--- Page 1 --- --- Page 2 ---
GALDEO
Avton Enshr Hiom --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
NOUVEAU
VOY AGE
AUX ISLES
DE LAMERIQUE.
CO NTE N A N T
L'HISTOIRE NATURELLE DE CES PAYS,
l'Origine, les Mceurs, la Religion & le Gouvernement des Habitans anciens & modernes.
LesGuerres & les Evenemens: finguliersquiy' font
arrivez pendant le féjour que lAuteur y a fait,
Par le R. P. L AB A T 2 de L'Ordre
des Freres. Prêcbeurs.
Nouvelle Edition. augmentée confidérablement, & enrichie de Figures en Tailles-douces.
TOME CIN QUIEME
A G43 I0n
A PARIS,RUE S.JACQUES,
Chez GUILLAUM) E CAVELIER Pere >
Libraire, au Lys d'or.
M. DCC XLIL
Avec Approbation 6 Privilege du Reye --- Page 8 --- --- Page 9 ---
SVSVTVT > V7 7 Va
elo afo clo clo elo elo aYo es - à
TABL 2 E
DES CHAPITRES
contenus dans la cinquiéme
Partie.
CHAP.
Tablifement des François
I. E aux Iles de LAmérique >
page I.
CHAP. II. Etablifement des François à
la Guadeloupe 9
CHAP. III. Etablifement des Frangois à
la Martinique 2
CHAP. IV. Etablifement des Franceis à
la Grenade >
CHAP.V. Etablaffement des François dans
LIfle de Sainte Lucie, s uulgairement
Sainte Alonfie,
CHAP. VI. Etabliffement des Francois
- dans TIfe de la Tortuë s fur la côte de
Saint Domingue,
CHAP. VII. Etablifement des Francois
dans PIRe de Sainte Creix 2
IIO
CHAP. VIII. Etablilfement des-Francois
Tome V.
a --- Page 10 ---
dans les Ifes TABLE de Saint Martin
Saint Barpbelemy.
6 de
CAP. IX: Etabifement des
dans les IRes des Saints d de Frangois Mariegalante,
CHAD.X. Décadence de la
gui eff obligée devendre fes
ceux : 3
gai en étoient
Ifes
GTLE
CHAP. XI.
Gorveraenri,
Erablifemext d'une
Compagnie
murndl.
des Indes 5 fous lenom de Compagrie
CHAP. XII. Occidentales Réunion
, en 1664. 177
Domaine dn
des Ifles Antifles an
Roi, e révocation dela
Compagnie, 3
Gonvernenrs c Lientenans Générans, 235.
c--Inendan,
Capitulation accordéc
241 e faiv:
par
d'T
berville,
Morfiewr
Roie en commanrdant une Efcadse di
lonel Rich- T-Amdrigue 3 à Monfiewr le Code Nieves, Alber; Gonverneur delIpe
Guivernewride
Gonvernenrs de ela-Martinique la
>
3o3
Gouverneurs de Saint Gradeloupe Chrifopbe ;
304.
réunion de cette Ifle an Domaine depnis di là
Roi,
Gonvernenrs de la Grenade,
Gorvernewrs de
Lientenans de Roi Marie-zalantes e. Majors, : 30g
Lifede-Nofrigmonrte du Confeil. Suplrenr 310.
ieves, Alber; Gonverneur delIpe
Guivernewride
Gonvernenrs de ela-Martinique la
>
3o3
Gouverneurs de Saint Gradeloupe Chrifopbe ;
304.
réunion de cette Ifle an Domaine depnis di là
Roi,
Gonvernenrs de la Grenade,
Gorvernewrs de
Lientenans de Roi Marie-zalantes e. Majors, : 30g
Lifede-Nofrigmonrte du Confeil. Suplrenr 310. --- Page 11 ---
DES CHAPITRES.
dela Martinique;
Oficiers dela) Jwrifdiclion Royale du Fort
Saint Pierre du Fort Royal, 315:
Expédition de Monfieur d'Tberville dans
là Baye de Hudfon 6 la terre du Nord
dans lès années 1694. G 1695. 330:
Projet d'une Colonie an Détroit de Magellas , 6 fir les côtes inhabitées des
Chily >
Memoire pour le wryagede'l la Mer des
Sud, s
373.
Ein de la Table dés Cliapitres
a
de la cinquiéme Partic. --- Page 12 ---
MEMOIRES --- Page 13 ---
M E M OIRES
DES
NOUVEAUX VOYAGES
FAIT S
AUX ISLES FRANCOISES
DE L'AMERIQUE,
CINRPIEME PARTIE.
CHAPITRE PREMIER.
Etablifement des François anx Ifles de
LAmerique.
E Ns'eft plaint que j'ai donné
une delcription affez ample
des Iles que les François Occupent dans l'Amerique s
fans avoir fait connoitre ceux à qui O11
eft redevable de ces établiffemens, &
dans quels tems ilsles ont commencé,
Tome /
A --- Page 14 ---
Nouveaux Toages anx
Je croyois avoir de bonnes IRes
me dilpenfer d'entrer dans raifons pour
mais puifque le public. le ce dérail,
faut lui obéir. Cela lui fouhaite,. il
peine d'aller chercher dans épargnera differens la
Auteurs, ici.
ce qu'il va trouver raffemblé
C'eft en vain que les
fe
tent d'avoir connu
Epagnols van-
/ fiécles avant :
l'Amerique bien des
l'année J 492, quele hazard
y conduifit le pilote Alphonfe Sanchez,
qui mourut dans la maifon de Chriftophe Colomb, qui herita de fes journaax, qui lui firent
perilleux
C'eft entreprendre ce
forte de vraifemblance voyage.
contre toute
que la Ville de Cadix a été qu'ils lel lieu difent
lomon envoyoit fes
oûSanoit CCS pilotes excellens, Rottes,&oii il 2 prefoient fes vaiffeaux en ce Ric conduid'oi ilsrapporroient cette quantité pais >
digieufe deméraux précieux,
rellement enrichi la
Reunctime
l'argent y étoient aufficommuns Judée, que l'or&c
pietres; c'eft une fable, c'eft une réverie que les
que le Pere Jerôme de la
Carme
Conception,
Déchauffé, > a renouvellée de nos
jours, dans fon livre intitulé
orbe Cadis illnfrada. Je l'ai réfuté Emporiodel dans
In autre ouvrage. Je ne le rapporterai
ux précieux,
rellement enrichi la
Reunctime
l'argent y étoient aufficommuns Judée, que l'or&c
pietres; c'eft une fable, c'eft une réverie que les
que le Pere Jerôme de la
Carme
Conception,
Déchauffé, > a renouvellée de nos
jours, dans fon livre intitulé
orbe Cadis illnfrada. Je l'ai réfuté Emporiodel dans
In autre ouvrage. Je ne le rapporterai --- Page 15 ---
Françoifes de PAmbrique.
point ici, de crainte d'entendre renouveller les plaintes des confreres de ce
bon Religieux, qui fc font plaint amerement de moi, comme fij'avois fait un
grand crime > d'avoir fait connoître un
Auteur , qui peut-être fans moi auroit
étéinconnu à tout le genre humain, ex-.
cepté à deux ou trois Bibliotéques où il
fe trouve à Paris.
Laiflant donc dans le mépris ces traditions fabuleufes, & ces connoiffances anticipces de l'Amerique, il refte
pour conftant que ce vafte pais s cette
quatriéme partic du monde, > a été découverte Par Chriftophe Colomb, Genois d'origine, , quilalla chercher fous
lcs aufpices, & avec les vaiflcaux qui lui
furent fournis par la Reine Ifabelle
Epoufe de Ferdinand, Roi de Caftille s
& d'Arragon.
une affez longue
navigation, il
enfin les
AEemntit
Ifles
Lucayes, &enfuite la grande Ifle, 3 qu'on
appelle aujourd'hui Saint Domingue ou
Saint Dominique, & qu'il nomma d'abord Hifpaniola ou la petite Elpagne.
Cet heureux fuccès arriva le
de l'année 1492. Il demeura
tems
quelque
dans cette Ifle, y bâ:it un Fort
danslequel. il laiffa quelques uns de fes
gens,avec ordre de découvrirlepaisaede
A 1j. --- Page 16 ---
Nouveaux Voyages aux
vivre en bonne
Ifes
tir rels du pais. 111 intelligence revinc
avec les Nalai nouvelle de cette
en Elpagne avec
il
des
grande découveric,
plaques, dior, des bois
des oifeaux
AtEeT
d'antres chofes curieufes, rarcs, & des quantiré
ces infinies de rendre les Rois epéranlesplus puiflans Princes du d'Elpagne
arriva heurcufement
monde. Il
reçà du Roi & de la Reine à Seville, & fut
neurs infinis
avec des hon5 Onl lui donna des titres
éclatans , & il fat regardé de tout le
monde comme un homme extraordinaire,
Cependant le Roi d'Efpagne crut
pour fe conferver la poilellion de que
pais nouvellement découvert, il avoit ce
beloin d'en obrenir la donation du
Illa demandaau Pape Alexandre fixiéme Papc.
qui n'eut garde de la lui refufer, on en
voit affez les raifons, & linutilité de
ce don faute aux yeux. De quel droitle
Pape pouvoit-il donner- - une chofe
ne lui appartenoit
&
qui
noifoit
du
pas, qu'il ne conici le licu pas
tout : mais cC n'eft pas
Bulle
d'examiner cette affairc. La
d'Alexandre
On travailla furexpediée en 1493.
en diligence à iune Hotte
çonfidérable. Chriftophe Colomb la
commanda en qualité d'Amiral, il;
por-
ce don faute aux yeux. De quel droitle
Pape pouvoit-il donner- - une chofe
ne lui appartenoit
&
qui
noifoit
du
pas, qu'il ne conici le licu pas
tout : mais cC n'eft pas
Bulle
d'examiner cette affairc. La
d'Alexandre
On travailla furexpediée en 1493.
en diligence à iune Hotte
çonfidérable. Chriftophe Colomb la
commanda en qualité d'Amiral, il;
por- --- Page 17 ---
Francoifes de FAmtriqne.
S
ta plus au Sud que dans fon premier
voyage, & étant près les dix degrez de
Latitude Septentrionale , il porta à
l'Oueft, & découvrit une petite Iflc
qu'il nomma la Defirade, & prefque
en même tems une autre plus confidérable, plus unie, toute couverte de beaux
arbres , qu'il appella Marie-Galante, 2
qui étoit le nom de fon vaiffeau. Il en
vit une autre le lendemain qu'ilnomma
la Dominique, ou la Domenica, c'eftà-dire lIle du Dimanche, parce qu'il la
décotvrit tin Dimanche matin, & c'eft
ce qu'il faut remarquer s afin de ne
confondre la Dominique avec
siRet
Domingue. - S
Il vit chemin faifant les autres Iles,il
mit pied à terre dansquclques-unes. leur
donna des noms, & découvrit celle qu'il
appella Porto-rico, bien plus grande
que les précédentes, 8c arriva enfin à
Saint Domingue.
Il "ne trouva plus ceux qu'il y avoit
laiffé, ils s'étoient fi mal comportés avee
les Indiens, que - ces peuples d'ailleurs
d'un naturel très-doux 5 les avoient ex.
terminés, n'ayant pû fouffrir les cruautés de ces hommes fanguinaires, qui
avoient commis far eux des violences
inoitics, & qui avoient enlevé leurs
A. 11) --- Page 18 ---
Noneanx
femmes & leurs filles, Voyager & AHx IRes
au
qui les avoient
fentors
défefpoir, par leurs
rapines, 2 leurs
excès,
miral fur fenfiblement brigandages. L'Adéfordres,i il reconnut
touché de Ces
caeur de Ces
cependant le bon
rent avec joye, Ameriquains , qui le reçuqu'ils Purent de ce s'excuferenr le micux
lui remirent fidelement qui étoit arrivé, &
autres armes qu'il avoit lescanons laiflé
& les
Fort. Il vit bien qu'il falloit
dans le
cement des
traiter doulement doux peuples & timides. qui étoient natureldouceurs, il fit obferver Il les reçut avec
cipline à fes gens, fir une exacte dif
les Chefs, & conclut desprelfens à tous
petuelle cavec eux.
une alliance petle Ilperdit un de fes vaifeaux en
tour de cette grande Ile
faifant
de quatre cens lieiies de
2 quia près
Il
circonference.
donna commença le nom de une Ville, > à laquelle il
eft devenu
la Saino fuite Dominique le
> qui
IIle, il Malerg
nom de toute
reconnut les mines quelqu'antres d'or & forterefles;
firt travailler.
d'argent, &y
cens hommes Ilpartages quinze ou fcize
demeurer dans gu'il le avoir amenés pour
lonies, & avéc le Pais fecours > en plufieurs COil fit de grands
des Indiens,
deffrichés, où T'onsape
Ville, > à laquelle il
eft devenu
la Saino fuite Dominique le
> qui
IIle, il Malerg
nom de toute
reconnut les mines quelqu'antres d'or & forterefles;
firt travailler.
d'argent, &y
cens hommes Ilpartages quinze ou fcize
demeurer dans gu'il le avoir amenés pour
lonies, & avéc le Pais fecours > en plufieurs COil fit de grands
des Indiens,
deffrichés, où T'onsape --- Page 19 ---
Frangoifes de PAmerique.
àla culture du tabac, du manioc,
pliqua &c de toutes fortes de vivres.
habitans
Pendant que ces établiffemens, nouveaux
ilaltravailloient aleurs
il déla reconnoitre les Iles voifines, la Jacouvrit la grande Ifle du Cuba,
de
qui fait partie
maique, > le Jucatan,
la Terte-ferme. Il parcourut une grande & la
du Golphe. du Mexique 3
partie
fit desalliances avec
côte de Carthagene, amaffa de l'or & des
tous ces peuples,
d'autres richeffes,
perles, & beaucoup
ni
dont ces
ne connoiffoient donnoient
T'ufage ni Eaie avaleur, & qu'ils
Il
des bagatelles.
avec joye pour des chevaux & descavalles,
avoit amené
des chats,
des cochons, des moutons: > des cochons
des chiens. Il fit mettre
dans toutes les petites Ifles, & de toutes
fortes d'animaux dans les grandes. Ils y
ont fi bien multiplié, que
le il çat- s'en
en afait dans la
er
nage qu'on
trouve encore à préfent, des quantités & dans
prodigicules dans laTerre-ferme
les grandes Iles.
fit Colomb 2
La faure irréparable des que Colonies d'Eufut de ne pas mettre
Ifles, qu'on a
ropéens dans les perites Antiflcs. Il eft vrai
depuis appelléesics
trouvoit
que charmé des richeffes qu'il
A iv --- Page 20 ---
Nonveaus)
dans les
T'ayages anx IRes
ont trouvé grandes, dans la &c que fes Succeffeurs
méprifé ces Cayes ou Terre-ferme, CCS
ils ont
me ils les
Rochers, comvoient rien appelloient, de
où ils ne trouc
des'en repentir femblable; dans
ils ont cil licu
Européens s'en font la fuite. Les autres
établis, 3 & malgré la emparés, s'y font
xandre VI. ils sy font donation d'Aleallez Puillans
formé des Etats
Terre-ferme, pour &
s'étendre dans la
gnols,ou du moins en la chaffer les Efpaquand ils le jugerent à partageravec cux
Les Epagnolsne propos.
fans s'appercevoir farenrpaslongrems
couverte leur fufcitoit que leur nouvelle dé:
vieux, & que leur droit une infinité d'enpèchoit pasles autres
prétendu n'emloir prendre leur part Européens de
de vouleur avoir préfenté,
ce que le hazard
éroient en
Pluficurs nations
armemens; guerre avec cux, firent 1e
en prirent coururenrfurleurs vaiffeaux,
eux des avantages fouvent, & remporterent fur
grandes richefles, confidérables, & de
Les François furent les
fongerent à des chofes premiers qui
qu'à des prifes de navires. plus effentielles
à l'imitation des
Ils voulurent
dansce Nouveau E(pagnols, s'établir
Monde; & quoiqu'ils
urs nations
armemens; guerre avec cux, firent 1e
en prirent coururenrfurleurs vaiffeaux,
eux des avantages fouvent, & remporterent fur
grandes richefles, confidérables, & de
Les François furent les
fongerent à des chofes premiers qui
qu'à des prifes de navires. plus effentielles
à l'imitation des
Ils voulurent
dansce Nouveau E(pagnols, s'établir
Monde; & quoiqu'ils --- Page 21 ---
Françoifes de I Amerique.
ne cruffent pas quel le bref d'Alexandre
VI. dût leur en fermer l'entrée, ils crurent qu'en laifant aux Efpagnols les
parties Méridionales de ces pais immenics, ils pouvoientsétablir dans les Septentrionales. On fit de petits armemens
dans lefquelsla Cour n'entroit point, &
on découvrit en I5 jo8.lagrande riviere,
qu'on appella le Fleuve Saint Laurent,
lc pais auquel on donnale nom de Canada ou nouvelle France. On découvrit
aufli l'Acadie, & toute cettelongue côte
dont les Anglois fe font emparés dans la
fuite, &c quils ont appellé la nouvelle
Angleterre ; la Vinginie, la * Carolinc & autres, où ilsont fait des établiffemens fi confidérables, & bâti des Villcs très puiffantes.
Les Portugais qui avoient découvert
les Indes Orientales, après avoir pallé
le Cap de Bonne-E(perance, découvrirent f"Amérique Méridionalc en I 5o1.
Leur Aotte commandée par Aivare. Cabral, y fut pouflée par une violente tempète. Il
poffeilion du Pais au nom
du Roi SCT Portugal fon maitre, &) y fit
planter un porcau avec les armes de
Portngal, pour marque de la poffeffion
Ce fout les François qui l'ont ainfi appellée fous
Charles IX,
A V --- Page 22 ---
Io
Nonveaux
prenoit, Foyager &
Aux IRes
Trler de fes vailleaux renvoya en Portugal
rouge, qu'ily trouva en chargés d'un bois
de quantité d'autres chofes, abundance; 7 &
qu'if reprit la route des Indes pendant
refte defa florte.
avec le
On voir par cette action que les Porrugaisne à la Bulle fe du crurent pas obligés de déferer
Les
Pape.
guerres qui déchirerent la
pendant un grand nombre
France
empécherent les
d'années : 2 e
commeilsauroient François de s'établir
Monde. Ce ne fat fait dans ce nouveau
Charles IX. vers l'année que fous le regne de
fongea fériculement à s'établir 1562. quel'on
nouvelle France. Il eft vrai dans la
Veraffan en avoit pris
que Jean
Roi Françoisl, en
poffeflion pour le
fait quelque
1526. & qu'ily avoit
ment, mais commencement' cela avoit été d'érabliffe.
négligé. Jacques Cartier extrèmement
Fleuve Saint Laurent
remonta le
liance avec les
en 1534. ilfital.
viere
peuples du bas de
2 tels qu'étoient les
lariautres, il porta avec eux la Algonquins &c
Jeslroquois,les chaffa & les battit guerre chez
fieurs rencontres. Il établic des en pluqui commencerent la Ville de Colonies
vers l'année
Quebec
1562.Depuis ce tems-là on
é. Jacques Cartier extrèmement
Fleuve Saint Laurent
remonta le
liance avec les
en 1534. ilfital.
viere
peuples du bas de
2 tels qu'étoient les
lariautres, il porta avec eux la Algonquins &c
Jeslroquois,les chaffa & les battit guerre chez
fieurs rencontres. Il établic des en pluqui commencerent la Ville de Colonies
vers l'année
Quebec
1562.Depuis ce tems-là on --- Page 23 ---
Françoifes de LAmérique.
II
de découvrir de valtes pais >
a continué lelong de la grande riviere
& des très-bons, lacs
font joints , & jufques à
&
quiy de
qui fe perd dans
la riviere
Miflifipi,
le Golfe du Mexique.
duCaLes François fous la conduite dans la Flopitaine Ribaut, defcendirent
un Fort
ride en 1562. & conftruifirent ils donnerent
furla riviere de May à
alliance
T firent
le nom de Caroline,
avec les gens du pais. Ce Capitaine
demeuré
tems 2 &
après yavoir
quelque de fes
s'en
y yavoirlaillé une partie la
de
en France
inseraie
retourna
porter & en amener du
fon érabliffement, (c mieux érablir, mais fon
monde pour fut fi long, que ceux qu'ily avoit
lanifis,Sensuyetenr. voyage
fe découragerent, >
un méchant bâtiment s
& conftruifirent
rcdans lequel ils S'embarquerent pour
venir cn France. Ils furent fi long-tems leurs
confommerent tous
en mer , qu'ils fouffrirent une famine fi
vivres, & tirerent au fort à qui feroit
cruelle qu'ils & mangé, Le fort tomba fur cequi avoit été la caufe de leur déferils arrifers
tion. Il fut tué & devoré, &
verent aux côtes d'Efpagne, où ils mouxurent tous en
de jours. Ribaut &
-
Cependant E Capitaines
Avj --- Page 24 ---
Nowveaux
Landonierc:
Foyages AHx Ifes
trouverent le arriverent Fort
à la Caroline, ils
ment quelqu'uns de abandonné, leurs
& feuletoient retirés avec les
gens qui s'évivoient avec eux, Le Fort
rétabli & qui
augmenté, on
&c
herana
fema des pois & défricha autres les environs, on
Colonie naiffante
légumes; & cette
des grandes efperances commençoir à fes
à donner
qu'elle fut attaquée par les Chefs, lorf
quip prévoyant combien le Efpagnols 2
François leur pouvoit êtrc voilinage des
avoient fait un armement préjudiciable,
pourles détruire. L'attaque confidérable
firude & fbrufque.que les inopinée fut
avoir fait des prodiges de Françoisapres valeur
défaits, un grand nombre refta furent fur
place, les autres furent
la
piraine Ribaut. Landonicre pris avec le Caque feul.
fe fauvap prefLes Elpagnols uferent
leur vicoire, ils
cruellement de
qui avoient eule pendirent tous ceux
tre leurs mains malheur de tomber enpiraine Ribaur, & , mirent écorcherent le Cafur ces cadavres qui
deux écritaux
nefont pas pendas comme portoient : Ceux-ci
comme Pirates,
Frangois, mais
Landoniere trouva
de
en France, Ily apporta moyen la trife
paffer
noyvelle
fe fauvap prefLes Elpagnols uferent
leur vicoire, ils
cruellement de
qui avoient eule pendirent tous ceux
tre leurs mains malheur de tomber enpiraine Ribaur, & , mirent écorcherent le Cafur ces cadavres qui
deux écritaux
nefont pas pendas comme portoient : Ceux-ci
comme Pirates,
Frangois, mais
Landoniere trouva
de
en France, Ily apporta moyen la trife
paffer
noyvelle --- Page 25 ---
Françoifes de PAmerique. 13
de fa défaite, & de la cruauté des EC
pagnols. Mais la Cour ne s'étant pas
trouvée en état de venger cet afftont,la
chofe en feroit demenrée là, fi un brave Gentilhomme Gafcon, nommé Dominique de Gourges, du Mont de Marfan, n'avoit fait afes frais un armement
.
vengerla mortde fes compatriotes.
Fa avoit appris que les Naturels de la
Floride aimoient les François autant
qu'ils haiffoient les E(pagnols, c'efttout
dire, > il mit far fon vailfeau cent cinquante braves foldats Gafcons,&c quatiematelots Bafques, & arriva à la
Hiefare en 1567. Ilmità terre fansètre
découvert des E(pagnols, s'aboucha
avec les Naturels du pais, renouvella ales
anciennes alliances, & ayant concerté
avec eux l'attaque des Forts Efpagnols,
il fe mnit à leur tête avec tous fes gens,
& attaqua le Fort de la Caroline,1l'emporta lépée à la main , fit main balfe
fur prefque toute la garnifon, & mit en
fireté ceux qui échapoient au premier
feu des François & des Indiens. Il attaqua enfuite deux autres forts que les Efpagnols avoient conftruit à quelque difrance du premier, lcs emporta d'affaut,
& fit pendre tous les Efpagnols aux mèmesarbres où ils avoient pendus les Fran- --- Page 26 ---
14 Nowveaux
çois, avec cet écriteau Fayages AuX Hles
pendus non comme
: Ceax-.ci fone
me brigands es
Elpagrols, mais commewrtriers.
il fit Après rafer cette victoire & cette cxécurion
parce que fon entierement les trois Forts 2
été faite du tonfentement entreprife n'ayant
il avoit lieu de craindre de la
pas approuvée,&
qu'elle ne fàc
peinc. Il
qu'on ne lui en fit dela
chargeafur fon
nons, les armes, & tout vaiffeaules Ca.
point à lulage des
CC qui n'étoit
abandonna tout le tefte, Indiens, à qui il
noncer en France en
& revint s'éQuoique fon action 1568.
prouvée hautementàl ne fàr
fa pas de louer fa laCour, on medt
pour Phonneur de bravoure la
& fon zéle
pagnols châtiésne fe nation, & les EC
voir de rérablir leurs mirent plus en deL'Amiral de
Forts.
entêter des erreurs Coligny de qui s'étoit laifé
étoit à propos de
Calvin, > crut qu'il
ceux de fa fecte préparer un lieu, oi
fi on les chaffoit pulfent de
être en fireré,
pourfuivoit vivement France, où on les
trer dans le fein
pour lcs faire renabandonnée. Il del'Eglife qu'ils avoient
de
envoya le Commandeur
Villegagnon au Brefil,
uan établilement.
pour y faire
Ils'arrêta a Rio Jeney-
ifé
étoit à propos de
Calvin, > crut qu'il
ceux de fa fecte préparer un lieu, oi
fi on les chaffoit pulfent de
être en fireré,
pourfuivoit vivement France, où on les
trer dans le fein
pour lcs faire renabandonnée. Il del'Eglife qu'ils avoient
de
envoya le Commandeur
Villegagnon au Brefil,
uan établilement.
pour y faire
Ils'arrêta a Rio Jeney- --- Page 27 ---
Françoifes de PAmerigue. 15
ou riviere de Janvier que les Porro, avoient découverte > mais oà ils
tugais
encore envoyé de Colonie.
n'avoient pas
& les Miniftres qui
Ily bâtit un Fort, firent la Cène à la moétoient avec luiy
ende de Genevesmais nes'accordant pas
femble fur plufieurs. points, le Commanle foible
deur ouvrit les yeux, > reconnut les chaf-
& la faufleté de leur Religion,
fa & rentra dans lEglife; avis ceffa de lui -
L'Amiral en ayant lui étoient tnecefenvoyer les fecours qui
de Colonie
faires, & ce commencement de lui-mème, comfe détruifit bien-tôt
autres dans differentes parme ties pluficurs du monde , que la legereté de notre
&
a abanNation a entrepris,
qu'elle les avoit
donnés aufli facilement qu'elle
commencé. richelles immenfes que les EC-
- Les
continuellement
pagnols apportoient
de T'Amerique > fur tout depuis qu'ils
avoient conquis le Mexique, excitoient
puiffamment la jaloufie des autres nations. Ils faifoient des armemens particuliers & couroient les mers, & ilétoit
revinffent les mains vuides.
rare qu'ils
Gallions chargésoutre
Leurs redourables richefles d'or, d'armefure de grandes
de
gent, de perles, de bois précicux, --- Page 28 ---
16 Nowveanr
tabac & d'autres Fayager riches AHX Ies
étoient fouvenr la
marchandifes;
François, tantôt des proie, tantôt des
des Hiollandois.
Anglois, & tantôr
Un Gentilhomme
de la maifon de
Normand, cadet
dEnambuc, Vaudrog-Diel, Dcmmé
les mers du quis'éroit renda famenx far
actions, fa Ponant, & que fes belles
fon habileté prudence, dans la > fon courage, &
mettre furlétat de la marine, avoit fait
de Capitaine des vaiffeaux marine en qualité
tigué de ne rien faire
du Roi, fapour lui-mème,
pour fon Prince &
brigantin de
équipa à fes frais un
quatte canons &
pierriers. Il le monta avec quelques
foixante hommes, bons
environ
matelois, bien
foldats, bons
promettoient de dilciplinés, faire
& qui fe
telChef, par les prifes fortune fous un
de faire fur les Elpagnols. qu'ils comptoient
IL partit de Dieppe en
avoir battu la mer allez 1625. & après
rien rencontrer,il moiilla long-tems fans
pellées lesKayemans
aux Ifles apil n'en eut
le
pour s'y radouber,
pagnol ncited de tems. Un Gallion EC
dc quatre censhommes trente-fix canons, &
& farraqua fi
déquipngelevit
nons, (ce
vivement a coups de Caque les Elpagnols appellent la
qu'ils comptoient
IL partit de Dieppe en
avoir battu la mer allez 1625. & après
rien rencontrer,il moiilla long-tems fans
pellées lesKayemans
aux Ifles apil n'en eut
le
pour s'y radouber,
pagnol ncited de tems. Un Gallion EC
dc quatre censhommes trente-fix canons, &
& farraqua fi
déquipngelevit
nons, (ce
vivement a coups de Caque les Elpagnols appellent la --- Page 29 ---
Françoifes de Ambrigue.
guerre galante, ) qu'il falloit.èrre le Capiraine d'Enanbuc pourne pas fc rendre
à un fi puiffant ennemi. Mais il ne perdit ni la tête nile courage. Il encouragea fes gens, fit éventer fcs voiles, s'approcha du Gallion à la portée du fufi,
& palfant fcs quatre canonsd'un côté, il
battit ce gros bâtiment dans fa hanche : >
avec tant de vivacité & tant d'ordre,
qu'après un combat de plus de trois heures, ill'obligea de fe retirer vent-arriere,
après lui avoit tué & mis hors de combat
plus de la moitié de fcs gens.
Il nc faut pas croire que les François
ne fouffrirent rien dans ce rude combat.
Il y eut environ vingt hommcs tucs,
& prefque-autant dc bleffés,& le brigantin tellement fracaffé, qu'à peine pou.
voit-il tenir fur l'eau.
Le Capitaine d'Enanbuc fe preffa d'étancher fes voyes d'eau, d'épicer fes
manceuvres, & d'accommoder fes voiles,
car il n'étoit pas fûr pour lui, de refter
en cet - endroit; le vaiffeau Efpagnol
pouvoit revenir 2 & peut être accompagné, & on n'étoit plus en état de
fourenir un fecond combat. Ce brave
Capitaine confeilla à fes gens
PIfe Saint Chriftophe s elle
ERSE
habitée que par les Sauvages Caraibes, --- Page 30 ---
18 Nonveaux
qui felon les Faynges aux. Hfles
amis des
apparences n'étoient pas
ilavoit liea Elpagnols, d'en
& par cette raifon
qu'on peuratrendre elperer tous les fecours
Ses gens confentirent de ces fortes de gens.
vculur, ils mirent à la à tout CC qu'il
mauvais état de leur bâtiment voile, mais -le
qu'ils fureneneuf à dix
fut caufe
river à cette Ifle. Ils jours avant d'arfurent bien reçiis des y motillerent enfin,
lefquels ils trouverent Sauvages, douze
parmi
François, qu'un
ou quinze
bat
nnufiage après un comlfle. délivalitagene Les Indiens avoit jetté dans cette
leur fourniffbient les avoient reçûs &
ravis de voir leurs des vivres, Ils furent
aiderent à faire des compatriotes. cafes
Ils les
panfer fes bleffés. Les pour retirer &
parles préfens du
Indiens gagnés
main, & pendant Capitainey y mirent la
traitoit les malades, que le Chirurgien
fains travaillerent de ceux qui éroient
remettre le bâtiment toutes leurs forcesi
verent les côtes de en état. Ils troument poiflonnenfes. cette Iile extrèmenc, ils s'en fervirent Ils avoient une fenavec fuccès. Les
tués en les
Hedemierapentemin
stournant
prendreles Toràterre. La chair de loriqu'elles venoient
délicate. On en failoit cesanimanx eft trèsdes boiillons
fains travaillerent de ceux qui éroient
remettre le bâtiment toutes leurs forcesi
verent les côtes de en état. Ils troument poiflonnenfes. cette Iile extrèmenc, ils s'en fervirent Ils avoient une fenavec fuccès. Les
tués en les
Hedemierapentemin
stournant
prendreles Toràterre. La chair de loriqu'elles venoient
délicate. On en failoit cesanimanx eft trèsdes boiillons --- Page 31 ---
Frangoifes de PAmerique.
excellens pour les malades, & en moins
de trois femaines ils furent tous gueris,
le bon air du pais & la bonne Thabileté nourriture, & les
fecondant puiffamment
foins du Chirurgien.
Cependant le Capitaine d'Enanbuc 2
accompagné de quelques Indiens,, &
quelquuns des François qui étoient dans
le pais avant lui, parcourur une partic lui
de TIAe, il en fut charmé. La terre des
excellente, elle étoit couverte
parut
arbres du
plus beaux & des plus grands "les Indiens cultimonde, le tabac que étoit de la
voient
leur ulage,
& venoit
Rias
grande Rentr & bonté,
peine, & prefque fans culture ; le manioc dont les Indiens font la caffave qui
leurtient lieu de pain, étoit d'une groffeur monftrucufe. Les François s'y accoûtumerent en peu de jours, &
cette nourriture étoit
Re
lente, verent 2 de très-facile digeftion. Par
ils
leur bifcuit
ce moycn
épargnerent & vécurent
pour leur retour en France,
,
de tortuès, de lezards 8c depoiffons Les
fans toucher à leurs viandes (alées.
les ramiers, & quantité
perroquets d'autres oifeaux >
ne leur manquerent jamais. Les Indiens quoique très habiles
chafleurs avec leurs Aéches, n'abbat- --- Page 32 ---
Nonveaux
toient pas la dixiéme Poyages Al Hles
qu'un coup de falil faifoit partie des oifeaux,
en étoient dans
tomber, Ils
ils recevoient l'admiration 5 & comme
des Frartçois, fréquemmment ils les
des préfens
rendoient infiniment aimoient, > & leur
qu'on n'en
plus de fervices
dii monde devoitattendre les
des créatures
plus indolentés, plus indifferentes & les
Le Capitaine
çà aifement qu'ils fetusiancbeitmment étoient
jaloux de leurs femmes il horriblement
conferver la bonne
, crut que pour
entre les deux nations, intelligence qui étoit
gens fulfent dans
ilf falloit que fes
ce point. Ils les en une grande retenue fur
ils avoient tous
avertit, lui
& comme
un refpedt infini, pour ils lui une eftime &
fitivre exaétement
promirent de
leur donneroit
tous les ordres.
fur cela, &
qu'il
autres chofes, & lui tinrent far toutes
Aidé des Indiens il fit parole.
confidérable
un
>
défriché
dont les Indiens obilfrcultiver lui
du tabac,
Ilvint en perfection, donnerent &i il la graine.
vée fi confidérable
en ficune lcpour charger fon
gu'il en' eut affez
abbatre un nombre biriment, de
il fit auffi
que les Indiens
ces beaux arbres
à quil lesl
appelloient Acajoux 5 &
Efpagnols ont donnéle nom de
Indiens il fit parole.
confidérable
un
>
défriché
dont les Indiens obilfrcultiver lui
du tabac,
Ilvint en perfection, donnerent &i il la graine.
vée fi confidérable
en ficune lcpour charger fon
gu'il en' eut affez
abbatre un nombre biriment, de
il fit auffi
que les Indiens
ces beaux arbres
à quil lesl
appelloient Acajoux 5 &
Efpagnols ont donnéle nom de --- Page 33 ---
Françoiles de PAmérigue.
Cedres, il en fit charger quclques billes de differentes longueurs après les
avoir fait équarir. Il prit des échantillons de plulieurs autres bois précicux : >
afin de les faire voir en Francc, & réfolut avec tous fes gens de s'établir dans
cette Ifle, & pour cet effet de repalfer
en France ayec ce qu'il lui fandroit
d'hommes pour conduire le bâtiment >
afin de leur amener des hommes & tout
ce qui leur paroiffoit necellaire peurl'érabliflement qu'ils avoient projetté.
Ilarriva dans le même tems qu'un Capitaine Anglois nommé Overnard, qui.
çouroit la mer pour enleyer lesb bâtimens
Elpagnols, en rencontra de plus forts
que lui, il fut battu, & s'étant fauvé
par bonheur ou par adrefle, il vint
mnoiiller à la même Ifle, mais dans un
quartier fort éloigné de celui où étoient
les François. Cette rencontre fit plaifir
aux uns & aux autres, 2 & comme cette
Iile plut aux Anglois commee elle plaifoit
aux François, > ils réfolurent tous des sy
érablir, &c de la partager entr'eux > ne
doutant point que les Indiens ne le leur
permilfent, ou qu'au pis aller, ils nefe
trouvaffent bientôt en état de les en
challer s'ils étoient
revèches.
- Cependant les VActote nations vivoient --- Page 34 ---
22 Nonveaux
en parfaite intelligence Froyages anx IRes
& ily avoit
avecles Indiens,
nueroit, quand apparence un
que cela contic'eft ainfi qu'ils
desBoyez des Indiens,
appellent
perfuada à ces peuples que leursMedecins, les
qui s'étoient rerités
étrangers
éroient venus
parmi eux > n'y
terre, après lesavoir quepoursemparer maffacré
de leur
aveient fait dans les autres Ifles comme ils
la Terre-ferme. Il leur dit
& dans
timent étoit qu'il falloit les que fon fen.
plutôr, & que comme ils prévenir au
en aflez grand nombre
n'étoient pas
dre feuls, il falloit demander pour Tentreprendes Indiens qui demeuroient la jonction
autres Ifles. Ce confeil fut
dans les
envoyerent des députez approuvé,ils à tous
alliez, qui promirent de venir à leurs
fecours en grand nombre, &
leur
pour cela la prochaine pleine lune,. prirent
Tous les François & les
étoient perdus fans reffource, Ils Anglois
été accablés parle
auroient
furpris, parce qu'ils nombre, vivoient & peut-être
Indiens dans une fécurité
avec les
que blâmable.
qui étoit plus
& nommée Une Indienne qui depuis a été batifée
avec un
Barbe, qui étoit en incrigue
complot. François, On
vint lui réveler ce
en avertit aufli-tôr les An-
rent
Tous les François & les
étoient perdus fans reffource, Ils Anglois
été accablés parle
auroient
furpris, parce qu'ils nombre, vivoient & peut-être
Indiens dans une fécurité
avec les
que blâmable.
qui étoit plus
& nommée Une Indienne qui depuis a été batifée
avec un
Barbe, qui étoit en incrigue
complot. François, On
vint lui réveler ce
en avertit aufli-tôr les An- --- Page 35 ---
Françoifes de PAmerigne.
glois, & les Chefs s'étant affemblez ,ils
réfolurent de prévenir les Indiens chacun dans fon quartier. Les Indiens furent
furpris & poignardés dansl leurs lits, pas
On
croire qu'ona avoit
un n'échapa.
peut
mis Barbe en fireré.
Après cette exécution les François &c
les Anglois fe mirent far leur garde, firent des abbattis d'arbres pour leur fervir derettanchement, poferent des corps
de gardes, & fe promirent un fecours
mutuel. La pleine lune arriva, & l'armée des
Indiens compolée d'environ cinquante
Pirogues,qui portoient plus de trois mille
hommes, parut devant le quartier des
François. Ils débarquerent aufli-tôt. Les
François en laiferent mettre à terre une
partic, & firent feu fur eux avec tant
d'ordre & tant de vivacité, qu'en moins
d'une demie heure, il en refta plus de
mille fur le carreau. Cette perte ne déIndiens, ils affaillicouragea pointles
rent avec une férocité toute extraordinaire les retranchemens qu'ils trouverent
devant eux, mais les François qui en
étoient couverts; , les reçurent à grands
coups de fufil, comme ils ne tiroient
pasà faux , les Indiens perdirentà la fin
courage > & fe retiterent dans leurs piro- --- Page 36 ---
Nouveaue? Voyages anx IRles
guesavec tant de délordre & de précipitation, que contre leur colitume, ils
abandonnerent fés, ils
leurs morts & leuts blef.
continuerent de fe battre dès
qu'ils furent dans leurs pirogues. Ils fiEipieolrenefignaitt far les
nucede fléches
François & fur les Anglois
étoient venus à leur fecours, , &
qui
rent l'imprudence de fortir des qui cuchemens qui les couvroient
retranfurl les
pour tirer
bre pirogues, qu'ily en eut un nomconfidérable de tuez & de bleflez,
de qui moururent leurs
tous en peu d'heures
bleffures quoique très - lefrotté geres > parce que les Indiens avoient
leurs fléches d'un poifon fifubtil,
quela moindie bleffure étoit mortelle,
k ne donnoir pas le rems aux Chirurgiens d'y appliquer aucun remede. Mais
les Indicosperedirenrunt figrand nombre
de leurs gens qu'ils furent obligez d'abandonner quinze. de leurs pirogues
vinrentàla côte, & qui furent une qui
tie du butin des vainqueurs. Mais par-
€e tems-là, ils n'ont pas eu la déman- depuis
geaifon d'attaquer les Européens. Onn'a
pas fçu au jufte ce qu'ils avoient perdu
dans leurs pirogues, mais ileft conftant
qu'ils laiflerenta terre près de deux mille
Dorts ou bleffez. On abandonna les
derniers
de leurs pirogues
vinrentàla côte, & qui furent une qui
tie du butin des vainqueurs. Mais par-
€e tems-là, ils n'ont pas eu la déman- depuis
geaifon d'attaquer les Européens. Onn'a
pas fçu au jufte ce qu'ils avoient perdu
dans leurs pirogues, mais ileft conftant
qu'ils laiflerenta terre près de deux mille
Dorts ou bleffez. On abandonna les
derniers --- Page 37 ---
Françoifes de PAmérique.
dépenderniers aux Chirurgiens, quine
les
ferent ni onguens ni charpis pour
panfer.
viétoire
affuroit aux
Après cette
de
& aux
Anglois poffeflion
François & des autres qui font dans le
cette ifle,
>
les chefs desdeux nationss'afvoifinage femblerent, 2 & firent entr'eux un projét
d'exécuter
de partage > qu'ils promirent l'avoir fait
ponétuelement., Souverain, après
&ci ils fe atc
prouver parl les leur uns & les autres à paffer en
poferent
avoir fait chacun un Fort
Europe 1 après
avoir laidé un
fur fon terrain > & y
petit
nombre d'hommes pour les garder , en
attendant les fecours qu'ils alloient chercher pour habiter le pais & le faire valoir.
de huit mois, le CaAprès un féjour
avec fon ami le
pitainedEnanbuc partit & autant d'homCapitaine du Roflcy,
faire
mes qu'il jugea neceffaires heureufement pour
à
la mancuvre. Il arriva
Dieppe. Le tabac dont il étoit chargé
fut trouvé fi excellent, qu'ilfut vendu
jufqu'a dix francs la livre.
Les deux Capitaines & quelques uns
de leurs gens, vinrent à Paris en fi bel
équipage, qu'ils firent naître l'envie à
bien du monde d'aller prendre part à
Tome Y.
E --- Page 38 ---
Nonveaux
aux Ies
leurfortune & à leur
Ilsjugerent
topuert
voient érablir cependant qu'ils ne pouune Colonie fans avoir
l'agrément du Roi, & fans trouver des
perfonnes quivouluffent faire les avances
néceffaires pour cet établiffement. Ils
trouverent le moyen d'être
au
Cardinal de Richelieu. Cc Miniftre préfentés incomparable
les avoir écoutés plufieursfois,8 Tieaie mémoires8cles
tres qu'ils avoient apportées du tabac mon- &
la des autres productions de lIfle, s en
au Roi, & propofa de faire une cogar
pagnic pour établir les François dans
cette Ine, &c aux autres qu'ils
à propos dans le Golfe du
jugeroient dcpuis le dixiéme jufqu'au Mexique, dix-huitiémedégré de latitude Septentrionale.
En conféquence de cet arrêté on
un acte d'affociation entre ceux
paffa
loient entrer dans cette
quivoubas duquel ils fignérent compagnic, pour la fomme au
& la part qu'ils vouloient y prendre. Le
Cardinal de Richelieu figna pour dix
mille livres; fçavoir, deux mille livres
cn argent , & huit mille livres
un
vaiffeau qu'il fourniffoirala
pour
& lesautresallociés. à
compagnic, de leurs
forces. Ils firent un EOSI de
cinq mille livres, qui fut quaranteaugmenté
oubas duquel ils fignérent compagnic, pour la fomme au
& la part qu'ils vouloient y prendre. Le
Cardinal de Richelieu figna pour dix
mille livres; fçavoir, deux mille livres
cn argent , & huit mille livres
un
vaiffeau qu'il fourniffoirala
pour
& lesautresallociés. à
compagnic, de leurs
forces. Ils firent un EOSI de
cinq mille livres, qui fut quaranteaugmenté --- Page 39 ---
Françoifes de LAmerigue.
confidérablement par la fuite.
Le Cardinal Miniftre fit délivrer aux
& du Roffey,
deux Capiminerd'Enanbuct fuivre cette
une amplec commiffion pour environ trois
entreprife. Ils leverent mirent à la voile le
cens hommes, &
14. Février 1627.
,
Leur voyage fut des plus malheureux
les vivres leur manquerent avant qu'ils
fuffent a moitié chemin, lcs équipages
tomberent malades, il en mourut une
grande partic, & quand ils arriverent
à Saint Chriftophe le huit de May 2 cette Colonie naiffante avoit plus befoin
d'un hôpital
de toutes autres chofes.
Le ELEE Ouvernard avoit trouvé bien plus de facilité en Angleterre.
Milord Carleysétoit mis à la tète d'une
riche compagnie, ils avoient levé 400
honames, les avoient embarqués dans
de bons vaifleaux, pourvûs de toutes
fortes de provifions, > leur voyage avoit
été heureux, & leur Colonie étoit débarquée pleine de fanté.
La difference de ces deux Colonies
n'empècha pas les Chefs de fe faire bien
des politefcs. Ils procéderent de bonne
foi au partage des terres, comme ils
l'avoient projerté, > ils firent des réglemens pour entretenir l'union entre les
Bij --- Page 40 ---
Nowveanx Foyages anx IRes
deux Nations > fe promirent une alliftance mutuelle, & chacun fe mit à faire
valoir le terrain qui lui étoit échû.
Monfieur d'Enanbuc renvoya Monfieur du Roffey en France demander du
fecours. Il embarqua I5o hommes qui
moururent prefque tous dans le
ou en arrivant, de forte que cette voyage Colonie languilfoir
que celle des Anglois trilemene, croiffoit pendant à
d'ail, & fe vit en état de faire un éta- vàe
bliffementà l'Ifle de Nievés. Leur
nombre les porta a entreprendre furl grand les
François, 3 ils s'emparercnr peu à
de
leurs terres, & les auroien: entierement peu
chaflés, fi la valeur & la prudence de
Monfieur d'Enanbuc ne les avoi:
de fe contenter de leur
obligés
Ce Capitaine fe crut partage. obligéde
en France pour en amener les fecours paffer
neceffaires. Pendant fon
un navire de Hollande chargé detoures voyage fortes
de provifions, arriva à Saint Chriftophe, Le Capitaine fat fi content du tabac & du
leur donna cotron.quil toutes fes y trouva, qu'il
même une partie à crédit, marchandifes & leur > &c
mit de revenir dans fix mois
leur
> &
EC
apporter tout ce qui leur feroit néçclfaire, & il n'y manqua pas; > de fortg
les fecours paffer
neceffaires. Pendant fon
un navire de Hollande chargé detoures voyage fortes
de provifions, arriva à Saint Chriftophe, Le Capitaine fat fi content du tabac & du
leur donna cotron.quil toutes fes y trouva, qu'il
même une partie à crédit, marchandifes & leur > &c
mit de revenir dans fix mois
leur
> &
EC
apporter tout ce qui leur feroit néçclfaire, & il n'y manqua pas; > de fortg --- Page 41 ---
Françoifes de PAmerigue.
qu'onpeur dire que les Colonies des Ifles
doivent une grande partie deleurs établiffemens aux Hollandois & aux Zelandois. -
Monfieur d'Enanbuc étant
- Cependant
au
arrivéen France, & ayant repréfenté
Cardinal de Richelieu l'état pitoyable
de la Colonie > les defordresquily avoit
des deniersde
eus dans l'adminiftration
la Compagnie 2 & les remedes qu'on
pouvoit apporter à tous ces malheurs;
ce grand Miniftre donna fes ordres pour
gréparer le palle, & mettre les chofes far
un bon pied; &c ayant fçu que le Roi
envoyoit une flotte pour déLEt truire
Colonie de Saint Chriftophe
en allant au Mexique, il fit armer fix
vaiffeaux de guerre du Roi, dont tildonna le commandement" à M. de Cuffac, Chef d'efcadre, aufquels il fitj joindre trois autres vaiffeaux,, fur lefquels
onmit trois cens hommes pour augmentérla nouvelle Colonie. Cette fotte arriva à Saint Chriftophe fur la fin du
mois d'Août 1629.
Tous les François criérent aux armes
dès que ce fecours fut arrivé. Les Anglois n'avoient plus gardé de mefures
avec les François, ils les avoient chaffés
de leurs habitations, & felon les appaB ilj --- Page 42 ---
Nowveaux
Anx
rences, ils les avoient Foyage
IRes
donner l'Ife.
contraints d'abanplus Cependant comme ils étoient en bien
Monfieur grand nombre que les François,
avec CC d'Enanbuc qui étoit revenu
tenterles nouveau renfort, étoit d'avis de
feil s'étant voyes de la douceur. Le Concela fût convenable affemblé, ne jugea
que
Cuflàc fit de
&
de
Necniber
fur le champ ce fentiment. On envoya
Anglois
fommer le Gouverneur
aux
par un Trompette, 3 de rendre
& François ce qu'il leur avoit
d'exéchter en entier le Trairé de enlevé
Le Général Anglois demanda
1627.
pour rendre réponfe. On lui troisjours fit
par le même
dire
donnoit qu'un Trompette, quartd
qu'on ne lui
tardoit uin moment heure, & ques'il
attaquer les vaiffeaux au de-là, on alloit
rade.
qui étoient en
Monfieur de Cuffac fit aufli-tôt
fes voiles, pendant
feryir
nanbuc àla tête de que Monfieur d'Echoit vers la fronticre tous fes gens, marLes Anglois avoient des huit Anglois.
feaux, ils furent
bons vaif
de Cuffac, &
attaqués par Monficur
res
après un combat de
3 trois farent enlevés,
3. heurent cn pleine côte, & deux troiss'échoneprirent la
étoient en
Monfieur de Cuffac fit aufli-tôt
fes voiles, pendant
feryir
nanbuc àla tête de que Monfieur d'Echoit vers la fronticre tous fes gens, marLes Anglois avoient des huit Anglois.
feaux, ils furent
bons vaif
de Cuffac, &
attaqués par Monficur
res
après un combat de
3 trois farent enlevés,
3. heurent cn pleine côte, & deux troiss'échoneprirent la --- Page 43 ---
Erangoifes de Amerigne.
3!
fuite. Alors les Anglois craignirent à
leur tour que les François ne les chaffaffent de lIle. LeCapitaine Ouvernard
envoya fes fils demander la paix, avec
promelfe de rendre fur le champ toutes
les terres qu'ils avoient ufurpécs. Ccla
fur exécuté, & l'ancien traité ratifié.
Les François commençoient à refpirer
lorfque l'armée navale Elpagnole > commandée par Dom Frederic de Tolede,
parut devant le quartier des François àla
Balfe-Terre. Un
détachement mit
à terreà à deux EE de fufil du retranchement, & fur le champ fe retrancha,
voyant qu'il ne paroiffoit perfonne
Finquiérer, ilpouffa (on
Eeterctes
piedà pied, & arriva enfin au retranchement des François. Ceux de la Cabefterre qui avoient pà s'y rendre, y
vinrent avec fept à huit cens Anglois;
mais ces derniers faifis d'une terreur
panique, lâcherent pied, il n'y eut
qu'une partie des François commandéc
par Monfieur du Parquet, neveu de
Monfieur d'Enambuc , qui fortit des retranchemens. Ce jeune homme forca
ceux des E(pagnols 2 tua d'un coup d'épéc la
un Capitaine Italien qui icommandoit!
defcente, & tomba à la fin percé
de dix-huit coups. Il fut ptis & porté
B iv --- Page 44 ---
Noweeais
dans le vaiffeau Yoyages AHX Hes
ce qu'on put faire Amital, où malgré tout
ilmourut aubout de pour lui fanver la vie,
La perte de M. du huit jours.
de faire perdre cceur aux Parquer acheva
ratirerent avec tantde François, ils fe
abandonnerent le précipitation qu'ils
lc Fort, &
pavillon
étoit far
befterre.
prirent le ttenaers dc la CaMonfieur d'Enanbuc tâcha
mer, mais Monfieur du
de les animandéqu'on aflemblât le Rofley ayant deaffez d'autorité
Confeil, il eut
qu'on abandonneroir pour faire réfoudro
retireroit à
P'Ifle 3 & qu'on afe
Colonie Antigue, & fur le champ la
qui étoit encore de
cens hommes,
plus de
Teare vaiffeaux
s'embarqua dans
la Cabefterre, qui étoient à la rade de
Leur voyage fixt
les contrarierent. malheureux, les vents
deux
Ils penferent
fois, & enfin ils moitillerent perir
plus mauvais endroit de cette
au
qui les dégouta fi
Ifle, ce
dechercher
fort, qu'ils sréfolurent
tablir.
quelque autre lieu pour s'éDans'cer intervalle un vaiffeau
çois ayant touché à Saint
Frantrouva que les Anglois ne Chriflophe,
mis en peine de tenir aux s'étoient
Elpagnols P
arierent. malheureux, les vents
deux
Ils penferent
fois, & enfin ils moitillerent perir
plus mauvais endroit de cette
au
qui les dégouta fi
Ifle, ce
dechercher
fort, qu'ils sréfolurent
tablir.
quelque autre lieu pour s'éDans'cer intervalle un vaiffeau
çois ayant touché à Saint
Frantrouva que les Anglois ne Chriflophe,
mis en peine de tenir aux s'étoient
Elpagnols P --- Page 45 ---
Frangoifes de PAmérigue. d'éva- 33
promelle quils leur avoient faite
l'Ile,
réfolus d'y decuer
qu'ilsrétoient
en demeurer s & qu'ils prétendoient
les
meurer feuls les maitres, puifque
François l'avoient abandonnée.
Ils envoyerent mème un Capitaine
deffendre aul Capitaine Giron qui commandoit ce vailleau, de defcendre à terre
&c d'y mettre perfonne.
ré
Ce Capiraine qui étoit un brave,
que puifqu'il compondit aTAnglois, actes
i alloit -
les
mençoir les
dhoftilité,
continuer, & fur le champi ilalla attaquer
les vaiffeaux qui étoientàl la.granderade.
Il en prit deux à l'abordage, & protefta il
file troifiéme tiroit un feul coup,
que le conleroit bas.
à AnGiron envoya fes deux prifes
& aux petites Ifles, oà les Frantigue s'étoient retirés. Monfieur d'Enançois buc s'embarqua avec tous fes gens qui
étoient encorc près de 400 hommes,
& revint à Saint Chriftophe, mit à terre, força les Anglois de fe retirer dans
leurs quartiers s & rétablit fa Colonie
trois mois après qu'elle avoit été obligée
de feretirer. nouvelle de ce qui étoit
La premiere
étant arrivée
arrivé à Saint Chriftophe
en France > la Compagnic crut que toute
B y --- Page 46 ---
34 Nonvean
la Colonie étoit
AHX Ies
envoyer des
& ceffa d'y
AAsie
François fe feroient vaiffeaux, de forte que les
dernieres extrémités, trouvez expofez aux
fecourus par les Hollandois. s'ils n'avoient été
chands ne les laifferent
Ces Marmais ils enlevoient auffi manquer de rien,
Cc fut un grand
tout le tabac.
fujer de plainte à la
Compagnie. très-feveres Elle obtint des deffenfes
merce avec du les Roi, d'avoir aucun comelle fur
étrangers > & cependant
aucun rallezlong-tems fecours. La
fans leur envoyer
eft du 25. Novembre Déclaration du Roi
habitans quife
1634. Mais les
multiplioient a
envoyerent des
vied'ail,
fçurent fi bien Députés en France qui
que le Cardinal repréfenter Miniftre leurs raifons,
nouvelle affemblée de
fit faire unenaires dans
tous les actionveaux
laquelle on dreffa de nounouvelle Réclemens, forme à la qui donnerent une:
font du I3. Février
Compagnie. Ils
xifiés au Confeil
1635. & furent vé
anême année.
d'Etatle 8.Mars de la:
La Compagnie qui s'étoit fervie
qu'alors de Prêtres Séculiers
jufminiftration du Spirituel dans pour la l'adnic, y envoya dés Capucins de la Colovince de Normandie. Ces Peres. fe ProPat-
de nounouvelle Réclemens, forme à la qui donnerent une:
font du I3. Février
Compagnie. Ils
xifiés au Confeil
1635. & furent vé
anême année.
d'Etatle 8.Mars de la:
La Compagnie qui s'étoit fervie
qu'alors de Prêtres Séculiers
jufminiftration du Spirituel dans pour la l'adnic, y envoya dés Capucins de la Colovince de Normandie. Ces Peres. fe ProPat- --- Page 47 ---
Erangoifes de PAmbrique.
dans les deux
des
Felt
tagerent
quartiers tellement la
çois, &c réveillerent
toute la Colonie
Sot
des habitans, que
telgea de face, & le peuple s'augmenta
iement qu'il fallut fongeri habiter d'autres Ifles aufli bien que les Anglois qui
s'étoient habitués à Nieves, à Antigue,
& à Monfarat.
LieuMonfieur d'Enanbuc avoit pour
tenant à Saint Chriftophle un Gentilhomme appellé Monfieur de Loline. Il
crut qu'il étoit à propos de fe faifir de
quelques unes des autres Ifles habitées
par les Sauvages avant que les Anglois
s'en miffent en poffeflion. Ile envoya un
ancien habitant nommé Dorange, vifiter les Iles de la Guadeloupe, Dominique & Martinique, & fur le rapport
qu'illuien fit,ils'enallaen' France prendre avec la Compagnie les mefures néceflairespour s'établir dans quelques unes
de ces Ifles.
-
Bvj --- Page 48 ---
Nomveaux
Vroyager aux Hles
CHAPITRE II.
Etablifement des François à la Guadelompe.
L A Compagnic goûta beancoup le
projer que Monficur de Loline loi
propola & pafla un contrat avec
avec un autre Gentilhomme lui, &
Dupleflis, qu'il s'étoit affocié, nommé &
quelques Marchands de
avec
CCS deux Chefs
Dieppe, dont
pour
crurent avoir befoin
prife. Paccompliffement Par ce contrat la de leur entredonna le
Compagnie leur
commandement, & les établit
Gouverneurs des
& s'iln'en habitoient Hdergaulhabircroiens
en partagea le
qu'tune, elle leur
trat eft du 14. Gouvernement. Février
Ce conLe Cardinal de Richelieu 1635fort à caeur la converfion
qui avoit
Amériquains,
des Sauvages
vou'ur que les qu'on Religieux appelle Caraibes, >.
du Couvent du Faubourg Saint Dominiquains
qu'il avoit fondé,
Germain
nouvelle
accompagnaffent la
les Pafteirs Colonic, & qu'ils en fulfent
furen: les Peres ; on en nomma quatre qui
Polican, Brefon, Bru-
Février
Ce conLe Cardinal de Richelieu 1635fort à caeur la converfion
qui avoit
Amériquains,
des Sauvages
vou'ur que les qu'on Religieux appelle Caraibes, >.
du Couvent du Faubourg Saint Dominiquains
qu'il avoit fondé,
Germain
nouvelle
accompagnaffent la
les Pafteirs Colonic, & qu'ils en fulfent
furen: les Peres ; on en nomma quatre qui
Polican, Brefon, Bru- --- Page 49 ---
Evangoifes de LAmérigtit.
d'une
chy & Griffon, tous gens fcavans,
trèsgrande piété, & d'un zéle admirable. Soi Eminence leur obtint du
leur TAtE
les privileges neceffaires pour de Rome étoit
fion , le bref qu'elle reçit
tacite aul bref d'Alexanune dérogation
Elle en gardre VI. du 12. May 1483.
COda l'original, &n'en donna qu'une
pic collationnée aux Religieux. Pleffis, le-.
Les fieurs de Loline & du
aufverent environ quatre cens hommes
quels fe joignitent centcinquante autres,
quifans s'engager au fervice de la Compallerent à leurs dépens à defpagnie,, icin de faire des établiffemens ayec la
nonvelle Colonie. delarade de Dieppe dans
Ils vaiffeaux, partirent le
Mars 1635.
deux
25. appelle commuLeur voyage qu'on
moiilnément traverfte fut heureux, 2 ils
25- du mois de
lerent àla Martiniquele
defcendirent à terre, en prirent
May >
au nom du Roi &c de la Compolleflion La croix y. fut plantée avec les
pagnie.
ordinaires. Mais comme ils
cérémonies étoient defcendus dans un'endroit extrèdécouvrirent
mement dangereux.Sohils nombre de ferpens . > ils fe déun grand de cette Ile, fe rembarquegouterent rent & frent voile pour la Guadeloupe, --- Page 50 ---
38 Nonveaux
oi ils arriverent le Foyager 28. du AHX Iles
ils en prirent
même mois,
avoient fait de la poffeffion comme ils
heur ilss'érablirent Martinique. Par malendroir de l'Iie, àla dansle plus mauvais
beau, mais la terre véritéle pais étoit
plus propre à faire des y étoit rouge, &
des habitations dont briques qu'a faire
vres, & des marchandifes on pût tirer des viavec les marchands
pour trafiquer
A peine ces deux d'Europe. Chefs
pied à terre qu'ils
curent-ils mis
c'eft-adire tous partagerentleurs ceux
gens,
payé leur paflage,
qui n'ayant pas
vir la
éroient.obligés de ferelle Compagnie, , & de travailler
pendant trois ans. On les
pour
engagés. C'étoit, comme on voit, appelloit
elpece Au
d'efclavage qui duroit trois une
liea que ceux qui avoient
ans.
paffage, & qui avoient amené payé leur
sesengages ileurs frais, fe avec eux
habitans, & les Gouverneurs nommoient
gnoienr des portions de
leur affiquelles ils
terres; fur lefce qu'on emablifoienr & faifoient
appelle des
tout le profit leur habitations, dont
payanr à la Compagnic appartenoit, des
en
derés des marchandifes
droits moquoient > ? qui n'étoient qu'ils y fabrique le tabac & le
autres pour lors
cotton, & en faifant
sesengages ileurs frais, fe avec eux
habitans, & les Gouverneurs nommoient
gnoienr des portions de
leur affiquelles ils
terres; fur lefce qu'on emablifoienr & faifoient
appelle des
tout le profit leur habitations, dont
payanr à la Compagnic appartenoit, des
en
derés des marchandifes
droits moquoient > ? qui n'étoient qu'ils y fabrique le tabac & le
autres pour lors
cotton, & en faifant --- Page 51 ---
Frangoifes de PAmeriqume. fonéions 59
a Ieur rourlag garde & les autres
de la
la confervation commune
pour Colonie, & les travaux qui étoient nela conftruction des Forts,
ceflaires pour
des chemins >
l'ouverture & l'entretien
la communication des quartiers.
pour
Caraibes ne manqueLes. Sauvages voir leurs nouveaux
rent pas de venir bien, on leur fit des
hôtes. On lcs reçit alliance avec eux. Pour
préfens, > on rétribution, fit
ils aiderent a
une petite des cafes, ils donnerent duj plant
bâtir de manioc dont on fait la caflave, qui
du
de tabac,
eft le pain
pais, desgraines de differentes efde cotton, des d'eux pois à faire des canots
peces. Ona apprit & à tourner lestortués
apêcher, à varer
alliance devint
& les lamantins, & cette Colons,
a néceffaire aux nouveaux tirerent, la
en
fans le fecours qu'ils bien-tôt détruite par la
lonie auroit été
l'on avoit apporté fi
famine , parceque
moins
de vivres d'Europe, qu'en
KCA deux mois on fe trouva fans farine >
fans viande falée, & fans caux-de-vie
ou autre boiffon.
très-grand,
Cependant le travailétoit
il falloit abattre des forèts, de très-gros durs:
arbres, & la plâpart bien plus faire:
que nos chènes d'Europe, pour --- Page 52 ---
40 Nomeanx
des places
Yoyages a
Aux Hles
du manioc, propres des
planter des pois;
& autres vivres, patates, & il falloit des ignames, J
confidérablement
du tcms
en état de recevoir des pour mettre la terre
les fruits fullent'en
femences, & que
affaillit la Colonie, maturité, La famine
rent,les Chefs fe les maladies fuivique tous leurs hommes découragerent voyant
divifion fe mit entre les mouroient, la
fieur Dupleflis lun d'eux Chefs, & le
prit doux & humain,
qui étoit un e(-
prudent
très-brave & trèslaiffa fon faccomba, collegue
& en mourant il
miferable Colonic. maître de toute cette
feul Le fieur'de Loline ne fut
maitre de la
pas placôt
la guerre aux Caraibes, Colonie, qu'il déclara
un
ilen maffacra
grandnombre, & les.
appellé à leur fecours les Carsibesayant
autres Iiles, 2 maffacrerent Sauvages aufli
des
grand inombre de
un très.
cette guerre & la François, famine, de forte que
prelque à rien une Colonie de réduifirent
cinq cens
près de
impofer à hommes qui étoit capable a
d'en
été conduite tousles Carsibes, ficlle avoit
ordre que l'on avec la fageffe & le bon
Chef,
devoir attendre de fon
nécs à Saint qui ayant demeuré quelques anChriltophe, ouiléroit Licu-
Sauvages aufli
des
grand inombre de
un très.
cette guerre & la François, famine, de forte que
prelque à rien une Colonie de réduifirent
cinq cens
près de
impofer à hommes qui étoit capable a
d'en
été conduite tousles Carsibes, ficlle avoit
ordre que l'on avec la fageffe & le bon
Chef,
devoir attendre de fon
nécs à Saint qui ayant demeuré quelques anChriltophe, ouiléroit Licu- --- Page 53 ---
Frangoifes de PAmerique.
tenant de Monfieur d'Enanbuc > devoit
avoir appris fous un fi excellent maitre, >
la maniere de bien gouverner.
Quoique les Caraibes euffent évacué
PIe de la Guadeloupe, & qu'ils fc fuffent retirés prefque tous à ia Dominià Marie- galande, 3 & à la grandeTEn 9 quieft une Ifle plus grande que
la Guadeloupe, qui n'en eft féparée que
par un bras de mer 2 large de quelques
toifes, que Fon appelle la Riviere faléc,
ils venoient fréquemment faire des incurlions fur la Colonie Françoife, &
prefque toujours avec funccès, de forte
que les François n'oferent s'éloigner de
leurs Forts > aller à la chafe, ou fur les
ances pour tourner des tortucs, ou pour
varer des lamantins, parce que les Caraibes cachés dans l'épailleur des bois,
les obfervoient, & dès qu'istronvoient
l'occafion, ils les perçoient de leurs
Aléches empoifonnées, Oll lcs aflommoient à coups de bouton, c'eft ainfi
qu'ils appellent unc efpece de maflue
plate d'un bois dur & pelant, 3 dont ils fe
fervent avec beaucoup de force & d'adreffe. Cette guerre par furprife étoit
caufe que les travaux n'avançoient pref
que point, & qu'à moins d'être jour &
nuit fous les armes, on trouvoit le mg7 --- Page 54 ---
42 Nonveaux
AMX
tin arraché, ce Foyages
Ifes
foirs ou ce qui
avoit planté le
tre
Tademnd
cucilli, c'eft
prefqu'en état d'è.
détruifoient fans relâche ainfi-que lcs Caraibes
habitans. Leurs cafes
le travail des
le cotton, le tabac, le étoient brûlées,
arrachées, & les Caraibes mahis étoient
de dégât en une nuit
faifoienr plus
ne failoient de travail 2 que les François
maines, Cela les mettoir en plulicurs feLes maladies
au défe/poir,
çois, & la mort accompagnoient étoit le feul les Franleurs maux.
remede à
La
fecourir. Compagnie De
ne laiffoit pas de les
voyoit des vaiffeaux tems en tems elle leur ende vivres & de tout chargés d'hommes,
ceffaire j mais il fembloit ce quileur éroitnédicion de Dieu, les
que la malé
faifoient des traverlées pourfuivoir, fi
les uns
les vivres dont ils étoient longues, que
étoient gârés ou confommés chargés s
arrivalfent, & la
avant qu'ils
vant point de retours, Compagnie cefla
ne recerir, & la Colonic fut fur le delesfecoutout-à-fait
point d'être
mauxla perfécuterent détruite, parce que tous ces
c'elt-a-dire depuis
pendant troisans,
Cc fut pendant 1636. jufqu'a 1639.
qu'un der nos
ce tems malheureux,
Religicux ayant été envoyé
ârés ou confommés chargés s
arrivalfent, & la
avant qu'ils
vant point de retours, Compagnie cefla
ne recerir, & la Colonic fut fur le delesfecoutout-à-fait
point d'être
mauxla perfécuterent détruite, parce que tous ces
c'elt-a-dire depuis
pendant troisans,
Cc fut pendant 1636. jufqu'a 1639.
qu'un der nos
ce tems malheureux,
Religicux ayant été envoyé --- Page 55 ---
Frangoifes de I Amerigue.
le Supérieur de la Miffions
en France par
del Richelieu la comobtint du Cardinal
miflion de Gouverneur de la Guadeloule fieur de Loline > 8 pour nope pour Ordre la conceflion d'un terrain entre les rivieres de Saint Louis & du
tre Baillif, depuis le bord de la mer jucmontagnes qui feparent la BalleTerre qu'aux de la Cabefterre. Ce tcrrain eft
mais il Pétoit
confidérable aujourd'hui,
dans ce tems-là, ce n'étoit qu'une
peu forêt qu'il falloit défricher avant de la
mettre en valeur, & ce n'étoit pas une
affaire. Le contrat de donation
petite fut paffe à la Guadcloupe, au nom des
Scigneurs de la Compagnie, 2 parle fieur
de Loline
le 26. Janvier
1637- & ratifié STIRESAE à Paris
la Compagnie
quelques mois eft après. valte, mais.la terre en'
Ce terrain
ce tems-là étoit àf bon marché, qu'on
en donnoit aux particuliers autant habitations qu'ils
& fi les
en demandoient,
font devenues dansla fuite plus petices les ,
c'eft qu'elles ont été partagées entre
héritiers des premiers propristaires, demeu- au
lieu
celles des Religieux font
rées lune leur entier > parce qu'ellesn'ont de
point été partagées, Cette quantité
terrain a fcrvi deprétexte aux Scigneurs --- Page 56 ---
44 Nowveanx Yoyages anx IRes
qui ont faccédé à cette
1e
premiere Compagnie, > pour les en vouloir dépoitiller,
mais la juftice du Roi ayant examiné
leurs titres, & étant informée des fervices qu'ils avoient rendus, & de ceux
qu'ils continuoient de rendre à la Colonic, les a maintenus dans la
de leur
poffeflion
hebiration, dont ils
encore à prefent.
joitiffent
CHAPITRE III.
Etablifement des Frangois à la Mar
tinigue.
M Onfieur d'Enanbuc que l'on doit
fondarcur regarder de
comme le pere & le
toutes les Colonies Françoifes des Ifles del l'Amerique
deauis long-r tems la
méditoit
conquète de la
Martinique 2 il craignoit
ne s'en emparaffent,
queles Anglois
& ayant été
planité par le fieur de Loline fon fmpnant : qu'il I avoit envoyé
Lieutela Guadeloupe, il
pour conquerir
pas differer plus crut qu'il ne falloit
dans Saint
long-tems. Il choifit
bitans,
Chriftophe cent vieux ha-
> bons foldats, & très
tés dans le
expérimendéfrichement & dans la cul-
quète de la
Martinique 2 il craignoit
ne s'en emparaffent,
queles Anglois
& ayant été
planité par le fieur de Loline fon fmpnant : qu'il I avoit envoyé
Lieutela Guadeloupe, il
pour conquerir
pas differer plus crut qu'il ne falloit
dans Saint
long-tems. Il choifit
bitans,
Chriftophe cent vieux ha-
> bons foldats, & très
tés dans le
expérimendéfrichement & dans la cul- --- Page 57 ---
6 Francoifes de LAmérique.
ture des terres 2 pour laccompagner
Ceux-cis'étant
dans cette entreprife.
fournis de bonnes armes & de munitions
de guerre, d'inftrumens pour l'agriculture, comme haches, ferpes, houès,
fcies, platines de fer, & autres uftenciles, de farine de manioc, de caffave,
de plantes de mânioc, de patates, > de
pois, defèves, > degraines de cotton, de
- viandesfalées & d'eau-de-vic, de toilles
& de traites, c'eft ainfi qu'on appelle
toutes les menues marchandifes qu'on
négocie avec les Caraibes.
ils partirent de Saint Chriftophe
"ayant Monfieur d'Enanbuc à leur tête, le -
quinziéme du mois de Juiller 1637. &
arriverent à la Baffe-Terre de la Martinique, le 25. du même mois.
Leur defcente fe fit en bon ordre, les
coups de canon qu'on tira quand on
poffeflion de la terre au nom du
Ra & de la Compagnie, & que l'on
planta la croix, avertirent les Caraibes
de leur arrivée. Ils vinrent en grand
nombre, foit par curiofité, foit pour
soppoler à leur établiffement , s'ils fe
trouvoient en état de l'empècher. MWs
comme ils trouverent des gens réfolus
& bien armés, dont quelques uns parloient leur languc, on entra aufli-tôt --- Page 58 ---
46 Nowveaux
anx
en négociation, & Froyages Monfieur Ies
leur ayant dit qu'il ne venoit dEnanbuc
les chaffer de leur
point pour
établir -
pais, mais pour
amis 3 & pour vivre avec eux en bons s'y
8c (comme freres, & les deffendre
quand leurs ennemis les
Cc difcours foutenu
attaqueroienr.
qu'on leur fit boire par l'eau-de-vic
les préfensqu'on leur largement, fit,
&c par
coeurs. Ils promirent d'être changea leurs
Colonie. Leur chef,
amis de la
vieux de leurs
c'eft-à-dire le
Capiraines, fe
compere de
iETUI
Monfieur
un terme qui
d'Enambuc. C'eft
Ils céderent à marque la Colonie une étroite alliance,
Terre, c'eft ainfi
toute la Balletie de l'Ie qui eft au qu'on couchant appelle la pardy, & promirent de fe retirer & au mibefterre. On fc
à la CaMonfieur d'Enanbuc fépara bons amis, &
s'en tenir avec ces fortes qui de Içavoit à quoi
tir un Fort de paliffades à gens. 9 fit bâde la riviere 5 qui a porté l'embouchure
nom de
long-tems le
prélent la Royolanne riviere 2 &
appelle a
le Fort qu'il fit Saint
comme
Rt
y
bâtir. Il le munit de
des Quclques maifons piéces de canons, il fit faire
quand il la crut pour loger fa Colonic, &
ler à un
en fureré, il fit travailgrand défriché aux environs, &
à gens. 9 fit bâde la riviere 5 qui a porté l'embouchure
nom de
long-tems le
prélent la Royolanne riviere 2 &
appelle a
le Fort qu'il fit Saint
comme
Rt
y
bâtir. Il le munit de
des Quclques maifons piéces de canons, il fit faire
quand il la crut pour loger fa Colonic, &
ler à un
en fureré, il fit travailgrand défriché aux environs, & --- Page 59 ---
Frangoifès de l Amérique.
planter du nianioc, 2 des pois, des patates, du cotton, &c du tabac, 3 c'étoit
alors les deux (euies marchandifes que
lon pouvoit commercer avec les vai(-
feaux qui venoient d'Europe.
Ces commencemens nc pouvoient
être plus heureux. Ces terres vierges
prodaifoient tout ce qu'on leur demandeit, 2 avec une facilité merveilleufe.
Une chofe incommodoit la Colonie,
c'étoit la' quantité prodigieule de v1peres, dont la terre étoit comme couverte. Ily en avoit de monftrucufes, on
alors de
cinq pieds de
en voyoit
vingt
0e
& d'un
&c demi de dialongueur >
pied
métre. Ces animaux ne fuyoient point
les hommes, ils les attendoient férement, fouvent mème ils les pourfuivoient. Il eft vrai qu'ils les mordoient
rarement, à moins qu'on ne les touchât
en faifant remuer quelques brouffailles :
mais comme nos François ne (çavoient
alors les remedes convenables à ces
pas morfures, il y en eut quelques uns qui
perirent, on a depuis trouvé le remede
à ce mal pourvà cependant qu'il n'y ait
point d'arteres ou de gros vaifeaux offenfés, 2 car dans ces cas leremede vient
trop tard.
demeuré
Monfieur : d'Enarbuc ayant --- Page 60 ---
Nowveanx Voyages AuX
fix mois à la Martinique, fe crut Ies
de retourner à Saint Chriftophe, obligé où fa
préfence étoit néceffaire, il fic reconnoitre
fon Lieutenant & Commandant FOETALS la nouvelle Colonic le fieur du
Pont, C'étoit un Gentilhomme d'un rare mérite, d'un courage à toute
& d'une prudence confommée. épreuve, IL lui
recommanda fur toutes chofes d'entretenir la paix autant qu'il pourroit avec
les Sauvages Caraibes, & lui promit de
lui envoyer fouvent des fecours d'hommes, de vivres, & de munitions, &c
c'eft à quoi il ne manqua jamais, quelques dépenfes qu'il fallàr faire pour
cela.
Le fieur du Pont n'oublia pas les ordres de Monfieur d'Enanbuc, mais les
Caraibes gens inquiéts & fans foy,
voyant quela Colonic augmentoit à vae
d'ail, > oublierent les paroles
avoient donnéesà Monfieur - d'Enanbuc, qu'ils
& réfolurent de dérruire les
Pour cet effer ils fe cachoient François. dans les
bois, &c aflommoient tous ceux
cartoient en allant à la chaffe. Dèsqu'on quis'és'en apperçàt, on leur rendit.la parcille
avec ufure, & on ne leur faifoit aucun
quartier quand on les trouvoit armés
clans les quartiers de la Colonic; ils virent
avoient donnéesà Monfieur - d'Enanbuc, qu'ils
& réfolurent de dérruire les
Pour cet effer ils fe cachoient François. dans les
bois, &c aflommoient tous ceux
cartoient en allant à la chaffe. Dèsqu'on quis'és'en apperçàt, on leur rendit.la parcille
avec ufure, & on ne leur faifoit aucun
quartier quand on les trouvoit armés
clans les quartiers de la Colonic; ils virent --- Page 61 ---
Frangoifes de PAmbrique.
rent bientôt que la partic n'étoit pas
égale, & que leur grand nombre n'en
impoleroit pasaux armes & à la bravoure des François. à leur fecours les CaIls appellerent
de Sainte Alouraibes dela Dominique, 2
fic, de Saint Vincent & autresifles, &c
firent un corps de quinze cens hommes,
aveclequelils comptoient d'emporter le
Fort, & de maflacrer tous les François.
Le fieur du Pont qui en avoit été
averti, fit entrer tous les habitans dans
le Fort avec des vivres, des armes, &
des munitions, > il fit charger tous fes
canonsà mitraille, & les Caraibes ne
voyant perfonne fur les ramparts > crurent quela peur leur avoit glacé le fang,
ils fe prellerent de defcendre à terre, &
denvironner la Forterefle. Le fieur du
Pont les laiffa faire, & quand ils furent
à la portée du piftolet, il fit faire far
fimeurtriere, qu'il en
eux refta unedécharge plus dc la moitié fur le carreau, &
le refte fi épouvanté, qu'ils s'enfuirent
fans fonger à emporter leurs morts &
leurs blellés. On peut croire que le canon & la moufqueterie les accompagnerent tant qu'ils furent à portéc. Quclpirogues vinrent à la côte 2 outre
ques celles quiyétoient déja échouées, & les
Torse K.
C --- Page 62 ---
'so. Nowveaux Foyages Au Ifles
François firent un burinconfidérablede
lits ou hamacs de cotton, & d'autres
chofes; car les
leurs meubles Sauvages portent tous
avec cux, cn quelque
part qu'ils aillent.
