qu'ils ont beaucoup de cette bonne
> volonté, 2 qui donne en même tems la forçe de
* travailler & les difpofitions néceffaires pour
* le travail >a
Il ferait trop cruel pour M.I H. de remarquer >
avec tous fes Leêteurs 2. que la feule efpèce
d'hommes dont il ait parlé avantageufement s
ce font les Négres. Sans en vouloir chercher la
caufe
tout de fuite à l'éxamen de la
> paffons
phrafe que. nous venons de tranfcrire.
Les Négres font bons comme tous les êtress
qui ne tendent jamais au mal que pour leur bien
les idées morales
fervent de
particulier, 2 &
qui
guide dans le choix des moyens qu'emploie
lindividu pour fe procurer fon bien être, font
peu nombreufes chez eux. Plus guerriers dans
l'Afrique que nous ne le fommes en Europe, ils
font prefque toute leur vie ou vainqueurs inhumains, ou captifs malheureux. Un commerce
Eiv --- Page 86 ---
NOUVELLES COXSIDÉRATIONS
les arrache à des
étranger , & très-étrange,
ailleurs,
les tranfplanter
fers enfanglantés, 2 pour
plus.
efclaves 3 mais plus laborieux,
également
utiles.
faciles à conduire, & comme
Ils ne font point
l'avons dit ailleurs, il n'eft pas pardonnous
dix ans d'expenable d'écrire fur ce fujet après
rience fur les lieux mêmes, comme le Philofophe
fenfble de Paris qui, placé trop loin de l'objet,
deux mille lieues, le premier cri de Thumafuit,à
nité.
avoir connu T'habitant 8
Pour nous, après
milieu de fes efclaves,
fon éxiftence politique au
de le calomnier ici, Pourquoile
nous rougirions
A S'il en eft quelrepréfenter comme un tyran
& la haine
ques-uns, les exemples en font rares;
eft le
de leurs voifins 8z de leurs compatriotes,
premier prix de leurs fureurs.
naturellelaborieux
Les Négres ne font point
Hs vivent chez eux dans la plus grande
ment.
cantons de la Guinée ce
oiliveté; 5 dans plufieurs
travaux de la camfont les femmes qui font les
fe bornent à
& ces travaux très-légers
pagne,
de ris 2 de mais & de quelques
des plantations
bien difpofées
racines, dans des terres toujours
font
les mains de la nature, parce qu'elles
par
& n'ont pas befoin de ces préroujours neuves 2
qui fécondent
parations fatigantes & coûteufes
ons de la Guinée ce
oiliveté; 5 dans plufieurs
travaux de la camfont les femmes qui font les
fe bornent à
& ces travaux très-légers
pagne,
de ris 2 de mais & de quelques
des plantations
bien difpofées
racines, dans des terres toujours
font
les mains de la nature, parce qu'elles
par
& n'ont pas befoin de ces préroujours neuves 2
qui fécondent
parations fatigantes & coûteufes --- Page 87 ---
SUR SAINT-DONrNeUE
nos terreins bornés, dont la fertilité
s'ufe à la longue par des récoltes primitiveAinfi la plusgrande peine de
multipliéeschez le
l'efelavage du Négre
Blanc, eft le paffage de cette vie nonchalante qu'il coulait doucement fous un
les jambes croifées, la pipe à la bouche hangar, &
tête foutenue dans fes mains
la
aétive &1 laborieufe
oifives. 2 à cette vie
que notreintérêt lui
encore n'eft-ce pas à nous qu'il devrait prefcrit; s'en
prendre de ce changement, mais
roûche
plutôt au favainqueur ; fon femblable, que le fort
des combats rendit fon prémier maitre.
4 Aucune efpèce d'hommes n'a plus d'intelli5 gence >,
Iln'eft pas un Colon, pas un Maitre qui ne
s'éléve contre cette ridicule affertion. Sans
doute, on voir des Négres dont
eft affez étendue, , mais ces éxemples l'intelligence
remarqués
rares &
radoxe
prouvent eux-mêmes contre le pade M. H. La feule partie où quelques
Négres aient pouffé les connaiffances affez
c'eft la mufique quant à
loin,
T'exécution, & cela ne
prouve rien en faveur de cette
fimalà
intelligence citée
propos. .Les progrés que quelques
font dans la mulique font dus
Négres
aux difpofitions
organiques avec lefquelles ils font nés ; & cette
aptitude méchanique eft commune dans tous les'
elimats chauds,
M. H. La feule partie où quelques
Négres aient pouffé les connaiffances affez
c'eft la mufique quant à
loin,
T'exécution, & cela ne
prouve rien en faveur de cette
fimalà
intelligence citée
propos. .Les progrés que quelques
font dans la mulique font dus
Négres
aux difpofitions
organiques avec lefquelles ils font nés ; & cette
aptitude méchanique eft commune dans tous les'
elimats chauds, --- Page 88 ---
CORSIDÉRATIONS
74 NOUVELLES fensle
perfeationné par une
L'ouie eft le
plus
& fe fortifie
continuelle: il fe développe
chaleur
fous un climat chaud,
dans un air tiede. L'enfant,
déliées & délin'éprouve point dans les parties
pénibles,
les contraétions
cates de cet organe,
le froid lui GCdouloureux que
le refferrement
fois qu'on le
cafionne en Europe. A chaque
qui
& qu'on lui ôte les laines épaiffes
change
l'air froid s'infinue dans
lui enveloppent la tête, 9
&
de fon oreille , pénétre au rympan
le tuyau
variation qui le fauffe & le
lui fait fubir une
plus ou moins
rend paralytique > à un degré
fort.
l'enfant qui nait à la campagne >
En outre,
n'étant point fujet à
dans une cabane ifolée 9
par
inftant le tympan frapé
avoir à chaque
conferve cette partie plus
mille bruits différens 2
des villes qui reçoit
fine, plus jufte que celui
qui la
ceffe des bruits aigus & difcordants
fans
jamais. Tel eft
lui déchirent ou l'émouffentà
nous
réfultat abrégé des obfervations que
le
à la mufique &
avons faites fur les difpofitions
de la
d'oreille de tous les peuples
la jufteffe
&c fur-tout de ceux qui naiffent
Zone-Torride,
élevésloin du rumulte des
à-la campagne & font
villes.
exquis
Mais fi ce fens eft plus généralement ont Orchez les Négres > il en eft un autre qu'ils
ouffentà
nous
réfultat abrégé des obfervations que
le
à la mufique &
avons faites fur les difpofitions
de la
d'oreille de tous les peuples
la jufteffe
&c fur-tout de ceux qui naiffent
Zone-Torride,
élevésloin du rumulte des
à-la campagne & font
villes.
exquis
Mais fi ce fens eft plus généralement ont Orchez les Négres > il en eft un autre qu'ils --- Page 89 ---
SUR SATKT-DOMINGUE Blancs. C'eft
dinairement moins parfait que les
chez
ne foit très-étendue
la vue: > non. qu'elle
jufteffe dans le coup
eux, mais ils n'ont aucune
de leur faire apprendre
d'oeil;i il eft impoflible
correétion. L'harmoà deffiner avecune certaine
entente eft pour
nie des couleurs, leur douce
Ils font incapables de la coneux fans agrément.
& de l'imiter; ; il n'en fut
naitre 2 de l'admirer,
jamais un feul peintre fuportable. M. H. page. 133 ;
- Si nous voulons > continue
il faut
des Négres de grands ouvrages,
>> éxiger
humainement, & les accoutumer
a les traiter
éxaôte & invàà une difcipline
>> gradativement faut rien leur retrancher furle
>> riable. Il ne
eft nécefdu repos ni fur celui qui-leur
> tems
cultiver des vivres ; il faut en avoir
9 faire pour
dans leurs maladies ; il faut les
> un grand foin
n'eft
difficile 2 car
9 rendre heureux ; cela
point
9 ils fe contentént de peu >.
écrit
Que le Livre de M. H. n'eft-il par-tout
manière auffi précife, auffi éxaéte! Que
d'une
fouvent des principes auffi fages, 2
ne préfente-t-ill auffi vraies 1 Nous prions nos Leéteurs
des idées
il con-
& les fiens de s'arrêter fur ce pafiage ;
l'art d'un habitant dans la conduire de
tient tout
fuivantes en font le comfon attelier. Les pages
la
également jufte & fage 2 jufqu'à
mentaire
lire à la fixième
137. Mais on eft fâché d'y
page
principes auffi fages, 2
ne préfente-t-ill auffi vraies 1 Nous prions nos Leéteurs
des idées
il con-
& les fiens de s'arrêter fur ce pafiage ;
l'art d'un habitant dans la conduire de
tient tout
fuivantes en font le comfon attelier. Les pages
la
également jufte & fage 2 jufqu'à
mentaire
lire à la fixième
137. Mais on eft fâché d'y
page --- Page 90 ---
NOUVÉLLES COKSIDÉRATIONS
nous que les Négres ont appris Pu2
ligne que eepde
fir-ilvrai, n'eût pas dû
fage du poifon. Le fait,
Les
fe citer : mais il eft auffi faux qu'odieux.
de la Guinée y connaiflent des poifons
Négres
les nôtres : nousemêmes avons
quine font pas
cachot
d'un Négre reten dans un
pour
-appris
nmortelle pour
caufe de poifon, une compofition: oût il n'entre ni
les beftiaux 8 les hommes. 2
connue en
arfenic, ni fublimé, ni aucune drogue
retarhâtait ou.
Europe, & dont ce miférable
Il nous déclara en avoir
dait. les effetsà à fon gré.
funefte fecret de la côte de Mandingue.
apportéle
davantage fur cet
Nous ne nous étendrons pas
article ,le Glence eft plus prudent.
à talens.
Page 139. 6 Il eft d'ufage qu'un Négre tous les.
difpofer de fon tems en donnant
>> peut
fomme à fon: Maitre:ily.
> mois une certaine
tribut de quarante
* en a au Cap qui paient un
rien détourner
mois: ils n'ofent
>> piaftres par
: ils fe privent de
9 pour leur ufage perfonnel fomme éxigée >.
9> tout
pour completerla
l'efprit
bien dans ce paragraphe
On apperçoit
Onhauffede
diééprefquetout ce Difcours.
quia
les Maitres les plus avides
moitié la fomme que
plus sderalens (9),
éxigent deleurs Négres quiontle
M. H. appelle ainfi les difpo-
(:) Talens, foit; puifque d'un Charpentier oul d'àn
fitions plus ou moins grandes deux métiers que les Nègres font
Perruquier, qui font les
le mieux.
he
On apperçoit
Onhauffede
diééprefquetout ce Difcours.
quia
les Maitres les plus avides
moitié la fomme que
plus sderalens (9),
éxigent deleurs Négres quiontle
M. H. appelle ainfi les difpo-
(:) Talens, foit; puifque d'un Charpentier oul d'àn
fitions plus ou moins grandes deux métiers que les Nègres font
Perruquier, qui font les
le mieux. --- Page 91 ---
SESAISP-Dewmete 77
c'eft-à-dire les meilleurs Artifans, afin de
fur les uns un vernis de barbarie &
jetter
pour les autres une pitié que leur véritable 2
d'excirer
tion
firua
n'éxige pas. Le Négre qui paie fon Maitre
par mois, à condition que fon tems fera à lui &
qu'il en difpofera fans en rendre
toujours beaucoup moins
compte 2 paie
après les
qu'il ne gagne ; &
informations les plus éxactes, nous
avons trouvé qu'iln'en eft aucun à qui fon Maitre demande plus de vingt piaftres
mois.
par
Beaucoup en gagnent au moins dix deplus: auffi
voyons-nous ces Efclaves très-bien vêtus à leurs
frais ; & telle eft cette condition
mal à propos fi miférable par M.
repréfentée
H., qu'elle fait
ordinairement l'objet des defirs de tous ceux
favent quelque métier : plufieurs
qui
leurs
y trouvent fur
épargnes, après la rente faite aux
de quoi s'acheter eux-mêmes
Maitres,
au bout de quelques années.
Page 140. K On peut voyager nuit
>> armes dans la Colonie
8cjour fans
; on n'y rencontre
> de voleurs: les Négres Marons
pas
ne font
>> à perfonne M,
demal
Une fécurité fi parfaite n'éxifte
ment
malheureufes
que dans le Livre de M. H. Les
Marons ne s'atroupent
Négres
pillent les vivres des que trop fouvent > &t
habitations;i ils font même
affez hardis pour aller fur les çhemins détrouffer --- Page 92 ---
COXSIDÉRATIONS
78 NOUVELLES
des Blancs
les autres Négres, & quelquefois dont V'apaPacotilleurs, ou autres Voyageurs
auffi les
rence & la fuite ne leur en impole pas;
des biens fitués dans les montagnes
Economes
lorfqu'ils mararmés de piftolets,1
font toujours
nous en coîite
chent la nuit, Enfin 2 quoiqu'il chéris de fon
d'afliger M. H. pour les objets
lui diffiamitié complaifante 2 nous ne pouvons dans la Colonie
muler que Pon vient de rouer de vols & d'affept Négres Marrons convaincus & qu'a@tuellefaffinats fur les grands chemins,
du
de la dépendance
ment même les montagnes
leurs fréquenPort-au-Prince: font défolées par
de
qui font fouvent accompagnées
tesincurfions,
meurtre.
: 4 ils font tendres &
M. H. dit, page 141
9> lajeifs >.
leur convient autant
Cette dernière épithéte
celui
leur va mal ; plaignons
que la première
qu'il n'en
la leur donne, c'eft une preuve
méqui
S'til'avaitjamais
connait pas la fignification.
en la proflui-même, lettt-il ainfi profanée
ritée
qui réunit un Négre
tituantaup penchant phyfique
à fa Négreffe ?
fortement prononDes organes vigoureux, 2
l'afuffifent
pour bien exprimer
cés, ne
pas
en Afrique >
mour. Si la nature les a renforcés cette âme fende
elle oublia de lesaccompagner
preuve
méqui
S'til'avaitjamais
connait pas la fignification.
en la proflui-même, lettt-il ainfi profanée
ritée
qui réunit un Négre
tituantaup penchant phyfique
à fa Négreffe ?
fortement prononDes organes vigoureux, 2
l'afuffifent
pour bien exprimer
cés, ne
pas
en Afrique >
mour. Si la nature les a renforcés cette âme fende
elle oublia de lesaccompagner --- Page 93 ---
SUR SAINT-DOMINGUE
fible & délicate, foyer toujours ardent del la tens 79
dreffe, où fe purifie le feu de l'amour, fans eni
affaiblir l'expreffion.
Le Taureau mugiffant, le Courfier furieux,
courant dans les favannes après leurs
,
en
femelles,
méritent-ils, ces inftans où leurs defirs s'expriment avec tant d'énergie 3 le nom que M. H.
donne aux Négres; ; font-ils donc tendres auffi A
Non affurément : toutefois la paflion de ceuxci eft affez bien affimilée avec les
mentanés de ceux-là.
tranfports mo-
) tendreffe ! O vertu des coeurs les plus fiblimes, fille de l'amour qui ne peux éxifter fans
lui quoiqu'il marche fouvent fans toi; celui qui
fut long-tems pénétré de tes précieufes influences, eft celui qui feul a droit de te peindre,
Lorfque fes yeux ont fouvent été remplis de ces
douces larmes que tu fais couler ; lorfqu'à
proche de fa maitreffe fon coeur a mille T'ap- fois
reffenti ces vives palpitations qui font
bonheur que le plaifir même
plus aut
; ou bien,
près de la perdre & de s'en
lorfque
éloigner, 2 fes fens
fufpendus quelques inftans paraiffaient avoir fait
fuccéder la mort à la douleur; cet homme véritablement fenfible ira-t-il chercher la tendreffe
chez des
Négres > ou même chez ces femmes de
fang-mélé, quoique plus raprochées de notre
efpèce,objets d'une débauche çffrénée
qui peu-
même
plus aut
; ou bien,
près de la perdre & de s'en
lorfque
éloigner, 2 fes fens
fufpendus quelques inftans paraiffaient avoir fait
fuccéder la mort à la douleur; cet homme véritablement fenfible ira-t-il chercher la tendreffe
chez des
Négres > ou même chez ces femmes de
fang-mélé, quoique plus raprochées de notre
efpèce,objets d'une débauche çffrénée
qui peu- --- Page 94 ---
CONSIDÉRATIONS
8e NOUVELLES l'amour & fes fureurs 2 mais qui
vent infpirer
des délicieufes émo*
Ré ferontjamais fufceptibles
tions d'un coeur tendre?
voulons pas le
M, H. fait bien que nous ne
com>
chicaner, fans quoi nous lui demanderions
avoir dit, page 132, aucune efpèce
ment. , après
d'intelligence, il fe réduit end'hommes r'a plus
comme on
fuite à dire, page 142, ils ne font pas,
d'intelligence. Ce qui nous parait
voit, dépourvus
& les Ecrivains qui leur
bien différent! Il ajoute,
des faculeés bornécs > les ont juges trop.
ont Juppofe
légrrement.
d'intelligence fuiMais n'être pas dépourvu
n'eft-ce pas précifément
vant leur Panégyrite,
bornées
la même chofe que d'avoir des facultés enthou=
fuivant des Ecrivains qui en parlent fans
fiaime ? Et ceux-ci n'ont donc pas jugé trop
légèrement I
contraire adroits G JpiriM. H. dit, ils font au
Pafle
l'adreffe en certains genres;
zuels.
pour
bien fort, & bien peu
mais fpirituels nous parait
L'épiconféquent avec les lignes précédentes.
leur convient à peu près
rhéte de fpirituels
êtes même, M.H.,
comme celle de tendres: vous
excufable de la leur avoir donnée : vous
moins connaiffez mieux à lune qu'à Pautre.
vous
dit M. H. page 143 3
uJe crois au contraire,
Efclaves de cette
eft néceffaire que les
>) qu'il
Colonie
, & bien peu
mais fpirituels nous parait
L'épiconféquent avec les lignes précédentes.
leur convient à peu près
rhéte de fpirituels
êtes même, M.H.,
comme celle de tendres: vous
excufable de la leur avoir donnée : vous
moins connaiffez mieux à lune qu'à Pautre.
vous
dit M. H. page 143 3
uJe crois au contraire,
Efclaves de cette
eft néceffaire que les
>) qu'il
Colonie --- Page 95 ---
SUR
w
Colonie SANr-Dowmweur 8x
foient foumis à une loi
> peut
&
civile, qui ne
changer 2 non pas à la loi du
> il en réfilterait que le Maitre aurait Maitre;
> droit de vie & de
fur lui le
mort, ce qui
> tous les principes ; il ferait à la
répugne à
s l'accufateur & le Juge !.
foislofenfé,
* fondre toute idée de
ce ferait conjuftice,
> Les Négres des Colonies
> mis au code pénal, &
Françaifes font foujugés fuivant
> nance criminelle : l'Edit de
l'Ordon-
# nitions
168;, regle les puque leursMaitres peuvent leur
> & établit une forte de
infliger,
# fautes & le châtiment proportion entre les
; mais cela
> pas que des Négres ne périffent
n'empêche
> dans les
journellement
chaînes, ou fous le fouer;
> foient affommés, étouffés,
qu'ils ne
, brilés, fans
> formalité: tant de cruautés reftentt
aucune
> punies *.
toujoursimNous ne pouvons mieux
ticle
répondte à cet arque par l'extrait d'une lettre dun
de la
habitant
Martinique, qui a paru
tems avant la publication du imprimce longLivre de M. H.
On nous reproche d'avoir
chot des Negres
abafinédans un caqui ne nous appartenaiene
d'abord ces faits font
pas, &c,
outre, bien aifés à
extrêmement rares ; en
Partie I.
juftifier, 2 & fuivant la Loi
F
ticle
répondte à cet arque par l'extrait d'une lettre dun
de la
habitant
Martinique, qui a paru
tems avant la publication du imprimce longLivre de M. H.
On nous reproche d'avoir
chot des Negres
abafinédans un caqui ne nous appartenaiene
d'abord ces faits font
pas, &c,
outre, bien aifés à
extrêmement rares ; en
Partie I.
juftifier, 2 & fuivant la Loi
F --- Page 96 ---
82 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
qui permet de tuer tout Négre étranger qu'on
furprend de nuit chez foi, commettant quelque
délit,& fuivant la faine raifon. Car énfin, lorfPéxiftence d'un Négre entraine avec elle la
que
&
vient fur mon haruine de ma fortune, qu'il
la
bitation éxercer fes criminelles pratiques 2
mort, & la mort même la plus prompte, eft fans
doute ce que me diétent Pintérêt & Péquité.
Habitant faible & condefcendant aux crimes
vous n'ofez, vous ne voulez
de votre efclave,
le mettre en juftice vous-même, , foit parce que
font longues auparavant d'en obles formalités
s'il eft fupplicié, & que voila
tenir le paiement
d'auconféquent ttn fonds mort pour vous,
par
votre fortune eft mo*
tant plus intéreffant que
fera
dique ; foit parce que 2,000 livres qu'il
eftimé ne vous dédommageront pas du
peut-êrre
vous apporte ce Négre qui compenfe
profit que
quelques autres vraifes mauvaifes qualités par
féduit
ment utiles pour vous ; foit enfin que 2
la foupleffe & Ja docilité apparente de votre
par
aflez l'adreffe du
Efclave (car c'eft en général
malfaiteur de redoubler de zèle d'un côté,
il affaffine 2
de lautre) s vous ne puiffiez
quand
vous réfoudre à le croire coupable. 2 que ferai-je
alors ? Le dénoncer ! Par un marronage concerté, vous fauriez le fouftraire aux pourfuites
de la Juftice; d'ailleurs comment fournirais-je
e de votre
par
aflez l'adreffe du
Efclave (car c'eft en général
malfaiteur de redoubler de zèle d'un côté,
il affaffine 2
de lautre) s vous ne puiffiez
quand
vous réfoudre à le croire coupable. 2 que ferai-je
alors ? Le dénoncer ! Par un marronage concerté, vous fauriez le fouftraire aux pourfuites
de la Juftice; d'ailleurs comment fournirais-je --- Page 97 ---
SUR
des
SAINT-DOMINGUE
témoins pour le convaincre P Mes
fes viétimes, net font pas reçus à
Négres,
tre lui, Mais il vient furtivement témoigner conachever,
chezn moi pour
, pour confommer ma perte ; le fouffrirai-je tranquillement? Je le ferai arrêter
xir, duffé-je le payer deux
&moutence m'en eût coûté
censlouis : fon éxifdix mille,
Telle eft la pofition journalière
d'habirans
de beaucoup
qui 2 en frappant quelquefois
coups dont ils fentent toute
des
déplorent pas moins en fecret l'importance, la
2 n'en
fité qui les leur a
cruelle nécefprefcrits : ils auront, en
toujours une réponfe
outre,
qui les accuferont péremptoire à faire à ceux
de barbarie : Phumanité à
part, qui parle plus ou moins au
les hommes, Pintérêt
coeur de tous
dont la
dre d'une manière bien
voixs'y fait entenfans ceffe du
plus forte, > les avertit
degré de févérité
employer
Sn
qu'ils doivent
attelier. pour mouvoir avec fuccès tel ou tel
On peut crier tant qu'on
eft affreux que la vie des hommes voudra, qu'il
caprice d'un feul &
dépende du
que chaque habitant
un rigoureux defpote dans
foit'
fes terres : raffurez-vous Tarrondiflement de
més du danger de cette ,' philantropes alarnos Efclaves
conftitution ; la vie de
nous colite trop cher
pofer fans raifon ; celui
pour en differait un infenfé bientôr qui la prodiguerait
puni, en devenant luiFij
vie des hommes voudra, qu'il
caprice d'un feul &
dépende du
que chaque habitant
un rigoureux defpote dans
foit'
fes terres : raffurez-vous Tarrondiflement de
més du danger de cette ,' philantropes alarnos Efclaves
conftitution ; la vie de
nous colite trop cher
pofer fans raifon ; celui
pour en differait un infenfé bientôr qui la prodiguerait
puni, en devenant luiFij --- Page 98 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIO NS
fa viétime. C'eft une réfléxion fimple ;
même
s'élévent contre la manière
que tous ceux qui
dont nous traitons nos Efclaves, ne paraiffent
pasavoir affez faite; fans nous confidérercomme
Cultivateurs obligés par état de ménager les
des
inftrumens de la culture > ils nous regardent
comme des boureaux rafinés, qui ne cherchent
des criminels, pour avoir le plaifir
par-tour que
&c.
de leur infliger des fupplices,
M. H. dit $ page 2145,K à Siint-Domingue
eft blanc 2 maltraite impunémet
> quiconque leur fituation eft telle qu'ils font
>> les noirs ;
de leurs Maîtres & du Public >.
>> efclaves
fommes furpris dans pluEn vérité 2 nous
homme
fieurs endroits de ce Difcours,, qu'un
qui a fait dix ans de féjour à Seint-Domingue
voulu voir d'une manière fi peu jufte.
ait vu ou
d'autres que leurs
Les Efclaves maltraités par.
ne le fouffrent jamais patiemment,
Maitres 2
ordinairement leur infolence
quoique ce foit
un Etranger à quelques mouvequi provoque vis-à-vis d'eux. Au moindre coup
mens violens
ils jettent les hauts cris 3
qu'ils en reçoivent ,
ainfi leurs Maitres
fouvent
& compromettent
orgueil ou par faibleffe 2 prennent
qui 2 par
fans favoir s'ils ont tort ou
d'abord leur parti
raifon, Ces fortes de fcènes font journalières --- Page 99 ---
SUR SAINT-Doxisous
dans les Villes; les
8;
conféquences en font quelquefois très-férieufes.
La Police même veille à ce que les
ne foient
Négres
pas frappés ; nous avons vu conduire
en prifon un Blanc Traiteur
étant
Marché avait
qui >
au
s
donné un foufletà une
& M. H. n'ignore pas que M. Torran, Comman- Négreffe,
dant au Cap, fous le Gouvernement de M, le
Comte Deflaing, envoya chercher par la Maréchauffée un nommé Mercier
dans fon
2 le fit attacher
Magafin même, & conduire ignominieufement en prifon > pour avoir battu un Négre. II eft vrai que cette violence du Commandant, bien plus répréhenfible que celle du Capiraine, fut hautemenrd défapprouvéepar le Gouverneur- Général,
Les Négres font a-peu-près comme les femmes des Halles qu'il faut laiffer crier, & dont
on doit méprifer les inveétives.
la patience
Quelquefois
échappe, fur-tout aux perfonnes du
Peuple qui ne fe piquent pas d'un grand fangfroid, & prefque toujours celui qui s'eft
mis de battre un Efclave
perqui ne lui appartient
pas, eft enfuite dans le cas de s'en
M. H. le fait; mais
repentir,
reffer la
ayant eu pour but d'intépitié de fes Leéteurs en faveur des Négres,il s'eft peu foucié de l'éxaditude
qu'il les ait peints miférables &
> pourvu
opprimés.
F iij
pas d'un grand fangfroid, & prefque toujours celui qui s'eft
mis de battre un Efclave
perqui ne lui appartient
pas, eft enfuite dans le cas de s'en
M. H. le fait; mais
repentir,
reffer la
ayant eu pour but d'intépitié de fes Leéteurs en faveur des Négres,il s'eft peu foucié de l'éxaditude
qu'il les ait peints miférables &
> pourvu
opprimés.
F iij --- Page 100 ---
86 NOUVELLES CONSIDERATIONS
Il termine fon Difcours par des confeils de
douceur & de modération que nous fommes
loin de défavouer, 2 malgré qu'ils ne foient pas
d'une néceffité abfolue, parce que, comme nous
l'avons déjà dit > Pintérêt feul fuffit pour les
prefcrire, --- Page 101 ---
SUR SAINI-DOMING UE.
DISCOURS QUATRIÈME
Des prétentions que Pon peitt avoir à la fortune.
Cr
Chapitre nous a paru très-bien
de chofes vraiès & qui n'avaient fait,rempli
pofées dans
encore été exaucun Ouvrage d'une façon auffi
détaillée. Nous obferverons feulement
les
revenus de la
que
Colonie, 3 enflés de plus d'un
dans tous les calculs de M,H., ainfi
quart
l'avons démontré
que nous
ici
précédemment, font réduits
2 page 147, à 80,000,000 1. à 2 au lieu de
95,000,000 qu'il a mis dans fon état des revenus
de 1776. Cette variation futr un despremiers indices qui, à la leéture de ce Livre, nous alarma
fiur T'exaétirude des calculs de l'Auteur.
Il nous parait auffi gu'il fe trompe
prétend,
, lorfqu 'it
page 15o, que la fomme employée à
faire valoir l'induftrie des Artiftes, des Ouvriers
& des Faéteurs ou Marchands de la feconde
fe doublait dans trois ans.
main,
Les calculs qui fe trouvent depuis la
jufqu'à celle
page 154
157 > n'étant que des eftimations
idéales, nous n'en éxigeons pas cette précifion
mathématique, cette jufteffe qu'on doit attendre
de calculs fur des faits ; nous dirons même
général > ces eftimations nous ont
qu'en affez
vraifemblables,
paru
Fiv
des Faéteurs ou Marchands de la feconde
fe doublait dans trois ans.
main,
Les calculs qui fe trouvent depuis la
jufqu'à celle
page 154
157 > n'étant que des eftimations
idéales, nous n'en éxigeons pas cette précifion
mathématique, cette jufteffe qu'on doit attendre
de calculs fur des faits ; nous dirons même
général > ces eftimations nous ont
qu'en affez
vraifemblables,
paru
Fiv --- Page 102 ---
CONSIDERATIONS
88 NOUVELEES
Lefoin de la Juftice
Nous lifons, page 159:wl
c'eft affuréprès de mille hommes ;
% occupe
fi lon s'arrête au nombre
3> ment beaucoup 2
auffi, plus
Jufticiables : c'eft 2 peut-être
> des.
des affaires :
faut pour l'expédition
> qu'iln'en
a une infinité de procès a
9> il eft vrai qu'il y
moins 2 s'il y
> mais il y en aurait fans doute & s'ils étaient
> avait moins de Gens de Juftice,
moins avides & pluis expérimentés.
* en général
coûtent tous
& leurs jugemens
>> Les procès
millions à la Colo9> les ans. un peu plus de $
le préen
il ne faut pas comprendre
> nie , quoi
malheur tacite &c
du maljugé, qui eft un
>> judice
* inappréciable >.
à des calculs qui concerDe là M. H. paffe
fommes livrés à
nent la chicane. Nous ne nous
avec
difcuffion à ce fujet 3 remarquant
aucune
M: H. ayant été toute fa vie Clerc
humilité que
d'Avocat, doit être par conde Procureur ou
les fecrets de Fart, &
féquent initié dans tous
dû traiter ce qui concerne cette partie 9
quit a
de connaiffances quil fex
avec une fupériorité de lui contefter, à nous >
rait téméraire à nous
été que viétimes 2
fur-tout qui, n'ayant jamais
facrificateurs.
les myftères des
devons ignorer
de la page 161, une note
On trouve au bas
ici pour
ealomnieufe que nous allons retracer
en faire voir la fauffeté,
, &
féquent initié dans tous
dû traiter ce qui concerne cette partie 9
quit a
de connaiffances quil fex
avec une fupériorité de lui contefter, à nous >
rait téméraire à nous
été que viétimes 2
fur-tout qui, n'ayant jamais
facrificateurs.
les myftères des
devons ignorer
de la page 161, une note
On trouve au bas
ici pour
ealomnieufe que nous allons retracer
en faire voir la fauffeté, --- Page 103 ---
SUR SAINT-DoxIxeUE
< Les prifons de la Colonie
9 Geoliers des revenus
produifent aux
9 dent ordinairement immenfes,dont ils' renune partie à leurs
>> teéteurs >.
ProLe fait eft que les
conferver
Geoliers, pour fe faire
dans ces places lucratives
imaginé de donner tous les
2 avaient
preinier
ans un préfent au
Domeftique des Adminiftrateurs. Ce
moyen auffi vil que la
ufage; Mais M. le
place 2 avait paffé en
Vaivres
Comte d'Ennery & M. de
affignèrent à cetre contribution
taire des
volonGeoliers, un emploi bien
Ils la firent donner
pius noble,
de la
irrévocablement à la Maifon
Providence; &c la contribution du Geolier du Port-au- - Prince fut
tinée au Curé,
également def-
, pour le foulagement des
vres. Ce trait, qu'il eût du moins fallu Paufut connu & appiaudi de
citer 3
Il en eft un grand
toute la Colonie,
tice & de la
nombre d'autres de la jufgénérofité de M. le Comte d'Ennery pendant fon adminiftration des
qui euffent mieux paré le Livre de M. Colonies;
la phrafe envenimée & fauffe
H., que
de fa
toutes celles qu'il a gliffées dans le
note, &z
cours de fon
Ouvrage, contre un Chef dont la mémoire
toujours chère à ceux qui ont
fera
zèle il voulait le bien,
connu avec quel
favait
avec quelle efficacité il
l'opérer, 2 & combien il alliait de
des vertus à de grands talens,
gran-
le Livre de M. Colonies;
la phrafe envenimée & fauffe
H., que
de fa
toutes celles qu'il a gliffées dans le
note, &z
cours de fon
Ouvrage, contre un Chef dont la mémoire
toujours chère à ceux qui ont
fera
zèle il voulait le bien,
connu avec quel
favait
avec quelle efficacité il
l'opérer, 2 & combien il alliait de
des vertus à de grands talens,
gran- --- Page 104 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
90 Ardent à noter le mal 2 indifférent à remarle bien, M. H. a fouvent préféré des infiquer
à des faits hononuations vagues ou fauffes,
rables & vrais qui euffent contrarié l'idée qu'il
mais vainement, donner de l'adminifa voulu, de M. le Comte d'Ennery ; nous ne fetration
lui, & nous faifirons cette OCrons pas comme
ici le tribut d'éloges dûs à
cafion de confacrer
un grand Homme qui in'eft plus.
donc quelques-uns des traits qui
Rappellons le mieux ce Chef des Colonies
cara@térifent de P'Amérique ; en les entretenant d'un
Françaifes
point leur reprotel fujet 2 nous ne craindrons
dont
che. Ce fera leur rappeller un Protedteur
elles s'occuperont toujours avec reconnaiffance
retracer fes vertus, c'eft
& regret; d'ailleurs 2
en renouveller pour elles Yutiliré:de
peut-être
follicitent des imitateurs.
tels exemples
à redouter que
Nous n'avons pas non plus
un inftant de ces motifs qui
lon nous foupçonne
intéreflées
ces
-
ont tant de fois infpiré
louanges
aux vivans: celui qui brile
baffement prodiguées
un
fatisfait fon coeur
F
de l'encens fur
rombeau,
révérant la cendre qu'il renferme, & ne fait
en
vérité, ni fufpedter fon hommage.
ni rougirla
Les deux différentes époques de l'adminiftration de M. le Comte d'Ennery de toutes les Colonies Françaifes de PAmérique 2 lui donnèrent
de fois infpiré
louanges
aux vivans: celui qui brile
baffement prodiguées
un
fatisfait fon coeur
F
de l'encens fur
rombeau,
révérant la cendre qu'il renferme, & ne fait
en
vérité, ni fufpedter fon hommage.
ni rougirla
Les deux différentes époques de l'adminiftration de M. le Comte d'Ennery de toutes les Colonies Françaifes de PAmérique 2 lui donnèrent --- Page 105 ---
SUR
lieu
SAIRT.DOxINGUE
d'y manifefter
également cet efprir
cette paflion vive dela
d'ordre, >
juflice, cette activité
voyante qui le portaient à ne fe
préaux ftriétes
point borner
obligations de fon devoir, quand il
sppercevaitau-dell quelque bien poffible à faire.
Confidérons-le d'abord
qu'il
pendant les cinq années
gouverna les Mles du Vent: fes talens
T'adminiftration y brillèrent avec le
pour
éclat, &ily trouva fouvent
plus grand
les vertus de fon
l'occafion d'éxercer
coeur fenfible &
même fous l'ap
compâtifant,
Pparence d'une vivacité févère &
quelquefois alarmante. Nous allons
entre mille autres
en citer 3
s Péxemple fuivant.
Une pauvre femme devait
créancier
300 livres à un
preffant qui la traduifit au
ment, Elle fe
Gouvernepréfente toute
vez ces 300 livres
effrayée; vous deComte
> Madame 2 lui dit M. le
d'Ennery? - Oui Monfieur, - Pourquoi ne payez-vous pas?-Je n'ai
bien qu'un Négre
pour tout
de l'eau & du
qui va le matin me chercher
j'envoie
bois pour mon ménage, &
le foir en journée : il me
que
petites pièces qui fervent le
rapporte trois
rir, - Il faur le vendre lendemainà me nourMonfieur, fi je le
2 Madame > & payer. -
vends, je mourrai donc de
faim, car il ne me reftera
plus rien. - Morbleu,
Madame, quand on doitil faut
de vous
payer : dépêchez.
éxécuter; - Monfieur siy vais.
j'envoie
bois pour mon ménage, &
le foir en journée : il me
que
petites pièces qui fervent le
rapporte trois
rir, - Il faur le vendre lendemainà me nourMonfieur, fi je le
2 Madame > & payer. -
vends, je mourrai donc de
faim, car il ne me reftera
plus rien. - Morbleu,
Madame, quand on doitil faut
de vous
payer : dépêchez.
éxécuter; - Monfieur siy vais. --- Page 106 ---
CONSIDÉRATIONS
92 NOUVELLES bout de la Salle, en ui réIl la fuit jufqu'au
de la foule, arrête la
pétant de payer 2 s'éloigne
vingt louis dans
femme par le bras, & lui met
elle fe rePénétrée de reconnaiffance ,
la main.
la pouffe promptourne & veut le remercier,ill
dehors de peur que. l'on ne s'apperçoive
tement
& lui répète encore , en élede fon bienfait,
Madame, entendez-vous,
vant la voix, payez 2
abfolument.
au plus vite, ille faut
payez
confidérable confuma en 1766,
Un incendie
chef-lieu
des maifons du Fort-Royal,
une partie
la
fut commandée
de la Martinique : garnifon à la première nou-
& accourut; le Général,
traverfe
fort du Château,
velle de ce malheur >
Savanne
le férapidité les cours 8 la
qui
avec
Ville, arrive au lieu ou fe pafparent de cette
fait donner les
fait cette fcène de défolation, y
& les mieux entendus,
fecours les plus puiffans les flammes bien plutôr
& parvient à éteindre
la nuit; dans
c'était peridant
qu'on ne l'efpérait:
vient ordinairement
accidens cruels le pillage
ces
la perte de ceux qui s'y trouvent
confommer
ordres furent fi bien donenveloppés, mais les
tellement
nés, & la préfence du Chef en-impola
ne fe
mal-intentionnés, que perfonne
aux gens d'avoir elt des effets détournés.
plaignit
d'Ennery mit lui-même 9 pluM. le Comte
pour hâter les
Geurs fois, la main à l'ouvrage
irement
accidens cruels le pillage
ces
la perte de ceux qui s'y trouvent
confommer
ordres furent fi bien donenveloppés, mais les
tellement
nés, & la préfence du Chef en-impola
ne fe
mal-intentionnés, que perfonne
aux gens d'avoir elt des effets détournés.
plaignit
d'Ennery mit lui-même 9 pluM. le Comte
pour hâter les
Geurs fois, la main à l'ouvrage --- Page 107 ---
SUR SAINT-DONINGUE
Travailleurs : fon adtivité le
tout en même tems. Il rifqua reproduifait parmenacée par les décombres
fouvent fa vie, *
de lui; fa fenfibilité
qui tombaient à côté
tenir
ne lui permettait pas de fe
éloigné : il fe précipitait au milieu du danger pour y faire porter plus
remède.
promptement du
Epuifé de fatigue,il ne fe retire
eft affuré qu'il
que lorfqu'il
lendemain
n'y a plus rien à craindre. Le
il s'informe avec foin des
l'on a faites, des
pertes que
pour les
moyens que l'on peut avoir
réparer. II encourage les uns aide
autres : deux mères de famille
les
pour feuls biens leurs
qui poffédaient
flammes
petites maifons que les
avaient dévorées ? fe trouvaient fans
aucune reffource; ému de leur
à fa caiffe, & revient
fituation, il court
infortunées
auffi-tôt donner à ces deux
des fecours affez confidérables
réparer leur perte.
pour
Lanuit du 13 au 14 Aoft de cette même
née 1766, fut encore plus farale à la
anla Martinique, qu'elle
Coloniede
verfel, Un
frappa d'un défaftre unifieurs
ouragan terrible porta la mort en
endroits 2 & des ravages
pluentière fut dévaftée.
par-tout ; l'Mle
fcène de
Témoin & viétime de cette
défolation, 2 nous en confervons la
moire profondement
méaffurer
gravée, & nous pouvons
que de tous les fléaux de la nature
2 au-
à la
anla Martinique, qu'elle
Coloniede
verfel, Un
frappa d'un défaftre unifieurs
ouragan terrible porta la mort en
endroits 2 & des ravages
pluentière fut dévaftée.
par-tout ; l'Mle
fcène de
Témoin & viétime de cette
défolation, 2 nous en confervons la
moire profondement
méaffurer
gravée, & nous pouvons
que de tous les fléaux de la nature
2 au- --- Page 108 ---
CONSIDÉRATIONS
NOUVELLES
être comparé à celui-là. Les orages
cun ne peut
cercle étroit , le tremblement
portent dans un
fentir que dans
de terre ne fe fait violemment du moins les planborné, 8 laiffe
un efpace
les fruits fervent à réparer fes
tations 2 dont
terrible frappe partour à
effets; mais l'ouragan
détruit les fortula fois, renverfe les maifons ,
S,
attaque la vie > arrache les plantations
nes >
& celles à venir, &
anéantit la récolte préfente
la chûte
celui qui fauve fes jours, menacés par le lendes arbres 8 des bâtimens, ne trouvant
que
lieu de Fopulence de la veille,
demain, au
de furvivre à fes
la mifère & la faim, regrette
eux.
biens, 8 de n'avoir pas péri comme d'un éréfiLe Comte d'Ennery, afligé alors oublie ies
très-douloureux à la jambe 2
péle
malgré les prudentes remaux, monte à cheval
de ceux qui Pentourent , parcourt
préfentations les
s voit, juge par
rapidement tous
quartiers des
de
lui-même, 8 laiffe fur fa route s'oublieront marques
qui ne
fon pafsgemscmaiashiobles
dans tousles
mille bienfaits les ont gravées
pas,
coeurs.
des vivres chez prefque tous
Ilfait diftribuer
dans le fein des plus indiles habitans, & verfe
prifes de fes
confidérables,
gens, des aumônes
qu'il avait porté pour
propres deniers. L'argent
ayant qu'il eût
noble emploi fut répandu
ce
fur fa route s'oublieront marques
qui ne
fon pafsgemscmaiashiobles
dans tousles
mille bienfaits les ont gravées
pas,
coeurs.
des vivres chez prefque tous
Ilfait diftribuer
dans le fein des plus indiles habitans, & verfe
prifes de fes
confidérables,
gens, des aumônes
qu'il avait porté pour
propres deniers. L'argent
ayant qu'il eût
noble emploi fut répandu
ce --- Page 109 ---
SUR
terminé
SATNs-Dowrvepg
fa courfe : mais fa générofité lui fit 95
ther des moyens d'y fiuppléer. I!
cherla bourfe des
épuife d'abord
perfonnes qui
enfuite il emprunte aux plus Ricompagrsienrs riches
marque ainfi tous fes pas par des fecours habitans, &
confolations qui chaffent des
& des
ce morne
coeurs découragés
défefpoir 2 fruit du malheur,
plus funefte que le malheur même,
fouvent
ôte jufqu'au defir de fe
en ce qu'il
Enfin le Comte
procurer des reffources.
le lieu le
d'Ennery arrive à Saint-1 Pierre,
la
plus peuplé & le plus riche de toute
Colonie :1 ily était précédé de fa renommée
ily paraît fuivi de bénédiétions,
;
tait aigri par fes
Son mal s'écouché dans
fatigues ; il traverfe la ville
un hamac; des larmes
fes yeux en voyant tant de
échappent de
PHôtel de
ruines : il détache de
l'Intendance un grand nombre
vriers qu'il rend au fervice public il
d'Oudes Magalins du Roi des
; fait tirer
fortes
matériaux de toutes
pour réparer les maifons qui font le
endommagées. II charge M, Bertin,
plus
detirerà vue fur fon Banquier de
Négociant,
pour diftribuer aux Pauvres les Paris, 20,0001,
auffi, quelque tems
plus néceffiteux: :
après, celui-ci lui
pour lui apprendre qu'il avait fait
écrivant
traite , ajouta ces mots
honneur à fa
bien
remarquables : vous faites
difiremmene de vos Prititefters, ils s'enrichifaiene aux Hfes 2 G YOuS, vOuS
vôtre,
y manger le
ociant,
pour diftribuer aux Pauvres les Paris, 20,0001,
auffi, quelque tems
plus néceffiteux: :
après, celui-ci lui
pour lui apprendre qu'il avait fait
écrivant
traite , ajouta ces mots
honneur à fa
bien
remarquables : vous faites
difiremmene de vos Prititefters, ils s'enrichifaiene aux Hfes 2 G YOuS, vOuS
vôtre,
y manger le --- Page 110 ---
NOUVELLES CONSIDIRATIONS
Comte d'Ennery cédant aux defirs du
M.le
Roi pour aller rétablir l'ordre & la tranquillité
à Saint-Domingue en 1775 3 eut occafion en
à la Martinique, d'y jouir du prix flatpaffant de fes vertus, & de connaître les fentiteur
avait infpirés : il vit une Colonie
mens qu'il y
foule à l'arrivée imreconnaifante fe porter en
fans
prévue d'un ancien Chef qui reparaiffait
celui qu'il s'était affuré fur
autre pouvoir que
les coeurs pendant fon adminiftration,
L'éloge le plus précieux , celui que ne peut
l'envie 2 qu'elle ne faurait accufer
empoifonner
honore également ceux
de bafle adulation, qui
c'eft fans
qui le font & celui qui le reçoit ;
doute cette joie fubite , ce mouvement de l'ame,
cri du
ces acclamations. , toujours
ce
fentiment,
l'exprefion fidèle du coeur 9 qui marquèrent
l'accueil que reçut M. le Comte d'Ennery en
Lel bruit de fon arriabordant à la Martinique.
vée renouvella les pfofondes impreffions qu'abienveillante & définvaient faites une régie
réreffée.
leurs travaux
Les campagnes fufpendirent
venir jouir de la vue de leur Bienfaiteur,
pour Habirans coururent lui porter en tribut des
Les
lamitié
hommages d'autant plus flatteurs, que
alors. L'image de P'aléfeule les prefcrivait
les vifages : tout le
greffe était peinte fur tous
monde
renouvella les pfofondes impreffions qu'abienveillante & définvaient faites une régie
réreffée.
leurs travaux
Les campagnes fufpendirent
venir jouir de la vue de leur Bienfaiteur,
pour Habirans coururent lui porter en tribut des
Les
lamitié
hommages d'autant plus flatteurs, que
alors. L'image de P'aléfeule les prefcrivait
les vifages : tout le
greffe était peinte fur tous
monde --- Page 111 ---
SUR
monde
SAINT-DONINGUg
était heureux du même
de témoignages de fenfibilité bonheur. Tant
était fi
2 dont la fource
pure 2 avaient droit de
vertueux quis'en
toucherihomme
voyaitl'objet.M.lec
nery fut attendri jufqu'aux larmes Comted'Entous avec bonté, fe
; il parlait à
reffouvenant de tout le
monde, comme tour le monde fe
de lui : on lui appliqua
reffouvenait
de l'aimable Chantre juftement ces deux vers
des faifons.
Environné, , prelfe de ces Colons
I part content de tous 6
qu'il aime;
Il avait
, Jur-tout de lui-mème:
fçu infpirer aux Colonies
& voifines 2 non le même
étrangères
mais les mêmes fentimens degré d'affedion,
time, & de
de refpedt & d'efplus une crainte fondée fur
lens militaires, enforte
fes taque fon nom feul
peut - être fuffi dans les circonftances
eût
pour éloigner l'Ennemi des
aétuelles
défendus.
rivages qu'il aurait
Aprèsavoir ainfi recueillile prix flarte
vertus, & fenti combienilef
urdefes
arriva à
doux d'être aimé, 1 il
durée de Saint-Domingue, fon
oit, malgré la courte
l'ordre
adminiftration, 2 il la fignala
qu'il rétablit dans tous les Etats, la par
quillité qu'il fit renaitre, & la
trande conclure avec
gloire qu'il eut
des
l'Efpagne le traité des limites
poffeflions de
tracer la
Saint-Domingue, & d'en faire
ligne de
Partie I,
démarcation, 2 ouvrage renté
durée de Saint-Domingue, fon
oit, malgré la courte
l'ordre
adminiftration, 2 il la fignala
qu'il rétablit dans tous les Etats, la par
quillité qu'il fit renaitre, & la
trande conclure avec
gloire qu'il eut
des
l'Efpagne le traité des limites
poffeflions de
tracer la
Saint-Domingue, & d'en faire
ligne de
Partie I,
démarcation, 2 ouvrage renté --- Page 112 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
comme impratifouvent. , & regardé jufques-là
cable; Mais M. le Comte d'Ennery ne voyait
dans"les difficulrés qu'un attrait de plus pour,
entreprendre quand la chofe était utile.
fois le tour de cetre immenfe
> Il fit plufieurs
les difféColonie pour connaître parlai-même
du
rentes reffources que la difpofition naturelle
offrir en cas d'attaque, 8 celles
lieu pourrait
ajouter; ne bornant pas le
que l'art y pourrait
Colonie au feul
bien qu'il voulait faire à la
2 Sucoùt illa
il traça pour fon
tems
gouvernait, oût brillent les lumières
ceffeur des inftruétions
renfures, & les idées les plus juftes,
les plus
de franchife & de chaleur' qui
dues avec un ton
ce monous fait regretter de ne pouvoir publier
des vues profondes & réfléchies
nument précieux Adminiftrateur : ce fut au milieu de
de ce grand
la mort vint le furpreadre.
ces occupations. , que
l'ami de la vérité &
Il n'eft plus! cet homme,1
continuels
de la juftice, viétime de fes travaux
M. le
8 de fon zèle pour le fervice du Roi.
le
Comte d'Ennery mourut au Port-an-Prince
Décembre 1776, après dix-fept jours d'une
l'on n'avait pas d'abord jugé dangefièvre que
reufe.
de cette funefte maPendant le cours pénible
toute fon
ladic, fon ame veillant encore avec malgré la
sdivité aux portes de fon tombeau,
ice, viétime de fes travaux
M. le
8 de fon zèle pour le fervice du Roi.
le
Comte d'Ennery mourut au Port-an-Prince
Décembre 1776, après dix-fept jours d'une
l'on n'avait pas d'abord jugé dangefièvre que
reufe.
de cette funefte maPendant le cours pénible
toute fon
ladic, fon ame veillant encore avec malgré la
sdivité aux portes de fon tombeau, --- Page 113 ---
SUR SAINT-DOxINctr
force du mal, il ne ceffa de travailler
Secrétaires. La
avec fes
mort, que le Guerrier affronta
fans pâlir fur le champ de bataille,
quelquefois
2 l'épouvante
lorfque , couché fur un lit de douleur, il la voit s'avancer entourée
funèbres. C'eft à cet inftant terrible d'appareils
bleffe & la crainte fe
que la faigliffent,malgré lui, dans
un coeur quin ne les avait jamais
la
connues : alors
nature, épuifée par un long combat, fuccombantfous les coups redoublés d'une maladie
telle, ne laiffe voir au lieu du Héros
mors
que l'homme moribond & tremblant, intrépide >
M. d'Ennery conferva
Mais
jufqu'à fon dernier inftant, ce courage & cette force
vaient caraétérifé
d'âme.qui l'as
pendant fa vie,
Dans les derniers jours de fa maladie,
Médecins & les perfonnes
fes
qui l'entouraient
cherchaient à lui diflimuler fon état;
perçut ; ch
ily'enappourguoi, leur dit-il, vouloir me cacher que je fuis en danger ; croyex-vous
fache pas mourir? Aufi-tor,rafemblant que je nè
ces, il écrivit à fon Souverain.
fes fordernière aétion de fa
Cette lettre, 2 la
vie, contenait, fans doute,
l'expreffion de fes fentimens, & l'offrande 2
fes jours à fon Maître. Pour
de
en donner une jufte
idée, nous allons rapporter ici une autre lettre
que, fix mois auparavant, il lui avait
en le remerciant de fes bontés
adreffée, 5
: on y verra d'aGij
it à fon Souverain.
fes fordernière aétion de fa
Cette lettre, 2 la
vie, contenait, fans doute,
l'expreffion de fes fentimens, & l'offrande 2
fes jours à fon Maître. Pour
de
en donner une jufte
idée, nous allons rapporter ici une autre lettre
que, fix mois auparavant, il lui avait
en le remerciant de fes bontés
adreffée, 5
: on y verra d'aGij --- Page 114 ---
CONSIDÉRATIORS
IOO NOUVELLES trifte facrifice dont la convance annoncé le
Nous y.
fommation ne tarda pas à s'accomplir.
hoauffi la lettre du Roi, témoignage
joignons
mémoire de M. d'Ennery, 8 qui
norable à la
Quelle âme
vaut mieux que tous nos éloges.
de
fe fentirait pas touchée du caraétère
froide ne
fait remarquer ? Quels brebienfaifance quis'y
valent celui-là?
vets, quels titres d'honneur
Lettye du Roi à M. le Comte dEnnery.
oublié les facrifices que vous
( Je n'ai point
j'ai pris
m'avez faits, ni les engagemens que
Vous êtes libre de revenir, & je
> avec vous.
mauvais gré d'ufer de cette
> ne vous faurai pas
agtuelles éxigemais les circonftances
> liberté:
votre féjour à
> raient que vous prolongeaffiez
m'y fervotre réputation
> Ssin-Domingue,
>> vira beaucoup.
de Ia fatisvous donner une marque
9> Pour
de la conduite que vous avez
> fagtion que j'ai
Colonies que vous
>> tenue dans les différentes
l'on vous
j'ai ordonné que
> avez adminiftrées, de Lieurenant-Général 2,
> expédiât les pouvoirs
ne prendra rang
S en vous affurant que perfonnes
> fur vous.
de votre zèle le facrifice
>> Jéxige encore
bien fir que vous en prolongeriez
9 d'une année,
fireté de
durée au-delà, fi,à çette époque,la
B la
j'ai
Colonies que vous
>> tenue dans les différentes
l'on vous
j'ai ordonné que
> avez adminiftrées, de Lieurenant-Général 2,
> expédiât les pouvoirs
ne prendra rang
S en vous affurant que perfonnes
> fur vous.
de votre zèle le facrifice
>> Jéxige encore
bien fir que vous en prolongeriez
9 d'une année,
fireté de
durée au-delà, fi,à çette époque,la
B la --- Page 115 ---
SUR
9 mes
IOI
SAINT-Doxnkevg
poffeffionsle demandait.
9 fait connaître le bien de
Après vous avoir
mon
> permets, & même il eft de fervice, je vous
ordonner, de
ma juftice de vous
vous y refufer, fi votre
>> s'oppofait à VOS efforts.M.de
fanté
Sartine
> connaître plus
vous fera
> tions >,
particulièrement mes intenRiponfe de M. le Comte
d'Enmery au Roi.
SIRE,
xJe ferais. indigne d'être
# votre
Français & de fervir
Majefté, fi j'héfitais un
> longer mon féjour à
moment à pro-
* qu'elle daigne le croire Ssin-Doningue, utile à
puiffon
> J'ai pleuré en lifant la lettre dont fervice.
>> jefté m'a honoré, Il n'éxifte
votre Mafez forts
pas de termes afpour exprimer à votre
> due de la reconnaiffance
Majeftél'éren-
> & fon humanité
que fesb bontésinfinies
ont
> dans mon coeur, Avec profondément gravée
une telle-lettre
9) lhomme le plus médiocre eft
> SIRE,
>> de lui-même, J'oublie
élevé au-defius
> amis, & je ne regretterai tout, femme, enfans,
même
>> je la perds en fervant le
pas la vie, a
meilleur des
5> Votre Majefté,
Maitres,
en me donnant le
9>
grade de
Lieutenant-Général, m'a
9) de ce que j'ai pu
récompenfé au-delà
mériter, & je fuis
> pour ne pas faire obferver à
trop vrai
votre Majefléque
Gi ilj
é au-defius
> amis, & je ne regretterai tout, femme, enfans,
même
>> je la perds en fervant le
pas la vie, a
meilleur des
5> Votre Majefté,
Maitres,
en me donnant le
9>
grade de
Lieutenant-Général, m'a
9) de ce que j'ai pu
récompenfé au-delà
mériter, & je fuis
> pour ne pas faire obferver à
trop vrai
votre Majefléque
Gi ilj --- Page 116 ---
CONSIDÉRASIONS
102 NOUVELLES
-
fur plufieurs de mes camarades qui
>> je paffe
bien
d'utilité
> l'ont fervie à la guerre avec
plus
> & de diftinêtion que moi.
refterai, Sire,à Saint-Domingue > un an
* Je
le, jugera né-
>> & tout le tems que votre Majefté
ceffaire à fon fervice; mais je la fupplie de me
>>
de retourner en France auffi-tôt que
>) permettre
feront
menacées S>.
> fes Colonies ne
plus
>Je promets à votre Majefté, zèle & courage :
faurai
fi befoin eft 2 à la tête de la.
>> je
périr,
m'a confiée ;, mais
> poignée de Soldats qu'elle
*
la
d'obferver que jai préfentement
> je fupplie
dont trois
mille hommes de Troupes,
> quatre
défendre l'im-
* mille font fous. les armes pour
de Saint-Domingue eije nepuis
> menfe poffefion
que de ma bonne volontés.
* donc répondre
ne
Ainfi s'exprimait M. le Comte d'Ennery ;ilr
çonnaiffait point ce ftyle de Cour froidement
fon coeur était fon feul guide; il aicompaffé;
mait fon Maitre & en était aimé.
A la nouvelle de fon trépas a la Martinique &
fincèrement fa perte 8
la Guadeloupe pleurèrent
rendirent à fa mémoire deshonneurs publics, juf
voulut
qu'alors fans exemple : Saint-Domingue
& les Confeils affemblés
luiélever un monument,
de fon
délibérèrent pour fournir. aux moyens
éxécutionà laquelle on travaille aEtuellement.
() Ce nombre eft plus que doublé depuis ce tems. --- Page 117 ---
SUR SAINT-DOMINGUE
La France perdit un grand-homme
qui avair
glorieufement parcouru la moitié de facarrière,
& l'eût fans doute terminée d'une manière
core plus brillante, fur-tout à ce
en- fi
une mort prématurée ne fir venu moment, l'enlever
milieu, Les Colonies perdirent
au
Proteéteur
un appui, un
qui connaiffait leurs befoins & les
repréfentait fouvent. Ce fut à ces titres
obtint juftementles regrets de l'un & de l'autre qu'il
hémifphère:
Revenons à M. H:
Il dit, page 163 2 4 fouvent les autres
>> font donnés dans la Colonie
emplois
pard des Adminiftra9> teurs qui n'ont pas eule tems de connaître
>> dont ils font choix >.
cenx
Les emplois qui reftent à la difpofition des
Adminiftrateurs, dans les Colonies. -
nombreux &
2 font peu
peu conféquens. Lesplaces de Procureur 2 celles dans la Maréchauffée &
Subalternes de Bureaux ; c'eft à
quelques
l'on
Peu près tout,
Que
ne s'en prenne donç pasà eux, desProtégés fans mérite 2 lorfqu'il s'en trouve
fois,
quelque;
avy
A y
Giv
x
Les emplois qui reftent à la difpofition des
Adminiftrateurs, dans les Colonies. -
nombreux &
2 font peu
peu conféquens. Lesplaces de Procureur 2 celles dans la Maréchauffée &
Subalternes de Bureaux ; c'eft à
quelques
l'on
Peu près tout,
Que
ne s'en prenne donç pasà eux, desProtégés fans mérite 2 lorfqu'il s'en trouve
fois,
quelque;
avy
A y
Giv --- Page 118 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS TROISIÈ ME.
LIVRE
De Cagriculure.
PREMIER.
DISCOURS
des Terres.
De Pexploitation
une ample matière
Cer Difcours ne prête pas
femées
a la critique ; les erreurs qui s'y trouvent de conféfont légères & de peu
par-ci par-là 2
briévement
quence. Nous en allons remarquer
quelques-unes.
national qui s'afPage 170, 4 le commerce
les
de la Colonie 2
> fure de toutes produéions
fur le -
encore étendre fes prétentions
> voudrait
c'eft un affocié bien dur >a
>> fonds de la culture :
il eft tout
Siun habitant doit à un Négociant 2
foit
fur le fonds
fimple que la dette
hypothéquée celui-cia
mis en valeur avec les avances que là de bien
fournies. Qu'eft-ce qu'on peut trouver
dur ?
fortie du rabac n'eft pas per
Page 171, K la
> mife A.
