--- Page 1 --- --- Page 2 ---
4. 72
SARDEO
Obhor Pmnas
Brrn
--- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
N OU VEAU
VO YAGE
AUX ISLES
DE L'AMERIQUE
CO NTE. NANT
L'HISTOIRE NATURELLE DE CES PAYS;
l'Origine 9 les Mceurs, la Religion & le Gouvernement. des Habitans anciens & moderness
LesGuerres &lesEvenemens finguliers quiy font
arrivez pendantle féjour quel YAuteur ya fait.
Par le R. P. L. A B A T 9 de lOrdre
des Freres Préchewrs.
Nouvelle Edition augmentée confidérablement 5 & en:
richie de Figures en Tailles-douces,
TOME QUATRIEME L
A-PARIS, RUE S. JACQUES,
Chez GUILL AU ME GAVELIER Perc,
Libraire 1e s au Lys d'or.
M. DCC X LII
Avec Approbation 6 Privilege du Roy. --- Page 8 --- --- Page 9 ---
TABLE
X 6 a
*** d
TABL EeR
UHENA
DES CHAPTERES
de la quatriéme Partic.
CHAP. I. D Es Snereries, e de leur
Eqipage >
I
Des diférentes efpéces de Sacres
Du Sucre Teire,
Du Sucre Palfe,
Des Sucres de Sirop e d'Ecumes, 12I
Du Sucre Rafiné,
Dx Snere Royal,
Dn Sucre Tappé,
Du Sucre Candi,
Prodnit d'une Sncrerie : 7
De LEax-de-Vie de Cannes,
Etat des Négres qui font néceffaires dans
nne Habitation ?.
Emploi des Négres 6 des Négreffes, 174
Dépenfe nécefaire pour la nourriture 6
entretien de cent wingt Efclaves, 196
Compte de la dépenfe d'une Habitation
fournie de cent wvingt Négres,
Mannfatteres gue fon pourroit établir
anx Ifles,
CHAP. II. Marchandifes propres anx
Hfes, cfar lefquelles ily a un profit
Tome IV.
a ij --- Page 10 ---
DES CHAPITRES.
CHAP. confidérable III. afuires a
28S
de Siam) Efet LAmenr eff ariaqnué du mal
Detoifean prodigicic du Tonmerre.
gans de teineure appellé Colibry. Des BurJrang C à cau, > G des Liannes 2
CHAP. IV. De la
mes de Raguertes. Cochenille De
Des Pomcée,
la Lianne perCHAP, V. Du
fruit. Du Fignier Cbisaigrier d de fon
tacher,
fansnge, Gides PIf
CHAP. VI. Defcente d'un
glois a la Cabeferre de la Corfaire AiAllamme canfée
Martinigue.
CHAP. VII. Arrivte par 1n Serpent,. 370
néral de n0s Miffont, du Sapérieur Gé
vigue de Saint
6 de LArchetale du Soleil, Domingue. Echipfe t0CHAP. VIII. IL arrive
perienr Genéral des 1E7 nowvean Surès Pricbewrs.
Millions des Fretrouve d'étre morda Darger o2 LAuteur fà
Diverfes
par nn Serpent.
CHAP. IX. remargues Des
fer ce fiajet. 400
onfe fert aux Efelaver Noirs dont
leur Pais, Leur IRes 9. du Commerce de
leurs danfes. Religion, leurs mewrs,
Comment 072 Comment on les achete.
infreit.
lestraite. Comment on les
MEMOIRES
Genéral des 1E7 nowvean Surès Pricbewrs.
Millions des Fretrouve d'étre morda Darger o2 LAuteur fà
Diverfes
par nn Serpent.
CHAP. IX. remargues Des
fer ce fiajet. 400
onfe fert aux Efelaver Noirs dont
leur Pais, Leur IRes 9. du Commerce de
leurs danfes. Religion, leurs mewrs,
Comment 072 Comment on les achete.
infreit.
lestraite. Comment on les
MEMOIRES --- Page 11 ---
RPJCB --- Page 12 ---
Ton. . 4pag.1.
GN2ES Eo2
Fourneaua cilernes
ct appentis
MW
D
:
Appentis
conrent go
frurneaus
B
Portes
ugamnad AImandes
pourporter
Citernes Coternes
les
N
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B . Fenestres
A S NS
C.Baepour
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B
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lerlamboau
Cannes.: :
1 a
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DAmM
Sirop
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B
Portes
Se Pey-2y --- Page 13 ---
mnUNONUUNEDNR 40 103)
M E M OIRES
DES
NOUVEAUX VOYAGES
FAITS
AUX ISLES FRANCOISES
DE L'AMERIQUE.
2YATRIEME PARTIE,
Continuation de la Fabrique
du Sucre.
CHAPITRE PREMIER.
DE'S
S UCRE R IE S
ef de leur équipage.
I Es Sucreries font de grandes
(alles voilines des
Moulins,
& quiy font quelquefois attachées 1e > oi font fcellées les
chaudieres, dans lefquelles on reçoit P
Tome IF,
A --- Page 14 ---
Nowveanx
aux
1696. on purific & on TERILS en Sucre Iles
moyen de la cuiffon le fuc des par le
qui ont été écrafécs au Moulin. cannes
Quand les Sucreries ont des Moulins
Difpofi. à eau, elles y
tions des autant
fontd'ordinaire attachées;
fourqu'on le
> onlesdoit faire de
neaux
peur,
des Su- maçonnerie, > & on les doit dilpofer de
creries, maniere, que les bouches des fourneaux
foientt toujours fousle vent, c'eft-à dire,
qu'elles doivent être couvertes par l'épaiffeur du bâriment, pour n'être point
expofées au vent alifé 5 qui foufle toujours depuis le Sud-Eft
NordEft. Elles doivent être jufqu'au hautes & bien
percées, afin que la fumée & les exhalaifonsquiselévente des chaudieres
la liberté dc fortir,
ayent
l'air
> y étant aidées
fenètres. qui entre par les portes & par fe:
Leur grandeur doit être
portionnée à la quantité du Sucre profon peut fabriquer en. deux ou trois ec
maines.
Soit qu'elles ne faffent gu'un corps de
bâtiment avec le Moulin à cau > ou
qu'ayant un Moulin à chevaux, elles en
foient éloignées de cinq ou fix toifes au
plus; elles doivent toujours avoir une
porte ou une fenêtre qui regdrde dedans, afin que le Rafineur; ou Sucrier
- puilfe voir ce qu'on y fait, &c y donner
ée à la quantité du Sucre profon peut fabriquer en. deux ou trois ec
maines.
Soit qu'elles ne faffent gu'un corps de
bâtiment avec le Moulin à cau > ou
qu'ayant un Moulin à chevaux, elles en
foient éloignées de cinq ou fix toifes au
plus; elles doivent toujours avoir une
porte ou une fenêtre qui regdrde dedans, afin que le Rafineur; ou Sucrier
- puilfe voir ce qu'on y fait, &c y donner --- Page 15 ---
Frangoifes de LAmérigue.
eommodément les ordres néceffaires; &
une autre porte pour en fortir les Su- 1696,
cres, & pour; les autres nfages. Autant
qu'on'le peut, il faurquil y ait une fenètre qui éclaire la dernicre chaudiere
où lc Sucre acheve de fe cuire,
que c'eft dans celle-là & dans fa voifine parce
qu'il reçoit fa derniere perfedion, &
od, par conféquent il eft abfolument néceflaire d'avoir du jour.
Quand les Sucreries font de bois, on
ne
fe difpenfer de faire de maçonnerie DERE côté où les cbaudieres font montécs avec deux retours de la
des
mèmes chaudieres. C'eft ordinairement largeur
le pignon. du bâtiment que l'on choifit
pour cet ufage.
Si l'on fuppofe qu'une Sucrerie aic
cingchaudieres, elles peuvent êtremontées à un. pignon, mais fi elle en a davantage > on doit les placer fur un long
côté,
chaque chaudiere OC-
"cupant
de
c'eft
e
terrain,
un
Top Hed
ef
pace de trente - cinq pieds pour cinq
chaudieres, qui eft confidérable poar la
largeur d'un Bâtiment, & qui croîtroit
exorbitamment, fi on excedoit le nombre de cinq chaudieres.
Suppofons donc une Sucrerie a cinq
chaudiercs montées au pignon > elle
Aij --- Page 16 ---
Nowveaux
aux
1696. aura trente - cinq Voysges a trente - Iles : fix
de large dans ceuvre , & on
pieds lui
donner cinquante pieds de pourra
la rendre commode &
long, a pour
propre tous fes
ufages, comme on va voir par le
que je vais faire de cc terrain. partage
du Fartage La largeur
ter. les
dupignon fera.ocupée
rain d'u.
cinq chandieres, qui
ne Sucreentreront
TOE
ric.
pieds dans la Sucrerie s - tant pour leur
diamétre, que pour l'efpace
laiffe
entre elles & le mur
qu'on
eft entre leur bord & , que le pour celui qui
les renferme au-dedans de petit la mur qui
Sucrerie
paralellement au pignon. C'eft tout l'efpace renfermé entre ces deux murs
qu'on appelle le glacis des chaudicres. 2 à
On laiffe enfuite un chemin ou
de neufà dix pieds de
clpace
le paffage ou chemin d'une large, tant pour
tre: > que pour mettre les canots porte à l'an- où le
Sucre brut fe refroidit avant
d'être
mis dans les barriques, ou que
lcs formes
l'on
pour planter
auffi-tôt
rempplit de Sucre
Gedfe eft forti dc la batterie
que pour la place néceffaire a ceux
Caternes travaillent aux chaudieres.
qui
pour re- de
Tour le relte
cevoir &
l'efpace jufqu'an pignon
conler- lui ou font les
oppofé à cevet les
chaudieres > eft creufé
Grops, jufqu'àlap profondeur de cinq à fix
& revêtu dans le fond & aux côtez pieds, de
-tôt
rempplit de Sucre
Gedfe eft forti dc la batterie
que pour la place néceffaire a ceux
Caternes travaillent aux chaudieres.
qui
pour re- de
Tour le relte
cevoir &
l'efpace jufqu'an pignon
conler- lui ou font les
oppofé à cevet les
chaudieres > eft creufé
Grops, jufqu'àlap profondeur de cinq à fix
& revêtu dans le fond & aux côtez pieds, de --- Page 17 ---
Françoifes de PAmbrigue.
5 1696.
bonne maçonnerie, pour en faire une
citerne bien étanchéc, c'eft-à-dire, qui
conferve bien les firops quiy y tombent,
fans qu'ils puiffent couler & fc perdre
dans la terre. On, couvre ce vuide avec
des foliveaux de
en quarré, éloignés l'un ETSE TRE de fix pouces, & entretenus dans deux foles adoffées, l'une au pignon & l'autre all mur
qui termine la citerne, & on les éleve
de maniere qu'elles foient un demi pied
au-deffus du niveau del'aire
oul du environ, refte dela Sucrerie. On les entaille de
des foliveaux ou elles.
toute lépailleur
font encaftrées; mais on neles y cheville
point , afin de les pouvoir lever pour
prendre ce qui fe trouve dans la citerne.
C'eft fur ces foliveaux qu'on met lesbarriques dc Sucre brut pendant qu'elles le fipurgent, c'eft-à-dire, pendant que! du
rop qui eft toujours joint tombe au dans grain la ciSucre, s'en (éparc &
faire de
terne. Onl ly conferve, ou pour
Tem-de-vie, ou pour faire du Sucre >
felonlhabileté du Rafineur. Mais quand
on travaille au Sucre blanc, on couvre
les foliveaux avec des planches, far lef
quelles on arrange les pots qui portent
les formes, où l'on met le Sucre
l'on laiffe Fanc
l'on veut blanchir, que
A - isj --- Page 18 ---
- 6
Nonzeanx
1696. dinaire dansla Froynger aHx Ies
au foir ou Dimanehe Sucrenie julqu'au Samedi
tranfporre à la
matin, qu'on le
fer plus long-tems Purgerie; dans car de le laif
courroir rifque de le voir la Sucrerie, on
par les fumécs &c pari les
s'engraiffer
chueufes qui fortent fans exhalaifons ceffe
ondieres. On fait encore des des Chaupignon, qui font attachées fenêtres a ce
vrent en dehors
& qui s'oul'efpace du' dedans, pour où nc rien ôrer de
avec des crochets
elles s'attachent
mées.
quand elles font fertécs Lepignone doit être ot les chaudieres font mondes qu'il doit contenir parragé en autant d'arcaafin d'yp
de Chanlieres,
des fourneaux. paigueriesboucherac les évens
pierre de taille On de fait ces arcades de
mur : elles fervent à toute le l'épaiffeur di
on accommode les fourneaux foltenir, quand
trée,
ou leur enle RIEOO desa qu'on eft obligé d'ouvrir -
tout
fcur. der. On voiraffez arcades pour les accommoneaux, leur ma- obligé de creufer deSucreries oul'on cft.
leur tiere & l'aire
cn terre pour trouver
portion, pro- dei incommodité desfournenusse ce qui eft unc granque dans le tems qu'il des faut éviter, parce
amaflent, gâtent les pluies les caux sy
chenr les
cendres, &
Négres de faire lcur devoir, empe
é d'ouvrir -
tout
fcur. der. On voiraffez arcades pour les accommoneaux, leur ma- obligé de creufer deSucreries oul'on cft.
leur tiere & l'aire
cn terre pour trouver
portion, pro- dei incommodité desfournenusse ce qui eft unc granque dans le tems qu'il des faut éviter, parce
amaflent, gâtent les pluies les caux sy
chenr les
cendres, &
Négres de faire lcur devoir, empe --- Page 19 ---
Frangoifes de PAmerigue. faut 7
une Sucrerie, il
1696:
Quand on bâtit
la
prendre tellement fes mefures, que
bouche des fourneaux foità trois pieds
hois de terre , afin que l'ouverture du
cendrier foit élevée d'un pied au-deffns
du rez de chauffée de Tappentis qui coufourneaux. La bouche de chaque
vre les
doit avoir vingt
en
fourneau
quarré. Lc feuil eft
pierre de la
TET
de taille d'un pied d'épailfeur &
largenr du mur ; & pour la conferver. les
plus long-fems, > & empêcher que
bois qu'on palle deffus en les jettanedans
les fourneaux, nela rompent, bandes on garnit de
fon deffus de deux ou trois
fer. Ce feiil eft porté far deux pieds
droits de mème matiere, ou de brique auffi
laiffent entr'eux une ouverture
1. vinge pouces en quarré; c'eft par cetqu'on retite les cendres &
te ouverturere tombent du fourneau en
charbons qui
paffant aul travers desgrilles : 8cc'eftanili
Pair s'introduit dans le fourpar-li que allumer le bois. Le feuil dont
neau viens pour de parler porte deux pieds
je. droits de pierre de talle de mème larde même épaiffeur, & de vinge
geur, de hauteur, fur lefquels eft appuyéle pouces linteau qui forme la bouche du
fourneau. Il faut prendre garde que touA 1v --- Page 20 ---
Nonuean
4696. tes les pierres de
AHX IRes
dans la conftruction des qu'on employe
a foient douces, & ne foient fourneaux y
s'éclater ou a fe calciner. pas fujettes
fâtre du fourneau eft
L'aire ou
res de taille d'un
compofé de pierpied en
lefquelles on laiffe trois quarré, entre
de pour lepallage des cendres pouces de vuiOn le fait
& del'air.
quatre
quelquefois de fer fondu de
Pouces en quarré,
guelun de l'autre de deux quel'on éloicette dépenfe eft confidérable pouces. Mais
parce que le fer fe
& dure
par
Eul l'ardeur
confommeal.
qui eft allumé nuit continuelle &
du feu
fourneau eft ronde
jour. L'aire du
par lc bas eft égal à celui 2 & fon diamétre
chaudiere qui doity être du haut de la
du fourneau eft
placée.Le refte
taille taillées en ceintre compofé de de pierres de
PSL clle & fait à peu près la même voute (phéridiere étoit parfaite 1 > que fait la figure, chanchaudiere gu'elle renferme : mais comme la
rend la figure n'y du entre qu'à moitié > elle
fourneau
tronquée. Les meilleures imparfaite &
puilfe employer pour faire pierres ces
qu'on
far les Maçons appellent Serces, ceintres,
pierres de taille
> font
ne s'éclatent
grifes, tendres,
point au feu, & qui tien- qui
peu près la même voute (phéridiere étoit parfaite 1 > que fait la figure, chanchaudiere gu'elle renferme : mais comme la
rend la figure n'y du entre qu'à moitié > elle
fourneau
tronquée. Les meilleures imparfaite &
puilfe employer pour faire pierres ces
qu'on
far les Maçons appellent Serces, ceintres,
pierres de taille
> font
ne s'éclatent
grifes, tendres,
point au feu, & qui tien- qui --- Page 21 ---
Fyançoifes de PAmériqne.
On1696. 9
rent de la nature de la pierre-ponce.
fe fert de briques qui durent affûirément
plus que les pierres quand elles font
bien faites. A huit ou neuf pouces audeffus des grilles, & à un pied & demi
de diftance de chaque côré de la bouche, on coupe dansles ferces des ouverties de quatre à cinq pouces en quarré,
qui fervent d'entrées à un canal qui fc
communique avec celui de la chaudiere
voifine, & n'en compofe plus qu'un s
dont Pifue eft dansle mur entre lest sbouches des fourneaux: , mais environ deux
pieds plus haut: c'eft ce que l'on appelle
les évens, par ou la fumée des fourneaux
s'exhale. Onles fait de bonnes briques,8c
on fait avancer huit ou dix pouces en dehors, une pierre au-deffius de leur ouverture, pour rabattre la Aame qui en fort,
quand ils font bien échauffez, & pour
empècher qu'elle ne monte juiqua la
charpente fourneau de l'appentis. étant élevéà une hauteur Maniere.
fuffifante Le
le vuide qui refte de ter mon- les
>
que foit
chaudieau milieu ECa fa route
exaétement res.
rempli, en y polfincldchandiere. &ly
faifant defcendre du tiersde fa hauteur;
on l'y arrète après l'avoir bien mis de
nivean, &-on la (celle tout autour avec
des tuileaux & desbriques, fansy laiffer
A y --- Page 22 ---
IO Nomveanx
1696. aucun vuide: fur Faager quoi il faur anx bieh Ifles
dregardequel les Maçons
la circonférence de la garniffent FeTes
fon entrée dans la voute chaudiere,d du
depuis
jufqu'à fes bords, avec de bons fourneau, maté- D
riaux qui réfiftent'an feu, fans fe
& fans
fondre
loux & s'eégrener, le tuf,
comme font les cailrive, il fe fait Tered
quand ccla aroi la
SOREL
entre, & qui ne trouvant
flâme
comme elle fait autour de point la d'iffue,
la chaudiere qui eft dans le partie de
brâle la chaudicre. C'eft à fourneau >
peut être trop exact,
quoi on ne
caufe de la perte de la non-feulement à
éncore par le retardement chaudiere, mais
fe,quand on
que cela caulin &c de cefferd eftobliged'améterl faire du
le Moubonne faifon,
Sucre dans la
diere, &
pour démonterune chauneau ;. ce pour raccommoder un fourquielt un retardement &
perte de quinze jours au moins', une
qu'il en faut du moins douze à s la parce
çonnerie nouvelle pour fe fécher, made pouvoir en fireré
avant
Rr
e
y allumer le
& Noms gran- La grandeur des chatidieres eft
deurs des rente : elles diminuent de
difféchaudiediamétre & de
res. - chent profondeur à mefure qu'elles
de celle où le fucre reçoit 2ISOE fa
fourquielt un retardement &
perte de quinze jours au moins', une
qu'il en faut du moins douze à s la parce
çonnerie nouvelle pour fe fécher, made pouvoir en fireré
avant
Rr
e
y allumer le
& Noms gran- La grandeur des chatidieres eft
deurs des rente : elles diminuent de
difféchaudiediamétre & de
res. - chent profondeur à mefure qu'elles
de celle où le fucre reçoit 2ISOE fa --- Page 23 ---
Françoifes de l Amerigne.
If
niere cuiffon: dans un équipage de cinq 1696.
chaudieres
compris la batterie, la
2 y
la grande, & qui
premiere quronappelle
l'eft en cffet plus que les autres, a quatte
pieds de diamétre, & la quattiéme n'en
a que deux & trois quarts. Leur profondeur fuit a
prèsles mèmes proportions, de oRE que fi la grande a trois
pieds de profondeur, la quatriéme n'en
aura que deux. On ne les met pas toutes
de niveau. On obferve de donner un
pouce & demi de. pente à chacune 5
commençant à la batteric, afin que-le
frop quiséleve en boûillant, 8 s'extravale, coule vers celle qui eft à côté, fans
la pouvoir gâter par fon mélange. com- des
me cela arrivéroit 6 la pente alleit
premieres chaudieres 26 , oû le véfou ou
jus de Cannes eft moins purifié, & s'il
tomboit dans celleoù illeft davantage,
ou enticrèment.
Ainfi dans une Sucrerie de cinq chaudieres la batterie eft plus haute que la
grande d'environ feptpouces, de maniere que fi le glacis qui environne demi les
chaudieres, eft de deux pieds &
plus haut que le pavé de la Sucrerie devant la batteric, il ne fera pas élevé de
deux pieds devant la grande. L'aire des
fourneaux n'eft pas non'] plus de niveau,
Avj --- Page 24 ---
12 Nonvcaux
1696.parce
la diftancé Fayages anx Ifes
qu'au Ronal de la chaudiere, depuis l'aire jnf
plus grande à Ia batterie,
doit être
autres
qu'aux
chaudieres, en diminuant de
pouces à
deut
chacune.
Ainfi dans la fuppofition
ric à cinq chaudieres,
d'une Sucreavoir vingt-huit
> la batterie doit
dire, , que depuis poucesde la
feu, c'eft-àjufqu'an fond de la chandiere, fuperficie des grilles
avoir vings-huit poucesde
ildoit y
dant que la grande
eft dilance.pene la
n'en aura que FARtEN La raifon prenière, decette >
diminution vient de deux canfes:l la
miere, que.la grande chaudicre
pour l'ordinaire
EURE
pailles ou des
chauffée qu'avec des
avec du menu bois, bagaces, & la feconde
firoient
les ces matieres ne fuf
pour les
boiillir échauffer alfez, &
s fi
EPLIRtL
plus confidérablement
elles étoient
delâtre de leurs fourneaux. élevécs au-deffus
la grandeur deleurs
La feconde,
Rcinden une
fourneaux con-,
matiere, fi on rIO3.E grande faire quantité de
feu Gi haut : au lieu que les trois monter le
étant échauffées avec da
autres
leurs fourneanx étant
gros bois, 3 &
que les diamétres des plus petits, à caufe
Kenferment, le font aufli, chaudieres il faut qu'ils
récom-
delâtre de leurs fourneaux. élevécs au-deffus
la grandeur deleurs
La feconde,
Rcinden une
fourneaux con-,
matiere, fi on rIO3.E grande faire quantité de
feu Gi haut : au lieu que les trois monter le
étant échauffées avec da
autres
leurs fourneanx étant
gros bois, 3 &
que les diamétres des plus petits, à caufe
Kenferment, le font aufli, chaudieres il faut qu'ils
récom- --- Page 25 ---
Françoifes de PAmerigue.
penfer cette, diminution du diamétre 3 1696.
fourneat par fon élévation, afin
la
famme
fort du
ne
pas
dler
qui
bois,
étouffée, qu'elle envirorine bien tout
le fond de la chaudiere qui paroit dans
la capacité du fourneau > &c-qu'elle y
agifle le plus fortement & le plus vivement qu'il eft pofible.
Ces proportions obligent prefque toujours d'angmenter la hauteur des bords
des" chaudieres avec des briques & dcs
carreaux que lon taille > & que l'on
pofe de maniere qur'en faifant le tour
des bords elles en augmentent confidérablement le diamétre en l'évafant. On
appelle cette augmentation un euvage. pour Euvage auOn fait ordinairement celui de la bat- gmenicz
teric, de pierre de taille, afin qu'il foit teur la hau- des
plus propre > & qu'y ayant moins de chaudiejoints qu'à ceux qui font faits de bri- res.
ques, ily ait aulli moins de danger que
le mortier quil les joint t, s'égrene en cuifant, & tombe dans le fucre. On joint
tous les euvages les uns aux autres depuis le mur du pignon jufqu'au petit
mur interieur par un pavé de carreaux,
ajuftez de maniere que le firop qui
échape de la batterie, tombe dans celle
quieltà côté d'clle, & ainfi de fuite juf
qu'a la grande.
res.
ques, ily ait aulli moins de danger que
le mortier quil les joint t, s'égrene en cuifant, & tombe dans le fucre. On joint
tous les euvages les uns aux autres depuis le mur du pignon jufqu'au petit
mur interieur par un pavé de carreaux,
ajuftez de maniere que le firop qui
échape de la batterie, tombe dans celle
quieltà côté d'clle, & ainfi de fuite juf
qu'a la grande. --- Page 26 ---
a 14 Nonveas
1669. Ily a des Tayiger anx MRles
où l'on ne travaille Suereries, fur tout celles
Dalle ou où l'on
qu'en Sucre
dalor
pratique une dalle
brut, 2
pour 1c- carreaux, - ou avec
faite avec des
cevoir
des pierres de
les éct- danslepaifeur du petit
taille >
mes, -renferme les
murinterieur qui
on met leurs éeumes, chaudieres, dans laquelle
enléve avec les
àn inefarequon les
qu'on donne à cette écumoires. dalle, La pente
ler, & lesconduit dans
les fait cOltdans une goutiere
un réfervoir, - ou
naigrerie. C'eft ainfi qui les porte à la Vilieu oi l'on fait
qu'on appelle lc
mon avis, feroit mieux l'eau-de-vie' > qui à
tillatoire. Mais cette appellé un dif
ne m'a jamais
maniere de dalle
Sucreries, & de plà, & je l'ai ôté de nos
de faire faire
celles où j'ai été ptié
ce qu'elle rend quelques réparations,
totjours le
propre, & fert de
glacis Fr
aux Rafineurs & prétexte ou d'excufe
les teprend du aux Négres, quand on,
de tenir le
de foin gu'ils ont
couvrir
shcine bien net. Javois
des
tous ceux de nos Sucreries fait
nappes de plomb, tous unis avec
Meilleu- dalle, &c je faifois
& fans
re ma- dans des
mettre les
niere
bailles,
écumes
pour te- elpéces de
cef-a-dire, dans des
nit le pouces de demi-feanx fans anfe, de huit
glacis
haut far quatorze à
propte, diamétre, quel'on
quinze de
tenoir à côré de cha-
des
tous ceux de nos Sucreries fait
nappes de plomb, tous unis avec
Meilleu- dalle, &c je faifois
& fans
re ma- dans des
mettre les
niere
bailles,
écumes
pour te- elpéces de
cef-a-dire, dans des
nit le pouces de demi-feanx fans anfe, de huit
glacis
haut far quatorze à
propte, diamétre, quel'on
quinze de
tenoir à côré de cha- --- Page 27 ---
Françoifes de l Amérigue.
chandiere, & quél'on vuidoit fclon 1696.
fo qualité des écumes ou dans une goutiere qui les portois àla Vinaigreric, > ou
que l'on réfervoit dans des canots, > ou
dans une chaudiere montée exprès &
féparée des aurres,oi on les faifoit cuire tous-les matins, comme je le dirai
en fon lieu.
T
Les glacis de cette forte fe nétoient facilement; & il eft d'une néceffité abfolue
d'y avoir l'ail, fans s'en rapporter beaucoup - aux Rafineurs & aux Négres qui
T'oublient fouvent, oul le négligent aux
dépens du Sucre de leur Mattre, dans
lequel ccs écumes retombent, 8c ne manjamais de le'gâter. à
Rien ail refté
Sp plus aifé que de tenir le glacis propre, anfli bien que lcs chaudieres, puifqu'il ne faur
jetter une baille d'eau
dans les IEE à melure qu'on les
vuide, la laver & frotter avec un balai,
aufi-bien-que fon cuvage & fon glacis, 2
& retirer l'eau avec la cuilliere 2 pouf
être affuréque le Sucre ne s'engrailfera
point, &c ne contraétera aucune mautvaife qualité > ni aucune ordure, fans
que. cette manceuvre confomine une
demic-heute de tems en vingt- quatre
heures, quand bien on la feroit cinq
ou fix fois. --- Page 28 ---
16 NoAveux
1696. Les chaudieres Kropages font aux Hes
& Matiere leur
fe
de cuivre
des'chau. poids Une épaiffeur chaudiere régle par leur rouges.
dicres, vres fera épaiffe du poids de trois grandeur, cens lifur le bord, & environ. comme un écu
dans le fond. plus de deux fois autant
Les bateriesfont
fes; elles font
beaucompp plus
>
fonducs, &
épaic.
au lieu que les autres tour dune
de
EA
plafieurs piéces
chaudieres
teau, & jointes enfemble battuesau marrivezdt tête plate, Le
eavec des clous
quand on les achete prix des chaudieres,
commc celui des
aux Ifles, fe régle
felon letems de autres marchandifes >
la quantité dont paix les ou de guerre, felon
venr
>
chargez, & felon Marchandssen trouachetenr, peuvent les que ccux quiles
ou en differer
Payer comprant,
J'en ai acheré à long-tems le Payement,
quante fols la livre quarante-cing & à cinvoyois vendre à d'aucres , pendant que je les
francs & davantage.
julqu?a quatre
Queigues années
Chaudie. des ifles, on y
avant que je partiffe
res de fer res de fer.
avoita apporté des
leur
Ceux qui en
chaudiecommo difoienr qu'ils s'en
avoient acheté,
leurs dité dé & verité elles ont cela trouvoient de
bien. Ala
fauts, coûrent
commode
tes à fc brûler peu > qu'eiles ne font pas qu'elles
3 & que quand on arrère fujet-
ulqu?a quatre
Queigues années
Chaudie. des ifles, on y
avant que je partiffe
res de fer res de fer.
avoita apporté des
leur
Ceux qui en
chaudiecommo difoienr qu'ils s'en
avoient acheté,
leurs dité dé & verité elles ont cela trouvoient de
bien. Ala
fauts, coûrent
commode
tes à fc brûler peu > qu'eiles ne font pas qu'elles
3 & que quand on arrère fujet- --- Page 29 ---
Fvangoifes de Amérigué. 17
le Moulin le Samedi à minuit, on n'eft 1696.
passobligé de les remplir d'eau, comme fans
celles de cuivre, qui fe brûleroient aufli ces
Mais elles ont
cette précauition. quand elles font échauffées,
défauts, que d'eau froide fuffit pour
une cueillerée faire. fendre, de forte que Pon eft
les contraint d'avoir toujours une chaudiere
de cuivre pour la grande ou premiere celle-là
c'eft dans
chaudiere > le parce des que canaes en fortant
tombe du jus
oû il a été reçà en
T bac ou
canot,
tombant de la table.
craffeuD'ailleurs elles font toûjours
fes; la graidle du Sucre & les écumes s'y
attachent facilement 1 > & ne s'en détachent qu'avec peine , & emportent avec elelles les écailles qui tombent quand
les font vuides & échauffées. En troifiéelles font totalement inutiles
me lien, elles font fendues, & on ne peut
quand
ni - les employer à
ni les raccommoder,
aucun ufage.
des Ifles on a mis NolDepuis mon départ de fourneau qui veaux Fouren ufage une elpéce confomme peu de neaux,
chauffe bien, &
fourbois. Je n'ai pas : ces nouveaux
neaux s & ceux qui m'en ont parlé aflez >
n'ont pû m'en donner une idée
difince pour en faire ici la defcrip- --- Page 30 ---
18 Nomveaue
1696. tion, Je m'imagine Pajager Aux Hfes
qu'une corredtion, pourtant ou
que ce n'eft
dimenfions d'un
une cxtenfioneer
de cuifine dans fournean qui
dont. je
un Vaiffeau du fervoit
voici. peux faire ici la
Roi;
defeription : la
Cette machine,
pieds, large de longue d'environ
Four. étoit
deux, & haure de cinq
Acau
compofée de
trois,
d'un
deffus qui étoit
plaques de fer. Son
Vailleau, de cinq ou fix horizontals éroit percé
ouvertures de
différentes, > dans
grandeuts
foient des marmites lefquielles s'enchaf.
autres infttumens de >. des calleroles &
Gi
cuifine, fij jufte &
proprement étoit delfous > que la fumée du feu
2 bouts étoit ne pouvoitpaffer. L'un
geur de la
ouvert de toute la lara
ture n'avoit machinesn qu'un
mais cette ouverfermoit avec une pied de haut, & fe
bour n'avoit
porte de fer. L'autre
vers le haut qu'une perite
laiffer
, gainie d'un ouverture
lâtre paffer la fumée. Le tuyau pour
de la n'étoit point
plancher ou.
paralelle au. -
a
niere machine, de
s mais il montoit defus
bout à rampe, &
à en maun pied près fererminoie de la
l'aitre
allumoir le feu un
fuperficie. On
laporre, &cla flâme & peu la en dedans de
la Pente du plancher, chaleur foivane
fe porroiene tout
'un ouverture
lâtre paffer la fumée. Le tuyau pour
de la n'étoit point
plancher ou.
paralelle au. -
a
niere machine, de
s mais il montoit defus
bout à rampe, &
à en maun pied près fererminoie de la
l'aitre
allumoir le feu un
fuperficie. On
laporre, &cla flâme & peu la en dedans de
la Pente du plancher, chaleur foivane
fe porroiene tout --- Page 31 ---
Fyançoifes de PAmérique.
tout ce
étoit 1696.
le long > échauffoient
le
étoit
comme
tet
au-deffus d'eux 2 &
renfermé, il opéroit avec plus de vivacité & de force s de maniere qu'avec
rrès-peu de bois on faifoit botillir - cinq
ou fix marmites. Le rôti fc faifoit à la
bouche par le moyen de quelques CrOchets de fer qui fe tiroient, & qui fer-.
voient de landiers pour porter les broches. On avoit ménagé un four fous la
rampe & quelques autres commoditez.
Cet peuc-ètre far ce modéle qu'on a
bâti les nouveaux fourneaux que quelHabitans ont fait faire à leurs Suques creries dont on m'a affaré qu'ils fe
>
trouvoient tres-bien.
C'eft aux Anglois
lon eft redevable de la
cettc invention,
perfechion
dont les avantages font d'autant plus
confidérables que les bois de chauffage
devenant tous lesjours plus rares dansles
Ifles on auroir rété à la fin contrained'abandonnerla fabrique du Sucre, QlI d'al.
ler chercher des bois dans' les Mles des
Sauvages, ce qui auroit expofé les "habitans à beaucoup de peines & à de
grands frais. La voici avec le plan', la
coupe &c Pinftruétion pour une Sucreric à cinq chaudieres.
Sucrerie à
On fuppofe donc ici une --- Page 32 ---
20 Nonrveane
1696. l'ordinaire, dansl le Poynges AHY Mles
au lieu de percer gros mur de
neaux, il n'ya lesouverrures le
des
la
que feul
atedis
huit batterie qui ait une botche fourneau de
pouces de
2e
de dixhauteur. C'eft largeur s fir vinge de
toutes les
par ce feul fourneau
fées, & cela autres chaudieres font ech.te
qui ientrant dans parle le moyen d'un conduit
chandiere, & fe fourneau de chaque
à F'autte, fe termine communique de lune
qui eR en dehors de à une cheminée
neaux 3
l'appentis des fourLe diametre immeditemenf des
après lagrande.
de la grande, de la fourneaux par le bas
& du Grop, doit être
, de la lexive
diametre de
même
ARCRCS
par le haut, & chacune de Ces chaudieres que le
plus petite de quoique la batterie foirla
diamerre de fon ces cinq chaudieres, le
être plus grand fourneanty par le bas doit
& fix pouces plus que bas celuide la grande,
des quiatre
que les fourneaux
& fans grille. chandierese Ilne a. font de nivean
fournean de Ces
avoir à chaque
qu'une ouverture quarre chandieres,
quarré qui fert d'environ un pied en
cendres que la violence feulement à tirer les
porte.
des Aamines y
Cerouvertures doivent être exacle-
diamerre de fon ces cinq chaudieres, le
être plus grand fourneanty par le bas doit
& fix pouces plus que bas celuide la grande,
des quiatre
que les fourneaux
& fans grille. chandierese Ilne a. font de nivean
fournean de Ces
avoir à chaque
qu'une ouverture quarre chandieres,
quarré qui fert d'environ un pied en
cendres que la violence feulement à tirer les
porte.
des Aamines y
Cerouvertures doivent être exacle- --- Page 33 ---
Frangoifes de PAmbrique.
bouchées- avec deux pierres & de 1696.
ment
avant qu'on mette le feu
lat rerre graffe,
de maniere
au fourneau de la batterie 2
ni la
l'air n'y puiffe pas entrer >
ce
Timner en fortird de quelque façon que
puile L'ouverture être,
qui eft fous le fourneau
de la batterie, eft le cendrier où tombent
les cendres du bois qui sy confomme, de s
quipalflenr entrela diftance desgrilles
ce fourneau.
le'conduit qui
Il eft à remarquer que
communique d'une chaudiere à Pautre, s
vingt pouces de large à la batterie,
ayant
va toujours en diminuant) jufqu'àla de la
lc conduit
ERer
de, ou commence
fur
minéc, qui eft de quatorze pouces de
route la hauteur, de maniere quelair séleve
la cheminée attiré avec violence, elle
deffus, & étant ainfi refferrée,
par aletems de (éjourner fous chaque chaudiere, & dc la faire botillir auffi bien
fi on faifoit du feu fous chacune
que
comme on le yoit
d'elles en particulier,
dans les anciennes Sucreries.
une ouIly a en bas de la cheminée
verture de huità neufpouces en doit quarré être >
qui fertà tirer les cendres, Elle
aufli exaétement bouchée que les autres
allume le feu
cendriers > avant qu'on --- Page 34 ---
22 Nomveanx
1696, dans. le fournean Froynger :
aux - 'fes
par lefquels l'air car tous les évents
ticrement contraires Pcnt à entrer, font enfourneaux.
cette efpece de
La mallonneric
eft
de chaufféc julqu'au qui cendrier depuis le rez
minée quia huit à neuf
de la cheré, eft une maffe
en quarqui resmuen ladire
cheminée: élevéc, felon qui doit êtrc plus oumoins
moinsde cehuntiren la fucreric a plus ou
cheminée qui fert à c'elt-a-dire qu'une
doit avoir
cing, chaudieres,
pieds d'élevation, vingt- trois à vinge - quatre
fert qu'a quatre au lieu qu'unequi De
avoir que dix-neuf chaudieres, à
n'en doit
Mais toutes les vingt délevation,
cades, des
proportions dcs arconduirs, > des diamerres
fourneaux, , de la diftance
des
diere à l'autre, & la hauteur d'une chanminéc, 3 dépendent
de la.chebre des chaudieres ablolument & de
du nomC'eft en cela que confifte leur diametre,
l'ouvrier. qui fait l'ouvrage. T'habilecé de
Dansles
ou cing chaudieres, segeieaquinoantd les
quatre
barteric où fe
omrstets dela
doir être à
fait le fcu
doit être
un bout, & uniquements la
au bout oppofé, cheminéc,
Dansles Sucrerics où on peut mettre
éc, 3 dépendent
de la.chebre des chaudieres ablolument & de
du nomC'eft en cela que confifte leur diametre,
l'ouvrier. qui fait l'ouvrage. T'habilecé de
Dansles
ou cing chaudieres, segeieaquinoantd les
quatre
barteric où fe
omrstets dela
doir être à
fait le fcu
doit être
un bout, & uniquements la
au bout oppofé, cheminéc,
Dansles Sucrerics où on peut mettre --- Page 35 ---
Frangoifes de PAmeriqne.
dix chaudieres qui compolent deux équi- 1696.
dans la mêmc Sucrerie, on fait
pages milieu de
des fourneaux,
au touchant la lappentis muraille, une cheminée
& à deux tuyaux , de même hauteur chaque
que chacun d'eux fert pour
tuyau, parce
cinq Cela chandieres. eft fort utile & très-commode ,
faire marcher les deux
parce qu'on à teie fois, en échauffant les
équipages deux bouts où lesbatteries font placés.
Mais il faut pour cela que le moulin
fournifle affez de vefoul ou de jus de
cannes. Cela n'eft pas difficile quand on
2 a un moulin à eau, où l'eau ne manque
pas; & un nombre fuffifant d'efclaves.
Une Sucrerie à dix chaudieres a encore -
un avantage 5 5 c'eft qu'un des équi-
-pages venant à manquer par d'arrèter quelque
accident, .on n'eft
obligé
le travaii, on fe EAET l'autre en paflant
le feu de l'un à l'autre.
Il-y a des Sucreries où l'on ne peut fait
monter que neuf chaudieres, ce qui
deux équipager, l'un de cinq & l'autre
de quatre chaudieres.. La feule difference des fourneaux confifte dans la
cheminée qui ne peur
fc trouver juf.
tement au milieu du
mais
lnteuve
deux
E
doit ètre entre les
équipages --- Page 36 ---
24 Nonveau
1696. chaudieres, de forte Yoyages aux Ihes
d'un côté &
qu'ily en ait
quatre de
avoir un double
Tantre, clle dom
tuyau, mais celui
répond aux quatre chaudieres doit qui
plus court que celui qui
être
Érc en cela on doit faivre répond les aux cinq.
que nous avons marquées ci.devant. proportions
On voit par tout ce que nousavons
que c'eft avec juftice quel'on
dit,
nouveaux fourneaux, fourneaux appelle ces
Sucrerie à l'Angloife.
d'une
Noms
Pour achever
des chau- faut
l'article des Sucreriesil
dieres à
feulement dire le nom des
Sucte, dieres & des uftencils,
chaufaires pour la fabrique du qui font necefufage.
Sucre, & leur
Dansl lcs Sucteries, ot
dieres, celle
ily a fix chauen fortant
bac reçoir lej jus des Cannes,
.
2t
été d'abord recuéillient ou du canot , où il a
LaGran- lin, fe nomme la
tombant du moude,
effet la plus
Grande, Elle eft en
eft à côté de grande la
de toutes. Celle gui
gtande, fe
Propre : on T'appelle
nomme la
le jus des Canncs
ainfi, parce
La Pra-lag grande, &
ayant été écumé d
pre.
riné par la cendre ayant & commencé à être pua mélé, onl le
par. la chaux qu'ony
cn le mettant dans paffe au travers d'un drap
moins dans les
cette chaudiere, du
Sucrericsohl'ont travaille
en
à côté de grande la
de toutes. Celle gui
gtande, fe
Propre : on T'appelle
nomme la
le jus des Canncs
ainfi, parce
La Pra-lag grande, &
ayant été écumé d
pre.
riné par la cendre ayant & commencé à être pua mélé, onl le
par. la chaux qu'ony
cn le mettant dans paffe au travers d'un drap
moins dans les
cette chaudiere, du
Sucrericsohl'ont travaille
en --- Page 37 ---
Françoifes de PAmerique.
en Sucre blanc, >- & comme il eft épuré 1696.
des plus groffes ordures, & des écumcs
épailles & noires, s dont il s'eft déchargé dans la grande, cette feconde chaudiere eft plus nette & plus propre que
la premiere.
La troifiéme fe nomme Ia Leflive,parcé La Lefque c'eft dans celle-liquel'on commen- five.
ce à jetter dans le Velou une certaine
leflive forte qui le fait purger, qui cn
amafle les immondices, & qui les fait
monter à la fuperficie e, où elles font enlevées avec une écumoire.
La quatriéme fe nomme le Flambeau. Lc Flante
Lc Vefon qu'on y tranfporte de la troi- Jcau.
fiéme, s'y.purific davantage, & comme
il eft réduit en noindre quantité > plus
pur. & plus clair, & que le feu
eft
deffous cette chaudiere cft plus a il
fc couvre de boiiillons clairs & tranfparents , qu'il n'avoit pas dans les autres
chaudieres.
La cinquiéme eft appellée le Sirop. Le, Le Sirop:
Vefou qu'on y met cn fortant du Flambeau, y prend de la confiftance &.du
corps 5 ii acheve de s'y purifier , & devient en firop.
La fixiéme eft la Batterie. C'eft dans
cette derniere chaudiere
le
teric, La Ear
prend fon enticre cuiffon, que & qu'on firop lui
J
Tome IV.
B --- Page 38 ---
26 Nowveaux
1696. ôte Ce qu'il pouvoit Voyages anx Mles
pureré par le moyén encore de la leflive avoir d'iml'eau de chaux & d'alun
& de
Lorfqu'il approche de fa qu'on y jette.
dc gros botillons, & s'éléve cuilffon, iljetre
qu'il fortiroit de la chaudiere, fi haut s
qu'on eft obligé de l'élever de forte
avec une écumoire pour lui donner en haut
Tair, & pour l'empècher de fe
de
dre: & comme ce mouvement répanble à des coups qu'on lui
reffema donnéle nom de Batterie donneroir, à
on
diere où il fc fait.
cette chauDans les Sucreries qui ont fept chaudieres, on compte deux flambeaux
lieu d'un, le grand & le petir.
au
Dans celles qui en ont feulement
cinq, on n'y compte point de leflive, la
Propre en fert, & c'eft dans cette chaudiere
l'on commence à jetter
five dm le' Velou
la,lef
après l'avoir fait
paffer au travers du drap.
Et dans ceiles où il n'y a que
chaudieres,la Propre fert en
quatre
de leffive & de Aambeau, & même-tems l'on
& purific le Vefou
y cuit
jufqu'a ce
foit
en état d'être, traniporté dans le qu'il
Les uftencilles des Sucreries confiftent firop.
en rafraichiffoirs, en becsde corbin,en
cucilliers, écumoires, caifles à paffer,
.
Et dans ceiles où il n'y a que
chaudieres,la Propre fert en
quatre
de leffive & de Aambeau, & même-tems l'on
& purific le Vefou
y cuit
jufqu'a ce
foit
en état d'être, traniporté dans le qu'il
Les uftencilles des Sucreries confiftent firop.
en rafraichiffoirs, en becsde corbin,en
cucilliers, écumoires, caifles à paffer, --- Page 39 ---
CRPJCB --- Page 40 ---
Irne 4.
page 27.
Ustencillar de Sucrerie.
Caisse a passer.
Lim
Bec de Corbin.
E
-
&
Bloc de Rafireur. --- Page 41 ---
Françoifes de LAmbrique.
27 1696.
blanchets, barils à leflive, poinçons,
à
formes, bailcouteaux Sucre, pots,
& bales, canots, louchets > pagalles,
lais. Dans les grandes Sucreries il y a
d'autres chaudieres particulieres pour y
cuire les écumes &c les firops.
Les Ras
Les rafraichiffoirs font de cuivre rou- fraichif-
& ronds, leur fond eft tout plat 5 foirs..
Eu diamétre eft depuis troisjnfquiqua-
& la hauteur du bord eft detre pieds, douze jufqu'à dix-huit pouces. Ils
puis ont deux anneaux de cuivre mobiles
où l'on veut. Dans les
Isohones
les Sucreries porter il en faut au moins quatre s
afin d'y mettre rafraichir les firops ,
quand on travaille en Sucre blanç. de cuivre Les beoe
Lesbecs de corbin font aufli
corrouge. Je ne fçaurois mieux les
dre qu'en les comparant à une
SEEF
de chapeau, > dont on auroit coupé les
trois quarts du bord au tas du cordon s
& dont le quartiéme reftant feroit allongé & courbé comme un bec. Ils ont
ordinairement un pied de diamétre >
huit à neuf pouces de profondeur; 5 leur
fond eft plar; le bec excéde la circonférence de fept à huit pouces; ils ont une
anfe ou poignée immobile de fer ou de
cuivre, attachée de chaque côté. C'ett
Bij
é les
trois quarts du bord au tas du cordon s
& dont le quartiéme reftant feroit allongé & courbé comme un bec. Ils ont
ordinairement un pied de diamétre >
huit à neuf pouces de profondeur; 5 leur
fond eft plar; le bec excéde la circonférence de fept à huit pouces; ils ont une
anfe ou poignée immobile de fer ou de
cuivre, attachée de chaque côté. C'ett
Bij --- Page 42 ---
28 Nowveaux
1696, dans cet inftrument Frojages aux IRes
en fortant du rafraichilloir qu'on met le Sucre
porter dans les
> pour le
nots, & le verfer, formes, fans ou dans les capandré à terre ou fur fcs danger de le réque le Sucre eft conduir le pieds s parce
jufqu'au lieu où on le veut long da bec
mettre fans
danger qu'il tombe.
Lcs
Les cueilliers font rondes à
cueil- comme la forme
peu près
licrs,
d'un chapeau; elles
huit à neuf pouces de
ont
de
diamétce, & fix à
bord' fepr pouces eit
profondeur; le haut du
garni en dehors d'un cercle de
fer, qui après avoir environné toute la
cir-onférence, fc termine en une
faite en doiille, d'un pied de long, queué dans
laquelle on fait entrer > & l'on cloué le
bout du manche, quidoit être d'un bois
droit & liant de cing pieds de
&
d'un
& demi de diamétre. long,
uenfente fervent à pafferle Vefoud d'une Les
chaudicre à l'autre: : ainfi la longueur du
manche y eft néceffaire pour Puifer jufqu'au fond de la chaudiere. On s'en fert
aufli pour prendrele Sucre dans le ratraichiffoir, & le mettre dans le bec de corbin. On les fait ordinairement de cuiYre rouge aufli-bien que - les
f
écumoires,
Les Ecu: L'ufage des écumoires fe voit
soites. fansquilfoirbefoin, del le dirc. Ellesfcir allez, --- Page 43 ---
31 PJCE --- Page 44 ---
Tone 4.
28..
pae
Ecumeire.
Cueid cer
Baley.
Loucket.
Ferme demi
Batarde.
Pot de:
Formc,
Rofineric
ordinuire --- Page 45 ---
Erançoifes de LAmériguc.
vent à enlever les écumes, & les autres 1696.
ordures, qui font dans le Vefou,
la chaleur du feu & la force de la leagtec
ont fair monter à la fuperficic. On leur"
donne depuis neufjufqu'à douze pouces
de diamétre;! le deffous eft forrifié d'une
bande de fer qui l'environne, & qui enfin compofe une
quinze à feize
pouccs de long,
le bout cft ouvert
IIctS
en doiille, pour recevoir le bout du
manche qui eft de même grandeur
celui des cueiliers. Le diamérre de
trous, dont elles font percées, eft différent felon la différence des chaudicres, aufqueiles Of les employe. Celles
donr on fe fert pour écumer la Grande,
la Propre 2 & la Leffive, ont les trous
beancoup
grands que ceux des autres
: leur diamétre eft deSEIELE
puis une ligne jufqu'à trois.
Chaque chaudiere doit avoir facueillier., fon écumoire & fon balai. Ces
inftrumens fe mettent de travers fur des
perches paffées dans des firpports qui
fonr clouez aux fommiers de la charpente, Elles font élevées de cinq à fix
pieds au-deffus des chaudieres > afin
qu'on puiffe commodément y prendre
& y. remettre ces inftrumens felon le
befoin.
B 11j
puis une ligne jufqu'à trois.
Chaque chaudiere doit avoir facueillier., fon écumoire & fon balai. Ces
inftrumens fe mettent de travers fur des
perches paffées dans des firpports qui
fonr clouez aux fommiers de la charpente, Elles font élevées de cinq à fix
pieds au-deffus des chaudieres > afin
qu'on puiffe commodément y prendre
& y. remettre ces inftrumens felon le
befoin.
B 11j --- Page 46 ---
30 Nonveanx
aux Ifes
1696. On fait les Balais
feiiilles
Les ba- nice
de
ATti
O1l de Palmifte
Latalais,
bour d'un manche de que l'on attache au
La longueur des balais fix pieds de long,
neuf à dix
eft d'environ de
diamétre. pouces fur trois pouces de
à La paller caille La Gaiffe à paffer le
leveuu'pieds de long fur deux Vefou a quatre
trois pieds de
pieds & demi à
de quinze à dix-huit large. Sa profondeur eft a
& fes côrez,
pouces. Son fond
liant, &
quidoivent être d'un bois
qui ne teignent point ce
y met, font percez de trous de qu'on
autant qu'on en
mettre, tarriere
trop affo blir,
peur avoir
> fans les
à queuë d'hirande après
été affemblez
attache
& bien cloucz. On
deux
aux deux bouts de fon fond
de fortes tringles de bois de fix
long , pour la foutenir far le haut pieds
Glacis entre la premicre & la feconde du
chaudiere. C'eft dans cette caiffe
étend le blanchet,
qu'on
Vefou
> fur lequel lon jette le
après qu'il a été écumé dans la
grande, afin qu'en paffantau
ce drap, il y laiffe la graiffe travers & les de
tres ordures grollieres, dont il
ailencore être chargé.
pourroit
Lesb blan- Les blanchetsiont
che:s. blanc d'une
faits d'un
aune de large, on grosdrap leur
ne une aune & demic de
donlong, & Pour --- Page 47 ---
Frangoifes de PAmbrigue.
lescroife d'un
àl l'au- 1696.
les fortifier,on
toile
tre d'une bande de
quatre
e
groffe
doigts de large; on cout tout autour un
lez de la même toile de la largeur d'un
pied, afin de pouvoir tirer le blanchet
de part. & d'autre, pour faire paffer le le
Velou plus facilement, > fans déchirer
blanchet,comme ikarriveroit, siln'étoit
pas fortifié par cettc bande croifée, &
par ce tout de toile. Un blanchet chau- ne
fervir que
paffer une
Tecie après quoi Tara faut le laver, &le
faire féchét avant que d'y faire couler
d'autre Vefou: car quand ils font motiilléz,il n'y peut rien couler , de forte
qu'on doit toujours en avoir fix dans'
une Sucrerie qui travaille railonnablement. Il faut encore obferver que quand
les blanchets ont fervi trois ou quatre
mois, leur poil eft brûlé, ils devieninutiles,
nent clairs & par conféquent aufli faparce queles ordures y palfent
cilement que le Vefou, de forte qu'on
eft obligé dc les changer, 8c deles employer à d'autres ufages, dès qu'on en
voit le milieu brûlé & dégarni de poil:
& comme les extrémitez le font beaucoup moins, & prefque encore neuves, Econoi
l'économic qu'on. en peut faire , eft demie qu'on
couper le blanchet par le milieu de fa peut faiBiv
& par conféquent aufli faparce queles ordures y palfent
cilement que le Vefou, de forte qu'on
eft obligé dc les changer, 8c deles employer à d'autres ufages, dès qu'on en
voit le milieu brûlé & dégarni de poil:
& comme les extrémitez le font beaucoup moins, & prefque encore neuves, Econoi
l'économic qu'on. en peut faire , eft demie qu'on
couper le blanchet par le milieu de fa peut faiBiv --- Page 48 ---
1696.
Nowveaux Poyages Anx Mes
longueur, & de
re fur les côtez
coudre enfemble
blan- le
oppofez, qui en
les
ehets,
milieu, ce qui en deviennent ainfi
Sur toutes choles il augmente la durée.
zine en cela,
ne faur point de léblanchets
parçe qu'on n'employe ces
oi l'on que pour faire du Sucre
tions ne pcut trop prendre de blanc,
pour le
précaunettoyer. Quand purger' les > & pour le bien
plus en état de fervir, blanchets on les
ne font
Négres & aux Négrefles
donne anx
à fc couvrir, &
pour les aider
enfans.
pour envelgpper. Jeurs
Cette forre de drap fe vend
felonlep prix courant des autres aux Ifles
"difes. Lorfque iy étois,
marchanà raifon de fept francs > on les achetoit
Zal Ledi- La leflive
l'aune.
Ve.
pour le faire qu'on jette dans le Vefou
purger, eft une
portantes parties de la fcience desplasim.
neur. On fe fert
d'un Rafiril vuide de viande ordinairement d'un bapour la faire. Mais ou d'autre denrée
un vaiffeau exprès lorfqu'on veut faire
donne la figure d'un pour cela : on lui
lui donne trois pieds cone de haur tronqué,on
pieds dans fon plus grand
& deux
diminuant jufqu'a fix
diamétre, enr
plus perit > au milieu pouces pour le
une ouverture d'un demi duguel on fait
pouce de dia- --- Page 49 ---
Françoifes de PAmerique.
métre : on
le bout de cC vaiffeau 1696.
fur une ataer percée à propos pour le
recevoir commodément : au-deflous du
trou on met uin vaifleau
recevoir
la leflive à mefure
cReosder
qu'elle
fel- Baril a
Le Baril àleflive érant pofé farla
Leffivea
lette ou fur un ttépied, on en bouche le
trou avec une quantité de paille longue
& entiere, après quoi on y met une couche compolée des herbes fuivantes >
après les avoir broyées entre fes mains 2
&après les avoir hachées.
Herbesàl blé: c'eft uneherbe qui croît blé. Herbe a
par touffes comme le blé qui eftlevé depuis deux ou trois mois, & à qui elle
reffemble beaucoup. On arrache la
touffe entiere avec fa racine quieft fort
perite.
La feconde fe nomme herbe à pique. Herbe a
Cette plante a une tige droite de la grof pique,
feur d'un tuyau de plume d'Oye,. & de
la hauteur de quinze à dix-huit pouces.
Son extrémité porte une feiille comme
celle de l'ozeille pour la couleur & pour
la confiftance, mais qui reffemble entiérement au fer d'une Pique.
La troifiéme eft la mal-nomméc.Cef La malune petite herbe déliée, fine 2 & fri- méc, nomzée à peu près comme les cheveux des
Négres.
B V
ur d'un tuyau de plume d'Oye,. & de
la hauteur de quinze à dix-huit pouces.
Son extrémité porte une feiille comme
celle de l'ozeille pour la couleur & pour
la confiftance, mais qui reffemble entiérement au fer d'une Pique.
La troifiéme eft la mal-nomméc.Cef La malune petite herbe déliée, fine 2 & fri- méc, nomzée à peu près comme les cheveux des
Négres.
B V --- Page 50 ---
/ 34 Nonveawx
1696.
On met ces trois Voyages fortes anx Ifles
d'herbes
/
portion égale, avec quelques feiilles par &
quelques morceaux de lianne
Lianne Cette lianne eft une
brûlante.
btilanre. dont
clpéce de
A
la feiille eft plus
lierre >
ce > & le bois plus tendre, plus minlierre d'Europc. On écrafe pongicux que le
& les feitilles,
un peulebois
dans le barril. avant que de les mettre
Maniere tes
C'eft avec ces
forde faire
d'herbes qu'on
le quatre
la lellive ril jufqu' trois garnit fond du bargucre, pour le lcs couvre d'un lit pouces de de hauteur 5 on
cendre de pareille
épaifleur, & l'on choifit la cendre
du meilleur bois qu'on ait
faite
me font le
brûlé, comle bois caraibe chataignier s' le bois rouge >
5 le raifinier,
ou autres bois durs dont l'oranger >
& les charbons font >
les cendres
coup de fel. On
remplis de beande cendre
met far cette couche
de même une couche de chaux vive
épailleur, & fir celle-ci
autre couche des
une
les on ajoûte une mémesherbes, ou deux Cannes aufquelou de feguine bâtarde,
d'inde
&
amortics au feu,
Canne Ecu, coupées par ruelles de lépaiffeur d'un
d'indeou
Cette plante vient fur le bord
deguine eaux
des
batarde.
maréageufes, fatige eft ronde d'un
pouce ou environ de
eft fort mince & fort diamétres fa peau
blanc, alfez
verte; ; lededans eft
compacte, & remplid'une
, ou deux Cannes aufquelou de feguine bâtarde,
d'inde
&
amortics au feu,
Canne Ecu, coupées par ruelles de lépaiffeur d'un
d'indeou
Cette plante vient fur le bord
deguine eaux
des
batarde.
maréageufes, fatige eft ronde d'un
pouce ou environ de
eft fort mince & fort diamétres fa peau
blanc, alfez
verte; ; lededans eft
compacte, & remplid'une --- Page 51 ---
Frangoifes de LAmbrique.
extrémement mordicante". s
1696.
liqueur
&
E
fait une vilaine tache, ineffaçable
le linge & fur les étoffes où elle tombe.
Sa felillc eft tour-à-fait femblable pour
la figure à celle de la Poréc ouI Beite, >
mais elle eft plus verte & plus liffe > &
fes fibres ne ie diftinguent prefque
dans la lellive.
PREI
on neles met point
tes ces herbes font extrémement corrofives & mordicantes. On remplit ainfi
le barril de cendre, de chaux, & d'herbes,
lits jufqu'à ce qu'il foit plein 0 >
& on fe termine par une couche des me.
mes herbes bien broyées & hachées.
Quand on fe fert des cendres qui viennent de fortir des fourneaux, & qui
font encore toutes brûlantes, on remplir de barril avec de l'eau froide 5 mais
lorfque les cendres font froides,on fait
bouillir l'eau avant que de la mettre
dans le barril. On met un por ou un autre vaiffeau fous le trou quieft bouché
de paille > pour recevoir l'eau qui en
dégoiite, que l'on remet dans le barril,
&, que Pon fait palffer fur le marc qu'il de Qualisé la
contient, jufqu'ice que cette leflive de- leffive,
vienne fi forte, que la mettant fur la
langue avecle bour du doigt, on ne; puiffe pas ly fouffrir, & qu'elle jaunilfe le
doigs, comme f c'étoit de Peau fortes
Bvj --- Page 52 ---
36 Noxveamx
1696. Lorlque les Cannes Fayagar aux Mes
conféquent graffes & font vertes, & par
on ajoûite a ces herbes difficilesa de
purger,
moine Anti- crud, réduit en poudre. Cette l'antimoine
crud. dégraiffe admirablement le
drogue
elle noircit la leflive,
Sucre 5 mais
gris, On ne s'en fert & rend le Sucre
pour le Sucre brur. ordinairement quc.
Poin- Les poinçons
gons, cer le Sucre
dont on fe
de fer ou de qui eft dans les
Eot
bois; ils
RUESE
d'un pied & d'environ font de la longueur
métre à leur tête
un pouce - de diabouton. On fe fert qui eft ronde & faireen
en faire,
de bois caraibe pour
a lesfibres parce qu'il eft roide 3 & qu'il
CollLes
longues & preffées.
teaux à le Sucre Couteaux à mouvoir ou à
mouvoir
dans les
remuer
ou à re bois caraibe :
formes 3 font auffi de
muer, de loog fur deux onleur donne trois pieds
l'une des extrémitez pouces de large depais
pouces > pour fervir jufqu'a de
fix ou fept
couteaux ont éinq lignes manche. Les
dans leur
d'épailleur
milieu, en diminuant vers
côtez, en façon de
les
- Onsen fert encore conteau'émoulfé. à
ve du Sucre,
prendre la preu
tre file Sucre c'eft-d-dire, qui eft dans pour la connoffon entiere cuiffon. Pour
batterie 4
trempe le couteau dans la cet cffet, on
batterie > 8c
fix ou fept
couteaux ont éinq lignes manche. Les
dans leur
d'épailleur
milieu, en diminuant vers
côtez, en façon de
les
- Onsen fert encore conteau'émoulfé. à
ve du Sucre,
prendre la preu
tre file Sucre c'eft-d-dire, qui eft dans pour la connoffon entiere cuiffon. Pour
batterie 4
trempe le couteau dans la cet cffet, on
batterie > 8c --- Page 53 ---
Françoifas de PAmerique.
après l'avoir retiré tout couvert de fi-1696;
rop, on le touche avec le pouce de la ment Com- on
main droite, & dans le moment on ap- connci:
le
du milieu de lale degié
puye un peu fur doigt la
du
où dc fon cuif. du
mème main
partie
pouce
Sucre.
eft le Sucre qu'on a
du couteaut.
On étend enfuite le
doucement ,
AEe
pour faire filer le Sucre qui y eft attaché, & on remué doucement le pouce
faire rompre le filet 5 plus il fe
pour
du
rompt hant, c'eftà-dire >
doigt,
moins il a de cuffon,&
il demeure
E
long; 5 plus il en a: c'eft en cC point
confifte toute la fcience des
RCALSE
Car routeslesCannes ne demandent pas
le même degré de cuiffon. Celles qui
vertes veulent une cuiffon plus
-
font
,
font
dans
forte que celles qui
juftement Pont
le tems de leur maturité, otl qui
pallé. Le Sucre brut veut beaucoup plus
dc cuiffon que celui que Pon doit blanchir > en le mettant fous la terre. Les
jeunes Cannes ne demandent pas une
cuiffon f forte. Lorfque le Vefou eft
& qu'il fle, il eft impoflible de
gras, s'affurer de fa cuiffon par la preuve Ordinaire; on doit la chercher par la fides bouillons qu'il jette, en le regure avec la cueillier. Si on le voit
muant
s'ilfaitb beaucoup
bien perlé,celadire, --- Page 54 ---
38 Nonveaux
1696. de petites bouteilles Fonages fur AuX Ifes
lier, comme de la
le dos dela cuildela même
femence de perle, &c
couleur, on
qu'il a la cuiffon qui lui conjecture alors
cette connoiflance eft convient; ; mais
ficile, quand on l'a laiffé beaucoup plus dif
gré de cuiffon
pafler fon defile, & ne fc > parce que pour lors il
méde qu'il rompr point. Le feul refe fait
y a,eft de le décuire, ce
en jettant dans la
qui
ou trois bailles de Vefou batterie deux
botillante , &
paffe, ou d'eauz
fer de nouveau. recommencer à le clarifouvent
En un mot > il y a
beancoup à étudier
ver le véritable point de la cuiflon pour trouSucre, parce qu'il eft
d'un
reux qu'il en
également dangetrop, Carsil en manque, a
2 ou qu'il en ait
fe détacher du trop, le firop ne peut
blanchit
grain > & le Sucre ne
aflez cuit, jamais fon , & quand il n'eft pas
tombe avec le grain n'érant pas formé
grande
firop, s & caufe une trèsperte.
dc Formes diffé fe Les font Formes dont on fe fert aux
rentes
dans le pais, ou
Ifles,
efpéces. France , & fur tout de
viennent de
dernieres font d'une
Bordeaux. Ces
fort unies & fort liffes. terre blanchâtre, ,
deux fortes; les ordinaires II y en a de
à vingt Pouces de hauteur Ont dix-huit
: les gtandes
'érant pas formé
grande
firop, s & caufe une trèsperte.
dc Formes diffé fe Les font Formes dont on fe fert aux
rentes
dans le pais, ou
Ifles,
efpéces. France , & fur tout de
viennent de
dernieres font d'une
Bordeaux. Ces
fort unies & fort liffes. terre blanchâtre, ,
deux fortes; les ordinaires II y en a de
à vingt Pouces de hauteur Ont dix-huit
: les gtandes --- Page 55 ---
Frangoifes de Amériqne.
39 6
appelle bâtardes 2 ont près de 1696qu'en trois picds de haut, & quatorze à quinde diamétre. On fçait allez
ze pouces
celle des
de Sucre
leur figure
pains de la forme en
qui en Rettare Le tour
eft renfa plus grande circonférence, de même matierc, &
forcé d'un ourlet
dans
fon bout pointu d'un autre: > percé
fon milieu d'une ouverture delagrofleur s'éle firop
du petic doigr, > par lequel
coule, quand leSucre ayant pris corps,
& étant refroidi on ôte le tampon qui le
fermoit le trou 2 & on y enfonce
poinçon de la profondeur de fept ou
huit Les pouces. Formes qui fc font aux Ifles font des Formes Ifles.
elles font
d'une terre rougeâtre 2 font quand affez unies &
bien travaillées, elles
le foient
aflez liffes, quoiqu'elles ne
Cela jamais autant que cellesde Bordeaux. des Ouprovient de la terre plutôr que
vriers.; mais cela ne porte aucun préjudi- lailfe
ce au Sucre qu'on y met, qui fort ne uni.
pas de bien, travailler & d'ètre
les
Jai connu d'habiles Rafineurs qui
eftiment plus
celles de Bordeaux.
faites aux Ifles,
Les formes
lendiraels
de haut fur un pied
ont vinge-Gix
bâgardes ont plus de
de diamétre.
Rarts
trois pieds de haut, & feize à dix-fept --- Page 56 ---
40 Nonveanx
1696. pouces de diamérre, Foyages anx TRles
guéres de cette
mais on n'en fais
ordinaires font alfez efpéce , parce que les
vir aux ulages
grandes Rour ferbârardes,
aufquels on employe les
Les pors
l'on met fous les Formes
pour les egrten &
firop quien coule
pour recevoir le
Pots de aux formes
3 font
Sucteric.
qu'ils doivent proportionnez
ralement parlant, ceux deBordeaux porter, Génétrop petits, & ne font bons
font
Rahneries, où le Sucre
que pour les
n'a pas beaucomp de
qu'on blanchit
le Sucre qu'on fairaux firop, au lieu que
blanchir,
Inles, &
en ayant
qu'ony
aufli de plus grands beaucoup, demande
contenir.
vaiffeaux pour le
Les pots
être bien faits,
avoir le O0PARS ou l'afliette
doivent
& le deffus de la bouche, large & unie,
le collet, bien renforcé. qu'on Il faut appelle
d'y mettre des
éviter
la plipart de ceux pieds de , comme en . ont
ces pieds étant poftiches, Bordeaux >
Stene
fe BeRge
inutile, aiflément, > & rendent enfnite le
pot
Ceux qui fe font aux Iles,
ze oul feize pouces de haut le ont quintre de leur ouverture eft de 3
diaméces & demi, ou environ;l leur quatre fond pouen
,
le collet, bien renforcé. qu'on Il faut appelle
d'y mettre des
éviter
la plipart de ceux pieds de , comme en . ont
ces pieds étant poftiches, Bordeaux >
Stene
fe BeRge
inutile, aiflément, > & rendent enfnite le
pot
Ceux qui fe font aux Iles,
ze oul feize pouces de haut le ont quintre de leur ouverture eft de 3
diaméces & demi, ou environ;l leur quatre fond pouen --- Page 57 ---
Françoifes de PAmerique.
a le double, > & leur ventre en a quinze 1696.
ou feize.
régle Ptix des
: Le prix des
& des formes fer -
&
felon leur OcTorad ou plirôt felon ig-E fora
bondance ou la difette qu'il y en a aux mes.
Ifles.
le
& la forme
Pour T'ordinaire
pot
de trois
dans le pais fe vendent un Ecu
livres, pris fur le lieu où ils fe font.
PrécauAvant que de fe fervir des formes tion
a deuix chofesày faire. Laavant de
neuves, ily
environuer de troisf: fervir
premiere eft de les
des fozl'un au-deffous du mes.
cercles de lianne > le cordon de leur
collet, & qui itouche le fecond vers le tiers
grand diamétre 5
de leur longueur, , &c le troifiéme cinq
fix
au-deffus de leur extrémiou
pouces faire des cercles 2 on fe fert
té. Pour
le
d'une lianne grofle comme
petit
eft grife quand elle eft pedoigt , qui
lée. On r'appelle lianne de perfil, > parce
fa fetille relflembleà celle du perfil,
que
mais elle eit beaucoup plus grande.On fait faire
la fend en deux, & on lui cordonne le
deux tours, dontle fecond
cercler
premier. Le Rafineur qui âlui veut à faire cet Maniere
une forme: ( car c'eft
bloc, & la de met- les
ouvrage , la pofc fur un
tre cercles
far iah plus grand diamétre - > afin aux formet fe tienne droite d'elle-mème. On BICS.
qu'elle --- Page 58 ---
42 Nonveanx Foyages anx Ifes
1696.lappelle le fond de la forme, &cle bout
pointu fe nomme la têre. Lc bloc eft un
morceau ou tronc-de bois de deux
ou environ de diamétre,
ne un
3 à qui on
feds
de folidité, pied d'épaiffeur, On
> afin qu'il ait plus
le fait porter far trois ou
pieds d'environ deux pieds de
Ratee fans
le bloc
comptcr ce qui eft entré dans
> qui fe trouve ainfi de trois
pieds de haur. La forme étant
deffus, on met lc plus grand cercle pofée
la forme, où on l'enfonce à force fur
le chaffeoir & la chaffe; le chaffeoir avec
un coin de bois dur de huit à dix clt
ces de long far trois pouces de
poudeux pouces d'épaiffeur
le large, &c
bour. lly a àc ce bout une par plus gros
de, pratiquée dans le même poignée ronde bois, de cinq à fix
de morceau
de forte que le challeoir pouces a environ long, feize
pouces de long. On lc fait d'un bois
pefant & dur , afin qu'il ait plus de
coup, & qu'il dure davantage. On
la forme de la main gauche, & le chaf. tient
feoir de la droite, en coulant fon angle aigu ie long de la fuperficic dc la
forme, on frappe fur le cercle
chaffe, & qu'on fait defcendre qu'on
ment de tous côrez, en faifant égalela forme avec
tourner
la main gauche. Quand
de long. On lc fait d'un bois
pefant & dur , afin qu'il ait plus de
coup, & qu'il dure davantage. On
la forme de la main gauche, & le chaf. tient
feoir de la droite, en coulant fon angle aigu ie long de la fuperficic dc la
forme, on frappe fur le cercle
chaffe, & qu'on fait defcendre qu'on
ment de tous côrez, en faifant égalela forme avec
tourner
la main gauche. Quand --- Page 59 ---
Frangoifes de PAmerique.
le cercle eft entré de cette maniere, au- 1696.
tant qu'on lc peut faire entrer avec le
chafleoir, on prend la chafle de la main
gauche, & l'appuyant fur le cercle en
tournant tout au tour , on frappe deffus
avec le côté du chaffeoir, 2 jufqu'à
le cercle foit-arrivé auprès du
sondas
de la forme. La chaffe n'eft autre chofe
qu'un morceau de douve de barril ou de
barrique, de fept à huit
de long
fur trois ou quatre de Erpes Si on ie
fert de douves plàtôt
d'autrechofe,
ceft parce qu'elles gne concaves 2 > &
qu'elles s'appliquent par conféquent
mieux à la circonférence convexe de la
forme. On fait la mème chofe aux deux
autres cercles, & on les fait toujours
plus petits qu'il ne faut pour l'endroit
auquel on les deftine, afin quelesy y faifant entrer avec toute la force dont ils
font capables, la lianne étant encore
verte, & s'allongeant, ils y demeurent
plus fortement attachez quand elle eft
féche. La raifon pour laquelle on met
ces cercles, eft pour empècher les forines de fe crever > quand on y met le
Sucre tout chaud la premiere fois.
Lorfque les formes font caffées, on en Comraffemble toutes les piéces, on les remet ment racom on
en leur place, & on les Y fait tenir parle mode les --- Page 60 ---
44 Nonveaux
1696, moyen des
Yoyages AuX TRes
formes des
coupcaux dont on les couvre
eallé.s. ceicles cappes qui les tiennent en étar, & des.
qui les environnent.
font des morceaux de
Les cappes
longs que les formes, refendus goyavier auffi
de
&k dolez,
fortequil, Ine leur refte
d'une piéce de quinze. fols que T'épaifleur
bour julqu'i l'autre, qui eft taillé depnis un
niere qu'a un pouce de
de maOn laiffe toute
diflance du bout
que cette élévarion Tépaiffeur du bois 2 afin
chal, dont on lic foûtienne lc fil d'arfemble. Cette
toutes les cappes entête ou le crochet élévarion de la fe nomme la
On affemble les
cappe,
de l'autre autour de cappes. lat tête l'ane de la auprès
d'où eft venu le nom de
forme,
mes, comme qui diroit capper leur les forcap ou une tère; on les lic faire un
avec un fil d'archal
fortement
qui forme la tête de autour la
du bourlet
pour cela une renaille forme, & on a
quelle On tortille les deux rogde, avec lapour les arrêter. On divife bouts du ail
tes les queuès des
enfuire touxité de la forme, cappes fur la convefar les
> & particuliérement
fractures copeaux qu'on a placez fur les
3 & on ferre les
& les
copeaux avec des cercles, cappes
cn aufli
qu'on mec
igrandnombrequile - eft néceffaire
du bourlet
pour cela une renaille forme, & on a
quelle On tortille les deux rogde, avec lapour les arrêter. On divife bouts du ail
tes les queuès des
enfuire touxité de la forme, cappes fur la convefar les
> & particuliérement
fractures copeaux qu'on a placez fur les
3 & on ferre les
& les
copeaux avec des cercles, cappes
cn aufli
qu'on mec
igrandnombrequile - eft néceffaire --- Page 61 ---
Frangoifes de TAmerigne.
45.
les tenir. Quandl lla fracture eft vers 1696.
pour le fond de la forme, on fe contente d'une
demi cappe, c'eft-à-dire, quele crochet
de la cappe fe met à la moitié de la hauteur dela forme, & pourlors on nel'arrète pas avec un fil d'archal, mais avec
cercle de lianne 5 mais quand
un fimple
(imple fente ou felàre, on
iln'ya qu'une
fe contente d'y appliquer un copeauavec
des cercles. Onfe ferrde bois blanc
comme eft celui
EOHE
faire des copeaux,
on fait les douves des barriques, onles
polit avec le couteau courbé, ou à deux
d'une
mains, & on leréduitalépailleur
piéce de quinze fols.
La feconde chofe qu'il faurobferverà Seconde
l'égard des formes neuves > eft de lesprns toufaire tremper pendant deux ou troiSchant formes, t-les
jours dans les canots remplis d'eau, oi
l'on met le jus des Cannes > les gros fi-
& les écumes, pour les y faire ferrops
&
en faire enfuite de
menter: >
pour
cft fi nél'eau-de-vie. Cette préparation
ceflaire, que fi on la néglige > le Sucre
quife met dans les formes.s'y attache
eft
de l'en
fi fortement, qu'il impollible
retirer que par morceaux > parce forme qu'il
s'imbibe dans les
de la
qu'il trouve PAERE qui n'arrive Pe
quand clle a trempé > parce qu'ils --- Page 62 ---
46 Norveaux
1696. trouvent pleins Voyages &
aux Ifes
liqueur. Après celaon 2
imbibez les
de cette
leur êter f'odeur
lave bien pour
ont contractées, aigre & forte' qu'elles
dans l'eau douce & on les met tremper
heures, avant pendant douze ou
Seer : ce qu'on obferve que d'y mertre du
qu'on y en met,
toutes les fois
ayent fervi. On fait quelque-tems la même qu'elles
pors, & on a foin de les
chofe aux
Ienverfer la bouche
laver, & de les
avoir lavez, chaque fois en bas > après les
firop qui étoit dedans. qu'on vuide le
doivent jamais
Les Rafineurs ne
cercle autour du manquer rebord de de mettre un
pot; ce quile conferve & la bouche du
Séelatetsquand ileft
l'empêche de
pleine de Sucre.
chargé d'une forme
écs eapacité for- Les formes ordinaires de
sacs, peuvent tenir trente à
Bordeaux
de Sucre, qui étant blanchi trente-cing livres
l'étuve fe réduit à
& léché a
livres. Les bârardes vingt ou vingt-deux
double ; mais
en contiennent le
que pour les Sucres comme de on ne s'en fert
bien plus légers que le Sucre firop qui font
on ne peur pasde Canne,
qu'elles en contiennent déterminer au jufte cc
blanchis,
, quand ils font:
bileté du Rafineur parce que cela dépend de l'haquil'a travaillé, qui
ing livres
l'étuve fe réduit à
& léché a
livres. Les bârardes vingt ou vingt-deux
double ; mais
en contiennent le
que pour les Sucres comme de on ne s'en fert
bien plus légers que le Sucre firop qui font
on ne peur pasde Canne,
qu'elles en contiennent déterminer au jufte cc
blanchis,
, quand ils font:
bileté du Rafineur parce que cela dépend de l'haquil'a travaillé, qui --- Page 63 ---
Prangoifes de PAmerigue. 47 -
leur donner du grain s du corps > 1696.
peur & du poids à
de fon fçavoir,
comme nous je
ci après.
EAEa
Les formes des Ifles contiennent cinà foixante livres de Sucre > qui
Rart blanchi diminuë à proportion de
fa qualité. de
deux
Lampes
On fe fert lampesi
lamignons a & huiles
dans toutes les Sucteries, & on y ufe in- pour les
différemment de Phuile de poiffon , ou ries. Sucrede Palina Chrifti. J'ai déja remarqué dacette derniere coute
que quoique i) avoit cependant plus de
vantage, y
profit a s'en fervir, tant parce ordures qu'elle
eft exempte des boués & des
qui fc trouvent dans Thuile davanta- de poiffon',
qu'elle dure
> & que
une lumiere plus vive &
alrtise
ge plus claire, ce qu'on ne
trop rechercher dans une SEE où les fumées des chaudieres (ont épailles, & où
l'ona grandbefoin de lumiere pour cette
raifon, far tout quand on travaille en
Sucre blanc. On met une lampe entre
celle du Rafideux chaudieres, > outre eft befoin. Il.
neur qu'il
oû il en
de lun'eft pas Ereatae d'avoir tant
miere dans les Sucreries 7 oà l'on ne*
travaille qu'en Sucre brut.'
Canots
Le Sucre Brut fe porte du-rafraichif, do bois --- Page 64 ---
Nowveaux
AuX
1596. foir dans des
Fayages
Res
ou canots de
qaifer- que l'on met à
bois,
Venr de
de
1E
dit
l'efpace
rafraiqu'on laiffe devant les
chifloits Ces
ou canots
FELSTIN
pour le
auges
fe font d'une feule
Sucre piéce de tel bois que l'on
biut,
n'étant
veut > parce
pas expofez à la
N a pas de danger qu'ils fc pluye, il
fent. Ceft dans ces canots
le pourric
acheve de fc refroidir allez que Sucre
mis dans les barriques, Et
pour être
befoin de couteaux
comme on a
quand il eft dans lcs
le mouvoir
on a aufli
facmeik
befoin d'uh inftrument plus fort
celui qui eft dans les
pour
d'une
canots; on fe fert
celie dont pagalle un peu plus petite
on fe fert pour
cn que
dans les canots
nager
mer
bout à l'autre du > pour le remuer d'un
mettre en barrique, canot,avant afin
que de le
le firop foient bien mélez que le
&
le'
RETA
grain qui eft formé, fe
R2l ou qu'il-aide à celui
grofpas epcore.
qui ne l'eft
de Louchets fer.
On fc fert auffi de louchets de fer
leur ufa- trois pieds de long, dont la
de
ge.
tre pouces de large fur fix pelle a qua.
de
long, pour grater & faire
lc
cre
Suoterts
du qui s'attache cn croute aux bords
canot, CC qui eft ordinairemenr le
plus gros grain,
Les
qui eft formé, fe
R2l ou qu'il-aide à celui
grofpas epcore.
qui ne l'eft
de Louchets fer.
On fc fert auffi de louchets de fer
leur ufa- trois pieds de long, dont la
de
ge.
tre pouces de large fur fix pelle a qua.
de
long, pour grater & faire
lc
cre
Suoterts
du qui s'attache cn croute aux bords
canot, CC qui eft ordinairemenr le
plus gros grain,
Les --- Page 65 ---
Francoifes de PAmerique. 49
Lesuftencilles donton fe fert aux four- 1696.
neaux, font très-peu de chofe: ils ne
confiftent qu'en quelques perches > dont
fe fert
le bois dans le
on
poulfer
fond des Eefans & pour ly, ranger
comme il doit être,pour bien braler, &
jetter beaucoup de Aâme ; & d'un
pour
de deux
ou
morceau de fer, > long
pieds
environ , dont un des bouts fait en
doiille, entre dans une perche, & l'autre qui eft recourbé & plar de la largeut
de deux pouces, fert à retirer les charbons; ou à faire tomber les cendres qui
demeurent. fur les grilles.
Les fourneaux font toujoilrs couverts
d'un abavent en appentis, appuyé d'un fur I
côté contre le mur de la Sucrerie
des crampons de fer, qui l'en tiennent
éloigné d'un pied Sc davantage > pour côté
donner palfage à la fumée. L'autre
eft
fur des poteaux de bois s OLI
fur PA piliers de maçonnerie, fur lefquels on appuye la fablicre. On fe fert
d'effeutes ou de tuilles pour ces couver-
&
d'ardoifes, que la chatures, s
jamais
leur feroit éclater.
Voilà tout ce qu'on peut dire des Su;
creries &c de leurs uftencilles.
Tome IV.
C --- Page 66 ---
5o Nonveanx Yoyages anx
1696.
IRes
DES DIFFE R ENTES
elpéces de Sucre.
On peur compter dix fortes de Sucres
différens. Il ne faur pas
je mette cette différence s'imaginer
les
> comme Bnt
Epiciers > les Droguiftes 2 & autres
gens qui en vendent, dans le
dans la grandeur des
poids, ou
. pains, qu'on va acheter formes chez > ou des
qui én parlent ainfi,&
fe eux. Ceux
-Ja peine d'en écrire
donnent
,
yoir
Ru
fonteonal informez 5 & je dois charita- qu'ils
blement les avertirquil eft mieux
lc vendent en Marchands
qu'ils
que d'en écrire la nature & les Chrétiens 3
comme a fait un Droguifte qualitez, nommé
Monfieur Pomet, , qui a compofé un
gros volume in-folio de la nature
toutes les Drogues d'une
de
faire
maniere à
différence plaifir, s mais qui ne met d'autre
entre les Sucres > que celle
qu'il a remarquée dans le poids des
forte pains qui font venus à fa Boutique : de
noît qu'on peut dire, que s'il ne conpas mieux les autres chofes dont il
parle, qu'il connoît lc Sucre & le Silil veftre qu'il a pris pour la Cochenille
devoit fc
de
s
difpenier
gâter tant de
d'une
de
faire
maniere à
différence plaifir, s mais qui ne met d'autre
entre les Sucres > que celle
qu'il a remarquée dans le poids des
forte pains qui font venus à fa Boutique : de
noît qu'on peut dire, que s'il ne conpas mieux les autres chofes dont il
parle, qu'il connoît lc Sucre & le Silil veftre qu'il a pris pour la Cochenille
devoit fc
de
s
difpenier
gâter tant de --- Page 67 ---
Françoifes de PAmerique.
SI
papier. Ce que je dirai dans la fuite lui1696.
fera reconnoître fon erreur 2 & défabufera le Public.
J'ai dit qu'il y a dix fortes de Sucres
différens. Én voici les noms.
I. Sucre Brut, ou Mofcotiade.
2. Sucre Paffé, ou Caffonade grife.
3. Sucre Terré, ou Caffonade blanchc.
4. Sucre rafiné, pilé, ou en pain.
5- Sucre Royal.
6. Sucre Tappé.
7. Sucre Candi.
8. Le Sucre de Sirop fin.
9. Le Sucre de gtos Sirop.
IO. Le Sucre d'écumes.
Le Sucre brut ou Mafcouade eft le
premier qu'on tire du fitc de la Canne;
c'eft le plus facile à faire, & c'cft de lui
tous les autres Sucres font compoE : Voici comme on le fait.
Les Cannes ayant paffé aul Moulin, &
leur fuc,j jus, vefou, ou vin, comme on
dit en'quelques endroits , étant dans le
canot, ou dansla grande chaudiere, on
en examine la qualité, pour le pouvoir
gouverner comme il faut.
Sile vezou, ou jus eft clair & blanchà- Differentre, avec une petite écume au-deffus, de tes tez quali. du
la même couleur 2 c'eft une marque fuc de
Cij --- Page 68 ---
52 Nomseaie
1696. certaine qu'il eft Yoyages verd ALX IRes
& Cannes les 3 Lorfqu'il eft brun, &c gras.
de manieres le qu'en tombant de la table vifqueux, gluant;
gouver- ou coulant dans la
dans le canor,
uer,
une écume grife & chaudiere, il forme
odeur douce &
épaille; & qu'ilaune
unf figne
ce jus comme eft aromatique, c'eft
tiere, PARIES a
bon,chargé de maproduira de bon Purifier Sucre, & à cuire, & qui
Erquand le vezou eft noirâtre
qu'ila une odeur
& épais,
c'eft une
forte,tirant fur
vieilles, & marque que les Cannes rlaigres font
plies de matiere que bien qu'elles foient remdifficile à dégraiffer, fiucréc, 3 le Vezou fera
paffé lce tems de fai
parce qu'il a déja
cuit en partiepar la maturité, chaleur & qu'il eft
Les habiles gens
du Soleil.
rences en voyant les connoifent ces diffé.
plus en les goutant, & Cannes, ils
ou tour au
deffis pour gouverner leur fer réglent lapuis qu'il entre dans la
vezou, dece qu'il forte de la batterie, grande,julqua
Dans le
cueillier environ premier cas > on mer dans la
en tiendroit dans autant de.cendre qu'il
autant de chaux vive une pinte de Paris, &
On emplit la cueillier réduire en poudre.
délaye bien ces matieres de vezou, & on
verle le tout dans la
enfemble ; Oa
grande par inclina-
deffis pour gouverner leur fer réglent lapuis qu'il entre dans la
vezou, dece qu'il forte de la batterie, grande,julqua
Dans le
cueillier environ premier cas > on mer dans la
en tiendroit dans autant de.cendre qu'il
autant de chaux vive une pinte de Paris, &
On emplit la cueillier réduire en poudre.
délaye bien ces matieres de vezou, & on
verle le tout dans la
enfemble ; Oa
grande par inclina- --- Page 69 ---
Françoifes de LAmérigue,
tion & doucement , afin que s'il reftoit 1696.
quelque partic de la chaux quine fût pas
bien cuite & diffoute, elle ne tombe pas
dans la chaudicre, 2 & on remué avec
la cueillier tout ce mélange dans la
chaudiere > afin de bien méler le tout
enfemble.
L'effet que cela produit t, eft de dégrailfer le vezou, 2 en féparant fes
ties graffes & onétucules de celles Fati
doivent compofer le grain du Sucte >
& les affembler à mefure que la chaudiere s'échauffe à la fuperticie en écumes, d'autant plus gralfes, épaifles &
gluantes, que la chaux & la cendre ont
aidé par leurs qualitez déterfives & corrofives, à
le refte du vezou 5
dont le FIES être compolé,
Dans Rcres fecond cas, on ne mêle dans
ia grande qu'environ une chopine de
cendre, > avec un tiers, de chaux, furtout quand on travaille au Sucre blanc ;
parce que la chaux rougit le vezou, &
par conféquent le Sucre qui en provient.
Dans le troifiémecas,on; met une pinte de cendre avec une chopine de chaux,
& on a foin de mèler del'antimoine dans
la leflive, & de jetter dans la batteric,
un momentayant que d'en tirerle Sucre,
Cij --- Page 70 ---
S4 Nomveaux
1696. environ une
Paynger anx MRes
chopine d'cau dc
danslaquelle on a fait
chans,
lun. Oncft même fouvent diffoudre de l'ace troifiéme Cas & dans le obligé dans
jetter de l'alun en poudre premier, de
ric, pour achever de fécher dans la batteSucre & fa verdeur. Jc
la graide du
brique du Sucre brut. revicns à la fafaut Quand écu- il La cendre & la chaux étant
mer, danslagrande, le feu
mélées
monter l'écume au-deffus quil'échauffe, fait
tité d'autant plus
en une quancendre &c la chaux confidérable, ont trouvé
que la
difpofé à fc
On
lc vezou
à écumer purger.
ne commence
vezou eft que quand la fuperlicie du
toute couverte
on l'enléve fans troubler décumes, la
&
avec
liqueur &
tems diligence, all vezou pour de ne pas donner le
d'être écumé,
boiillir avant que
qu'il fait
parce que les.boitillons
rompent l'écume, & la font
rerourner, & fe mêler de
le vezou, de forte
nouvean dans
ter d'avoir
qu'on ne peut compnettoyé une
me. il faut,
chaudiere conquand ellc botilloit. quand on ne l'a écumée que
Il faut Après que le
écumner botilli, &
vezou de la grande a
prompa été écumé
tement. pendant une TEle on le vuide environ
cucillier dans la
avec la
propre. On doit faire
'écume, & la font
rerourner, & fe mêler de
le vezou, de forte
nouvean dans
ter d'avoir
qu'on ne peut compnettoyé une
me. il faut,
chaudiere conquand ellc botilloit. quand on ne l'a écumée que
Il faut Après que le
écumner botilli, &
vezou de la grande a
prompa été écumé
tement. pendant une TEle on le vuide environ
cucillier dans la
avec la
propre. On doit faire --- Page 71 ---
Erangoifes de P Amérique.
promptement ce travail, & plus on ap-1696.
proche du fond de la chaudiere 2 plis
on doit ufer de diligence, de crainte
quc le feu"
eft deflous n > n'agiffant
plus que fur E métail, ne le brâle. C'eft
encore pour.l'empècher qu'on répand
de tems en tems avec la cucillier duv vezou .autour du dedans de la chaudiere.
Dès qu'elle eft.vuide > on débouche le
canot - 2 S1 oùf s'eft ralfemblé lc vezou à
mefure qu'il fort duN Moulin, & on le
fait couler dans la
5 on, y mêlé
la quantiré de PRSTE &c de cendre >
comme auparavant 2 & lon réitere
cette opération toutes les fois qu'on la
remplit. Quand le vezou qui eft dans la
2 commence à écumer, on
lafere
fon pre écume avec foin; &cl lorfqu'il commence à bouillir , on Y jette un
de
cette leflive que j'ai ci-devant
ranet
aider à poulfer à la fuperficie les # t
pour ordures qui S'y trouvent. On continue
d'écumer la propre, julquà ce que la
grande ayant fuffifamment bouilli, 2 &
étant bienécuméc, & le canot plein de
nouveau jus' > on-vuide dans le. Aambeau oul dans la leflive, fclon le nombre des chaudieres, le vezou qui étoit
dans la ptopte, que Pon remplit en
Ciy --- Page 72 ---
56. Nomveanx
4696. mimerems & avec Toyagès ANx Mes
lag grande, que l'on diligene de celai de
cer par celui qui s'eft continuede
not.
amaffé dans rempl- lc caLe vezou étant dans
chaudiere quel'on chauffe cette troifiéme
bois, dans 1 eft purgé avec plus avec de du gros
deux
foin que
On n'y jette premieres, avec la leffive.
quantité, mais pas à cette leflive en grande
peur tenir dans une chaque fois ce qu'il en
en même-tems cucillier à
Técumoire,
on éléve le Vezou bouche,e
afin qu'elle
avec
fément, & on écume s'y mèle plus ai.
poflible ce qui viental leplus la
vâte. gu'ileft
fuperficic. Auc
de venir, on
l'écume cefle
Eeschntes
pour T'exciter, yjette & un peu de lellive
n'en vient quafi quand on voit gu'il
celle qui paroit plus, eft our du moins
cette troifiéme chaudiere légere, on .iE
triéme qui eft le
dans la
tité de yezou eft firop. Commela quaration que le feu diminuée par quanécumes
en a faite, & lévapol
qui en font
par les
quarriéme chaudiere forties, eft 3 & que cette
chaufiée que la troifiéme plus vivement
change de nature, il
3 le vezou y
paifir, & à fe convertir commence à s'6.
alors qu'il faut achover en firop. C'eft
de le nettoyer
dans la
tité de yezou eft firop. Commela quaration que le feu diminuée par quanécumes
en a faite, & lévapol
qui en font
par les
quarriéme chaudiere forties, eft 3 & que cette
chaufiée que la troifiéme plus vivement
change de nature, il
3 le vezou y
paifir, & à fe convertir commence à s'6.
alors qu'il faut achover en firop. C'eft
de le nettoyer --- Page 73 ---
Françoifes de PAmerigue.
S7
promptement eny y jettant de la leflive, 1696.
& en l'écumant avec foin, 9 avec une
écumoire, > dont tous les trous font
celles
fervent aux
cter
EEe qu'à
qui
précédentes.
Je croid qu'il In'eftpas néceffaire deréle vezou de la troifiéme chauSAE Demar paffé dans la quatriéme s on
vuide aufli-tôr la feconde dans la troifiéme, & la premicre dans la feconde; &
que la premiereeft toujours remplic par
lc jus qui tombe du Moulin dans le canot.
Lorfque les Cannes font vertes & dures à cuire, il arrive allez fouvent qu'il
faut arrêter le Moulin qui fournit plas
de jus qu'on n'en peut cuire. Mais quand
les Cannes font bonnes, la faifon féche,
& les fourneaux bien chauffez, tout ce
qu'un Moulin peut faire, cft d'entretenir, c'eftà-dire, de fournir dujus fuffifamment pour fix chaudieres.
Quand'onj juge que le firop eft prefque
entierement purihé > on le coupe en
deux, c'eft-à-dire, > on en verfe la moitié dans la batterie
je fuppofe vuide, afin qu'il fe iedite plus vite. On y
jette de laleflive pour en faire élever
l'écume qui refte'; & à mefure quil
cuit > en charge la batterie de cC qui
Cy --- Page 74 ---
58 Nonveanx
1696.elt dans le
Foyager aux Ifes
jette de firop; : & comme la batterie
qui y eft gros botillons, & que le firop
& en fortiroit contenu 2 s'éléve
leur du feu par la violence beancoup, de la chaqui eft deffous,
tems en tems de
ony jette de
vieux beurre' ou de petirs morceaux de
lcs
graifle, qui appaife
boiillons, & les fait
ne le tems d'écumer baiffer, & donfait venir à la
ce que la leffive
vent le
fuperlicie. On éleve foufirop avec
lui donner de
l'écumoire, afin de
fur
T'air, & on paffe le balai
l'euvage & far les bords,
toyer l'écume, que les
netlaiffée en
y oat
sotabany
s'élevant.
Quand le frop qui étoit dans la
triéme chaudiere, > eft
quadans la batterie, & entierement paffé
Eau de par
que parl'épaiffeur &
chaux & en rlapefantenr l'air
qu'ony fenten l'élevant
d'alun
avec lécumoire, on
jette qu'on approche de fa cuiffon, & juge qu'il
dans la marqué que le vezou étoit qu'on a rebattetic, on jette dans la batterie gras & verd,
pinte d'eau de chaux, dans environ une
a fait diffoudre de Falun. La laquelle on
qu'on y en mer fe
felon quantiré
vezou eft
dura cuire régle &
que le
on EORSCTAE jamais la
verd. Mais
onze
pinte. On pelanteur d'une
chaux, PaE dans
appelle cau de
laquelle on a éteint
la marqué que le vezou étoit qu'on a rebattetic, on jette dans la batterie gras & verd,
pinte d'eau de chaux, dans environ une
a fait diffoudre de Falun. La laquelle on
qu'on y en mer fe
felon quantiré
vezou eft
dura cuire régle &
que le
on EORSCTAE jamais la
verd. Mais
onze
pinte. On pelanteur d'une
chaux, PaE dans
appelle cau de
laquelle on a éteint --- Page 75 ---
Françoifes de LAmérique. 59
de chaux vive. On fe fert 1696.
une quantité cela d'un pot de rafinerie; on l'empour plit à moitié de chaux vive, & on acheve de l'emplir d'eau, que l'on remue
avec un bâton : on tire cette eau après
qu'elle eft repoléc; on la met dans un
autre pot avec de l'alun, fclon la
viens de
Bee
portion acheve quc je dc confommer marquer. & de deffécau cher toute la graiffe qui reftoit dans le
on doute envezou. Cependant quand
core qu'elle ait produit toutl'effer qu'on
en, elpéroit > un inftant avant que de
tirer le Sucre de la batterie, on y jette
un peu d'alun en poudre, & après qu'on
l'a remué avec la cueillier, on en tire le
Sucre, que l'on met repofer dansle rafraichiffoir.
au lieu d'alun jet- plâcreea
liy a desgens, qui
livre de poudre
tent dansla batterie environ une
l'on
plâure en poudre. Cette drogue fait gre- E la
nerl le Sucre, & le fait paroitre très-fer- batteric,
mc, , & très-luifant. Ceft une infigne
2 dont on ne s'apperçoit
la fuite. Cette
réunit
quc
arani
non-feulement le grain du
mais
Se
encore le firopielle l'amoncelle, & forme un grain épais, dur, brillant & pefaut, mais qui yenant à fe décuire > ou
à ètre fondu pour être rafine,ne donne
Cvj --- Page 76 ---
60 Nonicanx
1696.plus qu'un Sucre Yayages anx Ifles
à
prefque incapable frotteux, de foûtenir foible, &
ge. Il faut être habile dans le rafinafance des Sucres,
la connoif
en achetant far pour les n'ètre lieux pas tromSE Sucres : car ils
ces fortes
& par leur poids impofent par leur
Eat cholcs
les
qui font les
chent dans lcs que Sucres Marthands cherleurs connoiflances bruts, parec que
loin.
ne vont pas plus
Jaifair faire exprès
de Sucre de cette
quelques batteries
à connotre cette façon, pour apprendre
de Moyens coa- pù remarquer que fapercherie, deux
&cj je: 4 n'ai
noître vent conduire à
chofes,
cetre 'u.
eft
cette découverte.
perchc. premicre
le
CEETE
tic.
ce Sucre S la feconde poids eft extraordinaire la
de
couleur de fon grain. Ce figure & la
un fi grand poids eft le quilui donne
d'en être
frop, qui loin
& condenfe. féparé,sy Or it eft comme congelé
même vaiffeau
eft certain que le
quali le double de rempli ce de firop
étoit rempli de
qu'il peferoir
Sa
rop eft un liquide Sucre, épais, Parce que le fiparties font contignés, dont toutes les
fans aucun intérvalle vuide adhérentes, &
Le Sucre au contraire eft entre elles.
parties rondes ou approchant compofé de
de cette
loin
& condenfe. féparé,sy Or it eft comme congelé
même vaiffeau
eft certain que le
quali le double de rempli ce de firop
étoit rempli de
qu'il peferoir
Sa
rop eft un liquide Sucre, épais, Parce que le fiparties font contignés, dont toutes les
fans aucun intérvalle vuide adhérentes, &
Le Sucre au contraire eft entre elles.
parties rondes ou approchant compofé de
de cette --- Page 77 ---
Francoifes de. PAmerigue.
ne
jamais être fi 1696,
figure > qui
peuvent
nc laiffent
unies enlemble 5 qu'clles
beaucoup de vuide entreelles, qui n'étant remplies que d'air, s rendent par
confequent le vailleau plein de Sucre
incomparablement plus léger que s'il
étoit
de firopaer à la figure du grain du Sucre s
je viens de dire qu'il eft rond, ou
chant de cette figure, au lieu que
CeRITCI
eft comme taillé à facettes; & c'eft ce
quile rendluifant & réfléchiflant, à pêu
près comme on voit le Sucre candi, avec
néanmoins cette différence que les
ties du Sucre candi étant
tEs
chacune en particilier 2 font claires &
tranfparentes > & que l'opacité qui fe
trouve dans le centre d'un morceau qui
eft un peu gros, ne vient que du grand
nombre des refraétions isy font, qui
empèchent toute la
de fe reTLSE
féchir : au lieu que dans ce mauvais
Sucte plarré un grain étant brifé, fes
parties' deviennent opaques, & moins
elles font nombreufes, moins elles font
claires & luifantes.
Ilya encore une chofe qui peut. conduire à la connoiffance de cette fraude,
c'eft une odeur de brûlé quil'exhale >
quundonlagproche du nez. Mais CORX --- Page 78 ---
62 Noveaus
1696, me ce
Foyager anx HRes
ligne peut èrre
qu'il convient
équivoque > puiftre efpéce de Sucre, effenciellmenta à une auen fon lieu,
comme je le dirai
deux
s on peut fe contenter des
gon raifonnable premieres, pour. fonder un fouprie dans un Sucre qu'ily y a de la trompe.
marque; ; & pour achever 2 auquel. on les reyaincre, on
de s'en conmorceau dans peut, lc en mettre un petit
l'humeéter avec de creux de la main , &
de la falive. On l'eau tiéde, ou.avec
Enftuc.
voit aufli-tôr
tion diflur, que le grain fe
qu'il fe
pour on fent en le
fépare du
ceux qui le bout
remuant doucement frop;
achérent
du
avec
des Su- qui eft au doigr > la dureté du
cres
milieu d'une
grain
bruts, onétucufe & adhérente, liqueur noiratre,
chofe que le firop
, qui n'eft autre
amoncelé &
Que le plâtre avoit
de Marchands comme congelé, Mais
fléxions & font capables de ces
>
les
P
ployenr, le fontencores Commis qu'ils emleur fuffit de voir un moins qu'eux. Il
fec &
Sucreà gros
pefant, , pour le
gaain,
tre infiniment
préférer à un aune remarqueront meilleur, danslequel ils
en parcil dégré. Pas ces trois qualitez
font Cette desachats inftruction fervira à ceux
de Sucre,
n'être qui
trompcz par la réputation Pour
pas
que certains
xions & font capables de ces
>
les
P
ployenr, le fontencores Commis qu'ils emleur fuffit de voir un moins qu'eux. Il
fec &
Sucreà gros
pefant, , pour le
gaain,
tre infiniment
préférer à un aune remarqueront meilleur, danslequel ils
en parcil dégré. Pas ces trois qualitez
font Cette desachats inftruction fervira à ceux
de Sucre,
n'être qui
trompcz par la réputation Pour
pas
que certains --- Page 79 ---
Erançoifes de PAmerigne.
Particuliers ont de faire de plus beau Su- 1696.
CrC que leurs voifins s quoique dans la
vérité ils ne doivent cette répuration
qu'i la mauvaife pratique que je viens
d'expliquer. Je reprens à préfent mon
fujet. Dèsque le Sucre qui étoit dans la batterie, en cft tiré avec toute la diligence
pollible, &c qu'on y a mis une partie de
celui qui étoit déja purifié dans lc firop,
on remuéavec une pagalle.leSucre
a mis dans le rafraichifloir > afin
ré- Sucre
Lt
pandrelegrain également par tout; puis raftai- dant le
on le laille repofer jufqu'à ce qu'il fc chifloir & dans
forme deffus une croûte de lépaiffeur leCanot.
d'environ un écu, felon que le Sucre eft
plus ou moins chargé de grain, &
dont il eft
AaRE
les Cannes.,
provenu,
bonnes olt mauvaifes s cette croûte fe
fait promptement , ou elle demande du
tems avant que de fc former. Lorique
les Cannes font bonnes, & que le Sucre
cft bien travaillé, elle fc fait bien vite,
& en moins d'un demi-quart d'heure
elle devient épaiffe comme un écu, &
continué toûjours à s'épaillir, à mefure
que. le Sucre fe froidit. Mais quand
les Cannes font vertes & aqueules > ou
quand le Sucre a été tiré de la batterie
avant que d'être cuit fuffifamment , la --- Page 80 ---
64 Nonveaws
1696, croûte ne fc fait Fyngss Alx Mles
iefroidi. La croûte que quand ile cléprefque
mué une feconde fois éiant faite, on rerafraichilloir avec la ce qui ieft dans le
mêler la croûte de deffus pagalle, 2 afin de
quis'eft attaché aux
avec le grain
au refte à fe
bords, pour aider
celui qui - l'eft forimer, déja.
ou a augmenter
Sucre dans les canots On de porte enfuite ce
font deftinez à-le
bois' qui font
laiffer raffeoir & recevoir > pour l'y
être mis dans les refroidir allez.
pour le
barriques. On fe Fot
Celui qui tranfporter doit le du bec de corbin.
des deux mains tranfporter, les
s- lc tient
fond érant un par
deux anfes, le
Com- En cet état il peu appuyé far fa
ment on
Pofe lcl bec fur le cuiffe.
le rafraichiffoir s afin.
bord du
Lerae de
que celui
corbin, charge > c'eft-à-dire
qui le
avec la cueillier, > qui le
hors.
ne répande rien remplit deQuand il eft plein, ille
canot, en le. fotitenant
porte au
& s'aidant un peu du par deux anfes ,
où il Tappuye. Il faur devant de la cuife
ment, 5 de crainte
le vuider doucetombant un peu de que haur, les grumeaux en
jaillir le firop qui iconferve ne faffent réchaleur > & qui brûle long-tems fa
très- vive les endroirs. d'ane maniere
Quand on a porté dans le où il tombe.
canot tout cé
le. fotitenant
porte au
& s'aidant un peu du par deux anfes ,
où il Tappuye. Il faur devant de la cuife
ment, 5 de crainte
le vuider doucetombant un peu de que haur, les grumeaux en
jaillir le firop qui iconferve ne faffent réchaleur > & qui brûle long-tems fa
très- vive les endroirs. d'ane maniere
Quand on a porté dans le où il tombe.
canot tout cé --- Page 81 ---
Françoifes de PAmbrigue.
qui étoit dans le rafraichiffoir > on le 1690.
remue encore avec la pagalle. afin que
le grain déja formé aide à celui qui eft
dans le firop > à fe former, ou le falle
groflir. A mefure que l'on tire des batteries,
&. qu'on porte dans le canot, on recommence à faire ce que je viens de dire >
obfervant de remuer le Sucre qui eft
dans le canot, à chaque fois qu'on en
met de nouveau deffus , julqu'i ce qu'il
foit refroidi au point de pouvoir y tenir
le doigt fans incommodités puis on le
tranfporte dans les barriques.
