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13- L
3ohn Carter Groton. --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
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Benes
1729-9 --- Page 6 --- --- Page 7 ---
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DU PERE LABAT,
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IS L 2e E S
DE
L'A M E RIQU E.
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N T E N A N T
Une exaéte Defcription de toutes ces Ifles; des Arbres, Plantes, Fleurs & Fruits qu'elles produifent; des Animaux, Oifeaux, Reptiles &x Poiflons
des Habitans, deleurs Moeurs &
des Manufactures, & du Commerce
ERzCE
qu'ony y fait 8c.
EN II POLUM E S.
176 LABAT (J. B.) Nouvean Voyage aux les Isles Moeurs, de &c. l'Amérique, 21 vols. 4to. contenant maps and I'Histoire plates,
Naturelle de ces Pays, TOrigine,
La Huye, 1724
Priced, old calfgilt, 1836,J. Bohn, 25s £2.8s. Fetched, 1855, Bernal's sale, 30s.
a Det toutes les relations du P. Labat, celle- ci estl animaux la plus estimée. et des Dans ilai ses montré notices un sur talent les
procédés des manufactures, dans ses dans descriptions un religieux, des étranger par son plantes, état et ses occupations prinqu'on cipales n'aorait aux arts pas mécaniques cru rencontrer et à l'histoire naturelle. Ou regrette seulement qu'il ait grossi d'un sa
relation d'une foule de petites anecdotes, la plopart malignes, sur les familles du pays, et qui,
médiocre intérêt dans le temps, Boucher n'en ont de la plus Richarderie, aucun aujotund'hete Bibliothique des Yoyages; vol.ri.p p. 195. --- Page 8 ---
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L DI8 AM AT
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N O U V E AU
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AUX
ISLES
DE L'A M ERIQUE
C 0 N T E N A N T
L'HISTOIRE NATURELLE DE CES PAYS,
l'Origine, les Mceurs, la Religion & le Gouvernement des
Habitans anciens & modernes :
Les Guerres 6 les Ervenemens finguliers quiy font arrivez pendant
lel long ftjour que Fauteur 2 a fait:
LE COMMERCE ET LES MANUFACTURES
quiyf font établies, & les moyens de les augmenter.
Owernge enrichi d'un grand nombre de Cartes, Plans, d Figures en Taille-douce.
T 0 M E
P R E M I E R.
L a
H A Y E,
Chez
TJOHNSON. P.GOSSE.
(PMEBEREN VAN DUREN. RALBERTS. & C. LE VIER
MDCCXXIV, --- Page 10 ---
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21 d de
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TWOIASM 17
TAI DA
UTAI - AtoTanee --- Page 11 ---
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A SON EXCELLENCE
M
N S IEU R
DIEGO DE MENDOÇA CORTE REAL,
GRAND TRESORIER DE LA VILLE DE BARCELLOS, ET ENVOYE EXTRAORDINAIRE
ET PLENIPOTENTIAIRE DE SA MAJESTE'
LE ROI DE PORTUGAL, AUPRES DE L. H. P.
LES SEIGNEURS ETATS GENERAUX DES
PROVINCES UNIES, &rc. &c. &c,
CONSIEUR,
Ayant à publier ici une nowvelle d curieufe Relation des Ifes
Antilles de Ldmérique, nous avons cri ne la pouvoir mieux dé-
*
dier
TE REAL,
GRAND TRESORIER DE LA VILLE DE BARCELLOS, ET ENVOYE EXTRAORDINAIRE
ET PLENIPOTENTIAIRE DE SA MAJESTE'
LE ROI DE PORTUGAL, AUPRES DE L. H. P.
LES SEIGNEURS ETATS GENERAUX DES
PROVINCES UNIES, &rc. &c. &c,
CONSIEUR,
Ayant à publier ici une nowvelle d curieufe Relation des Ifes
Antilles de Ldmérique, nous avons cri ne la pouvoir mieux dé-
*
dier --- Page 12 ---
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dier gu'au Minifre d'un Prince qui eff
Partie du Monde, d quien tire de
f puifant dans cette
f grands
me o1 voit par les riches Flotes
auantages, comqui sviennent f
Brefil, Ces richefes fe font
forvent du
avec laquelle les
remarquer dans la Maguifcence
Stigneurs Portngais, d
tout
tres de SA MAJESTE
fur
les MinifPORTUGAISE
toutes les Cours
fe diflinguent dans
delEarope. Nous en avons 2i de
dans wotre Illefre Prédécefeur
beaux exemples
T.
Monfieur le COMTE DE
AROU C A, C dans les commiencenens de
TRE
VOa
EXCELLENCE,
Peflime des plus confidérables
qui Ji d'abord gagner
perfomes de cet Etat. Des
ces auff beureufes nous alfirent, qu'Elle continuera
prémidignement le baut Caraëtere dont Son
a fodtenir
D'ailleurs le fang de
Augufe Maitre larevètu.
lillaftre Maifon de
qui coule dans les veines de VOTRE
MENDOEA
CE; Fils de MowstioNiUx
EXCELLEN.
DOGA
DIEGODE MEXCORTEREAL, Premier Mimifre e Secretaire
d'Etat de SA MAJESTE
avoir
PORTUGAISE,
après
fervi Jom Prince trois ans dans le même qui
gue V. E. remplit fi dignement ici
pofe
dans la méme qualité a
3 6 quinze ans
Madrid, , a depuis
ans conduit les afaires de
dix-huit
de
Portngal avec tant d'babilété
prudence: Ce fang nous repond des fervices
C
TRE EXCELLENCE vendra a
que VOfon Prince
Patrie, en cultirvant cette Amitié étroite
6 af
qui a Jubgpé f
long- --- Page 13 ---
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P
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E.
long-tems entre le Portugal 6 cet Etat, au grand avantage
de Tun 6 de Pautre.
Sonfrez donc, MONSIEUR, que profitant de cette premiere
occafion que nous avons eué depuis votre arrivée ici, nous
wvous donnions cette marque publique du profond refpeEt 6 die
devouement avec lefquels nous fommes,
M
N S I E U R,
DE VOTRE EXCELLENCE,
Les très-bumbles 6
très-obéifans Serviteurs
PIERRE Hussox.
THoxasJoxxsos.
PIERRE GOssE.
JEAN VAN DUREN.
KUTORATALSIATS
CHARLES LE VIER.
ant de cette premiere
occafion que nous avons eué depuis votre arrivée ici, nous
wvous donnions cette marque publique du profond refpeEt 6 die
devouement avec lefquels nous fommes,
M
N S I E U R,
DE VOTRE EXCELLENCE,
Les très-bumbles 6
très-obéifans Serviteurs
PIERRE Hussox.
THoxasJoxxsos.
PIERRE GOssE.
JEAN VAN DUREN.
KUTORATALSIATS
CHARLES LE VIER. --- Page 14 --- --- Page 15 ---
P R E F A C E.
% ES Memoires que je donne vront, recueilleront ce qui m'aura
au Public, ne font autre échapé, & acheveront de' donner cC
chofe que la Relation & quimanque peut-étreencorepour avoir
Journal du Voyage & du une connoiffance fure, entiere,
Ifles
Ssparfejour que j'ai fait aux
faite d'un Pais qui meritc beaucoup
de T"'Amerique pendant environ douze mieux qu'unc infinité d'autres, d'être
années. Les differens emplois quej'y bien connu & décrit avec exaétitude.
ai cus, ont fecondé mon inclination Mon Confrere le P. du Tertre, a
naturelle, &cm'ontacquis une connoif- été le premier de nos François qui ait
fance très-étendue & très-particuliere fait connoitre les Ifles de lAmerique.
de tous ces Pais. On le verra par le Son Ouvrage étoit admirable dans le
détail dans lequeljefuis entré, tant des temps qu'ill'a écrit. Mais comme nos
Arbres, des Plantes, des Fruits, dcs Colonies étoient fi nouvelles, qu'elles
Animaux, que des Manufactures qui n'étoient pas enticrement formées, ni
font établies &c qu'ony y pourroitéta- les Pais qu'clles commençoient d'habiEiom J'ai traité allez amplement des ter, connus &c découverts, iln'aremérabliffemens dcs Colonics qui y font pli la plus grande partie defes quatre
à prefent, des Guerres qu'elles ont cu volumes in 40. imprimez à Paris en
ài foûtenir contre lcs Naturels du Pais 16g8. que des differens qu'il y a eu
& contre les Etrangers qui les ont at- entrcles Compagnies qui ont commentaquécs; de l'origine des Sauvages,de cé les premiers établififemens, les Seileur Religion & de leurs Coûtumcs: gncurs propricraires qui leuront fucce-
&je me flatc qu'on fera content del la dé, & les Officiers que le Roi a envomaniere. dont je tais connoitre un Pais yez pour gouverner. les Ilesaprès les
que bien des perfonnes ont vû, que avoir retirées des mains des
ont
peu bien connu, & qu'aucun n'a qui en étoient proprictaires. Son Scigneurs exacencore décrit parfaitement, quoique titude fur ce point ne peut être
bien des gens fc foicat mélez de l'en- grande: il a1 ramalle quantité de plus pictreprendre.
ces auffi neccflaires à ceux qu'clles reje ne me flate pourtant pas de n'a- gardoient 3 que peu intercffantes aux
voir rien laifé à dire à ccux qui écri- Leceurs da prcient; mais il a parlé
ront après moi, ily auroit de ia teme- fort fuperficicllement des productions
rités & comme jai parlé d'une infini- del la nature, &d de ce qui thit aujourté des chofes que ccux qui m'ont pré- d'hui les richelles du Pais. Ilctt vrai
cedé avoient ignorées, ou negligées, quela Fabrique du Sucre y éroit cnon peut efperer que ceux qui me fui- corc ignorée, auffi-bien que ccile du
* *
RoV
, ily auroit de ia teme- fort fuperficicllement des productions
rités & comme jai parlé d'une infini- del la nature, &d de ce qui thit aujourté des chofes que ccux qui m'ont pré- d'hui les richelles du Pais. Ilctt vrai
cedé avoient ignorées, ou negligées, quela Fabrique du Sucre y éroit cnon peut efperer que ceux qui me fui- corc ignorée, auffi-bien que ccile du
* *
RoV --- Page 16 ---
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P R E F A C
tivéle Rocou; Cacao: on n'avoit le Point encore cul- neur de la E. ton,
Gengembre, le Co- tion
Martinique, qu'une Rela8clIndigo ne failoient
exaéte &c fincere de ce
paroitre: lc Tabac étoit la Tedlem d'y Pallé; & fi j'étois dhumeur quisyelt àj
chandife
mar- parti dans ces
prendre
fic eft-ceccliequels CEURITSSTNE P.du7 Tertre
trc les mains des wieilesquereller Notés
j'aiencrite plus exactement. Mais adé- doré a écrites fur le que.Mi.deClo
s'en faut bien gu'il n'ait tout commeil vû
da P. du Tertre, par quatriéme Tome il
luieméme, ilad ccrit bien
par pond tres-bien & lefquelles réle rapport d'autrui, & descholesfur s'eft
M. de la Barre trés-vitement avoit
ice
dans celles-là. trompé 2'R Relation. avancé dans
la Le peine fieur de Bict, Prétre, qui a pris Nous avons encore quantité de
fon
nous donner THiftoire de qui palfant par nos Iles fans gens
Verage à Cayenne fous le nom mettre pied à. terre, n'ont preliuey
d'llifoire de la France
d'en donner des
pas laiffe
imprimécaParise en Eguinexiales in ont été plus loin: defériptions. ils les ont D'autres
d tout rempli l'idée 16sen'paint qu'on
fans les avoir vûes, &cont décrites
avoir de fon
le pouvoit des Memoires fi
travailléfur
luia a donné. Ouvrage Il fait" parl titre qu'il pour ne pas dire vicux, fi exaés,
voit rien và à connoitre qu'iln'a- gu'ils ont fait autant quelque LISt de pis,
à la Martinique Cayenne, ou il ne encoremoins mit
pas, &c debité
de chutes que de
à terre, & qu'il n'a
pas pied ont écrit de autantde Sulfaterqu'ils
qu'il a demeuré malade employé à la Guadelou- le peu marquedans tous lignes. ces Ecrivains C'eft ce qu'on re-. pe, qu'à écouter les
agent fans
:
certaines
calomnics dont qui veulent fortir de leurs quiroygu'il remplit perfonnes étoient bien aifes un Pais, dont nous faire maifons, ou
afin de les faire TOaagequil débiter méditoit, de loin
à peine connoltreafond ils ont apperçi
qu'on y. ajoûtât fois en France, &c Le fieur quelque Durretq petite partie. noient d'un homme que parce fon qu'elles caraétere ve- un Voyage de Marleille qui vient à de; publier
rendoit relpeétable. prime a Paris chez
Lima, imLe Miniftre Rochefort,
in 12. fe reconnoitra Coignard en 1720. mais vû les Hles
qui'n'aj ja- tableau. Comme il eft ailément dans ce
écrire les yeux d'autrui, delAmeriqued n'a pas
hazarder de dire qu'il a connu le pour
en
T'Hiftoire in
NA
Hollande en
40. imprimée en du perionne, nommé il fe cache fous le voyage nom
1659.
Lima, imLe Miniftre Rochefort,
in 12. fe reconnoitra Coignard en 1720. mais vû les Hles
qui'n'aj ja- tableau. Comme il eft ailément dans ce
écrire les yeux d'autrui, delAmeriqued n'a pas
hazarder de dire qu'il a connu le pour
en
T'Hiftoire in
NA
Hollande en
40. imprimée en du perionne, nommé il fe cache fous le voyage nom
1659. qui feroit aflezi fupBachelier
portable Tertre; 3 puifqu'il a copié le P. du Bourg fait en Breffe, qu'il Chirurgien de
mais ila entierement fà
ce voyage en 1707. fuppole avoir
narration par fes
gâté les. Tuan-Bopuide de dansleVailteat
fait éloignées de la deferiptions verité, tout-à- la
mandé par le Sr. Marfeille, comde rendre les chofes plus dans vûë veut qu'on ait Doublet, & à il
de mieux cacher fon larcin. agréables, & la Relation, ne l'obligation fc
du had de
Le Voyage de M. de la Barre,
la gloire d'en avoir refervant
lui
tenant General des Iles', Lieu- RR ftile, & d'y avoir adouci S8F poli
Paris in 12.en 16... imprimé à qui doivent la faire ajoûté des Notes
tum contre M. de Clodoré, eitplinotun Fac- Oavrage tout regarder commeun
Gouver- que les Notcs nouveau, &c lcs fans pourtant
changemens qu'il
y --- Page 17 ---
P R E F
- E. iij
Préface ya faits, regardent les faits rapportez be, le Maire, fans oublier Antoine de
dal'oya. par l'Auteur, parce qu'il fe feroit un Solis, & fon
ce
de Mar- icrupule de toucher au fond de fa Re- lon lui
Traducteur; qui fe- Préface
ftille à lation. dans fon n'empéche qu'on ne trouve p4g. 12,
Lima, Ila auroit été à fouhaiter lui ou
Ouvrage E chofcs 'nouvelles
t.9. Bachelier cuffent
que
qu'on ne trouve point dans les autres:
eu le ferupule de ne & en cela il a raifon, Car on ne troupas toucher à celle du P.Feuillée, Mi- vera dans aucun Auteur de bon
nime, Botanifte & Aftronome celebre, comme font ceux qu'ila citez, ni fens, dans
nous a donné le voyage qu'il a fait 93 ceux qu'il n'a' garde de citer :
3:" Marfeille au Perou dans le même- 22 les Cocos
aux Arbres Que
Vaiffeau & la même annéc; ou s'il ne 25 me de groffes pendent Perles, dontla com- pag.50:
pouvoir pointfaire autrement,lecopier 3 qui n'a pas plus d'un
fidelement, & il ne feroit tombé 99
ne
pouce
ASE
dans une infinité de bevuès KA de con- feur, raffafier deux laiffe pas defournir de
tradiétions qu'ontrouveà
2>
perfonnes: Que
L
Il devoit ne quitter jamais chaqueligne.
s'il ne 25 me de groffes pendent Perles, dontla com- pag.50:
pouvoir pointfaire autrement,lecopier 3 qui n'a pas plus d'un
fidelement, & il ne feroit tombé 99
ne
pouce
ASE
dans une infinité de bevuès KA de con- feur, raffafier deux laiffe pas defournir de
tradiétions qu'ontrouveà
2>
perfonnes: Que
L
Il devoit ne quitter jamais chaqueligne. un fi bon >9 Calebaffes fort eftimées de Darien font peintes &c
guide, & fc contenter de nous donner 29 Indiens
des Efpagnols: Queles pag-53
en abregé le Voyage de ce Pere, dé- 55 92 Java, qui ont reffemble une racine aflez appelléc à des Caf- Papouille de fes Oblervations Aftronomi- 25 nais; mais qu'ily en a de deux
ques, dont bien des gens ne font pas 3) peces,l'une
efcapables, fans le gâter comme il a >2 iels qu'ils decskisutyevenimer ratifent la douce & la
fait, parcequ'il yamis du fien. L'Au- 25 mangent de méme
teur prétendu a trop de bonne foi, & 39 & qu'a l'égard de la que les Potates;
feroit
aifément convaincu de men- >5 la prefient; & après venimeufe, en avoir fait ils
fonge, ofoit avancer qu'il a pene- >> fortir le
ett
Préfaces tré dans le Mexique. Son
s'eft
jus qui fort dangercux,
pag. IO, terminé à Lima, &c'eft de voyage Lima gu'il 9> ils & rapent la une partie de ce quirefte, Pag. 58;
eft revenu en France à
fans 33
reduifent en poudre; ils font 59. avoir touché aux Iles de droiture,
>> une pâte de Pautre, qu'ils étendent
& encore moins à Madagafcar, l'Amerique, dont 25 fur une ils pierre fous laqueile il y a du
Dexxié- il ne laiffe pas de nous donner
55 feu; jettent enfuite de cette
me Par- fez
une af >> dre fur la pierre, venant à pou- s'étie,
longue defcription (gracesà M. de 32 chauffer, cuit la
P.158. Flacourt,
he cite
qui eft ferme
H
à fon
qu'il auffi à pas) qui vient 92 & brune: ils la pendent enfuite fur
Ouvrage
propos, que ce 25 les maifons & fur les
qu'il nous dit de l'Inquifition & de 25 faire fecher. On s'en hayes, fert pour la
PAéte de Foi que ce Tribunal fit faire 9> nément au lieu de
commuà Madrid pour la réjoutiflance du Ma- >> que &c dans les autres pain à la JamaiDeuxié- riage de Charles II. avec Mademoifel- talés. Voilà
Iles Occidenme Par- le d'Orleans. Mais M. Durret vouloit 92 tion toute affirément une defcriptie, 27. pag. écrire & faire un gros volume, & il manicre de nouvelle faire la Caflave. du Manioc &dela
falloit pour cela qu'il le farcit de tout n'eft encore rien. M. Durret Mais a ce
ce qu'il avoit lû dans Herrera, dans d'autres chofes nouvelles à nous bien
Acolta, dans la Vega, DomBarthele- par exemple, quand on eft
dire;
mi de las Cafas, Mariana, Sandoval, petites Ifles
arrivé aux
Thomas Gage, Samfon, du Val,Rob- de l'Ille dc squifont toutauprès sdul Port
**
Cayenne quieft par lescinq
de-
farcit de tout n'eft encore rien. M. Durret Mais a ce
ce qu'il avoit lû dans Herrera, dans d'autres chofes nouvelles à nous bien
Acolta, dans la Vega, DomBarthele- par exemple, quand on eft
dire;
mi de las Cafas, Mariana, Sandoval, petites Ifles
arrivé aux
Thomas Gage, Samfon, du Val,Rob- de l'Ille dc squifont toutauprès sdul Port
**
Cayenne quieft par lescinq
de- --- Page 18 ---
iv
P R E F
Deuzit- degrez deLatitude
E. me Par- elt alors au Brefil, Septentrionale, au lieu
on échantillons. pa. 128. Geographes &togsles Pilotesdun que tousles mon- 29 On voit encore, dit M. des'en de étoient toûjours crus alors éloi- 9) un autre fruit nommé Durret, P. tIgi
ER près de deux cent licues vers >2 &ilyen a une grande Margovinfa,
Nord, de & de plasdequatree centcin- 2> Ilct' gros comme un poirc abondance, del
la Ville de Saint Salvador, 95 Chriétien, & plein d'ane Bon- de
Par les treize
SOTaE
& demi de Lati- mortier &c de pepins. Les elpece
N
Méridionale. C'eft
Portugais
voifinage qui
notre pourtant ce 93 lemmgentarecdicepe çois le trouvent
maisles Franfaire un tour. vrai Relaturdy le
>> Nousy trop amer. bien
qu'il fait
oia
mangions
plus vite que le Courier le
59 cos, & nous en buvions desnoix le deCo- P, 12G
prefle, & queq quioiqu'ily fsjournequel- plus >5 plaifir. lait avec
queremps, fix
29 nos gens ayant
de
NenSEREes
jours dans atees tout ce
> abattirentt envic de fci réjoliry
à-dire, que
lezr. Voyage, Février c'eft- 2) Arbres, sssnndentncic ilsen
de ces
P.IIS. partirent des TE de Chienne, qu'ils 7) en tirerent plus cueillirent de
lefruit, &
3. Mars qu'ils revinrent julqu'au 95 tes de lait. Enfuite quatreving
eut le plaifir 2 voir la Ville motiller, de Saint il 2) terre, ils birent unef s'étantafisf fi
ER
P.a37. les Salvador & fesenvironss d'enexaminer 95 tité de cette liqueur, grandequane en
fons, Fortifications, les
les Places, les Mai- 35 rent fort incommodes: qu'ils ce fufaire Eglifes & les Convents, de 5> qu'elle enivre, car bien loin n'cft de
inventaire de leurs meubles, de >> monter à la téte & deles
Eas
fupputer les fommes qu'on a
2, elleleurg
échauffer,
pour lcs bâtir, des'informer dépenfécs 92 lesners,quilss elagaéleurengourair ne;
fiforz
Sedes Coûtumes des Habitans, desMaeurs deleurs >) ni même fe tenir pouvoient debout. marcher, Il
Richeffes, del leur Commerce, deleur 29 ceux qui n'avoient pas étéde fallur la
Gouvernement, maniere de faire deleurPolice, deleur >> Reece cet les" portalfent à bord,
des denrées,
la Cuifine, du prix '39 22 tre engourdifement ou
leur dura qua- oit
de connoftre jufgu'acclui les Plantes, des les Oignons, >5 agir en aucune cing jours, fans pouvoir
les Fruits, les Animaux, les Arbres, Qu'on fc garde manicre.
29 ceux qui n'avoient pas étéde fallur la
Gouvernement, maniere de faire deleurPolice, deleur >> Reece cet les" portalfent à bord,
des denrées,
la Cuifine, du prix '39 22 tre engourdifement ou
leur dura qua- oit
de connoftre jufgu'acclui les Plantes, des les Oignons, >5 agir en aucune cing jours, fans pouvoir
les Fruits, les Animaux, les Arbres, Qu'on fc garde manicre. bien
les Manufi@ures,
Simples, ce fait en doute; car de revoquer Toyage
& bien d'autres chofes lesNaturelse dans sduPais, cft arrivée à un de la même chole deiwafr,
tre demanderoienr un qui un au- dont les
font nos Avanturiers P.286,
s'en informer. Mais
des années Voyages avant celui imprimez bien
t-on que
il peut-étre
Lima: : & ce
de Marfeille à
PE
le Lacteurdema j'exagere: fincerité, faut convaincre T'avanture, c'eft qui prouve la verité de
il cft à propos de luifaire remarquerla &d'ailleurs tez tous deux d'une qu'ils maniere font rappordélicateile, la netteré&c lc touraifédes forme, quinyapast une fi unideferiptions de M. l'un plus
virgule dans
&c en diligenee Durret, caren cela 39 On que voit dans Fautre. peut dire qu'il dria les Voyages, on 9) d'Animaux dans le Brefil quantité
connois que le Sr. incomparable: Gemelli Careri jene 99 Enis. Ils font qu'on de nomme des
en
1 hauteur
approche On çen jugera par O >> Afhe, & ont autant de chair d'un
23 lcp plus gros Bauf, Iy: a encore que
32 quan- --- Page 19 ---
P R E F
E. 1 I2I. , quantité de Cochons privez & fau- 93 tire de certains Arbres où les bêtcs
2) vages. Enfin il y a une fi gran- 95 fauvages vont fe guérir de leurs blef27 de quantité de Bellinux, la 5) furcs à force de fc frotter contrcl'é39 viande n'y revient qu'à un 9eg la 27 corce, car] pour) peu qu'elles senenle-
> livre. Ils ont des Rats
l'on 5) vent, ces liqueursen fortent, &cfont
2) rôtit, & que l'on mange TE la fau- >2 un effet d'autant plus admirable,
33 ce douce: Ils font roux comme des >) qu'elles ne font point fallifiées com5> Ecureuils, & ont le gout de La- >> me cclles quenous: avonsenl Europe,
59 pin,
55 &c que débitent ces Charlatans qui
2 125. Il y a quelques mines d'Or, be- 92 courent de Ville en Vilie. 59 aucoup plus d'Argent, du Satran, La Charité m'oblige d'avertir M,
22 de la Lacque, duTabac, del'Am- Durret que Baume &c Huile de Capahu
2) bre gris, quelques mines deJafpe e& font la même chole, & qu'ilyaunau-
>> de Crillal blanc & rougeitre, avec treArbre que les bétes, & fur tout les
5) une très-grande quantite de Sucrc: Cochons marons, entament avecleurs
32 les machines avec lefquelles on le défenfes lorfqu'ils font bleffez, d'ou il
29 prépare, & qu'ils appellent Engins, fort une liqueur epaiffe qui les guérit,
5) font d'un très-grand poids; & en- qu'on aprelle Baume à Cochon.
'ilyaunau-
>> de Crillal blanc & rougeitre, avec treArbre que les bétes, & fur tout les
5) une très-grande quantite de Sucrc: Cochons marons, entament avecleurs
32 les machines avec lefquelles on le défenfes lorfqu'ils font bleffez, d'ou il
29 prépare, & qu'ils appellent Engins, fort une liqueur epaiffe qui les guérit,
5) font d'un très-grand poids; & en- qu'on aprelle Baume à Cochon. Puilque
35 tre les Sucres qu'il a, celui de cet Autcur ou ecsAutrumnenraiugs
29 Candi ou Canti, audi on fait tant à propos d'en dire d'avanmgefurctar
95 d'eftime, tire fon nom de Canton, ticle, quoiqu'il me femble qu'ils y fuf
>> & non pas dc fa.candeur ou blan- fent obligez, je me charge de cet foin. >2 cheur, rionplusquedelIilee deCan- Mais je ne fçai fi les Fleuriftcs lui,
23 dic, comme on la crû. pafferont auffi aifément que moi la def N1272
C'eft dommage que M. Durret ne cription qu'il fait des Rofes à feiille
s'eft étendu davantage fur la fabri- de Guimauve, &c des Rofes d'Inde. Ma
que Jas Sucre, il nous: sauroitfans doute profeflion m'engageà palferlegerement
appris quelque chofe dei nouveau, dont fur les défauts de mon prochain; mais
nos Infulaires Iui auroicnt obligation, , qu'il corrige au plûtôt fa defcription >
auffi-bien quc ceux qui mangent du Su- cart tous les Fleuriftes ne font
Candi
cre
fans fgavoir l'étimologie de les que moi, àr moins qu'il nel pasfifaci. leurd donfon nom, que les ignorans, felon M. neunl Diétionnaire desf foixantedifferenDurret,croyoient venirdelifle de Can- tes Langues qui font en ufage chezles
die dans la Méditerranée, au licu qu'il Naturels du Brefil. Je n'ai garde de
vient de Canton dans la Chine.Jefou- m'infcrire en faux contrela delcription
haite qu'on n'aille croire que M. abregéc qu'il fait de la Ville deSt. SalDurret a pris la Ciie pour le Brefil; vador, M.Frezier, en eft un trop bon
car jufqu'à prefent les Portugais n'ont garant; maisil ne devoitpal'abandontrouvé dans le Brefil ni Lacque, nimi- ner, comme il a fait le P.Feuillée, &c
ncs deJafpe, ni de CriflalblancScrou- far tout quand il appelle Palanquin ce
geâtre, Ilfaut efpcrer dansune au- qu'on appelle au Brefl Hamac ou Sertre Edition il mettra pera d'ordre à fes pentin. iin'aqu'àv voirPHiftoire del'Ecolleétions. Mais avançons. tabliffèment de la
#126. 9) L'Huile de Capahu & le Baume Orientales, oucelle CompagniedesIndes de-Tavernier,pour
23 viennent de Spiritu Sanéto, On les apprendre cc que c'eflqu'unPalanguin,
** 3
& --- Page 20 ---
j & voir la Relation P R E F A C E. du Sud de M. Frezier du in4. Voyage àla Mer me & rôtit le Gibier tout
Paris en 1716. p. 273: pour impriméea Quoique M. Durret n'ait à la fois. un Hamac ou Serpentin du Brelil:ily connoitre que Jaiffé dix-fept jours à
il demeuré n'a
trouvera suneexplication
Caienne, pas
Pen inftruiront à fond. Scunecflampe Rcilentairpan ninermemeaonet au
du Pais,
12 eft bon de
ici Cependant titude ordinaire.
