--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Acod
:
SATDEO
Sfhar Carles Breun --- Page 3 ---
- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
NOUVEA U
VO Y AGE
AUX ISLE S
DE LAMERIQUE
CONTEN A NT
L'HISTOIRE NATURELLE DE CE PAYS,
TOrigine, les Mceurs, la Religion & le Gouvernement des Habitans anciens & modernes.
-Les Guerres & les Evenemensf finguliers quiy - font
fait.
arrivez pendant le féjour quel'Auteur ya
Par le a R. P. L A B A T sde rOrdre
des Freres Précbeurs.
Nouvelle Edition augmentée confidérablement, & cnrichie de Figures en Tailles-douces.
T O M E H UITIEM E.
2r2
ROT O
APARISRUESJACQUES;
Chez GUIL L A U M E CAVELIER Pere,
Libraire, au Lys sd'or.
M. DCC.
XLIL
Avec Approbation e Privilege du Roy.
jour quel'Auteur ya
Par le a R. P. L A B A T sde rOrdre
des Freres Précbeurs.
Nouvelle Edition augmentée confidérablement, & cnrichie de Figures en Tailles-douces.
T O M E H UITIEM E.
2r2
ROT O
APARISRUESJACQUES;
Chez GUIL L A U M E CAVELIER Pere,
Libraire, au Lys sd'or.
M. DCC.
XLIL
Avec Approbation e Privilege du Roy. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
SAF N
A E
a
TABL E ENALENVO NHOP)
DES CHAPITRES
Conténus dans la huitiéme Partié.
CHAP. I.
à la Guade-.
loupe à recevoir les AnOur
glois. Chaffe de Ramiers.
pag. I
CHAP. II. Les Anglois saffemblent 2
Pife de Marie galante pour attaquer
la Guadelompe. Précautions du Gosvernenr de. cette Ile. Etat de fes
Tronpes.
CHAP. III. Les Anglois sapprochent de
la Balfe-Terre de la Guadeloupe. Ce
quife pafa enir'eux e nons jufqi'ane
10Mr de leur defcente.
CHAP.IV. Les Anglois mettent leurs
7roupes a terre. Ce qui fà pafia depuis. lenr defeente infgwatabandommement du Bourg de la Baffe7 Terre. 65
CHAP. V. Ce
fc pafa de part 6
d'autre E larriuée - du facowrs
de la Martinigue.
CHAP. VI. Arrivée du fecoirs de lA
Tom. VIIL
--- Page 10 ---
T 1 A BLE pafa jalgud
Martinigue, éce dn guife Fort.
tabendomomon
entrent dans
CHAP. VII. Les Anglois batias à ta Riviere
le Fort j ils font leur entreprife fur les
des Gallions 5
trois Rrvieres. LAutewr VA fe repefer
CHAP. VIII. de Rochefort At petir Cul
chez le fenr
de cè qmartier ;
de SAc: Defeription Cedres 0# Acades Arbres Priniers appellez, de Monbin,d-aw
jons ; des
20;
tres Arbresi Changemen: giti nrrivent
CHAP. IX.
des facobins. L'Awdans la Milfion à Ia Marinigae, e eft
tenr retoHYne dis foit dn remporei.
CHAP. chargé X. Remede dont les Mifrownai- les Patens
res fe fervent ponr pratiques guerir des Neobfedez Erat Osrigwer des Mifions derjacabin.
gres..
doxt 231
CHAP. XI. Maladie exraardisaive aitaquez , ghi
les Beftiaws furent for les Negres. 244
rombe exfaite LAstewrfait achever leur
CiAr. XII.
ox le fait SuCowvent du Moilillage;
6 Viceaérieur de la Martinigue, Florte Angoife
Prifet Apefoliqgue.
--- Page 11 ---
DES CHAPITRES.
CHAP. XIII. Voyage de LAutenr à la
Guadeloupe. Ses diverfes avantures.
Combat naval..
CHAP. XIV. Des Poifons, d des Coquillages gue l'on trotve auX Ifles
d'Aves.
CHAP. XV.Dellle à Crabes. De Saint
Thomas 6 des Vierges.
CHAP. XVI. Des Ifles de Saint Martin, de Saint Barthelemy. Prife
d'un Navire Anglois.
CHAP.XVII. L'auteur termine Lafaire
dun mariage clandefin. Raye d'une
prodigienfe grandeur. Diferentes manieres de pécher du poilffon rouge. De
la Vielle. DaTazard, e du Balaon.
CHAP. XVIII. Mort du fienr Lambert,
Capitaine de Flibuftiers. L'Anteurfe
prépare à pafer en France ponr les
affaires defa Miffiom.
Fin de la Table des Chapitres del la
huitiéme Partie.
VII. L'auteur termine Lafaire
dun mariage clandefin. Raye d'une
prodigienfe grandeur. Diferentes manieres de pécher du poilffon rouge. De
la Vielle. DaTazard, e du Balaon.
CHAP. XVIII. Mort du fienr Lambert,
Capitaine de Flibuftiers. L'Anteurfe
prépare à pafer en France ponr les
affaires defa Miffiom.
Fin de la Table des Chapitres del la
huitiéme Partie. --- Page 12 ---
MÉMOIRES --- Page 13 ---
ML la
O
M E M OIRES
DES
NOUVEAUX VOYAGES
FAITS
AUX ISLES FRANCOISES
DE L'AMERIQUE,
f
HOITIEME PARTIE.
a - DTRank
CHAPITRE PREMIER.
Onfeprépare a la Guadeloupe à recevoir
les Anglois. Chafe de Ramiers,
- A prife de la; partie Françoife Préparadel'Ifle de Saint Chriftophe tifs
nous fit craindre que le Ge- fait Gouver. 1ce
néral Codrington ne nous la neur de
tint trop exaétement la parole qu'il deloupe, Guam'avoit donnée l'année précédente >
lorfque je dînaiavéc lui; de forte que
Tome PuL
A --- Page 14 ---
Nouveaux
M. Auger notre Poyager anx IRes
1702. vailler fans rclâche, Gouverneur fit trapreffement
> & avec tout l'emde bien
poflible à fe mettre en état
recevoir les Anglois, s'ils
venoient attaquer.
nous
Nous vifirâmes enfemble
1"
Poftes de IIlle, où les
tous lcs
voient faire des defcentes, Ennemis poutous lés retranchemens
& jy traçai
rent
qui nous
pour couvrir les
nous
de la
&
PCOLE
mEE
facilité à
ceux qui isy prefenteroient. repouffer
mis les cholcs en train, Après avoir
de la Bafleterre
le > tant au Fort
qu'on jugea à que long de la côte,
allâmes an Qnartier propos de fortifier, nous
où nous demeurâmes des trois Rivieres,
tiere.
une femaine enM. de la Malmaifon
Roi de cette Ifle,
Lieutenant de
& une Sucrerie quia une Habitation,
via M, le
dans ce Quartier, conchaffe de Gouvernenr à une partie de
de
Ramiers, où nous etmes
plaifir, pour ne la pas rapporter
Chaffe
EE
Lesgrainesdes bois d'inde
de Ra- meures avoient attiré
qui éroient
miers,
une infiniré de
Ramiers, car ces oifeaux aiment
fionnément ces
paf
graiffent à
graines, > ils s'en enmerveille, & leur chair en
pontracte une odeur de gerofle, & de
affe de Gouvernenr à une partie de
de
Ramiers, où nous etmes
plaifir, pour ne la pas rapporter
Chaffe
EE
Lesgrainesdes bois d'inde
de Ra- meures avoient attiré
qui éroient
miers,
une infiniré de
Ramiers, car ces oifeaux aiment
fionnément ces
paf
graiffent à
graines, > ils s'en enmerveille, & leur chair en
pontracte une odeur de gerofle, & de --- Page 15 ---
Frangoifes de LAmériqne:
mufcadetourà faicagréable. Nous nous
rendimes fur les fepe heures dans un 1702.
endroit où ily y avoir beaucoup de ces
arbres ; nous y trouvâmes une feitillée
fur le bord d'un ruiffeau où l'on avoit
misle vin à rafraichir. A cinquante pas
fous le vent de cet endroit, On avoit
établi la cuifine, avec une ample
de bois, qui fut redaire en "ELEUS
pour les beloins des Chaffeurs.
C'étoit fous CCS arbres où étant aflis,
& en caufant nous entendions les Ramiers fur nos têtes 2 voyions tomber à
nos pieds les graines qui leur échappoient, ou qu'ils égrainoient en mangeant. Alors fans autre fatigue que celle
que nous avions euc à nous tranfporter
fur le lieu, nous en tuyions à difcretion, & nous avions le plaifir de les
voir tomber devant nous 3 faus que plufieurs coups de fufil que l'on tiroir fitr
un même arbre pit les obliger à s'cnvoler : ils fe contenroient de fauter
d'une branche à P'autre, en criant &
regardant tomber leurs compagnons.
Car quand ces oifeaux font
ils font
extrèmement pareffeux; ; & RTAA fauc,
ainfi dire du Canon > pour les EuE
changer de domicile. Une autre remarque que) jai faite plus d'une fois,
Aij --- Page 16 ---
Nouveaux
-
eft que dans cet FNOS étar moindre aux Ifles
1702. quiles touche les fait
dragée
que quand ils font
tomber; au lieu
tent un coup plus fort maigres 3 ils fiupportire à un liévre. Je m'imagine que celui
Jeur
que
i
plus écartécs embonpoint les > leurs plumes font
unes des
nent par conféquent plus autres,&c de
donplomb; au lieu que quand ils font jour mai- au
gres, fur la leurs plumes étant comme colées
le
peau > &c les unes fur les
plomb glifle delfus fans
autres 2
avant. J'en ai vû pluficurs pénétrer plus
choient en tombant à terre, à qui s'ecacomme un fruit trop mûr
près
tombe de l'arbre.
il
fonfr
Le Gouverneur
un coup, > qui eut un effer tout extraor- tira
dinaire; il ne voyoir
fur lequel il tira, & au Revi Ramier ,
vit tomber fix.
d'un,on en
Maniere Le plaifir de cette Chaffe, eft
AFchagul ptêter.
Chaffeur plume fon
fend
le
gibier, RE
par milieu, l'enfile
ment dans une brochette, c'eft-à dingonaled'une cuille à l'aiic oppofée
dire,
brochette en terre devant le plante fa
tourne & le filireuire,
feu, le
apropos, fans employer commeillejuge d'autre chole
qu'un peu de fel, & L111 jas de citron.,
ou d'orange. LeRamier yeut être man.
chagul ptêter.
Chaffeur plume fon
fend
le
gibier, RE
par milieu, l'enfile
ment dans une brochette, c'eft-à dingonaled'une cuille à l'aiic oppofée
dire,
brochette en terre devant le plante fa
tourne & le filireuire,
feu, le
apropos, fans employer commeillejuge d'autre chole
qu'un peu de fel, & L111 jas de citron.,
ou d'orange. LeRamier yeut être man. --- Page 17 ---
Francoifes de PAmerique.
gé demi cuir, & pour ainfi dire, 3 encore
tout faignant ; c'elt une erreur s que les 1702.
Medecins ontintroduite dansle monde,
de manger la plàpart des viandes tellement cuites, s rôties, ou boiillies, qu'el.
les n'ont prefque plus rien de leur fuc.
Les Anglois, Ecoffois, Irlandois, Ameriquains 2 & autres Peuplcs du Nord
fontd'un meilleur goûr, ilsn'ont garde
de laiffer confommer par le feule incde
leurs viandes, > ils ne leur donnent de
la cuiffon qu'autant qu'il én eft necef- Avis firr
faire, pour aider la chaleur naturelle 5 lacuiflon des viali-
&c le ferment de l'eftomach à les dige-des.
rcr plus aifément 5 auffi voyons nous
qu'ils font ordinairement plus gros,
plus gras, plus forts, & plus grands,
quc ceux qui ne vivent que de viândes
tellement boiillies, qu'elles ne reffemblent plus qu'à de la flaffe, > ou rôties
à un point, 2
fansle lard qui les couvre , ou la duedaa > dont on les arrole,
elles n'auroient gueres plus de faveur
que les charbons.
Le Lieutenant de Roi avoit fait preparer un grand diné, auquel on ne toucha prefque point, chacun fe contentant de manger fa chaffe ; & je puis
affirer qu'on ne sépargna pas. Nous
pallâmes toute la journée dans ce diAiij --- Page 18 ---
Nonveaux
vertiffement, Yoyages AHx Mes
1702. & nous ne nous foupâmes far le lieu,
dans la nuit, revînmes & aux
qu'affez avant
le Lieutenant de Roi, flambeanx fort
> chez
la Chaffe
contens de
plaifir
que nous avions faite > & du
Ramiers. que les nous avions eu à manger des
cats qu'il plus gras, &c les plus délimonde. y cûr, je croi, > au refte du
Le foin des travaux Publics
pant alors tout entier, d ne m'occumettant plus dc me
me per-
& la conduite du Partager entr'eux
Million, je réfolus de temporel me
de notre
ce dernier embarras.
décharger de
comptes, & je donnai la Je rendis mes
mon emploi au Pere Imbert démiffion de
de la Million,
Supérieur
cepté qu'à fa parce feule que ne l'ayant acfçavois
confidgnaien, je
faifoit quel'approche des Anglois lui
peur, & gu'ilvouloit quitter fa
Charge, & fe retirer à la
où il fcroit bien moins Martinique 3
du Canon qu'à la
expofé au bruit
M. Auger notre Guadeloupe. Gouverneur
ché dela démarche
fut facrut que je voulois me quej fervir j'avois faite, &
texte pour me rerirer. Ilm'en de ce préparle Lieutenant de
fit parler
réponfe,
Roi, à
fis
que mon deffein are re-
gu'ilvouloit quitter fa
Charge, & fe retirer à la
où il fcroit bien moins Martinique 3
du Canon qu'à la
expofé au bruit
M. Auger notre Guadeloupe. Gouverneur
ché dela démarche
fut facrut que je voulois me quej fervir j'avois faite, &
texte pour me rerirer. Ilm'en de ce préparle Lieutenant de
fit parler
réponfe,
Roi, à
fis
que mon deffein are re- --- Page 19 ---
Françoifes de PAmérigue.
paffer en France s aprèsquejaurois eul le 1702..
plaifir dc voir comment les Anglois nous
attaqueroient, & comment nous nous
défendrions. Je dis la mème chofe au
Gouverneur quand il m'en parla, &
quoiqu'il me fit voir les lettres qu'il
écrivoit en Cour, où les fervices que
j'avois rendus, & que je continuois de
rendre n'étoient pas oubliez, non plus
qu'un voiage quejavois fait incognito
en de certaines Ifles, dont on auroit
pà profiter, je lui dis que mon parti
étoit pris, & que je voulois me retirer
en mon Convent , après que nous aufions và les Ennemis, à moins que mes
Supérieurs n'y miffent des obftaclesinvincibles.
Le Pere Caballon Supérieur général
de nos Millions rèvint àla Guadeloupe
deux ou trois jours avant Noël; il fit
femblant de n'être
content de ma
démiflion, & me l que je lui ôtois
par-là les moyens de faire pour moi ce
qu'il auroit voulu faire. Maisilyavoit
trop long-: tems que nous vivions enfemble, pour ne nous pas connoitre; &
quoiqu'il me fût redevable du Pofte
qu'il occupoit, il ne m'avoit pas donné
lieu depuis un certain tems d'être content de lui. Je luirépondis à peu près
A 1v --- Page 20 ---
8 Nonveaux
comme j'avois fait Voyages aix Hes
1703.je continuai à travailler au Gouverneur ; &
pour le Roi, fans
uniquement
aucune maniere des plus me méler en
Maifon.
affaires de notre
Le premier jour de l'année
j'allai avec ie Supérieur général de 1703.
Miffions faluer M.
nos
verneur. Il nous arrèra Anger à notre Goudiner,
alant-tiré le Pere Cabaffon après
Actan il lui dit,
en pargueres
qu'il ne paroiffoit
nauurel, qu'il me laiffat fans
à mais qu'il le prioit de ne
me ietirer de la
pas
E
où il avoit abfolument befoin Guadeloupe,
qu'il alloit du fervice du de moi 5
la Codr en étoit
Roi; que
mot, fi le changement informée; ; qu'en un
dans notre Maifon qu'il alloit faire
placer autre part, il fouhairoit lobligeoit à me
mir fon deffcin à un autre tems.
Cabaffon n'ent garde de
TRC
qu'il lui demandoit: il lui lui refufer ce
core davantage, & même promit envoir qu'il vouloir
pour lui faire
gu'il l1e pourroit à la contribner deffenfe autant
il lui dit, qu'il feroit faire de l'ifle,
la Tour dont le Gouvernenr avec plaifir
parlé autrefois, à quoi il
Jui avoit
voulu
navoitjamais -
confentir, ce qui étoit en par-
Cabaffon n'ent garde de
TRC
qu'il lui demandoit: il lui lui refufer ce
core davantage, & même promit envoir qu'il vouloir
pour lui faire
gu'il l1e pourroit à la contribner deffenfe autant
il lui dit, qu'il feroit faire de l'ifle,
la Tour dont le Gouvernenr avec plaifir
parlé autrefois, à quoi il
Jui avoit
voulu
navoitjamais -
confentir, ce qui étoit en par- --- Page 21 ---
Françoifes de PAmérique.
tic caufe. de notre refroidiement,
parce quilsétoit mis en tête, que c'é
toit moi qui avoir infpiré cC deflein à
M. Auger.
Cette Tour devoit être à l'embous d'une Projet
chure de notre Riviere. Le Gouverneur Tour.
fouhaitoit qu'elle fût du côté de TEf, >
& moi , qui comptois d'en faire un
Corps de Gardes, 2 pour affàrer notre
Habitation contre les furprifes & les
defcentes que les Ennemis pourroient
faire pendant la ntit pour nous piller,
je voulois qu'elle fàr à-lOueft de la
même Riviere fur le bord de notre
favanne & dc la mer 5 & afin
ceuX
feroient dedans ne
furRtte
qui
puffent
pris, ni nous laiffer furprendre, je n'y
voulois point d'autre porte pour enéchelle
auroit duce à
trer qu'une
qu'on
foi quand on auroit été dedans : après
quelques conteftations, il fat refolu,
qu'elle fe fercit fur notre terrain, c'eftà-dire, > à lOueft de la Riviere, puifqu'elle fe devoit faire à nos dépens.
Je ne fçai qu'clle mouche piquoit ce
jour-làle Pere Cabaffon 5 mais il montroit une impatience extrème de voir
commencer cet ouvrage of 5 & comme le
Gouverneur, qui avoit refolu d'aller le
lendemain aux trois Rivieres,1 le remetAv --- Page 22 ---
Io Nomseauc
1703. toit à fon retour Toyages aux Hes
en déterminer la pour choifir le lieu, &
plus de dix fois avant grandeur; dc 5 il luir répera
paroles delEvangile, le quirter, > Ces
tjns.
gwedjacis fac ciAprès qu'il fut forti, M.
n'entendoit point le
Auger
lui expliquerce
Latin, me pria a
re, Jc lni
que ce Latin vouloir diment, que répondis c'éroient un peu malicicufetre
les
No-
-
Seigneur Jefus Chrift parolesque
Judas, pour le prelfer
avoit dit à
hifon. Voili
d'achever fa tradit il: hé! dimperrinent Latin, me
Cabaffont je pour le qui me prend le Pere
me parler comme trouve à
admirable, de
pliquai enfuite
un Judas. Je lui ex.
Pere Cabaflon, plus au long la penfée du
comprendre
& tâchai de lui faire
chole que delui Nunevoitpn@ends autre
qu'ilavoirde faire imonnenlemprerimene
le prier den'en
fairecette Tour, &
Mais avec toutes pas retarder l'exécution.
tous les emplârres mes explications, &
la plaie quejavois que je pus mettre fur
toujours à dire
faite, il en revenoit
fervir de ces paroles qu'on ne devoit pas fe
nôte homme.
en parlantà un honLe Mardy fecond jour de l'année
jaccompagnai le Gouverneur
aux trois
qu'ilavoirde faire imonnenlemprerimene
le prier den'en
fairecette Tour, &
Mais avec toutes pas retarder l'exécution.
tous les emplârres mes explications, &
la plaie quejavois que je pus mettre fur
toujours à dire
faite, il en revenoit
fervir de ces paroles qu'on ne devoit pas fe
nôte homme.
en parlantà un honLe Mardy fecond jour de l'année
jaccompagnai le Gouverneur
aux trois --- Page 23 ---
Frangufesde LAmtrigne.
fI,
Rivieres, ou nous demeurâmes fixjours, 1703.
tant pour faire achever les ouvrages que
javois tracez > que pour faire faire ceux
qui étoient néceflaires aux deux avenucs de la Montagne du dos d'Afne,
où M. Auger avoit réfolu de faire le
Reduit. Jy marquai un Camp, & il
nomma un Officier de ce Quartier-là
pour montrer aux Habitans qui viendroient y. faire leurs Baraques, & y
apporter leurs effets, les endroits qu'ils
devoient occuper. Nous ne revinmes
que le Dimanche au foir feptiéme Janvier. Je demeurai tout le Lundi chez
nous à aider all Pere Imbert à dreffer
les Comptes qu'il devoit rendre depuis que J'avois quitté le foin de nos
affaires.
Le Mardi neuviéme Janvier Monfieur Auger fc rendit chez nous. On
choifit le lieu où l'on bâtiroit la Tour,
je la traçai, & fur le champ on fc mit
dy travailler, les matériaux étant déja en partie amaflez fur le lieu. Je
lui donnai fept toifes de diametre dans
fes fondemens 2 pour venir à fix toifes hors de terre, & trois piedsd'emparement tout autour. Le mur devoit
avoir une toife 8 demi d'épaifleur
jufqu'à la hauteur de deux roifes, &
A vj --- Page 24 ---
Norveanx Voyages dux
enfiite une toife
Mles
1703. me le deffein étoit feulement. Et conrou quinze hommes bien d'y mettre douze
brider les Ennemis de- réfolus. pour
cas d'une defcente
ce côté.là en
le fond de la Tour ou d'une artaque,
en trois parties; devoit être
Citerne;
une 5 pour faire paringé une
Vivres; & une la 3 pour un Magafin de
gafin à Poudre. troifiéme, Cet s pour Ui Maêtre voûté, auroir
érage qui devoit
de haureur.
eu huit à neuf pieds
roit eu dix Celui de deffas en allhuit
s & auroir été éclairé de
ouvertures de quatre
large en dedans,
pieds de
ces en déhors, s'étreciflant àlx poujour neceflaire, pour & avoir l'air & le
pour tirer avecdes
Efpingards ou Elpoirs de
ceux qui
fonte far
Sile tems Saprocheroient l'avoit
de la Tour.
un autre étage voûité, permis, on auroit fait
brafures, quoique le deffein avec quatre emd'y mettre deux
ne fit
douze livres de balle piéces de Canon c
huit far la
> & deux de dixeu une écoutille plate-forme, ot ily auroir
defcendre dans avec une échelle pour
Mon deffein, l'étage inferieur.
dire, étoit de > comme je viens de
mais les chofes voûtcr tons ces étages,
preflant extrémement,
is, on auroit fait
brafures, quoique le deffein avec quatre emd'y mettre deux
ne fit
douze livres de balle piéces de Canon c
huit far la
> & deux de dixeu une écoutille plate-forme, ot ily auroir
defcendre dans avec une échelle pour
Mon deffein, l'étage inferieur.
dire, étoit de > comme je viens de
mais les chofes voûtcr tons ces étages,
preflant extrémement, --- Page 25 ---
Françoifes de TAmbrique.
je ne pus élever ma maçonnerie qu'a 1703la hauteur de dix à douze pieds, êcje
fus obligé de faire remplir le vuide avec
des pierres & du fable, pour foûtenir
la plate-forme, far laquelle je fis monter tne piece de douze, n'ayant pas le
tems d'y en faire monter une feconde.
On auroit environné la Tour de
douze ou quinze rangs de raquettes 9
qui auroient bien cmpéché qu'on n'en -
pir aprocher 0e > & on n'auroit laiffé
qu'un petit chemin en zigzag 2 pour le
palfage d'un homme jufqu'au pied de
T'échelle.
Il eft certain que fi cette Touravoit
été achevéc, elle nous auroit été d'une
grande nilité, & que les Ennemis auroicnt été obligez de l'artaquer dans les
formes avant de palfler plus avant.
Le deffein du Gouverneur étoitd'engager les Habitans d'en faire de femblables fur leurs terres le long de la
côtc, parce que joignant ces Tours les
unes aux autres, par un bon retranchement palliffadé > & bien couvert de
raquettes, on auroit été en état de dif
puter la defcente à tous ceux qui fe fcroicnt préfentez: car ileft conftant que
douze ou quinze hommes dans une
tour femblable, auroient plusimpofé S --- Page 26 ---
Nowveaux
& auroient été
AHX Mfes
170J-censd derriere 4
un plus
que deux
PHLE
& que cent hommes fimple retanchements
liflade épaulée de deux derriere une palfonr capables de faire femblables tours
néceflinre,
toute la réfiftance
cente, On Içait pour d'ailleurs déconcerter une defqui eft far le vaiffeau n'eft que le Canon
craindre; & que de cent
gueres à
tirera, il n'y en aura
coups
ne dans' une
pas un qui 2e
celui qui eft cmbrafures en batterie au lieu
trembler un Vaifleau, à terre, 5 RE
toûjours en étar dele couler parce qu'il eft
Le Pere Cabaffon
bas.
néral Partit de la
notre Supétieurgé
rctourner à la
Guadeloupe pour sen
vier avec le Pere Martinique le 30 de Janné la démiflion de Imbert, fa
qui avoit donpar un Religieux Charge, qui fut
EREA Pere Mane,
demerite, - apfent toute la
qui
.
gouvernedp pré
péricur général,a Miflion, en qualité de Sula doucear, & la avec route la fagelfe 2
fouhaiter dans un pnudence, qu'on peut
Mes occupations Supérieur accompli.
au Couvent quand m'enmpécherent tous
detre
ces
arriverents, de leur
mais ayant fçû changemens le moment
chez le Gouverneur embarquement, je me rendis -
où je les trouvai,
demerite, - apfent toute la
qui
.
gouvernedp pré
péricur général,a Miflion, en qualité de Sula doucear, & la avec route la fagelfe 2
fouhaiter dans un pnudence, qu'on peut
Mes occupations Supérieur accompli.
au Couvent quand m'enmpécherent tous
detre
ces
arriverents, de leur
mais ayant fçû changemens le moment
chez le Gouverneur embarquement, je me rendis -
où je les trouvai, --- Page 27 ---
Frangoifes de P Amérique.
IS
& oà je les embraffai, &jeles conduifis 1703.
julqu'an bord de la mer.
Ils s'embarquerent dans un Navire
Provençal, qui s'en retournoit à laMartinique > après avoir vendu fes matchandifesplus cherement qu'aucun Vaiffeau les etit jamais venduès. La Déclaration de la Guerre, & le grand nombre
de Corfaires qui couroient les côtes de
France, étoient caufe queles vins commençoient à être rares aux Ifles, où
l'on n'aime pas à en manquer; de forte
que nos Vaiffeaux n'ofoient fe mettre
en mer. Ce Provençal avoit eu le bonheur de paffer, & profitant dela conjonéure, il avoit vendu fon mauvais
vin de Provence deux cent francs la
Barrique, fes amandes en bois vingtcinq fols la livre > & le refte de Tes
denrées à proportion 5 pendant qu'il ne
prenoit les plus beaux fucres blancs qu'i
dix-fept ou dix-huit livres le cent, au
liçu qu'ils avoient été vendus quarantedeux livres fix mois auparavant. Pour
concevoir le profit qu'il faifoit fur for
vin,i il faut fçavoir s que la Barrique de
ce vin, y compris la furaille, ne coûte
que fept ou huit francs en Provence,
& que vendue aux Ifles, les Marchands
font heureux, quandà faute d'autre, ils --- Page 28 ---
16 - Nonveaux
1705E0 peuvent le vendre aun dix Anx
Capitaine de ce
Mais
ele
loin la peine
Vaiffeau ne porta pas
que meritoit fon
extrème, , & T'infolence
avarice
difoit, qu'il ne vendoir avec fes laquelle il
fesa un prix fi exorbirant marchandiavoir le plaifir de dire en
> que pour
avoit gagné dix huit cent Provenceiquil
fon vin, & cent
pour cent fur
qu'il avoit
cinquante far le fucre
reçû: il : car en fortant de la
Martinique, fut pris
te barque Angloile par une méchanprendre avec fa
s qu'il auroit dû
aurant de
Chaloupe, s'il a avoir eu
d'avarice. courage, que d'infoleuce,c
Ily avoit quelques
nos Barques armée jours qu'une de
pris une Angloife, en courle en avoit
Paquets dela Barbade quialloir à
porter des
fçût par cette prife,
Antigues. On
la Barbade trois
qu'il étoit arrivé à
Vailfeaux de Guerre, jours avant Noël huit
tres Bârimens, qui
avec plufieurs augimens, & qu'on en portoient attendoit cinq Reautant, avec des Galiotes à
encore
touslesattirails
bombes,c
de conféquence. nécclfaires On ne pour un fiége
ces
douta
la préparatifs ne fuflent deftinez point que
fàt Maxtinique, leur
& que le Fort
pour
objet,
Royal ne .
à
Vailfeaux de Guerre, jours avant Noël huit
tres Bârimens, qui
avec plufieurs augimens, & qu'on en portoient attendoit cinq Reautant, avec des Galiotes à
encore
touslesattirails
bombes,c
de conféquence. nécclfaires On ne pour un fiége
ces
douta
la préparatifs ne fuflent deftinez point que
fàt Maxtinique, leur
& que le Fort
pour
objet,
Royal ne . --- Page 29 ---
Françoifes de Ambrigat
Monficur Robert notre Intendant, 1703.
n'obnit rien de tout ce qui pouvoit
contribuer à la défenfe de la Martinique. 1l fic faire u parapet de maçonnerie tout le long du Motillage, & aux
endroits du Fort Saint Pierre, qui en
avoient befoin. Il fit aufli couvrir la
Ville du Foft Royal d'un bon parapet,
avec des Basteries nouvelles, il fit reparer &c augmenter les anciennes. En un
mor ,il fit tout ce qu'on pouvoir attendre de fon zele pour le bien public ; &
comme il étoit important de fçavoir CC
qui fe paffoit chez les Ennemis, on arma
nos Barques les meilleures voilieres,
pour faire des courfes fur eux; & des
defcentes fur leurs côres, afin d'avoir
des prifomniers.qui puffentnousinftrurc de lcurs deffeins : car chez les Anglois, les chofes ne font pas fort fecrettes. Les mois de Janvier & Février fe
pafferent à faire des retranchemens dans
toutes nos Ifles > parce qu'on ne pouvoit pas fçavoir aul jufte à laquelle les
Anglois s'attacheroient. Je fis dans ce
dernier mois retrancher le bord Oriental'de notre Riviere jufqu'à une hauteur > qui rend le refte de fcs bordspref.
queimpraticable,. Je fis mettre fur cette --- Page 30 ---
18 Nonveaux)
hauteur unepiece Foyages de
AHX Mfes
1702. tre un tetrain élevé, Canon, pour batcôté, que je fis découvrir qui éroit de l'autre
entierement, mis
, de crainte & netroyer
ne s'en
que les Ennebroulfailles, emparaffent dont il
à la faveur des
monter une autre étoir couvert. Jc fis
à côté de la Sucrerie perite du picce de Canon
fur une perite
ficur Bologne s
chement,
hauteur, foûtenir avec un retranétoient Ratcertu de fe
nos gens, s'ils
ner les bords de notre retirer, & d'abanOn apprit dans les derniers Rivicre.
Février, les
que le refte de la Flotte jours de
Anglois
>
perfée, par astendoisnr," une
avoit été 2,2
ce qui en éroit rellé, grande tempète, & que
Angleverres de maniere s'étoit retiré en
plus en état de penfer à qu'ils n'étoient
Mantinique. huit
On fçûr encore lattaque de . la'
Regimens Vailleaux de Guerre, & que les leurs
avoient ordre d'aller cinq
maique, les
où ils avoient à
à la Jade François & les Epagools, craindre
ne concert, ne fiffent une
metdis
s'en rendiffen:
irruption, &
très pea de Troupes maitres,y ayant alors
Ces nouvelles
pour la défendre.
joie à nos Habitans, donnerent besucoup de
bord quitter les
qui voulurent d'atrayaux qui n'étoient
ailleaux de Guerre, & que les leurs
avoient ordre d'aller cinq
maique, les
où ils avoient à
à la Jade François & les Epagools, craindre
ne concert, ne fiffent une
metdis
s'en rendiffen:
irruption, &
très pea de Troupes maitres,y ayant alors
Ces nouvelles
pour la défendre.
joie à nos Habitans, donnerent besucoup de
bord quitter les
qui voulurent d'atrayaux qui n'étoient --- Page 31 ---
Françoifes detAmtrigue.
pas encore achevez. Mais M.
qui 1703
avoit des avis fecrets de ce qui
paf:
AMET
foit chez les Anglois, fçavoit que le
Général Codrington failoit tous fes
efforts, pour engager les Anglois de la
Barbadeà fe joindre à lui, pour attaquer la Guadeloupe, dontiljugeoit la
conquète facile, s'il étoit fottenu par
cinq Regimens de Troupes reglées; &
par les Garnifons & les Milices des deux
Gouvernemens, de maniere que malgré tout ce que les Habitans purent dire, il les obligea d'achever les travaux
qui étoient commencez. Ils'en trouva
quelques uns d'affez peu raifonnables ,
pour s'en prendre à moi. & me blâmer
comme fycufle eu quelque plaifir ou
quelque interêt à les faire travailler s
moi qui éroit fur pied jour & nuit s
pour le fervice du public, &la confervation de lIfle, & qai jufqu'à préfent
n'ai pas reçu la moiadre récompenfe de
mes peines, quoique M: Auger, 5 & autres Officiers Généraux ayent eu affez de
foin d'cn inftruire la Cour. --- Page 32 ---
20 NONUeANs
1703.
Poynger anr Jles
CHAPITRE
II.
Les Angleis
riegalarte Safimblent a PIRe de Ma
lompe. Pyécantions pour attaguer la Guadecette Ife. Etat de Jes du Gowvermonr de
Troupes.
I E fixiéme Mars de
Terre nous dela reçâmes avis l'année de la 1703
grande
aborder à Marte-galante Cuadeloupe, qu'on avoir vê
fidérable de birimens. unnombre contoit Dans la Flotte lincertitude où l'on étoir ficé
fon guartier Angloife qui y venoit faire
avoit fair dans d'allemblee, la
comme elle
celle du Gouvernear guerre précédente, ou
que nous attendions à Général dei enosifles
voulût prendre
tous momens qui
nonvelles du langue > & Igavoir des
de la Martiniguc pais avant de saprocher
çonner être attaquée que l'on pouvoir foupGouverneur de la ; Monfieur Auger
deux pirogues
Guadeloupe. dépècha
tenant de milice scommandées nommé par un Lieuordonna d'aller à la
Raby, & lui
enfaite des
Grande Terre, &
tc lc plus près s'approcher de Matie-galanqu'il pourroir, & d'exa.
nonvelles du langue > & Igavoir des
de la Martiniguc pais avant de saprocher
çonner être attaquée que l'on pouvoir foupGouverneur de la ; Monfieur Auger
deux pirogues
Guadeloupe. dépècha
tenant de milice scommandées nommé par un Lieuordonna d'aller à la
Raby, & lui
enfaite des
Grande Terre, &
tc lc plus près s'approcher de Matie-galanqu'il pourroir, & d'exa. --- Page 33 ---
Francoifes de PAmérique.
miner avec foin les bâtimens qui y 1703.
éroient moiiillez. On donna ordre aux
deux pirogues de ne point porter de
voile, que
prendre challe, & de
fet tenir Rauftes à vûë l'une de l'autre
avec des fignaux concertez pour agir fe- envuiées Pirogues
lon les occafions qui fe préfenteroient. à la diés
On les intruifit de ce qu'ils auroient à couverts
répondre s'ils avoient le malheur d'otre
pris & interrogez par les Anglois; (çavoir que nous avions dix- fept cens hommnes de.milice tant de l'Ifle de la Guadeloupe, que de la Grande Terre & des
Saintes, qu'il nous étoit venu fix cens
Flibuftiers de la Martinique avec quatre compagnies de laMarine, outre les
deux que nous avions, & qu'on nous
promettoitun plasgrandfecons, fi nous
en avions beloin, > outre celui qu'onattendoit de France; & que c'étoit rfurl'a
vis qu'on avoit eu 2 qu'il - y avoit des
bâtimens mouillez à Marie - galante P
qu'ori les avoit dépèché pour fgavoir
qui ils étoient. On leur avoit encore
<
donné ordre qu'une des deux pirogues
revint auffitôt qu'ils auroient découvert
de quelle nation étoient ces bâtimens,
& que l'autre allât mettre à terre à la
Cabefterre de Marie- galante, & tâcher
de parler aux habitans qui s'y étoient --- Page 34 ---
22 Nowveanx
1703. retirez 1 pour faire Troyager cnforte aux Tes
quelque &
prifonnier, & nous le d'enlever
répandre fans
conduire,
les que je viens de affedtation dire,
les nouvelque habirant étoit pris il afin que G quela
ter aux Anglois
pûr les débis
appris.
comme il les avoit
Une de nos
revint
la poinre
lc dixà
los Nouvel. toit la dujour;
PISET
afliFlotte
rapporta que c'é
récs de la pouvoit
Angloife, & qu'on
Flotte éroient pas douter >
n'en
Angloife
approchez
puifqu'ils s'en
près pour entendre pendant le
la nuic allez
y parloit. C'étoit Raby langage que l'on
voioit fa feconde
qui nous enpendant qu'il s'en pirogue alloir avec cetavis,
a la Cabefterre de
avecla fienne
prendre langue des habiraus. Marie-galante pour
Il en joignit
de peine, de qui quelques il Içur uns avec aflez
n'attrendoient que la jonéion que les Anglois
ques milices deslfles de deffous de quelqui n'étoient pas encore
le Vent
attaquer la
arrivées, pour
la Barbade Guadeloupe n'y étoient ; que ceux de
ne vouloient pas obéir pas, au
qu'ils
drington qui n'a aucune
PECERE
Barbade. Ilsavoient
autorité far la
glois qu'ils avoient Içà cela
un Anle bois, & qui étoit trouvé AEanen dans
mort dela bleffire
que les Anglois
ques milices deslfles de deffous de quelqui n'étoient pas encore
le Vent
attaquer la
arrivées, pour
la Barbade Guadeloupe n'y étoient ; que ceux de
ne vouloient pas obéir pas, au
qu'ils
drington qui n'a aucune
PECERE
Barbade. Ilsavoient
autorité far la
glois qu'ils avoient Içà cela
un Anle bois, & qui étoit trouvé AEanen dans
mort dela bleffire --- Page 35 ---
Françoifes de PAmérigue.
qu'il avoit reçà quand il fur pris:
1703,
Raby auroit été bien-aife d'engager
les habitansà faire queique mouvement
oour avoir un ptilonnier, maisil neles
trouva pas difpofez; ils craignoient
d'ètre découverts & pourfuivis, ou que
quelqu'un des leurs ne fit pris en voulant prendre, & qu'à force de tortures
on ne lui fit ave tier où les autres fe
retiroient, ce qui les auroit expofez à
ètre faccagez par les Anglois. Tout ce
put faire fut d'aller avec des guiTL au travers des bois le plus près du
lieu oà la Flotte étoit moiilllée, pour
confidérer micux qu'il n'avoit fait pendant la nuit, le nombre & la force des
bâtimens & la quantité des Troupes
qu'il y pouvoit avoir. Il partit de Maiie-galante
qu'il leut fait fesobfervations , & 2MT la Baffe-Terre de la
Guadeloupe la nuit du 12 au 13. de
Mars. Après qu'il eût fait fon rappert,
& qu'on eût fait rafraichir fon équipage pendant quelques heures > on le renvoia aux Saintes pour y porter des ordres, >' & pour retourner avec l'autre
pirogue obferver les mouvemens des
ennemis, & en donner avis.
Dès lcs premiers avis certains que
nous eûmes que les ennemis étoient à --- Page 36 ---
24 Nonveanx Voyages aux
Marie
MRes
1703. à tous les galante, > on firprendre les armes
na de fe rendre habirans; &on leur ordonTerre,
au Benrg de la BafleAffemcomme au licu
blée des on obferveroit plus daifemblécyd'on
muilice, ennemis voudroient aifément ce que les
s'y opofer felon qu'il entreprendre, feroit
pour
pos. Tous les habirans de lide jagé à proxante hommes des
& foiau premier
Saintess'y rendirent
lement pour commandemnent, la Garde des laiffant feupour retenir les Negres dansleurd quartiers, &c
les Vieillards, les Infirmes, devoir,
neffe qui pouvoit, à Ja vérité, & la Jeucoupde fuGii, mais qui n'avoir faire'l le
corcaffez de force pour fuivre pas enpes, & réfifter aux fatigues lesTroueut
Iiny
que les habitans delaguetre.
Les ha- de Terre
de la Granbitans de fous
qui firent difficulté
la Granprétexte qu'ils
d'obéir,
de Tetre taquez
pouvoient être atrefulent
cux-mêmes, les
de venir. proches d'eux. C'étoit Anglois étant fi
vaife excufe, car. les
une tres-maugarde de commencer ennemisnlavoient leur
leur quartier fi facile à défendre, aitaque par
n'y avoit qu'à gâter les
qu'il
combler quelques mauvais cirernes, &
l'on y trouvoir pour faire
puits de
toute leur armce,
perir BiE
treprife étoit la
L'objer de leur en-,
Guadelouye,étant bien!
alfirez
'eux. C'étoit Anglois étant fi
vaife excufe, car. les
une tres-maugarde de commencer ennemisnlavoient leur
leur quartier fi facile à défendre, aitaque par
n'y avoit qu'à gâter les
qu'il
combler quelques mauvais cirernes, &
l'on y trouvoir pour faire
puits de
toute leur armce,
perir BiE
treprife étoit la
L'objer de leur en-,
Guadelouye,étant bien!
alfirez --- Page 37 ---
Prangoifes de LAmérique.
:5
affurez que sils étoient une fois maîtres" 1703de cette Ifle, la Grande-Terre tomberoit d'elle-mème entreleurs mains : c'é
toitdoncà à la confervation de la Guade:
loupe qu'il falloit fonger uniquement.
Monfieur Auger ne manqua pas d'envoier le fieur de Miafoncelle Capitaid'une
détachée de la
ne
Compagnic failoit les fonétions de MaMarine qui
leur
jor, pour affembler ces habitans,
repréfenter leur devoir, & les fommer
de fc rendre au quartier d'aflemblée à
la Baffe-Terre de la Guadeloupe, > fans
aucun retardement, fous peine d'être
traitéz comme rebelles au Roi, & traitres à la nation. Mais on n'cut pasbefoin de ces formalitez 5 car avant que
le fieur de Maifonceile arrivât, ces har
bitans avoient fait réflexion au danger
& à l'infamie où ils s'expoloient par
leur défobéiffance 5 & pour effacer la
faute qu'ils avoient commencé de commettre ,ils vinrent en diligence & de
bonne grace, & fe comporterent en
gens decaeurp pendant toute cette guerre.
J'avois été furpris, en apprenant qutc
la nuit du fept au huit il étoit arrivé de
la Martinique un jeune Ingénieur nommé Binois, quej j'avois vû à Saint Chriftophe auprès du Comteid de Gennes; je
Tome VIII.
B --- Page 38 ---
26 Nonrveaux
crus d'abord que Foyage le
AuX Ies
1703- avoir fait un miftere, Gouvernenr m'en
comme: jele devois
& je fus fiché,
pellé
evre,quil l'eàt
lorique tout étoit fait, & comme appour-rectcillir le fruit d'un travail extraordinaire de plus d'une année dont
J'en javois fupporte la fatigue tout feul,
témoignai mon jufte
au Licutenant de Roi, & reffentiment
chez nous. Je
je me. retirai
ne
feipnindeucinrommodt
Peres, pour pas être obligé de dire à nos
que j'avois des raifons
plus fervir, je me mis à embaler pour ne
hardes & mes papiers,
mes
chez un de mes amis au que j'envoiai
contre-tems vint fort à réduit, & ce
fauver.
propos pour les
Monfieur lc Gouverneur
befoin de moi, & qui n'étoit qui avoit
aife qu'on pûr lui reprocher
bienmal
avoir
vaei
agi après les fervices
avois rendu, n'eàt
que je lui
M.de la Malmailon pas le plitôr appris de
traite, qu'il mnonta à
fajer de ma rctrouver. Nos Peres cheval, & me vint
vifite, & lui dirent furent d'abord fiurprisde fa
incommodité ne feroit rien, que & mon
peu de tepos me remettroit en état qu'un
travailler
de
afordinaire. Il vint dans ma
shambre, & me trouva au lit, je m'y
que je lui
M.de la Malmailon pas le plitôr appris de
traite, qu'il mnonta à
fajer de ma rctrouver. Nos Peres cheval, & me vint
vifite, & lui dirent furent d'abord fiurprisde fa
incommodité ne feroit rien, que & mon
peu de tepos me remettroit en état qu'un
travailler
de
afordinaire. Il vint dans ma
shambre, & me trouva au lit, je m'y --- Page 39 ---
: Frangoifesde P. Amérigue.
étois mis quand mon Negrem'ehraverti
qu'il paroiffoir. Après que notre nou- 1703veauSuperieur lui eût tenu compagnie
un moment, al fe retira & le lailla feul
avec moi: il me dit auflitôt
VCnoirlçavoir ce qu'on pouvoit itet pour
me rendre la fanté qui lui étoit aufi
necellaire qu'à moi-même. Je lui répondis que jel'avois emploié à fon fervice. tant que j'en avois cu; mais qu'à
préfent quiln'avoit plus befoin de moi,
j'avois tout le tems d'ètre malade. Je
vois bien, me dit-il, ce qu'il ya, vous
croiez que c'eft mioi qui ai fait venir
Binois, je puis vous allurer que je n'y
ai jamais penfé, & s'il vous fait lemoindre ombrage, je le ferai partiraujourd'hui pour la Martinique 5 mais étant
de: mcs amis comme Vous ètes, entrez,
je vous prie, 2 dans mes befoins 5 nous
fommes à la veille d'ètre afliégez, il
faut de néceffité un homme du méticr
dans le Fort, vous êtes feul ici, fi vous
Y entrezqui aurons-nous pour faire faire
les travaux qa'il conviendra de faire :
& fi vous.ny entrez pas, qui de nos
Officiers pourra faire réparer une bréche, & difputer'le terrain pied à pied,
commejfefpesg.que nousle ferons. Ces
raifons 2 jointcs à l'amitié que j'avois
Byj --- Page 40 ---
28 Nowveawx Payager anx
1703. pour lui, me toucherentsj je lui Ifes
jelelaiflois maître de mon
disque
je ne travaillerois plas fort,8 que
mour de lui, étant bien que pour l'a
feroit le fieur Binois
clair que ce
récompenfe de ce qu'il qui ya auroit recevroit de bien la
fait:ilme ordte,
répondit qu'il y mettroit bon
qu'il alloit écrire en
ma faveur.encore plus fortement Cour en
n'avoir fait; &
qu'il
obligé d'entrer
jufqu'a ce qu'on fit
duti le Fort,
fer méleroir de rien
Binois ne
s que je ferois feul
Ruescheyfeufondinaie; étions réduits à
; & que finous
le choix de conduire cette esrémiresfaurois le dedans
ou le dehors; il m'embraffa du Fort
paroles. Iln'en fallut
après ces
me contenter 5 je RETe promis davantage de pour
tinuer à fervir, & l'aiant prié de conpermettre de me lever, il fortit de ma me
chambre pour me laiffer habiller. Cela
fut bientôt fait, car j'étois
vêtu dans mon lit.. Je montai prefque à
tout
& je m'en allai aux travaux avec cheval, lui:
NosPeres fureutéronnezduner fi
te guérifon, mais ils n'en purent promptrer la caufe, > comme ils n'avoient pénéfçavoir celle de la maladie, Je fischar- pû
ger vingt bombes qui nous reftoient de
celles que les Anglois nousavoienrlaillé
ut bientôt fait, car j'étois
vêtu dans mon lit.. Je montai prefque à
tout
& je m'en allai aux travaux avec cheval, lui:
NosPeres fureutéronnezduner fi
te guérifon, mais ils n'en purent promptrer la caufe, > comme ils n'avoient pénéfçavoir celle de la maladie, Je fischar- pû
ger vingt bombes qui nous reftoient de
celles que les Anglois nousavoienrlaillé --- Page 41 ---
Frangoifes de LAmérique.
& les fis mettre deux
la guerre dans pallte, des futailles avec des gre- 1703.
à deux
enterrer
nades & des ferrailles; pour faire fauau devant des brèches , pour à l'aflaut. Je
ter ceux qui, viendroient. deux. à trois cens grefis aufli charger
nades , : & je fis préparer quelques arti- Orfices 5 je me fervis
cela fçavoit d'un quelfévre nommé
E
chofe de la compofition des feux
que
d'artifice. étoit
de munitions de
Le Fort
pourvi
guerre & de bouche autant qu'en
trois cens
Hontes
voient confommer
ilétoit
pendant fix mois; mais comme
les ennemis ne coupafa craindre. que
l'eau dans la
fent la rigolie qui portoit
eaune
citerne découverte,.ous que cette
accident, nous
fûr gacée par quelque entierement la citerne
fimes remplir
étoit découdu donjon 2 & celle qui à couvert
verte, & nous. fimes mettre futailles
un bon nombre de grolfes
une
He
nes d'eau; &
plus grande
reté, je fis SReO un petir fentier entre
le donjon & le cavalier pour defcendre
à la riviere des gallions, avec un
ce chemin,
en
rapet du côté oppolé à rendoient maitres
que fi les ennemis fe
de fe ferdu Fort, on pût les empècher
Biij --- Page 42 ---
30 Nowveasz
vir de ce chemin Fayager AHX IRes
3703-ue côté de la riviere. pour pénétrer de l'auToutes nos" Troupes étant
Bourg dela Baffe-Terre, arrivées au
Gouverneur en fit la
Monfieur le
Mars. En voici létat. revàe le 12. de
Troupes Esardes TROUPES DE LA
de la
MARINE.
loupe, Guade.
Premiere Compagnie.
Capitaine, le fieur de Maifoncelle,
Licarenant, le fieur Cloche.
Enfeigne, le fieur Defrieux.
Seconde
Soldatsss.
- Capitaine, , le fieur Compagnie. du Châtel.
Licurenant, le fieur de Poincy.
Enfcigne, le fieur de Lonvilliers.
Soldats
MILICES DE LA GUADELOUPE. 60
Compagnie Terre,
de Cavalerie de la BaffeCapiraine, > le fiear Roulle.
Lieutenant, le fieur Boulogne.
Cornette, le ficur Bigor. Hommes
Compagnie de la Cabelterre. 80.
Capitaine, le fieur Delprez.
Lieutenant, le fieur Dupont.
Cornette, le fieur N... Hommes
54.
oincy.
Enfcigne, le fieur de Lonvilliers.
Soldats
MILICES DE LA GUADELOUPE. 60
Compagnie Terre,
de Cavalerie de la BaffeCapiraine, > le fiear Roulle.
Lieutenant, le fieur Boulogne.
Cornette, le ficur Bigor. Hommes
Compagnie de la Cabelterre. 80.
Capitaine, le fieur Delprez.
Lieutenant, le fieur Dupont.
Cornette, le fieur N... Hommes
54. --- Page 43 ---
Frangoifes de PAmtriquie.
1703.
INFANTI E R I E.
Premiere Compagnic de la Bafle-Terre.
Capitaine 3 le fieur Celleron.
Lieutenant. > le fieur Rabbi.Hommes 62.
Seconde Compagnie.
Capitaine, le fieur Heurtaut.
Lieutenant, le fieur Gardet.
Enfeigne, le fieur Pierret. Hommes 66.
Compagnie du Baillif.
Capitaine, le fieur de Bourg.
Lieutenant, le fieur la Tour.
Enfeigne,1 le fieur le Roi. Hommes 40.
Compagnie de Saint Robert.
Capiraine, le fieur Rouffeau.
Lieutenant: 2 le fieur le Doux.
Enfeigne,le fieur Rimberg. Hommes 28
.
Premiere Compagnic des Habitans.
Capitaine 2 le fieur Boucachar.
Lieutenant, le fieur Lorgé.
Enfeigne, , le fieurl'Epinard.
Hommes 2
Seconde Compagnic.
Capitaine, le fieur Thomafean.
Licutenant, le fieur le Brun
Enfeigne, le fieur Richard. Hommes 64.
Compagnie de l'Ietà Goyaves.
Capitaine, le fieur Loftaut.
Licutenant, le fieur Loftaut le jeune.
B iv --- Page 44 ---
Nonveanx
1703: Énfeigne, le: fieurMariol. Yoyager AHX Hes
Compagnic de la Pointe Hommess noire. 56.
Capiraine, le fieur de la Rué,
Licurenant, 5 le fieur Gofle.
Enfeigne, le ficur] Jolly. Hommes
Compagnie du Grand Cul-de-Sac. 110.
Capitaine, le fieur
Lieutenant, le fieur Vandelfpigue. Courville,
Hommes,
Compagnie du Petit Cul-de-Sac. 35.
Capirainc, le fieur Tiphane.
Licurenant, lei fieur
Compagnie de la Riviere Hommes a
58.
Capitaine, le fieur Defvanx. Goyaves,
Licutenant > le fieur Cretcl.
Enfeigne,le fieur Mafarty. Hommes
Compagnie de la Cabefterre. 62.
Capitaine, le fieur Chevalier.
Licurenant, 5 le fieur Filaflier.
Enfeigne le fieur du Mouchel,
Hommes, 2
Compagnie des trois Rivieres. 42
Capitaine, le fieur Des Meurs.
Lieutenanr, le fieur Rigollet.
Enfeigne, le fieur
MILICES
Hommes 54.
DE LA GRANDE-TERRE.
Compagnie de Cavalerie
& Volontaires.
démontée
Compagnic du ficur Trezel
40.
6s.
fieur Chevalier.
Licurenant, 5 le fieur Filaflier.
Enfeigne le fieur du Mouchel,
Hommes, 2
Compagnie des trois Rivieres. 42
Capitaine, le fieur Des Meurs.
Lieutenanr, le fieur Rigollet.
Enfeigne, le fieur
MILICES
Hommes 54.
DE LA GRANDE-TERRE.
Compagnie de Cavalerie
& Volontaires.
démontée
Compagnic du ficur Trezel
40.
6s. --- Page 45 ---
: Françoifes de P. Amerique.
Compagnic du fieur Titeca
Compagnie du fieur Sain.
45 1703.
MILICES DES SAINTES.
Capitaine, , le fieur Portail.
Lieutenant > le fieur Riviere.
Enfeigne, le fieur la Pichauderic.
Hommes >
6e
Compagnie d'Enfans perdus.
Capitaine 2 le fieur. le Févrele Manchot.
Lieutenant, 2 le fieur Jolly.
Enfeigne, le fieur Perier. Hommes 56.
Compagnie de Negres.
Capitaine, > la Perle.
Lieutenant, Haly.
Enfeigne, Mingault.
Hommes >
Volontairese squiacompagnoient) Monfieur le: Gouverneur, >
36.
Total des Troupcs
1418.
Comme nous manquions de Canoniers, n'y en alant qu'un entretenu C
dans le Fort, & deux autres qui en
faifoient le métier afin d'être exempts
de guet, de garde & de corvées, ce
qui ne fuffifoir pas pour fervir notre
Artillerie : Monfieur Auger trouva
moien d'engager deux Canoniers d'un
vaiffeau Nantois qui étoit dans les abiB V --- Page 46 ---
34 Nowveanz
AnX
1703. mes du Petit Cul Foyager de Sac, Ifles
fervir au Fort, à condition pour venir
comme Canonicrs des vaiffeaux d'ètre payez
&
du Roi,
s'ils déerccompenfer venoient a
comme Flibuftiers
être
maniere queje l'ai dit dans eftropiez > de la
partic,
ma premiere
C Je croi qu'on fera bien-aife de
noître les Officiers
condoient; je ne prétens qui nous commanleurs portraits,
pas pourtant faire
habile
Car je ne fuis pas aflez
G
pcintre, mais je les connois tous.
ra parfaitement, s'en
que je croi qu'on
Mon- Monficur rapporter à ce que j'en vais ARRRE
Scur
Auger Gouverneur de la
Auger, Guadeloupe & enfitite de
gue étoit Créolle de Saint SaintDominfils d'un Officier trés-riche Chriftophe, de la
Ile; fa mere étoit de
même
Voit avoir été très. - belle, Dieppe, elle deavoit été choifie
puifqu'elle
principal
pour repréfenter le
My-Aoit. perfonnage de la Fête de la
meuré
Monficur Auger avoit deCommandeur quelques années à Malte où le
de Poincy l'avoit envoié
il pour apprendre le métier de la
avoit fair quelques
guerre ;
galeres de la
campagnes far les
acquis de la Religion, > & il s'y étoit
lles avec fa répuitation. mere ils En revenantaux
eurent le malheur
qu'elle
principal
pour repréfenter le
My-Aoit. perfonnage de la Fête de la
meuré
Monficur Auger avoit deCommandeur quelques années à Malte où le
de Poincy l'avoit envoié
il pour apprendre le métier de la
avoit fair quelques
guerre ;
galeres de la
campagnes far les
acquis de la Religion, > & il s'y étoit
lles avec fa répuitation. mere ils En revenantaux
eurent le malheur --- Page 47 ---
Frangoifes de LAmérigne:
d'ètre pris par un Corfaire de Salé, & 1703.
quoiquilo cachât avec foin fon bien &
fa naiflance, il auroit eu tout le tems
de s'ennuier dans cet cfclavage, fi un
favoriduReide Maroc qu'on avoit gagné à force d'argent, n'entenfin obtenu
leur liberté, moyennant
ou fix mille écus. Ilavoit un frere
quiavoit
tcA
fervien France, & que le Commandeur
de Saint Laurent avoit fait connoître à
la Cour en l'envoiant porter au Roiles
Drapeaux qu'on avoit pris fur les Anglois loriqu'on les challa de cette Ifle
en 1666. Ces deux fteres s'étoient trouvez à l'attaque des Ifles de Nieves, de
Saint Euftache, d'Antigues, de Tabac,
& à quelques expéditions contre les E(
pagnols; ils avoient donné en toutes ces
occafions des narques d'une veritable
valeur. LeMarquis de Maintenon d'Angennes qui avoit le Gouvernement de
Marie-galante, propofaà Monfieur Auger l'ainé de lui donner fa faur en mariage, & delui céder fon Goavernement
quilni tiendroit lieu de dot ; (car cette
illuftre famille étoit infiniment mieux
partagée du côté de la Noblefle que de
ccluide lafortune.)P Pendantquonatendoit à l'Amérique Mademoidelle Loiife
d'Angennes pour l'exécution de cC TraiBvj --- Page 48 ---
Nowveanix
té, Monfieur
Vojaget aux Hhes
1703.
quand elle Auger arriva, mourut 3) de forte
Rc
, elle trouva fon
Epoux au tombeau. Le remede
cadet qu'ily eur à cela, fut de la marier
qui eft celui dont je dois
au
ici;quien héritant des biens de fon parler
re, herita en mème-tems de fa
fre-
& de fon gouvernement.
femme
Monfieur Anger étoit âgé de
38 ans en cette année
57 à
moyenne
17og.iléroirdiune
les
raille, 3 affez fournie, il avoit
yeux bleus, la bouche
nez mediocre, la forme du
le
la phyfionomie
plate;
peu
fert
veux mélez; &
heureufe, les chedel lat tête prefque quoiqu'il chauve, cût il le devant
fer releudre à porter la
ne pouvoit
billoit
perruque. Il s'hailétoit proprement vif & colere & tubs@implemen,
3 &
beaucoup firr lui
quoiquil prit
modération, le feu pour témoigner de la
vifage faifoir
qui lui montoit au
& d'ailleurs ilavoit connoitre fon émotion ;
& couperofé; il étoit le vifage allez fort rouE laiffer
facile à
revenoit dificilement prévenir , & on difoit qu'il
qu'il avoit prifes, , & des imprellions
que c'éroit de
qu'il ne Içavoit ce
dernier point pardonner. je
Quant à cC
traire,
puis aflurer le conparce quejai vû une infinité de
qui lui montoit au
& d'ailleurs ilavoit connoitre fon émotion ;
& couperofé; il étoit le vifage allez fort rouE laiffer
facile à
revenoit dificilement prévenir , & on difoit qu'il
qu'il avoit prifes, , & des imprellions
que c'éroit de
qu'il ne Içavoit ce
dernier point pardonner. je
Quant à cC
traire,
puis aflurer le conparce quejai vû une infinité de --- Page 49 ---
Frangoifes de PAmérique.
fois qu'il auroit
maltraiter desgens 1703.
qui lavoient Podenucer & je craignois
mème pour eux 5 cependant il ne s'envengeoit que par les mépris qu'il en
failoit, ou en leur failant du bien. Il
étoit naturellement porté à la magaificence, mais la perte de fes biens à
Saint Chriftophe,a Marie-galante & à
Dieppe, où grand nombre de maifons
quilavoit dans cetté ville avoient été
ruinées par le bombardement, étoit
caufe quil fe retranchoit un peu, quoique d'ailleurs on ne s'aperçut point de
cette économie quand il étoit queftion
de paroitre; il étoit brave & intrépide
autant qu'on le peut être; plus propre à
obéir qu'à commander , & il fçavoit
auffi-bien exécuter les ordresqu'ifavoit
en donner aux
reçu > qu'il fçavoit
dans Pocautres, &
prendre Eo parti
cafion ; il étoit lent à écrire & n'en écrivoit pas mieux pour cela. Du refte il
étoit très-bon Chrétien, fort reglé dans
fes mceurs, > fort refervé dans fes difcours, fort fobre, bon ami, 2 zeléau-delà de limagination pour le fervice de
(on Prince, extrémement poli & civil,
quelquefois jufqu'à l'excès. Il n'avoit
qu'un fils qui étoit le plus.beau Creolle
qui fût forti des Ifles, c'eft beaucoup --- Page 50 ---
Norveans
1703. dire. Jelai vuà mon Paynger aux Ifles
Capitaine de
rerour en
ment du Roi, Cavaleric dans le Europe Regijeune.
quoiqu'il fit encore fort
Mr. de la Notre Malmaifon Lieurenant de
Malmai- avoir
étoit RoiMonfieurde
fon,
fervi
Champenoiss après
dans
quelques années en France
T'obligea Tinfanrcric, de
une affaire d'honneir
continué de palfer fervir aux lfles, où aiant
Licurenansau
> le Roi le fit fon
deloupe. Cétoit Gouvernement un
dela Guaans, d'une taille bien homme de 48à 50
chargée d'un peu trop prife, quoique
avoir le vilage plein & demborpoint la
sil
heureufe, il éroit
phyfionomie
facilement ei colere prompt & fe mettoit
tous les
; mais > comme
le moment, Champenois, &il étoit il revenoit dans
me du monde, il avoit le meilleur homaux Ifless &
amaffe du bien
rié il s'en faifoit commeiln'éoi point mafort bonne table, honnenr, & il
tenoit une
fecours au Gouverneury étoit d'ung grand
dépenfes
pour partagerles
faire quand exeraordinatircs il venoit
qu'il y avoit à
guerre ou autres
des vailfeaux de
il étoit brave fans occafions femblables;
fon parti fur le oftentation 2 prenoit
mander & fefaire champ, obéir; Igavoit comcn un mot, il
ifoit commeiln'éoi point mafort bonne table, honnenr, & il
tenoit une
fecours au Gouverneury étoit d'ung grand
dépenfes
pour partagerles
faire quand exeraordinatircs il venoit
qu'il y avoit à
guerre ou autres
des vailfeaux de
il étoit brave fans occafions femblables;
fon parti fur le oftentation 2 prenoit
mander & fefaire champ, obéir; Igavoit comcn un mot, il --- Page 51 ---
Françoifes de PAmbrigne.
avoit tout ce qu'on demande dans un
bon Officier, & il en avoit donné des 1703*
marques en plu fieurs rencontres, & enrre les autres en défendant le Fort de la
Guadeloupe en 1691. quoiqu'il ne fut
pas à beaucoup près en aufli bon état
qu'il étoit en cette année 1703. Ilne
s'attachoit pas facilement - aux gens 3
qu'après les avoir bien connus 5 mais
quand ilavoit dit une. fois à un homme
qu'il étoit fon ami, il pouvoit compter
fàrement iur fon bien & fur fa.perfonne &c quelque obligation qu'on
put Tai avoir, on lui étoit plus obligé
de la maniere que de la chofe mème.
Ses fervices lui ont procuré le Gouvernement de la Guadeloupe quelque tems après que Monfieur Auger
eut été nommé à celui de Saint Domingue. Il avoit un neveu nommé
Cloche
étoit Lieutenant del la Compagnie u fieur de Maifoncelle > & qui
la commandoit en chef pendant que le
Capitaine faifoitles fonétions de Major :
le ficur Cloche étoit alors un jeune
homme de 22 à 23 ans, bien - fait, 5
d'une phyfionomie agréable, il avoit
beaucoup d'efprit, du brillant & de la
leéture. On difoit que le mauvais choix
qu'il avoit fait des livres qu'il avoit lû, --- Page 52 ---
40 Nowveaux
ANX
l'avoit rendu
Toyager
Hles
1703. me médifant, critique, fources fatirique & me.
coup de démèlez.
fecondesdel beauMaifon- Mr de Monfieur de Maifoncelle étoit
celle. de la Guadeloupe
Creolle
homme fort bien fait; 5 c'étoit un Gentildu vifage
ilavoir les traits
vacité
reguliers, du feu & de la vià
autant qu'ile eft permis d'en
un homme qui
avoir
ans, fes cheveux palfoit éroient un pen trente
fort beaux ; - on étoit d'abord chatains &
en fa faveur, il avoit avec cela prévenu
coup. de bravoure & de fagelle, fa beaupagnic qui étoit
comgarnifon au Fort icita de longtems la
en
Terre lui donnoit le
Grandede tout ce quartier-la; commandement &c
il n'eût pas un bien confidérable, quoiqu'alors il
laiffoit pas de foûtenir le
de
ne
mandant de la Grande-Terre rang Commieux que les Officiers plus riches beaucoup
lui qui l'avoicht précédés il étoit
honnète, fort
ROte
extrèmement doux obligeant, &
d'un elprit
manieres lui avoient poli; fes bonnes
tout le monde.
gagné le coeur de
f Mr du LeCapitaine de l'autre
Chatel, Marine qui
compagnie de
Fort de la Bafle-Terre compofoit la garnifon du
Tanneguy du Chatel, > étoit le fieur
feizc ou dix-fep-
'avoicht précédés il étoit
honnète, fort
ROte
extrèmement doux obligeant, &
d'un elprit
manieres lui avoient poli; fes bonnes
tout le monde.
gagné le coeur de
f Mr du LeCapitaine de l'autre
Chatel, Marine qui
compagnie de
Fort de la Bafle-Terre compofoit la garnifon du
Tanneguy du Chatel, > étoit le fieur
feizc ou dix-fep- --- Page 53 ---
Francoifes de LAmérique.
tiéme du nom. Il étoit Breton ; il difoit à tous ceux qui le vonloient écou- 1703.
ter, & le leur auroit repeté cent-fois le
jour, de peur qu'ils ne l'oubliaflent,
quildefeendoite en ligne dircéte de mâle
en mâle du fameux Tanneguy du Chatel qui tua un peu traitreufement le Duc
de Bourgogne fur le pont deMontereau,
comme dit IHiftoire del France. * Mais
comme Moreri & les autres Hiftoriens
& Généalogiftes affurent que cc Tanneguy du Chatel ne fût jamais marié, &c
quiln'avoit que deux freres, tous deux
dans l'Ordre Epifcopal qui n'avoient
point eu d'alliance; Monficur Tanneguy du Chatel dix-feptiéme du nom, >
étoit réduit à de grandes extrémitez
quand on le pouffoit fur ce point, ce
obligeoit fes amis de lui confeiller
1 prendre quelque branche collaterale
moins fujette à caution & à la médifance. Quoiqu'il en foit, il auroit été
longtems le Doien de tous les Gardes de
la Marine du Roiaume, fi Madame la
Maréchale de Villeroi ne lui avoit
curé
d'une
tenarite
lexpeétative
dans les Compagnies détachées de la
Marine qui font aux Ifles. Il y vint
dans le tems que le Marquis d'Amblimont étoit Gouverneur Général; ; ils'at- --- Page 54 ---
42 Nosveanx
tacha à ce
Foyages Aux
1703. leure
Scigneur qui étoit Thes l2 meildic de perfonne Siam
du monde, &c la malal'aiant épargné quifaufoirde grands ravages
porta grand nombre pendant qu'elle emPretendans plus anciens d'Officiers & de
facile au Marquis
que lui,il fur
pourvoir d'une
d'Amblimont de le
d'une Compagnie. Lieurenance & enfuite
Le fieur du Chatel
fait, > le tour du vifage étoit affez bien
beau; il difoit
agréble, le teint
leur de fes
qu'il avoit toute la Vagarde de lui Ancétres, c'eft ce queje n'ai
violent & conteflers il étoit
monde, emporsésil
Prompt,
> & tout le monde méprifoit lui
tout le
pareille,
rendoit la
leRoide Le fieur Notre
la Pote- homme Aide-Major étoit un Gentilric,
pas trop Européen bien ou il ou Creollesje ne fçai
loit le Roi de la
étoit né,
cu
autrefois
Poterie, fon ilsappelmais il
du bien
pere avoit
dre
avoit eu le onéidcatiemenes
en jotiant avec des malheur de le
voient plus que lui. gens qui en f
Ifles pour rétablir fes Iléroit venu aux
auroit réuffi, puifqu'il affaires, &c ily
moien de faire une
avoir tronvé le
Gros Morne, fi le Sucrerie à côté du
les Anglois n'avoienr jeu, la dépenfe, &
tellement achevé
is il
du bien
pere avoit
dre
avoit eu le onéidcatiemenes
en jotiant avec des malheur de le
voient plus que lui. gens qui en f
Ifles pour rétablir fes Iléroit venu aux
auroit réuffi, puifqu'il affaires, &c ily
moien de faire une
avoir tronvé le
Gros Morne, fi le Sucrerie à côté du
les Anglois n'avoienr jeu, la dépenfe, &
tellement achevé --- Page 55 ---
Frangoifes de LAmérigne.
de le ruiner, qu'il fubliftoit avec beau- 1703.
eoup de peine longtems avant de mourir. Son fils le cadet qui étoit mort depuis deux ans avoit exercé la charge de
Major de PIfle de la Guadeloupe, &
auroit été un fort bon Officier.I L'ainé
*
qui eft celui dont je vais parler, avoit
demeuré longrems en Canada; & felon
la coûtume incommode du pais qui ne
d'entrer trois fois dans une
permet maifon pas oû il a des filles fans parler
mariage 2 il ; étoit marié; il avoit
quitté fa femme &l'emploi qu'il avoit
d'Infpeéteur ou Controlleur des Fortifications quand il avoit apris la mortde
fon frere & de fon Pere > efperant que
lhonneur qu'il avoit d'appartenir à un
de nos Miniftres du côté dcs femmeslui
procureroit tout au moins la charge de
fon frere, & peut-être les moiens de
rétablir fa maifon: : cependant il avoit
été trompé, la parenté & fes follicitations ne lui avoient fait avoir autre
chofe qu'un brevet d'Aide C-Major
de chofe,
ne
ft
eft très-peu
pour
pas
moins que rien. C'étoit un homme de
treate-cinq ans, d'une petitc taille affez
bien prife; il avoit la phyfionomic d'un
homme fimple & fans malice, & fa
phylionomic n'étoit point trompeufc: --- Page 56 ---
44 Nomaux
il étoit meilleur Voyages aux Ifles
1703. & quoiqu'il eût demeuré Chrétien que foldat;
Canada, ot l'on dit
la longrems en
très-bon marché, il
valeur eft à
cunep
avoir
dan
conter Provifion ; il nel laiffoit
faitanune infinité
pas de nous
dinaires du
d'hiftoires extraorpais-li, dans côurage des Creolles de ce
eu' 'contre les lesguetres quel'on avoir
quois ; mais comme Anglois il & contre les Irotrouvé en
ne s'y étoit pas
croire tout perfonne, on fe
ce qu'il en
diipenfoirde
rapport d'autrui, & c'eft rapportoir fur le
je n'en dirai rien.
pour cela
xemple de ces Mellieurs Cependant, à 2ee
avoit fait faire
les
s'emmanchoit une petite hachette Canadiensil
Pieds de
dans une canne de trois qui
tète, - on jugea long, gu'il appelloit un caffement étoit
aifement que cet inftrufervir
trop court pour gu'ils'en pût
Il ne faur pas croire
fullent les fcules
que ces Meflieurs
tion qui étoient dans perfonnes de difincplufieurs Gentilhommes Tifle; il y avoit
comme les Marquis Hoitel confidcables,
nes,& de Boilcerer,
de Varenville, de Rochefort, Mellicurs Domonsutres dont je ne
de Bragelonne &
parce qu'ilsn'éroient parlerai Point ici,
pasOficierss mais
trufervir
trop court pour gu'ils'en pût
Il ne faur pas croire
fullent les fcules
que ces Meflieurs
tion qui étoient dans perfonnes de difincplufieurs Gentilhommes Tifle; il y avoit
comme les Marquis Hoitel confidcables,
nes,& de Boilcerer,
de Varenville, de Rochefort, Mellicurs Domonsutres dont je ne
de Bragelonne &
parce qu'ilsn'éroient parlerai Point ici,
pasOficierss mais --- Page 57 ---
Françoifes de LAmérique.
jen ne les oublierai pas pour cela, & je
leur tendraijuftice quandl'ocafionsen 1703*
préfentera.
CHAPITRE III.
-
Les : Anglois sapprocbent de la BAlfe2 Terre de la Guadeloupe: Ce gui fe
pafa entre enx 6 nous jufquan jour
de leur defcente.
Es Anglois après avoir affemblé
toutes leurs Troupes à Marie - galante, en partirent lc Dimanche 18.
Mars trois heures avant le jour. Nos
Pirogues qui étoient en vigic vinrent
auflitôt en donner avis. En paffant à
la pointe du vieux Fort elles frent tirer deux coups de canon qui étoient
le fignal, afin qu'on prit les armes, &
que chacun fe rendit à fon pofte 5 cette
allarme fur portée en moins d'une heure
toute Aile; parce qu'elle fc tire
Be batterie en batterie aux endroits où
ily y a du canon 5 ou bien avec des bocttes de pierrier dansles lieux où il n'ya
point d'artillerie.
L'on fit border auflitôt tous les re- --- Page 58 ---
46 Notvednr
1703. tranchemens. Les Foyager vailleaux aux MRes
trouverent fur les huit Anglois fe
travers de la pointe du heares par le
comme ils étoient très vieuxFort: ; &
Saintes, ils enyoierent proches des
Les armées pour
deux
Anglois de
fairedefcente dans chaloupes
font reBas, c'elt-a-dire dans
la Terre
pouflez Ifles
eft
celle
aux Sainqui
fous le Vent. Les desdeux
acs,
qui y étoient reftez
habitans
qu'ils les
2 les reçurent fi bien
vaiffeanx fans obligerent avoir de regagner leurs
Ils pafferent hors de pù la mettre à terre,
canons du Fort & du
portée de nos
gnerent de laterre en Bourg, fc
& s'éloiquer par leurs
failant remorRur les courans chaloupes, & lc calme de crainte
alors ne les
qu'il faide la riviere des portalfent Peres
fur la pointe
cu peine à fei retirer. d'oû ils auroient
Leur
voilinage nous donna
Armée reconnoître la vérité du
moien de
des savalle An- Licutenant Raby en
rapport que le
glois. Flotte étoit
avoit fair. Leur
entre
compofée de 45 voiles
de leiquellesily avoit
s
deux guerre : içavoir un de neufvailfeaux
de 80. un de 76.
20 canons,
& la fregate d'Antigues de quarre de 60.
dir-huirvaifeax
24.pieces,
du canon, le refte Heactnasineo étoit
brigantins & autres
des barques,
petits bârimens,
glois. Flotte étoit
avoit fair. Leur
entre
compofée de 45 voiles
de leiquellesily avoit
s
deux guerre : içavoir un de neufvailfeaux
de 80. un de 76.
20 canons,
& la fregate d'Antigues de quarre de 60.
dir-huirvaifeax
24.pieces,
du canon, le refte Heactnasineo étoit
brigantins & autres
des barques,
petits bârimens, --- Page 59 ---
Frangoifes delAmtrique.
n'avoient point de
dont quelques-uns
Ilfe
de terre quand 1703.
canon.
raprocherent
Ce mouils curent doublé cette pointe.
vement obligea le Gonverneuri monà
avec fes Volontaires &
ter cheval
fe rendre au
toute fa Cavaterie
ennemis, afin
&
hosr
Baillif,
côroyer
d'ètre en état des'oppofer en cas qu'ils
vouluffent tenter quelque defcente.
Il m'avoit envoié devant lui ERE
montrer à nos Officiers d'infanterie
poftes que leufs compagnics devoient
le long du bord de la mer deoccuper la fortie du Bourg. Saint François
puis la riviere du Pleflis, & m'avoit
jufqu'à chargé de faire tirer far les ennemis
Gi leurs vaifleaux venoient à portée de
nos batteries. J'avois fait monter un
de douze livres de balle fur la
canon
nos Peres avoient commencé
tour d'élever que au bas de notre habitation,
mais dont nous avions été obligez de
difcontinuer la fabrique, parce qu'on
avoit eu befoin de tous les maçons-pour
travailler dans lç Fort > de forte qu'elle
n'avoit encore que neuf à dix pieds de
hauteur; je Tavois fait remplir de pierres & de fable pour foûtenir la plateforme du canon.
Canoniers des batJ'envoiai dire aux --- Page 60 ---
48 Nowveaue
1703. teries de Saint Pogager AHX Ies
deleine de ne tirer Dominique & de laMaquand ils verroient qu't demie charge
tour auroit
que le canon de la
d'attirerles commencé à faire feu, afin
& puis les fervir ennemis de plus près de nous,
les reconduire plus loin notre mieux, &
droient fe retirer,
quand ils voupiéces des boulets de en mettant dans les
enveloppez de filaffe moindre calibre
charge de poudre. Sur avec lc une bonne
fc partagea ; les vaiffeaux midi la Flotte
une barque mirent en de guerre avec
Baillif,aiant chacun Panne devant le
loupes ou canots à leura quatre ou cing chaque tous les autresb bâtimens arriere, pendant
commes'ils avoient voulu firent route,.
cente au quartier des
faire leur de[.
deux licuès fous le Vent habitans du qui eft à
Le Gouvemneur fiivic Baillif
lerie les détachemens dc la avec fa cavadant que le Lieutenant de Flotte,
fir la hauteur
Roi fe EEE
Peres, pour être auprès à de la riviere des
àce que les ennemis portée des'oppoler
prendre.
pourroient entreLes vaifeaux de
rent de terre furles deux guerre s'aprocheje les vis à portée, je fis heures, tirer quand
decanon. de la Tour,
un coup
quin'arriva pas a
beaticoup.
fiivic Baillif
lerie les détachemens dc la avec fa cavadant que le Lieutenant de Flotte,
fir la hauteur
Roi fe EEE
Peres, pour être auprès à de la riviere des
àce que les ennemis portée des'oppoler
prendre.
pourroient entreLes vaifeaux de
rent de terre furles deux guerre s'aprocheje les vis à portée, je fis heures, tirer quand
decanon. de la Tour,
un coup
quin'arriva pas a
beaticoup. --- Page 61 ---
Françoifes de l Amerique.
beancoup près jufqu'à eux, CC qui les
fir approcher davantage, jugeane que 1703.
nous n'avions que de petits canons, &
qu'ils pouvoient venir impunément reconnoitre nos retranchemens. Lcs aultres batteries firent la même chofe ;
mais quand nous les vimes à. demie
portée & même plus près, nous commençâmes à les fervir de notre mieux,
& à l'envi les uns des autres. Ils reçurent plufieurs coups fans nous répondré; & pendant cC tems-là leur barque
rangea la côte le plus
qu'elle pût,
en remontant vers le
apparament
ae
pour découvrir fi nos retranchemens
étoient garnis jufques
de-là le Fort.
On ne Finquiéra pas abto tout comme on
auroit pi faire, parce qu'on avoit eu
la précaution delaiffer les Drapeaux arborez fur lesTranchées avec cinq ou fix
hommes de chaque compagnic, pour
faire figure & garder le bagage de leurs
camarades; de forte que ces obfervateurs s'en retournerent , bien perfuadez
que toute la Côte étoit garnie, quoique
nos Troupes euffent changé de place en
fuivant les mouvemens des ennemis.
Nous n'avons jamais pû fçavoir quel
avoit été leur deffein dans ce mouvement, s'ils l'avoient fait fimplement
Tome VIII.
C --- Page 62 ---
3o
Nowveaux
anx
pour reconnoître Poyages
Hles -
1703. veritablement ils nos forces, oul ft
faire une defcente avoient réfolu de
que leurs petits bâtimens au Baillif pendant
roient du côté des Habitans nous attieft certain que leurs
3 car il
étoient toutes dans Troupes leurs vaifleaux reglées
de guerre 3 mais aiant remarqué
nous étions par tout fur nos
que
ils
le large, & les bâtimens gardcs 3
RLptrone allez du côté des Habitans qui les
ayant rejoints, ils fe mirent
hors de vàe; ; ils ne tirerent prefque
feal coup pendant toute la jamais canonade un
que nous leur fimes > qui dura
d'une heure &c demie. Nous
dans plus
la fiite qu'ils y avoient perdu fcimes du monde, & qu'ils y avoicnt reçû
de nos boulets.
beaucoup
J'avois ordonné à mes gens de mettre un affut neuf au canon
étoit
fir la
qui
Tour, par oubli ou
negli- -
gence on ne lè fit pas 3 de Retc
neuviéme coup qu'il tira s le canon qu'an
échauffé fauta hors de l'affut, brifal'effieuen retombant, & fit deux pirotiertes, dont la derniere penfa me brifer
les jambes. Je ne fçai fi les Angloiss'aperçurent de leurs de ce contre-tems, mais uns
yaiffeaux : s'approcha de la Tour
e
la
qui
Tour, par oubli ou
negli- -
gence on ne lè fit pas 3 de Retc
neuviéme coup qu'il tira s le canon qu'an
échauffé fauta hors de l'affut, brifal'effieuen retombant, & fit deux pirotiertes, dont la derniere penfa me brifer
les jambes. Je ne fçai fi les Angloiss'aperçurent de leurs de ce contre-tems, mais uns
yaiffeaux : s'approcha de la Tour
e --- Page 63 ---
Fyançoifes de CAmbrigne.
sr
plus près qu'il n'avoit encore fait, je 1703*
crus qu'il nous alloit canonner, & j'envoiai dire aux autres batteries de redoubler leur feu. Je fis une telle dilià remonter la piece fur un affut
gence neuf, qu'elle fut en état de tirerencore
trois Otl quatre coups avant que les ennémis fuffent hors de portée. Le GouAerneur revint fur le foir, & parut fort
content de la maniere dont nos batteries avoient été fervies, & de la bonvolonté
les habitans avoient téne
qué
moigné. Le Lundi 29. la Flotte ennemie fe
raprocha de terre, en defcendant du côté
dc PIlet à Goyaves > elle étoit toute
raffemblec, & les chaloupes pleines de
monde, de forte que nous crûmes qu'ils
vouloient faire leur defcente alAnceà
la barque, comme ils avoient fait dans
Monfieur le Goulla
guerre précédente.
fond des Haverneur s'avança jufqu'au
bitans, 8i fit prendre le devant au Major avec les enfans perdus, > les Negres
armez &la compagnic de PIet à Goyaves; il lui ordonna de fe tenir fur le
haut du Morne de l'Ance à la barque.
Je pris avec moi un, nombre de Negres
qu'ona avoit commandé avec des haches
& des ferpes, &je fis couper les ate
Cij --- Page 64 ---
$2
Nonveanx
1703. bres par tout le chemin Foyages & aux les Mes
quidefcendent dansle fond de cette fentiers Ance, lefquels étant déja très difficilcs
eux-mèmes, devenoient tout-à-fait im. par
m1s pratiquables nous
par ces abbacis. Les ennela hauteur voiant de
fixez à demeurer fur
de Troupes dans cette le Ance, foad & béaucoup
reprirent le large.
des Habitans
Le Gouverneur > ic
Roi & les Volontaires fe Lieutenant de
Bourg de la Baffe-Terre. retirerent au
avec le Major & les
Je demeurai
des Habirans. Le Pere Troupes Vincent au fond
qui ien étoit Curé nous donna à Capucin
c'eft-d-dire au
foupers
ciers de fes amis Major & à > à quelques Offidu quarrier
moi, Les habirans
des
apporterent genereufement
vivres en abondance pour les Troupes qui s'accommoderent comme elles
les purent maifons dans les corps de garde & dans
la mer,
les plus voifines du bord de
des & des après qu'on eût établi des garvoié quelques patroiilles, & qu'on eût enferver les mouvemens canots armez pour obLe mardi 20. environ des ennemis.
Avant le jour, nos canots de deux garde heures
avertirent que la Flotte reporroicd nous
M qu'çlle S'étendoit du côté de terre,
Goya-
moderent comme elles
les purent maifons dans les corps de garde & dans
la mer,
les plus voifines du bord de
des & des après qu'on eût établi des garvoié quelques patroiilles, & qu'on eût enferver les mouvemens canots armez pour obLe mardi 20. environ des ennemis.
Avant le jour, nos canots de deux garde heures
avertirent que la Flotte reporroicd nous
M qu'çlle S'étendoit du côté de terre,
Goya- --- Page 65 ---
Françoifes de PAmérigué.
ves, comme elle avoit fait lejour
1703,
envoia un Cavalier en
tlas
cédent. On
ner avis au Gouverneur s : & l'avertir
qu'en' attendant fes ordres nous allions
occuper nos poftes du jour précédent.
On fit déjelner les Troupes, > & nous
nous rendimesà nos poltes un peuaprès
le léver du foleil. Je vifitai avec le Majorles avenués de certains petits fentiers
de l'Ance à la barque & de la rivicre
Beaugendre, où je fis encore abbatre
des aibres pour les cmbarrafler > après 2
quoi nous demeurâmes en repos attendant ce queles ennemis feroient.