Les. barriques dont on fe fert pour
mettre le Sucre brut, viennent la plipart
d'Europe en bottes. Les Marchands les
font monter, & rendent barriqae pour Bariques dans lefbarrique à ceux qui leur livrent des Su- quelles
cres. Elles font ordinairement très-mal le on Sucre, met
jointes, & encore plus mal cerclées. Laleumauraifon que les Marchands ont de laiffer vaile qualité,
ce premier défaut, eft afin que le Sucre
que Pon met dans ces barriqtes, trouvant des jointslarges, ait plus de facilité
a fep purger de fon firop. Et la raifon du
fécond défaut eft afin de diminuer le
poids du bois 1 , qui eft ce qu'on appelle
la tare > parce qu'on ôte dix pour cent
fur le poids entier de la futaille pleine --- Page 82 ---
Nomveaux
1696.de Sucre s & gu'aint Fopiger aux Ihes
chargée de bois, &
moins elle eft
y trouvent leur
plus les Marchands
Mais les habitarions compte,
deux défauts par deux remédient à ces
qui tournent à leur
ou trois moyens
de
profit, & à la
Tacheteur, > mais qui n'érant perte
honnètes, 3 ne peuvent être mis pas trop
que par des gens qui n'ont
en ulage
cience fort timorée.
pas une confcouvrir avec de la Le piemier eft de
dans de la
terre grafle ai de
Défaurs
barrique tous les
qui fc douves & des fonds,
joints dés
commet. fi
& ils la
tent en
épaiffe, que le Sucre eft
mettent
mettane Grop
froid, & fon
enbarti- le Sucreait pû entierement fécher la
congelé, avant
terre, &
ques. fage pour s'écouler
fefaire un
Le
par ces
fecond eft
fentes.
c'eft a-dire, de le d'enformer leur Sucre,
ques, quand il eft mettre dans les barrifroid,ou de les remplira prefque enriérement
fois. Quand il eft
deux ou trois
tain qu'il ne
trop froid, il'eft cers'eft déja
plus, parce que le Gavec
eanse
N on remplic les
le.grain. Et
fes reprifes, lc Sucre barriques à diverfond, s'étant refroidi qui fe trouve au
& durci
qu'on y en mette d'autre, il
avant
point paffer le firop de celui ne laiffe
par-dellus > ni le fecond, le qu'on met
frop du
eft
deux ou trois
tain qu'il ne
trop froid, il'eft cers'eft déja
plus, parce que le Gavec
eanse
N on remplic les
le.grain. Et
fes reprifes, lc Sucre barriques à diverfond, s'étant refroidi qui fe trouve au
& durci
qu'on y en mette d'autre, il
avant
point paffer le firop de celui ne laiffe
par-dellus > ni le fecond, le qu'on met
frop du --- Page 83 ---
Frangoifts de PAmérique.
troifiéme ; en forte qu'il n'y a que le 1696.
premier qui a purgé, & que le firop de
tout le refte, 2 s'eft figé & condenfé ; cC
qui rend une barrique extrémement pefante.
Cette mal-façon, pour ne pas me dervir d'un autre terme plus odieux > eft
difficile à connoître, à moins qu'on ne
léve une douve de chaque barrique :
car alors on remarqueroit aifément les
lits de Arop. Mais les Marchands, ou
leurs Commis ne font point la plapart
allez habiles, ni aflez portez pour le
bien-de leurs Commettans, pour faire
Ils voyent de beau Su- Moyen
cette aux diligence. deux bouts de la futaille ; fon
cre
Eomnet
poids leur fait croire que c'eft du grain défauts. tre ces
tout pur, & ils s'en contentent, d'autant plus encore que ceux qui pratiquent
ces fortes de fupercheries, ont encore la
malice, quand la barrique eft pleine à
deux pouces près du jable, d'achever de
la remplir avec quelques cueillerées de
bon Sucre tout chaud, qu'ils appellent
humeéte celui
une couverture, qui
qui
eft deflous, y fait pénétrer fon firop, &
préfente ainfi une très-belle fuperficie.
Le fond de la barrique doit être
dc trois trous d'un pouce de
Pimeet --- Page 84 ---
68 Nowveaws
1696. frivant
Yoynges AUx Hles
danslufageap 1Ordonnanee du Roi. Cependeux, & Tonsen ptévala de n'en faire que
trer dans chaque contente. On fait cnCanne, un
trou le bout d'une
Les bari- rique. La peu plus longue que la.
ques doi-,
chaleur du
barvent être rer, & le. firop en Sucre la fait reflerdct percces trois coule par le trou, fuivant la Canne, s
Mous, bord allcz jufte , & qu'elle tombe bouchoit d'aternes. On doit ôter les dans les cique de foncer. les
Cannes avant
les trous la qualité barriques. du
On voit
Ect le fonds,
Sucre qui toutre beau, parce quine peur manquer d'è.
refte de la qu'il a purgé > pendant
E congelé, barrique eft plein d'un
pendant le
qui venant. à fc décuire
du grain, & ne
gite tout le refte
vaile
plus
E
marmelade
qu'une maucun ulage.
quin'ef prelque d'auIly a des Sucriers
fonds des barriques qui changent les.
Marchands, &
qu'ils leur reçoivent des
d'autres de bois 2k
en fubltituent
taignier, épais de Riviere, ou de Chapar leur pelanteur plus d'un pouce, qui
dent
naturelle
tailles avantageufement la
nécpmapone
> quie les Marchands légéreté des futfournir aux Habirans.
affeétent de
Mais ces artifices de
part & d'autre
auIly a des Sucriers
fonds des barriques qui changent les.
Marchands, &
qu'ils leur reçoivent des
d'autres de bois 2k
en fubltituent
taignier, épais de Riviere, ou de Chapar leur pelanteur plus d'un pouce, qui
dent
naturelle
tailles avantageufement la
nécpmapone
> quie les Marchands légéreté des futfournir aux Habirans.
affeétent de
Mais ces artifices de
part & d'autre --- Page 85 ---
Françoifes de PAmerigne. 69
la bonne foi, & contre l'é- 1696.
font contre doitfe trouver dans le Comquité, qui
merce. J'en ai déja rapporté d'autres, quelques- à
encore
uns , jen rapporterai T'occafion s'en préfentera,
mefure qué
fervent, les voiant
afin que ceux quis'en de tout le monde, fe
expolez aux de yeux les
& que ceux
déliftent
pratiquer,
comme
qui ont intérèt de s'en garder,
les Marchands & leurs Commis > prennentles mefures quej'ai marquées, pour
n'ètre pas n'eft trompez. aifé que de faire de
Rien marchandife. plus Ceità quoi un Habonne
de Yhonneur 8c dela confbitant quia
A l'égard des
cience doit barriques, sappliquer. il n'y a qu'à n'en
mauvaifes recevoir qui ne foient bien conpoint
&
on ne
ditionnées, >
quand doit les
on
iaterea REee
faire autrement,
que les Habitans
tre par un Tonnelier, chez eux; , fe faifant
ont" ordinairement les Marchands fix lienfuite payer par
tant pour
vres de Sucre
barrique,
cela
pour ere cloux 2 qu'on employe
à aRer tenir les cercles qu'on met au- le
tour des fonds : car fi on confidére
à changer les fonds 2
tems quel'on perd
de
que de
- on verra quil y a plus perte léfine; mais
profic, & quece une pure --- Page 86 ---
70 Nonveanx
1696.c'ef une étrange Vyager anx Ies
avoir changé les fonds, friponnerie > après en
trop grande quantité de d'y mettre unc
s'elt trouvé des
terre graffe. Il
chofe fi
gens qui ont poullé la
défoncées, loin, que leurs batriques étant
Comme livres de on en a tiré plus de
on doit
terre, On eft
quarante
rerter & une couche de terre obligé de mettre
remplir
graffe far les
lesbarri. res, parce
fans cela le Sucre jointuques, roit tout LRuE par les
coulefant que cette couche jointures; foit mife mais il
légétement qu'il eft
le plus
aulli remplir les
pollible, On doit
afin que le Sucre barriques entiérement,
laiffant écouler fon venant à baiffer en
vent encore pleinesà frop, deux elles fe trouces au-deffous du jable, ou trois
s'eft tout-d-fait
quand le fonte
les fermer ou enfoncer, purgé; &
on veut
prendre du
vaut mieux
frende
l'on deltine Sucre à
d'une barrique que
de mettre de ces remplir fortes de les autres > que
dont le firop ne
couvertures,
jafqu'au fond pour pouvant fortir pas pénétrer
des' Cannes
par Ics trous
dans le refte 2 du cft contraint de s'imbiber
mis, en tifque de Sucre, le fur lequel on l'a
ainfi, le Sucre fe trouve gâter. En faifant
àl'autre des barriques. égal d'un bout
fer lever les douves, fans On peut en laifcrainte d'au-
de les autres > que
dont le firop ne
couvertures,
jafqu'au fond pour pouvant fortir pas pénétrer
des' Cannes
par Ics trous
dans le refte 2 du cft contraint de s'imbiber
mis, en tifque de Sucre, le fur lequel on l'a
ainfi, le Sucre fe trouve gâter. En faifant
àl'autre des barriques. égal d'un bout
fer lever les douves, fans On peut en laifcrainte d'au- --- Page 87 ---
Frangoifes de LAmerigne.
4:
&cl'on fatisfait aux devoirs 1696.
cun afftont,
de fa confcience. ordinaire de Sucre brut, PoidsorLa barrique
viens de dinaires
faite & enfutailléc, comme je
doit d'unel rique ba- de
dire, étant féche & bien purgée,
sucre
fix à fept cens livres, dont la tare brut,
pefer étant diminuée à raifon de dix pour
cent, il refte cinq cent quarante 2 ou
fix cent trente livres de Sucre net.
FriponIlfe commet encore une autre fripon- neric qui
nerie dans le Sucre brut. C'eft de jetter fe
la
Cre
dans le rafraichilloir, > auffi-tôt
dans le
un ou deux
de Sucre
iRes
batterie eft vuidée,
tiré des ci- brut.
corbin de gros firop qu'on a
Ce
étant épais. 8c froid,
ternes.
firop le Sucre qui eft dans le rafait congeler
d'oà étant
fraichifloir, & s'y incorpore, & dans la bartranfporté dans le cânot,
rique quand il eft prefque congelé >
il Tisate une malle dure & pefante , qui
farisfait l'avarice du vendeur : mais qui
fedécuilant bien-tôt, gârel le grain ,od 2
il a été incorporé, & caufe un dommae: confidérable à celui iqui a eu le malEU de l'acheter. L'odorat eft le feul de Moyen la
des cinq (ens de nature, ,avec lequel on connoi- trc.
sappercevoir de cette fourberie :
peur
pas le Sucre
car ce mélange n'empèche
foit un
d'ètre fec & gréné, quoiquil odeur
brun; mais il lui refte une
peu
2
il a été incorporé, & caufe un dommae: confidérable à celui iqui a eu le malEU de l'acheter. L'odorat eft le feul de Moyen la
des cinq (ens de nature, ,avec lequel on connoi- trc.
sappercevoir de cette fourberie :
peur
pas le Sucre
car ce mélange n'empèche
foit un
d'ètre fec & gréné, quoiquil odeur
brun; mais il lui refte une
peu --- Page 88 ---
72 Nomveawx Voyages aux
1696. de firop brûlé, que les bons
feurs Içavent
Remst
diftinguer fans
que la couleur brune de ce Sucre peine, les , &
pèche de confondre avecle Sucre emment de firop , qui fouvent eft
me , aufli
auffi
RTEC
jaune
le grené; Suc aufli pelant, & aufli
tout pur desCannes.
que peuvent
VcE
ceux qui veulene
faire fans rifque
profiter
firops; après qu'ils font cuits deleutsgros
forme, bien purgez & bien
> mis en
Com- en jetter une forme
fecs,on peut
ment on peu
dans la batterie un
doit cmdevant que! le Sucre foit
les ployer jette une pinte, ou
cuit; on y
Grops. gros chaux & d'alun, & davantage, on
d'eau de
en poudre la batterie faupoudredalan dans le
qu'on Ja veut tirer. Il eft certain moment
mélange ne porte aucun préjudice que ce
cheteur > & fait que le Sucrier al'aautant qu'il fe peut dcs firops, profite
legrain guis'y trouve,
parce que
celui qui fort du Sucre s'incorpore de
avec
les parties qui font
Cannes > &
condenfer, &
trop foibles pour fe
retournent
pour devenir en
en firop, &
grain,
le firop du Sucre. J'ai tombent fait
avec
épreuves de ce que je yiens plufieurs
par lelquelles je me fuis
davancer,
le Sucre de Cannes,
convaincu
lcr du' Sucre de
onjavois fait a
firop fec & bien
PENSEE --- Page 89 ---
Frangoifes de LAmbriqne. 73
rendoit la mème quantité de Sucre étant 1696.
rafiné 2 que celui où je n'en avois pas
fait mettre ; parce que dans cette hypothéfe il n'y a
le grain qui refte,
lequel étant trop Bbie la premiere fois,
s'étoit échapé, & s'étoit écoulé avant
que 'd'avoir fait côrps > & qui s'eft affemblé & purifié dans une feconde cuiffon, où on l'a aidé avec de l'eau de
chaux, qui l'a dégagé des parties
fes & onétueufes, dans lefquelles il SE
embarraflé, & qui lui a donné lieu de
S'unir, s & de fe ramaffer en un corps.
En 1694.le Sucre brut-nc valoit que
quarante ou cinquantefolsle cent en afgent. On donnoit les billets de Sucre
encore à meilleur marché. Onlepaffoit
en troc de marchandifes far le pied de
foixante fols. Il demeura à Ce prix juf
qu'en 1696. dans lequel tems lelpérance d'une Paix prochaine obligea les
Marchands à le rechercher 5 afin d'en
charger leurs Vaiffeaux dès qu'ils le
pourroient faire fans crainte des Corfaires, & afin de donner du travail à
leurs Rafineries de France > dont le
nombre s'y étoit augmenté confidérablement, & fur tout à Nantes: de forte
que vers la fin de la mème année il
vint jufqu'à quatre livres dix fols le
Tome IV.
D
dans lequel tems lelpérance d'une Paix prochaine obligea les
Marchands à le rechercher 5 afin d'en
charger leurs Vaiffeaux dès qu'ils le
pourroient faire fans crainte des Corfaires, & afin de donner du travail à
leurs Rafineries de France > dont le
nombre s'y étoit augmenté confidérablement, & fur tout à Nantes: de forte
que vers la fin de la mème année il
vint jufqu'à quatre livres dix fols le
Tome IV.
D --- Page 90 ---
74 Noweaux
AuX
1696. cent. On le porta
cent fols,
a
SL
> & on le
TiAe
francs dans le cours vendit de l'année jufqu'à neuf
La Paix de Rifvick &
1698.
du Commerce ne furent Taugmentation les
caufes de laccroifement
feules
cre.
du
Am
Pour le comprendre il faur prix
Sudre la chofe de
haur
reprenque depuis la Guerre plus
> & Igavoir
mencé en 1688. le qui avoit comVaiffeaux qui venoient petic de nombre de
doit lcs marchandifes fi France, rencargaifon médiocre fuffifoir cheres, qu'une
ger trois ou quatre Vaiffeaux pour de charbrut. La quantité qui s'en faifoit Sucre
pouvoir en trouver le
fans
f'avoit réduit au vil prix, débouchement dont
lé, &. les Vaiffeaux ne voulant j'ai
que le moins
LSTEE
effets aux Ifles,ne qu'ils ponvoient de leurs
fe
de
vouloient prefque
charger
cette
pas
ils vouloient du Sucre marchandife; mais
de
rafiné, du
lIndigo, du Roucou, du Cacao,
ou du Carct. Il n'y avoit pour Cotton, lors a
Martinique
la
quc quatre ou cinq Rafineries, qui avoient un
ner les Sucres, & privilege pour rafimoins de
livres qui de ne prenoient pas
Profit meilleur fept
Sucre brut du
exorbiquife trouvât, &à leur
tant des pour rendre quatre ou, cinq mois choix,
après, --- Page 91 ---
Françoifes delAmerique. - 75
nne livre de Sucre blanc. On peut juger 1696.
du
profit de ces Rafineurs par ce Rafigrand
neurs.
que je viens de dire,& parlexpérience
que jai que deux livres & demie, ou
trois livres de.Sucre brut fuffifent pour
faire une livrede Sucre rafiné, s fans compter les firops, qui fufifoient
les payer Suics Barques qui alloient
auper
cres, & pour tous les autres frais
les
Rafineurs étoient obligez de TEARE : de
forte que les Habitans travailloient toute l'année pour enrichir les Rafineurs ,
& Sappanvrifloient. de plus en plus. Ce- des Origine Sula fit enfin : ouvrir les yeux. à plufieurs cres tCE-,
Habitans 5 les uns arrachérent leurs Iez.
Cannes,, planterent de l'Indigo,; d'autres fc mirent à cultiver. le Cacao & le
Roucou, &c négligerent la fabrique du
Sucre brut: & d'autres, plus fages > &
qui furent imitez peu à peu
un plus
grand nombre 2 lc mirent " blanchir
leurs Sucres > comme quelques - uns
avoient vû qu'on le blanchiffoit au BreGl, Cayenne, & en quelques habitations de la Guadcleupe. On ficvenir des
Guvriers de ces lieux-là, on en appella
de France & de Hollande, de maniere
qu'au commencement de l'année 1695.
ilyavoit déja plufieurs Habirans à la
Martinique qui blanchifloieat leurs SuD ij
à peu
un plus
grand nombre 2 lc mirent " blanchir
leurs Sucres > comme quelques - uns
avoient vû qu'on le blanchiffoit au BreGl, Cayenne, & en quelques habitations de la Guadcleupe. On ficvenir des
Guvriers de ces lieux-là, on en appella
de France & de Hollande, de maniere
qu'au commencement de l'année 1695.
ilyavoit déja plufieurs Habirans à la
Martinique qui blanchifloieat leurs SuD ij --- Page 92 ---
-76 Nowveanx
1696.eres, & les Rafincurs Froyager Anx Ifes
manquer de pratique. commencerent 3
Le premier
nufacture, futun quisappliqua nommé à cette Maappelloit le fol, pour le Martin, qu'on
autre de même nom
difinguer d'un
rût avoir plus de fagelle, 3 qui quoiqu'il pal'efprit de commencer n'avoit pas "eà
Vement, qu'on
un pareil établiffource des grands peut biens dire avoir été la
s'eft remplic.
dont cette Ifle
Comme cette Manufacture
à-fait oppofée aux intérèrs étoit toutAugmé. de France
des
tarion Confeil
2 ils obtinrent un Rafincurs
desdroits
du Roi
Arrêt du
dientrée des Su- d'entrée du Sucre quiangmentoit blanc
les droits
cres, de fept livres par
venant des Ifles,
Sucré blanc qui étoit cent, tellement
le
ques, > terré ou rafiné, pilé fe dans les Ranie
de quinze francs par cent de trouva droits chargé
trée, & celui qui étoit en
d'endeux livres dix fols
pain, de vinge
cette augmentation de : on clpéroir que
cette Manufactite
droits ruineroit
encourager les Habitans naiffante. à
Et pour
fabrique du Sucre
reprendre la
ner par Ge moyen de brut, & pour donRafineries,on diminua loccuparion de
aux
par cent les entrécs du Sucre vinge fols
ne Payaplus que trois livres au brut, licu qui de --- Page 93 ---
Françoifes de LAmerique. Mais 77 il 1696.
quatre qu'il payoit le contraire auparavant. de ce qu'on
arriva tout
avoit projetté. cet Arrêt comme une
On regarda
le Roi donnoit
permifion générale de faire que du Sucre blanc.
à tous fes Sujets faire
tout. Les VaifOn fe micd en
par
fcaux de Bordeaux trouvant un profit des
confidérable à apporter des pots & On
formes, en apportérent en quantité.
éleva des Poteries dans tous lese endroits 9
oû lon trouva de la terre quiy étoit pro-
& fans fe mettre en peine qui payepre ,
franes'dentrée par cent >
roit les quinze
de ce
on fit une quantité prodigieule aidérent enSucre. Les Portugais nous Manufaéture 0 >
core à faire valoir cette des mines d'or,
parce qu'ayant trouvé charient dans leur
& des rivieres qui en
de leurs
fable, ils occupérent une partie beauNégresàcer travail, & négligerent
coup leur Sucre 5 ce qui fit que beaucoup du
de lieux d'Europe qui fe fervoient
leur , eurent recours aul nôtre, qui trouva par ce moyen un débouchement coifidérable tant du côté du Nord , que
dans toute la Méditerranée > d'aurant les
plus que les Provençaux faits voyans les fieurs
grands profits qu'avoient
dans
Maurellet Négocians de Marfeille
Diij
gresàcer travail, & négligerent
coup leur Sucre 5 ce qui fit que beaucoup du
de lieux d'Europe qui fe fervoient
leur , eurent recours aul nôtre, qui trouva par ce moyen un débouchement coifidérable tant du côté du Nord , que
dans toute la Méditerranée > d'aurant les
plus que les Provençaux faits voyans les fieurs
grands profits qu'avoient
dans
Maurellet Négocians de Marfeille
Diij --- Page 94 ---
#696. leur 78 Commerce Nonveaux Yoyages anx Ies
rent d'y
aux ifles, commence:
gez de marchandifes envoyer leurs Vaiffeaux charvendirent
de leur pais, qu'ils
des profits avantageufement confidérables
> & firent
blanes, fur le Cacao, fur fàr lcs Sucres
autres
TIndigo, &
marchandifes > dont ils fe
gerent 2 qu'ils: étoient alffirez de charvendre dans toute lal
bien
dans les Echelles du Méditerranée > &
Turcs, > qui
Levant, ol les
leur Caffé avec s'accofitumoient le Sucre
à prendre
une
, en faifoient
confommation.
ainfi
s'eft
eRane
facture du Sucre que
établie la Manubrut, dont on faifoir blanc, 3 & que le Suere
aflez perite quantité,eft par conféquentune
très-haursce qui
monté à un prix
confidérable aux rapportoit ln profit fi
de Rifvick eût duré Habitans, que G laPaix
nées, les Ifles feroient encore quelques allcond Perou. On doit être devenucs un fccette verité > quand on perfuadé de
1700. 1701. & au
Içaurz qu'en
1702. .les Sucres blancs commencement de
ont été vendus
terrez ou rafinez
cent, & même jufqu'a quarante-deux livres le
livres : les Sucres. bruts quarante-quatre
julqu'à quatorze
depuis douzé
paffez julqu'i dix-huit livres., & les Sucres
livres. --- Page 95 ---
Françoifes de LAmérique.
Nous verrons ce que c'eft que le Sucre 1696.
pallé, &ce qui en a fait naître la fabridit ce qui regar-
> après quejaurai
12i2 le Sucre terré.
DO SUCRE TERRE.
Sucre terré celui qui fe
On-a appelle
fansètre
blanchit aul fortir des chaudieres
fondu une feconde fois, ni clarifié avec
des ceufs, comme eft celui qu'on appelle
Sucre rafiné. P
Si la propreté eft néceffaire à toute
forte de Sucre,, on doit dire que c'eft
commel'ame de celui-ci; & flon doit
employer de bonnes Cannes, quand on
veut faire de bon Sucre brut,
réuf- dans
il faut
Eoat
fir à celui-ci,
qu'elles
toute leur lej perfection. jus eft dans la grande, on y
met Lorfque des cendres à l'ordinaire 2 mais peu
ou point de chaux, parce que, > comme le
jai déja remarqué, la chaux rougit dans la
Sucre. Après quil a été écumé
le
grande avec tout le foin poflibie, on
coule dansle blanchet en lep paflant dans Conduila propre. Il faut que les blanchets faur tc qu'il
foient bons, & qu'en mettant le vezou der fats
dans la caiffe, on n'en laifle point tom- la fabri- dece
ber fur le glacis, ni fur T'euvage, parce Sucdre
D: 1V
remarqué, la chaux rougit dans la
Sucre. Après quil a été écumé
le
grande avec tout le foin poflibie, on
coule dansle blanchet en lep paflant dans Conduila propre. Il faut que les blanchets faur tc qu'il
foient bons, & qu'en mettant le vezou der fats
dans la caiffe, on n'en laifle point tom- la fabri- dece
ber fur le glacis, ni fur T'euvage, parce Sucdre
D: 1V --- Page 96 ---
80 Nonveaux
1696. qu'il tomberoit Froyager ANX IRes
avoir
dans la
diere paflé Par le blanchet, propre fans
eft
Sila chaubeaucoup grande, 3 ou fi le vezou eft
le blanchet, chargé, il engraiffe
& ne le traverfe beaucoup
cilemenr; en ce cas il vaut
que diffger de blanchet
mieux chandemi paffé, & en s guand le vezou eft à
lavé & bien féchésf mettre un autre bicn
ver de ne pas fouffrir arquerilifarobien
fous l'appenti des
qu'on les étende
leurs bouches pour fourneaux, les
ou devant
les a lavez, car
fetherapres qu'on
tionqu'il Précau-gnez du feu, il ne quoiquils laifle
foient éloifaut fortement fir eux
pasd'agir allez
prendre font ufez, &
2 far tout
ERtrK les
d'en brâler lcs lorfquils
laine, qui font
poils & la
chets, de plus iécellaire cependant ce qu'il y a
res du Sucre. Il pour arrèter les orduun plus grand nombres vaut mieux en avoir
fent fécher à loifir
afin qu'ils Puif
au vent. Je me fuis au Solcil, 3 à Pair &c
dient qui m'a
fervi d'un expé.
tout dans nos roujours-bien réifi, fir
fix chaudieres Sucreties, ou il y avoit
fois le vezous : c'étoit de paffer deux
de dans la
premierement de
de Vitré allez propre avec une groffe lagran- toile
plus gros de Ja graiffe ferrée, qui retenoit le
mondices, doat le & des autres imSucre cft toijours
vent. Je me fuis au Solcil, 3 à Pair &c
dient qui m'a
fervi d'un expé.
tout dans nos roujours-bien réifi, fir
fix chaudieres Sucreties, ou il y avoit
fois le vezous : c'étoit de paffer deux
de dans la
premierement de
de Vitré allez propre avec une groffe lagran- toile
plus gros de Ja graiffe ferrée, qui retenoit le
mondices, doat le & des autres imSucre cft toijours --- Page 97 ---
Frangoifes de PAmerigue:
S1
chargés, & quand le vezou étoit bien 1696.
écumé dans la propre > on le pafloit
dans la leflive par le blanchet de drap, >
aifément, & fe trouoû il palloit plus
C'eft dans
voit beaucoup mieux purifié. leflive
cette chaudicre qu'on jettc la
dont j'ai donné ci-devant la compofi- d'antion, excepté qu'on n'y met point
le
timoine 2
qu'il gri(e ou noircit
du parce Sucre. 2 Après qu'il a été bien
grain lellivé, & bien écumé,onl le palfe dans
& de-là dans le frop, oùt
le flambean, de le
& où il del'on acheve
purifier, la batterie foit
meure jufqu'à ce que
du tiers
vuidc. Pour lors on la chaige
ou environ de ce qui eft dans le firop >
afin qu'étant en plus petite achever quantité, dc le on
puille plus facilement
pu-.
rifier, & de le cuire plus promptement:
car dans ce travail on ne peut trop pouffer la cuiffon du Sucre > fur tout après
qu'il 2 été palffé & leflivé. A melure OME
ce qui eft dans la batterie, de approche eft
fa cuilfon, on la charge
ce qui
dans le firop 1 2 deux ou trois cucillerées
à la fois P juiqu'à ce qu'il ay en refte
plus quenviron. le quart de tout cc.qui
: alors on
y ctoM au cemmencemeat dans-la batterie.
acheve de tout paller
enfuite le frop de ce qui cf
On remplit
D y
é & leflivé. A melure OME
ce qui eft dans la batterie, de approche eft
fa cuilfon, on la charge
ce qui
dans le firop 1 2 deux ou trois cucillerées
à la fois P juiqu'à ce qu'il ay en refte
plus quenviron. le quart de tout cc.qui
: alors on
y ctoM au cemmencemeat dans-la batterie.
acheve de tout paller
enfuite le frop de ce qui cf
On remplit
D y --- Page 98 ---
S2 Nonzeauz
1696. dans le Aambean, Froyages &
Aur MRles
eft dans la
celui-ci de ce
propre, &c ainfi de fuite
qu'au canot
>
R
fure qu'il tombe qui reçoir du
le vezou, à meUn
moulin.
état déred avant que la batterie foir en
tirée,le Rafineur
eherle nombre de formes envoyechervoir remplir de ce
qu'il juge pous
déja dit que quand elles qui en fortira: J'ai
doit les faire
font neuves, ) on
jours dans les tremper pendant quelques
Précau- pourlesimbiber. canots de la Vinaigreric
sionqu'il. été
Il fuffit qu'elles
faur
une fois; mais an eft
Tayent
avoir mettre
obligé de les.
pour les.
tremperdansl'enu douce
formcs. quinze ou vingt heures chaque pendant fois
lon veuts'en fervir. On a
que
un grand baquet
ordinairement
quand on a la commodité pour cet ulage, ou
a eau, ou d'une riviere d'un moulin
pour les y bien laver & > on s'en fert
que de-les apporterà la Sucrerie, nertoyer avant
fineur doit avoir foin de les
Le Ranon-fenlement far la propreté examiners.
y être, mais encore
qui doit
n'y manque point de
remarquer s'il
a
& s'il
Eender
lire, point quelque nouvelle fente ou n'y: fé-
> gue le-Sucre chaud qu'on doit
mettre ne manqueroit
y
ter > en-la faifant crever pas d'augmenSucreaux dépens da
qui-coeleroititenre, &. fouvei --- Page 99 ---
Françoifes de PAmerique.
le long des jambes de célui qui le ver- 1696.
feroit dans les formes, ou qui le feroit
mouvoir, iefquelles en feroient terriblement bralécs.
Les formes étant en bon état, on les
c'eft-à-dire, on bouche l'ouvertappe, ture qu'elles ont àla tète > avec un morceau de
ou' d'étofe, dont on forme
un petit Si dont on fait entrer la
pointe dans le trou > & on applatit le
refte àl'entour de la tète. On tient toûjours les rappes dans un
> ou une
baile, où elles trempent Eome de l'eau
nette. Après que les formes font 'tappées, on les plante contre le mur, ou
éleve à
contre un petit baluftre, qu'on
côté du chemin qui eft devant les chaudieres. Le bout qu'on a bouché fe met
à terre, & on les arrange de maniere 2 -
que les bords de l'ouverture foient
bien de niveau, & on les foûtient dans
cette fituation par d'autres formes que
l'on pofe (ur leur fond pour, les bien appuyer. Quand la batterie eft tirée, & qu'on a Maniere
remué avec la cueillier ou la pagalle, de plir.les remle Sucre quieft dansle rafraichifloir; on formes.
charge - le bec de corbin avec la'cueillier ; celuiquile porte & qui doit remplix les formes qui font plantées, parD vj
, & on les foûtient dans
cette fituation par d'autres formes que
l'on pofe (ur leur fond pour, les bien appuyer. Quand la batterie eft tirée, & qu'on a Maniere
remué avec la cueillier ou la pagalle, de plir.les remle Sucre quieft dansle rafraichifloir; on formes.
charge - le bec de corbin avec la'cueillier ; celuiquile porte & qui doit remplix les formes qui font plantées, parD vj --- Page 100 ---
84 Nowveans
1696. tage dans toutes ce
anx IRes
fon bec
de Sucre
2XAE
de corbin : de forte
dans
batteric rend fullifamment
Gi la
pour en
Sucre
as
peu
emplir le
quatre formes, il met à
quart du bec de corbin dans
remarquant celle
Eucer
mencé à mettre du
où ila coma fini d'en mettre. Le Sucre, & celle où il.
fait, fc
bec de corbin qui
de la même maniere,
commençant mettre dans
Earfe
avoit Aini de verfer la
celle où l'on
finifant
celle où premiere l'on
fois, &
mencé, E ainfi
avoit comce qu'elles foient fucceflivement jufqu'a
refte quelque
toutes de
remplies. S'il
peu
Sucre dans le rafraichiffoir, > on le jette dans
ou dans le firop.
la batteric
Au bout d'un quart
ron, felon la bonté du d'heure, ou envi.
me une croute fur la Sucre , il fc forManiere mes :
le
fuperficie des forde mouquand
Rafineur-l la
ver leSu- épaile > il la
avec
juge aflez
cre danz Sucre, &
rompt
fon couteau à
les mes, for- mes de remué, ou pour parler en tercre, il Rafineur, il mouve tout le Sutoute la commence hauteur dela par le
felon
le couteau
ermcrent
ebfongane
pluficurs fois,il jufqu'au fond, & le retirant
couteau tout
paffe enfuite le plat da
autour des bords en dedans, pour en détacher lc Suere, & afin --- Page 101 ---
Frangoifes de PAmerique.
8;
quil n'y ait pas un feul point dans toute 1696,
la fiperficic concave de la forme 2 où
le Sucre foit attaché > il recommence
trois ou quatre fois ce manége, 8c donne encore quelques coups dans le milieu, & après avoir paffe fon couteau
fur le bord de la forme pour en faire
tomber le Sucre qui y étoit attaché, il
le laiffe deffus pour marquer que la forme n'a été mouvée qu'une fois.
Environ demie heure après on recommence le même manége, obfervant fur
toutes chofes de bien détacher le Sucre
du dedans de la forme, parce que le Sucre qui n'eft pas bien mouvé, s'artache
à la forme, & on a de la peine de l'en
détacher, ou bien ily contracte une tache de la couleur de la terre dont la
forme eft faite. Qnand les formes ont
été mouvées deux fois, on ôte le couteau d'auprès d'elles, & on le remet allprès de la bacterie 3 de crainte que le
trouvant encore fur les formes on ne les
mouvât une troifiéme fois, ce qui préjudicieroit att Sucre 2. qui ayant déja
pris corps fe trouveroit comme brifé
par ce troifiéme mouvement. Ces deux
mouvemens font abfolument néceflaires, non-feulement pour aider au grain
à fc former, & à fc répandre également
�te le couteau d'auprès d'elles, & on le remet allprès de la bacterie 3 de crainte que le
trouvant encore fur les formes on ne les
mouvât une troifiéme fois, ce qui préjudicieroit att Sucre 2. qui ayant déja
pris corps fe trouveroit comme brifé
par ce troifiéme mouvement. Ces deux
mouvemens font abfolument néceflaires, non-feulement pour aider au grain
à fc former, & à fc répandre également --- Page 102 ---
1696. 86 Nogueatix Yroyages atix
par tout; mais encore pour
Iles
grailfe du Sucreàt monterà dérerminerla la
as'y raffembler, & àsy
fuperficie,
qu'elle eft plus faciled. ôrer congeler, de
parce
niere, que fi elle étoit
cette mate la formeg qu'elle
répandué par touchir.
empècheroit de blanLes formes demeurent en cet
ou
heures,
état douze
Com- du
où clles aprèsquoi or lesléve
shent on
peter
avoient
débou- qui léve la formé
érépolées. Celui
che & bras,
> la prend entre fcs
formes, Perce les, tomach, laléve, le
& Tappuye contre fon ef
Rafineur ou un autre érant un
genou cn terre, ôte la
dans l'eau pour s'en tappe fervir qu'il remet
fois, Puis il enfonce dans le une autre
formele poinçon de bois
trou de la
frappant deffus
ou de fer, en
foir ,
avec un mailler ou chaf
la
jufqu'à ce qu'il l'ait fait entrer de
il le longuenr rerire, de fept ou huit pouces, >
le trempe &e le
puis
un vaiffeau plein deau
netroye dans
qu'il a à fon côté, pour en ôrer le Sucre qui s'y
attaché: puis il le remet dans le trouve
trou, & s'il
à
même
juge propos il l'enfonce
davantage avec le chafloir, finon il
remer, &c l'en ôte deux O11 trois l'y
en le lavant chaque fois, afin
fois,
ter. lesenvirons sdir trou
d'humeclc Sucre
qu'il a fait dans
conteny dans-la formes
pour
e dans
qu'il a à fon côté, pour en ôrer le Sucre qui s'y
attaché: puis il le remet dans le trouve
trou, & s'il
à
même
juge propos il l'enfonce
davantage avec le chafloir, finon il
remer, &c l'en ôte deux O11 trois l'y
en le lavant chaque fois, afin
fois,
ter. lesenvirons sdir trou
d'humeclc Sucre
qu'il a fait dans
conteny dans-la formes
pour --- Page 103 ---
RPJCE --- Page 104 ---
e
Pergertr.
- Chandierer 2
+
rr:e . -uer
E. 0
.
S
:7 / : 1s
a --- Page 105 ---
Francoifes de PAmerique.
déterminer le firop à s'écouler par cet 1696.
endroit.
tient
Quand cela eft achevé, celui qui
la forme; : la porte furle plancher des citernes, ou un autre a préparéun
pour
la recevoir, & aide ie premier
ETF
eft
E
fer le plus droit qu'il
poflible.
formes demeurent en, cet érat jufqu'au
Samedi au foir, ou. aul Dimanche matin, tems deftiné
les
toutes
à la Purgeric.
doit
féparé de.
RECETAS EEEN
la Sucrerie autant qu'il fe peut > parce
que la. fumée & les exhalaifons graffes
des' chaudieres fc répandant de tous côtez, ne penvent pas manquer de s'attacher au Sucre qui feroit dans une Purgeric attachée, ou
près de la Sucrerie 2 &. le phdLE infailliblement.
- On fait ordinairement les Purgeries lcurcon- Purgeries
beaucoup plus longues qu'elles ne de- frustion.
vroient être à proportion de leur lar-& ufage. leur
Celle quejavoisf fait faire auFond'
g S. Jacques , avoit cent vinge pieds
de long & vingt-huit pieds de large huit 3
elle ponvoit contenir dix fept à dix
cens formes: Lorfqu'on fait un étage
au-dellus, il faut avoir foin que les
planches qui en compofent le plancher
foient bien jointes 2 & mème que lcs
ne de- frustion.
vroient être à proportion de leur lar-& ufage. leur
Celle quejavoisf fait faire auFond'
g S. Jacques , avoit cent vinge pieds
de long & vingt-huit pieds de large huit 3
elle ponvoit contenir dix fept à dix
cens formes: Lorfqu'on fait un étage
au-dellus, il faut avoir foin que les
planches qui en compofent le plancher
foient bien jointes 2 & mème que lcs --- Page 106 ---
88 Nonveanx
3636.joints foient calfatez Vayages aux IRes
f quelque
& brayez , afia
c ou à fc por venoit à fc renvercaller, > le firop qui feroit
feroit répandu, ne gatât point lc Sucre
dans Térage de deffous.
qui
Ondoit
bre d'ouvertures Hhalenrgmindsn
tres, pour qu'il y fatifant, ait
ou de fené-
& ces fenètres doivent beaucoup de jour,
des
fe fermer avec
d'air contrevents, qu'il eft 5 afin qu'ily ait le moins
le Sucre eft fous pollible, la
fur tout quand
& le Vent deffecheroient terre, > parce que l'air
terre > & confumeroient trop tôt la
doit laiffer filtrer
l'eau qu'elle
cre > d'où fortant peu: à peu dans le Sume, elle
par le trou de la forfirop. Il eft emporte bon avec clle le refte du
chaudieres
qu'il y ait une ou deux
la Pargeric montées al'un des bouts
&
>
cuire les
de
pour les
fans
firops fins,
de
dentze
tranfporter les
avoir la peine
qu'on veut rafiner firops à la ou les Sucres
qu'on le
Sucrerie. Lorf;
un a peut > il eft bon de
appenti à lun de fcs
pratiquer
mettre les canots ou bacs, corez, pour
tremper la
, où l'on EK
cre,
terre, dont on
2 ceux dont on fc fert couvre le Sufortir de Tétuve, & les pour le piler au
pefer. L'étuve, autant balances pour le
qu'onle peur,doir --- Page 107 ---
Frangoifes de PAmérique:
être au bout de cesa appentis, afin qu'on 1696.
aller à couvert, quand on y
y puille le Sucre au fortir de la Purgeric,
porte & quand on l'en retire pour le piler.
Lorfqu'on a rempli un affez grand "Maniere de locher
nombre de formest pour faire une étuvée, lc Sucre,
c'eft-à-dire, pour en remplir létuve, qui
contient ordinaitement cinq à fix cent
vilite
formes, on loche.cefi-dire,on
le Sucre qui eft dans toutes les formes.
Pour cela on étend par terre un vieux
blanchet, fur lequel on renverfe les formes fur leur fond, quand le Sucre y eft
adhérent, ou parce que la forme n'avoit
été bien lavée ou humeétée, lorfpas qu'on l'y a mis, ou parce qu'en le mouvant à la Sucrerie on ne l'avoit pas bien
détaché du tour de la forme, ou pour
quelque autre raifon qui fait qu'il ne
quitte pas la forme de lai-mème, ce qui
eft abiolument néceffaire pour en connoître la qualité, , &
lui donnerla
terre en ce cas on
un
la foriEeen
;
de fon bord peu contre la
me, & on frape
falle
terre , afin que ce mouvement en
defcendre le Sucre. Quand on fent qu'il
eft loché, on prend la tête de la forme
de la main gauche, & la faifant un peu
pencher on paffe les doigts de la main
droite fous le bord, & lalevant en.l'air
ffaire pour en connoître la qualité, , &
lui donnerla
terre en ce cas on
un
la foriEeen
;
de fon bord peu contre la
me, & on frape
falle
terre , afin que ce mouvement en
defcendre le Sucre. Quand on fent qu'il
eft loché, on prend la tête de la forme
de la main gauche, & la faifant un peu
pencher on paffe les doigts de la main
droite fous le bord, & lalevant en.l'air --- Page 108 ---
90 Nowveans
1696, on fait avec un Voykgei anxTRes
Sucre > afin Que doige le
une marque air
avoir vû la qualité Rafineur après en
forme au mème
puiffe remertre la
me firuation endroit & dansla mè
Après que le Taue eft étoit auparavant.
felon fa qualité le
loché, &
de le
Rafineur a
terrer, ou de le
abcm.lis
mal fair on plante les refondre, s'il eft
dire, on les met bien formes, c'eft-àfur fon
droites chacune
ôté tout porsdont le
on aura' auparavant
firop quisy étoit
mier aura reportéa la Sucrerie trouvé,
la cuireavec'l les autres
pourl'y
femaine.
gros Srops de
Com- On
ment on
connoit
le
connof- qu'il ilblanchiral
Sucre eft bon &
que lc eft
terie
Sucre
bien uni tout le quandon voit qu'il
blanchi. d'une belle
long de la
ra. ou
coulcur de
forme
non.
plus claire; que
perle 3 & même
retiré, eft
larère, où le firop s'eft
lante. Au lieu bonne, , un peu féche & brilques rougeitres que quand il a des marle jaune, & que ou la tête noires, en tirant fur
thcule, c'eft une
eft jaune & oncSucre eft gras & mal marque allirée que le
ne blanchita point. Le façonné ,. & gu'il
cas eft de le jetter dans la plus fir en ce
ly refondre.
grande pour
Lorfque la Pargerie eft alfez
large, On --- Page 109 ---
Frangoifes de LAmerigue.
91--
laiffe un chemin dans le milieu de toute 1696.
fa longueur, afin de partagerles lits des
formes 2 dont les premieres plantées obferve
sappuyent contre le mur. On
de les planter bien de niveau, afin que
la terre détrempée dont on-les doit COLvrir, travaille à plomb & également
Onen fait d'ordinaire fix rangs
partout. qui fc touchent les uns les autres 5 c'eft
un lit de formes ; on
ce qu'on appelle lit un fentier de la
laidfe entre chaque d'une forme, qui MManiete
largeur du diamétre
des
fert à pouvoir paffer entre les lits, pour ter form:s.. Riane
travaillerau Sucre. La raifon pour laquelle la largeur des lits n'excéde pas
le nombre de fix formes eft afin de
toucher avec la main & travailpouvoir
eft dans la troifiéme,
lcr le Sucre, qui
faire, s'ily en
ce qu'on ne pourroit pas
forme
avoit davantage : car chaq:e de diaayant environ quatorze trois pouces formes ranmétre, il s'enfuit que" de trois
&
gées font une largeur diftance pieds où la
demi,qui eft toute la
s
main d'un homme peut atteindre pour fctravailler librement. Il eft vrai quil
facile de faire ce traroit encore-plus
vail, fi les lits n'étoient compofez que
de
rangs de formes; mais comme
nombre de
il Raiote un plus grand
antage : car chaq:e de diaayant environ quatorze trois pouces formes ranmétre, il s'enfuit que" de trois
&
gées font une largeur diftance pieds où la
demi,qui eft toute la
s
main d'un homme peut atteindre pour fctravailler librement. Il eft vrai quil
facile de faire ce traroit encore-plus
vail, fi les lits n'étoient compofez que
de
rangs de formes; mais comme
nombre de
il Raiote un plus grand --- Page 110 ---
92 Nowveanx
1696, fentiers, cela Foyager anx Ifes
rain.Lap planche emporteroir trop de terpolition des formes ci-jointe fair voir la dif
geric.
dans une PurLcs formes étant
on faitleur fond, plantées ou pofées >
enlevé ce qu'on lcoatlieomboest appelle la fontaine
forme, on la remplit de Sucre
de la
jufqu'a un
près du
en grain
vant ce ".itere
bord, réferqu'on doit mettre pour contenir la terre
e'cit Ce. que Pour entendre ce par-delfus.
les olat taines desf formes, il que c'eft que les fontaines le
faut fe
des 1 for. Sucre chaud étant mis fouvenir que
mes, forme, fait une croûte, dans chaque
cette croiite,a été
& qu'après
qu'on l'a
rompué les deux Ras
fiéme quic eft mouvée, raboteufe 2 ils'en fait une troiqu'elle eft compofée des & inégale, parce
des deux précedentes. piéces brifces
cette croite il fe fait An-dellous de
paiffeur d'environ
un vuide de l'6quefois
un
> & quelfe forme davantage, & fomuste ce
une autre croûte brune vuide il
que noire, de T'épaiffeur d'un &c pref.
milieu, bords. qui va en diminuant pouce au
Cette croûte eft
vers les
graiffe du Sucre,
compofée de la
que.l le grain, vient , qui étant plus légére
ble & Ic
congele 3 fans
mdotisovatent
quafi s'attacher --- Page 111 ---
Françoifes de TAmbriqne.
et au-deffous d'elle, dont 1696.
au Sucre qui il elt fort aifé de la (épapar conféquent On ôte d'abord la premiere croûte
rer.
de couleur d'ambre, &
qui cft féche, de Sucre d'orges on la met
quiale goir la rafiner; c'eft ce qu'on
à part pour
ou la vete
pelle la premiere fontaine, la féconde, 9
qui
taine. féche. Mais pour
on la
fc nomme fontaine gralle, >
tille coupe de
par morcezux avec une petite de long fur
fer de quatre à cinq pouces
dont le
deux à trois pouces de large, > de cinq
manche de bois n'a pas plus
de long. On la coupe > dis-je >
pouces
la lever plus facilepar morceaux &c on la pour met aufià part, ou pour
ment,
dans le Sucre brut , quand
la elle repalfer éft bien féche, oul pour la rejetter
afin de profiter du Sudans la grande, encore mèlé avec la
cre qui sy trouve fouille enfuite avec la petite
geaide. On
deux fous le lieu
tille , un pouce la fontaine ou
gralle > parce
qu'occupoir
une feconquils s'en trouve quelquefois néceflaire d'ode, qu'il eft abfolument
le paf Maniere
ter, à caufe qu'elle empècheroit travers de la de les fonds faire
fage dc l'eau qui filtre fouille aul
les fontai- des forterre. Pendant qu'on coutcau à deux mes.
nes > on rape avec forme un du mème Sucre,
mains quelque
ux fous le lieu
tille , un pouce la fontaine ou
gralle > parce
qu'occupoir
une feconquils s'en trouve quelquefois néceflaire d'ode, qu'il eft abfolument
le paf Maniere
ter, à caufe qu'elle empècheroit travers de la de les fonds faire
fage dc l'eau qui filtre fouille aul
les fontai- des forterre. Pendant qu'on coutcau à deux mes.
nes > on rape avec forme un du mème Sucre,
mains quelque --- Page 112 ---
- 94 Notrveaux
1696. que l'on réduit en Foyaget aux Ifes
fert pour remplir Eatald vuide & dont on fe
au fond de la
qu'on a fait
deuxfontaines. forme, en enlevant les
de
On remplit donc ce vuile rend jufqu'à ferme un doigt près du bord, & on
&-en
& bien uni en l'érendant,
ronde frappant de
deffus avec une truelle
fer cu de cuivre. de trois à
gnatre pouces de
terre dont on couvre diamétre, afin que la
trouvant ferme
cette furface, la
travaille également > unie & dc niveau 9
de trou; ce qui ne par tout, fans faire
river dans les lieux manqueroit où la
pas d'arferoit pas également forte fuperficic &
ne
là ce qui s'appelle faire les unie. C'eft
quoi un Rafincur ne
fonds, à
de foin.
peut apporter trop
On laiffe les formes
durant trois ou
expofées, l'air
de les couvrir de quatre jours, avant
perficie fe féche terre, afin que leur c
On employe
& s'affermille un pcu.
formes de
d'ordinaire fept ou hui
dix, Sucre 3 & quelquefois juf
Radie pour faire les fonds de cent
Huit ou dix jours avant
foin de la terre
qu'on ait befaut la mettre pour couvrir le Sucre, il
dont on fe puifle tremper. fervir La meilleure
pour cet ulage, --- Page 113 ---
Frangoifes de TAmérique.
vient de Rolien ; elle eft preique blan- 1696.
ches. fine, déliée, douce, fans mélange Terres
ni de fable ; elle eit aflez
de picrre , fc tenir en pelottes un, peu SRRS à
gralle pour
des balles de jeu de chir le I
plus grolles
la
aux Sucre. -
Paume. C'eft Aling qu'on
porte
Ifles, oi je l'ai và vendre vinge-cing &c
trente écus la barrique. Il eft vrai
de
où
Tes
c'étoit dans un tems
Guerre,
rifques étoient grands, le fret fort cher,
& les affirances confidérables. Dans un
rems.de Paix on la peut avoir pour dix
écus. C'eft un
raifonnable, pourvà Marqu'elle foit ASenD car quelques
chands établis àNantes, felon leur bonne & lotiable coûtume, n'ont pas manqué de falfifier cette marchandife, de &
d'apporter une certaine terre mèlée
craye,quils faifoient paller pour terre
dc Roiien. Il eft difficile de connoitre
dans Tufage ; mais
cette tromperic que eft la mere de Pincomme la nécellité
trou- Moyea
vention, > voici les moyens que je
vai
arriver à cette connoiflance, Totnot:
pour
travail- trel lavé.
fans attendre que cette terre.eût
ritable
conféquent il ne fat plus terre de
lé,8 que par
Marchand. Je
Roiien.
tems de la rendre aul
pris
un morceau de terre de Nantes, 2 & un
de terre de Rouen, que je pefai exaétement ; je les mis tremper dans l'eaa
ou- Moyea
vention, > voici les moyens que je
vai
arriver à cette connoiflance, Totnot:
pour
travail- trel lavé.
fans attendre que cette terre.eût
ritable
conféquent il ne fat plus terre de
lé,8 que par
Marchand. Je
Roiien.
tems de la rendre aul
pris
un morceau de terre de Nantes, 2 & un
de terre de Rouen, que je pefai exaétement ; je les mis tremper dans l'eaa --- Page 114 ---
-96 Nonveanx
1696. dans deux
Voyages Anx IRes
qu'ils furent différens bien
vaiffeaux 2e > après
je verfail'eau
delayez & repolez 2
la précaution par inclination avec toute
cher, &
poflible. Je les laiffai féla terre I remarquai deux chofes dans
point dans celle Nantes, de que je nc trouvai
qu'elle n'étoit
Rotien: : la premiere,
plus fi
que la craye qui y étoit blanche, parce
diffoure & diflipéc
mélée, s'étoit
étoit retournéc à dansl'ean, fa
& la terre
La feconde, qu'elle étoit couleur naturelle.
légere que quand je l'avois beaucoup mis plus
per. C'eftce queje ne
tremla terre de Rotien, trouvaipoint dans
entierement fa
> qui avoit confervé
couleur & fon
prelque tout entier.
poids
- On ne laiffe
de cette terre ACN cependant de fc fervir
à peu près femblable Nantes, & d'une autre
qu'on
Bordeaux, 3 quoiqu'elles ne foient apporte de
bonnes que celle de Roiien,
pas fi
durent beaucoup moins.
& qu'elles
En quoi la bonté de la
Au refte, toute
confifte
terre de
&
la bonté tres, dont on
fe Roien, des audes teires le
peut fervir pour couvrir
dont on
Sucre, confifte en trois
couvre lc
premicre, > dc ne
chofes. La
Sucre. les
pas teindre l'ean qu'elfilerer renferment; d'une ; la feconde, de la laiffer
ble; & la troifiéme, maniere douce & infenfide ne pas s'imbiber --- Page 115 ---
Francoiles de PAmérique.
ber de la graille du Sucrc, qui ne man-1696. de la
que jamais de s'y attacher, mais foin
laifer difliper à lair, où l'on a
de
lexpoler après qu'on l'a levée de deffus
le Sucre. alfez
terres colorées &
Onvoit
queles
qui colorent les liqueurs dans lefquelles à
on les détrempe > ne font pas propres fortiqui en
cet ufage, parce. quel'ean des
du Suroit, paflant all travers
pores dont
cre , lui imprimeroit la couleur
elle feroit chargée.
&
On voit aufi que les térres graffes
fortes qui ne rendent pointleat, ou qui oû
la repoullent vers leur (uperticie, 8c la font
Pair &c la chaleur la diflipent
évaporer 2 n'y font pas plus étant propres fablon- >
non plus
celles qui
moment
neufes udere tomber en un
toute Peau dont on les a imbibées, qui
palfe au travers de leurs pores, comme
dans un crible, fans s'y arrêter: & enfin que les terres maigres quisimbibent
facilement de graifle & qui l'incorporent dans leurs pores, 9 ne font pas les
meilleures dont on puiffe fc fervir, d'eft par
la raifon qu'elles durent peu, & que
recommencertrop
une dépenfe qu'ilfaut d'ailleurs elles auroient
fouvent, quand
reles deux premieres qualitez quejai
Torpe IV.
E
dans un crible, fans s'y arrêter: & enfin que les terres maigres quisimbibent
facilement de graifle & qui l'incorporent dans leurs pores, 9 ne font pas les
meilleures dont on puiffe fc fervir, d'eft par
la raifon qu'elles durent peu, & que
recommencertrop
une dépenfe qu'ilfaut d'ailleurs elles auroient
fouvent, quand
reles deux premieres qualitez quejai
Torpe IV.
E --- Page 116 ---
98 Nouveaux
1696. marquées dans la Foyager Aux Ifes
Terre de Nous avons terre de Roiien,
1 la Gua- la
dans notre Habitation
dcloupe.
Guadeloupe une terre grife,
de
colorc pointl'eau, qui ila laiffe
ne
loifir, &
à
ARAL
bonne pour qui le par conféquent eft trèsla dépenfe d'en Sucre, & nous épargne
Roiien;
acheter de celle de
& il cft maisellesengrailt difficile de
facilement,
trois fois. Nous
s'en fervir plus de
cilement
nous en confolons faprendre > parce que nous en
tant que nous voulons Pouvons
qu'il nous en coûre autre chofe , fans
peine de la faire foiiller.
que la
en fervons avec fuccès, & Nous nous
prendre à tous ceux
en laiffons
foin.
qui en ont bePrépara- Laterre dont on doit couvrirle
tion de doiravoir trempé huit ou
Sucre,
la terre. que dy être employée. dixjours Il faur avant
pour cela de l'cau douce, la
choifr
la plus nette. On fe fert d'un plus claire &
d'une cuve de
bac, ou
dix pieds de long maçonnerie, fur
de netf à
viron de large. Quand trois pieds ou enon n'a pas cette
commodiré, > ou gu'on ne veut
cette dépenie, on fc fert d'un pas faire
bois. De quelque vaiffeau
canot de
ve, de bois, ou de
qu'on fe ferêtre à couvert fous maçonneric, il doit
un toit, parce que --- Page 117 ---
Francoifes de PAmerique.
G le Soleil donne fur la terre pendant 1696.
qu'elle eft à tremper ik échaufle l'eau >
fait fermenter la terre & la fait aigrir >
ce
la rend inutile à l'ufage auquel
on E doit employer.
La terre étant dans le canot, & n'en
rempliffant au plus que la moitié, 2 on
acheve de T'emplir d'eau. Au bout de
vingt
heures on en tire > & on
jette iatrige qui furnage > & on met en
piéces les morceaux de terre pourles aider à fe diffoudre, après quoi on remplit le bac de nouvelle eau: , que l'on
change toutes les vingt quatre heures s
remuant & délayant bien la terre chaque fois,jufqu'à ce qu'on voye quel l'eau
quieft fur la terre demeure nette &c claire, & ne foit plus verdâtre comme clle
étoit au commencement qu'on a mis
détremper la terre.
Lorfque les fonds des formes font en
état de recevoir la terrc, on ôte avec un
coii, qui eft un morceau de calebaffe,
la plus grande partie de l'eau qui furnage,ny en laiffant deffus
trois ou
doigts. On remue Bien tout cC
quatre qui refte dans le bac avec la pagalle, &
on le paffe dans un petit canot qu'on
met auprès du bac au travers d'une
foire,
d'une grande
L
Ceft-àedire,
Eij
des formes font en
état de recevoir la terrc, on ôte avec un
coii, qui eft un morceau de calebaffe,
la plus grande partie de l'eau qui furnage,ny en laiffant deffus
trois ou
doigts. On remue Bien tout cC
quatre qui refte dans le bac avec la pagalle, &
on le paffe dans un petit canot qu'on
met auprès du bac au travers d'une
foire,
d'une grande
L
Ceft-àedire,
Eij --- Page 118 ---
IOO Noveaux
1696.dicre de cuivre Yoynger aux Ies
gne ou environ percée de
de trous d'une lidiamétre. La raifon
qui oblige de paffer ainfi la terre
péc, eft pour en féparer les
tremne fe trouveroient
bien parties qui
& pour en ôter les pierres pas & les diffoutcs; 5
qui pourroient s'y
ordures
qu'on la paffe, on la tencontrer, à mefure
Maniereles à la
porte dans des bailIc de tecrer, main Purgerie. Le Rafineur tient à
Sucre,
une petite
la
tenant environ cucillierdecuivreyee une pinte de
coneft entourée d'un
Paris,
plat, qui fe terminc petit cercle de get
en dotille,
foirenir un manche de bois de trois pour à
quatre pieds de long. Il
cueillier dans les bailles, & puife avec fa
formes jufqu'au bord. La remplit les
que doiravoir la terre eft relle, confiftence
fant une trace deffis de la
que faid'un demi
profondeur
fe remplir doigt , cette trace ne doit
comme la
à peu, & à Peu près
qui eft
RERES
cuite, Sa bonté
prête à être
préparation fe intrinfeque, : > & fa bonne
tant mife fur reconnoiffent, les fonds
lors
Ce
point, & ne
elle ne
Sod
faur REE
fait aucune bouteille, &c
ferver qu'eny aucune approchant le nez on ne fent
après
odeur, Car
qu'elle acas arrive
lorfque l'un de ces
reçà la
, c'eft une
geitc, que la terre cft échauffée, marque certaine
qu'elle eft ai- --- Page 119 ---
Françoifes de PAmbrique. Yot 1696.
grie, & il y a du danger qu'eile ne le gâte traIc Sucre > OlL du moins qu'elle eft ne fur le Suvaille pas. Dès quela terre les fenètres de la
cre, on ferme toutes lair oula chaleur ne
Pargeric, afin que
& on veille foidefléche
la terre,
pendant trois ou
aux
REET
remédier
aigon
heures , pour arriver au Sucre, lorfque
qui peuvent vient d'être mife. Car fi iles
la terre y
ne
fonds font mal Ain.ceha-dire,wiler font
font pas bien droits, ou s'ils ne
l'cau pas
fermes par tout, toute
également a
dela
qui eft dans la terre > trouvant
le
&
PSu
tc, coule de ce côré-là bout pénétre à lautre,
cre, & le creuferoit d'un
fi on n'y remédioit. Dès qu'on s'apperla terre travaille en un endroit
goir que dans un autre, > ce qui"fe conplus que
concavité qui fe
noît par une perite de la terre 5 on
forme fur la (uperficie bien fec,
prend du fable fin & effet, & qu'on on le
tient tout prèt pour cet -8 tout autour 5
répand dans ce creux abforbe l'eau
aufli-tôt &
qui
- il imbibe
cet endroit. Quand
prenoit fon cours par
heula terre a travaillé trois accident ou quatre à crainres,ilnyaplus aucun
dre.
couche de ter-
: Onlaiffe cette premicre E iij
perite de la terre 5 on
forme fur la (uperficie bien fec,
prend du fable fin & effet, & qu'on on le
tient tout prèt pour cet -8 tout autour 5
répand dans ce creux abforbe l'eau
aufli-tôt &
qui
- il imbibe
cet endroit. Quand
prenoit fon cours par
heula terre a travaillé trois accident ou quatre à crainres,ilnyaplus aucun
dre.
couche de ter-
: Onlaiffe cette premicre E iij --- Page 120 ---
IO2 Nomveanx
1696. re fur le Sucre,
ANX IRes
Com- tilé toute
ce
tletL
ment On) foit
l'eau qu'elle
qu'ayane difléve &
tour-a-fait
contenoit, elle fe
laseric. nettoye eft fcc ou humide, féchée, la felon quele tems
plus oumoins à fe
terre en employe
dinaire neufon dix ederahsoatione
gu'clle eft féche, jours.Lorfqm'on voit
tend à l'air le côté s on la léve & on 6
cre en haut,, afin qui a touché le Sugraiffe quisly étoit que l'air difipe la
ic garde bien de
attachée, mais on
dela remettre l'expofer au Soleil, ni
tout-à-fait féche, ttemper,avant qu'elle foit
roit imbiber la parce que le Soleil fcfion la mettoit graiffe dans dans la terre, ou
teroit & fe
l'eau, elle fermenfe fervir de pourriroir. la
Lorfqu'on veut
deux fois, il faut terre des Mflcs plus de
teau toute la
enlever avec un couT'épailleur de graille, la
> & couper toure
nérrée, & faire fécher terre 2 qui en a été péfervir une autre fois. le refte pour s'en
le A Sucre, mefure qu'on ôte la terre de
2 on en
deflas
avec des broffes à nettoye la fuperficie
rondes de quatre longs poils; elles font
foyes en ont autant pouces de de diamétre; les
qui eft
longueur, & la
a
à perpendiculaire au manINC
cinq fix
ces brofles pour ôter pouces. On fe fert de
une efpéce deponf
une autre fois. le refte pour s'en
le A Sucre, mefure qu'on ôte la terre de
2 on en
deflas
avec des broffes à nettoye la fuperficie
rondes de quatre longs poils; elles font
foyes en ont autant pouces de de diamétre; les
qui eft
longueur, & la
a
à perpendiculaire au manINC
cinq fix
ces brofles pour ôter pouces. On fe fert de
une efpéce deponf --- Page 121 ---
Françoifes de LAmerique. 1O3
eft fur la (urfa- 1696.
fiere brune & graffe qui
quand
:
comme
ce du Sucre > pea près
tems fur la
la neige a demeuré quelque qui font en
terre' 2 & que les ordures terni fa blancheur ,
lair, ont un peu de voir au travers de
qu'on ne laiffe pas
fubtile.
cette. poufliere
éle deffias de la for- des Travail forQuand on a nettoyél fcra la blancheur du mes
me > on voit quelle
C'eft une erreur après la
Sucre qu'elle contient. terre,u une piemiete terre.
de croire qu'une feconde le dégré de fa
troifiéme augmentera Ce
fait la feconde terre
blancheur. eft que de blanchir la rête de la
qu'on y met,
la premiere: n'ayant pas
forme,
que 'au bout, la feconde
poullé Ltes firop julqu'
tout-à fait; mais
acheve de le précipiter le degré de fa
elle n'augmente jamais
blancheur.
bien
on les
Les fonds étant
tille nettoyez, environ à un
fouille avec la petite
les dreffe de
pouce.de profondeur. > on
on les
& on lesaffernouveau,
applanit, bout de deux
mit avec la truelle; 9 & au
feconde
ou trois heures on y met une
mèterre palfée comme la premiere 5 en
avecle mème foin & avec
me quantité,
On ferme enles mèmes précautions.
& on
fuite les fenètres de la Purgerie >
laifle travailler cette fcconde terre > allEiv --- Page 122 ---
104 Nomeanx
1696, tant que la premiere, Foyager AHN IRes
quand elle éft féche fans la lever que
c'eft Ce que Ilya a des Rafineurs entierement.
fahdte cette feconde terre,
qui rafraichiffent
terlesu.
> après
cre,abus paitrie, 3 fans l'ôter de l'avoir un pen
de Cc en verfant deffis une deffus le Sucre 5
travail, de terre claire. Ils oudeux cueillerées
ter : ils prétendent appellent cela plumode la formeantant par-là blanchir la tête
mauvaife
que le fond. C'eftune
fidérable pour manceuvie le Maître: 3 & une perte conarriveroir que la tête de Car la quand il
viendroit aufli blanche
forme deforce de plumoter, cela que le fond à
par la diminution de la ne fe peur faire
forme 3 de forte
fi hauteur de la
prétend blanchir a que cette tête gu'on
haur, &
cinq ou fix pouces de
métre dans quatre fa ou
pouces de diane
plus
emde
jamais pefer langeur, elle
ne Icureu à
deux livres,
vres de
comparer dont
à fix ou
9t
fererd
la forme
fept
par l'endroit
diminuera.
uniquement qu'elle a plus slarge, & cela
d'un Rafineur, pour contenter la vanité
que le Sucre qu'il qui Tfait veut dire partout
n'a point det tête;
pendanrquilnen dépens de fix
eft venu à bour
ou fept livres
qu'aux
qu'il a fair perdre à fon Maître de Sucre,
que forme quilap plumorée.
fur chaC'ef pour-
à fix ou
9t
fererd
la forme
fept
par l'endroit
diminuera.
uniquement qu'elle a plus slarge, & cela
d'un Rafineur, pour contenter la vanité
que le Sucre qu'il qui Tfait veut dire partout
n'a point det tête;
pendanrquilnen dépens de fix
eft venu à bour
ou fept livres
qu'aux
qu'il a fair perdre à fon Maître de Sucre,
que forme quilap plumorée.
fur chaC'ef pour- --- Page 123 ---
Françoifes de PAmtrigue. dans 105 1696..
un Habitant un peu entendu fouffrir ces P
2 affaires, ne doit jamais eft bien fait, &
plamorages. Sile Sucre bonne, deux terres
fi la matiere en eft
la forme d'un
fuffifent
blanchir contraire le Sucre
bout à tte Si au
dans fa
n'eft pas bien fait, bu s'il péche du monde
matiere, tous les plamorages diminuer fa
ne: feront autre chole que
de
quantiré, & s'il arrive jufqu'au point
la tète ne le fera jamais
fc blanchir >
qu'aux dépens du fond.
de
Lorfque le Sucre n'eft pas
qualité
blanchir d'un bout à l'autre 2
à pouvoir mieux couper cinq ou fix
il vaut
dele mettre à ERERNET >
de tète avant que àle vouloir blanchir en
que des'expoler Ou huit livres du fond. Et
perdant fept doit rompre les formes pbur
puifqu'on les
& pour les mettre en barrique,
piler,
de les mettre cntieres ou
quienpotesil D'ailleurs ces tètes ne
étêtées à létuve?
les conferve
font pas perdués : on
féches, pour ou
les rafiner avec les fontaines érébien blanautres Sucres qui n'ont pas
chis. feconde terre étant féche, on la léLa
à l'air comme la
ve, & on l'expole de la remettre Soe
miere 2 avant que
fois. On
l'eau pour s'en iervir une autre
Ev --- Page 124 ---
106 Nowveanx
1696. nettoye avec foin Voyages le deffus anx Hes
du Travail la broffe, on
du Sucre avec
après Sucre les, tour du haut de gratte la avec un coutcau le
deux ter-la terre
forme,
en ôter
res,
qui y eft demeurée
pour rendre les
&
Ee
gâter la
bordsené état de ne poirc
forme, ou le pain-de
quand on l'en tirera, & on
Sucre s
les fenètres de la Purgerie, ouvre alors
&la chaleur y
afin quelair
cre à fe fécher. entrent, On lui & aident au Sudinaire encore huit donne pour. l'orcela : de forte
fi ou dixjours pour
qu'on a été trois que femaines nous comprons
cens formes de Sucre
à faire fix
terrer > qu'elles ont
ayant quc de les
t
dans la
demcuré trente jours
Purgeric, > ou fous la
pour fécher avant que d'ètre terre, mifes ou
fétuve, où elles auront
à
Ou dix
encore refté neuf
étuvée de jours, nous trouverons qu'une
cinq cens
cens foixante formes cinquante ou cing
mois de travail
aura coûté deux
d'être venduès. avant que d'être en état
continuel, les étuvées Comme le travail eft
unes aux autres de trois fe fuccedent les
femainesent trois
femaines, formes fuflilant quand on a un nombre de
mille ou deux mille pourle continuer: deux
Auffifent.
quatre cens formes
Pendant que. le Sucre acheve d'égoiter
ens
cens foixante formes cinquante ou cing
mois de travail
aura coûté deux
d'être venduès. avant que d'être en état
continuel, les étuvées Comme le travail eft
unes aux autres de trois fe fuccedent les
femainesent trois
femaines, formes fuflilant quand on a un nombre de
mille ou deux mille pourle continuer: deux
Auffifent.
quatre cens formes
Pendant que. le Sucre acheve d'égoiter --- Page 125 ---
Frangoifes de PAmerigue. 107
& qu'il fe féche1696.
fon eau 9 quilselluye,
dans les formes, on préparel'étuve pour
Ce bâtiment doit être au
le recevoir.
de niveau avec
Etuve,
rez-de-chaufiée ou
lare probout des
ou de la portions
Purgeric, au
appentis aller à cou- & ufage. foa
Purgeric, afin qu'on y contenir puilfe fix à fept
vert. Une étuve doit pour avoir douze pieds en
cens formes,
On donne deux pieds
quarrédanse ceuvre.
1l fuf-
&. demi d'épaiffeur aux muraillés. de haut fur
ft que la porte ait fix pieds
de
-
deux pieds ou vinge -fix pouccs faire eSE
entre les tableaux. Ony peur s'ouvre en
doubles ventaux 2 lun qui afin de etededans, & l'autre en dehors, Vis-àvis
nir la chaleur plus refferrée. de
de la porte on place le coffre
fer,
dans lequel on fait le feu. Ces cofftes
de
à
font de fer fondu, longs
vinge-fix
(
leur largeur eft de vingt
trente pouces,
leur hauteur de
à vinge-deux pouces 2 &
de
vingt quatre pouces, s
Tépailfeur dont il eft
deux pouces. Des fix côtez, les cubes,
compolé, comme font tous
font de fer, & deux font ouverts;
quatre celui du bout, & celui de defiçavoir fous le > bout ouvert s'enchâffe ou s'en-
:
dans Pecaftre trois ou quatre où ileft pouces (cellé avec des Coffites
paifleur du mur 2
Les
d'une
tuileaux & du bon mortier.
piedszwe,
E vj
s
Tépailfeur dont il eft
deux pouces. Des fix côtez, les cubes,
compolé, comme font tous
font de fer, & deux font ouverts;
quatre celui du bout, & celui de defiçavoir fous le > bout ouvert s'enchâffe ou s'en-
:
dans Pecaftre trois ou quatre où ileft pouces (cellé avec des Coffites
paifleur du mur 2
Les
d'une
tuileaux & du bon mortier.
piedszwe,
E vj --- Page 126 ---
I08 Nowveanx
1696.droits, le feiil &le Yayager ANX Hes
ou entrée du fourneau deffus de la bouche
dre, & le vuide de s'y doiventjoine
fir les grilles où fe met delous le eft appuyé
fous eft le cendrier, dont bois: au def
fous celle du fournean la bouche eft
grandeur. Le tour du bas & da de même
dedans de l'étuve eft
coffre en
tour de pierre de taille, encaftré dans un
des tuilcaux. Sc dubon ouenferméavec
le feu quieft
montier.afin que
fencpast pénétrer dedans, ou la fumée ne puic
ordinairement dans l'étuve. Onl'éléve
au-delfus del'aire de de quatre ou cinq pouces
carrelé, La hauteur l'étuve qui doir être
jufqu'au deffas du depuis le plancher
porte fc
chambranle de la
de foliveanx
en trois par deux
trois à
rangs
EUTE
quarré > fcellez dans lc quatre pouces enr
côté de la porte & du mur de chaque
au milieu une clpace vaide coffre;i ilslaiffent
pieds de large. On cloie de quatre
veaux des latres d'un
fir ces folifur deux pouces de pouce d'épaifceur
être
large, qui
elpacées tanr plein
doivent
doivent être blanchies
vuide; elles
d'an
r
bon bois, C'eft far ces varloppe &
met les pains de Sucre,
lattes qu'on
de la porte jafqu'au haut Depuis le deffus
fait Irois autres
de l'étuve on
étages, à chacan def --- Page 127 ---
Françoifes de PAmbrigue. 109
donne deux pieds & demi de 1656.
quels hauteursils on
font foltenus par des foliveaux de trois à quatre pouces en quarré, fcellez dans ies mûrs 2 far lefquels
cloiie deslattes, comme aux deux auon
On laifle un vuide de
tres demi étages.
rédeux pieds Sc demi en quarré, qui
pond au. milieu du bâtiment, pour entrer d'un étage dans l'autre , aSin
& comme
A
placer les formes de Sucre;
feroit
pourroit arriver que le Sûcre qui s'éclater
an-deffus du cofte, 5 venant à
la
grande chaleur 2 tomberoir
par fur le cote & pourroit prendre feu, &
au refte de Tétuve 2
le communiquer il eft arrivé pluficurs fois, a on
comme
de trous de tarmet des planches pércées
riere, au lieu de lattes en cet endroit-là. des
Le deffus de Pétuve à la hauteur fait dé
murs eft couvert d'un plancher on fait une
bonnes planches, far lequel
d'6maconneric de neuf à dix pouces
paiffeur. On laiffe au milieu du plancher une ouverture égaleà celle qui perfc ferme avec une
ce les étages, fert donner de l'air & à
Elle
T2
trape. lailler évaporer les premieres exhalaidu Sucre, quand il comfons quifottent
cela an la ferme
mence à (écher, après
concentrer davantage la chaleur:
pour
une
bonnes planches, far lequel
d'6maconneric de neuf à dix pouces
paiffeur. On laiffe au milieu du plancher une ouverture égaleà celle qui perfc ferme avec une
ce les étages, fert donner de l'air & à
Elle
T2
trape. lailler évaporer les premieres exhalaidu Sucre, quand il comfons quifottent
cela an la ferme
mence à (écher, après
concentrer davantage la chaleur:
pour --- Page 128 ---
IIO Nomvenux
1696, Le haut de l'étuve
AnX Ifes
comble
terminé
de
Par TTRR
d'ardoifes ou charpente d'ellentes. s que l'on couvre
Prépara.
lEruve, tion de Sucre Quelques à
jours avant qu'on mette le
&manic.
rétuve, on la
rc dy chauffe, afin de
netteye, & on la
mettre le] pourroit
être difliper Thumidiré
Sucre. derniere s'y
concentrée
qui
fois qu'on s'en
depais la
la diffiper plus
eft fervi, & pour
vertes la trape faeilemens, & la
on laifle oueft bien féche,
portc.
la Pargerie, s &
le Sucre Lorfqu'elle eft à
loche les
eft en dur d'y être qui
formes l'une après
mis, on
bloc; on porte à l'étuve Pautre furle
blanchesdun bout a
celles qui font
ce quin'ef pas blanc l'autre, dansles & on coupe
l'on deftine à être rafinées. autres que
Négre à chaque
On met un
celli-ci reçoir les étage, > & un à la porte :
re
les lui pains de Sucre à mefutadrea qui eft au apporte, & les donne à
au fecond, & le premier fecond étage, celui-là
gui les arrange dans le au troifiéme s
& enfuite dans
troifiéme
ceux qui font étage,
Lorfque les grands
plus bas.
on remplit les petits; étages & fonr pleins >
foin on en peut mettre en cas de becarreaux,
julques. fur les
J'ai déja dit qu'on vifire
formes, afin que liles têtcs toutes les
Aputnoires, --- Page 129 ---
Frangoifes de Amerigne.
III
les couper pour lés mettre à 1696.
on puiffe
les
ou s'ily avoit
part, & pour rafiners fuffent tencore moiquelques formes qui égolité toute lcur
tes, pour n'avoir far pas les demis érages 2
eau, on les met
venant à fc
ou fur le plancher,afin que
dans le
rompre elles ne tombent far point d'autres formilieu de T'étuve, ou
fur
endommageroicne 2
mes qu'elles
fe fondent
tout quand il arrive qu'elles
- & coulent en firop. feu médiocre les
S
On ne fait qu'un de peur que lachadeux premiers) jours,
le Sucre
leur trop violente ne furptenne Pendant ce
dans ces commencemens. fouvent l'étuve
mème rems on vifite
amaffer
pour voir l'érat du Sucre, pour rédreffer les
cclui qui tombe, ou pour
-pains qui penchent, & qui pourroient ferme
tomber; après ces deux jours on
de
le
la trappe , & on augmente feu,
forte que le coffre devient d'un tout feu
&
huit nuits
TTR
Huit jours &
bien (écher unc
continuel fuffifent pour
le juge fec
étuvée de Sucre. doit Lorfqu'on être on ouvre la
autant qu'il le
>
chaud &
trappe., & on choifit un fe jour fert
cet
fec pour le
On canots. pour Les bacs Bacs &
effer de deux
ou
Canots à
fiCO
font comme de grands coffres de dixàpuct.
coffre devient d'un tout feu
&
huit nuits
TTR
Huit jours &
bien (écher unc
continuel fuffifent pour
le juge fec
étuvée de Sucre. doit Lorfqu'on être on ouvre la
autant qu'il le
>
chaud &
trappe., & on choifit un fe jour fert
cet
fec pour le
On canots. pour Les bacs Bacs &
effer de deux
ou
Canots à
fiCO
font comme de grands coffres de dixàpuct. --- Page 130 ---
II2 Nomzeanx
1696. douze pieds de Yoyages anxTes
mi de large, & long, deux pieds & des
autant de
compofez de madriers de profondeur, deux
d'épaileur, bien affemblez,
enfermez dans un
& deuese
avec des clefs de bois. chaflis qui fe ferre
de canots qui font tout Quand on fe fert
leur laiffe la même
d'unc piéce, on
On enfonce les uns & épaifleur les
par tout.
tié cn terre, afin qu'ils autresa moimes, & moins fujets à foient plus ferfort des pilons. On doit s'ouvrir par l'ef.
laver les canots la veille, avoir foin de
fécher.
& de les bien
c'eft Ec que que On commence
numéto- les
où
numérotér & tarer
ter. tater
barriques Somr doit
kes batti- cre, c'efta-dire,
mettre le Suques, vuides
qu'on pele les
naire à côté > au des poids qui elt pour futailles l'ordipentis, & on canots fousle mémeape
chacune ce
marque fur le fond de
appelle la tare. qu'elle a pefé: : c'eft ce
On
qu'on
mero de la
marque auflile nuplus aifémeut barrique lc
s afin d'en tenir
font remplies & compte, foncées > & quand elles
derechef, & On
3 on les pele
de la tare le poids marque au- deffous
quantité de Sucre net, c'elt-a-disc, la
rique, > la tarc ou contenu dans la barôré.
poids du bois étant --- Page 131 ---
Françoiles de PAmbrique. i13
Lespilonsdoht con fe fert doivent être 1696.
de bois dur & pefant 5 comme d'Aco- leur Pilons ma- 9
mas, de Balatas, de Savonettes, de bois tiere &
ou de bois de Fer. On leurleur forRouge huit > à neuf
de hauteur fur mc.
donne de diamétre; ; pouces ils font de figure cicinq
dans leur cintre pour
lindrique, , percez manche rond de fix pieds
recevoir un
de diamétre.
de long & d'un pouce
doivent
Les Négres & Négrefles qui
piler! le Sucre, le rangent des deux côtez
du canot. On y jette les pains peu: à
de les
> &
DRL
afin
piler,mieux
plus
ment, & lorfque le canot eft plein on
le fotille avec une hoiie de fer, & on
prend avec des coûis le Sucre pilé
aux
> - fur
RE.ORE
ie porter
barriques
c'eft-àdelquelles il y a un hebichet,
dire, une efpéce de crible fait de côtes
de latanier > ou de rofeaux refendus >
oà on le met. Il y. a une perfonne à chahebichet
remiie., > & qui fait
paffer que le Sucre " travers, & lorfqu'il y
en a la hauteur de fept à huit pouces
dans la barrique, ceux qui avoient pilé
dans le canot fe mettent trois à trois
à chaque barrique, & pilent de toutes
leurs forces le Sucre qui eft dedans, afin
dy en faire entrer une plus grande quantité. On recommence à palfer par l'hc-
met. Il y. a une perfonne à chahebichet
remiie., > & qui fait
paffer que le Sucre " travers, & lorfqu'il y
en a la hauteur de fept à huit pouces
dans la barrique, ceux qui avoient pilé
dans le canot fe mettent trois à trois
à chaque barrique, & pilent de toutes
leurs forces le Sucre qui eft dedans, afin
dy en faire entrer une plus grande quantité. On recommence à palfer par l'hc- --- Page 132 ---
I14 Nonveanx
1696-bichet, & à
Yoyages 0 Aux. IRes
ce que. la barrique psterakeintivenel foit
jufqu'a
deffus dujable, & quele pleine, Sucre un peu aucomprimé. On reconnoit
foir bien
quecitbien foulée,
qu'une barriledoige, elle rend qu'en la frapantavee
c'étoit une piéce de un bois fon claircomme fi
entiere.
toute pleine 8c
riques Pour empêcher que les fonds des
ne fautent par
baron a foin avant d'y l'effort des pilons,
cloier un cercle
mettre du Sucre, , de
retenir les fonds, autour du jable, pour
& les
tion Pwcar-tomber,sil arrivoit
les empècher de
Pour chaffent par la
cerclesfel lacher empé. fait
de Sucre
aOhAtel
batti- les Car entrer par force dans les
qu'on
qucs de
plus le Sucre eft fec, barriques.
1e défona bien preffé, mieux il - fc bien pilé, &
cer, voyage, fans prendre conferve dansle
feroit devenir gris. Unc d'humidiré qui le
foulée doit contenir fix à barrique bien
vres de Sucte net.
fept cens liLes morceaux qui in'ont
Thebicher font rejettez dans pû paffer par
not, où les
un autre cabarriques, les Négres qui ont pilé dans les
Moulin tres paflent par pilent pendant que les atamoudre les
fuires de la
T'hebichet. Lcs Peres
cro.
Jétons de
Moulin Martinique avoient un
Sucre, re
compofé de deux
perit
pour moudre les morceaux meulesde picrqu'on ap-
aux qui in'ont
Thebicher font rejettez dans pû paffer par
not, où les
un autre cabarriques, les Négres qui ont pilé dans les
Moulin tres paflent par pilent pendant que les atamoudre les
fuires de la
T'hebichet. Lcs Peres
cro.
Jétons de
Moulin Martinique avoient un
Sucre, re
compofé de deux
perit
pour moudre les morceaux meulesde picrqu'on ap- --- Page 133 ---
Françoifes de PAmerigue. Y15
dcs crotons. Cela avançoit beau- 1696.
pelle le travail; 3 mais pour peu
les
coup meules ségrenaffent , elles EtEr le -
Sucre , & c'eft ce
a empèché bien
des
de s'en
EEL
Retass ainfi qu'on metenb barriques tout
le Sucre qui fort de Tétuve. 9 obfervant de
la nuit, 2 à caufe que
ne travailler jamais lors fort humide, coml'air étant Darte humilité au Sucre, & le
munique Car il eft certain
plus il eft fec,
gâre.
il
paroitre blanc.
bien
Madegt
&
pilé, plus
à
Il y a pourtant des cas qui obligent lai donchercher d'autres moyens, pour
elle lui manner cette qualité, été quand obligé de. me fervir
que, dont j'ai
plus d'une fois,
d'une
Je me trouvai un jour chargé forétuvée de Sucre de près de fix cens
de donner
mes, qui ne promettoir pas
fal blandans la vàé des Marchands par fis voir
cheur. Un Capitaine à qui jele
étant encore à l'étuve ne voulur jamais dix
m'en donner plus de dix-fept livres
Invenle prix coufols du cent s pendant livres que dix fols. Je PAureur tion de
rant étoit vingedeux de ce Sucre qui ne me pour faifis piler un peu m'avifai un jour d'en te roicre pa- le
contenta pas 5 je & je trouvai que la Sucre
raper un morceau,
plas
lui donnoit tout un autre cil,P parccktanc.
rape --- Page 134 ---
II6 Nonveaux
1696. que n'écrafant Voyager AUX Tfes
pilon,i il leur reftoit pas fes" parties comme le
iuperficies
quantité de petites
& qui
quiréféchilloient) la lumiere,
Ersciar conféquent Jc fis
augmentoient fa
acheverent de quelques épteuves
me
qui
comme je craignois convaincre, Mais
trompaffent, &
que mes ycux ne me
bons Juges dans une qu'ils ne fulfent pas de
intérèr, l'envoyai caufe où ils avoiene
même
deux Paquets de ce
de nos Sucre, voifins > un pilé, & un rapé, un
tres-bon
cette marchandife, & jel connorifeur le
en
marquer le prix de chacun. priai de me
& j'cus le plaifir de voir Illes eftima,
mé mon Sucre rapé
qu'il lavoit efti-
& celui qui éroit vingt-trois francs,
fept, Il n'en fallut pilé fculement dixme faire réfoudre à faire pas davantage pour
fix cens formes de
raper près de
ce travail dût être Sucre, & quoique
crus
long &
que je ne devois
eonuyanr, je
gagner cinq ou fix francs pas négliger de
J'achetai donc une
par cent.
dont je fis un peu rabattre douzaine de grages, >
afin qu'elles fiflent le Sucre les pointes >
f'occupai pendant
plus fin, &
ou feize Négres à quatre jours quinze
Le même Capitaine raper tout ce Sucre.
ques jours après, & étant revenu quelm'ayant demandé
ique
crus
long &
que je ne devois
eonuyanr, je
gagner cinq ou fix francs pas négliger de
J'achetai donc une
par cent.
dont je fis un peu rabattre douzaine de grages, >
afin qu'elles fiflent le Sucre les pointes >
f'occupai pendant
plus fin, &
ou feize Négres à quatre jours quinze
Le même Capitaine raper tout ce Sucre.
ques jours après, & étant revenu quelm'ayant demandé --- Page 135 ---
Françoifes de PAmerique. 117 1696.
railleric, f je voulois laccommopar der d'une partie de Sucre'gris; je lvi répondis
je n'en vendois que de trèsblanc, 2 que j'en avois une partie lui- qui Il
contenteroit de plus difficile que celui
m'étois défait de
qu'il
crut que je &
je lui montrai mon
avoit vàs ille quand trouva très-beau, &c le
Sucre fur rapé, le pied de vinge-deux livres
prit
fols le cent. Qnand nos affaires
quinze furent terminées, je lui dis que c'étoit
le même Sucre quil avoit vû, & je lui
fis
pains qui refen
quelques il n'auroit jatoient. Rer tout cela,,
n'en
mais crû cette métamorphofe, en fije fa
avois pas fait faire l'expérience
ce HE
fence. D'autres gens ayant mème appris fuccès.
cret s'en font ferviavecle
PASSE.
DU SUCRE
Ce Sucre doit fa naiffance à l'augmen- dcce Origine Sutation des droits d'entrée dont le Sucre cre,
blanc fut chargé en 1698. Les.Rafineurs terré
de France achetoient le Sucre
pour
le'refondre,, & le mettre en petits pains
qu'ils vendoient comme Sucre Royal.
Mais cette augmentation emportoir faire, pref
que tout le profit
pouvoienr la Guerre
ils avoient
pendant
RERTE --- Page 136 ---
I18 Nowveaux
1696, queles. Sucres Faages Anx Ifes
faifoit fur les Anglois, provenans desprifese qu'on
bien au rafinage,
reudiloienteea
purgez, il n'y avoir parce plus qu'étant bien
grain ferme & bien
gu'un beau
huoit peu à la fonte, préparé, &
gui dimiclarifier. Ils envoycrent qui étoit aifé a
chands aux Hles, qui quelques MarHabirans de faire du propoferent aux
des Anglois, & les Sucre à la manicre
lep prix confidérable y où encouragerent ils
C
par
ter en peu de tems. Le
le firent monpour lcs uns & pour les profit étoit grand
bitans qui n'avoient autres. Les Hament pour blanchir leur point d'établiffe.
voient leur compte
Socresy trouvoient point l'embarras > parce de qu'ils n'ale fécher à
&
le terrer, de
le mettre en Tétuve, de le piler pour
gagnoient encore barriques. Les Rafineursy y
ce Sucre Paffant davannage.
ne payoicnr qu'an pour écu Sucre Eure :
d'entée, guoiqu'il rendit par cent de droit
prefque autant que le Sucre à la fonte
ne doity avoir aucune
terré: caril
a l'autie, finon
différence de l'un
desbarrigiese qu'on mer celui-ci dans
ou trois Cannes, percées, afin & garniesde deux
plus
qu'il puiffe
des formes facilement, celui au lieu qu'on met purger dans
qu'on doit terrer,
.
ne payoicnr qu'an pour écu Sucre Eure :
d'entée, guoiqu'il rendit par cent de droit
prefque autant que le Sucre à la fonte
ne doity avoir aucune
terré: caril
a l'autie, finon
différence de l'un
desbarrigiese qu'on mer celui-ci dans
ou trois Cannes, percées, afin & garniesde deux
plus
qu'il puiffe
des formes facilement, celui au lieu qu'on met purger dans
qu'on doit terrer, --- Page 137 ---
Frangoifes de PAmerique. I19
Jaifait faire quelques parties de cette 1696.
forte de Sucre, qui étoit plus de moitié
blanc avant d'ètre livré aux Marchands;
mais je ne trouvois pas que ce fit un
profit pour nous qui avions tout ce & qui le
étoit nécellaire pour le blanchir
vendre une fois autant 5 outre qu'on
perdoit les firops fins, ce qui n'eft pas néle doive
fi peu confidérable qu'on
des
gliger. Ileft vrai qu'on peut profiter
fitrops qu'ils rendent, > mais on ne
en faire d'auffi belle
tfot
jamais dife
de ceux qui font reçis dans
que
font tonjours bien plus
des pots, , qui citernes,
foin
propres que les
quelque
qu'on en prenne., nombre d'habirans qui faifoient Ily avoit palfer dans ce Sucre tous les firops
avoient tiré de celui qu'ils avoient fe Abus qui
qu'ils forme
être terré. C'eft une rent fE
mis en
pour il eftcertain
les Su-la fabri.
fupercherie: : car
bons & que bien tra- que Sucre du
cres de firop, quelque
vaillés quils puilfent être,ne rendentja-pali.l
mais à la fonte, ce que rendent des Sucres tout purs de Cannes. Ainfi les Marchands
veulent éviter d'être trombien prendre garde de qui
pez,
RLI
ilsachetent, &s'y connoitre un peu l'odo- euxmèmes. Ils fc fouviendront que
les
fat leur enfeignera plus quel le golt, --- Page 138 ---
I20 Nowveaus
Aux
1696.yeux & les mains, Foyager, Ér les
ont leur
Rfer
du Sucre érabliffement en état de 'ate
Manufaéture blanc, > doivent laifler cette
à ceux
ne font
core en état de StE de
encomber à la tentation de peur Be fitcleurs Sucres de
faire paffer
Cannes.
firop avec le Sucre de
Ilfe gliffa encore un autre abus dansla
del fabrique le
de ce Sucre, qui fut qu'au lieu
paffer 1
dans un drap de
me ilsy y étoient
laine, comdoit paffer les Sucres obligez, 8c comme on
chir, on fe contentoit qu'on de le veut blanune grolTe toille, Il eft vrai que palfer la
emporre le
rotit
la graiffe plus gros des ordures, mais
failoit Y. paffoir route entiere, ce qui
ré
le qu'il n'étoit guéres mieux
que Sucre brut ordinaire. prépaLes Angloisà qui il 1 n'eft pas
blanchir leurs Sucres dansl permis de
ne fc contentent pas de le TAmérique,
drap, > ils le mettent
paffer par un
dans des formes de bois après gu'il eft cuit
qui font en
ramidesguadrilateres, purgé, ils le
& quand ila RET
font fécher coupent par morceaux, le
au Soleil, &c
tent en barriques. C'eft puis le metbrique le Sucre à la
ainfi qu'on faguelques endroits de Jamaique la
> & en
Barbade, Ce.
Sucre
pas de le TAmérique,
drap, > ils le mettent
paffer par un
dans des formes de bois après gu'il eft cuit
qui font en
ramidesguadrilateres, purgé, ils le
& quand ila RET
font fécher coupent par morceaux, le
au Soleil, &c
tent en barriques. C'eft puis le metbrique le Sucre à la
ainfi qu'on faguelques endroits de Jamaique la
> & en
Barbade, Ce.
Sucre --- Page 139 ---
Françoifes de PAmérigue.
Suicre eft très-beau, & très-aifé à rafiner. 1696.
Il auroit été mieux de le faire de cette
maniere aux Iles Françoifes.
DES SUCRES DE SIROP,
6 d'écumes.
Les écûmes des trois premieres chaidieres font portées à la Vinaigrerie ou
Diftilatoire, 8 fervent à faire de l'Eaude-vie. Onmeti part celles du firop & quel Dans
de la batteric. On les conferve dans un tems or
canot deftiné à ccla, & tous les matins euit écumes les
on les fait cuire dans une chaudiere & les Smontée dans la Sucrerie, & deftinée à rops.,
cet.ufage. Tous lesLundis matin on fait
cuire les gros firops, c'eft-à-dire, > ceux
que les formes ont rendus avant d'être
portées à la Purgeric , ou d'avoir été
couvertes de terre; & quant aux firops
fins, c'eft-à-dire, ceux quiproviennent
du Sucre couvert de terré, on les cuit
toutes les fois qu'on met le Sucre à Pétuve. trois fortes de firops qui s'écouIlyat
lent du Sucre.
de Sucre
42 Celui qui coule. des barriques
brut, & qui eft reçà dans les citernes.
C'eftle
gros de tous. On s'én fervoit ERET à faire de l'eau de-vie 7.
Tome IV.
E --- Page 140 ---
122 Nowveaux Yoyages aux
1696. mais les Sucres étant
IRes
Vente & les
années
devenus chers dans
prix des chands
que f'ai marquées, les Margros fi.
commencerent al l'acheter
citerne. Iops de l'envoyer dans le Nord oi l'on pour
en
>
beaucoup, foir pour faire de l'eau-de. ufe
vie,ou autres liqueurs, foit
- tre dans leur pain
pour metchofes de cette
d'Epices ou autres
lc vendir jufqu'à natare, de forte qu'on
Rafineurs Hollandois cent fols le cent. Les
fit venir
& Allemanso
aux Illes, trouverent à qu'on l'employer encore plus
pour leurs Maîtres, en avantageu(ement le réduifant
Sucre. Ils le clarifioient bien
en
Sucte de l'eau
avec de
gros A- le mettoient dechauxy&c lorfqu'il étoit cuit, ils
rop. Canne
dans des barils avec une
au milicu.
ou vingt jours, Apnergnilasoepungé ils le
qetaer fix Pouces de
chargeoient
groffe terre gralle bien
détrempée, de fon
qui lui faifoit jetter le refte
hrop, & le rendoir
à
repaffé en Sucre brur,
propre être
voir nuire,
auquelil ne
bien
qu'il étoit bien tes
&c
ve
mTiLan
toûjours dans le fond parce des qu'on trouune quantité confidérable de citernes
grain
Sucre en
amefure - qnisy forme, & qui s'y affemble
fiter de que le firop y coule. Pour
faut laver ces gros firops de citernes, pro il
avec foin lcs citernes a cha-
à
repaffé en Sucre brur,
propre être
voir nuire,
auquelil ne
bien
qu'il étoit bien tes
&c
ve
mTiLan
toûjours dans le fond parce des qu'on trouune quantité confidérable de citernes
grain
Sucre en
amefure - qnisy forme, & qui s'y affemble
fiter de que le firop y coule. Pour
faut laver ces gros firops de citernes, pro il
avec foin lcs citernes a cha- --- Page 141 ---
Françoifes de PAmerigue.
que fois qu'on en retire les firops. Cette 1696,
lavûre mème n'eft pas inutile ; elle fe
dans les canots de la Vinaigrerie,
ESa elle aide à faire fermenter la liqueur
dont on tire l'eau-de-vic. Sucre terré.
Le fecond firop vient du
On appelle gros ou premier firop, celui font
qui coule des formes dès qu'elles
percées, & avant qu'elles ayent reçà la
terre. On le cuit tous les Lundis matin
les formes font portées à la
Redtr après
: Voici comme onle travaille.
On en remplit à moitié la chaudiere qui
eft deftinée à le cuire 5 & on y jette gros Sucte fi- de
neuf à dix pots d'eau de chaux. On rop da
chauffe avec un feu clair & vif, & on formes
écume diligemment à mefure qu'il 1s'6leve. Quelques Rafineurs y jettent de la
lellive,d'autres n'y en mettent point:
J'ai remarqué que les premiers réififfoient à merveille, 2 & que la leflive netbien leur Sucre; il
toyoit parfaitement
de
eft vrai qu'il donne un
plus
peie
la leflive Ic faifant monne ,
que être fort
à écumer,
ter , ErE faut
diligent
& à l'élever en l'air avec l'écumoire s
lui donner de l'air, & l'empècher
Sere fe répandre par-dellus les bords de la
chaudiere. Cette peine me paroit bien
récompenfée par lc beau Sucre qu'on
Fij
; il
toyoit parfaitement
de
eft vrai qu'il donne un
plus
peie
la leflive Ic faifant monne ,
que être fort
à écumer,
ter , ErE faut
diligent
& à l'élever en l'air avec l'écumoire s
lui donner de l'air, & l'empècher
Sere fe répandre par-dellus les bords de la
chaudiere. Cette peine me paroit bien
récompenfée par lc beau Sucre qu'on
Fij --- Page 142 ---
- 124 Nonveaux
1696. retire , qui peut Foyates être
aux Ies
moins
terréleul-, ou du
des
les peut rafiner avec les têtes
fontaines
E.aa
tres parties du
féches, allpas être incorporées Sucre, dans qui ne peuvent
& qu'on ne doit
le Sucte terré,
confidé. Prudt cre brut. Ce Sucré pas mêler avec le Surable
de
. eft d'un
re.
firfconfuderable,
qu'on une
qu'il
fuffire
r24e
tire dece
Habitation
Ger
bien
Sucre, caux-de-vie pour la
réglée avec les
tien du Maître, de fcs dépenfe & l'entre.
fes Négres, & de tout Domeftiques, le refte
de
rail d'une Sucrerie,
de l'attidu Le troifiéme firop eft celui
Sucre après
qui tombe
Sucre de On.
qu'ileft couvert de terre,
lrop fin.
F'appelle frop fin, & ill'eft
vement, puifque c'eft le
le effedtitil, qui éroit
firop plus fub.
gui
relléengagé entre les
tenue compofent tle Sucre, dont l'eau grains
dans la terre l'a
concipité &
dans lc Pot avec deacheatlape elle, On le
onlécume commele
cuit,
Ayant que Ces firops précédent, foient
prèts à tirer de la
cuits, &
plaificurs rafraichiffoirs chandiere, on prépare
voir. Plus on a de
pour les receplus on eft fûr de réiflir, rafraichifloirs 3 &
Sucre veut être refroidi Parceque Ce.
fans quoi fon-grain fe promptement,
moulle épailfe qui ne convertic fait
en une
point çorps.
onlécume commele
cuit,
Ayant que Ces firops précédent, foient
prèts à tirer de la
cuits, &
plaificurs rafraichiffoirs chandiere, on prépare
voir. Plus on a de
pour les receplus on eft fûr de réiflir, rafraichifloirs 3 &
Sucre veut être refroidi Parceque Ce.
fans quoi fon-grain fe promptement,
moulle épailfe qui ne convertic fait
en une
point çorps. --- Page 143 ---
Françifes de LAmbrique. tis
raifon les canots de bois ne 1696.
Par cette
à le recevoir, parcefont pas propres facilement, & conferqu'ils véchauffent leur chaleur.
vent trop long-tems le fond des rafraiOn couvre tout
d'un doigt de Suchiffoirs de bien l'épaiffeur & bien fec. Lorfque
cre blanc 2
pilé
connoît au
le firop eft cuit , ce qu'on
ordibotillon qu'ili jette, ou àla preuve
naire, fila batterie eft grande, , on la pardeux
& dès qu'el.
tage en
rafraichilloirs, remié bien avec la pagalle
le y eft, on
le Sucre pilé qui y eft, >
pour incorporer
vient de mettre 9
avec le liquide qu'on
aide à
afin que celui qui eft déja fait, &
celui quine l'eft pas,a fe former,
& fc grofile.
TORBE
le grains nsaffemble enfuite de Sucre fec & bien pilé
poudre la
de ce qui eft dans le
toute fuperficie de Tépaifieur d'une ou
rafraichiffoir cela aide encore à la fordeux lignes >
&c empèche le Sucre
mation du grain, de mouffer 2 ou de
d'écumer ou plurôt
jetter de
botillons. cela repofer ces deux
On
après
LREE
rafraichiffoirs. Ilfe forme une croûte fur
à peu.
la fuperficie qui s'épaillirpeu tire eft mife
La feconde batterie raftaichifloirs qu'on quand on
dans deux autres faut
fe
de la
en a : finonil ne
pas preller F iij --- Page 144 ---
. I26 Nonveaux
1696. cuire, afin de Yroyages AHx Mes
miete de fe refroidir. donner le tems à la predesdeux
Lorfque le Sucre
crofte, & premiererafraichiflolrs a fait fa
à être
qu'uneautrel batterie eft
tirée, on coupe avec un
prête
un petit quartier de la croûte de coureau
à fix pouces de
cinq
tout le tour des diamétre, & on cerne
la croûte ceffe d'y rafraichifloirs, être
afin que
- A mefure qu'on vuide adhérente. la
les becs de
batterie avec
rafraichifloirs corbin, on la porte dans les
> verfant doucement
l'ouverture qu'on a faite à la
par
comme elle n'eft plus adhérente croûte, au &
elle s'éleve infenfiblement à mefuare bord,
le firop coule deffus.
que
Lor/qu'on a achevéde cuire toutle firoP, bien on rompt les croûtes > on mouve
les avec la pagalle tout ce qui eft dans
becs rafraichilloirs, decorbin
& onle;
avec les
à le
dans les Foetende deftinécs
recevoir, obfervant de
les
morceaux des croûtes dans toutes partager les
mes à mefure qu'on les emplir
forjai remarqué ci-devant en
comme
Sucre de Cannes. Quand celui parlant du
dans les formés a fait
qui eft
corps, &
eft
refroidi, on léve les formes, on qu'il les débouche, & or les mer fir lcs
les perce quand elles font en état pots. de On l'e-
etende deftinécs
recevoir, obfervant de
les
morceaux des croûtes dans toutes partager les
mes à mefure qu'on les emplir
forjai remarqué ci-devant en
comme
Sucre de Cannes. Quand celui parlant du
dans les formés a fait
qui eft
corps, &
eft
refroidi, on léve les formes, on qu'il les débouche, & or les mer fir lcs
les perce quand elles font en état pots. de On l'e- --- Page 145 ---
Francoifes de PAmerigue. 127
fait leurs fonds, > & on les terre 1696.
tre, on le Sucre de Cannes. Ce Sucre eft
comme
celui dont il vient, il eft
auffi beau que
blanc; mais fa
même quelquefois plus
& n'a
le
blancheur eft plus matte, de Cannes. pas
luftre & le brillant du Sucre faifoient cui- Les' fiJ'ai vû des Rafineurs qui
rops des
de ces firops-la, firopsne
re les froprquifonoisat de
Sucre, qui font fai- bos
& qui en faifoient avec gros une forte ter- qu'à rc de
/
étant mis en barils
de citerne, T'eau-dere, comme au Sucre de firop
en vic.
le rendoit propre pour être repaflé une
Sucre brut, mais il lui communique
odeur de brûlé fi forte, avec un goit la
de faire paller toute
amer > où capable il eft mèlé pour Sucre de fipartic de forte qu'il vaut mieux emrop,
des firops à faire de
ployer les firops
Teau-de-vie. des écumes qui fe tirent du
A l'égard
on doit les cuire
firop & de la batteric, du moins tous les
tous les matins, 2 ou
ait point de
deux jours, pourvà. s'aigriffent. quiln'y On les met
danger quelles deftinéc à cuire les fidans la chaudiere
d'eau, afin de rerops > avec un quart avoir le tems de 4
tarder leur cuiffon, > & commencent à Sucre
les purger. Lorlqu'elles iette de la leflive ordi- d'écu- mes.
bouillir, on y. l'écume avec foin. Quand
naire, & on
Fiv
point de
deux jours, pourvà. s'aigriffent. quiln'y On les met
danger quelles deftinéc à cuire les fidans la chaudiere
d'eau, afin de rerops > avec un quart avoir le tems de 4
tarder leur cuiffon, > & commencent à Sucre
les purger. Lorlqu'elles iette de la leflive ordi- d'écu- mes.
bouillir, on y. l'écume avec foin. Quand
naire, & on
Fiv --- Page 146 ---
r28 Nowveaux
2696, clles approchent Toager de leur Aux Ifes
jette de l'eau de chaux cuiffon, &
, on y
quand on eft prét de tirer la d'alun ,: &
on la faupoudre d'un.
batterie, >
dre. J'ai vû de ce Sucre peu d'alun en pouterré qui étoir très-beau. mis en forme &c
Lorique les Rafineurs réiflifent
blanchir ces Sucres d'écumes
à
tion, c'eft un chefd'auvre en perfecqu'ils s'imaginent les couvrir pour eux 3
Précat- de gloire,
d'autant
sionqu',l du
> qu'un Général d'armée l'eft
faur prégain d'une Bataille.
dre tou prendre garde
Mais il faut
chant le du
que
de
sucre,
Sucre d'écumes, fousprétexte ils
faire
les écumes une partie du n'enlévent Sucre avec.
dans la batterie & dans le
qui eft
que ce qui fatisferoit leur vanité firop ; parce
roit au défavantage du Maître tournecela, & fur cent autres
; & firavoirl'eil
chofes, il faut
de
toujours ouvert fur ces fortes
gens.
Is'eft vendu du, Sucre de
Sucre terré, pour Sucre
gros firop de
pour Sucre paffé, C'eft brut, & mème
car il eft certain
une tromperie :
viennent à être que quand ces Sucres
ils ne rendent fonduspour être rafinez,
jamais tant à
près que les Sucres de Cannes. beauconp La
cience vêut qu'on les vende
confqu'ils font, afin que celui qui les pour achete Ce --- Page 147 ---
Frangoifes de PAmerique. - 129
fçache leur qualité, & T'emploi qu'il en 1696.
doit faire : car la plipart des gens ne,
font pas affez habiles pour diltinguer
ces Sncres d'avec ceux qui font tout
tout
ils font
BRes
de Cannes, fur
quand
travaillez. Il m'arriva un jour une affaire affez
particuliere à ce fujeravec un Capitaine livré Hifoire
de Nantes nommé Il m'avoit
Pin Caquelques marchandifes
le payc- piraine Mard
devois fora donner du
de
ment defquelles je
chand
Sucre brut à huit francs le cent. L'ayant Nantesa
averti d'envoyer chercher fon
ment il me dit
viendroit
FRAL
>
quily y
même fans fe fier à (on Commis, parce:
fçachant
je faifois du Sucre,
que blanc, il avoit E. de craindre que je
ne fife comme les'autres, & que je ne
lui donnaffe du Sucre de firop. Je lui,
demandai s'il étoit affez habile pour en:
connoître la différence, & comment il
s'y prendroit, il me répondit, qu'il en
fçavoir aflez pour n'ètre pas trompé, &
qu'il me le pardonnoit ij'en venois à
bout 5 & que le grain & la pefanteur
étoient deux moyens infaillibles pour
diftinguer le Sucre de Cannes d'avec ce-,
lui de firop. Je me mis à rire, & je ne:
doutai point qu'il ne fe trompar luimêmc. Mais je ne CIUS pas lui devois
Fv,
'y prendroit, il me répondit, qu'il en
fçavoir aflez pour n'ètre pas trompé, &
qu'il me le pardonnoit ij'en venois à
bout 5 & que le grain & la pefanteur
étoient deux moyens infaillibles pour
diftinguer le Sucre de Cannes d'avec ce-,
lui de firop. Je me mis à rire, & je ne:
doutai point qu'il ne fe trompar luimêmc. Mais je ne CIUS pas lui devois
Fv, --- Page 148 ---
1696. découvrir I3o Nowveaux Froyages aux TRes
alors le fecrer
roit.
quil ignoIlvint le jour que jeluiavois
& me dit que fuivant notre marché marqué,
devois le laiffer choifir.
je
fans peie, je lui fis ouvrir Jy le confentis
où ily avoir environ
magazin,
rigues de
quatre- vingt baravoit
Sucre, parmi lefquelles il
une. partie de Sucre de
y
j'avois promis à un Marchand firop > que
Sucre de fropà raifon de fix livres comme
fols le cent. Comme ce Sucre étoit bon dix
& beau, mon Nantois ne
de le mettre à part. Je lui manqua dis qu'il Fi2
de trompoit, & quecen'étoir que du Sucre
frop ; mais il voulur
tenir en
difant que fi c'en étoit véritablement sy
je n'aurois pas la charité de l'en avertir, 2
qu'au refte il n'avoir pas befoin de con- 2
feil. 11 prit donc dix-huit
Sucre de
barriques de
étoient de firop > reburant celies
pur Sucre de Cannes,
tenant
da
toujours à fon fyfême du
& du grain pour diftinguer cès deux poids
tes de Sucre. Il eft vrai
forbarriques éroient d'an que ces dix huit
Sucre
parfaitement bean
ferme > & grenécomme du fable, > luifant,
les allerent tran'parenr. à
& fipelant, qu'el:
plus de onze mille livres
net, ceft-a-dirc, la tare défalquéc,
ies
pur Sucre de Cannes,
tenant
da
toujours à fon fyfême du
& du grain pour diftinguer cès deux poids
tes de Sucre. Il eft vrai
forbarriques éroient d'an que ces dix huit
Sucre
parfaitement bean
ferme > & grenécomme du fable, > luifant,
les allerent tran'parenr. à
& fipelant, qu'el:
plus de onze mille livres
net, ceft-a-dirc, la tare défalquéc, --- Page 149 ---
Frangoifes de PAmerigue: I3I E
furent finis & fi- 1696.
