--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Azod
DATDEU
Pbm Pusbs Hiom --- Page 3 ---
--- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 ---
8 à
- - Ke
a
a 3
A -
3o - s
2 s -
S due -
-
at
- - 4
4 n - >
- Joe -
- 5P
- - T -
4f ae à
p --- Page 7 ---
RPJCE --- Page 8 ---
- ) L
(
&
M
A
:
€
-
curicux des pais ct de des son mecurs, stile i
Eerivain Il erne ses Ecrits dorgraces Hosmncdepw crreurs
Corrise CIL amusand; "Tiurisabhe ct T'utile
Eesail meler parbonts
ONHSAEE
HA
CMamhgy Sculp.
RASUTRID
pinetl --- Page 9 ---
NOUVEAU
VOY AGE
AUX
ISLES
DELAMERIQUE:
CONTE NA NT
L'HISTOIRE NATURELLE DE CES PAYS,
l'Origine, les Mceurs, la Religion &le Gouvernement des Habitans anciens & modernes.
LesGuerres & les Evenemens finguliersquiy font
arrivez pendant le féjour quel'Auteur y a faite
Par leR. P. L A B A T 9 de LOrdre
des Freres Précbeurs.
Nouvelle Edition angmentée confidérablement , &
enrichie de Figures en Tailles-douces."
TOM E PRE M IE R.
R
A PARIS, RUE S. JACQUES,
Chez GUILLAU NE,CAYRETER Peres
Libraire 2 au Lysd'or.
M, DCC XLIL
Avec Apprebation 6 Privitege dn Roy. --- Page 10 --- --- Page 11 ---
VTi eVE
PREKICEM BROWN.
De la premiere Edrtion.
Es Mémoires que je
donne au Public, nc foat
autre chofe que la Relation & le Journal du
voyage & du féjour que j'ai fait
aux Ifles de l'Amérique pendant
environ douze annécs. Les diffcrens emplois que Jy ai cus , ont
fecondé mon inclination nacurelle, & m'ont acquis une connoiffance très-étendue & très- particuliere de tous ces Pais. On le
verra par le détail dans lequel
a
tant des fuis entré 3
Arbres,
Plantes 2 des Fruits 3 des Animaux, que des Manufaétures qui
font établies & qu'ony pourroit
LAMES J'ai traité aflez amplement
des établiffemens des Colonics qui
dij --- Page 12 ---
iv
PREFACE
y font a préfent
des
gu'elles ont eu à foutenir Guerres
les Naturels du Pais &
contre
Erangers qui les ont contre les
de lorigine des
artaquées $
leur.
Sauvages
de
Religion &.de leurs
ies : & je me flatte
Coitucontent de la maniere qu'on fera
connoitre un Pais
dontje fais
perfonnes ont vû que bicn des
bien connu, &
2 que peu ont
core décrit
su'aticun n'a enque bien des. parfaicement gens fe foient 3 quoide Tentreprendre,
mélez
Je ne mc flare pourtant
de
n'avoir rien lailfe à
qui a écriront
dire pe ceux
roit de la témerité après moi, il y auJai parlé d'une infiniré S &, de comme
que ceux qui! m'ont
chofes
avoient ignorées 2 ou précedé 2
on
négligées, 3
fuivront peut 1e cipérer
ceux qui mc
m'aura ',
cc.
Preahit.cas
échapé :. &
qui
de donner ce qui
acheverone
écrc encore pour avoir manque unc peut,
con,
écriront
dire pe ceux
roit de la témerité après moi, il y auJai parlé d'une infiniré S &, de comme
que ceux qui! m'ont
chofes
avoient ignorées 2 ou précedé 2
on
négligées, 3
fuivront peut 1e cipérer
ceux qui mc
m'aura ',
cc.
Preahit.cas
échapé :. &
qui
de donner ce qui
acheverone
écrc encore pour avoir manque unc peut,
con, --- Page 13 ---
PREFAC E.
V
noiflance fire,, entierc, &
faite d'un Pais qui mérite ieane
coup micux qu'uine infinité d'autres , d'être bicn connu & décrit
avec exaétitude.
Mon Confrere le P. du Tertre,
a été le premicr de nos François
qui a fait connoitre les Ifles de
FAmérique. Son Ouvrage étoit'
admirable dans le temps qu'il l'a
écrit. Mais comme nos Colonies
étoicnt fi nouvelles, qu'ciles n'otoient pas enticrement formées,
ni les Pais qu'clles commençoient
d'habiter, connus & découverts >
il n'a, rempli la plus grande
tic de fcs quarre volumes drreg
imprimez à Paris cn 1658. que
des différens qu'il y. a eu entre
les Compagnies qui ont commencé les premters établiffe-.
mens, lcs Seigneurs proprictaires'
qui leur ont fuccedé, & les Officiers que le Roi 'a envoyez pour
gouverner les Ifles après les avoir
retirées des-mains des Scigncurs
a 11j --- Page 14 ---
vj
PREFAG E.
qui en étoient
exadtitude fir proprictaires. ce
Son
être plus
point ne peuc
quantiré de grande : il a ramaffé
à ceux qu'elles piéces auffi néceflaires
peu intereffantes regardoient, >
d'a préfent
aux TEasis
fiperficiellement > mais il a parlé fort
de la nature
des productions
aujourd'hui les > & de ce
fait
Il eft vrai
richeffes # Pais.
Sucre y étoit que la Fabrique du
auffi-bien que celle encore du ignorée >
on n'avoit point encore Roucou 1;
Cacao: lc
cultivé lc
&
Gengembre, le
IIndigo ne failoient Coton,
paroitre ; le Tabac étoir quc la d'y
marchandife à
feule
pliquoir. Auffi eft-ce laquellé celle on s'apL. du Tertre a décrite
que le
tement. Mais comic plus cxacbicn qu'il n'ait tout vû ils'en faut
me, il a écrit bien des par lui-mé
lc
daurni,
chofes fur.
PÉ aTAL celles-là,
& s'cft tromAc fieur Bict
2 Prêtre ? qui a
oitre ; le Tabac étoir quc la d'y
marchandife à
feule
pliquoir. Auffi eft-ce laquellé celle on s'apL. du Tertre a décrite
que le
tement. Mais comic plus cxacbicn qu'il n'ait tout vû ils'en faut
me, il a écrit bien des par lui-mé
lc
daurni,
chofes fur.
PÉ aTAL celles-là,
& s'cft tromAc fieur Bict
2 Prêtre ? qui a --- Page 15 ---
PREFAC E.
vij
pris la peine de nous donner PHif
toire de fon Voyage à Cayenne
fous le nom d'Hipoire de la France Eguinoxiale, in-4°. imprimé à
Paris en 1664. n'a point du tout
rempli Pidée qu'on pouvoit avoir
de fon Ouvrage par le titre qu'il
lui a donné. Il fait connoitre
qu'il n'avoit rien vû à Cayenne
encore moins à la Martinique où
il ne mit pas piedà terre, & qu'il
n'a employé le peu qu'il a dcmeuré malade à la Guadeloupe . 5
qu'à écouter les calomnies dont
certaines perfonnes étoient bien
aifes quil remplit POuvrage
affi de les faire
REE
méditoits
ter en France, 2 & qu'on y ajoûtât foi >
qu'elles venoient
d'un hanlate que fon caraétere
rendoit refpe@table.
Le Miniftre Rochefort >
n'a jamais vû les Iffes de
TAME
rique que par les yeux d'autrui,
n'a pas laifié d'en écrire PHiftoire in-48. imprimée en Hollande
âiv --- Page 16 ---
vilj
PREFACE
en 16 qui feroit aflez
table., puilqu'il a copié le fupporTertre ; mais il a
P.du
gâté fa narration
entiérement fes
tions tout-à-fai. par
defcripverité,
éloignées de la
> dans la vie de rendre les
chofes
cachet plusagréables, fon larcin.
& de emieux
Le Voyage de M. de la Barre
Licutenant Général des Iles
imprimé à Paris ix-12.cn
cft plutôt un F:étum
16...
de Clodoré
contre M.
Martinique > Gouverneur de la
exaôtc & fincere , qu'une de
Relation
pafle ; & fi J'étois CC qui s'y eft
prendre parti dans dhumeur à
querclles, j'ai entre les Çes mains vieilles
Norcs que M. de
des
fir le quarriéme Clodoréaécrires Tome du
Tertre
P. du
très-bien > par lefquelles il répond
M. de & la très-vivement Barre
à Ce
ae fa Relation. avoit avancé
Nous avons encore quanticé de
gens quipaffant par nos Iiles fans
pafle ; & fi J'étois CC qui s'y eft
prendre parti dans dhumeur à
querclles, j'ai entre les Çes mains vieilles
Norcs que M. de
des
fir le quarriéme Clodoréaécrires Tome du
Tertre
P. du
très-bien > par lefquelles il répond
M. de & la très-vivement Barre
à Ce
ae fa Relation. avoit avancé
Nous avons encore quanticé de
gens quipaffant par nos Iiles fans --- Page 17 ---
PREFAC E.
1X
prefque y mettre pied à terre 3
n'ont pas laiffé d'en donner des
defcriptions. D'autres ont été plus
loin: : ils les ont décrites fans les
avoir viés, & ont travaillé fur
des Mémoires fi vieux 5 - fi peu
exaôts 2 pour ne pas dire quel- fait
que chofe de pis 3 qu'ils ont
autant de' chûtes
de pas, 8C
débité autant de
qu'ils
Betered
ont écrit delignes. C'elt ce qu'on
remarque dans tous CCS Ecrivains
qui voyagent fans fortir de leurs
maifons > ou
veulent nous
faire connoître fond un Pays dc
dont à peine ils ont apperçi
loin quelque petite. partic.
Le ficur Durret
vient de
un
Marfeille
T
publier
Voyage à Paris chez
à Lima 2 imprimé
Coignard cn 1720, in-I2. fe rCconnoîtra aifément dans 4 CC tableau. Comme il cft trop connu
hazarder de dire qu'il a fait
pour le voyage en
7 il fe Cachc fous C le nom perfonne, du nommé Baàv --- Page 18 ---
X
PRFFACE
chelier > Chirurgien de
Breffe, > qu'i fuppofeavoir Bourg fait Cn
voyage en 1707. dans le
ce
feau le S:
Vaif
feille,
Jean-Baprife de Marblet, & commandé à
il
par le Sr Doubligation Ar fond veut qu'on ait tlonc fe réfervant de la Relation,
gloire d'en avoir adouci pour lui que la
ftile, &
avoir
& poli le
Préface tes qui
ajoûcé des. Nodnl Voinla
Maar
fairc
ge de comme un
tout regarder
Mar- veau, fans Ouvrage
noufeille à tes & les pourtant que les NoLima , faits,
changements
a
>
t.9.
regardent les faits qu'il y
tez Par PAuteur
rapporferoit un fcrupule > de parce qu'il fe
fond de fa Relation. toucher au
Il auroit été à fouhaiter
lui ou Bachclier cuffent
fcrupule de
eu
nl Voinla
Maar
fairc
ge de comme un
tout regarder
Mar- veau, fans Ouvrage
noufeille à tes & les pourtant que les NoLima , faits,
changements
a
>
t.9.
regardent les faits qu'il y
tez Par PAuteur
rapporferoit un fcrupule > de parce qu'il fe
fond de fa Relation. toucher au
Il auroit été à fouhaiter
lui ou Bachclier cuffent
fcrupule de
eu du P.Fetillée, ne pas toucher à cclle
Minime,
fte & Aftronome
> Botaninous a donné le celébre , qui
fait de Marfeille voyage qu'if a
le même Vaiffeau au" Perou dans
& la même an- --- Page 19 ---
PREFAC E.
xj
fainée, ou s'il ne pouvoit point
re autrement 2 S le copier fidélement, & il ne feroit pas tombé
dans une infinité de béviés &
de contradidtions qu'on trouve à
chaque ligne. Il devoit ne quitter jamais un fi bon guide, > & fe
contenter, de nous donner en abrele Voyage de CC Perc, dépotilE de fes Obfervations Aftronodont bien des gens ne
miques font
2 capables ' fans le gâter 3
comme pas il a fait,
qu'il y a
mis du fien.
précendu
TARES
a trop de bonne foi, & fcroit trop
aifement convaincu de menfonsiloloit avancer qu'il a pé-p Préfasa
ge, netré 7 dans le Mexique. Son voya-pas. 10,
s'eft terminé à Lima, & ceft
ge de Lima qu'il eft parti & qu'il
eft revenu en France à droiture,
fans avoir touché aux Ifles de PAmérique, & encore moins à Ma-Desit deme Par.
dont il nc laiffe pas
dagafcar,
affez
de-H, 7
nous donner une
longue
158.
à M. de Fla.
fcription ( graccs
v) --- Page 20 ---
xij
PRFFACE
court, qu'il ne citc
à fon
qui vient
Ouvrage auffi A
que ce qu'il nous dit de propos
fition & de l'Aête de Foi FInquiTribunal fit faire à Madrid que ce
la réjotiffance du
pour
Deuxié- Charles II. avec
Mariage de
me w-d'Orlcans. Mais M. Mademoifelle
P.27. tie, loit éctire & faire Durret vou
me, & il falloit un gros Volulc farcit de tout pour cela qu'il
dans Hertera
ce qu'il avoit lû
dans la
2 dans Acofta D
de las Cafas, Vega, Dom Barthelemi
Thomas
Mariana, Sandoval,
Gage, Samfon, du
Robbe > le Maire,
Val, >
Préface Antoine dc Solis, > fans oublicr
pi1z. éteur
> & for Tradua5
; CC qui felon lor
che pas qu'on ne trouve dans n'empé fon
Ouvrage dcs chofes nouvelles
qu'on ne trouve point dans les
autres : & en cela il a raifon, car
on ne trouvera. dans aucun > Auteur dc bon fens
ceux
> comme font
qu'il a citez, ni dans
a qu'il n'a gardc de citer : ceux Que
Val, >
Préface Antoine dc Solis, > fans oublicr
pi1z. éteur
> & for Tradua5
; CC qui felon lor
che pas qu'on ne trouve dans n'empé fon
Ouvrage dcs chofes nouvelles
qu'on ne trouve point dans les
autres : & en cela il a raifon, car
on ne trouvera. dans aucun > Auteur dc bon fens
ceux
> comme font
qu'il a citez, ni dans
a qu'il n'a gardc de citer : ceux Que --- Page 21 ---
PREFAC E.
xii)
les Cocos pendent aux Arbres cc P. 52;
comme de Srolles Perles, 2 dont Ce
la coque qui n'a pas plus d'un ce
pouce dépailfeur 3 ne laifle pas ce
de fournir de quoi raflalier es
deux perfonnes : Que lès Cale- ct
bafles de Darien font peintes & ce
fort eftimées des Efpagnols : 6 P. S3
Que'les Indiens ont une racine 6s
appellée Cafava 4, qui reffem-*
ble aflez à des Panais ; mais 4s.
qu'il y en a de deux efpéces ed
une douce,& l'autre
cmas:
fes qu'ils ratiffent la douce & la es.
mangent de même que les Pata- es
tes 5 & qu'à Tégard de la veni- 66
meufe , ils la preffent ; & après $$
en avoir fait fortir le jus qui ee.
eft fort dangereux 2 is rapent €s P.58:
une partie de ce qui refte 7 & cs 59.
la - réduifent en poudre ; ils CG
font une pâte de Fautre, qu'ils 49
étcndent fur une pierre fous la- GG
quelle il 2 du fcu; 51 ils jettent 66
enfuite a cette poudre fur la es
venant à s'échauf- e
picrte 2 qui --- Page 22 ---
xiv
5>
TREFACE
fer, cuit la pâte
>) & brune : ils la qui eft ferme
>> te fur les maifons pendent & fur
enfui.
>>
la faire fécher. les hayes
>> Eeer
On s'en
communément au
>> pain à la
lieu de
>> autres Ifles Jamaique & dans les
alfturément Occidentales Voilà
te nouvelle une du defcription toumanicre de faire Manioc la
& de la
ce n'eft encorc rien. Caffave. Mais
a bicn d'autres
M. Durret
à nous dire
chofes nouvelles
quand on eft 5
exemple , que
Ifles
aux
Eaee
Deuxié de lIle qui font tout auprès du petites
meParde
Pore
tia, les cinq degrez Cayenne de
eft
2.118. tentrionale à
>
LTAE
ail, 2 au lieu on eft alors au
tous
E
phes & mouls
les Géogras'en éroient
Pilotcs du monde
éloignez dc toujours crus alors
licti-s vers le près de deux cens
quatre cens Nord, & dc plus de
lc de Saint cinquante de la Vil
lcs
Salvador,
eft
treize & demi de. - Latitude qui
par
Mé,
les cinq degrez Cayenne de
eft
2.118. tentrionale à
>
LTAE
ail, 2 au lieu on eft alors au
tous
E
phes & mouls
les Géogras'en éroient
Pilotcs du monde
éloignez dc toujours crus alors
licti-s vers le près de deux cens
quatre cens Nord, & dc plus de
lc de Saint cinquante de la Vil
lcs
Salvador,
eft
treize & demi de. - Latitude qui
par
Mé, --- Page 23 ---
PR FFACE.
XV
ridionale. C'eft pourtant ce voilinage
oblige notre Relateur
d'y ater un tour. Il eft vrai
le fait bien
vite
le
3e
plus
que
rier le plus preffe, & que quoiqu'il y féjourne quelque temps 1e >
ii n'employe néanmoins que fix
jours dans tout Ce voyage 2 c'eftà-dire, que depuis le 25. Février PTIN
qu'ils partirent des Ifles dc Cayenne jufqu'au 3. Mars qu'ils Y revinrent mouiller, il eut le plaifir deP. 137voir la Ville de Saint Salvador
& fes environs > d'en examiner
les Fortifications-, les Places, les
les Eglifes & les CouManatg vents,
faire inventaire de leurs
meubles, de fupputer les fommes
qu'on a dépenfecs pour les bâtir >
de s'informer des Moeurs & des
Coûtumes des Habitans, de leurs
Richefles, 2 de leur Commerce 5
de leur Gouvernement 2 de leur
Police, de leur manicrede faire - la
Cuifine , du prix des denrées 3
jufqu'à celui des Oignons 2 de --- Page 24 ---
xvj
PREFACEA
connoitre les
les Fruits
Plantes, lcs
> les
Arbres,
ples, les
Animaux, > les Simrels du Pais, Manuticdures, 2 & bien
les Natufes qui dans un
d'autres choroient un
autre demandeinformer. Mais temps infini pour s'en
t-on que
peut-étre croiravaincre le J'exagere Leéteur : il faur conté, &
de ma fincerilui faire d'ailleurs il eft à propos de
la netteté remarquer & le
lardelicatefle
criptions de M. tour aifé des defcela & en diligence Durrer > car en
ges,on peut dire pour les voyaqu'il eft
parable : je ne connois incomGemelli Cureri
quc le Sr
On en jugera
qui en approche.
P.119. ,: On voir par ces cehancillons.
>2 ret > un autre cncore, fruic dit M,Dur-
>> Margeviafo > & il
nommé -
3) grande abondance. y en a une
3> comme une poire de II cft gros
>> tici, > & plein d'une Bon-cré2> morticr & de pepins. cfpéce de
3> tugaisle
Les Pormangent avec délice
quc le Sr
On en jugera
qui en approche.
P.119. ,: On voir par ces cehancillons.
>2 ret > un autre cncore, fruic dit M,Dur-
>> Margeviafo > & il
nommé -
3) grande abondance. y en a une
3> comme une poire de II cft gros
>> tici, > & plein d'une Bon-cré2> morticr & de pepins. cfpéce de
3> tugaisle
Les Pormangent avec délice --- Page 25 ---
PR EFAC E.
xvij
mais les François le trouvent Cc
trop amer. GC
Nous y mangions des noix de cP, 110:
Cocos > & nous en bivions le CG
lait avec plaifir. Mais un jour <6
quelques-uns de nos gens ayant CE
envic dc fe réjotiir y abattirent Cc
une grande quancitéde Ces Ar-e
bres, ils en cuéillirent le fiuir, Cc
& en tirerent plus dc quatrc- C6
vingt pintes de lait. Enfuite Cc
s'étant aflis fur la terre, ils bu- cc
rent unc fi grande quantité de (E
cette liqueur 1 > qu'ils en furent CC
fort incommodez : ce n'eft pas c6
qu'clle cnyvre, car bien loin dc CC
leur monter a la tête & dc les cE
échauffer 9 elle leur glaça & CC
leur engourdit fi fort lcs nerfs,
CC
qu'ils ne pouvoient marcher 3
ni même fetenir debout. Il fal- CC
lut que ceux qui n'avoient pas (C
été de la fête, lcs portaffent à cc:
bord 7, où cet engourdifc- cL
ment leur dura quatre 0:1 6
cinq jours 2 fans pouvoir agir <S --- Page 26 ---
xviij PKEFACE
2> en aucune maniere.
He Voyage Vua- Qu'on fe garde bien de révoa
fer, quer ce fait en doute; car la
2.286. me chofe eft arrivéc à
mé.
Avanturiers
un de nos
font
dont les
imprimez bien des Voyaes années
avant celui de Marfeille à Lima
&ce qui prouve la verité de l'a- :
vanture 3 c'eft qu'ils font
tez tous deux dune
rapporuniforme
maniere fi
virgule dans 3 qu'il n'y a pas une
Fautre.
lun plus que dans
>> On voit dans lc
5 tité d'Animaux
Brefil quan33 des Ents. Ils font qu'on de la y nomme
32 d'un Afne &
hauteur
3) chair
ic 2
ont autant de
que
33 Il y a encore plus gros Baeuf.
P. I21. s chons
quantité de Coprivez &
3> il y a une fi
fauvages. Enfin
>5
Beftiaux
grande quancité de
3> revient s que la viande n'y
qu'à un fol la
2 ont des Rats
livre. Ils
32 que lon
que à l'on rôtit 2 &
3 cc : ils font mange la fauce douroux comme des
) chair
ic 2
ont autant de
que
33 Il y a encore plus gros Baeuf.
P. I21. s chons
quantité de Coprivez &
3> il y a une fi
fauvages. Enfin
>5
Beftiaux
grande quancité de
3> revient s que la viande n'y
qu'à un fol la
2 ont des Rats
livre. Ils
32 que lon
que à l'on rôtit 2 &
3 cc : ils font mange la fauce douroux comme des --- Page 27 ---
PREFACE
xix
Ecureuils , & ont le golt de a
Lapin. ce,
Il y a quelques mines d'Or,"P P.15.
beaucoup plus d'Argent > due
Safran, 'de la Lacques ) du Tabac, de l'Ambre gris, quelques <c
mines de Jafpe & de Criftal c6
blanc & rougcârre 3 avec une ce
très-grande quantité de fucre : ce
les machines avec lefquelles on es
le prépare 3 & qu'ils appellent ce
font d'un très-grand et
Engins 5
prix 5 & entrc les Sucres qu'ily
celui de Candi ou Canti,"
Asnee on fait tant d'eftime, tire..
fon nom de Canton > & non CE
pas de fa candeur ou blancheur , eE
non plus que de PIflc de Candie, comme on l'a crû. ce
C'eft dommage que M. Durret nc s'eft pas étendu davantage
fur la fabrique du Sucre, 1 il nous
auroit fans doute appris quelque
chofe de nouveau > dont nos Infulaires lui auroient obligation 3
auffi-bien quc ceux qui mangent --- Page 28 ---
XX
PREFACE
du Sucre Candi fans
timologie de fon
igavoir l'é4
ignorans
nom 3 que les
2 felon M. Durret
die croyoient dans venir de lIfle de Can- y
*la
lieu qu'il vicnt Méditerranée de
: 2 au
Chinc, Je fouhaite Canton dans la
pas croire que M.
n'aille
la
a
pieten
Chine pour le Brefil $ car pris
gu'à préfent les Portugais juf
trouvé dans le Brefil 13
n'ont
ni mines de Jafpe, ni ni dc Lacque 3
blanc &
Criftal
rer
rougeâtre. Il faut
ilr que dans une autre
elpémettra plus d'ordre à fes Edition
tions. Mais
collcc.
P. 116.
>> L'Huile avançons. de
2> Baume viennent Capahu & le
9 Sanéto. On les tire de Spiritu
>> Arbres où les
de certains
3> vont fe
bétes fauvages
guérir de
32 res à force de fe leurs bleffi-
>> fécorce
frotter contre
>> en enlevent > car pour peu qu'elles
s) fortent & 2 CCS liqueurs en
3 tant plus 2
font un effet d'auadmirable
3 qu'clles
116.
>> L'Huile avançons. de
2> Baume viennent Capahu & le
9 Sanéto. On les tire de Spiritu
>> Arbres où les
de certains
3> vont fe
bétes fauvages
guérir de
32 res à force de fe leurs bleffi-
>> fécorce
frotter contre
>> en enlevent > car pour peu qu'elles
s) fortent & 2 CCS liqueurs en
3 tant plus 2
font un effet d'auadmirable
3 qu'clles --- Page 29 ---
PREFACE,
xxj
ne f at point falfifiées comme es
celles que nous avons en Europc, 8 quc débitent CCS Char--
latans qui courent de Ville en 66
Ville. €
La charité m'oblige d'avertir
M. Durret que le Baume & Huile de Capahu font la même chofe, > & qu'il y a un autre Arbre
quc les bètes, & fur toutles Cochons marons 3 entament avec
leurs défenfes lorfqu'ils font blef
fez
d'où il fort une liqueur
épaiffe qui les guérit t qu'on appelle Banme à Cochon. Puifque cet
Autcur ou ces Autcurs n'ont
jugé à
d'én dire Sondee
fur cet ades > quoiqu'il me femblc qu'ils y fullent obligez, > je me
charge de ce foin.
Mais je ne fçai fi les Fleuriftes P. 127.
lui pafferont aufli aifément
moi la defcription
fait
es
qu'il
Rofes à fcuille de Guimauve, &
des Rofes d'Inde. Ma profefion
m'cngage à paffer légercment fur --- Page 30 ---
xxij PREFACE
les défauts de mon prochain; mais
qu'il corrige au plutôr fa
tion , car tous les Fleuriftes defcripfont pas-fifaciles
ne
Pr28.
quemoi, à moins
qu'il ne Ieur donne un
naire des foixantes
DiétionLangues qui font en différenres a
les Naturels du Brefil. ufage chez
garde de m'infcrire
Je n'ai
tre la defeription en faux co1lfait de la Ville de abregée Saint
dor" 2 M.
aerd
bon
Fraificr en eft un trop
garant ; mais il ne devoit
pas fait lc Fabandonner Pere
3 comme il a
quand il Fetilléc > & fur tout
qu'on
appelle Palargain ce
appellc au Brefil
ou Serpentin. Il n'a
Hamac
IHiftoire de
qu'à voir
la
FEtabliffement de
Compagnic des Indes Orientalcs > ou celle de Tavernier
pour apprendre ce que c'cft
>
>
Palanquir & voir la
qu'un
du Voyage à la Mer du Relation Sud de
M. Fraificr
risier
f-4.impriméc à PaN
1716. pag. 273. pour con-
tout
qu'on
appelle Palargain ce
appellc au Brefil
ou Serpentin. Il n'a
Hamac
IHiftoire de
qu'à voir
la
FEtabliffement de
Compagnic des Indes Orientalcs > ou celle de Tavernier
pour apprendre ce que c'cft
>
>
Palanquir & voir la
qu'un
du Voyage à la Mer du Relation Sud de
M. Fraificr
risier
f-4.impriméc à PaN
1716. pag. 273. pour con- --- Page 31 ---
PREFAC E.
xxiij
noitre un Hamac on Serpentin du
Brefil : il y trouvera unc explication & une cftampé quiren
inftruiront à fond. Cependant il
cft bon de rapporter ici ce qu'il
en dit, 2 car il faut réjouir le Public en lui apprenant quelque nouveauté,
Les Efclaves y font le tra- ce P. 131;
vail des Chevaux, > car ils tranf- ee
portent les marchandifes d'un ce
licu à un autre, à caufe de la (6
difficulté des chemins qui font c6
impraticables pour les voitu- <f
ICS, & de la fâcheufe fituation ec
de la Ville qui eft haute & baf- ce
fc. C'eft aufli pour cette raifon KE
qu'on s'y fert communément S
dc Palanquins. ( Et en apof-*
tille. cc )
Ceft une cfpéce de Fauteiiil 10 C
couvert d'un Dais cn brode- - S
ric, plus ou moins riche, felon ce
la qualité des perfonnes
& ef
qui eft porté par deux Neres s
avec un long bâton auquel ils --- Page 32 ---
xxiv
PRFFIC E.
93 eft firfpendu
32 Les gens de parles deux bouts.. e
porter dans cette diftinétion fc font
$3 glife, dans leurs machine à l'E.
$s qu'ils vont en
vifites, & lorf
- Hé bicn, n'ai-je campagne,
de dire que M. Durret pas eu raifon
homme inimitable dans éroit un
criptions : Que
fes defplus inteligible peut-on dire de
Hamac, que de le pour fignifier un
Fauteiil
comparer à un
P.: ny.bouts ? On lulpendu croira par les deux
fe trompe quand peur-étre. il dit
- qu'il
oifeaux font fi familiers que les
fi grande quancité
3 & en
noient fe repofer fir qu'ils ve-
& fir lcurs bras
Jeurs têtcs
fans fe
; de forte que
& les faifoient firiguer, ils les prenoiene
rôtir.
C'eft dommage
teur n'a pas Ja Cirano que de cet Aurac, il n'auroit
Bergenous dire qu'on ER fèrt manqué N de
tout comme dans
au Brefil
Lune, d'une
FEmpire de la
compofition qui tue:
a
quancité
3 & en
noient fe repofer fir qu'ils ve-
& fir lcurs bras
Jeurs têtcs
fans fe
; de forte que
& les faifoient firiguer, ils les prenoiene
rôtir.
C'eft dommage
teur n'a pas Ja Cirano que de cet Aurac, il n'auroit
Bergenous dire qu'on ER fèrt manqué N de
tout comme dans
au Brefil
Lune, d'une
FEmpire de la
compofition qui tue:
a --- Page 33 ---
PREFACE
XXV
plume & tôtit le Gibicr tout à la
fois.
Quoique M. Durret n'ait demeuré que dix-fepe jours à Cayen-
- ne , iln'a pas laile de s'informer
exaétement du Pais, & il en fait
au Public avec fon exactitur ordinaire. En voici unc preuve. La Pomme d'Acajou 9 dit c6
cet Auteur > eft grofle -
2 lon- ce
gue, & d'un rouge jaune, elle es
cit acre & on la mange oidi-*
nairerzent cuitc. Au bout dcw P.140:
cettc omme il Y a une pctitc a
Noix verte qui a le goit dc
I'Aveline : & la figure dun ro- cs
gnon de Mouton. Ccf fruit croît ee
fur un Arbré haut & rond,qui.
reflemoie à un Châtaignicr, Sas
feiille eft de la figure & de la cc
couleur de celle de Laurier : le cc
bois cit très-beau &
à ef
faire dcs Mcubles & ECNE Piro- cc
gucs de quarante à cinquante ga
pieds de long,
2 Jc fuis faché dç ne pouvoir paf --- Page 34 ---
xxvj PAFFACE
fer cette bévie à M.
mais il doic fçavoir
Durree :
qui porte le fruic
il TAcajou
n'ef
AcRir
bles pas propre à faire des paric 3
2 & beauicoup moins Meu
des Pirogucs de
à faire
dc long, On fe fert cinquante pieds
vrages d'un, Arbre pour Ces ou
même nom, mais
qui porte le
point de Pommes qui ne produic
bois
> &
J
l'écorce & la feuille dont le
tout-à-fair differens de celui font
porte du fruit. M.
fes voyages
Durret 2
ce & de facilité, avec tant de diligenpcine s'aflirer de qu'il la verité pourra fans
que je dis, en allant
de CC
jufques à
Cayenne, 2 ou aux Ifles de lA.
très-voilines. mérique, qui, felon lui,en font
temps voir fairc Il pourra la
en même:
les corriger ce qu'il en Caflave a dit 2 &
& deux endroits où il en a dans
encore ce qu'ilr
parlé;
res Jéfititcs touchant rapporte des Pcfions chez les
leurs Mif
Sauvages, Car il
leur
ra fans
que je dis, en allant
de CC
jufques à
Cayenne, 2 ou aux Ifles de lA.
très-voilines. mérique, qui, felon lui,en font
temps voir fairc Il pourra la
en même:
les corriger ce qu'il en Caflave a dit 2 &
& deux endroits où il en a dans
encore ce qu'ilr
parlé;
res Jéfititcs touchant rapporte des Pcfions chez les
leurs Mif
Sauvages, Car il
leur --- Page 35 ---
PREFACE xxvij
Ieur fait dire
faifoient dc
pctits voyages
les Ifles
at
qu'habitent les Indiens > &
ce
d'cux étant allé un jour 4 la ee
Martinique, > il trouva moyen a
d'emmener un jeune enfant agé c
de fept ans. , qui paroiffoit avoir ce
toutesles envies du monde d'cm- CE
braffer lc Chriftianifinc, il l'en- te
voya en France dans un dc ce
leurs Couvents s où l'on n'épar- ce
gna rien pour fon éducation, 2 cc
foit par rapport à la Religion, ce
foit par rapport aux Sciences,&cc. ce
Ne femble - il pas à entendre
parler M. Durret, > que la Martinique foit aufli voiline dc Cayenne > que PIfle du Connétable ou
de l'Enfant perdu, 3 & qu'on y va
en fc promenant, comme dc Paris à Saint Cloud. Or M. Durret
doit fçavoir I°. Que la Martinique cft trop éloignéc dc Cayenne pour qu'on y vienne fairc des
Miffions, comme on les peut faire aux environs de cette dernicre
a --- Page 36 ---
PEFTACE étoient
xxvi) 2. Que les Jéfuites
de
Ie. érablis a la Marrinique plus de leur
ansavanc qwalicun
à
trentc
fongeac à S'érablir SauvaCompagnic
lepetic FranCayenne. Qhiel été conduit: en
les
ge: n'a pas lcs Jefuites, mais par
GC
par
4: Quc la Marrini- les
Jacobins.
cté habitée pan celt
P. 1jo. quie n'ajamais & les Anglois 2. M.de
Erançois Chritopthle. F.Cue GouPhelippeaux Saint
'éroit: poine - mais
verneur de la Général Mancinique des Hles &
Gouverneur
dc LAmésique
Terre - Ferme fous (es ordres
Françaife 1e > ayant pargjenliens de
les Gouverneurs de la Guadelons Tafla Mareiniquc Iles. 69: Que
pc. 8E autres
du maffacre
faire &: Tenmepilc pafla à: S. Chrif
des sanragose & non ala Marrinique.
tophle > Confeil Souverain fousfa qui
70, Quele
n'a
réfide à la Martiniquo Ylile: de la. GrcJurididion que:
Chriftos
pade : les inbrdcsanto
de
les Gouverneurs de la Guadelons Tafla Mareiniquc Iles. 69: Que
pc. 8E autres
du maffacre
faire &: Tenmepilc pafla à: S. Chrif
des sanragose & non ala Marrinique.
tophle > Confeil Souverain fousfa qui
70, Quele
n'a
réfide à la Martiniquo Ylile: de la. GrcJurididion que:
Chriftos
pade : les inbrdcsanto --- Page 37 ---
PREFACE
xxix
phle, de la Guadeloupc & Saint
Domingue ont dcs Confeils Sou-P.151!
verains pour juger les appels de
lcurs Juges particuliers & font
indépendans les uns dés autrcs.
80. Quc les Caftors
fiuppofePronis
qu'il s'en trouve dans ic Perou Ye Par-
>tie >
ont du poil, & non pas de la lai-p.194.
ne. 9°. Que l'on ne mange
l'écorce du Cacao, & que lc foter
re qu'on en peut faire 2 n'a jamais été employé pour
des
bleflures, mais pour
ufaseetr
ges, dont M. dc Cailus &Z moi
avons cu foin d'inftruire le Public.
10o, Quel la premiere Compagnie
fe fit eniFrance pour les Ilesir. Par:
PAmérique
fut cn
3c
>
1626. &tie
non pas en'1621. En voil-affez? 157
pour le préfent. Je prie M. Durtet d'agréer que je remette le ref
te des remarques que j'ai faitcs
fur fon Livre 2 à une autre OCcafion' où j'aurai plus dc tems à lui
faire voir que je l'ai là avec attention : mais je fuis gêné ici dans
a ij --- Page 38 ---
XXX
PREFAC E.
les bornes d'une Préface
me permet pas de l'avertir qui ne
me j'ai faic &
? comde tout le refte 2
comme je ferai
gne d'être
qui me paroitra dicorrigé, Il verra remarqué pour être
Mémoires,
3 s'il lit mes
même
que j'en ai ufé de
façon avec bien d'autres
Auteurs, J'ai pris la liberté de leur
faire remarquer :. & de
les erreurs que j'ai trouvées corriger dans
leurs
le faifant Ouvrages, > & j'ai tâché en
modération > de garder toute la
d'autré vûë d'un homme qui n'a
que de faire
tre la verité
connoidéfauts des 2 & qui reprend les
cher aux
Ouvrages, 2 fans-touAuteurs, pour
une eftime très-fincere lelquelsila
haite qu'on
3 qui foulefquels il
reprenne être
ceux dans
mettant delcs peut
tombé > protitude
corriger avec exac-
> & de pardonner même
par avance les manieres vives dont
on pourroit affaifonner les corrections que l'on lui pourroit faire,
tre la verité
connoidéfauts des 2 & qui reprend les
cher aux
Ouvrages, 2 fans-touAuteurs, pour
une eftime très-fincere lelquelsila
haite qu'on
3 qui foulefquels il
reprenne être
ceux dans
mettant delcs peut
tombé > protitude
corriger avec exac-
> & de pardonner même
par avance les manieres vives dont
on pourroit affaifonner les corrections que l'on lui pourroit faire, --- Page 39 ---
PREFAC E.
xx*j
Quelques perfonnes de confidération avoient fouhaitté que je
gardaffe un ordre plus méthodique dans ma narration., & que
je rangeaffe les chofes de maniere quc chaque clpéce fe trouvât
fous fon genrc, Elies avoient leurs
raifons pour le defirer 5 & moi
j'ai eu les miennes pour ne les pas
fatisfaire. Outre que cette maniere dogmatique n'eft point du tout
de mon goût, ilauroit fallu interrompre le fil de mon Journal à
tous momens, > & faire des parentéfes aflez longues pour ennuyer
le Leêteur & moi auffi. J'ai donc
mieux aimé fuivre mon Journal,
& écrire les chofes à mefure que
je les ai vûès, 5 apprifes, olI pratiquées; & comme entre toutes lcs
chofes dont j'ai parlé, il y en a qui
demandoient une explication longuc & un ample détail - 5 j'ai crût
pouvoir m'éloigner un peu de la
régle que je m'étois prefcrite, &
Ics mettre à la tête ou à la fin des
éiij --- Page 40 ---
xxxij PREFACE
les Tomes, 2 afin que le Leéteur
paffer s'il vouloit
pûr
la lcéture du Journal, continuer
y retourner, > s'il le jugeoit faufà à luia
pos.
proJ'ai parlé de quelques Familles
confidérables Ifles
érablics dans
3 & Jaurois rendu la
nos
jufticc àl baaucoup
même
vois été informé d'autres, fi j'ade leur
plus amplemene
origine 2 & des fervices
la qu'clles ont rendus au
Patrie:. mais CC
Prince & à a
par moi-même ne que j'en fçavois
ru foffifant pour m'ayant leur
pas paCC qui leur eft dâ, rendre tout
qu'ciles m'envoyent des Jattendrai
res que je ne manquerai Mémoiployer, fij je les trouve pas d'cma ceux quc j'ai déja conformcs
moi, & aux lumieres par devers
long féjour
celui qu'un aufi
aux Iflcs, RES données. quejai faic --- Page 41 ---
xxxiij
PREFACE
DE
LAUTE U R
SHY cette nouvelle Edition.
m'ont cht
M a
de-donner plutôt aut
Public cette nouvelle Edition >
quoiqu'il la demandât avec empreflement depuis long-tems. Les
Libraires de Paris en avoicnt tire
deux mille Exemplaires, & ceux
de Hollande autant; c'étoit beaucoup 2 & je ne croyois pas que
cela dût être débité en auffi peu
de tems qu'il l'a été. On ne perdra rien pour avoir attendu. J'ai
revû avec foin tout mon Ouvrage: je l'ai augmenté confidéraBiement. On y trouvéra tout ce
contenter la curiofité de
qui peut veulent connoitre les
ceux qui.
de nos Iles
Colonies Françoifes
e iv
Exemplaires, & ceux
de Hollande autant; c'étoit beaucoup 2 & je ne croyois pas que
cela dût être débité en auffi peu
de tems qu'il l'a été. On ne perdra rien pour avoir attendu. J'ai
revû avec foin tout mon Ouvrage: je l'ai augmenté confidéraBiement. On y trouvéra tout ce
contenter la curiofité de
qui peut veulent connoitre les
ceux qui.
de nos Iles
Colonies Françoifes
e iv --- Page 42 ---
xxxiv PREPACE
depuis leur commencement
gu'a préfent. On
juf
fuite dcs Gouverneurs y trouvera la
des Intendaris des Généraux, >
Gouverneurs
particuliers, 3 Tércétion. des Cours
fupéricures, > des Juftices
necs, ficicrs des Juges & de tous fubalter- les Of
& les de Juftice & de Guerre
quables événemensics de
plus remar- >
J'ai éclairci tous ces tems.
m'a
quelques endroits
marqué en avoir
Rten 5 &c j'ai donné dans
bcgrand détail bién des chofes un plus
m'ont paru tropa abregécs, & qui
coup d'autres
je n'avois beaufleurécs pour dlorg dirc.
qu'efQuoique j'cuffe donné
long un Traité du
affez au
/4 y devoir ajoûter les Sucre, j'ai - crâ
couvertes qu'ona nouvelles dé.
velles lumieres
fair, & les nou.
ma premiere que Jai eiis depuis
Ies nouveaux Edition. J'y ai ajoûté
creries que les Fourneaux des Sutcz, & dont on Anglois le fert ont à invenpréfent --- Page 43 ---
PREFACE
XXXV
dans nos Ifles avec d'autant plus
de ficcès qu'ils
une
quantité confidérable
bois qui
SESS
cit à préfent très - rare dans le
pais.
On trouvera encore un Traité
complet de la culture du Caffé
avec des Remarques intéreffantes
fur ce fimple , qui dédommagera
les habitans de la perte de leurs
Cacoyers,, puifque le Roi leur en
a permis P'entréc & le débit en
France, en payant des droits d'entrées très - modiques. C'eft le
moyen d'augmenter les richcfles
du Royaume, qui répanduès fur
tous les Particuliers, font des reffources infinies & toujours prétes pour les befoins de PEtat. Je
parlerai dequelques Manufaétures
que l'on pourroit mettre fur pied,
ce qui feroit d'une grande utilité.
Quelques perfonnes fc font
plaintes de ce que j'ai parlé de
leur origine, comme fi j'avois eu
deffein dc les faire méprifer par
V --- Page 44 ---
xxxvj PREFACE
cet endroit. Je n'en ai jamais
lapenfée, J'ai crû au contraire Glt
faire
leur
réel honneur, &
& c'en eft un trèstrès-veritable, d'être
venus par leur application &
talens y à
Eats
s'élever dans le
aux Charges les plus
monde
& à la Nobleffe même relpedables,
toujours jufte leur a queleRoi,
comme une
accordée
fervices & de récompenfe leur fidelité, de leurs
qu'en propofant leur
J'ai crà
citerois
exemplefex
reux
fi lcsautresllesimich je
Heuprojer;
puis réuffir dans mon
car il vaut mieux
cer fa nobleffe que de la commenlieu d'efpérer
finir. J'ai
fera content de que tout le monde
Edition.
cette nouvelle
a
toujours jufte leur a queleRoi,
comme une
accordée
fervices & de récompenfe leur fidelité, de leurs
qu'en propofant leur
J'ai crà
citerois
exemplefex
reux
fi lcsautresllesimich je
Heuprojer;
puis réuffir dans mon
car il vaut mieux
cer fa nobleffe que de la commenlieu d'efpérer
finir. J'ai
fera content de que tout le monde
Edition.
cette nouvelle
a --- Page 45 ---
APPRORATION DU R: P.
JUMELET, Profeffeur en Theologie
de lOrdre des FF. Précheurs.
TAI lû par l'ordre du Révérendiffime Pere Général un Manufcrit qui
a pour titre : MEmoires du P. JeanBaptife Labat, Mifionnaire de TOrdre
des FF. Prècheurs aux Ifles Françoifes
de LAmérique qui contient LHifoire
naturelle du Tais 1 > &jai eu du plaifir
en lc lifant.
a une infinité de choIly :
fes très-curieules : il y a mème
faits très - furprenans. La
e:
plicité ques de, la narration & la probité de
TAuteur font une preuve de la verité de
ce qu'il raconte. Je n'y ai rien trouvé
qui foit contraire à la Foi & aux bonRes mceurs. A Amiens le 19 Août 1719.
28 F. JACQUES JUMELET , Profeffewr én Théologie, de TOrdre
des FF. Précheurs.
AFPFORATION, DU R. P.
JOUIN; Profefeur en Théologie, de
rOrdre des FF. Précheurs, G Régent.
là par l'ordre de notre très-RéJAL J
Pere Provincial un Manufcrit qui a pour titre : Mémoires du R.P. --- Page 46 ---
Jean-Baptife 1Ordre desl Labat, 3
FF, Pritheeriaus Mftomwaire de
goifès de
:
Ifes Frantoire naturelle L-Ambrique du Pais > contenant THif
avec d'autant plus de > erc. Je l'ai la
vû moi-mème durant plaifir, qu'ayant
nées la plapart des chofes prefque dont huit anparlé, je lcs ai trouvédécrites il y eft
laiffe exactitude & avec une netteté avec une
rien à fouhaiter.
qui ne
dans des détails qui
L'Auteur entre
ceux du Pais, & par inftruiront fon feul
même
apprendre en
Livre on
Bcp plus intéreffant Europe ce qu'il a
que: Il fera difficile pour nous PAndE a
leéture fans éprouver d'en commencer la
qu'avide curiofité cette douce, quoi-.
pourfinivre. On n'y > qui nous porte à
foit contraire à la Foi trouvera &
rien qui
mceurs. Donnéà Paris dans aux bonnes
fon de faint Honoré
notre Maice 17 Aoiri719.
F. NICOLAS JOUIN,
en
Profsftar
Tbislogie, 2 de rOrdre des FF,
Pricheuri, 6 Régent.
PAndE a
leéture fans éprouver d'en commencer la
qu'avide curiofité cette douce, quoi-.
pourfinivre. On n'y > qui nous porte à
foit contraire à la Foi trouvera &
rien qui
mceurs. Donnéà Paris dans aux bonnes
fon de faint Honoré
notre Maice 17 Aoiri719.
F. NICOLAS JOUIN,
en
Profsftar
Tbislogie, 2 de rOrdre des FF,
Pricheuri, 6 Régent. --- Page 47 ---
IPPROBATIO N DE M.
HENRY BESNIER, Dottenr - Régent
en Médecine en r'Univerftéde Paris,
d ancien Profefeur de Botaniqne AHX
Ecoles de la Faculté.
TALB avec une attention finguliere
les Mémoires dn R. P. Labat, Miffionnaire de UOrdre des FF. Préchewrs
AHX Ifes Françoifes de LAmérique. Rien
à mon avis n'eft fi utile aux Voyageurs,
aux Habitans de ce Pais, aux Commerçans, , &zà ceux quis s'appliquent à l'étude de PHiftoire naturelle. Les Rejudicicufes de PAuteur fur CC
marques concerne cette Partie du Monde 9
qui le ftyle fimple & concis de ces Mémoires attireront fans doute Fapprobation
de ceux qui ont connoiffance du Pais,
& donneront à d'autres l'envie d'en
connoître la verité en faifant le même
Rien n'eft donc A néceffaire au
voyage. Public que limprefion de cet Ouvrage.
A Paris ce 4 Octobre 1719.
BESNIER. --- Page 48 ---
APPRORATIO N
LAbbE RAGUET. DEM
JA reld par l'ordre de
verend Chancelier, 3 les Monfeigneur
Pere Labat,
dx RE.
res
s de F330 des FrePicboars, AHX Ifles
Ldindigu, Edition
&jai crû que Erangoifes la
de
de ces
nouvelle
permife, Fait à Voyages Paris
pouvoit être
Octobre 1737.
ce vingefixiéme
RAGUET, --- Page 49 ---
PRIFILEGE DU ROI
OUIS s par la Grace de Dieu,
L Roi de France & de Navarre : A
nos amez & féaux Confeillers, les Gens
tenans nos Cours de Parlement, Maitre
des Requêtes ordinaires de notre Hotel, Grand-Confeil, Prévôt de Paris 9
Baillifs , Sénéchaux, 2 leurs Lieutenans
Civils & autres nos. Jufticiers
Notre
aRé
S
1d2a
partiendra, SALUT.
l'un de
Delefpine pere,
Jcan-Baptifte
ordinaites f
& Libraire
a nos Paris, Imprimeurs ancien Adjoint de fa Communauté, Nous ayant fait remontrer qu'il
fouhaitteroit continuer de réimprimer
ou faire réimprimer & donner au Public IHifoire Romaine des Peres Catros
o Rowillé; PHifoire de France GPAbregé de cette Hiftoire par le P.Daniel;
les Souffrances de N. S.J.C. pendant
Ja Paffion par le P. Alleawmes 5 le CoHrs
PArchitecde Chimie da fer Lhemery;
ture Pratique da fenr Brillet; TInfrnction de ta Jewne/fe ; Entretiens donx e
afeslnens pour tous les jowrsdel LAvent;
le Chrétien en folitnde; 5 la Métbode d'OEntretiens de dévotion far le
raifon Sacrement ;
delAntel; lA Manne
faint
rances de N. S.J.C. pendant
Ja Paffion par le P. Alleawmes 5 le CoHrs
PArchitecde Chimie da fer Lhemery;
ture Pratique da fenr Brillet; TInfrnction de ta Jewne/fe ; Entretiens donx e
afeslnens pour tous les jowrsdel LAvent;
le Chrétien en folitnde; 5 la Métbode d'OEntretiens de dévotion far le
raifon Sacrement ;
delAntel; lA Manne
faint --- Page 50 ---
du Defert pour les
retraites 3 la Dévotion perfoner du
guifone 6rs
fidé-ations Chrétiennes Caluaures Conde lannde; Coyfidt-ations pour tous les jours
pales actions du Cbrétien fier les princifainte Mort par le Pere ; la donce e
thode facile Aoraifon Craffet j Mé.
gue; le maniere
réduite en
pendant la
défep préparer -
à la prati- More
de Notre wies Retraite Fer les Myfleres
Ou Rexionis Seignewr Jefau-Chrits Penfées
jowrs de Lannée Chraiemnes pour tonS les
pour les perfonnes ; Retraites /iritmelles
interiewrs
Religienfess Exercices
Notre
pour bonorer les Mperes de
Gla meibode Seignenr de 5 Retraite felom Lefprie
S. Ignace 3 LEprit du
gneur Chrifiantfane Jefms-Chrif ; LAmour de Notre SciLivre de vie
le par le P. Nevew; le
Retraites
P, Bannefans 5 les
avec
ccfauhn
Rfexions les Prieres pendant Eodidanawers la Mefe o des
mais, du fienr faintes pour tOHS les jours du
res,1Ofice tirés abseThboges de
les Heue lOfice de Ia Pénitence LEcriture de Sainte >
très-cher Corfin le Sieur
fen notre
Noailler; les Exercices de Cardinal la
de
rieure du P. Gouschens
vie intetiennes fer les plus
Repexions chrédn fnlut 5 Pratique importantes véritex
POur fc conferver en --- Page 51 ---
laprifince de Diea; InfruCtions familieres far POraifon mentale ; les Collognes
du Calvaire; Ixfruitions chrétiennes ex
forme d'Examen dufeur Courbon ; les
Voyages en I Amérigue, Afrigue, Italie 6 Elpagme, la Relation de l'Ethiopie
Occidentale, 6 les Mémoires du fewr
Darvienx par le P. Labat, s'il Nous
plaifoit luiaccorder nos Lettres de continuation de Privilege fur ce néceffaires; offrant
cet effet de les réimprimer ou Beer réimprimer lefdits Livres ci-deffus. expliqués cn bon papier
& beaux caracteres, fuivant la fetille
impriméc & attachée
modéle fous
le contre-fcel des
A ces cau--
etmete
fes, voulant traiter favorablement ledit
Expofant, & lui donner des marques
de notre reconnoiffance à procurer des
Ouvrages aufli utiles
l'édification
du Public, en lui
lés moyens
Rgatean
de nous les' 'continuer, Nous lui avons
permis & permettons par cefdites Préfentes de réimprimer ou faire réimprimer lefdits Livres ci-deflus expolés en
un - ou plufieurs volumes > conjointement Otl féparément, > & autant de fois
que bon lui femblera, &c de les vendre,
faire vendre & débiter par tout notre
Royaume pendant le tems de quinze
l'édification
du Public, en lui
lés moyens
Rgatean
de nous les' 'continuer, Nous lui avons
permis & permettons par cefdites Préfentes de réimprimer ou faire réimprimer lefdits Livres ci-deflus expolés en
un - ou plufieurs volumes > conjointement Otl féparément, > & autant de fois
que bon lui femblera, &c de les vendre,
faire vendre & débiter par tout notre
Royaume pendant le tems de quinze --- Page 52 ---
annécs
delespiration confecatives, , a
Faifens
des précédens compter du jour
fonnes de deftenfes à toutes fortes Privileges
2Ee foient quelgue d'en qualiré & condition de perétrangere dans introdaire
obéiflance. Comme aucun lieu dimpref de
meur-Libraires & auffi à tous notre
faire imptimer, autres
Impridébirer ni
vendre, faire dimpriner s
dellus (pécifiés contrefaire lefdits vendre,
d'en faire
en tout nien Livres ciprétexie aucuns ' extraits fous partie, ni
corredion, que ce foit,
guelque
>
trement, fans changement la
Hagmentanete de titre ou
par écrit dudit permillion
altauront droit de Expolant ou de exprefle ceux &
cation des
lui, a peine de
qui
dix mille livres Exemplairer
confl.
cun des
d'amende coatefitent contre de
Nous, n InDeNeRERes tiers à
dont un tiers cha- a
Tautre tiers audit THbrelDies de Paris,
dépens dommages Expofane, & de tous
ge que ces
dcinéreds, à la
tout au long Prélentes fur le feront
charmunanté des
Regifire enregiftrécs de la
de Paris dans Imprinieurs &
Comcelles : que trois mois de la Libraires datte
fera faite dans limpreffon de ces
d'iaillurs, &
notre Royaume & Livres
que limpeiranr fe
non
confor- --- Page 53 ---
mera en tout aux Réglemens de la Librairie, & notamment à celui da dixiémil
cens vingt-cinq. Et
me Avril
de FSER expofer en vente les
qu'avant que
auront fermanuferits ou imprimés qui
vis de copie à Timpreflion defdits Liferont remis dans le mème état où
vres les Approbations y auront été données,
ès mains de notre très-cher 8cféalChevalier le Sieur Dagueffeau, Chancelier
France
de nos Orde
> Commandeur fera enfuite remis deux
dres; & quilen de chacun dans notre BiExemplaires
un dans celle de
bliotheque publique s
dans
notre Château du Louvre, & un
celle de notre très-cher & féal Chevalier le Sieur Daguelleau s Chancelier
de France > Commandeur de nos Ordres, le tout à peinc de nullité des Préfentes : du contenu defquelles vous
mandons & enjoignons de faire joiiir
lExpofant, ou fes ayant caufe, pleinement & paifiblement, fans fouffrir qu'il
leur foit fait aucun trouble ou
Voulons
la copie
Saa
chement.
que
Préfentes qui feraimprimée tout au long
ou à la fin defdits
au commencement
dûëment
Livresfoient tenuc pour
fignifiée, &c qu'aux copies collationnées
lun de nos amez & féaux
EORTEE
enjoignons de faire joiiir
lExpofant, ou fes ayant caufe, pleinement & paifiblement, fans fouffrir qu'il
leur foit fait aucun trouble ou
Voulons
la copie
Saa
chement.
que
Préfentes qui feraimprimée tout au long
ou à la fin defdits
au commencement
dûëment
Livresfoient tenuc pour
fignifiée, &c qu'aux copies collationnées
lun de nos amez & féaux
EORTEE --- Page 54 ---
Secretaires 9 foi foit ajoutée
l'original. Commandons comme 4
notre Huiffier ou Sergent de au faire premicr
l'exécution d'icelles tous actes
pour
nécelfaires > fans demander requis &
million 3 & nonobftant autre perHaro, Charte Normande clameur de
ce contraires; - car tel eft & Lettres à
Donné à Verfailles le
notre plaifir.
jour du mois de
vingt-huitiéme
mil
Mars, 3 l'an de
fepr cent trente-huit, &c de grace
Régne le vinge-troifiéme.
notre
Par le Roi en fon Confeil,
SAINSON,
bre Rogifréfir le Regifre X.de la
Royale des Libraires G
Cham.
de Paris, No
Imprimears
AuX anciens 13-fol. 12. conformemons
lui du 28 Féurier Réglemens confprmés par Ceu
Mars 1738.
1723. A Paris, le 29
LANGLOIS, Syndic. --- Page 55 ---
CESSIO N.
Je fonfligné Imprimeur & Libraire
ordinaire du Roi, reconnois avoir cedé
& tranfporté le préfent Privilege, feulement pour les Voyages d'Amérique
& la Rclation d'Afrique du P.I Labat, 2
à Mrs Cavelier, le Gras & de Nully,
pour en joitr chacun felon leurs parts.
Fait à Paris ce 29 Mars 17;8.
DELESPINE --- Page 56 ---
a
A NT STZ
s a 2 sVe 4
TAB
LE
DES
contenus en la
CHAPITRES
premicre
Partie,
GHAP, I. L Awtenr
Mifions fongage des
dans les
goifes de Ldmtrigue Iles Fran.
Parit./be arrivée a la Son depart de
fon iagaomont
Rocblesc
CHAP. d'un II. Départ de la
I
des
Rochelle, Mort
feparée par dhifansanes une
La Flotte ef
Tropipse. Un tempére. Baprime dn
vernail.
Vaifeax perdfan gOHCHAP. III. Combat contre
Arrivée à la
147 Anglois.
CHAP. IV. Marinigues
Pierre de la. Deftription du Fort Saint
tie de la Miarinigue,
CHAP. V. Cabolorres
des
Deferipeion de
RATE
Freres
IHabitation
la Martinigue, Prickoana la Cabeferre de
IIO
ée par dhifansanes une
La Flotte ef
Tropipse. Un tempére. Baprime dn
vernail.
Vaifeax perdfan gOHCHAP. III. Combat contre
Arrivée à la
147 Anglois.
CHAP. IV. Marinigues
Pierre de la. Deftription du Fort Saint
tie de la Miarinigue,
CHAP. V. Cabolorres
des
Deferipeion de
RATE
Freres
IHabitation
la Martinigue, Prickoana la Cabeferre de
IIO --- Page 57 ---
TABLE DES CHAPITRES.
CHAD. VI. L'Auteur eff emvoyé deforvir la Paroiffe du Macouba. Defcription de ce Onartier. Des Bites YOte des Chiques,
Vofe VII. LAnteur va confelfer un
Négre mordu par un Serpent >
IGI
CHAP. VIII. Voyage de LAuteur al
Fort Reyal. Defcription de la Valle G
de la Forterefe,
CHAP. IX. Prife de denx Vaifeanx
Anglois par les Flibuftiers. Leur maniere de combattre, Gle Traité qu'ils
pour leur courfe,
cft X. Etat des Paroiffes des IRes 2
des Curez qui les defervent, lenrs
droits,
CHAP. XI. Defcription dss Rowcon.éde
FIndigo s
CHAr. XII. Des diferentes elpéces de
Tortuès, e manieres de les prendre,
de quelgues antres Poilfons,
CHAP. XIII. LAuteur UA demeurer
dans fa maifon Curiale,
CHAP. XIV. Defcription du Bonrg de la
Trinité, 6 desfruits appellez lAbricot de Saixt Domingue > G PAvocar,
CHAP. XV. De la Vigne qui vient anx
Ifes,
CHAP. XVI. Du Manioc,
--- Page 58 ---
TABLE DES CAAPITRES.
CHAP. XVII. Des Boifons ordinaires
des Ies,
CHAP. XVIII. Des
pens, , Vers de Palmiftes Scorpions, , Seremniurer, des
5 du bois à
mifes, 6 de difitromerefpenude leurs Chonx,
Pal.
Fin de la Table des
Chapitres de la
premiere Parric.
MEMOIRES --- Page 59 ---
PSOS --- Page 60 ---
Tome
310 320
10) CARTE
C
MER
pwtcudheng du
0 LU
oi
ie Herngue
atielar
Tidongfini
Lac Japer teer FRAN CE
NOUVEAU
>
-
e Eaa"
An
: Lar
2 Nour eter rc
Amt
cr
vandum
teau
77 9
Pays Bas
ir
DE
MMeaique
Cheropnock
gune
-
ue elle
rion
MEXIQUE
de Romgoc leaIles
:
ocorre
-
SFTA
Bermudes
a
Grenade
Pun
go
laguates
a
sAu owan
do
Ies Lu:
d auc himeques
Golfe de
a o
e
a cayes V
Panua >
A
Mexique
Tropique du Cancen
C.. J.. Lua
an delne to S NM a
a
K
I
Bara h aR
ER
omporteelle
rlen
a L
Mersda
MAntisles
à
luca
1 Eipaguote
P
S
tnu
Je vlle
du
y
a
Ainr N
ly
à
l -
a
à
Honeiras
Ferter
dlaa
Jure
NORT
b
A
a angue
V7
S 25
La
ade
S
-
or
5.4
FDER SUD 2
Cote
ib
de
ff
MER DE
MERI QUE MSRIDTONALE
Cerible
Mersda
MAntisles
à
luca
1 Eipaguote
P
S
tnu
Je vlle
du
y
a
Ainr N
ly
à
l -
a
à
Honeiras
Ferter
dlaa
Jure
NORT
b
A
a angue
V7
S 25
La
ade
S
-
or
5.4
FDER SUD 2
Cote
ib
de
ff
MER DE
MERI QUE MSRIDTONALE
Cerible 300 - 32 o
--- Page 61 ---
(EPIG --- Page 62 ---
Tom. I po2
MARTINIQUE
3o.min de
dio.min.de
LA
Lati.Sept.cta3y.
ISLE DE
alj.degree
Longitde.
de Ru Fre
< Caravelle
Pointe de la
Aeir V
are avelle
Te -
Ru
lora
R
Ri
E 44 Tat
K
rouite lac Chau
et
tu A ue
: e
.
o
Raj"
Rit fu
hr
nte du Vuuclain
Fana
Huciusts desJwnites
Le,t ferts! Pier
Cap
Lr rroacheur
ta rilete C LrCurhet
1e
Eareusi de, huscbins
Ko)
Lr mowilluge
L.e Macruta
Labasse reute
Lagrandi sluce
H
Li Harieet
Iel R.
lilarie
Li Trimitr'
ar Le ialdes Jac R-beet
Ferre
Lrt teldrsa. Frangin
Li Landain
arin
eraudectpdile. Ance
Tusur des ispuuin,
- Le,lert Ryal
S Litreu wchat
Lw ures titrlee
Le Dianant
iul dosacagtuche
. Lameutin
lar Dia
- Lr Culde 1.1. Marin
Printe DESalines
Echeile de --- Page 63 ---
L
M L M OIRES
DES
NOUVEAUX VOYAGES
FAITS
AUX ISLES FRANÇOISES
DE L'AMERIQUE 3
PREMIERE PARTIE.
CHAPITRE PREMIER.
L'Auteur s'engage dans les Mifions des
HlesErançoilei de LAmérigue. Son départ de Paris: Son arrivée àla Rochelle,
Gfon embarguement.
Ne maladie contagieufe alant
emporté la plaparc des Mif
fionnaires qui étoient aux Ifles
Françoifcs del l'Amérique, les
Supéricurs des Ordres quiy font établis,
écrivirent des lettres circulaires en FranTome 1.
A
ITRE PREMIER.
L'Auteur s'engage dans les Mifions des
HlesErançoilei de LAmérigue. Son départ de Paris: Son arrivée àla Rochelle,
Gfon embarguement.
Ne maladie contagieufe alant
emporté la plaparc des Mif
fionnaires qui étoient aux Ifles
Françoifcs del l'Amérique, les
Supéricurs des Ordres quiy font établis,
écrivirent des lettres circulaires en FranTome 1.
A --- Page 64 ---
Nonteans
ce, pour engager Yoyager aux Hfles
venir (ccourir, Une leurs de Confreres à les
tombée entre les mains, ceslettres m'étant
cuter le deflein que J'avois me preffa d'exéquelque-rems de' me confacrer formé depuis
fions, noit comme à un emploi
aux Mif
tout-d-fait bien a ma qui conveTéoisagé paffé
de trente ans, 3
profefion.
nous onze , partie dansl le dontjen avois
duquel avons a Paris dans la rué Couvent S.
que
je fuis
Honoré
vince, oi j'avois Profés, 5 & partic en ProPhilofophie & les préché & enfeigné la
Mlatbénaianese Je
paffer aux IAes, & on
pour
Eetinee
les obtins bien
peur croire
aPps
près avoir pris faciiencnr,d de forte que je
1693. fur une penfion quelque argent
en
fte
Apit
faifant
je métois réfervée
le
lc
je partis de
Eocael
5. Jc cinquiéme Aoûr 1693,
Paris
de voyage comprois deux avoir pour compagnons
vent, s que je devois Religicux du mème CouRochelle (car le
défraier julqu'a la
fions fec contenroir Commifire alors
des Mifmiflion de
d'aller aux Ifles dedonnerlap perfournir ce qui étoit fanssembaralfer
arriver.) Mais
néceffaire poury
communs firent snosSupcrienrs tant d'edorts & nos amis
détourner de note dellein, pour nous
que mes deux --- Page 65 ---
Françoifes de PAmbrigue.
Compagnons fe rendirent, & je me trou- 1693.
vai obligé de partir fans eux > accompa- avoit Août
gné feulement d' 'un homme fervice qu'on de la le 5engagé pour trois ans au detrente-huit
Millionieétoit un homme
le
ans,fort fage, & qui me fervit fidélité pendant il
voiage avec beaucoup de
s'appelloit Guillaume Maffonier. Jel'appellois fimplement Maitre Guillaume.
J'aurai occalion de parler de lui plus d'une fois dans ces Mémoires.
Nous arrivâmesl lefepeàOrleans, 5 nous 1
le huit, & arrivâmes le dix
en à Saumur partimes fur les onze heures du foir.
Le P.Jullienne, mon compagnon d'étude & de religion > étoit alors chez un
Gentilhomme de fes parens nommé M.
du Tronchay à une licué de Sau mur, où
envoié pour fe reles Medecinsl'avoient
maladie. Je
mettre d'une aflez longue
il vint
l'envoiai avertir de mon arrivéc, des cheaufli-tôt; & fon parent m'envoia
vaux pour me rendre chez lui, oû malgré
il me retint jultout ce que je pus dire, enfin la permilion
qu'au 21. quejobrins
comblé d'hon- 21.
decontinuer mon voyage, Nous arrivànêteté de toute fa famille. fur les trois
mes àla Rochelle le 24 Août
heures après midi. Je fus defcendre au 24.
Couvent de mon Ordre, ouj'appris que
Aij
ôt; & fon parent m'envoia
vaux pour me rendre chez lui, oû malgré
il me retint jultout ce que je pus dire, enfin la permilion
qu'au 21. quejobrins
comblé d'hon- 21.
decontinuer mon voyage, Nous arrivànêteté de toute fa famille. fur les trois
mes àla Rochelle le 24 Août
heures après midi. Je fus defcendre au 24.
Couvent de mon Ordre, ouj'appris que
Aij --- Page 66 ---
Nopveaux
le R. P. Imbert
aux Hles
1693. particulierement que
connu tréspe
rois à
pendant que
Nancy, 3 étoit Prieur.
demeuun fenfible
me
REte
plaifir ,
fit
hommedun vrai parce que c'étoit un
vois attendre imérite, & deq quije
Les
toutes fortes de,
Religieux dei fa
ReLAItC
de très-homnères Communauncéroient
n'eus Pas de pcine gens à lier > avec lefquels je
dureroir cncore fi la mort une amitié qui
pas enlevez. J'ai reçû d'eux ne les avoit
de bons oflices, & de
une infinité
cere affecion.
marques d'une finOnme dit qu'un Marchand de Limogesréfidant
étoir Commiffionnaire condinairemenalat Rochelle,
Je T'allaivoir le
de nos Miflions.
gnaiMaitre
lendemain, & lui confiGuillaume,afin
iafubfiftancey - julqu'a
qu'il pourvit
Je ne trouvai aucun Tembanguiemens
lc Couvenr, J'appris feulement Miflionnaire dans
Boudor qui étoit ce Marchand du ficur
qu'il en artendoit
Limofin,
Jacques
pluficurs, & que le P.
gnon d'éude, Gafforquiavoite s'étant été mon compaennuyéd'atendre
fembanguement, rinageàla fainte étoir allé faire un pélefair
Baulme ; ce qui lui avoit
partic perdrel'occafion le 18 de
d' une flotte quiétoit
pentis de m'être ce arrêté même mois, Je me refi long-tems chcz --- Page 67 ---
Frangoifes de PAmérique:
M. du Tronchay 5 car fifavois continué 1693.
mon chemin, je feroisarrivé allez à tems
pour m'y embarquer; mais il fallut
dre
& m'y accoûtumer de
ROche
ne
b5
fteld
Il y avoit au Couvent de la Rochelle
un jeune Religieux du Couvent de Bannieres en Gafcogne > nommé Hyacinthe
Daltez,
venoit d'être Aumônier d'un
vaiffeau de Roi; il me pria de lui procurer une Obéiffance pour aller aux Mif
fions. Sur les témoignages que lcs Religicux du Couvent me rendirent de fes
bonnes mceurs, j'écrivis à Paris aul Pere
Commiffaire > qui eut l'honnèteté de
m'envoyer aufli-tôt la patente queje lui
demandois.
Je reçûs le 29 un ballot où étoient
mes écrits, mesinftrumens de mathématique 2 une partic de mes livres & quelques hardes, avec deslettres que des perfonnes de confidération écrivoient en ma
faveur à M.J le Comte de Blenac, Gouverneur Géneral des Ifles, à M. le Commandeur de Guitaut Lieutenant géneral, M.
de Gabaret Gouverneur dc la Martinique,
à M. du Mets de Goimpy Intendant, &
quelques autres. Iy en avoit aufli une
pour M. Begon Intendant à Rochefort;
mais comme il étoit allé aux Eaux, je ne
A iij
que des perfonnes de confidération écrivoient en ma
faveur à M.J le Comte de Blenac, Gouverneur Géneral des Ifles, à M. le Commandeur de Guitaut Lieutenant géneral, M.
de Gabaret Gouverneur dc la Martinique,
à M. du Mets de Goimpy Intendant, &
quelques autres. Iy en avoit aufli une
pour M. Begon Intendant à Rochefort;
mais comme il étoit allé aux Eaux, je ne
A iij --- Page 68 ---
Noxveans
1693. pûs la lui préfenter Fayager AHX Iles
pour lors je n'en avois qu'a fon retour, &
Le 8 de Septembre il plus befoin.
vaiffeaux des ifles, fur
arriva quelques
le P.Jean Temple du l'un defquels étoit
C'étoit un ancien Couvent de Nifmes,
Ietournoit
Mifionnaire
diflenterie pour tâcher de fe guérir quis'en d'une
ans. Il nous quilavoir dit bien depuis des prèsde deux
Ifles,& fur toutlé befoin nouvelles des
y avoir de Religieux. Son extrème
dès qu'il fut à terre, & il mal
raister
lement libre au bout de s'en trouva telvit en état de retourner 15 jours, qu'il fe
donna fes lettres
chez lui; il me
quelques avis que
T'Amérique > &
lui fuis
obligé. Fer fuivis, & dont je
Le Dimanche 20. lel
fon pélerinage de la P.Gaffot fainte arrivade
avoir rencontré à Bordeaux Baulme. Il
Jacques Romaner du
le P. Jcan
ges, qui avoit une Couvent de Limoifles ; ils vinrent enfemble. Obéiflànce pour les
avoit cula
Ce dernier
petir
précaution de fe pourvoird'un
étoient garçon tous pour fervir fa Meffe. Ils
Le Samedi deux de fort bons fujets,
26. il arriva deux
Millionnaires, > le P. Jofeph
autres
Couvent de Toulon,
Martelly du
les du Couvent faint > & le Pere CharMaximin. C'étoient --- Page 69 ---
Franpoifes de P Ambrigue.
des
de mérite, & bons prédicateuts. 1693.
AETES lendemain il en parut un autre apdu Homeel du Couvent de Coutanpellé Ses infirmitez habituelles nous firent
ces. connoître qu'il ne demeureroit pas longdans les Miffions; en efferil fut rentems voyé en France par le même vailfeau qui
l'avoit porté aux Ifles.
fut
Le Mercredi 30. notre troupe
augmentée de deux autres MiflionnairesLun
sappelloit le P. Seré , & fon compagnon étoit
le P. Euftache du May. Le premier
un homme de cinquante ans & plus, qui de
avoit déja été aux Ifles. Il parur fâché
trouver tant de Miffionnaites, & fit tous
fes efforts pour nous perfuader de affuurant retourner dans nos Couvens, en nous
que nous ne pouvions pas fubfifter & aux où
Mes,ohlamilére étoit très-grande,
il n'y avoit pas affez de Paroifles pour
nous occuper 2 ni de Couvens pour nous
entretenir. Je connus d'abord que ce bonhomme avoit peur de manquer de Paroiffe, & ce n'étoit pas fans raifon ; car la
plipart de ceux qui devoient paffer aux
que lui à
ifles paroilfoient plus propres la liberté de lui
les ocuper. Ainfi je pris
nous
répondre pour tous les autres > que
e'perions tous comme lui trouver de quoi
travailler, & nous occuper > & que files
A iv
de Couvens pour nous
entretenir. Je connus d'abord que ce bonhomme avoit peur de manquer de Paroiffe, & ce n'étoit pas fans raifon ; car la
plipart de ceux qui devoient paffer aux
que lui à
ifles paroilfoient plus propres la liberté de lui
les ocuper. Ainfi je pris
nous
répondre pour tous les autres > que
e'perions tous comme lui trouver de quoi
travailler, & nous occuper > & que files
A iv --- Page 70 ---
Nowteane
1693. miféres qu'il
Yroyages Aux
il pouvoit s'en prévoyoitlui matcienr
Lc premier reroutner chez lui. peur;
Convers Flamand Octobre il arriva un Frere
tier; c'étoit un
appellé Jean du Morqui nous fut d'un Religieux fort ferviable,
maladies dont nous grand fimes fecours dans les
aufi-bien Nous que les Religicux tous du attaqutez >
& p'en voyant enfin au nombre Couvent. de
stendanrplurd d'autres,
dix,
allemblimes afin d'en choifir nous nous
chargeit de tout ce qui
un, quife
&
concernoit notre
tous. Jc
qui
sulggemeat
vaillai fus charge de cet agit au nom de
hardes aufli-tôr à nous faire emploi. Je tranous qui nous étoient
préparer les
aflarer le paflage dans nécellaites, les
& à
Re &cà équippoir la
pour les Iesà Bitimens Rocheferd Rochefort, Rochelle. oi M. Jallai pour cet ef.
donnateur dre de Géneral me dit de Mauclerc OrVaifleaux nous faire
qu'il avoit orMarchands de Roi, ou embarquer dans des dans les
Bâtimens
tre pallage; aufquels mais
le Roi Payeroir nodre de nous faire qu'il n'avoit point ornous équipper, donner de T'argent
d'écrire à M. de Cette réponfe m'obligea pour
d'Etar ayant le Pontchartrain Secretaire
ne, & des INles, département de la Maripour lc fupplier de nous --- Page 71 ---
Francoifes de PAmbrigine.
faire donner la grarification que le Roi 1693avoit toujours eu la bonté d'accorder
pour nose embarquiemens. la
donnai au
En attendant réponfe.je ce qui étoit
fieur Boudor un mémoitede
afin
néceffaire. chaque Miflionnaire 2
fit LEr 2 le payement lui en
ELL affutré > foit par la gratification que
du Roi, foit
les reminous efpérions feroient faites Million.
fes qui lui
demandois par pour cha2 L'équipage Religieux queje confiftoit en un matelas,
que
une
de linceuls, une
un traverlin,
paire
couverture,un habit blanc, une cafaque, de
ou manteau noir, fix chemifes, autant de
calecons, douze mouchoirs, aurant
cocfesde nuit, dc paires de bas de toile,
& de chauflons, > un chapeau 1; trois
& dedeux en
TaeE
de fonliers, un coffre,
mettre des liune petite cannevette pour & comme quelqueurs pour le voyages
beloin
ques uns me dirent quilsauroient avoient chacun
de livres, jajotitai qu'ils acheter ceux qu'ils
cinquante francs pour
les frais de leur
jngeoient à propos, les pour menuès dépenfes
Batème > & pour faire jufqu'à l'embarqu'ils pourroient
quement. Jc ne fus paelong-temsiniate ne vouloit
percevoir
ce M. Boudor
fonpasettc Cailint de près, & qu'ayant
Av
ages
beloin
ques uns me dirent quilsauroient avoient chacun
de livres, jajotitai qu'ils acheter ceux qu'ils
cinquante francs pour
les frais de leur
jngeoient à propos, les pour menuès dépenfes
Batème > & pour faire jufqu'à l'embarqu'ils pourroient
quement. Jc ne fus paelong-temsiniate ne vouloit
percevoir
ce M. Boudor
fonpasettc Cailint de près, & qu'ayant
Av --- Page 72 ---
IO Nonveanx
1693. dé de grandes
AMX
fion de nos
far
OL lea
Miflions, il
commic
toutes chofes felon fes
vouloit régler
il perfuada à
interèts. En efiers
fionnaires de quelgues-tins de nos : Mif
pour les
porter des marchandifes
leur faire négocier à chacun aux Ifles, &cs'oftit de
comme on en fait un coffre à peu
profir. Je
aux matelors a moitié près
àcep projet m'oppofai ridicule, de toutes mes forces
de notre miniftere; &
mais
nwifiindione
entiérement le maitre. Je n'en fus pas
de nos Peres donnerent Trois ou quatre
cet homme, & fe
dans les idées de
d'epingles, daiguilles chargerent de boutons,
chandiles de Limoges dont > & autres maraife de fe défaire,
il étoit biencher qu'au
qu'il leur vendic
payer dans marché, la fuite & dont il fe fit bien plus
les intérèrs,
par la Mifion avec
Mauclerc Je reçûs lc 20 une Lettre de M. de
vois venir qui à Rochefort me marquoit que je
que le Roi avoit accordé recevoir 450 Ret
fionnaires Prêtres qui devoient pour neufMif.
il Iles, mais qu'il l'égard du Frere paller aux
n'avoir que le
Je
Convers
pas d'aller à Rochefort pallage.
ne manquai
pouvoir en bonne forme de le 22 avec un
res pour receyoir cette
tous nos Pefomme, & pour --- Page 73 ---
Frangoifes de PAmbrigue.
II
Tapporter plus farementj je pris avec moi1693.
M: Guillaume. Nous rencontrâmes cnviron à deux lieués de la Rochelle 2 deux
conduifoit
Capucins avec un pailan qui & d'audeux ânes chargez de bouteilles,
tres munitions de bouche. Ils prierent
Me Guillaume de dire aux Capucins qu'il &
trouveroit de ne fc point ennuyer 2
qu'ils faifoient toute la diligence poffible
pour les joindre.
c'eft un
Nous arrivâmes au Rocher, moitié
cabaret fur le bord de la mer, à
chemin de la Rochelle à Rochefort. J'y
defcendis pour m'y rafraichir & laiffer
étoient venus
repofer nos chevaux qui
dans
fort vite. Je fus fiurpris de trouver
la premicre falle quinze ou feize Capu- &c
cins affis avec beaucoup de modeftie, faluer.
en filence. Ils fe levérent pour me
Une cafaque de camelot noir qui couvroit en partic mon habit blanc, avec un
homme de fervice à ma fuite, les trompérent. Ils me prirent tout au moins pour
Abbé de Prémontré. Jentral
TE la feconde falle, où je trouvai un
vénerable Capucin à barbe longue &
blanche, la tète & le cou enveloppé de
ferviettes, qui fe promenoit tout feul.
Nous nous faluâmes : on apportadn vin, il
je luien fis préfenter par Guillaume,
Avj
it en partic mon habit blanc, avec un
homme de fervice à ma fuite, les trompérent. Ils me prirent tout au moins pour
Abbé de Prémontré. Jentral
TE la feconde falle, où je trouvai un
vénerable Capucin à barbe longue &
blanche, la tète & le cou enveloppé de
ferviettes, qui fe promenoit tout feul.
Nous nous faluâmes : on apportadn vin, il
je luien fis préfenter par Guillaume,
Avj --- Page 74 ---
I2 Nowveaux
1693. bur après quelques Payager Aux Hes 1
liâmes enfemble enémonies, &
Je crûs
une coivetfation latine, nous
étranger, que c'étoit quelque
mais je ne
Provincial
que ce ficle Géneral des ur'imaginai jamais
montâmes à
Capuicins. Nous
fez près d'une chevalapres heure. nous BurerepoNous trouvâmes
HeCapecinqui ils
ivenoient de
m'spprirent que c'étoit leur Rocheforrs
devant quej'avois vi au Rocher; ils Géneral
la fon de lui, & il devoit faire alloient au
entrée dans la ville.
ccj jourY Jallai faluer M. de
que je fus arrivé;
Mauclerc aufli-tôr
nance de
; il me donna l'ordonfaires
450 écus, & les ordres nécef.
P. Daftez Pour nous embarquer:
& moi fur lc Vaiflean fçavoir, le
lOpinitre: les
: les Peres
de Roi
fur la Flute de Roi Romanet & Charres Martelli, Seré & du la Loire : les Petre Flute de
May furune au-
& les Peres Roiapellée Gaffot &
la Tranquille ,
Frere du Mortier du Homeelavec le
chand. J'allai enfitite fur un Vaiffeau Marqui me remit au
chez lc Treforier,
Entrée un peu hors de lap lendemains de-la je fus
d Géné. du Géneral des porte pour voir
ral des Douze
Capucinsen
l'entrée
Capu.
Capucins
voicil'ordre.
Roche. cins à marchoient deux éroient à
à la tête > ils
fort,
deux le
4 main, & le capuchon de
bâton à la
campagne aw
'allai enfitite fur un Vaiffeau Marqui me remit au
chez lc Treforier,
Entrée un peu hors de lap lendemains de-la je fus
d Géné. du Géneral des porte pour voir
ral des Douze
Capucinsen
l'entrée
Capu.
Capucins
voicil'ordre.
Roche. cins à marchoient deux éroient à
à la tête > ils
fort,
deux le
4 main, & le capuchon de
bâton à la
campagne aw --- Page 75 ---
1 Françoifes de FAmbrique.
brass fuivoit un grosde. fept ou huit Ca-1693.
qui enrouroient la mule blanche
pucins fur laquelle étoit le Géneral, la bride &
les étrivieres étoient de corde, avec deux
planchettes qui fervoient d'épetites triers: cettc mule étoit conduite par deux
furent les
Freres au chapeau > qui
premiers que jculfe vûs de cette efpéce. les
Le Provincial marchoit enfuite entre
deux Secretaires de campagne du Génefal, dix Capucins deux a deux les fuivoient, & étoient fuivis de deux mulets,
dont les couvertures fembloient avoir
fervi à des manteaux 5 ils étoient conduits par deux Freres Capucins : une alttre troupe de neuf ou dix Capucins marchans (ans ordre, fermoit la marche.
de fuivre ces bons PeJe me difpenfai de Me Guillaume qui
res; mais Jappris
eut la curiolité de les accompagner, que de
le Géneral étant defcendu ila porte
lui préfenta la Croix &
leur Eglife,on
avoir adoré le
l'Eau-benite, & qu'après
Sacrement, il s'étoit affis fur un fauS.
devant le
Autel, où tous les
teuil
lui vinrent grand baifer les mains, &
Capucins
de dévots & de dévoaprès eux quantité
tes de fon Ordre. lendemain matin à bord de
J'allai le faluer M, de Sainte Marie qui
l'Opiniatre --- Page 76 ---
14 Nowveane
1693. cn étoit
Fyeger ANx Hles
que je pallaffe Capitaine, far fon & le prier d'agréer
compagnon. Il me dit Vaifleau avec mon
plailir, & que
que cela lui faifoit
coup de
quoiquily eût déja
afin
pailigers s ilf feroit fon beauque nous fullions
pollible
te recevoir mon
bien. Je fus enfuiremercié M. de Mauclere, argent 5 & après avoir
cheval pour retourner à la , je montai à
arrivai d'aflez
Rochelle. J'y
de mon
bonneheure, fort content
voyage; ; mais je trouvai tous
Milionnaires en
nos
un différent avec derdire-iniancenre les
eu
vent pendant mon Religieux du Coule fajer.
abfence, > dont voici
Le Couvent étant
forrincommoder
pauvre fe trouvoit
y venoient attendre par les
Les
leur
Mtiltonareomet
après Supérieurs y firent embarguement enfin attention
que la besucomp Miflion d'années, & on convint
jour pour chaque payeroit douze fols par
arréteroir, outre la Millionnaire Melle
qui sy
reà la décharge du
qu'il devoit diou dix ans que ce Couvent. Depuishuit
on avoir toujours réglement avoit été fait,
les vivres étant étéallez d'accord. Mais
néc que lc pain devenus valoit fi chers cette anfols la
à
livre, 3 le vin & julqu'a les
cinq & fx
proportion, la dévotion autres dentées
du peuple fc
payeroit douze fols par
arréteroir, outre la Millionnaire Melle
qui sy
reà la décharge du
qu'il devoit diou dix ans que ce Couvent. Depuishuit
on avoir toujours réglement avoit été fait,
les vivres étant étéallez d'accord. Mais
néc que lc pain devenus valoit fi chers cette anfols la
à
livre, 3 le vin & julqu'a les
cinq & fx
proportion, la dévotion autres dentées
du peuple fc --- Page 77 ---
* Frangoifes de PAmbrigue.
tellement refroidie quilne venoit 16934
trouva
à la Sacriftie pour les Mef
point
qu'il falloit
le Couvent
ies;de
em
à la fabliftance a dix Religieux
pourvût moyennant douze fols par tèétrangers fuffiloit à peine
leur donre,cequi
ceuxqui
ner du pain,
Le
du CouCteE
étoient de Limoges.
Syndic & trouvois
vent nous en avoit parlé, n'étions je
qu'il avoitraifon; mais nous
parties capables pour faire avoit aucun été
au
qui
EE
ment
réglement
le P. Prieur fit
Enfin le jour quej je partis qu'il falloit abdire à nos Millionnaires
dans
folument trouver un tempérament les vivres enchécette affaire, parce que il In'étoit plus pofliriflant rous les jours, de les nourriravec une fi
ble au Convent dont même il ne recevoit
petire ils fomme furent affez mal-avifez pour fe
rien; retirer dans la maifon du fieur Boudor,
coucherent, ce qui auroit
ou la
du fcandale, file P.Prieur ne
caufé
CETT
leur avoit envoyé deux de fes Religieux &
leur dire de venir au Convent,
pour quandje ferois de retour on chercheque
contenter tout
roit un expédient pour quelques momens
le monde. J'arrivai
après qu'ils furent revenus 5 on m'apprit bien
fout ce qui s'étoit pallé, dont j'eus --- Page 78 ---
-
16 Nowveanx
1693. du chagrin. Je parlai Fayages anx HRes
fes Religieux
au Prieur & à.tous
raifonnables , qui érant extréniement
tion de chaffer n'avoient jamaisieu
nos
intenAtlmpantiten mais
miffaire
fatmeardtieasets
des Miflions, d'écrire au Comdonner de l'argent du > afin qu'il leur fit
concurrence des douze moins julqur'a la
les nourrir. Faccommodai fols pour aider à
différent, malgré
aifément ce
chand Boudor. Je donnai l'oppofition du Marpartie de l'argent
au Syndici une
compte de notre que j'avois apporté à
à tous nos Milionnaines. dépenfe, &cje fis ligner
quelaprès avoir certifié un acte par lcétoit le Couvent de
limpofibilincon
année pour douze nous fols entretenir cette
nous engagions
pari tète, nous
vez aux ifles de quand. faire. nous ferions arrid
pour obliger le
tous nos cfforts
Miflions
Supérieur Géneral des
remit le calme d'indemntler & la le. Couvent. Cela
de quelques uns de Paix que la vivaciré
difparoitre : & ce fut nos Peres avoit fait
nous, car en moins de un bonheur pout
nous tombâmes
cinq ou fix jours
aufli-bien que les prefque tous malades,
Iny eût que le P. Religieux du Couvent.
& le Frere du Mortier Prieur, le P." Daftez
leur fanté, 3 qu'ils
qui conferverent
employerentave beau-
la le. Couvent. Cela
de quelques uns de Paix que la vivaciré
difparoitre : & ce fut nos Peres avoit fait
nous, car en moins de un bonheur pout
nous tombâmes
cinq ou fix jours
aufli-bien que les prefque tous malades,
Iny eût que le P. Religieux du Couvent.
& le Frere du Mortier Prieur, le P." Daftez
leur fanté, 3 qu'ils
qui conferverent
employerentave beau- --- Page 79 ---
Franpoifes de PAmérique.
coup de zèle & de charité à fecourir les 16934
autres.
J'employai ile refte du mois à préparer
tout ce quiéroit néceffaire pour notre embarquement. Le 2 de Novembre M. dé
Sainte Marie m'écrivit que depuis qu'il
m'avoit parlé, on l'avoit chargé de tant
de palfagers, qu'illai étoit impoflible de
me donner pallage dans fon vaiffeau,qu'il
en étoit faché, maisqu'il m'en avertifloit
de bonne heure, afin quej je me pourviffe
d'un autre bâtiment. Cependant le tems
prelloit, carles Bâtimensétoient en rade,
& n'attendoient plus que le vent, & les
derniers ordres de la Cour; de forte
je fus obligé d'aller le lendemain à Rac
chefort pour parlerà M. de Mauclerc. Il
envoya aufli-tôt chercher M. de Sainte
Marie à qui il fit une mercuriale des plus
vives & malgré toutes fes raifons > il
l'obligea de
de me recevoir
dans lon tnpai puifqu'il lavoit déja reçû nos rations, & quil n'étoit plus tems
de chercher un autre embarquement. M.
de Sainte Marie promit à la fin de nous
recevoir; mais je ne jugcai
à propos
de m'embarquer avec lui; # craignois
avec raifon qu'il ne me fit payer la mercuriale
je lui avois procuréc. Je dis
ma dr à M. de Mauclerc, &c le priai --- Page 80 ---
18 Nowveanx
1693. de me donner un
AnS Mhes
quer
pour m'embrara
paifqu'il
remuateseimusir
P. Charles n'y avoit pas d'apparence compsgnon,
fa maladic; pàr embarquer, à caufe que de le
confencit, &
1C
Fordre
lui demandois. me donna
lendemain sfh la
Je revins le
M. de la Heronnicre Rochellesjallar trouver
re, qui je remis Tordre Capiraine de
dela Loiclerc. II me fit
M. de Mau-
& me promit le beaucoup dhonntterer,
ne vouloit rien avoir
mais comme il
de Sainte
difcurer
Eeri
il fouhaita Maric pour retirer nos ravec rations, M.
clerc, afin quil que fécrivile lui
à M. de Maudre au magazin de la permit dc les prenlc même jour, j'eus Rochelle, Jéctivis
avec l'ordre
réponfe lc lendemain
porraidM.. de que la je demandois, que je
tent, & moi encore Heronniere qui fut concet embarras.
plus d'ètre forti de
M. Le 6.j j'allai avec le P.
Chevalier qui
Martelly voir
quille; il nous mena commandoit à fon
la Tranpalsâmes la nuit & unc
bord, ou nous
vant, où après nous avoir Partie du jour fuinous ramena à la
bien régalé,il
Lc 10. on nous Rochelle. avertit
prêt à nous
de nous tenir
avoit lc pied embarquer, le P.I Daftez
marin, fc chargea de AlOl
forti de
M. Le 6.j j'allai avec le P.
Chevalier qui
Martelly voir
quille; il nous mena commandoit à fon
la Tranpalsâmes la nuit & unc
bord, ou nous
vant, où après nous avoir Partie du jour fuinous ramena à la
bien régalé,il
Lc 10. on nous Rochelle. avertit
prêt à nous
de nous tenir
avoit lc pied embarquer, le P.I Daftez
marin, fc chargea de AlOl --- Page 81 ---
Yrangoifes de PAmérigne. bord 19
nos coffres & nos matelats à
1693.
porter des vaiffeaux oû nous devions nous embarquer. Nous nous y rendimes fur le
foir. Maisle vent ayant changé, nous à
ffmes obligez de revenir le lendemain refterre 5 il n'y eut que le P. Gaffot qui de
dans fon
dont il eut fujet
ta
vaifleau, car la nuit fuivante il
fe bien repentir 7
Prefque
y eut une tempète épouvantable. étoient en rade s
tous les vaiffeaux fur leurs qui anchres, il y en eut
chafferent
saborderent, d'autres qui perdirent
qui leurs anchres. Les vaifleaux qui étoient
dans le port furent en danger ia & de
étoient moiillez entre digue
ceux & la qui chaine > il y en eut cinq ou fix
& brifez contre les
mt
furent les de jettez la ville. Le pauvre P. Gaffot fut
apporté à terre le14. pluss mort que très- vif,
la févre l'avoit repris d'une manicre trois
vive.Cependant ilen fut quitte pour
ou quatte accès. même
à la Rochelle
-II arriva CC
jour de Touloufe,
un Religieux du Couvent la Banniere.
appellé lc P. Jean-Baptilte les Ifles ou
Il avoit une Obéiffance pour de nos Mifil prétendoit être Procureur
anfions, l'ayant été pendant quelques foit
la
nées de fon Couvent. Mais
que
mer lui fit peur, foit qu'il eût reçil quel- --- Page 82 ---
20 Nomveae
1693. que elpérance d'ètre
aux Hes
te, ilsen
dans fon
ore
en fon
retourna quelques
pof
pays.
jours après
M. de Sainte Marie
nier un
avoir pour Aumd.
avoir Capucin, > qui tomba
reçû trois mois d'avance maladeapreis de
différentes pointemens, > & les avoir
fes apchofes pour
employez en
tre-tems embarafla fonulage. Cecon.
ne qui fe voyoir à la beaucoup veille ce CapitaiAumônier d'avance , ou de donner les de partir fans
à fes dépensac celui trois mois
Sembarquer avec lui. 11 crut quivoudroit fe
d'embarras en venant
retirer
cevoir dans fon vaiffean m'offrir de mne Icpagnon, fije voulois lni avec mon Comnier jufqu'aux
fervird'Aumo.
de les ofres, n'étane Ies;mais je le remerciai
pofer au
Pas d'avis de m'cx.
s'il venoit relentimenr à fe fouvenir qu'il pouvoit avoir
paffe, Lel
dece qui s'étoit
ment
faire P.Romanet paflerle qui ne Içavoit comloit mener aux Ifles perit garçon qu'ilvoumoyennant le pallage > de accepta le parti
Içi depuis qu'il avoit bien fon clerc. J'ai
mauvaife humeur de ce
fouflert de la
Le 17 je tombai
Capitaine.
fiévre continué avec malade. des
d'ane groffe
furieux, qu'on crut
redoublemiens fi
d'un voyage oû jc n'aurois que j'étoisd la veille
pas befoin de
avoit comloit mener aux Ifles perit garçon qu'ilvoumoyennant le pallage > de accepta le parti
Içi depuis qu'il avoit bien fon clerc. J'ai
mauvaife humeur de ce
fouflert de la
Le 17 je tombai
Capitaine.
fiévre continué avec malade. des
d'ane groffe
furieux, qu'on crut
redoublemiens fi
d'un voyage oû jc n'aurois que j'étoisd la veille
pas befoin de --- Page 83 ---
Françoifas de LAmérique.
vaiffeau, ou du moins que je tiendrois 1693.
compagnic all P. Charles, que fa maladie
obligeoit d'attendre un autre embarquement. Le Prieur & les Religieux
fc
trouverent en état de me
ere
pouvoir
rir, le firent avec toute la charité & toute
la tendrefle poflible. Mon mal diminua
confidérablement le 26. de forte que le
Samedi 28.leP.Daflez m'étant venu dire
devoit fans faute s'embarquer le
Tr & que ne me voyant
en état de
faire le voyage, il alloit hatre débarquer
mon lic & mon coffre; jele priai de n'en 6
rien faire, l'affurant
je me trouvois
allez fort pour. lui uLdee compagnie > &
que jefpérois que lair de la mer me
guériroit. En effers malgré tout ce qu'on
put me dire,, je me levai & me fis porter
a bord ddela chaloupe fur les quatre heures
après midi. Jy trouvai le R. P. Charles
Holley Téfuite,qui paffoit aufli aux Mif
fions des Ifles. Nous commençâmes dèslorsàlierenfemble une amitiéaufliérroite
que le vulgaire s'imagine qu'elle eft eXtraordinaire entre un Jéfuite & un Jacobin. Le friffon me prir dans la chaloupe:
Cc R.Pere me couvrit de fon manteau,&
le Lieutenant du fien, il me dura peu ;
nous arrivâmes au vaiffeau fur les fept
heures du foir, M. de la Heronniere mc --- Page 84 ---
22 Nomveaux
1693. voyant fort
Foyages aux Ies
dans le chaud rouge, de la > hévre, Parce quej'étois alors
portois bien & m'en
crut que je me
de de lui dire gu'ilf fe félicita. Jen'eusg gareu foin de prier le Licutenant trompoit, & j'avois
tres, de ne pas dire
& les allfon en venant; tant quej'avois eu le frif
me renvoyât à terre j'avois peur qu'on ne
un autre
attendre ma fanté &
bien,je einbarquement bis du vin & des Nous foupâmes
ou quoi je me fus coucher: a la liqueurs, après
l'on m'avoit
Sainse-Barbe,
commodément préparé mon lit fort
cntre deux canons,
CHAPITRE II.
Départ de la Rochelle, Morrdwn
fonmairer. La fotte eff
des Mip
tempite. Baptéme du leparte par une
fean perdfon gonvernail. Tropique. On vaif
mîmes al la voile
je me fus quelque tems
No
re-Barbe > LrE je dormis retiré a la Saintout le bruit qui fe fait fi bien malgré
cafions, que; je ne me en Ces fortes d'ocdemain fur les neuf réveillaiquel le lennous avions palfé le heures. Jappris que
& qu'on ne voyoit pertuis d'Antioche,
plus la terre, Je dinai
une
fean perdfon gonvernail. Tropique. On vaif
mîmes al la voile
je me fus quelque tems
No
re-Barbe > LrE je dormis retiré a la Saintout le bruit qui fe fait fi bien malgré
cafions, que; je ne me en Ces fortes d'ocdemain fur les neuf réveillaiquel le lennous avions palfé le heures. Jappris que
& qu'on ne voyoit pertuis d'Antioche,
plus la terre, Je dinai --- Page 85 ---
Françoifes de LAmérigue.
deux heures
la 1693*
avec appétit, > mais
après fi
fiévre me reprit avec des redoublemens
furieux, & qui fe fuivoient de fi près,
que les Chirurgiens jugerent que pour
cela continuât, il me faudroit
jerter peu que à la mer, M. de la Heronniere en
étéaverti, defcendit aufli-tôt pour
ayant
il firmettre destoilesautour de
me voir: il ordonna à fes Chirurgiens
mon lit;
foin de moi,.& à
d'avoir un très-grand
fon Maitre-d'Hotel de me faire apporter
ponchuellement tout ce que les Chirurgiens ordonneroient. Il me donna un
moufle pour me fervir, & demeurer jour le
& nuit auprès de moi, & pendant tout
été
de
le lit,
tems que y'ai
obligé fois garder le jour me
il venoit quatre Qu cinq
les aprèsvifiter, & palfoit quelquefois
midi entiéres avec moi. Je n'oublierai
jamais les bontez de ce génereux Capi- de la
taine 5 après Dieu je fuis redevable furent
vic & de la fanté à fes foins, qui
fifi heureux
la fiévre me quitta le
xiéme jour 3LS Décembre.
Notre Flotte étoit çompofée (
de trentevaiffeaux, &c une Corvette. Le vaiffept feau de Roip T'Opiniâtre de 44 canons 3
& de 200 hommes déquipage avec Ami- une
trentaine de paffagers, > étoit notre Il éroit
xal,8 nous feryoit de convoi, --- Page 86 ---
Nomveaux Voyages. Aux Ifles dit,
JC l'ai déja
par
1693. commaridé 2 comme Marie. La Flutte la Loire
M. de Sainte commandée par M. de
où jétois, étoit fon Lieutenant Sappella Heronniere, n'avions que vingt caloit Mallon: nous fûr percée pour
nons > qoiqwelle
dc bon
Tenses
rante > mais ils étoient de la fainte Barbe
puilque les dix-huit quatte livres; ily en avoit
éroient de douze livres, & le refte de
fix autres de Nous avions quatre - vingt
huit livres.
trente foldats de
hommes déquipages lesilles, & vinge-cing palfarecrue pour
sily avoit quatre Prègers, entre lefquelsi le R. P. Holley jéfuite Vaif- , le
tres, fçavoir
& cl'Aumônier du
P.Daltez & moi, bon Prètre Breton. La
fcau qui éroit un
autrement la
Flutte appellée la Souris, commandée par M.