Loi qui la défende; l'entrée
Il n'éxifte-ancunel
permife au tems oùt
en France n'en était pas --- Page 119 ---
SUR SAINT-DONINGEE
M. H. écrivait; mais on pouvait le
IOS
charger en
entrepôt pour l'Etranger ; & aujourd'hui que
descirconflances particulières ontforcé les principes exclufifs de la Ferme du tabac en France
aujourd'hui que les Fourniffeurs de
Glafcow 2 ne
peuvent plus tenir leur marché avec les Fermiers-Généraux de Paris 2 nous faififfons ce
moment pour exhorter les habitans des Ifles
Françaifes à fe livrer à ce genre de plantation
facile & peu difpendieux, auquel les troubles
deftruéteurs 2 & peut-être interminables, de la
Virginie, promettent un fuccès de plufieurs années,
Page 172, ce on peut avec cent Négres 're5 cueillir & fabriquer dix milliers d'indigo *.
Il faut pour être éxadt, en rabattre un grand
tiers.
Page 173, ( le cafier eft un arbufte dont le
>. bois eft dur ; il croît & s'élèverait jufqu'à
> vingt pieds, fil'onn'avair pas foin de le réduire
> en buiffon >.
Le cafier eft en effet un arbufte dont le tronc
eft affez dur, mais dont les branches font des
lianes prefqu'auffi pliantes que l'ofier : il ne
s'élève > au plus 2 qu'à la hauteur de neuf à dix
pieds, lorfqu'on le laiffe venir en plein
mais la difficulté d'en recueillir les
vent; :
oblige de l'arrêter dans fa troifième
grains 2
année, à la
buiffon >.
Le cafier eft en effet un arbufte dont le tronc
eft affez dur, mais dont les branches font des
lianes prefqu'auffi pliantes que l'ofier : il ne
s'élève > au plus 2 qu'à la hauteur de neuf à dix
pieds, lorfqu'on le laiffe venir en plein
mais la difficulté d'en recueillir les
vent; :
oblige de l'arrêter dans fa troifième
grains 2
année, à la --- Page 120 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
ce qui fe fait
hauteur de trois à quatre pieds 2
arrachant les deux feuilles naiffantes quiforen
ment la fommité de la tige.
du
Téxiftence
Page 174, c on peut prolonger de la terre: il
> cafier en coupant le tronc au raz
huit
une nouvelle tige qui dure encore
> produit
9 ou dix ans 9.
de raNous connaiffons très-bien ce moyen
des Ifles du
jeunifement, les ouragans répétés
forcé de
admettre; mais ces reje-.
Vent ont
l'y
deux belles.
ordinairement que
tons ne portent
enfuite & meurent à
récolies, ils dépériffent
année même dans les meilleures
la quatrième
terres.
de féve,
le" fruit doit
< Plus P'arbufte a
plus
* avoir de perfedion 3).
bien évidemment: ce principe
M.H. fe trompe
le café, mais pour
eft faux, non-feulement pour aifé d'en donner
tous les fruits en général. Il eft
la raifon phylique.
d'une jeune plante *
Les tubes capillaires
d'énergie., pompent en plus grande
ayant plus
fe trouyent en
les fucs végéraux qui
quantiré
terre neuve; comme ils ont
abondance dans une
confidérable, ils abforbent
alors une dimenfion
raifon de leur jeuneffe 2
plus de matière, & en
àla formation du
l'emploient plus promptement d'autant moins
fruit. Mais celui-ci en devient --- Page 121 ---
SUR SAINY-DosINoux
parfait, que les fucs ont été moins élaborés 107
dans les canaux par oùt ils ont circulé, & oùr ils
ont pris le degré d'affinement néceffaire
devenir parties conftituantes du fruit, mais pour
ties plus groffières que fi ces mêmes fucs euffent parféjourné long-tems dans les différens
de
la plante, dont un âge plus avancé eût tuyaux
les dimenfions & les orifices
retréci
rendus par-là
2 & qu'il aurait
fufceptibles d'une diftillation moins
copieufe, plus lente, mais plus épurée.
M. H. qui appelle ici affez
imprudemment
l'expérience à fon fecours, voudra bien
permettre de lui dire qu'en
nous
de très - fuivies
ayant fait à ce fujet
2 nous fommes décidément
pour le café très-fec, par la raifon
donnée lui-même de
qu'il en a
& de
l'évaporation des acides,
fommes l'évanouiffement des foufres ; mais nous
audli pour le café le plus petit,
moins chargé de parties
comme
étant
hétérogènes, & comme
l'ouvrage plus long & par
plus achevé de la nature;
conféquent
à
; car , il eft à remarquer l'appui de notre raifonnement,
groffes graines de café font
que les
mûres
plurôr que les petites &
beaucoup
briffeaux, dans la
que les jeunes arpremiers inftans de furabondance produétive des
leur fécondité,
différemment dans
2 portent inprefque tous les mois de
l'année, 2 de. Ces groffes graines,
ébauche de la
plus achevé de la nature;
conféquent
à
; car , il eft à remarquer l'appui de notre raifonnement,
groffes graines de café font
que les
mûres
plurôr que les petites &
beaucoup
briffeaux, dans la
que les jeunes arpremiers inftans de furabondance produétive des
leur fécondité,
différemment dans
2 portent inprefque tous les mois de
l'année, 2 de. Ces groffes graines,
ébauche de la --- Page 122 ---
108 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
nature 2 par oùr elle effaie fes forces, & qui
font cependant Pobjet de la préférence de M. H.
de
3 Il nous dit, page 182,4 que les fouches
> canne mifes en tas deviennent en féchant, le
l'on puiffe employer
>> meilleur chauffage que
9) pour la fabrication du fucre >.
Cette idée nous ayant paru très-neuve, nous
avons fait des recherches éxagtes pour favoir fi
toute entière à M. H., & nous
elle appartenait
avons trouvé qu'on lui devait tous les honneurs
de linvention, aucun habitant ne s'étant encore
avifé de fe fervir d'un tel chauffage qu'il prend
toujours dans fa bagaffe 2 c'eft-à-dire dans la
canne paffée au moulin 2 & defféchée par le
tems. Mais nos informations nous ont auffi conduit à voir avec douleur 2 que cette idée n'aféduit
& que doin de la mettre
vait
perfonne,
on l'avait généralement trouvée
en pratique 2
ridicule.
Page 184,K les plants de cafier fe mettent
à douze ou quinze pouces de
> ordinairement
huit
dans la terre, & à fept ou
> profondeur
Le cafier' réuffit bien fur
>> pieds de diftance.
collines & les montagnes oùt les pluies
>> les
s'écoulent facifont
& les eaux
>>
fréquentes,
> lement>.
de
: M. H.n'a, fans doute, jamais vu planter
bois neuf : les petits pieds de çafrers qu'on y. --- Page 123 ---
SUR SAINT-DONINGUE
tranfplante ont un pivot très-court, garni d'une I09
chevelure délicate. On fait un trou d'environ
quatre pouces de profondeur dans une terre bien
détrempée dansun tems
fie la
pluvieux, &l'ony conjeune & faible tige 2 qui périt, fi quelques jours de pluie ou de brouillard ne fuivent
immédiatement cette opération.
Il n'eft pas éxaet de dire que le cafier réufit
bien fur les collines & les
montagnes ; c'eft faire
entendre qu'il ne réuffirait pas dans une
randis qu'au
plaine 2
contraire, cet arbriffeau ne vient
jamais auffi touffu, & ne donne jamais autant de
fruits que dans ces vallons frais, dans ces
profondes qui féparent les monticules les gorges
uns des
aittres.
Nous fommes peu fatisfaits de la note qui termine ce difcours, pages 188 &
avoir dit que la frugalité, le travail 189:M.H.,aprés & la
ration font les
modécommencemens de la fageffe,
ajoute :
4 Ces maximes font excellentes, mais elles
>> font guères fuivies par les habitans de la Colo- ne
>> nie; ; le défordre, la témérité des
> l'inexpérience, le tumulte des engagemens,
>> bauche & Ia cruauré,
paffions, la dé.
2 fe mélent trop fouvent
> aux principes de leurs établiffemens
Voilà de ces traits
9),
qui ne conviennent
un très-petit nombre, & que M. H. a eu tort-de qu'à
généralifer. Pourquoi attribuer les vices de quel-
par les habitans de la Colo- ne
>> nie; ; le défordre, la témérité des
> l'inexpérience, le tumulte des engagemens,
>> bauche & Ia cruauré,
paffions, la dé.
2 fe mélent trop fouvent
> aux principes de leurs établiffemens
Voilà de ces traits
9),
qui ne conviennent
un très-petit nombre, & que M. H. a eu tort-de qu'à
généralifer. Pourquoi attribuer les vices de quel- --- Page 124 ---
NOUVELLES CONSIDERATTONS
IIO individus à la maffe "des habitans de la Co:
ques lonie? Ce font les palfages de ce genre multifur-tout dans le fecond volume de IOupliés,
ont révolté fes Leéteurs.
vrage de M.H., qui n'avait plus de droit à
Accufateur emporté ,il
& modéré.
devenir Jugeimpartial
A)
- --- Page 125 ---
SUR SAINT-DowNGUr
III
DISCOURS
SECOND.
Des moyens de fercilifer,
Oxlit,
page 191, wle fol de
>> eft extrêmement varié
Saint-Doningue
: au
9 produit des légumes
Port-au-Prince il
qu'il refiife aux
> des environs du
Jardiniers
$) iln'en
Cap ; du rocou à
vient
Léogane,
poinr au
9) aux Gonaives, &
Culde-fac; du coton
prefque point
> fucrebrur dans la partie de
ailléurs; du
9 les parties du Nord
l'Oueft, & peu dans
& du Sud: 1>.
Le fol de
Saint-Domingue eft varié
cette variation fe trouve à
; mais
dans tous les
peu près la même
quartiers; il n'y a de
que des plaines aux, mornes. Le
différence s
eft auffi bien
Marché du Cap
pourvu de légumes que celui du
Port-au-Prince; le rocou ne vient
de-fac, parce que dans cette
point aut Culfertilité étant due à des
riche plaine, la
travaux
canne eft le feul objet de cette d'arrofege 7 la
ture, mais il y viendrait
induftrieufe culméritait la peine
comme ailleurs, s'il
d'y être planté,
Le coton vient également
eft très-beau
par toute PIle: il
tion
aux Gonaives, Ce genre de plantan'éxigeant pas de grands debours,
tans de ces quartiers
2 les habinouvellement établis s'en
des
riche plaine, la
travaux
canne eft le feul objet de cette d'arrofege 7 la
ture, mais il y viendrait
induftrieufe culméritait la peine
comme ailleurs, s'il
d'y être planté,
Le coton vient également
eft très-beau
par toute PIle: il
tion
aux Gonaives, Ce genre de plantan'éxigeant pas de grands debours,
tans de ces quartiers
2 les habinouvellement établis s'en --- Page 126 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
de préférence; ils commencent à
font occupés
comformer des fucreries. Nous ne pouvons
comment M. H. a pu ajouter quele terprendre
du, fucre brut dans la partice de POuef,
rein produit
du Nord & Sud ; comme
6 peu dans les parties
enfuite
fi le fucre brut & le fucre que l'on terre
précifément la même produéion
n'étaient pas
fi tout le fucre n'était pas
de la nature; comme
la main de T'homme & une prébrut avant que
la
de terré.
paration de plus lui donnât qualité
Iy a dans ce paffage, une telle abfurdité,
pouvoir la fuppofer une
que nous voudrions
M. H. auterreur de Copifte, d'autant plus que
confidérablement contrarié ici fes
rait encore
des denrées ; car fa récacalculs d'eftimation
59,f fait fabriquer dans la partie
pitulation, page
fois autant de brut que de
du Sud, vingt-deux
citée ici
blanc, & dans la partie de TOueft,
feulement trois fois
çomme la plus abondante 2
eft
plus de brut que de terré. La proportion
inverfe dans le Nord. M. H., à quelle page fautil vous croire?
Tout ce qu'on lit depuis la page 191 > jufcelle 196 2 au fujet de ia canne 2 nous a
qu'à
feulement
paru affez jufte; noûs remarquerons
cette note.
de renou-
< Quelques Colonies ont entrepris
veller des terres ufées, plutôt par : de faux
>
>> travaux --- Page 127 ---
SUR SAINT-DONrReuE
9 travaux, que par les récoltes qu'elles
> produites > en employant le varech avaient
s thode ne vaut rien. Le varech
: cette mé
s & ne lui donne qu'une chaleur corrompt le fol;
5 d'ailleurs, il
momentanée :
2 communique au fucre une
9 qui lui ête toute fa valeur >.
âcreté,
M, H. a fans doute voulu parler de la
bade, la feule des Ifles où la méthode
Baravec le varech foit ufitée.
de fumer
mêmes,
Ayant vu par nousnous pouvons lui répondre fur cet
ticle avec quelqu'avantage.
ara
Les habitans de la Barbade font
fe fervir du varech
contraints de
effétés
2 parce que leurs terreins
par des produéions nombreufes & réa
pétées 2 manquent des fels néceffaires à
efpèce de végétation, Cette méthode toute
très-bien
leur a
réufi, 5 & leur eft abfolument indifpenfable, puifque les terres oi l'on ne
de varech ne peuvént aujourd'huirien met pas
Quant au goût âcre
produire,
2 perfonne ne s'en eft
core apperçu > ni plaint ; le raifonnement enM. H. fe trouve dohc ici en défaut
de
, avec l'expérience : nous en fommes peinés, - mais il
y a bien accoutumé dans le cours de fon nous
vrage.
OuQue répondre à la touchante
Cafier qui itermine fi
apoftrophe aut
Partie I
éoquemment la page 1978
H
ien met pas
Quant au goût âcre
produire,
2 perfonne ne s'en eft
core apperçu > ni plaint ; le raifonnement enM. H. fe trouve dohc ici en défaut
de
, avec l'expérience : nous en fommes peinés, - mais il
y a bien accoutumé dans le cours de fon nous
vrage.
OuQue répondre à la touchante
Cafier qui itermine fi
apoftrophe aut
Partie I
éoquemment la page 1978
H --- Page 128 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
nous refufer à Penvie d'en
Nous ne pouvons
tranferire ici quelques lignes.
funefte préfent de P'Arabie 1 Com4 O Cafier,
les Colons de ce
% ment dédommagerez-vons fait
Les beftiaux
9) que. vous leur avez
perdre?
l'on entretenait dans les bois, les animaux
> que
&
féroces dont ils étaient rem-
> fauvages peu
devaient fournir pen5. plis, lesmatériaux qu'ils
dant une infinité de fiècles, les rofées 0
>>
devaient être
* les ruiffeaux, , e e les hommes qui
aux travaux les plus utiles: vous avez
> employés
* tout dévoré, tout détruit 7.
la liberté d'obferver à M.H.
Nous prendrons
étant, comme il le dit lui-même,
queleicalier arbufte naturellement fort dur 2 il n'aura
un
été touché de cette attendriffante
peut-être pas
de. rhétorique f
interrogation, de cette figure
heureufement placée dans cet endroit > qu'elle
caufé un effet général chez tous les Leéteurs
a
celui de la furprife : c'eft du moins
attentifs, chofe; pour: nous, nous avons étéauquelque Ce
nous a fait plus d'une forte
delà.
pallage
Nous aimons à la folie cette tourd'impreflion.
ftyle figuré qui anime tout,
nure poétique,ce & faible arbriffeau; nous aljufqu'à un fimple
eft
lons tâcher de l'imiter & de fuivre, s'il pofl'idée brillante de M. H., pour lui faire
fible,
fon Cafier; il nous femble donc l'enrépondre
e; pour: nous, nous avons étéauquelque Ce
nous a fait plus d'une forte
delà.
pallage
Nous aimons à la folie cette tourd'impreflion.
ftyle figuré qui anime tout,
nure poétique,ce & faible arbriffeau; nous aljufqu'à un fimple
eft
lons tâcher de l'imiter & de fuivre, s'il pofl'idée brillante de M. H., pour lui faire
fible,
fon Cafier; il nous femble donc l'enrépondre --- Page 129 ---
SUR SATN#-DONINOVE
tendre 3 lui dire en ftyle
II5
analogue aut fien:
4 OH. je n'ai rien fait perdre aux Colons
>> de quoi voulez-vous donc queje les dédom- 5
9> mage ? Ce n'eft pas moi qui ai demandé
> l'éxiftence : le peu d'acceffoires
qu'éxige ma
9 culture eft ce qui l'a déterminée.
D'ailleurs ne
>> regrettez pas ce que vous dites que j'ai dévoré,
> & fongez que tous les cochons marrons
9 étaient dans les bois
qui
que j'ai remplacés, 2 &
9) que vous pleurez fi amèrement
, n'auraient
> jamais, eux & leur poftérité, valu mes
>> duétions qui fe font quelquefois élevées à pro9 d'un tiers du produit de tous les revenus de plus la
N Colonie, 80 qui même encore
>>
achuellement,
dans mes jours de difcrédit, en forment plus
> d'un cinquième >
Page 198, K le cafier eft le feul arbre, le feul
>> des végétauxà Saint-Domingue, dont la racine
9 pénètre à quelque profondeur. Le bois de fer
> l'acoma qui fe pétrifie dans la terre
5 n'ont
>> des racines profondes; ils les étendent fur pas
un
9 grand diamètre, quileur fert, pour ainfi dire,
9> de piédeftal; mais le cafier enfonce profonde-
> ment les fiennes 37,
Que l'homme qui rapporterait ce qu'il aurait
lu, ou ce qu'on lui aurait dit, s'exprimât ainfi,
nous tâcherions de lui perfuader amicalement
qu'on l'a trompé, Mais quand un homme quia
Hij
5 n'ont
>> des racines profondes; ils les étendent fur pas
un
9 grand diamètre, quileur fert, pour ainfi dire,
9> de piédeftal; mais le cafier enfonce profonde-
> ment les fiennes 37,
Que l'homme qui rapporterait ce qu'il aurait
lu, ou ce qu'on lui aurait dit, s'exprimât ainfi,
nous tâcherions de lui perfuader amicalement
qu'on l'a trompé, Mais quand un homme quia
Hij --- Page 130 ---
: NOUVELLES CONSIDIRATIONS
lui-même 2 écrit & décrit
vul, ou pu voir par
reffource refted'une façon fi peu jufte 2 quelle
à
vis-à-vis de lui, & que dire 9 en effet,
t-il
le cafier enfonce fes
M. H.lorfqu'il prétend que
arbre?
qu'aucun
racines bien plus profondément
fur-tout
Tandis que lon trouve à chaque pas 2 des foudans les routes nouvellement: frayées, du fein de
ches d'arbre que l'on n'a pu arracher
de
faut fouvent prendre le parti
Ia terre 2 & qu'il
qu'il en coûterait
bràler fur fa furface 2 parce
& qu'au
les déraciner,
trop de travaux pour
qualifié arbres
contraire le cafier , mal-à-propos
au
de quinze à dix-huit pouces
n'a qu'un pivot dans la terre, 8 devenant quelplus, enfoncé
auffi l'ouragan T'arache-t-il
quefois bifurque :
le tienne
de facilité, quoiqu'on
avec beaucoup
de hauteur. Ces erreurs de
aul plus à quatre pieds
à l'être du règne anifait font impardonnables éxifté dix ans à côté
mal appellé homme, qui a
cafier.
de l'être du règne végétal appellé
M. H. dit, page 201, 2 que les eaux féjournent
les mois de Dédans les plaines du Cap pendant fait fec pendant
cembre & de Janvicr, 2 & qu'ily
Le Leêeur eft averti de ne pas
Juin & Juillet.
ils ne font pas plus
prendre de ces Almanachs 9
année, Texpéexaêts que les autres, & chaque
rience s'avife de les contrarier.
de préM.H,a bien raifon, pages 2048205,
( --- Page 131 ---
SUR SAINT-DOMINGUE.
tendre au fujet des eaux à détourner 2 pour arrofement, ou moulins, que toutes conventions 2
ou aétes tendantà priver ceux qui en pourraient
jouir par la fuite ne font que comminatoires
dans le fond, parce que fi l'état confentait que
les Tribunaux les autorifaffent, il en porterait
indiredtement la peine par la privation des denrées que ces avantages auraient mis à même de
fabriquer fi on les ettt rendus généraux. Cette
idéene doit jamais être perdue de vuedans tous
les Arrêts à intervenir fur cette matière, & peut
fervir à réfoudre les plus grandes difficultés. On
ne peut que remercier M. H, de l'avoir établie
& démontrée.
Hiij
les Tribunaux les autorifaffent, il en porterait
indiredtement la peine par la privation des denrées que ces avantages auraient mis à même de
fabriquer fi on les ettt rendus généraux. Cette
idéene doit jamais être perdue de vuedans tous
les Arrêts à intervenir fur cette matière, & peut
fervir à réfoudre les plus grandes difficultés. On
ne peut que remercier M. H, de l'avoir établie
& démontrée.
Hiij --- Page 132 ---
CONSIDÉRATIONS
118 NoUvELtES
TROISIE ME.
DISCOURS
nécefaires à la préparation des
Des infrumens
denrées.
de ce Difcours ,
Nous allions nous occuper fuivante : nous
la lettre
lorfque nous reçumes
de nos obfervala mettons avec plaifir en place le Public n'y pertions, très - perfuadés que feulement fachés que
dra pas. Nous fommes
des hommes infintéreffantes
les occupations Colonie - , ne leur ait pas permis
truits de cette
fouvent à même de fubftide nous mettre plus réfultat de leurs expérientuer à notre travaille
ces 8 de leurs réfléxions.
Monfieur, de:
que vous avez pris, 9
9 Le parti,
de M. H.,
vos
dbereationatantouwng.
publier
qu'utile. Si ce Livre , tableau
eft aufi courageux
Françaife la plus préinforme de la Colonie
qu'il renferme,
cieufe ,n'alliait pas aux, erreurs
pourd'intérêt& un air de candeur qui
un fond
mieux le dédaiil vaudrait
rait les accréditer,
Mais comme à tragner que de le combattre. de FAuteur, linvers la marche dégingandée & fes contradidions
cohérence de fes idées 9
vérités
quelques
fans nombre 2 on apperçoit il eft néceffaire
frepantes & des vues juftes 5 --- Page 133 ---
SUR
de
SAINT-DONINGUE
démontrer que cet Ouvragen'eft
également
tpas par-tout
eftimable, & de prouver
M.
a fouvent plus de verbiage
que
H,
ment, & plus de
que de raifonnepréfomption que
> Comme vous ne vous attacherez d'éxadtitude.
pas, Monfieur 2 à éxaminer
peut-être
toutes ces matières traitées dans ferupuleufement les
tions fur Saint
Confidéral'intérêt
Domingue, & qu'il en eft dont
plus preffant peut vous détourner des
autres : j'ai cru pouvoir vous
notes. 2 fur les Manufaétures de envoyer quelques
m'a femblé très-mal
fucre, Cet objet
fi vous
apperçu par M. H. Voyez
jointes croyez mes remarques dignes d'être
aux vôtres, ou fi vous devez
ment les incendier. Je vous les
bénignel'option.
livre; à vous
* Pour quels
font écrits les Difcours Ledeurs, peut-on demander ,
troifième 21
trois & quatre du Livre
Ef-cepour des
jamais vu de fucrerie,
Européens, quin'ont
s'en
9 Ou pour des Colons
occupent ? Ils ne peuvent firement
qui
nir ni aux uns, ni aux autres : les
convetrouveront que des
Européens n'y
defcriptions
des détails ftériles; ; & les fucreries tronquées ou
butées par l'inutilité des
feront rereurs choquantes
obfervations > & les erqu'elles contiennent.
>. D'abord M. H. dit,
lin, à bêtes fournit à page 206, que le mouun équipage de chaudières,
Hiv
ent ? Ils ne peuvent firement
qui
nir ni aux uns, ni aux autres : les
convetrouveront que des
Européens n'y
defcriptions
des détails ftériles; ; & les fucreries tronquées ou
butées par l'inutilité des
feront rereurs choquantes
obfervations > & les erqu'elles contiennent.
>. D'abord M. H. dit,
lin, à bêtes fournit à page 206, que le mouun équipage de chaudières,
Hiv --- Page 134 ---
NOUVELLES CONSTDÉRATIO NS
E20 le moulin à eau peut fournir à deux.
& que
ou PAuteur a vu ces moulins ex=
>> J'ignore
heureux habitans qui les pos
traordinaires &cles
J'ai
fèdent; mais ce n'eft pas à Saint-Domingue. les.
cette Ile, comme lui; je connais
parcouru fucreries qui y font; & je fais que
principales
lorfque deux
feurs Régiffeurs font très-farisfaits, fourniffent
moulins à bêtes, ou. un moulinà eau
feul
Cela arrive même rarement;.
à un
équipage. faire alors de vingt-cinq à trente
car on pourrait
femaine ; c'eft-à-dire enbarriques de fucre par
trouve-t-il que ce ne
viron 18,000 livresi M.H.
foit pas affez?
fuivante, cet Auteur rejettedédai-
>> Alap page
à vent. Il ignore, fans
gneufement les moulins
éxifte
à Saint-Dodoute, qu'il en
quelques-uns Colonies
& beaucoup dans d'autres
mingue,
fuccès. Il ignore que i
qui ont le plus grand
il faut P'attrinous n'en avons pas davantage,
&
à l'impéritie des Ouvriers,
buer uniquement habitans.
moteur plus
à la timidité des
Quel
lieu
les vents alifes? Et dans quel
puiflant que forts & phus conftamment réglés
font-ils plus
qu'à la plaine du Cul de-fac?
nC'eft fans doute un moulin à vent, qui pourfournir à deux équipages, pendant les dixrait
heures
règne la brife ; & il
huit ou vingt
que
de calme,
ferait facile de prévenir les momens
buer uniquement habitans.
moteur plus
à la timidité des
Quel
lieu
les vents alifes? Et dans quel
puiflant que forts & phus conftamment réglés
font-ils plus
qu'à la plaine du Cul de-fac?
nC'eft fans doute un moulin à vent, qui pourfournir à deux équipages, pendant les dixrait
heures
règne la brife ; & il
huit ou vingt
que
de calme,
ferait facile de prévenir les momens --- Page 135 ---
SUR SatNT.DowrNour
en ramaffant du vin de canne dans différens 121
baffins, oi une leffive préparatoire en
la fermentation.
fulpendrait
> Cette dernière affertion
des contradi@teurs, La
trouvera peut-être
fermentation du vin de
canne eft f prompte 2 qu'on 1 croira qu'il n'eft
pas poffible de Farrêter; maisj'ai la
taine de cette poffibilité;
preuve cer-
&je puis, avec affurance, en indiquer les moyens.
> Indépendamment des caufes ordinaires de la
fermentation 9 il en eft deux qui l'accélèrent
toujours prodigieufement dans le vin de canne
c'eft la chaleur de l'air qui circule
:
creries, & le refte de craffe
dans les fuou de vin de
toujours un peu
canne, 9
baffins
aigre, 2 qii demeure dans les
chaque fois qu'on les vuide ; levain
fant, qui a bientôt
puifcommuniqué fa
au vin de canne frais, qui icoule du corruption
>> Il faut donc détruire
moulin,
ces deux
ou du moins en diminuer les inconvéniens,
effets; &
ccla, on n'a qu'à remplacer les baffins
Pour
rés, dont on fe fert ordinairement démefubaffins qui contiennent
2 par des
eouvrira
une feule grande; on les
foigneufement & on les
les fois qu'on voudrales
lavera, toutes
vuider,
> Mais comme cette
être pas pour le vin de précaution ne fiffira peutferver
canne qu'on voudra conpendant quatre Ou cinq heures, il faut --- Page 136 ---
CONSIDERATIO NS
122 NOUVEILES
de craie, ou de
y jetter une certaine quantité
faible alcali; & cette légère adapquelqu'autre
fans détruire
tion l'empêchera de fermenter 2
fon acide conftitutif.
> Je gliffe fur la defcription infuffifante, que
M. H. fait des moulins à bêtes s pour venir aut
fecond paragraphe de la page 211.Get Auteur,
parlant des moulins à eau > prétend qu'il ne faut
employer ce moteur en grande quantité >
pas dans la crainte de faire tourner les moulins trop
rapidement. Comment n'a-t-il pas remarqué que
ferait cependant le feul moyen de donner à
ce
de moulins la force qu'il leur atcette efpèce
de fatiguer
tribue plus haut P Si vous craignez
balancier, augmentez-enle diamètre ; augvotre
celui de la roue, vous doumentez. également
en les alonblerez la puiffance de yos leviers,
fans leur donner une célérité dangereufe.
geant,
encore qu'il ne faut placer la roue
>Il prétend au-deffus du niveau du fond de
que fix pouces
depuis le point dela
la tarevanne, oubliant que,
fe trouve fous le rayon pertarevanne 2 qui
il eft effentiel que
pendiculaire de la roue,
tarevanne ait au moins vingt pouces d'incette
faciliter Péchappement des eaux s
clinaifon pour
le labourement de la roue.
& empécher
M.H.
Les dimenfions des moulins à eau que
>>
Por
donne modeflement pour les meilleures que
puis le point dela
la tarevanne, oubliant que,
fe trouve fous le rayon pertarevanne 2 qui
il eft effentiel que
pendiculaire de la roue,
tarevanne ait au moins vingt pouces d'incette
faciliter Péchappement des eaux s
clinaifon pour
le labourement de la roue.
& empécher
M.H.
Les dimenfions des moulins à eau que
>>
Por
donne modeflement pour les meilleures que --- Page 137 ---
SUR SAINT-DONiNGuE
puife employer, même
nics
imaginer > lui ont étéfour=
par quelqu'Artifte qui l'a
ne veux point lui en attribuerles trompé, auffi je
> Rendons-luilajuftice
erreurs.
fagement combattu
d'obferverauffi qu'ilà
fer. Ces machines léxécution des moulins de
font cependant
n'ont nullement réufi, &c
fufceptibles
de folidité & de force
d'acquérir bien plus
naires. Il faudrait
que nos moulins ordipour cela
metre &
augmenter le diaPépaiffeur des
le tourillon des
tambours s renforcer
de foin dans la pivots 2 & fur-tout Porter plus
régularité des formes
jours été négligée; enfin fe fervir
quia touduéile que n'eft celui des
d'un fer plus
Beloufe. Je penfe
mines de M. d: la
qu'alors ces moulins
pasles dérangemens
n'auraient
dont nous nous
fréquens qu'éprouvent ceux
pefanteur des fervonss & quant à la grande
affez diminué rolles, on fait que ce défaur eft
par la pofition
la force centrifuge
verticale s & par
que leur
vement de rotation.
communique le mou9 M. H. aurait bien
tion heureufe
pu nous parler de linvenqui a fait agrandir le
tambours latéraux d'un
diametre des
tambour du
tiers de plus que le
machine. Cette centre s principal moreur de cette
les loix
invention, quif femble contredire
ordinaires de la
méchanique, n'eft pas
défaur eft
par la pofition
la force centrifuge
verticale s & par
que leur
vement de rotation.
communique le mou9 M. H. aurait bien
tion heureufe
pu nous parler de linvenqui a fait agrandir le
tambours latéraux d'un
diametre des
tambour du
tiers de plus que le
machine. Cette centre s principal moreur de cette
les loix
invention, quif femble contredire
ordinaires de la
méchanique, n'eft pas --- Page 138 ---
NOUVELLES CORSIDIRATIONS
furprenante, & a prefmoins avantageufe que
doublé la force des moulins.Si elle a trouvé
que
c'eft parce que les Charquelques improbateurs,
ont voulu léxécuter,
pentiers ignorans 2 qui
décrit l'échapn'ont pas connu la courbe, S que
des dents, & ont gêné l'engrenage,en
pement
alongeant trop leurs épicycloides.
avec M.H., àla page 220,8jele
35 J'arrive,
mauvais
trouve auffi mauvais. Chymifte que
Méchanicien.
ditil, tombe du baffin
<I Le vin de cannes,
feu mcchaudière, où un
9 dans une première
; après
de fes parties aqueufes.
> déréle dégage
oût on
9 cela il eft verfé dans une feconde 2
Pécumoire, la craffe & tou9 lui enlève, avec
font mêlées ; puis
> tes les malpropretés qui y
en s'6
dans une troifième, ou >
>> on Tépanche
& enfin il
il fe change en firop ;
> paiffiffant,
oùt on achève de le
9 paffe dans la dernière >
de foude,
&'oit des leffives de cendre,
2 cuire,
des huiles
>> de chaux 2 ou de fuif, le dégagent
de le
contient, & achèvent
>> étrangères qu'il
& d'en former le grain >.
> purifier
ces obfervations
>> Vous voyez, Monfieur, que
font auffi fauffes que le raifonnement qu'elles
entraînent.
fucre que Tat
>> M., H, ne connait pas plusle
de le fabriquer : s'il en avait quelques notions %
de cendre,
2 cuire,
des huiles
>> de chaux 2 ou de fuif, le dégagent
de le
contient, & achèvent
>> étrangères qu'il
& d'en former le grain >.
> purifier
ces obfervations
>> Vous voyez, Monfieur, que
font auffi fauffes que le raifonnement qu'elles
entraînent.
fucre que Tat
>> M., H, ne connait pas plusle
de le fabriquer : s'il en avait quelques notions % --- Page 139 ---
SUR
M
SAINE-DONINGOR
n'aurait pas dit que c'eft dans la
chaudière
première
que s'évaporent toutes les parties
aqueufes ; car fi l'eau que contientle vefoie s'évaporait là 3 il n'aurait pas befoin d'aller
avant ; il ferait cuit, quoique mélé
plus
beaucoup de parties
encore à
hétérogènes. Ce n'eft
non plus dans la
pas
reçoit des
quatrième, 3 ou batteric 2 qu'it
préparations de leffive; ellesy feraient
nulles, & ne ferviraient qu'à
ties
de
empêcher les parintégrantes ce fel, prefqu'élaborées, de
former leur combinaifon.
>Je ne crois pouvoir mieux faire fentir
d'éxaétitude du récit de M. H.,
lepeu
fanzle détail clair &
qu'en lui oppoprécis des
fuit depuis l'inftant où le vin de procédés qu'on
dans la première
canne tombe
eft cuit dans la batterie chaudière, jufqu'à celui oùt il
:le voici.
9) Dès que le vin de canne a coulé dans la
mière chaudière, le Raffineur
preprend une fomme
quelconque de cendres, de potaffe de
ou plus communément de
foude 2
le vin de canne, &
chaux, quiljette dans
leffive ala
qu'on nomme leffive : cette
propriété d'atraquer le
l'effet néceffaire des alcalis fur phlegme > par
c'eft de fa quantiré
les acides; &
relative, introduite
vin de canne, & du vrai
dans le
point de
que doir réfulter une
faturation,
cryflallifation
n. De cette première chaudière parfaite,
2 où levefou
le vin de canne, &
chaux, quiljette dans
leffive ala
qu'on nomme leffive : cette
propriété d'atraquer le
l'effet néceffaire des alcalis fur phlegme > par
c'eft de fa quantiré
les acides; &
relative, introduite
vin de canne, & du vrai
dans le
point de
que doir réfulter une
faturation,
cryflallifation
n. De cette première chaudière parfaite,
2 où levefou --- Page 140 ---
NOUVELLES CONSIDIRATIONS
un certain degré de chaleur,il paffe
a éprouvé
du
&
dans une feconde, moins éloignée
foyer,
là une ébullition lente le dégage des principales
contient &
matières graffes & vifqueufes qu'il.
enlève rapidement avecl I l'écumoire.
qu'on
dans une troifième chau-
>> On le verfe après
du feu, oùt on
dière, encore plus rapprochée foin & oùt il fe
continue à Pécumer avec
la
il eft épanché dans
change en firop : puis
aétif
dernière, - nommée batterie, oir un feu plus
lui faifant évaporer le refte des parties aqueufes;
néceflui donne bientôt le degréd'épaififcment
faire à fa cuiffon.
desbacs de
> Alors on met le fucre dans
bois;
s'il doit refter brut ,& dans
pour le refroidir,
f on veut
des pots de terre 2 en forme conique,
le blanchir.
vafes,
fe forme fa
> C'eft dans ces derniers
que
crydallifation; & c'eft de fa cryfiallifation que
cette blancheur éclatante, qui diftingue
provient
aujourd'hui le fucre de Saint-Domingue.
ferait
ici le moment de jetter
9) Ce
peut-être
jour fur Popération la plus importante
quelque
& la moins connue de l'art du fucre.Je pourrais
démontrer qu'on ne fuit, pour l'obtenir , que
incerrains & prefque toujours
des procédés
eft fouvent l'efinéxacts; que la plus parfaite
de la
fet du hafard, ou de la qualité fupérieure
provient
aujourd'hui le fucre de Saint-Domingue.
ferait
ici le moment de jetter
9) Ce
peut-être
jour fur Popération la plus importante
quelque
& la moins connue de l'art du fucre.Je pourrais
démontrer qu'on ne fuit, pour l'obtenir , que
incerrains & prefque toujours
des procédés
eft fouvent l'efinéxacts; que la plus parfaite
de la
fet du hafard, ou de la qualité fupérieure --- Page 141 ---
SUR SAINT-DOMINGVE
matière première, qui produit du fucre très- 127
beau,malgré tout ce qu'on fait pour le gâter; &
gu'enfin une méthode certaine ferait d'autant
néceffaire,
plus
9 quele quart des revenus d'une fucrerie fe perd fouyent dans lesmains d'un Raffineur
mal-habile.
> Je pourrais 2 dis-je 2 facilement donner ces
triftes preuves, & indiquer les moyens
remédier : maisje laiffe 2it Colon eftimable d'y
le premier, a découvert la vraie
(:) qui,
façon de faire
cryftallifer le fucre, le foin de nous décrire fes
procédés. Ils feront firement partie de l'Ouvrage qu'il deftine à Putilité de fes concitoyens,
& qui achevera de lui mériter la reconnaiffance
qu'il leur a infpirée.
>> Il me refteà vous obferver
eft bien étonnant que M. H. ait Monfieur, qu'il
nière auffi
parlé d'une mafuperficielle de l'arrofement de SaintDomingue. Le moyen le plus puiffant de feconder la terre & de prévenir la ftérilité des féchereffes dévorantes que nous éprouvons périodiquement, méritait bien gu'on développât fes
avantages. Les habitans desplaines du Port-auPrince, 2 les feuls qui en jouiffent encore, verraient, avec reconnaiflance, l'éloge de leur induftrie, 2 & les Colons, de la partie du Nord &x
de celle du Sud, béniraient l'Ecrivain
aurait fagement combattu leurs
utile, qui
préjugés, en
(r) M. Belin de Villeneuve.
éprouvons périodiquement, méritait bien gu'on développât fes
avantages. Les habitans desplaines du Port-auPrince, 2 les feuls qui en jouiffent encore, verraient, avec reconnaiflance, l'éloge de leur induftrie, 2 & les Colons, de la partie du Nord &x
de celle du Sud, béniraient l'Ecrivain
aurait fagement combattu leurs
utile, qui
préjugés, en
(r) M. Belin de Villeneuve. --- Page 142 ---
128 NOUVELLES CONSIDIRASTONS
à conferver la richeffe de leurs
leur apprenant
l'inclémence des faifonss
culrures, & à vaincre
avantage ;
3 Eft-il pofible, Monfieur, qu'un
ofdes rivières nombreufes & abondantes
que frent à tous les habitans de Saint-Domingue,
foit mis à profit que dans un coin de cette
ne
que le refte s'imagine que
Ile ? Eft-il pofible refroidit les terres? Eft-il
P'arrofement épuife &
diftribution
que le projet fi utile de la
poffible
n'ait éprouvé que des difficultés,
de PArtibonite
8 furla facilité connue de Péxécution,
malgré
Timmenfité des produétions qui en
tout malgré
enfin qu'une plaine,
réfulteraient ? Ef-il poffible
devenir la plus riche de Saint-Doqui pourrait
jouir des avantages que
mingue, ne puiffe pas
& lan-.
la nature lui a donnés avec profufion,
guiffe dans une ftérilité funefte? connaiffent vaiLes habitansde r'Artibonite fi
d'cux ; ils le
nement le bien qu'ils ont
près
mais ils
ils le defirent avec pafion ;
voient ,
Comme Tantale, au milieut
craignent d'en jouir.
abreuver, & tremdes eaux, ils ne peuvent s'en
foit la fuite
inondation fatale ne
blent qu'une
fertiliferaient leurs champs.
des arrofages qui
fervent d'obftacle à
> Si ces vaines terreurs
des crain*
Pétabliffement de cette vafte plaine 2
à Pars
encore plus mal fondées, ,s'oppofent Les
res,
du Nord & du Sud de la Colonie.
rofement
halitans
'en jouir.
abreuver, & tremdes eaux, ils ne peuvent s'en
foit la fuite
inondation fatale ne
blent qu'une
fertiliferaient leurs champs.
des arrofages qui
fervent d'obftacle à
> Si ces vaines terreurs
des crain*
Pétabliffement de cette vafte plaine 2
à Pars
encore plus mal fondées, ,s'oppofent Les
res,
du Nord & du Sud de la Colonie.
rofement
halitans --- Page 143 ---
SUR SAINT-DOXINGUE
habitans craignent d'y épuifer leurs
ne fongent pas que les fels,
terres : ils
rivières
que charroient les
, procurent au fol qu'elles
même après l'avoir fait beaucoup
inondent,
chaleur & une fécondité bien produire, une
celle qu'il poffédait
plus grande que
avant. Ils ne fongent pas
que l'arrofement, loin d'épuifer leurs habitations, 3 ferait peut-être le moyen le plus
à les engraiffer lorfqu'elles s'ufent.
propre
Les Chinois
nous en donnent léxemple : les habitans du
Cul-de-fac l'ont depuislong-tems
imité, fans pouvoir perfiader leurs heureufement
voifins.
9 Qu'onne m'objedte point que leur fol n'eft
pas le même ; je fuis certain du contraire,
terreins de Jacquezy, de Caracole & du Les
tier-Dauphin s font parfaitement femblables Quarceux des Savannes du
à
Blond; ceux du
Morin & de Limonade reffemblent
Quartier-
& enfin Maribaroux & le
au Boucaffin;
l'excellent
Bas-Limbéfont comme
quartier des Vafes (1) : ainfi du
tout eft plus ou moins rapproché,
refte;
9 D'ailleurs plus de différence ferait fans
Quelle eft l'adion des eaux dans la
danger,
d'en diffoudre les
terre ? C'eft
parties intégrantes propres à
(1) Nous ne croyons pas entièrement à cette
blance : le Bas-Limbé contient peu de terre
reffemles Vafes en ont beaucoup.
calcaire, &
Parie I.
I
quartier des Vafes (1) : ainfi du
tout eft plus ou moins rapproché,
refte;
9 D'ailleurs plus de différence ferait fans
Quelle eft l'adion des eaux dans la
danger,
d'en diffoudre les
terre ? C'eft
parties intégrantes propres à
(1) Nous ne croyons pas entièrement à cette
blance : le Bas-Limbé contient peu de terre
reffemles Vafes en ont beaucoup.
calcaire, &
Parie I.
I --- Page 144 ---
CONSIDERATIONS
132 NOUVELLES des végétaux, , & de les faire 2 par ce
la nutrition
dans leurs fibres, avec le: mémoyen, circuler
très-fine, dont M. Tull
lange de cette poudre
Cefyftème
prétend que les plantes fe nourrifent, les terres
5 parait d'autant plus vraifemblable, que font auffi
calcaires qui font les plus produ8ives,
les plus folubles à Peau.
intéque ces parties
> Il eft auffi.très-certain
abiondamment,
grantes de la terre fe régénèrent
l'arroTadaption des fels que procure
tant par
de fumier que la canne
fage, que par la quantité
fécondes
rend à la terre , & par les vapeurs
qu'elle attire de l'air.
des terres 2 l'eau
au refroidiffement
>> Quant
feule avoir cesinconvéniens;
ftagnante pourrait
par des foflés proil eft aifé de s'en préferver
&
a
à proportion de
fonds qu'on doit multiplier
Tépaiffeur 7 du fol.
Tarrofement réuMonfieur, que
>> Obfervons, d'avoir les plus belles cannes s
nit à Yavantage
par rapport aul
celui de les rendre toutes égales,
dans
qu'on: a été obligé de pratiquer
nivellement
Vavantage inappréciable
les champs ; 8c fur-tout
la
le plus beau fucre 2 en préfervant
de procurer
fécherefle & Pinégalité du
canne des vices quela
oàl'on n'arrofe pas.
follui occafionnent par-tout Colons incrédules; feenfin des
>> Perfuadons
de comparablepour
fonsdeurfentiro quiln'yarien --- Page 145 ---
SUR SAINT-Do MINGUE: -
eux à l'agrément de cultiver des champs immenfes, parfairement applanis, & d'y pouvoir à fon
gré promener les eaux dans des canaux alignés
à perre de vue 2 & fymmétriquement diftribués
pour y apporter la fécondité, Vainement le foleil
embrâfe l'air & flétrit la térre : le Cultivateur
induftrieux fe dédommage des pluies & des rofées que le ciel lui dénie; une immerfion foudaine abreuve fes champs & rend la vie à fes
plantes defféchées : mais fi, au contraire les
orages furieux l'accablent, fi des torrens de pluie 2
noient fon habitation, les mêmes canaux qui ont
fervi dans fes arrofemens à épancher les eaux fur
la terre, fervent encore à l'égoutter, & la préfervent de ces flagnations perfides qui font tout
pourrir,
J'ai, &cc.
Au Cul-defac du Port-au-Prince, le 20 Avil1778.
lij
plantes defféchées : mais fi, au contraire les
orages furieux l'accablent, fi des torrens de pluie 2
noient fon habitation, les mêmes canaux qui ont
fervi dans fes arrofemens à épancher les eaux fur
la terre, fervent encore à l'égoutter, & la préfervent de ces flagnations perfides qui font tout
pourrir,
J'ai, &cc.
Au Cul-defac du Port-au-Prince, le 20 Avil1778.
lij --- Page 146 ---
CONSiDIRATIONS
NOUVELLES
LIVRE
QUATRIEME
Du Commerce.
PREMIER
DISCOURS
Des Mornoies.
25r:WI La
MH. débute par ces mots > page
les beeft de rapprocher
> icience du commerce de les fatisfaire >,
>> foins des moyens
c'eft encore là une phrafe
Il nous femble que fallait dire que la icience
à retourner 5 & qu'il
des befoins les
eft de rapprocher
le
du commerce
; parce qu'en effet 2
moyens de les fatisfaire befoin
lui. offrir
commerce va trouver le
&le pour befoin n'eft
peut le faire difparaitre,
ce qui
ou font les moyens,
porté par le commerce
Serait-ce
pas
où eft le befoin.
mais bien les moyens du Copifte ? Nous étions
donc encore une faute
l'avions trouvée"
difpofés à le croire, f nous ne
a de finguà la page 271 ; & ce qu'ily
répêtée
lexplication que M. H. y joint
lier, c'eft que
davantage
lni-mèmes ne fait que nous engager
à changer fa phrafe. --- Page 147 ---
SUR SAINT-DoxiNeUE
Nous trouvons au. bas de la
qu'il faut relever.
page 260, une note
4 Au mois de Juin 1774, les monnoies
9 pées ont été réduites au
coupoids, mais fur
> pied. de 1,080 livres le marc. Ce
le
9 préfente les mêmes inconvéniens réglement
9> mentation des piaftres
que l'aug-
> l'or à travailler
gourdes 2 parce que
ne peut pas valoir
5> 940 livresle marc dans toute
plus de
9 forte
PAmérique; enqu'ily ai 140 livres par marc entre
> monnoie coupée & l'or en
Por
Les monnoies
lingor >.
coupées ont été réduites au
poids, furle pied de 1,087 livres Iofolsle
M. H. aurait pu facilement être éxad marc.
point. Il fe trompe auffi far la valeur fur ce
travailler dans
de l'or à
P'Amérique, en ne le portant
940 livres le marc, Elle.eft de 960 fur le qu'a
120 livres Fonce, & la
pied de
fur
poudre d'or eft
un taux bien plus haut par les Orfévres. payée
II n'y a point d'inconvéniens à
monnoie réduite au poids foit
ce que la
rif plusfort
l'or
prife fur un taque
d'orfévrerie, & cela ne
vait même être autrement fans
pouvoicila raifon:l'or des
injuflice ; en
Quadruples, Louis d'Efpagne & Portugaifes a eft à un plus haut titre
que celui qu'on emploie dans
au
F'orfévrerie, même
poinçon de Paris, celui ci n'étant
karars, tandis que le premier eft à qu'a.vingt
vingt-deux.
Iuj
l'or
prife fur un taque
d'orfévrerie, & cela ne
vait même être autrement fans
pouvoicila raifon:l'or des
injuflice ; en
Quadruples, Louis d'Efpagne & Portugaifes a eft à un plus haut titre
que celui qu'on emploie dans
au
F'orfévrerie, même
poinçon de Paris, celui ci n'étant
karars, tandis que le premier eft à qu'a.vingt
vingt-deux.
Iuj --- Page 148 ---
CONSIDÉRATIONS
F134 NOUVÉLEES on n'en a pas détérioré
Enrognant lesefpèces,
conftifor,on n'a fait qu'enlever une partie
bon
néceffaire pour faire un
tuante du poids
quatre grains,
quadruplequidoir pefer fept gros,
donc en
foixantehuit ent-qummtecnauiemete fur le pied de fon poids
ae ne la faifant prendre que
conferver le haut
reftant, on devait néanmoins
titre de lor qui en fait la matière.
de 1774, qui a réduit aut poids
L'opération
fut uine crife violente,
les monnoies coupées 9
fes pronéceffaire:le mal était terrible,8c
mais
mené la Colonie à une fubverfion
grès auraient
l'abondance du numétotale, lors même que
riche. Quelques
raire laurait fait paraitre plus était égal que le
fpéculateurs ont prétendu qu'il le donnait pour
numéraire fûi idéal, puifqu'on
Ce raifonnela même valeur: qu'on l'avait reçu.
de
fi le figne repréfentatif
ment ferait jufte 2
chez tous les Peuples de
120 livres était reçu
pour ce même
PUnivers,coupé. 7 altéréou non, dans un feul enprix: Mais dès que ce n'eft que doit attirer dans ce
cette illufion locale
droit ,
faibles ou faufles des
pays toutes les efpèces doit même jamais y en
autrés nations ; on ne.
puifqu'en les rognant
verfer que de femblables, cent. C'eft ainf que
de 40 à 59 pour
on gagne
devenuele réceptacle de toures,
la Colonie ferait
fouffertle travail des Bitauraient
les pièces qui
lonneurs.
dès que ce n'eft que doit attirer dans ce
cette illufion locale
droit ,
faibles ou faufles des
pays toutes les efpèces doit même jamais y en
autrés nations ; on ne.
puifqu'en les rognant
verfer que de femblables, cent. C'eft ainf que
de 40 à 59 pour
on gagne
devenuele réceptacle de toures,
la Colonie ferait
fouffertle travail des Bitauraient
les pièces qui
lonneurs. --- Page 149 ---
SUR SAINT-Dovixoug
On fent bien que Ce Pays, qui n'eft déjà 135
trop celui des chimères, l'eût été totalement que
forcément
&
pour tout le monde: or il n'eftjamais
d'avantage réel à vivre dans l'erreur
des monnoies
2 & celle
en entraîinait après elle d'innombrables.
Aujourd'hui que le tems a effacé
vive que le déchirement du voile limpreffion
occaliona, on
commence généralement à comprendre combien
il était important d'arracher fans délai
Colonie à l'erreur
une grande
capitale qui linfeftait. On
applaudit maintenant à l'homme fage qui aima
affez la Colonie pour vouloir opérer fon bien
permanent fous l'apparence d'uni inconvénient
paffager 2 & qui eut le courage de mériter des
applaudiffemens éloignés à travers des murmures préfens. M. PIntendant de Vaivres
décida
ne fe
qu'après un long éxamen à opérer cette
révolution. L'heureufe prolongation de fa
l'a rendu témoin lui-même des
régie
reviennent
avantages qui en
aujourd'hui à Saint-Domingue, & le
tems, ce creufet toujours ffr, ajuftifié fon
ration aux yeux de tout le monde,
opéM. H. fe contredit fouvent d'un
F'autre, dans le cours de fon
chapitre à
ne nous a point
Ouvrage, & cela
furpris ; il faut être profond
pour être conféquent; mais qu'il fe contredife
dans la même
dans
page, 2
le même alinéa, prefliv --- Page 150 ---
CONSIDERAIONS
136 NOUYEELES voilidu rare & de Pétohqu'à la même ligne,
ce paffage de la
nant.. Citons- en pour éxemple d'abord échapé, , &
page 255 > qui nous avait revenions fur nos.
qui mérite bien que nous
pas..
le taux des efpeces pour en em44. Augmenter c'eft fubftituer une monnoie
> pêcher la fortie,
& cela ferait d'au-
>: faufe à des valeurs réelles, Colonie, que nous
dans la
4 tant plus dangereux
Nation étrangère, &
la monnoie d'une
s tirans donnerions alors plus de marchan-
> que nous
de monnoies qui
avoir une quantité
>> difes pour
plus de chofes Mo
* procurait auparavant
mais M, H. fe
Tout ceci parait aflez jufte ;
d'avoir bien nraifonné - ajoute auffi-tôt,
repentant
deurées fuit toujours la pro4 La valeur des
augmenter l'un
des fignes; ; on ne peut
> greffion
> fans lautre >.
des denrées augmente en
Mais Gla valeur
des fignes > T'E(paraifon de la progreffion
dont
qui m'apporte fa piaftre gourde 2. d'un
gnol
chez moi la valeur faive
Faurai augmenté de moi > en échange 2 une
dixième, recevra
pareillement
aune de toile que faugmenterai
de
fuivant le dernier principe
d'un dixième ,
lui-même ce qu'it
M. H. Il détruir donc par-là haut que nous dons
plus
a dit immédiatement
pour une quantité de
xerions plus de marchandifes
apporte fa piaftre gourde 2. d'un
gnol
chez moi la valeur faive
Faurai augmenté de moi > en échange 2 une
dixième, recevra
pareillement
aune de toile que faugmenterai
de
fuivant le dernier principe
d'un dixième ,
lui-même ce qu'it
M. H. Il détruir donc par-là haut que nous dons
plus
a dit immédiatement
pour une quantité de
xerions plus de marchandifes --- Page 151 ---
SUR
monnoie
SANT-DOMINGUE
qui procurait auparavane plus de chofes. 137
Convenons d'une vérité certaine &
faurair être trop répétée
qui ne
Auduation de
pour fixer à jamais la
zion du
l'impéritie, c'eft que l'augmentafigne répréfentatif étant
toujours monter la chofe
locale, 2 y fera
mal
les
en raifon; & c'eft un
pour
Colonies dont les richefles n'ont
déjà que trop de valeurs
néceffairement
imaginaires. Il faut
y fuivre la
des
ces dans le refte du monde, proportion
efpè.
merce n'aura
fans quoi leur comque des bénéfices illufoires. Nous
avouons même n'avoir jamais
diftinétement la raifon
pu appercevoir
qui a déterminé à ce
tiersd'augmentation: fur Ia monnoie, établi
touites les Iles de l'Amérique.
dans
taxer
Nous n'ofons
d'erreurun ufage général . cependant nous
n'avons encore entendu que des
le juftifier > & nous
fophifmes pour
demanderons, 2. en
par quelle raifon les Colonies
outre,
tinent n'ont
Anglaifes du Conpas admis laugmentation
leurs liles, & pourquoi
reçue dans
étions-nous
nous-mêmes nous en
difpenfés au Canada, &le 1
nous encore à Cayenne A
fommesPaffonsau projet propofé par M. H., P.
pour remédier à la difette
26r,
cent millions de numéraire
d'efpèces. Il dit que
égaux 2
liv.
6fols 4 deniers tournois
66,333.333
fufraiene G
aux befoins de la Colonie,
au-delà,
ue dans
étions-nous
nous-mêmes nous en
difpenfés au Canada, &le 1
nous encore à Cayenne A
fommesPaffonsau projet propofé par M. H., P.
pour remédier à la difette
26r,
cent millions de numéraire
d'efpèces. Il dit que
égaux 2
liv.
6fols 4 deniers tournois
66,333.333
fufraiene G
aux befoins de la Colonie,
au-delà, --- Page 152 ---
NOUVELLES CONSIDÉNATIONS
nous
Nous trouvons d'abord une erreur que
favons à
attribuer. Cent millions des
ne
quoi
liv. 13f. 4 2 d.
Colonies font égaux à 66,666,666
n'y a qu'un tiers de différournois, puifqu'il
Calculateur s'anrence: On n'aime pas qu'un
nonce ainfi par des fautes contre les premières
règles des nombres.
qui forment le projet,
Des fept propofitions
contradictoires;
il en eft deux qui nous paraiffent
& la quatrième, les voici,
favoir, 2 lafeconde
page 262.
c'elt-à-dire,
foient réelles,
K Que lesefpèces
la matière foit le gage de fa valeur ,
> que
Et plus bas,
foit d'une
K Que la valeur des efpèces
prodifférente de celle des monnoies qui
>> portion
9 ont cours dans le Royaume w. e
e
:.
être
bénéfice de la fabrication pourrait
4 Le
>.
> de dix pour cent fans ancuninconvénientM. H. ferait bien de nous expliquer comment
la matière foit le gage de la valeur
il veut que
en même tems
d'une piéce d'or ou d'argent,
de donner un bénéfice de dix pour
qu'ilp propofe
& que la proportion
cent pour la fabrication,
celle de
de cette monnoie foit plus faible que
comment fe peut-il alors que l'once
France :
refte toujours le gage de 9 livres 2 ard'argent --- Page 153 ---
SUR SAINT-DONINGPE
gent des' Ies, en même tems
91 livres il ne faudra
que pour faire
monnoie
plus une once 3 puifque la
fera plus faible & diminuée d'un
dixième pour bénéfice de la fabrication 2 C'eft
s'occuper trop long-tems d'une abfurdité,
M. H., après avoir indiqué
drait jetrer
comment il fau100,000,000 dans la
la bonne foi d'avouer,
circulation, a
impofible de les faire page 264 2 qu'il parait
fournir à la Colonie. Cependant il reprend courage, & comme ces
decins un peu charlatans
Mébord de l'état d'un
qui défefpèrent d'aplus de
malade, pour avoir enfuite
gloire à le guérir, il nous
fin les moyens de
propofe à la
fidérable.
trouver une fommeaufi confervent Suivons-le dans fes elforts, & s'ils ne
qu'à nous perfuader qu'il eft en effet
impofible de faire fournir
Colonie, fouvenons-nous 100,000,000 par la
tcujours beau à M. H.
du moins qu'il eft
d'avoir
( Le verfement, dit-il,
tentél'impofible.
P.264,de
s d'argent, ou or monnoyé,
100,000,000
>>
Peut fe faire en
quinze ans 2 & l'exploitation des
s c'pagnoles en fournira la matière, monnoies
> égard il foit befoin de
fans qu'à cet
9> caution.
prendre aurcune
.
préPour parvenir à ce
> ment, il fuffirait de faire
verfe-
>1 ment des droits
2 outre le prélève-
> pôts de la Colonie ordinaires 2 fubfides & im2 un emprunt au nom dh
,000
>>
Peut fe faire en
quinze ans 2 & l'exploitation des
s c'pagnoles en fournira la matière, monnoies
> égard il foit befoin de
fans qu'à cet
9> caution.
prendre aurcune
.
préPour parvenir à ce
> ment, il fuffirait de faire
verfe-
>1 ment des droits
2 outre le prélève-
> pôts de la Colonie ordinaires 2 fubfides & im2 un emprunt au nom dh --- Page 154 ---
NOUVELLES CONSIDIRATIONS
140 fur tous les habitans , par répartition, ou
* Roi
taxe réelle de leurs biens, rem-
> fil'on veut, par
fur les deniers royaux.
ans
9> bourfableen quinze ferait de la fomme de 6,000,000
P Cet emprunt
dela Codans les villes principales
> à employer
choifies au prix du cours >.
>> lonie, en deorées
euffions defArrêtons-nous ici, quoique nous
fans. interruption M. H. jufqu'à
fein de copier
vienfon dernier moyen; mais nos réfléxions
elles nous preffent, & ne
nent en abondance 2
fans demanpas de continuer,
nous permettent à M. H. comment il a pu dire
der auparavant
doit
T'exportation des monnoies.e efpagnoles
que
verfement
met à 6,000,000
fournir à un
qu'il
tandis qu'il nous apprend, page 253,
par an 2
4,000,000 de piaftres.
<
ne fort qu'environ
& que
les ans, des Colonies E(pagnoles,
a
de lAmérique 2 au
> les Colonies Françaifes
pour un
9 vent & fous te vent,n'y entrent pas
un
dixième elles en peuvent retirer encore
9>
leur commerce avec les An9 vingtième par
> glais >.
Calcalons.4,000/0001 de pialt.fonra4000oo1.
tourn. Le dixième de 24,000,000l.ef 2,400,0001.
livres, ce qui fait en
le vingtième 1,200,000
entre toutes
à partager
tout par an, 3,600,000;1.
trouver
les Ifles Françaifes. Or 2 comment y
doit
affez de matière pour un remploiannuel qui
vingtième par
> glais >.