Après cette déroute on fut affez
tems fans voir & fans entendre longdes Caraibes. Les Frangoistravaillrent parler
à leur aife, firent des habitations
ticulieres, & pour n'être
furpris par- la
nuit, les maîtres & les ercheate de trois
habitations, fe rendoient tous les foirs
dans cellc qui fe trouvoit au milieu,
dont la maifon fituée commodément
étoit environnée de bonnes
avec des meurtrieres autour planches &c là S,
dormoient en
>
ils
leurs
repos > fous la garde de
chiens, & dcs fentinelles
levoient de tems en tems. Ils n'alloient qu'ils rejamais aul travail qu'ils ne fulfent armés,
chacun d'eux avoit fon fufil,&
lets à la ceinture, avec fon deuxpito.
Les Caraibes qui avoient pris gargoufier.
commerce avec les François, goûr au
rent au bout de quelque tems s'ennuye- d'en être
privés. Ils équiperent une pitogue, &
l'envoyerent au Fort Saint Pierre, 5 chargéc. de cochons > de lezards, de crabes,
decaffave & de fruits, ils débarquerens
fans armes > on les reçût en
amis, 2 ils
ufil,&
lets à la ceinture, avec fon deuxpito.
Les Caraibes qui avoient pris gargoufier.
commerce avec les François, goûr au
rent au bout de quelque tems s'ennuye- d'en être
privés. Ils équiperent une pitogue, &
l'envoyerent au Fort Saint Pierre, 5 chargéc. de cochons > de lezards, de crabes,
decaffave & de fruits, ils débarquerens
fans armes > on les reçût en
amis, 2 ils --- Page 63 ---
Françoifès de LAmérigne,
ST
firent des excules de CC quisétoit palé,
en rejettant la faute far les Caraibes des
autres Ifles. On feignit de les croire,
on accepta leurs préfens, onleur en fit
d'autres , & le fieur du Pont lcur ayant
dit qu'ill lleur rendroit fon amitié, & feroit la paix avec eux , pourvà qu'ils lui
laiffaffent quelques uns de leurs enfans,
lesfaire élevercomme les François,
fcr y confentirent, & la paix fut confirmée
quelques pots d'cau-de-vie
qu'on ibnre fit boire.
Le tabac de la nouvelle Colonie fe
trouva fi exçellent, que les montres
qu'on en envoya à Saint Chriftophe >
déterminerent quelqnes vaiffeaux Marchands a venir s'en pourvoir à la Martinique, mais cettc ife étoit tellement
décriée à caufe des viperes dont elle
étoit infeétée, que les Capitaines ne permettoient pas à leurs gens de defcendre
à terre > &c les habitans étoient obligés
del leur porter leurs marchandifes à bord,
ce qui étoit une incommodité confidérablc.
Le fieur du Pont ayant terminé fi heureufement la guerre avec les Caraibes,
crut devoir faire un voyage à Saint
Chriftophe, pour conferer avec Monfieur d'Enanbuc de plulieurs chofes imC ij --- Page 64 ---
S2 Nouveaux
portantes à la Vayagti aux IRes
une
Colonic, il fc mit dans
barque qui fat
vent fi violent, qu'elle furprife fut d'un coup.de
Dominique, &c brifée à la portéca côte. Saint
Efpagnols prirent
Les
échaperent de ce prifonniers ceux
flur du Pont
haufrage, & le
fut mis dans reconnu pour être Chef,
demeura trois une étroite prifon, où il
cune nouvelle, ans fans qu'on en eût aucun commerce avec parce qu'on n'avoit alle
Monfieur d'Enanbuc lesEfpagnols. lc
en mer, envoya fon neveu croyant à la
tinique, en
cd
ral & de
qualité de Licutenant Généfir du Roi Gouverneur, & de la > fous le bon
un
Compagnie. eELE
avoit Gentilhomme. été tué
frere de celui qui
quând les
direnta Saint
E/pagnolsdefeen.
rent les
Chriftophe, & en chaffeFrançois, Il étoit
ne des Compagnies de cette Capitaine d'uappris à gouverner fous fon Ifle, & avoit
avoit toutes lcs qualités
oncle, Il
être à la tête d'une Colonie. néceffaires pour
Il fit reçu à la
joye univerfelle, Martinique &
avec une
un fecours conlidérable y amena avec lui
d'engagés, de provifions d'habitans de
&
d'armes & de munitions de bouche,
confervala paix avec les Caraibes, guerre. Il
fans
Capitaine d'uappris à gouverner fous fon Ifle, & avoit
avoit toutes lcs qualités
oncle, Il
être à la tête d'une Colonie. néceffaires pour
Il fit reçu à la
joye univerfelle, Martinique &
avec une
un fecours conlidérable y amena avec lui
d'engagés, de provifions d'habitans de
&
d'armes & de munitions de bouche,
confervala paix avec les Caraibes, guerre. Il
fans --- Page 65 ---
Françoifes de PAmerique.
oublierles précautions qu'il faut prendre
avec des gens fans foi & fans honneur.
Il angmenta le Fort Saint Pierre, & fes
habitanssoppliquerent avec tant de fnccès à cultiver du tabac, que la Colonie
fc vit bientôt en état d'en charger quelques navires. qu'ily étoit établi, lorfIlyavoit vaiffeau peu
François vint moiilqu'ungros ler à la rade de Saint Pieire. Une vingtainc des plus hardis paffagers vinrent à
terre : faluer Monfeur du Parquer > qui
les recût'fi bien qu'ils réfolurent dene
pas aller plus loin, & étant retournés
prendre-leurs bagages, ils débauEReLITO foixante- deux autres, qui vinrent dès le lendemain offrir lcurs fervices à Monfieur du Parquet, ilaccepta
leurs offres, les traita de fon mieux, &
angmenta ainfi fa Colonie de près de
cent hommes, aufquels il diftribua des
terres & des vivres, , jufqu'àce qu'ils en
puffent retirer de leurs habitations.
L'excellence du tabac qui"sy faifoir,
attira bientôt les vaiffeaux d'Europe. Le
commerce devint très-bon , & quoiqu'il
fit borné au tabac 8c au cotton, & enfuire augmenté par la culture du gingembre > & peu après par l'indigo, la
Colonie deviat en peu d'années trèsforiffante.
Ciij --- Page 66 ---
54 Nowveanx Yoyagés Aux Ifes
d'Enanbuc Cependant la mort ayant enlevé M,
vers la fin del l'année
Compagnicqui en fut informée, 1637. la,
étoit très contente dela conduite 9 & qui
du
de M.
dans Parquer, fon
> crut devoir reconnoître
fervices neveu, , ce qu'elle devoit aux
feur d'Enanbuc, importans de fon oncle: Monfcin delui
Elle avoit d'abord defdonnerles
ils les
chargesdu deffunt,
méritoir, & les auroit remplies
parfaitement, Colonic
mais confidérant
la
de laMartinique
que
me fon
qui étoit comouvrage, fouffriroit
ment s'il étoit obligé de la
extrêmecrut qu'il étoit
quinter, elle
Roi & de l'Etat important de
au fervice du
envoya la .commifion l'y laifer, & lui
Général & de Gouverneur de Lieutenant
& de toutes celles
de cette Ifle,
querir: Cette commiflion qu'il pourroit conde Decembre
eft du mois
1638.
Cette commifion fut lûe à la tête
toutes les Compagnies
de
taille devant le Fort Saint rangées en badu Parquer
Pierre, & M.
fes habitans, pour augmenter la joie de
anciens, des droits excmpra tous fes habitans
pendant un
qu'ils lui devoient
trois
an, & les nouveaux
ans. Ils'appliqua enfuite à pendant les
verner avec une fageffe &c une * douccur gou-
de Decembre
eft du mois
1638.
Cette commifion fut lûe à la tête
toutes les Compagnies
de
taille devant le Fort Saint rangées en badu Parquer
Pierre, & M.
fes habitans, pour augmenter la joie de
anciens, des droits excmpra tous fes habitans
pendant un
qu'ils lui devoient
trois
an, & les nouveaux
ans. Ils'appliqua enfuite à pendant les
verner avec une fageffe &c une * douccur gou- --- Page 67 ---
Frangoifes de PAmerique.
infinic, cC quilni attira tant de monde,
que dans la revûë qu'ilen fitla mêmean- homnéc, il fe trouva près de huit cens
les armes, fans les femmes,
mes les cnfans portant & les ferviteurs ou engagés,
Comme il fçavoit que la conduite V10lente du fieur de Loline aveclesCaraibes,
étoit la caufe des malheurs où cette Ifle
à vivre avec
étoit plongée, d'une ilsappliqua manicre à mériter
ces barbares & à les contenir dans leur
leur affeétion,
devoir.
cherchant
Cependant la Compagnie
Monune perfonne qui pht remplacer le fieur
fieur d'Enanbuc, d'autant que
du Halde qu'elle avoit nommé
commander
interim, ne fc
paulicir
par elle
enfin les yeux
pas en ce pais 3
jetta Fremanteau.
fur Monfieur de la Grange
C'étoit un Gentilhomme d'une pieré
exemplaire, d'une douceur & d'une affabilité extraordinaire, mais qui n'étoir
pas en état de faire les avances néceffaires
pour foutenir un pofte de cette importance, il fe jugea lui-mème, & réfolut
de déferer cet honneuraut Commandeur
d'Efcadre
de Poincy Lonvilliers, > Chef
des armées navales du Roi. Ce Seigneur
étoit riche, & par conféquent fort en
état de fe faire honneur dans cet emploi,
C iv --- Page 68 ---
56 Nouveanx
illui offrit donc de
Aux Iles
pofte
démettre
122i
en fa faveur,
de fon
furâc la charge de fon pourvà qu'il lui aflui prèter te qui lui Lieutenant, feroit
& de
pour paffer dans les Ifles d'une néceffaire
convenable, Cela fiat exécuté, la maniere
pagniey confentit, &
Comiujets au Cardinal de préfenta ces deux
ayant prefentés au Roi, Richelien, & les qui les
agréer, leurs commifions ayant fait
diéesad mois de Février furent expé
Le Commandear de 1658.
Monfieur de la
Poincy prêta à
faire fes
Grange 4500 livres pour
vant lui, équipages, afin de lni & le fit partir depropre àle recevoir Préparer une maifon
roit.
quand il débarqued'Avril Ils'embarqua de la méme àla Rochelle au mois
blia cC que le Comi#andeur année : mais il Oullui avoit tant recommandé, de Poincy
bien, acheta des
Ilfe logea
habitations, fe donna
& ne fit rien pour fon
Eat
Le Commandeur de bienfaiteur.
des charges de
Poincy pourva
Saint Chriftophe Capiraine Général de
&c de Licutenant pour la Compagnie
fur toutes les Ies, Général pour le Roi
12. Janvier
partir de France le
fieurs
1659. accompagné de plu:
Gentilhommes, > & d'un grand
ui avoit tant recommandé, de Poincy
bien, acheta des
Ilfe logea
habitations, fe donna
& ne fit rien pour fon
Eat
Le Commandeur de bienfaiteur.
des charges de
Poincy pourva
Saint Chriftophe Capiraine Général de
&c de Licutenant pour la Compagnie
fur toutes les Ies, Général pour le Roi
12. Janvier
partir de France le
fieurs
1659. accompagné de plu:
Gentilhommes, > & d'un grand --- Page 69 ---
Francoifes de PAmtrigse.
nombre de fetviteurs & d'ouvriers de
toutes les efpeces, & arriva à la Martinique le onziéme Février de la même
année.
Monfieur du Parquet le reçut avec
tout l'honneur dû à fac qualité. Sa commiflion fut lûc à la tête de toutes les
troupes rangées en bataille, le Gouverneur, & tous les Officiers & habimns,
Ini préterent ferment de fidélité, après
quoi le Gouverneur lui préfenta les clefs
de la Forterefle.
Après quelques jours de repos à la
Martinique, > ii paffa àla Guadeloupe, >
où il arriva le 17. du mèine mois, ily
fut reçà un peu moins bien qu'alal Martinique, parce que Monfieur de Loline
qui en étoit Gouverneur, , prétendoit
que la charge de Général lui étoit dûe,
mais par malheur la Compagnie n'étoit
pas contente de lui, & d'ailleurs il étoit
avengle.
Il arriva enfin à Saint Chriftophe le
25. Février, & fut reçà avec tous les
honneurs qui lui étoient dûs; mais il
fut indigné que Monfieur de la Grange
qui s'étoit logé, n'avoit pas fongé à lui
préparer une maifon. Ce fut la fource
des broiilleries très-vives qu'ily eut entre ces deux Chefs, qui allei ent fi loin,
C y --- Page 70 ---
$8
Norveanx Yayages anx
le fieur de la
fut Ifes
dd &
emprifon:
qu'après une LEE dure
delenze mois 3 il fut renvoyé en captivité
Ces broiilleries & celles
France.
rent quand Monfieur de
qui arrivecles fat
Thoify Patromandeur envoyépour de
relever le Comque lc public Poincy, , font fi vieilles >:
les envieux les n'y prend plus d'intérêt,
peuvent voir tout aul long
danslepremicr rale des Antifles tome de I'Hiftoire géné
s par le Pere du Tertre,
Dominiquain, quien a parlé
puifqu'il en a été témoin oculaire. (çavament,
CHAPITRE IV.
Etablifement des François à la
Grenade.
M Onfieur le Commandeur de
Poincy l'avoit tenré dès l'année
mais la multitude des Caraibes
fit
aotf
thabitoient, échouer fon entreprife, & d'ailleurs elle étoit trop éloignée de Saint Chriftophe
les fecours nécelfaires. pour y envoyer
Quelques autres après lui firent des
tentatives pour le même fujet 5
une
ne réiiffir.
pas
.
Etablifement des François à la
Grenade.
M Onfieur le Commandeur de
Poincy l'avoit tenré dès l'année
mais la multitude des Caraibes
fit
aotf
thabitoient, échouer fon entreprife, & d'ailleurs elle étoit trop éloignée de Saint Chriftophe
les fecours nécelfaires. pour y envoyer
Quelques autres après lui firent des
tentatives pour le même fujet 5
une
ne réiiffir.
pas --- Page 71 ---
Francoifes de LAmérigue.
Lag gloire en étoit réfervée à Monfieur
du Parquet. Il avoit tellement gagné
l'affeétion des Caraibes, que ceux de la
Grenade le conviérent d'y venir habiter
avec eux. Il eft à croire que leur intérêt
particulier y avoit plus de part que leur
affeétion.
dans tousles quartiers de
Il fit publier
la Martinique, une exemption de tous
droits pour ceux qui voudroient s'établir
dans cette Ifle, & dans le grand nombre de ceux qui fe préfenterent, > il choifit deux cens hommes qu'il connoiffoit
gens de coeur 2 &c fort experimentés dans
les défrichemens des terres ; & dans la
culture des vivres & des marchandifes
du pais.
n fit préparer de la callave ou pain
de manioc, pour nourrir fes gens la
dant trois mois, & fans s'attendre
f:
chaffe & ala pèche, il fit provifion de
lards, de baufs, de tortuès, & de lamantins falés: Il amalfa une grande
quantité de pois, de fèves du Brelil, &
de toittes fortes d'autres graines.
Ilc choifit Meflieurs le Comte fes coutfins, avec les fieursle Fort 2 le Marquis >
& autresb braves Ofliciers, pour l'accompagnerdans cette expédition.
Il donna à tous fcs hommes un fulil,
C vj --- Page 72 ---
Nouveanx
deux piftolets de Vayages aux Iles
une
cemture 7 un fabre &
de balles, bayonnette, & autant de poudre &
mer dans > qu'ils en pouvoient confomun jour; fans
barils de poudre & de compter balles il plulicurs
barquer avec
qu fitemdeux pipes de troisbariques vin de Madere d'eau de-vie,
desoiles, de
& quantité
ferrements, de
&
autres merceries pour faire raffades, des
aux Sauvages.
préfens
Les Jeluires & les Dominicains
purent alors lui donner aucun des leurs ne
pour fervir la nouvelle Colonie,
qu'ils éroient.en
parce
mais ils lui
trop petit nombre >
des
promirent de lui en fournir
Dominicains premicrs qui arriveroient, & les
de lui tenir furent les premiers en état
parole. Son Aumônierl'accompagna.
Il fréta les navires des
Lormier & du Pas. Ily fit Capiraines
tous fes gens, & fur deux embarquer
lui
barques qui
leurs appartenoient, avec leurs bagages &
lemnelle, provilions, & après une Mefle foil partir dc la Martinique le
16.Juin 1650. & arriva à la Grenade
20. du même mois.
le
Kerouanne qui éroit le
tous les Caraibcs de l'Ifle Capitaine de
de grandes
> le reçàr avec
marques de joye.
ormier & du Pas. Ily fit Capiraines
tous fes gens, & fur deux embarquer
lui
barques qui
leurs appartenoient, avec leurs bagages &
lemnelle, provilions, & après une Mefle foil partir dc la Martinique le
16.Juin 1650. & arriva à la Grenade
20. du même mois.
le
Kerouanne qui éroit le
tous les Caraibcs de l'Ifle Capitaine de
de grandes
> le reçàr avec
marques de joye. --- Page 73 ---
Françoifes de LAmérique.
Monfieur du Parquet
poffeffion
de l'Ife ) eny y faifant
une croix >
RLEE
& enfuite les armes du Roi. Les vaiffeaux & les barques firent des décharges
de leur artillerie, & les foldats de leur
moufquereric.
Le premier foin de Monfieur duParquet 2 fut de faire monter une grande
mai on decharpente qu'il avoit fait faire
à la Martinique, > & pendant
Y
étoit occupé € 2 il fir couper par
gens
Tege
une quantité fuffifante de paliflades,
pour l'environnerà dix pieds de diftance. Il y fit mettre des canons & des pierriers, & on y travailla avec tant de diligence, , que ce Fort fut en état de réfilter aux Caraibes, & mème aux Européens qui voudroient le venir attaquer > en moins de huit jours.
Bien que le Capitaine Kerouanne eûit
fi bien reçû Monfieur du Parquer, ill lui
dit franchement, que s'il vouloit s'établir dans PIle, il falloit lui donner de
la traite, c'eft-à-dire des marchandifes.
Monfieur du Parquet en convint. Ildonna aux Caraibes une certaine quantité
de toiles, de haches, de ferpes, de couteaux, de raffades, de miroirs, & autres
merceries à leur ufage 2 & fur tout
deux quarts d'eau-de-vic, qui eft pour --- Page 74 ---
6z
eux la Mummanergage meilleure
anx Ifes
marchandife.
Moyennant cela Kerouanne céda aux
raibes, François au nom de tous les autres Cafe réfervant la propriété de toute l'Ifle, en
leurs habitations. feulement leurs carbets &
fit Après défricher cet accord Monfieur du Parquet
tagne, le long le de pais au pied de la monmencer une
l'étang, où il fit comvoulut
grande habitation, où il ne
difes, pas quel l'on plantât des marchanfubliftance mais feulement dcs vivres pour la
Ild donna des des nouveaux Colons.
terres à tous ceux qui lui
endemanderent, qui n'auroient
à condition que ceux
d'engagés,
point de ferviteurs Ol
s'allocicroient s'ammoteroient, c'eft-à dire,
& travailleroient deux ou trois enfemble,
commun, afin
de concert, à proft
de refifter aux qu'ils fuffent plus en état
noit envie de Caraibes, les
s'il leur preprudence obligeoit inquiéter, de
comme la
arriveroir.
croire que cela
Ayant donné tous les ordres néceffairesafanouvelle mi
Colonie, & ayant affer-
& la autant qu'il pouvoit l'alliance
paix avec les
leurs Chefs, leur fit Caraibes, des
9 il régala
tit pour la Martinique, préfens, &
après avoir Ras
ifter aux qu'ils fuffent plus en état
noit envie de Caraibes, les
s'il leur preprudence obligeoit inquiéter, de
comme la
arriveroir.
croire que cela
Ayant donné tous les ordres néceffairesafanouvelle mi
Colonie, & ayant affer-
& la autant qu'il pouvoit l'alliance
paix avec les
leurs Chefs, leur fit Caraibes, des
9 il régala
tit pour la Martinique, préfens, &
après avoir Ras --- Page 75 ---
Françoifes de LAmérique. 63
bli
Gouverneur; 3 le fieur lc Comte
- HETA fon coufin.
des mieux
C'étoit un Gentilhomme brave de fa
faits
pouvoit voir,
plein de politeffe & de bonté,
fa Colonie avec une pruMIn
qui gouverna
dencc admirable. tirerent de cette terre vierLes François
fi
à
du tabac d'une qualité fupéricure
ged celui des autres Ifles, qu'une livre paffoit
trois des autres. Ils en avoient
pour fait une recolte, ou comme on dit
déja
levée
les Caraibes
aux Ifles une
> lorfque
dans.
fe repentirent de les avoir reçûs
leur pais. Sans déclaration de guerre 7
fe cachoient dans les bois, &
ces traitres fans
tous les Franaffommoient
quartier, écartés dans les
qu'ils trouvoient
Et à la chaffe, ou fur les ances pour
trouver des tortués. On fut quelque
fans
de ces maffacres:
tems
sappercevoir
à la fin, &
cachés. On s'en apperçit
Monfieur le Comte Gouverneur, prit
auffi-tôt le parti de leur faire la guerre
& de les pouffer à bout. Il prit avecl lui
de
braves habitans,
une centaine fesplus
dans
& s'embarquant avec eux
le
il réfolut d'artaquer
f
fieurs canots, de leurs catbets, qui étoit
confidérable
de
fur une montagne cfcarpée preique
tous câtez. --- Page 76 ---
64 Nouveawx
Les Caraibes Yayages Aux Hes
cendirent au bord quile de la virent venir, def.
tous les efforts pour lui mer, & firent
cente , quelques François empécher ladef
mais les Caraibes furent furent bleffés,
tent la fuite, & fe
forcés, ils priretirerent fur
C
montagne, où il n'y avoit
leur
avenue, les François les qu'mne feule
malgré les
fuivirent, &
quils faifoient pierres & lcs troncs d'arbres
le carbct fut rouler dansle chemin 1,
nombre de Caraibes emporté > un grand
gu'on
tués, & tout cC
On e.Sr attraper les
paffé au fil del l'épée.
quartier ni maifons 5 & on ne donna
Ceux qui aux femmes, ni aux enfans.
leurs
échaperent fe fauverent vers
comparriores à la
voyetent demander du Cabefberoquen fecours
vages de S. Vincent & dela
aux SauMonfieur du
Dominique.
guerre 2 envoya Parquerinforméde trois cens
cette
renfort à la Grenade:
hommes de
pas que les Caraibes de Cela la n'empêcha
voyant foutenus
Grenade fc
Iles, & ignorans par ceux des deux autres
que les François avoient peut-être le fecours
cruflent en état
reçû, ne fe
de madlacrer rous d'emporter les
le Fort, &
Ils fe
François.
de plus de prefenterent huir
en effer au nombre
cens, On les laiffa
ap-
cette
renfort à la Grenade:
hommes de
pas que les Caraibes de Cela la n'empêcha
voyant foutenus
Grenade fc
Iles, & ignorans par ceux des deux autres
que les François avoient peut-être le fecours
cruflent en état
reçû, ne fe
de madlacrer rous d'emporter les
le Fort, &
Ils fe
François.
de plus de prefenterent huir
en effer au nombre
cens, On les laiffa
ap- --- Page 77 ---
Françoifes de PAmerigne.
procher, & quand ils furent à une petite
diftance, on fit jouer far eux les canons
& les pierriers chargés à mitraille. Cetfurexrrèmement meurtriere.
te décharge fortirent fur eux 2 &c les afLes François
côtez, ils fe deffenfaillirent de tous
mais
dirent avec beaucoup de courage;
ne
leurs Aléches quoique empoifonnées des armes à
pouvoient
les garantir
ils
feu, ils Phtent rompus & diffipez,
s'enfuirent dans les bois, on les fuivit
jufques fur cette montagne efcarpée du
carbet brûlé, on y fut auffi-tôt qu'eux 1 2
& on y en tua plus de quatre vingr. fe
Ilen reftoit environ quarante 2 qui falaile
voyant acculés fur le bord d'une
elcarpée, dont la mer baignoit le pied,
& y perirent tous.
s'y. précipiterent, nombre fe fauverent aui traUn grand des bois, & fe retirerent à la Cavers befterre, où ils réfolurent de continuer
la guerre en attaquant les François qu'ils
trouveroient écartés dans les bois, ou
des embufcades. Cette guerre ne dupar
> & elle fut funefte aux
ra pas long-tems
Caraibes. Gouverneur
les armes, &
Le
reprit
hommes, il
le cheminde
avec 250.
prit de
&
la Cabefterre avec tant
diligence dans
de fecret > qu'il furprit les Caraibes --- Page 78 ---
66 Nowveaux
aux
leurs carbets à la Foyager pointe du Hes
plutôr un maffacre qu'un jour, ce fut
pardonna à
combat, on ne
ilde
perfonne, 5 tout fut paffé au
l'épéc, & comme pendant
en découvrit leurs
l'action
nots dans T'embouchîre pirogues & leurs caons'cn
&
d'une riviere,
empara, par ce moyen on emvés pècha dans ceux qui s'étoient cachés ou faulcs bois, d'aller
la
velle de leure défaite dans les porter nouLes troupes s'étant divifées autres Ifles.
fieurs pelottons, fe
en plubois, les
répandirent dans les
lieux les ravines, les falaifes, & les
fibles,
cachés & les plus innaccef-
,
ils
a
acheverent
tout ce qui reftoit de ces d'exterminer malheureux
traîtres.
arracha Après cela on brûla les carbets, on
leurs vivres & leur tabac, & le
Gouverneur
à fes
butin qu'on avoit Fatrafare fur les foldats, le
Jamais viétoire n'a été
vaincus.
il ne refta perfonne
plus complette,
nouvelle au dehors. pour en porter la
Le Gouverneur retournoit triomdu phant avec fesgens, dont il n'avoit
qu'un feul homme, &c eu un
per-
& pour s'épargner la peine d'aller bleiflé, ,
terre, & amener all Fortles
par
les cânots des
pirogues &
Sauvages, il venoit par
Jamais viétoire n'a été
vaincus.
il ne refta perfonne
plus complette,
nouvelle au dehors. pour en porter la
Le Gouverneur retournoit triomdu phant avec fesgens, dont il n'avoit
qu'un feul homme, &c eu un
per-
& pour s'épargner la peine d'aller bleiflé, ,
terre, & amener all Fortles
par
les cânots des
pirogues &
Sauvages, il venoit par --- Page 79 ---
Frangoifes de PAmerigue.
mer, le canot où étoit le Gouverneur
tourna en doublant une pointe. Tous
ceux qui étoient dedans vinrent à terre
à la nage. Lc Gouverneur y étoit, quand ami
il apperçut un Officier fon intime
quife noyoit. Il fe jetta à la mer pour
l'aller fecourir. Celui-ci -qui avoit, déja
prefque perdu connoiffance fentant
quelque chofe auprès'de lui, T'embraffa
fi écroitement, qu'il lui ôta le moyen de
nager, & ils fe noyerent tousdeux.
Ce malheur fit évanoiir toute la joye
de la-victoire, on en donna promptement avis à Monfieur du Parquet 2 qui
craignant que le fieur le Fort, premier
Capitaine &2 Major de IIle, nesemparit
du Gouvernement qui fembloit lui être
dévolu, & que Monfieur du Parquet lui
auroit donné, s'il n'avoit pas été d'une
humeur fiere, fouvent jufquala brutalité, ce qui ne convenoit hi à Phumeur
de Monfieur du-Parquet qui étoit la bonté mème, ni au Gouvernement d'une
nouvelle Colonie, où les peuples veulent êtreconduits avec beaucoup de douceur.
Monfieur du
Ces raifons obligerent
à
Parquet à donner le Gouvernement
un Gentilhomme nommé Valminiere 3
& àl'envoyer en diligence àla Grenade. --- Page 80 ---
68 Nowveaux Voyages Anx
Le nouveau Gouverneur étant Hhes
fe mit d'abord en
arrivé,
terefle, il firaffembler poffeflion de la Forfad commiflion fut lûe à la les tête habitans, des
&
pagnies. Le fieur le Fort premier Comtaine & Major , à qui ion ne pouvoit Capi- refufer le mérite d'avoir bien fervi dans
IIle. dit qu'il honoroit la commifion,
maisquilnele pouvoir reconnoitre pour
Gouverneur, parce que inconteltablement & de droit, cette charge lui étoit
dûe, & la Majorité au fieur le
Cette déclaration féditieufe Marquis. fit
tager les habirans, les
fc partirerent dansla
fages rede
Monfieur
TARAECLE
Valminicre 3 les autres fc
au fieur le Fort, & le fuivirent joignirent dans fa
maifon, qui avoit été fortifice contre les
irruptions dence
des Sauvages, & fans la
du nouveau Gouverneur, pruple divifé en feroit venu aux ,ce peufe feroit égorgé.
mains, &
Monfieur du Parquet ayant
mé de CC défordre, envoya des étéinfor- ordres
très-précis aux fieursl le Fort, le
& leurs partifans, de reconnoitre Marquis, Monfieur de Valminicre pour leur Gouverneur. Il fortifia fes ordres d'une compagnie de cent foldats, la
Waa
lons, qui avoient été au plipart fervice des
en feroit venu aux ,ce peufe feroit égorgé.
mains, &
Monfieur du Parquet ayant
mé de CC défordre, envoya des étéinfor- ordres
très-précis aux fieursl le Fort, le
& leurs partifans, de reconnoitre Marquis, Monfieur de Valminicre pour leur Gouverneur. Il fortifia fes ordres d'une compagnie de cent foldats, la
Waa
lons, qui avoient été au plipart fervice des --- Page 81 ---
Frangoifes de LAmériqne.
Etats Généraux dans le Brelil, qui venoientd'en être chaflés par les Portugais,
& quilavoir pris à la folde.
acLe Capitaine de cette compagnie nombre
compagné de fes gens, & d'un
fieur
d'habitans fidéles, alla trouver le
le Fort dans fa maifon, & demanda
d'entrer &c de lui parler. Ccr rebelle refula de lui faire ouvrir la porte,silétoir furaccompagné de-plus d'un homme 5
quoi le Capitaine fit enfoncer la
fe mit en deffenfe, il
un
EAEtOA
Le Fort
de
On fe
Officier d'un coup
piftolet,
des
battit de part & d'autre, ily eut
morts & des blellez, mais le Fort ayant le
eu un pied fracaffé, il fut pris avec
Marquis. On négligea d'arrèter les autres. Monfieur du Parquet envoya le
fieur du Coudray fon Juge, 5 inftraire
lequel le Fort
leur procès, pendant être condamné à une
voyant quilalloir prit du poifon &
mort ignominieufe, fut condamné à
mourut. Le Marquis de la Sentence eau
être pendu. Hlappella du Parquet à la
Confeil de Monfieur
Martinique. Sa peine fut commuée en
celle du banniffement, avec confifcation
de fes biens, que Monfieur du Parquet le
lui promit de vendre avant de vuider
pais. --- Page 82 ---
Nowveaux Fayages aux IAcs
Après ces exécutions, Monfieur de
Grenade Valminiere gouverna la Colonie de la
en paix. Elle ne fut troublée
que par les incurfions des Caraibes
autres Iles, qui outrés du mallacre des
leurs comparriotes, venoient det
de
tems faire des defcentes
tems sen
les quartiers
nocturnes dans
éloignez, &
tant de défordres qu'ils
faifoient aucaufoit de la
pouvoient. Cela
Monficur du fatigue aux habitaus, &
Parquer étoit
tretenir deux barques
obligé d'encontenir; à la fin ils furent armées pour les
maltraités par les
tellement
obligez de demander François la , qu'ils furent
du Parquet la leur
paix. Monfieur
nic nouvelle auroit accorda, & fa Colofidérablement, fi les augmenté défrichés très-conpurifier l'air, ni euffent amené aulicu des
de
quifansèrre rour-à-fair
fiévres
extrêmement
mortelles, étoient
gueur. Ce incommodes par leurlonqui a décrié cette Ille
dant un très-long-tems.
pea-
€
-
qu'ils furent
du Parquet la leur
paix. Monfieur
nic nouvelle auroit accorda, & fa Colofidérablement, fi les augmenté défrichés très-conpurifier l'air, ni euffent amené aulicu des
de
quifansèrre rour-à-fair
fiévres
extrêmement
mortelles, étoient
gueur. Ce incommodes par leurlonqui a décrié cette Ille
dant un très-long-tems.
pea-
€
- --- Page 83 ---
Frangoifes de PAmerique.
CHAPITRE V.
Etablifement des François dans TIfle de
Sainte Lucie > unlgairement Sainte
Alowfie.
Es Anglois s'étoient établis dans
L cette Ifle en 1639. &ya avoient demeuré environ dix-huit mois fans être
inquiétés par les Caraibes. Maisen 1640
Anglois étant
de calme
un vaiffeau
pris
fous la Dominique, les Caraibes le
un
furent à
Tee
nant pour
François, y
bien,
ordinaire. Les Anglois lesreçurent
& pendant qu'ils les faifoient boire, le
Capitaine fit éventer fes voiles 5 les Caraibes fc doutant de leur mauvais deffein,
voulurent fe jetter dans leurs pirogues,
les Anglois les en empècherent, mais
ils ne purent les empècher de fe jeiter
àla mer, & de fe fauver à la nage, à la
réferve de ceux dont les Anglois fe faifirent , qu'ils mirent aux fers, & qu'ils
amenerent avec eux comme efclaves.
Les Sauvages pour fe vanger de cette
perfidie, s'aflemblerent atl mois d'Août
1640. & étant defcendus pendantla I nuit
à Sainte Aloufic, ils furprirent les An- --- Page 84 ---
Nowveaux Toyager AuX Ipes
glois, mallacrerent lc
frent main bafle fur
Gouverneur,
des
prefque tout le refte
habitans, & firent un
ble dans cette Colonie. dégâtincroya- Le
échapa de cette
peu qu'il
boucherie, > trouva enfin
avec bien de la peine le moyen de fe
retirer àl Menfarat.
Cette irruption des Sauvages jetta une
telle épouvante chez les Anglois,
leur Gouverneur Généralne trouva que
perfonne qui ivoulût aller dans cette
de forte
fe
qu'ils abandonnerent abfolument le projer de s'y établir.
Monfieur du Parquer voyant cette
Ifle abandonnée, réfolut de s'cn
rer avant depaffer en France, oà il empa- alloit
pour traiter avec la Compagnie > de V l'achat des Ifles dont il étoit Gouverneur.
Ily envoya le fieur de Rouffelan avec
quarante bons hommes, & toutes
fortes de munitions de gucrre & de
bouche.
Ce Gouverneur étoit brave &
Il fit conftruire en arrivant un Fort, prudent. qu'il
environna de bons follez & de bonnes
paliflades, ily mit nombre de canons
&de pierriers, & deffendit à fes
de
s'éloigner du Fort; mais il leur faire
une
RT
grande habitation, qu'il fit cultiver
en commun, dont le revenant étoit
par:
tagé
& toutes
fortes de munitions de gucrre & de
bouche.
Ce Gouverneur étoit brave &
Il fit conftruire en arrivant un Fort, prudent. qu'il
environna de bons follez & de bonnes
paliflades, ily mit nombre de canons
&de pierriers, & deffendit à fes
de
s'éloigner du Fort; mais il leur faire
une
RT
grande habitation, qu'il fit cultiver
en commun, dont le revenant étoit
par:
tagé --- Page 85 ---
Françoifes de l Ambriqne.
cagé entre tous les habitans. Les
ne manquerent
de l'y venir M voir,
le relpectoient &T l'aimoient beaucoup,
ils lei regardoient comme leur compatriore, parce qu'il.avoit époufé unc
femme de leur nation, de forte que ceux
qui étoient fous fa charge, n'ayant rien
icraindre, firent de bonnes habitations.
Cette heureufe tranquillité durajufqu'en
1654. qu'il mourut.
nl eut pour fucceffeur le fieur de la
Riviere, qui croyant pouvoir vivre avec
les Caraibes comme fon prédécelleur,
fit une habitation particuliere éloignée
du Fort. Il-fc trompa: Les Caraibes
n'ayant plus lcs memes raifons qu'ils
avoient pour le feur dc Rouffelan, réfolurent dec chaffer les François de l'Mc;
illui rendirent quelques vilites, & traiterent des feuilles de caret avec lui, & T
quand ils l'eurent ainfi apprivoifé, 3 ils
vinrent tin jour en allez gratid nombre
dans fa'cafe, illes reçir comme des amis,
leur fit donner à boire,& pendant.qu'il
fembloit qu'ils ne fongeoient qu'i fc
divertir, un d'eux fit un fignal, &
aufli-tôt il fut affommé d'un coup de
bouton avec dix de fes gens, & fa maifon pillée.
Monfieur du Parquety envoya MonTome y.
D --- Page 86 ---
74 Nomveaks
Forager aux Tles
frarHiaguete qui Etoit fon
rent; P
ce Genuilhomme prit proche
tions convenables
les;
Pris des Caraibes, pour & nêtre pas
FE
put éviter les embûches cependant il ne
ferenr, Ils' vinrent le qu'ils lui dreffur ceux des autres Iflcs voir, le rejetterent
fieur de la Riviere, &
maffacre du
luidu caret. Ce commerce traiterent avec
mois d'Octobre; Ils vinrent duraj jufqu'at
fous prétexte de lui vendre le yoir, &
confidérable de carer
une partie
laiffée- far le Morne a > qu'ils avoient
Fott, ils l'y attirerent trois cens pas du
fuivi de trois foldats; ; men@bchenre
traitres amufoient les foldars, pendant
ces
ronnerent le Gouvernenr
agen envià la mer du haut de
&c le jetterent
ne far point bledé, &c cette fut montagne. aflez
Il
pour venir à rerre, aprés avoir hetircux
grèle de Aléches qu'ils lui
évité une
fuivirent de loin,
tirerent ; ils le
a la main un de fes parce qu'ils lui virent
toient par terre dès piltolets, > & fej jetcette" arme, 3 quoi qu'il leur prefentoir
état de tirer, ilt tâchoit qu'elle ne fur pas, en
fon Fort, & ilen étoit ainfi de regagner
reçut un coup de fléche proche dans lc loriqu'il
pppella fes gens qui érant venusà côré. Il
cours, les Caraibes s'cnfuirent, fonfeIl fug
fes parce qu'ils lui virent
toient par terre dès piltolets, > & fej jetcette" arme, 3 quoi qu'il leur prefentoir
état de tirer, ilt tâchoit qu'elle ne fur pas, en
fon Fort, & ilen étoit ainfi de regagner
reçut un coup de fléche proche dans lc loriqu'il
pppella fes gens qui érant venusà côré. Il
cours, les Caraibes s'cnfuirent, fonfeIl fug --- Page 87 ---
Fraxgoifes de PAmérigne.
porté. au Fort, & de-lidla Martinique -
oû il mourut au bout de trois jours.
Monfieur du Parquet envoya à
CC un nommé le Breton. Il étoit
Lapee
très-bonne famille de Paris. Le liberrinagelavoit fait paller aux Illes comme
engagé, & il avoit fervi de laquais à
Madame du Parquet. Ceux quilavoient
vû dans état le mépriferent, & ne pou-:
vant fe réfoudre à lui obéir., ils rélolurent de l'aflafliner. Ils le furprirent hors
du Fort, tirerent far lui & le manquerent,&c ainfi lui donnerent le moyen de
fe fauverdans les bois, oû il fe cacha fi
bien qu'ils ne le pirent trouver.
Après ce crime ils fc mirent dans une,
Angloife qui étoit cn rade, avec
bargue tout ce quils avoient pillé dans le Fort.
8 dans la maifon du Gouverneur. On
n'a jamais pû fçavoir ce que les Anglois
firent de cesmiferables.
: Onze jourswaprès cet accident le Capitaine le Bourlotte quicommandoit une
barque de Monfieur du Parquet, ayant
moiillé devant'le Fott, &y étant defcendu, fut fort furpris de n'y trouver
perfonne. Voyant pourfans que leFort,
les canons, les pierriers & les cafes
éroient en bon état, il y laiffa
de
fes matclors
le garder.
Adomsen
pour
Dij --- Page 88 ---
96. Nowveaux Vayages AnX
metroit à la voile pour s'en retourner Ifes
#
la Martinique, ilappergur fur une
te le fieur le Breton qui lui faifoit poinde le venir prendre ; il y envoya figne fon
canot, & fauya ce pauvre Gouverneur
quiétoit demi mort de mifere.
ta à la Martinique - , où il fit le
à
Monfieur du
LXET
Parquet de fa trifte avanture.
Le Génétaleappergut alors, mais
tard de ce quien étoit caufe. Ily trop
promptement le fieur
envoya
vinge-cinq foldats, aufquels Coutis, aveç
bitans fe joignitent, à tous treize hadu Parquer donnoit deux mille lefquels M.
de tabac Pour leurs
& nourriture, livres
Le Commandant
inteRECA
rim, &en attendant que le que fieur par d'Aigremont, Gentilhomme de diftinction,
nouvellement arrivé à la
fut affez fait à. l'air du pais Martinique, aller
occuper ce pofte. Il y fur en pour effer. Les
Anglois tenterent alors de reprendre
FIfo, ils attaquérent le Fort. Le fieur
d'Aigremont le deffendit avec tant de
valeur & de
tué
condaiteiqlapreslsur avoir
une partie de leur monde, ill lcs força de fc retirer. Mais il ne pût éviter
la trahifon des Caraibes s qui le tuerent
d'un coup de couteau dans lc fein,
occuper ce pofte. Il y fur en pour effer. Les
Anglois tenterent alors de reprendre
FIfo, ils attaquérent le Fort. Le fieur
d'Aigremont le deffendit avec tant de
valeur & de
tué
condaiteiqlapreslsur avoir
une partie de leur monde, ill lcs força de fc retirer. Mais il ne pût éviter
la trahifon des Caraibes s qui le tuerent
d'un coup de couteau dans lc fein, --- Page 89 ---
Frangoifes de PAmbrigne. 77
Ileut pour fuccelleur le fieur de Ladande, & celui-cile fieur Bonnard, qui
perit auffi
mainsdes Caraibes.
Nous ARESEN de cette Ile dans un
autre endroit de ces Mémoires.
CHAPITRE VI.
Etablifement des François dans PIRe de
la Tortees , fur la côte ds Saint Domingue.
Es François, les Anglois 8 autres
I Européens , dont le métier étoit
d'aller atiendre les vaiffeaux Efpagnols
à leur retour de l'Amériquie, & de les
enlever.quand ils étoientles plus fortsy
n'avoient garde de les attaquer quand
alloient. Quel profit auroient-ils
aZ Ils étoient alors chargés de matchandifes d'Earope, leurs équipages
étoient tnombreux, ils avoient totijours
un grand nombre de palfagets, 2 ces gens
fe feroient bien deffendus, les Corlatres
à fe battre 2 mais à
ne cherchent pas
prendre 5 d'ailleurs les marchandifes
d'Europe leur auroient été prefque inuriles. Mais ils les attendoient à leur reD iij --- Page 90 ---
78 Nowbeaie
tour & au
Yroyates aux ies
étoient chargés debarquement. d'or,
Alors ils
chenille, d'excellent d'argent, decobre jde bois
tabac, dogingemfeside prix. Leurs précieux, & d'autres chobles, ilya avoit équipiages étoient foiils en avoient peu bon ou point de pallagers,
foient des prifes
marchés & ils faiIlarrivoit
confidérables.
étoient battus, pourtant ; &
quelquefois qu'ils
voient attendre de que leurs tout ce qu'ils
caffés, étoit de venir
bâriments Vies
que côte de PINe Saint échoiier en quelils étoient allurés de ne Domingue, 3 oit
faim
point mourir
5 tandis qu'ils auroient
de
& desmunitions.
des armes
Telle eft l'origine des
qui peu à peu ont occupé Boucaniers, &c
aprefent de
plus de la moitié de cette occupent
Ifle. Leur nombre s'étant
granils fongerent à
augmenté,
où ils puflent fe occuper mettre quelque
deffendre des
en fareré, rete &
noit envie de Epagnols, les venir
s'il leur preIls jerterent les yeux attaquer. far la
c'étoit une petite Ifle deferte Tortue ;
de Saint
au Nord
l'en
Domingue, dont le canal
(épare, n'a que deux lieués de
geur s cC
Ret
commode, qui faitun Port naturel & trèsIls s'y établirent, firent des
ils puflent fe occuper mettre quelque
deffendre des
en fareré, rete &
noit envie de Epagnols, les venir
s'il leur preIls jerterent les yeux attaquer. far la
c'étoit une petite Ifle deferte Tortue ;
de Saint
au Nord
l'en
Domingue, dont le canal
(épare, n'a que deux lieués de
geur s cC
Ret
commode, qui faitun Port naturel & trèsIls s'y établirent, firent des --- Page 91 ---
Françoifes de PAmérigue.
canots & des barques, , quileut fervirent
à courit fur les vaiffeaux Elpagnols, &
à en prendre quelques- - uns.
Les Elpagnels s'érantiapperças de cet
établiffement, & en craignanties (uites,
firent un armemeat confidérable pour
les détruire ,ils Jes furprirent, paflerent
au fil de l'épce tous, ceux.qu'ils purent
attraper > & leur Général eut la cruauté
de faire pendre tous ceux qui vinrent fe rendre & demander quartier. Il
yen eut pourtant un ben nombre quife
fauverent dans les bois, les montagnes
& les ravines, qui attendirent le départdes
fe montrer. Les EC
pagnols ree eras dégât dans le quarrier
de ces habitans infortunés, & mirent à
la voile.
Ceux qui étoient échapés fe réinirent,
d'autres qui étoient dansla grande Ifle,
c'cft-à-dire à Saint Domingue, , les joignirent, , ils firent un. corps de trois cens
hommes, dont unAnglois fans commif
fion ni aveu de fon Prince, fe fit Chef.
Il eut limprudence de maltraiter les
François, & ceux-ci réfolurent de (ecouer le joug de fa tirannie, mais ils
n'éroient paslerplus forts.
Un Avanturier François pafla à la
Tortuc, traita avec CCS nouveaux haDiv --- Page 92 ---
Norvean
bitans, & convint Foyages anx Ifes
ce qu'il falloit faire avec les François de
glois.
pour chaffer les AnCet avanturier vint à Saint Chrifto:
phe, donna avis. au Commandeur
Poincy & de dece qui fe palloir à la Tortue, dè
de lafacilité qu'ily avoit
ce pofte.
desemparcr
Le Commandeut de Poincy goûra
raifons, T'entreprife lui
ces
fera avec le fieur le
plut, il en conéréami intine & Vatleur, qui avoir
ne de feu Monfieur compagnon de forturevenu de France dEnanbue Il-étoit
Monfieur de Poincy depuis quelque tems.
elprit qui étoir
avoir goiiré fon
brave, il étoit ekcellent, il étoit trèstaine des-vaifleaux fage, il avoit été
mais il étoit
de guerre du Capi Roi,
droir, Monfieur huguenot, de
& par cet enlui faire tout le bien Poincy ne pouvoit
Em cet obftacle
qu'il méritoit
ces du Roi il étoit 5 deffendu car par les ordonnandans.] la Colonie, d'aucres de recevoir
Catholiques.
gens que des
Monficur le Commandeur de
crut que lal Cour & la
Poincy
defaprouveroit
Compagnie ne
de faire
pas ce qu'il avoit deffcin
pour Monficur le Vafleur.
onna une commiflion de
Illui
Gouverneut
ne pouvoit
Em cet obftacle
qu'il méritoit
ces du Roi il étoit 5 deffendu car par les ordonnandans.] la Colonie, d'aucres de recevoir
Catholiques.
gens que des
Monficur le Commandeur de
crut que lal Cour & la
Poincy
defaprouveroit
Compagnie ne
de faire
pas ce qu'il avoit deffcin
pour Monficur le Vafleur.
onna une commiflion de
Illui
Gouverneut --- Page 93 ---
Frangoifes de FAmérique. 81
de lIle de la Tortue, avec ordre d'en 1
chafler les Anglois; & d'en prendre
poffelion au nom du Roi 8c de la ComCette commiflion eft du mois
pagnic. de May 1640. avec certaines conditions
de redevances quiont été fans exécution
de le part du ficurle Vaffeur.
rle
Monfieur de Poincy & Monfieur
Vaffeur équiperent une.bonne barque à
frais communs. Le Vaffeur amaffa dans
les petires Iles environ cinquante homMonfieur de Poinmes tous huguenors.
cy luien donna autant tous Catholiques,'
avec tout ce qui étoit neceffaire pour
cette Ils entreprife. dc Saint Chriftophe att
commencement partirent dc Jnin, & arriverent
à Saint Domingue quelques jours après. de
Ils defcendirent à une petite Iflc près
la côte, appellée le Portà Margor, ilsy
demeurererit environ trois mois, & pendant ce tems-là, ils amafferent environ
cinquanre Boucaniers François qui
voulurent bien être de cette entreprife.
Avéc ce renfort Monfieur le Vaffeur
fit voile à la Tortue, &y defcendit vers
la fin du nrois d'Août de la mème annéc.
Dès qu'il fut à terre il envoya dire au
Commandant Anglois qu'il éroit venu'
pour venger les mauvais traitemens qu'il
D v --- Page 94 ---
82 Nopveaux
avoit faits aux Vayager aux Ifles
uns mêmc avolentéré François, dont quelques
qu'illeur déclaroit tués par fon ordre,
quarre heures, lui &c quc f avant vingrn'étoient Pas hors de l'ifle, tous les il Anglois
quartier à perfonnc.
ne feroit
Anglois, Les François qui éroient parmi les
voyant ie fecours
doient, artivé, prirent lcs qu'ils atrenrent un corps qui n'attendoir armes, & fiordrcs de leur nouveau
que les
pour agir.
Commandant
Les Anglois fe voyant
tous côtés,
environnés de
lc Vaffeur de envoyerent leur
affirer Monfieur
barquerent
foumiffion, & s'em-
: feau qui étoit précipitamment dans le Port, dansun vaif
terent quelcurs armes & ce Ils n'emporde meilleur. Les
qu'ils avoient
refte. On ne trouva François dans leur pillerent'le
qu'une
de canon de
petit Fort
de fer Clisa affur.
fonte, & deux
Monficur le Vaffeur fe vit
tre del'lfle fans coup ferir. Se: ainti maialors delattadtic des
fouvenant
fit en habile homme Efpagnols, &
ilchoinicur, un lieu
en bon IngeFortereffe. Illerrouva. propre pour y bâtir une
la mer. C'éroit un rocher quelques taillé pas de
lement en platc-forme,
naturelautour duquek
de
petit Fort
de fer Clisa affur.
fonte, & deux
Monficur le Vaffeur fe vit
tre del'lfle fans coup ferir. Se: ainti maialors delattadtic des
fouvenant
fit en habile homme Efpagnols, &
ilchoinicur, un lieu
en bon IngeFortereffe. Illerrouva. propre pour y bâtir une
la mer. C'éroit un rocher quelques taillé pas de
lement en platc-forme,
naturelautour duquek --- Page 95 ---
Françoifes de PAmerigue.
8;
il fit faire des terraffes de bonne mâçonherie, qu'il fit environner de cafernés
capables de
quatre cens hommes a
leur aifc. Au nta de cette plate-forme
s'élevoit un autre rocher , haut de trente
pieds; cfcarpé de tous côrez, dont le
fommer à peu de chofe près étoit aflez
plar. Il fit taillerdes dégrez dans le roc,
qui conduifoient julquala moitié de la
hanteur, & on achevoit de monter le
refte avec une échelle de fer quel l'ontiroit en haut quand lc Gouverneur étoit
rctiré chez lui. Ilavoit encore pratiqué
une cfpece de ruyau, par lequel'on pouvoit defcendre far la plate-formc avec
tine échelle de corde.
1 Au pied de cette roche couloit une
fource d'eau douce groffe comme le bras
qui ne tariffoit jamais, & qui ne pouvoit être coupée.
Monfieur le Vaffeur ayant ainfi fortifié fon" pofte, fit bâtir un logement confidérable pour lui fur ce rocher elcarpé,
Ily fit aulli fon magazin à poudrc. ily
plaça quelques pieces de canon, & en
mit un aflez grand nombre furla premiere plate-forme, afin d'empécher
l'entrée du havrc aux vaiffeaux ennemis,
& pour deffendre ceux qui viendroient
s'y-réfugier,
Dvj --- Page 96 ---
84 Norveaxz Voyages AuX
Le bon, ordre qu'il établit dans TRes fa
lonie, ou tous les habitans
Co*
pourleur doient compre particulier, travailloiene & fer
craindre au Fort dès qu'il y avoit lieu ren- de
pagnols, quelque & l'accneil. chole du côté des EC
failoit aux Boucaniers obligeant qu'il
& aux Flibuftiers
quiy venoient,
priles, lui attira ery y amenoienrleurs
tichelles,
dumonde & des
à la-c On challe appelle des: Boucaniers ceux quivone
Elle de Saint baufs fauvages, dont
remplie, feulement Domingue éroit alors
Les Chaffeurs font pour avoir les cuirs..
les cochons! fanvages, ceux qui chaffent
chair par aiguillette dontils coupent la
à la fumée, ce"
qu'ils font fécher
boucanné, & dont qu'on ils appelle cochon:
graille dans:des pots ou dans confervent des
la:
On lappelle
outres..
s'en fervent en mantegne. Les Elpagnols
Les Flibuftiers Carême au lieu debeurte.
mer pour enlever font les ceux qui vont eni
gnols, ils prepnent leur bâtinens commiflion Elpatems.de guerre du. Général
en
dant à Saint
François réfineur de la Chriftophe, Tortue, ou du Gouver--
dixiéme de leurs
en leur
le
al.fer contenteicut prifes. En tems TIT paix
d'une permillion.de
s'en fervent en mantegne. Les Elpagnols
Les Flibuftiers Carême au lieu debeurte.
mer pour enlever font les ceux qui vont eni
gnols, ils prepnent leur bâtinens commiflion Elpatems.de guerre du. Général
en
dant à Saint
François réfineur de la Chriftophe, Tortue, ou du Gouver--
dixiéme de leurs
en leur
le
al.fer contenteicut prifes. En tems TIT paix
d'une permillion.de --- Page 97 ---
Frangoifes de PAmeriqne.
pécher & de chafler, &c fous ces deux:
noms, ils pilloient les E(pagnolsfar mer
ils étoient lcs
& far terre, quand
e
ils étoient
te
forts: mais quand
pris,
E(pagnols neleursf failoient aucun quartier, les jettoient à la mer , ou les pendoient come forbans. 1
bien-tôt la:
Tous ces gens rendirent
Euros"
Tortue fameufe: Les Marcharids
pécns de quelque nation qu'ils fuffent y
éroicnt bien reçis, 8c malgré les ordonnances du Roi, le commércey étoit Ouvertà tous les étrangers. Les Boucaniers firs
yapportoient leurs cuirs, &c étoient
de trouver en Atup.eileunbedoaun
armes, poudres, balles >. cau-de-vic,
toiles, chapeaux; ; lcs Flibuftiers y venoientvendreleurs poiffons, ilsaimoient -
mieux s'en deffaire en cet endroit, que:
de les amener aux Ifles du vent. bien-tôrde
Les Epagnols fe'lafferent
de
ce voifinage importun. Ils réfolurent fe
s'en délivrer avant que les François
fullent fortifiés davantage,; ils armerent
fix vaiffeaux ou barques, fur lefquels ils:
mifent fix cens hommes de débarquement fans les matelots. Ils fc préfenterent devant le havre.
raffemMonfjeurle Valfeur quiavoit
blé toutfon monde, > le miten bataille --- Page 98 ---
86 Nomveans
fur le bord de la Frojager Aux IRes
chemens
mer , dans des retranles bitimens qulavoir fait faire, &
: de canon,i furent à tin tiers de quand
il lest battit fifudement portée
plusgros fut couléa fond. Les
quele
curent bien de la peine à Efpagnols
gens, & fans
fauver leurs
taque, ils allerent s'opiniâttér faire dans cette atdeux lieuès plus loin. leur defcente a
gens à terre, & vinient Ils mirent leurs
mais les François fe attaquer le Fort,
tant de bravoure deffendiren: avec
ou cftropié plus de , la qu'après avoir tué
gnols, les àutres furent moitié des Eparembarquer, & de s'en contraints de fe
ils éroient venus.
retourner d'ou
Cette victoire rendit
Vaffeur G vain," que la tète Monfieur le
avoir tourné, , il fe déchaina fembla lui
lemonde. Il deffendit
contre tout
l'exercice de leur
aux Catholiques
leur chapelle, &
fit braler
un Prêtre &
CaifCrbe
Capucin, lIle
> qui s'étoient réfugiés im
après une furicufe
dans
leur fervoient de
rempète; & qui
qu'il chaffa aufli fon Chapelain. Miniftre, Ilell-vrai
que les deux Religions
de forte
Pafteurs, , les habirans n'ayant à
plus de
leur Chef, vivoient fans lexemple de
comme des
aucun, culte &
Sauvages ou des Athées,
&
CaifCrbe
Capucin, lIle
> qui s'étoient réfugiés im
après une furicufe
dans
leur fervoient de
rempète; & qui
qu'il chaffa aufli fon Chapelain. Miniftre, Ilell-vrai
que les deux Religions
de forte
Pafteurs, , les habirans n'ayant à
plus de
leur Chef, vivoient fans lexemple de
comme des
aucun, culte &
Sauvages ou des Athées, --- Page 99 ---
Frangoifes de LAmérique.
Quoique le commerce, lc dixiéme
des prifes &c autres moyens, leuffent rendu extraordinairement riche, fon avarice le porta à angmenteral'exes les
droits quil exigeoit dcsh habitans, il en
mit d'exorbitans far les cuirs & far les
autres marchandifes. On ne
le
raffafier. Il
les
fauges
RACESEEL
punifloit
avec une féverité quel'on pouvoitappel. même
ler cruauté & barbarie. i avoit
inventé une efpece de griic de fer qui
difloquoit tous les mémbres de ceux qui
éroient atrachés, dont quclques L uns
y mouroient dans ce fupplice, ou demeuroient eftropiés.
conditions dont
Sans a voir égard aux
de Poinil étoit convenu avec Monfieur
fon bienfaiteur, il ne voulut point
cy. lui faite
de cC qu'il retitoit des habitans ni patt des prifes. Ce Général mit en
oeuvre toute fa politelfe pout. l'attirer. à
Saint Chriftophe, 9 mais il éluda tous les
piégesqu'on lui tendit, & s'en mocqua.
ilcommanda ainfi dansla Tortué
douze ou treize ans, plurôr cn
t
dant
Gouverneur. Comine il n'éran toit qu'en point marié, & qu'il, n'avoit point
d'enfansnibdtards ni légitimes 3 0e il adopta & ft fes heririers deux Capitaines
qu'il aimoit beaucoup, & quilui étoiens --- Page 100 ---
38 Nonzeaa
tres-atrachés, Yoyages anx Ifes
tin.
nommés Thibaut & Mars
bauchée Thibaut qui chtretenoir étoit
une femme déGouverneur en devint très-belle, le vieux
joilit. Thibaur s'en étant amoureux & en'
Part de fon chagrin à
apperçà, > fit
deuxd deconcert
Martin, & tous
afin de
réfolurene
f6,6 être venger celui qui fecroyoit edel'afatinery offenlcur avoit pluroe ci poffeffion dece qu'il
lui, il ne promis: leur
Ils caballerent contre'
entrer la plipart fur'pas des difficile de faire
deflein, de forte
habitans dansleur
fc trouverent fur la qu'au jour marqué, ils
Par un miroir, ils lui roche, tirerent oi trompés
coups de mouf@ueron,
quelques
bleite, Mais Thibaut, dontilne fut pas
partie des conjurés, étant Martin entrés & une
chambre le piftoler 8 le
dansla.
main, le Gouverneur poignard a la:
tems de prendre fon n'ayant pas eu le
main quelques coups épéc, para avec la
il fur bien-toc accable qu'on lui portoir 31
fieurs coups, &
& percé de plubaur étoit le plus remarquane acharné
Thidit comme autrefois
far es illoi
Thibaur, c'eft donc Cefar toi à Brutus. Ah!
Après quoiil dita fes allaflins,c'eft qui me tue.:
quonmlamene un Prètre,
alffez,
sje veux mous
n'ayant pas eu le
main quelques coups épéc, para avec la
il fur bien-toc accable qu'on lui portoir 31
fieurs coups, &
& percé de plubaur étoit le plus remarquane acharné
Thidit comme autrefois
far es illoi
Thibaur, c'eft donc Cefar toi à Brutus. Ah!
Après quoiil dita fes allaflins,c'eft qui me tue.:
quonmlamene un Prètre,
alffez,
sje veux mous --- Page 101 ---
Frangoifes de LAmerigne. 89
rir catholique, & expira en difant CCS
paroles,1 le.12. de Juiller 1 G52.
Les deux parricides fc mirent aufli-tôt
en polfetion de la Forterelle & des biens
du fieur le Vaffeur. ils firent demagnifiques promellesaux habitans > leur permirent le commerce, les déchargerent
detous droits, 8c par ces moyens fe les
attacherent tous.
cherchoit'
Le Commandeur de Poinçy
cependant les moyens de chaffer le fieur
le Vafleur de la Tortue, &cil y ttouvoit
de grandes difficulrés. Le Chevalierde
Fontenay arriva tout à propos à Saint
Chriftophe dansle même tems. Ilmontoit une Fregate de vingedeux canons >
& cherchoit des hommes pour remplacer ceux qu'ilavoit perdus dans quelques
combats contre les Elpagnols.
C'étoit un brave tel quilen falloit un
à Monfieur de Poincy pour tenter fon
entreprife. Illui découvrit fon deffein & fon embaras, mais il lui fit voit tant d'avantage dans cettee entreprife s'il y réufifoit,
quel le Chevalier l'accepta.
inLe fecret étoit d'une importance
finie, car le Vaffeur avoit des penfionnaires à Saint Chriftophe qui lavertiffoient de tout'ce qui sy paffoit. Lc Che- --- Page 102 ---
Nonveanx
anx
valier de Fontenay Vayager amaffa
Mhes
lontaires
donc des vos
fous prétexte pour joindre à fon
d'aller courir la équipage, côte de
Cartagène, > & Monfieur de
veu deMonfieur
Trenal neun bon nombre dePoincy, de
, amaffaauffi
monter une fregare & volontaires deux
pour
pour lc mèrac dellein, fans
barques
ne
Monfieur de
que perfonCidie
Poincy & ics deux
deftiné, Iguiflatiquol cet armement étoit
Le Chevalier partit le
L
lacroifer furla core de premier, il alfit quelques prifes affez Cartagène, 2 & y
qu'ii envoya a Saint Chriftophe. confidérables,
fetrouva Monficurde Trenal. partit enfitite,
2u Portà Lefcu dans lllle Saint &
Domingue, lejour doncils qui étoit leur rendez-vous
Ce.fut la éroient convenus.
du fieur le Vallear. qu'ils apprirent ils
l'affaffinat
raifon que les deux craignirent avec
point de pardon, ne ccriminelanefperne fe deffendiflent
qu'i la dernicre extrêmité, Ils
jufpourrantà la voile, & fe
mirent
Pembouchure du havre. Ils préfenterent à
à coups de canon de la Forterefle farenr reçis
obligés d'aller moiiller
> &
ce. plus éloignée,
Fancreà une anou als mirent
appeliée Kayeme,
cing cens hommes à terre
ignirent avec
point de pardon, ne ccriminelanefperne fe deffendiflent
qu'i la dernicre extrêmité, Ils
jufpourrantà la voile, & fe
mirent
Pembouchure du havre. Ils préfenterent à
à coups de canon de la Forterefle farenr reçis
obligés d'aller moiiller
> &
ce. plus éloignée,
Fancreà une anou als mirent
appeliée Kayeme,
cing cens hommes à terre --- Page 103 ---
Françoifes de LAmérique. 91
fans
dégarnir leurs bâtimens, , ouiis
furent StaR reçûs des habirans , qui déteftoient la perfidic derces deux alaffins. Ils s'avancerent en bon ordre vers la
Fortereffe a , & envoyerene.fommer" Thibaut de la part du Roi, de leur remettre fondé
la place. Les deux affallins ayant trouvés
les habitans, & neles ayant pas
difpofés à les deffendre, réponditent
quilséroient prèts à fe rendreà des conditions raifonnables. On entra en né-
&ils convinrent de rendre la
pourvà qu'on leur promit de ne
de la mort de MonLU
lespoint ficur le Vaffeur, rechercher & de les laiffer en poffeflion des biens quil leur avoit donné.
Tout ccla leur fut accordé par le Che-.
valier de Fontenay. - La commillion de
Gouverneur que Monlieur de Poincy lui
avoit donnée, fut lûe aux acclamations
de tousles habitans, ilfut mis en poflef €
fion de la Forterefle, ily fit entrer des
dont il étoit alfaré, & rétablic
troupes
Catholique, & la Mefle qui
la Religion
en étoit bannie depuis douze ans. alors à
Les habirans commencerent la douceur d'un Gougoliter lajuftice &
& à vivre dansune
vernement légirime,
attira bienpaix & une tranquillité qui y --- Page 104 ---
Nonveaux
tôr un grand nombre Vroyager Aux IRes
Marchands.
dhabitans & de
Lc Chevalier de
confideré @ fa Fortereffe Fontenay ayant bien
augmenter fes fortifications. , crut devoir
deux grands baftions de
Il fit faire
quienfermoient
pierte de taille,
te-forme baffe, avantagenfementlap &
pladune montagnee
qai étoient accolés
que l'on croyoit elcarpée toute de roche,
avoir mis par là fon inacceflible. Fort
Il crut
infulte, & il fc trompa. horsde toute
des Ilavoit paffe toute la vica Malte dans
continuer courfes dès continuelles, il voulut les
continner à la qu'il fe vit en état de les
l'y portoit. Il arma Tortué, des fon inclination
& petits, & ft fur les vaiffeaux grands
Domingne, de Conne Efpagnols & du refte de Saint
côte, tant de prifes & tant de
de la
qu'il obligea le Préfident de ravages s
de IAe, qui en eft comme cette grand'écrire en Elpagne, & de Vice-Roi,
la Courles fecours qui lui demander étoient à
ceffaires pour chaffer les
néobtine à la fin, car on Yçait François. Illes
feil d'E/pagne eft
que le Conlent.
pour l'ordinaire trèsLe Chevalier de
frcre nommé Monficur Fontenay avoit un
Hoiman, qui
de la
qu'il obligea le Préfident de ravages s
de IAe, qui en eft comme cette grand'écrire en Elpagne, & de Vice-Roi,
la Courles fecours qui lui demander étoient à
ceffaires pour chaffer les
néobtine à la fin, car on Yçait François. Illes
feil d'E/pagne eft
que le Conlent.
pour l'ordinaire trèsLe Chevalier de
frcre nommé Monficur Fontenay avoit un
Hoiman, qui --- Page 105 ---
Fyangoifes de PAmerique.
étoit Officier dans un vieux corps en
France, il le convia de venir prendre
à fes entreprifes, il n'eut pas de
part peine à l'y. engager. Ce jeune Gentilhomme quitta fans peine les avantages
qu'il avoit en France, 2 & vint à la Tortuc avec un vaifleau de force, propre
pour la courfe, un équipage noinbreux,
de toutesles
&c une cargaifon complerté
marchandifes proptes au pais. Il arriva
heureufementa la' Tortue, & fut reçû de
fon frere & de toute la Colonie, 2 avec
de grands témoignages de joye. Le Gouverneur régala pendant plufieurs jours s
fes foldats & fes habitans.
Tout le monde étoit dans la joye,
lorfqu'une Barque de Flibuftiers arriva,
qui donna. avis au Gouverneur qu'elle
avoit rencontré une Armée Efpagnole,
qui felon les apparences venoit à la
Tortué. Le Capitaine dit qu'érant avec
deux autres. Barques de Flibuftiers il
avoit été enveloppé tout d'un coup
les
avoient enlevé Re
Efpagnols , qui
deux Conferves, - 2 & qu'une Frégate lui
avoit donné la chatle ; mais qu'ayant
paffé fur un haut fond,P parce quil tiroit peu d'eau, la Frégate
le fuivoit
étoit échouce &c
L'avis ne
aa
s'y pouvoit venir de meilleure part. Le --- Page 106 ---
94 Nonveaux
Gouverneur
Yroyager anx Iles
larmc. Tous en, les profita, il fit tirer l'aà la Forterefe Habitans fe rendirent
armes, leurs avec des vivres, leurs
leurs effets, & munitions & leurs meilcevoir les
on fe difpofa à bien rediftribuez, E(pagnols. &
Les poftes farent
Grenades quandles on s'exerça à jetter des
roient des remparts. ennemis sapproche
en prit une &y mitle L'aflaffin feu; mais Thibaut
illa voulurjerter, le brasluirefta comme
bile, & la Grenade en crevant immocaffa toute la main dont il
lui fragnardé le Vaffeur. La douleur avoir funt f poilente'o qu'il s'évanoûit, &
vioheures que dura cette
pendant deux
coupa le poing > on le pamoifon, crut
on lui
pendant il en revint & guérir. mort 5 ceLe Samedi dixiéme Janvier
Flotte E(pagnole
1654.la
Tortue , & s'approcha parut. da au Vent de la
me pour y entrer. Le Gouverneur Havre comreçit fi vivement à coups de
les
les obligea de s'éloigner & d'aller canon qu'il
leur delcente à la rade de
faire
eft à une grande lieiie fous Kayenc, le
qui
Fortereffe, Le fieur Hotman vent de la
avec cent hommes, il les
les fuivit
leur defcente, leur tua du inquieta monde; dans
voyant que lc pofte qu'il avoir mais
occupé
de la
me pour y entrer. Le Gouverneur Havre comreçit fi vivement à coups de
les
les obligea de s'éloigner & d'aller canon qu'il
leur delcente à la rade de
faire
eft à une grande lieiie fous Kayenc, le
qui
Fortereffe, Le fieur Hotman vent de la
avec cent hommes, il les
les fuivit
leur defcente, leur tua du inquieta monde; dans
voyant que lc pofte qu'il avoir mais
occupé --- Page 107 ---
Françoifes de PAmerigué.
t'étoit pas tenable, & s'appercevant que
les ennemis avoient mis dix-huit cens
hommes à terre ,i1 revint aul Fott, &c
on fc prépara à foutenir un Siége.
lcs deux
On a dit ci-devant que
grands Baltions qui environnoient la
grande Terraffe étoient appuyez à une
Montagne efcarpée, ou deux hommes
de front avoient peine à monter par un
feul chemin rude & difficile.
Les Elpagnols s'en fervirent pourtant
avec fuccès. Ils attacherent une piéce
de canon far une longue piéce de bois,
à laquelle ils lierent de
bâtons en
travers, fous lefquels itene mirent grand
nombre d'Efclaves deux à deux, &i par
ce moyen en trois ou quatre jours ils
porterent fur cette montagne huit ou
dix piéces de canon, dont ils firent une
batterie qui commença dès la pointe du
jour à battre furicufement julques dans
ja maifon du Gouverneur. On vit pour
lors qu'ellen'étoit pasimprenable;
furent tuez, d'autres
a
ques François y
contraints
tropiez , & tous les autres
d'abandonner la Roche.
Le Chevalier de Fontenay, 2 pour remédier à ce malheur , fit travailler tout
fon monde à un épaulement compolé
de grolles piéces de bois revètues de --- Page 108 ---
96 Nurveans
planches bien cloiices Yrogager arx Ifes
deux rangs
de ; il y en avoie
Tautre, qui éloignez furent
fix pieds l'un de
épaulemenr mical'abri remplis de terre, Cet
été forcez
ceux qui avoient
Elpagnols d'abandonner s'en
la Roche. Les
une feconde batterie appergirent à
> ils firent
autre montagne, qui mi-côre far une
voyoit de revers
découvroir & qui
que le Gouverneur sectépaslement, fi bien
tre fon monde à défe/perant de mette une fortie couvert, , réfolut de faiterie,
pour emporter cette batdifficile M. Hotman qui ne trouvoit rien
s demanda de
de
fortie. Sonfrere le lui conduire cette
du Fort furles neufheures accorda. Il fortit
tête de trente hommes,
du foir, à la
autres, & foutenus de fuivis de trente
avoient été précédés d'un cent, Mais ils
dansl
efdlave,
toit sle@gerancedfobtenir coulé
fa
par
RLE
avertir. les
ane.bréche, & éroit venu
arriver. afliegeans de ce quileur alloit
Monficur Hotman
la batterie avec tout fon arrivaaffez près de
para d'abord d'une cafe monde, cù
ils'empoudres, & ilalloiti
étoient les
quand il s'apperçtr rimtateriteatpapnol
grand nombre
que les Elpagnols en
Tatrendoienr, & qu'il
marchoit
par
RLE
avertir. les
ane.bréche, & éroit venu
arriver. afliegeans de ce quileur alloit
Monficur Hotman
la batterie avec tout fon arrivaaffez près de
para d'abord d'une cafe monde, cù
ils'empoudres, & ilalloiti
étoient les
quand il s'apperçtr rimtateriteatpapnol
grand nombre
que les Elpagnols en
Tatrendoienr, & qu'il
marchoit --- Page 109 ---
:
Françoifes de LAmbrigne.
marchoit beaucoup de troupes à leur fecours. 11 ne lailfa pas d'aller à eux tête
baifléc, illeur tita bien du monde, mais
la batteric, & crai-"
il ne put emporter raifon
ne luicoupât la
gnant avec
qu'on
&c
retraite , il mit le féu aux poudres,
revint en bon ordre au Fort, fans' autre
perte que d'un mort & d'unbleffé,
Les Efpagnols firent encore deux autres batteries qui incommoderent tellement les alliégés, que le Gouverneur reconfternation dans fon
connut monde, quelque illeur fir
les armes , les
& leur remuti â la fin s'ils
harangua, youloient
être fidéles au Roi, &c
ne deffendre leurs pas biens julqui'a la derniére
extrèmité. Tous lui répondirent qu'ils
le vouloient, & préterent un nouveatt
ferment. On fit à caufe decela des déchargesréiterées du cânon &de la moufquetcrie > ce qui fit croire aux Efpagnols
quel les Françoisavoient regà dufecours.
Les Afliégeans commençoient à fe laffer, ils avoient perdu bien du monde > :
tous ceux qui paroilloient à la portée du
fufil, étoient tués infailliblement, car
tous les François étoient des Boucanieis
qui ne manquoient jamais leur coup;
d'ailleursilséroienr extrèmement incommodés par les. pluyes continuelles', & i
Tome V.
E --- Page 110 ---
98 Nowveanx Proyages AUX Iles
yavoir parmi les troupes & les
un grand nembre de malades. Officierse Ils déli-,
beroient de leverle fiége,l
vais habitant fe rendit à eux, lor/qu'un & les aver- mauw.
tit qu'ilfe tramoit quelque chofe
les habirans contre lc Gouverneur, parmi
l'obligeroir bien-tôr à fe rendre, qui
On fit encore une fortie de cinquante
hommes., elle ne rétiflit point,
que lOficier qui commandoit ce Retce
chement, fe perdit dans l'obleurité, &c
tournoya toute la nuit danslesb bois, fans
s'éloigner plus de cent pas de la Fortereffe, > où il fut obligé de rentrer quand
lejour parut.
Cependant le Gouverneur fit faire des
traverfcs & desépaulemens qui mirent
tous fcs gens à couvett. Mais ce
les
devoit porter à foutenir le
E ce
qui les porta à fouhaiter d'en fiége, voir la fin,
ayant du loifir de refte, ils commencerent à s'ennuyer d'être enfermés. Quelmutins, leur infpirerent le defir. de
prétendant
les
Rmeder
leur feroient un parti que E(pagnols
honnète, 2 qu'ils ne
pouvoient pas artendre d'eux quand ils
feroient plus avancés. Les chofes allerene
fi-loin qu'un matin ils prirent les
& vinrent trouverle
armes,
ils. dirent qu'il étoit Gouverneur, à qui
tems de fe rendre,
ennuyer d'être enfermés. Quelmutins, leur infpirerent le defir. de
prétendant
les
Rmeder
leur feroient un parti que E(pagnols
honnète, 2 qu'ils ne
pouvoient pas artendre d'eux quand ils
feroient plus avancés. Les chofes allerene
fi-loin qu'un matin ils prirent les
& vinrent trouverle
armes,
ils. dirent qu'il étoit Gouverneur, à qui
tems de fe rendre, --- Page 111 ---
Françoifes de TAmbrigue.
s9
8cqu'ils vouloient capiruler. Le Gouverneur tua d'un coup. de piftoler celui qui
avoit porréla parole, en lui difant:Traitre, Gi je rends la placc, tu n'auras pas le
plaifir de la voir aux ennemis. Puis il
parla aux autres avec tant de fermeté, &
leur fit voir fi clairement que les ennemis n'étoient point du tott en état de les
forcer, qu'il calma la fédition, 8x leur
fir promettré de ne plus penfer qu'à fe
deffendre. Rien n'étoit plus aifé ; car
excepté que les ennemis les avoient fait
abandonner la roche, le grand Fort OLL
laplate-forme étoit tout entierc.Lesnonveaux épaulements les couvroient, les
Efpagnols n'avoient point de bombes 2
leurs poftes les plus proches étoient leurs
batterics, > ils n'avoient point de tranchées pour venir à couvert au pied des
baltions, en un morils n'éroient gueres
plus avancés que lc premier jour. Les
habitans ne manquoient pas de vivres,
ils n'avoient qu'a fe tenir en repos, &
laiffer morfondre les cnnemis, le fiége
leur coutoit trop > ils auroient été obligés de le lever en peu dc jours.
Cependant la belle réfolution des habitans ne dura que le refte de ce jour,
la fédition recommença dès la nuit fuivante. On tira quelques coups" fur le
E ij --- Page 112 ---
JOO Nouveanx
anx
fieur Hotman Toyager
Ifes
ronde > & un de pendant ces affaflins qu'il faifoit Iz
dre aux Efpagnols, à quiildit s'alla rentué le freré du
qu'ilavoit
les habitans étoient Gouverneur, & que tous
fi a on leur faifoit des réfolusde fe rendre,
nables.
conditions railonCes nouvelles redonnerent du
aux Efpagnols, Leur Général
ceeur
Trompete au Fort dès qu'il envoya fut
un
s'informer de la verité de CC
jour,
parce qu'il avoit réfolu de faire rapport,
Iç déferteur s'ilavoit menti. On pendre
au Trompette Monfieur Hotman ht voir
faite fanté, Le Trompette donna en pare.
Gouverneur une lettre du Général Ef- au
pagnol, quile fommoir dans des termes
très-polis de fe rendrc, lui
avoir acquis alfez de gloire marquant dans la
de fa
ELa
de capituler, place, s'il vouloit & qu'il étoit tems
fa bravoure,rousles égards qu'il cût pour
toir, & qu'il traitar bien fa qu'elle mérifes habitans, qu'il lc laiffoit garnifon maitre &
conditions du Traité, &c
lui des
noit vinge-quatre heures gu'il
don-
& que cependant il lui offroit poury penfer,
penfion d'armes.
une fuc
Le Gouverneur répondit
la letcre du Général, Illui poliment a
marqua.quil
toit tems
fa bravoure,rousles égards qu'il cût pour
toir, & qu'il traitar bien fa qu'elle mérifes habitans, qu'il lc laiffoit garnifon maitre &
conditions du Traité, &c
lui des
noit vinge-quatre heures gu'il
don-
& que cependant il lui offroit poury penfer,
penfion d'armes.
une fuc
Le Gouverneur répondit
la letcre du Général, Illui poliment a
marqua.quil --- Page 113 ---
Francoifes de LAmérigne. Io1
n'étoit pas cncore tems dc fonger à capituler, qu'ilpouvoir fc deffendre encore
affez long - tems
le laffer, & que
quand il en feroit hoer , il étoit fûr que fa
générofité n'en feroir que plus portécalui
accorder dès conditions honorables. On
fit bien boire le Tromperte, & on le
renyoya 5 & fans refufer ou accepter la
fufpenlion, on cella de tirer des deux
côtez.
Quelques heures après les Efpagnols
drefferent une potence près d'une de
leurs batterics, & on y vit attaché le
traître.