ôtit le Gibier tout
Paris en 1716. p. 273: pour impriméea Quoique M. Durret n'ait à la fois. un Hamac ou Serpentin du Brelil:ily connoitre que Jaiffé dix-fept jours à
il demeuré n'a
trouvera suneexplication
Caienne, pas
Pen inftruiront à fond. Scunecflampe Rcilentairpan ninermemeaonet au
du Pais,
12 eft bon de
ici Cependant titude ordinaire. En Publicavec fon exacdit, car il faut rapporter réjoilir le Public ce qu'il en s> Lal Pomme
voici une preuve. spprenant quelque nouveauté, en lui 29 citgrolle, longue, d'Acajou, dit terAutseur,
.131,
Les Eiclaves font le travail des 99 ne, elle eft acre, &d'unt & on rougejau99 Chevaux car Li
>>
la mange
tranfportent les ordisairemenreult. 9) marchandifes d'un licuà un
93 te Pomme il ya une Aubourdecct-A.rol
99 caufe de la difficulté descheminse autre, >9 verte qui a le goût de petite Noix
99 font impraticables pourles qui 55 figure d'un
de FAvelincoci
59 &c de la facheufe fituation delaVille voitures, 39 fruit croît furi rognon un Mouton. Ce
s2 quieft haute Sc baffe. 93 qui reffemble à Arbrehaut un
écrond,
9s cette raifon qu'on s'y Creltaufipour fert
55 fetilleeft
Chataignier. &cdel la Sa
delafigure
ment
commune- 95 de celle de
couleur
93 C'eft dePalinquins une cfpece del (Et Fauteuil en Apoftille. >> beau &c propreà Laurier: faire des lebois eft très5) vert d'un Dais en broderie, cou- 35 des Pirogues de
Meubles &c
95 moins riche, felon
plus ou 99 pieds delong, quarante à cinquante
29 fonnes, &cqui eft portép iaguhicderet Ne- Jefuis fiché denep
5)
avec un long bâton pardeux
te bévûcal M. Durret: pouvoir il paffercete
99 Erru fufpendu lcs deux bouts. auquel Les il voir que T'Acajou quij maisi doit
9> gens ded Eomtbites
ilparle,n'eit pas portelefruito RSE
95 cette machine àl fefoneporerdans bles, &cb
proprea faired des MeuTEglife,
beaucoup moins à
35 vifites, & lorfqu'ils vont dansleurs rogues
faire des Pi29 pagne. en Cam- felert pour decinquanter ces pieds de long. On
Hébien, n'ai-je
porte le même ouvragese d'un Arbrequi
que M, Durret étoit pase un seuraifon homme dedire .duit point del nom, mais & quine
table dans fes defcriptions? ? Que inimi- l'écorce & lat fetillefont Pommes,
ETES
entituepluineiighe pour peut- ferensde celui qui tour-à-fair du
difun Hamac, que dele
lignificr Durret fait fes porte avect fruit. M. Fauteuil fupenda Par les comparer deux bouts? à un gence & de facilité, voiages tantdediliP.123. On croira peut- étre qu'il fc
peine s'aftirer de la vcrité qu'il de pourra ce fans
quand il ditqueles oifeaux font fi trompe fami- dis, enallant jufquesa
gueje
liers, & en fi grande quantité,
Inles del l'Amerique Caienne, felon ou aux
venoient ferepofer fur leurst tétes&c qu'ils font tres-voifines.
deux bouts? à un gence & de facilité, voiages tantdediliP.123. On croira peut- étre qu'il fc
peine s'aftirer de la vcrité qu'il de pourra ce fans
quand il ditqueles oifeaux font fi trompe fami- dis, enallant jufquesa
gueje
liers, & en fi grande quantité,
Inles del l'Amerique Caienne, felon ou aux
venoient ferepofer fur leurst tétes&c qu'ils font tres-voifines. Il qui,
lui, en
leurs bras; defortequel
fur temps voirfairela pourra & en mémeilsies prenoient &c1 lesfatfbientrois Aansicfiutiguer, cc qu'il en a dit dans Caffve, les deux corriger
C'elt do-mage que cet Auteur n'a où ilen aparlé; &
endroits
pas là Cyrano de Bergerac, il n'auroit porte des Peres Jefuites encorece quilrappas manqué de nous dire qu'on fe
Mifions chez les
touchant leurs
au Brefil toutcomme
fert faitdire qu'iis Sauvages. Car illeur
la
danslEmpire de danslesliles faifoientde petirvolages
Lungdruncomnpoftione
qu'habitent les
quituéplu- 22 qu'un d'eux étant allé un Indiens, &
jour à la
>> Mar- --- Page 21 ---
P R E F A
E. >> Martinique, iltrouva moyen d'em- qu'ils'en trouve dans le
vij
95 mener un jeune enfant age de fept poil, &cnonpas dela laine. Perou, 9. ont l'on du 1 Partit
29 ans, quip paroifbitavoirtoutes) lesen- ne mange point l'écorce du Que P.193:
99 vies du modedembn@ricivis. quelebeure qu'on en
Cacao, &
25 nifme: il l'envoya en Francedansun maisétéemployé peut faire, n'aja55 deleurs Convents, ohl'onn'épargna res, mais
pourguérir desblellu99
riempourfonéducition, foirparrap. Cnilus & Pondsmeandiondiss moiavons eufoin
2>
port àla Religion, foit parr rapport Public. tO. d'inftruirele IIPariis
32 aux Sciences, &cc. quifefit enFrance Gharumemincampiene pearlalledclA-PNefemble-ilpasa entendre parlerM merique.fucen1626 &monpaseni 1621. DarsyguciaMlantinise foitauflivoi- En voilà aflezpour)
fine deCaienne, quel'ifledu Connéta- Durret d'agréer que leprefent.JeprieM. bleou de T'Enfant perdu, &qu'onyva des remarques que j'ai je faites remettele fur refte
enfepromenant, comme de Paris a St. vre,auneautred occafion;
fon LiCloud? Or M. Durret doit fçavoir I. detempsaluifaire voir oljaurai
Quelal Martinique eft trop éloignée de attention: mais
ERENERE
Cayenne pour qu'on yvienne faire des bornes d'anc Préface je fuis sgéné ici dans les
Miflions, comme on les peut faire aux
qui neme permet
environs de cette dernicre Ifle. 2. Que jeferaidetoutlereier PHeisouCme-laNA: qui mej ccomme
lesJefuites étoient établis à la Martini- gned'étreremarqué pour paroîtra dique plus detrenteansavante qu'aucund de verra, s'il lit mes. étrecorrigé.ll
leur Compagnic fongeit à s'établir à ufé de méme façon Memoires, avec bien quej'enai
Caienne. 3, Que le Petit Sauvage n'a Auteurs.J
la liberté d'autres
pas été conduitenl France par lesJefui- remarquer, J'aipris &de corriger) deleur faire
8.150.
gned'étreremarqué pour paroîtra dique plus detrenteansavante qu'aucund de verra, s'il lit mes. étrecorrigé.ll
leur Compagnic fongeit à s'établir à ufé de méme façon Memoires, avec bien quej'enai
Caienne. 3, Que le Petit Sauvage n'a Auteurs.J
la liberté d'autres
pas été conduitenl France par lesJefui- remarquer, J'aipris &de corriger) deleur faire
8.150. tes, mais par les Jacobins. 4: Que] la j'ai trouvé dans leurs
Martiniguen'ajamais étéhabitécy parles
Ouvrages,
SSEH
FeangoliéclesAnglois, c'eftSt.Chrifto- AMchoesbemmaeadou amophlc. f. Que M.de Phelippcaux n'é- Sminantiee que de faire connoitre la
toit point Gouverneurdela) Martinique, reprend les défauts verité, & qui
mais Gouverneur General des Ifles & toicher aux. desOuvrages, fans
Terre- Ferme ederAmgigpckrangalt, une eftime Auteurs, pour lelquels il a
aiant fous fcs ordres les Gouverneurs qu'onreprenne tres-fincere; ceux dans lefquelsi qui fouhaite
peticulendelManimiges dcla Gua- étretombé, promcttant
silpeur
deloupe, &cautresliles. 6. Quel'affaire avec cxaétitude, & de pardonner delés corriger méme
&cl'entreprifedu fepaffa às. Chriftophle, maflacredes &nonalaMar- Sauvages par avance lcs manieres vives dont on
tinique. 7; Que le Confeil Souverain Pon pourroit lui pourroit affaiffonnerles faire. correêtions que
quir refide àlal Martinique n'a fous fa Ju- Quelques perfonnesde
rifdiétion que l'Ifle de la Grenade : les avoient fouhaité
confideration
Illesde S. Chondianbinochomelene plus
queje gardaffe unordre
2.151.
alaMar- Sauvages par avance lcs manieres vives dont on
tinique. 7; Que le Confeil Souverain Pon pourroit lui pourroit affaiffonnerles faire. correêtions que
quir refide àlal Martinique n'a fous fa Ju- Quelques perfonnesde
rifdiétion que l'Ifle de la Grenade : les avoient fouhaité
confideration
Illesde S. Chondianbinochomelene plus
queje gardaffe unordre
2.151. & S.Domingue ont des ConfcilsSouveméthodique dans ma narration, &
rains pour jugerlesappels deleursJuges quejerangeaffelese chaque cipece fe trouvât chofes der fousf maniereque
particuliers, & fontindépendans) slesuns Elles avoient leurs raifons sfongenre. desautres, 8. Queles Caftors, fuppolé rer, &moij j'aicules miennespourneles pourledeliPas --- Page 22 ---
viij
P R E F A
pas fatisfaire. Outre que cette maniere fauf à lui E.
dogmatique gout, n'eft point du tout de mon à propos. à y retourner, s'il le jugeoit
monJournalat Hmrtiubummemeeee atousmomens, & fairedes lefilde Taiparlé de quelques Familles
parentefes affezl longues;
le derables établics dans nos
confLeéteur & moi auffi. J'ai pourennuyer donc
rois rendu la méme Iles, &cj'auaimé fuivre mon Journal, & écrire mieux les d'autres, fij'avois été juftice àl beaucoup
chofesà mefurequej jelesa ai vués,
plement de leur
informé plusamfes, ou pratiquées; & comme appri- gu'elles ont rendus origine, au &cdes fervices
tesles chofes dontjaiparle, entretou- trie: mais ce quej'en Prince & à la Pademandoient une explication ilyenaqui même nei m'ayant fgavois moi-
& un ample détail, j'ai crû longue leur rendretout cc pasparu enbate
voir m'éloigner un peu de la pouqui leurefto aper
que je m'étois prefcrite, & regle oiemweiatabes rcs
desMemoitre à la tête ou àla fin des lcs met- Aje ayejenemanquer lest trouvec
pas
afin
Tomes,
conformes d'employer,
vouloit quele Leéteur pût les paffer, s'il déja par devers moi, &aux sàccuxq quejai
continucrl la
jai qu'un auffi long féjour que celui lumieres
cduredajeurmi fait aux Incs, m'a donnécs. que
NOUà --- Page 23 ---
t(93. --- Page 24 ---
Tom 1poy I 220 300
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280]
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EI R1 IQUE MERIDIONA LE Gami ne
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2A sde --- Page 25 ---
Pag. I
M E M OIR E S
DES
NOUVEAUX VOYAGES
FAITS
AUX ISLES FRANÇOISES
DE
L'A M ERIQU E.
PREMIE RE PARTIE.
C H A P I T R E P R E M I E R.
LAuteursongage dans les Mi(fions des Ifles Francoifès de PAmerique. Son
départ de Paris. Son arrivée à la Rocbelle, o fom embarquement.
U Ne maladie contagicufe J'étois agé de trenteans, dont j'enavois
aiant emporté la plupart pallé onze, partic dans le Couvent
des Milionnaires qui nous avons à Paris dansla ruès.
HE.ME
étoient aux Ifles Fran- duquel je fuis Profés, & partie en ProB
de l'Amerique, les vince, où j'avois préché, & enfeigné la
- Supericurs çoifes desOrdres qui Philofophic, &c les Mathematiques. Jc
y. font établis, ecrivirent des lettres demandalespermifions néceffaires pour
circulaires en
pour engager pafferaux Ifles, & on peut croire queje
leurs Confreres Pris à
venir iecou- les obtins bien facilement; de forte qu'arir. Une de ces lettres m'étant tom- prés avoir pris quelque m'étois argent d'avance refervée
bée entre les mains, me preffa d'execu- fur unc penfion que je
de Paris
ter le deffein que j'avois formé depuis en faifant profeflion, je partis
quelque tems de me confacrer aux Mif lc cinquiéme Aouft 1693.
fions, comme à un emploi qui conve- Jecomptois d'avoir pour compagnons 1'93.
noit tout à fait bien a ma profellion. dev voyagedeux) Religicux dur amémeCou-
: Tom.1.
A
vent, --- Page 26 ---
NOUVEAUX VOYAGES A UX
3g3.vent, quc je devois défraier jufqu'à la n'eus
ISLES
Rochelle (car le Commiflaire des Mif dure encore. pas de peine à lier une amitié qui
fionsfecontentoits miflion d'aller alors dedonner la per- de bons J'aireceud d'eux unei infinité 1693
defournirce aux Ifles fans s'embaraffer cereaffeétion. offices, &d de marques d'une finriver.) Mais qui nos cft neceflaire & pour y ar- Onme dit qu'un Marchand
communs firenttant Superieurs d'cfforts nos amis ges réfidant
à la de Limos
détourner denôtre deffeins pour nous étoit Commiffionnaire ordinairement de Rochelle,
Compagnons ferendirent, que mesdeux Jc l'aliai voir le lendemain, nos & lui Miflions.
aux Ifles fans s'embaraffer cereaffeétion. offices, &d de marques d'une finriver.) Mais qui nos cft neceflaire & pour y ar- Onme dit qu'un Marchand
communs firenttant Superieurs d'cfforts nos amis ges réfidant
à la de Limos
détourner denôtre deffeins pour nous étoit Commiffionnaire ordinairement de Rochelle,
Compagnons ferendirent, que mesdeux Jc l'aliai voir le lendemain, nos & lui Miflions. vai obligé de partir fans cux, &jemetrou- accompa- afi gnaiMaitre Guillaume, afin qu'ily configné feulement d'un homme qu'on avoit Je fubfiftance jufqu'à
pourvit
engagé pour trois ans au
ne trouvai
embainuemenie
fervice de la
aucun Miflionnaire dans
Miflion; c'étoit un hommedet trenre-huit leCouvent, Boudor J'appris feulement du fieur
ansfortlage, &cqui me fervit pendant le gu'il en attendoit qui Étoit ceMarchandl Limofin,
roingeacecbeaucoupe pelloit Guillaume Maffonier. de fidelité; il s'ap- Jacques Gaffot quiavoit plufieurs, été & que le P. loist fimplement Maitre Guillaume. Jelappel- gnon d'étude, s'étant mon comparai occafion de parler de lui plus J'au- Kembarguenent, étoit ennuvé d'attendre
fois dans ces Memoires. d'une rinagca la Saintel Baulme; alléfaire ce un peleNous inivimeslefeptà Orlcans,
quilui avoit
nous
Aticdeioroienntees
étoit
enpartimes le huit, & arrivâmes le
particle 18. de ce' même Rotteque
a Saumurfurlesonze heures dufoir. dix pentis dem'être arrété mois: Jc me reLe P. Jullienne mon
M. du Tronchay; carfi filong-tems chez
tude &c de religion, étoit compagnon alors chez d'é- mon chemin,jeferois arrivé j'avois continué
Gentilhomme de fcs parens nommé M. un pour m'yembarquer, mais il aflez fallut à tems
lcs du Tronchay à unelicué de Saumur, où drepaticince, &m'y accoûtumer de pren- bonmettre Medecins T'avoient envolépour fe re- neheurc. I
l'envoiai d'une aflez longue maladie. Je un Iy: avoit au Couvent de la Rochelle
auffi-tôt; avertir &cfon de mon arrivéc, il vint nieres jeune en Religicux du Couvent de Ban-
. vaux pour me; rendrechez parent m'envoia des chc- Daftez, quivenoit Galcogne, d'être nommé Hyacinthe
tout ce quej je pus dire, il lui, me rétint oûr malgré vaifleau du Roi; il me pria Aumônier de lui d'un
de qu'au 21. que j'obtins enfinla permiffion juf- fions. rer une Sur Obéiflance pour aller aux procu- Mifnéteté ceatautrnionvorinee de toute fa famille. comblé d'hon- gieux du Couvent les témoignages me que les RelimesalRochellele
Nous arrivâ- bonnes
rendirent de fes
heures après midi. Je 24- fus Aotirfurlestrois
moeurs,jécrivis à Paris au P. Couvent de mon Ordre, 9 defcendre au voyer auffi-tot la
STRNCaSE
lc R.
pour aller aux procu- Mifnéteté ceatautrnionvorinee de toute fa famille. comblé d'hon- gieux du Couvent les témoignages me que les RelimesalRochellele
Nous arrivâ- bonnes
rendirent de fes
heures après midi. Je 24- fus Aotirfurlestrois
moeurs,jécrivis à Paris au P. Couvent de mon Ordre, 9 defcendre au voyer auffi-tot la
STRNCaSE
lc R. P. Imbert
où j'appris que mandois. Patente que je lui departiculierement que pendant j'avois connu trés- Je receus le 29. un
Tois à Nancy, étoit Pricur. que je demeu- mes écrits, mes
ballot, de où étoient
un fenfible plaifir, Parce que Cela c'étoit me fit tique, une partie inftrumens de mes livres mathema- &c
homme d'uns vraimerite, &
un queshardes, avecdesl slettres
quelvois attendre toutes fortes dequije de
fonnes de confideration écrivoient que des en perLerReigicurde f
PUEiRer faveurà M.le Comtede Blenac
ma
do tres-honnétes gens, Communautccielient avec lefquels je deur neur de general des Hles, àM. le Comman- GouverGuitaur! Lieuenantg general,àM M. de --- Page 27 ---
FRANCOIS ES DE LAMERIQUE. 1093. de Gabarct GouverneurdelaMartinique, leP.Euftache du May. Le premierétoit 1693. àM. du Mets de Goimpy Intendant, & unhomme de cinquante ans & plus,
en avoit aufli une avoit
iles. Il
faché
quelques-autres. M. Begon Intendant Ily à Rochefort; trouver déjétéaux tant de Midionnaires, parut & fit tous
pour mais commeil étoit allé: aux Eaux, jene fes efforts pournous perfunderderetourpûs la lui préfenter
fon retour, & ner dans nos Couvens, en nous affurant
pourlorjen'enavoty : befoin. que nous ne pouvions pas fublifter aux
Lc 8. de Septembre il arriva quelques Iiles, oulamilere étoitt ctrésgrande, & où
vaifleaux desliless, fur l'un defquels étoit il n'y avoit pas aflez de Paroiffes pour
leP.Jean Templed du Couventdel Nifmes. nous occuper, ni de Couvens pour nous
C'étoit un ancien Miflionnaire qui s'en entretenir. Jeconnusd'aborde iquecebon- Paroifretournoit tâcher de fc guerird'une hommea avoity peur demanquerde
diffenterie Ericte depuis présdedeux fe, &c ce n'étoit pas fans raifon; car la
ans. Il nous dit bien des nouvelles des plâpart de ceux devoient pafler aux à
Illes, fur toutlebefonesureme qu'on Ifles paroifloient ft
luy lui
de Religieux. Son mal diminua les occuper. Ainfi
PACEEL ARLSEET
futàt
&ils'en trouva tel- répondre pour tous autres, nous
VE
Iaer qu'il terre;
lementibrenuboutde 15.jours, qu'il fe elperions tous commelui trouver rde quoi
vit en état de retourner chez lui; il me travailler, &c nous occuper, & que fi les
donna fcs lettres
l'Amerique 3 & miferes squ'ilprévoyoitl lui failoient peur,
quelques avis quc Feri fuivis, & dont je il pouvoit s'en retourner chezlui.
tel- répondre pour tous autres, nous
VE
Iaer qu'il terre;
lementibrenuboutde 15.jours, qu'il fe elperions tous commelui trouver rde quoi
vit en état de retourner chez lui; il me travailler, &c nous occuper, & que fi les
donna fcs lettres
l'Amerique 3 & miferes squ'ilprévoyoitl lui failoient peur,
quelques avis quc Feri fuivis, & dont je il pouvoit s'en retourner chezlui. lui fuis obligé. Lepremier Oétobreil arriva un Frere
Le Dimanche 2o.leP. Gafforarrivade Convers Flamand appellé Jean du Morfon pelerinage de la Sainte Baulme. Il tier; c'étoit un Religieux fort ferviable,
avoit rencontré à Bordeaux le P. Jean qui nous fut d'un grand fecours dans les
Jacques Romanet du Couvent de Limo- maladies dont nous fûmes tousattaquez,
qui avoit une Obéiffance pour les aufli-bien queles Religieux du Couvent. fiat ils vinrent enfemble. Cc dernier Nous voyant cnfinau nombre de dix,
avoit cula précaution de fe pourvoir d'un 8cn'enattendant plus d'autres, nous nous
petit garçon
fervir fa Meffe. Ils affemblâmcs afin d'en choifir un, qui fe
étoienttous deux cteder fort bonsfujets. chargeitde tout ce qui concernoit nôtre
Le Samedy 26. il arriva dcux autres embarquement, & qui agit au nom de
Miffionnaires, le P. Joleph Martelly du tous. Jefuse chargé éde cet emploi. Je traCouvent de Toulon, &lc P. Char- vallai aufli-tôt à nous faire préparer les
lesdu Couvent Saint. Maximin. C'étoient hardes nous étoient neceflaires, &i
desgensd sde merite, &c bons prédicateurs. nous ratir le paflage dans les Bâtimens
Le lendemainil en parut un autre ap- qu'on équippoit les Ifles à Rochepellé du Homeel Idu Couvent de Coutan- fort & Ampedre J'allai pour cet etccs. Sesi infirmitezh habituelles nous firent fet à Rochefort, où M.de MauclercOrconnoitre qu'il ne demeureroit slong- donnateur General me dit qu'ilavoit ortems dans les Miflions; en RoReLiNnt futr ren- dre de nous faire embarquer dans les
voyé en France par le même vaifleau qui Vaiffeaux duRoi, ou dans des Bâtimens
leportaaux Ifles. Marchands aufquels le Roi payeroit nôLe Mecredy 30. nôtre troupe futaug- tre pallages mais qu'il n'avoit point ormentéededeuxaitres Mifionnaires.Lun dre der nous faire donner de Pargent pour
s'appelloit le P. Scré, & fon compagnon nous équipper. Cctte réponfe m'obligea d'éA 2 --- Page 28 ---
+
NOUVEAUX
1693. d'écrireàM.de Pontchartrain VOYAGES AUX
dEtatayant le
Secretaire
ISLES
ne, & des Ifles département pour le de la Mari- cerhomme, d'épingles, Scle chargerente de boutons,
faire donner la gratification fupplicr de le nous chandifes de d'aiguilles, & autres mar- 16p5
svoirtotjours eu la bonté der nous que Roi aife de fe Limoger dont il étoit bienderpournos
accor- cher qu'au défaire, qu'il leur vendit
En attendant embarquemens lar réponfe,
payer dans marché, la
& dont il fe fit EAt
fieur Boudor un memoire de je ce donnai au interêts.
chargerente de boutons,
faire donner la gratification fupplicr de le nous chandifes de d'aiguilles, & autres mar- 16p5
svoirtotjours eu la bonté der nous que Roi aife de fe Limoger dont il étoit bienderpournos
accor- cher qu'au défaire, qu'il leur vendit
En attendant embarquemens lar réponfe,
payer dans marché, la
& dont il fe fit EAt
fieur Boudor un memoire de je ce donnai au interêts. fuiteparl laMidion avec les
necefliire à chaque Millionnaire, qui étoit afin Jeregûs le 20. une
quily fit travailler, le
Mauclere qui me Lettre de M. de
étanta affuré, foit par la Payement lui en voisvenira
marquoit que je pounous elperions du Roi, gratifieationg ique quele Roi iavoit Rochefort accordé recevoir 450. écus
fesquilui feroientt faites Parla loltparles Miflion. remi- ienumtrememu devoient pour neuf Mif
Llmecoueed
Iiles,
paffer aux
que Religieux confiftoit emandoinpourcis
maisqualégandd du Frere
un
en un
iln'avoit que le
ne Convers
traverlin, une paire de linceuls, matelas, une pas d'aller à Rochefort pallage. le Je 22. manquai
couverture, ou manteau noir, unhabit fix blanc, une calaque, res Pouvoir pour en bonne forme de tous avec nos Pe- un
caleçons, douze chemifes, autant de Taporter recevoir plus cette fomme, &
&c coéties de nuit, de mouchoirs, paires debas autant de de
frementjep prisavec toer
de
MGuilaume:
de chauffons, unchapeau, trois toile, ron à deux licuès AgIeRaSTne dela
une fouliers, und coffre,
Capucins avec un pailan Rochelle, deux
petite cannevette
qui
RTLR
queurs pour le voyage; pour &c mettre des li- deuxianes tres munitions chargez de de boutcille, conduifoit &c d'auques-uns del
me dirent qu'ils auroient comme quel- M. Guillaume de bouche. Ils prierene
livres, j'ajoûtai qu'ils avoient chacun beloin trouveroit de ne cdrauCipodine fe point
qu'il
cinguante francsp
qu'ils faifoient toute) la ehnuyers &
Bapeéme, jugéoient à spourachetere pourles frais ceux de' qu'ils leur Pour les joindre. diligence pollible
qu'ils ETO Pour les menués dépenfes Nous arrivâmes au
quement. pourroient Jenef fus faire jufgu'a l'embar- Cabaret chemin de fur Ial le bord de Rocher, la mer à c'eft moitié un
percevoir ce M. pas Boudor long-temsà m'ap- defcendis Rochelle à Rochefort. catou de prés, & ne vouloit repofer nos pour m'y raffraichir, & laider Jy
RET de grandes elperances fur qu'ayant fon- fort vite. Je chevaux fus
qui étoient venus
fion de nos Mithons, il vouloit lcommif la premicre falle furpris de trouver dans
touteschofesfelon il
fesinteréts. En regler efet, cins aflis avec quinze de ou feize Capufionnaires perfuada à quelques-uns de nos Mif- en filence.
vouloit repofer nos pour m'y raffraichir, & laider Jy
RET de grandes elperances fur qu'ayant fon- fort vite. Je chevaux fus
qui étoient venus
fion de nos Mithons, il vouloit lcommif la premicre falle furpris de trouver dans
touteschofesfelon il
fesinteréts. En regler efet, cins aflis avec quinze de ou feize Capufionnaires perfuada à quelques-uns de nos Mif- en filence. Ils besucoup modellie, &c
de porter des marchandifes Une cafaque de feleverenty camelot pour mel faluer. leur pourlesn faire negocieraux à chacun Iiles, 8cs'offrit de vroit en partier mon habit blanc, noir gui coucomme on
un coffre à
homme de fervice à ma
avec un
profit. en fait aux matclots à peu moitié prés perent. Ilsme prirent toutau fuite, moins les tromaceprojetridicule, Jemoppolfinderouner &c
mcs forces quelque dans la Abbe de Premontré. de
toutà fait
feconde
TeROul
nôtre miniftere; mais je n'en indigne fus venerable Capucin falle, à où trouvai un
entierement le maitre. pas
Eadet
der nos Peres
Trois ou
blanche, la téte &le cou longue &c
donnerent dans lcs idées quatre de ferviettes, qui fe promenoit enveloppez tout de
Nousneutluane : on apportadu feul. vin,
je --- Page 29 ---
FR A NCOISES DE L'AMERIQUE. Guillaume, il tre troupe de neufou dix Capucins mar" 16931
1693 jelui en fis prefenter ceremonies, par
& nous chans fansordre, fermoit la marche. but après quelques
latine. Je me difpenfai de fuivre ces bons Peliâmes senfemble une converfation Provincial res; mais
de M. Guillaume qui
Jc crûs que c'étoit quelque
eut la curiofité j'appris de lesaccompagner,
étranger 2 mais je ne m'imaginai jamais Nous le General étant defcendu à la S
queccf futle General des Capucins. nous étre repo- leur Eglife, on lui prefenta la Eatis &c
montâmcsà cheval après Nous trouvâmes I'Eau-benite, &c qu'après avoir adoré le
fez près d'une heure, de Rochefort; S. Sacrement, il s'étoit affis fur un faudes Capucins quivenoient c'étoit leur General teuil devant le grand Autel, où tous les
ils m'apprirent vû aul que Rocher, ilsalloient au Capucins luivinrent baifer les mains, &c
que devant javois delui, & il devoit faire cc jour- aprèseux quantité de devots & de devolafonentréedanslay ville. aufi-tôt tes J'allai defon le Ordre. lendemain matin à bord de
J'allai faluer M. de Mauclerc l'ordonfalucrM.d de Sainte Marie
que je fus arrivé; il me donna
l'Opiniâtre
& le
qui
nance de 450 écus, & les ordres necef- en étoit Capitaine, Vaiffcau prier d'agréer
faires
nous embarquer; 5 fçavoir, le queje palfafie fur fon cela avec mon
P. BJe &c moi fur le Vailleau du Roi compagnon. Il meditque luifaifoit beaul'Opiniâtre: les Peres Romanet &c Char- plaifir; & que quoiqu'ily yeût déja
lesfur la Flute du Roi la Loire: les Pe- coup de pallagers, il feroit fon poflible
res Martelli, Seré & du May fur unc au- afin que nous fuflions bien. & Jefus enfui- avoir
tre Flute du Roiappellée la Tranquille, ter recevoir M.