Quand nos commençai comptes à me mocquer de
gacz; je
habileté a'connoitre les Suia" prétendue l'affurai qu'il n'avoit pas une
cres, & je
de Sucre de Cannes, - s &c
feule barrique
choifi n'étoit que
tout ce quilavoir foûtint le contraire, & 'de
C firop. Il
il me défia de
paroles en paroles,
de
autres barriques
E.
ger. contre dix-huit les dix- huit qu'il avoit reçûes ,
au lieu de T'em-
& qu'on tranfportoit Je fus contraint d'accepter
barquement. nous l'écrivimes & la fignila gageure,
nommâmes chaeun un
mes 2 8c nous
pourroient
Rafineur pour Arbitre, qui
choifir entr'eux un fur-arbitte pour
ne
:e
ger le différent, fuppofé deux. Comme qu'ils ils'en
cordaflent pas tous
fut bientrouva là de préfens, > le procès d'une voix,
tôt juge, & ille perdit tout
choifi
& appriri fcs dépens quiln'avoir
que du Sucre de firop > lorfqu'il pou- Il
voit prendre du Sucre de Cannes. raifon :
étoit très-inortifié > & il avoit
car c'étoit une perte confidérable faifoit pour fon
Nantois, qui
un Capitaine voyage en cette qualité 2 étant
premier encore T'année derniere en qualité venu de Tonnelier. J'en eus pitié, je lui
rendis fon Sucre, dont une partie avoit
Fvj --- Page 150 ---
132 Notveaux
1696. déja été remife dans
AHY Ifles
ce fut à
XMER
trois conditions Magazin 5 mais
qu'il donneroit à
; la premicre 2
ges, qu'ils conduiroient déjetiner aux trois Jula
chacun un
feconde, 5 qu'il donneroir
ami;
à mesCabrotictriens,
une piftolle
avoient de lui porter pour le la peine qu'ils
lni faifois préfent; & la Sucre, dont je
ne parleroit à perfonne troifiéme, de la
qu'il
qu'il avoir perduë, Il
gageure
Ces conditions, & accepta avec joye
des deux
s'acquitta au moins
mais pour premieres la troifiéme, en galant homme;
tout-à fait le maître: : il n'en fut pas
a quelque
car foit qu'il le die
fir divalgué perfonne > foir que cela fc
PIfe le fçàr bien-tôr, par une autte voye > toute
France, & par tout où cela pafla) jufqu'en
eutc différent pour le ily avoit quelquoir jamais
Sucre, on ne manArbitre deprendre le Capitaine ***
foet ne pouvoit 5 parce que 9 difoit-on,
bile en cette maticre manquer d'ètre très-haun fi bon apprentiflage. > après avoir fait
j'eus encore la charité de Après lui tout cela
que la vûe & le toucher
apprendre
les feuls fens qu'on devoit n'étoient pas
pour connoire le Sucre employer s 1
loir encore fe fervir de > & qu'il falquc le Sucre de firop peut F'odorat. bien parce
avoir
ne pouvoit 5 parce que 9 difoit-on,
bile en cette maticre manquer d'ètre très-haun fi bon apprentiflage. > après avoir fait
j'eus encore la charité de Après lui tout cela
que la vûe & le toucher
apprendre
les feuls fens qu'on devoit n'étoient pas
pour connoire le Sucre employer s 1
loir encore fe fervir de > & qu'il falquc le Sucre de firop peut F'odorat. bien parce
avoir --- Page 151 ---
Frangoifes de LAmerique. 133
les mêmes qualitez que le Sucre tout 1696.
pur de Cannes, & même paroitre plus
beau; mais il fent & fentita toûjours le
brûlé. Toute l'habileté des Rafineurs ne
peut aller qu'à le faire fentir un peu
moins. Je lui en fis faire l'expérience en
lui faifant fentir différens Sucres.
Voilà les quatre efpécesdeSucre
tire des
& des écumes.
de
PERrae
firops
firop fin eftleplus beau, celui d'écumes
tient le deuxiéme lieu, cclui de citernes
eft le plus mauvais.
DUSUCRE RAFINE.
Le Sucre brut, le Sucre paffé , les
Fontaines féches, & les tètes de forme
qui n'ont pas bien'blanchi font la matiere de cé Sucre.
Dans les Rafineries d'Europe, comme
dans celles des Ifles, iln'y a que deux
chaudieres montées. Elles f ont ordinairede
& deux Chandies
ment quatre pieds diamétre,
res de
pieds & demi de profondeur fans com- Rafinepter un euvage volant de feptahuir
rie.
ces
met, &c
ôte felon le
rds
qu'on
qu'on
foin. Leur fond eft plat & uni. Lesfourneaux qui font deffous ont leurs entrées
en dedans du bâtiment, ou elles font
montées, & leurs foupiraux en dehorss --- Page 152 ---
134 f Nowveaux Froynges Aux
1696, ou dans quelque tuyau de cheminée, Ihes
L'ouverture deleur entrée fe ferme
une porte de fer, afin que le feu n'in- avec
commode pas ceux qui travaillent.
De ces deux
clarifier, & l'autre chaudieres, à cuire s l'une fert a
fié,
le firop clariQuelquefois on clarifie dans
les deux, & on cuit enfuite. Peu de toutes
font la dépenfe de ces fortes
gens
res. Je n'en ai guéres vûs dechaudie- chez
qui avoient des Rafineries que
ceux
lcs autres fe fervent de la grande exprès: tous
clarifier, > & de la propre pour cuire. pour
Voici comme on
Sy prend.
Onpefel la quantité de Sucre
veut rafiner, & on le met dans E chau- l'on
diere à clarifier, avec la même quantiré
d'ean,c'ef-1-dire, le même
de chaux. On écume avec foin poidsd'eau
Manierc quela chaleur
tour ce
dont on l'écume ceffe pouffe en haut, & quand
rafine lc
dé venir,
Sucre - par le drap.
cela on paffe le firop
aux Ifles,
fe fair
on le clarifie, cc
qui
en
dans une
Apane
une ou deux douzaine d'ceufs bafline
jaunes & coques, que l'on mêle blancs, avec de
l'eau de chaux,& quel'on batavec des
verges 2 pour la faire mouffer. On
une partic de ce mèlange dans la chau- jette
diere > & on remué aufli-tôt avec la
cueillier pour lc bienincorporer avecle.
affe le firop
aux Ifles,
fe fair
on le clarifie, cc
qui
en
dans une
Apane
une ou deux douzaine d'ceufs bafline
jaunes & coques, que l'on mêle blancs, avec de
l'eau de chaux,& quel'on batavec des
verges 2 pour la faire mouffer. On
une partic de ce mèlange dans la chau- jette
diere > & on remué aufli-tôt avec la
cueillier pour lc bienincorporer avecle. --- Page 153 ---
-
Frangoifes de PAmerique. 135
des ceufs battus avec 1696.
firop. La propricté eft de raffembler la
l'eau de chaux >
du Sucre,
graille & les autresimpuretez, à la farface de la chau-
& de les pouffer les enleve avec l'éeudiere s d'oh on le foin & toute la dimoire 2 avec tout Quand on voit que l'éligence ceffe poflible. de monter s on jette encotc
cume
d'aeufs 8c d'eaut de chaux,
de cei mélange
autant de fois que
& on le recommence
befoin
l'on voit que le Sucre en a
pour
fe
& fc clarifier; ce qu'on reconESTERE aifément à la clarté & àla tranfparence du firop , pour lors on le palfe paàr
le drap une feconde fois; & comme OnI
clarifie tolijours une plus grande faire quan- cuire,
tité de Sucre qu'on n'en peur trois batteries
on la partage en deux ou
: car
afin quil cuife plus promptemment demeure fur le feu
il faut que le Sucre
fans quoiileft
le moins qu'ileft poflible,
difficile d'empécher qu'il ne s'engraille.
Je ne fçai fi les Rafineurs d'Europe mais paf--
fent deux fois leur firop par le drap,
c'eft notre ufage aux Iiles, qui ne me pae
roit Cc pas mauvais. eft dans la batterie étant cuit s
qui
à l'ordinaire, on le
& la
prife rafraichilfoirs, dont on a
porte
ONET
les fonds d'un demi doigt de
couvert --- Page 154 ---
136 Nonveaus
16p6-beau Sucre blanc, Poyigur AuY Mfes
fec, & bien
parrage une batterie en deux pilé. On
foirs, on les mouve aufli tôt rafraichif.
pagalle, & on
avec uner
avec du Sucre en faupoudre leur fuperficie
grain à fe former, poudre & à afin d'aider le
fur la furface. Quand faire unc croûte
ric eft prête à
une feconde batte- -
couteau la croûite tirer, on cerne avec un
afin de l'en détacher tout autour des bords
une piéce de cinq àf fix , &con en enleve
l'on verfe doucement pouces par où
corbin le Sucre, à mefure avec le bec de
de la batterie,
qu'on le tire
batterics dans tous Partageant les
toûjours les
qu'on a préparez, felonla rafraichiffoirs s
juge devoir cuire.
quantité qe'on
Avant de finir la cuiffon dela
batterie, on fairl laveravec bien derniere
& de l'eau bien nette les
du foins
quelles on le doit
formes dans lefavoir mis
mettre, que l'on doit
auparavant. tremper vingt-quatre heures
Onlest tappe, & onl
teafordinaite, & quandla
lesplane
terie a été
derniere batchifloirs partagée dans tous les rafraimouve bien , on rompr la croûite, & on la
mé au fond, avec & le grain qui s'eft forlement dans toutes on les parrage le tout égare,qu'on
formes, c'eft-à-dipartage CG qui eft dans unrafrai-
'on doit
auparavant. tremper vingt-quatre heures
Onlest tappe, & onl
teafordinaite, & quandla
lesplane
terie a été
derniere batchifloirs partagée dans tous les rafraimouve bien , on rompr la croûite, & on la
mé au fond, avec & le grain qui s'eft forlement dans toutes on les parrage le tout égare,qu'on
formes, c'eft-à-dipartage CG qui eft dans unrafrai- --- Page 155 ---
Frangoifes de PAmbrigue. 137
dans toutes les formes, & on 1696.
chiffoir de vuider ainfi tous les autres,
continue
les formes foient pleines.
juiqu'a ce que font refroidies, on les
Lorfqreles &c on les met far les
Après
perce,
huit ou Egs jours. > on
qu'elles ont purgé on fait leurs fonds,
les perce de nouveau, deux terres & les autres faon leur donne
aul Sucre terré, fe
çons que j'ai marqués
d'autant
fouvenant tonijours d'apporter
à
plus de diligence & de eircon(pecion fa mateut ce qui regarde ce Sucre, les que négligentiere cit plus chere, & que
ces-q qu'on y peut commettre > portent
préjudice.
un plus grand erreur de croire qu'il faille
C'eft une
du Sucre àla grandeur
mefurer la cuiffon
on le doit
des formes dans lefquelles commc les autres 2
mettrer Je l'ai crà
& le raifonneavant que lexpérience enfeigné lc contraire:
ment m'euffent
fubJ'ai vâ à la fin que ce n'étoit qu'une rendre
tilité des Rafineurs 2 qui pour faifoient
conidérable,
leur métier plus de toutes chofes d , afin de
des mifteres valoir, & avoir de plus gros -
fc faire
dois dire que de tous Bonnes
gages. Sur quoi je
fe
fervir > qualitez des Rafiles Rafineurs dont on
puille ou lesneurs
les meilleurs font les Allemans
érranHollandois. Ils font narurellement pto-get. --- Page 156 ---
138 Nowveaux
1696. pres, actifs, vigilans, Payages AuX Mes
travail, & aux intérêts de attachez leur à leur
& comme ils font accoûtumez à Maitre, 2
tout à profit jufqu'à l'eau dont mettre
les chaudieres, 8c où l'on
on lave
les formes, ils tirent des met tremper
ce qui en provient,
Cannes, & de
peur tirer.
tout ce qu'on en
Ileft vrai
quand ils arrivent
Illes, ils ne
aux
re cuiffon
à la
ssenils
du Sucre
premicment des Cannes quiprovient dircétepeu de jours
3 mais ils s'y font en
lotiable émulation, , & s'appliquent par une
les autres, tant
àfc fiurpaffer les uns
la quantité
pour la beauté que pour
qu'ils tirent de la matiere
qu'on leur met entre leurs mains.
J'en avois arrêté un en 1704.
j'étois deftiné pour être
lorfque
Corneil. tre Maifon de la
Superieur de nolede rulalem Je. Corneille de Jerufalem, Guadeloupe, nommé
Rafi- bourg.
il étoit d'Hlamneur, je fulle. Maisnos Peres ayant fouhaité que
Supérieur de la Martinique
plufieursraifons, & entr'autres
pour
achever notre Bâtiment du pour faire
que mon voyage à la
Motillage 1e
Saint
Guadeloupe & à
Domingue avoit
Religieux qui fiar nommé interrompu > le
Guadeloupe m'écrivit
Superieur à la
peine à fc1 fervir de qu'il auroit de la
ce Rafincur 5 parce
lamneur, je fulle. Maisnos Peres ayant fouhaité que
Supérieur de la Martinique
plufieursraifons, & entr'autres
pour
achever notre Bâtiment du pour faire
que mon voyage à la
Motillage 1e
Saint
Guadeloupe & à
Domingue avoit
Religieux qui fiar nommé interrompu > le
Guadeloupe m'écrivit
Superieur à la
peine à fc1 fervir de qu'il auroit de la
ce Rafincur 5 parce --- Page 157 ---
Frangoifes de LAmerigue. 139 fit
étoit Lutherien. Ce fcrupule me 1696.
qu'il
envie de le mettre fur
plaifir : carjavois du Fond S. Jacques S,
notre Habitation
comment m'y prendre.je
8cje: ne fçavois anfli-tôt qu'il n'avoit qu'a me
répondis
m'étoit indifél'envoyer , parce qu'il feroit firLutherent que le Sucre qu'il
qu'il fût
rien ou Catholique , pourvà
au
bien blanc. Jécrivis en même-tems exécuta avec
Rafineur de venir, ce qu'il fut content ; &
joye, & tout le monde qu'il nous fit lc
/
moi, fur tout > parce Pon pouvoit voir.
plus beau Sucre que
n'approchent MauvaiLes Rafineurs François & de l'attachement fes tez quaii- des
pas de l'exadtitude, ont à leur ouvrage. Rafi- neurs
que les Etrangers. ne changep pas, pour François
Commeleurnaturel, de climat, ils font inconftans, & rout fur dee
changer
adonnez àleurs plai- griolnégligens 2 & ttop autant qu'il eft né-is.
firs
fe captiver fuivre pied à pied & infapour
le
d'une
RRTELO
tigablement nuit & jour travail
Sucreric.
mauvais de tous font les
Mais les plus à-dire, les François nez
Créolles,c'eft Ifles. Ils font d'une vanité infuporaux fainéans au dernier point, adontable,
aul
& à
nez au vin, & aux femmes, jeu, fi
d'autres débauches; (i préfompmueox, vû des
menteurs, & figloricux quejai
pied & infapour
le
d'une
RRTELO
tigablement nuit & jour travail
Sucreric.
mauvais de tous font les
Mais les plus à-dire, les François nez
Créolles,c'eft Ifles. Ils font d'une vanité infuporaux fainéans au dernier point, adontable,
aul
& à
nez au vin, & aux femmes, jeu, fi
d'autres débauches; (i préfompmueox, vû des
menteurs, & figloricux quejai --- Page 158 ---
140 Nowveanx
1696. Habitans
Poyages Aux TRles
prétsaquitter les établiffemens
qu'ils avoient fait pour blanchir leurs
Sucreties, parce qu'ilsne
fouffrir les inégalitez, lest pouvoient plus
les impertinences de
bizarrerics, &
A les cntendre
ces fortcs de gens.
parler ils font
blesyce n'eft jamais leuf faute impeccails ont gâté une étuvée de
quand
la faute des Cannes, du
Sucre. C'eft
chets, de la terre, dc l'étuve; bois, des blaneft quelquefois
; de forte
Ex fe point facher, obligé de les pricr
dans la maifon.
s pour avoir la Paix
J'en trouvai un de cette
je pris le foin de nos-biens cfpéce quand
avoit travaillé fous
en 1697. il
qui n'avoit pas lieu mon d'cn prédéceffeur être
T.,
mais qui n'avoir ofé le
content s
quc c'étoit le Superieur renvoyer, quil'avoir parce
chez nous. Je ne fis pas tant de placé cérémonies, dès que j'eus pris
donnai je comptai avec lui, je le
pofleflion, & lui
fon congé; &
payai,
rieur que cet homme jécrivis au Supédoit pas.
ne m'accommode Meyen PAu- Ilne manqua pas de s'en préfenter un
rendre teurpou: grand nombre s qui s'en
les Rafi- comme ils étoienr venus, quand retournerent ils
neurs tendirent les
en-:
plus dili- fis, & entr'autres propofitions que je leur
gens;
que leurs gages leur --- Page 159 ---
Frangoifes de PAmbrique. 141
feroient payez en Sucrc, &c non en at- 1696.
gent comptant , & qu'ils prendroient
leur compte toûtt le Sucre qu'ils
pour gareroient, au mème prix que le plus
beau auroit été vendu. Jc n'en trouvai
qu'un feul qui fut aflez hardi pour accepter ce parti. Je lui promis trois ferois cens
écus de gages, ma table quand je lorffeul, fon blanchiflage, un cheval de la maiqu'il fortiroit pour lesaffaires
Je
fon, & quelques autres bagatelles. étufusaflez content des deux premieres
vées qu'il fit 5 mais comme je remar- &
quai qu'il fc négligeoit beaucoup >
que la fuite ne répondoit pas au com- fémencement 2 je l'avertis d'y penfer
ricufement, parce que comme j'entendois dc bien exécuter de'ma apartle marché que javois fait avec lui,je de la
Il
dois
FeerTn
aufli quillexécuit
vit bien à la cinquiéme étuvée qu'ilcouroit rifque d'èrre renvoyé & payé avec
le plus mauvais Sucre, parce quil avoit à
remarqué que je l'avois fait mettre
part &c contre-marquer. quand j'avois
livré le refte. Il voulut jotier au fin avec
moi, en me faifant préfenter tiroit par fur desgens moi à
apoltez, des billets qu'il
à
comptc de fes gages. Je les endoffai
payer aux termes de mon marché que
'ilcouroit rifque d'èrre renvoyé & payé avec
le plus mauvais Sucre, parce quil avoit à
remarqué que je l'avois fait mettre
part &c contre-marquer. quand j'avois
livré le refte. Il voulut jotier au fin avec
moi, en me faifant préfenter tiroit par fur desgens moi à
apoltez, des billets qu'il
à
comptc de fes gages. Je les endoffai
payer aux termes de mon marché que --- Page 160 ---
142 Nowveane Foyager aux IRes
E696. jexpliquai tout au long. Cette maniere
d'agir ne lui laifant pluslieu de dourer,
que jen'euffe réfolu de lc mettre
il crut qu'il étoit de fa gloire de dehors, me
venir. El me demanda fon
préeut fur le champ avec fon congé qu'il
donble, où il trouva les parties comptc de
cn
vais Sucre
mauau même prix contre-marquées que le plus beau & paffées
vendu. La feule
avoit été
de lui faire
grace que jel lui fis, fat
ainfi
préfent des futailles. Ce fut
raifon que je commençai à
à la
ces petits Meflieurs. Plufieurs ranger
bitans fuivirent mon
harent mieux fervis
exemple : & fuqu'ils nc l'avoient été
auparavant.
Commel la bonté & la beauté du Sucre
brut confifte dans la groffeur de fon
grain, dans fa clarté s dans fa
qu'il foit bien purgé & bien fec; fermeté, la
té du Sucre blanc, tel
beauterré,
qu'il puiffe être,
rafiné, ou royal, confifte dans la
blancheur, > & la petitefle de fon
qui doit compofer un pain uni, grain
dur, & un peu tranfparent, Mais pelant, le
Sucre a acquis ces qualitez par les plus différentes de
fontes où il a paffe I 5 moins il a
douceur.
Le Sucret terré fimplement a
plus de douceur que le rafiné, beaucoup & cclui- --- Page 161 ---
Frangoifes de PAmérique. 143
ci quele Sucre royal; & quoiqu'ils puil 1696.
fent avoir tous trois le mème degré de
blancheur , il eft aifé de diftinguer lun
de l'autre en les échauffan t unpeu dans
les mains > & les portant aul nez. Car
plus le Sucre approche de la Canne
il a une odeur
sct
T'a produit, & plus de celle du miel ou de
ce, violette approchante &
il s'en éloigne 1e >
la
plus
moins il en a. Cette odeitr eltrenfermée fidans le firop > & il eft certain que le
de douceur que le
rop a beaucoup plus
comme il
Sucre qui en eft extrait : or,
y a plus de firop dans le Sucre brut que de
dans le terré, le premier a bieh plus
douceur
le fecond. Le Sucre terré
2 plus de que firop que le rafiné, & par conféquent plus de douceur. Car toutes les
fontes, les leflives, & les purgations
on le fait
n'ont
TRA
paller,
lefquelles
de a le
tre but
d'expulfer le firop, > &
féparer ur
donc par conféquent
fa
autant de fois
on
douceur,
PESEL
qu'on le fond,8 qu'on le travaille, &
fontes arriver
on pourroir de par faire pluficurs du Sucre plus blanc
au point
que la neige & d'une dureté appro4
chante de celle du marbre 2 mais qui
n'auroit prefque plus aucune douceur, &
qui étant fur! la langue,ne feroit qu'y CX-
fer le firop, > &
féparer ur
donc par conféquent
fa
autant de fois
on
douceur,
PESEL
qu'on le fond,8 qu'on le travaille, &
fontes arriver
on pourroir de par faire pluficurs du Sucre plus blanc
au point
que la neige & d'une dureté appro4
chante de celle du marbre 2 mais qui
n'auroit prefque plus aucune douceur, &
qui étant fur! la langue,ne feroit qu'y CX- --- Page 162 ---
144 Nowveaux
1696. citer un léger Faynger aux Hhes
rolillement à picotiement, ou un chad'une
peu près femblablea.celui
cre en très-petite effct n'eft quantité de fel. Le Sudu fic de la Canne. qu'un fel doux extrait
DU SUCRE ROTAL
DaSucte On abufe le public dans le
zoyal. qu'on lui vend fous le
Sucr:
royal, ( Car s'ilétoit véritablemc nom de Sucre
il feroit
ntro ral,
Marchands impolible de le aux Rafincurs & aux
le donnent, Il font donner au prix qu'ils
royal . > le Sucre rafiné paffer mis pour Sucre
pains, depuis trois julqu'à
en petits
La matiere du Sucre
cinq livres,
plus beau Sucre rafiné royal doir être le
ver. Onle fond avec de qu'on l'eau puiffe troude chaux
foible,eefa-dite, dans
étcint très-peu de chaux, & laquelle on a
dre encore plus blanc, & pourle. renla chaux ne le rougifle, empêcher
d'alun. On le clarifie
on fc fcrt Ca2ue
paffe trois fois dans le trois fois, & on le
lep plus ferré, & on lec couvre meilleur drap, &
leure terre & lamicux
dela meil011 fc fert de la maniere préparée, oubien
après. Quandilef
que je dirai ci-.
travailléavec
cautions, il çft plus blanc que la cespré.
neige,
& --- Page 163 ---
Françoifes de PAmbrigne. 145
& tellement tranfparant qu'on voit! l'om- 16964
bre des doigts qui le touchent au plus
épais du pain.
faire
J'en ai fait faire quelquefois pour
des préfens 5 & une fois entr'autres pour
défabufer cenaincsperionnesqui, prétendoient que ce Sucre n'étoit traniparent
qu'à caule du peu de matiere qui compo- ordifc les petits pains où on le réduit
nairement, & que la bonté de la terte
contribuoit beaucoup à fa blancheur.
Je fis mettre une partic de celui-ci dans
des demie-batandes.qui. me donnerent
des pains de quarante-cing & quarantefept livres, quand ils furent fecs.
fis
Je n'y mis aucune terre, mais je des
couper en rond fclon le diamétre
formes, des morceaux de grolle étoffe
blanche, que je fis laver bien foigneu- d'eau
fement , & les ayant fait imbiber
bien claire & bien nette, jeles fis metles fonds futre fur le Sucre s après que
rent faits & dreffez al'ordinaire, commet de la terre. Ces piéme lorfqu'on K unes fur les autres faices de draps
& demi de
foient environ un pouce
hauteur. On les changeoit tous les jours
pendant huit jours 5 elles produifirent
fur ce Sucre le mème effer que la-terre
produit, c'eft-à-dire,qu: l'eau quien
y
G
Tome IV,
fis metles fonds futre fur le Sucre s après que
rent faits & dreffez al'ordinaire, commet de la terre. Ces piéme lorfqu'on K unes fur les autres faices de draps
& demi de
foient environ un pouce
hauteur. On les changeoit tous les jours
pendant huit jours 5 elles produifirent
fur ce Sucre le mème effer que la-terre
produit, c'eft-à-dire,qu: l'eau quien
y
G
Tome IV, --- Page 164 ---
fortir, 146 Nowveanx Yoynges ANx Ifes
1696.
en fe filerant
toute la hauteur de doucement, la
pénétra
pita avec elle le
de forme, & précidemeuré entre les peu
firop
éroir
ceSucre
grains. Je AT fécher
de l'étuve aul Soleil de peur que la chaleur
ne roulsit la faperficie de la
forme, & je fis voir ce
mis, & ce que. c'étoit que quejavois du Sucre
ritablement
RC
royal. Il étoit d'une
cheur éclatante, dur, preffé & blancomme dut marbre, fi tranfparent pelant
diftinguoitles doigts au plus
des groffes
cpais bas
2t
les
formes, & qu'on
caraéteres ordinaires aul pouvoirlire travers
haut de la forme.
du
Secret
Je donnaid ce Sucre l'odeur de diffédonner pour rentes fleurs. En voici le fecret. On
au Sucre les fleurs fur le
met
l'odeur couvre le Sucre drap moiillé, dont on
des
> & On les renouvelle
fleurs, autant de fois gu'on change de
même deux fois par jour, L'eau drap, &
du
qui filtre
drap, > s'empreint des
font dans les fleurs, fur corpufcules qui
paffe, & les porte avec elle lelquelles dans les clle
res du Sucre, où ils reftent.
polieu de drap, on fe fert de
Quand au
les fleurs fur la
& terre, on met
velle autant de terre, fois
on les renoules font
qu'on voit
fanécs, & que la terre a gu'el- affez
d'bumidiré pour attirer l'odeur, & la --- Page 165 ---
Frangoifes de LAmérique. 147
précipiter avec elle dans les pores du 1696.
Sucre. Douze cens livres de Sucre rafiné ne
produifirent que cinq cens quarante- fix
livres de Sucre royal, que je fis mettre
en des formes de différens poids depuis
quinze jufqu'à
livres , outre les
deux ERLT je donnai à toutes ces formes différentes odeurs de
Aeurs, qui réufirent parfairement bien.
En comptant le
du Sucre rafné
employa à ates ce Sucre royal,
qu'on les ceufs &c Palun, il revenoit environ à
vingt-un fols la livre, fans compter le
travail. On peut juger par ce compte les
combien les Rafineurs d'Europe &
Marchands le devroient vendre, pour
y gagner quelque chofe.
DU SUCRE TAPPE,
C'eft une invention dont les Sucriers
font voifins des Ports, ou des lieux
qui oû les Vaiffeaux moitillent, 2 fe fervent
fe défaire de leurs Sucres ordinaipour
vendent fousle nom de Sucre
res, qu'ils Paffagers, Matelors, & autres
royalaux' qui repallent en France > &
gens
avec Cux de
alt
veulent emporter
quoi
des spréfensà leurs amis. Ondoane d'auGij
TAPPE,
C'eft une invention dont les Sucriers
font voifins des Ports, ou des lieux
qui oû les Vaiffeaux moitillent, 2 fe fervent
fe défaire de leurs Sucres ordinaipour
vendent fousle nom de Sucre
res, qu'ils Paffagers, Matelors, & autres
royalaux' qui repallent en France > &
gens
avec Cux de
alt
veulent emporter
quoi
des spréfensà leurs amis. Ondoane d'auGij --- Page 166 ---
148 Nowveaux
1696. tantp plus aifément Voyages anx Ie
que c'eft du Sucre danslerreur decroire
en petits pains
royal, qu'on le voit
depuis trois
livies, qu'il eft blanc, : uni, julqu'a fept
alfez luftré, enveloppé
pelant > &
du papier bleu, & déguife Proprement dans
à paffer pour Sucre royal, de maniere
la verité ce ne
du quoique dans
defaire Maniere La maniere foisque de le faire Sucre terré,
le Sucre plus fin qu'il eft poflible du eft de raper le .
Tappé, avant qu'il foit en état d'être Sucre terré
ve. On en remplic peu à
mis à l'étuqu'elle a été bien peu une forme,
ZT le tems de fe lavée, & fans lui
qu'on y met le Sucre, fécher. A mefure
pilon, & quand elle eft on le bat avec un
pilée, ou foulée, on la pleine & bien
planche > pour en faire renverfe fortir fur une
qu'on y a formé, On mouille le pain
a chaque fois qu'on la
la forme
la planche fur
remplit, & quand
laquelle on
pains en eft remplie, on la arrange ces
tuve pour les faire fécher. On
à l'éque ce Sucre
affez
fvans
uni, blanc & ne peur manquer d'être
fec & revêtu de pefant, &
guand il eft
roître
papicr Er ile doir
fait davantage. C'eft auffi ce
Mauvaivendre fur
qui
Fic
fe qualile pied de Sucre
té de Cc c'eft-d-dire, le double, ou le royal,
Sucre, fa valçur. Mais comme les
triple de
parties dc cc
à l'éque ce Sucre
affez
fvans
uni, blanc & ne peur manquer d'être
fec & revêtu de pefant, &
guand il eft
roître
papicr Er ile doir
fait davantage. C'eft auffi ce
Mauvaivendre fur
qui
Fic
fe qualile pied de Sucre
té de Cc c'eft-d-dire, le double, ou le royal,
Sucre, fa valçur. Mais comme les
triple de
parties dc cc --- Page 167 ---
Françoifes de LAmbrique: 149
Sucre n'ont entr'elles aucune liaifon na-, 1696.
turelle 1 , on les voit fc féparer & fe réduire en melaffe à la pteniere humidité
qu'elles fentent, & ceux qui l'avoient
acheté trouvent n'avoir
dela caffolieu
Sucre royal
blanche, 3 au
e
nade croyoient avoir. Le moyen de Moyens
qu'ils
eft de regar- d: noitre con- le
connoître cette tromperic,
Sucre
der f la tête de la forme eft percée : Tappé.
car fi elle ne l'eft pas, c'eft une marque
allurée
du Sucre tappé, On peut
encore EENt fervir del'odorat, il eft difficile
ce fens y foit trompé > comme
je iali fait voir ci-devant.
DU -SUCRE CANDT.
Ce Sucre fe fait plàrét avéc du Sucre
terré qu'avec du rafiné, parce quildoit Maniere
avoir plus de douceur. On fait diffoudre de faira
le Sucre qu'on) y veut employer dans de le Candix Sucre
l'eau de chaux foible, & après qu'on
l'a clarifié, écumé, & paffé au drap, &c
réduit en un firop épais, & d'une bonne
cuiffon, on le tire du feu. Mais auparavant on a foin de préparer les formes où
on le doit mettre. On prend pour cet
effec de mauvaifes formes. On les tra
verfe avec de petits bâtons, aufquels on
fait prendre telles figures que l'on veut >
Giij --- Page 168 ---
Igo Nonueaux)
8696. comme de
aux Mes
cours,
ronnes & autres.
, de cou-.
oge
dans l'étuve
On fufpend ces formes
vaifeaux deffous toute chaude , avec des
qui coule par l'ouverture pour recevoir le
être bouchée d'une
du bas act
trcr le
maniere à L2ELd fildonc au firop pcu à peu. Le Sucre étant
donner, degré de cuiffon qu'on lui
on le porte avec toute la dili- doit
gence; poflible dans l'écuve bien
alin que l'air ne le
couvert,
on le verfe dans les refroidife formes
&
préparées pour le
font
Tt
on continue à chauffer recevoir; après quoi
tuve. Le Sucre s'attache alors vivement l'émeaux aux petits bâtons dont la par
eltraverlée,c
ofme
petits éclats de criftal. s'y amoncelle comme de
a-fair fec, on caffe les Loriqu'il eft toutce qu'clles contiennent. formcs pour tirer
Nous ne faifons de ce Sucre
pour l'ufage des maifons aux Ifles
Rct despréfens.
> ou
ner la couleur Latpbntscuie
balline un peu de rouge, jus de on jette dans la
qucrtes, & fion veut lai donner pommes de raodeur, on lai répand en
quelque
tant le Sucre dans la forme. cffence, en metToutle Sucre qui n'eft pas en
pelle caffonadc. On appelle pains'apcallonade
faifons de ce Sucre
pour l'ufage des maifons aux Ifles
Rct despréfens.
> ou
ner la couleur Latpbntscuie
balline un peu de rouge, jus de on jette dans la
qucrtes, & fion veut lai donner pommes de raodeur, on lai répand en
quelque
tant le Sucre dans la forme. cffence, en metToutle Sucre qui n'eft pas en
pelle caffonadc. On appelle pains'apcallonade --- Page 169 ---
Frangoifes de PAmerigue. IST
le beau Sucre brut, bien fec & 1696.
ECE féché; & calfonade blanche le Suterré,
& mis en barriques. Le
cre
callonade pilé, vient du mot Efpanom de
veut dire caiffe, ou cofgnol calfa, qui
qu'on fit du Sucre
Tre, parce qu'avant celui
venoit en Franaux Ifles, tout
de qui la Nouvelle
ce du Brefil, ou caiffes, d'où le E(pa-teme. nom gie nom du de
gné, étoit dans des
lui eft Caflonade Sucre encaiffé ou de caflonade l'on de.
venu, qui eft demeuré au Sucre
ferve
ne
1ere
fabrique aux Iiles quoiqu'on
de caiffes, mais de barriques pour
pas le mettre & T'envoyer en Europe.
PRODUIT D'UNE SUCRERIE.
Pour ce qui eft delaq quantité de Sucre
faire par femaine dans une
qu'on
il faut avoir égard ila qualité
&
gtE
des Cannes,de la faifon,
du terrain, l'attirail de la Sucrerie où on le trade
Moulin à eau
vaille. Il eft certain qu'un
Moulin à
expédie beaucoup plos Sucrerie qu'un qui a cinq CitconChevaux, & qu'une fait bien plas de Su- quilfur ftances
ou fix chaudieres,
Il cft oblerver
cre qu'une.qui n'en, a que quatre.
pour
certain que le terrain qui a fervi, ger "
encore
balfes terres où il eft
& fur tout aux
poAe
toûijours plus fcc & plus ufé qu'aux ca- Sucrerie,
G'iv --- Page 170 ---
152 Nonvcanx
AHX
1696. befterres, produit Foyager des
Ies
crées, plus aifées à cuire, Cannes plus fudent bien
& qui ren-.
oi les Cannes, davantage gu'aux cabefterres,
généralement
font toûjours plus aqueufes, plus parlant 2
moins fucrées.
dures,
La faifon y contribue encore beaucoup. Plus elle eft féche, &
les
nes ont de fubftance
plus
canfe convertir
épurée, & prète à
en Sucre; & quand elles fe
trouvent en leur maturité, elles rendent
beaucoup plus que quand elles
font
pas encore arrivécs. Toutes ces n'y circonf
tances font des différences fi confidérables, que j'ai vû quelquefois tirer
formes d'une
cinq
batteric, & fix femaines
ilcft après, avoir peine à en tirer deux, tant
vrai que les circonftances ci-deffus
mentionnées apportent un grand changement dans la fabrique & dans la réiiffite des Sucres > & qu'on ne peut
juger par ce qu'on voit arriver unj pas
une femaine, & même un mois jour, >
une Sucrerie, de ce qui s'y doit faire dans
dans le cours d'une année.
On peut cependant, en faifant une
jufte compenfation des tems & des cannes, approcher d'une quantité de
fur laquelle on peut
Sucre,
que forte d'affurancc. compter avec
a
Ainfi dans CiRg
& dans la réiiffite des Sucres > & qu'on ne peut
juger par ce qu'on voit arriver unj pas
une femaine, & même un mois jour, >
une Sucrerie, de ce qui s'y doit faire dans
dans le cours d'une année.
On peut cependant, en faifant une
jufte compenfation des tems & des cannes, approcher d'une quantité de
fur laquelle on peut
Sucre,
que forte d'affurancc. compter avec
a
Ainfi dans CiRg --- Page 171 ---
Françoifes de PAmérique. 153 1696.
pofition queje ferai d'un Moulinàcau, fix chau-
& d'une Sucrerie montée de
dieres, Pun 8 l'autre fournis d'un nombre de Négres fuffifant
les c'cft-à- faire
travailler pendant huit Rts 5
dire,
le mois de Décembre jufqu'à la ra de Juiller; je dis qu'on peut fecompter far deux cens formes par
maine, lune portant l'autre, fans comles Sucres de firop & d'écumes
pter fait dansle même tems fans arrèqu'on
courant de la Sucrerie d >
ter le travail
deux chaudieres
lorfqu'on a une ou effet dans-la Sucremontées pour cet
Si atl lieu de
rie ou dans la Purgerie. travaille en Sucre brut, Suppolii
Sucre blanc, on
tion du
on en peutfaire vingt-trois à vingt-qua- éva- travail d'uneSatre barriques par femaine, quiétant
cretie,
luées à cinq cens cinquante livres pelant de
lune portant Pautre, fontla quantité
treize mille deux cens livres, fans compter le Sucre de firop.
femaines de
Or fi on fuppofe trente
femaine,
travail à deux cens formes par étant évace font fix mille formes, qui
l'une
luées à vinge-cinq livres pelant s
T'autre , qui eft le moins qu'elles
portant
cent cinpuiffent pefer > elleproduiront
étant
quante mille livres de Sucre , qui font
yendu à 22. * liv. 1O. fle-cent ;
Gv --- Page 172 ---
154 Nowveawx
1696, trente. - trois mille Fonager anx Ifes
francs. Il faut enfuite fept cens cinquante
de firop fin
compter le Sucre
mes, qui doit provenant être de de lix mille forà raifon de dix formes fix cens formes, s
comme ce Sucre eft
par cent 5 mais
ger que celui de Cannes, beatuicoup &, plus lénué davantage fous la terre qu'il dimiterai les formes qu'à raifon > jene de complivres pefant
dix-huit
huit mille chacune, qui font encore
qui étant vendu quarre cens livres de Sucre,
l2 fomme de dix-huit au même prix, feront
dix francs. A quoi G on cens quatre vinge
mes de
ajoûte mille form
mes de Sucre gros firop, & quatre cens forau moins trente-cinq d'écumes, > qui peleront
qu'elles auront été livres piéce après
près de cinquante mille pargées livres , on aura
de cette
de Sucre
avcc du elpéce, Sucre de 3 qu'on pourra repaffer
quatre femaines, & Cannes faire de en trois ou
plus de quatre-vingr mille cette façon
cre brut, qui à raifon de livres de Sufols lecent, font
fépt livres dix
Cette fomme
encore fix mille francs,
deffius, fait celle jointe de aux denx autres cifix cens quaranre francs, quarante-un mille
plus de trois mille francs fans compter
xer de la vente des
qu'on peut tieaux-devie, de forte
qu'on pourra repaffer
quatre femaines, & Cannes faire de en trois ou
plus de quatre-vingr mille cette façon
cre brut, qui à raifon de livres de Sufols lecent, font
fépt livres dix
Cette fomme
encore fix mille francs,
deffius, fait celle jointe de aux denx autres cifix cens quaranre francs, quarante-un mille
plus de trois mille francs fans compter
xer de la vente des
qu'on peut tieaux-devie, de forte --- Page 173 ---
Frangoifes de PAmérigne. livres 155 1696..
que voilà près de quarante-cing
tournois. n'aimis ici le prix de ces Sucres',
Je
en peut faire, que
& la quantité
, & comme
dans un état
EmsI
remarqué, Taugmentation da
jai déja du Sucre dans un tems de Paix, farprix
dans
palfe de beaucoup ce qu'on y. dansles perd anun tems de Guerre > pufque & 1702.le Sunées 1699. 1700. 1701.
trente-fix
cre blanc s'eft vendu et le cent 9
jufqu'à le Sucre
douze , & le Sucre pallé le
reRrEAE
dix-huit. D'ou il eft aifé d'inférer
Sucrerie
venu prodigieux tems-là. qu'une M. Houel A'ae
duifoit dans ce
Habitation de la
Varennes a tiré de fon
Guadeloupe > ou il n'y avoir qu'un
Moulin à eau, & fept chaudieres chacune montées,p plus de trente mille écus Cette Hade ces trois derniéres années. troiscens
bitation ne pouvoit valoir que mille francs.
cinquante à quatre cens
C'étoit donc près de vinge-cinq examine pour
Qu'on
cent qu'elle produifoit, font en Europe >
toutes les terres qui
en
voir fi on en trouvera qui
pour
heureux
latc
prochent. On fe trouve fix
cent;
qu'une terre rend cinq ou rendent pour
au
au lieu que celles des 1les
Gvj --- Page 174 ---
1696. moins 156 Nonveaux Yayager Aux ifes
ler à quinze pour cent, & peuvent al
deflus vinge.cinq, le fair voir. comine l'exemple cia
tité Hlefibonde de
fçavoir à préfent la
qu'on formes, ou de barriques de
peut tirer
Beate
d'une
cent pas en quarré, Plufieurs piéce deCannesde
quej'ai faites, & réitérées aux expétiences
res.dela Martinique & de la bafles terpc, m'ont alftiré
Guadeloufont prifes dans la que belle quand les Cannes
font dans route leur
faifon, qu'elles
d'uuc Produitles ont été bien
maturité, & qu'elpiéce de en quarré
entrerennés s cent pas
cannes de cent mes ou
rendent cent cinquante forpas en
fois
environ, c'elt-a-dire,
guarré.
plus, &
quelquela même quantité quelquefois de
moins, &c que
Sucre brut, rend
Cannes mifes en
feize
depuis douzé
barriques de Sucre brut. Mais jufqu'à
Cabefterres ce n'eft pas la
aux
ni dans les terres
même chofe,
quoique les Cannes rouges & graffes: car
des,
groffs, & y foient plas granelles Elar
mieux nourries,
toujours plus
crués, & moins fucrées: aqueufes, de
plus
faut uné moitié
forte qu'il
planté aux Cannes, davantage de rerrain
me quantité de Sucre. pour rendre la mê
J'ai remarqué
le
de la Martinigue Riue Et d'arpenrage
trois pieds &
ême chofe,
quoique les Cannes rouges & graffes: car
des,
groffs, & y foient plas granelles Elar
mieux nourries,
toujours plus
crués, & moins fucrées: aqueufes, de
plus
faut uné moitié
forte qu'il
planté aux Cannes, davantage de rerrain
me quantité de Sucre. pour rendre la mê
J'ai remarqué
le
de la Martinigue Riue Et d'arpenrage
trois pieds & --- Page 175 ---
Frangoifes de PAmérigut. 157
grand que 1696.
demi, & parconféqsenr n'eft que de
celui dela Guadeloupe
-
Cette augmentation ne doit
Irois pieds.
j'ai établi, s
rien changer au fiftème quej
eft
le terrain de la Martinique
communément parceque
parlant d'an plus grand
le Sucre que celui de la
rapport pour
Guadelolipe. encore demander s'il y a
On de pourroir profic à faire du Sucre blanc que
plus du Sucre brut. Dans la fuppélition
même Sucrerie fera alus
j'aif faite, formes quela de Sucre blanc , ou vingtcens
de Sucrebrur
femai-
-
quatre barriques
les deux cens par formes
ne, fi nous mettons
elles produià vinge-cinq livres piéce,
à
mille livres de Sucre > qui
ront raifon cinq de 22. livres IO. fols le cent font
francs: &l les
cent
vingrmille
vinge-cinq de Sucre brut à cinq
quatre barriques livres piéce font treize
cens cinquante livres de Sucre - > qui
mille vendu fept cens à
IO. fols le cent 2
étant
7.liv. livres dix fols. Il
font mille vingr-fept
de
à
de fçavoir sily a plus
profit
iata du Sucre blanc que du brut. J'ad'abord plus de facivoiie qu'il du paroît Sucre brut. On eft exempt
lité à faire
nécellaires
de faire les dépenfes
pour
les formes, les étuves, 2 les purgeties, ?. --- Page 176 ---
158 Nowveaux
1696. & tout ce qui en Toyager dépend Aux TAes
dérable, Onn'eft
qui eft confide gros gages à des point obligé de payer
frir leurs
Rafineurs, de fouf
que leur impertinences s & les pertes
caufent fouvent, négligence, ou leur ignorance
ble, & cependant tout cela eft appréciaplus
je foûtiens qu'il eft
que de avantageux le laiffer de blanchir fon Sucre,
blanchir à
alfirémens ne le blanchiroient d'autres, qui
n'y trouvoient un gros profit. pas, Pour s'ils
qui regarde les pertes que
ce
ou la parefle des Rafincurs l'ignorance
fer, iln'y a qu'a fe
peuvent cauen pratique l'avis fouvenir, & mettre
vant. Les dépenfes que j'ai donné ci-deétat de blanchir ne fc pour font fe mettre en
elles darene
qu'une fois,
continuer
toûjours, ou on en peut
le profit qu'elles l'entretien à peu de frais, > &
nucl, & augmente produifent eft contileurs O1 fe défait tous les jours. D'ailere blanc que du plus facilement du Sutems de Guerre ou brut, il fur tout dans un
feaux. On ne confomme vient peu de Vaif.
bois pour faire l'un
l'autre. pas plus de
tranfporte plus
que
On le
en moindre facilement, puifqu'il left
par le compre quantité. Et enfin on voit
y a cent francs c je viens de faire gu'il
profit par femaine,
mente produifent eft contileurs O1 fe défait tous les jours. D'ailere blanc que du plus facilement du Sutems de Guerre ou brut, il fur tout dans un
feaux. On ne confomme vient peu de Vaif.
bois pour faire l'un
l'autre. pas plus de
tranfporte plus
que
On le
en moindre facilement, puifqu'il left
par le compre quantité. Et enfin on voit
y a cent francs c je viens de faire gu'il
profit par femaine, --- Page 177 ---
S Frangoifes de PAmerique. 159 1696.
qui eft un pur avantage : car je fin prétends
que les vingt formes de frop
qu'on
fait toutes les femaines fuffifent obli- pour
payer toutes les dépenfes qu'on eft
ge de faire pour blanchir : fans compter filon a encore les Sucres de gtos
que & d'écumes : qui vont à plus de
cinquante rop
francs, ce qui eft un profit
de plus-de cinq mille francs par an. Je le
laifie à préfent au jugement de tout
monde, fije n'ai pas eur raifon de dire,
quileit plus avantageux de faire du SuCTC blanc que du brut : à quoi je dois
ajoûter que quand l'occafion fe préfente
de faire avec avantage une grolie partic
de Sucre brut, on la
faite, > aul blanc lieu
qu'on ne
pas ient du Sucre nécellorfqu'on RE pas l'érabliffement le
du
faire pour cela. D'ailleurs
prix haut
Sucre blanc eft fouvent bien plus
celui du Sucre brut, toute proporque tion gardée, ce qui fait une différence
confidérable, dont le profit n'eft point
du tout à négliger.
de Sucre avec la Maniere
Ont pefe les barriques des balances ordinai- de le Sucres pefec
Romaine, ou avec
res. La Romaine eft plus expéditive >
mais elle eft fiujette à ides grandes erreurs fi elle 5
il faut être habile pour connoitre
eltbonne, pour n'être pas furpris par --- Page 178 ---
160 Nowveaux
1696. ceux qui la conduifent Vojages G Anx Hles
eft certain'
en pefant : car il
du bour versle que fion fait courir le poids
centre, le poids emporte
davantage,
fi on le fait avancer du
centre vers REE bour.
Les ba- : Le plus fir eft de fe fervir
lanccs ces
des balanfont plus bien ordinaires, & de poids de
fires
étalonnez. Les
de plomb
la, TAdte fujets à s'altérer
poids
fer font.
maine, venir
par la rolille, à detrop légers, & fouvent on ne
penfe pas à les faire étalonner , ou on
n'en a pasla commodité. Les baflinsdes
balances doivent être des Madriers de
bon bois, garnis de bandes de fer,
des
avec
des crocheis, pour attacher les boucles.
chaînes 2 ou des cordes qui les
gnent aux extrémitez du fleau,
joiLor/qu'on livre une partie de Sucre, le
Marchand livre
qui la reçoit, & celui qui la
doivent écrire chacun en
lier le numero & le. poids de particubarrique, à mefure qu'elle fort da chaque baf
fin de la balance ; & G c'eft du Sucre
le blanc, 2 il faut encore écrire la tare ou
poids de la barrique qui doit y être
marqué deffis. Loriqu'on a achevé de
peler toutes les barriques, ils confrontent leurs poids
voir s'ils s'accordent, & puis ils Eonti l'addition de
tes les tares & de tous les
toupoids, On
en
lier le numero & le. poids de particubarrique, à mefure qu'elle fort da chaque baf
fin de la balance ; & G c'eft du Sucre
le blanc, 2 il faut encore écrire la tare ou
poids de la barrique qui doit y être
marqué deffis. Loriqu'on a achevé de
peler toutes les barriques, ils confrontent leurs poids
voir s'ils s'accordent, & puis ils Eonti l'addition de
tes les tares & de tous les
toupoids, On --- Page 179 ---
Françoifes de PAmtrigue. 161
fouftrait le total des tares du total des1696.
poids, & on a le poids net du Sucre , Maniere
étant multiplié
le
dont on de caleuqui
par prix livres de ler le .
eft convenu pour le cent de
ic poids prix &
Sucre 2 donne la valeur totale de la du Sucre,
marchandife. Un exemple fuffira
éclaircir ce que je viens de dire;
lomt
polé donc qu'on ait livré fix barriques
de Sucre bianc à raifon de 22 livres
IO fols le cent 2 on les écrit en cette
maniere. --- Page 180 ---
16z Nowveans
1696.
Yoyages aux Ies
Numero des Barriques. Tares. Poids, 698.
6 5
SI
712. 685. 704.
717.
693.
Poids du Sucre net.
312.
4209.
R12:
3897.
Prix,
3897.
21-Lro.fles,
7794.
82.1.10.fols,
7794.
20,
1948. :
fols 16150.
876.1 82.
Iz.
Somme totale du denicrs 6 I 00.
prix du Sucre.
876. 1. 16. f 6. deniers.
Les barriques où l'on
ne fonr point tarées. On metleSucrel brut
ter dix pour cent du poids fecontente entier d'ocre enfuraillé, pour le poids dela du Suque. Ainfi fi ion
barririques dont le fuppofe que les fix barpoids eft ci-dellus, foient --- Page 181 ---
Frangoifas de LAmérique. 163
de Sucre brut 2 , & qu'elles ayent pelé.1696.
liv. pour en avoir ia rare, on écrit
4109. mème nombre en l'avanganrdune fle en cette maniere.
gure
4209. liv.
420.
3789.
& la fouftracion étant faite, on trouve l'on
livres de Sucre net > que
3789:
le prix du Sucre > comme
multiplie par
le prix du Sucre
on a và ci-devant pour
blanc.
rendent ordinaireLes Marchands
leur livre 2 a
ment les fatailles qu'on
autrement.
moins qu'on ne convienne
Le Sucre blane, & même le Sucre des palfé fufe doivent totijours mettre dans dans des
tailles neuves s ou du moins le Sucrier
futailles reblanchies. Lorfque
les fournit > il les paffe atl Marchand
de
livres dix fols, ou
fur le
quatre Le bois dont on les Sucrier
cent Be piéce.
eft un bois lé- tagne,ar. de monfait plus communément fe fend mieux, bre dont
ger.un. peu rongeâtre qui
lcs on bat- fait
quil ne fe fcie. Les Négres lappellent l'em- riques,
bois à barriques, parce qu'on ne
qu'à cet ufage. Son véritable nom eft
ploye eft Sucrier de montagnc. Son écorce
ix fols, ou
fur le
quatre Le bois dont on les Sucrier
cent Be piéce.
eft un bois lé- tagne,ar. de monfait plus communément fe fend mieux, bre dont
ger.un. peu rongeâtre qui
lcs on bat- fait
quil ne fe fcie. Les Négres lappellent l'em- riques,
bois à barriques, parce qu'on ne
qu'à cet ufage. Son véritable nom eft
ploye eft Sucrier de montagnc. Son écorce --- Page 182 ---
A
164 Nowveane
1696. brune &c aflerépaille, Yoyages Aux Mes
tamée, elle diftille lorqu'elle eft enpelle Baulme à
une huile qu'on
rai dans la fitite. Cochon, dont je parle- apne fe diftingue
L'aubier de cet arbre
eft tendre,
point du coeur. Sa felille
déliée. Ce bois longuetre, eft
douce, & allez
de bois
fujet aux vers &
bor doux & > comme tous ceux aux qui
il
tendres, c'eft Pourquoi
cours > mais encore
en dé.
RERaSEELtE
ne font
dans le tems
point en féve.
qu'ils
terre > on les tronce Loriquils font à
Précau- la
avec le harpon de
confer.
seples longueurdpenp prèsque
ver cc
> on
barriques
les fend doiventavoir
bois, coins, &c on les dole à
avec des
on a foin de les
Fordinaire, &
le plurôr que l'on cmporter hors du bois
tre a couvert,
peut, & de les metmidiré y feroit parce naitre qu'autremenr Thupoux de bois lès
des vers, & les
Les Sucreries attaqueroient. où l'on
cre blanc, doivent
travaille en Sudeux Tonneliers. C'eft toûjours avoir un ou
on ne peut fe paffer. un meuble dont
aux futailles des
Car de s'attendre
liers Tonte né. des Tonneliers Marchands, ou de loiier
cellaires dans conomie &
s c'eft un
une
de prudence mangue d'éHabita- cher, 3 il vaut bien
qui coite bien
sion, foi & à foi,
mieux en avoir chez
cofb-i-dire,quil faut faire --- Page 183 ---
Frangoifes de PAmerique. 165
le métier à quelque jeune 1696.
apprendre Negre dans lequel on ait remarqué de
l'inclination pour le métier, après quoi
n'en
parce qu'on lui
on
manque plus,
Comme
en donne d'autres à intiruire.
ils font tous fort glorieux & fuperbes, de
ils fc piquent de n'ètre
au rang d'atravaillent à E terre,&
ceux
fous eux. Cela les
voir Aentts Négres
& à le
oblige à apprendre le métier,
bien exercer; outre les profits
barils ont
des
ou bailles,
E
à faire
cuvettes
font à
à cau & autres ouvrages qu'ils les Marleurs heures de loifir, & ce quel
chands leur donnent en recevant une les
partic dy Sucre quand ils trouvent
futailles bien foncées, & en bon.état.
Les fonds des barriques fe font d'un
bois
fort queles douves. Toute forte
de tdert y eft bon. J'ai trouvéqu'il valoit
mieux les faire fcier que de les fendre,
& qu'on avance bien davantage, parce
quand on les fend, il faut encore'
ferd doler, , ce qui ne peut pas fe faire
fans confommer du rems', qui eft comme l'on fçait la chofe la plus chere bon- qu'il
ait,. & iur tout aux Ifles, où une
y
de
d'un Habitant
ne partie l'application à
tous les
doit êtte , de mettre profit d'anticimomens ? & de prévoir, &
les faire fcier que de les fendre,
& qu'on avance bien davantage, parce
quand on les fend, il faut encore'
ferd doler, , ce qui ne peut pas fe faire
fans confommer du rems', qui eft comme l'on fçait la chofe la plus chere bon- qu'il
ait,. & iur tout aux Ifles, où une
y
de
d'un Habitant
ne partie l'application à
tous les
doit êtte , de mettre profit d'anticimomens ? & de prévoir, & --- Page 184 ---
166 Norveanx
1696. per, s'il
Vayagei anx Ifles
Les cercles peut, s tout cc gu'il doit faire.
liannes
dont on fe fert font des
appellées crog de chien. Elles
onrpourlordinsirer métre, L'écorce
un bon poucede diaLiannes rente & unic. eft brune, mince, adhédonr OII
La feiille eft une
faic-les cocur s elle eft roide
elpéce de
cercles. plante jette
& épaiffe, Cette
"Crocs branches d'efpace en elpace de
de chien
de fix à fept
de petires
gueur, de la groffeur pouces
lonme à écrire, toutes d'un tuyau de plachuès, aflez longues, armées d'épines croaiguès, & comme
roides, fortes &
de tous les côtez, ces branches fortent
eft fort
&
la plante même
longue, & R0e
toutes les peines du monde fexible, on a
rafler > quand on eft
à s'en débaces épines. On
une fois pris dans
longuenr néceffaire coupe ces liannes de la
cles, on les fend pour le faire les cerles palfe fous le Par milieu, & on
prendre la courbure pied , pour leur faire
fait des paquets. Le du cercle, & on en
eft de l'employer meilleur cependant
les cercies, plutôr verte, & d'acrocher
la ficelle, ou des que de les lier avec de
le
saiguillerres de mahot,
Emegen beaucoup crocq tient davantage , &
mieux.
fc fert Ilya encore une. autre lianne dont on
pour faire des cercles,
elleeftplus --- Page 185 ---
Françoifes de LAmerique. 167
fpongieufe quele crocq de chien. Le de-1696.
dans eft rougeitre, & fécorce noire, &
affez épailfe. Elle eft plus Aexibie,& plus lianne Autre $
aifée à travailler que l'autre; c'eft pour- barriquoi les Ouvriers Temployent plus elle vO-ques. eft
lontiers, mais elle dure moins;
fujette à fe vermouler, & quand elle
vient à fécher 2 elle cafle très - ailément.
à faire fur les fuIly a une remarque
duSutailles, qui eft de ne mettre jamais du vin
cre blanc dans celles où ily a eu
foin qu'on
rouge 5 parceque quelque les avoir rlaifprenne de leslaver, après
rafé tremper > de les démonter pour
cler toutes les douves, & leurs joints, , tionqu'il Précait:
& tous les endroits où il pourroit y faut
avoir encore quelque refte de teintureprendre les -
du vin,cela ne fuffit jamais. La moin-fa
dre humidité fait fuenter le bois qui adu Sucre
été imbibé du vin qu'il a renfermé, quilut
de teindre de la méne manque jamais
renferme,
me conleur le Sucre qu'on
rien
d'autant plus aifément,
n'y a
douves, & leurs joints, , tionqu'il Précait:
& tous les endroits où il pourroit y faut
avoir encore quelque refte de teintureprendre les -
du vin,cela ne fuffit jamais. La moin-fa
dre humidité fait fuenter le bois qui adu Sucre
été imbibé du vin qu'il a renfermé, quilut
de teindre de la méne manque jamais
renferme,
me conleur le Sucre qu'on
rien
d'autant plus aifément,
n'y a fufceptible de Thumidité
au monde plus La railon eft fi naturelle,
que le Sucre.
qu'elle faute aux yeux. --- Page 186 ---
168 Noirveans
1696.
Yroyages aux IRes
DE PEAU-DE-FIE
de Cannes,
L'Eau-de-vie qu'on tire des Cannes eft
Négres appellée Guildive. Les Sauvages & les
forte, & l'appellent a
Tafia, elle eft trèsde lacreré4 une odeur défagréable, 2 &
vie de
peu près comme l'eau de
ôter, Lc grain, lienou , qu'on a de la peine à lui
on la fait fe nomme la
Vinaigreriex fon on lui a donné je ne fçai par quelle raiconvient en
ce nom qui ne lai
aucune maniere. J'ai
remarqué qu'il
déja
I Diftilla- le nommer
feroit plus a
de
toure ou
aifé
un Diftilaroire; mais n'eft
Vinai- pas
de
LEICTR
grerie. quand ils changer font
ces fortcs de noms s
Licu oû licu
une fois cn
f'on fait
doit être joint, ou du ufage. Ce
i'eau-de- proche de la
moins trèsvie de
Sucrerie, afin
Cannes, mes & les gros firops
queles écuportez commodément y Puiffent être
bailles 1 & baguets
, ou avec des
d'une goutiere. Dans , ou Par le - moyen
les
ily a un Moulin à eau, Habirarions il faut
oi
Vinaigrerie de maniere
placer la
conduire avec des
qu'on y puiffe
échappe de la roic, goutieres tant - a
l'eau
les canots, 5
pour
pour
E
pucllement Re
rafraichir conticouleures.
Les
A
commodément y Puiffent être
bailles 1 & baguets
, ou avec des
d'une goutiere. Dans , ou Par le - moyen
les
ily a un Moulin à eau, Habirarions il faut
oi
Vinaigrerie de maniere
placer la
conduire avec des
qu'on y puiffe
échappe de la roic, goutieres tant - a
l'eau
les canots, 5
pour
pour
E
pucllement Re
rafraichir conticouleures.
Les
A --- Page 187 ---
Françoifes de PAmtrigue. 169
Lesuftencilles d'une Vinaigreric con- 1606.
fiftent en quelques canots debois, une les Ufte: d'uue cilou deux chaudieres avec leurs chapi- Vinaiteaux & leurs couletivres, une écumoi- greric,
re, quelques jarres > des pots & des
bailles ou cuvettes.
Les canots font de différentes grandeurs, felon la capacité du bâtiment &c
faire. On fe fert Mariere
du travail qu'on peut
des caplutôr de canots 3 bois tout d'une pic- nots.
ce, qne de bacs de maçonnerie, dus parce- Suc
que les canots de bois s'imbibent
qui s'eft aigti dedans, cC qui aide confidérablement à faire aigrir & fermenter celui quel'on y met.
Matiere
On emplit les canots d'eau jufqu'aux de l'eaudeux tiers, & quclquefoisjuiquause trois de-vie.
quarts, & on acheve.de les remplir avec
de gros firop & des écumes. Onles couvre avec des feiiilles de balifier, & des
planches par-deffus, & au bout de dcux
ou trois jours, 2 fuivant la bonté des écumes ou du firop > cette liqueur fc fermente, bout, & jette au-deffas une écume allez épaiffe 2 à laquelle s'attachent
toutes les immondices qui étoient dans
le firop, ou dans les écumes. Lorfqu'elle
a acquis le degré de force & d'aigreur
qui lui eft néceffaire, cC qu'on connoit
a fa couleur qui devient jaune' s à fon
Tome IV.
H --- Page 188 ---
170 Nowmeanx
1696-goût qui eft
Voyages Anx HRes
qui eft forte très-aigre, &
& à fon odeu
dans les chaudieres, peénétrante, on la met
avec une écumoire après avoir enlevé
tes les ordures qui éroient toutelécume & touresicau- Chaudie. Les chaudieres font de deffis. cuivre
de-vie. d'environ deux pieds & demi de
tre , far
ECUE
fond eft quarre plat, il pieds eft de hauteur. Leur
ouverture dans
percé à côté d'une
tuyau avec un robinet laquelle on foude un
qui fert à vuider la
ou champlure
après que les
liqueur qui refte
Le haut de la efprits cn ont été extraits.
avec une
chaudiere eft cn dôme
ouverture ronde d'un pied de
diamétre, & un rebordd'environ
pouces de hauteur. C'eft
deux
verture qu'oa charge la par cette ouc'eft-d-dire, qu'on la
chaudicre s
queur qui a fermenté remplit dans de la liÉllc eft montée fur'un
les canots.
çonnerie, dont la bouche fournean de madul biciment, & l'évent eft en dedans
ge à la fumée eft en dehors; qui donne paffanerie enferme la chaudiere la maçondeux tiers de fa hauteur.
jufquaux
de Manicre faire ferme Lorfque la chaudiere eft
l'eau-defon ouverture avec un pleine, 2 on.
vie,
de cuivre
chapiteau
bien jufte dans rouge le s qui doit s'emboiter
rebord du haut de la
dont la bouche fournean de madul biciment, & l'évent eft en dedans
ge à la fumée eft en dehors; qui donne paffanerie enferme la chaudiere la maçondeux tiers de fa hauteur.
jufquaux
de Manicre faire ferme Lorfque la chaudiere eft
l'eau-defon ouverture avec un pleine, 2 on.
vie,
de cuivre
chapiteau
bien jufte dans rouge le s qui doit s'emboiter
rebord du haut de la --- Page 189 ---
Françoifes de PAmerigue. 171
chaudiere, & on le lutte encore avec 1696.
de la terre graffe : il eft bon qu'il foit
étamé, afin de n'être pas fujer au verd
de gris. Ila un bec de dix-huit à vingt
pouces de long qu'on fait entrer dans
Textrémité d'une couleuvre de cuivre
oul d'érain, qui eft pofée dans un tonneau fait exprès 9 bien cerclé de fer s
placé proché de la chaudiere. Plus la
couleuvre a de circonvolutions, & plus -
l'eau-de-vie eft bonne. Le tonneau oi
eft la couleuvre doit totjours être rempli d'eau pour. la rafraichir 2 parceque
les elprits
la chaleur a fait élever
de la Enimatee dans le chapiteau, > circulant dans la couleuvre où ils ont été
conduits
le bcc du chapiteau quiy
eft joint &t bien lutté, l'échauffent extaordinairement, & fc difiperoient à
travers les porcs du métal, s'ils n'étoient
referrez par la froideur de l'eau: C'eftpourquoi il eft bon qu'il en tombe toûjours. de nouvelle dans le tonneatt 2
doits'écouler
un trou, qu'on y teliement par
à la
au fond,
proportionné
quantité
y tombe, qu'il demeure,
tolijours On met un
de rafiou une
cruche l'extrémité
TF
nerie,
groffe
de la coulcuvre s pour recevoir la liqueur qui en fort, Lorfqu'on s'appcre
Hij --- Page 190 ---
172 Noirveanx
1696.coit que le feu ne Foyages fait plus Aux Hes
prits, & qu'il ne coule plus élevér rien d'ef
cruche > on vuide la
dansla
€
robiner qui eft au fond, chaudiere &
par le
plit de nouyelle liqueur.
on la remLa premiere liqueur qui vient d'une
chaudiere, s'appelle la petite
efiet, elle n'a pas
de cau, en
On conferve tout beaucoup
force.
tite eau pendant les CC qu'on tirc de pe-
"de la femaine,
cinq prèmiers jours
deux chaudieres > & on en Templic une ou
medi.
pour la repaffer le Satablement L'efprit qui en fort alors eft véridive qui eft PEau-de-vie, très-forte Taffia ou Guild'Eau. Quartité Dans les Sucreries où & très-violente.
de vie dieresà
ily a deux chauqu'on femaine cau-de-vie, on en doit faire
Peur faicent foixante
out
par
ie,&cfonmefure de Paris.
environ, >
prix. ment
Onla
Rcea
dix fols le por, &
ordinaire-.
yantage > fur tout dans lcs quelquefois dane fait pas de Sucre; &
temsot l'on
vie de France &c les Vins quand font l'Eau-de.
chers.. Cettc Manufacture
rares &
rend un proon
car
EICMARACIONCEETE
n'y travailleroit
quand
femaines
que quarante - cinq
par an, ce feroit
xante barriques d'Eau-de-vie toûjours foiroit > dont on en pourroit vendre qu'on femoins
au
cinquante-quatre, le refte fe con-
quelquefois dane fait pas de Sucre; &
temsot l'on
vie de France &c les Vins quand font l'Eau-de.
chers.. Cettc Manufacture
rares &
rend un proon
car
EICMARACIONCEETE
n'y travailleroit
quand
femaines
que quarante - cinq
par an, ce feroit
xante barriques d'Eau-de-vie toûjours foiroit > dont on en pourroit vendre qu'on femoins
au
cinquante-quatre, le refte fe con- --- Page 191 ---
Frangoifes de PAmérigue. 175
fommant dans la maifon : or cinquante- 1696.
barriques à cent vingt
chaquatre
Aaue écus
cune doivent produire plasde: d'habits,
fuffifent pour entietenir néceffitez,
T' viande, d'outils & autres
unc troupe de cent vingt Négres, comme je le ferai voir ci-après. Quand meilleure, on
veut rendre cette Eau-de vie
forre, & l'acreré
& lui oterfodeur avoir trop foin de bien laqu'elle a, il faut
&
&c les couleuvres,
ver les chaudieres dans le chapiteau un boude fufpendre de fenotitl, & le renouquet d'anis ou
fois
charge la
veller à chaque
qu'on
chaudiere.
ETAT DES N EGRES
quifous néce/aires dans nne
Habitation.
Il eft bon d'être éclairci de la quantité d'Efclaves qui font nécellaires Habi- pour
faire rouler, comme il faut,ane
tation capable de produire la quantité
ci-devant: Ainfi
de Suère dontjai parlé d'une Sucreric mondans la fuppoltion
avec deux chautée de fix chaudicres,
les
dieres à rafiner ou à cuire
firops,
il faut :
A la Sucrerie,
Hiij --- Page 192 ---
174 Nowveanx
Aux
1696. Aux fourneanx, Troyages
Ies
Négres Au moulin,
res néceflai- àune Pour laver les
Habita- A la
blanchets,
I
kion. Pour Vinaigrerié, conduire
I
Tonneliers
quatre cabroiiets,
A la forge, >
A la Purgerie,
2.
Scieus de long,
Maçons,
Charpentiers,
Menuifier,
I
Charron, -
Pour garder les
Pour avoir foin beftiaux, dcs
I
Pour couper les Cannes malades,
I
Pour couper du bois à brîler, ;
Pour faire la farine,
Commandeur,
I
Domeftiques Malades
pour la maifon, >
Enfans, qu'on peut avoir,
>
Invalides ou fur-igez,
IO
TOTAL
EMPLOT DES NEGRES
e Negrefis ci-defits.
J'ai dit qu'on devoit mettre à une Sucrerie autant de Négres qu'ily a de chau-
-
Pour garder les
Pour avoir foin beftiaux, dcs
I
Pour couper les Cannes malades,
I
Pour couper du bois à brîler, ;
Pour faire la farine,
Commandeur,
I
Domeftiques Malades
pour la maifon, >
Enfans, qu'on peut avoir,
>
Invalides ou fur-igez,
IO
TOTAL
EMPLOT DES NEGRES
e Negrefis ci-defits.
J'ai dit qu'on devoit mettre à une Sucrerie autant de Négres qu'ily a de chau- --- Page 193 ---
Françoifes de PAmerigue. 175
dicres montées : cela fc doit entendre 1696.
des Sucreries où l'on travaille en Sucre
blanc. Celles où l'on ne fair que du Sun'ont
bcfoin d'un fi grand
cre brut,
pas
homme fuffit
nombre. de Négres 5 un
deux chandieres. Mais les premicpour
être bien fervies doivent en
res avoir pour autant qu'il y a de chaudieres, 2
fans compter lel Rafineur, & ce nombre e
à caufe quil faut
n'eft pas trop grand
être occupé fans ceffe à écumer, palfer
dans le drap, à laver & à porter les forles
2 à les remplir > à Six Némes 9 à
planter chaudiere à lau- gres Sucreric. àla
paffer le vezou d'une
échauffé
tre, & dès que le vezou eft
>
&c.qu'il commence à jetter fon écume >
il.ne faut pas fonger à le laiffer un moment fans écumer. J'ai vû très-fouvent
les fix Négres & le Rafineur n'aque
libre
manvoient pas un moment
pour
ger. On met trois Négres aux fourneaux h ommes Trois
quandilya a fix chaudieres. Ce travail eft aux fourl'on neaux.
nde, fur tout aux chaudieres que
chauffe avec des pailles, des bagaces &
du menu bois. Lorlqu'on ne fait travailler que cinq chaudieres, on fe contente
de mettre deux Négres aux fourneaux.
C'eft trop peu, & j'ai totijours remarqué deux
que let travailétoit trop grand pour
Hiv --- Page 194 ---
176 Noaveanx
AMX
1696, hommes. Car enfin Trayages
Ifles
qu'air un
> quelque force
homme, le travail à le furmonte
bien-tôr, quand il eft rude &
&
les forces ne font continucl,
de7 fommeil & les alimens, pas réparées
f
3 & c'eftdont juftement ce quife trouve dans le fait
je parle.
la Trois Pur- à La Pargerie a beloin de trois
geric. mes. Il eft vrai qu'ils y font inutiles homdans de certains tems ; mais dès
a travaillé trois femaincs à la Sucrerie qu'on
ils ont del l'ouvrage de refte; foità faire s
les fonds, accommoder la'terre,
ter fur les formes, l'en
> la portoyer, la faire fécher, retirer, > la netl'étuve,
mettre le Sucre 4
y entretenir le feu, cuire les firops, accommoder les formes & autres
chofes : qui dépendent de la Purgerie.
Lorfqu'il dans
n'y a point de travail pour eux
tout ce que je viens de dire on
peut les employer à couper du bois '. à
bruler avec ceux qui font deftinez
cela,
viennent les aider à leur pour
# faut piler le. Sucre
tour,
s avec les
qui
Smtn
fans que lc travail peuvent de la quitter le travail,
Sucrerie fouffre
aucune bien interruption, c'eft à quoi iil faut
CinqNé- Ilf faut prendré garde.
Moulin, greffssau vrai
cingNegreffesau dans
Moulin. Ileft
que
beaucoup de Sucreries OR
à couper du bois '. à
bruler avec ceux qui font deftinez
cela,
viennent les aider à leur pour
# faut piler le. Sucre
tour,
s avec les
qui
Smtn
fans que lc travail peuvent de la quitter le travail,
Sucrerie fouffre
aucune bien interruption, c'eft à quoi iil faut
CinqNé- Ilf faut prendré garde.
Moulin, greffssau vrai
cingNegreffesau dans
Moulin. Ileft
que
beaucoup de Sucreries OR --- Page 195 ---
Frangoifes de LAmbrigue. 177 1696.
n'en'met qué quatre 2 mais il eft cèrtain:1
que le travail cit trop grand
Cannes quatre
tout
heurd
far
lorfque
perfonnes;
&. qu'on a
cuifent promptement, de laver le KRl
à trouver le moment les cales à bagaces
lin, ou bien lorfque Car il arrive que
font un peu éloignées. le tems de les tirer, 80
pour n'avoir pas
celles que l'on doit
de mettre en paquets être féchées & brûlées s
réferver pour tout aux beftiaux pele-mèelles le. D'oûi jettent il eft aifé de conclure que pour
fervir un Moulin à eau, d'une manicre
le travail foit bien fait, &c.qu'il ne
que
au-deffius des forces des. femfoit pas
il fauty en metmes qu'on y employe,
tre On,c cinq. employe une Négrefle pour laver veufe Unela- de
& au- blanles blanchets 2 balayerlisueretie. Le Rafineur chets.
tres femblables ouvrages. quelesblanchers
doit bien prendre garde échangez, féchez à
foient bien lavez,
dans
Tair, ou au Soleil, & jamais
lesap- le.feu
pentis des fourneaux,
que la corde
leur
&
que
Eq
mange
deviennent laine,
inutiles. On-ne
paroit, ils
quand ils
doit jamais les employer que
font fecs, autrement le vezou ne palle
Cette Négrelle aide encore à celle
pas.
Vinaigrerie, à porter les G4
quicitala
H V --- Page 196 ---
178 Nonveaux
1696. rops & les écumes,
Aux Ies
dieres, &
charger les
COTELO
à remplir les
chauUnefé. On.mety
canots.
faire me pour me à faire plutôr une femme qu'un homl'Eau-de.vie
PEau-de.f
,
Nie,
fmppofe qu'une femme
qu'or
boire
enicmmn
qu'un homme, Comme fujetted
n'eft pas infaillible
cette régle
choifir une des plus > c'eft ail Maitre à
avec foin far fa fidelité, fidelles, & à veiller
fe démente pas à force d'être afin qu'elle ne
preuve. Pour les
mife aléIe, & ne les encourager à bien faide voler,
pas expoler à la tentation
vie à celle 2 je donnois un pot d'Ean defoir
qui la faifoit, quand elle faiavoit apporter fait
au Magafin celle qu'elle
quantité pendant la femaine dans la
chofe , & la qualité reguife, Une
qu'il faut oblerver, eft
pas refufer aux Négres,
de n'en
befoin, & de ne
quand ils en ont
d'entrer dans la permettre à aucun d'eux
que prétexte
Vinaigreric fous.
Huit ca- Unc
que ce foit.
quelbrouer.
Sucreric , comme celle
tiers, parle. > ne peut fe paffer de
dont je
bronets, c'eft ainfi qu'on
quarre Carettes aux Ies, fi on veut appelleles chavail qui foit continuel, faire un tra-
&. fans ruiner les beltiaux fansêtre outré,
brouets-fufifent
: trois Calin à.cau. Le pour fournir un Mouquatriéme eft nécellaire
igreric fous.
Huit ca- Unc
que ce foit.
quelbrouer.
Sucreric , comme celle
tiers, parle. > ne peut fe paffer de
dont je
bronets, c'eft ainfi qu'on
quarre Carettes aux Ies, fi on veut appelleles chavail qui foit continuel, faire un tra-
&. fans ruiner les beltiaux fansêtre outré,
brouets-fufifent
: trois Calin à.cau. Le pour fournir un Mouquatriéme eft nécellaire --- Page 197 ---
Françoifes de rAmérique. 179 1696.
aider aux autres dans un befoin
prellant, pour
& ordinairement pour porter
du bois aux fourneaux, & tran(porter
les Sucres enfutaillez au Magalin, qui
du lieu de
doit être toujours proche
T'embarquement. Il faut huit perfonnes
pour conduire quatre cabrouets; énfans fçavoir, der douquatre hommes & quatre marcher devant les
ze à treize ans
boeufs
chaque
baufs. Il faut Rear
travailler
ne
Aseta
cabrouets., parce qu'on fois par jour.
chaque attelage qu'une beeufs outre lef-.
Ce font trente-deux avoir > encore fix
quels il eft bon d'en
tombent
autres pour remplacer ceux qui travail exmalades, ou pour quelque
traordinaire.
chofes à obfer- Devoirs
Ily a quatre ou cinq
La
des CAver tonchant les cabrouettiers. fe donnent pre--broust. tiers,
miere, d'empècher qu'ils ne
enfans
la liberté de mal traiter) les jeunes aider. La fequ'on leur donne pour foin les de panfer tous
-conde, qu'ils leurs ayent baeufs, leslaver àla mer s
lesjours leur ôter les tiques, & avertir le Maitre
il eft née
ou le Commandeur : quand
ceffaire de leur faire ôterl les barbes, ,qui
font certaines excrefcences de chair 2
leur viennent fous la langue, 2 qni
qui les.empèchent de paitre. Car les baufs
Hvj --- Page 198 ---
180 Nowveanx
aux
1696. ne
Foyages
Ifes
coupent pas Therbe avec les dents
comme les chevanx, 2 ils ne font
l'entortiller avec la langue & l'arrachers que
mais quand ils ont ces excrefeences,
leur caufent de la douleur, ils ne qui
vent appliquer leur
peul'herbe, K devicnnent langue autour de
force, On doit
maigres & fans
brouettiers
encore obliger les ca-.
d'apporter des têtes de
nes fir leurs cabroucts,
Canner à leurs baeufs
> pour les donlé, & d'en
après le
ont déteapporter
une
cdi
fiffifante
quantiré
enferme
tous les beftiaux qu'on :
Seaie le Parc. C'eft aufli à eux
d'aider le Gardien à entretenir les lizié.
res, & à nettoyer le Patc, rien n'étant
plus contraire aux beftiaux quel
&. rien ne contribué davantage l'ordure, à leur
fanté & à leur embonpoint que la
preté du lieu où on lcs refferre
prola nuit.
pendant
Tonne- Deux Iln'eft pas poflible de fe paffer de deux
liers, Tonneliers dans unc Habitation.
on ne fait pas de Sucre, &c que tous Quand les
Négres font occupez à couper du bois à
braler, ils doivent y être avec les autres
pour profiter des
abbar,
fct trouvent propres arbresqu'on à faire des douves. qui Il
faut qu'ils les fendent, & qu'ils lcs dolent far lc licu, & qu'ils les faflent
4p-
- Deux Iln'eft pas poflible de fe paffer de deux
liers, Tonneliers dans unc Habitation.
on ne fait pas de Sucre, &c que tous Quand les
Négres font occupez à couper du bois à
braler, ils doivent y être avec les autres
pour profiter des
abbar,
fct trouvent propres arbresqu'on à faire des douves. qui Il
faut qu'ils les fendent, & qu'ils lcs dolent far lc licu, & qu'ils les faflent
4p- --- Page 199 ---
de LAmirigue. 181
a
Frangoifes
font 1696.
porerilat maifon à mefure dans qu'elles le bois le
achevées, , fans les laiffer
les
moins quil eft poflible, parceque attachent aivers & les
dc bois sy C'eft-1 là le
fément & Sert pouriflent. de douves
tems pour faire provifion de l'annéc. On doit
pour tout le refte
les ranger les unes
les mettre à couvert, les croifant par leurs
fur les autres 2 en les charger de quelques
extrémitez, & dont la
les
s
pefanteur
grofles D
pierres
de crainte qu'eltienne en fujettion,
les ne fc cambrent, & ne fe, déjettent
en féchant. cercles,les' Tonneliers doiQuand aux
quand ils
vent avertir le Commandeur envoyc desNé
en ontbefoin, afin qu'il fans
foient
gres leur en couper travail: qu'ils
de
Teur
obligez quitter
ont leurs douves
Deux Tonneliersqui leurs fonds fciez, doivent
dolées, &
jour;ce quin'eit I
faire trois barriques par le Maitre, qui
pas un petit prolit
fur le pied de
vend chaque
Eafer
cent fols : or quand on compreroit le tiers pour de
le prix du bois & la façon
conftant
cette fomme > il eft totjours
cent
chaque Tonnelier apporteroir à Ion Maître, &
20e
jour de profit faite des jours de Fè:
St déduction --- Page 200 ---
182 Nonveaux
1696. tes qu'ils ne travaillent Poyager au Ifes
Profit qu'ils
à
pas, & du tems
les
employent préparer leurs
Rc, ves, ou à foncer les
douTonne- l'on pile le
barriques lorfque
liers foat
Sucre, chaque tonnelier
à leur dra deux cens
renMaître. font deux mille francs. barriques par an > qui
Voila un échantillon du profit
faire un Habitant quia des Ouvriers que peut à
foi. Pour lors il faur qu'il vende tout
Sucre enfutaillé; cela fait fouvent fon
aux Capitaines qui ont de la plaifir à
trouver des futailles blanches, & peine il fc
défait avantageufement des fiennes.Mais
pour cela, 3 il faut veiller fur leur conduire, & avoir roujours l'oeil fur ceux
Qui les commandent, fans fe fier
à eux que de bonne forte. Si un jamais
tant veut voir commodément le Habide fes affaires, il doit faire faire des train
fes comme de grands hangars à la cade la Sucrerie, &
vûe
vriers, afin
lui y loger tous fes Ouque
étant àla
ou le Rafineur
n'en
Sucrerie,
tir, il puiffe voir qui fans doit jamais "for- :
vriers travaillent.
peine fi fes OuForge- Deux
On ne fçauroit croire
*ons. &cla dépenfe qu'il faut l'incommodiré
qu'on n'a pas une
fupporter & deux lorf.
rons. Car il faut avoir forge
forgerecours tous les
jours au Forgeron que. l'on appelle Ma-
loger tous fes Ouque
étant àla
ou le Rafineur
n'en
Sucrerie,
tir, il puiffe voir qui fans doit jamais "for- :
vriers travaillent.
peine fi fes OuForge- Deux
On ne fçauroit croire
*ons. &cla dépenfe qu'il faut l'incommodiré
qu'on n'a pas une
fupporter & deux lorf.
rons. Car il faut avoir forge
forgerecours tous les
jours au Forgeron que. l'on appelle Ma- --- Page 201 ---
: Frangoifes de PAmbrique. 18;
choquet aux Ifles, foit pour les honès,1696.
ferrures des
les ferpes, les haches, > les
les
roucs de cabroucts, les geufs ;
platinéceffaires à un
nes , & autres Fiabitant ouvrages habile ne doit
Moulin. Un
forrien négliger
avoir un Négre
on
donne un jeune Négre
>
iEra
geron ètre fon apprentif, & pour les enpour
Tautre 2 on ieur laiffe le
courager Pun 8c
*
qu'ils
profit de quelques petits ouvrages
font pour le dchors. Le profit
peut.
va à
quatre
1EE
tirer d'une forge
plus a un bon
cens écus
an 2 lorfqu'on foin de le faire traouvrier, E qu'on a
les voivailler pour la maifon, & pour eft le meilfins. Le charbon de terre
far tout
leur ; mais il manque fouvent, faitavec
dans les tems de Guerre. On en
bois
du bois d'oranger, de paletuvier bois > durs.
rouge, chataignier, ou autres
mais il
On en ufe àla verité davantage, dele faire, &
ne coûte rien quela peine
celui
il chauffc preique aufli-bien que
de terre.
néceffaireàt Un Cha
Le Charon eft abfolument
ron,
caufe de la quantité de roiies que l'on
ufe far tout dansleslicux onleschemins
font pierreux & difficiles. Cet Ouvrier
doit faire fes provifions de rais de
on fnir le
jantes & de moyeux, 2 quand --- Page 202 ---
1696. 184 Nonveaux Yoyages aux
bois pour brûler
Mes
carcalles de bois > afin de profiter des
après les avoir
épineux & autres 3 &c
dégroflis, il doit les faire
porter à la maifon, & les méttre à
vert fous les appentis. Quand I'Habira- coution eft fournic, Onl le peut laiffer travailler pour les voifins à tant
ou par mois, & jamais à tant par jour *
de roiies ; parcequ'il
par paire
lieu d'ane epaire, il pougroit.artiver en feroit deux,
qu'il en
Rrn
à fon
revint pour cela davantage
écus de Maitre. En 1698. on payoit fix 2
fans
façon pour une paire de roiies,
compter le bois &c la nourriture de
T'ouvrier, &c quand on ne fourniffoit ni
bois, ni nourriture > on en payoir dix
écus, fans la ferrure, Lorfque les
tes, & les rais font
janvrier doit faireune paire dégroflis, de
un oumaine.
roiies par fcScieurs Al'égard des fcieurs de
de long
long, & d'un
& Char- Charpentier, fité.
on en voit allez la néccfpentiers,
Ona fans ceffe befoin de
de bois de cartelage, de dents planches, de Moulin,& autres femblables dont on doit
roûjours avoir une bonne
pour les befoins imprévûs. provifion Comme lc >
métier des premiers eft facile, ile eft bon
de le faire apprendre à tous les
qui en font capables'
Négres
> afin de
d
pouvoir
'un
& Char- Charpentier, fité.
on en voit allez la néccfpentiers,
Ona fans ceffe befoin de
de bois de cartelage, de dents planches, de Moulin,& autres femblables dont on doit
roûjours avoir une bonne
pour les befoins imprévûs. provifion Comme lc >
métier des premiers eft facile, ile eft bon
de le faire apprendre à tous les
qui en font capables'
Négres
> afin de
d
pouvoir --- Page 203 ---
Franpoifes de PAmeriqne.
18;
fcics tout à la 1696.
faire marcher plufieurs & avoir toûfois quand on eft preffé 2
jours de ces Ouvriers de rechange pour
les empêcher de devenir infolens,com- de le devenit
me ils né manquent guére néceffaires. J'avois
lorfqu'ils fc croyent
à
à fcier & à équarit pref
fait spprendre
dc nos Habitations
que tous les Négres & de la Guadeloupe,
de la Martinique commencement que je
& au lieu qu'au
n'en
fus chargé du foin de nos biens, je
trouvai que deux ou trois qui me fur te- la
noient pour ainfi dire le pied
à
me faifois enfuite prier
gorge , je
les mettre à la fcie.
mon tour
qui ont leur bois equarDeux
atond
ri, doivent rendre quarante planches de
huit pieds de long; far douze à quinze
femaine. Commc cet
poucesdelarge PIELE un prétexte pour: ne
équariflage
que je m
rendre la quantité deplanches
voisavoir, lorfque le Négre charpentier
étoit occupé à quelqu'autre ouvrage, je
à
qui me tira de cet
penfai unnioyen fut de faire mettrelespié- Inven- de
embarras 3 CC fur le hourt comme on- les tion P'Aureur
ces de bois
avoit trouvées fans lesé équarrir,8 pour Rer des
empècher que leur rondeur ne les RERC des (
j.
tourner 2 je fis creufer l'endroit On
quelies, où clles étoient appayées. --- Page 204 ---
186 Nowveaux
1ép6jenoit! la ligne des
aux Mfes
côtez, & on
Fre
levoit avec la fcic une dofle, ou
enon parle aux Ifes, une croûte de comme
côté, après quoi on les renverfoit chaque firr le
plat, on les alignoir
les mettoit en planches. alordinaite, & on
gu'on avoit plutôr levé les Je deux remarquai
avec la fcie, qu'on n'auroir
dolles
à la hache la moitié d'un S équarrir
gresavoient de la peine
NosNé faire
commencemenr, mais àsy
au
moment toutes leurs difficultez, j'aplanis dans un
abandonnant les quatre doffes en ils leur
voient fur chaque
Ce qu
leà quoi ils "font fort piéce. fenfibles, petit gain,
fuada que je ne leur faifois
leor
ancienne
changer lete
particulier, méthede que pour leurintérêt
tion. Il vendent & ils-m'en fort
eurent obligaj'eus la quantité de bien ces dofles;
voulois: savoir, & tourle planches monde que je
tenr.
futc conMoulins Comme il y a tolijours à faire aux
à eau, on ne
ner combien on sépargne fgaurojt de s'imagide dépenfe,
chagrin &
fçair affez l'art lorlqu'on de
a un Négré qui
remédier aux accidens charpenterie, ordinaires pour
arrivent aux dents, aux bras, & autres qui
parties d'un Moulin. "Car les ouvricrs
savoir, & tourle planches monde que je
tenr.
futc conMoulins Comme il y a tolijours à faire aux
à eau, on ne
ner combien on sépargne fgaurojt de s'imagide dépenfe,
chagrin &
fçair affez l'art lorlqu'on de
a un Négré qui
remédier aux accidens charpenterie, ordinaires pour
arrivent aux dents, aux bras, & autres qui
parties d'un Moulin. "Car les ouvricrs --- Page 205 ---
Frangoifes de PAmérique. 187
blancs de cette efpéce, font aflez rares, 1696.
& leur petit nombre > & la néceflité infoqu'on a d'eux, les rend chers &
dernier
de forte que ce
lens au
poinr, fatisfaction, ni une
n'eft pas une petite de pouvoir fe palfer de
petite épargne
telles gens. les Anglois eurent brûlé
Apres
de la Guadeloupe en 1703nos
Aee.der
je fis faire un Moulin tout entier, une
Sucrerie, une Purgerie, & une Etuve, né-
& autres Bâtimens qui nous étoient
ceffaires, fans y employer
trois ha- ou
dont 3
quatre de nos Négres,
plus faire
bile ne fçavoit tout au plus que fus
mortoife. Il eft vrai , que je
une obligé de tracer &c piquer.tout louvra-
& d'ètre fans celfé avec eux, mais
ge, enfinj'en vins à bout, & je furpris beaules ouvriers qui avoient accoûtucoup mé de travailler pour nous 2 quand ils
en'avois plus befoin de leurs
virent queje
fervices.
Mennifier ne foit
fi denxMe- Un ou
Quoiqu'un
laiffe
d'être TRtaC nuifiers,
nécellaire, il ne
pas il
tourgrande utilité > & quand fçait il rend
ner, & qu'il elt bon ouvrier, Lorfmille fervices dans une maifon.
qu'on n'a pas d'ouvrage à lui donner,
chez les autres
iir n'en manque jamais --- Page 206 ---
uca
188 Nowveans
1696.Habirans, dont la Yoyages Aux Ies
fe fervir d'un
plapartaiment mieux
quand ils font Négre que d'un blanc-, $
également
moins qu'un tel ouvrier habiles.. Le
eft un écu
puifle gagner
par jour > outre fa
re, & lorfqu'il a un
nourritupagnon avec lui, cela apprentif va
ou comcent fols.
fouvenrjulqu'a
Quandon: a une fois des ouvriers
une maifon, c'cft un tréfor
dans
fçauroit trop eftimer, &c
qu'on ne
fe perde pas, il faut avoir pour foin qu'il de lcur ne
donner des apptrentifs, & leur faire
tems en tems quelque
de
du travail qu'ils gratification à
font, ou de
qu'on
ESeSe
qu'ils inftruifenr. remarque dans ceux
Ilne faut pas un long
un
perfiader
difcours,
Deux foin de
gros Habitant, qu'il a Fgar
Magons, les
Maçons chez lui : il arrive tous
jours tant d'accidens aux
aux chaudieres, & à d'autres fourneaux, endroits
que l'on s'épargne de dépenfes confidérableslorlqu'on &
a des maçons chez foi,
quand on n'en a point à
on
trouve toujouts à les loiier. faire., Le moins
20E puillent gagner, c'eft cinquante
par jour chacun avec leur
ture.
nourriIl eft bon de difinguer
totjours les
ons chez lui : il arrive tous
jours tant d'accidens aux
aux chaudieres, & à d'autres fourneaux, endroits
que l'on s'épargne de dépenfes confidérableslorlqu'on &
a des maçons chez foi,
quand on n'en a point à
on
trouve toujouts à les loiier. faire., Le moins
20E puillent gagner, c'eft cinquante
par jour chacun avec leur
ture.
nourriIl eft bon de difinguer
totjours les --- Page 207 ---
Françoifes de LAmbrique. 189
ouvriers des autres, foit en leur 1696.
Négres
de viande, foit enl leur faidonnant plus
Rien ne les
fant quelque gratification. l'occafion
anime davantage à chercher
dapprendre un métier. Tel qu'il snida
ètre, il eft tolijours d'une.grande fontles
pour une maifon. Lesprofits à leurs que maitres,
ouvriers, s les attachent
d'entretenir
& leur donnent le moyen forte d'éclat,
leurs familles avec quelque au-deffus des autres, Vanité
& le plaifir d'ètre
dontils des Né,
contente extrémement la vanité
gres.
font très-bien pourvis. J'en ai vâ
fiers d'être Maçons ou
M2r
étoient fi
affectoient d'aller à T'Eglife
fiers, leur qu'ils & leur tablier.
avec!
régle
desbeftianx
à la
- On doit mettye
garde aime ce métier.
un Négre fidélc, & qui
de Sénégal 2 Un GarLes Negres du Cap-V Verd,
dien des
& de Gambie, , y font les plus propres de S beftiaux,
parce qu'ils ont chez eux quantité leur
beftiaux qu'ils regardent comme
principale richelle, Le Coinmandeur
blanc ou Négre doit les compter tous
avant
aillent paitre *
les matins, 2
on qu'ils les fait rentrer dans
& le foir quand
les chévres
- le Parc. Pour les mourons,
enfans
ou cabrittes 2 ce font les petits
font chargez du foin de les garder
qui fous la dircétion du'Gardien du gros
bétail.
ité leur
beftiaux qu'ils regardent comme
principale richelle, Le Coinmandeur
blanc ou Négre doit les compter tous
avant
aillent paitre *
les matins, 2
on qu'ils les fait rentrer dans
& le foir quand
les chévres
- le Parc. Pour les mourons,
enfans
ou cabrittes 2 ce font les petits
font chargez du foin de les garder
qui fous la dircétion du'Gardien du gros
bétail. --- Page 208 ---
1696. 190 Nowveaux
anx
On donne le foin
Mles
Une Inmalades à
IOMENS
firmicte. que Négreffe fage &c
les ferve diligemment intelligente mt 2
cher à la cuifine
s qui aille cherce dont ils ont befoin
qui tienneles lits & l'infirmeric
& qui n'y laiffe entrer autre chofe propre,
ce' que le Chirurgien a ordonné, que
une réceffité d'avoir
Ceft
dans une Habitation : une infrmerie
ladesy font mieux
outre que les macilément
foignez, & plus famoyen siir que de dans leurs cafes; c'eft un
diftinguer ceux qui le font
vétitablement, de ceux qui le contrefont, ou par pareffe, ou pour faire
que ouvrage dans leurs cafes.
quelVingt- Vingecing
cing perperfonnes fuffifent
fonnes couper des
&
pout
pour
Moulin à eau Cannes, &
entretenir un
couper
>
fix
lcs Can- tout quand on a un chaudieres, fur
scs.
jour précédent, &
peu les d'avance du
belles
que
Cannes font
> nettes > &. bien entretenuès.
d'une Quand on n'a pas cette avance, à caufe
Fête pendant laquelle les Cannes
coupées auroient pà fe gâter on
voy e couper des Cannes
> le enjulqu'a Theure du
depuis matin
qui devoient
déjetné, à tous ceux
la
travailler.à la Sucreric, à
& Purgerie, au
aux Fourncaux, au Bois,
deux Moulin, de forte qu'en moins de
heures on ait allez d'avance
pour --- Page 209 ---
Françoifes de LAmérigue. 191
mettre au Moulin, , & avancer le travail 1696.
fansle difcontinuer. Comme c'eftle plus
aifé de tous les travaux 2 les femmes y
les hommes.
font autant d'ouvrage que
C'eft là principalement qu'on les employe, auffi-bien qu'au fervice du Moulin, qui deshonoreroit les hommes, s'ils
étoient employez. Je me fuis quelque- Punition des Néy fois fervi de ce moyen pour punir des gret tefleux, paNégres qui éroient lâches & pareffeux.
Je Ics faitois mettre à repallerles bagadonne la
ces, qui eft l'emploi qu'on
emplus foible des Négreffes qu'on de
ploye au Moulin. Iln'y avoit point
chagrin pareil au leur, ni de prieres &
de promelfes qu'ils ne me fillent, pour
être ôtez de ce travail qui les couvroit
de honte.
de bois à brû-six couAfin de ne past manquer les branches peurs de
ler, & pour mettre à profit
bois.
des arbres que les charpentiers ne mettent point en ceuvre, ileft bon d'avoir bois.
toûjours cinqon fix Négres dansle
Ils en doiventf faire chacun une cabrouetfont fix, on en
tée par jour. à hacher, Lorfqu'ils & deux à fendre.
met quatre fe
faire, il faut qu'ils
Autant qu'il peut
des fcieurs de
travaillent au voifinage
long,afin que le Maitre ou le Charpen- font.
rier voye pluis facilement cC qu'ils
iers ne mettent point en ceuvre, ileft bon d'avoir bois.
toûjours cinqon fix Négres dansle
Ils en doiventf faire chacun une cabrouetfont fix, on en
tée par jour. à hacher, Lorfqu'ils & deux à fendre.
met quatre fe
faire, il faut qu'ils
Autant qu'il peut
des fcieurs de
travaillent au voifinage
long,afin que le Maitre ou le Charpen- font.
rier voye pluis facilement cC qu'ils --- Page 210 ---
192 Nonveauy
anx Ies
1696. Quand on a ce foin, Voyages on peur continuer a
faire du Sucre pendant feped huit mois
fans craindre de manquer de bois,
s
vû qu'on ait feulement une avance pour- de
fix femaines avant decommencer: à faire
du Sucre; parceque cesfix hommesremplacent continuellement celui qui fe
confomme, Depuis linvention des nouveaux fourneaux on cônfomme beaucoup moins de bois, & ainfi On pourra
employcr ces fix hommes à d'autres ouvrages.. Ccs mêmes coupeurs fervent encore à abattre & déblayer les arbres
le charpentier leur marque, afin de que
pas détourner le travail de la fcic.
ne
Negref Deux Quoiqu'on doive avoir une bonne
fes
provifion de farine de manioc
faire F ferréc, avant de
faite &
farine de
commencer à faire du
manioc, Sucre, il eft bon de remplacer celle
l'on confomme tous les jours
n'en que
pas demeurer dépourvi, Il pour faut
cela que le Commandeur faffe arracher pour
tous les foirs une quantité de manioc
fiffifante pour faire une barrique de farine. Les Négres&c les Négreffes
font pasde garde pendant la nuit, quine c'eftd-dire, fervice du qui ne doivent pas entrer au
des fourneaux Moulin > de la Sucrerie s ou
lc manioc
5 doit doivent grater & grager
qui
être cuit le jour fuivant. --- Page 211 ---
Françoifes de PAmérigue. 193
vant. Une Négrelle afliftée d'un enfant, 1696.
ou de quelque infirme, pour paffer le
manioc par Thebichet, doivent rendre
une bartique de farine par jour, c'eft-àdire , environ deux barrils & demi. Et
afin qu'il ne puiffe y avoir de fraude
fur cet article quief important & trèstentatif, il faut que les boëtes à preffér
foient toujours pleines, jufqu'àl ila marque qu'on aura faite, aprésavoir remarqué la quantité de manioc gragé
doivent contenir
faire une
aRde
lcs
pour
rique de farine.
Ily a bien des Habitans qui fe fervent UnCom? mandeur
d'un Commandeur Négre que Négre,
sort blanc. Sans entrer dans les raifons
d'économie. : je croi qu'ils font fort bien,
& je m'en fuis toujours bien trouvé. Il
fautchoifir pour cct emploi un Négre
fidéle, fage , qui entende bien le travail, qui foit affeétionné , qui fache fe
faire obéir, & bien exécuter les ordres
qu'il reçoit; ce dernier point eft aifé à
trouver : car iln'y a point de gens au
monde quicommandents avecplus d'empire, & qui fe faffent mieux obéir
C'eft au Maitre à veiller
Rc
les Négres.
les autres qualitez.
Le Commandeur doit être toujours
avec les Négres, fans les-a abandonnerja:
Tore IV.
I
eétionné , qui fache fe
faire obéir, & bien exécuter les ordres
qu'il reçoit; ce dernier point eft aifé à
trouver : car iln'y a point de gens au
monde quicommandents avecplus d'empire, & qui fe faffent mieux obéir
C'eft au Maitre à veiller
Rc
les Négres.
les autres qualitez.
Le Commandeur doit être toujours
avec les Négres, fans les-a abandonnerja:
Tore IV.
I --- Page 212 ---
194 Nowveanx Vroyages anx
1696. mais, fon devoirl
Ies
vail, & le faire l'oblige faire
à prefler le tradoir empècher le
comme il faur; il
les querelles qui défordre, furviennent appaifer
Négres, & fur tout entre les entre lcs
de quelque couleur
femmes s
2 toujours
qu'elles foient
des, prètes à fe promptes, dire des coléres, criarprendre aux cheveux. Il doit injures, & a fe
qui travaillent dans le bois vifiter ceux
voir dire aul Maître l'état de leur 2 pour pouC'eft à luia éveiller les
travail.
faire aflifter à la Priere foir Négres , & les
& faire, ou faire faire le & matin, s
à la fin de la Priere, les Catéchifme
Meffe les Fêtes &
conduire à la
leurs maifons font Dimanches, voir G
jardins bien
propres s & leurs
férens qui naiffent entretenis;a appaifer les dif
faire conduire les dans les ménages >
rie,
malades à l'infirmefe empècher les Négres
retirer de jour ou de nuit étrangers de
fes de T'Habitation,
dans les Catre de tout ce qui fc donner avis aul Maibien entendre fes ordres paffe 2 recevoir &
exécuter à la lettre. Il faut > & les faire
confidération
avoir cette
de 1 ne le jamais pour un Commandeurs 3
moins le frapper réprimander, devant
& encore
claves,
les autres E(
perceque cela le rend méprifa- --- Page 213 ---
Françoifes de PAmerigue. 195
ble, & lui fair perdre tout fon crédit. 1696.
Quand il a fait quelquesfaute fi confidémérite abfolument qu'il
rable, foit châtié, qu'elle il faut avant toutes chofes
en le caffer de fon emploi. On donne toûplus de vivres &
jours au Commandeur autres, & de tems
d'habillemens qu'aux
On doit
en tems quelque gyarification. lui défoehâtier févérement ceux qui
lui,
béiffent, ou qui fe révoltent contre
& fans miféricorde ceux qui auroient
la hardielfe de le frapper. trouvé des
Je me fuis toûijours micux des Blancs.
Commandeurs Négres eft que contraint d'en
Cependant quand on le Rafineur dans le
avoir dela pour nuit, foulager il faut choifir un homquart afin qu'il foit moins capable de
me caufer âgé, du défordre avecles Négrelles,8c
laiffer
cela d'avoir un Comne pas
Négre, pour fans oublier d'avoir
mandeur
quelques efpions fidelles qui rapportent les
tout ce qui fe paffe, faufa prendre
néceffaires pour s'affurer dela vevoyes rité de leur tapport. Dès qu'on
Blancs
a à fon
TTELE
çoit que les
quel'on commerce avec les
vice ont quelque le plus court eft de les chafNegrelles,
fer auffi-tôt.
fervent DomefAl'égard des) Domeftiques qui
tiques.
Iij
fans oublier d'avoir
mandeur
quelques efpions fidelles qui rapportent les
tout ce qui fe paffe, faufa prendre
néceffaires pour s'affurer dela vevoyes rité de leur tapport. Dès qu'on
Blancs
a à fon
TTELE
çoit que les
quel'on commerce avec les
vice ont quelque le plus court eft de les chafNegrelles,
fer auffi-tôt.
fervent DomefAl'égard des) Domeftiques qui
tiques.