La lettre du Général Efpagnol qu'on
eut limprudence dc commumiquérà la
Colonie, fut un nouveau prétexte aux
habitans pour demander à capituler. Le
Gouverneur mit tout en ulage pour. leur
faire prendre de meilleurs fentimens ;
mais voyant au bour de trois jours quele
nombre des fédicieux étoit beaucoup
augmenté, &
pouvoit arriver que
la fédition AataNl tout-à-fait, il fit
affembler tous fes gens, &leur demanda
s'ils étoient réfolus dc fc rendre, ou de
fe deffendre comme leur honneur &
leurs intérêts le demandoiènt. Prefque
tous crierent qu'il falloir fe rendre pendant qu'on étoit fûr d'avoir une bonne
compofitiun,
E 11J --- Page 114 ---
102 Nouveaux
aux
Le Gouverneur fit
fes Ifles
tions de
la violence qu'on lui faifoit protefta- &
fit battre la chamade.
Au premier coup de baguettes les EC
pagnols cefferent de tirer, &
rent un Ttompette
envoyeloir. On répondit fçavoir ce qu'on vou-
&c que s'ils vonloient qu'on vouloit trairer,
envoyer deux ôtages, on feroit fortir deux Oficiers
convenir des conditions avec le pour
ral.
GénéLes ôtages ne tarderent pasa
le Gouverneur
venir, 2
man fon frere envoya Monfieur Hotavec le Major >
terent au Général les articles de 1:
tulation,
VoRE
Les François demandoient de fortir
de la place dans trois jours, enleignes
déployées, falil fir lépaule, balle en
bouche & tambour battant, avec tout
leur bagage, meubles & marchandifes,
leurs engagés & leurs efclaves.
leur donneroit un tems fuffifant Qu'on
remettre à flor deux navires enfoncés pour
dans le havre pour les conduire en France, & qu'on leur fourniroit gratis des
vivres pour le voiage 2 & pendant le
tems qu'ils employeroient à équiperleurs
bâtimens. Il n'y eut pasla moindre conreftation, tout fur accordé & figné, On
avec tout
leur bagage, meubles & marchandifes,
leurs engagés & leurs efclaves.
leur donneroit un tems fuffifant Qu'on
remettre à flor deux navires enfoncés pour
dans le havre pour les conduire en France, & qu'on leur fourniroit gratis des
vivres pour le voiage 2 & pendant le
tems qu'ils employeroient à équiperleurs
bâtimens. Il n'y eut pasla moindre conreftation, tout fur accordé & figné, On --- Page 115 ---
Francoifes de VAmbrigue. 1O;
livra la porte de la Forterefle aux Efpagnols > & dans le tems marqué les
François fortirent en bon ordre, fe
camperent fur le bord de la mer, & fe
mirent àtravailler à mettre hors del'eau
leurs bâtimens.
Le Général Efpagaol reçût le Gouverneur & fon frere avec de grands -
honneurs. Il exécuta de point en point
la capitulation à leur égard & des Oficiers. Mais il dit que le Gouverneur
ayant été violenté par fes gens s il ne
pouvoit les regarder que comme des
traîtres, qui ne méritoient aucune grace,
il leur fit oter leurs armés & lcurs bagages,& dit qu'il leur laiffoit la vie en
confidération du Gouverneur.
Les mutins reconnurent alors leur
faute, & combien illeur avoit été aifé
de forcer les E(pagnols à leverlefiége,
iln'étoit plus tems : il falloit ne fonger
qu'à vaider les deux vaifeaux. Les EC
pagnols leur préterent un bon nombre
d'elclaves pour accelerer l'ouvrage, mais
s'imaginant qu'ils travailloient trop lentement, ils lenr firent dire ques s'ils n'étoient pas en état de s'embarquer dans
trois jours, ils les pafferoient au fil de
l'épéc. Certe terrible menace leur fir
faire des efforts plus qu'humains, &
E iv --- Page 116 ---
fo4 Nowveanx
ils fe mirent en Yoyages anx Ies
le terme preferit. étatdesembarquer dans
Alors le Gouverneur fit une
de fes gens, il fe trouva encore revûé
fix cens hommes,
près de
bandes, il choifit 3 qu'il fépara en deux
donna aux affafins tous les rebelles & les
feur avec un des vaiffeaux. de Monfieur le Vafpour lui, avec -fes Officiers Ilretint & le l'autre
de fa Colonie.
refte
Le Général Efpagnol fit alors réflexion
qu'ayant envoyé tous fes
ne Rui reftoit plus
des vaiffeaux, il
s'en retourner à Saint que
barques pour
que le Chevalier de Domingue, &
un homme de
Fontenay qui éroit
tendre fr Ia route coeur, & pourroir tbien l'atfes deux vaifleaux fenlever, quoique
nons, & très
d'autres n'euffent point de capropofa de lni peu donner armes. Il lui
man fon frere en
Monfieur Hor
ôtage pour fa
que pendant qu'ils acheveroient fireté,
lears navires au Port à d'équia' il leur feroir fournir des
Margor,
aui oir une fufpenfion de vivres, ily
dh ftilirés. Le
toutes fortes
remit fon fiere Chovalienycenfentits entre les mains du
&
ral. Onfe fépara enfuite avec de Génémarc ques d'eftime. Le Chevalier grandes fut
PorrMargor avec ies deux vaiffeaux, au &c
age pour fa
que pendant qu'ils acheveroient fireté,
lears navires au Port à d'équia' il leur feroir fournir des
Margor,
aui oir une fufpenfion de vivres, ily
dh ftilirés. Le
toutes fortes
remit fon fiere Chovalienycenfentits entre les mains du
&
ral. Onfe fépara enfuite avec de Génémarc ques d'eftime. Le Chevalier grandes fut
PorrMargor avec ies deux vaiffeaux, au &c --- Page 117 ---
Fràncoifes de PAmerique. 105
le Général palfa par le Cap Tiburon, &c
remonta à Saint Domingue.
On lui ft une entrée digne d'un EmRomain après la conqué:c d un
pereur grarid Royatime. Il préfenta Monfieur
Hotman' aul Préfident de Saint Domingue, à qui ilne manque que le titre de
Vice-Roi, en ayant tout le pouvoir:
C'étoit un vénérable vicillard, qui M.
Hotman plût rellement,qu'il l'aima comme fon fils; lui fit des préfens confidérables, les offres les plus magnifiques, s'it
vouloits'attacher. au fervice du Roid'EC
pagne; & le laifla dans unelberté auffi
entiere's que s'il n'eitt pas été en ôtage.
Enfin au bout de trois. mois, 2 il le renvoya à fon frere avec une efcorte de cinhommes, & ordre à POfficiet
quante commandoic le dérachement, de le
qui
dele bien
conduire à petires journées,
traiter, de le remettre à fon frere , &
d'en rapporter une décharge en bonne
forme, le tout fous peine de la vie.
Monfieur Hotman rejoignit fon frere;
fort content des bons traitemens 8c des
honneurs quilavoir reçà dés E(pagnols.
lc réMais les deux freiesne pouvoienr
foudre à retourner en France fans fe
vanger des E(pagnols, &c fans faire quelque chole qui phcrépaier en partie, le
E v' --- Page 118 ---
I06 Nouveaur Foyages aux Ifles
défavantage qu'ils venoient de fouffrir:
Après y avoir murement penfé, ils
Ils réfolurent d'aller reprendre la Tortue,
communiquerent) leur
aux
cens hommes quileur relloient. projet Il; trois
eut qu'environ cent trente qui
n'y en
les fuivre. Les autres qui avoient voulurent fair des
canots , réfolurent d'aller joindre les
Boucaniers qui éroiental la partie Occidentale de Saint Domingue,
Pour les trois cens hommes qui
avec les allallins Thibaut &
éroient
s'en allerent à l'Ife de.
Martin;, 2 ila
firent
Managna, ils y
débarquer tout leur monde, &
après avoir choifi les plus
qui leur parurent lesplus propres vigoureux à foutenir les fatigues du voyage
alloient
d'Europe
entreprendre, ils
RERnrt le refte fur cette Ifle deferte, dégra, fans
s'embaraffer de ce qu'ils y devien,
droient; nouvelle preuve de leur humeur cruelle & feroce. Ils
faite, & comme leur bâtiment partirent étoit enalfez mauvais & fort dépourvû des chofes néceffaires à la
plus enten du parler navigation, on n'a
lieu de croire
d'eux, ce qui donne
qu'ils font peris en mer.
Quant au' Chevalier de
fon frere, & àleurs cent trente Fontenay 1 à
ils continucrent de travailler hommes, à
mettre
droient; nouvelle preuve de leur humeur cruelle & feroce. Ils
faite, & comme leur bâtiment partirent étoit enalfez mauvais & fort dépourvû des chofes néceffaires à la
plus enten du parler navigation, on n'a
lieu de croire
d'eux, ce qui donne
qu'ils font peris en mer.
Quant au' Chevalier de
fon frere, & àleurs cent trente Fontenay 1 à
ils continucrent de travailler hommes, à
mettre --- Page 119 ---
: Frangoifes de T Amerigue. 107:
leur bâriment en état de faire quelque
chofe. Pendant qu'ils y étoient occupés,
vaiffeau Hollandois chargé de
un gros forte de traite
la Tortue, 2
toute moiiller
& ayant apvint
auprès
E
illeur donna fcs hompris leur difgrace, les aider, il leur fournit un
mes pour des
des voiles, des sarmes,
cable,
agrets, de
& de bouche.
des munitions guerre ils retournerent à la.
: Avec ces fecours
même lieu
Tortuë , & moiillerent defcendus. au
Les
où les-Efpagnols étoient
deux freres prirent chacun cinquante
hommes, & en laifferent trente pour
garder le bâtiment.
Soixante. Efpagnols fe prefenterent ils
leur difputer la defcente, mais
pour
avec
& fur le
furent repoués
pertc,, le chemin
champ les deux freies prirent
de la montagne, oû les Efpagnols
avoient établi leur premiere batterie.
Ceux-ci leur drefferent une embufcade
infaillible.
fur le chemin, ilsyauroienti
ment donné fans un chien qui ayant
évantéles Efpagnols, fe mitàjapper. Les
deux. troupes fe préparerent au combat,
ils mirent foixante Boucaniers à l'avanti
comme les plus habiles tireurs 2
garde 2 acquiterent fi bien que dans un
quis'en moment. il Y eut quarante. cinq EfpaE vj --- Page 120 ---
108- Nowveawy Tayages aux Hles
E ols hors de combat, les autres
fuire, & s'ailerent rallier
prirent
leurs
au refte de
gens.
A Les deux troupes marcherent auffi tôt
à grands pas vers la
&
me la chaleur étoit montagne, alois
comekcullive, les'
lart
qui font très - habiles dans
FrEt former
desembufcades, crurent)
fraichir qu'ils ne manqueroien: pas de - s'aller raà une fontaine qui étoit fur. le
chemin, & que les farprenant en defora'
dre, : ils en auroient bon marché. Celaferoit arrivé., fi les Chefs n'euffent
tagé leurs troupes en deux, & n'en par-. euf
fent tenu une partie en baraille, pendant
que l'aurre fe rafraichiffoit, les
gnols les artaquerent, &
Efpacore quarante hommes. perdirent cnAprès cette défaite les François attaquerent en plein midi la barterie , ils la
trouverent environnée d'un retranchement de gros arbres les uns fir
Ils l'a:taquerent &
lesautres,
blée, &
l'emporterent d'empafferent au fi de l'épée cins'en quant: hoimes qui le gardoient, il ne
fauva qu'un feul, qui en
la
nouvelle au grand Fort.
porta
boné Les François trouverent la batteric en
é.ar, & une affez grande
de poudic. Sur le. champ ils fe quantiré muent
trouverent environnée d'un retranchement de gros arbres les uns fir
Ils l'a:taquerent &
lesautres,
blée, &
l'emporterent d'empafferent au fi de l'épée cins'en quant: hoimes qui le gardoient, il ne
fauva qu'un feul, qui en
la
nouvelle au grand Fort.
porta
boné Les François trouverent la batteric en
é.ar, & une affez grande
de poudic. Sur le. champ ils fe quantiré muent --- Page 121 ---
Françoifes detAmbrigue: 109
êt tirer vivement fur la Fortéretle, & de
la maniere dont ils s'y prenoient, il 1 y
avoit lieu d'elperer qurils en : feroient
bien-tôr les maîrres. Deux chofes s'y
& firent avorter leur entreoppoferent,
un fecours
prife. Les Efpagnols reçûrent & les boulets
de deux cens hommes,
cela les
leur manquerent ablolument ,
força de fonger à fe retirer. Mais auparavant ils firent crever tous les canons 9
dans leur vaiffeau le refte
ils porterent toutes les armes de ceux
des poudres, tués, & les bagages des EC
quilsavoient & après avoir fait un dégât #
pagnols, dans ifle, & mis le feu par
général
&c mirent à la
tout, ilfe rembarquerent
voile. Il leur reftoit encore cent quinze
hommeslains, 8c fept ou huit blellés.
Le Chevalier propola à fes gens de
faire la courfe pour tâcher au moins de
fe remonter 5. mais : fon vaifeau étoit en
la plipart lui dirent
fi mauvais érat, que!
à leur premiér
qu'ils vouloient retourner
mècier, & faire des cuirs: il falluc qu'il
y confentit, car ces gens ne fontobligés
fervice
qu'ils le veulent,
au
qu'autant auroit-il
lesy
& d'ailleurs comment
burin
fit le
I
contraindre. On
partage
fait fur les Efpagnols, & quatre-vinge
Eoucaniers fe débarquerent au Cap Saint --- Page 122 ---
IIO Nowveanx Voyages. Aux
Nicolas avec les bletles qui Hfes
ne point quitter leurs confreres. voularent
&
cette féparation, le Chevalicr
avec
AL
frere,
environ trente hommes qui voulurent le
route d'Europe, Le tems fuivre, les favorifa prirent la
qu'aux Açores, où un
de vent juf
rieux
dla
coup
fufe lesjetta
côte. Tour - le monde
fauva, & tourle
timent
bagage, maisle batellement qui ne valoit prefque rien, fat
fracaffé qu'il fallut le
Le Chevalier de
depecer,
léquipage
Fontenay, > fon frere &
On
repafferent en France.
verra le refte de l'Hiftoire de la
Tortue dans la fuite de ces Mémoires,
CHAPITRE VII.
Etablifement des Frangois dans "IRe de
Sainte Croix,
L Es Hollandois étoient établis dans
la petire Hle de Saint
eft à trois lieucs fous le Euflache.qui vent de Saint
Chriftophe, & avoient un commence.
ment de Colonie dans celle de Sainy
Martin, lorfque trouvant celle de
te Croix déferte & inhabitée,ils Sainblirent verslannée
s'y éta1643-
uite de ces Mémoires,
CHAPITRE VII.
Etablifement des Frangois dans "IRe de
Sainte Croix,
L Es Hollandois étoient établis dans
la petire Hle de Saint
eft à trois lieucs fous le Euflache.qui vent de Saint
Chriftophe, & avoient un commence.
ment de Colonie dans celle de Sainy
Martin, lorfque trouvant celle de
te Croix déferte & inhabitée,ils Sainblirent verslannée
s'y éta1643- --- Page 123 ---
II1
a Françoifes de PAmerigue. Chriftoérablis à Saint
- Les Anglois avoir des droits fur cetphe, prérendant
confidérable
te Ie, firent un armement
Malyré
pour en chaffer les Hollandois. mirent à terla réfiftance de ceux-.ci,ils combat entre
re, > &c ily eut un furieux
fe déclara
ces deux nations. La viétoire Hollandois
àla fin pour les Anglois, les leur monde.
perdirent prefque tout
la
Ceux qui échaperent le fer ou prifon,
fe fauverent dans les petites Ifles qu'on
les Vierges. Cette aétion fcp paf
appelle
fa cn 1646.
de Porto Ricco ou Port
Les Elpagnols
ne
Ric, comme on dit communément, laiffer fortifier
jugerent pas à propos de leur voilinage
les Anglois fi près d'eux;
le
étoit trop à craindre. C'eft pourquoi
Préfident de Saint Domingue fit affembler douze cens hommes, qu'il mir"ur
vaiffeaux. le dixiéme du mois
cinq d'Août 1650. pour chaflerles Anglois,
ils firent leur defcente pendant la nuit,
furprirent les Anglois - en tuerent d'abord cent vingr, & forcerent les autres
de fe (auver dans les bois.
deux de
Le Général Elpagnol envoya leur difes prifonniers vers ces fuyards, fortir
re de fa part, que s'ils vouloient de n'y
de l'ifle, > & lui donner parole --- Page 124 ---
Ir2 Nonzeans
Tipyager ans IRes
plusrevenir 2 il ne feroit
cun éte d'hoftilité, & contre eux au-.
noit troisjoursp
qu'il leur don:
ce rermeil les pour feroit cela 5 mais qu'après
donneroit
pourfuivre, & ne
quarrier à perfonne. Les Angloisreçhrent cet ordre
ce lignalée, ils
comme une graaffirer le Général Faccepterent & firent
miflion. Ils
Efpagnol de leur fous
un canotà leur envoyerent Général à Saint promptement
phe,le prier de leur envoyer des Chriftopour fc retirer.. Les
barques
& tout ce qui reftoit barques d'Anglois arriverent ;
qua fansavoir plus d'envie
s'embar.
Les Hollandois de
d'y revenir.
ayant eu avis de la défaire Saint des Euftache
& qu'ils avoient abfolument Anglois
lile, y envoyerent
abandonné
hommes pour s'en remettre promptement : 40,
Cesgens lans s'informer fi les en poffellion.
y étoient encore, ou s'ils
Elpagnols
nés chez eux
étoient retour
directement 1 allerent moiiller l'ancre
fous la Fortereffe des EC
pagnols, & defcendirent à terre
autant de franchife, que s'ils
avec
bien afffirés qu'il n'y
eulfent été
fe trouverent
avoitperfonne: 3 ils
gno's
trompés: Soixante Eipaquigardoient le
a coups,de fufil, en Fort, lesregiient
moude, irent dix tuerent environ la
prifonniers qu'ils cn
ent moiiller l'ancre
fous la Fortereffe des EC
pagnols, & defcendirent à terre
autant de franchife, que s'ils
avec
bien afffirés qu'il n'y
eulfent été
fe trouverent
avoitperfonne: 3 ils
gno's
trompés: Soixante Eipaquigardoient le
a coups,de fufil, en Fort, lesregiient
moude, irent dix tuerent environ la
prifonniers qu'ils cn --- Page 125 ---
Françoifes de LAmbrigue. II3
& forcerent les autres de fe
chainerent fauver dans 2 les bois, où ils les fuivirent
demeurerent fur
de fi
que plufieurs
la AETE
Deux ou trois qui échaperent donner regagnerent leur barque & allerent Saint
Généralàs
avis deleur défairealeur
l'enEuftache : qui perdit entierement fur
vie de faire une nouvelle tentative
cette Ifle.
Le Commandeur de Poincy qui
avoir des droits fur cette
nC:
tendoit étoit tems de les faire valoir.
crut qu'il
foixante braves de Saint
Il choifit cent
navire 8c
Chriftophe e 2 les mit dans un
Chef
dans une barque, leur donna pour
le fieur de Vaugalan, avec ordre dechaffer les E(pagnols 2 & de s'établir dans
Sainte Croix, & d'en prendre une nouvelle poffeflion au nom du Roi & de la
Compagnie.
Les deux bâtimens en cas de féparation
s'étoient donnés rendez-vous à une lietie
de la Fortereffe. Un coup de vent les
fépara en effet, & la barque fut contrain-;
te d'aller paffer fous le Fort. Les quadedans, s'imarante hommesquiéroient le navireles avoit devancé,
ginerent mirent à que terre, & marcherent à la Fortereffe. Les Efpagnols qui les avoient --- Page 126 ---
114 Nowveaux
reconnus
Poyages aux Ies
moitillatfent pour ennemis avant qu'ils
bufcade. Ils s leur drefferent une emdirent treize donnerenr deleurs dedans, &
alapemicre
meilleurs OLEeR
firent far eux. décharge Cette que les E(pagnols
tous autres
perre auroit étonné
toient
que des François, qui n'épas accoûtumés a
rent face, tirerent fur les reculer, 3 ils fituerent
Efpagnols, en
leur
beancoup 3 ils perdirent aufi de
cô:é, mais à la fin accablés par le
nombre, ils y demeurerent
tous, ii n'en refta que
prefque
rent en gagnant les bois, cingqui fc fauvenirent ceux du navire & qui rejoigrentà terre.
quand ils les viLe navire arriva
vous, & n'y trouvant cependant au rendezle fieur de
point la barque,
pouflée Vaugalan crut qu'elle avoit été
plus bas. Iilattendit trois
après quoi il mit fon monde à jours,
avoit encore cent
terre. Il
vingt hommes fans
l'éq ipage du vaiffeau.
CURTET à ceux-ci de tirer du
Ilcombattre le tambour de
canon, de
dinrriguer les E(ragnols, rems en tems,afin
en bun ordre julqu'a huir & s'approcha
Fort. il fitalte & envoya cens pas du
un Tromperte fommer les unOfficieravee
rendre la
Efpagnols de
Forterelle, & de fc retirer de
terre. Il
vingt hommes fans
l'éq ipage du vaiffeau.
CURTET à ceux-ci de tirer du
Ilcombattre le tambour de
canon, de
dinrriguer les E(ragnols, rems en tems,afin
en bun ordre julqu'a huir & s'approcha
Fort. il fitalte & envoya cens pas du
un Tromperte fommer les unOfficieravee
rendre la
Efpagnols de
Forterelle, & de fc retirer de --- Page 127 ---
Françoifes de PAmerique. 115
TIe quiappartenoit au Roi de France.
quiln'avoit ni
Le Gouverneur répondit à rendre, & qu'en tous
Ile niForterefle
casillui falloit crois 1 jours pour déliberer.
Le fieur de Vaugalan ayant reçà cette
réponfe, fit avancer fes gens jufqu'à
deux cens pas du Fort, étant déroboit couverts à la
d'un petic morne
les
vàé des cnnemis, g" ne paroiffoit quele
haut des drapeaux,
étoient en allez
nombre pour Rie croire aux E(-
grand
l'armée Françoife étoitconpagnols que
fidérable.
feconde fois fommer
Il envoya une
de ne donles Elpagnols, avec menaces
ner quartier à perfonne, s'ils tardoient
àfe Le rendre. Gouverneur fe mit en tète que c'étoit quelque avanturier & quiavoirbefoin fur cela il fit la
de raftaichiflemens 7
d'un
même réponfe, qu'il accompagna
préfent d'une vache, & de quatre jarres
de vin de Madere.
Le fieur de Vaugalan ne comprenant la
rien à cette politeile, renvoya pour de
troifiéme foisfommerle Gouverneur
fe rendre, lui donnant deux heures
il alloit lui
iRner
cela, à faute dequoi
laffaut.
intimiderent les EfpaCes menaces --- Page 128 ---
I16 Nonveanx
gnols, & quand lils Vaynter les
aux TRes
qui venoient à cux, ils virent en bataille
made, capitulerenr, battirent la cha-
&
rendirent lap place - 2
dans Sembarquerent, un vaifleaug avéc leurs bagages
porter à Portric, qu'on leur prèra pour les
pour la fireté du en laiffant des otages
Les Hollandois retour du vaiffeau.
dansle Fort,
qui étoient aux fers
çois
y voyant entrer les Franrendit fur le
la leur
TEE-RAOEE
champ, &
après on les renvoya à Saint quelques jours
Entre les Hollandois
Euftache.
cendusàt terre, &
qui étoient def.
Par les Elpagnols, quiavoient été défaits
celui qui
commiffion S étcit fauvé dans portoit la
où après avoir beaucoup
les bois,
un Pipery, & ayant
fouffert, il fit
François, il fe mit apperçà le navire
joindre, Les marées en & les mer pour l'allet
terent tellement qu'il fat vents l'efflotrois nuirs fans pouvoir fe trois jours 8c
re. Ala- fin on
rallier à la terreffe , on crut lapperçit d'abord de la Fortepoiffon, à la fin on
que c'étoit un
un homme, Ony recoanur que c'étoit
une
envoya
chaloupe, 5 quile trouva promptement
on le tranfporta au
demi mort,
& quand il fir en Fort, on en eur foin,
à Saint Euftache, fanté, on le renvoya
irs fans pouvoir fe trois jours 8c
re. Ala- fin on
rallier à la terreffe , on crut lapperçit d'abord de la Fortepoiffon, à la fin on
que c'étoit un
un homme, Ony recoanur que c'étoit
une
envoya
chaloupe, 5 quile trouva promptement
on le tranfporta au
demi mort,
& quand il fir en Fort, on en eur foin,
à Saint Euftache, fanté, on le renvoya --- Page 129 ---
Frangoifes de PAmérique. II7
Le Commandeur de Poincy eut une
grande joic de la réiflite de fon entreprife 2 mais il manqua de reconnoillance
pour celui quilavoir exécutée.
Il fit partir de Saint Chriftophe trois
cens homies pour aller établir une Colonie Françoile à Sainte Croix. Il mit à
leur tète comme Gouverneur, le fieur
Auger en 1648.
Vaugalan qui avoit montré tant de
conduite dans cette entreprife , qui étoit
un homme fage & très-bon Officier, fe
voyant privé du Gouvernement qu'il
méritoit par tant de titres, revint fur
fon habitation p où confommé de chagringilmoutur en 165I.
fait
: Le Commandeur de Poincy ayant
vifiterl'Ile de Sainte Croix par des gens
experts. , crut fur le rapport avantageux
quils lui firent 1 > que c'étoit la plus foriffante de toutes les Colonies. En effet
la terre y eft très-bonne & profonde
lesarbres de toute cfpece d'une haureur
& d'une grofleur démefurée: mais l'air
y étoit mauvais, &c elle manquoit d'eau
douce. Il n'y avoit qu'une médiocre riviere, qui coulant lentement fur un terrain uni & prefque de niveauaveclamer,
étoit d'une caui faumâtre jufqu'à plus d'une lieie & demie de fon embouchite, --- Page 130 ---
118 Nowvcaux
: & dans les grandes Voyages marées, aux IRes
de deux lieties. Les
3 julgu'aiplas
foit fourniffoient d'abord puits qu'on y creud'allez bonne
eau, qui fc gâroit en peu de jours, &
devenoit falée ouinfectée par les crabes
tomboient. On trouva à la verité
ou
2z
troismédiocres fontaines dans le
coeur de lIfle, mais cela pouvoit-ilfuffire pour une Colonie, > où l'eau eft
néceflaire que les autres liqueurs. Ileft plus
vrai que l'on pouvoit faire des
&c on en fit dansla fuite, mais citernes, combien 3
de gens font morts en attendant
ait eû des citernes, ou qu'on ait été qu'on
état d'en faire.
en
L'air étoit bien plus difficile à corriger que le défaut d'eau
que cette Ifle étant affez plate douce, & parce.
te de quantité de gros
couverne la pouvoient J
arbres, les vents
les
balayer affez pour emporter
cxhalaifons infeétées des eaux
qui croupiffoient autour de l'Ile, & qui
corrompoient l'air. Il y avoirun
alfiré
rémedier
moyen
les poury
3 c'étoit d'imiter
de Portugais quand ils conquirent PIfle
Maderc. Sans perdre le tems à couper les arbres, ils y mirent le feu, &c
ils pendant fe
que cette grande forêt brûloir,
retirerent dans leurs navires, &
quand lincendiequi dura plufieurs mois
roupiffoient autour de l'Ile, & qui
corrompoient l'air. Il y avoirun
alfiré
rémedier
moyen
les poury
3 c'étoit d'imiter
de Portugais quand ils conquirent PIfle
Maderc. Sans perdre le tems à couper les arbres, ils y mirent le feu, &c
ils pendant fe
que cette grande forêt brûloir,
retirerent dans leurs navires, &
quand lincendiequi dura plufieurs mois --- Page 131 ---
Françoifes de PAmérique. I19
fut palle, & que le terrain fut rafraichi,
ils revinrent à terre, & cultiverent cettc terre, dont ils ont fait une des plus
belles Colonics du monde,
Je fçai que Péconomie veut que l'on
conferve lesarbres qui penvent être de
ptix ou utiles à bien des chofes, mais
on doit convenir que la fanté eft lej plus
ptécieux de tous les biens, & qu'on ne
pent trop faire pour la conferver.
Le Commandeur de Poincy permit
d'abord à fes nouveaux habitans, la traite avec les vaiffeaux étrangers, afin de
leur faire furporter plus patiemment les
peines qu'ils trouvoient dans le nouvel
érabliffement. La Compagnic l'ayant
le trouva mauvais, & en fit de fi
fçà, >
grands reproches au Commandeur, qu'il
fut obligé de la deffendre; mais il oublia d'obliger les Commis de la Compagnic qui étoient à Saint Chriftophe,
denvoyera Sainté Croix cC qui étoit néceffaire à ces habitans, ou de l'envoyer
bien conditionné, & tel que méritoit
le tabac excellent qui s'y fabriquoit. Ce
manquement portal les habitans au défefpoir 2 ils auroient abandonné l'Ile, s'ils
avoient eu des bâtimens pour les trânfporter autre Commandeur part.
revint de fon
A la finle --- Page 132 ---
120 Nowveaux Fyager anx Ifes
affoupiffement, & le licur
étoit Gouverneur étant Auger quien
yoya en 1657. en la même mort, il y enChevalier de la Motte, & un qualiré, le
Carme pour leur adminiftrer Religieux les Sacremens, avec un bon vaiffeau
toutes fortes de marchandifes. chargé de
bitans le reçurent
Les hamais ils n'oublierent parfaitement le
bien, s
avoient fair'de
pas
projer qu'ils
quitter l'INe,
rent de fa perfonne & du Ilss'afureforcercnt de leur
vaifleau, & le
gé pour fe retirer figner ou bon un leur ample conroit. Ils eurenr pourtant affez d'honneur femblepourluilaiffer en tabac, cotton & autres
marchandifes, la valeur du vaiffeau qu'ils
enlevoient, & des marchandifes qu'ils
emportoient.
Ilssembarquerent au nombre de deux
censi hommes, mirentà la voile, &
puis ce moment on n'a pài
dequ'ils étoient devenus,
Içavoir ce
fçû des Indiens
On a feulement
côte du Brefil, & qu'ils avoient gagné la
blis.
qu'ilss'y étoient étaMonfieur de Poincy ne
revenir fon navire, & craignant voyant point
lui fût arrivé quelque accident, qu'il ne
une barque pour en içavoir des nouvelles. envoya
Lc Capitaine trouva le refte de la Colonie
moment on n'a pài
dequ'ils étoient devenus,
Içavoir ce
fçû des Indiens
On a feulement
côte du Brefil, & qu'ils avoient gagné la
blis.
qu'ilss'y étoient étaMonfieur de Poincy ne
revenir fon navire, & craignant voyant point
lui fût arrivé quelque accident, qu'il ne
une barque pour en içavoir des nouvelles. envoya
Lc Capitaine trouva le refte de la Colonie --- Page 133 ---
Françoifes de PAmerigue. 12I
nic dans une étrange confternation. Le
Chevalier de la Motte accablé d'affliction de ce qui étoit arrivé, étoit malade,
& le refte des habitans n'attendoit
qu'une occafion favorable pour déferter.
Le Capitaine les confola de fon mieux,
prit fcs mefures
que fa barque ne
fut
enlevée, Eeura diftribua librement
tout pas ce qu'il avoit de rafraichillemens,
leur promit un prompt fecours, & retourna à Saint Chriftophe 5 ou il conduifit le Chevalier de la Motte & le Carme. Monfienr de Poincy quoique trèsaffligé de ce trifte évenement, diffimula
fon chagrin. Ilr reçût bienle Chevalier
dela Motte, le logea &c le fit.h bien traiter. Il envoya à fa place un jeune Gentilhomme nommé Dubois, plein d'efprit, de courage & de douceur. La commiflion qu'il lui donna eft du mois de
Janvier 16;8. II eut un très-grand foin
que lIfle ne manquât de rien, & ilétablit
une Galliotte qui ne faifoit autre chofe
que porrerà SainteCroix tout ce qui étoit
nécellaire aux habitans, & rapporter
leurs marchandifes à Saint Chriftophe.
Il permit mème aux vaiffeaux François
d'y aller traiter. Lc plus grand plaifir
guon lui pouvoit faire, étoit de lui deTome V.
E --- Page 134 ---
221 Noneanx Vayages aux
mander des habitations dans Iles
On ne fçauroit croire combien cette Ile.
Colonie s'augmenta &
cette
fous ce nouveau Gonverneur. changea de face
les habitans du lien où ils Il tranf
Emmule autreplus
étoient
illes
commode & plus fains
de gouverna avec tant de douceur &
ly prudence, de
qu'après la mort du Bail-.
fiderant Poincy, le grand Maitre le conlonic, luien comme letefaurateur dela CoIl ne
à
Acseraitcoremten
des Ecclefiaftiques, manquoir cette Colonie que
loitaller tant elie étoit perfonne n'y voufon mauvais air, A la décriéeicaufe fin Monfieur de
Poincy s'adreffa au Pere
de
fet Apoftolique,
Fontaine, Pré:
&cSupérieur des Dominiquains, 2 & lui demanda des Religieux de fon Ordre, Illui en donna
en 1659. qui farent les Peres du Bois deux
le Clerc. Ils ne trouverent dans &
qu'un Calice & une
l'Ie
ne fitflifoit pas, parcequ'ils Chafuble,ce étoient qui
gés de dire la Meffe en deux
oblialfez éloignés, pour la commodiré quartiers des
habirans. LePere le Clerc s'avifa def
re un
faivent confidérable crprafomwtganilys de lOrdre. un Conbien reçt de fes confreres, Ilfur très
nerent un
qui lui donCalice, un Ciboire, 3 une
& une
l'Ie
ne fitflifoit pas, parcequ'ils Chafuble,ce étoient qui
gés de dire la Meffe en deux
oblialfez éloignés, pour la commodiré quartiers des
habirans. LePere le Clerc s'avifa def
re un
faivent confidérable crprafomwtganilys de lOrdre. un Conbien reçt de fes confreres, Ilfur très
nerent un
qui lui donCalice, un Ciboire, 3 une --- Page 135 ---
Françoifes de PAmerique: 12;
Croix, deux cncenfoirs & des burettes
d'argent > avec quelques Chafubles &c
autres ornemens, beaucoup de linge à
l'ufage del l'Eglife, & béaucoup d'autres
choles qui marquoient leur affection
pour leur confrere. Le Gouverneur EC
pagnol reçût très-bien le Pere le Clerc,
lui fit des préfens, & des offies de fervice, & cela lia un commerce entre les
deux Gouverneuts, de telle forte que
quand celui de Portric avoit befoin de
quelques ouvriers François, Monfieur du
Bois leslui envoyoit; les François tirerent
de grands avantages de cette union.
Depuis ce tems-là, il n'y aplus eu de
defordre dans Sainte Croix. Le péuple
y étoit à fon aife. Ony faifoit d'excellent tabac, de l'indigo, du rocou, du
cotton. Ony établit plufieurs Sucreries,
&c fans le vil & fordide intérêt des Fermiers, qui a fait tranfporter cette Colonie à Saint Domingue, , elle feroit à pré
fent une des plus belles des Antifles.
Nous en parlerons dans la fuite.
Fij --- Page 136 ---
124 Nowveaux Voyages aux IRes
CHAPITRE VIII,
Etablifement dos François dans les
de S. Martin e de S. Bartbelemy. IRes
L 'On-doit ces deux érabliflemens au
Commandeur de Poincy. Ileft vrai
que le premier ne lui a pas fait autant
d'honneur que celui de Sainte Croix,
Pour éclaircir ce fait il faut fe fouvenir
que le Roi ayant envoyé Monfieur de
Thoify Patrocles en 1645:
relever
Monficur de Poincy, > celui. Rous ci refufa
d'obéir aux ordresde fa Majefté, & on
en vint aux armes, Les Colonies dela
Guadeloure & de la Martinique,
avoient reconnu Monfieur de
qui
comme Lieutenant Général de Thoily, fa Majefté, du
prirent hautement fon parti. M,
Parquer Gouverneur de la Martini.
que, fe mit à leur tête. Il abordad Saint
Chriftophe pendant la nuit, & enleva
Meflieurs de Longvilliers & de
neveux de Monficur de
Trenal,
eutle malheur d'être Poincy ; mais il
conduir à Monfieur de pris Ini-même, &
mettre dans une étroite Poincy; quile fie
bonne garde.
prifon, fous
fté, du
prirent hautement fon parti. M,
Parquer Gouverneur de la Martini.
que, fe mit à leur tête. Il abordad Saint
Chriftophe pendant la nuit, & enleva
Meflieurs de Longvilliers & de
neveux de Monficur de
Trenal,
eutle malheur d'être Poincy ; mais il
conduir à Monfieur de pris Ini-même, &
mettre dans une étroite Poincy; quile fie
bonne garde.
prifon, fous --- Page 137 ---
Françoifes dé PAmérigue. 125
Monfieur Houel Gouverneur dc la
s'étant brouillé avec M.
Guadclompe, lobligea de fe retirer à la
de Thoily, Les habitans le reçurent
Martinique.
& pendant un tems
comme leurGénéral,
lui
allez confidérable, ils eurent pour à la fin
tout le refpeêt qu'ils devoient; 3 Gouils fe lafferent de l'abfence de leur
verneur détenu à Saint Chriftople > ily
qui fe terminerent enfin
eut desintrigues
Monfieur
à livrer Monfieur de Thoify.à
de Poincy, à condition quil leur reridroit leur Gouverneur qu'ils aimoient
tendrement, les conditions furent exécutées de part &c d'autre.
avoit ett
Mais Monfieur de Poincy qui
bien de la peine à calmerla divifion qui
avoit éclaté dans fon Ille entre tous.les
habitans, dont les uns tenoient le parti
de Monfieur de Thoify, 2 & les autres sle
fien, ne fut pas plurôr maître de toutfon
peuple, après qu'il eut renvoyé Monfieur de Thoily en France, quilréfolat été
de fe venger de ceux qui lui avoient
oppofés.
ne le devoit
Il crut cependant qu'il
de
pas faire ouvertement. Ily auroit eu
l'imprudence'; car ils ne pouvoient pas
être condamnés comme rebelles paicqu'ils savoient tobéi aux ordres du Roi,
F iij --- Page 138 ---
X26 Nonveaiex Voyages anx
en reconnoiffant Monfieur de TRes
fon Lieutenant Général. De les Thoify
en France, ç'auroir été autant de renvoyer temoins
qui auroient dépofé pour Monfieur de
Thoify; il vouloit poprtantsendéfaite.
Voicy comme il s'y prit.
Il feignir qu'il vouloit faire habiter
certaines'Tfles Elles font
qu'on appelle les Vierges,
affez
en grand nombre, la
petites. Elles forment deux pllipart
entre lefquelles eft un canal profond, fles, à
qui on adonné le nom de Rue des Vierges. Les deux plus grandes
c'eft-à-dire
font, 3 l'une à
latère, trêmité
à l'Eft, l'autre àl'expuis été ou nommée al'Oueft, cette derniere a deDanois fc font érablis, Saint Thomas 5 où les
pellée la groffe
celle de P'EC
habirée
Vierge à préfent > %E
par les Anglois.
C'étoit en cette ifle que Monfieur de
Poincy feignoit de vouloir établir fa
Colonie, ou plutôt qu'il réfolut d'envoyer ceux dont il voulait fe
étant fir qu'ils periroient de défaire,
ou qu'ils y TBNLIS maflaciés mifere, les
pagnols de Portric,
par
EC
maflacré un bon nombre qui avoient déja
sy étoient retirez. J'ai donné d'Anglois dans qui
endroit de ces Mémoires, la
un
de cette Ifle.
defcription.
ignoit de vouloir établir fa
Colonie, ou plutôt qu'il réfolut d'envoyer ceux dont il voulait fe
étant fir qu'ils periroient de défaire,
ou qu'ils y TBNLIS maflaciés mifere, les
pagnols de Portric,
par
EC
maflacré un bon nombre qui avoient déja
sy étoient retirez. J'ai donné d'Anglois dans qui
endroit de ces Mémoires, la
un
de cette Ifle.
defcription. --- Page 139 ---
: Françoifes de PAmériqne. foixante- 127
Monficur de Poincy choilit
fix des principaux de ceux quis'éroient de
déclarés contre lui. Il leur promit
grands ayantages, des fecourscontinuels, entiere
il leur donna une permillion
des
pour. le commerce, la jotiffance S.Chriftohabitations qu'ils laiffoientà
d'or
phe, en un mot, il leur fit un pont
pour aller àla mort.
Illeur donna pour Chef, Capitaine
& Gouverneur > un nommé le Verrier
homme brutal, fans efprit, fans expé- içarience, -& fiignorant > qu'à Il peine avoit été
voit-il écrire fon nom.
condamné ci-devant à ètre pendu > pour & il
s'ètre trouvé dans une fedition,
avoit obtenu fa grace, du deffein de MonOn ne douta plus
vit
dès
fieur de Poincy , quand on leurs que biens
le lendemain de leur départ,
créafurent confifqués, & donnés aux
tures du Général. miferables victimes
Ces foixante-fix
s'embarquerent au mois de Septembre
1647. dans la barque du nommé Jean
Pinart, quiayant fait plafieurs voyages
aux Vierges, avoit mis à terre à cette
Ifle, & afuroit y avoir vû un grande 86
habitation toute plantéc de maniec,
de patates par les Anglois. F iy --- Page 140 ---
128 Nouveane
Ils y. arriverent Froyages AuX Iles
après quelques jours
de-navigation, pied à
& dès qu'ils eurent mis
ou lits de terre, ils tendirent leurs hamacs
fent
le cotton à des arbres, odilseufre, mi les repos qui leur étoit néceffaile leur eulfent mouftiques & les maringoins
Dès le lendemain voulu permettre.
allertcs femirent à vifiter matin, les plus
s'affurer à quoi elle étoit l'Ifle, afin de
riverent enfin à Phabitation propre. Ilsargloisavoient culivée.
quel les Anétonnement & leur Mais quel fat leur
la virent toute
frayeur, quand ils
mi
remplie de cadavres depouris, d'hommes & de
encore revêtus de leurs habits. femmes,
rent bien
Ils vidans
qu'on ne les. avoit
ce
dégradés
faire perir coupe-gorge. d'autant > que
les y
cette ile étant voifine plas de Haboent que
affaré que les
Portric, ile étoit
jamais que d'autres Efpagnols nations ne fouffriroient -
établilement.
y fiffent un
Les E(pagnols de Portric
maffacré les Anglois eurent quiavoient. avis
Monficur.de nombre
Poincy avoit exilé un
de fes
Dor
rent point
habirans, ils ne doutegu'ils ne fe fulfent
cette Ie, êc fans perdre de retirés dans
rent un armement confidérable tems > ils fipour les
toit
jamais que d'autres Efpagnols nations ne fouffriroient -
établilement.
y fiffent un
Les E(pagnols de Portric
maffacré les Anglois eurent quiavoient. avis
Monficur.de nombre
Poincy avoit exilé un
de fes
Dor
rent point
habirans, ils ne doutegu'ils ne fe fulfent
cette Ie, êc fans perdre de retirés dans
rent un armement confidérable tems > ils fipour les --- Page 141 ---
L
Frangoifes de PAmerique. 129
exterminer , fi leurs conjeétures étoient
véritables. Ils partirent de Portric au
commencement de Janvier 1648.
Ils mirent trois cens hommes à terre
devant le lieu où les François étoient tloils avoient bâti des cafes, après
gés,
y
ils avoient
avoir enterré ces cadavres, aller à la
déja fait quelques canots pour intention
peche, & malgré la mauvaife
deleur Général, ilsauroient pû fubfifter
commodément dans cet endroit, fi les
Efpagnols les enffent laiffé en repos.
Dès
les Efpagnols 9
qu'ils apperçurent àleurs +
armes, & fcbattiils coururent des
&c comme des
rent comme
lions, de quartier à
gens qui n'avoient point Le choc fue
artendre de leurs ennemis.
de Portrude. Leneveu du Gouverneur
fut
ric qui commandoit les Efpagnols,
blellé des premieres décharges, & mourutquelques jours après être revenu chez
lui, & nos gens tuerent ou mirent hors
de combat un fi grand nombre d'ennemis, que ceux- ci furent obligés de lâcher
le pied & de fe retirer dans unc grande
Ance, appellée PAnce du Morne.
Les François perdirent environ vingt
hommes.
tenu confeil > eltLes honte Elpagnols de fuir ayant devant fi peu de mone
rent
F y --- Page 142 ---
130 Nowveaux
de, ils retournerent
aux Iles
renr
& etls
anee
plus de bonheur. Ils charge,
vingt-trois
tuerent encore
François 5 & en blefferent
cinq, àqui ils firent bon
- Ler refte des
quartier.
en état de fe fourenir François ne fevoyaneplus
bataille, & fc retira dans quitta les le champde
montagnes, ou les
bois &les
pasà propos de les Elpagnols ne jugerenr
tant point qu'ils ne pourfuivre; ne doudans ce licu.
periffent bien-tôt
Ils pillerent tout ce que ces
gens avoient dans leurs cafes, pauvres
laifer quoi que ce foit, & fur fans y
pas le moindre ferrement, Ils
tout
rent les vivres & le
arracheles cafes, &
tabac, > & brulerent
tout ce qu'ils ne voulurent
ils pas emporter 3 après cethorrible dégât,
mirentala voile.
Il reftoit encore dix-huit
dont quelques-uns étoient François
moururent bien-tôr. Cette bletlés, qui
troupe fe trouva bien-tôt réduite malheureufe à
hommes, quin'avoient
treize
fur leurs corps.
que ce qui étoic
Iisquitterent les bois & les
quand ils virentles Elpagnols montagnes à la
& furent remuer les cendres de voile, leurs
maifons, dans l'efperance
quelques sferremens
d'y trouver
dontilspufentie fer-
moururent bien-tôr. Cette bletlés, qui
troupe fe trouva bien-tôt réduite malheureufe à
hommes, quin'avoient
treize
fur leurs corps.
que ce qui étoic
Iisquitterent les bois & les
quand ils virentles Elpagnols montagnes à la
& furent remuer les cendres de voile, leurs
maifons, dans l'efperance
quelques sferremens
d'y trouver
dontilspufentie fer- --- Page 143 ---
- Françoifes de tArntrigue. 131
vir; mais les Efpagnols y avoient mis
bon ordre. Ils frent des hamacs avec du
mahot & du latanier,
fe coucher
fous des ajoupats de elier & n'ayant
plus de vivres, il fallut fe nourrir de crabes & de burgaux, & cela pendant près
de
mois. Les feiilles de leurs taquatre
bacs arrachés , N1 furent foigneufement fortes de
amaflées & fechées, > car de CCS fumer. A la
gens nc peuventfe paller de fecours, &
fin. ne recevant point d'en artendre, la
n'ayant pas lieu
pl@- de
étant tous enflés, ils réfolurent
part.
que de mourir de
tout rifquer plutôt trifte lieu. Un d'eux troumiferc dans ce
fouche,ce fut un
va une coignée fur une fervirent
trefor ponr cux. Ils's'en
pour
desbois de mahot & de trompctcouper font très-legers., afin de faire un
te qui fur lequel il puffent mettre cinq
Pipery hommes, &c aller chercher du fecours
dans quelque terre Chrétienne €, telle
qu'elle pûit être. Ils lui donnerent dixhuit pieds de long fur douze de large s
ils lui firent un bec pour couper Teau.,
8y plantetent un mâr de quinze pieds che- >
& deux d'entr'éux ayant quitré leur
mife, ilsen firent une perire voile > coufue avec des aiguillettes de mahot toute cette machine étoit aflemblée fans
F vj --- Page 144 ---
132 Nowveaux
aux
tenons ni mortoifes;
Ifles
cloux &
PrRELe
chevilles, mais bien fortement liée fans
desliannes, , qui font des efpeces avec
fort connus dans toutes les Ifles d'ofiers
avoient fait des cordes d'écorces 5 ils
hot
fervir d'écoutes à leur de mahestoreu ou ferrer au vent felon le voile, 2
De quatre grolles calebaffes beloin.
avoient pour mettre
qu'ils
na trois aux cinq del'eau, on en doncrabes & des
avanturiers, avec des
burgaux, & autant de fruits
qu'ils en voulurent, & du tabac.
Le jour du départ arrivé, ils firent
leurs prieres tous enfemble,
les crabes qu'ils avoient amaffés mangerent
la nuit, & après de tendres pendant
mens mêlés de beaucoup de embraffede fouhaits d'une heureufe larmes, 8ci
cinq avanturiers
fortune, les
en mer, Deux étoient poulferent à lavantavec leur Pipery
currlenr pagalle,c'eft ainfi
chaun aviron fait en pelle de
dont fc
ferventles
E2LE
Deux étoient Caraibespour à l'aviron nager en avant.
avec des
plus grandes pour gouv erner, & pagalles le cinquiéme les
éroit au pied du mât pour tenir
écoutes, & pour conferver leur feu,
qui étoit dans une carapace de tortuc
dont ils avoient un befoin extrême
s
furer.
pour
leur Pipery
currlenr pagalle,c'eft ainfi
chaun aviron fait en pelle de
dont fc
ferventles
E2LE
Deux étoient Caraibespour à l'aviron nager en avant.
avec des
plus grandes pour gouv erner, & pagalles le cinquiéme les
éroit au pied du mât pour tenir
écoutes, & pour conferver leur feu,
qui étoit dans une carapace de tortuc
dont ils avoient un befoin extrême
s
furer.
pour --- Page 145 ---
Frangoifes de Amerigne. 133
- Ils partirent aux voeux de ceux qu'ils Dieu
laifloient dans PIle, qui prioient
de tout leur ceur pour. leur heureux délivoyage:, afin d'être promptement
vrés de leurs miferes.
rué des VierIls enfiletent la grande
mais
ges, leur navigation fut heureufes les obliiccalme profond qu'il faifoit, Enfin étant
geoit de ramer fans ceffe.
bien fatigués, ils aborderent à une
tite
où le premier objet qui fe
RE
Ile,
fenta à eux 5 fut une fepulrure qui etatE
roiffoit allez nouvelle, fur laquelle
une croix de bois, où étoit écrit. Cclui
quigic ici, s'appelle la Violette, habitant de Saint Chriftophe. Ils comprirent feules vicpar là qu'ils n'étoient pas les avoit fatimes que Monfieur de Poincy
crifiées à fon reflentiment.
funefte
Ils fe prefferent de fortir de ce
lieu , - & à force de ramer, ils gagnerent Thol'lle qu'on a depuis appellée Saint
mas, , ils y. mirent à terre , & y trouve- descirent abondamment des oranges, desbatrons : des limons, 7 des goyaves,
des
nanes , des figues rde FAmerique,
crabes & des burgaux. Ces tafraichifle- -
ment leur éroient fort néceflaires. Ils s'y
repoferent cinq jours, , relierent à neuf
leur Pipery, firent provifion de fruits &
ils gagnerent Thol'lle qu'on a depuis appellée Saint
mas, , ils y. mirent à terre , & y trouve- descirent abondamment des oranges, desbatrons : des limons, 7 des goyaves,
des
nanes , des figues rde FAmerique,
crabes & des burgaux. Ces tafraichifle- -
ment leur éroient fort néceflaires. Ils s'y
repoferent cinq jours, , relierent à neuf
leur Pipery, firent provifion de fruits & --- Page 146 ---
de 134 crabes, Nonveaux Vayages aux Ifles
feu, & d'eau de bois pour entretenir leut
lebafles en autant que leurs trois Camirent en. mer. pouvoient Ils contenir 2 & reScrepalfferent
porterent au Sud,
tites Ifles, Ol heureufemenrlesrois plutôr les
pepellés dans la fuite, la Ecueils, 5 apniqne & Zachée,
Mone, la Mofur une
2 & débarquerent enfin
tracesdes grande baufs ance de fable, que les
rent connoitre & des cochons, y leut fifc prefferent être PIfe de Portric. Ils
tre
d'en fortir, 3 de crainte d'eainfi rencontrés par les Mateurs, c'eft
qu'on appelle les chafleurs
gnols 5 tous Mulâtres ou Metifs, Efpacrucls, qui ne donnent quartier gens a
perfonne.
Ils avoicnt en face une petite Ifleéloiilsr gnéc d'environ.d deux lieiies de Portric,oit
récs réfolurent d'a'ler. Les vents & les marenttrois lescontrarierent tellement qu'ils fujours entiers fans
gner cette petite Ifle, qui n'a pouvoir galicies de circonference.
que deux
Fappellent Bomba
Les E/pagnols
çois le coffre a mort. d'Inferno Ils
2 & lesi Franpuits, qui felon
y trouverent deux
été creufés par des lesapparences avoient
étoit excellente, pecheurs, dont l'eaur
plaifir, Ils virent Cela leur fic un vrai
aufi un nombre infini
--- Page 147 ---
Frangoifes de Amerique. 135
de ramiers, de poulcs pintades, de
roquets , & d'autres oifeaux fi
IeE
quilsles prenoient à lamain les premiers
jours , & dans la fuite ils les abbatoient
de deffus les arbres pendant la nuit avec
de longues perches. Ccs commodités les
engagerent à fixce leur demeure en cet
endroit, jufqu'à ce qu'ily vint quelque
barque qui les portâr autre parc.Céroit
faire de
en effet ce quils pouvoient
de
mieux. Ils firentune cabane couverte
feiiilles, & amafferent des fongerespour
fe coucher. Ils vècurent ainfi pendant
plus de trois mois, fans voir aucun bàtiment qui pûr 1 les fecotrir.
Enfin un Dimanche matin pendant
qu'ils faifoient leurs prieres, ils apperçurent une barque. Ilslui firent aulli-tôt
un fignal avec un linge au bout d'un bâton > &c de grands cris.
Le patron Efpagnols'approcha pour
voir ce
c'étoit, n'appercevant que
nuds 8c défarmés - 2 il fit
cinq
fedires
defcendre cinq de fes gens dans fon Canot pour les aller chercher. Un de ces
matelots étoit Walon 1 > qui comprit
avoient
ae
c'étoient des François
naufrage. Onl les,
à la barque *
dE
où le Capitaine touché de compallion
de leurs miferes, leur donna des che-
pour
voir ce
c'étoit, n'appercevant que
nuds 8c défarmés - 2 il fit
cinq
fedires
defcendre cinq de fes gens dans fon Canot pour les aller chercher. Un de ces
matelots étoit Walon 1 > qui comprit
avoient
ae
c'étoient des François
naufrage. Onl les,
à la barque *
dE
où le Capitaine touché de compallion
de leurs miferes, leur donna des che- --- Page 148 ---
136 Nonveaux Voyages
miles, des
anxtfes
cuit, du vin, calçons & de 2 des bonnets,d du bif
voyaà terre, & leur l'eau-de-vic, 2 les renprendre dans
promit de venir les
roir. achevé la quinze jours, quand ila lauPIe appellée pêche qu'il alloit faire a
role
PAnguille. Illeur tint
exackement, & pour conferver
mémoire de
f:
feur
cetévenement, il fitattacher
le faire piperya la poupe de fa barque
voir à Dom Francifco Maldo- pour
Saint nado 3 Gouverneur de l'Ifle. & Ville de
Jean de Portric.
lieuès Comme ils étoient à quatre ou
en mer, le pilore Elpagnol cinq vir
quelque chofe qui flottoir fur
mais fans pouvoir bien
l'eau,
c'étoir 5 à canfe de léloignement. diftinguer ce
&
tn3es
hommes approcha, reconnut que c'étoient - des
femblable qui à celui Hotroient fiur un pipery, *
barque. Les
qui étoit atraché à la
cinq François ne douterent
point que ce ne
& frpplierentl le lodlsarlenscmmpsens Capitaine de leur
la même grace qu'il leur faifoit. Il faire lcs
joignit, les reçlit, leur donna des hardes, & les condufir tous à Portric,
il les préfenta au
oi
pipery.
Gouverneur avec leur
Le Gouverneur les reçit avec
leur fit donner à chacun
charité,
un habit de --- Page 149 ---
Françoifes de Ambrigue. 137
toile,1 leur donna la Ville pour prifon 3
de demander l'aumône 5
avec permillion
ils en auroient OC-
& de travailler quand
cafion.
qui lcs regardoient
Les E(pagnols
de Dieud d'une
comme des gens protegés les aflifterent à
nianierc estiaordinatre, On leur donna
l'envi les uns des autres. de travail ceux
une maifon. On'fournit métier, & ceux qui
quiavoienr quelque fervoient de man'en avoient point,
bien leurvic.
noeuvres, tous gagnoient S Portric & s'y marieDeux s'érablirent
& de
rent, autant pafferent en E(pagne, &c les autres
là retournerent en France, habitans de la Colofurent lespremiers
nie dc Saint Martin.
les EC
Il y avoit près de dix ans que
pagnols avoient chaffé les Hollandoisde Monlille de Saint Martin. Quoique
fieur de Poincy en eûtt fait prendre pofle
ne s'éroit
fellion pour Roien166.il une Copas trouvé en état d'y envoyer de Saint Euftalonie. Les Hollandois
fait
che s'y étoient érablis, & y.avoient les
un affez bon Fort. Les E(pagnols ne
youlant pas fi près d'eux, avoient chaffer. fait un
armement en 1638. pour les en à terre.
Ilsavoient mis neofcenshommes: ilsl'a-
& après un fiége de fix femaines,
le
ne s'éroit
fellion pour Roien166.il une Copas trouvé en état d'y envoyer de Saint Euftalonie. Les Hollandois
fait
che s'y étoient érablis, & y.avoient les
un affez bon Fort. Les E(pagnols ne
youlant pas fi près d'eux, avoient chaffer. fait un
armement en 1638. pour les en à terre.
Ilsavoient mis neofcenshommes: ilsl'a-
& après un fiége de fix femaines, --- Page 150 ---
138 Nomvean Voyages anx
voient pris, ils avoient 3 chaffé TRles
Hollandois hors de l'lfle,& afin tous les
fonne ne vint s'y établir, ils que pernoient une groffe garnifon dans entreteFortereffe, qui leur coutoit
cette
mille écus chaque année. plus de cent
Ils fe lafferent de cette
ayant amaffe tous les
dépenfe, &c
Portrics ils ruinerent manceuvres de
Fort, rempirent lcs
entierement le
in tel dégàr dans lIlle, citernes, & firent
hors d'étar de tenter les qu'ils la mirent
de s'y venir établir.
autres Européens
voile Lorfqu'ils furent prêts de mettre à la
çois pourretourner à Portric, un Franmême nomméfichor nation,
& trois autres de la
ces malheureux qui éroient du nombre de
de Poincy,&
bannis par Monfieur
ric avec les qui étoientvenus de Portdansles bois & Epagnols, n'en
fe cacherent
ils virent les bâtimens fortirent que quand
voile. Pour lors ils
Efpagnols à la
de la mer, 2 il y trouverent defcendirenr au bord
qui fe joignit à cux, & enfuite un Mulâtre
Hollandois qui avcient fait la cinq
chofe
même
qu'eux 5 car quoiqu'ils fuflentbien
aveclesE/pagnole,1se
micux avec leurs
comptoient d'être
avoient pris cette occalion compatriotes, 3 & ils
pour les aller --- Page 151 ---
Françoifes de PAmbrigue. 139
joindre. Après s'être entretenus enfemble, ils réfolurent d'un commun accord
de donner avis aux Colonies les plus
proches des deux nations, dela retraite
des Efpagnols, afin qu'ils envoyallent
des gens pour habiter i'lile. Euftache étoit
La Colonie de Saint
s'ofproche. Les cinq Hollandois le Gouarent d'y paffer pour avertir d'aller
verneur Hollandois,8 promirent atrivéc donner
dès le lendemain de leur
le même avis aul Général des Francoisàs. & les
Chriftophe. Ils firent un Pipery,
Hollandois qui étoient de bons macinq telots, fe mirent deffus, & arrivetent
heureufement à Saint Euftache.
Le Gouverneur Hollandois n'eàt pas
plutorreça cet avis qu'il leva du monde,
poffellion de Saint.
& envoya preudre des Eftats Généraux ,
Martin, au nom Commandeur de far nou-
& nomma pour le fieur Martin Thomas':
velle Colonie,
Voici la copic de la commiffion qu'il
lui donna.
Adrienfen, GouNOUS Abraham de Saint Euftache, en
verneur de l'Ife
vertu & autorité de notre commiffion
de fa Hauteffe le Prince d'Orange >
Comte de Naffau 8c. A tous Generaux,
Gouverneurs, Commandans, Capitaines
envoya preudre des Eftats Généraux ,
Martin, au nom Commandeur de far nou-
& nomma pour le fieur Martin Thomas':
velle Colonie,
Voici la copic de la commiffion qu'il
lui donna.
Adrienfen, GouNOUS Abraham de Saint Euftache, en
verneur de l'Ife
vertu & autorité de notre commiffion
de fa Hauteffe le Prince d'Orange >
Comte de Naffau 8c. A tous Generaux,
Gouverneurs, Commandans, Capitaines --- Page 152 ---
140 Nowveanx
& Officiersquices P'oyages aux Mes
Salut.
préfenres verront,ot
liront,
Notre bien aimé le Ca-.
piraine Major , Martin
a repréfenté que PIfle de Thomas, Saint
nous
étoit très propre à habituer au Martin
Seigneurs, maîtres &c
profit des
Ifle, & nous
patrons de cctte
ayant fuppliédelui
notre préfente
délivrer
faire
commillion, à ce nécefpour fervir audit
Martin Thomas, lequel CapitaineMajor nous étant bien 3
connu, nous l'avons commis,
commettons & érabliffons
> érabli,
fentes, pour & comme par les pre
&
Gouverneur la
gouverner, fans faire aucune
au
SBE
Seigneurs défavantage defdits nos
Us &
Mairres, & fe régler felon les
Ordonnances de cette Ifle de Saint
Euftache, & fuivant &
à notre inftruction,
conformement
luiavons donné
5 de laquelle nous
copie, Donné fousnotre
main, & figné en l'Ile de Saint
che dans le Fort
Euftavrier 1648.
d'Orange, le 14. Féfens
Signé Abraham AdrienFichot &c fes compagnons
river les Hollandois (ans
voyant arniouvelle de Monficur recevoir de
aucune
douterent de l'infidelité
Poincy 3 fe
& trouvant par hazard un desHollandois, batteatr Fran-.
çois qui venoit de la
pèche 2 ils donne- --- Page 153 ---
Frangoifes de PAmérique. 141
rent avis de ce qui fe pafloir à Monfieur
de Poincy.
fait
Ce Général qui-avoit
prendre
pofleflion de cette Ifle dès l'année 1638,
crut quil étoit encore tems de faire valoir Ics droits du Roi & de la Compagnic. Ily envoya le fieur de la Tour,.
avec trente hommes pour s'y établir,
les Hollandois allez inne croyant pas
oppoferent
juftes poar syoppolec.lissy
pourtant, & le Gouverneur Hollandois
voyant la barque Françoife moiillée, 2
envoya dire atl fieur de laToursqu'il ne
permettroit pas qu'il mîtun feul homme
à terre 2 parce
cette Ifle appartenoit mis
aux Eftats eEdE , quiy y avoient :
une Colonie 2 comme dans une terre inhabitée, quu appartient au premier OCcupant, & mit fes gens en bataille au
bord dela mer.
Le Srde la Tour quin'étoit pas affez
fort pour les forcer, remit à la voile,
& porta ces nouvelles à Monfieur dc
Poincy, qui far le champ fit embarquer
trois cens hommes dans deux vaifleaux
& deux barques. Il leur donna pour
Commandant Monfieur de Longvilliers
fon neveu, qui étoit Gouverneur de
Saint Chriftophe, avec ordie-de s'établir dans Saint Martin, & d'en chailer
bataille au
bord dela mer.
Le Srde la Tour quin'étoit pas affez
fort pour les forcer, remit à la voile,
& porta ces nouvelles à Monfieur dc
Poincy, qui far le champ fit embarquer
trois cens hommes dans deux vaifleaux
& deux barques. Il leur donna pour
Commandant Monfieur de Longvilliers
fon neveu, qui étoit Gouverneur de
Saint Chriftophe, avec ordie-de s'établir dans Saint Martin, & d'en chailer --- Page 154 ---
#42 Norveaux Voyager aux Ifes
entierement les Hollandois,
foient difficulté d'en ceder la > moitié s'ils faiFrançois. Sa commiflion eft du 16 Mars aux
1648.
Monfieur de Longvilliers étant arrivéle
de jour fuivant à Saint Martin , envoya un
fcs Officiers au Gouverneur Hollandois, > le fommer de partager PIfle avec
les François, &l lui dire quil lui confeilloiten ami de faire les chofes de bonne
grace, & de nepass'expofer 2
au nombre
&i la bravoure de fcs gens , quilui répondoient du fuccès de fon
Le Gouverneur Hollandois enrreprife. confentit
fur le champ au partage.de TIfle. Les
fe troupes fr de defcendirent en bon ordre; on
part. & d'autre des civilités, &c
quelquesjoursaprès s.les Chefs des deux
nations accompagnés de leurs principaux
s'affemblerent fitr une
été depuis cela, appellée montagne la
qui a
des accords, & convinrent de Montagne
articles, dont les principaux étoient pluficurs
IIlle de Saint Martin Ieroir
que
aux deux nations, que la partic commune qui regarde l'Anguille s appartiendroit aux
François, & celle du côté du Fort, aux
Hollandois, & l'Ifle partagée en deux
parties égales,
des bornes que lon
ipecifia. Que LTe pèche, la challe, les --- Page 155 ---
Françoifes de PAmérigne: 145
falines, les rivieres, étangs, bois de
teinture, mines 8 mineraux,
&
rades feroient communs. Que
deux
Ecue
nations vivroient en bonne intelligencc, qu'en cas d'attaque : > ils fc fecourroient de toutes leurs forces. Qu'ils fe
rendroient réciproquement les engagés
& efclaves fogiifs Oue les quatre Franétoient demeurés dans l'Ifle
çois E
des Elpagnols, & qui
après départ des habitations dansle quaravoient déja
tier Hollandois, y refteroient fi bon :
leur fembloit 2 ou: iroient demeurer
avec leurs compatriotes. Il-y.avoit encore quelques autres articles de moindre
conféquence, Le dernier étoit que ce
concordat feroitagréé par le Roi, &
les Eftats Généraux. Il fut figné
a
deux Chefs, & par leurs principaux Officiers > le 23. Mars 1648, & chaque nation en eut une copic authentique.
Depnis ce tems-là les deux nations ont
vècu en paix. J'en parlerai encore dans
un autre endroit.
Les François s'étant misen pofleflion
de leur quartier,Monfieur deLongvilliers
retourna à Saint Chriftophe, & laifa
Gouverneur le ficur de la Tour.
pour L'Ie de Saint Barthelemy eft voifine
de Saint Martin, & elle a l'avantage
23. Mars 1648, & chaque nation en eut une copic authentique.
Depnis ce tems-là les deux nations ont
vècu en paix. J'en parlerai encore dans
un autre endroit.
Les François s'étant misen pofleflion
de leur quartier,Monfieur deLongvilliers
retourna à Saint Chriftophe, & laifa
Gouverneur le ficur de la Tour.
pour L'Ie de Saint Barthelemy eft voifine
de Saint Martin, & elle a l'avantage --- Page 156 ---
144 Nowveaux Fayages anx Mes
d'un alfez bon port, qu manque à-Saint
Martin. Monfieur de Poincy craignant
que quelques Europcens ne s'en emparatfent, y envoya dans la même année
lc fieur Jacques Gentes avec cinquante
hommes, ilen prit poffeflion au nom du
Roi & de la Compagnic. La Colonie
s'augmenta beaucoup 2 - & donnoit de
grandes efperances quand elle fut attaquée en 1656. par une nombreufe arméc de Caraibes, qui ayant furpris les
François, en firent un mallacre horrible.
Ceux qui échaperent fe retirerent à Saint
Martin & à Saint Chriftophe s & on fut
pendant quelques années fans pouvoir
engager perfonne à sy aller érablir. A la
fin pourtànt on y envoya cinquante
hommes, & les Caraibes batrus de tous
côtés, & renfermés dans les feules Ifles
de la Dominique & de Saint Vincent,
furent forcés de vivreen paix. Et cette
Colonie étoit en train de devenir affez
çonfidérable, quand la guerre de a 1683.
fc déclara,
olo
CHAPITRE --- Page 157 ---
Françoifes de LAmerique. 145
CHAPITRE IX.
Etablifement des François dans les Ifes
3 des Saints 6 de Marie-galaxte.
Neft redevable de ces deux Colonies à Monfieur Hoiiel, Gouverneur, & enfuite propriétaire de la
Guadeloupe.
Les Saintes, ou pour parler
jufte
les Saints,
qu'ils furent
cfesiete
le jour de parce la Touffaint, font deux
très-perites Mles, avec un Iflet qui acheve de former un triangle, & un affez
bon port, s ils font entre la Dominique
& la Guadeloupe, prefque à difance
égale ; j'en ferai dans un autre endroit
unc. defcription aufli ample que leur terrain le permet.
Monfieur Houel craignant que les
Anglois ne vinflentsy nicher, y envoya
le fieur Dumé, avec trente hommes,
qui en prit poffeflion. Le Pere Dupuis,
Miflionnaire Dominiquain I > y planta la
Croix le 1S. Oétobre 1648.
Cette Colonie ne fit pas de grands
progrès. Une fcchereffe extraordinaire
qui furvint, tarit la feule fontaine qui
Tome Y.
G
cription aufli ample que leur terrain le permet.
Monfieur Houel craignant que les
Anglois ne vinflentsy nicher, y envoya
le fieur Dumé, avec trente hommes,
qui en prit poffeflion. Le Pere Dupuis,
Miflionnaire Dominiquain I > y planta la
Croix le 1S. Oétobre 1648.
Cette Colonie ne fit pas de grands
progrès. Une fcchereffe extraordinaire
qui furvint, tarit la feule fontaine qui
Tome Y.
G --- Page 158 ---
346 Nowveaux
anx Ifes
leur fournifloit SHeLe de
avant qu'ils
euffent fongé, ou qu'ils euffent
faire
des citernes. Cet inconvenient les pu obligea de reveniràla
Elle
meura : fans habitans Guadeloupe.
dejufqu'en
qu'un nommé Dubuifon le Haziery 1652, y. fut
envoyé avec un bon nombredhommes
qui s'y font érablis, & qui y vivent à
leur aife, fansavoir été troublés jufqa'à
préfent.
L'Ile appelléc Marie-galante, fut
ainfi appellée
Chriftophe Colomb,
qui la Ecatctira dans fon lecond
&c qui lui donna le nom de fon vaiffeau. voyage
J'en ai parlé alfez amplement dans un
autre endroit de ces Mémoires.
Elle n'étoit habitée que par quelques
Sauvages. Monfieur Houel y. envoya le
8. Noyembre 1648, cinquante hommes
fous le commandement du nommé le
Fort, habile habitant qui avoit quitté la
Martinique pour quiclque mécontentement. Ils firent unc perite Fortereffe,
& défricherent un grand terrain, onils 2
tabac. planterent des vivres, du coton, & du
Il y avoit dix- huit mois
travaillcient avec fuccès, ,lorique. ele qu'ils Fort
& quelques habitans deferterent, & fe
retirerent à laN Martinique.
Cettc delertion rallentit beaucouples --- Page 159 ---
Françoifes de PAmerique. 147
progrès de la Colonie. Monfieur Houel
parnrs'en dégoûter, il ceffa d'y envoyer
dn monde, & n'y entretint que vingtcinq ou trente hommes, iculement pour
faire connoître qu'elle étoit habitée par
les François.
Ce petit nombre donna occafion aux
Caraibes de la Cabefterre de la Dominide faire une entreprife fur eux.
ELS barbares venoient de faire une
irruption fur les Anglois d'Antigue 3
dont ils avoient fait un grand maffacre >
ils avoient pillé & brilé la plupart des
maifons. Viétorieux & chargés debutin,
ils paflerenrà Maric-galante. Le Commandant les reçût comme des amis, &
les logea jufques dans le Fort. Ces Sauremarquerent le peu de défiance
vages des François, & la mauvaife garde qu'on
faifoit dans le Fort.
Quoique felon les apparences ilsn'euffent point alors de mauvais deffeins, 3 ils
&c les exécureen - conçurent bien-tôt,
rent; en voicil'occafion.
Quelques engagés fugitifs de la Martinique enleverent un canot, & vinrent
à la Cabefterre dela Dominique, & n'y
trouvant que des femmes, parce que les
hommes étoient allez à Texpédition
d'Antigue, dont on vient de parler 2 ils
G ij
Quoique felon les apparences ilsn'euffent point alors de mauvais deffeins, 3 ils
&c les exécureen - conçurent bien-tôt,
rent; en voicil'occafion.
Quelques engagés fugitifs de la Martinique enleverent un canot, & vinrent
à la Cabefterre dela Dominique, & n'y
trouvant que des femmes, parce que les
hommes étoient allez à Texpédition
d'Antigue, dont on vient de parler 2 ils
G ij --- Page 160 ---
14S Nowveaux
aux Ies
pillerent les carbets, SOMEE >
firent violence
aux femuies & aux fillcs. Les Caraibes
étant revenus viétorieux, & chargés de
butin, furent extrèmement irrités de ce
quiétoit arrivé chez eux, & comme ils
ne fe fentoient pas afiez forts pour s'en.
venger fur les habitans de la Martinique,
ilstournerent leur vengeance fur ceux de
Marie-galante, Ils y vinrent, &c fous
prétexte de traiter, ils allerent de cafc
en cafe, & affommerent à coups de
bouton tous les habitans. Le Commandant qui étoit dans le Fort, furpris comme lesa autres, furalffommé avec fcs
perfonne n'échapa. Après cela ils
rent les maifons à
Ee
leur aife, & mirenc
le feu par tout. Cetincendie fiat fi grand
qu'on Tapperçut de la Guadeloupe, M.
Houelyit qu'iléroit. arrivé quelque mal
heur danscette Ifle, & fit partir
temeht denx barques, dans
mit cent hommes avec
LRETO
le Chevalier
Houel fon frere pour les commander. Il
lnidonna fes inftructions, avec ordre de
faire travailler à un Fort, dont il marqua ie lieu, 2 far une pointe de roche à
l'entrée des bafles. Il voulut aulli >
l'on enfermit d'un bon retranchement qué
l'efpace quife trouyoit cntrele Fort & le
bord de la mer, Cet ordre eft du 10;
Octobre 1653. --- Page 161 ---
Frarçoifes dé PAmériqué. 142
Le Chevalier Houel vit en arrivant
Caraibes qui étoient demeurés
quelques dans PIfe. Ils prirent la faite auffi-tôt,
sembarquerent & gagnerent la Cabefde la
On vifita les
terre
Dominique: étoient à demi brûlés, &c
cadavres qui
avoient étéaffommés
on remarqua qu'ils
ce
étoit une
à coups dc bouton 2
qui des Caconviction
c'étoit l'ouvrage
raibes. On f:: fit mettre en terre.
On remarqua une chofe de la fidélité
d'un chien, qu'ileft: à propos dera ppor* du
conftamment auprès
ter. Ildemeura
ce qu'il fic
de fon maitre, jufqu'à
aEt &c conferva depuis eC tems-là
une fi étrange averfion contre les Caraibes, qu'il fe jettoit furieufement fur tous
Quand on
ceux qu'il pouvoit approcher. il morl'en cmpèchoit en T'enchainant, marché. Il Ifut
doit la terre où ils avoient de le faire
impofible depuis ce tems-là
la
coucher dans le Fort Il rodoit toute
nuit autour de la Forterelle, 8c fur le
bord de la mer, $ & dès qu'il découvroit
la moindre chofe, ilfe mettoit à japper
d'une maniere à éveiller les plus endormis. Pendant qu'on travailloit au Fort, le
Chevalier Houel fut vifiter les carbets
des Sauvages qui s'étoient enfuis > ilies
G 11j
le faire
impofible depuis ce tems-là
la
coucher dans le Fort Il rodoit toute
nuit autour de la Forterelle, 8c fur le
bord de la mer, $ & dès qu'il découvroit
la moindre chofe, ilfe mettoit à japper
d'une maniere à éveiller les plus endormis. Pendant qu'on travailloit au Fort, le
Chevalier Houel fut vifiter les carbets
des Sauvages qui s'étoient enfuis > ilies
G 11j --- Page 162 ---
Igo Nowveaux Voyagès anx Tes
fit brûler, & arracher leurs vivres &
leurstabacs, &c y fit faire un tel
>
qu'ilsn'eurent plus l'envie d'y revenir. ravage
Le Fort étant. en état de défenfc, &
le grand retranchement au bord de la
mer 2 le Chevalier Houel s'en retourna
à la Guadeloupe. Illaiffa à Maric-galante pour Commandant, le fieur de Blagny, avec une Colonie d'environ cent
hommes.
Monfietr Houel fc difpola à faire la
guerre aux Caraïbes, & à venger
le fer & par le feu, l'attentat qu'ils par
avoient commis en pleine paix. Ilchoifit pour cela le Capitaine Dumé, s il lui
donna cent cinquante des plus braves de
fon Ifle, avec trois barques & deux
canots.
Un affez bon nombre de Caraibes de
la Balle-terre dela Dominique, : voulant
marquer à Monfieur Houel, qu'ils
doient commeleur compere & bon regar- ami,
qu'ils n'avoient point de part à cette
manvaife aétion, > fe joignirent auix
François, & leur fervirent des guide
les conduire à travers les bois ala Cabef- pour
terre, où étoicnt les coupables. Quelques carbets farent firpris. On
tout ce quis'y trouva, on y mit le égorgea feu,8c
CÇ fut une imprudence. L'incendie aver- --- Page 163 ---
Françoifes de LAmerique. 15*
tit les autres, ils firent un corps > & fe
de fermeté & d'abattirent avec autant
firent
dreffe, que les François en
paroiles
On en tua un bon
tre à
attaquer.
les bois,
nombre 3 les autres gagnerent bon ordre fur
&c enfin fe préfenterent en
une ance de fable fort fpacieufe.Lespremieresdéchargesleute tuerent du monde,
de
bois, d'oi
& les obligerent gagnerlest ou huit à la fois,
ils ne fortoient queiept 8 fi-tôt
pour tirer leurs Héches 5
ils quils
voyoient le feu de l'amorce, fejet- les
toient à terre fi adroitement 5 que
étoient perdus. Cette manceuvre
coups obligea les François d'uferd'une rufe qui
les déconcerta, Pendant qu'un tiroit,
& que les Caraibes fesettoient par & tetre, tiroit
fon voifin fe tenoit prètà tirer > Par,ce
quand les Caraibes le relevoient.
moyen ils en tuerent vingt ou vinge- alz
cinq, &c en blefferent bien autant; leur
fin ces pertes leur firent abandonner
pofte, ils fe diffiperent, & les François
carbets, &
brûlerent encore quelques
fememmenerent en efclavage quarante
mes & enfans. On n'y eut que quatre de la
François bleffés, qu'on eut bien les
peinc à guerir du venin des Aéches;
Caraibes perdirent plus de centhommes bcaudans ces differentes rencontres, 8
G iv!
c en blefferent bien autant; leur
fin ces pertes leur firent abandonner
pofte, ils fe diffiperent, & les François
carbets, &
brûlerent encore quelques
fememmenerent en efclavage quarante
mes & enfans. On n'y eut que quatre de la
François bleffés, qu'on eut bien les
peinc à guerir du venin des Aéches;
Caraibes perdirent plus de centhommes bcaudans ces differentes rencontres, 8
G iv! --- Page 164 ---
152 Nonreanx Yroyages aux
coup de bleffés, dont Ol1 ne Içait Tles
nombre.
pas-I lé
Quelque tems après le retour du fieur
Dumé, on eut avis que les
la Cabefterre de la Dominique Caraibes de
revenir à Marie galante, &c avoir vouloient
revanche. Monfcur
leur
fieur des Cerifiers Houely envoya le
Ils
avec trente hommes,
Cabelterre, apprirent en mettant pied à terre à la
ja fait leur defcente que les Caraibesavoient à la
défieur des Cerifiers fans Baffe-terre. Le
fit paffer fa troupe au travers perdre des detems ,
pour être plurét au Fort. Ils en bois,
encore aflez éloignés, lorfqu'ils étoient
inveftis par trois cens
furent
prifant leur petit nombre Caraibes, qui imé
pas fc fervir de leurs
3 nc voulurent
à eux rians & chantans, Aéches, & vinrent
lesaffommer à coups de bouton. > comptant de
Ce Capitaine mi fes gens en
& leur fit faire une décharge fià ordre,
qu'ily eut dix-huit Sauvages far propos, le carreau, & faifant mettre le
à la
main à fes gens, il les chargea piftolet fi
ment qu'ils
la fuite. Il les vivefuivit
pourtua
pirogues, oi l'on
RenifRtne
encore du monde, Cette aétion leut
ta plus de cinquante hommes
cOouvages. Ceux qui échaperent. fc aux Sauà la Dominique.
fauverent --- Page 165 ---
1 Frangoifes de PAmbrigne. 153
On croyoit que ces deux aétions qui
avoient été Gi delavantagenfcsaux Caraibes, les obligeroient de demeurer en recependant Monfieur Houel fut
pos,
Caraibes dela Balleaverti
quelques
ceux de la
terre AETI la Dominique 2 que
Cabefterre fe dilpoloient à aller
le fieur de
IRAST
les Saints. Ily yenvoya
avec
le, Licutenant de ia Compagnie, furent
trente hommés. Les Sauvages Lc a fieur de
quelques jours fans paroitre. étoit prèt de repafLétoille s'ennuyant
fer à la Guadeloupe 2 quand les Sauvages
parurent: Il les reçût au débarquement s
mais fans pouvoir empècher qu'ils ne
mifent à terre > les habitans de la Co.
lonie gardoient un pallage que les Carai- fcs
forcer. Létoille &
bes ne parent
& tuerent
gens fe battirent en braves,
un fis grand nombre de Sauvages, qu'ils
les obligerent de regagner leurs piroUn d'eux qui avoit été bleffé d'un
gues. de coutelasà lajointure del'épaule,
fe coup jetta à la mer. Les François le pourfuivirent dans un canot > & tirerent toucher. plufieurs fois furlui fans le pouvoir
Il nageoit entre deux caux, & prenoir laffa
fon haleine fi adroitement, quil furent
ceux qui le pourfaivoieni, qui
contraints de T'abandonner.