Vailleau du Roi compagnon. Il meditque luifaifoit beaul'Opiniâtre: les Peres Romanet &c Char- plaifir; & que quoiqu'ily yeût déja
lesfur la Flute du Roi la Loire: les Pe- coup de pallagers, il feroit fon poflible
res Martelli, Seré & du May fur unc au- afin que nous fuflions bien. & Jefus enfui- avoir
tre Flute du Roiappellée la Tranquille, ter recevoir M. mon de argent; après montai à
& les Peres Gaffot & du Homeel avec lc remercié
Mauclerc, àla Rochelle. je
Frere du Mortier fur un Vaiffeau mar- cheval pour retourner
content J'y
chand. J'allai enfuite chez le Tréforier, arrivai d'aflez bonne heure, fort
de-là fus demon voyage; mais je trouvai tous nos
qui me remit au lendemain; voir l'entrée je du Miflionnaires en defordre: ils avoient eu
Entrie un peu hors de la porte voici l'ordre. un different avec les Religicux du CouduGens- General des Capucins, 3 en
vent
dont voici le
ral des Douze Capucins étoient à la tête, ils
pendant monablence,
Capu- marchoient deux à deux le bâton à la fujet. trouvoit
Roche- cinsa main, &c le capuchon de campagne au Le Couvent étant pauvre Mifionnaires fc
forj. bras; fuivoitun gros de feptouluit Ca- fortincommodé parles
qui
pucins qui entouroient la mule blanche y venoient attendre leur embarquement. fur! laquelle étoit le General, la bride &c Les Supericurs y firent enfin attention
les étrivieres étoient decorde, avec deux après beaucoup d'années, & on convint
petites planchettes qui fervoient d'é- que la Mifion lui payeroit douze fous
triers: cettemule étoit conduitepardeux parj jour pour chegeXifenaucquisy
Freres au chapeau, qui furent les
arréteroit, , outrelaMelfe quildevoiedi. micrs que jculfe vûs de cette IO,ECE realad déchargedu Couvent. Depuishuit
Le Provincial marchoit enfuite entre les ou dixans sque ce relememtavaitieehit, éteaflez d'accord. Mais
deux Sccretaires de deux campagne à deux du lesfui- Gene- onavoittoujours lesvivres étant devenus sfi chers cette anral, dix & Capucins étoient fuivis de deux mulets néc le pain valoit jufqu'à cinq &c fix
voient, dont les couvertures fembloient avoir fous r livre, le vin & les autres denrées
fervi à des manteaux; 5 ils étoient con- à proportion, la devotion du pcuple fe
duits par deux Freres Capucins : une au- trouva tellement refroidie qu'il nevenoit
A 3
point --- Page 30 ---
NOUVEAUX
1693. VOYAGES AUX
Edzemabemnere les; de fortequil falloit
les Mef nous
ISLES
pourvûtà la fubfiflance dedixi que le Couvent vez. aux engagions Illes de quand faire nous ferions arri- 1693
étrangers moyennant douze fous Religieux pour obliger le
tous nos efforts
tc, cequi futhifoita peine
part té- Miflions
Superieur Gencral des
nerd dupain, particulierement pourleur à don- remit le dindemniter calme & la le Couvent.
falloit
les Mef nous
ISLES
pourvûtà la fubfiflance dedixi que le Couvent vez. aux engagions Illes de quand faire nous ferions arri- 1693
étrangers moyennant douze fous Religieux pour obliger le
tous nos efforts
tc, cequi futhifoita peine
part té- Miflions
Superieur Gencral des
nerd dupain, particulierement pourleur à don- remit le dindemniter calme & la le Couvent. Cela
étoient de Limoge. Le
ceuxqui du
de quelques-uns de nos paix que lavivacité
vent nous en avoit parlé, Syndic & je trouvois Cou- difparoitre: & ce fut un Peres avoit fait
qu'ilavoitraifons parties
mais nous n'étions
nous, car en moins de bonheur pour
capablespour faire aucun pas nous tombâmes
cinq ou fixjours
Enfin ment le au reglement qui avoit été change- fait. aufi-bien que lcs prefque tous du malades,
dire à jour que partis lcP. Iiny cût que le Religicux P. Couvent. nos INEELET qu'il falloit Pricurfit &lc' Frere du Mortier Prieur, leP.Daliez
folument trouver un
ab- leurfanté,
qui conferverent
cetteaffaire, parcc quel temperament les vivres enchc- dans coup de zele 3uisemploycrema &c de charité à avec beauKngmiajom bleau Couvent ilr n'étoit plus
autres. fecourirles
petite fomme dont de les nourrir avec une pofli- fi J'employai lc refte du mois à
rien; ils furent affez mémeil ne recevoit tourcequiéroit neceffaire pournôtreem- préparer
retirer dans la maifon mal-avifez du fieur Pour fe barguernent. Stinte Marie Le 2 de Novembre M. de
où la plôpart
Boudor, m'avoit: m'écrivit que depuis
caufé biend du coucherent, ce qui auroit de parlé; on l'avoit
qu'il
leur avoit envoyé fcandalc, fil le P.Prieur ne me pallagers, qu'il lui étoit chargé detant
Pour leur dire deux de fes
donner paflage dansfon impoflible de
de venir au Religicux en étoitfiché,
vailleat, qu'il
roit quequand jelerois de retour Couvcht, on
&
un
manuuimkememorahe
lc
expedient pour contenter cherche- debomeheure, d'un autre bâtiment. afinquej jemep pourvilfe
monde. Jarrivai
tout prelfoit,
Copendatt letems
aprés qu'ils
quelques momens &
carlesbatimens éroient cnrade,
tout ce qui turentrevenus; s'étoit paffé, on m'appric derniers n'attendoient ordrcs plus le vent, &cles
du chagrin. Je parlai au Pricur dont j'eusbien je fus obligé de la ReSer de forte
fes
&ca tous
d'aller le
que
zaifonnables Religieux, 3 qui étant extrémement chefort pour parler à M. lendemain de'l
à Rotion de chaffer n'avoient jamais.cu inten- envoya aufi-tôr chercher M. Mauclerc. de Il
feulement nos Millonnaires, mais Maric à qui il fit une mercuriale Sainte
miffaire des deleabligerafene au Com- vertes, & malgré toutes fes desp plus
donner de Milions, afin qu'il leur fit l'obligea dans fon de promertre de me raifons, il
concurrence Targent des douze du moins jufgu'à la ceu vaileau puifau'il avoit recevoir reles nourrir.
envoya aufi-tôr chercher M. Mauclerc. de Il
feulement nos Millonnaires, mais Maric à qui il fit une mercuriale Sainte
miffaire des deleabligerafene au Com- vertes, & malgré toutes fes desp plus
donner de Milions, afin qu'il leur fit l'obligea dans fon de promertre de me raifons, il
concurrence Targent des douze du moins jufgu'à la ceu vaileau puifau'il avoit recevoir reles nourrir. Faccominodal fous. pouraider à de chercher nosrations, Scpuitnenity plus déja tems
diferent,
ailément ce de Sainte Maric unautre embarquerent M. chand Boudor. naigneroppofition Je donnai
du Mar- recevoir; mais promit à la fin de nous
partie de Pargent que j'avois au Syndic une de
je avec ne jugeai ap propos
compte de nôtre
apporté à avec m'embarquer raifon
luis
àn
F
tous nos
dépenifé, &cjenist figner curiale qu'il ne me fit payer craignois
quel,après Milionnaires avoir
une acte par le- ma penfée que à je M. lui de. avois procurée. lamer- Je dis
étoit le Couvent cunerimpominees de nous
de mc donner un Mauclerc, &cleprii
année Pour douze fous entretenir cette querdansla. ordre pour m'embarPar tétc, nous puilqu'il Loireavect mon
n'yavoit pas d'apparence Compagnon, quele
P, --- Page 31 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
àcaufede la fiévre Tavoitreprisd'uner maniere très- 1693
K693- P. Charles s'y pût embarquer,
vive. famaladic; il y confentit,, &c me donna
Cxpendantdenfurquitep pourtrois
l'ordre que je, lui demandois. Jerevinsle ou quatre accès. à la Rochelle
lendemain à laRochellc; j'allai trouver Il arriva ce même jour
M.delaHeronniere Capitaine de la Loi- un Religieux du Couvent de Touloufe,
l'ordre deM.deMau- appellé lc P., Jean Baptifte la Banniere. re, à qui je remis fit
d'honnétetez, 1i? avoit une Obéiflance pour les Mlesoù
clerc. 'II me beaucoup mais commeil il prétendoit être Procureur de nos Mif-
& me promit rien le avoir pallage; à difcuter avec M. fions, l'ayant été pendant quelques anne vouloit
nos rations, il nées de fon Couvent. Mais foit que lâ
Sainte Marie pour retirer aM.deMauclerc, mer lui fit peur, fotquiletcreglquelfouhaita queyéeriville lui
de
que cfperance d'être rétabli dans fon poafin qu'il de la Rochelle. permit lesprendreauma- J'écrivis le même fic, ils'en retourna quelques jours après
jour, gazin j'eus réponfe le lendemain avec en M. fon
Marie avoit
Aumôdemandois, que portai
Esines
T'ordre quej je
content, je &c nier un Capucin, quitomba
àM. delal Heronniere
Edunts
moi encore plus d'être quifut forti de cet em- avoir: reçu trois mois d'avance de fes ap-
&c les avoir employez cn
barras.
is le même fic, ils'en retourna quelques jours après
jour, gazin j'eus réponfe le lendemain avec en M. fon
Marie avoit
Aumôdemandois, que portai
Esines
T'ordre quej je
content, je &c nier un Capucin, quitomba
àM. delal Heronniere
Edunts
moi encore plus d'être quifut forti de cet em- avoir: reçu trois mois d'avance de fes ap-
&c les avoir employez cn
barras. voirM. pointemens, differentes chofespourionulage. CeconChevalier Le6j'allai quicommandoit avecleP.Martelly la' Tranquille; tre-tems embarafla beaucoup ce Capitaiil nous mena à fon bord, où nous paflà- ne qui fe voyoit à la vèille de partirlans
mes la nuit &cune partie du jour fuivant, Aumônier, ou de donner lcs trois mois
où après nous avoirbien regalé, il nous d'avance à fes dépensa celuiquiyoudroit fe retirer
ramena à la Rochelle. s'embarquer avec lui. Ilcrut
Le IO. on nous avertit de nous tenir d'embarras en venant m'offrir de me releP.Daitez qui çevoir dans fon vaiffeauavec mon Comavoit pretsà le nous pied embarquer, marin, fe chargea de faire pagnon, fijevoulois luifervir d'Aumônos coffres & nos matelats à bord nier jufqu'auxl xIiles; mais le remerciai
porter
devions nous em- de fesoffires, n'étant
dem'ex-
:
des vaifleaux Nous où nous nous y rendîmes fur le pofer au reffentiment Red pouvoitavoir
barquer. foir. Mais! le vent ayant changé, nous s'il venoit à fe fouvenir de ce quic'étoit
fûmes obligez de revenir le lendemain à paffé, LeP.Romantiquinefgaveit.comterre; il n'y eut que le P.Gaflot qui re- mentfairep paflerlepctit garçon qu'ilvouftât dans fonvaificau, dont il cut fajet de loit mener: aux liles, accepta le
fe bien
car la nuit fuivante il moyennant le
de fon clerc. m
repentir;
Prefque fçû depuis qu'il pallage avoit bien fouffert de la
yeutu unctempête épouvantable. étoient en rade, mauvaife humeur de ccCapitaine. tous les vaifleaux qui
d'une
chafferent fur leurs anchres, ily en eut Le 17 je tombai malade
grole fi
qui s'aborderent, d'autres qui perdirent fiévre continue avec des redoublemens
leursanchres. Les vaiffeaux qui étoient furicux, qu'on crut quej'étoisàl la veille
dans le port, furent en danger, & de d'unvoyage ou je n'aurois befoin de
ceux qui étoient moiillez entre la digue vaiffeau, ou du moins que I tiendrois
& la chaine, il y en eut cinq ou fix qui compagnie au P. Charles que fa maladie
furent jettez &c brifez contre les murail- obligeoit d'attendre un autre embarqueles de la ville. Le pauvre P. Gaffot fut ment. Le Prieur &c les Religieux quife
apporté à terre le 14- plus mort quevif, trouverent en état de me pouvoirfecourir, --- Page 32 ---
&
NOUVEAUX
2693VOYAGES AUX ISLES
Rattarsoninecatiet la tendreffe pollible. Mon mal diminua traordinaire entre un Jetiite & un Jacoconfiderablement le 26 de forte que le bin.Lefriflon me pric dans la.
de la ville. Le pauvre P. Gaffot fut ment. Le Prieur &c les Religieux quife
apporté à terre le 14- plus mort quevif, trouverent en état de me pouvoirfecourir, --- Page 32 ---
&
NOUVEAUX
2693VOYAGES AUX ISLES
Rattarsoninecatiet la tendreffe pollible. Mon mal diminua traordinaire entre un Jetiite & un Jacoconfiderablement le 26 de forte que le bin.Lefriflon me pric dans la. chaloupe: 1691
CeR.Reemecourneder le
fonmantenu, &c
devoit
Licutenant
SEhaaaet:
foir, qu'on
fans faute s'embarquer le nous arrivâmes du ficn; il mc dura pcu;
faire le &queneme voyage, il voyant alloit Iied en état de heuresduf foir. M. au de vailfeau la furles fept. monlit& mon coffire; jelep prini débarquer den'en voyantfortrouge, parce Heronniere quej'étoisalors me
rien faire, l'alurant je me trouvois dans le chaud dela fiévre,
aflez fort pour lui tenir quej
portois bien & m'en félicita. crutquejeme
que j'efperois quc l'air compagnic, de la mer & de deluidire
Jenieusgar. guériroit. Encfet
me eu foin de pricr quilfetrompoir, lc
& &cj'avois
put me dire, je me malgrétout leval & me fis ce qu'on tres, de ne pas dire Lieutenant quej j'avois culefrif les auabord delachaloupe fuarles quatrel heures porter fonen venant; tantj'aroisp peurqu'onne
aprèsMidi. Jyt trouvai lel R. P. Charles merenvoyit. à terreattendre ma fanté &c
Hollevjefunte fions des Ifles. qui Paffoit aufli aux. Mi- Hnaumecalarqusmnems bien, jebs duvin
Nous foupàmes
Neticommengimeidoe guoijer mefuscoucher Sedesligueurs, à la
EairoeaUmmnse guele vulgaire
étroite où on m'avoit
mon
Ldmthetes
s'imagine qu'elle eftex- modément entre préparé deux litforr.com. canons. H A P I T R E IL
Départ de la Rochelle. Mort
rempéte. d'una des Mifiomaires. La Rote
Baptème du Tropique. Un waifeau perdfom defiparie par tine
gouvernail. Ous mimes à la voile quelque giens
tems aprés que je me fus re- mouffe ordonneroient. Il me donna un
tiré à la Salite-Barbe, où je
pour mefervir, & demeurerjour
le
dormis fi bien malgré tout Scnuitauprès tems
demoi, &c pendant tout le
bruit qui fe fait en. ces fortes d'occa- ilvenoit que j'ai été obligé de garderlelit,
fions, je ne me réveillai que le lenquatre ou cingfois lejour mevidemain ve les neuf Heures. J'appris
fiter,& palbitquelnucfoa
nous avions paffé le pertuis d'Antioche, que les entiers avec moi. je n'oublieraij lesaprés-midi jamais
& qu'on ne voyoit plus laterre. bontez de ce genéreux
avec appetit, mais deux heures après Jedinai la après Dicu fe futis redevable de Capitaine, la vie & 3
fiévre me reprit avec des redoublemensfi delafantéi la fesfoins,qui furent fiheureux
furieux, & qui fc fuivoient de fi prés, cembre.
pertuis d'Antioche, que les entiers avec moi. je n'oublieraij lesaprés-midi jamais
& qu'on ne voyoit plus laterre. bontez de ce genéreux
avec appetit, mais deux heures après Jedinai la après Dicu fe futis redevable de Capitaine, la vie & 3
fiévre me reprit avec des redoublemensfi delafantéi la fesfoins,qui furent fiheureux
furieux, & qui fc fuivoient de fi prés, cembre. que fiévre me quitta le 6 jour de Dcpeu que les Chirurgiens cela
jugerent pour Nôtrel Flote étoit
que continuat, il me
à la
compoftedetrentejetter
EELESE
mer, M. dela Heronniere en feptvailleaux, feau du
&une Corvette. Levaif
ayant éteaverti,
& de Roi,1 l'Opiniitre de 44
me voir:
decenditaitsorpour
200 hommes
canons,
mon lit; TEnuednyehuntina il ordonna à fes
trentaine de paffagers, d'équipage étoit nôtre avec Ami- une
d'avoir un trés-grand foin de Chirurgiens moi, &à ral, & nous fervoit de convoi. Ilétoit
fon Maitre-d'hotel de me faire
commandé, M: de Sainte commejel'ai déja dit,
Ponétucllement tout ce que les
Marie. La Flute
étoit
ERTIer
RLAR
ouj'étois, commandéepar M.de
la --- Page 33 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
#693. la Heronnicre, fon Lieutenant s'appel- J'étois prefent, &c on
loir Maffon: nous n'avions que vingt ca- prélude m'avoit choqué. remarqua que que ce le 1693. nons, quoiqu'elle fut percéc pour qua- Sermon fut fini, on me demanda Après mon
rantc, mais ils étoient de bou calibre, fentiment, quejene me
puifque les quatre de la Sainte - Barbe prierdedire, puifque c'eft fispast lc beaucoup
étoicnt de dix-huit livres; ily en avoit commundelEcole deS. Thomas, fentiment
fix autres de douze livres, &clerefte de doncauP. Holley qu'il auroit été très Jedis
huit livres. Nous avions quatre-vingt propos qu'il eût
ce
avoit à
hommes d'équipage, trente foldats de iuppofe étre crû tout le qu'il &c
recruë
monde,
LE
pour) lesliles,, & vingt-cinqpalieût rapporté la décifion
gers, entre lefquels il y avoit quatrePré- 2 cct article, puifque del'Eglife
tres; fçavoir le R. P. HolleyJefiuite, le ellen'arien déterminé fur jufqu'a cette matiere, preiene
P.Diftezéemoi, &TAumonterduVait & qu'elle s'eft contentée
filenfeau quiétoit un bon Prêtre Breton. La ce à ceux qui difputoient d'impofer far
&fe
Flute appelléc la Souris, autrement la traitoient réciproquement cela,
Tranquille, étoit commandée par M. J'allois m'étendre fur la matiere d'heretiques. Chevalier 5 elle avoit environ quatre- ma foibleffe, quand on vint avertir malgré M. vingt hommes tant de fon équipage
de laHeronnicre que nôtre Amiralfaifoit
dep paflagers, avec dix canons. TARAES un fignal. Cela fépara la
&c
Seré, Martelly &c duMai y étoient em- fit remettrela difputeà unc compagnic, autrefois. barquez avec M. Guillaume à qui le Ca- Lefignal
Corpitaine avoit accordé le pallage gratis.
quatre- ma foibleffe, quand on vint avertir malgré M. vingt hommes tant de fon équipage
de laHeronnicre que nôtre Amiralfaifoit
dep paflagers, avec dix canons. TARAES un fignal. Cela fépara la
&c
Seré, Martelly &c duMai y étoient em- fit remettrela difputeà unc compagnic, autrefois. barquez avec M. Guillaume à qui le Ca- Lefignal
Corpitaine avoit accordé le pallage gratis. vette
etor-pourondonneralac
Ces deux Flutes étoient au Rois elles roiffoit. CeremmEttr Elle étoit très-bonne
étoient &del chargées de munitions de guerre mais le Vaiffeau qui étoit à près voiliere, de
bouche pour les Magazins deslfles, tre lieués au vent le retint
avec une quantité confiderable
totjours
En:
&cd'habits pour les foldats. d'armes s'approcher dela flotteen chaffant la Corcore uneautrel Flute dul Roi Ilyavoit cn- vette comme onl l'efperoit; cequi fit
Cayenne. Deux Vaifleaux marchandsde- idellincepour l'Amiral tira un coup de canon pour R1:
voient paffer lc détroit, trois autres al- rappeller, Lc IO. nous &c remit en route. loient en Guinée, & lerefte à la Marti- quilleala approchimes dela' Tran- Mort
nique & à la Guadecloupe. leP. Seré portéedelav étoit mort voix, le nousfçûmes d'un Mifion:
Le 6 de Decembre, a nos Pilotes juge- E & que les trois
jour préce- xaire. rent que nous étions à 60 lieués au large, qu'on avoit tirez étoient coups de fes canon funeparlctrsversdesCaps. La mer étoit fort railles. NosPeresinformerent pour de l'état
groffe. Les deux' Vaiffeaux qui devoient demafinté. NosOfliciers
paffer le détroit nous quitterent, après empéché de me faire voir, qui leur m'avoient dirent
avoir falué nôtre Amiral. que j'étois gueri de tous
Let 8 jour del la Conception delafainte cetteréponle
maux; firent 8cpar
Vierge, le P.E Holley précha; il ditd'a- requej'étois mort; équivoqueleur ilya
croibordquil nevouloit point perdreletems pricrent Dieu pourle apparencequ'ils de mon ame. aprouver que la Conception de la Vier- Lemémejournôtte repos ft
geavoit été immaculée, étant perfuadé tre lecanotà la mer, Capitaine & fut dinersbord metqulalysroitpenonne raincu,
quin'en ràr con- del'Opinitreavecd deux de nosp
&equinefitfotimis. àl ladécifion En revenant fur le foir, ils pallagers. fe
que Tum.2. l'Eglilc avoit faite fur ce myiterc. perdre; ilfurvinttouta coupune penferent bruine
B
fi --- Page 34 ---
IO
NOUVEAUX VOYAGES
1693. Aépaidlequilsner pouvoient découvrirle
AUX ISLES
guife- Tempôte Vaifieau, ils le tiouverent enfinà lafa- ptement en une fanté parfaite; il ne me
sarila veur des coupsde canon que noustirions reftoit lat plus d'une fi grande
Russe. de: momentàa autre. Prelquauditotquils foibleffe.
a coupune penferent bruine
B
fi --- Page 34 ---
IO
NOUVEAUX VOYAGES
1693. Aépaidlequilsner pouvoient découvrirle
AUX ISLES
guife- Tempôte Vaifieau, ils le tiouverent enfinà lafa- ptement en une fanté parfaite; il ne me
sarila veur des coupsde canon que noustirions reftoit lat plus d'une fi grande
Russe. de: momentàa autre. Prelquauditotquils foibleffe. Nôtre équipage maladie &c les que
furent embarquezils s'éleva un vent terri- gers Yi étoient très-contens du paffi
ble qui duratoute] la nuit, & prefquetout aimoit la paix
Capitaine. lc lendemain avec la même bruine, les foin maladesf tout particulier éclajoye, que les &cilavoit fains & les un
Vaiffeaux furent obligerdemetnedesfi
sfullent bientraitez. Nous
naux, &det tirer duc
douzeai & fatable; parfaitement bien fervie, étions
Prodhericnumdesutron, ucnondepeurdevip. & des'aborder. avec beaucoup de propreté. Désle
LeSamedisz. lebeautemse étantreve- premier rjourilnous
nos
nu, nôtre flotte difperfée fe réunit à la nous pria de ne les
places,8c afin
réferve denôtre. changer,
F
Amiral, quineletrouva quelesdomeliques nous rendillent toûplus. Nous crûmes qu'il étoit alléàMa- joursles mémes ferviettes l'on chandere dontr nousr n'étions pasf
geoitdeux fois lafemaine. les
T avertit
vents de furd-Oleft nous fortéloignez, yaiant por- ceux qui mangeoient à fà table, d'avoir tous
teZ; mais comme nousavions ordredene dans la
point nous
squiétoient
iminvrarb-oduaes
écarter de nôtreroutenousla
Vaiffeaus tout lei refpeét & toute
pourfuivimes, & nôtreCapitaine devint ladéference fort la poflible. de
lAmiral toute la flotte. méme chofe Irecommandatrese à
Le
Le Dimanche: au point tdujournousdé- Hollcy & moi étions lequipage. aflis à l'arriere du P. couvrimesdeux Bitimens. L'un étoitau Vaiffeau entre le Capitaine & leLicureventd detoutelaf flotte, & l'autre un
nant. L'Aumônier &mon
fous levent: onr n'eût pas dep peine àd con- peu vis-à-vis de nous étoient entre/"Ecrirain compagnon
noitrequilsétoients Saltins; ils;
&cleChinungien Major,
avoir dix-huit ou vingt canons. pouvoient On ft remplifloient les deux bouts
le fignalà un
c'étoient
Lraner
Vaif@eaumarchand quiavoit lice NidonkeCrtscw Mivingt-huity piecesd
delaMartinique, Kercoue
fous le vent, pendant erchaftredhunguen quenouschaffions deFhibuflierss Ravari &c. Capitsine
l'autre; mais comme ii étoit plus
nanse dans les Compagniestramches Gagni Licute- de la
que nous & qu'il avoit T'avantage leger da Marine.
fignalà un
c'étoient
Lraner
Vaif@eaumarchand quiavoit lice NidonkeCrtscw Mivingt-huity piecesd
delaMartinique, Kercoue
fous le vent, pendant erchaftredhunguen quenouschaffions deFhibuflierss Ravari &c. Capitsine
l'autre; mais comme ii étoit plus
nanse dans les Compagniestramches Gagni Licute- de la
que nous & qu'il avoit T'avantage leger da Marine. L'onf
vent, ilfeconferva toûjours &nous oblifaifoitla priereaffez matin,
gea ainfi de remettre à la route, >
laquelle les jours
après Ripas
avoir rappellé le Vaiffeau marchand après ou imoncompagnon sordinairen difoit la T'Aumônier-dass Meffe. Vaifeas
n'avoit
qui Dimanches &les Fétes nous la Les
foit. TTeSeIenAF Nous les vimes enfemble tout le touso quatre quand le tempslep difions
lendemainau vent, ils parurentencorele Aufli-tôt la Mefle étoit permettoir. fe
1S: nouslesperdimes devdefurlemidi. mettoit à SE Pour déjeuner. finie, on
Le même jour les trois Vaiffeaux de ordinairement avec
un jambon, ou Onfervoit un
Guinée, &clal Fluttequialloit à Cayenne beure un ragouft, ou une
pâté
nous quitterent. Le vent qui devintbon bon &da fromage, & furt fricaffee, du
nout fit porter à nôtre veritable
vin, & du pain frais matin toutdetrèsce qui mitl tlajoye danstoutelaflorte. route, L'ondinoit: après que les] Pilotes avoient &cfoir. Lel beau temsdontr nousj joitiflions, & pris hauteur,
les bons traitemens
avoient obfervé c'eit-a-dire, la
après qu'ils
M.dela Heronnicre, que je recevois de midi, 3 cequifait connoitre hauteur lal du foleil à
merenireneprom- poledulicuollon eft arrivé. hauteur Le diner du
étoit --- Page 35 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. II
e93. étoit compofed'ungrand potage avec le ouvrimes nos caves, & en jettâmes les 1693. bouilli qui étoit totijours d'une volaille, clefs à la mer: il n'y eut quc F'Ecrivain
une poitrine de bceuf d'Irlande, duj petit quis'en exempta fous de mauvais
falé, &cdu mouton ou du veau frais, ac- tes; mais outre que fon ceconomie
IETER
compagnéd'une fricafléede poulets, ou polà àune raillerie, qui recommençoit a
autrechole. Onlevoit ces troisplats, & touslesrepas, nosjeunes & gens de trouverent fes
on mettoit à leur place un de
moyend'ouvrirfac cave,
remplir
deux ragouts &c deux Fle pour E: faconsd'eaud de mer,après en avoir diftrideffertnousavions du fromage, quelques bué les liqueurs à l'équipage. J'avois
compotes, des fruits crus, desmarrons &c acheté un Jeu d'échecs à la Rochelle.
voit ces troisplats, & touslesrepas, nosjeunes & gens de trouverent fes
on mettoit à leur place un de
moyend'ouvrirfac cave,
remplir
deux ragouts &c deux Fle pour E: faconsd'eaud de mer,après en avoir diftrideffertnousavions du fromage, quelques bué les liqueurs à l'équipage. J'avois
compotes, des fruits crus, desmarrons &c acheté un Jeu d'échecs à la Rochelle. des confitures. On fera peut-étre furpris Monfieur Roi qui y joitoit un peu, me
que je marque tous lesj sjours des falades, priad'achever delelui tapprendre, de les aumais on ccflera de l'être quand on fçaura tres voulurentaufiyjotery
que nousavions bonne provifion del bete- pour contenter tout le monde,
EESE
raves, de pourpicr, de creffon, &c decor- pentier fut obligéd'en faire commeilput école
nichons confits, &c deux grandes caifles deux autresjeux, &cmoi d'entenir
remplies de chicorée fauvage en terre, dans lcs heures de nos récréations bannis après
qui étoient gardées jour & nuit un ler repas. Les jeuxdecartesétoient Le Chef ne
fentinelle, dep peur queles rats & T ma- de nôtre petite république. éviterl rles
telots n'y fiffent du dommage. Quand lesaimoit pas, &cvouloit
difpunous eûmes mangé une de nos caiffes, tes qui arrivent ordinairement, 3 & qui
nous yfemâmes des graines de laitués & auroient pu troubler la paix dont nous
de ravesquer nous eûmes le plaifir de voir jouiffions. la feule
croître & de manger avant d'arriveràla Maislejeu d'échecs ne fut pas Monfieur
Martinique. Cefutainfi quenous eûmes écolequejefus obligédet tenir. toûjours de la falade, rafraichiffement de la Heronniere m'ayant trouvé un jour
n'eft pasindifferent dans les voyages àl la Sainte Barbe, où je donnois quel327 long cours. que leçon de Geometrie aux Pilotes,
Lefouper étoit à près comme le mepria delui en enfeigner les principes: &c
diner: une grande ECE avec unepoule jelc fisavec plaifir lerefte cduvoyage,
deffus, deux plats deroti, deuxragoufts, jele mis en état d'étudier faus maitre
deux falades &1 le deffert; & comme nous quand nous nous quittâmes. Meflieurs auffi
étions bien pourvàs deliqueurs on ne les Roi &c de Kercoue étudioient
de
épargnoit pas. Nôtre Capitaine en avoit maniere que la journée étoit toujours
deux caiffez de 24 flacons chacune. Il trop courte pour les differentes occupas'apperçût unj jour fon.Maitred'Hô- tions qui la partageoient. Car quoique
tel en fermoit une dec on s'étoit fervi, je me levafic au point du jour, Pheuredu
& en emportoit laclef, il l'appella, &c diner étoit arrivéeavant quejer m'en fuffe
aiant faitouvrirfes deux caves, en jetta apperçu:laPriere, lcBréviaire, la Meffe,
les clefs àl la mer, en difant qu'il vouloit ledéjeuner, un peu de promenade fur le
que fes liqueurs fuffent à la difcretion de gaillard, lalcéture, lal leçon deGéomctous ceux qui mangeoient à fatable, & trie m'occupoient fucceffivement ce
la précaution de les enfermer étoit temps-là.
aiant faitouvrirfes deux caves, en jetta apperçu:laPriere, lcBréviaire, la Meffe,
les clefs àl la mer, en difant qu'il vouloit ledéjeuner, un peu de promenade fur le
que fes liqueurs fuffent à la difcretion de gaillard, lalcéture, lal leçon deGéomctous ceux qui mangeoient à fatable, & trie m'occupoient fucceffivement ce
la précaution de les enfermer étoit temps-là. On joiioit une heure & quelSar puifque perfonne qu'eux n'en- quetois davantage après diner, je faifois
troitdansla chambre. Uni'bel exemple enfuitele Catéchifineaux Moufies Scaux
fut aufi-tôt fuividetout) lemonde, nous Matelots. L'Aumônier aiant bienvoulu
B 2
fc --- Page 36 ---
1F93 fe 12 NOUVEAUX VOYAGES A UX
décharger de ce foin fur moi depuis fort décida
ISLES
SemnemPEeEs Bréviaire,
T'heuredu parainMonfieure que delal cef feroitI Iui. Il eut pour r693
lecturer nous ReBEmerOcenAN entretenoientjufqural laPrié- qu'ilfut Le de retour on Heronniere. me vint chercher. Après
le rec commune. fouper On fe promenoit pendant parain." Capitaine voulut encore étre mon
enfuitc, puis deTEquipage, on
nous foupions tegea affis JetrouvailePilotes avec fon corbiennousa allions furle jouoit gaillard aux échees, voirdanfer ou de pcaux REEEE de mourons; il avoit fes OfflesMatelots. C'étoits ainfi nous pal- ciersafescôtcr, Separteulierenent fon
fionsleremps jufqu'à la Tntic
lesy
de
Rasarcguletecga/tiers
avant changer le
qu'onfait l'on failoit après avoir été préfens
quand nôtre Capitaine après quoi de avoit devant lui une grande baptizé. cuve T
point d'eau de
CTRLATT
quartnousa ille faifoit allions: nousr repolers carq quand puyée mer avec une pince de fer pleine
nous lui tenions
furlesbords: cefut fur cette appendantune coupled
compagnie cequ'on: me fit affeoir; &c après m'avoir pinpasmal employées, edheunesquineoient &c
pagnées de' chocolat totijours accom- HHmneummntric.s on
marine
iemblables. ou d'autres chofes lePHloeretenoit, faire executer cette me fit promettre 20E
LeVendredij jourde
mon pouvoir à ceux cérémonie qui
de tout
dit la Meffe de Minuit, Noil,leP.Hollei Monfieur de la tropiquet unea autre fois avec pafferoient moi. Quand le
Heronniere, tous ceux de la chambre, j'eus fit la promeffe, le Pilote fe leva
munierent, beaucoup de Matelots & Paffagersy y com- gravement, quel nom il & demanda à mon parain
déjeuner.Jedisla après Meffedur quoi ily eutt un grand nommé le Prefcheur. vouloit me C'eft donner. Jc fus
monCompagmoni la dita après point moi, duj jour, qui reprefente un Prédicateur cn un rocher
mônier fut refervé pour la &lAu. quiena donné lenom à un
chaire,
nous chantâmes avec prefque grande autant fidérable lote de Ia Martinique, quartier Alors lc con- Pichaiaprès folennité quedansune Cathedrale Jepré- RE dans s'approcha une taffe de moi, il prit de l'eau
tagésentrer Vépres.