Iij --- Page 214 ---
196 Nonveanis
Anx
1696. dans la maifon, ilsne
Ies
fous la
point du tout
OMgEuE
jurifdiction du
moins que le Maître ne Commandeur, le fafle
à
pour lcs châtier quand ils ont fait venir, 2
que faute. Quoiqu'ils foient bien mieux quelque les autres Négres
les
pour la nourriture
habits, &
>
bopui
mieux travailler
plipart aiment
qu'on
les au jardin. 3 c'eft ainfi
appelle
travaux ordinaires de
HHabitation, bien
que d'être bien nourris &
maifon vêtus > & être refferrez dans la
tient. comme leur devoir les y reOn prend de jeunes Négres de douze
atreize ans les micux fairs, & les plus
fpiriruels pour fervir delaquais.
fért ainfi jufqu'à ce que le Maitre Ons'en
propos de les mettre au travail, juge à
leur faire
ou de
meilleure apprendre chofe
un métier.qui eft la
qu'on puiffe faire
eux..
pour
DEPENSE
pour la nourriture NECESSAIRE c-l'entretien
de cent vingt Efelaves,
Il faut fiuppofer d'abord
foin d'avoir du manioc que l'on aura
de forte qu'il foit
en abondance
plàtôt en
pourir en terre, > que d'être obligéde danger de
re- --- Page 215 ---
Françoifas de TAmerique. don-1696. 197
trancher T'ordinaire quelon doit de la farioul d'acheter
ner auix Négres, qui eft fouvent fort chene de manioc, fort difficile à trouver, &
re, fort rare, tolijours payer en argent
qu'il faut On en donne trois pots mecomprant. fure de Paris chaque femaine par. tête à
les
ou petits, exceptous Négres grands font àda mammelle,
té aux enfans qui
on donne un demi
aux meres delquels enfans. Javois scoùordinaire pourleurs ces eafans-là deux
tume de donner de pour froment
femaine
livres. de fariné leur faire Rt la botiilavec du lait pour la Farine de froment peut
lie, 8ccomme
celle de manioc > il
être évaluée avec trois pots par femaine
faut compter tète, qui font 360 pots,
pour chaque barrils & demi par femaine. Le
ou fept contient cinquante pots > qui imulbaril
femaines
tiplicz par les ainquante-dens l'année, font trois cens
qui compofent barrils par an. Ce fcsmance-vingedis dépenfe, fi on étoit
roit une grande
de faobligé d'acherer cette quantite
à
rine. Ileft vrai qu'elle eft quelquefois avoir à
bon marché, & qu'on le barril. la peut Mais je l'ai
cinq & fix francs
de Y'aller chervûë , & jai été obligé francs
compcher à dix-1 huit
argent Iiij
quante-dens l'année, font trois cens
qui compofent barrils par an. Ce fcsmance-vingedis dépenfe, fi on étoit
roit une grande
de faobligé d'acherer cette quantite
à
rine. Ileft vrai qu'elle eft quelquefois avoir à
bon marché, & qu'on le barril. la peut Mais je l'ai
cinq & fix francs
de Y'aller chervûë , & jai été obligé francs
compcher à dix-1 huit
argent Iiij --- Page 216 ---
198 Nonveanx
1696. tant. Ce qui, outre Toyater Aux Ifles
la Prix farine de tranfport feroit une Tincommodité du
de ma- fept mille livres dépenfe de
de
nioc. jours à plus de par an, qui
toûteanse
même
deux cens
On la réduiroit piltoles, quand
donc avoir foin de
au tiers. II fant
grande quantité de faire planter une f
ait trois Ou quatre manioc fois
3 qu'on en
au-dela de ce
s'imagine en devoir avoir
2 &
be2aon
d'en vendre qu'on foit platôr en état
acheter.
que dans la néceffité d'en
A l'égard de la viande > 2 1 j'ai
marqué que le Roi a ordonné déja redonnât à chaque Efclave deux
qu'on
demie de viande falée
livres &
Cette ordonnance n'eft par femaine.
fervéc que beancoup pas micux obla négligence des Officiers d'autres, ou
vroienr y tenir
qui
Se
rice des
la main s ou par l'avaleurs Efclaves Maitres, qui veulent tirer de
tout le travail
vent fans rien dépenfer
qu'ils peuriture ; ou fouvent
pour leur nourd'avoir des viandes falées par l'impoffibilité
de Guerre, oule
dans un tems
eft roûjours à un prix peu qu'on exceffif. en apporte
raifonnables
à
Les gens
faifant planter fuppléene des
ce défaur en
mes, &c1 lcs leur
patates & des ignadiftribuant au licu de --- Page 217 ---
Françoifes de I Amérique. dont 199 1696.
moyen
viande, ou par quelqu'autre quand on en veut
on ne manque guéres raifonnables > le
chercher. De ces gens
nombre clt oblerver petir. de ne leur donner jaIl faut viande le Dimanche 2 ou les
mais leur
qu'ils fe vifitent les
jours de Fètes, parce
&
pour
uns les autres ces jours-l., que ils
régaler ceux qui les viennent voir ,
confomment dans un repas ce qui les,
doirentretenir: toute une femaine. Ilfaut de la
donc que le premier jour de travail
femaine, le Maître ou le Commandeur
&
en
falle pefer en fa préfence, partage doit
égales la viande quonleur
On arrange fur des planches
les
gae
tous les lots ou portions, & lorlque les femNégres viennent pour diner, s où on
mes vont au Magazin de la farine
la leur diftribuè, & les hommes prennent la viande â mefure qu'on les aptout de fuite, &c fans leur
pelle,
Un barril de
Senr
settre de choifit.
foixante livres :
falé doit pefer cent
il ne le faut
pour ne fe point tromper, Orideux
compter quà cent cinquante.
livres par tère ce font 240 livres,c'eft- foixante lià-dire, deux barrils moins
la
vres > qui fervent pour & augmenter de ceux qui
portion des ouvriers ,
Iiv
viande â mefure qu'on les aptout de fuite, &c fans leur
pelle,
Un barril de
Senr
settre de choifit.
foixante livres :
falé doit pefer cent
il ne le faut
pour ne fe point tromper, Orideux
compter quà cent cinquante.
livres par tère ce font 240 livres,c'eft- foixante lià-dire, deux barrils moins
la
vres > qui fervent pour & augmenter de ceux qui
portion des ouvriers ,
Iiv --- Page 218 ---
200 Nowveanx
1696. travaillencal la Foyages aux IRes
8.les Malades. Sucreric, 3 aux Fourneaux,
maine font
Ces deux barrils par fcdont le prix cent eft différent quatre barrils par an s
de Paix & de Guerre, felon.les tems
de difeite. Onle vend > d'abondance ou
quante francs > &
quelquefois cinOl vingt. Je prends quelquefois un
dix-huit
je mets le barril à vingt-cing prix moyen, &
fera 2600 liv.
francs. Ce
/ Pour la boiflon pour cet article,
del'eau, 8c
on ne leur donne
comme elle n'eft
que
pable de les foûtenir dans
guéres catravail qu'eftle leur
un aufli grand
grappe qu'ils font , outrel'oilicon & la
Habitans
pour leurordinaireles
deur font donner qui ont foin de leurs Négres
d'Eau-de.vie de foir & marin un
ils ont fait : quelque Cannes, fur tout e
l'ordinaire
travail plus rude
> ou qu'ils ont fouffert de qu'a la
pluye. L'Eau de vie fe faifant dans la.
maifon, > je ne compte rien
dépenfe.
pour cette
Voiciq quelques abus touchant la
riture &c entretien des
nourGouverneurs & les Intendans Négres que les
abfolument retrancher. Le devroient
que quelques Habitans
premier eft,
Abus Éfclaves une
donnent à leurs
rouchant
certaine
la ncur. vie par femaine, qui quantiré leur tient d'eau-delicu de --- Page 219 ---
Frangoifes de PAmbrigae. de-là 201 1696.
farine 80 de viandc. Il arrive de courir tout que riture &
les Négres font obligez trouver à trafiquer entretien des Néle Dimanche, pour
gres.
leur Eau-de-vie, & à Yéchanger Foure
de la farine & autres vivres, fonvent & que
ilsne viennent
que
ce prétexte, fort tard , & fort fariguez.
le Lundi
fontyvrognes buiD'ailleurs ceux qui
& font enfuite
vent leur Ean-de-vie,
obligez de voler leur Maitre oulesvoifins
vivre, aux rifques d'être tuez,
ponr
pour leurs vols > que
ou mis en juftice
leur Maitre eft. obligéde payer.
L'autre abus eft paflé des Efpagnols &c
& des Portugais, chez les Anglois
Hollandois, & de ceusci en quelques
Habirations de noslfles, quoique en petit nombre: c'eft de donner le Samedy &
pour travailler
eux,
aux Négres devèremens & Rere nourritus'entretenir & leurs familles par le travail &c
res eux *
font pendant ce jour-là.
le gain qu'ils
luivento tcette maxime
LesHabitansquil leurs veritablesintéèts:
n'entendent pas
car filcurs Elclaves RReNenseOnErtt eft
le gain qu'ils font ce jour-la,il
par
les enttetenir
certain qu'ils pourroient travaillerpour
eux-mèmes, enlesfaifant Efclaves font malades cC
eux. Mais fi ces fafle unmauvais tems
jour-la, ou qu'il
I Y
-là.
le gain qu'ils
luivento tcette maxime
LesHabitansquil leurs veritablesintéèts:
n'entendent pas
car filcurs Elclaves RReNenseOnErtt eft
le gain qu'ils font ce jour-la,il
par
les enttetenir
certain qu'ils pourroient travaillerpour
eux-mèmes, enlesfaifant Efclaves font malades cC
eux. Mais fi ces fafle unmauvais tems
jour-la, ou qu'il
I Y --- Page 220 ---
202 Nonveanx
1696. quilesempèche Fayager anx Ifles
faineansci
deravailler, Ou fi étarit
dy fans travailler libertins, ils paffent le Sameils la femaine
de quoi fiubfifteronrclair qu'ils dépétiront fuivante ? N'eft. t-il pas
que leur perte retombera tous les jours, &
tre. Si cette raifon
far leur Maiche pas 5 en voici d'intérèt une
ne les toupeur-être plus
autre qui fera
prits > puilqu'elle d'impreflion eft fondée far leurs efgation qu'ils ont comme
far l'obli- -
fournir à leurs E(elaves, Chrétiens, de
regarder coime leurs qu'ils doivent
qui eftr néceffaire à leur enfans, tout cc
les mettre par leur
fabfiftance, fans
ceffité prochaine de dureré, dans la néd'offenfer Dieu en dérobant périr de mifére, ou
& pour s'entretenir.
pour vivre
Les habits des
un caleçon & Négres une ne confiftent
geun: : une calaque & cafaque pour les
les femmes, Ces
une jupe pour
cinq ou fix pouces calaques ne vont
ture.
On n'y
au-deffous de la ae
toile de
employe que de la groffe
Breiagneappellée du
qui a un
plus d'une aulne gros Vitré,
qui RCatla en France
de larhuit fols
ariud
l'aulne, &
quinze. Ouz
chands vendent
que les Marauxifles, ghelquefois communément 30 fols
sjufqu'a un écu. --- Page 221 ---
T Frangoifes de PAmérique. 203
des Maitres raifonnables , qui 1696. 2
aLrAS Il a Achaque Négre deux habits par Habits
c'eft-à-dire deux cafaques, & deux de Néan,
& deux cafaquesgrer.
caleçons aux hommes, femmes. Parce moien
& deuxj juppesanx laver leurs hardes, & ne fc
ils peuvent
àla vermine qui s'atpas laiffer manger
fuit
aux
tache
Négres, pendant qu'elle le Troles Blancs depuis quils ont palfé)
pique. D'autres Maîtres moins raifonnables
nc leur donnent que deux caleçons &c
ou deux juppes & une CAune cafaque,
faque. D'autres quile font encore moins,ne
cafaque;8c un caleleur donnent qu'une
çon, on une juppe. nel le font point du tout,
Erd'autres donnent qui
de ia toile pour
ne leur
un caleçon, ou unc
une
8c
faire
cafaque
de fl,
juppe, avec quelques aiguillées ni comfans fe mettre en
leurs par hardes, qui
ni oùt
ment ils feront
CAiRtE
en payer la façon.
ils prendront pour vendent leur toile
D'on il arrive qu'ils
nuds pen-
& leur fil, & vont prefque
dant toute l'année. aulnes de toile (uffifent aux
hommes, Quatre & cinq aux femmes, Ondonne ponrleur
donner à chacun deux habits.
Ivj
faire
cafaque
de fl,
juppe, avec quelques aiguillées ni comfans fe mettre en
leurs par hardes, qui
ni oùt
ment ils feront
CAiRtE
en payer la façon.
ils prendront pour vendent leur toile
D'on il arrive qu'ils
nuds pen-
& leur fil, & vont prefque
dant toute l'année. aulnes de toile (uffifent aux
hommes, Quatre & cinq aux femmes, Ondonne ponrleur
donner à chacun deux habits.
Ivj --- Page 222 ---
204 Nonveaux
anx IRes
1696. encore trois-aulnes Vonges de toile aux femmes
sovellenemacouchecn vrir leurs
tant pour COLenfans, que pour fe faire une
pagne, c'eftà à-dire, une cfpéce d'écharpe d'une demie aulne ou trois quartiers
de large, & d'une aulne & démie de
long, 3 dont elles fe fervent pour lier
leurs enfans fur leur dos, quandils font
affez formez, pour n'avoir plus befoin
d'être
dans uin panier > comme
elles bepieg s. quaad ils font nouveaux
nez:
Comme dans la fuppofition
faite de 120 Négres, il y. a vingt que j'ai
enfans qui n'ont pas beloin de tant cing de
toile que les autres, & que ceux
fervent à la maifon font habillez d'une qui
toile plus belle, on peut tous les mettre
fur le pied de quatre aulnes part tête, qui
feront 480 aulnes, ou tout au plus 5o0
aulnes, qui ne coûteroient que feize à
dix: huit fols l'aulne, fi les Habitans la
faifoient acheter en France
leur
compte; mais comme tout le bonal n'a
pas, OLI ne veut pas avoir cette commodité, & qu'on aime mieux acheter plus
çher, que de rifquer fes effets far mers
je. la compterai à trente fols laulne,
font fept cens cinquante livres, à qui
a on veut ajoûter cinquante francs quoi
pour --- Page 223 ---
Françoifes de PAmerigue. 205
bonnets ou coëfes > 1696.
quelques chapeaux ,
f'on diftribué à ceux qui s'acquitque bien de leur devoir, ce fera huit
tent cens francs
cet article.
foin des
Mais ce ELRCEO pas affez d'avoir de travailquand ils font en état
faut que CC foin & cette attention
font malades.
NE
fe tenouvellent lorfqu'ils
L'intérêr & a confcience y engagent
également.
chofe iquoiil faut
La premiere
fereftd'avoir un bon
deRhestbari
eftaflez
Bourg, > ou de la
on
prèsd'un
puilfe
meure d'un Chirurgien,
heure qu'il
à etei
qu'on
venir commodément doit fe
d'en
en a befoin 2 on
Carautant difpenfer. qu'on
avoir un dansla maifon. faut avoir des Dole peut faire , il ne le moins qu'il eft
meltiques blancs que
la dépenfe de
poflible ? paifquoatre
&la fujerbouche qui eft confidérable, de lcs avoir à fa table,
tion oà fon eft
lient des intriil arrive fouvent qu'ils
caufent de
gues avec les Négrelles, qui
mort
grands défordres, & quelquefoisla donc bien
dcs uns & des autres. Il vaut fervir d'un
imieux, quand on le peur, fe
de
Chirurgien de dehors, & lobliger foit
foir & matin,
venir ATHabitation ait des malades ou non, &, toutes
quily
idérable, de lcs avoir à fa table,
tion oà fon eft
lient des intriil arrive fouvent qu'ils
caufent de
gues avec les Négrelles, qui
mort
grands défordres, & quelquefoisla donc bien
dcs uns & des autres. Il vaut fervir d'un
imieux, quand on le peur, fe
de
Chirurgien de dehors, & lobliger foit
foir & matin,
venir ATHabitation ait des malades ou non, &, toutes
quily --- Page 224 ---
205 NHveaHx
1696, les autres fois que Youge le befoin AHR Ifes
Les plus habiles sn'ont
le demande,
quatre cens francs
jamais exigé que
Vent. A Saint
par an aux liles du
pied bien plus Domingue haur. C'eft ils font.furun
s'en rapporter à cux pour une les crreur de
guand même ils s'y
remédes 5
ne doit pas fier. Il engageroient, faur avoir > on
coffre de EAtiEr dans la
un bon
Chirurgien en
maifon, où le
propos pour lc befoin prenne des cc qu'il jugera à
toljours en préfence du malades, &
quelque perionne de
Maitre, 3 ou de
lui ôter l'occafion de confiance, s afin de
fes autres
s'en fervir pour
tous les remédes pratiques. Un coffre fourni de
quatre cens francs, néceffaires & durér peut coûter
années ; il faut feulement
plafieurs
chaque année ceux dont le renouveller tems
blic la vertu, Out quel'on a
affoiNos Chirurgiens
confommez,
que de la
pour la plapare n'ont
Theriaque &c de la
gutre > avec quelque préparation Gomme
moine; ce font,dceq gu'on dit, de d'antiremédes, mais qui ne fonr
bons
tous les maux > aufquels pas ils propres les
à
ployent, fouvent pour n'en avoir endautres, & peut être encore
Vent parignorance.
plus Gz
tre pour la
On Peur donc merdépenfe du Chirurgien & --- Page 225 ---
Françoifes de PAmerigue. 207 a
des remédes cing cens frans par an. Et 1696.
fuit toute la dévoir par le compte qui dans laquelle je
pen(e de PHabitation, la farine de manioc,
ne comprens a brûler pas & l'Eau-de-vie que l'on
Phuile'
fait chez foi.
COMPTE DE LA DEPENSE
d'une Habitation forrnie de
120 Négres.
falée.
2600.1 .liv.
Pour la viande
800.
Pour la toile.
& remédes. 5oo.
Pour le Chirurgien
300.
Pour les ferremens. Ralineur.
1200.
Pour les gages du
il
Pour fa nourriture quand
n'a pasla table.
350. 600.
blanc.
A un Commandeur viande (alée. 60,
Au mème pour
Pour les blanchets, alun,
200.
antimoine, &c.
6610. liv.
TOTAL.
Revens tant en Sncre
blanc, brms,G Eauxliv,
de-Vie.
44540.
dont fonftrayant la dépenfe ci-deffus sque
j'ai mife où clle peut aller dans plaficure
0.
Pour les gages du
il
Pour fa nourriture quand
n'a pasla table.
350. 600.
blanc.
A un Commandeur viande (alée. 60,
Au mème pour
Pour les blanchets, alun,
200.
antimoine, &c.
6610. liv.
TOTAL.
Revens tant en Sncre
blanc, brms,G Eauxliv,
de-Vie.
44540.
dont fonftrayant la dépenfe ci-deffus sque
j'ai mife où clle peut aller dans plaficure --- Page 226 ---
208 Nowveaux
1696. années, les
Foyages altx IRes
unes; portant les autres, on fe
trouvera avoir de refte la fomme de...
380;0. liv. fur lefquels le Maitre
nant l'entretien de fa famille & de
table, il
a
faut qu'il fafle de grandes dépenfes pour n'avoir pas de refte tous les
ans dix mille écus 3 fur tout s'il a
comme je le
un
mic, qu'on air (ippofe foin d'élever peu d'éconoles de toute cfpéce, des
des volailcabrittes, des
moutons, des
de boucherie cochons, & que la viande
fe Paye au Boucher,
les bètes qu'on lui donne.
par
Uneterre de trois mille pas de hauteur,
fur mille pas de large, eftfuffifante
faire une Habitation de
pour
puiffe tirer pendant plus d'un laquelle fiécle on le
tion Dbifpofi- & revenu
je viens de dire. Voici compartage me je la Recheies partager.
d'un ter je fufe maitre de choifir le Suppofé qure
rainpour
terrain > je
faire une chercherois d'avoir une riviere à ma liHabita- sion. ziere, qui me féparàr de mon voifin 5
& même, fi cela étoit
chaque côté. Je laifferois poflible, une de
en favanne
toute la largeur du terrain
le
bord de la mer
depuis
trois
, jufqu'à la hautenr de
cens pas. Si le terrain étoit à une
cabefterre, où les vents d'Eft
régnent fans ceffe, brâlent les favannes, qui
Ljc laifferois une forte lizicre de grands --- Page 227 ---
Frangoifes de PAmbrique. 209 à 1696.
atbres au bord de la mer de quarante couvrir la
cinquante pas de large pour
favanne & la défendre du vent 2
les > befliaux à couyert pendant
mettre grande chaleur 3 & lorique ces
coumoditez la plus
ne fe trouvent pas, 2 parce
auroit déja été défriché >
que le serrain des poiriers, Ce font les
jy planterois crollent, & qui réfiffeuls arbres qui
tent au vent. Outre la commodité qu'ils & en
en couvrant la favanne,
apportent de retraite au bétail, ils font exfervant
infinité d'ouvrages, 8
cellens pour fort une vite. On les doit planter
viennent fimétric, & en faire des allées;
avec
coûte
de les planpuifquil ne
pas plus fans, ordre, &
ter de cette maniere que
en confulion.
élévation vers
Sile terrain a quelque & un peu aule milieu de fa largeut,
a laiffez
dellus de trois cens
qu'on le choifir
Ja favanne , il Ea
pré- la
pour férablement à tout autre pour y bâtirl
du Maitre. Elle doit ètre tourmaifon maniere que la face regarde la
néc de du moins le principal abord,
mer, ou les vents ordinaires n'y entrent
& que
être
que de biais, 2 pour ils n'y font
HREEE ils
comme
RLES
portables,
dans les fenêtres, qu'ils
tent à plomb
de trois cens
qu'on le choifir
Ja favanne , il Ea
pré- la
pour férablement à tout autre pour y bâtirl
du Maitre. Elle doit ètre tourmaifon maniere que la face regarde la
néc de du moins le principal abord,
mer, ou les vents ordinaires n'y entrent
& que
être
que de biais, 2 pour ils n'y font
HREEE ils
comme
RLES
portables,
dans les fenêtres, qu'ils
tent à plomb --- Page 228 ---
210 Nonveanx Foyages Aux
1696. obligent de tenir toûjours fermées. Ifes
vrai qu'on y. remédie en fe fervant Ileft de
chaflis de toile claire : car
des
vitres n'étoit pas encore introduit Fufage
Ifles en 1705. mais il eft toûjours aux incommode dêtre enfermé dans une maifon, fans pouvoir joitir de la fraicheur
que bien Tairy ILEened quand fon entrée eft
Lorfque les bois étoient communs
dans les Ifles, toutes les maifons étoient
de bois, On prétendoit alors
étoient plus faines, que fi elles qu'elles cuffent
été de maçonnerie: on a changé de fentiment depuis que les bois font deveLes mai-a nus rares, & trés-chers; on a commericé
fons de
bâtir de maçonnerie, > & on
maçon- qu'on s'en trouve
prétend
nerie
mieux
doivent raifons. En cffet, ces maifons pourspluficurs 1 font
êrre pré. ffires, elles durent bien
plus
férécs celles à de il y a beaucoup moins de plus long-tems,
charpen- y faire, elles
réparationsi
te.
les
font moins fujettes au feu,
de ouragans n'y peuvent pas caufer tant
eft dommage, & Tépailfeur des murs
plus en état de rélifter à la
de la chaleur qu'on reffent
violence
jour, & au commencement pendant de la
le
& au froid piquant qui fe fait fentir nuir,
le point du jour : qui canfe fouvent vers des
maladics dangereules. Il eft vrai,
que
- y faire, elles
réparationsi
te.
les
font moins fujettes au feu,
de ouragans n'y peuvent pas caufer tant
eft dommage, & Tépailfeur des murs
plus en état de rélifter à la
de la chaleur qu'on reffent
violence
jour, & au commencement pendant de la
le
& au froid piquant qui fe fait fentir nuir,
le point du jour : qui canfe fouvent vers des
maladics dangereules. Il eft vrai,
que --- Page 229 ---
Frangoifes de FAmerigue. 211
de terre y. font plus à 1696.
les tremblemens dans des maifons de charcraindre mais que ils fe font fentir firarement
pente;n
c'eft une terreur panique
aux Iles , que
que de les appréhender. doit être accompagnée
La maifon
poflible, &
d'un jardin autant derriere quileft elle les Offiavoir à côté, ou
PEtuve,
les
la Purgeric s
ccs 2 Magazins,1 diftance raifonnable la Su-Situarion de la
& dans une
afin que le Maitre maifon
crerie & le Moulin,
ce qui s'y du Mafpuifle voir commodément du bruit qui trc.
ètre incommodé
doivent
pelic.fans fait. Les cafes des Négres
s'y,
être fous le vent de la maifon,
tolijours les autres bàrimens, à caufe
& de tous
du feu qui s'y peut alludes accidens dont les Aâmes pourroient être
mer, &
les autres bâtimens. Quoiportées vers cafes foient très-peu de chofe, 2
que ces
de les bâtir avec Lescales
on ne doit pas négliger cloignées les unes des des gres &le Néordre 2 un peu
unc ou deux rués s parc beltiaux, des
autres: , féparées lieu fec par & découvert, & avoir
dans uti
les riennent toûjours
foin que les Négres
le
oul'on
proprea.Ond doit pratiquer parc la nuit, à
renferme les beftiaux pendant
côté des cafes desNégres. Par ce moyen
& ontintéils en fonttous refponfables, n'en dérobe aucun
rèt d'empècher qu'on
ordre 2 un peu
unc ou deux rués s parc beltiaux, des
autres: , féparées lieu fec par & découvert, & avoir
dans uti
les riennent toûjours
foin que les Négres
le
oul'on
proprea.Ond doit pratiquer parc la nuit, à
renferme les beftiaux pendant
côté des cafes desNégres. Par ce moyen
& ontintéils en fonttous refponfables, n'en dérobe aucun
rèt d'empècher qu'on --- Page 230 ---
212 Nouveaux Fagaser aux IRes
1696.pendantlanuit.? Car c'eft une chole
que certaine , que les Négres
ne viennentj jamais faire un
EENE
Habitation fans l'aveu & voldans le confente- une
ment de quelques-uns de ceux dela maifon, à qui ils ne manquent pas de faire
part de leur batin.
Les meilleures de toutes les liziéres Ou
hayes, pour
dins, les
teageuecaneigp
parcs, & autres lieux
Bois veut conferver, font les
que l'on
propres muns,
Orangers comre pour les fii- li défaut s ou ceux de la Chine > & à leur
zieres,
le bois immortel, ainfi que jel'ai
expliqué dans ma premiere Partie..
Jai dit ci-devant qu'il étoit
mode d'avoir une riviere à côté pluscom- de fon
terrain que dans le milieu, à caufe des
dégats que lcs rivieres font,
font débordées. De
lorfqu'elles
quelque manicre
qu'elle foit placéc, il faut tirer un canal
pour faire un Moulin à eau dansle lieu
le: plus commode, par Trapport à fa fituation & à la-maifon da Maitre. Il faur encore ménager l'eau de maniere
qu'elle a fervi au Moulin, Otl avant qu'après
arriver, cllepaffe à côré des bâtimens
Ulage des
d
qu'or
cafes des Négres, où clle eft d'un
doit fai. ufage infini. Carrien n'eft
à
1c d'une ter dans un érabliffement plus fouhaitivicre, dité de l'eau, foit
que la commopour arrêter les in- --- Page 231 ---
Frangoifes de PAmerigue. 213 1696.
cendies, foit pour les befoins de la Sucrerie, de la Purgerie, ) de la Vinaigrerie, de la Cuifine, du Jardin, des Cafes des Négres, & des Négres mèmes, fort à
qui tous tant qu'ils font aiment
felaver, & fi par acideneulsloublient,
il faut les en avertir bien férieufement s
n'y ayant ricn qui contribué davantage
à leur fanté,
parcs &
Tous les bâtimens , jardins,
un
leurs dépendances peuvent occuper
elpace de trois cens
en quarré, qui
érant
aul milieu Sc tout le terrain >
pris fe trouveront des deux côles Cannes au-deffus du Moulin, de. matez, &
éloignées n'en feront
niere que les cens plus ou environ > ce qui
qu'à quatre
pas commodité
le
fera une grande
Néle chemin
TeN
charroi, &c
fe rendre que farle
gres auront re faire pour
les
lieu du travail. Le terrain occupé par
Cannes fera dc trois cens cinquante pas
de chaque côté de Tétablillede large, & de trois cens pas de haut > ce
ment,
vingt-un quarrez de cent
qui produira & fi nous en mettons quatre. cens
pas, de haut au-delfus de Tétabliflement
pas
du terrain quieft milIur toute clalargeurd
autres
le pas > nous en aurons quarante feront cinquanquarrez de cent pas, qui
les
lieu du travail. Le terrain occupé par
Cannes fera dc trois cens cinquante pas
de chaque côté de Tétablillede large, & de trois cens pas de haut > ce
ment,
vingt-un quarrez de cent
qui produira & fi nous en mettons quatre. cens
pas, de haut au-delfus de Tétabliflement
pas
du terrain quieft milIur toute clalargeurd
autres
le pas > nous en aurons quarante feront cinquanquarrez de cent pas, qui --- Page 232 ---
214 Nowveaux Froyages aux Ifes
1696. te-un quarrez decent pas chacun 1e >
fuffiront pour produire tous les ans qui
de fept mille formes de Sucre
plus
nant les Cannes les unes après les #en preà l'âge de quinze à fcize mois. autres
C'eft une erreur de.croire qu'on fait
plus d'ouvrage en partageant fes
& faifant rouler deux Sucreries, forces,
n'en avoir qu'une dans le même terrain. que de
Ilne faut prendrece parti, que lorfqu'on
yeft abfolument contraint, ou par la fituation duterrain quiempèche
puiffe conduire commodément qu'on les Can- ne
nes au Moulin, ou lorfqu'on a tant de
Terres & tant d'Efclaves qu'on
faire valoir rout à la fois deux grands peut établiffemens, & avoir l'oil égaiement far
tous les deux. Lorfque ces deux chofes
ne nous obligent point à
les
forces > il vaut mieux les tenir partager unies
& avoir un plusg grand inombre de chau- >
dieres dans une même Sucrerie, Si un
Moulin à cau ne fuffit
pour les entretenir, ce quieft affez
à aveir,
il
Tiatr
eft plus à
d'avoir un Moulin à
chevaux à Aotat du premier , fi le
d'eau de la riviere ne
voir un
permet pas
S
fecond Moulin a eau, afin
tout le Sucre fe falle dans une même que
Sucrerie 3 qu'un même Rafincur puiffe --- Page 233 ---
Frangoifes de P. Amtrigue. 215
tout conduire, & que le Maitre voye 169.6.
d'un - coup d'ceil tout ce qui fe paffe
chez lui.
font
Outre le manioc &cles patates
de
dans les allées qui (éparent les
TALC
Cannes,il faut deftiner une quantitré de
terre au-deffus des Cannes
ces deux
&
le mil, 2
ignames ,
forte
chofes, pour & autres chofes dont on
lherbe decolle,
a befoin. Et ménager aurantqu'ileft debout, fc
iont
ceret
fible les bois qui
quantité qu'on en ait,
nant que quelque la fin trop tôt.
on en voit totijours
du bois" pour
A mefure qu'on coupe
bfaler , fi le terrain fc trouve propre
faire une cacoyerc,i il ne faut pas
pour
d'en profiter. On verra par ce
manquer
à dire du Cacao dans
que je me réferve
ma derniere Partie, le profit qu'on peut
tirer de cette marchandife > & avec
quelle facilité on la peut faire. Ainfi un
Habitant qui auroit une Habitation
comme celle que je fiuppofe ici, peut E(
en augmentant de quinze ou vingt
claves, le nombre de ceux qu'il a déja,
entretenir cent mille arbres de Cacao 9
& augmenter fon revenu de quarante
mille trancs tous les ans , quand mème
cent mille pieds
nous fuppoferions que
plus
d'arbres ne produiroient qu'un peu
avec
quelle facilité on la peut faire. Ainfi un
Habitant qui auroit une Habitation
comme celle que je fiuppofe ici, peut E(
en augmentant de quinze ou vingt
claves, le nombre de ceux qu'il a déja,
entretenir cent mille arbres de Cacao 9
& augmenter fon revenu de quarante
mille trancs tous les ans , quand mème
cent mille pieds
nous fuppoferions que
plus
d'arbres ne produiroient qu'un peu --- Page 234 ---
-216 Nowveans
1696. d'une livre de Cacao Yroyages ant Ifes
tant l'autre 3 & que le par Cacao an, lun porvendu que fept ou huit folslal ne feroit
leuts ces vingt perfonnes
livre.D'ail.
entretenir toute T'Habitation peuvene encore
de manioc en cultivant la
de farine
Sion s'étonne
cacoyere.
terrain en
quej j'aye laiffé tant de
favanne, on fe fouviendra
pour faire valoir une Habitation que
que je l'ai fuppofée, il faut
telle
quatre cabrotiets, qui
au moins
cun huit baufs, & demandent chabaufs de
qu'au lieu de fix
devanit, il rechange, feroit 3 dontjai parlé ciplus à
un atrclage
propos d'avoir
qui feroit pour chaque cabrotiet, ce
cela on ne fc quarante-huit peut
baeufs, Outre
taine de vaches pas paffer d'une vingfoit pour avoir portantes du lait, avec leur fuite,
placcr les baufs qui
foit pour remdonne au Boucher: meurent, de forté ou qu'on
trouvera avoir cent bètes à qu'on. fe
faut entretenir toute l'année corne du
qu'il
journalier de cette favanne. Si produit
moulin a chevaux ,' c'eft
on a un
nombre de bouches à nourrir. un nouveau
faur pas moins de
Il n'en
moulin, cing ou fix vingt-quatre de
pour le
ques cavales & leur
rechange, quelvera encore cinquante fuite, > & on trouchevaux qui mangent --- Page 235 ---
Françoifes de PAmerique. 217
cent bètes à corne > parce 169Gi
gent celles-ci plus que ne mangent qu'une partic
Ty jour, &c les autres
entretenir jour &
Il faut encore fonger
Are
nuit.
de moutons & de chevres,
un troupcau dépenfe beaucoup d'argent,
fans squoion fouvent mal fervi: fur quoi ce-.
& on eft il faut obferver, que pour conEmert lesfavannes, il ne faut pas fouffrir
les moutons y paillent, parceque
que
l'herbe comme ils font jufqu'à
coupant is l'empêchenr de repoulfer
la racine,
la brâlent, & la font
& leurs excrémens fant les faire paitre fur les famourir. Il bord de la mer, oà Pherbe qui
laifes au
féche & falée s
vient étant courte >
y
infiniment meilleure, les enleur eft micux, & rendleur chair plus dé
graille
(avoureufe que s'ils étoient
licate 8c plus
favanne. Ilfaut encore
dans la meilleure dc faire farcler les favannes s
avoir foin
les
fi on veut les conferver 2 les parceque des
beftiaux (ement par tout & fur graines tout des
fruits qu'ils mangent, y font auffi un
goyautes. Les coloquintes
auffi-bien
tes-confidérable.
dommage
d'autres mauvaifes herbes
que beaucoup
couvrent, & qui font
P & arbriffeaux bonne qui herbe, fionn'a pas foin
mourir la
deles nettoyer fouvent. :
K
Tomse IV.
oin
les
fi on veut les conferver 2 les parceque des
beftiaux (ement par tout & fur graines tout des
fruits qu'ils mangent, y font auffi un
goyautes. Les coloquintes
auffi-bien
tes-confidérable.
dommage
d'autres mauvaifes herbes
que beaucoup
couvrent, & qui font
P & arbriffeaux bonne qui herbe, fionn'a pas foin
mourir la
deles nettoyer fouvent. :
K
Tomse IV. --- Page 236 ---
-218 Norveanx
1696 Un Habitant 29
Foyager aux IRes
bien comme il qui veut faire valoir fon
mettre dans la faur, ne fçauroit affez fe
par lui-mème, tête, qu'il doit tout voir
fanss'en
Avis aux Commandeurs ou
rapporter à fes
Habi- jamais
Economes, Il ne doit
tans,
entreprendre
de
vaux différens à la fois; beaucoup mais il doit trafaire les uns après les autres
les
jours au devant de fon
2 être toûdire, le prévoir
travail, c'eft-àdoive faire exécuter long-tems avant qu'ille
point pour courir à un 5 ne l'abandonner
autre,
pendant ce tems-là le premier parceque fe
& c'eft à recommencer, Ces
gâre,
tems font irréparables, & d'une pertes de
reufe conféquence. H nc doir
dangecer le travail ; il vaut bien jamais mieux forcontenter d'un travail médiocre & fe
deré, mais qui foit continuel,
mole pouffer avec
que de
fur les dents les vehemence, Efclaves & les & mectre
& être obligéde difcontinuer. beftiaux,
duite fage & réguliere fait
Une confin de l'annéc bien des
trouver à la
& les Efclaves & les beftiaux travaux achevez,
continuer, Il doit fur
en état de
fouvenir qu'il eft Pere toutes de fes chofes fe
& qu'il elt Chrétien. Ces deux Efclaves,
lui doivent infpirer des fentimens. qualitez
jufice, d'équité, de douçeur & dc de
mo- --- Page 237 ---
Françoifes de LAmérigne. 219
dération pour eux 2 de forte qu'il n'en 16964
exige jamais rien par la force & la violence des chârimens, , quand il le peut
faire faire par la douceur. Il doit avoir
un foin continuel & tout particulier de
leur inftruétion & de leur falut, & enfuite de leur nourriture & entretien,
foit.qu'ils foient vieux ou jeunes, fains
ou malades, en état de fervir ou invalides.
eft
faire
Il doit autant qu'il
pollible
lesprovifions des chofes néceffaires à fon
Habitation dans les tems convenables - s
c'eft-à-dire, lorfqu'il y a beaucoup de
Vaiffeaux, & que ces chofes font à un
prix raifonnable. Il doit faire venir de
France pour fon compte celles qui ne fc
gâtent
fur mcr, comme font les
farines, Fane toiles > les ferremens, les
les blanchets, les fouliers s
épiceries 2
chofes néceffaires
chapeaux,. & autres
pour fa Maifon & fon Habitation,mème
le beûre, la chandelle, la cire, les médicamens. Selon le tems de Paix ou de
Guerre, & que le fret eft cher ou à bon
compte; il doit faire venir les viandes
falécs, comme le bauf, le lard, & autres chofes femblables. Pour ce qui eft
du vin > eau-de-vie, huile, & autres
tiqueurs, il vaut mieux rifquer de les
K ij
pour fa Maifon & fon Habitation,mème
le beûre, la chandelle, la cire, les médicamens. Selon le tems de Paix ou de
Guerre, & que le fret eft cher ou à bon
compte; il doit faire venir les viandes
falécs, comme le bauf, le lard, & autres chofes femblables. Pour ce qui eft
du vin > eau-de-vie, huile, & autres
tiqueurs, il vaut mieux rifquer de les
K ij --- Page 238 ---
4 a 220 Noveaux
E596. acheter plus cher Yoyages aux Mes, ANX Ites
re venir pour fon compte, à que d'en fai-.
voir part dans un
moins d'ace
Vaiffeau,
cas, on feroit un peu plus parce qu'en
qu'on y auroit
fhr, que cC
confervé, Ce n'eft embarqué, feroit micux
bitans de
pas l'affaire des Hafeaux.
prendre intérêt dans les Vaif
J'en ai connu
eu cette
beaucoup qui ont
démangeaifon, & tous s'en font
repentis: car bien loin
y ont perdu leur
d'y gagner > ils
quelque chofe de capital, & fouvent
plus.
& Ily le a très-pen de caves dansl les Iles,
peu gu'il y en a ne valent
Vaut mieux fe fervir de
rien. Il
de petites fenètres du côté celliers, du quiayent
donner de la fraicheur, & vent, > pour
point expofées au midi. qui ne foient
pas certe commodiré
Lorfqu'on n'a
mettre le vin en bouteilles > il vaut mieux
de la maifon, il
dans le haut
feétion, pourvâ s'y conferve en
poinr
qie le foleil ne
detlus, &
ractee
vent.
qu'il ait de l'air & du
Les vins de France veulent être
gardez dans les futailles. Ceux
gne,de Madere, de
PIRLEC
fervent tant qu'on Canaries s'y con-.
ait foin de tenir les veut, pourvû qu'on
pleins. Les uns & les tonneaux autres
totijours
nç courçnt --- Page 239 ---
Frangoifes de LAmbrigns. 221 - 2i
de fe gâter - 2 fi on les tire 1696.
aucun rifque
font de
dans des dames-jcannes > qui
bouteilles de Provence > qui
groffes
fix jufqu'à feize &c dixtiennent depuis mefure de Paris. On fait en
huit pots
capaBretagne dembourcileidemoladices fort &
cité, d'un verre beaucoup plus toûtirer les
plus épais. On s'en fert
fur d'en5 qu'il
pas
THERE
dames-jeannes fans les vuider entierement en
tamer >
bien pleines
des bouteilles
petites, où les liqueurs ne fe
& bien
SEARnD
jamais. C'eft ainfi qu'en ufent les
gàrent
l'on doit regarder commc
Anglois, d'excellens , quel modéles en tout ce qui concerne les boiffons, parceque s'étant fait
une étude particulicite de ce
regarde ils
touche de
#
une chofe qui les
près,
là-deffus dés connoiffances
ont acquis
étendué inmerveilleufes - 2 & d'une
finie.
de boeuf & de
Lorfqu'on a quantité
les
lard en barils, il eft néceffaire de pour bonne
conferver, de les entretenir
faumure, dent il faut les remplir à mecelle quiy étoit
fure qu'on remarque que
fe difipe & fe perd.
à donner à un
Le dernieravis vendre quejai fes Sucres, &
Habitant eft de
fes autres denrées en argent comptant,ou *
Kij
2 & d'une
finie.
de boeuf & de
Lorfqu'on a quantité
les
lard en barils, il eft néceffaire de pour bonne
conferver, de les entretenir
faumure, dent il faut les remplir à mecelle quiy étoit
fure qu'on remarque que
fe difipe & fe perd.
à donner à un
Le dernieravis vendre quejai fes Sucres, &
Habitant eft de
fes autres denrées en argent comptant,ou *
Kij --- Page 240 ---
222 Nowveaux
Aux
1696. en Lettres de Change Yoyages bien Ifles
de ne payer ce qu'il achete allirées, &
ou autre chofe
qu'en Sucre
fon
provenant du fond de
Habitation. Ceft le fectet de s'enrichir. Par ce moyen il aura le débit de
fes denrées; il vaut mieux qu'il lâche un:
peu la main en vendant argent
rant, que de fe tenir
compde
trop roide, aux rif
ques
laiffer paffer le tems de la venK.dansl'efpérance de vendre plus cher.
Il vaut micux encore vendre
aux Mles, ou en Lettres de
comptant
d'envoyer fes effcts en
Change 5 que
le frer, les entrées. France, parceque
s les tares, les barriques, les droits desCompagnies, le Magalinage, les avanies & les commifions
emportent le plus clair du profit , &
quelquefois même une partie du
cipal, & laiffent le Proprietaire prindant un long-tems dans l'anxieré du
de fes
Fore
marchandifes. Une autre raifon
encore, qui me porte à confeiller à un
Habitant de vendre toûjours
comptant ou en Lettres de
argent &
de payer en marchandifes Change, eft
qu'il eft toijours maitre de faire parcc- des:
marchandifes far fon Habitation aurant
qu'il veut > ou du moins autant
fa
terre le peut permettre ; mais il n'eft que
en fon pouvoir de faire de l'argent, qui pas. --- Page 241 ---
Fraxcoifes de PAmbrigue. 223 1696,
eft la chofe du plus grand ufage veut s puif en
le convertit quand on
en
qu'on
en Rentes, ,
Terres 2 en Charges, établiffemens > ce
Maifons, & autres faire fi commodément
qu'on ne peut pas
de Sucre.
avec des Magalins pleins
Voilà à peu près tout ce qu'on peut ou
dire fur la Manufacture du Sucre s
pendant
du moins' ce quejen aiappris ja1 eu T'admiprès de dix années que Miflions,
niftration des biens de nos
Coton, qui &
confiftent en Sucre, Cacao, comme ceux des
autres denrées du pais, monde confiftent en
autres parties huile du & fruits ; & comme ce
blé, vin ,
de vouloir nous faire
feroit unei injuftice des Marchands : > parceque
palfer vendons pour cC que nous avons de trop
nous de blé, de vin, d'huile, pour acheter laiffe aux ce
de mèmeje
qui nous manque;
fi ce n'eft
jugemens des perfonnes injullice, fages, d'accufer
pas une très-grande des Iffes d'ètre des Comles Religieux
vendent leurs Sumerçans, 2 acheter parce qu'ils du pain, , du vin, des
toiles, eres pour des étoffes, & antres
de
dans le fond
I2ES
ne trouvent pas
rerres.
n'aye rien néglige pour
Quoique E certe matiere, ceux qui
ainilruire
Kiv
ce n'eft
jugemens des perfonnes injullice, fages, d'accufer
pas une très-grande des Iffes d'ètre des Comles Religieux
vendent leurs Sumerçans, 2 acheter parce qu'ils du pain, , du vin, des
toiles, eres pour des étoffes, & antres
de
dans le fond
I2ES
ne trouvent pas
rerres.
n'aye rien néglige pour
Quoique E certe matiere, ceux qui
ainilruire
Kiv --- Page 242 ---
224 Nowveanx Voyages Aux
1696. auront acquis plus de lumieres Mles
obligeront le Public de me les que moi,
niquer, afin que je lui en falle commuune feconde Édition de ces Mémoires part dans
s'ily y en a une, danslaquelle je ne man- >
fera querai pas de faire connoitre à qui on
redevable de ce que je dirai de
nouveau.
Des Mamnfablares
l'on pourroit Établir aux Ifes d s 3" des Marchandifes
que lony pest porter, C fier
a #n
ily
profit confidérable à faire. lefqmelles
L Es marchandifes que l'on tire des
Ifles fe font réduites julqu'a
au Sucre blanc & brut;
préfent
alindigo, au
Roucou, bac, à au Cacao, au Coton, au Ta2 la Canifice ou Caffe,ou Gengenbre, à l'écaille de Tortuc, , aux
Confitures, & à quelques Cuirs verds.
J'ai"parlé. caflez amplement de toutes Ces
marchandifes danslest trois premiers Tomes, il n'y a quele Cacao & le Chocolat que) j'ai remis au commencement du
fixiéme Volume. J'ai écrit les bonnes &x
les mauvaifes façons de ces
leurs défaurs > & la maniere denrées, de lcs. --- Page 243 ---
Frangoifes de PAmérique. 225
n'y être pas trompé.
1696.
connoitre > pour voilà affez de marchanJavoué
le fond d'un Commerce
difes
fare
très-confidérable pour
5 mais quel inconvénient y auroiti il de l'angr-nter bien encore de fes ?
Les revenus du Roi, & le
dans
doivent-ils être renfermez
Sujets des bornes auffi étroites, que silyavoit
évident à les accroitre, > en
un danger la culture du Thé, du Caffé s'
ellayant
de la Rubarbe, du Poivre,
du Senné,
fines, c'eft-à dire, de la
des Epiceries
de la Mufcade s
Canelle, du Gérofle 2
Manu-
& létabliffement de plufieurs dans la fuite s
faétures, dont je parlerai l'utilité, &c la fa
& dont je montrerai
cilité,
du Thé, il croit naturel- Ie Thé naA Tégard Ifles. Toutes les terres lui vient turellelement aux
ai vû en quantité à la mentaug: Mles,
font propres.jen & au Cul de- fac de la:MarBafleterre,
tinique. Onl l'appelle Thé fauvage, pareequ'il vient fans culture; cC qui peut:
chofe de fa vertu.
diminuer quelque arbrifleau de quatre à cinqi
C'eft un
foûtenu par une maipieds de hauteur,
l'arbrif
treffe racine aflez grolle, pour
de
feau qu'elle foûtient accompagnéc sétendent, 8
pluficurs racineaux s: qui Letronc nt
ds quanrité de chevelure: kW
tinique. Onl l'appelle Thé fauvage, pareequ'il vient fans culture; cC qui peut:
chofe de fa vertu.
diminuer quelque arbrifleau de quatre à cinqi
C'eft un
foûtenu par une maipieds de hauteur,
l'arbrif
treffe racine aflez grolle, pour
de
feau qu'elle foûtient accompagnéc sétendent, 8
pluficurs racineaux s: qui Letronc nt
ds quanrité de chevelure: kW --- Page 244 ---
226 Noveaux
1696, guéres
d'un Pyages AHY Mhes
demi TIEaLS diamétre, ponce ou d'un pouce &
da
point vû deplus
moins.n'en aije
de branches Rraternd délices, I'pouffe quantité
qui ont aufli-bien que le tronc fouples &
de moëlle. L'écorce des
un peu
verte & mince; celle du tronc branches eft eft
épaiffe & plus pâle. Tontesles
plus
& les rameaux qui cn fortent branches font
sraordinsirement feiilles
chargées de
exfermes,
petires:
fois plus longues dentelécs,environo deux
verd, bien nourries, que larges, d'un beau
n'ont prefque pas de fucculentes,6c queué.
qui
feiilles, Sa Aeur eft un Calice compofé de dix
&
les cinqextérieures font
pofées de maniere
vertes,
nent lesinnétieuresdansle qu'elles folitienféparation. Les cinq interieures point de leur
blanches, délicates, refendués
font:
milieu de leur hauteur. Elles renferment jufqu'aur
Rmt étaminées, dont le chapiteau eft
milicu d'unepouficre jaune ou dorée, au
fommer defquelles eft un piftil, quiafon:
chargé de petites
que impalpables comme de graines la
prefblanche. C'eft de la bafe de pouffiere
le freit fort; il eft
ce piftil que
de deux lobes, far chacun oblong, & compofé
sne rainûre, Il s'ouvre de defquelsilya.
lui-même - > --- Page 245 ---
Frangoifes de FAmerigue: 227
il eft mûr, & fe trouve plein de 1696.
quand très-perites femences ou graines rondes,
grifes, & aflez fermes, qui étant femées l'arlevent facilement, feuilles & produifent & les Aeurs
briffeau, dont recherche, les
& dont linfufont dans ce qu'on l'eau chaude fait la boifon orfion dinaire des Chinois, & des Peuples voifins, dont les Enropéens fe fervent à Mé- leur
imitation, & à laquelle ila plix aux bien:
decins d'attacher de grandes vertus,
moins réelles pourtant
le
rqu'y
les Marchands
le
RER
font
mice
Ces feiiilles étant cuéillies , expo(ées d'elau Soleil, fe féchent, & fe roulent
les-mêmes : ce quin'et pas particulier ie vulgaire
au Thé dela Chine, comme
fe le perfiade, puifqu'on le remarque font
dans: toutes fortes de feuilles Thé qui Amélongues-& délicates. Notre
auffi-bien
riquain a naturellement de violette. 2
eelui de la Chinel'odeur
eft vrai qu'il m'a femblé: quilPavoir
moins forte. Cela peur venir ciieilli deplaficurs avant:
eaufes, comme davoir été
fa parfitemanansé, ou troplongtems de
que lesfeiilles étoient mûres 9>
sar pas bien pris la faifon 8cla tem
pérature de l'air qui étoit convenable, enles loa
de lesavoir expolésau Soleil
Kvj
eelui de la Chinel'odeur
eft vrai qu'il m'a femblé: quilPavoir
moins forte. Cela peur venir ciieilli deplaficurs avant:
eaufes, comme davoir été
fa parfitemanansé, ou troplongtems de
que lesfeiilles étoient mûres 9>
sar pas bien pris la faifon 8cla tem
pérature de l'air qui étoit convenable, enles loa
de lesavoir expolésau Soleil
Kvj --- Page 246 ---
a 228 Nonveaux
1696. chant, quia fait Yayages AuX Ifes
leur odeur naturelle évaporer par fa chaleur
arrive aux Aleurs 2 des comme on voit
T"
Orangers, &c
mins, Citroniers 2 aux Rofes > aux
aux Tubéreules,
Jafprelque
qui ne rendent
pas d'odeur 2 lorfqu'elles font
expolées au Soleil, au lieu
baumentl'air
qu'elles emtin.
2. la. nuit, le foir & le ma
- Dans le fond il eft conflant
tre Thé a naturellement
nogu'il ne fera
cette
&
ECe
pas difficile de lui
ner autant qu'à celui de la. en donrecherchant: avec un. peu.
Chine, en.
tems propre à le cueillir, d'application & la
le:
de le faire
maniere
c'eft affirément fécher:e car pour tout lerefte,
la même chofc..
Un Chirurgien d'un Vaifleau de Nantes,-qui Trinité de chargeoit la.
au. Cul-de-fac de la
une partie conidérable Martinique, avoit. amafféqu'il vendit très bien de Thé.du pais *
pied de Thé de la Chine, en France, fur le
quiena avoient
Tous ceux
coup, &
Tacheleiealatoentbent
lesmèmes auroient roûjoursdemeuré dans:
voit
fentimens, file vendeur n'apas eudla inlimprudence de
que ce Thé venoit de la.)
dire,
qu'il neluiavoir coûté Martinique, &
le cucillir 2 & de lc faire que fécher la peinc de
fir H --- Page 247 ---
Franpoifas de FAmerigue. 229 1696x
linge au Soleil, en le remuant fouvent >
le faire fécher plus vité & plus égapour lement. Iln'en fallut pas davanrage pour
décrier fa marchandife, & pour y. trouver des défauts qu'on n'y avoit point re-
& dont on ne fe feroit peutmarquez, avifé; tant il eft vrai que Piêtre jamais préoccupée a plus de part
magination la raifon dans la plipart des ju
que
nous portons deschofes.
gemens
fois de ce Thé,8
J'ai 3E plufieurs
ai fait prendre à des gens qui paf
j'en foient
de bons connoiffeurs - > qui
n'ontjamais pidillinguer ceErme
d'avec celui de la
lui de la Martinique les eufle averti, que
Chine, quoique je leur préfentoit: il
des deux taffes qu'on de Thé des Iles. Toute
enavoit une
avois faite, étoit de
L tromperie confervé quejy dans une boëte oit il y
l'avoir avoit eu de PIris de Florence, pour avoit angmenter l'odeur de violette femblable qu'il à celui
déjas & le rendre plus fi les Chinois, ou
de la Chine. Qui içair
n'aident
ceux. qui le débitent artifice en Europe, leur marchanpoint dife à endie quelque cette odeur ?
Les Officiers d'un Vaiffeau François-,
venoit des grandesindes, frent préc
qui àM. Robert Intendant de Marine
fent
oit il y
l'avoir avoit eu de PIris de Florence, pour avoit angmenter l'odeur de violette femblable qu'il à celui
déjas & le rendre plus fi les Chinois, ou
de la Chine. Qui içair
n'aident
ceux. qui le débitent artifice en Europe, leur marchanpoint dife à endie quelque cette odeur ?
Les Officiers d'un Vaiffeau François-,
venoit des grandesindes, frent préc
qui àM. Robert Intendant de Marine
fent --- Page 248 ---
3696. à 230 Breft Norveaux Poyages anr
> & alors Intendant Mles
d'an peu dela
aux Iflesy
fcau du Thé. Ces graine quip produitl'arbrif -
dans le jardin
graines furent femées
verent facilement delInrendance, elles learbriffeaux bien , & produifirent des:
feiilles & de
chargez de Heurs, de
de mulriplier graines, dont il feroit ailé
affez l'efpéce
toute lEurope &
pour fournir
fans en aller cherclier T'Amérique fi
de Thé s
tant de tifques & de dépenfes. loin, & avec:
M. de la Gitarigue
lier de S. Louis, & Lieutenant Savigni, Chevade la Guadeloupe,
de Roi
de probité & de valeur quijoint à beaucoup
ce fort étenduë des
une connoiffanculture,
fimples & de leur
ayant eu de la mèmeg
venoir a droiture de-la
graine qui
Fon difoit être du Thé Chine, &
ma dans fonj jardin avec Impérial, de
la dee
cautions pour qu'elle ne fut grandes point préportée par lcs fourmis, , ou gârée emquelque accident.. Elle leva
par:
ment & produifit des arbriffeaux heureufes
beaux &c fort chargez. de
fort:
fe trouverent être les mêmes- feiilles, qui:
chofes, que notre Thé
en toutes:
vage, qui vient par tout prétendu en
fau-
& fans culrure; de forte
abondance les
yGS de cet Officier ne
Efclas'empes.
TRCIE --- Page 249 ---
Frangoifes de PAmerique. les avoit 237 fait 1696
cher de lui dire > qu'il cultiver un atbeaucoup travailler pour
dans une
briffeau 2 dont ils pouvoient de quoi charjournée lai en apporter
ger un Navire.
venue
On dira peutêtre quelagraine aux Ies 5
de la. Chine s'eft abarardie bled, aux
, 8c
comme ila arrive au
pois d'Euautres graines quel lon tran(porte l'ai moirope en Amérique, comme je
de
même remarqué au commencement la
eft aiféc..
mais réponfe
ces Mémoires; toutes les graines venuès
Il eft vrai que
d'abord: fort peur
d'Europe produifent maisce peu étant mis
de chofe aux Ifles; à merveille, &c multien terre infiniment, produit tant pour la grolleur,
plic
la Donté & la quantité de.ce:
que pour
Quand on pourroit diqui en provient, chofe des femences du Thé
rc la mème dela Chine, il faudroit dire
venuès
sûr RAE
les Créolles poduroloniceg cequ'il
Thé dans toute laperfecdbioneail. enfuite les
eft aifé d'éprouver, &. faire: ci-devant. fur
épreuves quej jai cuéilletre marquées des feiilles, la
le tems de la faire féchen& de-les conmaniere deles
femblablesentouferver pourless àcclles srendre de la Chine.On ira:
tes choles
loinse elles fe trouyerons
peut-être plus
les poduroloniceg cequ'il
Thé dans toute laperfecdbioneail. enfuite les
eft aifé d'éprouver, &. faire: ci-devant. fur
épreuves quej jai cuéilletre marquées des feiilles, la
le tems de la faire féchen& de-les conmaniere deles
femblablesentouferver pourless àcclles srendre de la Chine.On ira:
tes choles
loinse elles fe trouyerons
peut-être plus --- Page 250 ---
232 Nowveass Poyages
1696. meilleures, &cje n'en
anxlfer
vû qu'on puilfe fe défaire dourepoint, des poure
tions que lon a pour ce qui eft préven- étrancher. ger : qui vient de loin > & qui eft
Nos Infulaires, àquiil eft difficile de
rien reprocher farle chapitre de la
teffe &c de la magnificence,
poliThé comme onleprendchezles prennent le
de diftinétion. Ilsne
Chinois
Sucre dans la taffe, mais mettent point de
morceau de Sucre candi dans prennent la bouche un
qui fond lentement, & à mefure
avale le Thé, Lesefclaves quile fervent qu'on.
ont foin deremplir la taffeaurant de fois s
la laiffe droite fur la foucoupe, il
zuet la renverfer
boire: c'eft la quand on ne veut plus
femble
pratique de la Chine qui.
devoir accoinpagner la boiffon:
du qui en vient. Nous l'apprimes aux Mfles:
R. P. Tachard,
retour d'un de fes loriqu'il y paffa au
Jaieu vingt fois voyages la
en 16y.. étaut
Ifles de femer ouplanrer penfée du Caffé, aux
éprouver s'il y viendroir. Ce qui m'en pour a
empèché, eft l'erreur où j'értois encore:
alors, aufli-bien qu'une infinité de
de qui croyenr qu'on fait paffer les: dcs
Caffé par des leflives, ou par le fouts
pour faire mourir leur gerne, à peut --- Page 251 ---
Françoifes de PAmerigue. font1696. 237
comme on dit que les C
à
près
les graines qu'ils donnent
de toutes
Javois
leur en demandent.
ceux qui
dire la mème chofe du
aufli entendu
Mais
Gérofle & de la Mufcade. été
mon retour en Europe
fort
&c J'ai
par
l
défabufé,
E
ment
du Caffé,on
honnètes
qualégard
celle
d'autre façon que
n'y
aux Féves. 8:
RemErA
nous faifons aux Pois &c
ce que
le laiffe fécher au Soleil jufqu'a
la coffe ou Glique qui letenferne,sou. le fruit en
vre d'elle-mème, 2 & que
forte.
affuré
-
D'autres perfonnes m'ayant & lever du
qu'clles avoient vûi germer foraé à Paris, &
Caffé qu'elles avoient
c,Ten cheralors à Marfeille
me tronyant frais qu'il) y ebt, & fur tout
chai du plus étoit encore renfermé dans
de celui qui
trouvé environ
la coffe 5 & cn ayant
à nos Peres
trois livres : je les envoyai le femaflent
afin qu'ils
à la Marinique, différens & en des faifons
en des lieux
qu'ilsen fidifférentes. Il y a apparence &
auroient
rent un autre ufage, cûit qu'ils levé & produit
été bien fachez quil le lieu oi ils Tavoient
un arbre dans bien fait d'en avoir ufé
planté. Ils ont
très- certainede la forte S carjaiapptis
ayant
à nos Peres
trois livres : je les envoyai le femaflent
afin qu'ils
à la Marinique, différens & en des faifons
en des lieux
qu'ilsen fidifférentes. Il y a apparence &
auroient
rent un autre ufage, cûit qu'ils levé & produit
été bien fachez quil le lieu oi ils Tavoient
un arbre dans bien fait d'en avoir ufé
planté. Ils ont
très- certainede la forte S carjaiapptis --- Page 252 ---
234 Nowveaux
AHX
ment
8696.
Foyager
Tles
depuis ce tems-là que le Caffé
veut être mis cn terre non-feulement
auffi-tôr qu'on l'a tiré de la filique, mais
même dans le tems qu'on vient de la
détacher de l'arbre. Cetre condition
rendroit la culture du Gaffé
aux Ifles 5 fi les Hollandois impoffible n'avoient
pas fait préfent au Roi défunt
tems avant fa mort, de deux arbres quelque de
Caffé qui font adtuellement au Jardin
Royal, femé qui portent du fruit, qui étant
avec la précantion
je viens de
dire, produiront desa CatTEEN de leur
efpéce, Il feroit très-facile d'en
quelques uns dans des caiffes aux envoyer
où ils multiplieroient
1fle5,
ment s & deviend.oient immanquable- le fond d'un
très-grand commerce.
Ce que j'avois recommandé dans la
premiere Edition de mes
imprimée à Paris en 1722. s'eft Voyages accompli
depuis quelques années au grand
de nos Habitans des Ifles. La
profit
tiere de leurs cacoyers arrivée perte en-
& le peu d'apparence d'en faire en 1718.
d'autres, ayant réduit les petits Habi- venir
tans à une grande indigence, leur a fait
ouvrir lcs yeux > & ayant appris que les
Habitans de Cayenne avoient
cé avec fuccès de cultiver les commenarbres-qui --- Page 253 ---
Françoifes de PAmérigue. 235
portent le Caffe, ils crurent que ces ar- 1696;
dela
irbres les réconpenferoiente
de Jeurs cacoyers >
pouAargo
réparable avoir
s ou du
voient en
quelques pieds,
moins des fruits ou des graines qui pàcfentproduire ces arbres.
La difficulté n'étoit pas petite > car
s'étoit fauffement imaginé que les
on Hollandois établis à Surinam, qui en
années dans
avoient depuis quelques avoient foin de faire
leurs Habitations, fruits au four avant de les
vendre, paller ces afin de faire mouvoir leur germe, & les empècher
ce moyen de
prodnire l'arbre qui E porte 5 c'étoit
illufion, mais foit que cela fut vrai
ane
ileft certain que nos François
ou nom,
étoient tellement
de Cayenne en
perfuadez qu'ils ne croyoient croitre pouvoir &
à bout de
ntere
jamais de cultiver venir ces arbres dansleurs terres >
& ils feroient demeurez dans leurs faux
préjugez fi M. de la Motte Aigron,
Licutenant de Roi de Cayenne n'avoit
été obligé de faire un voyage en 1722,
à Surinam, Colonie Hollandoife à quatre-vingt lieués de Cayenne ? pour y
conclure un Traité avec les Officiers
Hollandois pour les Soldars déferteurs.
des deux Nations. Il vit les. arbres. qui
jamais de cultiver venir ces arbres dansleurs terres >
& ils feroient demeurez dans leurs faux
préjugez fi M. de la Motte Aigron,
Licutenant de Roi de Cayenne n'avoit
été obligé de faire un voyage en 1722,
à Surinam, Colonie Hollandoife à quatre-vingt lieués de Cayenne ? pour y
conclure un Traité avec les Officiers
Hollandois pour les Soldars déferteurs.
des deux Nations. Il vit les. arbres. qui --- Page 254 ---
236 Nowveaue
aux
1696. portent le Caffé. Il
de Mes
niere
la mg:
mSLar
mais il qu'on les cultivoit s il
fçût en même - tems Tapprit;
deffenda fous peine de la vie qu'il? à létoit
Habitans Hollandois d'en
tous-les
d'en donner un feul
vendre ou
avant qu'il fut entieremen: grain aux Etrangers
la chalcur du foleil ou du fec, foit par
on le difoir,
four, 3 comme'
pas, afin de faire quoiqu'on. ne le pratiquât
empècher
la mouvoir le germe, 2 - &c
duire
par qu'il fur propre à
un arbre.
proIl auroit été ainfi obligé de s'en
tourner fans cn pouvoir emporter re-.
lui, s'il n'eûr trouvé le nommé avec'
gues, ci-devant Habitant de
Morqui s'étoit reriré chez les Hollandois Cayenne,
horta pour quelques à
raifons. Il lui parla, l'exvenir avec lui à
ly engager il lai promit Cayenne de > &
Donnety l'économat de fon
lui
avec des avantages
Habitation,
vû qu'il lui fit avoir confidérables, feulement pourvre de Caffé en cofles, du plas une liquine fit que d'être dé:aché de frais, Larbre. &
Malgré le rifque qu'il y avoit
Morgues s'il avoit été découvert pour
plaifir qu'il avoit de rerourner > le
fes compatriotes
parmi
> &
qu'on lui promettoir, le Tétabliffement firent réfoudre --- Page 255 ---
Frangoifes de LAmériqne. 237
contenter M. de la Motte Aigron. 111696.
a lui fit trouver du Caffé tel quilen falloit pour le planters ils partirent enfemble fans que leurs coffres euffent été
vifitez, & ils arriverent en peu de jours
Cayenne. M. de la Motte Aigron fit planter
aufli-tôt mille ou douze cens graines de
Caffé dans fon Habitation. Il diftribua
le refte à fes amis, & tous eurent le
plaifir de les voir lever à merveille. En
moins de trois ans ils rapporterent du
fruit, de forte qu'en 1724. & 1725. il
en avoit plus de foixante mille pieds
y
& on en plantoir tous les jours;
portans, il ne falloit que cct arbre
enrichir
cetre Colonie, vû la
exatertersiese
traordinaire qui s'en fait dans toute
l'Europe- Il éft devenu tellement à la mode,
tout le monde s'en eft fait une haque bitude. Les Médecins l'ont approuvé 2
& en donnent cux-mèmes fexemple.
Is'agit à préfent de fçavoir lequel de
tous Ics Caffez cit le meilleur.
La Compagnie des Indes qui en fait
confidérable a Moca, a
un intérèt commerce de le faire paffer pour le meilleur qu'ily ait au monde, & le mème
intérét la porte encore à prôner.cclui
mode,
tout le monde s'en eft fait une haque bitude. Les Médecins l'ont approuvé 2
& en donnent cux-mèmes fexemple.
Is'agit à préfent de fçavoir lequel de
tous Ics Caffez cit le meilleur.
La Compagnie des Indes qui en fait
confidérable a Moca, a
un intérèt commerce de le faire paffer pour le meilleur qu'ily ait au monde, & le mème
intérét la porte encore à prôner.cclui --- Page 256 ---
238 Noiveaux Voyages AHx Ifes
$696. qui vient des Ifles de
Bourbon, 2 ci-devant Mafcareigne, & celui de l'Ife de
Bourbon, qui ifont de la conceffion
le Roi lui a accordée $ & pour
tomber
AlNc
celui de nos Colonies
fes de l'Amérique. Elle a fait Françoides repréfentations
pour cela
aufquelles la Cour
a eu égard, & le Caffé de Cayenne s'eft
trouvé chargé de vingt fols par livre
pour les droits d'entrée dans le Royaume, fauf aux habitans de le faire
dans les Pais Etrangers, dont on palfer leur
laiffe la liber:é,
On me permettra de faire iciune réflexion. Si le caffé de Cayenne & des
autres Mles Françoifes pafle en Hollande, ou dans les autres Pais
voilà une porte ouverte au Etrangers, commerce
avec les Etrangers : car les Hollandois
qui font de très-h habiles
& qui ne cherchent qu'à commerçans débiter leurs 9
marchandifes, ne manqueronr d'en
porter à Cayenne & de les troquer apdu caffé; &c comme ils ont le ralent pour de
les donner à bien meilleur marché
les François s celles mêmes
que
achetées en France,
qu'ils ont
de France
2 les marchandifes
n'auront que très-peu ou
point de débit dans cette Ifle > & les
plaintes des Directeurs du commerce --- Page 257 ---
Frangoifes de PAmerigue. 239
de recommencer 1696.
ne manqueront pas cesMellicurs, queltolijours; 5 & comme fe donnent, , & quelque
que. foin qu'ils
nombre de Commis qu'ils employent, ils
ne peuvent empêcher ce commerce, ruineufe
verront par une expérience
qu'ils entreprendront Timpoflible,
ce
auront trop de côres à
E.Er
& qu'ils que leurs Commis avec leurs gages les
médiocres saccommoderont avec
acheteurs & avec les vendeurs.
Que G le caffé de Cayenne & des autres Mles eft d'abord porté dans les Ports
du Royaume, & mis dans des magazins dans les
d'entrepôt, & envoyé enfuite
Pais Etrangers , les frais en confomme- feront tout le profit, & les habitans culture
ront contraints d'abandonner la deviende ces arbres, qui à la fin leur
droient inutiles & même à charge.
Les Habitans de la Martinique, où le
caffé vient dans toute fa perfedtion,
font dans le même cas > & ils feront
obligez de n'en cultiver que pour leur
ufage particulier, ou pour en vendre
queiques parties a X Vaiffeaux François
qui ie feiont entrer en France comme
ils pourront, & à beaucoup meilleur
marché que celui de la Compagnie 2
parce quil lcur aura beaucoup moins
coûté,
, qui à la fin leur
droient inutiles & même à charge.
Les Habitans de la Martinique, où le
caffé vient dans toute fa perfedtion,
font dans le même cas > & ils feront
obligez de n'en cultiver que pour leur
ufage particulier, ou pour en vendre
queiques parties a X Vaiffeaux François
qui ie feiont entrer en France comme
ils pourront, & à beaucoup meilleur
marché que celui de la Compagnie 2
parce quil lcur aura beaucoup moins
coûté, --- Page 258 ---
240 Nouveanx
aux IRes
1696. Jene crois pas 2ratr entrer dans le
détail des différences qu'on.prétend
y a entre le caffé qui vient des qu'il ifles
Françoifes de P'Amérique, 3 & celuivient d'Afie s.cela me-conduiroir qui
Join, & peur-être que les.démonftra- trop
tions que je pourrois faire fur ces marieres s ne feroient pas au goûr de tout
le monde.
Mais je ne puis m'empècher de dire
qu'on a fait un-grand nombre d'expé
riences à Paris & dans plulieurs Villes
de Province > & qu'on les.a réitérées
une infinité de fois, & cela devant des
perfonnes du premier rang, qui nonfeulement ont donné la préfétence au
caffé de la Martinique, mais qui ont
trouvé qu'il avoit des qualitez excellentes, & pour le goûr & pour la fanté
au-deffus de celui de Moca,
Mais je dis plus, S quand
ferions que le caffé des Ifles nous-fappode
Françoifes
l'Amérique ne feroitpas meilleur en
lui même que celui de l'Alies n'eft-il pas
certain qu'il doit être meilleur par accident ? 1°. On le peut avoir plus frais &
plus récent, & par conféquent encore
plus rempli de cette huile ou de ce
baume, en quoi confifte tout CC qu'on
Y peur remarquer de meilleur & de plus
çllenticl, --- Page 259 ---
Françoifes de PAmerigne. 241
effentiel. Cette huile eft en fi grande 1696.
la voit
fur la liquantité , qu'on la verfe nager dans les tafles.
Sent odeur quand eft on charmante 5 les gens les
plus délicats n'y trouvent rien à defiret;
& conviennent que le fameux caffé à la
Sultane, que les voyageurs de Moca relevent fi fort, n'a rien au-deffus dc celui
de l'Amérique.
avoir de frais ciieilli
2°. On en
deux fois CAIu année, un mois ou
fix femaines, ou deux mois après qu'il
a été détaché de l'arbre, au lieu que le
caffé d'Afie a totijours deux ans 2 &
fouvent bien plus s avant d'être arrivé
auxPorts de mer d'Europe. Que ne doitil
perdre pendant ce long tems qu'il
Lrer en mer ? & combien arrive-t-il de
fois qu'il eft moiiillé d'eau de mer 2
quil ie rancit, & qu'il contraéte une
mauvaife odeur qu'on ne lui peut faire
perdre qu'à force de l'expofer 40 foleil,
ou il acheve de confommer le peu qui
lui reftoit de baume.
Pourquoi s'efforce-t-on tant de donner la préférence au caffé qui vient de
Marfeille? C'eft uniquement parce qu'il
a fair par terre la plus grande partic du
chemin de Moca, quoique ccla ne foit
exaétement vral, comme il eft fa
pas Tome IV.
L
mauvaife odeur qu'on ne lui peut faire
perdre qu'à force de l'expofer 40 foleil,
ou il acheve de confommer le peu qui
lui reftoit de baume.
Pourquoi s'efforce-t-on tant de donner la préférence au caffé qui vient de
Marfeille? C'eft uniquement parce qu'il
a fair par terre la plus grande partic du
chemin de Moca, quoique ccla ne foit
exaétement vral, comme il eft fa
pas Tome IV.
L --- Page 260 ---
242 Nowveaux Vroyages aux
1696. cile de le prouver. On ne peut IAes nier
n'ait beaucoup plus abregé fon chemin qu'il
Romcs celui qui elt venu par le Cap de
Efpérance; mais celui qui vient
des Ifles Françoifes de lAmérique a cncore eu bien moins de chemin à faire,
& quand ileft arrivé. à quelqu'un de nos
Ports, il ne faut qu'un tems très-court
pour être porté à Paris, & à bien moins
de frais que celui qui vient de Moca.
Ajoûtez à cela que le trafc que la
Compagnie fait à Moca fe fait
tout en
prefque
argent & très-peu en marchandifes. Il n'en faudroit pas
pour le Jai faire interdire, car davantage l'argent
doir être confervé dans l'état doncileft
le foûtien & la bafe. Dà dire que l'on
ne porte à Moca que de l'argent d'Efpagne,c'eft fe mocquer des gens. Ne
fçait-on
l'argent d'E(pagne étant
apporté CLRTE le Royaume eft fondu &
marquéau coin du Roi, qui ne manque
pas de perdre toutes les fois que cC bénéfice lui échappe.
En troifiéme lieu, 3 les Habitans des
Ifles qui ont vendu leur caffé jufqu'a
vingt-cinq fols la livre les années pafc
fées, ou qu'ils l'ont envoyé
leur
compte fur ce pied li, ereiEentre trèsheurcux de le yendre en argent dix fols --- Page 261 ---
Françoifes de PAmbrigne. 243
la livre fur les lieux, à quoi fi on ajotte 1696.
deux fols pour le fret, autant pour le
droit d'entrée, & autant pour la commiflion, le magafinage & autres dépenfes,cene feroit que icize fols, & quand
lcs Marchands le vendroient vingt-cinq
fols , ce feroit un profit de cent pour
cent fur le premier achapr, & fi on le
poulloit jufqu'à trente fols, le profit ne
feroit il pas en état de contenter les
plus avides Marchands 2 Je me fers de
ce terme plurèr que de celui de confciencieux, 2 car les Marchands ne font pas
fufcepribles de ce point làs on fçait
la
régle de
fu:
Pintérêt eft
premiere
conduite, & qu'ils lui facrihent toutes
chofes. Les Habitans des Ifles auroient-ils a
fe plaindre s'ils étoient sûrs de vendre
leur caffé dix fols la livre ? La culture
des caffés eft très-aifée > toute forte de
terre y. eft bonne, ces arbres ne gârent
point les favannes, ils rapportent deux
fois par an 2 & quand les autres font dans
leur rapport > on peut compter qu'ils
rapportent par chaque année au moins
dix livres de caffé.
La confommation du caffé améne
avec elle la confommation du fucre,
il cft devenu tellemeat à la mode, que
Lij
ols la livre ? La culture
des caffés eft très-aifée > toute forte de
terre y. eft bonne, ces arbres ne gârent
point les favannes, ils rapportent deux
fois par an 2 & quand les autres font dans
leur rapport > on peut compter qu'ils
rapportent par chaque année au moins
dix livres de caffé.
La confommation du caffé améne
avec elle la confommation du fucre,
il cft devenu tellemeat à la mode, que
Lij --- Page 262 ---
244 Nowveaux Voyages anx IRès
1696. les plus petits Bourgeois ne s'en
vent plus palfer. Que fera-ce quand peu- il
fera à un prix raifonnable ? tout le
monde en voudra prendre, & la confommation du caffé & du fucre
mentera prefque à l'infini.
augEn peut-c on douter ? Les Médecins
l'ont approuvé & en prennent 5 car ce
ne feroit affez qu'ils en priffent, fi leur
approbationy manquoir. Quelques-uns
d'entre cux prennent beaucoup de vin
& mangent beaucoup de viandes, mais
ils recommandent la diette aux autres
& ne permettent le vin qu'avec des ref- >
triétions qui en font rejetter l'ufage,
Eft-ce qu'ils craignent d'en
ou de le faire encherir? Eft-ce manquer 5
aiment mieux le boire, que de le qu'ils laif
fer boire aux autres, aux dépens mêie
de leur fanté? Sicela eft, voili de quoi
bien augmenter le catalogue de leurs
Saints ? En voilà allez ce me femble
autorifer lulage du caffé, &
Lnnsite une panacée
pour
felle.
prelque univerLe caffé a été cultivé à la Martinique
un Peu plus tard qu'à Cayenne. Celui
y a cultivé eft provenu d'un ou
pieds d'arbres
er
qui éroient venus
du Jardin Royal de Paris, qui étoiene- --- Page 263 ---
Françoifes de PAmbriqne. 245
venus de ceux dont Meflieurs lesHollan- 1696.
dois avoient fait préfent all Roi défunt
d'immortelle mémoire.
ci-deM. de la Guarigne Surnilliée, détad'ue Compagnie
vant chée Capitaine de la Marine, & enfuite Colonel
des Milices de la Cabefterre à la Marticultiver ces arbres
nique - > Semprella de
de Sainte Maen fon jardin au quartier &c M. Blonrie, vers la fin de 1724.
fait drefdel, Intendant des Ifles, en a
un aéte dont je vais
fcr en fa préfence
fait voir le
donnerici la copic, qui
donne en
ImERe
grès des caffés, & qui
éxaéte de
fidéle &
tems une defcription
cet arbre : la voici. Intendant de Juf
Monfieur Blondel,I Finance & Marine des If
tice, Police,
les du Vent, s'étant trouvé aujourd'hui Monde Sainte Marie chez
au Quartier
ancien Colone! des
fieur deSurnillice, a vû dans fon jarMilices de cette Ifle, de caffé, & outre les
din pluficurs pieds
font hors de terre
autres neuf arbres qui
depuis vingt mois: fuivant le rapport
dudit ficur de Surnilliée, & ayant exade ces neuf arbres qui font à
miné un
& d'une force
peu près d'une grandeur d'une
fort droitrouvé
tige
egalc,illa dont le diamétre à Aeur de terre eft
tc,
Liij
, a vû dans fon jarMilices de cette Ifle, de caffé, & outre les
din pluficurs pieds
font hors de terre
autres neuf arbres qui
depuis vingt mois: fuivant le rapport
dudit ficur de Surnilliée, & ayant exade ces neuf arbres qui font à
miné un
& d'une force
peu près d'une grandeur d'une
fort droitrouvé
tige
egalc,illa dont le diamétre à Aeur de terre eft
tc,
Liij --- Page 264 ---
246 Nonveanx Yeyages anx
1696.d'un pouce &c demi,
Mles
nuant égalementj
toûjours en dimibres haut de fix jufqu'a la cime de l'arbranche eft élevée pieds de
5 la premiere
feulement
neufà dix pouces
conde
au-deffus du terrain ; la fca quatre pouces au-deffus de la
premicre. La troifiéme a trois
au-delfus de la feconde, & ainfi de pouccs fuite
julqu'à la cime. Les
toûijours de deux
Em
amétralement
en deux diaoppofées, & fortant de la
tige bre de par differens rumbsde vent au nomforme cinquante. huir branches, ce
un arbufte des plus agréables a qui la
vûé, bien garni, d'une figure ronde
depuis le bas jufqu'en haut, finiffant $
pain de Sucre.
en
La moyenne branche a
noeuds,
& les nauds
vingt
plus de vingt fruits moyens notés. proportioanels
La même branche en fournit
re d'autres petits à mefure
encocroît.
que l'arbre
Les feitilles font à
près comme
celles des Cerificrs om la forme &
dansla couleur, 2 mais un
fes, plus liflées & plus
plusépaic
aux ex.
MLtaL
trémitez, elles font tombantes & fortent de chaque noeud des branches, ainfi
que les branches fortent de la tige, --- Page 265 ---
Françoifes de TAmbrigne. douce 247 & 1696.
Les Aeurs font d'une odeur à celle du
reffemble
très-agréable, , qui Elles fortentde chaJallemin commun.
Ces neeuds
noeud des branches.
Roe fi près les uns des autres 2 que
l'arbre eft en Aeur, 2 la branche
quand
fortgarnie.
pourroit faire une guirlande des JujuLes fruits font de la figure
bes, d'abord d'une couleur verte , qui de
devient rouge lorfqu'ils approchent
leur matarité. contient deux graines,
Chaque fruit du frait verd & du fruit
il y a fur l'arbre
&
fruit
mûr en mème tems >
chaque
noué vient en maturité. arbre feront
Les productions de cet
ne fe
cxtrémement abondantes, ce qui
les
fçavoir au jufte que quand
pourra fruits auront été cueillis, parceque cct
bien rellembler à quanarbre pourroit
(ouvent font chargez
tité d'autres, qui fruits nouez, dont quclde Aeurs & de
viennent
féchent & ne
point
ques-uns
Ceft ce qui fera examiné
à maturité.
pour en rendans la fuite artentivement
dre compte.
plus de
Ily a dans l'Ife Martinique force
deux censa arbres de cette
de qui en
tent Aleurs & fruits 2 & plus
mille autres moins avancez, & quantité
Li iv
quanarbre pourroit
(ouvent font chargez
tité d'autres, qui fruits nouez, dont quclde Aeurs & de
viennent
féchent & ne
point
ques-uns
Ceft ce qui fera examiné
à maturité.
pour en rendans la fuite artentivement
dre compte.
plus de
Ily a dans l'Ife Martinique force
deux censa arbres de cette
de qui en
tent Aleurs & fruits 2 & plus
mille autres moins avancez, & quantité
Li iv --- Page 266 ---
248 Nowueaux Poyages dux Ies
1696, d'autres dont les graines font hors de
terre; de forte que l'on peut
ce fera une culture favorable elperer que
nies des Ifles du Vent. Fait à Sainte aux Colo- Marie de la Martinique chez M. du Surnilliée le 22 Février 1726.Signé, Blondel Jouvencourt.
Lc même M. de Surnilliée m'a marqué depuis que Ces neuf arbres dont
M. FIncendant parle dans l'acte ci-deffus, avoient produit dans une année &
à Tage d'environ deux ans
une livre & demie de caffé bien 2 quarante- feché,
outre plus de deux mille graines
avoir donné à fes amis
qu'il
fans
pour planter, &
compter ce qui lui a été volé.
Il m'affirra encore qu'il en auroit reeueilli quatre fois autant fans les fourmis & les puchons qui ont fait tomber
une infinité de Aeurs & de fruits naiffans.
Depuis ce tems-lion a travaillé à la
culture de ces arbresavec tant de
que les Habitans réduits à la mifere foin,
la perte de leurs
par
cacoyers 2 ont lieu d'ef
perer un fiécle d'or par la réuflite & le
produit de ces arbres, qui cft d'autant
plus affuré que ces fruits fe confommant
par la bouche s & devenant tous les
jours plus à la mode, la confommation --- Page 267 ---
Françoifes de PAmbrigue. 249
manquer de revenir tous lcs 1696,
ne fcauroit
jours plus confiderable.
Ic
D'ailleuss 2 l'arbre qui produic le
caffé n'eft point délicat, il fe cultive
aifément du monde ; les terrains
plus
rien tirer,
maigres dont on ne peut plus
lui font bons, ily germe, il y pouffe,
& ily produit un arbre très-beatt. ne
Les graines que T'on.veut planter fodoivent point avoir été féchées au
leil, encore moins au four. L'un & l'autre feroient fécher & mourir rlear germe,
On doit mettre tremper les graines
ou féves dans l'eau vingr-quarre heures
avant de les mettre en terre. Cette
fert à les amollir, & à
ELEAE
paration
de rompre plus aifément
lieu au germc
la graine &c dela pouffer.
dans
Pour l'ordinaite on les plante
nne caiffe remplie de bonne terre, c'eftà-dire, de celle dont on a ôté les pier
res & le gros fable. On les couche fur
leur plat, & on les couvre légérement moins
de terre, afin que le germe ait
les
de peine à la percer. On les éloigne
unes des autres d'environ trois pouces >
& on a foin de les arrofer tousl les jours, II
de maniere à ne les pas découvrir.
faut attendre fepca huitjours avant
alors il
la
e
legerme paroille.
rompt
Ly
on a ôté les pier
res & le gros fable. On les couche fur
leur plat, & on les couvre légérement moins
de terre, afin que le germe ait
les
de peine à la percer. On les éloigne
unes des autres d'environ trois pouces >
& on a foin de les arrofer tousl les jours, II
de maniere à ne les pas découvrir.
faut attendre fepca huitjours avant
alors il
la
e
legerme paroille.
rompt
Ly --- Page 268 ---
25o Nowveaux
aux
1696. quileretenoit, Fayager
Ifles
& pouffe une tige délicate, dontl'extrémité eft couverce des
parties évafécs de la féve même. Il ne
paroir en cet état que comme un piftil,
dont la tête en fe développane
en feiilles. 1l n'en paroît d'abord fechange
deux. La tige continuant de croître, que
centre en pouffe deux autres, & à me- > le
fiure qu'elle croît, le nombre des feuilles
croit > auffi elles font toûjours COuplées.
Quand ces tiges font arrivées à la hauteur de fix à
pouccs, & qa'elles ont
fix à hut
2 on
un
ET
de pluye, ( ou de rofée abondante prend
tems
les tranfporte dans le terrain
, & on
qu'on leur
apréparé,onle befche affez pronfondément, & on le nétoye avec foin de toutes fortes d'herbes & de racines. On ob.
fcive une diflance de fept à huit
entre chaque tige que l'on met en terre: pieds
on les plante à la ligne & en
s
& on prend garde
quinconge,
qu'elles ne foient
point expolces au vent deNord.
Cet arbre croft allez vite pourvi
qu'on ait foin d'empècher qu'il ne foit
Foint fuffoqué par les heibes que la terre
prodnit abondamment dans CCS
chauds & humides; il croît de
foit rond.
.IMS
Ses branches ou fcs rameaux --- Page 269 ---
Frangoifes de TAmérique. 251 1696.
eroiffent avec beaucoup de regularité, dixquinze ou
& font un effetagréablci deux ans aul plus, ,on en
huit mois, ou
de diamétre, - 2 & de
voit de deux pouces de hauteur en tige *.
&
fept à huit pieds
en branches.
mieux comparer
On ne peut guere cerife fort adhéle fruit qu'a une petite d'un affez
rente à la branche, &
rouge; de fa
il noircit un peu en approchant affurée qu'il
maturité, c'eft la marque
eft tems de le citcillir. La
fortes rougedrenferme
Ircnee
tre ou noirâtre l'une contre Vautre, d
melles accolées
on
font un
molles S gluantes quau.d
les tire 3CT la coque. A mefurc que cette
(e féche, clle devient comme un
parchemin peau
qu'on rompt & qu'on ôte.aifément. Celt après ce dépotillement la
les deux féves paroilfent, & que
que mince
elt entre deux tombe
peau d'elle-mème, E féves ainfi dépolillées
font entaflées dans une chambre ou grenier à l'abri de la pluye, de Thumidité, -
du vent & du foleil, elles s'échauffent du
ainfi, & pour me fervir des termes
pais elles relffient, &c cette préparation
leur eft néceffaire pour confommer une
partie de Thuile qu'elles renferment 2
qui a une icreté & un goût de verd qui
L vj
au d'elle-mème, E féves ainfi dépolillées
font entaflées dans une chambre ou grenier à l'abri de la pluye, de Thumidité, -
du vent & du foleil, elles s'échauffent du
ainfi, & pour me fervir des termes
pais elles relffient, &c cette préparation
leur eft néceffaire pour confommer une
partie de Thuile qu'elles renferment 2
qui a une icreté & un goût de verd qui
L vj --- Page 270 ---
252 Nonveaux
Aux
1696.ne plait pas à tout le
en a
il
E
y
Afita
trop.
On pourroit cfayer de faire
lcs coques entieres avant d'en tirer reffirer les
féves, peut-être trouveroit. on dans
cette pratique quelque chofe de meilleur que dans la précédente. Ces
rienccs coûtent peu dans lc
& expé- un
Habitant habile ne doit rien pais,
de ce qui peut contribuer à négliger
ner fa marchandife.
perfectionCet arbre porte deux fois
née. La récolte
chaque anfituez au Nordde la d'hyver dans les pais
de Mai, &. celle d'Eté ligne fe fait au mois
vembre.
au mois de No
deux On récoltes pourroit encore examiner fi les
font égales en
&c
en bonté,
quantité
Au refte, l'entretien de ces arbres eft
fort aifé quand ils couvrent une fois
leur terre. Leur ombre empèche les
mauvaifesherbes de pouffer àl leur
&c il n'en faut pas
On pied,
roit cependant avertir davantage.
pourtivent
ceux qui les culqu'ils feroient fort bien de faire
bécher une fois ou deux
année
un pied ou deux au tour de chaque chaque pied
darbre, afin que la pluye & les rofées
pénétraffent le terrain plus aifénient. Og --- Page 271 ---
Frangoifes de PAmbrigne. 253
beaucoup efpérer de ce travail. 1696.
pourroit
avant de partir des Ifles Le Poi- -
Quelques-tems: femé du Poivre, dans une caille VICE
javois pleine de terre : ilen étoitlevé quelques
aflez bien, dont les jets avoient
grains
de hauteur quand
plus de quatre pouces fjercommandail ila caifjemfembanqual
fans sluie dire ce
feàun de nos Négres,
que
c'éroityelpérant de trouver mes plantes
en bon état à mon retour. Mais comme
mon voyage a été plus long que je ne
penfois 2 & qu'il y a peu d'apparence ici cC
que je retourne aux Ifles, , jécris
commencé, afin que ceux
que Javois
Mémoires
culqui verront ccs
feroit puilfent d'un trèstiver cet arbriffeau qui ie Pais & pour le
grand profit pour
de reRoyaume. Car pourquoi inégliger
cucillir chez nous, quand nous le
nous allons
Soue
vons, une chofe que de rifques & de décher avecbeaucoup
penfes chez les Etrangers : fines
fuis
A l'égard des épiceries
s je de les
perfuadé quiln'eft pas impoflible voudra
cultiver dans nos Iiles dès qu'on
faire les dépenfes néccllaires pour cela,
& ne fe rebuter pas, comme on fait ordinairement, lorfqu'on trouve des difficultez dans le commencement, & qu'on
ne réiffit pas du premier coup.
ons, une chofe que de rifques & de décher avecbeaucoup
penfes chez les Etrangers : fines
fuis
A l'égard des épiceries
s je de les
perfuadé quiln'eft pas impoflible voudra
cultiver dans nos Iiles dès qu'on
faire les dépenfes néccllaires pour cela,
& ne fe rebuter pas, comme on fait ordinairement, lorfqu'on trouve des difficultez dans le commencement, & qu'on
ne réiffit pas du premier coup. --- Page 272 ---
Dhaho 254 Nouveans Troynges anx IRes
1696. C'eft un bruit commun à la Guadeloupe
quand les Holiandois chaffez
du
y furent
>
Ecdir
reçis un d'eux plus
curieux que les autres, y avoit apporté
un Mufcadier qu'il avoit mis en terre
dans fon Habiration, où cet arbre
fitoit à merveille,
pro-
> & auroit infailliblement apporté du fruit, qui auroit fervià
multiplier fon efpéce, fi un autre Hol-.
landois en ayant eu connoiflance, & jaloux dece queles Françoisalloient avoir
ce trefor pour lequel ceux de fa Nation
ont foûtenu tant de guerres, & fait tant
de dépenfes, ne l'avoir arraché pendant
la nuit & brûlé. Quelque diligence que
jaye pû faire > je n'ai jamais pû fçavoir
fi cet Hollandoisavoir apporté cct aibre
des Indes Orientales, ouI s'il l'avoit fait
venir de femence au Brefil. Quoiqu'il en
foit, je ne croi pas qu'il fàr impoffible
de gagner quelqu'un des Gardiens des
Mlesoule Gérofle & la mufcade naiffent,
pour en avoir quelques pieds, les cultiver pendant quelque tems à Mafcareigne, ou dans les endroits où la Compagnie a des Erabliffemens & des Comptoirs, en étudier la culture, & puis en
tranfporter l'efpéce dans nos ifles, où il
feroit taifé de lai trouver un terrain propre, foit par fa nature, foit par fon cXa
pofition au folcil,
des Gardiens des
Mlesoule Gérofle & la mufcade naiffent,
pour en avoir quelques pieds, les cultiver pendant quelque tems à Mafcareigne, ou dans les endroits où la Compagnie a des Erabliffemens & des Comptoirs, en étudier la culture, & puis en
tranfporter l'efpéce dans nos ifles, où il
feroit taifé de lai trouver un terrain propre, foit par fa nature, foit par fon cXa
pofition au folcil, --- Page 273 ---
RPJCB --- Page 274 ---
Omidres 255.
Pomme de Canelle
/
a
C60s --- Page 275 ---
Françoifes de LAmbrique. voir 255 cel 1696.
Quant à la Canelle , on feconde peut Partic 3 La Cae
que fen ai dit dans ma
bârarde, ou nelle,
en parlant de la Canelle c'eft la même chofe.
Bois d'Inde, car
dans T'HiftoiJean Ribeyro Porugais., de PIfe de Ceylan en
re qu'il a donnée d'une maniere, qu'il eft
a685. la décrit
reconnoitre dansla
impoflible de ne pas fait, l'arbre à qui nos
peinrure qu'il en ont donné le nom de
premiers François Ceft la mème feuille, la
Bois d'inde.
vrai
même odeur 1e 2 le même fruit. Ileft Hles font
les Bois d'Inde de nos
beaucoup que
plus grands &
gros que
de Ceylan. Riee ne faut pas
les Caneliers ils ontbien des années,8
s'en étonner;i des fiécles. L'écorce dont O1
peut-êetre
eft
épaifle, & a une
les dépolille
ce qui fait
un
Pzr
odeur & goàr gérofle, les Portugais en
que les Italiens, à qui
confidérable
envoyent une quanrité - , & en faire
pour la réduire en poudre douce, la nomce qu'on appelle Tépice c'efl-à-dire >
ment Canella garofenata,
ne
Canelle gérofice. Peut. - ètre qu'on de
fort
gétrouveroit pas ce goûr de trop nos Bois d'inrofe dans les écorces d'en dépotiller
de, fi on fe contentoit & les plus jeufeulement les
petits de la feconde
nes, & de ne E2 fervir que
en faire
pour la réduire en poudre douce, la nomce qu'on appelle Tépice c'efl-à-dire >
ment Canella garofenata,
ne
Canelle gérofice. Peut. - ètre qu'on de
fort
gétrouveroit pas ce goûr de trop nos Bois d'inrofe dans les écorces d'en dépotiller
de, fi on fe contentoit & les plus jeufeulement les
petits de la feconde
nes, & de ne E2 fervir que --- Page 276 ---
256 Nowveaux
anx
1966. écorce > ou écorce
Ifes
toujours
s qui eft
ngrarg
plus fine & plus délicate
ne odeur plus douce.
& d'aOn fçait que les Portugais ont un
grand nombre de Canelicrs au
foit qu'ils en
Brefil,
eux quand ils apentapporélefpaéce furent obligez
avec
ner IIlle de Ceylan, foit d'abandonfait venir depuis, foit qu'ils qu'ils l'ayent
réc de la côte de Malabar,
l'ayent tite
quien eft touremplie, 3 Oil de la Chine, de la
chinchine . > des Ifles de Timor & Co- de
Mindanao, car cet arbre fe trouve
une infinité d'endroits. Il eft fir dans les
Caneliers viennent parfaitementau que
fil, & qu'encore qu'ils ne foient
Breparfaits que ceux d'une contrée pasaufli
de
de l'Ile
vir Ceylan, & des'en on ne laiffe pas de s'en ferde
bien trouver. Car il eft bon
Ceylan remarquer n'eft que toute la Canelle de
également
y a une Aaime
bonne; &c il
qui croît depuis très-grande entre celle
lombo, & celle Ceyra Vaca jhfqu'à Codumalé
qui vient depais Grujufqu'à Tenevaré, Or
un homme pafferoir
comme
s'ilnevouloitl boire pour un ridicule,
que du vin deChampagne, & encore de celui qui eft le
excellent à quelque prix qu'il fit, plus &c
quelque peine qu'il fallàr prendre
pour --- Page 277 ---
Frangifes de T Amérigue. 257
défaut il al- 1696.
e en avoir > & qu'à fon de l'eau, de
mât mieux ne boire que elt widicule
mème il me femble qu'il frais chez fes
d'aller chercher à grands
foiàbon
voilins ce qu'on peitavoircher inferieure
marché, d'une qualité un
auroit
àla verité, mais dont il S
diminuer la dofe pour lui faire
RSE
le même effet. eft-on bien'sûr que les HolD'ailleurs fc font rendus maitres du
landois, qui
que
commerce de Ceylan, > n'apportent Vaca, ,8
la Canelle excellente de Ceyra
,&
n'y mèlent point
dc Colombo, qu'ils de celle des autres enLa parties différence que l'on remarque
balle de
TT
entre les paquets, qui font une
Canelle, eft quelquefois trop grande $
lieu de croire qu'elpour ne pasdomner toute du même endroit.
le ne vient pas
la bonne
On ne fçait que trop > que
foi des Marchands nc va pas jufqu'an
fcrupule.
nos Infulaires François
Ainfi quand bois d'Inde ou les Cacalriveroientles
croiffent naturellenelles bârardes qui
auroient foin de
ment chez eux > qu'ils font arrivez à une
les abbattre dès qu'ils
trop
certaine gefeatarceerdeset les
& trop materielle > qu'ils
épaille >
ne vient pas
la bonne
On ne fçait que trop > que
foi des Marchands nc va pas jufqu'an
fcrupule.
nos Infulaires François
Ainfi quand bois d'Inde ou les Cacalriveroientles
croiffent naturellenelles bârardes qui
auroient foin de
ment chez eux > qu'ils font arrivez à une
les abbattre dès qu'ils
trop
certaine gefeatarceerdeset les
& trop materielle > qu'ils
épaille > --- Page 278 ---
258 Norveanx Voyages anx
1696. dépottilleroient feulement
Ihes
ans, &
tous les trois
conde qu'ils ne prendroient que la fcécorce. Ne rendroient-ils
fervice confidérable à leur
pas un
lui fourniffant à bon marché Nation, en
que les Etrangers lui vendent une fi chofe,
& ne fe feroient-ils
cher ;
pas à eux-mêmes
un revenu confidérable d'une chofe
leur coûteroit fi peu de travail & de qui dépenfe?
Que fiaprès sdes expériences
& faites avec fagelffe &
réiterées
pouvoir
patience, on ne
pas rendre nos Cancliers natu- 1
rels, auffi bons que ceux de
pourroit on pas cultiver de ceux Ceylan, du Bre- ne
fil,ou de ceux des Indes
nos Vaiffeaux nous
Orientales, que
même des meilleurs de apporteroient - > &c
toute la vigilance de Ceylan, malgré
dent.
CCuX qui les garCafle,
J'ai parlé de la Caffe OLI Canifice
ma premicre Partie, où le Leéteur dans
ra voir ce quej'en dis, & fe convaincre pourdelinatilicqnilya d'aller acheter
le Levant à prix d'argent
dans
une drogue
quel'onpeur de
avoir dans nosl lfles en troc
& le marchandifes,cc qui eftle veritable
la Calle plus savanrageux des Ifles
commerce,faur tout
étant meilleure, & la
pouvant avoir toujours récente. --- Page 279 ---
Trangoifer de PAmerigue. 259 1696.
Outrele Canificierq qui eft un très-gros
arbre, nous avons un petit arbriffeau, Caflier, Senné,
communément
qu'on appelle
: car il ne
quoique tesimproprement d'ailleursileft foipoint de Caffe, à plus dc deux ou
Eer ne ctoût jamais
& ne porte du
trois pieds de hauteur, filiques, qui
fruit que de très-petites Ce quila de bon
renferment fa graine. Elles font fi femblables
font fes feitilles..)
toutes leurs
à celles du Senné éen
parties, du:
eft impoflible de les diftinguer
qu'il
vient du Levant > avec cet
Senné qni
en ont la vertu en déavantage qu'elles Les gens fages ne fe fergré (upericur. d'autre Senné dans noslfles,
vent point fculement d'en mettre une
obfervant
dans les médecines ou
dofe plus remédes petite dans lefquels on les fait
autres
entrer.
ne fe fervir en France
On pourroit la Caffe & du Senné venant des
que de
auroit
récentes, & à
Ifles, on les
plus
vient du
meilleur marché que cC qui
Levant.
l'écorce des
Qnand on n'emploiroit d'eau falée qu'à
paletuviers Oll mangles
encore
tanner les cuirs, ne feroit-ce pas 2 On le
de quoi faire un bon commerce toute
fubftituer dans prefque
poutroit
ir en France
On pourroit la Caffe & du Senné venant des
que de
auroit
récentes, & à
Ifles, on les
plus
vient du
meilleur marché que cC qui
Levant.
l'écorce des
Qnand on n'emploiroit d'eau falée qu'à
paletuviers Oll mangles
encore
tanner les cuirs, ne feroit-ce pas 2 On le
de quoi faire un bon commerce toute
fubftituer dans prefque
poutroit --- Page 280 ---
260 Nowvealix
aux
1696. l'Italie à certains Toyages glands
Iples
valonée,
qu'on appelle
qu'on va chercher fur les Côtes
deDalmarie, aux Ifles de l'Archipel, &c
dans les Echelles du Levant pour tanner
les cuirs.
Il eft certain que fion vouloit
des Oliviers dans nos Illes, ils planter y viendroient en perfection, & qu'ils
teroient plurôr, & plus
qu'en
grionee
Europe, fans être fuajets àla
qui les fait mourir. Ces arbres
geléc
cheroient point que le bétail ne n'empe. pûr
trc dans les favannes, où on les
pairoit, aul
plantecontraire, 3 ils leur donneroient
de T'ombre; & pufquie les Oliviers fauvages y croiffent en perfection & fans
culture dans les bois, & fir lesbords de
Oliviers, la mer , qui empècheroit les Oliviers
francs d'y venir?
Un Habitant de laMartinique nommé
lc fieur d'Orange en avoit un
de
fa maifon, qui fut abattu
auprès
& que l'on.trouva tour par accident,
Tous
chargé de fruit.
nos Habitans fçavent cela > &c
voyent bien le proft confiderable qu'ils
feroient fir Thuile qu'ils recu@illeroient
chez eux 5 mais leur indolence fur ce
point, & fur quantité d'autres chofes
n'eft pas pardonnable; & quand ils devroient s'cn fâcher, je ne celferai Jamais --- Page 281 ---
Frangoifes de PAmerique. 261
de la leur reprocher. Craignent-ils que 1696,
Phuile qu'ils feroient chez eux nc porte
préjudice à cellequ'on recuéille en Provence & en Languedoc : Mais tout le
monde fçait 2 que ces deux Provinces celle
n'ont jamais été en état de fournir
qui eft néceffaire pour tout le Royaume, d'al-
& que les Marchands font obligez de Porler enlever les huiles d'Efpagne,
tugal, de la Côte de Gennes, du Royaume de Naples, de Sicile, & de pluficurs
endroits du Levant > pour fournir aux
befoins du Royaume. Quelle néceffité 2
je vous prie,y y a-t-il d'enrichir nos voifins, toujours jaloux de notre bonheur,
&
& fouvent nos ennemis déclarez,
d'aller acheter leurs denrées, quand nous
les pouvons tirer de notre cru en affez
grande quantité pour nous en- fournir 2
dans les endroits
& pour en tranfporter
qui en manquent? du Roi étoit fur le
Le fieur Jacques
point d'établir une VetreticalaMatini furvint.
lorfquela Guerre de 1688.
que,
d'exécuter fon
Ce fut ce quilempècha manqué dc réiifprojet, quin'auroiry pas dansle
tout
firspuilque nous avons
pais Manuce qui eft néceffaire pour cette
toufaéture. On - fçait que les fougeres de
rc elpéce n'y manquent pas, on trouve
Roi étoit fur le
Le fieur Jacques
point d'établir une VetreticalaMatini furvint.
lorfquela Guerre de 1688.
que,
d'exécuter fon
Ce fut ce quilempècha manqué dc réiifprojet, quin'auroiry pas dansle
tout
firspuilque nous avons
pais Manuce qui eft néceffaire pour cette
toufaéture. On - fçait que les fougeres de
rc elpéce n'y manquent pas, on trouve --- Page 282 ---
262 Noirveaux Foynges Aux
1696. des cailloux blancs & autres tant IRes
en veut dans les rivieres, & le qu'on
dcs Ifles eft rempli de bois
centre
battis donneroit lieu à faire des > dont l'aCacaotieres, ou des plans d'autres arbres. Il
eft vrai que cette Manufaéture ne trouveroit pas fon débouchement en
Verrerie. odily a déja allez de Verreries établies; France,
mais on ne laifferoit pas d'en tirer un
profit confidérable, non-feulement
Ia confommation qui s'en fait dans par le
pais, & qui augmenteroit bien davantage, mais encore parla quantiréqu'on en
la pourroit tranfporter chez nos voifins de
terre ferme, où cette marchandifeferoit bien vendué.
Gomes,
On trouve dans toutes nos Ifles une
quantiré très confidérable de
de différentes efpéces. J'ai parléde gommes
ques- uns dans ces Mémoires, & quel- j'ai
rapporté cC que je Içavois de leurs vertus,
8-desulages aufquels on les pouvoit employer 5 mais ces remarqués n'ont
été fort loin, parceque mes connoiflan- pas
ces n'étoient pas fort étendués. Le Médecin Surian, le P. Plumier & autres
que la Cour a entretenu fur les lieuix 2
auroient dii ne pas négliger cet article. >
Cequily a de certain, c'eft que julqu'à
ptéfcur perfonne; nes'eft tavifé de recuéil. --- Page 283 ---
Françoifes de PAmerique. 263
lir ces gommes, & d effayer d'en faire 1696.
quelque commerce. Eft-ce indolence >
ou ignorance 2 le Leéteur en jugera comme 91 le trouvera à propos.
Ce que j'ai remarqué dans mon voyageàla Souphriere de la Guadeloupe,fait
voir que nous y. avons abondamment du
fouffre & de l'alun. Je fçai que CcS deux
chofes ne font pas d'une fort grande conféquence : cependant elles font dufge,
on en confomme beaucoup. J'ai vû étant
à Civita Vechia quantité de Barques de
Provence & de Languedoc, J
qui venoient
charger l'alun que l'on fait à deux ou,
trois lieiies de cette ville 2 & d'autres
qui prenoient le fouffre qui y étoit apporté de différens endroits des Terres
de l'Eglife, & du Grand Duc de Tofcane. Ouelle neceflité d'aller chercher
chez les Etrangers, ce qu'on peut trouver chez foi ? J'ai étudié avec application tout CC qui regarde la fabrique de
l'alun,j j'efpere en inftruire à fond mes
compatriotes dans un autre Ouvrage.
J"avois remarqué étant chez les E(-
pagnols, qu'ils font une prodigieufe coniommation de Safran 0 > ils en mettent
dans prefque tout ce qu'ils mangent, &
ils ne font pas feuls > les Iraliens & les
Peuples du Nord aufli - bien que les
qu'on peut trouver chez foi ? J'ai étudié avec application tout CC qui regarde la fabrique de
l'alun,j j'efpere en inftruire à fond mes
compatriotes dans un autre Ouvrage.
J"avois remarqué étant chez les E(-
pagnols, qu'ils font une prodigieufe coniommation de Safran 0 > ils en mettent
dans prefque tout ce qu'ils mangent, &
ils ne font pas feuls > les Iraliens & les
Peuples du Nord aufli - bien que les --- Page 284 ---
264 Nonveanx
1696. Turcs , &c les
Vayages Aux Ifes
beaucoup. Ils Afiatiques en ufent anfi
meilleur pour prétendent la
que rien n'eft
fur leur
poitrine. Jel lesen croi
Safian. avec perfonnc. parole: : car je ne veux de procès
de la confommation Gequejarois de
remarqué
venir la penfée d'en introduire'lac ce fimple me fit
dans nos Hiles, oui iln'y : a
de culture
te qu'il n'eût profité à merveille, point
dourapporté bicn plus qu'en
&
me trouvant dans le Comtat Europe. Ainfi
à mon premier retour
d'Avignon
ftruifis de tout ce qui ditalice,) regarde je m'inplante, du terrain quilui eft lc
cette
pre, de fon
plus
tems de mettre expofition les
au Soleil, Pa >
les lever, de leur maturité, oignons en terre, de
de tour cC qui pouvoit faire rétiflir en un mor,
deffein. J'achetai environ cent
mon
ces oignons quej'encaiffai
livres de
& quej je fis charger avec d'autres proprement, chofcs
que j'envoyois aux lfes; 5 &c
un jeune homme du Comtar J'engageai
tendoit parfairement bien la > qui encette plante, 2 de venir avec moi culture iàPA- de
mérique, pour donner
cette nouvelle marchandife, commencementd
Jene
sità merveille domemllemenqyeller aux
ne réiifclimat, la bonté du Illes, la chaleur.du
terrain, &la facilité
qu'il --- Page 285 ---
Francoifts de PAmérigne. 265
epsilyale cultiver les plantes qui ontdes 1696.
oignons, , me perfuadent que ceux qui
voudroient prendre ccfoin, feroientdes
profits confidérables, quand même
débit, ils la Dour
en faire un plus grand
(e
neroient à meilleur marché qu'elle ne
donne ordinairement,) parcequ'ils pourroient faire deux récoltes par an, , au lieu
qu'on cft heureux en Europe, 2 lorfqu'on
en peut faire une qui foit un peu bonne.