G V
ent de regagner leurs piroUn d'eux qui avoit été bleffé d'un
gues. de coutelasà lajointure del'épaule,
fe coup jetta à la mer. Les François le pourfuivirent dans un canot > & tirerent toucher. plufieurs fois furlui fans le pouvoir
Il nageoit entre deux caux, & prenoir laffa
fon haleine fi adroitement, quil furent
ceux qui le pourfaivoieni, qui
contraints de T'abandonner.
G V --- Page 166 ---
154 Nowveanx
anx Ifes
Ces trois défaites Foyager les forcerent de demeurer en repos, On fut
fans en entendre parler. allezlong-tems A la fmn fans
faire aucun traité de paix sils revinrene
peu à Peu à la Guadeloupe. Monfieur
Houel qui connoiffoit
l'on tiroit de leur
lavanrage que
à fes habjtans de commerce, lcur faire deffendic
fulte > ni de leur
aucune intoit paffé, ils en reprocher avoient été ce qui s'é.
ment châtiés, mais illes avertit fuffifam- d'être
laiffer toujours fur leurs gardes, & de neles
à-faitr entrer dans leur maifon, que toutdéfarmés.
J'ai parlé dans un autre ouvrage de
l'établiflement des François dans l'ife &
Terre-ferme de Cayehne, où le Leéeur
curieux pourra avoir recours.
Ily eut encore quelques commencemens d'établiflemens dans la Terre-ferme, car ces fortes d'entreprifes étoient
devenucs à la mode,
éroient du goit de la
parce qu'elles
furent fi mal conduites Cour, mais elles
la ruine aufli-tôr
, qu'on en apprit
quelétablitfement. --- Page 167 ---
Françoifes de Amériqae. 155
a *
CHAPITRE X.
Décadence de la Compagnie, quief oblin
gée de vendre fes Iftes à cesx gai eit
étoierit Gonvernenrs.
A Compagnie formée par le CarL . - dinal de Richelieu, avoit fait des
avances très confidérables pour foutenir
fes établiffemens. Les aétionnaires
avoient été obligés dedoubler & de tripler leurs premicrs fonds, & elle en retiroit fi peu de profir; qu'elle fe trouva
chargée à la fin de't trèsigroffes dettes.
1 Sans aller chercher bien' loin la caufe
de ces défordres; elle fe préfente d'elle-.
mème. Elle craignoit
les Gouverneuts qu'elle avoit uhits ne la trompalfent, & pour les'e 'empècher - > elleleut
envoya quantité de furveillans, fousle
nom d'Intendans, de Commis principaux, deSous-commis, de Receveursy
de Teneurs de livres & autres, à qu*
il falloit degros appointements, toujours
les premiers payés. Cela confommoit
preique tout ce que la Compagnie
de
Combien de
ESIEL
voit retirer profit.
allans
feaux & de cargaifons perducs en
Gvj
'e 'empècher - > elleleut
envoya quantité de furveillans, fousle
nom d'Intendans, de Commis principaux, deSous-commis, de Receveursy
de Teneurs de livres & autres, à qu*
il falloit degros appointements, toujours
les premiers payés. Cela confommoit
preique tout ce que la Compagnie
de
Combien de
ESIEL
voit retirer profit.
allans
feaux & de cargaifons perducs en
Gvj --- Page 168 ---
456 Nuveanx
Aux
aux ifles ou en venant. Voyages Combien Hfles de dé
penfes n'étoit-elle pas obligée de faire
en Europe pour les magafins & les Officiers qu'elle étoit obligée d'y entretenir
à gros
quoiquils n'euffent fouvent rien SFE faire, à caufe du peu demarchandifes qui venoient des Iiles.
Le profit que la Compagnie tiroit des
Ifles, > confiftoir en cent livres de tabac
que toûs les habitans, depuis l'âge de
leize ansjufqu'à foixante,éroient obligés
de payer chaque année > oul cinquante
livres de corton, & là-deflus combien
de nonvaleurs.
Ileft vrai que dans les premieres années de l'érabliffement de Saint Chriftophe, le tabac avoit été vendu
une piftole la livre. S'il avoit continué jufqu'a
d'ètre toujours à ce prix, 2 il eft clair
les actionnaires auroient pû fmapporter que les
dépenfes aufquelles ils étoient
& même s'enrichir; mais cet obligés heureux >
tems fut court. On fit une fi prodigicufe
quantité de tabac, qu'ildevincà
& guand on en pouvoir tirer vinge vilprix, ou
vingt-cinq fols, on fe croyoit heureux.
Le cotton fe foutint mieux, 2 lindigo fut
prefque toujours à un prix raifonnable,
cependant jufqu'a la manufaéture des
Sucres, on peut dire que les Colonies --- Page 169 ---
Françoifes de PAmerique. 157
n'ont fait que ramper , mais la Compagnic n'a prefque pas joui de cet avantage. A la fin la Compagnic fe tFouva obe.
rée,elle fit affembler tous fes membres.
chez Monfieur d'Aligre > Confeiller
d'Etat, le vendredi 15- May 1648. L'état de la Compagnic y fut repréfenté s
& on propola deux
lc premier
tous les rate euffent à fourquc nir chacun quatre mille Jivres argent
comptant, , ce qu'on croyoit pouvoir
faffire à payer les dettes lesplus preffécs,
en attendant un meilleur tems.
des
Le fecond de vendrela propriété
Iles, au meilleur prix quille pourroir
pour payer les dettes que la Compagnic
avoit contractées, & partager le furplus s'il y' en avoit, aux actionnaires. Hétoit
Ce dernier parti fut accepré.
fans doute le plus raifonnable. Car de
changer le Gouvetnement des Iles,ily
avoit de grands sinconveniensà craindre.
Après ce qui étoit arrivé à Saint Chriftophe, ou Monfieur de Poincy avoit
refufé d'obéir aux ordres du Roi réiterés
& avoit renvoyéen France Monfieur de
Thoify Patrocles, que Sa Majefté avoit
envoyé pourle: relever, on devoit craindre qu'il n'en fit encore autant, fi on lui
Car de
changer le Gouvetnement des Iles,ily
avoit de grands sinconveniensà craindre.
Après ce qui étoit arrivé à Saint Chriftophe, ou Monfieur de Poincy avoit
refufé d'obéir aux ordres du Roi réiterés
& avoit renvoyéen France Monfieur de
Thoify Patrocles, que Sa Majefté avoit
envoyé pourle: relever, on devoit craindre qu'il n'en fit encore autant, fi on lui --- Page 170 ---
Y58 Nowveaus Pojages ane Ifes
envoyoit un fecond
&
les autres Gouverneurs facefleur. que
n'imitaffent ion
exemple, & dans tous ces cas > la Compagnie ne pouvoir rien efperer d'avanta-
.geux. La vente des Ifles fut donc
& Mefliears
réfolué,
d'Aligre, de Ricouart &
Berruyer furent chargés par la Compagnie de préfider à ces ventes, &c d'en
tirer le meilleur parti qu'ils pourroient.
Dès que l'on Içurla réfolution de la
Compagnie, fenter bien il nc manqua pasdc fepré
des gens qui voulurent
ces
faire
acquifitions. Les Gouverneurs des
Ifles qui fçavoient mieux que
ce qu'elles valoient,
perfonne
s fe préfenterentdes
premiers, & firent des offres.
La Compagnie qui avoit lieu de n'étre pas contente du Commandeur de
Poincy, ne fe preffa pas de traiter aveç
lui, cela obligea M-de Poincy fon neveu, fils de Monfieur de
fon frere, de fe mettre fur les Longvilliers rangs, fondé d'une procuration péciale ad boc de
fon pere.
La Compagnie eut encore des raifons
pour differer de traiter. Elle craignoit
Monficur de Thoify Patrocles ne
Aere faifir les deniers de cette vente
fe rembourfer
, pour
dûes
le desfommesquilni étoient
par
Commandeur de Poincy. --- Page 171 ---
Frangoifes de PAmerique: 159
Mais dansle mème tems , elle perdit un
procès de conféquence, contre la Damoifelle de Loline 2 veuve du ficur de
Loline, ci- devant Gouverneur de la
Guadeloupe: Elie fat aufli accablée par
un grand nombre de créanciers, & ne
pouvant fatisfaire à tant de gens, elle
entra en négociation avec Monfieur de
Boifferet, beau-frere de M. Honel, ne
voulant en aucune façon, quele nom de
Monfieur Houel parir dans le contrat.
Monfieur Houel qui connoiffoit patfaitement ce que valloit la Guadeloupe es
la Defrade.Marie-galante & les Saints,
envoya une procuration. à Monfieur de
Boifferet, le 13. Novembre 1648.8 une
feconde le 14. Mars 1649. pour acheter
ces Ifles en fon nom, à tel prix qu'elles:
puiffene aller, &cluimarqua fort en détail les raifons qu'il avoit de faire cet
achat, & les facilités qu'il y avoit de le
payer. La Compagnie ne voulutjamais traiter avec Monfieur Houel, mais elle:
convint de paffer les contrats au nom de
Monfieur de Boifferet. Ces contrats furent palles pardevant Oger. & Morel,
Norairesà Paris, le 4- Septembre 1649,
Par le premier des actes, elle vend
la propticté & le fonds des-Ifles de la
tail les raifons qu'il avoit de faire cet
achat, & les facilités qu'il y avoit de le
payer. La Compagnie ne voulutjamais traiter avec Monfieur Houel, mais elle:
convint de paffer les contrats au nom de
Monfieur de Boifferet. Ces contrats furent palles pardevant Oger. & Morel,
Norairesà Paris, le 4- Septembre 1649,
Par le premier des actes, elle vend
la propticté & le fonds des-Ifles de la --- Page 172 ---
160 Nowveaux Froyager aux Ifles
Guadeloupe, Defirade,
& les Saints, pour la fomme Matie-galainte, de loixante
mille livres rournois, & fix cens livres
de Sucre fin chaque annéc,4
Pàr le fecond, elle
perperuiré,
maifons,
vend.toutes les
forts, bâtimens, machines,
inftrumens, armes, > canons, moufquets,
beftiaux 5 outils, s marchandifes, &
généralement tout ce qui lui appartient
dans ces Iles, à la réferve de
pieces de canon de fonte qu'elle fc quatre réferve, à la charge de payer la fomme de
onze mille cinq cens livres, aul Sieur
Rofée, Marchand à Rouen, & celle de
quinze cens livres argent comptant - s
pour le rachat & amortiffement des fix
cens livres de Sucre mentionnés aul
mier contrat, & encore dc payer à RE
quit de la Compagnie I , tout ce qu'elle
devoit anfdites Ifles, aux commis & autres; > employés à fon fervice-jufqua ce
jour.
Monfieur Houelapprit ces nouvelles
avec bien de la douleur. Il crut que fon
beau-frere l'avoit joué, & qu'il avoit
fait fa fortune à fes dépens. Il éclata en
menaces 2 & ne pur être appaifé
la ceflion que lui fit Monlicur de que RCIReZ
rcr, dela moitié de fon acquifition.
Enfin fe voyant maitre de la Guade- --- Page 173 ---
Francoifes de PAmerigné. i6t
loupe, il fit bâtir le Fort, ou Château $
de la Baffe-terre, a fubO1l Donjon
le f fauter
fifté julqu'en 1703. qu'on
aux Anglois.
avant del'abandonner
de la GuadeLa ceffion de la moitié
à
loupe; faite par Monfieur de Boifferet
Monfieur Houel, a été depuis ce temslà une fource de diffentions,de querelles,
& de procès entre les deux familles, 2 ju(- de
qu'à ce que le Roi trouva à propos
retirer toutes les Ifles, de ceuX quis'en les
étoient rendus propriétaires, en
rembourfant e du prix de leurs acquifitions 8c des ameliorations qu'ils y
avoient. s Cela arriva en 1664.
Monfieur Berruyer, l'un des quatre
Diredteurs de la Compagnie, donnaavis
avoit dif
à Monfieur du Parquer 2 qu'il la Compofé les chofes de maniere que
pagnic. le préfereroit à tout atttre dont 5 pour il
le rendre propriétaire des Ifles aufli tôt de
étoit Gouverneur. Il partit
traita
la Martinique : 3 vint à Paris 2 &c
avecla Compagnic de l'achât de la MarSainte Aloufie, la Grenade &
tinique, >
la fomme de foixante
les Grenadinspour
fut
à Paris
mille livres, le contrat
paffé
le 27- Septembre 16jo. obtint aufli-tôt
Monfieur du Parquet
des lettres confirmatives de ce contrat;
tôt de
étoit Gouverneur. Il partit
traita
la Martinique : 3 vint à Paris 2 &c
avecla Compagnic de l'achât de la MarSainte Aloufie, la Grenade &
tinique, >
la fomme de foixante
les Grenadinspour
fut
à Paris
mille livres, le contrat
paffé
le 27- Septembre 16jo. obtint aufli-tôt
Monfieur du Parquet
des lettres confirmatives de ce contrat; --- Page 174 ---
162 Nowveaux
& ayant eu l'hoaneur Voyages AHx Hfes
fois Sa Majefté de la d'entretenir trois
de ce qu'on en
qualité du pais, &
fuite, le Roi LEIRe informé efperer dans la
ce qu'il avoit fait pour fon fervice d'ailleurs de
plufieurs années, lui en donna le
vernement, &
OTL
Général, fur les l'établit fon Lieutenant
par des lettres ildegulilavoitacherdes
1651.
patentes du mois d'Aoûr
Monfieur le Commandeur de
fut le dernier à traiter
Poincy
pagnie, pour les Ifles de S. avec la Comia Tortue, 2 Sainte
Chriftophe ,
& Saint
Croix, 2 Saint Martin
Barthelemy,
La Compagnie s'étant obftinée à ne
point traiter avec lui, il
Monficur le Bailly de Souvré, engagea
de la Religion auprès du Ambaffadeur Roi, de
acheter pour l'Ordre, & lui fe
les
du payement, qui fut de cent chargea
le livres tournois, le contrat vingemil- eft du
May 1651.
24Le grand Maitre de Malte,
un prefent fi confidérable
reconnut
la
qu'il faifoit a
de Religion, en lui donnant la qualité
Bailly, & lui permettant de
du refte de fes biens en faveur de diipoler
rens.
fes paLa Religion prit donc poffeffion de --- Page 175 ---
Francoifes de LAmérique. 169
Saint Chriftophe &c des autres Ifles. Elle
en confirma le Gouvernement au Bailly
de Poincy, & elle envoya le Chevalier
de Montmagny à Saint Chriftophe Cheva- pour
lui fuccéder en cas de mort. Ce
Phulier ayant peine à s'accommoder fe à retira
meur de Monfieur de Poincy,
au quartier de Cayonne, qui eft comme
la ferme de la Commandérie, &cyve le
cût en homme privé, en attendant
décès du Bailly, mais il mourut avant
lui, & fut enterré à la Paroiffe de la Baffe-terre, où le Bailly de Poincy lui fit
faire des obfeques maghifiques.
L'Ordre de Malte envoya en fa place
Mefieurs les Chevaliers de Saint Jure &
de Sales. Le premier ne pouvant s'ac- de
commoder aux humeurs de Monfieur
Poincy, s'en retourn2 cn France. Le
Chevalier de Sales tint bon, & a faccédé
à Monfieur de Poincy. de Malte fit demanLe grand Maitre
des
der au Roi par fon Ambaffadeur s Elles
lettres de confirmation de cetachât. de
lui furent accordées, aux conditions de la
tenir lefdites Ifles, en mouvance
Couronne de France, &c que pour marde la Souveraineté que le Roi is'y
que conferve, l'Ordre en fera hommage aut
Roi, & le reconnoitra par une Couron-
édé
à Monfieur de Poincy. de Malte fit demanLe grand Maitre
des
der au Roi par fon Ambaffadeur s Elles
lettres de confirmation de cetachât. de
lui furent accordées, aux conditions de la
tenir lefdites Ifles, en mouvance
Couronne de France, &c que pour marde la Souveraineté que le Roi is'y
que conferve, l'Ordre en fera hommage aut
Roi, & le reconnoitra par une Couron- --- Page 176 ---
164 Ninveanx
AuX
he d'or, de la valeur
Mes
que
Pte
muration de Roi, milleécusà chades Chevaliers des trois quiln'y aura que
ce qui y pourront être langues deFranGouveincurs, &
envoyés comme
tés au Roi, &a agréés qui auront été préfeny avoit encore d'autres par Sa Majefté. Il
l'on trouvera dans leur conditions, ghe
premier tome de I'Hiftoire entier, dans le
Pete du Tertrc
des Ifles, du
font du mois de Mars 5 page 456. Cesléttres
Monfieur lc Comte 1653. de Cerillac
informé des grands profits
étant
gneurs propriétaires des Ifles que les Seichaque
y faifoient
Mais jour 5 eut envie d'y prendre
comme ils n'y.avoir plus d'liles part. à
lui conquerir feroit fur les Caraibes, ild crut qu'il
plus aifé d'en acheter
ne qui fut déja habitée, il quelqu'tfàr la Grenade,
jettal les yeux
fieur du Parquer. qui appartenoit a Monnégotiation,le Après une affez longue
marchié fut
nant quatre-vingt-dix mille conelmmoyen- livres
nois, dont la noitié devoit être tontPar comptant > & l'autre moitié un an payéc
ce contrat Monfieur du
après.
da à Monficur de Cerillac, Parquet l'Iile céGrenade & les
de la
tation partriculiere Grenadins, avecThabiefclaves &
qu'ily avoit, tousles
engagés, les canons, fulils, --- Page 177 ---
Françoifes de FAmerigue. 165
moufquets, munitions de guerre, bâtimens, uftencils, d & généralement tout
ce qu'il polledoit dans ces Ifles. Le contrat fut paffé en 1657.
L'on. vit alors quatre Seigneurs
priétaires de toutes les Colonics -RORE
çoifes.
La Religion de Malte fétoit deSaint
Chriftophe, Sainte Croix, 9 Saint Martin : en partic, s & Saint Barthelemy.
Mellieurs de Boifferet & Houel, dc la
Guadelonpe, Marie-galante, > la Defirade, & les Saints.
Monfieur du Parquer, de la Martinique & Sainte Aloufie,
Et Monfieur de Cerillac, de la Gre,
nade & des Grenadins.
Cet état cft le fecond fous lequel on
peut regarder les Colonics Françoifes.
Chaque Seigneur étoit comme un petit
Souverain chez lui. Les trois premiers
avoient la qualité de Licutenant Général
pour le Roi. Les ordres de la Cour) leur
éroient adreffés à chacun en parciculier,
ils difpofoient de toutes les charges de
Milicc & de Judicature. Leurs Juges
condamnoient à mort, & le Scigneur
faifoit grace quand il lejugeoit à pro:
pos.
My eut pendant ce tems des guerres
çoifes.
Chaque Seigneur étoit comme un petit
Souverain chez lui. Les trois premiers
avoient la qualité de Licutenant Général
pour le Roi. Les ordres de la Cour) leur
éroient adreffés à chacun en parciculier,
ils difpofoient de toutes les charges de
Milicc & de Judicature. Leurs Juges
condamnoient à mort, & le Scigneur
faifoit grace quand il lejugeoit à pro:
pos.
My eut pendant ce tems des guerres --- Page 178 ---
866 Naneaeinyagena Aux Ies
fanglantes avec les Caraibes > qui ne
cefferent tout-à fait
par l'expulfion
entierc des Sauvages, Tcf de la Martinique, la Guadeioupe, Marie-galante &
la Grenade, 3 & enfin par une paix générale, qui fut faite avec ces barbares, par
les foins de quelques MifionnairesJelutires & Dominiquains > le 31. de Mars
1660, dans laquelle les Anglois furent
compris.
Jufqu'en l'année 1658. la Cour de
Rome avoit toujours évité de reconnoitre le Roi comme Souverain desIfles de
l'Amerique, de peur de donner atteinte
au bref d'Alexandre VI. en faveur du
Roi d'Elpagne, en 1495.
Dans le brefaccordéau Pere Pélican,
Préfet & Supérieur Général des Dominiquains, le Pape Urbain VIII. ne traitoit
encore le Roique comme Proteéteur des
Religieux Millionnaires, Protettis à rege
Chorifhiamifimo. Mais Alexandre Vil.
paffa outre, & dérogea formellement au
brefd'Alexandre VI. car dans celui qu'il
fitexpédier au Pere Fontaine > Dominiquain, Préfet Apoftolique des Miflions
de fon Ordre, il reconnoit le Roicomme Souverain des conquêres & des Colonies que fes Sujets ont faites aux Ifles
del'Amerique. Ile cflporécaprellémens: --- Page 179 ---
Frangoifes de PAmerigne. 167
Facultaves conce/fe à SS. D.N, Domino
Alexandro, diciniprovidestii Papa VII.
fratri Petro Fontaine, Ordinis Pradicatorum, Prefeito Milfionis ejnfdem Ordinis,
inlefiulis Guadalupe, 6 alis adjacentibus,
Chrifianifimo fubieétis.
Regi
formelle 5
Voilà une reconnoillance été exqui depuis ce tems-là a toujours font émapriméc dans tous les brefsqui de la Connés du Pape >
le miniftere
de E Propagande.
grégation
funefte à la Mar-
- L'année 1658, fat
du Partinique par la mort de Monfieur &Lieu-.
quet, fon Seigneur propriétaire. Il
fetenant Général du Roi. mourutle aufli
cond de Janvier , d'une maniere avoir
Chrétienne qu'il avoit vécu, après
reçà tous les Sacremens. Il ft brûler en
fa préfence, le procès 8c les informa- le
tions qui avoient été faites contre
nommé Bourlet , qui auroit été le pendu, Chef.
une fédition dont il étoit
Eez fit aufli retirer du fieur Foppe, Mar- la
chand Zelandois, 8 Calvinifte,
permiflion qu'il luiavoit accordée à forcc de prieres, d'acheter une habitation
dans fon Ifle.
de Saint
- Il fut enterré dans l'Eglife
&
Pietre, avec toute la magnificence, &à
tous les honneurs dûs à fa qualité
fon mérite.
uroit été le pendu, Chef.
une fédition dont il étoit
Eez fit aufli retirer du fieur Foppe, Mar- la
chand Zelandois, 8 Calvinifte,
permiflion qu'il luiavoit accordée à forcc de prieres, d'acheter une habitation
dans fon Ifle.
de Saint
- Il fut enterré dans l'Eglife
&
Pietre, avec toute la magnificence, &à
tous les honneurs dûs à fa qualité
fon mérite. --- Page 180 ---
E68 Nowveaux Foyages aux IRes
Comme il ne laiffoit que des ehfans
en bas age, Madame du Parquer fa veu-.
ye, fe preffa d'envoyer en Francele Pere Feuillet, Dominiquain, 3 pour obrenir du Roi la qualiré de Lieutenant
Général l, pour le fils ainé du def.
funt.
LeRoi quicomnoilf@sitlemérite & les.
fervices de feu Monfieur du Parquer,
accorda plus qu'on ne lui
& par fes lettres patentes du demandoit, 15bre 1658. non leulement il donna Septem- le
Gouvernement de la Magtinique & de
Sainte Aloulie, au fils ainé du deftint,
que lon appelloit d'Enambuc, avec la
qualité de fon Lieutenant Général; ; mais
il étendit cette grace à fon frere cadet,
nommé du Parquer, qu'il lui firbftitua
en casdemort; & parce queleur bas
ne les rendoir pas propres à exercer âge ces
charges, i confiua le fieur de Vanderoque leur oncle paternel, pour les exercerjufqu'à ce qu'ils cuffenr atteint l'âge
de vinge ans accomplis.
Ces lettres font un grand détail des
fervices
l'illuftre famille d'Enambuc
a rendu Te l'Etat, & font remplies d'exprefions fi avantageufes, que j'aurois
été tenté de les rapporter en entier, file
Peredu Tertre mon confiere, ne l'avoit
fair --- Page 181 ---
Françoifes de LAmbvrique. 169
fait dans le premier tome de fon Hiftoirc des Antifles, page 531.
Monfieur le Bailly de Poincy fuivit
d'affez près Monfieur du Parquet. Il
mourut le II. Avril 1660. âgé de foixante & dix-fept ans > après un Gouvernement d'environ vingt années& fut enterré dans l'Eglife de la Paroiffe de la
Bafle-terre de Saint Chriftophe.
Monfieur le Commandeur de Sales,
très-digne neveu de Saint François, lui
fuccéda dans toutes fes charges, excepté
en celle de-Lieutenant Général du Rei.
Il ne prit d'abord que la qualiré d'adminiftrateur de la Seigncurie de S. Chriftophe, & de Chef de lanation Françoife,
érablie par Sa Majefté 2 pour fon Eminence Monfeigneur le grand Maitre de
Malte.
A peine eut-il été reconnu en ces qualités qu'unnommé Dubiffon, Capitaine
d'une Compagnic de Milice, homme
brutal, yvrogne, & d'un efprit des plus
médiocres, aflembla trente ou quarante habitans de fon humeur, qui dirent
hautement qu'ils ne vouloient
d'autre maître quele Roi, ni de
Betat
mandant qui fut Chèvalier > ni des nouveaux droits que le Bailly de Poincy
avoit établis. il tint chez lui des allemTome /.
H
unnommé Dubiffon, Capitaine
d'une Compagnic de Milice, homme
brutal, yvrogne, & d'un efprit des plus
médiocres, aflembla trente ou quarante habitans de fon humeur, qui dirent
hautement qu'ils ne vouloient
d'autre maître quele Roi, ni de
Betat
mandant qui fut Chèvalier > ni des nouveaux droits que le Bailly de Poincy
avoit établis. il tint chez lui des allemTome /.
H --- Page 182 ---
Nonveanix
aux IRes
170 fedirieules, TE2t &
allez téméraire
blées faire battre le? rambour, & mettre
pour
les armes, efperant
fa compagniélfous de faire foulever toute la
par ce moyen
Colonie.
de Sales ayant avis
Le Commandeur defédition.firmetdece commencemened
fous les armes,
tre toutes les Compagnies de venir lui
& envoya dire à Dubiflon, avoit >
fait. Ce
rendre compte de ce qu'il indifpolé, & fe
rebelle feignit d'ètre 8c de lui demancontenta de lui écrire,
droits.
der la fupprellion des commandaau nouveaux
fieur
Monfieur de Sales de fes Gardes, de
Rollignol, Capitaine de le luia amener de
l'aller trouver,&
de
de force. Ily furaccompagné
E
oul
& du feur de la Guarigue
fieurs gardes,
A leur arrifon gendre auffi Capitaine.
étoient avec Dubillon,s'envée ceux qui
Les fieurs Roffuirent & fe cacherent. le faluerent dans
fignol & la Guarigue de > lui perfuader de
fa cour , & tâcherent Monfieur de Sales.
venir trouver de Sales prévoyant e que
Monfieur
avoir
cette levée de boucliers pourtoit
des fuites, crut y devoir aller en Gentil- perfonne, accompagné de plufieurs Officiers de
hommes, &des principaux encore dans fa
PIle. Il trouv*Dubilion --- Page 183 ---
Tyançoifes de TAmerique. I7I
cour, il lui demanda pourquoi il avoit
fait prendre les armes à fa compagnic.
Dubiffon lui répondit f infolemment >
Monfieur de Sales ordonna qu'on
Tmaare de fa perfonne. Il rentra dans fa
maifon , prit un piftolet, &l le tira far le
premier quife préfenta. Par malheur ce
fut Monfieur de Sales, &
bonheur
fon cheval fc cabra, ce
Er caufe que
le coup qu'il auroit
dans le corps,
-
ne le frapa que dans la cuiffe, qu'il lui
perça d'outre en outre. Lc fieur de la
Guarigue tira le fien fur ce temeraire >
8c le blella dans le corps, > & auffi-tôt
on' fej jetta fur lui, & on le porta en ptifon.
Pendant qu'on panfoit Monfieur de
Sales, on fit en diligence le procès à
Dubiffon, il fut condamné à être
du, 8c enfuite écartelé 2 & fes
necieres
attachés à des potences >
intimider
les autres rebelles. Ccla EPEd exécuté, &
il n'y eut plus perfonne qui fongeât àfe
foulever.
La mort de Monfieur du Parquet
avoit été fuivie de quelques revoltes,
qu'on eut aflez de peine à appaifer.
Les Caraibes qui occupoient la Cabefterre de la Martinique, crurent pouvoir fe fervir de ces foulevemens pour
Hij
é 2 & fes
necieres
attachés à des potences >
intimider
les autres rebelles. Ccla EPEd exécuté, &
il n'y eut plus perfonne qui fongeât àfe
foulever.
La mort de Monfieur du Parquet
avoit été fuivie de quelques revoltes,
qu'on eut aflez de peine à appaifer.
Les Caraibes qui occupoient la Cabefterre de la Martinique, crurent pouvoir fe fervir de ces foulevemens pour
Hij --- Page 184 ---
172 Nowveaux Voyages anx IRles
chaffer, ou pour exterminer les François qui étoicnt établis à la Bafle-terre.
ils commencerent par debaucher leurs
Négres,& àles retirer chez eux. Sep pattageant enfuite en pluficurs bandes, ils
épioient les François qui alloient à la
chafle dans les bois, > ils
le challeur eut tiré fon attendoienrque
lui donner le tems de
coup, s & fans
doient fur lui & l'affommoient.Iis recharger, ils fonrent environ vingt avant qu'on s'en en tueperçûr. A la fin on en cit
apon
&
réfolut de les pouffer connoiffance, à bout, B de
les chalfer enticrement de lIlc.
Ils ne laiffoient pas de venir au
Saint Pierre, comme ils avoient accol- bourg
tumé. Il S'y en trouva un jour environ
vingt, qui buvoient de l'eau-de vie dans
un magazin. Un Officier de fon autorité
privée > amaffa foixante à quatre-vinge
habitans, inveftit le magazin, & les fit
charger à coups de moufqueron, treize
furent tués, on en prit trois qu'on mit
au cachot. Leur Chef qu'on nommoit
Nicolas, quoiqu'il ne fàt
çàr un coup de moufqueton pasbaptiféure- dans le
qui ne l'empècha pasde fc
FRLTE à
on le pourfuivit, mais il jetter
geoit avec tant d'adreffe, qu'il
tousles
rt
coups qu'on lui tiroit, & à cha- --- Page 185 ---
Frangoifes de PAmérigue. 173
que fois qu'ii revenoit fur l'eau, ilapportoit des pierres qu'iljettoit courageufement à la tête dc ceux quile pourfnivoient, quoi qu'il perdit tant de fang,
quel'eau étoit toute rouge autour de lui.
Ala fin ilreçût une balle dansl'ail, &
aufli-tôt on le vit floter. Cependant quelfaire, il s'en
diligence qu'on pûr
Rar.i quelques-uns, qui allerent porter
la nouvelle de Ce maffacre à leurscompatriotes. Après cela la guerre fut déclarée. M.
danslIfle
de Couverlas qui commandoit de Madame du
en qualité de Lieutenant Monfieur de VanParquet, en attendant de faire aflembler
deroque, 2 lengagea où attendu l'enlevele grand Confeil,
mentdesefclaves > & les aflaffinats commis parles Caraibes en pleine paix, il fut
réfolu de porter la guerre chez eux, de
les exterminer , ou les chaffer, & far le
champ on fit choix de fix cens bons
hommes pour cette expédition. a barOn en mit deux cens dans cinq
fous le Commandement de MonRecrl dc Loubiere. Le Père Bonin, Supérieur des Jefuites, fut avec Monficur
de Loubiete, & le Pere Boulogne, Supérieur des Dominiquains, fe chargea
d'accompagner les autres.
H iij
il fut
réfolu de porter la guerre chez eux, de
les exterminer , ou les chaffer, & far le
champ on fit choix de fix cens bons
hommes pour cette expédition. a barOn en mit deux cens dans cinq
fous le Commandement de MonRecrl dc Loubiere. Le Père Bonin, Supérieur des Jefuites, fut avec Monficur
de Loubiete, & le Pere Boulogne, Supérieur des Dominiquains, fe chargea
d'accompagner les autres.
H iij --- Page 186 ---
174 Nonveanx Voyages aux Ifles
Ces quatre cens homines furent
gés en deux troupes, L'une eut ordre parta- de
gagnerla roneterobahstenusger
léc,écl'auere par le Morne
Les
NCuSetIE
cfpions des. Sauvages ayant découvert, cette feconde troupe , en donnerent
avis à leurs gens, qui fe mirent
à creufer en terre des trous ronds, auffi-tôr dans.
lefquels ils planterent des flèches empoifonnées qu'ils couvrirent
de feitilles, avec un peu de legerement terre
deffus 2 ne doutant pas d'avoir das
marchédes roient attirés François, après qu'ils les audans ces
en feignant de prendre la fuire. tedite fcroir arrivé, fi la nuir ne fût farvenue, Un habirant nommé Nicolas
quelque préfentiment de cette Levèque rufe, eut &
confcilla à fes camarades de
autre chemin, & de marcher prendre un
nuit pour les furprendre dans leurs toute la:
bets. Cela fut exécuté. Les
caréviterent ces dangereux
François. &
été découverts un
pieges, ayant
un efpion Caraibe, peu avant le jour par
toutes
celui-ci courut à
fes jambes vers les autres, & jertant
mains pleinesde pouffiere pardeffus fa
rète, illeur fit connoître par ce fignal,
qu'il avoit découvert une multitude de
François 5 ils prirent
&
lépouvante, > --- Page 187 ---
Erangeifes de FAmerigne. 175
g'enfuirent à leurs carbets, qui étoient à
la cafe du
9 aujourd'hui appellée
le Bourg dc Peut Maric, ilsy jetterent
alloient tout
une telle épouvante, qu'ils
abandonner fans combattre; f quelquesuns des plus vieux & des plus braves, ne
foutenir lec choc,
les euffent encouragésà du moins o.
le tems de faire
pour avoir
femmes & leursenfans.
embarquerleurs
aufli-tôt,
Les François qui parurent le loifir. Le
ne leur en donnerent pas
leurs
choc fut rude. Les Sauvages après
hurlemens accoutumés > frent pleuvoir
fur les François une grèlede Aléches, mais
au lieu
ils étoient un peu trop éloignés,
quel les fufils portojent bien plusloin que
leurs arcs. Les François tiroient par Ordre, leur feu étoit continuel &c fi bien
entendu, qu'en moins de demic heure,
ily.cur plus de cent cinquante Caraibes
fur le carreau. Les François s'avançant de
toujours en bon ordre, les forcerent
prendre la fuite, fans pouvoir emporter enfin de
leurs morts ni leurs bleffés, &
fc diffiper dans les bois. Si les François
les euffent pourfuivis, il n'en feroit peutêtre pas demeuré un feul: mais ilss'amuferent à tuer les femmes & les enfans, à
piller les carbets, &c à les brûler. Les
Sauvages fe fervirent de ce relâche pour
H iv
ant de
toujours en bon ordre, les forcerent
prendre la fuite, fans pouvoir emporter enfin de
leurs morts ni leurs bleffés, &
fc diffiper dans les bois. Si les François
les euffent pourfuivis, il n'en feroit peutêtre pas demeuré un feul: mais ilss'amuferent à tuer les femmes & les enfans, à
piller les carbets, &c à les brûler. Les
Sauvages fe fervirent de ce relâche pour
H iv --- Page 188 ---
176 Nonveaux
fe fauver dans Yroyages aux Iles
avoient dans une quelques pirogues qu'ilsils feretirerent ance plus reculéc, > &
partic càla
partie à Saint
Dominique,s
déroure, ils n'ont Vincent, & depuis cette
établirala
plus penfé à fe venir
Martinique.
bois, On fit promptement une croix de
que lon planta à la cafe du Borgne,&cl'on prit polleflion de la
re, au nom du Roi & de Madame CabefterParquet.
du
les Pendant qu'on chantoirle Te Deum,
barques & les deux cens
commandés par Monficur de hommes,
arriverent, & trouvant lai Loubicre,
ils s'en retournerent,
belogne faite,
Les viétorieux jugerent d'un
confentement
le fpirituel de commun la
befterre, Maerdlian
Caniquains,
appartenir aux Domipour reconnoître les
quéle Pere Boulogne avoit rendus fervices
cette occafion aux troupes. Cela fut dans confirmé par Madame du
donna une belle terre Parquer, qui leur
Fonds Saint
qu'on nomma le:
encore anjourd'hui. Jacques, qu'ils polfedent
Cette victoire fut
far
de l'année 1658.
remportée
la fin
Il arriva dansles années fuivantes
de defordres dans les
tant
Ifles, tant de fou- --- Page 189 ---
Françoifes de TAmérique. 177
levemens, , qu'on en pourroit faire um
livre fort
Le Pere du Tertre les a
écrit en AEnT dans fon hiftoire, où les
Curieux les pourront voir.
Ils fervirent en partie de motif au
Roipour rembourfer les Seigneurs
& donner les Ifles à une
ETe
priétaires,
conde
On dit
que
le veritable, peut-être plus grand,
CORTER
nEmaicers
furent les plaintes que les Fermiers des
droits du Roi firent, de ce que eles Seigneurs & lesHabitans, trafiquoient avec
les étrangers, & envoyoient toutes les
marchandifes en Hollande.
CHAPITRE XI.
Etablifement d'une nouvelle Compagnie,
fons le nom de Compagnie des Indes
Occidentales, cn 1664Es l'année précédente - le Roi iavoit
D rétini à fon domaine, 3 le Canada,
I'Acadie, & autres terres adjacentes du
côté du Nord , parce que la Compagnic
à qui elles avoient été concedées en,
1642. nefe trouvoit plus en état de remplir fes obligations. Ily avoit une autre
Compagnic pour le Senegai & côtes d'AH V
fons le nom de Compagnie des Indes
Occidentales, cn 1664Es l'année précédente - le Roi iavoit
D rétini à fon domaine, 3 le Canada,
I'Acadie, & autres terres adjacentes du
côté du Nord , parce que la Compagnic
à qui elles avoient été concedées en,
1642. nefe trouvoit plus en état de remplir fes obligations. Ily avoit une autre
Compagnic pour le Senegai & côtes d'AH V --- Page 190 ---
178 Nowveaux Poyages aux Hes
frique. Une troifiéme pour
côtes de T'Amérique. Ces Cayenne &
avoient fi mal fait leurs affaires, Compagnies
étoient dans une décadence
qu'elles.
Le Confeil du Roi crut qu'il piroyable. étoit à
propos d'en former une fi puilfante
qu'clle pûr embralfer tout ce
>
été accordé aux autres & qui avoit
Scigneurs particuliers, >
même aux:
quis les droits delapremiere qui avoient acdes Ifles Antifles.
Compagnie
On prétendoit qu'und Heule Compagnic étant maîtrefle de tous Ces vaftes.
pais, feroit un commerce plus
une circulation dans le
affuré, &.
quila-mettroir en état
commerce 2:
geufement les
deréparer avantaun endroit,
pertés les qu'elle feroit dans:
dans un
par
profits qu'elle feroit
autre, étant comme impoliblequ'elle perdit detous côtez dansle
tems. Rien n'étoir mieux imaginé.. même:
fiite fit pourtant voir
s'étoit
La:
pé,& que les projers. les qu'on micux tromtés, font fujets à des inconveniens coucerles ruinent ablolument.
quiAvant d'entrer dans le détail de cettegrande Compagnie, je crois qu'il eftà.
propos de dire quelque chole d'une
Compagnie qui fe forma un peu
vant pour PIfe de Cayennc, & les aupara- côres --- Page 191 ---
Françoifes de PAmbrigue. 179
de la Terre-ferme, depuis la riviere des
Amazones, 2 jufqu'à celle d'Orenoque.
Monfieur le Fevre dc la Barre ci-devant Maitre des Requêtes 8c Intendant
charmé des recits qui
au Bourbonnois,
lui furent faits par le fieur Bouchardeau
qui connoiffoir, ou croyoit connoitre
de faire
à fondice vafte pais > entreprit
des
une Compagnic pour retirer ce pais
mains des Hollandois qui s'y étoient
établis après sla déroute de celle qui avoit
à fa tête Monfieur l'Abbé de lifle Marivaut, & Monficur de Royville, dont
le fieur Biet, ci-devant Curé de Sainte
Genevieve de Senlis 5 nous a donné
PHiftoire imprimée à Paris en 1664.
Cette Compagnic qui dura environ
ou fcize mois, eut tousles malquinze heurs qu'on fe puilfe imaginer. * L'Abbé de Marivaut qui en étoit le Chef &
Fame , fc noya dans la Seine - , dans le
alloit
avec la Comoment qu'il
partir
Havre
lonie > qui devoit s'embarquer au
des
de Grace. Le fieur de Royville, un
Seigneurs affociés, & futur Général de
fut
fes confreres
la Colonie, >
aflaffinépar
dans la traverfée. Un autre foupçonné
de trahifon, eut le col coupé par Arrêt
de fes Confeigneurs. Trois autres furent
exilés, & dégradés fur un Iflet défert.
H vj
lonie > qui devoit s'embarquer au
des
de Grace. Le fieur de Royville, un
Seigneurs affociés, & futur Général de
fut
fes confreres
la Colonie, >
aflaffinépar
dans la traverfée. Un autre foupçonné
de trahifon, eut le col coupé par Arrêt
de fes Confeigneurs. Trois autres furent
exilés, & dégradés fur un Iflet défert.
H vj --- Page 192 ---
180 Norveaus
Le Gouverneur de Foyaes la AuX Ifes
Fortereffe
avec une parrie de fa garnifon. La déferta
ne & les maladics qui en font les fuites, famiaccablerent ces pauvres Colons, & les s
Sauvages leur' déclarerent la
la leur firent fi vivement, guerre > &c
obligéde faire un trairé
, qu'on fur
leur livrer la Fortereffe, honteux, &c de
les armes, les
les canons &c
de partie des munitions, & la plus granfauver les triftes bagages, débris pour pouvoir
Les Sauvages fe faifirent qui reftoient. du
Fort, ils
laifferent pillerent ce qui étoit à leur
&
le refte comme ils nage, l'avoicnt
trouvé,
la fuite Les Hollandois de Surinam avertis de
des François, traiterent avec. les
Sauvages, la Fortercffe, s'emparerent de PIle & de
miflion
& demanderent une comaux Eftats Généraux qui
rent pour
nommécomme
Gouverneur, ou pour
cux, pour Commandeur, le parler
Guirin
fieur
& fort Spranger, homme de mérite,
bon ehtendu, qui itrouvale Fort en
état, > & bien des terres
Il s'agiffoit de chaffer les Hollandois défrichées.
pour y mettre la Colonic de
de la Barre. Monfieur Colbert Monfieur
d'Erar &
Miniftre
Secrétaire, ayant le
ment de la Marine
déparre-
> chargea Monfieur --- Page 193 ---
Françoifes de PAmerigue. 181
Colbert du.Tetron fon parent, d'avoir
foin du premier embarquement. Perfonlc faire aufli bien
lui.
ne ne pouvoit
que &
Il étoit Intendant du pais d'Aunis, 2
Commiffaire Général des armemens des
vaiffeaux du Roi. Il eut un foin particulier du choix des vaifleaux que le Roi
prèra à la nouvelle Compagnic, & de
leur équipage.
Monfieur de la Barre fut nommé épar
lc Roi Lieutenant Général de la Colonie. Sa commiflion eft du mois
d'Oétobre 1663Il falloit avant toutes chofes dépoflederles Seigneurs propriétsires des Ifles 5
excepté la Religion de Malte 2 pour y
inftalier la nouvelle & grande Compagnic des Indes Occidentales.
Le Roi choifit pour cela Monfieut
Alexandre Prouillé de Tracy, Confeiller au Confeil d'Etat, & privé, ci-devant
Commiffaire Général de l'armée du Roi
en Allemagne > & Lieutenant Général
de fes armées.
Lieutenant Général
Le Roi l'établit
de fa
fur toutes les Terres dépendantes
Couronne, dansl'Amérique, Méridionale & Septentrionale. Il lui donna le
Commandement de la flote, & de toutes
les troupes qui y feroient embarquées >
é de Tracy, Confeiller au Confeil d'Etat, & privé, ci-devant
Commiffaire Général de l'armée du Roi
en Allemagne > & Lieutenant Général
de fes armées.
Lieutenant Général
Le Roi l'établit
de fa
fur toutes les Terres dépendantes
Couronne, dansl'Amérique, Méridionale & Septentrionale. Il lui donna le
Commandement de la flote, & de toutes
les troupes qui y feroient embarquées > --- Page 194 ---
F82 Nowveanx
avec ordre de chaffer Yoyager les aux Mes
sétoient emparés de
Hollandois qui
miflion eft du
Cayenne, La com19. Oétobre
une lettre de cachet
1663. avec
Monficur de la
2. portant ordre à
fieur de
Barre, d'obéir à Monbli dans Tracy, jafqu'a cc qu'il foit étaNovembre Cayenne. Cette lettre eft du 6.
1663.
Meflieurs de Tracy & de la Barre
conramivesailiRochales vier 1664.
au moisde Janfit en leur Monfieur Colbert du Terron
des hommes préfence la revué & le choix:
qui devoient
eux. Ilc choifit douze cens paffer avec
qu'on les pouvoit fouhaiter. hommes, telsLes vaiffeaux que le Roi prêta à la
Compagnie, étoient le Brezé de
cens tonneaux, & de
huit:
de canon. Il portoit cinquante pieces:
Meflicurs de
pavillon d' "Amiral,
Tracy & de la Barre s'y embarquerent avec quatre Compagnies des
Regimens d'Orleans,
d'Eftrades, de:
Chambelay, bre de
& de Poitou, & bon nomGentilhommes > de Gardes,
autres Officiers.
&
Le refte de la Colonie fut
firr le Terron, autre-navire du embarqué
fir quatre autres vaiffeaux de la Roi, &c
pagnic; fçavoir deux flutes de
Comneaux, une frégate de
& 300. tonde1zo..
150,
in Alibot --- Page 195 ---
Françoifes de PAmérique: r3'3
Cette flotte mit à la voile le 26. Février 1664. &c arriva à Madere lers.de
Mars. Monfieur de Tracy avant de moiiller
l'ancre, envoya un de fes Gardes au Conful de France en cette) Ille, & lui manda
de voir le Gouverneur de PIle de fa part,
& de lui dire qu'il prétendoit avoir le:
falut égal en arrivant, & que la Villele:
falueroit la premiere quand il partiroit,
& que fans cette: condition, il pafleroit
outre:.
la lettre à:
- Le Confal communiqua
GouDom Diego Mendoça Furtado, & de la:
verneur de l'Ifle de Madere,
Ville de Funchal, & écrivit de fa
ài
Monficur de
avoit
Atama
Tracy, qu'il
fes expreffes de Sa-Majefté Portugaife,.
de rendre le falut égal 8c de falucr le
premier au départ, mais qu'en fa confidération il palferoit fes ordres. Cettc:
réponfe n'étant pas pofitive, Monfieur:
de Tracy. ne voulut point rifquer fon
falut.
du
le:
Le: lendemain au point
jour
Conful vint à.bord du Brezé, & râcha
de perfuader à Monfieur de Tracy de:
s'en remettre-à la politelfe du Gouverneur, mais n'en pouvant venir à bout,
illui.propofa. de ne point faluer de part
fa confidération il palferoit fes ordres. Cettc:
réponfe n'étant pas pofitive, Monfieur:
de Tracy. ne voulut point rifquer fon
falut.
du
le:
Le: lendemain au point
jour
Conful vint à.bord du Brezé, & râcha
de perfuader à Monfieur de Tracy de:
s'en remettre-à la politelfe du Gouverneur, mais n'en pouvant venir à bout,
illui.propofa. de ne point faluer de part --- Page 196 ---
184 Nowveanx
& dautre, ni cn entrant Voyages ni AHX Ifles
ce parti fut accepté,
en fortant ;
moiilla, & on
Toute l'Efcadre
tre des
envoya de
& d'auplimens Gentilhommes, ac les comordinaires. Le Gouverneur
voya un grand préfent de
enmens à Monfieur de
rafraichiffefrit fa maifon
Tracy, & luiofvoudroit bien pendant tout le tems.qu'il
excufa, en difant demeurer à terre. Ils'en
qu'au lieu que le Roi qu'il lui ne débarqueroit
Monficur de la Barre étant avoit fans marqué,
féquence defcendu à terre, fut contement bien reçi du
parfaifit faluer de treize Gouverneur, quile
traita
coups de canon, le
magnifiquement, & lui donna uin
appartement dansfa maifon.
ficur Ourrel'Aumônier de
du vaifeau, MonTracy avoit fait embarquer deux
Religieux Dominiquains. C'étoient
Peres Beaumont &
les
premier étoit fon confeffeur. Boulogne, 7 dont le
gea-de l'exécution
Il le charqu'il avoir fait
des Ordonnances
grand mât dès publier & afficher au
Elles étoient qu'on eût mis à la voile.
picté,
fi pleinente fageffe & de
fembloit que pendant tout le
il
de
le vaiffeau fut un
près T
A2AFEA
fept cens
alloient prècher la foi Eccleliaftiques aux infidélcs, qui &c --- Page 197 ---
9 Françoifes de PAmériqne. 185 de
qui s'y difpofoient par la pratique à leur état.
toutesles vertus convenables
de
On n'yentendoit point de juremens, de hazard
difcours deshonnéres, > les jeux
étoient interdits , point d'yvrognerie. avoit
Quand le tems le permettoit il y
Mefles dansle vaifleau. La priere
faifoit régulierement foir & matin.
&c les Fères,
e
On prechoirles Dimanches
& tous les jours ily y avoit un Catéchifime de
en forme d'exhortation. Monfieur
Tracy s'y trouvoit toujours le premier. fon
Il communioit toutes les femaines,&
exemple étoit comme un grand poidsqui
attiroit toutle monde.
Le Pere Beaumont découvrit quatre
Proteftans dans léquipage. Il fe donna
tout entier à leur initruétion, & à leur
converfion, & Dieu benit tellement fes
travaux, , qu'ils firent publiquement abjuration de P'héréfié dans le vaiffeau.
Monfieur de la Barre aflifta à une
Proceflion générale qui fe fit le 16. de
Mars, qui étoit le troifiéme Dimanche
de Carème, il y avoit un fi grand nombre de flambeaux à cette Proceflion, que
G l'on n'eût pas été informé de ce
que c'étoit, on eût cru qu'il y avoit un
grand lincendie, pendant près d'une demie lieué de chemin qu'elle occupoit.
'héréfié dans le vaiffeau.
Monfieur de la Barre aflifta à une
Proceflion générale qui fe fit le 16. de
Mars, qui étoit le troifiéme Dimanche
de Carème, il y avoit un fi grand nombre de flambeaux à cette Proceflion, que
G l'on n'eût pas été informé de ce
que c'étoit, on eût cru qu'il y avoit un
grand lincendie, pendant près d'une demie lieué de chemin qu'elle occupoit. --- Page 198 ---
186 Nowveanx
Ce qu'elle avoit Froyages de
anx Ifes
grand nombre de
particulier étoit un
roient tout en
Flagellans,q quife metferrées. Je fangad coups de
ne fçai s'ils
difeiplines
attirer
croyoienr
là
fe
l'admiration de nos
ils
Tout
Eemelr
ges trompoient. pàrenr
ce que les plus fales autres gagner, ce fut d'empécher
d'éclater de rire,
Le Pere Beaumont & fon
mirent à terre le lendemain. compagnon
de Tracy les chargea de faire de Monfieur
fes
nouveau
Pere complimens Reéteur des au Gouverneur s & au
acquités du premier Jefuites. de
Après s'ètre
furent aul
ces devoirs, ils
furent environnés College des Jefuites, ou ils
qui les accabloient de tous les Ecoliers >
prieres de venir dans deréverences, leurs
&c de
ces enfans fans être deftinés claffes. Tous
clefiaftique, étoient
à l'état Ec-
& en mantean
en foutanne noire
moins
long. Ils n'en étoient pas
importuns. Il falloitleur
tre de venir les entendre
prometils furent rendre leurs
l'après dîné;
Cordeliers, quileur devoirs aux Peres
venir loger chez
firent promettre de
mirent, &
eux, ils le leur pronerent
après avoir diné, ils retourdeux aux Jeluites. Ces Peres n'ont
claffes. La premiere oi l'on que
feigne les humanités
enjufqu'a la rhéto- --- Page 199 ---
Erançoifes de PAmérique. 187
rique. La feconde où l'on enfeigne la
rhétorique & la philofophie. Ils furent
d'abord entrainés dans la premiere claffe.
Le Regent qui les attendoit fur laporte,
les regit d'une maniere grave & polie,
& après leur avoir fait préfenter des
fautcuils, deux Ecoliers choifis répéterent leurs leçons, & defcendant au milieu de la claffe, ils entrerent dans une
difpute fr leurs principes, avec un feu
& une vivacité qui donnoit du plaifir.
au bouton,
Ils fe prenoient quelquefois
fc fe-
& fans - la préfence du Regent 2 ils ils
roient peut être pris aul. collet, car
font extrèmement vifs. Après la difpute
le Regent fit fon explication, & mèla
adroitement les loiianges du Sat &c
celles de Monfieur de Tracy, fans oublier celles desPeres qui étoient préfens.
Le Pere Beaumont fe crut obligé d'y répondre par un difcours latin, qui fut
écouté avec une attention merveilleufe.
Iln'oublia pas les loiianges de fa Majefté
Portugaife 5 ni celles des Jefuites, du
Regent & de fcs Ecoliers, qui crierent
plufieurs fois wittor. Le Regent les accompagnajufqui la porte del ela clafle fupericure, oi le Regent les vint recevoir
avec politeffe & gravité. Ils furent
honorablement, entendirent les Rie
cés
ours latin, qui fut
écouté avec une attention merveilleufe.
Iln'oublia pas les loiianges de fa Majefté
Portugaife 5 ni celles des Jefuites, du
Regent & de fcs Ecoliers, qui crierent
plufieurs fois wittor. Le Regent les accompagnajufqui la porte del ela clafle fupericure, oi le Regent les vint recevoir
avec politeffe & gravité. Ils furent
honorablement, entendirent les Rie
cés --- Page 200 ---
188 Nowveaux
aux Ies
çons, & la difpute t deux
& enfuite l'explication du Ecoliers,
étalla toutes les Aeurs de fa Regent qui
pour donner au Roi Louis rhétorique XIII. & au 5
Cardinal de Richelieu, les loiianges
qui leur étoient fi légitimement diés,
pour avoir délivré le Portugal de
preflion des E(pagnols; celles de Mon- T'opfieur de Tracy ne furent
oubliées
ni celles des Peres fes auditeurs. pas
>
Le Pere Beaumont répondit par un
autre difcours proportionné aux gens
devant qui il parloit. Après avoir fait
l'éloge des Jefuires en général, & du
Régent en particulier, ilsétendit beancoup fur la bravoure & la grande
rience des Portugais, qui avoient expéaux
frayé
autres nations, 9 le chemin des Indes
Orientales 2 qui avoient fait des conquétesimmenfes dans l'Afie, l'Afrique
&1 FAmerique, où ilsavoient planté f6tendart dc la Croix, 2 &c fait des Chrétiens fans nombre, fon difcours émaillé
desplus belles Aleurs d'une rhétorique aifée, plit infiniment à tout l'auditoire,
où le Pere Reéteur & tous les autres
Jefvites étoient préfens. Lc Pere Beaumont finit fon difcours, en demandant
au Pere Reéteur un jour de congép
de fi bons écoliers. Il fut accordé fur pour le --- Page 201 ---
Frangoifes de P Ameriqne. 189
champ, & la nouvelle en étant écoliers portée
à la clafle inférieure > tous les les Peres par
fortirent
en remercier redoublés. On parloit
des cris pee joie
de deux
de ces deux difcours comme fe donprodiges, car quelque peine que emnent Tes Jefuites, ils ne peuvent
leurs écoliers de mèler beaucoup defpècher
dans leur latin, & ce
de Portugais mème dans les Prètresles
faut fe trouve
plus Les habiles. Cordeliers qui avoient accompagnés nos deux Percs François chez les
Jeluites, en étoient dans létonnement le Pere
& vouloient à toute force Doéteur que de SorBeaumont fut au moins deffendit de fon
bonne, quoiquil s'en
latin furtous
mieux. Sa facilité à parler
lui
de Philofoles (ujetsqu'on propofoir (colaftique & pofitiphic.de fur Theologie Phiftoire &c "autres choles, les
ve, obligeoient de lui dire qu'il fe trahiffoit
lui mème fans y penfer. Il eft rUniver- vrai qu'il
n'avoit pas pris les degrés dans Couvent dela
fité de Paris, parce quele il
eu
rué S. Honoré dont étoitProfès,a
de bonnes raifons pour renoncer aux grades, mais fans renoncer aux études, comme il a toujours parà par le grand Ecrivains nombre de Sçavans 2 & de celebres
qui en font fortis.
de lui dire qu'il fe trahiffoit
lui mème fans y penfer. Il eft rUniver- vrai qu'il
n'avoit pas pris les degrés dans Couvent dela
fité de Paris, parce quele il
eu
rué S. Honoré dont étoitProfès,a
de bonnes raifons pour renoncer aux grades, mais fans renoncer aux études, comme il a toujours parà par le grand Ecrivains nombre de Sçavans 2 & de celebres
qui en font fortis. --- Page 202 ---
190 Nowveaux Vroyages aux
Le Pere Gardien ne voulut Tfes
mettre à fes hôtes de faire collation pas per
réfectoire avec fa Communauté. au
lui paroiffoir trop feche pour des Elle
geurs. Il les conduifit dans une falle, voya- &c
leur laiffa trois de fes plus venerables Religieux, pour leur tenir
leur fit fervir une collation compagnie, &
de confitures & de fruits cruds, magnifique
vin excellent.
avec du
Il revint les joindre avec toute fa
de Communauté, les
qui ne pouvoit fe laffer
aifément entendre parler félegament & fi
far toutes fortes de futjers.
Après un converfation affez
on les conduifit dans leurs chambres, longue, Ils
farent furpris de les voir meublées fi
prement > & de trouver leurs lits ipromés de feiilles de rofes & de parfeIls
jalmin.
demeurerent avec ces bons
tour le tems que l'Efcadre fiut en Religieux radc, &
faire pendant ce tems-la, on eut foin de leur
voir ce qu'il y avoit de curieux
dans la Ville & aux environs: Voicice
qu'ils y. remarqucrent.
La Ville; - principale appellée
a de circonférence une bonne Funchal, demie
lieuë, elle eft bien peuplée. Les Portugais naturels "ne font pas le plus
nombre
grand
deshabitans,i ily a des François --- Page 203 ---
Françoifes de PAmerighe. 19I
&c des Anglois Catholiques qui y font
érablis, & qui vivent à la Poixugaile,
nombre de Négres li-
& un plus grand & de Mulâtres : c'eft
bres & e(claves,
ainfi
appelle ceux qui font nés
d'un der & d'une Négrefle. Les rucs
font tirées au cordeau, &c les maifons
alfez bien bâties; toutes les fenêtres ont
des jaloulies de bois allez larges-, pour
qu'on. puiffe voir & être vû. C'eft
les filles
fcas
cet endroit que
voyent
amans, & s'entretiennent avec eux
fe forme avec
Re
un langage muet qui aufli bien
les
doigts. Les Efpagnols
que
Portugais y font fort habiles. Les hommes & les femmes ont toujours le chapelet à la main, & quoiqu'ils parlent
fouvent de chofes bien éloignées de la
devotion, ils ne laiffent pas de marmoter leurs prieres, &i le chapelet va toujours fon train.
Les femmes qui in'ont point de chapelles domeftiques, ne vont al'Eglife que
les Dimanches & les Fêtes. silyaplufieurs filles dans une famille, elles vont
deux à deux devant leur mere, le vifage
couvert d'un grand voile clair, & le fein
& les épaules toutes découvertes. Acôté de chaque bande, on voit un venerable vieillard avecl'épée, le poignard &
*
de marmoter leurs prieres, &i le chapelet va toujours fon train.
Les femmes qui in'ont point de chapelles domeftiques, ne vont al'Eglife que
les Dimanches & les Fêtes. silyaplufieurs filles dans une famille, elles vont
deux à deux devant leur mere, le vifage
couvert d'un grand voile clair, & le fein
& les épaules toutes découvertes. Acôté de chaque bande, on voit un venerable vieillard avecl'épée, le poignard &
* --- Page 204 ---
192 Nowveaux
aux
le chapelet, qui leur Toyager fert
IRes
fans que cela empêche les d'efcorte, amans de mais fe
trouver furle chemin de leurs
& dejouer de la prunelle d'une maîtreffes, maniere
fine & très (pirituelle.
Les Eglifes font belles & bien
elles font riches en
bâties,
& en argenteric, Le tableaux, en dorures,
à la maniere du pais.. Servicesy On dit fait bien
font pourl'ordinaire le
qu'elles
l'aflemblée pour bien des rendez-vois, ou
éloignées de la devotion & affaires, de la fainteté 3 bien
du licu.
L'lfle de Madere eft fous un climat
enchanté, Thyver n'en ajamais
ché. C'eft un printems conrinuel appro- &
chaud , qui produit dans tous les mois
de l'année des fleurs & des fruits. Les
oignons blanesy font fi doux, qu'on les
mange comme des pommes,
a des
citrons monftrucux, des
ily
toutes les fortes. Les fruits oranges de
viennent en perfeétion. C'eft d'Europe le
y
monde où l'on fait les meilleures pais confi- du
tures, & où l'on réuflit le mieux à confireces gros citrons & ces belles oranges,
&cà faire des marmelades - 3 & des %
ambrécs &c mufquées, qui furpallent pâtcs
infiniment celles de Gennes, quoiqu'en
puiffent dire les Italiens.
Il --- Page 205 ---
Françoifes de PAmeriqne. 193
Ilya pluficars Sucreries dans lIle >
le Sucre qui en fort eft parfaitement
beaus il a naturellement une odeut de
violettes c'eft le poemierendrandeioe
cident où l'on a commencé cette douce
marchandife; c'eft de là qu'elles'eft répandué dans T"Amérique, où il s'en fabrique une f grande quantité, que'les
Portugais s'étant apperçis quece conimerce ne leur éroit plas fi avantageux
qu'au commencement; iisoncartaché-la
plus grande partie de leurs canness &
ont planté des vignes', qui rapportent
des vins excellens, que lcs érrangers
viennentre enlever , & qui leur rapportent un profit immenfe,
fortifiée
La Ville de Funchal left bien
du côté de la rer, elle a de bons bal
rions, chargés d'artillerie de fonte," &c
quelques Forts bâtis fur des Ecneils, qui
deffendent la rade; mais du côté de'la
terre, elle n'a qu'une fimple muraille.
Ceux quil'ont fortifiée, 2 ont cru qu'elle
ne feroit arraquée que du côré de la mer.
Ils pourroient s'ètre trompés; car.il ne
manque pas d'endroits où lon pourroic
faire la defcente, &c prenant la Ville
par derriere 5 on enauroit bon marché.
Outre les piefens de coniitures que
lc Pere Beaumont reçàt du Gouverneur,
Tome /.
I
n'a qu'une fimple muraille.
Ceux quil'ont fortifiée, 2 ont cru qu'elle
ne feroit arraquée que du côré de la mer.
Ils pourroient s'ètre trompés; car.il ne
manque pas d'endroits où lon pourroic
faire la defcente, &c prenant la Ville
par derriere 5 on enauroit bon marché.
Outre les piefens de coniitures que
lc Pere Beaumont reçàt du Gouverneur,
Tome /.
I --- Page 206 ---
194 Nouveaux Yreyages aux Ifes
du Conful de France,, des Jefuites
des Cordeliers, il en acheta
&
quelques caifles, du produit des amandes encore
que ceux quiavoient juré dansle vaifleau
avoient été condamnés de
qu'ils étoicnt d'un rangane payer, parce
leurs perfonness elles éroient pas payer
à
tctinser
foulager! les malades, aufli-bien
quantité de citrons & d'orange, dont qu'une
lai fit prefent.
on
Monficur de Tracy ne vint à terre
pendant tout le tems qu'il refta en rade, 9
que trois fois incognito, & pour
drel le divertiffement de la chaffe.& pren- de
la promenade, à quelques milles de la
Ville.
Enfin Monfieur. de la Barre ayant
achevé tousl lesachats qu'il vouloit faire
dans cette Ifle pour fa Colonie de
Cayenne, & après les complimens
Monfieur de Tracy
que
Gouverneur
envoya faire - au
par unde fes Gentilhommes
& avoir reçà ceux du
mit à la voile le 2g.de Mars. Gouverneur, On fit on
te aux Canaries, fans deffein de rourêter, & on arriva aux Ifles du s'y arverd, le onziéme Avril.
Cap
On moiiilla à celle de Saint
enune rade appellée la
à
lieués de
TS:
la Ville. Le nke.is de --- Page 207 ---
Françoifes de PAmerique. 195
cet endroit, qui
que l'Efcadre
étoit Françoife , &
par un
SRLSAL
Lieutenant Général, fit faluer le pavillon
de cinq coups de canon qu'on lai rendit
fur le champ 3 & coup pour coup. Les
autres vaiffeaux furent aufli falués d'un
moindre nombre,. & rendirent le falut.
Le lendemain douziéme Mars qui
étoit le Jeuidi Saint, le Pere. Beaumont
& le Perc Boulogne fon compagnon,
mirent à tefre 2 pour donnerla lepulture
àun Pere Recolet, cuii étoit miortla nuit
précedente dans le vaiffeau la Marie,
appartenant à la Compaguie de Cayenne: Ils allerent droit afEglife Paroif
fiale, & furent étrangement furpris de
trouver pour Curé un Prêtre Négre,
grand & bien fait. Ils s'approcherent de
FAutel, & le Pere Beaumont lui dit en
peu de motsle fujer de lear venue. Illeur 4
fit civiliréautant que le lieu & le temps
lui pouvoient permettre, & leur dit graferoitachevé,
vement que quiandl'Odice
ils feroienttout ce qu'il leur plairoit. Ils
entenditencle refte de la Melle, qu'une
mufique dételtable chanta de fon
mieux. Il les aborda gravement &c
liment après
r'Ofice fut fini, lies
mena diner- Re lui. Heureufement ils
avoient apporté deux boutcilles d'eauI 1)
que le lieu & le temps
lui pouvoient permettre, & leur dit graferoitachevé,
vement que quiandl'Odice
ils feroienttout ce qu'il leur plairoit. Ils
entenditencle refte de la Melle, qu'une
mufique dételtable chanta de fon
mieux. Il les aborda gravement &c
liment après
r'Ofice fut fini, lies
mena diner- Re lui. Heureufement ils
avoient apporté deux boutcilles d'eauI 1) --- Page 208 ---
196 Nanseans-Frgagtr Anx Mles
de-vie dont ils lui firent prefent. Sans
celailn'avoit, qué de l'eau a leur
ter, &à fcs Prètres noirs & blancs, préfen- qui
compofoient fon petit Clergé.
Pour une Eglife de Village, elle étoit
fort jolic & fort propre. Il y avoit un
grand luminaire à P'Autel où devoit repofer le Saint Sacrement. Pendant le diné on parla de Theologie, & le Curé
qui avoit fait fon cours chez les Dominiquains à Lifbonne, parloit latin correctement > & fans faire tort à
il en fçavoit plus lui feul que perfonne, tout fon
clergé. Aufliavoit-il reçà les dégrés dans
cette Univerfité, & pour marqué de cela
il portoit toujours de grandes lunettes.
On retourna à lEglife après le
nos deux Peres furent
dîné,
ditingnés. La
mulique fe furpaffa en chantantlestene.
bres, c'eft-à-dire qu'elle chanta encore
plus cfroiablement qu'à la
Meffe.
grande
L'on étcit prècde fortir,
rut
lorfqu'il
un grand homme noir 2 revètu
robe
atsac
longue
blanche 2 avec un
de la meme couleur qui lui couvroit capuchon la
tête & lex vifage, avec deux trous devant
les yeux pour qu'il fe pût conduire. Il
avoit les épaules nues, & un gros foiict
de cordes, parfemé de molettes de ferà --- Page 209 ---
Frangoifes delAmerique. 197
la main. Il commença à fc. folletter,
d'abord aflez moderément, mais quand
les chairs furent échauffées, il yalloit
de toutes fes forces, & en peu de movitle
rniffeller de toutcs
mens, on
fang il fuivit la
parts. En cet équipage
balfe MS
ceflion, qui alla de T'Eglife
à
haure, qui en eft éloiguée dc quiatre de la
cinq cens pas. Après les pricres fc foietStation, nous l'y laiffames qui
toit encore. allâmés au bord de la mer, où
Nous
le
du Pere RePon avoit apporté corps
de la mecolet.. Il étoit mort en fraude
decine, c'elt-à dire prefque fubitement,
& fans donner à nos Elculapes 2 2 leloific font
d'exercer fur lui, les tourmens qui
de la mort. Ils en
E les
préliminaites fort fcandalifés. Tous les Aumôniers de l'Efcadre étoient defcendus à
affifter au convoi. Le Curé 8c
terre
firent de leur mieux.
tout forar clergé
le
Après de fortl longues prieres 5 on mit creufé
été
corps dans une toffe quiavoit
affez près du maitre Aittel. Onne put la
jamais obliger le'Curé de recevoir
moindre chofe pour fes droits, ni pour
la cire 2 ni pour fon Eglife. Monfieur lc
de Tracy lui envoya un prefent pour,
dédommager de tout cela.
Iiij
terre
firent de leur mieux.
tout forar clergé
le
Après de fortl longues prieres 5 on mit creufé
été
corps dans une toffe quiavoit
affez près du maitre Aittel. Onne put la
jamais obliger le'Curé de recevoir
moindre chofe pour fes droits, ni pour
la cire 2 ni pour fon Eglife. Monfieur lc
de Tracy lui envoya un prefent pour,
dédommager de tout cela.
Iiij --- Page 210 ---
198 Nonveawx
Nous trouvâmes Vayages aux Ies
aubord
nous allant embarquer
de la mer en
bord, lc Medecin de pour retourner à
Batre, fon
Monficur de la
L'Efcadre Chirurgien 2 & tous ceux de
femblés que celui de la Marie avoit af
luiqu'on
confulter la maladie de ccReneied de
cun dit fon avis, &ils mettreen terre. Charens. Ils les foutenoient étpient tous diffechaleur,
avec tant de
loient fe gu'onvit le moment qu'ils alprefence battre, du
2 fans même refpecter la
ils S'accommoderens, Medecin; à-la fin pourtant
la mort avoit
On conclud que
tort, & le Medecin
nonça gravement D
qu'il étoit bien mort proquoiquil fir mort fans les lettres
s
che de la Faculté, &i
d'attaimiteroient cet
que tous ceux qui
meritoientd'ètre abandonnés exemple pernicieux 5
vais fort.
aleurmauré de Quelques la
jours après Monficur le Cufieur de Plage vint rendre vilite à Monpoliteffe Tracy. infinic. Il en fut reçu avec une
retint à diner, lui Monficur fit
de Tracy le
prendre la
dhonneur, & quand 11 retourna à place terre
chargé de prefens, il le fit faluerde trois
coups de canon.
Cette Ifle eft montagneufe, & trèsfeche, elle paroit fterile, & cependant --- Page 211 ---
Francoifes de MAmérigue. 199 de
clle noufrit une quantité bétail, prodligicufe & des volailles
gros & de menu Les habitans paroillent
detoute cfpece.
Mais
cependane exrrèmement gueux. Nos
hails font fripons à l'excès.
plus des
biles filoux de Parisne feroient
deces gens-là.,
parut
rodrm
novices auprès du Perc Recolert. Les
à l'enterrement s'étoient alfemblés en grand
nombre François
voir les cérémonies. ilr n'y -
pour un
he fit volé fadroiteen eut pas qui
Tont
ment,
pas un nes'enappercilt. fut
dans leuts poches emporce
2nt
té , qui & tous lescordons de chapeau, mode &
mème quelques chapeanx. p'de La rubans
étoit alors de porterl beancoup endioits. Les fizux culottes & autres
loux de Saint Yague leur coxpercotleurs bien entiers,
rubans > 1 8 pour les avoir où ils étoient attails couperentlétofie
chés.
Monficurde la Barre acheta beaucoup
de beftiaux dans cette I0e, pour les répandre dans fa Colonic. On y prit auffi
toutes fortes de volailles, & une infinité
denoix de Cocoss qui furent chargées
fur les navires de la Compagnie.
ne
Tous cesachats furent caufe qu'on
leva l'ancre quele ij.Avril. On arriva
à la vûë de Cayénne le I 2. May. Mais
I iv
chés.
Monficurde la Barre acheta beaucoup
de beftiaux dans cette I0e, pour les répandre dans fa Colonic. On y prit auffi
toutes fortes de volailles, & une infinité
denoix de Cocoss qui furent chargées
fur les navires de la Compagnie.
ne
Tous cesachats furent caufe qu'on
leva l'ancre quele ij.Avril. On arriva
à la vûë de Cayénne le I 2. May. Mais
I iv --- Page 212 ---
200 Nogveaix Yrojyages aux
commele Brezé tiroit plus de iter
d'eau, il fut obligé de mouiller à
lieties du
ete
moitillage ordinaire,
que les autres vaiffeaux
pendant
moins, motillerent
qui en tiroient
plus proche du Fort.
Monfieur de Tracy envoya le lendemain matin le Sieur de
étoit au fervice de la
Flavigny qui
un Interprète,
Compagnie avec
-
efcorte de foldats quelques à
Officiers & une
l'ordre
terre, & lui donna
fuivant.
H eft ordonné au fiear de
d'alleranl Fort de Coperou, dire EIRZ aul
mandant, qu'ayant à lui parler de la
part du Rei, ille pric de fe donner la
peine devenir 24 vaifleau de Sa Majefté;
& pour fûreté de fon retour, ledit fieur
de Flavigny refteroit en ôtage dans le
Fort, julqu'a ce que ledit ficur Commandant y foic.retourné, & en cas
ne foit pas en état d'y venir, il
qu'il
célui qui commande fous lui. envoyera Fait au
vaifleau du Roi le Brezé, ce 13. May.
1664. Signé TRACY.
Le fieur de Flavigny fçut fi bien
firader le fieur Guirin Spranger, RSe
verneur, qu'il promit d'envoyer le lendemain matin, des Officiers
tuler. Sur cette promeffe le aterte de EE
vigny renvoya la chaloupe à bord, & --- Page 213 ---
Françoifes de PAmérique. 201
écrivit à Monfieur de Tracy ,
pafla nuit au Fort, &c que lendeE
feroit
main', ill lui meneroit les Officiers qui
feroient chargésde conclure la capitulation, s'il vouloit bien lui envoyer la
chaloupe. Cela fut exécuté. Les Officiers Hollandois fe rendirent le 14. May , à bord
de P'Amirai, chargés des pouvoirs de
leur Gouverneur , & comme il avoit
de
difcuflions, le
ne fut
ul
conclu grandes le dix neuf du même mois.
que
les HollanIl portoit en fubftance, que
dois forriroient du Fort de Coperou >
tambour battant, avec armes &
Que ceux qui voudroient demeurer
ELAEES
lIe, le pouvoient faire après avoir
prèté ferment au Roi. Que lon fourniroit des vaiffeaux à ceux qui voudroient
fe retirer, en laiffant des ôrages. Qu'ils
pourroient emporter les canons > armes
leur
& munitions qu'ils juftifieroient
appartenir, & plufieurs autres articles,
indifferens au public pour être mis
trop
ici.
Dès que cette capitulation fut fignée,
Monfieur de la Barre pria Monfieur de
Tracy- de trouver bon qu'il reçût luimème le Fort du Gouverneur Hollandois.. Ileut même des raifons pour reI V
retirer, en laiffant des ôrages. Qu'ils
pourroient emporter les canons > armes
leur
& munitions qu'ils juftifieroient
appartenir, & plufieurs autres articles,
indifferens au public pour être mis
trop
ici.
Dès que cette capitulation fut fignée,
Monfieur de la Barre pria Monfieur de
Tracy- de trouver bon qu'il reçût luimème le Fort du Gouverneur Hollandois.. Ileut même des raifons pour reI V --- Page 214 ---
202 Nouneauz
Anx
mercier Monfieur
IRes
Tracy de
F2MRE
qu'il lai fit, de faire defcendre les l'offre
pes' du Roi, pour le mettre eh
troude l'Ifle, d'une manicre
poliefion.
Le
plus folemnelle,
vinge May on fic approcher les
vaiffeaux de la rade. Monficur de
Barre defcenditàla tête de fcs
la
de fa Colonic: Il mit
troupes &
taille. Le Gouverneur festroupes en baavec fa petite garnifon, Hollandois fortit
ployées, tambour
enfeignes déclef du Fort à Monfieur battant, & remit la
de la
quien prit poffefion, & fit
Barre,
fieur de
faluer'Monle de Tracy > d'ane décharge
tont le canon,
généraOn commença dès ce moment à faire
décharger ce. qui étoit dans les
du Roi, appartenant à la
vaiffeaux
& les ordrcs de Monfieur de Compagnie,
pellant ailleurs > on fitprefler Tracyl'apde la.Barre, de faire
Monficur
avoit encore dans les décharger vaiffeaux ce qu'il
Lezg. du même mois,
du Roi.
Tracy Yonlant laiffer dans Monficur de
marque de fa
cette ifle une
pieré 2 envoya le Pere
Ecaumonty plantér la Croix que lesHeretiques en avoient ôtée quand ilss'emparerent de cêtte Ifle. On fft faire une
grande Croix de bois, elle fur
par cC Pere, plantée avecles cérémonies benite --- Page 215 ---
Francoifes de PAmerique. 203
& adorée de toutela Coaccoûtumées lonic. On tira 3 le canon, on 4 fit des décharges de monfqueteric. Tout le monde sy trouva , excepté Monfieur de la
Barre. On attacha à la Croix une plaque,
fur laquelle on avoit gravé ces mots.
Cette Croix a été tétablic en CC lieu ,le
21. May 1664. par ordre de Monfieur
le Général Alexandre Protiillé de Tralevinge-deuxiéme du regne de Louis
cy, XIV. Roi de France & de Navarre.
Monfieur de Tracy leva Tanctele25.