Tranquille, elle étoit avoit environ quatreChevalier 5 tant de fon équipage que
vingt hommes
dix canons. Les Peres
de palipomanec & du May y étoient em- CaSeré, Martelly Me Guillaume à qui ile
barquez avec accordé le palage gratis.
pitaine avoit
étoient au Roi 5 clles
Ces deux Fluttes de munitions de guerrç
étoient chargées
des Mfles,
& de bouche pour les confidérable magazins d'armes
avec une quantité les foldats. Ily avoit en-
& d'habits pour
cOIC
dix canons. Les Peres
de palipomanec & du May y étoient em- CaSeré, Martelly Me Guillaume à qui ile
barquez avec accordé le palage gratis.
pitaine avoit
étoient au Roi 5 clles
Ces deux Fluttes de munitions de guerrç
étoient chargées
des Mfles,
& de bouche pour les confidérable magazins d'armes
avec une quantité les foldats. Ily avoit en-
& d'habits pour
cOIC --- Page 87 ---
Françoifes de LAmérigue. a 25- -
core une autre Flutte de Roi. deftinée 1693*
Cayenne. Deux Vaiffeaux Marpour chands devoient paffer le dérroit, trois
autres alloient en Guinée 1 & le refte à
la Martinique &c à la Guadcloupe.
Le 6 de Décembre, nos Pilotes
rent que nous étions à 60 licués
Seniner
parle travers des Caps. La mer étoit fort
groffe. Les deux Vaiffeaux qui devoient
paffer le détroit nous quitcerent, après
avoir falué notre Amiral.
Le 8,jour de la Conception dela fainle
prècha. Il dit d'ate Vierge, P.Holley
néceffaire
bord quil ne lui
pas
de la
de prouver que
Conception
eR
fainte Vierge avoit été immaculée, étant
perfuadé
avoit perfonne qui in'en
fut convaincu, quilny & qui ne fàt foumis à la
décifion que l'Egli(e avoit faite fur CC
Myftere. J'érois préfent , & on rematce prélude m'avoit choqué. On
qua
mon fentiment,
je ne
me Rncl
que
prier de dire, puic
me fis pas beaucoup
de IEque c'eft le fentiment commun
cole de S. Thomas. Je dis donc au Pere
Holley quilauroir été très à propos quil
cût rapporté la décifion de FEglife, fur
a
l'article dont il attribuoit la créance à
tout le monde > fans excepter aucune
Ecole. Qu'à mon tour,Jétois perfuadé
Tome I.
B --- Page 88 ---
NowveaNx Yoyages anx Ifles
avoit fulpendu fa décifion, d'orl'Eglife
contentée
1693. T s'étoit jufqu'à préfent
pas
donner à ceux qui immaculée, ne tiendroient de garla Conception fur cette matiere - > & de
Seri le filence
leurs Livres, ni dans
n'artaquer ni dans
le fentiment oppofé.
leurs Sermons 2 auroit fans doute été plus
Notre dialogue l'on n'étoit pas venu avertir
long; fi
que notre Amiral
M. de Ia Heronniere
faifoit un fignal.
ordonner à la CorA Ce fignal étoit reconnoitte pour
une voile qui
vette d'aller étoit très-bonne voiliere,
paroifloit, Elle qui étoit à près de
mais le Vaiffeau
eas
lieués au vent le retint toujours Cor-
- tre
dela Aotte en chaffantla fit
sapprocher on Tefpéroit, ce qui
vette comme
2E
FAmiral tira un coup de canon pour
rappeller, & remit en route. de la TranMort I Le IO nous approchimes de la voix, nous fçûmes
d'un quille à la portée éroit mort le jour précés
Mifionlc p. Seré
de canon
naire,
& que les trois coups fes funéE
tirez étoient pour
qu'on avoit
s'informerent de l'état
railles. Nos Peres
qui m'avoient
de ma tunt-Noroimien me'f faire voir, leur dirent
empèché de
de tous maux; &
jétois guéri
leur firent
CaRt
que
égivoque
cette réponfe
quille à la portée éroit mort le jour précés
Mifionlc p. Seré
de canon
naire,
& que les trois coups fes funéE
tirez étoient pour
qu'on avoit
s'informerent de l'état
railles. Nos Peres
qui m'avoient
de ma tunt-Noroimien me'f faire voir, leur dirent
empèché de
de tous maux; &
jétois guéri
leur firent
CaRt
que
égivoque
cette réponfe --- Page 89 ---
Francoifes de LAmérigue.
re que j'érois mort; il y apparence qu'ils 1693
pricrent Dieu pour le repos de mon ame.
Le mème jour notre Capirainc fit mettre le canot à la mer, & fut diner à bord
del'Opiniitre avec deux de nospalfagers.
En revenant fur lé foir, > ils penferent fe
perdre;i il furvint tôut à coup une bruine Tempd.
fi épailfe qu'ilsne pouvoient découvrirle tequifé. pate la
Vaiffeau, ilsle trouverent enfin à la fa- Hlotre,
veur des coups de canon que nous tirions
de momentà autre, Prefqu'aufli tôt qu'ils
furent embarquez il s'éleva un vent terrible qui dura toute la nuit, &
tout le
prefque
lendemain avec la même bruine,
les Vaiffeaux furent obligez de mettre
dcs fanaux, & de rirer du canon de peur
de s'approcher les uns des autres, > & de
s'aborder.
Le Samedi 12, le beau tems étant revenu; , notre fotte difperfée fe réinit à la
réferve de notre Amiral, qui ne fe trouva
plus. Nous cràmes qu'il étoit allé à Madere dont nous n'étions pas fort éloignez > les vents de Sud Oiieft nous y
ayant portez ; mais comme nous avions
ordre de ne point nous écarter de notre route nous la pourfaivimes, & 110tre Capitaine devint l'Amiral de toute
la flottc.
Le Dimanche au point du jour rnous déBij --- Page 90 ---
Nowveanx Foyages aux L'un Ipes étoit aut
couvranies 28
deux Bacimens, & l'autre un
1693. vent de toute la fotte, de peine t3
fous le vent : onn'eur étoient pas Saltins 3 ils Pounoitre qu'ils dix-) huit ou vingr canons,
voient avoir
à un Vailleau Marchand ceOn fit le lignal
pièces de challer
vingehuir
que
quiawois étoit lous le vent > pendant comme il
li qui chaflions l'autre 5 mals
avoit
nous
que nous & qu'il touétoit plus E vent, il le conlerva remettre a
Navantage obligea ainfi de
jours & nous avoir rappellé le Vailleau de
la roure, après qui n'avoit pà sapprocher 0
vimes enMarchand chaffoit. Nous les
ils
celui qu'il
au vent ,
femble tout le lendemain nous les perdiencore le 15:
parurent de vuë fur le midi. Vaiffeaux de
mes mème jour les trois tà
Le
& la Flutte qui alloit devint Cayenne bon
Guinée,
Le vent qui
route 2
nous quiterent ht.
à notre véritable la Rotte.
nous mit porter la joye dans toute
> &
çe fe beau tems dont nous jotlifions recevois de
tiaitemens que je
les bons
me remirent il prom- ne me
M.de la Heronnieres fanté parfaite 5
en une
maladie que
ptement reftoit plus d'une fi grande & les
Notre équipage du
la foiblelle.
EE
éroient très-contens
gers
,
Le vent qui
route 2
nous quiterent ht.
à notre véritable la Rotte.
nous mit porter la joye dans toute
> &
çe fe beau tems dont nous jotlifions recevois de
tiaitemens que je
les bons
me remirent il prom- ne me
M.de la Heronnieres fanté parfaite 5
en une
maladie que
ptement reftoit plus d'une fi grande & les
Notre équipage du
la foiblelle.
EE
éroient très-contens
gers --- Page 91 ---
Francoifes de PAmériqne.
Il'aimoit la paix & la joye, & ilavoit un 1693foin tout particulier que les fains & les
malades fuffent bien traitez. Nous étions
douze àfa table parfaitement bien fervie, & avec beaucoup de propreré. Dès
le premier jour il nous marqua nos
& nous
de ne les
PAcLIC
ces,
pria
point
ger, afin que les domeftiques nous rendiflent toujours les mêmes ferviettes que
l'on changeoit deux fois la femaine, Il
avertit tous ceux qui mangeoient à fa table, d'avoir
les quatre Eccléfiaftiques qui entera dans le vaiffeau, tout le
refpect & toute la déférence poflible. Il
recommanda très-fort la même chole à
léquipage. Le P. Holley & moi étions
allis al'arriere du vaifleau entre le Capitaine & le Lieutenant. L'Aumônier 86
mon compagnon vis-à-vis de nôus étoient
entre f'Ecrivain & le Chirurgien Major 2
pallagers rempliffoient les deux
Bar de la table ; c'étoient Meflieurs
de Milice de la MartiRoy , Capitaine
de Flibufnique , Kercoue, Capitaine
tiers, Ravari &c Gagni, Lieutenans dans
les Compagnies Franches de la Marine.
L'on faifoit la priere affez matin,après dans Repas le
laquelle les jours ordinaires, P'Aumonier vaifleau,
ou mon compagnon difoit la Meffe. Les
Dimanches &c les Fêtes nous la difions
B 11) --- Page 92 ---
30 Nowveaux
Aux
1693. tous quatre quand Troyager le tems le Ihes
Aufli-tôr que la Meffe étoit permettoir.
mettoit à table
Anie. on fe
voit ordinairement pour déjeûner. On ferpâré avec un
un jambon 1, ou un
du beure & du ragoût, ou une fricaflée,
très-bon
Tromage, & fur tout de
foir. L'on vin, & du pain frais matin &
avoient
dînoit après que les Pilotes
Plis hauteur,
qu'ils avoient obfervé cetl-dire, la hauteur après
leil à midi, ce
fait connoître du foteur du pole Catie lieu où l'on eft la hauLc dîner étoit compofé d'un
arrivé,
tage avec le boiilli qui étoit grand pod'une volaille , une poitrine de toujours .bauf
d'irlande,du petit falé, & du
ou du veau frais, accompagné d'une mouton
caffée de poulets, ou autre chofe.
frivoit ces trois plats, &c on mettoit On à leur leRiare un plat de rôti, deux ragouts &
du falades; pour le deffert nous avions
fruits fromage, 2 quelques compotes, des
On fera crus, des marrons & des confitures.
peut-être fitrpris
tous les jours des falades, mais que je marque
de l'être quand on fçaura
on ceffera
bonne provifion de
que nous avions
pier, de creflon, & béteraves, de cornichons de pourfirs, & deux grandes caiffes remplies con- de
chicorée fauvage en terre 2 qui étoient
ffert nous avions
fruits fromage, 2 quelques compotes, des
On fera crus, des marrons & des confitures.
peut-être fitrpris
tous les jours des falades, mais que je marque
de l'être quand on fçaura
on ceffera
bonne provifion de
que nous avions
pier, de creflon, & béteraves, de cornichons de pourfirs, & deux grandes caiffes remplies con- de
chicorée fauvage en terre 2 qui étoient --- Page 93 ---
PICS --- Page 94 ---
anolin Crpece de
Tmrpa0t
pelclerard. -
Gobemouche:
a
Mabova.
E
--- Page 95 ---
Françoifes detAmbrigue.
jour & nuit par un fentinelle, de 1693.
gardécs les rats & les matelots n'y fiC
peur fent dommage. Quand nous eûmes
mangé une de nos caifles, 2 nous y femàdes
de laitués & de raves
mes
graines cûmes le plailir de voir croître
que nous
avant d'arriver à la Marti-
& de manger Ce fut ainfi que nous eûmes tounique.
jours de la (alade, 3 rafraichiffement
les n'eft pas indifférent dans
voyages
long cours. étoit à
près comme le
Le fouper
peu
diner; une grande
avec une poule
deux plats de
deux ragoûts,
ES
deffus, deux falades & le deffert ; &c comme
étions bien
de liqueurs on
nous
pourvûs Notre Capitaine en
ne les épargnoit pas. de
Aacons chacuné.
avoit deux caiffes
Maitre
Il sapperçie un jour quc fon s'étoit
d'Hôtel en fermoit une dont on
fervi, & en emportoit la clef, ill l'appella, & ayant fait ouvrir fes deux caves, il en jetta les clefs à la mer > en difant qu'il vouloit que fes liqueurs fuffent
à la difcrétion de tous cenx qui mangeoient à fatable, &
la précaution
les enfermer étoit
2 puifque
-
Tpenif
de
n'entroit dans la champerfonne bre. Un fi qu'eux bel exemple fut auffi-tôt fuivi
de tout le monde 2 nous ouvrimes nos
B iv.
ill l'appella, & ayant fait ouvrir fes deux caves, il en jetta les clefs à la mer > en difant qu'il vouloit que fes liqueurs fuffent
à la difcrétion de tous cenx qui mangeoient à fatable, &
la précaution
les enfermer étoit
2 puifque
-
Tpenif
de
n'entroit dans la champerfonne bre. Un fi qu'eux bel exemple fut auffi-tôt fuivi
de tout le monde 2 nous ouvrimes nos
B iv. --- Page 96 ---
32 Nowveanx
1693. caves, & en jettâmes AuX Mles
eut
clefs
Tart
ilny
que l'Ecrivain
ala' mer:
ta fous de mauvais
qui s'en cxempque fon économie prétextes; mais outre
rie, qui
l'expofa à une raillenos jeunes recommençoit a tous les
vrir fa cave, gens trouverent moyen
> & de
:
d'caude
remplir fcs flacons
liqueurs mer,aprés à
en avoir diftribué lcs
Jeu d'échecs léquipage. a la
J'avois achcté un
Roy qui y joitoit un Rochelle, Monfieur
chever de le lui
peu, me pria d'avoulurent aufli apprendre - 3 les autres
pour contenter y joiier 5 de forte
pentier fut
tout le monde, le TCRle
pir deux autres obligé d'en faire comme il
école dans les heures jeux, & moi d'en tenir
après ler repas.
de nos récréations
bannis de notre Lesjeux de cartes étoient
Chef ne les aimoir petite république. Le
les difpures qui arrivent pas, & vouloit éviter
& quiauroient pù troubler ordinairement,
nous joitiflions.
la paix dont
école Mais le jeu d'échecs ne fut pas la feule
de la Heronniere queje fus obligéde tenir. Monfieur
à la Sainte Barbe, m'ayant ou
trouvé un jour
que leçon de Géométrie je donnois quelme pria deluien
aux Pilotes, >
jelc
enfeigner les
cisavecplaift le refte du principes:
voyage, --- Page 97 ---
Françoifes de LAmtrique.
je le mis en état d'étudier fans Maitre 1693.
quand nous nous quittâmes. Mellieurs
Roy & de Kercoue érudioient aulli;, de
maniere que la journée étoit toujours
trop courte pour les différentes occupations qui la partageoient. Car quoique
je mel levalle au point du jour, T'heure du
diner étoit arrivée avant que je m'en
fuffe apperçà : la Priere, 3 le Bréviaire, la
Mefle, le déjetner, un peu de promenade farl le gaillard,1 la lecture, la leçon
de Géometrie m'occupoient faccellivement ce tems-là. Onj jolioit une heure &
quelquefois davantage après diner, je
faifois enfiite le Caréchilme aux Mouffes & aux Matelots. L'Aumônier ayant
bien voulu fe décharger de ce foin fur
moi depuis que j'avois recouvré ma fanté, Pheure du Bréviaire, de la leçon de
Géometrie, 3 & la leéture nous entretenoient jufqu'à la Priere commune. On fe
promenoit pendant le fouper de l'Equipage > nous foupions enfuite 2 puis on
joitoit aux échecs, ou bien nous allions
fur le gaillard voir danfer les Matelots.
C'étoit ainfi que nous paflions le tems
jufqu'àla Priere qu'on faitavant de changer le quart > après quoi quand notre
Capitaine n'étoit point dc quart nous allions nous repofer; car quand il le faiB V
entretenoient jufqu'à la Priere commune. On fe
promenoit pendant le fouper de l'Equipage > nous foupions enfuite 2 puis on
joitoit aux échecs, ou bien nous allions
fur le gaillard voir danfer les Matelots.
C'étoit ainfi que nous paflions le tems
jufqu'àla Priere qu'on faitavant de changer le quart > après quoi quand notre
Capitaine n'étoit point dc quart nous allions nous repofer; car quand il le faiB V --- Page 98 ---
24 IVONUeAN
1693. foit nous lui tenions Yoyager AHx Ifes
une couple d'heures compagnie pendanr
quin'étoient
employées 2 &
pas mal
de chocolat
toujours
ou d'autres acompagnécs
bles.
chofes femblaLe Vendredi jour de
dit la Meffe de Minuit, Noël,1 le P. Holley
Heronniere, 3 tous ceux de Monficur la
de la
beaucoup de Matelots &
chambre,
munierent, après quoi Paflagersy comdéjeiner.Je disla Mefle ily du cut un grand
mon Compagnon la dit point dujour,
l'Aumônier fut réfervé après moi, &
que nous chanrâmes
pour la grande
defolemnite
avec; prelque autant
préchai
que dans une Cathedrsle.
après Vépres. Nous
Je
partagés entre nous trois nous étions
Fètes & les Dimanches
pallagers les
tour à tour
afin de
pour
prêcher
exercer notre minifterc. foulager lAumonier, &c
Nos Pilotes
.
teur que nous trouverent étions
par leur haudu Cancer, La folemniré fous lc tropique
mettre au lendemain la du jour fit reBap:ème.
cétémonic du
Bapté, On la fit le
le mc Tro. fous premier Pilote Samedi après midi. Notre
pique, avec une grande grotefquement de
habillé
& une carte
épée bois à la main,
ronné de douze marine devant lui, enviou quinze de fes Off- --- Page 99 ---
: Frangoifes de LAmbrique.
comme lui, hous envoya 1693.
ciers ajuftés
devant fon Trifommer de comparoitre cérémonies, entre
bunal. Après bien des
le
le P. Holley & moi, à qui palleroit lui.
premicr, le fort décida que ce de feroit la HeMonfieur
Il eut pour parain fut de retour on me
ronniere. Après qu'il
voulut envint chercher. Le Capitaine trouvai le Picore être mon parain. Je
lote avec fon cortége aflis fur une efpéce
de thrône couvert. de peaux de moutons;
il avoit fes Officiers à fes côtez, & particuliérement (on Secretaire
enregit
l'on
après
Ates
troit les préfens que avoit devant lui a
avoir été bapti(é. ily
d'eau de mer
une grande cuve pleine fer
fur les
avec une pince de
appuyéc
me
bords : ce fut fur cette pince qu'on
fit alleoir 5 & après m'avoir fait mettre Pilote
la main fur la carte marine que le exéde faire
tenoit, on me fit promettre
cuter cette cérémonie-de tout mon poule tropique
voir à ceux qui pafferoient
une autre fois avec moi. Quand jeus
fait la promeffe , le Pilote fe leva graveà mon parain quel
ment > &c.demanda donner. je fus nomnom il vouloit me
rocher
remé le Prefcheur. C'eft un
qui
un Prédicateur en chaire > qui
préfente
confien a donné le nom à un quartier
Bvj
oit, on me fit promettre
cuter cette cérémonie-de tout mon poule tropique
voir à ceux qui pafferoient
une autre fois avec moi. Quand jeus
fait la promeffe , le Pilote fe leva graveà mon parain quel
ment > &c.demanda donner. je fus nomnom il vouloit me
rocher
remé le Prefcheur. C'eft un
qui
un Prédicateur en chaire > qui
préfente
confien a donné le nom à un quartier
Bvj --- Page 100 ---
36 Noriéanie
1693. dérable de la Fojagis aux
lote
Martinique. ate le Pidans s'approcha une tafle de moi, il prit de l'eau
front avec le bout d'argent, du & m'en mir au
s'étant remis far fon doige t, après quoi
da ce que je donneroisal trône, il me demandonnai trois écus
lacompagnie. Je
& pour moi, avec pour mon
fix
un barillet compagnon
pots d'eau de-vic
d'environ
và a la Rochelle dontjem'érois pourme ramena en cérémonic pour cette occafion, On
Mon
fur le gaillard.
Lieutenant compagnon lui
fat conduit enftite, le
traita comme on fervoit m'avoit de parain, > on lc
ramena avec la même traité, 2 &c on le
L'Ecrivain
civilité,
e
faifoit rousfescfforts qui devoir paffer après nous,
comme il s'étoit pour s'en exempter,
mer les clefs de fa cxempté de jetter àla
marcher. Le fieur cave; mais il fallut
bufticr gui paffoit Kercoue Capiraine Flirain. Il vit bien avec nous, fut fon
puis les pieds qu'il alloit être lavé R
compofer quand julqu'a il fit la tête 5 il voulut
huir répondit
fur la Pince, on
nérofité, Il qu'on fut s'en remetroirafa gé.
Eaeufs: c'eft une nommé le Morne aux
nique aveclaqu elle montagne il
de la Martipar fa groffeur &
limpatifoit fa
aflez
beltiale. LcPilote par
phyfio nomie
delcendit de fon Tri- --- Page 101 ---
Frangoifes de LAmbrique.
37 -
bunal, & au lieu de lui jetter l'eau de 1693.
fa taffe fur la tète, il la lui jetta dans les
Ecriyeux, ce qui ayant la main obligéle dont pauvre il tenoit la
vain à lâcher
la
la porcer à fon vifage, >
F hete retirée dans le moment > & lui
poulle dans la cuve avec tant de juftefle
qu'on ne lui voyoit que la tète & les
pieds, tout le corps étant fous l'eau. Il
en
dans cet état un déluge, parcehune, les haubans, les
que
PE grande
bords du Vaiffeau & la chalouppe contre laquelle la cuve étoit appuyée s
étoient remplis de Matelots avec des
feaux pleins d'eau dont ils le laverent
pendant plus d'un quart d'heure. Il
crioit cependant , & juroit comme un
défefperés plus il juroit , & plus le Pilote ordonnoit de lc baptifer; au bout
de tout cela il fallut promettre quatre
Aacons d'cau-de-vie, fans quoi je penfe
qu'on l'auroit baptifé jufqu'à la Martinique comme il n'étoit aimé de
perfonne, que; parce on ne fc inettoit point en peine de demander grace pour lui.
Le Chirurgien Major qui vint après
lui, fut nommé laMontagne Pelée, > nom
convenoit très-bien à fa tête & à la
qui mauvaife perruque dont elle étoit ornée.
Il fut à peu près lavé comme I'Ecrivain.
ie, fans quoi je penfe
qu'on l'auroit baptifé jufqu'à la Martinique comme il n'étoit aimé de
perfonne, que; parce on ne fc inettoit point en peine de demander grace pour lui.
Le Chirurgien Major qui vint après
lui, fut nommé laMontagne Pelée, > nom
convenoit très-bien à fa tête & à la
qui mauvaife perruque dont elle étoit ornée.
Il fut à peu près lavé comme I'Ecrivain. --- Page 102 ---
38 Norveanx
1693. Le fecond
Fyuges anx Ifles
moins > peut-être Chinigien le fur un peit
vouloient prendre parce que les Marclots
comme il falloit le haleine pour laver
calle & le maitre Valet. Commis da fond de
journée fe paffa
Le refte de la
a la fin tout lc àce monde divenillement, oi
excepté nous autres
fe trouva lavé,
de bonne heure dans qui nous retirâmes
crainte dattraper
la chambre, de
lon jettoit dc tous notre part de l'eau
C'eft
côtcz.
que
la mer une pratique
dont
qui autorife tres-ancienne cette
fur
on ne Içair
cérémonie
Pour moije croi point au vrai
les Pilotes
qu'elle a cté T'origine.
s moins
établic par
ceux qu'on baptife pour faire fouvenir
Ligne ou du
, du palfage de la
curer quelque Tropique ,
pour fe
que
en
A
PREITEP
mettre Tulage fans
eft érabli il faur sy
cher les
réfiftance, & fans
FE
raifons, c'eft
en cher.
un Navire paffe
tle plus fir. Quand
la Ligne ou le
pour la premiere fois
taine à payer Tropique, fon
c'eft au Capiféguipage a droir dc bsprème, fcier
autrement
Le Dimanche
l'éperon,
foir un coup de vent 27. nous cûmes fur le
Ia jufqu'à minuir, Il fort violent qui duflottc.
difperfa toute notre --- Page 103 ---
Frangoifes de PAmbrigue.
Le Lundi nos bâtimens fe réunirent à 1693.
la . réferve de trois Vaiffeaux qui ne paru- Coup
c'étoit deux Marchands & la de vent
rent Flutte point, de Roi la Tranquille. Nous crû- Me f6- la
fait fervir leurs voi- flotte.
mes qu'ils avoient
les, & qu'ils avoient pris le devant.
Cela fe trouva vrai à l'égard des deux
Marchands ,. mais nous reconnûmes le
lendemain que nous nous étions trompés au fujet de la Tranquille 2 car nous
lapperçiumes au point du jour fort loin
fous le vent: > ayant un pavillon rouge au
grand mât. Comme c'étoit le fignal
demander du fecours, on fit
fiISEEE
gnal à toute la flotte d'arriver fur clle.
Nous la joignimes fur les neuf heures ;
nous fçâmes que pendant le coup de vent
du 27:. ils avoient reçû un coup de mer
fi furieux qu'il avoit emporté fon
-
yernail. On y envoya nos
$ La Tran
VoenEn
qui virent avec étonnement
la mer quille perd fon
avoit emporté non-feulement 3 gouver- gouver- nail,
nail, mais encore toute la ferrure qui le
tient attaché au Vaiffeau. On regarda
comme un miracle que l'arriere du vaiffeau ne fe fût pas ouyert par la violence
qui avoit été nécclfaire pour arracher
cette ferrure. On fit chercher dans toute
la Aotte desferrures pourséparer cC dommage; mais il fut impollible d'en trou*
étonnement
la mer quille perd fon
avoit emporté non-feulement 3 gouver- gouver- nail,
nail, mais encore toute la ferrure qui le
tient attaché au Vaiffeau. On regarda
comme un miracle que l'arriere du vaiffeau ne fe fût pas ouyert par la violence
qui avoit été nécclfaire pour arracher
cette ferrure. On fit chercher dans toute
la Aotte desferrures pourséparer cC dommage; mais il fut impollible d'en trou* --- Page 104 ---
40 Nonveanx
1693. ver qui fullent Voyages aux Hles
On paffa 3
éntierenent
à faire un cappe lc refte de la propres, journée
attacha comme gouvernail l'on par, leger que l'on
Vaiffean fat
& ce.pauvre
artimon
obligéde fc fervir de fon
gouvernail, pour aider à la foibleffe de fon
d'un Le 30. nous eimes le
Comme calme il qui dura près commencement de douze
lots fc
faifoit fort chaud, nos Mate- jours,
continuelle baignoient. de voir les C'éroit une fcene
bades qu'ils faifoient. fauts & les gamde la Heronniere far A la fin. Monfienr
ce divertifement obligé de deffendre
quien, qui fit conjechurer parce qu'on vit un Refeul dans ce
qu'iln'éroit pas
bien en couter parage, la vie > à & qu'il pourroit
nos acteurs.
quelques-uns de
1694. Le Vendredi
Jan-1694 nous fiimes premier jour de l'année
vier, notre
dès le matin faluer
ne annéc, Capitaine, Les
& lui fouhaiter la bonlc faltierent de Vaiffeaux leur
de notre flotte
Ier quinze coups de artilleric. Il fit timercier tous à la fois. canon La pour les reCapiraines vinrent à
pllipare des
dirent la Melfe, & on bord, les
ils entenNos Matclots avoient retint 1 dîner.
& d'autres poiflons
pris dcs Dorades
que Monficur de la --- Page 105 ---
Françoifes de 1. Amérique.
Heronniere leur payoit toujours fort g6-1694
néreufement.
Le lendemain notre Capitaine nous
donna fon Canot pour nous porter à
bord de la Tranquilles il cft impoffible
d'exprimer la furprife où le Capitaine &
nos Peres fe trouverent quand ils me
virent 3 ils mc croyoient morts depuis
un mois, lajoye denous revoir fut grande, nous pafsâmes toute la journée fort
agréablement; fur lc foir le Canot nous
vint chercher 2 il apporta un. billet de
Monfieur de la Heronnicre qui prioit
le Capitaine & nos Percs de venir diner
chez lui le jour fuivant.
Le Dimanche Monlieur Chevalier &
nos Peres ne manquerent pas de venir à
notre bord,ils y pafferentlajournée, on .
leur fit grand chere, en s'en retournant
Monfieur dc la Heronniere les pria de
venir faire les Rois avec nous ,7i le
tems le permettoit.
Le Mardi 5. veille des Rois, où l'on Kois Fé:e des cé.
a accoutumé de couper le gâteau, le lébrée
Capitaine de la Tranquille fe rendit à fur route, la
bord avec nos Peres. Ily vint auffi d'autres Capitaines & des paffagers que
Monfieur de la Heronnicre avoit invitez, de forte que nous nous trouvâmes
vingt-quatre perfonnes. On fit la priere
le
tems le permettoit.
Le Mardi 5. veille des Rois, où l'on Kois Fé:e des cé.
a accoutumé de couper le gâteau, le lébrée
Capitaine de la Tranquille fe rendit à fur route, la
bord avec nos Peres. Ily vint auffi d'autres Capitaines & des paffagers que
Monfieur de la Heronnicre avoit invitez, de forte que nous nous trouvâmes
vingt-quatre perfonnes. On fit la priere --- Page 106 ---
42 Nomveane
1694. du foir de bonne
ans Hles
tageimes en
nous
ceare
qui étoit fur le deux tables fous nous la parteau avec les gaillard. On tira le tente
féve échût à cerémonies
gaMonficur
notre Capitaine, ondinairersia
Marchands Chevalier & les Aufli-tôr
à leurs Vaiffeaux envoyerenr une Capitaines
falier cette
pour leur ordonner chalouppe de
neroit le Royauté quand on leur dond'heure lignal; de forte
levez aprés tous ces Mellieurs qu'un quart
Roi, pour boire à la fanté du s'étant
nous fimes
nouveau
coup de boëte fiarpris d'entendre un
chalouppes qui qui parroit d'une des
tre Vaiffeau éroient à T'arriere de
charges du 3 ce lignal fut fuivi des noavoient été canon des Vailleaux dé
ne manqua pas avertis de > aufquels le nôtre qui
Le beau tems & répondre. la
vitoient à la joye. Monficur bonne chere inronniere fic doubler la
de la Hetout léquipage, & fit donner ration de vin à
vingt Pots de fon
quinze ou
&caux équipages des cau-de-vie à fes gens
Capitaines éroient à chalouppes bord
dont les
diftribuer à fes
; ilfit encore
ce qu'on delfervoit Officiers des Mariniers tout
forte qu'on peut affirer deux tables; de
Royauté n'a été célebrée que jamais
fur mer avec --- Page 107 ---
Frangoifes de LAmérigne.
plus de joye & plus de pompe. Les ca- 1694nonades accompagnoient les fantez 5 &
comme ils'en bivoit beaucoup, on confomma beaucoup de poudre. Nous nous
retirâmes le Pere Holley & moi far les
dix heures afin d'être en état de dire la
Melle le lendemain > car P'Aumônier
crut qu'il étoit de fon devoir de faire les
honneurs de la maifon de fon maitre 5
& comme il étoit Breton > & qu'il fe
trouva parmi les conviez des gens de
fon pais, ils birent à l'envi à la fanté
de notre Capitaine-Roi , & la bûrent f
fouvent qu'avant la moitié du repas, ils
avoient plus befoin de dormir que de
boire.
Nos conviez fe retirerent chez eux
long-tems après minuit , on leur fit
une décharge de canon quand ils partirent, à laquelle ils ne manquerent pas
de répondre quand ils furent arrivez à
leurs bords > ce qui mit fin à la cérémonie.
Le Mercredi jour des Rois nous dîmes
la Meffe le P.Holley & moi affez tard - >
parcc
tout notre monde avoit eu befoin re repos après la fatigue de la nuit
paffée. Nous apprimes qu'un Soldat de
recrué & un Matelot étoient aux fers 5
le premier pour avoir bleffé légérement
irent, à laquelle ils ne manquerent pas
de répondre quand ils furent arrivez à
leurs bords > ce qui mit fin à la cérémonie.
Le Mercredi jour des Rois nous dîmes
la Meffe le P.Holley & moi affez tard - >
parcc
tout notre monde avoit eu befoin re repos après la fatigue de la nuit
paffée. Nous apprimes qu'un Soldat de
recrué & un Matelot étoient aux fers 5
le premier pour avoir bleffé légérement --- Page 108 ---
Noteveaux Yoyagis aix Mhes
1694. fon camarade d'un coup de coûteau
bras, &c le Matelor pour avoir
att
à fon quart, , & avoir défobéi manqué
tiee-maltre, Je voulas demander au quiargrace, mais Monfieur de la Heronniere leur
m'affura qu'il avoit fait ferment de
pardonner jamais les
ne
qu'ils étoient convaincus blalphèmes > &
voir juré le faint Nom de tous deux d'apromit cependant
Dieu 5 il me
fers dans
qu'il les retireroit des
qu'ils feroient vingt châticz - quatre heures > mais
Le lendemain après auparavant. la Meffe le
telot fut attaché fur un canon
maçûr
3 ou il re+
de bouts quarante de - cinq ou cinquante coups
damné à
corde, > & le foldat fit concourir la bouline
Com- : On avoit attaché
féche.
ment fait cou-, on corde du gaillard
cet effet une
rir la
au
feante
bouline d'arriere , on dépoitilla le foldat gaillard de fon
féche. jufte-au-corps, & on le lia
le
du corps avec une corde par étoit travers
fée dans un anneau de fer qui
paflong dela corde tendue qui couloit le
ge étoit des deux côtez 5 de tout léquipaavec des garfettes à la main cette corde
petites cordes
: ce font de
fe fert
ferler plattes treffées, > dont on
courir pour
les voiles; il devoit
fcpt fois de l'avant à l'arriere du
Vaiffeau, & pendant fa courfe tous ceux
le
du corps avec une corde par étoit travers
fée dans un anneau de fer qui
paflong dela corde tendue qui couloit le
ge étoit des deux côtez 5 de tout léquipaavec des garfettes à la main cette corde
petites cordes
: ce font de
fe fert
ferler plattes treffées, > dont on
courir pour
les voiles; il devoit
fcpt fois de l'avant à l'arriere du
Vaiffeau, & pendant fa courfe tous ceux --- Page 109 ---
RPJCS --- Page 110 ---
page +5
Tome 1
Chien de Mer.
ot
Requiens - a
a --- Page 111 ---
Frangoifes de LAmérique,
qui étoient armez de garfetresles lui ap- 45
puyoient fur le corps. Nous demanda- 1694.
mes grace après trois courfes, notre Capiraine nous l'accorda. Je ne croi
qu'il eût envic de jurer le refte de la tra- pas
verlée, car ceux qui lui en firent faire
mieux. pénitence, > s'en acquitterent de leur
Le même jour nos matelots
un Requien qui depuis deux Ol prirene trois
jours ne quittoit point le Vaiffeau
eut alfez de peine à.le mettre à bord, ; on il
avoit plus de dix pieds de
c'eft le
même poiffon qu'on appelle long; a la Rochelle un Chien de mer, mais ceux
jy avois và n'avoient aul
pieds de
plus que tauc
longueur 5 fa peau eft rude
quand elle eft féche, elle reffemble af
fez au Chagrin; je croi que les Menuifierss'en fervent
polir leurs ouvrages: il a deux Caiboer à côté, & un alltre farle milicu du dos, fa queuc eft large, échanevée en croiflant, il a la tête
longue, > fa gueule eft à un bon
audeflous del'extrémité de fon
pied
eft armée de trois rangs de dents mufeau, elle
aigués & tranchantes 5 c'eft un fortes, animal
yorace, hardi & dangereux, qui
pleroit la mer fans la difticulré dépeuden mordre; cai la difpolition de fa qu'il a
gucu-
large, échanevée en croiflant, il a la tête
longue, > fa gueule eft à un bon
audeflous del'extrémité de fon
pied
eft armée de trois rangs de dents mufeau, elle
aigués & tranchantes 5 c'eft un fortes, animal
yorace, hardi & dangereux, qui
pleroit la mer fans la difticulré dépeuden mordre; cai la difpolition de fa qu'il a
gucu- --- Page 112 ---
46 Nowveawr
1694.le eft caufe
Froager anx
fur le côté qu'il faut qu 1l 1z renverfe
fuit, & ce pour attraper Çe qu'il
vent le loifir contre-tems à fa
donne aAEERE
On trouva dans fon proye de séchapper.
avoir jecté du Vaiflcan ventre tour ce qu'on
depuis
accompagnoit, > jufqu'à un qu'il nous
Charpentiers
avoir marteau du
tour de nous, > T s'en
bien rodé aufi près 6e 3 que nos
approcha à la fin
un thameçon
matelots lui
taché à une gros comme le jetterent atdage; il fut chaine de fer & à un
>
corSrtont
la piéce de Jard quelque -tems à confidérer
mais comme il qui vit couvroit Phameçon,
muer comme fi on eit qu'on la faifoit reil fe lança dellus &
voulu la retirer,
tant d'avidité. avala Thameçon avec
téms une partie qu'il de engloutit la
en mèmeaufli-tôr la corde afin chaine 5 on tira
Thameçon sacrochat, que la pointe de
que nous eiimes bien & cc fut pour lors
les élans & les efforts du plailir à voir
fc délivrer; quand il qu'if faifoit pour
de l'eau on lui
fut prefque hors
nceud coulant jetta une corde avec un
de la
quile ferra à la naiffance
queué, & avec
on le mit fir le
l'aide des palans
lui donna un
pont > où un matelot
les vertébres grand coup de hache fur
pour T'empécher de battre --- Page 113 ---
Françoifes de PAmbvique.
auffi furiculement qu'il faifoit fur le1694On falla quelques morceaux du
pont.
le Vendredi
mais
ventre pour
bon; croi
nous ne le trouvâmes pas
ESTHS
les Germons & les
que les Dorades >
avions en abonautres poifTons que nous de celui-là. A
dance nous dégolterent
notre défaut les matelots s'en accommodérent,
dixiéme le vent du NordLe Dimanche
Eft commença à fe faire fentir , & comme ily, avoit lieu d'efperer
deviendroit
fort, & quil
de durée,
TESE
puifquil plus commençoit avec la pleine Lune > & que nous étions dans les
où il fe trouve ordinairement, les
ECERE
taines des Vaiffeaux Marchands vinrent
prier M. de la Heronnicre de leur permettre de fuivre leur route, fans attendre la Tranquille que nous étions obli!
comgez de convoyer > alléguant qu'ils &
le
mençoient à manquer d'eau, >
que
retardement quc ce Vaiffeau apporteroit
à leur voyage s leur feroit d'un grand
préjudice. On leur permit de faire ce
qu'ils jugeroient à propos; 5 ils commencerent aufli-tôrà s'éloigner de nous après
avoir falué de leur canon,
Avant que notre fotte nous quittàt
ily eut un petit vaiffeau de Nantes qui
li!
comgez de convoyer > alléguant qu'ils &
le
mençoient à manquer d'eau, >
que
retardement quc ce Vaiffeau apporteroit
à leur voyage s leur feroit d'un grand
préjudice. On leur permit de faire ce
qu'ils jugeroient à propos; 5 ils commencerent aufli-tôrà s'éloigner de nous après
avoir falué de leur canon,
Avant que notre fotte nous quittàt
ily eut un petit vaiffeau de Nantes qui --- Page 114 ---
48 Nowveatx
aux Iptes étant
de nous.
Capiraine
EMTNTIO
1694 sapprocha à bord fit préfent au nôtre d'une
yenu Dorade qui avoit plus de fept pieds de
& le pria en mème-tems de lui
long >
d'eau & de bois, fon
donner un peu cônfommé toute la
équipage ayant avoit faite. M. de la Ae
vifion qu'il en donner deux
furonnierc lui fit
grolles
tailles d'eau avec la moitié d'un mou-
& lui confeilla de mettre le feu
ton 2
de canon de bois qu'il
à quatre piéces
les deux de
avoit, & de ne garder que d'une livre de
fer qui pouvoient être leurs provilions de
balle. Il falloit'que fulfent bien médiocres 2
bois & d'eau avoient confommées en Gi
puifqurils les
de tems, n'étant que onze perfonpeu
Bâtiment
à un Marnes. Ce
appartenoit
chand nommé Viau.
le
La Dorade eft fans contredit
Figure
la
ileft de la beau
de mer; quand fiar un fond
Dorade, l'eau tres paroit couvert d'or
verdjila des grands yeux rouges & pleins fa
de fcu, il eft vif & trèsgournand; féche
chair eft blanche, ferme, un peu
à la verité, mais d'un très-bon fauelle a
:
elle eft meilleure quand
cinq ou fix
poudrée de gros Tel pendant
toute
heures, que quand on la mange morfraiche. La Dorade eft T'ennemie relle --- Page 115 ---
. Françoifes de LAmérique.
telle des poilfons volants, elle les chafle 1694.
avec une vivacité fans parcille, elle fe
laiffe prendre fouvent à leur apparence,
car iln'y a
licr deux
de
:
qu'à
plumes poule ou de pigeon à P'hameçon qu'on laifle
traîner alarriere du Navirc. La Dorade Poiffons
qui voit ces deux ailes, croit que c'eft volants.
un poiffon volant, & engloutit l'hameçon qui eft couvert d'un peu de toile
blanche > & fe prend ainfi en voulant
prendre les autres.
Nous perdimes de vue pendant la nuit
tous nos Bâtimens, > de forte quc nous
nous, trouvâmes feuls avec notre Tranquille, qui ne pouvant gouverner faifoit
des chapelles très-fouvent, & nous obligeoit d'avoir nos bafles voiles feriées, &
d'aller feulement avec nos huniers fur le
ton. On appelle faire Chapelle quand lc Ce que
Vailfeau vire malgré foi, ccla peut atri- c'eft que
ver ou par l'imprudence du Timonier Chapel. faire
qui laifle venir le Vaifleau trop au vent , le.
ou parce que le vent faute tout à coup
d'un rhumb à un autre, ou parce que le
gouvernail eft trop foible pour tenir le
Vaiflcau en fujettion ; de quelque maniere que cela arrive, s on cargue l'artimon > on manauvre fur le grand hunier , -& enfuite on évante l'artimon
pour aider au gouvernail, Quoique cette
Tome I.
C
udence du Timonier Chapel. faire
qui laifle venir le Vaifleau trop au vent , le.
ou parce que le vent faute tout à coup
d'un rhumb à un autre, ou parce que le
gouvernail eft trop foible pour tenir le
Vaiflcau en fujettion ; de quelque maniere que cela arrive, s on cargue l'artimon > on manauvre fur le grand hunier , -& enfuite on évante l'artimon
pour aider au gouvernail, Quoique cette
Tome I.
C --- Page 116 ---
Nowveanx Voyages aux IRles
5o voile foit la plus petite, elle n'eft pas la
1694. moins nécellaire ; fon ufage eft très-ancien, comme nous le voyons dans les
Actes des Apôtres Chapitre 27. verfet 40.
& fans elle un Vaiffeau quia un mauvais de fe
gouvernail ne pourroit manquer
perdre. La Flute la Tranquille étoit très-bon- les
voiliere. Quand o11 la prit fur
ne Hollandois, ily avoit environ deux ans 3
crûi la rendre excellente en
on avoit
fes mats & fa voilure; on
augmentant on en fit une charette qui
fe trompa donna 2 bien de l'exercice & retarnous
notre arrivée à la Martinida beaucoup
cette
Tranque. J'ai vii en 1701.
pauvre aul Cap
quille échotiée & abandonnée
François de S. Domingue. 26. il ne fe
Depuis ce jour jufqu'au 5 tout notre
paffa rien de confidérable
Ioin étoit de conferver notre compagne, elle
de l'attendre, ou de courir après les
tous les matins quand les marées ou
l'avoient effloté de nous.
chapelles
augmentit
Quoique ce rerardement
beaucoup! la dépenfe de notre Capitaine, &
diminua rien de fon ordinaires 5
il ne
lc lui confeillions, il réponquand nous lui fuffifoit d'avoir ue poule
doit, qu'il
il arriveroit aux Ifles. Il
de refte quand a --- Page 117 ---
Françoifes de PAmérique.
2e
avoit été autrefois Commiffaire en Ca-1694
nada ; une affaire qu'il eut avec quelEccléfiaftiques de CC pays-li, 3 lui
Rec perdre fon cmploi. Le crédit de fa
parentc Madame de Fromont, mere de
Madame la Maréchale de
lui
procura le Commandement ERL de
Loire
pour le fairc rentrer dans lc fervice de
la Marine, où fon inclination le portoit
plus qu'à cclui de terre.
J'ai dit ci- devant que nous avions
quatre pallagers, Meffieurs Roy > Kercoue > Ravari, & Gagni. Ce dernier
étoit uin Gentilhomme Picard > brave
& bien né,
la pauvreté avoit réduit
à fervir dans Compagnies dc la Marine en qualité de Capitaine d'Armes.
Une de fes faeurs Religieufe à faint Cyr
lui avoit enfin procuré une Lieutenance
aux Ifles, où il étoit venu avec le Marquis de Ragni > Gouverncur Général.
Qnelques dificultez qu'il eitt avec M. le
Comte de Blenac > fucceffeur dc M. de
Ragni, l'obligerent de partir fans congé
venir porter fes plaintes en Cour ;
Eae fut heureux d'y trouver de la protection, car fans cela il auroit été callé;, &c
peut-être puni. On accoinmoda fon affaire, il s'en retournoit avec promeffe
d'être avancé, comme en cffet il le fuc
Cij
ral.
Qnelques dificultez qu'il eitt avec M. le
Comte de Blenac > fucceffeur dc M. de
Ragni, l'obligerent de partir fans congé
venir porter fes plaintes en Cour ;
Eae fut heureux d'y trouver de la protection, car fans cela il auroit été callé;, &c
peut-être puni. On accoinmoda fon affaire, il s'en retournoit avec promeffe
d'être avancé, comme en cffet il le fuc
Cij --- Page 118 ---
Nowveaux Yoyages aux Mes
l'année 52
fuivante 5 on le fit Capitairie > il
1694: eft mort aul commencement de 1708. Port
lors Commandant au
étant
/
Paix Ea Saint Domingue, Créolle de lIfe Saint
M. Ravari étoit c'eft à-dire, né dans cette
Chriltophle il étoit , entré dans les Compaguies
Ifle;
de la Marine, après que les
détachées
challé les Trançois dc.
Anglois eurent
M. de
l'avoit
cette Ile en 1691.
Ragni "ous le bon
fait Lientenant fans il brevet," étoit venu en Franplaifir de la Cour :
&
mèce avec le fieur de Gagni retournoit pourles avec un
mes raifons 5 ils'en d'ètre avancé 5 on
Brevet, & promelfe
Sa Comle fit
deux ans après,
Capiaine étoit à S. Chriftophle en 1702.
pagnic les Anglois nous en chafférent >
quand & lui avoit été arrêté prifonnier contre où le
le droit des gens à Antigues 2 de faint
Comte de Gennes Commandant quelChriflophle : Favoit envoyé pour
que négociation. Kercoue étoit né à Paris, 2
Le fieur
fameux Teinturier
fon pere étoit un
étoit Hollandes Gobelins, & fa mere de la maifon
doife. Il s'étoit échappé de quinze ans : étant
paternelle à lâge s'engagea
pafArrivé à Dieppe,i
où il fse yenda
fer à faint Domingue ? --- Page 119 ---
Françoifes de I Amérigne.
5.3
à un Boucanicr avec lequel il paffa lei 1694.
tems de fon engagement. Il fit dans la
fuite le métier dc Boucanier, & puis il
alla en courfe. Il avoit rouléla mer du
Sud, & tout le Golfe du Mexique >
dont il connoiffoit tous les recoins ; il
s'étoit trouvé dans les plus fameufes entreprifes des Flibuftiers François & Anglois qu'il avoit commandez en qualité
de Capitaine : enfin s'étant trouyé à la:
Martinique, il s'étoit amouraché de la
fille d'un Confiturier nommé Loiiis, &
l'avoit épouféc. Cet établiffement l'avoit engagé à faire un voyage à Paris
pour y voir fa famille &sy faire reconnoitre, car il y avoit plus de vingt ans
qu'il n'avoit donné de fes nouvelles: il
revenoit aux Ifles avec des marchandifes & des projets pour faire la courfe.
C'étoit un trèsbrave homme, 2 fort fage, fort fobre, & qui auroit pà paffer
è.re fans défaur, > s'il n'eàr point
pour aimé le jeu jufqu'à la fureur.
M. Roy, Capitaine de Milice, Créolle
de la Martinique, > étoit fils de M. Jean
premier Capitaine & Doyen du
Confeil Roy : de la mème Iflc; c'étoit un jeunc homme plein de coelIr 2 qui avoit
fait des merveilles quand les Anglois
avoient attaqué la Martinique en 1692..
Cij
è.re fans défaur, > s'il n'eàr point
pour aimé le jeu jufqu'à la fureur.
M. Roy, Capitaine de Milice, Créolle
de la Martinique, > étoit fils de M. Jean
premier Capitaine & Doyen du
Confeil Roy : de la mème Iflc; c'étoit un jeunc homme plein de coelIr 2 qui avoit
fait des merveilles quand les Anglois
avoient attaqué la Martinique en 1692..
Cij --- Page 120 ---
3694. ia étoit Nomveanx aimé de Voyages aNx. Hfles
té des
tout
moufles gu'il lequipage, avoit C
foiietter prefque tous les foin de ETIE
Le Mardi 26. nous jours.
un coup de vent
ciimes fur le foir
tre chere
qui nous eflora de nonuit obfcure compagne & la
la Tranquille : la
rent fi bien perdre groffe mer nous la finous ne la pimes
, quc le lendemain
mes toute la
découvrir. Nous pafsipour tâcher de journée à faire des bordées
pendant la nuit Ia à trouver la
> nous fûmes
inutilc,
cappe > tout fat
CHAPITRE
III
Combat contre Hn Anglois.
Arrivée à la
Martign.
L E Jeudi 28. à la pointe du
découvrit un Vailleau, jour, on
que c'étoit celui
nous crâmes
grande joie, nous que nous cherchions :
tes voiles, nous
fur luia toula terre
afcontits
mème-tems, la
, & on reconnut
en
Martinique. Nos
que c'étoiz
rent ravis de
Pilotes far tout fuavoit huit jours cette découverte > il y
Ie, CC qui faifoit qu'ils fe faifoient à terpenfer à bien des
gens --- Page 121 ---
Françoifes de TAmérigne.
nous avions dépallé les Ifles pen- 1694.
dant que la nuit. Il eft vrai quileft très-dif
ficile que cela arrive, > mais il n'eft pas
abfolument impolilible.Jen dis une fois
ma penfée au contre - maître qui étoit
un très-bon marinier 5 je fçavois qu'il
faifoit fon journal en fecret
ne pas
donner de jaloufie aux
il m'afELE
fura que nous étions en route, mais
nous avions
Ant
les différens bords que
avoient
pour rejoindre la dans Tranquille P'eftime de nos
caufé du défordre
la
Pilotes : il me promit de m'avertir
veille que nous devions découvrir la teravoit
manqué, car le jour
re : iln'y
affuré
la
précédent, il FERavotr
qu'on
verroit fur le foir ou le lendemain de
grand matin, ce qui étoit arrivé.
à reNous ne fames pas long-tems
connoitre que nous nous étions tromau fujet du Bâtiment fur lequel nous
pez chaflions : nous vimes que c'étoit un
Vaifleau pour le moins aufli'gros tâchoit que de
le nôtre, bien frégaté > qui fit aufli-tôt Ce que
nous gagner le vent 5 on
que
branfle bas, c'elt-a-dire, qu'on fit dé-Fm faire
tendre les lits de l'équipage,
confif- branfe bas.
des
de
de fix
at
tent en
piéccs fur trois groife &c demi de larpieds de long,
coins fous
ge, artachées par les quatre
Civ
'gros tâchoit que de
le nôtre, bien frégaté > qui fit aufli-tôt Ce que
nous gagner le vent 5 on
que
branfle bas, c'elt-a-dire, qu'on fit dé-Fm faire
tendre les lits de l'équipage,
confif- branfe bas.
des
de
de fix
at
tent en
piéccs fur trois groife &c demi de larpieds de long,
coins fous
ge, artachées par les quatre
Civ --- Page 122 ---
$6 Nowveaux
Aux
1694. le pont. On prépara
Ifles
canon, 1 on
FaRe
porta fur le gaillard
apfufils
plufieurs caifles de
des Ifles que afin nous de portions aux. magazins
les joindre aux
armes du Vailleau, & quand menucs
prèt on fit la Priere, & on
tour fut
jeuner & à dîner
donna à détout enfemble à l'équipage, voiles s pendant qu'avec toutes nos
Environ dehors à
nous portions fur la terre.
cha
midi, ce Vaiffeau nous
à la portée du canon : nous appromes diftinétement
connûqu'il étoit de cinquante-quatre piéces, nous crûmes
nous attaqueroit dans le moment qu'il
comme il vit du canon
5 mais
& des fabords
entre les ponts
toit
fermez, il crut
une feinte
que c'étre Vaiffeau étoit pour l'attirer, & que noun Vaiffeau de
avec. lequel il n'y avoit que des guerre à
EDIRE : il vira enfin & fit une coups grande
fi nous hereg s'éloigner de nous, & voir
chafferions & faire un
ment plus affuré de ce que nous jugemais nous continuâmes
étions,
toutes nos voiles dehors. notre Il route avec
nous vers les trois heures
revira far
& une heure après il fe
après midi,
eaux environ
touva dans nos
la
une licué à notre arricre;
manceuvre que nous faifions en
tant à toutes voiles fur la terre, lui por- fit --- Page 123 ---
Françoifes de PAmérigue.
5,7
connoître que nous avions plus envie 1694.
de nous fauver que de l'attaquer, ce qui
le fit enfin réfoudre de nous tâter; il'le
pouvoit fur Pheure, , cependant il attendit jufqu'à la nuit. Jc ne fçai quel fut
fon morif.
Sur les fix heures nous eûmes un grain contre Com!: 3t
de pluye qui obligea de ferrer les armes un Vairfous le gaillard. On fit la Priere & on feau glois. Audonna à
léquipage; nous foupâmes
Comme nous avions rciETe
marqué que depuis près de trois heures
ce Vaiffeau ne nous avoit point hauffé >
c'eft-à-dire ? qu'il ne s'étoit
plus
approché de. nous > ce qu'on
enboit
a la hauteut du Bâtiment qui paroit plus
ou moins hors de l'eau, > felon qu'il eft
plus près ou plus loin, nous jugeânes
qu'il n'alloit pas mieux que nous > &
que confervant toute la nuit notre mème voilure 1 2 nous arriverions au point
du jour en lieu de fûreté.
Après fouper on fe mit à jouier aux
échecs, la Lune qui n'avoit que trois ou
quatre jours ne pouvant nous éclairer
beaucoup > avec le tems qui étoit à la
pluye - 2 de forte que nous eûmes bientôt une nuit bien noire. Déja léquipage commençoit à racommoder fes branles, quand les fentinelles qui étoient à
C'v
1 2 nous arriverions au point
du jour en lieu de fûreté.
Après fouper on fe mit à jouier aux
échecs, la Lune qui n'avoit que trois ou
quatre jours ne pouvant nous éclairer
beaucoup > avec le tems qui étoit à la
pluye - 2 de forte que nous eûmes bientôt une nuit bien noire. Déja léquipage commençoit à racommoder fes branles, quand les fentinelles qui étoient à
C'v --- Page 124 ---
Nowveanx Voyages Af Ines
5S
crierent : Voile, voile à bord de
1694.Fariere Le
fut abandonné > nous fornous.
jeit chambre & fûmes furpris
times de la
de
de voir ce Vaiffeau à un quart fe remit por- en
tée de canon de nous. On
falordre, & comme nous vimes qu'il ferla
loit néceflairement fe battre > on
les perroquets 2 & on ne fit fervir
avec
ARE
les quatre voiles majeures
il nous
momens après
mon. Quelques de canon, & crut nous époutira un coup
des fanaux à tous fes
venter en metrant en tira trois autres
fabords ; il nous à notre arriere 2 &
quand il fut prefque
il fut par notre
toute fa bordée quand
alors à
travers 5 nous commençâmes furent acfaire feu, nos premiers coups Vive le Roi,
compagnez de plufieurs des Anglois.
aux Houra
Cri des pour répondre
far la terre s &
Anglois Comme nous portions
nous
qui ré.
de nous la couper 2
pund 1 à qu'il tâchoit
à bord. Il reçût
worteVi fimes bien - tôt bord
de canon à
velekoi,
ce tems-là trois coups
A dans comme nous le fçlmes depuis de
l'eau, François de la Guadeloupe qu'il
quelques
de jours
avoit pris dans une barque peu
lui avoient appris qu'on
auparavant , qui &
le Vaiffean de
nous attendoit, étoit que allé au devant de
Roi I'Opiniâtre avoit
d'abord pour le
nous; il nous
pris --- Page 125 ---
Françoifes de PAmtrique.
Vaiffeau de guerrc, & n'avoit pas jugé à 1694.
propos de nous attaquer, mais s'étant
détrompé par la manceuvre que nous
avions taité 3 il avoit crû pouvoir gagner
quelque chofe en nous attaquant. cinNous avions quarante - cinq à
quante hommes à la moufquererie qui
avoient devanteux des piles de fufils tous
chargez qui firent un feu f vif & fi continhel >7 qu'en moins de trois
ils lui tuerent ou
tuleure
d'heures,
près de foixante hommes 5 cette perte
jointe aux trois voyes d'eau qu'il avoir,
ralentit beaucoup fa vivacité: il broiiilla fes voiles pour nous laiffer paffer devant lui, > nous y palsimes en effet, étoient &
fi près,
nos grenadiers du qui monde à
dans les Aumer lui tuerent
coups de grenade e; & fi nos piéces de
dix- huit qui étoient à la fainte Barbe
avoient tiré dans cC tems là, je croi
nous aurions été obligez de pècher
2er équipage 5 mais notre Lieutenant
qui commandoit entre les
ne
fon métier, ou
ERee
voit
e
point le vouloit
faire; car atl 'licu de
il ne
pas de la fainte Barbe,
faire fervir les piéces
les
& les fix autres qui étoient entre le mât
ponts, il s'étoit gabionné contre
d'artimon, & en avoit laiffé faire auCvj
croi
nous aurions été obligez de pècher
2er équipage 5 mais notre Lieutenant
qui commandoit entre les
ne
fon métier, ou
ERee
voit
e
point le vouloit
faire; car atl 'licu de
il ne
pas de la fainte Barbe,
faire fervir les piéces
les
& les fix autres qui étoient entre le mât
ponts, il s'étoit gabionné contre
d'artimon, & en avoit laiffé faire auCvj --- Page 126 ---
60 Nowveanx Yoyages devoient anx Ifles fervir"
1694. tant aux matelots qui Heronniere
fes canons. M. de la
furpris
faifoit
feu de fa batterie
qu'on ne
point
M. Kercouc qui penfa
baffe > % envoya vifage au Lieutenant, de > l'ayant
couper
matelot
s'étoit caché ;
pour un
qui
à A'ftribord,
TR fit jotier nos groffes piéces
l'Anglois après s'ètre racommonous voulut tâter de ce côré-là, 2
T
mais n'y trouvant pas mieux fon compil éventa fes voiles & fe mit de l'ate,
vant de nous. Commenouriantemspelne
de canon à notre avant > nous ne pouvions lui faire du mal, 8c d'ailleurs nous
voulions porter à route, mais il fit une
bordée & fe remit encore entre
petite
- être du
la terre & nous, faifoit jageant ECRA qu'il remal qu'il nous
par
mieux
cevoit de nous; il fat beaucoup été. Nos
reçi qu'il ne l'avoit encore
étoient échaufez par le feu, par
gens lc vin qu'on diftribuoit, & parce que
plus d'une heure & demie qu'on
depuis fe battoit nous n'avions etl que trois
bleffez de quelques éclats > fi légere- ils
ment
le premier appareil
> qu'après fur le
Nos batétoient remontez merveilles pont. ; le feu
teries joiierent par
être ni
de la moufqueterie ne pouvoit
plus vif ni plus continucl. Nous nous --- Page 127 ---
Frangoifes de LAmérigne.
6i
o
batimes de cette maniere une groffe de- 1694:
mic-heure, prefque bord à bord; nous
eûmes dans ce tems-là trois autres bleffez, beaucoup de boulets en bois 5 un
de nos canons eut fa volée emportée s
nos voiles furent criblées de. balles de
moufquet & de mitraille, parce que les
Anglois voyant lc dommage que leur
canloit notre moufqueterie > nous tiroient des facs de balles & des paquets
de mitraille pour éclaircir notre monde; notre mât d'artimon fut pércé de
deux boulets, dont l'un y demeura enchâffé. Enfin nous fûàmes furpris que le
Vaiffeau Anglois ceffa de tirer : nous
crâmes qu'il fe préparoit à nous aborder > nous nous préparâmes de notre
côté à le recevoir. Après quelques momens de relâche toujours bord à bord,
nous recommençames notre feu plus
vivement que jamais; le Capitaine des
matclots qu'on appelle Maitre dans les
Vaiffeaux Marchands > qui s'appelloit
Beliveau > s'avifa de mettre des pinces
de fer deffus lesboulets, cela fit un cffet admirable; en moins de rien notre
ennemi fut entiérement défamparé, &
fi nous avions
voir l'état où nous
l'avions réduit, R eft hors de doute que
nous l'cuflions enlevé fi nous l'eullions
vivement que jamais; le Capitaine des
matclots qu'on appelle Maitre dans les
Vaiffeaux Marchands > qui s'appelloit
Beliveau > s'avifa de mettre des pinces
de fer deffus lesboulets, cela fit un cffet admirable; en moins de rien notre
ennemi fut entiérement défamparé, &
fi nous avions
voir l'état où nous
l'avions réduit, R eft hors de doute que
nous l'cuflions enlevé fi nous l'eullions --- Page 128 ---
62 Nowveanx
1694. abordé, C'étoir Fojages le delir aux Hes
de tout l'équiquicrioit fans cefle:
>
Ee mais
Aborde,abornotre Capiraine étoit
prudent pour rifquer un coup de cette trop
il importance auroir
dans une nuit obleure 2 ou
trop hazardé,
toient Cependant comme nos voiles ne porpoint, parce qu'elles
tes criblées
étoient tous FAnglois
le
nous nous
gagna devant,
de la raifon apperçûmes un peu trop tard
qui nous rendoit prefque
immobiles; pendant
nous préfentâmes le qu'ony côté remédioit, ,
mes à conp de
> & le batfcanon dans fon arriere
fc pendant mit hors un fort long-t S tems, à la fin il
combat
de portéc, 2 & finit ainfi le
Vaifleau par de une retraite honteufe à 1IIX
contre une Flutte cinquante - quatre canons, 3
vingt.
qui n'en avoit que
Nous avions commencé à nous
tre devant le quartier du Macouba, batviron à deux licnès au
enfinîmes à la pointe du Précheur. large, > & nous
étions fi proche de terre la derniere Nous fois
que l'Anglois fe mit entr'elle &
que nos boulets y. portoient. Il nous,
neuf heures quand on tira le
étoit
coup, & nous n'achevâmes de tirer premier
plus d'une heure après minuit.
qu'à --- Page 129 ---
Françoifes de PAmérigue.
Ce Vaifleau, comme nous le fçûmes 1694le
il avoit
depuis, 2 s'appelloit
Chefter,
cinquante - quatre canons & deux cens
cinquante hommes d'équipage 5 il eut
trente-fept hommes tuez > & plus de
quatre-vingt bleffez, fon petit hunier >
fa grande vergue & une partie de fon
gouvernail furent emportez. Il eut comme j'ai dit ci-deffus trois coups de canon à l'eau, toute fon arcaffe , tous fes
hauts, fa chalouppe & fon canot furent
brifez 2 de forte qu'après s'être rajufté
coime il pûr fous le vent de la Dominique, il eut bien de la peine à retourner à la Barbade 3 oùt il porta la nouvelle du combat qu'il avoit foûtenu >
comme il difoit, contre un Vaiffeau de
foixante & douze canons 5 on peut juger quel effet produifit dans l'elprit des
Anglois la verité de CC combat, qu'ils
apprirent peu de jours après
le retour
d'un nombre confidérable
leurs gens
PLTE
qui avoient été pris par nos Corfaires, 8c
qu'on leur renvoya.
Les habitans de la côte avoient pris
les armes au bruit de notre combat s
tout 2 le monde craignoit avec raifon ique
nous ne fuflions enlevez, n'étant guéres poflible qu'une Flutte pût réfifter à
un Vaiffeau de guerre de cette force.
rirent peu de jours après
le retour
d'un nombre confidérable
leurs gens
PLTE
qui avoient été pris par nos Corfaires, 8c
qu'on leur renvoya.
Les habitans de la côte avoient pris
les armes au bruit de notre combat s
tout 2 le monde craignoit avec raifon ique
nous ne fuflions enlevez, n'étant guéres poflible qu'une Flutte pût réfifter à
un Vaiffeau de guerre de cette force. --- Page 130 ---
aux
M
64 Nouveanx Yoyages
Ies ceffé
Peu de tems apiès
nous etmes
1694. de tirer, on EN4E un canot qui nous
hefla, c'eft-à-dire, > nous appella, & qui
vint à bord après qu'il fe fut alluré qui la
nous étions. M. Roy avoit reconnu
voix de celui qui le commandoit 2 &
du canot avoient reconnu la ficnceux C'étoit le ficur Louis Coquet Lieune.
de la Compagnic du Prècheur 2
tenant s'étoit hazardé avec quatre hommes
qui découvrir lequel des deux combarpour étoit la Loire. Il monta à bord où
tans il fut très-bien reçà 5 il renvoya fur le
champ fon canot à terre qui revint une de
demie-heure après chargé d'oranges
la Chine & d'autres fruits > accompagné de trois grands canots qui nous bien APportérent près de foixante habitans
fi
aider à nous défendre ,
armez pour vouloit recommencer le comT'Anglois bat. Mais il étoit fi content de la rénous lui avions faite, qu'il
ception que
nous engager à de noune voulut plus
velles dépenfes.
& amis de M. Roy
Quelques parens
des
vinrent a'bord & nous apporterent
fruits & des poiffons. M. Roy le
nous envoya un grand diner de
EC
du pain frais & des fruits en quaintité, de fe
doutant bien qu'après un combat --- Page 131 ---
Frangoifts del LAmérique.
quatre heures nous ferions occupez à 1694
d'autres chofes qu'i faire la cuifine. I!
avoit raifon 5 la cuifine avoit été brifée
de quelques coups de canon,&j'en pouvois parler comme fçavant > puifque
defcendant dans la foffe aux Lions pour
affifter un bleffé que lon conduifoit all
Chirurgien 2 l'échelle par laquelle je
delcendois fut coupée fous mes pieds 2
& la cuifine qui fut brifée en mèmetems me couvrit de fes débris.
1 A mefure que le jour venoit & que
nous nous approchions de la terre > je
ne pouvois allez admirer comment on
s'étoit venu loger dans cette Hle 5 clle
ne me paroiffoit que comme une montagne affreufe, > entre-coupée de précipices : rien ne m'y plaifoit que la verdure qu'on voyoit de toutes parts > ce
qui me paroiffoit nouveau & agréable,
và la faifon où nous étions. Nous découvrimes
à peu les maifons , les
moulins à EL: &c enfin le Fort Saint
Pierre qui ne me parut d'abord que comme une longue file de maifons appliquées all pied de la montagne > parce
que je ne diflinguois pas encore la dif
tance qui étoit entre la montagne & le
bord de la mer.
: Il vint beaucoup dc Negres à bord, ils
qui me paroiffoit nouveau & agréable,
và la faifon où nous étions. Nous découvrimes
à peu les maifons , les
moulins à EL: &c enfin le Fort Saint
Pierre qui ne me parut d'abord que comme une longue file de maifons appliquées all pied de la montagne > parce
que je ne diflinguois pas encore la dif
tance qui étoit entre la montagne & le
bord de la mer.
: Il vint beaucoup dc Negres à bord, ils --- Page 132 ---
Nowveaux Yoyages aux Ies
tout habillement qu'un
1694. n'avoient caleçon pour de toile, quelques uns un
fimple
méchant chapeau, , beaubonnet oul un fur leur dosles marques
coup portoient de foiet qu'ils avoient reçus:
des coups
la compallion de ceux qui
cela excitoir
accoftumez 3 mais on
n'y étoient pas
s'y fait bien-tôt. dinâmes de bonne heure, après
Nous
un habit
quoi je me fis razer 5 noire. je, pris Je fis mes
neuf avec une chappe
> au
petites liberalitez aux Cuifinier, Chirurgiens aux PaMaitre d'Hôtel, atl & aux Mouffes qui
trons de Chaloupes, fervis. Je remerciai Monficur
m'avoient
des bontez qu'il avoit
de la Heronniere
le voyage, & je
eués pour moi pendant
pris congé de lui.
CHAPITRE IV.
du Fort Saint Pierre de la
Defcription Martinigue, e d'une partie.
de la Cabeferre.
defcendis à terre le Vendredi 29.
TE
fur les trois heures
Janvier 1694 le foixante - troifiéme jour
après midi,
Monfieur Roy
de notre cmbarquement, --- Page 133 ---
Françoifes de LAmérique.
& autres gens 1694.
avec quelques pallagers à
nous accomqui étoient venus bord,
bord de
pagnerent. Nous trouvâmcs au
la mer trois ou quatre de nos compaqui étoient arrivez avant nous >
gnons allâmes tous enfemble à l'Eglife
nous rendre graces à Dieu de notre heureux
voyage, & enfuite au Couvent, qui en
de
ce tems - là étoit éloigné
lEglife
d'environ deux cens pas. Le Pere Ignace
Cabaffon qui étoit Superieur particulier
de PIfle nous reçàt avec beaucoup de
bonté il fit faire collation à ces Meffieurs qui > nous avoient accompagnés, &c
après quelques momens de converfation,
il nous fit ôter nos chappes, dont on ne
fc fert en CCS
que
prècher, du Mets
nous mena
Miaiters
&
raten
de Goimpy Intendant 2 Monfieur le
Commandeur de Guitaut Lieutenant aut
Gouvernement général des Ifles, & Monfieur de Gabaret Gouverneur particulier
de la Martinique. Jc fus très-bien reçà
de cCcs Meffieurs, > je leur rendis les lettres que j'avois pour eux, dont la.pli- les
étoient de leurs parens qui
prioient part
de me faire plaifir quand l'occafion fe préfenteroit. Ils me le promirent avec beaucoup de bonté, & m'ont
les deux
tenu parole > particuliérement
premiers.
les, & Monfieur de Gabaret Gouverneur particulier
de la Martinique. Jc fus très-bien reçà
de cCcs Meffieurs, > je leur rendis les lettres que j'avois pour eux, dont la.pli- les
étoient de leurs parens qui
prioient part
de me faire plaifir quand l'occafion fe préfenteroit. Ils me le promirent avec beaucoup de bonté, & m'ont
les deux
tenu parole > particuliérement
premiers. --- Page 134 ---
68 Nouveasx Yoyages aux Iles allâmes
ces trois vilites, nous
1694.
Après Jéfuites. Leur maifon eft hors le
aux
àl la nôtre.
Bourg, à l'extrémité oppolée Gombault SuNous trouvâmes lc Pere
de leur Miffion de la Martiniperieur
fortoit avec le R. P. Holley
quc > qui
devoyage, pour nous
notre compagnon Nous entrâmes chez cux, &
venir voir.
â tous les Jéfuites
fimes nos complimens: c'étoit le Pere Moqui s'y trouverent 5
étoit
reau leur Supérieur général > qui
convalefcent d'une maladie contagieufe
régnoit dans le
le Pere Farqui Curé de la EE le Pere Lavaur
ganei
le Pere le Breton
Curé du Prècheur ,
de S. Vincent,
Miffionnaire des Sauvages avoit foin des
le Pere Lagenelte qui
appelloit.
Negres de leur Paroiffe,qu'on & un aupour cela le Pere desNegres,
tre Pere qui mourur peu de jours après.
Tous ces Peres nous reçurent avec une
amitié &c une cordialité extraordinaire ;
ils nous firent rafraichir 2 nous vimes
étoit beau & bien entreleur jardin qui
leur
dotenu, leur maifon >
Chapelle entrâmes
meftique. En revenant nous
Pierre
dans l'Eglife Paroifliale de Saint
qu'ils dellervent. Daftcz s'étant joint â un autre
Le Pere
en
de nos Peres que. nous trouvâmes --- Page 135 ---
Françoifes de PAmérigue.
chemin > je demeurai feul avec le Perc1694.
Cabaflon, Il me dit que le Pere Martelli
qui étoit fon parent, luiavoit parlé de
moi fort avantageufement , qu'il vouloit
être mon ami, me retenir àla Martinique, où il prieroit notre Supérieur
géneral de me donner une Paroifle commode en attendant
je fulle accolitumé à Pair, & qu'on por faire autre chofe
moi; il me dif aufli quelque chofe
See l'état de notre Million, &c des Religieux qui ha compofoient, & me donna
Ics avis qu'iljugea nécellaires que je fuiviffe, fur tout dans un commencement.
Nous pallàmes chez les' Religieux de la
Charité qui font nos proches voifins.
Leur Superieur géneral , ou comme ils
difent, leur Vicaire Provincial, venoit
de mourir. Nous faluâmes le Frere Médard Larcher, Superieur dc leur Maifon,
Nous eimes bien-tôt fair connoiffance
il étoit Parifien, bon Religieux, &
Eat
actif;
avoit
autres
€
ily
quatte
Religicux
entre lefquels il yavoit un Prêtre appellé
le Pere Gallican , & deux très-habiles
Chirurgiens, qui fe nommoient les Freres Damien & Côme Viard.
En fortant de chez lesFreres dela Charité, nous entrâmes chez la veuve du
fieur le Merle. C'étoir une des plus an:
fair connoiffance
il étoit Parifien, bon Religieux, &
Eat
actif;
avoit
autres
€
ily
quatte
Religicux
entre lefquels il yavoit un Prêtre appellé
le Pere Gallican , & deux très-habiles
Chirurgiens, qui fe nommoient les Freres Damien & Côme Viard.
En fortant de chez lesFreres dela Charité, nous entrâmes chez la veuve du
fieur le Merle. C'étoir une des plus an: --- Page 136 ---
Nowveanx
AUX Iles
habitantes Yoyages des Iles, elle avoit
1694. ciennes
ans. Ellie avoit un
près de quatre-vinge
Souverain de
fils Confeiller au marié,& Confeil deux ou trois
Plfle, qui étoit
déja l'àge de
autres enfans qui paffoient firent de la limonal'ètre : fes filles nous
ont lécorce
de avec dc perits citrons qui
de la
extrèmement fine > & des oranges
Chine. Nous fimes encore avant de rentrer
chez Monficur Pinel, c'étoit
au Couvent
de Milice de lifle faint
un des Capitaines
la déroute de cette
Chriftophle, retiré quiaprès avec fa famille, & quelIfle s'étoit
avoit fauvez à la Marques Efclaves Il avoit qu'il pris à rente une por
tinique.
terrain, où il avoit fait
tion de notre mmaifon de bois fort propre &
bâtir bien une meublée. Car en ce tems-là
fort les maifons étoient de bois, iln'y
toutes
cclle des Jéfuites, & les deux
avoit
fulfent de magonnerie.
MURERE qui
Monfieur Pinel étoit pour lors en courfe,
la
il commandoit unc Corvette appellée Maloiine
Volante, ou communément la
fut
étoit la meilleure voiliere qui
- qui
venuc à l'Amérique > où elle a
encore
de prifes.
fait un nombre Pinel, prodigicux ics enfans & une
Mademoifelle niéce de fon mari, nommée Mademoi- --- Page 137 ---
2 Françoifes de LAmériqne.
felle de Menegault, fille de bcaucoup de 1694
mérite & de vertu 2 nous reçûrent parfaitement bien. Monfieur Pinel étoit ami
intime dc nos Miflions, & toute fa famille nous étoit fort attachéc:
Je trouvai au Couvent le Pere Charles Chavagnac du Coirvent de Limoges,
je ne l'avois, pas encorc vû parce qu'il
étoit allé confeffer un malade hors du
Bourg quand nous étions arrivez. C'6toit un jeune Religieux fort fage &
bon Prédicateur. , il avoit foin de la Paroiffe avec le Pere Cabaffon. Il y avoit
encore dans lc Couvent un autre Religicux de Bretagne appellé le Pere Godefroy Loyer. Nos Supérieurs l'avoient
envoyé delfervir lIle de la Grenade que
les Capucins avoient abandonnée faute
de Religicux; ; cette Milion nous appartenoit. Monficur le Comte de Cerillac
qui en étoit proprietaire nous y avoit établis, s & quand il fut obligé de vendre
cette Ifle à la Compagnie de 1664. il
nous donna une Terre confidérable qu'il
s'étoit réfervée par fon Contrat , appellée le fonds du Grand-pauvre. Nous y
avons exercé les fonctions Curiales jufqu'en 1677. que le Gouverneur obligea
nos Peres de feretirer, & appella les Capucins en leur place. Comme cette vio-
nous y avoit établis, s & quand il fut obligé de vendre
cette Ifle à la Compagnie de 1664. il
nous donna une Terre confidérable qu'il
s'étoit réfervée par fon Contrat , appellée le fonds du Grand-pauvre. Nous y
avons exercé les fonctions Curiales jufqu'en 1677. que le Gouverneur obligea
nos Peres de feretirer, & appella les Capucins en leur place. Comme cette vio- --- Page 138 ---
Nonveaux
anx Ifles
Yoyages ancantir: notre droit,
1694. lence ne pouvoir pas ce Religieux
en
on y avoit envoyé mais lc EDONE de
prendre polletion 5
des ifles,qui
Blenac Gouverneur géneral obligea lc P. Loyer
ne nous aimoit pas, les
furent
de fe retirer dès que de Capucins leurs Percs. Le
en état d'y envoyer
la maladie conPere Loyer avoit gagné de "la Grenade :
tagicule en arrivant
jours il étoit
depuis feize ou dix-fept on l'avoit crà
abandonné du Médecin ,
avoit creimort quatre ou cinq fois, on eft revenu, &
fé fa folle: cependanr il en
de Guidans les Miflions
il a été depuis lieu d'exercer fon zèle, fa
née, ol il a eu
Le Pere Cabaflon
charité & fa patience, d'entrer dans fa chambre,
nous deffendit
fon mal.
de crainte que nous ne maladie priffions le mal de
On appelloit cette ayoit été apporté à 1 la
Mal de Siam, parce qu'il le Vaiffean de Roil'OriSiam. Martinique par reyenant de Siam avec les
flammc, qui
que lon avoit
débris des établiffemens avoit touché
faits à Merguy & à Bancok cette malaau Brefil, oût il avoit gagné
die qui Y faifoit de grandsravages depuis en refept ou huit ans. Ce Vaiffeau périt
de
rournant en Francc, Les (ympsomes differens que
cette maladic étoient autant de ceux qui en
l'étoient les tempéramens
ésoicnt --- Page 139 ---
Frangeifes de LAmbrique.
étoient attaquez
ou les caufes qui la 1694
pouvoient produirc. Ordinairement elle
commençoir par un grand mal de tête
& de reins, qui étoit fuivi tantôt d'une
groffe fiévre > & tantôt d'une fiévre interne qui ne fc manifeltoit point au dehors.
Souvent il furvenoit un débordement
dc fang par tous les conduits du corps >
même par les pôres, quelquefois on rendoit des paquets de vers de différentes
grandeurs & couleurs, par haut &
bas; il paroiffoit à quelques-uns des ea
bons fous les aiffeiles & aux aîncs , les
unspleins de fang caillé noir & puant, &c
les autres pleins de vers. Ce que cette
maladie avoit de commode, c'elt qu'elle
emportoit les gens en fort peu de tems s
fix ou fepr jours tout au plus terminoient
l'affaire. Le Pere
eft le feul de ma
connoiffance qui
porté julqu'à tren1F
te deux jours, & qui en foit guéri, &je
n'ai connu que déux perfonnes qui en
foient mortes après l'avoir foufferte
dant quinze jours.
penIlcit arrivé à quelques perfonnes
Accine fe fentoient qu'un peu de mal dens mal de du
tète de toiber mortes dans les rues, où Siam.
elles fc promenoient pour prendre l'air,
& prefque tous avoient la chair aufli
Tome Z.
D
porté julqu'à tren1F
te deux jours, & qui en foit guéri, &je
n'ai connu que déux perfonnes qui en
foient mortes après l'avoir foufferte
dant quinze jours.
penIlcit arrivé à quelques perfonnes
Accine fe fentoient qu'un peu de mal dens mal de du
tète de toiber mortes dans les rues, où Siam.
elles fc promenoient pour prendre l'air,
& prefque tous avoient la chair aufli
Tome Z.
D --- Page 140 ---
Nowveanx Voyages Anx IRes
74. noire & aufli pourric un quart- d'heure
1694.
étoient expirés que s'ils eufETALE quils depuis quatre ou cinqjours.
nos Flibuftiers prenoient
Les Anglois que
cette maladie
rous les jours > porterent elle fe communiqua de
dans leurs Iles, chez! les
& chez
lamème façon
elle E(pagnols failoit encore de
les Hollandois :
partis des Ifles
grands ravages ai lorfque été attaqué je
deux fois 2
en 1705. J'en la
fois après
j'en fus quitte premicre de
Rde
de fiévre 8
vomiffement
tre jours mais la feconde foisje fus pendant
fang,
fix ou fept jours Ville en danger. de S. Pierre prend
Le Bourg de ou celui d'un Fort qui fur bâti
fon nom
M. de Clodoré , Gouveren 1665. par Martinique pour le Roi, fous
neur dela
qui
l'autorité de la feconde Compagnic
de toutes les Antilles.
Plan du étoit propriétaire
réprimer les fréBourgdeOn le fit plutôr pour
faiS. Pierre
féditions que les habitans
comme il étoit quentes foient contre la Compagnie 2 que pour
cn 1660. réfifter aux efforts d'une armée ennemie.
long, dont un des longs
C'eft un quarré fur le bord de la mer 5 il eft
côtez eft
embrazures pour le
percé de pluficurs défend la rade.Le côté oppoft
Plan canon, il
d'armes, il eft flanqué de
comme eft fur la place
il eft à deux tours rondes avec des embrazures
préfent. --- Page 141 --- --- Page 142 ---
Tiom. J pao. 74
LA
MANTINIQUE
PIERRE DE
S:
DUFONT
+
PLAN
10. ade buprest
6.Corpe dagwrdo forre.
- T
E
: Cnrie,
Friintrmu gue a erte
2. chapelte. du Cha : .Parue par la
3 chambre
emportoet
pelain.
mer stPierre
4Tours mesdusmather g.Riviore
laplace darmor.
NAEr
tounemunatne
Saa UUES N
agprsage
SANIESES
ES
,
Trirer
1 o
ERRE DE
S:
DUFONT
+
PLAN
10. ade buprest
6.Corpe dagwrdo forre.
- T
E
: Cnrie,
Friintrmu gue a erte
2. chapelte. du Cha : .Parue par la
3 chambre
emportoet
pelain.
mer stPierre
4Tours mesdusmather g.Riviore
laplace darmor.
NAEr
tounemunatne
Saa UUES N
agprsage
SANIESES
ES
,
Trirer
1 o --- Page 143 ---
Francoifes de PAmbrigut.
pour mettre quatre canons à chacune ,1694.
la muraille qui joint ces tours eft toute
percée de meurtrieres, 9 fans follé s cheL
min couvert ni palliffades ; un dcs
tits côtez qui regarde l'Oueft , eft Aee
par la riviere dc Roxelane , qu'on appelle à préfent la riviere de S. Pierre s
ou la riviere du Fort; il y a quelques
canons far ce côté-là qui battent dans la
rade. La porte du Fort eft dans le côté Plan de
qui regarde lEI , elle eft couverte par la reffe. Forteune longue cour murée du côté de la
mer avec des meurtriercs, 2 & paliffadée
da côté de la place ; le côté de la cour
oppolé à la porte du Fort eft occupé par
un Corps-de-garde, une Chapclle & un
petit
le
-
togement pour
Chapelain, s'ily
en avoit un, mais il n'y en a jamais eu.
Ce Fort eftcommandé de tous les côtez,
excepté de celui de la mer. L'ouragan
qui arriva en 1695. avec la groffe mer
laccompagna, emporterent la moid du côté qai regarde la mer avec la
batterie dc langle à côté de la riviere.
On s'eft contenté de relever le inur > &
dc faire une plate-forme fur l'angle au
lieu des bâtimens quiy étoient, qui fervoient en partic de logement au Gouverneur général, quand ily veneit demeurer. La place d'armes qui eft devant
Dij --- Page 144 ---
Nowveaux Yoyages aux Ifes
avoir cinquante toifes en
3694.le Fort Ete Fort, comme je viens de diquarré. fait un des côtez, , les trois autres (ont
re,
de maifons avec cing rucs
environnez
quiy répondent. diftinguer ce Bourg en trois
Quartier S.Pierte. On
celui du milieu eft proprement
il commence all Fort
inEe
celui de S. Pierre,
eft
8càlEglife Paroiffiale de ce nom, qui
deffervie par les Jéfuites, & vaj jufqu'à Oueft, une
côre de la montagne du côté de de onze
ou il y a une batterie à barbette la batteà préfent
canons > qu'on Nicolas, appelle du nom de M. Gabarie de S.
de lIle, fousle gouverret Gouverneur duquel clle a été réparée & augnement
mentée.
batterie jufqu'à celle de
Depuis cette eft à Textrémité du côfaint Robert qui
té de rOuett, eft le quartier qu'on tous A
pelle le Motillage, parce devant que ce lieu-là ;
tier Q Vaiffeaux moûillent
les Vaifleaux
Moiil- T'ancrage y eft excellent, &
fàlage.
font bien plus à couvert & plus en L'Ey
devant le Fort S. Pierre.
reté que des Jacobins ou Freres Precheurs, fert
glife
de bon Port,
dédiée à Notre-Dame
& pour les
de Paroifle pour ce quartier fur les mornes 5
habitans qui demeurent les petites monceft ainfi qu'on appelle
tagnes dans les Ifles.
iffeaux moûillent
les Vaifleaux
Moiil- T'ancrage y eft excellent, &
fàlage.
font bien plus à couvert & plus en L'Ey
devant le Fort S. Pierre.
reté que des Jacobins ou Freres Precheurs, fert
glife
de bon Port,
dédiée à Notre-Dame
& pour les
de Paroifle pour ce quartier fur les mornes 5
habitans qui demeurent les petites monceft ainfi qu'on appelle
tagnes dans les Ifles. --- Page 145 ---
2 Le troifiéme Françoifes del TAmbriques e 77
Galere; c'étoit quartier fe nomme
de la
une longue rue au bord 1a1694.
Pierre mer, qui commençoit au Fort faint de Quartier la Ga.
batterie & qui alloir jufqu'à un fortin ou lere,
fermée, qui eft à
re de ha riviere des Peres Jéfuites. l'embouchtragan de 1695. a emporté plus de L'oucens maifons de ce
deux
laiffé
trois
quartier, n'en ayant
gazin 2e la
ou quatre avec le maavoit un bon Compagnie de Guinée qui
le garentit dela paraper de maçonnerie qui
violence de la mer. On
commençoit à lc rebâtir quand
parti des Ifles ; il eft de la Paroiffe je fuis
Jéfites; ; il y avoit dans les deux des
roiffes qui
Patiers
comprennent ces trois
> environ deux mille
quarcommunians & autant de
quatre cens Nombre
fans,
Négres & d'en- des habi.
bre les comprenant foldats & les dans le ptemier nom- deux tais PaT des
Flibuftiers,
à roifies,
L'Eglife Paroifliale de faint
de
Pierre eft Eglife de
de taille maçonneric > fon portail de pierre S.Pierre,
eft d'ordre
attique qui fert de fecond dorique > avec un
pictre eft taillée alfez
ordre. La
PArchiteéke a fait des proprement fautes
s mais
bles dans le dellein. Cette
confidéravinge pieds de
Eglife a cent
de
longueur fur trente - fix
largeur, avec deux
la croilée; ; les autels, les Chapelles bancs qui font
& la chaiDiij
çonneric > fon portail de pierre S.Pierre,
eft d'ordre
attique qui fert de fecond dorique > avec un
pictre eft taillée alfez
ordre. La
PArchiteéke a fait des proprement fautes
s mais
bles dans le dellein. Cette
confidéravinge pieds de
Eglife a cent
de
longueur fur trente - fix
largeur, avec deux
la croilée; ; les autels, les Chapelles bancs qui font
& la chaiDiij --- Page 146 ---
Nowveass
aux Ifles
Prédicateur Yoyages font très-propres - > &
1694. re du
fait avec beaucoup d'orle Service sy
La maifon de l'Indre &c de modeftic.
S le
tendant, du Gouverneur patticulier, les fours
Palais de la Juftice, > la prifen, le Bu-
& les magazins de la munition >
du domaine du Roi, le Monaftereau
Urfulines, la rafinerie de Madare des
de Maintenon d'Anme la Marquife
les
congennes, & les Marchands
faint
font dans la
TELET
fidérables
Pierre.
conventuelle
fert de
Eglife du 1 Notre Eglife
aufli de
le
#
Molil- Paroiffe pour
Motillage
Jage.
> fon portail eft ruftiques
maçonnerie,
- dix
allez fimple 5 elle a quatre- vingt de larpieds de longueur fur trente pieds
avec deux Chapelles de vinge.qnatre On
ge,
font la croilée.
Pieds en quarré de T conftruétion aux Ofa obligation des Vaiffeaux du Roi, particulieficiers à M. le Comte de Grancey &
rement a M. de la Clocheterie : quoique d'af- ce
dernier fut Calvinifte, il avoit tant.
fcétion
nos Peres & pour la Fabrialloit lui-meque de Reur Eglife , qu'il
& ceux
me faire travailler .fes gens,
vaifqui étoient commandez des autres de tailfeaux pour apporter les pierres bois 8 les
le, le moilon, la chaux,le --- Page 147 ---
Françoifes de PAmbrigite.
autres matériaux néceffaires pour ledi-1694
fice. En reconnoillance nos Peres ont
fait placer dans l'endroit le
hono-
> un banc
Br
rable de l'Eglife,
de
fort commode
les
ORENTE
&
pour
aufli le
la Marine à qui ils ont donné
droit de (épulture. L'Eglife eft au milieu
eft environné de mudu cimetiere qui
à la
railles > & dont la porte répond côté du
principale ruc du Motillage:
cimetiere ily : avoit une allée d'orangers Couvent
conduifoità notre Convent, éloigné desJaco2 la rué d'environ trois cens pas. Cet- bins Peres ou
te allée étoit coupéc par deux autres 2 blanes.
compolées de mèmes arbres.quiavoient
de
Le
de mefi- Cc que
cent pas
longueur. eft de pas trois pieds &c vaur pas à le la
re à la Martinique Paris c'étoit en ce tems - là Martinidemi de
terrain nous que.
tonte la largeur dc notre
l'avons augmenté d'autant en 1700. par
l'achat d'une place contigue à la nôtre
aux heritiers du fieur
qui appartenoir
Lufignan. Le Couvent qui étoit an bout de cette
allée con@ftoit en un corps de logis de
bois de trente pieds en quarré , qui comprenoit une falle, trois petites chambres
& un efcalier; le haut étoit
en
trois chambres. Derriere le corps
loAISE
gis &'des deux cotez,ily avoit deux biD iv
l'achat d'une place contigue à la nôtre
aux heritiers du fieur
qui appartenoir
Lufignan. Le Couvent qui étoit an bout de cette
allée con@ftoit en un corps de logis de
bois de trente pieds en quarré , qui comprenoit une falle, trois petites chambres
& un efcalier; le haut étoit
en
trois chambres. Derriere le corps
loAISE
gis &'des deux cotez,ily avoit deux biD iv --- Page 148 ---
80 Nowveatix Yoyages aux IRes
timens détachez, l'un fervoit de cuifine
1694 & de poulailier, & l'autre de réfeétoire.
Au de-là de ces bâtimens il y avoit un
quarré de toute la largeur de notre terrain, fermé par de doubles allées d'orangers qui renfermoient le jardin
il avoit nombre
Tad
ger, dans lequel y
rangers de la Chine ; mais ce jardin >
quand jy arrivai, ne fubliftoit plus depuis deux à trois ans; un déluge d'eau qui
tombant de la montagne avoit emporté
quantité de pierre &c de terre, l'avoit entierement couvert, & avoit mème remplil le Couvent jufqu'à la hauteur de quatre pieds; de forte qu'il n'yavoit 1
plus que
les orangers de la Chine qui fubfiltoient:
feulement un petit jardin
nous trouvâmes
datier,
potageri côté du Couventavecun
des
des abricotiers de faint Domingue >
poiriers d'avocat > & d'autres arbres s
dont je donnerai la defcription > la culture T'ufage & les qualitez dans un au2
tre endroit.
nous trouvant neuf
On peut juger que
couvent, nous
Religieux dans un fi petir
n'y étions ::
pas fort à l'aife pour le coucher ; il fallut donc nous accommoder
comme dans les vaiffeaux pour cette
nuit. Le lendemain matin le Pere Caballon --- Page 149 ---
Frangoifes de LAmbrigne.
envoya à notre habitation de
terre les PP. Daftez, Gaffot & la'Cabef 1694
Nous reçimes ce même matin duHomel. la
des RR. PP. Gombault,
vifite
ton,
&
Holley & BreM. lIntendant Jéfuites >
peu après eux celles de
de Guitaur
du Mets & de Meflieurs
& Gabaret.Le
mena dîner chcz lui avec premier le P.I m'emil étoit bien aife de
Martelly,
nouvelles de la Cour Içavoir & de la de certaines
lui avois pari affez inftruit; Ville, dont
avoit
#
d'ailleurs
connu le P. Martelly
qu'il étoit Commifaire des pendant
Marfeille.M. de Guitaut dîna Galeres a
& nous pria à diner pour le avec nous,
il connoiffoit la famille du lendemain P.
dès le tems qu'il étoir
Marrelly
aux Ifles d'Hieres,
Licutenant de Roi
de Guitaut fon frere pendant que le Comte
neur. Ces Mefficurs en étoit Gouvernous retirer à la Cabefterre nous prefferent de
meilleur, & où nous ferions où l'air eft
danger de gagner le mal de moins en
comme le P. Martelly s'étoit Siam; mais
précher lejour de la
engagé à
falloit tôt ou tard Chandeleur, & gu'il
aflifter les malades, s'accommoderd l'air &
entierement à la
nous nous remimes
périeurs. A côté difpolition du
de nos Sutendant il
jardin de M: l'Iny a un Monafteré de Relis
Dv
ions où l'air eft
danger de gagner le mal de moins en
comme le P. Martelly s'étoit Siam; mais
précher lejour de la
engagé à
falloit tôt ou tard Chandeleur, & gu'il
aflifter les malades, s'accommoderd l'air &
entierement à la
nous nous remimes
périeurs. A côté difpolition du
de nos Sutendant il
jardin de M: l'Iny a un Monafteré de Relis
Dv --- Page 150 ---
82 Nowveaux Voyages aux Ifles,
gieufes Urfulines, clles prennent des pen1694- Tionnaires, & inftruifent toutes les petifilles du Bourg; elles font fousla dites reétion des Peres Jéfuites.
autrefois
Ce Monaftere appartenoit
de notre Tiers Ordre >
Monac-aux Religieufes
ile
tere des il avoit éré bâti, & le terrain où eft,
Urfulila Mere Marguerite
nes.
avoit été acheté par
du
Son hif de faint Jofeph > Religicufe Profefle
toire. Couvent de Toul en Lorraine > qui autorifée
les Supéricurs de TOrdie, don- &
munie Nes Lettres Patentes du Roi,
nées à Paris aul mois de Décembre 1653- trois
étoit pallée à la Martinique avec
Novices, dont la Sceur de Clemy , qui
étoit la premiere > avoit donné fomme quatre
mille francs pour fa dot. Cette avoient
& quelques aumônes qu'elles
de la Cour fervirent à l'acquifition fut bâti, à
T terrain où le Monaftere
de
la dépenfe des bâtimens régulicrs >
la Chapelle ; & l'économic de ces bonnes filles leur fit trouver le moyen chau- d'acheter une perite fucrerie à trois La Sceur
dieres avec dix-neuf efclaves. mais celles des
de Clemy fit Profeflion, étoientles Sceurs
deux autresNovices qui furent différées fi
Martel & Sanguin les Peres > Jéfuites Si peu inflong-tems par
de notre Ordse, &
truits des pratiques --- Page 151 ---
: Françoifes de LAmérique.
qui avoient pris la direction de
ce Monaltere, parce que nos Peres ne
pas trouvez en état d'en prendre s'étoient
que la Mere Marguerite & la Sceur foin s
Clemy fut
moururent avant que cette affaire de
deux terminée; après quoi on notifia à ces
tes, Novicesqueles Profefles étant morpable iln'y de les avoir plus perfonne qui fàt caqu'ainfi elles devoient recevoir à Profeilion, &
ligieux & fortir du Monaftere; quitter ThabitRepofa même l'autorité de M. du on interSeigneur Proprietaire de la
Parquer,
pour lesy
Martinique,
enfin
contraindre, ce qu'elles furent
obligées de faire
avoir
toutes les proreftations après
fair,
& devoient faire qu'elles pouvoient
qu'on exerçoit
contre la violence
teftation fut
contre elles, Leur
de l'IAe,le reçuc par Villers, Nobue
porté l'habit 4 Juin 1663. Elles avoient
de l'Ordre plus de neuf
ans, l'ayant reçà à Paris dans notre
vent dc la rue faint Honoré, des Coudu R. P. Dominique le Brun
mains
Janvier 1654.
au mois de
Aufli-tôr après l'expulfion des Novices, le R. P. la Forcade
ral de nos Miffions, fe mit Supérieur géne
du Monaftere & des biens en poffcllion
attachez
quiy étoient
> non - feulement comme de
Dvj
l'Ordre plus de neuf
ans, l'ayant reçà à Paris dans notre
vent dc la rue faint Honoré, des Coudu R. P. Dominique le Brun
mains
Janvier 1654.
au mois de
Aufli-tôr après l'expulfion des Novices, le R. P. la Forcade
ral de nos Miffions, fe mit Supérieur géne
du Monaftere & des biens en poffcllion
attachez
quiy étoient
> non - feulement comme de
Dvj --- Page 152 ---
Nowveax Voyages aux Ifes
biens appartenans AfOrdre , mais CII1694
comme Procureur fpécial de nos
core
de Toul, dont la Mere MarReligieufes
guerite étoit Profeffe, en attendant qu'il
fur arrivéde France des Religienfes pour Mais
remplacer celles quiétoient mortes.
les Religicufes de Toul ne s'étant pas fitrouvées en état d'en envoyer, elles
une cellion de tous les biens du Morent
naftere à nos Miflions.
Nonobltant la ceflion & la poffellion
oû nous étions de ces biens > les Peres
Jéfuires firent nommer des Holpitaliede
venir prendre la plares
Dieppe pour
de nos Sceurs. Nous nous y oppolàNfC
& le Procureur qu'elmes, on plaida,
fut débouté de fes
les avoient conftitué
prétentions par Arrèt du Confeil Supérieur de life du 4. Février 1664. Ce
n'ayant point rallenti les pourfuites
qui des Jéfuites, ils appellerent de cet Ardu Roi, où après bien
rèt au Confeil
la ceflion de nos Redes conteftarions, de Toul fut annullée, & le Moligieufes naftere avec tous fes biens meubles &
immeubles transferé ou donné aux Urfulines de faint Denis en France. C'et
ainfi que notre Monaftere eft rombé entre les mains de ces bonnes Religicu-
(es. On trouvera à la fin de cette pre- --- Page 153 ---
Frangoifes de
miere Partic, la copie LAmtrigue. des Lettres
tes du Roi du mois de Décembre Paten- 1694.
& l'Arrèt du Confeil d'Etat du 1653.
on me l'envoye affez tôt
le Roi, fi
imprimer.
pour
faire
Les Urfalines s'occupent
foient nos Religieufes à
comme faila jeuneffe de leur fexe. l'inftruction Elles
de
à T'habit plufieurs Créolles
ont reçû
apporté des dottes affez
qui leur ont
forte
confidérabless de
tere fera gu'il y a apparence que ce Monafun jour bien
-
riche.