Lc'Gouverneur nous manda de nous
tenir daus nos poftes, fans permettre
à perfonne de defcendre dans PAnce à
la barque, de crainte que quelqu'un ne
fit cnlevé par les ennemis, dont le deffein paroifloir être de nous attirer du
côté de Goyaves, > afin de nous couper
en faifant une defcente derriere nous s
Oul de faire des prifonniers, pour fçavoir des nouvelles, & avoir des guides
pour les conduire dans les haureurs. Il
ordonna encore au Major d'envoier un
Officier du quartier de Goyaves avec
quatre ou cinq hommes par les chemins
des hauteurs les plus ffrs & les moins
fréquentez, afin de vifiter ce quartier-làs
Ciij --- Page 66 ---
34 Nowveaux
aux
& de faire fortir Yroyages des
Iles
2703. pourroient y être
maifons ceux qui
de fe retirer fur le reftez, > & les obliger
teurs.
champ dans les hau-,
Les ennemis continuerent à
cher de terreens'étendant
s'approa la barque jufqu'à celle depuis de
l'Ance
mais nous voiant immobiles Goyaves; dans
poftes, & que toutes leurs feintes nos
toient
capables de nous attirer n'éloin, ER firent defcendre
plus
cens hommes dans l'Ance quatre de ou cinq
fir les trois heures après midi, Goyaves
cier qu'on avoir envoié le matin L'Offfur la hanteur où le
étoit
il obfervoir les
prefbitere eft bâti,
& trois ou
ennemis avec fes gens
avoit
quatre Negres armez qu'il
rencontré; il vit
les
ne trouvant perfonne
leur Anglois fit
tance
réfifAtr1
maifons s'étoient débandez pour piller les
il
qui étoient autour del
crut quil en pourroit prendre' lEglife:
qu'un ; il difperfa fa petite
queln'étoir
de dix
Troupe qui
deux, Ruc dit ce qu'ils hommes, de déux en
& leur ordonna fur avoient à faire, 2
tirer quel'un après toutes chofes de ne
& fans s'engager. Tautre, à coup fir,
A peine avoir-il faitcette
qu'il vit un gros de quarante difpofition à
cin.
qui étoient autour del
crut quil en pourroit prendre' lEglife:
qu'un ; il difperfa fa petite
queln'étoir
de dix
Troupe qui
deux, Ruc dit ce qu'ils hommes, de déux en
& leur ordonna fur avoient à faire, 2
tirer quel'un après toutes chofes de ne
& fans s'engager. Tautre, à coup fir,
A peine avoir-il faitcette
qu'il vit un gros de quarante difpofition à
cin. --- Page 67 ---
Françoifes de Ambrigue.
quante hommes qui montoit au prefbi- 1703:
tere ; il attendit qu'ils fuffent à moitié
de la hauteur dans un coude que faitle
chemin s parce
dans cette'fituation
ils lui UERLET le côté; il fit figne 10
de tirer à deux de fes gens, qui tirerent fij jufte, qu'ils jetterent par terre
chacun fon homme. Les Anglois firent
volte face, & dans ce moment il partit deux autres coups qui eurent un pareil fuccès; les fix autres tirerent Pun
après l'autre, & prefque auffi heureufement , pas un coup ne fut perdu. Les
Anglois qui ne voioient perfonne,parce
quenos gens étoient gabionnez derriere
des arbres 1 , prirentle parti de faire leurs
décharges vers les endroits d'oà le feu LesAnétoit foni, & monterent le refte du cendentà glois def
Morne le plus vite qu'il leur fàr poffi- Goyaves
ble jufqu'an prefbitere : mais nos gens &c dent y Peia
s'étoient déja retirez phus haut & les monde.
canardoient autant de fois qu'ils en trouvoient l'occalion. Le prefbyterc qui
étoit de maçonnerie les mit à couvert
des infultes de nos gens, ils y entrerent,s'y repoferent , pillerent ce qu'il
y avoit; & y mirent le feu : en fe retirantils laifferent une vingtaine deleurs
gens à couvert du bâtimentiqui bràloit,
danslefperance que ceux qui lesavoient
Civ
retirez phus haut & les monde.
canardoient autant de fois qu'ils en trouvoient l'occalion. Le prefbyterc qui
étoit de maçonnerie les mit à couvert
des infultes de nos gens, ils y entrerent,s'y repoferent , pillerent ce qu'il
y avoit; & y mirent le feu : en fe retirantils laifferent une vingtaine deleurs
gens à couvert du bâtimentiqui bràloit,
danslefperance que ceux qui lesavoient
Civ --- Page 68 ---
56 - Nomveaux
inquiérez, les croiant Voyages Anx Hles
1703. pour éteindrele feu & partis.viendroient
leur embufcade.
romberoient dans
toit, les laiffa fe oifiderquisen chauffer
doujufqu'a ce qu'ayant fait tranquillement tIn aflez
tour, ilvint avec fon
grand
une haie
monde derriere
prefbitere, d'orangers d'oi il fit à trenté pas du
tua quatre
une
&
Anglois,
fit déchargequi
autres bien vite. Ceux
dénicher les
meurez au bas du Morne qui étoient deal'Eglife, 2 au corps
mirent le feu
fons des
degarde & aux maifar le foir. environs, Il
& ie
Ilsbrdnous fit rembarquerent facile
Ient PE l'incendie de
de voir
les glife & nous
Goyaves de la haurenr
maiétions.
ott
fiacs, fons voi- joindre > il témoigna LeGouverneur être nousy vinz
l'oficier qu'on avoit
faché contre
qui avoir entaméune envoiéà Goyaves
défente qu'on lui avoit affaire malgré la
blant de le vouloir
fair, & fit femnous le priâmes de envoier lui
aux arrèts ;
il le fit d'autant plus pardonner, &
n'éroirpas fichéque faclemente les Anglois qu'il
connu-par ce petit échantillon à culent
auroient à faire, & de
qhi ils
on agiroir avec eux. Il quelle ne laiffa maniere
dire à l'Oficier que dans la
pas de
la difcipline militaire il rigueur de
févére punition; mais
mériroir une
qu'ilavoit mon-.
priâmes de envoier lui
aux arrèts ;
il le fit d'autant plus pardonner, &
n'éroirpas fichéque faclemente les Anglois qu'il
connu-par ce petit échantillon à culent
auroient à faire, & de
qhi ils
on agiroir avec eux. Il quelle ne laiffa maniere
dire à l'Oficier que dans la
pas de
la difcipline militaire il rigueur de
févére punition; mais
mériroir une
qu'ilavoit mon-. --- Page 69 ---
Frangoifes de TAmériqae.
$7
tré
de conduite, 2 pour ne le pas 1703loiier rd. fitccès de fon entreprife. Le
Gouverneurs s'en retourna après cela, &
m'emmena avec lui, laiffant le Major
où nous aviors couché la nuit précédente avec les mèmes ordres.
Les Anglois avoient repris le large,
& nous nous en retournions en parlant Renconde l'affaire de Goyaves > lorfque nous tre fàrencontrâmes le Pere Gaffot tmon Com- cheufe du Curé
pagnon d'étuide & de Religion, & qui de Goya.
pis eft Curé de l'Eglife qui bràloit ves.
encore; le feu q.i brûloit fa maifon
avoit allumé toute. fa bile, il entreprit
le Gouverneur, d'une maniere terrible,
& vouloit à toute force le rendre refponfable du malheur qui venoit d'arriver à fa paroiffe. Le Gonverneur lui
répondit avec beancoup de douceur
qu'il n'avoit pas été poflible d'y aporter
reméde, parce que fon quartier étoit
éloigné 2 & qu' on auroit expofé les
troupes à être coupées; mais
cC
feroit bientôtréparé ,
8g
dommage
qu'il
lui donnoit parole d'en faire fon affaire
dès que Pon feroit plus en repos.
Il arriva pour mon malheur que je
voulois ajoûter quelque chofe à çe
le Gouverneur avoit dit, mais
s
je
paié fur le champ de ma démangeaifon
Cv --- Page 70 ---
58 Nowvcaux
Toyages aux MRles
3703. quefavois eu de parler; mon
me penfa fauter au
Confrere
ma négligence avec vilage,il toutel me reprocha
le zele peu éclairé eft l'aigreur dont
alfaifonné; après quoi ordinairement
Prophétique que Dieu ilajolita d'an ton
de foin
me puniroit du
Eom Eglife que j'avois eu de fortifier
négligé pendant que je n'avois rich
pour mettre à couvert le refte
delllle, & que CC crime, ne
n'avoit que par mon fang. Je lui demandai s'expicroit s'il
chofes pas été averti d'ôter toutes les
Saintes, &c sill'avoit fait ?
doute,: me dit-il, car j'ait
Sans
hendé ce qui vient d'artiver. toijours: apprédis-je alors, après avoir ôté-de Allez, lui
il Eglile ce qui Pouvoit être
votre
falloit mourir fur le
de prophané,
en la deffendant, & non pas
la porte
fiir comme vous avez
vous ena
jours. Tour le monde ARci ily trois
réponfe, qui le déconcerta applaudit à ma
qu'il nous quitta, & nous tellement
fitivre notre chemin en
laifa pourNous allâmes coucher repos.
garde du Fortdela
au corps de
verneur fit
Magdeleinc, Le Gouqui avoit été fouper à
avec lui l'Officier
tour le. monde à Goyaves, fe
& exhorta
gant de fagelle qu'ilavoir comporter avec aufair, hors le
jours. Tour le monde ARci ily trois
réponfe, qui le déconcerta applaudit à ma
qu'il nous quitta, & nous tellement
fitivre notre chemin en
laifa pourNous allâmes coucher repos.
garde du Fortdela
au corps de
verneur fit
Magdeleinc, Le Gouqui avoit été fouper à
avec lui l'Officier
tour le. monde à Goyaves, fe
& exhorta
gant de fagelle qu'ilavoir comporter avec aufair, hors le --- Page 71 ---
Françoifes de PAmérique.
a
cas de la défobéiffance: Après fouper
fit un nouveau réglement
les
1703.
toutes fes
fis
Bes
ftes de
Troupes
je
asatje
copies que jenvoiai fur le champ au
Major & aux Aides-Majors.
Le mercredi 21. nous vîmes aul point
du
la Flotte ennemie étoit
AE d2 notre pofte, à deux lieués
au large; le grand nombre de chaloupcs L qui allerent à bord de l'Amiral enfuite d'une Aamme qui avoit été mife
à la vergue d'Artimon, > nous fit croire
quilséroient au conleil qui dura jufques
fut lcs deux heures après midi; alors la
Flotte commepgaidapprocher de terre,
en fclaiffant dériver du côté des Habitans. Le Gouverneur envoia ordre aul
Major de polter les Troupes
avec lui
la Riviere des
taRot
depuis
jufqu'à l'Ance Vadelorge 5 étant vifible
que les ennemis ne feroient point leur
defcente du côté del'Ance àla barque.
Vers les cinq heures du foir la Fregate d'Antigues s'approcha de la Côte
comme pourobferver ce quis'y pafloit;
elle n'en étoit qu'à la demic portée de
fufil lorfque le vent lui manqua tout
d'un coup. &c que le Aot la jettoit à terre
fans
fa chaloupc & fon çanorlapuf
fent Raants ni la remorguer 5 parce
Cvj --- Page 72 ---
60 Nowveans
Yroyages aux
1703. que nos
tiroient deffus 3 Hfles de forte
qu'elle RrL obligée de moitiller
un terrain élevée entre l'Ance
devant
& la pointe Orientalc du fond Vadelorge des
bitans. On peut croire
Halui épargnerent
les que nos gens ne
Le Tambour voulut pas
coups de fufil,
comme
battre fur le pont
pour nous braver, mais ce fut
il pour fur" prendre congé de la
tué aufli-tôt 3 & nous compagnie avons fçu s
depuis par un prifonnier
étoit
cette fregate
qui
de
te-fept hommes. qu'ils y avoient perdu trenfur cette hauteur Je fis creufer un boiau
être à
afin que notre monde
y.pûr viendroient couvert quand les ennemis
leur fregate à nous fe retirer. canonner pour aider
une picce de canon de ferafix Nous avions
de-la, jevoulas la faire traîner far cens pas
hauteur; mais la Riviere qui déborda. cette
m'empêcha de continuer le travail, Le
Gouverneur m'envoia chercher
heure avant le jour.
une
Lc jeudi 22. dès le point du?
quelques vaiffeaux & plufieurs
jour
s'approcherenr de terre, & firent barques
feu de leur canon
grand
gens qui tiroient fir > la pour écarter nos
donner le moien de lever fregate, fes
& lui
de fc réunir au refte de la
ancres &
Flotte; mais
m'empêcha de continuer le travail, Le
Gouverneur m'envoia chercher
heure avant le jour.
une
Lc jeudi 22. dès le point du?
quelques vaiffeaux & plufieurs
jour
s'approcherenr de terre, & firent barques
feu de leur canon
grand
gens qui tiroient fir > la pour écarter nos
donner le moien de lever fregate, fes
& lui
de fc réunir au refte de la
ancres &
Flotte; mais --- Page 73 ---
Francoifes del Amtrigue.
tout ce quils purent faire, fut de la.
faire mettrei la voile, après avoir cou- 1703.
fes cables & laiffé fes ancres, fauf
5 les venir draguer dans la fuite. Huit
deleurs chaloupes pleines de Troupes
s'approcherent de FAnce des habitans Les
comme pour y prendre. terre, foit que font Anglois ren
ce fir une feinte, ou que veritablement pouffez
elles euffent ordre de tenter un débar- des à l'Ance habiquement en cet endroit; 5 le, Major qui tans.
y étoir, les laiffa approchér de terre
jufqu'à la portée du piitolet, 8 alors il
fit faire un feu fi vif & fi continucl,
qu'après une bonne heure d'un feu reciproque, elles furent obligées de fe retirer, & nos gens fortant de leurs retranchemens s'avancerent jufques fur le
bord de la mer, & firent feu fur elles
tout à découvert.
LaFlotte Angloife palfa le refte de la
journée à faire des bordées, pour 1 nous
donner de la jaloulie & fariguer nos
gens : mais comme le Gouverneur s'étoit fixé à ne garder que depuis la Riviere du Pleflis jufqu'aut Fort, nous les
laiflâmes continuer leurs promenades
fans nous en mettre en peine.
Surles huit heures du foir un Negre d'ua Rapport L
Portugais fc fauva àla nage du vaiffeau eransfrAmiral, & vint prendre terre audellous ge glois, An- --- Page 74 ---
62 Nowveaxx Voyagei aux
1703. du Fort de la
Ifes
duifit au
Magdeleines on le conlesennemis Gouverncur, à qui il. dit
demain
feroient tleur defcentelel Rc
il avoir au point du jour à l'endtoit où.
qui étoit pris terre > & à une autre Ance
plus bas, &
a une autre grande Ance pendant de
la nuit
étoit encore plus loin. Le
fable qui
lc Gouverneur & où
pofte où étoit
terre, étoit l'Ance ce du Negre avoit pris
l'Ance qui étoit plus bas gros étoit François; celle
Vadelorge, & la plus éloignée celle des de
habitans, dont nous ne nous
gueres en peine. On lui demanda mettions
ment'il fçavoit toutes ces chofes, com- il répondit qu'il fervoit
étoit dans la chambre TAmital, & qu'il
boire pendant leconfeil de pour donner à
qu'on avoir
guerre, lorfpour montrer pris la vérité cette selolutions &
foir, il fit voir les clefs de cC qu'il dides caffettesd de
Tmiral, un cachet d'argent
ques bijoux qu'il avoit
, & quelqu'ilavoit été enlevé emporté: il dit
Côte du Brefil
par furprife furla
traitter à bord lilyavoit d'un
fix ans en allant
qu'il n'avoit pû troàver vaiffeau Anglois, &c
fion de fe fauver parmi lcs plàtôr l'occaLe Gouverneur lui ft
Carholiques.
& à fon
quelque liberalité,
exemple ceux qui étoienr pré-
ques bijoux qu'il avoit
, & quelqu'ilavoit été enlevé emporté: il dit
Côte du Brefil
par furprife furla
traitter à bord lilyavoit d'un
fix ans en allant
qu'il n'avoit pû troàver vaiffeau Anglois, &c
fion de fe fauver parmi lcs plàtôr l'occaLe Gouverneur lui ft
Carholiques.
& à fon
quelque liberalité,
exemple ceux qui étoienr pré- --- Page 75 ---
Françoifes de PAmérique:
fens; ce qu'il eut de meilleur fut l'affu- 1703*
rance de fa liberté; on le conduifit ail
Fort après cet entretien pour s'affirer
de fa perfonne.
Le rapport de ce Negre nous intrigua
beaucoups car il étoit difficile de croire
que les ennemis euffent choifi ce lieu
pour faire leur defcente en aiant d'autres plus aifez que celui-là. On crut que
ce ne feroit qu'une feinte pour nous y
attirer pendant qu'ils feroient leur véri.
table attaque: à laSavanne & al'embouchure de la Riviere des Peres. Ce fut
fur ce préjugéque le Gouverneur chanencore une fois la diftribution de
E poftes, &c qu'il fe trompa. Il envoia deux Cavaliers pour faire venir
les Troupes qui étoient àl'Ance Vadelorge & par-de-la, &c me chargea de
les aller attendre au grand pallage de
la Riviere du Pleflis, afin de les pofter
au hant de cette Riviere, à mefure qu'elles arriveroient. Ces Troupes étoient! la
compagnic de Thomafeau, celle des
Enfans perdus, & celle des Negres qui
faifoient 185. hommes. Il me donna
deux Cavaliers
lui donnerdes nouvelles dc ce Rrer pafferoit, & fur-tout
de l'arrivée e ces trois Compagnies.
Je poftai les Troupes felon la derniere --- Page 76 ---
Norveame
1703. ditribution le
An* Hles
Diftibu. Pieflis en cet long
la
P1
tion dies eft
ordre : au perit Riviere du
Troupes Sfemborehure de
polte
le loig fieur Gabricl le
la
de la
Roi
Riviere,
3e
Côre.] pagnie de Saint Enfeigne del lacom.
& bon Officier Loilis, 5 brave homme
mes de
avec vinge-cing homfieur Loftau, Compagnic, cétoit , & de celle da
potte en pouvoit à peu près ce
pofte en remontant contenir, Au
la
dens
Lofau avec fa
Riviere le fieur
de la même Compagnie. Au
des ficurs de Riviere les Compagnics pallage
autre pallage devant Bourg la & des Vaux. A un
mé Holirour, la
maifon du nomTrezel, & plus haut Compagnie celle
du fieur
valier. Ces cinq
du fieurChe.
263 hommes. Le Compagnies faifoient
fes pofté au Morne de la Gonverneur s'étoit
fieurs Volonraires & les Magdeleine avec
Roulle , De/prez Commpagnies des
Roullean & Sain,
2 Heurtaur >
hommes. Lé ficur d failoient 317.
Compagnic fut pofté Chatel avec fa
refte des Troupes
au Baillif, & le
prés de fix cens hommes qui faifoient encore
puis la Riviere du
fut pofté dede la Baft-Terre. Roilfnfqran Bourg
les Troupes le Après
j'eus érabli
Pleflis > je revins long de 2 Riviere du
au grand palfage où je
ain,
2 Heurtaur >
hommes. Lé ficur d failoient 317.
Compagnic fut pofté Chatel avec fa
refte des Troupes
au Baillif, & le
prés de fix cens hommes qui faifoient encore
puis la Riviere du
fut pofté dede la Baft-Terre. Roilfnfqran Bourg
les Troupes le Après
j'eus érabli
Pleflis > je revins long de 2 Riviere du
au grand palfage où je --- Page 77 ---
Françoifes de PAmérique.
dormis un peu fur le bord du chemin 1703,
enveloppé dans un maniteau qu'on me
prèra.
CHAPITRE IV.
Les Axglois mettent leurs Tronpes a
terre. Ce gsi fe paffa depuis la defLabardonnement dst
cente jnfqa'a
Bosrg de la Balfe Terre.
Inquiétude cû j'étois de ce
les
L
Eteste à
trois Compagnies qui
PAnce Vadelorge ne venoient point >
m'obligea d'envoier deux
pour
en
des nouvelles, &
dépèNE
cher . fçavoir un des deux Cavaliers au Gouyerneur poar laidonner avis que ces Troufàt
pes ne paroilloient point quoiqu'il
quatre heures du marin > &
j'euffe
envoié deux exprès
en
des
Rdit
nouvelles. C'étoit le pentiedr 23 Mars.
Le Cavalier revint à toutes jambes me
dire de la part du Gouverneur, que fi
elles n'étoient pas arrivées dans une
heure, je le lui fie fçavoir. Le Major
palla furles cinq heures, il me dit qu'il
n'avoit point vû les Cavaliers que le --- Page 78 ---
66 Noneans
1703. Gouverneur lui Troyager Aux Hes
Contre. les trois
avoit envoié, &
favorila 'tems qui point leurs Compagnies poftes
ne
que
la def. Il voular bien
fans un ordre quiteroient
cente des à ina
y retourner far le exprès,
Anglois, & cependant priere, afin de lcs faire champ
tems au
je fis Içavoir ce venir >
Gouverneut. Comme il contreTimportance re, qui érant du pofte haur de la fçavoit Rivieennemis de nous pris > donnoit lieu aux
il m'envoia fur le prendre par
nies de Roulle & de champ les derrieres
au centre de fon Heurtaur qui Compag- éroient
garnir celui d'en-haur pofte, afin que je puffe
gu' mefure que les trois > me marquant
artiveroient je les
compagnies
fage de la Riviere poftafle du
au
voiant celles qui
Pleflis graadpaf- en lui enles lui envoiafle N éroient, ou que
trop fariguées,
elles ncticn.pis je
Pendant que je conduifois
Compagnies quilm'avoi
les deux
apperçuimes une
envoié, nous
tier des Habitans, grande fumée au
femblable à l'Ance & un peu après quar- une
tôt l'Amiral tira un Vadelorges & auffi.
quelques momens enfaite coup de canon,
fcond. environ un
il en tira un
un troifiéme.
demi quart après
C'étoient les Anglois
defcendus aux
ncticn.pis je
Pendant que je conduifois
Compagnies quilm'avoi
les deux
apperçuimes une
envoié, nous
tier des Habitans, grande fumée au
femblable à l'Ance & un peu après quar- une
tôt l'Amiral tira un Vadelorges & auffi.
quelques momens enfaite coup de canon,
fcond. environ un
il en tira un
un troifiéme.
demi quart après
C'étoient les Anglois
defcendus aux --- Page 79 ---
Frangoifes de TAmérigne.
Habirans pendant la nuit qui avoient 1703.
mis le fend'quelques maifons
fiAmiral qu'ils étoient resd terre, Les Augnalileur &
aufli pour nous attirer de glois mettent
peutête
à terre
ce. côté là, & nous couper.
aux ha1 Le Major arriva enfin au lieu Otibitans.
étoieht nos trois Compagnies, > &les fit
partir pour nous joindre dans le tems
que le détachement Anglois deftiné
pour mettre à terre à l'Ance Vadelorge
débarqua; nos gens n'avoient d'autre
y avantage fur les ennemis que celuid'avoir monté le Morne de ÉAnce avant
eux, de forte que quand les deux partis
fe trouvoient chacun fur la crète d'un
Morne, le vallon entre-deux, ils fe fifilloient, ce qui retardoit beaucoup la
marche de nos gens. Le malheur voulut encore qu'au lieu de prendre le chemin ordinaire par le grand pallage, ils
ptirent celui du haut de la Riviere >
parce que c'étoit le pofte qu'ils devoient
occuper felon la premicre diftribution
qui avoit été faite.
Dèsque l'Amiral eut tiréle troifiéme deicente Grande
coup de canon, > on vit déborder tren- des Ante deux chaloupes chargées de Troupes glois,
qui s'avancerent en bon ordre pour defcendre dans l'Ance du gros François. Le
polte de la droite & le canon qui étoit à --- Page 80 ---
68 Narvenue
lagauche firent un Foyager fi beau ANX Hles
moraifimment de fe
feu gu'ils les
chure dela Rivicre replier duj
fut l'emboncouvrir d'un perit
Plefhs,afin de fe
ce : mnais l'Offisier cap quirermine l'Anavec 25 hommes & que jy avois pofté
aurant
environ encore
firent lil 2 courarent fi vif da Pofte voifin,
leur tuerent
& fi
furent
tant de monde, continucl, &
deux obligées de
qu'eiles
l'Amirai ou trois fois. A rebrouffer la fin il chemin
une
partit de
>
pavillon, far Parriere chaloupe avec un grand
les avoir Hn Officier le fabre de à la laquelle il Y
obligea
& qui renvoia d'aborder, de fauter main, à qui
pes, qui, dans furle deax champ les chalon- terre,
gu'elles firent
OUI trois voiages
icize cens hommes. débarguereur quinze à
Pendant que
j'cus avis
ces.chofes fe
roifoient que nos trois
palfoienr
de la Riviere; fur la haureur de lautre
à un
je courus à tonte
TEE
à moi, Pg Sc je leur fis figne de venir bride
lai aux Oficiers vinrent aulli.or, je
éroient fort
3 mais comine elles parlcs avoient fait fariguées du chemin
nes, je pris le en montant tant dè qu'el. Mortourner au grand devant pour m'en repallage, > & cnvoicr
.chofes fe
roifoient que nos trois
palfoienr
de la Riviere; fur la haureur de lautre
à un
je courus à tonte
TEE
à moi, Pg Sc je leur fis figne de venir bride
lai aux Oficiers vinrent aulli.or, je
éroient fort
3 mais comine elles parlcs avoient fait fariguées du chemin
nes, je pris le en montant tant dè qu'el. Mortourner au grand devant pour m'en repallage, > & cnvoicr --- Page 81 ---
Françoifes de LAmérique.
en diligence deux compagnics au pofte 170;
du Gouverneur s que celles qui me fuivoient alloient remplir. Comme chemin faifant javois la vûe attachée fur
la mer.,
me fentis tout d'un coup
tirer en E de mon cheval par les Negres qui m'accompagnoient, & en mème tems on fit far nous une vigoitreufe décharge qui coupa beaucoup de
branches autour de nous fans pourtant
nous faire de mal; eile venoit d'une
groffe trouped'Angloisqui, remontoient
la crête du Morne en cherchant quelque
endroit qui ne fit pas G bien gardé que
ceux dont iis avoient elfuyé le feu en
tentant inutilement d'y paffer. Je me
rendis au grand paffage oi nos gens tenoient en échec un corps de quatre a
cinq cens hommes qui étoient de l'autre côté de la Riviere d'oùt ils faifoient
un très grand feu, fans pourtantnous
faire aucun mal, au lieu que les nôtres
qui étoient couverts d'un bon retranchement les tiroient à coup pofe, &
les manquoien: rarement. Enfin ce
leur deyint fi
E
infapportable, qu'ils
rent contraints de fe nettre ic ventre
à terre derriere quelques mural es féches éboulées pour ic couvrir, & n'efe plus en butte à nos coups. --- Page 82 ---
70 Norvean
Nous entendions Foyages AMX Mles
703. fe battoir
avec plaifir qu'on
Gros François, vigoureufement &
à lAnce du
ment de la
au petit Retranchepointe, Nos
commençoient à
compagnies
Les An- devoient aller paroitre & celles
gloisfor.
joindre le
qui
cent le étoient déja en
Gouvernelur
ils Fofte étolét ot valier me vint dire marche; de quand un Cadus. detcen- ment les poftes de la lever Promptefaire défiler par le haut, Riviere, & de les
pofte du gros
parce que le
lui demandai François s'il
étoit forcé; je
écrit, parce
le avoir cet ordre par
dit que s'il artivoir que Gouverneur m'avoit
traordinaire, il
quelque chofe d'exroit fon cachet, m'écriroit ou m'envoi.
me diroit de pour fà m'affiarer de ce
E n'avoit rien de part. Comme le
continuai-d faire garnir lc tout cela, je
deux Compagnies laiffoient pofte que les
du Major arriva qui me dir
; mais le
gros François étoit
que le pofte
champil fir retirernos forcé, & fur le
tellement
Troupes, J'étois
voit être, préoccupé que cela ne
pour m'en que affitrer je fuivis le grand chemin ponfuyai en achevant de par moimême.Je.
toute la
monter le Morne
toient relevez, décharge des Anglois qui s'6parmi nous, & voiant du mouvement
que notre fcu étoit cellé,
; mais le
gros François étoit
que le pofte
champil fir retirernos forcé, & fur le
tellement
Troupes, J'étois
voit être, préoccupé que cela ne
pour m'en que affitrer je fuivis le grand chemin ponfuyai en achevant de par moimême.Je.
toute la
monter le Morne
toient relevez, décharge des Anglois qui s'6parmi nous, & voiant du mouvement
que notre fcu étoit cellé, --- Page 83 ---
Frangoifas de PAmérique.
& je continuai mon chemin malgré 1703leurs balles.
Quand j'arrivai far la hauteur de
l'Ance du gros François, s je vis que'le
retranchement de la gauche étoit garni
& faifoit feu fur les ennemis; cela me
donna de la joie, je crus que nos gens
avoient repris coeur & repouffé les ennemis. Jepiquai mon cheval pour aller
dire au Gouverneur qu'il alloit avoir
deux compagniesdansle moment, mais
je n'eus pas fait cent pas que je vis
grand nombre de gens qui montoient le
Morne au travers des cotoniers 5 la préoccupation ouj'étois me fit croire que
c'étoient nos gens qui abandonnoient le
pofte du milieu del'Ance; & fansfaire
attention que la plâpart étoient habillez de rouge,
m'avançai vers enx 1 -
en leur criant E faire volte-face, &
qu'ils alloient être foutenus; ; heureufe- Dange
ment pour moi je trouvai une haie de oà l'Auraquettes qui m'empècha de paffer; & trouyee teur fe
aiant vûi plus clairement lerreur oi
j'érois, je defcendis dc cheval fur lequel
je fis monter mon petit Negre, & lui
dis de fe fauver 5 cet enfant ne vouloit
pas me quitter, & je fus contraint de
le menacer ponr ly obliger.
Les Anglois dont je n'étois éloigné --- Page 84 ---
72 Nonveaxr V'oyages aux
1703. qie d'une portée
IRes
rent quelques paroles de-pifoler, me crietendis autre chofe
dout. je n'enje me jettai dans des quc bon quarticr ;
fur la gauche da chemin, halliers qui étoient
plus facilement un petit fentier afin de gagner
dansle revers du Morne, ils qui étoit
quelques.coups fans effet. me tirerent
grand chemin après avoir Jerepris le
danger pendant que les
échappé ce
Occupez à couper les Anglois éroient
fabres pour fc faire raquentesavecleurs un
Jé me trouvai avcc paflage. nos
battoienr en
& gens qui fé
ferme de tems retraite, en tems qui failoient
Anglois, & donner le pour arrêter les
de nos Troupes de défiler. loifir au refte
me dit que Monfieur le Un Officicr
étoit bien en peine de moi, & Gouvernene
delaller
que jeferois
lif. Je trouvai joindre un
au bourg du Bailpetir Negre qui m'attendoir peu pius loin mon
cheval, jc montai deffus, & avec mon
bourg du Baillif, oi je
je fus au
Gouverneur qui
rencontrai le
à mefure qu'iis aflembloit fes Soldats
nous devions le artivoienr;il mauvais
me dirque
journée aux deux Cavaliers fuccès de cette
envoté porter l'otdre aux qu'il avoit
étoient à l'Ance
Troupes qui
Vadelorge, parce que
CCS
endoir peu pius loin mon
cheval, jc montai deffus, & avec mon
bourg du Baillif, oi je
je fus au
Gouverneur qui
rencontrai le
à mefure qu'iis aflembloit fes Soldats
nous devions le artivoienr;il mauvais
me dirque
journée aux deux Cavaliers fuccès de cette
envoté porter l'otdre aux qu'il avoit
étoient à l'Ance
Troupes qui
Vadelorge, parce que
CCS --- Page 85 ---
Françoifes de PAmtrique. - 73
ces Troupes n'étant pas venues à tems
pour occuper leurs poftes,. il avoit été 1703contraint de degarnir fon centre
nous empècher d'être pris par nos FOets
nieres, & que les Anglois avoient profité de ce contre-tems avant qu'ily pâc
remédier , & avoient forcéle pofte du
milieu.
Il me parut fort mécontent du fieur
du: Chatcl; il lui avoit mandé de le
venir joindre avec fa compagnic, &
quelques autres Troupes; ; mais il étoit
venu fi lentement > que quand il étoit
arrivé il n'étoit plus tems; de forte que
lui & fes Soldats n'avoient feulement
pas vû les Anglois , & s'en étoient
retournez vingt-fois plns vite qu'ils n'étoient venus, fans avoir tiré un feul
coup de fufil. L'affaire ne dura pas plus
d'une heure & demie, > & cependant Perte des
elle coûta plus de 350. hommes tuez àla Anglois deffar PAnce du gros François 3 pour le ceate.
moins autant de bleflez, fans compter
ce qu'ils avoient perdu dans lcurs chaloupes avant de pouvoir mettre à terrc,
qui montoit à plus de deux cens, comme nous l'avons fçâ dans la fuite : de
maniere que l'Amiral Anglois < quiavoit
interêt de conferver.fes gens, fe defef.
peroir de les.voir expofez à lal bouche-.
Tome VIII.
D --- Page 86 ---
Nonveanx
1703. rie dansle fond d'une Fayages anx IRes
ronnée de
Ance toute enviraifon, car retranchemenss fi le
& il avoit
été garni comme pofte il
du milien avoit
certain quel les
devoir êtrc 5. ileft
tous ceux qu'ils Anglois y auroient laiffé
Le
y avoient mis à terre.
velles Gouverneur du fieur
me demanda des nou-.
jelui dis queje Domonville venois de le fon neveu ,
gu'iln'étoit point bleffé : quitter, &
il,a votre riviere
allez, me dit-
> arrêtez. y toutes les
IEREDHRELSEE & dites de ma partà
mande la batterie de Tofficierqui Saint
comde continuer à faire feu fir Dominigue, les
mis, & de ne
cnneles Anglois feront Fabandonner maîtres que quand
de votre Eglifc,
de la hauteur
Les vailleaux Anglois
cependant le long
s'étendirent
notre Savanne, & desretranchemens nous
de
leur mieux, Il y. avoit canonnetent de
barque Hollandoife de dix parmi eux une
venoir jufqu'à la Lame, & canons, qui
un feu continucl ; elle qui faifoit
Trompettes fir fon
avoit deux.
foient des fanfares gaillard qui fai
ter 5 nos gens piquez Pour de nous infulnade tirerent deffus, les cette fanfarobleflerent, car 022 les vit tuerent ou les
tomber, &
chemens nous
de
leur mieux, Il y. avoit canonnetent de
barque Hollandoife de dix parmi eux une
venoir jufqu'à la Lame, & canons, qui
un feu continucl ; elle qui faifoit
Trompettes fir fon
avoit deux.
foient des fanfares gaillard qui fai
ter 5 nos gens piquez Pour de nous infulnade tirerent deffus, les cette fanfarobleflerent, car 022 les vit tuerent ou les
tomber, & --- Page 87 ---
Francoifts de TAmbrique.
on n'entendit plus de trompettes. 1703Après que j'eus parlé au fieur du
Rieux, alors Enfeigne del la Compagnie
de Maifoncelle quicommandoirl tlabatterie de Saint Dominique, j'allai à notre Riviere, iy trouvai le Major qui
faifoit border les rettanchemens; je vis
que le Canonier de notre Tour s'étoit
retiré > & avoit emporté les pointes
d'acierpour encloiierl le canon,)y montai avec trois de nos Negres & un de
nos domeftiques > & je commençai à
faire jotier notre canon. Un navire de
70. canons fe vint mettre devant moi,
mais foit qu'il eût pei de monde à bord,
foitqu'il voulût ménager fes munitions,
il ne fit pas tout le feu qu'il pouvoit
faire, & ne m'envoia jamais plus dc
trois volées de canon a la fois; nous
étions fi prochesque nous nous parlions;
il crut une fois m'avoir démonté, &
un de fes gens me cria en françois, Pere
blanc ont-ils porté?Je pointai ma
&
donnai dans un fabord de fa
ee
je
leur
barbe, où il y eut du fracas; je
criai à mon tour, celui - là cft-il bon :
Oui, oui, me dit - on, nous allons te
paier. En effet, ils me lâcherent trois
volées fi bien
qu'elles croiferent la Tour
ou trois pieds.auELret
D'ij --- Page 88 ---
Nowveane
"dellus de nos têtes, Froyages & anx. Ifes
1703. le vent de bien
nous en fentimes.
neuf ou dix fois, près; je le fervis encore
pour
après quoi je defcendis
parler au
de faire enclotier Gouverneur's le
5 il me dit
donner
canon & de
,
l'abanparce que les
paroître fur la batterie ennemisalloiene de Saint
nique, d'oà ils
Domileur moufqueterie, incommoderoient. Le fieur
avec
après l'avoir bien
du Rieux
gé la barque
fervi, & avoir oblien
Hollandoife à nous laiffer
repos pour s'aller
voiant expoféàla
raccommoder, fe
nemis qui étoient moufqueterie des enfe, enclotia fes trois autour de notre EgliRemar. faute de clou
pieces & fe retira :
quefurle chofe. Je
je ne pus faire la même
ré canon d'un ti- trois
me contentai de faire mettre
vaifleau.
gargouffes & trois boulets
canon, & un quatriéme bouletà dansle
de labouche, bien entouré de un pied
bien
filalle &
tappé; D je fis répandre
gargoulles de poudre fur la
quelques
& tran(porter les munitions plate-forme,
dans le corps de garde.
qui éroient
à craindre Ileft certain que eegu'ily a de moins
dans ces occafions eft
non des vailleaux; il fait
le Cabruit & peu de mal. Le beaucoup vaiffeau de
étoit devant la Tour tira
qui
coups, dla portée de la plus de cent
VOIX, fans don-
tappé; D je fis répandre
gargoulles de poudre fur la
quelques
& tran(porter les munitions plate-forme,
dans le corps de garde.
qui éroient
à craindre Ileft certain que eegu'ily a de moins
dans ces occafions eft
non des vailleaux; il fait
le Cabruit & peu de mal. Le beaucoup vaiffeau de
étoit devant la Tour tira
qui
coups, dla portée de la plus de cent
VOIX, fans don- --- Page 89 ---
Françoifes de PAmerique.
'ner dedans. Il auroit peut-étre mieux
réufli, s'il eûtété plus loin : mais com- 1703.
des
- me il étoit dans lc commencement
groffes Lames, il tanguoit beaucoup, &
par conféquentil il ne
pas pointer
julte. Nous ne HREEE perlonne dans
toute cette action, & nous en fûmes
quittes pour deux Habitans légérement
bleffez.
Je paffai la riviere des Peres avec le
Gouverneur qui l'avoit fait paffer auparetiravant aux Troupes qui s'étoient
rées par le bas; câr celles qui avoient
prisle chemin deshauteurs n'étoient pas
encore arrivées. Les ennemis planterent
un drapeau fur la batterie de Saint Dominique & fc mirent en bataille dans
notre'Savanne. Trois deleurs hommes
s'étant avancez pour piller dans notre
Couvent,y y furent priss, un d'eux étoit
un François refugié. On les conduifit au
Gouverneur quiles envoia au corps de
de garde du Fort > &c ordonaa qu'on
lcs mît aux' fers, fans les laiffer parler
à perfonne. Il fic enfuite border une
partic du recranchement dela riviere',
& doubla les rangs à celui du bord
de la mer : mais, comme les Troupes ne paroiffoient pas fort emprellees
pour aller vers le haut, parce que le
Diij --- Page 90 ---
78 Norveanr
2703. canon des vaiffeaux Poyages balaioit AnX Ifes
quiy condaifoit, je dis
le chemin
que c'étoit le tems de au Gouverneur
& ceux qui me
voir lcs braves,
vois peur quand je reptochoicnt
j'amens; cependant traçois les RC
toit, iln'y eur que perfonne le fieur ne fe préfenCompagnie ade la
Sain avec fa
s'offrit dyaller. Grande - Terre qui
tracle pofte & le pourviqu'on chemin
lui monJe pris
du
Pour y aller.
conduifis. Et bon Convemncire &cje ly
trois autres
exemple fat imité de
rent. Je trouvai Compagnier le
nous fuiviles Enfans
fieur 1" Fevre avec
demanda oà perdus il & les Negres; il me
faire quelque pourroir fe mettre
vis de notre chole : je le plaçai vis-d-. pour
de faire brâler fucrerie, >
javois envie
tile aux ennemis; pour reeORe le pofte inufléchi, je
mais aprèsy avoirréte de m'a 'attirer wancanegande tous
de crainnos Peres à dos; CatIrmhekeemticrt de fc rembarquer,
brilée avant
qué de me reprocher onn'auroit pas manle pas été, Gje n'y avois qu'elle ne Tauroit
feu.
pas fait mettre
Je continuai à
mefutre qu'ciles placer les Troupes à
aux Oficicrs artivoient, & à montrer
par où ils
pourroient fc
mais aprèsy avoirréte de m'a 'attirer wancanegande tous
de crainnos Peres à dos; CatIrmhekeemticrt de fc rembarquer,
brilée avant
qué de me reprocher onn'auroit pas manle pas été, Gje n'y avois qu'elle ne Tauroit
feu.
pas fait mettre
Je continuai à
mefutre qu'ciles placer les Troupes à
aux Oficicrs artivoient, & à montrer
par où ils
pourroient fc --- Page 91 ---
Françoifes delAmtrique.
retirer & fc rallier, s'ils fe trouvoient 1703.
trop prellez, & je fis rompre le canal
qui portoit de l'eau au moulin du fieur
Boulogne, afin d'ôrer ce foulagement
aux ennemis s'ils venoient en cet endroit.
Jc trouvai en m'en retournant au
bord de la.mer unNegre du Gouverneur
qui m'apportoit de fa part du pain 2
du vin & de la viande rôtie. Jinvitai
le fieur le Févre & quelques autres Officiers à manger, & nous allions commencer quand je fis réflexion qu'ilétoit
jour maigre,je leur dis de continuer, &c
je me contentai d'un morceau de pain
avec des bananes que je mangeai d'un
grand appetit, aiant fatigué depuis lcs
4. heures du matin fans avoir pris autre chofe que de l'eau en palfant les rivieres.
Cependant les Anglois s'emparerent
de notre fucrerie, 2 & sy mirentà couvert des coups de fufit qu'on leur tiroit
de nos retranchemens. Und de leurs Oficiers monta au'plus haut étage de notre
Purgerie, & mit la tête à la fenètre pour
obferver ce qui fe paffoit de notre côté;
un Negre s'en apperçut & nous le vint
dire pendant que nous mangions; on
lui dit de le tirer quand il paroitroits
D iv --- Page 92 ---
Nomeanx
3703. il n'y manqua pas, & tira an-Hles fi
le
CXSGE
corps demeura panché fur la jufte
Jc
Raeae
quittaile ficur. le Févre ;
nous cimes mangé
après que
bord de la mer
, je defcendis au
du confeil
> en attendant le réfuiltat
que d le Gouverneur étoir
tenir au Botirg. Le
allé
les quatre heures Major en revint fur
Gouverneur
, qui me dit
le
en
avoit à me parler 5
faifant
Emy
val allaidpied, la
mener mon chehuit par
bride, > parce
avait
ou dix vaiffeaux
qu'il y
nous canonnoient, & ou barques qui
m'incommoder
quiauroient pû
au lieu
fijavois été à cheval; ;
qu'étant a pied, la hautcurdu
retranchement me mettoir à couvert.
Je trouvai le Gouverneur dans la
place d'armes., ilr me dit qu'ilavoit été
réfolu de faire revenir les
Les bordoicnt la riviere de Saint Troupes Loitis. qui &
aban- François les-bords de la mer, &c de les mettre
dontent dans lesretranchemens de
le Bourg la riviere des
Bifdari & de
& tous
Gallions,
les
les re- Anglois étant à terre, éroient parce-que
tranche. que nous 2 &c
plus foits
mens, mieux
avoiene des Troupes
réfolution difciplinéess.je lui dis que cette
fiurprendroit les Habitans
qui comptoient de bien deffendre les.
poftes où ils éroient, & de faire
bien des Anglois avant dele leur cédar.. péir
g la riviere des
Bifdari & de
& tous
Gallions,
les
les re- Anglois étant à terre, éroient parce-que
tranche. que nous 2 &c
plus foits
mens, mieux
avoiene des Troupes
réfolution difciplinéess.je lui dis que cette
fiurprendroit les Habitans
qui comptoient de bien deffendre les.
poftes où ils éroient, & de faire
bien des Anglois avant dele leur cédar.. péir --- Page 93 ---
Francoifesde P Ambrigue.
SI
Je fistout ce queje pis pour rompre ce
deffein, mais je n'én pus venir à bout; 1703.
le Gouverneur me dit enfin , que cC
qui l'obligeoit à demeurer ferme étoit .
le manque doficiers.quilnavot: que
Meflieurs de la Malmaifon & de Maifoncelle far qui il pût compter 5 qu'il
étoit de la'dernieré importance
le
premiernes s'éloignât
du Fort,
pas
que
le fecond ne pouvant pas être par-tout s
on expoferoit toute la colonie à êtré
défaite, fi on venoitàavoir une affaire
un peu ferieufe avec les ennemis; alt
lieu qu'on ne couroit point ces rifques
quand on - feroit couvert par le Fort, &
ies retranchemens de la riviere des Gallions & de Bifdariprefque inacceflibles,
& par conféquent plus faciles à conferver; qu'on attendroit ainfi le fecours de
la Martinique avec lequel il feroit facile de chailer les Anglois d'autant plus
aifément que les maladies
regnoient
parmi eux en auroient
nomEILE
bre, fans compter ce qu'ils perdroient
dans les actions qui ne manqueroient
pas de fe paffer tous les jours qui fervi.
roient encore à aguerrir notre monde.
Il me dit enfuite qu'il avoit interrogé les trois prifonniers, & qu'ils lui
avoient conftamment. déclaré qu'il n'y
Dv --- Page 94 ---
82 Noszenur
2703. avoit fur la Flotte Yrorager AHY Ifes
- Erat des ITmudAnctcene à l'affaire
que qui Regimens
Troupes
de
fervi.
IAE
fes, Angloi. minucz, non-feulenient Vigo, qui étoient fort dien mer devant & pour avoir étés mais
après
at
Siam & la diffenterie encore par la maladic cette de
dans ces Troupes quis'éroient mifes.
éroient ala Barbade; pendant qu'elles:
qu'on avoit fait a
qne dans la revûe:
Regimens huit
ne faifoient Mariegalante ces cinq:
cens hommes; Qu'environ dixeens hommes de tousles qu'on avoit tiré fix:
vaiffeaux. Le
équipages des.
étoit de
regiment de Bregeis
cens 4sohommes, & environ douze qui,
du Gouvernement RnReCeritate ou de milices.
dépendanes. Le d'Antigues & de fes:
encore- déclaré François réfugié avoir
de
qu'ily y avoit
Flotte mefntelligence & le Général entre l'Amiral besticoup de la:
les Colonels failoient Codeingron, à
fur & qu'il la y. avoit eu de difficulté PrASE
Floue, que les groffes gageures.
repouffées àla defcente, Troupes fcroiene
nous. étions à
Pendant
déferteurs.
parler,. on amena
ils
Irlandois,
a
tour ce que je viens de confirmerent
terent que fi on
dire, & ajonde faire Içavoir qu'on ponvoit trouver moien
donneroit paflage
failoient Codeingron, à
fur & qu'il la y. avoit eu de difficulté PrASE
Floue, que les groffes gageures.
repouffées àla defcente, Troupes fcroiene
nous. étions à
Pendant
déferteurs.
parler,. on amena
ils
Irlandois,
a
tour ce que je viens de confirmerent
terent que fi on
dire, & ajonde faire Içavoir qu'on ponvoit trouver moien
donneroit paflage --- Page 95 ---
Frangoifes delAmerique. $;
aux déferteurs pour fc retirer en Euro- 1703*
pc, le tiers des Troupes déferteroit.
J'entrai enfuite. avec le Lieutenant
de Roi chez le Gouverneur oà l'on fit
la diftribution des poftes que les Troudevoient occuper le long du bord
pes de la mer & de la Riviere des Gallions.
On en fit des copies
le Major &
les Aides-Majors, & Eibesa acheva de porter au Fort les munitions de guerre &
de bouche qui étoient encore dans les
magalins. Le fieur Binois entra dans sle
Fort, & fit travailler à un fourneau fous
la petire face du Cavalier qui regardele
Donjon, afin d'ôter aux ennemis, s'ils
s'en rendoient maitres, une embrazure
quiy étoit, qui auroit incommodé le
retranchement qui couvroit le Donjon.
Les Peres Jeluites firent
dans
le Fort les
meubles de
Eglife,
LenrEg
gros deux
de
& entre autres
grandes figures
bois doré de Saint Louis & de Saint
Ignace. Dans ia guerre précédente on de Deftinée deux
les avoit laiffées dans T'Eglife; mais lcs
Anglois les enleverent, & les charge- Estiton
rent fur une barque pour les
à
Antigucs; heurenfement la LEE fut
prile par un de nos Corfaires & les
figures renduès aux Jefuités & replacées en leurs niches. La même chole
Dvj --- Page 96 ---
n'arriva emoascParstirs aux Hles
1703. jon aiant pas été en cette guerre 5 le Donces ftatues furent enlevé briilées par un fourneau,
qu'on y avoit retiré. Le avec tout ce
m'avoit beancoup prelfé d'y Gouverneur
papiers, & ce que J'avois de mettre mes
jene fçai par quel
meilleur ;
voulus mettre
prellenciment jei n'y
qui fut brôlée.. qu'une, cailleide livres.
Après que les poftes curent été
ies glez,Tinfiltai fortement fixr
re-
: La
deux chocanons de premiere la
que - l'on retiracles
Darreie des
qu'onles mit dans le
Carmes, &
entre le Fort & la. Falaife Fort, ou du moins 10
la mer., oàl'on
du bord de24 heures
pouvoit dans moins de
P dun foffé érablir &.
une batterie couverte
étoit que. les. d'une paliflade. Ma raifon.
nons les, auroient ennemis trouvant ces Ca-:
OlL: forez, &: s'en bientôr defenclotiez
nous fans.avoir la ferviroient contre
cendre. de. leurs peine d'en faire: def.
une. batterie établic vailleaux; & qu'aiant
dans leilicu
droier, propolbis, nous ferions en état
je
le01ed fouvaideaux: de Bourg, s. & d'empécher les
s'en: approcher:a
jourois que cette, baiterie étant quoij'aavant que les ennemis cuffent érablie
leur,ilétoir évident
établi la:
que nous lcs eus.
. de. leurs peine d'en faire: def.
une. batterie établic vailleaux; & qu'aiant
dans leilicu
droier, propolbis, nous ferions en état
je
le01ed fouvaideaux: de Bourg, s. & d'empécher les
s'en: approcher:a
jourois que cette, baiterie étant quoij'aavant que les ennemis cuffent érablie
leur,ilétoir évident
établi la:
que nous lcs eus. --- Page 97 ---
Fyançoifes de PAmbrigue:
flons chagriné d'une terrible maniere, 1703La feconde chofe far laquelle j'infifV tai fat de mettrele feu au bourg avant
del'abandonner: : maraifon étoit quel les.
ennemis ne manqueroient pas dele faire
en fe retirant, &c qu'aintr il étoit plas
à propos de les prévenir quc de leur
laiffer ce foin, après qu'ils fc feroient
fervis de nos maifons pour fe loger,
ou qu'ils-en auroient pris les materiaurx
pour faire les plates-formes de leurs
batteries & les autres chofes dui leur
feroient nécelfaires: Le Lieutenant de
Roi étoit de mon fentiment pour les:
canons 5 mais il-n'en fut point pour
brûler le Bourg; il efperoit aufli-bien
que le Gouverneur > que le fecours de la
Martinique afrivant, on poufferoit lés
ennemis fi vivement, qu'on: ue leur
donneroit pas le tems de rien brûler.
eu raiJ La fuite a fait voir que j'avois
fon d'infifter far ce point. A l'égard du
premier, , le. Gouverneur n'y voulut jamais confentir, fous prétexte que les.
Angleispourroicnt enlever cette battcrie lépée à la main, &0 s'en fervir contre nous. Nous lui fimcs voir Timpoffibilité de cette entreprife; mais comme
ncus le vimes fixé à les faire feulement
-encloicr, &càleslaiffer ren leurs placcs, --- Page 98 ---
86 Nomzenus
je me
Yoyages AHN Ifes
P7os. affuts & retranchai lès
à denander
ce qu'il platesformes
que les
foin. Avant m'accorda & me iulfeacbrates
de faire mettre chargear le de ce
& les fis
fçu aux
afin
charger
SRERCEEE
de les faire jufqu'a la bouche canons,
quel far leur fort, crever, Je ne (çai s:
qu'on eût mis le
car on le retira dès pas
& quand nous fewaux plates formes;
après la retraite rentrâmes des
dans le Bourg
trouvatncs que deux Anglois, nous ne
plufieurs pieccs des canons rompus &
On envoia l'ordre autres.
faire retirer les
au Major pour
foleil feroit
Troupes dès que le
les premiers couché, de maniere
roient far la hanteur qui defleroieag, s'arrête: que
fieur Boulogne
de la fucrerie du
quiles
> pour foûtenir celles
inquiétées faivroient, dansleur cn cas qu'elles fuflent
hauteur en hanteur, marche, & ainfi de
Bourg où elles
julquaTentee du
leur campement. recevroient l'ordre de
& Cetteierraise le
fe fit ent trèsbon
métier. Major Les fit voir qu'il fçavoit ordre,
mouyement de Anglois s'étant
fon du
charger, & choifitent nos gens 9 voularent aperçus les
tivicre l'endroit à côté de pour paffer la
netre fucre-
flent
hauteur en hanteur, marche, & ainfi de
Bourg où elles
julquaTentee du
leur campement. recevroient l'ordre de
& Cetteierraise le
fe fit ent trèsbon
métier. Major Les fit voir qu'il fçavoit ordre,
mouyement de Anglois s'étant
fon du
charger, & choifitent nos gens 9 voularent aperçus les
tivicre l'endroit à côté de pour paffer la
netre fucre- --- Page 99 ---
Françoifes de PAmérique.
rie:c'étoit alfurément le plus commo- 1703
de; & c'étoit pour cela que jy avois
pofté-le fieur lc Févre avec fes Enfans
perdus. Commeil fe préparoit: à fe retirer, les Anglois déboucherent tout d'un
coup des deux côtez de la fucrerie, fe
jetterent dans la riviere où il n'y avoit
de l'eau que julqu'aux genoux ou à la.
ceinture, & fe prefferent
gagner
le retranchement. Le fieur BCTe Févre lesreçit bien,-fes gens firent leurs décharges fans.fe preffer, les uns après lesautres; & comme ils avoient despiltolets de ceinture > leur feu fut fort vif" -
& fort violent.. Les Compagnies qui.
étoient dans les angles voifinsles feconderent fi bien, que les Anglois furent
obligez de ploier, & de fer retirer avec'
une perte confidérable, fans avoir pè:
gagner le retranchement.Le fieur lerévre (e retira enfuite avec tout le refte:
des Troupes au petit pas, fans être inquiété, & fans autre perte que d'unhomme bleffé.
Je me trouvaivà l'entrée du Bourg
avec le Gouverneur quand les Troupes
arriverent ; on laiffa le feur le Févre"
avec (a.compagnie, celle de Heurtaut
& celle des Negres far la hauteur de:
la.Ravine Billaus-pour y.paffer la nuit >: --- Page 100 ---
88 Nowneame
1703. & oblerver les Fayager AHX Hes
mis.
mnonvemens des enne:
gnies On des-fieurs firientrer dans le Fort les
Tireca,
Bonueachar, compapagnies
fe joindre aux Trezel &
la
RCE la: Marine
deux compremiere
qui y éroienr';
Cloche Lieutenant commandéd du
par le ficur
eelle, qui tifaifoitles ficur de Maifon-
& la feconde par le fieur foncions de Major,
cinq compagnies
du Chatel. Ces
On y fit auti faifoient 30sh
du vaiffeau entrer les deux Canoniers- hommes.
autres Caroniers AAtenpapat deux
aides, quelques de.lifle avec douze.
lurent tenir
Volontaires gui voude Roi, deux compagnie au Licurenane
Carme pour Aumônicr Chnutgienes un Pere
Magazins, quelques
5 les GardesDomeliques, de
Ouvticrs & des
rent environ
forte qu'ils fe
Camps.
Le pofte da 370, hommes.
trouvement des
haur de la
Troupes Colnsnatpsicien fur
riviere des
delsco lonie, le occupé par lcs palligede Madame,
Bonrg, Lofaur compagnies &
des fieurs
failoient 163 hommes. Thomaféan, qui
On renvoia la
Rivicres commandée compagnie des trois
Meurs, en fon
par le fieur des
Ances, avec ordre quartier deu > pourgarderles
tenir une garde
Le pofte da 370, hommes.
trouvement des
haur de la
Troupes Colnsnatpsicien fur
riviere des
delsco lonie, le occupé par lcs palligede Madame,
Bonrg, Lofaur compagnies &
des fieurs
failoient 163 hommes. Thomaféan, qui
On renvoia la
Rivicres commandée compagnie des trois
Meurs, en fon
par le fieur des
Ances, avec ordre quartier deu > pourgarderles
tenir une garde --- Page 101 ---
- Françoifes de PAmérique:
3 fur le chemin du réduit, pour empè- 1703*
- cher que qui que ce foit ne paffàr du
côté de la Cabefterre, fans une permic
- fion fignée du Gouverneur.
La compagnie des Saintes fut poltée
de la
-
awv vieux Fort, à l'AnceCroix,
& aux' environs 2 pour défendre ces
lieux-là en cas de befoin, & pour entretenir des vigies, pour découvrir ce qui
-
fe palfoit en mer, & en donner avis.
La compagnie du fieur Celleron 2.
eutla droite 2
comme la plus ancienne,
& fut
fur la hauteur à l'embouchure cte la riviere des Gallions, lel long
du Boiau qui faifoit face à la mer: 5 les
s'étendirent jufqu'au
autres compagnies la Cavalerie de la
Morne de Bildari;
Baffe-Terre, qui avoit envoié fes chcvaux dans les hauteurs & aux trois rivieres, fut mile à la batterie des Gallions, où le Gouverneur avoit choifi
3 fon pofte avec les Volontaires qui-Taccompagnoient. Les Cavaliers déla Cabefterre & de la Grande-Terre & la
compagnie du fieur Heurtaut furent pode
à
fez à Thabitation du feur Milet &
1e la Veuve Cherot fur lariviere des Gallions. pour-garder les petits paffages qui
E étoient fur cette rivicre.
du fieur le- Févre &.
: - La. compagnie --- Page 102 ---
90 Nomcans
celle des Negres Foyager Anx Hler
I703. fixe, parce que leur n'eurent poine de pofte
toljours en campagne emploi étoit d'ètre
favorifer ennemis > enlever des pour harccler les
Ilétoit les Deferteurs. Prifonniers &
Troupes cuffent plus de minuit avant
pour aller s'établir défilé par le que les.
Tallai dormir
dans leurs Bourg
dans la falle du trois ou quatre heures poftes,
REe achevoir de Gouverneur pendant
tranfporter les meuCHAPITRE V.
Ce gMi fe pafa de part
gu'a Tarrince du
ee d'aure jnf.
tinigue.
faconrs de la Mar.
L ESamedi matin
24-Mars M.de
tra dans Malmaifon, le Fort; Liencnanrde
la
tant de: valeur alliveandserio Roi,enque nous étions douze ans
avec
Ieroir pas moins affarez qu'iln auparavant,
occafion. On mit le de feu gloire Inesaquid. dans cette
Saint François, & nos à la batterie de
quiavoient Paffé la nuit trois fur compagnies la
hauteur
'aure jnf.
tinigue.
faconrs de la Mar.
L ESamedi matin
24-Mars M.de
tra dans Malmaifon, le Fort; Liencnanrde
la
tant de: valeur alliveandserio Roi,enque nous étions douze ans
avec
Ieroir pas moins affarez qu'iln auparavant,
occafion. On mit le de feu gloire Inesaquid. dans cette
Saint François, & nos à la batterie de
quiavoient Paffé la nuit trois fur compagnies la
hauteur --- Page 103 ---
Françoifes de PAmérique.
r
delaRavine Billau, fans être inquietées" 1703.
le moins du monde, entrerent dans le
Bourg, & firent la recherche dans toutes les maifons. , pour voir s'il n'y auroit
point de Negres ou d'engagez cachez
pour fc rendre aux ennemis.
Sur les dix heures une garde quiétoit fur une hauteur alant fait fignhe
que les cnnemis approchoient, on tira
un coup de canon pour avertir les Enfans perdus & les Negres de fe retirer
dul Bourg; on lesi mit en bataille furlefplanade du Fort. Le Gonverneur commanda à la compaguie des Negres d'obéir au fieur leFévre, > & lui donna ordre de s'aller embufquer derriere l'enclos des Jefnites, pour faire des prifonniers, mais fans s'engager dans aucune
affaire qui eut des fintes.
Les ennemis s'approcherent, marchant
fur deux colomnes; unc tenoit le bord
de la'mer, & étoit épaulée par les vaiffeaux ; l'autre avoit pris le chemin de
la hauteur, c'eftà.dire, à cinq cens
du bord de la mer ; ils marchoient
Tboet
ferrez & en bon ordre, croiant trouver
de la réfiftance, & affiurément ils en
auroient trouvé,fi on eût fuivil'avis de
M. de la Malmaifon, qui vouloit leur
difpures le pais à chaque hauteur ou --- Page 104 ---
92 Nomteamet
1703. ravines ce qui les Foager auroie AHX Hles
derablement bien
, & leur
rerardé confdu monde
auroit fair
Anglois Les jugea - plus à ; mais le Gouverneur perdre
s'einpa. habirans.
Propos de
rent du
du conferver fes
&
bourg, François, ibsempiremente ne
Bourg Saint
aux Herbes quile pallerent
la tiviere
Balle-Terre. Le feur fepare der celui de la
les hauteurs
le Févre vint
Billau, il mit jufqu'au le dellias de la
par
nes qui étoient feu à toutes les Ravine
de ce côté là, & canAeserSn : à 600.
en
foit pas au deffus du Hclaquiénient
un vent de terre Bourgs il faique le feu fe
aflez frais qui fit
rous côtez, Les communiqu aifément de
de
ennemis furent
vouloit. ceeincendicey ils crurent furpris 6
fe mirent atraquer; ils
qu'on les
en
prirent
la nuit. Nos bataille, &y pafferent lesarmes,
la faveur de la gens s'en
toute
approchetent à
ques coups de fulil; nois&cfleur mais tirerent quelrent jamais quitter leurs ils He voalutenoient fi ferrez,
poftes, oà ils-fe:
faire aucun prifonnier. qu'il forimpofible de
Dimanche.ir dans le ilsehablirentle
deme.ccaidne, dans Bourg de la Bafle-
& étoient de la à couvert du canon slsmaiongt du
Il y avoittrois flate-forme.a côté du Cavalier
pieces en cet Donjon.
endroitqui
de fulil; nois&cfleur mais tirerent quelrent jamais quitter leurs ils He voalutenoient fi ferrez,
poftes, oà ils-fe:
faire aucun prifonnier. qu'il forimpofible de
Dimanche.ir dans le ilsehablirentle
deme.ccaidne, dans Bourg de la Bafle-
& étoient de la à couvert du canon slsmaiongt du
Il y avoittrois flate-forme.a côté du Cavalier
pieces en cet Donjon.
endroitqui --- Page 105 ---
Françoifes de PAmérique:
balayoient toute la rue du Bourg, de
forte qu'ils furent obligez de percer les 1703.
maifons pour fe communiquer, n'étant
de le faire autrement, fans
pas s'expofer pollible à être emporté par le canon
qui tiroit fans ceffe &.avec toutlefuccès
poflible.
a
les An-
. Le Lundi 26.on s'aperçut que
travalloient à établir une batterie
glois dans D
l'enclos des Jefuites 5 mais comme
on ne fçavoit pas précifémentl l'endroit,
on prit le parti de rafer leur muraille
àc coupsde canon. Deux déferteurs qui
vinrent le Mardi matin, & qu'on fit entrer dans le Fort, montretenclendrojt
oà ils travailloient, qui étoit couvert de
quantité de brouffailles; ils nous dirent
que notre canon leur avoit déja tué ou
bleffé plus de cinquante hommes, & entre autres deux Officiers que l'on regrettoit beaucoup.
On avoit fait une ouverture pour
entrer dans le Fort à côté du Donjon, >
& on pouvoit y entrer parla porte Ordinaire; 5 car les'ennemis ne fc font jamais approchez affez près pour nous en
empècher l'entrée. Jallai diner chez M.
de la Malmaifon, > je lui dis que j'avois
été le matin à Hotelmont, d'oi j'avois
découvert avec meslunettes tout le tra- --- Page 106 ---
94 Nowveatr
1703. vail des ennemis, Frgager &
AnX Hes
gné à deux cocoriers Que je m'étois alidansle chemin
qui répondoient
fait dans les que les ennemis avoient
duire leur
cannes brfilées pour conpar des foldats canon, faute qu'ils faifoicut traîner
vaux, &
de beufsou de chemeuré fir qu'enfin la
M. Hoiicl étoit demonragne
figne avec un
pour nous faire
des travailleurs: pavillon des démarches
Nous paflâmes
Taptés-dinéea tirer fixr
la batteric du
toute
leurs
le chemin & fuar les Cavalier à
même Anglois, 3 & nous Içûmes travail- le
leurs que nous avions
foir
de canons, tué ou bleffé rompu un de
leurs
bon nombre
tous ceux traineurs, & mis en défordre
Je
M. taulelendenain à
Hneiriedtr
MonHoliel de
Hoiielmont avec
ficur mes toute la Varennes, nous y
Hoiel de dans un
journée. Je croi
paffiVarenautre endroit
avoir dit
ues,
rennes étoit fils de M. que M. de VaVant Seigneur &
Hotiel, ci- dedeloupe.
Proptiéraire dela Guafans
parêt un
ne laifloit
homme
r
trèmemenr poli, & d'avoir pas d'être exmanieres d'un homme de
toutes les
gêne & fans
qualité, 5 - fans
généreux, contrainte; il étoirl brave,
verte à tous liberal; les
fa maifon étoit olhonnètes gens, & les
it fils de M. que M. de VaVant Seigneur &
Hotiel, ci- dedeloupe.
Proptiéraire dela Guafans
parêt un
ne laifloit
homme
r
trèmemenr poli, & d'avoir pas d'être exmanieres d'un homme de
toutes les
gêne & fans
qualité, 5 - fans
généreux, contrainte; il étoirl brave,
verte à tous liberal; les
fa maifon étoit olhonnètes gens, & les --- Page 107 ---
Frangoifes de TAmérique.
trouvoient en lui acs fecours 1703.
pauvres
il fuffifoit qu'il fçût le
tofijours prèts;
aller au-debeloin d'une perfonne
lui offrir 2. &
donner
Rera
vant , n'auroit ofé demander;i
ma
qu'elle
Gouverneur fur la haulogéà cent pasdui des Gallions, il teteur de la riviere
&fe faifoit un
noit une bonne table, bien du monde. Les
plaifir batteries d'y recevoir du Fort furent f bienferdeux
ni tranfvies que les Anglois ne ni purent travailler à leur
porter leurs canons,
batterie de toute la journée.
Nous apprimes le foir
le fieurde Le fieut
Machault
de
étoit ar- de MaEIK
Capitaine
rivéàla Martinique en qualité de Gou-chault Gouververneur Général, & quilavoit apporté de la neur néral. Gé- des
au fieur de Gabaret, Gouverneur de Lieute- Illes.
Martinique, la commiflion
Général, qu'anant au Gouvernement Commandeur de Guitaut.
voit le défunt
la même voie qu'on
Nous fçàmes N Martinique à nous fefe préparoit
ce feroit le nouveau
courir , & que
conduiroit le
Lieutenant Général qui
de la
fecours. M. Auger en témoigna
joie; mais il fut facile de découvrir que tentemét Mécondans le coeur il In'en étoit point du tout du fieur
contènt; il fouhaitoit le fecours, mais Auger.
tinfiniment
le Condadeumiuidéphifati --- Page 108 ---
Nowveanx
foit parce qu'érant Toyagt aux Hies
1703. verneur que lui, il moins le ancien Gonpofte qu'il croioitlui être voioit dà dans un
que l'aiant vû à la
sfoit parce
lorfque cette Mle Martinique fat
en 1693:
Anglois, il ne lui avoir attaquée par les
homme de conduire ni de -pas paru un
Comme j'étois
réfolution.
le Gouverneur, prelque toljours avec
les autres de fon je. m'appercas plus que
parlai une fois chagrin; 3 & je lai en
feuls, & quoiqu'il que nous nous't trouvâmes
être maître de fon dilimulat, voulant
qu'il avoirdans l'ame, fecret, je VIS tout CC
facheufes
& j'en tirai de
Le Mercredi conféquences pour la faite.
fon m'envoia 28. M. de la Malmaiprier à diner; jy
prefque toute la
paffai
ines de l'arrivée du journée; fieur , nous parlâ-
& ilfe trouva
de Gabarer,
corderent
que nos penfées ne s'acquelle raifon que trop. Je ne fçai
du Donjon nous montâmes au haut! pour
vrimes qu'il ; maisy étant, nous découy avoit
ciers à rable dans un beaucoup d'Offifonnerie, qui étoit à pavillon un des de Maf.
jardin des Jefuites. Le
angles du
Roi envoia ordre aux Lieutenant de
pointer trois oul quatre canoniers d'y
les tirer en même tems. pieces > & de
Cela fut exé!
cuté,
'acquelle raifon que trop. Je ne fçai
du Donjon nous montâmes au haut! pour
vrimes qu'il ; maisy étant, nous découy avoit
ciers à rable dans un beaucoup d'Offifonnerie, qui étoit à pavillon un des de Maf.
jardin des Jefuites. Le
angles du
Roi envoia ordre aux Lieutenant de
pointer trois oul quatre canoniers d'y
les tirer en même tems. pieces > & de
Cela fut exé!
cuté, --- Page 109 ---
Prançoifes de P Amérique.
auté, & caufa un fracas terrible dans ce
pavillon. La poufliere nous empècha 1703.
d'abord de voir ce qui s'y étoit paffé;
mais quand elle fut abbatue, on vitle
pavillon vuide , & fort délabré 9 &
beaucoup de gens qui emportoient des
corps morts ou bleflez dans les bâtimens qui étoient au-deflous s & qui
fervoient de cuifine & de refectoire à
ces Peres.
Le fieur le Févre furprit avec fes
deux Troupes. une Compagnie Angloife qui remontoit la Riviere o.
aux
Hcrbes, 2 ou pour reconnoître le pais,
ou pour chercher des vivres. Les Anglois crurent d'abord tenir fepr ou huit
de nos Negres qui paroiffoient avoir
été furpris, & qui prirent la fuire.exprèsspour les attirer dansl'embufcade;
ils les fuivirent en effet, & fe virent
tout d'un
enveloppez ils ne laifferent pas CE de défendre fi bien, qu'ils
donnerent le tems â un délachement de
les venir dégager > après avoir laiffé
fur la place 18 morts & fept bleflez,
les - Negres, acheverent, pour avoit
& deux
Reek
habits,
prifonniers. On
ne peut croire combien ce petit avantage augmenta le courage de nos gens,
& fur tout de nos Negres.
Tome VIII,
E --- Page 110 ---
98 Nowveanx
La plus
Poruga Aux Ihes
1703. notre RaEaat parrie des Negres de
les hanteurs du S'éroient retirez dans
quinze ou vingr Marigor; qui
ily en avoit
les défendre, & environ éroient armez
voient dans la
trente qui SiTreat
Nos gens avoient compagnie des Negres.
enfans
mis les
dans > les vieillards &c femmes, les
les
ces endroits
infirmes
& ceux qui étoient éloignez & difficiles,
l'entrée du bois, & alloient armez gardoient
d'oi ils ne revenpient
en parti,
vuides.
jamais les mains
Deux de CCS
au foir donner avis Negres a vinrent lc Jeudi
queles Anglois avoient notre brûlé Supericur, ,
crerie &tous nos bâtimens du notre fu-
& gu'il y avoit
Marigor,
loient tirer nos apparence qu'ils voucachées dans la chauidieres, falaife;
qui étoient
terent que quand les ils nous rapporarrivez chez nous, il Anglois étoient
nos Negres fur un
y avoit trois de
fus de la fucreric petit Morne 2u def
François refugiésétoit ; qu'un Anglois ou
avoit demandé s'il déraché, & leur
traiteravec
y avoit sûireré de
du qu'oui, eux, & que lui aiant répon- -
fans armes; pourvû il avoit gu'il vint feul &
de monter aveç fon filil eu l'imprudence fir
Iepaule,
is étoient
nos Negres fur un
y avoit trois de
fus de la fucreric petit Morne 2u def
François refugiésétoit ; qu'un Anglois ou
avoit demandé s'il déraché, & leur
traiteravec
y avoit sûireré de
du qu'oui, eux, & que lui aiant répon- -
fans armes; pourvû il avoit gu'il vint feul &
de monter aveç fon filil eu l'imprudence fir
Iepaule, --- Page 111 ---
Franpoifes de LAmérigue.
la croffe en arriere; deux de ces Negres 1703éroient armez > le troifiéme n'avoit Negotiaqu'nne longuc ferpe, dont javois fait tcur Anfaire ue certaine quantité > pour cou- glois par les tué
des raquettes & autres bois épiper
avoit un manche dc fer dé mfite bins.
neux , qui de long; de forte qu'avec la
deux pieds du coupant & du manche de
longueur
avoit
de
bois, cet infrument
près quatre pieds de longueur, Quandsce Negociateur fut monté jufqu'ou ils éroicat,
il les exhorta de prendre parti avecles
Anglois, & deleur découvrir où étoient
lcs Negres des Peres blancs, 2 les affubonne
s'ils les
rant d'une
recompenfe
lui
failoient prendre. Nos strois Negres
dirent que la chofe étoit faifable; mais
vouloient avoir un écrit figné de
lamain qu'ils du Général Codrington, qui les
declareroit libres, eux & leurs familles,
& qu'à cette condition ils l'alfuroient
de lui livrer plus de trois cens Negres.
Soit que T'Anglois crut cc que nos Negres lai difoient, ou qu'il fit femblant
dele croire, afin de faire approcher fes
camarades, & fe faifir de nos trois Negres, il leur promit ce qu'ils demandoient, & leur toucha dans la main; &
fe tournant vers fes gensill leur fit adroitementun figne dontnos Negres s'étant
Eij --- Page 112 ---
IGO Nonveanx
aperçus, celui Foyages aux Iles
#703.
qui avoit la
lui en
déchargea un coup fur le côtédela fcrpe
qui T'étendit par terre. Les deux tète,
prirent le corps, & le jetterent autres
falaife > parce qu'ils
dans'la
tems de le
n'avoient pas le
dépomilier, &
cmportant feulement fon s'enfuirent,
let qu'il avoit à la
fufil, un piftopcau qui avoit une ccinture, taillade de & fonchapouces de longueur.
fixalepe
Les Anglois qui étoient au bas
morne monterent en
du
fecourir leur camarade, diligence & fc
pour
nos Negres ; ils les faivirent venger de
bois, mais ils n'oferent
julqu'au
qu'ils fe virent canarder y entrer, parce
de differens
a endroirs, faire > fans fçavoir à qui ils auroient
feu à nos s'ils avançoient 5 ils mirent le
cannes en fe
tous nos bâtimens,
rerirant s . & à
Le Vendredi 30. notre
vint trouver à ma
Superieur me
de la Riviere des baraque, au pallfage
dre avec moi les Gallions, mefures pour prennos chaudieres 3 nous fimes pour fauver
Gouverneur
trouver le
le fieur le Févre 2 & nous obtinmes
vice avec fes deux nous rendroit ce 2
lois les
Compagnies. Je vouaccompagner ; maisle
neur ne le jugea Pas à propos, Gonver-: Le ficur
Le Vendredi 30. notre
vint trouver à ma
Superieur me
de la Riviere des baraque, au pallfage
dre avec moi les Gallions, mefures pour prennos chaudieres 3 nous fimes pour fauver
Gouverneur
trouver le
le fieur le Févre 2 & nous obtinmes
vice avec fes deux nous rendroit ce 2
lois les
Compagnies. Je vouaccompagner ; maisle
neur ne le jugea Pas à propos, Gonver-: Le ficur --- Page 113 ---
Erançoifes de PAmbrigue. . IOI
ie Févre y alla; il pofta fes gens dans 1703
la coftiére du parc, vis à-vis P'endroit
où les Anglois trav vailloient à retirer nOS
chandieres , & fit fur eux des décharges
fi mcurtrieres, qu'il les obligea d'abandonner ce qu'ils avoient commencé,&
de fe retirer après avoir perdu plufieurs
des leurs, & eu beauconp de bleffez.
Nous en fimes quitres pour cinq chaudiercs qu'ils avoient déja emportées *
avant que le fieur le Févre fat arrivés
on mit les autres dans des endroits plus
furs, & nous les trouvâmes après la
retraite dcs ennemis.
Nous câmes en deux jours onze deferteurs; ils dirent tous qu'il y avoit
beaucoup de malades dans leurs Troupes, & que (ans ia crainte qu'ils avoient
de rencontrer les Negrés armez, il deferteroit beaucoup de monde. On
à M.
de faire femer
CaETUIC
pola
Auger
lets aux environs de leur camp, pour
les exciter à deferter, & leur donner
des fignaux; il eut des raifons pour ne
le
faire.
:
fieur
-
Lt Dimanche premier Avril,le
le Févre étant forti du camp avec fes
deux Compagnies 2 rencontra à mille
pas au-deffus du Bourg trois compagnics
Angloifes, qui alloient vers les habiEiij --- Page 114 ---
1ez Noueaue
tations des
Vayagei ANX Hles
#703. il envoia Carmes & du ficur duc
Negres un de fes hommes averrir Querys
Umparti de loi, qui de étoient à quelque
les
Anglois
lc venir
diftance
cidéfait au travers des
joindre, en
ficur par le le prendre les ennemis caunes brâilées, afin paflant de
Févre. vança enfiite fur le bord en Aanc; il s'aravine, &
d'une
Anglois, commença: à faire feu fur petite les
plus forts ceux-ci fc voiane trois fois
per, mais que les lui, voularent
Negies étant T'envelop.
eôté, & le ficur da Pont venus d'um
Cavalerie de la
Lieutenant de
vé par hazard de Cabefterre ce côté-là s'étant troufi 30. hommes, 2 les Anglois furent avec 25. Oll
vivement de tous
poulfez:
fecours confiderable côtez, que fans un
ger, pas un ne feroit qui iles vint dégacamp; ils laifferent retourné cn leur
fir lap
dont place, 3 & environ trente-fepe morts
les Negres
vingt blellez,
fit Quatre
prirent foin ; on leur
que deux hommes prilonnieis, & nous n'eimes
venir que c'eft un bleflez. Il faut con-.
bien (gavoir le
grand avantage de
toûjours à couvert pais : nos gers 8 éroient
glois qui ne le
pendant que les Anboient à tous momens connoiffoient pas, > tomcades que les nôtres leur dans les embuf
Un des Negres de drefloient.
notre maifon tua 1
Quatre
prirent foin ; on leur
que deux hommes prilonnieis, & nous n'eimes
venir que c'eft un bleflez. Il faut con-.
bien (gavoir le
grand avantage de
toûjours à couvert pais : nos gers 8 éroient
glois qui ne le
pendant que les Anboient à tous momens connoiffoient pas, > tomcades que les nôtres leur dans les embuf
Un des Negres de drefloient.
notre maifon tua 1 --- Page 115 ---
Francoifes de PAmbrigue. io3
tin Officier Anglois, 8c emporta fon 1703
E(ponton; fon Épée & fon Hauffecol,
il m'apporta ces trois piéces, qui penferent ètre caufe d'un démèlé > parce
qu'un de nos Officiers les lui demanda,
& le menaça de le maltraiter s'il ne les
lui
le Negre m'en vint faire
fes
& me dit refolument que
lui
AUSTL
fi l'Officier levoit la main fur
il le
tueroit. Je le connoiffois tout propre à
le faire comme il le difoit, & asallet
rendre enfuite 2uX Anglois 5 je lui dis
de n'en rien craindre, & que je parleroisàcet Officier : en eflerjele rencontraile même jour chez le Gouverneur,
8cjel lui dis, que s'il vouloit avoir des
armes des Ofliciers Anglois 3 il falloit
qu'il prit la peine de les aller tuer 2 &
quej jel le priois de ne plus penfer à celles
quc mon Negre avoit gagné > parce
qu'elles étoient en de bonnes mains.
Le Gouverneur lui dit qu'il avoit torts
& lui montra le danger auquel il S'cxpofoit.
les
déLe Lundi 2. Avril,
Anglois
Les
mafquerentleur batterie, &c après qu'un batient Anglois
d'eux nous eût crié, bon jour Meflieurs le Cavai
les François, ils commencerent à tirer lier.
fur le Cavalier du Fort; leur batterie
n'étoit d'abord que de cinq pieces de
Eiv --- Page 116 ---
104 Norveaux
1703- ils douze, & de dix Foyagmane - hait livres TEL
de differens Heugmenterent jufqu'à onze balle's
dans le
calibres ; clle éroit pieces
éloignée premier du
enclos des
Cavalier
>
AE
melure du pais,
d'environ 450 pas,
fes; ils firent à celt-a-dite, droit & à 225. toifix parapers pour la défendre; gauche des
pieds de hautcur.
ils avoient
le tour compofé de avec une banquerte,
éroir pour foûtenir la terre piquers dont claionnez, le
leur rempli: c'étoit à qu'ils milicu
monlquereric
tenoient
ment qu'inurilement qui tiroit aufli vivele Cavalier.
fur le Fort, & firr
rallentit Notre canon qui fut très-bien
même bientôt le feu du
fervi
&
jour il brifa deux leur ; dès ce
notre mouiquereric deleurs pieces,
parapets du Fort,
qui bordoit les
coup.
lesincommoda beauheur Le de Mardi brifer 3. Avril ils eurent le bonfonte, qui étoit une dans de le nos pieces de
de caffer la jambe à un de nos Cavalier, de
tuer un Soldat, & d'en Canoniers,
autres: leur c'eft le plus grand bleffer deux
batteric nous
dommage
: gu'elle fit quelquefois air caufé; car quoi- que
leurs Canoniers
un feu aflez vif,
poinroient fi mal, que
les
coup.
lesincommoda beauheur Le de Mardi brifer 3. Avril ils eurent le bonfonte, qui étoit une dans de le nos pieces de
de caffer la jambe à un de nos Cavalier, de
tuer un Soldat, & d'en Canoniers,
autres: leur c'eft le plus grand bleffer deux
batteric nous
dommage
: gu'elle fit quelquefois air caufé; car quoi- que
leurs Canoniers
un feu aflez vif,
poinroient fi mal, que --- Page 117 ---
Françoifes de PAmbrique. volées 1OS de
Jai vâ fouvent que d'onze dans le Ca- 1703canon pas ine ne donnoit de bronze, &
valier. On retira la picce
on en mit une de fer en fa place.
VI: -
CHAPITRE
Arrioée du fecours de la Martixique FINIK
G ce qui fe palfa jufqria
nement du Fort.
N eut avisle même joir 3. Avril
que le fecours que nous: attendions Port
de la Martinique, étoit arrivé au
Sainte Marie de la Cabefterre; il nous
lc lendemain far le midi; ilétoit
joignit de deux compagnies de la Macompolé chacune de60. hommes, de quarine,
de Milices, & de fix
tre compagnies de Flibuftiers 5 ces douze
compagnics faifoient huir cens vinge
Compagnies hommes, dont on en laifla cent vingt
à Sainte Marie, tant pour garder les
&
conferver ce pofte,
barques, Paue infulté par quelque
détachement qui pouvoir des vaiffeaux ennemis >
& les des
pour garder les prifonniers voulut laiffer aulferteurs, dont on ne
Ev --- Page 118 ---
I06 Noreean
1703. cun dans le camp, Toyages de
AHX Hes
défertion ne fàr une feinte crainte gue leur
noitre ce qui 2 fe
pour reconen aller enfuite inftruire palfoit chez nous, &
Ce fecoursétoit
nos ennemis,
de Le Gaba- ficur Gabaret nouveau commandé par M. de
ret Lieu- Ifles,&
Licutenanr Généraldes
tenant c'étoit un Gouverneur del la
Général
homme de
Martinique ;
desifles. ans, fort cadc, & fort plus de foixante
& nullement
incommodé,
l'état qu'il étoit propre afe dans l'age & dans
reille commiflion charger d'une
fois
5 il ayoit été autre- paainé, Capitaine qui étoit de Cavalerie 3 fon frere
vales du Roi, Général lui
des armées NaGouvernement de la avoit fait avoir le
fuite celui de la
Grenade, & enavoient fervi à s'enrichir Martinique, qui lai
ment par le commerce
prodigienfe
il éroit d'une taille qu'il'y avoit fait;
Iemplie; il avoit une mediocre & allez
& grimagoit
balafre au vifage,
homme au refte. beaucoup en parlant; bon
fermé Il avoir avec lui les fieurs de
de
Gouverneur de Marie- BoisValmeinier, & du
galante >
nant de Roi: cC dernier Parquet Lieutcmille de feu- M, du
étoit de lafade la
Parquer
Martinique, &
Seigheur
are miflion.
Bienfaiteur de no-
avoit fait;
Iemplie; il avoit une mediocre & allez
& grimagoit
balafre au vifage,
homme au refte. beaucoup en parlant; bon
fermé Il avoir avec lui les fieurs de
de
Gouverneur de Marie- BoisValmeinier, & du
galante >
nant de Roi: cC dernier Parquet Lieutcmille de feu- M, du
étoit de lafade la
Parquer
Martinique, &
Seigheur
are miflion.
Bienfaiteur de no- --- Page 119 ---
Frangoifes de PAmbriqué.
de la Marine
Les deux Compagnies les fieurs de la 1703.
étoient commandés & de E Tourneric: Le
Rocheguyon,
homme
premier étoit un perit
parfaite- Le fieuf
bien fait dans fa taille, dune phi- de la
ment
&
il avoit Rochefionomie ouverte agréable; du feu, & guion. 4
de l'elprit, de la politetle, il étoit fort
de la valeur à revendre; délicat fur le point
obligeant, mais fi
avec beaud'honneur : qu'il falloit agir on traicoup de circonfpection fecond étoit quand Creollede
toit avec lui. Le
du
Saint Chriftophe - 2 & un des enfans
Capitaine
fieur dela Guarigue premier dans la quade cette Ifle: jen al parlé
triéme partie de ces Mémoires. étoient
Les Compagnics de Milice
commandécs par les fieurs du Buc,Colart, Saint Amour, & Renaudor. J'ai
parlé du premier dans d'auresendroits. les >
feulement ici que quand
ajoliterat actions de fon Pere ne lui ailbelles
des Lettres de Noroient pas procuré fiennes fuffifoient pour en'
bleffe , les
fa famille. Les fieurs
meriter à toute
Amour étoient des
Colart & de Saint
sétoient
Officiers dela Martinique qui
diftinguez dans touteslesguetrest paliées.
leur valeur par
Le Roi a recompenfé & on leur doit
des lettres de Noblelle;
E vj --- Page 120 ---
108 : Nowveaux
rendre cette juftice Yayager aux Hes
1703-bien meriré,
qu'ils les ont trésy
Alégard des Flibuftiers, dontle fieur
Iambehcemmandontar premiere Compagnic : je n'avancerai rien de
braves quand je dirai que c'étoir un des trop,
nêtes Corfaires , & un des plus ete
Ifles. hommes Les fieurs que nous aions cu aux
niel, Lauriol & Queftel, Breart, Dadoientles
Mayeux qui commanautres
de très-braves Compagnies, étoiert
en cette occalion gens, la qui augmenterent
qu'ils ss'étoient acquife jufte reputation
de belles actions.
par une infinire
Dès que ces Troupes furent
on fit entrer dans leFort les deux artivées,
pagdies de la Marine qui
Comriver, avec celle de Milice venoientd'ar- du fieus
Chevalier Confeiller en notre Confeil
Souverain, tenant le
parce que lui & fon Lieude
fieur Filaflier, étant
cet illuftre Corps, ils s'avoilinoient membres
davanrage de la Noblelle de nos
ciers de Marine. On
Offitrois autres
en fit fortir les
lon repartir Compagnies de Milice
avec les
de
Troupes etdus
la.Marainique le long
mens du bord de la Mer, desretranche- & de la
xicre des Gallions,
Ri-
feil
Souverain, tenant le
parce que lui & fon Lieude
fieur Filaflier, étant
cet illuftre Corps, ils s'avoilinoient membres
davanrage de la Noblelle de nos
ciers de Marine. On
Offitrois autres
en fit fortir les
lon repartir Compagnies de Milice
avec les
de
Troupes etdus
la.Marainique le long
mens du bord de la Mer, desretranche- & de la
xicre des Gallions,
Ri- --- Page 121 ---
Françoifes de PAmbrigne. 109
M. de Gabaret s'étoit imaginé
tant de terreur
dm
fon arrivée jerteroit
les obliles coeurs des Anglois qu'elie
feu le
geroit à lever le fiége, comme GénéMarquis de Ragni, 2 Gouverneur
ral des Ifles l'avoit fait lever douze ans
auparavant au,Pere du Général CodringCe fut dans cette
ton qui nous attaquoit.
flateufe idéc que deux Trompettes qu'il
avoit amené, deux Phifres, & nombre de Tambours annoncerent fon arrivée aux Anglois, fe faifant entendre >
& paffant & repaffant avec affcétation
fur la hauteur derriere le Fort, d'ouils
pouvoient être vits de la Batterie des
ennemis 5 mais ce grand bruit ne les
épouvanta point 5 on remarqua au contraire, que leur Batterie n'avoit
le AeE ce
été aufli-bien fervic, qu'elle
jour-là, ni le feu de leur moufqueterie
plus vif, & plus continuel.
laifOn refolut cependant de ne pas
fer rant de braves gens inutiles ? de Projee
crainte que leur ardeur ne fe refroidit.. d'une treprife enOn détermina de faire une fortie de fur la
douze cens hommes de 2 pour enlever ha Batteric des Ane
Batterie des ennèmis, & les chaffer du glois.