- Des raifonsqui ne font poinidecesMemoires m'ayant retenu en Europe , mon
projet n'a point eu de fuite, & mes oignons ont été négligez. J'exhorte cela
pendant mes compatriotes d'éprouver
culture de cette planse, il ne faut pref-
& ils
que ni travail, 2 ni dépenfe,
pourront faire un profit confidérable.
On avoit commencé à élever des vers
à foyei la Marcinique, > & q.oiqu'on ait
ahundountc@mMtinf-dari par - lesp plus
mauvaifes raifons du monde, ily a encore un très-grand nombre de mûriers La Soyel
b'ancs far pied, qui femblent inviter
nos Habitans à s'attacher de nouveau à
ce riche commerce.
Le feur Piquet de la Calle, Commis
principalde la Compagnie de 1664-avoit
commencé à faire de à la foye fur fon Habitation, en la Paroiffe de Sainte Marie
lome I/.
M'
@mMtinf-dari par - lesp plus
mauvaifes raifons du monde, ily a encore un très-grand nombre de mûriers La Soyel
b'ancs far pied, qui femblent inviter
nos Habitans à s'attacher de nouveau à
ce riche commerce.
Le feur Piquet de la Calle, Commis
principalde la Compagnie de 1664-avoit
commencé à faire de à la foye fur fon Habitation, en la Paroiffe de Sainte Marie
lome I/.
M' --- Page 286 ---
266 Nowveaux
1696.à la Cabefterre de Yoyages la
auv Ifes
Provençal aufli-bien Martinique. Il étoie
par conféquent
que fon époufe, &
nufaéture. Il accoûtumez à cette maheureufement y rétiflit le premier, & fi
des
qu'il fur en étar
écheveaux de fa foye à M. d'envoyer
cc Miniftre
Colbert,
la gloire de incomparable, fon
fi zèlé pour
blilfemenrdes Princc, & pour fétaColonies,
dire le pere. Ce Miniftre qu'on l'en peut
de faire voir ces nouvelles ne manqua
qui en fut fi
foyes au
RSTs
delaCalle content 2 qu'il donna au Sr
écus
une gratification de
cens
>
cing
pour Tencourager à
cette Manufachure, & exciter pourfiivre les
habitansi l'imiter. Rien au
autres
roit été plus
monden'anà nos Colonics avantageux au Royaume &c
2 puifque nous
trouvé chez 1 nous ce que nous. allons aurions
cher chez les Etrangers,
cherfent à nos
qui s'enrichif.
voulions dépens 3 aul lieu que fi nous
nous donnerun peu de mouvement, nous les obligerions d'avoir
cours à nous > & de nous
reapporter leur
chercher argent, > pour avoir ce que nous allons
chez eux.
On avoit pourtant abandonné
Manufacture avant
cette
Iles,& cela
que j'arrivaffe aux
fourmis & les uniquement, ravets dont parceque les
j'ai parlé dans --- Page 287 ---
Françoifes de PAmbrique. 267
ma feconde Particsatachoients aux vers, 1696.
aux cocons & aux cufs, & y faifoient
du ravage. Mais on pouvoit, & on peut
encore à préfent, & on le pourra toujours quand on voudra remédier à ces
accidens,& comme on a tronvélemoien
de garantir bien d'autres chofes des atraques de cesinfedtes, on pourra aufli en
gatantir les vers à foye, qui feront d'un
rapport d'autant plus grand qu'il fera
continuel, parceque les mûriers étant
roujours chargez de feiiilles, on
éclore les ceufs dès
Teront
faire
qu'ils
faits, & avoir ainfi une récolte continuelle.
Jai parlé du Coton dans un autre endroit, auquelje renvoye le Leéteur, afin
qu'il y. puille voir avee quelle facilité
on cultive l'arbriffeau qui le porte, le
profit certain qu'ily a far cette marchandife, & combien celui des Ifles furpaffe Coton;
en beauté 2 longueur > fineffe & blancheur, tout celui qu'on apporte du Levant. Je pourrois remarquer ici en paffant , que tous les étrangers nous donnent continuellement un cxemple que
nous devrions fuivre, & que nous ne
fuivons point. Ils empèchent l'entrée
chez eux des marchandifes étrangeres D
quand ils en fabriquent dc pareilles, &
M ij
ily a far cette marchandife, & combien celui des Ifles furpaffe Coton;
en beauté 2 longueur > fineffe & blancheur, tout celui qu'on apporte du Levant. Je pourrois remarquer ici en paffant , que tous les étrangers nous donnent continuellement un cxemple que
nous devrions fuivre, & que nous ne
fuivons point. Ils empèchent l'entrée
chez eux des marchandifes étrangeres D
quand ils en fabriquent dc pareilles, &
M ij --- Page 288 ---
268 Nowveaux Voyages aux IRes
1696.9 qu'ils en font affez pour leurs befoins ;
ou pour faire rouler leur Commerce,
Voilà le cas où nous fommes. Il eft certain que nos Ifles peuvent fournir
de Coton quele Royaume, & les
voifius
Lt:
ou éloignez, où nous pouvons
porier notre Commerce n'en peuvent
confommer. Pourquoi donc en aller
chercher chez les Turcs ? Il n'y auroit
pour faire fleurir ce Commerce , qu'à
défendre l'entrée du Coton
dans le Royaume, & l'on verroit étranger bientô: quel profit confidérable il en ICviendroit au Roi & à la Nation.
Mais nos Amériquains pourroient
encore porter plus loin
qu'ils
rearent
Tavantage
de leur Co:on. Ils devroient le
travailler chez eux, & puifqu'ils ont - des
Toiles de métiers pour faire des
Coton,
hamacs > pourquoi n'en ont.ils pas
faire des toiles? ils Y réifliroient Poum bien qu'aux
Hfles Orientales > ils ne manquent
de couleurs pour les teindre, ni agaE
duftric pout égaler, & même pour farpafferles Afiaaiques. Ce travail
roit bien des femmes oifives, Genies bien
Négresencore trop jeunes pourle travail
deia terre, & bien des Négtes furagez,
:& quantiré de petits habirans & d'onvriers qu'on feroit venir de France. Qne --- Page 289 ---
Frangoifes de PAmérigne. faire 269 1696.
sil y avoit des raifons pour il ne pas auroit
des toiles fines, du moins n'y des Mainconvénient à établir
aucun nufaétures de groffe Cotonine pareille à
celle dont on fe fert dans la Médiles voiles des Vaiffeaux &
terranée pour
des Galeres ; & comme on y employele
Coton du Levant, on pourroit cestoi- y emcelui des Mfles, & donner
eft
à meilleur marché. Cet article le
feroit
ET
d'une grande conféquence , 8c
8c
fonddun Commerce quioccuperoit,
enrichiroit bien du monde.
font des
Nosfilles & femmes Créolles font d'ubas de Cotoh alaiguille, qui
ne fineffe & d'une beauté Pon furprenante. fait teinCeux de coton blanc,
à la
&c
en écarlate font
foye,
FAdae
dre
ceux de coton de Siam naturellement finefle &
de couleur de 'mufc font d'une
d'une douceur qu'on ne peut exprimer.
eft
& rendlorMais cC travail
long,
fort cher. On pourra lr'abreger s
vrage & le donner à beaucoup meilleur mar- les
dans les Ifles
ché, en introduifant fe fert fi utilement en
métiers dont on
Europe. fait la defcription du Fromager
J'al
Jufqu'à préfent
& du Coton qu'il porte.
des
on, ne l'a employé que pour garnir
Mij
'mufc font d'une
d'une douceur qu'on ne peut exprimer.
eft
& rendlorMais cC travail
long,
fort cher. On pourra lr'abreger s
vrage & le donner à beaucoup meilleur mar- les
dans les Ifles
ché, en introduifant fe fert fi utilement en
métiers dont on
Europe. fait la defcription du Fromager
J'al
Jufqu'à préfent
& du Coton qu'il porte.
des
on, ne l'a employé que pour garnir
Mij --- Page 290 ---
270 Nonveaux
aux
1696. robes de chambre Voyages
IlesCoron oreillers. On dit > ou pour faire des
dc Fro permis d'en faire même qu'il n'eft pas
mager.
entrer dans le
me, , parce qu'on le pourroir méler Royaule Caftordanslal Fabrique des
avec
Quel danger y auroit-il quand Chapeaux.
riveroit,
cela arfent
pourvi queles Chapeaux fufégalement bons, Finconvénient ne
feroir pas grand, il porteroir
un peu de préjudice dla Compagnie peut-êrre de
Canada, & lesc chapeaux feroient à meilleur marché. Mais fans entrer dans cc
détail, on pourroit le filer: car
foir coart, & cxtraordinairement quoiqu'il
eft plus long que le poil de Caftor fin, il
puifqu'on file bien celui-ci, il me femble 2 &
des qu'on pourroit filer Taurre, & en faire
bas, > des gands, des chauffons, &
autres hardes qui feroient d'une chaleur,
d'une légereté, & d'une délicateffe admirable. Je parlerai dans un autre Ouvrage de la Lana Sucida, qui croît dans
certains coquillages quel'on trouve dans
l'Erang de Tarenre en
ne laifle pas de filer, Calabre,q & de que l'on
ceuvre, quoiqu'elle foir bien mettre en
te,& qu'eile paroiffe
plus courle à s'unir; c'eft fa chaleur bien-plus difficieftimer.- Je fuis sûr
le qui la fait
que
Coton de
Fromager feroit le même cffct, &
que --- Page 291 ---
Frangoifes de PAmerigne.
271-- 1696.
lcs ouvrages qui de en feroient feroient compolez à
dureroient davantage > 8c
meil'eur compte. trouvé ençore perfonne
Il ne s'étoit
mon départ,
aux 1fes, du moins faire jufqu'i tondre les mouquPfe fût avifé de de leur laine. On
tons, & de profiter halliers & aux
laiffoit ce foin aux attachoient hetis
nes,h ces animaux laifloient. Qnoique ces Laine,
toifons, & les y
des laines dEfpalaines ne foient pas
de valoir
gne, elles ne laifferoient fe donnoit pas
la
quelque chole,fi on
peine de les amaffer, & de les employer.
On ene employc quil ne valent pas Mais mieux, fi
& peutêtre beaucoup. laines moins. excellentes,
on vouloit avoir des
monde eft plus propre pour
g INATS bètes à laine ? Les paturagesy y
font admirables, & fi on vouloit s'en
donnerla peine, & porter aux Ifles des
brebis de race d'Efpagne, > nous aurions
fàt dix ans, tous nos trouavant qu'il
dont les
peaux de moutons Efpagnols, fourniroient nos
laines fines & douces,
Manufactures de France, fuppofé qu'il
fe trouvât
dans le pais qui
ne
perfonne Draperie. Je (çai
vou'it établir quelque font affez attentifs fur
que fortie les Elpagnols de leurs moutons 3 mais je fçai
la
Miv
'Efpagne, > nous aurions
fàt dix ans, tous nos trouavant qu'il
dont les
peaux de moutons Efpagnols, fourniroient nos
laines fines & douces,
Manufactures de France, fuppofé qu'il
fe trouvât
dans le pais qui
ne
perfonne Draperie. Je (çai
vou'it établir quelque font affez attentifs fur
que fortie les Elpagnols de leurs moutons 3 mais je fçai
la
Miv --- Page 292 ---
272 Notveaux Vayages AgX
1696.aulli que chez cux, comme Iftes
leurs, > l'argent eft une clef par tout ailtoutes fortes de
& d'ailleuirs qui ouvie
ditticultén'eft fermures;
la
magine. Nos pas G grande qu'on fe l'iVaifleaux qui
E(pagne en
trafiquengen
moutons mâles apportent tous les jours des
&c fémelles. Je le répete
encore, après y avoir bien
ne
connois point de terrain plus penfé, ,jc
à celui
femblable
d'E(pagne, 3 & par conféquent
plus
à élever des moutons &
RETiE de belle laine,
>
Peaux & Nous avons des
que nos Mfles.
Cheyres. poils de dans toutes nos'Ifles, chevres en quantité
merveille, & leur
cllesy viennent à
eft négligé
poil qui eft très-beau
aufli-bicn que leurs
Il
mne femble que nos compatriotes peaux. devroient bien une fois en leur vic
de l'afloupiffement où ils font fur sevenir leurs
intérêts 2 & profiter des
Dieu leur préfente def faire moyens leurs affaires. que
Pourquoi laiffer perdre le poil de leurs
chevres : On le va chercher bien loin
pour faire des étoffes > pourquoi ne le
ramaffent-ils pas ? Et fi leur induftrie ou
leur parefle ne leur permet pas de le
inettre en ceuvre > du moins ne devroient-ils pas le laiffer perdre. Car ils
doivent tous s ayant la
des
milles nombreufes, fc bien plapart
fainculquer cC --- Page 293 ---
Françoifes de PAmerique. 273
rechercher les 1696.
principe d'économie 2
gros profits,& ne pas négliger les
ici n'eit
peu
et
Ce que je propoie
.
ne
pas y
date
confidérable 2 qu'on
faire attention.
de boucs, & des
Lesp
de chevres,
peaux de
cabrittons
être
chevreaux ou
pourroient
paffées dans le pais, ou envoyées vertes
France.
on les néglige, &c
en
Cependant
même
j'ai vû le tems qu'on négligeoit des Ifles du
celle des baeufs. Je parle de Saint DoVent : car les Boucaniers
mingue en ufoient autrement, > puifqu'ils
ne tuoient les boufs fauvages que pour
en avoir les cuirs. Il eft vrai quipréfent bien
des Boucheries dans
qu'on a érabli des Ifles du Vent, les Boudes endroits
laiffer
chers ont foin de ne pas
perdre
les grands cuirs. Qy'on falle un
& fur les
RGZ
d'attention fur les peaux
nes & les poils, & on verra que débit ces
trois chofes peuvent être d'un
confiderable, 2 & le fond d'un très-bon
commerce. de Sainte Croix, celle de Saint
- L'Ile
la GranMartin & de S. Barthelemy >
de terre de la Guadeloupe, & les monqui font au centre de la Guadetagnes loupe 8c de la Marrinique 2 la Grenade,
& la terre ferme de Cayenne font rellM V.
attention fur les peaux
nes & les poils, & on verra que débit ces
trois chofes peuvent être d'un
confiderable, 2 & le fond d'un très-bon
commerce. de Sainte Croix, celle de Saint
- L'Ile
la GranMartin & de S. Barthelemy >
de terre de la Guadeloupe, & les monqui font au centre de la Guadetagnes loupe 8c de la Marrinique 2 la Grenade,
& la terre ferme de Cayenne font rellM V. --- Page 294 ---
274 Newveaux Voyages anx IRes
1696. plis deboisprécieux que l'on
&c
que l'on briile fans difcrétion, néglige,
& fans
prendre garde que tela larbre débitéou en
planches, ou fimplement troncé en billes, feroit bien vendu en
On
chercher l'Ebeine bien Europe.
va
loin, & nous en
avons chez nous. Le bois de Bréfil, le
Bréfillet, le bois jaune, & autres qui
peuvent fervir aux teintures, fe trouvent par tous les endroits que je viens
de nommer. J'ai vû vendre à Paris
douze fols la livre lc bois violet de
la Grande terre. de la Guadeloupe. Les
Ouvriers s'en fervoient à faire des tabatieres & des chaffes de rapes à tabac, & le prenoicnt pour de véritable
Ebeing.
Qui empèche que les Habitans de
Marie Galante & des petites Ifles ne
cultivent la Cochenille? Combien y en
a-t'il qui menent une vie languiflante &
pauvre, de faire > parce qu'ils ne font pas en état
des Sucreries, des
ou des
Cacaotieres,
affez Indigoteries, parce qu'ils n'ont
pas
d'Éfclaves, ou parceque leur
terrain n'eft pas propreàces Manufadures, quideviendroient riches &
en culivant la Cochenille. Rien puiffans, n'eft
plus aifé,il nc faut nide grandes Habitations, ni de bons terrains pour cela. --- Page 295 ---
Françoifes de PAmérique. 275
la
maigre & la plus uice 1669.
La terre meilleure plus
les raquettes ou fi- La Coeft la
pour & comme ces plantes chenille
guiers épineux du fruit 2 deux fois l'année 2 on
portent feroit deux récoltes de ces infectes fi.
chers, & fi précieux. Je fgai que peu de
fçavent la maniere de les gouvergens de les faire mourir, de les f6ner >
chofes
faut fçacher, & autres
qu'il ientrevoir 2 pour bien conduire cette de Flibufprife > mais nous far avons les lieux tant où les EC
tiers, qui ont été
&c il
pagaols font cette marchandife, demeurer
cft fi facile d'y aller, & d'y
fous quelque prétexte > & cependant
examiner avec foin tout ce qui regarde vérila Cochenille, que ce n'eft qu'iune
table indolence, & une parelfe cralfe >
empêche nos Infulairesde fe donner
qui
néceffaires pour entreles mouvemens la culture des plantes qui nourprendre
riffent la Cochenille.
dans d'auJ'ai parlé de la Pouffolane eft contres endroits. Tout le monde découvert
vaincu de fon utilité, J'en ai
Fort Saint Pierre de la Martinique,
au fuis perfuadé qu'ily en a dans tous
& je
fontvoiles mornes de lal lae-reire qui
fins de la mer. On en trouve en quantité fous
à la Guadeloupe, où on la connoit
M vj
es qui nourprendre
riffent la Cochenille.
dans d'auJ'ai parlé de la Pouffolane eft contres endroits. Tout le monde découvert
vaincu de fon utilité, J'en ai
Fort Saint Pierre de la Martinique,
au fuis perfuadé qu'ily en a dans tous
& je
fontvoiles mornes de lal lae-reire qui
fins de la mer. On en trouve en quantité fous
à la Guadeloupe, où on la connoit
M vj --- Page 296 ---
276 Nowveaux
anx
1696. le nom. de ciment Vayages
Iles
rouge.
nos François la vont tous les-jours Cependant chercher en Iralie, l'achetent bien cher, &
ont fouvent de la peine à en avoir des
Etrangers dont
pendant que nous en avons
nous ne fçavons que faire.
Pour n'en pas manquer en France, il
n'y a qu'iordonnerà tousles
des Vaiffeaux
Capitaines
qui vont aux Ifles, de
terleurlef à la mer, & de fe lefter à leur jetretour de Pouffolane. Les Habitans fur
les rerresdefquelsce fable fe
lc tireront & feront conduire trouve, qui
de la
au bord
mer, en retireront quelque avantage, & les Marchands en auront auffi
du profit, puifqu'ils vendronr une chofe
qui leur a tenu lieu d'une autre
ne
leur auroit
qui
apporté aucun gain. Par ce
moyen la Nation fera cxempte de recourir aux Errangers qui ne manquent
jamais de fe faire tenir à quatre, dès
qu'ils voyent que nous avons befoin
d'eux, & on fe trouvera en étarde faire
des onvrages
l'on ne peut entreprendre faute 2c fecours.
La' Cour a envoyé aux Ifles en diffé.
rens tems des gens qu'elle entretehoit
& qui étoient deftineze les uns
def- 2
figner les plantes, comme le P. pour
les autres pour les
& Plumier;
diflequer
en faire --- Page 297 ---
Françoifes de PAmerique. 277
Panatomie, comme le Médecin Surian; 1696,
d'autres pour desObfervations Aftronocomme le P. Feiiillée : tout
miques >
loiier
cela. eft bon, & on ne
que
Pattention du Prince & Eres fes Miniftres:
ilferoit feulementà fonhaiterqu'ils vouluffent en avoir autant pour leCommerce & pour les nouvelles Manufaétures
que je propofe ici, & pour celles qu'un déplashabilel homme que moi pourroit
couvrir 5 car enfin les Manufactures
font naitre & entretiennentle Commer- du
ce, & le Commerce fait la grandeur Il
Prince, & les richefles de fes Sujets.
feroit donc à fouhaiter qu'on envoyât
aux Ifles des gens fages > habiles >
& dévotiez au bien
défintereffez 2
examinent attentide leur Patrie , qui
vement non-feulement tout ce
j'ai
mais encore tout ce STEF Pais
propole, leur offriroit 5 qui fifent les expériennéceffaires
faire réiffir ce qu'ils
ces
pour &
mettant les
auroient entrepris ,
qui
premiers la main alceuvre, , portaflent
les autres à les imiter : après quoi on
pourroir attendre que le Prince encourageroit fes Sujets, ou par des récompenfes, ou par lcs moyens qu'il a en
favorifer les Manufaétures
main, pour auroit miles fnr pied nouvelle:
qu'on
offriroit 5 qui fifent les expériennéceffaires
faire réiffir ce qu'ils
ces
pour &
mettant les
auroient entrepris ,
qui
premiers la main alceuvre, , portaflent
les autres à les imiter : après quoi on
pourroir attendre que le Prince encourageroit fes Sujets, ou par des récompenfes, ou par lcs moyens qu'il a en
favorifer les Manufaétures
main, pour auroit miles fnr pied nouvelle:
qu'on --- Page 298 ---
1696. 278 Nowweaux Voyages Aux Ifes
ment, foit en les déchargeant de quele
ques droits d'entrées, foit en déféndant
l'entréc des Etrangers dans fcs Etats >
aufli-bien que leur
& commençant lui-même à ne
fervir que de ce
SER
qui feroit du crû de fon Pais & de Pinvention de (es Sujets.
Je'fçai qu'on ne manquera pas de
m'objecter ici que mon Projet tend à
ruinertoutle Commerce quenous avons
avec les Etrangers, & que n'allage
chez CUX nous pourvoir de leurs Rle
rées, ils ne viendront plus auffi chez
nous enlever les nôtres; 5 ce qui détruiroit en partie notre Navigation 2 &
nous priveroit des profits que les Compagnies & les Particuliers font dans le
Commeree,
n'eft autre chofe qu'un
échange que
fait de ce
Re
qu'on a chez
foi, avec ce qu'on trouve chez lcs
Etrangers, & qui nous manquoir.
C'eft dommage que l'on n'ait pas eu
ces vûés dans le tems du Miniftere de
M.Colbert, on fe (eroit bien gardéd'établir des Manufaétures de Glaces en
France, de peur de faire tort aux Venitiensqui avoient cetteManufachure chez
eux bien long-tems avant que nous fongeaflions à l'érablir chez nous.Avec quel.
le confcience ce grand Miniftre a-t'il pû --- Page 299 ---
Frangoifes de PAmerique. 279- fai-1696.
les priver du profit immenfe Glaces qu'ils & de
foient par le débit de leurs découvert
leurs Criftaux : Mais on a néceffaire
en France tout ce qui étoit
trala fabrique des Glaces: : on y
vailleinfinimentr pour
mieux qu'à Venife:n nos
Glaces furpaffent les leurs en grandeur,
en poli, en netteté > & nous avons bien meil- trouvéle moyen de les donner à
Jeur marché qu'eux. N'importe 2 il ne
l'ordre établi : de
falloit pas rompre
étoient
les Vénigens
tems immémorial de faire des Glaces, &
en polffeflion encore été moins bonnes
euffent-elles ne font, il ne falloit pas entrequ'elles d'en faire de meilleures en
prendre
même tout le refte du
France , quand dû fouffrir de fe trouver
monde du auroir fruit de nos travaux & de
privé découvertes. N'eft-cc pas une bonne
n OS
raifon ?
à
près aufli
Par un raifonnement peu les
jufte, il faudroit empècher Dieppois de faler
& autres Pècheurs de Harang,
ce Poiflon, & nous en aller fournirchez
ces Peuples
les Hollandois 2 parceque l'invention de
ayant trouvé les premiers d'imiter leur
le faler, c'eft leur faire tort
& les priver ainfi d'un profit
ouvrage,
privativement
qui paroitleurappamenitt
a tous autres.
on ?
à
près aufli
Par un raifonnement peu les
jufte, il faudroit empècher Dieppois de faler
& autres Pècheurs de Harang,
ce Poiflon, & nous en aller fournirchez
ces Peuples
les Hollandois 2 parceque l'invention de
ayant trouvé les premiers d'imiter leur
le faler, c'eft leur faire tort
& les priver ainfi d'un profit
ouvrage,
privativement
qui paroitleurappamenitt
a tous autres. --- Page 300 ---
1696. 280 Nowveaux Yoyages aux
Par la même raifon ilne falloit ifes
fonger à établir des Manufaétures jamais
Draps d'or & de foye, Tapis façon de de
Turquie & de Perfe, parceque les Florentins & les Genoisétoient en
"de faire ces étoffes $ &
poffeflion
les Perfans n'ont plus le que lesTu CS &
débit de leurs
fez Tapis depuis que nous nous fommesavid'en faire d'aufi beaux que les
& peut-être plus beaux,
leurs,
Enfin il falloit laifferaux Ouvriers de
Nurembergese autres Villes d'Aliemagne le foin de fournir les quatre
du monde de
parties
meler de
clinquaillerie, fans nous
perfedtionner leurs
&c empécher par les Manufaétures ouvrages,
nous avons chez nous le débit 'avanta- que
geux qu'ils faifoient des leurs.
Je pourrois pouffer ce détail bien
loin, & mnettre dans un plus
plus
le ridicule du raifonnement de grand jour
vais
ces mauCommerçans : maisje crois que ce
Zriste ai dit fuffira à tout efprit raiMais fi nous n'allons point chez les
Etrangers, ils ne viendront point chez
nous: autre m-spsursifomeitearNes
avons des chofes qui leur
qui leur ont toujours manqué, manquent, 8e 2
leur manqueront jufqu'à la fn du mon- qui --- Page 301 ---
Frangoifes de PAmerigue. 281 1696,
iis feront
de, & dont par conféquent chez nous.
ie founir
tedomsobligeade Bleds, nos Vins, nos EauxCe (ontnos
&cc. Quils cherde-vie 2 nos Sels 2
ils ne trouchent tant qu'ils voudront abfolument s
néveront ces trois chofes
ceffaires chez eux, & fiarabondantes 11
chez nous > que dans ce chercher Royaume. r: c'eft $
faut qu'ils lesy, viennent abfolué. N'a-t'on
pour eux une néceflité les Guerres les plus
pas vû que pendant a eu entrc nos voifins
allumées qu'ily été
de fe fer-
& nous,, ils ont des obligez Nations neutres 5
vir du miniftere
fe pourvoir de ces denrées, quand
Ees n'ont pû obtenir de Pafle-ports pour
les enlever eux-mêmes. Nous pouvons
abfolument nous paffer de preique tout
vient de dchors 5 mais les Etrance qui
fe paffer des chofes
gers ne peuvent
Faifons bien ot
viennent chez nous. du
&c. Voilà le
Vin, du Blé, &
Sel, immenfe & avanfond d'un Commerce la Nation 5 & ce Comtageux à toute
merce nous fournira un débouchement tant
de toutes nos autres des Manufaôtures, Hles > avec cet
du Royaume que
ferons
obliavantage que nous ne
point de chez
gez de laiffer fortir l'argent
feront
nous s & que les. - Etrangers
Faifons bien ot
viennent chez nous. du
&c. Voilà le
Vin, du Blé, &
Sel, immenfe & avanfond d'un Commerce la Nation 5 & ce Comtageux à toute
merce nous fournira un débouchement tant
de toutes nos autres des Manufaôtures, Hles > avec cet
du Royaume que
ferons
obliavantage que nous ne
point de chez
gez de laiffer fortir l'argent
feront
nous s & que les. - Etrangers --- Page 302 ---
281 Nowveanx
1696. contraints de
Yoyager aux Hles
Le
nous apporter le leur.
n'eft déperiffeinent de hotre Marine
point du tout à craindre.
les Provençaux cefferoient
Quand
leurs Bâtimens pour enlever les d'envoyer
les Huiles,1 les Laines & les
Bleds, des S
côtes de l'Afie &
Drogues ils
vriroient un Commerce del'Aftrique,
ouavec l'Améri-.
@ que qui feroit bien plus confidérable &
plus avanrageux ; & ces Peuples qui fe
verroient privez de l'argent comptant
qu'on leur apporte de France, fe mettroient enfin a la raifon, & traiteroient
lesFrançois comme ils traitent les autres
Nations , & prendroient de nos Marchandifes en échange des leurs car
c'eft ainfi que les Anglois & les Hollan- ;
dois commercent avec eux. Ainfi bien
loin que la Marine du Levant fouffit
quelque diminution, elle
roit confidérablement par ler nombre s'augmente- des
Bâtimens qu'elle
& par le Commerce cenvoiteirenAmsligue qu'elle auroit
la fuite au Levant, où l'on
dans
droiture les Sucres & les autres porteroit Mar- à
chandifes qu'on en tireroit, &
feroient propres aux Afiatiques. Je qui ne dis
rien de celle du
Ponant, on voit affez
qu'elle augmentera toujours à
tion du Commerce qu'elle fera en propor- Amé- --- Page 303 ---
Frangoifes de PAmeriquè. 28;
Je croi avoir remarqué en quel- 1696.
rique.
l'on avoit vû dans une
que endroit que de cent Bâtimens étranfeule année près de Tabac dans nos Ports. Si
gers chargez fur pied dans nos Mles la
fon remettoit
: n'augmenteculture de cétte plante cBitimensle Comroit-on pardauanedes fait, 8c nos Ifles devemerce que l'ony
ne fcnant tous les jours plus peuplées, ablolué d'y enroit-ce pss une néceflité nombre de Vaifvoyer un Ainfi plus .bien grand loin que notre Mafeaux. fouffrit quelque chofe , les gens
rine
au fait de ces fortes de
qui font un peu
aifément que
chofes , comprendront
à propornotre Commerce augmentera & de la diverfité
tion de la quantité ferons en état d'endes chofes que de nous vendre aux Etrangers s
voyer, ou
de faire Aeurir no-
& par conféquent qu'elle n'a jamais fait.
tre Marine plas
labondance
A quoi je dois ajoûter que mettant en
de nos Marchandifes à nous meilleur marché
état de les donner
Commerce s'éque les autres les 2 ruines notre du leur , & nos
tablira fur
entrepôts du comPorts deviendrontlese
de
tout le monde.
merce
prefque
de manquer de
Ne craignons pas ce Commerce, > la
moyens d'entretenir
de faire Aeurir no-
& par conféquent qu'elle n'a jamais fait.
tre Marine plas
labondance
A quoi je dois ajoûter que mettant en
de nos Marchandifes à nous meilleur marché
état de les donner
Commerce s'éque les autres les 2 ruines notre du leur , & nos
tablira fur
entrepôts du comPorts deviendrontlese
de
tout le monde.
merce
prefque
de manquer de
Ne craignons pas ce Commerce, > la
moyens d'entretenir --- Page 304 ---
284 Nouzeanx
1696. fécondiré des terres
Aux Ifles
Royaume &
CEMIEN
celles de
de
eft
l'Amérique qui en dependent
tiver admirable:il n'y a qu'à 1 les bien culdia; & pour linduft en retirer tout ce qu'on vouhabileté
ie de nos. François, leur
dans les Arts, & leur
tion dans tout ce qui peur faire pénétra- Heurir le
Commerce, cirées &
n'ont beloin que d'être exréveillées de
olils femblentà être
latoupiflement
pour produire des effers depuisquelque G extraordinai- temss
res, qu'oa n'ofe pas feulement fc les
imaginer,
Deux chofes
tarder aatourcite des empécher ou reviens de faire
projers que
pour nos ifles de
La
E
premicre eft la nonchalance
à tous
cEt
qui fe communique nos Infulaires, vice
péens qui viennent s'établir aifément aux EuroLa douceur &x la fécondité du parmi cux.
y portent : contens d'une médiocre climat les a
tunes, & jotiffant à l'aife, & fans for- le
Pais partager avec perfonne, de ce que le
produit prefque
de ce qu'ils rerirent du naturellement, travail de
&
E(claves, ils croupiffent dans une leurs
& molle oifiveré, Le jeu & la lâche
chere font prefque les feuls bonne
qui. partagent leur tems > ou lcs exercices fcules --- Page 305 ---
Françoifes de PAmérique. 285
chofes qui troublent, OL qui interrom- 1 696.
pent un peu la tranquillité de leur painble repos. Point d'émulation pour perfeétionner .ce qu'ils ont trouvé établi
avant eux > ou pour chercher quelque
chofe de nouveau qui puille honneur augmen- à
ter leurs revenus > & faire
leur Nation > & lui être de quelque
ucilité.
La feconde eft la négligence de ceux
qui font chargez des affaires publiques.
1le etin naitre qu'il s'en foit trouvé quelaffezintelligent, ouaffez bien inqu'un tentionné pour porter les Habitansà ouvrir quelque Commerce nouveau, ou à
établir quelque nouvelle Manufadture,
ou du moins qui les ait encouragé &
protegé dans les deffeins qu'ils ont eus s
&
ait fait valoir auprès du Prince 8
de E Miniftres, les projets qu'on leur
a préfentez. Il faut croire que la multitude & Ja diverfité des foins attachez à
leurs Charges les diftrayent, & les empéchent de faire attention fur bien des
chofes qu'ils regardent ordinairement
commel petites & depeu de conféquence,
parce quils n'y voyent pas un profit
préfent , ce qui ne vient que parce
qu'ils n'en pénétrent pas l'importance 9
& peut - être la néceflité > & encore
projets qu'on leur
a préfentez. Il faut croire que la multitude & Ja diverfité des foins attachez à
leurs Charges les diftrayent, & les empéchent de faire attention fur bien des
chofes qu'ils regardent ordinairement
commel petites & depeu de conféquence,
parce quils n'y voyent pas un profit
préfent , ce qui ne vient que parce
qu'ils n'en pénétrent pas l'importance 9
& peut - être la néceflité > & encore --- Page 306 ---
286 Nowveanx
AuX IRes
1696. moins la facilité Taxry y'a à les faire
réiiflir, Cependant ces chofes petites
dans leurs commencemens peuvent devenir très-grandes dans la fuire, & fairel le fond dun Commerce confidérable,
qui ne manqueroit pas d'augmenter les
revenus du Rei en même-tems que ceux
des parciculiers.
Il n'y a pas long-tems que les Marons & les Châtaignes étoient inconnus
dans le Nord. Un Marchand Limofin
s'avifa d'en porter pour cent écus à la
Foire de Bordeaux ; & il les vendit
d'abord fi avantageufement, qu'il en fit
venir en toute diligence une aflez grande
quantiré qu'il vendit encore mieux : ce A
roujours continué depuis CC tems-
& a donné un
f2
débouchement fi confidérable à ces fruits, que ce qu'on regardoit avant CC tems-là comme une bagatelle, eft devenu le fond d'un très-bon
Commerce & tres-avantageux pour les
Provinces ou l'on cultive les Châtaigniers. Il viendroient cn perfedtion aux
Iles; & commeilsn'y feroient
fujets
à la gelée, comme en France, Ee
roient fuppléer quand les autres pour- manqueroient. On peut raifonner de même
d'une infinité de chofes quel'on peut tirer de ces heureufes & ferciles terres, --- Page 307 ---
Frangoifes de PAmerigue. 287
Mais il faut que je donne un avertif- 169s.
fement à ceux qui voudront commencer
les épreuves > &c établir les Manufactudans tout cet article &
res dontj'ai parlé
dans les autres endroits de Cet Ouvrage,
c'eft de fe fouvenir que les commence- T
mens font toujours rudes & difficiles,
& que comme il a fallu beaucoup de patienec, de dépenfe, de tems, de foin &
de travail > pour porter les Manufaétules Sciences, & le Comres , les Arts,
où nous les
merce au point de perfeétion
il faut
voyons aujourd'hui en France,
aulli,qu'ils s'attendent aux contre-tems
les premiers inventeurs des chofes
que
Mais ils doivent à leur
ont éprouvez.
rebuter
les
cxemple ne fe point
pour
difficultez qu'ils pourront rencongrer :
ils doivent tenter différentes voyes 9
employer différens momens', travailler.
fans relâche & avec courage, jufqu'àce
qu'ils foient parventis au but qu'ils fc
font propofé.
Mille expériences nous ont appris que
ce qu'on ne trouve
dans un tems >
fe préfente fouvent ETa lui-mème dansun
autre 5 que les graines, les plantes & les
arbres qui ne réiifliflent pas dans une
rerre, font fouvent merveille dans un
gerrain tout voilin. La faifon, la difpo-
fans relâche & avec courage, jufqu'àce
qu'ils foient parventis au but qu'ils fc
font propofé.
Mille expériences nous ont appris que
ce qu'on ne trouve
dans un tems >
fe préfente fouvent ETa lui-mème dansun
autre 5 que les graines, les plantes & les
arbres qui ne réiifliflent pas dans une
rerre, font fouvent merveille dans un
gerrain tout voilin. La faifon, la difpo- --- Page 308 ---
288 Nonveaux
£696. fition du tems, les Foyageranse accidens Ifes
ou irremédiables, & beaucoup imprévis d'autres 3
circonftances contribuent infiniment à
faire réiffir ou écheoir les entreprifes
qui paroiffoient les. mieux concertées.
a Mais la patience, la
le travail & les réfexions font vigilance, furmonter
tes fortes de diflicultez telles
toupuilfent être, C'eft beaucoup demander qu'elles
a nos François de l'Amérique 5 mais il
faur clpérer que leur intérêt les aidera
à vaincre la répugnance qu'il ont
le travail, fur tout quand il eft un pour
de longue haleine.
peu
CHAPITRE II.
Des Marchandifes propres pour les Ifler,
efur le/quellesily a 1472 profit confiderable a faire.
A L'égard des Marchandifes qu'on
faut fc peur porter d Europe aux Ifles, il
fom.ne perfmader que tour ce qui fc conparla bouche, eft un débit infini, que quelque quantité qu'on en
te, on n'en a jamais rien rapporté, por- &
que quand les chofes ont été bonnes, les
Marchands y ont toujours fait un profit
raifonnable, --- Page 309 ---
Frangoifes de Amérique. 28g
raifonnable, & ordinairement très-con- 1696.
fidérable.
Je mets (ous le titie de Marchandifes
qui fe confomment par la bouche, le
Bauf&cle Lard,les Farines, toutes fottes de Poiflon falé, les Jambons : > les
Langues de Boeuf & de Cochon > les
Sauciffons de France & d'ltalie, toutes
fortes de Fromages tant François qu'Etrangers, > les fruits fccs de toute elpéce,
les Huiles d'Olive &c à briler,le Beurre & autres provifions de ce
5 la
Cire & la Chandelle 5 les
FranVCUIE
çois & Etrangers, > les Eaux - de - vie s
les Liqueurs, & généralement tout ce
Aater le goûr 2 & fervir à la
SLE peut chere & aux plaifirs de la ta--
ble. Après
on ne doit pas oublier
les remédes 12qu quelque nature quils puif
mauvais, ou inutiles:
fent ètre > bons,
foin
NosEfculapes quilesachetent, ont
de s'en défaire à un prix d'autaut plus
haut, qu'ils font moins connus : ils en
fçavent fur CC chapitre autant pour le
moins que les Apotiqu-ires de Paris.
Le Boeuf falé d'Irlande eft le plus ef
timé, & avec raifon 5 car il eft certain
qu'il eft tou'ours lc meilleur > le plus
gras, le plus défoffé , & le moins fujet aux friponnérics, pourvà qu'il n'ais
Tome Ir,
N
ire à un prix d'autaut plus
haut, qu'ils font moins connus : ils en
fçavent fur CC chapitre autant pour le
moins que les Apotiqu-ires de Paris.
Le Boeuf falé d'Irlande eft le plus ef
timé, & avec raifon 5 car il eft certain
qu'il eft tou'ours lc meilleur > le plus
gras, le plus défoffé , & le moins fujet aux friponnérics, pourvà qu'il n'ais
Tome Ir,
N --- Page 310 ---
290 Norveawx Vayages anx
1696. point été refait dans un
Iles
que la charité m'empèche de certain Port
ou l'on en eft
nommer, s
mettre dans les venujufqu' Barrils des cet excès, de
toutes entieres
têtes de Baeuf
pieds, & même avec les jambes & les
chair de Cheval aul lieu de Baeuf, de la
avec les
tous ferrez.
pieds encore
Les Marchands ont affez foin de
vifiter les Sucres qu'ils
faire
faire faire des Procès reçoivent 3 & de
y trouvent quelque défaut; verbaux, la quand ils
devroit être
condition
&
égale 2 & les Intendans
Juges qui font fur les lieux devroient
veiller plus qu'ils ne font fur les malverfations des Marchands, les en punir f6vérement, afin
leur
leurs femblables aeiy le devoir. exemple retint
pardonnera bien ce
avis: On me
petir
: car
j'ai eu foin
puif
Sl à connoître d'enfeigner aux Marchandifes des
les défauts des mareft julte
Ifles, il me femble qu'il
foient d'empêcher que les Habitans ne
trompez dans celles qu'ils ache:
vilite tent, des & l'unique moyen pour cela eft la
tion & l'amende marchandifés avec la confifcadéfeétucufes.
quand elles fe trouvent
Les meilleurs lards viennent de
chelle aufli-bien
les
laRoque
farines. Les --- Page 311 ---
Frangoifes de PAmerigne. 291
Marchands de cette Ville font accom- 1696.
modans, & on s'eft roujousletié de leur
de leur fidelité, & de leuts
droiture, manieres. 2 Les Normands y ont fait tout
le Commerce pendant un grandnombie
d'années, & on peut dire que ce font
forte qu'il
eux quiont pepléleatdlen.de foient
y a très-peu de familles qui ne
Normandes, ou defcendués d'autres familles Normandes; de-là on doit conclure que nos Infulaires ne manquent
ni d'elprit, ni d'adreffe, & que les uns
& les autres, c'eftà-dire,! les Marchands
qui viennent de cC pais- là, & nos Habitans n'ont pas oublié la fimplicité naturelle à leur Nation. C'eft un piaifir
de les voir traiter enfemble, lcs Peuples
moins rufez y trouvent infiniment à
profiter.
Les meilleurs ferremens, comme haches, ferpes, hoiies, toute forte de fer
travaillé, & les armes viennent de Dieppe. La poudre qu'on appelle malà-propos de Cherbourg, car on n'y en a jameilmais fait, a toujours paflée pourla
dont
leure,& a été long-tems lunique
nos. Boucaniers fe fervoient. Les Normands portent encore aux Ifles des toiles
& des dentelles de toute
des chapeaux, des ouvrages
des draps,
asnitert
Nij
, ferpes, hoiies, toute forte de fer
travaillé, & les armes viennent de Dieppe. La poudre qu'on appelle malà-propos de Cherbourg, car on n'y en a jameilmais fait, a toujours paflée pourla
dont
leure,& a été long-tems lunique
nos. Boucaniers fe fervoient. Les Normands portent encore aux Ifles des toiles
& des dentelles de toute
des chapeaux, des ouvrages
des draps,
asnitert
Nij --- Page 312 ---
292 Nowveaux
aux
1696. & comme ils font Toyages voilins de Ifes
eft la fource intariffable des modes, Paris,
font auffi toujours les premiers , ou du'
moins ils le peuvent êure, qui en
tént l'ufage dans nos Ifles.
porLes meilleurs vins François viennent
de Bordeaux & des environs. On fçait
que tOus les vins qu'on charge à Bordeaux, ne font pas des vins de Grave ou
de Gravier, & qu'il y en a infiniment
davantagequi font dansle Palus, c'eft.àdire, de ces endroits bas & gras, qui
donnent des vins épais & durs, fi recherchez des Peuples du Nord. C'eft à
ceux qui les achetent à les prendre
ce qu'ils fontaprès les avoir bien goûtez, pour
fans s'arrêter aux titres pompeux que les
Marchands leur donnent : car ces Marchands font Gafcons, & jotiffent auflibien que les Italiens du privilege d'amplifier autant qu'ils veuient tout ce qu'ils
difent. Sur quoi il faut remarquer
quand ces vins communs, c'eft-à que
ces vins de Palus font bien choifis., dire, &
qu'ils ont pailé la mer, ils fc dépurent,
& font infiniment meilleurs aux Hles
que dans le pais quiles a produits.
On ne peut croire la confommation
de vin qui fc fait dans les Ifles. Jen'ofe
rapporter CC que les Fermiers du Do- --- Page 313 ---
Frangoifes de I. Amérigae. 293
maine du Roi 1 m'en ont dit, de crainte 1696.
qu'on ne me foupçonne d'exagération.
Ileft très certain, tous ceux qiti connoiffent le pais en conviennent, que
quelque quantité que les Flottes en appoftent, s'il fe pafle deux ou trois mois
fans qu'il vienne des Vaiffeaux, on -eft
prefque par tout réduit à l'eau.
Les vins de Bordeaux, de Cahors, 8c
autres de ces côrez-là, ne font pas les
fculs que l'on porte aux ifles. On y en
de Provénce, > de Languedoc, d'Iporte
talie
de Maderc, 2 de Ca-
> d'E(pagne,
ai bû des vins
narie, de Portugal. J'y
du Rhin, du Necre > de Mofelle > &
des vins de Bourgogne & de Champagne,
avoit fait venir en boureil-:
Ies. tATe le moyen le plus sûr de conferver ces deux derniers.
A Tégard des eaux-de-vie, & de toutes forres de liqueurs, tantde France que
des pais étrangers, la confommation qui
s'cn fait pafle f'imagination : tout le
monde en veut boire, le prix eft la der- &
niere chofe de quoi on s'informe. Il
fuffit que toutes ces boiffons foient bonnes pour en avoir un débit prompt &
avantageux. Les bonnes eaux-de-vie viennent de
Nantes, de Cognac, d'Andaye,dOrNi 11)
-vie, & de toutes forres de liqueurs, tantde France que
des pais étrangers, la confommation qui
s'cn fait pafle f'imagination : tout le
monde en veut boire, le prix eft la der- &
niere chofe de quoi on s'informe. Il
fuffit que toutes ces boiffons foient bonnes pour en avoir un débit prompt &
avantageux. Les bonnes eaux-de-vie viennent de
Nantes, de Cognac, d'Andaye,dOrNi 11) --- Page 314 ---
294 Nouveanx Voyages anx
1696. léans, & de la Rochelle. Il vient IRles
tité de liqueurs & de vins, de quande Provence & de Languedoc, liqueurs
cire en cierges & en bougies, des 3 de fruits la
fecs, de l'huile d'olives, du
des
>
favon,
capres, des olives, des piftaches dul Levant, des fromages de
Parmefan &
Roquefort, , de
d'Auvergne, & une infinité
d'autres denrées pour la bouche 1 tant
pour le néceffaire que pour le plaifir, &
quelyue eft
quantité qu'on en apporte, tout
enlevé, s & lcs Magazins les mieux
fouruis font vuidez dans un moment.
Quant aux chofes qui font nécellaires
Eop l'encretien des Habirans, ou pour
plaifir 2 ou la fourniture de leurs
Habitations > on trouve toujours à les
vendre promprement 2 & avec
On compre parmi les chofes néceffaires profit.
à une Habitarion > les chaudieres de
cuivre & autre matiere > & les autres
équipages des Moulins, des Sucreries
des Rafinerics
s
> des Vinaigreries 3 ou
Diftilatoires, & des outils pour tous les
métiers qui font établis aux Ifles.
Ce qui eft néceffaire pour l'entretien
des Habitans ne peur jamais être apporté
en trop grande quantité, tropl bien choifi, trop à la mode, ou
riche &c
trop cler. Les tones les trop plus fines, > les --- Page 315 ---
Frangoifes de LAmbrigue. 295
belles mouffelines, & les micux tra- 1696.
plus
les
plus à lai mode,
vaillées,
perruquesiesp de caftor, les bas de foye &
les chapeaux fouliers, les botines, les
de laine > les
les étoffes de foye,
drapsde toute efpéce, >
les
d'or & d'argent , les galons d'or; femblacannes > les tabatieres & autres
les dentelles les plus fines >
bles bijoux; de femme de quelque prix
les coctfures
ètre, la vaiffelle d'arqu'elles puiffent les pierreries , en un
gent, les montres,
fervir à Phabillemot, tout ce quipeur Fameublement &c
ment des hommes, & fur tout aux
ornement des maifons, eft bien vendu
parures des femmes 5 tout : car le fexe
cherement & promptement
c'efteft le même par tout le monde 2
les
à dire , vain: , fiuperbe, ambitieux;
Marchands n'ont point à appréhender
de n'être pas bien payez de ce qu'elles
chez eux pour leur ufage parpiennent ticulier. Quand les maris font un peu
difficiles fur ce point, elles ont toutes
naturellement des talens merveilleux
les mettte à la raifon > & quand
pour
ellesfgavent en perfection
cela manque, de IIndigo, ou du Cafaire du Sucre,
elles contentent
cao de Lune, avec quoi accoûtumez à ces
les Marchands , qui
la main > &
manceuvres, leur prétent N iv
ce qu'elles
chez eux pour leur ufage parpiennent ticulier. Quand les maris font un peu
difficiles fur ce point, elles ont toutes
naturellement des talens merveilleux
les mettte à la raifon > & quand
pour
ellesfgavent en perfection
cela manque, de IIndigo, ou du Cafaire du Sucre,
elles contentent
cao de Lune, avec quoi accoûtumez à ces
les Marchands , qui
la main > &
manceuvres, leur prétent N iv --- Page 316 ---
1696. 296 Nowveanx Yoyager aux ifles
leur gardent religiculement le lecret.
Ona appelle Sucre ou Indigo de
celui qu' on fait en'ever la nuit par Lune, des
Efclaves affidez, & que l'on vend. ou
pour payérleschofes qu'on a achetées à
Finlgà des maris, ou des peres,
il eft inoiti qu'on ait jamais dit aufquels le veritable prix deschofes qu'on a achetées. Je
connois des femnies & des filles de cC
pais là, qui pourroient faire leçon
blique de la fabriquedu Sucre de EaRer
A propos d'étoffcs d'or 3 je me fouviens qu'étant au Fort Saint Pierre de la
Martinique vers la fin de 1704. il y arriva un Marchand de Lyon, qui
faire un gain confidérab.e, avoit croyant portéd
Cartagenc en terre ferme
Ces
érofies d'or & d'argent, beaucoup.de qui fe fabriquent à Lyon & à Marleille :
en tirer du moins quatre ou ilefpéroit
cinq cens
pour cent de profit, Ilavoit été trompé:
Meflicurs les Efpagnols ne s'étoient
trouvez d'humeura! lui donner foixante, pas
quatre vinge, & cent écus de l'aune de
ics étoffes, de forte qu'après avoir rodé
affez long-tems la côte de Cartagene 8
de Caraque fans rien vendre, il étoit
paffé enfin à la Martinique avec fa Cargaifon toutc entierc.
Il vint chez nous, & m'apporta quel- --- Page 317 ---
Frangoifes de LAmérigue. 297
ques piéces de ces belles étoffes, croyant 1696.
je les acheterois,
faire des Orque
Je
vis, elles me
nemens
ESi
d'Eglife.
plûrent beaucoup 2 mais je lui dis
dans Phabitude
nous n'étions pas d'Eglife, & qu'ily
cheter des ornemens desannées
nous nous reavoit bien
que
polions de ce foin far nos Flibuftiers >
qui fe chargeoient d'entretenir nosEgli- ni à
fes fans qu'il leur en coûtât rien
nous aulli. En effet, ils ont toujours eu
une attention extrème dans les
des
ou dans les
des
EVEE
Villages,
prifes
feaux, de mettre à part cequ'ils croyent
convenir aux Eglifes, & d'en faire
des lieux où ils font
ERtr
fent à celles
autrefois à ls
armemens. Ils apporterent
Tortue tousles ornemens &c les vales facrez de l'Eglife de Marecaye, &
cloches & au coq de cuivre,
RC
qu'aux étoit àla pointe du clocher. Ils ont toucontinué d'en ufer de mème , &
jours
à leur bravoure s
leur pieté répondant de
entretenous avons toujours eu
quoi
nir nos Eglifes fans rien acheter s quand fréelles.fe font trouvées dans des lieux
quentez par les Flibuftiers.
fort le
Cette déclaration chagrina
Marchand Lionnois, il ne lui convenoit
point du tout. de reporter fa MarchanNv
coq de cuivre,
RC
qu'aux étoit àla pointe du clocher. Ils ont toucontinué d'en ufer de mème , &
jours
à leur bravoure s
leur pieté répondant de
entretenous avons toujours eu
quoi
nir nos Eglifes fans rien acheter s quand fréelles.fe font trouvées dans des lieux
quentez par les Flibuftiers.
fort le
Cette déclaration chagrina
Marchand Lionnois, il ne lui convenoit
point du tout. de reporter fa MarchanNv --- Page 318 ---
298 Nowvea Vayages anx
1696.dile en France,oà il n'auroit Ifles
pas étéen érat dela payer. Son peur-êrre
me fit
je penfai un
àce embarras
faire
que
pour lui, je lui
EREEA
ECA
me
dis E
laiferdeux de fes piéces d'étoffes, &
fiquelqu'un venoit lui en demander de n'en montrer que deux ou
comme s'il n'en avoir
trois,
Je m'en allai far le rdire en davantage. une maifon
de notre voifinage, oà je fçavois bien
que je trouverois bonne compagnie de
Dames, & je fis porter avec moi ces
deux piéces. Je feignis qu'on m'avoit
prié de chercher
pour faire un
quelque à
belle étoffe - a
jupon une nouvelle matice, que j'avois eu le bonheur de trouver ces deux piéces, fur lefquelles je les
priois de me dérerminer pour le choix
que j'eh devois faire, parce que je ne
m'entendois pas aflez à CCS fortes de
chofes.
On peut croire que ces étoffes furent
bien regardées, mais on vouloir fçavoir
pour qui elles étoient deftinées ( car la
curiofité eft par rout naturelle au
& je n'avois garde de les fatisfaire fexe,) far
point. Elles pafferent en revûë toutes les ce
filles à marier qui étoient dans le
tier, & dans tout le refte de PIfle
difle
>
Srams
quej je
rien > nip pour aprouver, ni --- Page 319 ---
Frangoifes de PAmbrigue. 299 1696.
défaprouver ce qu'elles penfoient;
pour
une, qui deenfin elles en nommerent Marin, c'eftmeuroit atl Cul-de-fac, bonnes lieués du Fort
à-dire ". à vingr
foûris,
Saint Pierre : je fis un petit celle-li, qui
leur fit croire que c'étoit de pour les entendre
& aufli-tôr j'eus de le plaifir leur mieux far la faraifonnér rout les
& la beaumille, lesbiens, 3 qualitez,
à
té de cetre pauvre fille, qui ne penfoit un
rien moins qu'à fe marier, & à mettre
fibeaujupon. La conclufion de tousleurs
difcours fut, que fi une telle faifoit
d'or à fa
RRE
ter des jupons d'étoffe
aufli, &
elles en pourroient bien
& fur le
faire
à leurs
TEA
en
elles porter vouloient fe partager les
champ.,
fans s'informer du ptix, ni
deux piéces,
m'acs'embarraffer comment je pourrois
commifion.
quitter de ma prétendué du monde à les reJeus toutes les peines
-
déterminé fur
titer de leurs mains, 2 aufli
:
le choix, que j'en étois peu s'accorder. en peine
car elles ne purent mis jamais en fi bon train, je
Qnand je les eus
en les
leur dis le nom du Marchand ,
fi elles en vouloient
avertiffant 2 que
fe prellaffent ,
avoir, il falloit qu'elles
&
qu'il en avoit très peu,
qui
parce éroient peutêtre déja retennés.
Nvj
-
déterminé fur
titer de leurs mains, 2 aufli
:
le choix, que j'en étois peu s'accorder. en peine
car elles ne purent mis jamais en fi bon train, je
Qnand je les eus
en les
leur dis le nom du Marchand ,
fi elles en vouloient
avertiffant 2 que
fe prellaffent ,
avoir, il falloit qu'elles
&
qu'il en avoit très peu,
qui
parce éroient peutêtre déja retennés.
Nvj --- Page 320 ---
300 3, Nowveaux
aux
1696.
C'en fut affez, Froyager
Ipes
arrivé all Couvent, , je, n'étois pas encore.
chezl leMarchand. Il qu'elles fuivic étoient déja
il en montra peu, & c'étoit mon confeil,
dernieres
roujours fes
piéces qu'il leur faloit à merveille, > & dès ce même foir, il en vendit cing oul fix. Il
tin me remercier vinelelendemain du fervice
maavois rendu, & en peude joursil que fe je défit. lui
me-awantageufement chandife.
de toute fa marIl n'y a que les Livres dont jafqu'à
préfent, on n'a pas fait un. grand commerce dans nos Ifles. On recherchoir les
armes avec plus d'empreilement, un bon
fufl, une paire de piftolets d'an.bon
Maitre, > un coutelas de bonne
c'étoit à quoi penfoient nos anciens trempe Ha- >
bitans; 3 femblables aux
ils fçavoienr faire des actions Lacédémoniens, de valeur,
prendre des Gallions à l'abordage, forcer des Villes fans Canon, défaire des
Nasdonscrungncymaht ils ne
pas écrire leurs faits
fçavoient
chofes fonta
héroiques. Les
préfent
nos
changées;
Créolles &c autres Habitans quoique
poiat dégeneré de la bravoure,de n'ayent leurs
ancètres, ils ont donné dans le
tour le refte du monde, ils veulent goûr de
toitre fçavans, ils lifent tous , ou veu- pa- --- Page 321 ---
Frangoifes de r Amérigue. 3o1
lent paroitre avoir là, ilsjugent desSer- 1696.
mons, des Plaidoiers, quelques-ans.8 font des Haentre les autres Mr de nos Conrangues. Déja la plâpart fe font fait
feillers ont étudié en droit,
recevoir Avocats aul Parlement de Paris,
il y en a même un qui eft Docteur auffi,& en
Droit : les femmes s'cn mélent
au lieu des'en tenir à leur quenoitille,8c
àleur fafeau, elles lifent lesgros Livres,
& fe piquent d'etre (çavantes : jen conNoftradamus
nois une qui explique
Miniftre
anfli-bien pour le moins quele
FApocalyp(e. On a
Jurieu plufieurs expliquoit Sieges de Juftice, tous
érigé bien garnis de Procureurs, de Notaites,
de Sergens; & auresfemblables fuppots
de] Juftice. Les Chirurgiens qui ijoitoient laMéautrefois les trois grands Rôlesde dans.
decine, fontà préfent, renfermez.
les bornes de leur état,ily a des Médecins & des Aporicaires. Nous avons en.
quantité des Arpenteurs, des Ingénicurs,
des Boraniftes > des Aftronomes : nous.
avons même des.Aftrologues & autres
femblables gens inutiles ou nuifibles au
Public, il faut des Livresà tout cela;car
quoique la plapare n'y entendent rien, faut
ils veulent paroitre fgavans, il leur
cela des-cabinets de Livres, qui
pour
leur état,ily a des Médecins & des Aporicaires. Nous avons en.
quantité des Arpenteurs, des Ingénicurs,
des Boraniftes > des Aftronomes : nous.
avons même des.Aftrologues & autres
femblables gens inutiles ou nuifibles au
Public, il faut des Livresà tout cela;car
quoique la plapare n'y entendent rien, faut
ils veulent paroitre fgavans, il leur
cela des-cabinets de Livres, qui
pour --- Page 322 ---
1696. 302 Nowveaux
Aux IRes
pourront avec le tems CEOMELS changer en Bibliothâques: c'eft ce qui me fait dire
/ qu'un Libraire bien aflortiy feroit
faitement fesaffaires, fur tout s'il Eott
homme d'efprit &c accommedant, &
qu'outre fes Livres, fa Boutique fût encore garnie de papier de toutes fortes s
d'écritoires les plus à la mode, de cire
d'Efpagne,de cachers riches, & bien
gravez, de luncttesd'approches & autres
elpéces, & de toutes ces galanteries
l'on vend aul Palais, Il pourroit s'atten- que
dre
fa
& Tadenee feroit Boutique > grande 2 propre
gens oififs dont le toujours remplic des
pais ne manque pas,
&clerendez-vous des Nouvcliftes, & de
tous ces gens défeuvrez, qui réglent les
devoirs & les intérêts deious les autres,
pendant que tout eft en défordre chez
eux. Mais qu'importeroir au Libraire
pourvû qu'ii vendit bieniesLivres & fes >
autres affortimens.
J9
Je pafle plus loin, & la fituation des
affaires dans nos Ifles me fait croire
qu'un Imprimeur y eft néceffaire. Car
enfin tant de gens qui lifent, lirontils
toure leur vie fans rien écrire? N'aurontils pas la démangeaifon de devenir Auteuis? M. * *, Créolle de la
Docteur en Droit, & Confeillerau Martinique, Con- --- Page 323 ---
Françoifes de PAmériguie. 303 -
feil Souverain de cette Ifle > nous a 1696.
donné des Romans Efpagnols de fa
déja
s'en eft fallu qu'il n'ait
façon, & peu Hiktoire
de Saint
compolé une
générale qu'un Mif
Domingue, fur les Mémoires d'ailleurs il eft
fionnaire avoit drelfez : l'embarras des
Poëte riche, & aime fans peu
& fera
affaires 5 il écrira
doute, fcs Ouvrabien-aife de faire imprimer
fous fes yeux. On peut tout efpéret alliSE fon génie, & on doit tenir pour
beaucoup d'autres limiteront :
ré, que être
& fans vouloir
ainfi fans
Prophéte il me femble
pénétrer dans l'avenir,
fortir de
déja voir une foule d'Aureurs Barrichaudieres à Sucre, & de nos
nos
ques de Cacao. fait à
des
D'ailleurs on
préfent il faut procès des
par écrit, & par confequent, au' ont des
Faôtum : or quelle grace combien de
Faétums écrits àla main,à
fufautes & de ratures ne feront-ils pas
Quelle dépenfe ne fandroit-il pas
jets?
donner à tous les Juges, & à
pour en
d'inftruire de
tous ceux qu'on a intérêt
la bonté de fa caufe?
nombre de
Il aborde un très-grand
Vaiffeaux auxifles, 8c fouventbien-plus
dans dés Ports de mer des plus conque fidérables du Royaume > : oû on a foin
écrits àla main,à
fufautes & de ratures ne feront-ils pas
Quelle dépenfe ne fandroit-il pas
jets?
donner à tous les Juges, & à
pour en
d'inftruire de
tous ceux qu'on a intérêt
la bonté de fa caufe?
nombre de
Il aborde un très-grand
Vaiffeaux auxifles, 8c fouventbien-plus
dans dés Ports de mer des plus conque fidérables du Royaume > : oû on a foin --- Page 324 ---
304 Nonveaux
aux iRes
1696. d'inftruire le Public Foyager par des affichés, &
par des-l billets, del'arrivée des Bâtimens,
del'étar de leurs cargaifons,da tems de
leur départ, & du licu où ils doivent
aller; tour cela s'imprime, & eft d'une
très grande commodiré pour les
cians. On en feroit de même aux Négo- Ifles,
&c on s'en trouveroit bien. Jele
donc, ily faut établir une
répete
& pour peu qu'clie foit bien Imprimerie fournie, & 5
le Maître habile &
diligent > je lui réponds qu'il fera une fortune confidérable.
Voilà un abregé des chofes que l'on
peut porter aux Ifles, & s'enrichir
leur vente 5 mais il faut que les
chands
RaBer
fe mettent en tète de n'y envoyer
que ce qu'ily a de plus beau en Europe.
Ce n'eft plus le tems d'y porter de la
verroterie ou des babiolies, nos. Sauvages mêmes n'en font plus de Cas. Il faut
tout ce qu'il y a de plus beau, de
riche, dc plus
plus
fanss'embarrafler rgmmodemneiinngodr du prix, c'eft l'unique
moyen d'avoir un prompt débit, & un
profr confidérable,
Les Marchands qui voudront faire un
Commerce avantageux > doivent avoir
un Aflocié, ou un Commis réfident en
quelqu'une de nos Iiles, La Martinique --- Page 325 ---
. Françoifes de PAmbrique. 305
cet efiet de tou-1696.
eft la plus propre du Vent. pour 11 faut avoir fo.n
tes les Ifles
foient toujours remque les Magazins affortis, afin d'être en
plis, & toujours
fans fe
état de débiter fes marchandifes l'oecafion
preffer., & quand on trouve de Sucres
plus favorable, & les remplir marchanbien conditionnez, & autres
arridifes du pais, afin que lesVaiffeaux
vants ; ils n'ayent qu'à décharger promptément ce qu'ils ont apporté dEurope, marchan-
& recharger far le champ les
difes quils trouveront dans les Magazins Parce moyen ils feront deux voyadans la mème année, & ne fe conges fommeront point en frais & gagesdEleurs cargaifons feront mieux
quipages, vendués, & leurs retours mieux choifis.
Mrs MauC'eft de cette maniere que
autres
rellet de Marfeille , & quelques coufidéMarchands ont fait des fortunes
rables dansle Commerce de T'Amérique.
Mais il faut. pour cela avoir toujours un le
fond d'avance, & ne pas attendre fairetour d'un envoi, pour fongerà en à
re un autre. Il faut avec cela mettre
la conduite des affaires un Affocié ou
Commis
foit
- 2 homme
un
qui
confcience fage
d'honneur > de bonne
,
foit
& accommodant , qui
poli
Marfeille , & quelques coufidéMarchands ont fait des fortunes
rables dansle Commerce de T'Amérique.
Mais il faut. pour cela avoir toujours un le
fond d'avance, & ne pas attendre fairetour d'un envoi, pour fongerà en à
re un autre. Il faut avec cela mettre
la conduite des affaires un Affocié ou
Commis
foit
- 2 homme
un
qui
confcience fage
d'honneur > de bonne
,
foit
& accommodant , qui
poli --- Page 326 ---
306 Nowveaux Voyages anx
1696. fe, ou du moins qui s'étudie à Ifes connoftre le pais, c'eft-a-dire, les marchandifes qui s'y fabriquent, & lcs Habitans
gai foit attentifa fes affaires, qui voie ,
tout par lui-mème, fans s'en
lc moins qu'il eft poffible, , à ceux raporter
font employez fouslui, & fur.tour qui
n'ait point de paffion violente, ou d'at- qui
tachement pour le vin, le jeu & les femmes.
Je fouhaite que les Habitans des Ifles
& lesMarchandsquiy trafiquent,
fitent des lumieres qu'un long
dansle
ifcar
pais, & les emplois que jy ai eus
m'ont procurées, & qu'ils fc fervent des
bicns qu'ils pourront acquerir par ces
moyens comme de vrais Chrétiens doivent faire. --- Page 327 ---
Françoifes de PAmerigue. 307 1697.
CHAPITRE III.
LAutewr ef attagné du mal de Siam.
du Tonnerre. DelOiEfet prodigioex Colibris. Des Burgans de
fea appalle e des Liannes à Sang d
teintare 5
à Eat.
affaires m'obligeant de
Uelques
au Fort S. Pietre
faire un voyage
de Mai1697-jécriau commencement de notre Million
vis all Superieur venir tenir ma place au rends
le prier de
quelques jours. Il le
S.Jacques pendant 8c vint. Je partis
fit de bonne grace
J'achevai eix
fut atnvé
aufli-tôt quil jours ce que javois à
trois ou quatre lorfque je me difpofois à
faire 5 mais
à ma réfidence > je: .me
m'en retourner
violente douleur de
fentis attaqué d'une
d'une* e
tête & de reins , accompagnée affurez du mal
Gévre; fimptômes
-grolle de Siam. Je fus d'abord faigné atl faignéc pied, Accidene atrivé à
& puis all bras. Cette derniere
je "'Auteur,
fit défefperer de ma vie, parceque
& malgré tout ce qu'on
m'évanotilis, demeurai près d'une heure
put faire 9 je
Jc revins enfin comfans connoiffance.
'une
d'une* e
tête & de reins , accompagnée affurez du mal
Gévre; fimptômes
-grolle de Siam. Je fus d'abord faigné atl faignéc pied, Accidene atrivé à
& puis all bras. Cette derniere
je "'Auteur,
fit défefperer de ma vie, parceque
& malgré tout ce qu'on
m'évanotilis, demeurai près d'une heure
put faire 9 je
Jc revins enfin comfans connoiffance. --- Page 328 ---
308 Nonveaux Yoynges Anx
1697. me d'un profond fommeil Ifes
heures après, il me prit ua 5 quelques
Oil
crachement,
plutôr un vomiffement de fang trèsfort, & qui me fai'oir tomber dans des
efpéces de convalfions, quandau ieude
fang pur & liquide.jérois
de
ter des giumeaux d'un
oblige jetcuir. Cela dura près de fang épais & revinge-quatre
res.
heuPendant ce tems-là mon corps fe
couvrit de pour pre depuis la tête juf
la qu'aux d pieds, > les raches qui étoient de
grandeur de la main, & de différentes couleurs 2 s'élevoient fenfiblement
au-deffus de 2e la peau. Je fouffris de
des douleurs le tro-fiéme &
granme jour. Le cinquiéme je lerquarrié. fus
d'une léthargie, Ou fommeil involon- furpris
staire qu'on ne pouvoir vaincre. J'avois
roçi les Sacremens le jour
ce qui fit quoje priai le Relgieux précédent 2
étoit avec moi de me lailler en
qui
&c de dire anx Médecins de
repos, 3
à la nature, & cu'érant entre laiffer les agir
de Dieu,fattendrois avec une enciere mains
réfignation ce qui m'arriveroit. J'avois
cependant une efpérance
&
comme une affurance morale, certaine,
maladie n'auroit point de facheufes que cette faites, je le dis à mon
Confrere, que
voyois tout confterné; il fe raffura un je --- Page 329 ---
Frangoifts de PAmerique. Je dormis 309 1697.
pen, & me laifla en fans repos. m'éveiller, &
près de vingt heures j'eus une crife ou
pendant ce tems-la, qu'elle pergaplulicurs
fueur Riabondante les autres. je me rématelas les uns après
de me trouver
veillai enfin fort furpris & d'en voit deux dans
dans un autre où lit, il n'y en avoit qu'un >
la chambre m'étois isendormi. Je demandai
quand d'abord je à manger. Orvoulut me porter
dans l'autre lit, comme on medit qu'on
avoit fait plafieurs fois pendant mon
fommeil; mais Jallurai
me fentois
de force
y
En effer, je
REE
affez
pour
de linge, &cje
me levai,on dansl'autre me changea lit, me trouvant
me couchai incommodité qu'une faim cafans autre dévoroit. Onm'apporta un Guérifoa
nine qui me
comme fi çelr érécamaot. dinaire
botillon quejavalai fallut
avoir de P'Auune goute d'eausmaisi donner du pain & REL la vian-" teur.
la paix, me
voulois me lever pour
dc, fans quoi je
m'endormis après
en allet chercher. Jc
mangé, & ne me réveillai que
heures après, avec la même
Trir ou fept
de fiéfaim, fens la moindre apparence reftoit
ni de mal de iète. Il ne me
vre, de ma maladie queles marques du pourm'avoient rendu lc corps marpre, qui
celui. d'un Tigre.
qué commc
la paix, me
voulois me lever pour
dc, fans quoi je
m'endormis après
en allet chercher. Jc
mangé, & ne me réveillai que
heures après, avec la même
Trir ou fept
de fiéfaim, fens la moindre apparence reftoit
ni de mal de iète. Il ne me
vre, de ma maladie queles marques du pourm'avoient rendu lc corps marpre, qui
celui. d'un Tigre.
qué commc --- Page 330 ---
310 Nouveaux Yroyages aux Iles
1697.
Le huitiéme jour far le foir,je commandai àdeux Négees quej'avois amené
avec moi de notre Habitation, de me tenir mon cheval prèt pour le lendemain
trois heures avant le jour, & d'acheter
deux ou trois volailles roties 2 avec du
pain & du vin pour cux. & pour moi, 2
& far tout de ne dire à perfonne que je
voulois partir.
Con- Laraifon quime faifoit précipiterainfi
qu'on jeaure ti mon départ, étoit que j'étois mangé des
roit def fourmis. Jen'en avois pas une fcule auma'ades par les tour de moi aul commencement de ma
fourmis, maladic, quoique dans CC tems-là, la
baffe-terre en fût toute couverte. Onregardoit comme un figne mortel, quand
les fourmis fuyoiencles malades comme
elles m'avoient fui; mais ces infeétes
ayant reconnu aprèsla crife, qu'elless'etoient trompées, & que je ne devois pas
mourir > elles étoient revenucs en fi
grand nombre, & avec tant de fureur
qu'elles fembloient me vouloir dévorer
tout vivant, parceque je leur échapois
par ma guérifon. Cette incommodité
ne fe trouvant point chez nous à la Cabefterre,.Javois réfolu d'y retourner,
& pour n'avoir point de procès avec
les Médecins & mon Confrere,j je voulois partir fans dire adieu à perfonne. --- Page 331 ---
Françoifes de PAmerigue. 31I
Mes Négres ne manquerent pas de me 1697.
venir avertir far les trois heures du matin. Je me levai aufli-tôr, ils m'aiderent
am'habiller; nous fortimes doucement,
& je montai à cheval, laiffant toutes ies
hardes dans la chambre 2 à la réferve de
mis far mes épaumon mantcau,
froid. La tète me.
les,
2E
parcequil
à
tourna un peu quand je commençai
marcher, cela m'obligea de faire tenir
un des deux Négres à côté de moi pour
me foûtenir dans un befoin 2 pendant
que l'autre alloit devant le cheval pour
l'empècher de s'écarter, ou d'aller trop
vite. Nous arrivâmes au morne de la callebafle vers les fept heures. Le travail du
chemin, & le froid avoient tellement
augmenté mon appétit qui n'étoit déja
que trop grand, quej je n'eus Négres prefque ceue
la patience d'attendre queles
m'af
fent amaflé quelques fougeres pour
feoir, & manger plus à mon aifc. De
deux chapons qu'ils avoient acheté, je
leur en donnai un, 8je mangeail'autte,
ou plutôr jel le dévorai dans un moment.
Je repris enfuite la moitié de celui que
je leur avois donné, & je les avertis de
promptement. Ils le firent auflimanger tôt, & bien leur en ptit : - car pour peu
re queles
m'af
fent amaflé quelques fougeres pour
feoir, & manger plus à mon aifc. De
deux chapons qu'ils avoient acheté, je
leur en donnai un, 8je mangeail'autte,
ou plutôr jel le dévorai dans un moment.
Je repris enfuite la moitié de celui que
je leur avois donné, & je les avertis de
promptement. Ils le firent auflimanger tôt, & bien leur en ptit : - car pour peu --- Page 332 ---
312 Nouveaux Proyager Anx IRes
1697. qu ils euflent tardé, ils n'auroient point
déjeûné, & cependant après avoir tant
mangé,Javois encore un appécit aufli
dévorant ques'ily avoit eu trois ou
tre jours que jen'eulfe mangé.Je remon- quatai à cheval, & continuai mon
vers la grande ance, où jarrivai.fur
dix heures.
ARES
Je furpris infiniment le Curé, & tous ceux que je rencontrai fur
le chemin, qui virent avec étoanement
quej j'avois encore le vifage & les mains
toutes couvertes de pourpre. Je ne manquaipas de demander à manger en arrivant. On m'en apporta, > &c je mangeai à peu près comme un homme qui
meurt de faim en attendant - le
me mis dans un hamac, où je m'endor- diner,) je
mis fi bien > qu'il fallut me réveiller
pour dîner. J'arrivai fr le foir au Fonds
S. Jacques, ou le Superieur penfa tomber de fon haur quandil me vit. Un momentaprès que je fusarrivé, ilr reçût une
Lettre du Religieux qui éroit au Moiillage s qui lui marquoir la peine où il
étoit de ne fçavoir ce que j'étois devenu, qu'il fiuppofoit cependant que
tois retourné au Fonds S.J Jacques, j'équ'on n'avoit trouvé ni les
parce ni
mon
Négres,
cheval, & que le Médecin l'avoit
allaré que je ferois un grand coup, fi'
je --- Page 333 ---
Erançoifes de P. Amerigue. 313
je pouvois y arriver en vic,8 qu'en cas 1697:
cela fur, il d falloit me garder-avie
Bua une chambre bien clofe, jufqu'à
les
du
étant dic
ce
marques
de craindre
on n'elt plus
Enaerle
RENTE
une, rechûte., à laquelle il n'y avoit
point de reméde. Je promis tout CC
qu'on voulut, pourvà qu'on me donnât à manger; mais dès lel lendemain je
montai à cheval, & m'en allai vifiter les
travaux qu'on avoit fait eti mon ablence > me trouvant entierement délivré
d'une maladie fi dangereufe fans prendre aucun reméde depuis que je m'étois
échapé de la Bafle-terre, & fans autre
mal que d'avoir changé de peau, & d'a la Suite mala- de
voir fouffert pendant plus de trois mois die de
une faim canine fi furieufe, que je n'é- PAuieur.
tois pas maitre de ma raifon, & que
J'aurois mangé jour & nuit fans me raffafier. Le Médecin, les Chirurgiens, &
les Religieux de la Charité regarderent
ma guérifon & les fuites qu'cke avoit
eûes s comme la chofe la plus particulicre quilse euffent encore vàé dans cette
maladic.
Nous reçûmes cinq Religieux de France dans lesmois de Juin & de] Juillet,Des
deux premiers qui arriverent, on cn mit
un au Cul-de fac dela Trinité à la place
Tome IV.
O
ier. Le Médecin, les Chirurgiens, &
les Religieux de la Charité regarderent
ma guérifon & les fuites qu'cke avoit
eûes s comme la chofe la plus particulicre quilse euffent encore vàé dans cette
maladic.
Nous reçûmes cinq Religieux de France dans lesmois de Juin & de] Juillet,Des
deux premiers qui arriverent, on cn mit
un au Cul-de fac dela Trinité à la place
Tome IV.
O --- Page 334 ---
314 Nowveanx Vojages aux Ifes
1697. du Pere Eftienne Afttucq, qui fouhaitoit de fe rerirér en France, après avoir
ferviles) Miflions pendant plus de dix ans
avecbeaucoup de pieré, de charité & de
zèlc, > & avoir rempli toutes les charges
de la Religion, avec toute la prudence,
lc défintereflement & le bon exemple
qu'on pouvoit attendre d'un très-parfait
Religicux.On envoya le fecond aul Fonds
S. Jacques, pour me foulager du fervice
d'une des deux Paroiffes que je fervois
feul depuis fix à fept mois. Ce Religieux
nommé Jean Mondidier étoit de ma
Province, > & encore fort jeune. Le Superieur me chargea d'en avoir fain, de
Pinftruire, & de veiller fur fa'conduite.
Comme il étoit d'un bon naturel, fort
fage, fort doux, & qu'il avoit été parfaitement bien élevé, il me donnoit
affez de farisfaction; il n'y avoit qu'ure
chole qui me faifoir de la peine, c'eft
aimé la chaffe avant d'être ReRa cette paflion s'étoit réveillée fi
fortement que je ne pouvois lui faire
entendre raifon là-deffus. Je craignois
fans ceffe qu'il ne fit.mordu de quelque
le: pent, ou qu'il ne fit caufe que le
tit Négre quil le fuivoit, n'eû: le f
accic'ent. Outre cela il ufoi: plas de
poudre que quatre Challeurs, & per- --- Page 335 ---
Françoifes de PAmtrigne. 315doit la plus grande partie de fon tems 1697.
à cet exercice. Je m'apperçûs un jour
manquoit beaucoup de poudre
acheté
un barril que j'avois
pour
faire fauter des pierres de tail e; je me
doutai aufli-tôt que mon chaffeur avoit
voulu s'en pourvoir d'une bonne quantité, , pour n'être pas obligé de m'en demander fi-tôt. Je voulus m'en éclaircir
avec lui , & je n'en pus rien tirer 5 je
croi que je l'ignorerois encore à préfent
fans T'accident qui me le découvrit quelques jours après.
à diner
Le 16 Août nous fimes priez
parle Pere Curé de la Grande. Ance, où
fon célébroit ce jour-là la Fête de Saint
Hyacinthe Patron, de la Paroille. Pendant que nous érions à table, il furvint Effers tonnerre du
un grand orage, & le tonnerre tomba
fur notre Mailon duF Fonds .. Jacques. Il
perça le toît en plus de mille endroiis, à
peu près comme ( ion y eût tiré plufieurs
coups de canon chargez de balles de
moufquers, Il brifa tous les carreaux de
ma chambre, fur lefquels étoût un coffre qui renfermoit encore environ
tre- vingr livresde poudre qui
iretiiene
du barril. Il fr encore bien d'autres fracas > entre lefquels le plus extraordinaire fut de rompre en piéces le lit &
Oij
plus de mille endroiis, à
peu près comme ( ion y eût tiré plufieurs
coups de canon chargez de balles de
moufquers, Il brifa tous les carreaux de
ma chambre, fur lefquels étoût un coffre qui renfermoit encore environ
tre- vingr livresde poudre qui
iretiiene
du barril. Il fr encore bien d'autres fracas > entre lefquels le plus extraordinaire fut de rompre en piéces le lit &
Oij --- Page 336 ---
- 316 Nowveaux Yoyages Anx Iftes
1697. le coffre de mon Compagnon, & de fcmer par toute la maifon, la cour & le
jardin toutes fes hardes & fes meubles,
fans laifer autres chofes dans la chambre que quelques paquets de
papier
où étoient renfermées plus FEcH vingt livres de poudre qu'il avoit ôté du baril.
Le Rafineur envoya un Négre à cheval,
pour m'avertir du défordre qui étoir arrivé dans la maifon s où le tonnerre
avoit mis le feu cn fe rerirant. Je vins
à toute bride, pour tâcher deremédier
à ce malheur. je trouvai que nos gens
aidez par la grolle pluye qui avoit fuivi
le tonnerre, > avoient éteint le feu pref
qu'aufli-tôt qu'il avoit été allumé; &c je
vis avec la derniere fiurprife que le tonnerre avoit calciné la poudre qui étoit
dans ces paquets, & l'avoit réduit en une
efpéce de charbon, ou de pierre
comme
fic'eût été du charbon pilé noire', & réduit enmalle avec de la gomme, qui ne
fe froiffoit qu'avec dificulré
ilne reftoit qu'une légere odeur > de auquel foulfre, & qui ne brûloit pasp plus vîte
le
charbon deterre, dont on fc fcrt adheik les
forges. J'ai fait voir des morceaux de
cette poudre calcinée, &j j'en ai donnéa
plufieurs perfonnes qui ne pouvoient af
fçz admirer ce prodige. --- Page 337 ---
Françoifes de LAmbrique. 317
Ce coup de tonnerre fit beaucoup de 1697..
à nos gens 2 & en auroit fait bien
peur davantage à mon Compagnon & à moi,
fi nous avions été dans nos chambres, &
me caufa bien de la dépenfe pourréparer
la charpente, la couverture, > & tout ce
avoit brifé, mais il fic un bien dont
qu'il lieu de remercier Dieu, qui fut de
j'eus
laj
dela chaffe à mon
faire perdre pillion
plus retourcompagnon > quin déroure nyvoulut de fon magazin à
ner depuis la
fuccès à des
poudrc. Il s'aprliqua avec à fon état, &
chofes plus convenables
fe délaffer un peu l'efprit 2 il enpour d'élever & d'aprivoifer. des Cotreprit
libris.
eft fans difficulté le plus Defcrip.
Cet oifeau
ait au mon- l'Oifeau tion de
beau & le plus
qu'ily
Oi-arpelié
de. lly a des
quil'appellent
TERS
quand il Colibris,
feau bourdonnant 2 parceque les abeilles,
vole, il bourdonne comme
oul comme ces grofles mouches qu'on
appelle des bourdons. D'autres Tappellent l'oifeau mouche à caufe de fa petiteffe. Nus François le nomment Colibris, qui eft le nom que les Caraibes
lui ont donné. 11 me femble qu'on Sy
doit tenir : carileft permis, aux gens de
donner des noms à ce qui dépend de
eft
il
leur Domaine. Lorfqu'il
plumé,
Oilj
, il bourdonne comme
oul comme ces grofles mouches qu'on
appelle des bourdons. D'autres Tappellent l'oifeau mouche à caufe de fa petiteffe. Nus François le nomment Colibris, qui eft le nom que les Caraibes
lui ont donné. 11 me femble qu'on Sy
doit tenir : carileft permis, aux gens de
donner des noms à ce qui dépend de
eft
il
leur Domaine. Lorfqu'il
plumé,
Oilj --- Page 338 ---
- 318 Nouveaux Yroyages Aux Ifes
1697. n'eft guéres plus gros qu'une noifette
je parle du mâle : car la fémelle eft en- s
core plus petite. Il ne paroit
chofe que quand il eft couvert quelque de
mes. Eiles font en partic d'un verd
ré
Bl
tirant far le violet changeant, & tellement nuancé qu'il eft difficile de connoître parfairement de quelle couleur
ellcs font. Ces plumes font
ment fines & déliées, & couvertes extyême- d'un
petit duver furdoré, le plus fin
fe
puiffe imaginer. Les mâles ont far tête
une huppe en maniere de couronne de
très- belles plumes,les fémellesn'en
point. Le bec de cet oifeau eft long ont
d'environ un
> fort délié , & un
peu courbe. nfented fort une petite langue
fine, longue, & divifée en deux, comme deux hlets qu'il paffe fur les
& fur les feitilles des plantes odorifé- fleurs,
rentes pour en enlever la roféc
lui
fert de nourriture. Ses ailes font dans qui un
mouvement f vif, fi prompr & f continuel, qu'on a peine àles difcerner. Il ne
s'arrèe prefque jamais dans un même
endroit, il eft toujours en mouvement,
il ne fait autre chofe
fleur
3 que d'aller de
en Heur, oi ordinairement fans
pofer le pied, s & volrigeant fans ceffe
autour 2 il y paffc la langue, &c en re- --- Page 339 ---
Frangoifes de PAmérigue.
cueille la rolée. Les enfans prennent fro- 1697.
ces petits oifeaux avecdesbaguetres ils
tées de glu ou de des gomme; endroits stt où
les
chent doucement
cn l'air leurs bavoyent' > en remuant animaux ne manquent
guettes, ces petits
découvrir ce
pas des'en approcher langue, & deque c'eft, ils y
auffi tôt
PRLNTS
On leur enfonce
meurent pris. brin de bois dans le fondeun petit le tourne
y. faire attament, on
& on pour les tire dehors,
cher les inteftins,
le bec à la
après quoi on les pend par entierement
cheminée, où ils féchent
Le
fans que leurs
fe détachent. les faire fémeilleur asere eft de
dans
cher dans une étuve enveloppez il eft cerde petits facs de papier : car
tain que la fumnée, ou une chaleur brillant trop
vive,, gire toujours un peu Leurs le
nids
du coloris de leurs plamet.
ne (ont pas moins dignes d'admiration.
Ils font fufpendus enl'air à quelque peou mème dans les maitite branches lieux
les mettent à
fons, ou autres de la qui
& du Socouvert du vent,
pluye
de
leil. Ils font environ de la groffeur
la moitié d'un petit ceuf de poule, compofez de petits brins de bois entrelaflez
de cotton &c
comme un pannier > garnis Oi iv
is de leurs plamet.
ne (ont pas moins dignes d'admiration.
Ils font fufpendus enl'air à quelque peou mème dans les maitite branches lieux
les mettent à
fons, ou autres de la qui
& du Socouvert du vent,
pluye
de
leil. Ils font environ de la groffeur
la moitié d'un petit ceuf de poule, compofez de petits brins de bois entrelaflez
de cotton &c
comme un pannier > garnis Oi iv --- Page 340 ---
1697-de 310 Nowveaux Yoyages Anx Mes
cateffe moufle,d'une propreré & d'une délimerveilleule. lls ne font jamais
que deux ceufs gros comme des pois
communs, blancs, avec quelques
points jaunes. Le mâle & la fémelle perirs les
couvent lon après l'autre ; mais la fémelle y eft bien plus long-tems que le
mâle, elle ne les quitte que
momens le foir & le matin, pour quelques aller
chercher fa nourriture. Le mâle tient fa
place pendant ce tems là, afin
les
ceufs ne fe refroidiffent point. Les que
tits étant éclos ne parciffent
pedeux mouches, qui fc couvrent pas plus
d'un
peu
pcu
duvet très fin, auquel les:
mes fuccédent dans la fuite.
pluJe montrai au Pere Mondidier un nid
de ces petits oifeaux , qui étoit fur Un
appentis auprès de la maifon.
ta avec les
Ill'emporpetits, > lorfqu'ils
ze ou vingt
, & le mit éurentquin. dans une
cage à la ESAt de fa chambre, où le
pere & la mere ne manquerent
de
venir donner à manger à leurs pas
& sapprivoiferent tellement ehnfans,
fortoient prefque plus de la qu'ils ne
où fans cage, &c fans contrainte chambre, ils
s
noient manger & dormir avec leurs vetits. Je les a1 vû fouvent tous
le doige du
quatre Ror
Pere, qui ichantcient comme --- Page 341 ---
Françoifes de PAmerique. 321
s'ils euffent été fur une branche d'arbre. 1697.
Illes nourrifloit avec une pâte très fine,
& prefque claire comme dela boilillie,
quil faifoit avec du bifcuit, du vin d'E(-
& du Sucre. Ils palfoient leur
pagne
&
ils
langue fur cette pâte ,
quand
étoient raffaliez s ils volrigeoient &
chantoient. Leur chant eft une efpéce
de peticboundonnements fort agréable 3
ilcit clair & foible, étant proportionné
à l'organe qui le produit. Je n'ai rien
vû de plus aimable que ces quatre petits animaux
voltigeoient de tous
côtez dedans 2" dehors la maifon, &
revenoient dès qu'ils entendoient la
voix qui de leur pere nourricier. Il les conferva de cette maniere pendant cinq ou
fix mois, & nous efpérions de voir bientôt de leur race, quand le Pere ayant
d'attacher la
ou ils
oublié un foir
cage
fc retiroient, à une corde qui pendoit
du plancher pour les garantir des rats 5
il eut le chagrin de ne les plus trouver
le lendemain matin. Ils avoient été dévorez.
en a de cinq! ou fix
On prétend qu'ily entre-elles
efpéces qui ne différent
de
le coloris
nus
par la groffeur , &
il m'a
plumes. A l'égard del la groffeur 5
cette différence étoit allez difparu que
Ov
une corde qui pendoit
du plancher pour les garantir des rats 5
il eut le chagrin de ne les plus trouver
le lendemain matin. Ils avoient été dévorez.
en a de cinq! ou fix
On prétend qu'ily entre-elles
efpéces qui ne différent
de
le coloris
nus
par la groffeur , &
il m'a
plumes. A l'égard del la groffeur 5
cette différence étoit allez difparu que
Ov --- Page 342 ---
322 Nowveaux Voyages Anx
1697. ficile àr remarquer, & pour le IfRes
ne vois pas que cela doive faire cofotis,je une ef
pécc.patticuliere, vile peu de différence qu'ily y a entr'eux.
J'eus dans la fin du mois de Juillet
deux Hôtes qiti m'auroient fait plus de
plaifir s'ils étoient venus m'aider
j'étois feul. Le premier étoit un quand Religieux Carme de la
Le perele Pere
Guadcloupe nommé
Raphatl,
Raphaël, qui s'étoit mis en tête
Cerme. d'établir les Religieux de fon Ordreà la
Martinique, en leur procurant les Paroiffes de Culs-de-facs Robert &
çois, ( où nous n'avions pas de Religicux, Franparceque la maladic de Siam nous en
avoit enlevé un grand nombre. Après
qu'il eût demeuré quelques jours dans
notre Convent du Motillage, il
prétexte de vouloir voir la
prir
afin de pouvoir négocier plus Cabefterre, aifément
avec les Habitans de ces deux quartiers
dont quelques-uns le connoilfoient,
cequ'il avoir été leur Curé à Marie-Ga- parlante avant qu'ils en fulfent chaffez
les Anglois. Le Superieur de notre Mic par
fion me manda de l'oblerver de
& de ne rien oublier pour faire échoiier près,
fon deffein, mais d'une maniere
lui donnâraucun foupçon
quine
fions découvert. Il vint que chez nousl'euf
nous ail --- Page 343 ---
Frangoifes de P. Amerigue. d'un 323 1697.
Fonds S.Jacques,oà je le retins près fous difmois, remettant tous les jours vouloit
férens prétextes le voyage qu'il voir fes
faire en ces quartiers-la, pour accomanciens amis, où je le voulois
3 & atin qu'il ne S'ennuyâr pas, 3
en forte que nos Curez du Macouje
PERC
ba, de'la Balfe-pointe, & de la Grande
Ance l'inviterent chez eux à quelques
Fètes, où ils le retinrent le plus longA la fin Jeusnoutems quilfur pollible. étoit arrivé trois Revelle qu'il nous
n'eus
de le
ligieux de Francc. Je
garde rien
dire à mon Hôte, mais feignant que en état
ne me retenoit plus, & querétois Culs-de-fac Rode l'accompagner aux
enfembert & François 2 nous de voir partinnes tous les mouble. J'eus le plailir
les
vemens quil fe donna pour engager rdcs
Habitans de ces guntenademanderd fervir leurs
Religieux de (onOrdre, pour
où nous
Paroiffes, attendul Timpollibilité des Curez. J'afétions de leur donner
, mais feignant que en état
ne me retenoit plus, & querétois Culs-de-fac Rode l'accompagner aux
enfembert & François 2 nous de voir partinnes tous les mouble. J'eus le plailir
les
vemens quil fe donna pour engager rdcs
Habitans de ces guntenademanderd fervir leurs
Religieux de (onOrdre, pour
où nous
Paroiffes, attendul Timpollibilité des Curez. J'afétions de leur donner feétai de lui donner toute la commodité
pour faireiesbrimlponwroirfonhaiter vis
affez
gues; mais quand je quilséroit commenfarigué 2 2 & que les Habitans les
çoient à goiter fes raifons,.&
dont
Eien
meffes qu'illeur faifoit
jétois
informé, malgré toutes les. précautions
O vj --- Page 344 ---
324 Nonveaux Voyagei Aux Ifles
1697- qu'il prenoit
m'en ôter la connoic
fance, après, FAN je , qu'il eût mis fon
affaire en bon train au Cul-de-fac-Robert, ilvoulut pouffer jufqu'au Cul-defac François, oi il efpéroit réuffir encore plus facilement. Lorfque nous
étions far le point de nous cmbarquer
lier pour y. aller, je demandai au Marguilqui avoir la clefdu
fût
Prefbytere, > s'il
qu'il
en état de loger le Requi y viendroit dans
Rooar
trois jours. Cette demande
deux ou
la compagnie
furprir toute
du
qui ne s'y attendoit point
tout, & mon Carme
tous
les autres. Quoiqu'il fût plus homme que d'efpii, il ne plr cacher le défordre oi
cet:e nouvelle le mit; il me demanda
qui étoit ce Religieux, je lui répondis
quejen nelec connoifoispoint.p
ne faifoit
parcequ'il
rieur
qu'arriver , & quc le
me marquoir feulement de voir Supe- fi
les maifons curiales étoient en état
parceque fur ce que je lui manderois >
il envoyeroit deux Religieux
dé- 5
fervir les Paroiffès, ou les
pour
en d'autics endroits, Les Habitans employeroir témoignerent bien de la joye d'être far le
point d'avoir un Curé réfident. LeMarguillier me dit que l'Eglife & le Prefbytere étoient en état, & que le Re-
voir Supe- fi
les maifons curiales étoient en état
parceque fur ce que je lui manderois >
il envoyeroit deux Religieux
dé- 5
fervir les Paroiffès, ou les
pour
en d'autics endroits, Les Habitans employeroir témoignerent bien de la joye d'être far le
point d'avoir un Curé réfident. LeMarguillier me dit que l'Eglife & le Prefbytere étoient en état, & que le Re- --- Page 345 ---
Françoifes de PAmerigne. 325
ligieux feroit content d'cux.
1697,
Je partis feul pour le Cul-de-facFrançois: : car mon Compagnon voyant fon
quiln'y avoit plus rien à faire pour
deflein, feignit d'être incommodé , &
, ou il
demeura au Cul-de-fac-Robert du Cul-de-fac
m'attendit. Les Habitans
fort contens quand ils
François parurent nous étions en état de leur
feûrent que Curé réfident dès
fcdonner un
quils
roient cux-mèmes en état de lerecevoir,
ce feroit dans très-
& me promirent que
l'inpeu de tems. Cen'étoit pourtant pas avions
tention de notre Superieur. Nous
beloin
de Religieux àla
un
plus preffant
oit la
Guadeloupe & à S. Domingue >
maladie avoit emporté preique tous les
Curez. Je fis naitre exprès un incident
fur lequel il falloit avoir la décifion de
M. l'Intendant, qui ne pouvoit manquer
de produire une difcufion affez longue
nous donner le tems de recevoir
pour
de France. Cela arrid'autres Religieux
va en effet comme nous l'avions défervir penfé,
8 nous fûmes maitres de faire
les deux Paroiles parle Religieux qu'on
Cul-de-fac: Robert, fans que les
mit au cuffent lieu de fe plaindre, &
autres
la
un
Tt
ce moyen d'envoyer
Religieux Je
Guadeloupe, & un à S.Domingue. --- Page 346 ---
326 Nouveaux Voyages asix Ifles
1697. retournai au Culde-fat-Robert, où
trouvai mon Carme chez le fieur Rde
gneron, & je le ramenai all Fonds Saint
Jacques. Il n'y demeura pas
il s'en retourna au
long-tems, & de-là
a la
Molillage,
Guadeloupe > aufli content des civilités que nous lui avions faites, > qu'il
J'étoir peu du fuccès de fon
le Pere L'autre Religieux étoit voyage.
Plumier
un Minime
Minime, Provençal, appellé le Pere Plumier. Il
avoit entr'autres talens un génie merveilleux pour la Botanique, & une main
admirable pour défigner les plantes. Il
avoit été envoyé aux Ifles quelques années auparavant avec un autre Provençal, Medecin de Profeflion & Chimifte.
La Cour quiles entretenoit, avoit def
tiné le Minime pour faire les figures des
plantes entieres & diffequées; & le Medecin Chimife, > pour en tirer les huiles, les fels, les caux, & autres minuties.
Medecin
Le Medecin étoit la
Chimifte faite de
copiela
nommé
l'avarice qui air jamais Bzr
Surian.
Rute
d'après nature, ou pour parler plus jufte gétoit l'avarice. même. Il me fuffira
de dire,
en donner une légere idée,
qu'il ne Rcate que de farine de manioc
& d'anolis. Quand il partoit le matin
pour.aller heiborifer, il portoit avec
ies.
Medecin
Le Medecin étoit la
Chimifte faite de
copiela
nommé
l'avarice qui air jamais Bzr
Surian.
Rute
d'après nature, ou pour parler plus jufte gétoit l'avarice. même. Il me fuffira
de dire,
en donner une légere idée,
qu'il ne Rcate que de farine de manioc
& d'anolis. Quand il partoit le matin
pour.aller heiborifer, il portoit avec --- Page 347 ---
Françoifes de PAmerique 327
monacale, c'eft-à-di- 1697.
lui une caffetiere
fait chaure, une de cescafietieresqu'on de vin. Mais comme
fer avec de l'efprit
contrairé à
cette dépenfe auroit été trop
étroite
l'économie dont il faifoit une
profellion.il ne garnilloitla Genne que
d'huile de Palma Chrifti ou de poiflon.
Celle qui ne lui coûtoit rien étoit toula meilleure. Un; petit fachet de fajours
la cafferine de manioc accompagnoir étoit arrivé au licu oû il
tiere. Lorfqu'il
fufpendoit fa cafvouloit travailler,il
l'avoir
fetiere à une branche s après de fontairemplie d'eau de balifiér ou
Il
ne, fclon l'endroit oû il fe trouvoit.
cuéilloit en travaillant ,-& goûtoit les
herbes qui lui tomboient fous la main, 9
& tuoit autant d'anolis qu'il croyoir en
avoir befoin.
dit
les anolis Anolis;
Je croi avoir déja
que huit
efpecede
font de petits lézards de fept à
pou- fa Lezard def- s
la quene, 5
ces de longueur, 2 y compris
le criptions
qui eft beancoup plus longue de la que moicorps. Ils font de la groffeur
tié du petit doigt. On peut juger CC
être
il eft
oE
leur corps peut
quand & quelle fub-
& écorchés quelle graiffe herbes avec
ftence il peut fournir aux
lefquelles on le fait cuire. Il faut pourtant avoier quc ceux qui ne cherchenit --- Page 348 ---
328 Nowveaux
aux Ifles
1697. dans lcs viandes que Yoyages la tendreté & la facilité de la
la trouvent
:
sûr dans celle-ci. digeflion,
à coup
Une heure ou cniviron avant le tems
qu'il avoit deftiné pour prendre fon reilallumoir fa lampe, il mettoit les
hachées
fedl
dans la caffetiere avec
autant d'anolis
néceffaire
pour donner à qu'iljugeoir fon eau & à fcs herbesla 3
graiffe & le fic convenables pour en
faire du boiillon. Quelques graines de
bois d'inde écrafées, ou un peu de
ment lui tenoient licu de fcl &
piceries, & quand ce vénérable dîné d'épi- étoit
cuit, il verfoit le boiillon fur la farine
de manioc étendué far une feiille de
balifier, C'étoit-là fon
lui
fervoiren même-tems de potage , qui
ger fes anolis, & comme pain la pour maneft dangercufe dans les pais chauds, répletion fa
caffetiere lui fervoit pour le repas du
matin & celui du foir ,
tous deux
ne
lui revenoient jamais à qui plus de deux
fols fix deniers. C'étoit pour lui un carnaval, lorfqu'il pouvoit attraper une
grenoiille > elle lui fervoit pour deux
jours au moins, tant étoit grande la frugaliré de cct homme. J'ai pourtant oui
dire à beaucoup de gens qu'il relâchoit
infiniment de cette aufterité de vie >
pletion fa
caffetiere lui fervoit pour le repas du
matin & celui du foir ,
tous deux
ne
lui revenoient jamais à qui plus de deux
fols fix deniers. C'étoit pour lui un carnaval, lorfqu'il pouvoit attraper une
grenoiille > elle lui fervoit pour deux
jours au moins, tant étoit grande la frugaliré de cct homme. J'ai pourtant oui
dire à beaucoup de gens qu'il relâchoit
infiniment de cette aufterité de vie > --- Page 349 ---
V Frangoifes de LAmerique. 329
hots de chez lui; ou1697.
quand il mangeoit d'aurrui. J'ai crû devoir
aux dépens
maniere de vie économettre ici cette
voudront P'imique, afin que ceux qui ils
doivent
miter fgachent con ment
s'y
de
prendre, &càquiil ils ont T'obligation les
linvention. II travailloir à amollir
de faire bonne chere
os, & prétendoic s'il pouvoit trouver
fans rien dépenfer, bonhear
les
ce fecret 5 mais par
de
(eroient morts
LERTERE
chiens qui homme eût réiifli, la difcoide fe
galant
le Minime & lui, & les oblimit entre
en France
gea de fe féparer. Ilsrevinrent mois de travail,
après dix-huit ou vingr de fetilles, de rachargez de graines d'huiles S,
& autres bacines, de fels, >
de plaintes lun
bioles, & de quantiré
le
contrc P'autre. 11 y a apparerice le que MéMinime avoit plus de raifon que
fut mieux écouté, puicdecin , ou qu'il
& quele Mique celui-ci far congedié,
tranime fit renvoyé aux Ifles
MédeA
Tégard Cse
vailler de nouveau.
concin, j'ai fçû étant àMarfeille > que
tinuant fon travail de Botaniftesilavoit
certaines herbes qui lui Le Méun jour apporté merveilleufes
s'empoi- decin
avoient
il en fit faire
la
fonne a-
>
CET EET
fes deux veC toute
IULETE
qui fit mourir lui, fa femme, >
fa familenfans & fa fervante.
le,
Ifles
MédeA
Tégard Cse
vailler de nouveau.
concin, j'ai fçû étant àMarfeille > que
tinuant fon travail de Botaniftesilavoit
certaines herbes qui lui Le Méun jour apporté merveilleufes
s'empoi- decin
avoient
il en fit faire
la
fonne a-
>
CET EET
fes deux veC toute
IULETE
qui fit mourir lui, fa femme, >
fa familenfans & fa fervante.
le, --- Page 350 ---
330 Nonveaux Froyages anx Ifles
1697. L'occafion du renvoi du P. Plumier
le Pere aux Iles, fut anfli
-
Plunier, La voici. Un Médecin linguliere qu'inutile.
Minime. eft ren- blié un Livre de Plantesde Anglois savoit puIfles:rai- voylaux dans lequel il avoit fait graver T'Amérique, de
fon de ce 60 efpéces de
On plus
fecond étoit de T'honneur
la
crut qu'il
voyage.
Nation d'en
ISEIN
couvrir
dénoiffoit davantage; & comme on ne conperfonne dans tout le
me plus capable de foutenir le poids Royau- de
cette grande affaire que ce Minime
onlui en donna la
>
environ fix mois commilion.Ilyavoir qu'il étoit arrivé à la
Martinique > quand après avoir
toutes les Fougeres de la Baffe-terre, épuifé
Pitous du Caiber, &
5 des
du Morne de la
Calebaffe,il vint à la
en chercher d'autres. Cabefterrepour Ilavoir
y
notre Convent
logé dans
duMotillage toutlerems
qu'ilavoit demeuréà la Balle-terre. Notre Superieur > qui étoit de fon Pais, lui
avoit donné gracuirement une chambre
&clatable, & me le recommanda
il vint à la Cabefterre. Cette quand
mandation, fon mérite
recomla gloire de la
perfonnel, &
Nation, pour laquelle il
travailloit, firent que jc le reçis - avec
toute la civilité pollible, &
je l'aidai de toutes mes forces à que grofir fon
magazin de Fougeres.
Balle-terre. Notre Superieur > qui étoit de fon Pais, lui
avoit donné gracuirement une chambre
&clatable, & me le recommanda
il vint à la Cabefterre. Cette quand
mandation, fon mérite
recomla gloire de la
perfonnel, &
Nation, pour laquelle il
travailloit, firent que jc le reçis - avec
toute la civilité pollible, &
je l'aidai de toutes mes forces à que grofir fon
magazin de Fougeres. --- Page 351 ---
Françoifes de PAmérique. 331 1697.
Quelque tems avant qu'il arrivât aul
Fonds S. Jaeques,favoiss reçà quelques
Livres de Fiance, entre lefquekséroicle LaleétuVitruve in fol. de M. Perrault. connoître le
re de ce Livre m'avoit fait fe fervoit auLimaçon de mer : dont on
trefois
faire la teinture de Pourpre,
pour
celle de Tyr, 2 qui
& particulierement
étoit fi eftimée.
foir
le Pere
Je m'appérçàs un
que
l'or-.
Plumier étoit plus content qu'à la caufe;
dinaire > je lui en demandai
mais il éroit fi caché & fi particulier,
de rien fçavoir
qu'il 1 n'y avoit pas moyen chofes éroient mide fes affaires : toutes
à forte de
fterieufes chez lui. Cependant avoit trouvé un
le preffer, > il me dit qu'il de lui en tétréfor. Jene manquai 8c 8c lui offrir nos
moigner ma joye,
l'aller chercabrotiers & nosbaeufs pour
cher, & le faire apporter daus facham- nécefbre. Il me dit que cela n'étoit pas
faire, & qwillavoit dans fa poche-Après
bien des cérémonies 2 il en tira enfin un
mouchoir , dont une partie étoit teinte
couleur de
ou du moins en
de
pourpre, pourpre à préla couleur qu'on appelle
fent, car je ne voudrois desanciens. pas jurer quelle Quoifoitla mème que celle
le tréfor.
quilen foit, voilà, me dit-il,1 --- Page 352 ---
Nouveaux Yoyages anx Ifles
1695. # découvert en ce pais-cil la
de Tyr 2 c'eft pour T'enrichir plus pourpre
toutes les mines du Perou & du Mexi- que
quc. Je confiderai le mouchoir :
découvris aufli-rôt le
3 & je
couleur
principe de cette
TA
; mais je feignis de fouhaiter
qu'il me le dit. Mes prieres furent inutiles, & quoique je pulffe faire,
voulut jamais
5 il ne
m'apprendre ce que je
fçavois avant lui.
Burgans
Le lendemain
de (cin- cheur
f'envoyai dire à un Peture,leur
qui demeuroir ati Bourg Sainte
ufage, Maric s de me faire amaffer des
de teinture (c'eft ainfi qu'on les Burgans
il m'en envoya, & je
un appelle)
ccau de toile en
teignis
mortrai le foir au Pere pourpre, Minime, que je monfant
> en lui dique ce qu'il croyoir être un. fecret
& un tréfor, étoit entre les mains de
tout le monde. Je lui dis à mon tour
je voulois lui faire voir une COIIR plus belle que la fienne, dont
lui dirois
je ne
pas l'origine. En effet je lui
montrai un autre morceau de toile teint
en rouge très-vif & très-beau; &c
lui faire voir que fa
n'étoit pour
une nouvelle
pas
je demandai
en fa
SEREETE
préfence à plufieurs de nos Négres comment on avoit teintle morceau
de toile, qui tous répondirent que c'é-
lui faire voir une COIIR plus belle que la fienne, dont
lui dirois
je ne
pas l'origine. En effet je lui
montrai un autre morceau de toile teint
en rouge très-vif & très-beau; &c
lui faire voir que fa
n'étoit pour
une nouvelle
pas
je demandai
en fa
SEREETE
préfence à plufieurs de nos Négres comment on avoit teintle morceau
de toile, qui tous répondirent que c'é- --- Page 353 ---
Françoifes de PAmerique.
toit avec des.Burgans de teinture, qu'on 1697.
trouve tous les jours au bord de la mer.