Calcalons.4,000/0001 de pialt.fonra4000oo1.
tourn. Le dixième de 24,000,000l.ef 2,400,0001.
livres, ce qui fait en
le vingtième 1,200,000
entre toutes
à partager
tout par an, 3,600,000;1.
trouver
les Ifles Françaifes. Or 2 comment y
doit
affez de matière pour un remploiannuel qui --- Page 155 ---
SUR SAINS-DOMINGUE
monter à 6,666,666 livres 13 fols
pour qu'ati bour de
4 deniers 24
quinze ans il puiffe avoirles
100,000,000 qu'il demande, M. H.n'ar même
voulu former fes appoints juftes
pas
gligence!
; quelle néEn outre 9 les 6,000,000 que M. H.
fi fimple d'emprunter des Habitans
trouve
d'en acheter fur les lieux
2 il propofe
même de la denrée
voyée & vendue en
enples
France; alors les quadruefpagnols de nos Ifles > y reftant comme
brication auparavant, fe trouveront d'un côré, & la faà laquelle elles devaient fournir
l'autre. Bel arrangement!
, de
En vérité c'eft à
l'eût fait
merveille, & quand M. H.
exprès pour fe moquer des bonnes
qui voudraient faire
gens
jet, il ne pouvait mieux quelqu'attention à fon propendant un peu de
réuflir. Nous avons cevoulu de deffein fcrupule à croire qu'il ait
bon-hommie
formé abufer ainfi de notre
bien, &
3 peut-être nel'entendons nous
en ce cas comme dans
pas
tres, ile en faut accufer la faibleffe beaucoup d'auligence
de notre intelqui ne peut concilier des chofes
parence fi oppofées, & ne faifit
bien en apdélié qui les réunit
pas
le fil
fur
: paffons donc légérement
daulfe petites difficultés, & ne nous arrêtons
qu'à éxaminer fi l'emprunt
eft praticable &
propofé f leftement
avantageux,
'entendons nous
en ce cas comme dans
pas
tres, ile en faut accufer la faibleffe beaucoup d'auligence
de notre intelqui ne peut concilier des chofes
parence fi oppofées, & ne faifit
bien en apdélié qui les réunit
pas
le fil
fur
: paffons donc légérement
daulfe petites difficultés, & ne nous arrêtons
qu'à éxaminer fi l'emprunt
eft praticable &
propofé f leftement
avantageux, --- Page 156 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
ton
à la phrafe laconiOn croirait au
décifif,
facile
n'eft rien de plus
que
que de M. H., qu'il
cette opération.
le
des
dit-il, outre prélèvement
6 Ilfufirait,
fur tous
faire un emprunt
>. impôts ordinaires,de
> les habitans.
tous les
de doubler précifément
:. C'eft-à-dire
à jamais la France d'un
impôts. Dieu préferve tranchant! Il veut faire
Contrôleur général auffi
de fonds:
de finance, &il n'a pas
une opération P'arrêter! Il double Pimpôt d'un
bagatelle pour & voilà des millions créés. Quel
trait de plime,
fécondité !
coup de génie ! Quelle
difons
M. H.
Laiflonsà part l'ironie, &
que
fait pour les fpéculations financières,
parait peu
Thabitude de
& que n'ayant, fans doute, pas
ille fait bien malheureufe-.
rêver fur ces objets,
il s'en avife. En effet,
ment lorfque par hafard Colonie rend à peu
lorfqu'on eftime que la
un milrendre au Roi, ,
près tout ce qu'elle peut
un doulion haut ou bas, comment lui propofer l'avan-"
blement fubit d'impôt,pour lui procurer
contefté d'un. numéraire plus abondant?
tage
l'avantage contefé, d'après la reNous difons
de l'Auteur de THfmarque jufte & prévoyante
dange-
&c. qui dit qu'ilferait
soire Philofophique,
très-confidérable dans
reux d'avoir runi numéraire
aifé à
les Ifles 2 parce que ce genre de richefles
fer l'avan-"
blement fubit d'impôt,pour lui procurer
contefté d'un. numéraire plus abondant?
tage
l'avantage contefé, d'après la reNous difons
de l'Auteur de THfmarque jufte & prévoyante
dange-
&c. qui dit qu'ilferait
soire Philofophique,
très-confidérable dans
reux d'avoir runi numéraire
aifé à
les Ifles 2 parce que ce genre de richefles --- Page 157 ---
SUR S SAIKT-Doxivous
être enlevé, dans un coup de main, ferait 143
nouvel & puiffant aiguillon à la
un
cupidité d'une
Nation qui regarde les attentats comme juftifiés
par leurs fuccès.
Cette réflexion aurait dû éxempter à M. H.-
les peines qu'il s'eft données pour créer fes cent
millions de nouvelles efpèces. Quand même
projet & les moyens à l'appui feraient auffi bien ce
digérés (1)qu'ils le font mal, l'objet en ferait toujoursl beaucoup trop étendu, & demanderairà être
diminué de plus des trois quarts ; alors
tion n'éxigerair pas un emprunt
l'opératerme
pour quinze ans,
trop long dans les Colonies, & les fommes empruntées pourraient être bien moins confidérables , par conféquent plus faciles à trouver.
Nous croyons
que 18,000,000, . argent des liles
fuffiraient pour jetter dans les affaires toute l'ai-
(1) M. H.a une fi fingulière manière de
projet d'emprunt, àl la page 256, que l'or croit préfenter d'abord fon
qu'il veut faire préter au Roi 9 par la Colonie, , cent millions, ce qui a fouverainement déplu à fes
mais ayant, à force de relire cet article,
Ledeurs;
ce n'était pas là fon intention, & qu'il demandair découvert que
ment une fois ce qn'il avait l'air de demander feulenous nous empreffons de lui rendre la juftice qui quinze, lui eft
due, afin que fon projet ne refte pas chargé d'une
veur de plus.
défa- --- Page 158 ---
NOUVELLES CONSTDIRATIONS
144 néceffaire ; car le commerce des Colonies
fance
fur l'échanges & prefque
roule en grande partie
à fret pour le
tout le furplus eft embarqué qui vivent en
compte des riches propriétaires
France.
cette fomme en nouveatt
Une preuve que
c'eft que l'excénuméraire ferait très-fufffante,
fur les condent des produgtions de la Colonie
de
fommations n'ayant encore été au plus que
dans la plus brillante année, fur
24,000,000, faut 7 déduire les chargemens à fret;on
lefquels il
circulation, avec envis
fent que 18,000,000 en
feraient au-delà de
ron douze qui y font déjà,
de l'importal'excédent
quoi, payer en argent de la mafle des revenus detion, tout le refte
léchange
vantfe regarder compenfé & payé parl
des objets confommés.
DISCOURS
au plus que
dans la plus brillante année, fur
24,000,000, faut 7 déduire les chargemens à fret;on
lefquels il
circulation, avec envis
fent que 18,000,000 en
feraient au-delà de
ron douze qui y font déjà,
de l'importal'excédent
quoi, payer en argent de la mafle des revenus detion, tout le refte
léchange
vantfe regarder compenfé & payé parl
des objets confommés.
DISCOURS --- Page 159 ---
SUR SAINT-DONINGUE
14;
DISCOURS SECOND,
Des Loix du Commerce,
Cr
chapitre 2 qui n'eft pas 1ong, aurait
être encore plus court fan's
pu
le Ledteur.Le titre
perte marquée Pour
en eft pris
M. H. ne nousfaitmême
négativement, &
rien entrevoir
fuppléer à cette nullité dont il fe
quipuife
figurer à la page 267 le
plaint. Il fait
manière
fyftême de Law d'une
affez inattendue. Ce Difcours eft
compilation d'idées découfues
une
leures font
2 dont les meil-:
pillées dans PHifioire Phitefophique &
Politique, & de phrafes fouvent à moitié
quées. Eft-ce un ftyle particulier
M. H. tronmettre à la mode? Il ne
que
veut
monde, fur-tour
plaira pas à rout le
aux Grammatriens, nous nous
croyons obligés de l'en avertir,
Atr 26
V à
Partie 1.
K --- Page 160 ---
NOUVELLES CONSIDERATIONS
TROISIE M E;
DISCOURS
De Putilité du Commerce avec les Etrangers.
Nous avons lu ce Difcours avec toute l'attention dont nous fommes capables. Les idées
M. H. y expofe fort trop analogues à celque
nous avions mifes au jour, ;, antérieules que
nous puifrement à lui fur ce fujet, pour que
fions les contrarier 2 & les taches légères qui
font
dans deux ou trois endroits de
fe
gliffées
d'une affez
ce chapitre, 2 ne nous ont pas paru
conféquence pour être relevées ; nous
grande
feulement ce que nous avons déjà dit
répéterons
à la fin du Difcours III; du Livre premier 2 que
le commerce avec & chet PEtranger, eft fujet a
de rifques cHez l'Etranger même, > pour être
trop très-actif; d'ailleurs tous les objets que le
jamais
de France ne peut fournir, 3 font aucommerce
favorablement accueillis dans nos Ifles,
jourd'hui
ne cherchent
dont les Adminiftrateurs prudens
plus à faire éxécuter une Loi trop rigoureufe
Texpérience a démontrée contraire à tous
que les intérêts de la Colonie > & même du commerce de la Métropole. De forte qu'un homme
échapé aux Gardes-Côtes Efpagnols ou Anglais,
de danger à fon retour chez lui a
ne trouve plus
de France ne peut fournir, 3 font aucommerce
favorablement accueillis dans nos Ifles,
jourd'hui
ne cherchent
dont les Adminiftrateurs prudens
plus à faire éxécuter une Loi trop rigoureufe
Texpérience a démontrée contraire à tous
que les intérêts de la Colonie > & même du commerce de la Métropole. De forte qu'un homme
échapé aux Gardes-Côtes Efpagnols ou Anglais,
de danger à fon retour chez lui a
ne trouve plus --- Page 161 ---
SUR SAINT-Do M INGUE.
&vend ouvertement ce qu'il aeu lab hardieffe d'al- 147
ler chercher chez PEtranger à travers les
confidérables d'une traite
rifques
prohibée;il il fauten excepter les Négres, 2 dont les arrangemens
avecle commerce de France pour Saint-Domin- pris
gue, profcrivent l'entrée par voie étrangère,
Kij --- Page 162 ---
148 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
DISCOURS QUATRIEME
Des moyens de proctirer à la Métropole tout ce
qui'elle eft en droit d'attendre 'de Pétablifement
de cette Colonie.
D Ès le commencement de ce chapitre,p. 303.
M. H. reprend fa manière de raifonner, que
nous avons déjà reu fi fouvent occafion de remarquer, mais à laquelle nous ne pouvons cepenfaire.
avoir dit que 4 la Colodant nous
Après cultivée & bien admi-,
> nie bien peuplée, bien
à la France 2 dans toutes
9> niftrée, 2 procurerà
ctrit fois plus
s les circonftances, 2 des avantagestous ceux qu'elle a pu fe propofer
>> grands que
préfent >, il ajoute, le
9) d'en retirer jufqu'à
eft,
d'obtenir ces avantages
>> premier moyen.
la culture >.
>> fans doute 2 Tagrandilementde
les
Ceci eft très-bien 1& vous croyez que
fubféquentes font confacrées à la preuve
lignes
ou à déduire les moyens d'ade. ce principe,
Continuons à tranfgrandifement.Pointe durout.
crire, & voyons s'il eft pofible d'appercevoir
la chaîne des idées de M. H.
terreins de prefque toutes les Iles An4 Les
à ceux
font inférieurs en produéions
5 glaifes
de Saint-Domingue ; les
>> de.la côte Françaife
& les Américains les recherchent
9 Européens, 2
es
ou à déduire les moyens d'ade. ce principe,
Continuons à tranfgrandifement.Pointe durout.
crire, & voyons s'il eft pofible d'appercevoir
la chaîne des idées de M. H.
terreins de prefque toutes les Iles An4 Les
à ceux
font inférieurs en produéions
5 glaifes
de Saint-Domingue ; les
>> de.la côte Françaife
& les Américains les recherchent
9 Européens, 2 --- Page 163 ---
SUR
N
SAINT-DOxiscus
cependant
s plus haut beaucoup plus, 2 & les achètent à un
prix. Il y en a deux raifons
> eft la perfualion oùt l'on eft
s l'une
>> point à craindre les
que ces Iles n'ont
orages de la
> feconde eft que les Cultivateurs guerre, La
* rés de trouver
leur
y font affi-
> ché plus
par
Métropole un débougrand & une valeur
> toutes leurs denréess.
plus haute pour
Mais que fait tout ce
diffement de la
paragraphe à l'agranquel M. H. avait culture, premier objet fur led'abord fixé notre attention ?
pourgsifibandonnes-ial
occuper des raifons
tout-d-coup pour nous
terres plus chères qui rendent 2 felon lui, 2 les
dans les Ifles
dans les nôtres? Ce n'était
Anglaifes que
morceau, &
pas là la place de ce
plus nous avançons dans
de M. H., plus nous fommes'
l'Oavrage
tentés
l'opinion que la première ledure d'adopter
affez
en fit naître
généralement : c'eft un tout formé de
ties différentes, compofées
par-
& précipitamment
par plufieurs mains,
bifarre.
afforties d'une manière affez
Nous lifons, 3 page 304, K il faut
4 fixer les
s'attacher à
Propriétaires fur leurs
9 ne peut attendre
de
habitations ; on
que
mauvais
33 régie mercénaire; il eft de
effets d'une
> tropole de ne
l'intérêt de la Mépas l'autorifer, La
p tion des Ifles
confommaAnglaifes ne va pas au-delà du
Kij
ufieurs mains,
bifarre.
afforties d'une manière affez
Nous lifons, 3 page 304, K il faut
4 fixer les
s'attacher à
Propriétaires fur leurs
9 ne peut attendre
de
habitations ; on
que
mauvais
33 régie mercénaire; il eft de
effets d'une
> tropole de ne
l'intérêt de la Mépas l'autorifer, La
p tion des Ifles
confommaAnglaifes ne va pas au-delà du
Kij --- Page 164 ---
NOUVELLES CONSIOTRATIONS
de leurs produéions , parce qu'on. a
% dixième
toutes les hubitationsapparinfent
5 fouffert que
les Culti-
> à de riches Métropolitasins, 8que
fuffent
les Propriétaires (1):
59. vateurs ne
plus
de la Colonie de Saint-Do-
> La confommation
de fes revenus ; on
5 mingue s'élève au quart
& lon doit s'y appliquer
5 peut lagrandir 2
des habitations par
9) d'autant plus., que la régie
en
& la réfidence des Propriétaires
9> économat,
les mains d'un petit
s> France mettraient entre
de tous les.
l'adminiftration
5 nombre d'agens
réduiraient le com9 biens de la Colonie, &
com*
des Villes maritimes à de fimples
> merce
>> miffions >,
d'abord affez bien vu : ce
Cet article parait
contient eft à peu-près la façon de penfer
qu'il
fe contentent d'un
générale de tous ceux qui
mais les.
d'oeil fuperficiel fur ces objets :
coup.
alléguées par M. H.,pour foufauffes. preuves
à l'anatenir fon principe 9 nous ont engagés
du principe même, & nous avouons qu'ily
lyfe
a perdu.
() Ne falait-il pas. encore retourner cette. phrafe 2 Ce &
dire, queles Propriétaires ne fulfent plus Culivateurs?
défaut de fyle eft fi commun chez M. H. 2. que nous
quoique cC
prenons le parti de ne le plus remarquer,
fouvent
renverfement d'exprefions. vienne peur-éure
d'unrenverfement d'idées.
du principe même, & nous avouons qu'ily
lyfe
a perdu.
() Ne falait-il pas. encore retourner cette. phrafe 2 Ce &
dire, queles Propriétaires ne fulfent plus Culivateurs?
défaut de fyle eft fi commun chez M. H. 2. que nous
quoique cC
prenons le parti de ne le plus remarquer,
fouvent
renverfement d'exprefions. vienne peur-éure
d'unrenverfement d'idées. --- Page 165 ---
SUR SAINT-DOMINGUE
Nous ne pouvions nous difimuler
M, 15E H.
s'était
que
trompé en avançant que la confommationdes Ifles
Anglaifes ne va pas au-delà du dixième
de leurs produétions : ayant été à portée de voir
ces objets par nous-mêmes 9. nous n'avons
cru devoir facrifier les connaiffances
pas
phyfiques.
que nous en avions acquifes, à celles que M. H.
n'a pu obtenir que par relation 2 & nous nous
eroyons très-fondés à affurer M. H. lui-même,
qu'ils'eft mépris du tout au. tout fur cet article;
nous ne lui en donnerons qu'une
ne pourra refufer. C'eft
les preuve qu'il
que
ports des Ifles
Anglaifes font ordinairement
de
vires. qui
remplis
nan'y trouvent pas de quoife
& ces navires ne fonr cependant
charger >.
pasvenus vuides
d'Europe : le bas prix de l'affrétement
fert de nouvelle
à
Anglais
preuve ce fait : notez
dant quela Dominique &
cepenfieurs fois
laJamaique ont vu plugrofir la maffe de leurs produétions
d'une partie des nôtres, d'après l'aveu. de M. H.
lui-même.
Il nous parait encore moins excufable. lorfqu'il dit, que la confommation de
Saint-Domingue s'élève aul quart de fes revenus. Nousle
-voyons pour réponfe, à la balance
rendes tableaux des années
qui réfulte
1776 & 1777, que nous
avons foumis aux yeux & à la confiance du
Public; il verra qu'il s'eft trompé de
moitié,
plus de
Kiv
aveu. de M. H.
lui-même.
Il nous parait encore moins excufable. lorfqu'il dit, que la confommation de
Saint-Domingue s'élève aul quart de fes revenus. Nousle
-voyons pour réponfe, à la balance
rendes tableaux des années
qui réfulte
1776 & 1777, que nous
avons foumis aux yeux & à la confiance du
Public; il verra qu'il s'eft trompé de
moitié,
plus de
Kiv --- Page 166 ---
NOUVELLES CONSIDIRATIONS
les plaines de SaintLorfqu'on a parcouru devrait
dire, on ne péut
Domingue, on ne
pas
mercénairs.
attendre que de mauvais effus d'une régic
n'a pu
ferait pardonnée à celui qui
Cette phrafe
des obfervations locales:
reétifier fes idées par
d'un homme
mais elle eft inexcufable de la part belles habiqui a vu les plus grandes & les plus
2:
des fondés de procuration
tations régies par fuccès & la plus geande inavec le plus grand
tégrité.
avouons avec franchife que
Pour nous, nous
nous avons
ce n'eft pas fans étonnement hommes que
inftruits
trouvé prefque par-tout des
de Réces places
& trèscintelligens. 2 remplifant
accordées
giffeurs qui ne font aéluellement
en detalens relatifs à Çei emploi 1, qui
qu'aux
d'une forte. Comme ces places
mande de plus
deviennent Pobjet de
elles
font très-lucratives, de perfoanes: s3 un ProFambition de beaucoup.
à chaifir, 8 pour
priétaire trouve facilement
nombrer de
obtenir la préférence fur un grand fe faire une
concurrens. 2 il faut néceffairement & de capacité:
réputation de bonne conduite
à leurs
même qui la doivent quelquefois
ceux
mérite, fe voient forcés,
intriguesplus qu'àleur
conferver dans ces places 2 d'acquérir
pour fe
n'avaient pas en y entrant.
des qualités qu'ils
heureux dans fes
Quoique M. H. ne fit pas
ment
nombrer de
obtenir la préférence fur un grand fe faire une
concurrens. 2 il faut néceffairement & de capacité:
réputation de bonne conduite
à leurs
même qui la doivent quelquefois
ceux
mérite, fe voient forcés,
intriguesplus qu'àleur
conferver dans ces places 2 d'acquérir
pour fe
n'avaient pas en y entrant.
des qualités qu'ils
heureux dans fes
Quoique M. H. ne fit pas --- Page 167 ---
SUR SAIRT-DONENGUE
preuves, fon principe, qu'il fauc frer les Pro- 153
pridtaires fir leurs habications,
être vrai; il avait même 2 pouvait néanmoins
> quoique faiblement
étayé,je ne fais quoi de fpécieux
tait malgré nous, & nous
qui nous caprobés à fon illufion,
ne nous fommes dééxamen très-férieux qu'après en avoir fait un
: cependant nous
terons nos idées fur ce
ne préfentrême
point qu'avec une exdéfiance; c'eft au Public à décider
font juftes,
fi elles
Il nous femble que le
lement fuivi à
fyftême, 2 affez généraSaint-Domingue,
France & de laiffer des
d'allerjouir en
de contrarier les
gérans fur fes biens, 3 loin
intérêts de la
devient
Métropole lui
être avantageux. En effet, il ne pourrait lui
rait préjudiciable qu'autant que Pon
que la régie prétendue
fuppofeferait aux progrès de la
mercénaire s'oppotation exploitée
culture, & qu'une habipar un gérant donnerait
coup moins de denrées
fi
beaufon propriétaire
que elle l'était par
lument
: or, cette fuppofition eft abfocontrariée par les faits :
gie
d'abord, > la réefdmal-à-propos appellée
Gérans font
mercénaire, Les
prefque tous
ordinairement le dixième copartageans : ils ont
à la chofe, ils font
des revenus. Intéreflés
doncobligés
à fon amélioration ; leur
perfonnellement
impéritie, retomberair négligence , ou leur
direétement fur eux. Cet
fuppofition eft abfocontrariée par les faits :
gie
d'abord, > la réefdmal-à-propos appellée
Gérans font
mercénaire, Les
prefque tous
ordinairement le dixième copartageans : ils ont
à la chofe, ils font
des revenus. Intéreflés
doncobligés
à fon amélioration ; leur
perfonnellement
impéritie, retomberair négligence , ou leur
direétement fur eux. Cet --- Page 168 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
fuffit donc pour raffurer fur le
arrangement
outre, un Gérant
moins dans les produéions.En
d'un
étant moins obligé à tous. les embarras.
faftueux
femble Papanage indifpenhuxe
2 qui
eft dans le cas de
fable d'un grand Proprictaire,
d'EC
faire plus de revenu avecle même nombre
claves & d'animaux 2 parce qu'il n'eft pas contraint d'en détourner plufieurs dutravail des manufadtures
les occuperà mille commiflions
7 pour
réfidant OCque les alentours d'un Propriétaire
cafionnent chaque jour.
l'on
Après avoir. rendu nul l'inconvénient que
préfumer naître de Péloignement des.
pouvait
faifons voir l'avantage qui nous.
Propriétaires. 2.
la Métropole. C'eft préa paru en réfulter pour
Péxiftence procurée à un grand:
mièrement,
trouvent par-là les
nombre de perfonnes qui
des
de vivre avec aifance du produit
moyens
defquelles la fortune
terres fertiles 2 all partage
hune les avait pas appellées. Une politique
maine & fage doit chercher à faire puifer leplus:
dans ces fources fécondes de
d'individus poffible
de
richeffes qu'il ferait trifte & préjudiciable
laiffer concentrées chez quelques particuliers
donc
à une
opulens. Elle ne peut
qu'applaudir
canaux en faveur
méthode qui ouvre quelques
beaucoup
de Pinduftrie, & elle y gagne même
du côté de la confommation. Les Propriétaires
maine & fage doit chercher à faire puifer leplus:
dans ces fources fécondes de
d'individus poffible
de
richeffes qu'il ferait trifte & préjudiciable
laiffer concentrées chez quelques particuliers
donc
à une
opulens. Elle ne peut
qu'applaudir
canaux en faveur
méthode qui ouvre quelques
beaucoup
de Pinduftrie, & elle y gagne même
du côté de la confommation. Les Propriétaires --- Page 169 ---
SUR
SAINT-DoxINeur
V
qui vivent en France y foutiennent
lant, & verfent fans ceffe
un état bril.
dans la. circulation
net produit qu'ils retirent de leurs biens le
mérique. Ceux, fur-tout, qui habitent les d'A- Capitales, font ordinairement forcés à plus de dépenfes 2 que leur féjour fur leurs
n'en eût exigé d'eux ; dès-lors
habitations
d'Artiftes dont leurs
plus. de gens, ,) plus
rendent
befoins réels & factices les.
tributaires, & moins d'amas
qui font des vols inapréciables
d'efpèces
De
faitsà la fociété.
plus, leurs Gérans qui occupent leurs
en Amérique 2. marchant auffi
places
médiocrité à
par degrés de la
laifance, & de l'aifance à la richeffe, fe livrent
gradativement à plus de dé.
penfe, & multiplient leurs confommations.
Enfin, la crainte que M. H. témoigne à la
de ce paragraphe, eft gratuite &
fin
réfidence des
mal-fondée ; la
trait
Propriétaires en France ne metpoint entre les mains d'un petit nombre
d'Agens l'adminiftration de tous les biens de la
Colonie, & ne réduirait point
lecommerce des
il le
comme
Nrpmarmuassairaisad
prétend.
Il faur abfolument fur chaque
réfidence d'un Maître
habitation, la
quelconque, Certains Négocians du Cap, qui ont des
plufieurs
procurations de
habitations, , font obligés
très-gros des Economes de confiance d'appointer
qui les y. --- Page 170 ---
156 Wewenuecosnatunest
& eux-mêmes vont une fois par
remplacent 2
Cette méfemaine faire une efpèce d'infpeétion.
thode qui nous parait défedtueufe, eft heureufement peu fuivie, &le Propriétaire ne l'adopte
guères que lorfqu'il s'y trouve contraint par
des avances à lui faites, dont la condition a ét6
fa procuration qu'il donne fouvent contre fon
gré, & qu'en revanche, il ôte auffi très-légérement.
Il ferait aufi à defirer 2 politiquement 2 que
dans la claffe
les Gérans ne fuffent jamais pris
des Négocians à qui le commerce a déjà ouvert
un aflez beau champ pour. leur induftrie. A l'égard des Propriétaires 2 ils doivent s'attendre à
moins de foins de la part d'un homme qui eft
occupé d'un autre objet, & qui demeure par
état dans les Villes d 2 que de celui quieft aftreint
a vivre fur un bien dont la conduite fait fon
feul devoir,fexploitation fon unique reffource *
& l'amélioration fon bien-être.
En outre, fi les intérêts des Colons & ceux
du commerce font auffi oppofés que M. H. les
il faut donc que les Négocians 3
repréfente 2
Procureurs d'habitations, d 2 foient à deux vifages 2
& s'occupent fouvent dans le jour, de deuxinfont Agens du comtérêrs contraires,, puifqu'ils
merce de France le matin, & Repréfentans des
Colons le foir.
bien-être.
En outre, fi les intérêts des Colons & ceux
du commerce font auffi oppofés que M. H. les
il faut donc que les Négocians 3
repréfente 2
Procureurs d'habitations, d 2 foient à deux vifages 2
& s'occupent fouvent dans le jour, de deuxinfont Agens du comtérêrs contraires,, puifqu'ils
merce de France le matin, & Repréfentans des
Colons le foir. --- Page 171 ---
SUR SAINT-DOxiNGeE
Mais ce dernier titre leur étant
içulement accidentel, & le premier inhérent, on fent à quelle
impulfion ils doivent céder quand il arrive contrariété. Nousavons vu au Cap, en Février dernier , un éxemple de l'embarras oul les deux rôles.
peuvent les jetter.
Les
Nouveae-dogleteries courant de gros
rifques, dans les circonflances adtuelles,
fe rendre au Môle Saint-Nicolas,
pour
affigné,
qui leur était
comme le feul entrepôt dans
oùt
il leur ffit permis de vendre,
I'lle,
viennent
d'hui direêtement
aujoura
au Cap'qui leur préfente beaud
coup moins de dangers, La Chambre de Commerce de cette Ville, 2 compofée d'un grand nombre d'agens du commerce de France, aurait
voulu, en cette qualité, s'oppofer à l'introduction des Etrangers au Cap, & faire valoir la loi
quil les éloigne des ports de la Colonie,
excepté
celuiindiqué; mais plufieurs de fes membres fe
trouvant Gérans d'habitations, & ayant befoin
des Nouvesux-Angletertien pour le débouché
des fyrops , & l'achat de quelques articles
le commerce de France ne fournit
qué
raient que l'entrée des
pas 2 defiAnglais au Cap fft permife, ou du moins tolérée, La Chambre
a été
long-tems dans cette perpléxité 2 ne fachant
quelle réfolution former;l le traité d'alliance l'en
a heureufement tirée, --- Page 172 ---
NOUVELLES CONSIDERATIONS
de ce que dit M. H. du commerce ré:
Au fujer
ce ferait bien
duit à de fimples commiflions 7
l'effet de la réfidence des Propriétaires
plutôt
auqui, fe trouvant dans un état d'opulence
atteindre, tirequel les Régiffeurs ne peuvent
ils audireêement d'Europe tout ce dont
raient
faire à la fois de groffes
raient befoin, pouvant
n'eft
remifes & de groffes demandes ; ce qui
du Régiffeur qui achete en
pas dans le pouvoir
à mefure
détail, fuivant fes faibles moyens 7
befoins slefollicitent, & calcule felon qu'il
que fes
la maturité
envifage plus ou moins rapprochés,
& linftant de réalifer les produits
des récoltes,
inyincibles
de fon dixième. L'expériencé prouve
ment cet article.
faut
les
M. H. dit, page 305, 4 il ne
pas que
de France qui exportent ces produc-
>> navires
à faire leurs retoursdans
>> tions, foient affujétis
qu'il eft
les
dont ils font partis 2 parce
3)
ports
de la Métropole & de la
9> de Pintérêt commun
& les frais d'un
d'éviter les dépenfes
$> Colonie >
lequel ces denrées ne peu5) entrepôt, pendant
$ vent que dépérir.
croire
c'eft le con-
>> On aurait tort de
que
qui fupporte ces frais & ce dépés9 fommateur
les lui faire
,il
3> riffement : fi on veut
payer, faculachetera d'autant moins 2 parce que les
pas en raifon de la cherté
* tés n'augmenteront
frais d'un
d'éviter les dépenfes
$> Colonie >
lequel ces denrées ne peu5) entrepôt, pendant
$ vent que dépérir.
croire
c'eft le con-
>> On aurait tort de
que
qui fupporte ces frais & ce dépés9 fommateur
les lui faire
,il
3> riffement : fi on veut
payer, faculachetera d'autant moins 2 parce que les
pas en raifon de la cherté
* tés n'augmenteront --- Page 173 ---
SUR
$
SAIST-DONiNcen
que ces frais auront
> tité des denrées à occafionnée;alors1 la quan-
> & leur abondance vendre ne diminuera pas,
amènera
9) rabais. Le Cultivateur
néceffairement le
>> toutes les pertes & fupportera donc feul
>> ploiera
tous les frais ; il empar conféquent moins de
> culture, 2 & les
forces à la
> multiplier, ro,
produéions ne pourront fe
9> On objecterait vainement
> en France
les
que les frais faits
2 avant d'être par
denrées de PAmérique
portées fur le lieu
,
s fommation,
de leur conearichiffent le
> file Cultivateur évite
peuple ; parce que
>> plus riche, il
ces frais inutiles, il fera
pourra
5> pour réuilir dans fa employer plus de moyens
>) feront plus
culture, les produéions
9> moins de grandes 2 & quoique fujettes à
dépenfes, elles
>> de leur maffe plus
porteront, en raifon
>> profit .
confidérable, un plus grand
Nous prions M. H, de vouloir bien
comment il accorde fon
nous dire
lequel il propofe
premier article 5 par
affujettis à leurs que les navires ne foienr pas
puiffent
retours en France ? &
porter direêtement leurs
qu'ils
mérique où bon leur femblera, cargaifons d'Al'on trouve dans fon fecond
avec celui que
près l'Auteur de
volume, oi, d'aTHifloire
mande que Timpôr fur la Philajophigue 2 il dedenrée ne foit payé
il accorde fon
nous dire
lequel il propofe
premier article 5 par
affujettis à leurs que les navires ne foienr pas
puiffent
retours en France ? &
porter direêtement leurs
qu'ils
mérique où bon leur femblera, cargaifons d'Al'on trouve dans fon fecond
avec celui que
près l'Auteur de
volume, oi, d'aTHifloire
mande que Timpôr fur la Philajophigue 2 il dedenrée ne foit payé --- Page 174 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATI0: ONS
arrivée en France. Ce font là des conqu'à fon
embarraffantes. Nous nous
tradiéions un peu
réfervons à en parler encore ailleurs.
Les deux derniers paragraphes que nous ve=
de tranfcrire, dont Fun eft la répétition de
nons
des idées
fautre 2 ne font enfemble qu'une partie
expofées dans le tome V de PH/-
fupérieurement
toire Philofophique , pages 233 & 234.
aux
pref-
: Sir nous avons pu réfifter
argumens
fans de cet Auteur 2 M. H. nous pardomnera
bien de n'avoir pas été entrainés par les fiens
prefque littérale 2 à
qui en font une répétition
avec
la différence que le premier s'exprime
force & clarté, & que M. H. n'a copié que
faible morceau en T'embrouillant tant
le plus
direêtement à
foit peu. Nous. allons répondre
fi
P'Auteur defHifoire Philofophigue,ceft comme
c'était à M. H. lui-même.11 doit nous permettre de préférerle texte à la verfion.
C'eft une vérité hors de conteftation, que les
retombent toujours fur le
frais & les impôts
Cultivateur, quelque détournés qu'ilsparaiffent,
même retomber que fur lui.
& ils ne peuvent
font les feules vraies
Les produéions de la terre
Le
fource, mère de toutes les autres.
richeffes, les faifant valoir plus ou moins 9 en
commerce
étendues;
augmente le prix par des combinaifons
être
mais fon travail n'étant par, lui-même qu'un
de
ation, que les
retombent toujours fur le
frais & les impôts
Cultivateur, quelque détournés qu'ilsparaiffent,
même retomber que fur lui.
& ils ne peuvent
font les feules vraies
Les produéions de la terre
Le
fource, mère de toutes les autres.
richeffes, les faifant valoir plus ou moins 9 en
commerce
étendues;
augmente le prix par des combinaifons
être
mais fon travail n'étant par, lui-même qu'un
de --- Page 175 ---
SUR
de
SAINT-DOSINGUg
raifon, ne peur être affujerti à aucun
ou du moins, ne peur fournir
impôt,
tion
aucune contriburéelle, qu'autant qu'il la prendra fur des
matières éxiftantes, objets de fon induftrie,
qui doivent, par conféquent,
&c
qu'on lui demande,
payer pour elle ce
puifque c'eft elle
ou triple leur valeur.
qui double
Ramenons le commerce à fon
au fimple
état primitif, s *
il
échange; ; éxigez alors de lui un
ne pourra offrir au fifc qu'une
impôr, 3
rées
partie des den+
qu'il aura reçues P pour celles
fournies ; fon quintal de
qu'il aura
fera réduit à
livres fucre, par éxemple s
de poids
aura fatisfair à l'impôt, &
après qu'il
cette fouftradion
en conféquence de
qu'il aura
il
nera en
prévue, ne donéchange que les valeurs
devoir faire, celie de
qu'il eftimera
100 liv., fon bénéfice 95 livres, 7 & non pas de
Cultivateur lui livre y compris, quoique le
tier. C'eft donc le
cependant un quintal en--
l'impôt,
Cultivateur qui a fouffert de
puifqu'il n'a pu obtenir
deg; livres, , au lieu de 10O liv. que la valeur
Mais ne le plaignons
qu'ila fournies.
être autrement.
pas ; la chofe ne fauraic
Puifqu'il eft
mières richeffes
poffeffeur des pre2 il faut bien
aux dépenfes qu'elles
qu'il contribue
éxigent,
fer la jouiffance, & lui
pour lui en affue
duits.
en multiplier les proPartic I.
L
puifqu'il n'a pu obtenir
deg; livres, , au lieu de 10O liv. que la valeur
Mais ne le plaignons
qu'ila fournies.
être autrement.
pas ; la chofe ne fauraic
Puifqu'il eft
mières richeffes
poffeffeur des pre2 il faut bien
aux dépenfes qu'elles
qu'il contribue
éxigent,
fer la jouiffance, & lui
pour lui en affue
duits.
en multiplier les proPartic I.
L --- Page 176 ---
&
s.asceatunce,
Il en eft de même des frais; ils retombent
néceffairement retomber fur le Cultidoivent
très-étendue
la confommation
vateur , parce que
du commerce qui
de fa denrée, par le moyen
eft certain d'en
la charrie, & va Poffrir là oûr il
bien
obtenir un plus grand prix 2 le dédommage éloiau-delà des frais qu'occalionne le tranfport & inde fes denrées, qui refteraient viles
gné
fur le champ qui les a produites, fans
vendues
au loin qui lui en
ces mêmes frais d'exportation
en furaffurent le débit, en même tems qu'ils Culla vente. Mais nonobftant cela, le
chargent
Loi en raifon du befoin,
tivateur fait toujoursla
dans fa dépen-
& le Confommateur eft toujours
Phabitude
dance , parce que les liens puiffans de celui-ci aux
attachent chaque jour plus fortement
jouiflances que lui procure celui-là.
la balance des frais d'exportaAu refte,c'eft
la marchantion & de la valeur qu'en acquerra & le point
dife qui faitla fcience du Négociant,
Toutés les viciffide perfe8tion du commerce. denrées, font des
le prix des
tudes qu'éprouve momentanées, à moins que P'abonconvulfions
& extrême d'une efpèce ne furdance foudaine
confommation ; alors le
paffe tout-à-coup la maitre à fon tour, & la
Confommateur devient
excèdeles
denrée tombe en raifon de ce qu'elle
néceffaires. Le café a déjà fubi ce
fournitures
és les viciffide perfe8tion du commerce. denrées, font des
le prix des
tudes qu'éprouve momentanées, à moins que P'abonconvulfions
& extrême d'une efpèce ne furdance foudaine
confommation ; alors le
paffe tout-à-coup la maitre à fon tour, & la
Confommateur devient
excèdeles
denrée tombe en raifon de ce qu'elle
néceffaires. Le café a déjà fubi ce
fournitures --- Page 177 ---
SUR SAINT-DoxiNGuE
fort
s & l'indigo pourrait l'éprouver un jour
pareillement, fil'on en multipliait les productions 9 parce qu'il ne ferait pas poffible de déterminer l'Europe à augmenter fon goût
la teinture bleue, à raifon
pour
qu'on en
rait les cultures. Le fucre femble la feule augmentede denrées que l'on puiffe multiplier fans efpèce
la confommation s'en étend tous les crainte, 9
jours, &
peut encore confidérablement s'accroître.
On trouve enfuite un raifonnement qui paraît
plaufible s pour terraffer les partifansdes frais de
main-d'oeuvre & de tranfport; on lità la P.
du tome V de P'Hifoire Philofophique:
K On eft fi aveuglé par le préjugé,
> voit pas que, s'il eft
qu'on ne
> rées
avantageux que les denavant d'être confommées faffent des frais
( comme deux, il fera plus avantageux
% en faffent comme quatre,
qu'elles
>> douze
comme huit, comme
2 comme trente s pour la plus
> profpérité nationale. Dès-lors
grande
tousles
> doivent rompre les chemins, combler Peuples
> naux
les Ca2 interdire la navigation des
9) bannir même les animaux de la
rivières,
s n'y employer que des hommes, culture , &
afin
> un furcroît de frais, aux frais
d'ajouter
qui déjà
s dent la confommation, Voilà
précé-
> les abfurdités qu'il faut
pourtant toutes
> s'engage dans le faux
dévorer 2 quand OR
principe qui vient
>>
d'étre
combattu >e
Lij
> naux
les Ca2 interdire la navigation des
9) bannir même les animaux de la
rivières,
s n'y employer que des hommes, culture , &
afin
> un furcroît de frais, aux frais
d'ajouter
qui déjà
s dent la confommation, Voilà
précé-
> les abfurdités qu'il faut
pourtant toutes
> s'engage dans le faux
dévorer 2 quand OR
principe qui vient
>>
d'étre
combattu >e
Lij --- Page 178 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
ferait en - effet une abfurdité :
Un tel langage
foutiennent que
mais heureufement ceux qui
font
frais de main-d'ceuvre & de tranfport
les
n'auraient rien à dévorer,en arvivre le Peuple 2
dans la majeure
rêtant PAuteur de ce paffage
les dende fa propofition. S'il eft avantageux que
des frais
rées avant d'être confommées 2 fafent
2 deux , il fera plus avantageux gulelles en
comme
Geci n'eft
huit, doue,trente.
falfent comme quatre,
nous
du tout démontré, & cette conféquence
pas
parait fauffe.
de frais empèIleft un terme à rout : trop
ferait
cherait la circulation ; point de frais ne
foule d'êtres intermédiaires entre
pas éxifter une
Confommateur éloigné, Les
leCultivateur & le
allonsle faire
deux extrêmes font vicieux; nous
&
raifonnement,
fentir aifément: : renverfonsle
difons:
felon vous, que les denS'il eft avantageux., comme deux, il eft plus
réesnefaffent pas de frais
qu'elles n'en faffent pas comme un 2
avantageux
comme - quart 2 comme zéro 2
comme demi 2
nationale. Suppour la plus grande profpérité
de fucre.
pofons donc que cent mille quintaux
demandés en Suéde pour la confommation 2
d'un trait 8 gratuitement de Saintfoient jettés
où ils font vendus
Domingue à Stockholm,
tournois le quintal, Ils produifent
50 livres --- Page 179 ---
SUR SAINT-DOMINGUE
5,000,000 de livres qu'il faur
revenues à
fuppofer auffi
Saint-Domingue par le même enchantement, fans frais 2 même de
eh bien, vous qui cherchez à
tranfport ;
tout fimplifier,
qu'aurez-vous remué 2 qu'aurez-vous réalifé ?
5,000,000 liv. Mais vous n'aurez fait vivre
fonne que deux claffes le
per2
Cultivateur & le
Confommateur : au lieu que les frais
ces denrées font
auxquels
indi(penfablement
ont fait vivre toutes les claffes d'êtres affujetties 2
ment un peuple, &c mis dans la circulation qui fortre ou cinq fois leur valeur. Bien
quaintermédiaires
plus 2 les êtres
que vous aurez fait vivre feront
eux-mêmes Confommateurs d'une portion de
vosdenrées, 3 & par conféquent vous deviennent
dire@tement précieux.
Nous fommes loin d'en conclure
combler les chemins,
qu'il faille
2 &c. Au contraire, facilitez
toujours aul Cultivateur fes alentours :
tous les frais qui pourraient faire obftacle craignez
renaiffance des
à la
produdtions;mais ni les
ni le
échelles,
cabotage, 2 ni les entrepôts ne font dans ce
cas-là, 3 pourvu que les frais qu'ils entrainent
n'excèdent pas la proportion des valeursintrinfèques.
Nous ne pouvons que remercier M, H.,
fes fouvenirs nous mettent ainfi
quand
dansle Ças de nous occuper direéement quelquefois d'un
OuLiij
ftacle craignez
renaiffance des
à la
produdtions;mais ni les
ni le
échelles,
cabotage, 2 ni les entrepôts ne font dans ce
cas-là, 3 pourvu que les frais qu'ils entrainent
n'excèdent pas la proportion des valeursintrinfèques.
Nous ne pouvons que remercier M, H.,
fes fouvenirs nous mettent ainfi
quand
dansle Ças de nous occuper direéement quelquefois d'un
OuLiij --- Page 180 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
n'eftime plus que nous. Ceft
vrage que perfonne
&
a
nous ménagé fréquemment,
un plaifir qu'il
nos Le@teurs toutes
dont nous n'avertiffons pas
que M. H.
fois
nousle reffentons 5, parce
les
que
de vérités qui nous
en a emprunté beaucoup
de la feconde
: , quoique
font toujours précieufes
démontrés
main, & beaucoup plus de principes
que de ceux fujets à controverie.
de
des Confidérations
On trouve page 306,
M.H.
doubler le
s'il était poffible, 2
( Il faudrait,
dédes armemens : cet accroifement
3> nombre
de la Colonie. Après avoir
9 pend des revenus de la terre, ils éxigent en9> été tirés du fein
leur. donner les
93 core de grandes avances pour néceffairesà leur
& la confiftance
> préparations Il faut donc faifir tousles moyens
* confervation:
>.
les Cultivateurs
>> d'enrichir
répondre à ces lignes enNous ne favons que
liaifon 5 à propos des
taffées fans ordre 9 fans
on parle des
moyéns de doubler les armemens >
des dennéceffaires pour la préparation
nous
avances
un donc inattendu 2 on
rées; enfuite, par
d'enrichir
faut faifir tous les moyens
de
dit qu'il
H.
cette manière
Cultivateurs. M.
2 par
foujes
le fecret de fe mettre
raifonner rsastrouvé
raifonnée.
vent à Pabri de toute critique
4 la liberté de T'exportation
On lit page 307: 7 --- Page 181 ---
SUR SAINT-DONINGUE
$ des denrées de la Colonie chezles
9) par les navires de la
Etrangers,
Métropole, joint à tous
> fes autres avantages, celui de diminuerla
>> fommation trop grande que les Français con- font
9 des denrées de la Colonie : il eft facile de
39 prouver que cette confommation eft rui9) neufe >.
Il eft peu d'idées auffi fingulières que çelle de
vouloir que les Peuples qui fabriquent le
de fucre en confomment le moins.
plus
Une telle
propofition ne mériterait d'autre réponfe
ce paffage de
que
'Evangile, non alligaberis OS bovis
triturantis,
C'eft bien peu connaitre les hommes & fa
nation, que de prétendre que des Français colportent chez d'autres Peuples des jouiffances
agréables, fans en réferver pour eux-mêmes.
Quand cette privation ferait poffible, il faudrait
encore, auparavant qu'elle fit lucrative, demander une Permifion à toutes les Nations d'Europe pour aller importer direêtement chez
& nous avons déjà dit que c'était
elles,
or, s'il faut y aller fans leur
une chimère :
tion des denrées de
aveu, l'exportanos Colonies eft-elle faite
pour devenir l'ouvrage rifquable &
d'un commerce interlope ? Cette
manqué
fait
confidération
que nous ne répondrons plus rien à tout ce
qu'il a plu à M, H. d'accumuler & de
répéter
Liv
ifion à toutes les Nations d'Europe pour aller importer direêtement chez
& nous avons déjà dit que c'était
elles,
or, s'il faut y aller fans leur
une chimère :
tion des denrées de
aveu, l'exportanos Colonies eft-elle faite
pour devenir l'ouvrage rifquable &
d'un commerce interlope ? Cette
manqué
fait
confidération
que nous ne répondrons plus rien à tout ce
qu'il a plu à M, H. d'accumuler & de
répéter
Liv --- Page 182 ---
CONSIDÉRAFIONS
168 NOUVELLES
d'ailde cette vaine idée, à laquelle
en preuve
dûi revenir fi fouvent, puifleurs iln'aurait pas
entrailles de
qu'il n'a pu fentir pour elle des
père.
comme il nous a forcés de nous
Cependant ,
aicuoccuper fouvent d'inutiles projets 2 nous
cette
de Pimportation
terons que
propofition
direête de Saint - Domingue dans les ports
étrangers d'Europe, fût-elle poffible, entraînerait pour le Cultivateur même, une perte réelle
dans fa denrée 9 ou du moins une variation
bien plus dangéreufe que celle dont M.H. parle
à la fin de la page 107. Nous venons de lui répondre un peu plus haut , par un paffage de
PEcriture ; attaquons-le maintenant par un proverbe (afin de lui prouver qu'il a péché contre
la fageffe divine , & contre la fageffe des Naperd fon prix, C'eft
tions ) 2 marchandife offerte
arriverait très-fouvent. Les Négocians
ce qui
de fucres dans le Nord
de France n'expédient
fur demandes 2 & ils y mettent le plus
que
fans rebuter
haut prix qu'ils jugent poffible >
le Confommateur ; c'eft là leur fcience, nous
l'avons dit:ils augmentent ou dimninuent,fuivant
des demandes. Enfin, quand ils venle nombre
dent dans leurs entrepôts, ils font une opération fure & libre; mais fi la denrée eft portée
direétement des Colonies chez PEtranger 2 la --- Page 183 ---
SUR, SAWNT-DoxiNeve
combinaifon des befoins & des fournitures 169
vienr impofible:le
deport
Capitaine Français dans un
étranger, 2 fera obligé pour finir fa
de livrer à bas prix, lorfque
vente 2
tion arriveront
plufieurs de fa Nala fienne.
avec des cargaifons femblables à
L'Armateur Français fe trouvera
conféquent bien plus expofé à des combinaifons par
hafardées 2 en ce qu'elles dépendront
lefquels il ne peut
d'objets fur
de la
influer: tels que la
vente de la première
longueur
lal longueur des
cargaifon aux Illes,
paiemens, des
du
chargemens, celle
voyage en retour 2 qui deviendra
rifquable 2 parce que l'on traverfe
plus
mers, & des mers plus
plus de
tant de l'arrivée de
orageufes ; enfin l'inffon navire dans les ports
étrangers qui fera plus ou moins favorable
fans que s'il eft
il
>
un meilleur
contraire, en puiffe attendre
tence
pour. vendre, 3 parce que fon éxifprolongée chez l'Etranger le
en frais.
confitmerait
Tous ces inconvéniens font
laiffés aux Etrangers
9 au contraire s -
pôt. Ils viennent
par le moyen de l'entrechez nous &
vent une loi qu'il faut
y reçoivent foubiffent
néceffairement qu'ils fu:
lorfqu'ils fe trouvent en
M. H: met à la
concurrence.
quelle il
page 310 une note dans lacompare le commerce de la Baleine des
Hollandais, à celui des denrées de
nos Iles: : il
itmerait
Tous ces inconvéniens font
laiffés aux Etrangers
9 au contraire s -
pôt. Ils viennent
par le moyen de l'entrechez nous &
vent une loi qu'il faut
y reçoivent foubiffent
néceffairement qu'ils fu:
lorfqu'ils fe trouvent en
M. H: met à la
concurrence.
quelle il
page 310 une note dans lacompare le commerce de la Baleine des
Hollandais, à celui des denrées de
nos Iles: : il --- Page 184 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
270 faut
remarquer ce paffage pour en faire
ne
que
fentir le peu de jufteffe.
Nous trouvons avec étonnementà cette même
( les mêmes raifons qui doivent renpage 310,
des denrées
s dre libre le commerce exportatif
5> de la Colonie, doivent faire permettre l'em5 barquement du fucre en pain >.
Faut-il donc avouer encore ici le même défi fouvent
faut dont nous nous reconnaiffons
coupables en lifant M. H.? Nous n'appercevons
bien diftinêtement l'analogie qu'il peut y
pas
direête chez l'Etranger
avoir entre l'exportation
&cl'émbarquement du fucre en pain. Mais ce qu'il
a de plus fingulier dans cet article s c'eft que
y
il combat
M. H. y met une note par laquelle
lukmbnefenbargienet en pain qu'il propofe
dans le texte, en fait voir l'inconvénient prin-
& fubftitue P'embarquement en grain,
cipal, y de le fabriquer de cette manière.
en propofant ofons dire qu'il n'eft dans les Colonies auNous
ait entendu ce paffage de
cun Manufséurier qui
M. H.
il
de l'haK En rafinant le fucre,
dépendrait
bileté de TOuvrier de P'obtenir en grain ou
>
fans recourir au pilage 9.
> en pain,
fe
Nous trouvant arrêtés par ces lignes qui
dérobaient à notre faible entendement 2 nous
avons d'abord , & fuivant notre modefte
en --- Page 185 ---
SUR SAINT-DoxiwoUg
coutume, attribué la caufe à notre
enfitite nous nous fommes hafardés ignorance,
der l'explication
à en demanaux perfonnes
vions . le plus inftruites dans
que nous fa:
rafinage du fucre.M.
la fabrication & le
Belin de
les connaiffances à
Vill-Neuve, dont
ce fujetlui ont
jufte réputation,
acquisla plus
auffi
nous a dit que ce paflage était
inconcèvable pour lui que pour
&
d'après cela, , nous avons commencé nous,
que ce pourrait bien être la faute à croire
& point du tout la nôtre.
de M, H.,
Sila fabrication en grain eft un
cédé, M, H. en devait à fes
nouveau profecret, du moins l'avis.
Leéteurs, finon le
tallifation
Ce doit être une cryfqu'il fuppofe féparée comme celle
fel, & cette méthode n'eft
du
ni adoptée, On
encore ni connue 3
cable
peut même "la croire
par la raifon que les fels du fucre impratipas des grains cubes
ne font
& qu'ils
comme ceux du fel marin,
préfentent toujours deux furfaces
polies par lefquelles il y a toujours
trèsqu'en outre c'eft une
adhéfion;
peut fe faire comme cryftallifation celle
mixte qui ne
du fel.
Difons donc à M. H.
rêve de fon
que 2 quand même ce
rations
imagination peu verfée dansles opéfe
chymiques, pourrait fe réalifer
fervirait jamais de cette
9 on ne
fon que le vide qui ferait méthode, 5 par la raientre les grains em-
faces
polies par lefquelles il y a toujours
trèsqu'en outre c'eft une
adhéfion;
peut fe faire comme cryftallifation celle
mixte qui ne
du fel.
Difons donc à M. H.
rêve de fon
que 2 quand même ce
rations
imagination peu verfée dansles opéfe
chymiques, pourrait fe réalifer
fervirait jamais de cette
9 on ne
fon que le vide qui ferait méthode, 5 par la raientre les grains em- --- Page 186 ---
NOUVELLES CONSIDÉRKTIONS
pêcherait d'exporter, beaucoup en peu d'efpace;
qu'on recherche par le pilage, & qu'il
avantage fans caufer dans les bariques cette ferprocure mentation que M. H. lui attribue fi mal-à-propuifqu'au contraire il doit l'empos page 310,
lair contenu entre les partipêcher en chaffant
néceffaire
cules du fucre, & qui eft un principe
à toute fermentation. Le defir, 2 bien excufable
chez M. H. de mettre dans fon Livre deux ou
trois chofes tout à fait neuves, eft fans doute
l'a
inférer ces deux notes des
ce qui engagéà y
fe diffimuler
pages 310 & 311, car il ne peut
l'exportation en grain , fi la fabrication en
que était pofible & connue, ne fe ferait pas plus
celle des fromens de France, que l'on nous
que
de
en farine bien foulée, par
envoie
préférence
ferait
d'afla raifon que le baril de grain ne
pas
les frais de fon
fez grande valeur pour payer
&
les navires fe trouveencombrement 2
que
néanmoins
raient remplis de ce feul objet, fans
pouvoir en fournir fuffifamment pour notre
confommation. revient encore à la page 311, à la liM. H.
quoivraifon du fucre en pain aux Etrangers,
fa
qu'il en ait reconnu un des inconvéniens dans
tout cet article eft fi finguliérement connote ;
dans fes détails, que nous ne nous
tradiétoire
à V'analyfer, nous en
arrêterons pas davantage --- Page 187 ---
SUR SAINT-DONINGUE
fommes fatigués ; pour nous en
un peu, faifons
dédommager
remarquer ces
( I1 conviendrait
lignes, page 314:
quily eûr à
# gue des Négocians qui achetaffent. Saint-Domin-
> denrées de la Colonie
d'avance les
>> vires
pour les livrer aux nad'Europe, & qui recevant en.
9 des marchandifes
paiement
d'Europe, les
>> à la Colonie : c'eft le
revendiffent
>> jufqu'à
procédé naturel : mais
préfent, le défaut de fonds &
> dit a donné lieu à un
de cré:
procédé contraire >.
Ce gui f congoit bien s'explique clairement:
BOILEAU!
M. H. prouve en cet endroitla vérité de
maxime, comme il a tant de fois
cette
de cette
prouvéla vérité
autre: :
Ce qui fe conçoit mal s'explique
obfaurément:
Il eft certain que cette façon eft la
tageufe poffible ; il y a long-tems
plus avangrettons de ne la pas voir
que nous referaient des
adoptée. Les navires
planches très-courtes dans les
nies 2 au. lieu de ces féjours
Colode toutes manières
longs & ruineux
pour un Armateur,
en
L'Etat
entretenantoujours) sle même nombre d'hommes, y gagnerait la vivacité de la
les mêmes fonds,
circulation ;
neraient
2 échangés plufieurs fois, donplus de bénéfices, & la
M, H, de doubler le nombre
propofition de
des
armemens, ce
Les navires
planches très-courtes dans les
nies 2 au. lieu de ces féjours
Colode toutes manières
longs & ruineux
pour un Armateur,
en
L'Etat
entretenantoujours) sle même nombre d'hommes, y gagnerait la vivacité de la
les mêmes fonds,
circulation ;
neraient
2 échangés plufieurs fois, donplus de bénéfices, & la
M, H, de doubler le nombre
propofition de
des
armemens, ce --- Page 188 ---
CORSIDÉRATIONS
174 NOUVELLES
auffi facile à éx6qui n'eft certainement pas
réalifée dans fes
écrire, fe trouverait
cuter qu'à
chaque année le nombre des
effets, en doublant
Anglais avait adopté
voyages. Le commerce
brillans. Les Nécette méthode dans fes jours
Nation,
faifaient dans les Iiles de cette
griers.
au plus de ftade 2 & repartaient
vinge-cingjours TAngleterre : leurs autres navires
chargés pour
bord en déchargeant par
chargeaient par un
principe conftant
l'autre. C'eft à cette aétivité,
fa fupériorité
qu'ils dûrent
de leur commerce,
du monde.
dans les quatre parties toutes les obligations
M. H. dit, page 315,et
envers les Compar les habitans
92 foufcrites
qui font énoncées 2 paya9 merçans de France,
doivent
non autrement,
> bles en argent epifs lintérêt de l'Etat ne
s être annullées, parçe que d'autre commerce
permet pas dans la Colonie
,P
d'échange, &c.
2 qu'un commerce
feulement le mot
Tout cet article eft jufte,
deannuller eft trop fort ; mais cette flipulation après
vaine dans les Tribunaux,
vrait être jugée
l'aurait proftoutefois qu'un Arrêt du Confeil
achats de marchancrite des obligations pour
faut
furde
; car il ne
jamais
difes ou
Négres; fouffrir des énonciations
prendre perfonne, , &
illufoires.
rétablir la culture
Page 316, on pourrait
ulement le mot
Tout cet article eft jufte,
deannuller eft trop fort ; mais cette flipulation après
vaine dans les Tribunaux,
vrait être jugée
l'aurait proftoutefois qu'un Arrêt du Confeil
achats de marchancrite des obligations pour
faut
furde
; car il ne
jamais
difes ou
Négres; fouffrir des énonciations
prendre perfonne, , &
illufoires.
rétablir la culture
Page 316, on pourrait --- Page 189 ---
SUR
* du
SAIXs-DOMINOUE
tabac dans la Colonie; cette
> de trop grands
culrure réunit
>> d'ailleurs les avantages pour être négligée :
Fermiers achètent
9 pour 7 ou 8,000,000 liv. de tabac tous les ans
9 nie,
de la Virgipourquoi ne les pas forcer
à donner la
préférencéà une Colonie
D détruire dans une Ifle Françaife? Pourquoi
> germe de profpérités? floriffante lin nouveau
Les circonflances adtuelles font
ter une nouvellef forceà la
venues préLa Compagnie de
propofition de M. H.
plus tenir état
Glafeow en Irlande ne
au bail qu'elle avair
peut
Ferme Françaife. La
paffé avec la
ou du moins fes
Virginie tarit fes richeffes,
fées dans
produétions ne font plus verhafardeufe lEurope que par une voieinfufffante,
3 interceptée,
s
de tabac
Vingt mille boucauds
pourriffent dans
tons du moment
Milliumsbourg. ProfiSi le
9 reprenons des droits
fyftême de l'Etat éxige
ufurpés;
celui-de la Ferme
tabac, 2 que le débit continue d'être
du
fous le privilège exclufif,
en France
des Colons & celui
s'ille faut ; l'intérêt
lier enfemble,
des Fermiers peuvent s'alUn ou deux ports en France, fixés
pour entrepôt, remplaceront Glafeow
ailleurs l'entrée en fera défendue,
; par-tout
des
2 & l'excédent
confommations de la Ferme générale
envoyé dans les Pays étrangers.
fera,
changer à fes Loix
Ainfi, fans rien
prohibitives 2 la Métropole
if,
en France
des Colons & celui
s'ille faut ; l'intérêt
lier enfemble,
des Fermiers peuvent s'alUn ou deux ports en France, fixés
pour entrepôt, remplaceront Glafeow
ailleurs l'entrée en fera défendue,
; par-tout
des
2 & l'excédent
confommations de la Ferme générale
envoyé dans les Pays étrangers.
fera,
changer à fes Loix
Ainfi, fans rien
prohibitives 2 la Métropole --- Page 190 ---
NOUVELLES CORSIDÉRATIONS
immenfe d'enrichir une de
gagnera P'avantage
alimenter ellefes Colonies, & celui de ne plus
mêmele commerce d'une Puiffance rivale.
qu'aucune loi
Au refte, nous obferverons culture du tabac,
ne défend à Saint-Domingue la
s'y
& que les habitans peuvent dès-à-préfent les déadonner s'ils le veulent. Il eft vrai que
lexfenfes pour lentrée en France, en rendaient difette
nulle. Mais tout eft changé ; la
portation
coércitives de la Ferme : elle eft
force les idées
fournir à la confommation
embarraffée pour
befoin
car , telle
publique, devenue un
preffant; le plus
eft la marche de l'habitude 2 le fuperfu
de
inutile forme bientôt partie de Péxiftence
ceux qui s'en permettent l'ufage journalier. nonont long-tems calculé 2
Les Anglais qui
leur commerce 3 maisle nôtre 2 étaient
feulement
de s'affurer la culture exclufive
tellement jaloux
pour faire perdre aux Français
du tabac, que
ailleurs le débouché qu'ils
l'efpoir d'en trouver
ils avaient
n'obtenaient pas dans leur Patrie,
févères peines contre la contreporté les plus
entrerait chez eux
bande de cette denrée qui
fois
quelque voie étrangère. Indulgens par
par
de contrebande , celui-là
pour les autres genres
la
proferit avéc plus grande
feul était toujours
nous inftruire de
rigueur. C'en eft affez pour
doit être auT'importance dont cette culture
On
jourd'hui,
trouver
ils avaient
n'obtenaient pas dans leur Patrie,
févères peines contre la contreporté les plus
entrerait chez eux
bande de cette denrée qui
fois
quelque voie étrangère. Indulgens par
par
de contrebande , celui-là
pour les autres genres
la
proferit avéc plus grande
feul était toujours
nous inftruire de
rigueur. C'en eft affez pour
doit être auT'importance dont cette culture
On
jourd'hui, --- Page 191 ---
SUR
On
SAINT-DoxINeve
pourrait encore enrichir la nombre 177
produdtions des Ifles
des
de cette feuille
Françaifes de
dont
TAmérique,
Pufage eft fi
tous les pays froids. Le thé vient commun dans
ces climats: plufieurs
très-bien fous
perfonnes à la
en cultivent dans leurs
Martinique
jardins :
avons vu ait Lamentin, chez M. nous-mêmes en
parfumé, qu'il était
Niort, de trèsoccupé à
ment que nous y paflâmes, I1 préparer au moviron une demi-livre
nous en donna enque nous
tement au milieu d'un
primes indiftincconfidérable
monceau de feuilles affez
; nous l'avons
fans aucun foin; il s'eft apporté en France
plufieurs perfonnes
très-bien confervé, &
différenceà
qui l'ont goûté, ne font de
celui de l'Afie, que par
Prefque tout ce que M. H. dit fafupériorité,
paru jufte jufqu'à ces mots,
enfuite, nousa.
nière du premier
> Page 220 & dervolume.