Bourg, & mème de l'lle, ( F'occalion
s'en préfentoit. Une partie des Troudevoit paller la Riviere des Galpes --- Page 122 ---
IIO NOMCARE
1703. lions au deffus du Foyager AHP Hles
l'autre deboucleroir Fort >: pendant
dinaire du bord de la par le paffage que Or--
LeJeudi Saint
Mer.
leshuit cens hommes 5r Avril o1 affembla:
querla Batterie
qui devoienr attaligieux de la Charité, danslaSavamner des Revoié 2u Fort de
L'ordre fut ennon & de la redoubler le feu du cafurle Bourg de heulguererice tous
& de tirer
qui étoient
côtez. Les
chemens du poftées bord le long des Troupes
femblécs dans
de la Mer Retran-.
prêtes à fe
le fond de la étoient Riviere alfortir du Fort, joindre icelles qui devoient >
cher avéc ces Comme je devois marec jufqu'au Fort. derniercs.ier m'étois avanfort
Après avoir
tenoit Jongrens, on envoia voir atténdu
que les 800.
à guoiil
pas encore
hommes ne fuffent
Généraux pallez, & on apprir
s'ily y avoit avoient oublié de
que nos
Riviere
un chemin xinformer,
en étant en cerendroici" pour & paller la
la partie point à srouvé,on avoir que nesy
étoit
une
remis
tard autrefots, parce
dul CIAPL la pour aller
qu'il
fûmes
Riviere,e de
patage
contraints
que
Ates
les proiiefles
de renguainer nous
& de nous que nous voulions toures
retirer au
faire,
camp, en mur-
nos
Riviere
un chemin xinformer,
en étant en cerendroici" pour & paller la
la partie point à srouvé,on avoir que nesy
étoit
une
remis
tard autrefots, parce
dul CIAPL la pour aller
qu'il
fûmes
Riviere,e de
patage
contraints
que
Ates
les proiiefles
de renguainer nous
& de nous que nous voulions toures
retirer au
faire,
camp, en mur- --- Page 123 ---
Frangoifes de LAmérigné.
IYY
murant beaucoup contre notre Lieute- 170%
nant Général. hazard fit le lendemain une partie
Le
avoit voulu faire le jour
de ce qu'on
enprécédent, & on auroit peur-êrre
mieux réufli, fion avoit fçû ifefercore vir del'occafion qui fe préfenta.
fcs
Le fieur le Févre étant forti avec
apprendre des noudeux Troupes, poura trouva un corps de
velles des ennemis, hommes, qui étoit
quatre à cinq, cens
La
dans le chemin des haureurs. partie
le fieur le Févie prit
étant
inégale,1
retraite
le parti de fe battre en
julqu'à alant
un lieu appellé l'Efperance , qui une
la Riviere des Gallionsà droite, gauche, & une
Ravine aflez difficile à
muraille de pierres féches pardevant n'ète >
étoit un pofte avantageux attendre pour le fe.
pas enveloppé, & demander. pour
cours quil envoia
comLe fieur de Bois - Fermé, , qui
de
mandoit alors le pofte du pallage fes
fortit auflitôt avec toutes
Madame, s
faire trois cens Combat
Troupes, qui pouvoient le foutenir. Les fieurs du entre Françoiss les
hommes, pour
trou- & les
Parquet & de Valmeinier, allerent quife aufli, Anglois,
verent de ce côté-là, y
vivement
non-fealement on reponffa
mais on les mena tojours
les ennemis, --- Page 124 ---
412 Nonyeati
1703. battant jufques bien Payager Aux Mles
ils perance, & jufqu'a audeflous la vèe
de l'EA
de reçurent dans ce moment du Bourg;
fepra huit cens hommes; un fecours
mouvemens
il fembloit qu'il y avoir parmi &avoirles
faire
qu'ily y alloit avoir cux,
gens ileur générale 3 ils repoullerent une af
vanne, où ils tour, firent jufqu'a la même nos Sarent très - bien, ferme, & fe battifuflent deux fois quoique. les ennemis
ficur Lambert plus forts qu'eux. Le
y étant
Compagnie, Colart
5 & les accouru avec fa
ennemis avec les leurs, fieurs.da ils
Buc &
& s'étant en Aanc, & les firent prirent les
à la main, tous unis, ils
ployer 5
&
mirent lépée
avec une exrrème donnerent farles Anglois
ceux-ci venoient de viguene : comme
veau renfort, ils tinrent recevoir uin noufort T'ordinaire > &
plus fermequ'a
longtems; ils di(puterent le terrain
de céder, de fe retirer farent enfin obligez
dre, & de nous laifler le affez en délortaille couvert de leurs champ de bablelfez; mais cet
morts & deleurs
le cher, puifque nous avantage y
nous couta
Févre. On s'aperçur : perdimesle brave
s'étoient rallicz dertieré que les Anglois
cannes qui n'avoit Point été une piece de
brulée; on
ils di(puterent le terrain
de céder, de fe retirer farent enfin obligez
dre, & de nous laifler le affez en délortaille couvert de leurs champ de bablelfez; mais cet
morts & deleurs
le cher, puifque nous avantage y
nous couta
Févre. On s'aperçur : perdimesle brave
s'étoient rallicz dertieré que les Anglois
cannes qui n'avoit Point été une piece de
brulée; on --- Page 125 ---
Françoifes de PAmérique.
II3
mit le feu, & on les ft déloger de 1703y
la foif&clalafcet endroic: cependant les deux partis à fe
fitude obligerent
repofer à cing cens pas les uns des autres. Onr fc fervit de ce tems pour tranfle corps du ficur le Févre, &
porter de deux autres qui avoient été tuez,
& huit à dix bleilez, que nous avions
eu dans ces trois chocs.
J'étois au Fort quand l'aétion commença; M. de la Malmaifon me pria
d'aller trouver le Lieutenant Généralde
fa
, & de lui dire que Poccafion
EEHE la plus belle du monde d'enlever
la batterie des ennemis, & de ruiner
leurs travaux, paifqu'il paroiffoit qu'il
n'y avoit que très peu de monde ; &
que par lc nombre des Compagnies lemqui avoient marché en haut, il
bloit qu'ils euffent oublié qu'iis avoient
des ennemis en bas 5 il me pria auffi
d'avertir les Officiers que je trouverois
fur ma route du fujet de mon voiage,
afin qu'ils tinffent leurs gens en état
d'agir au premier commandement; - y
bruit s'en étant
E
n'y manquai pas,8cle
pandn dansles poftes du bord dela Mer,
on prit les armes avec tant de bonne
volonté s qu'avant que je fuffe au haut
du Morne,1 ilyavoirplus de quatre cens --- Page 126 ---
I14 Noseane
1703. hommes de lautre Faagir côté Aus Hler
1 ateadboienravee de la Riviere
donner fur les impatience l'ordre
Jetrouvaile ennemis.
M, Auger qui Licurenanr
la
Généralave
Rivicre entre regardoient deux;
le combat,
million', & M.
je fis ma comtes fes forces; il Auger fappaia de tot.
tre àla tête des vouloit aller fe metlabatterie
Troupes, pourenlever
Bourg, pendant dmenemite & les chaffer du
tie ctoit occupée que a la plus grande
haut. M. de Gabarer une bonne licué plus par
qu'il étoir trop tard répondit d'abord
encore que midiy & ( quoiquil ne fàr
avant que les
qu'il feroit nuit
Jelui répondis Troupes fuffent en état.
la far ce que j'avois awellealinoient, dit
&
partdeM.de la
aux Ofticiers
dres, tenir leurs gens prèts Mslmaifon, à
de faire
de
s'il jugeoit à
exécurer fes orTocafion, ils
de profiter
Faute de commandement
que forr
LEAC
Jlant Lieutc. beancoup, & repeta Pour agir. Il fc fâcha
séral, seque perf'onne
plus de dix fois
dre les armes nvoirdroire de faire
métier, &
lui, qu'il lgavoit
n'avoit
SREN
confcil
edr
ni d'avis. M.
pas befoin de
s'agiffoit du fervice du Auger lui dit qu'il
sonfervation de
Roi, & de la
lINC j il 1 le Pria derc-
. beancoup, & repeta Pour agir. Il fc fâcha
séral, seque perf'onne
plus de dix fois
dre les armes nvoirdroire de faire
métier, &
lui, qu'il lgavoit
n'avoit
SREN
confcil
edr
ni d'avis. M.
pas befoin de
s'agiffoit du fervice du Auger lui dit qu'il
sonfervation de
Roi, & de la
lINC j il 1 le Pria derc- --- Page 127 ---
Françoifes de PAmérigne.
IIS
mettre fes réféxions à une autre fois 2 1703*
& de trouver bon qu'ils'allir mettre à
la tête des Troupes du bord de la Mer',
ou de ly accompagner > s'il vouloit
commander en perlonne 5 mais il n'y
eut pas moyen de lui faire entendre
raifon là-deffius; il eut entre eux de
groffes paroles, & as fc féparerent fort
mécontens l'un de l'autre.
Je m'en retournai aut Fort rendre
compte à M.de la Malmaifon de CC qui
étoit arrivé pendant que M.de Gabaret
envoia ordreà nos Troupes, quiavoient
recommencé le combat, de fe retirer
dans les Retranchemens du paffage de
Madame.
LesAnglois voiant cette retraite hors
de faifon, crurent que c'étoit une feinte
pour lesattirer dans quelque embufcade,
& cette prévention donna à nos gens
le loifir de fc retirer fans ètre pourfuivis. Alat finles à
Anglois s'avancerent en
gens qui fe défioient de quelque furprile, & fc pofterent enfin fur la hauteur, à la gauche de la Riviere dés Gallions, vis-à-vis de notre Retranchement
qui étoit àl la droite.
Miroir
Ils faifoient porter dans leur premier concave
rang un miroir concave: > qui paroiffoit des Ande quinze à fcize pouces de diametre,slois, --- Page 128 ---
116 Nowpeans
attaché au bout d'un
aux Mles
1purpiete de
de
Toge
voient de longueur. Je croi
tirp
cet
qu'ils fe fervrir les
inftrument pour décondreffer gmbafadeinuer dans les
auroit pà leur
ravinages qui étoient cannes bridlées, & les
lienoufon fe battoir, aux environs da
que c'étoit une
Nouserimest tous
:
invention du
Codringron fe
Oll de fon
Général
Machinites piguoienctous deux d'ètre Miniftre, de
qui
grands
fur La le fituation de notre Retranchement
obligé de penchant le faire de la Coftiere avoit
n'empéchoit
à deux érages,ce
mandez
pas qu'ils ne follent qui
par la haureur
comtracé, & fait commencer oppofée. Javois
érage qui
un troifiéme
hauteur commenneiNeteet , commc je l'ai
tcette
on y devoit même
dit ci-devant 3
pieces de canon 5 mais placer deux petites
changé la deftination on avoir
& on avoir
deces deux depuis
Tout ce
negligé de faire un pieccs,
éroient dans que purent les
faire nos gens, paraper,
pour fe couvrir du deux
qui
de s'alleoir
feu Romanieneos
far la
desAnglois, fur
rapets > parce
banquette de
les ennemis ne les que dans cette
CCILX
EE
qui éroicnt au pouvoient découvrir:
plus bas étage ti-
5 mais placer deux petites
changé la deftination on avoir
& on avoir
deces deux depuis
Tout ce
negligé de faire un pieccs,
éroient dans que purent les
faire nos gens, paraper,
pour fe couvrir du deux
qui
de s'alleoir
feu Romanieneos
far la
desAnglois, fur
rapets > parce
banquette de
les ennemis ne les que dans cette
CCILX
EE
qui éroicnt au pouvoient découvrir:
plus bas étage ti- --- Page 129 ---
Françoifes de PAmérigue.
1I7
xoient dès
les Anglois vouloient
sapprocher a bord de la Falaife > & 1703.
firent culbuter quelques-uns de ces curieux de ce qui fe paffoit chez nous.
M. Auger m'avoit chargé de le venir
trouver
que Jaurois rendu réponfe à M. Pts la Malmaifon; je retournai
donc en diligence, & bien m'en prit
d'avoir un bon cheval 5 je le trouvai
qui affembloit du monde; il s'cn troulva 35- ou 40. qui avoient leurs a cheyaux, il me
de les conduire au lieu
oûj j'avois CEEt le troifiéme Retranchement, le plas vite qu'il fepourroit, pendant qu'il y alloit faire marcher des
gens de pied. Nousy fames, nous laiffâmes nos chevaux au commencement
du bois,je leur montrai le pofte, chaçun fe couvrit d'un arbre, & on commença à faire feu fur les Anglojs, qui
ne s'attendoient point du tout à cette
nouvelle batteric, & qui ne voiant
étoient contraints de faire
iEoes
fonne,
décharges du côté qu'ils voioient partir
le feu ; infenfiblement le nombre de
ceux qui nous joignirent fc trouva fi
geand, & leur feu fi fuperieur à celui
desennemis, qu'ils furent obligez de fe
jetter dans un petit vailon derriere cette
hauteur > après avoir perdu beaucoup
de monde, --- Page 130 ---
#18 Nonveanx Toyager Aux Ifes
2703. tirent Quelques-uns alors
de nos jeunes gens fordu Retranchement
fous prétexte d'aller
den-bas,
la Rivicre
prendre de l'eau à
2 la pafferent, monterent le
morne, & firent feu fur les
ceux qui étoicnt plus âgez, & Anglois; plus fafoutenir ges marcherent après eux > pour les
> & maigré le fieur de BoisFermé tout fon détachement le
paffa la Riviere, & alla
quitta, les
nemis. Les Troupes qui atraquer fc
enfur la hautcur del la Falaife, trouverent où devoit
être le troifiéme Retranchement,
lcurs compatriores
voiant
tout d'un coup M. palfez, quitterent
joindre les
Auger > & allerent
autres, & tous enfemble
poufferent Savanne les ennemis au de-là de la
dc l'Efperance. J'étois
de M. Augerà regarder ce jeu, il
femblant
ERAE
d'ètre fort cn colére de cC
qu'on défobéiffoit ainfi au Lieurenant
Général; maisi il étoit facile de
cevoir qu'il en avoit une joie s'apperi
il envoia feulement un Aide extrême; de
leur dire de fa part de ne
Camp
davantage, &c de fe maintenir pas s'engager dans le
dre polte du delEfperance, où je les allaijoin.
confentement du
qui me dit- qu'il auroir foin Gouverneur,
envoiât
qu'on nous
:
desvivres & des munitions. Il
Général; maisi il étoit facile de
cevoir qu'il en avoit une joie s'apperi
il envoia feulement un Aide extrême; de
leur dire de fa part de ne
Camp
davantage, &c de fe maintenir pas s'engager dans le
dre polte du delEfperance, où je les allaijoin.
confentement du
qui me dit- qu'il auroir foin Gouverneur,
envoiât
qu'on nous
:
desvivres & des munitions. Il --- Page 131 ---
Frangeifesdel LAmbrique.
étoit prefque nuit quand jarrivai, & 1703.
la retraite
c'eft ce qui avoit précipité à
d'une
des Anglois, qui fc voiant plus
lieué de leur camp, dans un pais coupé
qu'ils ne connoiffoient pas , avoient
peur de tomber dans quelques groffes déembufcades, & d'ètre entierement
faits, comme il feroit arrivé, fi nous
avions été bien conduits. Je felicitai
fur leur valeur ; il vint desvinos gens
8c palâmes la
vres, nous mangeâmes, du monde.
nuir le plus agréablement
furles
Nous allâmes dès qu'il furjour
Morts &
lieux où l'on s'étoit battu > nous comp- bleflez des deuy
morts 5
tâmes cent quatte-vingt-treize
partis,
un peu après nos Negres en trouverent deux bletencore fix dans une cafe avec
fez qui expiroient ; on en trouva encore
une trentaine dans les cannes , & Sums
fieurs bleffez qui s'étoient jettez le feune petite Ravine, en attendant forte
cette
cours de leurs gens, de
que homjournée coûta plas de trois cens blefmes aux Anglois, fans compterlest
fez quils remporterent ayec eux. cinq
Nous n'eames cependant que
morts,. & quinze bleffez 5 le panvre m'aSanfon Maitre de la barque > qui
voit rapportéde Saint Domingue,reçut
an coup de fufil au travers du corps, --- Page 132 ---
120 Nowveanx
1703. qui ne lui toucha Poyages ni ics aux Iles
ties nobles; mais pendant CS, niles pars
foir dans une
gu'on le
ment, il eut un baraque du
autre
PReninie
perça la cuiffe. Idéferta coup , qui lui
Irlandois du Regimenr
onze Soldats
nifon à Saint
qui étoit en gartous qu'on n'avoir Chrifophe laiflé - 3 ils dirent
avecun Sergent danslei que 25-Soldats
rade de cettel Hle, & erorrdelagrande
tans dans celui de la cinq ou fix Habiforte
- on avoit envoié Souphricre 3 de
cens fRrien à Saint
cinq ou fix
auroit pris les deux Forts Chriftoplie > on
Anglois qui nous
avant que les
eu la nouvelle, M. alfiégeoient en cuflent
prellamment à M. de Auger en écrivit fort
une. belle
Machaur: c'étoit
neur Général swcafonicenonvette de lignaler fon Gouveravoit deux vaiffeaux de
arrivée; il
fept autres vaifeaux
guerre, fix ou
le moindre avoirz 24. mharchands, dont
nes barques
canons; & de bonmille hommes Corfaires; de la
il pouvoit tirer
cette
Martinique, & faire
une fois expedition en 24.
arrivé à Saint heures, éran;
eut fesraifons pour ne le Chrifophe; pas
il
lefquelles je ne dois pas entrer. faire, dans
Ilne fe palfa rien de
depuis ce jour-la jufqu'au confiderable
Mercredi. Io,
Ayril,
avoirz 24. mharchands, dont
nes barques
canons; & de bonmille hommes Corfaires; de la
il pouvoit tirer
cette
Martinique, & faire
une fois expedition en 24.
arrivé à Saint heures, éran;
eut fesraifons pour ne le Chrifophe; pas
il
lefquelles je ne dois pas entrer. faire, dans
Ilne fe palfa rien de
depuis ce jour-la jufqu'au confiderable
Mercredi. Io,
Ayril, --- Page 133 ---
soanpufbrdetadmdriget 121
Avril, parce qu'il n'y eut plus que la 1703.
Compagnic des Negres qui fortit
les ennemis ; celle des
LEO
inquiéter perdus avoit été.donnée après la mort
du fieur le Févre au fieur Jolly fon Lieutenant ; c'étoit un jeune homme nouvellement venu de France, qui fe faifoit tout blanc de fon épée. Nos Creolles qui étoienti tmoinsbien partagez que
lui du côté dela languc, mais
l'ètre mieux du côté la
T N
tendoient
leur, ne voulurent plus fervir fouslui,
& rentrerent prefque tous dans les compagniesde leurs quartiers; de forte que
le Capitaine Jolly eut bien de la peine
à ramafler 35- ou 40. hommes, pour
former fa Compagnic, & pour furcroît
de malheur lesNegres ne voulurent pas
lui obdir, & on ne jugea pas à propos
de les y contraindre.
mieux
Les Anglois profiterent
que
nous du tems, & à force de tirer, ils
nous briferent encore deux pieces dans
le Cavalier, nous tuerent trois hommes, & en blefferent cinq ou fix : ils
abbatirent deux Merlons > prefque au
ras de la Genoiilliere 2 & endommagerent beaucoup le troifiéme. Ce mauvais fuccès fit taire notre canon du Cavalier; il n'y en avoit plus qu'une picce
Tome VIII.
F --- Page 134 ---
122 Nonveans
1703.
battoit fur le Yayages Bourg, AuX Ifles
fi les
qui
2me
ennemis en
pouvoir
un affaut
fuffent venus à
qui battoient général ; & les deux
dans la
piéces
nous étoient inutiles. campagne Une des.
pieces qui étoient fur nant lc
la terraffe, attene, Donjon creva fans bleller perfonfonnes quoiqu'il Y eût dix ou douze
aux environs. Les
perzent donc le Cavalier
Anglois battin'étant plus incommodez tout a leur aife,
moulqueterie, qui faifoit
de notre
très-grand feu fur
c cefle un
leurs canonades ils eux ; mais avec toutcs
autre chole, que de ne pouvoient faire
troifiéme Merlon ruiner le refte du
liere; ; car leur batterie jufqu'à la Genoiildécouvrir plus bas à moins ne pouvoir
vancaffent jufques fur le qu'ils ne F
ce qu'ils ne
bord du foffé,
une Tranchéc, pouvoient faire fans ouvrir
que impoflible , & cela leur étoit prefrain aux environs 5 parce du que tout le terde roc ou de tuft très- Fort dur, eft une clpece
n'y a pas un pied de terre , dans far lequel il
leur endroit; & ils
le meil.
ce qui étoit neceffaire manquoient de tout
approchant
pour fc couvriren
Ils firent jufgues -là.
fiurunedes une batterie de deux pieces
Plate- formes devant la mai-
que impoflible , & cela leur étoit prefrain aux environs 5 parce du que tout le terde roc ou de tuft très- Fort dur, eft une clpece
n'y a pas un pied de terre , dans far lequel il
leur endroit; & ils
le meil.
ce qui étoit neceffaire manquoient de tout
approchant
pour fc couvriren
Ils firent jufgues -là.
fiurunedes une batterie de deux pieces
Plate- formes devant la mai- --- Page 135 ---
Francoifes de LAmérigue.
fon des Jefuites, , pour ruinerle Donjon,
entreprife fort inutile, , & qui ncl les con- 1703duifoità rien, , poifque la ruine entiere
ils en feroient venus
du Donjon 2 leur quand auroit
fait une ouà bout, ne
pas
enverture d'un
de large, pour avoit detrer dans le Ronct parce quily
deux
vant le Donjon une courtine avec
angles faillans, & une demie lune
couvroit la courtine. Nous
s
qu'ils ne vouloient faire autre chofe,
ruiner cet édifice, en achevant de
que confumer le refte de leurs munitions ;
après quoi ils prendroient le parti, ou
ide donner un affaut général, ou de fe
retirer. Ce dernier parti étoit le plus facile à exécuter : C3E pour le premier de
il n'étoit
prarigable punfque
coit i licu le plus
leur EOE qui
proche où ils pouvoients'atlembler) juf.
qu'au bord du follé,il y avoitau moins
quatre-cens
pas qu'il falloit
faire tout à i2tmet devant des gens
couverts d'un bon foflé, & d'un paradont leur canon n'avoit pas enlevé
pet,
être
une feule pierre , qui pouvoient
foutenus de toutes nos Troupecs, & rafraichis à tous momens avec d'autant
plus de facilité qu'outre la porte ordinaire, nous avions une ouvertureà côté
Fij --- Page 136 ---
124 Nouveanx
1703. du Donjon, & le Foyager chemin aux Hles
doit à la riviere.
qui defcenMalgré
Gabarer Etmtercscen@idéentiones refolur de faire
M..de
jon, & d'abandonner fauter le Donfurce que les ennemis le Fort, fondé
Projet porter par affaut, & pourroient l'emd'aban- toutes les
tailler en
le_ donner Fort. il dit fon Troupes deffein à qui M. étoient FiRte
oppofa de toites fes forces Auger, quis'y
voiant déterminé à
> &
le
me pria d'en aller ccla, me le
&
#
la Malmaifon, afin donneravis à M.de
le Lieutenant
qu'il vint trouver
de lui faire
Général, & qu'il tâchât
auflitôr, & changer de deftinsly allai
lui perfuader j'eus beaucoupde peine à
ment. Il me que je lui parlois fcrieufetôr, &s'en crut à la fin, & fortit auflilui dit qu'il allatrdiver M. dc Gabarets il
qui s'étoit venoits'éclaircir d'un bruit
donner le répandu,quil Fort
vouloit abanpondit
cela : M, de Gabaret lui réen envoieroitlordre que
étoit vrai, & qu'il lui
M. de la Malmaifon dès le foir même.
d'en fortir il feroit fes lui dit qu'avant
& que tous ceux, qui étoient proteftations - >
feroient de même,
avec lui en
roirqui auroit tort. &qu'enfaite Monfieur on yerret fc fâcha
de Gababeaucoup, il fe plaignic
quil Fort
vouloit abanpondit
cela : M, de Gabaret lui réen envoieroitlordre que
étoit vrai, & qu'il lui
M. de la Malmaifon dès le foir même.
d'en fortir il feroit fes lui dit qu'avant
& que tous ceux, qui étoient proteftations - >
feroient de même,
avec lui en
roirqui auroit tort. &qu'enfaite Monfieur on yerret fc fâcha
de Gababeaucoup, il fe plaignic --- Page 137 ---
Frangoifes ae T. Amerique. de 125 la
qu'il ne tronvoit par. - tout de reprendre que
1703.
défobéiffance., & menaça amené, & de
les Troupes qu'il avoit
: on lui
s'en retourner à la Martinique &c
qu'il étoit le maitre, qu'il
répondit faire d'amenert tant de monn'avoit que
étoit
de
abandonner une placc qui
pour fon entier, & qu'on défenencore. fort en bien fans lui. On peut croire
droit
fccne ne fc paffa pas fans qu'il
que cette
dures, & mème des
yn eût des paroles & d'autre; à la fin
menaces de part
s'en retourna aul
M. de la Malmaifon
Fort. les
heures du foir le Major
Sur dire fept de faire fortirles Troupes,
vint lui
des deux compagnies de
àla referve & de du Chatel, & d'évaMaifoncelle,
le Fort au premier
cuer entierement
feroient
mouvement que les Anglois
pour venir alaffant:
ne cherchoit
M. de la Malmaifon entrerint qai fort longqu'à gayner du tems, & à la fin il lui demanda
tems le Major,
lui
où étoit cet ordre ? Le Majorl réponvenoit de le lui dire : cela ne
dit qu'il
fuffit tpas, repliqua 1e le Lieutenanede Roi,
dans une affaire de cette confequence, avoir
où je puis être recherché pour fans
abandonné cette place (ans raifon,
Fiij --- Page 138 ---
126 Nowveaux
1703, neceflité, & contre Poynges tour AnX HRes
neur, la fideliré & le bon ce fens que l'hondiéter; il faur un ordre
mieux
par Eg des:
conditionnel: (pecificz, & qui ne foit point
n'êrre plus en état vous de pouvez dire mourir, &
me dites à préfent de la ce du que vous.
tenant Général. Le
part
Lieu-
& revint deux
Major s'en rerourna,.
Par écrit. On fit heuressprès fortir les avec l'ordre
pagnies de la Marine de la deux Commais les habitans dirent Martinique,
tard,& qu'ils vouloient qu'il étoit trop.
tenir
gnic au Lieutenant de Roi.
compaCetre affaire caufa un grand
ment dans notre camp. Les habirans. remue.
s'atlemblerent, & allerent trouver le:
Gouverneur; il fit ce
les
qu'il pir
appaifer, en leur difant les
qu'avoit M. de
ifiour
Gabaret, dont la
apparente étoit la confervation des
bitans, & des
Rtet
pas expoferà être Troupes qu'il ne vouloit
malfacrez,silsé étoient
le emportcz Fort d'aflaut: on lui répondit
chofe étoit au même état > à
ue.
s'atlemblerent, & allerent trouver le:
Gouverneur; il fit ce
les
qu'il pir
appaifer, en leur difant les
qu'avoit M. de
ifiour
Gabaret, dont la
apparente étoit la confervation des
bitans, & des
Rtet
pas expoferà être Troupes qu'il ne vouloit
malfacrez,silsé étoient
le emportcz Fort d'aflaut: on lui répondit
chofe étoit au même état > à près, qu'il étoit lorfque ECTA Anglois étoient venus 5 que s'ils
crâ le pouvoir prendre d'allaut, avoient ils
roient rifqué de lc faire dès le
aujour, fans fe faire tuer fept à. huit premier
cens. --- Page 139 ---
Frangoifes de LAmérique. 127
hommes, depuis qu'ils étoient à terre 5 1703.
fait, c'étoit une marque ne l'aiant
croioient pas faifable;
ne
R2
que qu'ils
ni
durs, niplus braqu'ils n'étoient: plus &
avoit vû
ves que les François, s'étoient qu'on palfées ,
dans les actions qui
de moun'étoient pas plus; prelfez
quils J
les autres. On le pria enfuite
rir que
fi on abandonnoit le
de confiderer que le courage aux habiFort, on breroit
sy
tans 2 que les Anglois fuivre pourroient pied à pied,ie
maintenir, maitres nous du reduit , & obliger la
rendre colonie de fe retirer dans les bois, ou
à traitter avec eux 5 comme le bruit
s'étoit répandu que c'étoit les Troupes
de la Marine
ne fe trouvoient avoient pas
allez ens sireté Hane le Fort, Gabaret, qui
les
infpiré ce deffein à M. de
leur
Habirans offrirent d'y entrer en derplace, & de le défendre jufqu'àla étoit
niere extrémité. M. Auger qui de
de la vérité
convaincu autant qu'eux leur dit d'aller
ce qu'ils lui difoient 2
mais
trouver le Lieutenant Général, > fe melui il ne vouloit point
que ler Eturl cette affaire.
du
Le Metcredi onze j'allai au point
trouver M. Auger 5 je lui dis que
jour
les armes, &
les Habitans prenoient
F iv
le défendre jufqu'àla étoit
niere extrémité. M. Auger qui de
de la vérité
convaincu autant qu'eux leur dit d'aller
ce qu'ils lui difoient 2
mais
trouver le Lieutenant Général, > fe melui il ne vouloit point
que ler Eturl cette affaire.
du
Le Metcredi onze j'allai au point
trouver M. Auger 5 je lui dis que
jour
les armes, &
les Habitans prenoient
F iv --- Page 140 ---
128 Nonveaux Voyages anx Iles
Sattroupoient, &
1703: qu'ils ne fe
quil étoit à craindre
lence, fi M.de portaflent à quelque violoir abandonner Gabaret le
perfiftoit à voufije voulois lui aller Fort: il me dit
rois plaifir; jy allai-auficot parler, je lui e
gné de plafieurs Officiers de accompame pricrent de porter la
Milice qui
gût d'abord fort
pàrole. Il remaisje lui
mal ce quej je lui dis,
fordre qui repréfentai alloic
fi vivement le dés
tentoit les Habirans, arriver, fi on ne confin à garder le Fort qu'il confentit enque les Habitans 5 mais il faut, dit-il,
en
avec les Troupes du partagent Roi:
le peril
pondit que les Habitans On lui rélavoir tout
&
fouhairoient
vement,
entier, on le preffà fi vis
fenti, fi >- le que je croi. qu'ily - auroit con+
Major ne-lui efit
que ce feroit un affront
repréfenté les
pes dul Roifion les retiroit pour du Troubien! ajouta-t-il,. il faur les Fort. Hé
tourner avec autant de Milices, y faire rcen fut expedié, je vins en
L'ordre
nouvelle au
apporter la
Gouverneur, & de-là
porter au Fort.
la
Comme j'étois à cheval, &
Negre ne m'avoir pû fuivre,
mon
mon-cheval à une
RESRT
mais un boulet de paliffade du Fort;
canon aiant donné --- Page 141 ---
Françoifes de PAmerique.
119 fait
dans la charpente du Donjon, &
ellentes, il eut peur, 1703.
tomber quelques bride, &
le chemin du
rompit fa
prit lui, fans penfer
Bourg, je courus après
2 un feje m'expofois;
au danger auquel
le fit arrèter, &
cond coup de loifir canon de le reprendre, &
me donna le
où trouvai
de m'en retourner au Fort, je
mon Negreà qui je le donnai.
Les
C Ce contre-tems retarda un peulajoie Troupes
le Licutenant de Roi, quand je fortis du
qu'eut
les Troupes alloient ren- Fort rentrent. y
lni.appris que demanda comment la chofe
trer. il me
la lui contai, & il me
s'étoit palfée, > je
foit quatre
dit, foiez sûr qu'avant qu'il
nous ferons dans la mème peine,
jours,
contre M. Auger, &
& que par pique M. de Gabaret fera fauter
contre moi,
Le
le Donjon, & abandonneraleFort. lui
Major étant arrivé là-deffus, pour M. de
dire queles" Treupes montoient, faire croire aux
la Malmaifon voulut
ennemis, que c'étoit une augmentation dans le
de Troupes que l'on effet mettoit il ft abaiffer le
Fort , &
& cet les fit entrer parla granlesMiliEtrE
tambour bartant, &
de porte >
déploiez. Outre
ces avecleurs Drapeaux de la Marine, on
les deux Compagnies dc Celleron, deHeurfitentrer celles
Fv
dire queles" Treupes montoient, faire croire aux
la Malmaifon voulut
ennemis, que c'étoit une augmentation dans le
de Troupes que l'on effet mettoit il ft abaiffer le
Fort , &
& cet les fit entrer parla granlesMiliEtrE
tambour bartant, &
de porte >
déploiez. Outre
ces avecleurs Drapeaux de la Marine, on
les deux Compagnies dc Celleron, deHeurfitentrer celles
Fv --- Page 142 ---
13o
taut & Mrteerougn de Loftau,
anx-lfles
1703. 286. hommes,
qui faifoient encoreuns de tuez, & y. en aiant eu
,
de bleffez, & quelques- d'autres.
qui étoient malades.
Je retournai chez le
je trouvai accompagné Gouverneur, detous
queciers de milice qui étoient nos Offide ce que les Troupes étoient dans-la joie
dans le Fort; il leur dit qu'il fouhaitoit rentrées.
que leur joie fit del longue durée. Je lui.
disque M. de lal Malmaifon nel le croioit.
la pas; 5 ni moi. aufli, me dit-il, & j'en
raifon..
fçai
Nous nous mimes
&a peine y érions-nous atable-après cela,.
dire, que fon Neveu le fieur qu'on vint lui.
ville venoir d'être tué d'un
Domonnon : M. Auger dit
coup de cafafle mifericorde, anti-ror, Dicu lui.
c'eft le fort de ceux
fa qui vont à.la guerre 5 je fuis fâché de.
mort, mais il eft mort en fervant
Prince. Nous nous levâmes,
fon
voir comment il étoit. Un pour aller
dans ce moment qui nous dit Negre vint:
plicité qu'iln'étoit
avec fimavoit eu le boulet pas dans mort, le parce qu'il
n'aurois pà m'empècher de rire ventre; de 3 je
naiveré dans une autre
cette.
pendant il avoit
circonftance; celai avoit donné, dans. raifon,car fi le boule
latête, il kauroi --- Page 143 ---
Fyançoifes de PAmérigue.
le trouvâmes aflis fur le bord
tué. Nous
encore
1703du chemin qui ne pouvoit
avcc
;
EESE
peine
ler, & qui refpiroit
de là, il étoit
let étoit à quelques pas touchéle] Dondeis.livres,a après avoir deffas la Riviere
jon, & être fauté par- ilavoit -
roulé, & fait
dans notre Camp, dont le dernier.s'équanciré de bonds-, dans le bas- ventre de M.
toit terminé
cependant en fut quitDomonville, qui contufion. Une
te pour une groffe faifoit la cuifine à lenx
vre Negrelle qui fut
fi heureufe;
cens pas de-là, ne
pas
dont
un boulet donna fur une pierre,
les. éclats la tuerent 5 & javois penfé
avoir le même fort le mardide Pâques;
touché dans le Fort,
un boulet quiavoir
de moi,
vint donner tout auprès confellion Eren
la
dant que jécoutois
fus
homme qui étoit à mes pieds; je
tout couvert de terre , & mon pénitent
eut les jambes & les cuiffes toutes lebou- meurtries parl les éclats des pierrese que
let fic fauter.
erreur affez
Erreur
Nous fimes dans une
par- touchant
ticuliere les quatre cu cinq premiers à les de balles Moutjours
les Ang'ois commencerent: de leurs quet.
tirer dbe le Fort. La plapart
balles de moufquet paffoient par-deffs, Tcut le
& tomboient dans notre camp.
Evj
énitent
eut les jambes & les cuiffes toutes lebou- meurtries parl les éclats des pierrese que
let fic fauter.
erreur affez
Erreur
Nous fimes dans une
par- touchant
ticuliere les quatre cu cinq premiers à les de balles Moutjours
les Ang'ois commencerent: de leurs quet.
tirer dbe le Fort. La plapart
balles de moufquet paffoient par-deffs, Tcut le
& tomboient dans notre camp.
Evj --- Page 144 ---
Nonveanx Poyages anx Hes
le
Dnuc
1703; balle, fçair
fiflement que.Falr une
quand elle paffe à peu de diftance; mais tour le monde ne fçait
nous avons de groffes mouches pas que
qui font à peu-près le même aux Iilcs
elt vrai qu'on ne les entend effet; il
nuit, ni dans toutes les faifons jamais de. la.
née. Notre farprife étoit
l'antendués mouches fe faifoient que ces prés.
pendant la nuit s & dans- une entendre: faifon
ou elles n'ont point accoutumé de
roitre 3 nous reconnîmes enfin Paerreur s & nous vimes que ces notredues mouches-éroient de belles préten- balles
de-moufquer. Le premier
en firl'exbras périence, 3 fat un Negre "at en cut le
percé; il cft-vrai que la balle demeura. dans lcs chairs-,
avoir perdu
parce qu'elle
Le Jeudi prefque toute fa force:
fit dire à
24- Avril M. de Gabaret
tous les Officiers de.
aux Confeillers, & aux
milice 31
Gemmunautez
Superieurs des a
ver à la fucrerie Religieufes, des
de fe trourité; onil avoit
Frercs de la Chafequence àleur quelque chofe de conpropoler:
avisu Jétois au Fort quand on
cet
aux. : Officiers. de milice apporta
éroient 5-1 nous vîmes bien d'abord qui d
quorils'agilloit. M. de la Malmaifoi. --- Page 145 ---
Françoifes de PAmérique:
trouva fort mauvais den'être point ap- de 1703:
pellé , &il avoit raifon, il me pria
me trouver à cette allemblée. J'eus de
la peine à-m'y réfoudre', parce que je
n'y étois pas appellés-ependant je res
folus d'y aller dela part du Licutenant
de Roi, parce qu'aiant vifité ce même
jour la Breche &c le Foffé, & pris les
mefuures neceffaires, poarvuider
dant la nuit, les decombres de la fiees
che, & faire une retirade en dedanz
du Cavalier ,je pourrois) perfuader -
qu'il
n'y avoit rien à craindre des Angloiss
quand il leur prendroit envie de donner un afaur.
un
Il y avoit eu la'nuit précédente fait
mouvement parmi eux, > qui avoit
croire qu'ils-en vouloient venir à un
affaut, &c qu'ils vouloient fe fervir de
la nuit, poursapprocher du follé avec
moins de rifques; mais foit qa'ils euffent veritablement formé ce deffein 3
foit qu'ils eufent reconnu que l'entrequi étoit prefque impofible penaEi le jour, étoit encore plus perilleufe la nuit sils s'étoient retirez fans
bruit, dès qu'ils eurent fenti le-feu-de
nos. gens qui borderent d'abord tousles
dul Fort. L'on fçût le matin
EADae Déferteurs., que lc Général EE
rifques; mais foit qa'ils euffent veritablement formé ce deffein 3
foit qu'ils eufent reconnu que l'entrequi étoit prefque impofible penaEi le jour, étoit encore plus perilleufe la nuit sils s'étoient retirez fans
bruit, dès qu'ils eurent fenti le-feu-de
nos. gens qui borderent d'abord tousles
dul Fort. L'on fçût le matin
EADae Déferteurs., que lc Général EE --- Page 146 ---
134: Nouveanx
1703. drington faifoit tous Foyager fes aux Ifes
gagerles Colonels à efforts pour enmais que ceux-ci le tenter un aflaur, >
ment, & ne vouloient refufoient abloluleurs gens à la boucheric. point expofer
Je me trouvai
aflenblée que l'on Taprèsmidi honora
à cette.
confeil de guerre ; M.de da nom de"
fâché de my voir, &
Gabarer parur
m'y avoit pas appellé: me dit qu'on ne
que mon emploi, & 4 lui. répondis
jerendoisan public, m'avoient fervices que
donné entrée
roijours
dans les allemblées; , & voix déliberative
fence lui faifoit de ; la mais que fi ma pré
rerois auffitôr,
peinc - je me rerichofes de
que j'avois pourtant des
toute laffembléc. conféquence à lui dire, &. à
augmenta
Cc peu de
avoit
encore CC que ma piéfence paroles
commencé,c'efl
& fon embarras;il idie.deseres
dre qu'il trouvoir silcommengaifep plaintez', qu'on vouloir par-tour des difficul.
& fes deffeins;
pénétrer fes penfées,
comme il avoir qu'après fair,
s'être expofé,
fecours à l'Ille, on le pour apporter du:
tour, qu'il fçavoit la guerre, contredifoit en
aluià commander & à
que c'étoit
ordres, Après bien des répondre de-fes
volant que perfonne ne lui repetitions, difoit
mo:,. --- Page 147 ---
Prangaifeide TAmbrique. chole 135
il me demanda fijavois quelque l'a- 1703.
lui-dis qu'oilis & après
à dire:. je
je m'afvoir falué & toute Tatlemblée vifité le matin.
fis,8je dis que j'avois du Cavaliet,
la Breche
de ce mème jour
depuis le Cavalier
& tous les Follez,
les Merjufqu'à la demie-lnne, n'éroient que rafez
lons du Cavalier
de la E
jufqu'a fix pouces au-dellas decombres,
notilliere,- & que dans les le Foffé >. ne RE
étoient tombées ala liauteur de trois:
voient R2 maniere rempli qu'il y. avoit encore'
pieds, près de neuf pieds de profondeur étoit" visà-vis dc laBreche, que toutlerefte nulleles
n'étoient
net, que
parapets non plus que ie
ment endommagez,
découverRetranchement dela'citerne
vuite; que vingt hommes de tems pouvoient les Décomder en fx heuresi rien n'étant fr aifé 3:
Bres de la Breche, & les Oficiers de micomme le Major,
&
lice, qui étoient dans l'affemblée, moi
matin avec
fatit
s'étoient trouvez' lc
la vilite que nous en avions faite, reftoit poux envoient le témoignet; qu'il
core. trois canons dans le Cavalietsqu'on" less
braquer dans la Breche s
terre, les paniers & les furailles
étant:
ERe
érant toutes prètes : 2. &. le Fort
Breche, & les Oficiers de micomme le Major,
&
lice, qui étoient dans l'affemblée, moi
matin avec
fatit
s'étoient trouvez' lc
la vilite que nous en avions faite, reftoit poux envoient le témoignet; qu'il
core. trois canons dans le Cavalietsqu'on" less
braquer dans la Breche s
terre, les paniers & les furailles
étant:
ERe
érant toutes prètes : 2. &. le Fort --- Page 148 ---
ilent d'un Nonveaux Voyages aux Ies
bon nombrede balles
1703. cotton > pour faire dans un moment des de
épaulemens, feroit befoin. & des tranchées où ilen
Je fis voir fort
ment la facilité de défendre la fenfiblereffe; &c que quand même le Cavalier Forteferoir
chement emporté, > nous avions le Retran-
&
de la citerne pour nous rerirer,
pour nous y défendre fi on le jugeoit
dela-Riviere apropos; ou pour paffer de l'autre côté
d'être.
des Gallions, fans crainte
coupez: ni. inquiétez'dans
retraite.
notre
d'être On peur croire que je ne manquai pas
interrompa bien desf
me fit bien de.
fois,& qu' 'on
tions, le plus fouvent objedtions & des quefde propos, & toûjours inutiles, hors
& d'envie de me voir pleines bientôr sd'aigreur
feignois de ne m'en pâs
finir. Je
mais M. Auger, auprès appercevoir
maiant dit tout bas de duquel j'étois,
les-chofes plusloin,
ne pas pouffer
cours excitoit des. parce que mon diffemblée contre le murmures Lieutenant dans l'af.
je dis à M. de Gabaret
Général;
Malmaifon m'avoit
que M. de la
& à toute
chargé de lui dire,
noit réfolution Tallemblée, que fi on preproreftoit
d'abandonner le Fort,il
contre. cette réfolution, lui& --- Page 149 ---
Frangoifei de TAmérique.
généralementt tous ceux qui étoientavec ditau Ma- 1703
lui, comme ils Favoient Officiers déja de milice,
jor, & comme les
s'étoient charpréfens dans Paffemblée,
de le déciarer, attendu quil
gez.
côté des
A
avoit rien à craindre où du étoit la Forteglois, vû le bon état
8c toute'
refle, & que je le fuppliois, fouvenir >
de ce
laffembléc de fe bien de leur dire.
javois eu Phonneur la fabftance de
3e ne
ici
de le
: il Terott inutile
mon
,
une
ERCIEL
mettre ici tout entiersje let finisavec Géprofonde reverence atl Lientenant rétirai:
néral. , & à l'affemblée, & je de me Gabaret,
Ma fortie fit plaifir à M.
l'af- Haranil-commença auflitôt à haranguer de gue "du
femblée; & après quelques coups
Licute- nant Géi
langue contre ceux qui vonloient que néral,
l'on confervàt le Fort', qu'il eut cependantla difcretion de ne point nommer, les Anil fit la peinture de Paflaut Fort que d'une maglois devoient donner au
ne-l'aurois
niere G particuliere > que je ceux
voulu croire, fi tous
qui
jamais
ne m'en euffent affuré:
étoient préfens
c'étoit une erreur de
Il dit d'abord falloit que des boyanx; ou des
croire qu'il
d'un Out-
>
tranchées, pour sapprocher infulter, quand on.
vrage qu'on veut.
les Anil fit la peinture de Paflaut Fort que d'une maglois devoient donner au
ne-l'aurois
niere G particuliere > que je ceux
voulu croire, fi tous
qui
jamais
ne m'en euffent affuré:
étoient préfens
c'étoit une erreur de
Il dit d'abord falloit que des boyanx; ou des
croire qu'il
d'un Out-
>
tranchées, pour sapprocher infulter, quand on.
vrage qu'on veut. --- Page 150 ---
1;8 Nowveaux
n'en eft éloigné Froyages de aux Hles
1703-E pas; qu'il Içavoir que la cinq ou fix cens
Teinture ennemis qui la
guerre, , & que les
d'un AC
fgavoient
faut fe. gneroient cette peine très aufli, s'éparlon M,
affuréments
de Gaba.
difpoferoient leurs gens
Iet,
front
par
IHil
files,
égaleroit la
de
Touvrage,
longucur
fcin, que les furlequel ils auroient deffafcines, ceux premiers porteroient des
ches
quilesfuivroienr
& affez
desplanfer fur E bords de longues, pour pocontre-efcarpe du fofé; lelcarpe & de la
viendroient ceux qui
qu'après eux.
échelles, & enfuire les porteroient lesque les premiers arrivant gens armez :
combleroient de fafcines, au Foffé le
mettroient leurs
les fecondsy
planteroientleurse planches, les autres"
alallaue,
chelles.monrerotent
del'épée, palleroient & fc
la garnifon au fil
Fort, & enfite rendroient de
maîtres du
il concluoit
toute PIAc. D'ot:
il valoit mieux que pour éviter ce malhcur,
fe retirer à couvert abandonnerlap de la
place, &
Gallions, > où les ennemis Riviere desjamais fe préfenter; il ajoûta n'ofcroient
noifloitle génie de la nation qu'il con-
& en parriculicr celui de leur Angloife,
qui ne cherchoit qu'à faire Genéral,
dire dans. le monde
voir, & à
qu'il avoit empor- --- Page 151 ---
Françoifes de PAmérique.
té une place oû fon Pere avoit échoié 3 1703qu'il falloit contenter fa vanité fanss'expoler à y être forcé d'une maniere qui
lui feroit plushonorable, & en mème
tems fatale à quantité d'honnètes gens.
périroient, fi on-s'obftinoit de dé2LIS la ForterelfeUn certain perfonnage quiéroit venu
avec lui de la Martinique, le feconda
merveilleufement bien dans ce deffein
Heroique, quoiqu'il ne haranguât
fit
s'il avoit re3
on dit quil
plus que à rous les Offrangué; il parla prefque
étoient:
ciers. de plume & d'épée qui
du Lieutenant
ptéfens : les habileté louanges dans la conduite:
Général, fou
affaires , & la confiandes plus grandes devoit avoir dans un homme:
confommé ce qu'on dans le métier dela Guerre,
& zelé jufqu'à l'excès pour le bien du
étoient toûijours à la tète dcspublic difcours 2
dont il fariguoit ceux.
petits
>
de
qui ne pouvoient pas s'empècher difoit-il
l'entendre; que feavez-vous 2
à quelques-uns, c'eft peur-être une rufe
de guerse, il l'a communiqué à peu de
gens. Si j'ofois parler, vous conviendriez avec moi que la propofition
fait M.leLieutenant Généraleft
pace
debon fens, &. marque.fagrande expés
dcspublic difcours 2
dont il fariguoit ceux.
petits
>
de
qui ne pouvoient pas s'empècher difoit-il
l'entendre; que feavez-vous 2
à quelques-uns, c'eft peur-être une rufe
de guerse, il l'a communiqué à peu de
gens. Si j'ofois parler, vous conviendriez avec moi que la propofition
fait M.leLieutenant Généraleft
pace
debon fens, &. marque.fagrande expés --- Page 152 ---
140 Nonvcanx
- rience, & fon profond Poyages Anx Res
1703. militaire, &
fçavoir dansl'art
que fion perd cette
fion, on ne la retrouvera
occamais..
peut-étreja
Malgré tout cela les
lice fc tenoient roides, Officiersde mi
ferver la Fortereffe
vouloient conques de cct alflaut > & courir les rif
pir obtenir de
; & tout CC qu'on
quelques-uns fut
tapporter avec le
des'en
dence du Licutenant Gouverneurd la Prutain' que M,
Général. Il eft CCE
faute en
Auger fit une
cette
tres-grande
voulu tenir ferme occafion, & quesilavoit
gens qui faifoient le avec les hronnères
bre, on n'auroir
plus-grand nomchcté quimir l'INC pas à commis cette la
perte; mais il étoit nommé deux doigts de fa
de.Sainr
Gouverneur
fe foucier Domingue, de la
& fembloit ne
confervation dc la
ni des
c
deloupe, du Lieutenant mauvaifes manceuvres
fut déterminé Général 5i de forte qu'il
Fort. Les
qu'on abandonneroit le
la nuit même Auglois en furent avertis dès
Compagnie de'du par deux Soldats de la
Chatel
rent ; mais foit qa'ils ne qui déferrechofe vrai-femblable, cruffent pas la
ginaffent qu'il y eût de foit l'artifice qu'ils s'imapeu de fecret qu'on avoit
dans-le
gardé dans --- Page 153 ---
Frangoifes de PAmérique. dans 141
ils fe tinrent
1798cette déliberation, contenterent d'ufer
lents poltes, & fc balles fur le Donleur poudre & Cavalier, leurs
auquel ils ne
jon,& fur le
ponvoient plus faire de mal. envoia le
Le Vendredi 13. Avril on de Roi le
Major porter au Lientenant de Guerre, & donréfultar du Confeil Binois d'attacher les
ner ordre au (ieur
faire fauter le
mèches aux mines, pour face du Cavalier;
Donjoa,1 la petite il eft bon d'exquandj je dis les mines,
cela il
pliquer ce que c'eft 5 & pour dans
faut fe fouvenir de ce que Jaidit
autre endroit, en faifant la defcripun tion duFort, qu'il y avoit deux fouterrains qui fervoient de cachots, dans pour ces
renfermer les criminels:eétoit avoit mis les
deux fouterrains qu'on
la
poudres, de forte que toute à
de ces mines confiftoit
M
ration
barils. de poudre, & à y
dre quelques fauciffe,
y mettre le
joindre une
les pour faire fauter tous
feu; on prétendoit on m'en parla, &
deux en mème-tems; chofe manqueroit, fi on ne
je dis que la de la mème fauciffe. La
fc fervoit pas
fentiment, puiffuire a julbifié mon la
d'un des
qu'on a trouvé toute poudre des Anglois.
fonterrains après la aretraite
M
ration
barils. de poudre, & à y
dre quelques fauciffe,
y mettre le
joindre une
les pour faire fauter tous
feu; on prétendoit on m'en parla, &
deux en mème-tems; chofe manqueroit, fi on ne
je dis que la de la mème fauciffe. La
fc fervoit pas
fentiment, puiffuire a julbifié mon la
d'un des
qu'on a trouvé toute poudre des Anglois.
fonterrains après la aretraite --- Page 154 ---
142 Nowveanx Foyagesaue
1703.
M. de la Malmailon fortit Ifles
Fort, & alla trouver le Lieutenant encore du
Protefta- néral, & fit tous fes
Gétion Lieute- du pécher l'effet de la réfolution efforts pour emnant de été prife le jour
qui avoit
Roiconne
précédent, & voiant
tre le qu'il
pouvoit rien
Licute- retourna, > & fit
gagner s il s'en
aéral, nant Gé-a tous les Oficiers figner une proteftation
Fort, & l'envoia qui étoient dans le
ral. J'allai dîner chez au Lieutenant Géné
lni;
nous étions à table on nous pendant vint que
tir quedeux vaiffeaux de
averlevélancre, &
guerre avoient
la Riviere des s'avançoient du côté de
après les batteries Gallions, des
un moment
voient point tiré
ennemis qui n'as
heures,
depuis près de trois
extraordinaire commencerent à faire Lin feu
les deux vaiffeaux ; nous vîmes aufli que
LesAn-les Retranchemens canonoient de la vivement
glois ca- Gallions, & du
Riviere des
nonnent
bord de la
les Re- nous fit
que les
mer; cela
tranche- envie de juger
Anglois avoient
lariviere mens de dre les tifquer un affaut. On fit prendes Gal- diftribuer armes, M. de la Malmaifon fit
lions,
de l'eau de vie, &
aux Soldats de fe tenir aflis fur ordonna les banquettes, fans fe montrer,
der aux ennemis
la pour perfuaTroupes étoient forties; que
plapart dés
ne voulurent
cependant ils
pas mordre à cet appas, 3 --- Page 155 ---
Françoifes de LAmérigue. 143
ils fe contenterent de confommer bien 1703de la poudre & des boulets, fans tuer >
ni bleffer perfonne > ni dans le Fort, ni
Les deux vaifdans les Retranchemens.
feaux s'en retournerent à leurs poftes
vers le foir, & leurs batteries cefferent de tirer. la nuit fut venue on fit forDèsque
de
tir du Fort les quatre Compagnies
la Marine;
eut encore trois Soldats
de celle de " Chatel qui déferterent
dans ce tems-là, & qui allirerent les ennemis
nos Troupes fc retiroient.
M. de 97 Malmaifon demeura dans le
Fortavec les quatre Compagniesde: milice. Le Samedi 14. Avril, deux heures
avant le jour > les Sentinelles qui étoient
au Cavalier.fappetyarent que quelque
chofe sapprochoit en rampant contre
terre; ils tirerent , & le parapet aiant
été bordé dans le moment , on fit feu.
le
parut, deux Le fore
On reconnut, > quand jour du Foffé; eft donné. abanhommes morts à vingt pas
quelques Negres furent les dépotiller.
On mit enfuite le feu aux meches, on
abandonnal le Fort, & on fe retira dans
del'autre côté de la
les Retranchemens
Riviere des Gallions.
approchoit en rampant contre
terre; ils tirerent , & le parapet aiant
été bordé dans le moment , on fit feu.
le
parut, deux Le fore
On reconnut, > quand jour du Foffé; eft donné. abanhommes morts à vingt pas
quelques Negres furent les dépotiller.
On mit enfuite le feu aux meches, on
abandonnal le Fort, & on fe retira dans
del'autre côté de la
les Retranchemens
Riviere des Gallions. --- Page 156 ---
ManuneTyun Aux Tfles
1703.
CHAPITRE VII.
Les Anglois entrent dans le Fert
font batrus a la Riviere des
; ils
leur entreprifefar les trois Gallions $
Rivieres.
Fort fe trouva ainfi
No l'avions
neurre,
Anglois n'ofoients'en abandonné, 3 & les
ce que les mines euffent approcher fair
julgu'a
Leur rerardement
leur efet.
notre Lieutenant intriguoit beaucoup
fieur Binois avec Général,ily le
y envoia le
févre > qui étoit nommé Guillet orquelques
notre Artificier , &
groflés recompenfes, avannudes,iquil promit de
a aller mettre le feu pour les engager
Ças gu'il fàt éteint. Ils aux mêches, en
à tems pour en fortir la y furent affez
fc mettre à couvert derriere vie fauve,
muraille qui couvroit le
un pan de
ne pric pointde feu,
fouterrain qui
tie Une du par- cux, car ils auroient eueufemerpan été
les ruines, Celui
enfevelis fous
faute Donjon en de leur faire tomber qui faura ne lailfa
l'air, quelques-uns furent des pierres, agmt
terent que tous cuffent bleflez, & merice qu'on leur
avoit --- Page 157 ---
Prangoifes de P. dmbrique.
avoit promis. La mine du Cavalier joiia 2703.
quelque tems après, mais fans effet ;
iid étoithuit heures-du matin quand cela
arriva.
entrerent dans le Fort
Les lc Cavalier Anglois far les dix heures > 8c Anglois Les
par travaillerent d'abord à fc couvrir du entrent
côté de la Riviere des Gallions; le Gé- daas fort. le
néral Codrington y vint fur le midi,
accompagné de quantité d'Officiers. Un
Déferteur qui defcendit le foir par le
petit chemin de la Riviere, 2 nous allitra
tousles Officiers avoient été dans la
dernicre que
farprife 2 de voir que nous
euffions abandonnéle Fort en létat qu'il
étoit ,&
fans les deux Déferteurs
du Jeudi, 9e auroient levéle fiége; 5 que
le rapport de ces deux hommes avoit.
été caufe de la canonade du jour précédent ? pour voir quel mouvement
nous ferions, & que fans les trois autres
étoient venus le foir, on avoit ré2t d'ôter le canon des batterics, &
de fc retirer, parce
Capiraines
avoient perdu
de Soldas, &
le refte
FmeS
P'Amiral vouloit conferver
gee fes Matelots, parmi lefquels la diffenterie, & le mal de "Siam faifoient de
grands ravages.
furent maitres du
Dès quelcs Anglois
Tome VIII.
G
ferions, & que fans les trois autres
étoient venus le foir, on avoit ré2t d'ôter le canon des batterics, &
de fc retirer, parce
Capiraines
avoient perdu
de Soldas, &
le refte
FmeS
P'Amiral vouloit conferver
gee fes Matelots, parmi lefquels la diffenterie, & le mal de "Siam faifoient de
grands ravages.
furent maitres du
Dès quelcs Anglois
Tome VIII.
G --- Page 158 ---
146 Nonveans Frojagei aux
1703. Fort, ils firent paffer un gros corps Hles de
Troupes fous la Falaife, le
du
de la mer, pour nous chafler long bord
On bat tranchemens
des Reles Anque nous y avions;
glois au on enavoit déja retiré
mais
la bord de étoit refté
le
nos gens 5 il n'y
Mer,
que feur de Saint
avec fa
Amour
Compagnieguiavoit été
par un nombre de Volonaires, groflie
toient détachez de leurs
quis'6joindre à lui; il
corps, pour fe
deux
faTroupe en
3 après avoir LPCIE ordre à fon
Lieurenant de plier après un peu de
réfiftance, afin d'engager les ennemis à
le fuivre dans le Morne; & quand ils
yfurens, il tomba far.eux d'une maniere G brufque & Gi vive,
les
reaverfa, les reconduifit
qu'il
de la mer, Jeur tua plus jufqu'au de
bord
hommes, en blella un grand nombre, quarante
& fit trois
étoit un Officier, prifoaniers > entre lefquels
au Lieutenant
qui alant été conduit
Général, & interrogé de
ce qu'on difoit dans leur Camp, il répondit fans héfiter : on dic que les François font des braves
& qui fc
battent bien, & que Ecare Général les
trahit, ena abandonnan: ainfi leur Fortereffe. Le fieur de Saint Amour demeura
jufqu'au foir dans les Retranchemens
du bord de la Mer, & revint avec G --- Page 159 ---
Frangoifss de TAatriase 147
Troupe chargés desarmesquils avoient 1703.
ôté à ceux qu'ils avoient défaits. GénéAprès que j'eus vû entrer le
ral Anglois dans, notre Fort, je voulus
prendre congé du Gouverneur,, pour
aller merepofer: à la Cabefterre; ilm'arrèta, en me difant, que je lui avois promis de ne lepoint quitter, que nous aurions peut-erte plas de bonheur dans la
fuite > & qu'il falloit que la fin coûronnât Tauvre. Quoique je ne fufle pas
content de la foiblelle qu'il avoit fait
paroitre, en: donnant trop facilement
dans lesidéesde M. de Gabaret, je lui
de.d demeurer, & de fervir ralorSieant
2 Nous nous retirâmes d'abord dans un
Retranchement qui étoit à la tête de la
Savanne de Milet, à huit cens pas ou
environ du bord de la mer. M. Auger
me dit qu'il ne croioit pas que le Lieutenant Général abandonnât CC pofte qui
étoir avantageux, > & aifé à défendre. Je
le fçavois' bien; mais comme nos
étoient allez minces > je
dis
Ciras
pets qu'il falloit les épaiflir > & travailler à
faire des Gabions, pour élever une Batterie. afin de balaier l'autre côté de la
Riviere; & le dedans du Fort que l'on
voioit de revers. LesAngloiss'en étant
Gij
ral abandonnât CC pofte qui
étoir avantageux, > & aifé à défendre. Je
le fçavois' bien; mais comme nos
étoient allez minces > je
dis
Ciras
pets qu'il falloit les épaiflir > & travailler à
faire des Gabions, pour élever une Batterie. afin de balaier l'autre côté de la
Riviere; & le dedans du Fort que l'on
voioit de revers. LesAngloiss'en étant
Gij --- Page 160 ---
148 Nomeam)
1703. apperças, frent un T'gager aux Ifes
queterie far nous grand fen de monf
avec cet avantage > & nous fur cux 2
àcouvert; ; nous leur que nous étions déja
& nous en perdimes tuâmes aufli du monde,
On a Nous eûmes trois
de notre côté,
bandon- huit
hommes
ne encobieffez. Malgré
tuez s &
re un all- s'avançoit à vàe
cela notre
tre pofte fix
onvrage
très aGabions, & dail.Favom notre
déja polé
vanta- fx pieds de
épaulement avoir
geux, ronné tout le hauteur, côté de & auroit envile bord de la Rivicre des cette Savanne fur
felon les apparences, il Gallions, &
vé pendant la nuit,
auroit étéachevailloient avec ardear, tant nos gens tratenant Général envoia dire loriquele Licuneur qu'il ne jugeoir
au Gouverconferver ce
pas - à propos de
rerirer plus
Ce & quil'f falloit fe
nouvel
LRES
defefperer M. Auger
ordre penfa
fon chagrin dans les 5 il avoit caché
denres, 1 n'en fut pas occafions le
précépelle-ci, Les Officiets de milice maitre dans
rent vivement dans fcs
entreje vis le moment qu'il fencimenss &
quelque chofe de facheux; yalloit arriver
setre retiréa l'écart, & s'être lorigu'aprés
four feul pendant quelque
promené
aux Officiers qu'il falloit tems : il dit
qu'il ne répondoit plus de obéir, 3 mais
ticn, S que --- Page 161 ---
Francoifes de TAmérigue.
les ennemis étoient maitres de Vile,1763.
s'ils fcavoient fe fervir de l'avantage" ceffer lc
qu'on leur fourniffoit; il fit
travail de la batterie, , del'épaulement,, mmen-
& des baraques que nos geus Savanne CC
; il
çoient à faire dans cette ceffer le travail
me pria d'aller commencé faire
à fix,cens
que l'on àvoit auprès de la fucretie TE
plus haut, dela Chariré, parce que le Lieuiligietx
confertenant Général né voulant pas
ver le pofte de Miler, il n'yavoit
quilvoulit garder ce T
d'apparence nier. Ile eft cependant très-vrai que ces
retranchez comme ils l'aldeux poftes
la perte
loient êtré > pouvoient reparér
du Fort; iln'y avoit au
n'étoit qu'un
Front de rjopas: à
qui
mehe
acceffible que par un chemin de charetaflez étroit, & au fecond où le terte,
davantage 2 environi
raine s'élargilfoit La Rivicte des Gallions,
ttois cens pas.I
3 dont les bords.
& la Riviere deSence
font extrèmement élevez & efcarpez, &
les défendoient à droit & à gauche,
nous euflions été dans ces deux poftes
comme dans deux Fortereffes prefque
naturelles, où il ne paroiffoit envie pas poc de
fible que les Anglois cuflent
nousinquiéter.
Giij
2 environi
raine s'élargilfoit La Rivicte des Gallions,
ttois cens pas.I
3 dont les bords.
& la Riviere deSence
font extrèmement élevez & efcarpez, &
les défendoient à droit & à gauche,
nous euflions été dans ces deux poftes
comme dans deux Fortereffes prefque
naturelles, où il ne paroiffoit envie pas poc de
fible que les Anglois cuflent
nousinquiéter.
Giij --- Page 162 ---
ago Nonveanx
1703.
Çe qu'il ly eut de Payager fuprenant AAX Ifes fur
abandonnant CCs
qu'er
dans tous les bâtimens poftes, on mit le feu
la Charité, & de la
des Religieux de
comme s'ils euffent Damoifelle dû
Cherots
de lINe, après
caufer la perte
ennemis
qu'on avoit laiffé aux
toutes entieres quarre ou cinq cens maifons
bitations
dans les Bourgs, & Hafieir de Bois-fermé qu'on. avoir abandonné, Ler
rie-galante, qui étoit Gouverneur de-Matenant Général, fe venu avecie Lieupedition, il portoiz fignala le feu dans cette CXLesmai- failoit aurant de
par-tout, &
fons des main qu'il aveit, ravage avec la feule
freres la Cha ve, une douzaine. On que s'il en avoit eu
rité fosr grand
ne vit jamais un G
bridlécs, pillées & tion Gi scharnemenr, déraifonnable & une précipitas
que je ne fulle brûlé, : peu s'en falluti
une planche dans le étant cndormi furs
maifon. Le feu ne feconda galetas de cette
vement la mauvaife
que tropvi-,
ves qui
manceuvre desbra-.
Tous les accompagnoient bâtimens,
( cet, Officier.
furent reduits
fans rien excepter,
tous lcs
en cendre, & avec cux
I'Hiopital, remedes, & les uftencilles de.
toutesles
avoit fauvé du Fort, menuésarmes qu'on,
remplis de Grenades, plufieurs paniers
die,de plomb, de beancoup de pou-;
méches,. &c auires
-,
ves qui
manceuvre desbra-.
Tous les accompagnoient bâtimens,
( cet, Officier.
furent reduits
fans rien excepter,
tous lcs
en cendre, & avec cux
I'Hiopital, remedes, & les uftencilles de.
toutesles
avoit fauvé du Fort, menuésarmes qu'on,
remplis de Grenades, plufieurs paniers
die,de plomb, de beancoup de pou-;
méches,. &c auires --- Page 163 ---
Frangoifes de PAmérique. 1ST
munitions de
une quantité très- 1703.
confiderable SrERe farine 2 & de viande
uncinfinitéde marchandifes
falée,avec avoit fauvé, comme dans des
qu'on lieux stireté quine devoient être jamais abandonnez; du moins on auroit
au réduit fans fe prefdûles tranfporter
dans Texfer, & on les y auroittrouvé eut dans la
trème befoin que l'on en
f
fuirespmilquel lese sennemisavoient peu
d'envie de s'approcher de nous 1 quils
nc vinrent en cet endroit là gnger
joursaprès que nousl'eîlmes trouvâmes donc le Di- NouvelNous nous Avril au bord des bois qui le fit.on difpo- des
manche 1S le réduit; on plaça les quatre troupes
couvrent
de laMarine au centre du frangoi- fes.
Compagnies front, qu'il fallut occuper, pour
grand couvrir le réduir, d le pallage de Madame auhaut de la Riviere des Gallions.
les
On voit par cette difpofition que
Troupes de la Marine ne fongeoient
guéres à difputer le pas, & le pofte
dhonnenrà nosmilices. Leurs Officiers
étoient de bravesgens; mais les Soldats
étoient mal intentionnez, & ne cherchoient qu'à déferter; d'ailleursle pofte fa
de la droite étoit très-dangereux par
fituation, parce que les Anglois y pou
voient venir de plein pied, fans qu'on
Giv --- Page 164 ---
1g2 Nonveanx Pynger anx Iles
pûr être fecouru desaurres
1703-cn étoient
quartiers qui
marécageux.
par des ravinages
Troupes dela
Ente
avoient à leur droite, &c à leur Marine
une Compagnie de Milice ; & pour gauche les
affurer davantage , & empècher leur
défertion, on les avoit encore couvertesd'un pofte avancé, 5 compofé de deux
Compagnies de milice
de Flibuftiers s & d'une
décs
de la Martinique, commanpar les ficurs du Buc > Lambert &
Queftel , qui s'étoient poftez dâns la
maifon, Moulin & Sucrerie du fieur
Favre. A la droite de la Compagnie de
Milice, qui couvroit les
la
Troupes de
Marine, s il y avoit
des Milices de la
cinq Compagnies
de la
Guadeloupe, & deux
tendoit Grande-Tetre, dont le pofte s'6le refte des jafqu'à la Riviere des Gallions;
Troupes de milice
tout le grand elpacc qui étoit depuis occupa la
gatiche des Troupes de la Marine jufqu'aux Marécages deJ Jean Smith, & du
grand chemin du réduit. Ce pofte fut
appellé lui de la le Camp de la Martinique : Ccdroite fut nomméle Camp des
Gallions, celui du fieur du Buc le pofte
avancé, & celui où étoientles
de la Marine le Camp des
Troupes à
caufe
Lunetres,
que notre Lieutenant Général
pacc qui étoit depuis occupa la
gatiche des Troupes de la Marine jufqu'aux Marécages deJ Jean Smith, & du
grand chemin du réduit. Ce pofte fut
appellé lui de la le Camp de la Martinique : Ccdroite fut nomméle Camp des
Gallions, celui du fieur du Buc le pofte
avancé, & celui où étoientles
de la Marine le Camp des
Troupes à
caufe
Lunetres,
que notre Lieutenant Général --- Page 165 ---
Françoifes de FAmtrigue. hau- 153
du jour fur une
palloir une partic faifoit partie â contem- 1703*
teur
en
les vaiffeaux > & les
pler # rade >
des Lunettes
poltes des ennemis avec
d'approche.
fut envoié aux
: M. de la Malmaifon
de
trois Rivieres avec unea augmentation qwilfe
e'elta.dire,
foixante hommes, hommes au plus,
trouva avec fix vingt
de près d'une
pour défendre un polte pofte fi important
lieué de longueur >
infaillibleque de fa perte de T'INe s'enfuivoit entiere >- parce que
ment celle
& la fcule comc'étoit le feul pallage, avions avec la
manication f Cabefterre; nous
& la GranMartinique, d'oi nous tirions la plus
de-Terre >
grande partic de nos vivres. fe
dans
Général
logea
3 Le Lieurenant
avoit fait faire
une grande cafe des qu'on. munitions de guerre 2
pour mettre
elle étoit couverte par
& de. bouche; al'entrée du chemin du
u petit morne
fon logeRéduit.. M. Auger prit pour
&
cales aux environs,
ment quelques
fe loger
chacun fit des baraques, pour
dans le pofte qu'il devoit occuper. mena au
- Le Lundi 16. M. Auger me ComCampdes Gallions, où nos fept
étoient poitées tout à découvert,"
pagnies
GY --- Page 166 ---
154. Nogyveaks
1703. & fans aucun, FoyAger AuX IRes
elles. Il fita appeller Rettanchement les
devant.
dit qu'il falloit fe couvrir: Olicies,6 leur
Retranchement. Ils
deiquclque,
leurs efclaves étoient répondirent dans le
que.
que n'étant pas accolitumez à bois, &,
Haevnge, eux &c leurs
ces fortes
de leurs perfonnes, fi.les gens paieroient:
préfentoient; mais
Anglois fer.
plus travailler
qu'ils. ne vouloiene;
les Troupes de pour. la loger & couvrirleur fofiloit d'avoir Marine des
> &. qu'ill
fe meitre à couvert des, baraques, 5 pour;
Ces conteftations durerent injures du temse:
tems, & on -feroit demeuré fort longcouvert dans tout cet
fans être:
de plus de cinq cens clpace de qui étoit
AAAugermavare pas
longueur,
avec quelques enMoicrAnte-Mapr
tous les Negres qu'ils Sergens, pour ramaller
les faire travailler. Je trouveroient, 86:
chement, > &cjy
traçai ceRetran-,
avec le Gouverneur, demeural jufqu'au foir
cher à fon quartier, > je retournai coule - Lc Mardi 17. nous y retournâmes
point du jour,
dèsla journée; mais &cydemenrimes avec
toute,
les Habitans qui étoient tous nos foins,
toutes les mauvaifes mécontens de
Licutenant Général, manceuvres du
n'y voulurent ja-
86:
chement, > &cjy
traçai ceRetran-,
avec le Gouverneur, demeural jufqu'au foir
cher à fon quartier, > je retournai coule - Lc Mardi 17. nous y retournâmes
point du jour,
dèsla journée; mais &cydemenrimes avec
toute,
les Habitans qui étoient tous nos foins,
toutes les mauvaifes mécontens de
Licutenant Général, manceuvres du
n'y voulurent ja- --- Page 167 ---
de
:.
Frangoifes TAmériguti
mais travailler, ni preffer les Negres été 1703
de le faire, de forte qu'il n'a jamais éleavoit une petite
perfedionné,slya far laquelie on bâtit
vation au milieu,
detrois côtez,
ue cafe, ouverte prefque Les Habitans
pour fervir de chapelle. à côré, & me
me firent une baraque avec eux 5 M. Auprierent de demeurer
établis:
m'en pria aufli, 8c je m'y
ger Nous avions une garde de vingr-cinq
hommes à trois cens pas devant nous 3
mettoit encore deux autresl la nuit
on cn
hommes, chacune à cent cinde trente
où nous
quante pas de nos baraques,
fi
dormions aufli tranquillement
Il
point? t'eu
Tat
nous n'euflions s'établirent jamais
eft vrai qu'ils ne
la maifon du Rler
proches de nous, : que
de près de
Milet gui en étoit éloignée
mille pas.
22. Avril trois HabiLe Dimanche
de
tans de notre quartier me prierent
demander leur congé au Gouverneur d'aller >
pour deux ou trois jours l'obrins 2 afin aifévifiter leurs maifonssje
& voulus faire cette promement 2 je
de nos Nenade avec eux 5 je pris fept
gres armez, & un de nos Domeftiques avoient chablancs; ces trois Habitans de forte que nous
cun un Negre armé,
G vj --- Page 168 ---
156 Nowveaux
nous trouvâmes Fsyager aHx Hles
1703. armez. Nous
quinze hommes bien
prendre le chemin avions d'abord réfolu de
des
aiant trouvé un de nos hauteuis, mais
noit me voir,
Negres qui ve-
> & m'apportoir
ramiers, & des
quelques
venu par le chemin diablorins, des deux lequel étoit
du bord de la
mille pas
même
mer, nous fuivimes la
trois heures route, & nous arrivâmes fur les
du
au bas de notre Habitation
Marigot. Ce Negre m'avoit dit
nous avions 25 ou 26 de nos gens que
faifoient de la farinesje voulusles aller qui
voir, & cependant je l'envoiai au
miet ajoupa, pour nous y faire preter à
; je trouvai
apprè.
étoient AUEene fur leurs
que nos gens
deux Sentinelles
gardes,, ils avoient
desarbres,
avancées perchées fur
pour découvrir de plus loin;
quoiqu'ils m'cuflent reconnu
avant que je fuffe auprès d'eux, longrems ils
ericrent dès que je fus à
me
vive, demeure-la, il: fallut portée, qui
avant de me laiffer
obéir, > car
lurent connoitre approcher, ils voumoi, de crainte ceux qui étoient avec
Anglois
que ce ne fuffent des
pour les faire qui me enlever. menoient par force >
me fit
Cette précaution
foir plaifir 5 je me promenai
aux environs 2 en attendant jufqu'au
nos
ms ils
ericrent dès que je fus à
me
vive, demeure-la, il: fallut portée, qui
avant de me laiffer
obéir, > car
lurent connoitre approcher, ils voumoi, de crainte ceux qui étoient avec
Anglois
que ce ne fuffent des
pour les faire qui me enlever. menoient par force >
me fit
Cette précaution
foir plaifir 5 je me promenai
aux environs 2 en attendant jufqu'au
nos --- Page 169 ---
Françoifes de Amérigue.
157 ils
voifins qui étoient allez chez eux 5 les 1703.
revinrent fort contens : foit que
Anglois cuffent été dans leurs maifons, il les
euflent point été,
ou qu'ils n'y
cût fait aucun
trouverent fans caches qu'on en y bon état. Nous
degâr, & leurs
nos
nous en allâmes aux ajoupas,
gens
avoient
une bonne foupe
nous
apprèté communes 2 des raavec des volailles des diablotins 3 nous mimes
miers, & avancécs, & nous nous coudes gardes
châmes.
je fus voir quelquesLe Lundi 23.
uns des Campemens de nos Negres & ides
je trouvai bien-acommodez. fut de voir
pourvus. Ce qui mne fiurprit
les enfans qui étoient devenus, fauvages la
comme des liévres; au lieu qu'avant
ils couroient a moi dès qu'ils
guerre,
ils s'enfuioient alors, &
me voioient avoient >
toutes les peines du
monde lenrs parens à les raffiurer, & à me les ameleur diftribuai quelque argent
ner, je
fur moi, & nous palsâmcs
que javois
à chaffer; le foir un
toute la-journée avoit été dans les Hade nos gens qui
cherbitations dubord de la mer :
les
nous vint
aberge
cher des pois,
les pierres 2a taille
Anglois arrachoient
fenètres de notre Eglife qu'ils
des - --- Page 170 ---
158 Nonveanx
avoient brâléc Vayages aux Ifes
1703. gonds. Il étoit ,
en retirer les
trop puana
mais le lendemain
pour y aller' ;
gens furent
avant le jour nos
revinrent s'y embufquer T 5 les Anglois
Matelots effectivement > c'étoient des
qui n'étoient
un feul avoit un
point armez 5
& on le
fufil, on tira dellis,
tua; On cria aux autres
quartier; & comme ils ne
3 bon
point fe tendre, il
voulurent
tuez & de bleffez. y en eut encore de
moiillé devant Ily avoit un vaiffeau
quelques
de notre Eglife qui tira
& qui ne les coups empêcha canon fur nos gens >
les morts. Cette
pas de dépoitiller
ternelle les rendit petite. correétion frarent plus arracher fages, ils ne revinNous
nos pierres de taille.
habitation partimes après diné de notre
nous découvrimes > pour rétourner ati camp >
Negres qui venoit d'une la Compagnic des
bord de la mer
courfe vers le
avoient
5 comme ils ne nous
de pas vâ, , nous tirâmes deux
coups ils full, Pour nous faire connof
tre,
répondirent de trois, & nous
d'un,& eux de deux autres:c'étoit,
fignal de
tnotre
reconnoillancc; ils nous smapperçurent de
enfaite, & je leur fis
la nous attendre; ily y avoit entre figne nous
Rivicre des Percs qui coule au bas
agnic des
bord de la mer
courfe vers le
avoient
5 comme ils ne nous
de pas vâ, , nous tirâmes deux
coups ils full, Pour nous faire connof
tre,
répondirent de trois, & nous
d'un,& eux de deux autres:c'étoit,
fignal de
tnotre
reconnoillancc; ils nous smapperçurent de
enfaite, & je leur fis
la nous attendre; ily y avoit entre figne nous
Rivicre des Percs qui coule au bas --- Page 171 ---
Françoifes de LAmbrigne. 159
d'une épouventable falaife ; comme I 703nous montions, & que nous étions prèts
nous entendimes trois
à les joindre a >
:
d'armes auflitôr; ne fçachant ce
coups ce
être , je fis avancer deux
que pouvoir & nous les fuivimes avec
denos gens > convenables; nous troules précaurions
vâmes :
que c'étoient les Negres qui venoient de tuer trois malheureux Anglois beauquilsavoient pris; je les blâmai
coup de cette adtion, ils me dirent pour
excufe,, que CCS trois hommes ne vouloient
marcher, & qu'ils n'étoient
de porter leurs prifonniers.
arrivé
aigua
Ser fus bien faché de n'ètre pas
fur
leur fauver la vie, &
plitôy à > pour homme de 18 à2 20 ans
tout un jeune très bien-fait; c'étoit une efqui étoit
dans fes
de pilote; on trouva
deMarine
LURICTON
ERs deux compas
avoient
Les Negres en
que jachetai. quelques autres ler mème jour s
expedié car ils avoient fept habits, 2 & des armes. Depuis la mort du brave le Févre,
iln'y, avoit plus que cette Compagnie elle
qui inquiérat les Anglois; comme les
grollifoit tous, les jours, parce que
Negresy étoient attirez par l'efperance
du butin' qu'ils faifoient fur les ennespis, ils les refferroient de a telle maniere --- Page 172 ---
160 Nowveaus
dansleur
Yayager AuX Ies
1703.
Camp, quela
de
qui en fortoient
plâpart
ceux'
pour chercher des herbages > & autres
étoient enlevez ou tafraichifemens >
très-difficile de fc égorgez 3 il étoit
leurs furprifes. Ils le précautionner cachoient contre
effet dans les cannes
pour cet
haies le long des brâlées, S & dansles
n'aiant fur eux
grands chemins,
de toile bleuë, qu'un fimple calleçon
baionnette, & leur un gargouflier 5 une
une Troupe plus forte fulil; s'il palloic
fe tenoient en
que la leur, ils
dans quelque défilé, repos, & quand elle étoit
fon
chacun choififfoit
homme, & tiroit
tôt ventre à terre, ils deffus, & aufligagnoient les
rechargeoient,
vinage, & revenoient devans, ou quelque ramanicre fi importune faire feu d'une
roit ceux qu'ils
> gu'elle defelpetoientl les coups fans arraquoiene, qui fenle plus fouvent ceux qui pouvoir le leur découvrit
Nous arrivâmes au Camp fur tiroient, le
j'allai faluer M.
foir;
qu'il avoit été en peinc Auger de 3 qui me dit
qu'on avoit tiré du canon moi depuis
lui contai cC qui s'étoit
au Baillif. Je'
promenade, & je lui fis paffé dans notre
partie de notre chaffc. préfent d'une
Le Jeudi 27. Avril un Anglois qui
aquoiene, qui fenle plus fouvent ceux qui pouvoir le leur découvrit
Nous arrivâmes au Camp fur tiroient, le
j'allai faluer M.
foir;
qu'il avoit été en peinc Auger de 3 qui me dit
qu'on avoit tiré du canon moi depuis
lui contai cC qui s'étoit
au Baillif. Je'
promenade, & je lui fis paffé dans notre
partie de notre chaffc. préfent d'une
Le Jeudi 27. Avril un Anglois qui --- Page 173 ---
Francoifes de PAmérigue. 161
à 1e leur pofte avancé de 1703étoit en faction Milet déferta, & arThabitation de
où
riva aul Camhp de la Martinique, une heure
commandoitler fieur Colart, conduit
avant le jour; il demanda d'ètre cela fut
au Gouverneur,
en diligence
il lui donna avis
execuré far le champs
de
qu'il étoit parti all commencement de mille homla nuit in détachement & quelques barmes dans 25 chaloupes foutenués de la Fregate
ques armées
aller enlever le polte
d'Antigue, pour
Le fieur de Saint
des trois Rivieres.
fa ComAmour demanda d'y alleravec marcha aavec
pagnie yle fieur Lambert y
fe
de Volontaires
la lienne, quantité deux Chefs qui fc vijoignitent à ces
à la tète de trois
rent dans un moment fit taller en diligencens hommes; on y
leurs
ce touS les Cavaliers quiavoiene les Compaehévaux, & on fit partir
des Negres & des Enfans perdus,
gnies elles faifoient ce jour * là cent trente
hommes,
arriverent aux trois Ri- Anglois Les
Nos Troupes
Anglois, car quoi fout une
vieres auffitôr queles douze heures avant tenrative fur les
qu'ils fuffent partis avoient trouvé le vent trois Rinos gens, ils la marée contraires ce qui vicres.
fort gros, S
retardé leur marche.
avoit beaucoup --- Page 174 ---
162 Nonucanx
M.de la Malmaifon Poyages AHX Mes
1703. ti par un Cavalier qui avoit éréavers
péché, de Tapproche qu'on lui avoit dédu fecours qui étoit des Anglois, &
joindre,
en marche pour le
uns, & placer difpofa les tout pour recevoir les
nemis alant trouvéla autres; mais les enpour rifquer un
mer trop grofle,
les Troupes > & débarquement, le bon
& vû
avoit dans les deux Anfes, ordre qu'il y
morne qui des
& furle petic
nerent far leurs fépare, ils s'en rerour-.
meuré quelque pas s après avoir dehors dela
tems en préfence, mais.
portée du fufl.
Cependant comme ils ne
pas quie leur voiage fit tout-à-fait vouloient
tile,ils firent une defcente
inudeux cens hommesalaj
d'environ
Fort; ceux qui éroient pointe du vicux
pas en nombre fuffifant en garde n'étant
Les pècher, s'étoient retirez pour les en emAnglois. teuts; ils brâlerent
dans les haudelcen- dent
avoir
la
au
faird leur
Chapelle, après
vieux narions des chofes ordinaire mille
Fott, y
Saintes
profafont
verent; ; ils encloiierent les qu'ilsy trouTESE de fer qui étoient far la
deux canons
&) y per- rent les affiuts, le
pointe, brâlemonde. dent du deux ou trois autres corps de garde, &
rons; 5 mais aiant voulu maifons des envitage, & piller une maifon us'avancer davanquileur parut
Chapelle, après
vieux narions des chofes ordinaire mille
Fott, y
Saintes
profafont
verent; ; ils encloiierent les qu'ilsy trouTESE de fer qui étoient far la
deux canons
&) y per- rent les affiuts, le
pointe, brâlemonde. dent du deux ou trois autres corps de garde, &
rons; 5 mais aiant voulu maifons des envitage, & piller une maifon us'avancer davanquileur parut --- Page 175 ---
Frangoifes de PAmériqne.
de confequence que les autres , ils
tomberent plus
dans une embulcade que 1a'70s
de ce pofte leur avoit dreilé au
garde d'une Ravine; il y en eut d'apaffage
de tuez fur la;
bord une vingtaine
fit
de bleffez, ce qui
POOR
& beaucoup chemin plus vite qu'ils n'érebrouffer
toientvenus, & ce fur un bonheur pour le
eux de n'être pas plus avancez; meilleurs 5 car
fieur de Saint Amour avec les
dans
Pietons de fon détachement arriva
ce moment fur la hauteur, & commença telleà faire feu fnr eux , & les preffa
ment de fe rembarquer, qurilsabandon. benerent leurs bleflez qui n'eurent pas de
foin de Chirurgiens, Il y eut une
qui: tourna,, & qui
leurs fe Chaloupes brifer à la côtc, avec perie de
vint
partie de ceux qui s'y
la
grande
nombre.
tesen jettez en trop grand
fit
Ce mcuvement des Anglois en Généfaire un autre à notre Lieutenant fi les Anral; ileut peur d'ètre maitres coupé, du quartier Retraite
glois fe rendoient Rivieres, & de ne pouvoir tenant du Lieudes trois
Sainte Général.
fes barques qui éroientà
regagner Marie; L il plia bagage dès qu'il eut nouvelle du mouvement des ennemis, &
tourd'une traiteil arrivaaux trois Trous;
au-delà des trois Rivieres; il avoit fair --- Page 176 ---
164 Nowveanx
1703. partir avec lui les Yroynges deux
aux Mles
Marine gu'il
Compagnies de
aux milices de avoitamené, la
&c.ordonné
Flibuftiers de le fitivre Martinique, & aux
dirent
n'étant
3 ceux-ci réponIfle
pas attachez à und
qu'à une
puslire
demeurer à la
autre sils vouloient
eourir leurs freres Guadeloupe dans leur , pour feles quant aux milices de la
beloin;
Officiers dirent les uns qu'ils Martinique,
malades, d'autres qu'ils
étoient
de chevaux, pour aller à n'avoient point
& qu'ils ne pouvoient aller SainteMaric, à
autres s'abfenterent de
pied ; les
les jeunes gens qui
leurs poftes, &
Compagnies dirent compoloient ces
ne vouloient
réfolument qu'ils
les Anglois. partir de l'Ile qu'après
Le Lieutenant Général
arrivé aux trois Trous qui étoit déja
beaucoup de ce que fes Troupes simpatientoit
roiffoient furieufe point 2 & fe mit dans ne palution; colere quand il fçat leur une
5 mais il avoit le
réfopour s'en aller, &
chemin libre
haitoit.
toutlemonde le foud'aller M. Auger m'avoit prié dès le
dire de au Reduit rafforer le
matin
fa part à tout le peuple, &
quelque chole qui arrivâr monde que
au quartier
it déja
beaucoup de ce que fes Troupes simpatientoit
roiffoient furieufe point 2 & fe mit dans ne palution; colere quand il fçat leur une
5 mais il avoit le
réfopour s'en aller, &
chemin libre
haitoit.
toutlemonde le foud'aller M. Auger m'avoit prié dès le
dire de au Reduit rafforer le
matin
fa part à tout le peuple, &
quelque chole qui arrivâr monde que
au quartier --- Page 177 ---
Frangoifts de PAmérigue.
il avoit
#1
des trois Rivieres,, demeuraffent pourvà en 1793*
leur fureté, & quils
été bien emrepos, Il auroit pourtant aufi, fi les Anglois
baraffé, & nous
i fit
avoient pris cC polte : cependant &
prendre les armes par tout , difpols
recevoir lcs ennemis 2 en
Ies gens pour nous vinffent attaquer > comcas qu'ils
faire,
la dime ils le devoient faifoient pendant aux trois
verfion qu'ils nous ils demeurerent en reRivieres; mais
évipos, ce qui nous parut une marque
dente de leur foiblefle.
de ma
Pendant que je m'acquittois
commiflion, allant de cale en cafe, je
mon Negre qui tenoit
m'apperçus cheval
en conteftation avec
mon
REear
le maitre d'Hôtel du Licutenant deman- Général;Jy allai au plus vite, & je
daiacer honnête homme ouil prétendoit mener mon cheval, qu'il tcnoit
des rènes? à M. le Général,
par une
me dit-il; le ficn eft-il
qui en a befoin, lui dis-je : Non, me réhorsde fervice, maisquand je dis M.I le Génépondicil,
dire
de fa fuite,
ral,cela veut Monfieur quelqu'an de fa fuite, lui ré.