Les Burgans dc teinture font de la
groffeur du bout du doigt: ils font comme les Vignots ou les Limaçons ordinaires. Leur coque eftaffez forte, quoiqu'elle foit mince : elle eft de la couleur d'azur brun. L'animal qu'elle renferme eft tout-à-fait femblable au Limaçon : fa chair eft blanche, fesinteftins font d'un rouge trés-vif, dont la d'extrai- Maniere
couleur paroit au travets de fon
Préla
c'eft ce
donne la couleur à
ITELEE
&
qui
il eft
qui eft de poure
me qu'il jette quand
ptis, fur le bleu. pre.
d'abord d'un violet tirant
Pour obliger ces animaux à jetter une
quantité d'écume, iln n'y a
plus grande les mettre dans un plat à > 2e les agiter
qu'à & lesbattre les uns contre les autres avec
la main > ou avec des verges : dans un
moment ils remplifent & couvrent le
plat de leur écume, laquelle étant rcgae fur'un linge, y fait d'aboid une tache blcuâtre, quife change en rouge de
à melure qu'eile fe féche, Le
Eearee qu'on a perdu, & qu'on n'a pas
eft de fixer &
retrouvé jufqu'à préfent,
de cuire rcette couleur 5 car lorfqu'elle
n'eft pas cuite, elle diminué peui peu,
& fc diflipe prelgu'enticrement, à me- --- Page 354 ---
334 Norveaux Tropagei anx IRes
1697. fure qu'on lave le linge qui en a été
teint.
Lianne à L'autre couleur
dont
fang, & la feconde toile trouge
étoit teint
fon effer,
que je lui fis voir, venoit d'une lianne qu'on appelie lianne à
fang. La feiiille de cette lianne eft prefque de la même figure > de la même
épaiffeur, force & coloris que celle du
lierre. Son écorce eft fort brune,
& (pongienfe comme du
Le épaiffe bois
& Fécorce ont pour l'ordinaire liege. trois à
pouces de diamétre. Elle eft fort
ReNE de couleur brune lorfqu'elle eft
féche; mais quandonla coupe fur
elle paroit route rouge, à caufe pied, d'une
liqueur épaiffe comme du fang de baeuf,
& de la même couleur > dont elle eft
remplic. Les toiles que l'on y trempe
deviennent d'un beau
fe déchargent facilement rouge, > mais elles
en les lavant.
J'ai fair boiillir cette liqueur après
avoir fait diffoudre de lalun, &
*
fait tremper de la toile > & des éroffes jy
de laine & de cotton. La couleur
les prenoient étoit plus vive & qu'el- plus
belie. Après les avoir fait mettre à la
leffive & favonner cinq ou fix fois, elles
fe déchargeoient peu; > &, ne teignoient
point les autres toiles. Les étofes dc laine
& de cotton réiifliffoient encore mieux.
liqueur après
avoir fait diffoudre de lalun, &
*
fait tremper de la toile > & des éroffes jy
de laine & de cotton. La couleur
les prenoient étoit plus vive & qu'el- plus
belie. Après les avoir fait mettre à la
leffive & favonner cinq ou fix fois, elles
fe déchargeoient peu; > &, ne teignoient
point les autres toiles. Les étofes dc laine
& de cotton réiifliffoient encore mieux. --- Page 355 ---
Françoifes de PAmérique. 335
Quoique jeulle réfolu de nepas com- 1697.
muniquer ce fecret au Pere Minime > je
fit.
me rendis enfin aux prieres qu'ilm'en
Jc le menai dans le bois, & lui montrai
cette lianne, &c une autre urilité, qui pouvoit à lui
lui être d'une très-grande
qui paffoit quelquetois les journées entieres à parcourir les bois & les montagnes. On s'en fert
fe défalterer lorf- Lianne à
fe trouve Eoer dcs lieux où iln'y eauis
qu'on ruiffeaux ni balifiers: Cette dera niere ni lianne ala feuille aflez petite, tendre, mince, douce, & d'un beau verd.
Son bois eft ordinairemenc de deuxpou- de
ces de diamétre, on en trouve même
plus gros, il eft Aexible 2 liant, (pon- Son
gieux & pefant quand lileft furpied.
écorce eft grife & affez mince. Elle s'apcomme toutes les autres liannes,
puye, contre les arbres, & s'y attache par fes
& quand
filets, &c Venferpoursdlever, trouvant
clle eft arrivée au fommet, ne
plus rien pour fe folrenir, & ne ceffant
pour cela de croître, fon poids
la fait pas pencher & (e replier vers la terre,
où elle arrive en croiffant toujours. Dès &
qu'elle la touche elle prend racine,
des têtes qui s'artachent à tout ce
poulle rencontrent . > & fouvent à la
qu'elles
/ --- Page 356 ---
336 Nouveaux Foyages aux
1697. tige qui les a produit, > & fe
Maniere nent avec elle
Airoene
comme les touriilons d'un
d'entire: gros cable.
del'eau.
Lor/qu'on fe trouvé dans le befoin de
) boire, & qu'on rencontre de ces liannes, ce quin'eft pas difficile:
- a
carilyen
quantité dans tous les bois,o on en coupe une environ à un pied de terre, puis
on accommode fon chapeau deffous ou
bien une feitille de cachibou ou autre
chofe, & on donne un coup de couteau à la même lianne quatre ou cinq
pieds plus haut que la coupare, afin de
donner lieu à l'air de s'introduire
d'agir fur l'eau contenué dans la
> &
& on
lianne,
la voit aufli-tôt couler par la coud'embas. J'ai experimenté plus
EURe fois, qu'ilyavoit plus d'une
d'eau dans un morceau de lianne de Pinte cinq
pieds de long. Cette eau eft très-claire,
& très- faine, > il n'y a point d'eau de
pluye ou de fontaine qui en "approche
pour la bonté, 3 mais ce qu'elle a d'admirabie, c'eft qu'en quelque expofition
que foit la lianne, ceit-adire, qu'elle
foit au foleil ou à l'ombre > qu'on la
coupe le jour ou la nuit, elle eft toujou S extrémement fraiche.
Je croi avoir I
déja dit comment on
' tire del'eau du balifier, c'eft pourquoi
je
'y a point d'eau de
pluye ou de fontaine qui en "approche
pour la bonté, 3 mais ce qu'elle a d'admirabie, c'eft qu'en quelque expofition
que foit la lianne, ceit-adire, qu'elle
foit au foleil ou à l'ombre > qu'on la
coupe le jour ou la nuit, elle eft toujou S extrémement fraiche.
Je croi avoir I
déja dit comment on
' tire del'eau du balifier, c'eft pourquoi
je --- Page 357 ---
Frangoifes de PAmerigue.
337 1697.
ne le répéterai pas davantage. -
une
je Je fis voir encore au Pere Minime
e
lianne beaucoup moins groffe que
autre
: fon écorce eft grife, &
les précédentess
la lianne grife dont
on la prendroiry de clle n'étoit beaucoup Lianne
>
jauns.
Peal
j'ai déja molle, parlé & fcs feiilles plus longues
Ses fibres font remER plas moitelleufes. jaune, aflez épaille, . >
plies d'une liqueur
teint en beau
& allez abondante , qui imbibe. Le
jaune les toiles qu'on en eft de perdre
défaut de cette teinture
toute fa beauté au blanchillage,
prefqué
la toile ou le drap qui en a
1 & quoique fois tcint demeure toujours CO--
été unc il s'en faut néanmoins beaucoup
loré, Lconferve la mèmc vivacité.
qu'il
CHAPITRE IV.
des Pommes de Ra
De la Cochemille, De la Lianne perele.
quettes.
toutes les Ifles où il
trouve par
infeéte
O
Acacias un pesir
fc nourrit
E
t
y prend naiffance, &c
l'appelle Codes
3:
fruit
Raquettes. Je ferai part au Leéteur des
chenille..
fur cetinfedte,
remarques
P.
Torse
ypniar --- Page 358 ---
338 Nowveaux Voyages 0 aux Ies
1697. après
j'aurai décrit la plante & le
fruit doncs il fe nourrit.
Les Anglois appellent Poirier piquant
cé que nous appellons Raquettes aux
Mles, on pourroit ce me femble
ler figuicr
l'appel- le
piquant , puifque
truit
porte a beaucoup de rapport à la
2O ordinaire. Cependant je croi qu'ils
ont raifon, & que nous n'avons pas
tort: : Car fi le fruit reffemble un peu a
une poire, comme ils le prérendent,
il faur convenir 'que la feuille a affez
la figure d'une Raquerte a & le fruit
celle d'une figue > mais garnics de G
fortes épines, que rien au monde n'eft
plus piquant.
Terrain Cetteplante ne vient bien
dans les
propre pour les terres fabloncufes, & dans gere endroits
Raquet- fecs & arides, C'eft dans ces lieux-li
ses.
qu'elle profireà merveille. Il n'y a qu'à
enterrer, à moitié une de fes feuilles ou
pattes, comme O11 dit aux- Illes, pour
qu'elle prenne racine, & qu'elle produi
fe beaucoup pen peu detems. Elle reffemble à un ovale un peu allongé d'un de
cesbouts,àp peu préscomme nousvoions
les Raquettes; quand cette patte eft dans
fa grandeur naturelle, & fa fouche dans
un terrain qui lui convient, elle a depuis
fept jufqu'à neuf pouces de longucur,
itié une de fes feuilles ou
pattes, comme O11 dit aux- Illes, pour
qu'elle prenne racine, & qu'elle produi
fe beaucoup pen peu detems. Elle reffemble à un ovale un peu allongé d'un de
cesbouts,àp peu préscomme nousvoions
les Raquettes; quand cette patte eft dans
fa grandeur naturelle, & fa fouche dans
un terrain qui lui convient, elle a depuis
fept jufqu'à neuf pouces de longucur, --- Page 359 ---
EPJCE --- Page 360 ---
Tm.4. : Pa9.338.
Torche Cpinewre --- Page 361 ---
Françoifes ds PAmtrique.
339.
Tur trois ou quatre pouces de largeur s 1697.
& neufà dix lignes d'épailfeur. La pcau Defcrip-
& licée aux endroits tion de
eft verte, mince,
La la Raqui ne font pas chargez d'épines. de la con- quettcs
chair eft blanchâtre, s fouple,
fiftence d'une rave un peu Aétrie, d'un
goit qui feroit entierementi infipide (ans
amertume
laifle dans la
une petite
la mache. qu'il Les bords
bouche quand on
d'éfont tOUS chargez de perits bouquets
pines droites, courtes, fortes & pointués. Ses deux fuperficies le font aufli,
mais les bouquets (ont bien pius gros >
& les épines plus longues & plus fortes,
ils font éloignez d'un pouce les uns des (
autres, & polez en quinconge très-régulierement. Chaque bouquet ett compolé
de fept, neuf & onze épinss, celles qui
approchent du centre font longues d'un
pouce ou environ, la longueur des autres diminue à mefure qu'eiles s'en éloignent. Elles font toutes extraordinairement fortes, roides& pointués; & quoiqu'à leur bale, elles ne foient
plus
les plumes de Taic d'un
groffes Moineau, que elles ne laiffent pas de
d'un foulier, ou d'une
FOE
la femelle
du cuir le plus dur, 2 le plus fec &le
fort. Jen puis parler comme
RARe
parceque jen ai fait Texpérience. Je
Pij --- Page 362 ---
340 Nouveanx Poyages aux MRes
1697. marchai un jour fans crainte fur une de
ces pattes , ne pouvant
qu'elle fit capable de me bleffer m'imaginer
des fouliers tout neufs à double femeile, > alant
d'un cuir fort, très dur & fort fec,
puifqu'il y. avoit plus de fix mois qu'ils
Effcts étoient arrivez de Francc.
cela
des
Malgré
Ra-elle ne laifla pas de me percer la
quettes-. du
en quatre ou cinq endroits, plance &
ne
de
à
Renaten
peu
peine tirer mon
pied hors au foulier > qu'on fut fir le
point de couper, & enfuite à recirer les
pointes qui s'étoient rompuès dans la
chair. Ces encloiicures font non-feulement fort douloureufes, mais elles expofent encore à de grands dangers ceux
qui font blellez, parceque fi on ne les
retire promptement > if ne mangue jamais de fe faire une tumeur qui les Cache chtierement, qui dégencre en abf
cès, & où fouvent la gangrène s'y met
en aflez peu de'tems.
Remé.'e
Le reméde
acft de
pour ti- dre une
qu'ilyadcela
prenrer les
pattc de Raquette,! la dépoiller
épines. de fa peau & de fes épines, & après l'avoir fait amortir fous les cendres chaudes,l'appliquer fur la partie bleflée avec
une compreffe & une bande, pour l'empêcher de tomber, fans la comprimer en
aucuuc maniere. On prétend quela Ra
de'tems.
Remé.'e
Le reméde
acft de
pour ti- dre une
qu'ilyadcela
prenrer les
pattc de Raquette,! la dépoiller
épines. de fa peau & de fes épines, & après l'avoir fait amortir fous les cendres chaudes,l'appliquer fur la partie bleflée avec
une compreffe & une bande, pour l'empêcher de tomber, fans la comprimer en
aucuuc maniere. On prétend quela Ra --- Page 363 ---
Frangoifes de PAmérigne. 341
attire à elle les pointes des épi- 1697.
quette
étoient demcurées engagées
nes dans chairs. Je n'ai -point pratiqué
ce reméde, je ne le donne ici que far
la bonne foi de perfonnes fages, qui
m'ont affuré en avoir une connoiffince
très-certaine. On fe fert encore des pattes de Ra- contu- Pourfes
préparées comme je viens de di- fions 8
quettes &
de la même façon pour d flocare, appliquées
tions.
la guérifon des contulions 2 quelque
conlidérables qu'elles puilfent êire, &
confolider les membres difloquez
pour après qu'ils ont été remis.
Comme
Une patte de Raquette plantée com- les Rame je Pai dit ci- devant, & ayant pris croifienr quettes
racine, pouffe deux ou trois felilles où
à côté d'elle, & à fon fommet, &
pattes
d'autres
celles-ci en produifent toujours
à mefure qu'elles croiflent, & qu'elles
s'éloignent de leur racine, qui devient
comme une tige en maniere de bras 2
dont les premiercs feitilles repréfentent
plufieurs mains, & les plus
feuilles les doigrs. Ces tiges
à laPEmeils
fin fort groffes & fort hautes; elles ne Tlle Fort S. ds
font jamais rondes. J'en ai vû autour du Thomas
Fort dcl'lfle S. Thomas: , qui eft une des fortifié ayec des
Vierges, & qui appartient aux Danois > Raquetavoient plus de cinqpouces de dia- tcs,
qui
P 11)
cs feitilles repréfentent
plufieurs mains, & les plus
feuilles les doigrs. Ces tiges
à laPEmeils
fin fort groffes & fort hautes; elles ne Tlle Fort S. ds
font jamais rondes. J'en ai vû autour du Thomas
Fort dcl'lfle S. Thomas: , qui eft une des fortifié ayec des
Vierges, & qui appartient aux Danois > Raquetavoient plus de cinqpouces de dia- tcs,
qui
P 11) --- Page 364 ---
:342 Noaveanx Yrayages anx Ifles
1697. métre, fi fortes, froides. fi preffées, &c
tellement garnies de groffes& de petites
épines, qu'il. étoit impoflible de trouver
un feul petit endroit pour les toucher,
fans fe bleffer. Je ne croipas qu'un Rat
eût pt paffer entr'elles fans y laiffer
la
grande partie de fa peau. Elles
entretenuès
Entt
foin, arrêtées à la hauteur avec beaucoup de
de
pieds. Elles fervoient de follé fept & de à huit
liffades à cC Fort, dont elles faifoient
meilleure
f:
défenfe.
Lorfque lestiges sont deux à tiois
de haureur, leurs feiilles ou
pieds
fent un fruit à leur
pattes poufFruit des figure
extrémité, dont la
Raquer
approche beaucoup plus de celle
ics,
d'une figueg que d'une poire ou pomme.
Ileft verd & dur, quand il commence à
paroître ; il change de couleur à mefure
qu'il croit, il rougit peu à
& de..
vient enfin d'une couleur de fe vive Sc
éclatanre lorfqu'il eft tout-à-fait mûr.
Il tientà fa tige parle bout le plus perit
& préfentel le; plus gros tout dioit enl'air.
C'eft dans le point de fa maturité
fort de fon céntre un bouton
qu'il de
Mir de cinq feiilles, qui en
compofé
Raguet une
s'épanotiffant font
zes,
efpéce de tulippe de couleur orangée, ou d'un ronge pâle, qui n'ont
allez de confiftence, ni ne force pour pas fc --- Page 365 ---
Françoifes de LAmérigué. 343
tenir droites & unies, mais qui fc ren- 1697.
verfent forle fruit deux ou trois jours
qu'elles font éclofes, > &c qui fc
après fannent, féchent & tombent en moing
de deux fois vinge-quatre heures.
Le fruit s'ouvre alors comme une grenade, ou une figue qu'on a laiffée trop
long-tems fur fon pied. Le dedans paroit
remplide petites graines ou pepins.dont
le deflein eft d'un très beau rouge incar- eft
nat, le dedans qui eft affez folide dans
blanc. Cesgraines font enveloppées du
une matiere épailfe comme de lagelée
rouge du monde, & d'un goût
plusbean charmant, mélé de donceur avec une
d'aigreur, sigute T'apperire pointe le coeur, 2 rafraichit expétit, trémement. réjoiit Mais ces rofes font environnées de beaucoup d'épines: car la belle
de ce fruit eft couverte d'une infiniEEa2 de perires pointes prefque inpercepti- &
bles, fi fines, fi
fi fragiles
fi adhérentes qu'on EOERE merles doigts tout
en fang,, dès qu'on y touche. Quelques
gands qu'on mette, elles percent au tras'en
que
/ vers fans qu'on & elies apperçoive caufent une
lorfqu'on les (ent,
démangeaifon infmupportable, fans comle rifque qu'ily a de les laiffer f6pter
dans la chair. Cette peau eft de
journer
Piv
bles, fi fines, fi
fi fragiles
fi adhérentes qu'on EOERE merles doigts tout
en fang,, dès qu'on y touche. Quelques
gands qu'on mette, elles percent au tras'en
que
/ vers fans qu'on & elies apperçoive caufent une
lorfqu'on les (ent,
démangeaifon infmupportable, fans comle rifque qu'ily a de les laiffer f6pter
dans la chair. Cette peau eft de
journer
Piv --- Page 366 ---
344 Nowveanx
anx
1697. lépaiffeur de celle Voyages des figues. Le Ifes
reft pas tout-à-fait firouge
dedars le
horsselle n'eft pas fort
quc
dedétache facilement
adhérente; & fe
d'une petite pellicule
rouge, qui enveloppe les
& la
mariere dont elles font environnées. graines
Lorfqu'on les veut cuéillir fans
de ie bleffer, il fautles recevoir dans rifque
coiti ou autre vaiffean à mefure qu'on les un
féparedeleur tigeavec lecouteau,
quoi On leve avec le couteau une après
tranche de chaque côté,
petite
Maniseprendre de
le fruit avec le pour pouvoir
pré. des doigts de la
pouce, & Pun
tax le
main gatiche , pendant
qu'avec le couteau qu'on tient de la
main droite, > on enleve toute Ia
cie couverte d'épines. Quandil eft fuperfi ainfi
nettoyé, on coupe la peau en croix, &
on la détache facilement de la pellicule
rouge, qui renferme ce qui eft bon à
manger. Lorfqu'ily a
le fruits'eft ouvert de lui-mème, quelquesjours &
eft par conféquent au-delà de fa jufte
maturité, comme il n'a alors
plus de confiftence, & qu'il prelque
a
reflemble
une gelée liquide 3 on le
avec
une cueillier.
mange
tés Proprié- du Ilfaur prendre garde de laiffer tomber
frwit. du fac dece fruit fur le linge, ou fur les
Ar
habits, parce qu'ily fait une tache rou- --- Page 367 ---
Frangoifes de PAmbrique. 345
qui ne s'éface jamais bien, quelque 1697g, effort qu'on fafle en lalavant. On donne
de ce fruit aux malades, non-feulement & fort
parcequil eft fort rafraichiflant femble
fain 7 mais encore le parcequ'il : cenettoyer le cceur en réjotiffant foit, il
pendant en quelque état qu'on
en faut manger avec difcrétion, il parce- caufe
que quand on en mange trop 2 à
un peu de douleur au fondement,
de
ARc
près comme légers picottemens
morroides.
la
de teinCe fruit a encore proprieté
dre les urines, & de les faire paroitre
comme fic'étoit du fang, à fon épailfeur
près qu'elles n'ont point. Ouoique cela
arrive fans le moindre danger, &la plus
petite douleur > cela ne laiffe pas d'6fraier ceux qui ne font pas inftruits de
cette vertu, > qui croyent avoir quelque ils
vaiffeau rompu dans le corps quand
voyent leurs urines ainfi colorées.
Cette plante porte du fruit, & Aeurit
deux foisl'année. Plus elle fe trouve dans
un lieu fablonneux, chaux & fec, plus
fon fruit devientgros, > & plein de fac &
de faveur.
de Raquette aux
On Tappelle pomme
n'ait aucune
Ifles Françoifes, quoiqu'il
rellemblance avec les pommes, s & que
P V
qui croyent avoir quelque ils
vaiffeau rompu dans le corps quand
voyent leurs urines ainfi colorées.
Cette plante porte du fruit, & Aeurit
deux foisl'année. Plus elle fe trouve dans
un lieu fablonneux, chaux & fec, plus
fon fruit devientgros, > & plein de fac &
de faveur.
de Raquette aux
On Tappelle pomme
n'ait aucune
Ifles Françoifes, quoiqu'il
rellemblance avec les pommes, s & que
P V --- Page 368 ---
346 Nowueanx
anx
1697. le fruit dont il Vayages
HRles
la figure & pour approche la
le plus
Infeéte
chair, foit la
appellé
L'infeéte qu'on trouve dans ce /
Coche- foit gu'ily naifle ou
nille.
E
mens font
non,car'les fentiprès de la raille
la-deffus, eft à peu
groffe
ETELL
tête ne fe diftingue dur refte du punaife. Sa
par deux perits yeux
corps que
& une très petite gueule. qu'on Le y remarque 3
ventre eft garni de fix
deffous du
pieds, trois de
chaque côté, 3 ils ont chacun trois articles, ils ne font
plus gros à une CXtrémité PeaePeE & ne paffent pas la
groffeur d'un cheveu fort délié. Le dos
del'animal eft couvert de deux ailes,
nc font pas étenduès comme celles qui des
mouches, mais qui fans exceder la longueur du corps, en embraffent & couvrent exaétement toute la rondeur. Elles
font d'une finefle, & d'une délicateffe fi
grande > qu'ellès font
inutiles
à l'animal, qui ne pent prefque s'en fervir
s'élever en lair, mais feulement pour fe
foutenir quelques momens en l'air, pour retarder (a chitc & la rendre moins
cipitée 3 quand il eft obligé par la pré- violence qu'on lui fait de quitter les fruits
où il fe nourrifloit, & on il prenoit la
couleur quile faitrechercher & eftimer.
Las ailes, les picds, & l'extrémité de la
inutiles
à l'animal, qui ne pent prefque s'en fervir
s'élever en lair, mais feulement pour fe
foutenir quelques momens en l'air, pour retarder (a chitc & la rendre moins
cipitée 3 quand il eft obligé par la pré- violence qu'on lui fait de quitter les fruits
où il fe nourrifloit, & on il prenoit la
couleur quile faitrechercher & eftimer.
Las ailes, les picds, & l'extrémité de la --- Page 369 ---
de PAmerigue. 1 347
font Fraxpoifes G délicates qu'elles ne
16 . 97tète
l'ardeur du Soleil Tlentue être
bien-tôt pas foporter confommez & réduites en
fait
dès
eft
il
TEA
fiere, ce qui
d'un que animal, qu'il mais plun'a plus la figure d'une médiocre groftôt d'une graine
noire, chagrifeur, brune, & prefque argentée, OLS
née, luifante, & comme couverte d'une
du moins légérement
& tout-àpotfliere blanche inpalpable,
fait adherente à leur
J'ai élevé deux ilede de CeS infectes.rAmen ha- Éleve des
La premiere fois,je les trouvai par
Coche- nillesy
zard dans des pommes de Raquette 5 je
lailfaijufqu'a ce queje viffe queles
lesy! froits conmengoient afe pafler ,
Jes fis tomber far une
ERESE
lors je
étendué fous les branches de
que javois
deflus avec un bà
la plante, en frapant
animaux conton. Ces pauvres petits leur demeute s tàtraints de de fe quitter fauver en s'élevant un
choient
ailes; mais leur KCE
en : lair àvec leurs du Soleil, ne leur petbleffe, 8cl'ardeur d'aller bien loin, elles tommettoit boient Rt la fervierte & aux envirenss
Ils étoient pour lors, c'elt-à-dire, 1 lorf
vivoient d'un très-beau ronge 3
quils ils devenoient noirs quelques moméns
après qu'ils étoient morts, & lorfqu'ils
Pvj --- Page 370 ---
348 Nowvoaux
aux
1697. étoient fecs, ils paroilloient Vayager
&
comme argentez, 5 ainfi
Oe.
deffis.
que jel l'ai dit ciJe les écrafois, > & les réduifois
cn poudre, & je m'en fervois au lieu
de carmin pour laver des plans.
Une autre fois je vis de petits infectes.
de la groffeur des plus perites
couroient far des pieds d'acaflias, puces,
étoient environnez de Raquettes.
fis tomber fur une
#
je les misfur des; feiille de papicr s &
pommes de Raquettes >-
qui commençoient à s'ouvrir. Ils s'y
nourrirent, grofirent, & fe trouverent
être de la même efpéce que ceux
vois trouvez dans le fruit la premiere quej'afois, d'oije conclus, 3 que ces petits infcctes ne prenoient pas naiflance dans le
fruit des Raquertes: car fi cela étoit, On
en trouveroit dans tous les fruits > &
c'eft ce qu'on ne peut pas dire 5 mais.
Brigines que le tems de jetter leur femence
des Co venu, ils la jertent
étant
ehenilles
indifféremment fur
tous les arbres ou ils fe rencontrent, oùt
étant éclos ils fe retirent dans les fruits
de Raquettes,sils'en trouvedleur
tée, ou dans quelqu'autre forte de fruit porque ce puiffe être > pourvi qu'il leur
puiffe fournir de la nourriture. De-là
vient qu'on en trouve fur les Acajoux,
les Goyaves, les Ceriliers, les Orangers,
R
des Co venu, ils la jertent
étant
ehenilles
indifféremment fur
tous les arbres ou ils fe rencontrent, oùt
étant éclos ils fe retirent dans les fruits
de Raquettes,sils'en trouvedleur
tée, ou dans quelqu'autre forte de fruit porque ce puiffe être > pourvi qu'il leur
puiffe fournir de la nourriture. De-là
vient qu'on en trouve fur les Acajoux,
les Goyaves, les Ceriliers, les Orangers,
R --- Page 371 ---
Frangoifes de P. Amérique. 349les Avocats, & autres femblables fruits; 16974
mais qu'on ne recherche point 2 parce
qu'ils n'ont
cette belle couleur
rouge, qui fart tout leur prix & leur
valeur. Car il eft certain que c'eft tle fruit Coche- D'oule
qui nourrit la Cochenille, qui lui com- nille tite
munique en mème-tems fa couleur, de fa coumaniere quela couleur del'infeéte chan-laur.
ge, & eft plus ou moins rouge à proportion que le fruit eft plus ou moins
coloré : de forte qu'en ayant laiffé ex-.
près fur des fruits qui commençoient à
changer de couleur, & à devenir jaunitres > parce qu'ils étoient beaucoup audelà de leur maturité, ces infedtes prirent la même couleur, & au lieu que je rience Expe. de
les avois vû très-rouges, ils devinrent TAuteur
cafin de couleur de feiille morte, com- fus couleur la
me, le fruit devint lui-mème en fe Aé- des Cochenilles
triflant, & en pourriffant.
Lorfque cet infeéte a atteint un certain age,8 une certaine groffeur, ilya
qu'il acquiert la force de voapparence
de
commeles
ler, ou quilchange figure
vers à foye 2 les vers de palmiftes & autres infeétes, & c'eft pour lors qu'il jette
fa femence, & qu'il l'fc reproduit avant
de mourir: : car on le trouve toujours de ment Com il
la mème groffeur, aul lieu ques s'il demeu- fe repros
goit toujours dans la même figure, ileft a
duis. --- Page 372 ---
35o Nowveauz Toyages anx Ifes
1697-cerrain que ceux qui auroient plus
année
d'une
feroientplas
que ceux
trouve onimupusstad deux fois qu'on
dpeup près dansle tems de la maturité par an, des
fruits qui font extrémement
comme ne faifant que de naître. petits, > &
Cet infeéte muliplie infiniment : car
on en trouve une quantité prodigieufe
malgré les
que les fourmis d1 > les vers, s &
pour'es qui le recherchent avec avidité, en confomment.
La meilleure manicre de les faire mouts
rir quand ils font fur le
où on les
a fait tomber eft dc les drap, arrofer d'eau
froide, après quoi on les fait fécher, &
c'eft en féchant qu'ils perdent leurs
pieds, leurs aîles, & l'extrémité de leur
tète, & qu'ils deviennent comme des
graines fans aucune figure d'animal.
Il eft éronnant que M. Pomet >
a fi bien écrit de toures les
qui
femble être demeuré dans le doute Drogues au fu- >
jet de la Cochenille, & qu'il ait mieux
aimé s'en rapporier au
du
fieur François Rouffeau, témoignage qu'à celui dur
Pere Plamnier, & de tous.ceux qui ont
frequenté écrit.
l'Amérique ou qui en ont
S'ila un peu d'égard pour le fieur
Rouffeau quejai connu affez particulie
sement à la Rochelle cn 1708, il doit
femble être demeuré dans le doute Drogues au fu- >
jet de la Cochenille, & qu'il ait mieux
aimé s'en rapporier au
du
fieur François Rouffeau, témoignage qu'à celui dur
Pere Plamnier, & de tous.ceux qui ont
frequenté écrit.
l'Amérique ou qui en ont
S'ila un peu d'égard pour le fieur
Rouffeau quejai connu affez particulie
sement à la Rochelle cn 1708, il doit --- Page 373 ---
Françoifes de LAmérique. sst--
retrancher fes Lettres dans la premiere 1697.
Edition qu'il fera de fon Ouvrage, car
affirémenrellesne font
honneurd
celui
les a éçrites.
voit que je
Eated
rends qui ici jultice aul Pere Plumier,
dans bien haste
qu'il le mérite, s quoique fois crà
de
tres endroits,je me
obligé crédureprendre ce
fa trop grande
lité lui a fait lenic contre la verité.
Outre Tavantage qu'on peut tirer des
la nourriture des CoRaquettes poar feront le fond d'un trèschenilles, qui
donneroir lieu
riche commerce 2. qui
font
d'emp'oyer quantité de terres qui
font trop maiinutiles, 7 parce qu'elles produire des
gres, & trop ufés, de pour
du rot- Urilité
Cannes, du rabac, Tindigo,
cette
cou, du manioc & autres marchandi-de marfes, il eft certain que des Habitans qui chandi@e
ont peu de forces s'y pourroient fort atta- à
cher, & devenir en peu de rems
leur aife, & en état de pouffer plus V1vement cette Manufa@ure,ou en entreprendre d'autres.
de
efpé Culture
lly a des Raquettes plafieurs eft ie la
ces. La meilleure pour la Cochenille
plantex
celle qui produit ies plus
fruits; onl
laiffer croître la
ou tige jufpeut
nSeu
qu'à la hauteur de fept à huit pieds, &
laiffer un cfpace de cinq àfiz pieds entse --- Page 374 ---
352 Nowveanx Voyages aux Hfes
1697. chaque tige lorfqu'on les plante, > afint
qu'eiles puiffent ts'étendre, & laiffer entr'clles l'efpace nécelfaire pour rectieillir
les'infeétes. Il fant avoir foin de tenir le
terrain bien net, & h'y point fouffiir
d'herbes pour pluficurs raifons. Premierement, pour la commodité de recieillir l'infecte, quandilefttems de le faire:
car > quoiqu'on mette des draps autour
des
plantes, 2 pour le receveir, 3 il vole
quelquefois, aflez loin pour tomber hors
le drap & fe perdre. On ne court
ce rifque quand le terrain eft bien point
parce qu'on peur amaffer la Cochenille net, >
par tout où elle eft tombée. En fecond
lieu, afin que le Soleil agiffe également
fur toutes Ics plantes qui ne croifant
pas toutes Erimeene, , 1 les plus grandes
feroient ombre aux petites > &
cheroient leurs fruits de croître empè- & de
mûrir > & enfin
éloigner autant
qu'il eft poffible, Rorten fourmis, les vers
& autres infeétes, qui mangeroient les s
Cochenilles, que lon trouve en bien
plus grande quanrité dansles lieux
de mauvaifes herbes, que dans ceux pleins
Gslée & font propres & bien
qui
pite de
On fe fert
farclez.
pomme
des pommes de
de Ra- pour faire de la
& de Raquette
guerte,
gelée
la marmelade, qui elt très-faine, -, & très-rafrai-
, Rorten fourmis, les vers
& autres infeétes, qui mangeroient les s
Cochenilles, que lon trouve en bien
plus grande quanrité dansles lieux
de mauvaifes herbes, que dans ceux pleins
Gslée & font propres & bien
qui
pite de
On fe fert
farclez.
pomme
des pommes de
de Ra- pour faire de la
& de Raquette
guerte,
gelée
la marmelade, qui elt très-faine, -, & très-rafrai- --- Page 375 ---
APJCB --- Page 376 ---
Tom. *pgg 354.
Lianne Perces
Raguettes ou
porrier
piguaned
4 / --- Page 377 ---
Frangoifes de PAmerique. 353
chiffante, One en fait aufli despâces 2 & 1697.
fiu drop 5 & on en employelc fuc ou jus
donner une belle couleur au roffopour
veut colorer.
lis,8 autres liqueurs qu'on
d'un bon
Les Raquettes fervent encore
barretranchement, & d'une puiffante
riere, pour empêcher le pallage dansles vé: Ellesfe". punr
lieux que l'on veur garder. J'en fis plan- couvtir
ou huit rangs devant les re-les ICter fept
fis faire à la Guade- tranche- mens,
tranchemens que je
le rerrain
loupe, lorfque je trouvai que ait foin de
y étoit propre. Pourvi qu'on d'herbes,
les tenir nettes, & exemptes
& devienclles croiffent promptement,
nent fi touffuès & fi épaifles, quil n'y a
rien qui les puiffe forcer. viennent atIl éft vrai, que ceux qui
les
raquer un retranchement peuvent des
couper à coups de fabre O1l avec
faulx, ou jetter deffus de grandes clayes
fur lefquelles ils pourroient marcher
fans craindre leurs piqiures, , mais ce
n'eft
une petite affaire de couper ces
& de les mettre en monceaux
& arriver DifficuiAtEs
pour (e faire des chemins, il faut bien
tédeforainfi au retranchement,
du cer un
& facrifier bien des hommes pour chement retrantems, cela. Il n'y a gueres plus de pollibilité ouvert
de les palfer en les couvrant avec desde queites Ran'étant pas toutes d'uclayes, parceque
fans craindre leurs piqiures, , mais ce
n'eft
une petite affaire de couper ces
& de les mettre en monceaux
& arriver DifficuiAtEs
pour (e faire des chemins, il faut bien
tédeforainfi au retranchement,
du cer un
& facrifier bien des hommes pour chement retrantems, cela. Il n'y a gueres plus de pollibilité ouvert
de les palfer en les couvrant avec desde queites Ran'étant pas toutes d'uclayes, parceque --- Page 378 ---
354 Nowveaux
aux Mes
1697. ne égale haureur, 12L d'une
il eft prefque
égale forces
impoffible que les
ne fe renverfent, & pour lors on clayes doit
comprer que tous ceux qui fe trouveront deffus, feront des gens encloicz &
hors de combar, pourvû encore qu'ils
ayent le bonheur de tomber d'une maniere > que les épincs ne pénétrent
jufqu'aux parties nobles : car elles
aflez
tdt
longues pour cela. Et pendant ce
tems-là s croit-on que ceux qui font
derriere cesretranchémens demeureront
les bras croifez? N'auront-ils pas le loifir de faire bien des décharges, & tout à
leur aife, fur ceux quiles viendront attaquer?
Le Pere Plumier Minime dont j'ai
déja parlé, fut averti par un Habitant
que pour fe garantir des
Frreuz ii
ferpens, dont
du Pere
appréhendoit beaucoup la rencontre
Plumier quand il alloit herborifer,
fur la
fur lui
> il n'avoit
lianne
porter
unc certaine
percée,
la feiiille
10dr
lianne,
reffemble
à
celles de la poirée qui n'eft beaucoup
mûre. En effer, c'ef la feule pas différence encore
qu'on y peut remarquer : car leurs feliilles font entierement femblables C
pour la grandeur & la confiftence, s foit foit
pour la groffeur & la fituation des fibres, ili n'y a que la couleur des feiilles --- Page 379 ---
Frangoifes de P Amérique. 355.
de la lianne qut (ont roujours d'un verd 1697.
de
fans pâlir ou jaunir jamais, &
pié, des deux côrez de la principale nerque
elles font
de deux trous
vàre, > d'environ teT pouces de long,
ovales,
de
Ce bon Pere la
fur un
large. lianne percée.
nomma
avec
rpceclaeMs
Il-m'apporta cette lianne
empreffement. Si je l'avois crâ 2 j'en aurois
chargé tous nos Négres 2 pour les avions garantir des ferpens, dont dans nous nos canune affez bonne quantisé
nes. Mais comme il vit que je n'ajoûtde foii fon rapport,
tois pas beancoup de faire prendre un ferpent 7
il me de pria faire devant moi l'expérience
afin de fa lianne. Cela fur bien-tô: exécuté, fait
On m'en apporta un Ancon qu'on de avoit verre, il
entrer dans un deux gros
de long, &.
avoit environ
pieds Je mis le Hacon
un pouce de diamétte. du Pere
voir
entre les mains
2 pour
comment il feroit mourir le ferpent qui
étoit renfermé. Il jerta un morceau
y
lianne dans le Hacon,. & l'y.
de cette
fans
lailla un tems confidérable,
ou
en
m
ferpent en reffenrit,
qu'il Cette
gnar aucune incommodité. àle faire ReS
miere épreuve commença de fa lianne
ter de la vertu prétendué
un pouce de diamétte. du Pere
voir
entre les mains
2 pour
comment il feroit mourir le ferpent qui
étoit renfermé. Il jerta un morceau
y
lianne dans le Hacon,. & l'y.
de cette
fans
lailla un tems confidérable,
ou
en
m
ferpent en reffenrit,
qu'il Cette
gnar aucune incommodité. àle faire ReS
miere épreuve commença de fa lianne
ter de la vertu prétendué --- Page 380 ---
356 Nowveanx Voyages aux Iles
1697. percée. On mit enfinte le ferpent hots
du flacoh, 3
voir s'il s'enfuiroit à
l'approche EL la lianne ; mais nos ferpens fontropbraves pours'enfitir; nonfeulement il n'en fir
le femblant
mais n'ayant rien de Imtileit à mordre, >
il mordoit la lianne, quand on
choit trop près de lai, ou qu'on l'appro- l'en touchoit. A la fin je le fis tuer, & le Pere
Minime fc défabufa des vertus de fal lianne, qu'il croyoit ( fhres, qu'il les avoit
déja écrites dans fon Journal, après
avoir fait avec fa diligence & fa
preté ordinaire la figure de la
de fa racine & de fes
fo
fieurs
feuilles, avec pluferpens étendus auprès d'elle. C'eft
ainfi que bien des Auteurs avancent une
infinité dc chofes far la foi
fans prendre la peine de s'en d'autrui, éclaircir 2
par cux-mêmes, , qui fe trouvant dans
la fuite fauffes, font fouvent très-funeftes à ceux qui s'en fervent fur leur
parole.
%
: --- Page 381 ---
Frangoifes de PAmerique. 357
1697.
CHAPITRE V.
Du Châtaignier G de fon fruit 2 dn Figuier Tawvage > G des Pifaches.
'Emploiquejavois m'obligeantd'al.
Li ler tousles jours dans nosbois pour
faire abbattre des arbres, foi: poui bruler, foit pour les bâcimens aufquels je
faifois trayailler ; je remarquai que nos
Guvriers négligeoient le Chàtaignier.
comme n'étant propre que pour braler,
Cela me fit de la peine; : car c'eft un des
plus grands 8c desplus beaux arbres de Defcrip- du
Amérique, > de fon tronc fortent pla-tc Châtaifieurs groffes brancheschargéesde quan- gaier,
tité de feiilles longues de fept "huit
pouces, épaiffes, fermes 2 fortes, foûtenuès par des nervûres groffes &capparentes : élles ont allez peu dhumidité, elles
font arrondies par les deux bouts en forme d'ovale, leur couleur eft d'un verd
foncé. La queue qui iles joint aux branches eft d'environ trois pouces de longueur aflez forte & roide, mais féche &
caflante. L'écorce dc cetarbre eft brune;
épaille d'un pouce ou environ, tailladée
&c pcu adhérente hors le tems de la févc,
res groffes &capparentes : élles ont allez peu dhumidité, elles
font arrondies par les deux bouts en forme d'ovale, leur couleur eft d'un verd
foncé. La queue qui iles joint aux branches eft d'environ trois pouces de longueur aflez forte & roide, mais féche &
caflante. L'écorce dc cetarbre eft brune;
épaille d'un pouce ou environ, tailladée
&c pcu adhérente hors le tems de la févc, --- Page 382 ---
358 Nonveanx Vayages aux Hes
1697. Laubier, quoique un peu moins coloré
que le refte du bois, ne laiffe pas d'être
très-bon. Le bois eft d'un rouge
fe décharge aifément en féchant. fale,qui Ses tibres font longues, preffées >
droites, & fort roides. Il eft grolfes a
vaut rien en terre où il s'échauffe gras aifé- ?. ne
ment & fe pourrit; l'eau Jui eft aulli contraire. Mais il eft parfaitement bon à
couvert > & capable d'une très-grande
charge, Sa dureté, & la difficuité
nos Ouvriers pareffeux trouvent à
fcier, font caule qu'ils ne veulent point
s'en fervir, & qu'on ne l'employe ordinairement que pour faire du feu, à
quoi véritablement il eft
:
car
il fait un feu vif & ardent, très-propre & dure
beaucoup. Il me déplaifoit de voir cotper en piéces de belles billes de
Ufage & trente pieds de long, qui
vinge
quel'Aude
pouvoient
teur fait porter plus
vinge pouces étant
de ce ries, feulement pour les brûler. De équalois,
que malgré loppofition de nos forte Ouvriers,Jen fis mettre une piéce far le
hourt, & la fis débiter en madriers de
deux pouces & demi d'épaiffeur,
je trouvai très beaux, & très-bons.
m'en fervis
faire des Canots à terre,
& à piler ESurd Sucre, & pour couvrir un
Pont que j'avois fait faire entre notre --- Page 383 ---
Françoifes de PAmbrique. 259 as
Maifon & notre Sucrerie ;.8 m'en étant 1697.
bien trouvé, je m'en fuis fervi depuis en
toutes lortes de charpente & autres ouvrages qui étoient à arbre couvert. le nom de ChâOna a donnéi cet
à caufe de fon
principalement
FSeau qui eft enveloppé dans une goulfe
épaille, forte, & dure, heriffée de poils
rude &
, de couleur Figure
frifez 2.
piquante
& de Ja
grisicre, 2 mèlée d'un peu deviolerpale eft ronde goufe du fruit, &
de rouge. Cette goulle qui
>
s'ouvre d'elle-mème quand
ou ovale,
& fe divife en trois ou
elle eft mûre, ,
renferment autant de
quatre lobes qui
petites cellules ou font les fruits qu'on a
appellé châraignes fort improprement, Pi- s
puifqu'ils reflemblent bien plus aux
Châtzignes ordinaires:
gnons L'écorce qu'aux qui les couvre eft une petite
rouge & fort unic, lorfque le fruit
font de la goulle; mais qui devient fombre, noirâtre, & toute ridée, à mefure
quele fruit féche. Le dedans eft une matiere blanche & oleagineufe , qui rend
une quantité d'huile allez confidérable,
on veut prendre la peine de la
qpand broyer & preffer., ou de la mettre dans
l'eau chaude comme jai dit qu'on faifoirdu Palma Chrifti.
Cet arbre Scurit au commencement
& fort unic, lorfque le fruit
font de la goulle; mais qui devient fombre, noirâtre, & toute ridée, à mefure
quele fruit féche. Le dedans eft une matiere blanche & oleagineufe , qui rend
une quantité d'huile allez confidérable,
on veut prendre la peine de la
qpand broyer & preffer., ou de la mettre dans
l'eau chaude comme jai dit qu'on faifoirdu Palma Chrifti.
Cet arbre Scurit au commencement --- Page 384 ---
36G0 Nowveanx Toyagei dux Ies
1697. despluyes. Sa fleur eft
de
Fleur de formée de plufieurs uneelpéce role
Châtai jufqu'à
Elles font fetilles, depuis cinq
gnier.
fept.
étroites, allongées,pointues, minces, de peu de confiftence, de couleur de rofe pâle. Il fort
du centre un piftil en forme de piramide
pentagone couvert de quancité de petits
poils,
fe fortifient en croiffant, &
font att la gouffe
quirenferme le fruit
dontje viens de parler, qui
fouvent les nouveaux venus, qui trompe s'en chargent inntilement, la croyant pleine de
châtaignes comme celles d'Europe.
Cet arbre a un défaut confidérable,
c'eft dêtre fujer à un vers gros comme s
le petit doigt > qui le ronge & le
rit. J'ai pourtant remarqué
pour- cela
n'arrive que loriqu'on le coupc que quand il
ett plein de féve, foit qucl la féve cn fe
corrompant dans les pores du bois le
produife, foit que ce ver trouvant alors
ies pores du bois plus ouverts > & fes
parties plus molles qu'en un autre tems,
sy infinue , s'y nourriffe, & y fixe fa
demeure; ; ce qu'il ne peut faire qu'en
confommant la fubltance de l'arbre, &
cn pouiriffant les environs par le féjour
quily fit.
Je m'avifai encore de faire travailler
un autre arbre, que l'on n'avoit jamais
mis
bois le
produife, foit que ce ver trouvant alors
ies pores du bois plus ouverts > & fes
parties plus molles qu'en un autre tems,
sy infinue , s'y nourriffe, & y fixe fa
demeure; ; ce qu'il ne peut faire qu'en
confommant la fubltance de l'arbre, &
cn pouiriffant les environs par le féjour
quily fit.
Je m'avifai encore de faire travailler
un autre arbre, que l'on n'avoit jamais
mis --- Page 385 ---
PJCB --- Page 386 ---
Tom. 4. pag.3 36z.
(Fiquier sauvage.
at
S
--- Page 387 ---
RPJCE --- Page 388 ---
Tome W.Page 36.
Regine de
Tiguer.
- : a
risue cospee ere deur.
Fioue entière
STM --- Page 389 ---
Frangoifes de LAmtrigue. 361 1697.
mis à aucun nfage. On Fappelle
fa
bonté
E
Si la
répondoit feroit une
fauvage. grolleur & à fa grandeur > ce
elpéredep
de
aucacgonnseniee
plus de vingt pieds circontérence foutiennent: car
deffus des cuiffes quile de l'arbre foit fort Deferipquoique le corps'
de racine
tion figuier du
gros, & autant arbres, garni
al la verité qu'au- et (auvage.
cun des autres
qui l'ai remarqué
ont affez peu comme
foienu
un
endroit,
Ra
dans autre
autant EUtE
des cuilles, comme R tous côtez, qui
tans qui Tappuyent de terrain
ai meoccupent tant
quej'en d'une cuiffe a
furé, qui de l'extrémité
compris
celle qui lui étoit oppolée, faifoient y plus de
le diamétre de l'arbre, de diamétre. Quoifoixante & dix pieds
exorbitante s
que cette largeur paroilfle dans fa conduite
la nature toujours
a pourvà par
&. dans fes
au beloin
FNE
cuiffes
qu'avoit
ces paillantes d'ètre fortement foutenu , a
cet arbre
de très-grolles brancaufe dela quantité qui font fi étendués,
ches qu'il pouffe d'autres branches moyen-
& fi remplies
de
couvertes ou plurôt chargées
nes 2
fans ce fecours, il lui fefeuilles, que de réfifter aux vents mèroit impomible bien loin de pouvoir fe
me médiocres 2
Q
Tome IV.
beloin
FNE
cuiffes
qu'avoit
ces paillantes d'ètre fortement foutenu , a
cet arbre
de très-grolles brancaufe dela quantité qui font fi étendués,
ches qu'il pouffe d'autres branches moyen-
& fi remplies
de
couvertes ou plurôt chargées
nes 2
fans ce fecours, il lui fefeuilles, que de réfifter aux vents mèroit impomible bien loin de pouvoir fe
me médiocres 2
Q
Tome IV. --- Page 390 ---
362 Nowveaux Payager aux Ifes
1697. foûtenir dans ces
qu'ona appelle
tempêtes horribles - 3
Le bois & ouragans. l'écorce de cet arbre font
prefque entierement femblables aul figuier franc, maisfes
plus pour la figure feaillsapprochent de celles du
que d'aucune autre' >" elles font noyer
douces, liffées, d'un verd clair fortes, luifant par-deffus & plus pale
S
& en fi grand nombre, par-delfous font
ombrage
qu'elles
un
impénétrable aux rayons du
Soleil.quelque vifs qu'ils
Les fruits font de petites puiffentetrc.
peu plus groffes que des aufs de figues un
qui ont un goûr fade, qui fait pigeon,
nef fontrecherchéese que des
qu'elles
peau devient prefque
oifeaux : leur
quand ellés font
entierement jaune
veroit
mûres, cC qui n'arripoint > à ce qu'on prérend, fi
certaines mouches ne les
Fruits dc n'ai pas approfondi
piquoient. Je
cet ar. pour en inftraire fuffifamment ce fait
bre, ré.
le Lectcur.Mon Confutation frerc le P. du Tertre
du P. du qu'il naît dans
qui l'avance, dit,
Tertte, trois
chaque fruit deux OuL
mouches, qui étant forties
un
trou qu'elles font, vont piquer les par autres, & les font mârir. S'il en naît dans
toutes 2
vont-elles piquer 7 il valoit
mieux R qu'clles naiflent feulement
dans quelquesunes, & qu'étane-fortics, --- Page 391 ---
- Prançoifes del PAmbrique: 363
elles vont piquer les auttes. C'eft écrire 1697*
les railleurs
des bruits populaires, fe que divertir aux dédébitent fouventpous
pens de ceux quifont aflez érédulespour
ajoârer foi à leurs difcours. Le dedans
de ces figues eft rempli de petites femences rouges 2 &c d'une pulpe couleur. épaiffe
de la mème
comme delagelée, envie de me (ervir
Jai eu quelquefois nourrir des Cochede CCS fruits, pour
dont
founilles; mais les affaires
j'étois
chargé, m'en
vent accablé > plutôr que & enluite l'ocont fait perdre l'idéc,
cafion. J'avois fait abbattre quelques-uns de
ces arbres pour bràler; quoique ce ne
foit pas un fort bon bois pour chauffer ;
mais ils occupoient un terrain, dont
j'avois à faire 5 j'obligeai enfin mes
fcieurs de long, malgré toure leur répud'enicier quelques billes.. ll'eft
guance,
difficile,
eft un
vrai qu'il-eft
parce qu'il cft blanc, Planches
peu cotonneux; 5 mais commeile
de fiplein, & fans naeuds ,je voulus voir
t
effer feroientl les
quien
vendte
planches
eits de bonté,
faites. Je ne me trompai pas; 5 j'en
fort belles, & on peut en tirer de
que largeur qu'on en puiffe
ASE
attendu la groffeur de ces arbres. Elles
font légeres quand elles font féches 2 &
Qij
blanc, Planches
peu cotonneux; 5 mais commeile
de fiplein, & fans naeuds ,je voulus voir
t
effer feroientl les
quien
vendte
planches
eits de bonté,
faites. Je ne me trompai pas; 5 j'en
fort belles, & on peut en tirer de
que largeur qu'on en puiffe
ASE
attendu la groffeur de ces arbres. Elles
font légeres quand elles font féches 2 &
Qij --- Page 392 ---
364 Nonveaux Poyages Aux
1697. elles féchent
Iles
promptement : elles font
très-propres a faire des lambris & autres ouvrages quine demandent
bois bien fort. Il feroit excellent pas du
la Sculpture étant comme il eft,
Ufage liant, & fans noeuds.
Er
fervent
Nos Négres s'en
Ra de ce
pour faire des gamelles, c'eft-àbois. dire, des febilles, des plats, des afliertes,des cueilliers, & autres uftencilles
de ménage, parce qu'il fe coupe ailement, & quil n'eft point du tout fendant. On' dit
les poux de bois
attachent Autelp jelecroirois s'y
bien:
cependant je ne l'ai point remarqué dans
celui quejai fait mettre en ceuvre.
fauvages Lesfigues
Lorlque le fruit de cet arbre eft mûr,
font re c'eft le rendez-vouse de toutes
cher.
fortesd'oichéesdes feaux, & fur iout des grives ou tourdes
oifeaux, qui l'aiment > & qui s'en
& fur merveille. Cet oifcan eft engraiffenta
tour des en a dedeux
très-bon. IF y
grives.
fories;les sunes ontl les
gris, les autres les ont jaunes 5 CCS pieds dernieres font toujours les plus graffes, &
par conféquent les plus tendres, & les
plus délicates. Ces oifeaux veulent être.
feuls, & les maitres des arbres où ils fe
rencontrent > fans permettre aux autres
oifeaux de venir manger avec eux. Ils
chaffent à grands coups de bec, les ramiers, les merles, les perroquers & au-
grives.
fories;les sunes ontl les
gris, les autres les ont jaunes 5 CCS pieds dernieres font toujours les plus graffes, &
par conféquent les plus tendres, & les
plus délicates. Ces oifeaux veulent être.
feuls, & les maitres des arbres où ils fe
rencontrent > fans permettre aux autres
oifeaux de venir manger avec eux. Ils
chaffent à grands coups de bec, les ramiers, les merles, les perroquers & au- --- Page 393 ---
RPICE --- Page 394 ---
Tims.p4. 365.
Pirtacher des
Ioles.
$
: Piment ot
Potre dinde --- Page 395 ---
Françoifes de PAmerique. 365
1697.
tres. Les enfans en prennent font quantité faits de
avec des nouds coulans qui
crin de cheval. fais futle chapitre des
Pendant
je
parle d'un
fruirs rerann il faut que cieillir
Des
de
que
F
qu'on n'a pas rant peine vient dans la ter-aspellez fruirs
le précédent, puifquil faut aller chercher l'au- piltaches
re, au lieu quril
région de l'air. On
tre dans la moyenne
:
l'appelle piftache très- improprement des véritacar il n'a'rien qui approche ni
bles piftaches,i pour le goût, pour
la couleur; ni pour la coque qui le renferme, ni pour, la maniere dont la nature le produit.
Confrere le Erreur
Ilya: apparence que mon vûi de vé- du'Ter- du Pere
Pere du Tertre n'avoit jamais avoit jamais tre fur
ritables piftaches, 8 n'en
piftacelles desat
mangé lorfqu'il a écrit, que
celle ches,
Ifles avoient le mème goir que
d'Europe. Cela lui eft pardonnable > ce
n'eft pas une chofe qu'on trouve chez les
Religieux où il étoit entré fortjeune, &
il peut s'èrre trompé aufli-b bien que ce
jeune Marchand Hollandois dont parle
M. Tavernier dans fes Mémoires qui les
prenoit
des féves vertes.
DefcripLes rEmatie piftaches ne croiffent tion vérita- des
qu'en Afie. L'arbre qui les porte a douze bles pifà quinze pieds de hauteur. Ses feilillestache.
Qiij
trouve chez les
Religieux où il étoit entré fortjeune, &
il peut s'èrre trompé aufli-b bien que ce
jeune Marchand Hollandois dont parle
M. Tavernier dans fes Mémoires qui les
prenoit
des féves vertes.
DefcripLes rEmatie piftaches ne croiffent tion vérita- des
qu'en Afie. L'arbre qui les porte a douze bles pifà quinze pieds de hauteur. Ses feilillestache.
Qiij --- Page 396 ---
366 Nonveaux Yroyager auxTles
2697. font prefque rondes, & aflez femblables
àcellesdu Thérebinte. Ilp porte des fleurs
qui ne font que des bouquers de
étamines comme des franges, petites
quelles lesfruits
après lefquers. Ils font paroiffent aufli par boucouverts de deux enveloppes. La premiere eft
quelques
verte. > mèlée de
pointes & lignes rouges, à
près de la confiftence du deffus
noix
Dos
communes : celle-ci renferme une
coque blanchâtre, dure & forte, > quoi
qu'alfez mince, qui couyre une amande
longuerre, ronde, pointue
les deux
bouts, dont le deffus eft RUERTAO &
& le dedans extrémement verd. rouge,
amande eft fort agréable au
Cette
qu'on la
crué
goût , foit
tend
ou cuite. On pré:
qu'clle IcEE fort chaude.
Piftaches' Les fruits
des Iflcs Ifles
qu'on appelle piftaches aux
autre.
viennent d'une plante quin
ment guéres plus d'un
hors
ines'éleve
manobi,
pied
de terre, elle
rampe ordinairement, parceque fa
eft trop foible pour la foutenir. Elle tige
pouffe quantité de jets déliez, rougeàtres & velus , accompagnez de petires
queués, qui portent des feiilles
comme celles du mélillot & des prefque
nes qui font jaunes avec un peu de capuci- rouge aux bords & à l'entrémité, Elles durent peu 7 & leur délicateffc eft caufe --- Page 397 ---
Frangoifes de PAmbrigue. 367
font bien-tôt brûlécs & confom- 1696,
qu'elles l'ardeur du Soleil. Le frait fc
mées par
où il faut le chercher.
trouve en terre à des flets & aux cheveluIl eft attaché
& que la
res que la racine pouffe,
LE
répand fur la terre, dans laquelle Ou
des gouffes
entrent, & produifent & jufqu'à dixcofles de douze, quinze fur
huit lignes de. longueur 2
quatre Elles
cinq & fix
de diamétre. bon
d'épaiffeur qu'un
n'ont guéres
E
ou comme celles desaman- d'une Leur fparcheimin, des tendies. Le dedans eft revêtu
le
&
blanche, unie & luftrée : Rure coua
EEter pean eft de couleur de biftre avec desleur.
élevées au-deffus
rayes plus blanches d'un 5
bout de la COdu fond, qui vont font unics enfemà T'autre, & qui
moins
8te
d'autres petites lignes
toute la fuperfS.E qui partigent lozanges. Le
cie en quantité renfermé de perites dans ces cofles a
fruit. qui eft
il eft feul,
la figure d'unc olive , quand deux ou
mais pour l'ordinaire ily dont en a ils remtrois dans chaque colle,
ce
exactement la capacité,
qui
pliffent
différentes figures. Ces
leur fait prendre
d'une
fruits ou amandes font couvertes les tire
pellicule rougeâtre s quand change on & dede terre, dont la couleur
Qiv
lozanges. Le
cie en quantité renfermé de perites dans ces cofles a
fruit. qui eft
il eft feul,
la figure d'unc olive , quand deux ou
mais pour l'ordinaire ily dont en a ils remtrois dans chaque colle,
ce
exactement la capacité,
qui
pliffent
différentes figures. Ces
leur fait prendre
d'une
fruits ou amandes font couvertes les tire
pellicule rougeâtre s quand change on & dede terre, dont la couleur
Qiv --- Page 398 ---
368 Nowveanx
Aux Ifles
2697. vient grife lorfque Toyager lefrait eft fec. Cette
peau elt peu adhérente quand le fruit eft
nouveau, > on n'a qu'à le prefler entreles
doigts pour l'en dépotiller. Elle eft
adhérente lorfqu'il eft fec. La COANS
qu'elle couvre eft blanche, compacte &
pelante, & a
l'odeur & legoûr du
gland. Quand te" fruit eft rôri dans fa
coffe, cette pellicules'en va en poulliere,
& la fubftance blanche qu'elle renfermait devient grife, &
Leurs & l'odeur des amandes acquiert le goût
Proprié.
roties. Nos E(-
tez,
culapesprétendent que ces amandes font
bonnes pour l'eftomach. Je n'en
rien. J'ai feulement remarqué
fçai
mangéescrues, outre Jeur mauvais qu'étant goûr,
elles font indigeftes, & échauffent beaucoup. C'eft peut-être en cela feul
les reffemblent un peu aux véritables qu'clpiftaches. Elles font moins mal faifantes
étant roties, elles ouvrent elles. excitent à
l'appétit, 9
boire; on en fait des
dragées, des maffepains s on les met
dans les hachis & dans les
guife de marons : on s'en fert ragoits en
pour donner au roffolis une odeur encore & un
goût d'amandes roties qui n'eft pas défagréable. Cependant il faut convenir
quelque ufage qu'on les employe,
font
cana
tonjours indigeftes & pelantes, &
qu'elles cchauffent beaucoup. --- Page 399 ---
Françoifes de PAmerigne. 369
Le Pere du Tertre dit qu'elles font 1697.
malàla tèteà ceux quien mangent rbeaul'on en fait des cataplafmes
coup ,
les morfures des ferpens,
qui
eft eftiTANELS
& que P'huile que l'on en tire, 2 douces.
mée comme Thuile d'amandes
Je n'ai point experimenté ait caufé mal ou entendu à la tète
dire que ce fruit fuis très-certain qu'on n'a
aperfonne. Je
les morfures des ferjamais penféàg guérir reméde ; & pendant
pens avec un pareil d'années
j'ai dcles grand nombre
que entendu
meuré aux Ifles, je n'ai avifé jamais de tirer de
dire > qu'on fe foit quoique nous en
Phuile des allez
un befoin prefeu
AERC
ayons
fant. Quand cette plante a été une fois dans
une terre s on peut compter Car quelque qu'elle roih
confervera long-tems. foiillant lest fruits, il
qu'on fe donne en
les enleve tous 2
n'eft pas pollible qu'on ne refte en terre quelou du moins qu'il
chevelure de la
ques filets, oul quelque
racine, & cela fuffit pour en perpétucr
la race à linfini.
QY
foin prefeu
AERC
ayons
fant. Quand cette plante a été une fois dans
une terre s on peut compter Car quelque qu'elle roih
confervera long-tems. foiillant lest fruits, il
qu'on fe donne en
les enleve tous 2
n'eft pas pollible qu'on ne refte en terre quelou du moins qu'il
chevelure de la
ques filets, oul quelque
racine, & cela fuffit pour en perpétucr
la race à linfini.
QY --- Page 400 ---
1697. 370 Nowveaux Yayages aux Ifles
CHAPITRE VI.
Deftente d'un Corfaire Y Anglois à la
Cabefterre de la Martinigue. Allarme
canfée par 1n Serpent.
L Es Anglois qui fçavoient que la
Paix étoit prête d'être conclué
voulurent profiter du tems qui leur >
reftoir pour gagner quelque chofe fur
nous. Ils mirent en mer autant deCore
faires qui leur fut poffible, & nous ne
manquâmes pas de faire la mème chofe
de notre côté. Un des leurs nommé
Gcorges Roche, qui montoit une Barque de huit Canons & de foixante &
dixà à quatre-vingt hommes
vint la nuit du quatorze au d'équipage, quinze Octobre, faire une defcente au
Ce petir Bourg n'étoit alors Marigot. compofé
que de fepe ou huit maifons, avec auzant de Magazins à Sucre. Il mit foixante & quelques hommes à terre dans
deux Canots, > avec d'autant plus de facilité, que les Habitans qui étoient de
garde voyant la nuit fort noire, & la
mer afflez groffe, s'étoient retirez chez
cux, croyant qu'iln'yavoit rieni crain- --- Page 401 ---
Francoifes de TAmerigne. laiffa 371 1697.
dre. Le Corfaire étant defcendu, les
deux hommes à chaque Canot pour
garder, & divifa fa troupe. Une partie
inveftit fans bruit lesmaifons du Bourg 3
étoit la
marcha
8c l'autre
plus de grolle la veuve du
vers les : des Négres
fieur de Verpré pour les enlever, ce mal- qui
étoit la fin de leur entreprife. Par
heur
eux, il y avoit dans la prevoulurent forcer, un
miere Peare qu'ils
ceux
Négre armé ,
entendant que
qui 0 forçoient % porte > parloient Aaglois, tira un coup de fulil, dontil lui tua réun Anglois. Un autre Anglois
pondit fur le champ, & fort mal-d-pro- Commanpos d'un coup dc piftolet. Le déja éveillé
deur de cette Habitation extraordinaire >
des
par chiens l'abboyement fe leva, & ne doutant plus que
n'euffent mis à terre, tira
les Anglois de fufil en fortant de fa maiun coup
acheva de mettre Palarme
fon, ce qui
une granpar tout. Les Anglois voyant
de cafe à côté de cclles des Négres s
c'étoit la maifon du Maitre;
crurent que
: & après en avoir
ils l'environnerent;
de peine,
forcé la porte avec beaucoup
Mails trouverent que ce n'étoit qu'un congazin rempli de Sucre. Ce nouveau des
tre-tems donna loifir à une. partic
Qvj
ufil en fortant de fa maiun coup
acheva de mettre Palarme
fon, ce qui
une granpar tout. Les Anglois voyant
de cafe à côté de cclles des Négres s
c'étoit la maifon du Maitre;
crurent que
: & après en avoir
ils l'environnerent;
de peine,
forcé la porte avec beaucoup
Mails trouverent que ce n'étoit qu'un congazin rempli de Sucre. Ce nouveau des
tre-tems donna loifir à une. partic
Qvj --- Page 402 ---
372 Noxveanx Voyages aux Mles
1697. Négres de
dans les
séchaper 2 & de fc blotir
vinc
halliers,e dans une petire raquieft à côté deleurs cafes.
dant un des enfans de cette veuve Cepen- àvec
deux ou trois autres perfonnes
le Commandeur s'étoit joint, aufquels
au bord de la iner, pour tâcher coururent de
dre Oll de brifer les Canots quiavoient prenporté les Anglois à terre 2 pendant
ceux-ci étoient occupez à chercher :
Négres. Les gens du Bourg s'étant aufli
éveillez, > prirent les armes, , & firent feu
far les Anglois, qui étoient autour de
leurs maifons. Deux Anglois furent
& un Habitant légerement bleflé. tucz,
coupsde fufil éronnerent ceux quiétoient Ces
alnieghechedeNcems ils craignoient
pour leurs Canots, qui n'étoient gardez
que par quatre hommes 5 ils jugerent
ga'il étoit tens de fe retirer,
la perte de leurs Canots entrainoit. parceque nécefiairement la leur, ne pouvant manquer en ce Cas d'être cxpolez à la fureur
des Habitans, dont ils ne. devoient
rer auçun quartier, étant pris les armes cfpéà la main en venant les piller. Ils
rent encore un homme en fe retirant perdi-
& arriverent à leurs Canots
s
dans le tems qu'un de ceux qui juftement les
doient venoit d'êtrc tué, & que les gar- au- --- Page 403 ---
Frangoifes de PAmérigue.
373 1697.
s'étoient
derriere de grolfes
tres
jettez n'avoir pas le mème fort.
roches, pour s'étoient
pour
Les nôtres qui
ne les
chercher les Canots > parce
EKC
avoient pas trouvéàl Tembarquadere trois en or- cet
dinaire, ne fc trouvant que état d'attaquer
endroit, n'étoient pas en
de forte
vingt ou vingt-cinq 1 perfonnes, de les laiffer emquils furent contraints
barquer avec deux Négres quilsavoient
Dès qu'ils les virent embarquez s"
KF firent feu far eux 2 pour les obliger
de prendre le large, & d'abandonner
leurs camarades qui étoient à terre.
Dans ce moment nos gens
cher- &
les Canots s'étant
>
a
choient
autres qui
ayant été joints par quelques trouverent une
étoient fortis du Bourg conduifoient fept
bande d'Anglois qui avoient liez, &
ou huit Négres qu'ils leur faifoient,
qui parl la réliftance qu'ils leur marche. Dès
retardoient beaucoup
ils
les Anglois virent nos gens >
que abandonnerent leur prife
fe fauver : 'on fit feu fur eux, on hear tua endeux hommes, on en bleffa un
core l'on prit, & que i'on donna à garavoit déliez
3:: aux Négres qu'on
fe
ceux
a
dant qu'on pourfuivoir favorifcz 2 l'obfcu:
voient, qui furent
faifoient,
qui parl la réliftance qu'ils leur marche. Dès
retardoient beaucoup
ils
les Anglois virent nos gens >
que abandonnerent leur prife
fe fauver : 'on fit feu fur eux, on hear tua endeux hommes, on en bleffa un
core l'on prit, & que i'on donna à garavoit déliez
3:: aux Négres qu'on
fe
ceux
a
dant qu'on pourfuivoir favorifcz 2 l'obfcu:
voient, qui furent --- Page 404 ---
374 Nonveaus Vayager AnX
1697. rité de la nuit, de maniere Hfes
qu'on ne les
pàr joindre. Ils gagnerent ainfi le bord
de la mer, , jetterent leurs armes, & fe
fanverent à la nage en leurs
Mauvais tiroient de momént à
Canots,
fuccès connoître
autre, pour
aRl
des An.
le lieu où ils étoient. On ne
glois, fçait
ce qu'ils perdirent dans leurs
ni fi tOUS ceux
Sst.E
qui fe
à la nage
jetterent
0 y.arriverent; mais ils laifferene
à terre fept morts & un bleffé prifonnier, fans avoir gagné autre chofe que
deux vieux Négres qu'ils emmenérent, 2 & en avoir bleflé deux autres
avec un Habitant, tous trois affez
rement.
légé
Le quartier fat bien-tôt fous les armes. L'alarme fut portée jufques chez
nous au Fonds S.J Jacques, quoique nous
fuflions éloignez d'une licué del'endroit
où les Angloisavoienr fait leur defcente.
Je montai à cheval aufli-tôt avec notre
Rafineur, & quatre ou cinq de nos Négres armez ; &c nous nous rendimest sau
Marigot. Le prifonnier fut heureux de
ce qu'en trouva dans la poche d'un des
morts la Commiffion du Corfaire : car
fans cela , il auroir été pendu comme
Forban, avant que fes compatriotes euf
fent eu le tems de le reclamer. Ce far
par la leéture de cette Commillion
que --- Page 405 ---
de PAmerigue. 375
Frangoifes du Corfaire que jai connu I 697.
Tapris le nom
depuis nts-pantelisemente defcente
fut
Ce que cette
produifit,
renouvella l'attention q'ondoit obliqu'on
côte, & qu'on
à
avoir pour garderla monde à monter la garde
gea tout le la faire monter. Quoique
fon tour , oual feul homme blanc dans
je n'euflequ'un le fieur de Mareiit Lieunotre maifon,
à la
tenant de Roi i, &c Commandant les
Cabehenre-menvors dire que privipas
léges dontnousje
2 &
ppart.ieaoer
préjudice au bien communr d'enporter
jétois obligé
que par conféquent Rafineur faire la garde au
voyer Sainte-Marie. mon
Jétois accoltumé
Bourg fortes de prétentions qui ne ten- Diferens
à ces
nous dépotiller pen à peu de l'Audoient qu'à
dont leSteur avec
des priviléges & exemptions
le LieuRois,& avant eux lesSeigneurst proprié. Jallai tenant de Roi
taires des Ifles nous ont grarifiez. & je lui
la
de
fgrale
trouver le fieur Marciil, ile
garde
oû Corps-de
voir Timpolilibilisé feroit de fecourir notre
de Sainre-Marie fi elle étoit attaquée; puifHabitarion
de quinze à feize
qu'elle en eft éloignée riviere dangecens pas, féparée par une
2 &
reufe, & fouvent impratiquable ReC
fort haut, qui eipéchoir
un morne
entendre les coups de
me qu'on ne pût
le fieur Marciil, ile
garde
oû Corps-de
voir Timpolilibilisé feroit de fecourir notre
de Sainre-Marie fi elle étoit attaquée; puifHabitarion
de quinze à feize
qu'elle en eft éloignée riviere dangecens pas, féparée par une
2 &
reufe, & fouvent impratiquable ReC
fort haut, qui eipéchoir
un morne
entendre les coups de
me qu'on ne pût --- Page 406 ---
376 Nowveane
aux
1697. fallquife tireroientchez Yojages
Ifles
le bien de.cet Officier & nous. de.fes Comme
étoit à Sainte- Marie il
quela Garde s'y fit exaétement s
avoit Eucet
conferver, fans s'embaraffer du refte pour du le
quartier. Après bien des difcours je lui
proreftai fcul homme queje ne me priverois point du
blanc quej Javoisala maifon
pour l'envoyer garder fon bien,
que le nôtre feroit
à être pendant
à moins que lui & expofé les autres
pillé,
de
Habitans
Sainte-Marie ne
écrit folidairement l'un s'obligeallent par
nous Payer les
pour l'autre,de
glois nous
dommages que les Anfition
pourroient caufer. Ma proponoilloit l'embaraffa, & comme ilme confon, il vit allez bien ferme, quand j'avois raimais qu'on
je ne fouffrirois jaatteinte à nos
dondlt
Il me dit pour conclufion qu'il privi- en
au
E
L'Auteur qu'en
Gouverneur Général, > &
fait
attendant fa
der AC qu'à garder notre décilion, je i'avois
bitation
Habitation comme je
de la du pourrois, 3 fans attendre aucun fecours
Million.
quartier , 6 elle étoit
c'eft de
attaquée > &
Je le remerciai quoi je ne m'embarrallois pas.
champ
de fon avis, & far le
dans les je fis faire un Corps-de Garde
la mer, far raifiniers qui font au bord de
l'Ance du Fonds S. Jacques,
qu'à garder notre décilion, je i'avois
bitation
Habitation comme je
de la du pourrois, 3 fans attendre aucun fecours
Million.
quartier , 6 elle étoit
c'eft de
attaquée > &
Je le remerciai quoi je ne m'embarrallois pas.
champ
de fon avis, & far le
dans les je fis faire un Corps-de Garde
la mer, far raifiniers qui font au bord de
l'Ance du Fonds S. Jacques, --- Page 407 ---
Frangoifes de PAmeriqne. 377 1697..
établis une Garde de douze Négres
Jy
fix defquels veillois dearmez : avec heures du delr jufqu'à une
neuf
Rar après minuit - , queyeols relevé Néavec les fix autres
par le Rafineur
cette
gres. Comme nous commencâmes où nous ne faifions
garde dans un tems fouciai
de cette
pas du Sucre, je me
peu
farigue; mais Jorfque nous commençà- Ouvriers
mes à travailler, je loiiai deux venoient
blancs de nos voifins qui y
toutes les nuits.
ma préOn vit feize jours après E Corlaire
caution n'étoit pas inutile.
reavoit fait la defcente au Marigor
qui
avoir fa revanche, ou pour
vint, ou
nouvelles des gens qui lui
fçavoir TOE arriva dans notre Ance L'Habimanquoient. minuit, Il
& broiilla fes.voi-d.s tation Jaun peuavanti
étoit en faétion m'a- cobins eft artales. Le Négre qui fis prendre les armes 2 qués
vertit aufli-tôtije
As
& jenvoyai u1 petit Négre que de Javoista venir glois.
avec moi dire au Rafineur
avec les autres Négres, 3
promptenent mais fans bruit, & en fuivantlel bord de
m'embufquai
la riviere. Cependant derriere I groffes roches
avec mes gens
Je vis
fc détacha
au bord'de ela mer.
Canot, qu'il ohil poude la Barque un grand à trente hommes,
voit avoir vingt-cing --- Page 408 ---
378 Nowveaux Poyages Aux Iles
1697. qui étoit fuivi d'un autre
plus petit. Lorique le
qui me parne
portée de la voix
premier fut à la
étoit le Canot. Cette , je demandai d'oi
le ils ne s'attendoient demande dlaquelpas les
me répondit
furprit, onr
cependant en bon
qu'ils étoient de la Baffe-terre. François Je m'informai de quel Vaiffeau ils
ce qu'ils cherchoient, ils me étoient, &
un Vaiffeau qui étoit parti depuis nommérent
quesjours,&. qu'ils cherchoientle moiil quellage de Sainte-Marie qu'ils ne connoif
foient pas bien. C'en fut affez
convaincre qu'ils étoient. ennemis, pour me
pour les payer de la même
2 &c
leor dis de venir à terre, & monnoye, je
donherois quelqu'un
que je leur
lear
Ils
pour faire moiiller
Barque, ne me
mais étant demeurez répondirent pluss,
comme à confulter ce quelques momens
faire, ils fc mirentà
qu'ils avoient à
de toutes leurs forces. nager tout d'un coup
auprès de moi qui tiroit J'avois un Négre
très-bien,
disde tirer furccluiqui
jelni
de faire venir le Canot gonvernoit, afin
les brifans; il tira, & ne en travers dans
coup : car je vis tomber manqua Thomme pas fon
étoit fur l'arriere du Canot. Nous qui
mes enfitite Tunaprès
tir..
les
l'antre, & felon
apparences avec fuccès 0 > puifqu'au
de moi qui tiroit J'avois un Négre
très-bien,
disde tirer furccluiqui
jelni
de faire venir le Canot gonvernoit, afin
les brifans; il tira, & ne en travers dans
coup : car je vis tomber manqua Thomme pas fon
étoit fur l'arriere du Canot. Nous qui
mes enfitite Tunaprès
tir..
les
l'antre, & felon
apparences avec fuccès 0 > puifqu'au --- Page 409 ---
Frangoifes de PAmbrigne. 279
d'avancer, ils fcierent en arriere. 1697.
Heureufement lieu
pour eux ilsn'étoient pas.
dans les grofles lames :
encore engagez
ou cinq toifes Faute de
car s'ils avolentétiquate ilséteient perdus fans" PAuteur
plus près de terre, cela une très-geandeen cette"
relfource. Je fis en
les fauva con- rencosfaute, & ma précipitasion! Mais la nuit quoi- tic.
tre mon intention.
& mel les faiqu'allez claire me trompa, n'étoient en
foit paroitre plas près qu'ils i faire faire
effct, quand je commençai
vite, &
feu. Nous rechargeâmes au plus
les
foit que nos coups qui avoient foit
eût
euflent mis en défordre,
r
de la conteftation entr'eux pour trois avancer, décharreculer,nous fimes
'ou) pour
fc fuffent déterminez:
ges avant qu'ils lc Rafineur arriva avec le
Cependanr
furent fuirefte des Négres armez: , qui les
après de tous
Négres
vis un moment
même des femmes s
de IHabitation 2
& de bâtons. Je
tous armez de bout fagayes de FAnce, où il me
l'envoyai à un
Canot avoit porté.
fembloit que le petit mais arrêté au1l l'y trouva en effet, il tira deffus, &c
delà des groffes lames: ;
voulu
le fit retirer. Le premier fois de ayant venir à la
tenter encore une décharge fi à
charge 5 reçàt notre
fc retirer. Ts
pos qu'il fut obligéde
âtons. Je
tous armez de bout fagayes de FAnce, où il me
l'envoyai à un
Canot avoit porté.
fembloit que le petit mais arrêté au1l l'y trouva en effet, il tira deffus, &c
delà des groffes lames: ;
voulu
le fit retirer. Le premier fois de ayant venir à la
tenter encore une décharge fi à
charge 5 reçàt notre
fc retirer. Ts
pos qu'il fut obligéde --- Page 410 ---
380 Nouveaux Fayages anx Iles
1697. deux Canors fe joignirent & fe mirent a
fMauviis faire fcu fur nous.
uccèdu
J'ordonnai aux Né
Cor:aire gres qui n'étoient pas armez de fe metCcorge Roche. tre ventre à terre 2 pendant que nous
répondions de notre mieux à leurs
de fulil. Après fept ou huit
coups
de part & d'aurre 1e
décharges
3 ils fe retirerent à
leur Barque, & firent fervir leurs voiles. Je n'eus qu'un de nos Négres
rement blelfé. A l'égard du Corfaire légéj'ai fçà deux ans apiès qu'il avoit
s
bleffez &trois morts, & que cette cing
l'avoit entierement dégoûté de faire perte des
defcenres fur nos Côtes, comme il avoit
réfolu.
Le Lieutenant de Roi & les Officiers
nous tinrent parole, & perfonne ne vint
à notre fecours. J'en fus charmé: car on
voit par ce queje viens de dire,
n'en cuspas befoin. Je ne laiffai que je
pas de me p'aindre; tout ce que pourtane je
gnai, fut de n'être plus
gade
inquicté au fijer
mon Rafineur & dcs autres Domeftiq ies blancs quandj'en ai eu.
Il m'arriva quelque-tems
après cette
affaire, une avanture qui mit l'alarme
chez nous. Erant venu me coucher
avoir fait mon quart au Corps de- Garde, après
je me mis à lire dans mon lit pour m'endormir. Lorfque jc commengoisi.m'af. --- Page 411 ---
Frangoifes de TAmérigue. 381
foupir , je fus éveillé par nos chiens qui1697fe mirent à abboyer dans la cour d'une
maniere extraordinaire. Je fis lever un
ferviteur qui couchoit dans ma chambre
voir ce que c'étoit. Dans le
2 pour ouvricla
de la falle,
moment qu'il
porte
je l'entendis jetter un grand cri, &j'olis dans la
en même tems un trépignement
falle, comme fi plulieurs perfonnes y
fuffent entrées avecimpétuolité. Lapremiere penfée qui me vint, fut que le
Corpsde-Gardes s'éroitlaillé furprendre,
& que les Anglois étoient dans la mai- Allayme
fon. Je fautai du lit,je pris mon fulil coufée
qui étoit à côté de.moi, & fortis de ma par uf
chambre avecla précipitation qu'on feSerpent,
peut imaginct , pour tâcher de repouf
Ier les ennemis, en me joignant à quelqu'un de nos gens. Comme je ne vis
dans la cour
demandai ce
F
fonne
, je
feryiteur ce qui l'avoit obligé de crier :
mais il étoit f effrayé, quil fut longtems fans pouvoir proférer une feule
parole. A la fin, il me dit qu'un ferpent
qui pourfuivoit nos chiens étoit entré
après eux dans la' falle, & étoit palfé entre fesj jambes. Je ne jugeai pas à propos
de rentrer dansla falle fans bien regarder où je mettrois les pieds; Yenvoyai
chercher un Aambeau de bagaces à la
obligé de crier :
mais il étoit f effrayé, quil fut longtems fans pouvoir proférer une feule
parole. A la fin, il me dit qu'un ferpent
qui pourfuivoit nos chiens étoit entré
après eux dans la' falle, & étoit palfé entre fesj jambes. Je ne jugeai pas à propos
de rentrer dansla falle fans bien regarder où je mettrois les pieds; Yenvoyai
chercher un Aambeau de bagaces à la --- Page 412 ---
381 Nowvean
Aux Tfes
1697. lumiere duquel je OrtTa vis ferpent
s'6
toit louvé à la porte de ma chambre qui
& nos chiens qui étoient fautez far la >
table. Je régalai le ferpent d'un coup de
fufil, qui mit fin à la peur du ferviteur
& de nos chiens > & à l'allarme
m'avoit donné,
qu'il
CHAPITRE VII
Arrivée du Pere Snpérienr Général de
n0s Miffions > e de LArchevigue de
Saint Domingue. Eclipfe totale du Soleil.
L E Pere Paul, Superieur Général de
nos Miflions éroit à S.
comme jel'ai dit dans un autre Domingue endroir >
lorfque les Flibulliers, Volontaires & >
Négres que l'on arma, fe joignirent au
fieur de Pointis pour l'expédition de
Cartagene. Il crut devoir les accompagner > parce qu'ils n'aveient perfonne
leur adminiftrer les Sacremens.Il
pris au retour
Eore
le Vaiffeau
par"les Anglois, dans
qui fervoir d'Hôpiral,
fa charité l'avoit obligé de
que
autre
préféreraun
Bâtiment, , ot il auroir été plus en
sûreté, mais ou il n'auroit pas eu l'occa- --- Page 413 ---
- Frangoifes de PAmérique.
fion de fecourir les bleffez & les mala- 1697.
des, qui étoit le but de fon voyage, Sa
prifc nelui caufa aucun dommage, il ne
rien
- n'avoit rien 2 &
perdit
, parcequ'il de
les Anglois eurent plus refpeét pour
fa-vertu, que le fieur de Pointis qui en
d'une manicieindigne., & touta parlé
de la verité de la Relaà-tait éloignée
tion qu'il a fait de fon
que
tous ceux
connoiffoient ce
ReNOTTELA
qui
comme la calomligicux ont méprifée
nie C du monde la plus noire, & la plus
mal digerée. de la-Jamaique le trai- LePere
Les Anglois
& Paul de- a
terent avec tout Thonneur pollible, Saint Do-lajamai- meure
F'auroient auffi-tôr renvoyé a s'il n'a- Pour
mingue > ou à Saint Thomas, dele laiffer avecfoin Suate des
voit priéle Gouverneur
bleflez,
les prifonnjers bleffez & malades, pour
avoir foin d'eux. Cette aétion augmenta of
encore la vénération qu'on avoit
Ini, & lui donna le moyen de faire sen
du bien à nos prifonniers, Enfin n'y
érant plus nécellaire > le Gouverneur
l'envoya à Saint Thomas comblé d'honnètetez , de careffes, & de provifions
pour fon Tavions voyage. crû mort, & bien des tour Songre- àla
Nous nousl'avoient afluré, nousl'embraf wartini
gens
troifiémejour de Jan- quc.
sâmes avecjoycle
'on avoit
Ini, & lui donna le moyen de faire sen
du bien à nos prifonniers, Enfin n'y
érant plus nécellaire > le Gouverneur
l'envoya à Saint Thomas comblé d'honnètetez , de careffes, & de provifions
pour fon Tavions voyage. crû mort, & bien des tour Songre- àla
Nous nousl'avoient afluré, nousl'embraf wartini
gens
troifiémejour de Jan- quc.
sâmes avecjoycle --- Page 414 ---
384 Nowveaux Voyages Anx
1698. vier 1698. au Fort S. 0 Pierre, Tles ou, il fut
apporté par une. Barque Danoife de Saint
Thomas Le Supérieur de notre Maifon
de la Marrinique me l'ayant fait fçavoir
auffi tôr.je partis dans le moment pour
l'alier faluer. La pitpart de nos Peres s'y
trouverent: auffi, & allurément notre
ne
fut
petite : car nous l'eftimions joie
tous,& FLEIEAN tendrement.
Nous
nous crûmes obligez de lui dire que fir
le bruit quiavoit couru de fa mort,n nous
avions écrit à Rome, afin.que notre Général nommât un autre Supéticur en fa
place,& que nous avions avis que celui
qui étoit nommé étoit arrivé à la Rochelle, & felon toutes les apparences
déja embarqué pour les Ifles. Nous le
priâmes en mêinc tems de voir les mefures qu'il vouloit prendre, & ce qu'il
fouhaitoit que nous fiflions en cette OCcalion.
Nous fimes très-contens de la manierc dont il reçût ce que nous lui dimes, après nous avoir remercié du zèle
& de l'artachement que nous avions
pour lui, il nous dit, que nous. avions
bien fait d'avertir notre Pere Général
du bruit qui avoit couru de fa mort 5
que la venué d'un Succeffeur lui feroit
plaifir, & que quand même fa Patente
nc --- Page 415 ---
Franpoifes de PAmerique. - 38;
conditionnelle, il lui cé- 1693.
ne feroit que avecjole. Il nous parla
deroit la Charge maniere quand nous
encore de la mème
de quelques
fàmes affemblez au fujet & des comptes
affaires de nos Miflions, afin de n'avoir
que je difcuter voulus rendre, avec le nouveau Superien à
attendoit, & que
rieur Général qu'on
je nc connoiffois point.
le dixiéme Arrivée
J'étois encore au Molillage
avercis de tAr.
nous fumes
chevéque
de Janvier > quand rade une Barque Da- de S.Do.
quil y avoit en
Prélat
m ngue.
noile, qui portoit un Ordre. Elpagnol, LePere
qu'on difoirètre de notre le faluer, & le
Pauly fut aufi-tôr pour chez nous.. Il
prier de prendie Prélat (onlogis étoit l'Archevèque
trouva que ce
Religieux de rôrde Saint Domingue, dontily
Phabit,
dre de la Mercy , croire portoit étoit de noce qui avoir fait
qu'il Dom Ferditre Ordre, Il s'appelloit deRibera. Il avoit été
nand de Carjaval Général de fon Ordre. C'étoit
Procureur
Théologien > quisexpliquoit
un grand d'une maniere nette & facile,
en Latin
ordinaire aux Efpagnols.
qui n'eft pas d'Archevèque de Saint DoÉn qualiré il eft Primat detouresles Indes
mingue, Occidentales, il n'y a aucun Prélat au
monde aprèsle Pape qui ait une Juric
Torie IV.
R
. Il avoit été
nand de Carjaval Général de fon Ordre. C'étoit
Procureur
Théologien > quisexpliquoit
un grand d'une maniere nette & facile,
en Latin
ordinaire aux Efpagnols.
qui n'eft pas d'Archevèque de Saint DoÉn qualiré il eft Primat detouresles Indes
mingue, Occidentales, il n'y a aucun Prélat au
monde aprèsle Pape qui ait une Juric
Torie IV.
R --- Page 416 ---
386 Nonvexux Vojages aux Ifles
1698. diétion fi étendué; cependant iln'en cft
pas plus riche, Son Archevèché lui devroit valoir douze mille écus, maiscom.
me ce revenu eft fondé fur le droit d'ancrage des Vaiffeaux qui viennent à Saint
Domingue, > ils'eft évanoili, parce qu'il
y a bien des années que les Flottes vont
a droiture à la Veracrux, à la Havanne.
& à Cartagene, fans toucher à Saint
Domingue > où l'on ne voit d'autres
Vaiffeaux que ceux qui compofent P'Armadille del Barlovento quiy paffen: tous
les ans fans rien payer, parceque ce font
des Navires de Guerre > n'y ayant que
le feulNavire de Regiftre qui foit obligé .
à payer les droits. J'expliquerai dans un
autre endroit, ce que c'eft que ce Navire, Cedéfaut du droit d'ancrage eft caufe
le revenu del l'Archevèque ne conRevenu Ric plus
dans fes droits
de l'Ar.
que
de Vifites,
chevé. & dans les Offrandes qu'ilreçoit
de
quand
que
il adminiftre la
S. DoConfirimation, dans le
mingue. Greffe de fa Jurifdiction & autres bagatelles, qui ne lui produifent tout au plas
que dix-huit cens écus par an > dont la
plus grande partie eft payée en Sucre s
Cacao, Suif, Cuir, & autres denrées du
pais. On pourra juger du peu de commerce qu'il y a dans la partic Elpagnole
de Saint Domingue, puifque ce Prélat, s
and
que
il adminiftre la
S. DoConfirimation, dans le
mingue. Greffe de fa Jurifdiction & autres bagatelles, qui ne lui produifent tout au plas
que dix-huit cens écus par an > dont la
plus grande partie eft payée en Sucre s
Cacao, Suif, Cuir, & autres denrées du
pais. On pourra juger du peu de commerce qu'il y a dans la partic Elpagnole
de Saint Domingue, puifque ce Prélat, s --- Page 417 ---
Krangoifes de f Amérigue. 337 lui 1698.
de fon Ordre qui
& un Religicux n'avoient pû trouver
fervoit de Diacre, blanche
shabiller;
d'étoffes de laine
pour de toile >
& n'étoient vêtus que Ilreçût et
n'étoit pas des meilleures. de notre Supericur
bien le compliment l'offre qu'il lui fit de
Général, il accepta & fe fit débarquer aufnotre Couvent,
fi-tôt. Prélat s'étoit fervi d'une Barque
Ce
de Coroffol pour fe fauver
Hollandoife
où le Préde fa ville Archieptifcopele. en
& le
fident le tenoit comme prifon, avec toute
perfécuroit depuis imaginable. long-tems Cette Barque chevé. L'AtTinhumanité à Coroffol, où le Gouver- que Do- de
l'avoit porté
reçà au bruit dus. mingue
neur Hollandoisfavoits & avec tout le relpect que lesie Sa fauve, receCanon,
les plus zèlez cuffent pà lui
à
Carholiques Îl lui avoit fourni une Barque Rusnel
rendre.
à Saint Thomas, oùt il fol,Saint Thomas
pour le porter avec les mêmes honneurs & a la
avoit été reçà
Danois, qui lui en Martinipar le Gouverneur
àla que.
avoit donné une autre pour étoit leporter bien sûr
Martinique, oà le Prélat des Vaiffeaux
de trouver tous les jours
ou
en France > quile
qui le palleroient terre à Cadix, s'ils alloient
mettroientàt -
en Provence.
dans le Bourg que ce Il loge
Dès qu'on fcûr
Rij --- Page 418 ---
;83 Nouveanx
AHx
1698. Prélat étoit
Foyager
Ifes
chez
le
débarqué & logé échez nous,
nous,
Gouverneur l'envoya
& luit
complimenter,
témoigner le
qu'il avoirde
n'avoir pas Içà qui iesinp il
pour lui faire
rendre les honneurs qui lui étoient dûs.
Il y. vint lui-mème quelques momens
après, & le pria inftamment de prendre
un appartement chez lui, parceque nous
étions encore alors fort mal logez, Le
Prélat le remercia beaucomp, & lui dit,
qu'il étoit chez fes Freres, & qu'on trouveroit étrange dans le monde que l'Archevèque de Saint Domingue fût
autre part que chez les enfans de Rt
Dominique.
Dès le même jour qu'il fut arrivé s
nous fimes travaillerà lui faire deux habits d'une très belle étoffe blanche, 2 &
autant à fon Diacre: & quand ils furent
achevez, nous eûmes une Chaife à Porteurs, de laquelle il fe fervit pour faire
fes vifftes au Gouverneur , à lIntendant, & autres perfonnes confidérables
qui l'étoient venus vifiter.
Je ne fçai comment les Peres Jéfuites
oublierent d'y venir : car ils font trèsexadts & très-civils, &c fur le chapitre
Son dif. de la politeffe,il n'eft
de
férent leur rien
pas impoffible
av:c les:
enfeigner. Ilsy y vinrent enfin,
Jéfuites, mais c'étoit fi tard , que le Prélat s'en
a
& autres perfonnes confidérables
qui l'étoient venus vifiter.
Je ne fçai comment les Peres Jéfuites
oublierent d'y venir : car ils font trèsexadts & très-civils, &c fur le chapitre
Son dif. de la politeffe,il n'eft
de
férent leur rien
pas impoffible
av:c les:
enfeigner. Ilsy y vinrent enfin,
Jéfuites, mais c'étoit fi tard , que le Prélat s'en
a --- Page 419 ---
Franpoifes de LAmérigme. ;89
montra offenfé, il leur dit qu'il séron-1698.
c'étoit
noit qu'ils ne (çhlfent pas que Doluin qui les avoit introduit à Saint
mingue, & qui les avoit fondez,s'étant dépotillé RLETLE de ce qu'ilavoit
de meilleur malgré (a pauvretés qu'il en
écriroit à leur General, & qu'ils pourroient fçavoir un jour qui étoit l'Archevèque de Saint Domingue. Il1 les congédia enfuite avec fort peu de cérémonie
contre fon ordinaire s qui étoit d'en
faire beaucoup à tous ceux qui le venoient voir.
bruit aufli mal
Il s'étoit répandu un
Prélat étoit
fondéqu'ilé étoit faux,
ce
fc Ailtete paffer pour
un avanturier qui
T'Archevèque de Saint Domingue, quoiqu'il ne fàt pour être rien moins que
cela. Onacculoit peucètre mal à propos
le Pere Farganel Curé de la Paroiffe del
Saint Pierre d'en être P'Auteur. Ce bruit
pallfa jufqu'au Gouverneur & à l'Intendant : cclui-cien ditquelque chofe à nos
Peres, &c les pria d'infinuer aul Prélat >
qu'il feroit bon qu'il fit connoitre, que
ceux qui les répandoient avoient tort.
C'étoit lui dire en bon François de faire
voir fes Bulles, ce qui n'étoit pas difficile, puifqu'il les avoit, & qu'il nous
les avoit fait voir, Mais quand il ne les
R iij --- Page 420 ---
390 Nowveaux
AHX Mes
2698. auroit pas cués, auroit-on Foyge pû
en doute les
des révoquer
dont il s'étoit
fe Etrangers
Saint
pour
fauver de
tegl
Domingue? & quand ceux-lân'auroient pas fuffir, il y avoit parmi nos
Flibuftiers & Matelors plus de cinquante
hommes, qui ayant éré pris pendant la
Guerre, &.conduits à Saint
l'avoient và Officier
Domingue,
dans fa
lui Pontificalement
& en avoient Cathedrale,
avoient parlé - >
reçà beaucoup de charité, & de marques d'amitié: car il aimoit narurellement notre Nation. Ces
gens l'ayant vû dans notre Eglife étoient
venus avec empreffement lc
&
le remercier des bienfairs faluer,
avoient
qu'ils cn
reçà, qu'ils ne ceffoient de
blicr par tout. Malgré toutes ces
puves s nous réfolâmes de lui en preu-
& comme il vivoit avec nous dans parler s
grande familiarité, & plutôr comme une un
Pere avec fes Enfans, 3 que comme un
Archevèque avec des Religieux 3 nous
lui en dimes quelque chofe, il devina
aufli-tôt d'oi cela - venoit, & pour y
porter le reméde convenable, il écrivit apune Lettre à l'Intendant, danslaquelle,
fans lui faire connoître qu'il
rien
de ce qu'on avoit femé dans le fçût monde,
il lui marquoit la reconnoiffance qu'il
r comme une un
Pere avec fes Enfans, 3 que comme un
Archevèque avec des Religieux 3 nous
lui en dimes quelque chofe, il devina
aufli-tôt d'oi cela - venoit, & pour y
porter le reméde convenable, il écrivit apune Lettre à l'Intendant, danslaquelle,
fans lui faire connoître qu'il
rien
de ce qu'on avoit femé dans le fçût monde,
il lui marquoit la reconnoiffance qu'il --- Page 421 ---
Françoifes de rAmérigue. 391*
recevoit touts 1698.
avoit des honnètetez qu'il attendant qu'il
les jours de lui, & qu'en d'une autre mala lui pût témoigner lui devoir faire conniere, il croyoit
de
noitre que c'étoit à l'Archevèque fait, dont
Saint Domingue envoyoit lui réponles Bulles quil
Peres de
radisents
droient. Ichargea un de nos
cette Lettre, & un autre d'une étoient petite
caffette couverte de velours, o
fes Bulles.
la Lettre & la
Nos Peres porterent dans le tems que
Caffette à lIntendant,
le Gouverneur étoit avec lui, avec quan- de
tité d'Officiers s & d'autres la clef gens de la
diftinétion, & lai remirent
mais il
Caffette. Il reçût l'un & l'autre ;
Et
voulut
ouvrir la Caffette.
ne Favoir jamais remis à nos Peres, il écrivit
après
Lettre de
&
au Prélat une
complimens, lui rendre
vint quelques momens après
vifite. Gouverneur Géneral
étoit alors fité 11 leftvi. le
Le
vint qui exprès du Gouvef- par
le Marquis d'Amblimont fait fa demeure ordi- neur g6Fort Royal, où, il
d'al- nétal,
naire
le voir & pour le prier
s pour
jours avec lui au Fort
ler palfer quelques
Royal. crâmes nous devoir fervir de
Nous
faire recevoir le Sacétte occafion pour
R iv --- Page 422 ---
392 Nowveaux Voyages Aux Ifes
1698. crement de Confirmation aux Créolles,
dontiln'y yavoir que ceux
en France qui l'euffent reçi. quiavoientéré Car
L'ir rche que ce Sacrement ait été conferé quoiPau quefois dans les fiécles paflés quel- de
Cor-fir. fimples Prêtres comme Minifties par
ma.ion. traordinaires & Déleguez du
ex- la
Cour de Rome n'a jamais voulu Pape,
der cette permiffion aux Préfets accorliques des Miflions
Apoftos quelque inftance
qu'on en ait faite de ,
ce Sacrement n'eft pas abfolument parceque néceffaire
falut, & pour d'autres raifons dont elle au
n'a pas jugé à propos de nous inftruire.
Nous parlâmes de notre deffein au Gouverneur Général, & à lIntendant, &
il fat réfoluqu'on en prieroit l'Archevè.
que 2 mais que comme on pourroit
trouver mauvais en Cour, que ce Prélat
eût fair quelque acte de Jurifdiétion
tion Pca'dans des
les Terres du Roi, on le
Officiers roit en même-rems
fuppliedu Roi
de vouloir donner
fur ce un adte, par lequel il déclareroit
fujer. ne prétendoit en aucune façon
qu'il
tirât à conféquence. Il
que cela
agréa avec beaucoup de bonté les propolitions
lui fit, & figna l'acte tel qu'on le voulut qu'on
dreffer.
On fit avertir par toute lIlle,
ceux qui n'avoient pas reçà la Conhe
it en même-rems
fuppliedu Roi
de vouloir donner
fur ce un adte, par lequel il déclareroit
fujer. ne prétendoit en aucune façon
qu'il
tirât à conféquence. Il
que cela
agréa avec beaucoup de bonté les propolitions
lui fit, & figna l'acte tel qu'on le voulut qu'on
dreffer.
On fit avertir par toute lIlle,
ceux qui n'avoient pas reçà la Conhe --- Page 423 ---
Frangoifes de PAmbrique. 395 1698.
'mation, fc préparallens à la recevoir ;
& vinffent pour cet cffet au Fort Saint
Pierre de 2 & au Fort Royal,les jours qui
leurs Curez.
leur feroient marquez par
Ildonna ce Sacrement dans notreEgli- deux
fe à une infinité de perfonnes des
fexes, , & des
couleurs qu'on fouhai- trouve dans le
Les PP.] Jéfuites cérémonie dans
terent qu'il aufli cette
l'InTeSE
leur Eglife, , & l'en firent prier réfoudre: par
tendant. Ileutd de lapeine àsy les avoient
car quelques mauvais efprits ily confentit àla
défervis auprès delui:i de celui qui l'en
fin ; en confidération
aller. Mais
prioit, & prit jour pour y dela maniefoit qu'il ne fit pas content
re dont on le reçir, foit pour de
fc contenta
EEE
autre raifon, il
mer environ deux cens perfonnes, après
quoi il dit tout haut, que ceux qui vinflent voudroient recevoir ce Sacrement
dans l'Eglife de fes Freres.
qu'il eût Confirmé tous ceux
préfenterent à la Baffe-terre 2 On
le
AER
qui lai envoya une Chaloupe armée pour
att Fort Royal. Malgré notre peporter nombre , il fallut que denx de nos Ilvaas
tit
avec fon Dia- Royal, Fort
Peres Tacompagnaleanr bruit du Canon de la
cre. Il fut reçû au Vaiffeaux. Le GouverForterelle & des
R V --- Page 424 ---
394 Nowveaux Yoyages aux IRes
1698. neur General le logea, & le traita magnifiquement. Il demeura dix jours aul
Fort Royal, & adminiftra le Sacrement
de Confirmation à tous ceux qui fe
trouverent en état de le recevoir. On
le reporta au Moiillage dans la même
Chaloupe, où il arriva fort content des
honneurs qu'on luiavoit faits.
On répara cn cette occafion la faute
avoir faite, 3 lorfqu'il étoit arrivé
l'IAc. Le
etan
Canon des Batteries &
des Vaiffeaux le faluerent quand il fortit
de la Chaloupe.
Ifaieles faintes
Il eut encore la bonté de faire les
Wuilcs, faintes Huiles dans notre Eglife. Cette
cérémonieq quineséroitjamais faité dans
le pais, attira un monde infini.
Il partiz le 26 de Mars dans un Vaiffcau du Roi, où il fu: reçà au bruit du
Canon, après que nos Gouverneurs
l'Intendant, les Officiers d'Epée & de 7
Plame, & tout CC qu'il y avoit de
fonnes confidérables dans PIlle lui eurent perfouhaité un bon voyage, & l'eurent accompagné jufqu'au Vaiffeau, après
eût été falué par le Canon de toutes qu'if nos
Batteries > & des Vaiffeaux qui étoient
cn rade.
que Préfen:s lui
Comme nous fçavions qu'il n'étoit pas
firenr les trop bicn en argent comptant nous le
ers d'Epée & de 7
Plame, & tout CC qu'il y avoit de
fonnes confidérables dans PIlle lui eurent perfouhaité un bon voyage, & l'eurent accompagné jufqu'au Vaiffeau, après
eût été falué par le Canon de toutes qu'if nos
Batteries > & des Vaiffeaux qui étoient
cn rade.
que Préfen:s lui
Comme nous fçavions qu'il n'étoit pas
firenr les trop bicn en argent comptant nous le --- Page 425 ---
Frangoifts de PAmerique. 395
de recevoir deux barriques de 1698.
prismes Sucre rafiné, & une bourfe avec vingt- Jacobins de Ja
Loitis d'or. Ils'en défendit long- Martinicinq mais il futenfin obligé de ceder que.
tems,
Geaux inftances que notre Superieur Mifneral lui fit au nom de toute notre lui firent
fion. Beaucoup de perfonnes
des préfens confiderables , & quoique
paflant dans un Vaiffeau du Roiiln'eit fon
beloin d'aucunes provifions
on ne laiffa
de
envoyet
itente
voyage,
pas de volailles, de
quantité de moutons, 2 & autres rafraichocolat, de confitures,
chiffemens. jours avant le départ de CC
Prélat Quelques il étoit arrivé un Vailleau au
Cul-de-fac >
de la Trinité , qui avoit
nombre de Caifles de vin de Florencé,
& des prunes & poires féches, les plas
eût encore vies aux Illes.
belles qu'on
de
Mes affaires ne me permettant pas lui
lui aller dire adieu à la Baffe-terre,jel
écrivis pour lui fouhaiter un bon voya-
& lui envoyai deux de ces Cailles efSE: vin,avec deux boëtes de chaque
de ces fruits qui pefoient vingtpece cinq à trente livres picce. Il m'écrivit
fur le champ une Lettre de remercie- honment, & me fit encore le France,& même
en
neur quand ilf fut arrivé en
R vj
Efpagne,
tant pas lui
lui aller dire adieu à la Baffe-terre,jel
écrivis pour lui fouhaiter un bon voya-
& lui envoyai deux de ces Cailles efSE: vin,avec deux boëtes de chaque
de ces fruits qui pefoient vingtpece cinq à trente livres picce. Il m'écrivit
fur le champ une Lettre de remercie- honment, & me fit encore le France,& même
en
neur quand ilf fut arrivé en
R vj
Efpagne, --- Page 426 ---
-396 Nowveaux Voyages aux Ifles
1698.
Le Vailleau du Roiqui 2 lep
ts'é
tant arrêté
portoit
Il donne
quelques jours à la Guadela Con- loupe > il y donna la Confirmation
àla fiumaro Gua comme il avoit fait à la Martinique. Il s
delcupe, fitlhonneurd nos Peres de les venir voir
chez nous, quoique notre Maifon foit
éloignée du Bourg d'une demie lieué,&
ily anroitlogé,sil avoit eu un pluslong
féjour à faire dans llfle. Nos Peres de
Préfens Guadeloupe lui firent un
la
que lui
préfent femfont Ics blablea celui que nous lui avions fairàla
Jacobine
de cette Martinique, auquel ils ajoûterent quelifle,
pains de Sucre royal, & quclques
des
Sumile
meilleures confitures du
Il fut aufli content de la Guadeloupe, pais,
qu'ill'avoit été de la Martinique, & arriva heureufement en France. Quelques
Officiers du Vaiffeau du Roi qui
avoit
l'y
porté 3 étant revenus aux Iles, ne
pouvoient affez fe lotier des manieres
honnères de ce Prélat 5 & en difoient
tous les biens imaginables.
Le Préfi- On vitbien-tôt en
dent de
Amerique le crédit
S. Do- que ce Prélat & fa familleavoient à la
mingue conduit Cour d'E(pagne, puifque lel Prefidentde
en Efpa- Saint Domingue qui l'avoit
gne.
les auroit été féverement
perfecuté,
fers aux
puni des excès
pieds 1 qu'il avoit commis contre lui 2 s'il eût
neurten chenun, eu affez de vic pour arriver en
o il étoit conduit les fers aux E(pagnie,
pieds.
. Do- que ce Prélat & fa familleavoient à la
mingue conduit Cour d'E(pagne, puifque lel Prefidentde
en Efpa- Saint Domingue qui l'avoit
gne.
les auroit été féverement
perfecuté,
fers aux
puni des excès
pieds 1 qu'il avoit commis contre lui 2 s'il eût
neurten chenun, eu affez de vic pour arriver en
o il étoit conduit les fers aux E(pagnie,
pieds. --- Page 427 ---
Françoifes de PAmbrigue. 397
le bonheur de mourir en 1698.