May, 8c ptit la route des Antifles. Le
vent & les marées lui furentfi favorables
qu'il arriva à la Martinique le premicr
jour de Juin. Dèsqu'il eut motillé l'ancre entre le Fort Saint Pietre & le Carbet, il envoyaleChevalier de Rivaude
aul fieur de Clermont 3 Gouverneur de
cette Ifle, & tureur des enfans de fea
Monfieur du Parquet,
lui préfenter les ordres du Roy, Etl ceux qu'il devoit garder à fa defcente.
refMonfieur de Ciermont reçût avec
peét les uns & les autres. Ilafurale Chevalier que toutlemonde attendoit Monfieur déTracy avec impatience 5 & qu'il
trouveroit dans toute PIfe une entiere
fourniflion. C'eft dequoi on n'ofoit pas
trop fe Aa:ter.
I 1 vj
a
Monfieur du Parquet,
lui préfenter les ordres du Roy, Etl ceux qu'il devoit garder à fa defcente.
refMonfieur de Ciermont reçût avec
peét les uns & les autres. Ilafurale Chevalier que toutlemonde attendoit Monfieur déTracy avec impatience 5 & qu'il
trouveroit dans toute PIfe une entiere
fourniflion. C'eft dequoi on n'ofoit pas
trop fe Aa:ter.
I 1 vj --- Page 216 ---
104 Nopveaux Vreyages anx
Ili ne defcendit
Ifes
demain de la Pentecôte, pourtant que le lentroubler la devotion des 3 pour ne pas
Il fat reçû de Monfieur peuples. de
avec tout lc refpect & la joye Clermont
bles,&cau bruit de tout le canon imagina- de
& des vaifleaux qui. étoient en terrc, rade.
Après.avoir été harangué au bord.de la
mer, il fut conduit ala place
où les troupes. qui étoient en bataille, diarmes., le
faluerent par une décharge
fut de-làa l'Eglife, où l'on chantal générale. H
Deum
aleTe
pour remercier Dieu de fon heuteulearrivéc.
Le Gouverneur lui offrit la maifon de
Monfieur du Parquet, il la refufa modeftemenr, & prir pour fon
un grand magazin dans le
logement
veiller plus commodément Bourg fur la > pour
duite de fcs gens, & "avoir plus de con- liberré d'écouter tout le monde, &
dre la juftice fans açception de
renIl employa le refte de la femaine perfonne.
faire rcconnoitre, à faire
àfe
( commiflion, &àrecevoir enregiftrer les fermens
de fidelité des
du
verneur, du Confeil Ecclefiaftiques, >
Gouticiers de Milice & Supéricur, des OfToutes
>
de. tout le
ces differentes fonétions peuple. ne
rent achevées que le 7. du. même mois. fue
de Juin 1664e --- Page 217 ---
Françoifes de PAmerique. 2os
Il trouva lile chargée de dettes exde celles des
ccflives aux Hollandois 5,8 avoit donné
habitans entr'eux, cC qui
lieuà uncinfinité de procès > que la Juf
tice ordinaire prolongeoit pour fes intérêts particuliers. Il en reconnut les
abus, & y rémedia de inaniere, qu'il
termina-plus d'affaires en trois femaines,
qu'on n'en auroit vuidé en trois années.
Quoiqu'il eut le pouvoir d'établirun
nouveau Confeit Supéricur , il jugead à
de continuer les Juges quil trouptopos
dans, leurs fonétions., mais
va il établis, leur donna desavis, & fit des reglemens fi
qu'il les empècha de tomber dans ETES fautes dont ils étoient légitiment accufés.. audiencesfemaines,
Il fixa trois
oà routle monde étoit
pour
reRtp
ter fes
La falle
ALEES
requètes.
avoit deux portes., on entroit embaras parlune, 8c
fans
& on fortoir parl'autre demandeur &le deffans confufion. Le
fendeur entroient enfemble, & préfentoient leurs requétes; filon avoit béfoin.
il leur donde - tems ponr fe deffendre,
noit deux jours. Il revenoient au jour
marqué, & il les jugeoit avec tant de
celui mèmie qui avoit
lumicres > caufe que s'en retournoit conr
perdu. fa:
::
as parlune, 8c
fans
& on fortoir parl'autre demandeur &le deffans confufion. Le
fendeur entroient enfemble, & préfentoient leurs requétes; filon avoit béfoin.
il leur donde - tems ponr fe deffendre,
noit deux jours. Il revenoient au jour
marqué, & il les jugeoit avec tant de
celui mèmie qui avoit
lumicres > caufe que s'en retournoit conr
perdu. fa:
:: --- Page 218 ---
206 Nomveanx
tent, en le comblant
anx Ifes
Deux
T
chofes le faifoient benediétions.
craindre & aimer. Il étoit également inflexible
quand il s'agiffoit de l'autorité &
le intérêts du Roi ; il faifoit du bien à tout des
monde, & étoit tellement
qu'il n'a jamais voulu rien délintereflé,
recevoir dc
Perfonne, Ilfit
même un plat de fruit.
mkEr & afficher fes
ces le dix-huit Juin 5' elles font ordonnan- fi
plics depicré, de Inmiéres, & dej remje les
juftice,
7 n'avois auroisrapportées ici en entier,
Leéteurs. Les apprehendé Curieux d'ennuyer les
dans T'Hiftoire du Pere du les trouvéront
fémepartie,
Tertre, ,1 troiLe
page 71.
de principal morif de l'envoi de M,
Scigneurs Tracy, 2 étoit pour depoffedet les
cefion de la propriéraires des Ifles. La
cuité, Les Martinique étoir fans diffiMonfieur du parens des enfans mineurs de
lcs mains de bonne Parquet y avoient donné
plus à craindre du grace, côté de lly auroit eu
Hiouel,
Monfieur
propriéraire en partie de la
Guadeloupe; mais
vé le fecrer de fe faire quoiqu'il eût trouples, & même des aimer de fes peufur
étrangers, il n'en
drele pas fourénu, & fut obligé de
parti de l'obéillance, & de ine --- Page 219 ---
Frangoifes de PAmerigue. 207
fes conditions lcs meilleures quillui fcroit pofible.
deHerMonfieur Houel & Meflieurs
belay & de Temericou: fes neveux, &
Seigneursde l'autre moitié de la Guadeloupe, & Mles adjacentes, n'avoient
pas manqué d'envoyer leurs principaux affurer
Officiers à la Martinique > pour
&c
Monfieur de Tracy de leurs relpeéts ,
préfentir fi les préfens nc feroient
pour rien fur lui. On lui en fit parler adroitement, ill les rejetta avec hautcur, com- dit
me un attentat à fon autorité, &.
fans déguifement à ces Envoyés, que le
meilleur parti que leurs maîtres avoient
à prendrc, éroit de fe rendre en toute
diligence auprès du Roi, & de tâcher
de fe jufifier des plaintes que. l'on faifoit tous lesjours contr'eux. de la Mar-.
Monfieur de Tracy partit
&
tinique, le vinglennièmne de Juin,
arriva à la Guadeloupe, le vingt-trois.
Monfieur Houel & MonfeurdHicibelay
le furent faluer chacun dans leur canot, >
il les reçût avec
avant qu'il & motillar, les fit faluer quand ils repolitefle,
tournerent à terre.
quand il déMonfieur Houelle-reçàt
lui
les honneurs
barqua., > avectous
qui
étoient dàcs; il lui.offrit fon Châteat
de Juin,
arriva à la Guadeloupe, le vingt-trois.
Monfieur Houel & MonfeurdHicibelay
le furent faluer chacun dans leur canot, >
il les reçût avec
avant qu'il & motillar, les fit faluer quand ils repolitefle,
tournerent à terre.
quand il déMonfieur Houelle-reçàt
lui
les honneurs
barqua., > avectous
qui
étoient dàcs; il lui.offrit fon Châteat --- Page 220 ---
z08 Nowveanx Voyages Hnx Ies
pour fa demeure. Ille refufa comme il
avoit refulé la maifon de Monfieur du
Parquet àla Martinique, & prit un logement dans le Bonrg de la Bafle-terre.
Sa commiflion fat lne & enregiftrée , &c
on fit à la Guadeloupe, tout ce
avoit fait à la Martinique.
qu'on
Pendint
ces choles fe paffoient ,
Meflieurs -AeCe &
d'Herbelay eurent
quelques conferences fecretes avecMonfieur de Tracy 2 dans lefquelles il fut réfolu qu'ils repafferoient en France inceffamment, & qu'auffi-tôr après leur départ, les troupesduRoi entreroient dans
leurs Forterefles 5 qu'ils pouvoient cependant y-laiffer des perfonnes de leur
part', pour avoir foin de leurs affaires ;
içavoir le ficur Hincelin pour Monfieur
Houel, & le fieur des Rofes pour Monfieur d'Herbelay, mais. fans commandement, ni autoriré.
Le vingt-fepr du mois a
de Juin, M.
Houel eut une aflez longue conférence
avec Monfieur de Tracy au milieu dela
place d'Armes, & fur les quatre heures,
ils'embarqua dans un navire Flamand.,
qui le porta en France.
Dès le lendemain Monfieur de
fit publier la fuppreflion des deux Tracy pluis
grandes charges que Monficur Houel. --- Page 221 ---
Françoifes de PAmérigue. 209
avoit impolées fur fon peuple fans autorité du Roi. Il remit le droit de capitation, à cinquante livres de tabac > ou
aut lieu
Monfieur Houel
de fucre, ,
que dix
cent, qu'il
l'avoit pouffé jufqu'à pour
&
prenoit fur toutes les marchandifes,
le droit de poids, à un pour cent, au
lieu d'un & demi quilexigeoit.
Monfieur d'Herbelay ne s'étoit point
échapé à ces rudes éxaétions,, mais il
prenoit de fon cheffur chaque habitant,
cinquante livres de tabac oll de fucre,
la garde du Château, outre les
pour cent livres qu'il recevoit comme Seigneur : &c comme Gotiverneur, , parce
que la garde du Château étoit comprife Cela
dans les cent livres qu'il recevoit.
futrépuré injulte & aboli.
Mellieurs d'Herbelay & de Temerifreres,
huit jours après
cour,
Houel partirent leur oncle, dansle vaifMonfieur
commandé
feau du Roi le Terron,
de
Monfieur
ARES
le Capitaine Michaut.
Monfieur le
cy fit embarquer avec eux,
de
Chevalier de Clermont, Capitaine
fes gardes; & quelques autres.
Le vaiffeau le Terron étoit encore en
rade, quand Monfieur de Tracy eut avis
d'un acts d'hoftilité 3 commis en pleine Il
paix à Sainte Lucic par les Anglois,
oncle, dansle vaifMonfieur
commandé
feau du Roi le Terron,
de
Monfieur
ARES
le Capitaine Michaut.
Monfieur le
cy fit embarquer avec eux,
de
Chevalier de Clermont, Capitaine
fes gardes; & quelques autres.
Le vaiffeau le Terron étoit encore en
rade, quand Monfieur de Tracy eut avis
d'un acts d'hoftilité 3 commis en pleine Il
paix à Sainte Lucic par les Anglois, --- Page 222 ---
210' Nonveaux Poyages anx IRes
eft vrai qu'ils alleguent pour prétexte,
qu'ils ont été en pollefion de cette Ifle
avant les François, & que s'ils en ont été
challés & maffacrés par: les
cela ne détruit point le droit Sanvages,
A quei on répond qu'ils fe font qu'ilsyont. fervis de
la même raifon pour s'emparer de Surinam, dont Monfieur de Bretigny avoit
pris polleflion au nom du Roi en
Mais fi on. veut chercher une autre 1643. raifon,on trouvera que les Anglois fe trouVant trop pieffés àla Barbade, > onil n'y
avoit plus dererrain
établir de nouvelles Sucreries, ni Bc'to bois debout, ils
réfolurent de faire un établiffement dans
l'Ile la plus voifine, qui.eft celle de
Sainte Aloufie. Ils fe fervirent pour cela
d'un nommé Ouvernard,fils du premier
Gouverneur Anglois de Saint Chriftophe, & d'une femme Caraibe de'la Dominique.Cer Ouvernardavoit de l'efprit,
il étoit bien fait s & les Anglois pour
s'acquerir un droit fur la Dominique, >
lui avoient donné une commiflion de
Gouverneur de cette Ifle. Il tourna f
adroitement l'efprit de fes compatriores,
qu'ils vendirent aux Anglois l'IAe de
Sainte Aloufie, comme leur
nant ; & non aux François qui apparre- s'en
étoient rendus maitres. --- Page 223 ---
Francoifes de l Amerique. 211
Munis de ce beau titre > ils amaflerent
quatorze ou quinze cens hommes, qu'ils
mirent farrcinq vaiffeaux > & accom- fur
pagnés de fix à fept cens Caraibes, aborderent à
dix-fept. Aloulie pirogues, ala fin ils du mois de Juin
Sainte 1664. Le fieur Bennart qui en étoit
Gouvetneur, ou pour parler plus jufte, du
qui gardoit la matlon de Monfieur dont une
Parquetavec quatorze fut fommé foldats, de fe rendre,
partie deferta,
de mouf-
& fans fe faire tirer un coup hors d'état de
quers il crut qu'il étoit
& capirefifter à de fi grandes forces,
les
tula anfli-tôt , aux conditions inconti- : que
Anglois le feroient tranfporter le
court
nent à la Martinique par plus armes,
chemin, avec fes canons, s fes Mais il
& tout le bagage des François. dans la capituoublia de faire expliquer
Jation, la qualité du Colonel Anglois,
ni
qutil étoit envoyé.
n'éEer Fortqu'il rendit aux Anglois,
toit qu'nne maifon de charpente, environnée à quelque diftance d'une paliffade, avec quelques canons & quelques
piettiers. La capitulation ne fut exécutée qu'en
partic. Le Colonel Anglois fe contenta
derenvoyer le Gouverneur & fes foldatss
& tout le bagage des François. dans la capituoublia de faire expliquer
Jation, la qualité du Colonel Anglois,
ni
qutil étoit envoyé.
n'éEer Fortqu'il rendit aux Anglois,
toit qu'nne maifon de charpente, environnée à quelque diftance d'une paliffade, avec quelques canons & quelques
piettiers. La capitulation ne fut exécutée qu'en
partic. Le Colonel Anglois fe contenta
derenvoyer le Gouverneur & fes foldatss --- Page 224 ---
212 Nowveaux
aux Ihes
& retint le bagage 0e >
canon & les ora
FTELS
nemens d'Eglife.
Monficur de Tracy qui en fut informé, écrivit à Monfieur de Clermont,
Gouverneur de la Martinique - > de faire
arrêter le fieur Bonnart, & de lui donner pour prifon fa propre maifon, attendu qu'il en devoit répondre au Roi, &c
d'envoyer une barque à Sainte Aloufic,
demander le canon & les effets que les
Anglois avoient retenus, & faire
quer le
expliColonel, fur les ordres qu'il
prétendoit avoir de s'être cmparé de
cette Ifle.
La barque fut envoyée, Le Colonel
Anglois
craignoit que Monficur de
Tracy ne vint
N
chaffer de fon établiffement, & ne le traitât comme un homme
fans aveu 3 rendit lcs canons avec une
partie du bagage, 8 déclara par écrit
gu'ils'éroit empard de cette Ie par ordre du Roi d'Angleretre. Ilretint pourtant un canon, quelques armes, & les
ornemens d'Eglifc.
Milord willougby, Lieutenant Général du Roi d'Angletetre. écrivit à
Monfieur de Tracy une lettre fort civile
fur ce fzjet. Monlicur de Tracy lui répondit de même, & lui fit compreadre
qu'il attendoic les ordres du Roi for
maître fur cette affaire, --- Page 225 ---
Françoifes de LAmérigue. 213
Il n'en fur pas befoin. Les Anglois
avoient crû trouverlIlle bien fournie de
vivres, & fur cette' efperance, ils n'en
avoient prefque point apporté éavec eux.
Ils fe trouverent' bien-tôt dansla derniere
mifere. Les maladies accompagnerent
la famine, & en moins de tro1S mois
plus de fix cens perfonnes moururent.
Le Gouverneur & les principaux Officiers furent de ce nombre, & ceux qui
refterent fe voyant fans fecours, abandonnerent PIfe, & fe difperferent dans
les Colonies Angloifes.
Monfieur de Tracy reçàt un Arrèt du
Confeil d'Etat du Roi, par lequel le
commerce étoit deffendu pour fix mois
avec les Hollandois & Flefingois, à caufc de la pefte , qui faifoit de grands ravages dansleur pais. Cette interdiétion
s'étendoit non feulement fur les Ifles dépendantes de la Couronne de France 2
mais encore fur celles de la Religion de
Malte. Ce futle prélude de l'interdidtion du
'commerce pour tout autre
la
nouvelle 0e >
E
qui
tosioit
Coipagnic 0
faire feule.
Le cinq Juillet de la même année les
troupes du Roi entrerent dans le Fort de
la Balle-terre dela Guadeloupe & de la
étion
s'étendoit non feulement fur les Ifles dépendantes de la Couronne de France 2
mais encore fur celles de la Religion de
Malte. Ce futle prélude de l'interdidtion du
'commerce pour tout autre
la
nouvelle 0e >
E
qui
tosioit
Coipagnic 0
faire feule.
Le cinq Juillet de la même année les
troupes du Roi entrerent dans le Fort de
la Balle-terre dela Guadeloupe & de la --- Page 226 ---
214 Nowveanx Yoyages Anv Iles
Madeleine. bli
Monficur du Lion fut
Gouverneur : dans le
éraMonficur Vinert dans le fecond. premier , &
roiffoir Ilferépandit alors un bruit qui ne
pas fans fondemen, que les
glois
A
vouloient s'emparer de PIle
Marie- - galante. Monfieur de
de
envoya des
du
Tracy y
nitions & des troupes > canon 1 des muRofes
vivres, > avec le fienr des
ficur de pour Bourneuf Commandant, & ordre au
de remettre le Fort qui y commandoit,
& de fe retirer dans all fa fieur des Rofes,
allarme fe trouva faufle. maifon. Cette
Cependant Monfieur de
s'occupa a terminer une infiniré Tracy dc
&aremettre le bon ordre dans cette procès, Colonic.
Les Huguenots y étoient en
nombre, 2 &csy étoient rendus fi grand
qu'ils infalroient les
puilane
difoient des Prêtres, Catholiques, mé
ridicule nos
> & toutnoient en
Monfieur de Myfteres les plus facrés.
ordre, & de châtier Tracy réfolut d'y mettre
la bourfe, qui étoit leur ces temeraires endroit
par
fenfible. Ilen trouva bien-tôt
le
La voicy.
PRLSET
Deux huguenots nommés Chevrau &
Deroncau, ayant trouvé un. pauvre Prè- --- Page 227 ---
Francoifes de PAmérigne. 215
trc Breton d'auprès de Nantes, , l'avoient
fait boire plus que de railon, & dans
cet état, ilsle conduifirent dans un vaif.
fcau qui alloit mettre àla voile - , oiils
S'embarquerent audli. Le Prètre fe trouvant enmer, & ayant toute fa raifon le
jour fuivant, sapperçur qu'il avoit été
trompe, & déclara hautement fon caracere. Le Capitaine qui étoit linguenot audli bien que la plapart de fes gens à
s'en mocquerent. On arriva àl la Guadeloupe, le Prètre fut vendu comme engage & obligé de travailler à la terre *
avec les autres engagés & les efclaves,
Sccela donna un giand fujet aux huguenots de fc mocquer des Catholiques.
Monfieur deTracy en étant averti ft
mettre le Prêtre dans une maifon particuliere, & le nommé Chevrau en
dit hautement qu'il alloit
etc
fon, &
voyerà Nantes, - où fon procès lui feroit
fait, & ou il feroit puni. Tousles hu-
-guenots s'intéreflerent fortement pour
lui, & prierent le Général de civilifer
cette affaire. Ilfe fitlong-tems prier, &
ne confentit à recevoir la requête qu'ils
vouloient lui préfenter, qu'i condition
qu'elle feroit fignéc de trente ou quaranre de leur corps > parce que les biens des
accufés ne feroient pas capables de payer
lui feroit
fait, & ou il feroit puni. Tousles hu-
-guenots s'intéreflerent fortement pour
lui, & prierent le Général de civilifer
cette affaire. Ilfe fitlong-tems prier, &
ne confentit à recevoir la requête qu'ils
vouloient lui préfenter, qu'i condition
qu'elle feroit fignéc de trente ou quaranre de leur corps > parce que les biens des
accufés ne feroient pas capables de payer --- Page 228 ---
216 Nowveanx Yroyages aux Ies
l'amande, fans être peut-être
ment ruinés.
entiereTous les principaux fignerent la requète , & illes condamna
a quinze mille livres de fucré Tolidairement d'amende,
appliquables; fçavoir, douze mille
vres à Thôpital, deux mille livres lipauvres . honteux, & mille livres aux
Prêtre pour fon retour en France,
au
quatre foldats, qui le devoient avec
tre à fon Evèque.
remetCe châtiment rendit Jes huguenots
plus retenus, & appric aux Prètres vagabons à ne pas quitter leurs Diocefes,
& paffer aux Ifles pour y vivre dans le >
libertinage.
Il fit aufli-tôr une ordonnance
réprimer les huguenots fous peine pour de
groffes amandes, qui étoient le vrai
moyen, & peut-être lunique de les contenir dans le refpect,
L'interdiction du commerce avec lcs
fette Etrangers, fur bien-tôr fuivie d'une digénérale de toutes chofes; & comme la pèche des lamantins & des
& la challe des cochons
tortuès,
extrêmement diminuées, marons, étoient
tôtréduit. taux crabes &
on fut bienencore n'y en avoir-il aux tourlouroux,
monde. On avoit accoûcumé pas pour tout le
de voir
aborder --- Page 229 ---
Françoifes de PAmerique. 217
aborder foixante ou quatre-vingt gros
navires Flamands,
pourvoyoient
abondammentles) talim. de teut ce qui
leur étoit neceffaire, & qui emportoient (
tous les fucres, les tabacs, les cottons 2
& les autres marchandifes du cru du pais,
ce qui ruinoit abfolument les Fermiers
des droits.du Roi. Ce deffaut excita des
plaintes générales. Elles obligerent le
Général d'écrire à la Cour,
la
d'envoyer
C ineter
Corapagnic nombre & bien chargés. Enles
arendantMonfieur en grand
de Tracy fitu un voyaà la Grenade, où fa prefence étoit
ge
non feulement
détrès-néceffaire entietement >
les Agents pour du
poffeder Comte de Cerillac, ( car pourlui iln'en
étoit plus queftion, illavoit fait pafler
il étoitvenu à la Maren France, quand
rendre à ces
tinique 5 ) mais encore pour
peuples défolés par la conduite irréguliere de leur Seigneur > la paix & la tranquillité dont ils avoient befoin. Il établit pour Gouverneur dela Guadeloupe,
Monfieur du Lion, en attendant
vifions
devoit recevoir de la
eEEs
& qu'il qu'il reçût en effet, au mois de Mars
de l'année fuivante 1665.
Monfieur de Tiacy partit de la Guadeloupe, le cinquiéme Novembre 1664.
Tome V.
K
la conduite irréguliere de leur Seigneur > la paix & la tranquillité dont ils avoient befoin. Il établit pour Gouverneur dela Guadeloupe,
Monfieur du Lion, en attendant
vifions
devoit recevoir de la
eEEs
& qu'il qu'il reçût en effet, au mois de Mars
de l'année fuivante 1665.
Monfieur de Tiacy partit de la Guadeloupe, le cinquiéme Novembre 1664.
Tome V.
K --- Page 230 ---
21 8 Nowveaut Yoyages aux
& emmena avec lui Monfieur Ifes
Capitaine au Regiment
Vincent,
me
d'un rare merite. Il d'Orleans, homSergent de fes
prit avec lui un
& environ
troupes, douze foldats,
de la
quatre-vingt bons habitans
Guadeloupe & de la
qui charmés de ce qu'ils avoient Martinique,
du dire de la Grenade, & du entenment qui s'y alloit faire
changeprendre des habitations. > y vouloient
Il paffa quelques jours à la
où ils'appliqua à rendre jufticea Martinique,
monde, & à remettre les
tout le
rouchés de l'idée d'une nouvelle efprits effapagnie.
ComCe fut pendant ce petit fejour
fit la premiere Ordonnance
gu'il
faite contre les Caraibes. La qui ait été
voici:
DE PAR LE Rov. Deffenfes font
faites à tous les Caraibes qui font habitués, ou qui voudront s'habituer
nous dans lesl Mfles Françoifes, de tuer parmi
d'outrager de fait, aucun des leurs ou
fous peine de banniffement
$
S'il arrive quelque different perpetuel. entr'eux
ils en viendront faire leur
Gouverneur pour fa
rapport au
ablence au Juge érabli Majefé, dans ou en fon
quels décideront leurs affaires PIle, fur lef,
le
champ, avec toute juftice, comme celles --- Page 231 ---
Françoifes de LAmérigne. 219
des François, & lefdits Caraibes s'en
tiendront à leur jugement > fans qu'il
leur foit permis de vuider leurs differens
d'autres voyes, attendu que comme
ER Roi les prend fous fa protection, , ainfi
que les François qui font fes fujets naturels ,ils doivent aufli s'affujertir à toutes
les Ordonnances de Sa Majefté. Faità la
Martinique le 19. de Novembre 1664.
Signé Monfieur TRACY. de Tracy arriva à la Grenade le 22. de Novembre. Il trouva l'Ifle
dans une extrême défolation. De cinq
cens habitans que le Comte de Cerillac
y avoit trouvés, quand il en prit poffeffion, il n'y en étoit refté que cent cinquante. Deux Capucins y faifoient les fonctions de Miflionnaires, depuis que le
Pere Beffon Dominiquain en étoit forti
parce qu'il n'avoit pû appreuver la conduite du Comte de Cerillac.
Le Général fut reçà dans cette Ifle
comme dans les autres 2 toute
tion
le 24: il reçàt le
eopetr
gardée;
de fidélité des habitans, & sappliqua
jufqu'au 28. à régler les differens des habitans, à leur faire
plus de
tre
mille livres
tabac
PEL
qui fear
vingt
étoient dûés par le Comte de Cerillac 2
Ki 1j
ite du Comte de Cerillac.
Le Général fut reçà dans cette Ifle
comme dans les autres 2 toute
tion
le 24: il reçàt le
eopetr
gardée;
de fidélité des habitans, & sappliqua
jufqu'au 28. à régler les differens des habitans, à leur faire
plus de
tre
mille livres
tabac
PEL
qui fear
vingt
étoient dûés par le Comte de Cerillac 2
Ki 1j --- Page 232 ---
220 Nonveane Yoyages Anx
& à diftribuer aux
IRes
amenés. :
hibitans qu'il
3 les terres qui leur étoient avoir néceffaires.
Lc 29. il établit Monfieur Wincent
Gouverneur de'cette Ie 3 en
une commiffion da Roi, & le attendant mit
polleflion du Fort, oi ille fit
en
avec le Sergent & fes douze
entrer
aprèsqu'il en eût fait fortir le foldars, 2
de Cerillac, & le fieur de Madirac. Chevalier
envoya en France,ot lc Comte de Ill les
lac qui y étoit déja arrivé, traita CerilCompagnie, & lui vendit la avec la
plus cher qu'elle ne lui avoit coûté, Grenade 2
Ileutavis que les huguenots
dans cette Ifle, faifoient des habitués
dans une maifon
affemblées
quer aux exercices particuliere de leur 3 pour vacqui étoit deffendu par le Religion, Roi, Il fit ce
blier une Ordonnance qui leur
puces ailemblées fous peine d'amande, deffendit
nadc Monfieur le
de Tracy partit de la Gre30. Novembre de la
née 1664.
même anMonfieur Vincent permit à fes habitans, la chafle & la pèche dans
& dans. les Grenadins, qui leur lIlle,
éréinterdites par le Comte de avoiene
de forte qu'ils vivoient fort à Cerillac, leura
fant du produir de leurs
aife,
tçrres > que du --- Page 233 ---
Francoifes déLAmerigne. 221
profit qu'ils failoient fur le caret, 8 far
les viandes boucannées.
Cependant les Caraibes qui étoient
revenus loger dans lifle s formerent le
delfein d'exterminer les François - 3 &c
dans-la crainte du fuccès, ils vinrent
donner avis à Monficur Vincent, que
les Caraibes de Paria en Terre-ferme, >
le devoient venir attaquer. Le Gouverneur qui fc douta de leur fourberie, leur
dit quil vouloit qu'ils priflent parti
tous vêtus
avec les Paria,.
qu'érant
de la même Rar il ne ditingueroit
d'hoftiperfonne, &
premierace
lité qu'ils trg iln'y auroit plus de
paix aefperer avec lui. 1l ajouta en mème tems que ce feroit en vain qu'ils envoyeroient demanderla paix, parce qu'il
étoit réfolu de faire tuer tous ccux qui
viendroient lui faire des propofitions.
Il ordonna enfuite aux habitans de ne
fortir jamais de leurs maifons qu'avec
leurs armes, & d'aller toujours en troupes & armés, quand ils feroient obligés
de s'cn éloigner.
Les Caraibes abandonnerent entierement leur mauvais deffein. Ils en affarcrent Monfieur Vincent, &clui donnerent
quelques-uns deleurs enfans pour gages
de leur fidelité.
K iij
uer tous ccux qui
viendroient lui faire des propofitions.
Il ordonna enfuite aux habitans de ne
fortir jamais de leurs maifons qu'avec
leurs armes, & d'aller toujours en troupes & armés, quand ils feroient obligés
de s'cn éloigner.
Les Caraibes abandonnerent entierement leur mauvais deffein. Ils en affarcrent Monfieur Vincent, &clui donnerent
quelques-uns deleurs enfans pour gages
de leur fidelité.
K iij --- Page 234 ---
222 Nowveanx Yoyager ANX Ifes
CHAPITRE XIL
La nouvelle
Compagnie 3
prend pofefiox
des Hfles.
L A Compagnie Royale des Indes
Occidentales, fit
fa
re flotte de la Rochelle partir le
premic1664. Elle n'étoit
14. Decembre
tre
compofée que de
vaiffeaux, au lien. de
auroient été néceffaires. quarante
a
à la verité & bien
Iis éroient gros
Commis
chargés, fur tour de
Généraux, de Commis
culiers, de Direéteurs,
partiTeneurs de livres, Controlleurs Sous-directeurs, fixes &c
ambulans, & autres gens de pareille
étoffe, avec environ quatre cens hommcs, levés aux dépens de la
entre lefquels il y avoit très- Compagnie, peu d'ouvriers, faires. quoiqu'ils y fuffent les plus nécef
Ily avoit outre cela trois Medecins, qui furent les premiers animaux de
cette tifles, eipece qu'on eut encore'vû aux AhLa Compagnie crut en' avoir befoinpour dont
dépècher en l'autre monde ceux
on voudroit fedébaraffer.
Monficur de la Barre en avoit mené
un à Cayenne > heurenfement pour ce --- Page 235 ---
Fyangoifes de I Amerigue. 223
Lieutenant Général, il mourut prefque
en arrivantà Cayenne. choifit
Intendant
La Compagnie
pour
Monou
Général de fesaffaires ,
fieur AETE Chambré, homme admirable
pour lc mètier qu'il devoit faire.
ou
Ce qu'elley, envoya de meilleur, fut
pour parler plus juite d'excellent, Gencilhomme
Monfieur de Clodoré, Il avoit été Cad'un mérite fingulier. de la Marines
pitaine dans le Regiment
de la
Major de Calais, & Gouverneur La
Vilie de Cardonne en Catalogne. Roi,
Compagnie l'avoit préfenté au
ètre Gouverneur de la Martinique 3
pour fon mérite connu du Roi mème, le fit
agréer fur le champ. Sa commiflion fur
expédiée le I 1.Octobre 1664
Monfieur de Chambré s'embarquz de
furle vailleau appellé PHarmonie,
trois cens tonneaux & de vingt-quatre d'Amiral.
canons,qui portoit le pavillon fon
&
Monlieur de Clodoré,
époufe
leur fuite, &c quelques Peres Jefuites s
fe mirent farle Saint Sebaftien de vingthuit canons , & de deux cens cinquante
tonneautx.
vaiffeau nomméle Mercier, Le troifiéme étoit de quatre cens tonneaux, &
de fcize pieces de canon.
K iv
ie,
trois cens tonneaux & de vingt-quatre d'Amiral.
canons,qui portoit le pavillon fon
&
Monlieur de Clodoré,
époufe
leur fuite, &c quelques Peres Jefuites s
fe mirent farle Saint Sebaftien de vingthuit canons , & de deux cens cinquante
tonneautx.
vaiffeau nomméle Mercier, Le troifiéme étoit de quatre cens tonneaux, &
de fcize pieces de canon.
K iv --- Page 236 ---
224 Nowveaux
aux TRes
Le
Yoyages
quatriéme étoit une Flute deftinée
pour Cayenne, 3 nommée la Sufanne de
trois cens tonneaux, 3 & de feize
de canon,
pieces
Cette petite flotte fat féparée
un
de vent, qui fit que le
arà
Sa
riaber
les deux Maxtinique cinq ou fix jours avant
premiers. Pour la Sufanne elle
prit la route de Cayenne vers les Canaries.
Les deux premiers navires arriverent
à Saint Yague le 20. Janvier
Mrs de Clodoré &c de Chambré mirent 166,.
à terre le même jour. Ils furent reçûs
par le Gouverneur Dom Antonio de
Galvan, avec beaucoup d'honneur. Ily
eutde grands complimens des deux côtés.
Ce futun Medecin Parifien nomméJean
dela Place, établi dans cette Ile depuis
vingr-ans guferviefinterpeére, Ce Medecin qui étoit très-riche, voulut
ler nosMellieurs, quis'érant trouvés réga- incommodésne purent afifter'à fon feftin.
Les autres Officiers en
&
furent fervis
profiterent,
par quarante de fesefclaves
dans de très belle vaiffelle d'argent,
Monfieur de Chambré envoya au
Gouverneur, denx pieccs d'excellent
vin François, une au Major, & une aux
foldats de garde. Le Gouverneur reçur --- Page 237 ---
Frangoifes de PAmerique. 225
le préfent, mais i condition qu'il feroit
Sa-Maporté aux Capucins, parceque deffendu exjelté Portaganfe luiravoit
prellément de recevoir aucun prefent
des étrangers. Monfieur de Clodoré
avoit envoyé une piece de vin aux Caétant
tous François,
pucins, > quid boire prefque à la fanté dc leurs
eurent dequoi
compatriotes.
Le Gouverneur demanda un ruban
à Monfieur de Clodoré, pout fe fouvede Clonir dc fon pallage, &Monfieur & audoré lui en envoya quatre pieces,
gant àla femme du Medecin avec quelques autres préfens.
des
Ils partirent fort contens lesins
autres > & arriverent à la Martinique en
vinge jours en bonne fanté, n'ayant perdu qu'un feul homme dans le voyage 2
quilsavoient été bien nourris; ce
parce qui fait voir que la mortalité qu'on
éprouve dans les traverfées, ne vient
ordinairement
du deffaut de nourriture, ou de de mauvaife qualité des
alimens.
Monfieur de Tracy étoit
Pendantque
les murmures des haoccupé à réprimer
bitans de la Guadeloupe qui manquoient Hollande toutes chofes, un navire vûi près la
dois lui donna avis qu'ilavoir
K Y
2
quilsavoient été bien nourris; ce
parce qui fait voir que la mortalité qu'on
éprouve dans les traverfées, ne vient
ordinairement
du deffaut de nourriture, ou de de mauvaife qualité des
alimens.
Monfieur de Tracy étoit
Pendantque
les murmures des haoccupé à réprimer
bitans de la Guadeloupe qui manquoient Hollande toutes chofes, un navire vûi près la
dois lui donna avis qu'ilavoir
K Y --- Page 238 ---
226 Nowveaux
Foyager Aux
Martinique, un vailleau avec Hles
François. Monfienr de
pavillon
point que ce ne fir quelque Tracy ne douta
té de la flotte de la
evaiffeau écartendoir. Il partit Compagnie qu'il atà la Martinique. aufli-tor, & fe rendit
le Mercier, & ILy trouva le vaifleau
le navire la
prefque en même tems
par la Compagnie, Fortune, freté à Nantes
du vaiffeau du Roi le arriva & fut fuivi
vivres pour lcs.
Terron chargéde
jours après les deux troupes du Roi. Cinq
rurent. Ces cinq bâtimens autres vaiffeaux
habitans. On fc
réjoitirent es
& de mettre leurs preffa de les décharget
magazins.
charges dans differens
Tous les habitans y accoururent
avoir leurs néceflirés. Ce fut dans pour
occafion, où les Commis de la
cette
gnic, firent un apprentiflage Compacher à leurs maîtres.
qui coûta
donnoit à crédit, les Comme tout fe
étoient ceux qui
plus infolvables 2
on n'avoit jamais prenoient và en
davantage 3
un débit plus
de aucune foire,
marchandifes. prompr La difliculté toutes fortes de
tirer le Payement.
fut d'en reIls'agilfoir de mettre la
en poffellion de l'Ifle.
Compagnie
Monfieur de Tracy fit aflembler
tous --- Page 239 ---
Frangoifes de f Ambrigue. 127
les corps, c'eft-à dire les Ecclefiaftiques, &
l Noblelle, le Confeil Souverain,
le Tiers Etat ou le peuple. Chambre de
Il marcha à leur tête àla Il fut fuivi
Juftice,& y entrale premier.
de Monfieur de Clodoré, Gouverneur Gé- 9
& de Monfieur de Chambré, Agent
néral. Les Jefuites & les Jacobins entre- les
rent enfuite. Le corps de la Nobleffe
fuivit, puis le Confeil Supérieur , compolé des Officiers des onze Compagnies Etat, à la
dc Milice, & enfin le Tiers de PIfe, le
tête duquel étoit le Juge
& trois
Procureur fifcal, le Greffier, habitans de
ou quatre des principaux
chaque quartier. érant
Monfieur
Lcs Séances
prifes, à Monde Chambré fe leva, Scp préfenta du Roi
fieur de Tracy, la Déclaration demanda au
dont il étoit porteur, &
furlné8c
nom de la Compagnie, qu'elle mife en
enregiftrée, & la Compagnie du Roi.Il mit
poffeilion de TIle au nom
en
aufli fur le Bureau , la verification
Parlement, & la commiffion qu'ilavoit
de la Compagnie. du Roi demanda que
Le Procureur fut faite de toutes ces piéces.
lecture
Pordonna, le GrefMonfieur de Tracy
Le Procureur du
fier en fit la lecture.
K vj
furlné8c
nom de la Compagnie, qu'elle mife en
enregiftrée, & la Compagnie du Roi.Il mit
poffeilion de TIle au nom
en
aufli fur le Bureau , la verification
Parlement, & la commiffion qu'ilavoit
de la Compagnie. du Roi demanda que
Le Procureur fut faite de toutes ces piéces.
lecture
Pordonna, le GrefMonfieur de Tracy
Le Procureur du
fier en fit la lecture.
K vj --- Page 240 ---
228 Nonveanx
Roi conclud à Foyages aux Iles
Tenregilirement qui fut
prononcé & ordonné par Monficur de
Tracy.
Monfieur de Clodoré fel leva enfuite,
& préfenta à Monfieur de Tracy fa com- 2
miflion de Gouverneur de l'Ile dont il
demanda la leéture &
Cela fut fait fur le champ. l'enrégiltrement.
Monfieur de Tracy reçit les
cela de
fidelité des
Aa
blefle, du Confeil Ecclefiaftiques, de la NoTiers Etat. Cela fut fuivi Souverain, d'un
& du
difcours que Monfieur de Tiacy excellent
ça. Monfieur de Clodoré
pronontoute l'affemblée fortit de répondit, la
&
alla en bon ordre à la place
falle, &
toutes les Milices étoient d'armes, où
Monficur de Clodoré fat en bataille es
défonça. pluficurs piéces de reconnu. vin.
On
fieur de Clodoré & Monficur de Monbré burent à la fanté du Roi. Tour Chammonde cria, Vive le Roi, & ent même le
tems les canons du Fort & des vaifleaux
tirerent, L'on but même 'a fanté de la
Compagnie.
Ces Meflieursavoient
fent
préparé un pré
magnifique de pipes de vin d'EC
pagne, de barils d'anchois,
de parmefan, & autres
dejambons,
de mer > qui fut préfenté rafraichiffemens à Monfieur de --- Page 241 ---
Frangoifes de PAmérique. 229
Monfieur de Chambré. Il le
Tracy par
ne voulant rien
refula modeftement ,
recevoir que du Roi, &c ne prir
mnorceau de
E
petit
parmefan pour
honneur à Ia Compagnie.
La Compagnie avoit fait préparer une
grande feuillée, avec une table à foixante & dix couverts, où les Officiers & les
principaux habitans furent traités
didement. La fantédu Roi & de la
D
furent bués. Monfieur de Trapagnie
diné chez lui, vint voir les
cy
fe
RLET
conviés fur la fin du repas. Tout cela
paffa le 19. Février 1665.
avoient
Tousles Etats delaMartinique
préfenté un mémoire important à Monfieur de Tracy. Ily répondit par des réglemens tré-judicisux, le 17. Mars en
fuivant. Tout le monde fut content > il
feroit trop long de les rapporter ici.
Monfieur de Tracy & Monfieur de
Chambré firent voile pour la Guadeloupe, le 20. de Mars, pour y faire reconnoitre la Compagnie. Mais à peine y
étoient-ils arrivés, quily eut desfoulevemens à la Martinique. Quelques débauchés & gens fans aveu, entieprirent
de faire foulever la Colonie contre la
Compagnic. Ils amafferent un affez bon
nombre de gens de leur étoffe, ils au-
er ici.
Monfieur de Tracy & Monfieur de
Chambré firent voile pour la Guadeloupe, le 20. de Mars, pour y faire reconnoitre la Compagnie. Mais à peine y
étoient-ils arrivés, quily eut desfoulevemens à la Martinique. Quelques débauchés & gens fans aveu, entieprirent
de faire foulever la Colonie contre la
Compagnic. Ils amafferent un affez bon
nombre de gens de leur étoffe, ils au- --- Page 242 ---
130 Nonveanx Yoyages anx Mles
roient peur-être rétiffi dans leur
fi Monlieur de Clodoré n'avoit deflein, marché
à eux dans le moment qu'ilen fut averti.
Ils les Joignir, les dilipa, fit prendre le
Chef, & fes principaux adlierans. Le
Chef nommé Rodomon fut pendu, &
quarre ou cinq autres condamnés aux
galeres, &, cette premiere émeute
fée.
appaiLa Compagnie fut reconnue à la Guadeloupe, comme elle l'avoit éréà laMarfeaux tinique, & l'Ife fecourue Par les vaif
de la
titement; cela Compagnie > mais alfez peauroit porté les peuplesà
quelque chofc de plus qu'à des murmures, fansla prefence de Monfieur de Traey, pour qui ils avoient un profond ref
pedt.
Monfieur da Lion reçût fes
fions de Gouverneur, > & fur reconnu provi- en
cette qualité,
La Compagnie de
appelloit de la France Equinoxiale, Cayenne s qu'on fut
réunic à la grande Compagnie des Indes
Occidentales, & ces deux Compagnies
n'en firent plusqu'une.
Monficur de Themericour, fils de
Madame de
Champigny, 2 qui avoit
époufé en premicres nôces Monfieur de
Boiflerct, Seigneur de la moitié des --- Page 243 ---
Frangoifes de LAmérique. 13Y
Ifles de la Guadeloupe : de Marie-galante, les Saints &l la Defirade, fut préfenté au Roi par la Compagpie, 3 pour être
Gouverneur de Marie-galante. Sa commiflion eft du 10. Février I 665. I en
prèta le (erment entre les mains de eMonfieur le Chancelier, > le vingt du mème
mois. Il arriva àla Martinique au mois
de May. Il fe preffa de fe rendre à la
Guadeloupe, croyant d'y trouver Monfieur de Tracy: mais il étoit
le Canada. Il
de
Fa EurE
prit poffeffion
vernement de Maric-galante le huit de
Juin, & trouva qu'on l'avoit tellement
négligé, que fa garnifon n'étoit que de
dix foldas, & les habitans au nombre
de cinq cens, dont il n'y en avoit que
cent cinquante en état de porter les armes.
vouloit
Cependant la Compagnie qui
être maîtreffe abfolue de toutes les Ifles,
traita avec l'Ordre de Malte, & achera
les Ifles de Sainr Chriftophe , de Sainte
Croix, Saint Martin & Saint Barthelela fomme de cinq cens mille
my , pour
n'écoit
la
livres tournois, ce qui
pas
moitié de leurjulte valeur. Le contrarfur
palfé à Paris devant Notaires, le JO.
Août 1655. Monfieur de Chambré
Agent Général, en prit poffeffion au
traita avec l'Ordre de Malte, & achera
les Ifles de Sainr Chriftophe , de Sainte
Croix, Saint Martin & Saint Barthelela fomme de cinq cens mille
my , pour
n'écoit
la
livres tournois, ce qui
pas
moitié de leurjulte valeur. Le contrarfur
palfé à Paris devant Notaires, le JO.
Août 1655. Monfieur de Chambré
Agent Général, en prit poffeffion au --- Page 244 ---
232 Nouveaux Voyages. anx
mois de Novembre de la même Ifer année.
Monfieur le Chevalier de Sales fut
confirmé Gouverneur,
Monfieur. du Guery, l'un desSeigneurs
de la Compagnie, alla par ordre de Mde Chambré, prendre poffellion de
PIfle de Sainte Croix. Monfieur Dubois
qui en étoit Gouverneur pour l'Ordre
de Malte, fut confirmé dans le Gouvernement avec des provifions du Roi.
Il prit aufli poffeflion des Ifles de
Saint Barthelemy & de Saint Martin, &
y laiffa pour Commnandans, les fieurs
de Beauplan & du Clinet.
Toutes ces prifes de poffeffion fe firent dans le mois de Decembre 1665.
L'Ifle de la Martinique appartenante
aux enfans mineurs de Monfieur du Parquet, fut cédée àla Compagnie par leur
tuteur, pour deux cens quarante mille
livres tournois, & trente-mille livres
pour le pot de vin du tuteur.
L'Ifle de la Grenade & les Grenadins
fut aufli cédée à la Compagnic, pour la
fomme de cent mille livres tournois,
le Comte de Cerillac, & cinq RaRIe
livres pour les épingles de Madame de
Cerillac.
Il y. avoit encore la Guadeloupe &
Ilcs adjacentes, dont la moitié appar- --- Page 245 ---
-
Françoifes de PAmerigne. 133 & à
tenoit à Madame de Champigny, lit. Le contrat de
fes enfans du premier moitié fut paffe à Paris,
vente de'cette la fomme de cent vingt milmoyennant
M.
le livres. Ainfi il ne reftoit plus moitié que des
Houel Seigneur de l'autre difficile à remèmes Iles. Il futle plus
tenir àce
duire. Il ne s'en voulut point ftatué, il
Monfieur de Tracy avoit fommes
Res monter fes prérentions à des
excellives, qui après de longs débats fon >
furent modérées parlel Roi, féant en
Confeil, à la fomme de deux cens quatre-vingt mille livres, outre les terres
qu'il s'étoit réfervées dans ces Ifles, &
fes établiffemens qui étoient très-con- Avril
fiderables. Cet Arrêt eft du 13.
1680.
la
fe fit chargée
Quoique
dettes très-conpar ces acquifitions,
ACErESE
fiderablessileft conftant qu'clle fe feroit
infiniment enrichie, fi elle cût étéi mieux
nombre de gens
fervie par le prodigieux & fans la guerrc qui
qu'elle employoit; entre la France & TAngleterre
fe déclara
très-confidéraqui lui caufa des pertes les deux Nations eufbles 5 car quoique Concordat le 20. Janvicr
fent palfe un
1666.les Anglois qui ne voyoient qu'avec une extrème jaloulie, 2 les progrès
qu'clle fe feroit
infiniment enrichie, fi elle cût étéi mieux
nombre de gens
fervie par le prodigieux & fans la guerrc qui
qu'elle employoit; entre la France & TAngleterre
fe déclara
très-confidéraqui lui caufa des pertes les deux Nations eufbles 5 car quoique Concordat le 20. Janvicr
fent palfe un
1666.les Anglois qui ne voyoient qu'avec une extrème jaloulie, 2 les progrès --- Page 246 ---
134 Nowveaux
Anx
des François dans Yayater les
Thes
plurôr informés
ifles, ne furent pas
des difpofitions
avoit à une rupture entre la France quily &
TAngleterre elaration
> que fans attendre une déformelle de la guerre, ils tenterent de chaffer les François de la
tie de Saint Chriftophe
parpoient, Il eft vrai qu'ils furent qu'ils battus OCCHlplufieurs fois à plate courure, >
furent eux mêmes chaffés, mais qu'ils
dîmes le brave Chevalier de nousy Sales perfut tué, & la paix étant faire, il
rendre
allt
lesavoit aux Anglois, 3 la partie dont on
chaffé ce qui ruina les petites
Ifles, dont on avoit tiré les habitans,
pour les mettre à la place des Anglois.
Ajoutez à cela la ceffation du travail,
la perte de plufieurs vailleanx de la Compagnic, qui furent brûlésa la rade de la
Martinique, 4
la perte de pluficurs autres
qui furent ptis dans la tra verfée 3 &
eft quantité d'autres accidens, dont - le recit
à prefent peu intéreffant. Il parut
Fannée qu'elle ne faifoir plus que languir vers
1673. ce qui obligeal a le Roi toujours porté d'inclination au bien de fon
peuple à la faprimer, & à unir à fon
Domaine les terres qu'il lui avoit concédées. C'eft le quatriéme état des Iiles
depuis que les François y ont fait des
établifemens. --- Page 247 ---
Françoifes de PAmérigne. 235
CHAPITRE XIII.
dss
Réinion des IRes Antipes aDomaine
Roi, 6r révocation de la Compagnie.
les
E ne (çaurois mieux expliquer
raifons que le Roi eut de revoquerla fcs
grande Compagnie, formée par
extrait
ordresen 1664. q'endonmancan
de l'Edit de Sa Majefté, 2 donné à Saint
Germain en Laye, au mois de Decemen Parlement & er
bre 1674. régiftré
les 18. Janla Chambre des Comptes,
à
vier & 9. Février 1675. & imprimé année.
Paris par Cramoify en la mème
Il eft dit que la fituation du Royaume
entre la Mer Océane &l2 Méditerranée,
facilitant l'enlevement & la décharge
des marchandifes de toutes efpeces, a
donné lieu à pluficurs entreprifes Kras
le commerce des pais éloignés.
quoique le Sucre n'ait.pas toujours
répondu que
à l'attente que l'on en avoit,
la
des armemens fe
parce que plipart
ils n'étoient
faifant
des particuliers, néceffaires
bende par des forces
pas
réifir. Oue Sa Majefté auroit
été pour invitée y.
par l'aficétion qu'elle a pour
, a
donné lieu à pluficurs entreprifes Kras
le commerce des pais éloignés.
quoique le Sucre n'ait.pas toujours
répondu que
à l'attente que l'on en avoit,
la
des armemens fe
parce que plipart
ils n'étoient
faifant
des particuliers, néceffaires
bende par des forces
pas
réifir. Oue Sa Majefté auroit
été pour invitée y.
par l'aficétion qu'elle a pour --- Page 248 ---
236 Nowveaux Voyages AuX Ihes
fes peuples, d'entreprendre de nouveau
le
commerce, > dans les Iles & Terreferme del l'Amérique, 1e 3 pour leur conferver les avantages que leur
&
leur induftrie leur avoient courage .
la découverte d'une grande acquis, étendue PE
paisen cette partie du monde, dontles
étrangers tiroient tout le profit depuis
plus de foixante ans. Pour cet effet Élle
avoit formépar fes lettres en forme d'Edit, au mois de May 1664: une Compagnic des Indcs Occidentales > à laquelle elle avoit accordé, à l'exclufion
de tous autres, la faculté de faire elle
feule le commerce pendant quarante ans
dans la Terre-ferme & Ifles de l'Ameri-
& dans la côte d'Afrique, depuis
verd,
REa
Cap
jufqu'au Cap de bonne E(
perance, tant & fi avant que. ladite Compagnie pourroits'étendre dans les terres.
Que ce deffein également utile Bc glorieux,avoit cul le luccès quc S.M. en
voit cfperer, ladite Compagnic s'étant pouheureufement mife en polleflion des
pais à elle concédés, &c ces pais
fonc d'une vafte érendue, érant à
fent habités de
E
plus de quarante-cinq
mille perfonnes , gouvernés par deux
Lieutenans Généraux de fes Armées 9
par huit Gouverneurs particuliers, & --- Page 249 ---
Françoifes de Ambrigue.
qui jugent
TonCil
par quatre Confeils reffort. Qu'on y a
nement & en dernier droits utiles, qui
établi pluficurs
Rrec
duifent un revenu très confidérable, aujourd'hui
que ce commetce occupe
depuis
près de cent navires trois François, cens tonneaux s
cinquante donne jufqu'a de l'emploi à un grand
ce qui
matclots, canonniers,
nombre de Pilotes,
ouvriers, &
charpentiers & autres
des Mer
duit le débit & confommation dans le
rées qui croiffent &c fe rectteillent comme Sa
Royaume. Que informée cependant des difficultés
Majefté a-été
dans l'érabliffequi fe font préfentées
quil'ont enment de cette Compagnie, & nécellaires dégagée à de très-grandes
a été
penfes, > à - caufe de la foutenir guerre qu'elle contre les
d'abord obligée de auroit bien voulu
Anglois. Sa Majefté de l'état préfent de fes
être informéc les comptes
en ont
affaires, & par
il a qui été reconéréarrètés pat fcs ordres, de la fomme de
nuqu'elle eft en avance
trois millions cinq cens vinge-troismille la Comlivres tournois, Ét bien que à l'avenir de
pagnie pût fe dédommager
cette avancc, tant par fon commerce s
la poffeilion de tant de pais 2
S clle par jouit déja de plufieurs revenus >
éc les comptes
en ont
affaires, & par
il a qui été reconéréarrètés pat fcs ordres, de la fomme de
nuqu'elle eft en avance
trois millions cinq cens vinge-troismille la Comlivres tournois, Ét bien que à l'avenir de
pagnie pût fe dédommager
cette avancc, tant par fon commerce s
la poffeilion de tant de pais 2
S clle par jouit déja de plufieurs revenus > --- Page 250 ---
138 Nonveanx Forager anx Ifes
quiaugmenteront tous les joursa mefirre
que le pais fe peuplera. Néanmoins
comme elleajuge que la plapart deces
droits & de ces revenus, conviennent
mieux à la premiere Puiffance de FEtat,
faire qu'à une Compagnie qui doit tâcher de
valoir promptement fes avances
pourlutilité des particuliers qui la com- >
polent, CC qu'elle ne pourroit
qu'après un fort
& elperer
a fçi que les particuliers long-tems, intéreflés que S.M.
dite Compagnie.qui
en lacraignoient de s'engager 0 en de nouvelles dépenfes, fouhaitoient que Sa Majefté voulàt bien les
rembourfer fond
de leurs avances & de leur
foins de capital la s en prenant far elle les
continuation de ces établiffcmens s & cn acquerant à la
tous les droits en l'état qu'ils Couronne, font
s
a reçà volontiers la
5 Elle
en a été faite, & ayant prepolition fait
qui lui
par des Commiffaires de fon Confeil examiner les
affaires de cette Compagnie, depuis fon
érabliffement jufqu'au 31. Decembre
1673. on a reconnu par la difcufion
exaéte quiaété faite delesregiftres &
fes comptes, que les actions
de
liers quis'y étoient engagés despaticu volontairement, montoient à la fomme de
ccns
douze
quatre-vingedix-(epe mille cent --- Page 251 ---
Frangoifes de l Amérique. 239
cinq livres, au rembourquatrevingr
Sa Majefté fait
fement delquels des deniers & Perde de
voir 5 igavoir,
d'un milla Compagnie : 9 de la fomme
mille cent quatrelion quarante-fept livres, 8c des deniers de fon
HEREN Royal, deux cens cinquante mille
livres. En conféquence duquel aétions eft paye- enment 2 le capiral de leurs
deux rétierement rembourfé, été ci outre devant faites à
partitions qui àraifon ont de
pour cent,
leur profit, la
far RETE fond capital
nonobftant perte
de trois millions cinq cens vingt-trois
mille livres, qu'elle veut bien fupporter
entierement, au moyen rembourfés dequoiles Lee ce
ticuliers fe trouveront
Et ainfi
qui leur pourroit de remettre appartenir. en fes mains &
Élle a réfolu Domaine, tous les tonds
réiinir à fon
à la Comde terres par elle concedés la
reftante au
pagnie, y compris part & Seigneufieur Houel, , enla proptiéré
avec les
rie de TIle de la Guadeloupe de capitadroits tant Seigneuriaux que fe levent
tion, de poids & autres, qui des ceffions
à fon profit, en conféquence & Comles Directeurs
& tran(ports
Compagnie, ont fait
millaires de ite
fuivant le contrat paffé enà Sa Majefté,
à la Comde terres par elle concedés la
reftante au
pagnie, y compris part & Seigneufieur Houel, , enla proptiéré
avec les
rie de TIle de la Guadeloupe de capitadroits tant Seigneuriaux que fe levent
tion, de poids & autres, qui des ceffions
à fon profit, en conféquence & Comles Directeurs
& tran(ports
Compagnie, ont fait
millaires de ite
fuivant le contrat paffé enà Sa Majefté, --- Page 252 ---
240 Nowveanx Voyages aux IRes
tr'eux & les fieurs Colber, Poncet
Puflort & Hotman > commis à cet effet 2
par Sa Majefté.
Et
faire connoitre
Rasndone elle a
quelle conpour ceux' qui
gent en de parcilles entreprifes, s'engatournentà l'avantage de l'Etar, commc qui
aulli pour donner à tous fes fajers la liberté de faire le commerce dans les
de
pais
l'Amérique, 3 en prenant feulement
les paffeports & congés ordinaires, &
contribuer par ce moyen , au bien & à
l'avantage de fes peuples: Sa Majefté de
f'avis de fon Confeil, de fa certaine
fcience, pleine puiffance & autorité
Royale, 3 revoque, éteint, &
la Compagnie des Indes Occidentales fupprime
érigée par TEdit du mois de May
Elle permet à tous fes fujets d'aller 1664trafiquer dans leidits pais, ainfi :
dans tous les autres de fon obéiffance. qué
Elle unit & incorpore tous lefdits
au Domaine de fa Couronne païs
ga'il eft plus amplement
> 'ainfi
Edit. Donné à Saint Germain porté par cet
en
au mois de Decembre 1674.
Laye,
Onne peur dire quelle fut la joyedes
peuples quand ils reçûrent la nouvelle
de cet heureux changement. Ils - fc
voyoient fous la jufte domination de
leur --- Page 253 ---
Frangoifes de TAmerigue. 241
leur Souverain légitime, juftc, doux,.
éclairé, toujours prèt à faire du bien,
après avoir gemi pendant dix ans fous
la tirannie d'un affreux nuage de Commis intéreflés, violens , infolens sau dernier point, & qui avoient été fouvent
les caufes des mouvemens féditieux dont
les Ifles avoient été agitées, pendane été
prefques etout le tems qu'ils en avoient
les maitres. Tout cela difparut dès
les Officiers du Roi curent pris
URE
fion du pais.
tout
fuite une lifte
e Je vais donner
de
exaéte de tous ces Officiers, depuis cetr
heureux moment jufqu'à prefent.
Gouverneurs e Lieutenans Généraux
6 Intendans.
Le premier
parut aux Ifles avec
Rt Monfieur lc Marquis
cette de Baas. qualité, C'étoit un ancien Lieutesant
Général des Armées du Roi, qui avoit
blanchi dans le fervice. Il étoit d'une
nobleffe très-ancienne. Ilavoit un efprit
Il étoit brave.
& un génie fuperieur. à fes devoirs,
éloquent, civil, appliqué
bon chrétien, exempt de prévention,
voulant tout voir par lui-mème, ferme
Tome /.
L
t Monfieur lc Marquis
cette de Baas. qualité, C'étoit un ancien Lieutesant
Général des Armées du Roi, qui avoit
blanchi dans le fervice. Il étoit d'une
nobleffe très-ancienne. Ilavoit un efprit
Il étoit brave.
& un génie fuperieur. à fes devoirs,
éloquent, civil, appliqué
bon chrétien, exempt de prévention,
voulant tout voir par lui-mème, ferme
Tome /.
L --- Page 254 ---
242 Nonveaux Fajages aux Ies
dans les réfolutions qu'il avoit prifes,
après un examen long & rigoureux,
L'intérêt ne le conduifit jamais, à
en connoiffoit-ille nom; mais l'intérêt peine
du Roilui étoit très-cher, & farce
il étoir inflexible.
point
Il fut reçi à la Martinique au commencement de Janvier 1675. avec tout
T'honneur, le relpect, & la tendreffe
qui étoient dis à fa charge & à fon
merite. Il y. demeura aflez long-tems
dans une efpece d'inaétion. Tout le
monde s'en étonnoit > parce qu'on ne
fçavoit pas que pendant ce tems, ils'appliquoir tresferienfement à connoitre à
fond lIlle & fes habitans, leurs biens,
leurs établiffemens, leur génic, en un
mot toutes leurs bonnes & mauvaifes
qualités. Il parut un autre homme
quandileur acquis toutes ces connoif
fances. Il avoir trouvé PIle dans un
grand defordre, 3 les quartiers étoient
malr reglés, les chemins-pour la communication des quartiers n'étoient
de mauvais
que
fentiers, > très-difficiles &
point entrerenus, les Compagnics de
Milices qui font la force de llie, mal
réglées, & les habitans qui les compofoient, peu ou point obéilfans. LaJnlice étoit dansun grand défordre, & plu- --- Page 255 ---
Françoifes de PAmérique.
tôt yendue que rendue > &
Sili
d'autres chules, oû il falloit apporter du
remede.
Ilc commença par la Milice. Illa purgea
des Oficiersquin'y étoient pas
Il fixa les
2 & mit leur
FTTESE
Compagnies,
tête les habitans les plus honnêtes
les
les
attachés leur
Piets
braves,
E & lesplusen Ear dele faire faire
lesabus de la Jufaux autres. Ilcorrigea
& de
tice,& fixales vacationsdes Juges
leurs Officiers. Il régla P'honoraire &
les penfions des Curés, les rangs dans
les Eglifcs & dans les fondtions publiques. On lui eft redevable des chemins
royaux qu'il fit faire dans tous les quartiers habités, pour leur communication. 11 fit réparer &c augmenter le Fort
Saint Pierre. Il fit élever des batteries
aux lieux où elles étoient néceflaires,
deffendre la rade, &c fit faire tous
pour
mais illes réces ouvrages par-corvées;
fut
gla de telie forte que perfonne ne
gené, 8c que. ces chofes étant pour tout
le monde, toutle monde aufli y contribua felon fes forces, de forte qu'en
de tems, l'Ile changea entierement
SCA face, & les habitans n'érant plus ge.
Lij
batteries
aux lieux où elles étoient néceflaires,
deffendre la rade, &c fit faire tous
pour
mais illes réces ouvrages par-corvées;
fut
gla de telie forte que perfonne ne
gené, 8c que. ces chofes étant pour tout
le monde, toutle monde aufli y contribua felon fes forces, de forte qu'en
de tems, l'Ile changea entierement
SCA face, & les habitans n'érant plus ge.
Lij --- Page 256 ---
244 Nowveanx Froyages AHx
nés dans leur commerce avec IRes la Compagnie feule, s ils fe virent bien-tôt en
état de payer leurs dettes, &
ter leurs établiffemens,
d'augmention des marchandifes > par langmentaaufquelles ils donnerent qu'ils firent, &
feétion dontelles étoient toute la perfuleeptibles.
Quoique Monfieur de Baas fut extrêmement poli, qu'il fur
&
fort éloigné du fafte que populaire, fai naiffance &
fon emploi fembloient lui devoir infpirer, ilétoit ferme dans tout ce qui regardoit le fervice. En voici quelques
exemples.
Comme il n'étoit point du
de
la Marine, & que ces Meflieurs corps avoient
peine à obéirà d'antres qu'à ides Officiers
de leur.corps, tous les-marins s'étoient
Jigués contre lui, & plus que les autres
le Marquis de Grancey,
Monfieur de Baas eut avis que les
Anglois avoient artaqué lIfe de Mariegalante, il aflembla aufli-tôt des troudre pes pour l'aller dégager, & envoya Orau Marquis de Grancey d'yaller avec
fon vaiffeau, L'ordre étoit en ces
9> Il eft ordonnéau fieur de
termes:
3 ler attaquer les Anglois Grancey d'al9> Marie-galante. Illes chaflera', qui alliégent
9> fuite nous viendra rendre
& encompte de --- Page 257 ---
Frangoifes de LAmerigne. 24
afin
rendre
3) fa miffion,
que j'en puiffe
>> compteà Sa Majefté.
Le Marquis de Grancey fut extrêmement choqué destermes de cet ordre. Il
mit pourtant fur le champ à la voile,
du Roi, bien
avec un autre vaiffeau fien. Il arriva à Mariemoins fort quele
les Anglois avec
galante 5 & attaqua
étoient
le courage &c la prudence
deux fois
ordinaires,
TrE
quoiquils il les battit 2 coula
plus forts que lui, >
à fondquelques uns de leurs vaiffeaux s
les obligea de rembarquer leurs troupes
& revint viétorieux
avec précipitation,
fon vaiffeau
â la Martinique, quoique avoit
fit tellement maltraité 2 qu'il
cinq
pieds d'eau quand il arriya au motillage.
Monfieur de Baas donna furle champ
de fi bons ordres que le vaiffeau fut
fecouru, 8c remis en bon
peomptement
état. Le Marquis sde Grancey, à qui ile mot
de feur tenoit aut coeur s s'avifa de dire
publiquement qu'il ne retourneroit
point en France, fans un ordre exprès
dela Cour.
luienMonfieur de Baas l'ayant (çi,
voya un ordre de partir fur le champ, 5
& d'aller porter lui-mème la nouvelle de au
Roi, de la belle aétion qu'il venoit
L iij
c remis en bon
peomptement
état. Le Marquis sde Grancey, à qui ile mot
de feur tenoit aut coeur s s'avifa de dire
publiquement qu'il ne retourneroit
point en France, fans un ordre exprès
dela Cour.
luienMonfieur de Baas l'ayant (çi,
voya un ordre de partir fur le champ, 5
& d'aller porter lui-mème la nouvelle de au
Roi, de la belle aétion qu'il venoit
L iij --- Page 258 ---
246 Nonveanx
AHX
faire. Le mot de Veyages feur fut Ifles
dans cet ordre, & le Marquis encore de mis
cey en fut encore plus piqué, Il voulut Granavant de partir prendre congé du Général,il fut à fon togis, un garde
éré annoncer, Monficur de Baas l'ayant lui dit
aflez haut pourêtre
ti-Le Marquis de entendu;Tu as menfermesla
Grancey eftà la voile,
le
porte. Cette hauteur
Marquis de Grancey de fe retirer obligea
d'apparciller fir le champ.
3 &
En voici un autre.
Monfieur de Rofmadec étoit à la Martinique, & commandoir tin vaiffeau du
Roi. Il s'avifa de tenir des difcours du
Général, peu conformesalaverité & au
refpect gu'il lui devoit. Monfieur de
Baas en étant averti, le fit
fes gardes, & conduire prendre par
Fort Saint Pierre.
aux arrêts au
heures il
Au bout de vingt
l'ehvoya relever.
del
Monfieur
hebanteenrdigdate fortiroit
point fans un ordre de la Cour.
dit Monfieur de Baas, & fur le Soit,
fit mettre une fentinelle à fa
champ
envoya ordre à fon
porte, > &
de conduire le vaifleau Capitaine en fecond
foin
en France. Il eut
d'informer le Miniftre de ce
avoit fait. Le Miniftre
qu'il
Monfieur de
envoya ordre à
Rofimadec, de venir ren- --- Page 259 ---
Frangoifes de TAmérique. 247
de ia conduite. Il y vint, &
dre compte
Miniftre
(e juftis'étant préfenté au
pour
ficr, lc Miniftre le regardant pardeffus Martinilépaule,lui dit : Retournez à la
de
demander pardon au Marquis
que Taas, & le ptier de vous apprendre à
obéir fur le champ. Il arriva à la Martinique, & Monficur de Baasl'embrallas de
l'un & l'autre répandant des larmes très
étoit arrivé, Il furent depuis
ce qui
mais cette affitire ne laiffa
bons amis;
Monfieur de Rof
pas d'être caufe que
Officier,
étoit un très-bon
madec, > qui
fon méne parvint pas aux charges
rite & fes fervices lui
procugeStal
rer. Monfieur de Baas traita fecretement
le Gouverneur de Curacao, ou de
Coroffol, avec
de lui livrer cette place fut
fomme
Ce
CeaICEE
une grolfe
d'argent.
eft
conclu par le fieur de Mareuil, qui
Lieutenant de Roi de la Marcinimort Il fut agréé par le Miniftre, qui
que.
deux vaiffeaux de guerre pour
envoya Monfieur de Baas amaffa cinq :
lappuyer. bons habitans qu'il mit far des
à fix cens
firent voile avec les vaifbarques > qui
cette expédition.
feaux de guerre de Baas pour arriva avec fon monMonfieur
mais les Hollandois qui
de à Coroffol,
L iv
de Mareuil, qui
Lieutenant de Roi de la Marcinimort Il fut agréé par le Miniftre, qui
que.
deux vaiffeaux de guerre pour
envoya Monfieur de Baas amaffa cinq :
lappuyer. bons habitans qu'il mit far des
à fix cens
firent voile avec les vaifbarques > qui
cette expédition.
feaux de guerre de Baas pour arriva avec fon monMonfieur
mais les Hollandois qui
de à Coroffol,
L iv --- Page 260 ---
248 Norveaux
aux.
avoient eu avis Yoyages de finfidélité 3
Ies de
leuy
Gouvernetr, en avoicnt envoyé un autre avec des troupes, , qniteçirentMonfieur dc Baas tout autrement
attendoit. Il fallut revenir , qu'ilines'y qu'il
n'avoit pas des troupes
pour
faire
iufidater
le fiége de la Forterefle, qui étoit
très bonne. Cela nuifit un peu à la
tation du Général.
répuLe Capitaine de fes gardes nommé
Sainr Gaudin, réfolut de venger fir le
fieur de Mareuil, l'affront que fon maitre avoit reçû, Il en chercha l'occalion,
& la trouva. Un jour qu'ils avoient di- 9 6
né à la table du Général,8c qu'il s'étoit
retiré, Saint Gaudin prit une aiguiere
pleine d'cau, & la jetta atl
du
fieur de Mareuil.
vifage
Celui-ciqui étoit auffi
brave que prudent, vit bien à quoi cette
infulte devoit aller. Il prit une ferviette
& dità Saint Gaudin 5 Monfieur, VOus
vous êtes apperçà que mon barbier ne
m'a pas bien lavé, je VOLS fçai bon
de votre attention, ils'effuya &
Saint
TELRE
Caudin croyant que c'étoit par là.
cheté, 2 le fuit, &l'ayant trouvé dans la
place d'armes, il l'infulta encore, mit
Pépéed la main, &le pouffa jufqu'à être
prér dele percer. Alors le fieur de Marcuil prit tous les affiftans à témoins, & --- Page 261 ---
Françoifes de PAmerique. 249
tirala fienne, & après avoir paré quelbottes, il lui dit: Monfieur, reques
vous tuerai. Saint
tirez - vous: > ou je rien faire, & s'aGaudin n'en voulant
bandonnant far'lui, le fieur deMarenil
lui porta un coup qui l'étendit roide fon
mort par terre. Après cela il effuya
rentra dansle Fort ; & fat dire all
ERN ce qui venoit de lui arriver.
Monfieur de Baas lui ordonna de fe mettre en prifon. Il obéit, & le Général
ayant fait faire des informations (ommaires de l'affaire, &2 ayant reconnu que
le fieur de Mareuil luiavoit dit la vérité,
il le fit élargir, & lui fixa des limites
allez étenduès, pour lui tenir lieu d'arrèts. Ilécrivit pour lui en Cour , & obtint aifément fa grace.
Monfieur de Baas avoit envoyéordre
au Procureur du Roi nommé Chevalier,
de ne point prendre connoiffance de cetcette deffenfe, il la
te affaire. Malgré
de
dénonça aul Juge civil & criminel
l'Ifle. Le Générall'ayant fçu,le fit prendre
fes gardes, & conduire en prifon,
& TAE envoya une bouteille d'encre &
une rame de papier avec dcs plumes.
Chevalier vit bien ce que cela fignifioits
ilreconnut fa faute, en demanda pardon
qui lui fut accordé fur le champ. Cette
L V
ette deffenfe, il la
te affaire. Malgré
de
dénonça aul Juge civil & criminel
l'Ifle. Le Générall'ayant fçu,le fit prendre
fes gardes, & conduire en prifon,
& TAE envoya une bouteille d'encre &
une rame de papier avec dcs plumes.
Chevalier vit bien ce que cela fignifioits
ilreconnut fa faute, en demanda pardon
qui lui fut accordé fur le champ. Cette
L V --- Page 262 ---
250 Nowveanx Voyages anx Ifles
affaire fit beaucoup dhonneur à Monfieur de Baas, 2 &c au fieur de Mareuil.
Il s'en paffa encore une autre qui mérite d'etrcécrire. Monfieur de Baas ayant
fçu que les habitans manquoient ablolument de viandes falées, il fit venir un
navire Anglois quiavoir quinze cens barils de bauf falé. Il le fit moiiller fous
le Fort, fixa le prix de la viande, la
fit diftribuer aux habirans, & renvoya
le vaiffeau avec fa cargaifon. Il en rendit compte atl Miniftre, qui lai écrivit
avoit rifqué de perdre fa tète fur un
qu'il
fur lui de faire veéchaffaur, en prenant
dansnir un vaifleau étranger négocier
Fifle du Roi. Il répondit au Miniftre,
qu'il feroit toujours prèt de donner fa :
conferver la vie à un fi grand
tète, nombre pour de bons fujets du Roi.
Tout le tems du Gouvernement de
Monfieur de Baas, a été rempli d'une
infinité d'aétions de piété, de juftice >
de fageffe, de fermeté. Nous en parled'autres occafions, à mefure
rons dans
Il mourut en
qu'elles fe préfenteront. de tous les haau grand regret
été
bitans, & fa mémoire leur a
jufqu'à
préfent très-chere & très-précieule. Ila
laillé fi peu de biens, en ayant pû acquesir : beaucoup, que c'cft une marque --- Page 263 ---
Frangoifes de PAmerigue. 25r
certaine de fon délinnérellement. fuccéda. Il
Le Comte de Blenac lui
Capitaine de vaiffeau du Roi;
n'étoit mais il iRaLE d'une nobleffe tès-ancienne & très diftinguée. Il avoit époufé la Il
foeur du Duc de la Rochefoucaur.
trouva unei fibonne difcipline,établie habitans par &c
fon prédécelfeur,, parmi les
à
les troupes '
l'obéiffance n'eut aucune & peine le refles maintenir
E
pect qu'ils lui devoient. Commiffaire
Iln'y avoit alors qu'un
de la Marine dans lesIles: Ils'appelloit fur
Jolivet, Il n'avoit aucune in(pection
les habitans, ni fur les Officiers du Confeil & de la Juri(didtion ordinaire, dc
Général étoit maitre abfolu,
façone quele fous fa volonté > & tout
tout plioit
n'en alloit pas mieux.
d'érablir un
Le Roi jagea à propos
les
Intendant, comme il y en a dans
Provinces du Royaume;, car le
autres
avoit eû cette
fieur de Chambré qui
qualité dansle tems de la Compagnie 2
n'étoit à proptement parler quelAgene
général de leurs affaires & de leur commerce. Il eft vrai qu'il étendoit fon poumais tout ce
voir autant qu'il pouvoit; de fes bornes, étoit
qu'il faifoit au de-là corredtion &c fans
fujet à révifion >
L vj
conféquence.
ume;, car le
autres
avoit eû cette
fieur de Chambré qui
qualité dansle tems de la Compagnie 2
n'étoit à proptement parler quelAgene
général de leurs affaires & de leur commerce. Il eft vrai qu'il étendoit fon poumais tout ce
voir autant qu'il pouvoit; de fes bornes, étoit
qu'il faifoit au de-là corredtion &c fans
fujet à révifion >
L vj
conféquence. --- Page 264 ---
252 Nowveaux V'oyages aux Ifes
Lep premier Intendant qui fut
par le Roiavec ces titres
nommé
Jultice, police, finances d'Intendant &
de
Monficur de Patoulet. Ilavoit marine, été
fut
miffaire de la Marine en France. Sa ComBlenac. mination ne fit pas plaifir au Comte no- de
Il arriva à la
1677. Le Général ne laiffa Martinique pas de le en.
cevoir. avec beaucoup de
reordonna qu'on lui rendit politefle, les
8c
honneursqu'l lui-mème, bien entendu mêmes
qu'en quelque lieu qu'ilfe trouvoit
un Officier de
avec
dement, il n'étoit guerre, , ayant commanperfonne. Il
jamais que la feconde
une grande union parut d'abord qu'il y avoit
mais ellc dura
entre ces deux Chefs;
dant jaloux de ESatd parce que l'Intenfouffrir queleGénéral droits, fc ne voulur pas
façon, de ce qui regardoir mèlat la en aucune
& prétendic quil ne pouvoit rien juftice >
de fon chef, fans y être
Il faire
vrai
quand le Confeil appellé, Souverain eft
Erultan affemblé, le Général
ou
fide, mais c'eft toujours lIntendant y préva aux opinions, & qui
qui
On dir que les Ecelefiaftiques prononce. de l'Ifle,
c'elt-à-dire les Religieux, furent aflez:
mal-confcillés querclle, &
pour entrer dans cette
pour prendre hautement le --- Page 265 ---
Frangoifes de PAmérique. 253
parti de l'Intendant contre le Général',
qui étant d'unchumeur brufque 8cimpéteufe, ne manqua pas de leur marquer
Cela
une
fon rellentiment. inteftine, oû la
eut plus
guerre
D
lépée. De part & d'autre le
depart Miniftre que fut accablé de lettres pleines de
plaintes Lc. Général réciproques. qui avoit plus -de: raifon
ou de protedtion que lIntendant, eut
& Monfieur de Patoutout l'avantage >
let fut revoqué en 1682.
Monfieur
Le Roi envoya à. fa place
Begon.. C'étoit un. homme d'un efprit
éclairé, plein de douceur & de politelle,
qui fçavoit fe faire rendre cC qui lui
étoit di, mais qui le faifoit d'ane matrouver
niere que perfonne n'y le pouvoir Comte de Ble-.
à redire,, pas mème
dans une affez
nac. Ilsvècurent toujours
grande union:
années, Monfieur
Au beur de quelques d'aller à Saint DominBegon eut ordre le Chevalier de Saint
gue avec Monfieur étoit alors Gouverneur de
Laurent s qui
érablirla jufSaint Chritophe 3 pour militaire: y Cette Cotice & la difcipline confidérable tousles
lonie devenoit plus
toute Fli+
jours; mais elle étoit encore
buftiere. On n'y reconnoilloir prefque
svècurent toujours
grande union:
années, Monfieur
Au beur de quelques d'aller à Saint DominBegon eut ordre le Chevalier de Saint
gue avec Monfieur étoit alors Gouverneur de
Laurent s qui
érablirla jufSaint Chritophe 3 pour militaire: y Cette Cotice & la difcipline confidérable tousles
lonie devenoit plus
toute Fli+
jours; mais elle étoit encore
buftiere. On n'y reconnoilloir prefque --- Page 266 ---
254 Nonveaux Voyages aux Ifles
pasl'obéillance, ni le refpect aux Commandans, > les procès fe vuidoient à
coupsde fufil. Cesdeux Envoyéseurent
ordre du Miniftre de choifir un ancien
habirant fage, & bien all fait des affaires du pais, pour les accompagner, mais
fans qu'il partt qu'ils en avoient ordre.
Ils choifirentle ficur Dubuc - , très-ancien
habitant de la Martinique, & Capiraine
des Milices du quartier de la Trinité.
Ses lumieres & fes avis leur furent d'un
grand fecours, & ils en furent fi contens
que Monfieur Begon étant paffé à l'Intendance des Galeres, & enfuite âcelle
de la Rochelle
> pais d'Aunis & de Rochefort, fit obrenir au ficur Dubuc des
lettres de nobleffe.