Oh bien , mon tour > il n'y a pas f
pondis-je à vous allez à cheval, pour
longiems que
méticr d'alavoir oublié votre premicr --- Page 178 ---
166 Nowveaux
ler à pied,
Frayager anx Hles
17031 & cherchez Tecommencez à le
lui
vîte un autre ptatiquer,
aiant arraché de la main cheval.e la
qu'il tenoit, je le renvoiai fort
rêne
tent de mon procedé. Ce
mécon:
tel fe nommoit
maître d'H16celui
Dauphiné auffi bien que
de ces don/aiparié au commencement
noître Mémoires; leur nom fait conavoient qu'ils-éroient du même pais, ils
aufi-fervirous deux
tems fur les Galeres, & avoient altezlongvoiez aux Ifles
été enleurs travaux;'ce pour récompenfe de
fur le premier, c'eft que le dernier avoit
fes deux oreilles dans qu'il avoit perdu
avoit eu avec
un differend qu'il
cela qu'il avoit laJuftice, & c'étoit pour
faite de maniere tofjours une peruque,
ment ce défaut qu'elle cachoit exaétetout le monde quin'étoit pas connu de
3 cela
qu'il ne fervit fon maître n'empéchoir pas
aveci bien dé
lapplication, heritier
&c qu'il ne l'ait laiffé fori
en mourant.
L'avis étant venu fur les
res à notre Lieutenant
trois heu.
Anglois s'étoient retirez Général que les
trois Rivieres,
de devant les
le chemin de , & qu'ils avoient
la Balle.
il repris
mença à
Terre, comcroire
refpirer > & à vouloir faire
que fon mouvement avoit été
empéchoir pas
aveci bien dé
lapplication, heritier
&c qu'il ne l'ait laiffé fori
en mourant.
L'avis étant venu fur les
res à notre Lieutenant
trois heu.
Anglois s'étoient retirez Général que les
trois Rivieres,
de devant les
le chemin de , & qu'ils avoient
la Balle.
il repris
mença à
Terre, comcroire
refpirer > & à vouloir faire
que fon mouvement avoit été --- Page 179 ---
Françoifes de PAmérigue.
conferver la Cabefterre; & em- 1703,
pour les ennemis d'y pénétrer; mais
pècher il eut le malheur de ne trouver faire perfonne qui fût allez charitable croire. pour Les
feulemnent femblant de le
femmes
étoientau Réduit, le voiant
at recondaifirent avec deshuées
palfer, de défefperer les plus endurcis
capables affronts. I revint le foir dans le
aux
le coeur fort ulceré contre les
Camp, Flibultiers,8 lesHabitans de la Martinique, & contre M. Auger plus R12
contre tous les autres, parce qu'il
foupçonnoit d'avoir débauché (esgens, dc la
& d'avoir été le premier mobile fait
réfolution généreufe qu'ils avoient
paroitre 5 il fe trompoit cependant, di- &
M." Auger n'avoit point contribué arrivé, mais
reétement à ce qui étoit
ne
routes les Troupes de la Martinique les
voioient qu'avéc un extrème dépit faifoit,
mauvaifes manceuvres qu'on fois'la
qui auroient dû caufer plufieurs avoient
perte de l'Ife, > fi les Anglois Parboniçà profiter de leur avantage.
entre
heur pour nousla divifion regnoit nous
leurs Chefs , & il (embloit que des
faifions des fautes à l'envie les uns
autres. Lc Dimanche 29 Avril nos Negres --- Page 180 ---
168 Nowveaux Froyages any Ifes
1703 armez s'étant embuifquez au-deffous de
l'Habitation des Religieux de la
rité s tuerent quelques Anglois Chaétoient fortis de leur pofte de Miler. qui
La garde de ce pofte aiant pris Jes.armes, fortit fir les Negres, & les
Les Enfans perdus arriverent aflez pouffa. à
tems pour foutenir les
mais
les uns &. les autres furenr Negres;
qu'au de-là de la Sucrerie des pouffez Freres juc de
la Chariré & de la Damoifelle Cherot
leur voifine. Notre pofte avancé du
Camp des Gallions fe joignit à eux, &
rétablit le combat, & donna le tems
aux fieurs de Valmeinier. & de
celle de s'avancer avec cent Maifon;
pour les foutenir. Oi
hommes,
bonne grace les
chargea.alors de
Anglois, & on les fit
plier après une demic heure d'un combat fori opiniâtré, ot l'ons'étoir battu
à coups de piftolet & de
ils reçurent alors un fecours baionnettess
trois cens hommes, ils firent ferme, d'environ
recommenccrent à
&
leur tour. Je difois pouffer la Meffe nos gens à
dernier choc
quand ce
commença 5.
je me des-habillois, les Officiers pendant de que
tre Camp medemanderent mon avis no- fur
Ce qu'ils avoient à faire, &s s'ils attendroient les ordres du Licutenant Général
de piftolet & de
ils reçurent alors un fecours baionnettess
trois cens hommes, ils firent ferme, d'environ
recommenccrent à
&
leur tour. Je difois pouffer la Meffe nos gens à
dernier choc
quand ce
commença 5.
je me des-habillois, les Officiers pendant de que
tre Camp medemanderent mon avis no- fur
Ce qu'ils avoient à faire, &s s'ils attendroient les ordres du Licutenant Général --- Page 181 ---
Françoifes de PAmérique.
ral pour marcher ? Je leur répondis que 1703.
s'ils attendoient fes ordres, ils ne marcheroient point 5 mais que s'ils avoient
envie de iecourir leurs freres, fans que
le Lieutenant Général y pût trouver à
redire, ils n'avoient qu'à faire défiler Anglois Les
leurs gensle long de la Falaife, & pren- font faits à dé. la
dre les ennemis en Aanc : cela fut exe- riviere
cuté fur le champ 5 plus de deux cens lions. des Galhommes y coururent à toutes jambes, 2
beaucoup de Flibuftiers qui étoient venus à la Meffe chez nous fe joignirent
à nos, gens, qui fc voiant ainfi fecouvigoureufement lesAnrus, poufferent les chaflerent de derriere trois
glois, murailles féches, les unes après les autres, &. les reconduifirent, toujours battans, jufques dans les Retranchemens
dont ils avoient envirenné leur pofte.
M. Auger qui avoit fait prendre les
armes au Camp de la Martinique s &
étoit far le
de
au pofte avancé,
point
marcher avec toutes ces Troupes, & de
tomber fur la droite des Anglois; c'étoit un coup de partic, ouilétoit aifé
de tailler en piéces, ou de prendre fixà
fept cens des ennemis qui n'en pouvoient plus. M. de Gabaret lui envoia
défendiede fortir du Camp, & dépècha
fes deux Aides de Camp pour ordonner
Tome VIII.
H --- Page 182 ---
I70 Nonvetux
Aux
S
Foyanges
TRes
AAN.4.Vaincimta de Maifoncelfe
170g.de fe retirer; cet ordre ne vint pasjuf
qu'i cux, ils étoient trop voilins des
ennemis, lieux
& par conféquent dans des
inacceffibles à de pareils Aides de
Camp; on fc mocqua
mais ils avoient envie beancoup de fe
d'eux,
pour une meilleure
conferver,
rent fagement de fe occafion, & ils'fla fin de l'adtion derricre gabionner jufqu'a
muraille féchc.
un refte de
Cependant nos gens demeurerent
-plus de deux heures a la vûe, , & à la
demie portée de fafil des Retranchemens des ennemis, fans
ofaffent fortir
les que ceux - ci
pour recouvrer leursmorts pour
repouffer & leurs , &
fez; ils laifferent fur le chainp de blef. bataille quatre- vingt cinq morts, & beaucoup plus de bleffez. Nous n'eiimes
dans tous cCs chocs que quatre'hommes
tuez, & onze blellez, Un Negre des
Religieux de la Charité éaiant en lac cuiffe
caffée au commencement de l'acion,
lorfque les Anglois nous
fut pris & porté à leir Camp. repoufferent, Le fieur
de Valmeinicr fut bleffed'un
fufil à la cuiffe, & eut une partic coup du de
petit doigt emportée d'un autre
Le ficur dç Maifoncclle s'étant trouvé coup,
que quatre'hommes
tuez, & onze blellez, Un Negre des
Religieux de la Charité éaiant en lac cuiffe
caffée au commencement de l'acion,
lorfque les Anglois nous
fut pris & porté à leir Camp. repoufferent, Le fieur
de Valmeinicr fut bleffed'un
fufil à la cuiffe, & eut une partic coup du de
petit doigt emportée d'un autre
Le ficur dç Maifoncclle s'étant trouvé coup, --- Page 183 ---
Françoifes de PAmerigue. 171
celuivis-à-vis un Capitaine Anglois,
170j.
ci.le détia, & lui tira un coup de piftoler; ilmanqua notre Major quile tua
far.le. champ, & fit la même chofe au
Sergent de cei Capitaine qui vint pour
le percer de fa halebarde. Les fieurs du
Buc, Lambert, Sain, Roule, & autres
Officiers qui sy trouverent , ou comme
Volontaires, ou, àl la tète de leurs corps,
firent
bien, à leur ordiy
partaitement
Poterie
naire. Notre Aide * Major la
vouloit nous perfuader qu'ilavoit couru
de grands rifques, & que fa manche
avoit été percée d'une balle; un tailleur
aiant examiné la bleffure s declara
qu'ellevenoit du tems s & quele plomb
n'y avoit aucune part. confeffois un de nos
Pendant que je
bleffez qui mourut entre mes mains,
ily yi eut, un dc nos voilins nommé Hugues Boulogne, qui reçut un coup de
balle qui lui découvrit le crâne de la
longueur de cinq à fix pouces ; il étoit
eût fait deux
huguenor , quoiqu'il
il étoit
ou trois abjurations; de comme bien & de bon
d'ailleurs homme
commerce, je l'aimois, & je lui difois
fouvent quc je l'affifterois quelque jour
à la mort, & qu'il fe convertiroit tout
de boni,il tomba auprès de moilorfHij --- Page 184 ---
172 Nonveanx
qu'ilett
le Yagager AnX Iles
1703. temsfans
coup, & fut allezl
rRSE & fans
longe
le fis porter dans la Falaife, connoiliancerk je
prochai de lui, pour le
8cje m'apfa confeience quand il faire penfer à
aiant enfin ouvert les
reviendroit ;
vré lap parole:Ah,
yeux, & reconvous me l'avicz bien mon dit Pere, me dit-il,
vertirois en mourant queje me conoui, je veux mourir entre vOs mains ;
demande pardonà Dieu Cathelique, de
& je
ceeur : un Chirurgien
tour mon
appeller, aiant fondé fa que j'avois fait
quilny avoit rien à craindre plaie, m'affura
préfent; je le fis
pour le
aller à d'aurres qui cmporter avoient 3 pour m'en
que lui de mon fecours. plas beloin
M. de la Malmaifon fut
jour fuivant des trois
rappellé le
nir conmander au Rivieres, pour venous lui fimes une Camp cafe de des Gallions;
de la
l'autre côté
la retraite Chapelic, > où il demeura
des Anglois.
jufqu'a
Précau. Dès les
tion glois
premiers jours que les AnPour les
eurent mis pied là
vivies, en pratique une chofe irerre,Javois mis
enfeigné il y avoit
qu'on m'avoit
trouvai très-bonne, longrems 2 & queje
quer de vivres
pour ne pas mangnéde chez foi;c quand on fc trouve éloic'étoit d'ayojr roijours
elic, > où il demeura
des Anglois.
jufqu'a
Précau. Dès les
tion glois
premiers jours que les AnPour les
eurent mis pied là
vivies, en pratique une chofe irerre,Javois mis
enfeigné il y avoit
qu'on m'avoit
trouvai très-bonne, longrems 2 & queje
quer de vivres
pour ne pas mangnéde chez foi;c quand on fc trouve éloic'étoit d'ayojr roijours --- Page 185 ---
Francoifes de LAmérique. 173 de
daelque foie de veau, de vache ,ou
1703*
beuf cuit à l'eau &c au fel,ou, des quand herbes
on le
, dans du vin avec &c d'une noutfines; Ment n'eft meilleur,
fert de
fubftancielle : cela
riture plus de viande tout à la fois, & fe
pain, & très-longems 5 un morceau
conferve
lc
eft fuffifant pour
gros comme
nourrir un
pendant vinge-quaLEE
J'avois foin d'en avoir toitre heures.
les Negres
jours dans ma baraque & pour moi; &
qui me fervoient >: du pour
porj'allois hors
Camp, jen
quand
avec moi, parce que nous
tois tonijours
éloignez
nous trouvions quelquefeis obligez d'atrendans les hauteurs > ou
ennemis plus
dre que des détachemens fc fuffent retirez, &
forts que nous
j'étois bien affuré
dans ces occalions de foie de ne pas
avec mon morceau
fouffrir la faim.
dans
Le loifir dont nous jouiflions plàc
notre Camp , en attendant qu'il nous Obfervaferetirer chez eux,
tion fur
aux Angloisde
fois lob-le bruit
ft faire & réiterer pluficurs
du ca.
fervation fuivante. Nous fçavions
non,
portoit le 9ec
le vaiffeau Anglois qui
à une
villon d'Amiral étoit juftement
lieuc de trois mille pas, geomerriques fur codu lieu où nous étions campez 3
Hiij --- Page 186 ---
174 Nowveanx
la nous remarquâmes Vayages Anr IRes
1703-12 matin & le foir, que quand il tiroit
rettaite, s nous
pour la diane, &la
un jufqu'a foixante pouvions Pun comprer depuis
difant & prononçant après l'aucre, en
un ,
quatre, 5 cing, &c. depuis denx, le trois,
que nous avions vû la
moment
non jufqu'a ce
lumiere du Cale coup 5 ceux que qui nous entendiflions
plus libre, comptoient avoient la parole
plus; on pourroit
cing ou fix de
pouffer plus loin cette
expérience, 2 dont je ne donne ici
commencement.
que le
Les défertéurs continuoient
venir, & affuroient
todijours a
un grand nombre fans qu'il la en viendroit
avoient de trouver nos crainte qur'ils
aufquels un julte-aut.corps Negres étoir armez s
ricufe tentation,
ane fitportoit,
pour tuer celui qui le
Un pauvre Irlandois alant été
défertant, fut condamné à
pris enr
en attendant l'heure de être pendu
fe fauva; mais comme il l'exécution il
& qu'il ne connoifloit éroit érourdi,
fe jetta dans le pofte pas le pais, il
avoient à Milet,
que les Anglois
Riviere, & grimpé après la avoir paflé la
peines incroisbles, Falaife avec des
dans.nos
croiant être arrivé
poftes; ils le reprirent, &le
ant, fut condamné à
pris enr
en attendant l'heure de être pendu
fe fauva; mais comme il l'exécution il
& qu'il ne connoifloit éroit érourdi,
fe jetta dans le pofte pas le pais, il
avoient à Milet,
que les Anglois
Riviere, & grimpé après la avoir paflé la
peines incroisbles, Falaife avec des
dans.nos
croiant être arrivé
poftes; ils le reprirent, &le --- Page 187 ---
Francoifes dé P Amirigue,
lierent dans leur corps de gardc, en at- 1703:
tendant qu'il fut jour, pour le remener ilfe
car il étoit nuit quand
au Bourg,
mais le Sentijetta entre leurs mains; s'étant endormi,
nelle quile gardoit,
de la
il séchappa, & vint au Camp mechant
Martinique , n'aiant & qu'un les mains liées
caleçon fur le corps,,
fut revenu
derriere le dos. Après qu'il il nous,
de la fraieur quil avoit eu,.
affura, que les Anglois ne tarderoient le Générat
pas à fc rembarquer 5 que
avoit
Codringron étoit malade > qu'il les y Troubeancoup de diffenterie parmi
man-
& les équipages s 8 qu'ils
pes
quoient de vivres. les
enleveLe Jeudi 3. Mai
Anglois dont Phabita- d'un PrIfc harent le nommé Bouchu,
au bitant &
tion étoit à la Riviere Beaugendre,
de fes
des Habitans 5 cette homme e clavess
quartier voulu fe retirer au Reduit,
n'avoit pas
ou le contrefailant, mais
étant malade, cantonné avec fes efclaves dans
il s'étoit
-là; il eut
les hauteurs de ce quartier
Timprudence d'en maltraiter quelquesuns, & eux de dépit allerent ferendre où étoit
les conduifirent
aux Anglois, le firent
avec prefleur maitre, ,
prendre
une
tout le refte de fes Negres, >
que fommed'argent, & tous fes meugrolfe
H iv --- Page 188 ---
176 Nonveans
bles; on le conduifit Poyages aux Ifles
1703. drington qui le renvoia au Général Coune belle fauvegarde.
chez laiavec
glois Cette capture fut caufe
les Anqui n'avoient Point ata dans
quartiers-li depuis
CCS
a terre s remarquerent qu'ils y aveientmis.
beaucoup de mahis & autres qu'il y avoit
les habifations, 8c
vivres dans
dans les hauteurs; quantitéde beftiaux
ment de
; ils firent un dérachecent cinquante
mandez par un
hommes, con
ver ces vivres & Major, ces
pour aller enlelcs maifons de
belftiaux, & brâler
Le Lundi
ces quartiers-la,
donna avis 7. Mai un déferteur nous
de partir de ece ce détachement venoit
voia les Enfans Camp. M. Auger enpour les
perdos , &c les Negres,
briler harceler, & les
les maifons.
empècher de
de ces
Pluficurs habitans
quartiers - la s'échaperent du
fendre Camp, lcur pour les joindre, & aller déenviron
bien. Les Habitans étoient
gnies faifoient foizante, & les deux Compails marcherent ce jour là cent hommes;
n'être
par lcs hauteurs pour
pas apperçus des vaiffeaux,
donnoient avis par un
de > qui
dès
coup
canon
Les EHPESRREOE Énfans
armez,
perdus & les Negres
Pas voulu fuivre les
n'aiant
Habitans, & s'étant
, lcur pour les joindre, & aller déenviron
bien. Les Habitans étoient
gnies faifoient foizante, & les deux Compails marcherent ce jour là cent hommes;
n'être
par lcs hauteurs pour
pas apperçus des vaiffeaux,
donnoient avis par un
de > qui
dès
coup
canon
Les EHPESRREOE Énfans
armez,
perdus & les Negres
Pas voulu fuivre les
n'aiant
Habitans, & s'étant --- Page 189 ---
Prangoiferde P Ambriqne. 177
amufez à chercher à faire quelque pil- 1703.
dans: les habitations de la montalage de Saint Louis, furent découverts
gne les vaiffeaux. L'avis en fat auflitôt
par
à qui on enporté au Major Anglois, derenfort; mais
voia trois Compagnies fecours lui fut arrivé, les
avant habitans que l'avoient ce
attaqué aul pallage
duner eravine oi il s'étoient embulquezs
le Major avoit été tué avec quinze ou
fcize hommes, & les autres s'étoient
fauvez au bord de la mer, oà étoient
leurs chaloupes, après avoir abandonné &c
les vivres dont ils s'étoient chargez,
des beftiaux qu'ils
la plus grande Le partie fecours les'aiant joint, >
avoient pris. retourner fir leurs
ils voulurent
avoient
ce qu'ils
reli
pour
les Negres & les
mais REEE apperçu
faifis des
Volontaires quiséroiene le chemin où ECte dequi commandoienel ilsfe rabattirent tout d'un Derniere
voient paller, bord de la mer, de peur d'ètre rencon- tre cntre
coup au Aanc , & en
& marche- lesFranpris en
fuiant queuè,
du An- &
en
E
rent comme
jufqual'Ance
gros. François > totjours accompagnezpait. faifoient feu
de nos trOis, Troupes de fois qui qu'elles en troufur eux, l'occalion; autant
ils eurent encore des
voient morts & des bleffez danscette retraite, a
Hy --- Page 190 ---
178 Nowveawr
1703. & en tour on compte Trojager Anx Hes
vingr-fix ou
qu'ils perdirent
& des bleffez vingt-fept dont
hommes tuez,
cifementle nombre, on ne Içair pas
qu'un feul
Nous ne
a
homme, &
ERE
onze bleffez.
nous eûmes dix
gens Volontaires, Limptudence de nos
fut caufe
> &. de nos
rement, défait. que ce parti ne far pas Negres entiefe produifit de Tout bon, fur ce que cette cour
les Anglois de
qu'on empêcha
petites
piller, & de brûler les
niere action habitationss elle firt aufli la deri
les Anglois juiqu'a que nos gens eurent avec
Le Mardi au: foit leur départ.
7 01
le feu à tous les
15 Mai ils mirent
dans leFort, & aux logemens maifons qui éroient
depuis le Fort jufqu'a la
du Bourg,
cela fit connoitre
place d'armes;
zieufementà fe
qu'ils penfoient fcvois eu raifon de rembarqucr, confeiller 3 & quej'aBourg
de briler'l le
pouvoit
nidenakecbmener puifqu'on
qu'ils juger par ce
n'avoient pas envie commencenienr, de
>
cune maifon far pied:
laiffer aume on étoit pleinement cependant informé comfoiblelle, par lés pertes
deleut
fait, & par les maladies qu'ils avoient
nuoienr chaque jour, les qui-les dimilurent de les Preffer
habitans réfotellement de fe
quej'aBourg
de briler'l le
pouvoit
nidenakecbmener puifqu'on
qu'ils juger par ce
n'avoient pas envie commencenienr, de
>
cune maifon far pied:
laiffer aume on étoit pleinement cependant informé comfoiblelle, par lés pertes
deleut
fait, & par les maladies qu'ils avoient
nuoienr chaque jour, les qui-les dimilurent de les Preffer
habitans réfotellement de fe --- Page 191 ---
Frangoifes de PAmbrigue: 179
sn'enffent pas le tems
rembarquer, , qu'ils refte. Les Officiers 1703.
de mettre le feu au
& le
allerent trouver. le Gouverneur, Généprierent d'obtenir du Lieutenant fortie fur
ral qu'il leur laiffat faire chaffer. une M.
les ennemis, pour chaleur, lcs
& outre Anger le
emploia avec regardoit en cela, il
ilen public qu'il
avoit encore fon interêt conferver particulier., fa maipaifquil sagilloit de encore brûlée 5 la
fon, qui n'éroit pas
MM. de Boisforrie fut donc réfolue; & du Parquet
fermé, de la Malmaifon des Gallions le merpallerent la Riviére
cens hommes
credi16 au foir avec fept deux
qui devoient fe partager en
le corps,
pour atraquer en mème tems MM. Bourg de
.par deux endroits, aullitôt auroient que atraqué le
Gabaret & Auger Nous étions allurez de
pofte de Milet. entiérement outre qu'ils
les défaire
i y avoit déja
étoient fort affoiblis,
de
une partie de leurs gens voulu embarquez; foutenir le
forte
s'ils avoient envoiant du fecours,
2 Milet eny y
d'être forcez
ft ne pouvoient manquer
du
dansle Bourg,. ou les Troupes fi pole elles
de Milet forcées & enlevées,
n'avoient point été foutenuès. Glence
Nous allâmes avecun grand
a
Hvj --- Page 192 ---
180 Nowveaux
nous pofter à une Voyages bonne Anx Iles
1703. de l'enceinte
portée de fufil
du
qu'ils avoient fait autour
Bourg, en attendant que nos Chefs
attaquallent le pofte de Milet
on étoit convenu, nous
comme
la nuit fous les armes paffimes toute
du fignal
5 mais au lieu
Lieutenant que nous attendions, notre
deffein, Généralquiavoit changé de
jour du u17de nous envoia dire au point du
Les
nous retirer au Camp.
Anglois qui nous
connurent le danger ouils apperçurent avoient
>
d'être forcez fi onles avoit
été,
ils acheverent dès le foir de artaqués, &
jour de mettre le feu aux maifonsà ce même
fare qu'ils les
medemain Vendredi abandomnoient, & le lenla voile un
18. Mai-ils mirentà
ques & leurs peu avant le jour, > leurs barRetralte rent les
vaiffeaux marehands fuzdes Anpremiers qui
glois, après quoi nous vîmes les appareillerene,
vaiffeaux de
chaloupes des
de tous ces bâtimens guerre qui allerent à bord
mes, pour les
prendre des homque leurs équipages aiderasppareiller; étoient fi parce
qu'ils ne pouvoient pas faire les foibles,
manceuvres.
groffés
Quelques-uns de nos
trez dans le Fort
Negres étant enlon blanc,
y arborerent le pavil-
> qui fur comme un figual a
iers qui
glois, après quoi nous vîmes les appareillerene,
vaiffeaux de
chaloupes des
de tous ces bâtimens guerre qui allerent à bord
mes, pour les
prendre des homque leurs équipages aiderasppareiller; étoient fi parce
qu'ils ne pouvoient pas faire les foibles,
manceuvres.
groffés
Quelques-uns de nos
trez dans le Fort
Negres étant enlon blanc,
y arborerent le pavil-
> qui fur comme un figual a --- Page 193 ---
LAmérique, 1S1
Trangoiferde de plier bagage, & de
tout le monde chcz foi. Notre Liente- 1703*
s'en retourner étoit parti dès le point da
nant Général
Sainte Marie, & fe
jour, pour gagner
rembarquer. étoient encore toutes en
Les maifons rentrâmes danslel Bourg,
feu quand étoit nous tard pour y remedier.
mais il
trop de 70. canons,
Un vaiffeau Anglois
étoit tmalt
pellé le Chien Rouge.qui s artendoit
léal la Riviere des Gallions,
lever les ancres, qu'al
du fecours pour mettre à bord avec le
ne pouvoir pas'
reftoient 5 ils'avifa
peu de gens quilai fon canon à quelques
de répondre avec
lui tirerent
coups de fulil que nos
& d'anon sirrita
CT
part
en pallant;
s'étant ralfemblez juftre, 80 nos gens dans le Retranchequ'a une centaine commandoit ce vaiffeau, emment qui
chaloupes quiluiappporpecherencies du monde d'en approchiet, &
toient
enfin fon foible équipage
obligerent
entre-les ponts, en attenà fe tenfermer fecours de leurs camarades : >
dant du fe tirer de cet embarras: cepen- à la
Ront les autres vaiffeaux lieuès étoient de-là,
voile, & à plus de trois tofijours bloquc nos gens le tenoient
qué. Sur les steshememnperenits --- Page 194 ---
18z Nonveaux
1703. miral revint avec Foyager Aux Thes
voiant de nos
toute fa Flotte, &
mer au Baillif, gens il
far lè bord de la
loupes qui
y eut guelques chacomme
sapprocherent de
ellcs pour y mettre du monde: terre, mais
enperdirent
que nos gens qui bientoelenvis, voïant
du Reranchement, paffoient en dedans
lc bord de la
s'étoient poftez far
la defcente; ; ce mer, pour les recevoir a
tinuer leur chemin quiles obligea de conétoit arrêté à la Riviere jufqu'au vaiffeau qui
lequel avec ce fecours des Gallions, >
appareiller; & fut contraint ne pit jamais
fes cables, & de fe laiffer de couper
large lorique la nuit fat
détiver au
le vent de terre
venué, & que
Ce fit ainfi commença à fouffler.
rent la
que les Anglois quittemeuré S6 Guadeloupe, jours à
après avoir dependant tout ce tems-là terre. Nous n'clmes
tuez, & environ
que 27.hommes
perte fut
5o blelfez: mais leur
de; & quoique incomparablementy plus granqu'elle étoit
nous fçullions en gros
Taurions jamais tres-confiderable, cru telle
nous ne
que nous en fit un Sergent fansle
qui fe rendit
AAtECE
rent mis à la voile. après que les ennemis euqu'il étoit caché lly avoit deux jours
avec fa femme. - &c yn
clmes
tuez, & environ
que 27.hommes
perte fut
5o blelfez: mais leur
de; & quoique incomparablementy plus granqu'elle étoit
nous fçullions en gros
Taurions jamais tres-confiderable, cru telle
nous ne
que nous en fit un Sergent fansle
qui fe rendit
AAtECE
rent mis à la voile. après que les ennemis euqu'il étoit caché lly avoit deux jours
avec fa femme. - &c yn --- Page 195 ---
Frangoifer de PAmbrigue. 183
Soldat dans une grotte de la Ri
autre
en attendant le dé 1703
viere des Gallions, paroitre, fa fempartdes Anglois pour
&
me fe montra la premiere avoit >
quand rien à
on l'eit affuré quil n'y elle l'alla chercraindre pour fon mari, d'efprit, biencher: C'étoit un homme
il nous dit
fait, & bon Catholique dix fois 3 de déferter, s
qu'il avoit tenté
doutoit,
mais quei fon Capitaine quisen
n'ale faifoit obferver de fprès qu'il la
voit pà én trouver l'occalion; ; qu'à d'oir
fin ilsécoit caché dans ce trou,
il avoit vû
plufieurs fois ceux qui
4e Tutte , &c- que c'étoit pour
cela, & pour la crainte des Negres ofer qu'il
étoit demeuré fi longtems fans trouvé enr
fortir. Il nonsaffuira qu'il s'étoit
à la revié quel l'on avoit fait iln'yavoir diu
que cinq jours, & qu'il étoit dit proche tout haut, Nons des
Major Général quiavoit
5 qu'ils bre morts &
en maudiffant cette entreprife étoient à blellez des deux
avoient perdu depuis foixante qurils & quatre nations.)
terre mille neuf cens
été
hommes, dont plus de milleavoient trois Comuez, entre lefquels il yavoir
lonels, deux Capitaines de vaiffeau,
&
- fept Capitaines >
un Major, vingt autrés Officiers, > que le
Licutenans ou
de maladie, ou avoit
selle-étoit mort --- Page 196 ---
184 Nouveaux
1703. déferté, Ou avoit Toyager été
anx Hles
quoi ce Sergent ajoûtoir pris prifonniers
icanx & les barques éroient que les vaif
malades & de bleflez. Nous remplis de
de leurs déferteurs, &
avions 76.
ils amenerent avec
35- prifonniers; /
denos déferteurs eulx quinze ou feize
& environ 80. Soldats ou engagez,
mes cinq canons Negres, de fer Nous trouvâterie, & un dansla
dans-leur batrompus, & hors d'érat place d'armes, de
mais
canon qu'ils laifferent entier fervir. Le
de la Tour
fut celui
vâmes aul bord delacobins, de la mer. que nous.trouIlsont brûlé quatre Eglifes Paroiffiales,fgavoir des
celles de I'Iiler à
Habirans, du Baillif & de Goyaves, la
Terre, > la Chapelle du vieux
Balledes Religicux de la Charité, Fort, celle
qui étoient fur nos deux
& les deux
>
vingeneuf-Sacrerier, environ Hiabantionss
petites habitations.le
autant de
tans , celui du Baillif, bourg &
des HabiFrançois, & de la
ceux de Saint
vens des
Balle-Terre, les CouReligicux Capucins, de la Charité des Carmes, des
la maifon des
& le nôtre, &
fur pied
Jefuites; ils n'ont laiffé
celle des que Jefitires. TEglife des Capucins > &
dernicrs font redevables On prérend que ces
de la confervae
ations.le
autant de
tans , celui du Baillif, bourg &
des HabiFrançois, & de la
ceux de Saint
vens des
Balle-Terre, les CouReligicux Capucins, de la Charité des Carmes, des
la maifon des
& le nôtre, &
fur pied
Jefuites; ils n'ont laiffé
celle des que Jefitires. TEglife des Capucins > &
dernicrs font redevables On prérend que ces
de la confervae --- Page 197 ---
Frangoifes de LAmérigue. Catho-" 185
tion de'leur Eglife à un Colonel celle des 1703,
lique
y fut enterré ; de magazin
elle leur
ELFE
EE
à poudre, dire que de part & d'autre
On peut
fautes. Le
ily a eu de très-grandes Lieutenant LEIeE
d'expérience de notre
qu'il y avoit
ral, & la méfintelligence Gouverneur 2 ont mis
entre lui & notre Colonie & Tifleà deux
plufieurs fois la ruine; celle qui étoit endoigts de leur
- le Comtre le Général Codringron & les > Colonels
mandant de la Flotte, ,
de notre déles a empêché de profiter fi nous nous defordre : de forte que bonne partie de
vons à nous-mème devons une aufli la meilnos maux, nous
falut'aux Anglois
leure partie de notre
éroient agitez des mèmes patlions
qui
que Au nous. refte il étoit tems qu'ils s'en al- à
laffent 5 nos Habitans conimençoiene far tout la diffentomber malades, &
l'eau dela
terie qui leur éroitcau(éepar eft
Riviere des Gallions qui fraiches purgati- dont la
ve, & par les viandes tant accoûtumé
plipart n'avoient de pas viande falée.
de fe nourrir que bètes
Pon tuoit, les
Le fang des
que des
qu'on
ordures,.6c1 les corps
Anglois --- Page 198 ---
186 Nowzeans
1703. laiffoit far la terre Foyager fans Rux Hles
gendrerent une prodigieufe fcpulrure, engroffès mouches vertes
quantité de
les hommes & les
qui defoloient
toient les viandes chevaux, aufli-tôt & qui gatoicat polées un inftant qu'elles s6nous trouvâmes
deffus. Nous
de maux de
prefque tous attaquez
levres qui venoient gorge, avec du desenflareraux
chaleur à laquelle
travail, & dela
expofés. Tout CC nous étions fansccffe
Anglois produifit que de bon cette irruption des
jeunelfe qui avoir un
fut que notre
au commencement peu peur du feu
bien, qu'elle n'y faifoit > sy accoutuma G
dre attention, &
plas la moingaiement qu'àla chafle, qu'cile y alloir aufli
que Thabitude eft une Tant il eft vrai
& qu'on fe fait à tout feconde ce
nature s
dès qu'on le pratique fouvent. qu'on veur >
Après avoir vifité les batteries
ennemis, & l'enceinte dontils
des
enfermé le Bourg, j'entrai
avoiene
dans une petite maifon au-deffous par hazard
place d'armes qui appartenoit de la
bonne dévote,
des
à une
à laquelle les Anglois appellée
Guermaux,
le feu: apparemment n'avoient pasmis
genicurs avoir
qu'un de leurs Indes detieils & logé, car jy trouvai
beaucoup de papicrs, &
batteries
ennemis, & l'enceinte dontils
des
enfermé le Bourg, j'entrai
avoiene
dans une petite maifon au-deffous par hazard
place d'armes qui appartenoit de la
bonne dévote,
des
à une
à laquelle les Anglois appellée
Guermaux,
le feu: apparemment n'avoient pasmis
genicurs avoir
qu'un de leurs Indes detieils & logé, car jy trouvai
beaucoup de papicrs, & --- Page 199 ---
Frangoifes de PAmérique. 187
entr'antres les plans de-la plus grande 1703de nos Retranchemens. , CC qui
partie
Temontai enfuite à nome fit plaifir. du Marigot, oà je foupai
tre habitation
& un de nos
avec un de nos Religicux,
DiaVoifins, aux dépens de quelques en enamaffe le matin,
bles que j'avois Ces oifeaux en s'en retrant le Bourg,
avoient été
tournant à la montagne lumiere que jetébloiis de la grande
briloient, 8c
toient tant de maifons qui
ils étoient tombez à terre, ne voiant
àfe conduire; ; on en amaffa plus
plus dc trois cens de cette maniere. caufe de
CesDiables avoient été
plu
fieurs difputes
javois eu avec un Confé.
voifins 2ei baraque, pendant
rence fut
de mes
ORELE Dianous étions au camp des Gallions: d'un bles les Ma- &c
toit le fieur Thuillier Capitaine s'é-eceuiss
vailleau marchand de Dieppe, 2 qui
ie comtoit établi àla Guadeloupe il feni bon humerce de fes affociez;, de bien & fort
homme
fage.
guenot,
tousles
Comme nous nous entretenions difoit toutes les
jours enfemble, il me
des
fois que nos Negres m'apportoient concevoir
Diables, qu'il ne pouvoit Romains fiffent un
que les Catholiques de manger de la
crime aux Proteftans fans diftindtion,
viande tous les jours --- Page 200 ---
188 Namsicanc
1703- pendant qu'cux mêmes Yayager aux Hes
les vendredis
en mangeoiene
pendant lc 2 les famedis, & même
demandois des Carème; & lorfque je lui
imputoit, il me preuves citoir de ce qu'ilnous
bles & les Diablotins auflitôr lcs Diagions quelquefois enfemble: que nous manfc fouvenir de ce que j'ai dit On dc pourra
feaux dans la feconde
ces oimoires, que les Superieurs partie de ces Méqui font aux Iies ont déclaré Eccléfiafti.
Sengu
être
fir cela tous maigres, les après avoir confulté
veux dire, les Elculapes Medecins, du pais, je
giens, & les
les Chirurchofe
Apoticaires : mais
que je pis Jui
voir que nous
dire, pour ARARE lui
feaux en toute pouvions fureré de manger ces oirevenoit toûjours d'dire confcience, il
quisaccouploienr,
que les oifeaux
ceufs, & qui lcs qui pondoient des
voient point être mis couvoient au
s ne de.
fons, &c que par conféquent rang des poic
chions contre les loix de
nous
maine, en les
T'Eglife
E
défend de manger mangeant de la lesjours qu'elle
fin,me difoit-il, quelle chair; car enon mettre entre les Diables difference & les Peutnards, les Oyes, les Pluviers, les Cacaffes, les Sarcelles, & tous les Beautres
cs qui pondoient des
voient point être mis couvoient au
s ne de.
fons, &c que par conféquent rang des poic
chions contre les loix de
nous
maine, en les
T'Eglife
E
défend de manger mangeant de la lesjours qu'elle
fin,me difoit-il, quelle chair; car enon mettre entre les Diables difference & les Peutnards, les Oyes, les Pluviers, les Cacaffes, les Sarcelles, & tous les Beautres --- Page 201 ---
Frangoifes de PAmbrigue
: Soit qu'on les re- 1703oifeaux aquatiques: & lcurplumage,
garde dans leur nourriture figure ordinaire s ou
ou dans leur lieux oi ils rélident totjours -
dans les
malgré
& dont ils ne s'éloignent que les diftineux, on ne trouvera rien qui pour que
allez confidérablement, & les autres
fr uns foient poillons >
chair; il paroit même, ajoûtoit-il.que les Becalles,
les Canatds, les Sarcelles, oifeaux femblales Pluviers, & autres. bien plus des poillons
bles approchent
font tolijours
que les Diables > pmaquils lieux
dans l'eau, 2 ou dans des cherchent aquatiques leur
& marécageux, font quilsy leurs ceufs, &y éler
nourriture, y
& qu'ils ne s'en éloivent leurs petits,
&
gnent que le moins qu'ils les Diables peuvents nedepar force, au lieu dans que l'eau, ni dans les
meurent point
mais
lieux aquatiques & marécageux, bien férepairent dans des montagnes des trOuS en terre
ches - : où ils font & ne vont à la Mer
comme les lapins, chercher leur nourriture-,
que pour y ne la trouvent point dans
parce qu'ils
fteriles où ils fe retices montagnes
rent,
lui objeBtois que la chair &
Quand.jel
des Diablesavoicung
fur-rout la graille --- Page 202 ---
190 Nopueaux
odeur de po.ffon, Froyager aux. Hes
1703. dans lcs autres oifeaux qu'on ne fentoir point
qui me paroifloit être une aquatiquess ce
devoient-êue mis au
preuve qu'ils
& non pas les autres. rang Il des poillons,
que cette odeur provenoit me de répondoir
ture qu'ils prenoient
la nourrisJue comme ilferoit ridicule ordinairements de
&
l'érar des ramiers, >. parce que leur changer
change de-couleur & d'odeur
chair
diflerens fruits qu'ils.
felon les
il étoit ridicule de mangent, demème
au rang des poiffons mettre les Diables
tent let poiffon, puifque s parce qu'ils fenqu'une faite de leur cette odcurn'eft
change rien. à leur clpéce. nourriture quine
difoit-il, vOS Minimes
Voyez,. me
nourriffent que de
comrge ilsinele
il femble
poiffon & d'huile,
ces deux gu'ils ne foient paitris que de
les fucurs, chioles, ils rendent Thaile
leur chair eft par les urines, > par la
couverte
ranter
onctucufe,
d'une pean toute
d'huile & de , qui leur donne une odeur
font plus poiffon, vieux, d'autant plusforte
lu foin de fe tenir & qu'ilsont moins
cela je fuis sûr
propres; avec tout
pas les mettre au que vous ne voudriez
quilss'y.o oppoferoient rang des poilfons, &
donc la conféquence vivement. Tirez
pour VOS Diables?
les urines, > par la
couverte
ranter
onctucufe,
d'une pean toute
d'huile & de , qui leur donne une odeur
font plus poiffon, vieux, d'autant plusforte
lu foin de fe tenir & qu'ilsont moins
cela je fuis sûr
propres; avec tout
pas les mettre au que vous ne voudriez
quilss'y.o oppoferoient rang des poilfons, &
donc la conféquence vivement. Tirez
pour VOS Diables? --- Page 203 ---
Françoifes de PAmbrigue.
Jc fentois bien que je foutenois fort une 1793:
manvaife caufe, & jétois fouvent
embaralle; car dès que je venois à lui
dire que les Medecins du pais avoient
declaré
c'étoit une viande maigre >
il me oater en ruine, en m'objedtant
auffitôt leur ignorance, dont je ne poun'étois
vois pas difconvenir > puifque jer
échappé de leurs mains que
miracle;
à la fn je m'avifai de PEPa dire qu'on
poavoit regarder les Diables comme les
Macreufes 2 > & les mettre auffi-bien des
qu'elles au rang des poiffons &
viandes, doncil eft permis de manger
-en Carème ; car, lui difois je, quiref
femble mieux à un Canard qu'une Macreufe? Les pieds, le bec, le col, la
peau, les plumes, tout eft prefque femblable, OlI du moins la difference quis'y
rencontre n'eft pas affez grande 1 2 pour
faire deux
difierentes > & @
en
clpéces
éloignées Fune de l'autre; 5 cependant
yous ne trouvez pas mauvais qu'on fcan- en
mange en Carèrae, & vous vous
daliferiez; fi on mangeoit des Canards.
1 y-a une difference infinie, > me
entre les Macreufes & les
re
doit-il, on doit regarder les Macreufes
nards; 5
ou
comme des véritables poiffons, pli:
tôt comme des animaux imparfaits & --- Page 204 ---
des 192 Norveanx Yoyages AnX Iles
jeux de la. nature, nés dans
x703. élevez dans les eaux, &c
Fair,
produire leurs femblables incapables de
ration comme tous les
par lag géné
parfaits. Ce font, felon autres les animaux
ges d'un très-grand nombre témoignagraves & bien inftruits du fait d'Auteurs
tion, les fruits de certains arbres en quef
l'on trouve fur les rivages
naux de l'Ecoffe, de
ERCuaE
Orcades & autres lieux Hrlande, des Iles
Pole
plus voilins du
Aréique > qui étant
un certain point de maturité parvenus à
yrent, s & laiffent tomber dans 5 la s'ouun petit animal informe
mer
bord à tout, ce qu'il trouve, quisatuached's- bois
racines, coquillages, toutluicf pourri,
fes parties fe
bon;l la
prennent enfin dévcloppent la figure d'un peu à peu, &
qui les plumes pouffent dans la oifeau, a
qui étant arrivéa toure la
frite, &
la nature juge à
de perfection lui
que
fe détache del'endroit propos où il s'étoit donner,
téeni naiffant, s'éléve au-delffus
arrêvole enl'air, & faitd'affez
del'eau,
pour venir fe faire prendre longs far les trajets,
de France, de Flandres, d'Hollande côtes
autresendroits voilins dela mer,
&
en voit quelquefois des
oil'on
confidérables que les vents quanritez de Nord très.
y
ont
uge à
de perfection lui
que
fe détache del'endroit propos où il s'étoit donner,
téeni naiffant, s'éléve au-delffus
arrêvole enl'air, & faitd'affez
del'eau,
pour venir fe faire prendre longs far les trajets,
de France, de Flandres, d'Hollande côtes
autresendroits voilins dela mer,
&
en voit quelquefois des
oil'on
confidérables que les vents quanritez de Nord très.
y
ont --- Page 205 ---
Frangoifes de PAmerigne. 193
amené, & que de tout tems on a
ont
raifon au rang des viandes mai- 1703*
mis avec
fe foit jamais avifé de
gres, fans moins du monde qu'ils
Houponner pullent etre de la chair.
leur état
En effet leur produation &
avec
mis en parallele
ne peut-il famenfe pasbtte Citroille que l'on troucette Mofcovic, & en Tartaric," à qui
ve en
la
d'un Agncau
la nature a donné figure une tète, une
qui a despieds, couvert un col, de laine , dont
queué, qui eft differe en rien de celle des
la chair ne
d'une Brebis & d'un
Agneaux provehus toute l'herbe qui
Belier ; qui 'mange &
fe trouve à
croit autour de lui,
qui ne meurt
de fa gueuile , & qui âbrouportée que quand il ne trouve plus rien attaché à
la nature l'a
rer 5 parce que eft comme fon nombril,
une racine qui
il tourne , mais qui
autour de laquelle le lieu odilapris
T'empèche de quitter eft fi femblable en
naiflance. Sa chair
les Ours,
rour'à celle des Moutons > que animaux catles
& les autres
de la
nafliers
ne fe repaiffent pas
eft revètué,
Entea
forme exterieure dont 'avides, elle
& la reen font extremément
Orfi la
cherchent avec emprelfement.
en
nature a pû produire des Agneaux I
Tome VIII. --- Page 206 ---
194 Nowvegux)
- Mofcovie,
Vayages aug
pourquoi ne
1703.
produire des
eDtras
Sec Canards dans oileaux reffemblans à
fi les Mofcovites, d'autres endroits : &
du monde les plus qui font les
(rupuleux ET icur
abfinence, & fir leurs jeânes; ne font
point de difficulté de mangerleurs
neaux pendant leur carèmes
Ag:
trouveroit-on mauvais
pourquoi
Chrétiens
que les autres
lc leur? On mangent des Macreufes dans
quoit
de peut croire qu'il ne manavoit
me citer lcs Auteurs où il
E ce que je viensde
car fur cet article il ne tariffoit rapporter 5
& je croi qu'il en avoir une point,
aufli longue que lcs Litanies des legende
c'eft
Saints;
dommage que je ne les ai pas tous
retenus : voici ceux que ma
me fournit, Olearius dans fa memoire Relation
de Mofcovie; Delrip dans fes recherches magiques; Vincent de
Evèque de Beauvais
Bourgogne
Religieux Dominis
quain ; Prédicateur & Confelfeur de
Saint Loitis dans fon miroir
/
Olaus Magnus dans fon hiftoire Hiftorique; du
rentrion; ; Pie fecond dans fon hiftoire Sepde l'Europe 5 Oftelius dans fa
tion de IEcolfe; Turmenus, defcrip-
(Cardan, Porta, le Pere Kircher, Scaliger, Aldrouan, Maginus Dodteur en medecing
; Vincent de
Evèque de Beauvais
Bourgogne
Religieux Dominis
quain ; Prédicateur & Confelfeur de
Saint Loitis dans fon miroir
/
Olaus Magnus dans fon hiftoire Hiftorique; du
rentrion; ; Pie fecond dans fon hiftoire Sepde l'Europe 5 Oftelius dans fa
tion de IEcolfe; Turmenus, defcrip-
(Cardan, Porta, le Pere Kircher, Scaliger, Aldrouan, Maginus Dodteur en medecing --- Page 207 ---
Françoifes de Ameriquie.
dans fon Traité de Volucri arborea; le 1703:
Pere Briet Jefuite dans fes Merveilles
d'Ecolle, & une infinité d'autres que
je ne rapporte pas ici, de peur d'ennuier le Leéteur; ; fans compter la poffeflion oà l'on eft depuis cinq ou fix
cens ans, & peut-être davantage, de
manger ces oifeaux en carème,- ce qui,
felon lai, n'étoit pas feulement un préjugé en fa faveur, mais une raifon des
plus convaincantes > puifqu'elle étoit
appuiée fur le confentement unanime
de tant d'Auteurs célébres de toutes les
efpéces que l'on peut défirer,
des
Ileft conftant que fi lar multitude
témoins, dont le
eft uniforme,
rend une chofe efoee iln'y a rien
de plus certain que l'origine des Macreufes, telle que le Capitaine Thuillier me la vouloit perfiader, & que par
une fuite néceflaire rien n'étoit mieux
fondé que la poffeflion où l'on étoit dépuis tant de fiécles d'en manger en Carèmc.
Ily avoit encore moins de difficulté
touchant P'Agneau de Mofcovie: fuppofé qu'il fht réellement tel qu'Olearius l'a décrit, dont cependant je n'ai
garde de econvenir,& cela
de bonncs raifons. Son
certaine,
Rote
originc
Iij --- Page 208 ---
196 Nonveaux
Aux
on voioit mettre Voyages fa
Ifes
1703. la voioit germer & graine en terre, Ol1.
traordinaire; mais i pouffer ce fruit exjours attaché à la racine demeuroit toûduit, & ne s'avifoit
qui il'avoit provoiages de
point de faire des
pour s'aller quatre faire ou cinq cens licuès,
prendre dans
éloignez de chez lui, &
desp païs
querelles entre les Cafuiftes y exciter des
decins, comme font
& les Mecifeaux d'arbres,
ces impertinens
Macreufes, Pilets que nous appellons
femblables
Bleris , & autres
donné encore auxquels d'autres nos voifins ont
lon la proprieté de fa noms, chacun feiqui lesa
langue, l'avanture
de particulier fairtrouver, > ou quelque chofe
eux.
qu'ils ont remarqué en
autrefois J'avoué de lignorance où l'on étoit
fes, étoit
génération des Macreuque tant pardonnable, d'Aurcurs
& quelesf fables
bité far ce fajet, rendoient graves avoient dé.
ceux quiy ajoutoient foi, fans excnfables
ner la peinc d'approfondir
fe donauroient dû"faire cette matiere comme ils
d'y donner une crolance fi entiere, avant
d'en tirer une' aufli mauvaife
&
quence
celle qu'ils en tiroient; conféje le eptied encore, ils étoient
mais
en quel-
d'Aurcurs
& quelesf fables
bité far ce fajet, rendoient graves avoient dé.
ceux quiy ajoutoient foi, fans excnfables
ner la peinc d'approfondir
fe donauroient dû"faire cette matiere comme ils
d'y donner une crolance fi entiere, avant
d'en tirer une' aufli mauvaife
&
quence
celle qu'ils en tiroient; conféje le eptied encore, ils étoient
mais
en quel- --- Page 209 ---
Erançoifes de LAmérigue.
que façon excufables, puifque jufqu'aux perfonne en- 1703*
n'avoit encore pénétré comme inacdroits reculez & tegardez
naifceflibles, oû ces oileaux prenoient
les grands noms
fance,8 que refpe@tant difoient tous la
de tant d'Auteurs, femble qui qu'ily auroit eu
mème chofe,il
d'en douter;
quelque forte de témérité
à
mais il faut tavoiier qu'il n'y a plus préfent d'excule, & quece n'eft plus fait
leur
E
entèrement ridicule dont qui ils doivent être
nir une erreur, délabufez, & cela uniqueentierement
éroufferles remords
ment pour pouvoir qui s'éleve contre
de leur conicience
agic
eux, & qui leurreproche lumieres, qu'ils en
fent contre leurs propres Macreufes font les
foutenant que les
des infeétes
fruits de certainsarbres,ou des vieux bois de
nés de la pourriture ontvàces oifeaux
navires. Trop de gens ceufs & élevèr
pondre > couver les
> douter de
leurs perits. 9 pour pouvoir- routes les Rel'origine des Macteufes; du Nord font
lacions des Voyages
pleines de cette vérité; & file Capitaine
Thuillier avoit autant voiagé dans ces
pais-la, qu'il avoit fait dans TAmériqhe qui elt entre les deux Tropiques, foutenu E
fuis certain qu'il n'auroit pas
Iiij --- Page 210 ---
Notrveaux
1703. production fabuleufe Vayager deces Aux IRes
bres anfli
oifeaux d'arvivement qu'il 2 le faifoit.
D'ailleurs: il ne faut
tout le monde ait été dans pas croire les
que
fentimens fir lcs Macreufes, mêmes
vant même les volages des
& qu'adans le Nord, il n'y a
Hollandois
aflez fages pour douter de pas eu de gens
bitoit de CCs oifeaux,
ce qu'on degrand nombre
On trouve un
péce
d'Auteurs de toute efde rapporter contemporains de ceux que je viens
ment 5 & fi lc qui ont écrit tout autrecitoit des Auteurs Capiraine Thuillier me
fon opinion
graves, pour foutenir
lui en oppofer 5 d'autres je ne manquois pas de
tere > & de mêmes
de parcil Caracqui avoient parlé des poids que les fiens,
maniere bien
Macreufes d'une
Albert le Grand' oppofée Religieux : par exemple,
dre, & Evèque dc Ratifbonne de mon Oravoir rapporté dans le 23.
> après
fon Hiftoire des Animaux, Chapitre de
valgaire croloit des Macreufes, s ce
le
fitivement
depe
qu'il eft faux
pon'ait vû ces oifeaux
que perfonne
leurs ceufs,
pondre, & couver
moin, & 3 puifque lui-mème eft télui, que ces beauconp oifeaux d'autres gens avec
leurs ceufs, & élevent pondent, leurs
couvent
petits com-
é dans le 23.
> après
fon Hiftoire des Animaux, Chapitre de
valgaire croloit des Macreufes, s ce
le
fitivement
depe
qu'il eft faux
pon'ait vû ces oifeaux
que perfonne
leurs ceufs,
pondre, & couver
moin, & 3 puifque lui-mème eft télui, que ces beauconp oifeaux d'autres gens avec
leurs ceufs, & élevent pondent, leurs
couvent
petits com- --- Page 211 ---
Françoifes de PAmérigue.
me les autres oifeaux 5 d'oui il conclut les 1703
que c'eft. très-mal-à- propos qu'on les
appelle Canards d'arbres ; & qu'on
regarde comme les fruits de certains arbres qui croiffent far les rivages
trionaux de l'Ecoffe, ou des
FIE
delapourriture de quelques vieux bois 5
& afin qu'on nc puille pas dire que c'eft
de quelque autre efpécs d'oifeau que ce
favant Evèque parlc,i il ne faut que lire la
defcription quil en fait, pour y reconnoître auffitôr les Macreufes qu'il y dépeint d'une maniere qui ne convient à
qu'à elles feules , & point du tont
d'aueres oifeaux.
Charles Clufius dans le Supplement
de fes Exotiques, après avoir fait une
defcription exacte des Macreufes > &
raporté les noms differens quelesE.cof dit
fois & les Anglois leur donnent,
tout ce
le vulgaire a debité ou
que fur
que de ces oifcaux eft une
cru
l'origine inventéc
ceux
fable toute pure >
par
fans les conqui en. vouloient parler
noitre 3 qu'à la vérité ona a ététrèslongtems fans en rien fçavoir de pelinif,
les Côtes Septentrionales de
PEcolle, parce que les Ifles Orcades, & autres
lieux plus voifins du Pole n'étoient frequentez de perfon..e, mais qu'on deIiv --- Page 212 ---
200 Noreveanx Poyager Aux
1703. voit être défabufé de ccs vicilles Ifes
depuis l'année
que les
erreurs
alant fait
Hollandois
voyages dans
TEACA
Ifles peu connuès, à la nouvelle ces
ble, & au-de-là du détroit de Zemont trouvé une multitude
Nallau,
finic de cesoifeaux, qui
prefque inreufs, & élevoient leurs couvoient leurs
Rochers & des Ifles défertes petits fur des
où perfonne n'avoir
& Iteriles,
le pied.
encore jamais mis
Gerard de Wert fameux Pilote
fterdam ditla même chofe dans d'Am- fa
lation du voiage qu'il avoit
Repour trouver le chemin de la entrepris
lel Nord. Il rapporte qu'ils Chine par
une quantité incroiable de trouverent
qui couvoient leurs ceufs far ces oifcaux
defetes, & qui étoient tellement dcs Ifles
chez à leurs nids,
attapoint, & fe contentoient qu'ils ne s'envoloient
qu'on les vouloit
de crier lorf
abandonner leurs" prendre, ou leur faire
au-de là du 80.
ceufs. Ces Ifles font
degré de latitude
tentrionale, & ne
Sep:
fonne ; les Macreufes fonthabitéesde perdant que le froidy eft moins s'y retirent peny pondent 8c y élevent leurs rigoureux,
defcendent vers les parties petits, &
dionales de F'Europe,
plus mérilorfque les neiges
'ils ne s'envoloient
qu'on les vouloit
de crier lorf
abandonner leurs" prendre, ou leur faire
au-de là du 80.
ceufs. Ces Ifles font
degré de latitude
tentrionale, & ne
Sep:
fonne ; les Macreufes fonthabitéesde perdant que le froidy eft moins s'y retirent peny pondent 8c y élevent leurs rigoureux,
defcendent vers les parties petits, &
dionales de F'Europe,
plus mérilorfque les neiges --- Page 213 ---
Francoifes de PAmer igae.
& les froids exceffifs les empèchent de 1703.
trouver leur nourriture dansles pais où
ellés font nées.
J'ennuierois mon Leéteur fije rapportois ici les Auteurs que je citois au
Capitaine Thuillier; en voici pourtant
un que je ne puis laiffer paffer : c'eftle dans la
même Vincent de Beauvais, qui
fnite de fon'Miroir Hiftorique, dit
trouvé au
dianait
s'étant
quatriéme
Général de Latran fous le Papelnnocent
des Macreufes en Catroifiéme 3 l'ufage
n'eût /
rème y fut défendu 5 & quoiqu'on
encore une connoiffancel bien claires
pas & bien certaine de leur origine, on
trouva qu'elles avoient trop de rapport efavec les oifeaux à peu près de leur
péce qu'on ne
pas manger en Carame, comme Tot les Oyes, les Cales Becaffes, les Sarcelles, 8c aunards >
lutres oifeaux aquatiques 2 pour que
fage en fut permis:
continué d'en
De forte quc fi on a
cen'a été qu'en
manger jufquapréfent,
où
conféquence de la longue polleflion
l'on eit, fondée fur Yerreur où l'on a
été; mais que tant d'Auteurs & de Voiageurs ont trop bien détruite, > pour que
des gens de bon fens la puilfent encore
foutenir.
Iv --- Page 214 ---
202 Nowveanx
Le Capitaine Poyages aux Ifles
1703. fin convaincu de Thuillier demeura à la
des Macreufes, la vérité de l'origine
foit
des.Auteurs
Parlestemoignages
que je lui
j'ai cité ici une partic, rapportai, foit
les dont
fons Phifiques
par
raifcandale
que iy joignis 5 mais le
que nous lui donnions aux
en mangeant des
Ifles
en
Europe où l'on Diables, paffa encore
fes; de maniere mange des Macreufa confcience
je fis une plaic à
s en
adtet
celle de fon cfprit,
gucrifant
reur. Le remede
prévenu par l'erde lui dire
jel lui :
fat
que
Rm
qualiré TEF-N viandes
TEnite reffort doirmanger de la;
en Carême, étant
puillance
l'Eglife qui eft une bonne Ecléfialtique, Mere,
patiflfant à la foibleffe de fes comvouloit bien fermer les yeux Enfans, far
abus, &c leur tolerer T'ufage d'une vian- cet
de paffagere qui eft comme une manne
quifupplée fort fouvent ati défaut du
poilfon, & des autres chofes
a coûtume de fc fervir en carême. dont on
AX
Carême, étant
puillance
l'Eglife qui eft une bonne Ecléfialtique, Mere,
patiflfant à la foibleffe de fes comvouloit bien fermer les yeux Enfans, far
abus, &c leur tolerer T'ufage d'une vian- cet
de paffagere qui eft comme une manne
quifupplée fort fouvent ati défaut du
poilfon, & des autres chofes
a coûtume de fc fervir en carême. dont on
AX --- Page 215 ---
Françoifes de LAmérigue.
20;
CHAPITRE VIII.
LAutewr wA fa repofer chez le Rewrde 1
Rochefer: au petit Culde Sac. Defeription de ce quartier 5 des Arbres appellez Cedres 01 Acajons ; des Prunieri
de Monbin, 6 antres Arbres.
du
des Anglois
- E lendemain départ fus ati Reduit
- Samedi 19. Mai, je
- voir le Superieur de notre Miffion, de &
lui dire qu'aiant un befoin exrrème
le
de tronverbon
me repoler, je unequinzaine priois
de jours
quejallatle chez le LErEE de la Cabefterre. M. de
Rochefort dont jai parlé dans un autre du
endroit, qui avoit époufé la Veuve
fieur Baudouin, autrefois Commis ptincipal de la Compagnie de 1664. aiant
fçu que j'étois ala Cabefterre, m'écrivit, & me convia d'aller paffer quelque tems aveclui: & pour m'en cheval. preffer
davantage, il m'envoia un
feize Jy
fus, & jy demeurai quinze ou des
jours > & je me remis fouffert, enticrement à l'excepfatigues
javois. de
& d'une ention PRSET gorge,
Ivj --- Page 216 ---
Nowvea 1x Yroyages Aux Ies
qui me durerent
Aure aux amigdilles, trois mois.
1703. encore près de du fieur de Rocheforteft
L'habitarion belles de la Cabefterre de
une des plus
clle fut érigée en Ficf
Fief pellé la Guadeloupes d'Amouville en 16... elle
nouville, fousle nom mille pas de hanteur, fir
a fix à fept
de large; toutes
* près de deux mille pas
en
les cannes étoient partagées chacun, IERIS
de cent cinquante
de perits arbrifétoient
EIE
routes
cette elpéce de pois
feaux qui portent pois de fept ans, toutés
qu'on appelle étoient tirées au condeaur'e
ces routes
terrain eft fort uni, du
comme tout ce étoit en valeur, cette hamoins ce qui
air de
qui
bitation avoit un
affez propreté muif
faifoit plaifir, il Y a un
cuter 2 &c
feau qui palle environ parle la riviere
riviere, > appellée
une
la fépare des terres de
du aas qui
M. Hoicl a fait ériSaint Germain que
en 17 : fouslenom
ger en Marquifat
de Hoitelbourg,
ces terres
Selon toutes lcs apparences defrichées, &c cultiont été antrefois Anciens Indiens, ou par
vées ou parles leur ont fnecedé; car
les Caraibes qui "très-peu de gros aron n'y trouve que la terre Y foit bonne,
bres, quoique
> appellée
une
la fépare des terres de
du aas qui
M. Hoicl a fait ériSaint Germain que
en 17 : fouslenom
ger en Marquifat
de Hoitelbourg,
ces terres
Selon toutes lcs apparences defrichées, &c cultiont été antrefois Anciens Indiens, ou par
vées ou parles leur ont fnecedé; car
les Caraibes qui "très-peu de gros aron n'y trouve que la terre Y foit bonne,
bres, quoique --- Page 217 ---
/
Fyangoifes de PAmbrigue.
profonde & fraiche, 2 CC qu'on remarque 1703
quantité de bois dont elle eft couparla qui font des bois tendres, fort
verte, hauts, fort droits & fort prellez. J'ai
parcouru tout ce terrain jufquala
le
tombe
HAEtE
de Rivietea Goyaves qui
trou
grand-Cul de-Sac, & je n'ai point
vé de lieu dans toutes nos Iflesplus
pre à faire des Cacaoyeres
MIEAT
J'en dis ma pen(ée à M. de Rochefort
Fapprouva. & qui y auroit fait traqui
été
atteint
vailler siln'avoit <
point
déja
de la maladie dontil mourut deux ans
c'étoit la diarhée; maladie ordiaprès; nairement très-l longue dans les pais
chauds, & mortelle pour les gens maricz.
n'ètre
tout- à-fait fans rien
Pour
pas le (éjour que je fis à Arfaire pendant nivelai & traçai tin canal,
nouville, je
de la Ripour faire paller une partie de cette haviere du Lezard aul travers
biration, & donner la commodité d'y
faire deux moulins à eau, ce qui rendroit cette terre d'un révenu double our
& cela
triple de cc qu'elle produifoit, & de dépenfe.
fans bezncoup de peine allez confidéLa Riviere du Lezard cft & fort bonrable, fes eaux font belles
nes, &. en telle quantité qu'on en pour- --- Page 218 ---
206 Nonveaux Voyages Aux
1703. roit prendre deux piedscubes la
que qu'on s'en apperçûr.
prcf
bert Nous apprimesle Io.J Juin que M. Roqui étoir Intendant des Ifles
huit à nenf ans > s'étoit fervi des depuis deux
vailfeaux de guerre quiavoient
notre nouveau Général,
apporté
en France où ile éroitappellé, pour retourner
plir lIntendance de Breft, à pour remRoi l'avoir nommé. On
laquelle le
ce far une véritable
peut dire que
il les avoit
perte pour les Ifles;
ce, une gouverné avec une prudendroiture, & un
ment admirable, il les quitta défintereffe- dans leur
les plus grand befoin, & au. regret de tous
l'amour Habitans, dont il emporta avec lui
& l'eftime.
Je revins chez nousau Baillifle Mardirz. Juin,j je trouvai que nos
toient logez -
dans des cafes de Peress'é.
avoient fait faire à notre habirarion paillequ'ils du
Marigot; 3 j'en fis faire auffi une
moi. Notre Supérieur
pour
me d'efprit, étoit encore , quoiqu'homdans le
trop nouveau
aux défordres pais > pour pouvoir remedier
à nos biens; il que la guerre avoircaufé
le fis auffitôr. me pria dc l'aider, &cje
Nous commençâmes par rétablir
tre Poterie; parce que les Angloisaiant no-
notre habirarion paillequ'ils du
Marigot; 3 j'en fis faire auffi une
moi. Notre Supérieur
pour
me d'efprit, étoit encore , quoiqu'homdans le
trop nouveau
aux défordres pais > pour pouvoir remedier
à nos biens; il que la guerre avoircaufé
le fis auffitôr. me pria dc l'aider, &cje
Nous commençâmes par rétablir
tre Poterie; parce que les Angloisaiant no- --- Page 219 ---
Françoifes de PAmérigue.
brifé les pots & les formes sde toutes.les
Sucreries, où ils avoient mis le pied, 1703ce feroit une trèsnous jugeâmes que puifqu'elle eft abbonne marchandife,
faire du fucre
folument néceflaire pour
de Manioc,
blanc. Je fis planter quantité
& remettre en état les cannes qui
avoient été brûlées > & dans le mème
fis abbattre des arbres, & tra
tems je
étoient néceffaires,
vailler aux bois qui
faire un Moulin, & une Sucrerie,
Sonra de profiter d'une piéce de cannes
n'avoit point été brûlée. Les Charpentiers qui
érant rares & plus chers encorc
& plasimpertinens: alors qu'ils n'éroient
des
je me
avant Pitruption
Anglois, le moumis en tète de faire moi-mème
lin, & les autres bâtimens dont nous
avions befoin. Je traçai & je piquai
tout le bois, & je le fis mettre en Cellvre par nos Negres avec tant de dili- déneuf femaines après le
gence, que
part des Anglois nous recommençâmes Habitation du
à faire du Sucre à notre
à
Marigot. Il fallut après cela fonger
à rétablir celle du Baillif, mais comme
nous avions befoin d'un moulin à eau,
dont L grande roie devoit avoir vingtdeux pieds de diametre, j'allai dans un
lieu appellé lc Parc, faire travailler un --- Page 220 ---
208 Nokveaux Yojages anx abbatPeres avoient
ETPA
arbre que nos
avec la
1703. tre il yavoit 14.ans
permillion
de M. Holel,a.qui ce terrain appartenoit: c'étoit un Acajou d'une grolleur
Acajou très-confidérable par le pied 5 on en
011 Cedre
mis en auvreles grotles brand'une avoit déja avoient
de quatre
grulliur ches, qui
porté pees
extraor."
5 il n'étoit refté que
d.nuie, pieds déquarillage
à vinge-cinq
le tronc de vinge-quatre
pieds delongucur, & prefque quarré;
puifqu'aiante érééquari felon toureequil
pouvoit porter > ilfe trouva de huit piés
d'un fens, far neuf piés
quatre pouces
dix pouces de T'autre.
Acajou
L'arbre que nous eft appellons le même que ceaux Ifles du Vent,
appellent Cedre
lui que les Eipagnols & 'dans Ies grandansla Terre-ferme, plus de raifon;
des Ifles. Je he fgaiquia vû les Cedres du Licar je n'ai felon jamais les rélations que) jen aill
ban, qui
du tout au Cedre
ne reflemblent point
eft Caraibe;
Elpagnol. Le mot arbre Acajou font
, lonles feltillesde cet
comme petites celles
gues & étroites, à peup l'arbre près en eft beaudu Pècher d'Europe cllesy 5 viennent par boucoup chargé, elles font d'un verd pale, minquets; fouples, frifées vers la pointe-, &
ces; elles font froiffécs dans la main s
quand
, qui
du tout au Cedre
ne reflemblent point
eft Caraibe;
Elpagnol. Le mot arbre Acajou font
, lonles feltillesde cet
comme petites celles
gues & étroites, à peup l'arbre près en eft beaudu Pècher d'Europe cllesy 5 viennent par boucoup chargé, elles font d'un verd pale, minquets; fouples, frifées vers la pointe-, &
ces; elles font froiffécs dans la main s
quand --- Page 221 ---
de
a
Frangoifes PAmérigme: onétucufe d'uclles rendent une liqueur
l'écorce 1703
ne odeur de verd aromatique tailladée, ;
decet arbre eft épaille, rude, L'aubier ne fe
& affez adhérente.
grife, diftingue prefque pas du - caeut, ileft feulement un peu moins coloré. On veut &
cet arbre foit mâle & femelle,
que le mâle foit le plus rouge. Pour la
que bonté jed croi que cela efta alfezégal,quoiprérende que le mâle eft un peu
qu'on compadte, & que par conféquent
R2 fe travaille plus uniment, & plus facilement quel la femelle, qui eft quelquefois un peu cotoneule.
, & ce
Cetarbre devient très-grand
viens d'en dire en eft une
que je
qu'il croit fort ticer 2
ve jee dois femble ajoûter rechercher les terres
quoiqu'il & arides plàrôt
les bonponceufes Il eft vrai que comme a étend fes
nes. cuiffes, & fes racines fort loin de fon
tronc, on peut dire qu'il attire toute la
fubftance de la terre où il les répand.
On emploie cet arbre à toutes fortes PAcajou, Uage de
d'ufages, il réuflit éga'ement bien en!
tout; on en fait des poutres, des chedes
des cloifons, des
vrons ,
planches,
bear& meilmeubles > rien n'eft plus de tous les arbres
leun; ileft le meilleur
de
pour faire des canots & des pirognes --- Page 222 ---
Nowveanx
Aux Tfies
Yoyages lon veut, capables
telle grandeur bien du que monde, & def faire de
1703'de porter
très-longs trajets 3 outre qu'étant
il met par-là
LFSr
& fottant far l'eau,
de danger & denaufrage ceux xquiten fe
ploient à cet ufage. Il eft vrai qu'il à cet
fend aifément; mais on remedic des
garniffant le dedans
inconvenient,en des courbes, & ferrant fes
canots avec
bandes
deux extrémitez avec quelques deux
de fer. Ony remarque il encore a une odeur des
litez très-e eitimables;
eft
agréables, & on prétend qu'il allures
Je ne voudrois pas
qualité,
PaateRc
tout-à-fait quil a cette derniere
bien que j'ai des raifons convainquantes en
durée. Quoiqu'il
de fa très-longue
cette cffoit, ce qui lui pcut procurer eft qu'il efb
péce aincorapibilite ,
templi d'unel humeur gomeufenitsactes les vers &6
& trèsamere, qui empêche
&
les poux de bois de effet l'attaquer, fur les
prodnit le même feu,
de CC
qu'on fait cuire all
compofà dont jai parlé
bois, que le bois amer, ,
de ces mémoires.
au commencement de fa bonne odeur, il faut
A l'égard foit bien fec, pour en
attendre qu'il
& jafqu'à
jouir 5 car quand on lecoupe, dillipce,
cc quc toute fon humidicfoit
& trèsamere, qui empêche
&
les poux de bois de effet l'attaquer, fur les
prodnit le même feu,
de CC
qu'on fait cuire all
compofà dont jai parlé
bois, que le bois amer, ,
de ces mémoires.
au commencement de fa bonne odeur, il faut
A l'égard foit bien fec, pour en
attendre qu'il
& jafqu'à
jouir 5 car quand on lecoupe, dillipce,
cc quc toute fon humidicfoit --- Page 223 ---
Frangoifes de Amérique. 21I
mauvaife, & la plas dégotiil a la plus
On dit 17034
tante odeur qui foit au monde. donton fait
le bois de Sainte Lucie, à caufe de leur
gers ouvrages fi eftimez,
bonne odeur > fent extrèmement mauvais quand on le coupe, & jufqu'à ce
quilfoit entiérement lec. Je n'ai jamais
và cet arbre fur pied; mais j'en ai trouvé àla Martinique > qai pourl le grain &
la couleur étoient tout-a-fait femblables
au bois de Sainte Lucie : onlesappelloic l'orBois de Merde; ils viennent pour
dinaire dans des lieux pierreux & fteriles, comme font les Ifles & les Falaifes fur lesbords de la mer. Quand on
coupe cet arbre, ou qu'on le travaille de
étant frais coupé, il rénd une odeur à
maticre fecale infupportable ; mais
mefure qu'il féche Oul de lui-mème,
étant coupé & misà couvert, ou par attifice, étant mis dans une étuve,il perd
cette mauvaife odeur', & en prend une
qui ne differe point de celle du bois de
Sainte Lucie. Cet arbre ne devient jamais bien gros, je n'en ai point và qur
fon écorce
arrivâti un piedde diamette;
eft
eft noirâtre & rude, parce qu'elle hachuremplic d'une infinité de petites
elle
paroiffe alfez féche
res; quoiqu'elle
oleane laiffe pas de rendre une liqueur --- Page 224 ---
i1i Nowveans Voyages aux Ies ameré
gincule quand onla odeur. coupe, quielt La feuille de
1703. & de fort mauvaife
ferme,
cet arbre eft ronde, peu épaille,
féche & callante;larbree en eft beaucoup
couvert, elle eft d'un verd brun, tachetée de
points rouges & blancs 5
bois
misau feu quandile eft verd,
ee
ECite
2 & la comexhale une grande puanteur, fait cuire
munique aux viandes quel'on
à fa chaleur. Quand on en
glidler
la
te
quelque éclat dans ett poche sûc de fe quelque bien dinouveau venu, on
vertir a fes dépens. bois d'Acajou ou
Pour revenir fis travailler au
> ce qu'il ne
Cédre que je
avecl'Acajou à fruit
faut pas confondre dans un autre 'endroit 5
dont Tai parlé
ans quilfut abeû: quatorze lieu fi frais &
ETIS il
dans un
batu,
trouvai encore tout
fihumide, quejelet mauvaife odeur que s'il
verd, & d'anfli
24. heun'avoit été abbatu faire depuis fouder deux
fus obligé
E
res. Je
del'autre, & après
harpons lun au bout entaille de chaqque côté
avoir fait une
foulager le
avec la hache, pour
de la longueur qui
AaEOTEL
je) le fis couper
fis
les billes
toit néceflaire 5 je
gliffer
pour les refendre fur des queiies foûtionnécs au
qu'elles
SIES
poids
heun'avoit été abbatu faire depuis fouder deux
fus obligé
E
res. Je
del'autre, & après
harpons lun au bout entaille de chaqque côté
avoir fait une
foulager le
avec la hache, pour
de la longueur qui
AaEOTEL
je) le fis couper
fis
les billes
toit néceflaire 5 je
gliffer
pour les refendre fur des queiies foûtionnécs au
qu'elles
SIES
poids --- Page 225 ---
Françoifes de LAmérigue.
tenir, & je fis creufer une folle par-def- 1703.
fous
les Scieurs > après
>
fouder placer deux fcies bout à bout.
avoir Elirion
Jc fus auffi obligé d'y employer deflous; quatre
hommes, deux dellus & deux
& afin de hâter l'ouvrage, je les faifois relaier d'heure en heure, Ce fit
ainfi que je vins à bout de ce beau
morceau de bois 2 duquel je tirai des
ceinttes, pour faire pluficurs roies, &
plufieurs autres chofes, dontnous avions
alors befoin.
Mais quoique cet arbre fut très-beau, 3
ce n'étoit encore rien en comparaifon étoit
d'un autre de la mème efpéce qui dans
fur notre Habitation du Marigot
les çommencemens que nos Peres s'y
érablirent 51 j'en ai vû les racines &
m'ont ques veftiges du tronc qui
cet
juger de fa prodigicule groffeur ; de
arbre fût caule d'un procès qui a eu
grandes fuites, entre M. Hotiel & nos
Peres. Jc crois en avoir parlé dans un
autre endroit. & les
branches de
Le tronc
de groffes teims en tems des
l'Acajou jettent d'une gomme claire, nette &
grumeaux
durciffent à l'air : on
tranfparente, , qui
que la
l'employc aux mèmesufages
fe gom- donme Arabique, & f on vouloit --- Page 226 ---
Nouveanx Yrayages Aux IRes
d'incifer ces arbres, on en
ner la peine
confidérable.
1703. tireroit une quantité me fait fouvenir
La gomme d'Açajou de gomme, dontjaud'une aucre elpéce dans mon Traité du Surois dû parler Tome de cesMémoires
cre au troifiéme de l'arbre dont on fe fert
en parlant faire les douves des bariques. Cet
pour
les Négres nomment bois à
arbre q: C
chez les Sçavans de
Barique, Suctier sappelle de Montagne ; il donnos illes
en certaine faifon de
ne ou de lui-mème il eft incifé, une goml'année, ou d'abord quand eft liquide s & claire
me qui le baume de Copaii récent > &
comme dans la fuite s'épaifit, fe durcit, &
qui devient d'une couleur grife 2 un, peu
graffe, avec une odeur de verd aroma- à Saint
on l'appelle c'eft le
tqueaferagresbler baume à Cochon 5
Baume à Domingue l'a fait déconvrir. Un ChafCochon hazard qui
ou Cochon
feur ayant blefTé un Sanglier animal s'arrêta auMaron, vit que cet
&
près d'un Sucrier de montagne,
fes crocs ou
Sutire
Fayant entamé avec
recevoit
fes, ily frottoit fa découloit. playe , &y Aptès qu'il
la liqueur qui en
& abbatu la
eât tiré un lecond coup arrenrivement >
ce
bète, il examina avoit plus fait, &, vit qu'il
que le Cochon
feur ayant blefTé un Sanglier animal s'arrêta auMaron, vit que cet
&
près d'un Sucrier de montagne,
fes crocs ou
Sutire
Fayant entamé avec
recevoit
fes, ily frottoit fa découloit. playe , &y Aptès qu'il
la liqueur qui en
& abbatu la
eât tiré un lecond coup arrenrivement >
ce
bète, il examina avoit plus fait, &, vit qu'il
que le Cochon --- Page 227 ---
PICE --- Page 228 ---
p99 e 235.:
Trm.8.
Papaier.
coupie
en deua.
Papais
MK --- Page 229 ---
Frangoifes de LAmbrigne.
avoit fa premiere playe toute
de la
qui étoit fortie de baignée
Cc qui intrent perfutada
c'étoit larbre, 1703.
dont on n'avoit que
un baume
noifance. Il
point encore eu de cenen éprouya fur le
vertu far un de fcs chiens
champ la
un grand coup de dent de quiavoitreça Sanglier à la
cuille: il frotta la playe de fon chien
avec la liqueur qui continuoit de
de l'arbre par les entailles que. le fortir Sans
glier y avoit fait, & fans autre
il eut le plaifir de voir fon chien appareil
faitement guéri en moins de
pars
tre heures. On reconnut par vingr-qua là d'ou
noient des cicatrices confidérables vel'on trouvoir fur des Cochons AMardes
beaucoup mieux guéries &
2 fi ( on les avoit mis entre confolidées, les mains
Chirurgiens. Diverfes
l'on a fait de ce baume expérienices en ont
Rimi la bonté; de forte
con:
avec autant de faccès
qu'on s'en fert
Perou, & de Phuile quedu de
baume du
même remarqué
Copai, On a
pour les
qu'il étoit excellent
tomber la ulcères; il les mondifie, fait
faitement. chair gâtée, & les guérit par-"
Il faut obferver que toutes les huiles, qtic Remar. fur
baumes, ou autres chofes
l'applife doivear appliquer aufi onétueufes, 2 cation
chaudes que des Bay.
mes, --- Page 230 ---
216 Nouveaux Troyages Aux foutir Ifles fans
le malade ou bleffé le peut celles qui
1703. en ètre brûlé; & que & oà toutes il eft entré de
font compofces,
l'eau-de-vic, ou autre liqueur (piritueufcs fe doivent appliquer froides, des après frique la partic a été échaufféc mains par ou avec
xions faites ou avec les
oudes linges ou étoffes chaudes, l'entrée pour aux
vrir les
> & préparer
Rosti le reméde eft impregné.
efprits, Nous avons dans toute l'Amérique
arbre
f fort de l'Acajou
un bien quiapproche des gens s'y trompent > & les
que
facilement l'un pour l'autre :
prennent Monbin ; c'eft une efpéce de
onl'appelle
fort
Prunier
quideviene gros.fortgrand,
Frunier fort branchu, & fort chargé de feuilles.
de Mondonbin.
Onle met dans les Savannes pour
la
aux beftiaux pendant
ner del'ombre chaleur du jour. Toute la diffégrande
a de fa feiille à celle de
T'Acajou,eft rence quily qu'elle eft tant foirpeu
frilée; Roen
plus épaille &c moins
grande, écorce eit aufi plus épaille & plus desbou- crevafléesil porte deux fois l'année dont le
quets de petites fleurs de lix jaunes, feiilles ovalles
calice eft compofé les deux bouts, avec
& pointuès ELlte rougeitres, qui enquelques
de mème couleur,
vironnent un pifille
qui
T'Acajou,eft rence quily qu'elle eft tant foirpeu
frilée; Roen
plus épaille &c moins
grande, écorce eit aufi plus épaille & plus desbou- crevafléesil porte deux fois l'année dont le
quets de petites fleurs de lix jaunes, feiilles ovalles
calice eft compofé les deux bouts, avec
& pointuès ELlte rougeitres, qui enquelques
de mème couleur,
vironnent un pifille
qui --- Page 231 ---
Frangoifes detAmirigue.
qui fe change en un fruit de la
peu près d'une. Prune de Sainte figure a
tine. Ces fruits
Cathe- 1703.
& âcres avant fontextrêmemenr leur
verds
mais quand ils font parfaite maturité;
couleur
cette
>
change, :
parvenus,
tres du côté qui eft deviehnener rougeijaunes de l'autre côté, expofé Ils au foleil', &
geûr
-
ont alors-un
aigrelet > un peu aromatique &c
doux, ils
qui n'eft pas
ont un noyau fi démélurément deéfagréable ; mais
qu'il refte très-peu
gros >
la peau, & par
d'efpace entre lui &
Les enfans, & conféquent :
peu de chair.
Créolles > c'eft-d-dire, généralemene tous les
font nez aux Ifles,-en tous ceux qui
plaifir. On lâche les Cochons mangent avec
endroits oi ily a
dans les
bres, afin qu'ils ramaflentles beauconp de ces artombent, ce
fruits
les.. Onfe fert quilesengraille de ce
à fer
la Marmelade, & fruit pour faire de
une elpéce de géléc
quiettrès-faine &
en donne aux malades necadonifinteron -
Tapperit,
pour leur exciter
Le bois de cet arbre eftblanc &
feux, & fe gâte.fort
filaf
jamais vû emploier. à aifément;) d'autre je ne l'ai
briler, faute d'autre; on nlage qu'a
quefois du douvain,
en fait quelTome VIIL.
lorfqu'il eft d'une
K --- Page 232 ---
218 Norveaux Voyages anx IRes les
grolleur confidérable; JC croi qu'on
2703.
emploier à faire des canots 3
pourroit
le Poirier & le Cotonicr
anfli-bien que
rouge. On dit qu'ily a une infinité de ces
arbres dans la Terre-ferme. J'en ai vû
beaucoup à Saint Domingue quiétoient aufli
très-gros, > &c dont les fruitsavoient étoient de
beaucoup plus de chair, &c
Ifles du Vent.
meilleur gofr qu'aux Saint Domingue & dans
On voit à
dcs Ifles du Vent un
quelques endroits reffemble beaucoup au Chène
arbre qui
aflez
Chène
foit, dur il vient
verd. verd; quoiquil bravele vent & l'air marin,qui
vite, &
à tous les autres arbres.
eft fi contraire
le
fin, les
Le bois eft brun, il a grain
fait
fibres longues & preflées : on en bordes membres, & du
des planches, les vaiffeaux 5 car outre qu'il
dage pour
& qu'il retient bien le
eft aflez leger,
les Vers Macloud, on a remarqué que
rins, qui gârent rous les bois d'Europe,
â celui-ci; on en
nes s'attaquent point devant les maipeut faire des avenués
fons , qui outre l'agrément qu'elles
feroient encore
IReuk
donneroient unilité,quand ,
lon fe trouve dans
grande
de bois de Charun befoin preflant
pente.
qu'il
dage pour
& qu'il retient bien le
eft aflez leger,
les Vers Macloud, on a remarqué que
rins, qui gârent rous les bois d'Europe,
â celui-ci; on en
nes s'attaquent point devant les maipeut faire des avenués
fons , qui outre l'agrément qu'elles
feroient encore
IReuk
donneroient unilité,quand ,
lon fe trouve dans
grande
de bois de Charun befoin preflant
pente. --- Page 233 ---
Frangoifes de
M. Auger qui avoit 1Ambhique. 219
fions pour le
reçu fes provila Tortue, & Gouvernemenr Côte
delile de 1703.
partit à la fin du mois Saint de Domingue,
pour. aller prendre
Septembre,
veau Gouvernemenr poleflion de fon nou.
res
3 il vendit aux
rité, Jefaites, 5 aux Religieux de la Pe-
& à quelques
Chares d'Houclmont & particuliers de
les Teravoit acquifes de M. Hincelin. Bifdari qu'il
tendant que le Roi lui cût nommé Enar
Succefleur, lc fieur de
un
verneur de l'Ifle de
Bois-ferméGon.
n'avoit rien à faire, Matie-galante fut
, gui
commander à la
envoié pour
ce que M. de la Malmaifon Guadeloupe > julqu'à
provifions de ce Gouvernement. eàt reçu les
CHAPITRE IX.