Compagmoni la dita après point moi, duj jour, qui reprefente un Prédicateur cn un rocher
mônier fut refervé pour la &lAu. quiena donné lenom à un
chaire,
nous chantâmes avec prefque grande autant fidérable lote de Ia Martinique, quartier Alors lc con- Pichaiaprès folennité quedansune Cathedrale Jepré- RE dans s'approcha une taffe de moi, il prit de l'eau
tagésentrer Vépres. nous trois Nousnous étionspar- front avecl le bout
& m'en mit au
les
palagerslesferesse
doigt, après
Ceare
Dimanches afin de préchertourà tour wetantremisfarfont thrône, lmedeman- quoi
pourfoulager tre miniftere, PAumônier, & exercernô- dacequejedomnerois donnai trois écus àla compagnie. Je
Nos Pilotestrouverenep parleur) hauteur & pour moi, avec pour un bariller mon compagnon
que nous étions fousle:
du Cand'environ
cer. La folennité du tropique
pourSINEEEREFeST
Indemanisesienodedis jour fiti remettre au weilaRechellepoure me ramena en cérémonic cetteoccafion. fur le On
Battémi On la fitleSamedi après Baptéme. midi. Mon compagnonf
gaillard. forsle premier Pilote grotelquement habillé Nôtre Licutenant lui fervoit futconduitenfutite, de parain, on le le
trigaravec une grande épéedeboisalar
traita comme on
& on
une carte marine devant
main,c ramena avec la méme m'aroittrairé, civilité. le
de douze ou quinze de fesOfficiers lui, environné LEenbainguidevoitp
tés comme lui, nous envoya fommer ajuf de fulbietousfesceforts pafferaprès nous,
comparoitre devant fon' Tribunal. comme il s'étoit poursenctempter de
bien des cérémonies, entreleP. Après mer lcs clefs de exempté fà cave; jetter à la
& moi, à qui Palferoit le
Holley marcher. Lefieurl Kercoue mais il fallut
premier, le
CapitsineFlibuiberquipafoitaren nous, futfon parain. --- Page 37 ---
: FRANCOISES DE PAMERIQUE
rain. Il vit bienqu'il alloit êtrelavé de- excepté nous autres qui nous retirâmes 1693
$693- puis les pieds julgu'a la téte; il voulut de bonne heure dans la chambre, de
compoler quand i fut fur la pince, on crainted'atraper nôtrepart de l'eau que
luiréponditqu'on: s'en remettoità à fagé- l'onjettoit detous côtez. très-ancienne fur
nérofité. Il fut nommé le Morne aux C'eft une pratique
Baeufs: s'eftune montagne de lai Marti- la mer qui autorife cette cérémonie
nique avec laquelle il timpatifoit alfez dont on ne fçait point au été vrai établic Porigine. fa groffeur & par fa phyfionomic les Pour rmoijecroiqu'elica moins
faire fouvenir par
EAnte Le Pilote deleenditde fon TriPilotes,
pour du paflage de la
bunal, & air lieu de lui jetter l'eau de ceux
baptife,
fatafle fur la tétc, illaluijetta dans les
ou Tropique,
Ligne
quepour
obligé
curer quelque
A
RIES
yeux,, vain à cequiayant licherla main dont lépauvreEcri.
phyfionomic les Pour rmoijecroiqu'elica moins
faire fouvenir par
EAnte Le Pilote deleenditde fon TriPilotes,
pour du paflage de la
bunal, & air lieu de lui jetter l'eau de ceux
baptife,
fatafle fur la tétc, illaluijetta dans les
ou Tropique,
Ligne
quepour
obligé
curer quelque
A
RIES
yeux,, vain à cequiayant licherla main dont lépauvreEcri. 1 tenoit la quc Pulage en gratification cit établi il faut s'y foupince
la porter à fon vifage, la mettre fans refiftance, & fans en cherpince RCTr retirée dans le moment, 8clui cher les raifons, c'eftleplusfir, la
Quand fois
poullé dans la cuve avec tant de juftefle un Navire paffe pour premicre c'cft au
qu'on ne lui voyoit la tétc & les la Ligne ou ile Tropique, autrement Capipieds, tout le coips dae fous Peau. H taine à payer fon baptême,
enreçutdans cet état un les deluge, parce- les Rp-cendnadsamtims Le Dimanche 27. nous ctmes fur le
la
hune, haubans,
de vent fortviolent duSorar ERAR Vaiffeau & la chalouppe con- foiruncoup
toute qui nôtre laquelle la cuve étoit appuyée, m jufqu'à minuit. Il difperfa
étoient remplis de Matelots avec des trefloite. LeLundinos bâtimensfe réunirent à Cons
feaux pleins d'eau dont ils d'heure. le laverent Il lareferve detrois Vaifleaux ne
de vent /6pendant plus d'un quart
rent
c'étoit deux marchands qui
qui la
crioit cependant, &c juroit comme un
point,
STELEL
defefperés plus il juroit, & pluslePi- Flustedul Royla Tranquille. fait fervir Nous leurs cri-Raries voiloteordonnoit de le baptifers au bout mes qu'ils & avoient avoient
le devant. de tout cela il fallut promettre quatre les, Cela fe trouva qu'ils vrai à l'égard pris des deux
flacons d'eau-de-vie, fans quoi Marti- penfe marchands, mais nous reconnûmes le
qu'on l'auroit baptizé comme n'étoit - aimé lendemain nous nous étions tromque
ETR
nique;parce de perlonne, on ne fe mettoit point cn pés au fujet 's la Tranquille, car nous fort
peine de edemander
pourlui. Tapperçumes au point du jour
Le Chirurgien EOST qui vint après loin fous le vent, ayant un pavillon le
Jui,futnomméla) Montagne Pcléc, nom rouge au grand maft. Comme c'étoit
'qui convenoit très-bien a fa tête &c à la fignal pour demander du fecours, onfit
mauvaife perruque dontelle étoitornée. aufli-tôt fignal à toute la flotte fur d'arri- les
Ilfurà peu pres lavé comme P'Ecrivain. ver fur elle. Nous la joignimes
Lc fecond Chirurgien le fut un
neuf heures; nous fçtmes pendant
moins; peut-étre parce que les Ntades le coup de vent du 27. ils SRCuN reçà
vouloient prendre haleine
laver un coup de mer fi furicux qu'il avoit Ze
comme il falloit le Commis Sota fond de emporté fon gouvernail. Ony envoya gunitle Trancalle &le maitre Valet. Le reftedela nos Charpentiers qui virent avec éton- perdfors
journée fe ralfa à ce divertiffement, oùt nement que la mer avoit emporté goucers
a la fin tout le monde fe trouva lavé, non feulement le gouvernail, mais en- nail
B 3
core
un coup de mer fi furicux qu'il avoit Ze
comme il falloit le Commis Sota fond de emporté fon gouvernail. Ony envoya gunitle Trancalle &le maitre Valet. Le reftedela nos Charpentiers qui virent avec éton- perdfors
journée fe ralfa à ce divertiffement, oùt nement que la mer avoit emporté goucers
a la fin tout le monde fe trouva lavé, non feulement le gouvernail, mais en- nail
B 3
core --- Page 38 ---
NOUVEAUX
S6p3. coretoutela ferrure qui lc tient attaché VOYAGES AUX ISLES
au Vaiffeau. On regarda comme unmois, la joye de nous
miracle que l'arricre du Vaifleau un de, nous paffames toute revoirfut la
gran- t6ge
fût pas ouvert parla violence ne fe agréablement; furle foir le journée fort
été neceffaire pour arracher cette qui avoit vint chercher, il
Canor nous
rure. On fit chercher danstoutc la fer- Monfieur de la apporta un billet de
te des ferrures pour
flot- de
& Heronniere nos
qui prioit
ge; mais il fut reparer ce domma- ner Capitaine, chez
Peres de vénir diimpoflible d'en trouver
luilejour fuivant. quiy fuffent entierement
Le Dimanche Monfieur
paffa à la. cappe le refte de propres. la On nos Peres ne
Chevalier de
&c
à faire un gouvernail
journée nôtrebord, ils manquerent yE
venir à
attacha comme l'on
que l'on leur fit grand pafferent Ejo journéc, on
Vaifleau fut
pût, E ce pauvre
de chere, la cn s'en retournant
attimon obligé de fe fervir de fon Monficur venir faire
Heronniere les pria de
pour aider à la foiblefle de fon
les Rois avec nous, fi le
gouvernail. temps le permettoit. Lego.nous eûmes le
Le Mardi 5. veille des
d'un calmequi dura commencement a accoutumé de
Rois; le où Pon Fite des
Comme il failoit fort presdedouzejours. chaud
Capitaine de la couper
le Rois celots fe baignoient. nos Mate- bordavec nos Peres. Tranquille Erete rendit à lebrie
continuelle de voirles C'étoit une fcene tres
& llyvint auffi d'au- fur route, la
badesqu'ils faifoient. A fauts. & les gam- Monfieur Capitaines de la des pallagers que
dela Heronniere fut la fin Monlicur tez, de forte Heronnicre avoit invice divertiflement obligé de deffendre xingt-quare que nous nous trouvâmes
quicn, qui
parce qu'onvitunRe du foir de bonne perfonnes. On fit la priere
fcul Idinsceparage, nconkqUeedecens &
pas tageâmes en deux heure, tables nous fous nous la par1694. en coûter la vic à quilpourroit de bien qui étoit fur le gaillard. On
tente
acteurs. quelques-uns nos teau avec les
tira le gàSan- Le
féve
cérémonics ordinaires, la
vier. Vendredi premier jour de l'année
échûtà nôtre Capitaine. Aufli-tôt
1694. nous fûmes dès Ic matin faluer Monfieur Chevalier & les
nôtre Capitaine, &cluifouhaiter la bon- Marchands envoyerent une Capitaines
ne année.
bien qui étoit fur le gaillard. On
tente
acteurs. quelques-uns nos teau avec les
tira le gàSan- Le
féve
cérémonics ordinaires, la
vier. Vendredi premier jour de l'année
échûtà nôtre Capitaine. Aufli-tôt
1694. nous fûmes dès Ic matin faluer Monfieur Chevalier & les
nôtre Capitaine, &cluifouhaiter la bon- Marchands envoyerent une Capitaines
ne année. Les Vaifeaux de nôtre flottc àleurs Vaiffeaux pour leur chalouppe
le faliierent de leur artilleric. Il fit ti- iluercetteRoyaure" quand on ordonner leur don- de
rer quinze coups de canon pour lcs re- neroit le fignal; de forte qu'un
mercier tous à la fois. La plapart des levez d'heure après tous CCS Meflieurs s'étant quart
dirent Capitaines vinrent à bord, ils y entenpour boire à la fanté du nouveau
la Mefle, & on les retintà dîner. Roi, nous fûmes furpris d'entendre
Nos Matelots avoient pris des Dorades coup de boete
partoit d'une un
& d'autres poiffons que Monfieur dela chalouppes qui qui étoient à l'arriere des de
Heronniere leur payoit toûjours fort nôtre Vaifieaus ce fignal fut fuivi des
genereufement. décharges du canon des Vaifeaux
Le lendemain nôtre
qui avoient été avertis
donna fon Canot Capitaine nous nôtre nei
de 2 aufquels le
à bord dela7
pour nous porter Le beau manqua pas répondre. Tranquille; il efti impoflible vitoient temps & la bonne chere ind'exprimer la furprife où le
&
à la
Monfieur de la Henos Percs fe trouverent Capitaine ils
ronniere fit EOELN la ration de
yirent; ils mc croyoient quand mort me toutl'équipage, & fit donner vin à
depuis vingt Pors de fon caux-de-vic quinze à fes ou
gens
& --- Page 39 ---
E4CS) --- Page 40 ---
Jom. 1 veg. 5e.
E O
Reguien. ou Chien de --- Page 41 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE:
1694. &c aux équipages des chaloupes dont les fers dans vingt-quatre heures, mais 169
Capitaines étoient à bord; il fit encore qu'ils feroient châticz auparavant. dittribuer à fes Officiers Mariniers tout Le lendemain après la Meffe le mace qu'on deffervoit des deux tables; de telot futa attaché fur un canon, ouil reforte qu'on peut affeurer que jamais çûr quarante cinq ou cinquante coups
Royauté n'a été cclebrée fur mer avec dc bouts de corde, & le foldat fut conplus de joye & plus de pompe, Les ca- damnéàcourir labouline feche. nonades accompagnoient les fantez; &c On avoit attaché pour cet effet une Comcommei il s'en buvoit bcaucoup, oncon- corde du gaillard d'avant au gaillard ment on
fomma beaucoup de poudre. Nousnous d'arriere, on dépotilla le foldat de fon faitconretirâmes le Pere Holley & moi fur les jufte-au-corps, & on le lia parletravers rir bouline la
dix heures afin d'être en état de dire la du corps avec une corde étoit feche.
&c On avoit attaché pour cet effet une Comcommei il s'en buvoit bcaucoup, oncon- corde du gaillard d'avant au gaillard ment on
fomma beaucoup de poudre. Nousnous d'arriere, on dépotilla le foldat de fon faitconretirâmes le Pere Holley & moi fur les jufte-au-corps, & on le lia parletravers rir bouline la
dix heures afin d'être en état de dire la du corps avec une corde étoit feche. Mefie le lendemain 2 car PAumônier féc dans un anneau de fer qui qui couloit paf- le
crut qu'il étoit de fon devoirdefairel les long de la corde tenduë; tout
honneurs de la maifon de fon maitre; ge étoit des deux côtez dc cette l'equipa- corde
& comme il étoit Breton, & qu'il fe avec des garfettes à la main: ce font de
trouva parmi les conviez des gens de petites cordes plattes treffées, dont on
fon pays, ils burent à F'envi la fanté fe fert
ferler les voiles; il devoit
de nôtre Capitaine Roi, & la burent fi courir Eperk fois de l'avant à l'arriere du
fouvent qu'avant la moitié du repas, ils Vaiffeau, & pendant fa courfetousceux
avoient plus befoin de dormir que de qui étoientarmez de garfettes les lui
boire. puyoient fur le corps. Nous demandà- apNos conviez fe retirerent chez eux mes graceaprèstrois courfes, nôtre Calong-temps après minuit, on leur fit pitaine nous l'accorda. Je ne croi
une décharge de canon quand ils par- qu'il eût envie de jurerle refte dela tra- pas
tirent, de à laquelle ils ne manquerent verféc, car ceux qui lui en firent faire
répondre quand ils furent arrivez E pénitence, s'en
de leur
leurs bords, ce qui mit fin à la cé- mieux. acquitterent
rémonie. Le même jour nos matelots
LeMercredi jourdesRois nous dimes un Requien
deux ou prirent
la Meffelel Pere Holley &x moi affeztard, jours ne quittoit qui Point depuis le
trois
parce que tout nôtre mondeavoit eu be- cutaffez de peinc à le mettre Vaiffeau; à
on
foin de repos après la fatigue de la nuit avoir plus de dix pieds de longs bord, c'eftle il
paffée Nous apprimcs qu'un Soldat de méme poillon q'on
a la Rorecrué & un Matclot étoient aux fers; chelle un Chien de mer,. appelle mais ceux
le premier pour avoir bleffé legerement j'y avois và n'avoient au plus
fon camarade d'un
aRue
coup de coûteau au pieds de longueur 5 fa
rude
bras, & le Matelot
pcau
UE
à fon
& avoir pour défobéi avoir manqué quand elle eft feche, ellc reffemble afquart,
au quar- fez.au Chagrin; je croi les Menuiticr-maitre. Je voulus demander leur fiers s'en fervent pour
leur ouvragrace, mais Monfieur de la
rir
Heronnicre ges: il a deux aitleronsà
&unaum'affura qu'il avoit fait ferment de ne trefur lemilieu du dos, fa queué côté,
pardonner.
UE
à fon
& avoir pour défobéi avoir manqué quand elle eft feche, ellc reffemble afquart,
au quar- fez.au Chagrin; je croi les Menuiticr-maitre. Je voulus demander leur fiers s'en fervent pour
leur ouvragrace, mais Monfieur de la
rir
Heronnicre ges: il a deux aitleronsà
&unaum'affura qu'il avoit fait ferment de ne trefur lemilieu du dos, fa queué côté,
pardonner. jamais les blafphémes, & échanevée en croiffant, il a la cftlarge, tête lonqu'ils étoient convaincus tous deux d'a- gue, fa gucule eft à un bon
voir juré le faint Nom de Dieu; il: me fous de T'extremité de fon pied au defpromit cependant qu'il les: retireroit des eftarméc de trois rangs de mufeau, dents fortes, , elle
aigués --- Page 42 ---
T6 NOUNEAUX VOYAGES
5694. aigués & tranchantes; c'eft un animal
AUX ISLES
vorace, hardi & dangereux, qui dépeu- droitplusfort, & qu'il feroit de
pleroit la mer fans la diflicuité qu'il a Puliguileommengans &
avec la durée, Lu- 16gA
der mordre; car la difpofition: defa
ne, ouil quenous étions dans les pleine
lc eft caufe qu'il faut qu'il fe renverfe gueu- taines fe trouve
les parages,
fàr
ordinaitement,
le côté pour attraper ce qu'il
des Vaiffeaux marchands vinrent Capis
fuit, &c ce contre-tems donne trés pour- fou- prier M. de la Heronniere de leur
vent le loifirà fà proye de s'échapper. mettre dre la de fuivre leur route, fans perOn trouva dans fon
de Tranquille que nous étions atten- obliavoitjetté du Vaiffeau ventretoutcqdon depuis qu'ilnous gez convoyer, alléguane qu'ils comaccompagnoit, jufqu'à un marteau du mençoient à manguer d'eau, & quele
Charpentier; après avoir bien rodé au- jeardemenrque à
cc Vaiffeau
tour de nous, i s'en approcha à la fin leur voyage, leur feroit
fi
nos
préjudice. On
grand
RS
près, que matelots lui
leur permit de faire
un hameçon gros comme le jetterent at- qu'ils jugeroient à proposs ils .commen- ce
tachéàu une chaine defer & pouce, cerent aufli-tôt à
de
dage; il fut quelque tems aunbon à confidercr cor- près avoir falué de s'eloigner leur canon. nous alapiece de lard qui couvroit
Avant que nôtre flotte nous
mais comme il vit qu'on la Thameçon, faifoit re- ily.eut un petit Vaiffeau de Nantes quittât
muer comme f on eût voulu la retirer, yenu s'approcha à bord de nous. Le Capitaine étant qui
ilfelança deffus &avala Thameçonavec Dorade fit prefent au nôtre d'une
tantd'avidité, qu'ilengloutit en même-
&c qui avoit plus de fept pieds de
tems une partic de la chaine; on tira long, le pria cn même tems de lui
auffi-tôt la corde afin quc la pointe de donner" un peu d'eau &c de bois, fon
Phamegonwacrochat, &cefuip pourlors vifion équipage ayant confommé toute la proles que nous eûmes bien du plaihir a voir
qu'ilen avoit faite.
'une
tantd'avidité, qu'ilengloutit en même-
&c qui avoit plus de fept pieds de
tems une partic de la chaine; on tira long, le pria cn même tems de lui
auffi-tôt la corde afin quc la pointe de donner" un peu d'eau &c de bois, fon
Phamegonwacrochat, &cefuip pourlors vifion équipage ayant confommé toute la proles que nous eûmes bien du plaihir a voir
qu'ilen avoit faite. M.dela Hcélans &c les cfforts qu'ii faifoit
ronniere lui fit donner deux
fe délivrer; quand il fut prefque pour hors tailles d'eau avcc la moitié d'un grofles fude l'eau on lui jetta une corde avec un ton, & lui confeilla de mettre le mounoeud coulant qui le ferra à la naiffance aquatre picces de canon de bois feu
de la queué, & avec l'aide dcs
avoit, & de ne garder que les deux qu'il de
on le mit fur le pont, où un matelot Palans fer balle. qui pouvoient étre d'une livre de
lui les vertebres donna un gratid coup de hache fur bois &c llialloit d'eau fuffent que leurs provifions de
aufi furiculement pour l'empécher de battre puifqu'ils les avoient bien mediocres,
pont. On falla qu'il faifoit fur le peu de tems, n'étant confommées en fi
ventre pour le Vendredi guelgues morceaux du nes. CeBitimenta que onze perfonnous ne le trouvâmes fitivant, mais chand nommé Viau. appartenoitau unMarque les Dorades, les pas Germons bon; je & croi les La Dorade eft fans contredit le
autres dance Poiffons que nous: avions en abon- beaupoiffon l'cau il delamer; quand il eft dans plus de Figtire la
nôtre nous dégoliterent de celui-là. A
paroit couvert d'or fur un fond Dorade,
moderent. deffauts les matelots s'en accom- Aendsdladrgmantyene defeu, il eft vif & rouges &cpleins
LeDimanched
chair eft blanche, ferme, tres-gourmand; un feche fà
Eltcommenca à dxi@nclevendeNerd. fc faire
&
à la vcrité, mais d'un très-bon peu
mc il y avoitlieu
fentir, com- elle eft meilleure quand elle a goût,
d'ciperer qu'il devien- poudrce de gros fei pendant éte foucing oufis
heu- --- Page 43 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. r6g4 heures, quand on la mange toute J'aivà en 1701. .cette pauvreTranquille 1694. fraiche. E Dorade eft Pennemic mor- échouée &cabandonnée au Cap François
telle des poiffons volants, elle les chaf- de Saint Domingue. 261
fe avec une vivacité fans parcille, elle Depuis cejour jufqu'au silnefepaffa foinétoit
fe laifle prendre fouvent a leur
riende confiderable; toutnôtre de l'atcar iln'y a qu'à lier deux FAEE de conferver nôtre compagne, elle tous les
EETA mes poule ou de pigeon àl'hameçon tendre, ou de courir après les
Poifon: qu'on laiffe trainer à l'arriere du Navi- matinsquand les marécs ou chapelles
selanis.
, elle Depuis cejour jufqu'au silnefepaffa foinétoit
fe laifle prendre fouvent a leur
riende confiderable; toutnôtre de l'atcar iln'y a qu'à lier deux FAEE de conferver nôtre compagne, elle tous les
EETA mes poule ou de pigeon àl'hameçon tendre, ou de courir après les
Poifon: qu'on laiffe trainer à l'arriere du Navi- matinsquand les marécs ou chapelles
selanis. re. La Dorade qui voit ces deux aifles, l'avoient cfloté de nous. croit que c'eft un poiffon volant, 8cen- Quoique CC retardement augmentàr
gloutit Thameçon eft couvert d'un beaucoup la dépenfe denôtre Capitaine, &
peu de toile moectrE &c fe prend ainfi il ne diminua rien de fon ordinaire;
cn voulant prendre les autres. quand nous lc luiconfeillions, il réponNous perdimes de vûé pendant la doit, qu'il lui fuffifoit d'avoir une poule Il
nuit tous nos Bâtimens, de forte que dereftequand il arriveroit Commiffaireen aux Ifles. Cananous nous trouvâmes feuls avec nôtre avoit été autrefois avec quelques EcTranquille, qui ne pourant gouverner da;une affaire de qu'il cut: lui fit
faifoit cdeachupelinate-cusce, 8cnous clefiaftiques cepais-là,
perdre
obligeoit d'avoir nos baffes voiles ferlées fon emploi. Le crédit defaparenfena- de Madame la
&daller feulementavec: nos huniers fur dame deFromont, merc
Ceque leton. On appelle faire Chapellequand MaréchaledeLorge, lui procuraleCom- fairer erendelque leVaiffeau vire malgréfoi, celapeutar- mandement dela Loire pourle
faire river ou par l'imprudence du Timonier trerdans) lefervice dela marine, où foninChagelle qui laifle venir leVailleau trop au vent, clinationle portoit plus qu'aclui deterou parce que le vent faute tout à coup re. ci-devant
nous avions
d'un rhumb à un autre, ou
quele J'ai dit
Roi, Kereft foible
Vaif- quatre paflagers,
NEARE
gouvernail trop
pour DarTe
Cc dernier
ieau en fujettion; de quelque maniere couc, Ravari, Gentilhomme 9 &c Gagni. brave
que ccla arrive, on carguclantimon,on étoit un
Picard,
manceuvre fur le grand hunicr, & en- & bien né, quela pauvretfareitrédut de la Mafuite on évante l'artimon pour aider au à fervir dans les Compagnies d'Armes. gouvernail. Quoique cette voile foit la rine en qualité de Capitaine à Saint Cir
plus petite, elle n'eft pas la moins ne- Une de fcs feursReligicule uneLieutenance
ceflaire; fon ulgredtorsncica.cop lui avoit enfin procuré
Marmc nous le voions dans les Aêtes des auxlfles, où il étoit Gouverneur venuavecle Général. Apôtres chapitre 27 verfet 40. & fans quis de
eut avec M. elle un Vaiffeau qui a un mauvais
Quelques
qu'il
EAL
vernail ne pouroit manquer rdefeperdre. gou- le Comte de Blemac fucceffeur de M. Lal Flutela Tranquille étoit très-bon- de Ragni l'obligerent de partir fans
ne voiliere. Quand on la prit fur les congé pour venir porter fes trouver plaintes dela en
Hollandois, ilyavoit environ deuxans, Cour; il fut heureux d'y il auroit été
on avoit crû la rendre excellente en proteétion, car fans cela On accomaugmentant fes mats &c fa voilure; on caffé, & peut-étre puni.
de M. Lal Flutela Tranquille étoit très-bon- de Ragni l'obligerent de partir fans
ne voiliere. Quand on la prit fur les congé pour venir porter fes trouver plaintes dela en
Hollandois, ilyavoit environ deuxans, Cour; il fut heureux d'y il auroit été
on avoit crû la rendre excellente en proteétion, car fans cela On accomaugmentant fes mats &c fa voilure; on caffé, & peut-étre puni. retournoit avec
fe trompa, on en fit une charette 8cretarda qui moda fonaffaire, d'étre avancé, ils'en comme cn efnous donna nôtre bien arrivée de l'exercice à laMartinique. promelie fet il le fut Pannée fuivante; on lc fit
beaucoup
C
CaTom. I. --- Page 44 ---
NOUVEAUX
1694 Capitaine, il eft mort au commence- VOYAGES AUX ISLES
ment de 1708. étant pour lors Com- glois treprifes des Flibuftiers François & Anmrainiostame M. de qu'il avoit commandez en
1693,
RavariétoitCreolle de PIfle. Saint Capitaine: enfin s'étant trouvé qualité à la
Chriftophle, He; ilétoit c'et-a-dire, né dans cette Martinique, fille d'un il s'étoit amouraché de la
détachées de entrédans la marine, les Compagnics l'avoit époufée. Confturier Cet nommé Louis, &
Anglois eurent chaffé les après que les voit engagé à faire un établifementPacette Iile en 16s1. M. François de pour y voir fa famille voyage à Paris
fait Licutenant fans brevet, deRagnil fous l'avoit le bon noitre, car il y avoit 8sy plus de faire reconplaifir de la Cour: ilétoitvenue
qu'iln'avoit donné de' fes vingt ans
ce avec le fieur de Gagni &p pour icnFran- les mé- revenoit aux Ifles avec des nouvelles: il
mes raifons; il s'en
fes & des
marchandiBrevet, & promeffe retournoit d'être avec un C'étoit un projets tres-brave pour faire la courle. leftCapitaine deux ansaprès. avancé; Sa Com- on ge, fort fobre, & qui homme, auroit fort fa
pagnie étoit à S. Chritophle en 1702. Pour être fans défauts, s'il n'eur pû Paffer
QumnuliesAngletnoure en chaficrent, & aimé M. le jeu jufqu'à la fureur point
luiavoit été arrété prifonnier contre le
Roy Capitaine
droit desgens
de la
deMilice, Creolle
deGennes Commapdante aAntigues, oùr le Comte Roy Martinique, premier étoit fils de M. Jean
phle l'avoit envoyé defintChrifto- Confeil de la Capitaine & Doyen du
ciation. pour quelque négo- ne homme plein mémeliles de c'étoit unjeuLe fieur Kercoue étoit né a
fait des merveilles
qui avoit
fon pere étoit un
Paris, avoient
quand
RTL
des
fameux Teinturicr il étoit attaqué la Martinique en Anglois
doife.. Gobelins, & fa mere étoit Hollan- té des aimé de tout Téquipage, 1692,
Is'éroit échappé de la maifon
mouffes qu'il avoit foin de excepPaternelle à l'age de quinze ans: étant fouetter prefque tousl
faire:
arrivé àl Dieppes ils
Le mardi 26.