Monficur du Matz de Goimpy fuccéda
à Monficur Begon. C'étoit un homme
d'efprir, quoiqu'nn. peu trop prévenu
delui-même. Ifebrouilla bien-tôt avec 1
Monfieur de Blenac, de telle maniere
que l'Ie fe trouva partagée entre ces
deux Chefs. On en vint jufqu'au point
de diftinguer le parti que Pon tenoit
par des coquardes rouges ou bleues,
que l'on portoit au chapeau.
Les plaintés réciproques furent
en
Cour d'une maniere très-vive, portées & le
Comte de Blenac y auroit peut-être fic- --- Page 267 ---
Françoifes de Amerigne. 258
fans la
du
combé, ,
puiffante protedtion
Duc dela Rochefoucaut (on beau frere;
d'ailleurs il étoit homme d'efprit & trèsbrave, point dutout ami du vin, ni des
femmes. Sa colere s'allumoit aifément 2
mais elle duroit
& n'avoit point
de rancune , quand Non pouvoit fupporter lui
quelques paroles mal méfurées fur qui de fa
échapoient fouvent, on étoit
prorection. Il aimoit à rendre fervice.
Ce fur lui qui prit la partic Angloifc
de Saint Chriltophe, & PIlle de Saint
Euftache, qui appartenoit aux Hollandois. Il n'étoit pas ami des Religieux >
ni des gens de Juftice, non qu'il manquât de religion ni de droiture, mais linparce que CCS gens s'étoient livrés à
tendant, & avoient failli de le perdre
en Cour. Mais il faifoit beaucoup de cas
des bons habitans > qui étoient braves 2
laborieux, & chargés de groffes familles.
Il leur faifoit tous les plaifirs qu'il pou- les
voit, & les prévenoit dans toutes
occafions.
Cetluiquia commencé &c achevéle
Fort Royal, qui avant lui n'étoit à proprement parler qu'uniterrain environné
de palifades. Il eft vrai qu'ily a désdeffaurs; mais s'en peut on prendre à un
Général qui a ordre de faire exécuter les.
ient braves 2
laborieux, & chargés de groffes familles.
Il leur faifoit tous les plaifirs qu'il pou- les
voit, & les prévenoit dans toutes
occafions.
Cetluiquia commencé &c achevéle
Fort Royal, qui avant lui n'étoit à proprement parler qu'uniterrain environné
de palifades. Il eft vrai qu'ily a désdeffaurs; mais s'en peut on prendre à un
Général qui a ordre de faire exécuter les. --- Page 268 ---
256 Nonveanx
anx Iles
deffeins qu'il reçoit
la Cour. C'eft
aux
COPREN
mauvais Ingénieurs qu'il s'en faut
prendre.
De fon tems les Anglois vinrent attaquer le Fort Saint Pierre, 2 fous laconduite du Général Foulques. Il fit une
fi belle deffenfe, que ce Général
avoir perdu une grande partie de après fon
monde, pendant cinq jours qu'il demeura à terre > fixt contraint de fe rembarquer.
Monficur de Gabaret qui étoit Gouverneur de la Martinique ,le
de
lui permettre de donner fur fupplia Tarricregarde des Anglois, avec cinq cens homnics. Le Comre de Blenac lui
aflez haut pour être entendu de répondit bien du
monde; Monfieur, 10 , je fuis perfuadé
vous détruiriez bien des ennemis que
la mort de millede ces
> mais
roit-elle le Roi de la gens,.dédommage- perte d'un feul'de
ces braves habirans.
Onl'a taxé d'être intéreffé,c'eft une
faufferé, il ne l'étoit point du tout. Il
aamale de grands biens , cela eft vrai,
mais ce ne font ni le commerce ni les
vexations qui les lui ont acquis. Ce font
les prifes que les Flibuftiers faifoient fur
les ennemis de l'Erat, dont il avoit
le dixiéme, qui a monte a des fommes --- Page 269 ---
Frarcoifes de Ambrique. 157
tres-confidérables. Il fe faifoit honneur
de fon bien, ilavoir une table magni- fans fe
Il afliftoit abondamment
t connoitre, les pauvres 8c ceux
dont on lui faifoit connoitre lesbefoins. demanSes affaires domeftiques le tastde
dant en France s il demanda le lui
fois fon congé, qu'à la fin le Roi
accorda.
de
lui fuceéda. Il
Le Marquis Ragny Gardes Françoiavoit été Capitaine aux
il fe
fes. Aufli-tôt après fa nomination, fuz
rendit à Rochefort, & s'embaiqua
le vaiffeau du Roile Mignon, commandé par Monfieur d'Arbouville. Ily avoiz
encore un autre vaiffeau da Roiappellé Monfieur
l'Emerillon, commandé par Madame! la
de la Fofleliere, danslequel
&
Marquife d'Angennes S'embarqua,
fon Elpoux fe mit dans un Flibot quiloi
appartenois. Ily avoit encore dix-huit efcorte:
vaiffeaux Marchands fous cette
fi
La Flotte fut furprife d'une tempèrc
violente par le travers des Caps, qu'elle
fut obligée de relâcher à la Rochelle.
D'une affez groffe troupe de Religieux il
qui étoient embarqués fur cette Rotte,
n'y en eut que deux qui voulurentéprou: & les
ver encore une fois les caprices
violences de la mer. Dès quc les autres
enois. Ily avoit encore dix-huit efcorte:
vaiffeaux Marchands fous cette
fi
La Flotte fut furprife d'une tempèrc
violente par le travers des Caps, qu'elle
fut obligée de relâcher à la Rochelle.
D'une affez groffe troupe de Religieux il
qui étoient embarqués fur cette Rotte,
n'y en eut que deux qui voulurentéprou: & les
ver encore une fois les caprices
violences de la mer. Dès quc les autres --- Page 270 ---
258 Nowveaux
Anx
furenr
Foyages
Ies
débarqués, ils baiferent humblement la terre, s faluerent la mer, & lui
protefe ent qu'ils ne la verroient
La Flotte attendit
de
jamais.
un vent favorable près
trois mois
voile.
pour remettre à la
Dèsqu'il fe ft fentir on
& après une allez heureufe appareilla,
de quarante-huit
navigation
Fort
jours, on motilla au
Royal, au mois deDecembre
Le nouveau Général defcendit à 1689.
Le Comte de Blenac le fit faluer à terre, boulets, le mit en poffellion de la Fortereffe,
&esembarqua pour retourner en France.
Monficur du Matz de Goimpy Intendant, fe rendit en diligence au Fort
Royal avec le Confeil. Les
du Général futent
provifions
même fit la vifite des enrégiftrécs; & luicenal,
magazins, del l'ardes desfortifications, > des fouterrains,
la batteries, & de tous les environs de
Forterefle, Il fit publier les réglemens
qu'il jugea à propos de faire pour les
Oficiers, & pour les foldats, tant des
troupes du Roi que des Milices.
il Ilalla eafnite au Fort Saint Pierre, oi
fit à peu près les mêmes chofes, &
puis il fit le tour de IIe, & en vilita
exaétement tous les quartiers.
Il trouva que le Port de la Trinité
étoit fans deffenfc
s quoique CC fàt ui --- Page 271 ---
Frangoifes de PAmerique. 259 les
endroit de conféquence > & dont
ennemis de l'Etat pourolenrsemparcr.
Il réfolut de faire fortifier une languede"
terre prefque ifolée &aflez haute, >
le
Rrt
les vaiffeaux entrant dans Port, du
obligés de rafer prefque àla portée
piftolet lly fit mettre quelques canonss déavec une garnifon d'une Compagnic
rachée de la Marine. avoir fait fa tournéc
Peude tems après
la
31 apprit que les Anglois attaquoient le Général
Guadeloupe , commandés par
affemCodrington. Il fit far le champ
bler le Cenfeil de guerre.
Il y avoir alors à la Martinique l'Emeril- quatre
vaiffeaux du Roi. Le Mignon, Marin,
lon, PHazardeux > & le Cheval d'Arbouville,
commandés par Meflieurs duCaffe & Hitton, &
de la Foffeliere, Marchands, qui avoient
trois vaiffeaux
de canon. L'Efcadre
chacun vingt étoit piéces de treize vaiffeaux de
Angloife Malgré cette difference, Monligae.
vouloit
i petite
fieur de Ragny
que
&
Aotte pafsât au vent dela Dominique d'un
des Saints, & qu'elle abordât tout
celle des Anglois; mais des gens
coup
quelui dansla Marine,
pluscreérimentés s'oppolerent à ce projet, & lui firent
connoitre qu'il; Y auroit de Pimprudence
adre
chacun vingt étoit piéces de treize vaiffeaux de
Angloife Malgré cette difference, Monligae.
vouloit
i petite
fieur de Ragny
que
&
Aotte pafsât au vent dela Dominique d'un
des Saints, & qu'elle abordât tout
celle des Anglois; mais des gens
coup
quelui dansla Marine,
pluscreérimentés s'oppolerent à ce projet, & lui firent
connoitre qu'il; Y auroit de Pimprudence --- Page 272 ---
260 Nonveaux
à le faivre, & en Voyages anx IRes
fi
apporterent des raifons
laifler convainquantes 2 qu'il fut réfolu dc
en repos la fotte Angloife,
ne penfer gu'à délivrer la
8c de
en les en chaffant.
Guadeloupe
Pour cet effct on fut d'avisque la flotte pafferoit au vent de la
& iroir débarquer les
Dominique 2
eft un quartier de troupes la
au Gozier,
ge la
grande Terre
rendroient Guadeloupe. que de-là elles fe
à la
&
avoit tout lieu d'elperer Bafte-terre quily
roient les Anglois,
qu'elles chaffeLe fecours qu'on fit
les troupes que l'on embarquer s outre
vaiffeaux du Roi, confiftoit pouvoit tirer des
Compagnies détachées de la en deux
de la garnifon de la
Marine,
cens habitans &c Flibuftiers. Martinique, & fix
étoient commandécs
Cestroupes
parle fieurdeMalvaut, comme Colonel, & par les fieurs
Dubuc, Saint Amour, Jarday, la Touche, Collart & Macary.
Le trajet fut heureux. On arriva aul
Gozier; les troupes pafferent à la Guadeloupe - > & on apprit que le Général
Anglois, averti du lecours qui étoit arxive, avoit levé précipitament le fiége
qu'il avoit formé devant le Fort de la
Balle-terre, & mis à la voile, dans-le --- Page 273 ---
Frangoifes de PAmerigue. 261
d'aller combattre la petire Efcadeffein
dont la prifc lui paroi(-
dre Françoife, avec les forces qu'il
foit infaillible,
avoit.
exécuté fon
Monfieur de Ragny de faire ayant lever le fége,
projet, qui éroit
s'en retourner à
auroit dûi fur le champ i voulut voir le
la Martinique 5 mais
trois ou
camp des Anglois, & employa Pendant ce
quatte jours à ce voyage. les troupes
temis-la, on fit rembarquer
& les Anglois gagnede la Martinique,
afin dètre
rent le vent déla Dominique, I'Eleadre Françoife à
en état d'attaquer
faire que
fonretour > qu'elle ne pouvoir avoit tenue
par la même route qu'clle étoit
&deen venant. Le projet heureux fage, fuccès, s'il
voit avoir un trop fuivi. Car lcs Anglois
avoit été bien douze vaiffeaux de ligne,
avoient encore
julqu'à foixante cadepuis cinquante
fait les quatre
nons, & qu'auroienr avec trois mauvais
vaiffeaux : du Roi, & fi cette Efcadre
vaiffeaux Marchands coulée 5 bas, les Anglois
avoitété prife ou été en état de retourner
n'auroient-ilst pas & de s'en emparer.
à la Guadeloupe,
du
L'Efcadre Françoife appareilla midi,
Gozier fur les deux heures après
& fe trouva fous le vent de Marie-ga-
cadepuis cinquante
fait les quatre
nons, & qu'auroienr avec trois mauvais
vaiffeaux : du Roi, & fi cette Efcadre
vaiffeaux Marchands coulée 5 bas, les Anglois
avoitété prife ou été en état de retourner
n'auroient-ilst pas & de s'en emparer.
à la Guadeloupe,
du
L'Efcadre Françoife appareilla midi,
Gozier fur les deux heures après
& fe trouva fous le vent de Marie-ga- --- Page 274 ---
262 Notveaux Poyages anx Iles
lante, à onze heures du foir. Lef ficur
Dubuc fils, quiétoir alors écrivain de
Roi fur le vaiffeau le Mignon, remarqua pluficurs fufées que les Anglois jettoient, & qui étoient leurs fignaux. Il
les fit remarquer à Monfieur d'Aibouville, qui fur le champ prit le parti de
revirer de bord, & faire route ail vent
de la Defirade. Il fit crier à Monfieur
de la Folleliere, & aux trois vailfeaux
Marchands de le fuivre. Les vaifleaux
le Mignon & l'Emerillon étoient fort
mauvais voiliers, & les Marchands
de veritables charettes. L'Hazardeux &
le Cheval Marin étoient fins voiliers.
On découvrit les Anglois au point du
jour au vent dela Dominique 2 quin'étoient éloignés des deux vaiffeaux François, que de trois portées de canon ou
environ 5 les uns & les autres porroient
fur la Martinique. Les Anglois auroient
pû fe partagér, & ils y auroient trouvé
leur compte: : mais ils crurent joier ail
plus far, & devoir prendre lesdeux vaiffeaux qui étoient les plus proches d'eux.
Ils les chaflerent toutes voiles dehors
&c les François prirentchaffe avecla mè. 9
me voilure; comme ils étoient fins voiliers, ils chafferentles Anglois derriere
cux, & motillerent au Fort Saint Pierre --- Page 275 ---
Frangoifes delAmérigue. 263
où le Marquis de Ragny fit faire des feux
de joye, & chanter tle Te deum.
La joye n'étoit pas pourtant entiere,
on ne fçavoit cC qu'étoient devenus Ics
clnq autres vaiflcaux, dans lefqueis
étoient les habitans & les Flibuftiers.
Monfieur d'Arbouville & les vaifleaux
quilavoient fuivi, ayant gagnéla Defirade, coururent la grande bordée, &
vinrent moitilier au bout de fix jours, au
cul-de-fac de la Trinité.
La vûë de ces cinq vaiffeaux que l'on
prit d'abord pour tne partie de l'armée
Angloife, fit tirer l'alarme. Tous les
habitans en armes fe rendirent à leurs
poites. On envoya descouriersau Général qui étoit alors au Fort Saint Pierre.
Il monta à cheval fur le champ avec tout
raflembler d'habitans, 8c
.ce qu'ilpur
& une
malgré une pluye effroyable,
nuit obfcure,il fe rendit avant le jour au
quartier de la Baffe-pointe, où il appric
quecétoit Monfieur d'Arbouville & fes
quatre autres vaiffeaux, qui étoient arrivés. Il retourna au Fort Saint Pierre
&c laj joye fut parfaite.
le Général &
Les altercations entre
lIntendant, recommencerent alors d'une maniere plus vive que jamais. L'Intendant qui avoit fait entrer lesJefuites
uye effroyable,
nuit obfcure,il fe rendit avant le jour au
quartier de la Baffe-pointe, où il appric
quecétoit Monfieur d'Arbouville & fes
quatre autres vaiffeaux, qui étoient arrivés. Il retourna au Fort Saint Pierre
&c laj joye fut parfaite.
le Général &
Les altercations entre
lIntendant, recommencerent alors d'une maniere plus vive que jamais. L'Intendant qui avoit fait entrer lesJefuites --- Page 276 ---
-264 Nouveaux
aux
dans fes
Yoyages
Yfles
intérêts, y voulut aufli faire entrer les Jacobins. Il le refuferent ablolument. Cela n'empêcha pas que le
del'Intendant ne devint puiffant & nom- parti
breux ; ilétoit à craindreque les chofes
s'aigriflant, on n'en vintà des extrémités facheules, quand le Général fut attaqué du mal de Siam qui
peu de jours, fans lui donner l'emporta le tems en de
faire toutle bien qu'on devoit attendre
de fon efprit, de fa bravoure, & des
autres qualitésexellentes qu'il avoit.
Le Comtc de Blenac ne fit
en France > - qu'il ferepentit
plutôt demandé
Mapenuts
fii Iindamentfonrappcl Ilavoit
oublié le mêtier de courtifan, qu'il n'avoit jamais bien fçi, ni
donné lai moitié de fon bien pratiqué.llavoit
mis dans fon pofte; caril fentoit pour la êtrere- difference infinie qu'ily a entre fairel la
ou fe la voir faire. Heurcufement cour,
lui on apprit la mort du Marquis pour de
Ragny. il fitagir fes amis, &c comme la
Cour étoit contente de fes fervices,elle
lui rendit fon pofte avec beaucoup d'agrément. Ilne fallut pas le preffer
sy rendre, 3 il partit en diligence. Roc
rivaheureufement: à la
y fut
reçà, & jetta la confternation Marinique,y dans
leparti de lIntendant. Celui-ci
tout
pourtant
nc --- Page 277 ---
Francoifes de PAmerique. 265
sétonner, il continua:
ne parut point lui comme il avoit fait. La
d'agir avec.
Elle feignit de fe
Cour en fut fatiguée. demandéfonrs rappel,
fouvenir accorda fort gracieufement,
& ellele
Leot
mais fanslui donner d'employ, comme
elle en avoit donné à fes prédécelleurs.
Monfieur Robert, fils du Procureut
du Roi aul Châteler de Paris, quiavoir
Intendant des Galeres, fut nommé
été
Ilarriva à la Martinique en
en fa place.
fi prudemment s
16 & s'eft comporté de difcuffions avec le
jamais cu
quiln's) Comte de Blenac, ni aveefesfucelleurs
extrèmement laborieux & équiIlétoit table. Il fe communiquoir peu 1 fort parloit hoavec poids & mefure > vivoit commernorsblement, (ans faite aucun ètre. Il
ce de quelque nature qu'il pûit de fes orétoit ferme far Pobfervation remarqué en
donnances. On n'ajamais attachement au vin, ni
luile moindre maisexnèmemenr: attaché
aux femmes; intérêts du Roi. Il étoit fort poli,
aux
perfonne. Ilavoit une
n'a jamaisbrufqué particuliere pour le fieut
confidération Royal civil & criminel
Houdin, Juge
de la Martinique 2 ' qui eft aujourd'hui de
Confeiller honoraire & fubdélegué Pierrei
TInténdant au quartier de Saint
Tome V.
M
ais attachement au vin, ni
luile moindre maisexnèmemenr: attaché
aux femmes; intérêts du Roi. Il étoit fort poli,
aux
perfonne. Ilavoit une
n'a jamaisbrufqué particuliere pour le fieut
confidération Royal civil & criminel
Houdin, Juge
de la Martinique 2 ' qui eft aujourd'hui de
Confeiller honoraire & fubdélegué Pierrei
TInténdant au quartier de Saint
Tome V.
M --- Page 278 ---
266 Noxveaux)
anx
II confidéroit aufli Yeyages le lieur de IRes la
niere, quoique Medecin
Martile Roi, on ne pouvoit pas entretenu dire
par
fur par néceflité ou par
que ce
teconnoillance,
puiquiln'ajamaise eu befoin de fon
voir, ni de fes remedes; mais il (çaremarqué dans lun & dans l'autre avoit des
fentimens, des mceurs bien
de
la Religion, & tout le Içavoir réglécs
pouvoir fouhaiter, dans les profellions qu'on
differentes qu'ils exerçoient,
Ourre ces qualités, ces deux
nes en avoient une qu'on ne trouve perfontrès rarement dans les gens de leur que
ce. Ils étoient braves
clpedire. ils seu connerent des > c'eft beaucomp
les Anglois vinrent
marques quand
Pierre. lls fe
atraquer le Fort Saint
préfenterent au Comte de
Blenac, & lui demanderent d'être fes
Aydes de camp. Il accepta leurs
& les fit reconnoître en cette offres,
Tout le monde en fut
qualité,
s'atrendoit pas de voir furpris, car on ne
Medecin dans un
un Juge & un
leur
emploi fi éloigné de
profeflion, & qui en
tou-l.s
rempliffoiene
devoirs, avec autant
de & de fermeté
d'exactirgélevés dès leur enfance. 2 ques'ilsyavpienr Ils
été
étoient dans
un mouvement continuel, tantôt à
tantôr à cheval, allant porter les ordres pied, --- Page 279 ---
Françoifes de LAmbrigue. 267
dans les endroits les plus dangereux,
fansjamais baiffer la tète pour faluer un
refpectueufemenr les boulets qui
peu fiffloient de tous côtés. On diftinguoit
le fieur Houdin par fa taille avantageufe
& par une gourde d'eau-de-vie qu'il
avoit à fon côté, avec deux piftolets,
ce qui fit dire qu'il étoit au poil & à la
plume. Le fieur de la Martiniere étoit déja
connu pour brave avant cette occafion,
ilavoit accompagnéle Comte de Blenac
à la prife de la partie Angloife de Saint
Chriftophe & de Saint Euftache, où il
avoit paru plus foldat que Medecin.
Le Comte de Blenac nerémoigna aucune aigreur à ceux qui s'étoient déclarés
contrelui pour lIntendaat; car comme
on la déja dit, il n'étoit
vindicatif.
Il étoit ennemi du fafte,
f méprifoitles
yvrognes&: les lâches, point du tout fur
ie cérémonial; ; quoiquil ne fût pas fort
éclairé dans les affaires de droit, il terminoit une infinité de procès, en obliles parties de s'accommoder. Il
Eat l'ennemi déclaré de la chicane. I
entroit dans les peines des habitans * les
foutenoit & les affiftoit généreufement.
Il étoit roide dans le fervice, hautain
avec fes égaux quand il-s'en trouvoit;
Mij
âches, point du tout fur
ie cérémonial; ; quoiquil ne fût pas fort
éclairé dans les affaires de droit, il terminoit une infinité de procès, en obliles parties de s'accommoder. Il
Eat l'ennemi déclaré de la chicane. I
entroit dans les peines des habitans * les
foutenoit & les affiftoit généreufement.
Il étoit roide dans le fervice, hautain
avec fes égaux quand il-s'en trouvoit;
Mij --- Page 280 ---
268 Nowveau Foyager aux
mnais humain & bien- faifant IRes
qui étoient au-deflous de lui, avec Il tomba ceux
analade d'une diffenterie, qui eft pref
que toujours mortelle dans le
tout aux gens d'un âge avancé, pais, Il fur
foutint cependant bien
la
cn mourut àla fin, en donnant long-tems, des
il
ques d'un parfait Chrétien.
marAprès la mort du Comte de
le Commandeur de Guitaur, Blenac,
été Gouverneur de Saint
qui avoit
qui étoit Licutenant Général Chriflophe, &
nement Général desifes au Gouver
mandement abfolu,
> eut le ComMarquis d'Amblimont en attendanr le
nommé
fuccéder que le Roi : avoit
pour
au Comte de
nac.
BleLe Commandeur de Guitaut étoit
agé& malade quandle Comte de
mourut. Il fittour ce
Blenac
tendre de lui dans l'état qu'on oiil pouvoir atdonnoitl'ordre, fe faifoit rendre éroit, il
te du fervice, > & fignoit les
comples paffeports & les congés. concellions,
vie, & il en donna des
Ilaimoit la
le Medecin la Martiniere marques lui quand
qu'il falloit mourir, > il fe mit à annonça
Sur cela on lui préfenta à figuer pleurer.
conceflion. II la ligna en
une
long-tems
difanr, ily a
que jc ligue des graces > fans --- Page 281 ---
Françoifes de l Amerique. 269
en avoif jamais reçà. Un Capiraine dit de
Milice nommé Saint Amour s lui
;
Dieu
connoit la candeur
Monficur >
qui
en avoit
de votre ame, a jingéquil fit n'y dc vopas dans le monde qui
digne dansl'autre
tre mérite, il vous la prépare
monde. Le Commandeur fe tournant
vers lui avec émotion, Ini répondit t;
Mon ami, tu crois que tout le monde te
reffemble, tu mépriles la vie, tuI n'en es
plus fage. On crut que la violence
pas du mal, lui avoit extorqué ces paroles.
tems après, & fut
Il mourut quelques Paroifliale du Fort
enterré dans lEglife
Royal.
Le Marquis dAmblinonsembas
au Port Louiss, dans un allez mauvais Monnavire du Roi, commandé par
les
fieur Rolland, 11 étoit embarqué,
ancres étoient à bord, on appareilloit,
quand il demanda s'ily avoit beaucoup
de paffagers à bord. ils fe préfenterent &c
aufi-tot. Il leur demanda leur état
leurs facultés. Les uns lui dirent qu'ils
étoient forgerons, d'autres charpentiers,
d'autres menuifiers, d'autres labourcurs,
&c. Il dit, tout cela eft bon, n'y en at'il
point d'autres. Ily en avoit encore trois,
n'ofoient fe préfenter. L'un étoit
qui Avocat, & les deux autres Procureurs.
M 11j
beaucoup
de paffagers à bord. ils fe préfenterent &c
aufi-tot. Il leur demanda leur état
leurs facultés. Les uns lui dirent qu'ils
étoient forgerons, d'autres charpentiers,
d'autres menuifiers, d'autres labourcurs,
&c. Il dit, tout cela eft bon, n'y en at'il
point d'autres. Ily en avoit encore trois,
n'ofoient fe préfenter. L'un étoit
qui Avocat, & les deux autres Procureurs.
M 11j --- Page 282 ---
270 Nowveanx
dnx
Ils fçavoient
Foyater le Général Ifltes
la chicanne que &
n'aimoir
>
ils le
femured a
de cela, Ilfe préfenterent craignoient ala
& lui avouerent ce qu'ils éroient. Il leur fin,
demanda s'ils prérendoient exercer leur
métier quand ils feroient aux Ifles, ils
lui répondirent qu'ils n'en avoientp point
d'autre. Oili, leur répondit le Marquis
frapant du pied fitr lc tillac, je vous en
empécherai bien, & furle champ
Monficur Rolland de faire équiper
canot, & de
ett
trois
faire mettre à terre ces
fant hommes avecleurs hardes, > en dilcs qu'ilne fouffiriroic jamais que detelgens allaffent habiter avec de bons
Ifraélites,
Le Marquis d'Amblimont étoit connu
&aimé dla Martinique, à caufe du fervice imporrant qu'il
avoit rendu,
quand lle Fort Royal Rnik attaqué par les
Hollandois. Il yfurreçà avec un
& une joye infinic, On fit des feux refpect de
joye & des fères qui durerent long-tems.
On avoit raifon, car c'étoit un homme
doux, poli, affable > recevant bien tout
lemonde, toujours
à
-
prèr faire
Il ne vouloir rien prendre fur fon plaifit.
te, & fe contentoit de faire obferver compexaétement ce qu'il trouvoit établi par
fesprédécefleurs. Il ne fc meloit cn au- --- Page 283 ---
Frangoift: de PAmbrigues 271
des affaires dela Jnftice 2 il
cune laiffoit façon tout le foin à ceux qui en
en
mais dès qu'il (çavoit
étoient chargés,
il faifoit
quelqu'un qui étoit en procès, &les faifoit convenir les deux parties. 2
diffevenir d'arbitres pour terminerleur
rent à l'amiable. Il ôtoit par ce moyen &
bien de la pratique auix Procureurs habitans en
aux Juges. Haimoit tous les les familles sde
général, 8 en parriculier
Mellicurs de la Guarigue 8c Dorange. 8
Son Gouvernement a éré.trop court,
des Officiers, des haau bitans grand & des regret foldats ,il mourut en
& fut enterré dans T'Eglife Paroiffiale du
Fort Royal.
ancien
Monficur de Machault
Capi- alloit
taine des vaiffeaux du Roi, & qui étoit dû
être fait Chefd'E(cadre, ce qui
fut
long-tems à fes longs fervices,
depuis
Général des 1 Ifles.
nommé Gouverneur fur le vaifleau du Roi
11 s'embarqua
le Cheval Marin, commandé par de la
il aborda all Cul-de-te
Trinité, d'où il fe rendit par terre au
Fort Royal. attendoit alors les ennemis. MonOn
de la Marficur de Gabaret Gouvétneur interim. Son
tinique, commandoit par droit. Toutes
ancienneté lui donnoit ce
M iv
fervices,
depuis
Général des 1 Ifles.
nommé Gouverneur fur le vaifleau du Roi
11 s'embarqua
le Cheval Marin, commandé par de la
il aborda all Cul-de-te
Trinité, d'où il fe rendit par terre au
Fort Royal. attendoit alors les ennemis. MonOn
de la Marficur de Gabaret Gouvétneur interim. Son
tinique, commandoit par droit. Toutes
ancienneté lui donnoit ce
M iv --- Page 284 ---
272 Nowveanx
AHx
Jcs Milices étoient Yoyager fous les Mles
on apprir que les Anglois armes. Mais
n'étoient pas affez forts
voyant qu'ils
Martinique, s'étoient rabatus pour attaquer fur la la
Guadeloupe s comme plus foible. Ils étoient
commandés par Monficur de Codrington le fils, qui fe flattoir de
Faffront que fon pere avoir reçu venger dans
cette Ifle, mais ily y en ieçàr un nouveau.
tôt Monficur dc Machant y envoya aufliun fecours de huit cens foixante
hommes, commandés par Meflieurs de
Gabaret & de Boisfermé. J'ai
plement de cette entreprife dans parlé amtre endroit.
un auLes Anglois fc tinrent en
cet échec, & les François ne repos fongeoient après
qu'à courir fur leurs bâtimens, mais avec
bien moins de vivacité
guerre
que pendant la
foient lcs précédente. Ceux qui fournif.
les
bâtimens, tifaniferent fi fort
Flibuftiers, qu'ils les firent déferter
prefque tous. Ils fc retirerent à Saint
Domingue, où fe fervant de commiffion
farannée, ils alloient vendre leurs prifesà Saint Thomas, Ifle neutre, où ils
étoient bien allurés d'être reçûs & traités favorablement.
A la fin pourtant le Comte de Chavagnac & Monficur d'Yberville, firent --- Page 285 ---
Prançoifes de PAmbrique. 273
de
an armement en France, compofé
douze vaiffeaux de guerre > une corvette
& deux Autes.
Le premier arma à Breft. Ilavoit quatre vaiffeaux de guerre 2 une corvette &c
une Aute. Cette Efcadre. étoit commandée par le Comte de Chavagnac, > le
Comte de Choifeuil, Monfieur de Gabarer bras coupé,Monficur du Coudray
Guimont commandoient les vaiffeaux >
-
& la corvette étoit commandée par le
Chevalier de Nangis. Monfieur de
Chavagnac arriva le premicr à la Marti.
nique > au mois de Février 1706. 8c n'y
trouvant point Monfieur d'Yberville qui
avoit armé à Rochefort > il réfolut en
l'attendant d'aller attaquer quelqu'une
des Ifles Angloifes. I1 éerivit à fes amis >
Capitaines de Milice dans la Martini-
& les invita de venir prendre part
que, à fes entreprifes, avec tout ce qu'ils engageroient de gens de bonne volonté.
Les fieurs Dubuc, Collart, Defcaffeaux & autres, s'y livrerent de bonne
grace, & en moins de huit jours, ils
amafferent douze cens volontaires S > habitans ou Flibuftiers.
iavoit ordre
Monfieur de Machaut qui
du Roi de lui donner quelques Comdétachées de la Marine, lui ery
pagnies
M y
& les invita de venir prendre part
que, à fes entreprifes, avec tout ce qu'ils engageroient de gens de bonne volonté.
Les fieurs Dubuc, Collart, Defcaffeaux & autres, s'y livrerent de bonne
grace, & en moins de huit jours, ils
amafferent douze cens volontaires S > habitans ou Flibuftiers.
iavoit ordre
Monfieur de Machaut qui
du Roi de lui donner quelques Comdétachées de la Marine, lui ery
pagnies
M y --- Page 286 ---
274 Nouveaux
AMx
donna
Voyages 0
Ifles
du
quatre.commandées par Meflieurs
Poyet, Pradines, Maifoncelle, &
Poincy faifant deux cens hommes, Olltre les troupes qu'il pouvoit tirer de fes
vaifleaux.
Le Comte de Chavagnac fit trois bataillons des troupes réglées. Il commandoit le premier. Le fecond étoit commandé par le Comte de Choifenil,&1 lc
ttoifiéme par Monfieur du Coudray
Guimont. Monfieur dc Gabaret fut
commandé pour la croifiere. Le Chevalier de Nangis étoit Major Général.
Il fit trois Compagnies de Grenadiers
de cinquante hommes chacune, tirésdes
troupes réglées.
Illaifla le fieur Dubuc: à la tête, & fa
Conpagnie de cent trente volontaires,
qu'il fit marcher à la tête de fa petite armée, comme autanr'd'enfans perdus.
Derriere cette Compagnie étcient les
trois Compagnies de Grenadiers.
Venoit enfuite le bataillon du Comte
de Chavagnac, fuivi de celui de Monfieur du Coudray , qui étoit fuivi decelui du Comre de Choifeuil qui fervoit
d'arriere-garde.
Il fit faire un corps du refte des habitans > commandé par Monfieur du
Parquer, Lieutenant de Roide la Mar- --- Page 287 ---
Prangoifes de LAmerique. 275
tinique, & par Monfieur Poulain, Ce
devoit marcher à la droite detou es
corps les troupes ; & un autre corpsde tous'es
Fhibuftiers, commandés par Monfieur
Coullet, Major de la Martinique, 5 qui
devoit marcher àl la
Ma- -
Cet ordre ayant
diftribué aux
harinis
jors, & la revûë faite, les vaiffeaux & les
bâtimens des Flibuftiers appareillerene,
fur T'Ille de Nieves, on en
& on porta
diftance, &le Comte
étoit à une petite ordonné la defcente
de Chavagnac avoit
étoit
a imhenisawrarlcpyvos
quand il furvint une bourafque
ventable qui fit deriver toute la
E
de forte qu'on fut obligé d'abandonner diTentreprile fur Nieves, où comme
fent les Anglois Nevis, & d'aller la faire
àSaint Chriftophe. ordre. Le fieur DuElle fe fit en bon
le
buc à la tète de fa troupe mit à terre le
premier. Il fut fuivi & épaulé de tout
refte del'Armée. Les Anglois fe deffendirent en braves; mais ils furent forcés.
On en fit un affez grand carnage, on
nombre de prifonniers, les autres
prit fe retirerent dans le Fort qu'ils ontà la
Grenade, & dans celui deia Montagae
de la Souphriere, & abandonnerent le
relte de lifle.
M vj
buc à la tète de fa troupe mit à terre le
premier. Il fut fuivi & épaulé de tout
refte del'Armée. Les Anglois fe deffendirent en braves; mais ils furent forcés.
On en fit un affez grand carnage, on
nombre de prifonniers, les autres
prit fe retirerent dans le Fort qu'ils ontà la
Grenade, & dans celui deia Montagae
de la Souphriere, & abandonnerent le
relte de lifle.
M vj --- Page 288 ---
276 Nowveaux Voyages aux Ifes
Les François victorieux firent le tour
de lIle, pillerent & brûlerent tous les
Bourgs & toutes les habitations , mirent
le feu dans les cannes à fucre, détruifirent les moulins, > en enleverent tous. les
uftencils, & prirent douze à quinze cens
Négres, & fe rembarquerent à leur aife
fans être pourfuivis 2 avec leur butin.,
qui étoit très-confidérable.
Les Anglois les voyant à la voile s
crurent fe venger en mettant le feu à lEglife des Jefiites, qui étoit la Paroiffe
de la Balfe- terre. Foible
qui ne repara en aucune façon vengeance la perte a
qu'ils venoient de faire. Ileft vraiqu'ils
conferverentleur grandFort & celui dela
Souphrieropareque lc deffein des François n'étant pas de fe maintenir dans ces
deux poftes > s'ils s'en fulent emparés,
iln'avoient fait aucune difpofition
les attaquer, n'ayant point apporté pour de
mortiers pour bombarder cc dernier
Fort, quicftl le feul moyen de le réduires
Cette expéditionne fut que de trois femaines. ôn n'y perdit qu'un Officier
& quelques gardes de la Marine, & un
très-petit nombre d'habitans Y furent
bleffés.
L'Efcadre bien entiere arriva ala Martinique avec tout fon butin, --- Page 289 ---
Françoifes de PAmerique. 277
Monfieur de Chavagnac apprit en ar-
-
Monfieur dYberville étoit
rivant que
& qu'il feroit incefarrivé à Tabaco,
arriva en
famment à la Martinique. lly
l'exeffet, & trouva .tout en état pour
pédition de Nieves, qui eft'la plus confidérable des Iles Angloifess du vent.
On
On fit une nouvelle challe-partie. dixiéme Mars
partit de la Martinique le Le rendezde la même année 1706.
vous fat à la plaine de la Guadeloupe,
d'Yberville fit la revûé geoû Monfieur
nérale de fon armée. de douze vaiffeaux
Elle étoit compofée
de guerre. commandé par Monfieur
Le Jufte,
d'YbervilleMonfieur de SatLe Conventry 3 par
quiny. Prince,
Monfieur de Sains
Le
par
André.
Monfieur de Gabaret.
Le Fidele, par Monfieur de Maupeou.
Le Phenix, par le Marquis de Noyant.
L'Aigle, par
Monfieur de ChaL'Apollon, par
vagnac.
Monfieur de FrancionLaSphere, par Monfieur de la CaffiLe Duc. > par
niere,
Monfieur de LandaiL'Opiniâtre, par
ne.
ventry 3 par
quiny. Prince,
Monfieur de Sains
Le
par
André.
Monfieur de Gabaret.
Le Fidele, par Monfieur de Maupeou.
Le Phenix, par le Marquis de Noyant.
L'Aigle, par
Monfieur de ChaL'Apollon, par
vagnac.
Monfieur de FrancionLaSphere, par Monfieur de la CaffiLe Duc. > par
niere,
Monfieur de LandaiL'Opiniâtre, par
ne. --- Page 290 ---
278 Nowveanx Poyages anx Ihes
L'Indien, par Monficur dc Vaulezar.
La Renommée, par Monfieur le
Roux.
La
Nimphe, > par le Chevalier de
Nangis.
Avec vingt un vaiffeaux, barques &
brigantins > qui portoient les habitans
des.Ifles, & les Flibultiers.
Les Ifles avoient fourni environ
douze cens hommes, & les vaiffeaux
fepr cens.
On partit de la Guadeloupe le dernier
jour de Mars. Le fecond jour :
d'Avrilon
arriva devant Nieves, &on mità terre.
Monfieur d'Yberville ne
pas à
propos de faire tant de cérémonies jugea
attaquer cette Ifle, il réfolut de la ECUE
quer à la maniere des Flibuftiers.
Ilc ordonna trois attaques. La
& la principale qu'il commandoit, premiere étoit
à la petite Ance , vis-à-vis PIfe de la
Roronde, environ à trois lieiies de la
Ville ou du Bourg.
La feconde commandée par Monfieur
de Chavagnac, étoit devant les Salines
de Saint Chriftophe.
Etla troifiéme devoir fe faire devant
legrand Fort, ou lagrande batterie du
Bourg. Mais ceux qui devoient faire ces
deux defcentes, ne mirent à terre qu'a- --- Page 291 ---
Françoifes de PAmérigue. 279
prèsla prife du Bourg,par ceux de lapteMonfieur d'Yberville
miere fous attaque. lui huit cens hommes des
avoit
Monfieur -MauIfles, commandés par
nicre, comme Colonel & Commiffaire.
Onmitaterredt trois heutes du matin.
Comme il paroiffoic aux Anglois que de
l'attaque commandée par Monfieur feroirla
Chavagnac devant les Salines,
veritable, ils avoient dégarni leurs
poftes, & avoient jerté tout leur monde
de cc côté-là, dc forte que Monfieur
d'Yberville ne trouva qu'un peric fait nom- leur
bre de foldats, qui aprèsavoir
décharge, prirent la fuite. On s'avança
jufqu'à la Riviere chaude,
en diligence
du Bourg d'environ
qui elt éloignéc
trouva un détaquatre cens pas. Cavalerie Ony
fit bravechement de
qui
ment fa décharge, s &c fe fauva. On entra
dans le Bourg au point du jonr > on
érablit. Ce
ete
le petit fort, & on sy fermée d'onze can'ét qu'unc batterie
nons.
T'abandonnerent, fc
Les ennemis qui hauteurs. Ilsavoient un
retirerent furles armés. Ils firent feu
nombre de Négres on fut à eux, & on les
fur nos gens, >
diffipa.
vers le Fort
Les François poufferent
ment fa décharge, s &c fe fauva. On entra
dans le Bourg au point du jonr > on
érablit. Ce
ete
le petit fort, & on sy fermée d'onze can'ét qu'unc batterie
nons.
T'abandonnerent, fc
Les ennemis qui hauteurs. Ilsavoient un
retirerent furles armés. Ils firent feu
nombre de Négres on fut à eux, & on les
fur nos gens, >
diffipa.
vers le Fort
Les François poufferent --- Page 292 ---
280 Nouveaux
Yoyager aux Hles -
Breton, & une autre batteric oppofée
aMonficur de Chavagnac, à qui Monfieur d'Yberville envoya dire de ne
point mettre à terre, s & de le venir
joindre. Il revint avec fes bâtimens, &
aidad prendre vinge-huit vaifleaux Marchands , & autant de barques ou
tins chargés de fucre & d'autre marchan- brigandifes, prèts à faire voile. On
vers leg grand Fort, quin'ef aufli s'avança, qu'une
batterie fermée de
Les
vingr-quatre canons.
Angloisquil la gardoienr, prévoyant
qu'ils alloient être emportés d'emblée,
fc rendirent prifonnicrs de
; &
on s'établit dans ce Fort. Le guerre troifiéme
Avril on fit marcher toutes les troupes
versle Reduit oûl les Anglois savoient retiré leurs femmes, leurs enfans, leurs
efclaves, & tout ce qu'ils avoient de
meilleur, avec leurs troupes. Le bon
ordre de cette marche les épouventa. Ils
craignirent d'être emportés l'épée à la
main. Ils avoient raifon de craindre, car
les habitans & les Flibuftiers, avoient
déja
les derrieres du Réduit, &
tout
à une
EIE
Ils battirent difpofoira la chamade, attaque générale.
des ôtages & des Députés. & La envoyerent
tion fur fignée le quatre Avril. Capitula- Mais
comme ils le plaignirent que leurs Dé --- Page 293 ---
Frangoifes de LAmerigue: 28x
outre-paffe leurs pouvoirs
purdsavoicur firent naitre exprès des difficul-
& qu'ils avoir le tems de fauver queltés, pour de leurs effets, l'affaire ne fut
ques-uns entierement confommée, que le fept au
matin. Ils rendirent alors leurs drapeaux s
du Releurs armes, 8 on ptit poffellion l'Ife.
duit, & de toutle refte de
& on
On enleva quatre mille Négres, autres
prit des orages pour quatre cens
s'obligerent de fournir en efpeces,
qu'ils
tète de Négre.
ou cent piaftres par
de fucreries,
On enleva les uftencils les canons de
les meubles des maifons >
fonte des batteries, toutesles munitions,
toutes les armes. Illes devoient avoir la
Les troupes des
part de toute la prife.
Capitulation accordée par Monfieur d'Tberville, commandant sne ERadreds
à Monfeur le CoRoi en LAmbrigne, Gosverneur dellfe
lonel Rich Albot,
de Nieves.
Primo. Qu'il fera fait bon quartier à
les
foldats & habitans,
tous
Oficiers,
fans aucune exception. leur laiffera les hardes qui
2°. Qu'on
itions,
toutes les armes. Illes devoient avoir la
Les troupes des
part de toute la prife.
Capitulation accordée par Monfieur d'Tberville, commandant sne ERadreds
à Monfeur le CoRoi en LAmbrigne, Gosverneur dellfe
lonel Rich Albot,
de Nieves.
Primo. Qu'il fera fait bon quartier à
les
foldats & habitans,
tous
Oficiers,
fans aucune exception. leur laiffera les hardes qui
2°. Qu'on --- Page 294 ---
$82 Nouveaux Payages anx Ifles
fontà leurs ufages, & que tout le refte
fera apporté à Monfieur d'Yberville,
& mis à la maffe du burin.
3°, Que Monficur le
fes
Gouverneur,
Officiers, 1 foldats & habitans, feront
prifonniers de guerre.
4°. Que le Gouverneur & fes Oficiers pourront fortir du Réduit avec
lcurs armes, & que tousles autres feront
défarmés, & leursarmes rendus en bon
état.
s°. Qn'll'égard des maifons, on les
confervera autant qu'il fera poflible 2 en
deffendant aux François de les détruire >
ou deles briler.
6°. Que l'on donnera aux Anglois
un quarter & des maifons pour demeurer > jufqu'au départ des troupes Françoifes,
7°. Que tous les efclaves - de lIflc feront remis aux François. -
8°. L'on accorde à Monfieur le Coloncl Rich Albot, > Gouverncur, 3 douze
Négres efclaves , au Préfident huit, anx
Capiraines trois, aux Lieutenans
aux
deux,
Enfeignes un, au Colonel des Milices deux, & au Commiffaire de la
Reine, deux.
90. Que le Gouverneur remettra fur
lc champ en liberté Madame Saffart, fi --- Page 295 ---
Françoifes de LAmbrigne. 283 été
elle n'eft pas morte > comme ayant
prife contre le droit des gens leur feront
1o°. Quic tous leurs papiers
rendus.
de tous les Officiers,
11°, Qu'àl'égard
habitans & foldats, , qui font prifonniers liberté, &
de guerre 2 ils auront dans leur l'Ife, à conpourtont demeurer
le
dirion de faire rendre en Angleterre font
même nombre de François qui y
prifonniers de guerre > qui (eront renvoyés en France, ou aux ifles à leur volonté. 12°. Qu'il fera fait iin rolle exaét de
tous les Officiers, foldats, habitans, l'ile,
femmes & enfans qui font dans
nombre de François
afin qu'un parcil
&
leur foit rendu en Europc,
que Mont
fireté de cet échange €, les choix Anglois du Géneront quatre ôtages, aul
néral François.
Accordéé arritédevant le Réduit
de PJfle de Nieves 5 le 4 Avril
1706. Signé fer Toriginal, ALBOT.
D'YBERVILLE ET RICH
demeurerent dans NieLes François vinge-deux du mème mois
ves jufqu'au
les bois, les
d'Avril. Ils parconrurent
ils vifiterent les maifons, J foncannes,
change €, les choix Anglois du Géneront quatre ôtages, aul
néral François.
Accordéé arritédevant le Réduit
de PJfle de Nieves 5 le 4 Avril
1706. Signé fer Toriginal, ALBOT.
D'YBERVILLE ET RICH
demeurerent dans NieLes François vinge-deux du mème mois
ves jufqu'au
les bois, les
d'Avril. Ils parconrurent
ils vifiterent les maifons, J foncannes, --- Page 296 ---
254 Nowveaux Yroyages aux IRes
derent tous les endroits oùr Fon
avoir caché quelque chofe. Ils pouvoit démolirent toutes les
à poudre,
batteries, > les magazins
briferent les canons de
& ayant
fer,
fait
embarqué tout leur butin 5 &
grande chere aux dépens
ils mirent à la voile à la grande desAnglois, farisfaction des Anglois, & arriverent le 26.
à la Martinique n'ayant perdu dans
toute cette expédition, que quatorze ou
quinze hommes, tués ou bleffés:.
M. de Machaut penfa mourir deregret
d:cequele Roinel l'avoir pas choifi
étoit commander cette expédition, car fres en
très-capable, étant tèsbrave, plein
d'efprit, de juftice & de religion. Il
n'aimoit pas les
&silavoit
été le maitre, ils Religieux, les auroir tous
en France, & auroit mis en leurs renvoyés
de bons Peres de l'Oratoire (c'eft places ainfi
quils'exprimoit, ) parcequ'il Iconnoiffoit
à fond leur vrai mérire. Il farvint
tant une occafion oùr il crut avoir befoin pourdu crédit des Jefuites. Il feracommoda
avec cux, & évita par là quelques chagrins qui le menaçoient. Si quelque
curieux en veut fçavoir
je
fuis en état de le
davantage,
main une bonne contenter, ayant en
écrite de fa main à partie d'une lettre
un de fesamis, oi
* --- Page 297 ---
Françoifes de Amérique. 285
cette affaire eft allez détaillée, & dans
laquelle on verra qu'il faifoit de grandes
aumnônes en France, 2 fans préjudice de
celles qu'il faifoit aux Ifles, & que
connu il voaloit
Tron
éviter d'être
>
que Cetles mit dansl les troncs des hopitaus.
tc lettre eft
& marque le
caradtere de pieté dont
faifoit proPRi
fellion. Gouvernement de Monfieur de
Machaut Le
fut paifible 5 tout le monde en
étoit content, & on auroit fouhaité qu'il
eit duré longues années; mais il furfurpris d'une Auxion de poitrine,qui aidée
des remedes des Elculapes du pais,
i'emporta en l'autre monde, muni de
tous fes Sacremens, > & dans des fentimens d'un veritable Chrétien. Ilfucenterré comme ill'aveit ordonné, dansle
cimetiere de l'Eglife des Capucins du
Fort Royal. Onacu foin de mettre une
rombe de pierte, & un épitaphe far le
licu de fa fepulrure,
Chef
Monfieur le Comte Defnots,
d'Efcadre des armées navalles du Roi,
fuccéda à Monfieur de Machaut, ii arriva à la Martinique , fut reçà alordinaire, fes provifions furent enregifirées, & aufli-tôt il fut arraqué du
melde Siam, quil'emporta avant qu'il
Fort Royal. Onacu foin de mettre une
rombe de pierte, & un épitaphe far le
licu de fa fepulrure,
Chef
Monfieur le Comte Defnots,
d'Efcadre des armées navalles du Roi,
fuccéda à Monfieur de Machaut, ii arriva à la Martinique , fut reçà alordinaire, fes provifions furent enregifirées, & aufli-tôt il fut arraqué du
melde Siam, quil'emporta avant qu'il --- Page 298 ---
286 Nonveanx
Anx
eût pû faire le bien Pryages dontil étoit Ifes
pable.
très CaAprès fa mort Monfieur de Gabaret
qui étoit Gouverneur de la
& Lieutenant au Gouvernement Martinique,
ral, eut le commandement
Généqu'al'arrivée de Monfieur le abfolu juc
Philipeanx. Monficur de Gabaret Marquisde étoit
dans unage fiavancé 8c finfirme,
n'étoit pas en état de foutenir le qu'il
FlCr Loccupoit, de forte que tout le mon- pofte
Général. Il avecimpatience arriva à'la
le nouveau
le vaiffeau du Roil lElifabeth, Martinique dans
dé
Monfieur de Chamelin. commanaslee fit plaifira toutle monde. Son Sonar- illuftre naiffance, les fervices de fes
&l les fiens, lui avoient
ancètres
ce l'eftime & le relpect acquis de par ayanbitans. Il venoit
tous les had'Ambaffadeur
d'occuper le pofte
de Turin, oûil extraordinaire. avoit fait
à la Cour
le, fa fidélité
fon éclater fon zéavoit foutenu la pour
maître, 2 dont il
grandeur & lesi
avec une hauteur qui l'avoient intérêts, fait
mirer même des ennemis de la France. adIl trouva beancoup à travailler dans les
Iles, où les interregnes & la foibleffe de
Monficur de Gabaret, avoient laidé ingroduire quantité d'abus. Monfieur de --- Page 299 ---
Frangoifes de rAmérique. 287
Phelipeaux dontle génic étoit remedes fmupérieur, nébien vite tous les obferver une
apporta collaires à ces maux. Il fit &ala Miexacte difcipline aux troupes à rendre la
lice. Il obligea les Juges Telonles loix: Il
&
jultice prompiemen les procéduires > qui confomft abreger frais les
Il n'éparmoient en
mème plaideurs, fon Lieutenant
gna perfonne, Monfieur pas de Gabaret. Celui-ci
Général avoit encore à faire à Monfieur
crut qu'il
étoit naturellement
de Machaut doux > qui & patient, avec lequel
& par yertu, fait des échapécs, qui ne conil avoit nià fon age, ni à fon rang,
venoient
de même avec Monil voulut en agir
Cclui-ci qui étoit
fieur de Phelipeanx. fervice, lui envoya un
fort roide far le
de garder les arrèts
interdit, avecordre
ordre de
dans fa maifon, jufquanouvel mort les lui fitrompre,
la Cour. Maisla ordre étant rétabli, il fongea
Le bon
entreprife furlesennemis
à faire quelque & réfolut de faire attaquer
de lEtat,
TIle de Monfarat. le fieur Dubuc pour cette
Il choifit & lui ordonna d'amaller le
expédition, nombre de gens dont il croiroit avoit
befoin. Le fieur Dubuc obéit avec joye, hail aflembla fx cens bons hommes,
jufquanouvel mort les lui fitrompre,
la Cour. Maisla ordre étant rétabli, il fongea
Le bon
entreprife furlesennemis
à faire quelque & réfolut de faire attaquer
de lEtat,
TIle de Monfarat. le fieur Dubuc pour cette
Il choifit & lui ordonna d'amaller le
expédition, nombre de gens dont il croiroit avoit
befoin. Le fieur Dubuc obéit avec joye, hail aflembla fx cens bons hommes, --- Page 300 ---
288 Nonveanx Tayuges aux Ihes
bitans & Flibuftiers, qu'il mit fur quatorze batteaux, & fur un vaifleau de
vingr-quatre canons, appellé le Rolland de Nantes, commandé par le fieur
de la Vigne.
Le Général vint au Fort Saint Pierre
faire la reviie de fes troupes, & les faire
partir en fap préfence.
Pendant que le fieur Dubuc prenoit
congé du Général, il arriva un Parlementaire Anglois, dans lequel ily avoit
cinq ou fix Officiers de diftinétion, Fun
defquels fe tournant du côté du fieur
Dubuc > lui dit : Monfieur, nous fçavons
que vous allez attaquer nos Ifles, mais
vous n'avez pas des forces fuffifantes; &
d'ailleurs vous allez peut-ètre rencontrer
ia Julie, vaiffeau de la Reine de cinquante-quatre canons, & de trois cens
cinquante hommes d'équipage. Le fieur
Dubuc lui fit une grande réverence, &
lui dit:Monfieur, fi je rencontre la Julie, jelui rendrai mes refpeêts, & far le
champ il fut s'embarquer > &c appareilla
afin d'obliger les Flibuftiers à le faivre
promptement.
Loriquil fut par le travers duquartier
appellé le Précheur, , qui eft en vûe dela
maifon que l'Intendant occupoit, & oùt
ie Généralétoit avec ces Anglois, On vit
paroitre --- Page 301 ---
Francoifes de PAmerigne. 289 dit
paroitre la Julie. Unde cCs voila Anglois la Julie
all Général: Monfieur, Monfieur Dabuc, &c
qui va attaquer foin de lui faire faire un
qui prendra
Angleterre. Monvoyage à la nouvellé lui repondit d'un ait
fieur de Phelipeaux
qu'on apriant, cela eft très-failable, afin que
porte des chaifes témoins danslejardin, de ce qui va fe
nous foyons entre ces deux vaiffeaux.
- paller
furent-ils allis que Dubuc
A peine
faire allonger fa cimacommença par fur l'Anglois pour l'adiere, & courut eritalabordage trois
border. L'Anglois fois. On fe battit vivement
ou quatre
deux. heures,
de
&c d'aurre pendant marchoit bien
& T fin l'Anglois qui fes voiles, & prit
mieux, éventa toutes
la fuite. Général fe leva, dit aux Anglois :
Le
le tabaç
Meflieurs, il y aa apparencé fortà que vos Mefde Dubuc a paru chercher trop
de plus doux.
fieurs, ilseny vint vont moiiiller en rade > ayant
Dubuc
hommes tués ou blefcu quarante-trois de canon à Eau, beaufés, cinq coups
coupées, 8c fcs
coup de manceuvres de forte quele vaifmmâts endommages, hors d'état de faire la Camfeau futjugé
pagne. Tome V.
N
, il y aa apparencé fortà que vos Mefde Dubuc a paru chercher trop
de plus doux.
fieurs, ilseny vint vont moiiiller en rade > ayant
Dubuc
hommes tués ou blefcu quarante-trois de canon à Eau, beaufés, cinq coups
coupées, 8c fcs
coup de manceuvres de forte quele vaifmmâts endommages, hors d'état de faire la Camfeau futjugé
pagne. Tome V.
N --- Page 302 ---
#90 Noniveanix Vojages anx IRes abanLe deffein ne. fut Dubuc pourrant fe pas mit dans
donné, Monfieur :& fuivi des autres,il alla
un batteau, mità terre malgrél'oppoàMonfarat, fition des Anglois, qui ayant reçà des
fecours confidérables, fe deffendirent fi
bien dans leur Réduit,
les François
pas en aflez Rrld nombre, 2
quin'étoientt forcer, i fallut fe conne lesy purent & debralerla moitié de
tenter" de piller enleva un bon nombre
lIe. On en
l'ard'efclaves, qui fuffirent pour payer
mement. Ony perdit quatre vingecing
hommes rués où blellés, onze prifonniers s : qui. s'étant détachés du gros teRar
piller, furent enveloppés fon après. butin à la
Dubuc s'embarqua avec n'oferent pas le
barbe des ennemis, qui & ramena tous
charger dans fa retraite,.
Ifat reçt
fes batteaux àla Martinique.
qui lui
fort gyacienfement du lesafliftans Général, : Vous
dit enprefence detous en cette occalion
avez fait, Monfieur , faire de mieux.
tout ce qu'on valoir pouvoir vos fervices. Je me fçai
Je ferai vous avoir choifi, & de yous
bongréde avoirregardé comme un homme
On me Pavoit
irtien
ble de commander, affaire une
dit, jen-ai-par cette
preuve
certaine. --- Page 303 ---
Frangoifes de PAmbrique. 291
Environ dic-huit mois après, Monfieur Caffart arrivadl la Martinique dans avec le
unc Efcadre de huit vaifleaux,
deffein d'aller prendre aufli-tôt Monfarat. au fieur
Le Général lui écrivit manda de fe rendre au
Dubuc, & de lui. Illui ordonna de
plurôr auprès Caflart, & d'attirer à
fuivre Monfieur
de volontaires
lui le plus quil pourroit
& de Flibuftiers. Ileut en troisjours Collart plus fut
de fix cens hommes. Le fieur amena deux
auffi de cet armement, fieur & y
centcens hommes, &c le
Dupré 8cleurs gens
vingt. Ces trois Capitaines batteaux. Onarriva
fe mirent daus le leurs fieur Dubuc avec. fes
à Monfarat',. le
à terre. Les Anglois
gens mit premier bien deffendus, fe voyant
après s'ètre
fe rerirerent dans
forcés de toutes parts,
de faire
leur Reduit, ou ils comptoient mais ils y furent
une longue réliftance 5 bon
le
forcés. On en tua un
nombre, fe rendirent
refte demanda quartier > &c
prifonniers de guerre. On parcourut ni fort
toute lIle, quin'ef pas grande les
riche; on en enleva tous
Négres,
les attirails des fucreries, & génctous
être de
ralement tout CC qui pouvoir la Marquelque valeur, & on revintàl
faire le partage du butin, quinc
- tinique
N 1]
le
forcés. On en tua un
nombre, fe rendirent
refte demanda quartier > &c
prifonniers de guerre. On parcourut ni fort
toute lIle, quin'ef pas grande les
riche; on en enleva tous
Négres,
les attirails des fucreries, & génctous
être de
ralement tout CC qui pouvoir la Marquelque valeur, & on revintàl
faire le partage du butin, quinc
- tinique
N 1] --- Page 304 ---
292 Nowveaux Voyages aux Ifes
fut pas fort confidérable. Cela
les volontaires & les
dégouta
jugerent pas à propos Flibattiers, de fhivre quinc Monficur Caflart à Barbiche & à
qu'il prit & qu'il pilla.
Surinam,
Après cette expédition il ne fe palla
plus rien deconfidérable pendant ler refte
du Gouvernement de Monfieur de Phelipeaux.
Ilavoit amené de France Meffieurs de
Larnage & de Martel. Ce dernier eft
mort Lietitenant de Roià la
de la Martinique. Monfieur de Cabefterre
eft actuellement, c'eft-à-dire Larnage
Gouverneur de la Grenade, en où 1735. il eft
eftimé de tout le monde à caufe de fa
bravoure > de fa politeffe, & des autres
grandes qualités qu'il a pour
les peuples.
gonverner
Pour Monfieur de
il
mort
regretté de tout le Phelipeaux monde, eft
allez legerei
d'une
qui lui fut faite maladie, mal, & Par mal une a faignée
Ila été enterré dans l'Eglife Paroiffiale propos.
du Fort Royal, défervie par les
* en 17
Capucins
Après la mort de Monfieur de Phelipeaux, Monfieur le Marquis
ne fut nommé en fa place. En attendant Duqueffonarrivée, Monfieur de la Malmaifox --- Page 305 ---
Frangoifes de PAmérigut. 293
Gouverneur de,la Guadeloupe pafa à la
Martinique pour y commander, Général & y
refta jufqu'a.ce que le nouveau
eut pris polfellion de fa charge. * dans
Le Marquis Duquefne fer trouvant
n'eut
grand
une profonde paix,
pas avec
chofe à faire. Ils'étoit lié damitié
les Officiers des Ifles Angloifes de 2 8c
leurs commerçans venoient dans nos
Ifles, & trafiquoient auffi librement
que dans Lriceare Qnoique ce commerce fut avantageux aux habitans,
des
T
efclaves,
avoient par CC moyen
destoivins de Madere & de Canaries, falées, &
les, des farines, des viandes
autres marchandifes, en telle quantité
qu'il leur plaifoit, & à bien meilleur
des Marchands François 5
que
itaite il
très préjudiciable lEtat > parcc
les Anglois emportoient les Sucres >
que le COCOS, le cotton , & les autres ainfi mar- 2 le
chandifes des Ifles, & privoient
Roi ou fes Fermiers, des droits d'entrée
dans le Royaume, & ruinoient prefque
entietementle commerce des Villes maritines du Royaume > ceux qui avoient des
intérêt de l'empécher 2 en porterent l'on
plaintes fi vives & fi fréquentes, que
croit que ce fuc pour cela que le Marquis
Duquelne fut rappellé.
N 11)
ainfi mar- 2 le
chandifes des Ifles, & privoient
Roi ou fes Fermiers, des droits d'entrée
dans le Royaume, & ruinoient prefque
entietementle commerce des Villes maritines du Royaume > ceux qui avoient des
intérêt de l'empécher 2 en porterent l'on
plaintes fi vives & fi fréquentes, que
croit que ce fuc pour cela que le Marquis
Duquelne fut rappellé.
N 11) --- Page 306 ---
294 Nonveanx Voyages AHX Ies
Monfieur de la Varenne fat nommé
en fa place en 1716. & Monfienr de Ricouart en celle de Monfieur de Vaucreffon Intendant.
Le tems de ladminifration de ces
deux Chefs fut court & dur, & finit
une cataftrophe dont on n'avoit jamais par
entendu parler dans les Ifles. Ils commencerent par des menaces, continuerent par des traitemens très-durs, &
poufferent tellement les habitans, nazurellement portés au refpeét &-à l'obéiffance, qu'ils les mirent
Ils prirent les armes en même audefefpoir. tems dans
tous les quartiers de
ces
deux Meflieurs l'IAe, furprirent
dâns une tournée
qu'ils faifoient dans les quartiers > les
embarquerent, & les renvoyerent en
France en 1717.
A peine étoient-ils à la voile que les
peuples revenus à eux mêmes, & connoiflant toute l'énormité deleur action,
s'emprefferent d'en demander pardon
au Roi, & à tâcher de mériter leur
ce par leurs foumiflions.
graCette affaire fit grand bruit àla Cout,
& àla fin le Roi fe fouvenant de ce
cc peuple fidcle avoit fait dans mille que OCcalions, pour conferver les Ifles à fa
Couronne, leur accorda une amniftic
généralc. --- Page 307 ---
Frangoifes de TAmérique. d'être 295. àla
Celui que l'on avoit forcé de la grace
tète du peuple , C'étoit fut excepté le fieur Dubuc,
avec fix autres.
1lfe
dont nous avons parlé cy-devant. dès
Monmit lui-même en prifon n, que futarrivés
fieur de Silvacane Intendant
&
On fit des informations rigoutenles, innocence, le
comme on reconnut fon
Roi lui donna des lettres d'abolition, ha-
& quelque tems après aux fix autres de
bitans , qui avoient été exceptés
l'amniftic généralc. Tembarquement de
Aulli-tôt de après la Varenne & Ricouart,
Monfieur Meffieurs Begue quife trouvale plus ancien Lieutenant de Roi, pricle commandement ablolu. Il étoit vieux 2 caduc,
&c infirmc, mais il n'eut aucune fentoient peine
à gouverner des peuples qui
toutel l'énormité de l'action qu'ilsavoient d'un
commife > & qui étoient touchés
vif repentit. Audi les affaires reprirent
leur train ordinaire dans le moment: Meflieurs
Ily avoit pour lorsà la Cour
Savi,
de Valmeniere & de la Guarignc de Roi.
gny, le premier étoit Lieutenant
& le fccond Major de la Martinique.
Monfeigneur le Regent les fit partir
s'aller embarquer a
en diligence pour vaiffeau marchandapNantes, dans un
N iv
l'action qu'ilsavoient d'un
commife > & qui étoient touchés
vif repentit. Audi les affaires reprirent
leur train ordinaire dans le moment: Meflieurs
Ily avoit pour lorsà la Cour
Savi,
de Valmeniere & de la Guarignc de Roi.
gny, le premier étoit Lieutenant
& le fccond Major de la Martinique.
Monfeigneur le Regent les fit partir
s'aller embarquer a
en diligence pour vaiffeau marchandapNantes, dans un
N iv --- Page 308 ---
296 Nowveanx Poyages anx Ifles
pelléle Saint Florent, qui étoit
mettre à la voile.
prét d
à la Ils eurent ordre d'aller en droiture
Grenade, > porter au Chevalier de
Feuquieres, qui en étoit
l'ordre du Roi, pour aller commander Gouverneur,
la
à
fion Martinique, de
en attendant fa commilnir, & Général, dele
qui ne tarda pas à veconduire au Fort
Le départ de Monfieur de Royal.
fitverferbien des larmes aux Feuquieres
la Grenadc. Son arrivée à la habitans de
y caufa une joye d'autant plus Martinique grande,
qu'on étoit affuré qu'il recevroit incef:
famment la bonté l'amniftie que le Roiavoit eu
d'accorderaeesp
tans. Il fur reçû avec tous peuples les honneurs repenimaginables. ly eut un concours
digieux d'Officiers & d'habitans, pro.
noient l'affirer de leurs,
quivefonner ne s'en difpenfa, lesmalades refpects > perme s'y faifoient porter dans des hamacs mèpar leurs efclaves. Sa maniere de
verner à la Grenade,lniavoit
gouavance lcs cqurs de toute la gagné par
ainfi tout le monde pric
Martiniques
verfelle, dès
parralajoye uniIl fit
qu'il eut reçà l'amniftie.
alfembler le Confeil
& l'y fit lire & enregiftrer, & Supérieur,
tout fon cfprit à remettre tout employa l'ordre --- Page 309 ---
Françoifes de PAmérique. 297
étoit néceffaire dans les troupes, > &
qui les Milices du Fort Royal. Il fut au Fort
oû
affaires le
Saint Pierre, 2
quelques d'admirer
demandoient, l'on continua
fa fagelfe, fa politeffe 2 , & fa fermeté
pourle fervice, fon défintereffement, &
bien d'autres vertus. On n'a pointéprou
vé dans les Ifles de Gouvernement plus
doux & plus tranquille. Il eft vrai qu'il
retrancha abfolument! le commerce avec
les étrangers; 5 mais il écrivit en Cour,
afin qu'elle ordonnât aux commerçans les
des Villes matitimes, > de pourvoir nécellaire.
habitans dece qui leur étoit
Il fçavoit par lui-mème quandiléroit
àla Grenade, combien les Négres fugitifs habitués à Saint Vincent avec lesCaraibes, étoient d'un dangereux Iiles. exemple On,
pour les efclaves des autres
noirs.
leur a donné le nom de Sauvages de la BarCe font la plipart des Négres
bade, Ile Angloile & très-confidéra- de
ble, qui fe font fauvés des maifons
leurs maitres, & qui fe font retirés patmi les Caraibes de Saint Vincent
&
cédé la
ont
at
les
reçhs, de leur Ifle. quileuronto Ils s'y font fort mulbefterre
ont à la fin contraing les véritipliés : &
d'abandonner prefque
rables Caraibes,
dansla7 TerretoutelIle, & de fe retirer
N V
Ile Angloile & très-confidéra- de
ble, qui fe font fauvés des maifons
leurs maitres, & qui fe font retirés patmi les Caraibes de Saint Vincent
&
cédé la
ont
at
les
reçhs, de leur Ifle. quileuronto Ils s'y font fort mulbefterre
ont à la fin contraing les véritipliés : &
d'abandonner prefque
rables Caraibes,
dansla7 TerretoutelIle, & de fe retirer
N V --- Page 310 ---
29S Nogveaux Vayages anx Ifles
ferme. Ces Négres le roucouoient comme les vrais Caraibes, & venoient aux
ifles avec eux, quoiqu'il fàr facile de
les reconnoitre dleurse chéveux & à leur
air de tête & de vifage, on ne leur difoit
rien, parcequ'on ne vouloit pas rompre avec leurs proxedteurs,
auroient
pà caufer du défordre dans Re
éloignés de nos ifes, & nous quartiers à
une
obliger
guerre ouverte. Onavoit donné des
mémoires far cela à Monfieur de Feuquieres, 3 il crut en devoir faire
-
& pour cet effet, il affembla un ufage allez s
gros corpsde volontaires, dont il donna le commandement au fieur Poulain,
Capitaine d'unc Compagnie de la Marine. Ild choifit le fieur Dubuc pour commnander fouslui, & croyant bien
il donna un ordre fecret au fieur Morien- faire,
ne > pour prendre la place du ficur Poulain, en cas qu'il lui arrivât accident. Le
fieur Dubuc en fut averti, & n'en fit
pas femblant. Ils arriverent à Saint
Vincent 2 mirent à rerre au quartier. des
vrais Caraibes, qui les reçûrent en
amis, & traverferent toute la
de lifle, pour aller attaquer les largeur
marons.
Négres
Ceux-ci en, ayant été avertis,
fe retirerent far une montagne prefque
inacceflible, où on eut limprudence de --- Page 311 ---
: L Françoifes de PAmériqne. 299
les aller artaquer > fans avoir eu Caraibes la précaution d'engager > quelques & à conduire
à fervir de guide, 3
des fentiers plus aifés, qu'ils
par
fe
E
Les sNégres
-
ailéEoiempatatrencit
fendirent bien, & d'autant lieux plus fi difment qu'ils étoient dans des hommesen
ficiles à pénérrer, que mille. vingt Auli le fieur
auroient deffaire
autres avec
Poulain a tué, & plufieurs
lui, & il y eut un nombre confidéra- alors en
ble de bleflés. La troupe étant
défordre s & hors d'état d'aller blef- plus
loin , lc fieur Dubuc fit enleverles &c fit
fés, & repritle chemin du camp >
fa rettaite en bon ordre, , fans être inquieté parles Négres marons. le fieur
Lorfqu'ont fut arrivé au camp,
fon ordre. Le
de Morienne produifit fur le champ, &c
fieur Dubuc s'y foumit
-
le fit reconnoitre par les troupes. fit aufi- i-tôt
Le nouveau Commandant
Dubattre la générale pour décamper. n'efit
buc le pria de ne le pas faire qu'il
amparavant fait un ordre de marcher ,
afin de pouvoir fe foutenir contre les
Négres, s'ils venoient linquiérer dans
une iarche de ciniq lieiies qu'il y avoit ou
à faire pour gagner lc Molillage,
étoientles batteaux, 8 quiln'chtchol
Nv vj
. fit aufi- i-tôt
Le nouveau Commandant
Dubattre la générale pour décamper. n'efit
buc le pria de ne le pas faire qu'il
amparavant fait un ordre de marcher ,
afin de pouvoir fe foutenir contre les
Négres, s'ils venoient linquiérer dans
une iarche de ciniq lieiies qu'il y avoit ou
à faire pour gagner lc Molillage,
étoientles batteaux, 8 quiln'chtchol
Nv vj --- Page 312 ---
300 Nowveanx Froyages Aux Ifes
fi un nombre fuflifant d'hommes
porter les bleffés. Cela fut exécuté, pour on
arriva à l'embarquement fans avoir été
inquiété, > & trois joursaprès on mouilla
au Fort Royalde la Martinique.
Depuis cette malheureufe entreprife,
on a laiffé en repos les Négres marons,
qui ont déchargé leur colere furles Caraibes, leur ont déclaré la guerre, , les
ont battus plufieurs fois, & les ont à la
fin forcés pour la plipart de fe retirer
dans la Terre-ferme. iln'y refte à
fent
quelques vieillards, à qui PE
noirs qui font maitres abfolus de IIe,
n'ont
voulu ôter la vie.
Le rette du tems que Monfieur de
Feuquicres a gouverné les Ifles, a. été
très-paifible. Iléroitaimé & relpecté de
tout le monde. Il étoit exact à tous fes
devoirs, faifoit obferver à-la lettreles
ordres de la Cour, il foutenoit la juftice,
faifoit refpeéter les Religicux, il étoit
liberal, bien-faifant, populaire fans
avilir fa dignité. On s'attendoit qu'il
gouverneroit encore long-tems, lorfqu'il fut relevépar Monfieur le Marquis
de Champigny en 17 fans qu'on aitj jamais pi pénétrer la caufe de fon rappel,
Monfieurle Marquis de Champigny
quilui a fuccédé, étoit Gouverneur de
/ --- Page 313 ---
Françoifes de PAmérigne. 30%
la Marrinique, il eft très-riche 2 ayant de
époufé la fille unique du Marquis domaines
Boilferet, qui a de grands
dans l'Ife de Marie-galante, & autre fon
aufli eft-il magnifique dans
part,
& dans fa table. ilaimc à faire
équipage ileft brave, d'un grand ordre 2
plaihir,
miferes dautrui. Ileft
compatiffant aux Il eft roide fur le feraffez populaire.
font
vice, ceux qu'il eftime mieux davantage, de Ieur deceux qui sacquittent
des vivoir. On dit qu'ila revient quelquefois dans le moyacités > mais qu'il des honnètetés & des
ment-, &
par oublier bien vite le chafervices, il TtRF
avoir caufé. Il étoit engrin qu'il peut
a
core Général en 1736. fuccédé à Monfieut
L'Intendant fut quia Monfieur de Silvacanc.
deRicouart, homme rompu dans les affaiC'étoit un
éclairé & fort ofres 3 d'un efprit vif, affaires dès qu'il fut
né. Il sappliqua aux zèle & s'échauffa
arrivé, avec tant de
>
tellement qu'il tomba malade, & mourut en peu de jours. lui fuccéda. Il étoit fort
M. Befnard fort laborieux, & quoi qu'il fut
actif&c fort honnète à tout le monde,"il a eu
des ennemis qui lont fait paffer pour
hommei intérellé, & quivolontiers rcce-
3 d'un efprit vif, affaires dès qu'il fut
né. Il sappliqua aux zèle & s'échauffa
arrivé, avec tant de
>
tellement qu'il tomba malade, & mourut en peu de jours. lui fuccéda. Il étoit fort
M. Befnard fort laborieux, & quoi qu'il fut
actif&c fort honnète à tout le monde,"il a eu
des ennemis qui lont fait paffer pour
hommei intérellé, & quivolontiers rcce- --- Page 314 ---
302. Nonveanx Voyages 13 anx Ies
voit des préfens. Ceft une pure calomnic, dont il lui auroit été facile de fe laveri fionluienavoir donné le teis; mais
elle prévalut, & il fut relevé par Monfieur Blondel de Jouvancour.
Cet Intendant étoit très-habile & trèslaborieux. Il étoit extremnément
Il recevoit bien tout le monde
poli.
la juftice
>: rendoit
promptement, il étoit bienfailant, avoit une très-grande attention
furl les Juges, afin de les obliger à terminer les procès
& fans
laiffer les parties Eoegemre fcc
en frais.
Ila demeuré trop peu de tems aux Ifles.
Il fut relevé
pour occuper une Intendance en France, ce qui marque que la Cour
étoit aufli contente de lui, que les Ifles
ont été fachées de le perdre,
Moufieur Panié d'Orgeville, Maitre
de Requères lui a' fuccédé, & exerçoit
cet emploi encore en 1736. C'eff un
homme rempli de lumieres, de capacité,
& d'une grande intégrité. Il eft
%
doux ;
gracieux -
2 poli, il vit très-noblement ,
il travaille beaucoup.il eft exaét à faire
exécuter fes ordonnances, & n'en rend
point qu'après les avoir bien pefces &
examinées. Il.eft aimé & refpedté de
tous les habitans, qui fouhaitent
fonadminiftration. dure bien des. années. que --- Page 315 ---
Frangoifts de T'Ambrique. 303
Gouverneurs de la Martinique.
étoit GouMonfieur de SainreMarthe
de la Martinique en 1674.
verneur
fousla conduite de
quand lesHollandois vinrent attaquer le
FAmiral Ruyter Il auroit >
acquis beaucoup.
Fort Royal.
occafion, s'il n'elt
de glowe dans cette
confeil qu'on lui
fuivi un mauvais
mais d'un
EaE car il étoit très-brave, il étoit bien
elprit fort borné, en Sainte quoi Marthe fon'
different du Pere de Général des Peres
frere, qui cft mort
de l'Oratoire.
de Guitaut qui
Monfieur le Chevalier
Gouverneur de la partie Françoife
étoit
vint occuper fa
de Saint Chriftophe, étoit doux, popuplace. Ce Chevalier fçavoit fon mètier,
laire. Iléroit brave,
Le befoin
&le faifoit à merveille.
,
Pon eut de lui à Saint Chriftophe
bien plus confiderable
étoit en cet tems-là obligea la Cour de
la Martinique,
* faire repalfer.
étoit GouMonfieur de Gabaret qui
verneur de la Grenade, 2 vint gouverner dont nous
C'eftle même
la Marrinique. ci-devant. Ainfi je n'en diavons parlé
rai pas davantage.
. Iléroit brave,
Le befoin
&le faifoit à merveille.
,
Pon eut de lui à Saint Chriftophe
bien plus confiderable
étoit en cet tems-là obligea la Cour de
la Martinique,
* faire repalfer.
étoit GouMonfieur de Gabaret qui
verneur de la Grenade, 2 vint gouverner dont nous
C'eftle même
la Marrinique. ci-devant. Ainfi je n'en diavons parlé
rai pas davantage. --- Page 316 ---
$04 - Nowveaux Foyages Aux Ifes
Après lui Monfieur le Marquis de
Bethune fur pourvi du Gouvernement
de la Martiniquc. Nous n'en difons rien
parce que des emplois plus importans
Pempècherent de venir prendre poffeffion defon Gouvernement.
Monfieur lc Marquis de
fut nommé en fa place. C'eft Champigny lui qui cft
àprefent Gouverneur Général des lfles.
Monfieur de Braché lui a fuccédé. Il
eft plein de mérite & de valeur. Ileft
très-poli, & il a l'approbation de tout
le monde.
Gouverneurs de la Guadeloupe.
Le premier Gouverneur ayant commiflion du Roi depuis l'extinétion de la
Compagnic de 1664. a été Monfieur du
Lion. ils'eft acquité de cette commif
fion d'une maniere qui luia mérité l'approbation deia Cour , & le refpeét des
peuples.
Son Succeffeur a été Monfieur Hincelin. Ilétoit proche parenrdeMonfieur
Houel, ci-devant Seigneur &
taire de la moitié de cette Ifle. proprié- Ilétoit
fort poli, avec unetable magnifique, il
étoit populaire fans fe trop abaifler. Il
étoit rich:, & fc faifoit plaifir d'obliger --- Page 317 ---
Prangoifes de TAmerique 305
tout le monde. C'étoit un très-brave
homme. fa mort Monfieur) le Chevalier /
Après fut nommé en fa placc. Il létoit
Auger
Marie- galante (
depuis
Gouverneur : de
la
l'année 1686. Sa commiflion d'Aoûit pour 1695:
Guadeloupé cft du mois
mérite accompli
C'étoit un. hommed'un valeur. Il étoit lent
& d'une très fes grande
, & très-peu
dans toutes On entreprifes difoit de luiqu'il étoit
entreprenant.