Changement des
gai arrivent dans la
Tacobins.
Mifienx
LAuteur retourne à la
eff chargé du foin temporel. Martinigue, G
TL arriva dans ce même temsduchanCabaflon gement dans nos Miflions. Le Pere
quien étoit Superieur GénéKij --- Page 234 ---
Nowveasx
anx Ifles
fe flattoit
ral
ans >
qui
Tarer
1703. d'ètre depuis continué quatte dans fon polte > encore
autres annécs, fut furpris
pour quatre
le Général de tout nod'appiendre Ordre avoit que nommé à cette Charge
tre
Bedarides, un de nos
le Pere Tacques
Anciens trouvoient
Miflionnaires. Nos
qu'il étoit encore un peu jeune, quoi- s'il
eût trente-cing ans > comme
qu'il falloit moins pour être Evèque, > que
en être Chef d'une Miflion; Mais ce
pour
étoit
défaut vrai ou prétendu d'age, &
recompenfé par un vrai merite,, SateE
digne
desqualitez galerendnienr importante. Il
Charge beaucoup plus & bon Prédicaétoit bon Theologien, & fort moderé,
teur; il étoit fort fage
,
ami du confeil, d'une vie excmplaire fes
& d'une grande exadtitude à remplir
devoirs, & à les faire remplir aux auIl m'écrivit auffitôt qu'il eut pris
tres.
de fon emploi, & me marpoffellion
befoin de moi àla Marqua quilavoit achever notre nouveau
tinique, pour & remedier à la couverture
bâriment,
violence de la chaleur
de plomb, quela
& crevée de
du Soleil avoit ouverte obligé nos Retous côtez; ce quiavoit dans l'ancien Couligieux de fc retirer
vent
voirs, & à les faire remplir aux auIl m'écrivit auffitôt qu'il eut pris
tres.
de fon emploi, & me marpoffellion
befoin de moi àla Marqua quilavoit achever notre nouveau
tinique, pour & remedier à la couverture
bâriment,
violence de la chaleur
de plomb, quela
& crevée de
du Soleil avoit ouverte obligé nos Retous côtez; ce quiavoit dans l'ancien Couligieux de fc retirer
vent --- Page 235 ---
Françoles de LAmérigue. 221
di Je partis de la Guadeloupe le Mercre3: Octobre. La barque où j'étois 1703.
s'arrêta deux jours au Carbet de Madame Ouvernard, à quii il fallut
tre que le Pere Beaumont, mort promet- depuis
plus de trente ans > reviendroit bientôt
demeurer de
avec fes bons Comperes : car
vouloirleur perfuader
c'eft battre l'air ; ils ne quileftmort, l'ont
và
mort ,. & illeur a promis de pas
ils fe le diront les uns aux revenir;
d'ici à deux ou trois cens autres, &
toujours la même chofe. Nous ans, ce fera
tous joieufement à fa fanté & à bûmes fon retour. Je paffai ces deux jours à la chafle
& à la pêche, & comme
ne
j'étois en bondu compagnie > je ne m'ennuiai
tout.
point
J'arrivai à la Martinique le Samedi
aufoir 6.
pied à Octobre; jappris en mettant
élu
terre, que nos Peres m'avoient
Procureur Syndic de la Miflion.
Cette nouvelle m'affligea
fi j'euffe trouvé dans le beaucoups &
occalion,
moment une
, je m'en ferois retourné à la
Guadelompe deffervir
, où j'aurois mieux aimé
pû être une Paroifle telle qu'elle eût
fortes s que de m'engager dans ces
d'embarras; j fçachant d'ailleurs
que notre maifon, étoit chargée de detKiij --- Page 236 ---
Noirveaux
Ifles
Habiration yoyagelanx fort en détes, & notre
1703. fordre.
Général de nos Miflfions
Le Supérieur
on l'envoia averétoit à la Cabelterre;
ne voulois
tir de mon arrivée, & que je
du tout entendre parler d'ètre Synpoint dic. Il vint auffitôr, & fçut fi bien me
arracha mon confentetourner, qu'il
d'aller à notre Habiment; mais avant
tation du fond Saint Tiemuenilacahe
terre, il voulut que je alloit Taccompagnatle voir M. de
anl Fort Roial, ou il Général deslfles.
Machault Gouverneur
Je connoiffois ce Général & fafamille,
-jel'avois vûi en 1701. àla Martinique del'Ef .
un vaiffeau
loriqilcommnandoire cadre de M. de Chatean-Renaut 5 &
commeilavoit deux Sceurs Religicufes
de notre Ordre à Poifly, > nous avions Mif
nos
lieu d'efperer qu'il les protegeroir occafions où ils auM. de fionnaires dans
Machaut roient befoin de fon pouvoir. IleftcerGouver Gé
cela auroit été ainfi; car c'étoit
néral.des neur tain que d'une très grande piété,
10les. unhomme les Sacremens, qui
aLSE
fréquentoit de temsà l'oraifon mentale
beaucoup afliduement l'Ecriture, &
lifoit
&
2 faifoit un plaifir d'en parler, venoient
T'expliquer à tous ceux qui malheur de
chezlui: mais il avoit cu lc
pouvoir. IleftcerGouver Gé
cela auroit été ainfi; car c'étoit
néral.des neur tain que d'une très grande piété,
10les. unhomme les Sacremens, qui
aLSE
fréquentoit de temsà l'oraifon mentale
beaucoup afliduement l'Ecriture, &
lifoit
&
2 faifoit un plaifir d'en parler, venoient
T'expliquer à tous ceux qui malheur de
chezlui: mais il avoit cu lc --- Page 237 ---
Françoifes de LAmérique.
fe laifler prévenir contre tous les Reli- 223
gieux d'une maniere
comme les
extaordinaire; & 1703.
gens qui font profeflion d'ètre devots, ne réviennent prefque
mais
jadesimpretlionsquils ont une fois
prifes, les Religieux qui font établisaux
ifles, fans en excepter aucun, ont fouvent fouffert des-chofes facheufcs de fa
part.
Le motifde notre voiage au Fort Roial
étoit pour lui faire entendre raifon fur
une affaire de confequence ,.oir il
noit beaucoup plus d'interér qu'il ne
voit,
PAE
& dans laquelle il auroit foutenu
la Religien & les Miflionpaires, fi on
ne l'eût pas prévenu contre eux aufli
fortement qu'on l'avoit fait.
llavoit pris à fon fervice,
l'af.
faire de la
après
bé
Guadeloupe, un certain AbSignier, > Provençal, qui étoit
L'Abbe
de lOrdre des Carmes Déchauffez paffé Aumo- Signier
le grand Ordre de Saint Benoit, dans nier du
tu d'un bref de la Pénitencerie en ver- Général,
gnon. Ily avoit fix ans
étoit d'AviInes ; je l'avois connu à qu'il la
aux
de la
Cabefterre
Martinique > lorfqu'il étoit Pré.
cepteur des enfans du fieur de
Il avoit été enfuite Aumônier des Jorna.
gieux de la Charité à la
Reliil avoit amaffé dans Guadeloupe, &
ces deux emplois
K iv --- Page 238 ---
Nowveaux Voyages anx Ifles
$24 fomme confidérable, qu'il trouva
une
tout d'un coup Te ,
1703. moyen d'augmenter les Anglois attaquoient le
pendant que
Comme fa vie
Fort de la Guadeloupe.
& fon argent lui étoient en finguliere de fe
recommandation, il n'eut garde
dans
tenir avec les autres Eccléfiaîtiques de
des lieux où il auroit rifqué malades perdre
quelque chofe > en afliftant les Cabefterêc lesbleffezs il fe retira àla
& s'avifa de marier deux perfonnes
re, étoient de la Religion Prétendue.
qui Reformée, & qui malgré leurs abjura- fait
tions réiterées > n'avoient jamais Catholiaucun' exercice de la Religion étoient alliez au
& qui outre cela il reçut foixanRentl degré d'affinité;
la célébrate & fept Louis d'or
il-donna-un
ce
Lontis
tion de
mariage,
l'avoir
certificat en bonne forme,après
à
fait fans pouvoir > & fans autorité > de
linfcu du Curé, fans:p proclamations dans
bans, fans difpente, ni permifion, clanune maifon féculiere en un demeura mot, fedeffinement. Cette affaire
alors
crette jufqu'au départ des Anglois; du
le fieur Grellier (c'elt le nom
préétoit de la- Paroiffe
tendu marié) qui
delfervie par les
des trois Rivieres > chez lui la DaPeres Carmes, amena
ité > de
linfcu du Curé, fans:p proclamations dans
bans, fans difpente, ni permifion, clanune maifon féculiere en un demeura mot, fedeffinement. Cette affaire
alors
crette jufqu'au départ des Anglois; du
le fieur Grellier (c'elt le nom
préétoit de la- Paroiffe
tendu marié) qui
delfervie par les
des trois Rivieres > chez lui la DaPeres Carmes, amena --- Page 239 ---
Frangoifes de l Amerigue.
moifelle Poyen fa femme précendné 225. qui
étoit de notre Paroiffe de la Cabefterte.
Les deux Curez furent extrèmement 1703.
firpris. de cette union
dont
ils. ne Igavoientrien, & illégitime, qu'ils regarderent comme un concubinage public &
fcandaleux; ils en firent leurs
au Gouverneur, & enfuite à M. Mithon plaintes
Commiffaire
les fonétions Ordonnateur, , qui faifoit
part de M. Robert. dIntendant depuis le déque la fille retourneroit Celui -- ci ordonna
chez fes Parens, s
julqu'àce que l'affaire eût été examinée;
cependant T'Abbé Signier étant devenu
Aumônier dc M, de Machault, il lui
fut facile de perfuader fon maitre
avoit pû faire ce mariage fans bleffer qu'il les
loix, ni fa confeience, & quel les Religieux terêt ne s'y oppofoient que par un intisfait fordide, de leurs pour n'avoir pas été faaffaire
droits curiaux. Cette
étoit reveilla les préventions où il
contre les Religieux. Ce fut furce.
pied-là qu'il écrivit une lettre fort dure
au Pere Cabaffon, qui étoit encorcalors
Prefet Apoltolique de nos Miflions.
Le Pere Bedarides alant ficcedé
Pere Cabaffon, M. de Machault atl
manqua pas de lui parler de cette affaire ne
comme d'unc bagatelle où nous monK V --- Page 240 ---
226 Nowveaux Poyages AMx IRes la
fcandaleule,
trions une avidité
pour
1703. perception de nos droits. Celui-ciqui
encore informé aflez ample
n'étoir
clandeftin, lui rément E ce mariage
être à
pondit que ce ne pouvoit pas étoit de
caufe de nos droits, > paifquil
notoriété publique que nous n'exigions
Tadminifration : des Sacrerien pour
ce
étoit taxé pour les
mens, & que qui
de bans, & aufépultures , pablicarions Ecléfiafliques, étoit trop
tres fonétions
avoir
les Curez
de chofe
porté
peu
ce mariage. On pourra
à
par
voit s'oppofer la taxe des droits curiaux au com- lui
mencement de ces Mémoires; ; il
cependant de s'informer exadtepromit
affaire, & même d'aller a
ment de cette s'il étoit néceffaire, &c de
fur les lieux enfuite toute la fatisfaétion
lui donner
fon honneur & fes
que fa confcience,
pouvoirs luipourroient étoient permettre. là lorfque jar.
Les chofes en
Le Supérieur
rivai de la Guadeloupe.
de me demanGénéral ne manqua pas s'éroit pallée,
der comment cette affaire
fentide lui en dire mon
& me pria
peu de gens
ment sje le fis.avec plaifir,
plus enen avoient une connoiffance
elle
fur les lieux quand
tiere > j'étois & on avoit eu la témes'étoit paliée,
ourroient étoient permettre. là lorfque jar.
Les chofes en
Le Supérieur
rivai de la Guadeloupe.
de me demanGénéral ne manqua pas s'éroit pallée,
der comment cette affaire
fentide lui en dire mon
& me pria
peu de gens
ment sje le fis.avec plaifir,
plus enen avoient une connoiffance
elle
fur les lieux quand
tiere > j'étois & on avoit eu la témes'étoit paliée, --- Page 241 ---
Françoifes de LAmérique.
rité de m'offrir cinquante Louis 227
même davantage, fje voulois m'em- > & 1703.
ploier à applanir les difficultez
s'y trouvoient. Je rapportai donc à qui
tre Supéricur Général toute la fuite nocette affaire, &je lui dis pour conclu- de
fion, qu'il n'avoit qu'à examiner les
pouvoirs que le Pape lui avoit
comme Prefet Apoltolique, donné,
Prim), s'il pouvoir
pour voir
fecond degré d'afinité. ditpenfer dans le
voit faire en faveur des 2°, S'il le
avoient contracté &
perfonnes,
roe
riage clandeftin
confommé un madu'Concile de Trente contre la difpofition
ce Cas de pouvoir
qui les prive dans
penfc. 3°: S'il jamais clperer de difSacrement de pouvoit adminiftrer le
ment, à des Mariage comme SacreMhomme, gens > dont lun, fçavoir
avoit déja fait deux fois abjuration fille
de I'Herefie de Calvin, & la
ils une fois, fans que depuis ce tems-là
cuffent donné la moindre
de.
leur Catholicité, &
marque
ne regardoient le
qui par conféquent
un contrat
mariage que comme
purement civil.
Ce fut pour expliquer toutes ces chofesaM.de Machault, & lui
l'intrigue de fon Aumonier, développer le
re Bedarides. me mena avec luiau que Forc PeKvj --- Page 242 ---
228 Norveaux
2703. Roial, Lel befoin Foyager anx Hles
denous,
que M.leGénéralavoie
pour tirer d'affaire fondomef
tique, fit qu'il nous reçut affez
mais quand il vit que notre
bien;
ne vouloit pas outrepaffér fes Supéricnr
ni s'expofer à une
pouvoirs, s
pour faire plaifir à fon excommunication >
commença fcs vieilles Aumônier,il revarice des
plaintes far l'afouhaiter de Moines, bons
qui lui faifoient
Prêtres
pour gouverner les Paroiffes, del'Oraroire, & de
bonnes Sceurs grifes, pour avoir foin
de-Hopiraux.Nousl défifter
lui offrimes denous
enticrement, & de
que lès Miflionnairesdess antres confentir
c'eftà-dire, les Jeluites & les. Ordres,
la reglaffent comme ils le
Capucins
propos. Cela ne le contenta jugeroient à
quil vit par les Patentes de pas; & quoi
fer
notre Pres
Apoftolique que nous lui
entre les mains,
mimes.
donner des
que nos facultés de
dilpenfes ne s'érendoient
pas au-delà du troifiéme ou
degré, il vouloit toljours quatriéme
der qu'il ne tenoit
nous perfiaun expédienr,
qu'à hous de trouver
çon de fon Aumônier. pour r'ajufter la mal-fames enfin
lui
Nous le quittâgens-là devoient après
avoir dit que ces
en Cour de Rome, obtenir une difpenfe
& y expofer le fait
donner des
que nos facultés de
dilpenfes ne s'érendoient
pas au-delà du troifiéme ou
degré, il vouloit toljours quatriéme
der qu'il ne tenoit
nous perfiaun expédienr,
qu'à hous de trouver
çon de fon Aumônier. pour r'ajufter la mal-fames enfin
lui
Nous le quittâgens-là devoient après
avoir dit que ces
en Cour de Rome, obtenir une difpenfe
& y expofer le fait --- Page 243 ---
Frangoifes de PAmbrique.
comme il étoit, fans obmettre
aucune
circonllance, parce qu'antrement On ne 1703:
pourroit pas s'en fervir en leur
s'il fe trouvoit qu'elle fût
faveur,
Je demeurai
fibreptrice.
notre Couvent du quatre ou cinq jours en
ce
avoit à faire Motillage, pour voir
qu'ily
au nouveau bâtiment; ; je priai le Supéricur Généralde
faire aflembler les Religieux, afin d'avoir leurs avis, parce quej j'étois
de ne rien faire que ce qui feroit déter- réfolu
miné danstine aflemblée. Ons'affembla,
je fisle rapport de l'état du bârimene,"
&jepriai PAffemblée de dire ce
voudroit faire, afin que le faifantexé. qa'on
euter, je ne fulle point obligé de répondre du fuccès; mais au lieude me
donner quelque ordre - ou du moins
quelque avis comme je le
ils convinrent tous de s'en fouhaitois,
entierement àce que je jugerois rapporter à
Etadr de faire, > & me donnerent là-def propouvoir général & abfolu. L'acte
en fut dreffé & lighé par le Supérieur
Général, & toute l'Affembléc.
Je partis enfuite pour notre Habitation du Fond de Saint Jacques,
trouvai dans un très-grand
que je
il y avoit environ. deux mois défordres
Syndic qui m'avoir précédé que le
> s'étoit --- Page 244 ---
230 Nonveanx Troyager aux Ifles
1703. chargé, d'une vingtaine de
veaux quiétoientle rebur d'une Negres noufon de la Compagnic de Guinée, carguain'avoient pas laiflé de lui couter > qui
mille cinq cens livres
neuf
eût les deux tiers qui fuflent 2 quoiqu'il fi y en
qu'ils avoient déja les cheveux vicux
marque affurée chez les Negres gris;
grande vieilleffe: &
dune
malleur, ils n'étoient pour fircroît de
trouvai encore que la pas maifon paicz. Je
chargéede beaucoup de dettes étoit
n'y avoit pas de maniocen
5 qu'il
deux mois, & quie depuis mon terre
pour la
on
A
bet
la moindre Guadeloupe, n'avoit pas fait
fallut
réparation : de forte qu'il
neuf, commencer par faire un Moulin
& travailler recouvrir les tous les bâtimens,
la
bois neceffaires pour
charpente du bâtiment neuf du
Molillage.
ay
ce
icz. Je
chargéede beaucoup de dettes étoit
n'y avoit pas de maniocen
5 qu'il
deux mois, & quie depuis mon terre
pour la
on
A
bet
la moindre Guadeloupe, n'avoit pas fait
fallut
réparation : de forte qu'il
neuf, commencer par faire un Moulin
& travailler recouvrir les tous les bâtimens,
la
bois neceffaires pour
charpente du bâtiment neuf du
Molillage.
ay
ce --- Page 245 ---
Françoifes de PAmtriqne.
1704.
CHAPITRE X.
Remede dont les
pour
les
MAfanahofrum,
gmerir
Paiens obfedez.
gnes pratigues des Negres. Etat Quel. des
Mifions des Jacobins.
E dans commençai à faire faire du Sucre
les premiers jours de l'année
1704. mais nos cannes avoient été fi
negligées, > & les ratsyavoient fait dei fi
T'année prodigieux dégats, qu'au lieu que dans
1698.ilner me falloit
ou quinze perfonnes
que douze
& entretenir le Moulin, pour les couper, s
fonnes ne lej pouvoient cinquante
celle-ci:
pas fournir iats
découvrir parce que l'on étoit obligé de
jour
autant de terrain dans un
qu'on fix en découvroit dans une fcmaine, je travaillai ans. auparavant: : de forte que
pour faire autanto pendant de près de
mois,
fait autrefois en Sucre quej
avois grin éroit
deux mois. Ce chaaugmenté
me donnoient les Par l'embarras que
veanx que l'on avoit vinge acheté Negres noucemment. Comme ils étoient rout revieux s --- Page 246 ---
Nowveanx
Aux Iiles
Yoyagesa
ils étoient fort indociles, & prefque
1704. point du tout propres au travail, & les
anciens Negres de la maifon ne vouloient point s'en charger. Le
jeune.
de tous prit la peine de fe
au baLSTE
lancier du Moulin, s un jour qu'on ne
faifoit pas de Sucre. Le fujet defon déà ce que les autres me dirent,
ESTN qu'il ne pouvoit fouffrir la douleur qu'on lui faifoit en lui tirant les
chiques: il prétendoit s'en exempter
en fon
après s'ètre
en terournant
pais
Negre fc
Ce- qual y eut de furprenant >
pendit. qui
pendu. c'eft qu'il s'étrangla avec une lianne,
groffe commele pouce, fansyavoir fait
aucun noeud coulant; & qu'an de nos
anciensNegres qui vit quand il fe jetta
en bas de la table du Moulin 5 far laquelle il éroitmonté,étant, accouru auffitôt, pour l'empècher de s'étrangler, le
trouva mort quand il arriva, quoiqu'il fus
n'eût pas deux cens pas à faire. Je
faché decet accident pour plufieursraifons, & fur-tout, parce qu'étant nouveau venu, & ne fçachant linftrui- encore
alfez la langue, on n'avoit
ST
re, ni le baprifer, ce qui auroit empè- il eft
ché fans doute cC malheur 5 car
les
fe portent à ces
rare que
Negres
font Chrécoups de défefpoir quandils
n'eût pas deux cens pas à faire. Je
faché decet accident pour plufieursraifons, & fur-tout, parce qu'étant nouveau venu, & ne fçachant linftrui- encore
alfez la langue, on n'avoit
ST
re, ni le baprifer, ce qui auroit empè- il eft
ché fans doute cC malheur 5 car
les
fe portent à ces
rare que
Negres
font Chrécoups de défefpoir quandils --- Page 247 ---
Françoifes de PAmérigat. - 233
tiens, au lieu qu'ils y font fort fouvent portez 1703:
ils font aufli
avant ce tems-las diable
leur apparoît Negresobfedez
le
qui les excite à
formes, s
feiie
fous LETEN
pendre, ou àle noyer: >' lcs maltraite,
tellement
fes appa-
& les éponuvente
1E fait tomritions frequentes, 2 qu'il comme s'ilsber dans des convallions, les fait deveétoient épileptiques, décharnez & comme des
nir maigres &
étiques.
ici dans'la difcuflion, fi
Sans entrer
effets de leurimagi- Remedeà:
ce font de fimples
réclle ce mal,
nation bleflée, O1l une obfellion
& véritable ; car le monde eft àp préfent
rempli d'efprits forts > qui fe piquene
dene croire que ce qu'iis ont. vi, nous'
d'u reméde qui les guérit
nous fervons
ou les délivre inhalihionen-Cetene font des
dc eft le Baptème : fi ce
mais jeunes fi
enfans, on les baptife auffitôt; être ince font des adulres qui doivent
ftrnits, avant de recevoir le Baptème s
on fait fur eux les exorcifmes ordinaires, & onleur attache aul col une petite felon
Croix de bois ou de métal benite
le Rit de l'Eglife;8 nous fommes convaincus par une infinité d'expériencesl'obleffion ceffe dans le moment.
LeLedtcur que
pourra voir CC que jai écrit --- Page 248 ---
Nowveaux Voyages anx Ifles
matiere à la hin de la premiere
fur cette
1704. partie.
l'ai dit dans
Les Negres, comme
fulcepfont
plus
ter
un autre endroit,
& de nos Mytibles de notre Indiens Religion & les Caraibes;
fteres, que les
diférent. Ce qu'il
leur naturel eft tout
de
les
faut bien obferver avant baptifer ont
adultes, c'eft de découvrir ceux qui
Précau- faitle mêtier de forcier en leur pais >
tion a
faffent,
vant de car quelques promefles qu'ils
l'ai
baptifer
le
rarement, comme je
les adul-ils quittent
11 faut différer leur
tes.
fait voir ci devant.
Baptème fans fe rendrealcusimgoru
& les tenir rau rang des Cathécunitez,
{e foit affuré
menes > jufqu'à ce qu'on
qu'ils ont
par une longue expérience fait les
- àpratiques
P abandonné tout le diable. Nous içaqu'ils avoient avec leurs forts 8 leurs mavons encore moins que à craindre quand ils
lefices font
lorfquils font Chréfont Paiens,
curiolité des Leéteurs
tiens.
de ce fait ; ce que
FTATES
de chercher la raifon
eft très conjen puis dire > c'eft qu'il
ftamment vrai.
oublié
Bâtons En parlant des Negres, j'ai la
charmez & leurs deux chofes affez pariculieres: forciers : Roece
effets. miere, que ceux qui font ils attachent un
des bâtons, aufquels
dre quand ils
lefices font
lorfquils font Chréfont Paiens,
curiolité des Leéteurs
tiens.
de ce fait ; ce que
FTATES
de chercher la raifon
eft très conjen puis dire > c'eft qu'il
ftamment vrai.
oublié
Bâtons En parlant des Negres, j'ai la
charmez & leurs deux chofes affez pariculieres: forciers : Roece
effets. miere, que ceux qui font ils attachent un
des bâtons, aufquels --- Page 249 ---
Françoifes de PAmerigne. 235
fort, quiala vertu d'imprimer une dou- 1704.
leur violente & continuelle à la partie
qui en a été touchée 2 fans qu'on reméde ait
trouvé jufqu'à préfent aucun
naturel contre ce mal. J'ai cru
c'étoient des Ronc
dant longtems que
de
matifimes > ou des Treffaillemens
nerfs: : mais après avoir emploié les remédes, dont nous nous fervons ordinairement contre ces maux,& qui font touinfaillibles, fans qu'ils aient rien
jours operé for ces fortes de coups de baron - s
jai été réduit à croire quilyavoir quelchofe de furnaturel la-dedans.
que
tous les Negres
La feconde > que
Chrétiens ont une dévotion très grande
& une foi très-vive pour le pain beni du Devo-
& l'cau benie. Ils portent tolijours
tion des
pain benit fur cuxjilsenn mangent, , lorf- pour Negres le
fe trouvent mal, ou quand ils pain be- &
qu'ils
quelque danger. Alégard de ni l'eau $ becraignent
qu'on en nie.
l'eau benie, quelque quantité
falle le Dimancheala Grande Melle,il
eft rare qu'on en trouve une goire quand dans
le fervice eft fini; ils l'emportent
de petires calebaffes, 8 en boivent quel- -
ques gouttes en fc levant, & préten- les
dent fe garentir par ce moien de tous
malefices qu'on pourroit jetter fur eux.
Quelque diligence que j'aie pû faire > --- Page 250 ---
Nouveanx Voyages AuX IRés
découvrir qui leur avoit
jen'aijamaist pû devorion; ceux même
1704- infpiré cette
anciens, 8cles plus at
étoient les plus m'en ont
dire autre
fonnables, ne
pût de leurschofe, Snon qulils-laransient les uns aux auPeres, la tranfmettoient bien.
tres, & s'en trouvoient le Supérieur GéLeLundi II Février,! fit affembler au
néral de nos Miflions les Religieux
Ce que Fond Saint Jacques fix tous ans dans les Mifeeft Aifi- qu: qui étoient depus
enles
de leur propoferdexy
liations Gions,afin
refte de leurs jours, en
dans IOrdre gager pour le affiliations des Couvens
des Fre renonçant aux
res Prèavoient en Europe.
cheurs. qu'ils entendre ceci, il faut fçavoir
Pour
de.l"Ordre des Freres
queles Religieux font attachés par leur ProfefPrecheurs
& non
fion à un Couvent particulier, dans la plàpas à une Province comme Ils ont droit
derameecReligions
part
dans leur Couvent;
de demanderadrelter
a droit
& le Couvent & réciproquement de les obligerd'y vede lés répéter,
Tengagement eft
nir réfider, de puifque forte quc fiun Religieux
réciproque:
habituelle, ou
tombe dans une maladie accident, c'eft au Coudans quelqu'autre
&c' dont il eft fils
vent qui la adopré, des termes ufités dans
€ pour mc fervir
part
dans leur Couvent;
de demanderadrelter
a droit
& le Couvent & réciproquement de les obligerd'y vede lés répéter,
Tengagement eft
nir réfider, de puifque forte quc fiun Religieux
réciproque:
habituelle, ou
tombe dans une maladie accident, c'eft au Coudans quelqu'autre
&c' dont il eft fils
vent qui la adopré, des termes ufités dans
€ pour mc fervir --- Page 251 ---
Frangoifes de TAmérigue.
237 néA'ordre) à faire toutes les dépenfes & à d le 1704
ceffaires pour fon foulagement,
la
garder, nourrir &. entretenir jufqu'à
hn de fes jours. Si en échange le Reliacquiert quelque bien, il appargieux
à fon Couvent,
tient inconteltablemients
fans que le Provincial, ou quelqu'autre
Supéricur que ce puilfe êue., en puilfe
difpofer en faveut d'un autre. Couvent.
Il n'y a qu'un feul cas où fa dépotille
être partagée; c'eft quandil meurt
peur autre Couvent
le fien, dans
dans un
vertu que d'une obéiflequelil demeuroiren & dans lequel
fance de fes Supérieurs, droits de fuffrage,
iljotiffoit de tousles
les enfans du
& autres dont jottiffent
eft
Couvent. En cecas fa dépolilic
le
Ionc
tagée par moitié. entre Couvent il eft
il'eft fils, & celui dans lequel à ce
mort; & cette moitié eft attribuée récomdernier Couvent comme une
penfe des frais & des dépenfes qu'il a
fait dans la maladie du défunt. Cette
dépolille pourtant ne s'entend que dans des
effets quife trouvent aétuellement
le Couvent oû il eft mort; car tout ce
qui fc trouve autre part, appartient de
droit à fon Couvent originaire.
Cette connoillance fappofite.Lesmai.
fons ou Couvens que nous avions aux --- Page 252 ---
238 Nowveanx Voyages enfans, anx IRles tout le
Ifles, n'avoient aucuns & peu d'entre
1704 monde y étoit étranger, fongeoient ferieufeeux par conféquent bien de ces mailons. Ily avoit
ment au
abus,
étoit une fuiencore un autre
qui 3 c'étoit que
te néceffaire de ce premier; paflé dans les
les Religieux qui avoient
qui eft le
Millions toute leur jeunetle, travailier pour
tems où ils auroient pà
l'ordinaire
leur Couvent, étoient pour de fatigues,
obligés d'y retourner, > caflés
en un
hidropiques, ou paralitiques, rendre aucun fermot, hors d'état d'y
venoient manvice; il fembloit qu'ils
été able miel, après avoir avoir toujours jamais traREn sde la ruche, & n'y la charité qui doit
vaillé. Quand mème
auroit étouffé
être entre les Religicux, étoient deles murmures de ceux qui avoient palmeurés au Couvent, & T'obfervance qui
a 2 &
fe toute leur vie dans mème charité ne
dans le travail , cette ceux qui y, revepouvoir
empécher alloient être à
noient TET penfer qu'ils
lieu de
charge à leur couvent, & leur qu'au aidant à
foulager leurs Freres > en
ils alle fardeau de la Religion,
porrer
la pefanreur
loient leur en augmenter & les dépenfes
pzr le foin, nécellaires, les peines pour les foulaqui fcroient
a 2 &
fe toute leur vie dans mème charité ne
dans le travail , cette ceux qui y, revepouvoir
empécher alloient être à
noient TET penfer qu'ils
lieu de
charge à leur couvent, & leur qu'au aidant à
foulager leurs Freres > en
ils alle fardeau de la Religion,
porrer
la pefanreur
loient leur en augmenter & les dépenfes
pzr le foin, nécellaires, les peines pour les foulaqui fcroient --- Page 253 ---
Frangoifes de LAmtrigme.
ger, ou les guérir. Ilsavoient honte 239
paroitre les mains vuides; & ce d'y
emportoient avec cux, ne pouvoir qu'ils 1704.
manquer de porter un préjudice
pas
dérable aux Miflions,
confiétoient obligées de faire 1 d'ailleurs
penfes pour les voyages des grofles déqu'on faifoit venir de France, Religieux
rerournoient.
ou quiy
On crut que le moyen le plus
pour rémédier à tous ces
propre,
étoir de fixer pour
inconvéniens, >
cher par des
toujours, & d'attation des Miflions affiliations à la congrégadroient s'y confacrer les Religicux qui vouvie,après
pour toute leur
qu'ilsy auroient demeuré
ans, & qu'on auroit été affuré de leur fix
bonne vie, moeurs& doctrine, &
étoient capables de remplir les qu'ils
des Miflionnaires. Le Général de devoirs
lOrdreya affilia de fon autorité en tout
les Peres Cabaffon & Bedarides 1701,
avoient fait un voyage à Rome, & en- qui
voya les ordres néceflaires aux Ifles,
pour affilier ceux quile
& quiauroieltles
fouhaiteroient,
cela.
qualités requifes pour
C'étoit pour l'exécution de cep
que nous nous affemblâmes; le Pere projet, Bedarides Supérieur Général de nos Mif --- Page 254 ---
240 Nonveanx
anx Tles
1704. fions, après nous Taager avoir fait un
fort pathétique far ce fujet, difcours
l'examen des fujets
procéda à
tacher
quis'offrirent à s'atfus
pour toujours aux. Miflions 5
reçu avec fix autres, outre les Peres iy
Bedarides & Cabaffon, & nous
mes ainfi commencement à
donnâfement, dont les fuites auroient un. établif
reufes, & auroient étendu, & fait été-heurir nos Miflions, fi des
Heuje ne dois pas nommer, perfonnes ni
que
les motifs qui les ont fait
rapporter
remué tant de machines, agir,n'cuffent
venues à bout de. détruire qu'clles fout
ment.
cet établiffeLe 20 Avril, M. le Général
au Pere Bedarides une difpenfe envoya
fieur Greflier avoit obtenuè,
que le
biliter fon prétendu
pour téhavit en même
mariage : il-lui écritems > qu'i ils
nous
sattendoir
ne trouvions plus de raifons, que
différer la conclufion de cette
Nous examinâmes
Tuatiet
connûmes d'abord le Bref, & nous reil étoit en termes de qu'il ne valoit rien;
pratique Ecléfiaftique, fibreptice & obreptite; cela obliEe le Pere Bedarides d'aller trouver M.
de Général, lui dire les de lui rapporter ce Bref, &
raifons pour
nc pouvoir pas:s'en fervir en lefquelles faveir des on
dcux
que
différer la conclufion de cette
Nous examinâmes
Tuatiet
connûmes d'abord le Bref, & nous reil étoit en termes de qu'il ne valoit rien;
pratique Ecléfiaftique, fibreptice & obreptite; cela obliEe le Pere Bedarides d'aller trouver M.
de Général, lui dire les de lui rapporter ce Bref, &
raifons pour
nc pouvoir pas:s'en fervir en lefquelles faveir des on
dcux --- Page 255 ---
Frangoifesde
deux perfonnes
tAmérigue.
tement, à caufc qu'il de fon protégeoit fi Mt
laccompagnai encore dans Aumônier. Je 1704, C
& pour faire voir à M. le ce voyage, /
nous ne cherchions
Général que
donnai la formule qualobliger.j de la
je lui
Ces prétendus mariés
Supplique que
en Cour deRome. devoient prefenter
tems, qu'afin querien Jel'avertis en même
clufion de cette affaire, ne rétardâr tlaconpenfe feroit
lorfque la difiéparer
obrenué, ils devoient fe
desd-préfent, ne fe
quenter, > aflifter ala Melfe de plus fré-
&c faire les autres fonétions Paroille,
gion
de la Reliavoir Catholique des
> afin d'en Pouvoir
certificats de leurs
quoi on feroit encore
Cutés, fans
obligé de les faire
arrendie, 1
jufqu'à ce
né des marques
de cuffent donlicité.
leur
162:1
Cathofaire J'avois encore un autre motif
ce voyage ; le voici:
pour
culiers avoient obtenu des quatre partifarup terrain appellé les Pitons conceilions du
bet, qui hous avoit été
CarM. du Parquer,
donné par feu
de la
Seigneur Propriéraire
de Martinique, &
faifoit
notre Fondation, 4r
partie
S. Jacques, dans les
que le Fond
d'autres s'étoient nichés, hauteurs duquel
Tome VIII,
Nous avions
L --- Page 256 ---
Nomveans Foyages Aux Ifles
années une
commencé depuis quelques Pitons du Car-"
habitation à Cacao, > aux
1704- bet; de forte que dans toute la rigueur
de la Juftice, & des loix du pais, on ne
pouvoir nous en retrancher aucune partic, quand mème ces terres n'auroient
été des réferves que le Propriétaire
pas s'étoit confervées, en rendant TIfe au
Roi.
étions
à la prife
Nous nous
oppofés Habitans 5 mais
de poffellion de ces
foutenus ils
comme ils fe fentoient
>
avoient paflé outre > & avoient commencéàd défricher notre terrain. Je priai
les fuites de
M. le Général d'empècher
les concette ufurpation en rétraétant
ceflions qu'il avoit données, puifquil
convenoitquilavoite été famprisil ne
pas à propos de défaire ce
RRTS
gea Tait, mais il me dit de me pourvoir
me
Pa:
les voies ordinaires, &
promit
nesenpoint mèler, & de laifferle cours
libre de la Juftice. Comme je n'en fort attendois pas tant, je m'en revins les Habicontent, & je fis alligner tous fur notre
tans; ceux qui s'étoient placés bientôt conterrain desPitons, furent & à tous nos dédamnés à déguerpir,
Après que
pens, dommages & intérêts.
nos
la Sentence leur eut été ligniliée,
:
les voies ordinaires, &
promit
nesenpoint mèler, & de laifferle cours
libre de la Juftice. Comme je n'en fort attendois pas tant, je m'en revins les Habicontent, & je fis alligner tous fur notre
tans; ceux qui s'étoient placés bientôt conterrain desPitons, furent & à tous nos dédamnés à déguerpir,
Après que
pens, dommages & intérêts.
nos
la Sentence leur eut été ligniliée, --- Page 257 ---
Frangoifes de
Perés jugerent à LAwerigue. de
ces mêmes terres propos à titre de leur laifler
ciere rachetable aur denier de rente fon- 1704.
.nance,
l'ordoncetadlitc.d cinq
pour faire voir à tolfr le monde, pour cent 91
cen'étoit pas parun
que
nous avions pourfaivileur motifd'avarice que
tion,mais par lanecellitcé ot condamnade conferver nos droizs.
nous étions
terrain Ceux qui s'étoient établis fur
du Fond de Saint
notre
furent pas chaflez fi
Jacques, n'en
tinrent qu'ils n'étoient aifément; ils fouterres; de forte
le point fur nos
qu'clles feroient que
ordonna
cela
arpentées. me fervis
Reur
d'un jeune homme que MonHoudin, Juge Roial de
m'avoit prié
croutel'lile,
d'examiner, quelque tems auparavant
capable de la Pour être sur gn'il étoit
demandoit. Je charge fis donc d'Arpenteur qu'il
ties, & nos
appeller nos
ciennes
voifins; on reconnt les par- an- de
trouvées bornes, far
& nos parties s'étant
damnécs à notre terrain, furent concommodâmes déguerpir. Nous nous ac+
travaillé
enfuite; celuigai avoit
nous offrit d4s00. pas du bord de la mer
une fomme
modique, 2 dont nos Peres d'argent fe
affez
rerent, & lui cederent le
conten.
terraina petLij --- Page 258 ---
244 Maesuecrgager anx -
1704. petuité, Pour lcs autres qui
proches de
plus
edELr
la
nous, nous leur accordâmes
joitiffance de leurs défrichez
dix ans, à condition qu'ils nous pendant reviendroient après ce *ems.l, avec tour CC
quife trouvetoit deffis. Ce fut ainfi
que je terminai fept ou huit procès,
avoient que nous.n'euffions été
pas cu, fi nos Peres
un peu moinsnegligens.
CHAPITRE XI.
Maladic extraordinaire dont les Befianx
furent attaguez 2 qui tombe
fur les Negres.
enfmite
déja fept othuit moisquil
dans toute
Tizart
fir les beftiaux
l'Ile une maladie
quantité
> qui ft mourir une
baufs, de prodigieufe de chevaux, de
Comme
moutons & de cabrittes,
notre habitation eft fituée d'une
maniere, quc nous avons plus befoin
que beaucoup d'autres de baufs de
cabrotiet, j'obfervai avec attention les
fympromes de cette maladic,
cher d'en garentir les nôtres; pour tâdonc chez plufieurs de nos voilins je vis
qui
le une maladie
quantité
> qui ft mourir une
baufs, de prodigieufe de chevaux, de
Comme
moutons & de cabrittes,
notre habitation eft fituée d'une
maniere, quc nous avons plus befoin
que beaucoup d'autres de baufs de
cabrotiet, j'obfervai avec attention les
fympromes de cette maladic,
cher d'en garentir les nôtres; pour tâdonc chez plufieurs de nos voilins je vis
qui --- Page 259 ---
Erangoifes de LAmsrique.
firent ouvrir les baufs qui étoient 245
chez cux, que le foie & les
morts
de ces animaux étoient fecs poulmons &
1704.
& les inteftins retreflis, & fecs retirez
comme du parchemin,
prefque
des partics nobles fulfent quoiquele dans
refte
naturel. Ce qu'il y avoit de
leur état
c'eft qu'on trouvoir les mêmes fiarprenant,
mes dans ceux
fymptotraîné longtems, Easimoroierapdiafer & être devenus
gres & décharnez comme des
maites; & dans ceux qui étarft
(quellecemal, fe trouvant au travail, attaquez de
roient en cinq ou fix heures
mouhurlemens & des contorfions avec des
tables; & ce qui étoit encore épouvenvais dans cette maladie, c'eft plus maucommuniquoir
qu'elle fc
clle étoit une fois aifémenr, dans
& que quand
elle
une habitation,
emportoit tous les beftiaux
trouvoient, à
qui s'y
foin tout particulier moinsqnel'on de
ne prit un
ceux qui étoient
féparer d'abord
ceux qui ne l'étoient attaquez du mal, de
Les uns difoient pas. c'étoit
fice
quelque
un male- Mortalifar
avoit
deaidtes
2i beftiaux: : d'autres, à
jetté té fur les
plus raifonnables, croioient monavis, Beftiaux.
venoit de l'intemperie.del
que cela
me que le mal de Siam l'air, de méqui s'étoit déja
Liij --- Page 260 ---
246 Nowveans
Aux
rallumé pluficurs Fayager
Ifles
1704. éteint entiérement fois, après avoir été
mois de fuite. Jeconfeillaià pendant plafieurs
de faire enterrer tous les nos voilins
mouroient chez
beftiaux qui
mort étoit
eux; parce que fi leur
louvrage de la malice des
Negres,
les pouvoir
qu'ils cbeners moris, il étoit manger à
après
les priver du fruit de leur crime propos de
mettant en terre dans des licux en les
Avis de ne pulfent pas les
où ils
furcela. L'Auceur nuit, à
ptès comme déterrer pendant la
nticarei où l'on
on fait dans les
les volailles
jette à la mer toutes
les
qu'on trouve mortes dans
les cages, depuis qu'on s'eft
Matelots avoient la malice apperçu de
la tête
tauc
RCN la nuit, afin avec une épingle, pengu'on les leur donnâr
Oufi quand on les trouvoit mortes le matin,
cette maladie venoit de l'intemperic de T'air, comme il étoit
ble qu'elle fit mourir l'animal impofli- fans
fluer quelque chofe de fa
indans leschairs,
malignité
de gâté, cette quoiquiln'y pariir rien
pas de fe
malignité ne manqueroit
communiquer à ceux qui en
mangeroient, mal & la
& leur caufer le même
mort.
fis Pour prévenir tous ces accidens >
changer le parc où l'on renferme les je
de l'intemperic de T'air, comme il étoit
ble qu'elle fit mourir l'animal impofli- fans
fluer quelque chofe de fa
indans leschairs,
malignité
de gâté, cette quoiquiln'y pariir rien
pas de fe
malignité ne manqueroit
communiquer à ceux qui en
mangeroient, mal & la
& leur caufer le même
mort.
fis Pour prévenir tous ces accidens >
changer le parc où l'on renferme les je --- Page 261 ---
Erangoifes de LAmbrique
beftiaux pendant la nuit; je lcs his met- 247
tre dans un grand enclos, que je fis faire
dans la Savanne
1704.
s après les avoir fait
faigner &
&c leur avoir fait
les Eateqe qui font
tELin de chair
certaines ex- Précau. :
la
qui leur viennent à tion conler langue, qui les empéchent de tortil- tre les
laver Therbe; on ne manquoit pas de les maladies des beltous les jours à la meP, & enfurite tiaux,
dans la Riviere, & de leur donner
tes les femaines un breuvage
toud'ean, avec du jus de citron compofé & de la
caffc. Ce fut ainfi
je confervainos
beftiaux, dont j'eus bonheur de
perdre que deux ou trois.
ne
Mais cette maladie étant paffée des
mème beftiaux aux Negres > je n'eus pas le
bonheur 5 &c malgré tous mes
foins, nous en perdimes
huit mois de tems. Encore vingt-fept en
nous pas des plus maltraitez; ne fimeshabitans en perdirent bien d'autres
nous,& un entre les autres plus que
plus de foixante, les
qui en avoit
tous, fans
lui perdit réellement
fis ouvrir qu'il
en reftât un feul. Je
étoient
quelques - uns de ceux
morts chez nous; l'on
qui
les mèmes fymptomes
y trouva
trouvé dans tous
que l'on avoit
dans les
ceux qui étoient morts
autres quartiers de I'Ile; c'eftLiv --- Page 262 ---
Nowveaux Foyages, AHX Ifles
1704. i-diresle foie, les poulmons, & lesinteftins fecs & retirez comme du
chemin grillé, & le refte dans.fon
ordinaire.
ROE
Il y en eut qui furent emportez dans huit Oll dix
tres
heures; d'aulanguirent cinq ou fix
&c les autres moururent avccd jours >
convulfions. Je n'ai point connoiflance d'étranges
qu'il en foit échapé un feul de tous
ceux qui furent attaquez de ce mal. Il
IIC paffa pas aux blancs; fi cela étoitarrivé, je croi
eit
Habitans qui 2e
emporté tous les
d'une complexion généralement bien moins forte parlant
les Negres.
que
Les Negres ne laiffent pas d'être
Mala- jets à bien des
fudics OI. part leur font maladies, dont la plàdinaires
caufées
le
des Ne- défant de nourriture par travail, le
gres,
leur
> & fouvent
intemperance > & leur
tion; la
Hnaiter
;
colique les attaque affez fouvent; ils font fajets aux maux d'eftomach, qui dégénerent en
leur intemperance fur l'eau-de-vie, hydropifie >
les mauvais alimens
> &
leur donnent dcs cours qu'ils de prennent s
des flux de fang; mais le mal ventre, &
ils font le plus fujets,
auquel &c
les autres maladics qui c'eftlEpian, viennent de la
même caufe. Nos Chirargiensi : ignorans
colique les attaque affez fouvent; ils font fajets aux maux d'eftomach, qui dégénerent en
leur intemperance fur l'eau-de-vie, hydropifie >
les mauvais alimens
> &
leur donnent dcs cours qu'ils de prennent s
des flux de fang; mais le mal ventre, &
ils font le plus fujets,
auquel &c
les autres maladics qui c'eftlEpian, viennent de la
même caufe. Nos Chirargiensi : ignorans --- Page 263 ---
Françoifes de LAmbrique.
& mal pourvûs de remédes
fait crever une quantité
> en ont
d'autres qui fe font échapez incroiable de
> 1704.
mains, ont porté toutel leur vie les leurs imdonné preflions du Mercure qu'on leur avoit
mal à propos, , ou font demeurez
couverts d'ulceres & de nodus.
Un Chirurgien habile, nommMaf.
fon, guis'étoit érabliala
& qui joignoit à unc parfaite Guadeloupe, connoif
fance de fon art, beaticoup de
de
piété &
droiture, a fait des cures
tes tant à la
fiurprenanGuideloupe qu'i la Martinique, domné avec une prifanne dont il m'a
donner la recette, > &c que je croi devoir
cellente, au public, puifqu'elle eft eXmaladics non-feulement pour toutes les
honteufes, mais encore
purifier parfaitement la maffe du pour
mettre les humeurs dans
fang,
qu'elles doivent garder, & léquilibre
corps de toutes les impuretez nettoyer le
avoir contraété. Plulicurs
qu'il peut
font fervis en France avec perfonness'en un fuccès
merveilleux. Nous l'appellons
de la Guadeloupe, à caufe de la Prifanne
re de celui qui l'a mife en
demenfa
vogue 5 voici
fervir. compofition, > 8c la maniere de s'en
Sur une pinte d'cau, mefure dePaL V --- Page 264 ---
250 Nouveanx
1704. ris, mettez une once
Aux Hles
une once
2ME
de Coques dc Noix, Salfeparcille 2
Ptifanne once de Seguine du
demiede la once de celle des Ifles: Levant,, ou une
lobipe. Guade- milicu la
fendez par le
puis les Sallepareille & la Seguine, &
pilez les coupez Coques N perits morceaux 3
fez en poudre,
Noix,8 les reduid'Antimoine, prenez auffi une once
& en faites
reduifez lc en poudre,
debonne un notier dans un-morceau
toille; ; forte, bien
pliée en double, licz-le bien, ferrée , &
rien n'en puiffe fortir; mettezi afin que
Salfepareille, la
l'eau, la
de Noix dans un Seguine & lesCoques
bien verniffé; pot de terre s neuf, &
noiiet
fauipendez-y atl milieu le
dAntimoiné, de forte qu'il trempe entierement dans la
fans toucher aul
ligueur, mais
faite botiillir le fond, ni aux bords;
& doucemen: tout à petits boilillons,
fir un fcu de
fe, fans fumée,
bonnebraition d'un tiers jufqu'à la confommanoiier
2 après quoi retirez le
dans d'Antimoine, & palfez lal
un linge, fans
liqueur
grédiens Quti éroient comprimer les inla Ptifanne dansune dedans, & mettez
on doit après cela bouteille de verre ;
me pot la
remettre dans le melcs Noix Seguine, > la Salfepareille,6
qui font demeurées dans la fer-
, fans fumée,
bonnebraition d'un tiers jufqu'à la confommanoiier
2 après quoi retirez le
dans d'Antimoine, & palfez lal
un linge, fans
liqueur
grédiens Quti éroient comprimer les inla Ptifanne dansune dedans, & mettez
on doit après cela bouteille de verre ;
me pot la
remettre dans le melcs Noix Seguine, > la Salfepareille,6
qui font demeurées dans la fer- --- Page 265 ---
Françoifes de LAmérigae. 25T
viette oir l'on a pallé la Prifanne, avec le 1704a mème quantité d'eau, & fufpendre
noiiet d' Antimoine comme la premiere
fois, & faire boiillit doucementle tout,
julqu'à la confommation du tiers, & patis la
la paffer. comme la premiere >
mettre dans une bouteille de verre 2
fervir comme je le dirai cipours'en Cette feconde Ptifanne eft bien
après.
& moins forte que la
moins chargéc,
petite Ptipremiere , auffi Trappelle-con
&c
fanne. La Salfepareille, la Seguine,
fervir
fois;
lesNoix ne peuvent
quiune fervir
le noûtet d'Antimoine peur
il faut
CilE
qu'à cinq fois, après quoi
nouveller. Avant de donner la Prifanne au malade, il faut le préparer par il'ordinaire;s une Saignée,
& le lendemain le
on le laifle répofer PMETIE troifiéme jour >
encore le
onle
on
le faigne
quatriéme; le fixiéme on
purge le. cinquiéme 5 &
lni donne la Prifanne fans difcontinuation, pendant quinze ou vingt jours, 8
tout au plus trente. Il faut que le mal
foit bien opiniâtre, pour n'ètre pas gueri
dans ce terme-là.
La doze que le malade doit prendre >
eft d'environ trois quarts de pinte
trois
on lui
GCa
jour, & ccla en
fois;
Lvj --- Page 266 ---
252 Nowveanx
anx Ifes
1704. ne le premier verrc OMC à
heures du matin, dix heures on lui donne à manger: : il prend le fecond verre à deux
heures après midi , & il foupe à fix
haures, & à dix heuresdu foiron lui fait
prendre le troifiéme verre. Sa nourriture pendant tout ce tems-là ne doit
être que de viandes rôties à la broche,
ou fur le gril, fans fel, fans
fans ragoût,falade, fruit, poilfon,
mage ou autre
ECUREE
chofe ; fa boiffon doit
être uniquement de la petite Prifanne,
tant à fes repas,
pendant la journée, >
Jorfqu'il a foif. 9Pad doit s'abftenir de tabac, de quelque maniere que ce puiffe -
êtresil faut encore fc tenir chaudemenr.
Quoique ce regime paroiffe un peu difficile 9 il eft bien plus agréable de fe
fervir de CC remede qui n'eft fujer tdaucun inconvenient 2 que de beancoup
d'autres, qui ont fouvent des fuites fachéufes, & qui font d'une dépenfebien
plus confidérable. Son operation cft
douce, & prefque infenfible, on ne
la remarque que Par les fueurs abondantes qu'elle excite, qui pouffent au
déhors tout ce qu'ily: avoit demauvais,
& renouvellent, pour ainfi dire, le
tout entier.
corps
n'eft fujer tdaucun inconvenient 2 que de beancoup
d'autres, qui ont fouvent des fuites fachéufes, & qui font d'une dépenfebien
plus confidérable. Son operation cft
douce, & prefque infenfible, on ne
la remarque que Par les fueurs abondantes qu'elle excite, qui pouffent au
déhors tout ce qu'ily: avoit demauvais,
& renouvellent, pour ainfi dire, le
tout entier.
corps --- Page 267 ---
Frangoifes de PAmérigue.
1704.
CHAPITRE-XIL
LAutenrfait achever leur Couvent du
Moiillage ; on le fait Supérienr de
la Martinigue , 6 Vice-Préfet apoftolique. Flotte Angloife.
Près quejf'eus mis ordre aux affai-
& fait
A I
res de notre habitation,
travail le Sucre que
avec un très-grand
je
l'on pût tirer de nos cannes ruinées,, Moliilfretai une barque,pour porter aul
lage les bois que javois fait faire pour
la charpente du bâtiment que j'avois
fait commencer en 1698. & je me ren- lcdis fur lelieu le 28 Juillet. Il fallut
ver tout le plomb dont on avoit cou- le
vert la terraffe qui I regnoit fur tout crevé
bâtiment. Le folcilavoit fendu &
de plomb,
toutes ces longues planches très- confice qui nous caufa une perte évité, fi on
dérable > que nous aurions confeil, & faire
avoit voulu fuivre mon
ou une
une couverture à l'ordinaire,
manfarde. Il fallut changer la plâpart
des poutres & des fommiers, & pour
laiffer autour
contenter nos Religieux, --- Page 268 ---
du 254 comble Nouveanx Froyuger anx Ifes
1704. huit
une plate- forme d'environ
de picds de large 2 pour leur fervir
promenade & joiir de la viéde la
rade, & de la plus grande partie du
Bourg,
Cctte petite terraffe étoit
d'un maflifde pierres de
compofée
bon mortier de
ponce avec un
relée;
pouffolane, & bien carbres par ce moien je rendis nos chambitables. plus fraiches, & parfaitement haCcux qui fe ferviront de la
Avis firr lanc, 3 foit de celle
pouffolz Pouf
que l'on trouve à la
folanc. Guadeloupe, & à la
de celle d'Iralie
Martinique, foit
les
> doivent fe fouvenir
ouvrages qui en feront faits, ne
Rrode bons qu'à proportion' de l'eau
dont on aura eu foin de les arrofer
dant pluficurs jours, après
penété faits. Il faur
qu'ils auront
tiereé,c'elt-l-dire emploier ce mortier
& deux tiers de > un tiers de chaux,
&
pouffolane fort claire
& promptement. fait
Il fe féche fort vite,
corps ; mais fi on manque de le
baigner,8e pour ainfi dire,dele noyer,
ilséchanfe, & devicnt en
lieu que fi on y jette quantité poudre ; au
amortit la violente action de d'eau, la
On
& on fait une maffe,
chaux,
quelques
qui au bour de
jours devient dure comme la
picrre même qu'elle renferme, que l'on
ffolane fort claire
& promptement. fait
Il fe féche fort vite,
corps ; mais fi on manque de le
baigner,8e pour ainfi dire,dele noyer,
ilséchanfe, & devicnt en
lieu que fi on y jette quantité poudre ; au
amortit la violente action de d'eau, la
On
& on fait une maffe,
chaux,
quelques
qui au bour de
jours devient dure comme la
picrre même qu'elle renferme, que l'on --- Page 269 ---
Frangoifesde PAmbrique.
caffe plitôr que le mortier dont elle 1704eft environnée. C'eft ce
vû pratiquer en Italie, & ce que
pratiqué
STAT
moi-ntème dans lcs voûtes & autres oujy ai fait faire, & dont je
vrages que
parlerai autre part. Général de nos Miflions
Le été Supérieur obligé de faire un voiage à la
aiant Guadeloupe, me pria avant de partir de
prendre le foin dela Miffion jaiqui fon
retour. Le Pere Paris qui en étoit Supéde fe demetrieur, aiant jugéà dellein du Supétre de cet emploi,
EMER
rieur Général étoit de me nommer Superieur de la Guadeloupe, dès que celui
quiy étoit auroit achevéfon tems; Reli- mais
à peine y, fut il arriyé, que nos
gieux de la Martinique lui écrivirent,
& le prefferent de me nommer leur Su-tAuear eft fait
pericur > lui faifant voir que fétois
néceflaire àla Martinique qu'ala
de la
EREE
deloupe. Il y confentir, & envoia la delaMar- Mifion
de cette charge, & de celle detinique.
patente Vice-Prefet Apoftolique au plus ancien
me la fignidc nos Miffionnaires > pour
de racfer, & pour me contraindre
cepter. J'eus toutes les peines du monde à
m'y refoudre, je ne me plaifois
à la
Martinique, & jaurois été :E aife --- Page 270 ---
256 Nonveaux
1704. d'ètre à la
Voyages AuX Iles
Guadeloupe, où M. de la
Malmaifon.qu avoit
tié pour moi, venoit beaucoup d'être d'amiGouvernieur. Nos Peres vivoient nommé
quillement dans cette Ifle,au lieu tranpuis quelques mois les libertins
denoient la
don25
la
liberté d'infalter les Curez de
fans Martinique, ceffe
3 de forte qu'il falloit être
ne recevoir aux plaintes, &c s'attendre à
tion. A la fin prefque il
jamais de fatisfacter cette
fallutobéir, le
& accepJe fis travailler charge
II. de Seprembre,
devoient
aufli-tôr aux oflices qui
les en accompagner le bâtiment. Jc
éviter les éloignai de huit toifes tant pour
fréquens accidens du fcu qui font
cuifine dans les lieux où il y a plus une
tendre le & bruit un four, que pour ne
endinairement. que les Negres Tour orqui étoit
Je fis auffi clore la cour
gis, & devant le grand corps de loje preffai tellement tous ces ouvrages dans > que nous allâmes nous
mois notre nouvelle maifon à la fin loger du
d'Oétobre.
Mais il ne fuffifoit pas
il falloit la
delavoir bâti,
avions de meubles menbler, & ce que nous
fi
de
dans l'ancienne étoit
Eifor chofe, fi délabré , que cela
pitié, Je mis en ceuvre nos Mc-
re la cour
gis, & devant le grand corps de loje preffai tellement tous ces ouvrages dans > que nous allâmes nous
mois notre nouvelle maifon à la fin loger du
d'Oétobre.
Mais il ne fuffifoit pas
il falloit la
delavoir bâti,
avions de meubles menbler, & ce que nous
fi
de
dans l'ancienne étoit
Eifor chofe, fi délabré , que cela
pitié, Je mis en ceuvre nos Mc- --- Page 271 ---
Frangoifes de TAmérigue. des buf- 257
nuifiets, pour faired des femblables tables, ; & je 1794.
fets, & autres chofes Robert un habile
trouvai au Cul-de-Sac fit ncuf douzaines
Tourneur 2 qui me
de chaifes de bois de Cipres, garnies
tresproprement de laranieryeebonsap &
pelle bois de rofes à la Guadeloupe mieux 2,
ce nom lui convient affiurément
le premier, car il a une agréable
que odeur de rofes qu'il conferve toujours >
à tout ce qu'on
& qu'il communique & armoires qui
renferme danslescofires vient ordinai- Bois de
en font faites. Cetarbre & de la groffeur Cipres o1l de
rement dela grandeur
affez mince cRolcs.
de nos noiers, il a l'écorce
l'aubier
fort brune, & fort tailladée; du refte du
ne fe diftingue prefque couleur pas d'ceil dc
bois, qui eft d'ane taches brunes, en
perdrix , avec des
de diffémaniere de volutes ou d'yeux
il
rentes teintes. Ce bois eft compaéte, fort bcau
2 le grain fin, & le prend travaille un au tour ,
poli, foit qu'on
il cft
ou en tables; il eft pélant quand d'un
verd, parce qu'il eft alors rempli
fic huileux & amer > qui le conferve bois;
de Ja pourriture, & des poux de d'un
mais quand il clt fec, i devient
à
poids raifonnable, feuille & proportionné de cet arbre eft
fon volume. La --- Page 272 ---
258 Nowveaux Poyages Aux Ifles
1704. petite, étroite, s rude & callante; il ne
croît que dans des lieux fecs &
il eft rare d'en trouver dans les arides; bonnes'
terres. Ces chaifes me coutoiént deux
écus la piéce, & ce n'étoit
égard aul bois
eft rare pastrop, eu
fort qui
, & par confésjuent
cher, & à la main de l'ouvrier.
Lc bois de rofcs me fait
dc Moyen faire les Rofiers que l'on a
fouvenir que
fleurir aux Ifles, portent des apporté d'Europe
lesRofes,
Heurs toute l'année, pourvà qu'on ait foin d'en battre
lesbranches à coups de bâton quatre ou
cinq fois par an. Cen'eft pourtant pas à
dire qu'il faille rompre les branches,
mais feulement les meartrir, & entamer
ou écorcher un peu la peau 5 fans cette
précaution, 2 ils ne portent que
trois Oll quatre mois, comme pendant en EuCe fait eft conftant; jelerapporte
exercer
fP
pour
un peu Meflieurs les
Fleuriftes, & autres gens defceuvrez.
'Allarme Le 10 du mois del Decembre nous eià laMar- mes une allarme affez chaude à la Marcinique, tinique. Nous étions avertis depuis deux
jours qu'il étoit arrivé une groffe efcadrc à la Barbade. Sur cet avis M. le Général avoit fait partir quelques Corfaires pour en avoir des nouvelles plus certaines. Un de nos Corfaires revint le
exercer
fP
pour
un peu Meflieurs les
Fleuriftes, & autres gens defceuvrez.
'Allarme Le 10 du mois del Decembre nous eià laMar- mes une allarme affez chaude à la Marcinique, tinique. Nous étions avertis depuis deux
jours qu'il étoit arrivé une groffe efcadrc à la Barbade. Sur cet avis M. le Général avoit fait partir quelques Corfaires pour en avoir des nouvelles plus certaines. Un de nos Corfaires revint le --- Page 273 ---
Frangoifes de PAmérigue.
la Flotte
matin du IO. & rapporta avoit été 1704ennemie le fuivoit . &
ai
chaffé fi vivement parune Fregate,qu'il
n'avoit pas eul le loifir d'examiner, > ni
de compter les bâtimens. Son rapport
fe trouva vrai, toute la Flotte ennemie
aux Ances d'Arlet deux heures
parut fon arrivée, 8 s'avança en bon
ordrejal@pualaportée après
du canon du FortRoial. Ôn compta vinge - deux gros
vaiffeaux de guerre, autant de bâtimens
de charge ou Marchands, dix, fept barfix Galliotes, & quelques douques, bles Chaloupes. On peut juger del'embarras oû fe trouva à cette vûë notre
Général, & comment il fc' feroit tiré
d'affaires fi cette Flotte avoit eu quatre
mille hommes à jetter à terre. I1
ou étoit cinq) pris fans verd, & nous aufli; & le
Fort-Roial auroit couru grand rifque
d'être enlevé, ou le Fort Saint Pierre,
& brûlé. On donna l'allarme par
pillé toute TIe, on prit les armes; mais tout a
cela auroit été inutile, > & on n'auroit
jamais pû s'affembler affezi tems, fila
Flotte cnnemie avoit eu envie de faire
defcente. Heureufement ce n'étoit
une fon deffein; elle continua fa route
pas en rafant la Côte de fort près. Quelques
unes de fes Chaloupes firent defcente --- Page 274 ---
260 Nonveaux Vroyages Anx Ies
1704. en un lieu appellé le Fond Laillet, o
elles firent unl prifonnier, & dans une
autre Ance voifine elles pillerent &
brilerent quelques maifons, & enleverent une barque chargée de Sucre.
Cette Flotte parut fur les deux heuresaprès midi devant le Fort Saint Pierre, une bonne portée de canon, faifant peu de voile 5 on la perdit de vûé
pendant la nuit. Jecroi qu'elle n'étoit
venué que pour fe faire voir,
nos Officiers, & donner de l'exercice intriguer à
nos Troupes. M. le Général la fuivit
avec ce qu'il put ramaffer de Cavaliers
à la hâte, & arriva fur le foir au Fort
Saint Pierre. Je ne manquai pas de l'al- -
ler faluer auffitôr, & de le
ter far la diligence qu'il avoit complimen- fait
venir s'oppoler aux ennemis. Il reçut pour
fortgractcufement mon
&
me rendit ma vifite dès compliment; le
il vit tout notre nouveau lendemain;
examina le plan des
bâtiment, &
commoditez
jardins, & e autres
faire
que nous meditions de
pour le perfectionner. Je lui dis
nous avions difpofé l'appartement
3 rez de chauffée d'une maniere à le
lui pouvoir offrir, quand il viendroità
Saint Pierre; il me fit la-deffus beaucoup dhonnètetez, > & me parla enfuite
ement mon
&
me rendit ma vifite dès compliment; le
il vit tout notre nouveau lendemain;
examina le plan des
bâtiment, &
commoditez
jardins, & e autres
faire
que nous meditions de
pour le perfectionner. Je lui dis
nous avions difpofé l'appartement
3 rez de chauffée d'une maniere à le
lui pouvoir offrir, quand il viendroità
Saint Pierre; il me fit la-deffus beaucoup dhonnètetez, > & me parla enfuite --- Page 275 ---
Françoifts delAmérique.
de l'affaire de fon Aumôniet. Je me 1705.
doutai qu'il y avoit là-deffus quelque
chofe de nouveau; 3 & en effet j'appris
quelques jours après, que ce bon Prètre
furl'asétoit embarqué précipitament,
vis qu'on me dit quil avoit eu, qu'il
avoit ordre dela Cour de Parrèter,8c
y de lui faire fon procès. Cela l'auroit
fort intrigué; 5 car fan Certificat le convainquoit d'avoir fait ce mariage clanconduit en droideftin, ce quilauroit
ture aux Galeres.
CHAPITRE XIII.
de PAuteur à la Guadeloupe;
Voyage Sesdiverfes avantures. Combat naval.
E Vendredi fecond jour de l'année
- 1705. j'allai avec notre Superieur
Général aul Fort-Roial faire les compliordinaires au Gouverneur Génémens
eût encore fr le coeur
ral. Qnoiqu'il
il
le départ de fon Aumônier, auquel
d'avoir contribué 2
nous donnant foupçonnoit avis en Cour de fa malveren fation, il ne laiffa pas de nous bien recevoir. Après quelques momens de --- Page 276 ---
262 Nouveaux Yoyager aux Ies
il nous ft entrer dans fou
- converfation, dabinet & nous mit en main une nou1705. velle difpenfe
le fieur Greflier ravoit
obtenu; nous ria lûmes; & quoiqu'elle
ne fit pas tout-i-fait comme nousla defirions, > nous refolâmes de nous en
contenter,, d'autant qu'aiant fait confulter l'affaire en France, on nous avoit
mandé que l'ufage de la Cour de Rome
n'étoit pas de fpecifier tout-à-fait dans
les Brefs lestermes des Supliques-Le SuGénéral de nos Miflions dit à
périeur M. le Général qu'à fa confidération il
pafferoit par-delfius quelques circonftances qui manquoient, & que pour
terminer l'affaire plus promptement s
& épargner aux prétendus mariez la
peine dc venirà laMartinique, ilm'enverroit à la Guadeloupe comme fon
Commiflaire, pour faire les informations, 8 donner la Sentence deffini*
tive. Cela fit plaifir à M. le Général s
il me fit beaucoup d'honnéterez, > & me
dit de lui écrire quand je ferois prèt à
partir, afin qu'il donnât ordre à quelqu'un de nos Corfaires de m'y tranfporn'euffe
befoin defa
ter. Quoique je
pas
recommandation pour cela > puifque
Flibuftiers étoient
tous nos Capitaines laiffai
de recede mes amis 2 je ne
pas
. Cela fit plaifir à M. le Général s
il me fit beaucoup d'honnéterez, > & me
dit de lui écrire quand je ferois prèt à
partir, afin qu'il donnât ordre à quelqu'un de nos Corfaires de m'y tranfporn'euffe
befoin defa
ter. Quoique je
pas
recommandation pour cela > puifque
Flibuftiers étoient
tous nos Capitaines laiffai
de recede mes amis 2 je ne
pas --- Page 277 ---
Frangeifes de PAmérique. 263
voir, comme je devois 1 lhonnèrcré 1705.
quil me faifoit, & de lui dire que je
fcrois en état de partir immédiatement
après le jour des Rois, aiant feulement
befoin de trois ou quatre jours, pour
aller donner les ordres néceffaires à notre habitation du Fond Saint Jacques. Il
s'informa auflitôr s'il y avoit quelque
Corfaire prèt à partir, & alant Içu que
le Capitaine Daniel fe difpofoità metillui envoia ordre dem'attre dchors,
à la Guadeloutendre, & de me porter
pe. Nous nous feparâmes fort contens
les uns des autres.
le Fond
Je partis le lendemain
Saint Jacques, où aiant aIPerd ce que javois à y faire, j'en revins le Lundi au
foir. Mercredi
donnai-à dîner au
Le
7. je
Capitaine Daniel,à fon contre-Maître, L'Auteur de
fon Ecrivain, & fon Chirurgien, & Tsr Marti.
fur les quatre nique
nous nous embarquâmes
alheures du foir a comptant d'aller déjed- Eng
ner le lendemain à la Guadcloupe. La Guade- loupc,
barque qu'il montoit, étoit vermudietrès-bonne voiliere, il avoit quane,
bons hommes, & fix catre-vingt-dix
n'en falloit
nons. C'étoit plus qu'il
attaquer un Gallion d'Efpagne >
pour
de
canons.
ou un Anglois
quarante --- Page 278 ---
264 Nowveaux Voyages Aux IRes le PreNous mimes en panne devant
de
170j* cheur, où felon la bonne coûtume
nos Flibuftiers, ils ont toujours quelque
affaire, fur-tout ceux qui ont encore
5 car les loix dela bonne
quelque argent;
d'en porter
Flibufte ne permettenr pas
dansle
en mer ; & quand on fc trouve
cas, il faut au plus vitele dépenferdans rallemLe
Daniel
un cabaret. fur Capitaine les neuf heures, & fit
bla fes
voiles. Nous fûmes à merfervir Eud
veille jufqu'à mi-canal entre la Dominique & la Martinique; mais rourd'un
couple vent tomba, &c nous eûmes un
Notre Pilote ne fe
calme tout plat.
dans le jugement qu'il
trompa point calme
R il dit que
porta de ce
imprévu;
; il fit
nous allions avoir une bourafque voile,
prendre les ris dans la grande
Tempète palfer de nouvelles manaeuvres au trin-
& au foc; il vifita les amarres des
2AEE quet
les amarres quit tecanons, & renforça
avoit-il achevé
noient le canot. A peinc
de
nous fimes pris d'un tourbillon
que d'Eft-Sud Et, fi furieux, & fi invent
commença par- enfoncer
civile, qu'il voile. Encore fimes-nous
notre heureux grande qu'il ne nous demâta pas; nous
fauvâmes les lambeaax de notre voile,
d'abord à mâts, &
& nous pougeâmes
à
res quit tecanons, & renforça
avoit-il achevé
noient le canot. A peinc
de
nous fimes pris d'un tourbillon
que d'Eft-Sud Et, fi furieux, & fi invent
commença par- enfoncer
civile, qu'il voile. Encore fimes-nous
notre heureux grande qu'il ne nous demâta pas; nous
fauvâmes les lambeaax de notre voile,
d'abord à mâts, &
& nous pougeâmes
à --- Page 279 ---
Francoifes de PAmerigue. 265
à cordes, & enfuite avec un ferviette. morceau 1705de trinquet, grand fuffe fans commeune contredit un des
Quoique je dormeurs de la mer, l'affaire
meilleurs
je ne
ferétoit fi brufque > que
pûs matelats pas
mer les-y yeux ; d'ailleurs mon car les lames
fut bientôt tout moiillé,
de P'arnous couvroient à tous m'allis momens à plat à l'arriere à l'avant. Je
dans un
riete du gaillard., > enveloppé
capot, & lié parle milicu du corpsavec
une bonne corde, à peu près comme
de
que quelgue lame ou
un finge, chentet ne prit la liberté de me
quelque hors le bord. Nos gens dans un
jetter Gilence obéiffoient à l'envi au
profond moindre commandement > &c travailloient de toutes leurs forces. La mer
paroilloit toute en feu ; letems qui étoit
noir, avoit quelque chofe d'affreux 5
mains en ne pouvois pas voir mes
iln'éapprochant de mes yeux, quand étoient
clairoit point; mais les'éclairs
fi vifs,
je voïois alors tous les mouvemens tel nos gens. Le Capitaine Daniel me donna une bouteille d'eau-devie, dent Javallai adroitement un bon
coups car il ne faut pas être mal-adroit bouche
mettre une bouteille à fa
pour fans fe rompre les dents. Cette liqueur
Tome Vill.
M --- Page 280 ---
Nowveans
anx TRes
Feyager
alots
n'aijamais aimé, me parut
que je
elle me rechaufla, car je1705. éxcellente; 5
l'cau de la mer aiant
tois à moitié glacé,
chauds d'èdans les pais
cette propriére froide, & je n'avois
tre extrémement fur le corps. Sur les quatre
rien de fec matin la pluie tomba avec
heures du abattit beaucoup le vent,
violence , &
de
cria,
& au point du jour un Nous nosgens la vimes
terre fous le vent à nous.
moeffet diftinétement quelques
en
avec un navire qui étoit
mens après, Aufli-tôr grande difpute
fur le côté.
les uns vouloient que
entre nos gens;
n'avoit pas encore
ce fut une Ille qu'on
création;
de nouvelle
vàë, & peut-être le Pilote foutenoient
le Capitaine &
ètre que la petite
que ce ne pouvoir
ne
Ile d'Aves ou des Oifeaux,, du quil même
confondre avec celle
faut pas eft au Vent de Coroffol, oùt
nom, qui
d'Efrées alla fe caffer le
le Maréchal fa Flotte 2 en 167. mais
nez avec toute d'Aves eft cinquante lieuès
lap petite Mle
Eft &
fous le vent de la Dominique, 8c il ne paOueft de la grande Savanne, euflions
roiffoit pas naturel que nous heures. C'é
pû faire ce chemin en Med'Aves, (ept
nous
toit pourant) la petite
heures du mamotillâmes far les fept
Y
d'Efrées alla fe caffer le
le Maréchal fa Flotte 2 en 167. mais
nez avec toute d'Aves eft cinquante lieuès
lap petite Mle
Eft &
fous le vent de la Dominique, 8c il ne paOueft de la grande Savanne, euflions
roiffoit pas naturel que nous heures. C'é
pû faire ce chemin en Med'Aves, (ept
nous
toit pourant) la petite
heures du mamotillâmes far les fept
Y --- Page 281 ---
-
Erangoifes sde TAmbrigue. 267
de lieuë au vent du
tin à un échotié. demi quart La pluic cefla furles huit 1705*
navire
d'Ef commença à fc
heures, le vent & la mcr fut aufli tranquille Ils
faire fentir;
s'iln'y avoit point ett moitil- leat à la
à dix heures, que d'heures auparavant. perite
de tempète pcu
c'eft-à- ille d'ANos gens changerent deschemifes, d'habits., & des ves.
dire 2 qu'ils prirent
d'eau-decaleçons fecs; quelques coups
le
vic reparerent les forces perduès fimes par la
travail dela nuit palfée, nous
pricre & puis nous déjeunâmes de grand
nous tinmes confeil en manappetit; & aufli-tôt après le Capiraine,
geant,
autant dhommes
le Quartier-maitre,
&c bien
que le canot en put contenir,
armez defcendirentà terre. dix à douze
Nous y appercevions
Anglois;
hommes, qui nous fur paroilfoient le bord de la mer,
ils étoient venus
& fembloient par
vis-à-vis de nous demander >
du fecours.
leurs geltes fauterent nous à terre, & renvoieNos gens le canot à bord chercher du monrent desj'y fus au troifiéme voiage; nous cinnous trouvâmes alors plus de cent
hommes à terre. Les Anglois
quante dirent
étoient-là depuis
nous
ils : qu'ils étojent au nombre do
onze jours, hommes avec deux femmes
quatorze
M ij --- Page 282 ---
268 Nowveanse
anx
de confidération Trojages de la
Ifes
1705. Efclaves des deux fexes. Barbade, & huit
Nous fçâmes qu'ils s'éroient échoiiez
par non-vië, c'eft-d-dire, pourn'avoir
leur pas 10 eu connoiffance de la' terre 5
navire ne pouvoir pas avoir beau- que
coup de fouffert, patce
y avoit
vent
quand il avoit quil
peu
Etatd d'un ne s'étoit couché fur le touché, côté &
vaifeau
que
eud
Anglois jours après. Ce vaifleau venoit
échoiié à gleterre, ilavoir
d'An1'TAle où
touché à la Barbade,
d'Aves,
ilavoit pris ces deux Dames
prétendoient aller paffer les Fêtes > qui de
Noëla Antigues avec leurs
fans
le malheur qui leur étoit arrivé. parens,
On Içait
la Fête de Noel eft
des micux ditsral chez les
une
& quand on devroit jeiiner toute Anglois;
née, ilf faut faire grande chere, & l'an- s'enyvrer ce jour-li.
On doit encore fçavoir qu'ils font
Noël dix jours après nous, parce
fuivent l'ancien
qu'ils
qu'ils lc
Calendrier: : non
convaincus trouvent plus jufte, (ils FReet
du contraire) mais par entètement, à
& pour ne pas fe conformer
une reformation, dont le Pape Grek
goire XIII. a érél'Aureur. *
Le Capitaine &c le Pilore de ce bâri
ment, qui felon lcs apparences, étoicn
encore fçavoir qu'ils font
Noël dix jours après nous, parce
fuivent l'ancien
qu'ils
qu'ils lc
Calendrier: : non
convaincus trouvent plus jufte, (ils FReet
du contraire) mais par entètement, à
& pour ne pas fe conformer
une reformation, dont le Pape Grek
goire XIII. a érél'Aureur. *
Le Capitaine &c le Pilore de ce bâri
ment, qui felon lcs apparences, étoicn --- Page 283 ---
Un
de PAmbrigué. 269
francs Frangoifei ignorans, ou qui avoient in- 1705.
de
leur navire fàr perdu, s'éterêt que dans la chaloupe avec les
toient mis
& avoient plantémeilleurs Matelots 2
avec le reltede Téquilà les pallagers
les vinffentrepage.en attendant
étoient
avec un
qu'ils
R
prendre chercher à une de leurs 1fles fous! le
allé dont ils n'éroient pas éloignez
Vent, ,
foixante à foixante-d dixlieues.
deplusde étoient far PIe les attenCeux qui momens 2 & nous avoient
doient à tous
leurs Compatriotes 3
pris d'abord pour à leur fecours. Cet avis
t venoient Daniel mit tout en état pour enque
atrendoit. Ilft
lever le bâriment qu'on
lcs deux
conduire à bord de fa barque leurs cofDames avec leurs Efclaves, pû faire
fres, & tout ce qu'ellesavoienr donretirer du vaiffeau échoué; : illeur
fa chambre, & les traita , anfli-bien
na tout fon équipage - > avec beaucoup
que d'honnèteté & même de relpeét. Elles d'or Bagues a
firent
de deux bagues
charnice
me
préfent On travaille en perfedtion r:S.
à charnieres.
à la Barbade.
à ces fortes d'ouvrages font compolées de petits
Ces bagues
doubles, tramorceaux de charnieres
quand
vaillées fi délicatement diroit 9. que
clles font.au doigt, on
qu'elles
Milj, --- Page 284 ---
i0Re d'un Nonveaux) Foyages AuX Ifles
170s. qu'on les feul cercle cntier 5 & des
en tire s elles fe
en un petic paquer gros comme ramaffent la
triéme partie d'une noifette.
quaJ'avois reçu tant d'honnèterez à
Barbade & autres Ifles
la
m'étois trouvé,
Angloifes, oije
verl'occafion que je fus ravi de trounoiffance à d'en marquer ma reconvices
Ces Dames par tous les ferque je pûsleur rendre.
Danicl à leur promettre de J'engageai les
à terre à S. Chriftophe, oud
mettre
tre de leurs
quelqu'anchez
Ifles, 2 fans les conduire
nous, & à leur rendre leurs
claves. Le prix en fat
Ef-,
mit de fe contenter de fixé,&on leur
pros'il arrivoit qu'on fit
promeffe,
mettre à terre dans un lieu obligé de les
fent pas de crédit; de forte ohellesn'euf
rent lien de fc lotier de la qu'elles eunos Flibuftiers. Elles
politeffe de
terre quand elles vouloient, defcendoient à
fervies & obéies a
& étoient
elles.
peu près comme chez
On vifita le bâtiment échoiié, &
travailla aufli-tôt à le
on
nos gens fc mirent en décharger tête de le ; rele- cat
ver, parce qu'il étoit neuf, percé
39. piéces, & qu'il en avoir
ment
Crduéper
24. L'on difoit que l'eau
qui y
iteffe de
terre quand elles vouloient, defcendoient à
fervies & obéies a
& étoient
elles.
peu près comme chez
On vifita le bâtiment échoiié, &
travailla aufli-tôt à le
on
nos gens fc mirent en décharger tête de le ; rele- cat
ver, parce qu'il étoit neuf, percé
39. piéces, & qu'il en avoir
ment
Crduéper
24. L'on difoit que l'eau
qui y --- Page 285 ---
Frangoifes de PAmérigut: 271
étoit jufqu'a moitié de la
écou- 1705.
tille, étoit entrée
> & qu'afFhere
furément le fond Ecac fain. On ôta les
peroquets & les huniers, quel'on les trou- Anva encore entiers & de bout,
glois s'étant contentez de defenverguer On ôta
les voiles pour faire des tentes.
le canon > les ancres ' & généralement & tout étoit
tout ce qu'on en put tirer, comme dans un
porté à terre, & rangé vû travailler de
Magazin. Je n'ai jamais
emmeilleure grace. Nos prifonnierss'y On faiploioient à l'envi de nos gens.
tifoit grande chere; & dès qu'on eut de
ré du fond de calle. quelques pipes
vin de Madere, & de Canarie, avec
force cidre & bierre en barique & en
boutcilles,cétoit un plaifir de voir tout
le monde boire, manger & travailler; Damais dès que la nuit étoit venuc, monde
niel faifoit rembarquer tout fon furl'Ifle
avec fes deux Dames, & laifloit
le refte de fes prifonniers fous des tenavoient fait avecleurs voiles.
tes qu'ils
ceft-àLe Lundi 12. notre Vigic,
dire, cclui qui étoit en Sentinelle att
haut de notre mât, cria qu'il voioit une du
voile; il étoit environ neuf heures
matin, & nous achevions de déjeiner.
Aulli-tôt tout le monde fut à bord; On
Miv --- Page 286 ---
272 Nowveaux
Aux Mes
1705. offrit aux Damcs OHE de
laiffer à terre-,
avec promcfle de les venir
dès qu'on auroit vû dequoi il reprendre
Elles aimerent mieux courir les s'agifloit.
de fe trouverà un combat, que de nifques demeurer far PIflc. On les fit delcendre
à fond de calle, ouil y avoit moins de
danger, Nous reconnûmes que c'étoit
une barque, & nous vimes que c'étoit
ce quer nousattendions; il étoit de l'honnêteté d'aller au-devant de ces gens-là,
quand ce n'auroit été
pour leur
montrer le moiillage. Neci
Prife d'u- deffus, en leur
portâmes
IIC bar- moins de
gagnant le vent 2 en
que Antrois horloges, nous fimcs
gloiie, bord, & il ne nous en coûrta que deux
coups de fafil pour les faire amener.
C'éioit une bonne grande barque, qui
avoit huit canons, & vingrhommesd'é.
quipage. Le Capitaine du vailfeau 6
chotéla commandoit; il nous
avoit une caiche avec lui, dont dirqu'il il's'é.
toirefflotté pendant la nuit, mais
le ne pouvoit pas tarder à paroître. qu'el- On
fit palfer quinze de nos nouveaux hôtes
fur notre barque, & on mit vinge des
nôtres fur la prife > & on Fenvoia à
IIed'oà nous étions partis. Cependant
la caiche parut plitôt que nous nc fouhaitions, car nous ne voulions pas qu'el-
avoit une caiche avec lui, dont dirqu'il il's'é.
toirefflotté pendant la nuit, mais
le ne pouvoit pas tarder à paroître. qu'el- On
fit palfer quinze de nos nouveaux hôtes
fur notre barque, & on mit vinge des
nôtres fur la prife > & on Fenvoia à
IIed'oà nous étions partis. Cependant
la caiche parut plitôt que nous nc fouhaitions, car nous ne voulions pas qu'el- --- Page 287 ---
Frangoifes de PAmérique.
le découvrit deux bâtimens aul licu 1705.
d'un, avecl lequel elle étoit partie. Le
malheur nous en voulut, elle nous vit
tous les deux, elle ne fe fit pas prier
faire vent arriere. On ne jugea
pour
de lui donner chafle, non
pasà propos
de la prenpas que nous doutaflions mais
que
dre, cela étoit certain s
parce &
nous aurions été trop avant le vent,
trop de peine à rCeu par conféquent
monter. La caiche n'a que deux mâts droits,
lc grand a deux voiles
& un beaupré; celt-adire , la grande & ul
quarrées, hunier, avec un artimon (ans peroquet
de fougue. Ces (ortes de bârimens >
comme on le
voir par cette defcription, ne rderi bons que vent arriere; ils ne (ervent d'ordinaire que pour
vûi une caiche
la charge. J'ai pourtant avoient armé en
que nos Flibultiers laiffé de faire un bon
courfe, quin'ay pas
les bâtinombre de prifes; parce que lal laiffoient
mens nc s'en défant point,
ne
croire qu'on
approcher.
pouvant charette - > &c
eût armé une femblable
étoient ainfi les dupes de leur erreur.
Nous revinmes motiller auprès de
navire échotié fur les fix heures
notre
mimes fur PIfe - les now
du foir 5 nous
M V. --- Page 288 ---
274 Nowveanx Yeyages Aux Ies
veaux venus, & dès le lendemain ma170j. tin on fe remit à travailler de toutes fes
forces à achever de décharger le navire, afin de ler redreffer, mais ce fut
redreffé,
inutilement; carapresquilfut
étoit crevé, & la
on reconnut qu'il
quille rompuè; en un mot il étoit trop
incommodé, pour être rajufté, ,8 ainfi
bien du travail perdu, & bien des plaintes contre ceux qui avoient prétendut
qu'il pouvoit être remis à Aor: cependant on le vuida cntierement. Son left
étoit prefque tout de plomb en plaques
& eni faumons, & d'eftain. Nous dele.
ftâmes nos deux barques; & au lieu de
cailloux s nous les leftâmes de ces mébarils d'acier en
taux avec quelques barres, & des barils
verge, du fer en
étendu fur le
de ferremens. On avoit
fable les étoffes & les toiles moûiillées
de l'eau de la mer, pour les fécher un
car à moins de les bien laver en
peu,,
elles nc féchent jamais eneau douce,
notierement. On chargea cependant
tre prife de tout Ce qu'on y put mettre, de
viandes falées, vin de Madere &
Canarie, bierre & cidre,. l'étain & fer
travaillé, cordages s toiles à voiles,
caiffes de chapeanx, & autres femblables chofes ; & quand elle fut remplie
de l'eau de la mer, pour les fécher un
car à moins de les bien laver en
peu,,
elles nc féchent jamais eneau douce,
notierement. On chargea cependant
tre prife de tout Ce qu'on y put mettre, de
viandes falées, vin de Madere &
Canarie, bierre & cidre,. l'étain & fer
travaillé, cordages s toiles à voiles,
caiffes de chapeanx, & autres femblables chofes ; & quand elle fut remplie --- Page 289 ---
Frangoifes de PAmerigne. 27;
à morte charge, lIe paroilloit encore
de marchandifes.