quand
RTL
des
fameux Teinturicr il étoit attaqué la Martinique en Anglois
doife.. Gobelins, & fa mere étoit Hollan- té des aimé de tout Téquipage, 1692,
Is'éroit échappé de la maifon
mouffes qu'il avoit foin de excepPaternelle à l'age de quinze ans: étant fouetter prefque tousl
faire:
arrivé àl Dieppes ils
Le mardi 26. nous lesjours, edmes
fer à Saint
s'engagea paf- un
de
furle foir
à un Boucanier Domingue, 2 ou il Ber vendu trc coup chere vent qui nous efflotade nôtems de fon avec lequel il paffa le nuit obfeurc
la Tranquille: la
engagement. Il fit dans
grofle mer
Cetr
fuite le métier del
la rent fi bien
nous la fialla en courfe. Boucanier, &c puis il nous nelap perdres que le lendemain
Sud, &c tout le Ilavoit: roulé la mer du mes toute pumesdéconvit. la
Nousp palfadont il connoiffoit Golphe tous les de Mexique i Pour tâcher de journécà la trouver, faire des bordécs
s'étoit trouvé dans les plus fameufes recoins; pendant la nuit à la nous fimes
cn- inutile. cappe, tour fut. H A P I T R E IIL
Combat contre 1172 Anglois. Arrrvée à la
OEgE Jeudi 28. à lay
Martinigue. on découvrit poinedujour un
tes voiles, nous découvrons la terre
nouscrimerque c'étoit Vailleu, celui même la tems, & on reconnut quec'étoit en
de joie, nous que nous cherchions: : gran- rent Martinique. ravis de Nos Pilotes fur tout fuportons fur lui a tou- avoit huit cette découverte, ily
jours-qu'ils fe fuifoienta terIC, --- Page 45 ---
FRANCOISES DE L'AM E RIQUE. 1694- re, cc qui faifoit penferà bien des gens & des fabord fermez, il crut que c'é- 1694. que nous avions depallé les Iles pen- toit une feintepourTastirer, & quenôdantla nuit. Il eft vrai quilefttresdif tre Vaiffeau étoit un Vaiffeau de guerre
ficile cela arrive, mais il n'cft
avec lequeli lil n'y avoit des coups à
AROLIE impofiblc. J'en Unotes
il vira enfin & at une grande
ma penfée au contre- maitre qui étoit
s'éloigner de nous, & voir
EEDa
un très-bon mariniers je fçavois qu'il fi nous le chafferions & faire un jugefaifoit fon journal en fecret pour ne pas ment plus affuré de ce quenous étions,
donner de jaloufic aux Pilotes: il m'af- maisi nous continuimes nôtre routeavec
fura nous étions enroute, mais que toutes nos voiles dehors. Il revira fur
les aliercts bords que nous avions faits nous vers les trois heures après midi,
pour rejoindre la Tranquille avoient &c une heure après il fe trouva dans nos
caufé du defordre dans l'eftime de nos eaux environ une lieuë à nôtre arriere;
pilores: il me promit de m'avertir la la manceuvre que nous faifons en
veille quenous devions découvrirlater- tant à toutes voiles fur la terre, rer
rc: il n'yavoit pas manqué, car lejour connoître que nous avions plus envie
précédent, il m'avoit affuré qu'on la de nousfauver que de Pattaquer, cequi
verroit fur le foir ou le lendemain de le fit enfin refoudre de nous tâter; ille
grand matin; ce quiétoitarrivé.
manceuvre que nous faifons en
veille quenous devions découvrirlater- tant à toutes voiles fur la terre, rer
rc: il n'yavoit pas manqué, car lejour connoître que nous avions plus envie
précédent, il m'avoit affuré qu'on la de nousfauver que de Pattaquer, cequi
verroit fur le foir ou le lendemain de le fit enfin refoudre de nous tâter; ille
grand matin; ce quiétoitarrivé. pouvoit furl'heure, cependantil attenNous ne fûmes pas long-tems à re- dit jufqu'à la nuit. Je ne fgai quel fut
connoître que nous nous étions trom- fon motif. Combat
pez au fujetduBatiment fur lequel nous Surles fix heuresnous edmesungrain contre
chaffions: nous vimes que c'étoit un de pluye quiobligea de ferrer les armes mvaifVaiffeau pour le moins aufli gros que fous le gaillard. On fit la Pricre & on feas
Ce que le nôtre, bien frégaté, qui tâchoit de donnaà fouperà l'équipage; nous fou- Anglit. cef gae nous
le vent; on fit auili-tôt pàmesenfuite. Comme nous avions refaire branfle EdUT c'eft-à-dire, qu'on ft dé- marqué depuis prèsde trois heures
branjle bas. tendre les litsde l'équipage, qui confif- ce Vineer ne nous avoit point hauffé,
tent en des pieces dé groife toile de fix c'eft-à-dire, qu'il ne s'étoit pas
pieds de long, fur trois & demi de lar- proché de nous, ce qu'on
ESE
attachez par les quatre coins fous alahauteurdu Bâtiment paroit plus
On
le canon, on
ou moins hors de I'cau,
eft
RLP
E pont. prépara
apqu'il
fur le gaillard plufieurs caiffes de plus près ou plus loin, nous jugeâmes
Ker nous
aux magazins qu'iln'alloit pas. mieux
nous, &c
des Tr afin de ER joindre aux menucs que confervant toutela ader nôtre méarmes du Vaiffeau, & quand tout fut me voilure, nous arriverions au point
prêt on fit la Priere, &c on donnaà dé- dujourenlieu defeureté. jeûiner & à dîner tout enlemble à l'é- Après fouper on fe mit à joiier aux
quipage, pendant qu'avec toutes nos échecs, la Lunequin'avoit quetrois ou
voiles dehors nous portions fur la terre. quatre jours ne pouvant nous éclairer
Environàmidi, ce Vaiffeaur nous appro- beaucoup, avec le tems qui étoit à la
cha à la portée du canon: nous connû- pluye, de forte que nous eûmes bienmes diftinêtement qu'il étoit de cin- tôt une nuit bien noire. Déja Péquipaquante-quatre pieces, nous crûmesqu'il ge commençoit: à racommoder fes brannous attaqueroit dans le moment; mais les, quand les fentinelles qui étoient à
comme il vit du canon entre les ponts l'arricre crierent, Voile, voileal bord de
nous.
la portée du canon: nous connû- pluye, de forte que nous eûmes bienmes diftinêtement qu'il étoit de cin- tôt une nuit bien noire. Déja Péquipaquante-quatre pieces, nous crûmesqu'il ge commençoit: à racommoder fes brannous attaqueroit dans le moment; mais les, quand les fentinelles qui étoient à
comme il vit du canon entre les ponts l'arricre crierent, Voile, voileal bord de
nous. --- Page 46 ---
NOUVEAUX VOYAGES
1694. nous. Lejeu fut
AUX ISLES
timcs de la chambre, abandonné, &c fimes nous for- fi près, que nos grenadiers qui
de voir ce Vaiffeau a un quart de furpris dans les hunes lui tuerent du étoient 16p
tée de canon de nous. On feremit por- coups de grenade; & fi nos monde à
ordre, & comme nous vimes qu'il fal- en dix-huit avoient qui étoient à la fainte pieces Barbe de
loit neceffairement fe battre, on ferla
tiré dans ce temps-la, je croi
lcs perroquets, & on ne fit fervir
nous aurions été obligez de
des quatre voiles
gue Br équipage; mais
pécher
majeures avec l'artinôtre Lieutenant
mon. Quelques momens après il nous voit qui commandoit entre les ponts ne
tira un coup de canon, & crut nons é- il ne le point fon métier, ou Sille fçapouventer en mettant des fanaux à tous faire vouloit pas faire; car au fçavoit, licu de
fes fabords; il nous en tira trois autres & les fervirl les pieces de la faintel Babe,
quandil fut prefque à nôtre arriere, &c
quatre autres qui étoient entreles
toute fa bordéc quand il fur par nôtre ponts, ils'étoit gabionné contrele mât
faire travers 5 nous commençimes alors à d'artimon, tant aux & en avoit laiffé faire aufeu, nos premiers
furent ac- fes canons. matelots qui devoient fervir
compagnez de plufieurs
le
M. de la Heronniere
Crides
Roi,
ONRRE
Anglait pour répondre aux Houra des Anglois. qu'on ne faifoit point feu de fa fuarpris
Comme nous portions fur la terre, & balfe, y envoya M. Kercoue qui batterie
ET qu'il tâchoit de nous la
couper le vilage au Lieutenant, penfa
nôtre fûmes bien-tôr bord à bord. couper, Il nous pris pour un matelor gui
layant
zivele dans ce tems-là trois
de reçût il fit jotier nos
s'étoit cachés
Rei. coups canon à
groflest pieces à ftribord,
l'eau, comme nous lei fçumes depuis sde quand l'Anglois après s'être racommoquelques François de la
dé, nous voulut tâter de ce
qu'ila avoit pris dans une barque Guadeloupe de mais n'y trouvant pas mieux fon côt6-li,
jours auparavant, quilui avoient peu tc, il éventa fes voiles & fe mit comp- de l'anous attendoit, & quele Vailleau appris vantdenous.
canon à
groflest pieces à ftribord,
l'eau, comme nous lei fçumes depuis sde quand l'Anglois après s'être racommoquelques François de la
dé, nous voulut tâter de ce
qu'ila avoit pris dans une barque Guadeloupe de mais n'y trouvant pas mieux fon côt6-li,
jours auparavant, quilui avoient peu tc, il éventa fes voiles & fe mit comp- de l'anous attendoit, & quele Vailleau appris vantdenous. de
ERLP Roi POpiniatre étoit allé au devant canon à omemmmucctrie nôtre avant, nous ne
de nous; ilnous: avoit pris d'abord
vions luifiredumal, & d'ailleurs pou- nous
leVaiffeau de guerre, &cn'avoit pour voulions porter à route, mais ilfit une
gé à propos de nous attaquer, maiss'é- pasju- ia petite bordéc & fe remit encore
tant détrompé par la manceuere
terre & nous, jugeant
entre du
nous avions faite, il avoit crû pouvoir que cevoit mal gu'il de nous failoit par celuiq peut-étre qu'il rcgagner quelque chofe en nous attanous; il fut besucoup mieux
quant. reçà qu'il ne l'avoit encore été, Nos
Nous avions quarante-cinq à cin- gens le vin étoient échauffez par le feu,
quante hommes à la moulqueterie
qu'on diftribuoit, &c
par
avoient devanteuxd
qui depuis plus d'une heurc & parce que
chargez qui firent despileadefufistons un feu fivif&cficon- fe bleflez battoit nous n'avions eu demiequ'on que trois
tinuel, qu'en moins de trois quarts- ment, de quelques éclats, fi
d'heures, ils lui tuerent ou bleilerent
qu'après le premicr appareil legere. ils
près de foixante hommes; cette
éroientremontez teries
fur le pont. Nos batjointe ralentit aux trois voyes d'eau qu'ilavoit, perte de la joterent par merveilles; le feu
la fes voilcs beaucoup fà vivaciré: ilbrotil- plus vifni moufquetcrie ne pouvoit être ni
pour nous laiffer
deplus continucl. Nous
vant lui, nous y pallimes cn paffer eftet, &c bâtimes de cette maniere une grofle nous demic-heure, prefque bord à bord; nous
cûmes --- Page 47 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. 2i
elimesdansce temps-là trois autres blef- contre une Flute qui n'en avoit que 1694)
1694. fez, beaucoup de boulets en bois; un vingt. Nous avions commencé. à nous batde nos canons eut fa volée de emportéc, balles de tre devant le quartier du Macouba, en- 1
nos voiles furent criblées
viron à deux lieuès au large, & nous
moufquet & de mitraille, parce queles leur finimes à la pointe du Précheur. Nous
Anglois voyant le dommage que nous ti- étions f proche dc terre la derniere fois
cauloit nôtre moufqueteric, bailes & des
que l'Anglois fe mit entr'elle &c nous,
roient des facs de éclaircir nôtre paquets mon- que nos boulets y, portoient. Il étoit
de mitraille pour d'artimon fut
de neuf heures quand on tira le premier
de; nôtre màt
demeuraen- percé
&nous n'achevàmesde tirer qu'à
deux boulets, dont l'un y.
fois
cauloit nôtre moufqueteric, bailes & des
que l'Anglois fe mit entr'elle &c nous,
roient des facs de éclaircir nôtre paquets mon- que nos boulets y, portoient. Il étoit
de mitraille pour d'artimon fut
de neuf heures quand on tira le premier
de; nôtre màt
demeuraen- percé
&nous n'achevàmesde tirer qu'à
deux boulets, dont l'un y. coup, d'une heure après minuit. challé. Enfin nous fimes furpris quele plus Vaiffeau comme nous le
Vaiffeau Anglois cefla de tirer: nous Ce
le Chefter, il fçûmes avoit
crûmes qu'ilie préparoit à nous abor- depuis s'appelloit canons & deux cens
der, nous nous préparâmes de nôtre cinquante quatre hommes d'équipage; il eut
côté à le recevoir. Après quelquesmo- trente-fept cinquante hommes tuez, & plus de
mens de relàche totijours borda bord,
bleffez; fon hunier,
nous recommençâmes nôtre fcu plus quatre-vingt fa
&c une petit Partic de fon
vivement quc jamais; le Capitaine des grande vergue furent emportez. Ilcut commatelots qu'on appelle Maitre dans les gouvernail mej'ai dit ci-deffus trois coups de caVaiffeaux Marchands, mettre qui s'appelloit des
non à l'eau, toutc fon arcafle, tous fes
Beliveau, deffus s'avifa les boulets, de cela fit pinces unef- hauts; fa chaloupe &c fon canot furent
de fer
moins de rien; nôtre brifez, de forte qu'après s'être rajufté
fet" admirable en
&c comme il pût fous le vent de la Domiennemi fut entierement voir l'état defamparé, où nous nique, il eut bien de la peine à retourfi l'avions nous avions réduit, pû il eft hors de doute que ner à la Barbade, oû il porta la nounous l'euffions enlevé fi nous l'euffions velle du combat qu'il avoit foûtenu,
abordé. C'étoit le defir de tout l'équi- comme il difoit, contre un Vaiffeaude
quicrioit fanscelle, Aborde,abor- foixante & douze canons; on peut jupage de, mais nôtre Capitaine étoit trop ger quel cffet produifit dans l'efprit des
prudent pour rifquer un coup de cette Anglois la verité de ce combat, qu'ils
importance dans une nuit oblcarc, où apprirent dejoursaprés parle rctour
il auroit hazardé.
it le defir de tout l'équi- comme il difoit, contre un Vaiffeaude
quicrioit fanscelle, Aborde,abor- foixante & douze canons; on peut jupage de, mais nôtre Capitaine étoit trop ger quel cffet produifit dans l'efprit des
prudent pour rifquer un coup de cette Anglois la verité de ce combat, qu'ils
importance dans une nuit oblcarc, où apprirent dejoursaprés parle rctour
il auroit hazardé. d'un OETS confiderable dc leurs gens
Cependant trop comme nos voiles ne por- quiavoient étéprisp par nos corfaires, &
toient point, 2 parce qu'elles étoient tou- qu'on Les leur habitans renvoya. de la côte avoient pris
tes criblées; l'Anglois gagna le devant, tard les armes au bruit de nôtre combat,
nous nousapperçumes: un peu trop
avec
de la raifon qui nous rendoit prefque tout lemonde craignoit raifonque
immobiles; pendantqu'on y remedioit, nous ne fuffions enlevez, n'étant guenous prefentâmes le côté, & le batti- rcs poffible qu'une Flure pût refiterà à
mes à coup de canon dans fon arriere un Vaiffeau de guerre de cette force,
pendant un fort long-temps, à la finil Peude tems aprés que nous eûmes ceffé
fe mit hors de portée, & finit ainfi le detirer, on découvrit un canot quinous
combat par une retraite honteufc à un hefla; c'eft-à-dire, nous appella, &qui
Vailfeau de cinquante-quatre canons, vint à bord après qu'il fc iut ailuré qui
C3
nous --- Page 48 ---
42 NOUVEAUX
1694. nous étions. M, Roy avoit VOYAGES AUX ISLES
voix de celui qui le
reconnu la Amelure que le
ceux du canôt avoient commandoir, 2 & nous nous
jour venoit & que 1693. ne. C'étoitlefieur Louis reconnu la fien- ne pouvois approchions aflez
de laterre, je Vice de
tenant de la Compagnie Coquet du Lieu- s'étoit venu loger admirer dans comment on laMarquis'étoit hazarde avec quatre Précheur, homnes ne me paroiffoit que comme cette Ille; clle tinique
pour découziriequel des deux comba- tagne affreufe,
une de montans étoit la Loire. Il monta a
piccs: ricn ne m'y entre-coupée préciil fur très-bien reçû; il
bordoit dure qu'on voyoit de plaifoic que la verchamp. fon canot à terre renvoya furle qui me paroifloit nouveau toutes & parts, Cc
demie-heure
qui revint une và la failon où nous étions, agréable,
la Chine &c REe chargé fruits, d'oranges de couvrimes peu à les Nous dégné de trois grands canots qui accompa- nous
moulins à fucre, Een enfin le maifons, Fort les
porterent présdet foixante habitans
Pierrequineme) parur
Saint
armés
me
tits
pour aider à nous déiendre, fi
unc longue file de dabordquecom maifons
T'Anglois vouloit
quées au pied de la
applibat. Mais il étoit recommencriccdm fi content dela' ré- que je ne ditinguois montagne, encore la
ception que nous lui
tance étoit
AA
nc voulut
avions faite,quil bord dela qui cntre Ez montagne & le
velles dépenfes. plus nous engager à de nou- Ilvintl mer. beaucoup de Negres à
Queiques parens &c amis de M. n'avoient pour tout
bord,ils
vinrent a bord &
Roy fimple caleçon. habillement qu'un
fruits &c des poiffons.
fi content dela' ré- que je ne ditinguois montagne, encore la
ception que nous lui
tance étoit
AA
nc voulut
avions faite,quil bord dela qui cntre Ez montagne & le
velles dépenfes. plus nous engager à de nou- Ilvintl mer. beaucoup de Negres à
Queiques parens &c amis de M. n'avoient pour tout
bord,ils
vinrent a bord &
Roy fimple caleçon. habillement qu'un
fruits &c des poiffons. nousapporterent M. Royle des bonnet ou un Aetiengeout.ten méchant
dup nous envoya un grand diner
pere coup portoient farleur chapcau, dos les beaupain frais & desfruits en quantité, depoifion, fe des coups de fouet
marques
doutant bien qu'aprés, un combat de n'y cela excitoit la compaflion aunsaveientregest de ceux
d'autres quatre heures choles nous ferions occupez à
étoierit pas accoûitumez; mais qui on
avoit
qu'à faire la cuifine. Il syflitbien-tot. de raifon, la cuiline avoit été brifée Nous dinâmes de bonne hcure,
vois quelques parler scoupsdecanon, &j'enj pou- quoije neuf" avéc me fis razer; je pris un après habit
defcendant dans comme la foleaux fçavant, puilque mes petites une chappe noire. Je fis
affiter un bleflé que l'on Lions pour au
liberalitezattx Chinunglens,
Chirurgien, l'échelle condunloit au trons Natsdttatmd de
Cuifnicr,ancps &c
defcendois fut coupée fous Par laquelle je qui m'avoienr Chaloupes, aux Moufles
& la cuifine qui fur
mes pieds, Monfieur de la fervis. Je remerciai
temsmecourritde fesdébris. brifée en mêmc- tez qu'il avoit eués Heronnicre des bonle voyage, & je pris congé pour moi de lui, pendant
H A P I T R E I V. Deftription du Fort Saint Pierre de la
de la Cabeferre. Martinique, d d'rme partie
eSE defcendis àterreleVendre-
€ di 29 Janvier 1694. fiur les furReisequelquap gensqui
paflaigers 8cautres
trois heures apres midi, le
étoientvenus à bord, nous acfoixante-troitieme nôtre
jour de Imtarme-Neateies dela mer trois ou quatre de au bord
embunguemett,)ion gnons qui ctoient arrivez nos compaayant nous,
nous --- Page 49 ---
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Lamter
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Coane 4
Poume les Salunes
àe
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: --- Page 51 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. $694. nous allâmes tous enfemble à Eglife Perequi mourut peu dejoursaprès.
die te
Wsn ancaa
Grundhetpenin. face
Nhnsiun
rde ita
SRd
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face
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Poume les Salunes
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FRANCOISES DE L'AMERIQUE. $694. nous allâmes tous enfemble à Eglife Perequi mourut peu dejoursaprès. Tous 1694
rendre graces à Dieu de nôtre heureux ces Péresnous reçûrent avec une amitié
voyage, & enfuite au Couvent, quien & unecordialité extraordinaire; ilsnous *
ce temps-là étoit éloigné de PE.gli- firent rafraichir, nous vimes leurjardin
fe d'environ deux cens pas. Le Pc. qui étoit beau & bien entretenu, leur
Te Ignacc Cabaflon qui étoit Supericur maifon, leur Chapelle domeftique: En
particulier de TIe nous reçût avec revenant nous entrâmes dans PEglife
beaucoup de bonté, il ft faire colla- Paroifliale de Saint Pierre qu'ils dellertion à ces Mellieurs qui nous avoient vent. mo- Le Pere
à unautre
accompagnés, 9 & après quelques
Daftézs'étantjoint:
mens de converfation, il nous fit ôter de nos Peres que nous trouvâmes en
nos chappes 5 dont on ne fe fert en chemin ; je demeurai feul avec le Pere
ces pais-la que pour précher, &c nous Cabaffon. Il me ditque lePere Martelli
mena faluer" Monfieur du Mets de qui étoit fon parent, lui avoit parlé de
Goimpy Intendant, Monficur le Com- mnifortaranagufmet, qu'il vouloit
mandeur de Guitaut Licutenant au Gou- étre mon ami, & me reteniral la Martivernement General des Iiles, & Mon- nique, où il prieroit nôtre Supérieur
fieur de Gabaret Gouverneury particulier general de me donnerunc Paroifle COIRde lal Martinique. Je fus tres-bien receu mode en attendant queje fuffe accoûtude ces Meflieurs, je leur rendis les let- mé al'air, &c qu'on puitfaireautrechotresque j'avois
eux, dont la plà- fepour: moi; iltedranfisnslgoechee
part étoient "ET leurs
qui les del'état de nôtre Miflion, & dcs Reliprioient de me faire rularate quand l'ocqui la compofoient, &me donna
calion fe préfentcroit. Ils mc le promi- fom avis qu'il jugea neceffàires queje fuirent avec beaucoup del bonté, & m'ont viffe, fur tout dans un commencement. tenu parole, particulierement les deux Nous paflimes chez les Religieux dela
premiers. Charité qui font nios proches voilins. Après ces trois vifites, nous allâmes Leur Superieur general, ou comme ils
aux Jefuites. Leur mailon eft hors le difent, lcur Vicaire Provincial, vénoit
Bourg, alestrémitéoppofée à la nôtre.
queje fuirent avec beaucoup del bonté, & m'ont viffe, fur tout dans un commencement. tenu parole, particulierement les deux Nous paflimes chez les Religieux dela
premiers. Charité qui font nios proches voilins. Après ces trois vifites, nous allâmes Leur Superieur general, ou comme ils
aux Jefuites. Leur mailon eft hors le difent, lcur Vicaire Provincial, vénoit
Bourg, alestrémitéoppofée à la nôtre. de mourir. Nous faluâmes le Frere
Nous strouvâmes le Pére Gombault Su- Médard Larcher, Supericurdeleur.Mai
pericur de leur Miflion de la Martini- fon. Nous eûmes bien-tôt fait connoif
quc, qui fortoit avec le R. P. Holley fance, ilétoit Parifien, bon Religieux,
nôtre compagnon devoyage, pournous & fort actif; ilyavoit quatre autres. Revenir voir. Nous entrâmes chezeux, & ligieux, entre lelquelsilyavoitran Préfimes nos complimens à tous les Jefuites tre appellé le Pcre Gallican, 8c deux
quis'y trouverent ( c'étoit le Pere Mo- très-habiles Chirurgiens, qui fe nomreau leur Superieur general, qui étoit moient les Freres Damien 8c Cofme
convalefcent d'une maladie contagieufe Viard. qui regnoit dans le Pais, le Pere Far- Enfortantde chez lesFreresdelChaganel Curédel lal Paroifle, le PereLavaur rité nous entrâmes chez la veuve du
Curé du Prefcheur, le Pere le Breton ficur le Merle C'étoit une des plus anMiflionnairedes SauvagesdeS. Vincenr, ciennes habirantes des Ifles, elle avoit
lc Pere Lagenefte qui avoit foin des
de quatre-vingt ans. Elle avoit un
Negres deleurParoife, qu'onappelloit HC Conleiller au Confeil Souverain de
purotikfeednxtgrny &unautre Ilile, quiétoit marié, & deux outrois
autres --- Page 52 ---
24 NOUVEAUX VOYAGES
3094. autres enfans qui paffoient déja l'àge de
AUX ISLES
l'étre: fes filles nous firent delalimona- appartenoit. rillac
Monfieur le Comte deCedeavcc dep petits citrons qui ont P'ecorce avoit qui en étoit proprietaire nous y 16ga
extrémement Chine. finc, & des oranges dela vendre établis, cette Iile &quand à il fut obligé de
Nous fûmes encore avant de
1664 il nous donna, la une Compagnic Terre confi- de
au Couvent chez Monfieur Pinel,c'étoit rentrer derable qu'il s'étoit refervée
fon
un des Capitaines de Milice de iIle S. Contrat, appelléc le fonds du Par GrandIdle Chriftophle, quiapresla déroutede cette pauvre. tions Curiales Nous ya avons cxercé les foncteneaNciemit & queljufqu'cn 1677. le
ques Efclaves qu'ilavoit fauveza alaMar- Gouverneur obligea nos Peres de dec retinique. tion Ilavoit pris à rente une
tirer, &c appella les Capucins en leur
bâtir de nôtre terrain, où il avoit por- fait place.
le fonds du Par GrandIdle Chriftophle, quiapresla déroutede cette pauvre. tions Curiales Nous ya avons cxercé les foncteneaNciemit & queljufqu'cn 1677. le
ques Efclaves qu'ilavoit fauveza alaMar- Gouverneur obligea nos Peres de dec retinique. tion Ilavoit pris à rente une
tirer, &c appella les Capucins en leur
bâtir de nôtre terrain, où il avoit por- fait place. Comme cette violence ne
une maifon de bois fort propre & voitp pasancantir nôtre droit,
poufort bien meublée. Car en ce
envoyé ce Religieux
en onya avoi
toutes les maifons étoient debois, temps-li il
policiion, mais le dcate de prendre Blenac
avoit que celle desJefuites, &cles deux n'y Gouverneur General des Iiles, qui ne
raffineries qui fuflent de maçonnerie, nous de fe aimoit pas, obligea le
MonlicurPinelctolsy pourlors en
retirer dès que les PereLoyer
il commandoit une Corvette appelléc courfe, la en état d'y envoyer de leurs Capucins Peres. furent Le
Volante, ou communement laMaloiline Perc Loyer avoirgagne la maladic conqui étoit la meilleure voiliere qui fut tagicufe cn arrivant de la
fait encore venue à l'Amerique, oit elle a depuis feize ou dix-fept jours Grenade, il étoit
un nombre prodigieux dé prifes. abandonné du Medecin, onl'avoit crû
Mademoifeile niéce
Pincl, fes enfans &c une mort quatreou cinq fois, onavoit creufelle de de fon mari, nommée Mademoi- il fefafolle: a été depuis cependantil dans eneft trevenu, &
de
Menegault, fille de beaucoup
les Miflions de Guimérite & de vertu
néc, ouil lacu lieu d'exercer fon:
rent Parfaitement bien. 2 Monfieur nous reçl- Pi- charité & fap patience, LePere Cabaflon zéle, fa
nel étoit ami intime de nos Miflions, nous deffendit d'entrer dans fa cham-
&ctoute chée. fa famille nous étoit fort atta- fon bre, mal. de crainte On que nous ne priflions
Je trouvai
le mal de appelloit cette maladie Mfalde
leChavagnacd au Couvent le Perc Char- apporté à la Siam, parce qu'il avoit été Siam. je ne l'avois Couvent del Limoges, du Roi Martinique parle Vaiffeau
étoit allé confeffer pas encore vû parce. qu'il Siain avec l'Orifamme, les
qui revenant de
un malade hors da quc l'on avoit débris des établiffemens
Bourg quand nous étions arrivez, C'6faits à M rguy & à Bantoit un jeune Religicux fort
&c cok avoit touché au Brelil, où il avoit
bon Prédicateur, il avoit foin delaPa- fage gagné cette maladie qui y faifoit de
roiffe avec le Pere Cabaflon. Ilyavoit grands ravages depuis fept ou huit ans. encore dans le Couvent un autre. Reli- Cc France. Vaifleau périt en retournant cn
gieux de Bretagne appellé le Pere Go- dicétoient Les fymptômes de cette maladefroy Loyer. NosSupericurs l'avoient lest
autant diftrensquel l'étoient
envoyé deffervir TInle de la Grenade tempéramens de ceux qui en étoient
les Capucins avoient abandonnée attaquez, voient ou les caufès qui la pouRut.