Il
plus propre à obéir qu'à commander. de Saint Dopaffa au' Gouvernement
mingue en. 1703.
ci- devant
Monficur de Boisferme, Gonverneur
Liéutenant de Galiotte, &
de Maric - galante, fat nommé C'étoit pour un
commanderala Guadeloupe. valeur, fort enhomme d'une grande
ferne dans fes réfolutions,
treprenant, mais
aimoit un peu trop fes plaifirs,
On
que c'eft ce qui l'a empèché Guadede la
redear
d'avoir le Gouvernement
loupe. Monfieur de la Malmaifon qui en
étoit Lieutenant de Roi depuis longtems, fut nommé Gouverneur en 1704Ilétoit brave, 8c avoit acquis le Fort beaucoup dela
d'honneur , en deffendant les
Baffe-terre en 1691. contre Anglois.
reprenant, mais
aimoit un peu trop fes plaifirs,
On
que c'eft ce qui l'a empèché Guadede la
redear
d'avoir le Gouvernement
loupe. Monfieur de la Malmaifon qui en
étoit Lieutenant de Roi depuis longtems, fut nommé Gouverneur en 1704Ilétoit brave, 8c avoit acquis le Fort beaucoup dela
d'honneur , en deffendant les
Baffe-terre en 1691. contre Anglois. --- Page 318 ---
3b6 Nowveaux
aux
Il étoitpopulaire,
du bien IRes à
tout
TRAEC
le monde, Il.fe faifoit honneur de fonbien, il eft mort regretté de tout le
monde.
Après fa mort Monfieur de
cour fut nommé en fa place, &c Moyentems après il fut appellé à d'autres quelque emplois.
C'eft en cette année 1735. que Monfieur dul Pôyet toccupe ce Gouvernement,
C'eft un homme defervice,
tif, vigilant. Ileft du goit brave, de la Cour ac-
& des peuples, c'eft faire fon éloge CR
peu de mots.
Gonverneurs de Saint Cbrifopbe
depnis la rélinion de cette Ife
an domaine du Roi.
Le premier a été le Commandeur de
Saint Laurent. Il étoit de Ces hommes
excellens, qui ne meurent jamais dans
la mémoire des hommes. Ila conduit le
peuple nombreux de cette Ifle 2 avec
une prudence, , une fageffe & une bonté
quil'en faifoientr regardercommel
Il étoit très-brave, &
lepere.
>
fort appliqué à
remplir fes devoirs, & à les faire remplir aux autres. Les Anglois quiconnoif
foicnt fes rares talens, le refpectoient &
lecraignoient, --- Page 319 ---
Françoifes de PAmeriqué. 307 de
* Après fa mort le Commandeur de la MarGuitaut quiétoit Gouverneur
de
tinique, paffa aul Gouvernement
Saint Chriftophe. Nous en avons Géné- parlé
ci-devant. Il'eft mort Lieutenait des Ifles.
Général
ral au Gouvernement de Gennes fut
Monfieur le Comte
Nous
nommé Gouverneur en fa place.
au long quand nous
en parlerons la plus prife de cette Ie par les
rapporterons
leur a été cédée
A Anglois en 1701. Elle de Rifvick.
par! le Traité de paix
Gouverneurs de la Grenade.
Gouverneur de cettc Ilc
Le premier
domaine du Roi, 2 a
fa rétinion au
Il étoit frere
2 Monfieur de Gabaret.
de Monfieur de Gabaret, Lieutenant lui il
Général des armées du Roi. Pout
&
avoit été Capitaine de Cavaleric, marine. Il
n'avoit point fervi dans la
seft fait regretter des habitans de cette
Ifle, & eft mort comme nous l'avons
dit ci-devant, Gouverneur de la Martinique, & Lieutenant Général au Gouvernement Général des Ifles. fuccéda à M.
Monfieur de Gemefac
de Gabaret. Il fuivit en tout l'exemple
de fon prédéceffeur, & par conféquent
Roi. Pout
&
avoit été Capitaine de Cavaleric, marine. Il
n'avoit point fervi dans la
seft fait regretter des habitans de cette
Ifle, & eft mort comme nous l'avons
dit ci-devant, Gouverneur de la Martinique, & Lieutenant Général au Gouvernement Général des Ifles. fuccéda à M.
Monfieur de Gemefac
de Gabaret. Il fuivit en tout l'exemple
de fon prédéceffeur, & par conféquent --- Page 320 ---
308 Nowveaux
Aux
la Cour & les Yoyages
TRles
peuples eurent lien d'êtte
contens.
Monfieur de Bouloc fut enfuite Gouverneer de cette Ifle. C'étoit un homme
d'un très-grand efprit, & d'un rare mérite. Ilaveit une trèsgrande
& la pouffoit
vivaciré,
mais il étoit quelquefois un peu loin;
cieux, & naturellement bon & offi-
>
très-capable de commander.
Il fur nommé Gouverneur de lIlei
che & de Saint Louis,
vablir une Compagnie. Un lorfqu'on homme y de étaqualiré avoit peine à s'accommoder des fa
manieres du Diteéteur de cette Compagnie, qui ne perdoit aucune occafion
delui faire de la peine,
Monfieur de Maupeon a fuccédé a
Monfieur de Bouloé, & M. le Comte
d'Arquien à Monfieur de
On dir que ces deux' derniers Maupcou. n'ont été
ni aimés ni regrettés deleurs peuples.
Monfieur le Chevalier de
étoit Gouverneur de cette Feuquieres
il fut élevé à la charge de Gouverneur Ifle, quand
Général dcs Ifles. J'en ai parlé ci-devant,
Ileftau-deffus de tout éloge.
Après lui Monfieur Duhoux a été
pourvi de ce Gouvernement. Il méritoit
quelque chofe de plus confidérable
habitans l'ont beaucoup
3 les
avec raifon.
regretté, & --- Page 321 ---
Françoifes de PAmerique. 309
Monfieur du Poyet a fuccédé à Monfieur Duhoux.
Monfieur de LarC'eft préfentemenr d'efprit & d'un trèsnage, mérike, homme il eft capable de ce Gougrand
& de- tous les autres emvernement, , Roi lui voudra donner.
plois quele
Gowvernenrs de Mariegalanie
Gouverneur de cette Ille
Le premier
au domaine du Roi,
depuis fa. réinion de Maintenon d'Ana été M.le Marquis
trouver qui
genes. On n'en pouvoit & TE mérite. Mais
eut plus dc naillance
il donna
ce polte ne lui convenant pas,
fa démifion. fon beau frere fut nomEt M. Auger Jai déja parlé de M,
mé en fa place. endroit.
Auger dans un autre Capitaine de Galiotte
M. de Lauriere
lui fuccéda. 11 mourut prefqu'ault-roe Gonvernement.
quilfure en poffefion du qui étoit fon LieuM. de Bois-fermé lui fuccéda. Leshabitans
tenant de Roi
prén'étoient pas contens traitoit : parcequils avec trop de
teridoient qu'il les difficile de plaire à tout
rigueur. Il eft
le monde,
Begue Licutenant
Après fa mortM.
itaine de Galiotte
M. de Lauriere
lui fuccéda. 11 mourut prefqu'ault-roe Gonvernement.
quilfure en poffefion du qui étoit fon LieuM. de Bois-fermé lui fuccéda. Leshabitans
tenant de Roi
prén'étoient pas contens traitoit : parcequils avec trop de
teridoient qu'il les difficile de plaire à tout
rigueur. Il eft
le monde,
Begue Licutenant
Après fa mortM. --- Page 322 ---
3Io Nowvsanx Vayages Aux
de Roi à ia Mattinique fur eiide à ce
Gonvernement. Son àge avancé, fes infirmirés & autres raifons, l'ont empe.
ché d'en prendre polleflion.
C'elt préfentement M. de Poincy qui
eft Gouverneur. Il eft perit neveu de M.
lc Bailly de Roincy. C'eft un hommed d'cf
prit, brave, libéral, attaché à fes devoirs, & qui fe comporte comme il
convient à un homme de fa naiffance.
On doit dirc qu'il fait honneur à fon
emploi.
Lieutenans de Roi 6 Majors.
Le premier Lieutenant de Roi de la
Martinique a été Monfieur de Gemelac.
Ceux qui ont eû enfuite cette charge
font Mellieurs de Mareuil, le Begue,
du Parqucr s du Chatel, de Valmeniere,
Durieux, de Larnage, > du Poyet, de
la Rocheguion.
Il y en a quatre à prefent,
font
Meflieurs de Chateaugnay, du
Landon & Poinfable.
ater
Le premier Major de la Martinique a
été M. Begue. Enfuite Mellieurs deJorna, du Parquer, Coullet, Savigny, la
Guariguc -, > du Rieux, du Poyet, Poincy, Boisfermé, du Clieux & Landon. --- Page 323 ---
Françoifes de PAmérigne. 31I
C'eft à préfent Monfieur de Caray.
Lieutenant de.Roi de la
Le premier a été M. de la Maimaifon,
Guadeloupe enfuite Mellieurs Coullet, Savigny, de
Valmenierc, de la Rocheguion. Ceft
préfentement M. Dumont Saint Remy. de la
Le premier Licutenant de Roi
Grenade, a été M. de Gilbert, après
lui M. de la Motte.
Ileft
C'eft à
M. de Pradine.
-
ancien préfent Lieutenant de Roi des )
le plus
Ifles.
Major en pied de la GuaLe premier été M. Bachelier, C'eft à
deloupe, a
préfent M. de Ligny. de la Grenade, &
Le premier Major
eft
qui l'eft encore à prefent à Ingenieur,.
M. Binoit.
Lieutenant de Roi de
Matic-galante, Le premicr a été M. de Boisfermé,
&c. enfuite. Meflieurs de Larnage : &c
Poincy: Le premier Major de Marie-galinte,
a été M. Poulain, & enfuite Meflieurs
de Poincy & Sainfon. C'eft deux préfente- derment M. dela Chaffagne. Ces Licuteniers quoique regardés comme furl l'Etat
nants de Roi, ne font employés
Major que comme Majors feulement s
& Commandans en l'ablence du Gouverneur.
Boisfermé,
&c. enfuite. Meflieurs de Larnage : &c
Poincy: Le premier Major de Marie-galinte,
a été M. Poulain, & enfuite Meflieurs
de Poincy & Sainfon. C'eft deux préfente- derment M. dela Chaffagne. Ces Licuteniers quoique regardés comme furl l'Etat
nants de Roi, ne font employés
Major que comme Majors feulement s
& Commandans en l'ablence du Gouverneur. --- Page 324 ---
$12 Nouveanx Troyuges AMX Ifes
Les Ayde-Majors font M. de Vaumorant au Fort Royal. Monficur
i
Saint Pierre.
deLigny
M. Mefallié à la Trinité.
M. de la Poterie à la Grenade. Ils font
tous Ayde - Majors des troupes du Roi
& des Milices.
Le premier Capitaine de Port a été
M. Joyeux. Enfuite M. Durand, C'eft
à préfent M. de Malvaut.
Le premier Commiffaire d'artilierie
ayant appointemens du Roi, a été M,
de Malerbe, qui l'eft aétucllement. Il
ya un Lieutenant; mais qui n'a ni commiflion ni appointemens du Roi.
Le premier Ingenieur a été M. Payen,
enfuite M. de Cailus, M. de la
Voulay >
M. Binoit, à préfent M. Houel.
M. Jolivet a été le premier Commif
faire ordonnateur. Enfuite M. de Milon, homme de merite & d'expérience,
quiaéré élevé al'Intendance de Toulon.
Énfiite M. Melnier, qui eft mort Commiffaire ordonnateur," & Chefdu Confeil Supérieur de la' Guadeloupe. C'eft
à préfent Monfieur Marin qui eft Commillaire, Controlleur & ordonnateur
dela Marine à la Martinique, & M. de
la Chapelle àla Guadeloupe.
Les Tréforiers, Meflieurs de Marfeille - > Marin, Jaunas, Maréchal, à préfent M. Ferrand,
Le --- Page 325 ---
Françoifes de PAmerique. 313 le
Le premier Medecin entretenu par MarRoidl la Martinique, étoit M-delal d'efprit, trèstiniere. Il étoit homme charitable,
habile dans fa profellion, fans laiffer de
bien-faifant. Il eft mort de fon défintébien, preuve certaine
rellement. M.lc Dran la remplacé, Ila trouvéle
en trois ans qu'il a demeuré aux
moyen
8cs'eft retiré avec
Illes, de s'enrichit,
beaucoup de bien.
llétoit
M. de Bordegaray lui a fuccédé.
homme d'efprit & habile, &c cependant à
ileft mort fans bien,
quiléroit,
dit, trop ami Faerce fes plaifits.
ce qu'ond
eft venu enfuite, & eft
M. Duquarel
mort en peu de tems. M. du Moulin.
Ceft préfenrement l'ont
encore fait con
Ses ceuvres ne
pas
V
noître. voit
ce détail que la mort ne
On
par les Medecins que les
relpecte pas plus
autres.
Voyer gagé duRoi
Lc premier grand
Son pere l'étoit
a été M. du Joncheray. ni commiflion
avanrluis mais fans gages,
du Roi.
par le Roi
Le premicr.
lui gagé cétoit Mon.
a été M. Roffin.
ATORSE
ficur Petit qui n'avoit que fes vacations,
Tome V.
O
noître. voit
ce détail que la mort ne
On
par les Medecins que les
relpecte pas plus
autres.
Voyer gagé duRoi
Lc premier grand
Son pere l'étoit
a été M. du Joncheray. ni commiflion
avanrluis mais fans gages,
du Roi.
par le Roi
Le premicr.
lui gagé cétoit Mon.
a été M. Roffin.
ATORSE
ficur Petit qui n'avoit que fes vacations,
Tome V.
O --- Page 326 ---
314 Nowveaux Foyager aux Ifles
Lifede Nofeigneurs du Confeil Supérienr
de la Martinique.
M. le Marquis de Champigny, Gotverneur & Lieutenant Général des Ifles
Françoifes du vent.
M. Panié, Chevalier Seigneur d'Or-
'geville, Confeiller du Roi en fes Confeils, Maitre des Requêtes ordinaire de
fon Hôtel, Intendant des Iflcs & Préfident du Confeil.
M. de Brache Gouverneur de la Marrinique.
M. du Clieux Lieutenant de Roi au
Fort Royal..
M. de Chateauguay Lieutenant de
Roi, & Commandant du Fort Saint
Pierre.
M. Landon, Lieutenant de Roi &
Commandant au Fort Saint Louis de la
Trinité,
Monfieur de Poinfable, Lieutenant
de Roi & Commandant au Cul-de-fac
Marin,
M. Marin, Commiffaire ordonnateur
& Contrôleur de la Marine, Subdélegué
deM. l'Intendant,
Meflieurs Poquet Doyen du Confeil,
HoudinPere > honoraire & fubdélegué --- Page 327 ---
Frangoifes de TAmerigue. 315 &.
De Girardin pere
de M. l'Intendant. honoraires. Rahaut de
fils, Confeillers Lefcaris de Jaunas. Lhomme
Choify ,
Poiflon, Subdéde Montigny Errard, PIntendant, Febvrier,
legué de M. Gremonville Subdélegué de
Duval de
Allier, Plejot du JonM. l'Intendant.
Houdin du Boucheray , grand & Voyer. Sancire > tous Confeilchet, affefleurs. Menaut M. Periville du May,
lers
Général. Le Sauvage & LeProcureur
de Surrille,
quoi, fubftiruts, 2 Clerac Rampont Commis GrefGreffier en chef.
ficr.
Oficiers de la Twrifaditlion Royale du.
Fort Saint Pierre.
Meffieurs Romain Juge Royal Civil de &
Criminel, & Lieutenant Général
T'Amirauté. Lequoi Procureur du Roi.
Bertrand, Lefcurier, , Mary & Trouvé,
Subftituts, Jacquin 5 Greffier dela Jurif- Grefdiétion & Amirauté. Un Commis
fier, & nombre de Procureurs.
Oficiers de laJurifdiclion Royale de
laVille du Fort Royal,
Meflieurs Moreau, ConfeillerduRoi
Oij
Fort Saint Pierre.
Meffieurs Romain Juge Royal Civil de &
Criminel, & Lieutenant Général
T'Amirauté. Lequoi Procureur du Roi.
Bertrand, Lefcurier, , Mary & Trouvé,
Subftituts, Jacquin 5 Greffier dela Jurif- Grefdiétion & Amirauté. Un Commis
fier, & nombre de Procureurs.
Oficiers de laJurifdiclion Royale de
laVille du Fort Royal,
Meflieurs Moreau, ConfeillerduRoi
Oij --- Page 328 ---
316 Nouveans Voyages anx IRes
Lieurenant civil 2 criminel, de police,
commerce & navigation. Emanuel Procureur du Roi. Le Febvre Subftitut du
Procureur du Roi. Dorien Greffier, Un
Commis Greffier, & des Procureurs.
Officiers de LAmirantt.
M. de Rafle - 2 > Confeiller du Roi,
Lieutenant Général de l'Amirauté, Un
Procureur du Roi. Un Greffier,
Oficiers de la JurifdiÉtion de la Trinité
Mefleur:Rampont, Lieutenant civil,
criminel, de police, commerce & navigation. Danglebefne Subftitur du Procureur du Roi. Pomirot Greffier.
Le premier
de la Martinique gagépar rle Roi T2t a
M. Turpin, Enfuite
Méflicurs Fremeau, Houdin, le Moine,
à préfent M. Romain à Saint Pierre,
Le premier Juge du Fort Royala été
M. Vinence, enfuite M. Dorien, à préfentc'eft M. Moreau.
Le premier Juge de la Trinité a été
M. Lequoy. Enfuite.Mellicurs Horry &
Vandelie. C'eft à prefent M. Rampont.
Compagnies détacbées de la Marine.
My a dans les Ines du Vent,c'ef-i- --- Page 329 ---
:
1 Frangeifes dé T Amérigat. 317
dire, la Martinique ,la Guadeloupe & la
Grenade, dix Compagnies Franclies 5
la Marine 2 dont les
du détachementde font Meffieurs de Bailleul,
Capitaines
Chevalier de
de Tonty, Nadeau, 3 le
Longueville,le Chevalier de Lonvillierss
Poincy, de Bonrons, Piché & Fontenay,
& deux vacantes.
. Les Lieutenans font Meffieurs de Prededenfonce, Poulain, de Charbonniere, de Crapado, Begue, de Cafenaves
de la Touche, de Meil & la Chauffée ,
& une vacante. font Meffieurs Befnard,
Les Enfeignes Comte de Chaferon, Defdu Chatel,le
dela Poterie; Giraud,
ptés, le Chevalier
la Martiniere, le Chevalier Begue >
Dorfol & Durand.
Compagnies de Milices.
Ilyaà à la Martinique cinquante huit Com- font
pagnies de Milices., defquelles de Gendarmes à
de Cavalerie, & une
d'Infanterie
cheval. Les Compagnies
M. de
étoient enrégimentées avant des que Ifles. Les
Champigny fût Général
de
Colonels étoient Meffieurs de Jorna,
de Survillice, la Guarigue,
la Touche, 3
& Collard.
O 11)
agnies de Milices.
Ilyaà à la Martinique cinquante huit Com- font
pagnies de Milices., defquelles de Gendarmes à
de Cavalerie, & une
d'Infanterie
cheval. Les Compagnies
M. de
étoient enrégimentées avant des que Ifles. Les
Champigny fût Général
de
Colonels étoient Meffieurs de Jorna,
de Survillice, la Guarigue,
la Touche, 3
& Collard.
O 11) --- Page 330 ---
318 Nowveanx Voyages anx
Les Lieutenans Colonels
Mef:
fieurs
vadiers
fel. Dupré, > Lequoy, > Dubuc & RoufLe Roi a fixpprimé les Regimens. II
n'y a plus quc des Capitaines avec commiflion de Sa Majefté, au lieu
cela ils n'avoient. leurs commifions qu'avant
que du Général. 6
Les Capitaines font Meflieurs de Meillancour > Dupré, Pelletier, Desfourneaux, Collard, Pellerier des Ravinieres,
delaTouche, Renaudin, Cornet, Lair,
I'Homme d'Aubigny, Cornet, de la
Grange, Courpon, de la Vernade, la
Guarigue, la Tournerie, Banchereati,
Belaifre, Cornier, Croquer, Hache >
Chapelle, Saiate Croix, 2 Giraut Dorfon, Delprez Gemeville, la Touche
Longré, Giraur Crefol, Dubuc du Ferret, la Guarigue Survilliée, Dubuc Létang, Deffeaux Bondy, Defcafteaux
Bon-tems, Carreau le Valfor, des Fontaincs, des Rivieres, Pocquer de Janville,
Lamur, Birot, 2 Courtois , Defnaux, Perien, Chartier, Bolair, Laurent, Pichery, Dorien 3 des Sources,
Febvrier dela Motte, la Vigne, Arbouf
fel, Renoud, Edmont Catier, Pinot &
la Calandre. Cc dernier n'a qu'une Compagnie de Mulâtres & de Négtes libres. --- Page 331 ---
Françoifes de PAmerique. 319
1y a dans toutes ces Compagnics,
& fccond
Capitaine en fccond, premier
Licutenant, premier & fecond Enfeigne,
& mème des Officiers réformés ; mais
ils netiennent leurs commiflions que des
Généraux. Ce feroit ici le lieu de donner une -
lifte exaôte de toute la Noblelle établie
dans les Ifles. Elley eft en grand nombre,
très-diftinguée par fon ancienneté , T
fes fervices,
fa bravoure. > parfa fes
délité , par idne exaétitude à remplir
devoirs ; mais comme le nombre eft
grand, & que malgré mon cxactitude, (
& la fidélité des mémoires quel'on m'a
envoyés, jen poarrois laiffer échaper
quelqu'un, je crois qu'il eft plus à propos de n'en pas donner une lifte atl public, non plus que d'un très-grand nombre de Familles confidérables, qui rempliffent le pays 2 avec tout l'honneur , la
probité , la valeur, & les autres vertus
chrétiennes &c-civiles. Jc metais, crainte
d'oublier quelqu'un, & par conféquent
bien loin de m'en fçavoir mauvais gré,
on doit me tenir compte de mon attention fcrupuleufe.
en cott-
- J'ai parlé ci-devant prefque Vincent. C'eft
rant, de l'Ifle de Saint
laiffé aux
une des deux Ifles quel'on a
O iv
tout l'honneur , la
probité , la valeur, & les autres vertus
chrétiennes &c-civiles. Jc metais, crainte
d'oublier quelqu'un, & par conféquent
bien loin de m'en fçavoir mauvais gré,
on doit me tenir compte de mon attention fcrupuleufe.
en cott-
- J'ai parlé ci-devant prefque Vincent. C'eft
rant, de l'Ifle de Saint
laiffé aux
une des deux Ifles quel'on a
O iv --- Page 332 ---
320 Nonveanx Yoyagés AHx. IRes
Caraibes.; ; l'autre eft la Dominique. Les
Caraibes de Saint Vincent ont eu affez
d'imprudence pour recevoir les Négres
fugitifs de la Barbade, qui eft la plus
riche de toutes les Ifles Angloifes. Ils'en
ont encore reçà de la Grenade, & même
de quelques autres Ifles Françoifes, ils
auroicnt bien micux fait leurs affaires,8c
fe feroient acquités des devoirs' de bons
voifins, s'ils avoient ramenés ces efclaves fugitifs à leurs maitres, foit François,
foit Anglois s qui leur auroient donnés
des récompenfes proporrionnées à leurs
peines. Ils ont crû fans raifon, qu'en
mulipliant le: nombre de leurs conci-,
toyens, ils fe mettroient en état de ne
pas craindre que les Européens vinffent
troubler leur tranquillité; ils fe font
trompés, & ils n'ont pas été long tems
fanss'en appercévoit. En effet, dès
ces premiers efclaves fugitifs, qui dEc
mcuroient d'abord avec eux dans leurs
carbets, fe font vû en affez grand nombre, ils ont voulu avoir une partic de
l'Ifle à eux, & ont choifi la Cabefterre
comme un endroit où ils feroient moins
expofés aux entreprifes queleurs maîtres,
pourroient faire pour lesreprendre,cela
leur a réiifli. Nous avons vit qu'il en a
coûté la vie au fieur Poulain, & à beau- --- Page 333 ---
Frangoifes de LAmérigue. 321 du
d'autres François qui éroient
coup détachement
l'on avoit fait pour! les
quel
accttaller enlever. Cette irruption qurils fomentée,
ferent les Caraibes d'avoir déclarerla
leur a fervi de prétexte
&c
les
à leurs anciens
pour
Ebers
guerre tellement à bout, qu'ils les ont
pouller
tous à aller chercher la
obligés prefque
dans la Terre-ferme.
vic & la tranquilité
Il ne refte à Saint Vincent qu'une infirmes, petite
poignée de Caraibes vieux,
& prcfque mourans de faim, pendant
les Négresmarons, à qui on a donné
or improprement le nom de Cardibes
noirs, font les maîtres abfolus de toute
lile, y vivent à leur maniere, fans reconnoitre d'autres Chefs que ceux qui
&
autant de tems
leur plaifent ,
pour
qu'ils le jugenta à propos.
Aurelte cette ife eft une desmeilleude toutes les Antifles. La terre y eft
res
graffe & franche.
bonne , profonde, d'endroits oû le terrain
On trouve peu
lui
ne réponde
à tout ce eft qu'on
d'uW'Ille
PonEr
demander.
Tente
infinité de rivieres, de ruiffeaux 2 de
ne
de lal plus belle & de la meilfontaines, du monde. Les arbres y font :
leure eau
droits, & on y en trouve
grands, gros,
T'Amérique.
dc toutes les cfpeces > que
O V
che.
bonne , profonde, d'endroits oû le terrain
On trouve peu
lui
ne réponde
à tout ce eft qu'on
d'uW'Ille
PonEr
demander.
Tente
infinité de rivieres, de ruiffeaux 2 de
ne
de lal plus belle & de la meilfontaines, du monde. Les arbres y font :
leure eau
droits, & on y en trouve
grands, gros,
T'Amérique.
dc toutes les cfpeces > que
O V --- Page 334 ---
322 Nomveanx) Froyager aux Mes
le tabac
Eoeate tous les
quelon y culive, feà celui de Verine. connoillents, lleft nele cede pas
les autres
au-deffus de tous
habitée, tabacs, & Gi cette Ifle étoit
s on trouveroir le. fond d'un
commerce immenfe dans cette feule
marchandife, il faudroir être bien
reffeux poury y fouffrir la moindre
Le manioc
aretes
qui eft le pain
univerfel de toute l'Amerique, prefque
gros, 8c pouffe des racines f; y croît fi
fi grofles, & en fi grande puiffantes,
fi dans les meilleures
quantité, que
Ifles, on laiffe trois
terres des autres
picds de diftance
tre chaque foffe; ilfaut en laiffer en-
& même plus dans celle-ci. Les cinq,
les ignames, les
patates, >
citrouilles, 3 les
mons, les melons de toutes
girauviennent monftrucux & d'un elpeces, y
mirable. Le mahis' oul bled de goût adporte des épis de plus d'un pied Turquie, de longueur.
Siquelques Pampeinsiscomm.doient
avec ce quirefte de vieux Caraibes, de
quelques portions de terre, & qu'ils ne
sappliquallent qu'à élever
des cochons & des
desvolailles,
cabrittes, ils feroient
en peu de tems leur fortune
fans fortir de chez eux,
s parceque
la
> les barques de
Martinique ne manqueroient
pas
is' oul bled de goût adporte des épis de plus d'un pied Turquie, de longueur.
Siquelques Pampeinsiscomm.doient
avec ce quirefte de vieux Caraibes, de
quelques portions de terre, & qu'ils ne
sappliquallent qu'à élever
des cochons & des
desvolailles,
cabrittes, ils feroient
en peu de tems leur fortune
fans fortir de chez eux,
s parceque
la
> les barques de
Martinique ne manqueroient
pas --- Page 335 ---
Françoifes de "Ambrigue. & Cactal
d'aller chercher leurs dentées, ou en maren porter le prix en, argent par ce moyen
chandifes, , on s'ouvriroit les
qui haavec
Negres
un commerce
qui étant laborieux
bitent la Cabelterre, sombre, trouveroient
& en affezgrand dans ce négoce.
leur compte iun homme fage & bon citoyen &
Je fçai
mémoire la-deffus,
qui a donné un
avance à toutes les
qui a répondu par lui
.
difficultés qu'on
pourroir de fhreté propofer. que
La plus forte eft le pen à demeurer
l'on s'imagine qu'il yatroir - ayânt exavec ces Négres marons , qui les avoient
terminé ou chaffé ceux qui pas micux
reçus, n'en uferoient viendroient peutetre occuper leurs
avec ceux qui convient que cela pourroit
poftes. On
vouloit s'érablir contre.
arriver , fi on mais il eft d'autant plus
leur volonté 5
que
aifé de les y faire condefcendre, à fe mettre fous
fon fçair qu'ils cherchent & même de lui
la provechion du Roi,
-
tribur.
&
payer Les François
sy établiroient,
F
fous la prorechion
les
raier
réciproque Négres, les uns des autres, & pourvi fût un
François
le Commandant & bon Chrétien,
Romme fage jalte
de tems 2
qu'en
on peut tépondre
--- Page 336 ---
324 Nowveaux Yroyages anx Ifles
on feroit dans cêtte Iflc un érabliffement
qui feroit d'un grand fecours à toutes les
autres , & dans la faite à tout
la quantité de tabac excellent l'Etat, par les
Fermiers en pourroient tirer.
que
Ilyaprès de quarante ans que les bois
de
charpente font très : rares, & trèschers à la Martinique. Ceux quien-ont
quelques pieds dansleurs terres, lesconfervent avec foin; & ceux qui n'en ont
point &c qui en ont befoin, les achetent
bien cher. J'ai voulu donner il y a
ans cent écus d'un bois
épincux, qui ne
pouvoit porter qu'environ dix-huir pouces, étant équarri, par malheur pour le
vendeur le ceeur fe trouva gâté, & le
marché fut nul. Ces fortes de bois font
auffi rares qu'ils étoient autrefois communs. On en a befoin pour faire des
grandes roués de moulin à cau, des balanciers, des rouès de rencontre, des
jantes pour les roucs de charetre, & bien
d'autres ouvrages. La néceffité a obligé
d'en prendre d'aitres ; mais ils durenc
peu, & c'eft tous les jours à recommencer, & tout cela à grands frais.
On pourroit tirer de l'Ifle Saint Vincent une quantité prodigicu'e de bois
de charpente de tottes. les
Des ouvriers qui voudroient clpeces, sy at-
u, des balanciers, des rouès de rencontre, des
jantes pour les roucs de charetre, & bien
d'autres ouvrages. La néceffité a obligé
d'en prendre d'aitres ; mais ils durenc
peu, & c'eft tous les jours à recommencer, & tout cela à grands frais.
On pourroit tirer de l'Ifle Saint Vincent une quantité prodigicu'e de bois
de charpente de tottes. les
Des ouvriers qui voudroient clpeces, sy at- --- Page 337 ---
Frangoifes de PAmerique: 325
feroient bien leurs affaires.
tacher, y
vient à merveille. Cc que
dit
la bonté de la terrc, & de (a
jai
FEENY
fuffit
en être alluré.
profondeur
réferveroit dans cetAinfi quand on
Eer
te Hle à faire des bois de charpente > du
tabac, de l'indigo, du roucou, du ris s
du mahis, des volailles, à élever des
cochons, des cabrittes s on trouveroit
très-lucradequoi faire un commerce
tif.
de doute
cette terre
Iln'y a point
Te cultuire des
vietge ne far très-propre
fournit
cacaotiers,& n'en donnât dequoi
les autres Iles qui en confomment beaucoup, fans les obliger à porter leur argentoulcurst mumhandicautipagnol
dela côte de Carac.
eft
Le Commerce avec les Etrangers Génécc qui donne le plusd'embaras aux
raux & aux Intendans. Ilfautl'empècher Cour. On me
fion veut être bien en cela fera toupermettra de dire ici que.
des
jours difficile, pendant qu'il y aura eft
Ies neutres ou inhabitées, comme
cclle de Sainte Aloufie.
Les Marchands étrangers sy. rendent,
les barques Françoiles ss'y tronvent; on
commerce les uns avec les autres, &au
retour o1l trouve alfez de moyens pour --- Page 338 ---
326 Nowveaux Yoyages Anx Ifles
mettre à terre ce qu'on a trafiqué contre
les deffenfes. Cela ceffera dès
aura plus de lieu
faire qu'il n'y
merce.
pour
ce comIl ne faut que mettre une Colonie
dans. Sainte
eft de l'utilité Aloufic,Onp peur affurer qu'il
néceffité
publique, > & même d'une
abfolue dypenfernbs-@tieufement. La
la Grenade, Martinique, 5 la Guadeloupe e,
Marie-Galanre
d'habitans, Les familles font PISE nombreufes, fans.
qu'on ne fçait que faire des enQuand ils font arrivés à un certain
il faut leur trouver des terrains où
puiffent faire des
1ra
vailler
habitations, > & trapour leur compre; &c il n'y en a
plus dans toutes ces Ifles. Nos anciens
Grecs & Romains en ufoient ainfi. C'eft
de cette maniere que le monde s'eft découvert &s'eft peuplé. Leur exemple eft
trop beau pour ne le pas fuivre, & la
néceflité y contraint. Sans cela tous ces'
jeuncs Créolles, fc retireront chez les
Efpagnols, ou chcz les Portugais, qui
ayant dans la Terre-ferme des pais immenfesinhabités, ferontravis deles donmer à des François, dont la valeur & l'induftrie leur fera d'un
-
très-grand fecours.
Qui empèchera encore de' mettre des
François dans la Dominique. Les Carai-
beau pour ne le pas fuivre, & la
néceflité y contraint. Sans cela tous ces'
jeuncs Créolles, fc retireront chez les
Efpagnols, ou chcz les Portugais, qui
ayant dans la Terre-ferme des pais immenfesinhabités, ferontravis deles donmer à des François, dont la valeur & l'induftrie leur fera d'un
-
très-grand fecours.
Qui empèchera encore de' mettre des
François dans la Dominique. Les Carai- --- Page 339 ---
Frangoifes de PAmbripne. 327
quelques morceaux
bes qui en occupent nombre, qu'ils n'auront
font en fi petit
François
à confentir quelcs)
aucune peinc demeurer. avec eux. Ils feront
y aillent
Yaffurer, de trouver
ravis, & on peut
l'eftelle qu'ils peuvent
une proteétion
outie lavantage
perer des François retireront >
du
particulier qu'ils
faire L
commerce qu'ils pourront
ble.
les Colonies Françoifes .
Par ce moyen d'Ifles, la plapart à
feront une chaines
fe
vue les unes des autres, qui & pourront fe fecourir
communiquer fans celle, de
mutuellement dans les tems guerre, la Fran-
& augmenter! le commerce avec
ce & les revenus du Roi. voifins n'avoient
Si les Anglois Provinces nos
du côté du
pas de grandes
tousles jours
Nord, ou ils angmentent
qu'ils
leurs Colonies, 71 y a d'abandonnet long-tems les
auroient été forcès
d'AnIfles de la Barbade €, de Nicves, & autres > à
tigue , de Saint Chriftophe
de
caufe de la trop grande quantité
trouvoit; ils
les
COECrE
ple quis'y
&c c'eft ce qui-1
ce débouchement,
foucient. qu'on me pourra dire que nous
Je fçai
à quoi je dois réavons lc Miflilipi; --- Page 340 ---
328 Nowveaux Yoyages aux Ifes
pondre que CCS climats Septentrionaux
ne font point du goût de nos Créolles
Amériquains. Ils font nés dans un climat
doux & chaud, leur commerce eft aifé.
lls ne font point fait à des voyages de
traites, où il faut faire des centaines de
lieties, pour aller traiter une chetive
peau d'Ofignac ou de Loutre, coucher
fur la neige, & efluyer mille fatigues &
mille dangers, pour un profit toujours
incertain, 3 & toujours penible; ; Ce n'eft
nila valeur. qui leur manque, ni l'induftrie, ni la force, ils ont de tout celaàrevendre; mais ils n'y font pas faits, &
n'ont aucune inclination às'y faire.
D'ailleurs quelle fortune 2-t'on vû
faire dans ces pais 2 On y vit, &ne viton pas par tout. Mais s'y enrichit-on,
point du tout. Qu'on life toutes les hic
toires, & qu'on voye s'il eft forti quelque nation, ou quelque Conquerant des
pais Meridionaux, pour aller occuper
les terres Septentrionales, on n'en trotvera point 3 mais on verra bien des
ples Septentrionaux, ,* & bien des Hhane
ces du Nord, qui font venus s'emparer
des pais Méridionaux, parce qu'ils les
ont trouvés infiniment doux & meilleurs
que les leurs, qu'ils ont abandonnés fans
peine aux Ours blancs, & anx Barbares
qui y font nés.
quelque nation, ou quelque Conquerant des
pais Meridionaux, pour aller occuper
les terres Septentrionales, on n'en trotvera point 3 mais on verra bien des
ples Septentrionaux, ,* & bien des Hhane
ces du Nord, qui font venus s'emparer
des pais Méridionaux, parce qu'ils les
ont trouvés infiniment doux & meilleurs
que les leurs, qu'ils ont abandonnés fans
peine aux Ours blancs, & anx Barbares
qui y font nés. --- Page 341 ---
Françoifes de TAmbrigue. braves 319
Qu'on permette donc à nos
Créolles de s'établir dans les Illes qui
font dans leur voifinage - 2 & Pon verra
années qu'i's feront en
dans quelques des effains affez forts pour
état de jetter
immenfes,
aller s'emparer de ces terres
habitées
qui font dansla Terre-ferme, Mulâtres Efpafeulement par quelques leurs conquètes &
(
gnols, & pouller
la riviere des
leurs étabilemensjufqoa elt Fancienne borne des
Amazones, du qui Roi, qui iles doit feparer
domaines
des terres des Portugais.
au Roi.
L'Ile de Tabago inhabitée, appartient depuis qu'on
Elle eft encore Hollandois. Ony
en a chalfé les très bonne Colonie peu
une
Arpes
roit mettre Monfieur Dubuc a envoyé fut
de frais.
ménoires àla Cour, qui
cela d'excellens
elle jugera à proen fera ufage quand
pos. --- Page 342 ---
330 Nowveanx Froyages Aux Hfes
Espédition de Morfienr dTberville dans
la Baye de Hudfon e la terre du
e dans les années 1694. 6 1695. Nord,
Onficur d'Yberville commandoit
M
deux vaifleaux du Roi; le
Poli & la Salamandre, fur lefquels il y
avoit environ quatre cens hommes d'équipage. Il partic de Q:ebec, Capitale
du Canada,au commencement du mois
d'Aoûr 1694. Il paffa lc 21. du même
mois entre Terreneuve & le continent
de la. Terre de Labrador, à 52.
de Latitude Nord, & à deux cens dégrés vingt
lienés de Quebec.
Le 31. les vaiffeaux ferroniverent près
d'une côte bordée de rochers, couverte
de neiges, & le foir ils reconnurent le
Détroit de Hudfon, appellé autrement
le Canal du Nord, par lequel il faut
paffer pour entrer dans la Baye de Hudfon, qai eft un des plus grands Golphes
que l'on connoiffe. Ce
eft trèsdifficile, à caufc de la ETA de glaces
qu'on Y rencontre. Elles viennent des
pais froids voifins du Pôle Arétique, &
fe déchargent dans l'Océan par ce Canal,
couverte
de neiges, & le foir ils reconnurent le
Détroit de Hudfon, appellé autrement
le Canal du Nord, par lequel il faut
paffer pour entrer dans la Baye de Hudfon, qai eft un des plus grands Golphes
que l'on connoiffe. Ce
eft trèsdifficile, à caufc de la ETA de glaces
qu'on Y rencontre. Elles viennent des
pais froids voifins du Pôle Arétique, &
fe déchargent dans l'Océan par ce Canal, --- Page 343 ---
Francoifts de PAmtrigue. 337
s'étendent de PEf Sud-Eft.
Les terres Oueft Nord-Ef. O.N.E.
E.S.E. 8 & du côté de rE(t, ,on trouve
Alentrée
les Ifles apprès la côte Méridionale, environ à 60. dégrés
pellées Boutoms > d'autres vers la côte de
de Laritude, &
de Latitade, que
TOueft, au 63. dégeés
On en
l'on a appellées les Ifles Digues. dans tout
trouve encore plufieurs autres de cent trentece Détroit, qui eft tlong de
ou huit, à
cinq licuès, & large fept réferré,
l'endroit où il cftle plus de Labrador,
Ily'a du côté des terres
une
Bayes, & fur tont
près
de grandes
l'on croit eure
des Mles de Bouroms s que
fond de la
an Canal pour aller juiqu'au
Baye de Hudfon, mais perfoane jurqu'à
préfent n'ya pénétré
ce chemin. palléhenMonfieur
ayant
PFASAE
renfement le Détroit en quatre jours,
entra dans la Baye le cinq Septembre. mais les
Lc 12. on vit la terre du Nord d'aburder 5
vents contraires empècherent les deux vaifjufqu'au 24. au foir, que Ance, où fe
feaux artiverent dans une
déchargent deux rivieres, la plasgrande
eft nommée Bourbon par les François, Elle eft
& Porneton par les Anglois. dedans du
&c vicnt de fort loin en
&
larges Elle a des courans très violens,
pais. --- Page 344 ---
332 : Nouveanz Proyages Aux Hfles
n'et pas propre à caufe de cela
les
canots des Sauvages. C'eft auffi pour ce
cbligé les Anglois de bâtir leur Fort quia fur
l'autre riviere qu'on appelle Sainte Therefe, que l'on peut
ment en canot, quoique naviguer l'entréc plus foit très- aifédifficile s & même dingereafe
les
bâtimens qui tirent beaucoup d'ean. pour
Ces deux rivieres ne font féparées
que par une langue de terre balle. Elles
s'embouchent dans la mer, 57. dégrés
quelques minutes de Latitude Nord.On
prétend même que leurs fources font dans 2 une
de
contréc, & peu diftantes l'une
l'autre. Elles continuent de couler
prefque
d'une paralellement, > n'étantéloignées
les que
ou de deux licuès au plus. Elfont remplies de bafles&. de battures.
Celle de Bourbon en a moins. C'eft ce
engagea Monfieur d'Yberville d'y
ancrer
2ate
il
fon vaiffeau le Poli, dont
donna le commandement au fieur de
Serigny, Il monta la Salamandre qui tiroit moins d'eau, & il entra dans la riviere de Sainte Therefe.
Les Anglois le voyant à portéc, ne
manquerent pas de lui envoyer pluficurs
volées de canon fans lui faire aucun
mal; mais il faillit'à être brifé par les
glacesq quidefcendoient avecimpétuofité
berville d'y
ancrer
2ate
il
fon vaiffeau le Poli, dont
donna le commandement au fieur de
Serigny, Il monta la Salamandre qui tiroit moins d'eau, & il entra dans la riviere de Sainte Therefe.
Les Anglois le voyant à portéc, ne
manquerent pas de lui envoyer pluficurs
volées de canon fans lui faire aucun
mal; mais il faillit'à être brifé par les
glacesq quidefcendoient avecimpétuofité --- Page 345 ---
Frangoifes de PAmerigue. 333 bas
dans la mer, & il échoua fur un
fond, où ilf fut prèt de perit, & ledan- /
Ton fur contraint
fat fi gtand, que
farle bord
S jetter une partic du canon
dc la riviere.
Monfieur d'YberLe 24. Septembre
de fes gens
ville fit defcendre une partie les
allerent harceler Anglois.
à terre, qui
aifément qu'ils éroient
On s'apperçir ancun,'eux n'ofa fortir du
épouventés faire le coup de fiGl, ils fe
Fort pour de faire ailez grand feu de
contenterent leur canon & de leur moulqueterie, deffeins
commesils n'avoient eu d'autres
deconfommerleurs munitions avant
que de rendre leur Fort aux François.
de
En effet d'une infinité de coups
& de fafil qu'ils rirerent, ils ne
canon ni blefferent perfonne €, qu'un
tuerent Gentilhomme de dix-neuf ans >
jeune
frere de Mon
nommé Chateauguay, '
été faire le
fieur d'Yberville > qui ayant
un
de fulil avec lès autres, reçàt
coup de fufil dans le corps, dont il moucoup rut deux jours après.
on fit un
On continua la defcente,
les
large chemin dans le bois, ony paffa les
canons 8c les morriers, & quand Oéobre
batteries furent cn état, le 12.
AnM.d'Yberville envoya fommer les
glois de fe rendre. --- Page 346 ---
334 Nowveaux Fayages aux IRes
Il fembloit qu'ils n'attendoient
cette formalité: Ils envoyerent aufli-tôt que
des Députés, de forte que.le 14. au matin les articles qu'ils avoient
leur furent accordés. Rien n'étoir propofés
modefte. Ils ne demanderent ni leur plus
villon ni leurs armes. Ils
pade leurs hardes. Monfieur fecontenterent d'Yberville
leur donna généreufement à chacun un
fufil & des munitions pour. la chaffe,afin
s'en qu'ils allanr. puffent trouver dequoi vivre en
Monfieur d'Yberville entra dans le
Fort far lcs quatre heures du foir. Ille
trouva affez bon pour le pais, quoique
petit, mais aflez propre pour faire une
plus longue réfiftance. La garnifon qui
étoit de cinquante-quatre
fortit avec le Gouverneur. hommes, C'étoir en
bon gros homme, qui n'aimoir que un la
tranquillité & le commerce. Il le
à merveille, il connoiffoir les pelleteries Içavoie
& leur prix, En un mor 2 il étoit un
Marchand excellent, & un très-pauvre
Gouverneur.
On trouva les Magazins prefque entierement vuides; la traite - avoit manqué, & la chaffe n'avoit pas étébonne.
Cette conquète éroit peu importante,
On. n'y avoit pas acquis beaucoup dc
n'aimoir que un la
tranquillité & le commerce. Il le
à merveille, il connoiffoir les pelleteries Içavoie
& leur prix, En un mor 2 il étoit un
Marchand excellent, & un très-pauvre
Gouverneur.
On trouva les Magazins prefque entierement vuides; la traite - avoit manqué, & la chaffe n'avoit pas étébonne.
Cette conquète éroit peu importante,
On. n'y avoit pas acquis beaucoup dc --- Page 347 ---
Françoifes de LAmérigue. 335
gloire, & elle ne fuffifoit pas pour payer M.
Yarmement. Il fallut pourtant que
decette année,
a
d'Yberville paffirlhyver
leprintems dela fuivante 2 &c une partie
de l'été dans cC mauvais endroit, carles
avoient environné fes vaiffeanx,
Roas n'étoit plus tems de remettre à lat mer
s'en retourner au Canada > ou en
pour France. On s'accommoda le mieux qu'il
cette rude faifon.
fut pollible pour paffer & couvert de neiges s
Tout étoit glacé
de haureur
quiavoient jufqu'à dix pieds
dans quelques endroits.
infiniLes marelots d'Europe eurent
du
ment à (ouffrir, ils furent attaqués
fcorbut, & d'autres maladies qui en enleverent un bon nombre.
leur
Il eft vraique les vivres ne
manIls avoient des perdrix à
querent point:
à toutes
difcrétion, Ils en mangeoient venoient
fortes de fauces. Les caribous
miliers autour du Fort, Ce font des
par elpeces de dains, mais qui ontles cornes bien pluslongues que ceuxd'Europe, &
Leur chair elt bonne & graffe,
On ne
iEms
conféquent tendre.
jette
font
&
équiE
peaux, elles
bonnes,
s'en firent de bonnes robes.
PE froid exceflif n'empèchoit
les
de courir les bois. Is -
font Canadiens --- Page 348 ---
336 Nowveaux Voyager aux Mes
accoûtumés. Ces courfes leur étoient
utiles pour conferver leurfanté
découvrir le pais > & les Sauvages
font aux environs, avec
e
lefquels il étoit
important d'avoir des alliances, & les
avoir poura amis, /
Ily a des caftors en Ce
& l'on
prétend que c'eft le plus e: le plus
garni de poil & le meilleur qu'il y ait au
monde. Én effet la nature pourvoit ces
animaux de fourures, d'autant plus garniesquele befoin eft plus grand dans ce
pais, où le froid eft extrème & trèslong,
Monfieur d'Yberville fit augmenter
fon Fort, quand la faifon le lui permits
& en l'attendant, > il fit faire un grand
nombre de paliffades, & les fit voiturer
auprèsdu. Fort, Ce travail éroitnécellaire
pour mettre fes gens en mouvement, &
les empècher d'être attaqués du fcorbut.
Ceux qui aimoient la chafle, trouvoient dequoi s'exercer > & contribuoient à la bonne chere que l'on faifoir. Ils avuient bonne provifion de
bifcuit & de farine, du vin & del'eaude-vie enu abondance, & del'eau der neige tant qu'on vouloit, car iln'y en avoit
point d'autre, & la mer étant glacée,o On
peur croirequeles rivicreslétoient aufli.
Avant
du fcorbut.
Ceux qui aimoient la chafle, trouvoient dequoi s'exercer > & contribuoient à la bonne chere que l'on faifoir. Ils avuient bonne provifion de
bifcuit & de farine, du vin & del'eaude-vie enu abondance, & del'eau der neige tant qu'on vouloit, car iln'y en avoit
point d'autre, & la mer étant glacée,o On
peur croirequeles rivicreslétoient aufli.
Avant --- Page 349 ---
Frangoifes de PAmerigue. 337 fut
la furface de la mer
Avant de que
on avoit du poiffon
couverte
vouloit, il n'y a point
qu'on
fes
Ser oûla mer foit plus poillonneate, foit
& a le poiffon de toutes efpeces
meilleur & plus gras 5 s'il ne s'agilfoit bien mal
de vivre, il faudroit être
que
mourir de faim.
adroit pour font y très-courts, maisexcepté
Lesjours il tombe de la neige, ils font
quand
sclairs de lune fort
clairs &: ferains, 3 &les le froid eft
agréables; mais fait comme LINETONE les
ble. Il faut y ètre
qui habitent ce pais, pour y pouvoir
ges
vivre:
de gros bois autour du Fort,
Ilya
des brouffailles, $
ce ne Tatrp prefque
beaux arbres,
on trouve
Taret
plusloin
en comparaifon de
mais qui ne fontrien dans les pais chauds.
ceux qu'on trouve très froidnel laiffe
Cepais quoique Les François Y REC
d'ètre allez peuplé. huit nations differencouvrirent fept nombreufes ou
fontles Affetes. Les plus
ou Chriftinois. Les
nipoils & les Kriqs la langue des Scious,
parlent
premiers fait croire qu'ils ne faifoient
c'eft ce qui
pemple qui étoit fort con-
'autrefois qu'un la, difcorde s'eft mife parmi
fidérable, ils fe font féparés & font dévenus
eux,
P
Tome V. --- Page 350 ---
338 Nouseaux-Fayeger aux IRes
ennemis irréconciliables. Ceux qui fe
font alliés aux Chriftinois ont confervé
leur ancienne langue, > & beaucoup de
leurs coûtumes. Leur alliance avec les
Chriftinois n'a pas fouffert d'interruption jufqu'à prefent , quoiqu'ils foient
d'un génie tout oppofé.
Les Affenipoils iont desg gens grands,
bien faits, robuftes, endurcis au froid.
Ils font tous guerriers & très braves. Le
peu de féjour qu'ils font dans un même
endroit les peut faire regarder comme
un peuple errant. Ils font habiles à la
chafle & à la pèche, ils ne vivent d'autre chofe, & comme cela ne leur manque jamais, ils ont toujours des vivres
en abondance.
Ils s'affemblent tous les Etés fur les
lacs pour recueillir la folle avoine, qui
y vient en quantité & fans culture, ilsla
battent fur les lieux, la confervent dans
dcs peaux, & s'en fervent pour faireleur
fagamité, 2 qui eft une efpece de bouillie
épaille & très-nourriflante. Ils fe féparentà quélque diftanceles uns des autres
quand lcs neiges commencent à couvrir
la terre > & font des cabanes oi ils raffemblent.leurs provifions, & font leurs
challes d'hyver.
:
Les Chriftinois font biea moins fc-
ent fur les lieux, la confervent dans
dcs peaux, & s'en fervent pour faireleur
fagamité, 2 qui eft une efpece de bouillie
épaille & très-nourriflante. Ils fe féparentà quélque diftanceles uns des autres
quand lcs neiges commencent à couvrir
la terre > & font des cabanes oi ils raffemblent.leurs provifions, & font leurs
challes d'hyver.
:
Les Chriftinois font biea moins fc- --- Page 351 ---
Françoifes de PAmerigne. 339
dentaires, ou pour parler
jufte ils
ne le font
du tout ,
penfent
Ee
prefque jamais point au lendemain, quand ils
ont fairune chaffe abondante ou une pèche, ils réfident dans le même endroit,
jufqu'à ce que tout foit confommé;
alois la fain les fait peafer à chercher
des vivrés: s'ils n'en trouvent point s
comme cela arrive aflez fouvent, ce font
des jeûneurs inimitables: Ils paferont
trois & quatre jours fans manger > &
fans
cette dure abitinence icsempeche 1 chanter & de danfer. Onr ils recouvré des provifions > ils mangent tant
qu'elles durent, & ne fongent point3 à en
chercher de nouvelles, que quand celleslà fontt tour-à-fait confommées. Ils font
accoûtumés à cette vie. flsfapportent le
froid & la faim d'une façon immitable,
mais d'ailleurs ils font lâches, timides,
point du tout entreprenans, fainéans,
& tout-à-fait vicieux.
Ces deux peupies unis n'ont aucune
elpece de religion, G on en, excepte un
culte grollier & fans régle qu'ils rendent
au foleil. On prétend encore qu'ils fe
mèlent dc forcelierie, 3 quel'on connoît
fous le nom dejongletic, doni la principale cérémonie confifte à préfenicr au
foleil quand il fe leve, le calumet, qui
P 1j --- Page 352 ---
340 Nowveanx Foyager aux IRles
eft une grande pipe ornée de plumes de
differens oifeaux, & de l'inviter à y fumer. Comme le foleil a autre chofe à
il n'eft poinc encore arrivé qu'il
fral leur
fait Phonneur de famer dans leur
calumet. Il y fument pour lui ,& yoilà
les cérémonies de leur cukte accomplies.
Mais le foleil n'eft pas le feulà qui il préfentent le calumet. Ils font la même
offrande aux rochers 2 aux grands arbres,
quela fuperfition leur a appris de révérer. Les vaifleanx des Européens en ont
leur part. Nos François étoient étonnés
dans le commencement de leur demeure dans CC pais, de 2 les voir en groffe
compagnic sapprocher re(peétuculement de leurs bâtimens, aprèsles avoir
harangué longuement, leur préfentcr
ie calumet à diverfes reprifcs, & les inviter ày fumer, comme ie marque de
la protcétion qu'ils cn attendoient, Au
deffaur des vaifleaux qui ne vouloient
pas fumer, ils fumoient pour eux > &
jettoient de leur côté la fumée, bien
contens lors que le ventn'empèchoit pas
la fumée d'aller droit à çux.
Voilà leur culte. En peut-on trouver
in plus chimerique & plus fauvage. Ils
en font pourtant fi entètés, > quil n'ya
pas moyen de leur en faire voir le ridicuic,
étion qu'ils cn attendoient, Au
deffaur des vaifleaux qui ne vouloient
pas fumer, ils fumoient pour eux > &
jettoient de leur côté la fumée, bien
contens lors que le ventn'empèchoit pas
la fumée d'aller droit à çux.
Voilà leur culte. En peut-on trouver
in plus chimerique & plus fauvage. Ils
en font pourtant fi entètés, > quil n'ya
pas moyen de leur en faire voir le ridicuic, --- Page 353 ---
Fyançoifes de P Amériqne. 341
Le Pere Marais Jefuite quiavoit bieri dans
voulu fuivre Monficur d'Yberville voulut bien décette expédition, &c qui
Monfieur
meurer dâns le Fort quand
d'Ybervilles'en retourna en France pour
avoir foin de lagarnifon, & pour raifon trou-- a
ver l'occafion de faire entendre
a
a
fes peines. Ily
ees Sauvages, Y perdu fur
ils n'entenfur tout un article
lequel fur la pludentpoint du tout raifon,c'eft
en
ralité des femmes. Tous ces réduire peuplcs à une
ont plafieurs,8 les vonloir
feule, c'eft à quoi il ne faut
penfer,
leur dit Pa2 Dieu,
Ils écoutent ce qu'on
Fapprouvent 3
il femble mème qu'ils
croit avoir
mais quand le Miffionnaire farleur cfprit, ils
quelque froidement chole cela eft beatt, mais
Efais difent
l'as-tu vû, oût
montres-: nons ton Dieu, eft-il fait, &c
eft fa cabane : comment &ils reftent dans
voilà le fermon perda, infarmonrabledu Chrif
an éloignenent
les
ce qui
tianifme. Rien ne
frappe que
tombe fous les fens. Nord du Fort BourA cent lieties ati
qui font enbon, ayadanncanation demeurent aux ennemies de celles Elles qui n'ont aucun comvirons du Fort.
mais elles reçoivent
merce entr'elles,
vont en traite,
bien les François qui y P iij --- Page 354 ---
342 Nowveanx Foyages anx Ifes
Ony va parce qu'elles ont de fortbelles
peleterics, & qu'elles les donnent en
troc pour des marchandifes de peu de
vaieur. Ces nations Septentrionales ont
des villages confidérables
lenombre
des cabanes. Comme ils idatd fedentaires
a quelque lieu d'efperer que lesJeaccoûtumés à
Ea
vaincre ces fortes de
difficultés, les pourront après bien destravaux faire des hommes, dont ils feront des chrétiens avecle tems.
Les noms de ces differentés nations
font findiferensanp public,
> queje crois
pouvoir me difpenfer de les rapporter
ici, fans qu'on m'accufe de négligence,
Les équipages des deux vaifeaux
François paflerent dans leurs bords &
dans le Fort, les mois de Novembre,
Deeembre, Janvier, Février, Mars,
Avril, & une partie du mois de
avec les incommodités quel'on May, s'imaginer d'un froid extrême, qui reter
permettoit prefque pas de s'expofer à
Tair, far tout quand il neigeoit; car
quand le tems étoir ferain, ils travailloient pour fe
dégourdir, C
& pour
parer ce qui étoit néceffaire
prémenter le Fort, & le mettre en pour état aug- de
faire une bonne deffenfe, s'il prenoit
envie aux Anglois de le venir attaquer.
quel'on May, s'imaginer d'un froid extrême, qui reter
permettoit prefque pas de s'expofer à
Tair, far tout quand il neigeoit; car
quand le tems étoir ferain, ils travailloient pour fe
dégourdir, C
& pour
parer ce qui étoit néceffaire
prémenter le Fort, & le mettre en pour état aug- de
faire une bonne deffenfe, s'il prenoit
envie aux Anglois de le venir attaquer. --- Page 355 ---
Françoifes de PAmtrique. 343
Les Sauvages étant avertis parles coureurs de bois, que les François étoient d'y
maitres du Fort, ne manquerent pas avec
venir. On Tes reçàt, on fit alliance
eux, on les fit boire, on traita avec eux,
leur
des accommodemens
on,
propofa étoient nos voifins, afin
avec ceux qui venir traiter ravec nous fans
qu'il pulfent
peine.
de s'ouvrir vers le
1 La mer commença Les Neiges fonmilieu du mois de May. rivieres fe
dirent doucement : les
degla- dégelerent, & lon vit des montagnes mei. Ce fut
ces courir rapidement à la
un tems de travail pour les équipages. les empèfallut faire deseftacades pour on en vint
cher de brifer les vaiffeaux, fit toutes
heureufement à bour,&.on feulenécellaires, non
les difpofitions remettre en mer quand le
ment feroit pour convenable; mais encore
tems attendre les vaiffeaux Anglois, ,s'ils
ET préfentoient ,. les combattre & s'en
rendre maitres. Pair fut comme obfcurci
Cependant
d'oyes fauvapar le nombre prodigieux differentes
de canards de
elpeces,
ges,
de rivieres,
d'ourardes & d'aurresoifeaux caribous les
qui vinrent du Nord. Les
accompagnerent. On prit & on tua une
P iv --- Page 356 ---
344 Nouveaax Yroyages aux Iles
infinité de cCs animaux. On en mangea
beaucoup, on en fala beaucoup davantage, le Fort & les vailfeaux firent de
grandes provifions de cuiffés d'oyes. Il
y en cut plus qu'il n'en falloir pour les
conduire en France, &c les équipages fe
remirent des fatigues & des peines d'un
long hyver.
Monfieur d'Yberville ayant attendu
en vain les Anglois, qui ont accoûtumé
de venir trafiquer tous les Etés fur ces:
côtes, fc difpoia de ictourner cn France.
Il munit le For: de tout ce qui étoit néceffaire pour laffer les Angiois, s'ils le
venoient attaquer. Il lailfa un Gouverneur fage & brave, avec nne garnifon
de quatre - vingt hommes, &kle Pere
Marais Jeftite pour Aumônier, & il
partit pour France far la fin-du mois
d'Aoûr 1695.
5 de
trafiquer tous les Etés fur ces:
côtes, fc difpoia de ictourner cn France.
Il munit le For: de tout ce qui étoit néceffaire pour laffer les Angiois, s'ils le
venoient attaquer. Il lailfa un Gouverneur fage & brave, avec nne garnifon
de quatre - vingt hommes, &kle Pere
Marais Jeftite pour Aumônier, & il
partit pour France far la fin-du mois
d'Aoûr 1695.
5 de --- Page 357 ---
Frangoifes de P Amerique. 345
DYS
PROJET
D'ane Colonie at Détroit de Magellan - s
cfir les côtes inbabitées du Chily.
E Comte de Gennes Capitaine des
L vaiffeaux du Roi, & enfuite Gouverneur de la partie Françoife de life
de Saint Chriftophe, qui avoit fai: un
voyage à la mer du Sad, en palfant
le Détreit de Magellan, crut
TAPTEEE
du fervice du Roi & du bien delEnt, dani ce
d'érablir une Colonie Frangoife
du
Détroit, & dans les terresinhabiréer
voifines de ce Détroit. Ilcom-"
Chily, > fes idéesà quelques riches parmuniqua entrerent dans ces viès, les
ticuliers qui
& frent les fonds nispprouverent. >
cellaires pour cet établiffement. au Con-"
Leurs projers furent propofés & Sa
feil du Roi. Ils farent apptouvés, déclaraune ample
Majehélearacnds
travailler avec
tion, afin quils puffen:
fireté àce grand ouvrage.
Voici la copic de ceteDéclaration,
P Y --- Page 358 ---
346 Nonveanx Yroyages SAux Ifes
L OUIS par la grace de Dieu Roi de
France & de Navarrc. A tous préfents, &d àvenir. Salut: :
Lorfque nous établimes la Compagnie
dcs Indes Orientales, Far noire Declaration del'année 1664. nouslui défignàmesles pais, dans l'érendue defquels
nous entendions qu'elle pût faire fes
établiffemens & fon commerce, & nous
margaimesentrauttes par l'article
les détroits de Magellan,de Maire, & les
mers du Sud; mais. comme cette Compagnie s'eft trouvée dansla fuite affez
occupée des établiflemens qu'elle avoit
à faire en Orient, & qu'elle y a été inceffàmment troublée par ies nations avec
quinous avons été en
5 depuis CC
tems elle n'a pù donner guerre; fes
ni
faire les dépenfes
foins,
nécellairespour un établifment dans les côtes de la mer du
Sud, c'élt ce qui a excité quelqu'uns de
nos fajets, zélés pour le bien & l'agrandifimenr de nos Etats, & pour
mentation du commerce, de nous Faug- fupplier qu'il nous plût leur accorder une
conccfion dont cette Compagnie n'avoit point fait d'ufage. Ils ont en vûe
d'entretenir fur les côres de la mer du
Sud, un commerce confidérable,aquoi
dans les côtes de la mer du
Sud, c'élt ce qui a excité quelqu'uns de
nos fajets, zélés pour le bien & l'agrandifimenr de nos Etats, & pour
mentation du commerce, de nous Faug- fupplier qu'il nous plût leur accorder une
conccfion dont cette Compagnie n'avoit point fait d'ufage. Ils ont en vûe
d'entretenir fur les côres de la mer du
Sud, un commerce confidérable,aquoi --- Page 359 ---
Frarçoifes de PAmerigue. 347
entendre que la Comils nous ont fait Orientales, feroird'anpagnie des Indes difficulté de confenrit
tant moins de
hors d'étar de
qu'elle étoit préfentement entreprife, parce que
faire une pareille
feroit exle tems de fon établiflement eât
tirer' aucun
piré , avant qu'elle
qui feroient
fruit des grandes
a
SCR
inévitables; 8c comme la paix quil &
pli à Dieu d'accorder à nos vaux, de
a ceux de PEurope > nous permet
une enticre applidonner au commerce fait examiner en
cation: Nous avons
qui nous a
notre Confeill ,la propofition d'autant plus
été faite, elley a érétrouvé fondement
raifonnable, qu'elle a pour
objet
une ancienne déclaration, &c pour avoit
de fon exécution > qui
une abandonnée partic
à la Compagnic des Inété Orientales. Ayant déclaré qu'elle ne
des
entreprendre ce comprétendoit point confenroit que le droit
merce, & qu'elle avoit été accordé par l'article
qui lui en
Déclaration de 1664XXVI. de notre
fut tranfmis à la nouvelle Compagnic vouqui fe préfentoit. Nous avonsbien Déclaralu confirmer par notre préfente ont été
tion, les articles qui nous
pré- afin
fentés par la nouvelle Compagnic droits 5
d'affurer fon état, & de rendreles
P vj --- Page 360 ---
348 Nowveaux Teyages anx Ipes
dont elle doit joiir plus folidaires &
plus inconteftables. A cescaufes, del'avis de notre Confeil, & de notre certaine fcience, pleine puiffance & autorité Royale, nous avons dir, déclaré &6
ordonné, Difons, déclarons & ordonnons, voulons & nous plait CC qui enfuit.
I.
Nous avons par ces préfentes établi
& établiffons une
faire le Commerce feule Compagnie > pour
pendant trente
années, àl'exclufion denos autres fujets,
depuis le Cap de Saint Anroine, furla
côte déferte, fur les côtes des Détroits
de Magellan, le Maire & Browars, &
furleso côtes &c dans les Iflesdela mer du
Sudou Pacifique, non occupée
les
Puiffances de lEurope. Faifons lites
fesà tous nos autres fujets d'y trafiquer,
à
de confifcation de leurs vaiffeaux
&
applicables au profir
EIDEE
de, la Compagnie, Dérogeons à cet effet
arricle XXVI. de notre Déclaration
a 1t mois d Août 1664. donnéeren faveur
de la Compagnie des Indes Orientales,
d lac chirge toutesfois que la Compagnie
àt blie par ces préfentes > ne pourra
éarea aucun commerce aux Indes Orienf.les, à la Chine, au
T
Japon, Manille
ifcation de leurs vaiffeaux
&
applicables au profir
EIDEE
de, la Compagnie, Dérogeons à cet effet
arricle XXVI. de notre Déclaration
a 1t mois d Août 1664. donnéeren faveur
de la Compagnie des Indes Orientales,
d lac chirge toutesfois que la Compagnie
àt blie par ces préfentes > ne pourra
éarea aucun commerce aux Indes Orienf.les, à la Chine, au
T
Japon, Manille --- Page 361 ---
Françoifes de fAmerigues 349
& autres Hles de TOrient s y porter ni auSarandeneringd Foas
ter en France aucunes marchandi(es ci-deflus, quand
crû & fabriquedeslicux
même ladite Compagnie en poarroit
trouver dans les lieux de ladite préfente des
conceflion, à peine de confifcation
& marchandifes s
vaiffeaux > équipages
l'acte
le tout fuivant & conformémentà des
du confentement de la Compagnic dernier,
Indes Orientales du 3. Juiller
attaché far le contrefcel des préfentes.
Pourra toutesfois la Compagnic
France toutes fortes de
at
ter en
des lieux de fa
difes du crû & fabrique
foient de la
concellion, encore qu'elles viendront
mème qualitéque celles qui
des
des pais concédés à la Compagnic de celles
Indes Orientales, à Texception
une
qui ne lui font permifes
jufqu'à & le
certaine quanrité, f ou EAONet l'entrée
débit font deffendus dans notre Royau- de
me. Sera la Compagnie compofée
Diredkeurs, outre le Secreraire
vingt
lc
dela Mad'Etat, ayant département Marchands
rine, & le Prevôt des
qui
en feront Direéteurs nez & perpetuels.
II.
fera fond desd-préfent
La Compagnie --- Page 362 ---
Nonveaux YayAges AHX Ies
dERa la fomme de huit cens mille livres ;
qui feront fournis également par CCS
vingt Diredteurs, c'eft à fçavoir 40000.
livres pour chacun, dont le Caifficr de
la Compagnie leur délivrera festécépiflés
fçavoir un récépiffé de I0000. livres,
& trente récépiffés de 1000 livres chacun.
IIL
Leurs billets ou récépiffés feront cottés & numérotés fuivant l'ordre de leur
expédition, fçavoir ceux de toooo-livres
depuis un jufqu'à vingt, & ceux de 1000
livres, depuis un jufqu'à fix cens, & vifés8 & controllés par cinq Diredteurs, &
feront ces billets de 100O livres aul profit
du porteur.
IV.
Chaque Direéteur pourra difpofer
fi bon lui femble, au profit de telles
perfonnes qu'il avifera, foit de nos fijets ou étrangers, de 30000 livres portés
dans ces trente receptes, & ceux qui en
feront porteurs, 2 feront femblez actionnaires ; n'auront ni entrée, nivoix déliberative dans la Compagnie, mais
participeront aux partics & profirs, fans
toutesfois qu'ils foient obligez de faire
Direéteur pourra difpofer
fi bon lui femble, au profit de telles
perfonnes qu'il avifera, foit de nos fijets ou étrangers, de 30000 livres portés
dans ces trente receptes, & ceux qui en
feront porteurs, 2 feront femblez actionnaires ; n'auront ni entrée, nivoix déliberative dans la Compagnie, mais
participeront aux partics & profirs, fans
toutesfois qu'ils foient obligez de faire --- Page 363 ---
Frangoifes de PAmbrique. 351
de nouveaux fonds, ni tenus des pertes
dans leursrécépiffés : qui leur auportécs
ront été donnez.
V.
Chacun des Direéteurs prendra
de
cens
RuRes
précipur la fomme
cinq mâniere de
fur lc fond des rerours, > par & foins.
grarification, , pour fes peines
VI.
Si aucun des Direéteurs difpofe en
tout, ou en partic des 1OCOO livres,
contenués dans le récépiflé du Caiffier,
iln'aura plusenttée, ni voix délibérative liaux affemblées, & fera privé des 50o
vres
précédentmtme
portées parl'article]
tenu de rapporter ce qu'il en aura reçû
du jour quil aura difpolé de ce fond,
& fera l'impuration faite far les IO0O0
livres portées par fon récépiflé > nonobftant toutes ceflions 8c tranfports.
VII.
Celui qui aura acquis la part d'un Direéteur > ou à qui elle fera autrement
échte, ne pourra être admis en qualité
du confentement de
de Dircéteur > que & fielle refufe de le rela Compagnie,
actionnaire
cevoir > il fera fimple
pour --- Page 364 ---
356 Noneaux
Aux IAes
le fond qu'il aura F29 le prefent commerce, & choifira dans fa place un des'
actionnaires qui fera porteur des dix billets de IOO0 livres chacun, qui féront
convertis en un billet de Direction, de
la fomme de 10000 livres, &c feront les
dix billets de Io0o livres, donnésà cclui qui fera porteur du billet de Direétion
qui fera biffé, & du tout fera fait mention fir les regiftres de recepte; > & conerôle.
VIIL,
S'ileftnéceffaire de faire de nouveaux
fonds la Compagnic pourvoyera par
délibération générale dLt Directeurs, &c
en préfence du Secretaire d'Etat, ayant
le département de la Marine', dans laquelle la fomme fera fixée s & pour en
faire le fond, la Compagnie prendrales
expédiens les plus convenables, & elle
pourra même G elle le jugeà propos faire
expédier de nouveaux billets en récépifté
de la fomme de 100O livres chacun, en
la même que ci-deffus, cottés & numérotés depuiscos.jufqui ceque la. fomme
foit rempliey pour être diftribuée par
les Direéteurs aux particuliers qui voudront prendre intérêt au préfent commerce, en qualité d'actionnaires,
rales
expédiens les plus convenables, & elle
pourra même G elle le jugeà propos faire
expédier de nouveaux billets en récépifté
de la fomme de 100O livres chacun, en
la même que ci-deffus, cottés & numérotés depuiscos.jufqui ceque la. fomme
foit rempliey pour être diftribuée par
les Direéteurs aux particuliers qui voudront prendre intérêt au préfent commerce, en qualité d'actionnaires, --- Page 365 ---
Franguifes dé LAmérique
IX.
auffi fi bon lui femble augElle pourra
des Direôteurs, en
menter le nombre chacun d'eux, la fomme
fourniflant par ainfi 8c en la même made 4000 livres 1 Dircôteurs,
niere quc les vingt
X.
ordres
feront donnés par Ix
Les
à Ret Officiers, Commis 2
Compagnic Commillionaites & autres 5
Facteurs,
cinq Direéteurs att
feront fignez par
en fera tenuë
moins 2 & la Compagnic auront été donnés,
envers ceux oblervé à quiils
les billets 2 proce qui fera obligations par S & autres adtcs
melfes,
commérce.
concernant le préfent
XI
tant aux
L'intérêt qui appartiendra actionnaires dans le
Direéteurs qu'aux fera réputé meuble, 86
commerce,
en difpofer
pourront les propriétaires d'un meuble, 2 enlibrement, comme
devint
core que ci-après la Compagnie meubles.
propriétaire d'aucuns
XII
Les profits & reyenus qui en provien- --- Page 366 ---
358 Notveaux Voyages aux IRes
dront, ne pourront Erre faifis
aucuns créanciers particuliers des par Directeurs, ou actionnaires.
XIII.
Seront tous les fonds du préfent commerce, fujets aux dettcs contraétées
la Compagnie , & comme telles pour- par
ront être faifics entre les mains du Caiffier, 8c par tout ailieurs.
XIV.
Les parts qui appartiendront atix fijets des Princes & Etats érrangers, ne
pourront être faifies ni confilquées 2 >
fous prérexte de guerre en repréfailles 5
nifous quelqu'autre prétexte que ce foit.
X V.
Ne pourront aufiles gages & appointemens des Commis, & Emp'oyés de la
Compagnic, être faifis pour quelque
caufc que ce foit, fi ce n'eft en cas de
malverfation.
-
XVI.
Permettons à la Compagnie de faire
les traites de toutes les marchandifes
qu'elle pourra négocier dansles lieux de
fa concefion, & de les tranfporter cn
les 5
nifous quelqu'autre prétexte que ce foit.
X V.
Ne pourront aufiles gages & appointemens des Commis, & Emp'oyés de la
Compagnic, être faifis pour quelque
caufc que ce foit, fi ce n'eft en cas de
malverfation.
-
XVI.
Permettons à la Compagnie de faire
les traites de toutes les marchandifes
qu'elle pourra négocier dansles lieux de
fa concefion, & de les tranfporter cn --- Page 367 ---
Frangoifes de tAmerigue. feront 359
Franice, même après duRoyaume qu'elies , de les
abordéesaux Ports
bon lui
envoyer en tels autres faire pais le TEsires fans
femblera
en nousavons ordonné
Reee ce que
Orientale.
ErEReL en
de la Compagnie
XVIL
toutesfois les matieres
Ne pourront être portées ailleurs
d'or & d'argent
de confilcation,
qu'en France, à peine
& d'échéange du préfent privilege.
XVIIL.
trairer & faire
Pourra la Compagnie avec les Rois 5
alliance en notre des nom lieux > compris en la
Princes8c Etats,
non occupés par
préfente concellion,
& convenir
les Puiffances de F'Europe, qu'elle
avec eux des conditions érablir, & faire SA
convenables pour s'y
leur déclarer la
commerce. Elle pourra trairer de paix , &
guerre,1 les sattaquer, & ce qu'elle aura contréve avec eux,
le tout
quife fur eux lui appartiendra. nous approuvé.
après qu'il aura été par
XIX.
aufli fc mettrc en polfefElle pourra les
terres &c lieux
fion de tous
pais, --- Page 368 ---
360 Nouveanx Voyages anx Ifes
abandonnez par aucuns
&
propriétaires, & s'y établir Poapate qu'elle
avifera.
XX.
Toutes les tetresplaces.habitations &c
lieux qu'elle aura acquife,luiappartiendront à perperuité cn toute propriété >
juftice & Seigneurie; fans que. nous
puifions les retirer après le tems du
préfent privilége expiré, à moins que
notis n'en rembourfions la valeur, ou
nc le faflions rembourfer par Ccilx qui
entreront en poffeflion des pais concédés, ic tout feulementil la polleflion des
Pais chargés de la foi & hoinmage lige,
que la Compagnie fera tenue de nous
rendre, & ànos Succeffeurs Rois, avec
la redevance $ à chaque mutation, de
Roi, d'un fcepre de dix marcs d'or, fans
antre droit ni devoir..
XXI
Elle joitira auffi des mines & minieres
d'or, d'argent, de cuivre, de plomb,
& de tousles sautres mineraux, fans nous
Payer pour raifon de ces autres droits
que le vingriéme de ce qui CI proviendra, lui failant don du furplus > en tems
que befoin fcra.
redevance $ à chaque mutation, de
Roi, d'un fcepre de dix marcs d'or, fans
antre droit ni devoir..
XXI
Elle joitira auffi des mines & minieres
d'or, d'argent, de cuivre, de plomb,
& de tousles sautres mineraux, fans nous
Payer pour raifon de ces autres droits
que le vingriéme de ce qui CI proviendra, lui failant don du furplus > en tems
que befoin fcra. --- Page 369 ---
Franpoifes de rAmerique. 36:
XXIL
de bâtir rdes
Sera tenué la Compagnie lieux oi elle aura fes
Eglifes dans les auffi d'y entretenirl rle
habitans, commne
nombre #Eclefisttiques foit en
de
nmnet
qualité
y fera nécellaire 2
eftimera conré, ou tels autres qu'cile le Servicedivin, 8c
venables pour faire Sacremens, & pour cet
adlmniniftrer les lesinitruchions néceffaicffet de peudre
les Curés
res, & ferontà fa nomination, aura fondés >
& autres dignirés qu'elle
cnisetiendra.
ou qu'elle
XXIIL.
faire confruire des Forts
Elle pourra
jugera à
>
en tous les lieux qu'elle la deffenfe ArFEE &
Scnécefires pour elle aura fait fes habihabirarions,, on
> &) y mettre des
tations & érablillemens de guerre dans le
garnifons, lever gens envoyer, en prenant
Royaume pour y en la forme ordinaire,
notre permition
que bon lui femtels Officiers
deux
y érablir
commander pendant
plera, pour y
tems, elle fera teans, , Pendant lequel
nos lettres de a
nue de leur faire expédier nominarion, & elle
provilion fur fa"
&en commet
pourra; auili lesdeftituer, --- Page 370 ---
362 Nonrveaux Vayagés Anx Ifes
tre d'autres en leurs places, qui pourront
pareilement commander pendant deux
ans, en attendant l'expédition de nos
provifions.
XXIV.
Elle pourra faire fondre des canons s
ancres > atmes > & au dérours mettre
celles que nous lui accorderons ci-après,
faire dé la. poudre, fondre des boulets,
& forger toutes fortes d'armes dans les 9
lieux de fa conceflion.
X-XV.
Elle établira des Juges, & Officiers
dans les pais qu'elle occupera, & elle
pourra les deftituer quand bon lui femblera. Ils connoîtront de toutes fortes
d'affaires, de Juftice, police, commerce
& navigation, tant civiles que criminelles & encore que nous jugionsà propos
d'y établir dcs Confeils Souverains, > 1 les
Officiers dont ils feront compofés 2 nous
feront par elle nommez & préfentez, &
fur fes nominations, nous leur ferons
expédier des provifions.