1705;
toute couverte
au
Le Jeudi I5. nous apperçlmes environ à
point du jour notre caiche
Anune lieué de nous; on mit pavillon la laiffa
glois à nos deux barques, & on
approcher. Elle vint tranquillement Prife
moiiller auprès de celle qui étoit partie d'une
avec elle de Saint Chriltophe. Celui Carche,
qui la commandoit s'étoit mis en tète, 3
les deux bâtimens qu'il avoit vû
Tbut amis , puifqu'on ne lui avoic
donné chaffe,8c fur ce beau
point
trois
poc
jugéilavoir fait depuis
jours faire
décs far bordées, pour fe venir
préndre. Ses compatriotes le penferent
defefperer à force de fe mocquer de
lui, pendant que nous le remercions
de la peine qu'il avoit pris, de venir
nous aider à tranfporter nos mârchandifes; & cffeétivement nous lui étions
obligez, car fans lui il falloit en laifler
la plus grande partic à terre , à la garde
des oileaux 2 dont cette Ile eft quelquefois toute couverte. fit prendre d'auCette nouvelle prife
tres mefures à nos gens; ils avoient refolu d'aller en droiture à Saint Chriftophe mettre nos deux Dames à terre, &
recevoir, fi ccla étoit poflible, l'argent
Mvj --- Page 290 ---
276 Nowveaux Yoyages Anx TRles
dont on étoit convenu avec elles, pour
1705. le prix de leurs Efclaves. Ils demanderent au Capitaine dela barque & de la
caiche, s'ils vouloient racheter ce dernier bâtiment avec tout Ce dont on le
pourroit charger; ils en convinrent,
mais comme ils 1 n'avoient pas de credit
à Saint Chrif(tophe, & que nos gens ne
vouloient point aller à Niéves, ni à
Anrigues, ils refolurent d'aller à Saint
Thomas, où ils étoient bien fûrs de
vendre leur caiche & fa charge, fi les
deux Capitaines ne trouvoient pas-la
du crédit, pour payer la fomme dont
on étoit convenu avec eux.
Cependant nous donnâmes un couroi
à notre barque, & nous chargeâmesla
caiche; on y mit jufqu'aux mâts, vergues, canons, affuts & marchandifes,
dont nous ne pouvions, ou dont nous
ne jugeâmes pas à propos de nous charger. Daniel mit dans la fienne ce qu'il
y. avoit de meilleur dans le vaifleau 6choiié, comme argenterie, franges &
galons d'or, dentelles, rubans, toiles,
bas de foie & d'eftame, s fatins, étoffes
des Indes, 2 brocards, draps d'écarlate,
&c autres, 2 fans compter ce que.nos gens
jugerent à propos de s'approprier comme pillage. ils s'équiperent de cha-
propos de nous charger. Daniel mit dans la fienne ce qu'il
y. avoit de meilleur dans le vaifleau 6choiié, comme argenterie, franges &
galons d'or, dentelles, rubans, toiles,
bas de foie & d'eftame, s fatins, étoffes
des Indes, 2 brocards, draps d'écarlate,
&c autres, 2 fans compter ce que.nos gens
jugerent à propos de s'approprier comme pillage. ils s'équiperent de cha- --- Page 291 ---
Françoifes de PAmérigue. 277
bas, > rubans 1705.
peaux > plumets, peruques, d'une maniere la plus
& autres nippes du monde. C'étoit un plaifir
plaifante
un plu- Ajufte- des
de les voir en caltorbordéavec & un mens Flibuc
met magnifique, une peruque col d'une > che- ticrs,
grand ruban Of & foie au
mife bleue ou raiée, avec un caleçon bas, ni
gaudronné fans jufte- au-corps >
foulicrs. Ce n'elt, pas qu'ils n'cuffent pi
mais
saccommoder plasregalierementsn eft d'avoir
l'ufage érabli parmi cux 2 déparcillez.
tofijours leurs fouvent habillemens à la Martinique, , e &
J'en ai và aller dans les rucs avec un
autre part
un chapeau
jufte-au-corps galonné fans , bas,, ni foubordé & un plumet, des fouliers fans bas; 2
liers; d'autrefois
ou des bas fans fouliers.
Nous fçimes par les Negres qu'on
avoit enterré quelques cailles de matchandifes fines, & de l'argenterie dans
un endroit de lIle. Sur cette décou- facverte on réfolut de confronter la dece
ture du vailfeau avec Finventaire il fe
qu'on avoit trouvé 5 & comme de chotrouvoit de manque beaucoup
dità
fesde prix, notre Quartier-maitre ne fail'Ecrivain du vaiffeau, ques'il
foit pas trouver CC qui manquoit, maniere on de
lui donneroit la gêne àla --- Page 292 ---
278 Nonveaux
la Flibufte, La
anx Ipss
1703. vrir,
peur
fit tout
RETETA
& on en profita,
décous
Enfin notre groffe
che étant
barque, & la caila nôtre tout chargées, & aiant pris dans
tre, fans être ce hors qu'on d'étar y pouvoit metnous fimes partir
de comibattre,
pour la
notre groffe barque
buftiers Martinique; &
on y mit dix Fliduire. On mit quatre Anglois pour la conAnglois fur la quatorze François & fix
nis de viandes caiche, & tous bien mu-
& boucannées de falées, de tortués en vie
Canarie
vin de Madere & de
Depart mîmes à s de cidre & de bierre. Nous
ecs Ifles vier
la voile le Mercredi 28
d'Aves.
fur les neufheures du
Janfant le vailfeau &
matin, 2 laif.
dont on pouvoit quancité de chofes,
ceux qui pourroient s'accommoder, y venir après pour
Nous primes la route de lifle à nous. Crales, bes, & pour les y laver nos étoffes & nos toià Saint
y faire fécher avant d'aller
Thomas, oinous
cu la-mème commnodité, n'euflions pas
a point de
2 parce qu'il n'y
Crabes en eft rivieres, très-bien au lieu que PINea
fe paffa rien dans cette pourvié, Ilne
notre caiche pefante & petite traverfée;
nous obligeoir d'avoir trop chargée
grande voilc, à mi maft. toujours Pour notre
furcroit
aver nos étoffes & nos toià Saint
y faire fécher avant d'aller
Thomas, oinous
cu la-mème commnodité, n'euflions pas
a point de
2 parce qu'il n'y
Crabes en eft rivieres, très-bien au lieu que PINea
fe paffa rien dans cette pourvié, Ilne
notre caiche pefante & petite traverfée;
nous obligeoir d'avoir trop chargée
grande voilc, à mi maft. toujours Pour notre
furcroit --- Page 293 ---
Françoifes de LAmérique. 279
de malheur , nous eâmes 15-a16.heu. de Sainte 1705*
res de calme par le travers
Croix ; de forte que nous ne moiillâmes à Boriquen, ou l'Ifle à Crabes, Rr
le Samedi dernier jour de Janvier,
le midi..
davantage
Mais avant de m'éloigner
de l'Ie d'Aves, , il eft juite d'en dire ce
quej'en fçai, je m'y fuis alfez promené
pour la connoitre; car s excepté léquipage Anglois qui a demeuré onze ait
jours plus que moi > k doute qu'ily
des François qui y aient fait un
foient moins
fs
long féjour, & qui s'y
nuyez que Ifle moi. eft
les quinze de- Deferip:
Cette
par
tion del.
grez & demi latitude Sepientriona- l'Ife
le, n'a pas plusde deux lieues en tout, , d'Aves.)
trois lieues de tour. Elle a
ou au plus
deux Mflets 1
à TOueft & au Nord-Oueft font éloioà je n'ai pas été, qui en
ne
gnez de cinq à fix cens pas, qui ftcm'ont paru que comme desrochers blancs des orriles, couverts & tout retirent. A la
dures dcs oifeaux quis'y
de lieue
vie ils peuvent avoir un quart
des
de tour. Ils font joints à lile par
hauts fonds, parfemez de brifans, qui
fe decouvrent de Balle-Mer, qui font
remplis de Coquillages & de Gengem- --- Page 294 ---
280 Nowveaux Vroyages AHX Ihes
bre, c'cft-à-dire > de
1705. de chaux, 1e arrachez du petits fond de morceaux la
dont la fuperficic eft devenue unie, mer, à
force d'être roulcz paries lames fur les
roches du bord de la mer.
cette Ifle, qui eft beaucoup plus Quoique longuc que large, ne paroiffe de loin
comme un banc de fable,
niveau avec
prefque
suc
la furface de l'eau ; elle
delfus. paroit toute autre chofe, loriqu'on eft
Jenel l'ai pas mefitréc, & cependant je fuis far que fon milieu eft
plus de huit toifes au-deffus du bord de
larmer; ily a des recifs à
Nord Elt 1 > qui avancent confiderable- TER, & au
ment dans la mer; le refte m'a
alfez fain. Nous étions moitillez zau Sud- paru
Oueft à demi-portée de piftolet de terre, far trois braffes & demic de fond
de fable blanc.
Le terrain de cette Ifle eft fabloneux
prefque de
par-tout ; fon milicu eft mèlé
pierres >. & d'une terre
les ordures des oifeaux engraiffent grife > que
tinucllement; ils étoient fifiers dans con- les
loient-ils commencemens > qu'à peine fe voude leurs donner la peinc de fe remuer
à force deles places pour nous laiffer paffer;
riger, ils devinrenr frequenter, & de les corplus polis , & nous
de cette Ifle eft fabloneux
prefque de
par-tout ; fon milicu eft mèlé
pierres >. & d'une terre
les ordures des oifeaux engraiffent grife > que
tinucllement; ils étoient fifiers dans con- les
loient-ils commencemens > qu'à peine fe voude leurs donner la peinc de fe remuer
à force deles places pour nous laiffer paffer;
riger, ils devinrenr frequenter, & de les corplus polis , & nous --- Page 295 ---
Frangoifts de PAmérignt. 281
avions. à la fin befoin du fufil, pour 1705:
familiarifer avec eux, au lieu
nous
fuffifoient Sns
le bâton, ou les pierres Il eft inutile de
les premiers jours. rocher des ruiffeaux ou
chercher fur ce
condes fontaines, ou des mares pour cela
ferver les eaux de pluic 2 tout échan- y
manque eabfolument; quoiqu'en
il y, ait plufieurs mares & petits
ge
fervent de reétangs d'eau falée, infinité qui de gibier de mer.
traites à une
fi on foiilloit à
Je croi pourtant que deux cens
du
cent cinquante,-ou
des
Onl
Ele
bord de la mer,
pourroit
puits dont l'eau feroit porable 5
faut avotier que ceux qui
GeIte
dant il
de foif dans de femblalaiflent mourir
bles endroits, font de vrais innocens;
puifguil eft certain, , qu'on trouve par- le Moler
tout de l'eau bonne à boire. Voici de trou. de
moien de n'en pas manquer : faites avecver
la main ou une pelle un trou dans le'oute douce.
au-deffus de
fable, cinq ou fix pieds
T'endroit où vouspréfiumez que les plus
grolles lames ne couvrent pas le tern'aurez
creufé huit, dix
rain ; vous
pas vous trouverez
ou douze pouces, que
eau en
leau; prenez cette premiere
diligence, vous la trouverez donnez parfaite- la
ment douce, & fi vous vous --- Page 296 ---
282 Nouveaux Troyaget Aux Mes
1705. patience de la laiffer repofer dans uF
vafe, pour donnerle loilir au fable qui
y étoit mêlé de tomber au fond, vous
aurez de parfaitement belle & bonne
eau ; mais il ne faut pas s'attendre
ce petit puirs vous en fournira que
tems 5 en moins d'un quart d'heure longvous y voicz l'eau croître à vue d'aeil,
& devenir falée en mème-tems. Cet
inconvenient qu'on ne peut éviter,eft
compenfé Par la facilité & le peu de
dépenfe qu'il y a à faire ces
on
en eft quitte pour boucher celui puits, dont
on s'eft fervi, & en faire un nouveau
chaque fois qu'on en a befoin. Ceux
qui aiment la magnificence, trouverontà fe contenter
fe
ldedans.putfquile
pourront
vanter de ne s'être jamais
fervi de la même fontaine deux fois.
Les Phificiens voient tout d'un
la raifon du changement qui arrive coup a
cette eau 5 mais comme tout le monde
n'eft pas Phificien, il faut
à ceux qui nel la fçavent pas, l'expliquer les
avoir affuré que ce que j'avance après ici,
n'eft pas une (peculation
mais un fait récl &c conftant Metsphifique, dont
fait plufieurs fois l'expérience.
j'ai
Tout le monde fçait que l'eau douce
eft beancoup plus legere que l'eau de. la
on du changement qui arrive coup a
cette eau 5 mais comme tout le monde
n'eft pas Phificien, il faut
à ceux qui nel la fçavent pas, l'expliquer les
avoir affuré que ce que j'avance après ici,
n'eft pas une (peculation
mais un fait récl &c conftant Metsphifique, dont
fait plufieurs fois l'expérience.
j'ai
Tout le monde fçait que l'eau douce
eft beancoup plus legere que l'eau de. la --- Page 297 ---
Frangoifes de PAmbrique. 283
celle-ci eft chargée de
mer 2 parce que
quir ne 1705
quantité de parties étrangeres,
fc trouvent point dans la premiere,
C'eft cette plus grande eft pefanteur à Aot dans at
fait qu'un vaifleau qui
couleroit bas dans une eau douce,
mer,
le volume d'ean, dont ilocparce la que
dans l'eau falée, eft
cupe place
volume d'eau po
pefant que le mème
facilement
ce; & qu'on fe foutient plus dans une rien nageantdans la mer que
ail
viere : or l'eau de plie qui a paffé elle eft
travers du fable s fur lequel falée, fe foutombée; trouvant l'eau
tient aifément au-deffius d'elle, ) parce
qu'elle eft beaucoup moins pefante, &
en mèmecette legereté de fe mèler, l'empéchant il eft clair qu'elle
tems doit. conferver fa douceur; à
ptès
Phuilc fe conferve
EaRt
desautresliqueurse comme
qui font plus pefantes
qu'elle, fans fe mélera avec elles, ni fe
charger deleurs qualitez. Je fçai qu'on làme peut faire quelques objeéions
delfus; mais outre que la digrefion que
je ferois
répondre m'empeche- &
roit de PAERAE L fil de mon journal,
ennuieroit peut-etre mon Leéteur >
e
mettre
E
croi en avoir dit affez pour & leur faire
gens au fait de la queftion, --- Page 298 ---
284 Nowveanx Prayages Aux Itès
voir, que quand on a enlevél'eau dou1705. cC, celle qui eft faléc s'éleve aullicôr,
pour remplir la place
la douce OCcupoit, & remettre CRE
& lc niveau qui doit être enrr'elle léquilibre, & la
furface de la mer.
Si Serrano avoit fçu ce fecret, il n'auroit pas eu tant de peineà fublifter fur
fon rocher, & il n'auroit pas été
de boire du fang de Tortue, obligé fe
défalterer.
pour
Ilne faut
s'imaginer que PIle
d'Aves ne ofegE qu'un rocher
entierement couvert de fable, pelé, il ou
des arbriffeaux en
.
y a
des
quantiré, > & même
goyaviers, des coroffoliers & des
cachimans, petits > à la verité, & mal.
faits, parce qu'ilsne trouvent pasbeaucoup de fond & de nourriture. Sion
y trouve dans la fuite des
&
des citronniers, je fiuis bien,aife orangers,
vertir le public que c'eft à moi d'aen aura obligation
qu'il
femé quantité de
5 parce que Jai
fruits dans
graines de ces deux
beaucoup d'endroits qui
pourront être d'an
a ceux que la Providencey grand foulagement
y conduira.
Quant aux arbres Fruitiers
viens dc nommer > il faut
que ce
les
que
fide
oifeaux, qui après avoir mangé ces
la fuite des
&
des citronniers, je fiuis bien,aife orangers,
vertir le public que c'eft à moi d'aen aura obligation
qu'il
femé quantité de
5 parce que Jai
fruits dans
graines de ces deux
beaucoup d'endroits qui
pourront être d'an
a ceux que la Providencey grand foulagement
y conduira.
Quant aux arbres Fruitiers
viens dc nommer > il faut
que ce
les
que
fide
oifeaux, qui après avoir mangé ces --- Page 299 ---
Françoifes de PAmérigue. 28;
fruits dans les Hles voifines,en excrémens ont,1705.
avec leurs
rendy lesgraites où elles ont geraé, crû &
fur celle-ci, fruits. De cette manieie le
porté des
& avant que
bois ne nousmanquoiry &
que le navire
lon eût reconnu
e
échotié étoit hors d'état de pouvoir d'autre fervir, nous ne nous fervions point de celui
bois pour la cuifine que dont nous que faifur lIle,
nous coupions confommation,
fions une groffe
fort
une
alitei
faifions
grolle
quenoust
le cuifinier de notre
car fans compter du navire > & leurs aibarque, 8 celui Dames qui avoient pris
des, nos deux de tout ce
regarla fuvintendance
des
3 faifoient
SEEL
doitlal bouche, bien leurs Efclavesd'ou-
& empechoienrt des ragolits qu'ils avoient
blier aucun àla Barbade; en un mot, elles
vû faire
faire grande chere, &
nous faifoient des effets merveilleux;
cela produifoit monde travailloit fans chacar tout le
infigrin, on avoit des complaifances avoit-il
nies pour elles, & à peine y
que
quelqu'an parmi nous dela qui mer pensâr fur une
nous étions au milieu
Ifle déferte.
franches, dont la chair
Les Tortués ne nous ont jamais maneft f délicate, --- Page 300 ---
286 Nonveaux Yroyages ans
170s. qué, Nous en confommions IRes
tous les jours; nous en avons beaucoup
en partant une bonne provifion cpporté tant
vic, que falée & boucannée; &
en
dant ilr ne paroiffoit
cepentre que le nombre pas de d'un celles jourafaunoient ou pondre ou marquer qui veces, diminua. Nos
leurs plagens prirent
ques carets, & me firent préfent quel- de
beaucoup de feuilles;je les envoiai
France pour les faire
en
faire incivile les
travaillers un Corolje ne les envoyois porta en Angletetre s
ne me font
pas, & d'ou elles
pas revenués.
J'enfcignai à nos Surintendantes
faire des boucans de Tortue
a
Tavoisapprisau grand Cul de comme Sac de la je
Guadeloupe. En échange elles
rentà faire cuire une; poitrine m'appri- de baenf
d'Irlande à la maniere
pâtés en pot, des boudins Angloife, de
des
& je ne Içai combien de ragoûts, Tortue, dont
je pourrois faire un volume
fçait fi la
entier; &
e pas de faire démangeaifon ne me prenimprimer à la
ces Mémoires : Le
fuite de
Cwifnier Anglois
Amérignain, avec la maniere de
une table de cent vinge-cinq
fervir
dans une Ifle déferte,
couverts
& fans dépenfe,
3 magniliquement
boudins Angloife, de
des
& je ne Içai combien de ragoûts, Tortue, dont
je pourrois faire un volume
fçait fi la
entier; &
e pas de faire démangeaifon ne me prenimprimer à la
ces Mémoires : Le
fuite de
Cwifnier Anglois
Amérignain, avec la maniere de
une table de cent vinge-cinq
fervir
dans une Ifle déferte,
couverts
& fans dépenfe,
3 magniliquement --- Page 301 ---
Fvangoifes de PAmerique. 287
De crainte que les Anglois ne nous de1705:
raviffent Phonneur d'une invention
cuifine, dans laquelle notre Nation a
la vais écrire
eu la meilleure Mouton part,je en robe de chamici: c'eft un bien
me va
bre. Je vois
qu'on duë aux
en eft
EO
cher que linvention n'eft
imitavages, ou que ce
qu'une
tion du boucan de' Tortue; 5 qu'importe: faveur de
ils'agit de la décrire ici, en
en voudront faire l'expérienceux qui
peur être à la
ce, & qui parviendront haute
On
porter: à une plus
perfedtion. l'avoir faiprit un Mouton, & après onle vuion lui ouvrit le ventre, le remon
S &
pomptement hâchée bien menuc
plit de TEt frelfiure
des épiceavec du lard, de l'oignon, quelques Caries, du jus de citron,
nards fauvages coupés
morceaux, s
de Mer, K autres gibiers
des alloiiettes
en pîc tenir 5
femblables, tant qu'il
quoi la
fur bien proprement
après
je dis la peau, il ne
récoufné.
aTE
c'eft celle ou eft la -
faut pas fc tromper, ainfi tout habillé
laine dont je dans parle; le fond d'une foffe,
on le coucha bien échauffée par le bois
qui avoit été
fait bràler; il fut couque lon y avoit bralant des environs, &
vert du fable --- Page 302 ---
288 Nowveaux Vayages aux Iles
de charbon, & au bout de deux heures
*705. de tems la laine avoit fait une croute
noire fur la peau; il fut facile de l'en
détacher ; on ouvrit enfuite le Mouton, & affurément c'étoit un manger
délicieux.
Je n'ai jamais vû une plus grande
quantité d'oifeaux de mer, ou d'eau
douce.qu'on en trouve fur cet Ifler. Je
m'étois imaginé qu'il falloit Ale l'eau
douce pour toutes ces cfpeces d'oifeaux;
CC que Jai vû aux Ifles d'Aves m'a détrompé, à moins qu'on ne veiille dire
que les oifeaux ceffent d'être délicats
quand ils ne trouvent pas à fatisfaire s'
leur délicateffe, 3 & qu'ils fe fervent
d'eau faléc, oufaumâtre quandils mand'cau douce. En effet jy ai tué
2erend Pluviers, des Vingeons, des Chevaliers, des Poules d'eau de toutes les
fortes qui font bonnes à manger, &
quel'on trouve ordinairement dans nos
Iles, dans les lieux marécageux.
Outre ces efpeces,ily en avoit quantité
d'autres, quejen'avois pas vâ de fip
On y trouve des Flamands, près. des
grands Gofiers, des Mauves, des Feftuen-cul; c'eft le lieu où les Frégates &
les Fous viennent pondre, & élever
leurs petits,
Les
iers, des Poules d'eau de toutes les
fortes qui font bonnes à manger, &
quel'on trouve ordinairement dans nos
Iles, dans les lieux marécageux.
Outre ces efpeces,ily en avoit quantité
d'autres, quejen'avois pas vâ de fip
On y trouve des Flamands, près. des
grands Gofiers, des Mauves, des Feftuen-cul; c'eft le lieu où les Frégates &
les Fous viennent pondre, & élever
leurs petits,
Les --- Page 303 ---
Frangoifes de TAmérigue. 289
Les Flamands que le Pere du Tertre
Flambans, font desoifeanx fort 1705.
appelle
ne le foient
hauts montés ; quoiqu'ils le dit mon
pas à beaucoup près tant que
le font Oifeaux
Confrere; 5 il eft certain qu'ils n'ex- appellez
béaucoup
leur groffeur, qui
Flacede ien d'une Poule d'Inde ordi- mands,
naire. pas Il eft vrai
je ne les ai pas
mefuré, mais je a fûr. que des pieds
à la tête, > ils n'ont pas plus de quatre & les
pieds de hauteur; 5 ils ont les pieds
toutes
cuiffes toutes rouges ailes, 5 prefque du dos & du
leurs plumes font de des la mème couleur, &
ventre, très-vives leur coleft grèle, & la tête
eft petite; mais elle eftarmée d'un bec.
long, aflez gros, arcqué & fort dur 2
quileur fert à chercher dans le fable
& dans les m.arécages les vers, les petites, te crabes, les poillons, & les infeétes
sy trouvent; ils boivent à merveilJès qui de Tcau falée; ils font extrèmement
défians 5 & lorfqu'ils font à chercher
leur nourriture, il y en a toujours un
qui fait le guet, 8c qui avertit par un la
cri fes Camarades dès qu'il apperçoir
moindre chole
lui donne de Tombrage, & an il s'envôle & tous les
autres le fuivent 5 ils font toujours cn
troupé, & lorfqu'ils font à terre, ils fc
Tome VIII.
N --- Page 304 ---
290 Nowveaux Foyages AuX
rangent de file, les jeunes & IRes les
1705. entremèlés. Les jeunes ont le
vicux
gris clair ; ce n'eft qu'en
plumage
avançant en age qu'ils deviennent croiflant, &
ges. On me montra quantité de leurs rouNids de nids, ils reffemblent i des cônes
Flaqués, compofés de terre
tronmands, viron dix-huit à
graffe, d'enteur, fur autant vingt Pouces de hau-
- ilsl les font
de diametre par le bas,
dire, dans toujours des
dans l'eau, c'eft-àmares, ou des marécages. Ces cônes font folides
la
hauteurd del'cau,&cenfuite vuides jufqu'à
me un pot avec un trou en haut. com- C'eft
là-dedans qu'ils pondent deux aeufs
& qu'ils couvent, en s'appuyante ontre 2
couvrantletrouaved leur
ai rompu quelques-uns fans queiie. J'en
ni
y trouver
plumes, > ni herbes, ni aucune chofe
pour repofer les cufs; le fond eft un
peu concave, & les parois fort unis :
maisj'ai eu le malheur de
ni ceufs, ni petits.
n'y trouver'
Ces oifcaux ne fe laiffent approcher
dans que tres-dificilement; il faut fe cacher
des brouffailles, pour les tirer
quand lils viennent à.terre. Nos
tuerent
&
gens en
leur chair quelques-uns bonne.
s
trouvoient
fentun
J'en ai mangé, elle
peulemarécage,le les jeunes font
, & les parois fort unis :
maisj'ai eu le malheur de
ni ceufs, ni petits.
n'y trouver'
Ces oifcaux ne fe laiffent approcher
dans que tres-dificilement; il faut fe cacher
des brouffailles, pour les tirer
quand lils viennent à.terre. Nos
tuerent
&
gens en
leur chair quelques-uns bonne.
s
trouvoient
fentun
J'en ai mangé, elle
peulemarécage,le les jeunes font --- Page 305 ---
Frangoifes de LAmérigue. 293
meilleurs que les vieux, fouhaitois parce qu'ils fort 170sfont plus tendres: Je
les apprivoid'en avoir de jeunes pour
fer; car on en vient à bout, chez le &j'en Gouai vû de fort familiers
Je fis des
verneur de la Martinique. des
lacets que j'attachai à
piquets des
dans
RE
j'avois fait enfoncer avoit de leurs anciens nids,
ges, où ily
de leur nour-
& o ils venoientchetcher environs tous les *
riture. Je fisj sjetteraux
à la
petits poiffons que nous prenions jen
Ienne, & ma rufe me réullit,
pris fois
Quand als avoient une
plufieurs.
dans le ncud
paflé leurs larges avoit pâtes plus moien de s'en
coulant, il n'y
s'envoler, mais
dédire; ils demeurer. vouloient Ce n'étoit pouril falloit
achevé; les vieux fe deftant
tout à grands coups de bec 5 &
&
Ett
lorfqu'on leur avoit faili la tète,
amarréle bec, ils égratignoient à merveilleavec leurs grifes, dontleurs font pieds bien
quoique faits en pâte d'Oye,
nous
armez. Nous fimes tout entendre ce que raipûmes, pour leur faire
de les faire
fon.iln'y eut jamais moyen ni les empêcher
ni boire, ni manger, de bec, ou d'éde donner des coups fe trouvoient en
gtatigner dès qu'ils
Nij --- Page 306 ---
292 Nouveaux Froyages anx Iles
état de le faire. Ala fin
1705. & nous les mangeâmes. nouslestimes, Leur
vaut mieux que tout le refte du langue
non par fa grandeur > mais par corps fa ten- >
dreté, & par fa delicateffe.
je me rencontre en lieu où ily Sijamais ait des
Flamands, je ne manquerai pas d'éprouver > fi les langues des femelles
font meilleures que celles des mâles,
comme bien des gens le prétendent. A
l'égard desjeunes que nous primes, ils
furent plus fages que leurs peres & meres; en moins de quatre ou
ils venoient manger dans ma cingjours main; ; cependant je les tenois toujours attachez,
fans me fier trop à eux ; car un quis'étoit détaché, s'enfuit vîte comme un
liévre, & mon chien eut de
à l'arrèter. J'avois eu la précaution lapeine de
lui couper les groffes plumesd'une aile,
afin qu'il ne put pas s'élever de terre 9
fans cela il étoit perdu
étoit obligé de- leur aboute moi; de l'eau on
falécà boire. Ilm'en reftoit deux quand
j'arrivai à la Guadeloupe, dont je:
fent à un de mes amis qui s'en
France. C'eft
ERE
alffurément un des plus
beaux oifeaux que l'on puiffe voir; outre les groffes & les moyennes plumes
dont il cft couvert, ilen ade trespeti-
lever de terre 9
fans cela il étoit perdu
étoit obligé de- leur aboute moi; de l'eau on
falécà boire. Ilm'en reftoit deux quand
j'arrivai à la Guadeloupe, dont je:
fent à un de mes amis qui s'en
France. C'eft
ERE
alffurément un des plus
beaux oifeaux que l'on puiffe voir; outre les groffes & les moyennes plumes
dont il cft couvert, ilen ade trespeti- --- Page 307 ---
RPJCE --- Page 308 ---
Tom. 8-pas 293
GrandGorier -
a
Flamand. --- Page 309 ---
Françoifes de LAmbrighe. très-fin &c allez 293
tes en manicre de duvet auffi chaud queles 1704.
long, aufli doux, & s'en fert aux mèpeanx dc Cigue; couleur on. rouge & vive
mes ufages. La doit, ce me jemble, les
des Flamands,
faire préferer aux Cignes. Pelican de PA- Oifeau
Le Grand Gofier, ou fort
appellé
merique, eft un oifeau
approchant la taille, la Grand Gofier.
de nos Oyes d'Europe la pour démarche, & la
grofleur, > les pattes tète 2
des deux
pelantenr; il a la
applatic & telle qu'il concôrez, & fort grolle, > bec de deux à trois
vient pour
un fur un pied & demi
de REge
poûices
la partic (upeou environ delongueurs' 8etoure d'une piéce;
-rieure eft offeufe,
de deux piél'inferieure eft compofée une de leurs cxtréces quisunitlent bout du
dans un fort cataul
Deer
mitez & dontles deux autres, comme
tilage,
dans la
des Snichelce.denbateae où eft le centre de late
tie faperieure.
inferienre & la
mouvement. La partic de
dents
fupericure font garnies fort menuès perites & tranen forme de fcic,
les deux parties
chantes ; le vuide inferieure que
laiffent ende la machoire foutenit l'orifice d'un
tr'elles s fert attaché à
tout autour > & qui
fac qui y eft l'eftomach de loifeau, où il
tombe fur
Niij --- Page 310 ---
.1705. eft encore Nemansefugla attaché, & le aux-lfes du
par de petits ligamens,afin long col 9
point de côté & d'autre. qu'il Ce In'aille fac
compofé d'une membrane
eft
grafle, & affez
épaiffe 3
s'étend
charnuë, fouple - > &
comme un cuir. Il n'eft qui
couvert de plumes, mais d'un
point
extrémement court, fin, doux petit poil
du fatin, d'un beau gris de
comme
des pointes, des lignes, & des petle, ondes avec de
differentes effet.
teintes, qui font un très-bel
Lorfque ce fac eft
roît pas beaucoup 3 mais quand
trouve une
acio
pèche abondante,il eft farde voir la quantité & la
RLCoL des poiffons
fair grancar la premicre
Y.
entrer 5
qu'il fait en
a
chant, eft de remplir fon fac, après pèilavalle ce qu'iljugea
& quoi
la faim commence àle propos; quand
tourne le remplir.
preffer, ili reCet oifeau a les aîles fortes
de groffes
> garnies
aufi-bien plumes, 3 couleur decendre,
que toutes les autres
lui
couvrent le corps. Il a les yeux qui
trop petits par rapport à fa beau-, tête, A
FomP trifte &
pefant, & melancolique > auffi lent,
lel Flamandeft pareffeux à fe remuer > I que
fans
vif&c allerte. Ils pondént
façon à plate terre, & couvent
et oifeau a les aîles fortes
de groffes
> garnies
aufi-bien plumes, 3 couleur decendre,
que toutes les autres
lui
couvrent le corps. Il a les yeux qui
trop petits par rapport à fa beau-, tête, A
FomP trifte &
pefant, & melancolique > auffi lent,
lel Flamandeft pareffeux à fe remuer > I que
fans
vif&c allerte. Ils pondént
façon à plate terre, & couvent --- Page 311 ---
del PAmbrigue.
leurs Frangoifes ceufs. J'en ai trouve jufqu's a 1705.
ainfi
femelle, qui ne fe doncinq fous une
de fe Jever > pour me
noit pas la peine elle fe contentoit de me
laiffer paller,
de bec, & de
donner quelques coups
l'obliger
crier quand la frappois pour
ceufs.
de quitter voit alfez
la defcription que
ôn de faire he ces oifeaux , quils
je viens
&
ont dc la
font pelans au vol, qu'ils & à s'élever
à quitter la terre 2
car au-.
Bar l'air. Ilsle font pourtant, de faim; Sc comtrementils mouroient
, il faut
me ils font grands travaillent. mangeurs Lorfqu'ils
malgré eux quils à
ou cinq toifes
fe font élevez quatre ils
la tète
au deffus de la mer, panchent
un
de côié, & dès qu'ils deffus apperçoivent comme un
poiflon, ils fondent
&c
trait, le prenent & Tengloutillent,
auffitôt fc relevent en l'air, quoiqu'avec Ils
quéter.
peine, & tecommenceni leur fac
vont fe repofer àterre à loifir quand ce qu'ilsy
eft rempli, avalent la nuirsapproche,
ont mis; & lorfque
ils rerournent
ou que la faim les prelle, leurs petits
à la pèche. Ils nourriffent dans leur becle poillon
en dégorgeant ont dans leur fac.
&
qu'ils La chair de ces oifeaux eft dure,
Niv --- Page 312 ---
Nowveaux Koyagesan
fent l'huile & le poilfon -
Ifles Cela
1705: vient
de pourri.
apparemment ce qu'ils ne font
pas affez d'exercice, > pour confommer
les cruditez
leur reftent dansl'eftomach, & s'y putrifient. Les Flamands qui vivent de poiffon comme
eux font bien meilleurs.
Qui croiroit que ces groffes bêtes
avec leurslarges spates d'Oye s'avifaffent
d'aller prendre leur repos, perchées fur
des branches d'arbres, comme les oifeaux lesplus legers, & les plus propres?
Cela eft pourtant ainfi; elles paflent
toutlej jour, hors le tems de leur
à terre dans un profond
pèche,
repos s enfevelies, felon les apparences, dans lc fommeil, la tête appuiée fur leur long &
large bec qui
à terre, & ne changent de eosibontee que quandla nuirs'ap.
proche, ou que la faim lesavertit qu'il
faut aller remplir leur magalin,
que cela eft fait, elles fe plantent Après far
une bonne branche d'arbre, & y
fent tranquillement la nuit.
pacCependant malgréleur groffiereté &
leur péfanteur 2 on eft affuré par pluficursexperiencese que Ies grands Goliers
font capables d'inftruction. Mon Confrere lePere Raimond, Breton > rapporte dans fon Dictionnaire Caraibe , qu'il.
im lesavertit qu'il
faut aller remplir leur magalin,
que cela eft fait, elles fe plantent Après far
une bonne branche d'arbre, & y
fent tranquillement la nuit.
pacCependant malgréleur groffiereté &
leur péfanteur 2 on eft affuré par pluficursexperiencese que Ies grands Goliers
font capables d'inftruction. Mon Confrere lePere Raimond, Breton > rapporte dans fon Dictionnaire Caraibe , qu'il. --- Page 313 ---
Frangoifeide PAmérigue. 297
en a và un chez les.Sauvages, fi privé avoit 1705.
8c G bien inftruit, qu'après qu'il de rouété rocoié, c'eft à-dire, à la
le
il s'en
pèche,
Ft
ge, matin, le foir fa belace bien
d'ou il revenoir Maitres lui faifoient rendre
garnic. Ses avoit de trop , &s'en fervoient
ce qu'il leur nourriture. C'étoit peut-être
pour
l'avoient rendu un
par ce regime qu'ils
plus sipirituel, & plus difciplinable.
Jet m'en ferois chargé de quelques-uns, fur 3
car il y en avoit quantité de nourrir jeunes des
notre Iflet; mais comment carà peine un
gens de fi grandapperit; fuffi,
entretenir
pécheur auroitil
rable d'un feul ; car
compter
Ee
la
dû lui raBec
lesinftructions que rendu jaurois aufli obéiffant
ner, l'auroient trairable
celui des Carai-
& auffi
que devois
bes, c'eft que je ne
pas
à
bien
eEIEE
outre quejavois
dautresgensa Gofiers, je ne deAruire que desg grands endroit affez commeurois pas dans un
mode pour la pêche. Je me contentai
d'en prendre deux petits, > quejantachai
avec une corde par un piedàt un piquet,
oujeusle plaifir pendaneqselgesiours les nourriffoit,
de voir leur mere qui
avec eux,
& qui demeuroit toutle fur jour une branche
& qui paffoit la nuit
N V --- Page 314 ---
298 Nonveaux
au-deffus de leur Foyages AuX IRes
2705. voient
tête; car ils ne
pas encore voler aflez,
poupercher. Ils. étoient devenus pour fe
fi familiers
tous trois
les touchaffe, 3 qu'ils & les fouffroient que je
fort gracicufement les jeunes prenoient
que je leur préfentois, petits poiffons
d'abord dans leur havrelac. qu'ils mettoient
je me ferois déterminé à les Je croi que
fileur
emporter,
péché; malpropreré ils font
ne m'en avoit em-
& les Canards: plus fales que les Oyes
toute leur vie eft & on peut dire que
tems, chercher leur partagée en trois
& faire à tous momens nourriture, des
dormir,
res, larges comme la main, tas-d'orduNos gens en tuerent
paspour les manger, comme beaucoup, non
croire, , nous n'étions
on le
pour cela, mais
pas.affez
UERCE
Blagues: de
gues , c'eft ainfi pour avoir leurs BlaGrandss dans lequel ils qu'on appelle le fac
Golers. Tous nos fumeurs mettent leur poiffon.
mettre. lear tabac haché; s'en fervent pour
encore pour mettre de
on s'en fert
croilque c'eft de - lique l'argent, font
& je
facs de
venus ces
foic, ) travaillez à
plain, & à jour,
l'aiguille a
bien des endroits > dont on fe fert en
pour ferrer
cn guife de bourfes,
l'argent, On étend les bla-
le fac
Golers. Tous nos fumeurs mettent leur poiffon.
mettre. lear tabac haché; s'en fervent pour
encore pour mettre de
on s'en fert
croilque c'eft de - lique l'argent, font
& je
facs de
venus ces
foic, ) travaillez à
plain, & à jour,
l'aiguille a
bien des endroits > dont on fe fert en
pour ferrer
cn guife de bourfes,
l'argent, On étend les bla- --- Page 315 ---
Franpoifes de TAmbrigue. du col 199 de
gues dès quon les a tirées
de fel > 1705
Foxfea, & on: les fapoudre avec de Fabattu avcc dela cendre e,ou confimerla
Jun; quand on eha,afinde membrane eft revètuc, >
graille, dontla les frotte entre les mains
après quoi on d'huile, pour les rendre
avec un peu Quand on alacommodité. ,
maniables
commelespeaux
on lespaffe font bien
belles, plus
AAETE
& elles
plus delépaitieur
douces. Elles deviennent mais extrémed'un bon parchemin, douces 8 maniables.
ment fouples., Elpagnolesles brodent d'or
Lesfemmcs d'une maniere très-fine 2 &
& de foie
J'ai vû de ces ouvrages
tresdélicate. d'une
beauté.
qui étoient d'oifeau grande au monde
Il n'y a pas
, plus et Oifeaux
vole plusi shaut, séloigne s plusl long-tems plus des terres, appellez
(ément,& qui vais décrire. Les Ai- Fregate.
que celui que je comme les Rois des
Blesquion & regarde de Pair, font des vraies toroifeaux
OnTappelle Fretués en caufe comparaifon. de la relfemblance que lui
gate à
de fon volavec la vidonne la legereré qui
ce nom,
teffe des vaiffeaux font porient lès meilleurs
qui communément de la mer. On trouve cet oivoiliers milicu dela mer rà trois8 qua
feau au
Nvj --- Page 316 ---
300 Nowveaux Yroyages AHX Ifes
tre cens lieués des terres, ce qui mar1705. que en lui une force
&
une
prodigieufe,
legercté furprenante; caril nefaut
paspenfer qu'il fe repofe fur l'eau comme les oifeaux aquatiques, ily periroit
s'il x étoit une fois. Outre qu'il n'a pas
lespâres difpofées pour nager, fes ailes
font fi grandes, &c ont befoin d'un fi
grand cipace pour lui donner lc mouvement neceffaire pour s'élever,
ne feroit que battre. Teau,fe
fe
&c
EISARAN
fatiguer, fc mettre hors d'état de
fortir jamais de la mer , où ilne manqueroit pas d'être bientôt la proye.de
quelque poiffon ; d'ou il faut conclure,
que quand on le trouveàtrois ou quatre
cens lieués des terres, il faut qu'il falle
fept ou huit cens licués avant de
voir fe repofer. Il eft vrai qu'il pou- vole
d'une maniere tout-à-fait aiféc; fes ailes érenduës,& fans aucun mouvement
fenfible, le foutiennent fuffifammenr,
fans qu'il foit obligé de battre l'air, ce 2
qu'il ne pourroir pas faire fans fe fatiguer beauicoup, & fans avoir befoin
de venir prendre de tems en tems du
reposà terre. Legrand éloignement oi
on le trouve de toute terre 5, fait voir
que ce foulagement lui eft peu neceffaire, & qu'il peut fe foutenir pluficurs
iles érenduës,& fans aucun mouvement
fenfible, le foutiennent fuffifammenr,
fans qu'il foit obligé de battre l'air, ce 2
qu'il ne pourroir pas faire fans fe fatiguer beauicoup, & fans avoir befoin
de venir prendre de tems en tems du
reposà terre. Legrand éloignement oi
on le trouve de toute terre 5, fait voir
que ce foulagement lui eft peu neceffaire, & qu'il peut fe foutenir pluficurs --- Page 317 ---
Frangoifes de Amérigne.
jours dansl'air. Ils'y éleve quelquetois
à une telle hauteur qu'onle perd abfo- 1705.
lument de vié. Le Pere du Tertre de la a
penfé que c'étoit pour fe garentir il faut
pluic. Sifa penféc eft juftc,
Région qu'il
éleve au-delfus de la moienne
de Pair , dans cete efpaceohl'on prétend
les pluics, les orages, les vents 5
que & les neiges font inconnnés 2 mais cet
Auteur a-1 til ptis garde, que pour moiillé, empêcher cet oifean detre un pcu eft fi fubille met dans un lieu ouI l'air
la reftil, qu'il n'eft pas propre pour beaucoup
piration, &
conféquent
Je me
moins pour bateare UII faire corps. de femblagarderai bien de faire
il faudroit
bles voiages aux Fregates ,
8c
trop de tems pour les faire revenir,.
quiles nourriroit dans ccS pais inhabitez, elles qui ne vivent que dans de poiffon f'air.. Il
l'on ne trouve point oifeaux volent
Sae convenir que ces
les
très haut, & que fouvent on
perd
de vié ; mais iln'eft pas neceffaire pour de
cela qu'ils aillent fe perdre an-de-là
la moienne Region de l'air.
Cet oifeau n'elt guères fa plus tête gros Tont
qu'une poule; fon col &
à. fa groffeur 5 il a les
proportionnez noirs & grands, le regard affuré,
yeux --- Page 318 ---
Nowveaux Voyages AUX IRes
2Oa vûe extrémement
1705. eft
perçante; fon bec
fort &affez . - gros;
inferieure eft
lapartic
Deferipdroite, la fuperieure eft un
la tion de arcquee, a crochue par lel bout,
Fre- tue; fes
&
TAET
gartc. fcs & jambesfont courtes, aflez grof
ramaflées, & fes pieds font armez de griffes crochués, > longues, fortes, & aiguès; il s'en fert pour
dre les poilfons volans, & autres prenfons qui font pourfuivis par les
des, dont
enc
il femble qu'il fe fert comme de chiens courans pour faire lever
leg gibier, fur lequel il fond, &
enleve en rafant la fuperficie de la qu'il mer
avec une adreffe admirable, fans pref
quejamais manquer fon coup. Lesailes
decet oifeau font d'une grandeur prodigicule, par rapport à fon corps, il eft
ordinaire d'en voir de fept, huit & neuf
pieds d'envergure. On me
ce terme de marine, aufli-bien pardonnera
trop de peine à en trouver un aurois-je autre
pour exprimer la diftance qu'il ya d'un
bout d'une ailejufqu'au bout del'autre,
quand l'oifeau les tient ouvertes
toutes étendués. Ceftàla
> &
ces ailes qu'il doit la facilité grandeur de
fc foutenir fi
qu'il a de
aufli ellcs
longrems en l'air 3 mais
l'empèchent de s'élever faci.
lement de terre, 3 à caufe de l'efpace
urois-je autre
pour exprimer la diftance qu'il ya d'un
bout d'une ailejufqu'au bout del'autre,
quand l'oifeau les tient ouvertes
toutes étendués. Ceftàla
> &
ces ailes qu'il doit la facilité grandeur de
fc foutenir fi
qu'il a de
aufli ellcs
longrems en l'air 3 mais
l'empèchent de s'élever faci.
lement de terre, 3 à caufe de l'efpace --- Page 319 ---
de PAmérigue. 30;
1 lui Frangoifes faut pour les mettre en mou- 1705.
qu'il
C'eit
pour revement.
apparamment
medier à crinconvenient qu'il perche,
&
defcend rarement à terre. Ses
du dos & des ailes fontnoires, 2
couvrent
a
groffes & fortes; celles
dé-
& les cuiffes,
plus
etr
Yeftomach licates & moins noires. On en voit dont
les
font brunes fur le dos
toutes plumes &
fous le ventre;on
& aux ailes, dernieres grifes font les femelles 2
dit que CeS des jeunes. Outre la noirou peut-être des
les mâles ont encore
ceur
plumes
& boutonnée, à
une membrane rouge les Coqs d'Inde, 2 qui
près comme milieu du col..
IS prend jufqu'au
à.
Il y avoit quantité de ces oifeaux
un bout de Flle oà nous étions. Je
cherchai avec foin quelqu'un. de leurs.
ce
nids, fans en trouver, peur-etre alloient que
n'étoit pas la faifon, oul qu'ils antrelieu.
faire leur ponte dans quelque trouvé, j'auIleft sûr que f jen avois
les aurois
rois emporté les petits, & je
de
élevé, & dreffé. Avec un attelage
& unemachine ala madeux Fregates,
niere de Cirano de Bergerac > quels
n'aurois
été en état d'envoiages
ferai jepas être plus heutreprendreile
reux une autre fols.
tuai.quelquespeard --- Page 320 ---
304 Nowveaux Yroyager AHX Ifes
uns à coups de fufil, pour avoir leur
170s. graiffe, &jena apportai un tout entier,
dontj j'avois tiré la chair, & féché le
refte à la fumée. Quoique cette chair
fente un peu le poiffon s elle ne laiffe
pas d'ètre bonne. J'en ai mangé par CUriofité, >) je l'ai trouvée fort nourriffante,
& à peu près la même que celle des
Diables de la Guadeloupe,
Graiffe On dit que la graiffe de
eft
de Fre- admirable pour les douleurs Fregate
gaute,
de
fes
lagoute
pro- (ciatique, pour les engourdif@emens des
prierez. membres, & autres accidens
vent
par des humeurs froides. quiarri- On doir
faire chauffer la graiffe, & pendant
qu'elle eft fur le feu, faire de fortes
frixions far la partic affligée, afin d'ouvrir les pores, & mèler de bonne eaude-vie, ou de Tefprit de vin dans la
graiffe, au moment qu'on en veut faire
Tapplication. On peur méttre un papier
broiillard, imbibé de la liqueur, fur
la partie, avec des compreffes & une
bande, pour les tenir en état. Bien des
gens ont reçu une parfaite
ou
du moins de grands foulagemens gucrifon,
€e remede, que je donne ici far la par foi
d'autrui, n'ayant pas eu l'occafion de
le mettre en pratique. Lagraiffe de Serpent faitle même cffet, & jele fçai par
peur méttre un papier
broiillard, imbibé de la liqueur, fur
la partie, avec des compreffes & une
bande, pour les tenir en état. Bien des
gens ont reçu une parfaite
ou
du moins de grands foulagemens gucrifon,
€e remede, que je donne ici far la par foi
d'autrui, n'ayant pas eu l'occafion de
le mettre en pratique. Lagraiffe de Serpent faitle même cffet, & jele fçai par --- Page 321 ---
Françoifes de PAmérique. 395
experience. Les Medecins devineront, 1704.
s'ils peuvent, comment dcux animaux dont les
fi differens en toute chofe, ,8
grailles n'ont aucun rapport, nelaiffent
pas de produire Ie même effet.
Oifearx
On trouve entre les deux Tropiques de Trocertains oifeaux, aufquels on a donné pique,
le nom d'Oifeau de Tropique, hors paree de
qu'on ne les rencontre jamais de leur
ces deux bornes. L'cfpace bien
d'ètre
Rentoare
ménade ne laiffe pas
toute la Zonc
nable, puifoprilrenfemmer
Torride, ce pais
T'antiquité igno- Les
rante avoit ET inhabirable.
Matelots qui donnent des noms. aux de
choles conformément àleur maniere
penfer & de parler, les ont appellez
Pailles-en-Cul, ou Felu-en-Cul-Nous Ils font à
en dirons la raifon ci-après.
peu près de la groffeur d'un Pigeon;ils le bec
ont la tète petite & bienfaite ,
d'environ trois pouces de longueur, >
affezgros, fort & pointu, &c tout
font
EERS
aulli-bien quel leurs pieds, qui ils ont les
comme ceux des Canards;
forailes beaucoup plus grandes & plus
leur
ne femble le demantes que
corps dcs ailes, & de toutle
der. Les plumes
la
cft
corps font très blanches; ; queué
compolée de douze à quinze plumcs --- Page 322 ---
306 Nowveaux
Aux
de cinq à fix pouces
Ifes
1705.
REAME
milieu defquelles fortent longueur, deux
du
de quinze à dix-huit
plumes
pouces de lonfaire gueur, accollées & qui femblent n'en
qu'une feule; c'eft ce quia donné occalion aux Matelots de les.a
ler Pailles-en- Cul.
appelCes oifeaux volent très-bien & trèshaut; ils s'éloignent des terres autant
que les Fregates, mais ils fe
furl l'eau comme les Canards. Ils repofent vivent
de poiffon ; ils pondent, couvent &
élevent leurs petits dar.s des Ifles défertes., & dorment felon les
fur l'eau. Je n'en aij jamais vàf apparences fur lIle
où nous étions 5 ce n'eft qu'em paflant
au-deffus tué
de nous, que nous en avons
quelques-uns, qui m'ont donné le
moien de faire la defcription
viens d'en donner.
que je
Oifeau On trouve encore entre
Fol, appellé ques un oifeau de mer
les TropiFol,
2 qu'on appelle
parce qu'il fe laiffe prendre à la
main, lorfqu'il vient fe pofer fur les
vergues, ou les manceuvres des vaiffeaux qu'il trouve en Mer: Excepté la
couleur, il reflemble beaucoup à nos
Corbeaux, c'eft le mêmea air, lar même
groffeur 3 même bec; il bat l'aile en
volant, il l'a forte, & fc foutient en
ol, appellé ques un oifeau de mer
les TropiFol,
2 qu'on appelle
parce qu'il fe laiffe prendre à la
main, lorfqu'il vient fe pofer fur les
vergues, ou les manceuvres des vaiffeaux qu'il trouve en Mer: Excepté la
couleur, il reflemble beaucoup à nos
Corbeaux, c'eft le mêmea air, lar même
groffeur 3 même bec; il bat l'aile en
volant, il l'a forte, & fc foutient en --- Page 323 ---
de
I
TAmbrigue.
Franpoifes
prend en ra- 1705.
Tairsilvit du poifon qu'il On pourroit -
fant la fuperficie hazarder de T'eau. le nommer
fans beaucoup oul Corbeau de mer; 5
Corbeau blanc, & le dos couverts de pluil a les aîles toutle ventre de plames
mes grifes, & n'ai jamais vû mettre à
blanches, Je
ni fes plumes;
aucun ufage famnilierement fa graiffe,
fur les verils venoient
de nos bâtimens
gues & les manceuvres
on en pric
examiner ce qui sy paffoits en moins
tous en vie, qui étoient auffi
quelquesuns de deux ou trois jours avoit élevé depuis
privez, que fi on les
Ils ont les
leur plus tendre jeuneffs.
fort
comme les Canards 2 nagent
pieds bien, 8 volent encore mieux.
CHAPITRE XIV.
d des Coquillages que lon
Des Poilfons, tronve anx Ifles d'Avess
fourmille fur les cètes de
cette poilfan Ifle, & on trouve fur fes hauts toutL
incroiable de
fonds une quantité
Je ne fuis
tes fortes de Coquillages. foient comme Pi:
furpris que CCS lieux --- Page 324 ---
308 Nowveanx Voyages AnX ifles
rendez-vous des poiffons; ils y font efr
1705. repos, & il fe paffe des fiecles entiers
fans qu'ils foient inquiétez de
Nous avions une mechante perite perfonne. fenne
dans notre barque, S mais nous en trouvâmes une bonne de cent vingt braffes
dans le navire Anglois, & Dieu
de quelle maniere nous
fçait
côtes, & quel maflacre balayions nous faifions nos
de Tazards, de Capitaines, de grandes
Ecailles, de Lunes, d'Orphis, d'Affiettes & autres femblables
J'en ai parlé dans la premiere Parrie poiffons. de
ces Memoires, je, ne dois pas repéter
ici ce quej'en al dit; mais ileft juite de
faire connoître ceax dont je n'ai encore
*rien dit, &c'qu'on ne prend. pas ordinairement fur les côtes der nos ifles avec
Bonite nos fennes. Le plus confiderable eft la
ou Ger- Bonite; quelques
mon ef lent Germon
Navigateurs l'appelde
; d'autres la prennent
A.
le Thon, plus jeune, & plus petit,
vérité ,
Te
la
que celui qu'on prend dans
Mediterranée, ou
d'une
autre efpecc, mais également peut-être bonne
& délicare. Je ne deciderai rien fur
cela 5 car je n'aime pas à décider, & je
crainsles procès; je me contenterai de
dirc que la Bonite eft un poiffon
& rond depuis la tête jufqu'anx trois gros
; d'autres la prennent
A.
le Thon, plus jeune, & plus petit,
vérité ,
Te
la
que celui qu'on prend dans
Mediterranée, ou
d'une
autre efpecc, mais également peut-être bonne
& délicare. Je ne deciderai rien fur
cela 5 car je n'aime pas à décider, & je
crainsles procès; je me contenterai de
dirc que la Bonite eft un poiffon
& rond depuis la tête jufqu'anx trois gros --- Page 325 ---
Frangoifes de PAmbrigne. 309
de fa longueur, où elle commen- former 1703*
quarts ce un peu à sapplatic. alfez 2 ciat pourune meseferurchs. n'eft
le plus mauvais
tant, & de qui la bète ; pas elle a deux aîlerons
endroit
fur le
deffaut du col, une empenure
au dos, & deux autres ailerons plus petits
fous le ventre. Ce poiffon va les toujours Côtes
il frequente peu
en troupe, ifes,
qu'il y eftharcelé ;
de nos
parce voions fouvent un grand
mais nous en Côtes de lIfe d'Aves, où
nombre aux
de perfonne, Il
ils ne font inquietez de le prendre à la
n'eft pas ordinaire nous en aions pris
fenne. Quoique c'étoit un
hazard;
quelques-ains >
s'en fait pur avecle harla pèche ordinaire ou à la trainc. Ce
pon, ou âla ligne, & eft fort gourpoiffon vit de proic, continuellement aux
mand; il chafle
volans 8 autres petits poidlens,
poiffons
conformation.
dent il fait une grande qu'onluijette d'un
On couvrel'ameçon blanc, ou de deux
morceau blanches, de linge & on le fait fautiller
plumes fur l'eau comme fi c'étoit un poiflon
la Bonite y accourt dès qu'elle
volant 5
& fans
;
marchander-ten
Tapperçoit
mais il faut
la liglourit auffitôt 5 &l'ameçon dleca attagne foit bonne, --- Page 326 ---
310 Nonveanx
anx
- chéavec des fils d'archal Fayager
Ifles
1705: eft fort
il ; car copoiffon
vigoureux, a de
& bien tranchantes & bonnesdents
violens
fc donne de
Sa chair mouvemens cft
pour fe décrocher,
culierement graffc & délicare,p particeile du ventre
ne tendreté admirable 3 la tête quieltdu- fe
en foupe ou au bleu; le refte du met
fe coupe en roiielles, & fe
corps
différentes manieres.
prépare en
mariner, pour) la
Quand on la fait
ge avec Phuile &cle conferver, on la manThon; & c'eft une vinaigre très-bonne comme le
Mon Confrerele Pere Du Tertre viande. dit
que la Bonite a le gout du Canard, &
qu'elle eft demi-chair &
Il me femble qu'il auroit demi-poiffon. dû nous
quer fa penfée, & nous dire cc explitend par ces mots demi chair, qu'il & demi enpoiffon; ; car s'il ne prétend dire autre
chole, finon
la chair de la Bonite
efauffi
que celle du
Roenfiste
nard, dont il s'imagine
Cagoûr; il faudra aufli
qu'elle a le
Lamentin, le
qu'il dife que le
le Lezard font Mar(oilin, la Tortué,8c
poilfon,
demi.chair, & demi.
auffi
parce que leurs chairs font
de Veau nourriffantes & de Pouler, que celles de Baeuf,
le
dont elles ont
goûr s l'apparence & la fubltance : à
que celle du
Roenfiste
nard, dont il s'imagine
Cagoûr; il faudra aufli
qu'elle a le
Lamentin, le
qu'il dife que le
le Lezard font Mar(oilin, la Tortué,8c
poilfon,
demi.chair, & demi.
auffi
parce que leurs chairs font
de Veau nourriffantes & de Pouler, que celles de Baeuf,
le
dont elles ont
goûr s l'apparence & la fubltance : à --- Page 327 ---
Frangoifes de LAmerigue. le dos de 3TI la
moins quil ne veuille RL & plus mai- 1705Bonite, fera comme le
& le ventre qui
gre,
RE
feral la chair. II devoitbien
eftplus inftruire gras là-deffus, afin que nous
nous fçullions la partie quel lon
manger
& celle Rcar on
les jours maigres, 2 tems. Il eft
tout
AOREs
fe fervir en
que le fieur de Rochefort, quillacopié à
tièsexadtement 2 n'a pas pris la lui garde auroit
cette expreffion; car i ne
spardonnée, ou sils'en fit fervicompasp
témoignage de
me lui, nous aurionsle auroient fait
deux Auteurs graves, > qui moitié chair &
de la Bonite un Monftre
moiciépoillon.
fort
1 La Carangue les Côres 2 eft un de nos poiffon Ifles 5 on Carancommun à fur la fenne, à la ligne, & àla poifle prend
RLE fa
trainc. J'en vû à la Martinique qui defcripavoient près de deux pieds de longueur & tion.
un pied de large au droit du ventre, on les
quatre à cinq pouces d'épaifleur; franches 9
appelle pour lors Carangues d'autres qui font
pour les diftinguer , & plus minces,
beaucoup plus petites,
moins
moins gralles, & par conféquent
bonnes.
aux Ifles d'A-
: Cellesque nous primes
vesétoient des monfres sen comparaifon --- Page 328 ---
312 de celles Nowveaux Vayages AHX
1705.
de nos Mfles. Il nous Res
haire d'en prendre de trois pieds éroitordi- del longueur, & fouvent nous en avons;
de
Fêche de plus de quatre pieds. On voit pris
la Ca- quej jaidit ci-deffus
CC
par CC
ranguc, plat, il a la gucule grande que & poiffon eft
mée de bonnes dents
bien ar-'
grands &
il ; fes yeux font
de
rouges, a une affez granempenure fur le dos, qui eft
géc en deux parties inégales, &
grandes
Fane
nageoires au défaut du col, fa
queué eft large & fourchué, c'eft
des meilleurs fauteurs de la mer. Dès un
qu'il fe fentoit renfermé dansla
il faifoit quelques efforts
fennc,
pre, en la heurtant de toutes pour fes' la rommais comme fes efforts étoient inutiles, Forces;
toit parce, que le filct obéiffoit, il fe metà bondir, pour s'élever
& il falloit que. les gens qui par-delfis,
dans le canot élevaffent lc filet étoient le
haut qu'ils pouvoient, pourl
plus
de fauter par- delfus; en quoi l'empècher ils ne
réufliffoient de
pas toujours 5 la plus
il partie s'échapoir pour
en tomboit
Rameoare
&le
quelquefois dans la chaloupe la fenne
canot qui étoient derrierc
3 & ceux- là n'alloient
loin, parce qu'ils étoient
plus af
fommcz.
RSOF
Il
étoient le
haut qu'ils pouvoient, pourl
plus
de fauter par- delfus; en quoi l'empècher ils ne
réufliffoient de
pas toujours 5 la plus
il partie s'échapoir pour
en tomboit
Rameoare
&le
quelquefois dans la chaloupe la fenne
canot qui étoient derrierc
3 & ceux- là n'alloient
loin, parce qu'ils étoient
plus af
fommcz.
RSOF
Il --- Page 329 ---
Tom. Bpw .312.
Poisson de
Carangue
Mer
W --- Page 330 ---
GPJCB --- Page 331 ---
Frangaifarde tAmérique. 313
Il faurlavoir vû, pour croire les quelle efforts 1705cftla force de ce poillon, & à l'ameçon.
fait lorfquil eft pris
brife fouvent les meilleures lignes,
Tes
deux & trois hommes ne font
fouvent
de le tirerà terre, il rompt
pas capables les hameçons 5 & je
ou fair plier
de
a
poilfon
l
dire quil n'y d'exercice point aux pécheurs que
donne plus mais aufli ils font bien recomcelui-li;
une
penfez deleur pcine > quandilsl'onts car c'eft un des
fois entre. les mains; de la mer. Sa chair
meilleurs poilfons comme la neige, grafle &
eft blanche
tendre &c délicate, &
par conféquent d'un fuc également nourriffant
remplic lavoureux. De quelque manierc
&
l'aprère, on eft sûr qu'il eft exqu'on cellent. La tête fe met pour l'ordinaire fait de ia
2u bleu ou en foupes celle on en de Veau &
géléc auffi bonne que
cette chair a
de Chapon, & ce que nes'en dégoute
dadmitable, c'eft qu'on
jamais. avions :
parmi nos Flibuftiers un Hiftoire d'an FliNous Creolle de IIle de Saint Martin, bultier.
jeune le
étoit de fe jetter dans la
dont plaifr voioit que les poiffonsla
fenne quandil rompre, ou fauter pardellus,
vouloient adrelle merveilleule pour
il avoit une
Tom e VIII. --- Page 332 ---
Nowveanx)
aux Ifes
jetter
faifir les plus mutins, pourles
SAMEA
1705. dans la chaloupe ou fur la terre ; il nous
fauvez de beaux poiffons
a fouvent
(ans lni.. REtiBtE
nous aurions divertiffement perdu
de le voir
combattre pour nous un contre une Carangue , un
Capitaine > ou un grand Ecaille, & de
voir les efforts que faifoit le peiffon
qu'il tenoit embraffé pour séchapper, &
les ccups de
quil lui donnoit, il
2 bons coups de dents;
quelquefois s'en trouvoit fouvent de fi forts, que
venit àbout, il étoit conn'en pouvant de leur fendre le ventre d'untraint
ce
terminoit la
coup de coureau 2
qui de fe
bataille ; mais il fut obligé
priver,
& nous aufi du diveriffement que
nous avions dans ces combats 5 nous
primes dans la fenne un Serpent Marin
monftrueux, qui auroit, felon les
fait
ce
hunetr
parences,
perir dans la jeune fenne dans fon
s'il l'eût trouvé
exercice ordinaire.
de dix
Cet animal avoit près
pieds
Marin, Serpent de longueur, & deux pieds de circonférence dans fon milieu. Sa peau étoit
bluatre avec de grandes taches vernif- noires
& jaunes, luftrées, & comme fur le dos.
fées; il avoit une empenure fix poudepuis le défaut ducoljufqua
hunetr
parences,
perir dans la jeune fenne dans fon
s'il l'eût trouvé
exercice ordinaire.
de dix
Cet animal avoit près
pieds
Marin, Serpent de longueur, & deux pieds de circonférence dans fon milieu. Sa peau étoit
bluatre avec de grandes taches vernif- noires
& jaunes, luftrées, & comme fur le dos.
fées; il avoit une empenure fix poudepuis le défaut ducoljufqua --- Page 333 ---
Frangoifes deTAmérique. 3T5
de la queué. Cette
ces ou environ près
de hauteur 1705empenure avoit fept pouces
infenfiprèsdel la rète, & fe terminoit fourchué. Oublement. La queucétoit il avoit trois aîletre cette empenure, côté, dont les bouts
Ions de chaque d'onglets, comme ceux
étoient rErt fur les grandes Rayes, il en
qu'on
dans le milicu de l'échan-
.avoit auffi un
avoit deux bons
:crure de la faillic. queué
tète de ce Serpent
de
:
n'éroit pouces ni plate yni triangulaire elle comme étoit
nos vipercs de la Martinique; ronde &
longue de fept à huit
deux 2
5 il
Renoit
un peu arcquée
Eto
yeuxàf Aeur de rête qui paroilloient demecelans. Sa gueule, qui s'ouvroit
de
furement, failoit voir deux rangées
dents longues de prés de deux pouces de 9
fortes & pointues; il n'avoit point
CrOCS commenos viperes, tenoient peut-etre lieu 0E
toutes fes dents lui en
vellies
étoient toutes garnies de petites
de venin; c'eft ce que n'ai pas
me
Et
car cet
CEnt
bien examiner, mème après fa mort.
noit de la frayeur, d'abord ce
Nos
connurent étoient St la
toit; ME poilfons qui
auffi,
fenne avec lui le connoiffoient fentit le gra8 le fuyoient. Dès qu'il
Oij --- Page 334 ---
Nowveaux proyages anx IRes
316 nier, il s'élança far terre, & nous auroit fait du mal, fi un de nos gens ne
1705. lui eût rompu les vertcbres d'un fa
lacheva enfaite, &c E0RE
d'aviron; 5 on
combattant P'envie de
fit perdre à notre
fe fignaler contre les poiffons, parce
qu'il étoit à préfumer que ce dangereux
animal n'étoit pas feul de fon clpece
dans çet endroit; & que s'il cût trouvé il
homme dans la mer,
notre jeune fait perir, foit pat fes morful'auroit
& le tenant
res, foit en fentorrillant, vouloisle faire écorcher,
fous l'cau. la Je
& la tète; mais
& (écher peau me rendre ce
ne
ierhce,
fonne
voulir
tant on craignoic de fep piquer aux pointes de fon empenure, & aux crochets
de fes aîlerons & de fa queué, les Côtes de
Tousles Hauts-fonds, &c
beaux
cette Ile font remplis des plus l'on
Peroquet8c des plus gros Peroquets que
dc mer.
voir. Ceft ainli qu'on appelle de
puifle Poiffons affez femblablesà nos
certains qui dans nos Ifles n'ont pour
Carpes, lordinaire que douze à quinze
damais
en ont
uhan
de longueur, Ifles d'Aves. qui La
& les
vantage aux
font TFOA verd
écailles de ce poilfon
tamelure
foncé far le dos, quiséclaircit Il a deux emqu'il approche 'du ventte.
plus gros Peroquets que
dc mer.
voir. Ceft ainli qu'on appelle de
puifle Poiffons affez femblablesà nos
certains qui dans nos Ifles n'ont pour
Carpes, lordinaire que douze à quinze
damais
en ont
uhan
de longueur, Ifles d'Aves. qui La
& les
vantage aux
font TFOA verd
écailles de ce poilfon
tamelure
foncé far le dos, quiséclaircit Il a deux emqu'il approche 'du ventte. --- Page 335 ---
Françvifes dé LAmérigue. 317
fur le dos, & quatre ailerons à
penures côtez qui ianffi-bien que fa queué 1705.
fes colorez 2 de bleu, de jaune & de
font d'une maniere fi délicate, que
rouge, meilleur Peintre auroit de la peine à
le les imiter. Cette belle peau couvre une
chair qui eft encore meillenre; elle fuc eft
blanche: gralle, ferme, pleine d'un
nourriffant, & de rès-facile digeftion.
faire
Jene finirois poinr, fijevoulois de tous les
le détail & la defcription vû dans cette Ile déferpoiffons
n'avoir ni pieds ni mains
te. Il
EASEI
mourir de faim; pour moi jy
Ecal bonne chere; & quand je n'aurois que les Coquillages qui fe trouvent faire
fur fes hauts- fonds, je voudroisy de
fublifter avec moi une Communauté
Minimes.
des Crabes de
Je ne parlerai point des Poupars & des
mer, des Homars 2
font à
Moules. Ces animaux
peu
les mèmes en Amerique & en
ERe
leur grandeur. , qui eft plus confiderable leur efen Amerique, ne change point
les
péce 5 mais les Lambis, les Cafques, les PorceTrompertes, les Burgaux &
lains font fi pariculiers à l'Amérique,
& j'en ai trouvé dc fi beaux à l'Ifed'A- d'en
ves, que je ne puis m'empècher Oij
dire un mot. --- Page 336 ---
318 Nouveaux Froyager anx-Ies
Le Lambiseft une elpéce de gros Li1705. maçon, dont tout le corps femble n'être
Lambis qu'un Boudin terminé en pointe à une:
e'pece de Lima- extremité 2 & ouvert à l'autre par une
çon,
bouche ronde & large, d'oi il fort une:
membrane épaiffe & longue comme
une langue, aveclaquelle l'animal
fa nourriture, & fe traîne au fond prend: dela
mer & fur les hauts-fonds, où on le:
trouve ordinairement. Je n'en ai jamais
diffequé ; & j'aurois été fort embaraffes'il lm'avoit fallu faire cette opération;
mais j'en ai fouvent coupé en morceau
de ceux qui étoient cuits, & je
ai.
rien remarqué nifoic, ni coeur, , ni n'y poûmons > mais feulement un affez gros.
boyau plein d' herbe hachée, de mouffe:
& de fable qui.étoient
des reftes de la nourriture apparemmene que l'animal
avoit pris, fans m'être apperçu d'aucun
conduit par.lequel il fe déchargeit defes excremens, à moins qu'il ne lesrendit par le même endroit > par lequel il
les avoir introduit; car il n'eft pas vraifemblable qu'il les confomme fi entierement, & qu'il les change en fa fubftance d'une maniere qu'il n'en refte
rien du tout; & quand cela feroit vrai.
des herbes & de la mouffe, il faut au
moins qu'il rende le fable qu'il a avalé
d'aucun
conduit par.lequel il fe déchargeit defes excremens, à moins qu'il ne lesrendit par le même endroit > par lequel il
les avoir introduit; car il n'eft pas vraifemblable qu'il les confomme fi entierement, & qu'il les change en fa fubftance d'une maniere qu'il n'en refte
rien du tout; & quand cela feroit vrai.
des herbes & de la mouffe, il faut au
moins qu'il rende le fable qu'il a avalé --- Page 337 ---
Françoifes de PAmtrigae.
trouve dans cet inteftin. La
& qu'on animal & de tous dont je 1705.
chair de cet
ne font diffeparlerai dans la fuite, qui dont ils font
rens que
les coquilles
&
revêtus., ER blanche & ferme,
plus
l'animal eft gros plus elle eft dure, difficileà cuire, & de difficile digeltion.
Ellene laiffe pas d'être gralle, & d'avoir
de la faveur. On jette pour T'ordinaire les a
lap premiere eau dans laquelle on
fait boiillir, parce qu'elle fe trouve
chargée de bave qui vient au deffus
comme une écume épaiffe ; on acheve
de les faire cuire dans une autre eau que &
l'on peut emploier àquelque ufage,
lorfquils font tirez de T'eau & égoutez,
on les fend dans toute leur longueur
pour en tirer cet inteftin, & on coupe dans
le refte en roielles
lon du met beurre
une caflerolle furle dar avec
d'herOu de la mantegne, un bouquet
bes fines, des petits oignons, un PS
d'ail écrafé, des écorces d'oranges,
fel & desé épiceries; &clorfqu'on eft
deffus une
MmSe
à les fervir, on jette d'eufs,le vinaigre,
liée aveclesj jaunes
ou le jus d'orange. Ainfi accommodez & d'une diils font moins mal-faifans, mais comme on mangeltion plus aifée ;
l'attirail de
que ordinairement de tout
Oiv --- Page 338 ---
320 Nowveaux Foyager Aux Ipes
cuifine, qui eft neceflaire pour les ac1705. commoder comme je viens de dire', < on
fe contente de: les faire bien boiillir
dans deux eaux, ou de les faire. rôtir far
les charbons, & de les manger avec la
Pimentade. Fai connu un Habitant du
petit Cul-de- Sac des Gallionsà la Martinique, nommé Maurecourt,
paffoit pourl le plus
grand 2e
l'Ae
mangeur
merique, > qui fouvent, faure d'autres
chofes, avoit recours aux Lambis, &
aux Burgaux qu'il prenoit comme la
viande la plus fucculente & la meilleure
nourriture du monde. Il lui étoit aifé de
fe contenter, car il étoit en lieu où ces
Chaux Coquillages ne font pas rares, & il
de Co- voit faire de la chaux de leurs
pouquillage. quiy font très
cocques
propres, 3 & la vendre
pour avoir fes autres neceflitez ; car la
chaux faite avec ces fortes de coquillages eft excellente, s & fait un mortier
qui durcit comme le marbre ; le feul
défaut qu'elle a, , eft d'ètre beaucoup
plus dure à cuire que celle dont on fe
fert ordinairement aux Ifles.
Cen'eft pas alfezd'avoir des Lambis,
& autres femblables Coquillages, ilfauc
fçavoir la maniere de les tirer de leur
maifon fans la rompre ou la gâter, far
tout quand on la veut conferver pour
illages eft excellente, s & fait un mortier
qui durcit comme le marbre ; le feul
défaut qu'elle a, , eft d'ètre beaucoup
plus dure à cuire que celle dont on fe
fert ordinairement aux Ifles.
Cen'eft pas alfezd'avoir des Lambis,
& autres femblables Coquillages, ilfauc
fçavoir la maniere de les tirer de leur
maifon fans la rompre ou la gâter, far
tout quand on la veut conferver pour --- Page 339 ---
Frangaifes de P Amérique.
où la vivacité des couleurs
elle eft pcinte, doit être tout entie- 1705.
Maniere
maa
re, & point du tout ternie; carlorfqu'on mettre de tirer
ne s'en foucie pas 2 il n'y a qu'à
Jes Lamdansl'eau bottillante, ou fur bis de
le Lambis
P'animal eft bientôt mort, leurs coles charbons, de fa chair diminuant en ques.
& le volume il eft facile de le tirer; mais
cuifant, veut conferver la coque avec
lorfqu'on la beauté & la vivacité de fon COtoute que-le feu ou l'eau botillante gà- S
loris,
il faut enfoncer dans
tent abfolument,
ou
l'ouverture un ameçon un peu long eft
fer le plus avant quil
un crocherde
fent G rudepoflible. L'animal, quife l'extremité de
ment chatoiillé, foit > quitte meure dans ce
fa cocque 5 &
qu'il veuille s'échapper,
moment, foit qu'il dehors. On trouve
on le tire aifément
un demi
dans toutesles cocquesenviron felon leur
verre d'eau, plus ou moins,
eft très-claire & très-dougrandeur, qui
eft admitable
ce: on prétend qu'elle
les inflammations des
pour trouve des Lambis
groffeur
ARBEP
confiderable, On
& d'un fi grand poids,
animal
qu'il femble impoflible qu'un traîner
aulli foible que celui-là, fi lourde puiffe & fi inou porter une maifon dont jai parlé
gommode. Le Limaçon
O V --- Page 340 ---
dans 322 Nowveanx Voyages ALX
un autre endroit fous le. Ifles nom de
170;. Soldat, change tous les ans
mais comme ceux
decoquille;
qui ont frequenté
beaucoup les bords de la mer n'ont
point remarqué ces
les Lambis, &
changemens dans
les, il faut dire autres poiffonsà coquil
avec leur
que leur cocque croît
d'ane matiere corps, & que comme elle eft
faut bien des années extrèmement dure, illui
& quinze
pour arriver à dix
viron
pouces de longueur fur endouze autant livres d'ouverture, & à dix &
de péfanteur. Ce péfant
équipage bien.
empêche l'animal de courir
vite, mais il ne l'empèche
de
la changer de place & de venir du
mer
de:
rond
far les bords du
long des rochers, & des rivage, hauts & le:
où on le trouve, & où on le
fonds,
aifement que quand il faut l'aller prend plus
cher en plongeant dix ou douze braffes cher.
fousl'eau. Jem'éronne que de tantd'Af
tronomes qui font venus
ne s'en foit pas trouvé enAmerique,il
obfervé les
quelqu'un qui ait
mouvemens du Lambis, &
chemin compré exaétement combien il fait de:
auroit par fecondes & par minutes; il
peut- être trouvé du
ce mouvement 3 & ceux rapport < de
entre
étoile fixe, ou de quelque
quelque
planette, ou.
es cher.
fousl'eau. Jem'éronne que de tantd'Af
tronomes qui font venus
ne s'en foit pas trouvé enAmerique,il
obfervé les
quelqu'un qui ait
mouvemens du Lambis, &
chemin compré exaétement combien il fait de:
auroit par fecondes & par minutes; il
peut- être trouvé du
ce mouvement 3 & ceux rapport < de
entre
étoile fixe, ou de quelque
quelque
planette, ou. --- Page 341 ---
Frangoifer de TAmbrigui 323
fatellite. Découverte quiau- àla 1795:
de quelque
être très-utile
roit éré, ou des pourroit arts & des fçiences 2 ou
perfechion auroit fourni de matiere
du moins qui des
oififs.
aux entretiens de Ec cocque duLambis
La fuperficie de quantité de pointes
eft parfemée de huit à douze lignes de
émouffées
autant de diametre
hauteur fur prefque Ce
fe trouve entre ces
aleurs' bafes.
qui
& fouvent
bofles eft brut, pierreux un s des bords
tout couvert deftinéà de mouffe, fermer Pouverture
qui femble s'éleve tout droit & fait
dela cocque ,
quand
voirlarere Sintimprdcianinals de fc montrer ; car ilfe
il juged propos fous les replis de fa mairetire fouvent dans des
fccomme
appatterens
fon Rien n'eft plus beaits-plus
crets.
Ci
plus luifant, & plus luftré que à comdont cette maifon eft tapiftée, du bord
mèncer par ce grand lentrée. morceau C'eft une couqui en découvre chair la
vive qu'on puiffe Labonté de logeleur de
plus eft toujours la même ment ns
s'imaginer le s dedans qui
de la cocque. Sile dépend pas de la
dans tout étoit aufli beau 2 on pourroit couleur.
dehors
feroit le plus propredire que cleLambis de tous les animaux. Je croi
ment logé f onsen vouloit donner
pourtant que
Ovj --- Page 342 ---
324 Nopveanx Voyages aux Ifles
lap peine, on découvriroit une très-belle
1705. couleur fous le gravier & les rocailles
qui couvrent la fuperficic exterieue.
Le Limaçon qu'on appelle
Cafque à caufe de la figure de fa
Calque,
dc mer, jamais
cocque, n'eft
figros que le Lambis. Il eft un
peu ovalc. Un côtéqu'on peut regarder
comme le dos eft rond, avec deux
tites pointes émouffées & creuféesen FEC
çon de canal; l'autre côté eft plat & ouvert danstoute fa longueur.Les bords de
cette ouverture font replicz en dedans
& denrelez; c'eft par-li que l'animal fe
fait voir,& qu'ilavance fa têtc & falangue pour chercher fa nourriture, Lacocque eft bien plus mince &c plus délicate
que celle du Lambis. Comme elle eft
unie,legravier,la; mouffe & les autresordures ne sy: attachent pas, elle eft luftrée
&peinte de blanc, de gris 8 de brun,
avec des points tirant fur le jaune, diverfifiez en une infinité de manieres.
Le dedans eft de couleur de chair fort
claire $ iln'y a point de Coqnillage où
la nature falle Voir tine plus grande diverfité de coloris & de deffeins.
La tromperte eft faite. comme un cornet long & tors, far tout vers le petit
bout. J'en ai trouvé qui iavoient près de
quinze pouccs de longueur, & dont
peinte de blanc, de gris 8 de brun,
avec des points tirant fur le jaune, diverfifiez en une infinité de manieres.
Le dedans eft de couleur de chair fort
claire $ iln'y a point de Coqnillage où
la nature falle Voir tine plus grande diverfité de coloris & de deffeins.
La tromperte eft faite. comme un cornet long & tors, far tout vers le petit
bout. J'en ai trouvé qui iavoient près de
quinze pouccs de longueur, & dont --- Page 343 ---
pmpenas
Trompette de mer
Casques
Lambnis
--- Page 344 --- --- Page 345 ---
Frangoifes de Amerique. de 325 diaP'onverture avoit quatre d'ordinaire pouces d'une 1795metre; le déhors eft des ondes de diffé- pettes Trom- de
couleur brune avec la mème couleur fortiner.
rentes teintes de
le dedans eft arvives & fort polies; la nacre de perle 3 on
genté comme
& on s'en fert compercele petit bout, 5 fe faire entendre de
me d'un CoI pour
loin.
d'une infinité de
Ily a des couleurs Burganx & de figures. J'ai
de
grofleurs, de quelques - uns 2 aufibien
déja parlé
dans mon voiage
des Porcelaines,
que Domingue.) Jen samataianxides
âSaint très-beaux & de très-curieux,
d'Avesde
ou la petitelle 2 foit
foit pour la groffeur le coloris > & j'en
pour la - forme & coffre de bonne granavois rempli un m'avoit donné du débris
deur que Ion mais nos Flbufienseé.
de notre prife : vonloir partager ce
tant avifez de
afin
E
leur revenoit comme divertir pillage, à Saint Thovoir de quoi fe d'accepter mon lot
mas > je fus obligé & jeus befoin de
comme les autres, le ferrer; de forte que
mon coffre pour
que je fis metmes beaux Coquillages notre barque dans la
tre' à l'avant 'de
beauconp 5
foffe aux cables, , foufftirent bâtiment, je CIUS
& quaud je quittaile --- Page 346 ---
326 Nowveanx Proyages Aux IAcs
1795.
étoit plus à propos de me
ce dont nos
charger
2l
fent,
gens m'avoient fait préque de ces bagatelles.
CHAPITREXY
De T'IRe à Crabes. De Saint Thomase
des Vierges,
arrivâmes à PIfle à Crabes le
Samedi
Nom
Mfc de
dernier jour de Janvier
Bori. far le midi 3 on fit auflitôr
aCrabes. quen ou tous nos prifonniers à terre ; car defcendre on n'en
laiffoit aucun à bord dès que nous étions
moitillez. On tenoit toujoursl les canots
à bord,& on avoit toujours une
à terre vis-à-vis des bâtimens, afin garde de
prévenir les mauvais deffeins des Anglois, s'ils fe fuffent mis en devoir de
faire quelque tentarive, pour
de nos
s'emparer
bâtimens, > & nous planter-li.
Nous moiillâmes dans une Ance de
fable devant une jolie riviere au Sud de
IIAc,
près dans l'endroit où
vois medit en
jaSaint
1701. en revenant de
Domingue dans la barque P'Aventuriere. Nous étions à la portée du
tolet de terre fur quatre braffes & pif- demie, fond de fable blanc.
devoir de
faire quelque tentarive, pour
de nos
s'emparer
bâtimens, > & nous planter-li.
Nous moiillâmes dans une Ance de
fable devant une jolie riviere au Sud de
IIAc,
près dans l'endroit où
vois medit en
jaSaint
1701. en revenant de
Domingue dans la barque P'Aventuriere. Nous étions à la portée du
tolet de terre fur quatre braffes & pif- demie, fond de fable blanc. --- Page 347 ---
Frangifes de LAmbrique. 327
de Crabes quelons trouve 1795
La quantité Ile lui en fait donner le nom
dans cette Flibuftiers. Son veritable nom
par nos
5 elle eft éloignée decinga.
eft Boriquen
du Sud-Eft de:
fix licués de la pointe
8 dix miPort-Ric, à dix fept degrez,
5 elle:
nutes de latitude Sepuenttionale de circonfepeut avoir huit à dixlieués
ai pàj jurence, du moins autant
j'en au nord.1 Elle
du i
ger en la traverfant mais ces montagnes ne: :
eft montagneule;
hautes > ni efcatfont ni excellivement
entr'elles de
pées ni andesselleslailenr fonds, où la:
très-beaux & très- grands
couterrem'a paru très bonne,ellerfont fortes > & il envertes de bois de toutes
coule des (ources d'eau qui iforment plod'une eau qui ieft:
ficurs petites Se1 rivieres bonne.On trouve
fortclaire & fort
habirations que lies
tout des marques des
on voit
Elpagnolsy y ont eu autrefois; & dc Cide longues alléerd'Orangets, vaftes fonds, onil n'y a que
tronniers.de des
& autres:
des bois smols, Goyaniers, certaine que ces
arbres fruitiers: : marque
fonranfezà
endroits ont été culrivez,qui ne l'ont pas été,
diftinguer de ceux qui d'une
&
oul'on voit des arbres
grolfeur Lachalle
d'une hauteur extraordinaire.
des
eft très-abondante 5 on y.trouve.
y --- Page 348 ---
328 Mamsansfuyugera aux Ifes
1705- Ramiers en tout tems, des
des Grives, des Ortolans, des Peroquets, oifeaux
de mer & d'eau douce, dcs Cochons
Marons, des Lezards & des Tatous. Il
y a une quantité prodigieufe de Figuiers
& de Bananiers, & les bords de la ner
font tous couverts de pommes de raquertes. J'ai trouvéen differens endroits
de belles Cannes de fucre, & des ignames fauvagestant quel'on en veut. Ceft
dommage qu'un pais fi agréable & fi
fecond foit abandonné, & que la politique des Efpagnols ne permette pas aux
Européens de s'yétablir. Après tout, ils
ont raifon, car il pourroit al la
venir des gens fipuiffans que leur finy voifinage deviendroit incommode & même
dangereux pour leur colonie de Port-ric.
Au refte ce lieu m'a paru fort fain, les
eaux en font bonnes, les arbres beaux &
point chargez de mouffe, les fruits
& bien nourris, & le Gibier gras, gros &
d'un très-bon goût.
Le Capitaine Daniel fit defcendre à
terre tous les balots de marchandifes
quiavoient été moiillez d'eau de mer >
on les porta à un baflin de la riviere,
éloigné d'environ cent cinquante >
du bord de la mer, & tous ceux pas
n'étoient point de garde fe mirent qui à
eaux en font bonnes, les arbres beaux &
point chargez de mouffe, les fruits
& bien nourris, & le Gibier gras, gros &
d'un très-bon goût.
Le Capitaine Daniel fit defcendre à
terre tous les balots de marchandifes
quiavoient été moiillez d'eau de mer >
on les porta à un baflin de la riviere,
éloigné d'environ cent cinquante >
du bord de la mer, & tous ceux pas
n'étoient point de garde fe mirent qui à --- Page 349 ---
Françoifes de LAmtrique. 329
à laver &c étendre les martravailler. 9
les faire fécher.