le Couvent un autre. Reli- Cc France. Vaifleau périt en retournant cn
gieux de Bretagne appellé le Pere Go- dicétoient Les fymptômes de cette maladefroy Loyer. NosSupericurs l'avoient lest
autant diftrensquel l'étoient
envoyé deffervir TInle de la Grenade tempéramens de ceux qui en étoient
les Capucins avoient abandonnée attaquez, voient ou les caufès qui la pouRut. de Religicux, cette Millionnous
produire. Ordinairement elle
commençoit par un grand mal de tête
& --- Page 53 ---
+
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FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694. & de reins, quiétoitfuivie tantôtd'une fut bâti en 166y. par M. de
groffe fiévre, & tantôt d'une fiévrein- Gouverneur de la
Clodoré, 1694. terne qui ne fe manifeftoit point au de- Roi, fous l'autoritéde Martinique la
pour le Plan
hors. feconde Com- de
Souvent il furvenoit un débordement pagnicquiétoit Antilles. On le proprictaire fitp
detoutes les S. Borrg Pierre de
de fang par tous les conduits du corps, lesf frequentes plûtôt pourréprimer commei étoit il
même
lcs pores 7 quelquefois on faifoient contre féditions la gue les habitans 1660. en
rendoit Ges paquets de vers de differen- pourrefifterauxe Compagnic, que
tes grandeurs & couleurs, par haut & nemie. C'eft un efforts d'une armée enpar bas; il paroiffoit à quelques-uns
côtez efti quarré long, dont un
des bubons fous les aiffelles & aux deslongs ileftpercé de furle borddel la mer a
aifnes, les uns pleins de fang caillé noir le canon, ildéfend pluficurs la embrazures pour
& puant, &c les autres pleins de vers. pofé eft fur la
radc. Lecôté op- Plan
Ce que cette maladie avoit de commo- qué de deux tours place rondes d'armes, il eft flan- commeil
de, c'eft qu'elle emportoit les gens en brazures pour mettre avec. des cm- Rapre. fent. fortpeu detemps; fix ou fept jourstout chacune, la muraille quatre canons à
au plus terminoient l'affaire. Le Pere eft toute percée de quij ijoint ces tours
Loyer eft le feul de ma connoiffance foflé, chemin couvert meurtrieres, ni
fans
l'ait portéjufqu'à trente-deux jours, des petits côtez
palliflades; un
en
& qui foit gueri, & je n'ai connu lavé par la riviere quiregarde de
r'Oueft, eft
que deuxperfonnesquie en foient mortes
la riviere Roxelane, qu'on
sprès l'avoir foufferte pendant
appelleaprefent
de Saint Pierjours.
connoiffance foflé, chemin couvert meurtrieres, ni
fans
l'ait portéjufqu'à trente-deux jours, des petits côtez
palliflades; un
en
& qui foit gueri, & je n'ai connu lavé par la riviere quiregarde de
r'Oueft, eft
que deuxperfonnesquie en foient mortes
la riviere Roxelane, qu'on
sprès l'avoir foufferte pendant
appelleaprefent
de Saint Pierjours. quinze re, ou la riviere du Fort; il y a quelAcci- Ileft arrivé à quelques perfonnce
ques la canons fur Cc côté-là qui battent
densdu ne fc fentoient qu'un
de mal qui dans rade. La porte du Fort eft dans plande
malde tête de tomber
peu
de le côté qui regarde l'Eft, elle eft
la EurteSiam, où elles fe
mortes dans les rués, verte pas une
cour murée ducô- cou- refe. l'air, & promenoient pour prendre té dela mer avec longue des
auffi prelque tous avoient la chair liffadée du côtéde la meurtrieres, &panoire & auffi pourrie un quart cour
place, le côté dela
d'heure après qu'ils étoient expirés par oppofé un àla porte duForte eft occuque s'ils euffent étémorts depuis
&c un Corps degarde, une Chapelou
E
cinq jours. LesAnglois que nos AME pclain, s'il petit en logement
le Chabuftiers prenoient tous les jours, porte- en aj
eu. y avoit remnit il n'y
rent cette maladie dans leurs Ifles, elle de tous jamais les
CeFort Srer commandé
fe communiqua de la méme façon chez la mer. côtez, excepté de celui de
les E/pagnols & chez les) Hollandois: : elle avec la L'ouragan arriva en 1699
faifoit encore de grands ravages lorsque emporterent groffe la mer du T'accompagna,
je partis des Ifles en 170g. J'en ai été garde la mer avec moitié la batterie du côté reattaqué deux fois, j'en fus quitelap à côté de la
de
Tade
miere fois après
joursde fiévre REE de
riviere. Ons'eft contenté
de vomiffement 3rtihg fang, mais la fecon- forme releverlemur, fur
& de faire une
de fois je fus pendant fix ou feptjoursen
l'angle au lieu des MSANES
danger. 2 y étoient, qui fervoient en partie
Le Bourg ou Ville de Saint Pierre logement au Gouverneur Géneral,
prend fon nom de celui d'un Fort qui quandily. d'armes venoit demeurer. La place
Tom. I. qui eit devantle Fortpeutavoir
cin- --- Page 56 ---
NOUVEAUX VOYAGES
1694. cinquantetoifes senquarré. Lel FortcomAUX ISLES
me je viens: de dire, fait un des côtez, CCS trois quartiers, environ deux mille 1694. les trois autres font environnez de mai- Negres quatre cens & communians &c autant de Nombre
Osartier. fonsaveccingr riésquiyrd répondent. d'enfans, comprenant dansle deshabiS.Pierre, On peut diftinguer ce Bourg en trois tiers. premier nombre lcs foldats SclesFlibuf- tans deaxPa- des
quartiers, celuidumilicu eft proprement
roiges. ccluideS. Pierre, il commence au Fort de L'Eglife Paroiffiale de Saint] Pierreeft Eiglife de
dellervier &al'Eglifel Paroidialedecenomy quicit de taille maçonnerie, eft d'ordre fon portail de Pierre Saint
côte de lai parlesJefuites, montagne du Scvajufqu'aune côté del'Oucft, attique qui fert de fecond dorique, ordre.
quartiers, celuidumilicu eft proprement
roiges. ccluideS. Pierre, il commence au Fort de L'Eglife Paroiffiale de Saint] Pierreeft Eiglife de
dellervier &al'Eglifel Paroidialedecenomy quicit de taille maçonnerie, eft d'ordre fon portail de Pierre Saint
côte de lai parlesJefuites, montagne du Scvajufqu'aune côté del'Oucft, attique qui fert de fecond dorique, ordre. avec La un Pierrei
oir il ya unebatteric à barbette de onze pierreeft taillée aflez proprement, mais
canons, qu'onappelle à prefent la batte- PArchiteéte blesdans le à fait des fautes confiderariedes.Nicolas, du nom del M.Gabaret
deffein: de CetteEglilfe à cent
Gouverneurde 1lile, fous des gouverne- vingt pieds longucur fur trente-lix
ment duquet chle à étéréparéc, &c aug- delirgcur, avec deux
mentée. lacronfée, lesautels, lesbancs, Chapelesquifont la
Depuis cette batteric jufqu?à celle de le re du Prédicateur font tres-propres, chai- &c
faint Roberquic eft tal'extrémité ducôté Service s'y fait avec
d'orde TOuett, eft le quartier qu'on appcl- dre 8c de modeftie. La maifon PInQuartier lele
tendant, du
EnEE
Motillage,
tous lesvaifGouverneurl Particulier, le
desioiil- feaux mouillent EES Re lieu-là; l'an- Palais & delajullice, la prifon, les fours
lnge. crage yeft excclient, &c les vaifleaux y reau les du magazins de la munition, le Bufontbien plus àcouvert &c plusenfûreté re des Domaine du Roi, le Monaftc2e des devantlel Fort Saint Pierre. L'Egli- me la Urfulines, la rafincrie de MadaJacobins. ou Freres PrécheursdéMarquife de Maintenon d'Andiée à Nôtre Dame de bonPort, fertde fiderables gennes, &c lcs Marchandsles plusconParoiffe pour cC quartier &c pouries ha- Pierre. font dans la Paroiffe Saint
bitanse qui idemcntntininmamoye c'elt
ainfi qu'onappelleles petites
Nôtrel Eglifeconventuelle qui fertde
dans les Idles. montagnes Paroiffe pour le Moulillage eft aufli de Moiilla- Eglifadit
Cuarticr Letroifiéme quartier fe nommelaGa- maçonnerie, fon portail eft ruttique, 2 ge. 2hGa-leres tare,
c'étoit une longue raéaubordde aftczfimpleyeilead de
quatre-vinge-dix Pieds
lamer, Pierre &c qui commençoit au Fort Saint avec longueur deux fur trente pieds de large, 7batterie fermée, qui alloit juiqu'à un fortin ou pieds en quarré Chapelles font de la vingtsquatre croiféc. dela riviere des PercsJeluites. qutelk-afembouchire L'oura- a obligation de 1 conftruétion aux Of- On
gande16oga cmportéplus dedeuxcens ficiers des Vaiffeaux duRoi, particuliemaifons deccq quastier, n'en alant laife a rement M. de à M. la le Comte de Grancey &
que Ja trois ou quatre avec le magazin dei dernier fut Clocheterie : quoique CC
Compagnie deGuinéequi avoitunbon feétion Calvinifte, ilavoittant d'afparaperdemagonncie la
qui leg garentit de
de pour nos Peres & pour la Fabriviolence de la mer.
cens ficiers des Vaiffeaux duRoi, particuliemaifons deccq quastier, n'en alant laife a rement M. de à M. la le Comte de Grancey &
que Ja trois ou quatre avec le magazin dei dernier fut Clocheterie : quoique CC
Compagnie deGuinéequi avoitunbon feétion Calvinifte, ilavoittant d'afparaperdemagonncie la
qui leg garentit de
de pour nos Peres & pour la Fabriviolence de la mer. On
que leur Eglife, qu'il alloit lui-méàl le rebâtir quand je fuis parti commençoit des Ifles; me faire travailler fes gens, & ceux'
il cit dela Paroifledes Jefuites,
étoient commandez des autres vaifdans les deux Paroiliesqui comprennent ilyavoit 2ater le pour apporterles pierres de taille,
moilon, la chaux, 3 le bois & les
au- --- Page 57 ---
FRANCOIS ES DE LAMERIQUE. 6694 autres materiaux neceffaires pour l'édi- gers de la Chine qui fubfiftoient: nous 1694fice. En reconnoiffance nos Peres ont trouvâmes feulement un petit jardin
fait
dans l'endroit le
honoà côté du couvent avecun
situders
placer
plus
tager
rable de l'Eglife, un banc fort propre desabricoticrs de Saint Domingue, des
& fort commode pour les Officiers de poiriers d'avocat, & d'autres arbres,
la marine à qui ils ont donné aufli le dont je donncrailidefoiption, la cultudroitde fépulture. LEglueeltaumilies re, Tufage & les qualitez dans un' autre
du cimeticre qui eft environné de mu- endroit. railles, &c dont la porte répond àl la Onpeutjuger que noustrouvant neuf
principale rûd du Mouillage: à côtédu Religieuxdans un fip petit couvent, nous
Couvent cimetiere il y avoit une allée d'orangers n'y étions pas fort à l'aife pourle coudesjaco- qui conduifoit ânôtrecouvent, éloigné cher; il fallut donc nous accommoder
binson de la rûe d'environ trois cens pas." Cet- comme dans lès Vaiffeaux pour cette
blanss. Peres te allée étoit coupée par deux autres, nuit. compolées demémesarbres, quiavoient Le lendemain matin le P. Cabaffon
Ceque cent pas del longueur. Le Pas de melu- envoya à nôtrehabitation dela Cabefterwautle reà la Martinique eft de trois pieds & rel lesPP.Daftez, Gaflot & du Homeel:
parala demi de Paris; c'étoit en ce temps-là Nous reçûmes ce même matin la vilite
Marti- toute la largeur de nôtre terrain; nous desRR. PP.Gombault, Holley &c Brepique. l'avons augmenté d'autant en 1700.par ton Jefuites, & après eux celles de
l'achat d'une place contigué àr la nôtre M.TIntendant aM Mets & de Meflieurs
quiappartenoit auxheriticrs du ficurLu- de Guitaut &c Gabaret. Le premier
fignan. m'emmena diner chezlbtayecleb.MarLe couvent étoit au bout de cet- telly, il étoit bien aife def fçavoir decerte allée iS en un corps de logis taines nouvelles de la Cour & dela Vilde bois de trente pieds en quarré, qui le, dontje lui avois Parû aflez inftruit;
comprenoit une falle, trois- petites d'ailleurs il avoit connu le P.
Lu- de Guitaut &c Gabaret. Le premier
fignan. m'emmena diner chezlbtayecleb.MarLe couvent étoit au bout de cet- telly, il étoit bien aife def fçavoir decerte allée iS en un corps de logis taines nouvelles de la Cour & dela Vilde bois de trente pieds en quarré, qui le, dontje lui avois Parû aflez inftruit;
comprenoit une falle, trois- petites d'ailleurs il avoit connu le P. Martelly
chambres & un efcalier ; le haut étoit pendant qu'il étoit CommiffiredesGapartagé en trois chambres. Derriere le leres à Marfeille. M. de Guitaut dina
corps de logis & des deux côtez, il y avec nous, & nouse pria à dîner
le
avoit deux bâtimens détachez, Tunfer- lendemain; il connoiffoit la
du
ELAGer
voit de cuifine & de poulailler, & l'au- P. Martelly dèsi lé itemps qu'il étoit
tre de refeétoire. Au de-lade ces bâti- Licutenant de Roi 'aux' Iiles d'Hieres 5
mens il avoit un quarré de toute la pendant le Comte de Guitaut fon
largeur & nôtre terrain, fermé par de frere en Real Gouverneur. Ces Mefdoubles allées d'orangers qui renfer- fieurs nous prelfferent de nous retirer à
moient lejardin porager, dans lequel il la Cabefterre où l'air eft meilleur, &c
yavoitnombre d'orangers de la Chine; où nous ferions moins en danger de
mais ce
ne fubliftoit
gner lc mal de Siam; mais commc
ERE
jardin
plus depuis
s'étoit
à
le
deuxâtroisans; un deluged'eaquitom- Martelly
engagé précher
bant delas montagne avoit emportéquan- jour de' la Chandeleur, & qu'il falloit
tité de pierre 8cdeterre, l'avoit entiere- tôt ou tard s'accommoder" à l'air & afment couvert, 8cavoit mémc rempli le fifter les malades, nous nous remimes
couvent jufqu'à la hauteur de 4: pieds; entierement à la difpofition de nos Sudeforte quiinyavoitplus que les oran- pericurs. A. côté dujardin de M. IInD 2
ten- --- Page 58 ---
28 NOUVEAUX VOYAGES
1694. tendant ilyat unMonaftere
AUX ISLES
fes Urftulines,ellesp prennent deReligicu- des penfion- y, contraindre, ce qu'elles furent enfin
naires écinftruifent toutes lcs
fil- obligées de faire après avoir fait
les du Bourg; ellesfontfous la petites
tcs les proteflations
toude Peres Jeluites
direction & devoientf fairecontré qu'elles pouvoient
Monaf- Ce Monaftere
exerçoit contre
laviolence qu'on
seredes
appartenoit autrefois
elles. Crfuli- aux Religicufes de nôtre tiers
fut le reçie par Villers Notaire Leurproteflation de
nes. il avoit été biti, &cle terrein où Ordre, 4Juin1663. Elles avoient l'Ife,
Son hij- acheté par la Mcrc Marguerite de ileft, Saint bit de l'Ordre plus de neuf Porté l'hatoire. Jofeph ) Religicufe Profclle du Cou- reçû à Paris dans nôtre Couvent ans, T'ayant
vent de Toul en Lorraine, quiautori- rué Saint Honoré, des mains du R.
proteflation de
nes. il avoit été biti, &cle terrein où Ordre, 4Juin1663. Elles avoient l'Ife,
Son hij- acheté par la Mcrc Marguerite de ileft, Saint bit de l'Ordre plus de neuf Porté l'hatoire. Jofeph ) Religicufe Profclle du Cou- reçû à Paris dans nôtre Couvent ans, T'ayant
vent de Toul en Lorraine, quiautori- rué Saint Honoré, des mains du R. de la
fée par les Supérieurs dc TOrdre, &c Dominique le Brun au mois de P. munie des Lettres Patentes dul Roi,don- 1654. Janvier
nées aParis au mois del
Aufi-tôt aprèsl l'expulfion des Noviétoit pallée à la Martinique Decembreiors. avec trois ces, ral lcR.P.la Forcade Supérieur
Novices, étoit la dont la Sceur de Clemy qui du denosMilions, Monaftere & fc mit en
premicre avoit
des
RS
mille francs pour A dot, Cette donné fomme quatre sttacher,non-sulemente biens quiy étoient
& quelques Aumônes qu'elles avoient -nparienanuarOndre, me
mais tcommedebiens encorecomreçude du la Cour fervirent à l'acquifition
Procureur fpecial de nos
terrein où le Monaftere fut bâti, à deToul, dontla
Religieufes
la dépenfe des bâtimens
Profeffe,
Meshisgentees
la Chapelles Sreconomiede reguliers de France des enattendant Religieufes quillutamvede
nes filles leur fit trouverle moyen cesbon- d'a- celles qui étoient mortes. pour Maisi remplacer les
cheter une petite fucrerie à trois chau- gicufes en de Toul ne s'étant pas trouvées Relidieres de avec dix ncuf efclaves. La Sceur fion étatd'en envoyer,
fit
ellesfrentuncece
deux Clemy Profelion, mais celles des
detousles biens du Monaftere à nos
Sceurs autres Martel Novices qui étoient les Miflions. ferées fi
& Sanguin, furent dif- oà Nonobftant nous étions la de ceffion &c la polleffion
long-tems, les Peres Jeces biens, les
fuites 3 peu inftruits " pratiques de Jefuites firent nommer des
Peres
nôtre Ordre, &cquiavoient
res de Dieppe pour venir Holpitaliection de cel Monaftere,
prisladire- ce de nosSceuis. Nous prendre laj
res ne. s'étoient
parcequenosPe- mes, on plaida, & le nousy
IeRnUa
prendrefoin, &cquela pastrouvez Mere en état d'en les avoient confitué fut Procureur qu'el81 la Sceur de Clemy
Marguerite prétentions par Arrét du Confeil débouté de fes
que cette affaire fut moururent avant ricur de PIfle du 4 Février
quoi on hotifia à ces terminée i après
1664. LE
les Profefles
deux Novices que d n'ayant point rallenti les
plus
étant mortes, ilny avoit rêt au Jelnites, Confeil ils appellerent de pourluites cetArcevoir perfonne à Profefion, qui fut capable de'les re- des contellations, du Rois lad cellion où de après bien
voient quitter T'habit &cqu'aint elles denosRctir du Monallere; on Religieux & for- Lombnaetouitremnaiee naftere avec tous fes biens &leMo- &
l'autorité dc M.
les
plus
étant mortes, ilny avoit rêt au Jelnites, Confeil ils appellerent de pourluites cetArcevoir perfonne à Profefion, qui fut capable de'les re- des contellations, du Rois lad cellion où de après bien
voient quitter T'habit &cqu'aint elles denosRctir du Monallere; on Religieux & for- Lombnaetouitremnaiee naftere avec tous fes biens &leMo- &
l'autorité dc M. du Parquet, interpofa Scigneur même immeubles transferé ou donné meubles aux UrProptictaire de la Martinique pour les fulines ainfi de Saint Denis en France. C'eft
que nôtre. Monaftereeft tombé entre --- Page 59 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
1694. tre les mains de ces bonnes Religicu- ferité s'eft tellement
ies. On trouvera à la fin de cette
1704. cebon homme multipliée, voyoit qu'en
miere Partic, la copie des Lettres S te-cinq enfans provenus de fon cinquante
tentes du Roi du mois de Decembre oudefésenfans. mariage
1693. & lArrêt du Confeil d'Etat du Le Dimanche trente &c uniéme Jan- e
Roi, fion me l'envoye affez-tôt pour vier nous affiftimes aux Offices Divins
lefaireimprimer. dans nôtre Eglife. Je fus très-édifié de
Les Urfulines s'occupent commefai- la dévotion & dc l'affluence du
foient nos Religieules à l'initructionde Le P. Chavagnacfitlel Prône peuple. lajeunefle de leurfexe. Elles ont reçà cationde "'Evangile, &c lafit Scl'expli- trésbien. alhabit pluficurs Créolles qui leur ont Nous allâmes le P. Martelly & moi diapporté quatre à cinq mille francs de ner chez M. le Commandeur de Guidot; de forte qu'il y aapparence quece taut. Après Vépres nousallâmesà bord
Azodocbalaiwabcanadr
de la Loire faluer M. del la Heronniere,
M. J'appris sàmonretourau couvent,que il nous retint à
après en
Houdin mon ancien camarade de cût envoyé demander
qu'il à
College étoit venu
me voir. permiflion
SE
avoit
pour
Ily nôtre Supericur, qui l'accorda volonplusde quinze ans que je ne l'a- tiers. vois vû, Rpoostimacokimans Le lundi premier Février le
aux Iles;je priile P. Chavagnac de vagnac me mena prendre le P. Chame conduire chez luis nous le trouvâ- chez un de nos voitins,
chocolat
mes à la raffinerie du Molillage chez guez, qui eut T'honnétetéde appelléM.Bra- mep
fon beau-frere M. Dubois. Il étoitaux un cheval pouraccompagnerle prérer
Ilesdepuis quelques années, ouilavoit alloit confefer des malades fur Perequi
fuivi fon frere ainé &c une def fes foeurs, nes. J'cus
de
de les mor- la
mariée à M. Dubois. Leur frere ainé
beaucoup & les arbres plaifir voir
qui étoit Receveur des Domaines du fruits de fleurs. Nous dinâmes chargez chez de
Roi, venoit de
RTER
mourir &avoitlaiffé de un habitant quir nous fit
des
grands embarras dans fes comptes; c'é- drix du pays, & des ramiers. manger Les pertoir pour les terminer que M.
J'cus
de
de les mor- la
mariée à M. Dubois. Leur frere ainé
beaucoup & les arbres plaifir voir
qui étoit Receveur des Domaines du fruits de fleurs. Nous dinâmes chargez chez de
Roi, venoit de
RTER
mourir &avoitlaiffé de un habitant quir nous fit
des
grands embarras dans fes comptes; c'é- drix du pays, & des ramiers. manger Les pertoir pour les terminer que M. Houdin drix font
elles
o Perdrix
fe trouvoit au Fort faint
petites,
perchent,
RaFE
Pierre; car fa rouges font meilleurcs
les
miers
demeure ordinaire étoit au FortRoyal. les ramiers qu'on nous quc fervit grifes; des Ifes
Ilétoitalors Procureur du Roi, depuis fort gras, & avoient un
ctoient
ila eu la Charge de, Juge Royal, Civil & de mufcade
goûrde gérofle
& Criminel de toute lile; fon mérite mandaila raifon, trés-agréable; on me dit, j'en deperfonnel, fon application à l'étude &c me nous étions dans la faifon que des comi fes devoirs, fon intégrité &c fon de- nes de bois-d'Inde, Ces oifeaux grai- s'en
fintereffement, lui ont acquis une trés- nourriffoient & en contraétoient l'ojufte réputation. Il étoit veuf quandje deur. On nous fervit aufli des
lev vis, & n'avoit eu que deux enfans, & des melons d'eau, les
ananas
un fils qu'il faifoit étudier & une fille parurentexcellens. J'aicu premiers me
gui a pris le voile & fait profeflicn aux ar m'acoûtumeraux, melonsd'eau; plus dep peine de Milona
Urfulines de la Martinique. Ils'eft de- les melons ordinaires
& pour fiers pla
puis marié à une fille d'un trésricheha- qu'on appelle melons rouges verds, Jurioss
bitant, nomméle Boucher, dont la po- en avions mangé tous d'Eipagne, les jours depuis nous
D 3
que --- Page 60 ---
NOUVEAUX VOYAGES
1694. que nous étions arrivez. Ils ont cette avis. AUX ISLES
Donnequalité qui leurmanqueen FranLes Jefuites le prierent
ce,qu'onen peut manger tant quel'on une Cure qu'ils deilervoicnt d'accepter au
1694. veut lans craindre
tier du
quare dé. Nous allimes d'en étre incommo- Royal; ilyf cul-de-fac à vache présie Fort
je vis aufli faire de voir la caffave une fucreries &
l'obligea de fut revenir jufqu'à chez ce la goure
larine de manioc. Je parlerai de la jelelifhic en170s.honoré en & frere, oùr
ment de tout cela dans la fuirc. ample- detout le monde.. Je reviens eftimé à de
le Nous foir. retournâmes au couvent far fujetque ter. cette digrefion m'a fait mon
Je fus remercier M. quizlui &c fon époufe me frentbiendeshon- Braguezs Le mardi 1 jour de la
nétetez & des offics de fervice; ils ont de fiftai à lOfice, je confeflài Chandeleurjaf. toûjours moi. Ce M. eu beaucoup de bonré pour grand perfonnes, nombre de & je fus très beaucoup édifié du
ila avoit un frereKeligieux Braguez étoit den de nôtre Beziers, leurs devotions. Le perionnes P. qui firent
dre, &c qui après avoir fervi dans Or- Prédication, dont il Martelly fit la
Milions
nos Lc
s'aquitta très bien. Ze Fere été
près de de ving-cinq ans, avoir
lendemain le P.
toûjours moi. Ce M. eu beaucoup de bonré pour grand perfonnes, nombre de & je fus très beaucoup édifié du
ila avoit un frereKeligieux Braguez étoit den de nôtre Beziers, leurs devotions. Le perionnes P. qui firent
dre, &c qui après avoir fervi dans Or- Prédication, dont il Martelly fit la
Milions
nos Lc
s'aquitta très bien. Ze Fere été
près de de ving-cinq ans, avoir
lendemain le P. Gallot &cleP.d du
Briguez obligé repaffer en France;
Homcelrevinrenrd de la
Le
que ce fut un Religieux fortf quoi- fort R. P. Caumels nôtre Vicaire Cabeflerre. favant, &cfort éclairé dans toutes lage, for- les envoyoit à la
General
tes d'affaires, il n'avoit éviter de Frere du Mortiers Guadeloupe il écrivoit au avec Pere le
tomber dans la dilgrace E Comte de Cabaflon le de nous envoyer inceffamBienac, qui avoitenfin obtenu une Let- ment P. Martelly & moi à
tre de Cachet qui l'appelloit à la Cour. bitation,ohi
nôtre haSa goute & les autres infirmitez qu'il allâmes fur Buidipaleroirdenous le foir prendre Nous de
avoit contraétées dans les
Melffieursdu Mets, de
congé
lui
plus de vivre Millions, dans l'ab- ne baret &c de quelques Guitaut, autres de Gaflinence
de nôtre
perfonnes
I
Taulteritéde nos
connoiflance. BORE
réformées de France, il paffa Provinces- avec la mes Lejeudi la quatriéme Fevrier nous dipermiflion des Supericurs dansle grand avoir Meffe de grand matin, &
da Dipart Fort
Ordrede faint Benoit, où il refta
pris le chocolat, nous aprés S.Pierre
ques années avec beaucoup de quel- mes fur deux mauvais chevaux bien montàmais la froidure du
pieté; tiguez &cmal
tagoute &c fes autres
augmentant ics Mede- @ gres pour nous hamaches,avecdeuxt conduire, qui Necins lui
étoient
PESLES
confeillerent de retourner aux chargez de deux matelats
de
Iiles, où ils prétendoient quela chaleur couvertures, fans quoi 8cdautant nous
du climat aideroit à diminuer fes dou- rifque de couchertres-mal où nous courions alleurs. dans Il revint en cffet à la
lions; puifque nôtre maifon de la Cale mois de Juin 1698. Martinique il fut
betterre étoit aufi dénuéc de
avec joie de fon frere & de f belle- reçu que en le couvent du Mouillage où mcubles il
faeur; les puiffances le virent
avoit point. On compte huit n'y
fir, & nos Peres méme, avecplai- des licuésdu Fort faint
granportit plus leur habit, curent quoiqu'il ne faint] Jacques où eftnôtre Pierre, habitation. au fonds
lar méme déference qu.utrefois, pour & fai- lui Alafortic du Bourg faint Pierre nous
foicnt peu de chofes fans prendre fon entrâmes dans unc belle allée d'orangers qui a un bon quartdelieuedelongucur, --- Page 61 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694. gueur, quiféparellabiation, de Mada- fucrcries de ce Juge, avoient apparte- 169-44
Chemin me la Marquife d'Angennesde cellc du nu cy-devant à un Juif nommé Benja- Benjadel laCa- fieur lc Vaflor, Conteiller au Confeil min d'Acofta, qui faifoit un trés-grand min dAcoj
befierre.