Mais il eut
mourut
chemin. Et notre Archevèque étoit prèt de reauffi dans le rems quil
obtourner en fon Diocefesaprbsavoire
de fon Prince tout ce qu'il pouvoit
tenu
fouhaiter.
Eclipfe totale du So- totale Eclipfe du
Nouseimesune d'Avril fur les trois Soleil.
leil le dixiéme jour
m'avoient
midi.Mesafiaires
heuresaprès
Balle-terre.
faire un voyagealat Marchand à régler
un
obligeder
J'étois alors chez
tout dun
avec lui, quand
un compte
trouvâmes dans une obcoup nous nous
lorfqu'il
fcurité prefque auffi grande Soleil que eft couy. a un quarrdheure cràmes d'abord quele que les conché. Nous
s'étoient fermez,
trevents des tenètres
un Né-
& le Maitre de la maifon appella entendiles ouvrir. Mais nous
gre pour
quantiré de voix
mes dans ce moment crioient miféricorde.
dans la rue qui
la
Nous fortimes pour en apprendre
caufe, & nous vimes quc le Soleils'e devint
cliploit. L'Eclipfe augmenta, 2 de & la Lune
totale, de forte que le corps milieu du diffe trouva direétement cacha au entierement
que du Soleil, d'un qu'il cercle qui paroilfoir
à la réferve de trois à
pouces de
tout aul tour
quarre
large, fclon que les yeux en pouvoient --- Page 428 ---
398 Nowveaux
aux
1698.
Troyages
Ihes
juger s & qui étoit de couleur d'or ena
flammé, L'obfcurité n'étoit
fi grande hors.les maifons, pourtant
encore
qu'on ne pat
de difinguer les objers ; mais ce
peu
lumiere qui reftoir avoit quelchofe de trifte & d'éfrayant. Le Ciel
emc de la couleur qu'il a coutume d'etre dansles nuits obicures, & tout aux
environs du Soleil,c'eft-a-dire, à
cinq ou trente degrez au tour du vingt- Soleil
on voyoit paroitre lcs Etoiles comme en
pleine nuit.
Depuis que je fortis pour voir FEclipfe qui pouvoir être alors à fatroifiéme partic, jufqu'a fa fn, il-fe
lc
tems dc dire un Miferere tout entier. paffa La
lumicre revenoit à mefiire que les deux
Aftres fc dépaffoient, & le
du So
leil fembloit fautiller oll trembler, corps & fe
mouvoit très-violemment à mefure
la Lune s'en éloignoir. Dès qu'elle que fut
entierement forrie du difque du
ellc difparut auflai-bien que les Soleil, Etoiles
qui avoient paru. Le Soleil darda alors
des rayons fi vifs, fi forts & fi brâlans,
qu'il n'étoit pas poflible de les
il fembloirquil vouloit fc
fisporter,
du tems qu'il avoit été caché, dédommager
fentir que fon pouvoir n'avoit 2 & faire
cune diminution.
reçà au-
entierement forrie du difque du
ellc difparut auflai-bien que les Soleil, Etoiles
qui avoient paru. Le Soleil darda alors
des rayons fi vifs, fi forts & fi brâlans,
qu'il n'étoit pas poflible de les
il fembloirquil vouloit fc
fisporter,
du tems qu'il avoit été caché, dédommager
fentir que fon pouvoir n'avoit 2 & faire
cune diminution.
reçà au- --- Page 429 ---
Frangoifes de TAmbrigue. mè-1698. 399
Tropiqueler
Ceux qui palferentle
& en furent
me jour virent cette Ecliple,
de gens
épouventez. Car il n'ya gueres de prévenau monde
plus faufcepribles lcs Matetions & de fuperlitions que du monde à
lots. On a toutes les peines voile le Vendredi.
les faire mettre à la dans leur Vaifleau
S'ils
qu'ily confidérables, y. a
ou un corps
des
de
RRE
ils n'ont point
repos qu'on
mort ,
à la mer, leur arribuant
n'ait tout jerté arrive de ficheux. Je ne
tout ce quileur voulois rapporter tout
finirois poinr fije
d'eux far cet article.
ce queje fçai
paffoient
Deux de nos Religieux S à Cabelterle bois poursent retourner tout d'un coup, de
re, fe voyant fans pris voir l'Ecliple qui la
Tobfeurité ,
les arbres leur cacaufoit, parceque
ce fit la
choient le Solcil croyolentque obligez de. counuit, & qu'ils fcroient
chagrinoit
cher (ouslesarbres, ce quiles les confola,
fort. Le retour del la lumiere la caufe de ce mo-
& leur fit connoitre
ment de téncbres. --- Page 430 ---
400 Nowveaux
anx
1968.
Vayager
Ifes
CHAPITRE VIII.
I arrive Mn nonvean Smperieur Général
des Mifions des Freres Préchewrs.
Danger ot LAuteur f trouva d'être
mordn par #1 Serpent. Diverfès remarques fer ce /mjet.
L E nouveau Superieur Géneral de
la nos Miflions appellé le Pere Pierre
Frefche arriva au Moiillage le dixneuf Avril. Ilétoit accompagné de fix
Religieux, 2 entre lefquels étoient les Peres Bedarides & Girauder > qui fe font
acquis beaucoup de réputation dans nos
Mifions par leur mérite, & par les.fervices qu'ils y ont rendus. Le premier,
après avoir été Superieur de la Miflion
de Saint Domingue, Vicaire General, &
Préfet Apoltolique de nos Miflions eft
mort plein de jours & dc mérites dans
les fonctions de fon miniftere, regretté
géneralement de toutle monde, Le fecond,après savoir fervi les Miffions
dant douze ou treize ans, pendant
tems
FStE
les plus dangereux de la maladie de
Siam, dont il avoit été attaqué très. violemment, & avoir gouverné la Miflion
Saint Domingue, Vicaire General, &
Préfet Apoltolique de nos Miflions eft
mort plein de jours & dc mérites dans
les fonctions de fon miniftere, regretté
géneralement de toutle monde, Le fecond,après savoir fervi les Miffions
dant douze ou treize ans, pendant
tems
FStE
les plus dangereux de la maladie de
Siam, dont il avoit été attaqué très. violemment, & avoir gouverné la Miflion --- Page 431 ---
- Frangoifes de PAmerique: avec1698. 401
edeux ou troisfois
de la Martinique
> de zèle & de
beaucoup de prudence
Francharité, a été obligé de repafleren infirmitez confe rétablir des
ce, pour
avoit contrackées en affidérables qu'il
fiftant les malades. le P. la Frefche avoit
La Parente Pere que Géneral n'étoit point
reçà de notre parcequ'on avoit mandé
conditrionnelle, du Pere Paulcomme une chole
la mort
le Pere Paul n'y fit
certaine; & commel comme il auroit
aucune oppofition,
Superieur PUL
faire, il fut reconnu fçà fon arrivée,
néral. Dès que
eu
pedires
venu lc faluer, 8j j'avois fujet
j'étois d'ètre aflez content de lui. Ilavoitapptis bâtir une
le befoin où nous étions celle de que nous
maifon au Motillage vicille, , petite, & mehabitions érant il avoit voulu y conttinaçant ruine chofe >
de fa
en faibuer quelque deffeia en
qu'il
faire un
Fur
fant
& qu'il me mit entre les mains
apporta, avoir mon avis. Ilne me fallut pas
pour
li faire connoibeaucoup de tems pouf nu'le.ment ni au
tre qu'il ne convenoir Il goàra mes raipais, ni à nos ufages. d'en faire un autre;
fons, & me chargea n'en rerardâr lT'execu-
& afin que rien Tailleurs de pierres
tion, il retint trois --- Page 432 ---
402 Nowveaux
Aux
1698. que le Superieur Yayager de notre Miflion IRes
de la
Guadeloupe avoit fait venir,
vailler à rétablir le Couvent pour traAnglois avoient brûlé
, que les
vant. En attendant
fept ans auparacreufer les fondemens qu'on fût en état de
del'édifice
projettoir > on les
à tailler
a neuf cens
occupa
E
nous avions quartiers de pierre > que
d'autres.
amaffez, & à en chercher
deux
Je joignis à ces Ouvriers les
à être jeunes Négres que j'avois deftiné
vailler Maçons, à la
& que j'avois fait traPurgerie & autres Bâtimens
que j'avois fait faire au Fonds S. Jacques. Je m'en retournai à notre Habitation après que j'eus donné aux
vriers les panneaux, fuivant
Oudevoient
iefquels ils
la
tailler un ordre dorique, dont
porte devoit être ornée ; & ceux des
picds droits, lancis & écoinfons du refte
du Bâtiment.
Notre nouveau Superieur General vint
quelques jours après au Fonds S. Jacques, ily conduifit deux des
qu'il avoit amené de France, Religieux & en retira le Pere Mondidier
a la Guadeloupe.
> qu'il envoya
L'Auteur Il penfa m'arriver
courerif. accident
dans ce tems-la un
que d'é.
terrible. J'étois dans le
tre mor- faire abbattre des arbres
bois à
dont j'avois be-
Bâtiment.
Notre nouveau Superieur General vint
quelques jours après au Fonds S. Jacques, ily conduifit deux des
qu'il avoit amené de France, Religieux & en retira le Pere Mondidier
a la Guadeloupe.
> qu'il envoya
L'Auteur Il penfa m'arriver
courerif. accident
dans ce tems-la un
que d'é.
terrible. J'étois dans le
tre mor- faire abbattre des arbres
bois à
dont j'avois be- --- Page 433 ---
Frangoifes de PAmbrigue. 403 1698.
lorfque je
foin pour quelque
fe retiroit avec du d'uss
vis un de nos Negres
oi il gros fer.
LAEE
précipitation du pied d'un arbre,
pent,
des liannes. J'en voulus fçavoir"
coupoit la raifon. Il me dit qu'il y avoit un gros La
entre les cuilles de cet arbre.
ferpent curiofité me porta à m'en approcher
le voir, & commeilme montroit
pour du bout du doigt le lieu où il étoit, je
crus qu'il me montroit
me trompai, je éloignée, ce
fit que
une cuifle plus
fur R lieu oû
javançai tout le corps de mariere que mes
étoit ie ferpent,
étoient
bras, mon
& ma poitrine
à la difcretion urSe cet animal, qui pouvoit me mordre oni ill luiplaifoit-On vis le
de ma
quandje
Guies
juger
peur retirai bien
vite
ou jétois. Je me
du plus monde
que le Négre, & jappellai On coupa deux
pour tucr le ferpent.
deux
perches fourchues avec lefquelles
ce
Négres le percerent en mème-tems, l'un d'eux ne
qui n'empêcha mordu, pas que le ferpent ayant
pensât ètre
gliffe fa tête dans une ouverture On qui lui Lox:
étoit à une des cuiffes de l'arbre. tira le gueur &
coupa la tète 2 & enfuite on
de grofleur d'un fcsavoit près de neuf pieds
pent,
corps long, E plus de cinq pouces de diamétrc. Cétoit affurément le plus gros que
ème-tems, l'un d'eux ne
qui n'empêcha mordu, pas que le ferpent ayant
pensât ètre
gliffe fa tête dans une ouverture On qui lui Lox:
étoit à une des cuiffes de l'arbre. tira le gueur &
coupa la tète 2 & enfuite on
de grofleur d'un fcsavoit près de neuf pieds
pent,
corps long, E plus de cinq pouces de diamétrc. Cétoit affurément le plus gros que --- Page 434 ---
404 Nowveanx
1698.jculle encore vû. Yayeger Sa têté AHX IRes
fix pouces de large.
avoit au moins
le corps hors des cuiffes Quand de on eût tiré
liannes qui l'environnoient, l'arbre & des
apperçimes que c'étoit une nous nous
étoit
fémelle
pleine, > & en remuant
qui
nous vîmes fortir
le corps s
pens par les playes quelques les petits leravoient faire. C'étoit que
fouches lui
prife pour la
une trop bonne
ventre d'un négliger. Je fis fendre le
coup de coutcau,
plaifir de voir comment fcs &j'eus le
pens
étoient renfermez. Je perits vis ferque 14 ceufs étoient attachez
donc
bout des autres
lcs uns aul
ou de membrane. par une efpece de boyau
feur des ceufs
Ils étoient de la grof
Oeufs de Leur
d'oye, mais plus pointus.
ferpent, de
coque 3 comme celles des ceufs
rortué, étoit comme du
mouillé, Les petits étoient dans parchemin
au nombre det treize,
ces ceufs
ze, > longs d'environ s fix quarorze ou quingrolleur d'un petit
pouces, & de la
écrire. Ilsétoient de tuyau de plume à
leurs. J'en vis
toutes fortes de couétoient
dans. un même ceuf qui
chetés, Cela jaunes, d'autres gris, noirs taoù j'avois été me fit revenir de l'erreur
de bien des jufqu'alors far le rapport
foient
gens, que les couleurs faidiftrentesefpeces de ferpens. Ces
fix quarorze ou quingrolleur d'un petit
pouces, & de la
écrire. Ilsétoient de tuyau de plume à
leurs. J'en vis
toutes fortes de couétoient
dans. un même ceuf qui
chetés, Cela jaunes, d'autres gris, noirs taoù j'avois été me fit revenir de l'erreur
de bien des jufqu'alors far le rapport
foient
gens, que les couleurs faidiftrentesefpeces de ferpens. Ces --- Page 435 ---
Friangoifes de Amtrigue. 405
animaux fortoient à me- 1698.
méchans perirs déchiroit la coque qui lesten- de Nombre fer.
fure fermoit, qu'on ils fc louvoient en mème-tems pens co.
c'eftà dire, qu'ils fe mettoient en rond, tenus le
la tète élevée fur leur lof, & mordoienem autant venere d'une
un bâton avec lequel je les tuois, J'en fémelle,
de fois quils le pouvoient fait foixante attraper. & quatorze
tuai de compte
dans fix ceufs. Un
qui étoient contenus dans le. tems qu'on
autre s'étoit rompu de la bète hors des brouftiroit le corps
des
qu'il
failles , dont la plapart rfauvez. fis porter
sétoient
Far
renfetmoit ceufs entiers à la maifon, avec
trois
tué, & le corps &
tous ceux que Javois
la rête de la bère.
je viens de dire,
On voit par ce que
Il left
combien ces animaux couvriroient multiplient. ie paiss & le
certain qu'ils inhabitable, s'ils ne fe dérendroient
& ne fe mangeoienr pas
struifoient pas, Les couleuvres qu'oe
les uns les autres. coureffes ala Martiappelle leur fimplement font une rude guerre, , & en
nique, dévorent autant qu'elles en peuvent donnent attraper. Les hommes ne fourmis leur en ont
point de quartier; les
nombre i ils
fait mourir un très-grand les yeux : & je croi
leur mangeoient
méurent de faira
qu'une partie despetits --- Page 436 ---
406. Nouveau
aux
1698. avant qu'ils foient Pajager en état de MAer
eux-mêmes à leur fubfiftance. pourvoir
je ne me trompe, à qdoi on eft Voila, redeva- (i
ble du nombre affez médiocre de ferpens qu'on voiraujourd'hui, en
raifon de ce qu'on en devroit voir, compala prodigicufe
s và
animaux.
multiplication de Ces
Nos Peres nouveaux venus de
virent tout cela avec frayeur, France, & n'ofoient fortir de la maifon dès qu'il étoit
nuit, craignant de rencontrer
animal femblable dansleur chemin. quelque
Je fis tirer la graiffe qui étoit dans le
corps, oil'on trouva aufli quatre
piloris à demi confommez.
gros
La graiffe de ferpent eft (pecifique &c
admirable pour guerir les
les douleurs
les chumatifmes,
Vertus foulures de froides, contractions &
de la
nerfs, & la fciatique. Elle fe
graiffe de trouve dans le corps du
ierpent. au-deffous & des deux côtez ferpent des attachée
bres, elle eft divifée en deux lobes verteou moins gros, 2 felon que le
plus a
trouvé de quoi fe nourrir : car ferpent quandle
ferpent a manqué de nourriture, on en
trouve très-peu. On la fait fondre au
Soleil, Ol fur lc feu,&onla verfe dans
un flacon où elle fe conferve tant
l'on veut. Elle eft jaune quand on la
le corps du
ierpent. au-deffous & des deux côtez ferpent des attachée
bres, elle eft divifée en deux lobes verteou moins gros, 2 felon que le
plus a
trouvé de quoi fe nourrir : car ferpent quandle
ferpent a manqué de nourriture, on en
trouve très-peu. On la fait fondre au
Soleil, Ol fur lc feu,&onla verfe dans
un flacon où elle fe conferve tant
l'on veut. Elle eft jaune quand on la --- Page 437 ---
Frangoifes de TAmbrigut. 407 1698.
de la bète , elle devient plus
du corps lorfqu'elle eft fondué & figéc.
blanche
mauvais goûr, 5 ni aucune
Elle n'a aucun
mauvaife odeur. s'en veut fervir, on la fait de Maniere s'en
Quand on
afliette, & on y mèle fervir.
fondre fur une de vin, ou de l'Eauenfuite de T'Eprit forte. Celle de Canne eft
de-vie la plus cela que celle de evin, &
meilleure pour
malade-& les
après qu'on a oint frotte lapartie bien avec deslinenvirons, on la
chauds, & on met une refté compreffe fur l'afges bien imbibée de ce qui eft
fiette. J'ai remarqué que cette graiffe
d'effer lors qu'avant de l'applifait plus fait de fortes frixions avec
quer, on chauds & rudes fur la partie
des linges
afin de rappelmalade & aux environs, les metire en mouveler les efptits, les
Jen ai vûi Expement > & ouvrir merveilleux, porcs. & j'en ai fait rience lAuteur de
des effets
Car ayant touchane
fur moi-mème.
graiffe
Texpérience
dans le tems quel de ferété motillé un jour, de fueur 2 fans avoir pent.
jétois tout baigné de changer de linge &c
la commodité trouvai le lendemain teld'habit, je me
m'ayroir. plutôt
lement roide , qu'on dos
de me la
rompu. lépine du
roideur s. que s'étendoit
faire ployer. Cette
des bras & des
encore dansles jointures --- Page 438 ---
-408 Nowveaux
AMX Ifles
1693. jambes, de forte M que Chirurgien
préhendoit
cet accident n'eût 3E;
fuires TaitEr Ilme femble qu'on difoit, que c'étoit un tetanos, auquelil eft
rare qu'on puifleremédier. Quoiqu'il en
foit, je n'avois pas encore envic de mourir, &je réfolus de travailler moi-même
à ma guérifon. Je fis apporter quelques
poëles de feu dans ma chambre pourl'échaufer; je bus un verre de vin de Canarie avec de la thériaque & de la confeétion d'hiacinthe, & après
j'eus
fié près de trois heures, je me Lec frorter très-rudement avec de gros
bien chauds, & enfiite avec de linges
de ferpent & de l'Eau de- vic de clagraiffe Canne,
& frotter de nouveau julqu'àce que je
fentiffe de la douleur: car on fut fort
long-tems avant quc je fentiffe rien 9
je fufle écorché éen plufieurs enDès
le
TS
que fentiment fut revenu,
je ne doutai plus de ma guérifon. On me
mit une ferviette ployée en long, imbibée de graiffe & dEan-de-vic le
de
l'épine du dos, & d'autres linges long imbibés de même au col, aux bras, &c aux
jambes, &on m'entretint chaudement
fans pourtant me faire fuer
artifice.
On recommença cette
au
bout de douze
RERuE
heures, excepté qu'iln'é
toit
iment fut revenu,
je ne doutai plus de ma guérifon. On me
mit une ferviette ployée en long, imbibée de graiffe & dEan-de-vic le
de
l'épine du dos, & d'autres linges long imbibés de même au col, aux bras, &c aux
jambes, &on m'entretint chaudement
fans pourtant me faire fuer
artifice.
On recommença cette
au
bout de douze
RERuE
heures, excepté qu'iln'é
toit --- Page 439 ---
Frangoifer de Amerigue. 409
nécellairee de me froiter fi fort: 1698.
toit plus
bien, & fur
car je fentois parfaitement)
toutaux endroits sonjentécencisAes
frixions je fus entierement guéri. Penfée
quatre
affez
Les Négres ont une fuperftition difent
tidicule
plaifante fur les ferpens: lls
quedes Néquand on les brûle après les avoir tucz,g.estou. de ve- chant les
les autres ferpens ne manquent camarades pas ont été (erpene.
nir aul lieu ou leurs
les ont
bràlez 2 pour mordre ceux qui Pour
ainfi maltraitez aprèsleur mort.
dela rete,je
leur ôter cette imagination fourneaux lcs
que
jettai dans les
petirs
tuez dans le bois, & ceux qui
Javois étoient dans les ocufs quejavois la appor- tête le
tez à la maifon. Car pour l'avoit demanCommandeur Négre me
dée pour la réduire en poudre, lai
parce- dans
qu'elle entre, comme je
dit,
aux morfures'
le reméde qu'on donnaile applique corps à quelde (erpent. Je
s'en accomque-ins de nos Négres aurois qui mangé tout
moderent bien. Jen
noutrirure
comme eux : car c'eft une ne fe faffe
fort (aine 2 pourvà qu'on fouvent,
unc habitude d'en manger
pas qu'elle purifie & fubtilife trop le
& feroit al la fin tomber en ptifics
voulus
effrayer nos nout-.
LE
mais je ne
pas
veaux venus.
S
Tome IV. --- Page 440 ---
410 Nopveans Yoyagts aux IRes
1698.
Il arriva quelques jours après
trouva deux fcrpens auprès de la Sucre- qu'on
rie. Nos Négres ne manquerent pas de
me venir dire, qu'ils étoiept venus pour
fe venger de ce qu'on avoit fait bràler rles
autres, & qeuitiremen.guciquim de la
maifon feroit mordu. Je leur dis que
pour empècher les autres de revenir, il
falloit jettér ceux-ci tout vivans dans les
fourneaux , &
s'il s'en préfentoit
d'autres, je les Rereie rôtir'tour vivans
far. des charbons, Ces' deux ferpens
avoient l'épine du dos rompuc > mais
ils étoient encore tout vivans. Je les fis
prendre en cet état, & je les fis mettre
dans un évant des fourneaux où ils furent confommez dans un. moment,
Comme nous n'étions pas alors dans la
faifon . où les ferpens defcendent à la
mer pour fe baigner, , & changer de
peau., on fut affez long-tems fans en,
voir. Nos Négres fe perladerenr que
j'avois tronvé le véritable moyen-de
les cmpècher de venir rouler autour de,
nos maifons,
C'eft dans le commencement de la
faifon des
que les crabes, les
tourlouroux, EIETA lézards & les ferpens,.
quitrent, les bois & les Cannes pour veDir à la mer, Après que ces deinjers.s'y,
fe baigner, , & changer de
peau., on fut affez long-tems fans en,
voir. Nos Négres fe perladerenr que
j'avois tronvé le véritable moyen-de
les cmpècher de venir rouler autour de,
nos maifons,
C'eft dans le commencement de la
faifon des
que les crabes, les
tourlouroux, EIETA lézards & les ferpens,.
quitrent, les bois & les Cannes pour veDir à la mer, Après que ces deinjers.s'y, --- Page 441 ---
Frangaifes del PAmérique. 41I
font baignez, , ils paffent entre quelques1698. épines Saifon
bois
ayent des CIOCS ou des ils laiffent 2 où les
par le col, y
ferpens
& s'y
cacher
RaSCLONE
toute entiere, &c vont fe
quittent
leur peau
trou, ou entre des racinesieur peau.
dans quelque
leur nouvelle peau
darbr@ajuiquicmbieils fuffifamment pour paroifoit endurcic
à l'air. Dans le tems qu'ils fontoblitre
demeurer ainfi en retraite, ils
gez de
maigres, & font fort foideviennient
la force d'aler cherbles , & n'ont pas
J'en ai trouvé
cher de la nourriture.
fc
qui ne pouvoient pas
quelquetois foiblelle n'excite la comtrainer. Leur
on ne leur
pallion de perfonne, état qu'on He
donne jamais en quelque
trouve. Le tems où ils font plus dangereux On 14
font cn chaleur.
c'eft lorfquils alors fffler > & fe répondre les
cntend autres. Il ne fait pas trop bon
uns aux
aller àla chafle. fentent & les éventent "Les NÉLes Négres. les moins
les chiens
le
que
Emne
aufli-bien pour
les liévres & les au- les ferde chaffe éventent matin dans le bois pens.
tres bètes: J'étois un
un d'eux qui
avec nos Charpentiers moisarrèta >
tout d'un
marchoit devant dit, mon Pere > regardez
coup, & me
ferà vos pieds, il y a ici près quelque Sij
afle. fentent & les éventent "Les NÉLes Négres. les moins
les chiens
le
que
Emne
aufli-bien pour
les liévres & les au- les ferde chaffe éventent matin dans le bois pens.
tres bètes: J'étois un
un d'eux qui
avec nos Charpentiers moisarrèta >
tout d'un
marchoit devant dit, mon Pere > regardez
coup, & me
ferà vos pieds, il y a ici près quelque Sij --- Page 442 ---
412 Nouveaux Yroyages aux Ies
1698, pent. Je lui demandai oui il
il me
1e
étoirs
répondit > je ne
pas 2 mais je le
fens 5 & m'ayant
tenir en
ft
repos le
vifage tourné VCIS le lieu d'où lui étoit
venuc l'odeur, 2 il me dit de fentir en
retirant mon haleine. En effet,. dans le
moment je fentis une odeur fade &
douçârre; à peu près comme cellequ'on
fent quand on entre le marin à jeun
dans un Hôpital mal propre. Je lui dis
ce que je fenrois. Il me répliqua > c'eft
un ferpent qui n'eft pas loin d'ici, & il
doit être gros, car P'odeur qu'il exhale
eft bicn forte, & vous l'allez fentir encore davantage. En'effet, il n'eût pas fi
tôt jetté quelques pierres vers l'endroit
d'ou venoit l'odeur : que je la fentis
Senti plus vivement. C'étoit
le
ment de
s'étoit remué
parceque
ferPAuteur pent
, ayant eu peur des
fir les pierres. Car c'eft un animal
mouvefortcraintif,
mens des &j je ferois alfez portéà croire que quand
fespeus, il fe jette fur une perfonne, ceft plutôr
la peur qui excite en lui CE mouvement
que toute autre paflion.
Nous découvrimes un moment après
le ferpent quer nous avions fenti, & fclon
la coûtume nous le tuâmes. C'étoit une
fémelle pleine d'acufs, mais qui n'aOeufs de voicnt encore rien de formé. lls n'é
ferpens, toient guéres plus gros que des cufs de
u
espeus, il fe jette fur une perfonne, ceft plutôr
la peur qui excite en lui CE mouvement
que toute autre paflion.
Nous découvrimes un moment après
le ferpent quer nous avions fenti, & fclon
la coûtume nous le tuâmes. C'étoit une
fémelle pleine d'acufs, mais qui n'aOeufs de voicnt encore rien de formé. lls n'é
ferpens, toient guéres plus gros que des cufs de
u --- Page 443 ---
Françoifes de P. Amerique. com- 413 1698.
Leur peau mince & tendre
pigcon.
motillé, étoit remme du parchemin
: comme le
plie d'une matiere jaunârre
qui n'ajaune d'un deuf de poule tants'en gaté, faut,il
voit pas bonne odeur, Cet animal avoit
faifoit mal au coeur.
&c,étoit gros
fix
de long,
environ le bas pieds de la jambe.
-
comme
accouplez.
.
Jen ai trouvé
étoient enfemb'e,
Dans cet état is at cordez tourillons d'un
& paroilfent comme les
tout droits
gros cable. Ils fe foatiennent Ils feregatfur le tiers de leur longueur. comme s'ils voudent la gucule ouverte
la tète
loient fc dévorer sapprochant bavant & écuTun de l'autre en fflant, très- vilaine. Oh,
mant d'une maniere effet de la Proviquels amours ! c'eft un
animaux
dence divinc , que ces mauvais fans cela,
fc dévorent les uns les autres, les Iles, où
inhabitables
ils rendroient Onn'en voit dans toutes
ils (e trouvent.
> Sainte
les Antilles qu'aàl la Martinique
eft
Aloufie ou Lucie, & à Bequia, 2 qui
:
à caufe
un des Grenadins , qu'on appelle
Martinique. :
de cela,-la perite dansles autres Ifles que des
Onne voit
veninenfes,
couleuvres qui ne fonrpoint utiles, en ce qu'elles
& qui mème font
Elles (ont rares
font la guerre aux rats.
S 11]
toutes
ils (e trouvent.
> Sainte
les Antilles qu'aàl la Martinique
eft
Aloufie ou Lucie, & à Bequia, 2 qui
:
à caufe
un des Grenadins , qu'on appelle
Martinique. :
de cela,-la perite dansles autres Ifles que des
Onne voit
veninenfes,
couleuvres qui ne fonrpoint utiles, en ce qu'elles
& qui mème font
Elles (ont rares
font la guerre aux rats.
S 11] --- Page 444 ---
414 Nowwcaux
aux
1698 à la Guadeloupe, Foyager & même fort Ies
Couleu- Ily en a ala
petires.
vresdela
Dominique qui font trèsDomini groffes, q'onappelle destétes de
pellées que. ap. parcequ'elles ont la tête groffe & chien,
tê es dc & qu'clies font toujours audi
courte, >
chien, mordre, que des matins qui difpofées a
baffe-cour. Mais elles n'ont point gardent de une
nin. Elles font plus de
veCCuX qui ne font
peur quedemala
voir, ou à les entendre pas accourumez à les
fler
Wouffler, ou fif.
quand on s'approche
d'elles. Elles n'en-veulent trop près
aux rats, & aux oifeaux. qu'aux poules >
Vertus
La graiffe des têtes de
de Ia niment meilleure
chien cft infigraiffe
que celle des
des tétes telles que font
de vipcres,
de chien, que, Sainte Aloufic, lesferpens la Martinifert
les mêmes & Bequia, On s'en
pour
maux que celles des
viperes, mais ce qu'clle a de
c'eft qu'on s'en fert avec in fuccès particulier, merveilleux pour la goutte. Je ne
pas de dire qu'elle guériffe ce mal prétends radicalement, je tromperois mon Leéteur
& ce n'eft
là mon caraétere, ni
>
deffein. Ren
mon
qu'elle opere eft de faire
tranfpirer P'humeur âcre qui par fes
cottemens fir les membranes des
caufe ces
Entite
doulcurs aigues, qui
cette maladie une des plus douloureufes rendent
& des plus incommodes quel l'on puiffe
pas de dire qu'elle guériffe ce mal prétends radicalement, je tromperois mon Leéteur
& ce n'eft
là mon caraétere, ni
>
deffein. Ren
mon
qu'elle opere eft de faire
tranfpirer P'humeur âcre qui par fes
cottemens fir les membranes des
caufe ces
Entite
doulcurs aigues, qui
cette maladie une des plus douloureufes rendent
& des plus incommodes quel l'on puiffe --- Page 445 ---
Frangoifes de rAmbrigue. 415 (c1698.
fouffrir. Ceux qui en font attaquez avec cette Maniere
font oindre la partic afligée peuvent la de fervir s'en
graifle la plus chaude quils le
chaude- pour la
Toufirir, &c fc tiennent dar n'eft pas gourie.
ment qu'il eft pofible.
celui des
difficile dans un dlimatcomme les onétions de
Ies , & il faut réiterer Il eft inotii que la
fix en fix heures.
ait tenu bon
goutte la plus opiniatre de vingt-quatre
contre ce teméde plus dès que Thumeur
heures. On fçait que la douleur cefcommence à ie difiper, dc la partie revient
fe, & que T'ufage
Ileft vrai,
eft dillipée.
dès pelhumear dans fes périodes ordiqu'elle revient
n'en décette graille
naires, , parceque principes , mais c'eft beaucoup
truitpatlep fe délivrer en vinge-quatre de
de pouvoir fouvent en bien moins
heures, &.
> qui vous
tems 2 > d'une douleur lit une aigue bonne partie
tient cloiié fur un
les onde l'annéc. Sauf à recommencer recommencc
étions, quand la douleur
à fe faire fentir. avertir le Leéteur , que cette
Je dois
dans lcs pais Précaugraille ne produir pas heureux, & auffi faut tio qu'il apfroids des effets aufli
dans sles pais porter, les
qu'eile en produit
dans
prompts comme TAmérique - ? & autres pays chauds.
chauds,
les pores
lieux femblables > parceque S iv --- Page 446 ---
1698. font 416 Nowveaux Vayages aux Ifes
plus fcrrez & plus difficiles à Ouvrir, ce qui rend la tran(piration
laborieufe : il pourroit même arriver plus
que le défaur de tranfpiration qui eft
néceffaire non-feulement dans la partie
afiligée, oà eft le dépôr de Thumeur,
mais encore dans le refte du
où >
elle fe filtre & fe difipe
corps à
>
peu peu, la
pourroir fixer, & caufer l'accident d'une
facile goutte remontée , ce qui eft pourtant
à éviter, n'y ayant qu'à tenir le
malade dans un licu bien chaud, le faire
fuer, & lui faire fur le corps autant de
frixions qu'il en
fouffrir > avant
de faire les nalcarian fur la partic affligéc, fans oublier de lui donner de bons
cordiaus qui aident à pouffer
res
les
déja ouverts Phumeur que f poa
teméde
mis en chemin de fortir.
Je croiavoir dit dans un autre endroit
comment on diftinguoir les ferpens venimeux d'avec les couleuvres qui ne lc
font point. Rien n'eft fi facile > pourvû
Diftem-qu'on ce des
ane felaifle pas d'abord emparer
feipens la frayeur
caufc la vèc
par
& des tre
que
& la renconcouleudecesanimaux: à ceux quin'y font
vICS,
accoûrumez. La couleuvre a la tête 1oz
gue & ronde comme une anguille, & le
ferpent l'a platte, large &
à pcu près comme un tréfe. triangulaite, On
peuc
facile > pourvû
Diftem-qu'on ce des
ane felaifle pas d'abord emparer
feipens la frayeur
caufc la vèc
par
& des tre
que
& la renconcouleudecesanimaux: à ceux quin'y font
vICS,
accoûrumez. La couleuvre a la tête 1oz
gue & ronde comme une anguille, & le
ferpent l'a platte, large &
à pcu près comme un tréfe. triangulaite, On
peuc --- Page 447 ---
Frangoifes de PAmtrigue. ai faite dans 417 1698.
voir la defcription que ou jen j'ai encore dir >
un autre endroit , mâche
ce qu'il
que le (erpent ne
point tout entier.
mais qwillavale
d'en voir
eu une fois le plaifir
On
moi un pilori,
F
un qui avala devant c'eft une efpéce
doit fc fouvenir que
blanc,
de rat naturel aux ifles, les prefque rats ordinai- Un fets tué
& bien plas grus d'Europe. que
Dès que le E" avale
res originaires
le
il fc retira unp pilori,
ferpent eût mordu pilori, les
2 il
à quartier : car fclon nc apparences ic jettât fur
craignoit
le pilori il grimpa enfuite
lui, & ne : mordit, d'un arbrilleau 3 atl
fur les branches
demeura un bon
pied duquel le afe pilori débattre 5 il romba
dheore
Alors le
quart à la fin, s'étendit & mourut. fe mit à fc rouferpent étant defcendu achever de l'étendre à
ler far lui, & à bavant deflus, de mafa fantaifie lui en mit les deux pattes de
niere qu'il
des côtez, & les deux de
devant le long long de la queiie. Et après
derriere le ainfi bien étendu & couvert
qu'il l'eût
la tète qu'il ende bave, il lle
par
à peu, il
gloutit, & en Rer fuiçant dans peu fon ventre 5
ic fir entrer tout entier de
caf iléroit
quoique avec allez peine, Ce far fon
petit, &. le pilori fort gros. S V --- Page 448 ---
418 Nouveanx Voyages anx Ies
1698. dernier repas : car après quej'cus vû CC
queje voulois voir , je le tuai.
FCHAPITRE IX.
Des Efelaves noirs dont on" le fert aux
Ifles, du Commer ce de leur Pais. Leur
Religion, leurs meeurs 3 leurs danfes,
Comment on les achete , comment 072
les traite, comment On les infrnit.
arriva à la Martinique à la fin da
de Mai un
Tha
Vaiffeau chargé de
Négres venant de la Côte de Juda en
Guinée, pour le compte des fieurs Maurelet de Marfeille, & leur Compagnie.
J'en fus averti auffi-tôt par un Neveu
des fieurs Maurelet nommé Boiffon
avoit une. Habitation à côté du 2
S.J
Rnad
Jacques.
Commc dans l'Affemblée
avions tenuca avant l'arrivée du que nous
Supérieur
nouveau
Général,j j'avois été autorifé
pour acheter d le nombre de Négres
jugerois à propos, & que je ferois en queje état
de payer, je partis fur le champ pour me
rendre à la Baffe. terre, afin de conferer
avec le Supéricur Général, fur l'occafion
qui fe préfentoit d'avoir des Efclavess
mc dans l'Affemblée
avions tenuca avant l'arrivée du que nous
Supérieur
nouveau
Général,j j'avois été autorifé
pour acheter d le nombre de Négres
jugerois à propos, & que je ferois en queje état
de payer, je partis fur le champ pour me
rendre à la Baffe. terre, afin de conferer
avec le Supéricur Général, fur l'occafion
qui fe préfentoit d'avoir des Efclavess --- Page 449 ---
Frangoifes de rAmirigue. befoin 419 1698i
dont nous avions un exrème & encore
pour" notre Habitation, 3
nous avions pour
Texécution du Couvent que
duquel
réfolu de bâtir , par la nécellaire fabrique d'avoir
il étoit abfolument moins de vouloir difdes Efcaves, le travail de la Sncrerie.
le
continuer
de ne point trouver
Je fus furpris
5 il en
Supérieur Général au conferer Motillage avec moi,
étoit parti
vénir fuivre le droit chemin 1,
mais au ARE de
ces for-
& de faire diligence font s parceque dans un jour ou
tes de ventes fc étoit allé voir les Curez
deux, il's'en
& du Macouba.
de la Bafle-pointe Cabaffon qui avoit été conLe Pere fa Charge de Superieur parfirmé dans
de la Martinique,
ticulier de la Miflion autorifé comme jel léme dit, qu'étant déliberation capitalatre, je
tois
une aucune dificulré d'ache-
'ne ERoe faire
c'étoit Finter des Négres, d'aurant Supérieur que
Général
tention du allé nouveau à la Cabelterre que pour
qui n'étoit moi combien j'en pourrois
voir avec
jen achetai
acheter. Sur ces allurances cinq mille
douze , quime coûtereut devois payer en et
cens francs,
je de fept livres
cre
brurà AaTonr
de fix REUSE
fols le cent, dansle terme S vj --- Page 450 ---
1698. 420 Nouveanx Vroyages aux Iles
nes. Je partis avec mes nouveaux Négres deux jours après les avoir achetez,
ayant auparavant écrit aul Supérieur Gé- s
néral, que ne l'ayant point trouvé, mais
ayant étéi informé de fes
vois acheré douze Négres, intentions,ja- qui le met
toient en état de faire le bâriment du
Convent fans difcontinuer le travail de
la Sucrerie. J'arrivai vinge-quatre heures après cette Lertre, & je lc trouvai
tout-à-fait en colere. Il me dit,
vois
que j'aétoit outrepaffé mes pouvoirs , & qu'il
en droit de me calfer de mon cmploi: Ce préambule me fit de la
:
car je ne fiis pas naturellement peine fort
nimsenrfoufiraht, de l'Aufur tout quand je fuissûr d'ateur avec voir raifon. Je lui répondis
la chofe
le Supé. n'étoit pas fi facile de
que
rieur ge- mien,
fon côré que du
néral au
puilque je pouvois quitter ma
achar fujet d'i charge quand il me plairoit, mais qu'il
dEcla- n'étoit pas le maître de m'en deftituer,
ycs,
& qu'ayant executé les ordres que la
Communanté m'avoit donnez,
bien sûr
jétois
qu'elle me foutiendroit. Ma
fermeté lui fit faire quelques
& quclques heures après, il réflexions, envoya le
Pere Girauder me dire, qu'il ne
pas la déliberation capirulaire Içavoit m'avoit autorifé
qui
2 qu'il avoit été porté a
me parler de la forte, > pour fatisfaire
uer,
ycs,
& qu'ayant executé les ordres que la
Communanté m'avoit donnez,
bien sûr
jétois
qu'elle me foutiendroit. Ma
fermeté lui fit faire quelques
& quclques heures après, il réflexions, envoya le
Pere Girauder me dire, qu'il ne
pas la déliberation capirulaire Içavoit m'avoit autorifé
qui
2 qu'il avoit été porté a
me parler de la forte, > pour fatisfaire --- Page 451 ---
Frangifes de rAmérique. unc 421 fi 1 1693.
quelquesans de nos Peres, aqui Nous cûgrolle emplette failoit
qui nous
enfuite une
LEEE
mes
difipa
rendit bons amis, 5 parcegu'elle lcs jaloux lui
certains ombrages contre que moi 10 , & nous
avoient infpirez
jétois en tiers
devinmes fi unis, , dans que fon confeilavec
dans fonamitié &
le Pere Giraudet. Général fit un petir
Notre Supéricur
au retour duàla Guadeloupe , qu'il vouwartr quel déclara pebliquement Supericur, & quil
Joit m'y érablir pour Touffaimnts, 2 mais
m'y condaitontaptals état d'execurer fon defil ne fut
en
avant ce teins-là,
fein : car M mourut Supérieur Général qui
C'étoit le fecond
difpofition.
étoit mort dans cette étant palle, 3 je ne fonCe petit faire orage du Sucre, pour payerles
geai qurà
achetez, &
Négres
de
quejavois
aRer
de roiles,
ESeel
de mille écus
que je dede ferremens & autteschofes, Marchands
inceflammentaux)
vois payer les avoient fournis: Cela fit
mc
nos
TE
qui profirer du travail de tous détacher
ERers & n'être pas obligéd'en le bâriment, je
pour aller commencer d'en donner le
differai de jour en il jour fallut venir 2 maig
deffein. Ala fn y --- Page 452 ---
422 Nowveaux Froyages aux Ifes
1698. ce fur quand la faifon du Sucre étant
paffée je n'avois plus befoin de tant de
monde, & que j'en pouvois par conféquent détacher le nombre qui étoit né.
ceffaire pour fcrvir ies Ouvriers > fans
faire tort aux travaux ordinaires de
I'Habitation.
Je parlerai du Plan de ce Bâtiment $
après que j'aurai dit d'oi nous viennent
les Négres Efclaves dont nous nous fervons aux Ifles, & plufieurs chofes que
j'ai remarquées fur cC fujet.
C'eft une Loi
que les
Terres
très-ancienne,
foûmifes aux Rois de France
dela Motifs rendent libres tous ceux
miffion per. vent retirer. C'eft ce
fit qui s'y lc peu- Roi
queLoiis Loiiis XIII. de
que
XIIL.
mémoire 3
EE
donna auffi pieux qu'il étoit
eut toutes
auxFran.
fage,
les peines du monde à
fois d'a
confentir que les
voir des premiers Habitans des Ifles euffent des
Efclaves. Efclaves, & ne fe rendit enfin qu'aux
preffantes follicitations qu'on lui faifoit
de leur oétroyer cette permifion,
parce qu'on lui remontra que c'étoit que un
moyen infaillible, & l'unique qu'il
eût, pour infpirer le. culte du vrai
aux
Died
Afriquains > les retirer de l'idolatrie 2 &c les faire perféverer julqu'à la
mort dans la Religion Chrétienne
leur feroit embraffer.
qu'on
it enfin qu'aux
preffantes follicitations qu'on lui faifoit
de leur oétroyer cette permifion,
parce qu'on lui remontra que c'étoit que un
moyen infaillible, & l'unique qu'il
eût, pour infpirer le. culte du vrai
aux
Died
Afriquains > les retirer de l'idolatrie 2 &c les faire perféverer julqu'à la
mort dans la Religion Chrétienne
leur feroit embraffer.
qu'on --- Page 453 ---
Françoifes de LAmérigne. 423
Les Efclaves Négres que nous avons.1698. Compa.
aux Iflès, nous viennent pour la plâpart & deener
des deux Compagnics d'Afrique le Roi,que Afti- & de
Sénégal, qui font autorifées parl
feules ce Commerce,
pinatIgs
pour faire
autre. J'ai dit pour la
vement à tout dans lestems de guerplnpart, parceque fouvent des Négres qu'on
te,nousavonsi fur les. Vaifleaux ennemis qui
prend
d'autres parties d'Afrique, ou
viennent enleve dans les pillages de leurs
qu'on ifcs, & de leurs Habitations; 5 bien & re
dant la paix, il nous en vient
fait
vantage par le trafic fecret qu'on & les
avec les Anglois, 9 les Hollandois,
Danois de lifle de S. Thomas. Guinée & de Sé- obliga: de
Les Compagnies de
Traité avec ce:Com- tions
négal font obligées parleur tous les ans aux Iles pagnics,
le Roi, d'apporter affez confidérable d'Efclaun nombre
c'eft deux mille, dontle
ves,J je croi que felon Tâge: le fexe > le forprix fe régle la
& le bece, Ia beauré, 2 complexion
foin qu'en ont les Habirans.
foit par
Mais foit par impuiffance, ne fçai
quelque autre raifon que je Reatt
il yavoir déja long.tems qu'on de ces Comdoit plus parler des Négres aux Ifles, tout
pagnics, quand faifoient jarrival étoit d'empecher
&
cc qu'elles --- Page 454 ---
424 Nonveaux Poyages aux
1698. en vertu de leurs Lettres Patentes Ifes
les Marchands
que
aller traiter
particuliers ne pàilent
aux cô:cs d'Afrique > à
moins qu'ils n'en achetaffent d'elle Ja
permiffion, comme avoient fait les fieurs
Manreler.
toir Comp- dcs
Ces Compagnies ont des
S;
deux
& des Forts dans les endroits Comptoirs quele Roi
Compa. leur a concedez par fes
gnics,
Lettres, celle de
Sénégal a les fiens sàlai riviere de
de Gambie
Sénégal,
> & aux environs; & celle
de Guinée a les fiens à Benin, 2 Juda 3
Arda, & autres lieux de cette côte.
Diffé- 1 Les
de cette
tence des
Négres
derniere ComNégres pagnie, font les meilleurs pourle travail
des deux de la terre, & autres
ouvrages
Crmpa- ceux du
gros
gnics, font
Cap-verd, & du Sénégal ne
pas fi forts, mais ils font plus propres pour le fervice d'une maifon, &
pour arprendre des métiers.
Qui font Dans tous ces endroits
ceux que fortes, de
là, ily a quatre
l'onvend
perfonnes que Fon vend aux
Efclaves, comme Compagnies, Otl autres Marchands qui
y viennent traiter,
Les premiers font
d
les mal-faiteurs, &
généralement tous ceux qui ont merité
la mort 2 ou quelque autre peine. Lcs
Rois commuent CCS peines 2
leur
profir particulier, au Komtitihen
Phelcehiadinatoclang dans rieg
endroits
ceux que fortes, de
là, ily a quatre
l'onvend
perfonnes que Fon vend aux
Efclaves, comme Compagnies, Otl autres Marchands qui
y viennent traiter,
Les premiers font
d
les mal-faiteurs, &
généralement tous ceux qui ont merité
la mort 2 ou quelque autre peine. Lcs
Rois commuent CCS peines 2
leur
profir particulier, au Komtitihen
Phelcehiadinatoclang dans rieg --- Page 455 ---
Françoifes de TAmerique. ils 425 les 1698.
aufquels
des Emangers.,
pays vendent.
de
Les fcconds (ont des fur
voifins >
font
ErEt
guerre 2. qu'ils ils font dans une guerre but
avec lefquels qui n'a point d'autre
continuele 2
de perces pillages oul enlevemnens fans en
que fonnes, quils font par fiurprife,
oujamais à uue guerre de
venir prefque action déclat, ou
verte , ou à une
quelque décifion. (ont les Efclaves
Les troifiémes ou de ceux
les
des Princes,
ret
culiers Princes en ont donnez, 5 quleveadents befoin le leur
quand la fantaific, ou le
dicte.
enfn - 2 qui font le
Les quarrismes nombre, (ont ceux que lon
plus grand foit
le cormehdenient,ou
dérobe,
par des Princes : 2 foit par
le conlenvement fiarnommez Marchands,
erainsvoleurs font autre mérier ti, tantôt pour
qui ne
leur Prince: car il
eux, & tantôt pour
Rois ss'ences petits
arrive fouvent.que
Eurode fournir aux Marchands d'Elclaves
gagent
nombre
péens un plus grand leurp
> & quand
qu'ils n'en ont en
pouvoir ils envoyent cès
ils fe voyent prellez, dansles Villages de
fortes de Maichands mème dans ceux deleur
leurs voifins, & --- Page 456 ---
426 Nonveaux
3698. dépendance
Foydger aux
levent
pendant la nuit,
ils enrout
dta
mes, de femmes, ce- qu'ils attrapent d'homduifent au Vaifean d'enfans, & les conMarchand à
ou Comptoir du
quion les doit
les marque aufli-tôt avec un livrer, fer
& ne
s
a
manque pâs de les mettre aux fers
pour.s'en allurer.
Com.
On
dire
menr on
peut
que ces Marchands
enleve Chaffeurs d'efclaves, font
ou
les Né. voleurs de
dc veritables
gres.
giands chemins qui ne
augre chofe que voler
font
palement la nuit,
par tour 5 principour chercher
proye 5 s'ils rencontrent
quelque
qu'ils fc croyent lcs plus forts, quelquln, ils
&c
tent delfus, le prenne, lui lient les fe jerderriere le
mairts
lon à la dos, 2 & lui mettent un bailbouche, fic'eft un
une femme, pour
homme Ou
fi ce font dcs enfans, l'empêcher de crier;
dans un fac; &
5 ils les mettent
nue, ils conduifent lorfque la nuit eft velcs uns &
autres aux Comptoirs des
portentles
les érampent aufli-tor, Européens, qui
2 & les font tranf.
porter dans leurs Vailleaux, s'ils les
cn rade , Oll les gardent bien enferrez ont
jafqu'à la premiere occafion de les embarquer. Ce métier de voleur dc
ne laiffe pas d'être
Négres
qu'il eft permis à dangereux : car outre
tout le monde de fe
ifent lorfque la nuit eft velcs uns &
autres aux Comptoirs des
portentles
les érampent aufli-tor, Européens, qui
2 & les font tranf.
porter dans leurs Vailleaux, s'ils les
cn rade , Oll les gardent bien enferrez ont
jafqu'à la premiere occafion de les embarquer. Ce métier de voleur dc
ne laiffe pas d'être
Négres
qu'il eft permis à dangereux : car outre
tout le monde de fe --- Page 457 ---
Franpoiferlde LAmerigue. 427 1698.
deffendre, & mèmc de les tuer, quand
vouloient enlever fe trouvent
ceux qu'ils
les vendre euxles plus forts, on peut s'en faifir, & leur
mèmes, fi on
la
du talion :
ainfi
RELRI
faire
fant atere
Prince
il eft vrai qu'il
: car il 2E vendre
en ait connoillance Marchand voleur, fans
à (on profit, le
s'en feroient
rien donner à ceux qui
faifis.
Négre de qui japJ'achetai un, jeune
été enlevé
pris dans! la faite quilavoir fien frere.Leur
de cette maniere avec un les avoit enpere qui étoit Capitains chofe hors du
voyez chercher quelque rencontrez par des
Village, ils furent mirent chacun dans
Marchands qui les
fac, & les porterenr aux Comptoirs
un
quiles fit paffer aux
de la Compagnie, eft tellement comIfles : ce défordre voit autre chofe que des
mun, qu'on ne
& ic vendent
Habitans qui fe dérobent
les uns les autres.
Sorbonne les cas
On a propoft en
fuivans-
-
vont en Cas de
1°. Si les Marchands des qui efclaves, ou conf- cience
Afrique pouracheer demenrent dans les propofz & réfoles Commis qut
acheter des gens lus en
Comptoirs, > peuvent avoir été dérobez, atten- Sorbon- nc,
-qu'ils fçavent --- Page 458 ---
428 Nowveaux Yoyages aux Ifes
16y8. du que CC qui nous paroît un
eft
délordres
une cottume reçûe chez ces peuples,
&autorifée par leurs Rois.
2°. Si les Habitans de T'Amérique à
qui ces Marchands Jes
vent
achcter indiferemment apportent, toûs Pes
Négres qu'on leur prélente , fans s'informer s'ils ont été volés,ou s'ils ont été
vendus pour une raifon légitime.
30, A quelle réparation les uns & les
autres font obligez, quand ils connoif
fentavoir acheté des Négres qui ont été
dérobcz.
La décifion qu'an de nos Religieux
apporta fur ces trois articles n'a pas été
reçhe aux Ifles, on y a trouvé des difficul:és infurmontables, & nos Habirans
difoient que les Doéteurs qu'on avoit
confultez n'avoient ni Habitation alLX
Ifles, ni intérêt dans les
& qu'ils auroient décidé tout Compagnies ,
s'ils euffent été dans l'an de autrement, ces deux
cas.
Le prix dcs efclaves en Afrique fe régle felon la quantité que les Princes ou
des Prix EC- lcs Particulicrs en ont à vendre,l le nomclaves bre des achereurs > & les beloins des
Cn Afti- Vendeurs : onles paye enl barres. de
que.
fufils, poudre,-balles,
fer,
étoffes
roiles, papier >
légeres & autres marchandifes,
euffent été dans l'an de autrement, ces deux
cas.
Le prix dcs efclaves en Afrique fe régle felon la quantité que les Princes ou
des Prix EC- lcs Particulicrs en ont à vendre,l le nomclaves bre des achereurs > & les beloins des
Cn Afti- Vendeurs : onles paye enl barres. de
que.
fufils, poudre,-balles,
fer,
étoffes
roiles, papier >
légeres & autres marchandifes, --- Page 459 ---
Françoifes de LAmerique. 419
font des CO- 1698.
& far tout en bouges 2. qui des Ifles Malquilles que fervent l'on apporte de monnoye courante
dives, qui
dans toute la côte.
le Pere
Un de nos Religieux, 2 appellé le Chevalier
Braguez étant à Juda avec
navire de
Damon qui commandoit un
de Guinée, fetrouvant 0
un Répont: du
la Compagnie le Roi de Juda , il lui dirta de
jour avec
recevoit desjuda au
qu'il sétonnoit de CC qu'il
P. Bi3s
le prix de fes Efclaves >gu:z.
coquilles pour marchandifes, atl lieu
& de fes autres dans fon Royaume eaux
dc donner couts
: ce Prince lui
d'or & d'argent
elpéces
n'ayant pas chez lui ce qui
répondit nécellaire que
faire de la monétoit
pour
il feroit fans ceffe trompé parles
noye, fauffes qu'on lui apporteroir 2
efpéces ià la fin lui deviendroient inutiles 2
qui ruineroient fon Commerce; au lieu
&
couroit point ce rifque en fe
qu'il fervant pe des bouges , quil les recevoit,
& les donnoit en payement > qu'il ne
être trompé
fur le poids 2
pouvoit
Rec confidérable,
ce qui ne pouvoir pas les Etrangers en
& qu'au pis aller > plus
il fe trouchez lui, plus
apporteroent
lui tenoient
veroit riche > puifqu'eiles les mèmes comlicu, & lui procuroient --- Page 460 ---
450 Nouveaux Voyages anx Mes
1698. moditez que l'or & l'argent
procurent aux autres.
monnoyé
On voit par-là que CCS Négres entendentaffcz bien leursintérèts, &
ont plus d'efprit, & plus de bon qu'ils
que nous ne noûs limaginons. Ce fens,
je vaisdire, en fera une nouvelle
que
& plus forte.
preuve
LeChevalier Damon
dans
lc tems que ces Peuples faifoien: éroiraJuda la
Fêre de Fête pour confulter le
granpour c6- invité
ferpent. Il fat
fulter le
par le Roi des'y trouver avec fes
Serpent. Officiers. L'endroit où fc devoit
cette cérémonie étoit éloigné de troisà faire
quatre lieués du
Ville
lage oà le Roi fait Bourg, fa réfidence s O11 Vil-.
re. C'étoit un vafte
ordinaichamp , autour duquel on avoit bâti des cafes couvertes de
feiiilles de palme pour le Roi &
fa
faite. L'efpace qui étoit au milicu pour étoit
renfermé par une barriere.
La maifon du Roi partit fur le
& on peut dire
midi,
Marche Car les
phyfiquement fa Maifon.
du Roi
femmes quile fervent fe
de Juda. rent de tous fcs meubles & de toutes charge- fes
marchandifes fans rien
railles. Elles alloient lailferqueles ainfi deux à deux muefcortées dcs Gardes du Roi. Ses enfans
venoient enfuite; les femmes favorites
fuiyoient lesenfans, & le Roi à
e
porté dans
du Roi partit fur le
& on peut dire
midi,
Marche Car les
phyfiquement fa Maifon.
du Roi
femmes quile fervent fe
de Juda. rent de tous fcs meubles & de toutes charge- fes
marchandifes fans rien
railles. Elles alloient lailferqueles ainfi deux à deux muefcortées dcs Gardes du Roi. Ses enfans
venoient enfuite; les femmes favorites
fuiyoient lesenfans, & le Roi à
e
porté dans --- Page 461 ---
Françoifes det Amérigme. 431Raifeau fur les épaules de quelques 1698.
un
terminoit cette longue file. Le
Négres Chevalier Damon 2 le Pere Braguez &
les Officiers du Vaifleau & du Compcomme le Roi, fuivoient
roir, portez & étoient efcortez du refte
Sa Majefté,
de
& de
des Gardes armez
fagaycs,
quelques fufils. tard au lieu de la céréOn arrivaallezt
tout le lendemain
monic. Onne (ongea
faire bonne
& les jours
qu'à Enfin, le jour
& a fe
Cmmas
chere, étant arrivé, on fit placer le Chevalier
Damon & fa Compagnic auprès de la
&c en filenbarriere. Le peuple àgenoux de-là 5 le Roi (eul
ce étoit fort éloigné entrerent dans F'enavec le Prêtre du pais
de
Maniere
ceinte, oû après beaucoup profterna- le de con.
tions,. de prieres & de cérémonies 2 fa Serpent, ter le
d'un trou oà l'on fupPrètre s'approcha
Illai
pofoit quilyavoirs un ferpent. lui fit les paria de la part du Roi, &
nombre quef- des
tions accoûtumées fur le l'année fuiVaifleaux qui viendroicht la Moiffon ,.&
vante, fur la Guerre,
le ferpent
autres chofes. A mefure que le Prètre
à-une demande >
répondoir la réponfe au Roi, qui étoit un
portoit éloigaé du trou, à genoux, & en
peu
de fuppliant. Cc. manege S s'étant
polture
la part du Roi, &
nombre quef- des
tions accoûtumées fur le l'année fuiVaifleaux qui viendroicht la Moiffon ,.&
vante, fur la Guerre,
le ferpent
autres chofes. A mefure que le Prètre
à-une demande >
répondoir la réponfe au Roi, qui étoit un
portoit éloigaé du trou, à genoux, & en
peu
de fuppliant. Cc. manege S s'étant
polture --- Page 462 ---
434 Nouveaux Vrojyages aux Ifes
E698. fait plulieurs fois, on nublia enfin
l'année fuivante feroit heureufe, que
y avoit beaucoup de traite , & qu'on qu'il
prendroir bien des Efclaves. Le
en rémoigna fajoye par de grands peuple ctis,
par dcs danfes s & par des feltins.
Le Pere Braguez s'étant
du Prètre dans le feftin que trouvéauprès le Roi fit au
Chevalier Damon & à fa
après la cérémonic., > lia converfation Compagnie
Conver- avec lui. C'étoit 2n homme d'environ
Stiondu PercBa- foixante ans, fort bien fait, d'une
guez fionomie fage & fpirituelle. Entie phiavec un tres queftions
le
auPêtre fit, iflui
que
Pere Braguez lui
Négre
demanda pourquoi ilsr - ne choiIdoiàce. fiffoient Pas plurôt une autre créature
pour être l'objet de leur culte, & pour
la confalter fur les événemens dont ils
avoient envic d'être éclaircis. Qu'il
roiffoit qu'il y, avoit quelque miftere PRdans cè choix, dont il fouhaitoit d'avoir
connoiffance,
Ce Prêtre ne s'en fit
beaucoup
prier. II lui dit, que le elie qu'ils rendoient au ferpent, n'étoit qu'un culte relatifil'Etre Souverain, dontils étoient
les créatures. Que ce choix n'avoit pas
été en leur difpofition, mais qu'ils s'y
étoient attachez par obéiffance aux ordre de leur Maitre commun, qui font
toljours --- Page 463 ---
Françoifes de LAmbrique. 433
fondez. fur de très bonnes tai 1698.
toujours" fons. Que le Créareur connoiffant parfaitement les difpofitions des créatures moi Belles aliqui font forties de fes mains, fçavoit tcZ d'un
bien
étoit la vanité & ia fu- Trè:re
trop
ne
prendre Ido'âtte.
perbe
, pour pas
MNELE
tots les moyens les plus propres pour de
T'himiliers qu'il n'en paroilfoit point
plus efficace, que de l'obliger de ramper médevant un (erpent, qui elt le plus
le
méchant de tOlS les
prifable,& animaux. Que : ce premier Eftre cût
choifi un homme pour être le dépofitairc de fes fecrets, & pour faire entendre
fes volontez aux autres hommes ; cet
oublié la ballefle
homme auroitbien-tôt
de fon extraction > il auroit peutêtte
voulu aller de pair avec fon Souverain,
ol tout au moins fe mettrc au-deffus
de touslesautres homines. Mais que cet
inconvénient & ce danger ne fc trouvoient pas dans! le ferpent, dont les organes ne font point difpofés à pouvoir & de
produire des fentimens d'orgieil
rébellion contre fon Souverain., &
les volontez
E
Phomme n'apprenant
fon Createur que par la bouche &.l'entremife d'une créature fi abjeôte, eft
forcé de reconnoitre fon néant, &combicn il eft éloigne de la moindre perTome IV.
T
inconvénient & ce danger ne fc trouvoient pas dans! le ferpent, dont les organes ne font point difpofés à pouvoir & de
produire des fentimens d'orgieil
rébellion contre fon Souverain., &
les volontez
E
Phomme n'apprenant
fon Createur que par la bouche &.l'entremife d'une créature fi abjeôte, eft
forcé de reconnoitre fon néant, &combicn il eft éloigne de la moindre perTome IV.
T --- Page 464 ---
434 Nonveahx
aux
1698. fection de celui auquel Troyager il
IRes
merité de fc
auroit la té.
dans un état d'humiliation comparer, s'il ne le tenoit
Le Pere Braguez qui m'a contiuuelle.
cette converfarion dont je ne donne rapporté ici
qu'une perite partie, > m'a dit, qu'il fat
charmé des belles moralitez
gre lui débita, mais
que ce Népir jamaislui rien qu'après tour, il nc
Diverfes. de notre
perfuader des veritez
raifons 'moindre Religion, o
ni lui faire naitre la
péchene quiemenvie d'en être inftruit plus a
les Né. fond,11 femble quele démon les
gres de fous fon
retient
fe con- tez où ils efclavage font
par les falles volupvertir,
fans celfe plongez, &
cette vie libertine 2 indifférente & Ent
fuclle, qui les conduit de pechez en
chez, dans des abimes de defordres pejours plus criminels.
touIl faut aufliavolier à la honte du nom
Chrétien, que les Européens qui vivent
parmi eux pour le négoce, & pour conferverlesforterellese leurs
qu'ils ont bâties fur
tèrres, ne leur donnent: pas une
grande eftime de notre Religion,
gu'iln'y a rien au monde de plus affreux parce
quelavic qu'ilsy menent. Ceftainfi
j'en ai entendu parler tous les
que de
bienqui y ont été, C'eft ce que gens j'en ai
apptis
des Eccléfiaftiques & des-Religicux tz differens Ordres quiy étoient --- Page 465 ---
Frangoifes de PAmeriqne. 435
tâcher d'établir la foi dans 1698.
allez, pour
qui tous m'ont affuré.,
ces quaniers-li,
obftacles qu'ils
qu'un des plus grands de leur
ayent trouvé à la réiiflite
pieux
delfein, étoit le libertinage des Chrétiens qui Y. font, & les fcandales qu'ils y
donnent. Il ne faur pas croire que ce
dis ici, ne
que les
>
Mesulr
je
regarde
Hollandois, ou autres Peuples féparez
Les Catholiques
de l'Eglife Catholique. n'ontrienàrequ'on appelle autres Romains, fur cet article, quoiprocher aux infiniment à fc reprocher à
qu'ils ayent
leur mauvaife conenx-mèmes, que lunique caufe de la
duite foit peut-être
* a
perte de toutes ces ames. ici CC qui s'eft
Jc pourrois rapporter
de nos
palfé a l'égard -
de l'occalion quelques-uns s'en trouvera
Religieux, mais
dans quelqu'autre eft endroit. des naturels du pais,
Pour ce qui :
leur tempérament
il eft certain humeur que inconftante & lichaud, leur
facilité &c
qu'ils
)
bertine, la
Pimpunité fortes de
trouvent à commettre toutes
crimes,ne les rend guéres propresi em- la
brafler. une Religion dont la juftice,
mortificarion, Thumilité, la continence, la fuire des plaifirs ' l'amour des
ennemis, le mépris des richeffes 9 &c.
Tij
tempérament
il eft certain humeur que inconftante & lichaud, leur
facilité &c
qu'ils
)
bertine, la
Pimpunité fortes de
trouvent à commettre toutes
crimes,ne les rend guéres propresi em- la
brafler. une Religion dont la juftice,
mortificarion, Thumilité, la continence, la fuire des plaifirs ' l'amour des
ennemis, le mépris des richeffes 9 &c.
Tij --- Page 466 ---
436 Nouveaux
aux Ifes
1698.font les fondemens. TPNA eft vrai qu'ils fc
convertiffent. aifément quand ils. font
hors de leur pais ; & qu'ils perfeverent
dans le Chriftianilime - > tant qu'ils le
voyenr pratiquer à leurs yeux, par ceux
avec qui ils vivent, , & qu'ils ne voyent
pas desireté ds'écarfer de la Religion
qu'ils ont embraffée 3 mais il eft vrai
auffi que dès que ces motifs ne les reNaturel tiennent plus, ils ne fongent non
des Néplus
gres & aux promeffes qu'ils ont fait à leur Baleursdir-tême , aux obligations qu'ils ont confurleRe pofluons traétées , anx lumieres convainquantes
ligion, qu'ils ont reçàis, que fi toûf cela nes'étoit palfe qu'en fonge. De maniere que
s'ils ietournoient dans-l leur pais , ils fe
dépouilleroient du nom de Chrérien
aulli facilement que de l'habir Européen dont ils fc trouveroient revêtus en
y arrivant, .
Onavu un exemple fameux de' cette
verité dans Aniaba"fls d'un Roi,de Juda. La Compagnie de Guinée l'avoit
amenéen France, & l'avoit préfenté au
Roi, qui l'avoir fait inftruirc dans la
Religion, & dans rous les exercices conHifloire venablesà unhommede fa
du Prinqualité. Ilui
ceania- avoit fait i'honneur de le ténir all Baréba.
me, & de lui donner fon nom: Illavoit
entrerenu avec fa magailftcnceondinafe --- Page 467 ---
Frangoifes de TAmérique. - 437
al'Académic, & l'avoit fait 1968,
au College,
fervir dans fes Armées scomme Capiraine
dele rendre parfait
de Cavalerie,afin
comme.il lui
dans la (ciepce des armes, devenit dans
avoit donné moyen de le
de Guiles autres. Enfin la Compagbic le Peunée ayant donné avisau Roi que
ple de Juda le demandoit, pour occuper
le Trône de fon Pere, que fon Oncle,
dontilsn'éroient; pas contens, avoit ufurfon: abfence, Sa. Majetté lui
pé pendant de retournér dans fes Etats. Elle
permit voulut bien qu'il fignalàr la pieté dans
laquelle conl'avoit élevé depuis tant d'années, en inftituant l'Ordredel l'Etoile en
Phonneur de la fainte Vierge, & qu'un
grand Tableau repréfentant cet événement, fût pofé dans l'Eghfe Notre-Da- de fa
me à Paris, comme. un monument deux
foi & deladévotion.Elle luidonna
Vailfeaux de Guerre pour le conduire
chez lui, avec un fuperbe Equipage >
des Officiers, des meubles, des provifions, & généralement tout ce qui pouvoit contribuer à faire refpecter ce nouyeau Mais Roi. la fuite fit bien connoûtre la verité du proverbe qui dit, que l'Ethiopien ne change point de pean quoiqu'on
le lave. A peine eut il mis piedà terre 5
T iij 0
otion.Elle luidonna
Vailfeaux de Guerre pour le conduire
chez lui, avec un fuperbe Equipage >
des Officiers, des meubles, des provifions, & généralement tout ce qui pouvoit contribuer à faire refpecter ce nouyeau Mais Roi. la fuite fit bien connoûtre la verité du proverbe qui dit, que l'Ethiopien ne change point de pean quoiqu'on
le lave. A peine eut il mis piedà terre 5
T iij 0 --- Page 468 ---
438 Nonveanx Voyages anx Ifes
1698 qu'il quitta les habits François dont il
étoit vêtu, ilfe,mit tout nud comme les
autres Négres, avec une fimple
all tour desreins, & fe dépoiilla en
me-tems des
PEUE
fentimens de Chréticn, &
d'honnète homme qu'on lui
tant
depuis
d'années. Il oublia infpiroit les obli:
gations de fon Batème, 2 & ne
plus à faire aucun aéte de
fongea
ilpric cinq ou fix
Religion s
femmesidolarres, avec
lelquelles ils'abandonna à tous les excès
les plus honteux ; & pour couronner
fon apoftafic par un crime prefque aufli
grand,il eut la lâcheté &
de faire tous fes efforts
lingratitude
foulevement
pour exciter un
contre lcs François, en faveur des Hollandois & des Anglois, qui
voyoient avec leur jaloufie ordinaire le
profit que nous tirions du Commerce
que nous faifions en cet endroit.
Son Oncie, 2 plus honnète homme
lui, eut horreur d'une fi grande que
titnde; il jugea que fon neveu étant ingra- capable d'en ufer ainfi avec fes bienfaiteurs > étoit encore plus difpofé à lui
joiier un méchant tour,s'il en trouvoit
Toccafion; c'eft
il le fir obferver, & ayant afenaeas qu'il faifoit des
cabales contre lui 2 il étoit prèr de le
faire mourir, > ou de le vendre comme --- Page 469 ---
Frangoifes de FAmerigue. les François 439 169S,
Efclave aux Européens > fi naturelles
par un'e effet de leur générofité fa
Il eft vrai,
n'avoient obrenu grace.
qu'il n'eft à préfent en rien diftingué mais
de fon Oncle >
des autres Sujets
lui de joitir
c'eft encore beaucoup la
: après de fi
la vie & de
PRERE
de
grands crimes. de la Compagnie devoient des Régle Né.
Les Agens
on n'eft pas
de
(çavoir qu'en ce pais-là,
ces
la :
de
E
pour être fils Roi, parceque directe de la pour fuccefples ne fuivent
laligne Princes, mais la col- fion leurs de
fucceflion de LSeSe
ètre sûirs
Rois.
laterale. De forte
pour à un Roi E
font
Reclter
celui qu'ils
ils ne
funt, eft du Sang Royal, défunt, itue
nent
les enfansdu les avoir eu d'un
que aite femme
mais les enfans de fa
autre que de
aflàrez
cemem
foeur. Par ce moyen ils font Trône font RME
ceux qu'ils mettent fur le du.côré de leur
Sang Royal, au moins Prince Aniaba n'émere. Lc prétendu forte, il étoit fils du
toit pas. de cette
conféquent
Roi défunt, & n'avoit par
aucun droit à la Couronne. l'exemple de
On pourroit dire: que
tous les
cet apoltat ne prouve à pas que de ReNegres foient fi faciles changer
&
voit les Royaumes
ligion >
qu'on
T iv
qu'ils mettent fur le du.côré de leur
Sang Royal, au moins Prince Aniaba n'émere. Lc prétendu forte, il étoit fils du
toit pas. de cette
conféquent
Roi défunt, & n'avoit par
aucun droit à la Couronne. l'exemple de
On pourroit dire: que
tous les
cet apoltat ne prouve à pas que de ReNegres foient fi faciles changer
&
voit les Royaumes
ligion >
qu'on
T iv --- Page 470 ---
440 Nowveaux Voyages anx
1698. d'Angolle & de Congo
Ifles dans
la foi depuis que leurs Princes perfeverer
batifez par les Miflionnaires ont été
Rois de
que les
Portugal y ont envoyez > &c
qu'ils y entretiennent encoreà préfent.
Je réponds, que fil'exemple d'Aniaba
étoit fcul, il ne prouveroit rien ; mais
je défie qu'on me trouve quelqu'un en
toute la Côte des Négres, quiaprès être
retourné en fon pais > ait confervé la foi
qu'il avoir reçué, & dont il avoit fait
profefion quand il en étoit abfent."
Quant aux Négres de Congo & d'Angolle, > il n'y a qua parler aux Miflionnaires qu'on envoye chez eux, pour
voir quelles peines ils ont pour y con- fçaferver quelque ombre de la Religion
Chrétienne : car ces Négres font fans
fcrapule ce que faufoieniesrhintms.is
joighentlArcheavee Dagon, & ilsconfervent en fecret toutes les
de leur ancien culte idolâtre, fiuiperftitions
cérémonies de la Religion
> avec les
"Chrétienne.
On. Peutjuger quelle elpcce de Chriftia:
nifme ily a en ce pais-la.
La traite des Elclaves n'eft pasle feul
Commerce qu'on fait far les côtes d'Afrique, Ony négocie encore
d'or, des dents d'Elephant beaucoup
pelle du
s qu'on apmorphy 5 dela cire, des cuirs,
- --- Page 471 ---
de
:
Frangoifts
TAmérigne.
eft 1698.
des gommes, 2 de - la maniguette : qui
On en apporte
une elpéce.de poivre. des
des
aufli des perroquets .
(inges, & auires
étoffes ou pagnes dherbes
chofes.
de
un Officier d'une di H'Aoire Ur enA propos finges, me conta un jour une. vo ie
de ces Compagnies difoit être arrivée à fon Sie b-S.
hiftoire quil
étoit Commis
pere dans le tems qu'il
Elle
d'un de-leurs Comptoirs.
principal
Toublier, mais je
eft trop plaifante la verité : car je la
ne
ET
réponds pas
dont je ne dois pas
tiens d'une perfonne
sépondre.
demandé congé
'Ce Commis ayant France
les
pour faire un voyage en ordre
des
eut
Nour
affaires particulieres,
avec lui
Direéteurs Géneraux d'apporter il avoit écrit
quatre o1 cinq & linges, non en chiffre : quatre
tout atl long,
Ce pauvre Commis
ou cinq cens finges. penfer d'une pareille
ne pouvoir
pais on vouloit
>
quel
sus
commillion
fortes d'animaux. Il fe
peupler de ces mouvemens pour rafdonna de grands
&
faire
fembler ce nombre, ,
pour & les pré- caparer dans le Vailfeau les cages Malgré tous
banes pour les enfermer. trouver le nombre
fes foins, il ne pûr
il fallut qu'il
qu'on lui avoit marqué 5 I T V
is
ou cinq cens finges. penfer d'une pareille
ne pouvoir
pais on vouloit
>
quel
sus
commillion
fortes d'animaux. Il fe
peupler de ces mouvemens pour rafdonna de grands
&
faire
fembler ce nombre, ,
pour & les pré- caparer dans le Vailfeau les cages Malgré tous
banes pour les enfermer. trouver le nombre
fes foins, il ne pûr
il fallut qu'il
qu'on lui avoit marqué 5 I T V --- Page 472 ---
442 Nowveaur Vayages Anx
1698. fc contentâr d'environ trois IRes
qu'il fic
cens trente
de
embarquer , qui, à Su la réferve
ceux qui tomberent à la mer
rent à bon port à la Rochelle. Ce arrive- Commis luer ne manqua pas d'aller aufli-tôr fale Direéteur qui lui avoit écrit, &
celui-ci lui ayant. demandé , s'il avoit
apporté les finges qu'il luiavoir demandez, ce pauvre Commis lui répondit en
tremblant tierement qu'il n'avoit pû executer enverfée,
fes ordres, & que dans la traquelques-uns étoient rombésàla
mer > de forte qu'il n'en reftoit
viron trois cens dix. On peut juger qu'en- de
Fétonnement du Directeur, il fc facha
très-fort contre le Commis, lui
ne lui avoit demandé
dit, qu'il
finges, & que s'il en que avoit quatre ou cinq
vantage ce feroit pour fon apporté daqu'illui feroit payer lep préjudice compte, &
parcille cargaifon avoit caufé àla qu'une Compagnic. faire
Le Commis qui vir où cette af.
pouvoit aller, mit la Lettre du Di
recteur au Greffe > pour la mieux conferver, & lui en fit fignifier une
collationnéé. Celui-ci fe
copie
vaincu par fa propre écriture voyant d'avoir condemandé quatre Otl cinq eens
fut
obligé de fecharger de cette linges, belle
chandife, qui lui fervit pour faire mar- de --- Page 473 ---
de Ameriguie. 443
Fraugoifes à fes confreres & à 1698.
magnifiques préfens
-
fes amis.
tire de Guinée eft en pou: Guinée, Or de
L'or quel'on
Les Négres qui Fapdre ou en grains.
Vaifleaux ou aux
portent à : bord des
autant qu'il leur
Comptoirs, le falfifient melant de lalimaille de
eft pollible, en y
jaunes
cuivrc, & de ces grolfes épingles Phulicurs
qu'on leur apporte d'Europe. été attrapez , en ont Trom- des
Marchandsy ayant Rois du
, qui
fait des plaintes aux
pais
2 & reREFT
en état de leur faire juftice méde
n'étant pas
, ou par mauvaile qu'on y
ou par impuillance n'ayant
plus a apporvolonté, la plapartr
à
Sc@retr
leurs fujets,
RECE
d'honneur que
Ainfi quand un Néjuftice à foi-mème.
en fa
gte apporte de l'or,onle auffi-tôt pele dans E
ience, & on le met
cela fc connoît
forte. Silor eft fallifié, la couleur. verte que
fur le champ
de la
prend leau EE > qui proviene étoitielangé
diffolution du cuivre enfitite qui l'or.qui relte
avec Y'or: On pele & comme.on ne trouve
dans l'eau fortc,
, on met le Marplus le même fers,il poids eft fait Efclave en
chand aux
faufà luià fe
>
Ce
nition de fa fraude,
ter, s'il le peut faire, avant queleval
feaux partent, 4céqui n'eft pafantfacile
pour Yordinaire.
Tvj
> qui proviene étoitielangé
diffolution du cuivre enfitite qui l'or.qui relte
avec Y'or: On pele & comme.on ne trouve
dans l'eau fortc,
, on met le Marplus le même fers,il poids eft fait Efclave en
chand aux
faufà luià fe
>
Ce
nition de fa fraude,
ter, s'il le peut faire, avant queleval
feaux partent, 4céqui n'eft pafantfacile
pour Yordinaire.
Tvj --- Page 474 ---
444 Nouveanx
aux
1698. Les Rois de la Côte ar9eE Guinée, Tes & de
toute cette partic d'Afrique, qui cft depuis le Cap Verd, jufqu'a celui de Bonn L Efperance, n'ont pas dcs Royaumes
fort érendus. Cette. multiplicité d'Etats
differens produit une grande diverfité
de
de
langages; J
maniere que dans
rante ou cinquante licués de côte, ou qua- de
pais,n trouve fouvent quatre ou cinq
Langues differentes.
Diff.ren. La plus étendue de
tes lan.
toutes Ces Langucr fixr gues,du moins autant quejel l'ai pû
les.are. préndre
apd'Afipar beancoup, de gens qui ont
que.
fréquenté ces païs la, & par ma propré
expérience, 3 eft celle qui fe parle att
Royaumed'Arda. & de Juda, Nous
lons Aradas les Négres qui viennent appel-. de
cette Côie, & j'ai vû que tous ceux des
environs dece pais à foixante ou quâtrevingt lieués ATER & à POieft, entendoienrouparloient la Langue qu'on
du Lanzuele à Arda. Elle. eft fort facile. Les patRoy bes
verà'A sume da
n'ont que trois tems, le préfent , le
& des paffe & le fucur. Les noms ne fe déclienviés. nent point > il n'y a que l'article qui
change. Elle a beancoup d'adverbes, &c
quoiqu'elle paroiffe fterile, > elle ne laiffe
pas de s'exprimer allcz bien.
Comme une partie de nos Négres du
Fonds Saint Jacques étoient Aradas, & --- Page 475 ---
de
445-
:
Frangoifes LAmbrigue: de fçavoir ce. qui 1698.
quiliaesoini importanr obligeai un de
fe palloit entre-eux, j'en principes de cette
/
me donner quelques de tems j'en fçûs
Langue, & en très-peu tout ce qu'ils
allez pour comprenidre leur expliquer mes
dlifoient, & pour
penfées.
Négres font Idolâtres. Religion des Née
- Prefque tousles' des environs du Cap- gres.
Il n'y a que ceux
font MahomeVerd, dont quelquesuns de ceux-ci aux
tans. Quand faut on fe
de s'en charger :
Illes, il
la
CICrE
jamais
car outre quilte-fembraticar ils font encore fuReligion Chrétienne, abominable, ,
,qui fit perir
jers au peché
infames; & il eft de la
les
conféquence Villes
que ce vice ne
mtet
les, Négres, ni
s'introduife pas parmi
dansile pais.
d'acherer
lleft encore fait tresdangereux dans leur pais le métier
ceux qui ont oul de voleur de Négres.
de Marchand
de cellne fauz
Il faut s'informér foigneufement avoir avec foi quel- ro acherer nt
point, & pour cela la Langue de ceuxds chands Marque Négre qui acheter, fçache afin de fcavoir quion voqu'on veut
faifoient danslem de
ils étoient, & ce qu'ils achete de ces Mar- Négres,
leur pais. Lorfqu'on il faut s'attendre
chands de Négres finmalheuiculc, >
parce
qu'ils feront une
and
de cellne fauz
Il faut s'informér foigneufement avoir avec foi quel- ro acherer nt
point, & pour cela la Langue de ceuxds chands Marque Négre qui acheter, fçache afin de fcavoir quion voqu'on veut
faifoient danslem de
ils étoient, & ce qu'ils achete de ces Mar- Négres,
leur pais. Lorfqu'on il faut s'attendre
chands de Négres finmalheuiculc, >
parce
qu'ils feront une --- Page 476 ---
446 Nonveanix Yoyages anx Ifes
1698. dérobez qu'érant reconnus par ceux qu'ils ont
& vendus, ceux-ci cherchent à
les tuer, ou à les empoifonner, , & n'y
manquent tâchent de gueres, lcs
& eux s'en défiant, >
tombent far prévenir, le
& ces pertes redonc bien micux Proprictaire, faire fes
Il vaus
pour être bien informé de f'état diligences desNé
gres qu'on veut acheter, que de
fer à des pertes confiderables en s'expotant
de ces fortes de Marchands. achePrefquetbus les Négres qui.fortent de
leur pais en
d'homme font forciers
ou du moins - ont quelque teinture de 5
magie, forcellerie &c de poifon. Ced
jair rapporté dans la premiere Partie
ces
:
Mémoires en doit convaincre les
plus incrédules. Ce que je vais dire
roitra plus
pafirprenane 3 je ne crois
tependant qu'on en puiffe
que j'en ai les
douter,
eéc
certificats entre les mains:
Monfieur le Comte dc Gennes Commandant une Efcadre de Vaiffeaux dé
Roi ayantprisle Fort de Gorée en
fit charger fur deux de fcs Vaiffeaux 1696. les
Négres qu'il-trouva dans les
des Anglois , & les fit partir Magazins les
Ifles" Françoifes. Un de ces Vaiffeaux pour
avoit quelques Négrefles fort habiles
dans ces fciences diaboliques, qui
pour --- Page 477 ---
Franpoifes de PAmérigne. 447
sexempter de fairele voyage arrèterent 1698.
i bien le Vailfean, quele chemin qu'on mêt Evéne- p1ofait ordinairement en deux fois vingt- dig'eux
heures ne pût être achevé en feptcaufépar une Né.
Emabe , que le Vaifleau refta comme' à grefle
s'il eût été cloité dans le même endroit forciere,
quelques lieués de terre 2 quoique le
eût
été très-bon. Un évevent
toujours
fit peur aux
nement fi extraordinaire
Officiers & TEquipage., qui ne pouvant découvrir la caule de cet enchantede rement, ne pouvoient y apporter
méde. Les eaux & les vivres commençant à manquer s la mortalité fe mit
furent obligez
Wes
mi les Négres > ils
jetter une partie à la mer. Quelques-uns
fe plaignitenr en mourant d'une cerdifoient être caufe
taine Négrelle qu'ils
de leur mort > parceque depuis qu'elle le
les avoir menacez de leur manger
coeur , ils n'avoient fait que déperir >
de
douleurs. Le Caen fentant grandes
piraine du Vaifieau fit ouvrir
de ces
& en effet on
FESE
ans
Négres,
auffi fecs &
trouva le ceeur &le foye
aufi vaides qu'un ballon > quoique
d'ailleurs ils paruffent dans leur rétat naturel.
Après quelques réflexionsle Capitai- la fit
ne fit prendre la Négreffe acculéc,
coeur , ils n'avoient fait que déperir >
de
douleurs. Le Caen fentant grandes
piraine du Vaifieau fit ouvrir
de ces
& en effet on
FESE
ans
Négres,
auffi fecs &
trouva le ceeur &le foye
aufi vaides qu'un ballon > quoique
d'ailleurs ils paruffent dans leur rétat naturel.
Après quelques réflexionsle Capitai- la fit
ne fit prendre la Négreffe acculéc, --- Page 478 ---
448 Nouveaux Yrojages aux.
9698. actacher fur un Canon & fotietter Tes trèsrudement, pourtirer de fal bouchel'aveu
des crimes dont on
il fembloit
lachargeoits comme
qu'elle ne fenroit pas les
coups, le Chirargien Major du Vaiffeau
crut que le Prevôt ne Ja frappoit pas affez vivement, il prit un bout de corde,
dont il lni appliqua quelques coups de
toute fa force. La Négrefie affeéta encore plus qu'auparavant de témoigner
dit qu'elle ne fentoit aucune douleur 00 s &
aul Chirurgien > que puifqu'il la maltraitoir fans raifon, & fans avoir droit
de le faire, elle l'en feroit repentir; &
lui mangeroirle coeur. Au boutde' deux
Jours le Chirurgien mourut avec de trèsgrandes douleurs. On le ft ouvrir, &
on lui trouva les parties nobles féches
comme du parchemin.
Le Capitaine ne fçavoit à quoi fc réfoudre après ce
venoir d'arriver. Il
auroit bien pû Ealate
étrangler cette Négreffe, Out la jetter à la mer ; mais il eût
peur qu'elle ne fûr pas feule, & que ceux
qui refteroient de fon parri ne fe portaf
fent aux dernieres extrémitez, il prir le
parti dc la traiter doucement, &
les plus belles
> lui fit
promeffes du monde,
pourvi qu'elle ft ceffer fes maléfices.
Onnégocia, & on convint qu'on la re- --- Page 479 ---
Frangoifes de PAmbrigue. 449
à terre avec deux ou trOiS au- 1698.
mettroit Romma; & elle promit de
tres qu'elle le Vaiffeau ; &
faire
faire partir
Ennaiten
voir à cet Officier quelque faire, elle lui-dede ce qu'elle avoit fçavoit des fruits 2 ou quelimanda s'il
manger. Iilui
qu'autre chofe qu'on melons pûr d'eau. Mondit, qu'il avoit des
& fans que
trez-les moi, lui dit-elle,
jel les touche, ou quej je m'en approche, avant'
foyez sûr que je les aurai heures. mangez Il accepta
quil foit vingt-quatre & lui montra de loin quelques
le parti;
renferma auffi-tôr
melons d'eau 2 dont qu'il il mit la clefdans
dans un coffre, fans vouloir s'en fier à fes
fa poche lendemain 2
matin la Négrelfe
gens. Le
où étoient fes melons 3 il -
jui-demanda le coffre où il les avoit renferouvrit
de joye quand il
mez, & eut beaucoup mais elle fut courte,
les vit tous entiers; étonnement étran-
& fe changea dansun
les
loriquil les voulut prendre
les
trouvez
aies
ER montrer,
ayant
érenduë
n'y reftant que la fimple ballon, peau, & féche coincomme celle d'un On fut donc obligé
me du parchemin.
faire de l'eau
de retourner à terre pour laiffa cette mal-
& des vivres. On y
autres de fa
heureufe avec quelques
ut beaucoup mais elle fut courte,
les vit tous entiers; étonnement étran-
& fe changea dansun
les
loriquil les voulut prendre
les
trouvez
aies
ER montrer,
ayant
érenduë
n'y reftant que la fimple ballon, peau, & féche coincomme celle d'un On fut donc obligé
me du parchemin.
faire de l'eau
de retourner à terre pour laiffa cette mal-
& des vivres. On y
autres de fa
heureufe avec quelques --- Page 480 ---
450 Nouveaux
aux Ifes
1698. compagnie, après Fayager quoi le Vaifleau
tinua fon voyage le plus
condu monde.
Heureufement
Les Officiers du Fort & du Compptoir
Anglois, qui étoient prifonniers dans ce
Vaiffeau, ont
le procès verbal de
cette avanture : eft en
N
les mains de Madame la original Comteffe entre
de
Gennes, qui m'en a donné une copie,
qu'on verra à la fin de ces Mémoires.
nie Calom- con- Quelques envieux du Commerce dcs
tre les François ont fait courir le bruit
gois, Fran- les Négres, que nous ne les achetions parmi
ne les tranfportions dans nos Colonies, &
que pour les manger. Cette calomnie indigne de
gens > qui portent le nom de
Chrétiens, a été caufe que beaucoup de
Négres fe font défefperez pendant le
voyage s & ont mieux aimé fe
dans la mer > & fe
jetter
dans un Pais où noyer 3 que d'aller
les devoit dévorer ilss'imaginoient qu'on
> comme ils
qu'il fe pratique en quelques lieux fçavent de
FAfrique. J'ai vû quelquefois arriver
des Navires chargez de Négres, qui
malgré tout ce qu'on avoit pû faire
dant le
penidée de voyage 2 pour leur ôter cette
l'efprit, ne pouvoient fe ralirer, & fe croire exempts d'aller à la
boucherie, que quand ils voyoient un --- Page 481 ---
Frangoifes de TAmerique. 457
grand nombre de leurs femblables, qui1698.
les affuroient qu'on ne les vouloit pas
mais fenlement les faire tramanger,
vailler. de la
de ceux qui veu- fite On ou viIl eft
des predence de les vifiter slon fait
lent acheter
Négres,
per-y vifitec! Ics
ou par quelque
Négres
ou par cux-mêmes. entendué dans ce métier , pour que l'on
fonne
quelque défaut; car veut acheter:
voir s'ils sn'ont point
& que les
quoiqu'ils foient tous nuds,
mèmes que l'on cache avec chez plus
parties de foin, nele foient pas trop bien ils foreux, & beaucoup moins quand la
du Vaiffeau, il eft contre pudeur
tent
foi-mème cet examer, & d'ende faire
détail. On s'en rapporte
trer dans ce
de la
l'ordinaire aul Chirurgien
pour
Maifon.
font achetez & conduits
Lor/quils
il faut éviter fur toutes
à THabitation, l'infatiable avarice, & Phorrible
chofes de certains Habitans, quiles font
dureté
fans prefque
travailler tout en arsivant,
haleine.
leur donner le tes de prendre de charité ni
Ceft n'avoir point n'entendre du tout rien en fes
de difcrétion, &
d'en
en cette
propres interets, que
e fariguez
maniere. Ces pauvres gens
ont
d'un long voyage,
pendantleqoelilse
été attachez deux à deux avec
toujours
orrible
chofes de certains Habitans, quiles font
dureté
fans prefque
travailler tout en arsivant,
haleine.
leur donner le tes de prendre de charité ni
Ceft n'avoir point n'entendre du tout rien en fes
de difcrétion, &
d'en
en cette
propres interets, que
e fariguez
maniere. Ces pauvres gens
ont
d'un long voyage,
pendantleqoelilse
été attachez deux à deux avec
toujours --- Page 482 ---
452 Nouveaux
anx
1698. une cheville de fer. Troyages lls font
Hles
Mau. la faim & de la
extenuez de
vaife jamais deles faire foif,
ne manquent
coutume
Ttetits
de quel. dantlatraverfé, fans beatconppen.
quesHa- bitans fir ot ils font d'être compter le déplairouchât pais, fans efperance éloignez de leur
les Né ner. N'eft-ce
d'y jamais retourgres
pasle moyen
iouleurs maux & leur
d'augmenter
veaux. pouffer au travail, fans chagrin, leur que de les
donner
ques jours de repos & de bonnc quelturc.
nourriComIl faut après
ment ii
qu'ils font arrivez. à la
fauetrai maifon, qu'ils ont
ter les font repofez
mangé, & qu'ils fe
Négres
quelques heures, les faire
noubaigner àda mer, leur faire rafer la
veaux, & leur faire frotter tout le
tête,
l'huile de Palma Chrifti. corps avec de
les jointures, les rend
Cela dénoùie
empêche les effets
plus fouples : 3 &
ou les fuites du
but, s'ils avoient quelque
fcoren être attaquez. Il faut difpofition à
ou trois jours humeéter ravec pendant de deux
d'olives la farine ou la caffave l'huile
leur donne, les faire
qu'on
vent, & les faire mangerpeu & fonCe régime de vie baigner les
foir & matin,
tite
difpofe à une
faignée, & à une purgation
qu'on leur
dodee
fair prendre.
nes que foient les eaux, il Quelques faut les bonpècher d'en boirc, du moins à difcre- em- --- Page 483 ---
- Françoifes de PAmerigne. 453
tion, 8c encore plus de l'eau-devie. 1l1698.
ne leur faut donner que de la grappe >
o11 du oiiycou. Cleft ainfi qu'on les
des
dont ils fonr
adis
rantit
maladies
nairement attaquez dans les commencemens. Ces bons traitemens, , joints aux
habits qu'on leur donne 5 &c à qucldouceur qu'on leur témoigne,
-qu'autre rend affectionnez, 8 leur fait oitles blier leur pais, & l'état gnalheureux où
la fervitudel les réduit,
huit
6 On
au bout de fept oul
jouts
leur PAsemere quelque leger travail,
La
etenr
les y accolircumer-I plapare ils fuivent
dent pas qu'on les y envoye,i
les autres quand le Commandeur lesappelle. Afin de les mieux dreffer lesinftruire,
& leur faire prendre le train de l'Habitation 5 il eft bon dc départir les Négres
lesi cafes des anciens.
- nouveaux : dans
volontiers, foit
Ceuxici-les foient reçoivent de leur pais ou non, ils fe
squ'ils font honneur : quc le Négre qu'on leur a
donné foit mieux entretena > mieux infruit, & qu'il fe portc micux que le celui foin
-de leur' voifin: 1ls en ont tout
8cle'regarde comme leur enpollible, fant, mais ilsle font manger à part, &c
coucher dans une autre chambre que la
des anciens.
- nouveaux : dans
volontiers, foit
Ceuxici-les foient reçoivent de leur pais ou non, ils fe
squ'ils font honneur : quc le Négre qu'on leur a
donné foit mieux entretena > mieux infruit, & qu'il fe portc micux que le celui foin
-de leur' voifin: 1ls en ont tout
8cle'regarde comme leur enpollible, fant, mais ilsle font manger à part, &c
coucher dans une autre chambre que la --- Page 484 ---
454 Nonveaux Foyager auxHles
1698. leur; & lorique le nouveau venu
perçoit de cette difincion, & s'apdemande la raifon, ils lui
qu'ilen
n'étant pas Chrétien, il eft difent, trop au-def. que
fous d'eux > pour manger & dormir dans
leur chambre.
Ces manieres font concevoir à ces Né.
nouveaux une haute idée de la
RREA de Chrétien; & comme ils font quaturellement fort fiuperbes, ils
nanent fans ceffelcurs Mairres & importu- leurs Curez,afin d'être batifez; de forte
G
on les vouloit
que
facisfaire, on
roit les jours entiers à leur enfeigner employe- la
doétrine & leurs prieres.
Outre le Catechifme qui fe fait en
commun foir & matin dans les maifons
bien réglées, comme
les Habitations des fontprefque Ifles du Vent toutes
deftine ordinairement
> on
bien inftruit,
faire quelqu'un. qui eft
pour
la doctrine en
particulier aux Négres nouveaux, fans
compter que ceux chez lefquels on lesa
logez ont un foin merveilleux de les inftruire, quand ce ne feroit
pouvoir dire au Curé,u à te Mai- pour
tre >'
le Négre qu'on leur a confié, dec en état de, recevoir le Batême.
Ils lui fervent pourl'ordinaire de Parains. --- Page 485 ---
Françoifes de PAmerigue. 455
Ileft difficile des'imaginer jufqu'oi va 1698.
T'obéiffance, la foumiffion &c Refpect Né.
le re(peêt, reconnoiffance que tous les Négres des grespour
la
leurs Parains. Les Créolles mè- leursPaont pour c'eft-à- dire, ceux qui font nez rains,
mes, dans le pais, les regardent comme leurs fois
J'ai été furpris une infinitéde
peres.J de voir comme ils s'acquittoient dc ces
devoirs.
qui #: étoit le
J'avois un petir Négre,
enfans
Parain banal de tous les Négres, ceux
ou adultes que je batifois, etre quand Parains
qui fe préfentoienr pour ou pour ne
n'en étoient bien pas capables, leur Carechi(me, ou
pas fçavoir n'avoir pas fait leurs Pâques, ou
pour
j'étois informé qu'ils étoient
qu'il
ECE O1l quand je prévoyois
pouvoit furvenir quelque empêchement
leur mariage , s'ils contractoient
pour enfemble une affinité (pirituelle. J'étois. Exem- de
de voir les refpects que lui ren-p'es ce ref
furpris les Négres quil avoit tenu aul, peôt.
doient Si c'étoit des enfans, les meres -
Batème.
jamais de les lui apporne manquoient bonnes Fètes > & fi c'étoit des
ter aux ils venoient le voir > lui répéadultes, leur Catechifme & leurs Prieres,
toient
toujours quelque petit
& lui apportoientt Il eft vrai qu'il m'en coutoit
préfent.
pects que lui ren-p'es ce ref
furpris les Négres quil avoit tenu aul, peôt.
doient Si c'étoit des enfans, les meres -
Batème.
jamais de les lui apporne manquoient bonnes Fètes > & fi c'étoit des
ter aux ils venoient le voir > lui répéadultes, leur Catechifme & leurs Prieres,
toient
toujours quelque petit
& lui apportoientt Il eft vrai qu'il m'en coutoit
préfent. --- Page 486 ---
456 Nouveau Voyagesi 0 anx Mles
1698. quelque chole; car il ne
manquoir pas - de
me préfenter fes filleuls; ; & comme jel
fçavois ce que cela fignifioit,) je lui don-1
nois quelque argent pourleur diftribuer.
IL avoit une fileule qui nous appartenoit, qui étoit une Négreffe de
deux à vingt-trois ans, grande,.g vingt- gralfe
& forte : elle étoit bonne & aflez
mais elle avoit le malheur de n'avoir. lage,
pas beaucoup de mémoire, ce qui faifoit qu'elle manquoit fouvent quand je
l'interrogevis. J'en faifois des reproches
à fon parain, qui ne manquoit pas de la
châtier. Elle fc mettoir: ti genoux devant
lui
répeter fes Prieres & fon Cate2 & quand elle
-
bibcer
manquoit, il lui
donnoit des.coups de foiiet fur les épaules, dont elle le remercioit enfuite, &.
lui baifoit les pieds. Jc lui demandois
quelquefois pourquoi elle fouffroit
ce perit Négre la battit, elle me répon- que
doit fimplement, c'eft mon Parain.
Dès qu'un Négre a fait tenir. fon enfant à un autre, il femble qu'il lui ait
cedé tout le droit qu'il avoit fir fon. cnfant; de maniere que quand on les veut
marier, il faut avant toutes cholesqu'ils
ayent le confentement de leurs parains:
les filleuls, & les enfans des parains &
maraines s'appellent freres, & fouvent
s'aiment --- Page 487 ---
Françoifes del PAmfrigue. leurs 457 ve- 1698.
s'aiment plus tendrement que
rirables freres.
Refpee NéTous les Négres ont un grand refpedt des
Ils ne les appellent grespeur
les vicillards.
festieile
pour
leurs noms qu'ils n'y joignent lards,
jamais Par
ne foient point
celui de pere. Caoiquiles laiffent
de leur
leurs parens, ils ne
pas choobéir, & de les foulager ent toutes de mettre
fcs. Ils ne manquent jamais aul nombre de
la cuifiniere de la maifon
leurs meres, & de quelque âge qu'elle
foit, ils Tappellent leur toujours fafle du maman. bien, & tion Affec- des
Pour
qu'on de bonne grace, - ils aiment: Négres
le anc
pour
qu'on
leurs Maitres, & ne recon- icurs
infiniment
quand il s'agit de Maittes;
noiffent aucun péril,
même de
lui fauver la vic, aux dépens exemples que
la leur. Outre fidelité, plufieurs & dont on pourj'ai de leur
volumes,, j'en vais
roit faire de gros
de bien
un feul quimatouché
rapporter
près.
les Anglois firent leur
Le jour que
defcente àla Guadeloupe > jepalloisavee aller
de nos Négres pour
trois ou quatre
ordres de la
donner quelques
à un polte
cheval,8c
part du oanemen.jbeisie Chaloupes des ennemis
je regardois les à leurs bords, quand je
qui retournoient3 faifir tout d'un coup, > & tirer
mc fentis
V.
Tomse IV.
ouché
rapporter
près.
les Anglois firent leur
Le jour que
defcente àla Guadeloupe > jepalloisavee aller
de nos Négres pour
trois ou quatre
ordres de la
donner quelques
à un polte
cheval,8c
part du oanemen.jbeisie Chaloupes des ennemis
je regardois les à leurs bords, quand je
qui retournoient3 faifir tout d'un coup, > & tirer
mc fentis
V.
Tomse IV. --- Page 488 ---
458 Nouveanw Voyages aux Mhes
1698. hors de la felle. Je fus firpris, mais j'en
connus la raifon dans le moment, ayant
entendu une, décharge de quarante ou
cinquante coups de fulil qu'on faifoit fur
moi, qui couperent des branches de tous
côtez, & quim'auroient touchéinfailliblement fi je fulle demeuré à cheval.
C'étoient les Négres qui m'accompagnoient quia ayant découvértles ennemis
de l'autre côté d'une ravine fur le bord
de laquelle je marchois, & que je n'appercevois pas, m'avoient enlevé de def
fus mon cheval,8cs'éroient jettez entre
les ennemis & moi.
J'ai dit qu'ils fe tiennent infiniment
obligez du bien qu'on leur fait, mais il
faurqu'on le leur ait fait de bonne grace :
car comme ils font fort glorieux, > Gi on
n'en ufe pas bien avec eux > ils n'en ont
prefque aucune reconnoiflance, & témoignent leur mécontentement par la
maniere dont ils reçoivent CC qu'on leur
donne.
Les Né- Ils font narurellement
&c
éloqués. gres font ils fçavent for: bien fc fervir éloquens de ce 2 talent, quand ils ont quelque chofe à demander à leurs Maîtres, ou lorfqu'il s'agit de fe deffendre de quelque accufation qu'on fait contre eux; > il faut les
écouter avec patience - > fi on veut en --- Page 489 ---
Françoifes de PAmbrigne. 459
être aimé. Ils entendent merveilleule- 1698
adroitement bien à vous repréfenter leur alliment leurs bonnes qualitez,
le
duité à votre fervice leurs travaux ,
nombre de leurs enfans, & leur bonne
éducation : après cela ils vous font une
énumeration de tous les biens que vous.
leur avez fait, dont ils vous tont des
qu'ils firemercimens très-refpechueux
niffent
la demande qu'ils fc font proMEtE vous faire. Si'la chofe eft faipolée fable; comme elle left ordinairement,
il faut la leur accorder fur le champ, > &
de bonne graces 8 fi on ne peut pas s
doit leur en dire la raifon, &l les renon
contens en leur donnant quelque
voyer
On ne fçauroit croire combagatelle.
combien cela les
bien cela les gagne, S
&
attache.
different en-! Leur ma.:
Lorfqu'ils ont quelque devant leur Mai- niere d'agit
femble, ils viennent leur caufe (ans s'inter- quand
tre, & plaident
fans fe
ils ont
rompre Tun l'autre, &
choquer. quelque
Quand le demandeur a achevé de Site d.fecents
ler, il dit à fa partie qu'elle peut
fes raifons - , & il les écoute auffi tran- fienquillement que P'autre a écouté les
nes. Comme ce font ordinairement des
bagatelles, tout au plus quelques poules perdyésydont ils: croyent Nf
viennent leur caufe (ans s'inter- quand
tre, & plaident
fans fe
ils ont
rompre Tun l'autre, &
choquer. quelque
Quand le demandeur a achevé de Site d.fecents
ler, il dit à fa partie qu'elle peut
fes raifons - , & il les écoute auffi tran- fienquillement que P'autre a écouté les
nes. Comme ce font ordinairement des
bagatelles, tout au plus quelques poules perdyésydont ils: croyent Nf --- Page 490 ---
460 Nonveaux Fayages aux Hfes
1698.accufer leurs voifins, Je vuidois bien-tôt
ces fortes de procès. Je m'informois
bien fi la perte étoit réelic, après quoi
pour les mettre d'accord, je payois la
poule quand j'étois str qu'elle n'avoit
pas été détobée, > je leur faifois donner
un coup d'eau-de-vie, & les renvoyois
en paix. Mais quand ils s'étoient querellez O1I battus, ou qu'ils'avoient volé
quelque chofe, je les faifois châtier féverement. Car comme il faut avoir de
la bonté & de la condefcendance
cux, il faut aufli avoir de la fermeté, pour
pour les tenir dans leur devoir, & lesy
remettre quand ils s'en écartent. Ils
fouffrent avec patience les châtimens
quand ils les ont meritez, 5 mais ils fe
laiffent aller à de grandes extrémitez
lorfqu'on les fait maltraiter fans raifon, >
par paflion ou emportement, & fans les
vouloir entendre.
C'eft une régle génerale de ne les menacer jamais. Il fautles faire châtier fur
le champ, s'ils l'ont merité , ou leur
pardonner, fionlejugei propos. Parceque la crainte du châtiment les oblige
fouvent à s'enfuir dans les bois, & ale
rendre marons; & quand ils ont une fois
goité cette vie libertine, on a toutes les
peines du monde à leur en faire perdre
Phabirude.
u --- Page 491 ---
Francoifes de PAmerigue. 461 & 1698.
Rien n'eft
propre: à les retenir faire
les
E s'échaper, que de
empècher
chofe dorit
en forte qu'ils ayent quelque comme des
ils paiffent tirer du profit,
à tades cochons, un jardin
volailles, 7
des herbages ou autres
bac, à cotton,
S'ils s'abfentent, &
chofes femblables.
heures
que dans l'efpace de vingt- d'enx-mèmes, quatre
oùl
ils ne reviennent pas
voifin, ou de Comme
accompagnez de quelque leur
ce il fautles
quelque amiqui demandel
grace, a punir quand
qu'on ne doit jamais refufer, 3 ilr n'y iis vont
qu'à confifquer les biens qu'ils peuvent, bien marons,
avoit. C'eit une peine pour eux
plus rude, & quiles fait rentrer en euxmèmes bien plus vite que les châtimens
ordinaites, quelque rudes qu'ils puif
fent être. Un parcil exemple de confif- les
cation fuffit pour empécher tous tomber
Négres d'une Habitation de femblable
être jamais dans une
Emtet
les uns les au- I's s'a'-
Ils s'aiment beaucoup
dans ment
tres, & fe fecourene fort volontiers
beculeurs befoins. Il arrive fouvent que fi un coup.
d'eux fait une faute, ils viennent tous eri
demander fa grace > ou s'offrir à
corps recevoir
lui une partie du châtipour a merité. Ils le paffent quelment quil
avoir de quoi
quefois de manger 2 pour
V ilj
jamais dans une
Emtet
les uns les au- I's s'a'-
Ils s'aiment beaucoup
dans ment
tres, & fe fecourene fort volontiers
beculeurs befoins. Il arrive fouvent que fi un coup.
d'eux fait une faute, ils viennent tous eri
demander fa grace > ou s'offrir à
corps recevoir
lui une partie du châtipour a merité. Ils le paffent quelment quil
avoir de quoi
quefois de manger 2 pour
V ilj --- Page 492 ---
462 Nonveaux Voyages anx Hes
1693.1 régaler > ou foulager ceux de leur
qui les viennent viliter, & qu'ils
pais
êrre en neceflité,
fçavent
Ils aiment le jeu; 2 la danfe, 2 le vin,
l'eau-de-vie,8 leur complexion chaude
les tend fort adonnez aux femmes.