1705.
chandifes pour premier rjour de Fevrier
Le Dimanche
fait la priere, &
aprèsque nous eimes allai àla chafle avec
déjeine, je m'en
Creolle de la
mon Negre 8c un jeune
dans noGuadeloupe étoit pallager homme & moi
jeune
tre barques des fufils & des bayonnetres. Je
avions
une machette,
fis prendre à mon Negre une efpece de
c'elt ainfi qu'on appelle de long, ,dontla
coutelas de deux picds
vont dans
poignée éft de bois. ordinairement Ceux qui
avec
Ics bois en portent les liannes 8c les CrOCS
eux 2 pour couper
leur chemin.
de chien miembansient quelinftir étje le chargeai
Je ne fçai
d'eau de vie 5 & de trois
d'une
dû
RLIETA
comme fijavois
ou quatre galertes,
ce ne fàt pas
coucher dehors, > quoique Daniel me
mon deffein. Le Capitzine s'attendroit à ma
dit en riant fouper, qu'on & me la fouhaita
chaffe pour
bonne. marchâmes environ une lieué
Nous demie le long de la riviere, où nos
&
Marchandifes, & nous
gens slavoientles allez de Ramiers, & de Petrouvâmes.
fit une ou deux
roquets. Avant qu'il nous avions près de
hcures apeesmidi, --- Page 350 ---
330 Nowveaux Voyager aux Hfles
r7os. cinquante étions
piéces de gibier 3 & nous
furle point de nous en retourner,
lorfque nous trouvâmes des fouillures
& des Traccs de Cochons Marons
nous parurent tottes fraiches. Je qui fis
auffitôt des paquets denos oifeaux,
nous mimes dans la riviere
que
Moien
bien coude con- verts & bien entourrez de
, de
ferver viande. Ia peur que la chaleur ne les gâta, pierres, ou
les mouches ne s'y miffent,di Onl lesavoit que
laiffé à l'air. C'eft ainfi qu'on conferve
la viande dansnos pais chauds,
on fe trouve obligé de laifler le quand
dans le bois; des
gibier
meuré les trois & Sangliers y ont dequatre jours fans fe*
corrompre, parce que la fraicheur de
l'eau empêche qu'il ne s'y excite de lafermentation qui eftla caufe de la
riture.
pours
Nous fuivimes ces traces jufques fur
lès cinq heures du foir que nous trouvâ:
mes une Léc avec fept Marcaflins d'environ deux mois. Je tirai fur troisMarcaflins qui étoienti ma portée, & tous
de file, & je les couchai par. terre, Le
jeune Creolle tira fur la Léc, & lat bleffa,&. auflitôtelle vint fir lui ; &
bonheur elle rencontra devant elle tes
trois petits étendus qu'elle s'amula à retourner avec fon grouin. Jecriaiau jeu-
ès cinq heures du foir que nous trouvâ:
mes une Léc avec fept Marcaflins d'environ deux mois. Je tirai fur troisMarcaflins qui étoienti ma portée, & tous
de file, & je les couchai par. terre, Le
jeune Creolle tira fur la Léc, & lat bleffa,&. auflitôtelle vint fir lui ; &
bonheur elle rencontra devant elle tes
trois petits étendus qu'elle s'amula à retourner avec fon grouin. Jecriaiau jeu- --- Page 351 ---
Frangoifes de TAmérigue. 351
de rechargers mais il avoit 1705-:
ne homme
effraié par cette' : bète,
été rellement tomber fon fufil, 8cs'enfuie Danger
quillaifas fes forces. Mon Negre mit
de toutes
un arbre.
CT
bouteille à terre, & grimpa fur tirai fur fut fé. expo-"
Jc chargeai cependant, mais &
nel'ar5
*
la bète, je la-bleflai vint fur moi route écurêtai pas, elle
un mauvais parmante , & m'auroitfait mon métier. Je
ti fi je n'avois d'un fçu arbre en mettant
à iAtca
me jertai
au bout du fafil, 86
ma bayonnette la vis prète à me donner un
quand je
mne parai avec l'arbre"
coup de croc,.je moi, & danslinfant
quile reçtit pour
entre le col.
Yenfonga ma bayonnette
manche.
& Tépaule de la bète jufqu'au me fit.
Elle fit un fi grand effort qu'clle & fit encore
fauter le fulil des mains, tomber. Je raquelque pas avant fufil de qui étoit un peur
maffai alors mon
fauffé auffi-bien que ma bayonneire; coups à laj'en donnai encore quelque & mes gens érant
bète pour l'achever, mimes à chercher
revenns > nous nous Marcafins. Mon chien
les quatre autres & en avoit étranglé un:
en tenoit un, trouvâmes les deux autres
autre 5 nous cuiffes d'un arbre, nouslespridansdes
& leur liâmes.les pieds, &c
mes en vic, --- Page 352 ---
332 Nonveaux Yayages anx Mfles
1705. revinmes étendué. triomphan: ou la Lée étoit
Nous bûmes.un coup, & nous
reposâmes en penfant à ce que nous
avions à faire pour retrouver notre
min ; car les tours & les détours chenous avions faits en fuivant les que
de ces bèies, > nous avoient conduit traces fi
loin, & tellement dérouté
fçavions ot nous étions. Je voiois que nous ne
avec mon petit compas de
bien
notre barque nous demeuroit, poche, où
vois oublié dc m'orienter en maisjaRiviere, & d'ailleurs nous quittastla
fez Screpallez, elle ou d'autres Tavionspaf
fix fois, en forte
cinq ou
fi nous en étions à
je bord ne (çavois pas
ou
RUCA
bord; d'ailleurs le
à ftricomme je l'ai
foleiléroitcouché, &c
cndroit, il
remarqué dans un autre
n'y a poinrde
tre les Tropiques 3 & dès crepufcule eneft 20 ou 25 degrez fous que cet aftre
noir comme à minuit. T'orifon, il fait
dec coucher où
Je pris le parti
nous étions, biena alfaré
que nous trouverions notre chemin
quand il feroit jour, &
Daniel nous envoieroit queleCapiraine chercher,
Je disà mon Negre de
du
fec pour allumer du feu; couper &
bois
faired fouper, pendant que le jeune homme
moi coupâmes des
&
gaulettes, & amaflà-
25 degrez fous que cet aftre
noir comme à minuit. T'orifon, il fait
dec coucher où
Je pris le parti
nous étions, biena alfaré
que nous trouverions notre chemin
quand il feroit jour, &
Daniel nous envoieroit queleCapiraine chercher,
Je disà mon Negre de
du
fec pour allumer du feu; couper &
bois
faired fouper, pendant que le jeune homme
moi coupâmes des
&
gaulettes, & amaflà- --- Page 353 ---
Franpoifes de PAmerigne. faire 333
des fetilles de Balifier, pour
1795.
mes
Tout cela fut promaptement
un ajoupa. Dès que le boucan fut en état,
exccuré. étendimes deux Marcallins; &
nous y
cufoient,je dis, comme
pendanr qu'ils me reftoit à dire de mon
je pûs, ce Nous qui (oupâmes joyculement
Breviaire.
un Maraptès cela., nous mangeâmes l'autres fion
caflin, & nous entamâmes) ,il faut.controuve que c'étoitbeaucomups éticns
comfiderer que nous
avions quatre,y bien trapris mon chien, qui
grandappetit.
vaillé; & par conféquent de Balifier, & puis
Nous bamesdel'eau de-vie; 8c après avoir
un
d'eau
nos fufils, > nous
prjé EDRELS & bien ajufté fous la garde de mon
nous endormimes
chien.
jour quand je me reIl étoit grand fallut éveiller mes gens &
veillai; il
Nous fimeslal Pricres 5
mon chien aufli; commencer à déjeiner,
& nous allions
denx coups de fufil.
lorfque jentendis nous cherchoit, nous
Je yis bien qu'on aufli-ràt de deux coups 5
répondimes rira un troifiéme > & nous aulli,
on en
allumer du feu
cuire de
& je fis
faire RrSe ceuxqui
la viande, pour trouver. A mefure
viendroient nous' ils tiroient, & nous
qu'ils avançoicnt --- Page 354 ---
334 Nouveanx Foyages AHX Ijve,
1705. répondions; à la fin ils nous joignirent.
C'atoitleCapitaine Daniel, lui-mème,
qui étoit cn route avec cinq de fesgens
.depuis une heure avant le jour, pour
nous chercher. Il lui avoit été facile de
nous fuivre le long de la rivicre, parce
que mon Negre plumoit les oifeaux que
je lui donnois à porter 2 & les plumes
qui éroient répanduès à terre, les conduifirent jufqu'au lieu, où nos oifeaux
étoient cachez dans la 'Riviere 5 ils
avoient enfuite trouvé nos traces fur
celles des cochons, & avoient bien vû
que nous nous étions mis à chercher
.ces animaux. II étoit près de dix heures
quand ils nous joignirent, & felon leur
compte, ils avoient fait plus de
lieuès. Daniel m'aborda en jurant PAME
tement qu'il ne fouffriroir plus
laffe à la chaffe qu'avec quelqu'un quej'al- de fcs
gens. Il me dit qu'il avoit été dans une
peine extrême que je ne fuffe tombé
entre les mains de quelques Mulatres de
Port-Ric, > qui viennent fouvent dans
cette Ifle, qui font des gens demi-fauvages, & qui tueroientle plus honnête
homme du monde pour avoir fa chemife. Je le remerciai de fon foin, &je
lui dis qu'ii falloit déjeûner avant de
nous en retourner. Ilavoit fait apporter
de fcs
gens. Il me dit qu'il avoit été dans une
peine extrême que je ne fuffe tombé
entre les mains de quelques Mulatres de
Port-Ric, > qui viennent fouvent dans
cette Ifle, qui font des gens demi-fauvages, & qui tueroientle plus honnête
homme du monde pour avoir fa chemife. Je le remerciai de fon foin, &je
lui dis qu'ii falloit déjeûner avant de
nous en retourner. Ilavoit fait apporter --- Page 355 ---
Frangoifes ae Amerique. $35 Il
du bifcuit, 'du vin: , del'eau-de-vic. un de fes 1795
donna un morceau à mangerà déux Marcallins,
les chargea de
de nos nouE renvoya à bord
en peine.
velles, afin qu'on ne RBrges point
en contant nos prolief
Nous smangeames
notre grolfe
(es,après quoi on 8 coupa nous nous en rebète en quartiers, chaffans & tuans force Ratournâmes
& Grives. On ne
miers > Peroquets feliciter
nous
de me
quand
manqua Pas fur ma bonne chaffe, &
fûmes arrivez
le lendemain.
de faire une partic pour deux Anglois
Nous y fàmes en effet, Flibuftiers que
étoient avée les quatre tuâmes trois
Daniel me donna; nous 8c un Cabry
Cochons Marons ,
gros
d'oifeaux, 8c revinmes
avec beaucoup
à Soleil couchant.
fans nous être égatés fait accommoder
Nos Dâmes avoient
& elles
notre chafle du jour précédent,
firent fervir des mets al'Angloife,
nous érojent très-bons.
qui Ce fut dans ces deux parties que je
la plus grande
vis & &T l'ile je parcourus ACrabes; je ne m éronne
partie
voulus'y étapas que les Anglois railon, ayent & elle mérite
blir,ils avoient d'autres d'ètre habique beaucoup de
la vérité,
tz:; clle n'a point port,a --- Page 356 ---
336 Nonveanx
anx
mais elle a de bonnes Fayager rades, Ifes
1705. du côté de Port-Ric,
& un acul
tenir lieu d'un Port. 9: pourroit ai
bien
qui ne m'ait fait envie, & ny rien vû
fait déplorerlaveuglemenr qui ne m'ait
demes Compatriores quife font allez établir à Saint
Martin, Saint Barthelémi,
mauvais endroits,
> & autres
au lieu de venir
ter une. bonne Colonie en cette
pofsy maintenir par la force contre Iflc, &c
Port-Ric, Nous aviens
ceux de
Sainte Croix
une Colonie a
qui ieft au Sud-Ef de Boriquen que l'on a abandonnée en
comme je l'ai dit en fon lieu
1696,
été infiniment mieux à lIfle à qui auroit
oi le bon air & les bonnes
Crabes,
fe trouvent point à Sainte caux, qui ne
reient faite
Croix, l'auiultiplier à vûe d'ceil. Jele
répete encore de toutes les Mles
và, iln'y en a point de plus
que jai
établir une Colonie, & pour APENEE
de
OAE
pcu
tems un commerce
Le Mercredy 4 j'allai a
avantageux. encore à la
challeavec deux de nos Flibuftiers, &
deux Anglois. Le Capitaine Daniel m'avertit de ne pas m'éloigner,
vouloitleverl l'Ancre fur le parce qu'il
fiur les
foir; en effer,
tendîmes quatre heures après midi nous enun coup de canon; ; nous reprimes aufficôt le chémin de la mer
>
bien
EE
de
OAE
pcu
tems un commerce
Le Mercredy 4 j'allai a
avantageux. encore à la
challeavec deux de nos Flibuftiers, &
deux Anglois. Le Capitaine Daniel m'avertit de ne pas m'éloigner,
vouloitleverl l'Ancre fur le parce qu'il
fiur les
foir; en effer,
tendîmes quatre heures après midi nous enun coup de canon; ; nous reprimes aufficôt le chémin de la mer
>
bien --- Page 357 ---
Frangoifes del'Amérigue.
bien fâchés de ne pouvoir avions continuer dé- 1705*
notre chafle, parce fraiches que nous de Cochons
couvert des il fallut traces nous en revenir, nous
Marons;
c'elt ainfi
avions tué un particulier, mâle , quel'on
qu'on appelle uns Sanglier lui eût coupé la
trouve fcul, quoiquion 8c
la freflure, 2
tère & les pieds, jetté en portoient
deux de nos hommes
fous la charchacun la moitié, ,
E
une bonne chevre
ge. Un autre
étoirchargéde deux
graffesle
tète du Particulier;
m
Cabrittons, & de la
& mon Negre &c moi bord d'Oifeaux. de la mer au
Nous arrivâmes au le monde étoit
Soleil couchant; tout vint nous chercher
embarqué. Le canot
& nous porta à
dès que nous parimes, étoit prêt, on fit la
bord. Le (ouper mimes à table. Sur
Priere, & nous nous tira à bord P'ancre
les dix heures on
& camt
étoit à pics nous appareillimnes. étoit partic quatre
vimes la caiche qui
bonnes horloges avant bientôt, nous. & comme
On la rejoignit voiliere > & trop
elle étoit mauvaife
de lui jerter 1
chargée, on fut contraint ouaiche dernn grelin, 8c la tirer vis rien en de cette maricre nous: Je ne lendemain matin que je
nocuvre quele
P
Tome VII. --- Page 358 ---
338. Nonveaux Voyages aux
me réveillai far les fept heures, Ies
1705. avoirdormi commeun
après
extrèmement fatigué depuis hommequiavoir
Nos Dames Angloifes avoient troisjours. fait
le chocolat; ; on le prit,
je
la Pricre, & On
puis
FIE
fe mit à table
pour déjeàner. Si Daniel en avoit été
cru, la caiche qui nous empêchoit de
marcher, dé
ne nous auroit pas incommoble longtems, car il la donnoir au diaautant de fois qu'il jettoit les
deffus 5 mais comme il n'étoit yeux le
feul qui y avoit intérêt, le diable pas ne
pit pas profiter du préfent qu'il lui vouloitfaire. A la fin nous vimes le rocher
blanc, nous dinâmes & mouillâmes
L'Auteur dans le
de Saint Thomas fur
arrivé à cinq
du
les
S. Thofoir, le
TAaterad
On
Jeudi 5 Février.
mas.
débarqua auffi-tôt tous les Anglois
qui étoient fort contens des bonnes m2nieres de notre Capitaine. J'accompagnainos Dames chez le Gouverneur qui
étoitle même que jy avois vû cn
il me reconnut & me fit
1701.
d'honnètetés & d'offres de
bcaucoup
la nous fûmes au, Comptoir fervice; de Danne- demarck, où neus fâmes reçus
ment bien, Nos Dames dirent parfaire- tous les
biens imaginables de notre
&
de fesgens, & n'oublierent Capitaine les
pas
pe-
ainos Dames chez le Gouverneur qui
étoitle même que jy avois vû cn
il me reconnut & me fit
1701.
d'honnètetés & d'offres de
bcaucoup
la nous fûmes au, Comptoir fervice; de Danne- demarck, où neus fâmes reçus
ment bien, Nos Dames dirent parfaire- tous les
biens imaginables de notre
&
de fesgens, & n'oublierent Capitaine les
pas
pe- --- Page 359 ---
Frangoifas de TAmévigue, 339
tits fervices que je leur avois rendus. traités
Nous fimes très-bien logés, &
1705Daniel vint
magnifiquement. il avoit envoyéà fes
avec nieres nous, la moitié du dernier Sanglier reftoit que
nous avions tué, & tout ce qui
de Ramiers & de Perdrix. M.Van-belà Saint
Jc ne trouvai plus
fon polte de
Thomas, il avoit quitté des Danois, &
Direéteur du Comptoir les Anglois à Saint
s'étoit retiré parmi des Commis du
Chriftophe. Fapptis avoient fervis fous lui,
Comptoir qui lieu de fc loiier des Anquilnavoir pas eût des lettres de natuglois. Quoiquil bonne forme, avec une
ralité en
demeurer dans Fee
million exprelfe de d'Angleterte qu'il
endroit des domaines
fes
voudroit choifir, & d'y tranfporter
effets & fes E(claves, on n'avoit
& fon
LRRS
laiffé de failir fes Negres
dès
fut motillé à la grande
ment
qu'il
fous prétexte
Rade de Saint Chriftophe, formalité, & il
de quelque manquede une fomme trèslui avoit fallu compter avoir main levée de
confidérable fes effets. On pour voit par cet échantillon
del'Amerique font aulli
que les Anglois
ceux d'Euhabiles dans la chicane
defcendent,
ceux dont
Tra
rope & que
Pij --- Page 360 ---
Nowveanx Yoyages anx Ifes
240 Nos Dames n'eurent pas de peine à
1705 trouver l'argent dont on étoit convenu
avec elles pour le prix de leurs Efcladès
matin il fut compves 5 lelendemains Daniel & à fon Quartiertéau Capitainel
de notte
maitre. Il n'étoit -
refté à bord
barque qu'un Negre & une Negreffe de
avoir foin des coffres &
ces Dames pour l'on n'avoit pas eule
des pacquets que le foir cn arrivant.
tems de débarquer avec le bagage de
Le Negre s'embarqua mais lal Negreffe ne voulut
fa maitreffe 5 de la
& dit à Dajamais fortir
Barque,
à la mer,
niel qu'elle fe jetteroit plarôt
n'éde retourner avec desgens qui
que toient
de fa Religion > qu'elle étoit
pas
&
vonloit mourir
Catholique, 3 qu'elle
avec des Catholiques. Je fçavois qu'elle d'oà
étoit Creolle de la Guadeloupe,
elle avoit été enlevée dans Firruption elle
que les Anglois y firent en 1703. Par
étoit marice, & avoit des enfans.
bonheur je me trouvaiabord. Daniel quandcela de la faire
arriva; & J'empêchail
foramarrer, & la faire embarquer par
ce.J'offris de TendrellaDsmcAmgieilte
en avoit donné à nos
le prix qu'elle les tournai 6 bien que Da-
& je laiffa maitre de cette affaire.
E: me
cette-I Dame, & lui
J'allai donc trouver
3. Par
étoit marice, & avoit des enfans.
bonheur je me trouvaiabord. Daniel quandcela de la faire
arriva; & J'empêchail
foramarrer, & la faire embarquer par
ce.J'offris de TendrellaDsmcAmgieilte
en avoit donné à nos
le prix qu'elle les tournai 6 bien que Da-
& je laiffa maitre de cette affaire.
E: me
cette-I Dame, & lui
J'allai donc trouver --- Page 361 ---
. Frangoifes de TAmérigue avoit donné 341
préfentai l'argent qu'elle lui
que 1705pour fa Negreile, 2
repréfentant mariées qu'elle Hiftoi.
cette pauvre efclaveétoir & toute fa famille Efclave. re d'une
avoit des enfansy
feroit une acparmi nous, & qu'elle
Angloife,
tion digne de la generofité d'aller vivre
de lui faciliter le moyen
Cette
avec les
de fa communion. de peine
Dame fe Reraire fans beaucoup dit
mais elle me
qu'elle
à mes raifons;
fervit d'autres
ne vouloit point qu'elle été fon efclavé, qu'elle
gens, après avoir recevoir l'argent que
ne vouloit point & qu'elle lui donnoit
jelai préfenvois, voulois lui donner pala liberté, fije
libre, lorfquelle
role qu'on ilalaifferoit
Je lui dis que
feroit parmi les voulût François. bien lui donner
pourvà liberté qu'elle un acte en bonne forme,
la
par
fa volonté feroit
le lui répondois que
&
executée de point en point, quej'en fur le
On fit venit
faifois mon affaire. l'aéte fut dreflé 8c
champ un Notaire,
de PIfle étant
figné, & le Gouverneur rendre vifite à
venu dans ce moment de confirmer par
ces Dames, , jele cachetla priai veritédel l'acte;
fon feing & fon l'acte fut aufli figné du
il le fit auffitôt,
& d'un MiDireéteur du Comptoir, & la Dame me
niftre qui fe trouva-là, >
Piij
l'aéte fut dreflé 8c
champ un Notaire,
de PIfle étant
figné, & le Gouverneur rendre vifite à
venu dans ce moment de confirmer par
ces Dames, , jele cachetla priai veritédel l'acte;
fon feing & fon l'acte fut aufli figné du
il le fit auffitôt,
& d'un MiDireéteur du Comptoir, & la Dame me
niftre qui fe trouva-là, >
Piij --- Page 362 ---
342 Nowveaux
AHX
lei mit entre les mains, Foyager
Ifes
1705. toirà ma confidération ajoûtant que c'éde fa Negrelfe, Je la qu'elle feprivoit
rendis l'acte, la priant de remerciai, le
& lui
même al'efclave quand elle donnerelle- viendroirla
remercier. Jenvoiai mon Negre à bord'
chofe pour l'amener à terre 5 mais quelque
de la qu'on lui dit, iln'y eut pas moyen
moi-mème perfuader; il fallut que j'allaffe
la chercher, & guejelaffuraffequ'elle ne demeureroir plusavecles
Anglois, & qu'elle étoit libre. Elle
crut àla fin, & me fuivit, & la con- me
duifis à fa maireffe. Ses larmes je
les interprètes de fes
furent
jetra aux pieds de fa maitrefle, penfées, elle fe
baifa plufieurs fois, & ne faifoit elleles que 16pandre des larmes fans
une fcene des plus
parler 3 c'étoit
maîtreffe s'attendrit touchantes, car la
aufli, & fe mit à
pleurer; & ce ne fut pas fans peine
ler reieva fal Negreffe, & lui dit:j qu'eldonne la liberté,
je vous
employcz-la bien à fervirDieuspriez-le le Pere
pour moi,& remerciez
qui vous la procure. Elle
l'acte qui avoit été dreffé, & mele don- prit
nant, elle me pria d'avoir foin
fa
Negreffejotit cordoit.
dela grace qu'elle R acJe lui promis, & dis à la Negrcfe de remercier fa maitreffe; ; elle --- Page 363 ---
Françoifes de PAmbrigue. embrafla 343.
encore à fes
les
1705fe jetta
& lni art enfin, Madame,
en pleurant, Dieu toutc ma vie qu'il vous bonje aufli bon que vous m'avez été StapleMadame
EFEN
ne maitreffe. je priai
d'elle tout le
ton de la garder aupres ferions à Saint
tems qu'elle ou nous m'accorda fort
Thomas > ce qu'elle
partit
gracieufemenr ; & lorfqu'elle des hardes &
elle donna à la Negrelfe elle & l'autre Dame
quelque argent, &
je ne
m'envoyerent un préfent 2 auquel des
m'attendois pas, pour me remercier rendus.
fervices que je leur avois auffi la fomme
Nos gens reçurent convenus pour le prix
dont ils étoient de fa charge, & fe mide la Caiche &
à faire la débaurent fclon la coutume de l'argent.
che tant qu'ils eurent à S. Thomas PECJe trouvai encore
logé en
culape François chez quijarois
de Saint Domingue,
1701. en revenant trouvois en état de lui
Comme je me
de ma reconnoifdonner des marques mieux, &cilfur
fance, jele fis de mon allâmes enfemble
très - content;, nous François qui me firent
voir nos refugiez
la plapart
bien des carefles. aife, Quoique ils fouhaitoient
fuffent fort à leur retourner parmi nous; 5
pallionnementde
Piv
ape François chez quijarois
de Saint Domingue,
1701. en revenant trouvois en état de lui
Comme je me
de ma reconnoifdonner des marques mieux, &cilfur
fance, jele fis de mon allâmes enfemble
très - content;, nous François qui me firent
voir nos refugiez
la plapart
bien des carefles. aife, Quoique ils fouhaitoient
fuffent fort à leur retourner parmi nous; 5
pallionnementde
Piv --- Page 364 ---
344 Nouveanx Voyages aux ifes
1705. j'engageainos gens à leur vendre préferablement aux étrangers leurs parts da
pillage, & ils eurent affez de déference
pour moi, pour le faire. Un de nos compatriores qui avoit une fucrerie à quelques lieués du Bourg, me pria d'aller
paffer un jour chezlui; jy allai, & je
fis lc tour de l'INe; ce n'eft pas unl long
voyage, car elle n'a, ou ne m'a para
avoir que fix à fept licués de tour; elle
eft bien peuplée & bien: cultivée. Les
Danois ou Hollandois qui l'habitent
ont des maifons fort propres 5 mais il
s'en faut beaucoup qu'ils entendent la
conduite d'une habitation comme nos
François refugiez. Ces derniers ont appris le fin du commerce des
&
font devenus affez habiles premiers s
dednce de la jaloufieàleurs maîtres. pour
Le Lundi 9. nos deux Dames Angloifes partirent dans une Barque Danoife qui devoit les porter à Saint Chriftophe ou à Antigues. Le Capitaine Danicl leur donna un ample
aufli. bien qu'à la Caiche qui partit palfeporr, aufli.
On fe fit beaucoup d'honnèterez
& d'autre, & on fe fépara avec depatt
peine, >
parce que nous étions fort contens lcs
uns des autres : nous avions vècu près
d'un mois enfemble. dans une union & --- Page 365 ---
de P Ambrique.
focicté Frangoifase aufli parfaite : , que fi nous
une
été de lar mème nation & dela 1705.
cuflions Religion, 1, & que nous cuflions
mème
longrens.
été amis depuis
commençant
Le Mardi 20. l'argent de nos gens,jaià manquer àl la plipart Domelilesrafeables
dai'au Capitaine faire courir lebruit paril fallut encore avoit avis d'un bâtiment
mi eux, qu'on devoit arriver àSaint ThoAnglois qui
Cette faufle noumas à tous momens. à fe rembarquer à
velle les détermina été prendre congé du
nuit clofe. J'avois
Monficur le
Gouverneur ; & remercier roujourslogé,
Direéteur chez quijavois du Comptoir, 1e > def-
& tous les Oficiers beaucoup dhonnetequels javois reçu François m'envoyetez. Nos refugiez
5 il en vint
rent des rafiaichillemens retins à fouà bord, jeles
quelques-uns fitque nous ne partimes que
per,ce qui
iur le minuir.
la route de la grande de Départ Saint
Nous primes Je ne fçai par quelle ThomasRué des Vierges. Daniel mit en panne
raifon le Capitaine fimes environ à trois ou
quand nous de Panefton ; je le vis àla
quatre lieués il déclara à fes gens que file
fin quand dont on lui avoit parlé ne
vaiffeau,
roiffoit point dans tout
tE
Pv
quelques-uns fitque nous ne partimes que
per,ce qui
iur le minuir.
la route de la grande de Départ Saint
Nous primes Je ne fçai par quelle ThomasRué des Vierges. Daniel mit en panne
raifon le Capitaine fimes environ à trois ou
quand nous de Panefton ; je le vis àla
quatre lieués il déclara à fes gens que file
fin quand dont on lui avoit parlé ne
vaiffeau,
roiffoit point dans tout
tE
Pv --- Page 366 ---
346 Nowvenux
AHX
envie d'aller
Yoyager
IRes
1705. qu'on appelle piller cette petite Ille, 2
ge,e étant bien autrement sûr
la groffe Viergent, &
d'y trouver de l'argu'elle ne leur coûteroit
grande peine , fi on furprenoit les
glois deux fut auffitôt heures avant le jour. Cela
conclu ; nous
entre deux Ifles pour n'être mouillâmes
perçiis, & nous paflâmes le point refte apjour à pècher à la ligne. J'avois
du
marqué dans mon voiage
déja reles canaux qui font entre précédent ces Ifles aue
mes très-poiflonneux, en celui-ci , la pêche que nous fic
davantagequele me convainquit encore
poiffon
ces
fourmille dans
de toutes endroits-li; les
nous en primes prefque
foxtes, s'entend de cclles.
qui mordent à
tité. A Soleil lameçon, 2 & en quançouchant on
quelque chofe en mer, mais apperçut
de nous qu'on n'en pouvoir frcloigné
cunjugement certain.
porter audeffus. On
Auffitôt on chaffa a
c'étoit reconnut fur les dix heures
noit que le
un vailfeau affez gros qui tevent : nous manceuvrâmes
le lui gagner en nous approchant de pour
nous n'en étions qu'à demie
luis
canon vers les deux heures
portée de
Il nous parut alors moins après minuit.
confidérable
qu'il ne l'étoir en effet, parce que la --- Page 367 ---
Frangoifts de PAmerique- même 347
le
on crut
1705*
nuit nous grofiffoit; lumiere entre les deux
avoir vû de la
quilavoir deux
ponts, ce qui marquoit forte
pour ne rien :
batterics ; de
que confervâmes le
faire à l'érourdi, avions nous far lui, & legar- d'un Prife
vent que nous refte de la nuit. Dès que Fau- vaiffeau
dâmes le
An- Anglois,
nous mîmes pavillon
be
il le 3 mit aufli, & l'affura d'un
canon. Nous vimes alors que
LET
coup de
bâtiment mediocre qui
ce n'étoit qu'un
Nous amenâmes
avoit douze canons. faux Pavillon & hiffâmes
alors. notre
nous affurâmes de
Pavillon blanc que que nous lui entrois coups de canon aflez bien avec
il répondit
voyâmes;
environ une horloge
le fien, pendant
notre moufque nous le chaufamesavec il vit que nous
quetetie ; mais quand l'aberder, il amena 9
Télongions pour vint à bord. Il auroit
& le Capitaine
il auroit
mieux fait d'amener à trois plûtôr, de fes ho mmes
confervé la vie &c n'auroit pas eu fix
qui furent tuez, Nos
n'eurent pas
autres ble(lez.
gens Après que
feulement une égratignure.
le
fut amarrinée nous reprimes
la chémin prife de S. Thomas pour y vendre deux
C'étoit un navire de
n otre prife.
vieux, & chargé fculecens tonneaux,
Pvj
mieux fait d'amener à trois plûtôr, de fes ho mmes
confervé la vie &c n'auroit pas eu fix
qui furent tuez, Nos
n'eurent pas
autres ble(lez.
gens Après que
feulement une égratignure.
le
fut amarrinée nous reprimes
la chémin prife de S. Thomas pour y vendre deux
C'étoit un navire de
n otre prife.
vieux, & chargé fculecens tonneaux,
Pvj --- Page 368 ---
348 - Nonveanx
1705. ment d'eau-de. vie Froyager de cannes, anx Hes
& de fucre
de fyrops,
de
brut, avec quelques balles
fesde coton,des chocolar. cuirs verts, & deux caifIl alloit àla
ouil devoir décharger
Virginie,
& fc charger de poiffons fesmarchandifes fec &
pois, de planches & de bois de falé, char- de
pente pour des habitans
Chemin faifant on s'accommoda d'Antigues.
le Capitaine Anglois, & on
avec
la rançon qu'il nous
convint dc
vaiffeau, & fac cargaifon. donneroitpour fon
Retour
Le Vendredi
nous
a Saint avant jour à une 13. demie moiillâmes
Thoinas, Thomas, Le
lieué de Saint
Capitaine Daniel avec fon
quartier-maitre, & le Capitaine Angloisavec fon Ecrivain allerentà
ils reçûrent partie en argent, & terre;
en lettres de change fur la
partic
la fomme dont on étoit
Martinique
étoit de vinge-deux mille convenu,
& revinrent le
cinge cens
aet
nâmes à
foir à bord. Nous donfouper au Capitaine
& onleremit en poffeilion de Anglois, fon vaif.
fcau, dont on n'avoit tiré
picccs d'eau-de-Vie, & une que caiffe quatre de
chocelat, avec quelque petit
Nous levâmes l'ancre au point pillage. du
jour le Samedi 14. Fevrier, & chacun
ft route de fon côré. L'Anglois snous fa- --- Page 369 ---
Françoifes de T Ambrigue. lui 349 en.
lua de cinq coups. de canon > d'un. on
1705*
rendit trols , 86 il remercia Ruë des
Nous reprimes oublicrent la grande leur defVierges. Nos gens Panefton, & ils firent
fein de piller
Daniel leur en
biens car malgré cC que
avoit dit, je içavois par un denosPeres les haavoit été prifonnier, que
S qui étoient très pauvres.
de faà manquer
- Nous commenctonsi Daniel réfolut de s'en
rine de manioc. à Saint Martin, où nous
aller fournir
moillâmes le Dimuneheyapismiai
CHAPITRE XVI.
de Saint Martin, crde Saint
Des Ifles
Prife d'un Navire
Barthelemy.
Anglois.
'Ile de Saint Martin eft fituéc de AEOT De S. Mar- PIfc
L le18 dégré, & un quart
tin,
de nord.*On prétend quelle Elle n'a a ni quinze ports
à feize lieués de tour. feulement quelnirivieres; on fontaines y trouve qui donnent de
petires
de pluie, & qui taRee danslestemps la faifon féche eft
rifent aufli-tôt que
Prife d'un Navire
Barthelemy.
Anglois.
'Ile de Saint Martin eft fituéc de AEOT De S. Mar- PIfc
L le18 dégré, & un quart
tin,
de nord.*On prétend quelle Elle n'a a ni quinze ports
à feize lieués de tour. feulement quelnirivieres; on fontaines y trouve qui donnent de
petires
de pluie, & qui taRee danslestemps la faifon féche eft
rifent aufli-tôt que --- Page 370 ---
35o Nowveaux Poyages AHX Ifes
venue,
qu'elles ne font
des
des eaux de
inej.-botEma
pluic; 2rie forte
qu'on y eft réduit al'eau de citerne, &
deq quelquesmauvaifes marcs. Leterrain
ne m'a pas paru fort bon, du moins
dans les endroits où j'ai été; mais il
s'en faut bien quejaie couru cette Ifle
autant que l'INE à Crabes, &l lIle d'Aves. On n'y fait que du tabac, de l'indigo, des pois, des farines de Manioc, $
un pea de Rocou & du fel tant qu'on en
veut, car ilr n'y a qu'à le prendre dans
les falines, où il fe fait naturellement
fans travail & fans dépenfe.
La rade où nous moitillâmes eft à
FOueft - Sud. Oueft, très-bonne
lancrage, mais expofée à tousles vents pour
qui viennent de déhors; l'on y feroit
fort mal dans un gros temps, & encore
plus dans un Ouragan,
Les Elpagnols avoient une Colonie
fur cette ifle, & une Fortereffe dont on
voit encore quelques reftes. Je ne fçaide
quelle utilité leur pouvoit être ce Fort
ni la garnifon qu'ilsy entreteroient qui
leur caufoit une dépenfe très-confiderable fans leur apporter d'autre profir
celui d'empêcher que les autres Euro- que
péens ne s'érabliffent dansles Vierges,
ou ne profitaffent de leurs falines. Ce --- Page 371 ---
Frangoifes de Ambrique: 351
dernier article ne valoit alliurement
1705des dépenfes
aim
la centiéme partie fe les conferver 2 puic
faifoient pour des falines naturelles dans
qu'on trouve Ifles, tant celles qui font aul
toutes les
font fous le vent.
celles qui
vent > que
ont empêché pendant
Il eft vrai qu'ils ne foit établi à Saint
longrems quel T'on
à Panefton s
nenceatAmpaure Sainte Croix, , PIle à
Saint Thomas, 2
Iles aux enviCrabes , & autres petites ils n'avoient
rons; mais comme Frangoiles EX &
pècher les Colonies.
à Saint
gloifes de s'établir pniffammene la.Guadeloupe.,
Chriftophe, Antigues, 8 autres Mfles, ils
la Martinique,
EE
rent enfin le parti d'abandonner de 1645.11s
Martin au commencement ceteffet autant de gens
samallerent pour crurenten avoir beloin.
de travail quils
toutes les citerIls creverent & gaterenr les maifons - 2 firent fauter
nes , brulerent
avoir fait toutle
la Forterelle; & après avifer, ilss'emdégât dont ils fe fc purent retirerent à Port-Ric.
barquerenr, & quelle avanture il fe
Je ne fçai par
François, cinq
trouva parmi. eux quatre
Ces dix
Hollandois, & un Mulâtre. dans les bois,
hommes s'étant cachez yembarquerent 2lorfque les E(pagnols
ifons - 2 firent fauter
nes , brulerent
avoir fait toutle
la Forterelle; & après avifer, ilss'emdégât dont ils fe fc purent retirerent à Port-Ric.
barquerenr, & quelle avanture il fe
Je ne fçai par
François, cinq
trouva parmi. eux quatre
Ces dix
Hollandois, & un Mulâtre. dans les bois,
hommes s'étant cachez yembarquerent 2lorfque les E(pagnols --- Page 372 ---
352 Noyveaux Poyages aur
1705. fe rencontrerent
Ifes
de la mer, & réfolurént fortuirement au bord
& de la
d'habiter l'Ile,
partager entre les deux
comme celle de Saint
nations,
toit entre les
Chriftophe l'éIls
François & les Anglois.
leur concerterent les moyens d'execurer
deffein ; & les cinq Hollandois
Saint ayant fait une Piperie : s s'em allerent a
Euftache donner avis au Gouverneur de leur nation de ce qui étoit arrivé à S.Martin, & de ce qu'ils avoiene
concertez.avec les François. Ils
aufli avertir le Bailly de
devoient
verneur de la partic
Poincy, GouFrançoife de Saint
Chriftophe de l'état des chofes, & de
ce qu'ils étoient convenusavec les FranLes Hol- çois qu'ils avoienr lailléà Saint
landois mais ilsne le firent pas. Au contraire Martin;
s'empa- Gouverneur
le
rent de che
Hollandois de Saint Euftal.fle de
envoya un Officier
S. Mar- Thomas en
nommé Martin
tin,
qualiré de Gouverneur
avec tout ce qu'il put amafler de
dans fon Ille pour aller prendre gens
fion de Saint Martin aul nom des pollef Etats
Généraux leurs maitres,
cet adte faire revivre les prétendant par
qu'ils avoient fur cette Ille. prétentions
Pour entendre ceci, il faut
que dès l'année 1637. les fçavoir
avoient une Colonic, & un François Gouver- --- Page 373 ---
Frangoifes de PAmerigas. 353
neur à Saint Martin. furprife, Lestollandeisy 8 s'étant1705.
étant introduits t
forts, bâtirent
enfuite trouvez plus dansleurufur.
un Fort, & fe maintinrent quelques mois , jufqu'à
pation pendant Gouverneur E(pagnoi de PortcC quele
confideraRic ayant fait un armement le Fort des Hollanble, vint attaquer après.un fiege de fix
dois, & Vemporta
& les Hollanfemaines. Les François
& condnits
doisfurent faitsprifomnicrs, endroits, &
à Port-Ric, & demeurerent en d'autres maitres de
les Efpagnols mirent une Colonie 8 une gar- &
lIle, y
la Fortereffe ,
nifon, augnuenterent jufqu'en l'année 1648.
sy maintinrent dépenfe quilsétoiene de
que ela trop grande faire
Yentretien
obligez de
inutilité, les obli-
& Eonte
cette garnifon,
gerent de Tabandonner. recit le
de droit
On voit par ce
R cerelfle,
eilncaet Martin Thomas
& quel la polfeflion de
maîtres en 1648.
nom
en prir au
prétenda droit meilne rendoit contraire pasleur clle étoit une nouleur 3 au
deleur mauvaife foi. Auffi
velle preuve étoient demeurezà Saint
lesfrançoise qui
denouvelMartin 2e n'entendant point fe douterent de
les du Bailly de Poincy,
de droit
On voit par ce
R cerelfle,
eilncaet Martin Thomas
& quel la polfeflion de
maîtres en 1648.
nom
en prir au
prétenda droit meilne rendoit contraire pasleur clle étoit une nouleur 3 au
deleur mauvaife foi. Auffi
velle preuve étoient demeurezà Saint
lesfrançoise qui
denouvelMartin 2e n'entendant point fe douterent de
les du Bailly de Poincy, --- Page 374 ---
354 Nonveaux
anx
la perfidic des Froyages
Ifes
1705. ils n'éroient Hollandois; mais comme
pas en état d'en tirer
ils diffimulerent fagement leur raifon,
& trouverent enfin le moyen chagrin, dc faire
fçavoir au Bailly de Poincy tout ce
s'étoit
qui
paffé > & l'état oli étoient les
affaires.
zend Diffe- en- Le Bailly de Poincy y envoya d'atre les bord le fieur de la Tour avec trente
François & les hommes, pour voir de quelle maniere
Hollan lesHollandois: fe
dois. ci prirent les armes, comporicroisnt.Coux &
fieur de la Tour de mettre empècherent fon monde le à
terre, prétendant être les feuls maitres
de PIle, cemme l'ayant occupée les
premiers après qu'elle avoit été aban.
donnée par les Elpagnols. Le fieur de la
Tour qui n'avoit Pas aflez de
faire valoir les droits des
gens pour
retourna àSaint
François, s'en
le
Chriftophe, & auflitô;
Bailly de Poincy mit fon neveu le
fieur de Lonvilliers à la tête de trois
cens bons hommes, &
dre polfeflion de l'Ie de l'envoya Saint
prendont il l'établit Gouverneur. Il Martin, lui
donna pourtant de n'employer les voies orde fait qu'au cas que les Hollandois
ne voulullent pas lui ceder de bonne
grace la partic de l'ifle, dont les François étoient maîtres
2 lorfqu'ils en --- Page 375 ---
de TAmbrigue 355.
Frangaifes
les E(pagnols. 1705:
furent chaflez par
mit fon monLe fieur de Lonvilliers
que les
de à terre fans oppofition 2 parce en état d'y
Hollandois n 'étoient pas
fommer
mettre obftacle, Hollandois & il envoya de fe retile Commandant François qu'il avoit
rer des quartiers
à en etrechalle
tane des armes, 8c châtié de la
par la force
avoit fait paroitre en
mauvaife foi qu'il
Thomas
le
cette occafion. Martin
au t de
parti d'envoyer des trairer députez avec ceux qu'il
Lonvilliers pour de fa parti de forte
voudroit nommer fut bientôt conclu. Les
que l'accord PIle furent
2 de materres de
partagées demeurerent mainiere queles) François côté
regarde l'Ille,
tres de tout le
qui & les Hollandois
appellée l'Anguilles où étoit le Fort. Le quartier
de celui
beaucoup plus grand
François fe trouva meilleur & pliuts fain. Les
l'autre ,
Te nations fe prirenr reciproquenene de l'autre, &c
fous la prorechion Pune défenfive. Le
firent enfemble une ligue leur Traité tout
Pere Dutertre rapporte des parties inte- tre Paixen- les
au long, il fut ligné 1648. fur une monta- deux narelléesle 2Mars
des deux tions,
gne qui faifoit la féparation nomma à caufe de
quarticts 1 que l'on
iuts fain. Les
l'autre ,
Te nations fe prirenr reciproquenene de l'autre, &c
fous la prorechion Pune défenfive. Le
firent enfemble une ligue leur Traité tout
Pere Dutertre rapporte des parties inte- tre Paixen- les
au long, il fut ligné 1648. fur une monta- deux narelléesle 2Mars
des deux tions,
gne qui faifoit la féparation nomma à caufe de
quarticts 1 que l'on --- Page 376 ---
356 Nonveanx
anx
cela la
Hhes
1705.
Montagne
Accords.
EAgO
Depuis CC tems-là jufqu'à la
de1688. les deux nations avoient guerre
en
vècu
bonneinrelligenee;" mais les
ayant été chaflez des
Anglois
occupoient à Saint
quartiers qu'ils
mencement de la Chriftophe au comtous les habitans de guerre Saint s on obligea
Saint Barthelemi de venir à Martin & de
ftophe
Saint Chripour augmenterla Colonie Françoile, & occuper les quartiers dont on
avoir dépoiillé les Anglois.
ci
nous ayant chaffé à leur tour Ceux- de Saint
Chriftophe, comme je l'ai diten fon
lieu, la ruine de cette foriffante
nie entraîna avec elle celle de Colo- Saint
Martin & de Saint Barthelemy. Beaucoup d'habitans de ces deux Iiles
rent, d'autres s'érablirent en
endroirs; de
Pritenuts
qu'un affez maniere qu'il n'y en eût
rent à Saint perit nombre qui retourneRifwick
Martin, après la paix de
en 1698. On leur donna
Commandant un des Lieutenans de pour Roi
s'érancallumée quiyd demeura jufqu'à ce que la guerre
cement de
de nouveau au commenGeneraux 1702. il fat rappellé, & nos
voulurent obliger les
tans de SaintMartin: à fe retirerà habiSaint
Chriftophe, oul dans quelqu'autre Co- --- Page 377 ---
de TAmérigue. 357.
Frangoifes Mais ceux ci - fe fouve- 1705*
lonie Frangonfe. aufquels leur tranfla.
nant des malheurs lcs avoit expofe, ne
tion précédente quitter leur pais. Ils
voulurent
avec les Hollandois,
de nouveau leurs anciens conFESEE
jurerent
reciproquecordats, & demeurerent les uns des aument fous la protedion vivoient en bons
tres; ceft ainfi qu'ils
de vivre meamis, & quils obligeoient des deux nations qui
me les Corfaires fournir de vivres chez eux.
venoient fc
n'avoient point d'OffiNos François tête
nous arricier du Roi à leur c'étoit quand un habitant
vâmesà S.Martin; Chirurgien de profef
de leur corps, j'avois fait le voyage
fion, avec lequel à la Guadeloupe en
de la Martinique étoit leur Commandant, Je
1699. qui avoit quelque efpece debre- lorfcroi quilen
de Guirant,
vet du Commandeur Général deslfles.
qu'il étoit Lieutenant charge il faifoit encore Officier
Outre cette
leur Ca- de Saint
celle de Curé; car depuis Don Caraibe Cuté,Ju. Martin -
pucin avoit éréallafiné des Ordres par Religicux
Me- &
un.
FA
en 1699. établis pas aux Iles ne s'étoit trou- Gouverqui (ont à leur donner-un Curé réfi- neurtout à la fois.
vé difpolé
étoient à Saint Chriftodent , ceux contentoient qui
d'y envoyer quelphe fe
Officier
Outre cette
leur Ca- de Saint
celle de Curé; car depuis Don Caraibe Cuté,Ju. Martin -
pucin avoit éréallafiné des Ordres par Religicux
Me- &
un.
FA
en 1699. établis pas aux Iles ne s'étoit trou- Gouverqui (ont à leur donner-un Curé réfi- neurtout à la fois.
vé difpolé
étoient à Saint Chriftodent , ceux contentoient qui
d'y envoyer quelphe fe --- Page 378 ---
358 Nowveaux Poyages ABX Hes
1705. qu'un des leurs de temps en
ce fecours avoit entierement temps, ceffé &
puis que cette Ifle avoit été prife par de- les
Anglois. C'étoit doncMonficurle Commandant qui aflembloit fon
les
Fêtes & Dimanches dans l'Egli(c, peuple faifoirquelque lecture ou exhorration, recitoit les prieres, avertiffoit
& des Fêtes ; & comme je croi desjeûnes faifoit
les correétions fraternelles à ceux
s'écartoient de leur devoir.
qui
Il faifoit encore lOffice de Juge; &
aflifté du Maître d'Ecole qui lui fervoit
d'Affeffeur ou de Procureur du
&
de fon Frater, qui étoit le Greffier, Roi, il
jugeoir reffort fouverainement, & en dernier
toutes les
s'élevoient dans fon contellationsqui
Gouvernement : c'eft
dommage il
que j'aie oublié fon nom, car
meritoit bien mieux que
d'autres d'avoir place dans ces beaucoup Memoires. ; j'efpere le mettre dans la feconde
édition, > & faire connoître à la
té un homme, qui, à
pofteri- de
Grands-Prètres de l'ancienne l'exemple Loi, nos
niffoit en leur perfonne le
réiment Eccléfiaftique, Civil & gouverne- Militaire, fans préjudice de l'autorité
la
Faculté dc Medecine, dent il, que étoit
membre 2 lui avoit donné fur les --- Page 379 ---
Françoifes de PAmériqne. 359
Corps & les Bourfes de fcs Habitans. 1705.
Monfieur) le Commandant fut la prevint à moi, quand
miere perfonne qui
nous reconnûje mis pied à terre embraflames, 5 nous
& les
mes > nous nous fuivirent de près les
offtes de fervice
de ville, car il
complimens. Sa maifon
aveit une habitation à la campagne >
étoit la plus.appatente de dix - huit ou
la Ville
dix-neufantres aquicompofoient
de Saint Martin. L'Eglife, le Prefby- d'Ecole
tere, 8c la mailon du Maitre Monétoient à quelques cens pas de-là.
fieur leCommandant donna ordre qu'on
avertit dans les quartiers qu'il éroit ar-
& auffitôr le Maitre
rivé un Religieux, devoir de fonnerla
d'Ecole fe mit en
cela un
Meffe, il avoit empoigné failoit pour autant de
gros Lambis percé E chafe; c'étoit la
bruit qu'un de la corps Paroiffe, & du Capitole -
cloche
&
fût
cette
quoiquil
de
Repablique; heures, & que j'euffe
près de quatre
de dire
diné, il vouloit me perfuader Dimanche,
la Meffe, parce quilétoit de dix fois
je le
& me repéta plus
Je E
pouvois > in calo mecefitas. & tous ETe
mis de la dire le lendemain ,
dans
autres jours que faire je diverfion demeurerois je lui dePIle; & pour
-
cloche
&
fût
cette
quoiquil
de
Repablique; heures, & que j'euffe
près de quatre
de dire
diné, il vouloit me perfuader Dimanche,
la Meffe, parce quilétoit de dix fois
je le
& me repéta plus
Je E
pouvois > in calo mecefitas. & tous ETe
mis de la dire le lendemain ,
dans
autres jours que faire je diverfion demeurerois je lui dePIle; & pour --- Page 380 ---
360 Nowveanx Voyages anx
1705. mandai où il avoit étudié, Hhes
me doutant
bien.quil avoit été compagnon
de M. D.L. C. Doyen du Confeil d'étude
verain del la
Souloient latin Guadeloupe, à
, puifqu'ils
pcu près l'un comme
tre.
AE
J'allai fur les cinq heures à l'Eglife
que je trouvai fort propre, je
les
vafes
vifiral
facrez,les ornemens & les
je fis de Tean-benite, & je fis faire livres, du
Pain pour la Meffe; & comme unep
tie de la Colonic s'y
parleur fis une exhortation éroitallembléc, je
parerà irecevoir les Sacremens pour les prénitence & de l'Euchariftic. de la Peavec Monfieur le Gouverneur Je conferai
befoins fpirituels de fon
fur les
je puffe faire tout ce
Ifle, afin que
Miniftere pendant quiregardoir mon
En fortant de queje feroisavec ceux.
rendre vilite
FEglife nous fûmes
au Commandant Hollandois, iln'avoit pas tant de credit
le nôtre, car iln'éroit
que
& ilavoit un Miniftre. pas Il Medecin 2
fort courtoifement,
nous reçut
firent
nos complimens fe
fçus par interprètes jufgu'a ce quej je
qu'il entendoir le latin mieux
notre Maître d'Ecole; il parloit que
parce qu'il bavoirbeancoup &
il nous fit fervir
RELEDi
de la bierre, du vin
de --- Page 381 ---
Frangoifes de LAmbrigue. 361
Madere, de la ponche, & du pain 1705.
de
d'épices. notre vifite je m'en retournai
Après Monfieur notre Commandant 2
chez
demeurc.
oà je fixai ma
le lendemain avant
- J'allai alEglife demeurai jufqu'à
le jour, & jy.
midi i; je Rebit
dune heure après
chantai la
beaucoup de perfonness 5 je
Melfe, je fis le Prône, & T'explication
cinq ou fix Baptèmes
de lEvangile, & le Catechifme aux
après la Melfe,
enfans,, & aux donna-t'on Negres. le loifir de
A peinc fallut me retourner à l'Eglite où
diner qu'il jufqu'a la nuit à confelfer,
je demenrai
Je
les
&i faire le Catechifme. à
endu Baptème
RET
ceremonies avoienr été ondoyez par le
fans qui
après m'être bien alluCommandant, oblervé la forme prefcrite
ré qu'il avoit
par l'Eglife. le Mardi 17. de confeffer
Jachevai de la Colonie. Je chantai la
le refte
donnai la Communion, à
Melfe, & je
en état de
tous ceux qui fe trouverent les bancs
s'en approcher. & je.publiai dont les uns
de Halieurs Mariages & les autres >
à perfecétoient à faire,
fislesdeux jours
rioner, & c'eft ce qucje
Q
Tome VIIL.
oit
par l'Eglife. le Mardi 17. de confeffer
Jachevai de la Colonie. Je chantai la
le refte
donnai la Communion, à
Melfe, & je
en état de
tous ceux qui fe trouverent les bancs
s'en approcher. & je.publiai dont les uns
de Halieurs Mariages & les autres >
à perfecétoient à faire,
fislesdeux jours
rioner, & c'eft ce qucje
Q
Tome VIIL. --- Page 382 ---
362 - Nonveanx
fuivans.
Troyages Aux Mes
1705. nai
Quand je dis queje perfectionquelques Mariages,) je croi qu'on
comprend aifément que c'étoit
qui n'avoient pas jugéa propos desgens d'attendre quily eût un Prètre danslIfle. Ils
s'éroient contentez du contrat civil,
fans attendre que l'Eglife y joignit le
Sacrement; c'eft CC que je fis à leur
égard, & ce que jy trouvai de merveilleux, c'eft que toutes les
après une épreuve, & une
parties de
noviciat de quelques années cfpece
quelques mois, fe trouverent > ou de
- tes les unes des autres
fi contenne fit, ou ne témoigna > la que moindre . pas une
répugnance d'achever cC qu'elles avoient
commencé,
Toute cette petire Colonie qui ne
montoit pas à plus de deux cens ames
me preffa fort de m'établir chez eux.
Mon Ordre y avoit. envoyé & entretenu les premicrs Miflionnaires qui
furent avec le fieur de Lonvilliers y
1648. &-avoit accompagnélesp
en
premiers
labismqusy@Bubgrenre en 1636. On
me fit voir une affez grande étendue
de terrain qui-nous avoit été
& on me fit des offres
donnée;
fes pour m'arrêter. Le tresavantageu- befoin de ces
pauvres gens m'y portoit, & fij'euffe --- Page 383 ---
Françoifes de. LAmbrique. volon- 363
été libre, je me ferois confacré mais 1705*
ticrs au fervice de ces peuples; Million de la
jétois chargé de notre alors SupeMartinique > dont j'étois Apoftoliques de
rieur, & Vice-Prefet
faire fut de
forte que tout ce que folliciter je pûs le Gouverleur promettre de
les Capucins de
neur General d'obliger ou de fe défifter
leur envoyer un Cure,
prétendre
du droit qu'ils pouvoient Ile, depuis
avoir acquis fur cette entretenir T
nous avions ceffé d'y
ferois en
Millionnaires, auquel cas je
forte de leur en envoyer.
&
Les dévotions de nos Infulaires,
les Fètes qui fuivirent les mariages les
caufe
MEastec
je celebrai, furent
que Daniel vou-
& lespois que le Capitaine être embarqués.
loit avoir > ne purent foir. Il fallut encore
que le Samedi au
chanter la Meffe le Dimanche,, .pre- dicher, faire le Catechifine, & puis qui
chez Monfieur le Commandant
ner
le Gouverneur Hollandois'8c
avoit Miniftre, ptié
avec le Capitaine & le
fon
d'une Barque Corfaire d'AnLieutenanté
rade
de la
tigues qui étoit en
Nous auprès nous fenotte depuis deux jours.
lieu; mais
rions battus dans tout autre étoit tentre
le refpect de lancutralité qui Q 1]
pre- dicher, faire le Catechifine, & puis qui
chez Monfieur le Commandant
ner
le Gouverneur Hollandois'8c
avoit Miniftre, ptié
avec le Capitaine & le
fon
d'une Barque Corfaire d'AnLieutenanté
rade
de la
tigues qui étoit en
Nous auprès nous fenotte depuis deux jours.
lieu; mais
rions battus dans tout autre étoit tentre
le refpect de lancutralité qui Q 1] --- Page 384 ---
364 Nonveaux Payages aux
les deux
Hhes
Nations, nous infpira des
1795. timens de paix, d'union, &
fenpoliteffe.
même de
moiiller, L'Anglois nous falua avant de
2 & nous lui rendîmes
pour coup. Nous le faluâmes cn coup
& il nous traita de même.
partant,
Départ Nous levâmes l'ancre far les fix
de Saint res du foir le 22, Fevrier. Nous heuMartin, mes fur lIle de Saint Barthelemi portitoit encore une Colonie
: c'éavoit eule même fort que Françoife celle de
Martin, &c
Eou
tirez à Saint dont les reftes s'étoient refurance. Ili Martin pour y vivre en afn'y a quc trois licuès de Saint
Martin à Saint Barthelemi, & fix
de Saint Barthelemi à Saint
lieuès
Nous rangeâmes la cofte de Chriltophe. Saint Barthelemi d'aufli près que les cayes, dont
l'Ifleeft environnée, nous le purent
mettre. Elle eft bien plus petite perSaint Martin 5 ce qu'eile a de
que
& qui ne fe trouve pas dans meilleur, l'autre, s
c'eft un Port excellent où les
,
de telle grandear, & en telle Vaiffeaux
qu'ils puiffent être font dans une quantité
re ffireté, étant à couvert des entie-
& trouvent un fond d'une très-bonne vents. 2
tenué. Elle me parur affez
fe vers fon milieu; c'eft tout montagneu- ce
puis dire, Car nous la dépallâmes quej'en
pca- --- Page 385 ---
Frangoifes de PAmbriue 2
dant la nuit, & nous nous bien trouvâmes au vent de 1705*
Lundi au point du jour
Saint Chrilophe,
lors à efperer
Je commençai Guadeloupe; pour
cat Taud'ètre bientorala
d'un fi long
rois eu lieu de m'ennuyer Yavois renvoyage, fi les fervices que de Saint Mardus à nos compattiotes confolé du retardetin ne m'avoient
à mes affaires.
ment que cela apportoir canot d'AnIlarriva par malheur qu'un
nous
tigues qui alloit à la Barboude,
être de fa Nation, s'apprenant Ee nous; on - le laiffa approcher
procha
ne pût plus s'en dedire.
julqu'à ce on qu'il lui fit connoître fa bévié, Prife caPour lors de venir à bord. Il fit d'a-dun not An-
& on le pria ceremonies > deux coups glois.
bord
détertira à (on avantl'y
de fuhl
dedans fix Blancs
reen
minerent. Iy avoit Ils alloient à la Bar-
& quatre Negres. des paquets au General
boude porter Codringion qui sy étoit
des Anglois
fesamis. D'abord nos
allé divertir avec
enlever ce Generéfelarened'aller
gens ral, & je n'eus garde ede m'oppoferace arriver la
deffein. Comme il falloit bordée fur Antinuit nous fifmes une
? & dès qu'il fut nuit nous portâgues 5 fur la Baiboude. Il ne faut pas conmes
Qiij
quatre Negres. des paquets au General
boude porter Codringion qui sy étoit
des Anglois
fesamis. D'abord nos
allé divertir avec
enlever ce Generéfelarened'aller
gens ral, & je n'eus garde ede m'oppoferace arriver la
deffein. Comme il falloit bordée fur Antinuit nous fifmes une
? & dès qu'il fut nuit nous portâgues 5 fur la Baiboude. Il ne faut pas conmes
Qiij --- Page 386 ---
Nowveaux
AuX Mles
fondre cette Iile avec Barbade, cette
belle
1R21O
Ifle Angloife qui eft au vent de
toutes autres Mfles, , dontj j'ai fait la def
cription dans la cinquiéme partie de ces
Memoires ; celle-ci eft aul Nord-Ef
d'Antigue, > perite, bafle, fans rivieres,
ni port. Elle eft peu habitée, &cappar- >
tient, comme je l'ai entendu:
General
dire,-au
Codringron; c'eft fa
rie, ony éleve beaucoup de menagede cabrittes & de vollaille: : on mourons,
tabac, du mahis, des
y fairdu
tive le
pois, & on y culcoton. La petiteffe & la maigreur de fon terrain ne permertent
qu'ony y faile autre chofe, & qu'on y éta- pas
bliffe nne Colonie un peu nombreufc.
Nos gens au nombre de cinquantefix fe mirent dans notre canot, & dans
celui qu'ils venoient de prendre, &c
conduits par deux-de nos prifonniers
quiavoient les mains liées derriere le
dos, ils mirentà terre far les trois heuIls fur- res après minuit. Ils étoient fi bien-g
prennent dez qu'ils
un petit
gui- de
depilient l'iile de garde de ArpRtacat fix
qu'ils amarrerent corps
la Bar- tous bien proprement &c
boude,
defquels ils
fgurent que le General Codrington étoit
parti pour Antigue le jour précedent à
foleil couchant. Ce fut un vrai chagrin
pournos gens > & fur-tout pour qucl- --- Page 387 ---
TAmérique. 367
Fyangaferdel éroient. de la Guadeloupe 1705ques-uns qui
bien de faire payer
qui fc proinettoient leurs maifons qu'il avoit
àce Général
Au défaut du mai--
fait brûler en 1703. fes biens > fa maitre, ilss'en prireneà lui enleva douze ou'
fon fut pilléc, on il fe trouwaquelquce
quinze Efclavess engagez que l'on repauvres Irlandois
en les: failant
tira de ce dur efclavage, & je croi que
embarquer avec nous,
8c rélifle auroit été faccagét,
toute
fans la vaë d'un Vaifduite en cendre,
tout
feau qui fit revenir promptemenr
notre monde à bord. midi le Metcredi 25*
Il étoit environ
à
Fevrier quand nous commencâmes nous en
porter furl lui. A mefure que nous le rengrandeur
tommez.e
Nous comptâmes
doit plus refpedabie & fur fes Châteaux > trenfur fon Pont
Ilpouvoit avoir
te-deux canons montez. dont nous voyons
une autre batterie ouverts 2
5 en un mot 2
quelques fabords de dure digeltion.
cétoit un moreeau à quoi fe réfoudre; Combat
Daniel ne fçavoit
difoient que le contreun
la plapart de fes gens
: c'étoit dire vaifleau
Vaifleau étoit bien gros & chercher Anglois,
quille falloit abandonnet Dans le tems qu'on
une autre proie. Vaiffeau nous tira lui
confultoit, ce
Qiv
ons
une autre batterie ouverts 2
5 en un mot 2
quelques fabords de dure digeltion.
cétoit un moreeau à quoi fe réfoudre; Combat
Daniel ne fçavoit
difoient que le contreun
la plapart de fes gens
: c'étoit dire vaifleau
Vaifleau étoit bien gros & chercher Anglois,
quille falloit abandonnet Dans le tems qu'on
une autre proie. Vaiffeau nous tira lui
confultoit, ce
Qiv --- Page 388 ---
368 Nowveaix Voyages AuX
même de l'irréfolution où
Hes
1705-i1 fe mit à faire feu fur nous étions;
nous ne fuflions pas à portée, nous: , quoique
affez
ç'en fut
pour nous faire connoitre
avoit
Aufli notre Capitaine,s'é- qu'il
cria, Tre eft ànous, c'eft un Marchand:
allons, Pere, me dit-il, faifons vîte la
tôr priere > & buvons trois coups : auflidit, auffitôt fait; je fis la
on dit le Confiteor, je donnai priere, l'abfolution avec un mot d'exhortation,
apporta du vin, & de
on
tout le monde ventred.terre l'eau-de-vie, &
laida tirer
MonfieuclAngloise S quiavoir arboré une
grande flâme, un pavillon traînant à
Farriere, & un Yack à l'avant. Daniel
feul étoit débourà l'arriere
mander le gouvernail, & le pour commaître à l'avant, Nous reçûmes quartier- àla fin
un-coup en bois, dont tles éclats blef
ferent legerement deux de nos hommes. Daniel fit alors une bordée
voir quel patti le Vailfeau
pour
& affeoir un jugement plus prendroit, folide,
L'Anglois pourfuivit d'abord fa route,
& enfuite revira far nous. Comme ces
fignes étoient équivoques, nous revirâmes fur lui, & il prit chafle
nous intrigua encore davantage. > ce qui
fin nous nous établimes à fa hanche Ala à --- Page 389 ---
Frangoifes de rAmbrigue. à 369 le
bas bord, & nous commengimes de chaffe 1705chauffer avec nos deux piéces & notre moufqui étoient de fix livres, merveille. Dès
queterie qui alloit par
fur les gailqu'il paroilloir un Anglois abbattu, & dès
lards, il étoit auflitôt
mouveremarquoit le moindre
qu'on
avoit dix coups
ment à un fabord, En ily moins de deux horde fufil dedans.
touloges nous lui coupâmes prefque 5 de forte
tes fes manceuvres étoient courantes la plipart en
quie fes voilès
un tenitine
tene. Nous eûmes fix pourtant blellezs ce qui détué, & cinq Daniel ou à venir à l'abordage.
termina
cela, &c nous
Tout étoit difpofé
le bâriment à
pour
PACIE
portions
nous vîmes squilamena
bas bord, quand Notre feu ceflà anffitôt,
fon pavillon. "avec Madame fon époufe
le Capitaine dans leur Chaloupe c, & vinfe mirent rendre vifite. Je fus commis
rent nous
car Daniel avoit Prife
pour les affaires. recevoir, On peur croire queaun vaifleau
d'autres
qu'il me Anglois.
je le fis le plus graciculement étoit bleflé
fut pofible. Le Capitaine notre Chirurgien
legerement au bras vifiter ; fa
: qu'it
s'emprella pour
MEL
ne trouva pas dangeteufe laiffai
de a2te
dans les chairs. Je nc
ifite. Je fus commis
rent nous
car Daniel avoit Prife
pour les affaires. recevoir, On peur croire queaun vaifleau
d'autres
qu'il me Anglois.
je le fis le plus graciculement étoit bleflé
fut pofible. Le Capitaine notre Chirurgien
legerement au bras vifiter ; fa
: qu'it
s'emprella pour
MEL
ne trouva pas dangeteufe laiffai
de a2te
dans les chairs. Je nc --- Page 390 ---
Nowveaux Poyages AHX Ifes
Eare coucher dansla Cabane
1705. & de donner la mienne à fa deDaniel, femme,
que je confolai le mieux que je pûs.
Cependant Daniel fut à bord de fa
prifeavec cinquante hommes;i ily trouva encore 22. Anglois en vie & fains,
14. bleffez & 8. morts. On jetta ceuxciàla mer', les autres furent penfez, &
des 2 2. autres, dix furent envoyez dans
notre Barque , &c les 12. autres avec 40.
hommes des nôtres, & le quartier-Maitre furent laiffcz dans le Vaiffeau. Danicl fit mettre à part tout ce qui iappartenoit au Capirainc Anglois & à fa
femme, & le leur envoya fur le chiamp;
il ne dépoiilla pas les prifonniers, &
Jeur ft à tous biens des honnêtetez.
Hs le meriroient, car ils auroient
nous donner plus de peine qu'ils :
voient fait, étant dans u Vaifleau
avoit porré autrefois 56. canons,
en avoit
de
réellement 3 2. montez, &
auroit
qui
pi embarquer notre Batiment, >
comme fa Chaloupe 5 & nôtre prife fe
trouva chargée de 380. pipes de vin de
Madere avec quelques marchandifes fé
ches, Il étoit près de fept heures quand
le Vaiffeau fc rendit; on mit en panne:
le refte de la nuit pour épiffer les maaceuvres qui avoient été coupées, & --- Page 391 ---
Françoifes de TAmbrique
mettre tout en ordre. Les écou:" 1705
pour furent cloiiées, 8c le Jeudi LI1 peu
tilles
fur Antiavant le jour nous portimcs cette Ile, &
gues afin de palfer de Sac entre de la Guadeloupe.
leg grand Cul
fur le foir on me
Le Vendredi 27. Negre à PIfler à
débarqua avec mon
de ;2.jours
Goyaves , après un voyage Jelaillai mon cofpour faire 30. lieuès.
& je n'emporfreà bord du Corfaire,
caraibe oi
tai avec moi qu'un mes panier habits. Je couétoit mon linge confrere &
le Pere Gaffot,
chai chez mon Paroiffe, & le lendeCuré de cette rendis à notre Convent
main je me
du Baillif.
CHAPITRE XVII.
Permine Tafaire d'un mariage
L'auteur
d'une
*
clandefin. Raye
manieres prodigienle de pe
grandour. Diftrentes De la Vielle.
cher du poilfon Ta Balaos.
De Tazard,
On arrivée fitplaifir à mes amis,
M &à ceux
y avoient interèt,
le fieur denit & fa prétendué
comme
on n'avoit point eu de
femme, ('car
avj
du Baillif.
CHAPITRE XVII.
Permine Tafaire d'un mariage
L'auteur
d'une
*
clandefin. Raye
manieres prodigienle de pe
grandour. Diftrentes De la Vielle.
cher du poilfon Ta Balaos.
De Tazard,
On arrivée fitplaifir à mes amis,
M &à ceux
y avoient interèt,
le fieur denit & fa prétendué
comme
on n'avoit point eu de
femme, ('car
avj --- Page 392 ---
372 Notveatix
Aux
mes
nouvelles
Proyages
Ifles
170p-avions
depuis la prife que nous
renvoyée de "Iled'Aves, & on
ne fçavoit que penfer d'une G longue
abfence.)
Je fis avertir les prétendus mariez de
mon arrivée; ils vinrent me trouver
auflitôt, & m'apporterent tous les certificats de Catholicité > de feparation, &
autres preuves dont ils avoient befoin.
Je fis les procedures ordinaires; &a après
avoir fait publier un banc dans leurs Paroiffes, & difpenfé des deux autres >
leur fis faire une nouvelle
je
abjuration 5
après quoi je les renvoyai devant le
Curé de la Cabeftere pour recevoir la
benediétion nuptiale. Ceft ainfi que fe
termina cette affaire qui avoit attiré
beaucoup de mauvais traitemensà notre
Miflion, & qui ne cefferent pas, quoique nous euflions fait beaucoup plus
nous ne devions pour avoir la paix, que &
pouvoir vivre en repos : mais il y a
longtemps que les Miflionnaires. font
accoutumez à fouffrir des traverfes
quand ils veulent s'acquitter de leur >
devoir.
Je partis de la Guadeloupe le Samedi
14: Mars, & j'arrivai ala Martinique
le lendemain un
peu après midi. Pendant que j'étois à la Guadeloupe --- Page 393 ---
Frangeifes de PAmérigne. 373
harponnerent une
nos Negres étoit pecheurs la plus grande quejeulit 1705
raye qui
la mefarai quand on Raye
vade ma vie', le fable, je
& trouvai quel- gieufe, prodil'eut tiré far
huit je - pofices de
le avoit douze pieds du corps, neuf
larges
travers tète
la
cime
& Teitiee depuis la
julqura de deux pieds
ce de la queué 2 & fon près milien. Sa qucué
dtépailleur dans
avoit quinze pieds de long, vingr en i
ces de large à fa naiffance,
jafqu'au 1
bout
nuant infentiblement) & demie de a
ayoit un bon polce étoit plus épailfe
mètre. La peail bauf qui étoit patfernée de
que le cuir d'un
très-gros &c très
mailles 8c d'ongles
que quatre
forts. C'étoit une merveille canots eufhommes dans deux monftre petirs jufqu'à la
fent pû amener ce
& on eut
lame. Ils : avoient à le harponné, tirer à terre. On fe
affez de peine
faire de Phuile à
fervit du foye pour chair qui étoit extremebrûler. Pourla filalfeule, dure, coriace
ment longue,
on l'abandonna
& de mauvais goir, falerent les meilleurs
aux Negres & qui les endroits qui leur
morceaux >
durs. Perfonne dans Ste
rurent les moins fouvenoit d'avoir vû une
quartier ne fe Celles quel lon prend
fi.grande Raye.
fe
affez de peine
faire de Phuile à
fervit du foye pour chair qui étoit extremebrûler. Pourla filalfeule, dure, coriace
ment longue,
on l'abandonna
& de mauvais goir, falerent les meilleurs
aux Negres & qui les endroits qui leur
morceaux >
durs. Perfonne dans Ste
rurent les moins fouvenoit d'avoir vû une
quartier ne fe Celles quel lon prend
fi.grande Raye. --- Page 394 ---
aux Hles
ordinairement
Nasenfpana
à la Senne font fort
1703. tites. Je n'en ai point vu qui etit pes
d'un piedd de largeur. Cela
plus
de ce qu'on ne pèche
ne allez vient que
dans la mer 5
que pas les filets avant done
011 fe fert ne batbe bons
dre le poiffon qui vient que à la pour prenlieu que fi nous avions des côre; au
des Tartanes de
Barques &
haute mer
pèche pour aller en
rions du comme en Europe, 3 nous au.
poiffon bien plus beau & plus
gros.
Diver- Nous
fes man'avons aux Ifles que
ou
aieres de fix manieres de pécher. La cinq
pécher.
la
Senne, la
Traifne, le harpon & la naffe,
parlé des deux
ee
derniers dans la
miere Partie de
prelant des Tortuès cesMemoires, à la
en parpèche,
on employe le harpon auffi defquelles bien:
pour le Lamentin, lesg groffes Raycs; que &
lorfqu'on eft en haute mer, > pour les
Dorades, le Germon, les
&
autres
Soufileurs,
poiflons femblables; ilfaur à
fent parler des trois autres
dont nous nous
BRmtEr
fervons pour la pèche.
Senne La Senne eft un grand filet de cent
Nitr filet
fix-vinge braffes de longueur, &
ou
quefois même davantage. On lui
ne deux
TSRE
à trois brafles de largeur dans'
fon milieu. Tout le monde içairqu'une --- Page 395 ---
Françoifes de TAmbrique. Lesmail- 375
braffe vaut cinq pieds de Roy. extremités, 1705*
les font aflezlarges aux deux mefure
mais elles fc retreciflent à
qu'eldu milieti de la longueur
lesapprochenr font fort preffées, &c font une
ou elles
allez profonde, d'oùt
maniere de poche
forileft difficile que le poilfon puilfe d'un
tir. I y a du plomb tout aller le long à fond, &
des côtez pour le faire
à l'autre
du liege ou autre bois leger
tenir
le foutenir à feur d'eau.8clet
pour
On met à chaque
étendu & à plomb. bâton d'une bonne
bout de la fenne un
fenne eftlarge,
groffeur auffi long quela
une
deux bouts duquel on attache
aux aflez lâche
faire un angle
corde
milieu TOrt bâton. Onjoint
vis-à visle
bonne corde de trente à
à cetangle une delong, dont on laille
quarante braffes
s'avance
le bout à terre pendant fenne dans qu'on un canot,
en mer porrant à leau la à mefure qu'on s'é-
&c la jettant
en faifant un grand
loigne du rivage ,
enfuite à terre
demi cercle. On attachée apporte à l'autre bout
la corde qui eft
font à terre
de la fenne, &c les gens qui & enfuite la
tirent à eux ces cordes qu'ils 2
peuvent, 2
fenne le plus également doucement; & fe joiensapprochanr à la fn enfemble > pendant que
gnant
leau la à mefure qu'on s'é-
&c la jettant
en faifant un grand
loigne du rivage ,
enfuite à terre
demi cercle. On attachée apporte à l'autre bout
la corde qui eft
font à terre
de la fenne, &c les gens qui & enfuite la
tirent à eux ces cordes qu'ils 2
peuvent, 2
fenne le plus également doucement; & fe joiensapprochanr à la fn enfemble > pendant que
gnant --- Page 396 ---
376 Nowveanx
aux Ifles
170g. le canot fe tient vers P'oyages le milieu du filet,
pour empècher les poiffons quis'y trou-"
vent pris de fauter par-defus, CC
n'arrive encore que trop fouvent.
filet
e
fond balaye , pour ainfi dire, > tout le
de la mer, & ramaffe tout le
fon qui - s'y trouve. Il arrive quelque- poiffois, quoique rarement,
de très-gros
qu'ony prend
poiffons, comme des Requins, des Pantoufliers > des
ou autres poitfons femblables, Elpadons
fuivant d'autres
qui pourpoiffons, & en trouVant un grand nombre à la côte, fe trouvent renfermez avec eux dans le filet;
ce qui n'eft pourtant pas un
pour les
avantage
pécheurs, parce qu'il arrive
prefque dont toujours que ces gros animaux,
on n'a que faire, coupent ou déehirent la fenne, & s'enfuyent avec cC
qu'ils ont dévorez - > & les autresétoient renfermez avec eux. Quand qui on
s'apperçoit qu'il y a quelque poiffon de
cette clpece dans une fenne, on lui
au plus vite un ameçon
jette
ou bien on tâche de le pour l'arrèter,
de l'affomer; & on tire harponner, la fennel le ou
proprement qu'il eft poflible , afin plus de
les faire échotier; car on eft sûr de les
mettre facilement à la raifon
ils
ont une fois le ventre à terre. quand --- Page 397 ---
Frangoifes de LAmbrigut. 377
faut
mettre l'Efpadon ati
Il ne
pas qui ne font pas bon à 1705rang des poiffons il eft excellent, on en prend ou spadon Pefce
manger; dans la Mediterranée au Fare spada.
beaucoup On Tappelle Pefce Spada,
de Melline.
J'en ferai la defou poillon à Tépéc.
de la maniere
cription aufli-bien dans que un autre oudont on le pèche
vrage.
cette manierc. de pe-
: On voit Ete fenne ne peur fervir
cher, que
vient
E
pour prendre le poiffon qui être renferprès de la côte, pour la fenne peut
mé dans l'efpace
qui ife tient au
&
coRa
embraffer, que mord
à Fameçon
large, & qui ne Ces pas Alets ou (ennes
demeure en repos. de bonne ficelle de
doivent être faites bien torfe 3 on ne I
chanvre ou de pitte de les teindre avec du
doit pas manquer des reftes d'Indigo
Rocou 2 ou
couleur un peu fomr
leur donner une
éroient blancs, ils
bre, parce que s'ils dans l'eau, &
paroitroienr trop
On ufe de
TE
vanteroient le poiffon. les Folles, les
même précaution pour dont on fe fert
Epervicrs s & les lignes bancs.
pour
fur les
de
eft à
maniere pécher
La
femaic
de fond. On choifif les endroits
la ligne
d'Indigo
Rocou 2 ou
couleur un peu fomr
leur donner une
éroient blancs, ils
bre, parce que s'ils dans l'eau, &
paroitroienr trop
On ufe de
TE
vanteroient le poiffon. les Folles, les
même précaution pour dont on fe fert
Epervicrs s & les lignes bancs.
pour
fur les
de
eft à
maniere pécher
La
femaic
de fond. On choifif les endroits
la ligne --- Page 398 ---
1 dela 378 Nonveaus Froyages Aux Mfes
1705.
mer, dont on a reconnu la
fondeur s qu'on regarde comme prode Ligne - fond bancs ou dcs terres plates & unies à des:
pour cher pé. fur 40 & jufqu'à 120 braffes au deffous jo
lesbancs, la fuperficie de l'eau. Les poiffons de
fe trouvent en ces endroits mordent qui à
l'ameçon 3 mais comme ilss'élevent rarement vers la moyenne région del'eau,
& qu'il arrive encore moins
tent leurs domiciles, il faut qu'ils quit- aller
chercher avecla ligne. Elle lesy
dinaire de bonne ficelle 2
de eft pour l'orde pite, bien filée &. bien chanyre, ou'
puis la groffeur d'une
torfe, dequ'a celle du petit doigt. plume Les d'oye.juf.
ou hains dont on fe fert doivent ameçons être
proportionnezdla, groffeur de
& lès uns & les autres à la force laligne, des
poiffons, que l'on fçait
fe trouver fu les bancs bar lon 'expérience
eher.
va pê:
fil On attache l'ameçon à une queuc de
brins d'archal, compofée de fept ou huit
tors enfemble du meilleur, &c du
mieux cuit qu'on puiffe trouver. L'experience a fait connoitre
eft moins
fujer à être coupé par les dcmhe des poif
fons,ou rompu étant de cette
s'il étoit fimple, quoique de façon,que la même
groffeur de fcpt ou huit brins enfemble.
& --- Page 399 ---
Franpoifes de Amérigne.
379 &
On donne à cette queué deux pieds Onat- 1705
demi à trois pieds del longueur. joiut la
tache au bout de la ligne qui proporqueus de-fil d'archal uni à plomb celle de toute
tionné par fa péfanteur la puilfe tirer en bas.
la ligne,ain qu'il la même ligne à difOn ente encorefur diftances cinq ou fx ameçons
ferentes
prendre lespoitlons qui
mediocres pour diftance au deffus du
nagent à quelque
banc. On fc fert de poiffon pour garnir le plus les
celui qu'ony employe
ameçons; fouvent eft le balaou, ou la fardine. noNous avions un Negre pécheara qui Excel
habitation de la. Guadeloupe, lent Netre:
des
adroits 8 des pius
étoit un
plus exercé ce métier. E
heureux qui ait jamais aller à la pèche,
Lorfquil fortoit pour
aux
Religieux quelspoif
il demandoit ils vouloient 5 & il les apporoit
fons
Cela le faifoit paller
infailliblement. fes camarades; d'aupour forcier parmi qu'il mettoit une compotres croyoient attiroit le poiffon, , ,8
fition al'apas qui c'étoit de la graiffe
on prétendoit
m'éclaireir de cela
humaine sje aiy pu
perdu en mer
aveclui, parce quilsétoit
à la
quelque temsi avant que jarrivalle étoit pref
Gnadcloupe. Mais fon flsqui
paller
infailliblement. fes camarades; d'aupour forcier parmi qu'il mettoit une compotres croyoient attiroit le poiffon, , ,8
fition al'apas qui c'étoit de la graiffe
on prétendoit
m'éclaireir de cela
humaine sje aiy pu
perdu en mer
aveclui, parce quilsétoit
à la
quelque temsi avant que jarrivalle étoit pref
Gnadcloupe. Mais fon flsqui --- Page 400 ---
380 Nowveaue Fayages AUX Ies
1705. que auffi habile homme que lui, m'a
alffaré que ce quirendoit fon pere fiaffuré d'apporter le poiffon qu'on lui demandoit, > étoit la longue habirude, &c
la parfaire connoiffance gu'il avoit des
bancs, oul l'experiencelui avoir faitconnoitre les poiffons qui Sy retiroient:
car les poiffons de bancsc changent rarement de demeure, & fe mélent
avec ceux d'une autre elpece
leur. De
què
f:
forte qu'avec ces connoiffances, & de la graiffe de chien, dont il
frottoit l'apas & le fild'archal de fes lignes; il étoit très-rare qu'il manquât de
prendre le poiffon qu'il vouloir avoir.
J'ai remarqué dans un autre endroit
deces] Memoires, , qu'un Requin ou une
Becune prendra plicôr un Negre
Blanc, &c un chien plâtôt qu'un homme qu'un
quand il trouve ces trois animaux a la
mer; & comme ccla ne peut venir
des corpufcules qui fortent
ment de
anadus
ces trois corps > &
differemment les organes des frappent
il faut dire quel lag graifle de chien, poillons, dont
I'apas étoit frorté, répandoit une
tité confiderable de ces
quancorpufcules attrayans qui frappoient vivement les organes des poiffons, & les excitoient à
fe jetter avec impétuofité fur l'apas. --- Page 401 ---
Fra mpoifes de PAmbrigue. ;8r
Comme ces bancs ne fe trouvent gue- 1705*
de terre d'une lieué, & foures plus près
unNegre ne va jamais
vent davantage, Quand le canot eft
feul à cette pêche. met trois hommes :
un peu grand, r'ordinaire ony les canots dont on
mais pour n'ont befoin que de deux homfe fert
qu'ils (ont arrivés
mes; ils connoilfent
fur le banc en fondant, ou ens'alignant ont reà deux pointes de PIfle qu'ils
au
ils étoient juftement
marqué, quand
Pour lors un des
lieu de leur pêche.
foutient le cadeux pèche, & l'autre contre les courans >
not avec fa pagalle afin
demeure
& contre le vent, endroit. qu'il On pêche
toujours au mème
&
la nuit
la nuit comme le jour > quand
eft claire, c'eft un très-bon tems pour
la péche. pensimes perdre un de nos pêNous d'une maniere affez particulietre.
cheurs étant fort éclairée, 3 & la mer
La nuit & fans vent > celui qui devoir
tranquille foutenirle canot étoit aflis en repos pen- &
l'autre tenoit fes deux lignes
Accie
dant que & comme dans cette fituation dent rivé ar- à un
pechoits affoupi, ayant un bout de fa pécheur,
ils'éroit pendoir hors du canot, cecafaque
-
un Requin dans
lui qui
cappergh
CC mots
E
alloir prendre
: le moment qu'il
, 3 & la mer
La nuit & fans vent > celui qui devoir
tranquille foutenirle canot étoit aflis en repos pen- &
l'autre tenoit fes deux lignes
Accie
dant que & comme dans cette fituation dent rivé ar- à un
pechoits affoupi, ayant un bout de fa pécheur,
ils'éroit pendoir hors du canot, cecafaque
-
un Requin dans
lui qui
cappergh
CC mots
E
alloir prendre
: le moment qu'il --- Page 402 ---
382 Nowveaux Tayages Aux
ceau
de cafaque; il eut la préfence Hes d'ef.
1705. prit de fe jetter fur celui qui dormoir,
& lui ployant] les bras en arrierd il aida
au Requin à le dépoûiller de fa cafaque
qu'il emporta, fans quoi cette animal
vorace l'auroit infailliblement tiré dans
l'eau & l'auroit dévoré,
Entre plufieurs poiffons qu'on prend à
la ligne, ily en a deux qui meritent que
jen fafle ici la defcription.
Poiffon Le premier eft le poiffon rouge. On
souge, l'appelle ainfi, parceque fa peau & fes
écailles font d'une couleur de feu alfez
vive. Il a beaucoup de la figure de la
tanche 5 fa chair eft très-blanche, &c
très-délicate 5 fes ceufs font excellens;
il eft gras & ferme, également bon à
quelque fauffe qu'on le mette. J'en ai
viqui pefoient
de quarante livres;
mais ceux-lâne Eey pas communs. Ceux
qu'on prend ordinairement font depuis
quatre jufqu'a fept ou huit livres.
Le fecond cft prefque entierement
femblable à la Moruë pour la forme du
corps, la peau, 2 la chair & l'aviditéquil
a de mordre à l'ameçon. La difference
qu'ily a entre ces poiffons eft, que
ne crois pas qu'on trouve des Morucs dc
deux cens livres & plus, comme on
trouve de ces poiffons. On les appelle --- Page 403 ---
Frangoifas de TAmbrigue. ;8;
des Vicilles. Leur chair eft blanche 2 ten- 1705.
affez ferme, & s'éleve par Vicille
dre, gralle,
eft grife,épaille & grac
de
écailles. La
qu'elles fc jet- dIE reffe; elles asrns figoulas,
l'ap- ESE a
tent far l'ameçon auffitôr qu'elles avidité; la moperçoivent 2 & l'avallent avec
rué.
elles fe fentent piquées,
mais quand renverfent tout l'eftomac, comelles fe. elles vouloient rendre par lageule
me fi
ont avalé avec trop d'avidi-
. ce qu'elles
ne ferve
té, quoique ce mouvement les étouffer pluror, &
dordinaire qu'à
àeles empècher de donner beaucoup
à
cela ne
d'exercice au pécheur, d'arriver, # elles fçamanqueroir pas de leurs forces.
voient fe fervir
eft le mème
Je crois que ce poiffon
celui que les Anglois appellent
que
Femmes; cependant commel les
Vieilles :Auteurs n'en font pas une defcription alfurer làbien exacte, je ne veux rien
deffus.
la chair dela Vieille foit
Quoique
fraiche, ileft
excellente, étant mangée
délicate
certain qu'elle eft plus
été
pourtant quand on la mange après qu'elle a
couverte de gros fel pendant cinq ou
fix heures. ôn fe fert ordinairement ou
de la tête pour faire de la foupe >
mettre au bleu , le refte du corps
pour
Auteurs n'en font pas une defcription alfurer làbien exacte, je ne veux rien
deffus.
la chair dela Vieille foit
Quoique
fraiche, ileft
excellente, étant mangée
délicate
certain qu'elle eft plus
été
pourtant quand on la mange après qu'elle a
couverte de gros fel pendant cinq ou
fix heures. ôn fe fert ordinairement ou
de la tête pour faire de la foupe >
mettre au bleu , le refte du corps
pour --- Page 404 ---
384 Nowveaux Voyages anx-Thes
1705. fe met à toutes fortes de fauffes & de
ragoûts, 9 & rétillit également
quelle a de meilleur, eft
bien ; ce
goûre jamais, &
bien qu'elle ne défort nourriffante, que elle eft de qu'elle très foit
digeftion
facile
> pourvi qu'elle foit bien cuite 3 car quand cette condition lui manque elle eft dangereufc, du moins à ce
qu'on dit dans les Iles.