M. J'appris sa mon retour au Couvent,
Houdin, , mon ancien camarade que de
Collége, avoit
étoit venu pour me voir.
plus de quinze ans
Ily.
vois vû, &je n'culfe
que je ne l'aaux Iles; je priai le jamais Pere crâi le trouver
me conduire chez lui; Chavagnac de
mes à la raffinerie du nous le trouvâ.
fon beau - frere M. Dubois. Moiillage Il
chez
Ifles depuis quelques années, étoit aux
fuivi fon frere aîné &
où il avoit ai
mariée à M. Dubois. une de fes feurs,
étoit Receveur des Leur frere ainé
venoit de mourir & Domaines du
t
embarras dans fes avoit laiffé de grands
les terminer
M. compres; ; c'étoit pour
all Fort faint que
Houdin fe trouvoit
dinaire étoit Pierre; car fa demeure orau Fort Royal. Il étoit alors
étoit aux
fuivi fon frere aîné &
où il avoit ai
mariée à M. Dubois. une de fes feurs,
étoit Receveur des Leur frere ainé
venoit de mourir & Domaines du
t
embarras dans fes avoit laiffé de grands
les terminer
M. compres; ; c'étoit pour
all Fort faint que
Houdin fe trouvoit
dinaire étoit Pierre; car fa demeure orau Fort Royal. Il étoit alors --- Page 154 ---
86 Nonveaux Foyager aux Ifles
1694. Procureur du Roi, depuis il a eu la Chargc de Juge Royal, Civil & Criminel de
toute l'ille ; fon mérite
application à l'étude & perfonnel, à fes
fon
fon intégrité & fon défintereffement devoirs,
ont acquis une tres-jufte
lui
étoit veufo quand
réputation. Il
jele vis, & n'avoit eut
que deux enfans, un fils qu'il faifoit étudier, & une fille qui avoit pris le voile
fait profeflion aux Urfulines de la Marti- &c :
nique, Il s'eft depuis marié à une fille
d'un très-riche
cher
habirant, 3 nommé le Bou-
> dont la pofterité s'eft tellement
mulipliée > qu'en 1704. ce bon homme
voyoit cinquante-cing enfans
de fon mariage ou de fes enfans. provenus
Le Dimanche trente & uniéme
vier nous afliftâmes aux Offices Jan-.
dans notre Eglife. Je fus très-édifié Divins
la dévotion & de l'affluence du
de
Le P. Chavagnac fit le Prône & peuple,
cation de TEvangile, ,& la fitt TespliNous allâmes le P.
très-bien.
ner chez M. le
Martelly & moi ditaut. Après
Commandeur de Guide la Loire faluer Vépres nous allâmes à bord
il
M. de la
nous retint à
Heronniere;
eût envoyé demander fouper , après qu'il en
notre
la permiflion à
tiers, Supérieur > qui l'accorda volon- --- Page 155 ---
Francoifes de LAmerique,
Le Lundi premier Février le P. Cha- 87
vagnac me mena prendre le chocolat 1694.
chez un de nos voilins, appellé M. Bra- 1. Féguez, qui eut l'honnèteré de me
vrier,
un cheval pour
le Perc préter
alloit confeller accompagner des malades fur les qui
nes. J'eus beaucoup de plaifir de voir mor- la
campagne fruits
> &c lcs arbres chargez de
& de fleurs. Nous dinâmes
un habirant qui nous fit
des chez
drix du pays, & des ramiers. manger Les perdrix font
Perdrix
petites > elles'
& Rafont
perchenr, He
rouges les ramiers meilleures que les grifes 5 miers Ifles, des
fort
qu'on nous fervit étoient
gras, & avoient un goûr de
& de mufcade très-agréable
gérofle
mandai la raifon, on me dit, 5 j'en deme nous étions dans la faifon
comnes
dec
de bois - d'Inde, ces oifeaux grai- s'en
nourriffoient & en contractoient l'odeur. On nous fervit aufli des
x des melons d'eau, les
ananas
parurent excellens. J'ai eu premiers de mc
a m'accoûtumer. aux melons plus
peine de Melons plules melons ordinaires
d'eau; pour fieurs
qu'on appelle melons rouges & verds, fortes,
en avions
d'E/pagne, > nous
mangé tous les jours
que nous étions arrivez. Ils ont depuis cette
bonne qualité qui leur manque en FrancC, qu'on en peut manger tant que l'on
it aufli des
x des melons d'eau, les
ananas
parurent excellens. J'ai eu premiers de mc
a m'accoûtumer. aux melons plus
peine de Melons plules melons ordinaires
d'eau; pour fieurs
qu'on appelle melons rouges & verds, fortes,
en avions
d'E/pagne, > nous
mangé tous les jours
que nous étions arrivez. Ils ont depuis cette
bonne qualité qui leur manque en FrancC, qu'on en peut manger tant que l'on --- Page 156 ---
88 Nowveanx Voyages aux Ifes
fans craindre d'en être incommodé.
1694-veut Nous allâmes voir une fucrerie 5 je vis
auffi faire de la caffave & de la farine de
amplement de cela
manioc. Je parlerai
dans la fuite.
Couvent fur le
Nous retournâmes remercier M. au Braguez; ; lui &
foir. Jc fus
firent bien des honnètefon époufe des offres mc de fervice ; ils ont toutez &
de bonté pour moi.
jours eu beaucoup, étoit de Beziers; il avoit 2
Ce M. Braguez
de notre Ordre, &
un frere Religicux avoir fervi dans nos Miflions
qui après de vingt-cinq ans > avoit été obligé
près
en France;
ce fàt un
Le Pere de repaffer
fort quoique & fort
Braguez. Religieux fort fage,
fçavant
il
éclairé dans toutes fortes d'affaires, dif
n'avoit
éviter de tomber dansla
T Comte de Blenac, qui avoit
grace enfin obtenu une Lettre de Cachet qui
T'appelloit à la Cour. Sa goute & les autres infirmitez qu'il avoit contraétées
dans les Miffions, ne lui permettant
vivre dans l'abftinence &
EAAE
de
Provinces réformées de France,i il
de nos
des Supérieurs
palfa avec la Ordre permiflion de faint Benoit, où
dans le grand
années avec beaucoup
il refta quelques froidure du
de pieté; 5 mais la
pais aug- Ss
mentant fa goutc & fes autres maladies --- Page 157 ---
Françoifes de PAmerique.
les Médecins lui confeillerent de retourner
1694.
aux Ifles, où ils prétendoient que la
chaleur du climat aideroit à diminuer fcs
douleurs. Il revint en effet à la Martinique dans le mois de Juin 1698. il fut
reçu avec joie de (on frere & de fa bellefaur; les puiffances le virent avec plaifir > & nos Peres même 2 quoiqu'il nc
portât plus leur habit, eurent pour lui
la inême déférence qu'autrefois, & faifoient peu de chofes fans prendre fon
avis. Les Jéfuites le prierent d'accepter
une Cure qu'ils deffervoient au quartier
du cul-de-facà vache près le Fort Royal;
il y fut jufqu'à CC que la goute l'obligea
de revenir chez fon frere, ouje le lailfai
en 1707. honoré & eftimé de tout le
monde. . Je reviens à mon fujer que
cette digreflion m'a fait quitter.
Le Mardi jour dc-la Chandeleur jaf
fiftai à l'Office > je confeffai beaucoup
dc perfonnes > & je fus très - édifié di
grand nombre de perfonnes qui firent
leurs dévotions. Le P. Martelly fit la
Prédication, 3 dont il s'acquitta très-bien.
Le lendemain le P. Gallot & le P.du
Homeel revinrent de la Cabefterre. Le
R. P. Caumnels, notre Vicaire Géneral,
les envoyoit à la Guadeloupe avec le
Frere du Mortier 5 il écrivoit au Pere
beaucoup
dc perfonnes > & je fus très - édifié di
grand nombre de perfonnes qui firent
leurs dévotions. Le P. Martelly fit la
Prédication, 3 dont il s'acquitta très-bien.
Le lendemain le P. Gallot & le P.du
Homeel revinrent de la Cabefterre. Le
R. P. Caumnels, notre Vicaire Géneral,
les envoyoit à la Guadeloupe avec le
Frere du Mortier 5 il écrivoit au Pere --- Page 158 ---
Nowveaux Voyages aux Ifles
incelfamment
1694. Cabaffon de nous envoyer
le P. Martelly & moi à notre habitation,
où il difpoferoit de nous. Nous allâmes du
fur le foir
congéde Méffieurs
de
de Gabaret & de quelMets,
REs
de notre connoifautres perfonnes
Rorean
Février nous diDépart Le Jeudi quatriéme
&
du Fort mes la Meffe de grand matin, après
S.Picrre. avoir pris le chocolat : nous montames
fur deux mauvais chevaux bien fatiguez
& mal harnachez , avec deux Négres
étoient chargez
nous conduire, qui
ER deux matelats & d'autant de couvertures, fans quoi nous courions rifque de
coucher très-mal où nous allions 5 puifnotre maifon de la Cabefterre étoit
que auffi dénuée de meubles que le Couvent
du Moiillage où il n'y en avoit point,
huit
lieuës du Fort
On compte
grandes faint Jacques où
faint Pierre, au fonds
eft notre habitation. faint Pierre nous
A la fortic du Bourg
allée d'oranenttâmes dans une belle
a un bon quart de lieuë de lonChemin gers qui
de Madade] la Ca-
,
T'habitation
befterre. gueur qui
de celle du
me la
d'Angennes
Confeil
NEET
fieur le Vaffor > Confeiller au M. le Vafde'cette Ifle. Je parlerai de ce
for dans un autre endroit. --- Page 159 ---
Françoifes del LAmeriqne.
Pour Madame la Marquile
nes, elle eft fille du ficur Girault d'Angen. 1694,
pitaine dc Milice de lIfle faint Chrifto- > Caphle, qui s'étant diftingué avec
autres Officiers quand on chafla quelques les Anglois de cette Ife en 1666.avoit obienu
des Lettres de Nobleffe,
Le Marquis de
nes étant venu aux Maintenon.dAngen. Ifles avec la
du Roi la
Frégate
Sorciere, pour donner
aux Forbans qui défoloient tour le chaffe
merce : il époufa une des filles du com- fieur
Girault qui étoit d'une beauté
il fut fait enfuite Gouverneur achevée :
Galante, mais
de Mariecéda ce
quelques années après il
Gouvernement à M.
faveur du mariage de fa faur-avcc Auger > en
fieur Auger-; S & s'étant retiré fur-thabi- ledit
tation qu'il avoir achetée des héritiers de
feu M. le Géneral du Parquet, il
mort peu après, laiffant deux
y eft
Marquis d'Angennes
enfans,le
giment de la Couronne Capiraine au Ré-
> & une fille
parfaitement belle qui n'étoit
encorc mariée en 1705. II y a fur pas cette habitation plus de trois cens efclaves, deux
fucreries; ; une dont le moulin va par lc
moyen de l'eau, & l'autre' avec des
Vaux ; une raflinerie dans le
cheune très-belle
Bourg, &
cacoyere. Au bout de cet-
Marquis d'Angennes
enfans,le
giment de la Couronne Capiraine au Ré-
> & une fille
parfaitement belle qui n'étoit
encorc mariée en 1705. II y a fur pas cette habitation plus de trois cens efclaves, deux
fucreries; ; une dont le moulin va par lc
moyen de l'eau, & l'autre' avec des
Vaux ; une raflinerie dans le
cheune très-belle
Bourg, &
cacoyere. Au bout de cet- --- Page 160 ---
Nowveanx Vayages AuX Ifles
92 te allée nous trouvâmes le moulin à eau,
1694. jy entrai pour en voir la difpofition. Jc
ferai dans un autre endroit la defcription de tous les moulins différents dont
on fe fert aux Mfles, ou dont on pourroit
fe fervir.
demic lieué
Nous vîmes à une
plus
loin la maifon &c la cacoyere du fieur
Royal de l'ile. Cette caBruneau > Juge
où font les deux
coyere & les terres
fucreries de ce Juge e, avoient apparteà uin Juif nommé Benja
Benja- nu ci-devant
min dA-, min d'Acofta, qui faifoit un très-grand
cofta,
avec'les
Anglois
Juif, commerce
E(pagnols,
&c Hollandois. Il crât fc faire un appui
confidérable en s'affociant avec quelques-unes des puiffances desIfles, fousle
nom defquels il acheta les terres que
poffede le fieur Bruneau. Il planta la cacoyere qui eft une des premieres qu'en
ait faites dans les Iflcs, 8c fit bâtir les
deux fucreries que l'on voit encore à
préfent. Mais la Compagnie de 1664le commerce des Juifs
ayant peur
obtint un ordre de la
ne nuisit au
Re.
Cour pour les chaffer des Ifles; & les
allociez de Benjamin ne firent point de
-difficulté de le dépoitiller pour fe revêtir
de fes dépoiilles. de Rifvick les hériticrs
Après la paix --- Page 161 ---
Frangoifes de LAmerique.
de Benjamin d'Acofta, & quelques autrcs
1694.
repréfentans eurent permiflion du
Roi de revenir aux Ifles pour demander
ce qui leur étoit dû ; mais leur
fut aufli inutile que celui d'un Agent OTIE
Hollandois, à qui il étoit dû des fommes
tres-confidérables pour les avances faites
aux habitans dans les commencemens de
la Colonic.
La cacoyere du fieur Bruneau eft environnée d'une double haye d'orangers,
qui forme une allée qui fc termine 1 un
petit morne aflez roide, aul haut duquel
nous trouvâmes un parapet, > compofé
de paliffades remplies de terre & de fafcines. Ce parapet couvre une porte qui Réduit
eft percée dans un petit pan de mur, de Martini- la
appuyé d'un côté à la montagne qui eft quc,
tailléc aulfi à plomb qu'un mur, & de
l'autre il
par encorbeillement fur
un RCLCend très-roide & très-profond.
Le chemin cft taillé à mi-côté dans la
montagne: : il eft encore fermé par deux
autres portes comme la premiere 2 avec
des meurtrieres : il eft large de quinze
à fcizc pieds. On appelle celale Réduit,
ou en cas d'une attaque on peut mettre
en fureté dans les favancs ou prairies
du fieur Bruneau, les beftiaux, les femmes, les enfans, & les meubles des ha-
ide & très-profond.
Le chemin cft taillé à mi-côté dans la
montagne: : il eft encore fermé par deux
autres portes comme la premiere 2 avec
des meurtrieres : il eft large de quinze
à fcizc pieds. On appelle celale Réduit,
ou en cas d'une attaque on peut mettre
en fureté dans les favancs ou prairies
du fieur Bruneau, les beftiaux, les femmes, les enfans, & les meubles des ha- --- Page 162 ---
94 Nonveaux Yoyages aux
1694. bitans qui font facilement des Ifes cafcs
vertes de cannes pour fc loger dans Couoccalions.
CCS
Ce chemin nous conduifit dans
longue alléc
une
laquelle étcient d'orangers, les
aux côtez de
& une des fucreries favanes, du
les cannes
nous eûmes monté un Juge. Après que
ne, nous trouvâmes la autre feconde pecit morrie, &c à
fucrequelques cent
nous entrâmes dans le
plus loin >
de
Doligs
trois lieuès.
qui dure près
du La Pere croix Nous vîmes au commencement
Rayinod bois une croix qui avoit
du
Breton. un de nos premiers
été plantée par
pellé Raymond Breton, Millonnaires, de la
apde faint Louis, Les
Province
Province, dont le Couvent Religicux de cette
dans la rué. faint Honoré a principal eft
été les Fondateurs des Miflions Paris, ont
avons aux Ies, & les
que nous
Com- raux & autres en étoient Supéricurs Génément les rez. Ce bon
toujours tiJacobins les
Religieux
ont cu
habitans qui alloient accompagnoir
T'admi- Sauvages
combattre les
niftra
pour les chaffer de la
tion du terre cn 16;8. Une autre
Cabef
fpirituel bitans s'étoit
partie des hadelap par.
embarquée
la même
tie de expédition, & devoit fe rencontrer pour
PiAeap- pellée la ceux qui alloient par terre au
avec
Cabef. principal des
quartier
terte,
Sauvages, que l'on a nom-
accompagnoir
T'admi- Sauvages
combattre les
niftra
pour les chaffer de la
tion du terre cn 16;8. Une autre
Cabef
fpirituel bitans s'étoit
partie des hadelap par.
embarquée
la même
tie de expédition, & devoit fe rencontrer pour
PiAeap- pellée la ceux qui alloient par terre au
avec
Cabef. principal des
quartier
terte,
Sauvages, que l'on a nom- --- Page 163 ---
PICE --- Page 164 ---
Tmspg 94:
Manioc.
*
Racines de
Manioc.
sta
rleur de la
pasvion ou
Pomme
granadille.
de
Lianne --- Page 165 ---
Françoifes de PAmérique.
mé depuis le Fort fainte Marie, afin %
les attaquer en même-tems
terre & 1694.
par mer. Les Jéfuites scokat joints à
ceux qui étoient embarquez, &' ne doutoient point d'y arriver les premicrs 9
& d'avoir l'adminiftration di fpirituel
de la Cabefterre, > parce qu'on étoit convenu qu'elle appartiendroit aux prcmiers Religicux qui y arriveroient ; CCpendant ils furent trompez > le vent contraire les retarda, - > & donna le tems à la
troupe du P. Raymond Brcton d'arriver
à fainte Maric, d'y combattre les Sauvages, de lcs chaffer & d'y planter la
CTO1X avant que les Jéfutites y puffent
mettre pied à terre. C'eft ainfi que les
Paroiffes de la Cabefterre nous font
échues. J'ai connu un habitant de la Paroiffe du Macouba, nommé Jean Grouleau, qui s'étoit trouvé à cette expédition, & qui avoit aidé à fairc la croix
que l'on avoit plantéc à fainte Marie.
Il eft bon d'expliquer ici ce qu'on en- Ce que
tend dans lcs Ifles par les noms de Ca- c'eft que
befterre & de Baffe-terre. Cabefterre eft Cabefler- rc &Bafla partie d'une Ifle qui regarde le Levant, fe-terre.
& qui eft toujours rafraichie par les vents
alifez qui courent depuis le Nord, jufqu'à lEft-Sud-eft. La Baffe-terrc eft la
partie oppoléc. Dans celle-ci les vents
ici ce qu'on en- Ce que
tend dans lcs Ifles par les noms de Ca- c'eft que
befterre & de Baffe-terre. Cabefterre eft Cabefler- rc &Bafla partie d'une Ifle qui regarde le Levant, fe-terre.
& qui eft toujours rafraichie par les vents
alifez qui courent depuis le Nord, jufqu'à lEft-Sud-eft. La Baffe-terrc eft la
partie oppoléc. Dans celle-ci les vents --- Page 166 ---
96 Nowveans Toyages AHX elle Ifles eft
fe font moins Tentir,
1694.alifez
chaude, mais en
CuRz
conféquent la mer plus eft plus unie > plus trantems
y
pour le moiilquille, & ainfi plus propre des vaiffeaux.
lage &
le chargenent l'ordinaire
Les S y font auffi pour Cabefteres,
plus bafles au contraire des
on les côres font hautes, compolées pour
de falaifes efcarpécs où la mer
la roule plâpart fans cefle & fe brife avec impétuofité, parcc qu'elle y cft continuellement
poullée Par le vent.
au comLa CrOIX que nous trouvâmes été
mencement du bois avoit
planrée
dans le lieu où la troupe du Pere Breton où il
avoit palTé la premiere nuit 2 &
&
avoit éclebré le lendemain la Melfe, l'accommunié la plapart de ceux qui
compagnoient. affez admirer la hauArbres Je ne pouvois des arbres de ces foappellés teur & la groffeur
Gom- rèts 2 ,
de ceux qu'on apmiers.
particuliérenenr Gommiers, à canfe d'une gontme
pelle blanche & del bonne odeur qu'ils jettent
certaine faifon de l'annéc, ou quand
en leur fait quelque entaille. Je croi que
on c'eft la gomme Elemi 3
pouvois me
J'eûs tout le E de les contromper.
nos deux
fidérer à mon aife, parce
.
étoient chargez E nos mauNégres qui
vais --- Page 167 ---
Frarçoifes de LAmbriqne. 1
vais chevaux 2 > ne pouvoienr pas aller 97 1694fortvite, particuliérement dans les 1
montécs que l'on-t trouve roujours
morne
jufqu'au
de la Calebaffe, qui eft le lieu lc
plus haut, & le milieu du chemin de la
Baffe terre à la Cabefterre.
Nous vimes en paffant au Morne routge l'habitation des Religieux de la Charité; ils y élevoient des beftiaux & commençoient à planter des Cacoyers & des
Roucouyers. Les fieurs Carité & de'Lorme avoient auffi des commencemens
d'habiration auprès de ces Religieux. Dc:
puis ce tems-là beaucoup de perfonness'y
font placécs pour faire du cacao & élever du bétail, qui font deux marchandifes de bon débit.
Nous arrivâmes atl Morne de la Calc- Morne
baffe un peu avant midi. Lc tems beau de la Ca-
& ferain nous donna le plaifir de décou- lebafle.
vrir unc grande partie de la Cabefterre,
qui de cette élevation nous parut un
plat & uni, infiniment plus beau que pais celui que nous quittions > tout rempli de
mornes & de ioutagnes. On a taillé un
chemin fort étroit dans ce morne, qui
eft l'unique paffage de tout ce côté-là
pour aller d'une partie de l'Ifle à l'autre,
que l'on pourroit garder aifément, &c
empécher lcs ennemis dc pénetrer d'un
Tome I.
E
terre,
qui de cette élevation nous parut un
plat & uni, infiniment plus beau que pais celui que nous quittions > tout rempli de
mornes & de ioutagnes. On a taillé un
chemin fort étroit dans ce morne, qui
eft l'unique paffage de tout ce côté-là
pour aller d'une partie de l'Ifle à l'autre,
que l'on pourroit garder aifément, &c
empécher lcs ennemis dc pénetrer d'un
Tome I.
E --- Page 168 ---
98 Nowveaux Yoyages rendus aux maitres Ifles
de
1694. côté, s'ils s'étoient
l'autre.
nous cûmes defcendula parAprès que rude de ce morne 2 nous nous
tie la plus
d'une petite fontaine
repociner à la auprès du chemin > nos Néqui eft
gauche chevaux, &c les laifgres débiiderent nos
ferent paître le long du bois > pendant
mangerent leur farine de magnoc
qu'ils
falez que nous
avec quelques poilfons
de
leur avions achetez; nous mangeâmes nous
notre côté les petites provifions que
avions apportées. extrème envie d'interroJ'avois une
fur quantité de chofes
ger nos Négres & dont je fouhaittois d'eque je voyois, mais il fallut me priver de
tre inftruit;
des Négres
cC plaifir. 2 parce quecésoient
langanouveaux qui ne parloient n'entendois qu'un prefque
ge corrompu, que cependant je
on eft bien-tôt
point , auquel
accoitrumé. de trouver des ferpens &
La crainte
taufli d'end'en ètre mordu, m'empéchoita voir les plantes
trer dans le bois je pour fus en peu de tems
quis'y, trouvent.
délivré de cette apprchenfion. fontaine ARISE une
être repolez à montâmes cette
à cheval, & conheure s nous chemin fans preller beautinuâmcs notre --- Page 169 ---
Françoifes de PAmérique.
coup nos chevaux ni nos Négres, parce 1694.
nous comptions de coucher chez un
nos
Curé
er Religieux,
de la Paroiffe de
la grande Ance, dont nous n'étions éloignez que de deux lieuès.
Environ à trois quarts de lieués de la
fontaine nous trouvâmes une croix. Nous Croix
fçûmes par quelqucs habitans que nous du Paul. Perc
rencontrâmes que c'étoit le Pere Paul,
un de nos Mitlionnaires qui l'avoit fait
planter.depuis quelques annécs. Un petit
terrain défriché autour de la croix, étoit
beni, & fervoit de cimetiere pour les
Négres Chréticns de quelques habitations que l'on commençoit dans ce quartier-là.
* Un peu plus loin nous defcendîmes Riviare
par un chemin étroit taillé dans la pente Falaize.
d'une morne à la riviere Falaife. Après
nous l'eûmes paffe, nous entrâmes
une allée
at.
d'orangers qui fert de
clôture à une cacoyere appartenante à
un habitant de la Paroiffe de la ballepointe > nommé Courtois. Enfin, comme nous étions prèts de fortir du bois,
nous trouvâmes une troifiéme croix > appellée la Croix de la baffe-pointe > parce Croix de
qu'clle eft à côté du chemin qui conduit la bafle.
au quartier & alt bourg de ce nom. Nous pointe,
lc laifsâmes à main gauche, & fuivimes
Eij
ôture à une cacoyere appartenante à
un habitant de la Paroiffe de la ballepointe > nommé Courtois. Enfin, comme nous étions prèts de fortir du bois,
nous trouvâmes une troifiéme croix > appellée la Croix de la baffe-pointe > parce Croix de
qu'clle eft à côté du chemin qui conduit la bafle.
au quartier & alt bourg de ce nom. Nous pointe,
lc laifsâmes à main gauche, & fuivimes
Eij --- Page 170 ---
IOO Nowveaux Voyages aux
1694. notre chemin jufqu'a la Savanne Iles du fiear
Rivicre Courtois où. nous
Capot, Capor.
pallàmes la riviere
Toutes Ces rivieres fonrà
parler des torrens qui tombent proprement des
tagnes > qui grofliffent aux moindres monpluyes, & qui n'on: ordinairentent
deux ou trois pieds d'eau, La riviere que
Capot eft une des plus confidérables de
lille, elle a pour l'ordinaire neuf à dix
toifes de large, , deux à trois pieds de
profondeur dans fon milieu, fon eau eft
très-claire & très-bonne, mais fon lit
qui eft rempli de groffes maffes de
res, & d'une infinité de cailloux,
fon
s
Pia
paffage dangereux, quand elle eft un
peu groile.
De cette riviere à la Paroiffe de la
grande Ance il n'y a qu'une petite lieué,
cela nous obligea à laiffer paitre nos che- 2
vaux pendant une demie heure dans une
favanne au travers de laquelle on palle,
Faroitle qui appartient à un habitant de cette
2 appellé Yves le Sade,
cet endroic jufgu'à la grande Ance, Depuis
chemin eft agréable, bordé
> le
Paroifle tout d'allées
prefque parde la
le
d'orangers > mais difficile
grande par
grand nombre de montées &
Ance. defcentes quel l'on rencontre,
de
çaufe
> qui farent
que nous n'arrivâmes à la maifon --- Page 171 ---
Françoifes de PAmérique.
IOI
du Curé qu'environ une heure avant le 1694.
coucher du foleil.
Le Curé, appellé le Pere François Imbert, du Couvent de S. Maximin, étoit
Provençal aufli-bicn que mon Compagnon, ce qui faifoit que celui ci fe Hlat.
toit d'en être bien reçû, & que nous y
coucherions & laifferions repofer nos
Négres & nos chevaux qui ne pouvoient
plus marcher. Il fit trompé, ce
Curé étoit fatigué des
EE
pallages de
nos confreres qui s'arrètoient chez lui, &
l'incommodoient. Il s'étoit abfenzé de
fa maifon, ou à deffein, ouI par néceflité.
Son Négre qu'il y avoit laiflé, nous dit
que fon Maitre fçavoit que nous devions
arriver 2 & qu'il lui avoit ordonné dc
nous préfenter à boire & à manger, fi
nous en avions befoin, & de nous pricr
en 'même-tems de paffer outre > parce
n'avoit plus de commodité pour
à coucher. Cc
me
Tiure
compliment
un-pen extraordinaire, & je dis au
Martelli
nous
Rerers
que
ne devions pas
pour cela aller plus loin, mais il nc voulut pas y confentir : nous partimes donc
après avoir fait boire un coup d'eau de
vie à nos Négres.
De lagrande Ance au fond S.Jacques,
ily a deux lieuis; nos chevaux acheveEi 11j
n'avoit plus de commodité pour
à coucher. Cc
me
Tiure
compliment
un-pen extraordinaire, & je dis au
Martelli
nous
Rerers
que
ne devions pas
pour cela aller plus loin, mais il nc voulut pas y confentir : nous partimes donc
après avoir fait boire un coup d'eau de
vie à nos Négres.
De lagrande Ance au fond S.Jacques,
ily a deux lieuis; nos chevaux acheveEi 11j --- Page 172 ---
IO2 Nonveanx
1694. rent de fe laffer Foyages anx Iles
dant deux ou trois en montant & defcenfort roides
mornes fort hauts &
Lorain, qu'il y a jufqu'a la riviere du
que nous
aufli - bien que la palfames riviere avec peine, 3
éroient fort grolles. Le cheval Macé, qui
Martelli qui boitoit
du Pere
plus marcher
tout bas ne voulut
traint de le tirer ; de forte qu'il fut conmille pas. Pour furcroir par la bride plus de
nuit nous prir
de malheur, la
arrivez à la Paroiffe avant que du nous fuflions
nous cûmes un grain de Marigor > &
obligea de nous mettre pluye à
qui nous
des arbres dans la favanne couvert fous
Verpré,
du fieur de
Nous nous remîmes en marche dès
fr. la pluye fut ceffée, nos Négres: avec
tirans charges, & le Pere Martelli &
nos chevaux par la
moi
quc fon cheval ne
bride, > lui
& moi pour lui tenir pouvoir fe TALEIE
lager le mien afin compagnie, & fonnous paffer les rivieres qu'il eût la force de
qui fe
jufqu'a notre habitation. Si rencontrent
avoient eu de l'efprit, ils
nos Négres
conduits chez quelque habitant nous auroient
roit fait un plaifir de
qui fc fede nous bien régaler. Car nous dans recevoir, &
Ifles Thofpitalité s'exerce d'une toutes les
maniere --- Page 173 ---
* Françoifes de LAmérique. 1O3
tres-chrétienne &c très-civile. Nous arri- 1694
du
du Marigor.
vâmes al'Eglife
quartier encore de Cu- Paroiffe
Comme ilny avoit point
du Maré réfident, nous ne pîtmes recevoir all- rigot.
fecours. Nous nous confolions cecun
n'y avoit plus qu'upendant > parce qu'il
licué de là à notre habitation.
ne petite
loin nous
Environ à deux cens
plus
d'une fucre-"
vîmes les fourneaux
rafamtl
rie. Je propofai au P. Martelli d'y aller,
& d'y demander le couvert > il ne le jugea pas à propos, mais nos Négres laiffer nous le
frent entendre qu'ils alloient y
cheval boiteux avec leurs charges > 8c
conduiroient
aifément le
qu'ils nous
plus
&
refte du chemin. Nous y confentimes,
les attendimes. Après leur retour nous
continuâmes notre voyage, montant l'un
après Pautre fur le cheval qui nous reftoit qu'un de nos Négres conduifoit avec
un bout de lianne (c'eft-à-dire une efpéce
de liére ou d'ozier qui vient autour des
arbres ) qui étoit attaché au mors du
cheval, & l'autre conduifoit prefque
de la même maniere cclui qui marchoit
à pied; car le Ciel étoit couvert, la nuit
fort noire, & la pluye avoit rendu le
chemin fort gliffant.
Je m'avifai de demander au Négre
qui me conduifoit, s'il y-avoit des lerEiv
-dire une efpéce
de liére ou d'ozier qui vient autour des
arbres ) qui étoit attaché au mors du
cheval, & l'autre conduifoit prefque
de la même maniere cclui qui marchoit
à pied; car le Ciel étoit couvert, la nuit
fort noire, & la pluye avoit rendu le
chemin fort gliffant.
Je m'avifai de demander au Négre
qui me conduifoit, s'il y-avoit des lerEiv --- Page 174 ---
aux Ies
1694.
Mantansiopuger
pens dans le chemin ; il me
aufli-tôr, en fon baragotin: : Tenirmonche. répondir,
Je compris qu'il me difoit
avoit
qu'il y en
beancoup ; ce qui angmenta terriblement la peur que javois alors de ces
animaux. Je mc fâchai contre le Pere
Martelli dc CC qu'il n'avoit pas voulu
que nous demandaffions le couvert à
cette fucreric, où nos Négres avoient
laiffé fon cheval, & de ce que nous n'étions pas refté à la grande Ance comme je l'avois propofé.
Riviere nous trouvâmesala
Cependant nous
du Char. tier.
rivicre du Charpenpenticr.
Quoiqu'elle ne foit
grande
elle ne laifle pas d'être dangereufe pas
>
qu'elle coule fur un fable mouvant
on a
oet
fouvent bien de la peine à fe tirer.
Nos Négres cllaycrent lc
&
conduifirent enfuite le cheval pallage & le Pere >
Martelli, Ils vinrent me chercher & me
pafferent - 2 je demeurai à cheval parce
que c'étoit mon tour, & je
a me mocquer du Pere Martelli commençai
crioit comme un défefperé quand il , ren- qui
controit quelques branchages dans le
chemin, ou qu'il entendoir remuer quelque chofe, s'imaginant que tous les ferpens du pais couroient après lui.
Nous montâmes un morne très-haut
& très-long, mon cheval faifoit fouvent --- Page 175 ---
Francoifes de LAmbrigne: TOS
mettre le nez a 1694
des révérences jufqu'à
terre. Le Pere Martelli qui fe piquoit
de civilité lcs lui rendoit aul double >
& tous deux ne pouvoient pas moins
faire 5 car la terre de ce quartier eft
& fort
> aufli-tôt
,
graffe rouge, il venoit gliffante de faire ; encomme bronchant , montant &
E"E tombant 2
nous nous trouivâmes au haut
grondant morne 2
dans la favanne d'un habide ce
Gabriel. Raffin. Je fentis
tant nommé cheval alloit mieux, d'oà je
que mon
nous n'étions pas loin
conjedturai maifon que
le demandai à nos
de notre
5 je
cela étoit
Négres > qui me dirent du que chemin étoit
vrai, mais que le refte
méchant. Je mis pied à terre quand
la barriere
ferme
nous câmes paffé
qui
cette favanne, un de nos Négres menoit
le cheval parla bride, le Pere Martelli
marchoit enfuite tenantle même cheval
fuivoisle Pere Martelli,
par la queué s jc fuivoit & fermoit la marun Négre me
chûres
nous arriche; à quelques
près, à notre rivâmes allez heureufement
viere que nous palfimes lun après l'autre du Riviere fond
fur le' cheval , & à trois cens pas de là S. Jacnous trouvâmes notre Couvent.
ques.
Le Supérieur Géneral de nos Miffions
n'yétoit pas, il étoit allé au cul-de-fac de
E V.
la queué s jc fuivoit & fermoit la marun Négre me
chûres
nous arriche; à quelques
près, à notre rivâmes allez heureufement
viere que nous palfimes lun après l'autre du Riviere fond
fur le' cheval , & à trois cens pas de là S. Jacnous trouvâmes notre Couvent.
ques.
Le Supérieur Géneral de nos Miffions
n'yétoit pas, il étoit allé au cul-de-fac de
E V. --- Page 176 ---
106 Nowveau
1694. la Trinité, d'oû iilne
Aux Ifes
le
revenir
tm
lendemain. Nos Peres
que
de nous voir arriver à
furent furpris
il étoit
de neufheures cette heure 5 car
nous PEItS moiiillez
du foir, &
les pieds jufqu'à la tête. & On crottez depuis
de n'être pas reltez chez le nous blâma
malgré fon
Pere Imbert
nous avoient Négre s comme ceux qui
faire lc même precedez,aqui il avoit fair
pas entrez chez compliment , ou de n'être
nous auroit bien quelque habirant qui
épargné la farigue reçà, 3 & nous auroitinyée.
que nous avions ef- .
On nous prêta des habits & du
pour changer, après quoi nous
mes à table. Le
nous
Jet
Syndic de la Maifon Pere Raymond Dacier
neurs 5 c'étoit un homme en faifoit les honfix ans & plus, de la Province de cinquante- de
loufe, qui exerçoit cet office depuis Touques mois, parce qu'il s'étojt
quelentre tous nos Religieux
trouvé feul
darithmétique
qui fçir affez
poids du fucre pour tenir le compte du
Le Réverend P. qu'on faifoit chez nous.
ilavoit eu bien de Romaner la
y étoit aufli,
vec Monfieur de
peinc à fortir d'ade
Sainte-Maric, Capitaine.
fon l'Opiniâtre, & à retirer fon coffre de
vailieau, parce que cet Oflicier pré- --- Page 177 ---
Françoifes de PAmérique. 107
tendoit qu'il lui trouvât un autre Aumo-1694.
nier > bien que le Pere ne s'y fàr point
engagé comme on la vû ci-devant. Lei
Supérieur Géneral lui avoit donné le (oin
de'la Paroiffe Sainte Marie, qui eft à une
perite demie lieué du fond S. Jacques.
ily avoit encore un autre Religieux du
Couvent de Montauban, nommé Louis
Rofié , il étoit malade, & c'étoit
cela
avoit
la Paroiffe
la
ST
qu'il
quitté
Trinité
étoit trop pénible pour un
homme E fa groffeur.
- Depuis l'arrivée de notre troupe., > le
P. Supérieur Géneral ne s'étoit pas mis
en peine de ménager les anciens Miflionnaires; cela les avoit fâchez, & entre autres ce bon Religieux, qui lui avoit demandé fon congé pour retourner en
France, comme ilfit un mois après, dans
le Vaiffeau du Roi, appellé le Triton, 2
armé en Aute > commandé par le fieur
Chabert.
A Le Pere Daftez, mon compagnon de
voyage 2 attendoit une occafion pour
paffer à S. Domingue oi il étoit deftiné,
& le Pere du Mai deffervoit la Paroiffe
du Marigot. Je fçavois par la relation
de nos Deres, > qui étoient revenus au
Mouillage : que ce Couvent étoit fore
pauvre, mais je ne me fuffe jamais imaEvj
é en Aute > commandé par le fieur
Chabert.
A Le Pere Daftez, mon compagnon de
voyage 2 attendoit une occafion pour
paffer à S. Domingue oi il étoit deftiné,
& le Pere du Mai deffervoit la Paroiffe
du Marigot. Je fçavois par la relation
de nos Deres, > qui étoient revenus au
Mouillage : que ce Couvent étoit fore
pauvre, mais je ne me fuffe jamais imaEvj --- Page 178 ---
108 Nowveaux
1694-giné qu'il le fûr Forager anx TRes
vai. A pcine y
du que je le troutable
Pint
, les ferviettes éroient linge pour la
chirécs 5 & la
fr
toutes démangeâmes étoit CPE mauvaife laquelle nous
obligé de mettre deux
qu'on fut
pour en boucher les
fervietres deffas
sâmes pas de
trous. Nous ne laif
de bien dormir fouper de grand : appétit, &
tigue que nous cnfaite, avions CaierAn que la faméchants lits où nous
fmppléoit aux
avoir laiffé nos matelars couchâmes
fçimes qu'ils étoient en chemin. NEC
crerie du fieur le
demeurés à la fas'étonnerent
Comte, & nos Percs
comment il n'avoit
voyé nous prier de paffer la
pas en- 6
lui, car il étoit
nut chez
nos amis.
très-génercux & fort de
Le lendemain matin
Comte nous renvoya le cheval Monfieur le
&.nos matclats, & écrivit
boiteux
May fon
au Pere Du
notre pallage Curéquilnavoir été averti de
en étoit
deux heures après >
227 fir le
,
ene
point de chaffer fon qu'il avoicdeur pour ne lui en avoir Comman-:
avis plutôr, & qu'il le
pas donné
faire fes excules.
prioir de nous
Du May de lui faire Je chargeai lc Perc
& dc Talfurer
mes complimens,
que nous irions au pre-; --- Page 179 ---
Françoifes de PAmbrigue.
mier jour le remercier de fon honnè- 1694.
teté.
Je trouvai Guillaume Maflonier, mon
compagnon de voyage de Paris à la Rochelle, fort mécontent du pofte que notre Agent lui avoit procuré; il avoit apque la condition des
dans
ES Ifles étoit un efclavage TEAES rude &
fort pénible > qui ne différe de celui
des Négres que parce qu'il ne dure
trois ans 5 &
fàr affez
onRe
quoiqu'il
ment chez nous > cette idée l'avoit tellement frappé 2 qu'il étoit méconnoiffable : il avoit foin de faire l'eau-de-vie
avec les firops & les écumes du fucre.
Je le confolai du mieux que je pûs, &
lui promis de l'aider aufli-tôt que je fcrois en état de le faire.
différe de celui
des Négres que parce qu'il ne dure
trois ans 5 &
fàr affez
onRe
quoiqu'il
ment chez nous > cette idée l'avoit tellement frappé 2 qu'il étoit méconnoiffable : il avoit foin de faire l'eau-de-vie
avec les firops & les écumes du fucre.
Je le confolai du mieux que je pûs, &
lui promis de l'aider aufli-tôt que je fcrois en état de le faire. --- Page 180 ---
1694: IIO Nonveaux Yoyages aux IRes
CHAPITRE V.
Defeription de Thabitation des Freres
Pricheurs à la Cabeferre de la
Martivique.
Vorer ce que c'eft que l'habitation
que notre Miflion poflede àla Martiniquc. Ce terrain s'appelle le fond faint
Jacques; ; il eft fitué à la Cabefterre à
huit lieuès du Fort Saint Pierre
,
deux lieuès du Bourg de la
s & à
tre deux grands mornes Trinité, enentre eux un plat
d'environ > qui laiffene
cens cinquante pas 121 large, à côré deux duquel coule une petite rivicre
le même nom que lc terrain. qui porte
M.: le Général du
donna en 1654. à titre Parquet de fondation nous le
trois grandes Mefles, &
de
Mefles baffes
>
de quelques
large de fix par chaque année. Il-eft
la
cens
& il avoit lors de
donation, deux Emtic de
ou de chaffe.
pas
hauteur
Depuis ce tems-Jà nos
- res avoient obtenu deux conceflions Pc- de
deux mille pas chacune,ce qui lui donnoit fix mille pas de hauteur, c'eft-àdire, en allant du bord de la mer vers --- Page 181 ---
Frangoifes de FAmerique.
III
font au centre de 1694:
les montagnes qui
l'INe.
à la Martinique
Le pas d'arpentage & demi de la mefure
eft de trois pieds
& aux autres
de Paris. A la Guadeloupe
Ifles il n'eft que de trois pieds. eft fitué fur Habita
Notre Maifon ou Couvent
tion &c
terrain uni à côté de la riviere, Couvent
élevé un petit d'environ deux toifes & demie au- du S. fond Jacdeffus de la Savanne, & éloigné du bord ques.
de la mer de deux cens cinquante à trois
Il confiftoit en trois bâtimens
cens
enfermoient une cour de dix
de ibarg qui
toute ouverte du
i onze toifes en quarré, bout de laquelle étoit
côté dela mer, dix-huit au
à
toifes en
un jardin de
vingt
quarré.
étoità -
*
lagauLa Chapelle domeltique
fur dixche, longue de trente-fix pieds,
huit de large : elle étoit de maçonnetie le refla hauteur. de huit pieds,
jufqu'à étoit de bois, anlli-bien que toute lar
tc,
qui étoit d'effentes ou de
couverture bardeau au lieu de tuiles, dont l'ufa-1
eft prelque inconnu dans. le pays.
ge
chambre en dedans de la
Une petite artachée à la Chapelle de fix pieds
cour, fiur dix de long, fervoit de Sade large
criftie.
de logis oppo(é avoit trenLe çorps
uteur. de huit pieds,
jufqu'à étoit de bois, anlli-bien que toute lar
tc,
qui étoit d'effentes ou de
couverture bardeau au lieu de tuiles, dont l'ufa-1
eft prelque inconnu dans. le pays.
ge
chambre en dedans de la
Une petite artachée à la Chapelle de fix pieds
cour, fiur dix de long, fervoit de Sade large
criftie.
de logis oppo(é avoit trenLe çorps --- Page 182 ---
II2 Nowveans
AuX
1694. te-fix pieds de long Toyages fur
Ihes
large; il
vingt-quatre de
comprenoit une falle de
pieds de longueur fir feize de
vinge
les fenètres éroient du côté de largeur la
une petite chambre à côté qui fervoit cour >
d'office, deux chambres de douze
de large fur (eize pieds de
pieds
vûe fir la mer avec un'efcalier. long, Le ayant
ne contenoit qu'un corridor avec deux haur
chambres quelon pouvoit
chacune en deux; le toit étoit partager en
& fans lambris.
manfarde
Ce bâtiment étoit joint à une
de maçonnerie par un magazin de cuifine
ze pieds de
fur
doulong, la cuifine large avoit la
- quarre de
fur
RELT
feize pieds de largeur.
longueur
Entre la cuifine & lc bâtiment
étoit au fond de la cour,
avoit qui
pallage pour aller à la fucrerie. ily
un
Ce corps de logis étoit tout-de bois.
ftiné partagé a en trois ou quatre parties, dela
différens ufages 5 il étoit joint à
Chapelle étoit la par un mur, au milicu dula
porte qui donnoit entrée
cour:
6 Tous ces bâtimens étoient auffi
Suctetie labrez
dé
du fond
par dehors,
mal meublez
S. Jac. dedans La
étoit
au
gucs.
derriere
Romederd
dernier corps de logis, dont elle étoit ce --- Page 183 ---
Evangoifes de PAmerigue. 113
éloignée d'environ vingt-cinq toifes; un 1694.
petit ruiffeau qu'on palloit fur une planche > couloit au milicu de cet clpace.
Cette fucrerie & le moulin à eau qui lui
étoit joint, avoient quatre-vinge-douze
pieds de long, far vinge-quatre de large,
le tout de maçonnerie.
C'étoit T'ouvrage
le Pere Jean
Temple avoit fait ile quand il étoit
Syndic, ; dans lequel on pouvoit plutôt
admiter fon zèle que fon expérience &
fa conduite > puilque ayant le terrain
& la riviere à fa dilpofition, , il avoit
choifi l'endroit le plus inondé > le plus
étroit &c le plus difficile de Thabitation,
& qu'ayant oublié de faire dans la fucrerie un nombie fuffifant d'ouvertures
pour y donner du jour & de l'air', on
n'y voyoit
en plein midi, & on n'y
EmRLEN à caufe de la famée.
pouvoit
ily avoit fix chaudieres à fucre montées, & des fourneaux préparez
en
placer deux autres. Les cafes EUT l'on
fert les bagaccsa c'eft-à- dire les cannes >
qu'elles ont paflé au moulin, &
vER on fe fert pour cuire le fucre >
étoient à côté du moulin proche la riviere,avec celle où l'on prépate le magnoc, & où on le fait cuire en farine,
ou en callave,
ufe de la famée.
pouvoit
ily avoit fix chaudieres à fucre montées, & des fourneaux préparez
en
placer deux autres. Les cafes EUT l'on
fert les bagaccsa c'eft-à- dire les cannes >
qu'elles ont paflé au moulin, &
vER on fe fert pour cuire le fucre >
étoient à côté du moulin proche la riviere,avec celle où l'on prépate le magnoc, & où on le fait cuire en farine,
ou en callave, --- Page 184 ---
114 Nowveanx Voyages aux
1694. Les cafes de nos
Ifles
une petite hauteur derriere Négres étoient fur
le canal du moulin
la facrerie 5
Nous avions
palfoit au milieu.
gres travaillans, pour huit lors trenre-cinq Né
infirmes, & environ ou dix vieux ou
en fi mauvais état faute quinze de cnfans tous
de vêtemens & de
nourriture,
faifoit pitié, D'ailleurs remédes, que cela
étoit endertée de près de notre maifon
livres de fucre
fept cens mille
Raifons crédit: ces
s & n'avoit plus aucun
eu ma- tées
dettes avoient été
vais état
par la mauvaile
contracou éioit ligieux
économie des Rele bien
qui avoient mal gouverné
desjaco. affaires >
les
leurs
bins, tes des Barcda dépenfes exhorbitanqui prenoient chez les
- les Marchands tout ce qui leur plaifoit, &
étoit payoient avec un billet de
en ce tems - la la
facre, qui
rante des Ifles à prendre far monnoye coupar les entreprifes ridicules Thabitation 1. >
ques Syndics, & for tout
de quelnes que le Perc Paul faifoir Par les aumô.
profulion,
les
avec tant de
tendant Tadie Gouverneurs & l'InP. Carbonniere obligez d'en écrire au
quand il étoit
Géneral, afin qu'il y mit ordre. Supérieur Cc bon
Religieux de la
érant Supérieur de la Miflion
retirer Martinique, du
: 2 s'étoit mis en tête de
libertinage pluficurs femmes. --- Page 185 ---
Françoifes de TAmerique.
115 de 1694
de mauvaife vie qu'on avoit envoyées
France en leur fourniffant de quoi vi-
,
cet effet, illeur faifoit des
vre 5 & de pour fucre à prendre fur Thabitabillets fans fe mettre en peine fi on en
tion s fabriquer allez pour les acquitpouvoir
'trouveroient à
ter > ni où les Religieux ila fin
ces femfubfifter. 11 connut
que billets
mes l'avoient trompé 2 mais ces
qui étoient en très grand. nombre, courroient chez les Marchands qui nous tourmentoient pour en être payez >. & nous
avoient décricz faute de payement , parce que tout le monde n'étoit pas obligé avions
de igavoir de quelle maniere nous
contradté tant de dettes. Il faut encore
la
de nos beftiaux
ajolzer que
plâpart fut
d'en
étoient morts, fans qu'ilf pollible vouloit
acheter d'autres > parce qu'on
de l'argent comptant pour cette marchandife > & nous n'en avions faire point. la .
Cette perte nous empèchoic de
quanticé de fucre qu'on auroit pû faire ,
fi nos affaires avoicnt été en meilleur fucre
état. D'ailleurs ce n'étoit que du
-
brut, décrié pour fa mauvaife qualité. fi bas 2
&c que la guerre avoit réduit à
le cent ne valoit que cinquanprix,que
fols,
les vite ou foixante
pendant
France
denrées
ife > & nous n'en avions faire point. la .
Cette perte nous empèchoic de
quanticé de fucre qu'on auroit pû faire ,
fi nos affaires avoicnt été en meilleur fucre
état. D'ailleurs ce n'étoit que du
-
brut, décrié pour fa mauvaife qualité. fi bas 2
&c que la guerre avoit réduit à
le cent ne valoit que cinquanprix,que
fols,
les vite ou foixante
pendant
France
denrées vres & les autres --- Page 186 ---
II6 Notrveanx
1694. étoient à un prix Poyages exceflif. anx Ifes
rine coûtoit
Le baril de facrc ; le baril quinze de baeuf cens livres de fibaril de lard deux mille falé autant 3 lc
vres 3 la barique de vin trois cinq cens livres & fouvent
mille licre qu'on pouvoit davantage ; tout le finalloit à peine à cent fabriquer chez nous
fur quoi il falloit
trente mille livres,
les beftiaux
entretenir les
3 le moulin
Négres,
dépenfes d'une
> & les autres
Religieux
habitation, & nourrir les
noit
quiy étoient, ce qui ne donétoient pas un petit embarras à ceux
chargez de ce foin ,
qui
ter les inquiéndes
fans compceux qu'on pourfait qui accompagnent
de
pour le payement
-
trèi-groffes dettes.
Tel étoir l'état de nos affaires à la
Martinique quand jy arrivai. On
ra la diférence quand
en ver1705.
j'en fuis parti en
Le R. P. Caumels,
de nos Miflions, & Préfet Supérieur Géneral
revint du Bourg dc la Trinité Apoftolique,
avant midi, il témoigna de la un peu
notre arrivée > & nous fit joyc de
d'honnéteté. C'étoit un homme beancoup de
rite & de naiffance; fon
mépitoul de Touloufe, allié pere à étoit CaMaifons
quantité de
confidérables, > & entre-autres --- Page 187 ---
Françoifes de PAmbrigne.
a celle de M. le Commandeur de Gui-1 1694Il avoit été Prieur du Couvent de
taut.
n'eût encore que
Touloufe > quoiqu'il
il avoit été
trente-cinq ans , Géneral après quoi &c Préfet Apofnommé Vicaire
fiatté
tolique denos Miflions; on l'avoit difcette derniere qualité étoit peu
Rcaner de celle des Vicaires Apoftoli-
& il s'étoit imaginé fur cela que
>
s'étendoit nion-feulement
f jorifdicion de (on Ordre, mais enfur les Rcligienx
les Carmes & les
core fur les Jefuites 2
bien
Capucins 2 mais il s'étoit trouvé
de
loin de fon compte. Les Supérieurs
des Carmes,
ces Religieux, > àl'exception
&c
étoient munisde femblables pouvoirs, Ce fut
n'eurent garde de le reconnoitre.
le premier chagrin qu'il eut en arrivant,
mais ce ne fut pas le moindre, 2 puifque
le dérangement de nos affaires temporelles, tant à la Martinique qui étoit accablée de dettes, qu'à la Guadeloupe qui
venoit d'ètre
& défolée par les AnCroix & à Saint Doglois, qu'à
reSe
lui en fourniffoient de bien
mingue ,
plus confidérables. diner il me mena dans fa chamAprès
lui eus rendu
bre ,, oà après que je fait à la Rocompte de ce que j'avois
il me
chelle pour notre cmbarquement;
temporelles, tant à la Martinique qui étoit accablée de dettes, qu'à la Guadeloupe qui
venoit d'ètre
& défolée par les AnCroix & à Saint Doglois, qu'à
reSe
lui en fourniffoient de bien
mingue ,
plus confidérables. diner il me mena dans fa chamAprès
lui eus rendu
bre ,, oà après que je fait à la Rocompte de ce que j'avois
il me
chelle pour notre cmbarquement; --- Page 188 ---
118 Nosveaux Voyages anx Ifles
1694. fit un ample détail de l'état de nos Miffions, &.des chagrins que ccla lui donnoit, dont le plus grand étoit de n'avoir pas un Religieux de confiance qu'il
pût mnettre à la tête des affaires. Il me
dit que ce qu'onlaiavoir écrit, & qu'il
avoit appris des Religieux avec lefquels
j'étois venu, l'avoit déterminé à fe fervir de moi, & qu'ille feroit dès ce moment, fj j'étois un peu plus inftruit des
manieres du pays , mais qu'en attendant, il me deftinoit une Paroiffe fari- qui
ne me donneroit pas beaucoup de
, à condition que j'érudierois avec
comment les habitans fe condui-
>
Em:
foient dans le gouvernement de leurs -
de leurs
de leurs
habitations >
afin d'èrre Négres, bien-tôt en
manufadtures, état de faire ce qu'il fouhaittoit de moi.
Quelque répugnance que j'euffe pour ces
fortes d'emplois 2 qui entraînent avec
eux une grande perte de tems , qui me
dérourneroient dc mesétudes, & du motifprincipalqui m'avoit appellé aux Mif
fions, je fus obligé de lui promettre ce
qu'il youlut, & je puis dire lui avoir
tenu parole trop exactement. Février je dis
Le Dimanche feptiéme
la Mcfle à notre Chapelle domeftique,
& je fis le Catéchifine à nos Négres 5 --- Page 189 ---
Françoifes de LAmerigue.
Géneral qui étoit pré- 1694.
le Pcre Supérieur
qu'il étoit content >
fent me témoigna
lui plai-
& que 11a maniere d'enfcigner
foit.
enfuite le Pere DuJaccompagnai du
oû il alla
Mai à fa Paroifle
Marigot, la Melfe
dire la Meffe & prècher 5 après du Rofaion fit la Proceflion ordinaire Dimanrc, parce que c'étoit le premier à cette déche du mois, qui eft deltiné
votion.
de remercier M. le
Je ne manquai
avoit eué
Comte, de atARtedE qu'il
de nous renvoyer nos matelats dit avec fort
une lettre fi obligeante. Il me
civilement 2 qu'il ne croiroit pas que 'de
nous lui euflions pardonné la faute
fes gens , fi je ne lui en donnois lui. Nous une
en venant dîner chez
n'en
preuve fimes
que nous
en
difficulté, permifion à noavions
AFET
pas
il nous répondit qu'il Civilité
s'artendoit tre Supérieur bien > à cette réponfe 2 mais des tans. habi.
qu'il y avoit pourvi 2 ayant envoyé
pendant la Melle un de fes Négres avec
lettre
la demander > & nous
une
pour mème-tems celle que lui
préfentane en
nous laiffoit
écrivoit le Supérieur : qui là-deffus: nous
une liberté toute entiere
fon offre 5 M. . de la Characceptâmes
'il Civilité
s'artendoit tre Supérieur bien > à cette réponfe 2 mais des tans. habi.
qu'il y avoit pourvi 2 ayant envoyé
pendant la Melle un de fes Négres avec
lettre
la demander > & nous
une
pour mème-tems celle que lui
préfentane en
nous laiffoit
écrivoit le Supérieur : qui là-deffus: nous
une liberté toute entiere
fon offre 5 M. . de la Characceptâmes --- Page 190 ---
1694- 120 Nouveaux
aux IRes
donniere, Capitaine LHES Milice du
tier > avec deux ou trois autres des quarcipaux & leurs femmes furent du prinqui fur fervi avec toute l'abondance diner,
toute la politeffe imaginable.
&
Ce fur à cette occalion
noiffance avec M. de la que je fis conno'IS entrâmes
Chardonnieres
tournant
chez lui en nous en reenfemble > & nous commençâmes à lier
fa
une amitié qui a
mort.
duréjufqu'a
Famille M. de la
de Mefanciens
Chardonniere étoit un des
Vallor. fieurs le le Vaffor. habitans de l'Ile, fon nom eft
Il avoit deux freres établis
dans la même Ifle. L'ainé étoit ce M. le
Vaffor, Confeiller au Confeil, dont l'habitation eft à côté de celle de Madame la
Marquife d'Angennes. Il étoit
ne de Milice du Fort Saint Picrre. Capiraiétoit venu fort
Il
trouvé à la
jeune aux Ifles, s'étoit
&
guerre contre les
aux entreprifes que les Sauvages,
avoicnt faites fur les Anglois & François fur Jes
Elpagnols : il avoit toujours fervi avec
diftinétion. Il avoit
riche, & le bonheur époufé une veuve
faccompagna tellement, que
d'ahnées
11 fe
en état de
après
vit
une
E,CN
en mourant le laifla fucrerie, héritier Sa femmc
fans. Monfieur le Vaflor dc la & fans enChardonniere --- Page 191 ---
Françoifes de LAmbrique. I2I
niere Capitaine du Marigor qui étoit fon 1694.
cadet, étoit venu aux Ifles quelques années après fon aîné qui l'avoir d'abord
employé far une de fes habitations à côté de la nôtre, qu'il vendit enfuite au
fieur Birot de la Pomerayc, Notaire'&c
Arpenteur Royal. Il lui fit époufer la
veuve d'un nommé Jolly > habitant du
quartier, appellé le fond du Charpentier > laquelle étant morte quelque tems
après leur mariage , elle laifla fes biens
à partager par moitié entre fon mari &
un fils qu'clie avoit eu de fon premier
lit. Le fieur de la Chardonnicre traita
avec CC fils & moyennant certaines
conditions, i demeura maitre dc l'habitation où il étoit encore. J'ai connu
le fieur Jolly fon beau-filsà la Guadeloupc, où il étoit établi au quartier de la
pointe noire.
Monfieur de la Chatdonniere étoit
brave, 2 civil, bon Chrétien, bon ami; il
étoit riche & fe faifoit honneur de fon
bien, fcs enfans très bicn élevés, & fa
maifon une des mieux réglées de l'Ifle. I
avoit montré beaucoup de courage &
de prudence dans une infinité d'entreprifes fur les ennemis ot il s'étoir trouvé.
il eft mort Lieutenant Colonel du
ment
Régide Milice de la Cabefterre.
Tome I.
F
brave, 2 civil, bon Chrétien, bon ami; il
étoit riche & fe faifoit honneur de fon
bien, fcs enfans très bicn élevés, & fa
maifon une des mieux réglées de l'Ifle. I
avoit montré beaucoup de courage &
de prudence dans une infinité d'entreprifes fur les ennemis ot il s'étoir trouvé.
il eft mort Lieutenant Colonel du
ment
Régide Milice de la Cabefterre.
Tome I.
F --- Page 192 ---
Nowveaux
aux Iftes
122 Monfieur le Vaflor Voyages fc yoyant riche %
1694.
&
du Fort S. Pierre , 1 fit
veuf, , Capiraine Paris, oà il époula une des
un voyagea
de T'Hôfilles du lieur le Quoy, 2 Oficier meme-tems
rel de Ville, & emmena femme en
la maune des foeurs de fa
pour
rier avec fon frere la Chardonniere.
Madame le Vaflor éroit belle étant jeul'avoit fait grollir extraordine 2 l'âge & laleéure de quclques linairement, lui avoit tellement gâté l'efprit >
vres difoit qu'elle étoit une copic affez
qu'on achevée des Précieufes de Moliere. Monfieur le Vaffor avoit eu pluficurs cnfans
de fon fecond mariage, & entre le autres Marune fille qui époufa en 1699. Gallions
quis dela Rofa, Vice-Amiraldes dans un autre
d'Efpagne. J'en parlerai
endroit. Madame de la Chardonniere
Pour
femme d'un très-bon elprit:
c'étoit une
de
8c de polie
Elle fe piquoit
régularité fa
tefle, & avec raifon 5 car
conduite civifage, chrétienne &
étoit également défaut étoit de parler
le 2 fon unique Madame & une certaine
beaucoup. étoient les feules dans
Madame
parler avec
toute P'Ifle qui
allé, un
elle. Je me
qu'étant
Ie
chez elle avec le Pere Martelli,
jour --- Page 193 ---
Frangoifes de PAmerique.
12; 1694CCS deux femmes ;
nous y trouvâmes
de demeurer
nous cûmes la patience
près d'une heure à les entendre parler
toutes trois fans avoir jamais pi trouver le mcment de dire une (cule
avec Monfieur
P:
role. Je fortis enfin
aller voir fa fula Chardonniere pour
le Pere
crerie > & quelque tems après
Martelli ayant pris congé nous montâmes à cheval 1 , & nous nous retiràmes : mais comme ce Pere aimoit à
parler à peu près autant qu'une femme, il ne pût digerer le chagrin
avoit eu de garder le filence
a
fi
converfation. Il s'en plais
une dans longue quelques endroits > & ajoûgnit
chofe de fon invenrion,
tant quelque
> il
la verité, * qu'il pouvoir rapporter conferalfura que ces trois Dames pour
ver la paix & l'union qui étoient entr'elles, &c ne pas s'interrompre, avoient
fait apporter une bougie, & y avoient
fiché des épingles à des diftances égales,
&
quand la Aâme étoit arrivée àt une
que
celle qui tenoit le bureau le
épingle,
ainfi de fuite jufcédoit à une autre,
qu'à la fin de la bougie 5 mais que
comme il ne s'étoit point trouvé
il avoit éréobligé de
A
gles ia teerd lui, fans parler. Cette fable courut
Fij
fait apporter une bougie, & y avoient
fiché des épingles à des diftances égales,
&
quand la Aâme étoit arrivée àt une
que
celle qui tenoit le bureau le
épingle,
ainfi de fuite jufcédoit à une autre,
qu'à la fin de la bougie 5 mais que
comme il ne s'étoit point trouvé
il avoit éréobligé de
A
gles ia teerd lui, fans parler. Cette fable courut
Fij --- Page 194 ---
124 Nowveaux Voyages ANx Ifes
1694. toute l'Ifle > ce qui irrita
ces
étrangement
trois Dames.
Meflieurs le Vaffor & la Chardonniere
avoient encore un frere appellé François
le Vaffor de la Touche qui étoit venu
aux Ifles après fes deux ainez. Son inde Famille Mon- clination le portant plutôt à chercher
fieur de les occafions de fe fignaler à la
la Tou- qu'à devenir un bon
guerre >
che.
fes freres, il fut un habitant comme
fans fonger à fc faire tems un établiffement. confidérable
Il fit plulicurs voyages en courfe où il
s'acquir de la réputation, & fe trouva à
toutes les expéditions qu'on fit contre.
les Caraibes lorfqu'on fe vit obligé
les maffacres fréquens qu'ils faifoient Res
habitans, contre la foi de pluficurs accords qu'on avoit fait avec eux > de les
détruire entierement ou de les chaffer de
l'Ifle.
S'étant à la fin établi & marié il fut
fait Capiraine des Milices de fon
tier. Cc fut très-peu de tems après quareut été élevé à cette
qu'il neuf
cens habitans de la Charge, que
Martinique ne
vant s'accoûrumer au gouvernement pou- nouveau de la Compagnic de 1664.
rent les armes, & alloient faire foule- priver toute l'Ile, file fieur de la Touche
n'cût ramafle en diligence environ cin- --- Page 195 ---
Françoifes de PAmerique.
habitans braves & fidéles 2 à la 1694.
quante têté defquels il attaqua ces révoltés avec
tant de bravoure & de prudence >
défaits & mis en
il
FS
les ayant
fuite,
força de rentrer dans leur devoir & d'obéir; & diffipa ainfi cet
qui auroit infailliblement entraîné
perte de
AERF
la Colonie, &c la ruine de la Compagnie.
Cette action de valeur qui marquoit en
mème-tems fa fidélité pour fon Prince,
&c fa (agelle, lui acquit Teftime des Gouverneurs géneraux & particuliers des If
les: de forte que PIfe de faint Chriftophle étant fur le point d'être attaquée
les Anglois qui avoient réuni toutes
feme forces pour détruire cette floriffante
Colonie, & ruiner enfuite toutes les autres; Monfieur de Clodoré, 3 Gouverneur
de la Martinique, crut qu'il n'y avoit
perfonne dans fon Gouvernement plus
capable d'être à la tète du fecours qu'il
envoyoit > que le fieur de la Touche.
h lui donna donc cent cinquante braves de fon Ile qui ne contribuerent
aux
l'on
Ra
peu
avantages que
remporta
les Anglois.
Il fc trouva à la prife d'Antigues fous
le même Monfieur de Clodoré, à celles
de S. Euftache & de Coroffol ou Curacao, & à celle de Tabac.
F i1j
nement plus
capable d'être à la tète du fecours qu'il
envoyoit > que le fieur de la Touche.
h lui donna donc cent cinquante braves de fon Ile qui ne contribuerent
aux
l'on
Ra
peu
avantages que
remporta
les Anglois.
Il fc trouva à la prife d'Antigues fous
le même Monfieur de Clodoré, à celles
de S. Euftache & de Coroffol ou Curacao, & à celle de Tabac.
F i1j --- Page 196 ---
126 Nowveaux Vayages anx
1694. Il fit envoyéparle fieur de Baas, Ifes Gouverneur Géneral des Iflcs, pour voit de
quelle maniere on pourroir s'emparer
de Sainte Foy, dans la terre ferme de
l'Amérique > place également riche &
importantc > & il s'acquitta fi bien de
cette dangereufe commiflion, que cette
conquète étoit infaillible, 3 felon les mefures qu'il avoit prifes, fi des raifons dc
conféquence, qui ne font point de ces
Mémoires s n'avoient obligé nos Géneraux de fe défifter de'cette entreprife.
Le Comte de Blenac 2 aulli Gouverneur géneral des Ifles, > lui donna deux
cens hommes pour tenter la' conquète
de l'Ifle de la Trinité; ily fut, fit fa defcente avec fuiccès, pouffa vivement lcs
Efpagnols , & s'empara des poftes les
plus avantageux pour fc rendre bien-tôt
inaitre de la Fortereffe mais ayant eu le
genoiil fracaffé d'un coup de
fes gens perdirent
monfquer,
courage > &c fc rembarquerent.
Le fieur de la Touche s'acquir encore
beancoup de gloire en 1693.
les Anglois attaquérent la
lorique
Il fit des merveilles à la tête Martinique. des Milices qu'il commandoit.
Quoiqu'il fit âgé de foixante - dix
ans > il vouloit courir au fecours de la --- Page 197 ---
Françoifes de rAmérique. f1i7
Guadeloupe quand elle fut attaquée par 1 694.
les Anglois en 1703. & il fallut que le
Gouverneur géneral &c lIntendant employaffeut toute leur autorité pour le retenir à la Martinique , auffi-bien' qu'en
Meilieurs de Chavagnac
1706. lorfque allerent
les Ifles
&c d'iberville
prendre
de Nieues & de S. Chriftophle. Il avoit
dans ces deux expéditions deux enfans
&c trente-deux neveux.
Le Roi, pour récompenfer fes longs
fervices & fon inviolable fidélité, Ic
nomma Colonel d'un des quatre Régi-
'mens de Milice qu'on fit à la Martinique
Gardeen 1705. & Capitaine géneral
Côte du Croific le 27 Novembre 1706.
Il lui donna des Lettres de Noblefle au
mois de Décembre de la mème année,
qui furenr enregiftrées au Parlement le
Janvier fuivant, &c confirmées
25: d'autres Lettres du Roi à préfent PeE
gnant , le 15, Oétobre enfans 1716. de fon, maIl a eu plufieurs
riage avec Maric-Magdelaine Dorange,
fille de ce brave Dorange dont la mémoire fera toujours très-] précieufe aux
habirans des Ifles, qui fut tué en 1674.
lorique les Hollandois attaquoient le
Fort L'ainé Royal. Charles Lambert le Vaffor de
F iv
ivant, &c confirmées
25: d'autres Lettres du Roi à préfent PeE
gnant , le 15, Oétobre enfans 1716. de fon, maIl a eu plufieurs
riage avec Maric-Magdelaine Dorange,
fille de ce brave Dorange dont la mémoire fera toujours très-] précieufe aux
habirans des Ifles, qui fut tué en 1674.
lorique les Hollandois attaquoient le
Fort L'ainé Royal. Charles Lambert le Vaffor de
F iv --- Page 198 ---
128 Nowveaux Vayages aux Ifes
1694. la Touche, 2 Ecuyer, Licutenant géneral
Garde-Cô:e du Croific, & Lieutenant
Colonel du Régiment de Milice de fon
pere.
Le fecond, Charles-François le Vaflor
de Beauregard, Ecuyer. Après avoir été
Garde de la Marine, & Lieutenant d'une Compagnie du même Corps 3 il s'eft
établi à la Martinique > s où il eft
taine de Cavalerie,
CapiLe troifiéme, Alexandre le Vaffor de
Longpré, Ecuyer, eft Ayde Garde-Côte
du Croific.
L'ainée de fes deux filles, Marie le
Vaffor a époufé Robert Giraud,
Sicur du Poyer, Chevalier de S. Ecuyer >
& Capitaine d'une Compagnic détachée Louis,
de la Marine.
Et la feconde, Marie Rofe, a époufé
Loitis de Carquerei Ecuyer > fieur de
Valmeniere, Chevalier de faint
2e
Lieutenant de Roi
Loiiis,
Fort Royal de la
> Commandant aul
Martinique.
J'aurai occafion de parler de ces deux
Meflieurs dans d'autres endroits.
Ce que je puis dire à préfent des enfans
du fieur de Ja Touche, c'eft qu'ils n'ont
point dégeneré des vertus de leur perc.
Ils fc font trouvez dans toutes les OCcafions où ily alloit du fervice du Roi, --- Page 199 ---
Françoifes de LAmbrique.
& dela confervation des Colonies, & oi 1694.
ily avoit de la gloire à acquerir > & ils
s'y font toujours diftinguez. Et les filles
imitent de,près lcur mere > que l'on peut
regarder comme un modéle excellent
de toutes les vertus convenables à fon
fexc.
Puifque je fuis fur le chapitre de cette
famille, il faut achever d'écrire ce que
j'en fçai.
Mefdames le Vaffor & la Chardonniere avoient une faur & deux freres.
Cette feur vint dlaMartinique en 1698.
c'étoit une petite boiteufe fort
long féjour dans les
D
tuelle, qu'un
à
le
vents n'avoit pà engager
prendre
voile, elle ne laiffoit pas d'ètre dévote,
en attendant quelque occalion de maxiage. A l'égard des deux freres, 2 le fieur le
Quoy Fainé vint aux Ifles un peu.après
la paix de Rifvick. Il avoit été Garçon
Major dans le Régiment d'Alface, mais
il avoit oublié le mot de Garçon pendant
le voyage, > & avoit paru comme Major
réformé de CC Régiment. On connoifoit
aifément qu'il étoit. frere des femmes
dont Jai parlé ci-devant, caril ne déparloit point, & quelque nombreufe
fut une affemblée, il tenoic le
PEIRIE
Fy
rès
la paix de Rifvick. Il avoit été Garçon
Major dans le Régiment d'Alface, mais
il avoit oublié le mot de Garçon pendant
le voyage, > & avoit paru comme Major
réformé de CC Régiment. On connoifoit
aifément qu'il étoit. frere des femmes
dont Jai parlé ci-devant, caril ne déparloit point, & quelque nombreufe
fut une affemblée, il tenoic le
PEIRIE
Fy --- Page 200 ---
fans 130 Nouveaux Vayages Anx Iiles
1694.
que perfonne eût la peine d'ouvrir la bouche. Quelques mois après fon
arrivéc, on' lui fit époufer la veuve d'un
Capitaine d'un quartier, appellé le Carbet, > il eut en même-tems la Compagnie du défunt , parce qu'on fit bien
aifc de mettre dans nos Milices un Officier comme lui.
Le fieur le Quoy fon cadet vint aux
Ifles en' 1703: c'étoit un homme fort
polé, qui avoit pallé toute fa vie dans
des bureaux & dans le commerce, J'ai
appris qu'il avoir été fait Lieutenant du
Juge Royaldansun Siége nouveau
a érabli au
dc la Trinité.
qu'on
Au refte,j je
obligé de dire ici
SAEEANS
les familles nombreufes de Meflieurs que le
Valfor font compofées de très honnêtes
gens. L'ainé étoit attaché aux Jéfuites.
Le cadet étoit ami intime de notre Miffion; & le plus jeune étoit le pere & le
bienfaiéteur des Capucins.
Le Lundi 8 Février le Pere Martelli
revint de fa Paroiffe de la Trinité
le Supérieur Géneral lui avoit
elleelt
BE.ES
cloignée de deux lieués du fond
S. Jacques. Il paroiffoir fort content de
fon pofte, à l'exception de deux chofes;
l'une que la maifon Curiale étoit trop
éloignée de l'Eglife, > &c l'autre que les --- Page 201 ---
1 Frangoifes de PAmbrigue.
Soldats que l'on avoit
depuis quel- 1694tems fur la pointe
fa maifon étoit
LoTa
que bâtie, étoicnt continuellement dans fa
fous
de fe fervir de
cuifine >
prétexte
fon four en attendant qu'ils en cuffent un
autre pour leur ufage; cela leur facilitoit
le moyen d'emporter tout ce qu'ils trouvoient fous leur main. La fuitc a fait connoître qu'il avoit raifon de fe plaindre
de ce voifinage.
Monfieur de laChardonnicre nous vint
rendre vilite le même jour avec Meffieurs Jaham, Le Conte & Desfontaines 5 tous trois étoient Créoles, c'eft-àdire,nez dans le pais. Le fieur Le Conte
étoit Lieutenant dc Milice du Fort faint
Pierre, les deux autres étoient Lieutenant & Enfeigne de la Compagnie de
Monfieur la Chardonnicre.
Le Mardi jaccompagnai notre Supérieur géneral chez Mellieurs de Jorna
& Laquant, & chez Madame & Mademoifelle de Lacalle fa fille.
Le Jeudi j'allai rendre vifite à Monfieur de la Chardonniere, & aux autres
m'étoient venus voir, & au retour
REume chezle fieur Gabriel Raffin notre
voifin, , il étoit Nantois 2 Tonnelier de
-
fon métier 2 mais ill l'avoit quitté depuis
long-tems; & après avoir été Marchand
Fvj
Supérieur géneral chez Mellieurs de Jorna
& Laquant, & chez Madame & Mademoifelle de Lacalle fa fille.
Le Jeudi j'allai rendre vifite à Monfieur de la Chardonniere, & aux autres
m'étoient venus voir, & au retour
REume chezle fieur Gabriel Raffin notre
voifin, , il étoit Nantois 2 Tonnelier de
-
fon métier 2 mais ill l'avoit quitté depuis
long-tems; & après avoir été Marchand
Fvj --- Page 202 ---
132 Nowveanx
1694. au.Fort faint Pierre.
aux Mes
bitation où
acheré l'haAr.
Le Pain le Pain
il demeuroit, > qu'on
de lucrc.
de fucre à caufe d'un ifler appcile
cher
y eft
ou rod'un 3817
joint > qui étant regardé
qui donne repréfente le
un pain de fucre,
Le fieur Raffin nom à tout ce quartier-la,
& travailloit à établir cultivoit une cacoyere >
entretenoit aufli un nombre une Sucrerie ; il
ou cabritres fur le Pain de de chevres
étoient très - bonnes
facre, qui
mulciplié à merveilles 3 & qui auroient
Marons qui tendoient des fans les Négres
les dérober.
attrapes pour
appelle Cequ'on On appelle Marons les Négres
Négres qui fe fauvent de la maifon de leur fugitifs
Marons. tre, ou pour ne pas travailler, Maiéviter le châtiment de
ou
qu'ils ont
quelque
Eoe
dinaire faite, ils fe retirent pour l'ordans les bois, dans les falaifes
autres lieux peu fréquentez, dont ils ou
fortent que à la nuit pour ailer arracher du ne
manioc, voler
des parates, ou autres fruirs, &
des volailles. quand ils peuvent des beftiaux &
Ceux qui les prennent & les
tent à leurs maitres, OIl dans les remetou entre les mains des Officiers des prifons,
tiers ont cinq cens livres de fucre de quar- récompenfe. Quand on les furprend dans --- Page 203 ---
1 230B --- Page 204 ---
Tom .2. Pa2
Chour Caraibes: --- Page 205 ---
Françoifes de PAmerigue. 133
les bois, ou en volant - , on
tirer I 694
deffus, , s'ils ne veulent pas
rendre, >
ECE
fi on les prend après les avoir bleffés,
pourvi que CC ne foit pas mortellement >
on a la mème récompenfe. Si on les tue
on en eft quitte en faifant fa déclaration
à l'Officier duq quartier, oll au Greffe de
la Jurifdiction, & cn l'affirmant par le
ferment.
Il eft de ces Négres Marons
demeurent les années entiéres dans
bois
RE
& dans les montagnes qui font au milieu
de lIle, pour peu qu'ils foient pratiques du pais ils trouvent abondamment
de quoi vivre, > parce qu'ils ne manquent
pas dans les bois d'ignames & de choux
caraibes fauvages ni de choux palmiftes. d
Ils pèchent à la main dans les rivieres >
ils prennent de gros lézards, des crabes
& des tourlourous tant qu'ils veulent. Et
dans les Ifles de la Grenade & de la Guadeloupe, ils ne manquent pas de certains
animaux qu'on appelle des Tatous & des
Agoutils. Texpliquerai toutes ces chofes
dans la fuite.
Jc ne trouvai plus le Pere Martelli à
mon retour > il étoit retourné â fa Paroiffe fur l'avis qu'il avoit eu qu'il.y
avoit un malade au cul-de-fac Robert,
éloigné de la Trinité de quatre lieués.
. Et
dans les Ifles de la Grenade & de la Guadeloupe, ils ne manquent pas de certains
animaux qu'on appelle des Tatous & des
Agoutils. Texpliquerai toutes ces chofes
dans la fuite.
Jc ne trouvai plus le Pere Martelli à
mon retour > il étoit retourné â fa Paroiffe fur l'avis qu'il avoit eu qu'il.y
avoit un malade au cul-de-fac Robert,
éloigné de la Trinité de quatre lieués. --- Page 206 ---
134 Nowveaux
aux IRes
1694. Car en ce tems là Voyager le Curé de la Trinité
éroitchargé dufoin du
du cul-de fac François cul-de-faeRobert, &
quartiers jufqu'à la pointe > des des Salines autres
de maniere que cette Paroiffe avoit
s
de quinze lieuès
plus
d'étendue, on l'a depuis
partagée en trois Paroiffes,
MESE
CHAPITRE VI.
L'Autear eff emvoyé defervir la
du Maconba. Defcriptien du Paroife
des bètes ronges, 6 des chigmes. quartier ,
L E Samedi 13 Février, le
Géneral me donna la Paroiffe Supérieur du
Macouba 3 qui eft à quatre lieués à
l'Oiieft du fond S. Jacques. On me donna un Négre pour me fervir
Robert
appellé
Popo > âgé de quinze à feize
ans > avec un cheval nommé Corofol,
parce qu'il venoit d'une Ifle qui porte ce
nom,qui eft habitée par les Hollandois.
Les Géographes l'appellent Curacao.
On me pourvûr aufli d'un pain & d'une
bouteille de vin. Le Supéricur
fe remettant à la Providence,&c géneral à mon
içavoir faire pour mon entretien & ma --- Page 207 ---
Frangoifes de PAmerique.
nourriture jufqu'à ce que le Supérieur 1694particulier y cûit pourvi.
donné étoit
Le
qu'on m'avoit
créolle, NES avoit déja fervi d'autres Cures, il connoiffoit le quartier où jalil
François d 9 & d'ailleurs
lois >
parloit
Orjétois déja accoûtumé au baragoiin
dinaire des Négres.
Je partis immédiatement 1 après diner.
Je pailai à la
Ance, je trouvai le
Pere Imbert AT la porte de fon Eglife.
J'allai le faluer & lui demander fon
amitié ;-il m'embraffa, me combla de
civilitez 2e : rejetta fur fon Négre CC qui
étoit arrivé quand nous étions pallez 5
il m'obligea de m'aller rafraichir chez
lui, où il voulcit me retenir jufqu'au
lendemain
pouvois aller dire la
Mefle à la KSE qui m'étoit deftinée.
Nous devinmes bons amis dès ce mo-,
ment, &c nous l'avons toujours été depuis. A la fin je montai à cheval pour
continuer mon
Après quej'eus TEL la riviere Capot,
jentrai dans la Savanne du fieur Courtois ; je vis en paffant fa Sucrerie. Je
trouvai enfuite la Savanne de Monfieur
Pocquer. Cesdeux habitations font dans
un plar pays &c uni, élevé de trois à quatre toifes au-dellus de la mer. Ce terrain
mes bons amis dès ce mo-,
ment, &c nous l'avons toujours été depuis. A la fin je montai à cheval pour
continuer mon
Après quej'eus TEL la riviere Capot,
jentrai dans la Savanne du fieur Courtois ; je vis en paffant fa Sucrerie. Je
trouvai enfuite la Savanne de Monfieur
Pocquer. Cesdeux habitations font dans
un plar pays &c uni, élevé de trois à quatre toifes au-dellus de la mer. Ce terrain --- Page 208 ---
136 Nonveaux Voyages anx
1694 a près de deux lieuès
Ifles
mer
d'érenducilepuis la
jufques au pied des
il fe termine avec une
montagnes, où
fenfible. L'habitation du pente preique ina fix à fept cens pas de
fieur Courtois
Monfieur
largeur; celle de
trois Sucreries. Pocquet en a douze cens > avec
Le pays depuis la riviere Capot , où
commence la Paroiffe de la
julqu'à la grande riviere qui Balfepointe celle
du Macouba de la Paroiffe du fépare Précheur,
deffervie par les Jéfhites, eft fans contredit le plus beau pays, le meilleur - &
le plus aliré de toute l'Ifle. Les habita- >
tions fontprefque toutes
des autres par des petites féparéesles unes
ravines
rivieres ou des
les
profondes qui rendentila verité
chemins difficiles, mais qui font des
bornes fort commodes
les
& des retranchemens bien pour
terres s
der dans un tems de
faciles garcher les ennemis
guerre pour empèqui auroient fait defcente dans un
maitres des
quartier > de fe rendre
autres & de les piller.
J'arrivai à la Ballepointe une heure
avant le coucher du foleil; je demandai
à voir le Pere Charles Breton
étoit Curé; mais ne l'ayant
trouvé qui en.
chez lui, je chargeai fon Négre pas 1e de lui
faire mes
&
complimens >
de lui dire --- Page 209 ---
Frangoifes de LAmbrigue. 137
jétois deltiné pour fervir la Paroilfe 1694
T Macouba ; jy arrivai enfin. Je visau- de
près de l'Egh(e une petite maifon
planches de feize pieds en quarré avec
à côté > accompagné
un petit appenti maifon couverte de
d'une autre petite four. Je conjecturai que
paille avec un
du Curé & l'autre
T'une étoit la maifon d'Ecole logeoit au
fa cuifine. Le maître il avoit la clef de la
bord de la mer ,
avoit quelques
maifon 5 parce Paroiffe qu'il y étoit fans Curé,
mois
cette le Pere Breton qui la deffervoit
&
cetar
avec la fienne. d'une Sucrerie qui étoit
Une Négrefle où
& le Prefdans la Savanne bâtis vint l'Eglife à moi, & me
E de font faire fonner > la cloche pour aple maitre d'Ecole, qui vint quelpeller
11 apporta les clefs
ques momens du après.
& fe difpode l'Eglife & chercher Prefbytere, des ceufs pour
foit à m'aller
le Marguillier de la
mon fouper quand
entendu fonner, >
Paroiffe arriva. llavoit s'informer de CC
& il étoit venu pour
11 me fit bien
qu'il y avoit de nouveau. de venir foudes honnètetcz, &c mepria
& coucher chez lui, & d'y prendre
per
ce qu'on eût acmon logement jufqu'à
commodé le Prefbytere,
chercher Prefbytere, des ceufs pour
foit à m'aller
le Marguillier de la
mon fouper quand
entendu fonner, >
Paroiffe arriva. llavoit s'informer de CC
& il étoit venu pour
11 me fit bien
qu'il y avoit de nouveau. de venir foudes honnètetcz, &c mepria
& coucher chez lui, & d'y prendre
per
ce qu'on eût acmon logement jufqu'à
commodé le Prefbytere, --- Page 210 ---
138 Nowveanx Voyages aux IRes
1694.
Ce prélude de réception me fit
fir. J'acceptai le parti avec joyc. Je mon- plaitai far mon cheval & lui fur le fien, &
nous defcendimes pour gagner le bord
de la mer. J'avoué que cette defcente
me fit peur, & je croi, à mon cheval
aufli. C'étoit un chemin
dans un rocher de plus de étroit, 3 taillé
toifes de haur, 5 où l'on fc quarante-cing feroit
le col mille fois file cheval étoit rompu
à s'abattre. Je voulois mettre pied à venu terre, mais le Marguillier m'en
en m'affurant quc les chevaux empècha du
s
étoient faits à CCS fortes de defcentes, pays &
RE je n'y aurois pas palfé trois ou quatre
queje n'y penferois plus.
lly avoit aul bord de la mer la maifon du maître d'Ecole, celle d'un Chirurgien, & quelques magazins où les habitans du quartier renfermoient leurs fucres & autres marchandifes en attendant
que les barques les vinffent chercher.
Nous enrrâmes dans une large ouverture
que deux falaifes clecarpées & coupées
prefqu'à plomb laiffent entrelles,ceft
dans cette efpace que coule la riviere du
Macouba, On trouve fous ces falaifes de
grandes voutes comme desarcades naturelles avec des trous ronds dans leurs cintres qui percent fort avant, qui paroif- --- Page 211 ---
Frangoifes de PAmerique.
des tuyaux de cheminées. 1694.
fent eomme
découvrir comment ces
Jc n'ai jamais pa
il
trous fe font faits; car n'y a pas
des racines
d
parence que ce foient faits, vû qu'ils font
bres qui rocher les ayent vif fir lequel il y a plus
dans un
toifes de terre , ou de pierde vinge-cinq hauteur. La riviere du Macouba a
re de
pieds delarge, & Orenviron quarante deux pieds d'eau. Le chedinairement de l'autre côté de la riviere me pamin bien
aifé &
beau > bien
rut
plus
plus mais il eft ifes
le morne foit aufli haut,
dans
plus long, auffi a-t'il été pratiqué à la
la pente du morne. Nous arrivâmes
maifon du Marguillier. 11 s'appelloit
Monfieur Dauville. Il étoit de Normandie, ci-devant Premier Capitaine deMilice de Marie Galante - > honnère homme , fort civil, fçachant parfaitement chez
bien vivre s aufli lavoitil appris Confeiller
Monfieur de Champigny 2 d'Hotel.
d'Etat, dont il avoit été Maitre du MarCe Seigneur l'avoir mis auprès fon beau-fils,
quis de Themericourt 2
le
lorfqu'il vint aux Illes pour partager
Marquifat de la Guadeloupe avec Monfieur Houel fon oncle. Monficur deThemericourt ayant été pourva du Gouvernement de Maric Galante > le fieur Dau-
vivre s aufli lavoitil appris Confeiller
Monfieur de Champigny 2 d'Hotel.
d'Etat, dont il avoit été Maitre du MarCe Seigneur l'avoir mis auprès fon beau-fils,
quis de Themericourt 2
le
lorfqu'il vint aux Illes pour partager
Marquifat de la Guadeloupe avec Monfieur Houel fon oncle. Monficur deThemericourt ayant été pourva du Gouvernement de Maric Galante > le fieur Dau- --- Page 212 ---
140 Nowveaux Voyages aux Ies
1694. ville ly fuivit, & sy etablit, il
enfuite une femme de chambre de époufa fon
ancienne maîtreffe Madame de Champigny, > mais cette femme ne s'accommodant pas à l'air du pays, & ne
fant pas trop avec l'humeur dc fon fympati- mari,
revint en France au bout de
années, & s'établit à Honfleur, quelques d'oà elle
étoit. Le fieur Dauville étoit devenu
un des plus aifez de Marie
il
faifoit la fonétion de
Galante,i y
Major ; mais cette
pauvre Ifle ayant été faccagée deux fois
par les Hollandois > & enfin prife en
1692. par les Anglois > qui eurent la
cruauté de pendre à la porre dc l'Eglife
vingt-trois habitans qui s'étoient venus
rendre, ou qui étoient prifonniers de
guerre > le fieur Dauville feroit enfin
tombé entte leurs mains, & auroit eu
le même fort, fi Monfieur de Condrington, Géneral des Ifles Angloifes fousle
vent, > ne fût arrivé, n'ent ôté lecommandement à un certain brutal qui commandoit les Anglois. Ce Géneral
connoiffoit le mérite de M,
qui
étoit Gouverneur de l'Ifle & Auger
miroit
,
qui
#
le courage & la prudence
avoit fait paroitre en fe défendant qu'il avec
une poignée de gens contre des
aufli nombreufcs que les fiennes, troupes lui --- Page 213 ---
Frangoifes de PAmerigue. 141
lui dire, quil1694envoya un Trompette affez de gloire pour dans la viavoit acquis
faite, qu'il
goureulc défenfe quilaveir à
falloit
les chofes bour, >
ne
étoit pas tems pouller de fe rendre, & que
qu'il lui montrer l'eftime qu'il faifoit
Erie fon mérite , il le laiffoit maitre des
conditions du Traité. Monfieur Auger foiqui n'avoit plus avec lui qu'environ &
xante ou foixante & dix hommes, qui de
commençoit à manquer de vivres &
le
Il vint troumunitions. > accepta parti.
ver le Géneral Condrington, qui,après le fit
l'avoir fort loué de fa bravoure,
tranfporter à la Martinique aveclesgens
étoient venus avec lui. Le Géarmez qui
fe retira à Antigues, après
neral Anglois
Fort
étoit auavoir ruiné un petit
avoit qui brûlé les
près du Bourg dont on
avoient fait
maifons quand les Anglois
leur defcente. futainfi
le fieur Dauville vint
Ce
que à la fuite de fon Gouà la Martinique
fauvé
Néyerneur 3 il avoit
quelques
& caché quelques effets qu'il fit vegres nir à la Martinique 5 cela lui donna
d'acheter la moitié de T'habiramoyen tion, oà il étoit à moitié profit & moitié perte avec M. Roy , pere de celui
avec quij'étois venu de France.
leur defcente. futainfi
le fieur Dauville vint
Ce
que à la fuite de fon Gouà la Martinique
fauvé
Néyerneur 3 il avoit
quelques
& caché quelques effets qu'il fit vegres nir à la Martinique 5 cela lui donna
d'acheter la moitié de T'habiramoyen tion, oà il étoit à moitié profit & moitié perte avec M. Roy , pere de celui
avec quij'étois venu de France. --- Page 214 ---
142 Notveaux Koyages aux Ifles
1694.
(Qmand les habitans craignent d'être
pillez par les ennemis, voici S. de
maniere ils cachent CC qu'ils' veulent quelle
fauver.
Si ce font des chofes qui peuvent réfifter à Phumidité 2 comme de la vaifelle, des férremens, des uftanciles de cuifine 3 des barils de viande
de
Com- d'eau-de-vic. On fait
>
vin,
ment habitans lès de la mer de huit à dix une foffe au bord
cachent
afin
les
pieds de profonleurs ef- deur, leurs
que
foldats fondans avec
fets dans
épécs 2 ne
le tems jufqu'à fentir
puiffent pas atreindre
de la le
quelque chofe plus dur que
guerte.
lable ordinaire. Après qu'on a mis
dans la-foffe ce qu'on veut cacher, &
qu'on l'a remplie du même fable
jette dans la mer ce qu'ily a de
, on
afin qu'il ne paroiffe point d'élévation fusplus
far le terrain. On y. jette aufli de l'eau
le rendre plus ferme, & on a foin
toutes chofes
Eerto
trois arbres des dc s'aligner à deux ou
environs >- ou à quelqucs groffes roches, afin de retrouver
enftite plus aifément ce qu'on a
en s'alignant aux mêmes
caché >
marques,
Quand on ne peut tranfporter fes cf.
fets au bord de la mer, on fair des trous
en terre dans un terrain fcc, ou dans
des cannes 5 fi c'eft dans une
il faut lever adroitement la favanne,
premiere --- Page 215 ---
Frangoifes de PAmérigue.
terre > comine on la leve quand on cou- 1694:
pc du gazon, après
on met des
toiles auto urdu lieu
l'on veut creu3ato
fer, fur lefquelles on pofe la terre que
l'on tire du trouque l'on fait afin qu'elle ne fc répande point fr les herbes
des environs : on doit faire le trou le
plus étroit que l'on peutffpar fon entiéc, & lélargir par lc bas;après qu'on
y. a mis CC qu'on veut cacher > on le
remplit de terre que l'on foule bien 5
on y iette de l'eau ; on moiiille aufli le
gazon ou les cannes que l'on a levées 2
& après les avoir remis le plus adroitement que l'on
en leur place, on
porte loin UCTAIRL terre quicft reftée, &
on arrofe la terre des environs & les
herbes qui ont été foulées, afin de les
faire reverdir. Quant aux toiles 1 > dentelles, étoffes dc foye, papiers , & aus
tres chofes qui craignent Phumidité, on
lcs met, dans de grands coyemboucs:, bouc,e Coyemce font de groffes calleballes d'arbres
c'eft
l'on
à la quatriéme ou cin- E fa fique
coupe
gure.
quiéme partie de leur longueur > on
couvre cette ouverture avec une autre
calebaffe, & ces deux piéces font jointes enfemble avec une ficelle de mahot
ou de pite,d pcu près comme le deffous
d'un encenfoir eft joint à fon deflus 5
met, dans de grands coyemboucs:, bouc,e Coyemce font de groffes calleballes d'arbres
c'eft
l'on
à la quatriéme ou cin- E fa fique
coupe
gure.
quiéme partie de leur longueur > on
couvre cette ouverture avec une autre
calebaffe, & ces deux piéces font jointes enfemble avec une ficelle de mahot
ou de pite,d pcu près comme le deffous
d'un encenfoir eft joint à fon deflus 5 --- Page 216 ---
144 Nonveaux
1694. ces deux morceaux
Aux Ifles
calebaffe
Evgrs
ajuftez.
ainfi
s'appellent un
mot auffi-bien
coyembouc : ce
des Sauvages, que linvention > vient
Quand le
rempli de CC qu'on
coyembouc eft
ferre le couvercle y veur mettre > on
l'attache entre les avec la corde > & on
branches des
gniers ou des arbresà grandes chatai.
qui ordinairement font
feiilles >
liannes. On fait paffer environnez de
coyembouc- quelques
le
treffe un
dont on
teadn
peu les bouts
le cache fi bien
par-delfis,e qui
> qu'il eft impollible de
lappercevoir, & les feitilles
vrent empèchent la
de qui le coudeffis & dy caufer la pluye moindre tomber
té. C'eft ainfi que les habitans humidileurs meilleurs effets
fauvent
cher fon butin
>. mais il faut camoins 3 du moins foi-mème, fans
& fans tétémoins
parce que s'ils viennent à être Négres, >
ennemis ne manquent
pris, lcs
donner la gêne
les jamais de leur
couvrir le butin de pour leur
obliger à déil arrive quelquefois maître; 5 ou bien
les maîtres font à fe battre, que pendanr les
que
volent ce quia a été caché; de
efclavcs
ne peur
prendre de forte qu'on
cet Tomuter Cette
précaution à
gné de mon fijet digreflion m'a éloique Je reprends.
Nous --- Page 217 ---
Frangoifes de PAmirigse. 145
Nous arrivâmes donc à la maifon dc 1694
M. Dauville : ilavoit pris une feconde
femme depuis quelques mois 5 fur un
faux avis qu'il avoit eu de la mort dc la
premiere. Je fus parfaitement bien reçû
de toute cette famille 5 on fe mit aullitôt à préparer le fouper, & un lit
me repofer. Nous foupâmes
TRLERE
ment bien, & après quelques momens
de convesfation je me couchai.
Le Dimanche quarorziéme M. Dauville envoya des Négres dès le point du
jour, pour avertir les habitans qu'il étoit
arrivé un nouveau Curé > & d'autres Eglife
pour nétoyer le Prefbytere &la cuifine. Paroif Gale du
Après que j'eus dit mon Breviaire > je Macou.
montai à cheval pour me rendre à l'E- ba,
glife accompagné de M. Dauville. Je
àa trouvai bien propre, elle venoit d'etre achevée. Le Cheur, O1L, plutôt le
Sanétuaire étoit de maçonneric avec une
corniche de pierres de taille;ily avoit
à côté une
pour entrer dans la Sacriftie qui faaur projettéc, & deux fenétres. Ce Sanétuaire avoit vingt pieds de
profondeur fur vingt-quatre de.large,
qui étoit la largeur de tout le refte de
1'Eglife, dont la longueur étoit encore
de foixante pieds, avec deux Chapelles
de feize pieds én quarré qui faifoient la
Tome I.
G
çonneric avec une
corniche de pierres de taille;ily avoit
à côté une
pour entrer dans la Sacriftie qui faaur projettéc, & deux fenétres. Ce Sanétuaire avoit vingt pieds de
profondeur fur vingt-quatre de.large,
qui étoit la largeur de tout le refte de
1'Eglife, dont la longueur étoit encore
de foixante pieds, avec deux Chapelles
de feize pieds én quarré qui faifoient la
Tome I.
G --- Page 218 ---
146 Nonveans
AHX Ies
1694. croifée; le tout Fgager de bois avec des baluftres tout autour qui fervoient de
nêtres. Cette Eglife étoit dédiée à fete Anne s dont le tableau étoit fur fain- le
grand Autel : la Chapelle à main droite
étoit dédiée alt Rolaire, & celle de la
gauche à faint Antoine de Padouc. Celle-ci fervoit de Sacriftic: en attendant
que celle qu'on avoit projettée fut faite 3 le confellionnal étoit dans l'autre.
Après quej j'eus adorél le faint Sacrement
& confideré TEglife, je fus au
tere où les habitans ne
Prefbyde me venir faluer à mefure manquerent pas
voient, & de m'offrir leurs qu'ils arriavec tout ce dont j'avois befoin maifons
priant d'en ufer avec toute forte > me de
liberté.
Je puis.afftrer, & je fiis
de
rendre cette juftice aux habitans obligé de la
Paroiffe du
mais vû de Macouba, que je n'ai
du bien à un gens
difpofez à
HAinc
qui le fiffent de
REPE
meilleure grace. M. Adrien-Michel Capitaine du quartier fut un des
a venir me rendre vifite & à m' premiers offrir fa
maifon; & toutce quidépendoir de
& quoique dans la fuite mon devoir lui,
m'ait quelquefois obligé dc le faire fou.
venir du fien, cela n'a jamais empèché --- Page 219 ---
Françoifes de PAmeriqut. 147
qu'il ne m'ait été très-affectionné, & 1694
toutes les occafions il ne m'ait
Tte des préuves d'une fincere amitié.
Il dit à M. Dauville qu'il n'étoit pas
fût chargé du foin de LEjufte & qu'il du Curé, qu'il lui laiffoit l'Eglife
vouloit
-
le Curé il
glife 3 mais que pour
fa maifon
s'en charger 5 qu'aufi-bien
étoit trop petite pour fa famille & pour
mei, & que julqu'à ce qu'on ett accommodéla mienne, il ciperoit que je
chez d'autres que chez
ne logerois point
lui. Comme tout le monde me demandoit la même chofe avcc inftance, je
crus devoir. préférer le Capitaine > &
jacceptai fon offre
quelques jours,
je Fetirto accommoder ma
pendant que
maifon. On me dit que mon voifin le Pere le
Breton s'étoit accommodé de pluficurs
meubles du Prefbytere,
je devois
lui demander : & on
que fi je
E
voulois demeurer dans la Paroifle, ,on
me feroit augmenter &c accommoder
ma maifon comme jel le jugerois à proJe remerciai mes nouveaux ParoifE dc leurs offres, les priant pourtant
de s'en fouvenir après Pâques, jugeant
j'avois befoin de cC tems-là, afin
gu1s que me connulfent & qu'ils viffent fi
Gij
devois
lui demander : & on
que fi je
E
voulois demeurer dans la Paroifle, ,on
me feroit augmenter &c accommoder
ma maifon comme jel le jugerois à proJe remerciai mes nouveaux ParoifE dc leurs offres, les priant pourtant
de s'en fouvenir après Pâques, jugeant
j'avois befoin de cC tems-là, afin
gu1s que me connulfent & qu'ils viffent fi
Gij --- Page 220 ---
.148 Nonveane Fayages aux
1694.jc méritois les honneterez Ifes
loient me faire.
qu'ils vouLe Sacriftain vint nous avertir
étoit tems de commencer le
qu'il
J'allai à l'Eglife avec tous Service.
étoient à mon
ceux qui
benite & la donnai Prefbytere. Je fis l'Eaufit excufe de
au peuple. On me
préparé du pain ce-que perfonne n'avoir
ne croyoit pas pour avoir benir, de parce qu'on
ce jour-là. Je dis la Meffe grande fut Mefle
tée par le Sacriftain
qui
chanl'office de
> qui faifoit auffi
tres habirans, Chantre, étant afliité & par tous les audeux enfans bicn inftruits, à l'Autel de
foutanes rouges > avec des > revêtus de
Après l'Evangile furplis fort
ERE & je préchai ifur je montai en
ces paroles de
l'Evangile che dc la du jour 3 2 qui étoit le DimanDei. Je priai Sexagefime. à la fin Semen du
e/f verbum
les habitans qui avoient Sermon des
tous
inftruire pour la premiere
enfans a
ou des Négres adultes Communion,
point
qui ne fulfent
lifte afin baptilez > de m'en donner une
néceflaire que je puffe prendre le tems
à recevoir pour les inftruire, & les difReter femaines ce Sacrement dans les
encore de me faire de Pâques. Je les priai
avertir dès qu'ils au- --- Page 221 ---
Frangoifes de PAmérigue. 149
roient des malades , fans s'embarraffer 1694.
qu'il fut jour ou nuit, beau ou mauvais
tems , les affiurant que je ferois dès toujours je
prèt à leur rendre fervice foin que de les
icrois appellé 5 que jaurois m'obligeroient
avertir quand les affaires
&
le
de m'ablenter de la Paroille, informé que de
Sacriftain feroit toujours
l'endroit où je ferois, afin qu'on pût
m'envoyer chercher. difcours fit
Je remarquai que ce
plaifir à tout le monde. J'achevai la Mefle,
après laquelle je fis un Baptème. Je
trouvai à la porte" de l'Eglife tous mes
Paroifliens qui me firent de grands remerciemens des offres & des
leur avois faites. Ils
SEAt
que je oblerveroient poncuellemenr ce
qu'ils je défirois d'eux; qu'ils donneroient
que à mon Sacriftain les noms deleurs enfans
& de leurs Négres, & qu'ils me les envoyeroient
les inftruire, quand
des atte
NIESTEE & qu'à l'égard
des, ils prendroient leurs mefures pour
ne me pas incommoder. conduifirent aul
La plâpart me
pref- du
bytere, où pendant que je prenois foin
chocolat que M. Dauville avoit eu
de faire apprèter, M. Michel les engagea de convenir de Taggrandilfement
Giij
urs enfans
& de leurs Négres, & qu'ils me les envoyeroient
les inftruire, quand
des atte
NIESTEE & qu'à l'égard
des, ils prendroient leurs mefures pour
ne me pas incommoder. conduifirent aul
La plâpart me
pref- du
bytere, où pendant que je prenois foin
chocolat que M. Dauville avoit eu
de faire apprèter, M. Michel les engagea de convenir de Taggrandilfement
Giij --- Page 222 ---
Igo Norveanx
aNx
1694. de mon
Iles
Prefbytere,
ma cuifine &
mon
de
IOrL
jardin,
l'on fermeroit
des paliffades 3E bois lezard. Ces avec
ficurs convinrent de tout, & Mefrent que l'on fe ferviroit des matériaux réfoludel'ancienne Eglife qui étoit encore fur
pied, pour les augmentations que l'on
propoloit, & que pour les planches, les
elfentes, lcs autres bois néceffaires, & le
payement & nourriture des
on feroit une quête chez tous ouvriers les habi- 3
tans. M.Michel, pour
promit quelques bois donnerlexemple, &
ceux qui étoient préfens quarante fe
écus;
audi - tôr fart généreufement. cottiferent
comme tous les Paroifliens n'y étoient Mais
pas,on réfolut de les affembler le
mier Dimanche de Carême. Nous prerâmes enfuite à cheval pour aller monchez M. Michel, qui pria M.
diner
M. Sigoloni fon
Daaville,
trois autres de venit Enfeigne, & deux ou
me tenir
gnie. Il prit mon cheval & me fir compater fir le fien
étoit fait'
mondifficiles des ravines, qui
aux paffages
ruffe aucun
afin. que je ne courifque.