XXVI.
Nos Edits & Ordonnances, & les
coûtumes, & ufages de la Prévôté & Vi-
d'affaires, de Juftice, police, commerce
& navigation, tant civiles que criminelles & encore que nous jugionsà propos
d'y établir dcs Confeils Souverains, > 1 les
Officiers dont ils feront compofés 2 nous
feront par elle nommez & préfentez, &
fur fes nominations, nous leur ferons
expédier des provifions.
XXVI.
Nos Edits & Ordonnances, & les
coûtumes, & ufages de la Prévôté & Vi- --- Page 371 ---
Frangoifes detAmbrique, 363
çomté de Paris, feront oblervés
la
dans les
-
ET
loix & coftumes,
pais lui
Compagnic fera fes ésabliffemens, de faire tels
permertons néanmoins bon lui femStatuts & Réglemens que
&
la conduite, police,
blera,, de pont fon commerce, tant en Europe, &
régle dans les pais de fa concellion, vouque tout où beloin fera , que nous
par être exécutés toutesfois après avoir
lons
été par nousapprouvcz.
XXVIL
Sera le fceau de la Compagnie devront ATECE
féauxj jugemens & aétes qui
autrefcellez, Tauf à nous à Y pourvoir érabliflions un
ment, en cas que nousy
Confeil Souverain,
XXVIIL
pourra vendre lesterLa Compagnie
dansles
res dont elle fera en les poffelion inferer à telles
pais concédés S, ou jugeraà propos, droits
conditions qu'elle
moyen-
& devoirs Seigneuriaux. & anfli > haute, les donnera
ne ou bafle juftice, ainfi qu'elle avifera.
çens ou rentes, --- Page 372 ---
364 Nonveaux Voyages aux Tes
XXIX.
Elle pourra auffi armer en guerre autant de vaiffeaux qu'cile eftimera lui
êtrenéceffaires , pour l'augmentation &
fireté de fon commerce, far lefquels
elle pourra mettre tel nombre de canons
que bon lui femblera, arborer le Pavillon blanc far l'arricre au beaupré, &
non fur aucun desautres mats, aufquels
ils ne pourront avoir que des giroiictes;
pourra néarmoins le vaifleau du Commandant porter une flamme blanche au
grand mât.
XXX.
Elle mettra fur fes vaiffeaux tels Capitaines, Oficiers, foldats, matelots >
qu'elle trouvera à propos. S'il arrivoit
qué les Ports fuffent fermez, & qu'il
furdeffendu à tousi
d'armer
-
négotians
des
vaifleaux 2 permettons néanmoins à la
Compagnie d'en armer quatre au moins
rous les ans.
XXXI
Les denrées, marchandifes, munitions de guerre & de bouche, que la
Compagnie fera venir, , tant des pais
étrangers, quc des Provinces de notre
Royaume,
trouvera à propos. S'il arrivoit
qué les Ports fuffent fermez, & qu'il
furdeffendu à tousi
d'armer
-
négotians
des
vaifleaux 2 permettons néanmoins à la
Compagnie d'en armer quatre au moins
rous les ans.
XXXI
Les denrées, marchandifes, munitions de guerre & de bouche, que la
Compagnie fera venir, , tant des pais
étrangers, quc des Provinces de notre
Royaume, --- Page 373 ---
Yrançoifes de PAmerique. 365
la conftruction > ra-
- Royaume, pour
& avitaillement
doub, équipement. feront exempts de tous
de fes vailleaux, s & de forties, àla charge
droits d'entrées prendra nos permitla Compagnie celles qu'elle vouRomag particnlierespour des
étrangers, &
dra faire venir
pais faivancla defqu'elles feront employées
fination.
XXXIL
Seront auffi les denrées & marchan- de boudifes, munitions de guerre & deftinée
che, que la Compagnic fa conccfion, aura exempour leslieux droits de de fortie, mis & à
tes de tous
exempts & privimettre , encore queles
foit qu'clles
fuflent affujettis,
ou
eCI par le Bureau dingrande. la charge
par quelqu'autre Direéteurs que cC foit,a de la Comque trois des
leurs certificats, qu'clpagnic donneront déchargées dans les, pais de fa
concellion, les feront
peine en cas de contraven- droits.
tion, de payer le quadruple & les
XXXIIL.
foitobligée
En cas que la Compagnic
de tirer
le bien de (on commerce, denrées 8
erg pais étrangers quelques Q
Tome V. --- Page 374 ---
366 Nowveasx Voyages Aux Ifles
&
marchandifes, autres que celles ducrà
fabrique du Royaume 2 pour les tranf
porter dans les pais de fa concellion,
elle nous en remettra des états fur lefquels nous lui ferons expédier nos permiflions particulieres, fi nous lejugeons
à
avec franchife de tous droits
d'entrée propos, & de fortic-, à la charge
&
feront
eadtea
les denrées marchandifes dans les magazins de nos
en entrepoft
(oient chardolianes,) jufqu'à ce qu'elles
gées fur les vaiffeaux de la Compagaic,
& que trois Direéteurs donneront deftinécs leurs
certificats comme elles feront
les pais de leur conceflion, à peine
pour casde contravention de payer le quaen druple des droits.
XXXIV,
Ne pourra la Compagnie faire dans audes marchandifes
cun chargement
les porter diles Ports étrangers, de pour fa concellion > à
reétement auslicux
de confifcation, & d'échange dy
peinc
prefent privilege,
XXXV,
La Compagnie jojira de l'exemption
des dreits d'octroy que nous avons açcordé aux Villes de notre Royaume,
leur conceflion, à peine
pour casde contravention de payer le quaen druple des droits.
XXXIV,
Ne pourra la Compagnie faire dans audes marchandifes
cun chargement
les porter diles Ports étrangers, de pour fa concellion > à
reétement auslicux
de confifcation, & d'échange dy
peinc
prefent privilege,
XXXV,
La Compagnie jojira de l'exemption
des dreits d'octroy que nous avons açcordé aux Villes de notre Royaume, --- Page 375 ---
Frangoifes de Amérique. 367 1
toutes les denrées, marchandites dont >
pour munitionsde
& de' bouche,
foit pour la conftiucelléaura
avicTRRTE
&
tion, radoub, > équipement, foit
tuaillement de fes vailleaux,
pour
dans les pais de fa conles tranfporter
les Commis &
celion, àla charge que
donneront
Prépolez de la Compagnie, 2 des Villes,
aux Receveurs & Fermiers
descertificats vifez de deux Direéteurs,
comme les denrées 9 munitions de guer- la
re & de bouche, font deftinées Maires pour &
Compagnie. Deffendons aux
&
Echevins, Confuls s Jurats, , Fermiers Syndics &
habitans des Villes, à leurs droits dc la
Receveurs, d'exiger raifon aucuns dece que defCompagnie, reflitution, Sode tous
à
Et
fus, peine dommages & intérèts.
dépens 2
XXXVI
Les denrées & marchandifes de quiferont la Comapportées pour le lieux compte de fa conceflion
pagnie. & des
ere endansles Porrs du Royaume. pour
ne
fuite portées dans les
d'entrée étrangers, & de
aucuns
etar
payeront donnant aux Fermiersde nos
fortic 5 en certificat figné de trois des
droits S5 un de la deltination des matDitecteurs,
Qij --- Page 376 ---
368 Nowveans Voyages aux foienren- Ifes
chandifes,8c jufqu'ace qu'elles
dans
levées,. elles feront miles en dépôt
des doiianes des Ports oit
les magazins
Commis
elles arriveront, & lorfqueles
de la Compagnie 1 > vouou dront Prépofez lcs faire tranfporter dans les pais
étrangers, foit par mer ou par terre, ils
feront tenus de prendre des acquits à
caution, portant foumifion de rapporter dans un certain tems 2 un certificat
du dernicr Bureau des forties qu'elles
dans 12
ont pallé,8 de leur décharge
pais érrangers.
XXXVIL
Toutes les matieres d'or & d'argent,
sclesperles & pierreries venant des pais
feront fujertes à aude la concellionjne
toutesfois de
cuns droits, à la charge Bureau de la
porter lor & l'argent au
ala
monnoye, où le prix, en fera payé
Compagnic fclon nos tarifs.
XXXVIIL
illui fera payé par forme de gratifi- tréfor
le Garde de notre
cation, par la fomme de vingt livres
Royal,
ou matiere
fer
chaque marc de poudre
du Receveur
le certificat
en rapportant deParis : > figné aulli du
de la monnoye
droits, à la charge Bureau de la
porter lor & l'argent au
ala
monnoye, où le prix, en fera payé
Compagnic fclon nos tarifs.
XXXVIIL
illui fera payé par forme de gratifi- tréfor
le Garde de notre
cation, par la fomme de vingt livres
Royal,
ou matiere
fer
chaque marc de poudre
du Receveur
le certificat
en rapportant deParis : > figné aulli du
de la monnoye --- Page 377 ---
Fvangoifes de PAmbrignt. été mife 369
Général, qu'elle a
Direéteur les mains dudit Direckeur.
entre
XXXIX.
& autres Officiers
Les Gentilhommes, & condition quils
de quelque qualiré prendre intérèt au préfoient , pourront foit de Direéteurs ou
fent commerce., fans pour cela déroger à
actionnaires,
leurs noblefles & privileges.
XL.
de
Si aucuns Direéteurs Commis , Capitaine ou Em-.
vaiffeau, Officiers, occupez aux affaiployés, aétuellement étoient parmi les
res de la Compagnie, Princes & Etats, avec lefquels
fujets des
être en guerre, 2 nous
nous pourrions del les faire retirer ou échanpermettons
ger.
XLI.
le bon fuccès des affaiEt d'autant quel
dépendra partires de la Compagnic, de la bonne conduite &.
culierement des Direéteurs, 9 nous donnevigilance
fe feront bien acquitez
rons à ceux fonétions, qui
des marques d'honde leurs
leur pofterité.
neur qui palleronrjuiqu2 Qiij --- Page 378 ---
870 Nowveaux Poyages ANR Ifes
XLIL.
Ceux de nos fujets qui pafferont dans
les pais concédés à la Compagnie, conferveront tous leurs droits comme s'ils
demeuroient dans notre Royaume s &
ceux quinaîtront d'eux, 8c des gens du
pais avec lefquels ils contraéteront mariage, feront fenfez & reputez regnicoles & naturels
François, pourvi toutes
fois qu'ils faflent profeflion de la Religion Catholige,Apotiolignte & Romaine, & comme tels capables de toutes
fucccflions, dons, legs, &c autres difpofitions, fans être obligés d'obtenir aucunes
lettres de naturaliré,
XLIIL
Ne fera Par nous accordé aucunes lettres d'Etat, ni repis ou arrêts dc furféance aux débiteurs de la Compagnic.
XLIV.
Tous procès & differens qui pourroient naître pour raifon du préfent
commerce entre la Compagnie & les
particuliers quin'y font point interreffés,
fcront jugez & terminez parl les Juges &
Confuls, dont les Sentences s'exécutcront en dernier reffort, jufqu'à la fom-
IL
Ne fera Par nous accordé aucunes lettres d'Etat, ni repis ou arrêts dc furféance aux débiteurs de la Compagnic.
XLIV.
Tous procès & differens qui pourroient naître pour raifon du préfent
commerce entre la Compagnie & les
particuliers quin'y font point interreffés,
fcront jugez & terminez parl les Juges &
Confuls, dont les Sentences s'exécutcront en dernier reffort, jufqu'à la fom- --- Page 379 ---
Prangsifes de Ambrique: 377
me de mille livres, & pour les fommes
audeffus, s'exécuteront par provilfions, doifauflappeldevansl les Juges qui en
vent connoitre; & quant auix matiercs
criminellesdans' lefquellesla
ou aucuns de fes
AORAN
fera partie,
foit demandante
Commis ou Prépofez, >
deffendante, elles feront jugées par
ou
fans que le crimincl
les Jugesordinaites,
puiffe attirerl le civil.
X 1 L V.
ladite ComVoulons qu'au furplus
accordés à
pagnie jottille des privileges
celle des Indes Orientales, en ce quin'y
a point été dérogé ou ordonné au contraire par ces ptéfentes.
XLVI
armoiries
Portera la Compagnie
femé de
un écu en cartouche
Maere
feurs de lis d'or aux vaiffeaux équipé de fd'argent, voguant fur une chevaux mer
manope, pour fupports deux tête contournée,
rins au naturel, ayantla
avec CCS
& pour cimier un foleil devife. d'or, Ditat quas
mots audefTous
entouré d'une guiroras.
ERES
refpicit
de finope reliée
lande de jonc marin,
d'or.
Qiv --- Page 380 ---
372 Nouveaux Voyages AnX IRes
Sidonnons en mandement à nos amez
& feaux Confeillers, les Gens tenans
notre Cour dc Parlement à Paris, que
ces préfentes ils faffent publicr, & regiftrer, entretenir , garder, & obferver
de point en point, felon leur formc &
teneur: , nonobftant tous lefdits ordres,
réglemens & autreslettres: sdcecontraires;
car tel eft notre plaifir. Et afin que ce foit
chofe ferme & ftable à toujours > Nous
y avons fait mettre & appofer notre
Scel. Donné à Verfailles au mois de
Seprembre 1698. & de notre regne le
cinquante-fixiéme. Signé LOUIS. Et -
plus basparleR Roi, Philippcaux à côté,
Vila. Signé Boucherat. Et encorc plus
bas. Vû au Confeil. SicnéP Philippeaux.
-
cecontraires;
car tel eft notre plaifir. Et afin que ce foit
chofe ferme & ftable à toujours > Nous
y avons fait mettre & appofer notre
Scel. Donné à Verfailles au mois de
Seprembre 1698. & de notre regne le
cinquante-fixiéme. Signé LOUIS. Et -
plus basparleR Roi, Philippcaux à côté,
Vila. Signé Boucherat. Et encorc plus
bas. Vû au Confeil. SicnéP Philippeaux.
- --- Page 381 ---
Frangoifes de PAmerigue. 373
M MEMOIRE
DE LA MER
POUR LE VOYAGE
DU Sup.
touchant Tentreprife propelée
Mémoire
Melieurs * * *
par
#
de cette nature ne fe
E voyage recommencer aifément
L pourroit Il faut fe mettre en état
tous les jours. farement tirer parti du prede pouvoir
les choles d'une mamier, & difpofer celui que lon entreprenniere que
vailfeaux, donne
dra par les premiers d'autresparla fuite. 2
licu d'en envoycr
effentielles
Qnatre choles Baroilfent heureufe réuflite
concourir à une le fecret, > la bonEims cette entreprife, des Chefs,les précautions
neineligence
&
les vivres ne manquent pas,
pour bonté que & nombre des équipages.
N
la
fecret > je crois qu'il faut
A Tégardalu déguiferle voyage aux équiabfolument &c n'en faire
qu'aux affurancé Oficiers
pages, de qui on doit lere une à qui que Ce
d'honneur, de n'en parler Qv --- Page 382 ---
374 Nopveaus Voyages Alx Hhes
foit, pas même entr'cux, mais on cOf
viendra que chacun des Capitaines entretiendra fon équipage du projet d'une
Compagnie, à quoi il fuppofera être
deftiné, T'onpourra feindre d'aller dans
le Golfe du Mexique faire fa traite, > ou
vers la côte de Caraque, l'autre vers
le Mexique, 3 l'autre vers Cadix, & enfin
le dernier versla Chine ; & pour rendre
la chofe plus vraifemblable, il feroit
bon de faire fortir tous ces vaiffeaux f6parément, & convenir d'un rendez-vous
à la mer, où ils fe trouveroient tous
quatre; ce pourroir êrreà quatre & cinq
licués Eft & Oueft de lile Dieu, ou
àla vûe de Belle Iflc,à pareil air de vent.
Li les premiers arrivés croiferont en
attendant les autres,
Al'égard de la bonnc intclligence des
Commandans, elle eft fi ellentielle >
que quelque précaution
l'on prenne
d'ailleurs, > &i quelque
l'on
falle
Mareiece
pour la réuflite de cette affaire, que on
ne doir jamais rien en attendre fans la
parfaite union des Chefs, fi cet elprit
de'c concourir tous au bien commun, &c
de n'avoir aucune vûé particuliere dans
ane affaire générale, ne les anime tous
également ; il y a lieu d'efperer que les
mêmes féntimens fe rencontreront dans
l'on prenne
d'ailleurs, > &i quelque
l'on
falle
Mareiece
pour la réuflite de cette affaire, que on
ne doir jamais rien en attendre fans la
parfaite union des Chefs, fi cet elprit
de'c concourir tous au bien commun, &c
de n'avoir aucune vûé particuliere dans
ane affaire générale, ne les anime tous
également ; il y a lieu d'efperer que les
mêmes féntimens fe rencontreront dans --- Page 383 ---
Frangoifes de PAmérique. 375
cesMeflicurs, qui doivent fc faire une
loi d'honneur, de faire réufirune affaire
aufli nouvelle &c d'une aufli grande conféquence.
regarde lesvivres ,je croi
Pour ce qui du
deux ans >
qu'il faut avoir pain pour
autant,
& del'cau-de-vie à peu près pour
au moins dequoi en pouvoir donner pendant ce tems-là un repas par jour dix- aux
équipages Pour les autres vivres,
huit mois fuffiront, , lap pêche & la chafle
fourniffent prefque toujours dans tous
les endroits, où ils'en trouvera à achearrivera pluficurs fois dans
ter, , ce qui
la
de la farine au moins
On
porter
Smoarme
pour les trois quarts de la campagne, du
bifcuit, feulement pour fix mois tout au
plus, ce bifcuit ne fervira que dans lcs
mauvais tems > pendant lefquels on ne
pourra pas faire du pain, ce quin'arri- dans
vera prefque jamais, & pour porter
les chaloupes lorfque lon iraavec queldatuchenemsimcmnolue la côteou
ques le pais; les fours étant continuellement chaéchauftés font entretenus dans leur
leur avec fi peu de bois, "qu'il. n'en
faut prelque pas plus qu'à Pordinaire; des
& fi Ion vouloit à limitation
Anglois, les faire fous les cuifines,
Qvj --- Page 384 ---
376 Nonveans
Aux Ifes
le feu que l'on ORE entretiendroir
toujours les fours dat leur chaleur, de
maniere qu'étant une fois échauffés, on
pourroit faire plus de dix fournées de
tous les jours : avant que le feu fut
le
il
Eains
foirymais ne faut pas manquer
d'emporter de la brique & de la chaux,
pour raccommoder les fours & les cheminées en cas de befoin. J'ai été
mois en mer fans avoir été obligé de vinge toucher au mien, ni au four dans lequel on
fafoit du pain pour deax cens cinquante
hommes, à quinze onze par jour.
L'eau eft une des choles à laquelle il
fautle plus donner d'attention, ainfi on
ne peur prendre
de précaution pour
n'en pas manquer; NROLES des équipages
dépendant cn parric d'enavoir de bonne
& d'en avoir fififamment. Or comme:
c'eft en quelque façon faire de l'eau
de n'en point confommer fans néceflités que
je croi que le plus fir moyen de l'épargner, > eft de faire tous les couvercles
des chaudieres des équipages, voûtés
comme un alambic, avecune décharges
par ce moien on ne ferajamais cuire allcunes légumes, viande ni moriie, fans
retirer lcs deux tiers de l'eau qui aura
été mife dans la chaudiere, étant conftamment vrai, que de trois pintes d'eau,
de n'en point confommer fans néceflités que
je croi que le plus fir moyen de l'épargner, > eft de faire tous les couvercles
des chaudieres des équipages, voûtés
comme un alambic, avecune décharges
par ce moien on ne ferajamais cuire allcunes légumes, viande ni moriie, fans
retirer lcs deux tiers de l'eau qui aura
été mife dans la chaudiere, étant conftamment vrai, que de trois pintes d'eau, --- Page 385 ---
Françoifes de PAm érigque. 377
deux
s'en vont en
ilyen a toujours
qui
dans
vapeur, lefquelles 'fe rectieilleront
chaudron
de la chaudiere s
un
près les.couvercles des chaumoyennant dieres foient que voutés avec une rigole tout
comme
viens de dire. On
autour, aufli avoir Je des machines,
pourroir
dont les Anglois fe
EetAe
reilles: à celle
deffaler Peau de la
dans le befoin
de l'eau douce dans
mer, &
Ese
des. motillages pour ou il ne s'en- trouve
pas. A Tégard du nombre & qualité des
équipages, je croiqu'il faut autant qu'il
fera pollible, fc fervir de jeunes de
ne foient point mariés ni
ROARE
qui famille, afin que ia longueur du chemin
& du voyage ne leur falle pas de peine.
Cependant il eft bon que Jes principaux
Officiers mariniers foient gens connus s
aleur famille,
& engagez par dans rapport la fidélité. Je voudrois
àfe contenir dans chaque vaifleau il y eût
aufli trentaine que
de foldats de Compagnie
ane de marine. L'antipatic qui eft ordinairement entre les matelois & les foldats,
contribue
à tenir les uns &
ne
dans pas le peu
Pour des VOles autres
refpeét.
lontaires, je n'en voudrois aucun qui fufn'càt été àl la mer, àmoins que ce ne --- Page 386 ---
378 Nowveanx Voyages aux IRes
fenrdesgens quis'accordaffent pour faire
partie de ceux qui doiventrefter dans les
srablifemens, & qui s'obligeaffent tàle
faire. Maisenfin comptant lcs matelots,
foldats, volontaires, ouvriers, commis,
écrivains, Officiers mariniers, il faut
avoir au moins fept cens hommes 3 étant
ablolument nécellaire d'en employer au
moins trois cens cinquante à garder rles
établiflemens, & àsy fortifier. Mais
il faut établir pour
de régle générale, que
perfonne abfolument ne fera exempt de
fairele quart, lorfque les navires feront
àl la mer.
La faifon pour paffer dans le détroit de
Magellan,eft dans les mois de Decembre & de Janvier. Il faut tâcher d'être
rendu à l'embouchure du Détroit, vers
la fin de) Novembre, &
cet effet,
il faut partir tout au plus Foad le dix du
mois de Juin des Ports de France, afin
d'avoir environ fix mois pour faire ce
trajet 3 on pourra à cet égard prendre un
vent favorable poury, être rendu pûrôr.
Et même fi l'on vouloit ne toucher en
aucun endroit, on pourroit aifément
faire cette navigation, & fe rendre au
Cap des Vierges en moins de quatre
mois, mais les équipages ne s'en trouveroient pas mieux, joint à la difficulté
faut partir tout au plus Foad le dix du
mois de Juin des Ports de France, afin
d'avoir environ fix mois pour faire ce
trajet 3 on pourra à cet égard prendre un
vent favorable poury, être rendu pûrôr.
Et même fi l'on vouloit ne toucher en
aucun endroit, on pourroit aifément
faire cette navigation, & fe rendre au
Cap des Vierges en moins de quatre
mois, mais les équipages ne s'en trouveroient pas mieux, joint à la difficulté --- Page 387 ---
Trangeifts de TAmbrigue. Ainli 379
de l'eau pour ce tems-li.
de
pour le bien des équipages., deux fois
je
ESTEre
qu'il faut chercher au moins cette traverféc,
des moiillages pendant puillent tavoir tou*
defquels' les équipagesp
, & fcdétes fortes de otachtenen de la mer 5 &
laffer un peu des cacher farigues la marche de cette
afin de mieux éviter d'aller dans des
Elcadre,il faut
ni en des lieux oùt
monillages fréquentés, desGouverneurs
ily ait desforcrefleson feroit obligé des'expliavec lefquels décliner on
fon nom 5 ainti de
quer, & de chercher TIle Saint VinFrance on ira verd. De FIe Saint Vincent du Cap
grande du Brefil, fituée
cent conirailille nommé Morambaye à
vers un endroit Sud que Rio Janciro,
vingt licuès plusau on ira enfin chercher
& de ce motillage Sclembouchure du
le Cap des Vierges, Tille Saint Vincent. Ilya
Détroit dans
Port, del'eau, du boisfifitfammenn,
un
de grandes tortués de toutes 8
beaucoup des cabrittons en quantité, cha- :
efpeces,
On envoyc de là une
de la pèche. de Saint Antoine, d'oul'on
loupe à IIle
qui Phabitent,
peur tirer des Portugais
imagitoutes fortes de rafraichiflemens
nables, & en très-peu de tems , fçavoir,
chapons, canards, 3 pigeons a
poulcs, --- Page 388 ---
3So Nowveaute Proyages AHN Ifes
cabrits & veaux, & toutes fortes de vivres, foite en argent, foit en traite, ainfi
que jelai déja dit, le tout à grand marché. A lIfle Grande du Brefil,i ily a aufli
le plus beau moiillage du monde entre
Plile & la Terre. ferme, l'eau & le bois
s'y font très aifément, &c les Portugais
vous apportent àbordde Vos vaifleaux,
à très-bon compte, tout ce dont vous
pouvez avoir befoin. C'eft en cet endroit qu'il faut acheter des pirogues, &
en donner deux à porter à chaque navire, on les met ordinairement fur les
palans bas bord, & ftribord du navire,
ou fi l'on veut fir le pont, mais il eft
effenticld'en prendre là le plus qu'il fcra
poflible. Ces fortes de bârimens étant
très-commodes pour defcendre à terre
dans les endroits où la mer brife, &
pour faire des découvertes le long des
côtes, & dans les rivieres. Sion les porte
au côté du vaiffeau, il faut fufpendre
la quille en haut, afin que les coups de
mer ne reftent pas dedans. En partant de
PIfle Grande pour aller versle Détroit,
il eft bon des'éloigner un
de lacôte,
pour éviter les bas fonds PEL la rivicre de
la Plare, qui mettent fort au large, mais
aprèsles avoir prifes, on doit
cher de la côte, & autant que ferappro- letems le
ieres. Sion les porte
au côté du vaiffeau, il faut fufpendre
la quille en haut, afin que les coups de
mer ne reftent pas dedans. En partant de
PIfle Grande pour aller versle Détroit,
il eft bon des'éloigner un
de lacôte,
pour éviter les bas fonds PEL la rivicre de
la Plare, qui mettent fort au large, mais
aprèsles avoir prifes, on doit
cher de la côte, & autant que ferappro- letems le --- Page 389 ---
Frergoifes de PAmérique, 38t les
tâcher de reconnoitre
permettra font 2 en cette côte, comme font la
Ports qui Lions, le Port de Lizée,
le Port des
8c de la riviere dela
Baye de S. Julien
Croix.llf
dans chacun de ces enheonieneemee
ler un pied d'ancre dans la vûé d'y laiffer
droits,non pas
2 mais
EECS
fonne, ni desy établir
parfaite, 8c
avoir une connoilfance dans lefquelsles
Eee fûr des bonsendroits fe retirer en cas de
vaifleaux pourroienr les fccours nécefbefoin, & y trouver quelques mois en atfaires pour y paller & on
ce-.
pourroit
tendant lcs faifons,
avec les arpendant y planter celles un potcau de la Compagnic,
mes du Roi, & l'on en a pris poffec
marquer que manquer dans tous
Eour Il ne faut pas Ton fe trouvera, tant
les endroits oà
dansla mer du Sud,
danscette côte 2 que fans avoir fait du
de n'en partir jamais du pais, &c de n'aller
bien aux naturels
blancà
jamais à terre fans un pavillon mointoutes les chaloupcs, & jufqu'aux s'imdres canots, afin que cette de marque forte
s'ils
dans les e(prits 5
que
prime dansla fuite d'autres nations,ils
voyoient
le change, & puiflent rene prilfent pas de
ils auroient re*
connoitre ceux bien, dans qui tous les autres
gis quelque --- Page 390 ---
$81 Nouveaux
Aux Iftes
voyages. Loifque
voudra avoir
Pgr
rels quelque du comniunication avec les natupais, il faut éviter de tirer du canon; & d'envoyer des chaffeurs à
car les Sauvages qui n'y font pas accoû- terre;
tumés, fe fauvent dans les térres dès
qu'ils entendent des armes' à feu.
dant quand on a commencé d'entrer Cepen- eri
commerce avec eux, & qu'ils ont vû
tirer vos armes, on peut après envoyer
chaffer > parce qu'ils comprennént
n'en veut qu'au gibier.
qu'on
Le détroit de Magellan eft le
mier endroit où l'on doit s'établir. pre- II
faut chercher dans toure fon étendue un
lieu ot les navires foient en Iûreté
contre les mauvais tems,
ait de
l'eau & du bois, & enfin ohilya dont la fituation foit heurenfe
peur fa deffenfe, d en
cas d'infulte des ennemis. Toutes ces
qualités fe rencontrent dans le Pont Galant. Ily a au moins quatre ou cinq braf
fes d'eau dedans loriqu'on y eft entré
tour-i-fait, & mèmelon peut écheier
dans l'enfoncement de Ce Port, fur des
vafes très-molles, où les navires ne fouf.
frent point du tout, Ce Port ett parfaitement clos par une petite Ifle, qui en
forme deux lorfque la mer eft
&
il eftcertain qu'un Fort fur cette pleine; Ile, &
rencontrent dans le Pont Galant. Ily a au moins quatre ou cinq braf
fes d'eau dedans loriqu'on y eft entré
tour-i-fait, & mèmelon peut écheier
dans l'enfoncement de Ce Port, fur des
vafes très-molles, où les navires ne fouf.
frent point du tout, Ce Port ett parfaitement clos par une petite Ifle, qui en
forme deux lorfque la mer eft
&
il eftcertain qu'un Fort fur cette pleine; Ile, & --- Page 391 ---
Frangoifes de tAmerigue. Morne
batteric furla poinre du gros mettront
tne
Galand, non fenlements qu'on
duCap
les sabltfiemens mais
hors d'infulte dedans de cC Port ,'
pourra faire en interdire les spallages sdans &
aufli peuront à tous les autres navires, eft la plus
le détroit, dire que fa fituation
l'on peur du monde
cela. endroit Premise du
heureufe
Roas cet
rement s parce que ne font pas violents 5
Canal, les courans
fort vite's
ne peur paler
En
& quunnavinc conféquent fort expolé.
& eft par ileft abfolamentr nécellaire tant
fecond licu,
la côre du Nord,
de ferrer de près de Nord-Ouell 2 que la
à caufe des vents falfent tomber fur
lon craint qui vous de Feu qui eft manvaife,
côte de la terre
du motillage du Cap
s'affurer
de palfer à une
9d Coa: on eft obligé
du Cap Gaportée de fafil de la pointe ennemi ne
land, 8cainfi un navire endroit fans un ToNe
roit palfer dans Cet cet endroit a aufli l'avan- (on
grand rifque. aucune defcente dans
tage de n'avoir
même il y en2 auroits
voifinages & vratfemblable quand
que des vaifiln'eft pas
des troupes à terre,
feaux envoyallent mouillés en des endroits rafavant quedeure de courants, & des
où ily, a un peu & iln'y a là des mouil
fals diaboliques, --- Page 392 ---
38+ Nowveaux Yoyages aue Ihes
lages que dans les Ports; & entre les
deux pointes qui fe forment, il feroit
bon d'y mettre une bonne batterie &
une fur la pointe de P'ER de ce Port,
dont les pierres deffendent l'accès a
tous les autres vaiffcaux.
Unc des premicres chofes à quoi cclui
qui.commandera dans cePort doir penfer
c'eft de faire femer du bled fi-tôt qu'on
fera artivé, &c il eft à craindre même
qu'il ne foit trop tard, parce que les
grains doivent être femés quatre ou cinq
mois avant la recolte, de s laquelle fe doit
faire là au mois de Mars; je crois donc
qu'il feroit inutile de femer, à moins
ne fût arrivéan mois de Novemainfile meilleur
Rtromn
parti fera de préparer toujours la terre '. & de ne mettre
les femences que dans le mois d'Avril,
afin que Thyver quieft au mois de Juin -6 s
paffe deffis.comme on faitdansl'Afrique
qui eftà peu près le même climat,quoidans une Partie du monde oppofée.A
de la riviere, il
lrnde
y a un terrain un
peu élevé.qui paroit très-propre pour du
bled. Il; y a far ce terrain quantité de
petits Ifs, qui font aifezà couper & à
brâiler. Leurs cendres rendront encore
ces tetres meilleures, mais on ne pourraicaufe des fouches,labourer pendant
on faitdansl'Afrique
qui eftà peu près le même climat,quoidans une Partie du monde oppofée.A
de la riviere, il
lrnde
y a un terrain un
peu élevé.qui paroit très-propre pour du
bled. Il; y a far ce terrain quantité de
petits Ifs, qui font aifezà couper & à
brâiler. Leurs cendres rendront encore
ces tetres meilleures, mais on ne pourraicaufe des fouches,labourer pendant --- Page 393 ---
Frangoifes de T Amerigne. 33;
quelque tems 2 comme en Poirou, julqu'a ce que les fouches (oient pourries, abfoiuCeux
refteront là pourront
E
'du vin d'Europe : 2 & en
ment
paller mèmes de fort bons, avec les
faire eux viennent fur les buillons,
graines qui ef plein dans ce pais. Ces
dont tout font abfolument de la couleur,
graines de la groffeur & du golrdu raifin diftin- noir >
& cilr n'y a perfonne qui ile puife à ceux des
guer, , ayanrlespepins ai fait du Ee fort bon,
railins, jen
a :fet
eft devenu d'excellent vinaigre.lly viendront auffi
d'efperer que les pois nous en avons
dans ces teires, puifque venus naturelletrouvé qui y étoient endroits du détroit.
ment dans plufieurs
les oifeaux du
Au refte les coquillages, font fuffifans pour
pais, & les poitlons, Colonie, fans
nourrir là toure une
qui font
compter les bocufs fauvages
dans les terres.
maIl feroit bon de mener quelques de
telbotafquesqmuieullartd éréala pèche
dans la
la baleine a , car ily en a toujours
de
palle. Ainfi on doit faire provifion laiffer
lignes & de harpons à cet ufage,& refteune bonne chaloupe à ceux qui
ront là, pour fervir àcerte peche.
In'y a dans rous le détroit que CS --- Page 394 ---
386. Nowveaux Voyages anx Ifles
Port &le Port Faminc du côté du Nord,
dans lequel des navires puiffent hevertout le refte font des moûi
ner,
mauvais. Du côté H2TE la
gant bons que
en point à moins
terre de Feu, iln'y a
ce ne. foit dans cet Archipel, dit,
que
eft vers la fin du détroit :
Peles, qui
auroit,
n'en femais quand il y en
étant je difficiles
rois aucun cas > ces Ports
à aller débrotiller parmi ces Ifles, &
d'une fituarion à deffendre
n'érant l'entrée E le palfage dans le détroit. Le
Port) Famine feroit affez bon,excepté que
moiiller les navires dans
l'on ne peut
long d'une côte platte ,
fon voilinagele
tout & qui
oi ily a des defcentes par
ies
à
aini
feroit trop difficile motiller garder, hors la portée
navires pourront aifément. Ainfi je conclus que
du canon Galand eft préferable à tout
le Port
en faire un trèsautrc, & qu'on fi r eft bien conduit,
joli endroit, les Sauvages de ces lieux
Quoique
ileRboncependant
foient très-doux, refteront là fe tiennent Rec
les gens qui
bâtiffent leurs
leurs gardes, dedans & quoiquils du Port, dans une
maifons en
l'embouchure de la
ance de fable, vers croi que dans les
riviere, cependant ils je doivent fe rçtireg
commencemens,
en faire un trèsautrc, & qu'on fi r eft bien conduit,
joli endroit, les Sauvages de ces lieux
Quoique
ileRboncependant
foient très-doux, refteront là fe tiennent Rec
les gens qui
bâtiffent leurs
leurs gardes, dedans & quoiquils du Port, dans une
maifons en
l'embouchure de la
ance de fable, vers croi que dans les
riviere, cependant ils je doivent fe rçtireg
commencemens, --- Page 395 ---
de
-
LAmérigue.
Frangoifes ferme le Port, & de budans une qui ouvrage pour fortifier
ter le Iie, premier & bâtir un Fort, après en Ils
cette abbatu Ke bois qui eft deffus.
avoir
mettre en batterie le canon
pourtont leur y laiffera 2 & en differens deften- enqu'on droits autour de lifle, afin d'en
dre lentrée aux canots des Sauvages.sils leurs établiflevouloient venir traverfer
mens,cc quiclt contre hommes touteappatence, y ont été
vingesrois
fans
pailque dix-huit mois à bâtit un vaifleau, & ileft
que.) perfonne les ait inquiérés, de fafil, feroit
certain qu'un feul coup de ce pais.la. Cefuir tous les Sauvages il eft bon de faire le
pendant la nuit éviter les furprifes. Cinquart pour
hommes font fuffiquante ou foixante
5 il leur faut
fans pour laiffer en vingr-quatre cePort pieces de
laiffer au moins douze pour mettre fur
gros canons 9 chacune des batteries du
file, & fix fgr
Je dis qu'il
Cap, & de l'autre les pointe, plas gros canons 2
faut leur laifler abfolument necellaires
font
établifleparcequils la deffenfc de ce premier
pour
fans compter les perroquets
ment >
donnera. Il leur faudra aufli
qu'on leur
volans, & des Galliots
des cabeftans
les baleinçs
aller à terre, apporter
pour --- Page 396 ---
38S Nonveanx
aux Ifes
qu'ils auront tués, FIAHE le débit
être aufli bon dans la mer du Sud, pourra qu'en
Europc. Les femences des perles font en
fi grande abondance dans le quartier du
Port Galandsque deux mouffes occupez à
en ramafer, 5 en pourrônt reciieillir une
quantiré prefque infinic ; mais pour
voir elperer de les avoir belles, Sfeur
leur detfendre de faire boûillir les moules
pour les ouvrir,mais feulement de fe fcrvir d'un couteau, & les ayant ouvertes, s
mettre le poiffon dans une terrine avec
de l'eau, &clorlqu'il y en aura une quantité confidérable, les remuer avec les
mains, & les prefferpour en faire fortir
les perles, & à force de les preffer &
de les manier ainfi, les chairs des mouies fe réduiront en boudin, & les perles
tomberont au fond de l'eau, après guoi
onles lavera en plufieurs eaux > julqu'à
qu'ilne refte plus de chair > de cette maniere on les aura fans être gârées, & fort
belles. Il s'en trouve fouvent dans de
groffes moules de la.grande efpece, qui
ontété trouvées fi belles en ce pais, qu'el
les ne font point à négliger. Il eft fûr
que quand on n'en emporteroit que
quatre mille en France, on en auroit
au moins un Louis la piece , elles font
fort à couvert fous l'eau, & atrachéesà
des
chair > de cette maniere on les aura fans être gârées, & fort
belles. Il s'en trouve fouvent dans de
groffes moules de la.grande efpece, qui
ontété trouvées fi belles en ce pais, qu'el
les ne font point à négliger. Il eft fûr
que quand on n'en emporteroit que
quatre mille en France, on en auroit
au moins un Louis la piece , elles font
fort à couvert fous l'eau, & atrachéesà
des --- Page 397 ---
Frangoifes de TAmérigut. 389
roches & à des racines d'herbes qui
des
& dont les feiilles viennent
ytiennenr, fur la furface de T'eau, dans celui
jufque
du Port Galand,
d'eau falée qui eftacôté fi-tôt que les vaif
ily en a beaucoup, artivés aul Port Galand, je
Rtc feront d'entrer dans la mer du
croi geé devant faudroit envoyer une ou deux
Sud, il dansle canal de Saint Jerôme
chaloupes fi le canal va dans la mer du
pour voir aflez
pour des vaifSud. S'il elt
profond pour muiilfeaux, s'il nel'eft point de trop loumage > & s'il
ler par tout s'ilya
rémonte beaucoup. tirera de cette: découAu Nord on
avantages 5, cat s'il
verte de très-grands moiiller par tout fans
yavoir fond pour & conduire le navire
mettre à la voile, 3
& en moiillant à
avec des chaloupes,
aifément
toutes lés marées, on fortiroit fans être obligé
dans la mer du Sud, des vents, qui
d'elluyer la contrarieté à la fortie du
pourroient fe rencontrer foit que cela condétroit de Magellan, dans une folitude plus
duiroit toujours
le chemin, & fi
Nord, & abregeroit à laifer toujours' les
On fe détermine vaiffeaux dans la mer du Sud,
quatre je croi qu'il eft'à ptopos. Cefecomme là
fc fcroit le tranfport, &
goit par que
R
Tome i. --- Page 398 ---
390 Nouveaux, V'oyages anx IRes
la communication, des marchandifes aur,
Port Galand, ou les navires de T'Europe:
viendroient les chercher >; lorfqu'ils en
apporteroient d'autres. Cette découverte fe peut faire dans le tems qu'on fera de
l'eau, & du boiss & que les équipages fe
rafraichiront, moinsqu'on ne fût extrèmement prelfé par la faifon, auquel cas
les vailfcaux-forriroient parles chemins
o:dinaires,& laifferoientle foin àceuxqui
refteront au Port Galand, de faire cette
découverte en leur abfence, afin.des'en
fervir dans la faite, après être fortis du
détroit de Magellan, Je croi qu'avant de :
tenter aucun commerce, il faur aller
chercher à fonder un autre établiflement
dans la côte de Chily, 2 dans'les meilleurs
endroits,occupés par lcs Efpagnols.dont
j'aidonnéles mémoiresa Monfieur] Jourdan. Je préférerois à faire cet établiffement dans la Terre- ferme, que, dans
cette Ifle, moyennant que toutes les.
qualités requifes pour un bon; Port de
mer fi rencontraffent, comme font la
fûreté des vaifleaux, le bon abri, la'
facilité pour faire de l'eau & du bois,
l'avantage de la fituation/pour rendre ie
licuhors d'infuite,& la commodité pour
ne. pas manquer de vivres, fi toutes ces
qualités fc rencontrent dans un endroit,
faire cet établiffement dans la Terre- ferme, que, dans
cette Ifle, moyennant que toutes les.
qualités requifes pour un bon; Port de
mer fi rencontraffent, comme font la
fûreté des vaifleaux, le bon abri, la'
facilité pour faire de l'eau & du bois,
l'avantage de la fituation/pour rendre ie
licuhors d'infuite,& la commodité pour
ne. pas manquer de vivres, fi toutes ces
qualités fc rencontrent dans un endroit, --- Page 399 ---
Françoifes de TAmérigue. 391
des vivres, mines, & oùt les
où il y eut
à receIndiens fuffent un peu difpolés
que
voir les François, je fuis perfuadé
feroit
à un établiffement
ccla
préferable de le dire,& oûl'on
tel que nous venons à garder & à deffendre;
aplus d'endroits
Ifles dans la Lacomme il a pluficurs marqué, où il Y a del'or,
titude
où ges Sauivages n'ont
encore
&
on
de ces
des
E
reçû
Efpagnols, comme fi l'on Y étoit
Illes également, endroit fortifié VIS à-vis
établi ayant un
il faudroit cherdans la Terre-fermes à s'établir dans un
cher s'il eft pollible riviere navigable,
licu voifin de quelque
afin de conau moins à des chaloupes , de
quil
noître par ce moyenle plus & pais fe faire
eft poflible dans ces terres, de nations.
connoitre,. & aimer à plus
à fe conIly a bien de la prudence l'on aura
duire dans le commerce il faut Tter toujours
avec les Sauvages,
mais il faut évifur fes gardes avec cux 5
& de
ter fur tout d'en venir aux mains, des
tirer fur eux
fe diftinguer font érablis parli par la
Elpagnols
s'y
d'avis
tous cruauté : > ainfi je ferois
terre que faire
ceux qui iront les premiersi
des déconvertes 2 ou fe communiquer armés
avecles Indicns, fuffent toujours
R ij --- Page 400 ---
392 Nouveanx
aux Ifes
de corfelets dc fer, RURE & calottes de mô
me dans leur chapeau, afini
être
depouvoir
à l'épreuve de leurs frondes & de
leurs fléches, & il eft certain que ces
gens voyant qu'on ne fc deffeadroit pas,
auroient de nos gens une idée toute diffe.
rente de celle
ont eu des Efpagnois,
Au contraire Yies l'on fe voyoit artaquer
par ces gens , à moins qu'ils ne fullent
un affez grand nombre, que ce fîtnécef
fité d'employer toutes fortes de voyes
fe tirer d'un peril évident, je vouRrots faire alte, & leur envoyer un feul
homme, avecdes préfens pour ménager
leur amitié. Enfin on doit cmployer
toutes: fortes de moyens pourl les menager
& leur faire connoitre la differençe qu'il
y a entre les manieres Efpagnoles & les
nôtres. Lespréfens qu'on peut leur faire
font des coûteaux & des haches, des
cifeaux, des éguilles, du fil, del la toile,
des bagues de cuivre avec des pierres.
faufles, & de toute forte de verroterie,
& des raffades; ; & comme on a intérêt
deleur faire connoître la fupériorité du
génie que nous avons fur eux, je voudrois
des miroirs ardens pour al-.
lumer Faufe feu devant cux, des trompettes
aporter de loin,
s'il eft befoin
lesintimider 2 leur Ere brûler de l'cau.
del la toile,
des bagues de cuivre avec des pierres.
faufles, & de toute forte de verroterie,
& des raffades; ; & comme on a intérêt
deleur faire connoître la fupériorité du
génie que nous avons fur eux, je voudrois
des miroirs ardens pour al-.
lumer Faufe feu devant cux, des trompettes
aporter de loin,
s'il eft befoin
lesintimider 2 leur Ere brûler de l'cau. --- Page 401 ---
Françoifes de Amerigues c'eft 393 de
devie, leur faifant croire faire voir que les effets
l'eau ordinaire, leur
&c,s'en fervir
d'une lanterne magique, utilement pour les
mème quelquerois & même fi lon pouvoir
intimider,
des Flibuftiers qui ont
avoir quelqu'un dans le détroit, & qui enété dix mois
laquelle eft vrai femtendentla langue,
de celle : du
blablement approchanse fe fervir de cCS
Chily , on pourtoir je viens de dire, pour
trompettes que de loin, & d'un endroit
leur prononcer feroit caché , quelque cfpece
oû lon
à faire un
d'oracle, pour les déterminer de les débon acctieil, leur promettant E(pagnole, 2
le
livrer de la tirannie venus. Je Ete
moyen des nouveaux donnerune idée de ce
détail-cipour
feront ETE
pourroient faire ceux qui feux d'artifice ne
lieux. Je croi que des inutils dans de paferoient pas non plus
reilles occafions.
établiffement dans
Après avoir fait un
laiffé foixanla côte da Chily,& yavoir hommes, avec
te & dix ou qu itre- vingt & de bouche,
des munitions de guerre nécelfaires, deux
& les outils & ouvriers
deux pichaloupes armées de pierricrs, & de tourogues des femnes & dragues, navires
fortes de vennes, les quarre
tcs
R iij --- Page 402 ---
394 Nonveanx Trayages aux Ifes
fans fc féparer remonteront la côte de
Chily., celle du Perou, & iront moiiller devant toutes les
qu'i Lima, * c'eft:
groffes J
Villes juf-
,
à dire jufqu'au Port
de Caillo, & à chaque endroir, après
avoir falué les Fortereffes, envoyeront
un canot à terre 5 demandant la permi(
fion de faire de l'eau & du bois, &
acheter quelques rafraichifemens, fappofant n'en avoir point fait depuis le
détroit de Magellan ; G lcs Gouverneurs
demandent quels vaiffeaux ce font, on
dira que ce font des.vaiffeaux du Roi,
commandés par des Officiers deSa Majefté, qui ont été accordés à une nouvelle Compagnie de la Chine, qui ne
vent aller par les conceflionsde la leme
pagnic des Indes 2 ni paffer par le
de Bonne
Cap
Efperance, &, pour cet cfiet
on produira les patentes que le Roiaura
la bonté de donner pour cette feinte ; fi
ils demandent de quelles marchandifes
on eltchargés on diraf feulementschofes
propres pour la Chine, & ainfi voyant
qu'on ne parlera d'aucun commerce, &
que l'on évitera d'être fiufpect, il eft fir
qu'ilslaifferont la libertéde faire de l'eau
& dubois,& parli on trouverale moyen
de fe communiquer au peuple, pour
les avertir que l'on a des marchandifes
iaura
la bonté de donner pour cette feinte ; fi
ils demandent de quelles marchandifes
on eltchargés on diraf feulementschofes
propres pour la Chine, & ainfi voyant
qu'on ne parlera d'aucun commerce, &
que l'on évitera d'être fiufpect, il eft fir
qu'ilslaifferont la libertéde faire de l'eau
& dubois,& parli on trouverale moyen
de fe communiquer au peuple, pour
les avertir que l'on a des marchandifes --- Page 403 ---
Trancoifer de TAmerigue. à cha- 395
à vendre. Il ne faut pas manquer un
au
que endroit de porter d'un cte miroir
comme
bcau
Geuverneur, chofes femblables, > un de
ouquelques des piltolets, 5 il n'y a null lieu
fufil,
infultent lOfficier que
craindre qu'ils
caralors ce feroit
l'on envoyera à terre; qui vaudroit mieux
une guerre déclarécs & qui autoriferoit
que le commerce,
rouresfortes de repréfailles fait la traité complettes
Après avoir
trois vaiffeaux enla
je voudrois envoyer à leur établiffement, 8
côte de Chily feul
Californic,
un
jufqu'à
en envoyer connoitre feulement pour cette
pour le
les meilleurs Ports 5
fois , en remarquer aux narurels du Pais,
faire des préfens
lon pourroit des
-y pecher lc plus
sinformer Sil
avecdes
aseate
peries émeraudes, tâcher d'en traiter
yades
& après deux ou trois
avecles Sauvages; dans cette terre 2 le namoisde fejour joindre les trois autres, s
vire viendroit
avec des briganpour enfuite envoyer foit
le canal de
tins, foit à terre, fen produits de
Sainrjerome, tousles feroient au Port Gàla traite à ceux qui del l'Europe lesvienland,oil les navites il faut porter des pictdroient prendre;
fauffes chez les
reries, & des perles
R 1v --- Page 404 ---
396 Nowveaux Voyages aux Ifles
Indiens, > pour leur demander s'ils n'en
ont point de pareilles. Il faut auffi avoir
des Lapidaires , & des gens qui connoiffent les mines & les métaux.
E foulligné à la requête de Mohfieur
Samiiel pere 3 commandant la Flute
du Roila Feconde; Certifiequ'en notre
pallage de la riviere de Gambie en Afriqueà Cayenne, ayant Négrés mâics
'& femelles, après avoir été plus de fix
femaines en mer , quantité des fufdits
Négres étant morts, j'aurois plufieurs
fois entendu par la propre confellion de
trois Négreffes, & de deux Négres,
qu'ils avoient lié, le navire, mangé
quelques blancs, & laip plus grande
tie des Négres & Négrefles qui: adadent :
morts , ce quia beancoup de vrai-femblance avec ce qu'ont confeffé plufieurs
Négres misa mort, pendant moni féjour
à Gambie, après avoir été convaincusde
fortilege, & coupables de la mort de
pluficurs blancs. Ce que je certifie verirablc > ayant été témoin de leur condamnation &c fentence. Fait à bord de
la Feconde, CC 3 I. Oétobre 1695.
Fin de la cinquiéme Partie,
morts , ce quia beancoup de vrai-femblance avec ce qu'ont confeffé plufieurs
Négres misa mort, pendant moni féjour
à Gambie, après avoir été convaincusde
fortilege, & coupables de la mort de
pluficurs blancs. Ce que je certifie verirablc > ayant été témoin de leur condamnation &c fentence. Fait à bord de
la Feconde, CC 3 I. Oétobre 1695.
Fin de la cinquiéme Partie, --- Page 405 ---
TABLE
DES
MATIERES
contennès dans la cinquieme
Partic.
A
Igremont (M. d) deffend Sainte & efe
A Aloufie contre les Anglois, 76
tuépar les Sauvages, 5 un Balle, la
Alexandre VI. accorde par au Roi d'EC
concellion de TAmérique:
pagnc. VIL reconnoit le Roi, Sou- 166
Alexandre des Ifles de TAmérique ,
verain
Portugais, découvre
Alvarez Cabral, Méridionale e,
PAmerique (le Marquis d ) fembarque
Amblimont
de Gonverpour les Ies, en qualité & y meurt, 271
neur Général, > 269. habitans de la
Amniftic accordéc aux R Y --- Page 406 ---
TABLE
Martinique - 2
Anglois. Partagent fous la conduite du
Capitaine Ouvernard, l'ifle de Saint
Chriftophe avec les François, 27.
Veulents'en emparer entierement,28.
Sontbattus par Monfieur d'Enambuc,
30. Par les Elpagnols, 31, &p par le
Capitaine Giron, & obligés de s'accommoder, 33. Ils s'établiffent à
Sainte Aloufie, & en font chaffés par
les Caraibes, 72. Les Efpagnols les
chaffent de P'Ille de Sainte Croix,III.
Surprennent PIle de Sainte Aloufie,
& s'en emparent > 2II. Ils l'abandonnent, 213. Ils attaquent la Guadeloupe inutilement, 259. Ils font
forcés à Saint Chriftophe par Monfieur de Chavagnac, 275. & dans
Nievesp parMonficur d'Yberville, 279
Arrivée de la Flotte de la Compagnie à
Ial Martinique >
Avanture d'un Hollandois qui fe fauvoit
del'Ifle de Sainte Croix ,
II6
Avanture d'un Prêtre Breton, & de deux
Huguenots,
d
B
R Aas ( M. le Marquis de ) eft nommé
par le Roi Gonverneur Général des
Ifles, 241, Bel ordre qu'il met à la
ievesp parMonficur d'Yberville, 279
Arrivée de la Flotte de la Compagnie à
Ial Martinique >
Avanture d'un Hollandois qui fe fauvoit
del'Ifle de Sainte Croix ,
II6
Avanture d'un Prêtre Breton, & de deux
Huguenots,
d
B
R Aas ( M. le Marquis de ) eft nommé
par le Roi Gonverneur Général des
Ifles, 241, Bel ordre qu'il met à la --- Page 407 ---
DES M A TIERE S. M. 399 de
- , 243. Il énvoye
* Martinique fecourir Maric-galanke,
Grancey pour Monficur de Rolmadec,
244 11 punit]
fon
il échoué -
dans
entreprife
246. Coroffol, 247: Belles actions
fur faitdans la Martinique >
249 d'équ'il
de la) entreprend
Barre (Monfieur Colonie à Cayenne; 179.
rablir une état de cette Colonie, 180.
Mauvais Roi le fait Lieutenant Général,
Le
chezle Gouverneur
181.Sa réception Son arrivée à Saint
de Madere > 184.
où il
Yague, 194. & - à Fort, Cayenne 202
du
: prend poffellion
( les PP.)-DoBeaumont & Boulogne
M. de
:
, accompagnent
-
miniquains, Cayenne, 184- Reception
Tracy pour
des Jeluites
qu'ils eurent au College & chez les Cordede Madere , 186.
qu'ils font
liers > 189. Remarques de Fanchal, Capitale
dans la Villé Ils. font enterrer un
du pais, 190. Yague, 195: Ils planRecoler à Saint
tent la Croix à Cayenne des Ifles, 2 établit V'orBegon, Intendant Tile de S. Domingue > 253
dre dans
des Iles, 301. Eft
Befnard, Intendant
dépolé,
fuccéde-i M.de
Blenac (le Comte de) brouilleavec lesInBaas, 251. 1lfe
Rvj --- Page 408 ---
TABLE
tendants, 252. Ses qualités , 255- Scs
travaux à la Martinique, 256. Revient en France, > 257. Eft renvoyé à
la Martinique 1e s 264. Sa mort 2 268:
Blondel, Intendant des Ifles,
Bonnard, Commandant à Sainte' AionL
fie, capitule avec les Anglois, &
leur céde PIfe, 21I. Eft arrêté par
ordre de Monfieur de Tracy.
Boucaniers. Leur origine > 78. S'emparent de la Tortué, & y font battuspar
les Elpagnols : ,
Le Breton. Eft envoyé par Monfieur du
Parquer pour commander à : Sainte
Aloufie, où il eft trahi par fes gens, >
C.
C Araibes, maltraitent les François
a la Guadeloupe, 41. Sont battus
à la Maitinique par M. du Pont , 49.
Reçoivent les François à la Grenade,
& peu après les trahifent, &y font
battus, 64- Chaffent les Anglois de
Sainte Aloufie > 72. Font un grand
maffacre des François dans l'Ifle de S.
Barthelemy 144. & dans Marie-Galante, 148. Sont défairs par M. des
Cerifiers, 152. & par M. de l'Etoile >
153. Trahiffent lesFrançois dla. Mar-
. du Pont , 49.
Reçoivent les François à la Grenade,
& peu après les trahifent, &y font
battus, 64- Chaffent les Anglois de
Sainte Aloufie > 72. Font un grand
maffacre des François dans l'Ifle de S.
Barthelemy 144. & dans Marie-Galante, 148. Sont défairs par M. des
Cerifiers, 152. & par M. de l'Etoile >
153. Trahiffent lesFrançois dla. Mar- --- Page 409 ---
DE S MATIERESU On lcur déclare la
tinique, 172, 1ls font battus & challés
guerre, 173. de lIfle,
enrierement accordée par Monlieur
Capiralarion
de Nieves,
dYberville aux Anglois
: 28I
Saint ChriftoCapucins. Sont envoyésà
phe, efpece de Dains,
Caribous,
) érablit des Colonies
Cartier ( Jacques qui bâtiffent la ville
dansle Canada,
IG
deQuebec,
ravage VIle de 2
Caffart ( Monfieur )
Monfarent,, achete la Grenade de
Cerillac (M. de ) 164- Paffe en France,
M. du Parquet, Ifle ila Compagnic, 220
& vend cette Geur des ) défait les CaraiCerifiers (le
bes à Matie-galanee. Général de 2:
Chambré ( M. de ) Agent Iies, 223. En pend
Compagnic, aux
polleilion, (le Marquis de ) eft fait
Champigny Général des Ifles,
l1le 300
Chavagnac (le Comte de) ravage Son expéde Saint Chrillophe, Nieves, 273.5
dition à PIne de découvre les Mfles
Chriftophe Colomb
3- CelLucayes &c Saint Domingue,
la
Defirade Marie galante,
les dela
2:
Chambré ( M. de ) Agent Iies, 223. En pend
Compagnic, aux
polleilion, (le Marquis de ) eft fait
Champigny Général des Ifles,
l1le 300
Chavagnac (le Comte de) ravage Son expéde Saint Chrillophe, Nieves, 273.5
dition à PIne de découvre les Mfles
Chriftophe Colomb
3- CelLucayes &c Saint Domingue,
la
Defirade Marie galante,
les dela --- Page 410 ---
T ABLI E
Dominique &1 Porto-Rico. 5 5. Celles
de Cuba, laJamaique 2 le Jucatan,
7. Fait une faute en ne mettant pas
des Colonies dans les Antifles,
Clodoré (M.de - ) eft établi Gonverneur
de la Martinique s- 228. Reprime une
fédition,
Codrington Général Anglois, attaque
la Guadeloupe - , 259. Il pourfuit la
Flotte Françoife, qui luiéchape, 261.
Colonies des Ifles doivent une grande
partie de leur établiffement aux
Hollandois,
Compagnies détachées de la Marine,
aux Ifles du Vent s
Compagnics de Milices, à la Martinique,
La Compagnie eft obligée de vendre la
propriété des Ifles aux Gouverneurs 2
Le Comte (M:) coufin.de M. du Parquet, eft fait Gouverneur de la Grenade, , 63- Y bat les Caraibes, 64Sa mort 2
Couverlas (M. de ) eft commandé par
Madame du Parquet, pour faire la
guerre aux Caraibes de la Martinique,
Culte des Chriftinois 3 habitans de l'Amerique Septentrionale,
--- Page 411 ---
DES MATIERES, Saint ChriltoCuffat ( M. de)envoyéàs des François, bat
phe au fecours
'Efcadre Angloife, >
D
des Boncaniers & FliD W Ifference buftiers,
entre des Medecins Sc Chirur- faDifpute au fujer td'un Recolet mort
giens,.
bitement,
fait defcente
Dominique. de Gourgues, les Forts que les
àla Floride, reprend
Elpagnols avoient pris aux François,
lcs bat, & fait pendre lesp prilonniers,
S'érabliffent à la GuaDominiquains.
deloupe,
Madame du Parquet leur
Dominiquains, donpe le Fond Saint Jacques de
leur
la Martinique ,
de Milice de Saint
Dubillon : Capitaine fe révolte contre MonChriftophe, de Sales, 169. Eft condamné à
fieur
être pendu 2
de la CoDubois > eft fait Gouverneur
lonie de Sainte Croix, de la Martinique 2 > va
Dubuc, Habitant
Al'expédition
àlarète des Flibuftiers,
iquains.
deloupe,
Madame du Parquet leur
Dominiquains, donpe le Fond Saint Jacques de
leur
la Martinique ,
de Milice de Saint
Dubillon : Capitaine fe révolte contre MonChriftophe, de Sales, 169. Eft condamné à
fieur
être pendu 2
de la CoDubois > eft fait Gouverneur
lonie de Sainte Croix, de la Martinique 2 > va
Dubuc, Habitant
Al'expédition
àlarète des Flibuftiers, --- Page 412 ---
TABLE
de Nieves, 273. Eft.envoyé par M.
de Phelipcaux à Monfarrat, 287. Dif
cours que lui tient un Anglois, 288.
Ilcombat le vaiffeau Anglois la Julie,
8c le met en faite, 289. Il ravage
I'Ile de Monfarrat, 290. Y retourne
avec M. Caffart, 291. Affaire quilui
arrive, 295. Eft envoyé par M. de
Feuquicres à l'Ile de Saint Vincent
contre les Négres marons 2 & eft repouffé,
Dumé, eft commandé par M. Houel,
pour faire la guerre aux Caraibes, 150
Duquelne ( M. le Marquis) eft fait
Gouverneur Général des Ifles, & eft
rapellé,
E
E Nambuc (le fieur d' ) part de Dieppe pourl l'Amérique , eit artaqué par
un Gallion d'E(pagne, 16. Aborde à
Saint Chriftophe, traite avec les
Caraibcs, > 18. Revient en France 2.
25. Exhorte le Cardinal de Richelieu
à établip une Compagnie pour le
commerce des Ifles, 26. Rerourne à
Saint Chriftophe, & s'accommode
avcc les Anglois pour le partage de
de cette Ifle, 28. Vient au fecours. --- Page 413 ---
MATIERES S. 405
DES attaqués par les Anglois,
des François,
de la Martini30. Vaà à la conquète rraité avec les Caquc, 45. Fait un barit le. Fort Saint
raibes, 46. Y
Pierre, Ibid.Sa moft, commandée par %
Efcadre Françoife Chavagnac, qui ravage
Comte de
- > 273. Elle
TIfe de Saint celle Chnltophe de M. dYberville,
fe joint avec
dans la
battent les François
E(pagnols, Floride, & font pendre. les leur prifon- tour
12. Sont défaits à
niers, M.de Gourgues, 8 chaflés, lIfle 14- de
par Battent les Boucaniers dans chaffer M.
la Tortue , 19. Veulent en en déroures
le Valfeur 2 qui les met
M. de
Reviennent,, & affiegent
S6..
derendrela
Fontenay 9.Lioblisene Ils chaflent les AnForterelle, lille rO3- de Sainte Croix, III.
glois de
des François 2
Font un gandmaliere
des
d'une Compagnie
Etablifement Occidentales en 1664, 177Indes
des Iles, 222.
Elle prend poffetion
de l'OrAchete les ifles dépendantes Elle eft revoquée
dre de Malthe, 231.
parlel Roi, M. d'Yberville dans la
Expédition de
330Baye de Hudfon en 16942
3- de Sainte Croix, III.
glois de
des François 2
Font un gandmaliere
des
d'une Compagnie
Etablifement Occidentales en 1664, 177Indes
des Iles, 222.
Elle prend poffetion
de l'OrAchete les ifles dépendantes Elle eft revoquée
dre de Malthe, 231.
parlel Roi, M. d'Yberville dans la
Expédition de
330Baye de Hudfon en 16942 --- Page 414 ---
TABLE
F
H Euquieres (M. de) eft établi Gouverneur Général des Ifles, procure
l'amniftie aux habitans de la Martinique,296. Belordrc qu'ily met, 297.
Envoye des troupes contre les Négres
marons à Saint Vincent, 298. Eft
rappellé s
Fidélité d'an chien,
Fontenay (le Chevalier rde) eft envoyé
à la Tortuc par M. de Poincy > 90.
Irrite les E(pagnols par fcs ravages, s5
92. Eft afliégé dans fa Fortereffe, 95Eft forcé de fe rendre parlarebellion
dc fes foldats , 103. Rerourne à la
Tortue, & eft obligé éd'enfortir, 1O9.
Revient en France,
I IO
LeFort, Officier de M. du Parquer à la
Grenade, veut en prendre le Gouvernement malgré lui, 68. Eft contraint de le céderàM.de Valminiere.
Sa mort,
François (les ) Ils découvrent la Nouvelle France, - Ou le Canada, l'Acadie, la Virginie, la Caroline, 9.
Font un grand maffacre des Caraibes
dans l'IC de Saint Chriftophe, 23.
Partagent l'Ille avecles Anglois > 27. --- Page 415 ---
DES M ATIERES. > qui
Sont artaqués par les E(pagnols revicnnent
les chafient de l'ile, 32.Y
&
Sétablilfent à la Gundeloupe, 40.
43: font maltraités par les Caraibes, 46. &
y S'établilfent à la Martinique battent ,
les
à la Grenade, 61. Ils y de TIe de
Caraibes, 65. S'emparent chaffent les Elpala Tortué, 82.En
air de rile
gnols, 86. Le mauvais
déferter, &
de Ste Croix les forceàla 1at.Parta
120. Ils s'y récabliffent, Martin avec les
gent Fifle. de Saint Trahifon des CaHollandois, 142.
contre eux,
raibes de la Martinique
174 Et
Ils évitent leurs pièges ,
172.
ravagent
les taillent cif piéces 175-1lst
lIle de Nieves,
G
Abaret (M. de) cft de l'expédition un vaifGa Nicves, & commande
la
feau de guerre 274 Eft Il gouverne mis en. arrèt
Martinique, > 286.
Général
Monfieur de Phelipeaux
par des Ifles,
à S. Chriftophe a
Giron bat les Anglois
de) chaffe les AnGrancey ( le Marquis
245. Et cnglois de Maric-galante,
175-1lst
lIle de Nieves,
G
Abaret (M. de) cft de l'expédition un vaifGa Nicves, & commande
la
feau de guerre 274 Eft Il gouverne mis en. arrèt
Martinique, > 286.
Général
Monfieur de Phelipeaux
par des Ifles,
à S. Chriftophe a
Giron bat les Anglois
de) chaffe les AnGrancey ( le Marquis
245. Et cnglois de Maric-galante, --- Page 416 ---
TABLE
voyé en France par M. de Baas, 9
La Grange
Fremanreau, trompe M. de
Poincy, 56. qui P'arrête & le renvoye
en France,
La
Guarigue, 3 Capiraine, arrête le rebelle Dubiffon aS.Chriftophe,
Guitaut (le Commandeur de ) fuccéde 171 à
M. de Blenac. Sa mort,
H
H Aquet (M.) cft envoyé à Sainte
Aloufie, eft bleflé par les Sauvages, & meurt à la Martinique, 75
Herbelay ( M.d') exige des droits injuf
tesdla Guadeloupe, que M. de' Tracy
abolit 3
Hiftoire funefte de quelques François,
exilés par M. dePoincy dans les Vierges,
I26
Hollandois. Veulent s'emparer de l'Ile
de Sainte Croix, & en font repouffez
II2. S'emparent de l'Ie de Saint
Marrin, 139. Sont obligés de la
tager avec les François, 142. sEmt
parent de Cayenne, 2 I80. M,de Tracy lcs oblige de la quitter,
Hotman (M.) vient trouver M. de
Fontenay fon frere à la Tortue, 93.
Deffend cette Ille avec fon frere con- --- Page 417 ---
DES M LATIERES. Eft donné 409 en
tre les Epdenols, 96.
1O3
orage aux Eipagnols, des Colonies aux
Houel (M.) ) envoye & à Marie-galante,
1fles des Saints, Marie-galante, 148,
145aFait fortifier de Létoile aul fecours des
Envoye M. chalfe les Caraibes, 153
Saints, qui en la propriété de la GuaIl fait acheter la fait fortificr, 160. Il
deloupe, & M. de Tracy, & palfe en
y France, reçoit 208. Son accommodement
avec la Compagnic,
I
Viennent avec une armée
Ndiens.
de Pifle de
pour chaffer les François
Saint Chriftophe 2
K
Capitaine des Caraibes
Erouanne,
reçoit M. du ParK dela Grenade,y & fait! la guerquet, 61. S'en repent,
Ic aux François,
L.
Andoniere, eft défait par les E(-
L
dans la Floride, & revient
pagnols
gn France, --- Page 418 ---
TABLE
Larnage (M.de ) Gouverneur de la
Grenade,
Loline (M.de ) arrive àla Guadeloupe,
38. Déclare la guerre aux Caraibes,
qui lui réiifit mal,
Lifte des Gouverneurs de la Martinique
depuis la rétinion des Ifles au domaine
du Roi,
Des Gouverneurs de la Guadeloupe - 2
-
Des Gouverneurs de Saint CHAZ
rophe,
Des Gouverneurs de la Grenade,
Des Gouverneurs de Marie-galante,
Des Licutenans de Roi& Majors,
Des Medecins entretenus par le
Roi,
Du Confeil Supérieur de la Marsinique,
M
D E Machaut Gouverneur dcs Iles,
envoye du fecours àla Guadeloupe, menacée parles Anglois, 272.Sa
mort,
284.
Madere. Defcription de cette Ifle, 192.
-
Des Gouverneurs de Saint CHAZ
rophe,
Des Gouverneurs de la Grenade,
Des Gouverneurs de Marie-galante,
Des Licutenans de Roi& Majors,
Des Medecins entretenus par le
Roi,
Du Confeil Supérieur de la Marsinique,
M
D E Machaut Gouverneur dcs Iles,
envoye du fecours àla Guadeloupe, menacée parles Anglois, 272.Sa
mort,
284.
Madere. Defcription de cette Ifle, 192. --- Page 419 ---
418).
DES MATIERES, refted PAmeMarais (le Pere ) Jeluitc,
la converpour
rique Seprentrionale
fion des Sanvages, de) > tue le Capitalne
Mareuil (leficut M.de Baas.,
des Gardesde
du ficurle Vaffeur,
Martin, Capitaine
Talfaffine,
Intendant des
Du Matz de broilleries Goimpy > avec le Comte
Illes, fes
Eft rappellé en Frande Blenac,254
ce >
le voyage de la mer du
Mémoire pour
Sud,
ainti
Montagne des Accords, 2 pourquoi 142
appoliée,
le Roi à réinir
Mouifs qui ont Domaine. engagé
les Ifes à fon Chevalier de) eft envoyé
LaMotte (le
à Sainte Croix,
par M. de Poincy il trouvela Cotrifte état dans lequel
lonic,
N.
e
marons de la Barbade, > reà PIle de Saint Vincent, reenN ERRA
poulfent les troupes Françoifes 299. Forcent
les chaffer ,
voyeespour) Cataibes d'abandonner) lilc, 309
lcs --- Page 420 ---
TABLE
O
Fficiers du Fort Saint Pierre de la
Martinique :
Du Fort Royal,
Ibid.
De l'Amirauté,
Ouvernard Capitainc Anglois de Saint
Chriftophe, eft battu par M. d'Enambuc,. & fait un traité de partage
avec lui,
Ouvernard fils du précedent, forprend
Sainte Aloufie, 211. 8c y meurt de
mifere,
Ordonnance contre les Caraibes, 218
P
P Anié d'Orgeville, Intendant des
1fles,
Parquet (M. du) deffend lIle de Saint
Chriftoph eartaquée parlesEfpagnols
eft fait prifonnier, & meurt de fes
bleffures, >
DuParquet ( frere du précedent) arrive
à la Martinique , 52. En eft établi
Gouverneur par la Compagnic, 54.
Prendpolfefion de PINe dela Grenade, 61. Ye envoyc M. le Comte pour
Gouverneur, qui force les Caraibes
:
d'en
M. du) deffend lIle de Saint
Chriftoph eartaquée parlesEfpagnols
eft fait prifonnier, & meurt de fes
bleffures, >
DuParquet ( frere du précedent) arrive
à la Martinique , 52. En eft établi
Gouverneur par la Compagnic, 54.
Prendpolfefion de PINe dela Grenade, 61. Ye envoyc M. le Comte pour
Gouverneur, qui force les Caraibes
:
d'en --- Page 421 ---
DES MATIERES. 413 le
d'en fortir, 66. Oblige le fieur
Fort d'en : quirter le Gouvernement $
de Rouffelan à Sainte
6g-EnvoyeM.
Aloufic, 72. Eft fait prifonnier achete" par la
M. de Poincy > 124. Il
Martinique , 161. Sa mort, fe brotille
Patoulet Intendant des Ifles ,
révoavecle Comte de Blenac, & eft
qué,
lc Marquis de ) Généraf
Phelipeaux arrive (
à la Martinique, 286.
des Ifles, aux arrêts M. de Gabaret,
Fait mettre
Dabucà Monfarrat,
287: Il envoye témoin d'un combat que ce287- irendàun Eft
vailfeau Anglois, 288.
lui-ci
Sa iort,
eft fait Lieutenant de la
Du Pont ( M.)
bat 2 les Caraibes 2 9
Martinique, > 48.Y
Eft
Et fait la paix avec eux 2 SJ.
ta prifonnier par les Efpagnols, 5%
Poincy (le Commandeur de) eltenvoyé de Saint
la Compagnic à l'Ifle
par Chriftophe, en qualité de Lieutenant
Généralfur toutes les Ifles, 56. Arrive
à la Martinique, à la Guadeloupe E
&c enfin à Saint Chriftophe, 57.
brouille avec M. de la Grange C,
sy Envoye àla Tortue M.I le Vallcur,.
quis'en 58.
empare > 82. Ily envoyele
Chevalier de Fontenay. après la mort
Tome V.
S --- Page 422 ---
TABLE
de M.le Vafleur, 90. Rétablit la Colonie de PIfle de Sainte Croix, , 117.
Etablit les Colonies de Saint Martin
& de Saint Barthelemy 3 124. Ilexile
un bon nombre de fcs gens dans les
Ifles dcs Vierges, 126. Ilachete l'Ifle
de Saint Chriftophe, & d'autres dont
il fait préfentàl'Ordre de Malte, 162,
Sa mort,
Poulain Capitaine d'une Compagnic de
la Marine, eft tué dans une action à
Saint Vincent 2
Projet d'une Colonie au Détroit de Magellan, &. fur les côtes inhabitées du
Chily 5 345. Déclaration du Roi touchant ce projet s.
Q
Ualités des ficurs Houdin & de la
Martiniere,
R
(le Marquis de) nommé Gé
R AEXS des Ifles, s'embarque àla Rochelle, 257. Fait fortifier la Martinique, 258. Va au fecours de la Guadeloupe attaquée parles Anglois, 260.
La délivre,, Scelt pourfuivi par les
ellan, &. fur les côtes inhabitées du
Chily 5 345. Déclaration du Roi touchant ce projet s.
Q
Ualités des ficurs Houdin & de la
Martiniere,
R
(le Marquis de) nommé Gé
R AEXS des Ifles, s'embarque àla Rochelle, 257. Fait fortifier la Martinique, 258. Va au fecours de la Guadeloupe attaquée parles Anglois, 260.
La délivre,, Scelt pourfuivi par les --- Page 423 ---
E S. 475
DES MATIER
à la Martinique,
Anglois, en revenant: du mal de Siam, 264
261. Il meurt
defcend dans la
Ribaut (le Capitsine) érablit, 11. En eft
Floride, & sy
pris prifonchaffé par les E(pagnols,
nier & écorché, des Ifles, traite mal
Riconarintendant
qui le
les habicans delMattinique, 294
renvoyent en France, Aloufie, &y eft
La Riviere > va à Saint
affalliné par les Sauvages, fesbonnes
Robert Iatendant des Iiles,
manieres,
de la
Le Roi confirme le Gouvernement d'Enambuc, fls aiMartinique à M.
né de M. du Parquet,
M. de Baas,
Rolinadec (M. de) puni par
d#) fait réfoudre d'abanRoffey (M. de Saint Chriftophe, 32
Roulfelan donnerlille ( M. de ) eft envoyé à Sainte
Aloufic pour Gouverneur >
S
Commandeur de) fuccéde
Ales Monfieur (le
de Poincy, pour comS à
169. 1ly
mander à Saint Chriftophe, naiffante, & eft
reprime une fédition
bleffé,
Sij --- Page 424 ---
TABLE
Serpens. Incommodent beaucoup les
François à la Martinique,
Silvacane, Intendant des Illes, - T
Hemericour ( M. de) eft fait Gouverneur de Maric-galante par la
Compagnie >
Thibaut Capitaine du fieur le Vaffeur,
l'affafline, 88. Se bleffe en tirant une
grenade,
94;
Thoify-Patrocles (1 M. de) - J envoyé par
lc Roi pour relever M. de Poincy, : eft
renvoyé en France >
Tracy (M.de ) eft nommé par le Roi
pour chaffer les Hollandois de Cayenne, 181. Belordre fur fa flotte, 184.
Sa reception à l'Ile de Madere, la
mime. Son arrivée à Cayenne, 199.
Fait fommer le Gouverneur Hollandois de rendre l'Ile > 200. Ilaborde
al la Martinique, 203. Ily fait prèter
ferment de fidélité au nom du Roi,
par les Habirans, 204. Il y rétablit
lajuftice, 205. Il vaal la Guadeloupe
207. Envoye M. Houel en France,
208. Ily rétablit l'ordre, 209: Ety
fait entrer lcs troupes du Roi, 213.
Envoye des troupes sa Maric-galante >.
le > 200. Ilaborde
al la Martinique, 203. Ily fait prèter
ferment de fidélité au nom du Roi,
par les Habirans, 204. Il y rétablit
lajuftice, 205. Il vaal la Guadeloupe
207. Envoye M. Houel en France,
208. Ily rétablit l'ordre, 209: Ety
fait entrer lcs troupes du Roi, 213.
Envoye des troupes sa Maric-galante >. --- Page 425 ---
DES MATIERESI Châtie les
& y remet. l'ordre, Ifle, 214- 216. Fairune
huguenots de cette les Caraibes, 218.
Ordonnance contre
Affemblée
Arrive à la Grenade ,219. pour metàla Marrinique,
de
quilriene
en polletion la
tre la Compagnie. En fait de même à
FIfle, 227.
Guadelonpe,
V
eft envoyéà la
Alminiere (M.de) de GouverV Grenade en qualité
neur ,
Général des Illes, excite
La Varenne
dela
SRE
fes.manieres, les habirans & eft rentinique à fe foulever,.
voyé en France,
à la Toree
Le Valfeur (M.) effenvoyé de
& en chafle les
par M. de Poincy, forrific, >
83. Batles
Anglois: > 82. La veulentl'en chaffer, 86.
Epagnoliqu
Thibaut &
Adopte fes Capitaines,
S8
Martin, qui Tatladinent, M. dePoincy
Vaugalan. Eft envoyé rile par de Sainte
attaquer
2 114: Il eft
Ecis, & s'en empare & meurt,
trompé par M. de Poincy,
Vincent (M.) eft enbidavenarde --- Page 426 ---
413 TABLE DES MATIERES.
la Grenade par M. de Tracy, 220, Sa
fermeté envérs les Caraibes,
2ZI
Y
V Berville (M. d') arrive aux Ifles
avec une Efcadre, & joint celle de
M. de Chavagnac, 277. Son
dition à lIle de Nieves, 278.
expédition dans la Baye de Hudfon s
330. S'empare du Fort des Anglois,
334. Revient en France,
Fin de la Table des Matieres de la
cingniéme Partie.
Dc lImprimerie de CH.JPAN-BAPT, DELESPINE,
Imp. Lib, ord. du Roy, rue Saint
Jacques, au Palmicr, 1741. --- Page 427 --- --- Page 428 ---
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E742
LU4A
V.5 --- Page 430 --- --- Page 431 ---
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