, --- Page 61 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694. gueur, quiféparellabiation, de Mada- fucrcries de ce Juge, avoient apparte- 169-44
Chemin me la Marquife d'Angennesde cellc du nu cy-devant à un Juif nommé Benja- Benjadel laCa- fieur lc Vaflor, Conteiller au Confeil min d'Acofta, qui faifoit un trés-grand min dAcoj
befierre. decette.lile. Jeparlerai de ce M.leVal commerce avecles Efpagnols, Anglois 14 Juif. fordamsunautcendreit
& Hollandois. 11 crutle faireun
Pour Madame la Marquifed'Angen- confiderable en s'affociant avec
nes, elle eit fille du ficur Girault, Ca- ques-unes despuiffincesdes)
ChriftoEEE
pitaine de Milice dePlilefaint
nom defqueis il acheta les terres
phle; gui s'étant dittingué avec quel- pollede le fieur Bruneau. 1l plantà AtE
autres Officiers quand on chaffa Cacoyerequiefl une despremieres
Anglois de cette Hc en 1666.avoit ait faites dans les illes, &c fit
EA
PE
obtenu des Lettresde Nobleffe. deux fucreries que l'on voit encore à
Le-Marquis de Maintenon-d"Angen- prefent. Mais la Compagnic de 1664. nes étant venu aux Hilesavecla Fregate ayant peur
commerce des Juifs
dul Roil la Sorciere, pour donner chafle ne nuisitau obtint un ordre dcl la
aux Forbans qui deloloienttout) le com- Cour pour les chaffer des Iiles; & les
merce : il époufa unc des filles du fieur affociez de Benjamin ne firent point de
Girault qui étoit d'une beauté achevée: difficulté dele dépouiller pour fe revétir
ilfutf fait enfuite Gouverneurde Marie- def fes dépouilles,
galante, mais quelques années après il Après la paix de Rifvick les heritiers
ceda ce Gouvernementi.M. Auger, en de Benjamin d'Acofta, & quelques aufaveurdu mariage de fa fccuravcc ledit tres reprefentans eurent permiflion du
fieur Auger; 8 s'étant retiré fur P'abi- Roi de venir aux Ifles pour demander
tation quil avoit achetée des heritiers ce qui leur étoit dû; mais leur voyage
defeu. M.le General du Parquet,
fut auffiinutile que celuid'un Agent des
eft mort en laiffant deux enfans 2 22 Hollandois, à qui il eft dû desfommcs
Marquis d'Angennes Capitaine au Re- très - confiderables pour les avances
giment de la Couroune, &c une fille qu'ils ont faites aux habitans dans les
parfaitement bellequi n'étoit pas enco- commencemens dela Colonie. re mariéeen 170g. llya a fur cette ha- La cacoyere du fieur Bruneau eft en- de Ridwit la
bitation plus de troiscens eiclaves, deux vironnée d'une doublehsyed'orangen, Martifucreriess une dont le moulinva par le quiforme une allée qui fc termine a un niqués
moyen del'cau, & l'autre avecdes che- petitmorneallez roide, au haut duquel
vaux; une raffinerie dans le Bourg, & nous trouvâmes un parapct, compofé
unetis-bellecacoyere Aub bout decet- de paliffades remplies de terre &defalteallenoustrouvines le moulinacau, eincs.
angen, Martifucreriess une dont le moulinva par le quiforme une allée qui fc termine a un niqués
moyen del'cau, & l'autre avecdes che- petitmorneallez roide, au haut duquel
vaux; une raffinerie dans le Bourg, & nous trouvâmes un parapct, compofé
unetis-bellecacoyere Aub bout decet- de paliffades remplies de terre &defalteallenoustrouvines le moulinacau, eincs. Ce parapet couvre une
qui
en voirla difpofition. eft percée dans un
pan
Eenteg
jy entraipour
Je
petit
ferai dans un autre endroit la deferipd'un côtéà la montagne qui
tet
appuyé
tion de tous les moulins differents dont taillée auffi à plomb qu'un mur, & de
onfe fertauxIfles, ou dont ton pourroit l'autre il porte par encorbellement fur
fe fervir. un précipice très-roide Sc très profond. Nous vîmcs à une demie lieué plus Le chemin eft taillé à mi-côté dans la
loinla maifon Scla cacuyeredafeurbru- montagne: ileft encorefermépar deux
neau, Juge Royal deTIle. Cette ca- autresportes comme la premiere, avec
coycre & lcs terres où font les deux dcs meurtricres: il eft larre de quinze
a feize --- Page 62 ---
3: NOUVEAUX
194 aleizepieds. On appelle
VOTAGES AUX ISLES
ouren cas d'une attaque on celaleRéduit, traire les retarda, & donna
cn feureté dans lcs
pcut mettre
le tems à la 1hg4
du fieur Bruncau, lest faranes bettiaus, ou lesfem- prairies touneduP-Raymoni à fainte Marie, d'y combattre Breton d'arriver les
mes, lcs enfans, & les meubles des ha- vages, de les chafler & d'y
Sau- la
bitansqui vertes de font facilement des cafes cou- mettre croix avant que les Jefuites planter y
occalions. cannes pour. fc loger dans ces Paroifes pied de à la terre. C'eft ainfi pulient les
Ce chemin
chués. Cabefterre nous L 6longuc allée nous conduift dans une roifle J'ai connu un habitant delaPaJaquelle étoient d'orangers, les
aux côtez de leau, duMacoubs, s'étoit nommé Jean Grou-
& une des facreries lavanes, les cannes tion; 2et qui avoit trouvé aidé à à cette éxpedinous cimes monté un duJuge. autre Après que que l'on avoit plantéeà faire la croix
ne, nous trouvâmes la feconde petit morici finteMarie. ce
&c
Hlerbondespliquer
rie, à quelques cent
fucre- tend dans les Inles les qu'on en- Cegu
nous entràmes dans le bois pas plus loin, befterre 8cde balle-terre. par noms de Ca- colque Califprèsdet trois licuës. qui dure la partied'une Ifle quir Cabelterreeft terre C
ds Lacroix Pere Nous vimes au
& qui eft totjours irgpanieleLerant ierre.
ici finteMarie. ce
&c
Hlerbondespliquer
rie, à quelques cent
fucre- tend dans les Inles les qu'on en- Cegu
nous entràmes dans le bois pas plus loin, befterre 8cde balle-terre. par noms de Ca- colque Califprèsdet trois licuës. qui dure la partied'une Ifle quir Cabelterreeft terre C
ds Lacroix Pere Nous vimes au
& qui eft totjours irgpanieleLerant ierre. BafeRay- bois une croix qui avoit commencement été
du
ratiraichie les
un de
le
Neaibaliferqurcocrened
mont
nos premiers
plantée par jufqu'àl PEIS Sudeft. La depuis RLS
Ireton. pellé Raymond Breton, Mifioniairel, dela Province ap- partic oppofée. Dans celle-ci Rafe-sareenit les vents
defint Province Louis. Les Religieux de cette alifez fe font moins fentir, elle eft
dont le couvent
eft confequent plus chaude, mais en
dansla ruc faint
principal
la
clutg
enelaFondateunsdas Honoré à Paris, ont temps quille, mery elt plus unic, plus tranavonsaux liles, &1 les Miflions que nous lage &p &ainliplus pourle proprepourlen mouilraux & autres en étoient Supérieurs
Les côtes y font clnempeadniitae aufi
Cem- rez. Ce bon Religieux toijours LOPE plus baffesau contrairedes pour l'ordinaire
mentlesles habitans qui: alloient accompagnoit où lescôtes font
Cabeflerres,
binsent Gaco- Sauvages pour les chaffer combattre de la Cabef- les la plûpart de falaifes hautcs, efcarpées compoféesp où la pour
e:s terre en16r8. Une autre
roulefans ceffe & fc brife avec mer
Tadmi- bitanss'étoit embarquée partic desha- péruolité
une imwijfra- expedition, &
pour la même eft
merveilleufe, parce qu'elle y
zion dut ceux alloient dat@rencnmeraee continuellement pouffée parl le vent. frirituel qui
Par terreau
Lacroix noust
comdela principal des
quartier mencement 0c bois strouvimesan
partiedet mé depuis lel fauvages, Fort que l'on a nom- dans lelieu où la avoit dul été plantée
rap21 les
ltinteMarie, afin de avoit
troupe Pere Breton
jellee-la Cabtf par attaquer mer. Les cn méme-tems terre & avoit celebré paffé la le premicre nuit, & où il
zerre, ceux quiétoiente Jefitites VVOLEM joints à communié la lendemain de la Melle, &c
toient point embarquez, &cnec dou- compagnoient. plipart ceux qui l'ac-
& d'avoir l'adminiftration d'y, arriver les du premiers, Jene pouvois affez admirer la
de la Cabelterre, parce qu'on étoit fpirituel con- teur & la grofieur des arbres de ces hau- fo- appellés Arbres
venu qu'clle appartiendroit aux
rêts particulierement de ceux
Gemmiers Religicux qui
pre- pelle Gommiers, à caufe d'une qu'onap- miers. pendantilsfurenttr trompez, yarriveroient; ce- blanche & de bonne
gomme
leveg: con- cn certaine failon de odeurqu'ils jettent
T'annéc, ou quand
on --- Page 63 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694. onleurf c'eft la faitquelqueentaille. Jecroi
quenousicuravions achetez; nous man- 1001. Elemi; J'avois tout E geâmes de nôtre côté les
loifir LRE confidererà mon aife, parce fions que nous avions apportées.
me
leveg: con- cn certaine failon de odeurqu'ils jettent
T'annéc, ou quand
on --- Page 63 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694. onleurf c'eft la faitquelqueentaille. Jecroi
quenousicuravions achetez; nous man- 1001. Elemi; J'avois tout E geâmes de nôtre côté les
loifir LRE confidererà mon aife, parce fions que nous avions apportées. petitcs provique nos deux Negres qui étoient char- J'avois une extréme envic d'interrogez & nos mauvais chevaux, ne pou- ger nos Negres fur quantité de chofès
voient pas aller fort vite, particulicre- quejevoyois, & dont je fouhaitois d'ément dans les montées l'on trouve tre inftruit, maisil fallut me priver de
todjoursjufqu'au morne 2E Calebaffe, ceplaifirsparcequee c'étoient des
eft le lieu leplus haut, &le milieu nouveaux qui ne parloient
3. chemin delal Baffe terre à la Cabefterqu'un
S
ge corrompu, je n'entendois
re. que
pref:
Nous vimes en paffintau Mornerou- bien-totaccoirume. que point, auquel cependant on eft
gelhabitation des Religicux de la Cha- Lacrainte de trouver des
&
rité; ilsy élevoient dest sbeftiaux &c comferpens
des
SImOMmMnone
mençoienta planter Cacoyers & des trer dans le bois pour voir les
Roucouyers. Les fieurs Carité & de qui s'y trouvent. jefusen peu de plantes
Lorme avoientaufi des commencemens
temps
d"habitation auprès de CCS Religieux. FaramTorirE étre repofezà cette fontaine une bonne
Depuis fonnes ce temps-là beaucoup de per- hcure, nousmontâmes à cheval,&c cons'y font placécs
faire du tinuâmes nôtre chemin fans
cacao & élever du bétail font deux beaucoup nos chevaux ni nos preffèr
marchandifes de bon
parce nous
de Negres,
HE
Merne NoumsmivimeiasMomes dela Cale- chez un que de nos comptions Curé delal coucher
dela Cale- baleunpeu avant midi. Le temps beau roiffe dela grande Religieux Ance, dont
Pakafe. & ferainnousdonna le plaifir de décou- tions éloignez que de deuxlieués. nousn'évrir une, grande partic de la Cabelterre, Environ à trois quarts de lieués de la Croix
qui de cette élevation nous parut un fontaine nous trouvâmes une croix. du Pere
pais plat &c uni infiniment plus beau Nous fçâmes quelques
Paul,
que celui que nous quittions, tout rem- nous
que c'étoit habitansque le Perc
de mornes &
Steta
pli
de montagnes. On a Paul un de nos
tailléun cheminfort étroit dans ce mor- fair planter depuis Mittonmaresgulavsit quelques années. Un
ne qui eft l'unique palffage de tout ce petitterrain défriché autour de la
côté-làj pour allerd'une partiedel'llleà étoit beni, & fervoit de cimetiere croix,
T'autre, que l'on pourroit garder aifé- les Negres Chrétiens de
ment, &
les ennemis de
queiques
FRat
empécher
pé- bitations que l'on
netrer d'un côté, s'ils s'étoient rendus quartier-là,
commençoit dans ce
maitres de l'autre.
itterrain défriché autour de la
côté-làj pour allerd'une partiedel'llleà étoit beni, & fervoit de cimetiere croix,
T'autre, que l'on pourroit garder aifé- les Negres Chrétiens de
ment, &
les ennemis de
queiques
FRat
empécher
pé- bitations que l'on
netrer d'un côté, s'ils s'étoient rendus quartier-là,
commençoit dans ce
maitres de l'autre. Un peu plus loin nous defcendîmes Riviere
Après nous eûmes defcendu la parun chemin étroit taillédans la
Falaize,
partie la R rude de cC morne, nous d'un morne à la riviere Falaife. pente
nousrepolames: auprès d'une petite fon- que nous l'eûmes paffé, nous Après
taine quie ieft àl la gauche du chemin, nos dans une allée d'orangers qui entrâmes fert de
laifferent Negres débriderent noschevaux, & les clôture à une cacoyere appartenante à
dant paitre le long du bois, pen- un habitant de la Paroifle de la baffe
qu'ils mangerent leur farine de pointe, nommé Courtois. Enfin commagnoc Tom. I, avec quelques poiflons falez me nous étions préts de fortir du bois,
E
nous --- Page 64 ---
34 NOUVEAUX
1694. nous mpurincsunetraifimee VOYAGES AUX ISLES
Creixde pellécla Croix de la baffe pointe, croix,ap- parce bon Curé étoit fatigué des
la balfe qu'elleeft àd côté du chemin
nos
paflages de 1694
pointe. auq quatier &cau
qui conduit Cadensunmeentioe lui,éc
bourgde cc nom. Nous Tincommodoiene. Il s'étoit ablenté de
lelaiffames à main gauchc, &c fuivimes famaifon, Son
ouideffein,oup par nécefité. nôtrecheminj jufqu'ala Savanne du ficur
Negre
nous
Courtois où
nous paflàmes la
que fon maitre quwyavoitlaifte, fçavoit
dit
Riviere Capor. riviere arriver, &
lui que nousdevions
Capot. nous
qu'il avoit ordonné de
Toutes ces rivieres font à
prefenter à boire & à
ment parler des torrens qui proprc- nous enavions befoin, & de manger, nous fi
des montagnes, qtuigproiitorauxmoint tombent en même temps de paffer outre, prier
dresp pluyes, &c qui n'ont ordinairement qu'il n'avoit plus de commodité parce
deuxout trois pieds d'eau. Lariviere donner à coucher. Ce
pour
E eft une des plus
parutun peud
compliment me
Plile, ellea pour confiderables de Pere Martelli sextraordinaire, &je disau
toifes de
deux Fordinaire à neufà à dix pour celaaller que nous ne devions pas
profondeur large, dans fon trois picds de lut pas y confentir: plus loin, mais il ne voutrès-claire &c
milieu, fon eau eft après avoir fait boire nous Partimes donc
quieft rempli de très-bonne, mais fon lit vieàr nos
un coup d'eau dc
res, & d'une infinité grofes de maffes de pier- Delag grande.
ordinaire, &je disau
toifes de
deux Fordinaire à neufà à dix pour celaaller que nous ne devions pas
profondeur large, dans fon trois picds de lut pas y confentir: plus loin, mais il ne voutrès-claire &c
milieu, fon eau eft après avoir fait boire nous Partimes donc
quieft rempli de très-bonne, mais fon lit vieàr nos
un coup d'eau dc
res, & d'une infinité grofes de maffes de pier- Delag grande. Negres. Ance:
fon pallige
cailloux, rend ilya deux
au fond S.Jacques,
unp groffe. dangereux, quand clle eft rent de fe lietics, laffer nos chevaux acheveE cette riviere à la
dant deux ou trois en mornes montant & defcengrandeAnceil
paroiffe de la fort roides
fortl hauts &
ccla
n'yaqu'une petitelietic, Lorain, qu'ilya a julqu'à la riviere du
vaux nousobligenila lailferpaitren nos cheque nous paffimes avec pcine, Riviere
pendant une demic heuredans une auffi-bien que la riviere Macé du Lofavanne au travers de laquelle on paffe, étoient fort grofles. Le chevaldu Pcre qui rain. Paroille, qui appartient à un habitant de cette Martelli qui boitoit tout bas ne voulur
appellé Yves leSade. plus marcher; de forte
cet endroit julqu'à la grande Ance, Depuis le traint del le tirer Par la
fur conchemin
de
Real
eftagreable, bordé
millepas. Pour furcroitder plus
Darsige tout d'allées
preiquep
nuit nous prir avant
malheur, la
de la par le grand nombre d'orangers, de mais Puztele arrivezàla Paroiffe que nous fuflions
grande defcentes
montées & de
dul Marigot, &cnous
Ance. caufe quel'onrencontre, furent eûmesun de nous grain de pluye qui nous oblidu que nous n'arnvâmes TE maifon gea arbres dans mettre a couvert fous des
Curéqu'environ une heure avantle pré. la favane du ficur de Vercoucherdufoleil. Lc Curé,appelléle PereFrançois Im- Nous nous remimes en marche dès
bert, du Couvent de S.Maximin, étoit que leurs laj pluye futceflée, nosNegresavee
Provençal aufli-bien que mon Compa- tirans charges, &c
gnon, ce
nos
clepeenamelicime
toitd'en être qui faifoit que celui cife flat- parce chevaux Par la bride, lui
bien receu, & quer nous y
que fon cheval ne pouvoit fe
coucherions &c laifferions repofer nos foûtenir, & &c moi pour lui tenir
Negres &cnos chevauxquir ne Pouvoient gnie, hf
foulager le mien afin qu'il compa- eût
preiqueplusmarcher. Iifur
force de nous
les
trompé, CC rencontrent palfer rivieresquit fe
jufqu'a nôtre habitation. Si --- Page 65 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
Si nos Negres avoient eu de l'efprit, ils laiffé fon cheval, & de ce que nous n'é- 1694. $694. nousauroient conduits chez quelqueha- tions pas refté à la grande Ance, combitant quife feroit fait un plaifir de nous me je l'avois propolé.
les
trompé, CC rencontrent palfer rivieresquit fe
jufqu'a nôtre habitation. Si --- Page 65 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
Si nos Negres avoient eu de l'efprit, ils laiffé fon cheval, & de ce que nous n'é- 1694. $694. nousauroient conduits chez quelqueha- tions pas refté à la grande Ance, combitant quife feroit fait un plaifir de nous me je l'avois propolé. Cependant du nous Riviere
recevoir, & de nous bien régaler. Car noustrouvâmesa la riviere Charpen- du
danstoutesles Ilesl'ho(pitalité s'exerce tier. Quoyqu'elle ne foit pas grande,cha
d'une maniere très-chrétienne & très- cllenelaiffepas d'être dangereuley parcepunsier. civile. Nous arrivâmes à l'Eglife du qu'ellecoulcfur un fable mouvant dont
du Marigot. Comme il n'y ona fouvent bien de la peine à fe tirér. Jarsile da.Mar- quartier avoit point encore de Curé refident, NosN
le con- Pere
rigot, nous ne piimes recevoir aucun fecours. duifirent enfuite le cheval
CCRRpLeneDE
Nous nous confolions cependant, parce Martelli. Ils vinrent me chercher&cme
qu'il n'y avoit plus qu'unc petite lieuic pafferent, je demeurai à cheval parce
de liànôtrel habitation. Environà à deux que c'étoit mon tour, &je commeçai
cens pas plus loin nous vimes les four- à me mocquer du Pere Martelli, qui
neauxallumezdune fucrerie. Jc
crioit comme un defefperéquandil rcndans le
fai au P. Martelli d'y aller, 9 & FE controit quelques branchages
mander le couvert, i ne le jugea pas à chemin, ,ouc quilenendsitncmapast touslesferpropos, mais nos. Negres nousfirenten- quechofe, s'imaginantque
tendre qu'ils alloient y laiffer le cheval Kepapliconoonoilst
boiteux avec leurs charges, & qu'ils Nous montâmes un mornetrès-haut
nousconduiroient plus ailémentle refte Sctrès-long, mon chevalfanfoirfouvent
duchemin. Nous y confentimes,8cles des reverences jufqu'à mettre le nezà
attendimes. Aprèsl sleurretour: nous con- terre. Le Pere Martelli qui fc piquoit
tinuâmes nôtre voyage montant l'un de civilité les lui rendoit au double. après l'autre fur le cheval qui nous ref- & tous deux ne pouvoient pas moins
toitqu'unde nosNegres conduifoit avec faire; car la terre de ce quartier eft
unboutdclisnneteda.-Bireuncepe grafle,rouge, ,&fortg gliflante, aufli-tôt
deliéreou d'ozier qui vient autour des qu'ila plu commeilvenoitd de faire; enarbres) qui étoit attaché au mors du fin tombant, bronchant, montant &c
cheval, & l'autre conduifoit prefque grondant, nous noust trouvâmesau haut
del la même maniere celui qui marchoit dc ce morne dans la favanne d'un habiàpied; car le Ciel étoit couvert, la nuit tant nommé Gabriel Raffin. Jefentis
fort noire, & la pluye avoit rendu le que mon cheval alloit mieux, d'où je
cheminfort gliffant. conjeéturai que nous n'étions pas loin
Je m'avifai de demander au Negre te nôtre mailon; je le demandai à nos
qui me conduifoit, s'il y avoit des ier- Negres, qui me dirent que cela étoit
pens dans le chemin; il me répondit vrai, mais que le refte du chemin étoit
aufli-tôten fon baragoiin: : Tenir moucbe.
rendu le que mon cheval alloit mieux, d'où je
cheminfort gliffant. conjeéturai que nous n'étions pas loin
Je m'avifai de demander au Negre te nôtre mailon; je le demandai à nos
qui me conduifoit, s'il y avoit des ier- Negres, qui me dirent que cela étoit
pens dans le chemin; il me répondit vrai, mais que le refte du chemin étoit
aufli-tôten fon baragoiin: : Tenir moucbe. méchant. Je mis pied à terre quand
Je compris qu'il me difoit qu'ily en nous eûmes pafé la barriere qui ferme
avoit beancoups cc.qui augmenta terri- cettefavanne, un de nosi Negresmenoit Pere Martelli
blement la peur que Favois alors dc CCS le cheval par la bride, le
cheval
animaux. Jc me fachai contre le Pere marchoit enfuite tenant le même
Martelli de ce qu'il n'avoit pas voulu parl la queiie, jefuivois lel PereMartelli,
que nous demandaflions le couvert à un Negre me fuivoit & fermoit la marcette fucrerie, où nos Negres avoient che, à quelques chûtes prés, nous vâmes arriE 2 --- Page 66 ---
36 NOUVEAUX
1694. vâmes affez
VOYAGES AUX ISLES
Riziere vicre que nous heureufement paflimes à nôtre ri- cela qu'il avoit quitté la Pariffe de la
S. dsfondt tre fur le cheval, & à l'unaprèsl'au- trois cens
Trinité qui étoit trop
Ja- de là nous trouvâmes
pas hommedefag
pénible pour un
ques, Les Superieur
nôtre Couvent. Depuis l'arrivée groffeur." de
n'yétoit pas, ilétoit generalde: alléau nos Miflions Pere Superieur generaln ne nôtre troupe, le
laTrinité, deailnedevoitrerenire culdefacde en peine demenager les anciens s'étoit Miflion- pasmis
lelendemain. de
Nos Peres furent
&entreaunous
HcAehtemornciene
voir arriver
tres.cebon
ETRs
il étoit près de ncuf à cette heure; car mandé fon Religieux, congé quilui avoit denous étions mouillez heures & du foir, &c France,
pour retourner cn:
les pieds jufqu'alatére. crottez depuis le vaifleau commeilfitunn du Roi, nmoisaprés, dans
den'être Pas reftez chezle Onnous Pere blama armé cn Alute, commandé appelléle Triton, le fieur
malgré fon
Imbert Chabert. par
nous avoient Negre, comme ceux qui Le Pere Daftez
faireleméme precedez, à quillavoitfait voyage attendoit mon compagnon de
Pas entrez chez compliments, où de n'être
une où occafion pour
nous auroit bien reçu, quelque &c habitant qui alitras-Domineuer & le Pered du Mai deffervoit ilétoit deltiné,
épargné la
nous auroit du Marigot. Jc
la Paroiffc
fuyéc. fatigue quc nous avions ef- dc nos Peres, fgavois par la relation
On nous préta des habits &du
Mouillage, que qui ce Couvent étoient revenus étoit fort au
pourchanger, mesà table. aprèsquoi nous nous linge mi- Pauvre, maisje ne me fuftejamais imaSyndic dela Le' Perc Raymond. Dacier giné vai. A qu'illefuitau point queje le trouneurs; c'étoit Maifon.
c
la Paroiffc
fuyéc. fatigue quc nous avions ef- dc nos Peres, fgavois par la relation
On nous préta des habits &du
Mouillage, que qui ce Couvent étoient revenus étoit fort au
pourchanger, mesà table. aprèsquoi nous nous linge mi- Pauvre, maisje ne me fuftejamais imaSyndic dela Le' Perc Raymond. Dacier giné vai. A qu'illefuitau point queje le trouneurs; c'étoit Maifon. en faifoit les hon- table, les peiney fervicttes avoit-il du linge pour la
fix ans & plus, tunhommede de la Province cinquante- de
chirées, & la
étoient fur laquelle toutes déloufe, quiexerçoito
Tou- mangeimes étoit AVE mauvaifc nous fut
ques mois,p tecrollcedepuisquel obligé de mettre deux ferviettes qu'on
entre tous Aming-uadareemina nos Religieux qui
pouren boucher les trous. deffus
d'arithmetique pour tenir le fgût aflez iames pas def fouperd
Nousnelaifpoids du fucre qu'on faifoit compte chez du debien dormire enfuite, degrandsprent, la &c
LeReverend Pere Romanety nous. tigueque nous
parce quel failavoit cu bien. del la peine à étoitauli, fortir d'a- mechantslitsoà avionscutfuppleoit nous couchâmes aux
vecMonficurdes Saintc-Marie, Capirai- avoir Nous laifé nos. matclats. en chemin. après
EoIOninatrokcinatirgd fon vaiffeau,
foncoffrede la fucreric fçumes du qu'ils étoient demeurésà
tendoit parce qued cct Officier pré- Peres s'étonnerent fieur le Comte, & nos
nier, , bien. qusnu@pesatunaurme que le Pere ne s'y fut Aumo- pas envoyé nous prier comment de pafferla il n'avoit nuit
engagé comme onl'a vû ci-devant. point Lc chez fort lui, car il étoit trés-genereux &
Superieur general lui avoit
denosamis. de lal Paroifle Suinte Maric, donnélefoin quieftàune Le lendemain matin Monfieur lcpetite demic lieiie du fond S. Comte nous renvoya le cheval
n ya avoit encore un autrel Religieux Jacques. du &c nos matelats, & écrivit au Pere boiteux du
Couvent deMontauban, nommé Louis May nôtre fon Curéqu'il n'avoit étéaverti de
Rofié, il étoit malade, & c'étoit
paflage quc deux heures
pour qu'il cn étoit tres-mortifié, qu'il après,. avoit. été --- Page 67 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. 1694. été fur le point de chafferfon Comman- pris que la condition des
1694;
deur pour nelui en avoir pas donné avis leslflesétoitu un elclavage
ERREE
plûtôt, & qu'il le prioit de nous faire pénible, quine differede celuidesNeles excufes. Je chargeai lePeredul Mai gresqueparcequ'il. &
fut aflez ne durequetroisans; doucement chez
delui faire mes complimens, &cdel'aflu- quoiqu'il idéel'avoit tellement
rer que nous irions au premier jour le nous, cette étoit méconnoiffable: il avoit frapremercier dc fon honnéteté.
ERREE
plûtôt, & qu'il le prioit de nous faire pénible, quine differede celuidesNeles excufes. Je chargeai lePeredul Mai gresqueparcequ'il. &
fut aflez ne durequetroisans; doucement chez
delui faire mes complimens, &cdel'aflu- quoiqu'il idéel'avoit tellement
rer que nous irions au premier jour le nous, cette étoit méconnoiffable: il avoit frapremercier dc fon honnéteté. pé, qu'il de faire l'eau-de-vic avecl les
Je trouvai Guillaume Maffoniern mon foin 8cles écumes du fucre.. Jeleconfolai
Paris à la RoEt
compagnon fort mécontent de voyage del du pofte que nô- mieuxquejepis, &cluipromis de l'aider
chelle,
avoit
ilavoitap- aulf-totquejeferois en état delc faire. tre agent lui procuré;
Pe Gn.e o en3
N T 3 Or e B O
Shi BRMEEEA CLO) esgne o0 &
83e
ole
IERMETe
H A P I T R E
V. Defeription de Phabitation des Freres Prèchbeurs à la Cabefberre
de la Martinique. &
de la mefure de
s Oici Cc que c'eft quelhabita- de trois pieds demi &cauxautres Iles
tion quénotreMifion poffe- Paris. Ala Guadeloupe
de à la Martinique. Cc ter- il n'eft que dc trois pieds. eft fitué fur Habita
rein s'appelle le fond Saint Nôtre maifon unià ou couvent côté de la1 rivicre, tion o
Jacques; il eft fitué à la Cabafterre à unp petitterrein d'environ deux toifes & demie au- couvent
huit. lieuès du Fort Saint Pierre, & à élevé
dufond S. Jas:
deux licuésdu-Bourg de la Trinité, en- deffus dela Savanne, &céloignédubord ques. tredeux; grands mornes, quilaiffent en- de la mer de deux cens cinquanteâtrois bâtimens
tre euxun plat pais d'environ deux cens cens] pas. Il enfermoient confiftoit en une trois courde dix
cinquante pas de large, à côté duquel de bois qui
toute ouverte
coule une petiter riviere quip portelemé- à onze toifes en quarré, bout
me nom que le terrein. du côté de la mer, de dix au à delaquelle toiles en
M. le General du Parquet nous le étoit un jardin
vingt
donna en 1654: à titre defondation de quarré. edomeftique étoit àl la
trois grandes Meffes 3 &c de quelques LaChapelle
fur ERsC
Meffes balles par chaque annéc. Ileft che, longue detrente-fix de picds,
large de fix cens pas, &c ilavoit lors de huit delarge: elle étoit huit maçonneric le rela donation, deux mille pas de hauteur jufqu'à la hauteur de pieds, toute la
ou dc chafle. Depuis cetems-là inos Pe- fte étoit de bois aufli-bien que
avoient obtenu deux conceffionsde couverture qui étoit d'eflentes ou de
res
bardeau au lieu de tuiles, dont l'ufadeux mille mille paschacune, cequiluidon- c'eft-à- ge ett prefque inconnu dans le pays. noit fix
de hauteur,
en dedans
dire, en allant Pan bord de la mer vers Uneperinechanbre def fix sdelacour,
les montagnes qui font au centre de attaché àl la Chapelle fervoit de piedsdelarge Sacriftie.
conceffionsde couverture qui étoit d'eflentes ou de
res
bardeau au lieu de tuiles, dont l'ufadeux mille mille paschacune, cequiluidon- c'eft-à- ge ett prefque inconnu dans le pays. noit fix
de hauteur,
en dedans
dire, en allant Pan bord de la mer vers Uneperinechanbre def fix sdelacour,
les montagnes qui font au centre de attaché àl la Chapelle fervoit de piedsdelarge Sacriftie. IIle. furdix de long,
Mrstoegiallageged Le corps de logis oppofé avoit trenE 3
tc- --- Page 68 ---
NOUVEAUX
:694. te-fix pieds de long fur
VOYAGES AUXISLES
Jarge: il comprenoit une vingt-quatre fallede de & qu'ayant oublié de faire dans la
picds de longueur fur feize de vingt crerie un nombre fuffifant
fu- 16g4. les fenétres étoient du côté dc largeur; la
pour y donner du jour &c d'ouvertures de
une petitc chambre à côté qui fervoit cour, n'y voyoit gouteen plein midi, Tair, on
d'office, deux chambres de douze pieds n pouvoit demeurer à caufe de la &conn'y fuméc. delarge vûë fur far feize picds dc long, ayant y avoit fix chauderies à fucre
la mer: avec un efealier." Le haut técs, &cdes fourneaux
monne contenoit qu'un corridor avec deux fert placer deux autres. Les préparez cafcs ou pouren Pon
chambresquel'ony pouvoit partager chalesbagaces, c'eft-à-dire les
cune cn deux; le toit étoit en
aprésqu'elles ont
canncs,
& fans lambris. manfarde onfc fert pour cuire) palleaur le fucre, moulin,Scdont
Cebâtiment étoit joint à une cuiline côté du moulin proche la étoient à
de maçonneric par un magazin de dou- celle on'l'on prépare le riviere, avec
ze pieds de large fur vingt-quatre dc fave. on le fait cuire cn farine magnoc, 3 ou en &oit caflong, fur lacuifinea avoit la mêmel
feize pieds de largeur. longucur Les cafes de nos Negres étoient
Entre la cuifine & le bâtiment
une petite hauteur derriere la
fur
étoit au fond de la cour, ily avoit qui un Nous le canal du moulin paffoit au fucrerie; milicu,
paffage CC Pour aller à la fucreric. avions pour lors
Necorps de logis étoit tout de bois gres travaillans, huit ou trente-cing dix vieux ou
partagé en trois ou quatre parties, defti- infirmes, & environ
né adifferens ufages; il
cn fi mauvais état faute quinze de enfans tous
étoit joint à la de
nourriture,
Chapelle par un mur, au
vétemens &c de remedes,
étoit la Porte qui.donnoit milicuduquel entréedansla failoit pitié: D'ailleurs nôtre que maifon cela
cour. étoit endettée de de fept censmille
Tous Ces bâtimens étoient aufli-dé- livres de fucre, EH n'avoit plus aucun
labrez dedans.. par dehors, que mal meublez au crédit: tées CcS dettes avoient été contracdufond Sucrerie dernier La fucrerie étoit derriere ce ligicux par la mauvaife économie des Re- du Raifins mauS.jacorps de logis, dont clle étoit
qui avoient mal gouverné leurs vais
gues.