La defcente du Macouba m'avoit fait
le jour précédent 3 mais
Rcm monté fur un cheval qui étoit j'étois
coûtumé à ces montées & ces, defcen- ac- --- Page 223 ---
Frangoifes de PAmerique. 151sen tiroit comme s'il eût 1694tes , & qui
que nous
été dans un plat
Après de M. Dauvil
cîimes
NSLA
paffé trouvâmes une riviere oul rale, nous
&c plus difvine une fois plus profonde Macouba. Lc cheficile
celle du
dans la falaife &
min Gate en zigzag
d'un côté un
dans le rocher 2 préfentoit
mur à plomb 3 > & de l'autre un
Ce chemin
ret
pice épouventable. à huit pieds de large & en
que fept d'endroits il n'en avoit
beaucoup Sijavois été fur mon cheval,
cinq.
de doute que jaurois eut
n'y a point
mis pied à
grand peur 2 & que jaurois montois y étoit
terre; mais celui que je
delcendoit
tellement accoûitumé > qu'il comme un
ces mornes & les grimpoit nous en
liévre. Outte cette ravine 2
avant
trouvâmes encore deux - autres
d'arriver à Thabitation de M. Michel; elquoiqu'elles faffent très-profondes 2
les ne mc paroiffoient rien verrions en compa- de
raifon de celle,que nous
paller. arrivâmes à la maifon de M.
Nous
fa groffeile
Michel , fon époufe de venir que à la Meffe,
avoit empèchée
Le couvert
nous reçût très-civilement.
tôr
étoit mis;. on fçrvit pefquaulli-:
Thabitation de M. Michel; elquoiqu'elles faffent très-profondes 2
les ne mc paroiffoient rien verrions en compa- de
raifon de celle,que nous
paller. arrivâmes à la maifon de M.
Nous
fa groffeile
Michel , fon époufe de venir que à la Meffe,
avoit empèchée
Le couvert
nous reçût très-civilement.
tôr
étoit mis;. on fçrvit pefquaulli-: --- Page 224 ---
152 Norveanix Vajager Aux
1694. que nous fumes arrivez. Nous Mes
pas encore achevé la
n'avions
gre vint
foupe le
, qu'un Né
roiffloir dans avertir.que la favanne. P. Breton paun couvert pour lui; il arriva On apporta
ment après. Jc fus le recevoir, un mobraffer, > & lui témoigner le plaifir l'emj'avois d'être fon voifin : il me fit
amitiez &
mdlie
fe mit à table. Nos
ne manquerent pas de lui dire Meflieurs de
maniere j'avois
quelle
la Paroiffe
préché, 3 combien toute
folution
en étoit contente, & la ré
qu'on avoit prife
mon Prefbytere & mon
d'aggrandir
me donner toute la fatisfaction jardin, > & de
pour m'obliger à refer dans le poffible
tier ; quelqu'un de la
quarmarqua que ces lotianges-ne compagnie Fepas au P. Breton, & me le fit plaifoient remarquer, > mais ie fis femblant de ne m'en
pas appercevoir, Le dîner fut alfez
& très-propre. Après qu'on eût long
vi on apporta des cartes & on me defferfa de joiter; je m'en défendis
prefd'un exercice
comme
qui ne convenoir
mon caracterc; mon hôre crût pas à
manquois d'argent, & en'mit une que je
gnée devant moi; je le priai de le poi- reprendre, en l'affurant que ne
aucun jeu 3 on ne me preda je
fçavois dapas --- Page 225 ---
Frangoifes de Amerigae. 153
mais M. Michel me dit quil1694,
vantage, alloit joier à moitié profit pour moi,
& que fi je faifois difficulté d'accepter
le profit que la fortune lui envoyeroit, en
il le mettroit à part & l'employeroir conmcubles pour lc Prefbytere 5 Je jy me lefentis, &c je le regardai jolter, aller dire
vai quelque-tems Le après P. Breton pour me fuivit $
mon Breviaire.
C'énous caufâmes un peu enfemble. à cin:
toit un homme de quarante-huit du Bourg faint Anquante ans. Il étoit furle Rhône; bon
diol près de Viviers
extrèmePrédicateur > qui paroifloit n'avoit aucun aument fimple, & qui
extrème pour
tre défaut qu'une paffion
autant
les chevaux, dont il changeoit
du
de fois qu'ilen trouvoit l'occalion fort attaché 5 à
refte fott exemplaire &
fcs devoirs. La compagnie nous hôte joignit les
après avoir quitté le jeu, mon il n'y eut
avoit tous retenu à fouper voulût 5
abfoluque le Marguillier chez
Mademoifelle
fe
T
ment retirer
j'avois dcs déMichel remarqua que
parce
mangeaifons aux jambes,
quejy
fouvent la main, elle en devina
portois aufli-tôt la caufe, & me dit que javois
pris des bètes rouges en me promenant ou du
dans les favannes du Motillage
Gv
il n'y eut
avoit tous retenu à fouper voulût 5
abfoluque le Marguillier chez
Mademoifelle
fe
T
ment retirer
j'avois dcs déMichel remarqua que
parce
mangeaifons aux jambes,
quejy
fouvent la main, elle en devina
portois aufli-tôt la caufe, & me dit que javois
pris des bètes rouges en me promenant ou du
dans les favannes du Motillage
Gv --- Page 226 ---
fond 154 Nouveanx Vroyages AHX Iles
1694.
de faint Jacques. Je lui avoiiai
je m'étois promené dans CCS licux, que: &c.
qu'effedtivement j'avois fenti
ce
tems-là des démangeaifons fi depiis.
m'étois
furicufes,
que je
écorché toutes les jam--
besaforce de me grater. Elle commanda aufli-tôt à une de fes fervantes d'al-.
ler chercher des bourgcons de vignes &z.
de monbain. C'eft un. arbre qui P vient.
fort grand, dont je parlerai une 2utre.
fois, de cueillir des. feiilles
&c des herbes odoriférantes, d'orangers, & dc les.
faire bouillir pour me laver les
avant deme coucher.
jambcs,
Ces petits animaux
betes.1
qu'on-.appelle
F Bétes
rouges, s fe trouvent ordinairement.
rouges > dans les favannes
font
cc que ches. Afin
qui
un peu fec'eft, le
qu'on Içache ce.
c'eft
cllescau. mal qu" que favanne 5 je dirai que Aavaanc &.
fent, & prairie font la même chofe. Le mot,
Je de remé. vient de l'Efpagnal Savana,
y appor. qu'on une prairic. Les bêtes
qui font fignifie.
te,
munément de la groffeur rouges de la comd'une épingle, toutes
pointe.
pcut dire toutes de feu ronges > & on.
2 puifque dès
qu'elles font paffées au travers des bas >
& qu'elles fc font attachées a la
ellcs y caufent unc démangeaifon peau s.
vent.ble. Les chevaux & les autrcs épou- animaux qui font à la pâture cn ont quel- --- Page 227 ---
Françoifes de LAmbrigne. 155
le muteau & la tête tout cou- 1694
quefois
& fe frottent converts & tout rouges, & contre les arbres S 3 comtre les picrres vouloient fe déchirer. Mais ces
me sils
il y en
petits infectcs ne font pas feuls, font
a d'une autre efpéce 5
ne font plus pas
moindre
qui
en
quancité, les
des Chidangereux : on
appelle
ques. Nous foupâmes après nous être promenez 8c avoir caulé alfez long-tems. trèsLe fouper fut comme le diner , ferabondant, très-propre & très-bien
vi: ces Meflieurs fe remirent au jeu 5
je les regardai quelque-tems, puis-je me
retirai.
m'avoit accommoJe trouvai qu'on
de la
dé un lit fort propre > au-deffus Un Négre
falle ou nous avions mangé: de l'eau &c
un chaudron plein
y apporta
avoit fait boiillit, &
des herbes qu'on
me lava les pieds & les jambes de qu'it bed'écorchures &
trouva remplies & comme on l'avoit avertz
tes rouges;
fi je n'avois poine
de prendre garde
& trouva que
de chiques, iy regarda,
j'en étois déja pourvà de quelquesunesChiqses
La Chique, que les Efpagnols animal appel ocik. c: que:
ient Nigas z eft: un tres-petic Gvj
iillit, &
des herbes qu'on
me lava les pieds & les jambes de qu'it bed'écorchures &
trouva remplies & comme on l'avoit avertz
tes rouges;
fi je n'avois poine
de prendre garde
& trouva que
de chiques, iy regarda,
j'en étois déja pourvà de quelquesunesChiqses
La Chique, que les Efpagnols animal appel ocik. c: que:
ient Nigas z eft: un tres-petic Gvj --- Page 228 ---
1694- 156 Nonveau Krayages anx Ifes
noir, dans fes commencemens que l'on
trouve dans tous lcs lieux oi il y a des €
cendres, ou qui font mal-propres Cet
infecte paffe aifément - au travers. des
bas, &c fe
ordinairement fous les
ongles des REa > dans les
dans les endroits de.la
jointures ou
peu élevez, La douleur peau
font un
r fait en
m
perçant la peau, ou plutôr
eft comme une médiocre l'épiderme de 3
piqueure
puce. Après qu'il s'cft logé > il
doucement la chair autour de lui, ronge où
il n'excite
petite démangeaifon,
femblable Te un leger chatotillement,
ilgroditc peu à pcu, s'étend &c devient
enfin comme un gros pois. En cet-état
il fait des ceufs qui séclofents & font
autant de petits Chiques qui fe nichent
autour de leur mere > sy nourriffent
eomme elle > & s'augmentenr de telle
maniere, 3 fi on n'a pas foin de les tirer,
qu'elles pourriffent toute la chair aux
environs,y y caufent des ulcéres malins,
& quelquefois la gangréne. Mais quand
on les fent entrer, ou qu'on s'en
çoit dans la fitite, il n'eft rien de
cile
-RTAL
que d'y apporter le reméde, ou par
foi-mème, ou par le fecours d'un autre,
La noirceur de la Chique la fait aifément remarquer entrc la chair & la --- Page 229 ---
de
:
Trangoifer Amérigne.
ainfi on prend une épingle ou uni 1694peau; bien
& on déchauffe
couteau
pointu, aux environs du trou
rout doucement
on tire de cetqu'elle a fait en entrant, autour de la Chite façon la peau tout
à déconvert
que, & quand elle fa paroit tire dehors. On
& toute entiere, on du faif ou de ce
remplic le trou avec ou bien encore,
qu'on tire des oreilles, de la cendre
& beaucoup mieux avec
les
de rabac. Mais quand tirant on néglige mal on en
Chiques, ou que les cuir &: chair I, on
laiffe une partie entre d'avoir des ulcéres ;
fe met au hazard
entre les mains
& de refter long-tems
des Chirurgiens. regarde unc Chique avec
1 Quand on le dos paroit rond avec
un microfcope, brun, la tache noire qui la fait
du poil
eft fa tête > elle a pluficurs
remarquer fous le ventre > & du poil
petits pieds ceufs font attachez jufqu'à ce
ou fes
comme auqu'ils éclofent, ils paroiffent noires.
tant de petites taches toutes
s'en Hifoire
On m'affura qu'un Pere Capucin faire voir d'ui Caretournant en France voulut y
de la pucin,
cet animal. Il en avoit un auprès fi bien
cheville du pied, qui s'augmenta le Capendant le
que quand
le voulut trtel ,ilfc trouva qu'it
pucin
attachez jufqu'à ce
ou fes
comme auqu'ils éclofent, ils paroiffent noires.
tant de petites taches toutes
s'en Hifoire
On m'affura qu'un Pere Capucin faire voir d'ui Caretournant en France voulut y
de la pucin,
cet animal. Il en avoit un auprès fi bien
cheville du pied, qui s'augmenta le Capendant le
que quand
le voulut trtel ,ilfc trouva qu'it
pucin --- Page 230 ---
1694. n'étoit 158 Nowveanx Voyager aHx Hles
fi malin plus tems; ilavoit fait un ulcére
qu'on fut que la
s'y mit, &
obligé
couper la
IEO
Capucin pour fauver lc refte da jambe du
Bclle curiofité affurément. & bien corps. récompenféc.
Le Négre de M. Michel me délivra
de toutes les Chiques que
&
mes bêtes
j'avois, de
rouges qui m'avoicnt
vert les jambes jufque
deffus les COLnoux 2 & me procura lep plaifir de
mir
EE
parfaitement bien toute
a Le lendemain le Pere Breton la nuit.
tourna chez lui de grand matin, s'en repromeffe de revenir le foir. On me avec
va encore les jambes avant
lalevafle, ce qu'on continua de que faire je me
ou trois jours foir &1 matin,
deux
lcs petits ulcéres
pour guérir
mne
que je m'étois faits en
gratant.
Après du que j'eus dit mon Breviaire &
pris voir fon schocolat./allat avec M. Michel
enfuite les habiration & fa fucrerie, > &s
roient du bois charpentiers qui lui prépavouloit faire bâtir. pour une maifon qu'il
rain
lui
Nous vîmes un terque je
confeillai de. mettre en
jardin, je lui promis de le tracer.,. comme je fisquelques jours après.
Nous trouvâmes à. la maifon quel. --- Page 231 ---
Françoifes de LAmérigue.
T59
de fcs voifins qui étoient ve- 1694
ques-uns nus
me voir ; il les retint à dipour
ner > après quoi nous montimesi.cheval lefpour en alier voir d'autres, entre
ils'en trouvan,.nommé la Boifquels fiere, qui étoit de Linas près de Paris..
C'étoit un très-bon habitant, très-habile & très-intelligent dans une infinité:
de chofes : mais toutes ces bonnes qualitez étoient accompagnées d'une fi
forte paflion pour le vin > qu'il étoit
rare de le trouver de fens rallis; il étoit.
affocié avec fon beau-frere nommé Lozol,i ils avoient un allez bon nombre:
de Négres, ils cultivoient du Cacao,.
faifoient du Roucou & élevoient des:
beftiaux., > & des volailles. Ce Lozol:
étoit de la Vicomté de Turenne, Scieur:
de long de fon métier, & dans. un befoin un peu Charpentier 5 & quoiqu'il
fit venu engagé aux Ifles, il commençoit déja à avoir du bien.; de maniere
que quand je fuis parti. ilétoit riche de:
plus de cent mille francs, > bon homme au.
refte, & un vrai original, qui avoit un. 4
privilege pour eftropier la Langue Franfaire
soile, & un talent particulier pour
rire tourle monde.
Nous trouvâmes le Pere Breton aur
logis quandnonsy retournâmes, il étoit
iqu'il
fit venu engagé aux Ifles, il commençoit déja à avoir du bien.; de maniere
que quand je fuis parti. ilétoit riche de:
plus de cent mille francs, > bon homme au.
refte, & un vrai original, qui avoit un. 4
privilege pour eftropier la Langue Franfaire
soile, & un talent particulier pour
rire tourle monde.
Nous trouvâmes le Pere Breton aur
logis quandnonsy retournâmes, il étoit --- Page 232 ---
160 Nonveanx Yoyages aux
1694. venu avec un Marchand du Fort Ifes S. Piera
re nommé Ricord > avec lequel nous
foupâmes.
Le Pere Breton nous vouloIt
le lendemain chez lui, mais mon mener hôre
lui repréfenta que j'avois encore befoin
d'un jour de repos pour guérir mes
bes égratignées, & lui
Jamirions le Mercredi
promit que nous
paffer la journée avec
lui, & que nous y porterions toute la
chaffe que feroient les deux
qu'on avoit envoyez dans le bois;
confentit avec
y
NET
la Meffe à
peine. Nous allâmes dire
de l'autre côté une de petite la Chapelle qui eft
grande riviere
fépare la Paroiffe du Macouba, de qui
du Prècheur. Cette
celle
Chapelle eft dc la
l'a dépendance fait bâtir fpiriruelle des Jéfuites ; On
pour la commodiré de deux
habitations qui font de ce côré-là, qui
appartiennent aux Sieurs Ourfault &
Marchand. Le Pere Jéfaite s Curé du
Prêcheur 3 y, vient dire la Meffe deux
ou trois fois l'année. Jc paffai unc
tie de l'après-diner à faire accommoder parle terrain, & à tracer le jardin ;
dant que je m'occupois à cet
penon vint me chercher
confeffer ouvrage >
Négre de Monficur pour à
un
rivicre,
Roy s la grande
2. qui venoit d'ètre mordu d'ua --- Page 233 ---
Frangoifes de PAmbrigne. 16I
Monfieur Michel eut Phonnë- 1694
(erpent.
teté de m'y accompagner.
CHAPITRE VII.
LAuteur VA confelfer un Négre mords
par un ferpent.
faut que javouë quc l'état où je
Ihoam. cc Négre me fit compation,
il avoit été mordu trois doigts au-deffus dc la cheville du pied,P parun ferpent
long de fept pieds, & gros à peu près
la
d'un homme 5 on
comme
jambe & on me le fit voir. On
F'avoit tué, le ferpent étant mort, le -
efpéroit que avec moins de force fur
venin agiroit avoit été mordu. J'en demancelui qui raifon
ne me pit dire.
dai la
> qu'on
Jappris feulement qu'ils prérendoiene
de ce qu'ils
avoir une longue expérience
- Tondée far la-fympathic >
me difoient s'ils connoiffent cette vertu.
je ne fçai
étoit couché fur une
Cc pauvre garçon de fa cafe entre deux
planche au milieu
blanchets,
feux, couvert de quelques
c'elt-à-dire, de gtos draps de laine,o
lon palfe le fyrop dont on veut faire
du fucre blanc. Avec tout ce feu & ces
lement qu'ils prérendoiene
de ce qu'ils
avoir une longue expérience
- Tondée far la-fympathic >
me difoient s'ils connoiffent cette vertu.
je ne fçai
étoit couché fur une
Cc pauvre garçon de fa cafe entre deux
planche au milieu
blanchets,
feux, couvert de quelques
c'elt-à-dire, de gtos draps de laine,o
lon palfe le fyrop dont on veut faire
du fucre blanc. Avec tout ce feu & ces --- Page 234 ---
162 Nonveaux Voyages AHX Iles
1694. couvertures, il difoit qu'il mouroir de
froid, > &c cependant il demandoit fans
ceffe à boire, s affurant qu'il fentoit en
dedans un feu qui le dévoroit avec une
envie prodigicufe de dormir. Cc font
les fymptômes ordinaires du venin
arrète le mouvement & la circnlation qui
du fang, & caufe ainfi Ce froid extraordinaire dans lcs parties dloignées du
ceur, en même-tems cet
fement involontaire
affoupif.
les cfprits retirez > pendant
tous
au dedans
un mouvement
y
Retent
chaleur
violent s caufe de la
interieure & exceflive qui l'obligeoit de demander fi fouvent a boire.
Je voulus voir fa jambe que je trouvai
liée
fus Nb-fenrmeuaidaie.ks au-defdugenotil lavec une lianne ou
d'ozier qui court comme la
clpéce viergc $ la jambe & le pied étoient vigne horriblement enflez, & le genoiil
les ligatures, l'étoit un
malgré
feflai, & j'en fus fort peu 5 jele convrai
content 3 il eft
que pourl l'empècher de
je lui tenois une main
dormir, 9
fans celfe ; il étoit âgé que de je dix-neuf remuois
à
vingt ans, &c allcz fage. Son
&
fa mere, & fes autres
perc
rent dans la cafe après parens qui entrefonction,
que j'eus fini ma
témoignoient bien du regret. --- Page 235 ---
Frangoifes de I Amérigne. 163
Je fis appeller le Négre quil'avoit pen- 1694fé, & je lui demandai en particulier fon
fentiment fur cette morfure : il me dit
qu'ilyavoir du danger;& qu'on ne pouvoit rien décider qu'après vingt-quatre
heures, quand onl leveroit le fecond apparcil 5 que cependant il en elperoit
bien, parce que la ventoufe qu'il avoit
appliquée fur la morfure, avoit attiré
quantité de venin.
Jelui demandai de quelle maniere il
traitoit ces fortes de playes > & de
quels remédes il (c fervoit, il s'excufa
de me dire le nom de toutes les herbes
qui entroient dans la compofition de
ion reméde 2 parce
ce fecret lui
faifant gagner fa vie, ne vouloit pas
le rendre public. Il me promit de me
traiter avec tout le foin poflible fi je
venois à être mordu , je le remerciai
de fes offres, fouhaitant très- fort de
n'en avoir jamais befoin.
A l'égard du traitement, il me dit
ment Com- on
dès
eft mordu, il faut fe lier ou
traite les
a
faire qu'on lier fortement le membre: mordu perfon- nes morfept ou huit doigts au-deffus de la mor-dués du
fure, &c que quand ilfe rencontre quel-farpent.
jointures > il faut encore lier aueTtIe , & marcher au plurôt
fe
rendre à la maifon fans s'arrêter
fans:
Fert
, il me dit
ment Com- on
dès
eft mordu, il faut fe lier ou
traite les
a
faire qu'on lier fortement le membre: mordu perfon- nes morfept ou huit doigts au-deffus de la mor-dués du
fure, &c que quand ilfe rencontre quel-farpent.
jointures > il faut encore lier aueTtIe , & marcher au plurôt
fe
rendre à la maifon fans s'arrêter
fans:
Fert --- Page 236 ---
164 Nonveaux
AMX Ifles
>
1694. boire, à moins qu'on Vaynges ne veiille boite
de fa propre urine > qui dans cette OCcafion eft un puiffant
Il
eft vrai 2 me dit-il, 2 contre-poifon. que quand on eft
mordu à une jambe on a bien de la
peine à marcher > parce que dans un
moment elle s'engourdit & femble être
devenue de plomb 5 mais pour lors il
faut tirer des forces de far raifon, &
Prant De
peller tout fon couragc. Pour lui rap- la
rele fer- premiere chofe qu'il faifoit
iord, pent
lai préfentoit un bleffe, c'étoir quand d'exa- on
miner fi les deux CrOCS du ferpent étoient
entrez dans la chair, ou s'ili n'y en avoit
qu'un. Car comme il me le fitvoir dans
la gueule de celui qui avoit mordu le
Négre > les ferpens n'ont que deux
dents venimeufes qu'on
crocs
à caufe de leur figure courbe appelle
font dix à douze fois
: ces CrOcS
plus
les
autres dents. Ils font couchez longs
de
1'1o
leur palais. J'en fis arracher long
je remarquai
étoit
un, &
fa naifance qu'il
creux depuis
jufqu'auix deux tiers de fa
longueur, où il y avoit un petit trou
ces dents font mobiles, & font accom- ;
pagnées à l'endroit où elles font attachées aux gencives, d'une petite
cule en maniere de veffie remplie pelli- de
venin. Quandle ferpent veut mordre, il --- Page 237 ---
Françoifes de PAmérique. 165
& mord de côté 5 1694
penche un pcula tète,
violent
dc maniere que le mouvement
les
qu'il fait en mordant lc. comprime venin par la
vellies, & fait couler
dans
concavité des dents, & le répand
ont faite
le petit
la playe qu'elles
ETa la concatrou qui eft à l'extrémité d'une morvité, enforte que le danger moins
fure dc ferpent elt plus ou
dans grand la
felen que la dent eft entrée
chair, & qu'elle y a demcuré.
Ileftnaturel de retirer avec précipita- l'on fe
tion le bras ot la jambe ou d'attifent mordu, & il eft ordinaire fes dents
rer i foi le ferpent, > parce où que il s'eft mis
courbes, 8c la pofture
facipour mordre, ne fc dégagent
où elles font
REutel
lement des chairs
arrache les
& il arrive quelquefois violence qu'on qu'on fait
dents par Téxtème
en fe retirant.
des deux crOCS font
Quand les trous
& dans un
aflez près lun de l'autre, les
couendroit où une ventoufe
peut
vrir tous deux, on n'en applique qu'u- on en
cela ne fe trouve pas; ,
ne ; quand deux; mais avant de les
applique
de faire des
Eant
pliquer, on a foin
la
cations fur les morfures. Après
effet on
loree
ventoufe a fait fon
preffe
éxtème
en fe retirant.
des deux crOCS font
Quand les trous
& dans un
aflez près lun de l'autre, les
couendroit où une ventoufe
peut
vrir tous deux, on n'en applique qu'u- on en
cela ne fe trouve pas; ,
ne ; quand deux; mais avant de les
applique
de faire des
Eant
pliquer, on a foin
la
cations fur les morfures. Après
effet on
loree
ventoufe a fait fon
preffe --- Page 238 ---
tras
166 Nonveanx Voyages AHX Ihes
1694.n ment > & on comprime avec les deux
mains les environs de la partie bleffée
pour expulfer le venin avec le
Il
arrive fouvent que l'on réitere deux fang.
trois fois l'application des ventoufes ou
felon que celui qui traite voit la fortie $
du venin abondante ou médiocre,
On a foin far toute chofe de faire
prendre all bleflé un verre de bonne
eau-de-vic de vin ou de cannes, dans
lequel on a diflous une once de Thériaque ou d'Orvictan : on broye
dant dans un mortier une gouffe cepenune
d'ail,
poignéc de lianne brulante
pourpier fauvage, de la mal-nommée, > du
& deux ou trois autres fortes d'herbes
ou racines dont on ne voulut pas me
dire le nom ; on y mêle de la
de tère de ferpent avec un
poudre d'eaude-vie, & on fait boire ce fuc peu au bleffé
après l'opération des ventoufes; on met
le marc en forme de cataplafme fur la
bleffire, & on a foin de tenir le malade le plus chaudement que l'on
& fans lui permettre de
peut. s
moins
dormir, au
fans lui pendant donner vingr. - quatre heures,
autre chole à boire
ne ptifanne compofce de firc de CCS qu'u- me.
mes herbes, avec de l'eau, du jus de citron, &c un tiers d'cau-de-vic. --- Page 239 ---
Frangoifes de PAmérique. 167
On léve le premier apparcil au bout 1694de douze heures, on y met un fecond
cataplalme femblable au premier > que
Yon leve douze heures après 2 & pour
de la
oul de la mort
lors on juge
guérifon ou
du bleffe par la diminution
du
tation del'enfure, & par la
rE
le
a attiré. En
venin que
cataplalme au
on eft hors
trois ou quatre jours la plus dent du ferpent
d'affaire, fuppofé que
n'ait
percé quelque arterc 2 quelque car en
RSErE ou veine confidérable; & en
ces cas les remédes font inutiles s tridouze ou quinze heures on payele
bur à la nature.
maniere de traiter
Il y a une autre
exles morfures de ferpent, quieft plus fort, fi
péditive, & que moins Japprouverois pour ceux
le danger éroit
grand le bleffé. Elle
qui s'expofent aguérir luccer la
bleffée
confiite à fe faire
ait tiré partie tout le vejufqu'a ce
en
auroit innin que la 2ra du ferpent y.
troduit.
de
9 ou
* Ceux qui ont affez
courage à faire cette
de charité pour s'expofer bien la bouche avec
cure fe gargarifent 8c après avoir fcarifié
de T'eau-de-vie;
de toute leur
la place, ils la fuccent
en tems cC
force,ils rejettent de tems
bleffée
confiite à fe faire
ait tiré partie tout le vejufqu'a ce
en
auroit innin que la 2ra du ferpent y.
troduit.
de
9 ou
* Ceux qui ont affez
courage à faire cette
de charité pour s'expofer bien la bouche avec
cure fe gargarifent 8c après avoir fcarifié
de T'eau-de-vie;
de toute leur
la place, ils la fuccent
en tems cC
force,ils rejettent de tems --- Page 240 ---
168 Nouveanx Vayagen anx Ifes
1694. qu'ils ont dans la bouche, & fe la nettoyent, & gargarifent à chaque fois
obervant de preffer fortement: tavec les $
deux mains les environs de la
bleflée. On a vû de très-bons eflers partie de
cette cure, mais elle eft très-dangerenfe
pour celui quila fait; car s'il a la moindre écorchûre dans la bouche , ou
avale tant foit peu de ce qu'il retires qu'il it :
peut s'attendre a mourir en
de momens 2 fans que toute la Médecine peu
le
puiffe fauver.
- Après quej'eus confolé cc pauvre Né.
gre blelle, je dis à l'Econome de l'habiration de m'envoyer avertir le lendemain matin de l'état où fc trouveroit le
malade, afin que je pàffe l'affifter fclon
le befoin qu'il en auroit.
Nous revinmes à la maifon, on me
lava Jes jambes avant de mc coucher.
Je trouvai mes égratignures guéries &
fans démangeaifon. Les Négres
avoiént été à la chaffe dans le
qui &
aux
bois,
attrapes, avoient apporté quatorze
ou quinze perdrix & autant de ramicrs,
avec quatre douzaines de grivès. Nous
mangeâmes le foir quelques-uns de ces
gibiers, & le refte tour prèt à mettre
a la broche avec
quelques autres
vifions, fut porté le lendemain Ene
le --- Page 241 ---
Frangoifes de PAmerique. 169
le Pere Breton qui nous devoit donner 1694à dîner.
Le Mercredi 17. le Pere Breton s'en
alla chez lui de grand matin pour mettre ordre à fon diner. J'allai avec toute notre compagnie dire la Mefle à
mon Eglife. Monficur Roy, > mon compagnon de voyage, 2 & lc fieur Sigaloni
s'y étant rencontrés nous les menâmes
avec nous.
L'Econome de la grande riviere m'avoit écrit le matin que le Négre mordu
du ferpent étoit hors de danger, & que
fans attendre la levée du fecond
reil, on pouvoit répondre de fa eEt
fon. Cela me fit plaifir, & me mit en
repos de ce côré la.
Nous arrivâmes chez le P. Breton,
nous allâmes adorer le faint Sacrement,
& voir l'Eglife; : elle eft dédiéc à faint Eglife
Jean-Baptifte, > clle l'étoit auparavant à Paroif
faint € Adrien. Je ne fçai pourquoi on a fitleds la baffe
changéde Patron. Cette Egufe pouvoit Pointe,
avoir foixante pieds de long, & vingtquatre de large, fans Chapelles 5 elle
étoit toute de maçonnerie > d le comble
affez propre, mais trop bas. On avoit
fuivi un peu trop fcrupuleu'fement l'ufage des anciennes Egliles de mettrel'Autcl du côté de l'Orient, cela étoit caufe
Tome I.
H
çai pourquoi on a fitleds la baffe
changéde Patron. Cette Egufe pouvoit Pointe,
avoir foixante pieds de long, & vingtquatre de large, fans Chapelles 5 elle
étoit toute de maçonnerie > d le comble
affez propre, mais trop bas. On avoit
fuivi un peu trop fcrupuleu'fement l'ufage des anciennes Egliles de mettrel'Autcl du côté de l'Orient, cela étoit caufe
Tome I.
H --- Page 242 ---
170 Nowveaux Voyages AuX Ifles
1694. que le côté de TEglite faifoit face le
long de la rué du Bourg, au lieu
auroir été plus convenable d'y
qu'il
portail. Au refte les dedans étoient placer le
propres, l'Autel, la Chaire,, les bancs fort
étoient d'une belle menuiferie, à
de l'Autel en dehors on avoir
côté
une petite Sacriftie alfez commode. pratiqué Le
Bourg de la bafle Pointe ne confiftoit
pour lors qu'en quinze ou vingt. maifons
occupées par quelques Marchands, des
ouvriers & des cabarers. La maifon du
Curé étoit
affez
petite 2 mais commode, &
propre > il avoit un jardin bien entrerenu, &c une favanne fermée du
du Bourg pour l'entretien de fon
côté
car dans les Ifles les chevaux cheval,
toute l'année,
paiffent
Les provifions que mon hôte avoit
Paroilliens envoyécs au'P. Breton, avec Ce que fes
le
lui fournirent, 3 lui donnerent
lui moyen de nous rraiter très-bien, on
avoit prêté du linge, de la
& des domeftiques; de forte vaiflelle,
ne manqua aux quatorze ou quinze que rien
fonnes qui fe trouverent à table.
perAprès diné je montai à cheval avec
Meflieurs Michel &
rendre vifite à M. Claude Roy > pour aller
pitaine du quartier de la balle Pocquet, Pointe, Ca2 --- Page 243 ---
Françoifes de PAmtrique.
Confeiller au Confeil Souverain de la 1694
Martinique, & qui depuis a achcté une
Charge de Secretaire du Roi. Il étoit
dès ce tems-là le coq de toute la Cabefbien allié, & fe faifant
terre , riche, 2
honneur de fon bien. Il étoit de Paris,
fils d'un Marchand,je ne fçai pas bien
de
efpéce. Il avoit un frere Chaal Notre-Dame. M. Pocquet avoit
(
à "Surate &
PaSIN
été employé quelques années
à la côte de Coromandel pour la Compagnie des Indes Orientales : il y avoit
gasné du bien, & après être revenu à
Paris, il avoit été fait Direéteur des
Domaines & des munitions des Ifles: il
s'y étoit marié avec une des filles de feu
Monfieur de Merville, Gentilhomme
du pays de Caux; il avoit enfuite achcté
de différens Particuliers la Terre où il
demeuroit, large de douze cens pas fur
trois mille pas de haut, fur laquelle il
avoit trois fucreries > & près de deux
cens Négres. Il nous reçûr parfaitement
bien, & me fit mille offres de fervice.
Ilmc fit voir la fucrerie la plus proche
de fa maifon," où ilcommençoir à faire
du fucre blanc ou terré. Il vouloit à toute force nous retenir à fouper, 2 mais
nous nous en excusâmes > parce que
nous avions donné parole d'aller fouper
Hij
laquelle il
avoit trois fucreries > & près de deux
cens Négres. Il nous reçûr parfaitement
bien, & me fit mille offres de fervice.
Ilmc fit voir la fucrerie la plus proche
de fa maifon," où ilcommençoir à faire
du fucre blanc ou terré. Il vouloit à toute force nous retenir à fouper, 2 mais
nous nous en excusâmes > parce que
nous avions donné parole d'aller fouper
Hij --- Page 244 ---
172 Nomveaux Voyages AHX Ifes
1694.chez un des conviez du Pere
nommé le fieur Verrier.
Breton,
Ce M. Verrier étoit un Gafcon
étoit venu dans les Ifles en qualité d'en. qui
comme la plépart des autres haLetems
ETEL
de fon engagement étant
achevé, 3 il s'étoit fait Marchand de
puis d'autres marchandifess &
vin,
gné quelque chofe > il
ayant gafilles d'un habitant
époufa une des
il eut des
nommé Peret, dont
Négres, une fircrerie & une
cacoyere, Avec tour ccla il n'étoit
des plus riches, mais quoiqu'on fe
vînt
tde
encore de l'avoir vû
,
bonne humeur & fesmanieres engagé 3 fa
fantes, faifoient qu'on le vouloit réjoitif- avoir
dans toutes les allemblées, & on fe faifoit même un plaifir d'aller chez lui,
on étoit toujours affiuré de
oi
plat de fa façon, car il étoit trouver excellent un
cuifinier.
Avant de fortir de chez M.
on convint qu'on viendroit Pocquer,
Dimanche
paffer le
chez M. Michel,
le
Lundi on afmentre chez M.
que
Courtois, &
2.ar fouperoit chez M. le Bourg, les
plus proches voilins de M. Poc-
& que le Mardi Gras fe pafleroir
3EL lui,
Nous allâmes donc chez le ficur Ver- --- Page 245 ---
Frangoifes de LAmeriqne. 173
rief où nous trouvâmes le P. Breton, ,& 1694.
le refte de la Compagnie quiavoir dîné
chez lui. Nous fimes parfaitement bien
traitez. Après fouper j'allai coucher
chez le P. Breton 5 tout le relte de la
compagnie demeura où nous avions
mange. Le Vendredi 18 Février je fus dire
la Meffe à mon Eglife. Je vifitai chemin
faifant quelques-uns de mes Paroiffiens,
qui me reçtrent avec toutes fortes de
civilitez & d'offres de fervicc. Je me
retirai chez-M. Michel, mon hôte.
Le Samedi je fus dire la Meffe à la
Chapelle de la grande riviere, afin de
/
voir en même-tems le Négre qui avoit
été mordu du ferpent. Je le trouvai en
bon état, fa jambe n'avoit plus d'autre
enflure que celle
lui avoient caufé
les ligatures; 5 il Rotc fans douleur. Le
Médecin Négre l'avoit remis au Chirurgien de la maifon qui penfoit les deux
trous où les CrOCS du ferpent étoient enttrez > & les fcarifications qu'on avoit
faites deffuus avec les onguens ordinaires.
cette habitation a
Je commençai par
prendre l'état des ames de ma Paroiffe.
Jy trouvai cent dix Négres, grands ou
petits, entre lefquels il y avoit huit NéHiij
in Négre l'avoit remis au Chirurgien de la maifon qui penfoit les deux
trous où les CrOCS du ferpent étoient enttrez > & les fcarifications qu'on avoit
faites deffuus avec les onguens ordinaires.
cette habitation a
Je commençai par
prendre l'état des ames de ma Paroiffe.
Jy trouvai cent dix Négres, grands ou
petits, entre lefquels il y avoit huit NéHiij --- Page 246 ---
- 174 Nowveanx Fayages AHX
1694. gres adultes qui n'étoient
Ifes
Tous les Négres étoient
baptilez,
un
par
Etar
Commandeur, au-deffus
il
avoit un Econome neveu de duquel M.
y
que l'on appelloit Regis, pour le
,
guer de fon
dil:
oncle à qui ce bien
tenoit. C'étoit un perit Gafcon apparblanc, quoiqu'il n'eûr pas encore tren- tout
te-cinq ans, & un joucur de
s'il en fut jamais. Je lui recommandai profeflion
fortement, aufli-bien qu'au Commandeur, d'avoir foin qu'on fit exactement
la Priere foir & matin & le Catechif.
me, & de nepas manquer de
les Négres Fétes & Dimanches m'envoyer de bon
matin fruire al'Eglife, afin que je puffe les in-
& les préparer au
aux autres
Baptème &
droient
Sacremens, dont ils fe renchofe dans capables. Je faifois la même
Paroiffe; toutes les habitations de ma
l'exaétitude & jai eu fujet de me loiier de
article,
de mcs Paroiflicns fur cet
Le Dimanche 20. je me rendis à mon
Eglife au point du jour > &
va un grand nombre de
ilsy troufans blancs à
Négres & d'enqui je fis le Catéchifme.
Je confeffai aufli beaucoup de
nes qui voulurent faire leurs
perfonM. Pocquet, fon
dévotions.
époufe & autres per- --- Page 247 ---
Frangoifes de PAmerigne.
fonnes que M. Michelavoit conviez vin- 1694.
rent entendre ma Meffe: Je préchai fur
ces paroles de F'Evangile: Domine ut videam ; après le Service je fis deux Baptèmes > ce qui donna le loifir au P.Breton de nous joindre, comme nous étions
prèts de monter à cheval, pour nous
a
rendre chez M. Michel, où nous nous,
trouvâmes au nombre de vingt perfonnes.
fûIl eft inutile de dire que nous y
à diner &
mes traitez magnifiquement
à fouper; 5 la plipart des conviez y coucherent, & il ne faut pass s'étonner
dans des maifons affez petites, cn
ralis
donner à coucher à beaucoup de monde, la plâpart, ou
parler plus
tout le
couche
monde
iufs
te, des ptelque hamacs qui tiennent peu de place,
&c qui n'embaraffent point une maifon.
La delcription que fen ferai ci-après
fera voir la commodité de CCS fortes dé
lits. Jep partis le lendemain de bonne heure ponr me rendre à mon Eglife, afin
d'y dice la Melfe qaand la compagnie y
palferoit. Nous p:imes chemin faifant
le.P. Bréton, & fines tous enfemble
chez M. Courrois 1 > où nous dinâmes.
Nous nous rendimes.fur le foir chez
Hiv
n'embaraffent point une maifon.
La delcription que fen ferai ci-après
fera voir la commodité de CCS fortes dé
lits. Jep partis le lendemain de bonne heure ponr me rendre à mon Eglife, afin
d'y dice la Melfe qaand la compagnie y
palferoit. Nous p:imes chemin faifant
le.P. Bréton, & fines tous enfemble
chez M. Courrois 1 > où nous dinâmes.
Nous nous rendimes.fur le foir chez
Hiv --- Page 248 ---
176 Nowveaux
AHx
1694. M. le Bourg où nous Yoyager
Ies
nous pafsâmes fort agréablement foupâmes, & oi
rée; les conviez qui éroient
la foichez eux y coucherent
éloignez de
fus coucher chez mon. confrere > pour moi je
Breton.
le Pere
Le Mardi
rendimes chez vingt-deuxiéme nous nous
fe,nous
M-Pocquer après la Mefy trouvâmes tous les
mais par malheur pour eux, ce convicz, Mardi
gras étoit la veille de faint
par conféquent : ui jeûne Mathias, &
plipart ne laifferent
d'Eglife, de
la
du
pas
chocolat, > fondez fur une prendre
de quelques
décifion
dent la tenir Millionnatires, de
qui prétenRome, & qui ne manquent jamais d'avertir leurs
lc Dimanche
Paroifliens
fime
gras ou de la
qu'on peut prendre du Quinguagefans rompre lej jeûne, pourvà chocolat
mette point de lait ni
qu'on n'y
on fait prefque
d'aufs > comme
difcourut
par toutes les Ifles. On
décifion. belucouppour Pour
& contre cette
négative
moi, qui tenoit pour la
Médecins , je me fondois fur l'avis des
Efpagnols, qui conviennent
a plus de fubltance nourriffante
une once de
Tar
demie livre de chocolar que dans une
bauf; & fur ce princiPc,j je foûitins qu'on n'en pouvoit
pas --- Page 249 ---
Françoifes de PAmbrique. 177
prendre fans rompre le jeline , quand de 1694.
même on le feroit fimplement le avec font. La
l'cau comme les Elpagnols du lait, des ccufs ou
maniere d'y mèler étant venue des Andu vin de Madere
fortes de choqui mettent de ces auffi bien que
Pet dans leur chocolat >
& audans leur ponche, leur fang gris,
leur iont particu-.
tres breuvages qui
liers.
demanda mon fentiment à SentiOn me
voulois ment" de
l'égard du thé & du caffé 5 je
Bre-fur PAuteur le
laiffer décider cette queftion au P.
chocolat
comme à mon ancien > mais il me le thé &
ton
fouhaitoit, comme le refte de le caffé.
dit qu'il
ce que j'en:
la compagnic , d'apprendre de France
penfois, 1 parce qu'arrivant
la fienma morale feroit plus pure que beaudevoit avoir contraété
ne > qui de relâchement depuis le longcoup
étoit atix Ifles. Je leur dis
tems qu'il le thé& lecaffé én'étant qu'une
teinture donc que de ces deux fimples , elle ne
de fubdonnoit point, ou que très-peu fait bouilftance à leau où onlesavoit
lir, & qu'ainfi on les devoit plutôt regarder comme un médicament la que verité com- le
me une nourriture étoit 5 qu'à de foi nourriffucre qu'on y met
enfant, mais que la quantiré qui 0 y
Hv
tems qu'il le thé& lecaffé én'étant qu'une
teinture donc que de ces deux fimples , elle ne
de fubdonnoit point, ou que très-peu fait bouilftance à leau où onlesavoit
lir, & qu'ainfi on les devoit plutôt regarder comme un médicament la que verité com- le
me une nourriture étoit 5 qu'à de foi nourriffucre qu'on y met
enfant, mais que la quantiré qui 0 y
Hv --- Page 250 ---
1694. troit 173 étant Norveaur fi
Voyages ANX Hes
bloit
peu conhdermbl., il femqu'on en pouvoit
tout dans un pays chaud prendre oit les > fur
étant toujours ouverts, donnent
une grande tranfpirarion
Eers à
réparer que par des
qu'on & ne peur
ferois volontiers de alimens, cette
que je
une petite difficulté
opinion, fans
laquelle je ne tronvois qui m'arrétoir, de
à
qui me contentâr. Car,
folution
difois
1ere
jeûne eft inftitué pour mortifier la je, le
l'abattre & la
chair,
eft-ce la mortifier, atemnetreireipris mais
mettre que de lui donner l'abattre des & la foula foutiennent, > qui aiguifent chofes fes
tits, qui entretiennent fa lui donnent le
délicarefle, &
impatience & fans moyen d'attendre fans
qu'on feroit
peine un bon repas,
rer de quelques peur-être. heures obligé de dife.
fe trouveroir rempli du thé 3 parce ou du qu'on caffé
qu'on auroit pris. C'eft
où fe trouvent ccux pourtant le cas
qu'on
prendre de qui ces chofes prétendent
rompre PTEK jetne, & qui font
fans
féc féquent dans une pratique toute par conà T'efprit de l'Eglife, dans
fement &
'attendre fans
qu'on feroit
peine un bon repas,
rer de quelques peur-être. heures obligé de dife.
fe trouveroir rempli du thé 3 parce ou du qu'on caffé
qu'on auroit pris. C'eft
où fe trouvent ccux pourtant le cas
qu'on
prendre de qui ces chofes prétendent
rompre PTEK jetne, & qui font
fans
féc féquent dans une pratique toute par conà T'efprit de l'Eglife, dans
fement & TASERE
dans le précepte
dujeine à fes enfans 5 puifque qu'elle felon fair
Médecins les plus habiles
les
> toutes ces --- Page 251 ---
Francoifes de PAmtrigne. 179
:
ouboiffons, ou com- 1694.
teintures > liqueurs
foit de foi
me on les voudra appeller, >
connoutriflantes, & par conféquent confifte
traires à l'effence du jelne, qui
leur
à ne faire qu'un répas par jour. Je leur
dis que nos Anciens avoient poulfé
régularité fi loin fur cet article > qu'ils de
ne croyoient pas qu'il fût Ruffin permis dans
prendre de l'eau pure. Que
fon troifiéme Livre Chapitre 46. rapporte qu'un Moine nommé demandé Zacharic, de
preffé par la foif,
feau, Sylvain qui etiion fon Abbé,s'excufa de lui en faire donner, en lui difant fimplement; c'ef aujourdhui jeline.
célébre
A quoi jajoutai 1
T'hiftoire de ce
Martyr d'Alexandric, quiayant été tourmenté toute la journée, & les tourmens
lui ayant caufé une foifextrème : comme on le menoit hois de la Ville pour
lui
la tête, > il témoigna qu'il
avoit FRRE, & une perfonne lui ayant
auffi-tôt préfenté de l'éau, il prit le vafc, mais s'étant (ouvenu quilétoir jeane
ce jour.l, il le rendit, en difant : c'ef fon
asjowrdbni jeline, 8c continua ainfi
chemin. Toute la compagnie qui étoit compofée de gens fages &c vertueux, ou du
moins quti vouloient paroitre tels s apHvj
--- Page 252 ---
180 Nowveans
1694.p plaudit à mon Yoyages AHX Ifes
le thé & le caffé fentiments &
on renvoys
fer le tems à d'autres ,
on fongea à paf
diner.
choics jufqu'au
Je mejoignis à M.
mena voir fon jardin, & Pocquer qui me
ouile
Térablifement
C'étoit commençoir à faire du fucre blanc.
un grand bâtiment de
nerie de cent trente pieds de long maçon- fiur
vingt-quatre pieds de
avec
étage en
Ce largeur, lieu fert
un
porter les fata de ftcre,
pour y
refroidi où il a été
quand il eft
le
fabriqué, C'eft la
Iroaut travaille,equil fc Purge & qu'il
blanc: on appelle cet
une purgerie. A une des endroit, $
étoit Pétuve; ony fait fécher extrémitez les
de fucre, quand elles ont
formes
la blancheur qu'elles
acquis toute
cntre l'étuve & la fucrerie peuvenr il
avoir ;
endroit où l'on pile les formes y avoit un
cre quand elles font féches
de fules bariques où l'on met le > afin que
le
ficre
tranfporter en
en
nent une
Europe, romfeat
Jc vis Blute grande le
quantité.
jardin des
nes blanches & rouges qui rendent franchipaodeur très-douce & très-agréable une
cillets, des tubercufes
5 des
figuiers comme
en quantité, 2 des
ceux que nous avons en
oir ;
endroit où l'on pile les formes y avoit un
cre quand elles font féches
de fules bariques où l'on met le > afin que
le
ficre
tranfporter en
en
nent une
Europe, romfeat
Jc vis Blute grande le
quantité.
jardin des
nes blanches & rouges qui rendent franchipaodeur très-douce & très-agréable une
cillets, des tubercufes
5 des
figuiers comme
en quantité, 2 des
ceux que nous avons en --- Page 253 ---
Françoifes de PAmerique.
ao
France , mais qui portent toute l'année 1694pourvi qu'on alt foin dc les labourer,
de mettre du fumier atl pied, & de les
arrofer dans lc tems de la féchereffe.
Il me promit de contribuer à remplir
mon jardin de toutes les plantes, arbres & herbages que je voudrois
dans le
& il m'offrit de
PIERE
drc
fien,
bonne grace tout ce qui dépendoit de
lui. e
n Monfieur Pocquet avoit dès ce tems
là cinq ou fix enfans > fes deux ainez
étudioient à Paris, & la plus grande de
fes filles étoit aux Urfulines du Fort
S. Pierre. Quand je fuis parti des Ifles,
il avoit douze ou treize enfans vivans,
& fa femme étoit encore affez jeune
pour en avoir plufieurs autres. C'étoit
un homme d'un très-grand ordre dans
fes affaires, magnifique dans fa table &
dans fes meubles, n'épargnant rien pour
l'éducation de fes enfans, bon Chrétien,
bon ami, & faifant plaifir à tous ceux
qui avoient befoin de lui.
Nous nous mimesà 1 table un peu avant
midi, on ne peut être mieux fervis, ni
avec plus d'abondance, d'ordre, de
de délicatefle
nous le
FTA
preté &
que
mes : on nous fervit entre autres chofes
un plaftron de tortuc de plus de deux --- Page 254 ---
182 Nonveawe
1694. pieds de long,8 & Foyager d'un aux Iles
large. J'àvois
pied & demi de
Plaftron torcué
mangé plufieurs fois de la
de tor- m'avoit depuis que j'étois aux Ifles, elle
quec'eft:ceau tue, ce
me paru très-bonne, 2 mais ce mormaniere
parut excellent. Le
delepré. ne tortuéeft toute l'écaille plaftron d'upaiet, cet animal, fur
du ventre de
quatre doigts de lequel chair, on laiffe trois Ou
graiffe qui s'y rencontre. > avec toute la
eft verte 2 & d'un goûr très-délicat. Cette graiffe
plaftron fe met tout entier dans
Le
on le couvre de jus de
le four :
piment, du poivre, du citron, fel & du avec du
bartu;i il ne faut pas que le four
chaud que
plus
craPnts
tifferic
pour y faire cuire de la
tuc étant > parce tendre' que la chair de la tor- paà feu lent. Pendant s clle veut êtfe cuite
on a foin de Percer de qu'il eft au four 5
chair avec une brochette tems en tems la
que la faulce conténud
de bois, afin
Eonté de la
de
dans le
la chair
pénétre
toutes parts. plaftron,
de la plaitron tout entier
On fert le
Tortue. coupe
tranches fur la table, l'on
par
la chair
me, & on la fert avec la faulce. qu'il renferje n'ai rien mangé de fi
Jamais
fi bon goût. Cette viande appétiffant & de
priété admirable, c'eft
a une promanger tant que lon veut que fans l'on en peut
d'en être
craindre
incommodé, parce qu'elle eft
énétre
toutes parts. plaftron,
de la plaitron tout entier
On fert le
Tortue. coupe
tranches fur la table, l'on
par
la chair
me, & on la fert avec la faulce. qu'il renferje n'ai rien mangé de fi
Jamais
fi bon goût. Cette viande appétiffant & de
priété admirable, c'eft
a une promanger tant que lon veut que fans l'on en peut
d'en être
craindre
incommodé, parce qu'elle eft --- Page 255 ---
Frangoifes de PAmérigue. 183
quoiqu'elle foit 1694
de très-facile digeftion,
trèsnourriflante. chair de tortuë fe met à toutes
La
on en fait de la foufortes de faulces, c'étoit du bauf ou du
pe, , comme fi la fait rôtir à la broche,
mouton, on
a s en dauon la mange en gribelettes fes intefbe, en ragoiit, en fricallées fcs
font
tins font très-bons > 8
pattes la torexcellentes. On peut croire que
fertue ne fut
la feule viande qu'on
vit fur la Eable de Monfieur
une abondance & une
Toges
avoit
de toutes fortes de poifa furprenante
fons de mer 8 dc riviere.
l'on fervit
Entre les confitures des que cacaos cori- Cacaos
au delfert, il avoit
délicien- confits.
je la être la plus
fits, que
fe puiffe imaginer, 8c
fc confiture qui
les meilleures
qui furpatle, a mon avis Ils > étoient auflifoienr en Europe. les autres de la façon
f que toutes de l'Ife S. Chriftod'une Demoifelle
Marie- Anne Menegaut,
phle > appellée la déroute & la prife de cette
quiapres s'étoit trouvéc orpheline & déille > de tous fes biens, clle étoit vepouillée
ou Madame Pocnuë à la Martinique., fa famille & fon
quet qui connoiffoit retiréc chez elle pour lui
mérite lavoit --- Page 256 ---
184 Nouveaux Poyager AHX IRes
1694. tenir compagnic, & l'aider à l'éducation de fes enfans.
Charité On doit cette
aux
des habi- del laN
loliange
habitans
tans de
Martinique, qu'ilferoit diflicile de
la Mar- rien ajoutera la
tinique. ment & à la charité seneetic.3Tempreft
quils témoignerent
pour fecourir les habitans de S. Chriftophle & des autres Ifles, dont les Ans'étoient emparez. Chaque chef
famille les
Et
à
prenoit chez foi, plurôt
proportion de fa charité que de fes
moyens, & aimoit mieux que fa famille manquâr fouvent du
de voir fouffrir ces pauvres néceffaire, exilés.
fit
e
pour eux une quête dans toute l'Ifle
qui produifit près de cinquante mille
Francs qui auroient beaucoup foulagé
ces pauvres gens , avec les autres iecours dont on les alliftoit, fi cet
avoit été diftribué avec autant argent
té que la juftice le demandoit d'égali- 5 mais
certaines familles furent fi bien
gés, qu'il ne refta prefque rien partales autres qui le mériroient, &
en
avoient un auffi
afres
grand befoin. De forte
pouvoit dire avec autant de vedu
Aemu
que
tems de l'Apôtre : Alins
efwrif, alius ebrius eft. J'en connois à
qui la déroute de faint Chriftophle a été
tres-avantageule par le moyen de ces
- 5 mais
certaines familles furent fi bien
gés, qu'il ne refta prefque rien partales autres qui le mériroient, &
en
avoient un auffi
afres
grand befoin. De forte
pouvoit dire avec autant de vedu
Aemu
que
tems de l'Apôtre : Alins
efwrif, alius ebrius eft. J'en connois à
qui la déroute de faint Chriftophle a été
tres-avantageule par le moyen de ces --- Page 257 ---
Frangoifes de TAmérique. 185 -
abondantes aumônes > & qui peuvent 1694
dire avec juftice ce qu'un Ancien difoit
auttefois : Nous étions perdas f nous n'aDieu veuille que Ia
wvions pas éréperdms.
les faffent renleéture de ces Mémoires
de
trer en eux-mèmes 2 & les obligent adrefle
reftituer aux pauvres ce que leur
leur a enlevé de cette charité.
-
Pour revenir alix Cacaos confits, je
Mademoifelle Marie-Anne, après
priai fut forti de table, de m'apprenqu'on dre comment elle faifoit cette confituIC, elle n'en fit aucune difficulté, &
afin de me le faire mieux comprendre, où il
clle me fit entrer dans r'office, ache- y
en avoit qui n'étoient pas encore la façon
vées, & dont elle m'expliqua
de la maniere qui fuit.
confire, doit Maniere
Le Cacao que l'on veut
de confitems avant quil re le Caètre cucitli quelque
la maturité de cao.
foit mûr. On connoit
fruit
les coffes qui le renferCC
quand
à jaunir dans leur
ment commencent doit donc cueillir les
entre-deux 5 on
coffes quelques jours avant qu'elles
foient en état de jaunir.
étant cueilLes amandes de Cacao
lies dans cet état, font blanches S 2 tendres 2 délicates 5 on les met tremper
dlans l'eau douce & bien clairc, & on --- Page 258 ---
186 Nowieanx
aux Ifes
1694. les change d'eau Toyager foir & matin
pendant
cinq ou lix jours 5 enfuite on les larde
en cinq ou fix endroits avec de petits
lardons d'écorce de citron, & de canelle fort mince. On fait un firop du
plus beau fucre, mais fort clair , c'eftà-dire où ily ait peu de
on les
met
fucre,
tremper pendant vinge-quatre heures , auffi-ror qu'il eft hors du feu, où
on l'a purifié & clarifié, On les retire de
ce frop au bout de vingt-quatre heures, & pendant qur' ils égoûtent, on fait
un autre firop femblable atl
mais un peu plus fort de fucre, premier oir onles >
laiffe encore ving-quatre heures. On
fait ce manege pendant fix jours,
mentant à chaq.e fois la quantité TE
fiucre, fans les mettre jauais far le feu
ni leur donner d'autre cuiffon
celle
qu'ils acquierent dans ces differents que firops, A la fin on fhit un firop de confiflance dans lequel on met un
d'effence d'ambre, de mufc, ou
tres
AECt
odeurs où on les conferve
s'en fervir atl befoin.
pour
Cuand on les veut tirer au fec on
les ôte de leur firop - > & après les avoir
laiflé égoûter, > on les plonge dans une
bafline pleine d'un firop bien clarifié &
fort de fucre, & (ur le chainp on les
fin on fhit un firop de confiflance dans lequel on met un
d'effence d'ambre, de mufc, ou
tres
AECt
odeurs où on les conferve
s'en fervir atl befoin.
pour
Cuand on les veut tirer au fec on
les ôte de leur firop - > & après les avoir
laiflé égoûter, > on les plonge dans une
bafline pleine d'un firop bien clarifié &
fort de fucre, & (ur le chainp on les --- Page 259 ---
Frangoifes de PAmerique. 187
met dans une étuve où ils prennent le 1694.
candi.
Cetté confiture, comme on voit, demande beaucoup de foin, & confume
beaucoup de fucre. Les Confituriers des
Ifles en font très-rarement; & à moins
d'un écu la livre > ils ne peuvent pas il
Tentreprendre ou la faire comme
faut. Le Mercredi des Cendres jen fis la
bénédidtion & la cérémonie dans mon
Eglife, je chantai la Meffe & je prechai. Monfieur Dauville mon Marguillier me pria à diner. Je vins dise la
Melfe à mon Eglife les trois jours fuivans , & jachevai pendant ce tems-là
de prendre l'état des ames de ma Paroille, & de voir lesenfans &c les Négres
qu'il falloit difpofer àla premiere Communion & au Baptème.
vint dîner
Le Vendredi le P. Breton
chez mon hôte, il amena avec lui mon
Compaguon de voyage leP.Daftez,que
Géneral de nos Miffions
le Supérieur Fort Saint Pierre attendre
envoyoit au
aller à la Million
quelqu'occafion pour
de S. Domingue c, où il le deftinoit. Jc
le retins avec moi, afin d'aller enfemble à la Bàlle-terre, où j'étois obligé de
me trouver le Lundi fuivant. --- Page 260 ---
188 Nowveaux
AuX Mles
Le
Toyeges
1694.
Dimanche 28 Février, je me reridis de grand matin à mon Eglife, , où
je confelfai beaucoup de monde, que je
communiai à la Melfe baffe que je
laiffant au Pere Daftez, felon la coûtu- dis,
me s l'honneur de chanter la Meffe de
Paroife. Je préchai après
fur
la néccflité & les qualitez du l'Evangile jeûne.
J'avertis que l'on pouvoir manger des
ceufs, & que ceux
auroient befoin
de manger de la Finde après s'être
bien examinés devant Dieu, devoient
m'en demander la permiflion, puifque
j'étois leur pafteur 7 & que cetic petire
foumiflion à l'Eglife mettoit leur confcience en repos. Je les priai de m'envoyer leurs Négres qui n'étoicnt pas
baptifez les Dimanches & les Fêtes au
matin, afin que je pilfe Jeur faire une
inftrudtion particuliere avant le Catéchifme > olt je fouhaittois que leurs
enfans > leurs engagez out domeftiques
&c leurs Négres > fe trouvaffent avant
la grande Meffe 5 & qu'à l'égard des
enfans qui fe difpofoient à la premiere
Communion,j je leur ferois le Catéchif
me le Mardi & le Vendredi de chaque
femaine. C'eft la régle
j'ai toujours
obfervée pendant que A été Curé. Je
les avertis enfuite que jétois obligé de
olt je fouhaittois que leurs
enfans > leurs engagez out domeftiques
&c leurs Négres > fe trouvaffent avant
la grande Meffe 5 & qu'à l'égard des
enfans qui fe difpofoient à la premiere
Communion,j je leur ferois le Catéchif
me le Mardi & le Vendredi de chaque
femaine. C'eft la régle
j'ai toujours
obfervée pendant que A été Curé. Je
les avertis enfuite que jétois obligé de --- Page 261 ---
Frangoifes de PAmérigne. 189
m'ablenter pendant la plus grande 1694de la (emaine pour aller au
partie
rendre mes devoirs au GouFort Royal Géneral, & quele Pere Breton
verneur
mon ablence. Je finis en
fuppléroit en de fe trouver à la maifon
les ptiant
rOffice feroit achevé,
Curiale après que
javois à leur
pour quelques affaires que
propoler, Tous les chefs de famille s'étant
Monfieur Miaffemblez au Prefbytere,
leur repréchel, Capitaine du Quartier,
fenta la néccflité qu'il y avoit. d'aug- 8c
menter le bâriment du Prefbytere >
les moyens de le faire fans beaucoup confentit
de dépenfe. Tout le monde
felon
à cette propofition , & fe cottifa
de
fes moyens > mais avec beaucoup comme
générofivé. Monfieur Dauville,
fut chargé du recouvreMarguillier >
avoit
> & de
ment de cC qu'on travailler promis aux planfaire inceffamment
dont les
ches 2 effentes & autres bois, le mémoire,
Charpentiers lui donnerent
les Fêtes
afin que tout fût prèr étoit pour le tems que
de la Pentecôte > qui
demeuroient
les deux Chanpentiets qui
d'y
dans la Paroifle > promettoient fouhaittois
gravailler, Mais comme je --- Page 262 ---
190 Nowveaux Vayages anx IRes
1694. de faire au pluror mon
mes Paroifliens fe taxerent jardin à
3 tout
nir chacun une quantiré de me fourde bois lézard pour en faire paliffades la clôture , qu'ils me promirent de me faire
apporter incelfamment. Après que je
les eus remercié, je montai à cheval
avec le Pere Daftez, & Monfieur Michel poar aller diner chez une veuve
appellée Madame Roche, > dont l'habitation faifoit la féparation de ma Paroiffe d'avec celle de la Baffe-pointe.
La veuve
Cette veuve âgéc
lors de
Roche. xante &
foiSon hifquinze ans,
une des
Eote
toire. micres femmes qui fut veuve aux
Elle
TResc
étoit de Dieppe dont elie avoit
confervé le patois, l'accent & les manieres > comme fi elle n'en fut jamais
forti, Son mari avoir été tué dans un
combat qui fe donna far la montagne
pellée, entre les troupes du Roi & les
habirans del la Cabefterre, qui ne vouloient point reconnoître l'autorité de
la Compagnic de 1664-qui avoit acheté la proprieté des Ifles. Ily avoit
plus de trois mois que cette clpéce de
bataille s'étoit donnée, fans qu'on fc
fit mis en peine d'envoyer enterrer les
morts. Madame Roche voulut faire
dans un
combat qui fe donna far la montagne
pellée, entre les troupes du Roi & les
habirans del la Cabefterre, qui ne vouloient point reconnoître l'autorité de
la Compagnic de 1664-qui avoit acheté la proprieté des Ifles. Ily avoit
plus de trois mois que cette clpéce de
bataille s'étoit donnée, fans qu'on fc
fit mis en peine d'envoyer enterrer les
morts. Madame Roche voulut faire --- Page 263 ---
Françoifes de PAmerique. 191
le corps de fon mari àl l'Eglile 1694enterrer
qui étoit fa Paroiffe; elle
du Macouba,
avec deux de fes
alla donc le chercher
les
Négres, croyant ne plus trouver que
mais étant bien fire de ne s'y pas
OS,
de fes Négres
tromper , parce qu'un avec elle, étoit avec
qu'elle conduifoit il fut blellé , &c l'afon mari quand
à côté da
voit porté derriere un rocher
chemin où il l'avoit laiffé après
fut
E
fut expiré. Elle
étrangement de fon mari
prifc dc trouver le corps ccux des aultout enticr, auffi-bien avoient que été tuez au
tres habitans qui Il falloit que le froid
mème endroit. régne fur cette montagne
exceflif qui
les eût confervez 5
qui eft rrès-haute
le tranfport du
cela rendoit impoflible Ics chemins étoient
corps, >
& que trop étroits pour pertrop
Pacines
le
à deux hommes charmettre mème paffage fardeau. Cet incident
gez du embaraffé tout autre que Madaauroit
mais comme elle étoit femme d'éxecution, Roche;
elle fir couper le corps
me de fon mari en morceaux > &c fes deux
Négres & elle en ayant pris chacun
leur part, ils Tapporterent au Macouba,
oà ilfut enterré, &oi elle ne manquoit --- Page 264 ---
192 Nowveaux Yayages AHX IRes
1694. jamais de faire dire un Service tous
les ans. Je n'aurois pû me réfoudre à
croire cette Hiftoire; quoique tous les
vieux habitans me la certihalffent , 1e fi
cette bonne veuve ne me l'avoit
tée avec une naiveté qui feule comp- étoit
fuffifante pour mc convaincre de fa
verité.
Le Pere Breton qui fe trouva. a ce
diner me mena avec mon Compagnon fouper & coucher chez le ficur
Verrier;) Jacceprai ce parti, parce que
je m'approchois toujours du Fort Saint
Pierre. J'avois avec moi > outre mon
Négre, un aurre Négre que Monfieur
Michel m'avoit prèré pour apporter
mon linge & quelques autres chofes
dont j'avois beloin, > en attendant
amer permit d'y envoyer fon canot que,
apporter mon coffre, mon lit &
de
Eo"T
provifions
bouche que j'allois
demander au Supérieur de notre Mif.
fion.
CHAPITRE
approchois toujours du Fort Saint
Pierre. J'avois avec moi > outre mon
Négre, un aurre Négre que Monfieur
Michel m'avoit prèré pour apporter
mon linge & quelques autres chofes
dont j'avois beloin, > en attendant
amer permit d'y envoyer fon canot que,
apporter mon coffre, mon lit &
de
Eo"T
provifions
bouche que j'allois
demander au Supérieur de notre Mif.
fion.
CHAPITRE --- Page 265 ---
EPJC --- Page 266 ---
Clevation de Larcenal
Tmpag.sg3.
du
dofort Rgyal du corte
magarin apoudres.
-
l
2 3
S
6 Toirce. --- Page 267 ---
EPJCB --- Page 268 ---
lom 1 pag. 193.
PLANde la Ville crddic
Forrt Royal de la
Martinigue.
P FortReval.
Le Liunes
P. Arcenal
ponclue
7 Redoue dufomne marguene
der Capucwrr.
Lencemte
J
# La vile
protertes
5 La Paroure. 10 Forcc pou:
P les Capucins.
ecouler les
-
/ le Carnage.
caur *
5 Riviere
9 Fetranchemen.
-
9 -
- 10
U
*
S - s
$ L
34 1eo 250 30J Thres. --- Page 269 ---
694.
JCB --- Page 270 ---
FORT ROYAL DE LA MARTINIQUE
DU GENERAL AU
ET LOGEMENT
PLAN DE L'ARCENAL
Salle
Chambre.
31 Cabinet
+ Gandere he tement
6. Aubre Cocalluer appar Jut ra au
runos ete aurrer
enur leur foutera un
7. Cocallier, pour decen
dreduns le fonve
qut emirotine lie
mairon. --- Page 271 ---
594.
RPJU --- Page 272 ---
DE L'ARCENAL DU FORT ROYAL
PLAN DES SOCTERAINS
Mayaru a pondre
Criine ne, furs
3 efices ee megum. --- Page 273 ---
Françoifes de PAmerique. 193
1694.
CHAPITRE VIIL
Vroyage de LAutenr at Fort Royal,
Defcription de la Ville 6 de
la Forterefe.
E Lundi premier jour de Marsje.
L partis avant le jour de la maifon du
fieur Verrier,ohjavois couché, &jarrivai au Fort S. Pierre fur les neufheures du matin. Jy trouvai notre Supérieur Géneral
me marqua beaucoup
de fatisfaction la bonne volonté
me
pRt
mes Paroifliens
témoignoient.
lai voir Mellieurs de Guitaut, de Gabaret & du Metz > & Monfieur de la Heronniere, qui venoit de terminer une
très-grofle affaire qu'il avoit avec Monfieur le Comte de Blenac, Gouverneur
Général des IAes, all fujet de fix caiffes de fufils qui ne fe trouvoient fuffent point
dans le vaiffeau > quoiqu'eiles
fur le mémoire du chargement. Comme ce Scigneur étoit fort vifil menaçoit de faite le procès à Monfieur de
la Heronniere qui avoit. figné le reçi
de CCS fix cailles, mais qui foutenoit
les avoir renvoyées à l'Arcenal de RoTome I.
I
neur
Général des IAes, all fujet de fix caiffes de fufils qui ne fe trouvoient fuffent point
dans le vaiffeau > quoiqu'eiles
fur le mémoire du chargement. Comme ce Scigneur étoit fort vifil menaçoit de faite le procès à Monfieur de
la Heronniere qui avoit. figné le reçi
de CCS fix cailles, mais qui foutenoit
les avoir renvoyées à l'Arcenal de RoTome I.
I --- Page 274 ---
194 Nonveanx Voyages ANX
1694. chefort, parce qu'on n'avoit Ifes pû les
ger dans le vailea,
loInfigne devoit en avoir tiré le que FEcrivain
méchan- crivain
certificar. L'Eceté de
par une inligne malice
l'Ecri- fait, quoique le
nioit le
vain de les
Lieutenanc du
Ja Loire,
Officiers mariniers & tous vaiffeaut,
telots l'afirmaflent. Mais
les Mace méchant homme fut heureufement
maladie de Siam qui
attaqué de la
'Feu de
l'emporta en trèspapiers lc jours, 3 & on trouva dans fes
reçi de ces fix caiffes
mes figné
le
d'atRochetort. PHT
Garde - magazin de
trois heures n'y avoit que deux ou
niere étoit que Monficur de la Heronrevenu du Fort
avoit porté ce reçà à Monfieur Royal,oi de
il
nac, lequel par une bizarerie
Bleétoit afez
qui lui
ordinaire, lui faifoit
vcau crime du renvoi de
un noucomme s'il eût manqué d'armes ces caiffes 3
fortereffe, lui qui en avoit
dans la
dix fois plus de monde
pour armer
dans l'Iilc.
quiln'yen avoit
Je' ne manquai pas de féliciter
fieur de lal Heronniere
Monde fon affaire, dont delheureufe iffuc
lieu de me
Javoisd'aurant plus
que je lui avois réjoitir, que les obligations
drepare dans tout m'obligeoient ce qui lui arrivoir. de prenJe chargeai le Négre de Monlieur
, lui qui en avoit
dans la
dix fois plus de monde
pour armer
dans l'Iilc.
quiln'yen avoit
Je' ne manquai pas de féliciter
fieur de lal Heronniere
Monde fon affaire, dont delheureufe iffuc
lieu de me
Javoisd'aurant plus
que je lui avois réjoitir, que les obligations
drepare dans tout m'obligeoient ce qui lui arrivoir. de prenJe chargeai le Négre de Monlieur --- Page 275 ---
Frangoifes de PAmbrigue. 195 -
voulois envoyer en 1694.
Michel de ce queje
le Pere Ca- Voiture
mon- quartier > & jc priai Million, de dont on
de notre
fe fert
baffon > Supérieur les provifions de bouche pour ier du alme procurer beloin.
Fort
dont j'avois fus enfuite retenir une place danss. au Pierre Fort
Je
d'un nommé Louis Galere, Né- R.oyal.
- le canot
faifoit le
du Fort
gre libre qui
voyage &
revenoit
S. Pierre au Fort Royal, qui écu
le mème jour > moyenmant fix écus un
pour tout
chacune perfonne s ou
commode, pour
le canot : cette voiture eft licuès
car quoiqu'il n'y ait que fept
par
terre duFort S. Pierre au Fort Royalsle
chemin eft très-difficile & très-incommode,tout ce pays n'érant compofé que
faut incetlamment
de montagnes qu'il
monter avoit & defcendre. déja deux ou trois ans
Il y.
avoit commencé à Alte
ce Louis Galere ils'en eft trouvé fi bien,
ces voyages,8 d'autres l'ayent imité, quil
encore que je fuis parti plus de vingt
avoit quand
canots de
Elclaves > trois ou quatre la
ce
voyage, & unc feine pour fortune. pèche;
qui n'eft pas une petite
d'une
Le canot eft couvert
l'endroit groffe
toilc gaudronnée qui couvre Il y a un
où fe mettent les pallagers.
ou cinq
Négre qui gouverne, & quatre
lij --- Page 276 ---
196 Nowveanx Voyages aux IRes
1694. qui rament. On part du Fort S. Pierre
trois ou quatre heures avantl lejour
arriver au Fort Royal fur les
res du
fept
Rour
tré
matin, & on en part fir les
heures du foir pour arriver au
S. Pierre
Pote
fur les fept heures, ou un
plus rard quand le vent eft contraire peu
ou que le calme oblige les
de >
ramer.
Négres
Je partis le Mardi fur les deux heures après minuit. Nous étions
fonnes dans le canot avec cinq cinq
pour nous
Nces
ferviteur conduire. Quand on a un
avec foi, foit blanc ou
on ne paye rien pour lui, Nous négre, eûmes A
un grain violent de vent & de
qui nous obligea de mettre à terre pluye 3
une Ance à deux lieués fous le
dans
Fort S. Pierre, & de nous retirer vent fous du
une grande voûte naturelle
trouvâmes dans une falaife que nous
ayant emporté la toile
> le vent
notre canot. Nous nous gaudronnée de
quand le grain fut paffé; & rembarquâmes
de
après un peu
converfation, nous nous endormimes les uns après les autres 5 de forte
que je nem'éveillai que quand il fallut
mettre pied à terre au Fort Royal. On
compte du Fort S.Pierre aui Fort Royal
neuf grandes licucs par mer, Il étoit
ouvâmes dans une falaife que nous
ayant emporté la toile
> le vent
notre canot. Nous nous gaudronnée de
quand le grain fut paffé; & rembarquâmes
de
après un peu
converfation, nous nous endormimes les uns après les autres 5 de forte
que je nem'éveillai que quand il fallut
mettre pied à terre au Fort Royal. On
compte du Fort S.Pierre aui Fort Royal
neuf grandes licucs par mer, Il étoit --- Page 277 ---
Françoifes de P. Ambrigue. x 197
environ fix heures & demic quand nous 1694.
arrivâmes. Je fus faluer les Révérends
y
dire la Meffe chez
Peres Capucins,& font Curez de la Ville, & Chaeux;ils du Fort; & ils deffervent toutes
pelains lcs Paroiffes qui font depuis le Fort
Royal jufques à une pointe de Pifle
la pointe
vers le Levant, qu'onappelle
leur jurifdidtion
des falines, qui (épare Je fus enfuite
fpirituelle de la nôtre.
voir Monfieur Houdin qui avoit pour
lors fa maifon dans cette Villesil me de
fit prendre le chocolat, & me pria
venir dîner chez lui après que Comte Jaurois de
fait ma vifite à Monficur le
m'aBlenac : c'étoit la fcule affaire qui
voit
à ce. voyage. où trouvai
J'allai SN la Forterelle,
je
Monfieur de Gagui qui étoit de garde.
Je le priai de me préfenter à Monfieur
le Général qui me reçut avec lûi beaucoup les lettres
de bonté. Après qual eut dit
que je lui peéfentai, il me fi quilisa- voulois
voir déja qui jétois, &ic ique je
demeurer au Fort Royal, il m'employe- étoit
roit à conduire les travaux, qu'il les fautes
perfuadé que je corrigerois
les
qu'on y-failfoit, & quej jempècherois chaque
yoleries qui s'y commettoient d'une offre fi avanjour,Jele remerciai
Iiij --- Page 278 ---
198: Nouveaux
aux
1694. tageufe, & lui dis Poyages
Ifes
mes
que je dépendois de
lui Supérieurs, > qui feroient ravis de
marquer leur refpect & leur obéif.
fancc, en m'envoyant éxécuter fes ordres, quandfoccafionsen,
mais que je ne croyois préfenreroirs
befoin de moi pour le pas gu'il eût
que fon
préfent, puif
par le
qui avoit été envoyé
avoit tout le
FADNELER
toute lintégrité néceflàire fçavoir &
s'acquitter de fon devoir. Nous pour bien
râmes enfemble près de deux
demeula fin ilfitappeller Monfieur heures; à
& lui donna ordre de
de Gagny,
touterla Fortereffe,
me faire voir
mener
& enfuite de me ra-.
dîner, ce qu'il voulut
lui
promiffe, dire
2 malgré tout CC' que) i pûs
pour m'en excufer.
Nous trouvâmes
foit travailler à un FIngénieur qui faigis, faifant face à la grand
de lomer, caoe
de deflous qui étoit fous terre étoit l'étage
né pour les Magafins des
deltifours & autres beloins
vivres, les
de chauffée étoit
: celui du rez
ment du Général, & deftiné celui de pour le logevoit fervir de fales d'armes & deffas,de- de
ment pour les Officiers &c les
ques du Général,
EE
C'étoir un
mc de Langucdoc, appellé Monfiear Gentilhom. de
lous qui étoit fous terre étoit l'étage
né pour les Magafins des
deltifours & autres beloins
vivres, les
de chauffée étoit
: celui du rez
ment du Général, & deftiné celui de pour le logevoit fervir de fales d'armes & deffas,de- de
ment pour les Officiers &c les
ques du Général,
EE
C'étoir un
mc de Langucdoc, appellé Monfiear Gentilhom. de --- Page 279 ---
Françoifes de.l PAmerigue. 199
Cailus, très-habile' & très: expérimenté. 1694Il n'y avoit que quelques: Nous. mois, fimes qu'il conétoit arrivé aux Ifles. liâmes depuis une
noiflance, & nous: duré, dont il m'a
amitié
a toujours
infinité d'ocdonné 2 marques en une
cafions.
fon confeil, le Fort
Sion avoitfuivi
: mais
Royal fcroit preiquimpuenable & les. plus déles plas habiles gens ordinairement
fintéreffez, écoutez ne. font ni pas. leurs avis, les plus
les mieux
fuivis. Monfieur de Gagny me fit faireletour
paroille
de la Forterefle. Quoiqu'elle onla regarde fans
quelque chofe quand de fes
on
entrer dans le détail
patties,
des défauts confidérables 2
y remarque on la confidére un peu plus atquand
On
que c'eft la
tentivement. faute d'un nommé Fiee > qui étant.
Mallon qu'un bon
plutôr un médiocre lailfé d'ètre emingénieur, r,navoit pas derniere
ployé aux IAes en cette le deffein qua- que
lité. 11 n'éxécuta point avoit tracé far le
Monfieur Blondel
feroit
lieu en 1675. fous prétexte & qu'il il en fubf
d'une trop grolfe depenle,
titua un autre G rempli de fautes, 5
les corriger, le Roi a été obligé Ly
pour
Iiv --- Page 280 ---
200 Nomveaux
AuX
1694. employer de très-grandes Voyages
Ifes
il en a coûté aux habitans fommes, des
&
infinis > fans qu'avec tout cela on travaux ait
entiérement remédié,
y
4 Cettc Fortereffe eft fituée farune
teur comme une prefqu'Ife
haud'une roche rendre ou d'un compofée tuf
creufe affez aifément
qui fe
pcu au-deflous de fa quand on cft un
rain eft élevé d'environ fuperficie. Ce terhuit toiles au-deflus de la quinze à dixla mer quil'environne de fuperficie de
excepté une petite langue deterre tous côtez s
joint à IIle, & qui peut avoir dix-huità qui le
vingt toifcs de large.
Quand l'Amiralde Hollande Ruitter
vint attaquer la Martinique cn
cette motte de terre qu'on appelloit 1674. déja le Fort Royal, ,n'avoit pour toute fortification qu'un double rang de
des qui fermoit cette petite
paliffaterre par le.bas, avec un autre langue de
la hauteur, & deux batteries à rang fur
une far la pointe pour deffendre barbette,
du Port qu'on appelle le
l'entrée
l'autre du côté de la rade. Le Carénage;& terrain
eft à préfent la Ville étoit un marais ot
plein de rofeaux, Il y avoit feulement
de quelques mauvaifes cafes ou maifons
roleaux far le bord del la mer qui fer-
qui fermoit cette petite
paliffaterre par le.bas, avec un autre langue de
la hauteur, & deux batteries à rang fur
une far la pointe pour deffendre barbette,
du Port qu'on appelle le
l'entrée
l'autre du côté de la rade. Le Carénage;& terrain
eft à préfent la Ville étoit un marais ot
plein de rofeaux, Il y avoit feulement
de quelques mauvaifes cafes ou maifons
roleaux far le bord del la mer qui fer- --- Page 281 ---
Frangoifes de PAmbrigme. 201
ferrer les mar- 1694.
voient de magazins pour
étoient
chandifes quand les vaiffeaux la faifon des
dans le carénage pendant
ouragans. Ces magazins éteient remplis de vin de Hiftoire l'atd'ean-de-vie, quand Ruitter fit del- raque
&
fous la conduite du que les
cendre fes troupes les foldats ne troil- Hollan- dois fiComte de Stirum; réfiftanceà ;
la defcente, fc rent au
vant aucune
les
où trou- Fort Royal en
mirent à piller
magazins, leur étoient G :674.
vant des liqueurs qui de telle maniere
agréables, ils en bûrent état de fe tenir
qu'ils n'étoient plus en
fur leurs pieds lorfque le Commandant.
les voulut mener à l'affaut. avoit dans le caréPar bonheur il y
une Aurte'des. Malo de vingt-deux
nage 2 de canon, & un vaiffeau du Roi
picces
qui étoit commande quarante-quatte, le Marquis d'Amblidé par Monfieur faccedé à Monfieur dc,Blemont qui a
Général des Hles.
nac au Gouvernemens vaiffeaux firent un fi terrible
Ces deux
à cartouche
feu de leur canon chargé tomboient à chafur ces yvrognes vouloient qui
faire pour al-.
pas quils
en tuerent plus de
ftr à T'allaut, qu'ils
neuf cens. Le feu des vaiffeaux ayant les
été fecondé par cclui que faifoient
habitans qui défendoient les paliflades,
iv --- Page 282 ---
202 Nouveaux Voyages aux Ifes
1694. obligea enfin l'Officier qui fucceda
Comte de Stirum qui avoit été tué, de alt
faire battre la retraite, & de faire un
épaulement avec des bariques
trouva fous fa main pour mettre à qu'il couvert le refte de fon monde, & lui donner le tems de fe défenyvrer.
Ruitter qui vint à terre fur le foir
après avoir paflé toute la journée à Canonner ce rocher, fut étonné de voir
plus de quinze cens de fes
morts
ou blelfez, > il réfolut de gens
funefte
quitter cette
entreprife > & de faire embarquer le refte de fon monde pendant la
nuit.
Dans ce même tems Monfieur de
Sainte Marthe qui étoit Gouverneur de
l'Ic fous Monfieur de Baas qui étoit
Général, affembla fon confeil, & réfolut d'abandonner le Fort après avoir
encloué le canon s attendu que celui
des ennemis ayant brifé la
des paliffades, & abbatu une plipart grande
partic des retranchemens 5 il étoit à
craindre que les habirans ne fuffent
forcez files ennemis venoiental l'affaur,
quand ils auroient cuvé leur vin. Cette
réfolution ne pût être éxécutée avec
tant de filence que les Hollandois n'entendiffent le bruit qui fe faifoit dans
oué le canon s attendu que celui
des ennemis ayant brifé la
des paliffades, & abbatu une plipart grande
partic des retranchemens 5 il étoit à
craindre que les habirans ne fuffent
forcez files ennemis venoiental l'affaur,
quand ils auroient cuvé leur vin. Cette
réfolution ne pût être éxécutée avec
tant de filence que les Hollandois n'entendiffent le bruit qui fe faifoit dans --- Page 283 ---
Françoifes de PAmerique. 203
foit en enclouant le canon, foit 1694
le Fott,
les munitions, &c autres
en chofes tranfportant dans les canots > par le moyen
devoit
de l'autre côdefquels on
paller
bruit
té du port. Ils prirent ce leur auroit pour
le prélide d'une l'état fortie
ils étoient >
dans
Sh
été funefte
une partie s'étant déja rembarquée :
fe mit parmi
de forte
lépouvante
ils
de s'embarquer,
eux 3
27 prefferent
& le firent avec tant de précipitation lcurs &
abandonnerent
de défordre s qu'ils
avoient
bleffez, tous les attirails quils
mis àterre, &c une partic de lears armcs;
pendant
les François épouvantez
RE bruit quils entendbient s
aulli, par
la marche des
qu'ils prenoient venoient pour à l'affaut, fe prefennemis qui
foient d'une maniere extraprdinaire
s'embarquer dans leurs canots.
berr forte que cette terreur panique cha- fic
fuir les alliégez & les laiffa affiégeans le Fort en la
cun de fon côté, &
s'étant enyvré
poffefion d'un Suiffe,qui
& n'enle foir dormoit tranquillement, il fut
tendit rien de tout ce tintamare; réveil far les
fort étonné quand à fon
fix heures du matin, il, fe vit polferfeur
de la Fortereffe, fans amis & fans ennemis,
Ivj --- Page 284 ---
204 Nowveauix Yoyages aux
1694.
M. le Marquis d'Amblimont Ifes
pas averti de cette double
n'étant
commença à faire joiier fon retraite, rele point du
canon dès
fonne fur le jour; Fort & mais ne voyant percun bruit, non plus n'y entendant auennemis, dont lcs rofeaux que dansle camp des
la vàe ; il fit mettre à terre luicachoient
gent & quelques foldats
un Serdes nouvelles. Ce Sergent pour fçavoir
que des morts, des blellez, & ne trouva
yvrognes qui dormoient dans les quelques
zins : il en avertit aufli-tôt fon magane qui envoya un Officier & des Capitai- foldats
reprendre polfeflion du Fort, On
pella enfiite le Gouverneur &-les
zans, &
PASSEL
née
on commença dès la même anune partic des travaux que l'on voit
encore à préfent, qui confiftent princibetre palement en des barteries, > partie à bar-
& partic à merlons,
environnent toute la pointe, & qui qui battent fur
Ja rade, fur la pafle & furla
*
Je Içai que cette affaire a baye. été décrite
autrement dans les nouvelles
de ce tems-là, mais je la tiens publiques de
tité de témoins oculaires
quantous rapporté fans varier qui le moins me l'ont du
monde dans les circonfances
j'ai
rapportées, & quim'obligent de que préfé.
partic à merlons,
environnent toute la pointe, & qui qui battent fur
Ja rade, fur la pafle & furla
*
Je Içai que cette affaire a baye. été décrite
autrement dans les nouvelles
de ce tems-là, mais je la tiens publiques de
tité de témoins oculaires
quantous rapporté fans varier qui le moins me l'ont du
monde dans les circonfances
j'ai
rapportées, & quim'obligent de que préfé. --- Page 285 ---
Frangoifes de PAmerique. 20;
Relations aux Gazettes > où 1694rer leurs
les chofes font traitées
très - fouvent vûés
que feplus (elon des
eft particulicres, fujette à caution 2
lon la verité > qui de fi loin & eft apportéc
quand clle vient interelfées.
par des perfonnes
la pref Deferip
La langue de terre qui joint la terre tion du
qu'lle ou le Fort eft bâti avec
de- Fort Royal
de rifle, cft fortifiée de deux petits
comme
& d'une
demi- il eftà
mi-Baftions
trespetite
la courtine avec un ptéfent,
Lune qui couvre d'eau de la mer,un chefoflé rempli
8 un
La
min couvert palifadé eft dans le Aanc Burae demiporte du Fort du
avec un cfBaftion du côté crénage,
calier fort étroit qui conduit à une pla- de
te-forme, > où ily a quelques conduit piéces à un
canon. Cette plate-forme
au
autre efcalier femblable au premier,
haut duquel on trouve une feconde le
Tout
Su
te-forme avec du canon.
eft ferdu Fort qui regarde le crénage
mé par un double mur avec n'eft quelques
Alancs. Le côté de la mer
qu'un
avec des embrazures 5 il y a
parapet
terraffe ou plate-forme
une troifiéme
fur
on
au-deffus de la porte >
laquelle battre une
devoit mettre du canon du pour Port qui comhauteur de l'autre côté
le Fort. La garnifon
inande beaucoup --- Page 286 ---
206 Nouveaux
1694. étoit d'environ Voyages ABX IRes
marine.
quatre cens foldats de la
M. de Blenac eut la bonté de
manda voyer chercher pour dîner, Il me m'enmon fentiment fiur les
detions que je venois de voir. Je fortifica- lui
pondis que je les trouvois
réle pays,& fir tout la derniere bonnes
forme qu'on avoit faite
E
batterie qu'on
mettroit .parce que la
roit l'effet de Zaic
empechePourroient faire fur la que les ennemis
viens de parler,
hauteur dont je
ne des Capucins. qu'on Il eft appelle le mordloignée de cinq à fix cens vrai qu'elle eft
mais elle ne lailleroit
pas du Fort,
der. Il fut ravi de CC pas d'incommocette dernicre
que je lui difois de
qu'eile étoit de plate-forme fon
: il me dit
remarque que j'avois invention, faite lui & que la
connoitre que j'étois un habile faifoit
mais ayant continué à me demander homme;
que je penfois de certaines
cc
Plan il avoit fait
herfes dont
d'un ou- fieurs
couper les efcaliers en
vrage
endroits, faute de
pluprojetté les étoient
fçavoir
fur le
aufli de fon
gu'elmorne ma réponfe penfa tout
invention 3
des Ca- dis qu'on ne
gâter; car je lui
pucins. les
prenoit pas les Villes
portes > & que quand on les
geoir, on fc
Cupet
failifoir des ouvertures à
herfes dont
d'un ou- fieurs
couper les efcaliers en
vrage
endroits, faute de
pluprojetté les étoient
fçavoir
fur le
aufli de fon
gu'elmorne ma réponfe penfa tout
invention 3
des Ca- dis qu'on ne
gâter; car je lui
pucins. les
prenoit pas les Villes
portes > & que quand on les
geoir, on fc
Cupet
failifoir des ouvertures à --- Page 287 ---
RPICS --- Page 288 ---
Tom. 306
PLAN
Telukabone
des
dumorne
Fiore
le
la
A CE
Muimniyne.
1 Cnbrds
corte du Joneraine du
Gumgoe.
Lasemene due
0 2
comamambnus
3 Carernece
4 Crculin pou sur le
monter
Are porpon
5 Puir . rompare, GS -
6 Chemin
wouterain guat'
7 Mintihun
Mh
Firargya er
8. Pronil et
conpe de lue
ISS
towurese
à
Cshelle de a5 tuires. --- Page 289 ---
Françoifes de PAmbrique. bonheur, 207 1694
coups de canon. Jajoutai
étoit coules herfes dont
rele
que
très-bonnes contre une farpé, étoient
fatisfit.
prile, & ccla'le
fi on avoit fuivi
J'ai dit ci-deffus
le Fort Royal
Tavis de M. de
RENER
fereit prefque de imprenable. M. de Cailus étoit d'i-
: Le dellein rout-à-fait cette morte dc terre >
foler manicre à laiffer un front affez conde
faire deux bons
fiderable pour y pouvoir demie-lune avec
baftions 2 une grande
auroit eu
un bon chemin couvert, qui auroit ifoavant-follé le canal qui
pour terrain. La dépenfe eût été bien
ié le
ne Ta été, & la
moindre qu'elle état de foutenir un
en
tler
bien plus du morne des Capucins, il
Al légard tombé entre les mains un deffein
m'eft
fait exedu même Ireiniemenilimeol de dépenfe, fi on
cuter fans beaucoup laiffer faire ; jele donne au
l'avoit voulu
de fa bonté,
public afin qu'il poilfe juger exécuté > on fça-
&
s'il eft un jour
che : qui on en eft redevable.
M. de Blenac me parla prefque eût Ta à
dant tout le repas > quoiqail
: il
table fept ou huit autres perfonnes de lui faibût à ma fanté, & m'obligea faire fervir
re raifon. Il eut foin de me
faire ; jele donne au
l'avoit voulu
de fa bonté,
public afin qu'il poilfe juger exécuté > on fça-
&
s'il eft un jour
che : qui on en eft redevable.
M. de Blenac me parla prefque eût Ta à
dant tout le repas > quoiqail
: il
table fept ou huit autres perfonnes de lui faibût à ma fanté, & m'obligea faire fervir
re raifon. Il eut foin de me --- Page 290 ---
208 Nowveaws
1694. ce qu'ily avoit de Foyager meilleur aux Ies
ilme fic tant
; en un mot
monde en étoit d'honnéterez, dans
que tout le
remarquai dans fes difcours Tétonnement. la
Je
de fon efprit, & fon
vivacité
tout de feu, quoiqu'il fût tempéramment
de foixante & douze
agé de plus
attaqué depuis
ans s & qu'il fût
terie qui
long-tems d'une diffenaprès.
T'emporta enfin deux ans
Il congedia la
eut deffervi, & m'ayant compagnic fair dès qu'on
près de lui, il m'entretint afleoir aud'une heure & demie de différentes pendant
fes, fur tout des
alat
uns dc nos Peres chagrins lui avoient que quelquesfis ce
je pûs pour les excufer donnés je
pour atc la verité, ily
; car
te des deux
y avoit de la faucôté du Comte côtez, de & peur-être plus du
Le Ledleur en
Blenac que du nôtre.
faire que je pourra juger par une afrapporterai
pendant 11 m'allura
ci-après. Ccjours de l'afleétion qu'ilconfervoit tou-
& que fi on vouloir bien pour notre Ordre',
il nous en donneroit des vivre avec lui,
l'affurai que nous ferions marques, Je
forts pour mériter fon
tous nos ef.
pliai d'oublier le
eltime; jele fupnous accorder fa paffé, & de vouloir
protection, & à moi --- Page 291 ---
Françoifes de PAmérique. 209
en particulier, ce qu'il me promit avec1694.
beaucoup de bonté, & je dois lui rendrc cette juftice, malgré tout ce que la
médifance a pir dire contre lui,
étoit un homme de bien, 2 bon
tecad
du Roi, brave autant qu'on le peut être >
& bieni plus fage qu'on ne le difoit dans
le monde. J'en pourrois apporter des
qui convaincroient les plus
incrédules. preuves
On me vint enfin avertir
qu'il étoit tems de partir > ce qui me de
donna lieu de prendre congé de M.
Blenac; tout le monde fut furpris du favorable acciieil qu'il m'avoit fait, &
j'en reçûs bien des complimens. Je fus
dire adicu à M. Houdin, &j je m'embarquai fans avoir eu le loifir de confiderer
ni la Ville ni l'Eglife Paroiffiale, tant
on me preffoit de partir.
les mêmes
Je trouvai dans le canot
Nous
perfonnes avec qui j'étois venu. afin
fimes rouler la toile quile couvroit
de jouir de l'air & de la vàé du
la voile & fort vite.
PO
Nous allionsà
deM.Roi dans
me montra une facrerie
des
un lieu appellé la Pointe
Négres.
Nous vimes enfuite le Bourg & l'Eglife
de la Cafepilote. Tout ce terrain eft
fort élevé & fort coupé par des mornes, les
la plâpart des fonds qui font entre
tois venu. afin
fimes rouler la toile quile couvroit
de jouir de l'air & de la vàé du
la voile & fort vite.
PO
Nous allionsà
deM.Roi dans
me montra une facrerie
des
un lieu appellé la Pointe
Négres.
Nous vimes enfuite le Bourg & l'Eglife
de la Cafepilote. Tout ce terrain eft
fort élevé & fort coupé par des mornes, les
la plâpart des fonds qui font entre --- Page 292 ---
210 Nonveaw Yoyages AHX
1694. mornes font en favannes, > où IRes l'on voit
beaucoup de canificiers: c'eft ainfi
appeile les arbres qui portent la qu'on caffe.
Cétoit autrefuis une très-bonne marchandife & d'un grand débit, mais
les habitans de ia balle-terre
tous
té à l'envi des canificiers ayant planchandife n'eut plus de valeur > cette marqu'on en faifoit aux Ifles : plus qu'on > parce n'en
pouvoit confommer en
elle auroit été toute malade. Europe, quand
L'arbre
Canifi- ficier
qui porte la calle ou le canicier, arvient de bouture :
br: qui tc, il porte
ilcroît fort vila
beaucoup & deux fois l'anHu fa née, comme prefque tous les
defcrip- font naturels
arbres qui
tion,
blanchâtre alAmérique 3 fon bois cft
> alfez mol, mais extrêmement coriace ; fon écorce eft
&
fort rabotcufe. Cet arbre vient grife trèsgrand 3 fes feuilles font longucs &
étroites, d'un verd pâle; il
des
fleurs jaunes
poulfe
une odeur HIELE gros bouquers, qui ont
fuccédent les
agréable : aux fleurs
filiques où la caffe
eft comme la moiielle eft
qui en
Ces filiques
renfermée.
pendent aux branches comme des paquets de chandelles, de douze, quinze, &c même de vingr attachées
enfemble: : elles font vertes avant d'être
mires; c'eft à leur noirceur
qu'on con- --- Page 293 ---
Françoifes de PAmerigue.
21I
noît qu'il eft tems de les cueillir 5 quant 1694.