( Mais tous ces
9) impuiffans
moyens -
deviendraient
3 fi, dans fon
9> régner qu'une
intérieur, on ne voyait
légiflation
>> anarchie plus cruelle
deftruéive, qu'une
que le
> en un mot, qu'un défordre delpotifme même 3
Ces mots
affreux, M.
annoncent le fiel qui
la plume de M. H., dans le
découlera de
fonttroiscoupso
volume fuivant, Ce
à la teinte
depinceau qui fervent d'épreuve
chargée dont il va
H
qui luir reftent à peindre.
colorer les objers
Partiel,
Dans la première pary
M --- Page 192 ---
178 Nouv. CONSID. SUR SAINT-DOMING:
tie du tableau 5 le deffein peu éxact annoncel'effai d'une main égarée; les proportions ont été
fauffes, les maffes irrégulières & furchargées.
Dans cette feconde moitié, la perfpeétive fera
mal-entendue, les couleurs
manquée 2 l'optique
fans vérité, les ombres fans adouciffement, les
figures contraintes 2 hors de leur véritable attitude,feulement quelques idées heureufes: à travers tant de défauts 2 peut-on prétendre encore
à la reffemblance ?
Fin de la première Partie,
fauffes, les maffes irrégulières & furchargées.
Dans cette feconde moitié, la perfpeétive fera
mal-entendue, les couleurs
manquée 2 l'optique
fans vérité, les ombres fans adouciffement, les
figures contraintes 2 hors de leur véritable attitude,feulement quelques idées heureufes: à travers tant de défauts 2 peut-on prétendre encore
à la reffemblance ?
Fin de la première Partie, --- Page 193 ---
PRIVILEGE DU ROI
Louis, par la
de Dieu,
re: A nos Amés RUTL Féaux
RoideFrance & de Navar:
Cours de Parlement, Maitres Confeillers,les des
Gens tenans nos 1
notre Hôtel, Grand Confeil, Prévôt Requètes de ordinaires de
néchaux, 3 leurs Licutenans Civils, & Paris, Baillis, 9 Sé.
qu'llappartiendra : SALUT, Notre autres nosJufticiers
Nous a fait expofer qu'il defireroir Amé, le fieur D. B:
donner au Pubilc un Ouvrage de fa faire imprimer &
Nouvelles Confiltirations
scompofidion,imeinuics
tions critiques fur celles de Aariaa-Doeitense M. H**+
ou
accorder nos Lettres del Permifion s'il Nous plaifoit Oéferva- lui
CES CAUSES, voulant faverablement pour ce néceflaires. A
Nous lui avons permis &
traiter FExpofant,
de faire imprimer ledit permettons par ces Préfenres,
lui femblera, , & de le vendre Ouivrage autant de fois que bon
tout notre Royaume,
le 2 faire vendre & débiter par
fécutives, à compter pendant du jour de tems la de cinq années conFaifons défenfes à tous
date des Préfentes.
perfonnes, dequelque qualité Imprimeurs, & condition 9 Libraires & autres
d'enintroduire d'impreflion
qu'elles foient,
notre obéiffance. A la étrangère dans aucun lieude
ront enregiftrées tout au long charge fur le que ces Préfentes fes
munauté des Libraires &
Regifre de la Comtrois mois de la date d'icelles; Imprimeurs de Paris, dans
Ouvrage fera faite dans notre que limpreflion dudie
en beau papier & beaux Royaume & non
fe conformera
ailleurs,
en
tout aux caraceres; que
rie
Timpétrant
, & notamment à celui Réglemens du dix de la Libraipeinede déchéance de la
Avril 1725, à
de l'expofer en vente 9 le Manuferit préfente Permifion :
à
qu'avane
pie l'imprefion dudit
qui aura fervid de cOme état où TApprobation Ouvrage, fera remis dansle mè.
Norre très-cher & féal Chevalicr yaura été donnée ésmains de
Frince, le fieur Hue de Miromenil 2 Garde des Sceaux de
remis deux exemplaires dans
; qu'il en fera enfuite
un dans celle de notre Château notre Biblioshèque publiine celle de notre très-cher & féal du Louvre 3 & un
celier de France le fieur de
Chevalier, ChanMaupeou, & un dans celle
Ouvrage, fera remis dansle mè.
Norre très-cher & féal Chevalicr yaura été donnée ésmains de
Frince, le fieur Hue de Miromenil 2 Garde des Sceaux de
remis deux exemplaires dans
; qu'il en fera enfuite
un dans celle de notre Château notre Biblioshèque publiine celle de notre très-cher & féal du Louvre 3 & un
celier de France le fieur de
Chevalier, ChanMaupeou, & un dans celle --- Page 194 ---
dadit feur Hue de Miromenil : le tout à peine de nullité
du contenu defquelles vous mandons &
des Préfentes; de faire jouir ledit Expofant & fes ayansenjoignons caufes, pleinement & paifiblement, fans fouffrir qu'il
lear foit fait aucun trouble ni empéchement. Voulons
* qu'àla copie des Préfentes, qui fera imprimée tout foi au
long,, au commencement ou à la fin dudit Ouvrage,
foit ajoutée comme à TOriginal. Commandons au premier notre Huiffier cu Sergent fur ce requis, de faire
l'exécution d'icelles , tous aêtes requis & nécelfaires,
fans pour demander autre permiffion, & nonobftant clameur
de Haro, charte Normande, 9 & Lettres à ce contraires :
Car tel eft notre plaifir. Donné à Verfailles le trente-unie- foixanteme jour dus mois de Décembre l'an mil fept PAR cent LE RoI en
dix-neuf, & de notre Regne le fixieme.
fon Confeil. LE BEGUE.
Regiftri fur le Regirfe XXI de la Chambre Royale 6 Syndi: ale des
Libraires e Imprimeurs de Paris, Numéro :87 -fol. 241, ; e conformément ala
de
aux difpolitions énoncies dans ia préfente Permilfion par charge PArticle :
vemettre a ladite Chambre les huit Exemplaires preferits 1780.
CVHI du Réglemen: de 1725. Paris, ce 1oJanvier
A. M, LOTTIN l'ainé, , Syr:dic, --- Page 195 ---
NOUFELLES
CONSIDERATIONS
S U R
SAINT-DONINGUL
SECONDE PARTIE --- Page 196 --- --- Page 197 ---
NOUFELLES
CONSIDERATIONS
SUR
S4INT-DOMINGUE,
EN RÉPONSE A CELLES DE M. H. D:,
Par M. D, B
Quod vidimus teRamur:
SECONDE PARTIE.
a
APARIS, RUE DAUPHINE,
Chez CELLOT&CJOMBERT Fils
Imprim. la feconde
jeune, 9 Libraires,
porte cochère à
en entrant par le Pont-Neuf,
droites
A U FOND DE LA COUR.
X 17 8 O. X
Ayec Approbation 6 Privilege du Roi, --- Page 198 --- --- Page 199 ---
D %
F
7A
*
/
s
te
a
NOUFELLES
CONSIDÉRATIONS
SUR
SAINTDOMINGUE
SECONDE
PARTIE
Du Gotvernement de la Colonie:
DISCOURS
PRELININAIRE
Lrsi huit
premières pages de ce fecond
cours préliminaire ne contiennent
Dif
fes vraies ; nous ne ferions
que des choproche à PAuteur
même pas un red'avoir mal traduit le
de Tacité gui termine la
-
paffage
feptième page, fi lOus
vrage ne nous prouvait quil l'a encore
mal appliqué () ; nous ferions aflez
plus
indulgens
irâ (:) J'écrirai s dit-il, fans fiel & fans
nec fudio quorum caufas procul habeo, baffefe 3 Fne
Partié Il.
fes vraies ; nous ne ferions
que des choproche à PAuteur
même pas un red'avoir mal traduit le
de Tacité gui termine la
-
paffage
feptième page, fi lOus
vrage ne nous prouvait quil l'a encore
mal appliqué () ; nous ferions aflez
plus
indulgens
irâ (:) J'écrirai s dit-il, fans fiel & fans
nec fudio quorum caufas procul habeo, baffefe 3 Fne
Partié Il. --- Page 200 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
2.
lui faire un crime d'avoir dit qué
pour ne. pas Grotius étaient des Ecrivains que
Puffendorf &
rouille de leur antiquité a rendus Jans doute trop
la
tandis qu'il s'eft à peine écoulé un fiécle
fameux,
lui
auffi de
depuis leur mort ; nous
pafferions
de
adroitement les Précurfeurs
les avoir appellés Machiavel n'était plus,1 longMachiavel, 2 quand naiffance (1) ; enfin nous aptems avant leur
f
volontiers à tout ce Difcours 2
plaudirions
infinuations enveniPon n'y trouvait quelques
mées, telles que celle-ci, page 14. c'étaient les
< On a voulu fe perfuader que
en
w.vices du climat de Saint-Domingue qui l'erles plus riches habitans, mais
1 >> chaffaient
trouve à Saint-Domin-
>> reur eft reconnue : on
les
la fanté Ies richeffes ; tout appelle
>> gue
,
la fécurité >.
9> plaifirs, il ne manque que.
& conduit en
C'eft leur opulence qui appelle
riches habitans de Saint-DominEurope les plus
de mille jouiffances digue ; Y'attrait enchanteur
& les grandes
verfifiées qu'offrent la Capitale
follicite puiffamment ceux
Villes de Province,
habis'y livrer, & tous ceux qui
qui peuvent
Machiavel eft mort à Florence en 14275 Puf-
(r)
Grotius à Delft, en
fendorfeft né a Flech en 1631;
de plufieurs mil1582. En fe rappellant fes mécomptes on voit que M, H:
lions, & cet anacronifme de fiécles, erreurs.
de lourdes & longues
fait legèrement
la Capitale
follicite puiffamment ceux
Villes de Province,
habis'y livrer, & tous ceux qui
qui peuvent
Machiavel eft mort à Florence en 14275 Puf-
(r)
Grotius à Delft, en
fendorfeft né a Flech en 1631;
de plufieurs mil1582. En fe rappellant fes mécomptes on voit que M, H:
lions, & cet anacronifme de fiécles, erreurs.
de lourdes & longues
fait legèrement --- Page 201 ---
SUR
SAIRS-Doxiseut A 3
tent les Coloniesn'y reftent,
térêt
que parce que Finles y fixe: voyez les autres.Ifles Françaifes
qui ne connaifient pas ces plantations immenfcs de Saint-Domingue, dont les revenus
valent prefqu'à ceux d'un petit Prince d'Alle- équimagne ; là, les Propriétaires d'habitations
refferrées & infiniment moins
plus
opulentes; vivent
& meurent 5 prefque tous; fur un fol qui n'eft
pas affezriche pour les entretenir en France dans
toutes les difpendieufes fuperfluités d'un état
brillant : le gouvernement militaire eft
dant chez elles; &, afin de ne pas laiffer cepenfoupa
çonner un inftant nos fentimens à ce fujet,ajou.
tons, c'eft un mal qu'elles Partagent avec SaintDomingue:
M. H. dit qu'on trouve à
fanté;
Saint-Domingue la
perfonne ne l'eût contrarié, s'il eût dit
qu'on l'y perd,& fouvent fans retour: Pour les
plaifirs qu'il prétend que tout y appelle
énumération eft facile :
2 leur
l'agrément d'un cielaflez
beau, & encore 5 ni par-tout 2 ni toujours, &
l'avantage de ne pas connaîtte le froid cuifenr
des âpres hivers. Nous chercherions.
à en citer d'autres.
vainement
L'amour, ce père des plaifirs, & dont les peines même font à defirer
fe montre ordinairement
à
; ne
pas
avec la
Saint-Domingue
Cour de Cythère ; tous fes alentours. G
précieux en Europe, : toutes fes reffources épuiAi
encore 5 ni par-tout 2 ni toujours, &
l'avantage de ne pas connaîtte le froid cuifenr
des âpres hivers. Nous chercherions.
à en citer d'autres.
vainement
L'amour, ce père des plaifirs, & dont les peines même font à defirer
fe montre ordinairement
à
; ne
pas
avec la
Saint-Domingue
Cour de Cythère ; tous fes alentours. G
précieux en Europe, : toutes fes reffources épuiAi --- Page 202 ---
NOOVELLES CONSIDÉRATIONS
fans ceffe par des coeurs
fées & renouvellées
connaiffent le grand art de jouir, ne s'acqui cordent ni avec des tempéramens de feu 2 ni
les occafions fréquentes de les fatisfairea
avec
l'homme parait, fubjuQuand la nature parle,
& triomphe, fans ménager à fa compagne
gue
fi. piquantes de fa défaite, fans
les gradations
enrichirfamour-propre des facrifices de l'amour;
&lonparle de plaifir dans un pays oùt celui-làeft
reftreint au befoin phyfique, ou tout au plus
lafcives careffes de ces femmes confacrées
aux la tache de leur naiffance & la couleur de
par
à la vie déshonnête des filles de joie
leur peau,
des rues Champ-fleuri & Fromenteau 2 qu'elles
peut-être dans léur talent & leur goût
furpaffent
pour la débauche!
Cette volupté d'un autre genre, cette illufon
à laquelle on peut en France fe livrer deux heuà des fpeétacles enchanteurs , eft
res par jour, inconnue à Saint-Domingue : la Coabfolument
médie eft,cependant très-fuivie, fur-tout au
dans y le Carnaval; mais c'eft comme affemCap, brillante & nombreufe, oùl tout le monde
blée
va faire aflaut de parure.
Les charmes d'une Société choifie, dont tous
réciproquement à
les membres correfpondent
faire couler avec douceur les inftans du jour oùt
ils fe trouvent enfemble 2 font abfolument im-
Saint-Domingue : la Coabfolument
médie eft,cependant très-fuivie, fur-tout au
dans y le Carnaval; mais c'eft comme affemCap, brillante & nombreufe, oùl tout le monde
blée
va faire aflaut de parure.
Les charmes d'une Société choifie, dont tous
réciproquement à
les membres correfpondent
faire couler avec douceur les inftans du jour oùt
ils fe trouvent enfemble 2 font abfolument im- --- Page 203 ---
SUR SAINT-DONINGUE
poffibles à goûter à
nombre de
Saint-Domingue 2 quoique
perfonnesaient, chacune
toutes les qualités
féparément,
licieux de femmes pour compofer un cercle déreffans. Mais le aimables & d'hommes intéféparés,
train des affaires ifole & tient
fouvent à de grandes
la conformité des
diftances; ceux que
deftinait le
goûts, d'humeurs& de talens
plus à fe
eft abforbé
rapprocher; tout le monde
par l'intérêt, on n'a le tems que de
calculer, & l'on renvoie les inftans deceux que l'on fe
jouir, à
perfpedive
promer en Europe, & dont la
M. H. flatte en arrendant qu'on y touche.
a vu,&cfans doute éprouvé, la
rout ce que nous venons de
vérité de
faire entendre
dire. 2 mais il defirait
à
que les gens riches ne reftent
Saint-Domingue faute d'un bon
pas
& dès-lors il n'a
gouvernement,
caufe de leur
pas voulu admettre d'autre
retraite en France.
Il prétend, pag. I5,4 quel'on fuira
> mariages, parce que chacun
jufqu'aux
> craindre des s'attacher
aura raifon de
>> peuplade oit
pari un nouveau lien à une
règne une
3> fembler entièrement tyrannie qui, fans ref-
> eft plus cruelle
au defpotifme afiatique,
ençore >.
Un Grammairien dirait d'abordà
oi qui eft un adverbe de
M. H., votre
lieu, ne va
après le mot peuplade
pas trop bien -
fallait mettre
qui n'eft point un lieu, il
fier qui, Enfuite, fice Grammairicn
A 21]
i un nouveau lien à une
règne une
3> fembler entièrement tyrannie qui, fans ref-
> eft plus cruelle
au defpotifme afiatique,
ençore >.
Un Grammairien dirait d'abordà
oi qui eft un adverbe de
M. H., votre
lieu, ne va
après le mot peuplade
pas trop bien -
fallait mettre
qui n'eft point un lieu, il
fier qui, Enfuite, fice Grammairicn
A 21] --- Page 204 ---
6 NOUVELLES CONSIDÉRATIORS fur-tout depuis
avait été à Saint-1 Domingue ,
d'être auffi
années, & qu'il fe piquât
quelques
il déclarerait à M. H. quiln'y a
jufte qu'éxaat,
cruelle que le defpoint trouvé cette tyrannie plus
vu de pepotifine afatigue, , qu'il n'y a même pas muets. Et fi
tits cordons verds, 2 volonté,ni de
Grammairien était mauvais plaifant, il ajouce
un bien qu'il y eût
terait que ce ferait peut-être fi M. H. avait été du
des muets dans çe Pays-là,
était bilieux,
nombre, Enfin, fi ce Grammairien
illpourrait même dire à M. H.avec durerésqu'une de fon
qu'il n'y avait 2 du moins pas
preuve
verds à volonté, c'eft qu'on ne
tems, de cordons
quoiqu'il fe permit 2
lui en avait pas envoyé,
verbales 2
fouvent des inculpations
dit-on, >
a faitimprimer 2 & quoiprélude de celles qu'il
Grammainous arrêtons içi notre
que :
.
ton que nous n'aimons pas :
rien,il prenait un
de trop, même quand
lesinvedives fonttoujours
de répondre à des injures.
il eft queftion
Gouvernement
M. H. appelle 2 page 15,le
honÇette épithète, quelque pey
monfrueix.
déplu que les linête qu'elle foit, nous a-moins donnent à entendre
gnes de la même page, qui n'eut des Chefs verque jamais Saint-Domingue oir l'on eft révolté. Ce
tueux : c'eft ici vraiment
en
un
le mal, nous
rappelle
trait qui généralife le bien avec tout aufant
autre qui généralifait --- Page 205 ---
SUR SAINT-DOMINGUE
d'injuftice & plus de
dans
livre qui fe renouvelle mal-adrefe,
un petit
à la fin de
tous les ans avec fuccès
Décembre, & qui a un débit affez
confidérable pendant trois jours de
née. C'eft l'Almanach de la
chaque anMartinique 9 ouVrage intéreffant ohlon ne manque
pas d'imprimer tous les ans., avec un efprit & une vés
rité à peu près femblables
flatterie
9 & une dofe de
très - fine, 2 que la Martinique a cela de
particulier > quefes Chefs ont toujours été des hommes accomplis, Sans doute que cette heureufe
prédeftination de la Martinique fe perpétuera jufqu'àla fin des fiècles : Amen, trois fois Amen,
Nous ne fuivons point M. H. dans le refte de
fon Difcours préliminaire,
parce que les idées
qu'il contient reviennent plufieurs fois dans le
cours de l'Ouvrage, & que nous tâchons d'éviter les répétitions. C'eft par cette raifon
nous ne relevons pas cette phrafe
que
s page 18;
Padminipration a eu le malheur de dégénérer en2 1L72
mélange afreux de tyrannie G d'anarchie,
outré qui ne perfuade pas.
Style
Aiv
préliminaire,
parce que les idées
qu'il contient reviennent plufieurs fois dans le
cours de l'Ouvrage, & que nous tâchons d'éviter les répétitions. C'eft par cette raifon
nous ne relevons pas cette phrafe
que
s page 18;
Padminipration a eu le malheur de dégénérer en2 1L72
mélange afreux de tyrannie G d'anarchie,
outré qui ne perfuade pas.
Style
Aiv --- Page 206 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONE LIVRE PREMIER
Des Moeurs.
DISCOURS PREMIER.
Du climat de Saint-Domingue en lui-même, &
dans Jon rapport avec les mccurs.
Nous ouvrons le fecond volume de M. H;
à la page 19, & nous lifons avec furprife cette
première ligne de fon premier Difcours.
K La chaleur du climat de Saint-Domingue
S n'eft pas exceffive, parce que l'air eft fans ceffe
2 rafraichi par des vents réglés :.
Nous pourfuivons & nouslifons encore, p.21:
< Dans aucur moment la chaleur n'eft infup-
% portable, on ne refpire prefque jamais qu'un.
e air tempéré e
. on-ne rencontre nulle part
une fraicheur trop active,ni des chaleurs dan2
>> géreufes >.
Ceft aujourdhui,le 30 Janvier; il eft
:
& nous fommes obligés
ate
heures après midi,
fuons à
pofer le livre de M. H., parce nous
groffes.gouttes, Efce le climat, ou bien font-çe --- Page 207 ---
SUR SAINT-DOSINGUE
les affertions de M. H. qui caufent chez
effet? Nous le laiffons décider la
nous cet
Mais
queftion,
que penfer de la fidélité de fon
ceau. , lorfque nous pouvons à peine
pinrefpirer
depuis onze heures du matin jufqu'à
du foir ;
cinq heures
lorfque nous fommes fouvent
de renoncer
obligés
pendant cet efpace à tour travail de
cabinet? M.H., à moins qu'ilne foit un peu Salamandre, s'eft fans doute auffi trouvé dans
même cas; mais fon parti était pris,tout
cé
être agréable à Saint. Domingue,
devait
bitans & le
exceptéles hagouvernemenr.
Nous trouvons encore à la
9> changement de faifon
page 21 :4 le
n'y fait jamais
> ver ces fenfations oppofées
éproufont
3> par leur inégalité même, On qui
nuifibles
* les maladies affreufes
n'y connaît point
&
> traîne à fa fuite dans les mulipliées que T'hiver
> péens :
(1) cantons Euroquand on eft accoutumé au
>> eft affuré d'y vieillir fans
climat, on
2 modités
aucune des incomqui, dans les paysmoins chauds,
> gent la vieilleffew,
afliéIl eft certain que, dans beaucoup
de
d'endroits
Saint-Domingue, on éprouve en un feul jour
(:) Les Cantons Furopéens ! expreffion rare
vait point encore entendu dire
: on n'aCanton du monde; cela
que l'Europe fût un
nous parait beau !
au
>> eft affuré d'y vieillir fans
climat, on
2 modités
aucune des incomqui, dans les paysmoins chauds,
> gent la vieilleffew,
afliéIl eft certain que, dans beaucoup
de
d'endroits
Saint-Domingue, on éprouve en un feul jour
(:) Les Cantons Furopéens ! expreffion rare
vait point encore entendu dire
: on n'aCanton du monde; cela
que l'Europe fût un
nous parait beau ! --- Page 208 ---
CONSIDÉRATIONS
1O NOUVELLES
faifons
fe fuccèd
le changement des quatre
qui
dent dans un an en Europe 2 & beaucoup de
maladies font dues à cette inégalité de tempéraune variation rapide 2 ne donne
ture qui, par
contre fes
même pas le tems de fe précautionner
effets. M. H. qui ne perfifte jamais long-tems
&
écrire affez
dans la même opinion 9
parait
indifféremment le pour & le contre > dit à la
page 23,4 qu'à Saint-Domingue une.tranfpi- rend
> ration peu fenfible, mais continuelle,
membres
agiles & plus liants ; elle
9> les
plus
de maladies, aide à fuppor3> éloigne beaucoup
& à
les autres 2 mais elle abrège
>> ter
guérir
font
affez d'at-
>> les jours de ceux qui ne
pas
n'a
fur eux-mêmes; parce que fi lon
>) tention
du
foin de réparer les parties aqueufes
> pas
la chaleur attire & difipe fans cefles
5 fang que
fi Tonattend
>> il ne tarde pasà s'épaifir
fe
9> pour y remédier 3 que les incommodités
il eft difficile d'y guérir >3,
>> déclarent,
de l'aveu même de M.: H.,l'efVoilà donc,
des incomfet naturel du climat,d de procurer
modités ,fi l'on ne les prévient par un réQue devient donc
gime ou des remèdes prompts.
vieilleffe heucette falubrité fi vantée ? Et cette
reufe & faine n'eft donc ici, comme ailleurs ,
des habitans, qu'autant qu'ils vivent
Papanage
& jouiffent avec
avec de grands ménagemens, --- Page 209 ---
SUR SAINT-DONINGUE
II
modération. Pour combattre avec fuccès les
Paragraphes de M. H., il ne faudrait fouvent
que prendre la peine de les rapprocher les uns
des autres.
On trouye à la page 12, cette note:
( Beaucoup de Français font depuis trente ans
5 à Saint-Domingue, fans y avoir éprouvé une
9) feule attaque de maladie >>,
Nous croyons que s'il était poffible de vérifier ce fait, il fe trouverait très-faux : le contraire paffe pour certain, On fait ce qu'on appelle payer le tribut 2. en arrivant à Saint-Domingue.
M. H. ajoute s ( les maladies que l'on re9> doute ne font que de trois ou quatre efpè-
>> ces; il y en a fi peu d'autres, qu'à peine les
9 Médecins &les Chirurgiens s'en rappellent les
2 fymptomes >.
Les maladies connues dans ces pays-ci font
malheureufement bien plus nombreufes
M. H. ne le dit. L'énumération en eft trifte, que
nous ne nous piquons pas de la faire éxalte;
les gens de l'art y feraient eux-mêmes embarraffés: tous les jours leur humanité s'afilige d'en
découvrir d'inconnues à leur expérience, & de
rebelles à leur favoir ; nous dirons feulement
quele fcorbur 2 le pica, la diarrhée 2 la
la cachéxie,
phtifie, 2
Phydropifie, les fièvres putrides,
eft trifte, que
nous ne nous piquons pas de la faire éxalte;
les gens de l'art y feraient eux-mêmes embarraffés: tous les jours leur humanité s'afilige d'en
découvrir d'inconnues à leur expérience, & de
rebelles à leur favoir ; nous dirons feulement
quele fcorbur 2 le pica, la diarrhée 2 la
la cachéxie,
phtifie, 2
Phydropifie, les fièvres putrides, --- Page 210 ---
CONSIDÉRATIONS
I2 NOUVELLES
malignes, comateufes, , pétéchiales 2 ardentes 3
&c.
font autant de maladies
écarlatines 2
&c.,y
mortelles & communes.
d'AfriParlerons-nous - de l'épian tranfplanté
que, qui n'a pas encore infeété le fang Européen
par une caufe phyfique, 9 mais fecrette ? Parlerons-nous de la verette plus maligne ici qu'en
Europe, & qui moiffonne fouvent les plus chères vidtimes? Nous voudrions pouvoir oublier
la plus étendue & la plus cruelle des maladies 2
à Saint-Domingue - 3
cette contagion endémique
préfent funefte des habitans écrafés de ces bords
dévaftés, qui furent en expirant fe venger fur
leurs oppreffeurs & leurs générations les plus
éloignées, de tous les maux qu'ils en reçurent.
En même tems que les Efpagnols exterminaient par le fer & le feu une race d'hommes
bien moins nombreufe qu'on l'a prétendu, quelIndiennes faifaient gliffer dans le fang de
ques barbares deftruéteurs le venin affreux qui
ces
la furface du monde :
devait bientôt corrompre
tandis que l'on tariffait la vie de ces peuplades
profcrires par l'avarice, elles en empoifonnaient
les fources chez de farouches & imprudens Vainqueurs, qui ne fufpendaientles maffacres quepour
fe livrer à leur brutalité, punie en même tems
était fatisfaite. Ainfi le mal fut payé par le
qu'elle
eincertain fi le châtiment du crime
mal;ilefmême:
:
devait bientôt corrompre
tandis que l'on tariffait la vie de ces peuplades
profcrires par l'avarice, elles en empoifonnaient
les fources chez de farouches & imprudens Vainqueurs, qui ne fufpendaientles maffacres quepour
fe livrer à leur brutalité, punie en même tems
était fatisfaite. Ainfi le mal fut payé par le
qu'elle
eincertain fi le châtiment du crime
mal;ilefmême: --- Page 211 ---
SUR SAINT-Dowiweus
h'en a pas excédé la grandeur.
donc les forfaits du
Quels étaient
amené
genre-humain, pour avoir
ce fiècle d'horreur oùt il reçut des plaies
fi profondes & fi douloureufes ; où la moitié
du monde s'élança fur l'autre pour la
la dépeupler l'envahir, &
piller, 3
fouillé de
remporta avec fon or
fang, 5 le germe honreux d'une affreufe
contagion P O nature 2 avais-tu donc alors
crit tous tes enfans !
profNous n'adoptons pas entiérement le tableau
des produétions agréables de
qu'on trouve à cette même Saint-Domingue s
page 22 ; les fraifes
&clespommesy font de trop ; on n'en cueille
de très-petites & rarement, dans
que
qui fe trouvent entre les
quelques vallons
viennent
montagnes ; elles n'y
pasà parfaite maturité; eiles font fans
faveur, effuyant la même dégénération
nanas en France qui, chétif fous les que l'amalgré les plus grands foins, n'a rien de ferres,
del PAmérique, , qu'une forme ratatinée.
celui
M. H. dir, page 23, < les femmes font dans
> l'ufage de faire bouillir & de
9> tinéement toures fortes
manger indifd'herbes & de feuil-
> les d'arbres, Ce mets
s'appelle un
9) on le mange avec fon ami, fon Cantalon,
> une faveur que de
amant : c'eft
manger un Cantalou avec
> une jolie femme >,
Si M, H, s'eft cru l'ami, ou l'amant d'une
H. dir, page 23, < les femmes font dans
> l'ufage de faire bouillir & de
9> tinéement toures fortes
manger indifd'herbes & de feuil-
> les d'arbres, Ce mets
s'appelle un
9) on le mange avec fon ami, fon Cantalon,
> une faveur que de
amant : c'eft
manger un Cantalou avec
> une jolie femme >,
Si M, H, s'eft cru l'ami, ou l'amant d'une --- Page 212 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
avoir mangé du Calalou avec elle 3
femme pour
à
de frais ; il faut, fans
c'eft certainement peu
doute, peu de chofe pour lui donner de l'efs
poir; mais plutôt 2 il femble que M. H. n'er
tradition : n'aurait-il donc jamais
parle que par
faveur dont il parle ? Il en
joui de la prétendue
d'autant
que cet article n'eft qu'une
a P'air:
plus
relation infidèle. D'abord s erreur dans l'exprefun barbarifme dans l'ifion. Le mot Cantaloueft
diôme Américain : il-n'eft pas de Mouffe venu
aux Hles qui ne fache que cela s'appelle un
Calalou.
Erreur fur la compofition du mets ; iln'y ens
tre jamais de feuilles d'arbres 2 ni même toutes
fortes d'herbes, cinq ou fix efpèces au plusy font
deftinées.
dans lintention de la chofe 3
Erreur 5 enfin,
M. H. y veut aton n'y met point le prix que
tribuer ; un calalou fe mange ordinairement avec
perfonnes; c'eft une collation chama
plufieurs
bord d'une rivière, & toupêtre, fouvent au
le calalou ne vaut
jours nombreufe compagnie ;
par-là, & M. H. a voulu mal-à-propos faire
que
c'était un plat detête à tête. D'ailentendre que
affemblage d'herleurs le calalou n'étant qu'un
n'eft fait en aucun fens pour
bes purgatives,
paraitre au petit couvert de Cythère.
toute efpèce de ma
Rage 24 2 4 pour éloigner
, & toupêtre, fouvent au
le calalou ne vaut
jours nombreufe compagnie ;
par-là, & M. H. a voulu mal-à-propos faire
que
c'était un plat detête à tête. D'ailentendre que
affemblage d'herleurs le calalou n'étant qu'un
n'eft fait en aucun fens pour
bes purgatives,
paraitre au petit couvert de Cythère.
toute efpèce de ma
Rage 24 2 4 pour éloigner --- Page 213 ---
SUR
5 ladie
SAiNT-DowrNeug
chronique, il faut boire
s beaucoup d'eau naturelle,
habituellement
39 mèdes violens dans les
prendre peu de remaladies
9 fe procurer un éxercice
imprévues, ,
A rement forcé, faire un prefque continuel, raufage
3> facultés *.
réglé de toutes fesLe préfervatif de M. H.,
mière ligne de
2 énoncé à la
cet article
prelement reconnu
2 n'eft pas univerfelà tout le monde pour excellent 2 ni convenable
; il eft même confant
l'ufage modéré des liqueurs
que
taire à
fpiritueufes eft faluSaint-Domingue. Il eft facile de
ver par un raifonnement
le prouLes déperditions font phyfique.
continuelles
pays-ci, M. H. l'a dit avec -
dans ce
fecrétoires font fans ceffe vérité;les vaiffeaux
ventforcés dans leur
ouverts, & très-fouorifice. La fibre
noyée dans une humidité
elle-mème,
tragte avec moins de force. continuelle, fe conLes
ont befoin d'un véhicule
efprits animaux
la célérité avec
aétif, qui augmente
laquelle ils doivént
inflantanément tous les
parcourir
pour la vivifier. L'air
points de la machine
les climats chauds ambiant, trop dilaté dans
l'air intérieur la 2 n'étant point en raifon de
2 force
la vie dans l'animal, élaftique 2 principe de
a befoin d'une
nouvelle pour ne pas fe
impulfion
ne s'affaifle
perdre,8 que le reffort
pas tour-à-coup: dans cette
hypo-
ént
inflantanément tous les
parcourir
pour la vivifier. L'air
points de la machine
les climats chauds ambiant, trop dilaté dans
l'air intérieur la 2 n'étant point en raifon de
2 force
la vie dans l'animal, élaftique 2 principe de
a befoin d'une
nouvelle pour ne pas fe
impulfion
ne s'affaifle
perdre,8 que le reffort
pas tour-à-coup: dans cette
hypo- --- Page 214 ---
CONSIDÉRATIORS
36 NOUVELLES
qui
thèfe, le vin 2 ou une liqueur fpiritueufe
n'eft point trop travaillée par Part; ne peuvent
avec modération.
être nuifibles, , prifes
fe defféche chez les
D'un autre côté, le fang
un
il . s'allume, il s'embrâfe ;
nouveaux-venus 2
général s'érend dans toutel Y'organifation:
fpaime
fait
fes fonêtions, parce
Aucune partie ne
plus
: dans ce cas;
leur fouplefie
que toutes ontperdu
chaude & non tiéde);
T'ufage de leau (fur-tout
viennent
utile à ceux qui
ne peut qu'être échauffés d'ailleurs par une
effayer ces climats,
d'un fel
traverfée qui les a comme imprégnés
leur
nuifible. Mais à mefure qu'ils prolongent
82 qu'ils font plus acféjour à Saint-Domingue,
8c
climatés, ils doivent animer leurs boiflons,
même Pufage du vin:
fe permettre, fe prefcrire
des
Nous aimons à entendre dire à M.H: plaila
en
la trifelfe 2 alfuerent
firs modérés 2 prévenant
éclairée eft faciJanté ; ce principe de phyfique
douce qui
lement adopté par une philofophie
jouiffances que leur excès:
ne proferit'des
autre
< celui a qui
Nous aimons aufli cet
palage,
fait
mettre de frein à fes paffions trouve
>ne
pas certaine dans le pays oùt elles ont le.
>> une mort
accablés par les travaux &c
9 plus d'aétivité.
Colons fe livrent encore à
s les embarras, ,files
çomme la faux ren-
> des vices,la mortles altère
$ verfe les épis 2i
Pourquoi
leur excès:
ne proferit'des
autre
< celui a qui
Nous aimons aufli cet
palage,
fait
mettre de frein à fes paffions trouve
>ne
pas certaine dans le pays oùt elles ont le.
>> une mort
accablés par les travaux &c
9 plus d'aétivité.
Colons fe livrent encore à
s les embarras, ,files
çomme la faux ren-
> des vices,la mortles altère
$ verfe les épis 2i
Pourquoi --- Page 215 ---
SUR SAINT.DOxiscUE
Pourquoi gâter de fi bonnes
mots qui les fuivent à la
chofes par ces
4 Prefque tous
page 25?
ils font écrafés abreuvésdu poifon de l'envie,
fous mille
>> douteux
leur
jougs. Rien n'eft fi
que
fort.
* 2 firs & furieux dans
Ardens dans leurs déleurs
> der mutiellement,ils
pertes, loin de s'ai-
>> blables à des
fonttous ennemis ; femtigres qui fe
9) fous la griffe des lions
déchirent entr'eux
> éprouvent eft la
-
. la maladie qu'ils
3>
plus affreufe de
fource en eft dans le délire de
toutes s la
> le
la raifon, dans
découragement & le
Nous l'avions
chagrin >.
leurs fans
annoncé à nos Leéteurs. Couvérité, > ombres fans adouciffement,
Saint-Domingue & fes habitans font
gurés, tant au phyfique
bien défiportrait qu'en trace ici qu'au moral, > 2 dans le
tout
M. H. Si l'on
ce qu'il en dit dans ce
admetait
le paradis
chapitre, ce
.
habité par des diables. Les
fercit
: roces lui fervent d'objets de
bêtes fétitres de frénétiques &
comparaifon; les
d'infenfés
ces qualifications : mais
font fes doucontre lui, il va
ne nous fâchons
nous
pas
page & la ligne
dédommager : à la même
d'après, il peint les
mes avec des traits bien
mémeshomraifon ! Voila le vrai
différens. N'a t-il pas
fes Leéteurs; c'eft à chacun moyen de contenter tous
deux
de choifir celui
portraits qu'il crôira le
des
Partic II,
plus reffemblant,
B
font fes doucontre lui, il va
ne nous fâchons
nous
pas
page & la ligne
dédommager : à la même
d'après, il peint les
mes avec des traits bien
mémeshomraifon ! Voila le vrai
différens. N'a t-il pas
fes Leéteurs; c'eft à chacun moyen de contenter tous
deux
de choifir celui
portraits qu'il crôira le
des
Partic II,
plus reffemblant,
B --- Page 216 ---
CONSIDÉRATIONS
18 NOUVÉLLES
font bien
4 Les Créoles de Saint-Domingue
vaillans, vifs, généreux 2 mais avec of9> faits,
w.tentation >.
était peu néceffaire ; car >
Ce dernier mot
dans l'Ecoffaife,
comme dit le bon Frèsport,
me
une adion honnête 2 pourquoi
quand je fais
honnête ? PourfuiJoupgonner dun motif mal -
vons.-
rarement dans leur
( Les foupçons entrent
> âme >.
dix lignes plus haut 2
Comment ceux qui,
des envieux, ne
étaient des ennemis acharnés, 2
font-ils à préfent même pas foupconneux? fi la nature
< Ils auraient eu l'efprit focial, lien de la
n'avait pas nui au
> du gouvernement
>> Société >.
de travaux des CulIl faut ajouter, fi le genre
fans ceffe leur préfence,
rivateurs n'éxigeait pas
fans rifques; mais
8 s'ils pouvaient fe déplacer du Maître. D'ailde Paffiduité
ici rout dépend
& des Gé
leurs le mélange des Propriétaires
dans les
fouvent du refroidiffement
rans jette
chacun a fon genre de
fociétés des campagnes;
fierté.
dans leurs goûts, ils facrifient
4 Inconftans
ils ont de la pénétration,
> beaucoup au plaifir;
&
de caraétère maisindolens
s 8 del'éévation de les voir entrepreadre de
# légers;i il eft rare --- Page 217 ---
SUR SAINT-DONINGUg
> grandes chofes, & de trouver en eux de
P talens >,
grands
M. H. oublie que l'établiffement d'une
faéture remplie de machines
manus
fabrication délicate,
compliquées 2 une
une exploitation
une manutention détaillée,
dificile ;
économique, la difcipline d'un attelier nombreux, l'emploi
des forces, la prévoyance des
calculé
des chofes toutes néceffaires événemens, font
conduite d'une
à l'entreprife, à la
fucrerie, & qui ne
ni
défaut de courage, ni défaut d'habileté, fuppofent
grands talens;, M. H. fair à cela
Pour les
réponfe qui
lui-même une
éxemptera les frais de la
4 fondez des Ecoles
nôtre :
publiques,afin qu'on
> faire des études fuivies fans fortir de PIfle puiffe
En effet, confidérons la manière dont
>.
les font élevés
les Créopendant leurs premières années:
Tel que le gland, renfermant eri fon fein le
chêne qui fera un jour lhonneur de 1a
gne,a) befoin; pourle
campa=
développer, d'être enfoui
quelque tems dans la terre, oh il nourrit
tement le jet qui va bientôten
la fecrettel le germe des fciences & percer des
furface;
s'échauffe & fe mûrit
beaux - arts,
en Europe parmi les
vres élémentaires,
li3 & dans la pouffière des Cole
lèges,
Des parens qui n'ont pas cette reffource
sour d'eux, > font paffer à fix ou
dus
fept ans les'
Bij
, d'être enfoui
quelque tems dans la terre, oh il nourrit
tement le jet qui va bientôten
la fecrettel le germe des fciences & percer des
furface;
s'échauffe & fe mûrit
beaux - arts,
en Europe parmi les
vres élémentaires,
li3 & dans la pouffière des Cole
lèges,
Des parens qui n'ont pas cette reffource
sour d'eux, > font paffer à fix ou
dus
fept ans les'
Bij --- Page 218 ---
CONSIDÉRXTTONS
20 NOUVEILES
$
à leurs fils, afin qu'ils en puiffent profiter
mers
le Créole
ils font envoyés dans une penfion;mais eft bienqui porte avec lui un vernis d'aifance, calculateur
tôt diftingué par un maître attentif, l'enfant qui
de.fes intérêts; craignant de perdre
plus cher 2 il ne veut pas Paffujettir
lui payele heureufe qui rend les autres applià cette gêne
de fes
& dociles. En outre 3 P'éloignement
qués fnetisfhssrerisubreniee d'unjeune
parens
refpeéte peu un frein étranger qu'une
homme qui
faire fentir.
main timide n'ofe trop
L'affiduitéaux éxercices de l'efprit, ennuyeux
dans leurs commencemens: : fur-
& défagréables
eftremplacée
prématurée,
tout pourunejeunefe
tous les éxerle goûr , inné chez elle, 2 pour
par.
conviennent mieux à fa pécices du corps qui
avancé la
tulante vivacité, Enfin un âge plus
oùt le défir de s'inftruireféjette dans une fphère
paraîtrait un ridicule pédantifme:
rieufement faudrait de difpofitions naturelles pour.
Qu'il
de tant d'obftacles ! que le goûtp pour
triompher devrait être fort chez les Créoles
les fciences
une éducation fi
pour n'être pas étouffé par
eft
à fon développement ! Il en
cepencontraire
Aéuellement même pludant plus d'un éxemple.
leurs
fieurs font connus dans la Capitale par bellesconnaiffances dans tous les genres. Les
font cultivées avec fuccès par des mains
lettresy
difpofitions naturelles pour.
Qu'il
de tant d'obftacles ! que le goûtp pour
triompher devrait être fort chez les Créoles
les fciences
une éducation fi
pour n'être pas étouffé par
eft
à fon développement ! Il en
cepencontraire
Aéuellement même pludant plus d'un éxemple.
leurs
fieurs font connus dans la Capitale par bellesconnaiffances dans tous les genres. Les
font cultivées avec fuccès par des mains
lettresy --- Page 219 ---
SUR SAINT-DOWiRGUr
américaines qui favent fe fervir du
2f
ranie 2 du luth de Melpomène compas d'UThalie, & de la
,.de la lyre de
fiteagrefie, > mais fonore de
M. H. pourfuit,
Pan.
s candeur
page 26, ( ils font pleins de
& de bonne foi, ils font
>> fians, trop faciles à
trop con9 point de
tromper e
e ils n'ont
penchant au crime, ileft rare de
9 voir
livrer
les
s'y
.
. ils font
> bienfaifans
humains &
envers tous les Blancs >.
Eh bien ! ces ennemis
envieux ces
implacables, ces pâles
tigres enragés de la
dente s les voilà ici tout-à-coup
page précéen agneaux
métamorphofés
M. H.eft innocens, en amis fecourables. Que
heureux d'avoir un génre
à lui, qui lui permette ainfi de dire d'éloquence
veut, fans s'inquiéter de ce
fuit
ce qu'il
Page 30,4 c'eft dans les qui
ou précède !
s les en
pays chauds & fertiproduéions variées s
>> génie. La nature féconde
que s'élève le
9 en événemens
en grands fpeétacles s
merveilleux, embrâfe
> tion; on obferve, on invenre
T'imaginas climats tempérésw.
moins dans les
Peut-être on peut inventer moins dans les
mats tempérés, mais l'invention
climoins d'idées
fera plus fages
de
découfues, plus de fuivies : moins.
figures 2 plus de raifonnement
moins d'odes, plus de
; on y fera
tainement
poèmes épiques, & ceron obfervera bien davantage,
Biij
âfe
> tion; on obferve, on invenre
T'imaginas climats tempérésw.
moins dans les
Peut-être on peut inventer moins dans les
mats tempérés, mais l'invention
climoins d'idées
fera plus fages
de
découfues, plus de fuivies : moins.
figures 2 plus de raifonnement
moins d'odes, plus de
; on y fera
tainement
poèmes épiques, & ceron obfervera bien davantage,
Biij --- Page 220 ---
CONSIDÉRATIONS
12 NOUVELLES climat de Saint-Domingue inf
Page 31,ale Thomme le plus févère peut y
>> pire Vamour :
la chaleur conti-
> devenir lafçif : T'occafion,
des organes.
tout, jufqu'àla difpofition
9 nuelle,
deviennent des
& les plaifirs
> conduitau piége,
y befoins >.
ajouter à ce paffage , qui
Nous n'aurions qu'à
avecaflezd'énergie, toute la forces
ne peint point
de la Zone
toute la fougue du tempérament
Torride,
créoles font fécondes, paffion-
( Les femmes
> nées & jaloufes., 8c. ye
de M. H., le morIl faut voir dans T'Ouvrage des traits reffemceau tout entier : ils'y trouve
nulqui ne s'accordent
blans, & quelques-uins
que leur air
lement. Il dit dans un endroit 2
de leurs
animé, & plus bas il parle
n'eft point
regards enflammés, de leurs pofurervoluipaens & l'aifes. Ici il leur refufe la joie innocente, ont une naiveté
mable emodeftie; ; là i1 dit qu'elles fans art. On
touchante,, qu'elles font. aimables
difficilement la réunion de ces difparates
conçoit
objets. M. H. ne nous paraît pas.
dans les mêmes heureufement les femmes que
avoir étudié pluys
les hommes,
tableau par des traits qui ne
Il a terminé fon
flles de fang-môlé 2 defe
conviennent qu'à ces
métier de femmes
tinées dès leur enfance all
ftie; ; là i1 dit qu'elles fans art. On
touchante,, qu'elles font. aimables
difficilement la réunion de ces difparates
conçoit
objets. M. H. ne nous paraît pas.
dans les mêmes heureufement les femmes que
avoir étudié pluys
les hommes,
tableau par des traits qui ne
Il a terminé fon
flles de fang-môlé 2 defe
conviennent qu'à ces
métier de femmes
tinées dès leur enfance all --- Page 221 ---
SUR SAINT-DoNikGug
publiques.
L'application: aux femmes blanches
eft auffi fauffe qu'outrageufe,
en
de la
Voici cet endroir
page 32: :
(. La volupté eft dans leurs
wtjon dans leurs
yeux, & la féduccoeurs. On careffe leurs
3s mes fans être retenu
chars leurs difcours,
par l'enchantement de
qui pourrait s'en
> Content de leurs
défindre (1)2
> rer ceux dont
attraits, on ne fait pas defielles manquent;leurs;
> flammés,
regards en9 dans
font
heumspedurmxchptuediasr
tous les fens l'ardeur qui les embrâfe paffer
A la fin de tout ceci, vient
*.
tendue fur la briéveté de la vie une & réfléxioninat-
& fur la
des jouiffances,
longueur des peines : ferair-ce la nouveauté du fujet qui aurait engagé M. H. à
là cette phrafe ifolée? Elle amène
placer
bleau en laid d'une
enfuite le tahabiration qui n'eft
en
ce moment , fous fa plume devenue plus 2
4 qu'un petit efpace entre ces
chagrine 2
montagnes
>> cent les nuages, dans ces vallonsobfcurs qui per-
>> verts d'arbres épais, ,6 entrelacés de
recou-
> meures de
liannes, deTaffliction >.
Nous ne trouvons pas Paffliétion
dans ces liannes 5 que n'y refte t-elle mal-placée
embarraffée comme le Belier d'Abraham toujours
hélas ! elle ne vient
? Mais
que trop fouvent dans les
(:) Cette phrafe eftl louche & implique
M.H.fouvent en fe croyantobfcur, devient contradiation,
abfurde.
Biv
acés de
recou-
> meures de
liannes, deTaffliction >.
Nous ne trouvons pas Paffliétion
dans ces liannes 5 que n'y refte t-elle mal-placée
embarraffée comme le Belier d'Abraham toujours
hélas ! elle ne vient
? Mais
que trop fouvent dans les
(:) Cette phrafe eftl louche & implique
M.H.fouvent en fe croyantobfcur, devient contradiation,
abfurde.
Biv --- Page 222 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
belles, ainfi
dans les villes:
plaines les plus
que
M. H.avait là une bonne idée ,. c'eft dommage
qu'elle ne foit pas littéralement jufte.
Nous voici à l'article des Européens tranfplantés à Saint-Domingue. Leur portrait eft de
la plus noire teinte: il aurait plus de reffemblance
s'il eût été fairil y a trente ans, P'écume de la
France venait alors s'y fondre ou s'y purifier;
mais aujourd'hui, c'eft-à-dire depuis la paix, on
ne peut nier qu'ilne foit paffé à Saint-Domingue
beaucoup de perfonnes de mérite, beaucoup de
gens honnêtes & inftruits.
Nous voulions ne rien copier des pages 33 &
nous n'aimons pas à nous arrêter fur des
34: traits hideux. S'ils étaient vrais 2 nous héfiterions à les retracer; ne l'étant plus, nous les
paffons avec viteffe. Nous ne pouvons cependant nous difpenfer de remarquer cet endroit
de lapage 34.
a
font
dans. leurs aations
( Ily en qui
régner
étonnant d'avarice 2 de débauche,
>> un mélange
filles
> de baffeffe, & de cruauté: ils ont plufieurs
efclaves dont ils font leurs concubines; 9 ils les
>
avec rigueur tant que la journée
S> fonttravailler
dure; ; ils les nourriffent à peine; ils ne les ha9
& leur arrachent encore l'ar9 billent point 2
dans le filence de la nuit elles acquié-
>> gent que
9) rent par des proftitutions >
2 de débauche,
>> un mélange
filles
> de baffeffe, & de cruauté: ils ont plufieurs
efclaves dont ils font leurs concubines; 9 ils les
>
avec rigueur tant que la journée
S> fonttravailler
dure; ; ils les nourriffent à peine; ils ne les ha9
& leur arrachent encore l'ar9 billent point 2
dans le filence de la nuit elles acquié-
>> gent que
9) rent par des proftitutions > --- Page 223 ---
SUR SAINT-DOxINGug
Cettei infamie, f elle éxifte,
chez quelques
ne peut être que
miférables de la plus vile
lace; en tout cas, elle y eft fifecrette & firare popuqu'il ne parait pas trop honorable de s'en
>
trer affez particulièrement
monl'attefter.
informépour pouvoir
Quand on parle des moeurs des
tans d'un Pays, doit-on
habideux êtres
rappeller celles d'un ou
crapuleux ? Pour donner une idée du
commerce de
des
Bordeaux, 2 irons-nous citer l'ufure
Juifs, & leur grapillage de friperie P
Page 35, 4, les Français envoyés de la Cour
9 pour remplir différens emplois
> pour ainfi dire,
2 forment 2
2 une claffe à part >>.
Nous n'avons
là. Les meilleurs jamaisapperçu cette diftinéion-
& les plus anciens obfervateurs
du Pays nous ont affuré qu'elle n'éxiftait
au contraire 9 on fe plaint
pas :
d'hommes blancs
que toutes les claffes
foient confondues à
mingue, & c'eft l'effet inévitable du Saint-DoIleft peu d'êtres qui puiffent
commerce,
n'ayant befoin de
s'y regarder comme
les
perfonne ; l'intérêtles. lie
uns aux autres, finon
tous
amicalement, du moins
politiquement.
K Ils fe perfradent que les
> par infinét, plus
Négres 2 méchans
que par efclavage, doivent
> être conduits comme des animaux
>> dont on veut tirer
mal-faifans
>>
quelque utilité, Le défaut
d'intelligence des différens idiômes
les
que Né- --- Page 224 ---
NOUVELLES CONSIDÉNATIONS
contribue à leur infpirer une
5> gres emploient, & c'eft cette haine des Efcla9> défiance cruelle; dans les Efclaves la haine de
9 ves qui fait naitre
>> leurs Maitres >.
dirait-on pas:
D'après l'expofé de M. H., ne
Cour font les feuls.
que les hommes placés parla
ou du'
dans la Colonie qui aient des Négres,
ont une manière de les conduire
moins qu'ils
& beaucoup plus dure
qui leur eft particulière,
de la Colonie? Cecelle des autres habitans
que
iln'eft rien de tout cela'; on ne traiteles:
pendant
qu'autant qu'on les conNégres avec févérité,
long-tems: : un arnaît davantage & depuis plus
le tems &
rivant d'Europe ne s'inAruit que par
de la difcrenceprodigieufe quily.
à fes dépens
blanc qu'il gaa entre. le fervice du Domeftique
& celui delEfclave quilachète
geait en Europe,
à T'indulgence,
eft d'abord porté
àl rAmérique;ile
avoir reconnu
àla bonté,8 ce n'eft qu'après.
admet
V'infuffifance des moyens doux, qu'il en
Nous en avons vul plus d'un
de plus rigoureux. inexpérimentée, portait ent
que leur humanité indiferettement contre la
arrivant à déclamer
& qui au bout
manière de conduire les Négres,
année étaient obligés de Fadopter.
d'une
A
gence,
eft d'abord porté
àl rAmérique;ile
avoir reconnu
àla bonté,8 ce n'eft qu'après.
admet
V'infuffifance des moyens doux, qu'il en
Nous en avons vul plus d'un
de plus rigoureux. inexpérimentée, portait ent
que leur humanité indiferettement contre la
arrivant à déclamer
& qui au bout
manière de conduire les Négres,
année étaient obligés de Fadopter.
d'une
A --- Page 225 ---
BUASANT-Deaiseue
BIsCOURssECOan
De la Population,
A la leéture des premières
tre, nous n'avons
pages de ce Chapinaitre le même pu nous empêcher de reconM. H, dans
guide qui a fi.fauffement dirigé
tous les calculs de fon premier
lume,
voEgaré par fon imagination fitr laquelle il s'eff
tellement fié, qu'il n'a voulu prendre la
de
rien vérifier ,il s'eft combatru &
peine
s'en
contrarié, fans
appercevoir, d'une pageà T'autre,
Il eft vrai qu'il fie prétend pas cette foisà
précifion arithmétique. Au fujet de la
une
libre de
population
çuls
Saint-Domingue, ,il ne préfente fes calque comme zne idée générale i mais
ne faudrait-il pas avoir fair des
encore 9
à différens articles
erreurs de moitié
il ne parle
de mille : par éxemple, à la page 40 2
que
huit cents trente habitations, & à la page 58, il
en grande culture.
en.compte trois mille
il s'eft
Qu'il nous dife lui-même oit
trompé,
Inep porte les claffes des Régiffeurs,
mes, Rafineurs, Ecrivains,
Econoçons, Chirurgiens,
Charpentiers, Maemployésfur les
gu'a trois mille, tandis que la partie habitations, du
Sud, --- Page 226 ---
28 NOUVELLES
eft
CONSIDÉRATIONS
qui moins peuplée que chacune des deux autres, occupe feule près de quinze cens hommes
des fept claffes ci-deffus.
Il compte huit cents Maîtres
de mufique,
d'armes, de danfe,
Précepteurs & Maîtres d'écoles, A la
vérification, nous avons été obligés d'en
tre plus de la moitié.
rabatIl trouve douze cents femmes ou filles blanches vivant concubinairement dans les
gnes. La médifance la plus aétive & Ia campa- mieux
informéen'en pourrait compter deux cents.
Le nombre des Mulâtreffes ou Négreffes libres, mariées à la campagne, porté à mille,
va pas à fept cents.L'ereur commife fur
ne
derniers articles, eft
ces deux
répétée & plus
ble à l'article des Villes.
confidéraLe nombre des Navigateurs dans les ports &
rades, porté à douze mille, eft beaucoup
grand: nous n'en eftimons
huit
trop
&
que
mille au
plus, d'après M. H. lui-même, notre calcul
eft plus jufte que le fien, puifqu'il ne fuppofe
que quatre cents bâtimens venant annuellement
dans la Colonie,ce qui fait vingt hommes d'équipage pour chacun, & c'eft encore trop.
Nous n'avons pasé étéà même de vérifier beaucoup d'autres articles de ce tableau de la
lation de Saint-Domingue, Par éxemple popudescingn mille Créoles au-deffous de
2 celui
dix-fept ans,
ès M. H. lui-même, notre calcul
eft plus jufte que le fien, puifqu'il ne fuppofe
que quatre cents bâtimens venant annuellement
dans la Colonie,ce qui fait vingt hommes d'équipage pour chacun, & c'eft encore trop.
Nous n'avons pasé étéà même de vérifier beaucoup d'autres articles de ce tableau de la
lation de Saint-Domingue, Par éxemple popudescingn mille Créoles au-deffous de
2 celui
dix-fept ans, --- Page 227 ---
SUR SAINT-DONINGVE
dont trois mille en France
: quelque fondés
que puiffent être nos foupçons à cet
ne voulons
égard, nous
cependant point dire à M. H. fans
preuve formelle
3 qu'il s'eft trompé , & nous
paffons stour de fuire àla page. 44, oùt nous
vons cette phrafe :
trou4 Rien ne Prouve mieux l'influence du
> vernement fur la population,
goun femens des
que les établifAnglais dans PAmérique; ils Ont
9 depuis le Canada jufqu'au
fixé
$ ples Agriculteurs
Miffiflipi des peu2 Navigateurs &
> çans, des Nations formidables
Commer-
.
Comme ce ferait une erreur de
cun vice des Colonies à leur
n'attribuer aupourrait être mieux
gouvernement qui
le regarder
calculé,c'en eft une auffi de
comme la fource de tous &
le tort qu'a eu M, H. Il croit
;
c'eft
qu'il fait de la
que Poppofition
population des Colonies
du Nord de
Anglaifes
l'Amérique 2 avec celle de SaintDomingue, eft une preuve tranfcendante
fupériorité du
de la
gouvernement
fur
tre : il fe trompe
Anglais
le nôcependant, & la différence de
population ne prouve rien contre celui-ci
faveur de celui-là, C'eft au
en
ces Colonies,
genre de culture de
leur
qu'il faut attribuer la caufe de
plus ouI moins grande population.
fucre feront toujours
Celles à
pour leur étendue: opulentes, & peu peuplées
celles à blé, à bois, à pel- --- Page 228 ---
NOUVELLES COxSIDIRATIONS
& très-peue
leteries, feront toujours pauvres les autres de riplées : les unes font de force,
été
cheffes. Le Canada le prouve ; n'a-t-il pas
peuplé, quoique fous un gouprodigieufement ? Ne l'a-t-il pas été autant &
vernement Français
de la même
plus qu'aucune Colonie Anglaife
donc des inculpations qui,
étendue? Eloignons
cachent plus
fous une apparence philofophique 2
de malignité que de jufteffe.
rendent
On lit page 46, K les femmes galantes
les maris jaloux >.