Cette derniere raifon oblige de les marier de bonne heure, afin de les
cher de tomber dans de grands empè. defordres. Ils font jaloux, & fe portent aux
derniercs extrémitez quand ils fe fentent offenfez far ce poinc-là,
Le jeu qu'ils joiient dans leur pais, &
qu'ils Ont aufli apporté aux ifles, eft une
elpéce de jeu de dez. 11 eft compofé de
quatre bouges ou coquilles qui leur fervent de monnoye. Elles ont un trou fait
exprès dans la partie convexe 2 affez
grand pour qu'elles puiffent tenir fur CC
côré-là andi aifément que far l'autre. Ils
les remuent dans la main comme on remué les dez. & les jeitent fir une table.
Si tous les côiez troiiez fe trouvent deffuts, ou les côtez oppofez, ou deux d'une façon, & deux d'une autre, 2 le joiicur
gagne 5 mais file nombre des trous, ou
des deffous eft impair, il a perdu.
Ilyabeaucoup de Négres Créolles - qui
ont appris à joter aux cartes en voyant
joiicr leurs Maitres. Il feroit à fouhai- --- Page 493 ---
Frangifes de PAmbrique. de 463 car- 1698.
n'euffent jamais manié
ter qu'ils
faut rien négliger pour rleur
tes, , & il ne
Thabitude: car il eft sûr
en faire perdre monde ne les rend plus frique rien au
l'amour & lc
pons, , plus faineans que
xercice du jeu. leur
favorite > je Les Nés 2jLa danfe eft
paflion au monde gres ment la
ne croi
qu'il y ait reuple Quandles sdan'e.
quiy riSen plas attaché qu'eux. de danMaitres ne leur permettent ils TELEntO trois ou
fer damsiiabitatdon,
ont quitté le
quatre lieuès après qu'ils Samedia: minuit,
Sawandelacucreneles
lieu où ils.
pour fe trouver dans quelque danfc.
Içavent qu'il y a une
&qui Danfe
Celle quileur plait davantages elle appellée calenda.
leur eft plus ordinaire eft le calenda, & fuivant
vient de la Côte de Guinée,
d'Ardu Royaume
toutes lesapparences l'ont apprife desNéda. Les E(pagnols danfent dans toure P'Amegres, & la même maniere que les Nérique de la
gres. Comme les poftures & les mouveméns
de cette danfe font desp plus deshonnètes, maniere réles Maitres qui vivent d'une & tiennent la
glée, la leur défendent, la danfent
ce
main afin qu'ils ne
affaire: point; car elle
qui n'eft pas une petite 0 , que les en-*
eft tellement de leur goûr Viv
Les E(pagnols danfent dans toure P'Amegres, & la même maniere que les Nérique de la
gres. Comme les poftures & les mouveméns
de cette danfe font desp plus deshonnètes, maniere réles Maitres qui vivent d'une & tiennent la
glée, la leur défendent, la danfent
ce
main afin qu'ils ne
affaire: point; car elle
qui n'eft pas une petite 0 , que les en-*
eft tellement de leur goûr Viv --- Page 494 ---
454 Nowveaux
Aux
1698. fans qui in'ont
Yayages la Ifes
prefque pas force de fe
foutenir , tâchent d'imiter leurs
& meres à qui ils.la voyent danfer, peres &
pafferoient les jours entiers à cet exercice.
bours TamPour donner la cadencedcette danfe,
dent les ils fe fervent de deux tambours faits dc
fc Négr:e fervéc denx troncs d'arbres creufez d'inégale
Pour groffeur. Un des bouts eit
danfer le tre eft couvert d'une
ouvert, lauCalenda, de chevre fans
peau de brebis ou
poil, gratée comme du
parchemin. Le plus grand de ces deux
tanibours qu'ils appellent fimplemenrle
grand tambour , pcur avoir trois à
tre pieds delong fur quinze à feize quacés de diamétre. Le
poule baboula a à
petic près la qu'on même nomme longueur, far huit Ete neuf
de diaManicre métre. Ceux
pouces
de les
qui battent les tambours
toucher, foxr régler la danfe, les mettent entre
jambes, ou s'affeyent delfus, &
les touchent avec le plat des
doigts de chaque main. Celui qui quatre tou-'
che le grand tambour, bat avec mefure
& pofément ; mais celui qui touche le
baboula bat le plus vite qu'il peut s &c
fans prefque garder de mefure, & comme le fon qu'il rend eft beauconp moindre que celui du grand tambour s &
fort aigu, il ne fert
/
qu'à faire du bruit, --- Page 495 ---
Frangoifes de PAmerigue. 465
la cadence de la danfe > nl 1698.
fans marquer des danfeurs.
les mouvemens font difpofez fur deux DimpofLes danfeurs
les tion &
les uns devant les autres, >
mouvelignes, ,
côté & les femmes de ment des
hommes d'un
& danfes,
l'autre. Ceux qui font las de danfer, >
font un cercle autour des
les fpeétateurs
Le plus hadanfeurs & des tambours.
compole
bile chante une chanfon qu'il
à
tel
qu'il juge
fur le champ, 3 far
fujet eft chanté
propos, dont le refrain qui
tous les (pe@tateurs, eft accompagné
par
battemens de main. A légard
de grands
ils tiennent les bras à peur
des danfeurs,
danfent en jouant
près comme ceux qui fautent font des
des ciftagnettes. Iis
à deux > ou trois
virevoltes, Sapprochent fc reculent en
pieds les uns des autres, le fon du tamcadence jufqu'a ce E fe joindre en fe
bour les avertiffe
contre les aufrapant les cuiffes les uns hommes contre
tres , c'elt-àdire , les il femble
celes femmes. A les voir,
donde ventre
dte
foient des coups
qu'ils
n'y ait cependant que
nent > quoiquil
ces coups. Ilsic
les cuiffes qui fiuportent
retirent dans le moment en piroliettant,
recommencer le même mouvepour
des
tout-à-fait lafcifs,
ment avec
geftes le tambour en donne
autant de fois que
V v
hommes contre
tres , c'elt-àdire , les il femble
celes femmes. A les voir,
donde ventre
dte
foient des coups
qu'ils
n'y ait cependant que
nent > quoiquil
ces coups. Ilsic
les cuiffes qui fiuportent
retirent dans le moment en piroliettant,
recommencer le même mouvepour
des
tout-à-fait lafcifs,
ment avec
geftes le tambour en donne
autant de fois que
V v --- Page 496 ---
466 Nonveanx Voyages anx Ifles
1698. le fignal, CC qu'il fait fouvent plufieurs
fois de fuite. De tems en tems ils s'entrelaffent les bras, &c font deux ou trois
tours en fe frapant toujours les cuiffes, & fe baifans. On voit affez par cette
defcription abregée combien cette danfe
eft oppoféc à la pudeur. Avec tout cela,
elle ne laiffe pas d'ètre tellement dugolit
des Efpagnols Créolles de
& f ifort en ufage parmi cux, l'Amérique, qu'elle fait
la meilleure partic dc leurs divertiflcmens, & qu'elle entre même dans leurs
dévotions. Ils la danfent dans leurs Egli- -
fcs, & à leurs Proceflions, & les ReliDévorio gieufes ne manquent guere de la danfer
des Ef- la nuir de Noël fur un théitre élevédans
puo's leur Chaeur 9 vis-à-vis de leur
en dan- qui eft ouverte,
grille ,
faut le
> afin que le peuple ait fa
calenda, part de la joye
ces bonnes ames témoignent pour a naiffance du Sauveur.
Il cft vrai qu'elies n'admettent point
d'hommes avcc elles pour danfer une
danfe fi dévote. Je veux même croire
qu'elles la danfent avec unc intention
toure pure > mais combien fe troaventLes Offi ils de fpectateurs qui n'en jugent
fi
ciers du charitablement que
pas
Roi O0t
moi?
déieudu
On a fait des Ordonnances dans les
le ca en- INles, pour empècher les calendas
da,
feulement àcaufe des poftures indécen- non- --- Page 497 ---
Frangoifes de PAmerigne: 467
tont-à-fait. lafcives, dont cette 1698.
tes 2 &
maisencore pour ne
danfe eft compofée,
afpas donner lieu aux trop nombreufes fe trouvant
femblées dcs Négres > qui & le
ainfi ramallez dans la joye dansla >
tètc, plus
fouvent avec de el'eau-de-vie des foulevepeuvent faire des révoltes, aller voler.
mens, 011 des parties pour
Cependant malgré ces Ordonnances,8 Maitres
toutes les précautions que les
peuvent prendre , ileft prefqueimpoli- c'eft
ble de les en empecher. parceque celui qui
de tous Jeurs divertiffemens ils font
leur plait davantage, & auquel
plus fenfibles. Négres de Congo ont une danfe des Danfe NéLes
à celle-là. Les dan- gres de
tout-à-fait oppofée & femmes fe mettent en Congo.
feurs hommes
d'une place, ils ne
rond, & (ans bouger lever les pieds en
font autre chofe que terre avec une efpece
l'air, & en fraperla
le
à demi
de cadènce 2 en tenant corps marcourbé les uns devant les autres, delacommotant quelque hiftoire qu'un les danfeurs
pagnie raconte 2 à laquelle
répondent
un refrain > pendant Cette que
battent des mains.
les
la
TPRnErO
danfe n'a rien qui choque divertiffante. pndeur,mais Les
auffi elle eft crès-peu
tournant etk
Négres-Mines danfent en
V V
le
à demi
de cadènce 2 en tenant corps marcourbé les uns devant les autres, delacommotant quelque hiftoire qu'un les danfeurs
pagnie raconte 2 à laquelle
répondent
un refrain > pendant Cette que
battent des mains.
les
la
TPRnErO
danfe n'a rien qui choque divertiffante. pndeur,mais Les
auffi elle eft crès-peu
tournant etk
Négres-Mines danfent en
V V --- Page 498 ---
468 Nonveaux Yoyages Atx Iles
1698. rond,le vifage hors du cercle, qu'ils
décrivent. Ceux du Cap Verd & de
Gambie ont encore des danfes particulieres; mais iln'y en apoint dont tous
en général s'accommodent mieux que
du calenda. Les goûts font differens, &
iln'eft pas permis d'en juger.
Danfes,à Pour leur faire
l'idée de
la Froa-danfe infame, perdre
cette
çoife.
on leur cn a appris pluqu'on fieurs à la Françoife comme.le menuer
enfei. nc la courante,
aux Né
> le paffe pied & autres, anfgies.
fi-bien que les branles & danfes rondes,
afin qu'ils puident danfer plufieurs à la
fois, & fauter autant qu'ils en ont envie. J'en ai vû quantité qui s'acquittoient très-bien de ces exercices, & qui
avoient l'orcille aufli fine s & les pas
auffi mcfarez, que bien des gens qui fe
piquent de bien danfer.
ily en a parmi eux qui jotient affez
bien du violon, & qui gagnent de l'argent djolier dans lesaffemblées, & aux
feftins de leurs mariages. lisjotient pref
que tous d'une efpece de guirarre, > quicft
Epecede faite d'une moitié de calcbaffe couverte
dun- guitare les d'un cuir raclé en forme de parchemin >.
fervenr. Négies e avec un manche affezlong.
mertent
lisn'y
que quatre cordes de foye ou de
pitte, ou de boyaux d'oifeaux féchez, 8c
enfuite préparez avecdel T'huile de Palma --- Page 499 ---
Françoifes dé PAmerique. d'un bon 469 1698.
Chrifti.Ces cordes font élevées couvrela
pouice au-deflus de la peau d'un qui chevalet.
calebaffe par le moyen & en battant.
Ils en jotient en pinçant
& leurs
Leur mufique eft peu agréable,
des
accords peu fuivis. Il y a cependant harmonie augens qui eftiment Paifans cette
&
celle des
E(pagnols
Italieus tant que qui ont tous des guitarres > &
très-mal. Jc ne içai s'ils ont
en jotient
'raifon. Il eft très à
d'avoir Fètes toujours & les
foiles
tous fes Efclàves
-
ERDCIE
Dimanches, non-(enlement pour remé- s'alludier aux accidens du feu qui peur d'antres
mer dansles Cannes s ou Heser empècher
befoins, 1 mais encore pour & comde courir chez les voilins,
y mieux
defordre.Jaimois
mettre quelque nôtres de danfer toutes
permette aux excepté éle calenda, que
fortes de danfes, allér dehors. Je payois allez
de les laiffer
& leur faifois donfouventl le violon, je
fe
d'eau-de-vic pour
ner quelques enfemble. pots
Je croi bienique
divertir tous
ils danmalgréroutes ies de précautions, toutes leurs forces,
foient le calenda
d'être délorfqu'ils ne craignoient pas cette danfe
couverts. Leur paffion pour les vieux,
eft au-delà de Timagination;
fortes de danfes, allér dehors. Je payois allez
de les laiffer
& leur faifois donfouventl le violon, je
fe
d'eau-de-vic pour
ner quelques enfemble. pots
Je croi bienique
divertir tous
ils danmalgréroutes ies de précautions, toutes leurs forces,
foient le calenda
d'être délorfqu'ils ne craignoient pas cette danfe
couverts. Leur paffion pour les vieux,
eft au-delà de Timagination; --- Page 500 ---
470 Nouveaux Froyager anx Mes
1698.les jeunes, & jufqu'aux enfans, qui à
peine fe peuvent foutenir. Il femble
qu'ils l'ayent danfée dans le ventre de
leurs meres.
Tous les Négres aiment à paroitre, &
àètrebien vèrus, far tout quand ils vont
à l'Eglifc, aux Mariages de leurs
ou faire quelque vifite. Ils travaillent amis,
encore davantage, & s'épargnent tout
ce qu'ils
afin que leurs femmes
Refpca 8cleurs
foicnt mieux
que les
RUESAINEL
habillez
Négres les autres. Cependant il eft tare
que
cx
le
mari fafle
fa femme
que
de RE
manger
avec lui,
femmes. quelque amitié qu'il ait pour elle. Ils
içavent fort bien les faire fouvenir du
reipect qu'clies leur doivent. Il n'y-a
que la jeuneffe qui dans le commencement de cur mariage donnent un peu
plus de liberté aux femmes > & mangent
quelquefois enfemble.
Hiftoire J'ai fouvent ptis plaiGrà voir un Néfin jet. ce a-gre Charpentier de notre Maifon de la
Guadeloupe lorfqu'il dinoit. Sa femme
& fesenfans étoient autour de lui, & le
fervoient avec autant de relpect que les
domeftiques les mieux inftruits fervent
leur Maitre ; & fic'étoir un jour de Fête
ol de Dimanche, fes gendres & fcs flles ne manquoient pas de s'y trouver &
de lui apporter quelques petits préiens. --- Page 501 ---
Françoifes de PAmérique. 471
Ils faifoient un cercle autour de lui, & 1698.
Tentretenoient pendant qu'il mangeoit.
Lorfqu'il avoit fini, on lui apportoir fa
pipe, & pour lors il leur difoit grave- ils lui
ment, allez manger vous autres. dans
faifoient la révétence, & paffoient
une autre chambre, où ils alloient manger tous enfemble avec leur merc.
Je lui faifois quelquefois des reproches de fagravité, & jui citoisl'exemple les
du Gouverneur qui mangeoit tous
jours avec fafemme;à quoi il me répondoit que le Gouverneur n'en étoit Re
plus fage: : qu'il croyoit bien que
blancs avoient leurs raifons, mais qu'ils
avoient aufli les leurs; & que fion vouloit prendre garde combien les femmes
blanches font orgieilleufes & défobéiffantes à leurs maris > on avotieroit dans que
les Négres qui les tiennent toujours font plus fale refpect & la foumifion,
les blancs
ges & plus expérimentez que
fur cet article.
les Négres
Jai déja remarqué entr'cux, que 8c qu'ils fe LesNÉ.
s'aiment fecourent beancoup volontiers les uns les autres. grecfon: dite des
Cette amitié paroit fur tout quind ils M.As pour
font malades, & dure encore après leur laurs
Si
"un d'eux vient à moli-am:s qui
mort. xir, foit qu'il queiq ait des- parens ou non 2 font monts.
imentez que
fur cet article.
les Négres
Jai déja remarqué entr'cux, que 8c qu'ils fe LesNÉ.
s'aiment fecourent beancoup volontiers les uns les autres. grecfon: dite des
Cette amitié paroit fur tout quind ils M.As pour
font malades, & dure encore après leur laurs
Si
"un d'eux vient à moli-am:s qui
mort. xir, foit qu'il queiq ait des- parens ou non 2 font monts. --- Page 502 ---
1698. 472 Nouveaux Poyages anx
tous les Négres de IHabitation Iles le
rent 3 & font des cris épouventables. pleuTous les amis & compatriotes du défunt
ne manquent
de Venir auffi-rôt
le peuvent Efede & d'aller prier qu'ils Dieu
fur fa foffe,& s'ils ont de
ou
des volailles,
largent,
2 ils les portent au Curé
pour faire dire des Mefles pour le défunt.
Lorfqu'il mouroit quelque
de
notre Habitation, fcs parens & Négre amis ne
manquoient
dc m'apporter des Volailles pour tehe dire des Meffes. Je les
refufois, 8c je leur promettois de dire la
Meffe à leur intention, fans
Penféc rétribution.
prendre de
des Né.
Je m'apperçûs qu'ils étoient
gres fir mécontens de mon
&
la rétri. averti qu'ils
procedé,
je fis
burion
murmuroient hautement
des Mef contre moi, parcequ'ils
fes,
prieres pourles défunts neleur croyent que les
qu'aurant qu'elles font payées. profitent J'ai fait
en vain tout CC que Jaiph,
leur
faire perdre ces idées ; ila
avoir
Eowry
la paix recevoir les volailles qu'ils pour
m'apportoient > fauf à moi à prendre
mon tems pour les leur payer fous quelprétexte quand l'occafion s'en préJe
Emelatic
n'avois pas le même fcrupule pour les Négres qui n'étoient
de notre Maifon : car à leur 1
égard pas
> je
profitent J'ai fait
en vain tout CC que Jaiph,
leur
faire perdre ces idées ; ila
avoir
Eowry
la paix recevoir les volailles qu'ils pour
m'apportoient > fauf à moi à prendre
mon tems pour les leur payer fous quelprétexte quand l'occafion s'en préJe
Emelatic
n'avois pas le même fcrupule pour les Négres qui n'étoient
de notre Maifon : car à leur 1
égard pas
> je --- Page 503 ---
de PAmbrigue. 473- a
Frangoifes bien
celui qui fert à 1698.
me fouvenois
de que l'Autel.
F'Autel, doit vivre
peu Les NéLa
des Négres ? pour ne man- gresfont un feltin
qu'ils Poer accommodez féftin >
à leurs le foir de
quent pas de faire un petir le jour de leur leur &les fère, en-
& à leurs amis,
chargez de fans le
REETE : les enfans fe croyent
de leur conti- nuent
après la mort
la
cette obligation S'ils meurent fans laiffer d'enfans,ere: mort de
pere.
leurs amis de , & fur tout lcupete.
leurs parens filleuls 2 fe chargent de ce foin, &
leurs
ce-petit régal. Quand leurs
continuent fuffifent
ils viennent
moyens ne
dans une
leurs Maitres
Et
prier de la dépenfe, en leur donnant la
partic bouteille d'Eau de-vie pour
foit raifonnable,
EE Pour peu qu'on
Ils
on ne leur refule pas ces bagatelles. convier ceux
d'y
ne manquent avoit jamais coûtume d'y
le défunt
de
Comtous ceux
ment fe
HRESE
fer, fans compter de
trouver, & paffent
tation qui ont droit
s'y viennent ja- leurs
qui
l'ordinaire n'y
qu'ils font feftins des
mais fert mains vuides. Après
leur moits,
affemblez, celui qui les a invitez de cedifcours à la loiiange
fait un petit
la fèrc: il leur
lui dont ils renouvelle il exagere la
dit fes bonnes qualitez > fa mort, 8c
perte qu'ils ont faite de par fe fouvenir de
conclut en les priant
ation qui ont droit
s'y viennent ja- leurs
qui
l'ordinaire n'y
qu'ils font feftins des
mais fert mains vuides. Après
leur moits,
affemblez, celui qui les a invitez de cedifcours à la loiiange
fait un petit
la fèrc: il leur
lui dont ils renouvelle il exagere la
dit fes bonnes qualitez > fa mort, 8c
perte qu'ils ont faite de par fe fouvenir de
conclut en les priant --- Page 504 ---
474 Nouveaux Foyages anx
1698. lui dans leurs priercs, & de fc Mes
lui pour prier Dieu
le joindre à
fon ame. Alors ils fe pour
repos de
noux
mettent tous à
s & récitent toutes les prieres gequ'ils fçavent; après ils
ce
eft apporté, & boivent mangent à la fanté du
funt.
d2t
LesNé. LesNégres Aradas
das gresAra ni. la chair de chien, & eflimenrbesncomp la
à
gent les tes les autres. Un feftin préférent touchiens, regardé comme
parmi eux feroit
cipale picce n'étoir très-médiocre fila prinQuand
pas un chien rôti:
ilsn'en ont point, & qu'ils n'en
chon peuvent pas voler, ils donnent tin COdeux fois aufli gros pour en
un. Nos Négres Créolics n'en
avoir
point, ccux mêmes qui defcendent mangent de
pere & mere Aradas. Ils
comme une grande injure d'être regardent
lcz mangeurs de chiens.J J'ai vû appelfois de ces feftins d'Aradas plufteurs
avoit un chien rôti. L'odeur > où il y
bonne, & la chair
en étoit
délicate.
mnc.paroiffoit trèsJ'ai eu fouvent envie
ter, la honte plurôt que la d'engofm'en a empêché. Je Içai répugnance
que dans une néceflité pourtanr bien
mourrois pas, dc faim, preffante, je ne
chiens.
fije trouvois des
LesNégres Aradasne font pas,les feuls --- Page 505 ---
Frangoifes de Amérigue. 475
des chiens, la plapart des 1698.
qui mangent
au
des
Sauvages de Canada >
rapport
les regadenre comme un mets
HILECE & ce qui fait tle plat d'honneur
de leurs feftins; de manicre que quand le
il eft tems de s'alleoir pout hant, manger le chien >
maître du feftin dit tout
dans la
eft cuit : & il me f.mble que
en
grande Tartarie & autres pais qui
font voifins on châtre les chiens pour les
facilement > &
les engraiffer plus
manger.
chofe étonnante de voirterch'ss
Ceft une
& pourfui- a-boyér ceux qui
comme les chiens abboyent far tout mang-nt
de chiens,
vent ces mangeurs fentent
en ont mangé lurs femblaquand ils Dès quil qu'ils y. a un chien rori bles.
récemment.
dans unccafe, on en eft bien-ràcaverti:
tousles chiens viennent heurler aucar
comme s'ils vouloient plaindre
tour 2 de leur compagnon, ou fe venla mort
ger des meurtriers.
du moins pour
Les cafes des Négres,
Un des
la plapart, (ont aflez propres. eft d'y avoir
devoirs du Commandeur
Teil, & quand on en bâtit de nouvelles,
faire oblerver la fimétrie, & l'uniformité, d'y
les faifant toutes d'une mème tescas
& hauteur, toutes de des Nélongueur, 2 largeur
rués, felon gres,
file, faifant une ou plufieurs
la mort
ger des meurtriers.
du moins pour
Les cafes des Négres,
Un des
la plapart, (ont aflez propres. eft d'y avoir
devoirs du Commandeur
Teil, & quand on en bâtit de nouvelles,
faire oblerver la fimétrie, & l'uniformité, d'y
les faifant toutes d'une mème tescas
& hauteur, toutes de des Nélongueur, 2 largeur
rués, felon gres,
file, faifant une ou plufieurs --- Page 506 ---
476 Nowveaux Yoyages anx Hes
1698. la' quantité de Négres que l'on 2. On leur
donne pour l'ordinaire trente pieds de
long fur quinze de large. Si la famille
n'elt pas aflez nombreufe pour occuper
tout ce logement, on le partage en deux
dans le milieu de fa longueur. Les
qui font aux pignions répondent tfur
rucs,
POCes
lorique la maifon fert à deux familles; mais quand elle eft occupée
une feule famille > il n'y faut foufitir par
qa'une porte. On couvre ces maifons
avec des tères de Cannes, de
ou
de Palmiftes. On les
Rofeaux,
environne
paliffade ou
avec des rofeaux ou des
clayes faites de perites gauletres pour
fourenir lln torchis de terre graffe & de
bouze de vache far lequel on palfe un
lit de chaux.
Iy a Les Négres ont
toujours cafes
grand foin que leurs
du feur
foientbien cloles,
font
dans les fort fenfibles au froid parce qu'ils
cales des pendant la nuir. Les
el piquant
Négres.
& la couatcRalee
verture defcendent fouvenrjufqu'a terre,
& font à côtédes cafcs de petits
tis, leurs cochons 8c leurs volailles appen- fe
mettent à couvert. Ile eft rare qu'ils faffent plus d'une fenêtre, elle eft toujours
au pignon, parceque la porte leur donne affez de jour. Il y en a qui font une
perite cale à côté de la leur où ils font --- Page 507 ---
Frangoifas de PAmbrigue. 477
leur feu & leur cuiline, mais la pliparti698,
le font dans leur cale, où ils entretiennent auffi du feu toute la nuit. C'eft ce
qui fait que leurs cales font toujours en-
&
mèmes contractent
fumées, 2 de qu'eux fumée & de bouquin, >
une odeur
fc foient laqu'ils fentent avant qu'ils bien de la
à
vez, à laquelle on a
font de peine
s'accofitumer. Leurs lits
petirs
dans la divicabinets qu'ils font pratiquent de leurs maifons. Le mafion qu'ils
ont chacun le leur, & dès
ri & Ia femme
ou huit ans on
que les enfans ont fept
commenlcs fépare pour éviter qu'ilsne heure à offenfer
cent de trop bonne
de Nation au
Dieu : car il n'y a point
de la chair
monde plus portéc ati vice
que celle-l.. desNégres ne confiftent qu'en Lits des
Leslits
fur des tra- Négtes & autres
deux oitroisplanchesp polées de
meubles
verfes, qui (ont foutenués par petites de leurs
fourches. Ces planches font quelquefois de cafes.
d'une natte faite dc côtes
couvertes balifier, ou de lalatanier, , aveç un billot
chevet. Quand les Maîtres
'de bois pour
ils leur donfont un peu raifonnables, méchantes couvértures, 2
nent quelques
ou
ou les vieux blanchets couvrir. >
quelques En ce cas
grolles toilles pour fe à avoir foin de les
c'eft au Commandeur
és par petites de leurs
fourches. Ces planches font quelquefois de cafes.
d'une natte faite dc côtes
couvertes balifier, ou de lalatanier, , aveç un billot
chevet. Quand les Maîtres
'de bois pour
ils leur donfont un peu raifonnables, méchantes couvértures, 2
nent quelques
ou
ou les vieux blanchets couvrir. >
quelques En ce cas
grolles toilles pour fe à avoir foin de les
c'eft au Commandeur --- Page 508 ---
478 Nowveanx V'oyages anx Ifles
1698.leur faire laver de tems en tems, auffibien que leurs nattes > à caufe des punaifes i des poux, à quoi ils font fort
fajets. Par la même raifon, il faut leur
faire laver fouvent leurs habits, & leur
faire rafer la tête. Le relte de leurs meubles confiftent en des callebaflcs,
> des
coûtis, des canaris > des bancs, des tables, quelques uftenciles de bois s &
quand ils font un peu accommodez, en
un coffre ou deux pour ferrer leurs hardes.
On laifle pour l'ordinaire un efpace de
quinze à vingr pieds entre chaque calc,
afin de pouvoir remédier au feu, quand
ils'allume dans quelqu'une, CC qui n'arrive que trop fouvént. Ils ferment quelquefuis ces clpaces avec une paliffade, &
fe fervent de ce terrain pour renfermer
leurs cochons, ou pour faire un petit
jardin d'herbes potageres. Dans lcs Habitations où les Maitres nourriffent des
cochons, il vaut mieux obliger les Négres de mettre les leurs dansle pare du
Maitre, que de leur fouffrir des parcs
particuliers. On les oblige par ce moyen
d'avoir foin de ceux du Maitre, comme
des leurs; & lorfqu'ils veulent vendre ce
quileur appartient,ils faut qu'ils en donnent la Préférence à leur Maitre, cela lui --- Page 509 ---
Françoifes de PAmerique. 479 1698.
eft dà; mais il faut aufli qu'ileur paye le
achete d'eux, autant pour
ce qu'il
le
vendre au
moins qu'ils
pourroient
d'cn
Marché. 11 y auroit de l'injuftice
agir autrement. Ordonnance auffi-bien fai- Ordox.
llyau une eft mal executée, qui défend nance pour emte, qu'elle acheter des Négres, à moins; péch:r
de rien
billet deleurs Maitres > mal les vols, ob>
qu'ils n'ayent un
ont à vendre, 2 avec fervée,
qui fpécifie ce qu'ils ont de le faire. Ce
la permillion qu'ils affiré
les empèferoit un moyen de lcurs pour vols; mais il
cher de profiter
a des
& fur tout des regratiers,
y
gens, femblables, qui ne font
ou autres gens
achetent tout ce
pas tant de façons 2 qui
voyent
qu'on leur préfente , quoiqu'ils marché
en
fort bien par le bon
qu'ils voilà
ont, que ia chofe a été volées.& dans leur
ce qui entretient les Négres
pratique de voler.
can- Jardins
On donne aux Négres quelques
dés Né.
tons de terre dans les endroits éloignez gres.
de T'Habitation > ou proche des bois, 2
faire leurs jardins à tabac, &
pour y
des
du
planter des patates 3
ignames,
mil, des choux caraibes, & autres-chofes, foit
leur nourriture, foit pour
maxime d'avoir
vendre.
Emneepet
foin quils Y travaillent > & qu'ils les
On donne aux Négres quelques
dés Né.
tons de terre dans les endroits éloignez gres.
de T'Habitation > ou proche des bois, 2
faire leurs jardins à tabac, &
pour y
des
du
planter des patates 3
ignames,
mil, des choux caraibes, & autres-chofes, foit
leur nourriture, foit pour
maxime d'avoir
vendre.
Emneepet
foin quils Y travaillent > & qu'ils les --- Page 510 ---
480 Nouveaax Voyages AHX Ies
1698. tiennent en bon état. Onleur permer d'y
vacquer les Fètes aprèsle Service Divin,
& ce qu'ils retranchent du tems
leur donne pour leurs repas. Ccs jardins qu'on
leur produifent ane infinité de commoditez. J'ai connu des Négres qui faifoient touslesans pour plus de cent écus
de tabac, &c autres denrées. Lorfqu'ils
font à portée d'un Bourg, oûils peuvent
porter commodément leurs
leurs melons, & autres fruits, herbages ils ie regardent commeles. sheureux du fiécle, ils
S'entretiennent très-bien > eux & leur
famille, & s'attachent d'autant plus à
leurs Maitres > qu'ils s'en voyent protegez & aidez dans leurs petites affaltes.
Les Né- J'ai déja remarqué qu'ils font vains
railieuis, gres font & glorieux ; je dois ajoûiter qu'ils font
railleurs à l'excès, & que peu de gens
s'appliquent avec plus de fuccès qu'eux
à connoitre les défauts des perfonnes, &c
far tout des Blancs, pour s'en mocquer
entr'eux, &c en faire des railleries con-.
tinuelles. Si-tôrqu'ils ont reconnu un défaut dans quelqu'un, ils ne le nomment
plus
fon nom > mais par quelque foEmmiere qui a du rapport à ce défaut.
Cc fobriquer eft parmi eux un miftere,
qu'il eft bicn difhcile aux Blancs de pénétrer, --- Page 511 ---
Pegsfrder-nemidto 481
à moins
fçachant leur Lan- 1698.
nétrer, ,
déconvre que en les entendant
gue, On ncle des
dont ils parie divertir
perfonnes
& pour
lenr par des railleries piquantes, fouvent été
Fordinaire très -juftes. Jai
furpris des défauts qu'ils avoient remar-
& de la maniere dont ils s'en
mocquoient quez >
: ce qui m'obligea à apptendre la Langue des Aradas.
Leur fiIls font fort iidélesles uins aux autres, deliréles
& fouffriront plutôr les plus rudes châ- uns entimens que de fc déceler. Quand quel- vers autres. les
deleurs amis eft maron, ils le requ'un tirent & le cachent dans leurs cafes, où
ils ont l'induftrie de pratiquer de perits
cabinets doubles, dont il eft prefqu'impolible desappercevoir. Ils en ferment
l'entrée d'une maniere fijufte, & ia couvrent de leur bagage fi naturellement,
qu'il femble quil y a très-long- tems
qu'on n'a
de cet endroit-là,
quoique
ils ne viennent que
Leur ma.
Araitee
d'en fermer la porre. Leur mariere de niere de
tacher ce qu'ils ont dérobé, eft affez in cacher
génicule. Ils font un trou en terre fous outvolé, c: qu'ils
lcur foyer, &caprès qu'ils y ont mis leur
vol bien émpaqueté dans des feiiilles, ils
bouchentletrou, & remettent par deffus
des cendtes & des charbons, portent
loin de-là la terre qu'ils en ont tirée,
Tome IV.
X
re. Leur mariere de niere de
tacher ce qu'ils ont dérobé, eft affez in cacher
génicule. Ils font un trou en terre fous outvolé, c: qu'ils
lcur foyer, &caprès qu'ils y ont mis leur
vol bien émpaqueté dans des feiiilles, ils
bouchentletrou, & remettent par deffus
des cendtes & des charbons, portent
loin de-là la terre qu'ils en ont tirée,
Tome IV.
X --- Page 512 ---
482 Nouveaux Voyages aux IRes
1698. Quelque chole que ce puiffe èure, quand
même Ce feroit de la viande que les
chiens découvrent àlodeur, il eft impollible de tien découvrir > à moins
qu'onne foit ftilé àleurs manieres. Lorfqu'ils font trouvez faifis de quelque vol,
c'eft un plaifir de voir comme jls font
les étonnez; il femble à les voir & à les
entendre, qu'ils n'y ont aucune part, &
que c'eft une piéce qu'on leur a faite,
pour les.faire maltraiter, & perdre de
réputation, & ils le font avec tant de
naiveté, qu'il faut être habile pour ne
s'y pas laiffer tromper. Mais quand ils
ont affaire à des gens quiles connoiffent,
leur derniere rellource eft-de dire, que
c'eft le diable qui les a trompez : &
comme le diable n'eft pas toujours là
préfent, ni d'humeur d'avotier ce qu'on
lui impute, on les fait châtier pour le
larcin & pour le nenfonge,
Deux cxemples fuffiront pour faire
voir combien ils font vains & fuperbes.
Je connoiffois que le petirNégre qui
me fervoit, avoit ces deux défauts dans
toute leur étendue. Il avoit de l'efprit
autant qu'on en peut avoir, iléroit trèsfidéle, très-fage, intelligent, affeétionné,j'en recevois plus de fervice que je --- Page 513 ---
Franpaifes de PAmbrique. 483
attendre d'un I 698.
n'en devois naturellement à
ans, puifque
enfant dequatorze fur Ers du détail de la
je me repofois
auroit
Mailon-8c de IHabitation,
bien
embarafféune
2T
affirément que lui. Mais avec ces bonnes de Exemple la vaplus agéc i étoit fier & fuperbe, & ja- nité des
qpalincz.
l'en corriger. Lorfquil Négres.
mais je n'ai pûi
n'avois qu'à
avoit fait quelque faute, > de je mépris, célui dire quelque parole grande peine, que
toit pour lui une écorché. plus Je.lui difois quelfi onlavoir
tâcher de Thumilier 2
quefois 5 pour
Négre qui n'avoit
quil étoit un pauvre Ce mot de pauvre le dépoint d'efprit.
fouffrir, il murfoloit, il ne le pouvoit fes dents lorfquil me
muroit fâché entre tout de bon, mais quand
croyoit
je ne l'étois pas beaucoup.,
il
que ialiberté de me dire quiln'y
fuffent
HRESET
avoirque les Blancs squi les Négres pauvres, dequ'on ne l'aumône, voyoit point & quilsavoienrt
mander
SE
cela. Sa grande joye,
de coeur pour des autres domettiques noirs
fi-bien que
de venir m'avertir
de la Maifon, > étoit
qui demanqu'ily avoit quelque Cela panvre eft rare, > mais cela
doit l'aumône. d'arriver quelquefois. Ce
ne laifle pas lordinaire des Matelors : > qui
font pour
Xij
res, dequ'on ne l'aumône, voyoit point & quilsavoienrt
mander
SE
cela. Sa grande joye,
de coeur pour des autres domettiques noirs
fi-bien que
de venir m'avertir
de la Maifon, > étoit
qui demanqu'ily avoit quelque Cela panvre eft rare, > mais cela
doit l'aumône. d'arriver quelquefois. Ce
ne laifle pas lordinaire des Matelors : > qui
font pour
Xij --- Page 514 ---
484 Nowveanx Voyages anx Ies
1698. après avoir déferté font tombez malades, &c quial la fortic de l'Hôpital n'ont
Scs aflez de force pour travaillers. ou
engagez qui ont finil leur tems > &
que la pareffe ouI quelque infirmité empèche de gagner leur vie.
Dès qui il en paroiffoir quelqu'un, il
yavoir autant de gens pour l'annoncer
qu'il y avoit de domeftiques dans la
Maifor, & fur tout le petit Négre qui
me fervoir, qui ne manquoir jamais de
me venir dire avec un air content &
empreffé 2 mon Perc,ilyaàla porte un
pauvre Blanc qui demande P'aumône.
Jc feignois quelquefois de ne l'entendre
pas,ou de ne vouloir rien donner, pour
avoir le plaifir de le faire répéter: : car je
fçavois que c'étoit le comble de fajoye.
Mais, mon Pere:, me difoit-il, c'eft un
pauvre Blanc, fi vous ne lui voulez rien
donner,je vais lui donner quelque chofe du mien, moi, - > qui fuis un pauvre Négre. Dieu merci, on ne voit point de
Négre qui idemande l'aumône. Quandje
lui avois donné ce que je voulois envoyer ait pauvre, il ne manquoit pas de
lui dire,en le lui préfenrant : Tenez
yre Blanc; voilà ce que mon siline
vous envoye : & lorfqu'il croyoit que je
le pouvois entendre > il lc rappelloit --- Page 515 ---
Frangoifes de TAmerique. 48; 1698.
chole du fien,
lui donner quelque
encore
EETa d'avoir le plaifir del V'appeller cela seA
pauvre Blanc. Il croyoit après lui avois dit,
tre vengé de tout ce que je
oût fait de mortifiant. exemple. Quand je
Voici l'autre
travailler mal, ou
voyois nos Ouvriers leur difois que dans
avec négligence D
je Négre, je fervois
le tems que jétois de diligence, &
mon Maiire avec plus
&
c'étoit
de. bonne volonté qu'enx > devenu que Blanc.
à caufe de cela
jétois de les entendre
J'avois enfuite 1E plaifir
fur-la polibilité ou limpoflidifputer
Je troubilité de cette métamorphofe. Charpentier
vai un jour notre Négre
venir à
fort embarallé, il ne pouvoir d'ironde qu'il
bout d'un tenon à queue fabliere
faifalloit tailler dans une
qui réfoit un biais allez difficile. Je prisia
gle & fon compas, je tragatlouvrages fe trouva
& le fis couper,8c la coupe qu'il m'en fit
jufte. Mais leremerciment & marque trop bien
eft trop fingulier,
mettre ici. Je.
leur vanité pour nele pas croire
vous
n'avois jamais voulu
mais que après
eufliez été Négre, me dit-il, cariln'y
fuis perfitadé:
cet ouvragejen de Blanc qui eût allez d'efprit
a point
pour le faire.
X 11]
atlouvrages fe trouva
& le fis couper,8c la coupe qu'il m'en fit
jufte. Mais leremerciment & marque trop bien
eft trop fingulier,
mettre ici. Je.
leur vanité pour nele pas croire
vous
n'avois jamais voulu
mais que après
eufliez été Négre, me dit-il, cariln'y
fuis perfitadé:
cet ouvragejen de Blanc qui eût allez d'efprit
a point
pour le faire.
X 11] --- Page 516 ---
486 Nowveanx
Aux MRes
1698.
C'eft la coûtume EOMETS tous les
de donner aux Blancs toutesles mauvai- Négres
fes.qualitez qui peuvent rendre unc
fonne méprifable, & de dire que ceft perleur fréquentation > & leurs mauvais
exemples qui les gâtent, De forte
s'ils voyent quelqu'un d'entr'eux a
jure, quisenyvre, ou qui faffe
mauvaile action, ils ne manquent quelque de
dire de lui avec mépris: : C'eft un pas miférable, qui jure comme un Blanc, qui
s'enyvre comme u Blanc, s qui eft VOleur comme un Blanc, &c.
Cette bonne opinion qu'ils ont d'euxmêmes n'empèche pas qu'ils ne foient
extrémement fimples, fur tout quand ils
Simplie.arrivent de leur
té des de chofes
pais. Il y a une infinité
Négres
qu'ils ne peuvent
rouchâr &c entr'autres comment comprendre,
l'écritu. fons
nous nous fairc.
entendre nos penfées
le moyen
de l'écriture. Ils difent ae faur être
forcier pour faire parler le papier.
Habi S
Il eft rare que les
des Né- fez,
Négres foient chauf
gres,
des c'eft-à-dire, qu'ils ayent des bas &c
fouliers. Il n'y.a que quelques
fonnes de qualité, & encore en
pertit nombre > qui faffent chauffer très-pe- ceux
qui leur fervent de laquais. Tous vont
ordinairement nuds pieds, & ils ont la
plante des pieds allez dure, pour fc met- --- Page 517 ---
Françoifes de PAmtrigue. 487 1698.
desfouliers De forte
tre peu en peine habits confiftent en des at
tous leurs
Mais quand ilss'haçons & une cafaque.
& les Fètes, les
billent les Dimanches chemife avec des
hommes ont une belle blanche, for lef
calçons étroits de toile
quelsi ils portent une candale de quelque Cette
toile ou étoffe légere de couleur.
très large,
candale eft une elpéce dejupe
& mè
qui ne va quej jufqu'aux tont-d-fait. genoux,. Elle
me qui n'y arrive pas
ceinture
elt plitlée parl le haut, & a une fentes ol
comme un calçons avec deux des ruouvertures qui fe' ferment avec
bans fur les hanches, peu près comme
on voit en Italie & en France ceslaquais
appelle des coureurs. Ils portent
qu'on
fans
fur la chemife un petit pourpoint de vuide
bafques, qui lailfe trois doigrs la cheentre lui & la candale, afin que
mife qui bouffé 2 paroiffe davantage. avoir
Quand ils font aflez riches pour
de
des boutons d'argent s ou garnis
quelques pierres de couleur, > ils en met-
& au col de leurs chetent mifes. ausoignets A leur défaut ils y mettent des
rubans. Ils portent rarement des cravatdes
Lorfqu'ils ont
tes &
jufte-au- corps.
ils ont
la tète couverte d'un chapeau,
bonne mine > ils font ordinairement
Xiv
qui bouffé 2 paroiffe davantage. avoir
Quand ils font aflez riches pour
de
des boutons d'argent s ou garnis
quelques pierres de couleur, > ils en met-
& au col de leurs chetent mifes. ausoignets A leur défaut ils y mettent des
rubans. Ils portent rarement des cravatdes
Lorfqu'ils ont
tes &
jufte-au- corps.
ils ont
la tète couverte d'un chapeau,
bonne mine > ils font ordinairement
Xiv --- Page 518 ---
488 Nowveaux Vojager anx Mles
1698. bien faits. Je n'aijamais vû dans totis
les lieux de P'Amérique où j'aiéré,ancun
Négre qui fit boflu, boiteux, borgne,
louche, > ou eftropié de naiffance. Lorf
qu'ils font jeunes, ils porrent deux pendants d'oreilles comme les femmes ;
mais dès qu'ils font mariez > ils n'en
portent plus qu'un feul.
Les Habitans. qui veulent avoir des
laquais en forme 5 leur font faire des
candales & despourpoints de la couleur,
& aveç les galons de leurs livrées, avec
un turban au lieu de chapeau, s des pendants d'orcilles, & un carquant d'argent
avec leurs armes.
Habits Les Négrefles
des fem- deux
portent ordinairement
mes Néjuppes quand elles font dans leurs
gicfles, habits dc cérémonie. Celle de deffouseft
de couleur, & celle de deffus eft prefque
toujours de toile de cotton blanche; fine,
ou de mouffeline. Elles ont un corfet
blanc à petiresbafques, ou de la couleur
deleur juppe de delfousaveci une échelle
de rubans. Elles portent des pendants
d'oreilles d'or ou d'argent,
des bracelets, &
desbagues 3
des colliers de petite
raffade à plufieurs tours > ou de perles
fauffes,avec une croix d'or ou d'argent,
Le col de leur chemife, les manches &c
les fauffes-manches fonrgarnies de den- --- Page 519 ---
Frangoifes de PAmerigue. 489
telle, & leur coëffure eft de toile bien 1698.
blanche, bien fine & à dentelle. Tout
ceci doit s'entendre des Négres & Nétravaillent affez en leur
greffes qui acheter toutes ces IRLET
tieulier
les
&c
leurs afent Car excepté
laquais, faut bien
les femmes de chambre,ils'en donnent tous ces
que les Maitres leur
ainfi
habits & tous ces ajuftemens,
fin de ma feconde
ReE
je l'ai marqué àla Négrelfes font pour l'ortie. Commeles)
qu'eldinaire fort bien faires, pour peu
les foient bien habillées elles ont fort
on eft fait à leur
bon air, fur.tout quand
font pas
couleur. Car
ceux qui ny
de
accoltumez, tids doivent fe contenter
les regarder par derriere > autrement
elles leur paroitront juftement comme
des mouches dans du lait.
C'eft une erreur de croire que nous
fallions confifter la beauté de nos Nédans la diformité de leur vifage,
gres, dans de groffes lévres, avec un nez écrafé. Si ce goût a été à la mode en Eune l'eft poinr aux Hles ;.on Ef- y
rope,il des traits bien réguliers. Les
veut pagnols plus que tous les autres y prennent garde de fort près , & ne d'écus regar- de
dent pas à quelques centaines
plus pour avoir une belle Négreffe.
Xv
la beauté de nos Nédans la diformité de leur vifage,
gres, dans de groffes lévres, avec un nez écrafé. Si ce goût a été à la mode en Eune l'eft poinr aux Hles ;.on Ef- y
rope,il des traits bien réguliers. Les
veut pagnols plus que tous les autres y prennent garde de fort près , & ne d'écus regar- de
dent pas à quelques centaines
plus pour avoir une belle Négreffe.
Xv --- Page 520 ---
1698. 490 Nowveanx Voyages anx IRes
J'en ai vû des deux lexes faits à
dre, & beaux par merveille. Ils ont pein- la
peau extrémement fine, le velours n'eft
pas plus doux. Plus ils font d'un beaut
noir luifant, & plus on les eftime.
me ils ont les pores bien
ouverts Çomque les blancs, > ils fuent beaucoup plus
davantage, & fentent-mauvais s'ils
gent de fc laver. II eft rare qu'on négli- leut
fafle des reproches lad deffus quand ils
font proches de la mer ou d'une riviere :
car ils font du naturel des canards.
Les Négres de Sénégal, de Gambie,
du Cap- Verd,d'Angolle & de
>
font d'un plus beau noir que ceux Congo, de la
Mine, de Juda, d'lfigni, d'Arda, &
autres lieux de cette côre. Généralement
pailant ils font d'un bcau. noir quand ils
fe portent bien, mais leur teint
dès qu'ils font malades, & cela change fe connoit en eux aufli facilement que dans les
Blancs > parce qu'ils deviennent alors
d'une couleur de biftre, & même de
Les Né- vre. Ils font fort
cuigres font ladies;
patiens dansleirs mafort paquelques opérations qu'on leur
siens, falle, il eft rare de les entendre crier oul
fe plaindre. On ne peur pas dire que cela
vienne d'infenfibilité, cari ils ont la chair
très-délicate 1e 2 & le fentiment fort vifs
mais d'une certaine grandeur d'amc, & --- Page 521 ---
Frangoifes de P. Amcrigue. 491 1698.
leur fait
d'une intrépidité qui & la mort eTReE *
le mal, les dangers, tout : vifs, fans qu'ils
J'en ai vû rompre cri. Onen brûla un au. Exem. de
jettalfent aucun
fans
inla
quaite
Fort Royal de Marinique. qu'il fut at- n(p'iné
dit une feule parole il ; après démanda un bout méprisde & deleur
taché farlcbricher. lni mit àla bou- la mort,
de tabac allumé, qu'onl encoré lorfque fes
che, & qu'il fumoit ctevécs. par la viojambes étoient déja
lence du feu. :
deux Négres
Il arriva un jour que lanà être penayant été condamnez. être fulftigé zu pied de
du, & l'autre à
fe niéprit, &
la porence 5 le Confelleur ne devoit pas mourir.
confella celui qui de la méprife qu'au
On ne s'apperçhr l'Exécnteur l'alloit jerrer
moment que le fit defceridre, & on conau vent; on arrendoit le foiietau pied
fella celui qui
monta T'échelle avec
de la potence, qui
que lautre en
autant dindifference comme fi ce qui
étoit defcendu 2 & tiré à aucune conféfe paffoit n'avoit
. quence.
de ce mépris
- De cette intrépidité & nait une braqu'ils font dc la mort naturelle. ,
Ils en orit
voure qui leur eft.
donné
Ruamungandnomhg
despreuves
à la prife de
d'occalions, & entr'autres X vi
elle avec
de la potence, qui
que lautre en
autant dindifference comme fi ce qui
étoit defcendu 2 & tiré à aucune conféfe paffoit n'avoit
. quence.
de ce mépris
- De cette intrépidité & nait une braqu'ils font dc la mort naturelle. ,
Ils en orit
voure qui leur eft.
donné
Ruamungandnomhg
despreuves
à la prife de
d'occalions, & entr'autres X vi --- Page 522 ---
492 Nowveaux Yoyages aux Ies
1698. Cartagene ; & l'on Içait que toutes les
Asions Troupes ayant été repouffées
dev valeur à
du
vivement
des Né. l'attaque
Fort de Boccachica, 3 les
gtes, . Négres qu'on avoit amenezde Saint Domingue T'attaquerent d'une maniere (i
hardie, & avec tant de vigueur, qu'ils
l'obligerent à fe rendre.
Ils ont confervé le Quartier du Précheur, quand les Anglois attaquerentle
Fort S.Pierre de la Martinique en 1693.
& ils les refferrerent tellement dans leur
Camp de ce côté-là, qu'ils n'oferent jamais s'en écarter, ni tenter de brûler &
dc piller le Quartier.
Ilsfirent parfaitementbien ala Guadeloupe en 1703. où l'on peur dire qu'ils
détruifirent plus d'cnnemis que tout le
refte de nos Troupes. Il y avoit une
Compagnie de foixante Négres ou environ, dont près de la moitié étoit de
notre Habitation. Un des nôtres tua un
Officier Anglois, qui étoit à la tête d'un
affez
détachement, & foutenu du
refte RCF fes compagnons, ils culbuterent
les ennemis, en tuerent un bon nombre,
rapporterent deux tambours, trois hallebardes, & quantité d'armes & d'habits;
& notre Négre qui avoit tué l'Officier
Anglois, le dépotilla & m'apporta fon
épée, fon cfponton, & fon hauffe-col. --- Page 523 ---
Frangoifes de PAmerique. vint 493 fe 1698.
Quelques jours après ce Négre
plaindre
certain Oflicier François
lui avoit eras de lui apporter ces armes il 2
il le maltraiteroit;
ol qu'autitrement fi cet Officier levoit la main
me dic que illui cafferoit la tète tout comfur lui,
Je lui défendisd'en veme à un Anglois-
& lui promis de
nir à cette extrémité,
trouvé
parler à ce brave. En effet l'ayant
chez le Gouverneur, jel lui dis de ne
dont P
fonger aux armes Angloifes vonloit, 2 il n'aavoit envie, que s'il en
me
voit qu'à faire comme lc Négre qui
les avoit apportées, & fut tout qu'il ne
fe mit pas en devoir de le maltraiter, fort réparcequeje connoilloisle Négre
folu à ne rien fouffrir. Il fuivit mon &
confeil avec beaucoup de fagelle 2
bien lui en prit.
dit dela nourOn'a vû par ce
font obligez de
riture,
les
SIEIHE
donner Te leurs Efclaves, qu'ils n'ont pas vivres
de quoi faire grande chere. Henreux cen- des Nécore fi leurs Maitres leur donnoient exa- gres,
étement ce qui eft porté par les Ordonmances du Roi:i ils ne laiffent pas cependant de s'entretenir avec ce peu 2 en y
les
les ignajoignant les pois, caraibes, 2
patates, & autres fruits
mes, les choux les crabes & les gre:
de leurs jardins,
Te leurs Efclaves, qu'ils n'ont pas vivres
de quoi faire grande chere. Henreux cen- des Nécore fi leurs Maitres leur donnoient exa- gres,
étement ce qui eft porté par les Ordonmances du Roi:i ils ne laiffent pas cependant de s'entretenir avec ce peu 2 en y
les
les ignajoignant les pois, caraibes, 2
patates, & autres fruits
mes, les choux les crabes & les gre:
de leurs jardins, --- Page 524 ---
494 Nogveaux Poyages anx Ites
1698. noiiilles qu'ils
& far tout les
figues & les ECERTAS dont leurs cafes
font toujours très-bienr pourvàés. Ils ne
tuent leurs volailles que"quand ils font
malades, & leurs cochons quel lorfqu'ils
font quelque feftin. Excepté ces deux
cas, iis les vendent, &c employent l'argent qu'ils en retirent en poiffon &
viande falée > qui leur font plus de
profit.
Leurs
Le plus confidérable de leurs
matia- ef celui de leur
feftins
ges.
mariage. Quoique le
Maitre y contribué beaucoup , cela ne
fuffiroit pas. Tousles Négres, de P'Habitation, s & tous ceux qui font invitez >
ne manquent pas d'apporter quelque
chofe pour le feftin, & pour faire un
préfent aux mariez. Les Maitres les habillent de quelque belle toile Oll étoffe
légere, felon fa liberalité, & le rang
quils tiennent parmilesautres Efclaves;
car ily a de la diftinction parmi eux, &
ce n'eft pas une petite affaire que la conclufion d'une ailiance, far tout entre les
Négres Créolles: il faur bien des cérémonies avant d'en venir la. Outre le
confentement du Maître, il faut avoir
celui dcs Parains & Maraines, de tous
les. parens & des ptincipaux amis des
deux familles. I faut bien examiner --- Page 525 ---
Frangoifes de PAmbrique. 495 1698.
s'ils font d'une naiffance égale, de maniere que la fille d'un Commandeur oll le
d'un ouvrier, , ne voudra pas c'elt-d-dire, époufer
fils d'un Négre de jardin,
&
travaille fimplement à la terre s
qui
qui leur tiennent
ainfi des autres dégrez Les
nouveaux
lieu de Noblefle.
Negres & on les conne font pas fi difficiles >
de
tente à moindres frais. Cependant il eft de
quelque maniere que ce foit, les
des Maitres de ne
point
la prudence
de
des
violenter far cet article,
peur
fuites facheufes que cela peut avoir. mal, IIs n'aiDès que les Négres fe fe font trouvent fuer, & ne ment les Et
ils fc bandentla tète, chaude. Il eft rarebese ctues
boivent que de l'eau
des herbes
d'en trouver qui mangent
falade,
cruès, comme nous mangeonsla Ils difent
& quelques autres légumes. les baufs&
que cela n'eft bon que pour l'efprit de
les chevaux > qui n'ont pas
faire cuire les herbes.
NéJavois ptis à la maifon un finftruire perit
gre de fept à huit ans 2 pour état de fervir
peu à peu, & le mettre en
il feroit
de nos Curez quand
quelqulun plus agé, Il regardoit avec éronnement & dije mangeois de la falade,
quand
mangeois comme
foit aux autres,
allez long-tems fans
les chevaux. Il
ER
vaux > qui n'ont pas
faire cuire les herbes.
NéJavois ptis à la maifon un finftruire perit
gre de fept à huit ans 2 pour état de fervir
peu à peu, & le mettre en
il feroit
de nos Curez quand
quelqulun plus agé, Il regardoit avec éronnement & dije mangeois de la falade,
quand
mangeois comme
foit aux autres,
allez long-tems fans
les chevaux. Il
ER --- Page 526 ---
496 Nouveaux Voyages aux
1698. en vouloir
Ifles
n'étoir ni manger, bauf ni dilantrogjourse cheval.
qu'it
Ala fin en
ayant mangé,Scl'ayant trouvée bonne,
il s'en vint tout joycux me dite, mon
Pere, j'ai mangé de l'herbe comme un
cheval, tour comme vous. Voilà la fimplicité d'un enfant, & elle pourroit être
encore la même dans un
venu
Négre 0 nouveaut
d'Afrique, mais ilsla perdent tbientôt s & deviennent pour le moins aufli
rafinez que les Blancs, à moins que leurs
petits intérêts ne Ies obligent de fc contrefaire, & d'affeéter une fimplicité extraordinaire avec ceux qui ne les connoiflent pas.
Is tét affic. guel. Quelques-uns de nos Religieux nouquelors vellement arrivez de France, me demande pa- derent fi les jeunes
roitre
Négres qui nous ferplus@im- voient à table connoidloient les monples
noyes;je leur dis,
ne éclaircir
qu'ils pouvoient s'en
pare eux-mèmes.. ilss'adreflerent
juftement à celui qui me fervoit, & lui
préfenterent un fol marqué, Ille prit, le
tourna deux OH trois fois, comme s'il
n'eût pas fçu ce que c'étoit , & le leur
rendit avec une indifférence que je connus bien être des plus affectée. Nos Percs crurent qu'il ne connoiffoit pas la
momnoye. Un d'eux lui préfenta une
piéce de trente fols qu'il prit aufli-tôr, --- Page 527 ---
Frangoifes de Amérigue. 49".
celui 1698.
& faifant une profonderévérenceie illa mit dans
la lui avoit préfentée, lui ditl le Perc, tu
2 poche. Comment >
&c tu
les fols marquez,
ne connois pas
trente fols; ;c'eft, lai
prendsles piécesde
fols marquez
répondic le Négre, queles
font trop petits.
les faire
Il ne faut rien épargner pour
vivre en paix les uns avecles autres oà ils non- font
feulement dans PHabitation les
Les NE.
mais encore avec
Négres
attachez, >
comme jel'ai f vin- font
desvoilins, ci-devant parcequ'éiant fort orgieilleux, , ils dicatifs.
remarqué
fuite néceflaire extrémefont par une
ment vindicatifs. impoffible d'appaifer
Il eft prefque
ils ont une fois
leurs querelles quand il faut que les
commencé à fe battre; 5
Maitres s'artendent à voir recommencer
les
ces défordres, dont ils ne
tous
jours
de voir la fin, s'ils
doivent pas efpérer
la haine.
laiffent un pen invéterer du Fonds S. Jac- Hiftoire
Notre Habitation
ce fude la Martinique nous avoit Ereje
M. du Parquer, Seigaeur &
par
Sucnte
de PIle; & comme lai &
Proprietaire
de
toure fa maifon avoient beaucoup
bonté pour notre Miflion,il voulut nous
établir auprès de lui, en nous donnant
terrain
de celui qu'il s'étoit
un
auprès
.
laiffent un pen invéterer du Fonds S. Jac- Hiftoire
Notre Habitation
ce fude la Martinique nous avoit Ereje
M. du Parquer, Seigaeur &
par
Sucnte
de PIle; & comme lai &
Proprietaire
de
toure fa maifon avoient beaucoup
bonté pour notre Miflion,il voulut nous
établir auprès de lui, en nous donnant
terrain
de celui qu'il s'étoit
un
auprès --- Page 528 ---
498 Nowveaux Voyages aux Tes
1698. réfervé à Sainte Marie de la Cabefterre.
Pour empècher qu'il n'arrivât dans la
fuite destems quelque conteftation entre
fes héritiers & Dous pour nos terres , fi
elles étoient contigues, il
de laiffer un
de jngead deux propos
efpace
cens pas
entre nos Habitations. Ce terrain fat
concedé dans la fuire à un nommé Lecaudé Saint-Aubin, qu'on difoire être un
affez mauvais
Arpenteur > mais qui montra qu'il en fçavoir affez pour duper
ceux qui fe croyoient plus habiles
lui. En effet à peine firt-il en poffeflion que
de ce petit terrain, qu'il demandaqu'on
fixât un rumb de vent, pour établir les
lizieres des deux Habitations entre lef
quellcs il fe trouvoit, & fe fervit fi bien
de fon fçavoir-faire , qu'au lieu d'un
rumb de vent qui devoit lai donner
deux cens pas de large fir toute la hauteur ; il en établit deux, qui en s'éloignant l'un de l'antre, lui firent une Habiration, qui n'ayant quc deux
de large au bord de la mer, fe trouva cens.pas en
avoir dix-huir cens 2 quand on eût mefuré jufqu'à trois mille pas de haureur.
Le tout, comme on le voit, aux dépens
des Habitations voilines, c'eft-à-dire,
de la nôtre, > & de celle de M. du Parquet, qui étoit tombée entre les mains --- Page 529 ---
Françoifes de Amerigue Commis1698. 499
du fieur Piquer de la Calle de > 1664.
principal dela Compagnic les Maitres eurent de
Le chagrin
étoit palTé à leurs E(-
cette
,
à époufer
cne
claves, roujours très-dipofez leurs Maitres : en forte
les querellcs de toujours eu des démèlez
quil Y avoit Efclaves qui étoient venus trèsentre les
mains. La mort de cet Hafouvent aux ralenti la fureur de cette
bitant avoit
on
plus
IE
tite guerre >
n'y de penfoir Saint Aubin éroit
que.l Sucrerie d'autres mains, & fesNégres
tombéc en
cinq ou fix enfans quil
partagez entre Unaccident queje vais dire,
avoitlaiffez.
ralluma l'ancienne guerre. THabitant qui avoit
Jc fus averti de que Saint Aubin avoit fait
eu la Sucrerie d'un de fes Négres qui
ouvrir le corps
fait tirer le
étoit mort 1 & qu'ayant mis dans de la chaux Superftt. tion d'
cocur , il lavoit
cérémonies quil Habi: ant
vive, avec certaines de rapporter ici. Cetd: Marrini- Ia
n'elt pas néceffaire quelques Négres que.
homme avoit perdu leur mort PANTER
& s'imaginant que
faire
maléfice, ilprérendoit
de quelque lc forcier par cette cérémonic, la
mourir lui brûler le ceeur à mefure que Cet
&
confommoit celui du mort.
chaux m'embaralla beaucoup > parceque
avis
émonies quil Habi: ant
vive, avec certaines de rapporter ici. Cetd: Marrini- Ia
n'elt pas néceffaire quelques Négres que.
homme avoit perdu leur mort PANTER
& s'imaginant que
faire
maléfice, ilprérendoit
de quelque lc forcier par cette cérémonic, la
mourir lui brûler le ceeur à mefure que Cet
&
confommoit celui du mort.
chaux m'embaralla beaucoup > parceque
avis --- Page 530 ---
50o Nowveahx Yayages aux Mfes
1698. je ne voulois avoir rien à déméler avee
cet homme, qui étoit de-lhumeur du
monde la plus étrange. Cependant le
tems de Pâqaes approchoit, le fcandale
croiffoit dans la Paroiffe
d'honnères gens m'en avoient > beaucoup fait des
plaintes, & fans me rendre en quelque
forte coupable de prévatication, je ne
pouvois
m'empécher de lui cn dire
mon
Je le fis donc avec touelflauty
tes les précautions poflibles de crainte
d'éfaroucher davantage cet efprit bouru.
Après lui avoir repréfenté l'offenfe qu'il
avoit commife, le fcandale qu'il avoit
donné à tout tle quartier, > & le tort
fe faifoit à lui-même, > je le priai de ehl
gerà.faconfcience, & de réparer parune
conduite plus chrétienne le mal qu'il
avoit fait. Il reçit très-mal l'avis
lui donnai, & me dit que bien que je
fuffe fon Curé, je ne devois
que entrer je
dans fcs affaires domeltiques, pas qu'il prétendoit être maitre de fes Négres auffibien quand ils étoient morts,
quand
ils éroient vivans, & qu'il m'avertiffoir que
une fois pour toutes de ne me point embaratler de fa confcience, ni de fes Négres; mais feulement de faire ceffer les
maléficcs des Négres de notre Habitation qui faifoient mourir les fiens. Je --- Page 531 ---
Francoifes de LAmérique. furret 5or. 1698.
voulus lui faire entendre railon moyen : de
article, mais il n'y eut content pas
d'avoir
forre que je le quittai
quie Dieu
fait mon devoir, 8j jattendis iln'a pas manqué
y mit ordre, commp
de faire. Négre
me (uivoit avoit
Le petit
dirde nos Négres,
entendu ce
pour fe
NiatE
& le leur rapporta. faulfe Les.nôtres acculation, attenvenger de cette
voifin le Dimanche
dirent ceux de ce
d'une étrange
fuivant 1 , & les bartirent CC commencemaniere. Je vis bien auroit que des fuites fàment de batterie
mettoit ordre
cheufes, & que fi on fis n'y, châtier nos Néjls ségorgeroient. Je & fis dire à ce
gres fort févérement étoit à propos >
qu'il retint
voifin, qu'il
de mon. côréje (çaurois
les fiens, & que Mais aul lieu de ie faire
retenir les miens. d'époufer la.querelle
il eut Timprudence & s'étant mis à leur tète
de fes Elclaves,
blanc, ils fc
avec fon Commandeur
-ios
terent fur les nôtres
traverfe palfoient la fale
chemin
&
-
grand revenant de la Paroiffe,
vanne , en
beaucoup pice
les maltraiterent
depuis
preTe
fut facile ? parceque ne fouffrois pas qu'ils
miere batteric je
ni des bâtons,
portaffent des coûteaux
elle
il eut Timprudence & s'étant mis à leur tète
de fes Elclaves,
blanc, ils fc
avec fon Commandeur
-ios
terent fur les nôtres
traverfe palfoient la fale
chemin
&
-
grand revenant de la Paroiffe,
vanne , en
beaucoup pice
les maltraiterent
depuis
preTe
fut facile ? parceque ne fouffrois pas qu'ils
miere batteric je
ni des bâtons,
portaffent des coûteaux --- Page 532 ---
502 Nowyeanx Poyages anx IRes
1698.
Quelques Négreffes qui s'éroient
fauvées appellerent des Négres des Habitations voifines à leurs fecours 2 &
ceux des nôtres qui ne s'étoient point
trouvez aul commencement de l'action. Ils vinrent en grand nombre fur
le champ de bataille > où les nôtres
fe défendoient à coups de pierre - 2 I &
avec quelques bâtons qu'ils avoient gagnez.
Le fecours qui étoit venu à nos gens
rendit bien-tôr la partie inégale. Le
Maitre des attaquans & fon Commandeur eurent tous deux la tête callée,
l'un dun coup de pierre 9 & l'autre
d'un coup de bâton. Ils furcnt donc
obligez de s'enfuir > & de fe retirer
dans leurs cafes, où les nôtres les
fuivirent, & y-alloient mertre le Pats
& peut-êtrc à tout le refte de l'Habitation > fi les voifins qui étoient accourus pour appaifer le défordre > ne
les euflent fait retirer. Sept Négres
de notre Habitation farent blellez., 3
dont l'un qui avoit reçà un coup d'épéc dans la cuiffe $ avoit faifi ce voifin
all collet > & l'avoit défarmé. Son
Commandeur y avoit aufli perdu fon
fabre, il y. eut treize Négres bleffez du
côté du voilin. --- Page 533 ---
Françoifes de LAmbrigue. 503
On m'envoya avertir de ce défordre 1698.
de la Trinité, où mes affaires
au Bourg obligé d'aller apiès avoir fait
m'avoient à Sainte Marie. Je revins
le Service
2 mais
avec toute la diligence poffibie
le mal étoit fans reméde. Je trouvai
à panfer nos
lc Chirargien C
occupé
avec
bleflez, & le refte de nos gens
quantité de Négres de nos voilins
éroient venus
qui fe les
aller brûler joindre, leurs ennemis
paroient dans leurs à cales fi-tôt que la nuit feroit venuc. Je n'eus pas peu de peine
à les calmer, & fur tout les femmes
& les parentes des bleflez. J'en vins à
bouts & je renvoyai tous les Négres
étrangers qui étoient venus au fecours
des nôtres,
de la
J'écrivis aufli-tôt au Supericur
Miflion ce qui s'étoit palle, > afin qu'il
informât M, T'Intendant; ; mais ayant
en été averti quc le voilin avoit fait partir
fon Commandeur au commencement de
la nuit pour aller fe plaindre à l'Intendant, & montrer fa tête caffée 5 je réd'empècher les
folus de partir anfi,alin
eu
fuites de cetre affaire. Elle n'auroit
rien de facheux,s'il n'y avoit teu que des
Négres bleffez 2 mais il avoit deux
Blancs, & je n'étois pas a de trouver
mais ayant
en été averti quc le voilin avoit fait partir
fon Commandeur au commencement de
la nuit pour aller fe plaindre à l'Intendant, & montrer fa tête caffée 5 je réd'empècher les
folus de partir anfi,alin
eu
fuites de cetre affaire. Elle n'auroit
rien de facheux,s'il n'y avoit teu que des
Négres bleffez 2 mais il avoit deux
Blancs, & je n'étois pas a de trouver --- Page 534 ---
$04 Nowveaux Voyager anx Ies
1698. des témoins pour prouver
cet Habitant avoit étél'agrelfeur. : crus que
notrel bon droitavoir befoin d'un
de
fecours. Je partis donc environ T une
heure après minuit, & ayant appris P.r
les Négres que j'avois envoyez fivre
le Commandeur bleffe, qu'ils'étoit arrêté en chemin > parceque fa bleffire
nc lui permertoit pas de faire une traite
de huic bonnes lieués fans prendre du
repos; je m'arrètai aufli pour le laiffer
prendre le devant, & le pouvoir rencontrer dans le bois, où je voulois lui
parler fans témoins. Cela arriva comme je l'avois projetré; je le joignis, &
auffi-tôt les deux Négres qui l'accompagnoient prirent la fuite > craignant
d'être maltraitez par ceux qui étoient
avec moi, Le Commandeur même n'éroit pas fans crainte, je le connus aux
premieres paroles qu'il me dit, j'en
profitai, comme on peut croire 5 &
après lui avoir fait conter le fait comme il étoit arrivé, je lui dis qu'il devoit m'en donner un certificat. Il eut
de la peine às'y réfoudre, voyant bien
m'avoir donné cette piéce : > il
qu'il cherchât un autre Maitre.
grit
J'applanis cette difficulréd'une maniere
qui le contenta enticiement, Nous entrâmes --- Page 535 ---
Frangoifes de PAmérigue. 505 1698,
trâmes dans la premiere chemin, Habitation où que en.
fur le
nous trouvâmes de ceux qui y éroient , il dépréfence
Yaffaire s'étoir pallée : il:
clara comme
certificat qu'il
m'en donna uh ample fis figner à ceux qui
figna, &
je comme témoins de ce
étoient rteri de dire & d'écrire : je lui
qu'il venoit
deux oul trois heures
dis de fe repofer laiflois, ayant moi-mèau lieu oûj je le
du
me befoin de ce téms pour de me profiter donner.
certificat qu'il venoit
chez FIntenJe me rendis en diligence été informé du fait
dant quiavoir déja Je renouvellai les
par notre Superieur. avoient été faites, & enlui
plainres qui le certificat, jel le convainquis
montrant de mon bon droit.
apparteCommele voifin en méritoient queltion toute la
noit à des gens quelintendants qui
avoit pour
conlidération d'ailleurs étoient amis de
eux, & Maifon, qui
il me demanda fije ne
notre
aufli conteat d'un accommodeferois pas
Je l'en laiffai
ment que d'un & jel jugement. lui dis que j'en pallerois
le maitre,
où il voudroit,
avec plaifir
autre chofe que SEE
ne
RARLEES
je
fut bien tôt
;
bars
Faccommodemens
j'eus toute la fatisfaction queje pouvois Y
- Tome IV.
toient amis de
eux, & Maifon, qui
il me demanda fije ne
notre
aufli conteat d'un accommodeferois pas
Je l'en laiffai
ment que d'un & jel jugement. lui dis que j'en pallerois
le maitre,
où il voudroit,
avec plaifir
autre chofe que SEE
ne
RARLEES
je
fut bien tôt
;
bars
Faccommodemens
j'eus toute la fatisfaction queje pouvois Y
- Tome IV. --- Page 536 ---
506 Nowveaux
aux Ifes
-
Foyages
1698. prétendre > & la paix fut rétablie entre
nos Négres, moyennant quelques pots
d'eau-de-vie qu'on leur fit boire enfemble pour l'affermir.
Lc fieur de Saint- Aubin qui avoit été
le Proprictaire de l'Habitation que le
voifin dont je viens de parler occupoit,
avoit perdu un nombre confiderable de
Négres,
étoient morts cn peud'heures, dans
douleurs inconcevables, & cela par la malice d'un de fes Efclaves
qui les empoifonnoit dès qu'il remarquoit que le Maître étant content de
quelqu'un d'eux, ou lui donnoit quelque
marque de bonté.
Négre
Ce miférable érant à l'article de la
qui fe
fert d'un mort envoya chercher fon Maître pour
poifon lui demander pardon & lui avoiier
très-vif
qu'il
pour fai- étoit coupable de la mort de plus de
re mou- trente de fes
avoit
rir fes
compagnons, quil
Compa- empoifonnez. Il lui dit qu'il fe fervoit
gnons, pour cela du fuc d'une plante qu'on trouve au bord de la mer aux Cabefterres
des Ifles, qu'il n'eft pas néceffaire que je
décrive iC1. Il avoit foin d'avoir toujours un de fes ongles plus grand que
les autres 2 & lorfgu'il vouloit empoifonner quelqu'un, il alloic grater avec
cet ongle l'écorce de cette plante jufqu'a
cc qu'illeût rempli du fuc épais qui en
>
à
pour cela du fuc d'une plante qu'on trouve au bord de la mer aux Cabefterres
des Ifles, qu'il n'eft pas néceffaire que je
décrive iC1. Il avoit foin d'avoir toujours un de fes ongles plus grand que
les autres 2 & lorfgu'il vouloit empoifonner quelqu'un, il alloic grater avec
cet ongle l'écorce de cette plante jufqu'a
cc qu'illeût rempli du fuc épais qui en
>
à --- Page 537 ---
Frangoifes de LAmbrigue. 507
-
il retour- 1698.
fortoit. Avec cette provilion
pas
noit à la maifon, &c ne manquoit vouloit
d'inviter le mallicureux qu'il d'ean-de-vic.
à boire un coup
tuer s
le
, puis il en verIl bàvoit premier de la même boureille
foit à fa viétime coii dont il s'étoit fervi
dans le même
tenoit d'une malui-mème, mais qu'il
dans l'eauniere que (on ongle trempoit le venin dont
de-vie, & y, répandoit 11 ne fe paffoir jamais
il étoit rempli. fans
celui qui avoit bû
deux heures
convullions horritombât dans Es
ne
en peu de mobles, quttemponoisnte
reméde il
mens. On lui demanda-quel
en
à ce poifon, il dit quilny de fen- Reméde
yavoit avoit point d'autre que la racine & di- a fon, ce) poifitive épinenfe , qui étant pilée ce velayée dans du vin faifoit rejetter connoitre
nin. Je n'ai garde de faire être ne
cette mauvaile plante > peut- Ce fut
T'eft-elle que de trop de gens.
des cnfans du fieur de Saint-Aubin
un
de fa forqui me la montra. Onjugera vais dire. Si on la
ce par ce que je
du nez s
rompt > & qu'on odeur Tapproche fi forte & fi pénéelle a une
fi nuilible 9
trante 1 & en tomber mème-rems la perfonne en
qu'elle feroit
laifloit le tems Ei
moifon, fi on l'y
Y ij --- Page 538 ---
508 Nouveaux
aux IRes
Yoyages
d
1698. fut pour dire la moitié dun Ave
Maria. J'en ai fait Texpérience,8 jen
donne le reméde, qui eft un des plus /
affûrez contre. poilens que je connoiffe,
& qu'il y ait peut être dans toute la
Médecine.
'Trois cf- Ilya trois efpeces de fenfitives. Sije
péces de ne craignois de met tropé éloigner, du fenfenfiri- timent
lesréduiroisà
ves.
commun,jel
deux;
à celle qui cft épincufe 2
eft la meilleure 2 & à cclle qui t fans épines,
que l'on diftingue en mâle & fémelle,
parceque les fetlilles de l'une font
grandés que celles de l'autre. Tout
P'z
monde (caitimque cette plante eft appellée fenfitive, ou plante vive, parceque dès qu'on la touche, foit avec un
bâton, foit avec la main > fes feiilles
s'approchent l'une de l'autre > fe ferment, & demeurent quelques momens
comme collées enfemble : > après quoi
ellcs fe r'ouvrent & reprennent leur fiquation ordinaire. On fc fert fouventde
cette proprieré, pour furprendre la fimplicité de ceux qui ne la fçavent pas, &
particulierement des fillesà quil'on fait
croire que le mouvement de ces feiulles
eft une marque de leur fageffe > ou du
contraire.
Je ne fçai ou le Pere du Tertre avoir
> fe ferment, & demeurent quelques momens
comme collées enfemble : > après quoi
ellcs fe r'ouvrent & reprennent leur fiquation ordinaire. On fc fert fouventde
cette proprieré, pour furprendre la fimplicité de ceux qui ne la fçavent pas, &
particulierement des fillesà quil'on fait
croire que le mouvement de ces feiulles
eft une marque de leur fageffe > ou du
contraire.
Je ne fçai ou le Pere du Tertre avoir --- Page 539 ---
Françaifes del TAmbrigué. cherché cette 5eg 1698.
tes yeux quand il dit avoir trouver à la Guaplanre fansl la n'en pouvoir avoir trouvé de veritadeloupe, &
att Quartier de
ble qu'à S. Rien Chriftophe n'eft plus commun que
Cayonne:
des trois efpecette herbe dé qpelquane à la Martinique,
ces qu'on la fouhaite
Marie-
-la Guadeloupe, la Dominique, Ifles, on la trouve
Galante , & autres furles bords de la mer: ,
par tout corimunément jufques
dansles terrains
& plus arides,
dans les bons.
fecs &
que
eft la.plus petité
La fenfitive épincufe Elle vient de femence
des trois bouture. efpeces: La racine qui produit &
& de
eft longue dun demiqui foutienclat rige alfez groffe vers la fupied ou environ, de la terre finiffant en pointe filets s
perficie elle eft prefque toute couverte de T'enaffez longs & fouples. dedans La peau eft qui blanc,
veloppe eft brunc 2 le fans odeur, d'une
moëlleux, (pongieux, Elle 3
plufieurs
faveur affez douce.
font pouffe longues, &
branches Oll tiges qui
fe
&c
foibles, qui rampent à terre, plient : tenSeurelafient 5 clles font fouples de petites 2
dres, moëlleufes, crochués, & garnies & fort poinépincs un
vienuent toujours couttucs. Ses
relimter
Chaque petite branche ou fcion
plées.
Y iij --- Page 540 ---
S1o Nomveaux
aux Ifles
1658. en a depuis onze
quinze, il eft
rare
PART
d'en trouver plus ou moins. Elles
font deux fois plus longues que
d'un verd brun par-deffus, plus clair larges,
deffous. Elles font affez fortes
parquoique
peu charnuès, & toures garnies fur le
deffous & par les bords de petites
nes fines, droites & affez fortes. épiLa fleur de cetteplante eft un bouquet
de quantité de petits filets blancs,
&
déliez,
fins,
long d'un demi pouce, dont
les extrémitez font artondies en forme
de bouton jaune, > en la place defquelles
on voit enfin fortir de perites filiques
brunes > qui renferment des femences.
ovalles, platres, dures, brunes, environnées d'un petit filet d'une couleur
plus brune. Chaque filique eft environnéc fur fes bordsd'une elpece de cordon
compofé de petites épines courtes, feches, grifes, qui femblent être
fées de maniere à empècher
difpopuiffe prendre les femences de la qu'on plante. ne
Quelques gens prétendent que les feiilles de cette efpece infuféesdans de l'eau,
& prifes commellpecacuania, produifent le même effet. S'il ne s'agit
de
faire vomir ils out raifon; car rien que au
monde n'y eft plus propre, mais il faut
être habile pour compofer un reméde >
, grifes, qui femblent être
fées de maniere à empècher
difpopuiffe prendre les femences de la qu'on plante. ne
Quelques gens prétendent que les feiilles de cette efpece infuféesdans de l'eau,
& prifes commellpecacuania, produifent le même effet. S'il ne s'agit
de
faire vomir ils out raifon; car rien que au
monde n'y eft plus propre, mais il faut
être habile pour compofer un reméde > --- Page 541 ---
RPJCB --- Page 542 ---
Dom. 4-pg.5u.
Senritive
commune
S /
- --- Page 543 ---
Frangoifes de LAmerique. S11 1698.
auffi vif & aufli fort qu'cit
dun poifon feiilles de cette plante. Le Pule fac des
de lui
ce
me
apprendre
blic
di(penfera dire fur ccla, il fuffit
que j'ai entendu le remede unique 8
quil (çache que
cft la racine
fpécifique contre ce poifon
& prife
de la même plante préparée de finir cct at
comme je le dirai avant
ticle.
de fenfitives
Les deux autres cfpéces commeles
quele Perc du Tertre regarde trouvées
veritables, & qu'il dit quiln'a
qu'à S. Chriftophe, ne font
épineufes. Elles croiffent en
mitn
ai vû par tout à la Martinique de eit quatre dé-
& cinq pieds de haut, leur tige
Senfitive
licare, fragile 3 moëlleufe 2 couverte ad- comme:
d'une écorce verte, mince valfez bran- ne.
herente. Elle pouffe beancoup de
&
ches qui fe fubdivifent feuilles en rameaux font attaen petits fcions où les
fe
chées deux à deux, de maniere qu'en
retréciflant Ou fe couchant, elles fe renl'une dans l'autre : elles
ferment d'un prefque verd brun avec de petits points
font
La Aeur de cette elpece eft un
rouges.
feiilbouquet de très petitesrofecsicing de roules de couleurl bleie avec un
fuccedent
SCH filiques
Ronpia ge aufquelles de deux pouces ou environ >
Y iv --- Page 544 ---
SI2 Nowveaux Voyages aux Ies
1698.minces, délicates, ; & remplies de petites graines plares,
prefque la figure d'un caeur > Antalr & d'une couleur de noir luitré.
On diftingue cette efpéce en mâle &
fémelle, & cette diftinction fc prend
uniquement par - la grandeur dcs fcuilles
qui font
grandes dans le mâle que
dans la
Mais avant de
RROE
convenir
de cela, il faudroit fçavoir bien exactement, s'ils font de mèmed ige, dans un
terrain également bon, dans une égale
expofition, & bicn d'autres circonftances que je n'ai pasexaminées, & qui me
paroiffent aflez
impoi itantes.
Voici ce que P promis de dire de la
racine de la fenfirive épincufe.
Je fits appellé au mois de Décembre
1696. pour confeffer un Négre qui appartenoit au fieur de Laquant
tiencede Expé. de Milice du Quartier de Sainte Capiraine Marie
la racine à la CabeRerre de la
de 'enf. trouvai ce
Martinique. Je
tive épi.
pauvre malade dans des douneule, leurs & dans des convulfions épouventables. J'en tiraice que je pus, vàl'état oi
il étoit, pendant qu'on préparoir la racine de fenfitive épineufe qu'on alloit
lui faire prendre - & qui devoit -
décider
de fon fort > c'eft-ddire, lc guérir en
lui faifant rejetter le poifon, > s'il avoit
trouvai ce
Martinique. Je
tive épi.
pauvre malade dans des douneule, leurs & dans des convulfions épouventables. J'en tiraice que je pus, vàl'état oi
il étoit, pendant qu'on préparoir la racine de fenfitive épineufe qu'on alloit
lui faire prendre - & qui devoit -
décider
de fon fort > c'eft-ddire, lc guérir en
lui faifant rejetter le poifon, > s'il avoit --- Page 545 ---
Tom 4 pag-sie.
Jensitive épinewre.
a s
oE
R
* U
& P €
e
398EE a a
S
scesteee -
--- Page 546 ---
ÉPJCB --- Page 547 ---
Françoifes de T Amérigue. l'achever 513 1698.,
affez de force pour cela > ou
afde momens, f la nature trop
en peu
réfifter à la viofoiblie ne pouvoir pas du reméde.
lence de Topération la racine tout récemment
Après que eût été gratéc, dépotillée
tirée de terre
lavée & effuyée,onl la
de fa peau brune, & on la réduifit en
pila dans un mortier,
d'une
pâte, dont on prit le poids remit dans piece le
de quinze fols
l'on ft diffoudre en la
mortier où l'on r
broyant bien avec du vin rouge quel'on Quand
verfoit tpeui peu dansle mortier. diffoure dans le
la pâte fut enticrement lai fit
il y en avoit
vin, o1l le
Il prendre, étoit fur un matelas
un bon verre. deux feux : on ne laiffa
poféàtere entre
affezinutilemenr,
pas dele bien couvrir moins d'un Mi
comme je croi, car en
perere! le reméde commencal operer par
qui fut accomune fueur extraordinaire, très-violentes,. &
pagné de convulfions fembloit lui aller
d'un vomiffement qui
la bouche,
faire réndre les inteltins par animal vi- Efferpro
pendant lequel il rendit un
d'envi-de digcux iaravant de la grolfeur du pouce,
cine de
de longueur, ayant fe.fitive,
ron quatre pouces de plus dun
de
quatte jambes
avec
divifées en trois
Lenticta
longueur
comme celles d'un rat.
de petites griifes
Yv.
convulfions fembloit lui aller
d'un vomiffement qui
la bouche,
faire réndre les inteltins par animal vi- Efferpro
pendant lequel il rendit un
d'envi-de digcux iaravant de la grolfeur du pouce,
cine de
de longueur, ayant fe.fitive,
ron quatre pouces de plus dun
de
quatte jambes
avec
divifées en trois
Lenticta
longueur
comme celles d'un rat.
de petites griifes
Yv. --- Page 548 ---
S14 Nowveaux Vojages aux IRes
1698. Latètene fe difinguoit du refte du corps
dece par le mouvement du col, il avoit
petits yeux, & une gueule armée
de dents, Le dos étoit couvert de deux
aîles à
près de la matiere & de la
figure Rce celles des chauvefouris, & le
refte du corps couvert d'un poil rougeicre, court, dur, mais en petite
.tité. Le malade rendit beaucoup de
& de
Eugr
matiere bleuâtre après qu'il cit
rejerrécetinfecte, & tomba enfuite dans
une défaillance qui dura long-tems, &
dontron ne pic. le faire revenir qu'à
force de cordiaux. Un moment après
que cet animal fut forti, il fe mit à remuer fes ailes, &c fortit de deffits la table
où on l'avoit mis, il tomba à terre en
volsigeant, mais il n'avoit pas la force
de fe foutenir. Onle mit dans une bouteille avec de l'eau-de-vic pour le conferver. On m'affurra que c'étoit la quatriéme fois que la racine de fenfitive
avoit guéri des Négres
mais on n'avoit point encore empoifonnez vû un effet s
femblable à celui-ci. Il n'y avoit que
cinq ou fix jours que ce Négre avoit
commencé àfe trouver mal, peut-être
avoit-il pris le poifon long-tems
ravant : car il femble qu'il faut un aupa. tems
confiderable pour qu'in poifon puide --- Page 549 ---
Françoifes de PAmerigste. Sisldansle corps d'un homme une 1698.
produite corruprion. On (oupconnoit un
pareille
Aradas.d'ètre l'auteur de
vieux Négre
mais faute de
ces empoifonnemens 2
on ne pouvoirle: mettre en Jufpreuves tice. Sa mort qui arriva bien-tôt après
viens de dire, délivra les Néce quej je
Habitation de la crainte
gres de cette
oû ils étoient d'ètre empoifonnez.
Fin de la' quatriéme Parit."
Yvj --- Page 550 ---
SiG
TABLE
rSVs VT VEV YW VTT TVA
A
Fa
elo clo elo elo elo elo
ofo
à
ole
eYo
1a WWA AYA
T ABLE
DES MATIERES
contenués dans la quatrime
Partie,
A
A Bus touchant la nourriture & en-
-
tretien des Efclaves aux Ifles de
l'Amérique,
Affcétion des Négres pour leurs Maitres >
Allarme caufée par un Serpent 2
Archevèque de Saint Domingue, nommé Dom Ferdinand de Cariaval de
Ribeira arrive à la Martinique. Hiftoire de ce Prélat,
38;
L'Archevèque de Saint Domingue donne la Confirmation à la Martinique : s
& à la Guadeloupe 392. Il va au Fort
Royal 393. Il palle en France dans un
Efclaves aux Ifles de
l'Amérique,
Affcétion des Négres pour leurs Maitres >
Allarme caufée par un Serpent 2
Archevèque de Saint Domingue, nommé Dom Ferdinand de Cariaval de
Ribeira arrive à la Martinique. Hiftoire de ce Prélat,
38;
L'Archevèque de Saint Domingue donne la Confirmation à la Martinique : s
& à la Guadeloupe 392. Il va au Fort
Royal 393. Il palle en France dans un --- Page 551 ---
DES MATIERES.
Préfens
21Z
Vaiffeau du Roi 395.
que
firent les Jacobins,
Paul
cA2
'Arrivée du Pere
Superieur à la
ral des Miflions des Jacobins
Martinique,
Arrivée du Pere de la Frefche > Supe- Marrieur Géneral des Jacobins à la
L'Auteur tinique, eft attaqué du mal de Siam.
de cette malaEffets extraordinaires
die fur lui,
d'un 307
Il court rifque d'ètre mordu
gros
Avis Serpent, de P'Auteur aux Habitans, >
B
Alais de. Sucrerie 2 leur forme, &
B' leur matiere,
Bacs & Canots à ficre & à terre. Leur
forme &c ufage,
matiere, grandeur,
III
Futailles où l'on met le SuBarriques. Leur matiere, grandeur, poids,
cre.
Becs de Corbin. Inftrumens de cuivre, forle Sucre chaud, leur
pour porter
& la maniere de
me & grandeur 2
s'en fei vir,
dont on fe fert
Blanchets. Gros draps, 2 --- Page 552 ---
T d A BLI E
pour paffer le Vefou,
Braguez (le Pere ) Jacobin. Son voyage
aJuda en Guinée, & fes entretiens
avec le Roi. & le Marabou ou Prêtre
de ce pais-là,
Burgans de Teinture. Efpece de Limaçons de mer. Leur defcription, & la
maniere d'en tirer la couleur de pourprc,
C
0e Abrouets, ou Charettes, leur
deur. Cabrouettiers ou EEOEE
tiers >
Cailles à pafTer le Vefou ou jus de Cannes >
Calenda, danfe favorite des Négres,
mouvemens & difpofition des danfeurs. Les Religieufes Efpagnoles la
danfent par dévotion; elle ne laiffe pas
d'être très-juftement défendué chez
les François,
Calomnic contre les François au fujer
des Négres. Comment on les vifite
avant de les acheter, & comment il
faut traiter les Négres nouveaux 5
Cas de confcience touchant les Négrcs,propofé & réfolu en Sorbonne,
--- Page 553 ---
DES MA T I-E R ES. 519
ou maifons des Négres. Leur
Cafes conftruction. >
Ils y ont toujours du
Canelle feu, des Iiles, ou Canelle bârarde 5
improprement Laurier aroappellée
matique >
bâtarde. Sa
Canne d'Inde ou Seguine
defcription & fon ulage, fervent de mfi
Canots de bois, qui
chiffoirs, arbre. Sa defcription, fonChâtaignier, fruit. Ufage qu'on. en peut faire s
Chaudieres à Sucre. Leur nom > leur ufanombre, matiere, grandeur &
Chaudieres ge,
de fer. Leur commodité ,
& leur incommodité, Oflicier nécelfaire dans
Chirurgien Habitation. 2
Avis fur cet article,
une
recevoir & conferver les
Citernes pour
firops de Sucre, dont on faitlacouCochenille, ,Infecte, Defcription de IInleur d'écarlate. des lieux où on le trouve , de
fecte,
on léleve 9
fa nourriture 2 comment
& comment on le recuëille, confidérable
Cochenille. Commerce en faire aux Ifles, 274
qu'on pourroit
licier nécelfaire dans
Chirurgien Habitation. 2
Avis fur cet article,
une
recevoir & conferver les
Citernes pour
firops de Sucre, dont on faitlacouCochenille, ,Infecte, Defcription de IInleur d'écarlate. des lieux où on le trouve , de
fecte,
on léleve 9
fa nourriture 2 comment
& comment on le recuëille, confidérable
Cochenille. Commerce en faire aux Ifles, 274
qu'on pourroit --- Page 554 ---
TABLE
Coffre de fer d'une Eruve. Sa figure &
la maniere de le pofcr,
I07
Colibri, ou Oifeau-mouche. Sa defcription, & maniere de l'élever 2 317
Commerce de Guinée 8 de Sénégal,
en quoi il confifte, & comment il fe
fait,
Compte du revenu & de la dépenfe d'une Habitation,
Corfaire Anglois fait une defcente au
Marigot de la Martinique : fuccès de
fon entreprife,
Corfaire Anglois, qui tente une defcente à l'Habitation des Jacobins, & eft
repouffé,
Couleuvres ou Covreffes. Serpens fans
venin. Leur defcription,
Couleuvres de la Dominique appellées
Têre-de Chien. Leur graiffe admirable pour pluficurs maux , & même
pour la goutte. Maniere de.s'en fervir, & précautions qu'il faut prendre
dans les pais froids,
Couteaux à mouvoir le Sucre dans les
formes, > leur matiere, forme & grandeur >
Cuilliers à Sucre. Leur nombre, grandeur, matiere & ufage,
--- Page 555 ---
DES MATIERES. 52*
D
Alle, ou Dallot. Petit canal pour
D recevoir & conduire les écumes
hors du glacis des chaudieres, & de 14 la
Danfes. des Négres de Congo,
Défaut Mine, du Sucre mis en barrique ou en66
fermé mal-i-propos, 2
nommé
Defcente d'un Corfaire Anglois de la
Georges Roche > au Marigor fuccès, 370
Martinique., fon mauvais avec le feur de
Différent de l'Aureur
Mareiil Lieutenant de Roi, au fujet
de la Garde,.
Difpofition & partage d'un Tetrain pour
faire une Habitation,
E
de Cannes, 5 autrement
EE Guildive ou Taffia. Samatiere,
fes qualitez, , & le profic quilyaden 168
faire,
Ecliple totale du Soleil, 2
Ecumoires de Sucrerie. Leur nombre s
grandeur & matiere,
Efet merveilleux du Tonnerre, 3'5
Emploi des Négres d'une Habitation.
--- Page 556 ---
T ABLE
État & nombre des Efclaves néceffaires
dans une Sucrerie,
Eruve, licu oà l'on met fécher les for- 173
mes de Sucre. Scs proportions & fa
conftruction,
Euvage. Elévation dc pierres ou de 107 carreaux s' pour augmenter la hauteur &
la circonférence des chaudieres à Sucre >
Evénement prodigieux caufé par une
Négreffe Sorciere s
Expérience de l'Auteur fur les Cochenilles,
F
célebrée à Juda pour confulter
le
F
Serpent 5 -
Figuier fauvage. Sa defcription, Erreur
du Pere du Tertre à ce fajet,
Fontaines des Formes de Sucre. Ce 361
c'eft, & ce qu'on en fait,
que
Formes à Sucre. Leurs differentes 92
ces, lcur
efpématiere, grandeur > bonté
ou mauvaifes qualitez. Maniere de
les cercler, de s'en fervir, de lcs racommoder, Obfervations fur celles
qui font neuves,
Formes neuves, Précautions qu'il faut
prendre avant de s'en fervir,
8z
ce fajet,
Fontaines des Formes de Sucre. Ce 361
c'eft, & ce qu'on en fait,
que
Formes à Sucre. Leurs differentes 92
ces, lcur
efpématiere, grandeur > bonté
ou mauvaifes qualitez. Maniere de
les cercler, de s'en fervir, de lcs racommoder, Obfervations fur celles
qui font neuves,
Formes neuves, Précautions qu'il faut
prendre avant de s'en fervir,
8z --- Page 557 ---
DES MATIERES
Leur
Tenttr
Fourneaux des Sucreries.
matiere & conftrucion, Sa
grandeur,
d'un Vaifleau.
Fourneau à l'ufage
defcription >
faire dans le
Friponneries que Pon peut de les connoiSucre brut, 8 moyen
7E
tre,
G
Comment or
de Serpent. Maniere de s'en ferGHE la conferve.
plufieurs mavir, & fes vertus pour
ladies,
oifeaux. lly en a
Grives ou Tourdes,
de deux elpéces, 3 dont les Négres fc
Elpece de Guitarre
Tervent.
H
& Herbe à Blé.
à Pique >
& leurs ufaLeurs delcriptions,
Ht
ges,
Nantois 5 qui
Hiftoire d'un Capitaine en achetant du
fe trompa lui-même
Sucre, d'Aniaba, fils du Roi d'lligni
Hiftoire
fur la Côte de Guinée, --- Page 558 ---
sf4
TABLE
I
- Eu de Coquilles', ordinaire aux Ne
gres,
Inftruétion pour ceux qui achetent des
Sucres,
Invention dc l'Auteur pour rendre du
Sucre plus blanc,
IIS
L
Ampes de Sucrerie. Leur nomhbre ,
forme & matiere
L" Langues differentes qui font en ufage fuxr
les Côtes d'Afrique,
Leffive dont on fe ferr pour purger le
Sucre. Sa compofition,
Lianne brûlante ,.
Lianne appellée Crocs-de-Chien, 166
Liannes à Barriques,
Lianne à Sang. Sa defcription & fon
ufage,
Lianne à Eau. Son ufage, & fon utilité,
LianneJ Jaune. Son ufage, >
Lianne percée, Erreur du Pere Plumier
fur la prétendué vertu de cette Lianne >
Lits des Négres & autres meubles de
leurs cafes,
--- Page 559 ---
S. Sts
DES MATIERE de fer étroites,
Louchets, , petites dans pelles les Sucreries, 43
Leurs ufages
M
Herbe. Sa defcrip:
fon uage,,
à Su- 33
les chaudieres
M'
Maniere de monter)
cte fur les faire fourneaux, la Leflive pour purger
Manicre de
le Sucre,
les Formes du SuManiere de remplir & de le déboucre, de le mouvoir,
cher ou de raper,
la raifon
Manicre de locherle Sucre,8
de ce travail, les Formes,
91 /
Maniere de planter les Fonds,
Maniere de faire le Sucre qui fort de
Maniere de piler
IIS
T'Eruve de pefer le Sucre, & de calcuManiere
ler fon prix, 2
pourroit établir aux
Manufadures qu'on
Ifles,
de toile de Coton, de
Manufactares
de Soufre, d'ADraps, de Verres, chofes.
Jun, autres
qu'on peur
Nanahundifoadturete
un
RESEIEE
ter aux Ifles avec profit
ble,
Fonds,
Maniere de faire le Sucre qui fort de
Maniere de piler
IIS
T'Eruve de pefer le Sucre, & de calcuManiere
ler fon prix, 2
pourroit établir aux
Manufadures qu'on
Ifles,
de toile de Coton, de
Manufactares
de Soufre, d'ADraps, de Verres, chofes.
Jun, autres
qu'on peur
Nanahundifoadturete
un
RESEIEE
ter aux Ifles avec profit
ble, --- Page 560 ---
TABLE
N
Nse néceffaires à unc Sucrerie s
Négres. Ils éventent les Serpens, comme les Chiens de chafle éventent le
Hiftoire,
41I
Efclaves que l'on apporte aux
NEET
lfles : d'oà ils viennent, comment on
les prend , qui font ceux que l'on
vend, qui font ceux quiles enlevent
dans leur pais,
Négres : leur prix dans leur pais, 428
Raifons quiemp@chentleur converfion,
Négres. Ils font naturellement éloquens
458. Leur maniere d'agir quand ils
.ont des differens entr'eux 459. Comment il faut les punir quand ils vont
marons 461. Ils aiment le vin, l'eaude-vic, la danfe, le jeu, & les femmes; >
Négres. Ils ont un foin particulier de
prier Dieu
les morts, s
Ils font un Retbeie le jour de leur Fête 3 &
lcs enfans le continuent après la mort
de leurs peres ou de leurs parains.
Comment fe paffent CCS Feftins s
--- Page 561 ---
S.
$27.
DES MATIERE
chair
Négres Aradas aiment beaucoupla 474
: de Chien font 2 extrémement railleurs
Négres. Ils fidelité les uns envers les
480. Leur
maniere de cacher ce
autres. Leur volé 481. Ils font pleins
quils ont Deux Hiftoires fur ce fude vanité.
fimplicité touchant lécriNSa Leur
ture, habillemens. Il eft rare qu'ils des
Leurs foient chauffez 487. Habillement confifte leur
Négrelfes 488. En quoi
beauté 489. Ils font -
extrémement *
tiens.
de leur
tompart
Exemple Négres. Leurs mariages, herbes crués 495. ils
Ils n'aiment pasles
de paroitre
affeétent quelquefois
Ils Bat
fimples quils ne font 496.
fort vindicatifs,
Reméde affiré
Négres empoifonneurs fortes de poifons, 507
contre toutes
mariere,
Noms, nombres, 2 grandeurs, à Sucre, 24
& ufages des chaudjeres
O
des Sucres terrés & palles,
Rigine
de Guinée en poudre & en grains.
Or
. ils
Ils n'aiment pasles
de paroitre
affeétent quelquefois
Ils Bat
fimples quils ne font 496.
fort vindicatifs,
Reméde affiré
Négres empoifonneurs fortes de poifons, 507
contre toutes
mariere,
Noms, nombres, 2 grandeurs, à Sucre, 24
& ufages des chaudjeres
O
des Sucres terrés & palles,
Rigine
de Guinée en poudre & en grains.
Or --- Page 562 ---
TABLE
Tromperie que les Négres font en
le vendant, & la punition qu'on en
fait,
Ordonnance qui défend de rien acheier
des Négres, fans un billet de leurs
Maitres, mal executée,
P
dont on fe fert pour piler le
Sucre. Leur forme
P"ieer
& matiere 9
Piftaches, plante & fruit. Vraies & FZ
fes. Leur defcription, ufage, & qualirez prétenduès. Erreur du Pere du
Tertre (ur ce fruit,
Plâtre en poudre, dont quelques Sucriers fe fervent pour tromper les
Marchands,
Plumier (le Pere ) Minime Botanifte.
Son voyage à la Martinique avec le
Médecin Surian. Leur Hiftoire 326.
Erreur du Pere Plumier fur la couleur
de pourpre,
Plumorter le Sucre, Mauvaife pratique
des Rafineurs,
Pomer, Marchand Droguifte. Son erreur fiur ia Cochenille,
Pomer , Marchand Droguifte > s'eft
trompé aul fujer du Sucre & de bien
d'autres choles,
5o
Poinçons --- Page 563 ---
DES NATIERES
de fer & de bois pour percer
Poinçons
cft dans les formes, 36
v: le Sucre qui des Barriques de Sucre
Poids ordinaire
brur & blanc 3 charbon
TonPoudre réduite en
parle" 316
nerre,
tirer confiPouffolane. On en pourroit
de la Guadeloupe,
dérablement
conduit en
Préfident de S. Domingue Il meurt
E(pagne les fers aux pieds.
en chiemin, Sucterie. Comment on
Produit d'anc
I51
en peut Lieu juger, oul'on met les Formes
Pangetic
les blanchir. Sa conf
de Sucre pour
truction's fes melures.
R
Hollandois, Flamands s
Affineurs
meilleurs & plus
R & Allemands,
& fur tout
les François,
- C vigilans Créolles, que
a 137
que nos Allemand, nommé Corrieille
Raffineur
I;S
de Jerufalem,
ConfRaffineur négligent T'Auteur, ou ignorant. 141
mént cortige par Vaiffeaudont on (e fert
Rafrsichiffoire Sucreries & Rafineries, 27
. dansles
Z
Tome IV.
s
Affineurs
meilleurs & plus
R & Allemands,
& fur tout
les François,
- C vigilans Créolles, que
a 137
que nos Allemand, nommé Corrieille
Raffineur
I;S
de Jerufalem,
ConfRaffineur négligent T'Auteur, ou ignorant. 141
mént cortige par Vaiffeaudont on (e fert
Rafrsichiffoire Sucreries & Rafineries, 27
. dansles
Z
Tome IV. --- Page 564 ---
TABLE
Raquette, ou Poirier piquant. Sa defcription, & fes effers,
Raquertes qui couvrent la Fortercffe de
Saint Thomas,
Raquettes. Maniere de ciieillirile fruir,
1 & de l'accommoder,
Raquettes. Elles font excellentes pour
a faire de la gelée,
Raphaël ( le Rere ) Carme: Il vouloit
érablir fes Religieux dans les Paroiffes
des Jacobins à la Martinique, 322
Religion des Négres:,.
445 CT
Reméde pour tirer les épines des Raquettes, > & pour lcs diflocations, 340
Relpedt des Négres pour leurs Parains 2
1 & pour les vieillards,
Refpect que les Négres cxigent de leurs
femmes. Hiftoirel far ce fujet.
S
I
SAtant Soye & Souffre dont on
pourroit fairc un négoce confidérable aux Ifles,
Saifon oà les Serpens quittent leur peau,
Senfitive 3 plantc. Defcription de fcs
trois e(péces 507. Erreur du Pere du
Tertre. Expérience de la vertu de la --- Page 565 ---
DES MATIER 1 E S. 531
racinc de la Senfitive épineufe. S12
Leurs ceufs & leurs petits 412. Ifles
Serpens. Comment ils saccouplent, & les ils
: oi on en trouve 413. Comment 417
tuent les animaux.
44P
Hiftoire à CC fujer,
Singes: de Sucre. Ufage qu'on en fait, 2
Sirops
en
faire 2
& qu'on
de dix
omtid
Sucres
Maniere de
Sucre brut, ouMofcouade
le faire,
tems & raiSucres. Leur prix en 1694.
fon de leur augmentation & > fa fabri- 73
Sucre Terré: Ce quece,
79.
que,
on
fa fabrique,
Sucte Pallé. Son origine,
fon prix, & fa qualité,
12I
Sucre d'Ecumes. Sa fabrique, >
12;
Sucre de Sirop detrois efpéces * 133
Sucre Raffine. Sa fabrique 2 Tromperic
Sucre Royal. Sa fabrique.
qw'on-fair à cei fujets ceft, 25MI
fa mauSucre Tappé. Cc- que.
vaife qualité, ,
& fa fabrique,
Sucre Candi. Sa matjere
Sacreric, lieu ou Fon fabrique le Sucrer confSa difpofition 1, grandeur > &
I
cre d'Ecumes. Sa fabrique, >
12;
Sucre de Sirop detrois efpéces * 133
Sucre Raffine. Sa fabrique 2 Tromperic
Sucre Royal. Sa fabrique.
qw'on-fair à cei fujets ceft, 25MI
fa mauSucre Tappé. Cc- que.
vaife qualité, ,
& fa fabrique,
Sucre Candi. Sa matjere
Sacreric, lieu ou Fon fabrique le Sucrer confSa difpofition 1, grandeur > &
I : aructions
Zij
Or --- Page 566 ---
$32
TABI L E
Sucrier de Montagne s ou bois aBarrique 9 arbre dont on fait les Futailles,
16;
Sujet du fecond voyage du Pere Plumier
Minime à la Martinique,
Superftition des Négrest touchant les Ser.
pens,
Superftition d'un Habitant de la Martinique >
Surian., Medecin Provençal. Sa vie &
fa mort.
T
Ambours dont les Négres fe ferT
vent pour danfer le Calenda 2
Terre propre à blanchir le Sucre. Ses
différentes. efpéces; fa préparation ,
& maniere des'en fervir,
Thé naturel des Ifles. Sa defcription -
Tonneliers Négres. Profit qu'ils rapportent à leurs Maîtres.
V
ou Diftillatoire. Lieu Tot
l'on fait l'Eau-de-vie de Cannes.
Vis
Ses uftenfiles, & la maniere de faire
cette liqueur.
--- Page 567 ---
MATIER E 2 S. 533
DES
Efclavcs dans une
Utilité des Ouvriers
en reHabitation, &c le profit qu'on 182
tire.
de Ta Table des Matieres de la
Fin
Partie.
quatriéme
DELESPINE,
Dc TImprimetie Lib. de ord. CH.JEAN-BAPT.I du Roy, rué Saint
Imp. Jacques, au Palmier, 1741. --- Page 568 --- --- Page 569 --- --- Page 570 ---
35892-4 --- Page 571 ---
E742
Audn
V, - --- Page 572 --- --- Page 573 --- --- Page 574 ---