à leur grolTeur & à leur longueur 2 cela
dépend de lâge de l'arbre & du terrain
ou il eft planté : il eft certain que plus
les filiques ou bâtons de caffe font cf- 2
la caffe
RO2
longs & pelants, plus
timéc. Quand il fait du vent ces filiques fe
touchent les unes les autres 2 & font
un bruit aflez femblable à celui qu'on
entend quand il_palle des compagnies
de foldats avec des bandoulieres garnies
La cafle des Mles eft aude fournimens. celle du Levant. J'ai
tant eftimée que en France &c aux IC
vû des Apoticaires trouvoient meilleure 5 elle
les qui la
eft naturelle dans les Ifles, c'ef-à-dire,
que cet arbre n'y a point été tranfporté, à
on l'y a trouvé quand on a commencé
sy Lorfque établir. je fuis parti des Illes en 1705.
livres dix fols le cent
clle valoit fept mais comme elle occupe
ou le quintal ;
&
beaucoup de place dans un vaiffeau,
conféquent le fret confommeroit que par tout le profit 3 on la
moimoitié
le fret Atafet avec bourtié par
pour
geois du navire. étoient aux Illes ils Calfe
Quand les Juifs
confite.
faifoient confire beaucoup de ces fili-
Lorfque établir. je fuis parti des Illes en 1705.
livres dix fols le cent
clle valoit fept mais comme elle occupe
ou le quintal ;
&
beaucoup de place dans un vaiffeau,
conféquent le fret confommeroit que par tout le profit 3 on la
moimoitié
le fret Atafet avec bourtié par
pour
geois du navire. étoient aux Illes ils Calfe
Quand les Juifs
confite.
faifoient confire beaucoup de ces fili- --- Page 294 ---
212 Nouveaux
1694. ques qu'ils
Vojyages anx IRes
cet effet ils envoyoient les cueilloient en Europe , pour
étoient encore extrêmement lorfqu'elles
qu'elles n'avoient que deux à tendres, &:
ces de longueur ; de forte trois pougeoit la Gilique & ce qu'elle qu'on manCette confiture étoit fort contenoir,
purgeoir doucement > ou du agréable &
tenoit le ventre libre. Ils faifoient moins elle
confire les Aleurs & leur
auffi
leur couleur fous le candi confervoicnt
vroit; elles faifoient le même qui les coules
effet
fiture filiques. Qn ne fait plus de cette con- que
depuis le départ des Juifs, foit
foit qu'ils ayent emporté le fecret avec
qu'on 1le veiiille pas fe donner cux,
peinc de le chercher, en failant la
ficurs expériences. J'ai connu
pluperfonnes qui avoient confit de quelqucs ces filiques , mais jufqu'a mon
n'étoient poine arrivéesau départ, > elles
feétion qu'elles avoient été point de perles Juifs.
portées par
far Hifloire le fit- dent A propos de ces filiques ,
jet de la
aux canificiers comme
qui pencaffe. de chandelle. Je me fouviens des paquets
tant trouvé dans notre Couvent que m'éMoiillage en 1698.. l'arrivée de
du
ques uns de nos Religieux qui venoient queld'Europe, il s'en rencontra un qui fc --- Page 295 ---
Françoifes de PAmerique. 213
piquoit de connoitre PAmérique , &1694.
tout ce qu'elic produit > comme cher- ceux
éroient depuis long-tems. a
Je
37 à mortifier un peu fa vanité, lorfqu'il m'en donna lui-mème l'occalion, 2
en me demandant ce qui pendoit à ces
arbres. Je lui dis que je m'étonnois s
que lui qui connoiffoit toutes chofes ne
connût
cela; ileft vrai, me dit-il,
reffemble fort à des chanque ce
Ruarc
delles, & l'arbre pourroir bien être de
l'efpéce de ceux de la Chine qui portent le fuif, mais ce qui fufpend mon
jugement, c'eft que le fuif de la Chine
clt blanc ou prelque blanc, - au lieu que
celui-ci eft verd. Cette imagination me
fit foûriresje l'affurai qu'il penfoir fort
jufte, & qu'il feroit difficile de lui faire
voir rien qui lui fut nouveau. Qu'au
refte ces chandelles étoient vertes, 2 parn'étoient pas dans leur macc qu'elles
de
turité. Il ne manqua pas sapplaudir
lai-mème de fon difcernement fi jufte 3
&c moi de conter aux autres Religieux
belle converfation. Elle fur recette
nouvellée quelques momens après
achever Pc
un de nos Peres, qui
l'inftruire, > lui dit, ET ne manquoit
la mèche à ces chandelles quand on
que les cucilloit; qu'autrefois on les faifoit
ient pas dans leur macc qu'elles
de
turité. Il ne manqua pas sapplaudir
lai-mème de fon difcernement fi jufte 3
&c moi de conter aux autres Religieux
belle converfation. Elle fur recette
nouvellée quelques momens après
achever Pc
un de nos Peres, qui
l'inftruire, > lui dit, ET ne manquoit
la mèche à ces chandelles quand on
que les cucilloit; qu'autrefois on les faifoit --- Page 296 ---
214 Nonveanx Voyages Anx
1694. fondre > &
Ifes
comme
gu'enfuite on les
on fair en France, mais travailloit
puis 2 peu on avoit trouvé
que deleur mettre la
l'invention de
de les
méche, fans autre façon
percer avec
3: au bout de laquelle uneéguille la
chaupaflée : il F'affira qu'on fe méche étoit
Ces fortes de chandelles
fervoit de
toutes les maifons, &
dans prefque
ploicroitjamais decellesq qu'on n'en emqui
France, 3 G on pouvoit donner viennent à
de
ciun peu plus de blancheur.
cellesbile homme crût cctte fable Notre hacoeur 1 , & fut-affez
de tout fon
de ces chandelles fimple pour parler
fon où il alla le même vertes dans une maimer le
jour, & de blaavoit Capiraine de fon vaifleau qui
de caifles apporté de une quantité confidérable
étrangement chandelles > mais il fut
tout le monde (urpris fe
quand il vit
connut qu'on l'avoit mocquoit de HSE
gé d'avoier qu'il duppé, & fuc obliles
y avoit bien des choqu'ilignoroit; il fe
bien de me prier de l'en gardoit pourtant
Le vent qui nous avoit inftruire. fi bien
depuis le Fort
fervis
Carber; c'eft Royal, 2 nous quitra au
Fort faint Pierre, un Bourg à une lieuë du
On
fois, le quartier de Fappelloit autreMonfieur, 3 parce --- Page 297 ---
Françoifes de PAmerique.
M. du Parquet, Seigneur & Pro-1694que
de la Martinique Y faifoit fa
prietaire
alors
réfidence. Nos Négres reprirent
leurs avirons & ramérent fi bien, que
jarrivai à notre Couvent du Motillage
fur les huit heures du foir.
Le lendemain matin le P. Cabaffon
me conduifit chez le Diredteur des Domaines du Roi ; il s'appelloit M. de
Vaucourrois, Parifien, honnête 8c fort
obligeant. C'étoit lui qui payoit les
penfions que le Roi donne aux Curez.
il me ft auffi-tôt délivrer les provifions
dontJavois befoin. C'étoit une barique
de vin de Bordeaux, qu'il me compta lifur le pied de trois mille cing cens
vres de fucre brut, qui réduit au prix
courant, où étoit pout lors cette marchandife, revenoit à la fomme de trente-cinq écus. Je pris outre cela un ba=
ril de farine évaluéà dix-huit cens livres
de fucre 5 un baril de bauffalé évalué
à quinze cens livres, & un demi baril
de lard-pour douze cens livres, ce qui
failoit en tout mille livres de fucre s
étoient les deux tiersd'une année de
qui
ces
I ma penfion. Je fis porter
provifions
Fort faint Pierre,
chez un Marchanddu
faifoit
nominé Ricord, où M. Michel
poiter les fiennes : , en-attendant qu'il
de fucre 5 un baril de bauffalé évalué
à quinze cens livres, & un demi baril
de lard-pour douze cens livres, ce qui
failoit en tout mille livres de fucre s
étoient les deux tiersd'une année de
qui
ces
I ma penfion. Je fis porter
provifions
Fort faint Pierre,
chez un Marchanddu
faifoit
nominé Ricord, où M. Michel
poiter les fiennes : , en-attendant qu'il --- Page 298 ---
216 Nowveaux Yayagesanx Hfes
1694.pir envoyer fon canot pour les
ter chez lui.
apporCHAPITRE IX.
Prife de deux Yaufeaux Anglois par les
Elibufiers. Leur maniere dec combatre,
6 le Traité qu'ils font pour leur
courfe.
L E Jeudi quatriéme Marsjallai rendre vifite à notre voifin M. Pinel,
Capiraine de Flibuftiers, Commandant
une corvette de fix canons, appellée la
Maloiiine ou la Volante. Il étoit arrivé
la veille avec deux vaiffeaux Anglois
qu'il avoit pris au vent de la Barbade,
lun de douze canons & l'autre de dixhuit > venant à droiture d'Angleterre
très-richement chargez.
Il me reçût avec mille civilitez 5 &
ayant fçà que je m'établiffois à la Paroiffe du Macouba, il dit qu'il vouloit
contribuer à me mettre en ménage, &
me fit préfent de fix belles bouteilles &
de douze verres de criftal, avec deux
fromages d'Angleterre. Ce fut ainfi que
commengal'amitié qu'il a eué pour moi
julqu'a fa mort. J'achetai encore d'autres --- Page 299 ---
Frangoifes de PAmbrigne. 217 -
eres provifions qui me manquoient, & 1694.
je les fis porter avec mon coffre, mon
matelas & d'autres hardes chez lememe M. Ricord. Mon.deffein étoit de
m'en, retourner le lendemain à ma Paroiffe, mais notre Pere Supérieur m'arrèta pour atlifter à une grandeMelle
de M. Pinel devoient
R
les Flibuftiers
re chanterle jour fuivant, & àlaquelle
ils devoient communier > en exécution
d'un voeu qu'ils avoient fait dans le
combat, où ils avoient pris ces deux
vaiffeaux Anglois.
Le Vendredi nous fàmes occupez chanrée. Meffe
zoute la matinée à confeffer les Flibuc- enadtion
tiers. On chanta une Meffe de la Vier- deg de lapri- aces
ge avec toute la folemnité pofible 5 je C de
la célébrai & je benis trois grands pains deuux vailleaux
qui farent préfentez parle Capitaine > Am,lois le,
accompagné de fes Officiers > avec lespae
tambours & les trompettes. La Cor-nel,caveite & les deux prifes qui étoient piraine de la
mouillées devantl'Eglife firent des dé- Corvette
la Macharges de tout leur canon > au com-inuine.
mencement de la Mefle 1e > à l'élévation
du faint Sacrement, à la bénédiction &
à la fin du Te Deum s qui fut chanté
après la Meffe. Tous les Flibuftiers vinrent à lOffrande s & préfenterent chacun un cierge avec une picce dc trentc
Tome Z.
K
ifes qui étoient piraine de la
mouillées devantl'Eglife firent des dé- Corvette
la Macharges de tout leur canon > au com-inuine.
mencement de la Mefle 1e > à l'élévation
du faint Sacrement, à la bénédiction &
à la fin du Te Deum s qui fut chanté
après la Meffe. Tous les Flibuftiers vinrent à lOffrande s & préfenterent chacun un cierge avec une picce dc trentc
Tome Z.
K --- Page 300 ---
21S Nouveaux Voyages AHX
1694. fols ou d'un écu. Ceux qui communic-, Ifles
rent le firent avec beaticoup de
de modeftic.
picré &
la
que j'eus dinéjallai à"bord de
& des
20a2
prifes. Je ne
comprendre comment cC perir pouvois
armé feulement de fix canons bâtiment de fix
& de quatre livres de balle
> avoit ofé
Vaif. artaquer cesdeux vaifleaux, dont le
feaux gros avoit cinquante-huit hommes plus d'éAnglois retran. quipage, & le perir quarante-cinq. Ils
chez
avoient tous deux des
pour
& d'arriere
gaillards d'avant
fourenir
> retranchez avec des fales abor- bords pour le canon, des
dages, des cofites à feu, dés gienades meurtrieres,
c'eft-à dire
lardées,
droits du > attachées en différens enbord, avec deux bandesde fer
qui fe croifent, l'ouverture de la
nade avec fa fuféc répondant fous St
gaillard par où on lui donne feu. J'y
remarquai des clpoirs ou elpingards de
fonte, où l'on met vingt
ou trente bailes de
cinq.
combien
moufquet > & je. ne Içai
d'autres attirails qui augmentoient la furprife où jétois, comment
on avoit pû furmonter tant
& enlever ces deux bâtimens. d'obltacles, Up Flibuftier avec qui je m'entretenois ,. me
dit, que tout le canon & toutes les autres deffenfes ne méritoient pas qu'on --- Page 301 ---
Frangoifes de TAmérique: 219
moindre attention; qu'? ill leur fuf- 1694
yficla fifoit de voir un bâtiment & de pouvote
s'en approcher pour compter de furement leur Corfur fa prife. Que le canon
vette étoit plus par cérémonic que pre(- par
n'employoient
nécellité, puilquils les deux piéces de chaffe
que jamais battoient que
un vaiffeau
Faquand ils
l'arriere, leurs auder leur
vant ou par lc défoler, jufqu'a ce qué
fuffifant pour
à propos de fauterd
leur Capitaine juge
labordage. fouhaitai de fçavoir comment s'6- de Combat la
Je
leur combat. Ilie dit, qu'auf Corvette
toit paffe celui qui étoit en vigie ou en centre deux
fi-tôt fentinelle quc au haut du mât eut averti qu'il vaif- feaux,
découvroit ces deux vaiffeaux X, on fit
delfus à toutes voiles; que ces
ReOe vaiffeaux voyant que la Corvette
les hauffoit confidérablement > crurent chaf
feroit inutile de prendre
quilleur le; ils fe Aatterent même qu'ils pourrendre maitres de celui
roient fc
de forte qu'ils
tst
venoit fur eux 5
l'attendre. On
lerent leurs voiles pour
fut bien-tôt à la portée du fulil,onsat- faifoit
tacha d'abord all plus gros qui
de
grand feu de fon canon > & c'eft très-peu la coûfa moufqueteric, comme battit
tume des Anglois. On le
pendanr
Kij
ur le; ils fe Aatterent même qu'ils pourrendre maitres de celui
roient fc
de forte qu'ils
tst
venoit fur eux 5
l'attendre. On
lerent leurs voiles pour
fut bien-tôt à la portée du fulil,onsat- faifoit
tacha d'abord all plus gros qui
de
grand feu de fon canon > & c'eft très-peu la coûfa moufqueteric, comme battit
tume des Anglois. On le
pendanr
Kij --- Page 302 ---
220 Nouveauy
Anx
1694. trois
d'heure MgLe fa
dans
&
mEna
ontiee arcaffe à coups de canon & de
fulil, aprèsquoi ion l'élongea, & M.Pinel fc jetta deffus avec foixante & dix
homnes.
Ceux qui entrerent par l'avant, trouverent par hazard une petite
que les
écoutille,
fermer 1e
Anglois n'avoient
à
en Ic retirant fous fe fongé
ilsyjetterent un Aacon de verre gaillard 3
de poudre, entouré de
plcin
bouts de mêche allumée quatre ou
feu dlap
qui mirent 72
flacon fc poudte brifa dans le moment que le
en tombant
ne fi horrible façon fept quigrillad'n. ou huit Anqu'ils demanderent quartier 5
on
de
Sla
roit donné s'empara
ce gaillard qui aumettoit
beaucoup de peine > &
le
nos gens entre deux feux: : dans qui
même tems ceux qui étoient fur le
pont ayant trouvé un canon qui étoit
chargé, le pointerent contre les gaillard
d'artiere, & le tirerent contre le retranchement où il fit beaucoup de fracas,
fur pendant le que ceux qui étoient montez
feu
gaillard éventoient les coffres à
en les perçant à coups de piftoler,
après quoi ils ne font
tres
arrachoient les plusd'effer; d'audaurres
grenades lardées, &c
rompoient à coups de haches --- Page 303 ---
Françoifes de LAmtrigut. 221- 1694le deffis du gaillard pour y. faire un (a-1
bo:d, pendant que ceux qui étoient demeurez fur le pont & qui s'étoient
bionnez derriere ela chaloupe que les K
glois avoient eu Timprudeneo de laiffer
furle pont, faifoient feu farles meartrieres &c fur les fabords du retranchement des
avec tant de fuccès, que la vivacité
Anglois fut bien-tôrr ralentie, parce qu'-
ilseurent nombre de morts & de bieflez;
mais ce qui acheva le combat s furent
quelques facons de poudre & de grenades
jetta par le (.bord qu'on avoit
fait ert le gaillard. Ils en furent tellement incommodez, , qu'ils demanderent
quartier & fe rendirent : ilsavoient eu
quinze hommes tuez, & environ vingt
bleflez; nos Flibuftiers eurent 4 hommes tuez fur le vaiffeau 8 cinq bleffez, d'ails en avoient eu fix autrcs avant
borber. Pendant qu'on fe bàttoit ainfi dans le
vaifleau Anglois, fon camarade faifoit'
toujours feu de fon canon far la Corlui
du fien & de fa
vette qui
répondoit
beaucoup
monfqueteric, fans s'éloigner
de fon monde qui combattoit dans le
vaiffeau qu'on avoit abordé, > dans l'incertitade du fuccès du combat 5 mais
dès qu'il vit la viétoire alffurée d > parce
K 11)
fe bàttoit ainfi dans le
vaifleau Anglois, fon camarade faifoit'
toujours feu de fon canon far la Corlui
du fien & de fa
vette qui
répondoit
beaucoup
monfqueteric, fans s'éloigner
de fon monde qui combattoit dans le
vaiffeau qu'on avoit abordé, > dans l'incertitade du fuccès du combat 5 mais
dès qu'il vit la viétoire alffurée d > parce
K 11) --- Page 304 ---
222 Nowveaux Voyages anx Hes
1694 qu'on amena le pavillon, > il fe rendit
fans doriner la peine à la Corvetre de
l'aborder. ; s'il fc fût rendu plutôt il auroit confervé la vie à quatre hommes
de fon équipage , & n'auroit
huit ou neuf bleffez 1
comme il fe pas trouva et
qu'il avoit > quand nos gens s'en emparerent.
Lorfque le vaiffeau qui va en courfe
apparrient aux Flibuftiers qui le montent, ils parragenr les prifes
Le
également:
Capiraine > le Quattier-maitre, > le
Chirurgien & le Pilote n'ont par-deffias
chafleleur lot
partic
qu'un préfent, > dont les autres
condi- o"les grarifienr. A légard du
tions fe
pillage, il
fous lef : partage également, fans que perfonquelles ne puillesapproprier la valeur dun
onficla fous
de
éctt,
cufe
peine
perdre fa part du
aux1l.s. du voyage, 8c fouvent même d'être profit dégradez c'eft-à dire, mis à terre dans
quelque Ifle deferte, ou du moins chaf
fcz du bord. Mais quand le bâtiment
n'appartient pas à
> les Armateurs ou Propriéraires TE bâtiment
prennent un tiers de prifes pour la part
du vaiffeau, les vivres, la poudre, les
boulets &. les grenades. Les deux autres
tiers fe partagent à tout
;
bien entendu
l'équipage
qu'avant toutes choles,
on a pris le dixiéme pour l'Amiral ou --- Page 305 ---
Frangoifes de PAmbrigue. 223
Gouverneur quia donné la commillion, 1694.
les blef-
& qu'on a payéle Chirurgien, L'adte qui contient .
fez & les cftropiez. conditions fous lefquelles on
toutes les
fait la courle 2 sappelle
de ces conditions
Caren
Les les principales bleflez ont outre leur lot un écu
que
leur nourriture
par jour pour entre les mains du
Emmt
qu'ils font eft obligé de lcs panfer & de
gien, fournir qui les remédes 5 ce tems eft
à
Eut
l'ordinaire limité foixante jours. d'une
font eftropiez d'un bras ou
qui jambe emportée 2 ou rendus inutiles >
ont fix cens écus pour chaque membre; le
on donne trois cens écuspour pou-
,l'index de la main droite & un ceil;
ce, écus
chacun des autres doigrs.
cent
pour font obligez de porter une
Ceux canule qui font réputez comme eltropiez s
&c ont fix cens écus aufli-bien
bois, ceux
oll un bras
3ct
qui s'ils ayant viennent unejambe à les perdre de nouveau.
Soit que l'on faffe prife ou non, les Armateurs & les Flibuftiers font obligez ait
de faire la courfe jufqu'à ce qu'on & les cfgagné pour payer les le lor bleflez des morts eft
tropiez. La part ou
ou
donnée à leur matelot ou camarade, à leurs
quand il ne s'en trouve point ?
K 1v
-bien
bois, ceux
oll un bras
3ct
qui s'ils ayant viennent unejambe à les perdre de nouveau.
Soit que l'on faffe prife ou non, les Armateurs & les Flibuftiers font obligez ait
de faire la courfe jufqu'à ce qu'on & les cfgagné pour payer les le lor bleflez des morts eft
tropiez. La part ou
ou
donnée à leur matelot ou camarade, à leurs
quand il ne s'en trouve point ?
K 1v --- Page 306 ---
224 Nowveanx Vayager AMX
1694. héritiers fi on les connoît ; IRes
diftribue
finon on le
aux pauvres &aux
faire pricr Dieu pour le défunr; Eglifespour
aime micux
; car on
prendre ce parti que de le
remettre entre les mains du Procureur
des biens
que c'eft vacquans > parce qu'on fçait
fans
une abime qui abloibe tout
jamais rendre rien. Celui
a découverr le bâtiment
qui
demi-lot
qu'on a pris, a un
boé
plus que les autres 5
ou mouffe a un demi-lot; chaque le
fent qu'on fait pour l'ordinaire au
va à la
K
pitaine
valeur detrois lots,
quefois
; le Quartier-maitre queleft la edeNdE
qui
deux lots; le Pilore peifonne du bâtiment a
Iot & demi chacun. & le Chirurgien un
Avant la paix de Rifvick on donnoit
les lois en efpéces, mais dans cette derniere guerre, les Bourgeois ou Armateurs ont jugé qu'il étoit de leur intérèt
de faire vendre les effets, & d'en
ger enfuite le prix : cela a donné lieu parta- d
une infinité de friponneries, tant de leur
part que de celle des Quartiers
& la négligence de ceux
maîtres,
y. apporter du reméde, ELIE pouvoient la défertion d'un grand nombre de Flibuftiers,
comme je dirai ci-après.
QuandJ'eus conlideré à loifir la Cor- --- Page 307 ---
Françoifes de PAmorique. 225
vette & fes prifes, je voulus acheter un 1694de beure & une caifle de chandelles;jen quart demandai le prix au Quartiermaitre, qui me répondit fort obligeamchoifr ce que je
ment, que je pouvois nous nous acvoudrois, &c qu'enfuite enfemble. Jc fis donc Préfens
commoderions de beure d'environ Titur los
choifir un livres, quart & une caiffe de chan- àlAu tiers fons
vinge-cinq delles du même
mais quand
paver,
Lc
voulus en fçavoir prix
emis
aflez confime dit qué les prifes
RESESTE
dérables pour me faire préfent de ces
bagarelles, & de cinquante bouteilles
de biere 8c decidre quil fit mettre dans
mon canot 5 que c'étoit la moindre.chofc qu'il me pouvoit offrir pour la peine
J'avois eué à chanter la Meffe pour
que eux, & pour la part qu'il efpéroit que
je leur accorderois dans mes prieres.
On trouvera peur-être en Éurope ces
manieres cxtraordinaires pour des Flibuftiers, en qui on fuppofe peuc adepierés
mais ceux qui connoiffent TAmérique foirt 5
fçavent quils ont un très -grand fortunes
de faire part de leurs bonnes
dans
aux Eglifes, & que s'ils trouvent
leurs prifes des ornemens d'Eglife > Our
des étoffes propres à en' faire- , ils ne
de les donner aux
manquent jamais
K.Y
a peur-être en Éurope ces
manieres cxtraordinaires pour des Flibuftiers, en qui on fuppofe peuc adepierés
mais ceux qui connoiffent TAmérique foirt 5
fçavent quils ont un très -grand fortunes
de faire part de leurs bonnes
dans
aux Eglifes, & que s'ils trouvent
leurs prifes des ornemens d'Eglife > Our
des étoffes propres à en' faire- , ils ne
de les donner aux
manquent jamais
K.Y --- Page 308 ---
226 Nouveaur Foyages aux Ihes
1694. Eglifes qu'ils fréquentent.
Le Sanedi fixiéme Mars le P. Daftez
partit pour faint Dominguc ; il s'embarqua dans une barque de Flibuftiers
qui alloit porter des ord es de la Cour
en cette Mfle-là & à fainte Croix; je l'allai conduire à bord, après quoi je montai à cheval pour me rendre à ma Paroiffe.
Le lendemain qui étoit lc premice
Dimanche du mois, dédié à la dévotion
du Rofaire, je confelfai u n grand nombre de perfonnes, & com me outre les
deux Catéchifmnes j'avois encore été.
obligé de précher, de faire la Proceffion & la bénédiétion du faint Sacrement 3 il étoit une heure après midi
quand je fortis de l'Eglife. M. Dauville, Marguillier del la Paroiffe, prévoyant
tant de fonétions j'aurois bede
ncurricure
ETE
quelque
2 avoit fait
apporter à diner atl Prefbyterc, & y
avoit invité'el P.le Breion &
uns
quelquesdes principaux habitans du quartier.
Jc ne fçavois rien de tout - cela, & je
fus fort étonné en entrant chez moi d'y
trouver la table dreffée &. le dîner tour
prêt. Il faut avoiier que j'étois charmé
des manieres de mes Paroifliens, & que,
j'cufle voulu leur en marquer ma rccon-; --- Page 309 ---
Frangoifes de PAmbrigue. 227
noiflance par des fervices plus confidé-1694
rables, que n'étoit mon afliduité à mes
devoirs.
Je laiffai la compagnie au Prefbytere
pendant
Jallai confeffer un Négre
dune adraiea de M. Roy, car il en
avoit deux très.confiderables dans ma
Paroiffe 2 &c d'autres encore dans différens endroits & quartiers de l'Ife. Onne du Hiftoire fieur
fans étonnement penfer àla fortune Jean
peur de cet homme. Il étoit venu aux Ifles en Roy connu 2
qualité d'engagé, dans lespremieres an- aux 1fes
nées que la Colonie commençaà fe for- fous nom le du
mer 5 il étoit de Bordeaux,. tailleur ou petitRoi.
chauffetier de fon métier. Le tems de
fon engagement étant achevé,il fe mit
à torquer du tabac 2 qui étoit alors la
marchandife des Ifles; & quand la faifon de torqueréoit pallée, ilt travailloit
de fon métier. Il saffocia avec un autre
torqueur 2 dont il hérita quelques années
après. Il fit quelques
en courfe, 9
fiheureufenient. qu'en ARES de tems
il fe vit en étar d'établir une fucrerie,
& de faire des érabliflemens en divers
quartiers de l'Ife. Quandjarrivai à la
Martinique il avoit Gx fucreries, cclle
du Prècheur oà il demeuroit étoit accompagnée d'une très: belle rafincric.
il'en avoit une autre dans la montagnc
Kvj
. Il fit quelques
en courfe, 9
fiheureufenient. qu'en ARES de tems
il fe vit en étar d'établir une fucrerie,
& de faire des érabliflemens en divers
quartiers de l'Ife. Quandjarrivai à la
Martinique il avoit Gx fucreries, cclle
du Prècheur oà il demeuroit étoit accompagnée d'une très: belle rafincric.
il'en avoit une autre dans la montagnc
Kvj --- Page 310 ---
228 Nonveanz
1694. à une lieué de Voyages aux Ifles
des
celle-li; une ala Pointe
àl l'ance Négres de la auprès du Fort Royal : une
ma Paroiffe, Couleuvre, On
& deux dans
cens Négres travaillans comptoit
de huit
ces étaigirn
bliffemens. Son filsainé avecl
tois venu de France, étoit lequelj'é
de Milice, & une de fes filles Capiraine avoit
époufé M. de la Foffiliere, Capirainc de
vailleau de Roi.
M. Jean Roy eft mort en 1707. étant
pour lors Doyen du Confeil,
Capitaine de Milice de lIlle, 2 premicr & fans
contredit le plus ancien habitant. Il
étoir pour lors âgé de plus de
vinge-dix ans. Ila laiffé aux onze quatre- enfans
qu'ilavoiteusde Luce Bruman fa femme
foixante & douze
la moitié d'une Négres chacun, avec
fucreric, fans
ce qu'ils avoient reçà en
comprer & les
effets qui fe font trouvez mariage, dans fa maifon & en France. C'étoit un très-bon
hommesi il étoir logé & meublé magnifiquement; il recevoir parfairemenrbien
ceux quialloient chez luis charitable&c
bienfifant, au de-là de ce
dire. L'Eglife du Précheur qu'on
Paroiffe lui eft redevable qui adet fa
de fon bâtiment, & de la plus grande partie
vafes facrez & des ornemens quiy font des --- Page 311 ---
Frangoifes de PAmérigue. 229
nombre, il avoit la mème cha- 1694en grand
ilavoit des harité
les Paroillesot étoit fi heureufe
HEDER Sa mémoire
circonfqu'il fe fouvenoit desmoindres
tances des chofes qui s'étoient paffées
depuis plus de foixante & dix.ans, Com- comme fi elles cuffent été préfentes.
un
me je le voyoisaffez fouvent,j'avois raconter les
plaiûr extrème à l'entendre
fes
commencemens de nos Colonies,
différens voyages & fes avantures.
Le Samedi i3.lecanot que Monfieus Pierre
Michel avoit envoyé au Fort S.
apporter mon bagagesrevint avec
pour
voulois faire
s
tout. ce que je
Monfieur Michel apporrer fit
excepté mon de fe lit. fâcher à caufe de cela
femblant fes
& moi je fus affez
contre
Négres,
le faifoir tout
fimple pour croire qu'il
à
de bon, & pour travailler lappaifer. leur
heures après quil
Je fçûs deffendu quelques de Tapporter. > afin d'aavoit
me retenir
voir ce prétexte En cfet jy EA
chez SIE
long-tems Samedi avant le Dimanche
rai jufqu'au
& ce ne fut pas fans
des Rameaux me > laiffa la liberté de me repeine qu'il
maifon Curiale. Je voutirer dans ma
Monfieur
de ce
/ lus lui faire préfent
m'avoient que
donPinel & les Flibuftiers
çûs deffendu quelques de Tapporter. > afin d'aavoit
me retenir
voir ce prétexte En cfet jy EA
chez SIE
long-tems Samedi avant le Dimanche
rai jufqu'au
& ce ne fut pas fans
des Rameaux me > laiffa la liberté de me repeine qu'il
maifon Curiale. Je voutirer dans ma
Monfieur
de ce
/ lus lui faire préfent
m'avoient que
donPinel & les Flibuftiers --- Page 312 ---
236 Nowveanx Yoyages AAX IRes
1694. né : mais il me fut umpoflible de lui
faire accepter la moindre chofe ; fculement après bien des cérémonies,il prir
un des fromages à condition de me le
rendre, ce qu'il a fair cinq ou fix fois,
difant toujours quand il m'en renvoyoit, que c'étoit celui qu'il m'avoir
emprunté.
J'achevai cette femaine l'état des ames
I de ma Paroiffe. J'y trouvai deux cens
vinge-neuf perfonnes de Communion I >
foixante & dixhuitenfans qui n'avoient
pas encore communié, fix cens nonante- fix Négres petits ou grands 9 parmi
lefquels ily en avoit foixante & quatre
qui avoient communié 2 & cinquantehuit qui n'avoient pas encore. reçi le
Baprème.
CHAPITRE X.
Etat des Paroifes des Ifes, des
les
leurs Curex.gni
defervent > 6
droits.
L E fpiriruel eft adminiftré dans toutes les Ifles par des Religieux ; il
2 eu autrefois
Y
.
des Prêtres féculiers
ont eu foin de quelques Paroiffes, mais qui
cela a diré peu; & les Rcligieux de dif --- Page 313 ---
Françoifes de PAmérigae. 23! - -
férens Ordres qui avoient accompagné 1694
les habitans qui ont commencé la colonie,s'y font toujours maintenus, & la
Cour a depuis très long-tems jugéâpro- Ecclépos de n'admettre point d'autres
fiaftiques. Votci l'état des Paroiffes qui étoient
à la Martinique cn 1694. Je parlerai
dans leur tems des augmentations & des
changemens qui y font arrivez. Elles
étoient toutes deflervies par les Jéfuites,
les Capucins & les Jacobins ou Freres
l'on appelle aux Ifles
Prècheurs 2 que
les
les Peres blancs, comme on appelle
Jéfuites les Peres noirs.
Paroifles,
Les Jéfuites deffervent cinq
du
celle du Fort faint Pierre,
qui font, du Carbet, de la Caffe-piloPrecheur ,
à Vache. Ils ont
te, & du Cal-de-fac
depuis cedé cette Paroifle aux Capucins.
avoient foin . de la PaLes Capucins Forterefe du Fort Royal,
roiffe & dela
C
du Culdes Paroiffes du Trou au har,
font
de-fac Marin, & deux autres qui
aux ances Darlet. avoient la Paroiffe du
Les Jacobins
leur
Mouillage, dont T'Eglife
apparre- Cabefnoit, & fix autres Paroifles àla Anne
terre de lile,qui étoient, fainte
puis cedé cette Paroifle aux Capucins.
avoient foin . de la PaLes Capucins Forterefe du Fort Royal,
roiffe & dela
C
du Culdes Paroiffes du Trou au har,
font
de-fac Marin, & deux autres qui
aux ances Darlet. avoient la Paroiffe du
Les Jacobins
leur
Mouillage, dont T'Eglife
apparre- Cabefnoit, & fix autres Paroifles àla Anne
terre de lile,qui étoient, fainte --- Page 314 ---
2;z Nowzeay Foyages anx
1694. du Macouba, fainr
Ifes
Bafle-pointe, fainte Jean-Baptifle del la
de Ance, faint Paul Hiacintes la granMarie
au Marigor, fainte
Trinité au quartier du même nom, & la
fidérable qui eftu un Port & un Bourg conà la Cabefterre.
A la Guadeloupe il y a des
des Jacobins,des Carmes chauflez Capucins, de la
Province de Tourainc. M. Houel avoir
étoit appellé ces derniers dans le tems qu'il
Ifle; Scigneur & Proprietaire de cette
furent pendant un procès que nos Peres
jet des contraints d'avoir avec lui au fincedées terres qui nous avoient été con-,
par la premiere
fit Pétabliffement de la Compagnie qui
1635- Quoique les Carmes Guadeloupe n'euffent en
cun Bref du Pape, ils ne laiffoient aupar la tolérance des autres Religieux, pasd'exercer les fonctions curialles dans la
Paroiffe dupourg de la
celle du vicux Fort, & Balle-serre, dans
res qui leur avoit > été des trois rivieJéfuites. Ils avoient auffi cedée par les:
roiffes de
foin des. Pafondez feulement Maric-Galante & des Saintes', >
le de
far une prétendud Bulcommunication des
des
Religieux Mandians
Privileges
dent
> dont ils
que tous peuvent
prétenont été une fois
joiir , quand ils:
dres,
accordezaune deces Or- --- Page 315 ---
Frangoifes de PAmérigue. 233
Les Jéfuites ont une fucrerie & grand 1694
nombre d'Efclaves à la Guadeloupe; ils
belle maifon & une
y ont outre cela'une dans le Bourg, Ils ont foin
belle Eglife
fe trouvent dans la Pades Négres qui
roiffe des Carmes.
eft deffervie
L'le de la Grenade
l'avons par
les Capucins depuis que nous
la
abandonnée,y étant contraints par
violence d'un Gouverneur qui y, fut
mis par la Compagnie de 1664- à laquelle le Comte deCerillacqui en éroit
proprietaire avoit été obligé de la vendre; Nous y poffedons une très-grande
terre appellele Fond dugrandPauvre, Comte de Cerileft une réferve da
mais
E dont ila grarifé notre Ordre 5
faute d'être habitée,cft en proye à
a qui
veulent s'y établir.
tous ceux qui
a éré deffervie
L'Ifle de S. Chriftophle
les
par les Jéfuires & par les Capucins;
Carmes) y avoient une habitation 82 une
Eglife qui n'étoit pas Paroifliale. Nous
avions confervé une petite Chapelle
y & une habitation 9 après que l'on eut
rendu aux Anglois la partic de cette
Ile dont on lesavoit dépotillez pendant
la guerre de 1666. & leurs trois Temples
l'on nous avoit donné pouz
faire fE"s Service &c adminiftrer les Sa-
Jéfuires & par les Capucins;
Carmes) y avoient une habitation 82 une
Eglife qui n'étoit pas Paroifliale. Nous
avions confervé une petite Chapelle
y & une habitation 9 après que l'on eut
rendu aux Anglois la partic de cette
Ile dont on lesavoit dépotillez pendant
la guerre de 1666. & leurs trois Temples
l'on nous avoit donné pouz
faire fE"s Service &c adminiftrer les Sa- --- Page 316 ---
234 Nonveaux Voyages Aux Mles
1694. cremens aux Catholiques François &
Irlandois, à qui on avoir partagé les
habitations conquifes fir les Anglois.
Le fpirituel de fIfle de Sainte Croix a
toujours été adminiftré par nos Peres
depuis qu'on commença à s'y établir s
julqu'en 1696. qu'on tranfporta cette
Colonie pour augmenter celle de Saint
Domingue:i il fallut fuivre le fort des
antres, Nous y portâmes les attirails de
la fucrerie que nous y avions avec environ foixante& dix Négres grands o1
tits. C'eft avec ce fccours que nous peavons fait l'érabliffement
notre
Million pofféde dans l'Ille de TD Domingue au quartier de la petite riviere à
Léogane.
Les Ifles de S. Martin & de S. Barthelemi ont été deffervies par les
cins depuis que nos. Percs les ont
données
at
faute de Religieux. Nos MiC
fions avoient un terrain confidérable
dans la premiere de ces deux Ifles.
L'Ile de Cayenne fut deffervie
les Capucins qui Y vintent avecles par
miers habitans
y furent
preune compagnie de Marchands envoyez de Rotien, par
En 1652. il fe fir une autre Compagnie
quiobtint du Roi à certaines conditions
la; propricté de cette Ifle, &: de la terre --- Page 317 ---
Françoifes de PAmerigue. 235
ferme
le cap du Nord jufqu'à 1694.
, depuis
Cette Compala riviere des Amazones. étoit l'Abbéde
gnic à la tête del laquelle
confife Marivault, jugea à propos d'y
duire des Prètres feculiers, & entre autres un certain Monfieur Biet qui s'eft
donné la peine d'écrire Phiftoire tragicerte entreprife qui commença fous
finit en moins de vingt mois,
la France
Ta
le titre d'Hiftoire de
équinoctiale. Il a joint à ce qu'il avoit remarqué à Cayenne, le peu qu'il a vû en
pallant aux ifles du vent à en la retournant rade de la
en France, c'eft-à-dire & à la Guadeloupe e; mais
Martinique cela n'auroit gueres grofi fon
ouvrage, comme il y a mis tout ce qu'il a plà
des
-
à de certaines gens quilui ont donné leurs
favorifer
mémoires > plitor pour
intérèts & leurs palions que pour fait
Tinftruire de la verirésc'eft cC qui
(on Livre eft rempli de quantité
2 fanffetez. Quoiquils ne touchaffent
nos Miflions , le Pere
en aucune façon confrere > n'a
laiffé
du Tertre mon
dans Eem Hifd'en réfuter une partie
n'aurois
toire génerale des Antilles. Je
de peine à achever, mais comme
pas Auteur eft mort, & qu'il n'a laiffé
commifion cet
à perfonne de répondre
cC qui
(on Livre eft rempli de quantité
2 fanffetez. Quoiquils ne touchaffent
nos Miflions , le Pere
en aucune façon confrere > n'a
laiffé
du Tertre mon
dans Eem Hifd'en réfuter une partie
n'aurois
toire génerale des Antilles. Je
de peine à achever, mais comme
pas Auteur eft mort, & qu'il n'a laiffé
commifion cet
à perfonne de répondre --- Page 318 ---
236 Nowveaux Vayages AnX Mes
1694. pour lui, je ne veux pas troubler fon
repos.
Après la déroute de cette Compagnie, les Jéfuites y vinrent avec cclle
qui fe forma en 1664. & s'y font
tou,ours maintenus feuls. Ils n'avoient
en 1694. qu'une Paroiffe dans PIfe de
Cayenne, & un Miflionnaire ambulant
qui alloit adminiftrer les Sacremens
aux habitans de la terre ferme. Le Marquis de Ferolles qui en étoit Gouverneur en 1699. avoit fouvent des differens avec eux. Il crut que pour les rendre plus traitables > il falloit appeller
d'autres Miffionnaires qui
Les Ja- avec
partageallens
cobins
eux le foin des ames. Il fut
font ap- puyé dans la demande
en fit à
pellez
T
pour def Cour par ane Requéte
de9
principaux
fervir Officiers & habitans
une
qui demandoient
roife Pa à nos Peres. Le Roi confentir à leurs deCayenne, mandes, & le Superieur de notre. Mif
fion de la Martinique cut ordre d'y envoyer deux Religieux 5 mais comme
nous en avions à peine pour fournir
nos Eglifes, 'il if'en pûr envoyer qu'un
qui fut un de nos Compagnons de voyage, le P. Romanet, qui fe fervir d'une
barque qui remontoità Cayenne,ce
eft tout-a-fait extraordinaire. Il
qui
à fon arrivée que le Gouverneur trouva & les --- Page 319 ---
Frangoifes de f Ambrigue. 237
Jéfuites s'étoient accommodez; & que 1694
felon les apparences une des conditions
de l'accord, étoit que nos Peres ne feroient point reçàs. Le Pere Romanet
d'être affez bien reçà du
nc laifla pas
le comblerent
Gouverneur 5 les Jéfuites
de civilité. Ils Tobligerent de prendre
une chanbre chez eux ils
gnoient par toût, ils lut
tseaE
qu'ils avoient encore plus d'envie que
lc Gouverneur & les habitans de paravec lui le foin des ames, Mais
tager après l'avoir traité avec toutes fortes de
charité chez eux pendant quatre mois,
il fut obligé de revenir à la Martinique, érafans avoir-pi rien conclure pour un
bliffement; & il apprit à fes dépens
être forti de Limogesdepuis
dag
pour ans, & avoir vû tant dc
1e > il n'en
étoit pas plus habile
puifquil
LET
auroit dû s'appercevoir en' tres-peu de
jours qu'on le jolioit. Mifionnaire chez
Les jéfuites ont un
les Sauvages de l'Ile S. Vincent, & un
frere Coadjuteur qui lui fert de Come
pagnon. Le Roi léur donne quinze ou
dix-huit cens livres pour cette Miflion.
ait été encore
Je ne croi
qu'elle Les Caraibes ne font
d'aucune
aliz
s'embaraffent de iccevoir.
pasgens qui
appercevoir en' tres-peu de
jours qu'on le jolioit. Mifionnaire chez
Les jéfuites ont un
les Sauvages de l'Ile S. Vincent, & un
frere Coadjuteur qui lui fert de Come
pagnon. Le Roi léur donne quinze ou
dix-huit cens livres pour cette Miflion.
ait été encore
Je ne croi
qu'elle Les Caraibes ne font
d'aucune
aliz
s'embaraffent de iccevoir.
pasgens qui --- Page 320 ---
238 Nowveaux Voyages aux Ifles
1694. ou de quicter quelque forte de Religion que ce foit. Je parlerai dans un,
autre endroit de leur indifference, &
de leurs moeurs.
* La partie Françoife de l'Ifle de Saint
Domingue, eft divifée en deux quartiers
principaux. Celui du Nord qui com2
prend lle Cap François, & le port Paix,
& celui de l'Oueft qu'on appelle Leoganc. Les Capucins adminiftroient le ipirituel dansla partie du Nord, & avoient
encore des Paroiffes dans la partic de
l'Oueft. Lcs Peres Blancs, ou Jacobins
Diftri- y avoient trois Paroifles
font les
bution
qui
des Pa- Bourgs del'Efterre, de
Riviere,
roiflcs
lapetite
& du Cul-de-fac. Le
a été
dans
(piriruel
adl'Ile
miniftré de cette maniere jufques cn
minguc, S. Do- 1702. que les Capucins ayant remontré au Miniltre qu'ils ne pouvoient pas
fournir le nombre de Religieux néceffaires pour CCs Miflions > on a donné
aux Jéluites la partie du Nord
commence au Cap François, & Riic à Ja
riviere de T'Artibouite, & les Jacobins
ont eu tout le refte de IIle, à commencer à cette riviere julqu'au cap Tiberon qui eft le plus occidental dc
l'Ile où commence la conceflion de la
Compagnie de l'Ifle à Vache à q le
Roi a permis de choifir tels Eccléfiaf- --- Page 321 ---
Frangoifes de PAmérigue. 239
tiques qu'elle jugera à propos.
1694Ceft le Roi qui entretient les Religicux-Curez des Ifles du Vent, c'eft-àdire de toutes les Iles, excepté celle
de S. Domingue. Les penfions des Curez
fe
furl le domaine du Roi aux
Illes. prennent Toutes les Cures. anciennes ont des Revenus Cudouze mille livres de fucre brut > & TeZ aux
feulement neuf mille li- 1fles du
les nouvelles
Vent,
vres. Comme les Paroiffes des Jéfuites c'ei.d. dire,à la
à la Martinique font toutes anciennes > Martinielles font auffi toutes à douze mille EEAL la
livres de fucre, celle du Fort S. Pierre
neuf mille livres pour un tegor
a de plus
condaire.
Les Paroiffes des Capucins dela Martinique font toutes à neuf mille livres,
excepté celle du Fort Royal qui a
un mille livres
deux Religieux,
LurSe
pour
ont outre cela cinq cens frans comme
Aumoniers de la Fortereffe.
Les Paroilles des Jacobins étant de
differentes efpéces, leurs penfions font
aufli différentes; celle du Moilillage a
vingt-un mille livres pour deux Religicux > celle de la Balle-pointe & de
Iainte Marie ont chacune douze mille
livtes, & les autres n'ont que neuf mille
livres 5 mats afin que nos Religieux -
fur
foient tous égaux,! le Superieur prend
inq cens frans comme
Aumoniers de la Fortereffe.
Les Paroilles des Jacobins étant de
differentes efpéces, leurs penfions font
aufli différentes; celle du Moilillage a
vingt-un mille livres pour deux Religicux > celle de la Balle-pointe & de
Iainte Marie ont chacune douze mille
livtes, & les autres n'ont que neuf mille
livres 5 mats afin que nos Religieux -
fur
foient tous égaux,! le Superieur prend --- Page 322 ---
1694. la 240 Paroiffe Nouveanx du
Voyages AHX Mes
de fucre
Molillage 12000. livres
qu'ont les pour Paroiffes ajoûter aux 9000. livrcs
leur faire à tous un urevenu nouvelles fixc de afin de
livres de fucre.brut.
12000,
désParoiffes, ileft Alégard du cafucl
férence des lieux où different elles felon la difil confifte feulement dans les font fituées;
fépulture & de
droits de
cations des bancs mariage, & les publipour les
libres; car à l'égard des
perfonnes
n'exige rien d'cux ni de efclaves, leurs
, on
eux. La levée des
maitres
EOuE va chercher à la maifon corps eft que le
dans les Paroiffes du Fort S.
taxée
Molillage & du Fort
Pierre, à
du
livres . > dans les autres Royal, lieux de quinze
à fix livres j on donne dans lcs l'Ie trois
Eglifes ci- deflus neuf livres pour chaFlfle que grande Meffe, & dans le refte de
balles quatre a
livres dix fols; les Meffes
des bancs une livre > les publications
pour les mariages à
fols
chacune 3 & lcs certifcats vingt de
têmes, mariages ou (épultures à Bapfols. Al'égard des autres fonctions vinge
reçoit ce que les Aiélespréfentent
ori
cela arrive 2 mais on nc
quand
mais rien.
demande jaQuandjerrizai aux illes nos penfions
étoienr
livres dix fols; les Meffes
des bancs une livre > les publications
pour les mariages à
fols
chacune 3 & lcs certifcats vingt de
têmes, mariages ou (épultures à Bapfols. Al'égard des autres fonctions vinge
reçoit ce que les Aiélespréfentent
ori
cela arrive 2 mais on nc
quand
mais rien.
demande jaQuandjerrizai aux illes nos penfions
étoienr --- Page 323 ---
Francoifes de PAmerigne. - 241
en fucre brut, quià cau- 1694.
étoient payées étoit une marchandi(e fi frix du
fc de la guerre
la pouvoit-on
fucre brut adécriée
le
vant la
3 far
ife
pied
de
cier en
pax
SRman
toutes sles
Rifvicka
écu le cent, pendant T France ENteos
vifions qui venoient Mais ce même fucre
à un prix excefif.
vers la fin de
étant venu à encherir
cinq 8c
1697. où on le vendit jufqu'à
enfix livres le cent, & fon prix ayant aptès
angmenté
corc confidérablement les Fermiers des Dola paix de Rifvick, Roi obtinrent un Arrêt du
maines du
fixa toutes les
Confeil d'Erat qui
de l'Etat R
fions, tant du Clergé livres fols le cent,
jor s à quatre
mêmes Fermiers exipendant T livres ces par cent pour les
geoient
de ceux qui ne
droits de Capitation
du fucre effaifoient pas du fucre, faifoient. Ce fut La Brx:
feétif de ceux qui en
infigne mal- Direc- neliere 1
un nommé la Bruneliere
avoit fac- reur du
totier s'il en fut jamais , qui
S
Domaicedé à Monfieur de Vaucourtois 7 bon- quins.
donna cet avis à fes maitres. Par ne
heur pour les Mles fa Commiffion il auroit ruiné
dura que deux ans, car le commerce
tous les habitans & teut
Mais
sily cût demeuré plus long-tems. homme n'apas
lc départ de cethonnète
L
Tome I. --- Page 324 ---
242 Nonveaux Kayager anx ifles
1694. remedié aux maux quil a caufé, & depuis ce tems-là les penfions des
celles de l'Etat Major & des Officiers Curez, de
Jultice ont été payécs fur le pied de
de quatre livres dix fols pour cent livres
fucre.
AppoinLes
temens
appointemens du Gouverneur
de lEtat Géneral, du Lieutenant au Gouvernedes Major 1fles, ment Géneral, & de l'Intendant, font
payez
le Tréfor en France. Les
Earufet de la
loupe & S.
Martinique, Guademille livres de Chriftophle ficre
> ont foixante
vres dix fols le
payés à quatre liécus de
cent aux Iles,& mille
Les Lieutenans gratification de
payez en Francc.
livres de fucre, Roi ont vingt mille
&ac cinq cens livres de
grarification. Les Juges Royaux des
trois: Ifles ci-dellis, les Procureurs du
Roi, & les Exécuteurs de la
chacun douze mille livres de Juftice,ont fucre. Lcs
Confeillers aul Confeil
fols le
payés à quatre liécus de
cent aux Iles,& mille
Les Lieutenans gratification de
payez en Francc.
livres de fucre, Roi ont vingt mille
&ac cinq cens livres de
grarification. Les Juges Royaux des
trois: Ifles ci-dellis, les Procureurs du
Roi, & les Exécuteurs de la
chacun douze mille livres de Juftice,ont fucre. Lcs
Confeillers aul Confeil douze cens livres de
Supérieur , ont
tion du droit de
fucre, > ou T'exempde leurs Efclaves. Capitation pour douze
En quoi . Lc Domaine du Roi dans lcs
le confifte Do- confifte dans le. droit de
Ifles
mainc du tous les hommes blancs ou Capitation noirs
Roi.
ou
SOESE
cngagez
clclaves, payent
l'àge de quatorze ans julques à depuis foixante, --- Page 325 ---
Frangoifes de PAmerigne.
droit eft de cent.livres de fucre brut 1694
Cc
ceux qui en font,
cffcétif
an, pour
font
ou de Rc francspour ceux quin'en
Ce font les maîtres qui payent
point. leurs domeftiques engagez ou efpour claves. On paye encore unpour cent de le
tout le fucre qu'on - livre pour avoir cabadroit de le peier chez foi. Chaque.
deux mille livres de fucre
ret paye
qui IRUE
an. Toutes les Marchandifes cent en
yent aux Ifles payent un entendre pour feulequi fe doit
elpéce,c des
dc bouche ; outre
ment
provifions des confifcations &c des
cela le tiers
dans le Domaine du
amendes entre
Roi.
les hommes blancs créolles 2 Ceux
Tous
dans les Iles, & géné- ne CEE fuc'eft à dire 2 nez
femmes blanches f à
ralement poutes les dreit de
payer droit de le
du
Capitation
font exemptes les efclaves, ferviteurs, > Capita- tion.
aufli-bien que des Religieux O1l des anou : engagez
Proprietaires des Ifles
ciens Scigneurs,
& leurs repréfentans. des Religieux qui defferLes penfions
de S. Domingue ne
vent les Paroilfent
le Roi. Ce font Penfions
font
payées de chaque par Paroiffe qui lcs dis Cules LIPAE
d'en faire rez à S.
Lc Marguillier a foin
Domine
payent.
& la levée, & de la payer guc.
ja répartition
Li ij
1l des anou : engagez
Proprietaires des Ifles
ciens Scigneurs,
& leurs repréfentans. des Religieux qui defferLes penfions
de S. Domingue ne
vent les Paroilfent
le Roi. Ce font Penfions
font
payées de chaque par Paroiffe qui lcs dis Cules LIPAE
d'en faire rez à S.
Lc Marguillier a foin
Domine
payent.
& la levée, & de la payer guc.
ja répartition
Li ij --- Page 326 ---
244 Norveanx
1 694. par quartier au Curé, Froyages elle AHX eft Ies
cens écus par an 5 &
de trois
géde tenir deux Prètres quand on eft oblife, on donne cent
dans une Paroif.
cens écus pour le fecond. cinquante ou deux
Les penfions & le cafitel des
font bien plas confidérables à S. Curez Domingue doit
qu'aux Iflcs du Vent. Mais on
fions confiderer de bouche que toutes les proviqui viennent
comme font le vin, la farine, d'Europe, les
des falées, les épiceries, &
vianment toutes les autres chofes dont généralebefoin
fe nourrir, fe vétir & fe on mé a
Rettuter fonti infiniment
à S. Domingue
plus cheres
qu'aux autres
çe que l'argent y étant plus Illes, partoutes les denrées augmentent commun de
Les plus petites monnoyes des prix. Ifles
du Vent étoient encore en
fols marqués de France, à S. 1705. Domin- les
gue c'étoit les piéces de quatre
ou les demi-réales d'E(pagne.
fols >
Les habitans de S.
point de droits de Domingue C
ne paient
payent deux fols Capitation, livre
mais iis
quelque chofe pour par le fucre d'indigo, avecl'entre. &c
tien des Curez & de l'Etat
vaut bien une
Major ; cela
chofe de plus, Capitation, & quelque --- Page 327 ---
Frangoifes de PAmerique.
:
Les différens Ordres Religieux que 1694
j'ai nommez ci-deffus, ontaleur tête LIr
Préfet Apoftolique C, qui eft ordinairement le, Supérieur géneral de toutes les
Mifions à qui la Congrégation de mé
pagandi fide, donne Ics pouvoirs
ceffaires pour le fpirituel,
que les
lieux des Millions ne font Kaurts la Jurifdiétion d'aucun Evèque, foit
foit de
Voici une
areofe:
l'Amérique.
tion des Privileges que le Pape accorde ordinairement aux Préfets Apoftoliques. I. De difpenfer de toutes fortes d'irrégularité, excepté celle qu'on a encouruc pour une véritable bigamie, ou pour
un homicide volontaire ; mème quand
il y. auroit dans ces lieux-là une extrème néceflité d'ouvriers 3 mais quant
à l'homicide volontaire, on en pourra
difpenfer dans un befoin preffant, pourvû que cela ne caufe point de fcandale
dans le pais.
les vEeUX
2. De difpenfer & commuer
celui de chafteté en
fimples, > même de
& cela
d'autres ceuvres
pieté,
pour
une caufe raifonnable > excepté le veelt.
de Religion.
& de difpenfer de toutes 3.Dabfondre fortcs de fimonies > même de la
L iij
en pourra
difpenfer dans un befoin preffant, pourvû que cela ne caufe point de fcandale
dans le pais.
les vEeUX
2. De difpenfer & commuer
celui de chafteté en
fimples, > même de
& cela
d'autres ceuvres
pieté,
pour
une caufe raifonnable > excepté le veelt.
de Religion.
& de difpenfer de toutes 3.Dabfondre fortcs de fimonies > même de la
L iij --- Page 328 ---
246 Nowveaux Frojages ANX Ifes
#694 réelle en quittant les Bénéfices, & de
la reftitution des fruits perçûs
ment en impofant quelque aumône, injufte- ol
autre pénitence falutaire felon la Volonté de celui qui donne l'abfolution,
ou files Bénéfices font Paroiffiaux
qu'il ne fe trouve perfonne capable > de &
les remplir, on peur abfoudre les couEebeas & leur permettre de les gar4. De difpenfer dans le troifiéme &
quatriéme degré de confanguinité &
d'affinité fimple & mixte 5 & dans le
deux, trois &c quatriéme mixte, mais
jamais dans le fecond fmple. Et pour ce
qui 'regarde les maz. ges contraétez a
dans le fecond degré fmple
qu'il ne touche en aucune façon , pourvi au
mier degré, on en pourra difpenfer Etne
qui viehnent au fcin dc lEglife étant
hérétiques ou infidéles, & en Ce cas on
pourra déclarer légitimesles enfans
venus de ce mariage.
pro5. De difpenfer del'empêchement de
Thonnèteré
publique 2 provenant des
fiançailles.
G. De difpenfer de
du crime > pourvà cependant l'empèchement qu'il ne
regarde qu'une des parties 5 comme
auili de rendre le droit qu'on pourroit --- Page 329 ---
Frangoifts de PAmerique. 247 -
de demander le devoir 1694:
avoir perdu 3
conjugal. De
de l'empêchement
7.
difpenfer excepté cellequi
de l'affinité (pirimelle,
& le
fe contraéte entre cclui qui baptife
baptifé.
ordinaires des ma8. Les-difpenfes
fix &
dans 'le quatre ' cinq,
riages feptiéme degré, ne fe. doivent point accorder qu'à condition que la femme
étéenlevée; ou fi ielle l'a été,.
n'ait point foit
entre les mains du
qu'elle ne mais plus dans un lieu libre. Et
raviffeur 2
fe fervir de ces pouencore on ne dans peut les lieux où il n'y aura
voirs que
point d'Evèque. les Gentils & les Infi9. De difpenfer
à la Foi, ayant
deles qui fe convertiffent
plufieurs femmes, qu'ils puilflent garder
leur Baptème celle qui leur plaira,
ait embraffé la Rcligion
de qu'elle
Chrétienne > à moins que la premiere
de toutes les femmes qu'ils ont prifes
ne voulit recevoir le Baptème > auquel
cas elle doit avoir la préférence, PHéréfie, du Schif1o. D'abloudre de de la Foi, toutes
me & de l'Apoftafic même les Eccléfortes de perfonnes >
fiaftiques féculiers ou réguliers, excepfont des lieux où l'Inquité ceux qui
L iv
raffé la Rcligion
de qu'elle
Chrétienne > à moins que la premiere
de toutes les femmes qu'ils ont prifes
ne voulit recevoir le Baptème > auquel
cas elle doit avoir la préférence, PHéréfie, du Schif1o. D'abloudre de de la Foi, toutes
me & de l'Apoftafic même les Eccléfortes de perfonnes >
fiaftiques féculiers ou réguliers, excepfont des lieux où l'Inquité ceux qui
L iv --- Page 330 ---
248 Nowveane Voyages Alx IRes
1694- fition eft établie, , a moins
fent tombez dans
qu'ils ne faflicux des Miflions, CCS crimes, dans les
> & où l'héréfie eft
dominante. Et encore excepté ceux qui
ayant abjuré juridiquement font retombez dans Théréfie; à moins
dans un pais
qu'érant nez
hérétique s
étant retournez
la
&y
>
foibleffe ne. les cût fait
tomber, 3 & cette abfolution ne
fervir que dans le fort intérieur.
peut
11. D'abloudre de tous les cas réfervez aul S. Siége, > & même de ceux
font contenus dans la Bulle in Cana qui
mini.
Do12. De benir les ornemens & autres
uftenciles pour le Sacrifice de la
1e
13. De réciter le Rofaire ou Meffe.
autre Prierc, fi on ne peut
quelque
foi fon Breviaire, &
porter avec
citer l'Office
qu'on ne puiffe ré
divin, pour
chement légitime.
quelqu'empè13. De réconcilier les Eglifes
nées, avec de FEau benite
prophaque, ou dans la néceflité avec par de un Evèbenite ordinaire,
l'Eau3 & de
ce pouvoir aux fimples Prètres. communiquer
I5. De confacrerles Caliccs, les
nes & les Autels portarifs avec de T'huile Patebenîte par lEvèque, dans les lieux où il
n'y a point d'Evèques, ou dans ceux où --- Page 331 ---
Françoifes de LAmerigue. 249 de
le Siége eft vacant, ou bien éloigné
1694.
deux journées.
de manger de la vian-i
16.De permettre
le
de, des ccufs & du laitage pendant lors
Carème & autres tems de jeine
qu'onlejagera célébrer à propos. la Meffe deux fois le
17. De s'il a pour cela une grande né
jour.
y
n'ait
peisl'ab.
cellité > pourvt qu'on
qui a dû
lurion à la
ME
célebrée premiere une heure avant l'aurore *
être feconde
midi. On pourra
& la célebrer après fur un Autel poratif >
même
fur
fans.Miniftre, en pleine
un licu
que CC
EFET
la terre, pourvà
fût romdécent, far un Aurel,qmoiquil
- GIB
pu,8 qu'il n'y cût aucune Relique >
préfence des Hérétiques ou excommuniez Schifimatiques ou Inhdles.pourvà. GIE
que le Miniftre ne foit pas hérétique celé--
éxcommunié > & qu'on ne poiffe
brer autrement.. Il n'eft pourtant de dire ta
mis de fe fervir du pouvoir
trèsMeffe deux fois en ute jour
&
des raifons
Adereone
rarement , pour & en cela on charge
& tres-prelfantes,
la confcience du Celébrant.
18.D'accorder une indulgence pleniela premiere fois qu'ils
re aux Hérétiques & à tous les- Fideles à
font abjuration,
Lv
hérétique celé--
éxcommunié > & qu'on ne poiffe
brer autrement.. Il n'eft pourtant de dire ta
mis de fe fervir du pouvoir
trèsMeffe deux fois en ute jour
&
des raifons
Adereone
rarement , pour & en cela on charge
& tres-prelfantes,
la confcience du Celébrant.
18.D'accorder une indulgence pleniela premiere fois qu'ils
re aux Hérétiques & à tous les- Fideles à
font abjuration,
Lv --- Page 332 ---
1694. 2so Nowveaux Ysydges aux Ifles
l'article de la mort > qui font contrits
& confellez, ou du'moins qui font contrits.
19. D'accorder une Indulgence
niere trois fois l'année dans
de
PTOtIEAE
quarante heures qu'on indiquera dans
certains jours à tous ceux qui étant contrits & confellez, autont reçi la faintel
Communion.
20. De pouvoir s'appliquer à foi-mè
me les Indulgences.
21. De celébrer la Meffe des Morts à
quelque Autel que ce foit, même far un
Aurel portatif, tous les Lundis qui Re
feront pas empèchez par une Fête
neuf Leçons, oil s'ils font de
de
les Mardis, & de délivrer felon empèchez leur in- ,
tention une ame du Purgatoire par maniere de fuffrage.
22.De porter le Très: Saint Sacrement
aux malades fans cérémonic & fans
lumiere, & de le garder de la même
maniere pour la même fin, pourvit
cependant que ce foit dans un lieu décent; s'il ya çuelque danger d'un facrilege du côté des Hérétiques ou des Infidéles.
23. De fe vètir d'habits féculiers , fi
les Miflionnaires ne peuvent demeurer
ou pafferautrement. dans les lieux de leur
Milion, --- Page 333 ---
Frangoifes de PAmbrigne.
De
dans leur maifon & 1694
1 24. les garder Livres des Hérétiques qui
de lire
, afin de les
traitent de leur Religion
Livres
combattre > &c tous les autres
les ouvrages de Chardeffendus, excepté de Nicolas Machiales' Du Moulin, traitent de PAftrovel & tous ceux qui
ou inlogie judiciaire > principalement maniere
cidemment 2 ou de quelque ces Lique ce foit, à condition que
hors
vres ne pourront être tranfportez les Mifdes lieux des Miflions, & donner que à d'aufionnaires ne pourront de les lire.
tres la permillion
De communiquer ces privileges
25.
aux Religicux de
en tout ou en partic
aura
fa Miflion que la Congrégation
le
approuvée , & non à d'autres 2 pour
tems 8c les lieux que le Préfet Apolto- de
lique jugera à propos, avec polivoir
révoquer ou diminuer ces mêmes pouvoirs qui font accordez au Vice-Préfet de
ou autre qui fuccedera 2 & font en cas nommort à celui ou à ceux qui
leur
mez par la Congrégation > olt la
afin
ShEor
fuccédent de droit,
que
ne demeure pas fans chef. les Sacremens
A
26. D'adminiftrer tous des Curez ou
font de la compérence
qui
excepté ceux de 3 P'Ordre &
Ordinaires,
L vj
ces mêmes pouvoirs qui font accordez au Vice-Préfet de
ou autre qui fuccedera 2 & font en cas nommort à celui ou à ceux qui
leur
mez par la Congrégation > olt la
afin
ShEor
fuccédent de droit,
que
ne demeure pas fans chef. les Sacremens
A
26. D'adminiftrer tous des Curez ou
font de la compérence
qui
excepté ceux de 3 P'Ordre &
Ordinaires,
L vj --- Page 334 ---
252 Nowveaux Vojages anx Iles
1694. de la Confirmation ; enfin de fe fervir
de ces privileges, & de les adminiftrer
a ceux qui cn auront befoin fans aucune rétribution.
Tels font les
que le
accorde aux Nigtodion J'ai Pape à
propos de les mettre ici, afin quele jugé
blic puille juger fi nous avions tort dans puane affaire queje rapporterai ci-après.
CHAPITRE XI.
Defcription dis Roncou 6 delIndigo.
D Ans l'état que je fisde ma Paroiffe s
je ne me contentai pas de fçavoir
le nombre des amesquila compofoient,
j'obfervai encore les marchandifes qui
s'y fabriquoient. Jy trouvai donc
je n'avois que cinq habitations oi
fit du fucre. Tous mes autres Paroiffiens s'occupoient à la culture du Roucou, de lindigo & du Cacao. Outre
ceux là il y avoit nombre d'ouvriers
difterens, & d'autres qui vivoient fur
leurs habirations de ce qu'ils en reclieilloient, & des farines de Manioc
qu'ils faifoient, & des beftiaux & VOlailles qu'ilsy élevoient, qui n'étoir pas --- Page 335 ---
Françoifes de Ambrique. 253
le trafic le moins confidérable, puifquil 1694vient du fond même de la terre, & qu'il
produit de l'argent comptant. Cacao Jeparle- &c
rai amplement du Sucre,du endroit. Je
du Manioc dans un autre idée la
vais donner à préfent une
dc plus fa
jutte
je pourrai du Roucou,
de fa culture, de fonafage.des
&
a
faire,
mauvaifes façons
découvtir, peut & endes moyens
E7Z
pour
fuite je parlerai de l'Indigo.
Le Roucou que les Elpagnols appel
lent Achiote, eft une teinture rouge
couleur
T
fert à mettre en. premiere teindre en
laines blanches qu'on veut
bleu, jaune, verd & autres courouge, leurs. Elle provient d'une pellicule rouqui couvre de perites graines blange ches & rondes dont eft rempli le fruit
Roucouier, &
de l'arbre, qu'on appelle
il eft
qui vient par toure PAmérique d'un :
Pourlordinaite de la grandeur
nier mais beaucoup plus touffu 5 Fon
écorce , eft roufsâtre, fcs feti.les font affez
fortes, dures & d'un verd fongrandes, cé. Il porte deux fois l'année des Aeurs
d'un ronge couleur de chair > par rofes gros
bouquets qui ireflemblent affez aux fuccéfauvages ou barardes,auiquelles
dent des bouquers de goulles, couvertes
J
'un :
Pourlordinaite de la grandeur
nier mais beaucoup plus touffu 5 Fon
écorce , eft roufsâtre, fcs feti.les font affez
fortes, dures & d'un verd fongrandes, cé. Il porte deux fois l'année des Aeurs
d'un ronge couleur de chair > par rofes gros
bouquets qui ireflemblent affez aux fuccéfauvages ou barardes,auiquelles
dent des bouquers de goulles, couvertes
J --- Page 336 ---
254. Nowveaux Proyages aux Hes
1694. de piquants, comme deschataignes.mais
plus petites,
étant ouvertes fe trouvent pleines
graines
comme de
tits grains de coriandre, couverts d'une pepellicule incarnate qui fe détache difficilement du grain qu'elle couvre >
qu'elle laiffe tout blanc & affez dur >
quand elle en eft féparée 5 cette pellicule macerée & cuite, > compole la teinture qu'on appelle Roucou.
On connoit que la graine eft mûre
& qu'elle a atteint fa parfaire couleur,
la gouffe ou la coffe qui la rens'ouvre d'elle -
Rema
même, Il fuffit
qu'une ou deux foient ouvertes pour
cueillir tout le bouquer qui en contient pour l'ordinaire huit ou dix, &
quelquefois davantage fuivant l'age de
l'arbre & la bonté du terrain. Les Négres grands & petits s'occupent à ouvrir les gouffes qui ne le font pas fuffifamment > en les. preffant avec les
doigts , & font fortir avec l'ongle du
pouce les graines qui font dedans, qu'ils
recueillent dans des couis, c'eft-idire,
dans des moitiez de calebafles. On
met toutes ces graines dans des canots
ou grandes auges de bois tout d'une
piéce , avec de l'eau. On les y laiffe
pendant fept ou huit jours, & même --- Page 337 ---
Frangoifes de PAmbrigut. 255
davantage julqu'à cC que leau com- 1694à fermenter ; alors on les remence fortement avec des pagales de
mue bois qui font comme de grandes (pa- de
ouI
comme des pelles
tules >.
plutôr
avec des pilons de
four, & on lespile faire détacher la pellicule
bois, > afin de
couvre. On rerouge du grain qu'elle
ou. cinq
commence ce manégé quatre refte aucune
fois, jufqu'à ce quil ne
pellicule aux grains, après quoi font on paffe des
le tout dans des hebichets, qui
ou
cribles faits de rofeaux refendus affez >
de lataniers > dont les trous font les
petits pour ne pas laiffer palfer lors
grains; leau que lon en tire pour & de
eft allez épaille, fort rougeâtre
très mauvaife odeur. On -a ordinairedeux chaudieres de fer ou de mément
font montald'une bonne épailfeur, qui fur fon fourtées & fcellées chacune
necau,oh l'on met cette eau, quel'on
fait boiillir fortement; à mefure qu'elle
dans de grandes
boult > on recueille jette, & quand
baflines l'écume qu'elle d'écume, on la jette
elle ne rend inutile, plus & on met à fa place
comme
l'écume qu'on en
dans les chaudieres
dix
a tirée. On la fait bouillir pendant fanis ceffe
ou douze heures la remuant
une
necau,oh l'on met cette eau, quel'on
fait boiillir fortement; à mefure qu'elle
dans de grandes
boult > on recueille jette, & quand
baflines l'écume qu'elle d'écume, on la jette
elle ne rend inutile, plus & on met à fa place
comme
l'écume qu'on en
dans les chaudieres
dix
a tirée. On la fait bouillir pendant fanis ceffe
ou douze heures la remuant --- Page 338 ---
256 Nonveaux Voyages ANX Hes
1694. avec une fparule de bois, s de crainte
qu'elle. ne s'attache à la chaudiere Oi
clle pourroit brûler > ou du moins fe
noircir. On connoit qu'elle a fa cuiffon
néceffaire quand elle commence à fe détacher d'elle-mème de la fpatule;
lors on la retire, on la met
des baflines
Reedite
ou des canots de bois bien
propres. Lorfqu'elle eft
froide, s
on en fait des pelottes grien deux à trois
livres chacune, & pour empècher
le ne s'attache aux mains en les travail- qu'ellant, on a foin de les frotter de tems
en tems avec de l'huile de palma
ou
Chrifi
de Carapat, comme
les
Indiens. Les pelottes étant TTR les
enveloppe dans des feiiilles de balifier
que l'on a fait pafer fur le feu pour les
amortir. & les rendre plus maniables >
& on les lie avec des aiguillettes de
mahot.
Je viens de dire en peu de mots de
quelle maniere on faitle Roucou, & cela pourra fuffire pour ceux quine fe fou
cient pas d'entrer beancoup dans cette
matiere, mais il faut contenter les
curieux en leur expliquant plus en
tail cette
ter
Manufadkure, --- Page 339 ---
Frangoifes de PAmerigue. 257
1694,
De la maniere de cultiver 6r de faire
le Roncos.
Depuis le mois de Mars jufqu'ila fin
de Mai, c'eft le tems de planter le Rounéanmoins quand vous lc plantecou, dès Février & mème Janvier 1e > il
riez
viendroit auffi , mais ne rapporteroit
que le planter en Mars.
pas Mt faut pourlep planter, après avoir
netoyé fa terre, que faire de petits trous
avec la houé, & jetter dedans trois fait ou
graines au plus, comme on
quatre planter des
oul du mil.
pour La diftance ia raifonnable eft de
huit pieds en quarré $ on le farcle & entretient comme les autres arbres.
le
Quand il poulfe trop haut, on
châtre
le faire épaitlir, & convertir ogecN en buiffon. fois l'année vers :
On lc ciieille deux
la faint Jean & vers Noël. Celui qui
eft planté en Mars, Avril, Mai, rapporte à Noël.
une
une Roucou
Dès qu'il y en a dans
grappe eit verd.
coffe qui ouvre > toute la grappe
mûre & celui qu'on ciieille en cet
Roucou verd.
état Quand s'appelle on le veut laiffer fécher da-
le faire épaitlir, & convertir ogecN en buiffon. fois l'année vers :
On lc ciieille deux
la faint Jean & vers Noël. Celui qui
eft planté en Mars, Avril, Mai, rapporte à Noël.
une
une Roucou
Dès qu'il y en a dans
grappe eit verd.
coffe qui ouvre > toute la grappe
mûre & celui qu'on ciieille en cet
Roucou verd.
état Quand s'appelle on le veut laiffer fécher da- --- Page 340 ---
253 Nowveanx Foyages Anx Ifles
1694. vantage pour le garder & écaler & faireifonl loifir, on attend àle
y ait beaucoup plus de coffes citeillirqu'il féches
de vertes à la
que
cela
grappe > & on
Roucou
Roucou fec.
appelle
fec.
Le Roucou verd ne fc
peur garder
quinze jours avant que d'être
&
mais il
PRCIPR
fait,
rend un tiers plus
le
Roucou fec, & le roucou en eft plus que beau.
Le Roucou fec fe gardera fort bien fix
mois, & onle
battre pour l'écaler,
après l'avoir atran un peu fécher au foleil
& l'avoir remué,
Pour écaler le Roucou verd il ne faut
que rompre la coffe du côté de la
& la tirer en bas avec la
queué >
vironne lcs graines fans peau
ende
cette
ER.E
peau.
Différens Après que vos
canots il faut
graines font écalées,
ou auges
avoir un canot ou
de bois vant ce que vousavez
plufieurs, fitioû l'on
de
-
Roucoud
met
faire,
que vous appellez canot de
où
le tremper Rou- vous mettrez vos graines à trois trempe ou
cou,
tre fois, les battant un peu avec le qualon > environ l'efpace d'un
pi
Miferere :
après quoi vous remplirez le canot d'eau
à huit ouI dix pouces près de fon bord :
fur trois barils de graines, il faut bien
cinq barils d'eau 3 la plus claire & la
plus vive eft la meilleure. On le laiffe --- Page 341 ---
Frangoifes de LAmérigne. 259 de
moins huit jours dans le canot
1694au
le remuant deux fois par jour
trempe >
diheure
avec un rabot, un demi-quart
environ à chaque fois. demeuré dans le
Après qu'il a aflez le
dans des
canot de trempe , on
paffe faire tompaniers fur le cahot afin d'y
Jes met
ber toute l'eau & les graines 5 on
de
dans un fecond canot, appellé canot
pile, qui doit être épais de quatre pouces
delfous. remettre en mème-tems
SPto l'on veut
on doit
de nouvelles grainesat tremper,,
retirer l'eau du canot de trempe, qui
premiere eau 5 & la mettre
s'appelle
cadans un autre canot, qui s'appelle
Ton
garde
not de garde,
que
de la fecette eau pour Rater partagée cuire le
conde & troifiéme eau pour
Roucou.
eft dans le canot de piLa doit graine èrre TEiLce pilée avec les pilons
le & de bons bras, l'elpace d'an bon quart la
d'heure ou
> en forte que toute cela
s'en
onles met après
graine
Emete
dans le même canot de pile >
tremper autre canot de trempe une heure
ou un deux dans l'eau claire ou qui aura
ou fervi, enfuite on les palfe au panier >
les frottant bien dans les mains en les
Roucou.
eft dans le canot de piLa doit graine èrre TEiLce pilée avec les pilons
le & de bons bras, l'elpace d'an bon quart la
d'heure ou
> en forte que toute cela
s'en
onles met après
graine
Emete
dans le même canot de pile >
tremper autre canot de trempe une heure
ou un deux dans l'eau claire ou qui aura
ou fervi, enfuite on les palfe au panier >
les frottant bien dans les mains en les --- Page 342 ---
260 Nouveaux
AHX
1694. paflant 2e > puis on Projages les remet une Mes feconde
fois dans le canor de pile pourlesy
ler, frotter & paffer encoreune fois repime la premiere. Cette
comconde cau qui doit anfi caus'appelle être
fcgardée.
Après quoi il faur les mettre à ref.
facr bien enveloppées dans fon canot
avec des feuilles de Balifier. On noime CC canot, canot à reffier. Elles
doivent bien demeurer huit jours fans y
y toucher > & jufqu'a ce qu'on voye
qu'elles veulent moifir.
On les tire dece canot
tre dans le canot de pile,oà pourles elles met- doivent être pilées comme la premiere
fois, puis frottées, relavées &
deux fois, après avoir
paffées
ou deux dans toutes les trempé deux un jour
l'ean qui en fort s'appelle troifiéme eaux , &
Ily en a qui les mettent encore à eau. ref
fuer pour en tirer encore de l'eau à
du Roucou; mais ce Roucou eft
faire foible, & cC n'eft qu'un tems
trop &
rend votre Roucou de moindre perdu,
On peut bien fil'on veut faire cette qualiré, façon; 5 mais l'eau doit fervir à
d'autres graines, comme l'eau de trémper Roucou, c'eft-d-dire > celle qui refte
avoir tiré les écumes qui doit être après mife
dans un canot pour les garder à cct uf2- --- Page 343 ---
Françoifes de fAmbrique. 261
ge, que l'on nomme canot à l'eau.
1694.
Outre ce canot on doit en avoir un
autre , que l'on nomme canot à laver 2
qui doitt toujours être plein d'eau afin
les
& le
AdAE
ceux qui manient
graines lavent les
cou s'y lavent les mains, &y
& hebichets,afin de ne
paniers 2 pilons
eft
rien perdre, car cette cau
plus
à tremper les graines, &c doit e
pre jointe àl'eau dà Roucou, > parce quelune &l'autre en contient toujours un
cette
Est
& communique
impreflion
que vous youlez faire votre Roucou, ce
quife doit faireincontinent après votre
feconde cau tirée.
Il faut prendre cette eau & la palfer
fur uil canot > appellé canot de. paffe
dans un hebichet. Ce canot de palfe fera plus commode s'il eft partagé par le
milieu, car l'eau doit être pallée deux
fois fur Phebichet ,
doit être lavé
fouvent dans le canot Ti laver. Ce canot
de paffe doit être bien net, & l'on doit
meler à cette feconde eau un bon tiers
de la premiere. On pafe la troifiéme
eau de mème, > la mélant avec les deux
tiers de la premiere. deux fois à T'heL'eau ayant été pallée
bichet, doit être mife dans une ou pluficurs chaudieres de fer, la paflant au-
deux
fois fur Phebichet ,
doit être lavé
fouvent dans le canot Ti laver. Ce canot
de paffe doit être bien net, & l'on doit
meler à cette feconde eau un bon tiers
de la premiere. On pafe la troifiéme
eau de mème, > la mélant avec les deux
tiers de la premiere. deux fois à T'heL'eau ayant été pallée
bichet, doit être mife dans une ou pluficurs chaudieres de fer, la paflant au- --- Page 344 ---
-262 Nonveaux Yroyages aux IRes
1694. paravant fur une toile claire & fouvent
lavée. Cette cau étant mife far le feti
jette bien-tôr fon écume , que l'on tire
& met dans un canot, appeilé canot aux
écumes.
Quand l'eau n'écume plus, elle n'eft
bonne qu'à mettre dans le canot à l'eaui
lécume pour tremper les graines. - e Quand
vient trop vite, il faut
nuer le feu.
dimiQuand vous vous trouvez allez d'écumes pour les cuire, vous les mettrez
dans une chaudiere,appellée la batterie,
fous laquelle vous faites d'abord affez
grand feu, le diminuant à
que ies écumes montent.
proportion
Il faut de tems en tems bien
VOS chaudieres avec de la pierre éclaircir de
ce, fur tout la batterie.
ponIl faut à la batterie un Négre
ve prefque
qui moule Roucou continuellement, & dérache
qui s'arrèteroit au fond
aux bords dela batterie; &
&
Roucou faute il faut diminuer quand le votre
il en fauteroit la moitié & il cuiroit feu, car
vite: quand il ne faute plus, il ne trop faut
laiffer que du charbon fous la batterie
alors il ne faut plus qu'un peu mouvoir, 3
& cela s'appelle veffer.
>
VorreRoucou: s'épaififfant & formant --- Page 345 ---
Francoifes delAmerigue.
une maffe, il le faut tourner & retour- 1694.
ner fouvent dans la chaudiere ,diminuant peu à peule feuafin qu'il ne brûle
3 c'eft à quoi il faut être bien
exact, pas car le Roucounefecuit gueres en
moins de dix ou douze heures.
Pour connoitre quandileft cuit,vous
n'avez qu'à le -tourner & retourner 2
moiiller votre doigt ou cracher deffus 2
& quand le Roucou n'y prend plus, il eft
cuit. Quand il eft en cet état, on le laiffe
un peu durcir dans la chaudiere avec
une chaleur très-moderée, en le retournant pour qu'il cuife & féche de tous
côtez.
Après lavoir tiré il refte toujours
quelque gratin, ou partie du Roucou tenant à la chaudiere qu'il ne faut pas
mèler dans le bon Roucou, mais repaffer avec de l'eau & des graines.
Le Roucou fortant de la batterie ne
doit pas être mis en pain d'abord, mais
il faucle mettre fur une planche en maniere d'une maffe plate, & on le laiffe
refroidir huit ou dix heures. Le Négre
qui le manie & fait les pains doit avoir
les mains légerement frottées de beure
frais , ou de fain-doux ou d'huile de
Palma Cbrifti.
ler dans le bon Roucou, mais repaffer avec de l'eau & des graines.
Le Roucou fortant de la batterie ne
doit pas être mis en pain d'abord, mais
il faucle mettre fur une planche en maniere d'une maffe plate, & on le laiffe
refroidir huit ou dix heures. Le Négre
qui le manie & fait les pains doit avoir
les mains légerement frottées de beure
frais , ou de fain-doux ou d'huile de
Palma Cbrifti. --- Page 346 ---
264 Nowveanx Voyages aux IRes
Les feiilles de Balitier font fort
lc pres à les mettre en pain, que l'on
plus
TRie
livres, communément de deux à trois
Le Roucou
mais il a fait
dininuengdéubieneme
deux mois,
toute fa diminution en
Autre maniere defaire le
Romcon, gui le
fait très-beau.
Pour faire de très-beau Roucou,
mettre tremper VOS graines dans un ilfaut canot, &c que ce foit du Roucou
s'il fe
fortant de deffas l'arbre verd, &
le besbent ni le
fans
piler, 3 mais fculement le
mouver > e pallant les graines
not les frotter avec les mains fur'le cajetter après les avoir affez
les
montera fur
; il
TRLIEeN
graifle
cette cau une écume ou
qu'il faut tirer avec un écumoire, & la battant dans un vaiffeau
net > ou avcc les mains fans la cuire bien la
faire épaiflir, &
fécher à
on aura de très c
l'ombre 5
perdroir trop à cette façon, Roucou, & les mais on
chands ne le voudroient
Mars
proportion de ce
l'on pas payer à
quittant l'autre maniere que
perdroit en
plus commune.
Cette --- Page 347 ---
Francoifes de TAmeriqut. 265
encore vingt 1694
Cette marchandifevaloire elle avoit valu
fols la livre en 1694.
jufqu'à trente fols'les annécs précédentes; mais la trop grande quantité en que fil'on en fit, & la paix de Rifvick, fix & fept fols
rent baiffer le prix jufqu'à
en faila livre. Malgré cela ceux qui leur
foient y trouvoient encore
aucune compne faut prefque
tc > parce qu'il la faire. Les arbres
dépenfe pour
dans les .a
la portent font plantez
à
nes,oi ils ne caulent aucun préjudice beftiaux
l'herbe, &
conféquent enfans aux de fix ou
aes & les
qu'on y
travailler, & cn font
fepr ans y peuvent
Ce
aurant que les grandes outre perfonnes. fa mauvaiqu'elle a d'incommode tachc tout le linge
fc odeur, eft qu'elle
des lieux od
pour peu qu'on s'approche & qu'il faut ufer de
Ton la fabrique,
n'ètre pas
grandes précautions pour
bien-tôt tout rouge.
On remédie à ces trois inconvéniens, travaille le
en faifant les cafes & ohl'on fous le vent de la
Roucou du éloignées maître, & cn mettant dans
maifon
tout le linge dont
une lelffive particuliere
on fe fert dans cc travail.
faire dans
La tromperie que confifte l'on peut à mèler de
cette marchandilc >
M
Tomse I.
'ètre pas
grandes précautions pour
bien-tôt tout rouge.
On remédie à ces trois inconvéniens, travaille le
en faifant les cafes & ohl'on fous le vent de la
Roucou du éloignées maître, & cn mettant dans
maifon
tout le linge dont
une lelffive particuliere
on fe fert dans cc travail.
faire dans
La tromperie que confifte l'on peut à mèler de
cette marchandilc >
M
Tomse I. --- Page 348 ---
265 Nowveanx Voyages aux Ifles
1694. la terre rouge bien tamifée ou delal briTrompe- que pilée dans les chaudieres oû on la
rie qu'on cuit, un moment avant qu'elle ait acte peur dans fai- quis fa derniere cuiffon. Cette terre en
le Rou- augmente le poids & le volume 2 mais
coul.
le moyen de connoitre cette fraude >
eft de mettre un peu de roucou dans un
verre plein d'eau, file .
roucou eft pur il
fc diffont entierement fans ricn laiffer
au fond, au lieu que s'il eft mèlé de terre ou de brique, on la trouve au fond
du verre.
Quand on pefe le roucou on rabat cinq
cent pourl le poids des feuilles dont
Fan eft enveloppé, & pour l'éguillette qui
le lie. C'eft lafa tarc.
Le roucou pour être bcau doit être
que Qualiré doit d'un rouge ponceau, doux au toucher 1 >
avoir le fans aucune dureté 5 il doit s'étcndre
Roucou. beaucoup, & n'ètre. jamais fi dur, qu'en
le touchant un peu fortement, on n'y
puiffe laiffer quelqu'imprellion. Quand
on le rompt, le dedans doit être plus vif
encore que le dehors, fans cela on peut
dire qu'il eft alteré ou du moins qu'on
lui a donné une cuiffon
forte & qui
lui fait perdre une partic LECE fa couleur >
& diminué confidérablement fon prix.
Les Indiensou Caraibes en font pour
leur ufage,car ils n'ont point d'autres --- Page 349 ---
Frangoifes de LAmérigue. dont les fem- 267 1694habits que cette peinture les barboiiller tous les,
mcs ont foin de
matins.
eft infiniment plus beau Commét lesCaraiLeur roucou fin
le nôtre. Il eft d'un rou: bes leur font rou-
& plus
que
comme le carmin 2 cou.
éclarant prefque
quand on l'emf foifonne à merveille
trouvemais les habirans faire ne de cetploye, roient
leur compte à en
te
cucillent les gouffes &
mtte
Les Indiens comme nous: , mais au lieu
les épluchent
dans l'eau, & de
de mettre les graines
ils les frottent
les laiffer fermenter ,
z leurs mains, qu'ils ont auparavant
dans lhuile de carapat 2 juftrempées la petite pellicule incarnate
qua'te détachée que de la graine, & réduire en
foit
très-claire & très-finc. Alors
une pâte raclent de deflus leurs mains avec
ils la
&c la mettent fur unc feuille
un couteau,
laiffent fécheràlombien propre qu'ils le Soleil ne mange &
bre, de
fa que couleur. Ce travail comne
il
ARAESTA
voit
& ennuyant, mais
me on
eftlong
font les
eft bon pour des Caraibes,
monde.
- créatures
E
plus indolentes roucou eft prefque fec,ilsen
Quandleur
comme le
font des pelottes groffes dans des feuilles 2
qu'ils enveloppent
Mij
tent fur unc feuille
un couteau,
laiffent fécheràlombien propre qu'ils le Soleil ne mange &
bre, de
fa que couleur. Ce travail comne
il
ARAESTA
voit
& ennuyant, mais
me on
eftlong
font les
eft bon pour des Caraibes,
monde.
- créatures
E
plus indolentes roucou eft prefque fec,ilsen
Quandleur
comme le
font des pelottes groffes dans des feuilles 2
qu'ils enveloppent
Mij --- Page 350 ---
268 Nowveanx T'oyanger anx
1694. balifier ou de cachibou qu'ils
Com- vent
TEate
foigneufement. Dès
font
ment les vez, c'elt-à-dire, dès
qu'ils
leCaraibes
qu'ils font fortis
fe fer- de leur hamacq > ils vont fe
vent dn le
à la mer ou
laver tout
roucou,
corps
dans quelque riviere, & après que le vent ou le foleil
les a féchez, ils viennent s'affeoir fir
une petite fellette au milieu de leur carbet, où leurs femmes les viennent
gner & trouffer leurs cheveux, après peiquoi elles mettent dans un couy un
d'huile de carapat dans laquelle Ss
font diffoudre du roucou qu'elles
nent avec un pinceau, & en
prentout
le corps de leur mari. Je peignent parlerai
deleurs coûtumes dans un autre endroit,
Je dirai feulement ici que cette peinture leur conferve la pcau, gu'elle empèche que le vent ou le foleil ne la faffe
getfer & crevaffer, & qu'elle les
ferve des piquûres des coufins, marin- prégouins ou mouftiques qui font en trèsgrande quantité au tour de leurs carbets
ou cafes.
DE LINDIGO,
On a faitautrefois beaucoup d'indigo
dans la Paroifle du Macouba. Il n'y a
ni tuiffeau ni riviere ou l'on ne trouve --- Page 351 ---
RPJCB --- Page 352 ---
E. le Thempsves.
l trenputre. 6. Ciarwr diBummrinsg le
puncue. 40.
echer Disklonin :e P Te
Tom. . 1:
tIndis.
*
268.
ISMICOTERIE
pag.
Communtows: 1. B.rwr de 7Neorad gue or tent Plantee
C r
rImbipo
noinypcmn
1Indiso ta.e wnrons - grpurtene fmhios
aJndas gise
oner
Sveuh. 9
tuil
.
l trenputre. 6. Ciarwr diBummrinsg le
puncue. 40.
echer Disklonin :e P Te
Tom. . 1:
tIndis.
*
268.
ISMICOTERIE
pag.
Communtows: 1. B.rwr de 7Neorad gue or tent Plantee
C r
rImbipo
noinypcmn
1Indiso ta.e wnrons - grpurtene fmhios
aJndas gise
oner
Sveuh. 9
tuil --- Page 353 ---
Frangoifes de PAmerigue. 265
des indigoterics, c'eft-à-dire, des bacs I 694.
Ol cuves de maçonnerie bien cimentées
où l'on met en digeftion la plante dont
on tire cette couleur.
FordinaiCes cuves font triples ponr
re les unes au deflus des autres en maniere de cafcade 5 en forte
la fcconde qui eft plus baffe que f fond de -
la ptemicre paiffe recevoit la liqueur
contenuc dans la premicre > lorfqu'on
débouche les ouvertures qu'on a pratiquécs dans le fond de la premiere, àque
la troifiéme puiffe recevoir à fon tour CC
que la feconde contenoit.
& la
Cuves od
La premiere, la plus grande
plus l'on srehaute de ces cuvess'appelle la trempoi- l"Indigo; vaille
re out la pourritures on lui donne ordi- leurs
nairement vingt pieds de long fur dou-n leursula- noms &
de largeur, & trois à
ze à quinze pieds
On nomme la ges.
quatte feconde de la profondeur. batteric ; elle eft prefque de
moitié plus petite que 1p
Et
la troifiéme qui eft
TOLr
>
S
la feconde
"
tite que
sappelle
blotin.
Les noms des deux premieres con-Latroe. poirc.
viennent parfaitement a leurs ufages,
parce qu'on met tremper la plante dans
la premiere our elle fermente, fe macere & devient comme en fumier & pouM iij --- Page 354 ---
270 Nowveaux
AuX
1694. rinure, après que.
& la Ifes fubftance
FREL
de la feuille & de l'écorce fe iont répandus dans l'eau par la fermentation
que la chaleur & la
La batte- te a
maturité de
rie.
y
excitée. C'eft dans la feconde laplanqu'on agite & qu'on bat cette même
cau impregnée & chargée de fels de la
julqu'i ce que les ayant ramafréunis & comme
Eriead
avec les autres, on ait coagulez formé les les uns
qui compofent la teinture,
grains
Diatbo. Quanr atl nom de. . la
in.
voi pas bien comment troifiéme, il lui
je ne
à moins que ce ne foit, parce convient s
cuve eft plus coloréc que les que cette
tres , à caufe
deux auque l'indigo déja formé y
fcjournant, la teint & la colore par conféquent beaucoup davantage.
A quoi je dois
qu'i Saint Domingue ajouter, > qu'il n'y a
qu'on fc fert de
ce terme. On.appelle repofoir cette derniere cuve aux liles du vent, & ce nom
lui convient parfaitement, puifque c'eft
dans celle-là que l'indigo commencé
dans la
la batterie, trempoire , & peredtionné dans
détache
Sunit, fe met cn maffe > fc
des parties d'eau qu'il avoit encore, les pouffe au deffus & fe repole au
fond de la cuve d'oà il eft tiré pour être
mis dans des fachets > & enfuite dans
ir cette derniere cuve aux liles du vent, & ce nom
lui convient parfaitement, puifque c'eft
dans celle-là que l'indigo commencé
dans la
la batterie, trempoire , & peredtionné dans
détache
Sunit, fe met cn maffe > fc
des parties d'eau qu'il avoit encore, les pouffe au deffus & fe repole au
fond de la cuve d'oà il eft tiré pour être
mis dans des fachets > & enfuite dans --- Page 355 ---
Frangoifes de PAmbrique
1694le
dirons M
les caiffes coime nous
après, doit rien épargner pour la conOn ne
folidité de ces cuves; la
ftruction & la
eft 6 grande, 2 Lescuves font fuforce de la fermentation
& l'enà
qu'à moins que la maçonnerie fairs, & d'un fe EELA dre.
duit ne foient très-bien avec foin, elciment choifi & travaillé
fenles fe fendent, & il ne faut écouler qu'une une
faire
te très-médiocre
une perte concuvée d'indigo,
ECLen
fidérable au proptietaire.
voici un Reméde
Quand ce malheur arrive 2 dont a cident. cet acreméde aifé & infaillible, & ai l'ex- je
puis répondre, parce que f'en de mer
Prenez des coquilles
périence.
qu'elles paiffent être,
de quelque efpéce
réduifezpilez-les fans les faire cuire > le tamis
les en poudre, s &c les paffez vive parl en mème
fin. Prenez de la chaux
mèlez ces
quantité, & pallée au tamis;
d'eau
deux chofes enfemble avec autant mortier ferqu'il en faut pour faire uu
veus
me, & avec le plus de diligence les fentes que de vos
pourrez remplifez-en mixtion fait corps, s'attacuves. Cette fe féche dans le moment, & reche & fur le champ à lécoulement de
médie
fortoit de la cuve.
la matiere qui
ou doit fçavoir,
Tout le monde fçait
M iv --- Page 356 ---
272 Nonveaux
Aux Ifles
1694. de l'indigo eft une Poyages teinture dont on fe
pour teindre en bleu les laines, les
foyes, les toiles & les étoffes à qui on
veut donner cette couleur.
Les E(pagnols l'appellent anillo. Le
plus beau qui fe faffe chez eux, c'eft-àdire dans la nouvelle
vient de
Lieux oà Guatimala,'ce
Efpagne,
fe fabri.
qui fait que bien des
Sg.l l'in- gens l'appellent (mplement Guatimalo. On en fait aufli dans les Indes Orientales , particuliérement dans l'Empire
du grand Mogol, au Royaume de Golconde & autres licux des environs, comme M. Tavernicr le rapporte dans les
relations de fes voyages. On appelle celui-ci en Europe plus communément >
de l'inde que de l'indigo ou de l'annil,
prenant pour nom propre le nom du
: pays où ifa été fabriqué,
Erreurs Quelques Auteurs, & entre les auldu P. du tres mon Confrere
Tertre
le P. du Tertre, fc
fur ies font imaginez que celui qui vient
différens Indes Orientales eft
des
indigos,
plus beau, plus fin,
plus cher que celui
vient des Indess
Occidentales, à qui R donnent le nom
d'Inde plate , pendant qu'ils donnent
celui d'Inde fimplementà celui qui vient
d'Orient. Ils auroient parlé plus jufte
s'ils avoient appellé Cc dernier-Inderonde ; car avec leur permiflion, toute
le P. du Tertre, fc
fur ies font imaginez que celui qui vient
différens Indes Orientales eft
des
indigos,
plus beau, plus fin,
plus cher que celui
vient des Indess
Occidentales, à qui R donnent le nom
d'Inde plate , pendant qu'ils donnent
celui d'Inde fimplementà celui qui vient
d'Orient. Ils auroient parlé plus jufte
s'ils avoient appellé Cc dernier-Inderonde ; car avec leur permiflion, toute --- Page 357 ---
Frangoifes de tAmérique. deux 273 in- 1694y a entre ces
la différence quily eft
celui
1 fe fa- Difédes ou indigos, Oricntales que
T forme rence indigos des
brique aux Indes d'aufs, & celui des
comme des moitiez comme des tabletIndes Occidentales la bonté & la beauté, Pun
tes; car pour à
à Pautre quand
n'aura rien reprocher avec un foin égal, &
on les travaillera
la mème fidelité,
fc fait aux
La figure de l'indigo 1 Marchands
Indes Orientales, oblige
à
qui le veulent tranfporter d'en faire en entrer Europe une
le faire piler, afin
dansles caifles OLE
plus grande quanrité
Il eft certaitt
barils ou ils Tenferment.
a été
ainfi pilé, fon grain qui
quétant fous le pilon; brile & réduit ers
rompur
le rend
fin que celui des
pouliere. >
plus venant en taindes Occidentales , qui
blettes,8c comme eila été féchéspréfente
tout entier, & doit par confon grain
moins fin 5 mais que
fequene paroitre intrinfeque de la marfait cela ilabonté
eft la mèchandife 2 je foutiens qu'elle
me dans toutes les deux, quoiquilyparoiffe de la différence. de cette verité s
Pour fe convaincre de fucre également
un morceau
tout,
rompez-le, pilez-en
Eime par
enp
cb-
& la réduilez poidre,
une partic
M Y --- Page 358 ---
1694. le 274 paroîtra Nowveaux Foyager AMX Hles
celle
plus fine & plus blanche
qui eft demeurée cntiere >ce que
provient que de ce
le grain
lun
a été
PtC
partagé & ardete en un plus
nombre de parties, qui quoique grand trèspetites & prefque infenfibles, ne laif
fent
d'avoir une plus
tité S" fuperficies, & de grande refléchir quanconféquent plus de lumiere, au lieu par
l'autre étant demcurée
que
fentant qu'un grain gros entiere, & de ne pré- de
peu
fuperficie > réféchit par
moins de lumiere, & par une conféquent fuite néceffaire doit paroître moins blanc ; ce
qui eft la même chofe que de
moins beau, puifque c'eft dans la paroître
cheur que confifte la beauté du blanOn peut, cC me femble > faire le fucre.
me raifonnement de Tindigo, & mèdes que toutes chofes égales, celui des dire, InOccidentales eft auffi beau
des Orientales, quand ils font tous que deux celui
également bien travaillez.
Je croi devoir ajoûter que celui de
l'Amérique eft meilleur dans Tufage
l'autre 3 car gui ne voit qu'on ne que
piler cette teinture, fans que les peur
les plus fubtiles ne fc diflipent en partics
comme M. Tavernier en convient; l'air, &
qui peut douter que ccs parties nc foient
gales, celui des dire, InOccidentales eft auffi beau
des Orientales, quand ils font tous que deux celui
également bien travaillez.