>> toujours
vrai, plus moral de dire, les ma
Il était plus
rendent toujours les femmes galantes:
ris jaloux
comme par-tout;
Car il en eftà Saint-Domingue conduite du mari qui
c'eft toujours la mauvaife & cette honte qui
amène celle de la femme, défordres de celle-ci,
réjaillit fur celui-là des
civilifées ont
cette honte dont toutes les Nations n'eft
couvert le front des maris trompés,
pas 3
commie on l'a dit fouvént 2 un injufte préjugés doit être
c'eft plutôr laveu tacite que i'homme des troubles
regardé comme le premier auteur fentiment fecret
de fon ménage, c'eft Teffet d'un
qui porte à lui faire fubir ia principale
d'équité des fautes qu'il eût dû prévenir, & qu'il
peine P'envie de commettre par dépit ou ven=
a donné
geance.
la plus belle,
Sexe enchanteur 2 non-feulement!
un injufte préjugés doit être
c'eft plutôr laveu tacite que i'homme des troubles
regardé comme le premier auteur fentiment fecret
de fon ménage, c'eft Teffet d'un
qui porte à lui faire fubir ia principale
d'équité des fautes qu'il eût dû prévenir, & qu'il
peine P'envie de commettre par dépit ou ven=
a donné
geance.
la plus belle,
Sexe enchanteur 2 non-feulement! --- Page 229 ---
SUR SAINT-Doxrwoug
mais encore la meilleure moitié du
main : vous dont les charmes font fon genre-hus
& les vertus fa confolation
bonheur, 9
range du côté de
9 avant que je me
vos détraéteurs
coeur fe féche ; que ma main fe 2 que mon
tomate brifé dans fes
retire; qu'aurefte froid,
plus beaux refforts, je
Prométhée inanimé; que le précieux larcin de
vaiffeaux n'éleétrife plus mon fang dans fes
affaiffés; que je meure enfin,
vant de ceffer de vous rendre
auparaquand l'homme a perdu le droit de hommage. Eh !
que lui refte-t-il dans le
vous adorer,
monde P De P'ennui
fin, des efforts fans
fans
relâche,
vigueur, des infirmités fans
des peines fans compenfation.
Page 54, A au Port-au-Prince la
> port, la qualité du fol, les
fituation du
s quens, la difette d'eau
brouillards frépotable, tout
>> contre la vie des
confpire
hommes >a
On y a fait depuis quelque teis ttne
dans une de fes extrêmités
fontaine
(1). Cependant le
Portau-Prince n'en eft pas moins un endroir auffi
(:) Nous avons vu avec regret qu'on laiffait
leau qui fe rend à la place de PIntendance perdre
ferait fi facile de conduire à la place de
2 & qu'il
mande l'utile ornement d'une fontaine. Valière quides
confacrés à l'avantage du
Ces monumens
la mémoire des Chefs Public, lui font accompagner
qui ne font plus 2 d'un
affedueux de reconnaiffance & de regret,
fentiment
ft pas moins un endroir auffi
(:) Nous avons vu avec regret qu'on laiffait
leau qui fe rend à la place de PIntendance perdre
ferait fi facile de conduire à la place de
2 & qu'il
mande l'utile ornement d'une fontaine. Valière quides
confacrés à l'avantage du
Ces monumens
la mémoire des Chefs Public, lui font accompagner
qui ne font plus 2 d'un
affedueux de reconnaiffance & de regret,
fentiment --- Page 230 ---
NOUVELLES CONSIDERATIO: NS
incommode que défagréable. Le fiteparlui-mémé
ferait
mal choifi, fi l'on avait refferré
n'en
pas Ville mais on a donné à fon enle plan de la
ceinte une étendue quipourrait comprendre vingt
maifons & deux cens mille hommes. Il eft
mille
figuret cing
facile de juger comment y peuvent
oufx cents cafes, la plupart en terraffes &r n'ayant
que le rez de chauffée.
& conIl réfulte des inconvéniens journaliers
fidérables, de ce que cette ville n'a pas d'abord
été circonfcrite dans un efpace proportionnéà
poffible. L'adivité des affaires s'en
fa population
ralentie. Tous les objets
trouve extrêmement
a befoin font placés à des diftances prodont on
digieufes les uns des autres. Le gouvernement 2
Bureaux les Tribunaux ? les Greffes, les
les
2 Marchands font difperfés çà & là 5
'Avocats 2 les
homme a bien de la peine
au Port-au-Prince, un
& enà terminer plus d'une affaire en un jour,
eft-il fouvent plufieurs dans la femaine,
core en
n'en
faire aucune.
pendant lefquels on
peut
S'il a plu la nuit , vous ne pouvez marcher
le matin, dans des rues d'une immenfe largeur s
reffemblent à des grands-chemins bourqui
d'un tuf blanc &
beux : on les arrecouvertes
devient
poreux qui fe gonfle au moindre grain,
le touche & rend la circuadhérent all pied qui
heures:
lation impraticable jufqu'à dix ou onze
alors,
T
faire aucune.
pendant lefquels on
peut
S'il a plu la nuit , vous ne pouvez marcher
le matin, dans des rues d'une immenfe largeur s
reffemblent à des grands-chemins bourqui
d'un tuf blanc &
beux : on les arrecouvertes
devient
poreux qui fe gonfle au moindre grain,
le touche & rend la circuadhérent all pied qui
heures:
lation impraticable jufqu'à dix ou onze
alors,
T --- Page 231 ---
SUR SAINT-DONtiNGUE
alors, fi Vos affaires
vousappellent
aut dehors, vous
abfolument
de foleil
pouvez compter fur un
en traverfant ces plages funeftes, coup
foyers dévorans d'une chaleur
ces
que l'exceflive largeur des rues infupporrable >
cune de leurs croifées
multiplie à cha-
; fans
modité de ce même tuf
compter l'incomont defféché
que les rayons du foleil
en trois ou quatre heures, &
n'offre par tout qu'une furface
qui
des reflets pernicieux,
éblouifante &
2 auxquels les
yeux ne peuvent réfifter : auffi
meilleurs
marqué que, de toutes les Villes avons-nous de
remingue, le Port-au-Prince eft celle Saint-Dobitans ont la plus faible
dont les havue.
Effrayé des dangers que vous cottrez à
dans le haut du jour
fortir
vaquer à
3 remettez-vous au foir à
VOS affaires P Une pluie
vous prend en chemin & vous rend. abondante.
chez vous d'autant plus
le retour
eft traverfée de
diftcile,que chaque rue
cinq ou fix canaux
& accompagnée de bas-côtés
très-larges >
des eaux de la colline, & des. fpacieux, remplis
rues
qui vont fe rendre à la mer en roulant fupérieures
rouge & gliffant.
un linon /
Nous fommes furpris comment
encore fongé à faire venir de
on n'a Point
dont les navires Normands France des pavés
& Nantais
nent au Port-au-Prince
qui vien2 feraient
Partie Il.
obligés d'ap:
C --- Page 232 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
certain nombre en left. Il ferait aifé,
porter un
taillés, de les arrimer à fond
en les prenant tous
aude cale, de manière qu'ils ne çauferaient
aux navires dans les groffes mers 2
cune fatigue
Capitaines.
comme l'ont prétendu quelques l'eft fi mal,
Le Cap même, quoique pavé,
Elle
devrait demander la même reffource.
qu'il
pour la maifon de MM:Lori
a déjà étéemployée Saint-Pierre & le Fort-Royal de
& Plombard;
d'un très-beau pavé
la Martinique ont l'avantage
avoir enSaint-Domingue ne devrait pas
que
core à leur envier.
quelUne légère taxe fur les maifons pendant
fuffirait pour les frais de cette en-.
ques années,
être faite que par le Roi,
treprife qui ne peut
lentement, pour
qu'il faut qu'elle marche
parce fon avantage ne puiffe pas paraitre payé
que
les contribuables ; d'ailleurs
trop cher par
les matériaux par
il faut du tems pour apporter
autre ferait
la voie que nous propofons, toute
difpendieufe. On paverait une rue ou un
trop
& la fuivante un auquartier dans une année,
tems le
C'eft ainfi qu'au bout de quelques
tre.
d'un avantage qu'on lui aurait
public jouirait
fans effort ni furcharge.
procurcisfatblenen.
convenir
L'entreprife de ce pavage ne pourrait célérité
Particulier, parce que c'eft la
à aucun
faitle bénéfice.
des opérations qui en
propofons, toute
difpendieufe. On paverait une rue ou un
trop
& la fuivante un auquartier dans une année,
tems le
C'eft ainfi qu'au bout de quelques
tre.
d'un avantage qu'on lui aurait
public jouirait
fans effort ni furcharge.
procurcisfatblenen.
convenir
L'entreprife de ce pavage ne pourrait célérité
Particulier, parce que c'eft la
à aucun
faitle bénéfice.
des opérations qui en --- Page 233 ---
SUR SAINT-Doxixeur
M. H. a cherché à détruire l'idée
que l'Auteur de PHifloire
avantageufe
Philofophique 6 Politique du commerce des deux Indes, avait donnée de
la maifon de la Providence du Cap. Il dit
K Le Fondateur n'avait laiffé
P-57:
* établifement utile
que le; projet d'un
à Thumanité; ce
>> point été fuivi & l'on
projer n'a
paraît
s pour toujours >,
l'abandonner
Nous partions pour nous rendre fur leslieux
lorfque nous lâmes cet article des
;
Nous flimes attriftés
Confidérations,
cet érabliffement
d'apprendre quele détail de
intéreffant
charitable n'était qu'un rêve
de l'humanité d'un Ecrivain fenfible
mais nous n'étions pas fâchés contre lui
;
d'avoir
fippoféle bien, en
être un moyen de le réiléchifiantque faire
c'était I peutnaître, Nous
mes au Cap dans cette idée, &
arrivâmiers foins fur d'aller
un de nos premoins fes
voir cet hofpice, ou du
veftiges.
Avec quelle douce furprife
pas un vafte bâtiment neuf, n'apergumes-nous &
un autre prêt à
Sachever,a au lieu des ruines de Phumble toit
parle M. H. ! Nous nous informâmes dont
qui concernait cet afyle
de ce
primes qu'en effet fa fondation refpectable ; nous apfifante
n'était pas fuf
pour fecourir un grand nombre de malheureux. Mais le fecours de
gnées fur la caiffe des
30,000 1. par an affilibertés par MM. d'Ennery,
Ci;
uf, n'apergumes-nous &
un autre prêt à
Sachever,a au lieu des ruines de Phumble toit
parle M. H. ! Nous nous informâmes dont
qui concernait cet afyle
de ce
primes qu'en effet fa fondation refpectable ; nous apfifante
n'était pas fuf
pour fecourir un grand nombre de malheureux. Mais le fecours de
gnées fur la caiffe des
30,000 1. par an affilibertés par MM. d'Ennery,
Ci; --- Page 234 ---
36 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
& de Vaivre: ; 10,000 liv. de contribution annuelle du Géolier du Cap 2 confacrées auii par
eux à ce noble emploi, comme nousl'avons déjà
des amendes condit; des aumônes, 2 des legs ,
fidérables prononcées par les Tribunaux en fan'ont jamais
veur de cet établiffement, qu'ils
perdu de vue 2 l'avaient mis en état de fe rebâtir
& de fatisfaire aux intentions de fon Fondateur.
Quelque tems après nous fiimes témoins par
nous-mêmes de l'intérêt que cette Maifon de charité a toujours infpiré. M. Rey > Procureur général du Confeil du Cap, ft un réquifitoire par
il demandait qu'il fût enjoint à tout Nolequel
éxécuteur teflamentaire, ou autaire, Héritier,
heutre s de donner avis dans les vingt-quatre
des
les perfonnes décédées pourres
legs que
de la Providence.
raient avoir faits à la maifon
citer ici quelques pafQue ne pouvons-nous
du Difcours de M. Rey à-ce fujet t!Le coeur
fages fenfible en avait diété les expreffions, &z
le plus
& perfuafive était le vrai
fon éloquence fimple
Que le milangage de Thumanité compatiffante.
devient fublime lorfniftère de Phomme public
content d'être linvefligateur du crime,
que. , non
des droits de Topprimé qui
ou le reftaurateur
fecours du malfe plaint, il va de lui-même au
heureux qui n'a pas la force d'élever fa voix, 2
de lui affurer les moyens d'éxifter !
& s'empreffe
le plus
& perfuafive était le vrai
fon éloquence fimple
Que le milangage de Thumanité compatiffante.
devient fublime lorfniftère de Phomme public
content d'être linvefligateur du crime,
que. , non
des droits de Topprimé qui
ou le reftaurateur
fecours du malfe plaint, il va de lui-même au
heureux qui n'a pas la force d'élever fa voix, 2
de lui affurer les moyens d'éxifter !
& s'empreffe --- Page 235 ---
SUR
Ce
SAINT-Doxiscur
même Magiftrat avait,
37.
paravant, confacré
quelque tems aulaiffait
un de ces intervalles
une fanté délâbrée,
que lui
faveur des
2 à faire un effort en
luxe
moeurs, Il avait voulu reftreindre le
trop éclatant des filles
double raifon rend
publiques, qu'une
plus odieux à
gue qu'en
oùt
Saint-Dominfcandale de Europe ,
Punité d'efpèce offre un
moins. La voix intéreffée
merce empêcha celle de
du comcence, de la
Phonnêteté, de la dévint qu'il fallait vertu, d'être entendue. On fe fouplus grande
vendre le plus cher & dans la
quantiré
de précieufes
poffible 2 de riches étoffes,
dentelles, & l'on voulut
qu'en les rendant
oublier
titution,
lapanage ouvert de la
on jettait dans le
profs
être dans le crime,
dérangement & peutda perte n'ef
une foule dejeunes gens dont
penfes
occafionnée que par les folles déqu'éxigent d'eux des filles
tous les
infatiables dans
genres, qui
zure, à relever les cherchent, 2 à force de paphyfionomies
charmes rembrunis de leurs
pittorefques.
MH . dit,page 58,u qu'un
de cent pas en quarré,
efpace de terre
un feul Négre
cultivé éxagtement par
pendant deux heures de
peut nourrir plus de vingt
lajournée,
Pour lui
Négres.
répondre, 2 nous allons tranfcrire
notemarginale que nous trouvâmes furun. une
plaire des Confidérations
exemque nous avions prêté
Cij
charmes rembrunis de leurs
pittorefques.
MH . dit,page 58,u qu'un
de cent pas en quarré,
efpace de terre
un feul Négre
cultivé éxagtement par
pendant deux heures de
peut nourrir plus de vingt
lajournée,
Pour lui
Négres.
répondre, 2 nous allons tranfcrire
notemarginale que nous trouvâmes furun. une
plaire des Confidérations
exemque nous avions prêté
Cij --- Page 236 ---
CONSIDÉRATIONS
38 NOUVELLES
des biens
àl M. Barré de Saint- Venant, 2 Procureurd avec beaude M. le Comte de Plaa, qui conduit & dont
de fuccès cette grande habitation,
coup
lui ont donné place dans la
les connaiffances
Pour tous les objets
Chambre d'Agriculture.
inftruire par nousdont nous n'avons pu nous
dont
avons interrogé les perfonnes
mêmes,nous
le fentiment. Voici
T'expérience nous garantiffait
cette note manuferite :
douzième de
fe trompe; ; ilfaut un
( L'Auteur
lejardin de chaque Négre s
carreau de terre pour
encore faut-il
grand ou petit, Pun dans l'autre :
le Maitreait une place à vivres particulière, des
que
fubvenir aux befoins
affez étendue pour
des infirmes, 8cc.
moinsintelligens, de THopital,
trente-ix
cents Négres, &j'ait
Je n'ai que quatre
feize carreaux en
carreaux en jardins à Négre,
de tout
vivres particuliers, & indépendamment mahis dans les piècela, beauçoup de pois & de
fait
de
& les divifions ; ce qui
plus
ces de carine
font habituellement
foixante-douze carreaux qui
&je n'ai rien de trop >.
en vivres,
habitans de qui nous avons
Tous les autres
contre
s'élévent également
pris desinformations,
nous ont dit que
l'affertion de M. H., & plufieurs
celles du
terres n'étant pas auffi bonnes que
leurs
fouvent à chaque
quartier Morin, ils affignaient
fon champ
de çarré pour
Négre un huitième
nourricier,
ixante-douze carreaux qui
&je n'ai rien de trop >.
en vivres,
habitans de qui nous avons
Tous les autres
contre
s'élévent également
pris desinformations,
nous ont dit que
l'affertion de M. H., & plufieurs
celles du
terres n'étant pas auffi bonnes que
leurs
fouvent à chaque
quartier Morin, ils affignaient
fon champ
de çarré pour
Négre un huitième
nourricier, --- Page 237 ---
SUR SATNT-DOMINGUE
M. H., non content de s'être laiffé aller à 39
une
erreur de fait dans cet article, l'accompagne d'une
note remplie d'erreurs de calcul,
( Il ne faudrait donc, dit-il, que feize mille
9 Carreaux de terre pour nourrir deux cents
> tre-vingt-dix mille
quaNégres, ce qui eftà à peu
> le nombre de ceux qui font à
près
préfent dans la
9) Colonie. Ce calcul n'eft
pas éloigné de la vé-
>> rité, car en comptant fur trois millehabitations
> en grande culture, > & fuppofant les places à
s> vivres à quatre carreaux bien cultivés
>) chaque habitation, elles comprendraient pour
quinze
>> mille carreaux de terre >.
Nous ne pouvons comprendre comment tous
les calculs de M. H. font
de
de fautes
remplis
ces fortes
d'arithmétique; ; lorfque l'on n'eft
affez fûr de foi dans ce
pas
genre, 2 il eft aifé d'y fisppléer, en faifant vérifier les comptes
qu'un d'inftruit dans cette partie fi
par quelfi facile. Si M.H. avait
commune &
daigné prendre ce foin,
que la peine qu'il nous caufe dans tout le cours
de fon Ouvrage nous donne droit de lui
feiller
conpour l'avenir 2 il n'aurait pas imprimé
qu'un carreau de terre fuffifant pour nourrir
vingt Négres, il en fallait feize mille
rir deux cents
pour nourquatre - vingt- dix mille
car
Négres
une multiplication éxacten'en donne
torze mille
que quacing cents : il n'eût pas dit non plus
Ciy
que la peine qu'il nous caufe dans tout le cours
de fon Ouvrage nous donne droit de lui
feiller
conpour l'avenir 2 il n'aurait pas imprimé
qu'un carreau de terre fuffifant pour nourrir
vingt Négres, il en fallait feize mille
rir deux cents
pour nourquatre - vingt- dix mille
car
Négres
une multiplication éxacten'en donne
torze mille
que quacing cents : il n'eût pas dit non plus
Ciy --- Page 238 ---
NOUVELLES COXSIDERATIONS
40 trois mille habitations à quatre carreaux
que
quinze mille,
châque en vivres, en occuperaient
quatre foistrois mille ne fontque douze
parce que
mille; & s'il etit voulu fe fouvenir de ce qu'il
avait écrit à la page 40, ol il ne compte que
trente habitations en tout 2 il
dix - huit cents
n'en eût pas mis icitrois mille en grande culture.
ces fortes de méprifes
Nous ne remarquons
faire voir à M. H. que nous les avons
que pour
apperçues, & qu'il ne puiffe pas fe plaindre que
lu avec affez d'attention.
nous ne l'ayons point
extrême
Elles ne, font pas en elles-mêmes d'une
conféquence ; aucun habitant n'ira reftreindre
les bornes des jardins de fes Négres, 8z les réles Confidérations'de M, H., à un
duire, d'après
infuffifant vingtième: Mais ce que nous ne poufans
avec. une forte d'ins
vons paffer
remarquer
dignation, cet font ces paragraphesinjufes quidonnent aux habitans de Saint-Domingue un vernis
de la plus cruelle barbarie, de la plus criminelle
avarice; tels que ceux-ci.
Page 62,K il faut donc encourager la podes
& défendre aux Maitres;
5 pulation
Négres,
de maintenir dans leurs
97 fous des peines févères 2
une économie deftruétive >.
s> habitations
les maladies
ont
Page 63, K ce ne font pas
qui
des noirs;
s9 affaibli jufqu'à ce pointla population
la
des Maitres: elle a triomphé
$ c'eft tyrannie
sx des efforts de la nature >
.
Page 62,K il faut donc encourager la podes
& défendre aux Maitres;
5 pulation
Négres,
de maintenir dans leurs
97 fous des peines févères 2
une économie deftruétive >.
s> habitations
les maladies
ont
Page 63, K ce ne font pas
qui
des noirs;
s9 affaibli jufqu'à ce pointla population
la
des Maitres: elle a triomphé
$ c'eft tyrannie
sx des efforts de la nature > --- Page 239 ---
SUR SAIYT-DOMINGUE
4r
Page 64, 44 des Maîtres avides n'aiment pas à
S voir leurs Négreffes enceintes; on eft, difent9) ils, privé de leur travail pendant les derniers
9 mois de leurgroffeffe, &lon n'en peut retirer
9 que de légers fervices 2 jufqu'à ce que l'enfant
99 foit févré: le bénéfice des crûesne fuffit
9) à réparer le tems perdu; il y a des hommes point
s barbares, en qui la cruauté eft fortifiée
5) l'avarice, & l'avarice ne prévoit rien > par
Page 66 2 ( fi les Négreffes fe font fouvent
% avorter, c'eft prefque toujours la faute deleurs
>> Maîtres 9.
Le premier paragraphe que nous venons de
citer 3 a l'avantage dejoindre l'abfurdité à la Calomnie, en fuppofant avec M, H. que les Maitres
maintiennent dans leurs habitations une économie
defrudive, ce qui eft abfolument faux.
fer des peines fevères pour les en
Propo- eft
abfolument ridicule;
empêcher 2
car, 2 pour établir une punition, ilfaut un corps de délit 2 & en ce cas
oir le chercher, 2 comment le prouver ? Quelles
pratiques, un habitant, un monftre, tel que le
repréfente M, H., pourrait-il employer
procurer dans fon attelier une ftérilité forcée? pour
Défendra-t-il la cohabitation des deux féxes?
Eh bien foit. Mais comment le Miniftère Public
en, fera-t-il informé
t-il-en
2 quelles preuves pourraavoir ? D'ailleurs pourrions-nous
avec
en ce cas
oir le chercher, 2 comment le prouver ? Quelles
pratiques, un habitant, un monftre, tel que le
repréfente M, H., pourrait-il employer
procurer dans fon attelier une ftérilité forcée? pour
Défendra-t-il la cohabitation des deux féxes?
Eh bien foit. Mais comment le Miniftère Public
en, fera-t-il informé
t-il-en
2 quelles preuves pourraavoir ? D'ailleurs pourrions-nous
avec --- Page 240 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
loi faire un crime à quelqu'un de comnotre
maintenir la chafteté? Il faut donc
mander, ou
fuppofer quelorfque fes Négreffes auront conçu, 2
le Maitre forcené leur procurera l'avortement
des coups 2 des mauvais traitemens 5 ou des
par
drogues.
D'abord cela n'eft guères croyable; enfuite,
fans
2 & l'ace crime ne s'opère jamais
danger
varice la plus atroce n'ira pas rifquer les jours
profitables d'une mère 2 pour n'être pas incomannées inutiles de fon
modé des premières
enfant.
Mais enfin, quand cela ferait, (ô M. H. dans
abominables détails nous forcez-vous d'enquels
encore connaitre & punir cet
trer !) comment
châtimens outrés,
attentat? S'il eft opérépar des
fera-t-il
toujours déguifé fous Tapparence
ne
pas néceffaire? Si c'eft par des drad'une difcipline
gues;oh fera le Délateur?. La Négreffe elle-même
l'être.I L'E(clavepeutil, doit-ilaccufer
ne pourrait
ferait à
fon Maître ? Si on le permettait, qui
l'abri ? En outre 2 cette mère malheureufe &
forcée au crime, n'en ferait pas moins punie par
la loi pour avoir coopéré au forfait de fon
,
avortement.
la
des Négres eft
Soyons vrais : population
très-faible ; mais ce n'eft pas même la qualité
d'efclave qui s'oppofe à la population, comme
(clavepeutil, doit-ilaccufer
ne pourrait
ferait à
fon Maître ? Si on le permettait, qui
l'abri ? En outre 2 cette mère malheureufe &
forcée au crime, n'en ferait pas moins punie par
la loi pour avoir coopéré au forfait de fon
,
avortement.
la
des Négres eft
Soyons vrais : population
très-faible ; mais ce n'eft pas même la qualité
d'efclave qui s'oppofe à la population, comme --- Page 241 ---
SUR SAIXT-DowiNouE
quelques Ecrivains plus modérés
M.
penfé.
que H. l'ont
L'efelavage eft un état miférable, il eft
mais la mifère en eft différente de
vrai ;
fans
celle des Payd'Europe 2 & de certains Ouvriers. C'eft
celle-ci qui doit ftérilifer la population.
on n'a pas affez de pain
Quand
obligé de le
pour foi, on craint d'être
partager avec fes enfans & de multiplier des bouches affamées : mais les
n'en font
Négres
pas réduits-là, ils vivent
fur le phyfique de leur éxiftence ils tranquilles
lintérêt du Maitre fait
; favent que
la
pour eux les fonétions de
Providence ; ils defirent même tous affez généralement d'être pères ; ils voient
rience que les familles
par expénombreufes, dans les atteliers, font toujours celles qui vivent avec le
plus d'agrémens, S'ils font fréquemment
dans leurs voeux, fi le but de la nature n'eft trompés
fouvent rempli dans leurs plaifirs,
pas
la caufe,
attribuons-en
2 non point 2 à la tyrannie des Maitres
mais au libertinage des Négres & des
s
qui rend les uns incapables de
Négreffes
des excès
procréer, à caufe
auxquels ils fe livrent, & les autres
peu foucieufes d'être mères à
2 caufe des foins
que ce titre éxige d'elles pendant
& des privations
quelque tems,
que cet état
tions d'autant plus
impofe, privafenfibles à des individus
les nuits libertines font fouvent
dont
tout le dédom- --- Page 242 ---
44 NOUVELLES CONSIDIRATIONS
magement de leurs jours laborieux. Le défaut
de population peut encore être attribué à cette
maladie fi commune 2 endémique à Saint-Domingue 2 qui détériore toutes les fubftances $
peut-être même au changement de pays:lajeune
Africaine qui aurait été mère féconde fous le
ciel qui la vit naître, n'eft plus qu'une fémelle
Jubrique dans le climat oùt elle fe trouve tranfplantée.
M.H, fait un raifonnement très-défefueux
pour prouver que l'habitant gagne à élevér un
Négrillon. Si le Colon n'avait pas au fond de
fon coeur de raifon plus puiffante pour recevoir
les enfans de fes Efclaves, finon avec plaifir du
moins avec humanité, > nous ferions dans le cas
d'appréhender les horreurs qu'il a fuppofées;
mais il n'en eft pas un feul, nous pouvons le
dire, qui ne fache, qui ne fente qu'il ne peut
engloutir les races naiffantes
2 quoiqu'elles lui
foient onéreufes, fans être pire qu'un Anthropophage.
In'y aura donc point de notre part de défaut
de politique 2 de prouver à M. H. qu'il n'a fait
qu'un fophifme à la page 65 2 pour démontrer
l'avantage d'avoir des Négrillons, en difant :
4 Si le travail d'une Négreffe pendant dix-
>> huit mois, c'eft-à-dire, pendant les trois der-
> niers mois de fas groffeffe, & pendant les quinze
éreufes, fans être pire qu'un Anthropophage.
In'y aura donc point de notre part de défaut
de politique 2 de prouver à M. H. qu'il n'a fait
qu'un fophifme à la page 65 2 pour démontrer
l'avantage d'avoir des Négrillons, en difant :
4 Si le travail d'une Négreffe pendant dix-
>> huit mois, c'eft-à-dire, pendant les trois der-
> niers mois de fas groffeffe, & pendant les quinze --- Page 243 ---
SUR
$ mois
SAINI-DONINGOg
qu'elle allaitera fon enfant
> 600 livres, &
2 eft eftimé
qu'elle ne faffe
2> là que la moitié de fon
Pendant ce tems33 que le Maitre
travail, il eft certain
perdra 300 livres,
> Un Négrillon de quinze mois
>> la vérité cette
ne vaut pas à
fomme, mais à
il vaudra
l'âge de dix ans
Ifoo livres ; il
>> à travailler utilement
commencera alors
> gagné
pour fon Maitre; il aura
pour ce Maitre, 2 avant fa
>> née, au moins 1200
quinzième an-
>> âge fera de
livres, & fa valeur à cet
>
2,000 livres. Voilà le produit
30olivres dont le Maitre
des -
>> par la groffeffe de fon
aura fouffert la perte
Efclave.
9 de F'argent à plus haut intérêt Peut-on placer
Sans doute il convenait à M. >? H.
le déficit d'un travail
de n'eftimer
dix-huit
d'une Négreffe
mois, que 300 livres ; ce
pendant
que 400 livres par an pour fon
qui ne donne
qui paraitra un peu
rapport ; fomme
ment au moins le modique à ceux qui l'eftin
double s &z croient ne fe
tromper, Nous lui
pas
paffons cette
pour venir à fon but ; ce n'eft
petite fineffe
fois qu'il ill'emploie; il fait
pas la première
à
diminuer les données,
propos groffir ou
fuivant les
qu'il a befoin d'en tirer; mais conféquences
lui pafferons pas, c'eft
ce que nous ne
den'avoir
tion de ce que coûte
point faitmenau Maître le
jufqu'à fa dixième
Négillon
année, où il faut qu'il
rap-
ons cette
pour venir à fon but ; ce n'eft
petite fineffe
fois qu'il ill'emploie; il fait
pas la première
à
diminuer les données,
propos groffir ou
fuivant les
qu'il a befoin d'en tirer; mais conféquences
lui pafferons pas, c'eft
ce que nous ne
den'avoir
tion de ce que coûte
point faitmenau Maître le
jufqu'à fa dixième
Négillon
année, où il faut qu'il
rap- --- Page 244 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
trouverles 1200 1:
porte 240 livres par an, pour
quinze
qu'il prétend qu'il aura gagnées jufqu'à
ans. Par parenthèfe, on rit un peude voirletravail 1.
d'un Négrillon de dix à douze ans eftimé 240
quin'eftime celui d'un
chaque année, par"homme
cela;
Négre fait que 400 livres. Paffons encore
jour d'indulgence ; nous fomc'eft aujourd'hui
dans les favorables difpofitions
mes précifément
du Barbier de Seville
qu'éxige P'Auteur enjoué
n'a
été lafa leêture. Notre digeftion
pas
pour borieufe, notre maitreffe n'eft prefque pointinfidelle notre Avocat nous affure que nous ga2
: malgré tout cela, 2 nous
gnerons notre procès
de demander à M.H.
ne pouvons nous empêcher eftimé le cafuel du capital
pourquoi il n'a pas
un
Maître rifque chaque jour en élevant
qu'un
quelqu'attenNégrillon : cela mérite cependant
à être
tion; mais il n'eût pas trouvé fon compte
éxaêt. Son but était de faire voir un avantage,
il fallait bien oublier, pallier, diminuer les rifles embarras, la dépenfe : au refte, cette
ques, fois, fon intention était louable.
M. H. dit à la page 69; K les Négres font dire
des meffes pour retrouver ce qu'ils ont perdu;
>>
reçoit jufqu'à 20,000 1.
9) il; ya tel Capucin qui
s par an' pour dire des meffess.
de chaque
Il ajoure en note, ale prix fait,
eft de quatre efcalins; mais on ne taxe
* meffe,
uer les rifles embarras, la dépenfe : au refte, cette
ques, fois, fon intention était louable.
M. H. dit à la page 69; K les Négres font dire
des meffes pour retrouver ce qu'ils ont perdu;
>>
reçoit jufqu'à 20,000 1.
9) il; ya tel Capucin qui
s par an' pour dire des meffess.
de chaque
Il ajoure en note, ale prix fait,
eft de quatre efcalins; mais on ne taxe
* meffe, --- Page 245 ---
SUR SAINT-DOMINGUE
> pas la générofité des Fidèles, & l'on
don- 47
s ner une piaftre fi l'on veut. Un Prêtre, peut
s peut jamais dire dans l'année plus de trois qui ne
s meffes
cents
9 reçoit le prix de cinq ou
s parce qu'il eft fous-entendu
fix.mille;
qu'il fait
>> en France de quoi faire dire celles paffer
>> peut pas dire lui-même >.
qu'il ne
Cela fur vrai, dit-on, mais ne l'eft
les
Maîtres ont ceffé d'être
plus;
claves
fuperftitieux, & les EC
imbécilles. Le revenu des Curés eft même
actuellement fi modique, qu'à peine ils peuvent
fubfifter d'une manière décente.
M. H. devient
Théologien ; il dit à la
K des hommes à
page 69;
qui il ne faut pas s'en
> entiérement, prétendent qu'iln'eft rapporter
> fible d'allier dans la manière
point pofide
> Négres, la politique & la
gouverner les:
religion >,
D'après cela, on peut s'imaginer qu'il va nous
donner le plan de conciliation de ces
jets. Point du tout; il fe contente de grands obà la page fuivante :
nous dire
( Je confidère les vérités de la Religion
> le plus grand frein que l'on puiffe donner comme
> crimes & aux vices >.
aux
Enfuite quelques lignes plus bas , &
en phrafe, > celle-ci eft amenée
dephrafe
K
fubitement.
La contemplation d'une vie future
a que rendre les Négres indociles
ne peut
2 inattentifs,
conciliation de ces
jets. Point du tout; il fe contente de grands obà la page fuivante :
nous dire
( Je confidère les vérités de la Religion
> le plus grand frein que l'on puiffe donner comme
> crimes & aux vices >.
aux
Enfuite quelques lignes plus bas , &
en phrafe, > celle-ci eft amenée
dephrafe
K
fubitement.
La contemplation d'une vie future
a que rendre les Négres indociles
ne peut
2 inattentifs, --- Page 246 ---
48 NOUVELLES COXSIDERATIONS
de leurs travaux, détruire les attraits
5> ennemis
enfin à fe don-
>> dela vie préfente 2 les engager
la mort, &à enfevelir avec eux une pofté:
a ner
l'Etat & le commerce
> rité, dont la Colonie, >
>> ont également befoin >>
Nous ferions charmés de favoir comment s'y
M. H. pour accorder ces deux textes. Il reprend les vérités de la Religion comme le plus
garde
enfuite il les fait tous dés
grand frein des crimes,
d'une vie'
river du dogme de la contemplation
future qui eft la première &cl la plus importante de
ces vérités.
encore
Outre linconféquence, nouts croyons
erreur dans ce dernier paffage. Nous
appercevoir
d'homfommes perfuadés que s'il eft une efpèce
mes au monde qui ait befoin 9 pour fupporter
&
fe maintenir
fes peines avec patience 2
pour
dans fon état avec fubordination 9 du dogme
d'une autre vie, c'eft affurément l'Efclave. Voilà
effentiellement befoin d'être conduit
l'être qui a
à celle des châ=
Tefpoir & la crainte. Ajoutez
par
celle des châtimens futurs, le lien
timens préfens
civilifé a bien moins bes
fera double. L'Européen
foin de l'idée d'un Dieu rémunérateur & venremplir les devoirs de la fociété dont
geur, 7 pour
l'Africain affervi, pour conil eft membre, que
&
tinuer à baiffer fa tête fous le joug impofé,
avec 4e troupeau dont it
labourer patiemment
DISCOURS
fait partie, --- Page 247 ---
SUR SAINT-DONINGUE
DISCOURS
TROISIEME
D Des Afranchis,
R.waouoss les
premières
de
Difcours; nous ferons bientôt
lignes
ce
rappeller à leur Auteur.
dans le cas de les
4 La
> des Efclaves claffeintermédisire de la Colonie, celle
qui ont obtenu
>>
ou acheté leur
afranchifement, eft trop
Enfuite,il dit
confidérable, n.
/
9) pôt far les libertés page" 73 2 K que l'objet de l'im3 difair au mois
n'eft pas bien connu : or
d'Août,
> pour rebâtir au. Cap en'1775 > que c'était
> vidence; mais ce
Thofpice appellé la Pro-
> ilfaur fuppofer projet ayant éieabandonné,
3 tion >.
abfolument une autre deftinaCet article n'eft point éxact : la
rebâtic
Providence
> & la taxe de
ef
a été dévolue. La
beaucoup de libertés y
deftination du
affranchiffemens n'eft
produit des
tous les jours des pas ignorée; il fe préfente
objets de
MM.les Chefs font arbitres
gratification dont
la Caiffe des libertés
& dh(penfiteurs. C'eft
penfes
qui doit fournir à ces déimprévues. Le
niftrateurs adtuels, défintéreffement des Admiçon n'a
defquels l'ombre du
pas même
foupPartic II,
approché, 2 ne permet point
ranchiffemens n'eft
produit des
tous les jours des pas ignorée; il fe préfente
objets de
MM.les Chefs font arbitres
gratification dont
la Caiffe des libertés
& dh(penfiteurs. C'eft
penfes
qui doit fournir à ces déimprévues. Le
niftrateurs adtuels, défintéreffement des Admiçon n'a
defquels l'ombre du
pas même
foupPartic II,
approché, 2 ne permet point --- Page 248 ---
NOUVELLES CONSIDIRATIONS
de ces denierssmais
de réclamer contrel'emploi
jour
les abus que des mains, un
pour. - prévenir - 4 C
commettre en cette
moins pures > pourraient doute utile d'établir une loi
partie, il ferait fans fervir de frein à la cupiou réglement qui pût
- dité future,
en T a donné le modèle
M. le Comte d'Argoilt
en
Il arrêta
à fon arrivée à la Martinique mois - 1775: au Confeil
qu'il ferait remis ious les deux
cet efpendant
un état dés libertés accordées dés deniers : qui en de fepace,8 celui de Temploi
raient provenus.
à Saint - Domingue
Cette méthode adoptée les défirs de tous les ciremplirait parfaiteinenr plus d'être abulés par
toyens qui ne craindraient efficacement toute
des mots 2 & préviendrait l'autorité cherche à baninfidélité. Ceft lorfque ombres du
nir d'autour d'elle les
myftère
rétablit la confiance 2 éloigne à famais
qu'elle
s'attire les hommages de tous) les
le foupgon,8
çoeurs.
dans fon Difcours de (Efelavage
M. H. qui,
vivement de ce que Pon
des Négres 2 fe plaint
les Noirs, comme nous
peut battre impunément
infinue ici,P:74,
Favons remarqué en fon lieu,
qu'il
& conclut même formellement, Battiffent page 95, & malne ferait pas mal que les Blancs
igne à famais
qu'elle
s'attire les hommages de tous) les
le foupgon,8
çoeurs.
dans fon Difcours de (Efelavage
M. H. qui,
vivement de ce que Pon
des Négres 2 fe plaint
les Noirs, comme nous
peut battre impunément
infinue ici,P:74,
Favons remarqué en fon lieu,
qu'il
& conclut même formellement, Battiffent page 95, & malne ferait pas mal que les Blancs --- Page 249 ---
2 SUR SAIKS-DONINGUR
traitaffent les Mulâtres libres
5:
femblerait.
quand bon leur
& ilfe
Ilregrette le tems oùr cetufage
plaint de ce qu'on -ne fouffre
éxiftait,
Blancs fe rendent juftice
plus que les
nière fi violenre.
eux-mêmes d'une maOn ne devait guères s'attendre à
nues dans le même
voir foutepofées. Il eft
Ouvrage deux thèfes fi optrès-divertifant de
tous les raifonnemens
lire, page 75,
renir la
que M. H. fait pour foudernière, & Pour. prouver
eft
mieux, & bien plus
qu'il bien
coups de bâton fur le politique d'affommer de
folent, que de le faire champ > un Mulâtre inque, dit-il,
mettre en prifon ,
2 la prifon aftige,
parce
paremment qu'il croit que endarcitsrivalite. les
Apréjouiffent, foumettent,
coups de bâton
Il nous amufe
attendrifent. D
Perfuader
auffi, page 76 ,
qu'on ne doit point lorfqu'til.vent
moins dans les plaintes
admettre de téde couleur contre les Blancs. qui furviennent des gens
( Ira-t-on chercher des
> claffe
témoins? Dans
pourra-t-on les prendre P
quelle
>> Colonie vingt Affranchis
Il y a dans la
> Blanc >.
ou Efclaves contre un.
Il oublie qu'à la page 40, à l'article
pulation, il met
de la Po.
mille
vingt-cinq mille Blancs,
Affranchis; & page 58, deux cents quinze
vingr-dix mille Efclaves, ce qui fait
quatreen tout trois.
Dij
-t-on chercher des
> claffe
témoins? Dans
pourra-t-on les prendre P
quelle
>> Colonie vingt Affranchis
Il y a dans la
> Blanc >.
ou Efclaves contre un.
Il oublie qu'à la page 40, à l'article
pulation, il met
de la Po.
mille
vingt-cinq mille Blancs,
Affranchis; & page 58, deux cents quinze
vingr-dix mille Efclaves, ce qui fait
quatreen tout trois.
Dij --- Page 250 ---
NOUVELLES CONSIDIRATION: 5
mille Négres ou Mulâtres 2 Efclaves 82
cents cinq
mille Blancs; ce n'eit
Libres, contre vingt-cinq
douze & un cinquième
donc à tout prendre que
contre un.
Cette remarque fent un peu la chicane, répondra fans doute M. H.; quand je dis vingt contre
c'eft
dire beaucoup. Eh bien foit, mais
un
pour lorfqu'on requiert des témoins 2
oli a-t-ilvu que
nombreufe
c'eft la claffe d'hommes la plus
qui
fournir le plus ? Dans tel ou. tel fait
en doive
bien être qu'il ne fe foit renconarrivé,il peut
tré
des Blancs, ou bien des Mulâtres;c'eft
que
détermine ces fortes de chofes.
le hafard qui
D'ailleurs les Efclaves ne font jamais appellés
pour fait de Police, & dans
en témoignage
de Blancs que de gens de
les Villes il y a plus
H: tombe donc
couleur libres. L'objeéion de M.
abfolument.
Enfin nous croyons qu'il a été très-prudent
défendre aux Blancs les voies de fait envers
de
d'autant qu'il n'eft pas poffible de
les Mulâtres, Mulâtre orgueilleux qui aura
s'affurer qu'un
la violence - , la fouffrira très-patiemprovoqué forces
font en parité avec
ment fi fes
phyfiques
alors il en récelles de Phomme qui le frappe;
d'un
fulte le ipeatacle politiquement dangereux d'eft ainfi
Blanc battu par un homme de couleur ;
rixelégère amenerait un crime contre lequ'une
'autant qu'il n'eft pas poffible de
les Mulâtres, Mulâtre orgueilleux qui aura
s'affurer qu'un
la violence - , la fouffrira très-patiemprovoqué forces
font en parité avec
ment fi fes
phyfiques
alors il en récelles de Phomme qui le frappe;
d'un
fulte le ipeatacle politiquement dangereux d'eft ainfi
Blanc battu par un homme de couleur ;
rixelégère amenerait un crime contre lequ'une --- Page 251 ---
SUR SANT-DosrNerg
quel la loi prudente a juftement
peine
&
prononcé une
capirale ; ne vaut-il pas mieux
les fautes que de les avoir à punir 2
prévenir
Nous lifons dans M. H. ce
4 Les Mulâtreffes font
paragraphe, P. 77.
9 dociles
en général bien moins
que les Mulâtres 2 parce qu'elles fe font
>, attribuées fur la plupart des Blancs
9 fondé fur le
un empire
libertinage: elles font bien
>> tous leurs mouvemens font
faites,
>> volupté : l'affeétation
conduits par la
>> leur
qu'elles mettent dans
parure ne leur fied poinr mal : elles
> fervent unes grande propreté, elles
ob-
>> avares'
font fobres,
2 orgueilleufes; ellés aiment les
> & dédaignent les Mulâtres
Blancs
>> Péducation;
: tel eft l'effet de
On dirait quelquefois elle changela nature. X.
que cet article ferait échapé à
dans un moment de
M.H,
inftans de
repentance, dans un de ces
dépit & de regret, oùt l'on foule à fes
pieds l'idole qu'onavait encenfée, oule voile déchiré ne laiffe plus appercevoir
des
dans l'objet
que
défauts
d'hommages. trop
& trop peu mérités. En
long-tems rendus
tout cas., M, H.
parler avec connaiffance de
parait
nous
caufe 2 & felon
3 ne s'eft mépris que lorfqu'il dit, elles
ment les Blancs.
aiVraifemblablement il ne s'eft
trompé fur ce point s que parce qu'il l'aura été
plus adroitement
qu'un autre. La remarque philofophique par oh il termine cet alinéa, ferait.
Diij
& trop peu mérités. En
long-tems rendus
tout cas., M, H.
parler avec connaiffance de
parait
nous
caufe 2 & felon
3 ne s'eft mépris que lorfqu'il dit, elles
ment les Blancs.
aiVraifemblablement il ne s'eft
trompé fur ce point s que parce qu'il l'aura été
plus adroitement
qu'un autre. La remarque philofophique par oh il termine cet alinéa, ferait.
Diij --- Page 252 ---
NOUVELEES CokSIDÉsATIONS
$4 juftement remplacée par ce vers auffi vraiplus
que connu.
Naturam expellas furcà, tamenufque recurret:
Nous oublions de dire que la foumiffion desMulâtreffes dépend du caraôtère plus- out moins
ferme du Jige del'endroit à qui elles font fubordonnées, comme les filles publiques de Paris à
M. le Lieutenant de Police:
Nous lifons encore à cette' même page 77:
elles font vieilles, elles s'adonnent aur
4 quand
des toiles, ou à d'autres perits tra-
> commerce
dans lefquels elles réuffiffent e
Il y
* vaux
rendent de grands fervices aux jeunes
>> en a qui
chercher fortune à Saint-
* gens- qui viennent
fur-tout dans les maladies qu'ils"
>> Domingue,
toutes fortesde
> éprouvent : elles achetent par
foins les droits
veulent avoir àleur re-
>>
qu'elles
>> connaiffance Ar
a
Ce tems-là n'éxifte plus 5 nous ne croyons.
même pas qu'ilait éxifté. Les vieilles Mulâtreflesfont la honte & l'horreur de l'efpèce. Si le vice:
aux mortels fous une forme
voulait apparaître
affez hideufe pour les en dégoûter à jamais, ce
ferait fans doute celle-là qu'il devrait emprunter.
Nous n'avons vu dans aucun endroit de jeunes:
Blancs tributaires honteux de ces dégoûtantes
de
harpies : d'ailleursfic'eft une erreurd'hiftorienont amaffé dans-leur jeudire que ce qu'elles --- Page 253 ---
SUR SAINT-DOMINGUE.
neffe, foit enfuire employéà payer celle d'un 55
vigoureux Européen. ; c'eft une erreur de phyficien des'imaginer qu'ellesten.aient même befoin.
Ces femmes furvivent long-tems à leurs defirs.
Un tempérament formé detrès-bonne heure
fatisfait jufqu'à. fatiété
>
pendant une vingtaine
d'années,. ne leur laiffe aucun retour à la COl=
cupifcence dans l'âge qui ne ferait que l'été
pour une femme qui eût vécu modérèment.
A trente-cinq ans le goût du libertinage eft remplacé par d'autres vices ; elles ne fervent plus
guères alors qu'à favorifer la proftitution des
jeunes filles de leur efpèce : c'eft par-là qu'elles
tiennent encore à la jeuneffe. Il en eft cependant
quelques-unes qui font un commerce plus. honnête ; elles ont de petites boutiques, Ol. font
femmes de charge dans quelques bonnes maifons. Nous avons vu avec peine que M. H. qui
femble avoir eu le deffein dans tout fon Ouvrage
d'avilir, de déprimer les Blançs, ici fidèle à fon
intention, leur ait, fuppofé un genre de dégradation après lequel il n'eft plus poffible de rien.
imaginer.
Page 78, K les gens de fang-mélé ont
# les
> comme
Négres, 9 beaucoup de piété filiale : ils ont
> un refpect fixperftitieux pourleurs Marraines
Nous arrêtons M. H. au premier membre de >.
fa phrafe. Il eft certain
les
a
que. Négres & même
Div
, ici fidèle à fon
intention, leur ait, fuppofé un genre de dégradation après lequel il n'eft plus poffible de rien.
imaginer.
Page 78, K les gens de fang-mélé ont
# les
> comme
Négres, 9 beaucoup de piété filiale : ils ont
> un refpect fixperftitieux pourleurs Marraines
Nous arrêtons M. H. au premier membre de >.
fa phrafe. Il eft certain
les
a
que. Négres & même
Div --- Page 254 ---
NOUVELLES CONSIBÉRATIONS
$5.
font
d'aucun. fentiles. Mulâtres, ne
pénétrés. ceux à qui ils;
d'attachement pour
ment profond il eft conftant aufi.qu'ils refpecdoiventlej jour:i
Marraines. Nous nous fomtent beaucoup leurs
à réfléchir fur la prémes quelquefois. occupés donnent à un titre facdileétion que ces gens-là : voici ce que nous:
tice fur le titre de la nature.
croyons en être la caufe.
foumis
Le Négre eft peu. reconnaiffant 2 peu:
lui. donnèrent Pêtre; premièreenvers ceux qui
eft en. lui-même peu:
ment,. parce que ce préfent
celui qui vit &
de chofe, non-feulement pour mais auffi pour
doit vivre toujours miférable,
des foins.
tour le monde,s'il n'eft accompagné
des:
de ces foins précieux que
de Péducation >
donnent à T'enfance,8 qui-mé:
parens.atienti6s
quele
ritent d'elle bien: plus de reconnaiffance fans deffein.
hafard de l'organifation procurée Or,, la mère
moment du plaifir.
dans Paveugle
qu'il eft fevré, le
du Négre, peu de tems après maifon
il
à fon. Maitre 9: dans la
duiquel
remet
bien il eft confiéà une vieille Gareft élevé; ou
les enfans. Il ne
dienne qui a l'emploi de foigner êtres détachés
voit plus dans fes parens que des
pour le
fouvent que
de lui, qui ine Papprochent
fe foit rençontré
gronder. Il croitenfin, fans qu'il été dans ie cas de
feule circonftance oùt il ait
une
dans le fein maternel pour fe confoler, 2
fe jetter
ien il eft confiéà une vieille Gareft élevé; ou
les enfans. Il ne
dienne qui a l'emploi de foigner êtres détachés
voit plus dans fes parens que des
pour le
fouvent que
de lui, qui ine Papprochent
fe foit rençontré
gronder. Il croitenfin, fans qu'il été dans ie cas de
feule circonftance oùt il ait
une
dans le fein maternel pour fe confoler, 2
fe jetter --- Page 255 ---
SUR
& de
SAINY-DoNiNcuE
s'appuyer fur le bras de fon père
foutenir. Ce font
pour fe
cependant ces. tendres fecours.
qui gravent dans le coeur de l'enfant
le refpeét pour des
l'amour &
Parens tutélaires.
Secondement, le Négre ou Mulâtre. a
de
foumiffion pour fes parens,
peu
l'entoure détourne
parce que tout ce qui
fes idées vers le Maitre
mun, C'eft du Maître
comture & les châtimens que viennent la nourri-
: il eft donc le feul
de
l'efpoir & de la crainte. Le
objet
doute
jeune Négre ne reprefque rien de fes parens; s'ils
juftes envers lui, il éxifte un Tribunal fontinmettre à l'abri de leur animofité
pour le
fréquente chez
qui ferair trèscette efpèce oûl'on voit d'autant
plus l'oubli du
donné
fang 3 qu'une Négreffe ayant
beaucoup de fucceffeurs à celui
rendue mère, devient fouvent
qui l'a
pourle fruit d'une union
trés-indifférente
même chez les
paflagère. On
Blancs, -
connait,
l'effet des fecondes noces,
que l'on juge de celui des
2.
vingtièmes. Le
Négre n'attend rien non plus de fes
jeune
même leur fuccelfion ; la
parens, 2 pas
point.
pauvreté n'en laiffe
Ce font là les principales raifons
prefque nulle la piéré filiale chez qui rendent
là. Mais il n'en eft
de
tous ces gensraines
pas
même pour les Mar-
; d'abord parce que mille petits
viennent d'elles,P
foins
parce que ce font elles qui leuir
. Le
Négre n'attend rien non plus de fes
jeune
même leur fuccelfion ; la
parens, 2 pas
point.
pauvreté n'en laiffe
Ce font là les principales raifons
prefque nulle la piéré filiale chez qui rendent
là. Mais il n'en eft
de
tous ces gensraines
pas
même pour les Mar-
; d'abord parce que mille petits
viennent d'elles,P
foins
parce que ce font elles qui leuir --- Page 256 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
douceurs dont leur enfance
procurent les petites
& c'en eft là fans:
mais fur-tout ,
eft fufceptible,
:
qu'en apprenant
doute la première caufe 2- parce
fe
doivent durefpeét à leurs. Marrainessils
qu'ils facilement à accorder un caraétère divin
prêtent
échappent à
& merveilleux à des rapports. qui
s'éxalte plus facilement
leurs fens. L'ignorance
comfur un objet inconnu que fur celuiqu'elle étél'obLe foleil brillant 8 vilible a
prend. culte de moins de Peuples, que des
jet du
chacun prétait des
êtres imaginaires. a auxquels
ou Muarbitraires. De même le Négre
attributs
éxiflâtre n'apperçoit pas les liens fpirituels qui
fa Marraine 8 lui; mais dès qu'on
tent entre
avait cela Iui fuffit pour
lui a dit qu'ily en
de force bien
qu'il leur donne enfuite un degré
ainfi
fupérieur à ceux du fang qui font 2 pour
vifibles 8 foumis à fon appréciation qui
dire, de fon plus ou moins d'entrailles.
dépend
fur l'étendue de la défenfe
M.H. s'eft mépris
Ies noms des
faite aux Affranchis de prendre Vallière &
L'Ordonnance de MM. de
Blancs.
but d'empêcher
de Vaivres à ce fujet a eu pour
de la Con'arrivât un jour dans les aêtes
qu'il
confufion qui éxifta dans FEmlonie cette même
Affranchis prenaient
pire Romain, parce que les
Ordonnance
le nom de leurs Patrons. La même
rendue dans les Iles du Vent ou ils prenaient
fut
des
faite aux Affranchis de prendre Vallière &
L'Ordonnance de MM. de
Blancs.
but d'empêcher
de Vaivres à ce fujet a eu pour
de la Con'arrivât un jour dans les aêtes
qu'il
confufion qui éxifta dans FEmlonie cette même
Affranchis prenaient
pire Romain, parce que les
Ordonnance
le nom de leurs Patrons. La même
rendue dans les Iles du Vent ou ils prenaient
fut --- Page 257 ---
SU R. SAINT-DOxINGUR
également le nom des maifons dont ils fortaient, 59
ce qui avait déjà occafionné
confidérable
plus d'une méprife
; mais. ces Réglemens n'ont
prétendu défendre aux enfans iffus de l'union jamais
honteufe 2 mais légitime
2 d'un Blanc & d'une.
Négreffe ou: Mulâtreffe
leur
> de porter le nom de,
à M. père, quelque refpeétable qu'il fût. Il
H. de le fuppofer,
a plu
blâmer.
pour avoir lieu de le.
Dans ce Difcours confacré à confidérer
des
l'état.
Affranchis, 2 M: H. propofe beaucoup de
chofes pour changer leur éxiftence
tuelle. Il eft fâcheux
politique acà ce fujet ait l'air que prefque tout ce qu'il dit
des lambeaux défaffortis
rêve interrompu. A peine fait-il
d'un,
tion
une
qu'elle eft aufitôt détruite
propofi-,
quente qui fe trouve bientôt
par la fublé
contrariée
alitre.
par une
Il ferait difficile de s'imaginer à
parties du nouveau
quel point les
régime qu'il
nant les Affranchis, font
propofe concerdictoires, fi
peu liées & contra-,
nous ne les mettions
fous les yeux de nos Leéteurs.
rapprochées
Nous lifons page 83,4
9 doit point être
non-feulement il ne
permis aux
s fes &
Negreffer,Malitref,
Quarteronnes de fe marier
> Blancs; ; il eft néceffaire
avec des
> Négres, Griffes &
qu'à l'avenir tous les
Marabous reftent dans l'ef-
dictoires, fi
peu liées & contra-,
nous ne les mettions
fous les yeux de nos Leéteurs.
rapprochées
Nous lifons page 83,4
9 doit point être
non-feulement il ne
permis aux
s fes &
Negreffer,Malitref,
Quarteronnes de fe marier
> Blancs; ; il eft néceffaire
avec des
> Négres, Griffes &
qu'à l'avenir tous les
Marabous reftent dans l'ef- --- Page 258 ---
CONSIDÉRATIONS
60 NOUVELLES Grif, Griffe, fils ou fille
> clavage. On appelle
fils
>> d'un Mulâtre & d'une Négreffe; Marabou,
>* d'un Grif & d'une Négreffe
Enfuite page 88,4 il faut donc que cette
*
c'eft-à-dire entiérement com-
>> claffe foit jaune 2
la rendre telle, it
9> pofée de Mulâtres, & pour
faut commencer par marier tous les Négres
éxiftans dans la Colonie, à
>> libres, à préfent
& les Mulâtres à des Négreffes
>> des Mulâtreffes,
> libres 9o
femblable à celle
Outre le plaifant de cette idée,
voulait marier tous les Moines
de Rabelais qui
eft abavec les Religieufes s. il nous parait qu'elle
avec la précédente ; car
folument incompatible
des
affortimens propofés ne donneront que
ces
Griffes
M. H. déftine à caufe de
Grifs &
que
fuivant le
leur couleur à un efclavage éternel,
nous venons de citer :
paffage del la page 83 2 que
races libres
&il faudrait alors quel'union de deux
race d'Efclaves, ce qui ne
ne produifit qu'une donc M. H. d'avouer qu'il
fe peut pas. Prions
qu'it
a fait tous ces mariages fi précipiramment,
n'a pas penfé à ce qui en proviendrait.
Il ajoute, 6 il faut enfuite affurer les avantages
de la liberté à tous les Mulâtres > enfans de la
Colons, en les rendant libres dès
* faibleffe des
* leur naiffance >.
auffi
,
-
fingulière,
En faifant une propofition
ifit qu'une donc M. H. d'avouer qu'il
fe peut pas. Prions
qu'it
a fait tous ces mariages fi précipiramment,
n'a pas penfé à ce qui en proviendrait.
Il ajoute, 6 il faut enfuite affurer les avantages
de la liberté à tous les Mulâtres > enfans de la
Colons, en les rendant libres dès
* faibleffe des
* leur naiffance >.
auffi
,
-
fingulière,
En faifant une propofition --- Page 259 ---
JURSAINT-DONNouE
auffi contraire.à toutes les notions
6:
qui font la bafe de l'éxiftence civile des politiques
nies 7 M. H. n'a pu fe diffimuler qu'il
Colotrouverait
beaucoup de gens qui en feraient
il a feint de vouloir
fcandalifés; &
répondre aux principales
objedtions que l'on pourrait lui faire ; ilen cite
quatre qu'il combat d'une manière bien infuffifante : nous allons les détailler, & le fuivre
à pas. Il dit , page 89 5 N la première eft pas
> nombredes Affranchis
quele
Il
deviendraitropgrand >,
répond, 7 pages 90, ( le nombre des
5) efclaves eft dans l'état aétuel
Mulâtres
> celui des Négres libres;
, moindre que
iln'y aurait
>
donc pas
d'augmentation, au
aurait
9) grande diminution dans contraire,ily le
une
nombre des
3> chis >.
AffranLes deux premières lignesadmettent
fuppofition. Il y a dans le fait,
une fauffe
de Négres libres que de Mulâtres beaucoup moins
a mal
efclaves, M. H,
compté : en fecond lieu - >
il eût dir vrai, il n'en aurait
quand même
raifonnement faux
pas moins fait un
: car il ne penfe
ment pas que l'on fouftrairait de la apparem- claffe
Affranchis les Négres libres éxiftans
des
en y faifant entrer fubirement
aujourd'hui,
qui font aétuellement
tous les Mulâtres
évident
dans l'efclavage. Il eft donc
que le nombre des
foit, augmenterait
Mulitres, quel qu'il
d'autanr la lifte des Affran-
raifonnement faux
pas moins fait un
: car il ne penfe
ment pas que l'on fouftrairait de la apparem- claffe
Affranchis les Négres libres éxiftans
des
en y faifant entrer fubirement
aujourd'hui,
qui font aétuellement
tous les Mulâtres
évident
dans l'efclavage. Il eft donc
que le nombre des
foit, augmenterait
Mulitres, quel qu'il
d'autanr la lifte des Affran- --- Page 260 ---
62 NOUVELLES CONSTDÉRATIONS
chis, puifqu'il n'y aurait, en mêmetems de l'adaucune fouftraction qui en pût faire la
dition, 2
de le faire
balance ; alors M. H. nous permettra
fouvenir des premières lignes de fon Difcours
que nous' avons déjà notées: la clafe intermédiaire
de la Colonic, celle des Efclaves qui On2t obtenu ou
achetéleur affranchilfement, eftrop confidérable. Que
fera-ce donc fi vous y jettez chaque année tous
les enfans Mulâtres qui naitront? Quel eft lejour
funefte qui fit concevoir à M. H. une idée auffi
fauffe dans fes principes, auffi dangéreufe dans
fes conféquences P
La première objedtion étant auffi mal répondue, elle refte dans toute fa force; voyons s'il
-a été plus heureux à détruire la feconde, qu'ilfe
fait en ces termes.