Hiftoire J'ai connu un
d'un Ca- Raphaël,
Capucin nomméle Pere
pucinqui pour en avoir
d'une gui n'étoir pas bien cuite, mangé àce
difoit, avoirpenfé mourir; il avoiten- quion
tierement changé de
& étoit demeuré tout le refte de Eate vie tremblant
comme un homme quia le friffon. Je
doute que le défaut de cuiffoni tout feul
ait pû produire de fi mauvais
bon Pere en devoit être
effers, ce
quitte felon les
regles pour une indigeftion qui ne devoit pas avoir des fuites fi longues & fi
funeftes; c'eft ce qui me porte à croire
que cette
dures. Helesatandiguipoe orqui l'ayoient empoifonnée, Car
comme ce poiffon eft fort goulu, il
voit avoir avalé des pommes de mance- pounilier, des galeres, & autres chofes venimeufes qui ayent corrompu fa chair s
& caufé ces accidens au Capucin.
On dit que les pècheurs qui vont fur
lc --- Page 405 ---
Francoifes de PAmbrigne. 385
Santole banc de terre-neuve appellent extraor- 1705rum les Moruès d'une grandeur mon idée foit
dinaire. Suppolé Vieille que des 1fles foit tune
jufte, & que la je doute qu'il fe foit
elpece de Moruè,) SanÈlorum de la taille
jamais pris des Vieilles
vûi àla
& du poids des
quejai
Guadeloupe. :
nos pécheurs
A propos des Vicilles, deux doigrs de fe perfurent un jour à
A
Pendant
dre pour ûn de ces bord poillons. de leur canot,
qu'ils le tiroient à
les dévint fortincivilement!
un Requin d'une partie du fardeau qu'ils
charger
en deux, & emtiroient, en coupant de la Vieille qu'ils
portant la moitié
s'étant pi- Danget
avoient pris. Nos pécheurs
le refte ou pècheurs deux
quez de civilité > lui Vieille jetterent attaché à un furent
des entrailles de la
chaîne defer, expofez,
dans une
amegonenelast de laquelle il avoit une
à l'exrémité
dont % bour étoit
bonne Scorte ligne, du canot. Ils avoient cnamaré à l'avant
une maffe de fer
core felon la coutume livres, dont le manche
de fept ou huit atteindre, frapper &c
eft aflez long
ils en
étourdirlal
atbmeens
REEnEeE
pocheradeapsacall
nemanquay
fe fentant
SeTtLCREIECOTES
rôt qu'il le vit àla mer; mais R
Tome VII.
étoit
bonne Scorte ligne, du canot. Ils avoient cnamaré à l'avant
une maffe de fer
core felon la coutume livres, dont le manche
de fept ou huit atteindre, frapper &c
eft aflez long
ils en
étourdirlal
atbmeens
REEnEeE
pocheradeapsacall
nemanquay
fe fentant
SeTtLCREIECOTES
rôt qu'il le vit àla mer; mais R
Tome VII. --- Page 406 ---
386 NowveAnx Yoyuger aux Ifes allez
pris, 8raprès avoir trainé le canot
long-tems , ils'en approcha enfin com1705 me s'il eût voulu fauter dedans , ou le
renverfer. Un des spêcheurs pric ce moment pour lui décharger un grande coup
de malle fur la tète , ce qui fit faire un
faut prodigicux à l'animal, qui dans CC
mouvement donna un fi grand
de
Parrierre du canot
eTtot
queué fur
qui
de bois d'Acajou. > qu'ill lle fendit en deux
pieces d'un bout à l'autre; & s'il n'avoit
pas été étourdi du coup qu'il lavoit
mal paffe nos pécheurs auroient
eux il prit
temps. Heureufement pour
faroute vers la terre oû ilsécholia,ayant dans'
trainé avec lui un de nos pécheurs
cette moitié de canot. On fut obligé
d'aller chercher l'autre qui fe tenoit
dans l'autre moitié du canot, avec le,
refte dela Vicille qui pefoit encore près
de cent livres. On trouva dans le ventre
du Requin ce qu'il en avoit- avalé, qui
n'én étoit
mauvais
y avoir
ou trois
ELIONrS
féjourné
FERE
C'eft la rencontre de ces animaux carnafliers qui fait.t tout le defagrement de
qu'ils fe tiennent en
cette péche; parce
domgarde dès quils voyent un canot, far-là
ine s'ils fçavoient qu'on ne
que
&
du poillon
pour pecher >
ptendre --- Page 407 ---
Françoifes de P Ambrigut. 387
vrai qu'il leur en coûte 1705*
pour fouvent eux. la ileft vie 5 mais on eft totijours expofé à beaucoup de dangers dans de
quand on a accroché un Pac
tits canots,
- ces animaus-la. maniere de pécher eft la
La troifiéme
deux heuTraine. On vaà cette pèche
vent
res avant le jour. On s'éleve au
autant qu'on lc juge à propos, une après liquoi on virele canot, & on jette
de chaque côré, ou quelquefois une
ST l'arriere. On y met un Balaou
deux
Sot
apas, ou feulement fait dans plumes) les vaiffeaux
ches, comme on les Dorades, & on laife
pour prendre.
courir le Canot. Le poiffon quisyprend Tazard.
le plus ordinairement eft le reffemble Manie:
C'elt un poiflon long,& qui lageule re de
alffezan Brochet, excepté qu'ila
il cher Traine, fi
plus courte. Il eft vorace 8 hardi,
court avec avidité à la proyc; & quand- foit
on a foin de faire fautiller l'apas; la'liBalaou, foit plumes, en remuant
&c
gne, on le voit qui fe jette de deflus, fa vie. Il
quilenglousir aux dépens fouvent del'exerelt vrai qu'il donne car il eft fort & vicice aux pecheurs, ili fe fent
il fe
goureux 5 & quand
pris, fe
donne de terribles mowvemens pour
décrocher. On en trouve communement
Rij
it
on a foin de faire fautiller l'apas; la'liBalaou, foit plumes, en remuant
&c
gne, on le voit qui fe jette de deflus, fa vie. Il
quilenglousir aux dépens fouvent del'exerelt vrai qu'il donne car il eft fort & vicice aux pecheurs, ili fe fent
il fe
goureux 5 & quand
pris, fe
donne de terribles mowvemens pour
décrocher. On en trouve communement
Rij --- Page 408 ---
388 Nowveaux Voyages aux Ifes
de cinq & fix picds delongueur, & d'u1705. ne grofleur confiderable. Sa chair eft
blanche & ferme, mais un peu feche; 5
clle eft faine & d'affez facile digeftion
quand dle poiffon n'a rien mangé quile
puiffe empoifonner 3 mais comme il eft
gourmand, il avale aufli bich quel la Becume tout ce qu'il rencontre > galeres,
pommes de macenilier, arraignées; tout
lui eft bon 5 c'eft pourquoi quand onle
prendil faut cxaminer fes dents & gotter fon foye; car fi celui-ci eft amer >
ou que les dents foient noires, c'eft une
marque certaine qu'il eft empoifonné,
& par conféquent on ne peut pas en
manger fanss'expofer au danger del'ètre auffi. Selon les lieux où l'on traine,
on prendaufli des Becunes; j'en ai fait la
defcription dans la premiere partic. Cette maniere de pècher eft agréable, on
joiiit de la fraicheur du matin, & on
prend du poiffon fans fe fatiguer. Le
feul defagrement quis'y trouve eft d'etrc quelquefois dévalifé par les Requins.
J'ai parlé du Balaou fans le faire connoître, & fans dire de qu'elle maniere
on le pèche.
Ce poiffon reffemble affez à la Sardinc, excepté qu'il a le dos plus quarré, --- Page 409 ---
*
de TAmerique. 389
Frangoifes celle de TOrphi, -
c'eft- 1705*
Sa tête eft comme
de deux à
à-dire qu'il a un avant-bec chair eft blantrois
de délicate, long.Sa & un peu féche.
che, Eas
il eft
feule arrère 5 quand
Il n'a qu'une natnrellement en deux,
euit ilfe
jufqu'à la quelie, & la
depuis
Eur
aifément del'arrète qui
chair fe fepare
ordinaire ede
eft affez foible. de Lalongueur huit a neuf pouces. On
ce
elt le mange au bleu, o11 à
le Entit frire, on
comme eharsngnhais
la faucerobert, maniere que ce foitilelt Ba'aou
de quelque très*bon, très-fain, très-nour- & fa pêtotjours il donne même del'apetit, & che.
riflant,
il eft de tacile digeltion. la meilleure maMais, à mon goût, eft de le faire
niere delaccommoder, fel, c'eft à-dire, 2 qu'agriller au gros
gros
prèsl l'avoir lavé onle (mupondrede une
Icl que l'on lailfe dellus pendant on fécoiie
heure ou environ, artaché, après quoi & on le fait
le fel qui y étoit
le manger avec.le
rôtir fur legril pour
le tire de
jus d'orange, à mefare fuffit qu'on refte un
deffus le feu, ou il fafifamment qu'il
cuit.
moment pour êtte maniere fmple,il
Etant aprèré de cette
& comdonne un apetit rexraordinaires on en peut
me il eft de facile digeltion, R ilj
ie
heure ou environ, artaché, après quoi & on le fait
le fel qui y étoit
le manger avec.le
rôtir fur legril pour
le tire de
jus d'orange, à mefare fuffit qu'on refte un
deffus le feu, ou il fafifamment qu'il
cuit.
moment pour êtte maniere fmple,il
Etant aprèré de cette
& comdonne un apetit rexraordinaires on en peut
me il eft de facile digeltion, R ilj --- Page 410 ---
390 Nowveaux Vayages aux Ipos
manger tant que l'on veut, fans craindre
1705. qu'ilfaffe jamais de mal.
Cep poillon multiplie infiniment, c'eft
une véritable manne pour le pais. I
arrive fouvent que les Sennes en renferment des lits entiers, c'eft-à-dire
des bandes fi grandes & fi nombreufes, >
qu'elles couvrent quelquefois plus de
cent cinquante pas en quarré de la fperficie de la mer.
Outre cette maniere de le pècher
lui eft commune avec tous les poiflons qui
Pêche qui s'approchent du rivage,
en a
particuil'y,
liere du une autre qui lui eft toute particuliere;
Balaou c'eft de le prendre la nuit au Alambeau.
Deux perfonnes fe mettent dans un
tit canot qu'ils laiffent aller au gré Mar
vent, & de la marée. Celui quieit aflis
àl'avant tient un flambeau de bagaces,
ou de bois de chandelle, qu'il panche
un peu vers l'eau. Plus la nuit eftobfcu
re, & plus on eft affuré de faire une
bonne pèche, parce que le poiffon
voyant la lumiere du Hambeai s'empreffe pour s'en approcher, 3 en faifant
des fauts & des caracoles autour du canot. Celui qui eft al'arriere a une poche
deraifeau de deux pieds de profondeur,
& d'environ un pied & demi de diamètre attachée autour d'un cercle, auquel --- Page 411 ---
Françoifes de FAmibrigud. 397
eft joint iin manche de fept à huit pieds 1705*
Il paffe fon filet fous le poif
de long.
regardant que la lamiere
fon, qui ne
garde aul flet
du flambeau, ne prend pas on l'enleve,
quieft fous lui, ,aveclequel Cette
& on le met dans le canot: tres-abon- péché
eft diverriffante, 8 fouvent
Illes
dante, car toutes les côtes de nos
poiffonneules
font extpaordinairement
des
en-
.
lits
Ilarrive quelquefois
s'étiers de toutes fortes dp poillons c'étoit
choiient fur les côtes, comme fi
les reftes d'une arméc défaite, quicher- aime
chant fon falut dans la fuite ; hommieux fe jetter entre les mains des
d'être la proye des autres
mes, , que
poiflons fes ennemis.
partie de
Jai parlé dans la premicre
foit
autres manieres de pécher,
quelquesa dans la mer , foit dans les rivieres, aufquelles je renvoye le lecteur. mois que
Il arriva dans les premiers
jétois Curé de la Paroiffe du Maconba
très - grande
a la Martinique 3 qu'ie séchotierent fur Soufquantité de Soufleurs eft un quartier Aleurs ou
les côtes du Potiche qui
Laude cette Paroiffe. Je croi que ce poiffon phins. Leur
eft le même
celui qu'on appelle defcrip-.
Dauphin dans Mediterranée, ou
difference, elle eft
a
Bcre
s'il y quelque
Riv
iers
jétois Curé de la Paroiffe du Maconba
très - grande
a la Martinique 3 qu'ie séchotierent fur Soufquantité de Soufleurs eft un quartier Aleurs ou
les côtes du Potiche qui
Laude cette Paroiffe. Je croi que ce poiffon phins. Leur
eft le même
celui qu'on appelle defcrip-.
Dauphin dans Mediterranée, ou
difference, elle eft
a
Bcre
s'il y quelque
Riv --- Page 412 ---
392 Nonveanx Yroyages aux IRles
1705. petite. Ces animaux vont toujours cn
troupe, fautant les uns après les autres,
& toujours le nez au vent 2 ou quand
il fait calme du côté que le vent doit
venir. Ils ont. la tête grolfe > le groitin
un peu allongé, la gueule large; leur
eft long & rond, gros auprès du
cCt" & diminuant beancoup vers la
queiie, qu'ils replient fous le ventre
quand ils veulents'elancer; ils femblent
dans ce mouvement qu'ils ont le dos
arcqué. Ils font extrèmement gras &
remplis d'huile. Il faut être dans la neceflité pour manger de la chair de ceux
qui font vieux. Outre qu'elle eft huileufe, > elle eft dure & coriace ; on dit
pourtant que celle des jeunes eft paffable, & qu'on en peut manger 3 je n'en
ai point faitl l'experience. On ne fe fert
de ces poiffons
pour faire del l'huile.
On coupe la radir, par morceaux, & on
la fait bouillir pour en recuéillir l'huile
qui n'eft bonne qu'i brûler.
Il en échoiia une fois un très-grand
nombre dans l'ance de notre habitation
du fond Saint Jacques, Tous nos voifins vinrent en diligence prendre leur
part de ces poiffons, & les emporterent
chez eux avant que lesFermiers du Domaine du Roy en fuffent avertis, parco --- Page 413 ---
Frangoifes de PAmbrique, de .s'en 393
qu'ils n'auroient pas Ifes manqué comme en Fran- 1705.
emparer; car aux d'oifeaux ont les griffes
ce,. ces fortes & les ferres aufli bonnes
aufi aigues, 2 lieu du monde.
qu'en aucun toute la chair de ces aniOn employa de Phuile à brâler; fur
maux à "faire
les chaudieres à
quoi on obferva s'étoit que fervi pour ccla,
fucre, dont on
qu'elles
avoient duré bien davantage la
qui
n'auroient dû faire, & que rendule graille métail
lesavoit pénétrées avoit
plus doux & plus liant.
CHAPITRE XVIII.
de
Mort du Reur Lambert 2 Capitaixe prépare 2
Flibufiers. L'Autenr fe
defa
palfar en France pout les afaires
Mifion..
en arrivant à la Guadeloupe ami le fieur
mort de mon intime
braves &
un des
TARL
Jalien Lambert,
plus Corfaire
heureux Capitaine
des plus
ait eu depuis longrents.
que rAmerique eûit perdu un bras dans T'affaiQnoiquil Chriftophe, il n'avoit pas
re de Saint
Fannéc fuivante dla
lailfe de fe trouver
R V
r fe
defa
palfar en France pout les afaires
Mifion..
en arrivant à la Guadeloupe ami le fieur
mort de mon intime
braves &
un des
TARL
Jalien Lambert,
plus Corfaire
heureux Capitaine
des plus
ait eu depuis longrents.
que rAmerique eûit perdu un bras dans T'affaiQnoiquil Chriftophe, il n'avoit pas
re de Saint
Fannéc fuivante dla
lailfe de fe trouver
R V --- Page 414 ---
394 Nowveaux Foyages aux
:
2705. défenfé de la Guadeloupe, & -IEa s'y diAinguer par pluficurs belles actions. Je
les ai paliées fous filence.parce que fa valeur éroit affez connue, & quil n'avoit
pas befoin du fccours de ma plamc, pour
être eftimé généralement de tout le
monde. Ilavoit du bien au-de-là dece
qu'il lui en falloit pour vivre àfon aife,
& fes amis lui confeilloient de ne
Mott Capitai- du aller en mer; mais fa bravoure ne plus lui
neLam- permettoir pas de demeurer
bert,
inutile à fa.
patrie loriqu'il croyoit lui pouvoir rendre fervice. Il équipa une barque de fix
canons > & de 80 hommes
avec laquelle il fit pendant prèsde
ans
OZPES
beaucoup de prifes & de defcentes
fur les côtes des Ifles Angloifes, d'où il
enleva des efclaves en guantité, & fit
nn butin confidérable. Ayantenfin trouvé le. dernier jour de Janvier de cette
année un Corfaire Anglois plus fort
que lui en hommés, & en canons, il
T'artaqua avec tant de vigueur,
près un combat de près de quatre qu'a- heuresl'Anglois alloit le rendre, & avoit
déja amené fon pavillon, lorfqu'un des
ennemis fe trouvant encore en main un
piftoler chargé, le tira, & donna jufte
dans la tête du Capitaine Lambert, qui
mourut quelques momens après. Ce --- Page 415 ---
Francoifes de PAmbrigue. 395 &
fatal étonna fon équipage,
1705.
coup
s'appercur du défordre qui
l'Anglois quis "hiffa de nouveau fon
étoit parmi eux,
& le corps de
pavillon & séchapa; été apporté à la Martimon ami ayant dans notre Eglife du
nique fut enterré
jour de Fevrier.
Motillage le troifiéme de toute la colonie
Sa mort fut pleurée l'aimoit 3 & les
qui Teltimoit & qui lavoit pris le regret:
Anglois même quil & lui rendirent cette
tefent infiniment, n'avoient >
jamais connu
juftice ,
plus gencreut, & plus
uh plus
TRLr
honnète homme que Negre lui. qui me ferLa mort du celle jeune du Capitaine Lamvoit, fuivit n'étoit âgé que de feize ans &c
bert, demi, il & à cet âgeil avoit plusdeiprir, volonté 5
d'ordre, de fideliré, de defirer bonne dans une
qu'on n'en auroit pû plasigée. Quoiquit
perfonne beaucoup de tout lc dérail de la mailon,
fut chargé
fur tousles au-
& qu'il cût Tinfpection il menageoit telletres domeftiques, fon tems & fes occupations, qu'il
ment fembloit qu'il n'eft rien à faire.Iavoit &
d'efprit merveilleufe,
une préfence furprenante. 1lmourutle
une exadtinde des fentimens très-Chré13 Juilleravec
hetiens, & que je pourroisappeller Rvj
oiquit
perfonne beaucoup de tout lc dérail de la mailon,
fut chargé
fur tousles au-
& qu'il cût Tinfpection il menageoit telletres domeftiques, fon tems & fes occupations, qu'il
ment fembloit qu'il n'eft rien à faire.Iavoit &
d'efprit merveilleufe,
une préfence furprenante. 1lmourutle
une exadtinde des fentimens très-Chré13 Juilleravec
hetiens, & que je pourroisappeller Rvj --- Page 416 ---
396 Nowveaux Poyager anx IRes
roiques dans un enfant, confolant ceux
170s.qu'ii voyoit affligez de fa mort, & leur
promettant de fc fouvenir d'eux > fi
Dicu lui faifoit mifericorde. Il fe confella deux fois en 24 heures que dura fa
maladie , & reçut fes Sacremens avec.
une tres-grande piété. Son mal étoit un
Tetanos ouracourciffement de nerfs.qui
lui avoit été caufé par une piquûre au
taloni trois jours auparavant. Quoique
ces fortes de piquûres foient pour l'erdinaire mortelles, je croi que lignorance du Chirurgien quile penfa, contribua à fa mort, & que cette piquûre
n'auroit pas eu une fi funefte fuite, > fi
on l'avoit dilatée; mais il fc contenta
felon la mechode de ces ignorans fraters
d'y mettre une emplâtre de diapalme
qui fécha & refferra la plaic, & y fit
venir lagangrène, & cetautre accident.
Je l'aimois tendrement à caufe de fes
bonnes qualités. Il eft vrai qu'il étoit
fier & glorieux autant qu'un Negre le
peut-êtrc, & c'eft beaucoup dire, mais
aufli c'étoit fon unique défaur, qui tout
défaut qu'il eft, empèche fouvent de
tomber dans d'autres.Javois deffein de
lui faire voir l'Europe, & de l'y mener
avec moi, car la fituation desaffairesde
nos Miflions, les atteintes continuelles --- Page 417 ---
Frangoifes de LAmerique. 397 les 1705*
ique l'on donnoit à nos l'on privileges, nous failoit,
injufices criantes que que nous avions,
& lc peu de Religieux obligezde nous réfondreà
nous avoient
d'entre nous en Eudéputet quelquium tâcher de trouver quelque tomba
remede rope pour à tous CCS maux. Le fort
fur. moi, Malgré toute ma réfiftance,je Le Supérieur
fus choifi pour cet emploi.
fon
Général m'établit par une patente &la
Commillaire par toute la France, trèsMiflion me donna une procuration m'auample pardevant Notaires
chardansles affaires
E
tonfer
donna une lettre de change
gé. On me mille francs, & mes amis me
de deux
des préfens, tant en arfirent encore fucre, chocolar, > confitures, afin
gent qu'en denrécs du Crul du pais,
& autres faire des préfens en France. ol
puffe charger dans le vaiffeau
8 E auffi
bonnes
je devois palfer de tres- fait e
fions 5 & après quejeus étoient du fecretde
à quelques amis qui fus obligé de le tenir
ce voyage: car je nos ennemis n'y miffecret de peur
,je
de notre
3.
btidie
fent quelque
Ht Samedi
Couvent du heures Motillage du matin dans un'
Août à trois
au Fort-F Royal ou
canot qui me porta
puffe charger dans le vaiffeau
8 E auffi
bonnes
je devois palfer de tres- fait e
fions 5 & après quejeus étoient du fecretde
à quelques amis qui fus obligé de le tenir
ce voyage: car je nos ennemis n'y miffecret de peur
,je
de notre
3.
btidie
fent quelque
Ht Samedi
Couvent du heures Motillage du matin dans un'
Août à trois
au Fort-F Royal ou
canot qui me porta --- Page 418 ---
Nomveaux Froyager aux Ifes
étoit le vaiffeau. Notre Supéricur GE
1705. néral me vint conduire, nous allâmes
d'abord mettre mes hardes à bord du
vaiffeau, & puis nous fûmes chez les
Capucins , ou nous dinâmes & palfanes une partic de la journée jufques fur
les cinq heures dur foir que notre
rieur Général me conduifit a bord Supé du
vaiffeauquime devoit porter en France.
CHAPITRE XIX'
L'Autenr part de la Martinique. Etat
de la Flotte. Des Ifes Bermides. Son
arrivée a Cadis.
T E vaifleau dans-lequel je m'embar
E'Auteur de
quai fc nommoit le Saint Paul de
E Marti- Marleille, il étoit monté de
nique & en auroit
24. canons,
pour veporté 40. s'il n'eût point
air en été en marchandife. Il étoit commandé
France. par le fieur Gauteaulme > un des plus
honnêtes & des plus polis hommes de
mer que jaic connu. Notre équipage
étoit de9s. hommes, tous Provençaux,
à l'exception d'un vieux Pilote des environs de la Rochelle. -Nous avions
pour Aumônier un Cordelier nommé le --- Page 419 ---
de TAmbrigue. 399
Frangoifes
Religieux, & 1795*
Pere Comte 2 très-fage Ce vaifleau
d'un grand exemple. Maurellet de RTRE
tenoit à Mellieurs en France un deces
feille, & repalloit demeuré plufieurs
Meflieurs qui avoit
à la tête du
années à la Martinique, fes freres y faifoienty
grand Negoce que
Maurellet,
Cétoit le fieur Jean.-Baptile tres-honnète homigédenviron 64 ans, quis'étoit acquis
me, & bon l'amitié Chrétien, de tous les habitans
l'eftime & fa droiture & fes manieres
des Ifles pour
J'étois deciviles & accommodantes. de fes amis, & j'ai réçu
longtems fa famille une infinité de
E2t lui &c de
Nous
marques d'une verableatiechion, vaiffeau la Daavions dans le même
du neveu du
moifelle Boiflon, époufe Créolle de
Maurellets c'étoit une
fieur
de Sainte Marie de la Martila Paroiffe du fieur PEcaudé Saint Aunique, fille
en quelque autre
bin, dont jai parlé
endroit.
fort
clhcaiet
à i6 ans, elle étoit fort fage,
bien-faite 25
, & d'un très bon confiftoir elprit. en
Le refte de notre Aotte
il
Etat fotte de
vaiffeaux, outre lefquels
la
autres
K
14 avoitun de 40 canons nommé à Frangoie fe.
en
avoit porté des Negres
Sencelar qui le compte de la. ComCartagenc pour
jai parlé
endroit.
fort
clhcaiet
à i6 ans, elle étoit fort fage,
bien-faite 25
, & d'un très bon confiftoir elprit. en
Le refte de notre Aotte
il
Etat fotte de
vaiffeaux, outre lefquels
la
autres
K
14 avoitun de 40 canons nommé à Frangoie fe.
en
avoit porté des Negres
Sencelar qui le compte de la. ComCartagenc pour --- Page 420 ---
400 Nowveaux Yrojages anx Mes
pagnic de l'Afliente. Ce vaiffcau. ap1705. partenoit au Roy, quoique celui quile
commandoir ne fûr pas du corps de la
Marine. Ce Capitaine offroit de 'convoyerl la fotte > mais il faifoit fi fort le
rencheri, & vouloit des conditions fi
extraordinaires & fi peu ufitées >
les autres Capiraines ne jugerent pas que à
propos de les lui accorder; ; de forte
prit fa route'd'un côtéavec un Ai-
& nous de l'autre. Nous
E
avions
deux vaiffeaux de 32 canons, un de 28.
le nôtre en avoit 24 & le moindre 14.
Tous nos Capitaines s'affocierent pour
fe défendre les uns & les autres, & fe
fervir reciproquement de convoijufqu'à
cinquante lieucs au-de-là du débouquement.
de Départ la
Nous mîmes tous à la voile la nuit
Rotte. du Samedi au Dimanche 9 Aouft, deux
heures ou environ avant minuit, &
nous perdimes la terre de vûe fur les
dix heures du matin.
Le 12 au matin nous nous trouvâRen- mes par le travers de la
2ontre Ifle
Mone, petite
de deux
déferte entrePort-Ric & S. DominAnglois. gue. Un vaiffeau Anglois quiavoilair
dune Caiche", accompagné d'une barque, voularsapprocher de notte Hotte,
mais notre Commandant ayant fait LR --- Page 421 ---
de LAmérigue. 401
Frangoifes
tous-nos voiles,
fignal > nous carguâmes deux de nos bâtimens leur 1705*
pendant donner que
la chaffes ils revinrent &c
allerent
trois heures après, &
nous rejoindre évantâmes nos voiles,
aullitôr nous
portimes à route:
dire,
Nous AACoeamnkeuieati tourd-fait des Iles, >
que nous forrimes dans la grande Mer.
La fot-
& entrâmes fur le foir notre Aotte fe divifa, nous te fe feLe14 dîmes adieu, & nous
pare.
nous nous Onze de nos vaiffeaux firent qui
feparâmes. alloient dans les Ports du Ponent allions au
route au Nord 5 & nous au qui Nord - Eft.
détroit nous potrâmes
de deux auNous étions en compagnic de Nantes nommé le
tres vaiffeaux, , un
commandé parle
Comte de Touloule, c'étoit une prifc HolCapitaine Boyer 5
elle avoit
landoife de grande apparence. & 80. hommes d'é.
28. canons elle montez, étoit percée pour 48.
CE
quipage. L'autre étoit de Marleille
ces.
Fregate de 14: canons, & fort
une perite la Paix, bonne voiliere le fieur
pellée elle étoit commandée par avoient
jolic; Calineri. Nos trois Capiraines ne fe point
fait focieté enfemble, pour
quitter, & fe défendre feciproqueient le Tropique.
Le 19. nous pallimes
'é.
28. canons elle montez, étoit percée pour 48.
CE
quipage. L'autre étoit de Marleille
ces.
Fregate de 14: canons, & fort
une perite la Paix, bonne voiliere le fieur
pellée elle étoit commandée par avoient
jolic; Calineri. Nos trois Capiraines ne fe point
fait focieté enfemble, pour
quitter, & fe défendre feciproqueient le Tropique.
Le 19. nous pallimes --- Page 422 ---
402 Nowieanx Troyages aux Hfles
Comme nous n'avions dansle bord
170s.la Damoifelle Boiffon qui n'eût point que
paffé cet endroit-là, le confeil voulut
bien la difpenfer de la loi du
bien entendu qu'elle payàr Baptême, les frais,
comme fi elle eût été baptifée, & mè
me un peu mieux.
Le 21. au matin nous vimes un vaif
feau auquel nous donnâmes la chaffe
jafqu'à la nuit fans le pouvoir joindre,
Ily a apparence qu'il fit faufle route
pendant l'obfcurité pour s'éloigner de
nous s ce qui lui réifit fi bien' que le
lendemain nous ne le, vimes plus. Ainfi
font les gens fages quand ils ne fe fentent pasles plus forts.
Le 26. nous découvrimes la Vermude, ou les Bermudes; car c'eft un affemblagede pluficurs Ifles, environnées
de rochers & de hauts fonds quien rendentl'entrée très-difficile, & lapproche
très-dangereufe. Elles font fameufes
les tempères que l'on trouve prefque par
toujours dans leur parage, &
le
grand nombre de bâtimens par
voe de peri. C'eft ce qui les rend qui y ont
fa Verredoutables
mude, aux Navigateurs qui comptent leur
voyage L
prefque achevé quand ils les
ont déparlés. Lescourans nousyavoient
porté malgré nous > & nous en mirene --- Page 423 ---
de PAmérigue. 403 crtis
Frangeifes nous les avions à bas 1705*
à deux licués près; cûmes le bonheur de les
bord, 8 nous
vent frais, comme
pafler avec un petit & une Mer unie comme
un vent alifé,
une
été connuès des Efpaate Iles ont
de leurs
gnols dès le commencemnent qu'elles fe trouvent
découvertes > parce
& qu'on
fur la ronte quils prenoient, forcé fouvent de
eft encore anjourd'hui en Europc. Sitous
prendre
revenir
&c autres qui - Y
les CIEEE Eipagnols, donné des relafont peris nous av oicnt ferions bienamplerions du pais, de nous leur étar.
ment informé
les dégrez & deElles gifent par
33.
Pour la
mi de latitude feptentrionle. de n'en
longitude , on me permetra ceux
rien dire, de peur de tromper leur
à ce que je
s'en rapporveroient d'antrui.
rois fur le rapport les Elpagnols réfoluDès! l'an 1522. Colonie dans ceslfles;
rentdérablirt une fut donnée à un Porla commifion en Ferdinand Camel. Rien
tugais, > nommé
que cet érabliffen'étoit plas à propos sauroient fecouru ceux
ment, les habirans auroit jetté fur leurs côque la tempête recuéilli les débrisdes nanfrages;
tes,8c même été un afyle pour ceux
çauroir
rois fur le rapport les Elpagnols réfoluDès! l'an 1522. Colonie dans ceslfles;
rentdérablirt une fut donnée à un Porla commifion en Ferdinand Camel. Rien
tugais, > nommé
que cet érabliffen'étoit plas à propos sauroient fecouru ceux
ment, les habirans auroit jetté fur leurs côque la tempête recuéilli les débrisdes nanfrages;
tes,8c même été un afyle pour ceux
çauroir --- Page 424 ---
404 Norveanix Poyages anx. Ifles
qui
beancoup foufferten Mer, d fe
1705.
trouvé dans le befoin
Aricatne
de feraLa Ver douber, ou de fc pourvoir d'eau & de
mude connue IC- vivres. Ily a apparence que Camel y
par les fut, & on lc conjeéture par la quantité
Efpa- gnols. très- confidérable de cochons marons
que les François, & les Anglois après
cux,y ont trouvé; car la coutume invariable des Efpagnols a toujours été de
mettre de CCS animaux dans toutes les
terres du NouveauMonde, afin qu'ils y
multipliaffent, & que ceux quiy aborderoient les puffent trouver, & s'en
fervir.
Cependant le deffein des E(pagnols
n'eut point de fuccès; foit que lesCompagnonsde Camel méprifaffent un pais
oùt ils netrouvoient point de mines d'or
comme dans leurs autres découvertes s
foit pour d'autres raifons qui ne font
venués à ma connoiffance, ces Ifles S
meurerent défertes, & inhabitées pendant près d'un fiecle, ou du moins jufqu'al'annéc 159s. qu'un Vaiffeau François, commandé par le Capitainela BarLesFran- çois y botiere fut jetté far les côtes par la temviennent pête, & par l'imprudence de fon Pilote.
en 1593. Le Capitaine avec 26. hommes de fon
équipage, entre lefquels étoit un Anglois nommé Henri May fc fauverent à --- Page 425 ---
Françoifes de P Ambrique. 405
ces Ifles, & trouverent
terre les - vifiterent côtes allez de débris & d'agrez 1705fur
bâtiment qui
pour conftruire un petit
ne
les porta en France. La la Barbotiere Cour de fa
manqua pas d'informer de la bonté du pais, & des
découverte, > la Nation en pourroit reavantages que
une Colonie. Mais
tirer fi on y envoyoir défoloicnt alorsle"
les guerres civiles qui
qu'on ne pûir
Royaume empècherent
&
penfer à cet érabliflement; cependant Henri May étant paffé en Angleune rélation de ce
terre; & ayant public dans ces Ifles, fit
qu'il avoit remarqué à bien des gens de s'y aller.
naitrel'envic
d'Henri May n'eut
établir. Le projet de fuite. Les Anglois cupourtant rent des toan de n'y envoyer perfondont la meilleure fut felon les apne,
la Barbotiere en ayant
parences > que au nom de fon Prince,
polfellion s'aller établir dans un
Ret ne pouvoient
pais où ils n'avoient rien à prétendre
qu'après que les François auroient entierement abandonné le droit qu'ils y
avoient acquis, en negligeant pendant
des'y aller établir.
un longtems
George Sommer AnLe Chevalier
revenant de la Virginie en 1609.
glois
fur les côtesde la Vermude,
fit naufrage
botiere en ayant
parences > que au nom de fon Prince,
polfellion s'aller établir dans un
Ret ne pouvoient
pais où ils n'avoient rien à prétendre
qu'après que les François auroient entierement abandonné le droit qu'ils y
avoient acquis, en negligeant pendant
des'y aller établir.
un longtems
George Sommer AnLe Chevalier
revenant de la Virginie en 1609.
glois
fur les côtesde la Vermude,
fit naufrage --- Page 426 ---
406 Nouveaux
Il fe fauva à la Fayateiaus Ies
#705. ayant trouvéle nage avec fes gens > &
moyen de repaffer en
Angleterre, il publia une rélation
ces ifles, aufquelles il donna fon
de
les appellant Sommers-Ifles,
nom >
de Sommer
ou les Ifles
> foit pour fe rendre plus
recommandable dans le monde, foir
pour faire croire que ce n'étoit pas les
*mèmes que celles qu'on avoit appellées
julqu'alors Bermudes du nom du
taine Efpagnol
Capiqui y avoit mis
à
terrele premier.
pied
ne dara
Cechangement de nom
point; on ne. le trouveque dans
quelque vieilles cartes &c routiers Anglois, & le nom de Bermudes ou Vermudes a été confervé à ces Ifles. Ce
Sommer fit de meilleur
fa que
fut d'engager plufieurs pour nation
faire une Compagnie
perfonnes de
Les An- Ifles. Ils en obtinrent enfin pour la peupler ces
s'y du
permillion
ESNA Roid'Angleterre en 1612, & la
fent en pagniey y envoya d'abord
Com1612. mes fous le commandement foixante homde Richard
fon More, qui pendant les trois années de
gouvérnement reçut
fecours d'Angleterre, & fortifa plufieurs
les deux
beaucoup
roit venir palles, par lefquelles on pourattaquer ces Ifles.
Daniel Tucker fucceda à More en
I616, & eut pour fucceffeur Butler en --- Page 427 ---
Frangoifes de PAmerique. 407
Depuis ce tems là les Anglois ont 1705*
1619- continué d'y envoyer des Gouverneurs
8 des Colons;i ilsy ont érablileursloix, &
& la forme de leur gouvernenent, nombreufe &
& ont fait une Colonie
riche. fait de tous tems d'excellént
On a
5 le climat & le
Tabac à la Vermude
très-propres,
terrain s'y font trouvez les fruits, tant de
aufli-bien que. de pour l'Amerique qui vicuLEurope que
nent en perfechion.
d'un
Ces Ifles font à peu
Sud &
la
fRS
dont courbure
nsueEr
arc,
Elles (ont toutes
la Corde-Eft au Nord,
brifans &
environnées :
de rochers, de entr'eux
ne laiffent
de hauts-fonds,
faut bien connoideux palfes que
de
fur les bords
tre avant
s'y
des Forts & des
on a
TEFAA
defquelles mettent ces Hles en état de
batteries craindre qui
de dehors.
ne rien
eft renfermée entre ces
La Mer qui fait de larges canaux
écucils > & qui
de ces Mfles > n'eft
pour la féparation
3 , qui agitent
point fujette aux tempêtes c'eft ce quila
celle qui eft au dehors,
rend cxrrèmement poiffonneufe, des barques
J'ai remarqué en parlant
dont on fe fert à TAmerique, > quily
les en état de
batteries craindre qui
de dehors.
ne rien
eft renfermée entre ces
La Mer qui fait de larges canaux
écucils > & qui
de ces Mfles > n'eft
pour la féparation
3 , qui agitent
point fujette aux tempêtes c'eft ce quila
celle qui eft au dehors,
rend cxrrèmement poiffonneufe, des barques
J'ai remarqué en parlant
dont on fe fert à TAmerique, > quily --- Page 428 ---
403 Nonveane Voyages anx Ifles
à la Vernude d'excellens conftruéteurs
1705. de ces fortes de bâtimens. Ils n'y employent pour l'ordinaire que du cedre
que nous appellons chez nous Acajou,
quirend leur ouvrage plus legér, & en
quelque forte incorruptible. Outre ces
barques qui peuvent faire de très-longs
voyages, ils font une forte de barteaux,
dont ils ne fe fervent que dans l'enceinte de leurMer tranquille pour aller d'un
lieu ou d'une Ifle à l'autre. Il faut
être accoutumé
s'en fervir
VAak
pour
frayeur 5 car dès qu'ils en ont hiffe la
voile, le bâtiment fe met fur le côté,
& dans cette fituation court, ou plutôt
vole avec une rapidité qui n'a point fa
pareille.
Il faut que les Anglois ayent trouvé
une grande quantité de cedres dans ce
pais-1 là, vû le prodigicux nombre de
bârimens qu'ils en ont conftruit, &
qu'ils conftruifent tous les jours. Peutêtre que plus
& plus menagers
que les François,
ont eu foin de culE
tiver ces arbres, & d'en planter de nouveatix à mefure qu'ils ont abbattu les
vieux. Si on avoit fait cela dans nos
Ifles, nous n'en manquerions pas aujourd'hui comme nous en manquons 5
mais c'eft tenter l'impoffible que de
vouloit --- Page 429 ---
Frangoifes de TAmtrigue. à 409 nos
vouloir infpirer la prévoyance Ccs arbres > 1705.
François Amseriquatis. ditailleurs, croiffent trèscomme je l'ai & en moins de 20 ans
prommptements tirer des planchés de plus
on en peut
d'un pied de-large. de vue ces Ifles fur le
Nous perdines 26. Aeût.
foir du même jour
19. SeptemDepuis ce jour arriva jufqu'au rien qui merite
bre il ne nous
eûmes
toûd'ètre écrit. Nous
mais prelque les vents
jours la Mer belle variables, 2
fouventconéroient foibles,
plus fouvent nous
traires , & encore dans des calmes en-.
nous trouvions lefquels les courans
nuyeux faifoient 2 pendant dériver & perdre tout ce
nous bonne conduite de notre
que la
nous avoient
cofir
taine & de fes Pilotes
On employoir ce temsà faire pècher, dangagner. & les foirées aprèsla Priere croire à
qu'éfer nos Matelots. On n'avoient pas vençanx Les Protant tous Provençaux
On
oubliéle fifrc, &clerambourin. fe fert de Gairris. ceSfe. la
la même perfonnic toutà la fois, elle ale
Teos inftrumens
côté
&
tambourin attaché au
gauche, tient
le bat de la main droite, & &elle lui donne les
le ffre de la gauche, main. Il. ne faut pas
tons de la même
S
Tome VIII.
On n'avoient pas vençanx Les Protant tous Provençaux
On
oubliéle fifrc, &clerambourin. fe fert de Gairris. ceSfe. la
la même perfonnic toutà la fois, elle ale
Teos inftrumens
côté
&
tambourin attaché au
gauche, tient
le bat de la main droite, & &elle lui donne les
le ffre de la gauche, main. Il. ne faut pas
tons de la même
S
Tome VIII. --- Page 430 ---
410. Nouveaux Voyages aux IRles
les Provençaux pour les faire dan170j. fasa dèsqu'ils ewvendolemletanbourin;
tout le monde étoit farle pont; je croi
que le fon de cet inftrument eût gueri
nos malades fi nous en euflions eu. Pendant que les uns danfoient, les autres
voltigeoient, & nous avions des Monffcs & des jeunes Matelots qui en auroient donné à garder aux plus célébres
danfeurs de Corde.
Les trois vaiffeaux qui compofoient
notre petite Efcadre étoient bons voiliers. La Fregate la Paix étoit au commencement totjours de l'avant des autres, & le Comte de Touloufe fembloit
ne pas marcher fi bien queles deux Provençaux 3 mais foit qu'il eût enfin trouvé fon afliette, foit que nous euflions
perdu la nôtre, il nous devança pendant un fort long-tems.
les vaifleanx conRemar- Jai remarqué que
fur ftruits en Provence, font pour l'ordiRae (eaux. vaif- naire plus fins de voiles, que ceux qui
font bâtis en Ponent. Cela peut venir
autant de la conftruction, que du bois
que l'on Y. emploie qui eft tolijours plus
féc que celui du Ponent, & que l'on
épargne davantage. Mais cet avantage
eft balancé par un inconvenient confiderable, qui eft que ces bâtimens per- --- Page 431 ---
Frangoifes de TAmirique. 4IT
aifément leur afliette, & qu'il ne
dent
barique d'eau plus 1705.
faut fouvent qu'tune
les
d'un côté éque d'un autre conftant pour
empè- le
cher de marcher. Il cft avoit été que conComte de Touloufe qui
unien Hollande marchoit plus
yruit
mieux la voile
ment, & portoit
à leur tour BeE
les Provençaux 2 fon qui fillage quand ils fe
bloient prefque
trouvoient en afliette.
nous nous
Le Lundi 19. Septembre dc diftance des Iles
trouvâmes à fi peu
je ne fçai cC
de Flores 80 Corvo, que avions eu enqui feroit arrivé fi heures nous de nuit. Les
core deux ou trois ordinaire des Pilocourans, relfource accufez de nous avoir voulu
res, furent
fur
joiier un mauvais toutr. Onyremedia à TE(tSudle champ, nous portâmes Iiles à bas
Eft, & laillames ces nombre perites des huit ou
bord. Elles font du
donné les noms
neuf '2 anfquelles on a de Terceres, ou Eforres Les Ifles
d'Acores, d'Efores,
leur a étéou,TerIles Flamandes. Le premier les décou- ceres.
impofé par les Portugais trouverentu qui
une
vrirent en 1449. & quiy d'Eperviers. Les
prodigiende quantité du fecond pour la
François fc fervent
qui ne
commodité de la prononciation
fouffre point les manieres guttarales
S ij
neuf '2 anfquelles on a de Terceres, ou Eforres Les Ifles
d'Acores, d'Efores,
leur a étéou,TerIles Flamandes. Le premier les décou- ceres.
impofé par les Portugais trouverentu qui
une
vrirent en 1449. & quiy d'Eperviers. Les
prodigiende quantité du fecond pour la
François fc fervent
qui ne
commodité de la prononciation
fouffre point les manieres guttarales
S ij --- Page 432 ---
412 Nouveanx Voyages e anx fles
dontles Portugais fc fervent. Quelques
1705.
ont crû devoir donner à toutes ces
gens Illes le nom de la principale, qui cf la
Tercere ou la Terciera 5 & enfin lesFlales
découvertes à peu près
mans
ayant tems
les Portngais 5
dans le même
que Flamandes,
les nommerent les Hles
peut-être pour fe conferver quelque
droit far elles, Les Geographès en ont
al'Afrique. Ellesfont fituées
fait préfent
de latitude
entre le 3S. & 40. dégré
Septentrionale. Le Mardi 20. nous étions furlesnenf
heures du matin à deux lieués ou envide la Tercere,
nous laiffâmes i
ron bas bord. Nous tadoteg petires voiles
donner envie à quelque bon Porpour de nous veuir reconnoitre. Ilne
tugais fcroit allurement pas forti de nos mains
fans nous donner du vin & des confitures; mais ils furent plus fages que confi- nous
ne les croyions, & nous laifferent dire. Elle
derer leur Ville fans nous rien
eft couverte au Sud & Sud-Eft par un
rond, qui paroit loin comme
gros Iflet, cap fur
lil nous parut beauun
lequel
La Ville nous
coup de Fortifications.
fembla grande, bâtie-en amphiteatre
avec un Château fur la hauteur.
Le Mercredi 21. nous dépafsâmes --- Page 433 ---
Frangoifes de D Aperijue. 413
nous laiflâmes encore
Sainte Maric que
contrariez par les 1705.
à bas bord, totjowrs
de porter
vents qui nous empéchoient
a route.
nous vimes un vaiffeau
Le lendemain lieués au ventà nous.
environ à quatre
lui donnâmes la
Chemin fatfant nous
fit fauffe
chaffe jufqu'à la nuit, qu'il fit bien.
route, & s'échappa, Madere &
3 les cal- vie de
Le 30. nous vimes
avoient
Madere.
& les courans nous y
porté.
mes
rendre vifite à Melicurs
Nous fames Cafinerie, qui nous regalerent
Boyer &
premicr
deleur mieux, & lelendemain dinerà notre
d'Oétobre ils vinrent
jour bord. Péu s'en fallut qu'on ne piiclaré- Ifle de
folution d'aller piller la petite de Maderc,
Porto.Sancko qui eit voifine de la Couron-
&.aulli de la dépendance deux Illes furent déne de Portugal: : ces
en 1420.
cotvertes par les Portugais
E
appellerent la plus confiderable d'arbres dont
ra, à caufe de la quantité Ce fut un bonheur
elle étoit couverte.
& pour
pour ces pauvres Portugais, au defnous que M. Mauellerzoppola avoit de leur aller rendre
fein que lon
étant à Cadis
vifites car nous apprimes les avoit pillé
Corfaire François
defcente
E,a peu, de forte que notre Siij
ces
en 1420.
cotvertes par les Portugais
E
appellerent la plus confiderable d'arbres dont
ra, à caufe de la quantité Ce fut un bonheur
elle étoit couverte.
& pour
pour ces pauvres Portugais, au defnous que M. Mauellerzoppola avoit de leur aller rendre
fein que lon
étant à Cadis
vifites car nous apprimes les avoit pillé
Corfaire François
defcente
E,a peu, de forte que notre Siij --- Page 434 ---
Nowveaux
anx Ifles
n'auroit 414
fervi qu'à Voyager les ruiner entiere1705. ment fans nous apporter aucun profit.
Les vents contraires nous retinrent
dans ce partage jufqu'au 4- Octobre, &
s'ils avoient continué encore vingt-quala réfolution étoit
de
tre
heures,
prifc
nous aller rafraichir chez nos amis les
Efpagnols des Canaries, parce quel'eau
commençoit: à diminuer beaucoup dans
nous euffions les
nos vaiffeaux, quoique de bouche en abonautres dance. provifions Mais les vents étant venus un
de l'arriere: > nous portâmes fur la
peu côte d'Afrique, afin de profiter des brifes de terre qui foufflent la nuit, fi les:
calmes du jour, & les courans continuoient à nous. perfecuter.
le
Nous vimes la terre d'Afrique
5Oétobre, & le 6. au point dujour nous
découvrimes un petit vaiffeau à trois
lieucs ou environ au ventà nous. Nous
continuâmes notre route qui étoit aufli
la fienne fans le craindre; au contraire
le prenant pour un Saltin nous comp:
tions dele prendre, fi nous le pouvions
& le-vendreavec fon équipage
Is don-joindre, la
à la fin de nous
nent chaffe à à Cadis. Ils'approcha du vent qu'il
un vaif fans quitter l'avantage fa
le
feau.
avoit fur nous, il élongea fivadiere Corlong dc fon beaupré, comme un --- Page 435 ---
Françoifes de t Amérique mais 415
veut venir à Tabordage;
1705.
faire qui
nous pattagions
quand il vit queinous nous trois, ilforPourtenfemer entre de l'avant. Le
ça de voiles. & s'en gagna trouva le
Saint Paul qui
tte
de voiles
E
che, força aufli étions
quala denous n'en
clirce
dre, &
nous allions
mi portée du canon que démarâmes de
faire jolier > lorfque nous fit tomber à la
notre petit Hunief qui
Il fallur atMer trois de nos hommes. nos gens, 2 & pour
river pour repecher Le vailfeau que nous chafnous rajulter. auffitôt fur nous , & nos
fions arriva fçachant bien que nous
deux conferves
malgré cet
en
étions ératde lerecevoir, à lui gagner le
accident, conrinuerent
s'en dedire.
vent, afin quil ne pâr plus
oit ilsalloitjetter, c'eft
Il vit bienkenbanase à porter fur nous,
s'il contintoit vira ie bord, & gagna au
pourquoi il
fon avantage; &
vent pour conferver étoit très bon voilier, peu
comme il
de l'avant, 8c
chargé & net, il FRie rourle refte du
nous laiffa derriere. fuivante à une lieué au
jour & la nuit
vent à nous.
sfur lui toute la
Lefept nouschalfimes faifoit route au déjournée, parce qu'il cc qui nous perfuatroit comme nous,
Siv
contintoit vira ie bord, & gagna au
pourquoi il
fon avantage; &
vent pour conferver étoit très bon voilier, peu
comme il
de l'avant, 8c
chargé & net, il FRie rourle refte du
nous laiffa derriere. fuivante à une lieué au
jour & la nuit
vent à nous.
sfur lui toute la
Lefept nouschalfimes faifoit route au déjournée, parce qu'il cc qui nous perfuatroit comme nous,
Siv --- Page 436 ---
416 Nonveaux Voyages anx t
Ifles
doit encore davantage
c'étoit un
1705. Saltin, & nous donnoit phir d'envie de
le joindre.
Ces, Corfaires n'avoient alors que
trois vaiffeaux, dontle plus gros ne.
toit que 24. canons. Ilcft vrai qu'ils fone
chargez de monde, & quelque fois à
craindredans un abordage;. mais on a
bien-tôt ralenti leurfureur, quand en
les approchant on fait joiier le canon à
cartouche, foutenu par une bonne mouf
queterie, & accompagné de grenades,
&c de quelques poisia feu. Ceft alors
voit la Mauraille fe précipirer
leurs écoutilles, 8c
0ur
s'abandonner
à la difcretion de ceux quiles chauffent
fi rudement. Il faut pourtant en agir
prudemment avec eux > & ne pas s'en
approcher allez près, pour s'expofer à
être brûlé, s'il leur prenoit fantaifie de
mertre le fcu à leurs poudres, comme
les Renegats font accoutumez de faire:
Il vaut mieux les. defemparer à-coups
de canon, & rifquer plinror de les couler bas 5 car quand ils fentent que Veau
les gagne, ils fc rendent, & on les fait
venir à bord. Nous perdimés pendant
la nuit notre prérendu Saltin.
Le 8. nous nous trouvâmes devant le
détroit; mais le vent étoit fi fort, & A --- Page 437 ---
Frangoifer de LAmérique.
417.
& la mer fi grolle. quil le 1705.
contraire,
d'y entier. Tout
nous fut impofible doit içavoir que le démonde (çait. ou eft Améentie PEurotroit de Gibraltar Eft & Oueft > & qu'il
pc 8 l'Afrique deux vents-là qui y
n'y a que ces
tfoibles &
s
T2A
gnent. Quand ils font bordées, dans toute
on y pent entrer à iln'y faut pas fonger.
autre difpofition ruiné, - & entre les mains des Détroit.. ydedu.
Tangereft Gilbraltar étoit aux AnMaures, 8c
avoir foutenu
glois ; de forte qu'après & une partie de la
toute la journéc , quelque changenuit > pour attendre réfolimes d'entrer
e
ment de vent, nous
pendant la
à Cadis. Nous perdimes deux conferves. La
nuit du 8.u 9. nos faifoit nous empèbrune épaille leurs qu'il feux.
cha de voir foir nous motillâmes deLe 9. furle c'eft un Bourg, ou petite
vant Rora.,
batterics fermées,
Ville.avec desla quelques baye de Cadis.
àlentréc levâmes l'ancre le dix au point
Nous
entrâmes dansla Baye de
du jour, nous motillâmes devant la Ville
Cadis, &
de terre furles
environ à trois cens
depuis
matin N 64-jours
neufheures.da
Le Comte de' Touquejésoise embarqué la Paix avoient été plus hardis
loule, &
Sv
vant Rora.,
batterics fermées,
Ville.avec desla quelques baye de Cadis.
àlentréc levâmes l'ancre le dix au point
Nous
entrâmes dansla Baye de
du jour, nous motillâmes devant la Ville
Cadis, &
de terre furles
environ à trois cens
depuis
matin N 64-jours
neufheures.da
Le Comte de' Touquejésoise embarqué la Paix avoient été plus hardis
loule, &
Sv --- Page 438 ---
418 Nowvean Toyages AMX Ifes
la
que nous, & étoient entrez pendant moiillez à
1705.nuit. Nous nous trouvâmes
nous.
côté d'eux, & du bâtiment que
Renconun Saltin.
tre du avions challé,le prenant
fieur de Il étoit commandé par EAES fieur de T'AiFAigle.
qui s'eft rendu depuis ce tems là fi
gle fameux par fes prifes, & par lcs belles
aétions qu'il-a faires dans la Mediterranée pendant la derniere guerre. mais Son il
vaiffeau étoit très-fin de voiles, foin'avoit que 14 canons , 8c environ
xante hommes d'équipage. Il trafiquoit
Canaries, & faifoit Ja courle en
aux. même tems quand il trouvoit l'occafion
I vint à notre bord, & nous
favorable.
avoit -
des Andit qu'il nous
pris pour étoit d'aborgiois, & que fon dellein fe feroit fcder celui de nous trois qui lui donnant la
paré des deux autres en
auroit
chafle.Je croi cependant qu'ily
penfé plusd'une fois, à moins quiln'elt fort éloitronvé le vaiffeau de Cafineri
de:
gné de nous. Car pour : le Comte du
Touloufe &le S.Paul, cen'étoit pas
lui..
-
gibier
encore affez près de nous
Il y
Eoet
vaifleau de Marfeille de 5o. ca-
-uin gros
en partie à Monnons qui appartenoir de la Martinique. Le
fieur de la Touche
Licutenant de
ficur.de.l la.Magdclaine, --- Page 439 ---
Amérique: 419
Frenpaiferde
commandé, &
vaiffeau du Roi l'avoit
Ce vaiffeau 1705.
étoit mort en Amerique. des Indes, & étoit
venoit de Cartagene de Cacao de Carachargé de quantité de Vanille, & auque, > de Cochenille, du 2 pais, fans compter
tres marchandiles d'or 8c d'argent en Saumons,
beaucoup
On ne peut croire juf-
& en cfpeces. alloient les plaintes &c les murqu'oi
à caufe dece commures des Elpagnols fçurent que nos trois
merce. Dès quils du Cacao, ils concluvaiffeaux avoient des cotesde la nourent qu'ils venoient & les plus moderez divelle Efpagne, falloit rnonsconfiquers parfoient quil
le trafic que
ce que nous les fur ruinions leurs Eares 2 & nous
nous faifions bonne fois des Ifles que
chafler une
Quoique. nous fullions
nous occupions. firuation fort délicate,
alors dans une Aliliéséroient prèts des'emparce queles
& du relte de la Caparer de Barcelones
leurs conquêtes
talogne, & de poulfer laiffions pas de nous
bien loin, nous leurs ne menaces > fçachant
mocquer de
les forces del laMonarbien que toutes n'étoient pas capables sde
chie Elragnole
nous challer de la Martinique: motillé il vint
Dès que nous eûmes pavillon d'EC
à bord un canot portant
Svj,
prèts des'emparce queles
& du relte de la Caparer de Barcelones
leurs conquêtes
talogne, & de poulfer laiffions pas de nous
bien loin, nous leurs ne menaces > fçachant
mocquer de
les forces del laMonarbien que toutes n'étoient pas capables sde
chie Elragnole
nous challer de la Martinique: motillé il vint
Dès que nous eûmes pavillon d'EC
à bord un canot portant
Svj, --- Page 440 ---
420 Nowveaux Vayages Anx Ifles
170j. pagne. Un Officier allez mal
encore plus mal vêru qui étoit bati, &
nous fit défenfes de mettre
dedans ;
terre avant queles sMedecins perfonne de la
à
& les Officiers de-la Santé euffent Ville
le vaifleau. Comme il vit
vifité
monde paroiffoit plein de que tout le
qu'il alloit les
fanté, il dit
preffer de
afin
que nous cuflions au plutôt venir, l'entrée libre.On lui donna quelques
le faire fouvenir de fa parole. sréalles pour
Il vint enfitite un autre Officier nous
faire défenfes de trafiquer, & de
dre aucunes de nos marchandifes, ven- fous
peine de confifcation. Il laiffa
hommes dans de petits bateaux quatre
nous obferver, & empècher
pour
ne fiflions quelque contrebande. que nous
de ces efpions s'allerent établir far Deux les
bouécs de nos ancres s on les en fitdéloger 5 ils murmurerent de notre
dhonnéreré, & nous menacerent, peu
on eur bientôt trouvé moyen- de les mais
"dre traitables, & chacan
rencompte.
y trouva fon
Les pécheurs & autres
accontumé de venir au-devant gens
ont
mens
bâtit
qui arrivent, ne
de nous apporter de leurs manquerent pas
leEipagnolafappofenre
denrées; car
queles vaiffeaux --- Page 441 ---
de LAmérigue: 42r
Frangifes
de long couts,
qui viennent d'un de voyage toutes cholés ; 1709
font dépourvos la derniere fiurprife lorfétoient dans
de
voyoient nos cages pleines des mouqu'ils toutes fortes de volailles avec
fur le
tons, des cochons & des cabrittes faire
en aflez grand nombre pour
pont une fois le voyage delAmert- ne
encore Il eft vrai que tous les vaiffeaux le nôtre
que. iont pas fi bien pourvàs Manreller, que
fa
l'étoit 5 car Monfieur
tant de
niéce &c moi avions embarqué de renprovifions, qu'on fut contraint qu'on
voyer des volailles à terre s parce les mettre 7
n'avoit plus de place pour d'Inde fuflent en
quoique nos volailles
& en partie
partic dans la chaloupe avec nos canards
amarrées fur toutenrier le pont pour fe promequillavoienr
la grande chere
ner; 5 de forte qu'après fait pendant foixanteque nous avions
les
que
trois jouis de maveriée,
donnés- auxbete
nous avions des deux antres vaiffeaux il
pafagers ils éroient venus chez nous, en
quand
extraordinaire qu'il nous
n'étoit pas
grande quantité. Nous
reftât une-aulli donc de Mellieurs les EfpaW'achetâmes des fruits, des
des du:
gnols que des
REL
pommes &
poires,
qu'après fait pendant foixanteque nous avions
les
que
trois jouis de maveriée,
donnés- auxbete
nous avions des deux antres vaiffeaux il
pafagers ils éroient venus chez nous, en
quand
extraordinaire qu'il nous
n'étoit pas
grande quantité. Nous
reftât une-aulli donc de Mellieurs les EfpaW'achetâmes des fruits, des
des du:
gnols que des
REL
pommes &
poires, --- Page 442 ---
422 Nowvenux Voyages aux IRles
railin excellent, dont notre Damoifelle
1705. Creolle mangeoit une f grande- oncle quan- lui
tité, malgré tout ce
fon
dire, qu'il TeiE fortà craindre
pouvoir
malade.
qu'elle ne dinâmes tombât de bonne heure, , en
Nous les Medecins; ils vinrent fur
attendant les deux heures au nombre de deux avec
& déux Officiers de la
un Chirurgien firent des excufes de n'e:
Ville. Ils nous
donner lentre pas venus plàtôt nous ufoit decette
trée, ils nous dirent qu'on tems, à cauprécaution depuis quelque étoit venu des Illes
fe d'un vaiffeau qui
del'Amerique, & qui en avoir apporté
Ils n'avoient
une maladie, contagicufe. c'étoit en effet la mapas tout le tort 5 avoit fait affez de raladie de Siam qui
(ouhaiter
vage chez nous , pour ne pas
amis.
qu'elle s'allât répandre chez nos
Ôn leur donnale role de T'équipage que
l'on fit monter far le pont, & ils trouvenous
tous d'une fanté
rent que
la jottiflions mifericorde de Dieu.
parfaite Onleur par fit fervir une colation magnifique de confitures des Ifles; notre Damoifelle en faifoit les honneurs avec
& cet enjotiement qui eft
cette politeffe Creolles. Meflieurs les
naturel à nos
& en fa.
Medecins en furent enchantez, --- Page 443 ---
Françoifes de PAmerigue. 423.
confidération ils refuferent genereale- 1705
ment ce qu'on leur préfenta pour leurs
droits de vifite. On les faliia de cinq
coups de canon lorfqu'ils s'en retournerent. Je mis à terre fur les cinq heures
du foirle dixiéme Oétobre mil fept cent
cing, & c'eft ouje fnirai mes Memoiqui
être
res' de l'Amerique
pourront
fuivis de ceux de TE(pagne & de PIralie, f Dieu me donne affez de fanté
pour mettre en ordre mon journal, 8
les remarques que j'ai faites dans ces
pais.
Fin du huitiéme Volumes
ps de canon lorfqu'ils s'en retournerent. Je mis à terre fur les cinq heures
du foirle dixiéme Oétobre mil fept cent
cing, & c'eft ouje fnirai mes Memoiqui
être
res' de l'Amerique
pourront
fuivis de ceux de TE(pagne & de PIralie, f Dieu me donne affez de fanté
pour mettre en ordre mon journal, 8
les remarques que j'ai faites dans ces
pais.
Fin du huitiéme Volumes --- Page 444 ---
TABLE
DES MATIERES
contenuès dans la buitiéme
Partie.
A
A CAJOU ou Cédre. Arbre excellent
pour la Charpente 2 la Menuiferie & autres ouvrages,
Affiliation de quelques Religieux au
corps des Miflions. Ce que c'eft &
Putilité qu'on en auroit retizée s
Afrique. Vie de la côte d'Afrique c, 414
Agneau de Mofcovie, cfpece de Citroiille. Sa produétion,
Ajuftemens extraordinaires des F22
tiers,
Allarme à la Martinique, caufée par
une Flotte Angloife,
--- Page 445 ---
DES MATIERES leur Flotte à
Anglois. Ils affemblent
venir
File de Marie-galante, s pour 20.
celle de la Guadeloupe,
attaquer
defcente aux Saintes >
Ils rentent une
46. L'état de leur
& font sepoalfez,
du
Flotte, Thidem. Ils sapprochent Ils bràBaillif, & font canonez, ,48. Cariale
&c la Maifon
lent TEglife
du monde,
de Goyaves, leur
67. Leur
1ls font
LEES
55. dans cette aétion, 73; battent Ils s'em- le
pertc du Bourg, 92. Ils font batparent Cavalier &c le Fort, 103. Ils monde en
bien du
tus, & perdent de la Riviere des
un combat près Ils canonent fâns facGallions, 119.
du bord de la
cès les retranchemens dans le Fort
Mer, 142. Ils entrent Ils vont au Pofte
abandonné, 144- 8cn'ofent l'attades trois Rivieres,
àla
quer, 161. Ils defcendent bralent la :
te du vieux Fort battus >
1 : 162. Autre
pelle, & font
bien du
rencontre où ils perdent encore bartus
monde, 168. Ils font font
dans unc courfe qu'ils Ils .Eat
avoir des vivres, 177- 178. Ils achedu Bourg,
une. partie de le braler, & s'embarquent,
vent
quils ont caufé
180. Dommage --- Page 446 ---
TABLE
dans PIe & pertes qu'ils ont fait,
Arnouville. Fiefde CC nom à la Guadeloupe. Sa fituation,
Avarice & lâcheté extrème d'un Capitaine Marchand Provençal,
I5
Auger. Gouverneur de la Guadeloupe.
Son hiftoire,
Ileft nommé Gouverneur de S. Domin- 34
gue,
L'Auteur eft chargé du temporel de la
Miffion de la Martinique,
22-I
L'Auteur fait achever leur Maifon àla
Martinique, & eft nommé Superieur
de cette Miflion, >
253.
L'Auteur fait faire les Pâques aux habitans del'Ifle S. Martin,
L'Auteur arrive à la Guadeloupe après
un voyage de cinquante-deux jours,
pour faire trente lieuès,
36r
L'Auteur part de la Martinique 3 &
paffe en France pour les affaires de la
Miflion. Etat de 'lal Flotte fur laquelle
il étoit embarqué,
B
B Agues d'or à Charnieres, faites à
la Barbade,
Balaou, Poiflon de Mer. Sa defcription,
faire les Pâques aux habitans del'Ifle S. Martin,
L'Auteur arrive à la Guadeloupe après
un voyage de cinquante-deux jours,
pour faire trente lieuès,
36r
L'Auteur part de la Martinique 3 &
paffe en France pour les affaires de la
Miflion. Etat de 'lal Flotte fur laquelle
il étoit embarqué,
B
B Agues d'or à Charnieres, faites à
la Barbade,
Balaou, Poiflon de Mer. Sa defcription, --- Page 447 ---
MATIERES 427
DES 8 fa bonté,
fa pèche,
dontles Negres fe ferBâtons charmez
vent >
d'oi il vient, comBaume à Cochion,
Ses vertus.
ment on la découvert. fur Vufage &
Remarques de l'Auteur
des baumes,
Bedarides Happlicaion (le P. Jacques) ) eft nommé des
General dcs Miflions
Superieur
Jacobins, Arbre. Sa defcription,
Bois de Merde.
21I
Gouverneur de Maric-GaBois-Fermé.
lante >
Poiffon deMer. :e
Bonite ou Germon.
3o8:
defcription, habitant de la Guadeloupe,
Bouchu,
par fes Negres,
livré aux Anglois
Sor arrivée à la
Binois, Ingenieur. eft caufe d'un differend
Guadeloupe
&cFAuteur, 25
entre le Gouverneur
C.
8 ville de cC nom, - oû
CA l'Auteur débarque , Sa defcri- 417
Caiche. Bâtimens de charge.
ption,
des François, après quils
Caipemens --- Page 448 ---
TABLE
eurent abandonné le Bourg de la
Guadeloupe >
Canon. Oblervation fur le bruit & le
feu du Canon, 3
Canot. Anglois
Caranguc.
Sa defcription 2
Gebpite
Cafque, s elpece' de Limaçon de Mer.
Sa defcripcion,
Chafle de Ramiers à la Guadeloupe. Sa
defcription, >
Chaux faite avec dcs Coquillages, eft
excellente,
Chène verd. Arbre. Sa defcription >
Chirurgien de PIfle de S. Martin, qui
étoit en mêmc-tems Curé, Gouverneur & Juge,
Cipre. Ciprès ou bois de Roze, Arbre.
Sa defcription & fon ulage, e 257
Cloche. Licutenant d'uné Compagnie,
détachée de la Marine à la Guadeloupe,
Clufius. Sa defcription des Macrenfes,
Combat opiniâtre & très-vif entre les
François & les Anglois Ss
III,
Conference de F'Auteur avec un Capitaine Proteftant, au fujet des Diables
8 des Macreufes,
1S7 --- Page 449 ---
DES MATIERES, favorife la defcente
Contre-tems qui
des Anglois à la Guadeloupe,
D
ou Xe trouve P'Auteur à la
D Anger defcente des Anglois à la Gua67 71
deloupe, oà l'Auteur fe trouva étant à
Danger
33%
la chafle,
trouverent deux Pe
Danger où fe
;85
cheurs, deux
de Saints qui
Deltinée de
Figures des Jefuites à la
éroient dans l'Eglile
Guadeloupe, Pilote Hollandois. Son voiaDe Wert.
chercher le
ge
le Nord, pour
E.in de la Chine, Françoifes le
Diftribution des Troupes
long, de la côte de la Guadeloupe, 64
diftribution des mèmes Troupes
Autre
le Fort,
après qu'on eut sbandonné
15I
neveu de"M. Auger 0 >
Domonville, d'un 2 Boulet de Canon, 130
bleffé
Son portrait
Du Chatel (Tannegui.)
& fa famille,
voiaDe Wert.
chercher le
ge
le Nord, pour
E.in de la Chine, Françoifes le
Diftribution des Troupes
long, de la côte de la Guadeloupe, 64
diftribution des mèmes Troupes
Autre
le Fort,
après qu'on eut sbandonné
15I
neveu de"M. Auger 0 >
Domonville, d'un 2 Boulet de Canon, 130
bleffé
Son portrait
Du Chatel (Tannegui.)
& fa famille, --- Page 450 ---
TABLE
E
Rreur des François de la GuadelouE pc, touchant les balles de Moufquet ,
Efpadon ou Pefce - Spada, Poiffon de
Mer. Sa defcription,
Etat des Troupes Françoifes à la Guadeloupe en 1703.
Erat des Troupes Angloifes ,
F
Flamm.o Oifeaux. Leur defcription,
Fou. Oifeau. Sa defcription,
Fort de la Guadeloupe abandonné malà-propos & fans néceflité,
Fregates. Oifeaux. Leur defcription 5
Graiffe de Fregate. Sa propriété, 304
G
Abaret, Gouverneur de la Martinique, I06. Il conduit du fecours
à la Guadeloupe : attaquée par les
Anglois, & fait bien des fautes, IIO.
Il veut abandonner le Fort, & en eft --- Page 451 ---
DES MATIERES. enfin
empêché, 124. Il labandonne Ilabandonne un
fans nécellité, 143- FIfe en danger
autre polte qui 148. met Il fe retire vers la
d'ètre prife,
il revient, 163,
Cabelterre > & puis fortie
avoit
Il empêche une chaffer les qu'on Anglois 2.
réfolu, pour
s'étoit déja embardont une partie
Gomme quée, d'Acajoit. Son ufage 2
214 OiGrand Gofier. Elpece de Pelican.
feau. Sa defcription, ,
293 298
Ulage & beauté de leuvs blagues,
H
de la grande terre de la
refufent d'abord
Guadeloupe. au refte de la Colonie,
HE
de fc joindre
Houel (M. de Varennes.)
I
Sa fituarSle àCrabes ou Boriquen. fabeauté, fa fertion, fon étenduë,
tilité, d'Aves ou des Oifcaux. DefcripIles tion de ces Iiles défertes,
& 279 hiIfle de Saint Martin. Defcription --- Page 452 ---
TABLE
ftoire de cette Ifle & des deux Nations qui Phabitent,
Ifle de S. Barthelemi,
Ifle de la Barboude e,prife & pillée par
les Flibuftiers,
Iffes Terceres ou Eforres,
L
A Malmaifon, Lieutenant du Roy,
L puis Gouverneur de la Guadeloupe, 3
Lambert, Capitaine de Flibultiers,393
Lambis.
de Limaçon deMer. Sa
mnted Ufage qu'on en fait & la
maniere de l'apprèter,
La Roche - Guyon, Capitaine d'une
Compagnie détachce de la Marine >
I07
Le Févre, Capitaine des Enfans perdus
de la Guadcloupe. Sesbelles aétions
& fa mort >
97.8. fisiv.
Le Roy de la Poterie, Ayde-Major de
la Guadeloupe. Son portrait & fon
Hiftoire,
Ligne de fond. Maniere de s'cn fervir
pour la pèche,
M.
la
maniere de l'apprèter,
La Roche - Guyon, Capitaine d'une
Compagnie détachce de la Marine >
I07
Le Févre, Capitaine des Enfans perdus
de la Guadcloupe. Sesbelles aétions
& fa mort >
97.8. fisiv.
Le Roy de la Poterie, Ayde-Major de
la Guadeloupe. Son portrait & fon
Hiftoire,
Ligne de fond. Maniere de s'cn fervir
pour la pèche,
M. --- Page 453 ---
DES MATIERES
M
M
Achanlt, Capitaine de Vaiffean,
General des Illes
M & Gouverneur
95,
de TAmerique, Dillertation furleur origine
Macreufes.
leurs qualitez ,
: & far
Madere Ile aux Portugais, à la Mattinique
Maladie extraordinaire & puis fur les Né
fur les Beftiaux,
gres,
Capitaine d'une CompaMatfoncelle; détachée de lal Marine, 40 , 170
gnic très-habile Chirurgien de la
Mallon;
Guadeloupe >
aiment la danfe
Matelots Provençaux >
&c le beau tems de VIle 5 S. Martin, 358
Maitré d'Ecole Habitant dela Martinique,
Manrecour,
rrès-grand mangeur, les
fe ferMiroir concave 1 dont Anglois les embufcavoient poui découvrit
IIS
T des,
de Prunier. Sa delcripMonbin.E(pece
tion, de trouver de l'eau douce au
Moyen
bord de la Mcr,. la viande de fe
Moyen d'empêcher
corrompre,
T
Tom. VIII.
de VIle 5 S. Martin, 358
Maitré d'Ecole Habitant dela Martinique,
Manrecour,
rrès-grand mangeur, les
fe ferMiroir concave 1 dont Anglois les embufcavoient poui découvrit
IIS
T des,
de Prunier. Sa delcripMonbin.E(pece
tion, de trouver de l'eau douce au
Moyen
bord de la Mcr,. la viande de fe
Moyen d'empêcher
corrompre,
T
Tom. VIII. --- Page 454 ---
TABLE
Mouton en robe de Chambre, > 287
N
Anglois tué par les Negres qu'il vouloit
N'sim
furprendre,99
Negtes obfedez par lc Diable. Remede
à ce mal,
Negres. Leur devotion pour le pain
beni & l'eau benite,
Negre. Excellent pècheur, 2
Negreffe Françoifc, à quil'Auteur procure la liberté, 2
P
Oifeau de Tropique. Sa defcriprion,
pabscien
Panefton ou la grofle Vierge. Ifle Angloife à la tète des Vierges,
Particulier. Cochon. Maron ou Sanglier, ainfiappellé,
Perroquet de mer. Poiffon. Sa defcription & fa bonté, >
Pirogue envoyé par M. Auger , pour
obferver la Flotte Angloifc,
Précaution pour ne pas manquer de vivres,
Prife d'une Barque Angloifc,
Prife d'une Caiche Angloife,
--- Page 455 ---
DES MATIER ES., 435
Prife d'un Vaiffeau Anglois S,
Prife d'un autre Vaiffeau Anglois, 367
Poiffon rouge. Sa defcription,
382 des
Procès qu'evrencles) Jacobins contre
particaliers, qui s'étoient emparez
deleurs terres,
241. des
Projet d'une entreprife fur labaterie
Anglois qui ne fut point executé, de 109 la
Proteltation du Lieurenant du Roy
Guadeloupe 3 contre le Lieatenanp
General,
Prifanne dela Guadeloupe. Sa compofition & fes effers,
2jo
R
Lieutenant de Milice, enAby,
reconnoître la Flotte
R voyé pour
Raphaci Anglo.fc. (le Pere) Capucin. Accident
qui lui arrive pour avoir mangé d'une
vielle,
dont 384
Rappor.dun Transfuge Anglois, 61
on ne profita pas,
à la GuadeRaye prodigienle ; pèchéc
loupe, en 1705:
tiré des Vaif- 573
Remarque fur le Canon,
feaux,
Remarques avantageufes pour le progrès
des Arts & des Sciences >
--- Page 456 ---
TABLE
Kemarques fur les Vaifeaux bâtis en
Ponant & en Provence
Riviere du Lézard à la Guadeloupe,105
Rochefort, Confeiller, au Confeil Souverain de la Guadeloupe,
Roziers ordinaires. Maniere de les faire
porter des fleurs toute l'annéc, 258
S
S Anfon, 5 Maitre dela Barque l'Aventurierc, bleffé de deux coups, > 119:
Secours qui arrive de la Martinique à la
Guadeloupe, attaqué par les Anglois,
I19,
Senne. Filet pour la pèche. Sa defcription,
Serpent Marin pris aux Ifles d'Aves,
Sa defcription 1 2
Signier, Prètre. Son hiftoire,
Souffleurs. Poiflons de Mer qui 6chotent quelquefois fur les côtes des
Ifles,
39 I
T.
Empete qui porte la Barque oit
I étoit l'Autcur aux Ifles d'Aves,
264.
Tour que les Jacobins de la Guadelou-
attaqué par les Anglois,
I19,
Senne. Filet pour la pèche. Sa defcription,
Serpent Marin pris aux Ifles d'Aves,
Sa defcription 1 2
Signier, Prètre. Son hiftoire,
Souffleurs. Poiflons de Mer qui 6chotent quelquefois fur les côtes des
Ifles,
39 I
T.
Empete qui porte la Barque oit
I étoit l'Autcur aux Ifles d'Aves,
264.
Tour que les Jacobins de la Guadelou- --- Page 457 ---
DES MATIERES. Habitation. 437
font bâtir fur leur
pe Hiftoire far ce fujet,
aux Illes de
Traine. Mauiere de pêcher
l'Amerique, de Mer. Efpece de Limaçon
Tromperte Sa defcription & fes ulages,
long,
V
Anglois échouié aux Illes
V d'Aves, pris par les Flibuftiers, 267
Vaiffeau François auquel on donnela
challe,le prenant pour Saltin, 414 de
Vambel, Direéteur du comptoir avec les
Saint Thomas. Son procès
Anglois,
> Hfles. Leur fiVermudes ou leur Bermudes Hiftoire abregée > 302
tuation Poiflon &
de Mer ? approchantde
Vielle,
Sa defctiption & fa pèche,
la Moruc.
de P'Auteur de la Martinique à
Vovage
& les differentes ala Guadeloupe,
vantures quil eut,
la Table des Matieres de la
Fin de buitiéme Partie. --- Page 458 ---
PRIFILEGE DU ROI
OUIS, par la Grace de Dieu,
I Roi de France 8 de Navarre: A
nos amez & féaux Confeillers 3 les Gens
tenans nos Cours de Parlement, Maitre
des Requètes ordinaires de notre Hotcl, Grand-Confeil, Prévôr dc Paris,
Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenans
Civils & autres nos Jufticiers qu'il lap:
partiendra, SALUT. Notre bien amé
JEAN-BAPTISTE DELESPINE pere, l'un de
nos Imprimeurs ordinaires & Libraire
à Paris, ancien Adjoint de fa Communauté, Nous ayant fait remontrer qu'il
fouhaitteroit continuer de réimprimer
OU faire réimprimer & donner au Public THifoire Romaine des Peres Catroy
e Rowillé; PHifloire de France STAbregéde cette Hifloire par le P. Daniel;
lés Soufrances de N.S.J. C. pendagt
fa Paffion par le P.Alleaume 5 le Cours
de Cbimie du Fieur Lhemery sFArchiteeture Pratique du feur Bullet; FInfrection de la Jenaefes Entretiens doux d.
afettuenx poset totts les jotrs de PAvent 3
le Clrétien en folitudes la Métbode d'0raifoy 2 Entretiens de dévotion fmr le
Caint Sacrement de LAntel; la Manne,
de N.S.J. C. pendagt
fa Paffion par le P.Alleaume 5 le Cours
de Cbimie du Fieur Lhemery sFArchiteeture Pratique du feur Bullet; FInfrection de la Jenaefes Entretiens doux d.
afettuenx poset totts les jotrs de PAvent 3
le Clrétien en folitudes la Métbode d'0raifoy 2 Entretiens de dévotion fmr le
Caint Sacrement de LAntel; la Manne, --- Page 459 ---
lerporfauser gai font en
da Defert Dévotion Au Calvaire ;Com5
lrTo
retraite Chrétiennes powr tous lesjours
fdérations
fur les princide Parnée ; confidévations du Chrétien ; la douce d
pales açtions
le Pere Crafet ; MEfaunte Mort par d'oraifon rédsite en pratithode facile maniere de fe préparer à la mort
gue; la la vie 5 Retraite Tur les Myferes
perdant
Jefas-ChrijA; ; Penftes
de Notre Seigneur Chrétiennes pour tous les
O1 Repexions de. tannées Retraites Pirituelles Exercices
jours
Religieufess
powr les perfoxnes honorer les Myfteres de
interienrs pour ; Rerraite felon telprit
Motre méthode Seigneur de S. Ignace ; PEfrit du
d la
de Notre SeiChorifianifines ; TAmowr le P. Neveu 5 le
gnewr Jefaus-Chrijf P. Bonnefons ; les
wie
IP
Lnre de Chrétienmes par d Ecelefafliques,
Retraites
la Meffe 6 des
avec les Prieres pendant tous les jours du
Réfexions faintes Abbe pour Thibèrges les Hewmois, dafiewr tirés de FEcriture Sainte ,
Yes., rOfice de la Péntence de feu notre de
6 rOfice Coufin le Sieur Cardinal
très-cher les Exercices de la vie inteNoailless
Répexions chre
rietre du P.Gommelieh, importantes wéritez
tiernes fur les plus
fe conferver en
dufalut 5 Pratique POMT --- Page 460 ---
la préfence de Dien ; inftructions familic
meatale; les Collogues
ves fier IOraifan
chrétiennes en
du Calvaire; d'Examen Infrettions du feur Courbon j les
forme
Afrigue 2e ItaKeyages en PAmérigue, la Relation de TErbupie
lie Occidentale, e Elpegae, 6 les Mémoires du femr
Darvieux
le P. Labat, s'il Nous
plaifoit lui fendrin nos Lettresde continuation de Privilege fur ce nécellaires; offrant
cet effet de les réimlefdits Liprimer ou Aerd réimprimer
yres ci-deffus expliqués en bon papier
& beaux carackeres, faivant la fettille
imprimée & attachée pour modéle fous
le contre-içel des Préfentes. A ces caufes, voulan: traiter favorablement ledit
Expofant, & lui donner des marquçs
de notre reconnoillanced procurer des
Ouvrages aulli utiles pour Tédification
du Public > en lui donnant les moyens
de nous les continuer, Nous lui avons
permis & permettons par lefdites Prés.
fentes de réimprimer ou faire réimpri:
mcr lefdits Livres ci deffus expolés cn
an ou plufieurs volumes, conjointe- de fois
ment ou (éparément, & & de autant les vendre >
que bon lui femblera, débiter
tout notre
faire vendre &
par
Royaume pendant le tems de quinze
pour Tédification
du Public > en lui donnant les moyens
de nous les continuer, Nous lui avons
permis & permettons par lefdites Prés.
fentes de réimprimer ou faire réimpri:
mcr lefdits Livres ci deffus expolés cn
an ou plufieurs volumes, conjointe- de fois
ment ou (éparément, & & de autant les vendre >
que bon lui femblera, débiter
tout notre
faire vendre &
par
Royaume pendant le tems de quinze --- Page 461 ---
confécurives, à compter du jour
années
desprécédensl Privileges.
delexpiration. deffenfes à toutes fortes de
Faifons
& enalioe
fonnes de quelque d'en qualité introduire d'imprefqu'elles foient dans aucun lieu de notre
fion étrangere Comme aufli à tous Impriobéillance.
Libraires & autres dimprimer,
meurs
vendre 5 faire vendre,
faire imprimer >
lefdits Livres cidébiter ni contrefaire ni en
ni
deffus fpecifiés en tout
fous partic, quelque
d'en faire aucuns extraits
prétexte que ce foit, daugmeniation, de titre ou aucorredtion, changement
exprelle &
trement, fans la permillion oud de ceux qui
par écrit dudit Expofant à
de conifauront droit de lui, peine contrefaits,, de
cation des Exemplaires d'amende contre chadix mille livres
dont un tiers à
cun des contrevenans,
de Paris : 2
Nous, un tiers à PHôtel-Dicu & de tous
Fautre tiers audit Expofant,
chardommages & interèts s;àla
dépens
Prélentes feront enregilirées
ge que ces fur le Regiftre de la Comtout au long
& Libraires
munanté des Imprimeurs mois de la dattc d'ide Paris dans trois
de ces Livres
celles : que limpreflion
& non
fera faite dans notre Royaume fe conforailleurs, & que rimpétrant --- Page 462 ---
mera en tout aux Réglemens de la Librairic, & notamment à celui du dixiéme Avril mil fept cens vingr-cinq. Et
qu'avant que de les expofer en venteles
manufcrits ou imprimés qui auront fervis de copie à T'imprellion defdits Livres feront remis dans le même état où
les Approbations y auront été données,
ès mains de-note très cher & féal Chevalier le Sieur Dagueffeau, Chancelier
de France., Commandeer de nos Ordres; & qu'il en (era enfuite remisdeux
Exemplaires de chacun dans notre Bibliotheque publique , un dans celle de
norre Château du Louvre, & un dans
celie de notre très-cher & féalChevalier le Sieur Dagueffean, Chancelier
de France, Commandeur de nOS Ordres, le toutà peine de nullité desPréfentes : du contenu defquelles vous
mandons & enjoignons de faire jouir
IExpofant, ou fesayans caufe, pleinement & paifiblement, fans fout ffrir - qu'il
leur foit fait aucun trouble ou empèchement. Voulons que lacopie defdites
Préfentes quiferaimiptimécioats aulong
au commencement ou à la fin defdits
Livres foit tenue pour dûëment fignifiée, & qu'aux copies collationnées par
Tun de nos amez & féaux Confeillers:
enjoignons de faire jouir
IExpofant, ou fesayans caufe, pleinement & paifiblement, fans fout ffrir - qu'il
leur foit fait aucun trouble ou empèchement. Voulons que lacopie defdites
Préfentes quiferaimiptimécioats aulong
au commencement ou à la fin defdits
Livres foit tenue pour dûëment fignifiée, & qu'aux copies collationnées par
Tun de nos amez & féaux Confeillers: --- Page 463 ---
foi foit ajoûtée comme, à
Sectetaires, Commandons au premicr
T'original.
de faire pour
notre Huiflier ou Sergent tous aêtes requis &
l'exécution d'icelles fans demander autre perde
:
nécellaires,
clameur
million > & nonobftant Normande 8c Lettres à
Haro, Charte car tel eft notre plaific.
ce contraires;
le vingp-huinéme
Donné à Verfailles
l'an de grace
jour du mois trente-huit, de Mars, & de norre
mil fept cent
Régnele vingetroilieme
Parle Roien fon Confeil.
SAINSON.
le Regifre X.del la ChamRegijfréfuer des Libraires e Imprimeurs
bré Royale No 13.fol. 12. corformément
de Paris,
comfirmés par ceaux anciens Réglemens A Parii,le 29
lui du 28 Féurier 1723.
Mars 1738.
LANGLOIS,Spude --- Page 464 ---
CES.S 1O N.
Je foufligné, Imprimeur & Libraire
ordinaire du Roi, reconnois avoir cedé
& tranfporté le préfent Privilege, feulement pour les Voyages d'Amérique
& la Relation d'Afrique du P.Labar, S
à MM. Cavelier, le Gras & de Nully >
pour en joiiir chacun felon leurs parts.
Fait àParis ce 29 Mars 1738.
DELESPINE.
DelImprimeric de CH. JIAN-BAF.DELESPINE
Imp. Lib. ord. du Roy, rue Saint
Jacques, au Palmier 1742. --- Page 465 --- --- Page 466 ---
1 5892-8 --- Page 467 ---
E742.
L14n
V.8 --- Page 468 --- --- Page 469 ---
Lany
--- Page 470 ---