Je croi devoir ajoûter que celui de
l'Amérique eft meilleur dans Tufage
l'autre 3 car gui ne voit qu'on ne que
piler cette teinture, fans que les peur
les plus fubtiles ne fc diflipent en partics
comme M. Tavernier en convient; l'air, &
qui peut douter que ccs parties nc foient --- Page 359 ---
Frangoiles de LAmérique. foifonnent 275 1694les meilleures & cclles qui
lep
quand on les met en ceuvre. vient
flen conviens que Tindigo qui
des Indes Orientales eft plus cher que
celui qui fe fabrique aux Occidentales; il vient de plus
la raifon en eft évidente,
&c
loin' > les rifques font plus grands,
netrouveroient pas
ceux qui l'apportenr à le donner all mème prix
leur compte vient de
plus
que celui qui
tout
cela ne
point
L
près, mais
prouve
qu'il foit
beau & meilleur.
fou- Prévens
En AALRTS affez fur cet article : des' tion des
la
augmente le prix
François
vent prévention
d'en faire
les
chofes > &i il eft très-difficile
ils ESTaE difes 6revenir les hommes, far tout quand
sy font affiujertis par un long ufage - > Sctrangé Il res.
les François plus que tous faire les fur autres. cela un
me femble que je Nation, dois
& l'occafion
reproche à ma
naturellement
s'cn ptéfente trop Rien n'eft fi CE
la laiffer échapper.
de courir après
re parmi nous 2 que & les Manufactures
les marchandifes il femble à voir nos emprefétrangéres; ;
croît ou fe fait chez
femens
ce qui
eft ftérile,
nos afers que notre pays
& nos ouvriers ignorans & parelfeuxs
rien de plus oppols
il n'y a cependant
nous rendent
à la vérité, les Etrangers M vj --- Page 360 ---
276 Nowveaux Foyages AHX Hes
1694. dons plus de juftice que nous ne nous en renloufie nous mêmes ; & malgré leur
& leur envie, ils confelfent jales François pouffent leurs
que
res à un point dep perfection Manufactu- oi
quien ont été les inyenteurs ,
ceux
arriver. Par exemple, les Vénitiens ne peuvent
pas faire des glaces de la
ne
EUPCd de la netteté & du poli
fait en France.
qu'on
Ermer
écarlatte
Ils ont beau vanter leur
faur que la 2 leur toutes céde chofes àc celle égales des 2 il
lins. Tourl le monde fçait la
Gobefc quantité de draps que les prodigicules Hollandois enlevent des Anglois &.
tures de Languedoc; mais tout Manufac- le
de ne fçait pas que CCS mêmes draps mon. deviennent draps d'Angleterre & d'Hollande > dès qu'ils font entre les
de ces habiles
mains
font
Commerçans, qui ne leur
pourtant autrc chofe que de les
envelopper dans des toiletrcs
des armes de leur Nation avec peintes
marques de plomb; & ce font- plufienrs la les.
draps d'Hollande & d'Angleretre
portent, & qu'ils vendent par toute qu'ils la
terre. Je pourrois faire une
énumération de quantité d'antres longue
comme dela gravure, T'orfeverie,Thor- choles,
logerie, lImprimeric, les draps d'or &
rc chofe que de les
envelopper dans des toiletrcs
des armes de leur Nation avec peintes
marques de plomb; & ce font- plufienrs la les.
draps d'Hollande & d'Angleretre
portent, & qu'ils vendent par toute qu'ils la
terre. Je pourrois faire une
énumération de quantité d'antres longue
comme dela gravure, T'orfeverie,Thor- choles,
logerie, lImprimeric, les draps d'or & --- Page 361 ---
Frangoifes de PAmbrigue.
de foye, les toiles, les dentelles de fil, 1694.
d'or & dargent, les chapeaux 3 & bien
d'autres chofes, où nous furpaffons infiniment nos voifins & les autres étrangers; mais cela mc meneroit trop loin >
&m'éloigneroit de mon fujet. Une chofc qui eft très-loiiable chez les Etrangers, & en quoi ils nous furpallent la >
c'eft dans'le foin qu'ils ont de prôner
beauté & la bonté de leurs Manufactures, & de fc fervir de ce que leur terrain produit préferablement à cC
voilins. C'eft en
de
croît chez leurs
& fur
que nous devrions les imirer,
tout dans les Manufaétures des Iles que
devrions
& faire valoir
nous
employer à toutes. les autres, 5 &
préférablement
chacun de fon côen les perfectionnant les habitans des
té , c'eft-à-dire > que
Illes doivent mettre tout en ufage pour
faire d'aufli belles marchandites que
celles qui fe fabriquent autre part; &
les
en France, ne
ceux qui
employent
réufir dans
doivent rien négliger pour
leurs ouvrages aufli parfaitenient avec
les Manufactures des Ifles, que s'ils.fe
fervoient de ce qui leur eft apporté de
chez les Etrangers. Je reviens à préfent
cette digrelion m'a
à mon fujet que
fait quitter, --- Page 362 ---
278 Nowveanx
1694. L'Indigo eft Vreyages Aux IRes
Défini- fub/tance des compole du fel & de la
zion & d'une
feilles, > & de l'écorce
delcrip- tion de de forte plante qui porte le même nom 5
l'indigo folution qu'on peut dire que c'cftla difparfait.
ou digeftion de la
par la fermentation qu'ellea plante,canfée
l'eau où on l'a mis
excitée dans
quelques Ecrivains tremper. Je fçai
fubftance del la feiille prétendent que 9:
digo, quin'eft felon ne produir paslInou couleur
cux, qu'une tcinture
tion de la plante vifqueufe, dans que la fermentarépand
avant de les en croire far leur l'eau; mais
voudrois qu'ils
parole,je
vient la fubftance m'appriffenr dela
ce que deon la retire del la
plantes car quand
qu'elle n'a plus ni trempoire, le même ileft certain
même confiftence, ni la même poids, ni la .
qu'elle avoit
couleur
étoient bien auparavant, Les feiilles
2 fuc, font
nouties & bien pleines
légéres, > molafles, >
chées, 3 & reffemblent plus à du fumier defféfait qu'à toute autre chofe, & c'eft ce
qu'on donne affez
qui
la trempoire le nom de communément a
donc on ne trouve plus dans pourriture. les
Si
& dans tout le refte de la
feiilles
me fubftance
plante la méde la mettre qu'on y remarquoit avant
naturel de croire tremper, n'eft-il pas
que c'eft cette LE
molafles, >
chées, 3 & reffemblent plus à du fumier defféfait qu'à toute autre chofe, & c'eft ce
qu'on donne affez
qui
la trempoire le nom de communément a
donc on ne trouve plus dans pourriture. les
Si
& dans tout le refte de la
feiilles
me fubftance
plante la méde la mettre qu'on y remarquoit avant
naturel de croire tremper, n'eft-il pas
que c'eft cette LE --- Page 363 ---
Frangoifes de PAmérique. s'étant 279 1694
fubftance, ces mèmes fels, & qui sétant ré-
(éparez de leurs envelopes, l'onté épaiflic, & ont
dans l'eau,,
pandus formé
leur union ou coagulation >
malle par de couleur bleuë a laquelle
cette
le nom d'Indigo > fi utile
on a donné
& dans la teinture..
dans la peinture
croitroit
L'Indigo eft une plante qui &c
deux pieds de hauteur, la peut- cou- Defripjufqu'à ètre mème davantage, f on ne
elle tion la Plan- de
Dès
fort de terre
tc.
poit
tiges noiieufc ctice en
petites de
Fen
fes, &c garhies de beaucoup
petites ont
branches comme des fcions > qui dix
chacune quatre ou cinq & julqu'a une
couples de feiilles terminées Ces par feiilles
feule qui fait l'extrémité.
affont ovales, tant foit peu verd pointués, brun
fez unies & fores,diun
& comme
matien
deflus,
pales elles font charnués &. doupar
fe charE
ces au toucher. Les branches
de la
gent de petites Aeurs de rougeatres, celles du genèr s
ngure â péu près anfquellés fuccédent
mais plus petites, d'environ un pouce de londes Gliques
gueur & de peu de groffear, quirenferment des graines ou femences & la e.ERE
chantes pour la grofeur d'une couleur
cc de celles des raves,
rouge-brune. --- Page 364 ---
1694. 280 Nouveanx Yayages Aux IRes
Cette plante demande une
de Culrure la re, > gralle, unie, & qui ne bonne foit terPlanre trop féche; elle mange &
point
:: l'in. pro-b beaucoup le terrain où elle dégraiffe
digo, veut être feule. On ne
croir > &
trop de précaution pour la peut tenr prendre
& empècher les herbes de
nette
ture qu'elles foient de croitre quelque nad'elle.
auprès
On farcle & on nettoye
fois le terrain. ou l'on veut julqu'à
graine
planter
s
d'Iridigo. Il me femble
devroit dirc lemer, mais le terme qu'on de
planter eft confacré dans nos
&
je ne croi pas me devoir broiiller Iles,
un mot avec nos habitans, eftimables pour
Sans une infinité d'endroits, quoique
Phabitude d'eftropier la Langue
Françoife. On pouffe quelquefois la
pretéfiloin qu'on balayele terrain prome on balayeroit unc chambre. comcela on fair les trous ou folles Oà Après
doir mettre les
l'on
les efclaves ou graines : pour cet effet
vailler, fe
autres qui doiventy. traà la tête du rangent fur une même ligne
culons, ils font terrain, de & marchant a relargeur de leur
petites foffes de la
de deux à trois houé, de la profondeur
fens les uncs des pouces, éloignées en tour
autres 2 d'environ un
ayeroit unc chambre. comcela on fair les trous ou folles Oà Après
doir mettre les
l'on
les efclaves ou graines : pour cet effet
vailler, fe
autres qui doiventy. traà la tête du rangent fur une même ligne
culons, ils font terrain, de & marchant a relargeur de leur
petites foffes de la
de deux à trois houé, de la profondeur
fens les uncs des pouces, éloignées en tour
autres 2 d'environ un --- Page 365 ---
Frangoifes de PAmerigue. 281
droite lc. plus qu'il eft 1694pied. en lignc
polilible.
font arrivez aul bout du
Lorfqu'ils
fc munit d'un perit fac
terain.chacun
fur leurs pas,
de graines, & remontans les fofles qu'ils vienils mettent faire dans onze ou treize graines.
nent de
leur a appris
Un refte de fuperftition fuffent en nombre
qu'il falloit qu'elles d'approuver cette
impair- Je n'ai garde
bien
mais aufli je me garderai l'inutilité &
EeSE leur en vouloir convaincu montrer que jy perle ridicule, étant
drois mon tems & ma peine.
qu'il y
Ce travail eft le plus pénible
de l'Indigo;
ait dans la Manufadture
foient
car il faut que ceux fans qui fc plantent redrefler.juftoujours courbez,
de toute la
qu'à ce que la plantation foit achevée; de
longueur de la piéce clle eft grande, ce qui
forte que quand
ils font obligez
arrive prefque toujours,
& fouvent
de demeurer deux beures >
davantage dans cette polture. haut de la
Loriquils font arrivez fur au leurs pas &
piéce > ils reviennent fofles où ils ont mis la
recouvrent les
avec le pied la
graine, en y pouffant & ainfila
terre qu'ils en ont tirée, d'environ Sci
nc fe trouve couvertc
pouces de terre. --- Page 366 ---
282 Nowveanx Vroyates AHX Ifes
1694.
Quoique toute faifon foit bonne pour
planter l'indigo,ilf faut pourtant fc bien
garder de le mettre en terre dans un
tems fec; il eft vrai que la graine peut
fc conferver un mois entier en terre
fans fc gârer > mais on s'expofe lorfqu'on plante ainfi,la voir enlever par
la vermine ou par les vents, ou étouf.
fée par les herbes
naiflent avec
elle,de maniere que 1 habitans
ne rifquent jamais de planter à REF
c'eft-à-dire, dans un tems ou probablement ils n'efpérent pas de la pluye, un,
deux, ou trois jours après que la
taifon eft achevéc. On choifit
planl'ordinaire un tems humide, doncpour & qui
mette de la pluye, & alors on eft pro- sûr
de voir la plante fortir de terre trois ou
quatre jours après qu'elle Y a été mife.
Quelque précaution qu'on ait prife
pour nettoyer le terrain où les
ont été plantées, il ne faut pas s'endor- graines
mir quand l'Indigo eft hors de terre s
parce que la bonté du terrain, , jointe à
Phumidité & à Ia chaleur du climar, &
aux abondantes rofécs qui tombent toureslesnuits, fait naître une quantité prodigicufe d'herbes qui étoufferoient &c
gâtcroient abfolument lIndigo, fi on
n'avoit pas un foin extrême de arcler
ont été plantées, il ne faut pas s'endor- graines
mir quand l'Indigo eft hors de terre s
parce que la bonté du terrain, , jointe à
Phumidité & à Ia chaleur du climar, &
aux abondantes rofécs qui tombent toureslesnuits, fait naître une quantité prodigicufe d'herbes qui étoufferoient &c
gâtcroient abfolument lIndigo, fi on
n'avoit pas un foin extrême de arcler --- Page 367 ---
Françeifes de PAmbrigue. 28;
dès qu'il en paroît , & d'entretenir la 1694planre dans une propreté extraordinaire,
fouvent même les herbes font en partie
caufe qu'il s'engendre une efpéce de
chenilles qui dévorent en moins de rien
toutes lcs feuilles. la
eft fortie dc ter- En com- de
Depuis que plante
b' en
re,ilne faut que deux mois pour qu'elle temselle eft mite,
ait atteint une parfaite maturité , &
qu'elle foit en état d'ètre coupée : fion
attendoir davantage clle Aeuriroit, fes
feiilles deviendroient plus féches & plus
dures, ellesdonneroient par conféquent femoins de fubftance,. & la couleur en
roit beaucoup moins belle.
Après cette premiere coupe on
les nouvelles
eont
continuer à couper
ches & feiilles
la plante produit
de fix en fix Teniten ou environ, fuppofé que le tems foit pluvicux, & qu'on
prenne bien fcs mefures pour ne pas
couper dans un tems de féchereffe, parce la
l'on perdroit infailliblement
quc. plante, ou comme on parle dansle pais 2 9
les chouques, & alors on feroit obligé
de replanter 3 mais toutes chofes étant
la
durer
bien ménagées >
plante il
l'arraannées,
E
deux
après quoi
cher & planter de nouveau. maturité,
La plante étant arrivée à fa --- Page 368 ---
284 Nowveaux Vojagesans Hes
1695. ce qu'on reconnoit aux feuilles qui dede Coupe l'In- viennent plus caffantes & moins foudigo. ples, > on la coupe à quelques pouces
hors de terre, On fe fert pour la couper
de grands cofiteaux courbes faits en
maniere de faucilles. Quelques habitans en font des faiffeaux comme des
doubles bottes de foin afin qu'un Négre les puiffe
aifément à la
trempoirc., mais Rorpia plàpart la mettent
dans de grands morceaux de groffe
roile qu'on lie par les quatre coins , &
cela eft plus commode, la plante eft
moins maniée & moins foulée, & celles
qui font petites font emportées aufi
firement que les grandes ; & d'ailleurs
on fait le travail avec plus de
ce de cette maniere-là que de faire diligen- des
bottes, & comme le tems eft précicux
par tout, & fur tout en
on
nc fçauroir trop prendre Amérique, de précaution
pour n'en point perdre,
Dix-huit ou vinge paquets d'herbes
de la groffeur chacun dc deux bottes
de foin ou environ, fuffifent
plir une trempoire de la grandeur pour remj'ai dit ci-devant.
Après qu'elle a 2
remplie d'eau enforte qu'elle couvre
les herbes, on met des piéces de bois
deffus afin que les herbes ne s'élevent
on
nc fçauroir trop prendre Amérique, de précaution
pour n'en point perdre,
Dix-huit ou vinge paquets d'herbes
de la groffeur chacun dc deux bottes
de foin ou environ, fuffifent
plir une trempoire de la grandeur pour remj'ai dit ci-devant.
Après qu'elle a 2
remplie d'eau enforte qu'elle couvre
les herbes, on met des piéces de bois
deffus afin que les herbes ne s'élevent --- Page 369 ---
Frangeifes de TAmbrigue. 28;
deffus l'eau, à peu près com- 1694point par fait fur le raifin qu'on met au
me on
laiffe fermenter le tout.
prefloir, & la on chaleur eft plus Oil moins
Selon que
T'herbe ou la plante eft
grande, &c que
la fermentarion
plus ou moins mûre 2
le fait plitôr ou plus tard, quelquefois
en fix, huit ou dix, heures, 2 quelquefois dixon eft obligé d'attendre jufqu'a eft très-rare
huit & vingt heures. 11
loin. On
cela aille jamais plus
que
lors l'effet de la fermentation,
voit pour s'échauffe & botillonne de tous
l'eau comme on voit Je raifin botillir
côtez dans la cuye, & l'eau qui étoit claire:
sépailfit infenfibleau commencement, devient d'une couleur debleu,
ment &
Alors fans toucher
tirant fur le violet. herbes, on ouvre
en aucune façon font aux au fond de la tremles robinets qui laiffe tomber dans la batpoire, & on
des fels
terie toute cette eau chargée
ferfubftance de la plante quela
& dela
&2
mentation en a détachez; pendant
comme une chofe inutile >
qu'on jette
Therbe qui étoit dans
& pretque pourie, & qu'on la nettoye pour
la trempoire de e, nouvelles herbes, on bat
la remplir
fait tomber de la treml'eau qu'on a la batterie. On fe fervoit
poire dans --- Page 370 ---
286 Nonveanx
ARX
1695. autrefois d'une RNC roiie
Hhes
Maniere l'eflieu étoit
fur le palettes dont
de battre
pofé
milieu de la
FIndigo. cuve, & que l'on remuoir par le
de deux manivelles qui éroient moyen
du mêmc eilieu. Au licu de
au bout
y a mis enfuite de petits caiffons palettes fans on
fond., & après cela d'autres dont
fonds étoient
de trousde
les
à préfent on RETAN fcre d'une elpéce taricre; de
fccaux affez grands attachez à de fortes
perches pofées fur des chandeliers
le moyen defqueis les Négres
l'eau, la
SC-EAE
battent & la remuent violemment & continuellemenr,
les fels & autres parties de julqu'i la fubftance ce que
de Ja plante fe foient mis enfemble, &
comme coagulez fuffifamment
faire corps. C'eft à prendre ce moment pour
bien jufte que l'on reconnoit la fcience
de
. En quoi conduit Pindigotier, le travail c'eft-à-dire de celui qui
confille
de lIndigoterie.
la feien-s'il fait ceffer de battre un
Car
Ce de le grain
peu trop tôt,
l'Indigoquin'eft pas encore formé
tier,
meure répandu dans l'eau fans couler de- &
s'amaffer au fond de la cuve, & fe
avec l'eau quand on eft obligé de la perd lacher, ce qui caufe une perte confidérableau proprictaire; ou, , fiétant forméon
continuedela battre, on le diffour, & on
tombe dans le même inconvénient. Il
ceffer de battre un
Car
Ce de le grain
peu trop tôt,
l'Indigoquin'eft pas encore formé
tier,
meure répandu dans l'eau fans couler de- &
s'amaffer au fond de la cuve, & fe
avec l'eau quand on eft obligé de la perd lacher, ce qui caufe une perte confidérableau proprictaire; ou, , fiétant forméon
continuedela battre, on le diffour, & on
tombe dans le même inconvénient. Il --- Page 371 ---
Frangoifes de I Amérigue. 287
faut donc prendre ce moment, & aufli-1694- de
Ta trouvé il faut ceffer
tôt qu'on laiffer
la matiere.
battre, &
repoler trouver d'unc petiOnfe fert pourle
à
taffe
deltinée uniquement
te
d'argent la
de cette cau
cet ufage 5 on remplit battent, & fependant
les Négresla la fécule fe
Ion
Rec remarque que
que aul fond de la talle, ou qu'elle
précipite répandué, on ceffe, ou on condemeure
tinuc de battre.
Général imprimé à du Erreur Pere
Le Diétionnaire fort féricufement fur Plumier
Trévoux,sapported foi du Pere Plumier Minime 9 téc rappor- dans
la bonne
ptis de l'eau dele Dicl'indigotier ayant
tionnaique barterie dans fa taffe, crache dedans, 2 rc de
la
eft formé, 7 la fécule fcTrévoux
& que fi lIndigo aufli-rôt au fond de la tafle, &
précipite lorsil fait ceffer le travail de la batpour finon il le fait continuer. Cc n'eft
terie,
feule rencontre qu'on a
pas dans cette
& de la fimplicité
abufé de la crédulité J"'en ai été témoin
du Pere Plumier. occalions, & peut.etre en
dans d'autres
dans la fuite de
dirai-je quelques-unes C'eftà quoi sexpolent
ces Mémoires. fairedes Relatio ons d'un
ceux qui veulent
qu'en palfant &
pays qu'ils ne voyent Ils s'adrellent foucomme en courant. inftruits de CC quils
vent à des gens peu
I --- Page 372 ---
288 Nouveanx
AuX
1694. veulent
Foyager
IRes
: dire
Içavoir, & qui aiment mieux leur
une lottifc que de
rans 5 & encore plus
pour ils ignobent
tomEatete
sentre les mains de certains railleurs de profeflion dont les Ifles font
allez bien pourvàès, qui fe font un
fir de leur en donner à garder afin de plai- les
tourner en ridicules quand l'occafion
s'en préfente. Je n'ai guéres connu
d'homme plus aifé à tromper
ce
bon Religieux. Il avoit un talent que merveilleux étoit
pour deflignet les plantes, & il
en état de faire des
achevez dans ce genre là s'il s'y ouvrages fit renfermé, mais il eft tombé dansune infinité de bévàés pour avoir voulu fortir de
fa fphere, 3 dontcelle que je
ici
n'eft pourtant pas une des plus temarque confidérables.
laiffe Après qu'on a ceffé de battre, , on
repofer la matiere, la fécule fe
amaffe précipite.au fond de la cuve, & s'y
l'eau comme une clpéce de boiie, &
elle déchargée de tous les fels dont
avoit été
dellis, & s'éclaircit. imptégnée Pour lors farnage au
vre les robinets
on oula batterie à différentes qu'on a pratiquez dans
diftances du
fond, & on laiffe écouler cette cau
& quand on cit arrivé à la fuperficic 3
de
, la fécule fe
amaffe précipite.au fond de la cuve, & s'y
l'eau comme une clpéce de boiie, &
elle déchargée de tous les fels dont
avoit été
dellis, & s'éclaircit. imptégnée Pour lors farnage au
vre les robinets
on oula batterie à différentes qu'on a pratiquez dans
diftances du
fond, & on laiffe écouler cette cau
& quand on cit arrivé à la fuperficic 3
de --- Page 373 ---
Trançoifts de TAmtrigne. 189
de la fécule, on ouvre les robinets du1694.
fond afin que toute la fécule tombe
dans le diablotin ou repofoir. C'eft là
qu'on la laiffe fc ralffeoir encore un peu
on la met dans
de tems ? après de toile quoi de
à dixdes fachets
quinze oû elle
huit pouces taillez en 'da pointe, refte de l'eau
acheve de fe purger"
qui étoit encore reftée entre fes parties.. dans
Quand ccla cft achevé on l'étend de
des caiffons de trois â quatre pieds
long fur deux pieds de
2 & en-: & de Maniere faire
viron trois pouces de
fécher
EE
à l'air pour la faire fécher Vindigod
on l'expole
entierement.
On obferve de ne la point expofer
la couau foleil féchant qu'il , mangeroit & on a un trèsleur en
ETpa
grand foin de la garder de la
€,
la dilloudroit & la
-
F
parce qu'elle
roit enticrement.
les chenil- Ce
Il arrive quelquefois
sfaur T
les fe mettent dans
& pour re
RRLSEI qu'on les fouffre elles mangentln (o
peu les
fouvent mème Tufraita mettent
toutes
esal.te
l'écorce & le bout des branches > l'indigo. dans
& qu'à font mourir les fouches ;' c'eft
tems de vouloir les
at.tie
dre (on
de ravager toute une
ou les empècher
piéce,en leur coupant chemin N quelTome I. --- Page 374 ---
290. Nowveaux Tayages AHX Ifles
3694- que foffé, Le plus sûr eft de
promprement T'indigo à quelque E
qu'il foir, & de jeiter peie mèle dans
la trempoire les plantes & les chenilles, 9
elles rendent en crevant ce qu'elles ont
dévoré, & lIndigo n'en eft pas moins
beau.
Il cft vrai que quand la plante n'a
pas atteint fa parfaite maturité > elle
rend beaucoup moins ; mais plufieurs
expérienées ont fait connoitre que la
couleur qui en vient eft beaucoup plus
belle, de forte qu'on gagne d'un côté
ce qu'on perd de l'autre.
Je voudrois ne pas attendre une fi
parfaite maturité pour couper la plante. Peur-ètre quc tout le fecret de ceux
dont on vante l'Indigo au préjudice du
nôtre, n'eft. que de couper Pherbe dans
le tems ou clle rend une couleur plus
vive.
Jai expérimenté qu'en laiffant des
Cochenilles far des pommes de raquettes qui étoient trop mûres, au lieu d'ètre rouges clles deviennent feuillesmortes, comme le fruit dont elles s'6toient nourries. La même chofe pourroit bien arriver à l'Indigo, & ce
je propofe ici n'eft pas un doute a
fondement, puilquil'efta appuyé fur l'ex-
le tems ou clle rend une couleur plus
vive.
Jai expérimenté qu'en laiffant des
Cochenilles far des pommes de raquettes qui étoient trop mûres, au lieu d'ètre rouges clles deviennent feuillesmortes, comme le fruit dont elles s'6toient nourries. La même chofe pourroit bien arriver à l'Indigo, & ce
je propofe ici n'eft pas un doute a
fondement, puilquil'efta appuyé fur l'ex- --- Page 375 ---
Fraxçeifes de TAmerigne. 291
périence certaine que je viens de1694
rapporter, qui prouve évidemment
coupée en
matie
la mème plante des, couleurs différentes
âges > produit
ce Expeen beauté. Je ne tifquerois pas
rience
confeil à des gens artachez à leur in- propofée
térèt, ou qui regardent plurôt la quan- Ede
tité que la qualité de leur marchandlife 5 l'indigo
mais il me femblen'avoir rien à crain- ta.
dre du côté de nos infulaires qui font
généreux & magnifiques quelquefois leur
jufqu'au de-là de leurs forces : je
confeille donc de faire différentes épreuves fur le terrain , la faifon, l'age de.
la plante l'eau qu'ils emploient pour
la faire tremper, ie point de la ditfolution; > > &c. Et je fuis fir qu'avec un:
de tems, de travail & de parience
K feront de l'Indigo
égalera, &.
mème furpallera ceux pays étranlon vante le plus. Les habigers
faint:
tans C
Domingue (çavent qu'en
1701. leur fucre brut étoit d'une trèsmauvaife qualiré , & qu'il ne fe faifoit qu'avec des peines infinies, &
tout le monde convient à préfent 2
leur afliduité &
1aus
par. recherches, leur travail, il eft devenu autant & plus
eftimé que celui des Ifles du Vent 2
la
Pourquoi ne pourra-t-on pas efpérer
Nij --- Page 376 ---
192 Nauveanx Poyages AuX Ites
1694 mème chofe de l'indigo.
Le fieur Pomet, Auteur de l'Hiftoire
générale des Drogues ; dit dans fa
miere partic, chap. IO. quc les
iadiete
du Village de Sarquelfe , proche d'AIndigo madabat, 3 ne fe fervent que des fetiil-'
de Sat- les de lindigo, & jettent la plante &
com- queffe > les branches 5 - & que c'eft de cet cn-
& ment fait. il droit - là que vient l'Indigo le plus
cftimé.
Je fuis allez de fon fentiment, car
nous voyons que les gens
prennent
la peine d'égrainer le
avant de
talif
le mettre dans la cuve, & qui rejettent
abfolument la grappe 2 font un vin
beaucoup meilleur, parce
la
pe contient toujours un
Rde qui erte
mèle avec le fuc du grain en foulant
& pre@igant lun & T'autre, & par une
femblable raifon la plante de Findigo
doit contenir un liquide bien moins
parfait en couleur que celui qui eft
dans les feiilles 2 mais il faut avoir la
patience & le tems des Indiens pour
entreprendre un tel ouvrage, & trouver des ouvriers à aufli bon marché
en trouve en ce pays-lai-, fuppo2e que le fait foit véritables comme le
fieur Pomet l'écrit fur le rapport du
ficur Tavernier. Quoique je fois fort
femblable raifon la plante de Findigo
doit contenir un liquide bien moins
parfait en couleur que celui qui eft
dans les feiilles 2 mais il faut avoir la
patience & le tems des Indiens pour
entreprendre un tel ouvrage, & trouver des ouvriers à aufli bon marché
en trouve en ce pays-lai-, fuppo2e que le fait foit véritables comme le
fieur Pomet l'écrit fur le rapport du
ficur Tavernier. Quoique je fois fort --- Page 377 ---
Frangeifes de PAmerigué 293 1694
ami des expériences qui peuvent
une
Core
à
plus
ter nos Manufachures
celleperfedion 2e > je n'oferois propofer où elle engaci a caufe de la dépenle
faire, 5 8c
geroit ceux qui la voudroient
ne la
le
qu'ils en tireroient
que profir
pas; cependant E
paycroient
des Indiens
donne ici
pratique
me
TEra
Sarqueffe, afin de nepouvoir chofe pas
d'avoir omis une
reprocher
à ma
NE
ètre de quelque utilité
peur
tion.
doit être fi léger qu'il bon
Le bon Indigo
gatr
il enfonce & plus Indigo,
fotte fur T'eau, d'un plus mélange de terre >
il. eft fiufpedt d'ardoife pilée. Sa coude cendre êrre ou d'un bleu foncé tirant
leur doit
vif, éclatant >
fur le violet, > brillant, beau dedans que deil doit être
luifant & comme arhors, &
e
genté.
pefant par rapport à fon
S'ileft trop il faut s'en défier , & chervolume, s'éclaircir de fa qualité :. car
cher à il eft fouvent à un prix confi- que Fraudes l'on
comme dérable, il cit bon que ceux qui l'ache- ie. peut fai
foient avertis des fraudes qu'on y
tent
pourroir commettre. eft de
battrela plante
La premiere
ERL confamer endans la trempoire,afin
Niij --- Page 378 ---
294 Noniveatix Yroyages AuX Ifes
1694. tierement les feiilles & l'écorce de Ia
plante. Il eft conftant que l'on
mente très- confidérablement la augtité de la matiere par cette
mais
angoutont
IIndigo en elt beaucoup moins
beau, il ett noirâtre,
-
plus propre à être
épais > pefant &
ployé.
jetté qu'à êtrc emLa feconde, 2 eft de méler des cendres > de la'terre s d'un certain fable
brun- & luifant
qu'on trouve affez
communément de
dans les ances au bord
la mer, & fur tout de l'ardoife
léc dans la fécule à mefiure
pitombe dans le diablotin, & bien qu'elle
muer le tout, afin de le faire
rcrer, & que la fraude ne paroiffe incorpo-
& cette fraude fe commet bien pas,.
facilement dans lIndigo qui eft plus
-que dans celui qui eft en tablettes pilé,
parce qu'il eft très-difficile que ces corps >
étrangers fe lient fi bien enfemble
qu'ils ne fallenc en bien des
comme des lits de matiere différente endroits,
& pour lors en rompant le inorceau >
d'Indigo 2 on les y remarque facilement.
Voici deux expédiens dont on
fe fervir pour connoitre la bonté ou peut la
mauvaile qualité de l'Indigo, Le
pre-
-que dans celui qui eft en tablettes pilé,
parce qu'il eft très-difficile que ces corps >
étrangers fe lient fi bien enfemble
qu'ils ne fallenc en bien des
comme des lits de matiere différente endroits,
& pour lors en rompant le inorceau >
d'Indigo 2 on les y remarque facilement.
Voici deux expédiens dont on
fe fervir pour connoitre la bonté ou peut la
mauvaile qualité de l'Indigo, Le
pre- --- Page 379 ---
Françoifes de PAmtriqie. 295
mier eft d'en faire diffoudre un mor- 1694.
ceau dans un verre d'eanss'il eft pur
& bien fait il fe diffoudra entierement,
mais s'il cft falfifié la matiere étrancoulera au fond du Verre. Lefegere cond eft de le brûler. Le bon Indigo
bràle entierement, au lieu qu'on trou
ve les cendres > la terre , le fable &
l'ardoife, après que ce qu'il y avoit de
véritable eft confumé.
L'Indigo fe vendoit aux Ifles duVent
trois livres dix fols
en 1694. depuis livres la livre, felon la
jufqu'à beauté quarre & le nombre des bâtimens qui
étoient en charge. Je l'ai vû depuis
bien au-deffous de celui-la . :
à un prix
l'habitant ne laiffequoiquil en foit,
roit pas de faire un profit rrès-confidérable s quand il ne le vendroit aut
fols la livre,
qu'il
quarante bien moins d'artirail LE de dépenfes
pour cette Manufacture que pour une
fucrerié.
Remarques fur PIndigo.
vais donner ick
Les Remarques que je très-expériviennent d'une perfonne des Manufacmentce dans la conduire
tures de draps & dans les teinturesz
Niv --- Page 380 ---
296 Nonveaux Mopager AHX Ifes
1694. Quoique cet homme habile ne foit
tout à-fait de mon fentiment , fes pas remarques font trop judicieufes pour en
priver le Public. Eiles ferviront même
a ceux qui s'appliquent à la Manufacture de fIndigo. Il faut qu'un Ecrivain
ne néglige rien de ce qui vient àfa connoiffance, qui peut être utile à fal Nation : les voila teiles que je les ai regucs.
L'Indigo de Guatimala produit un
double effet de celui de S.
avec
du premicr employé Domingue dans
cuve EE paftel, il produit une couleur une
charmante, il fait un bleu foncé, qui
fournit dans teutes les nuances inferieures pendant un très-long-tems, fans
changer ni s'épuifer; les nuances claires
de bleu ont toujours un ail clair &
azuréqui fait plaifir à voir, au licu
le Saint Domingue ne fournit prefque que
point de nuances claires, ou bien ellcs
font ternes.
Le Pere Labat reprend le Pere du
Tertre qui avoit avancé dans fes
ges de l'Amérique
IIndigo des Voya- Indes Orientales Tecgdte meilleur
S.
que le
Domingue ; mais on peur lui
dre que les Hollandois qui en
mie & en
nuances claires
de bleu ont toujours un ail clair &
azuréqui fait plaifir à voir, au licu
le Saint Domingue ne fournit prefque que
point de nuances claires, ou bien ellcs
font ternes.
Le Pere Labat reprend le Pere du
Tertre qui avoit avancé dans fes
ges de l'Amérique
IIndigo des Voya- Indes Orientales Tecgdte meilleur
S.
que le
Domingue ; mais on peur lui
dre que les Hollandois qui en
mie & en connoiffance fur le commerce --- Page 381 ---
Françoifes de TAmérigue. 297
farpaffent anjourd'hui tous les peuples 1694
de la terre , s'en fervent & beau,deux CII payent, fois
lorfqu'il eft parfaitement! Il eft donc
plus que du S. Domingue.
naturel de penfer que celt à julte titre,
& à caufe que fa qualité & fes effets
font très- lupérieurs à ceux du dernier. Ilya une autre preuve de cette verité. Le S. Domingue provient des feiilles, de l'écorce & du bois de la plante
appellée Indigo ; & le Guatimalo au
contraire ne provient que de la fenle
feilille. Or comme parmi les tromperies
qu'on peut faire au premier poue le
vendre plus abondant &c plus pe(ant s
une des principales eft de laiffer pourir
la plante entiere dans la premiere cuve, du
afin
les
les plus groflicres
ESE PARE il s'enfuit parl la raifon des contraires qu'un Indigo fait avec
la feuille feule &c fans la plante qui ne
fournir qu'une fubftance grofliere
tt terreufe, 2 doit être beaucoup
fon effence,
celui
PUs
parfair dans
que
dcla plante aura pourri dans quelque
gré moderé qu'on puilfe le fuppofer.
Le Pere Labat rapporte bien cette
différence, > mais il prétend qu'il faut
avoir toute la patience des Indiens de
Ny --- Page 382 ---
298 Nowveanx Foyagen anx
1694. Sarqueffe & de Guatimala Iles
de fIndigo avec les feiilles > pour faire
que lc tems eft fi cher à S: feules, &
ne fçauroir fuivre cette Domingue méthomais
ce
gom
d'une feule puifque Pere ne parle
plante d'Indigo , - il quequ'il ne Içait pas qu'il y en a de
dans ces
Facit
elpéces
pais. L'une qui ieft
dont on fe fert communément à S. celle Domingue, timalo & l'autre dont on fait le.Guadans la nouvelle Elpagne. Leur
différence eft grande, & c'eft d'elle
vient celle qui fc trouve dans Ces deux que
Indigos. La premiere eft petite & mince,& ne s'élance au-deffus de la
face de la terre que de deux pieds fur- ou
environ. La feconde devient de la
teur d'un homme & même
hanfe fert point de celle-cid S. plus. On neDomingue,
parce que le tronc ni les branchages ne
pourroientpas fermenter nipourtirgc'eft
pourquoi on donne la préférence au
premicr. Sil'on fe fervoit de ce fecond,
quieft l'Indigo de Guatimala, les feiilles qui font beaucoup
grandes &
mieux nourries tfie infiniment
plus de fubftance que celles du perit, &
défaut fupoléroient de
ainfien quelque façon au:
la plante, d'autant micux
dans la. faifon des pluycs, les feiiilles que de
fermenter nipourtirgc'eft
pourquoi on donne la préférence au
premicr. Sil'on fe fervoit de ce fecond,
quieft l'Indigo de Guatimala, les feiilles qui font beaucoup
grandes &
mieux nourries tfie infiniment
plus de fubftance que celles du perit, &
défaut fupoléroient de
ainfien quelque façon au:
la plante, d'autant micux
dans la. faifon des pluycs, les feiiilles que de --- Page 383 ---
Frangoifes de Amerigne. 299
reviennent dans toute L6g4
la grande elpéce bout de deux ou-trois
leur grandeur au les différentes ciicil.
jours, en forte que faire fourniroient
lettes qu'on en peut d'Indigo & plus
autant & même plus
Il eft vrai
parfait
l'autre efpéce.
effeiilqu'il Tatirat plus de tems pour arracher le
ler le Guatimalo que pour
S. Domingue 2 ce qui eft à confidérer.
Mais ce tems-là ne feroit-il pas largement récompenfé : I. Par rapport
le
une fois planté
EOLSE
prenier
au
faut
plufieurs années 2 lieu qu'il
planter le fecond tous les-ans & le cultiver
avec foin pendant plufieurs mois, utilement rems à
peatend choles. qu'on emploieroit 2. Par la valeur de cet
Indigo qui feroit double de celui qu'on
fait aujourd'hui. 3* D'ailleurs, c'eft que fe
les feuilles étant dans leur maturité donc
détachent très-aifément. On penfe
faire cultiver le Guatimalo à faint
qu'à
les habirans trouveroient
Domingue
mieux leur compte qu'àl'autre:
Indépendamment de cela on pourroir
faire perfedionner la culture du petit
Indigo & le vendre plus parfait, en jet
tant dans la batteric oul feconde cuve:
quelque leffive faite avec des cendress
quand on bat la liqueur quiyel çon
Nvi --- Page 384 ---
1694. 300 Nowveaux Poyages aux Ifles
fervée, elle ferviroit
condenfer la
liqueur qui eft dans Rorte batteric > elle
ferviroit pour condenfer la fubftance de
l'Indigo qui furnage, & en la condenfant la rendre
pelante, & la faire
précipiter au
: il -
biad
arrive que l'eau
demeure claire & tranfparente, & pour
lors on la jette comme inutile; mais
cette eau le feroit-elle en effet ? on croiroit au contraire qu'elle doit demeurer
imprégnée des partics les plus volatiles
des fels de TIndigo, & par conféquent
les meilleures qui à raifon de leur
reté ne feprécipitent point avec les lege- autres principes. On voit quelquefois dans
le tems des pluyes
l'eau d'une batterie quoique RCRE de la couleur &
de la fubiiance de
battue
IIndigp 3 quelque
qu'elle foit, ne fçauroit fe dét2cher de ladite fubftance, en forte que ne
pouvant fe précipiter on la jette comme
inutile. Or il eft des cas, > ou les. parties
groflieres de cette plante, telles
font
les fouffres, ne peuvent point Rp précipiter 5 n'eft-il pas vrai- femblable de
dire que les parties les plus volatiles
des fels ne fe; précipitent jamais, &
l'eau en demcure toujours chargée. 3t
lon ccla,fi on cmployoit un alkali comme une leflive de cendres tiréc au clair,
iter on la jette comme
inutile. Or il eft des cas, > ou les. parties
groflieres de cette plante, telles
font
les fouffres, ne peuvent point Rp précipiter 5 n'eft-il pas vrai- femblable de
dire que les parties les plus volatiles
des fels ne fe; précipitent jamais, &
l'eau en demcure toujours chargée. 3t
lon ccla,fi on cmployoit un alkali comme une leflive de cendres tiréc au clair, --- Page 385 ---
Franpoifes de PAmbrigue. 301
il abforberoit ccs particules légeres, > les 1694
entraîneroit dans la fubftance, &c l'Indigo en (croit plus parfait.
a encore
L'Indigo de S. Domingue
un autre défaut capital > fans quoi on du
pourroit dans les teintures fe le paller bleu eft
paltel pour les couleurs où
confomcmployé, ce qui cauferoit une Ce défaut
mation immenfe du premier. vite les laieft que l'Indigo faifit trop fi fur une cuve de
nes.cen.-adire, que
bleu d'Indigo on veut teindre cinquante
la
laine qui
livres de laine > premiere
de
entre dans la cuve faifit beaucoup
& fait une nuance foncée ;
couleur > fuit, fe trouve en avoir une
celle quila foncée, & la derniere enfin n'a
moins
claire. Si l'Indigo ne
qu'une nuance tôt la laine, les cinfaififfoit isTesr trop. feroient de la même nuanquante cc. C'eft là une des grandes proprietés dans
du Paftel qui ifeconferve long-tems
la même nuance.
dc IIndigo dans
On coupe la plante
fa
le tems qu'elle eft dans toute Pere maf- Larité. 11 nc faudroit
dit le maturité
bat attendre une RT parfaite
> couper la plante. Peut-être que le
Ermer de ceux dont on vante l'Indigo
du nôtre, n'eft que de couau préjudice --- Page 386 ---
302 Nowveaux Voyages anx Ifes
1694. per 1'herbe dans le tems où elle rend
une couleur plus vive, &c. On penferoit en effet qu'en fuivant cette idée on
éviteroit que l'Indigo ne donnât trop
tôr fa couleur ; car cet effet peut provenir, CC femble, de cC qu'il eft
huileux, qualité qu'il acquiert dans SuCE parfaite maturité; ; au licu qu'avant ce temsli,ill'eft beaucoup moins, c'elt-à-dire,
que fon huile n'eft pas fi rarefiée, mais
plus condenfée. Cette conjechure,comme P'huile de l'Indigo trop rarefiée eft
la caufe du défaut dont ileft queftion,
n'eft pas fans fondement.
L'expéricence démontre que lar
grande humidité en rendant la Retidz
du Paftel plus grande & plus grafle en:
diminue auffi la force & la fubftance.
La feiille du Paftel ne pourra être
ciieillie que lorfqu'elle commencera de
jaunir, & qu'clle fera un peu Alétrie: On
nela laiffe ainfi flétrir
pour la mûrir davantage & lui Alre perdre une:
partie de fon fac huileux qui pourroit
nuire à la bonté du Paftel.
On voit donc le foin que l'on a de
faire perdre au Paftel fon. fuc huileux:
qui nuiroit à fa qualité.Sion en faifoit
de même à l'Indigo,on corrigeroit
être le défaut quil a. de donner ARar
le fera un peu Alétrie: On
nela laiffe ainfi flétrir
pour la mûrir davantage & lui Alre perdre une:
partie de fon fac huileux qui pourroit
nuire à la bonté du Paftel.
On voit donc le foin que l'on a de
faire perdre au Paftel fon. fuc huileux:
qui nuiroit à fa qualité.Sion en faifoit
de même à l'Indigo,on corrigeroit
être le défaut quil a. de donner ARar --- Page 387 ---
Françoifes de PAmerique: 303
ture trop vite. Cela eft d'autant plus
le panta
parent, , qu'on
penfer que
& l'Indigo font RSer mêmes plantes; pour
s'en convaincre, iln'y a qu'a comparer: Lala defeription de FIndigo par le P.
bat avec les Réglemens donnés fur la:
culture du Paftel, & on y trouvera bien
du rapport à différens égards. Verd font
Enfin , les Négres du Cap ils écailIeur Indigo fort implement; ;
les:
lent les feuilles feules 9 les pilent,
réduifent en pâte, dontils font despains: aufli
qu'ils font fécher au folcil. C'eft
prefque la méthode que l'on fuit pour
le paltel, les Anglois font très-avides:
de cet Indigo.
Fin des Remarques fur FIndigo.
Après avoir rapporté en entier les:
remarques ou les objections, ou plurôt
la critique que lon a faite fur ce quejsi
écrit de l'Indigo des Illes ; je crois ne:
pouvoir me difpenfer d'y répondre 27
moins pour foutenir mon fentiment
raifonnable, que
mte
me paroit
& donner licu pour à perfeccir la matiere
qut peut etre:
tionner cette mannfaéture
ceux
tesavantageule, fur tout pour
qui
font des défrichés nouveaux > & qai --- Page 388 ---
304, Nowveaux Voyages aux Iles
1694. commencent une habitation.
On ne contefte point aux Hollandois
la qualiré d'économes, ils le font en effct bien plus que beaucoup d'autres Nations 5 outre cela ils font patiens & laborieux, ils (çavent enfin le commerce,
il fort de chez cux des chofes d'une
grande perfedtion; voilà bien des louanges, ils les méritent. Nos François ont
eu de la peine à les atteindre, ils en font
pourtant venu à bout, & fans fortir de
notre Ille nous voyons que les draps
qu'ils
dans lel Levant, fontapréfent Menat au-deffous des nôtres
pour la fineffe, l'utilité, la couleur > foit &
la bonté. On voit par ce perit échantillon que la préférence qu'ils donnent à
l'Indigo des Indes Orientales,n'eft
un motif fuffifant pour nous
pas
à méprifer celui de S. Domingue, obliger Ils
ont leurs raifons. Leur commerce eft
établi dans ces pais, ils y vendent leurs
marchandifes, 'il eft jufte qu'ils
nent des marchandifes du pais prenleurs retours. On peut croire que pour c'eft
là une des principales raifons dc leur
préfétenice & peut-être l'uniquc.
L'Auteur des remarques fe trompe
quand il dit que l'Indigo de S. Domingue provient des feiilles, de l'écorce &
iger Ils
ont leurs raifons. Leur commerce eft
établi dans ces pais, ils y vendent leurs
marchandifes, 'il eft jufte qu'ils
nent des marchandifes du pais prenleurs retours. On peut croire que pour c'eft
là une des principales raifons dc leur
préfétenice & peut-être l'uniquc.
L'Auteur des remarques fe trompe
quand il dit que l'Indigo de S. Domingue provient des feiilles, de l'écorce & --- Page 389 ---
a Frangoifes de PAmbrique. 305
du bois de la plante appellée Indigo ; 1694-
& que le Guatimalo au contraire ne provient que de la feule feiille, & que la
tromperie qu'on peur faire eft de laiflere
le bois, afin qu'il fc diffolve &c
pourrir ainfi la quantité de la maaugmente
ticre.
on
la plante
Ceft ine erreur,
coupe de terre &àla
à cinq ou fx pouceshors
&
naiffance des premiers branchages,
on la,met ainfi dans la trempoire, premiere cuve ou pourriture, comme on
la voudra appeller > l'eau dont la cuve
chaleur du climat & les
cft remplie, font ,la furmonter cette eau > les
rofées feiilles de la plante fe détachent , &
peur-ètre l'écorce qui eft très mince >
mais pour lebois il demeure tout entier,
& Sicela arrivoit,
il ne fe diffout point,
la matiere;
commeileft blanc il gâteroit
quand on a remué fortement tout ce
qu'on a jetté dans la cuve pour en détacher les fetiilles > on en tire tous ces
& on les jette commenus branchages, n'eft
la fetille
me inutiles, ce
que l'eau & qui a
fe confomme qui épailht
la matiere de lIndigo. les deux efpéces
On connoit partout & la
j on
d'Indigo - 2 la grande de la petite font
fçait que les feuilles
grande --- Page 390 ---
306 Nowveaux V'syager aux Ifles
1694. plus grandes, plus charnuès, mieux nour
ries
celles de la perite. On les cultive 1 S. Domingue comme à Guatimala; mais la grande demande une terre plus profonde & plus graffe, Les terTes de S. Domingue ont la même vertu
que celles de Guatimala, & produifent
dabord la grande clpéce, mais comme
elles ne fonr pas ni fi
ni
de
graffes
fi
fondes > elles fe laffent
& proplutôt >
la
dégénere & ne croit
> ni fi
fi touffié;c'eftla
(aet
nienr
quoi on eft obligé d'arracher les
ches &
FOR
de dép'anter l'Indigo tous les
deux ou trois ans.
Je conviens qu'il feroit plus à propos
d'effeiiller les plantes
de les couper
a cinq ou fix pouces a2ie terre s
feroit peut-être plus beau; mais fIindigo ce n'eft
pas le point de la difficulté, c'eft la maturité de la feiiille > car fielle eft
mire elle fe fanne, & la couleur man- trop
que de la vivacitéqu'elle doitavoir pour
produire un Indigo azuré > il eft plus
terne, & ce défaut peut fe trouver dans
le Guatimala, comme dansle S. Domingue s fi on penfe dans le même
cipe. Voilà le véritable défaut
prinpeut éviter avec trop de foin. qu'on ne
Le refte de cette objection n'a
befoin d'autre réponfe,
pas
car fielle eft
mire elle fe fanne, & la couleur man- trop
que de la vivacitéqu'elle doitavoir pour
produire un Indigo azuré > il eft plus
terne, & ce défaut peut fe trouver dans
le Guatimala, comme dansle S. Domingue s fi on penfe dans le même
cipe. Voilà le véritable défaut
prinpeut éviter avec trop de foin. qu'on ne
Le refte de cette objection n'a
befoin d'autre réponfe,
pas --- Page 391 ---
Françoifes de PAmerique.
L'avis que donne l'Auteur des remar- 1694
ques de jetter dans la batteric condenfer quelque la
leflive de cendres, afin de
fubftance de l'Indigo qai furnage,
un
tout contraire a fon
FE
duiroit
effet
*
tention, & je fuis sûr qu'il ne l'auroit
avoit fait réféxion
pas hazardé,sil fert à
les matieres Ss
la lellive on la purger jette, & à faire veniraudeffis lefquelles la craffe & les écumes qui les gatent & empêchent qu'elles fe purifienr, On
&c jamaisà condenfer le bon grain.
jette del la leflive dans les chandieres,o
T'on fait bouillir le jus des cannes pour aflez
en faire du fucre. J'ai développé Traité
en détail ce miftere dans le évidemment que
jai fait du fucre. Il
la craffe,
qu'elles ne fervent
féparer
le
LETE
la graiffe & les autres impuretés que elrenferme en fortant de la canne,
jus les incifentspour ainfi dire,toures les
ties, clles les nétoyent & les
RRE
le grain fe forme en cuifant : voilà où
fe terminc toute l'aétion de la leffive. leflive
Ne peut on pas dire que la n'auroit
qu'on jetteroit dans l'Indigo
point d'autre effet, 2 mais 1 ne s'agit
point de cela. L'Indigo n'eft qu'une il
pourriture de la feiiille de la plante s
n'y a rien à purificr > la feille toute: --- Page 392 ---
308 Nowveaux Toyages AUX Ifes
1694. feule eft la matiere de
il
a rien à incifer, point d'écumes lIndigo, à enle- n'y
ver, on ne fe fert point de
feroit donc la leffive: la diffolution feu, que de
la feiiille tombe d'elle-mème par fa
fanteur au fond de la cuve, les parties pes'uniffant s'aglutinent les unes aux autres > & en
elles pouffent en haut les
ties dc l'eau qui font plus légeres parles, & voilà la formation de FIndigo qu'el- de
toutes les parties du monde.
Un défaut capiral de lIndigo de faint
Domingue eft de faifir trop vite les laines.L'Auteur des remarques a oublié de
nous dire fi celui du Guatimala & des
Indcs Orientales ont ce défaur, Ou non.
Si ces deux derniers ont befoin d'un mèlange de Paftel comme il paroit trèsprobable s pourquoi le mettre fur le
il compte de particulier de S. Domingue ?
ya
linjuftice. Comme je n'ai point
parlé du Paftel qu'on peut
comme une elpéce
regarder
trerai point dans cette d'Indigo, > je n'enme regarde
difpure > elle ne
à chercher les point, c'eft aux Teinturiers
la couleur
moyens d'empêcher
ne failiffe trop vite les
nes
2t
3 foit en mettant dans l'eau une
moindre quantité d'Indigo, & en
mentanr peu à peu la quantité julqu'à aug- ce
je n'ai point
parlé du Paftel qu'on peut
comme une elpéce
regarder
trerai point dans cette d'Indigo, > je n'enme regarde
difpure > elle ne
à chercher les point, c'eft aux Teinturiers
la couleur
moyens d'empêcher
ne failiffe trop vite les
nes
2t
3 foit en mettant dans l'eau une
moindre quantité d'Indigo, & en
mentanr peu à peu la quantité julqu'à aug- ce --- Page 393 ---
Frangoifes de Amérigne. 309
les laines ayent pris la couleur qu'ils 1694.
que fouhaitent, foit en remuant leurs laidans la cuve quela
nes fi promptement également
tout,
couleur fe répande
par
&
il faut tenter différentes expérien.es,
corriger les unes par les autres. eft, dit-on,
f L'indigo de S. Domingue
huileux, s & c'eft peut-être parce
trop le ciieille trop tôt. Cette idée
qu'on
&
ne l'être
peut être jufte 2
être
Mais ce défaut
NE
la
Eme
celui qui fuivroit fi on ne ctieilloit de fa
plante que quand elle eft au-deli
maturité, & que fes feiilles font un
vient des
Reaties
fétries, la couleur qui
de la
fuit néceffairement la couleur feroit
feiille; ainli au lieu que l'Indigo il feroit terne
d'un bleu foncé & azuré,
& approcheroir du feiille-morte. dans les
Nous en avons Texpérience nourriffent les
fruits de Raquettes Dès
L fruit efttrop mûr
cochenilles. couleur que incarnate fc chan-
&c que fabeile couleur de rofe féche 2 les
ge en une
la mème coulcur,
cochenilles chofe prennent arrivera à l'Indigo, c'eft
la même
faut éviteravec foin.
doné cC qu'il
huile
bien
Quant à fon
prétenduit. dire
loin
ce foit un défauts on peut
3Ea ce qui lui fait pénétrer plus
que --- Page 394 ---
310 Nouveaux Froyages aux IRes
1694. aifément les laines, & quit l'y retient; des
gens habiles & patiens peuventcorriger
ce défaur par dcs expériences réitérées
& refléchies.
Il eft vrai que les Négres da Cap Verd
font de rindigo, qu'ils ne prennent
les feililles, qu'ils les
que
pilent, qu'ils en
font une pâre qu'ils font fécher au foleil, & c'eft prefque la méthode
l'on fuit dans le Paitel.
que,
Les Négres mettent de l'eau dans lc
mortier ou ils pilent les feiilles de la
plante de l'Indigo, ils en font une pâte
qu'ils laiffent fécher à l'ombre, & non
au foleil. La chaleur du foleil en confommant l'eau ou l'humidité fuperfue
mangeroir une partie de la couleur.
L'indigo vient très-bien le long de la
Riviere du Senegal. Il y a long-temps
que M. André Brue qui a été bien desannécs Directeur & Commandant de la
Compagnic Royale du Sencgal 2 2 s'eft
donné de grands mouvemens pour engagerla Compagnie d'entreprendre cette
Manufaéture qui lui auroit été très-utile. Les changemens arrivez dans cette
Compagnie en ont empèché l'effet. Il
eft certain que IIndigo de ce pais eft
très-beau, & pourroit être plus
fi on s'appliquoit à le faire, 2 comme parfair il
faut,
Directeur & Commandant de la
Compagnic Royale du Sencgal 2 2 s'eft
donné de grands mouvemens pour engagerla Compagnie d'entreprendre cette
Manufaéture qui lui auroit été très-utile. Les changemens arrivez dans cette
Compagnie en ont empèché l'effet. Il
eft certain que IIndigo de ce pais eft
très-beau, & pourroit être plus
fi on s'appliquoit à le faire, 2 comme parfair il
faut, --- Page 395 ---
(RPJCB --- Page 396 ---
Tmspes 3u.
Tortie R eene
dre
Taurere R --- Page 397 ---
Frangoifes de PAmerique. CHAPITRE XIL
de Tortnés e
Des diférentes de elphes les prendre, G de
manieres
quelques Antres Poiffons.
Mars, veille de la
Metcredi 17 me trouvai à une
, je Michel fit- faire
LEME
grande pêche que Macouba M.
& aux envidans Tance du
voir mettre la
rons > & le foir j'allai lc filet que l'on tend
folle, c'elt-à-dire, des Tortués. Ceci m'enpour prendre remettre à un autre en-.
gage à ne pas des différentes S manieres
droit a parler les
car il) y en a pludont on
prend, trois les
en ulage
fieurs. En voici
plus
dans les Ifles.
La premiere eft de lesobferver.quand ceufs dans
elles viennent pondre leurs viennent fimle fable, ou quand elles
où elles
reconnoitrel le terrain,
plement veulent venir pondre. Sion remarque
leur train ou leurs traces fur le fable, mèil eft infaillible que fi on vient au
me lieu le dix-feptiéme jour après trouve qu'on la
a fait cette découverte, on data ces deux
Tortuc qui vient pondre; --- Page 398 ---
312 Nowveaux
aux IRes
1694. rencontres on prend LEOME Tortue
Premiere côté, & on la renverfe
par le
mnaniere sûr
furle dos, bien
de prenqu'elle nc fe retournera
ou
dre les fe remettra pas fur le
pas,
ne
Tortuès
ventre pour s'enen les fuir, fic'cft une Tortuë franche, car
tour- a l'écaille du dos
elle
nant.
platte, & par conféquent peu propre à tourner. Il n'en
eft pas de même du Caret qui eft une
autre elpéce de Tortue dont Pécaille eft
précieule, > & la chair de peu de valeur
comme ila le dos plus rond, &c
eft 5
extrémement vif,il fc remuë
ment & fc
let
remet fur fon ventre :
l'en empécher, on met de
pour
autour de lui, > ou bien on grollespietres le tuc,
te maniere de prendre les
Cet-,
pelle, tourner la
Tornis,s'apTortuë, , & on la
que ordinairement à l'Ifle appellée prati- la
Tortille, & autres endroits pcu habitez,
où les barques vont faire la
de
Ce poiffon.
pêche
Seconde La feconde maniere eft deles
maniere quand elles
varrer s
en les
viennent fur l'eau
Yarrant, prendre l'air, ou fouffler comme pour on
parle aux Iles, car eiles viennent de
tems en tems fur l'eau pour
autrement
refpirer,
elles étoufferoient. Lorfqu'on veut varrer ou prendre les Torzucs à la varre > on va la nuit avec
un canot dans les endroits oi l'on a remarqué
poiffon.
pêche
Seconde La feconde maniere eft deles
maniere quand elles
varrer s
en les
viennent fur l'eau
Yarrant, prendre l'air, ou fouffler comme pour on
parle aux Iles, car eiles viennent de
tems en tems fur l'eau pour
autrement
refpirer,
elles étoufferoient. Lorfqu'on veut varrer ou prendre les Torzucs à la varre > on va la nuit avec
un canot dans les endroits oi l'on a remarqué --- Page 399 ---
RPICI --- Page 400 ---
Dmupo 312
Maniere deVurer leas Tortiies
Dorade et porssons volans --- Page 401 ---
Frangoifes de PAmbrique. 313
d'herbes coupées fur 1694.
marqué beaucoup de l'eau 2 car c'eft une marla furface
a des Tortuès en
que certaine quil y T'herbe en paif
cet endroit, qui coupant échapper quelfant, en laiffent toujours
fur
partie qui monte & furnage eft fur le
RecF Celui qui tient la varre
de
bout ou la prouë du canot. Le mot
DeferipVarre eft Eipagnol,il fignifie une gaule tion de
celle dont on fe fert en la yartes
ou perche 5 eftde fept à huit pieds de
cette pèche & d'un bon pouce de diamélongueur
comme la hampe d'une
tre, à peu près On fait entrer dans un des
halebarde. cloud Carré de fept à huit
bouts un
compris la dotiille
de long y cette doiille a une
Ema il fait partic 5
boucle ou anneau de fer, ou
eft attachée une
aree
ment un trou,oà
roulée fur l'ague corde proprement où un des bouts eft aufli
vant du canot,
eft aufli attachéc
artaché, &c la hampe dontle varreur
à une autre petite corde
donc étant
tient un bout. Le varreur
la varre
debout fur l'avant du canot >
à la main droite , examine tout autour
de eluis'il voit paroitre quelque Tortué 2
eft affez aifedurant la nuit, parce
cC qui
botilloner la furfacede l'eau 1
qu'on voit où la Tortue veut lever la
à l'endroit
O
Tome I.
artaché, &c la hampe dontle varreur
à une autre petite corde
donc étant
tient un bout. Le varreur
la varre
debout fur l'avant du canot >
à la main droite , examine tout autour
de eluis'il voit paroitre quelque Tortué 2
eft affez aifedurant la nuit, parce
cC qui
botilloner la furfacede l'eau 1
qu'on voit où la Tortue veut lever la
à l'endroit
O
Tome I. --- Page 402 ---
314 Nowveanx Poyages anx IRes
1694. tête
fouffler, , ou fi la Tortue
fur SEcord ou' qu'un mâle foit attaché dort
une fémelle > ce qu'on
à
valage, l'écaille
reluit appelle & un Cachit la lumiere SOiL la lune
qui refléles la lui fait
ou des étoiappercevoir aufli-tôr, a
quoi on doit ajotiter que dans les nuits
les
obfcures, il refte toujours fur la
de la terre
EAu
de lumiere
& des eaux un peu
fe
qui eft fuffifant à ceux qui
couchent fur le ventre pour voir à
une diftance affez confidérable
d'eux. Dès qu'il apperçoit la Tortué autour
il marque avec le bour de fa varre à 3
celui qui conduit le canot, lc lieu où
il faur aller; & quand il eft à
de la Tortue il la varre, c'eft à- portée dire
il'la frappe. : & la perce avec le clou ,
qui eft anté dans la. hampe. Aufi-tôt
que la Tortue fe fent bleflée,
dé toutes fes forces &
> clie fuit
avec elle le canot >
elle entraine
violence le
avec une très-grande
fon
cloud qui eft entré dans
écaille ne la quitte pas, & le yarreur qui a retiré fa hampe s'en fert
pour enfeigner à celui qui eft à l'arriere oi ildoit gouverner. Après
a' 'bien couru les forces lui
qu'elle
foivent même elle étouffc faute manquent de
>
nir fiur l'eau
refpircr.
vepour
Quand le --- Page 403 ---
Françoifes de PAmtrique.
fent
la corde mollit, AA la 1694.
varteur à que dansle canot 2 & s'apretite
ainfi peu de la Tortué qu'il a fait
morte 2 oul extrèmeMESE
revenir de l'eau,
mnent affoiblie, il la prend par une pat- ils
te & fon compagnon par l'autre, &
la mettent dans le canot, > & en vont
chercher une autre.
ait des
Il n'eft pas néceffaire qu'il y
ardillons all fer de la varre > ni que
le varreur fafle entrer le fer gueres
de l'écaille,
plus avant que l'épaiffeur la Tortue fent la
parce qu'auti-tor le cloud que lui fait en perçant
douleur que clle fe refferre de telle fafon écaille,
!.
qu'on a bien plus de peine à retirer
qu'on en avoit eu à le faire
de
EBuT
entrer. On fe perfaadera aifément
cette verité, fi on veut faire atcention
àcc qui arrive quand on s'enfonce une
épingle ou une éguille dans un ongle s
eft certain qu'on a bien plus
E peine à la retirer qu'on n'en a eu à
ly faire entrer.
de ce que je
On fera peut-être furpris
dis que la Tortuë emporte le canot
avec. elle avec une grande violence s
mais il fera aifé de fele perfuader quand
fera réflexion à la force & à la
on
qu'ont CCs animaux dans T'Agrandeur
Oij
s'enfonce une
épingle ou une éguille dans un ongle s
eft certain qu'on a bien plus
E peine à la retirer qu'on n'en a eu à
ly faire entrer.
de ce que je
On fera peut-être furpris
dis que la Tortuë emporte le canot
avec. elle avec une grande violence s
mais il fera aifé de fele perfuader quand
fera réflexion à la force & à la
on
qu'ont CCs animaux dans T'Agrandeur
Oij --- Page 404 ---
316 Nouveaux Voyages AnX Ifes
1694. mérique > où communément . on 1 les
trouve de trois pieds & demi à quatre
pieds de long, far deux pieds & demi
de large - & qui
jufqu'à trois
cens livres, & PLREST beaucoup davantage.
C'eft une chofe étonnante qu'en
Forcedes qu'endroir de la terre
vous quelTortuès,
les
leur in- ticz > pour éloigné
foit du
ftina à
aoir
bora
rerour. de la mer , ellesy prennent leur rouner droit te 5 fi-tôt quc vous les mettez far le
$ la mer. ventre ou plaftron, fans chercher , fans
héfiter, & par-1 la ligne la plus droite.
J'ai eu quelquefois lc plaifir de me
mettre fr le dos d'une Tortué avec une
autre perfonne, elle nous portoit fans
peine & même allez vite D mais c'eft
une voiture des
rudes, car comme
elle ne peut fe Bandate fur fes quatre
pattes toute à la fois > elle éleve le
train de devant, & femble égrarigner
la terre en s'élançant, pendanr que les
pieds de derriere pouffent en avant en
faifant un effort qui produit un mouvement qui fecoué & qui fatigue infiniment.
d'une Hiftoire A propos de la force des Tortuès, je
Tortut. crois devoir rapporrer ici cc qui arriva
deux ans anrès are ie fusaux Ifles à un a
Indicn,E.clave deM, d:la Chardonniç- --- Page 405 ---
15 Erancoifes de TAmerique: 317
rc. Il étoit feal dans un
canot, où 1694.
il
à la
:
apperçht une
Fa
pèchoit dormoit ligne fur l'eau 5 il s'en
Tortué qui
approcha' tout doncement, &c lui palla
dans une patte un nceud coulant, d'une corde allez grolle, qu'il avoit par
hazard avec lui, & dont il avoit attaché l'autre bout à l'avant du canot. La
Tortué s'éveilla & fc mit à fuir de toutés
fes forces 3 l'Indien ne s'épouventa
entraîner avec tant de
Tulee
de fe voir
fe,il fe tenoit à l'arriere. & gouvernoit
les lames s
avec fa pagalle
lafferoit enfin
la
cHontul FeT
cfpérant que étoufferoit. Mais il eut le
malheur ou qu'elle de tourner & de perdre dans
cet accident fa pagalle, > fon couteau >
& les autres inf-
* fa maffe 2 fcs lignes,
fût hatrumens de pèche. Qpoiquil
bile, il eut toutes les peines du monde
à remettre fon canot , car la Tortue
qui étoit forte & vigoureufe, fembloit
prendre le tems de le repofer pendant
qu'il travailloit à remettre fon canot >
ce qu'il fut obligé de faire neuf oul dix
fois, pendant un jour & deux nuits que
la Tortuë le traîna 9 fans qu'il lui fât
poflible de couper ou de détacher la corde. A la fin la Tortuc fe laffa, &c le
bonheur voulut qu'clle échoiia fir un
a
Oiij
toit forte & vigoureufe, fembloit
prendre le tems de le repofer pendant
qu'il travailloit à remettre fon canot >
ce qu'il fut obligé de faire neuf oul dix
fois, pendant un jour & deux nuits que
la Tortuë le traîna 9 fans qu'il lui fât
poflible de couper ou de détacher la corde. A la fin la Tortuc fe laffa, &c le
bonheur voulut qu'clle échoiia fir un
a
Oiij --- Page 406 ---
318 Nouveanx Voyages anx Ifes
1694 haut-f fond, où l'indien acheva de la
tuer 3 étant lui-1 même demi-mort de
faim,de foif & de laflitude.
Troifié. La troifiéme maniere
me ma Tortuès eft
de prendre les
nicre de
avec la Folle. Celt un filet
prendre les
de foixante
Tor. fcs de
i.quatre-vingt ou cent. braftuès.
long, de groffe ficelle de chanvre ou d'écorce de mahot. On lui donne deux à trois braffes de
ou de
haureur ; les mailles ont Aor à neuf
en quarré, on met le plomb Oll
pierres à un
Reareid
des côrez, & du
ou autre bois leger à
afin
Filet ap. tenir le
Tautre,
IE
pelé
filet étendu & perpendiculaire
Folle. dans la mer. Les deux bouts font attachez à terre aux pointes de l'ance
veut barrer, ou bien à de groffes qu'on
res
pierqu'on jette à la mer > comme fi c'én
toit des ancres 5 on a foin de teindre le
filet en ronge afin gu'il ne fe voye
comme il fc verroit s'il étoit blanc. POR
choifit pour tendre les folles, les ances
ou il y a du fable, parce que CC font
celles-là que la Tortue cherche pour
venir pondre fes ceufs; on les tend fur
le foir,& onleslevé le matin. La Tortue venant à terre & trouvant le filer 3
la tête ou une patte dans une mail-
& ne trouvant
E
que peu de réfiftancc, parce que le filet obéit, elle s'é-
roit s'il étoit blanc. POR
choifit pour tendre les folles, les ances
ou il y a du fable, parce que CC font
celles-là que la Tortue cherche pour
venir pondre fes ceufs; on les tend fur
le foir,& onleslevé le matin. La Tortue venant à terre & trouvant le filer 3
la tête ou une patte dans une mail-
& ne trouvant
E
que peu de réfiftancc, parce que le filet obéit, elle s'é- --- Page 407 ---
Francoifes ds LAmerigne.
s'entortille dedans & 1694
force de paller 3
quafe noye. On en trouve quelquefois de cette matre ou cinqpaifes 8c noyées,
niere.
ordinaire Nombte
Une Tortué d'une grandeur
ceufs, , des d'une ceufs
fait jufqu'à deux cens d'une cinquante balle de jeu Torus
ils font de la grolleur ronds. Leur coque qualité. & leur
de paume & aufi
moiillé, On
eft comme du parchemin vuide, Le
y. remarque toujours un petit bien, quelque
blanc ne fe durcit jamais donne. Le jaune fe
cuiffon qu'on lui
celui des cenfs
cuit & fe durcit comme on en fait des
de poule; il eft très-bon,
omelettes excellentes. dix-huit Mars je fus voir DifferenLe Jeudi
trouva deux Tor- tes ces efpe- de
lever la Folle, on y Caret. Outre ces Tortués,
tués franches & un
en a une
deux elpéces de Tortues,il y
Caouanne.
troifiéme qu'on appelle
aufLa Tortuë franche qu'on appelle
fTortuë verte, eft la feule clpéce qui
bonne à manger 5 Tortul
foit vérirablement eft mince & de nulle valeur. franche ouyertt,
fon écaille ci-devant de cette Tortué >
J'ai parlé occafion d'en parler encore
& jaurai
dans un autre endroit. fi
que Ia Le Care;
Le Caret n'eft jamais grand
Tortuc franche, Técaille qui lui couvre
eft
le dos 1e > qu'on appelle fa carapacc, O 1y --- Page 408 ---
320 Nowveau
Aux Ies
6694. bien plus ronde TadRee 5
CC qui lui donne la facilité de fe retourner fur le ventre, quand on la tourne far le dos. Cette écaille eft ce qu'ily a de meilleur.
On l'appelle anti fa dépotille, elle
confiAc en treize feiilles > qui toutes
enfemble
quatre livres
& demie Fretegis cinq
>
fc
ibner
qui
vend
pour l'ordinaire quarre livres dix fols à
cent fols la livre : c'eft ce qu'on
en Europe l'écaille dc Tortuc, appelle
Sa chair n'eft pas bonne à manger,ce
qui ne provient pas de CC qu'elle foit
la plus maigre o
ou plus dure que celle de
Tortué franche, > mais dune qualiré
purgarive qu'elle renferme, qui fait
quand on en mangc, on eft affuré d'ètre que
couvert de clouds, fi on a quelque impureré dans le corps. Ceux qui vont
aux Ifles de la Tortille ou autres Ifles
pour la pèche de la Tortuc & du
ne vivent que de chair de Tortue Caret,
dant trois Ol quatre mois qu'ils pen- employent à cette pèche, fans
caffave, &
pain, 3 fans
>
fans autre chole que le
& lc maigre de cette
F eft affuuré
chair, > &
que quelques maladies
qu'ilsayent, mème le maldeNaples, ils
en guériffent très. - parfaitement. Cette
nourriture leur procure d'abord un cours
pour la pèche de la Tortuc & du
ne vivent que de chair de Tortue Caret,
dant trois Ol quatre mois qu'ils pen- employent à cette pèche, fans
caffave, &
pain, 3 fans
>
fans autre chole que le
& lc maigre de cette
F eft affuuré
chair, > &
que quelques maladies
qu'ilsayent, mème le maldeNaples, ils
en guériffent très. - parfaitement. Cette
nourriture leur procure d'abord un cours --- Page 409 ---
Françoifes de LAmbrigue. 321
les
merveilleufe 1694.
de ventre qui
purge & qu'on diment , que l'on augmente des forces du ma;
minuë à proportion donnant à manger plus ou
lade, en lui
la chair de tortué
moins de caret avec
franche: CC cours de ventre eft accompagné de clouds ou de bubons > qui
l'ordinaire caufent la fiévre, qui
pour bien qu'elle foit violente ne peut ètre aifé Remede
dangeteufe, fur tout quand le malade le VEETIE de
eft dune compléxion forte & d'un bon Naples,
tempérament. On en eft quitte en douaccès, mais lcs clouds qui
ze ou quinze continuent de rendre dela
font ouverts
matiere tant qu'il fe trouve la moindre
impureté dans le corps. Après cela il
femble qu'on foit changé en un autre
homme. On fc fent tout renouvellé >
devient
8 la force & la fanté
on reviennent RPA vûë d'aeil. Cependant il
eft bon d'avertir ici le Lecteur > que
vieilles, foibles & délides perfonnes
à réfifter à ces viocates auroient peine &
faut un temlentes évacuations, qu'il
pérament fort & robufte pour les fupporter.
Peres
Jean Mon- Hiftotre
Un de nos
appellé
d'un Pere
didier qui demeuroit avec moi en notre jacobina
habitation du fond faint Jacques, lorfj'en étois Syndic en 1697. s'avifa
que
Ov --- Page 410 ---
322 Nouveanx Foyager anx
1694. .un jour d'acheter uIl plaiflron de Ifles
Caret,
quil prit pour un plaftron de Tortue
& malgré tout ce que je lui pûs
il >
le
dire,
fraccommorer, & il en mangea tant
qu'il fe fentit de l'appétit. J'en
aufli un peu , parce que j'étois bien mangeai aife
dc mc
5 mais ce pauvre Religicux ne ATRC pas long-tems fans fe repentir de ne m'avoir pas voulu croire.
En moins de trois ou quatre
trouva couvert de clouds jours, 2 il fe
des moitiez d'aeufs de poule, gros de comme maniere qu'il ne pouvoit trouver de fituation
pour être un moment en, repos. Ces
clouds furent accompagnez d'un dévoyement terrible, avec une groffe fiévre,qui m'auroient fait craindre pour
lui, fi je n'en avois
fçà la caufe
& fi fa jeunefle & fa fondoe
>
ne
compléxion
m'avoient raffuré. Il fouffrit
dant dix huit ou vingt jours, mais en
a tiré
Irar
cet avantage, qu'il n'a point été
attaqué de la maladie de Siam.,
d'aucune autre pendant
> ni
cinq ou fix ans
qu'il a demeuré aux Iles du Vent.
Pour moi qui en avois mangé plurôr
comme d'un médicament que comm
d'une viande, j'en fus quitte pour u
perit dévoyement de cinq olI fix jours
accompagné de deux ou trois clouds
ant dix huit ou vingt jours, mais en
a tiré
Irar
cet avantage, qu'il n'a point été
attaqué de la maladie de Siam.,
d'aucune autre pendant
> ni
cinq ou fix ans
qu'il a demeuré aux Iles du Vent.
Pour moi qui en avois mangé plurôr
comme d'un médicament que comm
d'une viande, j'en fus quitte pour u
perit dévoyement de cinq olI fix jours
accompagné de deux ou trois clouds --- Page 411 ---
Françoifes de PAmtrigne. 323
de me faire du1694
qui ne laifferent m'avoir pas caufé un peu de
bien, après
douleur & d'incommodité.
Quand la chair de Caret a été falée, 2
elle n'eft plus G purgative s mais toutes
fortes de chair de Tortue perdent beaude leur bonté, quand clles ont desoebd dans le fel;
qu'érant déliconfomme abfocates &
AreO
graffes,le la
& toute la falament toute
graifle at
veur. Je ne fçai fi on ne pourroit fel
au
M
attribuer cet inconvénient
même
quicft fort corrofif, ,& fila
pays chofe arriveroit fi on fe fervoit du fel
d'Earope. La Caouanne eft la troifiéme cfpécc ne,troi. Caonande Tottué de mer. Elle cft ordinaire- fieme de efles deux autres 5 pece
- ment plus grande que
Torrus,
fon écaille ne vaut rien, outre
eft très-mince & d'une vilaine
acue
elle eft toujouts chargéc.de galles &c
d'antres marques qui la gâtent abfolument. Sa chair n'elt pas meilleure, elle
eft toujours maigre, flalleufe, coriace
& de mauvaife odeur. On ne laiffe pas
de la (aller pour les Négres, à qui tout
eft bon.
Quand on tourne lesTortués, &
ticalieremencle Caret, il faut fe SIEE
de fagucule, çar il mord d'une étrange
Ovj --- Page 412 ---
324. Nowveaux Yroyages aux Ihes
1694. maniere, & quand il ne peutpas
ter la piéce, 'il ne la lâche point empor: qu'on
ne l'ait tué. Geux qui gardent les ances
pour tourner les Tortuès qui viennent
a terre, font toujours armez d'un court
bâton, dont ils leur donnent quelques
coups fur la tête pour les étourdir >
quand ellcs font trop fortes ol trop méchantes.
Le moyen delever les feitilles dc Caret de deffus fa carapace, eft de mettre
du feu deffous, elles fe levent aufli-tôt,
8 on les tire après cela facilement avec
la main.
Lorfqu'on a pris des Tortuès en vie,
on les y peur conferver quinze ou
2e
vinge
jours s les tenant renverfées fur le dos
à l'ombre, & les arrofant quatre ou
cing fois par jour avcc de l'eau ; il eft
vrai qu'elles maigriffent, Quand on en
prend de perites on les met dans des ClIves avec de l'eau de mer, qu'on change
tous les jours, On leur jette des herbes
de jardin de toutes fortes, elles en mangent, fe nourriffent & croiffent à merveille.
Qualitez La graiffe de la Tortue mife fur le feu
de graiffe la de ou expofée au foleil, fe convertit en
Tortue. huile, qui eft bonne pour frire & pour
d'autres ufages, fur tout quand elle cft
and on en
prend de perites on les met dans des ClIves avec de l'eau de mer, qu'on change
tous les jours, On leur jette des herbes
de jardin de toutes fortes, elles en mangent, fe nourriffent & croiffent à merveille.
Qualitez La graiffe de la Tortue mife fur le feu
de graiffe la de ou expofée au foleil, fe convertit en
Tortue. huile, qui eft bonne pour frire & pour
d'autres ufages, fur tout quand elle cft --- Page 413 ---
Francoifes de P Amérique. 325
J'ai remarqué qu'elle eft fi 1694.
nouvelle.
G on eil met fur un côpénéttanre, que
la frotte avec
té de la main , & qu'on
de
elle pénétre en
un linge chaud,
2 Emc eft
tems jufqu'à la partie douleurs oppolées froides &
bonne pour des
fi en Rear
des rhumatifmes. Je ne (çai
on nc s'en
pregnant de quelques elprits,
dans
fervir tresurilement
pourroit pas
& autres (emblala gourte > la paralifie, empèchent le moubles maladies qui
vement des membres. matin voir leJe fus donc le Jeudi deux Tortués
ver la Folle, on y trouva
étant joint
franches & un Caret, ce qui avoit faite
à la pêche abondante à la qu'on côte & dans les
le
précédent à M. Michel de quoi
latetr > fournit
avoit
ceux qu'il
traiter magnifiquement
chez lui.
invité pour faire la mi-carême
FiletapSenne dont on fe fert
: La
eft un filet Rertd
aer
dans les ances,
e
braffes de longucur.il y dont fc fert on
à quatre-vinge même de beaucoup plus longues >
pè.
en a
bralle & demie oudeux Eeur au
& d'environ une
de bord de
brafles de largeur 5 le bas eft garni
la mer, J
plomb, & le haut de liege 5 ily a un
bâton à chaque extrémité pour la tenir
& à chaque bâton une longue
étenduc >
lon
embraller
corde , afin que
puilfe --- Page 414 ---
-326 Nonveanx
anx
1694. un plus long cfpace IPNEULA mer,& Ipes renfer
mcr un plus grand nombre de
La Senne eft faite d'un bon poiffons. filet de
chanvre 5 fes mailles qui aux extrémitez ont quatre pouces en quarré, fe refferrent peu à peu jufqu'au milieu
eft fait en maniere de
, qui
a font fort ferrées.
poche , où clies
Les poiffons quc nous primesàla Senne éroient, des Capitaines, des grands
Ecailles, des
des Lunes & dcs Chirurgiens, Aflietes. > des Orphis,
Quant aux poiffons d'eau
toit des Mulets, des Dormcurs, douce, des c'6 Teftars ou Macoubas, & des Ecreviffes.
Poiffon
Le Capitaine eft affez
appelle
femblable à la
Capitai- Carpe, il a autour du coir cinq
nc,
d'écailles dorées, &. difpofées à
comme un,
E
donner
hauffe-col, CC qui r a fait
le nom de Capiraine.
Eçaille, Grand
Le grand Ecaille a lc dos allez
le ventre
la
rond,
gros ,
queué fort
i
nous en primes de deux pieds & large demi
de long; depuis un aîleron jufqu'à l'autre, il eft couvered'écailles larges comme tne piécc de trente fols, qui diminuent à mefure qu'elles
du miliéu de deffous du ventre s'approchent & de la
queiie. La chair de CCS deux poiffons eft
fort blanche, ferme & graffe.
le ventre
la
rond,
gros ,
queué fort
i
nous en primes de deux pieds & large demi
de long; depuis un aîleron jufqu'à l'autre, il eft couvered'écailles larges comme tne piécc de trente fols, qui diminuent à mefure qu'elles
du miliéu de deffous du ventre s'approchent & de la
queiie. La chair de CCS deux poiffons eft
fort blanche, ferme & graffe. --- Page 415 ---
RPJCL --- Page 416 ---
Tomupegsay
Lune
Arriette
€ --- Page 417 ---
Frangoifes de LAmérigue. 327
eft ordinairement d'un 1694Le Chirurgien - & demi de long; il ref- Chirurpied à un pied
à la for- gien.,
Iemble affez à la Tanche, quant
& poillon,
me, àla couleur de la chair, au goit
aux écailles; ce qu'ila de pariculier,font
deux arrètes fort tranchantes & plates
des lancettes qu'il a à côté des
comme c'eft
pour cela
ouyes ;
appareminent
qu'on Tappelle Chirurgien.
comme Orphy.
L'Orphy eft un poillon long char5
tne Anguille, mais plus gros, plus
; fa
eft dune counu; , plus quarté fa chair EEL blanche, fermes
leur bleuè, (éche à la verité 5 elle ne laille
un peu d'ètre d'un très-bon golryil eft égrpas lement bon à toutes fortes de fauces 5
il n'a qu'une feuie vertebre qui eft verfc détache aifément de la
te
qui il a fur le nez un avant-bec
Cinir 3
eft
l'ordinaire d'une cinquics
qui
pour
du refte de fon
me partic del lalongueur
corps. Les Lunes & les Affiettes font ainfi Lunes Ailicttes, &E
font toutes ronnommécs, parce qu'elles très-perit moignon
des. Elles n'ont qu'un du bec
les emde queué ,& le bout
elt qui blanche
peche de rouler. Leur peau
fix
& comme argentée, elles ont depuis
jufqu'à huit pouces de diamétre 2 &c un
ou environ d'épaiffeur. Leur
pouce --- Page 418 ---
328 Nouveaux Voyages. anx Iles
1694. chair eft blanche, ferme, affez graffe,
De quelque maniere qu'on les accommode, ou boitillics, ou rôties,ou frites,
elles font toujours très-1 bonnes & de
fort facile digeftion.
Les Lunes différent des Aflietes s en
ce qu'elles ont deffus le dos & fous le
ventre deux grandes mouftaches > qui
femblent repréfenter une lune en croiffant.
Mulets,
Les Mulets de rivierc font les
ou Mudu moins leur
Muges
ges,
d'Europe,
reffemblentils parfaitement, excepté néanmoins en
cela qu'ils font ordinairement plus gros
&
gras.
Teftards.
Teftards ou Macoubas
E
ontla tète large & charnué; leur corps eft aflez
rond. Ils ont la peau noire > & fort
fine ; la chair très. blanche , graffe &
délicate ;leur bonté eft caufe qu'on ne
leur donne pas le tems de devenir fort
grands ; les plus grands que j'aye vû
n'excédoient pas un pied de longueur.
Ectevif. On trouve quantité d'Ecrevifles dans
fes.
les rivieres. Elles ne différent de celles d'Europe > que par leurs mordans, qui font plus longs, plus affilez
& plus égaux dans toute leur longueur >
mais qui ne ferrent & ne coupent
moins pour ccla. On en fait dcs Ga
qu'on ne
leur donne pas le tems de devenir fort
grands ; les plus grands que j'aye vû
n'excédoient pas un pied de longueur.
Ectevif. On trouve quantité d'Ecrevifles dans
fes.
les rivieres. Elles ne différent de celles d'Europe > que par leurs mordans, qui font plus longs, plus affilez
& plus égaux dans toute leur longueur >
mais qui ne ferrent & ne coupent
moins pour ccla. On en fait dcs Ga --- Page 419 ---
(RPJCE --- Page 420 ---
Tomapa9339
Gros
Lerard.
I
E
*
a
à
a
-
S
-
-
-
--- Page 421 ---
Françoifas de LAmbrique. 329 1694*
admirables en cette maniere.
pes Onles met cuire toutes entieres dans
l'eau avec du poivre > du fel, fines. un bou- On
de perfil & des herbes
fLere retire du feu, quand on juge qu'elde moitié cuites.
les font un
plus
l'on accomOn prend Era queués fauce blanche que €, tout le
mode avec une
8c fe rérefte fe pile dans un mortier avec du
duit en pâte 7 que l'on clles met avoient été
beure dans l'eau où
botillies, dont on fait le potage. me fit Lezard:
Le Lundi vinge-deux Mars on d'un (a defpréfent d'un Lezard qui iavoit près
la fa cription, chafle,
pied & demi de long, fans compter Ce
quenc, , qui en avoit bien davantage. le
préfent me fit plaifir, car c'étoit étoit pre- vimier Lezard que Jeufle và; il
mais lié d'une maniere à ne pouvant, voir ni s'enfuir > ni mordre 5 fa peau
furdoréc, particulierement toute verte paroilfloit la tète 5 il avoit de gros
yeux à Aeur de tête 2 qui fembloient &
étinceler quand on le touchoit
qu'il
fe mettoit en colere. Dans le fous même la
tems il enfloit une peau qu'il a
à peu près comme nn pigeon
gorge, fait la roné. Les pieds de cet aniqui mal font garnis de cing griffes, lonfortes & aigués. Sa queué eft
gues > --- Page 422 ---
330 Notveanx
anx IRles
1694. comme un foiict ,
il içait bien
astg
fervir dans Jes occafions pour fe défen- fe
dre ; mais fur tout fa morfure eft dangereufe, non qu'elle foit accompagnée
d'aucun venin s mais parce qu'ii coupe
comme un rafoir tout cc
qu'il mord, y
ou s'y attache fi fortement 2 gu'il eft
impollible de lui faire lâcher prife
près qu'il eft mort. Il a la vie fi
que cent
de bâton coups
fur le
&
fir la tère ne le tueroient
corps
fecret pour le faire mourir pas. fans L'unique lui couper la tère, eft de luienfoncer un petit
bois ouI une paille dans les narines
aufli-tôr qu'il eft touché dans cet en- s
droit s il répand quelques gouttes de
fang & expire, Nous mangeâmes cclui
dont on m'avoit fait préient, accommodé comme une fricaffée de poulets i
j'aurois crû que c'en étoit fi je ne l'euffe
vû accommoder, tant cette chair a de
reffemblance avec celle de poulet,
fa blancheur, fa tendreté, fon bon Par
& fa délicatefle, On ne doit
pas
e
furpris que nous le mangeâmes en Carème, quoiqu'il foit un animal terreftre. Nos Théologiens l'ont rangé
mi les Amphibies dont on peut
paren tout tems. La femelle fait des manger aufs
qui s'éclofent en même- tems qu'elle
l'euffe
vû accommoder, tant cette chair a de
reffemblance avec celle de poulet,
fa blancheur, fa tendreté, fon bon Par
& fa délicatefle, On ne doit
pas
e
furpris que nous le mangeâmes en Carème, quoiqu'il foit un animal terreftre. Nos Théologiens l'ont rangé
mi les Amphibies dont on peut
paren tout tems. La femelle fait des manger aufs
qui s'éclofent en même- tems qu'elle --- Page 423 ---
Francoifes de PAmerique. 1331
les pouffe dehors, ainfi que les Serpens 1695.
dont je parlerai ci-après. La chair du
Lezard a la mème qualiré que celle des
Viperes. Si on cn ufe fréquemment le >
elle defféche & fubtilife
3 clle purge,
: - fang, Monfieur Michel me donna un jour
le plaifir de la chaffe du Lezard. Nous
fimes accompagnez d'un Négre qui
y
au bout de
portoit une longue perche, corde aclaquelle il y avoit une petite
commodée en noeud coulant, qu'on appelle aux Ifles un Caboya. Après décou- avoir
beaucoup cherché, le Négre en
de
vrit enfin un qui étoit étendu tout fc
fon long fur une branche féche qui
chauffoit alt foleil. Aufli-tôr le Négre
fc mit à ffler > à quoi le Lezard pre- la
noit tant de plaifir , qu'il avançoit d'où venoit
tète comme
découvrir
le fon. Peu Irpe peu le Négre s'approcha
de lui toujours en Giflant, & commen- enfuià lui charoûiller les côtez, 8c
ça
avec le bout de la gaule. Il
te la gorge
fembloit
le Lezard y prenoit plaifir car 15 s'étendoit en fc tournant
comme un Chat qui eft
doucement 2
il
enfin
devant le feu en hyver 5 fçût
fi bien lc chatotiller & l'endormir >
ainfi dire avec fon fifflement, qu'il
pour --- Page 424 ---
332 Nowveaux Yoyages aux IRes
1694. lui fit avancer la tète hots de la branche, fufifamment pour lui paffer 2 le caboya dans le cou, & aufli-tôt il lui donna une vigoureufe fecouffe, qui le fit
tomber à terre. Dans l'inftant qu'il y fur
& avant qu'il pûr fe reconnoitre, le Négre le failit de la main droité à l'endroit où la queuc joint le
& lui
mit le pied gauche fuar le corps, milieu du
corps. C'étoit un plaifir de voir comme
le Lezard ouvroit la gueule, remuoit
des yeux étincelans, & gonfloit le deffous de fa gorge comme un Cog d'Inde; mais pendant ce tems-là le Négre lui mit le pied droit où ilavoir la
main, , & lui prit les deux pieds de derriere
lui renverfa fir le dos, &
les y
enfemble avec des
fa
de mahot dont il s'étoit pourvi: aiguillertes il fit la
même chofe aux pieds de devant, après
quoi il fit pafler le bout de la queue entre
les pieds licz & le dos du Lezard, & !'y
attacha en deux endroits. Il fit enfitite
avec desliannes refendués une efpéce de
petit licol qu'il lui mit fur le muleau attaché en quatre endroits, de maniere
qu'il ne pouvoit ouvrir la gucule ni remuer la queué ni les pattes.
Nous en primes deux de cette maniere, qui me donnerent beaucoup de
s de devant, après
quoi il fit pafler le bout de la queue entre
les pieds licz & le dos du Lezard, & !'y
attacha en deux endroits. Il fit enfitite
avec desliannes refendués une efpéce de
petit licol qu'il lui mit fur le muleau attaché en quatre endroits, de maniere
qu'il ne pouvoit ouvrir la gucule ni remuer la queué ni les pattes.
Nous en primes deux de cette maniere, qui me donnerent beaucoup de --- Page 425 ---
Frangoifes de PAmérigne. 333
plaifir. On les peur gatder fept ou h it 1694.
jours en vie ; le teul rifque qu'il y a,
c'eft qu'ils maigriffent un peu.
CHAPITRE XIIL
L'Auenr wa demeurer dans Ja maifons
Curiale.
Nfn le Samedi troifiéme Avril M,
E Michel qui m'avoit toujours tenu
chez lui, & traité avec toute la géné- fulle
rofité pollible, confentit
je
Il
dans ma maifon
REUAe
m'érablir avoit fait porter à diner, ilm'y vint
y
& diner avec moi. L'aaccompagner près midi il m'envoya deux de ccs grofdes Dafes bouteilles, qu'on appelle chacune
mes Jeannes, qui contenoient de vin
douze à treize pots-, remplies Canarie
de Madere & une de vin de
>
avec un baril de farine de Manioc pour
mon Négre, &c du pain pour trois euf- ou
jours > en artendant quej'en fit
2crad fe.
faire. Son époufe me
préfent
de deux nappes avec une
en mème-tems de ferviettes & un fort bel
douzaine
hamacq. Le lendemain jour des Rameaux, , je --- Page 426 ---
334 Nouveanx Voyages anx
1694. fis les fonctions ordinaires de Ifes ce
Je confeffai quelques perfonnes jour.
voulurent faire leurs Pâques, &
qui
toutes les perfonnes libres de tâcher je priai de
farisfaire à leur devoir Pafchal
la Semaine-Sainte
pendant
> afin que
pûffe
employer la fitivante à les TEae faire
aux Négres. Je retins à dîner M. Michel & fix ou fept autres que je traitai
à leurs dépens, car ils m'avoient tous
envoyé du' poillon; & mes Paroifliens
ont toujours eu tant de bonté pour moi,
qu'ils n'ont jamais manqué de me faire
Part de ce qu'ils prenoient à la chaffe
ou à la pèche, ou de ce qu'ils tuoient
chez eux.
Le Lundi je fus dire la Meffe chez
M. Michel pour faire faire les
à fon
Pâques
époule , qui étoit fur le point
d'accoucher, & àun de fes voifins nomme le fieur Parmentier que l'on
dans un hamacq. f
apporta
Le Mardi,le Mércredi & le Jeudi,
je confeffai prefque tous mes Paroiffiens 3 ceux mêmes qui avoient communié le Dimanche & les jours
dens 1 vinrent fe réconcilier le précé- Jeudi
afin de communier en
bre. Je leur fis une exhortation plus grand nomla Communion
avant
> après laquelle nous
àun de fes voifins nomme le fieur Parmentier que l'on
dans un hamacq. f
apporta
Le Mardi,le Mércredi & le Jeudi,
je confeffai prefque tous mes Paroiffiens 3 ceux mêmes qui avoient communié le Dimanche & les jours
dens 1 vinrent fe réconcilier le précé- Jeudi
afin de communier en
bre. Je leur fis une exhortation plus grand nomla Communion
avant
> après laquelle nous --- Page 427 ---
Françoifes de LAmerighe. 335
portâmes le Saint Sacrement-dans une 1694.
avoit parée trèsdes Chapelles qu'on
de luproprement & avec beaucoup
mieres.
devenir diner
Je priai les principaux de
dans
avec moi : pour avoir plus fait place ôrer mon
ma petite cmnatfonyjenavoist Breton s'y trouva &le fieur
lit. Lc Pere
fe chargea du
Dauville mon
palfa avec toute la
foin du repas qui
NFERE
modeftie que doivent avoir des gens
venoient de faire leurs Pâques.
qui Nous chantâmes enfuite les Ténébies, >
les heures de la nuit
& on veiller fe partagea devant le Saint Sacrement.
pour
prèchai la Paflion, &
Le Vendredi je
fis le refte de lOffice du matin. Après
les adultes
celui du foir on m'amena de recevoir, le
que j'avois Jachevai jugé capables de les y, difpofer.
Baptème. Le Samedi-S Saint après la bénédiction des Fonts je baptifai trente - - huit
adultes
ou femmés , après
9 hommes leurs maitres qui leur
Jexhortai la plipart de Parcins,
ELlE pour, à les former dans le Chrifde continuer
&
leurs
tianifme par leurs paroles foin fur par toutes
exemples , & d'avoir
Catéchifchofes de me les envoyer au
les rendre capables des autres
me pour --- Page 428 ---
336 Nowveanx Troyages anx Ifes
1694. Sacremens. On (çair que les cérémonies de ce jour font longues, & fur tout
celle du Baptème des adultes; ; & comme
c'étoit la
fois
premiere -
que je l'avois faite, il étoit tard quand je fortis de P'Eglife, fort las & fort épuifé,
Le Dimanche onziéme Avril 3 d0 jour
dc Pâques,) J'achevai de confeffer & de
communier les perfonnes libres dc ma
Paroiffe. On m'avertit que la coûtume
de toutes les Paroiffes étoit que lc Curé
donnât la paix à baifer à fes Paroifliens
aux Fêtes principales & les premiers Dimanches de chaque mois > & qu'il reçût comme une offrande ce qu'ils lui
préfentoient : je le fçavois bien, mais
javois négligé de le mettre en pratique,de peur qu'on ne crût qu'il y aVoit quelques raifons d'intérêt qui m'y
engageoientsje me rendis à l'ufage établi. Après la Prédication & l'Offertoire
je fisl'Offrande, 8cj'eus lieu d'êtrc farpris de la libéralité de mes Paroifliens.
Je fis enfuite les miennes à mon Sacriftain & à mes Clercs. Je retins à dîner les
Officiers du quartier avec quelques-uns
des principaux. Après diner nous chanrâmes les Vépres J'aurois bien voulu
les pouvoir chanter tous les Dimanches, mais après avoir bien examiné la
chole,
Prédication & l'Offertoire
je fisl'Offrande, 8cj'eus lieu d'êtrc farpris de la libéralité de mes Paroifliens.
Je fis enfuite les miennes à mon Sacriftain & à mes Clercs. Je retins à dîner les
Officiers du quartier avec quelques-uns
des principaux. Après diner nous chanrâmes les Vépres J'aurois bien voulu
les pouvoir chanter tous les Dimanches, mais après avoir bien examiné la
chole, --- Page 429 ---
Frangoiler de FMmtinNe 337 1694
chofe, je vis qu'elle étoir pas prati- 6a
les habirations
quable , Parcersuie derEglile, quie
toient trop peloignéest
étoient
les chemins qui y conduifoient obliger
difficiles & trop fariguans deux
in même
à venir
eere
le peuple
oniir
jour ala Paroife. toute cette Hfemaine &c
J'employal de ar fuivante" à faire faire
une partie
"Leurs maîtres
les Pàques aux -Négres! occafion pour me
fe fervirent de cette
dont j'a
faire apporter lés palillades
vois beloin pour clore' mon jardin.
Jc reçus cncôre dans ce mème-rems
marquestde la libéralité
de nouvelles
Toutesles femmes
de inerParoittensh à Pexemiple de celle
'de ma Paroilfe', m'envoyerent des poudu Capitaine, d'autres volailles, de forte
les &
de plus E
je m'en trouvai avec pourva du mil
les
fix vingt piéces,
mois.
mileft
ou
onea
nourrir trois quatre en France bled de Turce qwonrappelle Mahis', 8c en Italie
quie, en E(pagne
grand m'avifai Turc. d'un petit expédient d'éi
Je
me fut d'un grand fecours
conomic dans la ae ; ce fut d'acheter des
une dans
Fu
les d'Inde, & d'en mettre
ou on en
mailon" de ma Paroiffe
que Tome I.
P --- Page 430 ---
1694. élevoir,Les 338 Nonveaux Foyager AAX Ifes
femmes qui font
ment
ordinaires
chargées de; ce foin,s'en
toient à
acquit-
( qui-micux. mieux., de maniete
volailles que je me trouvai en peu de tems des
d'Inde en alfez grand nombre
pour en
tuer uneou deux chaque ENars
J'ai dit- que le Sacriftain. de mon
Eplife.demeurnis aflez
au,bord de. lamer &
la près. de la Evicre, cela me donna
Canards, penféc d'acheter des Cancs & des
moitié de que jelui donnai à élever à
grands je, prenois profit, Quand ils étoient
la fienne. Ce.
(ma Part & Jacherois
Chantre, étoit, Sacriftain, qui étoit aufli
cureur. nommé Rollet Parilien, 3 fils d'un Pronom eft fameux dans ; mais les comme ce
Satyres de
Boileau, il
par un fort mauvais
en avoit changé une lettre, & endroit, fe
foit appeller Rallet. Le
faivoit fait fuir de la maifon libertinage de fon l'are : il s'étoit engagé
les Ifles
il s'étoit marié, Il n'eit pour
E
faire
pas laiffé
fortinc , car il écrivoit
d'y
ment bien, il enfeignoit les enfans parfaite- &
tenoit les Livres de quelques
mais il étoit yvrogne & fa femme habitans, encore plus que lui.
Le Samedi dix-fept Avril j'achevai
faivoit fait fuir de la maifon libertinage de fon l'are : il s'étoit engagé
les Ifles
il s'étoit marié, Il n'eit pour
E
faire
pas laiffé
fortinc , car il écrivoit
d'y
ment bien, il enfeignoit les enfans parfaite- &
tenoit les Livres de quelques
mais il étoit yvrogne & fa femme habitans, encore plus que lui.
Le Samedi dix-fept Avril j'achevai --- Page 431 ---
Eranpoifes detAmerique. blancs 339 des 1694d'infruire quatorze entans
deux fexcs, & hait ou dix Négres Jeles pour conJenr.peemiere Communion. to1l
fellatle foir.
de
Le Dimanche jour
Qunfimide adt
préchai fur les difpolitions de qu'on la Comavoir quand on sapproche maniere les Chrémuinion, & de quelle quand ils ont une
tiens doivent vivre, célefte. Après
fois goûté-ce confommé pain les Efpéces Sacrées, TE
j'eus
vers ces enfans & leur fis
me retournai
laquelle je fis
une exhortation Creator. 3 après J'avois
chanter lc Veni communians comme ENT
autant devoit d'anciens avoir de notveaux à les acy en
&) à communier avec eux.
compagner
de PAutell'un après
Ils "approchetenr cierge à la main, conduits
l'autre un
les accompagnoit
par celui ou cclle qui comme de
ou
8c qui leur fervoit
le Saint guide Sacrede.parrein, & reçûrent modeltic charmante. Je
ment avec une feconde exhortationen maleur fis'unc d'adtion 'de graces, & à la fin de
niere
le Te Deum. Toute
la Melle jentonnai fut fort édifiée de cette acla Paroilfe dontlel bruit fe répandit. dans tous
tions
les quartiers.
de
J'ai marquai au commencement
Pij --- Page 432 ---
340 Noarveakx Yoyages aux
1694. ces Mémoires que lÉglife
Mes
le cimeticre &ia maifon duMacouba,
fituez dans la favanne de Curialeéroienr Monficur
ques du Roi, de forte' que jeine
Jacpas faire les changemens & les pouvois
tations que je voulois faire à augmenment fans fon
monloge.
s'agilfoit de prendre confenemear, de terrain puifqu'il
appartenoir:
-SYI qui lui
Monfieur Revel
Jacques du Roy étoit, de
en Languedoc. Iavoit ficé 'en
naiffant la Religion Prétenduë Réfor:
méc, Il avoit palfé fa jeuneffe en- Hollande avec un de fes freres
établi. Il étoit enfin venu qui y étoit
après avoir fait le
aux-irles,on
dant quelques années commerce J penz
té
sily avoir ache:
Thabitation du Macouba ou
retiré. C'étoit dans ce tems-là ilsétoit
me d'environ foixante
lin homfort honnête & fort charitable, ans, fort fage, >
de bien dans fa Religion 5 & riche, homme
avoit eu pluficurs démélez
Il
prédéccffeur qui prétendoirètre avec moi
de le maltraiter
een droit
point les fonétions parce de qu'il ne faifoit
lieu de tâcher de l'y
Catholique, ati
ceur, les perfitafions engager & par la doude boas offices
3' toutes fortes
: CCS manieres dures &
chagrinantes l'avoient obligé de mettrç
de bien dans fa Religion 5 & riche, homme
avoit eu pluficurs démélez
Il
prédéccffeur qui prétendoirètre avec moi
de le maltraiter
een droit
point les fonétions parce de qu'il ne faifoit
lieu de tâcher de l'y
Catholique, ati
ceur, les perfitafions engager & par la doude boas offices
3' toutes fortes
: CCS manieres dures &
chagrinantes l'avoient obligé de mettrç --- Page 433 ---
Frangoifes de PAmbrique: 345
un Econome fur fon habitation, & d'al- 1694
ler demeurer au Fort S. Pierre.