4 Ce ferait exciter entre les Blancs & les fem-
> mes noires des liaifons fcandaleufes dans nos
>> moeurs >,
M. H. emploie trois grandes pages à fe répondre, & encore fe trouve-t-ilà la fin ne l'avoir pas fait du tout > parce que l'objedion
même eft mal préfentée par lui. Il devait fe dire:
Du moment que ma propofition fera paffée
les
ne voudront plus fe livrer
en loi,
Négreffes
qu'à des Blancs, quels qu'ilsfoient (1). Ellesiront
(1) Que, deviendraient alors les Négres, dédaignés
les femmes de leur efpèce P Leur fort ferait affreux.
par
fin ne l'avoir pas fait du tout > parce que l'objedion
même eft mal préfentée par lui. Il devait fe dire:
Du moment que ma propofition fera paffée
les
ne voudront plus fe livrer
en loi,
Négreffes
qu'à des Blancs, quels qu'ilsfoient (1). Ellesiront
(1) Que, deviendraient alors les Négres, dédaignés
les femmes de leur efpèce P Leur fort ferait affreux.
par --- Page 261 ---
SUR SAINT-DOxrNeUg
jufques dans les dernières claffes,
liciter un faifenr de
chercher : foljour dans la
Mulltre, afind d'ayoir un
fociété, un être libre dont elles
efpéreront du
foulagement, 2 de la
peut être un afyle dans leur
proteéion,
marronnage.
D'un autre côté > : les Maitres fe
folument privés dela
trouvant abfa naiflance fouftrait propriété de l'enfant, que
à leur
faient avec peine,
pouvoir, 2 fe porteavec répugnance, à élever une
cinquantaine d'enfans, & à leur faire
dre un métier,
appren3 puifque leur travail ne devrait
jamais être la récompenfe de leurs foins
dieux, 2 & que les mains qu'ils auraient difpenhabiles deviendraient
rendus
bientôtingrates; ; c'eftalors
que cette économie
deftruétive, ces crimes
pofés dans le chapitre précédent
fiipêtre réalifés.
2 feraient peutM. H. s'eft bien donné de garde de fe faire
ainfi cette objeétion dans fon vrai fens ; elle eft
fans replique, & à l'abri même du
fons à fa troifième:
fophifme, Paf-
< Si les Mulâtres éraient libres dès leur naif
$ fance 2 on perdrait en les voyant l'idée de
9 l'efclavage, ils formeraient une race
>> l'égal des ingénus ; le mépris
libre, à
que les Blancs
Légiflateur peu prévoyant, ta loi ferait le
la perte de l'Africain,
défefpoir &
& à l'abri même du
fons à fa troifième:
fophifme, Paf-
< Si les Mulâtres éraient libres dès leur naif
$ fance 2 on perdrait en les voyant l'idée de
9 l'efclavage, ils formeraient une race
>> l'égal des ingénus ; le mépris
libre, à
que les Blancs
Légiflateur peu prévoyant, ta loi ferait le
la perte de l'Africain,
défefpoir & --- Page 262 ---
NOUVELLES CONSIDIRATIONS
la race des Efclaves ferait diminuéw.
> ont-i pour
aflez futile & obfçur. PerTout ceci parait
fonne n'eût oppofé un tel raifonnement à M. H.
lui-même 2 encore n'y répond-il pas affez
que
pofitivement. Ils'objeête, on perdrait en les voyane
Pidée de Pefilavage, & il fe répond. 2 les Muldtres
Pidée de Pefclavage. C'eft trèsne perdraient point
direêt & bien trouvé,
Ii prétend enfuite 2 K qu'ils feraient fans ceffe
rappellés à la foumiffion, par la vue d'une mère L
*
> efclave ws
C'eftbien peu connaitre le caraétère de l'hom>
me, que d'ignorer qu'il ne regarde jamais en
bas,
contraire, G les circonftances l'y for-
, qu'au
voudrait fe dérober
xcent, il détourne la vue 2 &
à lui-même lafpeêt ou le fouvenir de tout ce
Phumilier. Par éxemple , le fils d'un
qui peut
à P'Amérique aupauvre Savetier qu'un voyage
hairait tous les Corrait rendu un perfonnage,
donniers du monde, & n'aimerait pas à parler
de cuir; ceft dans la nature..
Enfin voici la quatrième objeôtion dont s'amufe M. H.: 4 fi les Blancs préféraient, comme
> il eft bien probable, d'avoir pour concubines
> des Mulâtreffes plutôt que des Négrefles,ilen
réfulter en peu de tems une atténua-
* pourrait
mettrait dans les -
> tion du fang originel 2 qui
cette confufion que l'on veut éviter >.
A rangs
Il
à parler
de cuir; ceft dans la nature..
Enfin voici la quatrième objeôtion dont s'amufe M. H.: 4 fi les Blancs préféraient, comme
> il eft bien probable, d'avoir pour concubines
> des Mulâtreffes plutôt que des Négrefles,ilen
réfulter en peu de tems une atténua-
* pourrait
mettrait dans les -
> tion du fang originel 2 qui
cette confufion que l'on veut éviter >.
A rangs
Il --- Page 263 ---
: n CESAPMODBNDAGE
répond bien fingulièrement
page 93:
par ces mots,
6 Il eft à croire que le nombre des
y diminuerair à
Mulâtres
Proportion des Quarterons
naitratent, & que les Blancs
qui
9> femmes qui tiendraient le moins préféreraient les
> Négre ".
de
I
Pefpèce
Donc Farténuation du -
bien plus prompte & bien fang originel en ferait
tion & la réponfe font plus ssénéralerrobjecs
chofe en des termes différens. précifément la même
Be nous. I1
M. H.s'edt
-
ajoute:
moqué
Ke, Mais dans fétat
5 éxifte, & la confufion préfent s cette préférence
s
l'oeille
du fang eft à tel
:
quel
plus obfervateur
Point *
9, rien Ps
n'y reconnait
J :
plus
Si cette préférence éxifte. déjà
bre actuel des
Pour le noms
doute à mefure Mulatreffes, N3
elle augmentera fans
communes, 1691 RO3b
gue. : celles 11 - ci deviendront
Eft-ce un mal, felon
plus
oui, ou non? Ef-ce un mal P Vous vous, M. H.,
vous difimuler que vous l'étendrez ne. Pouvez
la Colonie, puifque dans votre
dans toute
tra par tout & chaque jour des fyfème, ilnailâtreffes, s
centaines de Muqur
tiges fécondes & fatales
ces branches
de
30, r
diverfes ' qui
toutes
ment à 4a
tendront
confufion des efpéces dans rapidequartiers de l'lle à la fois, li ne fallait tous les
Partic II,
donc pas
E
vous l'étendrez ne. Pouvez
la Colonie, puifque dans votre
dans toute
tra par tout & chaque jour des fyfème, ilnailâtreffes, s
centaines de Muqur
tiges fécondes & fatales
ces branches
de
30, r
diverfes ' qui
toutes
ment à 4a
tendront
confufion des efpéces dans rapidequartiers de l'lle à la fois, li ne fallait tous les
Partic II,
donc pas
E --- Page 264 ---
CONSIDIRATIONS
66 NOUVELLES
vous faite à vous-même une objedtion à laquella
convenant de fa vérité,
vous 'ne répondez qu'en
N'efl-ce pas un mal ? Alors tout ce que vous
tites éft da verbiage inutile, & dont vous auriez
Vous avéz preique l'air ici
da nous difpenfer.
foutient une thèfe had'un jeune Scholiafe qui
vains arzardée : il fe fait à lui-même quelques
qui ne font rien à la chofe, & quil
gumens noie dans un déluge de mots, au lieu de répoie,
les heures fixées pourla durée du 'comafin. que
ce't 'tems, & que de noubat s'écoulent pendant
embarraffé
veaux argumentateurs quiTauraient
trouver le moment dentrer en lice.
ne puiffent
M. H.
: Nous ne pouvons comprendre e'comment
a pu dire 7 page 95,
naturel
C * D'un autre- -côté, Paffranchiffement
Mulâtres arrêterait tous les abus qui réfula
$ des
indireêts, de ces fidéi9 tent de ces avantagés
tacites faits en faveur des Négreffes
$ commis leurs enfans bâtards , que dans l'état
> & de
& qui enlèvent
9 aétuel on ne fauraitempêcher, confidérables,
héritiers desbiens
3 aux légitimes donner à ceux dont la condition eft
> pour les
travailler perfévéramment: >.
y de
le nombre des fidéiNous croyons plutôt que
commis en augmenterait 2 parce que beaucoup
inconnus, ou qui veulent lêtre - ne
de pères
rien à des enfans bâtards
donnent atuellement
'état
> & de
& qui enlèvent
9 aétuel on ne fauraitempêcher, confidérables,
héritiers desbiens
3 aux légitimes donner à ceux dont la condition eft
> pour les
travailler perfévéramment: >.
y de
le nombre des fidéiNous croyons plutôt que
commis en augmenterait 2 parce que beaucoup
inconnus, ou qui veulent lêtre - ne
de pères
rien à des enfans bâtards
donnent atuellement --- Page 265 ---
SUR SAINT-DONINGUg
qui, étant reftés dans
recevoir & n'ont
de P'efclavage , ne Peuvent
les Mulâtres
pas
propriété. Au lieu
étant libres en naiffant
que
alors plus volontiers avoués de leurs s feront
ront plus de moyens de folliciter leurs pères, aude capter leur
fecours 2
des difpofitions bienveillance, de deur infinuer
teftamentaires
euxs d'autant qu'ils feront tous avanpagnifespour habiles
der. En
à pofléfuppofant tous les Mulâtres libses
naiffant : oit croit-on qu'ils iraient
en
que leurs yeux feraient affez
vivre dès
tinguer leurs pères P Chez ouverts pour difqui ne furent pas conferver ces hommes faibles
efpèce, & la laiffèrent
la digniré de leur
femens faciles &
s'avilir dans des embrafmûr fe verrait dégradans. Ainfi fouvent làge
dente,
fiurchargé des fruits d'une
jeunefle.Les hommes à trente
imprnferaient plus à fe donner des
ans ne penqui remplacaffent tin
héritiers légitimes
jour dans la
.qu'ils y occupent, Des bâtards docicréle rang
envers lefquels l'on ferait
élevés chez foi
la bienveillance
accoutumé d'éxercer
bien
paternelle > fauraient
empéchier Par leurs carefles & leurs toujours
.tes, les mariages que l'on fe
plaincrainte politique n'ef
propoferait. Cette
avons déjà dans toutes pas les fans fondement; nous
ples de ces fuites funeftes IAes, bien des éxem-
& des crrcurs
d'un vil concubinage,
pallageres d'une jsunefle ardenre,
E jj
la bienveillance
accoutumé d'éxercer
bien
paternelle > fauraient
empéchier Par leurs carefles & leurs toujours
.tes, les mariages que l'on fe
plaincrainte politique n'ef
propoferait. Cette
avons déjà dans toutes pas les fans fondement; nous
ples de ces fuites funeftes IAes, bien des éxem-
& des crrcurs
d'un vil concubinage,
pallageres d'une jsunefle ardenre,
E jj --- Page 266 ---
CONSIDÉRATIONS
68 NOUYELLES
paraiffent voués une partie
Le célibat auquel
dû à
de leurs habitans , eft aflez généralement
caufe principale; c'eft elle qui fait quel'on
scette
tout avec peine 2 des hommes de
trouve. par
leurs jours triftement
quarante-cings ans s paffant
milieu des richefles, feuls, ifolés, , ne tenant
-au
par le lien pénible des affaires s
au monde que
les defirs de l'amour
n'ayant même pas, quand
s ceux d'une honnête -ambition pour
les quittent; & donner encore de l'énergie & >
les remplacer, leurs âmes déformais livrées à ine
du reffort à
ehnuyeufé apathie,
infenfiblement
Puifque M. H. nous a menés
ne renvoyons pas à un autre enfur cet article,
droit ce qu'il nous infpire en ce moment; que
exprimer auffi vivement que
ne pouvons-nous
découlerait de nos lènousfentons!lay perfuafion
éloquence rapide & brûlante entraînevres;notre
voulons toucher, détruirait les
rait ceux que nous
& ne laifferait brilvains calculs de lintérêt,
fentiment
coeurs quele feu d'un
ler dans tousies
mariage comme
vertueux, qui ferait regarderle
but facré de la nature - ? & le premier devoir
le
il ne peut fe déde Phomme en fociété 2 auquel
le
rober fans crime; oui, fans crime;e'eft mot,
ofons le dire, & pourquoi Tadoucir ? Aujourle célibat gagne tous les rangs ?, atd'hui. que
ne nous
xaque toutes les claffes 2 pourquoi
fentiment
coeurs quele feu d'un
ler dans tousies
mariage comme
vertueux, qui ferait regarderle
but facré de la nature - ? & le premier devoir
le
il ne peut fe déde Phomme en fociété 2 auquel
le
rober fans crime; oui, fans crime;e'eft mot,
ofons le dire, & pourquoi Tadoucir ? Aujourle célibat gagne tous les rangs ?, atd'hui. que
ne nous
xaque toutes les claffes 2 pourquoi --- Page 267 ---
SUR SATNT-DONINCUg
-
éleverions nous pas contre lui avec toute 69 la
force que donne une vérité
fes
nemis même
fentie, que
enne peuvenr. fe diffimuler',
dont ils font obligés d'étouffer
> &:
dérober à fa
la voix, pour fes
puiffante
- tout
impulfion? Loin de.nous:
favorifer ménagement pufillanime 2: lorfquil tend à
l'erreur,
C'eftày vous, Colons, vous que l'agriculture fixedans les campagnes, & vous habitans. des Villes,
qu'un commerce avestgnutarende.dnon
lens, dumoinsaifés, c'eftà vous tous queje opus m'a-,
dreffe. Quel. principe erroné vous engage: à vousi
priver volontairement des plaifirs les plus. doux,
qui puiffenr, embellir votre éxiftence 2 Vous
craignez, dites-vous, les inconvéniens d'un. engagement indiffoluble; avez-vous apprécié ceux:
du concubinage 2 Il ne préfente
traits pendant le cours de
que trop d'at-,
fez fouyent.
lajeunefle; vousjouif-,
la
avant même de vous être donnés,
peine de defirer : tout vousiamufe.
vous.fixe
, rien ne
qu'autant qu'il'vous plait; mais
ne. voyez pas que ne vousattachant à
vous:
vous n'attachezi perfonae à.vous.. Perfonne 3p
: Cependant les années
de la jeuneffe fe
s'accumulent, la gaieté;
perd:, fes amufemens
fent ; Pâge mûr eft à peine arrivé
difparaif-,
amené celui oùt l'on
qu'il a bientôts
a befoin de tout le
oii la folitude.ef un malbeur, oà
monde,.
Thomme enfn
Eij
vous:
vous n'attachezi perfonae à.vous.. Perfonne 3p
: Cependant les années
de la jeuneffe fe
s'accumulent, la gaieté;
perd:, fes amufemens
fent ; Pâge mûr eft à peine arrivé
difparaif-,
amené celui oùt l'on
qu'il a bientôts
a befoin de tout le
oii la folitude.ef un malbeur, oà
monde,.
Thomme enfn
Eij --- Page 268 ---
NOUVELLES CONSDERIFTONS
fe
feul; on connait les cha:
ne petit fupporter
grins d'une vieilleffe abandonnée.
Alors, mes amis, de qui ferez-vous entotrés? De mercénaires; de perfonnes dont Tâme
s'élever ait niveaui dè ia votres,
vile , ne pouvant
de Dola fera infenfiblement s'abaiffer au fen :
meftiques, ou de gens faits Bour l'être; d'enPéxiftence
fansà qui vous ne pouvez procurer
des Fecivile, dont la vue vous caufe peut-être
mords, & qui vous maudiffent eux-mêmes en'
ces derniers momens oùt ils voient échaper. vos
biens, fur. lefquels la nature leur avaitd donné des
droits quela politique leur arrache.
Voilà ce que vous n'avez pas affez confidéré:
voilà des maux réels & fans remède, 2 bien ples'
grands que ceux que vous redoutiez d'une union.
permanente, & légitime. Le luxe, , dites-vons,,
eft aduellement $ grand aux Mies, que la déd'une femme excède ordinairement fa dot;
penfe enfuite viennent les frais de Péducation des enfans; par. deffus tout cela-, 2. les peines fecrettes fe!
du ménage, que des caraêtères mal-affortis admetfont réciproquement éprouver. Eh bien,
ces
& nous ne vous en
tons tqus
défagrémens,
homme aifé
répéterons pas moins. que tout
qui.
eft encore gargon à quarante ans, vit coupable.
L'homme n'eft pas fait pour un état comheureux; iln'en eft point qui n'ait
lettement
; par. deffus tout cela-, 2. les peines fecrettes fe!
du ménage, que des caraêtères mal-affortis admetfont réciproquement éprouver. Eh bien,
ces
& nous ne vous en
tons tqus
défagrémens,
homme aifé
répéterons pas moins. que tout
qui.
eft encore gargon à quarante ans, vit coupable.
L'homme n'eft pas fait pour un état comheureux; iln'en eft point qui n'ait
lettement --- Page 269 ---
SUR
fes peines. Celui SAINT-DONINCSR du
que fon plus Ou moins mariage de a cela d'avantagenx, 7
nous prelqu'entiéremens. honbeur dépend de
Majs " célibaraires.
avons laiffé calculer aveuglés fi nous. vous
lesinconvéniens
foyez juftes & comprez: auffi fes: dumariage 2
C'eft fur-tout dansla vieilleffe
confolations,
fentir à VOIIS
qu'elles fet feront,
2, dans çet état
manité, où le cercle des afligeans pour Lhis
cielles qui vous enrouraient. connaifances: Sperfi
le monde vous quirtera
va: diparattro,oi
ferez plus qu'un fardeau a parce. que vous.ne lui
avec vos maladies,
soit vous referez, feuls
parce
votre. ennui, votre trifefes
qute: perfonne, ne fera oblige de les
porter.
fps
C'eft alors que. l'on fent-tour, le
fecourn par des êires qui. ont la
prixdètre
de nous aimer : c'eft-alors
douce habitude
influer dans la fociété
2 que ne Pouvant plus
tenons encore- par des commea autrefois.nous A
enfans, qui font
gloirc., 2 par d'autres nous-mémes
notre
repréfentent fuivant. le.
qui nous. JA
occupé. Quelle doit être rang que nous YI avons
le bord de fa foffe,
la-joie.dun pere, 2 fur
défaillante fiur le bras. lorfqu'il appuie unei main
la. fent preffer-par Jui Junflarofpedtuees ! Avec
5 &.
quelle. fatisfadion
n'apperoi-il-pes sclopper,
les charmes de fa filln fe
sle doux fourire naitre fur fcs dég
lévres.
E.iv:
occupé. Quelle doit être rang que nous YI avons
le bord de fa foffe,
la-joie.dun pere, 2 fur
défaillante fiur le bras. lorfqu'il appuie unei main
la. fent preffer-par Jui Junflarofpedtuees ! Avec
5 &.
quelle. fatisfadion
n'apperoi-il-pes sclopper,
les charmes de fa filln fe
sle doux fourire naitre fur fcs dég
lévres.
E.iv: --- Page 270 ---
CONSIBARATIONS
72 NOUVELLES
du S delit coloret
animées, & le premier rayon
à la
légérement fon teint ! n fonge, il s'occupe
pourvoir; & le bonheur" qu'il-lui prépare ou
ranime fon coeur & lui caufe tes
lui procure 2 émotions. Ceft ainf, c'eft atl miplus tendrés
dues aut mariage
lieu de toutes ces jouiffances
dans la
s'écoule fa vieilleffe, & qu'il entre
que tombe avec l'idée flatteufe de vivre encore longtems danis la mémoire de la génération quillaife
après lui,
dans de triftes &2
Hommès de bien; retenus
d'en conhonteux liens' qui vous empechent
& d'honnètes, fi vos coeurs
traôter d'agréables
que
ne font pas remués par ce tableau, nr
croyez s019
c'eft la faute du peintré 8t non du fujet."
de
refte à demander pardon à M. H.
Il nous
de vue un inftant ; nous nousemP'avoir perdu
a lui en' éxaminant les diffépreffons de revenir
il termine fon Dif
rens corollaires par lefquels
çours fur les Affranchis.
i
4 I réfulte de ce Difcours, dir-il, page 95
d'affrande vendrela permifion
a quele fyftême
ou Mulâtres, ne peut
s chir. les efclaves Négres
lat la
5 produire aucun bien ni pour TEtat, n pour ar
s Colonie s.
Nous difons au contraire : il réfulte,
de mettre un freinà la facilité
E4
très-bon
M, H,s'eft trompé lorf
der des libertés : que
4 I réfulte de ce Difcours, dir-il, page 95
d'affrande vendrela permifion
a quele fyftême
ou Mulâtres, ne peut
s chir. les efclaves Négres
lat la
5 produire aucun bien ni pour TEtat, n pour ar
s Colonie s.
Nous difons au contraire : il réfulte,
de mettre un freinà la facilité
E4
très-bon
M, H,s'eft trompé lorf
der des libertés : que --- Page 271 ---
SUR
SAIss-Dosiseer
gu'ila prétendu que la taxe ne
cet effet, & que Texpérience
produifait pas
puifque les affranchiffemens prouve contre lui,
font
rares à mefuure que, la taxe a été plus devenus forte plus
mier avantage réel pour le fyftême
: prela Colonie qui en retirerait
politique de
en fixant
encore un autre affuré
l'emploi des deniers de cet impôt à
T'embelliffement des
taines portions
Villes, 9 à l'entretien de cerParoiffes,
de chemins qui furchargent les
même à des récompenfes
reufes
pour d'heudécouvertes, & pour des hommes utiles
guilui confacreraient leurs talens.
Qu'il faut tenir les Affranchis
srefped & la dépendance
dansle
* &
envers tous les Blancs,
qu'il n'y a point d'abus à
3) derniers; de fe rendre
permettre à ces
> l'infolence des
juftice eux-mêmes de
33 - niffent fans Mulâtres, pourvu qu'ils les puexcès >
Il faut renir les Affranchis dans le
des loix fages, & non
refpea par
demment des
pas en fouffrant
violences qui
impruà des fuites facheufes,
peuvent conduire
dit.
comme nous l'avons déjà
: Qu'il ne faut
5 filles de fang-mélé
point permettre aux
5) Blancs avant le fixième d'époufer légitimement des
9 gitimes
degré d'alliances illé3 miffion donnée que par conféquent la
par TEdit de 168;
pers
2 d'affran-
, & non
refpea par
demment des
pas en fouffrant
violences qui
impruà des fuites facheufes,
peuvent conduire
dit.
comme nous l'avons déjà
: Qu'il ne faut
5 filles de fang-mélé
point permettre aux
5) Blancs avant le fixième d'époufer légitimement des
9 gitimes
degré d'alliances illé3 miffion donnée que par conféquent la
par TEdit de 168;
pers
2 d'affran- --- Page 272 ---
T
e NOUVELLES CONSIBIRATIONS,
des
en 54 les époufant, doit être
> chir
Négreffes
> retirée >.,
M. H. a déjà annoncé cette idée dans plufieurs,
endroits de fon, Difcours ; elle tient à trop de
chofes pour que. nous puiffions la difcuter ici;
la
auffi
ne s'eft fans
en propofant,
légérement,il
doute pas apperçu qu'il fallait, poûr porter. une,
loi femblable, confulter auparavant le droit na-,
turel, politique, & même religieux ; que nonfeulement la liberté des gens de couleur libres
s'en trouverait atteinre 2 mais que celle des
Bjancs y parait intéreffée , & qu'une loi prohibitive à ce fujet, fi jamais.elle était portée, ne
devraits'étendre dans farigueur qu'àlaq quatriènie
génération.
d'affranchir. les Négrefles
Pour la permiffion
en les époufant, elle ne doit point être retirée
elle eft fans inconvéniens. pour les Blancs, parce
qu'il n'y a plus d'éxemples. de ces: alliances
monftrueufes qui fouillèrent les Colonies dans
Teur berceau; & elle eft fagement établie pour
les Négres & quelques Mulâtres qui en profitent même rarement, par. une raifon prife dans.
commun à tous les êtres, quiles ems
cet orgueil de defcendre dans les claffes inférieures..
pêche
eft néceffaire qu'aucun Négre
Qu'il obtenirla liberté, fice n'eft
9) ne puife à l'avenir
lui rèndus au péril
9 pour fervices publics par
9 de fa vie 37e
lie pour
les Négres & quelques Mulâtres qui en profitent même rarement, par. une raifon prife dans.
commun à tous les êtres, quiles ems
cet orgueil de defcendre dans les claffes inférieures..
pêche
eft néceffaire qu'aucun Négre
Qu'il obtenirla liberté, fice n'eft
9) ne puife à l'avenir
lui rèndus au péril
9 pour fervices publics par
9 de fa vie 37e --- Page 273 ---
SUR SAINS-DONINGUE
Nous avons laiffé M. H. dire à ce fujer tout 75
ce qu'il.a voulu aux pages 83,86 &
L'attendions içi, afin de
87; nous
nous répéter le moins
poflible.
La principale & la plus claire raifon
donne pour ôter au Négre le feul efpoir qu'il
Tengage à être bon
qui
des
fujet s c'eft que le fpeatacle
Négres affranchis eft dangéreux pour les
Négres efclaves, page 84.
Nous croyons au, contraire qu'il eft trèsutile pour eux J parce qu'il n'eft pas vrai
tous les Négres doivent léur liberté à des caufes que
abjeétes. La plupart l'obtiennent
penfe de longs & fidèles fervices.. pour récomen privant à jamais
M. H.: en les
> ôte aux Maîtres un moyen
puiffant pour s'attacher les principaux
leurs
fujets de
halitations, pour faire des
de confiance : il ne reftera donc Domeftiques
fouets menaçans
plus que les
pour contenir un attelier; lef-i
clave.ayant perdu ce qui le Portait au bien
faudra tout en obtenir par la crainte
3 il
fur qui elle ne
; il en, efb
peut rien, qu'elle abrutit, ou
Boeraiaarsaaia
M.H.nousap paru dans prefque tout ce
bien fauffement
Difcours
politiques 3 bien étroitement legifarif, quoiqu'ent promisle titre faftueux de fon
Ouvrage.
Que cependant la Colonie
9 foin d'une claffe intermédiaire
ayant be:
entre les Négres
ra tout en obtenir par la crainte
3 il
fur qui elle ne
; il en, efb
peut rien, qu'elle abrutit, ou
Boeraiaarsaaia
M.H.nousap paru dans prefque tout ce
bien fauffement
Difcours
politiques 3 bien étroitement legifarif, quoiqu'ent promisle titre faftueux de fon
Ouvrage.
Que cependant la Colonie
9 foin d'une claffe intermédiaire
ayant be:
entre les Négres --- Page 274 ---
76 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
> & les Blancs;il convient de compofer entié-
>> rement cette claffe de Mulâtres 2 à la charge
Archers de Police & de Maré-
> de fournirles
9 chauffée, & trois compagnies de Chaffeurs,
la fureté & la
intérieure de la Co-
>> pour
garde
>> lonie, & d'affranchir ainf tous les Mulâtres
2.
le droit de leur naiffance n.
> &1 Mulâtreffes, par
Le. nombre-aétuel - des Affranchis fuffit pour
tous ces objets & au-delà, puifqu'il en refte encore un grand nombre qui forment des compagnies dans les Milices: Au refte, M. H. ferait
bien de nous direà quoi il emploierait cette nuée
de-Mulâtreffes libres qui, dans quinze ans d'ici;
tripleraient au-delà le'nombre des femmes Blanches. On fait bien quelles font aujourd'hui les
reffources desMulâtreffes libres, , pour vivre ;
mais leur quântité augmentant tout-à-coup prodigieufement fans que celle des amateurs fuivit
la même progreflion, dans quel affreux état de
mifère la plupart feraient-elles réduites? M. H:
fi votre loi était adoptée 2 voilà une nombreufe
famille que vous vous mettriez fur les bras, &c'
que vous n'avez pas fongé à pourvoir.
Le dernier membre de la phrafe de l'article
ci-deffus, eft fur-tout remarquable parladverbe
un faux air de:
ainf: qui-lui A donne gratuitement
conféquence.
: Que par ces moyens la confufion,
arisini o7
nol
sun
art feraient-elles réduites? M. H:
fi votre loi était adoptée 2 voilà une nombreufe
famille que vous vous mettriez fur les bras, &c'
que vous n'avez pas fongé à pourvoir.
Le dernier membre de la phrafe de l'article
ci-deffus, eft fur-tout remarquable parladverbe
un faux air de:
ainf: qui-lui A donne gratuitement
conféquence.
: Que par ces moyens la confufion,
arisini o7
nol
sun --- Page 275 ---
SUR
9 des
SAIXT-DoxiNdug
claffes fera la moindre
> des Blancs
poffible, 2 l'honneur
2 leur fupériorité fur les
9) les Affranchis, fe
Efclaves &
trouveront
> bon ordre rétabli
confervés, 2 & le
9 les autres
pourtoujours entre les uns &
>.
Il femble que les meilleurs
tretenir la fupériorité des
moyens pour erBlancs dans
mingue fur les efpèces noires &
Saint-Dopas de mettre celle-ci
jaunes, ne font
deffous de
au-deffus, & celle-là aude
nos bienfaits, & fur-tout ne font
vingtupler la claffe des Mulâtres
pas
Nous ne faifons
libres,
qu'indiquer le
nous fommes perfuadés
danger que
tiplier
qu'il y aurait à mulconfidérablement cette efpèce
diaire ; nous ne voulons
interméfet terrible
pas articuler l'efqui en réfulterait
jour. Il nous fuffit d'avoir infailliblement un
Confidérations de M. H. fur les démontré que les
remplies d'erreurs
Affranchis font
plus
capitales ; que les notions les
fimples & les plus vraies y font
les propofitions les plus
oubliées,
fion, faites avec
fufceptibles de difcufune imprudente
faits
affurance, &les
fuppofés avec hardieffe, tels
par éxemple, page 88:
que celui-ci,
* Jamais aucun Mulâtre n'a été
> complice du crime de
accufé, ni
> des Mulâtres
poifon, L'attachement
pour les Blancs ne s'eft
> relâché >,
jamais
Partic II,
*
les propofitions les plus
oubliées,
fion, faites avec
fufceptibles de difcufune imprudente
faits
affurance, &les
fuppofés avec hardieffe, tels
par éxemple, page 88:
que celui-ci,
* Jamais aucun Mulâtre n'a été
> complice du crime de
accufé, ni
> des Mulâtres
poifon, L'attachement
pour les Blancs ne s'eft
> relâché >,
jamais
Partic II,
* --- Page 276 ---
78 NOUVELLES COxSIDIRATIONS
Telle pourrait être l'opinion d'un obfervateur
fuperficiel : mais le fait eft qu'ils haiffent le Néfa vue feule les humilie en leur
gre, parce que
leur
& s'ils parappellant malgré eux
origine,
raiffent plus attachés aux Blancs, croyons que
c'eft parce qu'ils fe fentent trop faibles en nomdonner Pefforà des fentimens qu'ils fabre pour
ceil pénétrant découvent mafquer, , mais qu'un
les
vre au fond de leurs coeurs ; fentimens que
néceffaires mifes entr'eux & nous &
diftinétions
font naître, & entretienrépétées journellement
Nous les avons humiliés, abreuvés d'opnent.
& nous ferions affezfimples pour croire
probres, aiment ! Ce ferait encore bien peu
qu'ils nous
humain. L'orgueil eft un reffort
connaitrel Pefprit d'autant plus de force, qu'il eft plus
qui acquiert
à moins que la contraétion qu'on
comprimé 2
foit fi
qu'elle le brife: :
lui fait fouffrir ne
forte,
tel eft l'effet de l'efclavage ; mais l'affranchiffelui rend fa puiffance e, & nous Pirritons à
ment
chaque einftant. Cette véritéimportante (quenous
hafar lerions pas ici fi nous n'en avions les
ne
offertes à
:
plus fortes preuves trop fréquemment
médouze ans dans toutes les Ifles),
nous depuis
des Chefs, 8 de ceux quis'ocrite Y'attention
des vrais intérêts des Colocupent efficatement
nies.
A --- Page 277 ---
SUR SAINT-DONINGUK:
DISCOURS QUATRIÈME
Du Liixe,
Nous avons lu depuis la
page 108,fans rien trouver page 97 jufgu'a la
très-jufte & bien
qui ne nous aitparu
des Théâtres
énoncé: mais arrivé à Tarticle
dela Colonie, M. H.eft tombé dans
quelques erreurs, dont une.partie eft due à des
changemens arrivés depuis fon départ,&c
peut-être il ne pouvait prévoir.
que
Il ditypage 109, wla défunion des
w 8le chagrin de
Giroyensy
s Théatres
Poppreffion, ont renverféles
quis'éraient élevés dans' les
n Port-au-Prince & des Cayes
villes du
# Théâtre au Cap,& un
e Iyau un
# font foutenus
a-Saint-Marc, qui fe
depuis leur
'9 ville de Saint-Marc,
établiffement. La
*à caufe def fa fituation quoique petite., eft riche
% fertiles de la plaine de voifine des habirations
$ fujette
PArtibonite, & moins
al'opprefion, aux troubles
> tions que celle du
s aux véxas en état d'entretenir Fort-an-Prince,elle ef plus
un Spectacle >,
Malheureufement pour les
qu'en tirait M. H., tous ces faits font conféquences
ainfi voilà un crime de moins
changés; ;
vernement
pour le Gou3 qu'il voulait renidre refponfable
de la plaine de voifine des habirations
$ fujette
PArtibonite, & moins
al'opprefion, aux troubles
> tions que celle du
s aux véxas en état d'entretenir Fort-an-Prince,elle ef plus
un Spectacle >,
Malheureufement pour les
qu'en tirait M. H., tous ces faits font conféquences
ainfi voilà un crime de moins
changés; ;
vernement
pour le Gou3 qu'il voulait renidre refponfable --- Page 278 ---
CONSIDENATIONS
8o NOUVEELES
même de la chûite des Théâtres dans plufieurs
endroits de la Colonie, & qui dans le vrai n'était due qu'à la difficulté de former & d'entretenir de bonnes Troupes : depuis deux ans on
la comédie à Saint-Marc par cette
ne joue plus
Pavait
au
raifon : c'eft auffi celle qui
fufpendue
Port-au-Prince même, dont la population jointe .:
àcelle du cul-de-fac, eft affez confidérable pour
bien monté. Mais les
entretenir un Speétacle
dans
Sujets paffables font extrêmement rares
&
heureux hafard les ;.
les Colonies 2 lorfqu'un
difficiles à y 310 conamène 9 ils font extrêmement devoirs de leur
ferver, & à y maintenir dans les
emploi. Il règne dans les Iles un genré d'indéqui,joint à celui dontles Comédiens
pendance
eux-mêmes,y rend les Troupes
fe piquent par
de Diredeut
peu faciles à conduire, &cl'emploi
embarraffant &c pénible.
En outre, le Public qui affifte aux fpedacles
à
même. Il faut lni doneft toujours peu prèsler
bien il's'endu nouveau, ou
ner fréquemment
à
nuie & déferte. Les meilleures pièces peuvent
oit il fe trouve le plus
peine 2 au Cap même,
:
. être jouées trois fois dans fx mois,
d'Etrangers ?
ce qui rend le métier laborieux.
D'un autre côté, ceux qui vont au fpedacle
moins aifés à fatisfaire qu'on ne
font beaucoup
d'abord; ils ont vécu dansla CapiTimaginerait
tale, 2
bien il's'endu nouveau, ou
ner fréquemment
à
nuie & déferte. Les meilleures pièces peuvent
oit il fe trouve le plus
peine 2 au Cap même,
:
. être jouées trois fois dans fx mois,
d'Etrangers ?
ce qui rend le métier laborieux.
D'un autre côté, ceux qui vont au fpedacle
moins aifés à fatisfaire qu'on ne
font beaucoup
d'abord; ils ont vécu dansla CapiTimaginerait
tale, 2 --- Page 279 ---
SUR SArNE-Dowiwoug
rale, ou dans les grandes Villes de
8z
goûr s'y eft formé, ils jugent
France, leur
ce qui rend la commiffion de par comparaifon,
difficile à
leur plaire trèsremplir, Cependant en
reçoir les talens avec une efpèce général on y,
& c'eft fur-tour aux pièces
d'enthoufiafmes
ans dans
que l'on eft tous les
l'ufage de donner au bénéfice de
Adeur, que le Public montre toute fa chaque
lance pour celui qui fait lui
bienveilfieur Fromentin,
plaire. Au, Cap, le
les
Aéteur tragique, connu dans
Provinces, & le fieur
eux des
Marignan, ont eu pour
repréfentations dont la recette. s'eft élevée
julqu'à 18,000 livres.
Les habitans du Port-an-Prince
moins généreux,
ne feront pas
jets qui le mériteront. lorfqu'il y aura quelques Sus
Divers
donnés par MM, les Chefs ( dont encouragemens
conceffion
entr'autres la
avantageufe de la moitié de la
e Vallière aux frères Mefplis,a
place
d feraient bâtir une falle de
condition qu'ils
en effet de s'ouvrir cette Spedacle, qui vient
année), , onr
dans cette ville un Speétacle régulier;
rétabli
lui annonçons
mais nous
2 avec peine & fincérité,
pourra s'y foutenir, fi l'on ne fe
qu'il ne
bons Sujets de France, & fil'on n'en procure de
régime aétuel.
change le
Malgré tout ce qu'il plait à M. H.de dire des
Aétionnaires de la Comédie du Cap
Partie II,
; malgré
E
edacle, qui vient
année), , onr
dans cette ville un Speétacle régulier;
rétabli
lui annonçons
mais nous
2 avec peine & fincérité,
pourra s'y foutenir, fi l'on ne fe
qu'il ne
bons Sujets de France, & fil'on n'en procure de
régime aétuel.
change le
Malgré tout ce qu'il plait à M. H.de dire des
Aétionnaires de la Comédie du Cap
Partie II,
; malgré
E --- Page 280 ---
8i NOUVELLES CONSIDÉRATTONS
prétende que cette forme d'établifement
qu'il
ce qui fait voir qu'il ignore
foit un monopole,
l'atla vraie fignification de ce mot: 2 puifqu'il
tribue à la chofe du monde qui en eftle moins
fufeeptible;malgré qu'il foit pour un Direéteur,
dirons toujours que le feul moyen de founous
dans les Iles, c'eft de faire
tenir les Speétacles
fe modelant.
d'Adionnaires qui,
une compagnie
n'affemble fes Intéreffés que
fur celle du Cap,
des objets de
très-rarement 8 feulement pour
Comfinânce, 8z nomme tous les trois ans des
du nombre defquels femiffaires en éxercice,
deux ou trois Comédiens de ceux quimone
ront
& de
frétont le plus de talens, d'intelligence
volonté. Ce plan adopté au Cap depuis
bonne
vient d'avoir les plus heureux
quelque tems 9
très-incomplette
effets. On a vu une Troupe
donner à la fin de cette année la plus confidéra-
& cela à caufe de l'entente qui a
ble recette,
diftribution des pièces, dans la
été mife dans la
&z dansles facilités que l'on a procurées
dépenfe nousn'oublierons pas que nous avons
au Public:
foixante-huit Dames à la Coméwu deux cents
du Carnaval dernier. Audie', dans un des jours
n'offre un
cune Ville de Province en Europe 7
femblable coup d'oeil.
fuiviau Portau-Prince;
t Le plan nouvellement la direêtion d'un feul
qui met le Speétacle fous
des pièces, dans la
été mife dans la
&z dansles facilités que l'on a procurées
dépenfe nousn'oublierons pas que nous avons
au Public:
foixante-huit Dames à la Coméwu deux cents
du Carnaval dernier. Audie', dans un des jours
n'offre un
cune Ville de Province en Europe 7
femblable coup d'oeil.
fuiviau Portau-Prince;
t Le plan nouvellement la direêtion d'un feul
qui met le Speétacle fous --- Page 281 ---
SUR SAINT-Doxixeug
homme & à fon bénéfice eft fijer à trop d'inconvéniens, pour que cet établiffement:
jamais la ftabilité néceffaire à fa
acquière
cun bon
perfedtion; allSujer ne voudra fortir de France
des fûretés
fans
redteur
pour quelques années 2 & un Difeul n'en peut donner ; la mort,
goût, la maladie, mille chofes
> le dés.
quitter fubitement
peuvent lui faire:
une entreprife qui fera alors.
fujetteà tomber, ou du moins à être
le Public même ne voudra
fufpendue 2t1
abonnemens
point fe prêter à des
annuds,quifont cependantle
le plus folide pour l'entretien des
fonds
On avait propofé de mettre les Speétacles,
la part, fur le pied de la Comédie Comédiens à
Paris. Cette forme ferait
Françaife à.
encore vicieufe &
impraticable. Tout le monde ne vient dans les
Ifles qu'à deffein d'y faire une fortune
moins grande, même les Comédiens. plus ou -
leurs talens appelleraient d'abord
Ceux que
& qui feraient
à part entière,
en outre gratifiés de fruéueufes
repréfentations à leur bénéfice
bientôt, s'ils étaient
2 fe verraient
confidérable
économes, 2 un pécule affez
pour fonger à tne retraite en
ils la feraient
France;
prompte, inopinée, & les Troupes fe trouveraient tout à coup réduites
doublans & à ceux qui tiennent les
aux
troifièmes emplois. Outre qu'il fe feconds&c
long intervalle
pafferait un
jufqu'à ce que.l'on pût remplaFij
ôt, s'ils étaient
2 fe verraient
confidérable
économes, 2 un pécule affez
pour fonger à tne retraite en
ils la feraient
France;
prompte, inopinée, & les Troupes fe trouveraient tout à coup réduites
doublans & à ceux qui tiennent les
aux
troifièmes emplois. Outre qu'il fe feconds&c
long intervalle
pafferait un
jufqu'à ce que.l'on pût remplaFij --- Page 282 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
anciens Sujets par de nouveaux arrivans 2
cerles
lequelle Public fe dégoûterait
intervalle pendant
de fréquenter le Spe@tacle
& perdrairthabitude
il réfulterait un autre inconvénient: : ceux qui
en
feraientrefésattachés3 àla Troupe, prétendraient
devoir être appellés à part entière par droit d'ancienneté & de préférence fur de nouveaux vetalens qu'ils puffent avoir ; de là
mis ,' quelques les haines dont le Public eft toules jaloufies,
s'oppofent à fes
jours la viétime, parce qu'elles
plaifirs.
de la
M. H. dit, page IIO, 4 les A8ionnaires
wComédie du Cap s'arrogent de grandes préroIa première eft d'impofer une taxe ar-
> gatives,
>> bitraire fur les plaifirs du Publicw.
abfolument ce que M. H. enNous ignorons
tend
cette taxe : ceux à qui nous en avons
par
nous ont répondu qu'ils
demandé l'explication,
voulait
favaient non plus que nous ce qu'il
ne
le
des places était fixé aut Cap,
dire, & que prix
dans toutes les autrés
& à un tarif plus bas que
Villes de la Colonie, ainfi, que les abonnemens
par-an 2 par quartier , par mois.
à.
feconde, de diminuer ou d'augmenter
< La
nombre des Aêteurs & les frais du
9 leur gré le
9 Speaacle >.
de toutes les Troupes ;
C'eft la prérogative
Pintérêt diête la manière dont on doit en ufer:
des places était fixé aut Cap,
dire, & que prix
dans toutes les autrés
& à un tarif plus bas que
Villes de la Colonie, ainfi, que les abonnemens
par-an 2 par quartier , par mois.
à.
feconde, de diminuer ou d'augmenter
< La
nombre des Aêteurs & les frais du
9 leur gré le
9 Speaacle >.
de toutes les Troupes ;
C'eft la prérogative
Pintérêt diête la manière dont on doit en ufer: --- Page 283 ---
SUR SAINT-DowiNGur
M. H.n'a vu nulle
8;
part que le nombre des
teurs fût fixé.
Ace
A La treifième, de garder les Adeurs
> fifle, & de chaffer ceux
l'on
quel'on
Cette
que
appiaudit > o.
imputation eft trop ridicule
raître croyable. Il eft cependant des
pour pavoit forcé de fe défaire
cas où l'on fe
d'un Aéeur qui a du talent, parce qu'il y joint des qualités nuifibles
bon ordre de la
au
duite eft
Troupe 2 ou bien que fa controp fcandaleufe. On ne peut,fans doute,
reprocher férieufement à une affociation. de chercher à s'épurer, mais il faut bien
qu'une baffe envie
prendre garde
ne fe mafque pas fous
traits d'une fauffe honnêteté,
les.
4 La dernière & la plus
5 de faire des loix.. En dangéreufe,c'eft celle
9) non-feulement
1775, ils fe font avifés
d'engager les Mulâtres. à
9>, quenter leur Thaâtre, mais
fré-
> les Négres & Négreffes
encore d'yinviter
Nous arrêtons
libres, où Efelaves >.
ici M. H., les Efclaves de
qgue couleur qu'ils foient ne font
quelSpeétacle
fouffertsàaucun
2 ni au Cap, ni ailleurs; les
d
couleur libres font à cet égard des foutiens. gens
lans de la loi, ils ne fouffrent
vigijamais patiemment
que quelqu'un de leur
dont
n'eft
efpèce 2
la liberté:
pas reconnue; s'y gliffe parmi eux :
un privilège dont ils font
c'eft
jaloux, & qu'ils
cent dans toute fon étendue..
éxerF 1 --- Page 284 ---
86 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS.
M.F:joute, page III, < qu'on n'aurait pas dûi
> admettre les Négres & Négreffes libres aux
> Spedtacles; qu'il était plus raifonnable de laif-;
9> fer ce privilège aux Mulâtres &c Mulâtreffes 9
>> parce que les Mulâtres font en plus petit noma bre>.
Encore erreur de fait incompréhenfible de la
part d'un homme qui a été long-tems à même de
voir 8c de compter. Il y a conftamment au Spectacle vingt Mulatreffes pour quatre Négrefles.
M. H. termine ce Chapitre par ces mots que
nous retraçons ici avec plaifr, à caufe de leur
vérité, furtout dans les Colonies.
< Le luxe 2 quand il eft dirigé vers Putilité pus blique 2 ne peut qu'augmenter la maffe du bon99 heur; mais il fant qu'il foit, ainfi que tout ce
$> qui a du rapport à la morale & à l'harmonie
5 de la fociété, foumis à l'impulion desLoix".
. H. termine ce Chapitre par ces mots que
nous retraçons ici avec plaifr, à caufe de leur
vérité, furtout dans les Colonies.
< Le luxe 2 quand il eft dirigé vers Putilité pus blique 2 ne peut qu'augmenter la maffe du bon99 heur; mais il fant qu'il foit, ainfi que tout ce
$> qui a du rapport à la morale & à l'harmonie
5 de la fociété, foumis à l'impulion desLoix". %
4711 2E
se a
l --- Page 285 ---
SUR SAINT-DOMINGUE
LIVRE SECOND.
Du Gouvernement Militaire.
DISC OURS PREMIER
Des Commandans G des Etats-Majors,
C Nne peut qu'approuver tout ce quieft conz
tenu dans ce Difcours. Le fyle en eft
les faits vrais, les
modéré,
tions
cimnsieghdoulepoatgn
indireétes, & par conféquent point choquanres,
Les Difcours 2; 3 & 4 qui traitent de l'Etat
Militaire, des Milices & de la guerre, nous ont.
paru également bien faits. Ce Livre fecond eft
de l'Ouvrage de M. H., le morceau qui devait ,
lui faire le plus d'honneur ; il eft écrit
clarté 2 force & décence : pourquoi faut-il avec:
tout ce qui a précédé conduife fes Leéteurs que
des induéions
à
défavorables, 8z que le mal juf.
qu'ici répandu en tant d'endroits les. ait
à ne le pas regarder comme l'Auteur du portés. bien
ce Livre fecond eft un des plus forts
:
de fes détraéteurs. Nous fommes loin argumens
d'admettre leur opinion, fût-elle
vraie, nous. la troue
vons trop cruelle,
Fix --- Page 286 ---
CONSIDÉRATIONS
88 NOUVELLES
uuk
LIVRE TROIÈ M E.
De PAdminifration Civile.
DISCOURSPREMIER
Des. Impôss.
Nous voici arrivés à un Chapitre danslequel
M: H. a multiplié les erreurs prefqu'à chaque ligne. H était dit que cette Partie ferait très-mat
traitée par lui dans tous fes points. Il s'était égaré
prodigieufement fur les recettes, dans fon premier volume ; il répète ici les mêmes erreurs, &
d'autres fur les dépenfes. Il eft vrai
y en ajoute
eft
que cette Partie, moins connue que Pautre,
plus fufceptible d'être foupçonnée, comme plus
à la difpofition des Intendans. S'ils ne peuvent
tromper fur la recette, il dépend d'eux de ne
le pas vouloir fur la dépenfe ; & certainement
les mains par oùt circulent les deniers des impôts, n'ont pas roujours été auffi pures qu'actuellement; on peut néanmoins affurer que la
déprédation n'a jamais été att point que M. H.le
fait entendre dans plufieurs endroits de ce Difcours.
comme plus
à la difpofition des Intendans. S'ils ne peuvent
tromper fur la recette, il dépend d'eux de ne
le pas vouloir fur la dépenfe ; & certainement
les mains par oùt circulent les deniers des impôts, n'ont pas roujours été auffi pures qu'actuellement; on peut néanmoins affurer que la
déprédation n'a jamais été att point que M. H.le
fait entendre dans plufieurs endroits de ce Difcours. --- Page 287 ---
SUR SAINT-DoxrNcug
L'éxemple de M. de Bongars
8g
la
(1), qu'il cite à
page 194, ne ferait ni une loi pour fes fucceffeurs, ni la critique d'une conduite
Il fera même heureux
différente.
que ceux qui le
ceront ne cherchent point à l'imiter. La remplanie n'eft pas faite
ColoTréfor de la
pour envoyer des fonds au
Marine ; M. H. l'avoue
page 197 : le Roi a abandonnéd l'entretien lui-même,
lonies, les impôts
des Coqui y font pergus.
D'après ce principe, fi aul bout des
del'affiète de l'octroi, il refte
cinq ans
en caiffe desf fonds
produits par lui, ils doivent être appliqués
défalcation fur l'année qui fuit le renouvelle- en
ment de Fimpofition;oul bien defages
teurs emploieront
Adminiftras'il s'en
chaque année les excédens,
trouve, à mille objets utiles
la
Colonie qui fe préfentent
pour
éxemple, àla conftruéion journellement ; par
deviennent
de quelques Ponts qui
tous les jours de plus en
ceffaires, Mais ceci
plus éa
vain defir; les
n'eflmalheurenfement qu'un
dépenfes de la Colonie
quant à préfent la maffe des
excédent
impôts, comme le
(:) D'après des informations
M. H. s'eft trouvé
éxagtes, le fait citépar
M. de
faux, ou du moins mal
Bongars n'a rien remis au
préfenté
du produit des impôts de la
Tréfor de la, Marine,
que 80,000 k., provenant d'une Colonie : il n'y a verfé
bonne en
prife qui ne fut
rembourfé Europe 1 & dont le tréfor de la pasjugée
le montant.
Marine avait
D'après des informations
M. H. s'eft trouvé
éxagtes, le fait citépar
M. de
faux, ou du moins mal
Bongars n'a rien remis au
préfenté
du produit des impôts de la
Tréfor de la, Marine,
que 80,000 k., provenant d'une Colonie : il n'y a verfé
bonne en
prife qui ne fut
rembourfé Europe 1 & dont le tréfor de la pasjugée
le montant.
Marine avait --- Page 288 ---
NOUYELLES CONSIDÉRATIONS
fera bientôt à même d'en juger par le
Leéteur
tableau de Pun & de l'autre.
lui
Suivons bien attentivement M. H., c'eft
cherchons à convaincre de fes
fur-tout que nous
il en
erreurs : en les voyant ainfi analyfées,
plus circonfpeêt à l'avenir ?
deviendra peut-être
oùt l'on
& comprendra que s'il eft une matière
doive le plus s'inftruire avant de s'en occuper
c'eft fur-tout celle-ci, puifqueles
publiquement,
légèrement admis,
fuppofitions 9 les foupçons
entre celui qui paie & celui qui reçoit,
jettent
flétriffante pour Fun,
une défiance dangéreufe,
de
Tautre, priventl le Citoyen
inquiérante pour douce
lon reffent à fe percette fatisfaéion
que
Pon n'eft pas la proie de la concuffuader que tendent à ôter à l'homme en place
fion, &
récompenfe.
leftime publique, fa plus précieufe
de
M. H. débute, page 193 s par une définition
nous allons tranfcrire avec quelqu'él'impôt que
dans le commencetendue. Nous trouverons
en combattre la fn; prefment, des armes pour
de nous en
par-tout il a eu la complaifance
que
comme nous l'avons déjà refournir contrelui,
marqué.
cette définition, il eft
Mais avant de copier
d'obferver que M. H. al lu avec beaucoup
bon
Philofophique 6 Politique
d'attention CHifoire
tellement
du commerce des deux Indes. Il s'eft
impôt que
dans le commencetendue. Nous trouverons
en combattre la fn; prefment, des armes pour
de nous en
par-tout il a eu la complaifance
que
comme nous l'avons déjà refournir contrelui,
marqué.
cette définition, il eft
Mais avant de copier
d'obferver que M. H. al lu avec beaucoup
bon
Philofophique 6 Politique
d'attention CHifoire
tellement
du commerce des deux Indes. Il s'eft --- Page 289 ---
SUR SAINT-DONINGVE
identifié avec
9T
elle, qu'il en a fouvent emprunté
les idées 2 les exprefions 2 même des phrafes
entières, & vraifemblablement fans qu'il s'en
foit apperçu 2 car il faut croire qu'il eût ett la
bonne foi d'en avertir le Public; mais il aura travaillé de mémoire ' croyant le faire d'imagination.
Nos Leéteurs ne feront peur-être pas fâchés de
juger par eux. - mêmes avec quelle éxadtitude
M. H.fer reffouvient. A cet effet nous allons mettre le texte de PHifoire Philefophique à côré du
fien, & l'on avouera que filon peut copier plus
littéralement, on ne faurait du moinsimiter plus
parfaitement. Nous aurions eu fouvenr occafion
de nous livrerà de femblables
parallèles, qui font
également l'éloge de la mémoire de M. H.; mais
nous n'avonsjugé à propos de nous le permettre
que cette feule fois, & nous nous fommes feulement contentés de conclure qu'il refterait
de vérités, ou même d'erreurs
peu
M. H.SilAureur.
appartenantes à
le
delHifoire Philofophique voulait
forcer à reftitution.
Texte de PHipoire Philo- Texte de M. H.,
Jophique G Politique dérations
Confidu Commerce des
fiur la Colodeux nie de Saint-DominIndes, tom. V,p.1 195. gue,tom. I,
p. 193.
L'Auteur ne fait pas < S'il faut
cette
que chacun
comparaifon, &c >> des hommes qui vi- --- Page 290 ---
92 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
dit tout fimplement 2 > vent en fociété abande fa
tom. VH,pag. 365: e
99 donne une partie
L'impôt peut êtré dé- > liberté pour conferfri,lefacnifaedvme; par- > verle refte, il faut de
tie de la propriété pour la >> même qu'il paie d'une
confervation de Pantre. * perite portion de fon
Il avait dit,tom. V, > bientafturancedecon
> ferver toute fa forpag. 195:
>> tune.
On peut défnir Pim- > L'impôt eft donc
pôe,une contribution pil- 4 une contribution pu
qui nice/faire à 9 blique néceffaire à la
blique
eff
confervation des
la confervation de la pro- >
pro-.
prièté particulière,
> priétés particulières.
La joxilfance paifible > La jouiffance des
des terres & des revenus >> fruits de la terre éxige
éxcige une force qui les > une force qui en dé
défende de Pinvafion 2 une >> fende linvafion 2 &
Police qui alfiure la li- >> une Police intérieure
berté de les faire valoir. >> qui donne les moyens
> de la cultiver en faretéTout ce que lon paie > Ce qu'on paie pour
le maintien de Por- > le maintien de l'ordre
pour
de droit & > Public, eft une fnite
dre public eft
néceffaire du droit des
dejuflice: ce qu'on lève de >
plus e/ extorfion.
>> propriétésymais ceux
> quigouvernentr ne doi-
> vent rien éxiger au
22 dela,
é de les faire valoir. >> qui donne les moyens
> de la cultiver en faretéTout ce que lon paie > Ce qu'on paie pour
le maintien de Por- > le maintien de l'ordre
pour
de droit & > Public, eft une fnite
dre public eft
néceffaire du droit des
dejuflice: ce qu'on lève de >
plus e/ extorfion.
>> propriétésymais ceux
> quigouvernentr ne doi-
> vent rien éxiger au
22 dela, --- Page 291 ---
SUR
Or,
Sas-Doxiwour
toutes les dépenfes
au Goavernemene
> Les dépenfes que
que la * faitlaM Métropole
Mitropole fait pour les > entretenir la
pour
Colonies , uifone
tranquilpar la contrainte payées > lité, la juftice dans la
gui leur Colonie de Saint- Doginpofie, de ne cultiver >
que pour elle 3 G de la mingue, & la fireté
manière qui lui
9 au dehors, font comCet
convient. > penfées par la conplus afhsjaifimen onéreux
efl le 33 trainte oùt les Colons
aributs
de tous les > font, de ne
3 & devrait tenir >
cultiver
licu de tous les impôts,
que pourelle,& felon
* fes vues. Cet affujet-
>> tiffement femblerait
n devoir tenir lieu de
Il
9) tribur >,
nous femble que ces deux Auteurs
juftes & fi femblables dans
trèsT'impôt, fe font
leurs définitions de
nières lignes
également trompés dansles derci-deffus.
L'affujetifement à ne cultiver
Métropole n'a pu, ni dû tenir lieu que pour la
les Colonies,
d'impô: dans
puifque le but de l'impôt eft de
procurer la ffreté des propriétés
or, Taffujetiffement dont
particulières;
fant point les
on parle ne fournif.
moyens d'obtenir cette
tion, il ne peut donc le
confervaT'argent
remplacer. Il faut de
pour procurer les moyens de défendre --- Page 292 ---
SFNOUVEILES CONSIDÉRATIONS
les Colonies au dehors, & les garantir de troubles au dedans ;il faut donc un impôt qui en
produife : d'oit tirer cetimpôt, oii Taffeoir ? ce
doit être, d'après les définitions données, 2 fur
les propriétés. que lon veut conferver; car f,
, On prétendait que la
trop étroitementpolitique elle-même aux frais
Métropole doit fournir par
n'ont
de la iûreté des Colonies 2 parce qu'elles
il
elle , alors
la liberté de commercer qu'avec
aurait aux Iiles des propriétés particulières
y
de leurs biens
qui ne facrifieraient aucune partie
de
conferver le tout, & les Propriétaires
pour
foulés d'un furla Métropole fe trouveraient
de
croit de tribut injufte pour la confervation
propriétés qui ne feraient pas les leurs.
changez votre définition de limAinfi, ou
la néceffité dans les
pôt, ou n'en conteftez pas
Colonies.
&c. étaL'Auteur de PHifoire Philofophique 3
blit à la fuite de fon idée 2 quatre preuves qui
parce fon principe
ne nous ont pas perfuadés,
d'en donner
faux. M.H. a négligé
nous paraiffait
mais en revanche il affure, P. 195,
dela fienne, 2
que :
fuffent
4 Si les 4.c00,000 impofés en 1764
9 reftés entre les mains des Colons, la Colonie
>> ferait riche d'un tiers en fus de ce qu'ellel'eft
actuellement : les revenus de l'Etat feraient
#
principe
ne nous ont pas perfuadés,
d'en donner
faux. M.H. a négligé
nous paraiffait
mais en revanche il affure, P. 195,
dela fienne, 2
que :
fuffent
4 Si les 4.c00,000 impofés en 1764
9 reftés entre les mains des Colons, la Colonie
>> ferait riche d'un tiers en fus de ce qu'ellel'eft
actuellement : les revenus de l'Etat feraient
# --- Page 293 ---
SURS
SAINY-Doxmeeg
par conféquent augmentés d'un
N que le commerce fe ferait
tiers 2 parce
9> cri dans la même
néceffairement acLa
proportion 92,
Colonie,f felon M. H., produifait
au tems où il pouvait écrire ceci, 95,000,000
Le tiers de
95,000,000 eft31,666,000 livres : le
nous venons de citer veut donc paffage que
4000,000 verfés dans la caiffe
dire que les
auraient
du Roi en 1764,
fomme de produit dans onze ou douze ans cette
les mains 31,666,000, s'ils fuffenr reftés entre
des Colons: nous n'avions
tendu parler de femblables
jamais ence qui s'appelle de beaux rêves. multiplications, voilà
dit d'un ton tranchant &
Page 198,M..
lier dans
qui lui eft affez famitout de cours de fon
( En
Ouvrage :
1775, on a fait paffer un
> moire de
nouveau mé
demande, & quoique
9) paru vouloir fixer la
l'Affemblée ait
quotité de
5 5,000,000, conformément
Pimpofition à
5> Roi, elle s'élève à
aux intentions du
préfent à près de
>> parce que la répartition a été faite 8,000,000; fur
9 feignemens
des rencaptieux 35,
Et P. 199, ( lesi impôrs font
s vont au dixième des
confidérables, ils
> foutiendrait
revenus : la Colonie les
fans murmure; mais la
3> employée pour les percevoir eft méthode
2 répartition en eft
vicieufe, 2 la
injufte >,
Iln'eft pas aifé de comprendre
comment M, H;
partition a été faite 8,000,000; fur
9 feignemens
des rencaptieux 35,
Et P. 199, ( lesi impôrs font
s vont au dixième des
confidérables, ils
> foutiendrait
revenus : la Colonie les
fans murmure; mais la
3> employée pour les percevoir eft méthode
2 répartition en eft
vicieufe, 2 la
injufte >,
Iln'eft pas aifé de comprendre
comment M, H; --- Page 294 ---
56 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
s'eft permis de déprimer ainfi une opération à laquelle on procéda avec la plus fcrupuleufe attention, & qui porte les caraétères de-la difcuflion
la plus éclairée.Il ne faut, pour s'en convaincre,
lire le procès-verbal qui en fut dreffé alors.
que Nous voudrions pouvoir le rapporterici en entier; on y verrait la marche prudente & mefuétaient
des intérêts de la
rée de ceux qui
chargés
Colonie ; on y lirait avec plaifir le Difcours de
du ConM. de la Mardelle, Procureur-général
feil du Port-au-Prince 9 dont M. H. rapporte 2
8 critique mal deux morceaux dans fes
tronque
du premier volume, & 213
notes des pages 283
du fecond : on y verrait que ce Difcours ne
des principes fains, & qui ne fucontient que
rent pas perdus de vue par PAffemblée.
Mais fi les bornes de notre ouvrage nous emde fatisfaire à ce fujet nos defirs, il eft
pêchent
âmes honnêtes de voir la catrop agréable aux
délomnie repouffée, & les foupçons injurieux
nous refufions de tranfcrireici
truits, pour que
Ce
les pages 26, 27 & 28 de ce procès-verbal.
nos Leêteurs à même de décider s'il
fera mettre
de procéder avec plus de fagefe &
était poffible
cas l'on doit faire des im:
de netteté, & quel
& qualifications de M, H.
putations
EXTRAIT --- Page 295 ---
SUR SAINT-DOMIKGUR
EXTRAIT
DU PROCÈSFERRAL
De T'Affemblée
générale de la
tenue au Port-au-Prince,
Colonie,
6 Avril
2 les premier &
1776, pourl'affiette de l'O8roi,
Du Samedi fix Avril.
Les Commifuires nommés
premier du mois
par Larrêté du Lundi,
2 ayant annoncé
préts à rendre
qu'ils étaient
compte de leur trayail, ZT2
tr'eux a dit:
denMeSSIEURS;
wLacommifion dont vous nous avez
a pour objet de parvenir à l'aflierte chargés;
fition du même impôt de
& réimpo1770.
5,000,000, réparti en
Les tableaux fournis par M. FIntendant
produit des recettes vérifiées
s du
dernières
pendant les
années, 2 prouvent que la
cinq
rale a été de
recette géné
en réfulte auffi 29,502,028liv. 16 fois 9 deniers. Il
nière
que le café compris dans la derimpofition, 2 à raifon de 14
duit, dans la maffe
deniers, a pro8,669,619 livres
générale 9 une fomme de
Partie
6 fols 2. deniers ; &
II,
d'après
G
les
années, 2 prouvent que la
cinq
rale a été de
recette géné
en réfulte auffi 29,502,028liv. 16 fois 9 deniers. Il
nière
que le café compris dans la derimpofition, 2 à raifon de 14
duit, dans la maffe
deniers, a pro8,669,619 livres
générale 9 une fomme de
Partie
6 fols 2. deniers ; &
II,
d'après
G --- Page 296 ---
coxsiofastions
98 NOUVELLES
faits, l'année comles calculs que nous avons aétuel fur le café,
le droit
mune, en prenant
millier, ainfi qu'ila
à raifon de 18 livres par
livres;
réglé, fe monte à 4,783:492
été depuis
déficit de 216,508 livres, fur
d'ou il réfulte un
Sa Majefté, & acles 5,000,000 demandés par du premier de ce
cordés par votre délibération
mois.
la plus
Pour remplir ce déficit 2 l'opération fuffifante
ferait de répartir une fomme
?
fimple
fur chaque à objet impofé en 17705
par égalité, d'un dixième fur chaque nature
par éxemple ,
donnerait, pour produit ande droit ;ce qui
fols & ceft le
livres IO
;
prenuel 5,201,948.
2 fauf à
mier plan que nous vous propofons
l'aufageffe à charger un objet plus que
votre
cependant, à obtenir le même
tre, de manière,
réfultat.
de répartition confifte à augUn fecond plan
l'évaluation des bariques
menter d'un cinquième évaluation parait être
de fucre fabriqué : cette
auquel les fucres
balance du poids moyen
une
font livrés aux Embarcadaires. déclarées du poids
En 1770, les bariques
En
mille, ont été reçues pour un millier.
de
évaluation a été forcée & aug1771 2 cette
un ordre de' M,1 l'Inmentée d'un cinquième, par
cette même
tendant; & il réfulte qu'en portant
'un cinquième évaluation parait être
de fucre fabriqué : cette
auquel les fucres
balance du poids moyen
une
font livrés aux Embarcadaires. déclarées du poids
En 1770, les bariques
En
mille, ont été reçues pour un millier.
de
évaluation a été forcée & aug1771 2 cette
un ordre de' M,1 l'Inmentée d'un cinquième, par
cette même
tendant; & il réfulte qu'en portant --- Page 297 ---
SUR SAINT-DONiNGPE
évaluation att poids de quinze
furer d'autant la fidélité
cents, ce fera afs
rentrera à la
des déclarations ; & il
en fus du
décharge commpne un cinquième
rée, filon produit de la recette fur cette denpeut eftimer en général
la
rique pefant réellement
que
baclarée précédemment quinze cens, n'a été dés
Ayant à
que dotize cens.
fervé,
remplir 3 comme nous l'avons
un déficit de 216,508
obde cette opération
livres, & le réfultat
guième en fus le paraiffant porter à un cincres
produit du droit fur les
3 qui s'eft élevé 5 année
fu2,167,578 livres, il fe
commune 5 à
duit annuel ; une fomme trouvera de
2 pour pro-
& l'excédent des
5325,386 livres ;
effeaif
5,000,000 balancera le
acquis par cette opération.
produit
Un troifième plan, propofe
accordée par le mémoire de d'après la liberté
de dreffer la répartition
Sa Majefté, ferait
des
portant l'impofition des 5000,000, 2 en refeulement 5 fur les autres Négres Cultivateurs
objets
1770.
impofés en
Dans ce plan foumis à la décifion
fente Affemblée,
de la
nous avons encore
prérépartir ce nouvel objet de
cherché à
la plus
deficit avec l'équité
fcrupuleufe & la plus
contribuables; & cette
impartiale fur les
ainfi qu'il fuit:
répartition peut s'établir
G.ij --- Page 298 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATTONS
10O les fucres blancs, par millier, 36 livres ;
Sur
toutefois que la barique ne fera moinen réglant
dre du poids de quinze cens.
avec
Sur. les fucres bruts, par millier, 18 liv.,
des bariques ,au poids dé.
la même fpécification
quinze cents.
livre, IO fols.
Sur lesindigos, par
fols6 deniers.
Sur les cotons, par livre, 2
Sur les cafés, par millier, 18 livres.
en poil, 2 livres.
Sur les cuirs 2 % tannés, par côté, I livre.
boucaut, 7 liv. IO fols.
par
-
Sur les firops, % par barique,3 3 liv. 15 folsa.
par boucaut, 12 livres.
Sur les tafias 2 1 par barique, 6 livres.
des maifons des Villes, deux &
Sur les loyers
demi pour cent. des Villes & Bourgs; fur ceux
Sur les Efclaves
manufaétures de poteries. 2 tuileries, briquedes
fours à chaux 2 ceux des Chirurgiens
teries,
& d'Ouvriers fans réfidence, par,
d'habitations
tête d'Efclave, 24 livres.
Le réfultat du calcul nous ayant donné pour
5.290,000 livres - 2 auquel il peut
produittotal, l'année prochaine, par évaluation,
être ajouté,
livres fur les maiune fomme d'environ 20,000
de Leodes villes .du Port t au - Prince,
fons Petit Gouave & Jacmel;le total montera
gane 3
teries,
& d'Ouvriers fans réfidence, par,
d'habitations
tête d'Efclave, 24 livres.
Le réfultat du calcul nous ayant donné pour
5.290,000 livres - 2 auquel il peut
produittotal, l'année prochaine, par évaluation,
être ajouté,
livres fur les maiune fomme d'environ 20,000
de Leodes villes .du Port t au - Prince,
fons Petit Gouave & Jacmel;le total montera
gane 3 --- Page 299 ---
SUR
alors à
IOI
SAINT-DoNiNcug
5,310,000 livres environ 3 &
des 5,000,0000 balancera
Fexcédent
luations & du
Pincertitude des évaration
produit effeétif d'après cette
>,
opéLe dernier plan eft celui
blée fe
pour lequel PAffemdérermina; il fut entiérement
la répartition de
fuivi dan's
déjà
l'impôr : T'expérience en a
prouvé la jufteffe,
M. H. fe plaint que l'on ait travaillé
des renfeignemens
d'après
de plus firs
captieuz. Il ne peut y ena avoir
&
que ceux qui furent alors
ce font les feuls dont on puiffe fe
fournis,
que l'on veut
fervir, 9 lorf-.
affeoir un impôt, parce
ne doit opérer
que l'on
que d'après la quantité des
rées déclarées; les autres Er
denévitant
2 qui ne le font pas,
limpofition par la voie
les prennent
détournée qu'el2 on commettrait de
reurs fi l'on voulait les faire
grandes erproduite. Nous
entrer en quantité
chofe
avons dit à peu près la même
dans nos obfervations furle
lume 2 mais M. H.
premier vorépétant fes injuftes inculpations s il faut bien, 2 malgré
réfutation.
foi,e en répéter la
M. H. non content d'avoir dit à la
que P'impofition s'élève à
page 198, 2
8,000,000, dit à la
préfent à près de
la Colonie
page 199, que les impôts de
vont aû dixième de fes revenus.
allons répondre
Nous
l'autre
démonflrativement à l'une &
fuppofition.
Gij --- Page 300 ---
302 xousseustentnt,
Il fuffirait pour faire fentir la légèreté de ces
affertions, de demander à M. H. ce qu'il entend
à
ce ne devrait pas être
par ces mots préfent ;
achevée
n'était pas
l'année 1776 3 puifqu'elle
l'alorfque fon livre s'eft imprimé, comme nous
déjà remarqué : font-ce les années 1774
vons
donné cette idée à M. H.:
& 1775 qui auront
été à même de vériEf-ce d'après ce qu'il aura
fier fur les lieux , tandis qu'ily demeurait, qu'il
fe fera cru autorifé à préfenter au Public une
idée fi faufle de limpofition ?
dans tous les cas
Afn de le convaincre que
& s'eft griévement trompé, nous
il a eu tort,
le
éxaêt
allons lui mettre fous les yeux compte
une année qu'il aurait pu
de T'impôt pendant
s'il l'eût voulu;, de
connaître ainfi que nous 2
éxemple. Il ne pourra plus nous don1774, par
s'être montré
raifon valable pour
ner aucune
excufe refterait-il à un
f mal infruit ; quelle
eau
homme qni ne vous préfenterait qu'une
lorfqu'une fource pure était à fa
bourbeufe 2
tenait qu'à lui d'y puifer A
portée & qu'il ne
ait pu
de T'impôt pendant
s'il l'eût voulu;, de
connaître ainfi que nous 2
éxemple. Il ne pourra plus nous don1774, par
s'être montré
raifon valable pour
ner aucune
excufe refterait-il à un
f mal infruit ; quelle
eau
homme qni ne vous préfenterait qu'une
lorfqu'une fource pure était à fa
bourbeufe 2
tenait qu'à lui d'y puifer A
portée & qu'il ne --- Page 301 ---
SUR SAINT-DONINGUE
103.
APPE R ; U
Di produit de FImpôt en
1774.
Sucre Sucre blanc. . à soliv.lemillier, quantités
ont produir
brut : . à 1;liv.lemillier, 39,625:9701.
fommes-1. f.d. 2
Indigo -
pewfodre,1,13.7y
à 804d.laliv. 60,733,294
Coton .
à
1,633,428
910,999 8 2
Café e
à If6d.laliv, 2,446.374
680,595 4 2
Cuirs en poils à If2d.laliv.3 39,830,747
183,478 I
Idem tannés
2liv.labannetre
2,326.376 18 2
Bouc. def . à 15 liv.le côté.
5.437:
10,875
Barr, de tafia. frcp à 71.10f le bouc.
6,736
5,052
à 6liv. la barrig.
8,357: 362
62,681 S
2,172
TOTAL .
5,371,008 18 6
M. H.a porré les revenus de cette même
née à
an82,000,000 , comment a-t-il
dre que l'impôr en était le dixième pu prétensius iple.
? Rerum corfQu'il ne nous dife pas
fucres
que l'impôt fur les
ayant augmenté en 1776, & les
tions d'un
déclaracinçuième ; il s'eft
total des
imaginé que le
impofitions a dû s'élever d'autant ; il
n'ignore pas que ce furcroit fut établi
remplacement du déficit
pour le
duéion de la taxe du café qu'occafionait la ré.
le
qui fut mife à 18 liv.-
millier, au lieu de 59 livres 6 fols 8 deniers
qu'il payait en 1774.
Au refte pour lever tous les
jet, & mieux
nuages à ce fuperfuader rle Public
M.
eu aucune raifon de hafarder
que
H,n'a
tair au dixième des
que l'impôt monrevenus > nous renvoyons
G iv
duéion de la taxe du café qu'occafionait la ré.
le
qui fut mife à 18 liv.-
millier, au lieu de 59 livres 6 fols 8 deniers
qu'il payait en 1774.
Au refte pour lever tous les
jet, & mieux
nuages à ce fuperfuader rle Public
M.
eu aucune raifon de hafarder
que
H,n'a
tair au dixième des
que l'impôt monrevenus > nous renvoyons
G iv --- Page 302 ---
104 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
autableau de l'impôt fur) les denrées de 1776,que
nous avons fourni ci-devant à lapag. 422 Part.1,
& qui s'élevait à 5479,811 livres 17 fols II d.
& nous ajoutons que celui de l'année 1777 s'eft
monté à 5,299,931 livres 2 fols 7 deniers.
Il faut fe rappeller que l'eftimation la plus
jufte poflible des denrées, faite d'après les différens prix des quatre principaux quartiers de
l'Ille 9 faifait monter les revenus de 1776 à
98,837,60; L, & ceux de 1777, à 103,104:5181.
On voit que, dans aucun tems, M, H. n'a pu appeller l'impôt le dixième des revenus, 2 & qu'il
n'a eu raifon, ni dans le paffé, ni dans le préfent,
ni même dans le futur, c'eft à-dire, dans les deux
années qui ont fuivi la date de fon Livre,
Ilef plus affligeant pour nous que M: H. ne le
croit,de lui apporter des preuves auffi frappantes de fes erreurs, fans lui permettre le moindre
fubterfuge; notre manière de penfer nous aurait
engagésà laiffer tomber encore un coin du voile
qui les couvrait, fi ce.n'eût été en quelque façon nous rendre complices de fes méprifes; méprifes fi dangereufes dans leurs
conféquènces, 2
qu'il faudrait être bien ennemi deM, H. pourles
croire volontaires. Qu'il nous permette donc de
foupçonner chez lui dans ce moment plutôtune
erreur de l'efprit, qu'un vice du coeur.
La difcuffion de ces objets nous dédommage
ésà laiffer tomber encore un coin du voile
qui les couvrait, fi ce.n'eût été en quelque façon nous rendre complices de fes méprifes; méprifes fi dangereufes dans leurs
conféquènces, 2
qu'il faudrait être bien ennemi deM, H. pourles
croire volontaires. Qu'il nous permette donc de
foupçonner chez lui dans ce moment plutôtune
erreur de l'efprit, qu'un vice du coeur.
La difcuffion de ces objets nous dédommage --- Page 303 ---
SUR
de
SAINT-DONINGUE
leur aridité, par l'avantage
1OS
cure de faire voir évidemment qu'elle nous proSaint-Domingue
aux habitans de
dérée, &
qu'ilsne paient qu'une taxe moqu'ils ne font les viéimes, ni de l'éxaction,ni d'une contribution
ne fe monte pas à cinq & exceffive, demi
puifqu'elle
leur revenu.
pour cent de
Nouslifons, page 205, 4 mais dans
> fent, cette
l'état pré:
impofition eft accablante
9 que la contribution
2 parce
> au-dela des befoins publique fe trouve portée
réels & même des'
>> préfumables >,
befoins
C'eft encore par le fait
battre cet article
que nous allons comimprudemment
&
pour ne pas mener M, H. en
hafardé],
allons lui oppofer le
pays perdu 2 nous
même année
compte des dépenfes de la
1774, de préférence à toute autre
parlaraifon déjà alléguée qu'il Paurait
tre, comme nous, s'ill'eût
pu connaivoulu; ce
exempté de cette phrafe auffi
quil'aurait
fauffe,
peu honnête que
AP PE R - U
Des dépenfés du Roi, pour Pannée
1774.
Fortifications & artillerie,
I, f d.
Fournitures dans les
1,013,836 2 6
magafins 7 o .
9 e
Subfiftance des
904,670 8 9
Troupes, 1,852,627
12.7 --- Page 304 ---
CONSIDÉRATIONS
106 NOUVELLES
1., f d.
Journées d'Hôpitaux 2
534:727 2
Appointemens s gratifica18 9
tions 2 penfions 2 8cc. .2,302,839
Vaiffeaux du Roi;
240,691 16 I
Appointemens des Receveurs de TOêroi, &
Ordonnances de rem6
bourfement 2 0 *
48,429 4
Rembourfemens faits à di131,011 6 5
vers, . -
Dépenfes extraordinaires,
505,574
Prêts fur la caiffe des amen221,961 8 4
des > .
TOTAL
7,756,379
II
On doit être furpris de voir la dépenfe excémais il faut
der l'impôt de plus de 2,000,000 2
faire attention que plufieurs autres branches
la maffe des revenus du Roi,
viennent groffir
dont nous n'avons pas parlé jufqu'ici 2 parce
font
des revenus ni des imqu'elles ne
pas partie
fermes
compôts de la Colonie: ce font des
qui
le domaine du Roi : des droits fur diffépofent
contribution
rens objets, mais qui ne font pas
entrer dans le tapublique, & ne doivent point
bleau de l'O8roi.
du Roi font malCes deux natures de revenus
la maffe des revenus du Roi,
viennent groffir
dont nous n'avons pas parlé jufqu'ici 2 parce
font
des revenus ni des imqu'elles ne
pas partie
fermes
compôts de la Colonie: ce font des
qui
le domaine du Roi : des droits fur diffépofent
contribution
rens objets, mais qui ne font pas
entrer dans le tapublique, & ne doivent point
bleau de l'O8roi.
du Roi font malCes deux natures de revenus --- Page 305 ---
-
SUR SAINT-DoMiNGug
à-propos confondues & jointes enfemble 107
M. H., elles font abfolument
par
eft fon revenu
différentes ; l'une
fort
propre, lequel n'étant pas affez
pour faire face aux dépenfes
lui la Colonie, eft
qu'éxige de
fuppléé par l'impôr appellé
Odroi, dont la demande s'établit
befoins
en raifon des
prévus, & cette reffourcej jointe à celle
des différentes branches dont nous
parler, fait la maffe des fonds
venons de
dépenfes.
néceflaires aux
Pour mettre nos Leéteurs encore plus en érat
de reconnaître l'injuftice des affertions de M.
nous allons parcourir avecluiles différens H.,
qu'il énumère, en les confidérant à
objets
travers fon
prodigieux microfcope.
Il évalue la capitation fur les Négres, Ouvriers
& Domeffiques, à 450,000 livres.
On compte environ dix milletêtes
depuis 1776 à 25 1., donnent
qui, taxées
Nous
au plus 250,0001,
ne nous amuferons pas à le contredire
pour la taxe perfonnelle fur tous les
qu'il propofe page 204 > en les
habitans,
trois claffes, & dont il dit,
diftinguant en
recette
page 205 > que la
produirait 2,000,000. Cetteforme d'impofition qu'il expofe avec appareil, & dont il
doit l'idée & les dérails à M. des
impraticable à
Glanières,eft
Saint-Domingue. Ainfi nous ne
nous en occuperons pas. Cependant,
regardant --- Page 306 ---
108 NOUVELLES CONSIDÉNATIONS
comme déjà admis ce qu'il propofe 2 il propage 206, < lOaroi qui
nonce par anticipation,
> fe paie dans la Colonie fur l'exportation des
a denrées, eft donc un impôt fans objet 92.
Pour n'être pas tout à fait ridicule, il fallait
dire sfera; & non pas 2 ef, puifque la' capitationproportionneller n'eft point encore admife.
Il dit auffi, el'impôt de cinq pour cent fur les
des maifons fituées dans les Villes eft
9 loyers
>> encore inutile >;
Maisattendez donc que votre impofition graduelle foit établie, & pour lors criez tant qu'il
vous plaira à l'inutilité; on ne peut fermer une
fource qu'après en avoir ouvert une autre.
M. H. a raifon de dire que la ferme des boucheries n'eût jamais dû être taxée, & qu'elle
va tomber inceffamment. Cette prédiétion était
& fe trouve aétuellement vérifiée, ou
jufte 2
peu s'en faut. 1
tirait des
Les beftiaux que Saint-Domingue
furent une reffource abondante 2
Efpagnols 2
la confommation
mais bientôt épuifée, parce que
de la Colonie a marché bien plus rapidement
les hâtes Efpagnoles ne fe font réparées.
que Nous avons dévoré en cinq ou fix ans tout ce
vingt années avaient produit. Les Efpagnols
que ont été fur le point de craindre pour euxmêmes la difette , & leur loi prohibitive s'eft
Les beftiaux que Saint-Domingue
furent une reffource abondante 2
Efpagnols 2
la confommation
mais bientôt épuifée, parce que
de la Colonie a marché bien plus rapidement
les hâtes Efpagnoles ne fe font réparées.
que Nous avons dévoré en cinq ou fix ans tout ce
vingt années avaient produit. Les Efpagnols
que ont été fur le point de craindre pour euxmêmes la difette , & leur loi prohibitive s'eft --- Page 307 ---
SUR SAINS-DONINGUE
renouvellée. Mais il eft encore de
10g
fources aux environs de
grandes refon devrait folliciter le Saint-Domingue, libre
dont
Cube,
abord. L'Ifle de
par éxemple, abonde en beftiaux; fi le
gouvernement) Efpagnol averti par le paffé, craint
que nous l'épuifions en peu de tems, il
les permiffions d'en tirer des beftiaux faurque
fixées à un certain' nombre de
foient
caution fage affure la durée rêtes; cette préd'un
ne fe détruira
fa
commerce qui
Il eft
plus par trop grande
un objet important
vivacité,
Miniftre prenne les
qui éxige que le
précautions les
tes pour ne pas le laiffer plus
plus prompdu déficit des
long-tems foufrir
des
boucheries; c'eft. la fourniture
Troupes. Environ huit mille
font aétuellement dans la Colonie Soldats qui
peine avoir de la viande fraiche s Peuvent à
femaine. On
une fois par
y fupplée par des falaifons
elles-mêmes, ne font pas fuffifantes
qui,
compte. au Soldat fa ration de
; alors on
à raifon de IO fols
viande en argent s
9 deniers la livre,
jours. Mais il ne peur avec ce faible pour deux
procurer que des alimens
pécule, fe
ne réparent pas chez lui ces peu fubftantiels, qui
lières
déperditions
> plus abondantes fous la Zone journaqu'en Europe,
Torride
Il eft encore un autre objet chez qui le
que de Yiande fraiche ferait bign
manplus faral, & --- Page 308 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
tio
On voit que
que l'on ne pourrait remplacer.
élevés à
nous voulons parler de ces hofpices
T'humanité foufrante 2 par Phumanité compàtiffante. Dans les Hôpitaux privés de cette ref=
on
en vain les
fource effentielle, 3
prodiguerait
fecours les plus éclairés, les remèdes les plus
falutaires, fi des fucs réparateurs & dulcifians
venaient en même tems én feconder P'effet
ne
aigrie & corComment corriger une lymphe
rompue, fi l'on ne peut plus offrir aux mala=
des qu'un aliment déjà corrodé par P'âcreté du
le conferfel dont il a fallu Timprégner pour
ver? La volaille eft trop rare pour en pouvoir
faire la nourriture ordinaire de fix ou fept cens
car l'année dernière le nombre des
perfonnes 2
à I'Hopital du
malades a été porté jufques-là
Cap.
très-confidérable
Cet établiffement devenu,
Paugmentation des Troupes de terre, , mé
par
l'attention & la faveur du.
rite de plus en plus
des ReliGouvernement. Il eft entre les mains
gieux de la Charité, auquel eft confié le traitement de la Garnifon 3 de la Marine Royale *
Marchande & des Pauvres : les falles font grandes, larges & bien percées : elles peuvent contenir jufqu'à fix cents hommes couchés feuls:
Il ferait à defirer que tous les bâtimens qui
compofent les logemens des malades fuffent ug
par
l'attention & la faveur du.
rite de plus en plus
des ReliGouvernement. Il eft entre les mains
gieux de la Charité, auquel eft confié le traitement de la Garnifon 3 de la Marine Royale *
Marchande & des Pauvres : les falles font grandes, larges & bien percées : elles peuvent contenir jufqu'à fix cents hommes couchés feuls:
Il ferait à defirer que tous les bâtimens qui
compofent les logemens des malades fuffent ug --- Page 309 ---
SUR SAINT-DOWINOUE
peu plus fymétriques, & conftruits
tit
lièrement; les Salles font
plus régudes autres : on
trop diftantes les unes
truifant
pourrait y remédier en confannuellement en maçonnerie des
mens folides
bâtilieu de ces s qui permettraient un étage 2 au
de durée, apparfemens en bois qui font de peu
Cet Hôpital eft éloigné de la Ville d'un
de lieue, dans une polition qui, à raifon quart
de fon
élévation, en rend l'air fort fain. Nous
drions néanmoins que les
vounent Puffent être
marécages qui 2 l'avoifidefféchés; s'ils étaient
en pâturages, ils auraient
changés
Roi pourrait fe
plus d'une utilité, Le
charger de cette
lement avantageufe à la Ville & à entreprife éga
Nous fommes
PHôpital.
de la Colonie furpris que les autres
ne
Hôpitzux
tion des Pères foient pas auffi fous la direcde la Charité, Nous nous
lons à ce fujet, comme un
rappel
ditement
éxemple de l'acréqu'ont quelquefois les plus faux
têmes, que l'on a mis en queftion
fyffois aux Ifles du Vent, s'il n'était
plus d'une
tageux de faire régir les
pas plus avanpreneurs
Hôpitaux par des Entrea
particuliers. Cette idée qui fur
nement adoptée, & même mife
ancienun homme dont nous
en pratique par
lumières, renferme
refpectons d'ailleurs les
deux erreurs
nous allons démontrer,
capitales que
fois les plus faux
têmes, que l'on a mis en queftion
fyffois aux Ifles du Vent, s'il n'était
plus d'une
tageux de faire régir les
pas plus avanpreneurs
Hôpitaux par des Entrea
particuliers. Cette idée qui fur
nement adoptée, & même mife
ancienun homme dont nous
en pratique par
lumières, renferme
refpectons d'ailleurs les
deux erreurs
nous allons démontrer,
capitales que --- Page 310 ---
312 NOUVELLES CONSIDINATIONS
D'abord,i1 eft de fait que dans les Hôpitaux
tenus par des Particuliers 2 les malades font à
plus haur prix que chez les Religieux de la Charité qui prennent à 5° fols par jour le fébrici=
tant qui paie 3 livres 8 fols au Port-au-Prince:
La même diférence éxifte entreles prix pour les
bleffés & vénériens. Le Roi paie à THôpital de
la Charité IO livres par - jour pour un Officier
demeurant au Cap ne les
malade; un Chirurgien
reçoit chez lui que fur le pié de 24 liv.parj jours
C'eft la même chofe au Fort Dauphin. Voilà
donc une raifon décifive qui feule eft fuffifante
profcrire ces entreprifes particulières. Il
pour eft une autre non moins forte & plus touen
chante.
?
Quels font ces Entrepreneurs particuliers
Des hommes venus aux Ifles pour y faire forde
d'un
tune. Ils ne fe chargent
l'adjudication
Hôpital que dans cette vue. Il faut donc qu'ils
cherchent à gagner le plus pofible fur tous les
objets de détail qu'entraine cet établiffement:
dans les dernières années de leur bail, tout eft
néceffairement négligé dans Pincertitude où ils
font fi l'entreprife leur reftera, & cependant la
vie des hommes eft facrifiée à l'épargne d'un
verre de vin s ou d'un confommé, En outre
ils n'ont & ne peuvent avoir que peu d'Offiçiers de fanté, peu, d'E.claves pour le fervice
des
de détail qu'entraine cet établiffement:
dans les dernières années de leur bail, tout eft
néceffairement négligé dans Pincertitude où ils
font fi l'entreprife leur reftera, & cependant la
vie des hommes eft facrifiée à l'épargne d'un
verre de vin s ou d'un confommé, En outre
ils n'ont & ne peuvent avoir que peu d'Offiçiers de fanté, peu, d'E.claves pour le fervice
des --- Page 311 ---
SUR SANT-DONiseUE
8es malades; ; au contraire, rien de
rit
peut manquer chez les
ce genre ne
au Cap, par éxemple; Religieux Hofpitaliers $
fanté, & cent
vingt-quatre Officiers dé
foins multipliés. cinquante Négres y affurent des
Ces pères ne viennent aux
par aucun motif d'intérêt. L'ordre de
Ifled
périeurs les yfait paffer ; leur zèle eft leurs Sumier devoir: : ils
leur pred
tut en - étant
remplifent la loi de leir inftis
jour & nuit prêts à fecourir
dont les maux réclament leur affiftance:
ceux
àParis dans une Ecole qui jouit de la
Formés
répuration; il fe trouve
plus grande
giens
parmi eux des Chirurs
infiris,expérimentésy des
dieux, On ne peut attendre
Chymiftes udans ceux qui font
une parité de talens
Ilréfulte donc payés par un Entreprerieur.
les foins moins que dans THopital particuliers
étendus, les fecours
caces font plus chers & plus
moins effichez les Religieux dela
ménagés 2 & que
tention y : viennent fecondér Charité,la fcience &cl'ata
marché.
lavantage du bon
Telle eft la juftice que nous fommes
d'avoir trouvé cetté occafion de
charmés
quatre Hôpitaux des Pèrés de
rendre aux
nous avons vu avec
Ia Chariré 2 : que
Colonies Françaifes. Nous quelqu'attention dans les
ée plaifir que Pon fent à avouons donc avec
par-tout ils nous ont
publier le bien 3 que
Parie I1;
paru mériter la reconnaif:
H
.
lavantage du bon
Telle eft la juftice que nous fommes
d'avoir trouvé cetté occafion de
charmés
quatre Hôpitaux des Pèrés de
rendre aux
nous avons vu avec
Ia Chariré 2 : que
Colonies Françaifes. Nous quelqu'attention dans les
ée plaifir que Pon fent à avouons donc avec
par-tout ils nous ont
publier le bien 3 que
Parie I1;
paru mériter la reconnaif:
H --- Page 312 ---
NOUVELLES CONSTDERATIONS
ii4
la manière dont ils
fance du Philantrope 2 par
:font tenus ; mais ceft fur - tout au Cap que
eft digne de'la devife, commune à tout
PHôpital POrdre, Dius charitas ef: jamais fur le' frontifde la Charité, nous n'à-
"pice * de ces Temples
douce émovons lu ces mots fans éprouver une
tion. Ah ! G la divinité n'avait été peinte aux
de crimortels que fous ce fublime attribut, que
4 mes épargnés aut monde!
deM.H. quine veut abfolument rien trouver
'bon, s'élève auffi contre les contributions municipales. Ildit page 206:
deftinés
6 Les droits curiaux font uniquement
les
des Prêtres ou Moines qui
>> à payer penfions
nom
les Eghifes de la Colonie:le
> deffervent
l'emploi 0 : c'eft
>> des droits, fuppliciés en indique
du
des Négres con-
- 9) le rembourfement
prix
tués en marronage.
: >> damnés au fupplice 2 ou
de cette
w On a encore affigné fur le" prodiit Comla folde des
: >> impofition, le paiement de
mais
de Maréchauffée & de Police ;
>> pagnies
plusde 5oo,0001.
9>
commelarecette quis'élèveà
il ya tousles ans un reliquat
> excède' Pemploi, refte dans la caiffe des Réce-
> confidérable qui
Confeils
fous Pinfpedion des
fupé3> veurs 2
réuniffent à tous les incon9 rieurs: Cesimpôts la capitation des Négres s
* véniens que préfenté
partie par les
% celui d'être diffipés en grande
> Recevéurs La
,0001.
9>
commelarecette quis'élèveà
il ya tousles ans un reliquat
> excède' Pemploi, refte dans la caiffe des Réce-
> confidérable qui
Confeils
fous Pinfpedion des
fupé3> veurs 2
réuniffent à tous les incon9 rieurs: Cesimpôts la capitation des Négres s
* véniens que préfenté
partie par les
% celui d'être diffipés en grande
> Recevéurs La --- Page 313 ---
SUR SAINT-DONTNGUE
Comme nous croyons
its
M. H.,
volontiers, du Livre de
tout ce qu'ilnous eft
fans trop choquer la raifon pofibled'encroire, ou
hous ne le contredirons
fur l'expérience $
pas
les j00,000 liv.
auxquelles il porte la recette des droits curiaux 6
fuppliciés, parce que nous n'avons pu
des connaiffances
acquérir
fi M. H.était
précifes fur cet article ; mais
auffi fobre que nous de foupçons
d'infidélité, il n'aurait pas inculpéfans
des Recéveurs
preuves $
qu'il avoue lui-même être fous
l'infpedtion des Confeils
le
fupérieurs, ce qui doit
tranquillifer fitr leur intégrité, s quelque
qu'il nous paraiffe à accufer la faibleffe
porté
Nous lifons
humaine.
page 207 :
K Air furplus, a les droits curiaux &
*doivent être abolis ; le rembourfement fuppliciés
9 des Négres facrifiés à la fireté
dui prix
> fe faire fur le produir de la publique 5 doit
9 rale ; & n'éxige aucune conuribationgénée
>
lière : àl'égard des
impofition particus
penfions des Prêtres
5) fervans les' Eglifes de la Colonie,
def9) inutiles, parce que le cafuel de
elles font
ces
s> déjà que trop confidérable;
Eglifes n'eft
tout
9 tre l'emploi ique les prétendus
dépofe cons font; ; ils ne devraient point fe Miffionnaires laiffer
en
9 à
conduire
Saint-Domingue, par des vues d'un
9 purement humain. Il faut
le
intérêt
s entretenu des
que
Prêtre foit
revenus de PAutel;c'eft un
proHij
cafuel de
elles font
ces
s> déjà que trop confidérable;
Eglifes n'eft
tout
9 tre l'emploi ique les prétendus
dépofe cons font; ; ils ne devraient point fe Miffionnaires laiffer
en
9 à
conduire
Saint-Domingue, par des vues d'un
9 purement humain. Il faut
le
intérêt
s entretenu des
que
Prêtre foit
revenus de PAutel;c'eft un
proHij --- Page 314 ---
116 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
fait loi ; mais il ne faut pas que de
> verbe qui
il
s'emparer
côtés, en même tems, puiffe
9> tous
fe livrer à des
>) des richeffes du Peuple, pour
bleffent les
>> excès de luxe & de plaifir 2 qui
moeurs & encore plus la Religion n.
K bonnes
des
a été fixé à un tarif qui
Le cafuel
Eglifes
ftriêtement
laiffe à peine au Prêtre de quoi fuivre
Saint-Dole proverbe ; nous avons parcouru
des
2 avouons - le 2
mingue avec
difpofitions
feront
taxer de partialité enqui ne nous
jamais
néanmoins
vers les Prêtres, mais nous fommes
de déclarer qu'ils ne méritent en aucune
obligés l'accufation dont M. H. veut les flémanière
l'article ci-deffus ; loin de prendre partrir par
mains, comme il leur reprotout 8 de toutes
tous befoin des reffources
che, ils ont prefque
fublfter avec
de la plus grande économie pour Iiles Franforte de décence : en fortant des
et une
on doit être furpris de trouverà
çaifes du Vent,
riche & des
Saint-Domingue un Troupeau
Pafteurs pauvres ; c'eft cependant ce que nous
vu, & certainement M.H.
y avons généralement ci-deffus auffi infidèle
le tableau
en traçant
leurs richeffes, a
pour leurs moeurs que pour
du
fait celui de ces Padres Efpagnols 2
plutôt & du Pérou, riches 2 orgueilleux, 2 liMéxique
à leur gré des tréfors & des
bertins, qui difpofent
& fuperfitieux,
femmes d'un Peuple ignorant
eft cependant ce que nous
vu, & certainement M.H.
y avons généralement ci-deffus auffi infidèle
le tableau
en traçant
leurs richeffes, a
pour leurs moeurs que pour
du
fait celui de ces Padres Efpagnols 2
plutôt & du Pérou, riches 2 orgueilleux, 2 liMéxique
à leur gré des tréfors & des
bertins, qui difpofent
& fuperfitieux,
femmes d'un Peuple ignorant --- Page 315 ---
SUR SAINT-Do MINGUE.
II7
P. 208, ( le droit de: deix pour cent fur les
> adjudications des biens-meubles &cimmeubles
> eft un impôt d'autant plus injufte
>
> prefque toujours fur des
9 qu'il porte
mineurs, des héritiers
> abfens, ou des Colons chargés de dettes, Cet
> impôt eft immenfe à caufe du
>> d'adjudications
grand nombre
qui fe font, & de la valeur des
9) biens adjugés ; ilfe vend chaque année
de
> quatre mille Négres. à la barre des Audiences plus
>> de la Colonie, plus de quinze cents chevaux
>> ou mulets, & pour plus de 8,000,000 de ter9 reins, emplacemens, maifons,
> nufaétures.
magafins ou maIl ferait auffi raifonnable de dire
l'on
doitjamais faire
que
ne
payer aucuns frais dans les
cès qu'ont des mineurs, des héritiers
prodes Colons
abfens, ou
chargés de dettes. Pour ce
M. H.dirdu montant dece droit,
que
nousnous difpenferons de le croire ; nous
fans
avoir eu un détail bien pofitif, favons,
en
qu'il n'eft point
immenfe, & qu'il ne fe vend pas, à la barre des
Andiences, pour 4,000,000 de terreins, emplacemens, &c. ni quatre mille Négres &
cents chevaux : au refte, duffions-nous admettre quinze
les quantités données par M. H.,quoiqu'il doive
nous être fort fufpedt en ce genre les
millions de terreins, les fix millions 2
huit.
le million de chevaux
de Négres,
ou mulets ne donneraient
Hiij
ne fe vend pas, à la barre des
Andiences, pour 4,000,000 de terreins, emplacemens, &c. ni quatre mille Négres &
cents chevaux : au refte, duffions-nous admettre quinze
les quantités données par M. H.,quoiqu'il doive
nous être fort fufpedt en ce genre les
millions de terreins, les fix millions 2
huit.
le million de chevaux
de Négres,
ou mulets ne donneraient
Hiij --- Page 316 ---
118 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
qu'une fomme de 300,000 livres en tout, pour
le produit du droit de deux pour cent s mal à
appellé impôt par M. H. C'eft un droit
propos feigneurial faifantpartie du domaine, comme nous
l'avons dit.
Page 209 * 4 en 1774, l'Intendant a effayé
au
de la Ferme générale des
9) d'impofer,
profit
* Poftes de Saint-Domingue,tne taxe de7f.6d.
lettre venant de la mer 9 fauf à
9 par chaque
les
9 faire payer les lettres doubles,
paquets
à proportion de leur poids : fon
9 expéditions
n'a point réuffi; mais elle pourrait
9 entreprife
de
filel Mi-
$ être renouvellée avec plus fuccès,
faifait
de réglement fur cette
9 niftère ne
point
> partie 17.
s'étaIl ferait à defirer que cette taxe pit
blir (1),comme elle left fans aucun inconvé-
(:) Nous avols appris avec plaifir s depuis notre
féjour en France , que M. Loliot, nouvel Adjudicataire des Poftes aux lettres de cette Colonie s s'était
de remédier à tous les vices
OC upé effentiellement
a été
qui infeftaient cet objet. Sa première opération
de fe charger vis- à-vis de la Poftede France, de toutes
les lettres pour Saint- Domingue 2 qui reftaient au rebut dans les Bureaux de la Pofte, faute d'affranchiffe-
& de leur rendre la circulation
ment jufqu'aux ports,
que
dont elles étaient privées. Il ne lui manque plus
d'affurer la diftribution des lettres de France, en fai-
les vices
OC upé effentiellement
a été
qui infeftaient cet objet. Sa première opération
de fe charger vis- à-vis de la Poftede France, de toutes
les lettres pour Saint- Domingue 2 qui reftaient au rebut dans les Bureaux de la Pofte, faute d'affranchiffe-
& de leur rendre la circulation
ment jufqu'aux ports,
que
dont elles étaient privées. Il ne lui manque plus
d'affurer la diftribution des lettres de France, en fai- --- Page 317 ---
SUR SAINT-DowyweNs
niens à la Martinique &. àla
119,
Guadeloupe;, on y
trouverait l'avantage que ces deux Colonies y,
ont cherché, celui d'affurer à chaque Particulier 2 la remife de fes lettres de France, fans
craindrelsnteresption dangéreufe jufque-là trop,
uitée, que ce feul moyen peut prévenir,
De cette manière,
P'afranchiffement, en mettant les lettres à la Pofte, dans les Villes
trales du
cenRoyaume, ne ferait plus une formalité
néceffaire pour s'en affurer la remife à PAmérique 2 formalité même fouvent infuffifante
parce qu'elle porte quelquefois des Commis à 9
négliger un, papier qui ayant fourni d'avance fa
fant affimiler leur fervice à leur arrivée dans la Colonie de Sain-Domingue à-celui qui fe pratique depuis
1766 à la Martinique & à la Gwadeloupe. Il n'eft fans
doute perfonne qui puiffe regretter un très-léger tarif, égal pour tous les paquets. s de quelque groffeur
qu'ils puiffent étre, & non. proportionné à leur
comme l'avançait fauffement M. H.,
poids, 5
pour, décréditer,
une opération defirable à tous égards, & d'autant plus
avantagenfe de la manière dont M. Loliot la
dans un Profpectus qui nous eft tombé entre les préfente, mains,
relatifà cet objet s qu'il y annonce vouloir confacrer
le produit de cette rétribution à doubler les Couriers
des parties du Nord, de l'Oueft, & du Sud, & rendre par ce moyen la correfpondance beaucoup plus
adive ; fouhait formé depuis long tems, & dont on ne
peut trop accueillir l'accomplifement,
Hiv
ant plus
avantagenfe de la manière dont M. Loliot la
dans un Profpectus qui nous eft tombé entre les préfente, mains,
relatifà cet objet s qu'il y annonce vouloir confacrer
le produit de cette rétribution à doubler les Couriers
des parties du Nord, de l'Oueft, & du Sud, & rendre par ce moyen la correfpondance beaucoup plus
adive ; fouhait formé depuis long tems, & dont on ne
peut trop accueillir l'accomplifement,
Hiv --- Page 318 ---
ly20 NOUVELLES
faxe leur deyient indifférent CONSIDIRATIONS
guelle objedtion fondée
3 nous ignorons
£et arrangement.
l'onpourrait faire contre
Page 210, 4 on ne fait pas : ce
P produire à la çaiffe de la
que * peuvent
P des, les
Colonie, les amen-:
a bâtardifes confifcations; & les
épaves 2 L aubaines 2 les
2 plus la Colonie fucceflions non réclamées i
# doit fournir s'aggrandit, plus cette branche
: on affure
> produit 800,000 francs qu'en 1770 .2 elle a
9 ajouteràl la maffe
$ cette fomme eft à
%
desimpôts, qui font en état de
fubvenir 2 comme on voit 2 à des
# coup plus grandes que celles dépenfes beau2 ment de cette Colonie
que le Gouvernes
M. H. oublie dans la peut éxiger *.
artice, qu'à la
première partie de cer
de
page 205 il avair fixé le
ces divers objets à
produit
monter içi à 800,000 200,000 livresgil le fait
çhoifir. Cette caiffe
livres 5 c'eft à nous de
raifon de
ne doit point augmenter en
ille
l'agrandiffement de la Colonie, comme
prétend, parçe que les facceffions
clamées qui en fontl'objetle
non-réviennent plus rares à mefure plus important, dedes Colonies ont plusde
que les habitans
Nous ne fommes
relations avec la France,
plus dans ces tems
d'obfcurité, de
sdignorances
connu à rout le confifion, où un Ouvrier inmonde, & ne connaifant
pere
er en
ille
l'agrandiffement de la Colonie, comme
prétend, parçe que les facceffions
clamées qui en fontl'objetle
non-réviennent plus rares à mefure plus important, dedes Colonies ont plusde
que les habitans
Nous ne fommes
relations avec la France,
plus dans ces tems
d'obfcurité, de
sdignorances
connu à rout le confifion, où un Ouvrier inmonde, & ne connaifant
pere --- Page 319 ---
SUR
fonne, ne
SAIN-Dounseur
fachant même pas
un riche
écrire 2 devenait
fucceffion Propriéraire, 2 & laiffair après lui une
travail, confidérable, due toute entière à
qui retournair au filc,
fon
rait lui-même s'il avait
parce qu'il
des héritiers ignod'hui, la Patrie, la naiffance
3 aujoure"
tentions de chacun
2 la famille, les
font connues
preavec une
pendant fa vie'
fois étonnante promptitude, une éxaétitude
; par
la quelqueparle M. H. ne
conféquent
caiffe dont
minuant, &
peut déformais aller qu'en dides curateurs par cette même raifon, les
loppe
aux, biens vacans que M. H. places
également dans le torrent de fes
envetions, aux pages 251 &
inculpades reffources abondantes fuivantes,ne font plus
puife abondamment,
& troubles, où l'on
Les trois mots
comme il le fait entendre.
un caraéère
que nous avons diftingués
italique à la fin de
par
nous ont paru auffi faux
T'article ci-deffus,
Au refte.
que ridiculement
2 nous avons déjà démontré
placés.
n'avait aucune idée des
que M. H.
miniftration de cette
dépenfes qu'éxige l'adànous répéter,
Coloniesnous n'aimons pas
quefois,
quoiqu'il nous y ait forcés quelNous trouvons à la
pous avons déjà mis page 211, 2 ces mots
précier,
nos Leéteurs à portée d'ap- que
sIl eft certain que la taxe
qu'ils > (les deux
déjà démontré
placés.
n'avait aucune idée des
que M. H.
miniftration de cette
dépenfes qu'éxige l'adànous répéter,
Coloniesnous n'aimons pas
quefois,
quoiqu'il nous y ait forcés quelNous trouvons à la
pous avons déjà mis page 211, 2 ces mots
précier,
nos Leéteurs à portée d'ap- que
sIl eft certain que la taxe
qu'ils > (les deux --- Page 320 ---
CONSIDÉRATIONS
122. No UVELLES
livres
faite de 36
parConfeils affemblés,)"ont
millier de fucre terré,de 18. livres par,
9, chaque de fucre brut, &cc. &c.,P produira beau9. millier.
ne. leur a fait croire, & l'on,
39 coup plus qu'on
évaluer. cette taxe à plus de 6,000,000,,
> peut
ni le cadaftre,nil la capitation,
>> fans, comprendre
à
domeftiques., qu'ils ont portée
> des; Négres
doit
de
> un taux exceffif; 8 comme on
efpérer
dans les revenus de la Colonies,
9 Paugmentation
9 il y en aura dans la recette de l'impôt: >.,
On, a vu par le tableau de limpôt que. nous
donné des deux dernières. années, ce,
avons
de l'évaluation à plus de;
que l'on doit penfer
deux der-.
6,000,000. Nous alions répondre aux
de l'article, du moins elles font
nières lignes
fenfées.
& PAffemblée le
Nous. ne. diffimulerons pas.,
l'impofition étant quinquenniale ; il,
favait, que
les deux ou trois der-.
n'était pas pofible que
bien au-delà des
nières années ne fourniffent
par an à TOaroi, puifque les den-,
5,000,000
dans une heurées de la Colonie augmentent
de quelques millions en quanreufe progreffion.
d'événemens imtités, chaque année, à moins
mois
prévus, tels que la féchereffe de quatorze
éprouvée la bande du Nord,ily a peu de,
qu'a
à cela que les dé-.
tems. Mais on peut répondre
chaque
penfes du Roi allant auffi en augmentant
aroi, puifque les den-,
5,000,000
dans une heurées de la Colonie augmentent
de quelques millions en quanreufe progreffion.
d'événemens imtités, chaque année, à moins
mois
prévus, tels que la féchereffe de quatorze
éprouvée la bande du Nord,ily a peu de,
qu'a
à cela que les dé-.
tems. Mais on peut répondre
chaque
penfes du Roi allant auffi en augmentant --- Page 321 ---
SUR
année, 2 les fommes
SAINT-DONINGUE
ploi.utile
excédentes trouvent un 123
s & même néceffaire fi
remgeons par la dernière année & , nous en jubien font confervées
la préfente ; ou
du. Roi, pour fubvenir prudemment dans la caiffe
malheureufe
au déficit qu'une année
fans les fecours peut y jetter tout-d-coup, &
à découvert des bonnes années, fe trouverait qui
dépenfes. C'eft pour les objets les plus effentiels des
1775 fe trouvèrent ainfi que les années 1774 &
de 1773. ilyavait
heureufes de Ce qu'àla fin
Les révolutions en caiffe environ 1200,0001,
fubites
font fujettes
auxquelles les Colonies
reftât
>: font qu'il ferait à defirer
excédent toujours des fonds dans la caiffe
qu'il
le courant des dépenfes
du Roi,
précaution eût, par éxemple,
: çette falutaire
follicité chez T'E/pagnol,
exempté l'emprunt
fur le départ des navires à auquel T'embargo mis
duifit les
Saint-Domingue, rénière. Adminifrateurs à la fin de l'année derEnfin, les états de Tadminifration
voyés chaque année à la
étant ende Paris, on ne doit
Chambre des Comptes
ment que M, H.
pas conclure auffi légéredépenfes eff diverti par page les 194, que le Jurplus des
méprifables qu'offenfans. duminfrataura. Mots plus
L'Affemblée n'aurait donc -
minuer limpôt les
pas eu raifon de dipremières années de fon éxer-
l'année derEnfin, les états de Tadminifration
voyés chaque année à la
étant ende Paris, on ne doit
Chambre des Comptes
ment que M, H.
pas conclure auffi légéredépenfes eff diverti par page les 194, que le Jurplus des
méprifables qu'offenfans. duminfrataura. Mots plus
L'Affemblée n'aurait donc -
minuer limpôt les
pas eu raifon de dipremières années de fon éxer- --- Page 322 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
d'un renflement fucceffif.
cice, fous prétexte
il eft
Au furplus, fi cela eft un inconvénient,
facile de P'éviter & d'affeoir limpôt de manière
foit
au-deffous des demandes du
qu'il ne
point
au-deffus. A cet effet,
Roi, ni jamais beaucoup
la
s'en fit tous les deux
il faudrait que répartition
France.
ans comme dans les Pays d'Etats, en
Moyennant cela, on porterait un coup d'oeil plus
affuré dans l'avenir 2 parce qu'il ferait plus racle
de charger
courci. On ne courrait plus rifque
en raifon de fa grande vad'une taxe très-forte,
denleur au moment de l'affiette de l'impôt, une
rée fujette à des viciffitudes imprévues 2 telles
le café les a éprouvées. Les
par éxemple 2 que
fedonnées d'après lefquelles on travaillerait,
moins
à devenir fauffes dans Tefraient
fujettes années. La fituation. de
pace preffenti de deux
la Colonie, fon afpedt politique, change prefdans la fucceffion de cinq ans i
qu'entiérement
même chanun Magiftrat a dit que fa population
geait dans ce court période. Il parait donc prudent de ne fixer l'éxercice de l'impôt que pour
années confécutives feulement, & de tradeux
les deux ans à fon affiette, fauf à
vailler tous
ne
n'y rien changer s'il n'eft arrivé, ou qu'on
aucune variation dansl'état des affaires
prévoie,
la
fans ceffe menaçante &z
de la Colonie ; guerre
qui les change du tour au tout, éxige peut-être
geait dans ce court période. Il parait donc prudent de ne fixer l'éxercice de l'impôt que pour
années confécutives feulement, & de tradeux
les deux ans à fon affiette, fauf à
vailler tous
ne
n'y rien changer s'il n'eft arrivé, ou qu'on
aucune variation dansl'état des affaires
prévoie,
la
fans ceffe menaçante &z
de la Colonie ; guerre
qui les change du tour au tout, éxige peut-être --- Page 323 ---
SUR SAINT-DONINGUR
abfolument que l'on adopte la rédudionquenous 125
propofons.
Au refte nous ne faifons qu'indiquer fommairement ce moyen de rendre F'opération
précife. C'eft en difcutant les inconvéniens plus
méthode actuelle des
de la
d'une
cinq ans 2 & l'avantage
répartition biennale qu'on pourrait fe
der entr'elles. Ce travail ferait
décipouvoir l'inférer ici; il
trop long pour
nous fuffir d'en avoir
propofé P'idée. Nous dirons
que la feule objeétion
cependant à Pappui,
qui nous air été faite contre,à Saint-Domingue, c'eft que le déplacement
qu'entrainaient ces fortes d'Affemblées étair difficile & coûteux, &
lait craindre
que par cette raifon, il falde les trop multiplier.
Nous avons à y répondre que le
va devenir inceffamment aifé &
déplacement
peu cherà SaintDomingue, 2 par létabliffement d'une Pofte
chevaux & en chaife. Projet d'une utilité aux
nue > qui s'éxécute aétuellement
reconbontés d'un Miniftre attentif à > graces aux
être
tout ce qui peut
avanrageux aux Colonies ; projet
auquel on n'a rien trouvé à redire fimplifié, 3
marché; heureufe
que le bon
fe fait
objeétion que l'Entrepreneur
gloire de ne pas détruire,
En continuant de lire
pages 2II & 212, nous
trouvons, ( la manière dont cette nouvelle
>> pofition a été faite, entraine
implufieurs abus 5
ontés d'un Miniftre attentif à > graces aux
être
tout ce qui peut
avanrageux aux Colonies ; projet
auquel on n'a rien trouvé à redire fimplifié, 3
marché; heureufe
que le bon
fe fait
objeétion que l'Entrepreneur
gloire de ne pas détruire,
En continuant de lire
pages 2II & 212, nous
trouvons, ( la manière dont cette nouvelle
>> pofition a été faite, entraine
implufieurs abus 5 --- Page 324 ---
CONSIDÉRATIONS
126 NOUVELLES
elle-même l'inégalité que lont
> elle préfente par
cultià la capitation des Négres
9> a reprochée
les
Tous'les terreins n'éxigent pas
> vateurs.
une
> mêmes avances 2 tous ne produifent pas
de denrées,ni de la même qua-
>> égale quantité
cent carreaux 'de terre
> lité: Celui qui emploie
: & fa=
32 & deux cents Négres pour recueillir
de fucre $ tandis
95 briquer' trois . centsmilliers
d'autres' font la même récolte avec des
>> que
carreaux d'étendue & cent
"W plantations de cent
il
un double droit; & fi, comme
> Négres, paie
fur le
affez ordinaire 2 les cannes prifes
* eft
fertile, rendent le plus beau fu
s terrein le plus
: &
ce fucre foit vendu
livres,
9 cre, que le fucre du terrein ingrat ne vau=
9> tandis que
livres, le droit fera terrible pour
9 dra que 36
c'eft donic
*le Cultivateur du mauvais terrein;
du tributle Colon fortuné, pour en
* décharger
a befoin d'encou-
* accabler le malheureux qui
9 ragement %o
& pris dans
Nous avons tourné 2 retourné,
A travers des énontous les fens ce paragraphe.
enfin
ciations entortillées, > nous nous fommes
doutés- de ce' que M. H. voulait dire; il n'a pas
mieux réuffi dans ce calcul hypothétique que danis
ceux de fait,
milliers de fucre
Celui qui fabrique trois cents
brut, quelque quantité de Négres qu'il y. ems
ux qui
9 ragement %o
& pris dans
Nous avons tourné 2 retourné,
A travers des énontous les fens ce paragraphe.
enfin
ciations entortillées, > nous nous fommes
doutés- de ce' que M. H. voulait dire; il n'a pas
mieux réuffi dans ce calcul hypothétique que danis
ceux de fait,
milliers de fucre
Celui qui fabrique trois cents
brut, quelque quantité de Négres qu'il y. ems --- Page 325 ---
ploie, quélle que foit la
trasegsriDourseur
12y
que foit cele de fes qualnéduremsin, quelle
ment toujours
produéions 2 paie
terres
55400 livres au
égalene font pas auffi
Domsine; fi fes
exploiter que quelques fertiles, auffi aifées à
chercher le
autres, il n'en doit
d'impôrs; dedommogenenrd dansune
pas
la
maisil l'a déjà obten
diminution
valeur du fonds qu'il n'aura fans doute, dans
cher que ces terreins
pas acheté auffi
tions fonti immenfes. précieux dont lés
due
Au refte,
producque M: H. croit voir dans l'injuftice
"troi fur la denrée
l'affiette de préten-
"vente de la denrée 2 arrive également dans r'Ocà dire à un
inférieure; ferait-il bien
la
vous êtes Marchand > mon chér
venu
brut
injufte de ne me
Monfieur,
que'3 301 livres, à moi
payer mon fucre
à le
qui mets plus de
quile fabriguer, plus de Négres à cultiver tems
produit,
la terre
à mon voifin tandisque vous le Payez
qui emploie
36liv:
"terres, &
moins de tems
inférieur deNégres,i il eft vrai
, de
2 mais prenez
que le mien eft
fez' mon voifin fortuné, garde que vous ehrichif.
tandis
malheureux, 9 & que j'ai
que je fuis un
ment 2
befoin
P
d'encourage:
T. Que M. H: sapplique 1a
Marchand au
réponfe que
& femblable. Cultivateur : le cas
feraitle
les
La même maffe de
eft précifement
mêmes droits'd de fortie, denrées doit payer
quoique fa fabricas
fez' mon voifin fortuné, garde que vous ehrichif.
tandis
malheureux, 9 & que j'ai
que je fuis un
ment 2
befoin
P
d'encourage:
T. Que M. H: sapplique 1a
Marchand au
réponfe que
& femblable. Cultivateur : le cas
feraitle
les
La même maffe de
eft précifement
mêmes droits'd de fortie, denrées doit payer
quoique fa fabricas --- Page 326 ---
i28 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
revienne à plus cher, parce que c'eft au Cultiva: &
teur à tabler dans les fonds qu'il met dehors,
fur les produits quit
les travaux qu'il emploie,
compte en tirer:
M. H. dit à la même page 212:
forme
d'impofition exitelecommercé
4 Cette
même du commerce
>> interlope : , aux dépens
qui en5 Métropolitain ; parce que le fraudeur
lève les denrées fans payet les droits 2 gagne
les droits font confidéra5 d'autant plus 5 que
denrées à moindre
5 bles ; il peut porter ces
les Arma9) taux au confommateur; , & prévenir de lEunationaux dans tousles marchés
9 teurs
ferait utile
9 rope. Le commerce étranger 5 qui
la France fi limpofition n'éxiftait pas ; parce
3> à
multiplier les débou5> qu'il ne fervirait qu'à
Colonies devient
9 chés des denrées de nos
;
nuifible auffi- tôt qu'elle eft admife, parce qu'it
entiéremènt l'impôt fur les Colons
3> fait tomber
mal adroits pour n'e:
5 trop fcrupuleux ou trop
national:
5) tre pas fidèles au commerce n'excite point autant au
L'impôt fur la denrée
interlope que M. H: le croit; parce
commerce c'eft le Capitaine qui le paie, & quil ne
que
d'une façon déretombe fur Thabitation que
tournée & bien moins fenfible que sille payait
Iui-même fur le prix qu'il recevrait de fa vente ;'
valeur eftimée de fon chargement; c'eft
ou la
alors
ux ou trop
national:
5) tre pas fidèles au commerce n'excite point autant au
L'impôt fur la denrée
interlope que M. H: le croit; parce
commerce c'eft le Capitaine qui le paie, & quil ne
que
d'une façon déretombe fur Thabitation que
tournée & bien moins fenfible que sille payait
Iui-même fur le prix qu'il recevrait de fa vente ;'
valeur eftimée de fon chargement; c'eft
ou la
alors --- Page 327 ---
alors
SCR3AINT.DasiNGsE
qu'en effet il ferait puiffamment
tenter la voie
follicité à
illicite; mais cette voie
eft furchargée d'embarras,
elle-même
fréquentée
& beaucoup moins
que M. H. ne fe
bitant ne livre prefque
l'eftimaginé, L'Hajamais fes denrées à l'Ea
trangér que pour le paiement de certains
qu'il en tire fecrettement ; & la maffe objets
exportation furtive
de cette
ne s'eft jamais élevée
haut, à beaucoup près;
auffi
que tous ceux
écrit ou travaillé fur
qui ont
tendu. L'Auteur de Saint-Domingue l'ont prés
"Hifoire
l'a
monter à un quartdes
Phitefphigue fait
par des
revenus, étant mal informé
mémoiresinéxads dans cet
intérêr particulier faifait enfler
objet,qu'lun
fournirent; ;
par ceux quileslui
pour nous 2 après les plus
recherches faites en paffant dans les foigneufes
entrepôrs étrangers,
plus fameux
après les relevés
nous nous y fommes procurés des fidèles que
des denrées Françaifes
importations
que jamais
2 nous pouvons affurer
Saint-Domingue n'a fourni
années les plus actives de ce
dans les
zième partie de fes revenus à commerce, la quin-
& Hollandais.
l'étranger, Anglais
Les circonftances de la
guerre du Nord de
PAmérique ont même rendu le
lope prefque
commerce inter.
nul, depuis les deux
nées qui viennent de s'écouler
dernières andes Anglais
: les armemens
pour la côte de Guinée font
Partic II,
deyeI
omingue n'a fourni
années les plus actives de ce
dans les
zième partie de fes revenus à commerce, la quin-
& Hollandais.
l'étranger, Anglais
Les circonftances de la
guerre du Nord de
PAmérique ont même rendu le
lope prefque
commerce inter.
nul, depuis les deux
nées qui viennent de s'écouler
dernières andes Anglais
: les armemens
pour la côte de Guinée font
Partic II,
deyeI --- Page 328 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
frauduleufe de leurs
nus me-rares.fintmodadions n'a
avoir lieu. Le
Noirs dans nos poffeffions
pu
Commerce Hollandais a été inquiété, 3 troublé
cés. diffentions : beaucoup de Caboteurs ont
par laiffé leur état qui ne leur offrait pas beaucoup
de bénéfices, pour en embraffer un plus hazardeux qui en a fait périr un grand nombre. De
forte que, féchée par tous ces contre-tems, , la
branche mourante du commerce interlope ne méaétuellement, un coup de coignée
rite pas même,
pour Pabattre.
n'ixifait pas, le
M. H. dit, que Rlimpoftion
interlope ferait utile à la France.
commerce
diftinêtement comNous n'appercevons pas
de l'impôt fur les denment la non-éxiftence
renverferait auffi-tôt tous les principes qui
rées
Il aurait été bien
font proferire ce commerce.
l'impôt
raifonnable de dire fimplement 2
plus les denrées rend le commerce interlope qui
fur
à la
les lui dérobe 2 d'autant plus préjudiciable
caiffe du Roi. M. H. veut abfolument être touau-delà ou en deçà du vrai. Il dit, P. 213,
jours
cet imK Enfin il eft dangéreux d'augmenter
il
renchériffant la denrée 2
> pôt, parce que 2
la qualité fupé-
> nous fait perdre l'avantage que
dondes
de nos Hles nous
9) rieure
produgions
affranchis de l'im9 nait fur les Colons étrangers:a
dont nous fommes grevés, ,ils vont deman9 pôt
çà du vrai. Il dit, P. 213,
jours
cet imK Enfin il eft dangéreux d'augmenter
il
renchériffant la denrée 2
> pôt, parce que 2
la qualité fupé-
> nous fait perdre l'avantage que
dondes
de nos Hles nous
9) rieure
produgions
affranchis de l'im9 nait fur les Colons étrangers:a
dont nous fommes grevés, ,ils vont deman9 pôt --- Page 329 ---
SUR SAI*T-Do MINGUE,
# der la préférence à tous les
$5 & vendant moins
Confommateurs $
3 inférieures leur
que nous 3 leurs denrées
procureront
# bénéfices,
cependant plus de
$ des nôtres que nous ne pourrons en attendre
de la meilleure
Il ferait certainement
qualité >.
dangéreux
Fimpôr ; nous fommes loin de rien d'auigmenter
fer de contraire à cette
dire ou penpas vrai que les
opinion, Mais il n'eft
impôts dont
Etrangers foient affranchis des
nous fommes grevés. Le fucre eft
impofé chez les Anglais autant
chez nous 3 par les régimes
au moins que
que Mle. Ils paient des
particuliers de cha4
capitations
par iêtes de Blancs ; &ont tous les éxorbitantes
rude de droits notveaux
ans une multiétabliffent fuivant
que leurs Affemblées
les befoins de
droits municipaux très-forts
l'endroit : ces
font fouvent
& tres-arbitraires s
accompagnés de demandes des Gous
verneurs, pour réparations ou
batteries, fortins &c.
conftruétions de
Négres Cultivateurs 2
: & c'eft alors que les
fidérables,
font foumis à des taxes conC'eft une efreur affez
les
générale de croire
Anglais ne paient point
que
ils en ont une foule
d'impôts chez eux ;
reux
que nous fommes affez
pour ne pas connaître. Nous
heuhons de ce paffage d'un de leurs nous fouveun /péculateur a trouvé
papiers publics:
que lor/qu'itboits une pinte de
I ij
: & c'eft alors que les
fidérables,
font foumis à des taxes conC'eft une efreur affez
les
générale de croire
Anglais ne paient point
que
ils en ont une foule
d'impôts chez eux ;
reux
que nous fommes affez
pour ne pas connaître. Nous
heuhons de ce paffage d'un de leurs nous fouveun /péculateur a trouvé
papiers publics:
que lor/qu'itboits une pinte de
I ij --- Page 330 ---
133 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
bierre, il. paie trente-huit impôts différens ; & fon
calcul eft jufte.