J'avois été le voir la derniere fois
quie je m'étois trouvéàla bafle-terre, fur fon &
jel l'avois convié à retourner
habitation en" 1 laffarant que nous y
vivrions en a paix. Comme ik étoit informé de quelle maniere j'agillois, il
me promit de me venir tenir compagnic dès qu'il auroit achevé quelques
abandonner.
affaires quil ne pouvoit à fon Econome
Il écrivit cependant
de me rendre tous les fervices pollibles d > & de me laiffer maître de fa
maifon; de fes meubles, &c de fes efclaves toutes les fois quic j'en aurois
befoin.
Toutes mes palliffades étant arrivées,
je lui écrivis pour le prier de venir afin
de me marquer le terrain dont il vouloit bien me gratifier pouragrandir mon
jardin. Il me manda
jétois le maitre, qu'il me
T ne pas differer
d'un moment HEFAL faire ma côture, puif
prendre telle. partie de fa
que je pouvois
à
Je n'eus
terre
je jugerois propos.
garde de me fervir de cette permifion.
Je lui répondis que yétois réfolu de l'attendre, & que jcfpérois que ccla l'obligeroit de venir.
Pi; --- Page 434 ---
342 Nowveaux Froyages anx
1694.
Monfieur Michel me pria
avec
moi
prendre
fm
fon coufin germain, appellé
Jofué Michel, C'étoir un jeune homme
de dix-fept ans > fort fage & de bonnes
moeurs , qui vouloit apprendre FHif
toire, la Géometrie &
Je
fus bien aife de rendre PArpenrage. ce fervice à fon
coufin > d'autant plus volontiers qu'il
m'obligea à recevoir une penfion fort
raifonnable pour fa nourriture, & que
c'étoit une compagnic & une occupation pour moi, & un gardien de ma
maifon, quand j'étois obligé de
& de mener mon Négre avec moi. fortir,
Le Jeudi 22 Avril Ic Pere Imbert me
vint rendre vifite avec le Perc Martelli & Ie Pere Breton. Je les régalai
de mon mieux à diner & à
car
la pluye les empècha de partir fouper, comme
ils en avoient envie. Jelogeai les deux
piemicrs dans la maifon de Monfieur
du Roy mon voifin, & le Perc Breton
chez moi. Le lendemain je leur donnai
un fi bon déjeûiné qu'il fervit de dîner,
& je fus les conduire jafqu'à la baffe
pointe. Nous primes jour pour nous
trouver au fond S. Jacques d'oi nous
irions voir le Pere Martelli à la Trinirés
oije n'avois point encoré été.
Le. Lundi 26 Avril je baptifai le fils
emicrs dans la maifon de Monfieur
du Roy mon voifin, & le Perc Breton
chez moi. Le lendemain je leur donnai
un fi bon déjeûiné qu'il fervit de dîner,
& je fus les conduire jafqu'à la baffe
pointe. Nous primes jour pour nous
trouver au fond S. Jacques d'oi nous
irions voir le Pere Martelli à la Trinirés
oije n'avois point encoré été.
Le. Lundi 26 Avril je baptifai le fils --- Page 435 ---
Frangoifes de Amerigue. 343
Michel dont l'époufe étoit 1694*
de Monfieur
jours auparavant.
accouchée le quelques voiia à la fainte Vierge > &
Son pere le faire avec plus de folemnité, il
pour
de chanter la Melle,8 fouhaitme pria
les offrandes des afta que
reçàffe
pas de
fiftans. # ne manqua
sy-puéfen- à la
ter avec tous ceux andavotinntes la Meffe
cérémonic. Je trouvai trois après loiis d'or en
qu'on m'avoit donné
elpéce, & fix à fept écus enfuite en différentes diner
monnoyes : nous ffmes & fus obligé d'y
chez lui & fouper, je
coucher , parce qu'il étoit Toute troppard la
retourner chez moi.
reEe
qui étoit venue de la bafle-terre
gnie demcura jufqu'au Dimanche fuivant, 2
y & je fus obligé d'y aller dîner prefque
rous les jours.
Piv --- Page 436 ---
344. Nouseaesfragyager aux Mles
1694.
CHAPITREN XIV.
210!
Defcription, du Bouirg dcila Trinité -
6 des-freits appéllez LAbricot de
S. Dopzingue, d l'Avocat.
E Dimanche 2. Mai jallai dînet
Le le Pere Breton. Nous primes
en paffant le Pere Imbert, & nous al.
lâmes coucher au fond faint Jacques.
Notre Supéricur généralnous reçûr ttèsbien, il me témnoigna en parriculier 'la
joye qu'ifavoit de ce
j'avois fi bien.
gagné l'eftime & crimidea de mes Paroiffiens > mais il m'avertit en même-tems
de ne me point trop attacher à cette Paroiffe, parce qu'il étoit réfolu de ne m'y
dc Voyage IAu- laiffer qu'autant de tems qu'il en faureur au droit pour m'accoûtumer à l'air du
appellé suartier & pour apprendre comment les
le
Rame
Gul. conduifoient leurs habitations, &
laTrini- de.fac de près cela il vouloit m'établir àla Guade- qu'a46,
loupe.
LePere Romanet nous diten foupant,
qu'il étoit venu à-bout de réconcilier
deux perfonnes que tous les Miflionnaires & les Curez de Sainte Marie qui
l'avoient precedé,nayoient pû enga-
l'air du
appellé suartier & pour apprendre comment les
le
Rame
Gul. conduifoient leurs habitations, &
laTrini- de.fac de près cela il vouloit m'établir àla Guade- qu'a46,
loupe.
LePere Romanet nous diten foupant,
qu'il étoit venu à-bout de réconcilier
deux perfonnes que tous les Miflionnaires & les Curez de Sainte Marie qui
l'avoient precedé,nayoient pû enga- --- Page 437 ---
Frangoifes de PAmerique. 345
ger à un accommodement > & que le 1694lendemain elles devoient fe trouver
dans an lieu neutre & s'embraffer. On
le loua beaucoup de fon zèle & de fon
habileté 5 mais quand nous entendimes
c'étoit deux femmes qu'il prétenQ0t avoir réconciliées, & qui devoient
le lendemain matin fe trouver comme
hazard dans notre favanne en vepar nant à la Melfe, & là fe faire excufe
8c.s'embraller, je conçûs quelque défiancedufuccès de cette affaire.Jenepls
mêmc m'empêcher de lui en dire ma
&, de lui prédire que fi ces
ERRE femmes fe parloient elles fe battroient, & peut.ètre lui anffi.
Lc lendemain nous dimes la Meffe
de bon matin, & nousastendimes fem- avec
impatience l'entrevàë de ces deux
mes. Tous nos Peres fe mirent fur un
banc au bout du jardin qui domine la
favanne , pour èrre fpectarcurs 5 pour
moi qui ne me contentai pas de voir, fc
mais qui voulois entendre ce qui
diroit,je pris un, livre, & je fus m'affeoir dans la favanne, peu près vers
l'endroit où elles fe pourroient rencontrer. Quelque - tems après la veuve du
Geur Birot de la Pomeraye > parut.
P V --- Page 438 ---
346 Nonveaux Toyagei AHX Ies
1624. Le Pere Romanet la fut joindre auflitôt, & fe mit àl'entretenir en attendant
l'autre qui étoit la femme du fieur Gabriel Raffin. Comme celle-ci venoit de
plus loin que Mademoifelle dc la Pommerayc, qui étoir notre très-proche &
tres-incommode voifine , elle étoit à
cheval, eile en defcendit à quelques
du Pere Cu:é, & fut embraffer
pas
fit aufli quelques pas pour venir fautre, au
d'elle.
Trdar
Julques-l les chofes alloient le mieux du monde, & jc commençois à croire que je m'étois trompé;
mais le Pere Romanct au lien de
dre la parole les laiffa parlery8 je pren- con-'
nus dés les premiers mots qu'elles fe.
dirent que leur qucrelle alloit fe renouveller. En effet > chacune de fon côré
commença is'excufer de la
&c
de la méfintelligence qui étoit: rupture entre
elles depsis fi
de
de
: long-tems, forte que
paroles cn parolcs > clles en Vinrent allx injures & étoient prètes de fe
prendre aux cheveux quand le Pere Romanct s'avifa mal à propos de leur dire
qu'elles manquoient au refpeét qu'el
les lui devoienr. Ces mots furent comme un fignal
fe réunir toutes deux
contre lui, Ipcha chanter injures 1 > & lui
reprocher que tès-mal-i-propos il les
depsis fi
de
de
: long-tems, forte que
paroles cn parolcs > clles en Vinrent allx injures & étoient prètes de fe
prendre aux cheveux quand le Pere Romanct s'avifa mal à propos de leur dire
qu'elles manquoient au refpeét qu'el
les lui devoienr. Ces mots furent comme un fignal
fe réunir toutes deux
contre lui, Ipcha chanter injures 1 > & lui
reprocher que tès-mal-i-propos il les --- Page 439 ---
Francoifes de TAmérigne. 347
avoit commifes. Nos Peres me faifoient 1694*
figne de les aller joindre. Je fus quel- enfin
que tems à m'y réfoudre ; inais
les chofes n'allaffent plus
craignant mapprochai, que
& véritablement
loin, je
Le
Curé ne fçavoit
il étoit tems.
pauvre à ces deux femoù il en étoit. Je dans parlai le détail de leur
mes fans entrer les exhortai à la paix, à la
querelle; réconciliation,) je je leur dis quilnyavoir
du mal entendu dans toutes leurs
affaires, que
& que raifonnables comme
n'avoient
e
les connoiffois, clles
pas
foin de médiateur pour accommoder
une chofe qui dans le fond n'étoit rien, 5
& qui
conféquent ne devoit
auffi fages & .bm
défunir Bier perfonnes
vertueufes qu'elles. Le Pere Breton qui
m'étoit venu joindre me feconda, leur &
nous fçûmes fi bien les tourner rantôt en
à
parlant tàntôt féparément , &
&
toutes deux, que nous les appaisaines,
médiateurs s
qu'elles nous prirent pour
où hous
nous promettint d'en paffer par
jugerions à prepos. Nous leur promimes
d'y travailicr à notre retour de la Trinité, & nous les obligeâmes de fe féparer d'aicivilement, & fans aucune marque
gteur. Il n'eft pas néceffaire que jécrive ici à
Pvj --- Page 440 ---
$694. 343 Nowveaux Voyages aux Ifles
la confufion où étoitle
Pere Ro-,
manet, & combien il katvenl raillé. Je luis
dis quejel'envoycrois chercher quandil
faudroit ajufter quelque différent dans.
ina Paroiffe, & quej'avertirois tous nos:
Confreres d'avoir recours à lui dans de:
femblables befoins.
Cependant nous montâmes à cheval,
pour allerdiner chez le Pere. Martelli à.
la Trinité. Je lui dis que nous pallerions,
chez Madame *** > où je fçavois
trouverois unc autre Dame que que je A
nommai; il comprit que c'étoit unc menacc que je lui failois dc dire fon avan-:
ture à ces deux Dames qui étoit la même
chofe que de la publier à fon de trompe
par toutc l'Ifle: 11 mé pria fort de n'en
rien faire, je lui répondis qu'elle étoit
trop belle pour en
le Public; que
cependantj'érois LRMIAE d'accommodement , & que moyennant un préfent
honnète queje laiffois même à fa difcrétion,je n'en dirois rien. Ma propofition
fit rire tout le monde 2 & cependant tje
partis.
du Chamin Ily a deux grandes lietics. du fond S.
ricr RU de Jacques au. Bourg de la Trinité, le cheTrinité, min eft affez beau à deux grandes mornes près qui font fort hauts & fort roides, & d'ine terre rouge fort gliffante
ement , & que moyennant un préfent
honnète queje laiffois même à fa difcrétion,je n'en dirois rien. Ma propofition
fit rire tout le monde 2 & cependant tje
partis.
du Chamin Ily a deux grandes lietics. du fond S.
ricr RU de Jacques au. Bourg de la Trinité, le cheTrinité, min eft affez beau à deux grandes mornes près qui font fort hauts & fort roides, & d'ine terre rouge fort gliffante --- Page 441 ---
Francoifes de LAmérique 349 lai 694
pour. peu quil ait pli, fans compter trèsriviere de Saintel Maric quic change
fouvent de lit , & qui par conféquents clle a été:
eft fort dangercufe, > ou quand
débordée,ou quand la mer cft la plus Trinité grof Port des
fe qpafordinaire:1 Le
de qui forme 4 Trini- à la
eft un grand
SIETELA
la poinre-ca de
une longue pointc, appellée de deux heiesis Matdela Caravelle, > quia plus
le couvresnique.
de long. Cette, longue l'autre pointe eft fermé par
du côté du Sad-Eft,
un morne affez haut, &c d'environ' 350 à
à 400.pas de longueur > qui EC tient Ifthme
laterre ferme de fife
par à un toifes
Cut langue dc terre SS 35 T'EC 40
de largeur. Lc côté de
oppofe
du'
eft fermé par une:
au fond
golfc recifs
chaine de rochers ou
qui paroic
fent à Aeur d'eau quand llai mer eft bafle 5
fur lefqnels on pourroit fermée. faire quelque Je dis
redoute ou batterie cft
car n'en déquand la mer
Philofophes balle;
qui preplaile à-certains
de Aux ni de:
tendent qu'il les nyapoint deux tropiques > ou du
refux entre cft
moins qu'il y. très-fort. refquimpercepuible Le Aux ordi-.
ils fe trompent
& àla Guadelounaire àla Martinique
de.
pe va à quinze - ou dix-huit pouces
hauteur, & dans.les fisigiceseelbandire, --- Page 442 ---
3je Nomveanx Voyages AHX Ifes
1694. dans les nouvelles & pleines lunes
paffe de beaucoup deux pieds. L'entrée > il
du port eft al'Oueft de ces recifs entre
€ux & la pointe du morne. Cette
elt plus baffe que le refte, & naturelle- pointe
ment arrondie & platte comme pour
placer une batteric tres-propre pour
fendre
.k
l'entréc du port > puifque les
vaiffeaux qui veulent y entrer > font
obligez d'en paffer à la portée du
ler. On a mis dans la fuite
piftonons fur cette pointe.
quelques caCuriale Maifon C'eft fur cette éminence
bâtie
delaTri. la maifon Curiale du Pere qu'éroit
nité,
Martelli dans
une fituation charmante pour l'air &
pour la vûe, mais trop éloignée de P'Eglife & du Bourg, & environnée des baraques d'une Compagnie de Soldats
étoient inceffamment dans fa cuifine qui &
autour de fa maifon, où ils déroboient
tout CC qui pouvoit tomber fous leurs
mains, avec d'autant moins de retenue
que les Officiers les foûtenoient, afin
d'obliger le Curé d'aller chercher une
maifon dans le Bourg, & de leur abandonner la fienne, comme on a étéenfin
contraint de faire.
Bourg Port de & Le Bourg de la Trinité n'étoit
laTrni. fé dans ce tems-là que d'environ
té. Son te à
-
Arernter
cômerce,
quatre vingt maifons > partic de
avec d'autant moins de retenue
que les Officiers les foûtenoient, afin
d'obliger le Curé d'aller chercher une
maifon dans le Bourg, & de leur abandonner la fienne, comme on a étéenfin
contraint de faire.
Bourg Port de & Le Bourg de la Trinité n'étoit
laTrni. fé dans ce tems-là que d'environ
té. Son te à
-
Arernter
cômerce,
quatre vingt maifons > partic de --- Page 443 ---
Françoifes ds PAmerigue. 351
bois, & partié de rofeaux, , couvertes de 1694.
paille, bâties toutes fur une ligne courbe, qai fuivoit la figure du golfe ou du
L'Eglifc qui n'étoit
de bois
médiocte, Aa dans le
Erne grandeur
miheu de l'enfoncement, Ce Bourgs'cft
beaucoup augmenté, parce fucre, la quan- de
de cacao ,
2Era
tité confidérable lon fabrique dans ces
coton, &cc. & que far tout au gros morne >
quartiersli, ont attiré bon nombre de Marchands,
y & quantité de vaiffeaux , particuliere- font
ment de ceux de Nantes, qui y
feurir le commerce, & qui trouvent un
débit affuré& prompt de toutes les marchandifes quils y appouent d'Europe 7
parce que tous les quartiers des environs aiment
qui font extrémement peuplez,
mieux acheter leur néceffaire à cet endroit-là voifin de chez cux, que de le
faire venir de la baffe-terre. D'ailleurs Avantas des
les vaifleaux y ont cet avantage d'y être EEde feaux qui
sûreté
la faifon des oura- trafien
pendant le
eft très-sûr > quent à
gans > parce
tenué admira- la Tri
le
ladeet
bien clos, Aoma
nité,
ble, & que partant de ce port pour retourner en Europe, 2 ils fe trouvent au
vent de toutes les Ifles, & s'épargnent
plus de trois cens lieties de chemin qu'ils
feroicnt obligés de faire pour aller cher- --- Page 444 ---
352 Nowveanx Foyages aux IRes
1694. cher le débouquement ordinaire de S:
Domingue ou de Portric.
La Paroiffe de la Trinité complenoit
pour lors tout le refte de la Cabeftere,
& notrejurifticion pirinuellesétendoit
depuis la riviere falléc qui la féparede
celle de Ste Marie > jufqu'a lap poinre des
Salines, ce qui fait plus de quinze liciies
de pays. Il eft vrai
le pays au-deià.
du cul Tilisheatee étoit encore
habité, mais unCiré a autant de pcine peu.
aller voir un maladeà quinze lieiies
Rea fa maifon
que pour cn voir dix. La
difficulté de fervir comme il falloit des,
endroits fiéloignez, a obligé le Gouverneur Général & l'Intendant d'établir
deux autres Paroiffes,lune au cul-de-fac
Robert, & l'autre au cul-de-fac François,
comme je le dirai ci-après. On parloit
même quandje fitis parti des Ifles d'en
établir une 2i1 gros morne 2 parce
ces quartiers-la fe peuplent tOus es
jours.
Je fis connoiffance avec le Procureur
du Roi de l'Ife de Marie-Galante
s'étoit retiré dans cC Bourg après 3 qui
les Anglois fe furcnt cmparez de cette. quc
Ifle; sil exerçoit lOffice de. Notaire
Royal., très- honnête homme, > d'une..
grande droiture, d'une vie exemplaire >
d'en
établir une 2i1 gros morne 2 parce
ces quartiers-la fe peuplent tOus es
jours.
Je fis connoiffance avec le Procureur
du Roi de l'Ife de Marie-Galante
s'étoit retiré dans cC Bourg après 3 qui
les Anglois fe furcnt cmparez de cette. quc
Ifle; sil exerçoit lOffice de. Notaire
Royal., très- honnête homme, > d'une..
grande droiture, d'une vie exemplaire > --- Page 445 ---
Fyançoifes de PAmerique: 353
il étoit de Langon au-deffus de Bordcaux, 1694
& sappelloir Vivens. nous.cimes diné chez le
Après Martelli, que & vifité le Bourg 8c les
Pere environs du Port, nous retournames au
fond S.Jacques où nous arrivâmes aflez
tard. lendemain matinje fusavecle Perc
Le
à Taccommodement
Breton travailler
&claPommeraye.
deDamoufllesRalin fi bien toutes
8 nous les
Damoifelle
deux, &
tort
Pautre.,
Rmante
Raffin qui avoit confentir plus
quc a venir ches
que nous la fimes
lui faire exla Damoifelle Pommeraye fon amitié: Dès
cule, & lui demander réduite à ce point-la,
que laiffai nous le l'etmes Pere Breton avec clle,. & jc
je retournai chez laDamoifelle la Pommeraye,à quije dis que la Damoifelle Raffin étoit bien fachéc de tout ce qui'sé- réfotoit palfe entr'elles, qu'elle étoit auflilue de lui - en venir faire fes excufes
avertir qu'elle
tôt que je lenvoyerois 8c qu'ellc feroitbien revenir,
beaucoup de la
tera clle me remercia donnéc, 8: mc dit
peine quc je m'étois fût l'ofienfée: &
que quoiqu'elle la Damoifelle Rafin, M
vicille que
devoit faire les pies"
par tous cescndroits --- Page 446 ---
-
354 Nonveaux
anx
. 694. mieres démarches, RIEL vouloit Ifes lui
ner des marques de fa fatisfaction & don- de
la bonne intelligence qu'elle vouloit renoûer en allant la trouver chez elles &
aufli-tôt appellant fon fils & une de fes
filles pour Taccompagner, ,elle me
d'y vénir aufli fans
pria
pour l'avertir. Jy confentis envoyer mon Négre
mais quand nous eûmes fait avec joye 5
pas,je fis figne à mon Négre d'y quelques aller.
Cetavis fit auffi-tôr partir la Damoifelle
Raffin avec un de fes enfans & le
Breton. Nous nous rencontrâmes Pere -
tôt. Ces deux femmes firent
biennous ne fouhaitions d'elles. Après plus s'ètre que
émbraffécs, ,la Damoifelle Raffin fej
aux pieds de l'autre pour lui demander jetta
mit aufli à
Ferinteend
fe demanderent genoux , en cette pofture elles
pardon, & fe
une amitié éternelle. Le fieur promirent Gabriel
Raffin nous ayant joint dans ces entrefaites, pria Mademoifelle la
"de diner chez lui, nous fûmes Pommeraye de la
tic, & le lendemain nous fmes parchcz Mademoifelle de la
pricz
avec le fieur Raffin & toute Pommeraye fa famille,
& Dieu a tellement beni cet accommo- s
dement qu'elles ont toujours bien vécu
enfemble.
ure elles
pardon, & fe
une amitié éternelle. Le fieur promirent Gabriel
Raffin nous ayant joint dans ces entrefaites, pria Mademoifelle la
"de diner chez lui, nous fûmes Pommeraye de la
tic, & le lendemain nous fmes parchcz Mademoifelle de la
pricz
avec le fieur Raffin & toute Pommeraye fa famille,
& Dieu a tellement beni cet accommo- s
dement qu'elles ont toujours bien vécu
enfemble. --- Page 447 ---
Frangoifes de PAmbrique. 355 d
s 1694.
r
Cette réconciliation fit grand bruit
Romanet fut affez mortifié de n'y
lePere
il ne laiffa pouravoir point eu dej partji
tant pas de nous en remercier. à ma Paroif-
. Avant de m'en retourner vifite dans le
fe, fallai faire quelque autres à Monfieur
quartier > & entre avoit été Capitaine du
Lacquant ; il
i étoit un
quartier de fainte Marie,
Sa femdes plus riches de la Cabefterre.
+
fit
de quelques abricots
me me préfent & de quelques Avocats,
de S.Domingue,
afin d'en
je les fis porter au Macouba,
planter lcs noyaux dans moit jardin. d'ALes François ont donné le nom
de Abricots S.Dobricot à un fruit
les Efpagnols ap- ne mingue.
Mamet. : nom François
pellent
la couleur dc la
lui convient que tout pour le refte il ne lui
chair, car pour
reffemble point du tout. vient
&
L'arbre qui le porte
geand, l'on
jl cft un des plas beaux arbres que fes
puilfe voir. Son bois eft blanchâtre, écorce
fibres alfez grolfes , liantes; fon unie; fes
ordinairement, allez
feiilles eft grife longucs de fix à fept pouces en
maniere d'éliple, un
pointue EP un
bout, font d'an RACETT verd, pref.
de l'épaiffeur d'une piéce de quinze
que
fes branches font allea
fols ; commc --- Page 448 ---
-
356 Nouveaux Koyages aux Ifes
1694. égales,grandes & fortgarnies defeiilles,
il fait un ombrage charmant.: Son fruic
eft prefque rond, quelguefois deila figuIc dun cceur dont lap pointe eltémouflée,
ilad depuis trois pouces jufqu'afepe pouces de diamétre, > il eft couvert d'une
écorce grisitre delépailleurdun ccu,&
même davantage, forte & liante comme du cuir. Après qu'on a fait unc ou:
deux incifions a cettc écorce de toutela
hauteur du fruit, onla leve comme G
Oil écorchoit lefruits on trouve fous
cette écorce unc peilicule jaunâtre alfcz
forte, quoique mince, & adhérante à la
chair; aprèsqu'on l'a enlevéc on, trouve
la chair du fruit qui eft jaune, ferme
comme cclle d'uné citrouille, & d'une
odeur aromatique quifait plaifir.
Quand lonle mange crud,il laiffe dans
la bouche une fort bonne odcur, mais
de Manicre fe fer- un peu amcre & gomeufc. La maniere
vir du ordinaire de le
eft de le
ftuit. - par tranches aflez manger minces que l'on coupee met
pendant une heure dans un plat avec du
vin & du fucre, cela luiôte fon amertumne & fa gommc, il eft excellent pour la
poitrine, très-fain & fort nourrifant 5
on trouve dans fon milieu ui, deux, &
fouvent trois noyaux
comme des
ccufs de pigeons, & ESE plus felon nla
& gomeufc. La maniere
vir du ordinaire de le
eft de le
ftuit. - par tranches aflez manger minces que l'on coupee met
pendant une heure dans un plat avec du
vin & du fucre, cela luiôte fon amertumne & fa gommc, il eft excellent pour la
poitrine, très-fain & fort nourrifant 5
on trouve dans fon milieu ui, deux, &
fouvent trois noyaux
comme des
ccufs de pigeons, & ESE plus felon nla --- Page 449 ---
fas
"Frencoiles de LAmtrigae. 357
du fruir, ils font plats d'un co- 1694erolleiar
fort durs, ilsrenferment
:
Reraborcuwe amande blanche & allez amere
une l'on prétend être bonne pour refque.
ferrer.
le mâle
1. Cet arbreeft mâle & femelle,
ne - porte que très-rarement Aeurit. > ou pour fans
parler juftc ilfe contente de
Tien rapporter: La femelle rapporte
beaucoup : & deux foisl'année comme
tous' ? les autres arbres de l'Amérique.
Quand on ne - trouve qu'un noyau dans
un fruit, c'eft immanguablemenrs un.arbre femelle equien proviendra Lorfqu'il
s'entronve davanrage ccla eft cafuel.On
eft affuité par beaucoup d'expériences, du
qu'il: eft 'autant d'années à rapporter
ftuit qu'il alcté de mois en terre avant
de levér. On fc fert de ce fruit pour
faire de la marmelade ou des None at
fc confervent long-tems,elles
pectorales & aftringentes ,, odeur. agréables Les
aut gout d'une le' font très-bonne aufli entrer dans la
Efpagnols d'une marmelade , oi ils
compofition
des
&c
mélent du gingembre,
épicerics des
des odeurs dont ils remplifent tiOranges qu'ils font confre & qu'ils
rent ait fec, Ils ufent beaucoup de CCS
fortes d'oranges, fur tout lc matin & --- Page 450 ---
1694. 358 Nowveanx Voyager ANX Res
le repas, ils prétendent que cela
&
TEE
foutient,
leuraide beaucoup à la
digeftion. C'eft une très-bonne
ture.
confiL'Avocat que
Pera dAuocato, lesE/pagnols eft un fruit
femblable
la
EtE
pour
forme & la
la poire de Boncrétien. La groffeur à
fa chair qui fe fond d'elle-mème qualité de
la bouche > le pourroit faire
dans
comme une elpéce dc péche. L'écorce regarder
qui le couvre elt affez mince,
forte & liante, elle eft fort unie quoique &
beau verd qui ne jaunic
d'un
fruit a atteint toute fa que maturité. quand le
chair de ce fruit eft d'un verd
La &
n'a prefque point de confiftence, pale,
il eit bien mûr, de forte qu'on le quand
manger avec une cuillier > comme peut fi
c'étoir de la gelée & de la marmelade
le goût qu'il a dans cet état
s
allez de celui d'une tourte de approche moiielle
de boeuf. Ilye en a qui 1 le mettent fur une
afliette avec du facre & un peu d'caurofe, & de fleurs d'oranges.
Quand on les ciieille avant qu'il foit
tout-à-fait mûr, on le coupe
tranche, &c onl le mange avec le par &
fel comme des artichaux a poivre la
le
dc, dont il a ponr lors le goûr, poivea De
allez de celui d'une tourte de approche moiielle
de boeuf. Ilye en a qui 1 le mettent fur une
afliette avec du facre & un peu d'caurofe, & de fleurs d'oranges.
Quand on les ciieille avant qu'il foit
tout-à-fait mûr, on le coupe
tranche, &c onl le mange avec le par &
fel comme des artichaux a poivre la
le
dc, dont il a ponr lors le goûr, poivea De --- Page 451 ---
RPJCB --- Page 452 ---
Tom -. p 358.
Avoc.at.
N --- Page 453 ---
Erangaifts de Amérique. 359 -
maniere qu'on en ufe, il eft 1694
quelque
Teftomach, chaud & fort
très-bon pour Les bourgeons de fes brannourriflant. dans les
des Pianif
ches mis
de prifannes ceux qui ont la vérotes,C'el-a-dire beaucoup. Si on' fait
le: les foulagent
boire leur infulion à ceux qui
ans
ou
PRTE
ques coups,
quelques & quils en nfencle
blelfez aleflomach, il eft certain qu'elle leur
matin à jeun,
caillé. L'nfage de
fait rejetter le fang
de ventre &
ce fruit arrète les cours
il échaufles diflenteries; mais comme aufli les appéfe beaucoup, il provoque
tits vénériens. dans fon milieu un noyau
On trouve
ne
prefque rond un peu rabotteux,
tenferme aucune amande, & qui
maron dépoillé
SE
plus
eft fépafa ESE Une
après quil
trois
ré asire fruit il fe
en deux ou état, il
morceaux; f RIURLS en cet
eft
leve
fon germc
ne
point parce de Tote que quand on
rompu & garés il faut le mettre en terre
le veut l'inftant planter qu'il eft tiré du fruit ; il
dans demeure en terre huit ou dix jours avant
de rien poulfer dehors 5 il produit
que allez bel arbre quoiquil n'approche
un de labeauté de efabricotier, > fon bois
pas --- Page 454 ---
360 Nomveans Yayages aux
8694. 'eft grisâtre de même que fon
fa
feuille eft
& d'un allez longue, beau pointue, verd. > peu épaiffe,
Les fleurs qu'il
font
pelottons ou, bouquets,
Konti les Aedont affez femblables a des
étoiles, ont fix petites feiilles d'un blanc
fale ou jaunâtre dontler milieu renferme
neuf étamines, fix de ces étamines font
panchées de divers côtez, & les trois
autres qui font toutes droités accolent
des boutons jaunes dont la queie eft
courte > qui font l'origine du' fruir. Cet
te fleur a une odeur alfez agréable &
qui fe répand affez loin. L'arbre commence à porter du fruit à deux ans &
deii on trois ans au plus tard; il
deux fois l'année.
C porto
Il y a quantité de ces deix fortes
d'arbres dans toutes les terres des Efpagnols, qui fonti tinfiniment plus
Ontroules François & les
foigneux
ve peu
autres Nations
d'arbres
des
planter
arbres ou de les confer:
dans fruitiers les ver 2 car il eft rare qu'un E(pagnol
terres mange un fruit dans un bois Ol1
des Fran une terre fans en
dans
çois &
mettre cn terre les
fem: noyaux ou les pepins, aufli trouve.t-on
coup. chez les par toutes leurs terres une'i infinité d'arEipa- bres fruitiers de toutes
gnols. lieu
l'on ne
elpéces s au
que
trouve rien dans les
quartiers des François,
Il
ou de les confer:
dans fruitiers les ver 2 car il eft rare qu'un E(pagnol
terres mange un fruit dans un bois Ol1
des Fran une terre fans en
dans
çois &
mettre cn terre les
fem: noyaux ou les pepins, aufli trouve.t-on
coup. chez les par toutes leurs terres une'i infinité d'arEipa- bres fruitiers de toutes
gnols. lieu
l'on ne
elpéces s au
que
trouve rien dans les
quartiers des François,
Il --- Page 455 ---
Franpoifes de LAmérigne. TIie S. Do- 361 16942 dly a un quartier dans arbres fruitiers"
mingue où ensre infinité autres de ces avocats
on trouve une d'une grolleur & d'une
& abricoriers merveilleulc. Les Sangliers
hauteur
Cochons marons ,
qu'on rendent g tous les environs
fruits font mûrs & qu'ils
ces
ou
leur maturité , ou
des arbres > font par iccouez par le vent.
qu'ils
merveilisn ces animaux Wengrailent
un
leufement, & leur chair en contradte
goût excellent.
CHAPITRE XV.
De la Vigne qui vient AHX IRes.
Dimanche 2. Mai, Monficur
du Roy arriva au Macou- Je le
voir aufli-tôt.
L
ba ' il me vint
priai à fouper, & nous amitié commençâmes qui a duré
dès-lors à lier une
le lendejufqu'à fa mort. Il me. pria moi-mème le
main matin de marquer
Je m'en
tetrain que je voulois prendre. mais enfin je fus
long-tems >
deffendis contraint de céder d 2 & de marquer
ce que je croyois
avec quatre piquers
Q
Tome I. --- Page 456 ---
362 Nowveaux
1694. a mna bienféance.
aux Ifes
cut
NL
P'honnèteté
d'augmenter & de
ce que j'avois
me dire que fi dans la marqué fuite a
voulois davantage j'en ferois
j'en
le maître.
toujours
J'écrivis en même-tems à Monfieur
Michel pour le prier de
les Négres que les habitans commander avoienc
promis de me fournir pour aider
L'Au- Charpentiers à
aux
teur fait où
la
tranfporter ma maifon
tranf.
je
voulois mettre. Il eut
porrer fa nêteté dc venir le
l'honmaifon & fait bon
jour fuivant avec un
un
nombre de Négrés. Les
jardin, tiers mirent ma maifon fur Charpen- des roulleaux, & à force de bras on la
dans le licu que j'avois marqué pofa
comme le terrain étoit affez en
5 &
les Maçons firent un mur fous les pente, 3
afin delélever, & lui donner une afliete foles
plus bellc & plus sûre.
fis planter mes paliffades Cependant je
terrain que je voulois mettre pour clore k
Je lui donnai cent
en jardin.
long fur cent vingt cinquante pieds de pieds de
cour avoit
large. Ma
fur toute la trente-quatre pieds de long
largeur ci-delfus; de forte
que tout mon enclos avoit deux cens
pieds de long fur cent vinge pieds de
large. Ma cuiline avecle poulaillier
y éroit joint, > fermoit un des bouts O
fis planter mes paliffades Cependant je
terrain que je voulois mettre pour clore k
Je lui donnai cent
en jardin.
long fur cent vingt cinquante pieds de pieds de
cour avoit
large. Ma
fur toute la trente-quatre pieds de long
largeur ci-delfus; de forte
que tout mon enclos avoit deux cens
pieds de long fur cent vinge pieds de
large. Ma cuiline avecle poulaillier
y éroit joint, > fermoit un des bouts O --- Page 457 ---
Priengoifes de f Amérigue. toute la 1G2 1694:
la cour, & en semplitfoit 5 au bout oppoé
geur par (a longueurs cafe dont tne partie ferje fis faire une
mon cheval pendant
voit pour retirer
loger les Négres
la nuit, & l'autre pour ils couchoient chez
de nos Peres abattre quand tous les arbres qut
moi. Je fur tis le bord de la falaife qut
étoient
la vuc de la mer. La face
m'otoient maifon étoit au Nord Nord-Eft.
de la
T'Ile dela Dominique & touJe voyois l'étendué de la mer. Eten attendant
te
iers cuffent difpofé les bois
que Ics ouvr Tagrandillenen de ma
néceffaires
à mettre à niveaut
je
maifon, RESTILIET
à tracer les
le terrain de mon jardin, d'abricots,
allées, & planter les noyaux fruits qu'on m'ad'avocats & d'autres
dé la
afin
voit donnez. Je plantai me ECE de
de faire une treille qui autre de jafmin
cabinet. J'en fis un troifiéme de
rouge & blanc. Un
des Rcam
mes de liannes fleurs qui CETA la pallion, & un
qu'on appelle de différentes fortes de pois.
quatiémns d'un Négre deux pieds de bois
Tachetai
du jardin de Monfieur
d'Inde. J'eus
rouges &
Pocquet des franchipannes nains, del'oblanches, des grenadiers
& diffézeille de Guinée, des figuiers, Qij --- Page 458 ---
364 Nowveanx Poyager aux Mtes
1694. rentes fortes de Aeurs, herbages & légumes, de forte qu'en moins de fix fcmaines ou deux mois 2 mon jardin fe
trouva fourni de tout ce qu'on pouvoir
fouhaitter. Jc le. partageai en quatre
grands quarrez par des allées qui- fe
croifoient &c qui terminoient à d'autres
allées qui régnoient autour de l'enclos.
Les bordures des plates-bandes étoient
de thin, de lavande, de ferpolet, de
petites fauges, d'hyfope & d'autres herbes fines & odoriférantes. Je deftinai
lcs plares-bandes pour les arbriffeaux
& les Aleurs 5 & le dedans des
rcz partagez en plufieurs planches AeRe
voit pour les herbes potageres. J'avois placé ma vigne au bout de ma
maifon qui étoit à l'Oueft Nord Oueft
afin qu'elle fit à couvert des vents alifez qui me l'auroient gâtée. Entre
l'autre bour de ma maifon & la paliffade de l'enclos,j'avois fait les planches
pour les poids verds, les concombres
& les melons.
On s'étonnera peut-être que n'ayant
pour tout domeftique qu'un feul Négre,j'euffe entrepris de faire & d'entretenir un fi grand jardin, mais cela
ne m'a jamais donné la moindre
car
peine;
comme mon jardin étoit pour
qui me l'auroient gâtée. Entre
l'autre bour de ma maifon & la paliffade de l'enclos,j'avois fait les planches
pour les poids verds, les concombres
& les melons.
On s'étonnera peut-être que n'ayant
pour tout domeftique qu'un feul Négre,j'euffe entrepris de faire & d'entretenir un fi grand jardin, mais cela
ne m'a jamais donné la moindre
car
peine;
comme mon jardin étoit pour --- Page 459 ---
Frangoifes de PAmerigue
0e 1694.
à tous mes
raltl
ainfi dire commun convié dy.prendre
fiens, que Javois ils auroient beloin; ; auffi
tout ce dont
fort gentreufement
me donnoient-is travailler toutes
leurs Négres
témoignois y
en avoir
fois
je
Ket
les
que
m'arivoit très-foubefoin 3 outre quil
marons , c'eftvent d'avoir des Négres venoient me prier
à-dire fugitifs, qui chez leurs maitres &
de les ramener
; je les faifois
d'obrenir leur pardon une demie jourtravailler à mon jardin les ramenois à leurs
née, après bien quoi sitr je qu'ils leur pardon- Les feps
maitres;
La vigne de
neroient à ma confidération. Ifles venant a di- venus af
que l'on a plantée aux a eu bien de la France oat
rectement de France,
8 me-ne TE
peine à fc naturalifer les aul raifins pays, ne mu- naturali- fer aux
me jufqu'à préfent
Ce n'eft ni le IAcs.
riffent
chaleur parfaitement. ni de la nourriture,
défaut te
le climat érant
mais c'eft
TE grains mûriffent
chaud &
emae
tôr, & les uns avant les autres on
trop de forte que dans une mèmc grappe cn vertrouve des grains mies.d'auttes
jus, & d'autres qui font eft prefquencore venu de Maen Aeur. Le mufcar qui eft
ecedédere & des Canaries exemptde bien.
faut, & il mûrit parfaitement Qiij
. ni de la nourriture,
défaut te
le climat érant
mais c'eft
TE grains mûriffent
chaud &
emae
tôr, & les uns avant les autres on
trop de forte que dans une mèmc grappe cn vertrouve des grains mies.d'auttes
jus, & d'autres qui font eft prefquencore venu de Maen Aeur. Le mufcar qui eft
ecedédere & des Canaries exemptde bien.
faut, & il mûrit parfaitement Qiij --- Page 460 ---
366 Nowveaux Poyages AHX TRes
1694.
Cependant j'ai remarqué qu'à mefure
Ia vigne que les feps vicilliffoient ce défaut
donne corrigcoit.
fe
2u fiuit
Ce que la vigne a d'admira2u moins ble dans ce
c'eft
deux fois fruit deux pays, fois
qu'elle porte du
Far an,
par an , & quelquefois
trois fois en quatorze mois > fclon la
faifon féche ou pluvicufe oû elle cft
coupée & le fep taillé,
Les feps que plantai dans mon jardin ont porté S fruit fept mois après
avoir été mis en terre; aufli-bien que
les Figuiers qui viennent de botture &
qui portent toute l'année, pourvi
ait foin de mettre du fumier au
& de lcs bien
>
:
arrofer dans lc tems de
la féchereffe.
V
Ce
E La régle qu'on doit obferver
faud 0RT
quand
ferver on veut tranfporter des arbres, , des
pour plantes ou des graines d'un
rranf. dans un
c'eft pays froid
porter
pays chaud;
de lcs
des grai dre dans les
les
prenncs oti
font
pays
plus voilins > &
des plan. qui
d'une température
ICs
d'Eu- prochante du
ou on
plus ap1ope en
pays
les veut
Améri- ter. Comme, par exemple, de les porque.
dre en Provence ou à la' côte
prenou
d'Efpagne,
bien & encore mieux aux Mles de
Madere oul aux Canaries. A l'égard des
graines il faut toujours les apporter
dans leurs épis, coffes ou
&
avec
filiques,
tout cela il ne faut pas s'attendre
'une température
ICs
d'Eu- prochante du
ou on
plus ap1ope en
pays
les veut
Améri- ter. Comme, par exemple, de les porque.
dre en Provence ou à la' côte
prenou
d'Efpagne,
bien & encore mieux aux Mles de
Madere oul aux Canaries. A l'égard des
graines il faut toujours les apporter
dans leurs épis, coffes ou
&
avec
filiques,
tout cela il ne faut pas s'attendre --- Page 461 ---
Frangoifes de PAmserique. foient abon- 367 1694.
que les premieres récoltes très-médiocres. Il
dantes, elles feront fe naturalifent au
faut que les graines cela eft fait', elles propays, & quand
J'ai expérimenté
dnifent à merveille.
venoient de
quayant femé des pois qui très s-] peu, les
France, ils rapportoient davantage, mais
feconds rapportoient
d'une manieles troifiémes produifoiene le nombre, la
re extraordinaire pour On
des
groffeur & la bonté.
peutavoir il ne faut
pois verds toute l'année les Lunes. ,
C'eft à
qu'en (emer toutes
; en trois mois
quoije ne manquois pas
ils font bons à mangeri
nommé Froment
a Un habitant: tde ma Paroiffe étoit ve- fcmiéala MarciniSelliers fema du froment très-bien qui en her- quc.
nu-de France, il vint des épis étoient
bes, mais la plâpart avoient
vuides 5; & les autres
nez EAFRE dans
de grains , mais ceux-ci à merveilpays étant femez poufferens les
beaux épis
les, & prodoifirent
plus
sima-
& les mieux fournis quon mortier puilfe dont
giner. On en
dans un
cet
on fit de la artae & du
que je behabitant préfenta à
que
TEERL
nis, & qui fut diftribué au peuple. qu'il
Javois crû pendant habitans long-tems des Iles de
éroit défendu aux
Qiv --- Page 462 ---
368 Nowveanx Poyages Aux Hles
1694. femer du bled & de cultiver des vignes, & que la raifon de cette défenle éoit le préjudice que cela cauferoit
211 commerce > poifquil eft certain
le fond principal des cargaifons
vaiffeaux
de
qui viennent aux Ifles eft le
vin & la farine de froment. Mais j'ai
appris depuis très- certainement
n'y a jamais eu de pareilles défentes qu'il -
& jai connu par
culture du bled & expérience de la
2 que ia
vigne écoit
Raifons inutile 5 & comme
pour lef
impofible aux lfles,
quelles particulierement celle du bled.
on ne fe- regardecomme
Je la
me point
inutile, parce que trèsde bled peu de gens
da
aux Ifles ment
mangent
pain de fro-
& qu'on
> les
les engagez > les
n'y fait domelliques,
ouvriers ne
Mgnts
point vin. de
de la farine de Manioc ou mangent de la
Sroc
prefque tous les Créolles s
ceux mêmes qui font riches & qui font
fervir du pain far leurs tables par
deur oupour les étrangers, mangent granvolontiers de la caffave & la
au pain. Il
a donc
rades
n'y
qu'un très-petit
nombre de
qui
du
8c je ne, croi gens pas avancer mângent rien pain, >
foit exadtement vrai, quand je 2 ne
de cent perfonnes il n'y en a tout que au
plus que cinq qui en mangent.
Iln'en eftpas de même du vin, quois
fervir du pain far leurs tables par
deur oupour les étrangers, mangent granvolontiers de la caffave & la
au pain. Il
a donc
rades
n'y
qu'un très-petit
nombre de
qui
du
8c je ne, croi gens pas avancer mângent rien pain, >
foit exadtement vrai, quand je 2 ne
de cent perfonnes il n'y en a tout que au
plus que cinq qui en mangent.
Iln'en eftpas de même du vin, quois --- Page 463 ---
de PAmerigue. 369
Frangeifes
> les Miou
que les Négres, ouvriers les engagez n'en boivent
meftiques & les il y a aflez d'autres
pas à leurs
>
congens qui en rem une quancité tres-grande qu'on en
fommation. Quelque on n'a jamais entenapporte aux Ifles, fe foit
pour n'avoir
du dire qu'il
1Ea il eft impofiété confommé. sappliquer à ces deux
Ec qu'on puilffe
à la petiteffe du
eultures, par rapport chaque habitant',
terrain que poliede utilement celui
qui employe bien plus cacao, cotton, rouquil a en cannes marchandifes, 2
qu'en bled
cou & autres étant certain que le méou en vignes; o.
feroit obligé d'emme terrain qu'on
fouren bled & en vignes deux pour chofes à
ployer nir le nécelfaire de ces
cinle fournira pour
dix perfonnes ,
étant employé
quante & même pluts 3 d'ailleurs que
da pays:
en marchandifes faire les vailfeaux d'Euroviendroient
leurs terpe fi les habitans employoient vin, de
ie charres en bled & en
quoi & que pourgeroiencils en ranfiar des
lleft deroient-ils efpérer
étoit défendu aux fendu
3 On m'aaffaré qu'il & de toute. la auxErpa dd
Elpagnols du Mexique du Jucatan , de la gnols Mexique
nouvelle Efpagne, & de Carthagene ; dessd
côre de Carac
Qv --- Page 464 ---
370 Nouveaux
Anx Ifes
E694. Ifles de Couve, Foyages de Saint
grandes Portric & autres lieux aux Domingue ;
Tiles de Golfe de
environs du
faire du
Mexique, > de cultiver la
vin & de gne & les oliviers, &
viPkuile, que les feuls Jéfuites qu'il n'y avoit
qui cuffent
miflion de faire certaine quantité per- de
vin pour dire la Meffe, Les gallions
n'auroient pas de quoi fe
&c
ces
deux denrées qui font charger, tres-abondantes en
y demeureroient inutiles & fans LSETY
Les Etats du Perou & du Chili ne
font pas, fujets à cette défenfc. On
fait du vin cir quantiré qui eft bon; I
Tégard du bled il vient par tout en
abondance; ;.on en fait deux récoltes
an dans le Mexique &. la nouvelle EC par
pagne. Jc croi qu'on le pourroit cultiver avec un parcil fuccès dans les endroirs qui font aux environs du Golfe
dé Mexique; cependant foit par
fc ou pour quelqu'autre. raifon, les parcf habitans de la côtc de Carac, - , de Carthagene & des grandes Iles ne fément
point de bled, & aiment mieux acheter
des farines des François & autres étrangers qui leur en portent, &
les
Vin re- vendent bien
qui
leur
sucilli a
cher.
MarieUn habitant de Marie-Galante
Sizlante. mé le
nom:
Tellier, 3 recicilloit tous les ans
ependant foit par
fc ou pour quelqu'autre. raifon, les parcf habitans de la côtc de Carac, - , de Carthagene & des grandes Iles ne fément
point de bled, & aiment mieux acheter
des farines des François & autres étrangers qui leur en portent, &
les
Vin re- vendent bien
qui
leur
sucilli a
cher.
MarieUn habitant de Marie-Galante
Sizlante. mé le
nom:
Tellier, 3 recicilloit tous les ans --- Page 465 ---
de TAmubigue. 371 >
307 Faatngaifes
croilloit fur fon 1694
fa provifion de vin qui en ont bû m'ont
habitation. Ceux
; le feul déétoit
mSe
affuré qu'il avoit ; étoit qu'il ne pouvoit
faut quil
toute l'année , mais
pas fe conferver auroit trouvé reméde à
peu à peu D'ailleurs, on
quelle nécellité de
ce mal.
puifqu'on fait
le garder f long-tems année,
D
deux récoltes chaque
fortes de Jafmine
Nous avons aux Mles comme quatre celui de des tre St:
Jafmins, le commun cinq feiilles s 8c le tes.
France qui n'a que dix. Ces deux efpéces
double qui en a
commun d'A:
font blanches, , le Jafmin cinq feuilles;
rabie.eft rouge > il n'a que
le double en a dix.
blancs qu'on
La quantité de Jafmins
& mel
trouve par toute la Martinique, des forêts où il n'y
me dans les endroits
les Caraibes
d'apparence que
a point allez
me fait foupe
les foient
naturelle au
çonner que cette
vais faire
TE
j'en
pays. La defctiption
de
lieu aux
ssAke
donnera
RaCE
celui des Ifles eft de mème que
fi
d'Europe.
nous avons" aux Ifles
a Le Jalmin que devient en arbriffeatt
eft une plante qui
rameaux
quantité de tiges s'entre
qui
tout droits, qui
ou
Qvj
Eoaa --- Page 466 ---
aux
1694. laffent Nperwansfonae aifément
Hes
, qui, fe fortifient &
muliplient à merveille fi on a foin'de
les tailler une ou deux foisl'année
commencement & à la fin de la faifon > au
des pluyes. Le pied de l'arbriffeau eft
couvert de deux écorces, linterieure
que l'on pourroit prendre pour le bois
même eft verte 3 liffe & fi adhérente
qu'il eft très difficile de la féparer du 2
bois. Elle eft couverte d'une autre
écorce mince, > friable qui. fe détache
d'clle-même & qui fe roule,
eft de
couleur grife. Le dedans du eft mélé de gris & d'un verd pâle ; il.eft affez
tendre, caffant, leger & rempli d'une
motielle qui n'a
beaucoup d'humidité, Les tiges apar pouffe en quantité
font unies,lianes,d'un verd
&c
affez chargées de feiilles 5 foncé, elles' font
d'un très beau verd, pointués par les
deux bouts > beaucoup plus longues
qu'elles ne le devroient être par
port à leur largeur; ; elles tiennent rap- aux
tiges ou branches par une queué courte, & font toujours accouplées. C'eft
à l'extrémité de fes branches que naif
fent les fleurs. Elles viennent toujours
par bouquets, il eft aufli rare qu'elles
foient feules que d'en voir autre
qu'aux extrémitez des branches, Ces part
très beau verd, pointués par les
deux bouts > beaucoup plus longues
qu'elles ne le devroient être par
port à leur largeur; ; elles tiennent rap- aux
tiges ou branches par une queué courte, & font toujours accouplées. C'eft
à l'extrémité de fes branches que naif
fent les fleurs. Elles viennent toujours
par bouquets, il eft aufli rare qu'elles
foient feules que d'en voir autre
qu'aux extrémitez des branches, Ces part --- Page 467 ---
Frangoifes de LAmeriquti bouton 373 lon- 1694*
feurs commencent par eft un de couleur de
guct, dont le souvre bout & fe
eri
pourpre 5 il dontle fond FARERE un petit
cinq fetilles,
une
calice au milieu duquelseléve dans :EE macolonne ou pifil, qui renferme porte deux perurité une goulle
de l'autre,.ap-
-tites
à
&
TATTET
graines côté
fe touchent,
platics du
qu'elles Ceitla femenrondes du côté oppolé. comme elle vient
ce de la plante 5 mais
vite de boutubeancoup mieux & plus
s'amufe de
re, il eft très - rare qu'on
il n'ya
en terre,
mettre ces fernences l'ont fait pour s'éque les curieux qui graines étoient vedlaircir fi ces petites de T'arbriffeau.
sitsblement la femence
Jafmins doubles > rouges
Les
différent des fimples
ne
Re
blançs
ude
le nombre de leurs feuilles; douce, & ne laiffe
uns & desautres eft allez loin, far tout le
de sétendte
le folcil eft
pas foir & le matin > car quil quand répand difipe
haut > la chaleur odeurs de toutes fortes de
beaucoup les
Pommes
Aeurs.
de Liannes font les fruits de Lian- &
Les Pommes
ou comme on diep de
de certains oziers ? liannes qui cou- la Paffio, graaux Ifles, de certaines beaucoup. La afr
rent & qui multiplicnt --- Page 468 ---
374 Nowveaux
AHX Mes
1694. felille eit d'un Troyages très-t bcau verd,aflez
mince, > divifée ou échancréc en quarre
endroits; elle approche del la vigne folle, la qucué qui l'attache à la rige cft
affez courte , clle eft garnie à fa naif
fance dc deux petires feitilles ovales &
d'un filet allez long & tortillé, par lel
quel la tige fe foutient en s'ettachant, a
tout ce qu'elle rencontre j. les.feiiilles
font en grand nombre, & font par conféquent un bel ombrage. Cette lianne
porte des flcurs violettes a leurs extré
mitez, > faites à peu près comme des
clochettes d'un pouce de diamétre, &
d'environ. autant de hauteur , compofées de filets allez gros, dont les cxtrémitez font dc coulcur de pourpre'; ils
fortent d'un fond jaune, > au milien duquel s'éléve un piftil de même couleur,
qui a un peu la figure d'un marteau >
qui eft chargé de trois petits boutons
quiont celle d'un clousc'eftcequis 10 a fait
donneràcetre Acurle nom de fleur de la
Paflion. Les fruits qui fuccédent à ces
Aeurs font de la groffeur d'un cenf, &
de la même figure, excepté qu'ils fonr
également pointus par les deux bouts,
Leur écorce qai eff verte au commencement. s devient jaune quand le fruit
eft mûr 5 elle n'a pas plus d'épailleur
ft chargé de trois petits boutons
quiont celle d'un clousc'eftcequis 10 a fait
donneràcetre Acurle nom de fleur de la
Paflion. Les fruits qui fuccédent à ces
Aeurs font de la groffeur d'un cenf, &
de la même figure, excepté qu'ils fonr
également pointus par les deux bouts,
Leur écorce qai eff verte au commencement. s devient jaune quand le fruit
eft mûr 5 elle n'a pas plus d'épailleur --- Page 469 ---
Prangoifes de PAmerigne. 375
qu'un écu, ni plus de confiftence qu'un 1694
parchemin.Elle eft remplic d'une liqueut
grisitre, épaiffe comme de la gomme
décrempée & remplic de petites femences, grifes, , allez dures & fort glnantes, la
Pour manger ce fruit onr fait avec
dent &le couteau une petite ouverture
à uin des bours, & on fuce par-là tout
ce qu'il contient, qui femble une gclée du
fucrée dans laquelle on auroit mis
fuc de grenade.
Ce fruit eft fort bon
la poitrines
il eft rafraichiffant, & PRrte bonne odeur,
On en donne aux malades.
friands,
Les râts en font extrèmement
jamais de fe trouver
ils ne manquent
fur tout quand le
fous cette plante attirer
conféfruit eft mûr, &. d'y
par
quent les ferpens : ces deux incommedi- défaite
tez m'obligerent bien-tôt à me
de ces liannes. J'en ai vû de fembladans la vigne du
bles-à Civita-Vechia
feuilles;
fieur Santini; il eft vrai queles
les Aeurs 8c les fruits font bien plus petits
Ifles, 8c que les fruits nc
qu'aux
-
mûriffent pasbien.
on donLa plapart des légumes de àqui Pois, fe de:
ne dans les Ifles le nom
vroit appeller des Féves > puilqu'eiles Les
en, ont vérigablement la figure. --- Page 470 ---
376 Nonveanx Vaynges aux Ifes
1694-1Pois que je plantai pour couvrir un
Pois cabinets de monj
des
blancs, blancs 3 ils font jardin, s'appellent pois
plats, > ronds,
comme un liard & épais de deux grands à trois
lignes. Leurs tiges courent , montent
tant qu'on veut, & s'attachent par
leurs feiilles font affez grandes & tout;
rondes en grande quantité, Ils
&
NIEA
RS
portent toute Fannéc, &
vent durer un an, & même
être
plus faus
replantez; 5 ils cuifent
font tendres
facilement,
de couleur
2 & ils font un boiillon
fort bon de gris de perle qui eft de
goût.
Pois
Les Pois
font
d'Ango- du
d'Angole
k.
Royaume de ce nom fur la originaires côte d'Afrique, > d'oà ils ont été
Ifles par les vaiffeaux apportez aux
cher les
qui vont cherNégres en ces quartiers-là. Ils
reffemblent affez à nos petites féves,
excepté pour la couleur 5 car ils font >
bruns, aufi viennent-ils de la côte des
Négres; ils forment un perit
fort agréable qui dure fept ou arbriffeau huit ans
& quelquefois plus felon la bonté du >
terrain ; il feurit & porte du fruit
dant prefque toute l'année; lécorce pen- de
l'arbriffean eft verte & fort
eft affez branchu, fes feiiilles mince, font lon- il
gucs > étroites, minces, & d'un verd
>
bruns, aufi viennent-ils de la côte des
Négres; ils forment un perit
fort agréable qui dure fept ou arbriffeau huit ans
& quelquefois plus felon la bonté du >
terrain ; il feurit & porte du fruit
dant prefque toute l'année; lécorce pen- de
l'arbriffean eft verte & fort
eft affez branchu, fes feiiilles mince, font lon- il
gucs > étroites, minces, & d'un verd --- Page 471 ---
Franpaifes de TAmbrigue. des 377 au- 1694
brun,
Je parlerai
s'en
un peu
à mefure que l'occafion
tres
d'Inde vient ordinairement
ME
Le bois
Son bois eft
fort grand & fort roide gros. & pefant 5 fon
romgeliere ; dur, & affez vive 5 fes
écorce ek jaunâtre femblables pour la forme
felilles font
à la verité un
: celle de nos Lauriers, minces, mais
plus perites & forte plus & plus aromattEant odeur plus fois l'année de peque. Il porte blanches deux qui rongillent un
rites fleurs extrémité; elles font par
peu vers leur
fuccedent de petites
bouquets > aufquels comme la fixiéme pargraines grolles noix mufcade & de la même eft Boit
tie d'une donclodeur & le goûe d'Inde Laut
confiftence,
le ou
femblable à celui que canelle produiroient & la muc.net.
cloud de gérofle > la
enfemble. Les
cade s'ils éroient pilez
les
les tourdres ou grives, per- ces
ramiers,
recherchent
drix 8 les perroquets avec une avidité
graines & les mangent engraiffent extraorfurptenante: : ilss'en leur chair contracte en
dinairement, &
de ces trois
mème-rems le goût ries. On s'en fert communément on fale
les fauces, mais fur tout quand de fel & de
du cochon. On faupoudre --- Page 472 ---
378 Nowveaux Voyages AHX
1694. ces graines bien pilées toutes Ifes les
ches de viande à mefuare qu'on les courange dans les jarres ou dans les
ar-
& on les couvre de feirilles féches barils, du
même arbre, comme on fait en
des feitilles de lauricr. La viande Europe ainfi
odeur accommodée contraétc un goût & une
admirable.
Je n'ai pas de peine à croire
cft
défendu de
de
qu'il
tran(porter
ces fortes de
graines en France ; Cat il eft certain
qu'elles fuppléeroient aux autres
sies qui demetireroient ainfi fans épicc- débit,
Ccr arbre cft long-tems à croitre
comme il arrive à tous les bois extré- 5
mement durs comme il eft. Des deux
petits que j'avois achetez un fut rompu
par accident. J'ai laiffé l'autre de
de dix pieds de haut quand je
plus
des lfes, mais il n'avoit cnicore fuisparti
ni fleurs ni fruits, quoiqu'il cût porté
douze ans. Il eft vrai qu'il étoit plus de
dans un endroit affez
planté
Cet arbre vient ordinairement expofé au vent,
terres féches & arides. Je croi dans des
qu'il viendroit encore mieux pourtant dans de
bonne terre 2 cependant on le trouve
rarement dans de bon terrain. Il
a quantité dans l'Ife de
y en
a la grande terre de la Guadeloupe, Sainte.Croixy
ala
iqu'il cût porté
douze ans. Il eft vrai qu'il étoit plus de
dans un endroit affez
planté
Cet arbre vient ordinairement expofé au vent,
terres féches & arides. Je croi dans des
qu'il viendroit encore mieux pourtant dans de
bonne terre 2 cependant on le trouve
rarement dans de bon terrain. Il
a quantité dans l'Ife de
y en
a la grande terre de la Guadeloupe, Sainte.Croixy
ala --- Page 473 ---
Frangoifes de PAmériqse. 379
aux Grenadins, à Maric Ga- 1694Y
Grenade, dans >
les montagnes du vieux
lante Fort de > la même Ifle 2 au gros Morne
aul quartier de la Tarde laMartinique
cul-de-fac des
tane > &c vers le dernier bois
faiSalines. On fe fert de se
dents
re des roulcaux de moulin
EE
des rais de roie & autres
de balancier >
en faire de belouvrages. On pourroit il fe
fort bien 2
les planches 2 car
polit les ouvriers le
mais comme il eft dur,
de maunégligent & ne manquent pas leur
vaifesrailons pour couvrir
pareffe, de
C'eft ainfi quils en nfent à légard
autres arbres dont je parlerai
plufieurs
n'ont
d'autres
dans la fuite qui
point
défauts que d'ère durs, &c par conféquent difficiles à travailler. 86 blanLes Franchipannes rouges
n'a
ches viennent fur un arbriffean qui
rien de beau que fes Acurs. Le pied de
vient aflez gros & jette quantité
branches, mais mal faites & encore plus
Le bois eft blanchatre >
mal difpofées. eft d'un verd pâle; il eft tenTécorce
& rempli d'une moiieldresfpongieux blanche comme le fureau; fes feuille
&
larges à leur
les font longues
plus les
à la
extrémité quau bout- qui
joint
branche. Les fleurs naiffent par gros --- Page 474 ---
380 Nowveaux
aux Ifes
1694. bonquets dans le Patere des feuilles
qui ne viennent pour l'ordinaire
bout des branches; elles reffemblent qu'au
allez aux Lis, excepté qu'elles font plus
longues, en plus grande quantité, plus
étroites, plus fouples & moins
Leur odeàr eft douce &
épailfes.
bouquers
agréable 5 les
que ces fleurs font naturellement, font attachez à une
fort dc deux pouces du
queué
Franchi- les. Cet
milieu des
etil
panne,
arbriffeau
des Aleurs
te l'année. Il vient ECTtc bouture fort tou- facilement, Il faut obferver de
avec de la cire noire, dont
fermer
dans un autre lieu, le bour je parlerai
l'on mer en terre, & faire denx couipé On trois que
petites incifions dans la partie
eft
enterrée pour déterminer la feve qui de la
branche as'écouler doucement
& y produire des racines ; en par-la,
de quatre mois il eft repris,
moins
feiilles & des branches & pouffe des
fleurs.
porte des
diers Greha- de Les Grenadiers communs
deux ef fort bien & font
viennent
péces. feiilles, de fleurs toujours & de fruits. couverts de
comme en Europe des Grenades Ily a
ces & aigres, mais les Grenadiers doufont lcs plus beaux arbuftes
nains
puiffe voir, On les
retenir que l'on
peut
à la
de quatre mois il eft repris,
moins
feiilles & des branches & pouffe des
fleurs.
porte des
diers Greha- de Les Grenadiers communs
deux ef fort bien & font
viennent
péces. feiilles, de fleurs toujours & de fruits. couverts de
comme en Europe des Grenades Ily a
ces & aigres, mais les Grenadiers doufont lcs plus beaux arbuftes
nains
puiffe voir, On les
retenir que l'on
peut
à la --- Page 475 ---
Françoifes de PAmérigue. : ;81
hauteur de dix à douze pouces. On en 1694
faire des bordures & les tailler à
peut
comme le buis, fans
cela
près
des Recuce &
E empêche de produire
des fruits , qui par
à leur
de leurs
S
telfe & à la
PEEER
ches , ne fembleroient en être jamais
fortis, @ on ne les y, avoit vâs ordi- attachez, car ils font de la groffeur bien
naire des Grenades, & d'un goit
plus agréable & plus favoureux. On a
de mettre des morceaux de planfoin
de thuiles fous les fruits - > fans
ches ou
fur la terre où ils
ils périroient
foutenir.
E l'arbre ne les
L'Ozeille de CIT eft un arbriffeau
d'un bois aflez tendre, dont l'écorce eft
& mincc. Il vient de fept à huit
verte de hauteur; fes branches font en
pieds nombre & fort déliées; fes feiilgrand les font partagées en trois parties inédeux coupures qui vont
gales > par
la principale nervure 5
prelque elles font jufqu'à dentelées 3 & leurs nervures
font de couleur de chair 5 elles ont le
goût & font le même effet que l'ozeil- lui
ne
le de nos jardins, quoiqualles deux fois Ozeille
reffemblent point, 1l
mème- de Guides Aeurs
en
néc.
Fone
l'année
qui
Elles,refiems fon fruit & fa femence, --- Page 476 ---
382 Nowveaux Voyages ANx IRes
1694. femblent à des Tulipes
ne feroient
pas bien ouvertes, elles 1.r plus
tes, les feiilles qui les compofent
de
foe
lépaiffeur d'une piécede quinze fols,
roides & d'un rouge foncé. Elles renferment dans leur fond un bouton verd
qui contient quelques petites
brunes ; c'eft CC bouron qu'on met graines en
terre & qui produit cn moins de trois
mois l'arbriffeau & les Acurs.
ces efpéces de Tulipes font
Quand
qu'on connoît à une pétite noirceur mûres, CC
paroit au bout de leurs feitilles, on T
ciieille, on ne s'en fert qu'en
cet
confitures;
flcur pour
effet, OH coupe le fond de la
avec lc bouton que T'onj jette
me inutile, le refte dés fetillesou fleurs comrouges fc met boitillir à grande cau
dant un Miferere, après quoi on les
re, 2 &
SMt
les
quand elles font
on
met
égoutées,
botillir dans lc fucre avec quelques clouds de gérofle & un
de
nelle.
peu
Care Confiu. d'O- Lorfqu'on en veut faire de la
zcille de on fait boiillir ces feiiilles avec gelée;
Guinée. d'eau fealement
autant
couvrir dans la bafline, qu'il en faut
les
& on
donne
earde
une entiere cuiflon,
on
fe fortement dans
puis
les pref.
un gros
en
exprimer tout le fuc > linge pour
quel'on mct
quelques clouds de gérofle & un
de
nelle.
peu
Care Confiu. d'O- Lorfqu'on en veut faire de la
zcille de on fait boiillir ces feiiilles avec gelée;
Guinée. d'eau fealement
autant
couvrir dans la bafline, qu'il en faut
les
& on
donne
earde
une entiere cuiflon,
on
fe fortement dans
puis
les pref.
un gros
en
exprimer tout le fuc > linge pour
quel'on mct --- Page 477 ---
Frangoifes de PAmbrique. 383
a
dans le fucre clarifié où on le fait bouil- 1694lir quelques momens. C'cft une excellente gelée, on s'en fert pour boire en de
la battant dans l'eau comme la gelée
dont elle a la couleur &c
groleilles Elle 2 eft fort rafraichiffante, on
le goût.
malades, à
tifanen donne aux
quila elle les
donne du dégouts
ne ordinaite les défaltere & les rafraichit
réjoilit >
& avec plailir.
fans aucun danger viennent fans peine > Tube:
Les Tubereules
leur
reufc.
il femble que les Ifles foient
pays
natal. Il fuffit d'en avoir planté quel- l'en
oignons dans un jardin pour
a
ques voir bien-tôt rempli, car elles multi-
& portent dès
plient prodigieuf@ment, année, fans qu'on fe donne
la premiere de les tran(planter > à moins
la peine foit
en faire des borque CC ne
pour
dures.
la même facilité dans la ordinai- OzeiMe
On trouve des herbes ordinaires potageres. rc.
culture
d'ozeilles luffiDeux ou trois plantes
fent
cn faire une très-grande plan:
che. les partage en petites portions les
que l'on met en terre aflez éloignées trèsunes des autres 5 elles reprennent fi bien en
vite, croiffent & s'élargitient
ou fx femaines de tems > qu'elles
cinq
tout lç terrain. Quand on
couvrent
€ --- Page 478 ---
384 Nonveaux Voyages AuX
1694. veut conferver l'ozeille dans Hhes fa beauté & fa
grandcur, 3 il faut tous les deux
ans la changer de place afin de
fiumer le terrain
pouvoir
viendroit
, qui autrement demaigre. Plus on
cette plante, EL >
tout dans le tems coupe des
pluyes, plus elle croît Sc
Oignons La graine
s'élargit.
d'Oignons venant de Fran-
-ce, & généralement de toute
ne produit
des ciboules T'Europe s
nent très- LLter &
qui vienpar groffès touffes.
Quand on en arrache une il faut avoir
foin de remettre dans le trou une ou
deux ciboules de la touffe arrachée, c'eft
le moyen de n'en jamais
en moins de deux
manquer; car
la même
mois on en trouve
Echalot-.
quantité qu'on en avoit ôté.
Les
tes 1
Echalottes
may viennent en
siere de tion, tant
la
perfccles culti- goût.
pour groffeur
pour le
ver.
Quand on les plante IREP avoir
foin de les e(pacer comme on fait la
Chicorée ; on n'en met qu'une dans
chaque trou, dès qu'elles ont repris &
qu'elles commencent à pouffer,il faut
ôter la terre quiles couvroit & ne Haiffer que la chevelure enterrée,
ment elles croiffent comme des cibou- autreles & ne produifent que des feitilles ;
mais au contraire plus on a'foin de les
déchauffer > plus elles multiplient &
grofilifent,
REP avoir
foin de les e(pacer comme on fait la
Chicorée ; on n'en met qu'une dans
chaque trou, dès qu'elles ont repris &
qu'elles commencent à pouffer,il faut
ôter la terre quiles couvroit & ne Haiffer que la chevelure enterrée,
ment elles croiffent comme des cibou- autreles & ne produifent que des feitilles ;
mais au contraire plus on a'foin de les
déchauffer > plus elles multiplient &
grofilifent, --- Page 479 ---
Frangoifes de P Amérique. Echalotte 38; 1694.
grofliffent 5 de forte qu'une & quel-
:en produira douze ou
touffe on
dans une
RuE
quefois vingt la tige eft tour-à-fait
les léve quand
qu'elles ont atfanée. Ceft la marque & leur matuteint toute leur grolleur
rité. cultive de la même maniere T'Ail
On
qui font venus de Made-
& les Oignons fuccès. Comme ily
re avec le mème
avoit comavoit peu de tems qu'on
de Mamencé de cultiver les Oignons ne (çai fi
dere quand je fuis faire parti, la , je mème chofe
on aura tenté France. de
Si on réuflit on
pour ceux de confidérable aux mateôtera un profit
jamais d'en
lots qui ne manquent
> étant M
une bonne quantité trois écus le cent
ERS les vendre deux ou
& quelquefois davantage.
&c lc
Le Cerfeiil - > la Pimprenelle
viennent très-vite & très-bien.
Perfil y feulement avoir foin de les couIl faut
de crainte qu'ils ne monper fouvent
tent en graine.
naturellement dans Herbes
Le Pourpier vient
tout dans les tEce
le
on en trouve par été femé. J'ai
kares fans jamais y avoir la
fois
premiere
obfervé plulieurs venue
des terres
eft
Tit.
herbe qui
R
Tome I. --- Page 480 ---
386 Nowveaux Voyages AnX Iles
1694.qu'on venoir de détricher, & qui conftamment ne l'avoient jamais
le pourpier; il y en a du commun été,étoit &
du doré.
Les Raves, S les Panais, les
les Cercifis & les Bette-raves Carottes,
nent en perfection, fir tout y vienfeme de la graine
quand on
née dans le pays. eréolle, J'ai eu dans c'elt-d-dire,
din des Carottes dont la
mon jarvenué de la nouvelle
graine étoit
ont pefé jufqu'a
Angleterre 2
la
quatre livres & Ltt
piéce; quand on les laiffe dans la
fondent marmite autant que la viande > elles fe
entierement & font un
épais , jaune comme de la
dun
purée
REE
très-bon
quand on
goût 3 principalement
y joint quelques racines de
perfil. On
faire un autre mets des
mêmes CeoREF ; il faut pour cela les
retirer du
quand elles font cuittes
> les laiffer
BANOLI
égouter & les
couper en rouelles ou en tranches > &
après cela les faire frire comme des bignets > ou les accommoder fur le réchaud avec une fauce blanche ou avec
la mourarde,
Les Poreaux fe cultivent de la même
maniere que j'ai marqué
cultiyoit les ciboules.
qu'on
Alégard des Melons
ets des
mêmes CeoREF ; il faut pour cela les
retirer du
quand elles font cuittes
> les laiffer
BANOLI
égouter & les
couper en rouelles ou en tranches > &
après cela les faire frire comme des bignets > ou les accommoder fur le réchaud avec une fauce blanche ou avec
la mourarde,
Les Poreaux fe cultivent de la même
maniere que j'ai marqué
cultiyoit les ciboules.
qu'on
Alégard des Melons --- Page 481 ---
Frangoifts de LAmerigne. 387
de France &
des Citroitil- 1694.
les ou Giraumons de 1
Concombres >
ALFEE
de la Laituc, de la Chicoréc & des Pois
verds
foin de n'en pas man-
> j'avois
quer. On fçait la difficulté qu'il y a en de Melons FranFrance de trouver de bons melons & ce de
qu'on d'Eipale péril où l'ons'expole pour de
gne.
Rien
Fendlior
en falfe d'excès. on les féme en queln'arrive aux Ifles;
toute forte de
que tems que ce foit,
trou fait
terre y eft propre. Un petit de houé fufavec un bâton ou un coup & recevoir
fit
ouvrir la terre,
pour
de femence qu'on
-
quatre ou cinqgtains On arrofe fi le tems
y laiffe tomber. voilà toute la culture: ; & ceelt fec, &c il eft aufli rare entre cent mependant lons d'en trouver un mauvais, que d'en
trouver un bon cntre cinquante en
France. 1ls ont une odeur charmante s
délicat & fin, une chair ferme,
un goût
& ce que j'ef- Remar. fur
une couleur qui réjotit;
time infiniment > c'eft qu'on en peut de Eon té.
tant qu'on veut de jour &
-
manger nuit, fculs ou avec d'autres viandes >
bàvant de l'eau oul du vin > fans
en jufqu'à prefent on ait oii dire
que
8:
quelqu'un en ait été incommodé. dont la
appelle Melons de France ceux
Rij --- Page 482 ---
388 Nouveauze
AuX Mles
1694. chair eft rouge, Foyages & Melons
ceux dont la chair eft blanchâtre d'E(pagne tirant
fur le verd. Ce font ces derniers qu'on
appelle en Italie, Melons d'hyver,
qu'on les conferve dans du fon parce
tout
prefque
T'hyver. Cette
pendanr
eft inutile aulx Ifles, on en a précaution toute l'année pourvi qu'on ait foin d'en femer
tous les mois aufli - bien que les
yerds,
pois
Les Choux pommez viennent en
feétion. Il fuffit d'en avoir un feul perpeupler en peu de tems tout un pour
parce que quand il eft conpé, jardin, fa
>
Choux pouffe beaucoup de rejertons. On tige les
miez: pom- arrache l'un après l'autre en déchirang
leur cul.un peu l'écorce de la
on les
sue,
tige,
met
en terre, & en quatre mois ils produifent un très-beau choux & bien
La tige de ceux-ci en produit pommé, d'antres
fans qu'il foit jamais befoin d'en femer.
J'en avois bordé tout le tour de mon
jardin. Je nc fçai fije me trompe, mais
du moins en celaje ne fuis pas
les ai trouvé meilleurs &
feul, je
plus tendres
qu'en France.
Quoique mon jardin fut petit, je ménageois tellement mon terrain &c la
çulrure de mes plantes > quc j'avois
toujours en abondance tout CC qu'on
produit pommé, d'antres
fans qu'il foit jamais befoin d'en femer.
J'en avois bordé tout le tour de mon
jardin. Je nc fçai fije me trompe, mais
du moins en celaje ne fuis pas
les ai trouvé meilleurs &
feul, je
plus tendres
qu'en France.
Quoique mon jardin fut petit, je ménageois tellement mon terrain &c la
çulrure de mes plantes > quc j'avois
toujours en abondance tout CC qu'on --- Page 483 ---
Fyangoifes de TAmérigue. ;85
fouhaiter en matiere de jardina- 1694peur j'en donnois à tous venans > quoi- aige;
confommaffe beaucoup >
que j'en narurellement les fruits & les
mant
la viande & le poifherbages plus que
I
fon.
fouhaitter
Bien qu'on ne faire pniffe E jardins plus
une facilité pour celle que l'on trouve aux
grande que
très-peu d'habiilles; il Y, a cependant
Ils s'attans quis'en mettent en peine. travail de leut
tachent uniquement atl fur les herbahabitation, & comprent culivent fur les liges que les Négres dans
petits
zieres des bois ou
quelques ils
coins de rerre qu'on leur rlifle, leurs maitres porculrivent à
tent ce qu'ils veulent acheter.
&c à ceux quien
préfent des herbes
J'ai parlé jufqu'à font venués d'Europe, en
potageres qui
font originaires
voici trois efpéces qui
de TAmérique & de T'Afrique.
ellc
La premicre eft le Guingambo, hauteur de cinq
croit d'ordinaire de la
à fix pieds, fes foiilles qui font reffemblent grandes,
ridées, rudes & découpées,
allez à cclle de la blanc guimauve. tirant un peu fur
a Sa Aleur eft d'un
c'eft
le jaune & fans odeur particuliere; de cind
une c'péce de cloche compofée R iij --- Page 484 ---
390 Nonveaux Yroyager Anx
1694. fetilles rondes à l'extrémité, - de Tfes couleur
rougeâtre qui renferme un
en formne de cloud, avec de petites piftil barbcs
étamines de couleur jaune,
Ou
Ce piftil fc change en un fruit de la
groffeur d'un aruf moyen
eft compofé de plufieurs côtes. 9" renferme
quantiré de graines grisâtres de la
feur des perits pois de France. On grof- fait
cuire CC fruit avec la viande; il elt affcz
bon quand il eft jeune, parce
lorsileft tendre, mol,fc cuit
& donne du
detEeet
mcfure
goûr au boiillon, mais à
fi fort qu'il mûrit il devient dur 3 &
qu'il n'eft plus fiupportable. A
quelque age qu'on le prenne, il n'y a
gueres que des Négres, des engagez &c
de pauvres gens qui cn ufent,
il fau joiudre les fiiles & femmes aufquels créolles qui mettent dans un ragour
leur
eft partieulier & qu'on appeile qui
toutes fortes d'herbes, & far tourles Callarou,
mauvaifes & les plus dégoutantes. plus Je
parlerai dans un autre endroiz de ce ragoûr créolle.
Il y a deux cfpéces de Guinguambo
diltinguées feulement par leur fruit.
La premiere eft cellc
je viens de
décrire. (nant à la
, elle
tc
eSordE
des fruits plus petits, plus ronds por- &
eft partieulier & qu'on appeile qui
toutes fortes d'herbes, & far tourles Callarou,
mauvaifes & les plus dégoutantes. plus Je
parlerai dans un autre endroiz de ce ragoûr créolle.
Il y a deux cfpéces de Guinguambo
diltinguées feulement par leur fruit.
La premiere eft cellc
je viens de
décrire. (nant à la
, elle
tc
eSordE
des fruits plus petits, plus ronds por- & --- Page 485 ---
Frangoifes de PAmbrigue. 391
& dont la pointe eft re- 1694.
plus longs, >
celle des cornichons.
courbée comme herbe
eft
La feconde
potagere eft ior
pelléc Mouffembey; fa
qui fortes de
eft
de
E
branchue
chargée font fort perites
feiilles 5 les unes trois qui à trois à une queiic
font atrachées
font beauaffez courte. Les autres divifées qui
coup plus grandes. &
inégales par qua- 2
tre coupûres en cinq parties ronde &
font foutenuès par une forme queiie d'un bouton
veloutée. Sa fleur fe
ovale
fc partage en quatre parties
fort un petit pied
du deatetr defquelles
blanches ovaqui
quatre C'eft feiilles ce pied qui foutient
les EELT
chofe qu'une filile fruit qui n'eft autre beaucoup de petites
que qui renferme
qui ont
femences ou graines grisanres applad'un rognon
à peu prèsla nigure
à
ti. Ces filiques ont quatre cinq de large. potices
de long fur cinq à fix lignes
On voit allez par cette defcription,
ce fruit n'eft pas d'un grand ulage,
que & qu'on ne fe fert que de fes fetilles. à
Ceux qui les einployent fervent (ont du CASE
près les mèmes quife
gambo.
d'herbe potagere,
La troifiéme efpéce à
& que je mis
dont il me refte parler, Riv --- Page 486 ---
392 Nowveaux
Anx
1694. dans mon jardin, moins Yoyages
Iles
j'en voulois faire
pour faire Tufage que
au pais, & avoir der quoi pour
honneur
Paroilliens, à qui, comme contenter j'ai
mes
jardin étoit toujours ouvert, eft dir, le Sacra- mon
malon. Voici un nom bien long
exprimer peu de chofe, Cette pour
quand on la laiffe croître
plante
a la hauteur de cinq pieds. peut Il s'élever eft
qu'on en trouve de plus
rare
feitille qui eft la fculc
grande. Sa
bonne à
manger en la mettant partie dans le
avec d'autres herbes, eft longuc de
pouces &
TE
eft
quelquefois davantage, elle
chargée de nervûres allez 6fort verte &
parter
bien nourrie. La
tige n'excéde guéres la groffeur du
doigr, elle fe charge de plulieurs
pes comme des panaches de petires grapHeurs, où le verd, le
, le violet
& le pourpre font agréablement rouge
mêlez
enfemble, qui fe convertiffent en de
tits fruits de la groffeur d'un
violet tirant
pois,
Spe
fur le
me dans une
pourpre, mince & qui irenferme celle du rfoas une fubftance unie commolle,
aquenfe, 2 d'une odcur
milieu de laquelle eft délagréable, une efpéce d'a- au
mande affez féche, qui eft la femence
de laplantc,
éablement rouge
mêlez
enfemble, qui fe convertiffent en de
tits fruits de la groffeur d'un
violet tirant
pois,
Spe
fur le
me dans une
pourpre, mince & qui irenferme celle du rfoas une fubftance unie commolle,
aquenfe, 2 d'une odcur
milieu de laquelle eft délagréable, une efpéce d'a- au
mande affez féche, qui eft la femence
de laplantc, --- Page 487 ---
Frangoifes de PAmerigue. TIle de faint 393 1694
Quelques habitans s'éroient de retirez à la
Chriltophle qui leur déronte, & qui
Martinique après petites habitations au
avoient afferméde Pierre & du Moillage,
defus du FortS. faire des jardins dont ils
fe mirent à vendre y
les fruits, les herbes
envoyoient & les Aeurs dans le Bourg, J'en connoif- plus
fois un dont le jardin nétoit guéres de
grand que le mien s qui ne lailloit pas ou fix
vendre tous les jours pour On cinq peut jufrancs de ces bagarelles. de cet exemjaurois profité
ger 27 javois été à portée du Bourg,
ple d'autant moins de fcrupule, que
avec
Religieules bien rides Communautez leurs herbages, & jufques
ches vendent
à leurs oranges.
& mon Négre fc
Mon Penfionnaire tête de faire couver les
mirent en
les i5RE
les qui le demandoient > je bien fait,
faire, & je trouvai que javois vis une
car en peu de tems je me
légion à les
de poulets. Mon Négre del Ia appric vie de quelchaponner aux dépens a rien dc perdu en
ques-uns. Mais ilny
mènage.
Rv --- Page 488 ---
394 Nonveaux Poyages aux Ifles
1694.
CHAPITRE XVI.
Du Manioc.
TAi dit en quelques endroits ci devant que la Cailave & la Farinc de
Manioc fervent de pain à la
des habitans blancs, - noirs &
plapart des
Ifles, c'cft; ya à-dirc aux
rouges
Négres & aux Sauvages. Européens Je croi > aux
eft a
ici
qu'il
d'expliquer
ce que c'eft
que
& farine de
EORC
Manioc, après
que j'aurai décrit l'arbre ou arbriffeau
fet les produit, & la maniere dont on
cultive.
Du Ma.
Le Manioc eft un
nioc. corce eft
arbriffeau dont l'élon les
grife 2 rouge ou violette fe4
différentes elpéces de bois
le couvre. L'écorce de toutes les qu'el.
ces eft fort mince, Il croit
elpé la
hauteur de fept ou huit
jufqu'a A
hauteur le tronc eft pieds.
cette
bras. Le
gros comme le
tronc & ics branches font
remplis de nauds affez ptès les uns
dcs autres, avec de petites excrefcences
qui marquent les endroits où étoient
les feiilles qui font tombées; car à mefure quel'arbre croit, les feiiilles quit-
'el.
ces eft fort mince, Il croit
elpé la
hauteur de fept ou huit
jufqu'a A
hauteur le tronc eft pieds.
cette
bras. Le
gros comme le
tronc & ics branches font
remplis de nauds affez ptès les uns
dcs autres, avec de petites excrefcences
qui marquent les endroits où étoient
les feiilles qui font tombées; car à mefure quel'arbre croit, les feiiilles quit- --- Page 489 ---
de LAmtrique. il ne 1 325 s'en 1694Fyaxcaifti bas des rameaux > &
tent le
parties les
vient hnures. de
trouve quanx éft mol &
du moins
ELI
Ce bois mieux que de graines, de racine
bourure eft sûr de n'avoir que
la graine
on
on
aRea
bonne à manger fetille fi
eft comme un
porte. Sa
commc une
quil
otl plinror
autreffle OTA de vigne herviress queTon &
moyenne fendue le long de fes de chaque côté
roit on n'auroit laiffe
Sa princidemi doigt de large. trois ou quatre
en
de
pa'e' racine
&2 poulfe jufqu'à fix ou fept felon
aurour d'elle,
& longueurs, terrain.
différentes l'arbre groffeurs & la bonté du
lâge de
comme la cuiffe,
Ten ai và de groffes
Commumais cela éft Escaordinaire. de la grofleur des
nément elles font
L'écorce des ra
plus grolles bette-raves. de celle de larcincs cit de lacouleur qu'elle eft grife quand
bre, c'et-a-dire rouge quand ieft rouge, & de
lebasehent dedanselt roujours blanc ? a des Differenmais le
des navets > il'y mois. On tes ces elpé. dc
la confiftence (ont miresà huit
les Manioc.
racines qui l'arbre Oil le manioc d'ozier, qui Les,
appelle
blanc ou
poduit, 2 Manioc commc le Manioc cà gran-,
autres elpéces Manioc rouge & les ali-"
des feuilles, le
Rvj --- Page 490 ---
396 Nowveaux
AuX
1694. tres elpéces, ont Yoyages befoin de
Ifes
même de dix-huit mois
Quatorze &
leur
poar avoirtoute
- grandeur & leur maturité,
Culture On,
du Ma- de
Içait déja que cet arbriffean vient
nioc,
bouture, toute la façon
le planter > eft de faire une qu'ilya foffe
& demi
ERIT
pied
de long ou
de cinqà fix poucesd
environ, &c,
on couche deprofandeurs deux
dans
ieats de
morceaux dece
quinzeà dix-huit pouces
dont on laiffe un des bouts un delong,
de terre > après quoi on les couvre peu hors
la terre qui eft fortie du trou ou on avcc
a mis. Suivant la bonté du terrain lcs
éloigne les foffes les unes des autres on
l'ordinaire on laiffe deux
& >
Semi de diftance
pieds
de farcler les herbes entre elles. On a - foin
de crainte
qui viennent autour
velles
qu'clles nc fuffoquent les nouplantes.
Maniere d'aira
Quand on juge que les racines ont atcher le teint toute la grofleur & la
Maniuc, qu'elles pelivent avoir fuivant maturité la
lité du Manioc quiles a produites, on
arrache de
dier
terre à mcfure qu'on en a
beloin, ce qui fe fait en arrachant l'arbre tout entier avec lequel les racines
ne manquent pas de venir > & en cas
aifé que dc quelqu'une s'en fépare,ce qui eft
remarquer > O1l la, foiiille avec
atcher le teint toute la grofleur & la
Maniuc, qu'elles pelivent avoir fuivant maturité la
lité du Manioc quiles a produites, on
arrache de
dier
terre à mcfure qu'on en a
beloin, ce qui fe fait en arrachant l'arbre tout entier avec lequel les racines
ne manquent pas de venir > & en cas
aifé que dc quelqu'une s'en fépare,ce qui eft
remarquer > O1l la, foiiille avec --- Page 491 ---
RPJCE --- Page 492 ---
Negrone la
yuifaie
saupeagr
Carrave.
Noore
le Manioe guisrege
*
Negrerre yuiparre
lahrine.
-
-
P
Neoranres le manioe quigrane
a
Prasie pour
Aarine en Jacr. Pravrer la
S
: 2
slinan WBIMNUD
PNtONil ntinn
NUIINUD --- Page 493 ---
Trangolfes de LAmbrigue. force 397 1694Ia houe. Ilne faut pas fortes une d'arbres, grande car
pour arracher terresne ces
font pas extrèmeoutre fortes, que les les racines.ne font pas bien
ment dans la terre. Quand ces racines
avant
les Négres deftinez à cet
font arrachées,
ratifent l'écorce
ouvrage > en gratent ou comme on fait
avec un méchant couteau dans un canot
aux nayets > & les jettent les lave bien, après
plein d'cau où on c'eft-à-dire qu'on les
quoi on les grage, de farine fort hurédàit en une elpéce
fcieure
mide
relfemble à de la groffe
for- Maniere
de otnef qui fe fait en paffant de cui- de le rétement la racine fur une rappe
farinc. dnire cn.
comme. on paffe le fucre. Ces rapvrC,
grages, &
pes de cuivre qu'on fait appelle leur moyen,
le travail que l'on à par 'dix-huit pouces
grager., ont quinze far dix à douze pouces de
de longueur On les attache avec de petits
largeur.
de trois
&
clouds fur une planche de pieds non
demi de long & d'un pied large,
de toute l'étendué de leur largeur 2
pas mais en ceintre. Le Négre qui grage eft
met un bour dela planche oi la grage de
attachée dans un canot ou auge fon bois, efto-
& appuyc l'autre bout contre
où
mnach, ily a à côté de lui un panier bien lafont les racines bien gratées &
attache avec de petits
largeur.
de trois
&
clouds fur une planche de pieds non
demi de long & d'un pied large,
de toute l'étendué de leur largeur 2
pas mais en ceintre. Le Négre qui grage eft
met un bour dela planche oi la grage de
attachée dans un canot ou auge fon bois, efto-
& appuyc l'autre bout contre
où
mnach, ily a à côté de lui un panier bien lafont les racines bien gratées & --- Page 494 ---
298 Noweanx Feyages aux Ifles
1694. Sarqueffe & de Guatimala,
de findigo avec les feiilles > pour faire
que le tems eft fi cher à S. feules, &
ne fçauroit fuivre cette Domingue méthomais
ce
grom
puifque
Pere ne
d'une feule plante
parle il que
ne
d'indigo,
qu'il
fçait pas
y en a de paroit deux
elpéces dans ces LEt L'une qui eft celledont on fe fert communément à S. Domingue 2 & l'autre dont on fait le. Guatimalo dans la nouvelle
différence eft
Efpagne. Leur
grande, &c c'cft d'elle
vient celle qui fetrouve dans CCS deux que
Indigos. La premicre eft petite & mince,& ne s'élance au-deffius de la firface de la terre que de deux pieds ou
environ. La feconde devient de la hauteur d'un homme & même
On ne
fe fert point de celle-cia S. plus.
parce
le tronc
Domingue,
que
ni les branchages ne
pourroient pas fermenter nip pourriric'eft
pourquoi on donne la préférence ati
premier. Sil'on fe fervoit de ce fecond,
quieft l'Indigo de Guatimala, les feiilles qui font beaucoup
grandes &
mieux nourries e.Aa infiniment
plus de fubftance que celles du
&
fupoléroient défant
ainfi en quelque
au:
de
Etr
la plante, d'autant mieux
dans la faifon des pluyes, les feuilles PuE --- Page 495 ---
Friaongoifes de LAmerigne. 299
la grande elpéce reviennent dans toute 1694
leur grandeur au bout de deux ou trois
jours, en forte que les différentes ciieillettes qu'on en peut faire fourniroient
autant &c même plus d'Indigo & plus vrai
l'autre elpéce. 1 eft
parfait qu'il faudroit que plus de tems pour effeiilarracher le
ler le Guatimalo que:
à confidérer.
S.
> ce qui
ati
Mais Domingue ce tems-là ne (eroit-il pas largement récompenfé ? I. Par rapport fublifteroic que
le prenier une fois planté faut
plulicucs années, au lieu qu'il
planter le fecond tous lcs ans & le cultiver
avec foin pendant plufieurs utilement mois, rems à
qu'on emploieroit
pared chofes. 2. Par la valeur de cet
Indigo qui feroit double de celui qu'on
fait aujourd'hui. 3- D'ailleurs, celt que fe
les feuilles étant dans leur maturité
détachent très-aifément. On penfe donc
faire cultiver le Guatimalo à faint
qu'3
les habitans trouveroient
Domingue mieux leur compte
l'autre.
Indépendamment RE cela on
faire
la culture
petie:
Terdt
perfedionner
Indigo & le vendre plus parfait, en jettant dans la batterie ou feconde: cuve:
quelque leffive faite avec des cendress
quand on bat la liqueur quiyel. çonk
Nvj
détachent très-aifément. On penfe donc
faire cultiver le Guatimalo à faint
qu'3
les habitans trouveroient
Domingue mieux leur compte
l'autre.
Indépendamment RE cela on
faire
la culture
petie:
Terdt
perfedionner
Indigo & le vendre plus parfait, en jettant dans la batterie ou feconde: cuve:
quelque leffive faite avec des cendress
quand on bat la liqueur quiyel. çonk
Nvj --- Page 496 ---
420 Nosveanx Yroyager anx Ifles
1694. plante dans un aurre endroit. En attendant je dois dire qu'il ne me paroit
aucun rapport entre les vertus de cette
plante & le mal dont il s'agit. D'ailleurs le Pere du Tertre ne dic
comment on doit T'employer,ce quime pas fait
croire qu'il ne l'a jamais vû mettre en
ufage. Les animaux qui s'accoûtument
au manioc peud peu, n'en reçoivent aul-.
cune incommodité, au contrairei ilss'engraiffent de même que nous voyons les
Turcs ne recevoir aucune incommodité
delopium, quoiqu'il S s'en trouve qui en
prennent plus qu'il n'en faudroit
faire mourir deux ou trois
pour
nes qui n'y feroient
autresperfonpas accoûtumées
comme cux. Ce qui me fortifie dans ma
penfée eft que le fic perd toute fa maligoité dès qu'onla mis fur le feu,
ne peut provénir d'autre chofe finon cequi
la chalcur a mis fes
que
parties en mouvement. Nos Sauvages qui en mettent
dans toutesleurs fauces n'en font jamais
incommodez parce qu'ils ne s'en fervent jamais que quand il a bouilli.
On fc fert de ce fic pour faire de l'amidon en le faifant delfécher au foleil,
onil devient blanc commeia
lors on l'appelle Mouchache nége, pour
qui diroit enfant de
> comme
Manioc, car le mot --- Page 497 ---
Frangoifes de PAmbrigue. 401 un' 1694
Mouchache
eft E(pagnol, fignific
enfant. Ce a un pent Senite aigre On'fc qui
fc perd à meftre qu'il faire des gafert de la mouchache pour délicats que s'ils
teaux qui font auffi fine Aeur de fariétoient faits de la
en veut
froment.
quelqu'un
Elg
ne de
contenter fa curiovoir, j'ai de quoi
fité.
trois manieres de prellerle maIl y a
le fuc. Deux font
nioc
en exprimer
la troifiéme
salite aux Européens. >
eft particuliere aux Sauvages. la farine
La premiere eft de mettre dans un Caaufli-tôr qu'elle eft
dont le fond &
not ou auge de
LEME
côtez font percez de trous de tarrielcs
o1l a étendu une natte'
re, dans laquelle refendus afin d'envelopper rPe-miete maniore L
de rofeaux
de s'écou er par d prefla farine & l'empècher
l'auge cft eT ia
les trous de l'auges & quand
refte farine.
deffus cC qui
pleine, , on remplit itom couvre avec une
de la natte que
de l'ouverture
planche de la grandeur
l'ordinaire
du canot. On appuye arbre pour ou du moins
lc canot contre un bien enfoncé en terre,
contre un poteau mortaife où l'on fait entrer
oû ily a une
de bois de huit à dix
le bout d'une piéce
à angles droits
pieds de long, qui palle
refte farine.
deffus cC qui
pleine, , on remplit itom couvre avec une
de la natte que
de l'ouverture
planche de la grandeur
l'ordinaire
du canot. On appuye arbre pour ou du moins
lc canot contre un bien enfoncé en terre,
contre un poteau mortaife où l'on fait entrer
oû ily a une
de bois de huit à dix
le bout d'une piéce
à angles droits
pieds de long, qui palle --- Page 498 ---
1694. 492 fur le Nowveanx Poyages aux Ihes
milieu du canot; on met fur la
planche qui le couvre
morceaux de bois,afin que le quelques boar de la
ce de bois oppoié à celui qui eft dans pié- la
mortaife, foir beaucoup plus élevé. Ce
bout eft accommodé & clargi avec
ques petites planches
a
le
qu'ony
qui
rendent
OLOEE
propres à recevoir de
groffes pierres dont on le charge, afin
que par leur poids on faffe enfoncer
lap planche quicouvrel 1 le canot, & qu'ainfion comprime la farine
elt renfermée. Cette piéce de bois qui iInt chargée fait l'effet d'un levicr.
La farine demeure douze ou
heures à fe décharger de fon quinze
même
fuc, &.
beaucoup moins fi l'inftrument
dont je vicns de parler qu'on
une prelle, eft bien fait,&
le appelle
fe bien
puif
charger. On a
de remuer
une
Rodiron
fois la farine pendant ce tems là 3
afin qu'elle fe preffe également par tout,
de après quoi elle paroit comme une maffe
pâte prefque féche.
Scconde La feconde
nianic.e,
maniere eft de mettre le
manioc gragé dans des facs de
& forte toile
l'on
groffe
preffe fans fe fervir que de met fous la
les
canot, les féuns des autres par des
Incare Cette maniere eft plus romilit --- Page 499 ---
Françoifes de 1 Amérigue. 403
qu'elle con- 1694mais elle coûte trop, e parce toile, qui eft fort
fomme beaucoup
d'avoir des
chere' aux Inles, à moins que de mahot,
facs de latanier, ou d'écorce
Ifles oùt
comme on en a dans les petites mais qui
font en abondance,
ces plantes
la toile fi on les
coûreroient autant 1 ces Ifles-là.
faifoit venir exprès des Sauvages eft de met- me TroiGé- maLa maniere
dans une cou-niere.
tre le manioc cfendu,oude gragé
latanier,
leuvre ederofeau un bout à une brandont ils artachent
faite de leur carche d'arbre > ou au ils
attachent une
bet, & à l'autre
y
tirant en
pierre dont le poids retreffir, &i eXEt la couleuvre la fait
prme tout le fuc du manioc. cilindre de fix à
La couleuvre eft un
il cft vuides 2
fept picds de long quand de diamet-
& de quatre à cinq de pouces rofeaux refendus,
trejil eft compofé nattés ou treffés à peu
ou de laranier, feroient des bas de coton.
près comme
le manioc à me-! De'crip- tiot. d uOn foule, on fait prefle entrer dans la cou-ne cou.
fure qu'on le
beaucoup fon leuvte
leuvre, ce qui augmente
fa lon- prellerle pour
diamettre en mème. tems que
Maniuc,
diminué 5 mais le poids qu'on
gueur à fon extrémité la fait allonattache diminuant fon diamettre > ce
ger cn
, feroient des bas de coton.
près comme
le manioc à me-! De'crip- tiot. d uOn foule, on fait prefle entrer dans la cou-ne cou.
fure qu'on le
beaucoup fon leuvte
leuvre, ce qui augmente
fa lon- prellerle pour
diamettre en mème. tems que
Maniuc,
diminué 5 mais le poids qu'on
gueur à fon extrémité la fait allonattache diminuant fon diamettre > ce
ger cn --- Page 500 ---
404 Notveanx Yayager AuX IRes
1694. qui ne peut arriver qu'en
ce qui eft dedans, & en exprimant comprimant le
fuc. On peut fe convaincre de cette
chauffe expérience par T'exemple d'un bas de
dont on augmenteroit confidérablement le diamettre en l'empliffant
de beaucoup de pâte ou d'autre matiere femblable, & dont on diminucroit en même-tems la
mais
à qui on reftitueroir toute longucur, fa
cn diminuant fon diamettre, longueur
3 fi en le
falpendant en l'air on attachoit ur
poids à fon extrémiré > parce que la
pcfanreur du poids comprimeroit la matiere quiy y feroit renfermée, & la réduiroit en un moindre volume.