Une autre erreur de M. H., c'eft de croire que
les denrées des Anglais foientinférieures aux nôtres : nous. avons déjà dit que leurs fucres bruts
étaient plus beaux que les nôtres 2 excepté ceux
de la plaine du Cul-de-Sac jufqu'aux Vafes > qui
peuvent leur difputerla préférence.
M. H.
desba-
:
dit, page 5," quel'évaluation
de fucre à 1500 livres eft abfurde . . e
riques
Page 216, < qu'excepté dans la grande plaine
>> du Cul-de-Sac, par-tout ailleurs les bariques
9 font d'un moindre poids, &c. 8zc. 9,
Nous n'avons pu nous réfoudre à tranfcrire en
entier ce long paffage; c'eft un tiffu de fuppofitions direêtement contraires aux faits. Nous n'avu aucune barique de fucre dans la Coloyons
au moins quinze cents ; faur-ille
nie qui ne pèfe
dire même, il y en a plus de deux milliers que
de quinze cens livres.
C'eft un calcul qu'ont adopté beaucoup d'Habitans, croyant y trouver quelques quintaux de
fucre par chaque barique dérobés à Pimpofition:
& les Capitaines qui en retirent le petit bénéfice les follicitent à cette méthode de ne fe fervir que de groffes futailles. Nous allons, 2 puifM. H. nous a mis fur la voie, 2 leur faire
que
Pillufion & la perte pour eux, de
appercevoir
de quinze cens livres.
C'eft un calcul qu'ont adopté beaucoup d'Habitans, croyant y trouver quelques quintaux de
fucre par chaque barique dérobés à Pimpofition:
& les Capitaines qui en retirent le petit bénéfice les follicitent à cette méthode de ne fe fervir que de groffes futailles. Nous allons, 2 puifM. H. nous a mis fur la voie, 2 leur faire
que
Pillufion & la perte pour eux, de
appercevoir --- Page 331 ---
SUR
lavantage SANT-Dowmseur
qu'ils procurent aux
dépens,
Acheteursà leurs
On eft dans
dix pour
l'ufage de paffer au
cent de tare par
commerce
par
quintal de fucre
conféquent une barique de deux'
brut;
porte deux cens livres de
"milliers fupfuraille ne
tare :
pèfe au plus
cependant la
bitant eft donc lézé
que cent cinquante. L'hade
qui paffent en tare
cinquante livres de fucre
fi fes
3 ce qu'il
bariques ne pefaient
n'éprouverait pas
que la tare ne ferait
que quinze cens, parce
& le poids
que de cent cinquante
ordinaire d'une futaille
livres,
pour contenir quinze
affez grande
eft de
cens livres de fucre brut,
cent-quarante, ce
tare que dix livres de qui ne. lui fait de furQu'arrive-t-il
fucre feulement.
droit
de là ? Pour éviter
qu'il eût payé au Domaine
9 Jivres de
millier paflé en fus des
pour le demirique, il perd 20 à quinze cens dans la bademi-quintal de fucre 21 livres, prix aétuel d'un
donné pour tare,
brut qu'il fe trouve avoir
Nous dirons encore
luer toutes les
que cette méthode d'évatée par M. de bariques à quinze cens , invenque l'on s'était Montarché, ne remplit pas le but
point la fidélité propofé des
2 puifqu'elle n'affure
néanmoins auffi
déclarations, ce qui ferait
important que jufte
fraudesen cette partie
2 car la
comme dans toutes les
lij
aétuel d'un
donné pour tare,
brut qu'il fe trouve avoir
Nous dirons encore
luer toutes les
que cette méthode d'évatée par M. de bariques à quinze cens , invenque l'on s'était Montarché, ne remplit pas le but
point la fidélité propofé des
2 puifqu'elle n'affure
néanmoins auffi
déclarations, ce qui ferait
important que jufte
fraudesen cette partie
2 car la
comme dans toutes les
lij --- Page 332 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIORS
dépens de Thomme
aurres, ne fe commet qu'aux
au
honnête qui ne cherche point à fe dérober
droit qu'il a çonfenti de payer.
pourquoi il'on n'adopte pas pluNous ignorons des Mles du Vent, oii chaque
tôt la méthode
fur les faatures de
Capitaine eft obligé de payer
aux Bureaux. Moyenfes achats qu'il repréfente
ou du
nant cela il ne faurait y avoir d'erreurs ,
elles feraient extrêmement rares : car
moins
infidélité, il faudrait fuppour pratiquer une
admet le conpofer de fauffes fadtures, ce qui
de l'acheteur & du vendeur ; & quelque
cours
l'on puiffe avoir des hommauvaife opinion que
réunis pour des
mes 2 on ne doit les fuppofer
qu'autant qu'un intérêt affez confidérar
crimes,
Or., l'avantage de fouftraire à
ble les y porte.
milliers de fucre ne préfente
l'impôt quelques
admettre cette comrien d'affezimportant pour
plicité.
216 & 217 2
M. H. nous étale enfuite 2 pages
idée
doit encore à l'Auteur de IHiJune
qu'il
fur les denC'eft quel'impôt
zoire Philofophique: dans les Villes maritimes de
rées foit perçu
alors, dit celui-ci & répète celuti-là,
France ;
le chagrin d'avoit
les Chargeurs n'auraient jamais
rifques du naufrags.
payéjufaulaux raffembler les parties éparfes du
Nous allons
juger de la
plan de M. H., afin que l'on puiffe
encore à l'Auteur de IHiJune
qu'il
fur les denC'eft quel'impôt
zoire Philofophique: dans les Villes maritimes de
rées foit perçu
alors, dit celui-ci & répète celuti-là,
France ;
le chagrin d'avoit
les Chargeurs n'auraient jamais
rifques du naufrags.
payéjufaulaux raffembler les parties éparfes du
Nous allons
juger de la
plan de M. H., afin que l'on puiffe --- Page 333 ---
SUR SAINT-DOwINGUE
profondeur, &fur-tout de la jufteffe de fes 135
binaifons.
come II faudrait -
o que l'impôt fur les
> rées fûr perçu dans les Villes
dens France. Il eft
maritimes de
injufte de faire
9> Colonie, les droits de
payer dans la
marchandifes
>> vent périr au paffage de la
qui pey-
> dues pour les
mer, & être Per-
> res
Propriétaires -
0 les naviapporteraient en denrées le
>> droits
montant des
royaux; ; comme le prix de
* tion aurait augmenté la valeur de l'exporta-
> Fimpofition
ces denrées,
paraitrair moins
* pourrait la
forte., , & l'on
répartir de manière à exciter
> efforts & Pinduftrie dela
les
> feraient
Nation. Les moyens
faciles ; il fuffirait de déclarer
> de droits les denrées
franches
> trepofées
qui, après avoir été enen France, feraient
> les Nations étrangères
exportées chez
>> Français, & les droits par des Navigateurs
s de
d'entrées fur les objets
retour, feraient la
9 abandonné; de doubler compenfation du droit
9 fur les denrées
le montant de l'impôr
que les Etrangers
> ou exporteraient
acheteraient
5 prendre qu'un tribut par eux-mêmes, & de ne
> confommeraient
modique fur celles que
les différentes
> Royaume >,
Provinces du
II n'eft perfonne
eft
qui ne fente combien ce plan
incompatible dans fes parties &
pour en
liv --- Page 334 ---
136 NOUVELLES CONSID DÉRATIONS
faire voir tous les défauts 2 il fuffifait fans
doute 2 de l'expofer. Auffi ce ne font
point nos
Lecteursà qui nous en allons découvrir lesvices,
c'eft à M. H. lui-même que nous nous adreffons; c'eft pour lui, pour le détromper de fes
chimériques projets, que nous faifons les remarques fuivantes,
M. H. trouve un moyen admirable pour réduire à rien le produit de l'impôt. Il veut
que
nous portions nous-mêmes nos fucres chez les
Peuples du Nord, & que ces fucres foient déclarés francs de droits : il veut que l'on ne
prenne qu'un tribut modique fur ceux qui fe
confommeront dans Fintérieur du Royaume, &
qu'en revanche on double l'impôt fur les fucres
que les Etrangers acheteront eux-mêmes & exporteront. Mais ne fe fouviendra-til donc jamais
à une page de ce qu'il a écrit à l'autre? Il fe
plaint que fi nous impofons notre denrée à 4 liv.
par quintal, & que celle de T'Etranger ne le foit
pas en raifon, le confommateur ira chez notre
voifin, & pas chez nous : ce fera donc bien autre chofe fi nous doublons ce droit. Voilà le
confommateur entiérement hors de nos
& il faut que toutes nos denrées foient ports, 2
tées par nous-mêmes au dehors, ou confom- expormées dans l'intérieur du Royaume. Dans l'un
&zl l'autre cas, M, H, veut qu'elles foient franches
le foit
pas en raifon, le confommateur ira chez notre
voifin, & pas chez nous : ce fera donc bien autre chofe fi nous doublons ce droit. Voilà le
confommateur entiérement hors de nos
& il faut que toutes nos denrées foient ports, 2
tées par nous-mêmes au dehors, ou confom- expormées dans l'intérieur du Royaume. Dans l'un
&zl l'autre cas, M, H, veut qu'elles foient franches --- Page 335 ---
SUR
de droits : le
SANs-DONiNGUE
produit de
nul & fon affiette
Timpôt deviendra donc
illufoire.
Nous avons déjà dit que le
faire porter nos denrées
projet de nous
tranger, était une idée direêtement chez P'Ela
brillante 2 impoffible dans
pratique 2 parce que tous les Peuples
fommateurs ont une marine & des Loix con-:
bitives qui nous éloignent de leurs
prohice' ferait le funefte
côtes, & que
mateur
moyen de faire perdre à PArFrançais le produit & le bénéfice
cargaifons qu'il aurait
des
pour y être échangées envoyées en Amérique
raient
contre des objers qui feconfifqués en allant fe réalifer.
Mais fi l'on n'adoprait
PAuteur de PHfoire
que l'idée fimple de
avec netteré & d'une Piilsfipligue, qu'lexpofe
façon
page 203 du tome
fchuilinte, à la
Vail fe trouverait moins
d'inconvéniens & plus de
Ce projet n'eft
poffibilité,
caufe des dépenfes cependant guères admifible à
cet Oaroi, qu'il faur aflignées fur le produit de
font toutes inftantes faire fur les lieux, &
& néceffitées.
qui
vait s'enrichir des tributs
Si le fifc derait alors qu'il vaudrait de la Colonie , ce' fetributs en France ; mais mieux en effet lever ces'
Miniftère eft trop éclairé comme heuréufement le
pour fe perfuader
Sun-Domingue doive jamais offrir à
que
pole aucuns fecours
fa Métropécuniaires, , il paraitra tou- --- Page 336 ---
138 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
jours plus naturel & plus aifé de percevoir d'une
main dans le même endroit, ce que Pan doity
verfer de l'autre. D'ailleurs la crainte d'un emploi détourné des fonds de cet impôt, eft une
objection que fe fait P'Auteur de PHifoire Philofophique, & à laquelle il ne répond pas pofifait à la coutivement. Quant au reproche qu'il
tume aétuelle de lever l'impôt dans la Colonie s
c'ef faire payer le droit du naufrage > il reque
tombe également fur tous les impôts quife perçoivent fur les denrées; le Bourgeois de Paris ,
un droit d'entrée à la Porte de la Conen férence, payant fur la barique de vin qu'il veut mettre
dans fa cave, peut également dire au Commis s
qu'il lui fait payer jufqu'au droit de perdre une,
aigrir dans
barique de vin, parce qu'elle peut
attendant
la confomme. On eft
fa cave en
qu'il
fâché de voir dans un Ouvrage comme PHifloire
Philofophique & Politique du commerce des deux
Indess des raifonnemens de cette efpèce : ils furmoins dans les Confidirations de M. H.:
prennent foin
accoutumer fes Leêteurs.
Il a eu
d'y
Nous le laifferons faire bien tranquillement
croit néceffaires à la
fon état des dipenfes qu'il
Colonie, 2 & celui de la contribution projettée.
Nous n'avons rien à répondre au premier, &
le fecond nous n'en voulons remarquer
pour qu'une chofe, ce font les 6,000,000 qu'il porte
ce : ils furmoins dans les Confidirations de M. H.:
prennent foin
accoutumer fes Leêteurs.
Il a eu
d'y
Nous le laifferons faire bien tranquillement
croit néceffaires à la
fon état des dipenfes qu'il
Colonie, 2 & celui de la contribution projettée.
Nous n'avons rien à répondre au premier, &
le fecond nous n'en voulons remarquer
pour qu'une chofe, ce font les 6,000,000 qu'il porte --- Page 337 ---
SUR SAINT-DOMIRGUE
pour produit de POBroi à percevoir en France,
Il avait déjà oublié en portant une auffi forte
fomme, qu'il affranchit de tous droits au moins
les trois quarts des denrées par fon plan d'exportation, Ce fera donc l'autre quart qui
ces 6,000,000. Çela n'eft-il
produira
pas vraifemblable 3
lorfqu'on réfléchit que la totaliré de ces denrées
ne donne qu'un peu plus de 5,000,000 ? Nous
voudrions , pour punir M, H. de toutes les
nes qu'il pous a données pour concilier pei- cent
paflages de fon Livre, qu'il fût lui-même condamné toute fa vie à ce travail; les Commentateurs de P'Apocalyple n'ont jamais été aufli embarraffés qu'il le ferait.
M. H. rachète à nos yeux routes fes
toutes fes négligences
fautes,
2 prefque toutes fes erreurs par ce paffage qui termine la
K Ily a donç une fomme de plus de page 219.
P argent des Hles, que le Gouvernement 6,000,000
> rait employer 2 à Tavenir, la création pour- des
P forces maritimes del la Colonie fans
> rien à prendre fur le
qu'ily eût
produit des tributs
> rieurs de la
intéMétropole >,
Plufieurs Ecrivains & tons ceux qui connaiffent les ffles & ont voulu être de bonne-foi,
ont écrit & répété qu'il n'y avait que des efcadres qui puffent les défendre en tems de
S les protéger en tems de paix. Jamais les guerre
Co-
, la création pour- des
P forces maritimes del la Colonie fans
> rien à prendre fur le
qu'ily eût
produit des tributs
> rieurs de la
intéMétropole >,
Plufieurs Ecrivains & tons ceux qui connaiffent les ffles & ont voulu être de bonne-foi,
ont écrit & répété qu'il n'y avait que des efcadres qui puffent les défendre en tems de
S les protéger en tems de paix. Jamais les guerre
Co- --- Page 338 ---
140 NOUVELLES CORSIDIRATIONS
lons ne cultiveront
tranquillement, 2 jamais le
Miniftère lui-même ne pourra être fans inquiétude fur les Colonies, s qu'autant qu'elles auront
dans leurs ports, ou en croifière, 2 ce
le feul
boulevard,
fur lequel on puiffe compter. Les Anglais que l'on cite & que l'on veut imiter -
9 fouvent fi mal à propos , ont depuis long-tems
adopté ce fyftême. Deux efcadres font fans ceffe
en ftation à Antigues & à la
même
Jamaique, 2
pendant la paix. Aurons-nous toujours fous nos
yeux, à nos portes, cet éxemple menaçant 2 fans
ofer le fuivre pour ne le plus redouter ?
M. H. qui, dans fon Difcours de la
confacré
guerre 2 a
quelques pages à prouver Pinfuffifance
de la défenfe que lon attend des troupes de
terre, & la néceffité des vaiffeaux de guerre, va
ici plus loin, & préfente une idée heureufe qu'il
ferait à fouhaiter de voir inceffamment réalifée;
il propofe de faire entretenir par la Colonie
même cette efcadre proteétrice, fi defirée &
qui ferait permanente dans fes ports. Il offre 2
les moyens d'entretien ,il les trouve dans une
dépenfe économique intérieure, dans la fuppreffion de beaucoup d'objets aétuels de cette dépenfe, dont il met en tête les nombreufes cohortes qu'on y entretient aétuellement, les EtatsMajors, &cc.; réduifant le nombre des Troupes,
à une compagnie des Gardes de cinquante hom-
re proteétrice, fi defirée &
qui ferait permanente dans fes ports. Il offre 2
les moyens d'entretien ,il les trouve dans une
dépenfe économique intérieure, dans la fuppreffion de beaucoup d'objets aétuels de cette dépenfe, dont il met en tête les nombreufes cohortes qu'on y entretient aétuellement, les EtatsMajors, &cc.; réduifant le nombre des Troupes,
à une compagnie des Gardes de cinquante hom- --- Page 339 ---
mes, & 1eSae-Dewneeu deux
14E
réforme ne lui compagnies faittrouver d'Artillerie : laquelle
ployés à Fadminiftration que 2,000,000 d'emlonie, & laifferait,
intérieure de la Coil dit, mais bien non pas 6,000,000 comme
quatre à Pheureux
indique, à l'entretien d'une
emploi I qu'il
M. H.ag gliffé à la page
efcadre.
n'avons pas
18; une note que nous
vant de le faireici, remarquée en fon lieu, nous réfer-
( Des Politiques du
> eft à craindre
Palais-Royal difent
que les
qu'il
>
Anglais ne tournent vers
Suin-Domingue! leurs
> la
glaives émouffés contre
Il Noavelic-dogieterne, &c.
défaprouve ce
bat d'aucune raifon. fentiment, Il
mais ne le combable pour mériter eft cependant affez
expofer
une difcuffion.
proavec quelqu'étendue
Nous allons
penfer à ce fujet; on la
notre manière de
fondée que la dangéreufe trouverap peut. être mieux
oppofé (1).
affurance du fentiment
Les Anglais
leur puiffance 3 dans ces années brillantes oùr
étendue femblait
connaitre de
pouvoirne
bornes, 2 avaient
point
digne de leur ambition
formé un projet
complette de toutes les Ifles : c'était la poffeffion
à fucre.Seuls Maitres
eirconftances (r) Nota. Ici l'Aureur s'étoit livré à des détails
aétuelles ont fait réprimer.
que les --- Page 340 ---
NOUVELIES CONSIDÉRATIONS
denrée, ils fe propofaient de faire aved
de cette
PEurope 5 pour qui elle eft deellelaloi à toute néceffité. Ils ne devaient en
vente de première
dansleurs Marchés; c'eft
permettre la vente que
qui n'eût
maitrifant le Confommateur
Hà que
ils devaient
trouvé ailleurs ou fe pourvoir, 9
plus
à la fortie du fucre un droit confidérable
impofer
eût fervi à payer leur detre napar quintal , qui
tionale:
leur politique s'était
Tel était le plan que
& qu'elle
formé, qu'elle miriffait fecrettement,
les
était fur le point de faire éclore, lorfque fait évatroubles de la Nouvell-Angleterre ont
des idées auffi
nouir, fans doute pour jamais,
éblouiffantes.
des projets de conquête que la
Ce ne font plus
ou éxéfère Albion doit s'occuper à concevoir
Sesarmemens difpendieux, errans àl Pheure
cuter. fur les côtes de P'Amérique du Nord;
préfente
vouées à une indéfes Colonies nombreufes 9
qu'elles foutiennent avec opiniâtreté;
pendance de la France, confiée à un Miniftre refe
la Marine
léclat dont elle
taurateur qui fait déjà preffentir
réubriller; quel concours de circonftances
va
l'ambition & la gloire de cet Etat,
nies contre
forcée, n'a fait qu'accélérer la
dont Pélévation
chûite! ferait
fe tromper 2 que
Mais ce
groffièrement
Colonies nombreufes 9
qu'elles foutiennent avec opiniâtreté;
pendance de la France, confiée à un Miniftre refe
la Marine
léclat dont elle
taurateur qui fait déjà preffentir
réubriller; quel concours de circonftances
va
l'ambition & la gloire de cet Etat,
nies contre
forcée, n'a fait qu'accélérer la
dont Pélévation
chûite! ferait
fe tromper 2 que
Mais ce
groffièrement --- Page 341 ---
SUR
de confidérer SAINY-Doximeug
P'Angleterre comme
au niveau de Venife, de
déjà réduite
Cet
Gênes, 2 de la Hollande,
Empire eft encore à craindre;, même
jours rapides de fa décadence.
dansles
Au projer d'agrandiffement & de fplendeur dont je viens
rendre
de
compte, a fuccédé un plan de
diété par le défefpoir, que fes
vengeance
fait naitre au coeur de tout
revers préfens ont
d'Europe
ce quis'appelle Anglais
e
Que réfultet-il de tout ceci ? Que Saint-Domingue fur-tout ne faurait jamais être
que par la protedtion d'une efcadre tranquille
befoin en eft auffi grand
2 & que le
Si ce voeu de M. H., difons que preffant.
Domingue, & detout
mieux, de Sainttement éxaucé,
vrai Patriote, était prompquel
la profpérité de oblacles'oppofersit alorsà
cette brillante Colonie ?
efpoir refterait encore au coeur
Quel
rivaux? Leurs projets
envieux de nos
nies & les nôtres
audacieux fur leurs Coloconfondus
fe verraient en même tems
: dans l'amertume de leurs
tuels, ils ne fe flatteraient
revers acplus de fe
ger un jour fur nous de leurs
dédommavoie déformais fermée
pertes, & toute
ble
à leur invafive & coupapolitique, ils feraient obligés
fyftêmes moins ambitieux
d'adopter des
être même,
& plus juftes; peut.
abjurant pour jamais unefaipunique --- Page 342 ---
144 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
déformais inutile, ils deviendraient alliés fincères, & voifins pacifiques.
Nous n'altérerons point les louanges pures
que nous donnons à M. H., pour avoir propofé
un moyen fimple de lever les difficultés qui fe
font oppofées jufqu'à l'éxécution du projet le
plus efficace pour maintenir la fûreté de la Colonie, & c'eft par cette raifon que nous ne releverons pas les imputations qui fe trouvent aux
pages 220 & 221 : nous voulons décidément
terminer ce Chapitre, een applaudiffant M.H, d'avoir eu une idée grande, utile & poffible dans
l'éxécution.
DISCOURS
é
un moyen fimple de lever les difficultés qui fe
font oppofées jufqu'à l'éxécution du projet le
plus efficace pour maintenir la fûreté de la Colonie, & c'eft par cette raifon que nous ne releverons pas les imputations qui fe trouvent aux
pages 220 & 221 : nous voulons décidément
terminer ce Chapitre, een applaudiffant M.H, d'avoir eu une idée grande, utile & poffible dans
l'éxécution.
DISCOURS --- Page 343 ---
SUR SAINT-DONINGEE
DISCOURS
SECOND.
Dwjoin de la Jufice, des Gens de
Magpfrature
Loi, G de là
Souveraine,
Aris avoir lu
nous nous fommes décidés attentivement ce Difcours 5
à n'en
faire
lyfe;c'eft au Leéteur à fe
pas
l'anavain d'aigreur qui
prémunir contfe le ledroits,
perce dans beaucoup
lorfque M: H.parle des
d'enqui compofent celui de la
différens corps
nominations injurieufes Magiftrature. Les déqu'il 1 fe permet, font des > les foupçons générautx
tialité fecrette.
indices furs d'une
parC'eft un grand mal de
des fociétés
vouloirflétire des
entières : en tarant
corps,
en général, vous rifquez
une compagnie
bres honnêtes &
d'empécher les memtrouver
vertueux, 5 qui
par la fuite
de pourraient s'y
vant ce que leur di@teraient agrégés, fe conduire fuis
auraient apportés. C'eft
les principes qu'ilsy
géreufe tentative
une imprudente & danfortpuifanto
que de chercher à ôter le refs
tdel'honneur à ceux
pour ne fe conduire
qui femblentfaits
aux Peuples dont que d'aprèsfa voix,
les
Malheur
pas honorés de leur Magifirats ne fe croiraient
plus fa dignité, n'eft emploi ! celui qui ne fent
Partie I',
pas loin de trahir fon dem
K --- Page 344 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
pénétré de la fublimité de fes
voir : mais le Juge
de les avilir. La
fonaions, les abandonne avant
illuftrer fon
France a été affez heureufe pour
dans
fècle par une multitude d'éxemplesgénéreux
ce genre.
pas cependant que le vice
Nous ne prétendons cenfure même publique : au
foit à Pabri d'une
dans toute fa févécontraire, il faut qu'ill'effuie
fon éxemafin qu'ilfoit utile au moins par
rité,
confondons point avec luila vertu,
ple: mais ne
comme étendu
ne le faifons jamais regarder des hommes intélorfqu'il eft encore
par-tout, éclairés, car nous deffécherions peut-être
gres,
en lui ôtant l'efpoir d'être
le germe du bien,
connu & diftingué. donné la peine d'être plus
M. H. ne s'eft pas
dans fes
dans fes invedtives que
sproconféquent
ec les Confeillers
jets : il dit à la page 247, que 2 & bornés à une
de patrimoine,
>> n'ayant point
voyaient avec envie charécompenfe,
12 modique les Avocats ou Procureurs les plus
>> que pas que faifaient vers la fortune: de là,ce
92 employés, Confeil du Cap a fait pour les ho9> tarif que le
& Procureurs >.
8 falaires des Avocats
> noraires
l'on attribuât aux plus
Si M. H. voulait que
motifs
des Confeils les mêmes
fages réglemens
lui, il ne devait donc pas quelques pages
que
faire un tableau très-vif de la cupiauparavant 2
Procureurs les plus
>> que pas que faifaient vers la fortune: de là,ce
92 employés, Confeil du Cap a fait pour les ho9> tarif que le
& Procureurs >.
8 falaires des Avocats
> noraires
l'on attribuât aux plus
Si M. H. voulait que
motifs
des Confeils les mêmes
fages réglemens
lui, il ne devait donc pas quelques pages
que
faire un tableau très-vif de la cupiauparavant 2 --- Page 345 ---
SUR
dité des Avocats Sarke.Dowrwetr &
dire.qu'ils n'écrivent Procureurs; il ne devait pas
qu'ils font avides, que pour faire des rôles a
devait
ignorans,
pas écrire à la page
inappliqués; il ne
* Ona trompé les
239:
s dificulré qu'ils avaient débiteurs en abufant de la
# fuader de toujours
à payer > pour leur
s lais en
plaider & d'acheter des perprolongeant à
dés
9 d'injuftes procédures. quelque prix que cefits
* tout dans la
L'art a été pouffé, fura
9 tout auffi loin Jurifdiction du
$
qu'ils pût
ForeDauphiat,
Procureurs dont
aller: Là ; tous les
55 raient
PUnivers eft
ajouter à leur
afligé;
9 de nouvelles
expérience 5 & Pours
5 les infortunés, leçons dans la fcience de prendre
dont ils ont
ruiner
res; tout y eft devenu
enchainé les affai-
> qu'on y refpire eft infeété matière de procès; lair
la chicane ; on n'y
des éxhalaifons de
5 Ony a vu trente-deux peut vivre fans plaider
5) der le paiement
Infiances pour
(4).
9) de frais fur
d'une feule
demahe
une dette de créancei
1;
>
de deux mille rôles
IZ00 liv., un 13,200
Comment
& des débats à
compte
après une fatyre auffi T'avenant >
indique affez la néceffité du
fanglante qui
tarif fait parle Con-
(:) D'après ce portrait des
phin, 9 nous nous garderons Procureurs du
défenfe, de péur
bien de prendre Fort-Dau. ici
pour l'avoir fait fans qu'ils leur ne nous intentent un leur
permiffion.
proeès
K A --- Page 346 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
a-t-il pu dire fept ou huit pages plus
feil,M.H.
l'avait
c'étaitl l'envie des Confeillers qui
bas, que
donnant un motif auffi bas & auffi
didé?En lui
n'eft-ce pas s'afaux que celui qu'il lui prête s
n'aimant à
cenfeur injufte & prévenu ,
vouer
le mal, & prétant les plus
voir par-tout que
fauffes couleurs au bien même qu'il apperçoit?
A la fin de ce Difcours, fouillé par bien des
M. H. trace une grande & fublime cartaches,
énumérière aux Intendans:i il fait une longue
de leurs devoirs, & l'éloge d'un feul qu'il
ration
Sans vouloir rien dimiavoue les avoir remplis.
du bien qu'il en dit, nous ajouterons que
nuer
un autre que faf afageffe, fon
nous en connaiffons
adminifau travail, & fon intégre
application
recommandable à tous
tration rendent également les talens fous les traits
ceux qui favent découvrir
à travers la fimde la modeftie, & les apprécier
dont ils fe revêtent,
ple apparence
de
a 70
'un feul qu'il
ration
Sans vouloir rien dimiavoue les avoir remplis.
du bien qu'il en dit, nous ajouterons que
nuer
un autre que faf afageffe, fon
nous en connaiffons
adminifau travail, & fon intégre
application
recommandable à tous
tration rendent également les talens fous les traits
ceux qui favent découvrir
à travers la fimde la modeftie, & les apprécier
dont ils fe revêtent,
ple apparence
de
a 70 --- Page 347 ---
sUasares-Doxiscu
DISCOURS
TROISIEM E.
Dela Police gentrali,
O N tfouve de bonnès idées
M. H. s'élève avec raifon
dars ce Difcours.
faire les chemins
contre Fufage de faire
mes d'aurant
publics par corvée, Nous fomplus éloignés de lé
tout cè gu'il dit à ce fujet,
contredire dans
ravant luis nous avions
que deux ans aupament la même chofe; fait imprimer précifétermes.
& préfque dans les mêmes
Nous lifons, page 268 ; 4 un
9 abu's dans la Police
des plus grands
9 c'eft que des Efclaves générale de la Colonies
> des hommes librés
faflent en chef ce que
> pour leur compté peuveneifaire, &
qu'ils foient
> envers leur
5 à la charge d'un tribut
9 niers, Tailleurs, Maître, 2 Perruquiers 3 CordonS Efclaves
5 Marchands, &cc.;
, aient des Efclaves en
qu'eux, 3
> qu'ils achètent leur liberté à
propre 9 &c
9 abus eft bien plus
prix d'argent, Cet
9 refte de la Colonie grand au Cap, 2 que dans le
9 Efclaves des deux : on y compte cinq mille
> bliquemént
féxes, qui s'emploient
pour leur
à
pu-
> merces our métiers. compte différens comLes
9 certaine
Maitres > pour une
rétribution, leur accordent la
jouifKij --- Page 348 ---
g5o NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
8 fance d'une liberté indéfinie, qui dégénère.en
2 licence effrénée. L'abus eft atl point que de
# jolies Mulâtreffes ou Négreffes Efclaves, ont
8 des chambres & logement particuliers, oit elles
9 font métier de courtifannes 2 & fe livrent
22. impunément à toutes fortes d'excès,à condi- / 1
9 tion d'en partager le fruit avecleurs 2
Maitres Re
M. H. répète dans ces dernières lignes , ce
qu'il a déjà dit à la page 34 du premiér Difcours de fon fecond volume : nous répéterons
auffi que cette accufation eft auffi honteufepour
le délateur , que flétriflante pour le coupable;
çe font des infamies ténébreufes, & trop rares 9
fi elles éxiftent, pour être connues à moins de
recherches particulières, & de relations viles. 14
Pour les métiers éxercés dans les Villes par
les Efclaves, à condition qu'ils paient une certaine rétribution à leurs Maitres, il eft certain
cet article a befoin de lP'attention de la Poque lice, & qu'aucun Efclave ne doit être hors des
de fon Maitre. Mais cela n'empêche pas d
yeux
doive être très-permis de leur faire
qu'il ne
leurs
éxercer des métiers dans les Villes, & que
Maîtres, qui ne font pas faits pour entrer dans
le détail journalier de leurs pratiques 2 n'aient
raifon de les taxer à une certaine fomme par
mois, moyennant quoi c'eft à eux à travailler,
& fe conduire de manière à toujours avoir de
F'ouvrage,
fon Maitre. Mais cela n'empêche pas d
yeux
doive être très-permis de leur faire
qu'il ne
leurs
éxercer des métiers dans les Villes, & que
Maîtres, qui ne font pas faits pour entrer dans
le détail journalier de leurs pratiques 2 n'aient
raifon de les taxer à une certaine fomme par
mois, moyennant quoi c'eft à eux à travailler,
& fe conduire de manière à toujours avoir de
F'ouvrage, --- Page 349 ---
SUR SAINT-DoxiNour
D'ailleurs, ce n'eft
Efclaves éxercent
point un abus , que des
d'oeuvre
des métiers, puifquela
eft encore très-chère à
maingue, nonobftant leur fecours Saint-Dominde vouloir
que M, H. a tort
rifié
profcrire. Au refte 2 nous
avec foin cette phrafe ci-deffus: avonsvéOn compte au Cap cing mille
fixes qui s'emploient
Efelaves des deux
a
à difèrens
publiguemene pour leur compte
métiers ou commerces, A
en
nous trouvé
peine avonsquatre cens.
Tout ce que M. H. dit des Cavaliers de
réchauffée eft vrai, Les abus
Matent ne font
qu'ils fe permetqu'augmenter tous
avons été dernièrement
lesjours : nous
témoins d'un fait
prouve combien il eft néceffaire
qui
à leur avidité,
demettre ordre
Un habitant de la plaine étant
au Cap, 2. voulut y refter à
venu en chaife
ordre à fon
coucher, & donna
habitation. Poftillon de ramener fa chaife à fon
La Maréchauffée le
demanda fon billet, & fous
rencontra 2 lui
avait
&
prétexte qu'il n'en
pas 2
qu'il était Marron, le
la Géole, & mit chevaux
conduifit à
Le lendemain
& chaife en fourrière.
bitant
matin 2 il en coûita 50 liyres à l'hapour ravoir le tout.
Les efcouades de Police qui font
les fe permettent auffi
dans les Vildes véxations
ouit, & ne font pas leur devoir pendant la
le jour. Au
Kix --- Page 350 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
Cap, 152 les rues font infeétées par les eaux croupiffantes des ruiffeaux qui les coupent tranfverfalement , & malgré les tombereaux deftinés à
enlever les ordures, les Gens de la Police les
laiffent s'amonceler par - tout. La falubrité de
l'air objet très-effentiel dans une Ville auffi
dépend entiérement de la vigilance de
peuplée,
la Police, & nous ne pouvons comprendre comment on la laiffe fe comporter avec autant de négligence fur cet article. Il nous refte à dire fur
les
de la Marége point , que
appointemens
faichauffée & de la Police nous ont paru trop
bles pour qu'ils puiffent fubfifter 2 s'ils ne fe
permettent des manceuvres quel l'hohnêtéré profcrit. Si l'on veut bannir les abus d'un Etat quelconque, il faut premièrement qu'il-faffe vivre
celui qui l'éxerce.
M. H. répète à la page 278 , une imputation
& choquante, dont nous avons déjà fait
grave voir la fauffeté dans la première Partie de nos
Obfervations.Nous ajouterons feulementicique
les livres pour droit d'écrou, d'entrée & fortie de 3 chaque Négre, ont été accordées aux Géoliers peuteêtre avec trop de facilité , mais certainement fans aucune des vues bafles que M, H.
ofe fuppofer. Ce ne furent point les Adminifce droit ; mais les
trateurs qui propofèrent
Géoliers le demandèrent fondés fur celui que
la fauffeté dans la première Partie de nos
Obfervations.Nous ajouterons feulementicique
les livres pour droit d'écrou, d'entrée & fortie de 3 chaque Négre, ont été accordées aux Géoliers peuteêtre avec trop de facilité , mais certainement fans aucune des vues bafles que M, H.
ofe fuppofer. Ce ne furent point les Adminifce droit ; mais les
trateurs qui propofèrent
Géoliers le demandèrent fondés fur celui que --- Page 351 ---
SUR
leurs
SAINT-DONINGUE
compagnons de honte & de lucre 153
çoivent, en France, On doit
perfoit ôté.
defirer qu'il leur
Page 279.xil faut mettre les
s puiffance des
Prêtres fous la
> auffi reftraindre Magiftrats & delal loi; il faudrait
les donations
>> gu'ils fe font faire
& legs pieux
* ifolés >,
par des hommes faibles &
M. H. qui femble avoir cherché
Livre, de tous les abus
à grofir fon
mais poffibles, en cite non-feulement éxiftans s
depuis
un ici qui n'éxifte
long-tems, La manière de
plus
formule de Marculfe, eft
penfer fur la
à
aduellemient femblable
Saun-Doningue, à celle du
fuperfirieux
Philofophe le moins
direéte des d'Europe, A l'égard de fin/peaion
lemoins Magiftrats & de la loi furles
de fcandale public dans
Prêtres,
jours le meilleur. Le
ce genre efttoulIntendant fur les pouvoir du Général & de
plus
Eccléfiafliques eft
avantageux à
peut-être
qui marcherait lentement Saintc-Domingue que celui
d'une difcuffion
& avec tout l'appareil
publique.
Le portrait que l'on
fituation refpeéive des trouve, s page 282, de la
nous paraît
Citoyens de la Colonie,
loin d'en manqué en général : nous fommes
emporter l'idée
M,
ner.
que
H, veut en don- --- Page 352 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
DISCOURS QUATR IÈME.
Du paiement des Dettes.
M. H. fuit dans tout ce Chapitre l'idée déjà
établie par l'Auteur de PHifoire Philofophigue 2.
n'ont pas moins d'intérit que le
que les Commergans
Gouvernement à la perpétuité des dettes.
Il propofe le déguerpiffement au fujet des.
dettes contraôtées pour acquifition des maifons,.
à vivres 2 fours à chaux
emplacemens 2 jardins
& briques : il remarque qu'il ne fe peut pas
les grandes habitations,auff aipratiquer pour fouvent les améliorations font
fément,parce que
confidérables de la part de l'acquéreur qui préfère augmenter fon acquifition 2 & la mettre
dans tout fon rapport 2 plutôt que d'être
éxalt aux termes, qu'il a pris avec fon Venmet
s'il rentre fur fon,
deur, ce qui
celui-ci,
bien, dans le cas de s'en trouver tout à coup.
le débiteur, outre qu'il eft difficile qu'il puiffe
reftituer le premier comptant qu'il a reçu de
fon Vendeur en le mettant en poffeffion 2 &
Alors M. H. propofe la
dont il a d'abord difpofé.
faifie & bail à ferme.
Ce moyen eft ruineux pour les deux Parties
a pris avec fon Venmet
s'il rentre fur fon,
deur, ce qui
celui-ci,
bien, dans le cas de s'en trouver tout à coup.
le débiteur, outre qu'il eft difficile qu'il puiffe
reftituer le premier comptant qu'il a reçu de
fon Vendeur en le mettant en poffeffion 2 &
Alors M. H. propofe la
dont il a d'abord difpofé.
faifie & bail à ferme.
Ce moyen eft ruineux pour les deux Parties --- Page 353 ---
-
SUR
comme nous
SAINT-DoxINetR
l'avons déjà dit, &
périence l'a cent fois démontré comme l'excelui qu'il préfère. Nos
: c'eft cependant
métralement
idées à ce fujetfont diapas, il eft oppofées aux fiennes ; ce ne
vrai, 2 une raifon déciâve
ferait
ver gu'il s'eft trompé, fi nous
pour proufirmés dans notre manière
n'avions été condés perfonnesles
de penfer par celles
eu foin de confulter plus inftruites que nous avons
Il dit,
fur cette matière.
p. 304, K ily a dans
a glaifes une loi
les Colonies An9 ter ; quand très-fage, & que l'on peut imiwtures eft
un, Entrepreneur de grandes culabfolument
2. ne font en
endetté, & que fes biens
8 créanciers fon quelque forte que. ceux de fes
habitation
9 douze autres Colons,
eft eftimée par
# l'eftimation foit
& quoique le prix de
moindre
> tes, ils font
que la mafle des detobligés de
Que M. H. fe
rembourferle furplus >,
point le fage
détrompe. Les Anglais n'ont
tous
réglement qu'il rapporte. Ils
dérogé aux aétes qu'il cire,
ont
cent fois plus malheureux
Le débireur eft
que dans les
aux Iles Anglaifes
faifir fon
Françaifes. Ses créanciers qui font
faire
habitation, ne fe contentent
vendre à un encan
pas de la
peu de chofe ; ils
qui en réduit le prix à
heur de leur devoir, retiennent celui qui a le maldans une prifon
affreufe, où l'on fouffre la
mal-faine,
plus abominable con-
ont
cent fois plus malheureux
Le débireur eft
que dans les
aux Iles Anglaifes
faifir fon
Françaifes. Ses créanciers qui font
faire
habitation, ne fe contentent
vendre à un encan
pas de la
peu de chofe ; ils
qui en réduit le prix à
heur de leur devoir, retiennent celui qui a le maldans une prifon
affreufe, où l'on fouffre la
mal-faine,
plus abominable con- --- Page 354 ---
NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
1;6
fufion; c'eft-là que leur loi auffi expéditive que
févère, confine également un habitant malheuun Marchand trompé, un honnête Artifan
reux, mal payé. Ils fe voient tout à coup arrachés de
leur demeure, & jettés inhumainement dans un
fouterrein avec des Négres & des Scélérats i
d'effuyer leurs violences, expofés à leurs
obligés
s'en mettre à l'ainfultes, ou contraints 2 pour
bri, d'entrer avec eux dans des liaifons honteufes & infupporrables ; enfin $ de converfer, de
vivre familiérement avec le banquéroutier frauduleux, l'homicide fanglant > Pinfâme empoifonneur : bien plus, des femmes forcées à - :
Arrêtons-nous ici, & tironsle rideau fur lerefte,
refpedtons la pudeur dans nos écrits 4 lors même
qu'elle eft outragée par les faits
Tel eft le féjour horrible du plus honnête
homme du monde, s'il en eft le plus malheu-
&
fes biens n'aient pas fuffi à le lireux, que
Nous leur avonis mis fous les yeux, chea eux-
(:)
vivement tracé ; nous y avons
mèmes , ce tableau plus
malades, tomjoint celui de leurs Matelots & pauvres
fans
bant
lambeaux dans leurs rues > & périffant
fecours par la nuit au coin de leurs galeries, où ils fe trairendre l'ame : nos reproches les ont plus
nent pour touchés dans leurs Hles, Phumanité Anfurpris que
; le
elle ne s'abaiffe pas
glaife eft fans pitié pour pauvre,
au détail de fes mifères.
y avons
mèmes , ce tableau plus
malades, tomjoint celui de leurs Matelots & pauvres
fans
bant
lambeaux dans leurs rues > & périffant
fecours par la nuit au coin de leurs galeries, où ils fe trairendre l'ame : nos reproches les ont plus
nent pour touchés dans leurs Hles, Phumanité Anfurpris que
; le
elle ne s'abaiffe pas
glaife eft fans pitié pour pauvre,
au détail de fes mifères. --- Page 355 ---
SUR
quider. Il
SAINT-DOMINGUg
lui refte cependant deux
fortir. On follicite de tems
moyens d'en
blée, un Bill
en tems dansl'Affemdébiteurs
pour procurer lélargiffement aux
eft refufé, reconnus infolvables ; très-fouvent il
Alors ce miférable objer de
geance de fes créanciers
l'infléxible venqui le puniffent fur fa
perfonne, quand il ne lui refte
rien; cet Habitant
abfolument plus
folvabilité
qui ne doit peut-être fon inqu'à des perres de
ou
tiaux; ce Négociant
Négres
de befrevers multipliés
qui n'avait pu prévoir les
enfin ce débiteur qui l'ont tous accablé à la fois;
2 fans reffources
pour fe libérer des fers
2 eft obligé
chargé, de fe vouer à éternels dont il fe voit
coeurs Français
une humiliation dont des
à une formalité repouffent l'idée avec
à croire fi
barbare que nous aurions horreur,
confternés, nous n'en euffions été les témoins peine
Il faur donc
fuites à fes créanciers pour ôter tous droits de pourfans
en prifon après lui
pitié qui le retiennent
donc pour éteindre avoir rour arraché, il faut
durement
les titres dont ils
fi
contre lui, qu'il confente abufent
lui-même à
à être vendu
fur une barique. T'encan, expofé en public, monté
vous pas auffi que Anglais, la
Pourquoi n'ordonnezfoit.ornée. de
viétime que vous immolez
bandelettes? Ce ferait une reffem:
ifon après lui
pitié qui le retiennent
donc pour éteindre avoir rour arraché, il faut
durement
les titres dont ils
fi
contre lui, qu'il confente abufent
lui-même à
à être vendu
fur une barique. T'encan, expofé en public, monté
vous pas auffi que Anglais, la
Pourquoi n'ordonnezfoit.ornée. de
viétime que vous immolez
bandelettes? Ce ferait une reffem: --- Page 356 ---
158 NOUVELLES
blance de plus que ce CONSIDÉRATIONS vil facrifice
facrifices fanglans de
aurait avec les
même lequel eft le vOs pères:Nous ne favons:
ordonnés
plus odieux; ;les leurs étaient
pour la fureté
vues
publique & dans des
expiatoires;l le vôtre eft
moins barbare d'ôter la vie fitalintérétilen
Ce
que l'honneur.
trifte, ce douloureux moment
fois
eft quelques
très-prolongé; cette venté infâme
pas être le terme des maux de
peut ne
l'objet, & même lui
celui qui en eft
préparerun
fupplice, s'il tombe dans
nouveaugenre de
desmains ennemies
acquièrent fur lui un pouvoir
qui
le terme d'un an , après
indéfini pendant
monde', &
lequel il reffufcite au
rière fans être peut recommencer ane nouvelle cartenu des
dans le cours de l'autre, obligations contradtées
fubir cettehorreur
Celui que nous vîmes
fut porté à
que, nous dit-on, il avait des 3,00olivres, parcé
rifaient: fa femme
amis que le favol'achera;i ila
veau ; la fortune l'a fecondé, travaillé de nougénéreux
fes
& fe montrant auffi
que
créanciers furent
tous éxa@tement payés,
cruels,il les'a
difpenfât. Méritait-il
malgré que la loi l'en
donc tant
Les Ifles Anglaifes font
d'opprobres 15
fées parles loix de
maintenant boulevera
rigueur qu'elles ont
contrelesdébiteurs. Elles auraient dû adoptées
qui pouvait très-bien
fentir que ce
devaitleur devenir conveniràleur) Métropole,
nuilible, Par éxemple, lepous
tement payés,
cruels,il les'a
difpenfât. Méritait-il
malgré que la loi l'en
donc tant
Les Ifles Anglaifes font
d'opprobres 15
fées parles loix de
maintenant boulevera
rigueur qu'elles ont
contrelesdébiteurs. Elles auraient dû adoptées
qui pouvait très-bien
fentir que ce
devaitleur devenir conveniràleur) Métropole,
nuilible, Par éxemple, lepous --- Page 357 ---
SUR SAINT-Do MINGUE
voir trop étendu, le miniftère
de l'Oficier de Juftice
trop rigoureux
Marichal, n'aurait
qu'ils appellent Prévôtelles,
jamais dû être admis
non plus que la forme
chez -
tre nommé Bound and.
obligatoire du timenfes
Jugement. Ces créditsimque, s dans l'aveuglement
lement
général 2 le Pard'exciter d'Angleterre avait eu la fauffe
par un Bill, ont été pendant politique
fept années, les moyens brillans
cinq &
furprenante; ils font enfuite
d'une élévation
reté de la loi de
devenus par la dulible d'une chute contrainte, Pinftrument infail.
toutes les habitations précipitée, Ils ont fait mettre
prix, par le défaut à l'encan, & au plus vil
d'acquéreurs.
en Juin de l'année 1776,
Nous avons vu
même terre
vendre 32,000 livres la
qui avait été portée en
230,000 livres.
1772, à
Que cet éxemple nous inftruife, Il
quelegenredes Colonies
démontre
que des formes
éxige qu'on n'y admette
douces, & que l'on
d'y rien forcer.
prenne garde
C'eft auffi par cette raifon
Pon
adopter légèrement
que
ne doit pas
ces
rence féduifantes &
propofitions en appatelles que celles de la avantageufes aux habitans,
qui offre de fournir des Compagnie de la Guyane
Sud à Ijoo livres
Négres à la bande du
& à huir
partête, s à trois ans de
pour cent d'intérêt, à
terme,
3/1V
commencer du --- Page 358 ---
160 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
de la yente. Mais fi la claufe de ce marché
jour conditionn de rigueur quelconques difféeft une
aéuellement admifes à Saint-Dorente de celles
de
nous ne
nous empêcher
mingue, 2
pouvons
les habitans de regarder, - avant de contracprier
des Cultivateurs dans
ter s la fituation préfente Loin d'eux à jamais des
toutes les Ifles Anglaifes.
bonheur de
fecours perfides qui, pour faire le
entraîneraient la ruine du plus
quelques-uns 2
grand nombre
LIVRE
difféeft une
aéuellement admifes à Saint-Dorente de celles
de
nous ne
nous empêcher
mingue, 2
pouvons
les habitans de regarder, - avant de contracprier
des Cultivateurs dans
ter s la fituation préfente Loin d'eux à jamais des
toutes les Ifles Anglaifes.
bonheur de
fecours perfides qui, pour faire le
entraîneraient la ruine du plus
quelques-uns 2
grand nombre
LIVRE --- Page 359 ---
-
SUR
SAINT-DONINGUE 161
LIVRE
QUATRIÈME,
De la Ligiflation.
Lis
quatre Difcours qui forment
ne nous ont préfenté
ce Livre; ;
nouvelle. Nous
aucune erreur capitale &
ne connaiffons pas depuis affez
long-tems la Colonie
points de
2 pour juger de tous les
légiflation qui lui feraient
Nous avouons fincérement
propres.
notre
ce fujet;il n'y a point de honte à infuffifance à
Çe dont on n'a pas été à même ne pas favoir
de s'inftruire à
fond; ily a du moins de la difcrétion à
en parler d'une manière tranchante
ne pas
SiM.H.ac commis des
& décifive:
ce fujet
erréurs dans ceLivre & fur
important, 2 nous ne voulons pas les remplacer par les nôtres, & nousattendrons
plus intime connaiffance de
qu'une
nous ait mis à même
cette partie difficile
tout ce qui fait l'objet de d'apprécier avec juftefe
dernier.
ce Livre quatrième &
Cependant en.jettant un coup d'oeil fur les
réglemens que M. H. propofe à la
comme
page 323,
indifpenfables 2 nous en avons apperçu,
quelques-uns dont le travail
ait nous a mis à même de que nous ayons déjà
Partic II,
reconnaîtrele vice Olk
I, --- Page 360 ---
162 NOUVELLES CONSIDÉRATIONS
Pinutilité ; tels que le premier > le fecond : le
fixième le feptième & fur-tout le dixième qui
n'eft nullement 2
motivé 2 même dans l'Ouvrage
de M. H., malgré les traits Matyriques qu'il y
décoche, 8 qui le devient bien moins, lorfque
l'on connaît les membres aétuels des Confeils,
&
lon fait combien ils font au-deffus de ces
que
farcafmes fans fel & fans jufteffe.
Nous voici à la fin d'un travail entrepris par
l'amour feul de la vérité. Peu de tems après que
nous fîimes arrivés à Saint-Domingue; , le Livre
de M. H. y parut. Nous en vimes le titre avec
plaifir : nous crâmes que ce ferait un guide fir,
confulter à chaque pas, &
que nous pourrions
d'avance de ce qu'il
nous nous applaudifions
d'une Colonie
nous faciliterait la connaiffance
oùt le deffein de la voir nous conduifait. Mais
notre efpoir fut déçu ! Nous nous vimes,
que
inftant, obligés ou de renoncer, à croire
à chaque
nous-mêmes, ou d'ace que nous voyons par
auffi
vouer que M. H. n'était pas une lumière
nous l'avions penfé d'abord. Plus d'une
pure que
fois fon Livre nous tomba des mains d'étonneLes nombreument, & peut-être d'indignation.
fes notes que nous avions faites pour notre
nous donnèrent les
inftruéion particulière 2
fuivie' &
d'entreprendre une analyfe
moyens raifonnéel de l'Ouvrage qui nous eût cruelle-
par
auffi
vouer que M. H. n'était pas une lumière
nous l'avions penfé d'abord. Plus d'une
pure que
fois fon Livre nous tomba des mains d'étonneLes nombreument, & peut-être d'indignation.
fes notes que nous avions faites pour notre
nous donnèrent les
inftruéion particulière 2
fuivie' &
d'entreprendre une analyfe
moyens raifonnéel de l'Ouvrage qui nous eût cruelle- --- Page 361 ---
- -
-
SUR
ment
SANT-DONINGUR
trompé fi les circonftances
mis à même de
ne nousa avaient
était inutile de Tspprécier; nous fentimes qu'il
reétifier les idées de
raient avalé le poifon, fans
ceux qui aunous,recourir à
pouvoir, comme
vérification des
l'éxaéte
aMendetesctd-aiedrean
faits.
Nous avons cherché
rume d'une
2. en tempérant l'amerdansla fadeur critique injufte, à ne, pas tomber
de l'adulation : nous avons
connu, avec plaifir s que la vérité
refait pour juftifier la
fimple fufficulpés
plâpart de ceux qui font inpar M.H.; & nous n'avons
d'éloges ceux que l'on avait
point chargé
Nous elpérons
accablés d'injures.
que les perfonnes
vent juger de Saint-Domingue
qui.ne peuferont maintenant
que par relation,
tions plus
dans le cas d'avoir des nonettes de fes. richeffes,
lation > de fon
2 de fa poputence civile & gouvernement s de fon éxifpolitique ; elles ne
que tous les
foient
croiront plus
étatsy
vils s toutes les mains
corrompues, tout abufif & méprifable
croiront pas non plus,
; elles ne
mer, ni à
qu'il n'y ait rien à réforreprendre ; loin de
fée plus agréable, mais auffi nous, cette penNous aurons atteint
fauffe que l'autre,
conçoivent
notre but, fi nos Leéteurs
déformais de
d'un Paysimmenfe,
Saint-Domingue l'idée
tion d'une
riche, digne de toute l'attenpolitique éclairée, 2 peuplé de
gens
Lij --- Page 362 ---
564 Nouv: CONSID. SUR SAINT-DOMING:
inftruits, occupés, 2 aétifs , éloignés des grands
vices & de ceux qui décélent. la baffeffe d'âme; :
d'un pays neuf, fujet à des abus inévitables dans
le premier fiècle de fon éxiftence ; d'un pays
enfin, dont la population devient tous lesjours
trop nombreufe pour qu'on ne lui accorde pas
inceffamment le bienfait d'une légiflation fixe,
appropriée, & d'un Gouvernement municipal.
Fin de la feconde G dernière Partic.
FAUTES principales a corriger,
PREMI E R E P ARTIE,
P,ere,tps 17, ces, lifez fes.
Page I19, ligne 24, les Sucreries feront rebutées, lifet, les
Sucriers feront rebutés.
Page 140, ligne 23, calculons, lifet fuppofons que,
Page 163, ligne 5, à raifon,life en raifon.
-S ECO NDE P A R T I E.
Page 16, ligne pénultième, altère, lifet attère.
Page 128, ligne 25, fur Thabitation, lifez fur l'habitant.
Idem, , ligne dernière, ou la valeur, Lifer ou fur la valeur.
Page, 14I, dernière ligue de la Note, réprimer, lffupprimer,
Page 158, ligne 18, des amis que 7 lifer qui, --- Page 363 ---
RE --- Page 364 --- --- Page 365 ---
-
E 780
D 821n --- Page 366 --- --- Page 367 ---
- --- Page 368 ---