C'eft de la racine de manioc 3 ainfi
& prefféc, qu'on fait la caffave
ETE &
farine du
manioc, qui feivent de
pain à prefque toute P'Amérique.
de Maniere faire il Pour faut mettre cette farine en caffave,
Ia Caf.
avoir unc platine de fer
fave.
ronde, épailfe d'un bon demi fondu, s
& large d'environ deux
pouce >
pieds. On la
pofe fur un trépied ou fur des
res, O1l fait du feu deflous.
pierla platine eft échauffée à n'y Lorfque
voir fouffrir le doigt, on y met pas de pou- ce
manioc gragé & preffé que l'on a fait
paffer par un hebichet, c'eta-dire,par --- Page 501 ---
Frangoifes de Amerigme. 405 d6-1694
de crible fait de rofeaux
une efpéce de
de latanier dont
coupez, ou
queiies environ deux liles trous quartez ont
pour romgnes en tous fens, ce qui fert
farine
les grunieaux dans lefquelsla
pre s'eft réduite fous la prelle,lap purger de
n'auroient pas
tous les morceaux & qui la fubtilifer autant
été bien gragez, On met donc de
qu'il eft nécellaire.
environ
cette farine ainfi pallée
Tépaiffeur de trois doigts far toute la platine; 5
elle s'abaille ou saffaille à mefure qu'elle
cuit - > toutes les parties fc pennent.ic
sincorporent & fe lient enfemjoignent,s ble. Celui ou celle qui la travaille aide
à procurer cette liaifon & cette comprellion, en palfant deffus & bois appuyant
légérement une fparule de
qu'il
tienr de la main droite. Quand il
la
PE
que le côté qui touche
platine eft
cuit, ce
connoît àcc quiln'y
> & que la couleur qui
plus
AES
fort blanche,
étoit au rouffe, commencement il la tourne de l'autre
devient
fait en paffant la (patule
côté, ce qu'il
la
& la caftoute entiere entre platine
fave qu'il éléve aflez pour élevant y pouvoir ainfi
la main gauche, &
paller ia caffave toute entiere 2 il la fait rctomber far la platine - > fur le côté qui
, ce
connoît àcc quiln'y
> & que la couleur qui
plus
AES
fort blanche,
étoit au rouffe, commencement il la tourne de l'autre
devient
fait en paffant la (patule
côté, ce qu'il
la
& la caftoute entiere entre platine
fave qu'il éléve aflez pour élevant y pouvoir ainfi
la main gauche, &
paller ia caffave toute entiere 2 il la fait rctomber far la platine - > fur le côté qui --- Page 502 ---
406 Nonveanx Poyager aux
1694. n'a pas encore fentila chaleur. Ifes C'eft
cette fituation que la caffave acheve ert
fe cuire 5 quand elle eft tirée de deffus de la
placine on l'expofe au foleil
deux ou trois heures afin d'achever pendant de
deflécher l'humidité
reftée. La caffàve
pourroir y être
cuite
Pange
trois à quarre lignes
peut avoir
fes bords, & un
d'épailleur dans
milieu, &
peu davantage dans fon
eile
peut pefer deux livres
a vinge-trois à
quand
de diamettre. Le dedans vinge-quatre demeure pouces
comme la neige, & les deux côtez blanc font
d'une couleur d'or pâle
donne envie
d'en manger. Elle peut 2i conferver
ou huit mois, & mème
fept
và qu'on ait foin de la davantage, mettre
pourlieu fec, & del'expoler
dans un
foleil. J'en aiquielt faite quelquefois au
quinze ans, & qui eft aufli depuis bonne plus de
premier jour & aufli tendre. C'eft que le
très-bonne nourriture, de facile
une
tion qui ne charge point
digef
que les Européens mème l'eftomach, aiment
&
que le pain de froment, dès qu'ilsy autant font
accoûtumez : il eft vrai qu'elle paroit
infipide aul commencement, mais
fait bien tôt > tout comme ceux ons'y
n'ont jamais mangé de pain ou de qui ris
cuit dans l'eau ne trouvent aucun goût --- Page 503 ---
Françoifes de PAmbrique. 407
à lun ni à l'autre. La callave s'en- 1694.
Ae à vûë d'ail quand on Thumedte
avec du bolillon, ou qu'on la trempe femble
fimplement dans l'eau ; cela
de
prouver qu'elle renferme beaucoup
fubftance.
veut conferver en farine de Maniere faire
lc Lorfqu'on manioc gragé & preffé, ce qu'on fait la de farine Madans toutes les habitations parce que nioc,
cela eft plus commode, foit pourle con- Néfoit
le diftribuer aux
ferver, ,
pour
le tranfporter d'un
gres, foit enfin pour doit avoir une porlieu à un autre, on
le de cuivre de trois à quatre foit pieds &
le fond
plat,
de diamettre,dont bords de
à cinq
les côtez ou
la quatre monte far un
pouces de hauteur; on
avec un bord
fourncau de maçonneric l'enchaffe bien
de pierre de taille qui
de
jule, & qui augmente encore du bord cinq du
ou fix pouces la hauteur
cuivre. Quand la poële eft un peu
échauffée, on y met le manioc palfé le
lhebichet , & la perfonne qui efEnater le remué fans celle avec une
de petit rabot de bois femblable à
péce celui dont les maçons fe fervent à Paris
délayer la chaux & faire le morpour tier. Ce mouvement fert à empècher
la farine ne s'attache à la poele >
que
bord cinq du
ou fix pouces la hauteur
cuivre. Quand la poële eft un peu
échauffée, on y met le manioc palfé le
lhebichet , & la perfonne qui efEnater le remué fans celle avec une
de petit rabot de bois femblable à
péce celui dont les maçons fe fervent à Paris
délayer la chaux & faire le morpour tier. Ce mouvement fert à empècher
la farine ne s'attache à la poele >
que --- Page 504 ---
408 Nouveanx
aux IRles
1694 & ne fc lic cmiog maniere qu'elle
refté comme de gros felsroux quand elle
eft cuite, & bien féche. Cette maniere
eft bien plus expéditive
de faire de
la caffavc. Lorlqu'clle ie
la met dans des
refroidie, on
bariques ou dans de
grands coffres en maniere de foutes, où
on la peur conferver les années entiéres,
pourvà qu'elle foit dans un lieu fec, ou
qu'on la falle paffer par la pocle tous
les fix mois. On peut la manger toute
féche, comme on mangeroit du
qui feroit émietté, Ou comme les ienia
mangent leur ris quand il eft cuit, &
fans boiillon. Quand on l'humeéte elle
enfle extraordinairement, bien desgens
prétendent qu'elle eft plus nourriflante
que la caflave. Je fuis perfuadé que c'eft
la même chofe.
Une pocie de trois à quatre pieds de
diamettre peut cuire trois barils de farine en dix ou douze heures >
baril contient cinquante pots mefure chaque
de Paris 2 & CCS trois barils fuffifent
pour nourrir cinquante Négres
une femaine, en leur donnant à pendant chacun
trois pots, qui eft tout ce qu'un homme peut manger. Ordinairement on
n'employe à ce travail que deux Négreffes, une qui foit forte parce que ce
remucment --- Page 505 ---
Frangoifes de TAmérigue. 409
continuel pendant dix ou 1694remuement heures eft rude & figunt, &
douze
enfant de douze
une vieille ou quelque
manioc dans
ou treize ans pour Delfeele eft plurôr un amufe-.
Thebichet, ce qui
ment qu'un travail. font
de fari- Côment GaLes Sauvages nc ils jamais n'ufent que de lcs raibes fe
ne de manioc font cuite, cuire >
tous les jours, > fcrvent du Ma
caffave qu'ils
de fois qu'ils en ont nioc.
& fouvent autant
la mangent toute
befoin, parce quils eft-elle en cet état plus
chaude, auffi
délicate & plus apérifante, leur euffent
Avant quc les Européens de fer, ils faifoient
apporté des platines
plaleur calfave fur de grandes pierres cet
8c minces qu'ils ajuftoient pour
tes
diminuant leur épaifeur: On
ufage en
de ces pierres au bord
trouve beaucoup
de
ou
de la mer; c'eft une efpéce grez
caillou couleur de fer, long pour
de
de deux à trois pieds S, &c
T'ordinaire
chauffer
ovale 5 ils le failoient facilement des FLRONS s
en enlever plus à la forme qu'ils lui vou-
& le réduire donner. J'ai vû une de ces pierres
loient
àla Caye faint Loitis en Vifle
en 1701.
chez un nommé
faint Domingue > de Thabitation de
Caftras > Econome de TIle à Vache. Elle
la Compagnic
S
Tome I.
de deux à trois pieds S, &c
T'ordinaire
chauffer
ovale 5 ils le failoient facilement des FLRONS s
en enlever plus à la forme qu'ils lui vou-
& le réduire donner. J'ai vû une de ces pierres
loient
àla Caye faint Loitis en Vifle
en 1701.
chez un nommé
faint Domingue > de Thabitation de
Caftras > Econome de TIle à Vache. Elle
la Compagnic
S
Tome I. --- Page 506 ---
410 Nowveaux Voyages Anx IRes
1694. avoit vingt deux pouces dc
fur quatorze & demi de large, longueur, & trois
pouces d'épaiffeur, elle étoit fort unie,
on auroit cu peine de la faire plus
avec
proprement
des outils. Illavoit trouvée en faifant foiiller dans la terre
avec quelques poteries & des figures 9
ou marmouzets de terre que l'on
pofoit être les Idoles des Indiens
habitoient cette Ifle
E
quand les Efpagnols la découvrirent.
InftruLes
nent des
Sauvages qui n'avoient pas de
Caraibes grages dc cuivre avant l'arrivée des
pragerle pour Européens - 2 fe fervoient d'une planche
manioc. de racines ou de cuiffes d'arbres, dans
laquelle ils fichoient de petirs éclats de
cailloux fort aigus
grager leur
manioc. Ils s'en BerEnte encore. à préfent quand les grages de cuivre leur
manquent.
Deux au- Outre ces trois maniercs
tres
ci-deffusd'ànicres ma- ter la mauvaife qualité du manioc en CXd'expri. primant fon fuc, il y en a deux
mer le
autres
fuc du que eles Négres Marons pratiquent quand
manioc, ils font retirez dans les bois & autres
lieux où ils fe réfugient. La
c'eft de le couper par morceaux premiere & de le s
mettre tremper dans l'eau courante des
rivieres ou des ravines pendant fept ou
huit heures. Le mouvementde l'eau ou- --- Page 507 ---
Francoifes de LAmérique. 411
de la racine, & entraine cC 1694*
sre les pores fubftancc. La feconde maniere
de
cuire tout entier fous
EeVa de le mettre du feu met fes parties
la braife. L'action & on le mange comen mouvement, fait des chataignes ou des patame on
crainte.
tes fans aucune
de manioc qui eft
Il y a une efpéce
dangéreufe. On
exempt de cette qualité comme qui diroit >
appelle Camanioc, , En eftet, fon bois,
-
lc chef de Maniocs. fes racines font plus granfes feuilles &
les autres mades & plus groffes que fans danger &
niocs 2 on le mange Mais comme
fans aucune précaution. long-tems à croiil eft beaucoup plus
fes racines rentre & à mûrir > & que de farine parce
dent beaucoup, moins légéres & plus iponqu'elles font les plus autres, on le néglige. >
gicules
&
arer gens en plantent. de manioc qui
E
morceaux
petits à la grage, les grumeaux
ont échappé
au travers de Phen'ont ph palfer
tous les reftes
Ea & généralement
font
qu'on appelle les pallares,ne bien fécher Jm
inutiles 5 on les fait achevé de faire
la. poële après qu'on enfuite a on les pile dans
la farine , &
les réduire en une
un mortier pour
Sij
icules
&
arer gens en plantent. de manioc qui
E
morceaux
petits à la grage, les grumeaux
ont échappé
au travers de Phen'ont ph palfer
tous les reftes
Ea & généralement
font
qu'on appelle les pallares,ne bien fécher Jm
inutiles 5 on les fait achevé de faire
la. poële après qu'on enfuite a on les pile dans
la farine , &
les réduire en une
un mortier pour
Sij --- Page 508 ---
1694. farine 412 Nowveaux Foyages Aux IRes
très-blanche dont on fair de la
boiillie.
On s'en fert encore pour faire une
efpéce de groffe caflave épaiffe de trois
ou quatre doigrs,qu'on fair cuire jufcC qu'elle foit prefque brûlée
Toat on ie fert pour faire une boiffon, >
appellée Ouycou > dontje vais parler. a
CHAPITRE XVII
Des Boiffonis ordixaires des IRes.
Près
nous
A - du que
avons parlé du pain
pays, > il me
très-jufte de
dire un mot des boiflons paroit dont on ufe
communément.
Canaris, vaiffeau
L'Ouycou eft la plus ordinaire dont
de ierre, ufent ceux qui n'ont point de vin. Les
Européens ont appris des Sauvages à la
fairc. On fe fert pour cela de
vafes de terre grite que l'on fait grands dans
le pays. Les Sauvages, & à leur imitation ics Européens les appellent Canaris; nom générique qui s'étend à tous
les vaiffeaux de terre grands &
& à quelque ulage qu'ils foicnt petits defti- s
nez. Iy en a qui contiennent
unc pinte julqu'a foixante & depuis
quatre- --- Page 509 ---
de TAmbrigiue: 413 1694
Franoilee Onfe fert de cesgrands pour d'eau
vingr pots.
on les remplit bord;
faire le Ouycou hx
près di
cinq ou pouces
caflaves
jufqu'a
deux de ces grolies de ceron y jettc avec une douzaine
rompués 2
de terre 2 appellées trois pa- ou
raines pommes par quartier ,
Oul
tates , coupées de gros firop de cannes, douzaine
quatre pots
2 une
quand on en. manque mûres coupées en morde cannes bien
autant de banaceaux & écrafées avec & bien écrafées. Je
nes bien mîtres autre lieu la deferip Ouvcou,
donnerai dans un des bananes. Tour boifton
tion des parates & fait, on bouche bien de mérique; TAce mélange étant Canaris, 8c on le laifle mentelis & comYouverrure du
deux ou trois jours
fait.
fermenter durant
le marc
:
i
bout defquels on leve formé une
au
au-deffus &c quia d'une écueft venu fe fert
cela
croute 5 on
de caleballe d'armoire ou d'une
a fait de petits trous eft
I
bre, damelaquele chaud. La liqueur qui à
avec un fer
reffemble
lors
dans les Canaris eft
> forte p
la bierre; elle
& clle enm
/de nouriffanre, tafaichifante, s'y accouaifément. Nos François bierre.
yvre aufli facilement qualal de nos Sautument Ceft la boilfon favorite eft teriblement
vages : ils en font qui
S iij
alle d'armoire ou d'une
a fait de petits trous eft
I
bre, damelaquele chaud. La liqueur qui à
avec un fer
reffemble
lors
dans les Canaris eft
> forte p
la bierre; elle
& clle enm
/de nouriffanre, tafaichifante, s'y accouaifément. Nos François bierre.
yvre aufli facilement qualal de nos Sautument Ceft la boilfon favorite eft teriblement
vages : ils en font qui
S iij --- Page 510 ---
414 Nonveaux
ARX
1694. forte, fur tout
veulenr Jes
faire
Farst
quelque feftin 5 c'eft avec cela
s'enyvrent, & que fe fouvenant qu'ils
de leurs vieilles querelles, ils fe alors
crent. Les habitans, les ouvriers & maffatres qui n'ont pas de vin à leur
autn'ont point d'autre boiffon
du repas >
cou > après quoi ils prennent que
Ouyd'eau-de-vie de cannes
un coup
Guildive ou Taflia.
> qu'on appelle
Le Maby eft une autre boiffon
n'eft gueres moins en
9 qui
cou. Elle fe fait de ufage que l'OuyMaly met dans un
cette maniere 5 on
au:re el
canaris vingt ou trente
péce de pots d'eau avec deux
boiffon.
pots de
clarihé, une douzaine de patates firop,
:
autant d'oranges fures
rouges, &
tiers. Cette liqueur coupées fe
quarmoins de
en
Tecmbange
clairet, auffi trente heures, & fait un vin
poiré
l'on agréable que le meilleur
Il
boive en Normandie,
du moins en
metmt
agparence 5 il eft bien plus
pour la couleur & le goft
agréable
cou, mais il eft plus
que T'Ouyoutre
qu'il
malfaifant , car
eft venteux enyvre & donne plus la facilement > il
colique
peu qu'on en fafle d'excès.
pour
Grappe, Les Négres des fucreries font
ergiliéme boiflon qu'ils appellent de la
une
Grappe; --- Page 511 ---
de TAmtrigue.
1694.
Franeifer
de cannes qu'ils
de
c'eft du vefoul ou feconde jus
chaudiere où SIRL
dans la
ou du moins
prennent ilaété pallé par le drap mettent s
le jus de
bien écumé 3 ils y
& le boivent
deux ou trois citrons certain ,
cela eft
chaud. 1l eft
que
> cctout
bon pour la poitrine & leur
parfaintemenc fourient, & les détaluere. boiilia les
effet
feroit un
fait le meme fucculent: ra des perfomnes i
lon bien
d'en prendie. Jai
font accoutumez de cette Grappe > & je
alfez fouvent
bien trouvé. boitm'en fnis roujours & le Maby fontles la
Lc Ouycou ordinaires, & dont fervent plus
foas les plus des habitans fe
grande partie Celles dont je vais pardans les repas.
le plaifir & peu
ler ne fe font que pour
fouvent.
d'Acajou étant pilées, laiffe 2
Les pommes le
que lon dans un
on en exprime alie jours
bien
boiillir pendant de terre ou de devient fayan.e un pe: Vin d'Avaiffeau
&
cajou.
propre. Il séclaircit agréable & piquant , qui
tit vin clairet,
à la tète.
bien
donne farienfement des Ananas étant
Le fuc ou le jus
de jours,
fermenté pendant une couple
La Vin d'Aun vin des plus agreables odeur ad- nanas.
produit
eft belle; il a une
couleur en
Siv
jours
bien
boiillir pendant de terre ou de devient fayan.e un pe: Vin d'Avaiffeau
&
cajou.
propre. Il séclaircit agréable & piquant , qui
tit vin clairet,
à la tète.
bien
donne farienfement des Ananas étant
Le fuc ou le jus
de jours,
fermenté pendant une couple
La Vin d'Aun vin des plus agreables odeur ad- nanas.
produit
eft belle; il a une
couleur en
Siv --- Page 512 ---
415 Nowveaux Voyages AHX
1694. mirable > un goût délicieux: : 1ft rafraf.
chit
au fentiment de ceux
le boivent > femble même les défal- qui
toetn
terer > mais il eft terriblement fumeux
il enyvre bien vite, & il faut fc donner 5
bien de garde d'en faire excès; ; car
quoiqu'il ait fermenté > il ne quitte
anais une qualité cauftique & mordican- jate, qui eft fi naturelle à fon fruit,
fi on laiffoit le couteau dont on s'cft que
fervi pour le
pendant quelques
henres fans le CRET
on
veroit la. lame du couteau eifutyer,
troutoute rongéc, a
comme fi on y avoit mis de leauforte.
Defcrip- L'Ananas eft
eion de beaux
cependant un des plus
l'Anafruits du monde, fon goût & fon
an,
odeur répondent à fa beauré. Il reffemble à une pomme de pin, & c'eft
cela que les Elpagnols l'appellent pour Pi3AS. Sa tête eft couverte d'un
de petites feitilles de même efpéce bouquer
celles de lat tige qui l'a porté, mais plus que
& plus délicates. Celles
*
qui font
le: centre font
ESIT
rouges, elles femblent former une couronne fur le fruit.
Quand on coupe cetté courone &
la met en terre, , elle porte du fruit qu'on au
bout de trois ans. Ce fruit vient fur une
tige toute femblable à celle dc. P'arti- --- Page 513 ---
Tome 2. paye pa6Caratas:
Ve
Ananas --- Page 514 ---
RPJCD --- Page 515 ---
Frangrifes de PAmbrigne:
les feiiilles ne dod 1694
chaut s excepté dans-lear que
longueur, mais
pas découpées
2 affez étroitout d'une piéce, > longues tout le long
tes 2 & garnies dc pointes
par une
de leurs bords, &c terminées
Le dedais du fruit eft compofé
pointe. d'une infinité de petites fibres très-tenenvironnées d'une chair jaune ou
dres,
fclon
du fruit > trèsblanche,
l'efpéce d'un fuc exquis. Je ne
délicate 2 pleine
le goûr,
fçaurois mieux en repréfenrer du raifin muf
qu'en difant qu'il tient
de Boncat, de la pefche &c dela poire
crérien. il y en a de plufieurs de dix à
eft
ME
ces, la plus commune fur fix à fepe de
ze - pouces de hauteur dont la forme eft
diamétre. Il y a
de fucre, on
pointué comme un pain de fucre. La
les appelle "Ananas eft au PncEd de pite s
troifiéme efpéce
le
-
mais
meilleur.
il eft le plus petit, >
quils
Ces fruits de quelques efpédes
foient, font tres-délicats. Le Yont premiera tirant
la chair blanche 2 les autres coanoit qu'il
un peu faur le jaune. fon écorce On qui étoit vereft mûr quand à jaunir 5 on Je mange
te commence
pelé, on le coupe par
crud; aprèclavoir Quand on le mange de cette
tranches. il fait fouvent faigner les genfagon,
Sy
.
il eft le plus petit, >
quils
Ces fruits de quelques efpédes
foient, font tres-délicats. Le Yont premiera tirant
la chair blanche 2 les autres coanoit qu'il
un peu faur le jaune. fon écorce On qui étoit vereft mûr quand à jaunir 5 on Je mange
te commence
pelé, on le coupe par
crud; aprèclavoir Quand on le mange de cette
tranches. il fait fouvent faigner les genfagon,
Sy --- Page 516 ---
418 Nouveaux
aux IRles
1694. cives, far tout s'il 130r pas tout à fait
mûr. Ceux qui veulent éviter cet accident & n'avoir rien à craindre de fa
ches qualiré cauftique, le coupent par tran-
& le mettent pendant une heure
dans un plat avec du vin & du fucres
On boit ce vin après avoir mangé le
fruit 3 il eft extrémement
femble qu'il
agréable, > il
nettoye & réjoitit le cceur.
Ananas On confit ce fruit tout entier
confits, couronne, , & on en
avec fa
en Europe. Cela fait envoye un très-bel quantité effet
pour terminer une piramide de confituICS féches, mais fon goûr & fon odeur
reftent en Amérique 2 car comme l'un
& l'autre fe trouve dans fon fic, ce fuc
ne peut être alteré par le feu &
le
fucre fans fe difliper & fe perdre par pref.
que entierement. J'en : ai apporté en
France que j'avois fait faire ala Mar.
tinique avcc tout le foin poffible, mais 1
ne me paroiffoient plas que comme
2 la filaffc fucrée cn
s
comparaifon de
CC qu'ils étoient avant qu'ils fuffent
confits.
Quand cette plante eft dans une bonRemar- ne terre, outre
quc
fur le
fàr
l'Ananas principal qu'elPAnanas
porte
la maîtreffe
s elle fait
& fur
de petits
tige
fon fuc,
rejettons bien plus petits à la
verité que le principal, mais qui nc --- Page 517 ---
Frangaifes de Amerigue. sûr 419 eft 1694de mûrir. Le plus
la
laiffent pas
en déchitant un peu
de les arracher mettre en terre 2 iis retige & de les
gsolilitlent 8c vienprennent aifément, en dix ou douze
nent en pexechion la couronne étant
mois, au lieu que du fruit qu'au bout
plantée ne porte bonté de ce fruit ne
de trois ans. La d'ufer de précaurion
doit pas empècher crud; ; car puafquil fuc
quand on le mange
& que fori
fait faiguerles gencives, l'acier à
près comcorrode le fer &
doit
qu'il
on
EaiRe
me lean-forte, > mèmes effets, quand il
les
bien des
nc produife c'eft la pen(ée de
de
elt mangé;
rien éprouvé
gens : je n'ai pourtant jen aye mangé
Temblable, quoique maniete 5 je croi
aflez fouvent de cette aide ou
fait la
le ferment qui
T acides
que
des alimens émoulfe fruit ou
digeltion dans le fuc de-ce fait fur lai le
répandus que la chaleur naturelle vin dans lequel on
même effet que le comme jai remarqué
le ci-devant. met tremper
fait aux Iles Eau. dei
L'eau de vic que lon
du fucre > vie cannes de
les écumes & les firops la moins en cftimée
avec n'eft pas une des boiffons Guildive ou Taftia. desEpa- gnolse
nage, on l'appelle les Négres > les petits
Les Sauvages >
S vj
fur lai le
répandus que la chaleur naturelle vin dans lequel on
même effet que le comme jai remarqué
le ci-devant. met tremper
fait aux Iles Eau. dei
L'eau de vic que lon
du fucre > vie cannes de
les écumes & les firops la moins en cftimée
avec n'eft pas une des boiffons Guildive ou Taftia. desEpa- gnolse
nage, on l'appelle les Négres > les petits
Les Sauvages >
S vj --- Page 518 ---
420 Nouvean Voyages Anx IRes
1694. habitans & les gens de métier n'en:
cherchent point d'autre, & leur intempérance fur cet article ne fe peut dire
il leur fuffit
cette liqueur foit for- 5i
te, violente E à bon marché; il leur
importe
qu'elle foit rude & défagréablo. Fen
parlerai amplement dans- -
in autre endroit. Onen porte
aux Elpagnols de la côte de Carac, quantité de
Carthagéne, > des Hondurcs &
des Ifles 3 ils n'y mettent aucune desgran- différence d'avec celle qui eft faite de vin.,.
pourvà qu'elle foit dans des bouteilles:
de verre d'Angleterre bien bouchées &c.
lices avec du hl d'archal, ou dans des.
cannevettes d'Hollande. de dix ou douze
flacons. Les Anglois en confomment
aufli beancoup, & nc font
délicats
les
plus
Elpagnols-s nas ont. inventé dere ou trois fortes de
dont l'ufage & l'abus font liqueurs chez, 2
ncs
palfcz
François, > toujours très-ardens imitateurs de ce qu'ils voyent de mauvais
chez nos Voifins.
SangLa premicre
gris,
le eft
s'appelle Sang-gris; elbeitfon
compofée de vin de Madere
venus des An- l'on met dans une jatte de criftal.ou c
glpis. fayance avec du fucre, du jus de
un peu de canelle & de gérofle en citron,
dre, beaucoup de mufcade & unc Crou- pou- --- Page 519 ---
Françoifes de LAmérigues 421. brû- 1694
tede pain rôtic, &c mème la un liqueur peu
a
léc. Lorfqu'on des juge chofes que qu'on y a mifes,
pris le goit
fin. Rien n'eft
on la palfe par un linge de citron la fait
plus agreables le goit
& ceux
rafraichiflante >
qui"
paroirre
anflis-mais
Tont inventée le prérendent entre dans
il cft aifé de voir par ce eft qui très-chaude,
fa compofirion qu'elle aifément à la tète.
& quelle donne eft la Limonade à T'An- nade Lime: à
La feconde fe fait avec du vin de Ca-FAR.
Elle
* gloife. dans lequel on met du fucre,sout. -
naric 2
de la canelle 2 de la
du jus de citron, & un peu d'ellenmufcade, du gérofle boiflon eft auffi dé-
€e d'ambre. Cette
licicufe qu'elle eft dangéreule. à la campagne Iifoire
Me trouvant un jour
dans une fur fujet. cc
avec un de mes amis , fait j'entrai de cette Limaifon ou l'on avoit avoit fait rafraichit
monade, que lon
de nous
avec foin. On ne manqua pas nous cûmes
en préfenter 5 après à mon que ami, qui ne
bi,je demandai cette liqueur, ce quil
connoilfoir point Limonade, 2 il me répenfoit de cette. avoit fi grand foif, qu'il
pondir qu'il golité cc qu'on lui avoir
n'avoit Po. Tui en porta fur lc champ &
prcfenté.
avec plaifir
a. autre verre qwil.bie
it
monade, que lon
de nous
avec foin. On ne manqua pas nous cûmes
en préfenter 5 après à mon que ami, qui ne
bi,je demandai cette liqueur, ce quil
connoilfoir point Limonade, 2 il me répenfoit de cette. avoit fi grand foif, qu'il
pondir qu'il golité cc qu'on lui avoir
n'avoit Po. Tui en porta fur lc champ &
prcfenté.
avec plaifir
a. autre verre qwil.bie --- Page 520 ---
422 Nowveaux Yroyages anx Ifles
1694. qu'il trouva admirable;
mens après on lui en
quelques mofiéme
préfenta un troiqu'il prit encore > mais comme
je vis que cela pouvoir continuer &
avoir des fuites s je pris congé de la
val. compagnie, 2 & nous montâmes à cheCc ne fat pas fans peine que je le
conduifis jufques chez moi s je le fis
coucher ; ildormit fept ou huit
& fe réveilla enfin avec un mal heures, de tête
épouventable. Je-ne croi
lui
ait jamais pris envie de E" rafraichir qu'il
avec de pareille Limonade.
troiliéme Ponche, s La troifiéme boiffon des Anglois eft
elpéce de la Ponche, c'eft leur boilfon
boiflon elle eft
favorite ;
Angloicompofée de deux parties
fc.
de-vie fur une d'eau.
d'cauOny met les mêmes ingrédiens que dans le
excepté le citron,ila place Sang-gris s
met des jaunes d'aeufs qui la duquel rendent on
épaiffe comme du brotiet. Ils
dent que c'eft une chofe excellente prétenla poitrine & fort nourriffante. Souvent pour
au lieu d'eau on y met du lait, & c'eft
la plus eftimée. Comme il n'ef
mis de juger des
pas pergoits > chacun
porter tel jugement qu'il voudra pourra de ce
falmigondi,
tion Précau- des Quand les Sauvages veulent faire
Caraioes quelque voyage hors de leurs Ifles, ils --- Page 521 ---
Franpaifes de TAmtrigat de bananes 423 2 1694
font provition d'une leur pâte fert de nourri- dans leuts
qui dans le beloin Pour cet effet ils voyages.
ture & de boiffon. bien mûres quils
des bananes
font
prennent
en pâte, qurils
éerafent & mettent d'un hebicher rin.apeu la
palfer au travers les Apotiquares
comme
en font
M
près
quoi ils
ou raa
calle > aptès font fécher au foleil avoir enpains cendres qu'ils chaudes, après les de balifier.
les velopez dans des fehilles fervir de cette pâLoriquils venlent fe dans de l'eau, ce
te, ils la délayent
Elle
TX
fc fait très - facilement. donne une petite
l'eau, & lui
réjoilit, :
déEE
d'aigreur agréable qui nourrit en mèfaltere beancoup > & qui
me tems. Dimanche 23 Mai on m'écrivit de
Le
Saint Pierre que Monfeur
du Fort
cet obligeant Capitaila Heronniere vailfeau 2
duquelj jétoisy svenu de
ne, dans le étoit attaqué da mal
de France 2
Les obligations
Siam & fort en danger.
pas
je luiavois ne me pernetoient dans cette OCT" demeurer indifférent l'aller voir & lui
cafion 5 je réfolus de je choifis deux
offrir mes fervices 5 & de ponlardes
douzaines de chapons
Fort
cet obligeant Capitaila Heronniere vailfeau 2
duquelj jétoisy svenu de
ne, dans le étoit attaqué da mal
de France 2
Les obligations
Siam & fort en danger.
pas
je luiavois ne me pernetoient dans cette OCT" demeurer indifférent l'aller voir & lui
cafion 5 je réfolus de je choifis deux
offrir mes fervices 5 & de ponlardes
douzaines de chapons --- Page 522 ---
1694. pour 424 lui Nowveaux Voyages aux Ifes
ter chez en faire préfent 5 je les
Monfieur Michèl
fispors
cher, afin de profiter de oujallai fon
coudevoit aller le lendemain àl la canot qui
re, : par le retour duquel je devois Baffe-ter- faire
apporter maifon. queiques meubles pour ma
Je partis le Lundi trois heures
lc jour. J'arrivai de bonne
avant
Fort Saint Pierre
heure au
chez Monfieur de s & j'allai aufi-tôt
le trouvai
la Heronniere. Jc
de
encore fort mal, 2 mais hors
fe danger, qui avoir parce décidé qu'ilavoit en une crimeurai
dc fon fort. Je deplus d'une-heure avec lui,
quoi j'allai 2u Couvent: Le
ayant fçu d'oi
Eutt
groffe
je venois me. fit unc
de m'èrre réprimande, &c me blâma fort
maladic
ainfi expofé à gagner cette
5 je le remerciai du foin
prenoir de ma fanté,6cje l'affurai qu'il
je n'avois aucune crainte de ce mal gue
que ce n'étoir pas le premier malade s
que j'eufle vû, pui quej'en avois
enterré dans ma Paroiffe
déja
morts de cette maladie.
qui étoient
1é, & à quij'avois
que lavois aflif
adminiftré.les
cremens. Iine laila Pas de me
Saune fiole d'Elixir de
donner
dirde m'en frotter les propriété, & me
temples & lcs na- --- Page 523 ---
Frangoifes de FAmbrigne. malades, 425 1694.
rines avant d'entrer chez les
Remar-
& mème d'en prendre quelques goutes Faire.ir mala- fur
dans du vin,, quandje le pourrois
& die de
lui
tout ce qu'il voulut >
Siam.
Jc Toubliai promis aufli-tor, car je n'ai jamais
je
de foi.aux remédes 5
ajoûté beaucoup
ceux de nos Reli-
& jai remarqué le plus fur leur
ont
AET
gieux qui
toujours Res
dc: & qui étoient. & autres fembladEffences, d'Elixirs été les
atbles babioles, ont
en premiers ont été emraquez, & la plipart
portez. trouvai deux de nos Peres qui étoit veJe d'arriver de France. L'un
noient
nous avions laiffé
le Pere Charles Rochelle, que qui mourut bienmalade àla l'autre le Pere Defchane:
tôt après 5 étéaux Ifles.
qui avoit déja de la Baffe-terre que le
Je ne partis midi, dans un canot
Mercredi après Michel avoit envoyé
que Monfieur Jc vis tous les jours Ror
me prendre.
dont la fanté
fieut de la Heronniere,
me remerfe rérabliffoit à vûë d'ail.11
j'avois
cia beaucoup des volailles le que de vechez lui: Je priai
fait porter l'air chez moi dès qu'il fcnir prendre
faire le voyage;
roit en état de pouvoir mais fes affaires ne lui.
ilmele promit,
, dans un canot
Mercredi après Michel avoit envoyé
que Monfieur Jc vis tous les jours Ror
me prendre.
dont la fanté
fieut de la Heronniere,
me remerfe rérabliffoit à vûë d'ail.11
j'avois
cia beaucoup des volailles le que de vechez lui: Je priai
fait porter l'air chez moi dès qu'il fcnir prendre
faire le voyage;
roit en état de pouvoir mais fes affaires ne lui.
ilmele promit, --- Page 524 ---
426 Nowveaux Vroyages ANx Hles
1694. folation. permirent pas de me donner cette conJ'arrivai fi tard chez Monficur
chel avec ces deux
Mifimes obligez d'y Religieux, coucher que le nous
main je m'en allai de grand ;
lendeJa Melfe à mon Eglile.
matin dire
chely conduifit mes deux Monfieur MiJ'envoyai avertir le Pere Breton Compagnons. de
arrivée > & le prier de venir leur tenir leur
compagnie à diner & à
bien que Monfieur Michel fouper, anfidu Roy mon voifin. Je fus & les Monfieur
re le Vendredi jufqu'à la Balle conduiot le Pere Breton nous donna a pointe s
ils continuerent enfuite leur
dîner 5
qu'au Fond Saint Jacques fur voyage des juf
Vaux que je leur fis prèter,
che-.
Le Samedi veille de la Pentecôre
après les cérémonies ordinaires du
s
je baptifai dix-neuf Négres adulres jour, 2
ma Paroiffe > & prefqu'autant
de
Pere Breton m'envoya de la fienne, que le
Le Dimanche 30. Mai jour de la
Pentecôe, je fis communier tous les
enfans qui avoient fait leur
Communion à Pâques. Je retins premicre
ner chez moi dix ou douze des à dipaux du quartier, & ainfi j'eus du ptincide pour allifter à Vépres, Monficur mondu --- Page 525 ---
Frangsifes de TAmeriqut. Depuis quil1694
nous donna à fouper.
nous
Roy revenu fur fon habitarion,,
éroit
les jours enfemble
foupions tous lui 8 un jour chez moi.
chez
un jour
comme.le plus
ce moyen
Te
Je pris
dansfon clprit,
minfinuer à peu de la préven. été
E anete revenir peu né, &, où il avoit
rion où il étoit
& fes Minifélevé contre la Religion de (on exactitude à
tres. Jétois édifié à aflifter aux Prieobliger fes efclaves
- 5 il les
àla Meffe, au Catéchiline des Sares, exhortoit fouvent às sapprocher étoit fans
cremens 2 & fon mieux habitation réglées de toucontredit une des
la
fort
Paroiffe. Je
propolois 2 il
te ma
exemple aux autres à
fouvent
très - réglicvement
venoit
aux Caréchifrnte
la Prédication; ilalliftoit aux enfans; & quand
mes que je faifois enfemble il me popoloir
nous érions
lui éclairciffois autant
fes doutes que) je le ponvoir permettre.
que ma capacité bonnes dhipofitions >
Avec toutes ces le
de le voir
n'ai pà avoir
plailir m'avotoit
je
5 il eft vrai quil ébranlé - qu'il
Catholique quil étoit
qpelquectos la verité, & quil avant efpéroit fa
entrevoyoir la lui découvriroit
que Dieu
été trompé a 2 il me
mort; il n'a point
ciffois autant
fes doutes que) je le ponvoir permettre.
que ma capacité bonnes dhipofitions >
Avec toutes ces le
de le voir
n'ai pà avoir
plailir m'avotoit
je
5 il eft vrai quil ébranlé - qu'il
Catholique quil étoit
qpelquectos la verité, & quil avant efpéroit fa
entrevoyoir la lui découvriroit
que Dieu
été trompé a 2 il me
mort; il n'a point --- Page 526 ---
428 Nowveanx
AHX
1694. témoigna qu'il vouloit Voyages
Ifes
Languedoc & achever fes retourner en
refte de fa familles il traita jours de fon avec-le habitacion aveclesficurs Huc & Maraud,
& étant arrivé à Bordeaux il tomba
malade. Dès qu'il fe fentit mal, il envoya chercher le Curé de la Paroille,
fit entre fes mains une nouvelle
ration, fe réconcilia à
abjutous les Sacremens
l'Eglife, 3 reçlit
les fentimens d'un > & mourut avec
véritable Enfant de
l'Eglife. Ses amis qui fçavoient quelle
part je prenois à tout ce qui le regardoit, me manderant fa mort & fa
converfion : fi j'appris la
de
ces nouvelles avec
premiere
douleur, > la feconde
me donna une joye infinie.
CHAPITRE XVIIL.
Des Scorpions, Serpens, Vers de Palmif
tes; du bois à ennyurer 5 des
tes
diftrenefpices de Palmifes 6 de leurs
Choux.
L E Mercredi 2. Juin les Charpentiers démolirent la vieille
Eglife >
pour cmployer les marériaux à T'agran.
diffement qu'on avoit projetté à une --- Page 527 ---
de t Amérigue. Scor- 429 1694
Prempaijfes d'eux fur piqué par un
maifon, > un
fit
parce que je La fa -
pion ; cela me
auln dangereux quire Scorpiou
mais n'eft
EEr
croyois qu'ils le font en Europe, vis
aux Ifles quils le contraire: & j'en
m'alfura
du
LA
charpenon
car le bras n'enfla pas- tant Ies.
Yexpentences été piqué d'une Guelpe 5
ticr quiawoir s'il aveit été piqué une comptef
quc (e contenta d'y, mettre cela ne Tenon fe avec de eulde-vie. de travailler 5 il
pècha point du tout douleur
fentoit
m'affara que la
& le E il me fic
étoit fort médiocre, tout-à-fait défenflé & fans
voir fon bras
douleur. dans la même femaine qu'on
Ce fut
de fix à fept pieds
trouva un Serpent poulaillier 5 mon Né
de long dans entré mon au point du jour
érant
Rrot
ECI Y les poules > en vit étendués une qui > & remorte avec les manquoir ailes
quelques poumarqua qu'il anfli-tôc m'en avertir > ajou- Serlets; il vint
avoit un
votant cneseatie queles
pent dansle poulaillen fortiest LESCES épouvenlailles en éroient
qui ne
tées & avec un emprofemen Quand le foleil
ordinaire.
étoit louleur
tot
qui
fut levéon PeCT le Serpent & roulé en un
celta-dive 2 plié
vé,
oir ailes
quelques poumarqua qu'il anfli-tôc m'en avertir > ajou- Serlets; il vint
avoit un
votant cneseatie queles
pent dansle poulaillen fortiest LESCES épouvenlailles en éroient
qui ne
tées & avec un emprofemen Quand le foleil
ordinaire.
étoit louleur
tot
qui
fut levéon PeCT le Serpent & roulé en un
celta-dive 2 plié
vé, --- Page 528 ---
430 Nonveanx
anx
1694. coin avec la tète Vayages levéc. Je le faluai Ifles
Remar. coup de fufil qui lui mit la têtc
d'un
fur ceaux 2
en morft"s Ser. dans
après quoi mon
le tira
pens.
la cour, je lui fis ouvrir Négre le
tre, on y trouva quatre perits
venqu'il avoit avalez. Ces oifeaux poulets fe fentant piquez ouvrent les aîles en
rant, & fer roidiffent cn cette
expide forte qu'il feroit
fituation,
pent de les avaler, s'il impoffible au Serie fullent refroidis
attendoit qu'ils
lets
étoient
en cet état. Les poufans
tout jeunes & prelque
n'avoient
faire
E.e
chofe. Le
pà
la même
Serpent ne mâche ni ne coupc point ce qu'il mange, il l'avale tour
entier, s'il peut en venir à bout. Quand
ilar tué un animal avec fon venin, il le
prend par la tête & le fucce
qu'il Tairenglonti. Ilne
jufqu'à ce
paroit
digere Ce qu'il a dans le ventre pas
demeure tant
> y
T7
qu'il foit entierement
corrompu &
tems-là'le
pucrifié, > &c pendant ce
Serpent refte endormi,
On eut toutes les
du
le foir à faire rentrer peines lcs
monde
le poulaillier, elles
volailles dans
venoient jufqu'ala
porte, regardoient dedans, &
fc
retiroient toutes cffrayées
pttis
elles cuffent encore và'le > comme fi
avoit été la nuit précédente: Serpent qui y
Jc ne pou:
corrompu &
tems-là'le
pucrifié, > &c pendant ce
Serpent refte endormi,
On eut toutes les
du
le foir à faire rentrer peines lcs
monde
le poulaillier, elles
volailles dans
venoient jufqu'ala
porte, regardoient dedans, &
fc
retiroient toutes cffrayées
pttis
elles cuffent encore và'le > comme fi
avoit été la nuit précédente: Serpent qui y
Jc ne pou: --- Page 529 ---
Frargafer de PAmerigue. bête étoit 431 1694*
où cette car elle
vois compreinare Pt fa groffeur,
entréc, eu égard
le bas dc la jambe.
étoit grolle comme enfin qu'eile étoit entrée
On (oupçonna ouverture qui fc fermoit charpar une petite où ilyavoir une faire
avec une planche ouverture fervoit à
les
nierc. Cette volailles, les unes aptès
entrcr les
on les compte le foir. mon
autres, quand la rête fut toute brifée, dela couQuoiquel ne laiffa pas d'achever avant en terre $
Négre
fort
&c de Tenterter
venant à marE crainte que quelquan & ne fe mit
cher dellus, ne fe picquir encore du veen danger d'y trouver
nin.
tira la graif de Graiffe SerUn de mes charpenriers du
en
ada
étoit dans le corps Serpenr à Estase
fc qui
& m'enfeigna boules
allez bonne: quantité Aacon bien
Toalt
dans un
rien de froides.
la conferver m'affura qu'il n'y avoit
la
ché, &
les douleurs froides,
meilleur
autres Entitlanincommn allietfur une
E
fciatique on la fait fondre
de
ditez 5
on y mèle de l'efprit enfuite on
tc, après
cau-de-vies
ou de
des
Eoter
vin
afligée avec
linges
frotte la partic ouvrir les pores, & onloint J'ai.
chauds pour
ainfi difloute. fus
avec cette reméde grailfe fur molmene.se
éprouvé ce --- Page 530 ---
432 Nowveaux Voyages aux Tles
#694. d'autres, s & toujours avec un heureux
fuccès. Cette graiffe eft blanche, ferme
& n'a aucune mauvaife odeur; elle fe
conferve aufli fans fe
qu'on y apporte aucune corrompre précaution. > fans
Le Jeudi 1O. Juin je portai le (aint
Sacrement en Proceflion autour de la
favanne où l'Eglife eft fituée ; la Compagnie d'Infanterie du quartier fous les
armes marchoit à la tête, s les Officiers
& le drapeau étant en leurs poftes, le
tambour battant. Les habitans qui 6.
toient dans la cavalerie marchoient au
tour du faint Sacrement. Nous trouvâmes trois Repoifoirs très-propres. Quoique Monfieur du Roy ne fur
Catholique, il ne laiffa pas d'en abed faire
un devant fa
> fort bien éclairé
& de faire REOTIEL des boëtes. Je fus fort ,
fatisfait de la dévotion de mes Paroif
fiens
communierent en grand nombre. 2a donnai à dîner aux
Après Vèpres j'allai fouper principaux. chez Monficur Michel, avec prefque tous ceux
couchâmes. qui avoient diné chez moi 5 nous y.
Le lendemain nous fimes cnnyvrer
la grande riviere, à près de mille
au-deffus de fon embouchure. Nous pas
primes quantité de beaux poillons, 8z y
fur
de la dévotion de mes Paroif
fiens
communierent en grand nombre. 2a donnai à dîner aux
Après Vèpres j'allai fouper principaux. chez Monficur Michel, avec prefque tous ceux
couchâmes. qui avoient diné chez moi 5 nous y.
Le lendemain nous fimes cnnyvrer
la grande riviere, à près de mille
au-deffus de fon embouchure. Nous pas
primes quantité de beaux poillons, 8z y
fur --- Page 531 ---
de
433-
:
Prariçaifes TAmbrians On1694
fartout de très groffes Angaules des
fc fert
ennyvrer d'un les rivieres arbre qui n'a
racines Ede des feuilles celui de bois à
point d'autre nom que
vû
paf
ennyvrer. Je n'en al point ordinairement qui
etnt ennyvrer
sât dix pieds de hauteur; bois mal fait les
un
F
il n'en a que fix. C'eft foit aflez dur 5 il llestivie: fons
-& toIs > quoiqu'il
encore les Né- res.
n'eit bon qu'i braler, s'en fervir à caune veulene-ils pas
les
de la qualité quil a d'ennyvrer - brune
>
EE"
Son écorce eft rude
poilfons. il eft aflez branchu, &c fort
&
la
-
chargé épaille de feuilles approchantes) pour elles
figure de celles des pois attachées communs; à la mètiennent trois à trois
cottonme queuié 5 elles font foncé, épailles On ,
l'énées &i d'un verd
fort ptend épailfe,
corce de fcs racines, quieft & des bran-
&0 même celle du avecles tronc fetilles, & on
ches 5 on la pile de la chaux vive. Pendant
la mèle avec
à piler ces drogues',
qu'on eft occupé le lit de la riviere en divers
on barre avec des pierres 8c des brouf
endroits & on jette cette compofition
failles la > riviere trois ou quatre cens pas
dans
endroit
Pon a
au-deffus du premier
qui 4E trouve
barré. Tout le poiffon
dans cet cfpace boit cette cau , s'énnyTome I.
T --- Page 532 ---
434 Nonveaux Poyages asx TRes
1694. vre, vient fur l'eau 2 fc jette à terre 2
heurte contre les pierres & vient s'arrêter à la barre, en faifant des fauts 9
des gambades & des poftures comme
des gens qui fontyvres. Les Anguilles
font plus difficiles à ennyvrer que les
autres; 2 nous ne laifsâmes
d'en
dre beaucoup & de très Render ; pren- el'es
font fort grailes & fort déhcates. Nous
mangeâmes notre pèche far le bord de
la riviere, où nous dînimes: c'eft une
partie de plaifir qu'on fait affez fouvent
dans les Iles, & qui a fes agrémens.
Vers de On me fit manger des vers de Palmif
Palmift: maniere tes. C'eft un infecte qui fe produit dans
delesap-le coeur de cet arbre, quand il eft abapiéter. ru. Ces vers font de la groffeur du doigt,
B d'environ deux pouces de longueu :
je ne puis mieux les comparer qu'a un
pelorton de graifle de chapon, enveloppé dans une pellicule fort tendre &
fort tranfparente. On ne remarque dans
le corps de l'animal aucune partie noble, ni entrailles, niinteftins, du moins
à la vàE, car on voit autre chofe avec
une loupe de criftal, quand on a fendu
l'animal en deux parties, la têteeft noire & attachée au corps > fans aucune
diftinétion de col.
La maniere de les appréter eft de lce
de graifle de chapon, enveloppé dans une pellicule fort tendre &
fort tranfparente. On ne remarque dans
le corps de l'animal aucune partie noble, ni entrailles, niinteftins, du moins
à la vàE, car on voit autre chofe avec
une loupe de criftal, quand on a fendu
l'animal en deux parties, la têteeft noire & attachée au corps > fans aucune
diftinétion de col.
La maniere de les appréter eft de lce --- Page 533 ---
Prangoifes de Amerique. 435
dans une brochette de bois pour 1694.
enfiler
devant le feu : quand ils
les tourner
on les faucommencent à séchauffer,
poudre avec de la croute de
rapéc, &
du fel, un peu poivre
ET
mèlée avec
retient toute
de mufcades cette imbibes poudre quand ils font
la graille qui les sy fert avec un jus d'orange
cuits on citron. Ceft un très bon manou de
t; quand on a une fois
ger & très-délicat
a pour l'orvaincu la répugnance qu'on vers fur tout'
dinaire de manger des vivans. 2 Il y'a enquand on les a vûs
de les accomcoreune autre de manicre les mettre dans une
moder > c'eft
canaris avec
caflerole ou dans un petit
du vin 2 des épicerics fetilles 2 un bouquet de bois
d'herbes fines, s quelques d'orange.
d'inde, & des écorces
vers
Huile de
Quand on expofe ces
quelque huile vers de
ils rendent une
Palmifte.
tems au foleil,,
les douleurs
qui eft admirable pour les hémoroifroides, & fur tout pour
malade,.
des. Il faut en oindre la partie
deffus un linge chaud,ob-
& appliquer
chauffer T'huile, 2
fervant de ne jamais fcs efprits & les
que le feu difipe
Ee évaporer.
arbre fort com- milts Lc PalLe Palmifte eft un
5 il vientfane.
mun dans toute l'Amérique Tij --- Page 534 ---
436 Nouveanx
aux Ifes
1694. droit comme une aMer & haut allez
fouvent de plus de trente pieds, n'ayant
qu'une racine de médiocre groffeur 2
qui s'enfonce en terre , qui ne feroit
pas capable de le fourenir fi elle n'étoit pas aidée par une infinité d'autres
petites racines rondes, fouples, entremèléesles unes dans les autres qui font
une groffe motte autour du pied de
l'arbre à ras de terre, qui le foutiennent merveilleufement, & aident à lui
fournir la nourriture néceffaire. Ses
feuilles ou fes branches viennent comme une gerbe à fa cime, &cle couronnent; elles font longues de fept à huit
pieds 2 & même plus 5 il eft difficile
de décider fi on les doita appeller branches ou feiilles : car ce font de longues
côtes > des deux côtez defquelles fone
attachées ces efpéces de feililles, > longues d'un pied &c demi, & larges d'environ deux pouces dans leur
&
nailance,
qui diminuent à mefure qu'elles Wapprochent de l'extrémité ; elles n'ont
qu'ane nervûre dans leur milieu > elles
fontaflez fortes & maniables, d'un verd
clair au- deflfus & plus pâle aul E deffous. Cet arbre eft de deux
Lc Pal- franc
elpéces, le
mifte 6qui eft celui dont je viens dc
pincux, ler,& Pépineux ainfi appellé parce par- que
nailance,
qui diminuent à mefure qu'elles Wapprochent de l'extrémité ; elles n'ont
qu'ane nervûre dans leur milieu > elles
fontaflez fortes & maniables, d'un verd
clair au- deflfus & plus pâle aul E deffous. Cet arbre eft de deux
Lc Pal- franc
elpéces, le
mifte 6qui eft celui dont je viens dc
pincux, ler,& Pépineux ainfi appellé parce par- que --- Page 535 ---
-
Françoifes de TAmérique. 437
fon tronc & fes feitilles font tout cou-1694
verts d'épines. Le ceur ou la modle de
cet arbre cft jaunârre, celle du palmifte
franc eft blanche, cclui-ci ne porte audes
cun fruit ; lépineux porte
bouquets
de petites noix comme des chataignes blanqui font remplies d'une fubftance
che & oleagineule, que'les enfans manavec plaifir. J'en ai fait faire de
gent Phuile qui étoit bonne à manger étant
fraiche, mais qui devient rance en
bonne à bràler.
E
de tems; clle éft
à trois fortes d'uemploye ces arbtes
fages. On s'en fert pour fe nourrir, pour
fe
&
faire des cordes, des
loger > pour
des lits & autres
corbeilles, > des nattes,
nécefitez d'un ménage,
Chon
Quandlep palmitte eft abbatu,on coupe de Palfa tête à deux pieds ou deux pieds & de- mifte, 8
mi au-deffous de l'endroit oi les fetillesta niere ma- de
prennent naiffance, & après qu'ona orétarpre. tct.
T'extérieur on trouve le coeur del'arbre >
ou pour mieux dire , des feiilles qui ne
font pas encore éclofes, pliées comme
un éventail, & ferrées les unes contre
délicates,
les autres; 2 blanches,tendres, de celui des culs
& d'ungonr approchant
état
d'artichaux. On les appelle en cet
Choux palmiftes. On les met dans l'eau
fraiche, & on les mange avec le poiTij
. tct.
T'extérieur on trouve le coeur del'arbre >
ou pour mieux dire , des feiilles qui ne
font pas encore éclofes, pliées comme
un éventail, & ferrées les unes contre
délicates,
les autres; 2 blanches,tendres, de celui des culs
& d'ungonr approchant
état
d'artichaux. On les appelle en cet
Choux palmiftes. On les met dans l'eau
fraiche, & on les mange avec le poiTij --- Page 536 ---
438 Nowveanx Yoyages anx Ihes
1694. vre &le felcomme les jeunes
Oit
artichaux,
bien O1l les fait botillir dans leaa
avec du fel; & aprèsqu'ils font égoûirez,
onles met dans une fauce blanche comme les cardons d'Efpagne ou les cercifis avcc de la mufcade. On les accommode encore comme dcs bignets en les
trempant dans une pâre fine, & lcs
fant à la poële, avec Phuile oul le
ou bien encore
ELEEE
on les fait frire comme
du poiffon, après les avoir palfé par la
farine. On les met dans la
ils
lui donnent un très bon
foupe, enfin
les
gout;
on
mange en falade après qu'on a développé toutes les feiilles : de quelque
maniere qu'on s'en ferve , elles font
très- bonncs & tiès-délicares, c'eft une
nourritare légere & dc facile digeftion,
de forte qu'on la peut appeller une véritable manne pour lc
ComLors
pais.
ment les
que le palmifte eft abattu, &
naiflent vers
qu'on n'a pas befoin de fon tronc 2 on
dans les y fait avec la ferpe ou la hache
Palmif fieurs entailles le
du
plutes.
long
tronc , afin
que certaines groffes mouches
duifent les vers dont je viens ae proler, puilfent entrer dansle coeur de f
bre, 5 en manger la moële, & y laifler
leurs cufs gui s'éclofent & forment
ces vers. Il faut avoir foin d'aller au --- Page 537 ---
Trangaifes de TAmerique. 439 1694.
voir l'arbre qu'on
bout de fix (emaines fend dans toute fa
On le
dans
a entaillé. & on trouve ces vers
longueur , Qitand on néglige d'y aller
fa moëlle.
on ne trouve plus
environ ce tems-la;
changé de
de vers, il faur quils
& qu'ils
les vers 1 foye,
comme mouches.
t devenus
MartiJe n'ai vûi de ces vers dcs qu'ala
a
y ait
palmifes
nique 2 quoiquil les autres Mes: j'en
choux dans toutes à la Guadeloupe pour
ai fait entailler attirer des vers : mais je n'ai
râcher d'y
ai
-
réuffir. Il eft vrai
jeny point
pû
dc eitel
vû de cette elpéce
épineux , eft
Le Chou des palmites délicat
blanc.
plus tendre & plus
t noix d'InLes arbres qui portent Cocos, & les datdes que Yon appolle choux.J'ai mangé des uns
tiers, ont des ils font fort bons 2 leur
& des autres, toujours un peu de ceapproche
Ea de leur fruit. auquel on employe fert On des fe
Le fecond ufage bârir des maifons Palmic
les palmilles; cft Pour pour cet effet on coupe tss fire pour cn-
& les couvrir.
de la longueur tiérele tronc par donner tronçons aux grandes & aux unemal mcnt
qu'on veut
que l'on met en terre fon,
petites fourches propottionés à leur
d'une profondeur
Tiv
2 leur
& des autres, toujours un peu de ceapproche
Ea de leur fruit. auquel on employe fert On des fe
Le fecond ufage bârir des maifons Palmic
les palmilles; cft Pour pour cet effet on coupe tss fire pour cn-
& les couvrir.
de la longueur tiérele tronc par donner tronçons aux grandes & aux unemal mcnt
qu'on veut
que l'on met en terre fon,
petites fourches propottionés à leur
d'une profondeur
Tiv --- Page 538 ---
440 Nonveaux Voyages AHS
1694. hauteur & à la qualité - du terrain. Tfles Onz
foin d'en fairc bruler la partic que l'on
veut mcttre en terre > parce
ment elle fe pourriroit bien-tôt. qu'autre- On le,
fend en deux pour faire les fablieres s
les foles, le
> & les
& en huit LITA ou
pour faire chevrons les lattes 9
& la paliffade qui régne autour de la
maifon, & qui lui fert de mur ou de
planche. On attache toutes CCS
avec des chevilles du même bois, picces
après
quoi on étend les cofles ou branches
de toute leur longueur avec leurs feiiilfar les lattes; on les y attache avec
mêmes
E
feiiilles, &c enfuite on treffe
ou nattcles feiillesd'un côté d'une coffe
avec celle d'une coffe qui eft
d'elle ; on les met ainfi par étage auprès les
unes fur les autres jufqu'au faire,oi on
les plie les unes fur les autres. Cette
elpéce de couvercure eft bien meilleure
que cclle que l'on fait avec des têtes
de cannes ou derofeaux, & peur durer
huit ou dix ans. Les piéces de palmif
tes dont on fe fert pour palidfader le
tour de la maifon,après avoir été coupées de la hauteur néceflaire, c'eft-à.
dire depuis la fole jufqu'à la fabliere,
doivent être fendués,en fept ou huit
-partics felon la groffeurdel'arbre 2 pour --- Page 539 ---
Trangoifes de TAmerique. douves 443 de 1694en faire comme de petices de larges On
quatre , cinq ou fix
mol,8 on laiffe
le dedans
ces
ree
dole
a dur. On arrange
le deffus qui
des autres le
douves les unes auprès on en met
plus ferré que Pon
> que les aulplus
ERA
gpelqueviunes
fontenir. celles
tres en travers pour
dans
font debont, que l'on "cloué cheville les autres fut
poreaux comme fablieres on
La plipart des
ies foles & les
magafins - Phôpital
maifons, > jufqu'aux du Cap François de -
& mème TEglife étoient bâtis de cette maS.I Domingue,
le dirai en fon
niere en 1701. comme je
licu.
ufage qu'on fait du pal- me Troift. ufage
Le troifiéme
er le dedans qui eft
du
mifte, eft d'emple,
filets & aflez 83
un tillu de gros
Palmifie.
comme
calfater,
durs à faire de Héroupe pour on le bat bien
-8 mème des cordages flets : & les rendre
dépotiller les maniables. Nos FliFre fouples & plus Forbans qui ont couru
buftiers & nos & d'autres lieux aux
la mer du Sud
entenenvirons des deux Amériques-, On fe fert
cc" travail.
dent à merveille faire. des corbeilles',
des feiilles pout hamacs én forme de
des balais 5 des des-tacsy & mille atrçts, des nattes,
TV.
le bat bien
-8 mème des cordages flets : & les rendre
dépotiller les maniables. Nos FliFre fouples & plus Forbans qui ont couru
buftiers & nos & d'autres lieux aux
la mer du Sud
entenenvirons des deux Amériques-, On fe fert
cc" travail.
dent à merveille faire. des corbeilles',
des feiilles pout hamacs én forme de
des balais 5 des des-tacsy & mille atrçts, des nattes,
TV. --- Page 540 ---
442 Nowveanx Vayages axr
1694. tres uftenciles de ménage. On Iles les
auparavant fur le feu pour les amortit paffe
& fuivant l'onvrage qu'on veut faire, >
on les tille. Les fauvages font fort
adroits pour tous CCS ouvrages.
Outre cesdeux elpéces de palmiftes,il
y a deux autres aibres à qui on donne le même nom, du moins à la Martinique. Ce font deux arbres excellens
pour les bâtimens 7 ils viennent trèsgrands, très-gros & très-forts. Il a
à nos ouvriers de les diftinguer en mâle plà
& femelle : en effet, on remarque quelque diflérence dans la couleur de leur
bois, le mâle eft affez rouge,n
pelle aufli Angelin. La femelle eft l'apblanche & conferve fon nom. Je plus
lerai de ces deux arbres dans un autre parendroit.
noii-lles ErcOn trouve àla Marrinique & en
ou Cizs ques autres Ifles > les
bellcs queld noiilles du monde,
plus
GreTreit Marti:
on lesappelle Craniques leur puuds parce'qu'elles font vèrués comme
ehafle. les crapauds dEurope, c'eft-à-dire de
gris avec des taches ou rayes jaunes &
noires 5 elles ne.fe.tiennent pas dans
l'eau, mais dans les bois où elles croaf
fent très-fort s fur, tour,la nuit. J'en
ai vû dont lc corps avoit plus d'un
de long, fans, compter les cuilfes pied qui --- Page 541 ---
Francaifes de TAmerique 443 leur 1694
& fort charnues 5
- Étoient grolifes
tendre & délicate >
chair eft blanche :
tout le refte
la tête 2
on ne jerte charnu que 3 on les accommode
eft fort
fricaflée de poulets; 3 & ceux
comme une aux Ifles y font fouvent de
qui arrivent
qu'on leur fert
tromnpez, s'imaginant leur donne une frila viande, quand on ou de lézards. Les
caffée de grenolilles nuit à cette challe dans
Négres vont la Hambeaux de bagaces.,
les bois avec des
feches après
c'eft-à-dire de cannes
oul de
de
St
les ont paifé au moulin, imitent le croaffement
chandelle. Ils
elles ne mandes grenotilles auquel & de s'appropas de répondre, du Aambe 11. Quand
ra de la lumiere
le chafleur leur
elles (ont à portée de bâron >
fur le corps
donne un coup d'aller plus loin. Com-
: qui les empeche
que Jaimois
.
me les Négres fgavoient je les payois bien, Pilor,
cette viande,& que fouvent. Les Set- e'pice de
ils meneppomoien
leur font une Rats de
pens &c les Couleuvres aufli - bien qu'aux bois,
guerre continuelle Piloris > : ces dernieis font
Rats & aux de rats de bois deux Ol trois
une efpéce
les rats ordinaires;
fois plus gros que blancs, leur queiic et
ils font prefque & ils fentent le mufe
fort courte 3
Tvj
les payois bien, Pilor,
cette viande,& que fouvent. Les Set- e'pice de
ils meneppomoien
leur font une Rats de
pens &c les Couleuvres aufli - bien qu'aux bois,
guerre continuelle Piloris > : ces dernieis font
Rats & aux de rats de bois deux Ol trois
une efpéce
les rats ordinaires;
fois plus gros que blancs, leur queiic et
ils font prefque & ils fentent le mufe
fort courte 3
Tvj --- Page 542 ---
444 Nowveanx Foyages Aux Iles
3624. extraordinairement. Les Négres les
cherchent & les mangent avec plaifir,
car ils font gras ; mais ils font obligez
de les faire botiillir en grande caut, avec
des feiilles & des oranges coupées
quartiers pour leur ôter cette odeur se
eft fi forte qu'clle fait mal à la têtc 2
-leur peau étant féche lagarde encore.
Etant un jour dans le bois, j'entendis une grenoiille qui crioit de toutes fes forces 3 ies Négres que j'avois
avec moi me dirent qu'affirément elle
étoir pourfuivie par un ferpent. Comme la voix & le bruit que ces animaux
faifoient fur les brouffailles s'approchoit toujours de nous > je préparai
mon fulil pour tuer le ferpent : mais
nous reconnûmes un inftant après que
c'étoit une couleuvre qui pourfitivoir
la grenoiille,
la
à fix ou
Diftprit
fept
rence du pas de nous.
n'cus
dc
g
garde
tirer
ferpent fur la couleuvre, outre qu'elle n'a
& de la de venin, elle eft ennemie du
point
coulca lui fait la
ferpent 2
vic,
guerre,& le mange, & pour
cette raifon on ne lui fair jamais de
mal. Pour peu
foir fait au
on diftingne agrent la couleuvre pays d'a- -
vec le ferpent, parce que la couleuvre
a ia tète longuc & ronde comme une
anguille, & que lc ferpent l'a plate, --- Page 543 ---
de Amerigne. -
445 er- 1694
Franpaifes triangulaire. C'eft une
& prefque
ces animaux frayent
reur de croire enfemble, que
cela n'artive jaquelquefois ils frayent chacun dans
mais. (luand ils fe lient & sencrelallent font
fon efpéce,
un cable : ils
entemble comme état. Les couleudangereux dans cet quand on leur jetvrcs font méchantes
leur fait mante des pierres & qu'on pouduivenr,
quer les animaux qu'elles
les inquié-.
clles viennent fiur ceux qui
elles fe
tent, & quand clles mordent peuvent comme
jettent fur eux > n'ont &
point de crocs
des chiens. Elles mais feulement des
comme les viperes, fortes & aigues;
dents affez longries , mâchent pas ce
cependant elles ne elles ne font quie le
quelles avalent,
fi elles peufuccer & Tenglourifent on en eit morvent tout entier. Quand comme inne mordu on penfe la playe
quelque
fure de chien, avec cependant
conire le venin
fcroit
SeLF Fun
précaution comme
roit y être >
I
animal enragé. dont je viens de
La couleavre avoir plus de dix RR
ler paroilloir étoit groffe comme le
de long 5 elle d'un homme, fa peau
gras de lajambe de diverles couleurss,
tachenée &ondéc
eit morvent tout entier. Quand comme inne mordu on penfe la playe
quelque
fure de chien, avec cependant
conire le venin
fcroit
SeLF Fun
précaution comme
roit y être >
I
animal enragé. dont je viens de
La couleavre avoir plus de dix RR
ler paroilloir étoit groffe comme le
de long 5 elle d'un homme, fa peau
gras de lajambe de diverles couleurss,
tachenée &ondéc --- Page 544 ---
446 Nonveaax Voyages O Anx Iles
1694 étoit très-belle, J'étois furpris de la
vitelfe avec laquelle elle couroit, clle
auroit fans difficulté atteint un homme courant de toutes fes forces, &
plaficurs perfonnes auroient fait une
trifte expérience de la viteffc de ces
animaux Sils n'avoient pas fçà le fecret de les laiffer bien-tôt derriere eux, 9
qui confifte à courir en zigzag ; car
limpétuolité de leur mouvement eft G
grande > qu'elles ine peuvent pas fc détourner aufli promptement que celui
qu'elles pourfitivent, & finiflent ainfi
inurilement une carricre, pendant qu'il
en a fait une autre, & s'eft par conféquent confidérablement éloigné d'elles.
Elle avoit toujours la têie élevée de
près de deux pieds de terre. Elle avala
lag grenoiille tout d'un coup fans la mordre ni la mâcher s de maniere qu'on
voyoit diftinétement tous les mouvemens de la grenoiille à mefure qu'elle
De quel. entroit dans le corps de la couleuvre.
1e lemanic leser Quand la couleuvre & le ferpent fc
ia pent & battent, ils ne vifent à autre chofe
Rnetie Couprendre la tère lun à l'aure qu'i car
batte.t. celui qui peur gober rou engloutir la , rête
de fon ennemil'érouffe dans le moment,
&c acheve de l'avaler en le figant. Il
artive fouvent quc le ferpent donne --- Page 545 ---
Fvangoifes de CArstrigue. couleuvre 447 1694.
de croc à la
quelque coup
fe frotter à une herbe
qui va aufli-tor la mal-nommée, 2 herbe
à qu'on appelle aflez douce au roncher 2
fine, polnmié,
on en trouve
mais fort âpre au Cer goit, attouchement la
Ei la tout. fait revenir far le champ la
Cette herbe entre dans
par
au combat. du reméde dont on fe fert
compolition
du (erpent, & je crois
pour la morfare
que c'eft la principale.
une efpéce Serpera
11 y a à la Dominique de. venin. arpeie Tè:e de
de ferpens qai n'ont Tètes point de chien, parce Chien,
On les appelle, rète 2 fort groffe & courte >
qu'ils ont la
comme des chiens.
&
mordent continuelle aux rats
Ils 2 une guerre
& aux poules.
eft admiraLa graille de ce ferpent froides, foulures
ble pour les douleurs
la paralifie :
de nerfs, & même pour font fervis avec
"ane infinité de getsicn la goute dc Reméde la
un fuccès merveilleux pour pife erre : car p.ur goutte,
qualité quelie de froide & de
quelque on dit qu'il y en a dis
s'en eft
chaude. Quand ie
qu'on
ne
ferviavec un fuccès mervcillenx, que cette
prétends pas qu'on croye
la
ralicalenent.je
graille guérit gourte liront ces Mémoktromperois ceux qui
-
n la goute dc Reméde la
un fuccès merveilleux pour pife erre : car p.ur goutte,
qualité quelie de froide & de
quelque on dit qu'il y en a dis
s'en eft
chaude. Quand ie
qu'on
ne
ferviavec un fuccès mervcillenx, que cette
prétends pas qu'on croye
la
ralicalenent.je
graille guérit gourte liront ces Mémoktromperois ceux qui
- --- Page 546 ---
448 Nouveans Voyages AuX Iles
1694 res, , & j'expolerois Telpéce dcs Tères
de chicn à èrre entierement détruite
elle nc fait que difliper la fuxion en s
ouvrant affez les porcs pour la faire
tranfpirer - 2 & cela très Promptement 5
en forte qu'en moins de fix heures le
goutteux qui ne pouvoit appuycr fes
pieds à terre, marche aifément, n'aplus
de douleur, & eft aufli long-tems i fe
reffentir d'une nouvelle attaque de goutte 1 qu'il auroit été s'il avoit attendu
patiemment oul impatiemment dans fon
lit quc la Auxion fe fût dillipée ; ce
qui demande fouvent bien du tems.
La maniere des s'en fervir eft de faire
chauffer cette graiffe, & d'en oindre la
partie affligée, D
& de mettre deffus un
plumaffeau imbibé de la même graiffe.
Je fuis convaincu de la bonté de ce
reméde par bien des expériences faites
aux Ifles. C'eft aux goutteux de France
à l'éproiiver en fe metrant pour cet
effer dans des chambres bien
&
chaudes,
réicerant une-ou deux fois cetteronction fi la premicre n'a pas operé entiérement, Si On l'employe pour des
rhumatifmes, douleurs froides, fouluTCS o1 paralifes, on X melera de l'efpric de vin quand elle fera fuffilamment chaude, même pour la goutte. --- Page 547 ---
de TAmbrigne. 449Tranceifs
de ferpens mon-1694.
Ces trois elpéces manger les pe- des Inftinét oirent fur les arbres
nid, ou pour fe feaux
dans
fE
tits oifeaux fec dans le tems de playepEus
mettre aui oifeaux voyent un (erpentieus con- peQuand les oû ils ont leur nid, ilstits tre les
dans l'arbre de lui, ils crient com-Serpens:
volent autour
8c fi quelque
me des detelperez, de larbre,
ERE
fonne palfe auprès
autour
de sefharoucher - 2 ils viennent ils crient > &
d'elle - 2. ils demander sapprochent. du fecours contre
femblent
gueres de
leur ennemi. On ne manque cette occafion,
leur rendre fervice en C'eft un vrai plaien tuant le ferpent. de ces petits anifir de voir la joye
ferpent étenmaux quand ils voyencle
de lui,
du
terre,
de
tvoligensaners bec,
ericat, par lui donnent des coups les ont délisapprochent de ceux qui comme s'ils les
vrez de leur ennemi > J'ai eu plufieurs
vouloient remercier.
fois cC diveralfement.
I 7
On ne manque cette occafion,
leur rendre fervice en C'eft un vrai plaien tuant le ferpent. de ces petits anifir de voir la joye
ferpent étenmaux quand ils voyencle
de lui,
du
terre,
de
tvoligensaners bec,
ericat, par lui donnent des coups les ont délisapprochent de ceux qui comme s'ils les
vrez de leur ennemi > J'ai eu plufieurs
vouloient remercier.
fois cC diveralfement.
I 7 --- Page 548 ---
450 Nonveaux Voyages Alx IRes
Lettres Patentes du Roi porr TEtablif
fement des Religienfes du Tiers-Ordre
de S. Dominigue > à la Martinigue.
L OUIS, parlagrace -
de Dieu, Roi de
France & de Navarre: A tous
fens &c à venir: SALUT. Les miféres pré- &
calamitez elquelles les guerres continuciles ont réduitla plipart de nos
habitans ès fronticres de notre fujets
me, ayant contraint plufieurs Royau-
& Religicufes d'abandonner Religieux leurs Monalteres & Couvents, & de fe retirer de
côté & d'aurre, comme ont faitles Religicufes du Tiers Ordre de
de la Ville de Toul en notre S.Dominique pais de Loraine, réfugiées, tant en notre Ville de
Paris qu'aillears où ils reftent. La
fente Mere Margucrire de S. Jofeph pré- Rcligicufe Profeffe dudit Ordre,
avec
) laquelle.
quelques autres de fcs
ayant pris réfolarion de s'en compagnes aller avec
l'aide de Dieu dans PIfle de la Martinique & autres circonvoifines
établir à deffein d'inftruire les pour s'y
dans la Religion
jeunes filles
Carholique, Apoftolique * Romainc, &àt toutes choles hon- --- Page 549 ---
Frargaifes de Ambrique. à 451 leur
nères & vertueules conformémenra de (on Ordre, & la
Inftitut, &en quiclle efprit a de fon Sapsrieur. A
permillion fin notre très-cher & aumôné très-amé à -
laquelle Frere le Duc d'Anjou ayant fomme de decertaine.
ladite Expofante lui aider & à fes compagnes
niers
frais deleur voyage. Nouslui
à ER
notre Palleport >
aurions fait expédier étant befoin d'avoir noavec lequel leur comme Roi & Souverain
tre pernition deladite Ifle Martinique, & hum: auSeigneurd
elle nous a très
tres Seeconvoi@iner de le lui vouloir accorblement fupplié
defirant contribuer
der. A CES CAUSES, Nous fera poflible à une
en tout ce
de charité, Sc
ceuvre f
de
TINeT
de uare afin participour la gloire
pour notre profperné
per à leurs pricres Etat. Avons à ladite &
& de notre accordé & obtroyé, &
fante permis,
spleine puillance
nos praseripenles
accordons
antorité Royale, petineton. Préfentes fignées
& oétroyons, par d'érablir ces
en ladire Ie
de notre main, & autres circonvoili- lieu
de la Marrinique.
en tel
nes 2 avec {es Compagnes, être donné, , léd'icelles qui lui pourra icelui faire conf8 en
gué ou acquis,
& Coutruire & édifier un Monaftere
permis,
spleine puillance
nos praseripenles
accordons
antorité Royale, petineton. Préfentes fignées
& oétroyons, par d'érablir ces
en ladire Ie
de notre main, & autres circonvoili- lieu
de la Marrinique.
en tel
nes 2 avec {es Compagnes, être donné, , léd'icelles qui lui pourra icelui faire conf8 en
gué ou acquis,
& Coutruire & édifier un Monaftere --- Page 550 ---
452 Nouveanx Poyages aux Iles
vent propre poury Vivre felon les Ré
gles & Conftirutions de leur Ordre,
faire leurs prieres &c dévotions, inftruire
& cnfeigner les jeuncs filles à la connoiffance de Dicu, Religion Catholiquc, Apoftolique & Romaine > & a
touS autres exercices honnètes & vertueux 5 accepter tous dons & dénations
qui lui pourront être faites pour aider a
leur enttetenement ; &cqu'après le décès
dc l'Expofante lcs Religieufes duditMonaftere puiflent élire autre Supéricure
des Religicufes d'icclui dans les formes
& folemnitez réquifes à lcur
Ordre, 3 le
tout fous l'autoriré de leur Supéricur.
Ayant à cet effet ladite Expofanre, fes
Compagnes & Religieufes dudit Monaf-
. tere, pris & mis cn notre protcétion &
fauvegarde ipéciale. Sr DONNONS EN
MANDEMENT aux Gouverneurs de ladite
Ifle Martinique & autres circonvoifines,
& autres Magiftrats
Nous ordonnez
& établis en icelles, dct faire
Préfentes où befoin fera, & regiftrer du
ces
forme & teneur d'icelles, faire contenu, joitirladite Expofante & fesCompagnes
ment,' paifiblement & perpétucllement, pleine.
ceffant & faifant ceffer tous troubles &
empèchemens aul contraire : CAR tel eft
noire plaifir ; &k afin que ce foit chofes --- Page 551 ---
Francoifes de PAmérigue. 453:
& ftables à toujours, Nous avons
fermes
notre Scel à Ces Préfentes 2 :
fait mettre chofes notre droit & l'aufauf en autres DONNE à Paris au mois
trui en toutes. l'an de
mil fix cens
de Décembre
&
notre Régne le
,
Eae
cinquante-trois, LOUIS. Sur le repli,
onziémc. Signé,
& Tcellées du
Par le Roi, PHELYPEAUX, de cire verte en lacs de foye
grand fceau
& fur le repli, Vila,
verte & rouge;
MOLE'. Plusbas eff écrit : Collationné,
Signé, VETIL, Greffier.
Fin de la premiere Partie. --- Page 552 ---
#54
TABLE
T AB LE
DES MATIERES
contenuès dans la premiere
Partie.
A
Bricot de Saint
A
Domingue. Defcription del'arbre & du fruit, > fcs
qualitez, 8c les manieres de s'en fervir,
Accident arrivé à un Vaifleau de la
Flotte, ou l'Autcur étoit embarqué >
Acofta ( Eenjamin) Juif. Il eft le 38
mier qui cultive le Cacao à lal SIERE
nique,
Adrelfe des Habitans pour cacher leurs
effets en tems dc Gucrre,
Ananas, fruit excellent, fa defcription,
fa culture, fes qualitez, fes différentcs clpéces, & lcs ufages,
41G
les manieres de s'en fervir,
Accident arrivé à un Vaifleau de la
Flotte, ou l'Autcur étoit embarqué >
Acofta ( Eenjamin) Juif. Il eft le 38
mier qui cultive le Cacao à lal SIERE
nique,
Adrelfe des Habitans pour cacher leurs
effets en tems dc Gucrre,
Ananas, fruit excellent, fa defcription,
fa culture, fes qualitez, fes différentcs clpéces, & lcs ufages,
41G --- Page 553 ---
DES MATIERESI fon
(la Marquile) fa famille,
Angennes
Habitation, de lEtat Maior des Ifles
Appoinvemens qui font payez fur le Do-
&c autres,
maine du Roi,
Leur defcription s
Aliettes, Poiflons.
Avocar,arbre & fruit. Leur defcription, 353
qualitez 2 , cfpéces dans & ufages, les Miflions de
L'Auteur
de Paris 2 2. Il
8 nc
AT
l'Amérique. malade P la, Rochelle,
tombe des'embarquer. 2
Jaiffe pas
B.
Sentimens de
Atême du Tropique. cérémonic, 34
Brauer far cette fort incommoBètes rouges - 2 infeétes leur
des; reméde à
piquire, dela Relation de
Biet, Prètre, Auteur
la France Equinoxiale,
1 > & la
Bois à enyvrer. Sa fervir, defeription
maniere de s'en
Gonverneur GéBlenac (le Comte de accueil )
quil fait à
néral des Iles >
TAuteur,
Laurier aromatique. Sa a
Bois d'Inde ou
de fes feiilles &
defeription. Ufage
de fes fruits, --- Page 554 ---
ASE
TABLE
Boudor, Marchand Limofin, Commif
fionnaire des Miflions,
Bouline > courir la bouline, châtiment
qu'on fait en mer,
Bourg ou Ville S. Pierre avcc tin Fort.
Leur defcription,
74.
Breton (le Pere) Religieux Jacobin, 2
Curé du Quartier de la Ballepointe , -
I5z
Braguez, Habitant de la Martinique.
Hiftoirc de fon frere, >
S8
Bruncau, Juge Royal de la Martinique,
C.
- Abaffon (le Pere) Superieur de la
Miffion des Jacobins de la Martinique,
Calebaffe, Montagne ou Morne ainfi
appellée. Sa'belle vie, 2
Cacao, fruit. Maniere de le confire >
18;
Cailus, Ingénicur Général des Ifles &
Terre-Ferme de PAmérique fes
SF jets
fortifier le Fort Royal, pro- 199
tEi efpéce de Tortue,
Canaris, vaiffeaux de terre. Leurs clpéces différentes, & leurs ufages, 412
Capitaine, > Poiffon, clpéce de Carpe de
mer. Sa defcripcion 2.
Capucin, 3
vie, 2
Cacao, fruit. Maniere de le confire >
18;
Cailus, Ingénicur Général des Ifles &
Terre-Ferme de PAmérique fes
SF jets
fortifier le Fort Royal, pro- 199
tEi efpéce de Tortue,
Canaris, vaiffeaux de terre. Leurs clpéces différentes, & leurs ufages, 412
Capitaine, > Poiffon, clpéce de Carpe de
mer. Sa defcripcion 2.
Capucin, 3 --- Page 555 ---
MATIERE S. 457
DES
de TOpinitre. Il
Gaputin, > Aumônicr Embarras du Capitombe malade.
20.
taine, 2 Leur Général a une converCapucins.
P'Aureur. Son entrée à
lation avec
II
Rochefort, Riviere de ce nom : -
I0O la
Capot,
arbre qui poite
Callier ou Canificier,
qu'on
Caffe. sdenmiencmatnun fruit & de fés Heurs. HiG
fait de fon
toire fur ce fruit,
écail
Caret, autre efpéce dc Tortue.Son chair. Hiftoire
de fa
le, proptietez
: far ce fujet 2 2 Manioc. Sa qualité, 319 ,&
Callave, pain de
la maniere de le faire,
Général 1 e
Caumels ( le Perc)
des Millions des
>
pue
CommuCérémonics d'une- ptemiere
nion 1, > Chicorée, Cercifix, CarotCerfeuil ,
ConcombrcnChous
tes, Citrotilles, herbes. Leur culture s 385
8 autres Ce
c'elt que faire ChaChapelle.
que
L : pelle,
que c'eft. Leur quaChoux palmifes.ce
lité, & leurs nlages, Leurv defcripChirurgiens 2 Poillons.
tion,: des habitans sde la Martinique
Charité
V
Tome I.
- ptemiere
nion 1, > Chicorée, Cercifix, CarotCerfeuil ,
ConcombrcnChous
tes, Citrotilles, herbes. Leur culture s 385
8 autres Ce
c'elt que faire ChaChapelle.
que
L : pelle,
que c'eft. Leur quaChoux palmifes.ce
lité, & leurs nlages, Leurv defcripChirurgiens 2 Poillons.
tion,: des habitans sde la Martinique
Charité
V
Tome I. --- Page 556 ---
TABIE
pour ceux de Saint
&c
autres
Ifles défolécs par Chriftophle les Anglois,
Chaffe-partie, ou conventions
font 184
les Flibuftiers avant d'aller en Reiter
Chemins de la Paroiffe de Macouba, 222
Leur defcription & leur difficulté,
Chique, infeéte dangereux. Sa defcrip- ISN
tion, fon reméde, >
Clocheterie ( M. de la) Capiraine 156 de
Vaiffeau du Roi. Son zèle pour l'Eglife des Jacobins,
Combat de la Loire contre un Vaiffeau 78
de Guerre Anglois,
Créolles. Ce que c'eft,
Convent desJacobins au Moiillage 243 de
la Martinique, Sa defcription 1 3
Cabefterte & Baffeterre.
97 de
ccs termes >
Explication
Croix du Pere Breton. Son Hiltoire, 95
Coyembouc, Ce que c'eft,fon
Cruauté des Anglois à la prife ufage, de PIfe 143
de Marie Galante en 1691.
Conleuvrejintrument dontles Caraibes 140
fe fervent pour preffer la farine de
Manioc >
Curiofité d'un Capucin au fujet des Chi- 403
ques,
--- Page 557 ---
DES CHAPITRES,. 459
D.
Aftez ( le Pere) Religieux dans Jaco- les
D bin, quc l'Auteur engage
Miffions s
de Milice €, Mat
Dauville > Capitaine
Son hiftoire 2
- guillier du Macouba:
avec
1arit2
Différend des Miffionnaires leur Ordre àl la Rochelle,
ligieux de
il confifte
- Domaine du Roi. En quoi
aux Ifles, Poillon. Sa defcription &c fa
Dorade, >
48.
pèche,
Habitant du MaDu Roi ( Son Jacques) Hittoire & fa mort, 340,
couba.
Du Maitz de Goimpy 2 Intendant des
Ifles, & Terre-Ferme del'Amérique, 67
E.
Ecaille, Poiffon. Sa.
Ecune Caille ou grand & fa pèche,
326.
Echalottes. Leur culture >
Ecreviffes. Leur pèche, & les manicres
de les apprèter, Macouba. Sa defcription; 146
Eglife du
Vij
du MaDu Roi ( Son Jacques) Hittoire & fa mort, 340,
couba.
Du Maitz de Goimpy 2 Intendant des
Ifles, & Terre-Ferme del'Amérique, 67
E.
Ecaille, Poiffon. Sa.
Ecune Caille ou grand & fa pèche,
326.
Echalottes. Leur culture >
Ecreviffes. Leur pèche, & les manicres
de les apprèter, Macouba. Sa defcription; 146
Eglife du
Vij --- Page 558 ---
1 : T ABLE caa
Eglife de la Balfepointe,
Etat des Paroiffes desI Ifles. Par qui elles
font deffervies, & les revenus fixes &c
cafuels des Curez,
Eau-de-Vie de Cannes, auffi appeliée
Guildine, & Taffia,
Equipage que-l'on donne aux Miflion-;
naires pour leur voyage >
F.'
de Manioc. Maniere de la faiFMis & de la conferver,
406;
Fêtc des Rois célebrée en mer,
Fleurs de la Paffion. Defcription de ces'
e flcurs, & de leur fruit,
Flotte qui va aux Ifles. Son départ de la;
Rochelle. Nombre des Vaifleaux qui
: la compofent, leurs forces, & lcur
deftination,
22:
Folle. Filet dont on fe fert pour prendre
les Tortues,
Fond Saint Jacques. Habitation des Jacobins à la Martinique. Sa defcription,
IIO.
Force des Tortuès. Hiftoire >
Fort Royal. Sa defcription ancienne, > &
moderne , 93. Il. eft attaqué par l'Amiral de Hollande Ruytcr. Hiftoire
de cetteattaque. a
--- Page 559 ---
Act
DES MATIERES blanches. DefFranchipanes rouges & & leur culture,
cription de CCS Heurs,
G:i
-
Gouverneit de la MartiAbarer ;
C
L-67
U nique Officier s
dans les Troupes de la
Gagny, Marine. Son Hiftoire >
de la Vil- SI
Galere, un des trois Quartiers
Saint Pierre à la Martinique,
a le'de
Galere (Lotlis) ) Négre libre 5 pallagee
Fort Saint Pierre au Fort Royal,
Sa du
o -
Supérieut des Peres
Gombault (lePere)
50A 31 :67
Jéfuites de la Martinique,
:
* arbres, 5.3 - oi ) 310896
Gommiers 2
de boilfon, 65 Dot, 414
Grappe > elpéce
Scs vertus >
Graifle de Tortue.
Leur delGrenadiers de deux efpéces: 53 C - ;86
& leur. cultures
1 cription
defaripGrenotilles ou Crapais.Leur &c1 la maniere deles
leur chaffe,
- tion,
poisanialt - ve Oti 442
apprèter 5 herbe potagere. Sa cultuGuingambo,
nolib 75 S
2 re,8c fon ulage,
de) GeuverGuitant ( le Commandeur
de T Saint Chritophle: , & Lieu-,
nenr
générab,67
e tenant au Gouvernement Vij
& leur. cultures
1 cription
defaripGrenotilles ou Crapais.Leur &c1 la maniere deles
leur chaffe,
- tion,
poisanialt - ve Oti 442
apprèter 5 herbe potagere. Sa cultuGuingambo,
nolib 75 S
2 re,8c fon ulage,
de) GeuverGuitant ( le Commandeur
de T Saint Chritophle: , & Lieu-,
nenr
générab,67
e tenant au Gouvernement Vij --- Page 560 ---
TABLE
H.
TOl (1 ePere Charles ) Jéfuite,
21-25
Houdin,Juge Royal de la Martinique,
Son Hiftoire,
I.,
I Afmin ordinaire & d'Arabie, fimple
& double. Sa culture,
Jéfuites. Ils ont feuls le ptivilege de cul- 371
tiver les
& faire du
pd
vignes,
vin à la
Nouvelle Epagne,
Imbert (le Pere) Prieur ples Jacobins
à la Rochelle;
Imbert ( le Pere François ) Jacobin 4 >
A Curé de la grande Ance à la Martinique. La mauvaife réception qu'il faic
l'Auteur & à fon
IOI
Indigo, tcintureblenéac8. rardime où on
le fait 26 69. Reméde aux fentes quife
font aux Cuves 271. Lieux ou croît
l'Indigo 272. Réfutation de Tavernicr, & dul Pere du Tertre , fur ce
qu'ils en difent, li mowe.Réféxions
de l'Auteur fur cette marchandife 5
& autres des Ifles 275. Defcription
de la plantc 279. Sa culture,. 282.
--- Page 561 ---
SINATIERES 463
DES
Accidens quiy
& moiens
1ROmEISE
quelony peut faire,
peries découvrits
detes
fur l'Indigo > 295 , éfuid.
Remarques des Sauvages ,
grager,
Inftrumens cuire Ic iater 409
preller, &
Jacobin, ComJulienne (le I Pere Loiis)
pagnon de T'Auteur,
K.
de Flibufiers.
Ercoué , Capitaine
K Son-I Hiftoire,
L.
Diteéteur des DoA A"Bruneliere ,
L - - a maines du Roi aux Iles, de Milice. 241
Capitaine
La Chardonniete. 8c celle de fes freres
Son Hiftoire , de fon époufc avec le
120. Différent
Pere Martelli, Capitzine du Vaiffeau la
La Heronnicre,
l'Auteur s'embarLoire, fur lequel
18. Ses
fon Compagnon,
V que avec P'Auteur pendant qu'il eft
ioins pour Son Hiftoire, 50. Son
malade > 23. le Comte de Blenac,
différend avec
L'Archer ( Frere Medard V ) Supéricut iv
de fes freres
Son Hiftoire , de fon époufc avec le
120. Différent
Pere Martelli, Capitzine du Vaiffeau la
La Heronnicre,
l'Auteur s'embarLoire, fur lequel
18. Ses
fon Compagnon,
V que avec P'Auteur pendant qu'il eft
ioins pour Son Hiftoire, 50. Son
malade > 23. le Comte de Blenac,
différend avec
L'Archer ( Frere Medard V ) Supéricut iv --- Page 562 ---
TAB L'E
des Religieux de la Charité >
Le Boucher, Habitant de la Martinique.
6 Sa famille nombrenfe,
4 86
Le Comte s Officier de Milice au Ma
rigor de la Martinique. Sa civilité >
Le Merle (la venve) une des anciennes I19
€ Habitantes dela Martinique. Sa famille,
Le Quoy, > Officier de Milice de la Martinique. Son Hiftoire >
Lezard des Iles, fa defcription & fa
€ chafle,
-329
LimonadeilAnglotift, , fa compofition,
fes qualitez,
42I
Lettres Patentes du Roi >
l'éta-
- 1 bliffement des Rchgieufes pour de Saint
Dominique aux Iflesde PAmérique,
Loyer (le Pere Godefroy ) Religieux
: Jacobin, > fa maladie, & fes avantu-
. res,
Lozol & Ia Boifliere, Habirans du Mal
couba, Leur Hiftoire 3
3310 159
Lune,Poiffon. Sa defcription 5
C
--- Page 563 ---
DESTNATIERES 46;
6i M.
5 boiffon delAmérique. Sa
M
& fes qualitez, dela 414
ila Cabefterre
Tntee
Macouba, , Paroille où PAuteur a été Curé.
Martinique,
3e -
134 fert
Sa defeription, arbriffeau dont la racine
Manioc,
de l'Amérique
de pain.d unc partie e'péces: 395- Sa
C a 394 Ses diferenres Maniere de. le préparer
4 culture 396. bonnes &c mauvailcs qualis
1-397. Ses Sentiment de l'Auteur fur
tez 398.
le fuc de Manioë; poillon,
Macouba Ordorinateur ou Teftard, de la Marinc à
Maucler,
Son honnèteté pour PAu18 Rochefort.
les autres Millionnat
dr teurs & pour
1O
108 res,
engagé au ferMaffonnier ( Guillaume)
vice de la Mifion, efpéces. Leur culMelons de différentes
87,
zures 8 leurs bonnesqualitez,
:?
Capitaine de Milice
Micheb ( Adrien)
101 Y
0 du Macouba, allemblez à la Rochelle;
Miflionnaires
leur Procu-
( élifent Y'Auteur pour
V reur, --- Page 564 ---
TABLE
Mort d'un Mifionnaire >
Mouchache, 3 feur de la farine du Manioc,
Moiiillage > un des trois Quartiers qui
compofent la Ville S. Pierre,
Moffembey, herbe potagere. Sa culture, & fon ufage,
Mal de Siam, > elpéce de pefte. Son ori- 391
gine, & fes fimptômes, >
Marons > Négres marons, s ce que c'eft
& leurs châtimens,
Morne de la Calebafle,
Mulets ou Muges, , poiffons >
328 97
N.
Nise marons. Leur châtiment s
Négre 0 mordu par un Serpent. Sa
-
& fa cure
playe
>
I6I
O.
2e Ignons. Leurs différentes clpécess.
&leur culture, 3
Ordre que le Capitaine de la Loire faifoit obferver dans fon Bord,
Oifeaux. Leur inftinct, pour demander
du fecours contre les ferpens , 449
Orphy > poiffon. Sa defcription, 327
328 97
N.
Nise marons. Leur châtiment s
Négre 0 mordu par un Serpent. Sa
-
& fa cure
playe
>
I6I
O.
2e Ignons. Leurs différentes clpécess.
&leur culture, 3
Ordre que le Capitaine de la Loire faifoit obferver dans fon Bord,
Oifeaux. Leur inftinct, pour demander
du fecours contre les ferpens , 449
Orphy > poiffon. Sa defcription, 327 --- Page 565 ---
DESENATIERES 1; (a
Ozeille de Guinée. Sa defcription :8r
culture & fon ufage, ordinaire des Illés.
boiffon Ouycou, Maniere de la faire,
Vaiffeau de Convoi,quitL.Opinisue,
te la Flotte, , les Curez reçoivent de
Offrande Paroifliens quc
en de cettainsjours >
leurs
P.
fes
arbre. Sa defcription,
efpéces , & fes différens ufages: y
pau
palfent avec P'Auteur
Paffagers ,
dans la
1.
dont fe fervent les CaPare de Bananes
raibes.
Leur honnèteté
Paroifliens du Macouba.
TOactAuety Pere Pierre ) Religieux Jaco-)
Paul (le
aumônes. 114
bin, fes très- Curez geanides des Iles & de Saint
Penfions des Par qui elles font payées.
21 Domingue.
mal de Siam. Son origiPefte appellée
ne , & fes fimptômes. de Milice & de FliPinel, Capitaine bonnes manicres, 70. dr
2 buftiers. Ses
' --- Page 566 ---
T ABL'E
Plamier (le Pere). Minime. Son erreur
fàr la fabrique de l'Indigo.
Pocquet, Confeiller & Capitaine de 12
P Martinique. Son Hiftoire, >
Pois de différentes efpéces. Leur
bonré 2
& leur culture.
Pommes de Liannes. Defcription de la
plante & du fruit. Son ulage. 373
Ponche, boiflon Angloife de différentes fortes. Sac compofition, & fa qualité.
Plaltron de Tortuc. Ce que c'eft, & la
maniere de l'accommoder.
Paroiffes des Ifles. Par qui elles font
deffervies.
Prife de deux Vaiffeaux Anglois par-les
Flibuftiers, & comment.
1 219
Preffes différentes dont on fe. fert pour
exprimer. le fucidu Manioc.
Profit confidérable que l'on peur tirer
d'un jardin.
Das
Platine pour faire la Caffave.
Priviléges que la Congrégation - de la
Propagande donne aux Miflionnaires
des lfles.
Piloris oul Rats mufquez.
Paroifles de la Cabefterre. Comment
elles furent données aux Jacobins 3
I
-les
Flibuftiers, & comment.
1 219
Preffes différentes dont on fe. fert pour
exprimer. le fucidu Manioc.
Profit confidérable que l'on peur tirer
d'un jardin.
Das
Platine pour faire la Caffave.
Priviléges que la Congrégation - de la
Propagande donne aux Miflionnaires
des lfles.
Piloris oul Rats mufquez.
Paroifles de la Cabefterre. Comment
elles furent données aux Jacobins 3
I --- Page 567 ---
DESEMATIERES, 469
R.:
Sacriftain de VEAllet ou Rollet,
3;8
R glile du Macouba. Habitant au Pain de
Raffin ( (Gabricl)
S Sucre de la Martinique,
Son HIC
Officier de Marine.
Ravary,
toire.
Sa fimrits
Réduit de la Martinique.
& fa defcription. efpéce de chien de
Requien ou Requin, & fa defcription. 45
mer. Sa pêche veuve ) une des premieres
Roche (la des Ifles. Son Hiftoire.
Habitantes,
> teinture rouge.
Rocou ou Achiotte de T'arbre qui le porte,
Defcription
fa manu-
& de tout ce qui regade que lon peut
facture 253- Trompetie de la con:
faire au Rocou, & moyen N: 265
noitre. Caraibes. Sa beauté & leur
Rocou des
maniere de le faire.
) JaRomanet (le Pere Jean-Jacques dans
cobin. Il palfe à la Martinique 20. Il va
le Vaiffeau l'Opiniatre. Miflion à Cayenne >
établir fans une rien faire 236. Son
t revient
d'un: réconciliation
au fujer
T Hiftoire --- Page 568 ---
TABLE
de deux femmes.
Roy, Capitaine de Milice.
S3
Roy, furnommé le petit Roi de la Martinique, Doyen des Confeillers & des
Capitaines de lIfle. Son Hiftoire.
S
herbe potagere. Sa def-
& fon
GAemmalon
ctiption
ufage.
boiffon Angloife. Sa compofon ufage &c fes qualirez. 420
-2EE
Sainte Marie, Capitaine du Vaiffeau du
Roi l'Opiniâtre.
13. 17
Senne, filet dont on fe fert pour pécher
au bord de la mer.
Sentiment de l'Auteur fur le Chocolat,
le Thé, & le Caffé.
Scorpions. Ils ne font point dangereux
aux Ifles.
Serpens de la Martinique. Leur efpéce, >
leur morfure > &c le reméde qu'on y
apporte 164. Vertus de leur graiffe >
431. Différence du Serpent & de la
Couleuvre 444. Leur maniere de fe
battre.
Serpens de PIle de la Dominique
pellez Têtes de chien, Vertus de idar
graiffe pour la goute, & autres maux.
447,
Scorpions. Ils ne font point dangereux
aux Ifles.
Serpens de la Martinique. Leur efpéce, >
leur morfure > &c le reméde qu'on y
apporte 164. Vertus de leur graiffe >
431. Différence du Serpent & de la
Couleuvre 444. Leur maniere de fe
battre.
Serpens de PIle de la Dominique
pellez Têtes de chien, Vertus de idar
graiffe pour la goute, & autres maux.
447, --- Page 569 ---
DES MATIERES. 47K
T.
qui difperfe la Flotte oi
TT TAuteur étoit embarqué.
27 de
Tempète qui fait encore plus
Autre
mal.
Flute du Roi, > autrement
Tranquille la s Souris.
appellée
de la Martinique.
Trinité 2 Quartier du Port, du Bourg, &
Defcription du Fort de ce nom.
près 349 de
Tronchay ( du) Gentilhomme
Saumur.
Son Plaftron eft excelTortuë de mer.
182.
lent. Maniere de laccommeder de prendre les
Différentes manieres
efpéces
Tortuès 31I. & les différentes 319
de ce poillon. Facilité quily aà les culTubereufes.
tiver aux Ifles.
V
Corfaires de Salé 2 qui
V Aifleaux reconnoitre la Flotte. 27
viennent inftrument dont on fe fert pour.
Varre,
les Tortuès.
prendre
Direéteur des Domaines
( Vancourtois, & des munitions.
da Roi, --- Page 570 ---
TABLE, 5 &ci
Verrier > Habirant de la Baffepointe de
la Martiniquc. - L
Vers de Palmiftes. Leur naiffance. Leur
bonté, maniere de lesapprèter." 434.
Vigne, Sa culture > fon rapport, avec
des remarques fur les plantes qu'on
tran(porte de l'Europe en Amérique.
Vin du Perou, du
Chily > & de Marie
Galante.
Vins d'Ananas > d'Acajou s & autres
fruits. Comment on le fait. Leur qialité.
41;
Urfulines de la Martinique. Elles ont
le Monaftere des Religieufes Jacobines. Leur Hiftoire.
Fin de lz Table des Matieres de la
premiere Partic.
De IImpsimerie de CHJEAN-BAPT. DELESPINE,
Imp. Lib. ord. du Roy, ruë Saint
Jacques, au Palmier > 1741. J - --- Page 571 --- --- Page 572 ---
35892a --- Page 573 ---
gul
akt
K
E742
LI4A
1. --- Page 574 ---
--- Page 575 --- --- Page 576 ---