ille
Tous Ces bâtimens étoient aufli-dé- livres de fucre, EH n'avoit plus aucun
labrez dedans.. par dehors, que mal meublez au crédit: tées CcS dettes avoient été contracdufond Sucrerie dernier La fucrerie étoit derriere ce ligicux par la mauvaife économie des Re- du Raifins mauS.jacorps de logis, dont clle étoit
qui avoient mal gouverné leurs vais
gues. éloignée d'environ
affaires, par les
étatoie
petit ruiffeau qu'on vinge-cinqtoifes; un tes des Curez qui dépeniés prenoient exhorbitan- chez étoit le
che, couloit au milieu pillatfiruneplane de cet
Marchands tout ce qui leur
les & Jaco- biendes
Cette facrerie&clemoulin àcau cipace, qui lui les Payoient avec unbillet plaifoit, bins,
étoit joint, avoient
étoit en ce temps-là la defucre, gai
de long, far
nonantedeuxpieds rantedes Illesàp prendre monnoye coule tout de maçonnerie. eing-gestepietidelangn par les entreprifes ridicules furthabitation, de
C'étoit T'ouvrage le Pere Jean ques Syndics, &c fur toutp par les aumo- quelTemple avoit fait Fatere quand il étoit ncs que le P. Paul faifoir avec tant de
Syndic, dans lequel on pouvoit plûtôr profufion, queles Gouverneurs & PInadmirer fon zele que fon
& tendant furent obligez d'en
fa conduite, puilque ayant experience lc terrein P.Carbonniere quand il étoit écrire au
& la riviere à fà dilfpofition, il avoit General, afin qu'il ymitordre. Supérieur Cebon
choifi l'endroit le plusi innondé, lep
Religieux étant Superieur de
étroit &c le; plus difficile delhabitation, plus de aMfartiniquey s'étoit mis cn IaMiflion tête de
retirer du lbertinage plulicurs femmes
de --- Page 69 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694. de mauvaife: vie qu'onavoit envoyées de tudes qui accompagnent ceux qu'on 1694
France, en leur fourniflant de quoi vi- pourfuit pour
vre;
lepapetmentdetneargret. &poure ceteffet, il leurfailoit des ies dettes. billets de fucre à prendre fur l'habi- Tel étoit l'état de nos affaires à la
tation, fans fe mettre en peine fi on Martinique quand j'y arrivai. On en
en pouvoit fabriquer affez pour les ac- verra la difference quandj'enfuisparti
quitter 3 ni oir les Religieux trouve- en 170F. roienti fubfifter. Il connut à la fin quc Le R.P.Caumels Supérier Gencral
ces femmes l'avoient trompé, mais ces de nos Miflions &
billets étoient en
PréictApoltolique,
qui
très-grand nom- revint du Bourg de la Trinité un
bre, courroient chez les Marchands avant midi, il témoigna de la peu de
qui nous tourmentoient pour en étre nôtre arrivée, &c nous fit joyé
payez, & nousavoient décricz faute dc d'honnéteté. C'étoit un hommedemé- beaucoup
payement, dunemanicreterible, parce rite &c de naiflànce; fon pere étoit Caque tout le monde n'étoit pas obligé de pitoul de' Touloufe, allié à quantité de
içavoir de quelle maniere nous avions Maifons conliderables, &c entre-autres
contraété tant de dettes. Il faut encore à celle de M. le Commandeur de Guiajoûter que la plâpart de nos beftiaux taut.
it un hommedemé- beaucoup
payement, dunemanicreterible, parce rite &c de naiflànce; fon pere étoit Caque tout le monde n'étoit pas obligé de pitoul de' Touloufe, allié à quantité de
içavoir de quelle maniere nous avions Maifons conliderables, &c entre-autres
contraété tant de dettes. Il faut encore à celle de M. le Commandeur de Guiajoûter que la plâpart de nos beftiaux taut. Ilavoit été Prieur du couventde
étant morts fans qu'il fut poflible d'en Touloufe, quoiqu'il n'eût encore
acheter d'autres, parce qu'on vouloit trente cinq ans, après quoiil avoit que été
de l'argent comptant pour cette mar- nomméVicaire General & Préfet
chandite 2 &c nous n'en avions point. ftolique de nos Miflions 5 on l'avoit ApoCetteperte nous empéchoit de faire la flatté que cette dernierc
étoit
quantité de fucre quon auroir pû faire, peu differente de celle des qualité
fi nos affires avoient été en meilleur poltoliques, & il s'étoit VicairesA- fur
état. D'ailleurs ce n'étoit que du fucre cela que fa jurifdicton s'étendoit imaginé nonbrut, décrié pour fa mauvaife qualité, feulement fur les Religieux de fon Or-
& que la guerre avoit réduit à fi bas dre, mais encore fur les
les
prix, que le centr ne valoit que cinquan- Carmes & les
mais Jefuites, ils'étoit
te ou foixante fols, pendant que les vi- trouvé bien loin Capucins, de fon
Les
vres & les autres denrées de Franceé é- Supérieurs de ces
compte. toient à un prix exceffif. Lebarildefa- tiondes Carmes, Religicux, étoient munis il'exceprine coûtoit quinzec censlivres sdefucre; blables pouvoirs, & n'curent, de femle baril debaeuf falé autant; lebaril de le reconnoître. Cefutle; gardede chalard deux mille cinq cens livres; laba- grin qu'il cût en arrivant, premier mais ce ne
rique de vin trois mille livres & fou- tut pasle moindre,
vent davantage; tout le fucre qu'on ment de nos affaires puifqueledérange- temporelles, tant
pouvoit fabriquer cheznousalloit àpei- à la Martinique étoit accabléc de
ne à cent trente mille livres, fur quoi dettes, qu'à la
il falloit entretenir les
quivenoit
Folatone
Negres, lesbef- d'être pillée & defoléc les
tiaux, le moulin, &clesa autresdépenfes
Sainte Croix &à Tit Domingue, Anglois,
d'unehabitation cnourmirlexReligiaue ft en fourniffoicnt de bienplus confiqui y étoient, ce qui nedonnoit pasun derables. petit embarras a iceux qui étoicnt char- Après dineril me mena dans fa chamgez decefoin, fans compterlesinquie- bre 3 où après que je lui eus rendu
comptc --- Page 70 ---
NOUVEAUX
2094 compte de CC que j'avois fait àl VOYAGES laRo- le
AU UX ISLES
chelle pour nôtre
de Comte de l'honnétcté
fit un ample détail embarquement,sime del'état de nosMifnous renvoyer nos Matelots qu'ilavoiteue 1694
fions, & des chagrins que celalui don- une lettre fi obligeante.
- bre 3 où après que je lui eus rendu
comptc --- Page 70 ---
NOUVEAUX
2094 compte de CC que j'avois fait àl VOYAGES laRo- le
AU UX ISLES
chelle pour nôtre
de Comte de l'honnétcté
fit un ample détail embarquement,sime del'état de nosMifnous renvoyer nos Matelots qu'ilavoiteue 1694
fions, & des chagrins que celalui don- une lettre fi obligeante. Il me dit avec fort
noit, dont le plus grand étoit de n'a- civilement, nous lui cuflions qu'il ne croiroit pas que
voirpasun pût mettre Religieuxde àl la têtc des affaires. confiancequ'il lime fes gens, fi je ne Pardonné lui en donnois la faute de
ditquecequ'ont luiavoit écrit, &qu'il cn preuve fimes en venant diner chezlui, Nous une
avoitapprisdest j'étois
Religicux aveclefquels avionsp dificulté, parce quenousn'en
venu, l'avoit détérminé àlefer- tre pasdemandé la permiflion à nôvirdemoi, &cqu'illeferoit descen moSupérieur, il nous. répondit
Civilité
mcnt, fij'étois un peu; plus inftruitdes s'attendoit bien à cette réponfe, qu'il mais des habimanieres du
mais qu'en atten- qu'il y avoit pourvô 7 ayant
tans,
dant, il me EARAT une Paroiffe pendant la Meile un
envoyé
ne. me donneroit Pas beaucoup de fati- qui -unc lettre pour la demander, defesNegress & nous avec
guc, à condition que Pétudieroisavec prelentant en mémc-tems celle lui
foin, commentles habitans fe condui- écrivoit le Supérieur qui nous
foient dans le
ATeR
gouvernement de leurs uneliberté toute entiere là deffus: nous
habitations, de leurs Negres, deleurs acepeimesfonotic; nicre
M.dela.Chardonmanuficures, afin d'étre bien-tôt en
Capitaine de Milice du
étatde fairece qu'ilfouhaittoit demoi. avecdeuxout trois autres des quartier
Quclquerépugnince quej'cuffcpources &leurs femmes furent du diner, principaux
fortes d'emplois, qui entrainent avec ferviavec toute l'abondance & toute quifut la
eux] une grande Perte de tems, 9
politefe imaginable. me détourneroient de mes études, qui & Cc fut a cetteoccafion que
du motif principal qui m'avoit
noiflance avec M. de
jefiscon-. pellé aux Millions,, je fus obligé ap- de nous entrâmes chez lui laChardonnieres en nous en reJui Promettre ce qu'il voulut, &c je. tournant, & nous
puis dire lui avoir tenu parole trop enfemble fa
une amitié commencimesilier qui à
exa@tement. mort. duréjufqu'a
LeDimanchef feptiéme Févrierjedis M. de la Chardonniere étoit un
la Meffe à nôtre Chapelle domeitique, anciens le
habitans de Vlfe, fon nom des eft Famille
&je fis le Catéchitme à nos
Vaffor. Ilavoit deux freres
destef- feurs le
le PereS SupérieurGenerale quiéroit Negres 5 danslamémelile. L'ainé étoit cel établis Tafer. fent me témoigna qu'il étoit pre- Nnterernener-ucomtae dont M.le
& que ma maniered'enfeigoer content, lui
tation eft à côté de celle de Madame l'habi- la
foit. plai- Aarguiea'angenncs Il étoit
Jarcomprapnuentitele) Peredu Mai ne de Milice du Fort Saint Pierre.
érieurGenerale quiéroit Negres 5 danslamémelile. L'ainé étoit cel établis Tafer. fent me témoigna qu'il étoit pre- Nnterernener-ucomtae dont M.le
& que ma maniered'enfeigoer content, lui
tation eft à côté de celle de Madame l'habi- la
foit. plai- Aarguiea'angenncs Il étoit
Jarcomprapnuentitele) Peredu Mai ne de Milice du Fort Saint Pierre. Capitaià fal Paroifle du Marigot,
étoit venu fort jeune aux Iles, Il
lal Mefle &c précher, après ohilalladire laMele trouvé à la guerre contre les s'étoit
fit la Procellion ordinaire du Rofaire, on & aux entreprifes gue les Sauvages, aparcc que c'étoit le premier Dimanche voient faites
& François
du
furlesAnglois furles Er
mois qui cft deftiné a cette devo- pagnols : il avoit toujours fervi avec
tion. dittinction. Ilavoit époufé une veuve
Jc ne manguai pas de remercier M. lement, riche, 8cle bonheur Paccompagna telque peu d'annécs apresil ilfevit
cn --- Page 71 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
#504 en état de faire une fucrerie. Sa femme acher@edoaPiécieseadeeMaliac.M.n enfans 16ga,
en mourant le laiffa heritier &c fans en- fieur le Vaffor avoit eu pluficurs
fans. Monfieur) le Vaffor dela Chardon- de fon fccond mariage, &c entre autres
niere Capitaine du Marigot quiétoit fon une fille qui époufa en 1699. le Marcadet, étoit venu aux Iiles squelques an- quis de la Rofa, Vice-amiral des Galnées après fon ainé qui l'avoit d'abord lions d'Efpagne. J'en parlerai dans un
employé fur une de fes habitationsà cô- autre endroit. té de la nôtre, qu'il vendit enfuite au Pour Madame de la Chardonniere
feur Birot de la Pomeraye, Notaire &c c'étoit une femme d'un très-bon efprit. Arpenteur Royal. Illui ft époufer la Ellefe
de regularité & de poliveuve d'un nommé Jolly habitant du telle, REREL avec raifon; car fa conduite
quartier, appellé le fond du Charpen- étoitégalement Chrétienne & civitier,laquelle étant mortequelque temps le, fon unique
étoit de parler
ETRAC
après leur mariage, elle laifla fes biens beaucoup. Madame &une certaine
apartager par moitié entre fon mari & Madame *** étoir les feules dans
un fils qu'clle avoit eu de fon premier toute lIfle qui pouvoient parier avec
lit. Le fieur de la Chardonniere traita elle. Je me fouviens qu'étant allé un
avec ce fils, &c moyennant certaines jour chez clle avec le Pere Martelli,
conditions, il demeura maitre de l'ha- nous y, trouvâmes ces deux femmes;
bitation où il étoit encore. J'ai connu nous eûmes la patience de demeurer
le fieurJolly fon beaufils à la Guadelou- près d'une heure à les entendre parler
pe, où- il étoit établi au quartier de la toutes trois fans avoir jamais pû troupointe noire.
allé un
avec ce fils, &c moyennant certaines jour chez clle avec le Pere Martelli,
conditions, il demeura maitre de l'ha- nous y, trouvâmes ces deux femmes;
bitation où il étoit encore. J'ai connu nous eûmes la patience de demeurer
le fieurJolly fon beaufils à la Guadelou- près d'une heure à les entendre parler
pe, où- il étoit établi au quartier de la toutes trois fans avoir jamais pû troupointe noire. ver lc moment de dire une fcule
Monfieur
Chardonniere étoit role. fortis enfin avec Monfieur
Pac
de la
Je
brave,civil, bon Chrétien, bonamizil la Chardonniere pour allcr voir fa fuétoit riche & fe faifoit honneur de fon crerie, & quelqué temps aprés le Pere
bien, fes enfans très-bien élevés, & fa Martelli ayant pris congé nous monmaifonunedes: mieux reglées sdel Piflc. Il tâmes à cheval, & nous nous retiràavoit montré beaucoup de courage &c mes: mais comme ce Pere aimoit à
de prudence dans une infinité d'entre- parler à peu près autant qu'une fempriles furlesennemise souil s'étoit trouvé. me, il ne pût digerer le chngrin qu'il
ileft mort Lieutenant Colonel du Re- avoit eu de garder le filencc pendant
giment del Milicedela Cabefterre. une filongue converfation. Ils'en plaiMonfieur le Vaffor fe voyant riche 2 gnit dans quelques endroits, & ajouveuf, &c Capitaine dul Fort S. Pierre, fit tant quelque chofe de fon invention à
un voyagea Paris, où il
une des la verité qu'il pouvoit rapporter, il
filles duficurle Quoy, DARAETAT affitraque ces trois Dames Pour confertel de Ville, & emmenaen mémetemps verla paix & l'union qui étoient enune des fceurs de fafemme pour la ma- treelles,8cnep pass'interrompre, avoient
rier avec fon frere la Chardonnicre. fait apporter une bougie, &y avoient
Madame le Vaffor étoit belle étant jeu- fichedesépingles: à des diftances égales,
nc, l'âge l'avoit fait groffir extraordi- &cquequand la flâme étoitarrivéc àune
nirement, & la leéture de quelquesli- épingle, celle qui tenoit le bureau le
vres lui avoit tellement gâté T'efprit, cédoit a une autre, & ainfi de fuite jufqu'ondifoit qu'elle étoit unc copie affez qu'à la fin de la bougie i mais que
Tom. I. F
com- --- Page 72 ---
NOUVEAUX VOYAGES
1604. comme ilr Ines'étoitpoint trouvé d'épinAUX ISLES
gles pour lui, il avoit été obligé de particuliers deslIfles: det
taire fa vifite fans parler. Cette fable des. Chriftophle étant fur) fortequelTile le
d'é- 1694
courut toute Pllle, ce qui irrita étran- treattaquée réuni
par les Anglois quia point
gement ces trois Dames.
. F
com- --- Page 72 ---
NOUVEAUX VOYAGES
1604. comme ilr Ines'étoitpoint trouvé d'épinAUX ISLES
gles pour lui, il avoit été obligé de particuliers deslIfles: det
taire fa vifite fans parler. Cette fable des. Chriftophle étant fur) fortequelTile le
d'é- 1694
courut toute Pllle, ce qui irrita étran- treattaquée réuni
par les Anglois quia point
gement ces trois Dames. toutes leurs forces
avoient
MellicursleVafford &cla Chardonniere cette floriffante Colonic, pour & ruiner détruire
avoient encoreunineneappelle
fuite toutes les autres;
enle Vaffor de la Touche qui étoit François venu ClodorcGouvemnear dela Monfieur de
Famille aux Iiles après fes deux ainez. Son in- crut qu'il n'y avoit perfonne Martinique, dans
de.vien- clination lc portant plàtôt à chercher Gouvernement
d'être fon
de les occafions de fe fignaler àl la
téteduf fecours
capable
à la
Tottguerre,
R
fa qu'à devenir un bon habitant
ficur de la
envoyoit, que le
che. fes
il fut
commc cent
Touche. % lui donna donc
fans freres,
un temps confiderable
cinquante braves de fon Iile qui ne
fonger à fc faire un établiffement. contribuerenty pas peu
Il fit pluficurs voyages en courfe où il Pon remportai fur lesAnglois. suxavantages que
s'acquit de la réputation, 8c fe trouva a Ifetrouvai la prife
toutes les expeditions qu'on fit contre leméme Monfieur de d'Antigues à fous
les Caraibes lorfqu'on fc vit
de Saint Euftache &c Clodore, de Coroffol celles
les maffacres frequens qu'ils obligé faloient par Curacao, &àd cellede' Tabac. ou
des habitans, contre la foi de plufieurs Ilfut envoyéparl le ficure de Baas Goulesdétruire accords qu'on avoit faits avec cux, de verneur general des Inles, pour voir de
entierement ou deleschaffer de qu'elle maniere on pourroit
dclIlle. Saintefoy, dans la terre s'emparer ferme de
fait S'étant à la fin établi & marié il fut TAmerique,
également riche &
Capitaine des Milices de fon quar- importante, LT
fi bien de
tier.
plufieurs Ilfut envoyéparl le ficure de Baas Goulesdétruire accords qu'on avoit faits avec cux, de verneur general des Inles, pour voir de
entierement ou deleschaffer de qu'elle maniere on pourroit
dclIlle. Saintefoy, dans la terre s'emparer ferme de
fait S'étant à la fin établi & marié il fut TAmerique,
également riche &
Capitaine des Milices de fon quar- importante, LT
fi bien de
tier. Cefirtrer-peud detemps
cette dangercufe s'acquitta
cut
commifion,
été élevéà cette Charge, aprèsqu'il neuf conquefte étoiti infaillible, felon que cette
cens habitans de la
que
fures qu'il avoit
fi des les meMartinique ne
prifes,
raifons de
Dowantsaccodrumerans gouvernement confequence qui ne font point de ces
nouveaudela Compagnie de
Memoires n'avoient oblige nos
rent les armes, &c alloient faire
raux def fedefifter
Genever toute
Le
ACLIE
rdeetiechtreprtic
lIle, file fieur
Comte de Blenac auffi
n'eût ramafféen diligence delaTouche environ cin- neur general des Illes, lui donna Gouvers deux
tête quante habitans braves & fideles, à la de cens PHle hommes dc pour tenter la
delquels il attaqua ces revoltés
la
il y conquéte fit fà
avec tant
fut,
Tinité,
de bravoure & de
defcente avec fuccès, pouffa
les ayant défaits & mis en prudence fuite, les Elpagnols, & s'empara des vivement
TE les força de rentrer dans leur devoir lesplus avantageux pourfe rendre poftes
&c d'obéir; & diflipa ainfi cet
tôt maitre de la fortereffes mais bienauroit infailliblement entraîné orage la qui eu le genoiil fracaffé d'un ayant de
dela Colonie, &cla ruine de la peite moufquet, fes gens perdirent coup
gnie. Cette action de valeur qui Compa- mar- &ciarenbirqueent. courage,
quoit en même temps fa fidelité
Le fieur de la Touche
cnfon Prince, & fa fagefc, lui Pour core beaucoup de gloire s'acquit en
l'eftime dcs Gouverneurs
acquit lorfque les
169 3. generaux & Martinique, Anglois Il ht des attaquerent la
merveilles à la
téte --- Page 73 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694- téte des Milices qu'il commandoit. LongptéEcuyer, eftAyde Garde-côte 1694
Quoiqu'il fut agé de foixante de dix la du L'ainée Croific. de fes deux filles, Marie le
ans, il vouloit courir au fecours
ValbraÉpoufERebene Giraud, Ecuyer,
Guadeloupe les Anglois en quandellefar 1703. &c il attaquée fallut que Ti Sieurdu Poyet, Chevalier deS.Louis,
Gouverneur general &l'Intendant em- & Capitaine ed'une Compagniedétachee
ployaffent toute leur autorité pour le dela Etlat Marine. feconde, Marie Rofe, a époufé. HbNETEETe Mellieurs de Chavagnac qu'en Louis de Carquerei, Ecuyer, Sicur de
& 1706. d'lberville lorque allerent prendre les Ifles Valmeniere, Chevalier de S. Louis,
de Nieurs& de S. Chriftophle. Ilavoit Lieutenant de Roi, Commandant au
dans ces deux expeditions deux enfans Fort J'auraloccafion Royal delaMartinique, de
ces deux
&ctrente-deux neveux.
Rofe, a époufé. HbNETEETe Mellieurs de Chavagnac qu'en Louis de Carquerei, Ecuyer, Sicur de
& 1706. d'lberville lorque allerent prendre les Ifles Valmeniere, Chevalier de S. Louis,
de Nieurs& de S. Chriftophle. Ilavoit Lieutenant de Roi, Commandant au
dans ces deux expeditions deux enfans Fort J'auraloccafion Royal delaMartinique, de
ces deux
&ctrente-deux neveux. parlerde
Le Roi pour recompenfer fes longs Nstenhmsumocsjnty desenfans
fervices & fon inviolable fidelité lc Cequejepuisdireap prefent c'eft
n'ont
nomma Colonel d'un des quatre Re- dui fieurdela" Touche,
qu'ils leur
gimens de Milice qu'on fit à la Mar- fe dégeneré font trouvez des vertusde dans toutes les pere. ocen
IE
Sa2ascoxNmaom tinique 1705. &c Capitaine general cafions où ilyalloit du fervice du Roi,
1706. Il lui donna des Lettres de No- &dela confervation des Colonies, &ou &c ils
bleffe au mois de Decembredela méme ily avoit de la gloire à acquerir, Etles filles
annéc, qui furent enregiftrées au Par- s'yfont imitent totijours leur diftinguez. mcre l'on peut
lement le 25: Janvier fuivant, & condeprès comme un modele que excellent
firmées par d'autres Lettres du Oétobre Roi à regarder de toutes les vertus convenables à fon
prefent regnant, le quinze
fexe. 1716. Ila eu plufieurs enfans de fon ma- Puifque ejefuis furle chapitre de cette
riage avec Maric Magdelaine Dorange, famille, il faut achever d'écrire CC que
fille de ce brave Dorange dont la mé- j'enfçai. Meldamesle Vaffor &la Chardonniere
moire fera toûjours très-précieufe tuéen aux avoient une feeur & deux freres. Cette
habitans les deslIiles, Hollandois quifut attaquoient 1674. le faeurvintà la Martinique en 1698. c'éFortRoyal. lorfque
toit une petite boiteufe fort fpirituelle
L'aimnéCharles Lambert le Vafforde qu'unlong féjourdansles Couvents n'ala Touche, Ecuyer, Lieutenant
voit pà engager à prendre le voile,
ral Garde-côte du Croific, & TTESTE clle ne laifloit pas d'être devote, en atnant Colonel du Regiment de Milice tendant A Pégard quelque des deux occafion freres, de le mariage. fieur le
de fon pere. Vaffor Quoy lainévint aux Ifles un après
Lefecond, Charles-Frangoisle" été la paix de Rifvick. Ilavoit
del
Aprèsavoir
2ECAE
Gardedei Beauregard,Beuyer, la Mirine,8 Lieutenant d'u- Major dans leRegiment d'Alface, mais
ne Compagnie du même Corps,il s'eft ilavoitoublié le mot de Garçon pendant
crablialsMartinique ohileft Capitaine le voyage, & avoit paru Onconnoifloit comme Major
de Cavaleric. Alexandtele Vaffor de reforméde aifément qu'il ceRégiment. étoit frere des femmes
Letroifiéme,
F2
dont --- Page 74 ---
NOUVEAUX VOYAGES
F094. domjaipankéci-derant, caril ne
AUX ISLES
loit point, &c quelque nombreufe dépar- fieurs Jaham, Leconte &
fut une affembléc il tenoit le bureau que nes; tous trois étoient Desfontai- 1694s
fans que perfonne cût la peine d'ou- à-dire, nezdanslepais.
iment. étoit frere des femmes
Letroifiéme,
F2
dont --- Page 74 ---
NOUVEAUX VOYAGES
F094. domjaipankéci-derant, caril ne
AUX ISLES
loit point, &c quelque nombreufe dépar- fieurs Jaham, Leconte &
fut une affembléc il tenoit le bureau que nes; tous trois étoient Desfontai- 1694s
fans que perfonne cût la peine d'ou- à-dire, nezdanslepais. creoles, c'eftvrirlabouche, Quelques mois après fon te étoitLieutenant de Milicedu LefieurLecon- FortS. arrivée, on lui fit épouferla veuve d'un Pierre, les deux autres étoient
Capitaine d'unquartier, appellé le Car- nant & Enfeigne de la
Lieutebet, il eut en méme temps la
Monfieurla Chardonniere. Compagnic de
gnic du deffunt, parce qu'on Compa- fut bien Lel
nôtre
aife
rieur
Miadijaccompagmi
de mettre dans nos Milices un Offi- &cI general chez Metlieurs de Supe- Jorna
cier.commelui. Laquant, & chez Madame &c
Lc fieur lc Quoi fon cadet vint
moifelle deLacallefifille. MadeIlles en 1703. c'étoit un homme fort aux fieur Le Jeudi j'allai rendre vifite à Mondes pofé, bureaux qui avoit paffé toute fa vie dans qui dela Chardomniere, &
& dans le commerce. Jay
m'étoient venus voir, & auxautres au retour
appris qu'il avoit été fait Licutenant du j'entrai chez le fieur Gabriel Raffin
Juge Royal dans un
nouveau nôtrevoifin, il étoit Nantois,
gu' on a établi au bourg SeFi la Trinité, lier de fon métier, mais il TonneAu refteje fuis obligé de dire ici
té depuis longtempss l'avoit quitles familles nombreufcs de
que marchand au Fort S. écaprésavoir été
Valfforfont
Melficurs le achepté
Pierre, il avoit
compolés de très-honnétes
Phabitation où il demeuroit,
L'ainéétoit étoit attaché aux Jefiites,
appelle le Pain de fucre à caufc Le Pain
ami
Fuis
intime de
rocher
de
TnSEe
fion; & le plus jeune étoit le nôtreMif- étant regardé d'un
eft joint, qui Sucre
pere &lc
MpaenesCirecimee
paindef (berequidonne le reprefente nom à un
Lc Lundi 8. Fevrierle Pere Martelli quartier-là, Le fieur Raffin tout ce
revint de fa Paroiffe de la Trinité
une cacoyere, & travailloit cultivoit
le Supericur general lui avoit que une. Sucrerie, il entretenoit à aufli établir
elle eft éloignée de deux lictes donnce, du fond Pain nombre de chevres ou cabrittes fur un le
S-Jacques. fon
Iparoiffoit fort content de & de fucre, qui étoient
l'ane pofte à T'exeeption de deux chofes; fans qui auroient multiplié trer-bonness à merveilles
que la maifon Curiale étoit
des les Negres Marons qui tendoient
éloignée de l'Eglife, & l'autre que E attrapes pour les dérober.
es donnce, du fond Pain nombre de chevres ou cabrittes fur un le
S-Jacques. fon
Iparoiffoit fort content de & de fucre, qui étoient
l'ane pofte à T'exeeption de deux chofes; fans qui auroient multiplié trer-bonness à merveilles
que la maifon Curiale étoit
des les Negres Marons qui tendoient
éloignée de l'Eglife, & l'autre que E attrapes pour les dérober. Soldatsquel Pon avoitlogerdepulie quel- quife Onsppeik-MwronslaN
Cegu'se
que temps fur la pointe où fà mailon
fauvent dela maifon Negresfugiifs de leur
étoith baticyétoient
dans tre, ou pour ne pas
Maifà cuilinc, fous continuellement
éviter lc
travailler, ou pour Rp Marons,
font fouren: attendant pretexte de fe fervir de qu'ils ont châtiment faite, ils de quelque faute
autre pour leur ulage; qu'ils cela en leur cuffentun facili- dimaiedanslabes, leretientpourPore dans
toitlemoyen
autres lieux
lesfalaifes ou
trouvoient fousl d'emporter leur main. tout ce qu'ils fortent quel lai peu nuit freguentez, dont ils ne
connoitrequil avoit raifon Lafuiteafait dei fe
manioc, des patates, pouraller arracher du
dredecevollinage
plain- voler quand ils peuvent ouautrestruits, des beftiaux &c &c
des volailles. rendre vilite le
Ceux
Saphadesrms
même jour avec Mcf- tentà leurs qui les prennent & les remetmaities, ou dans lcs prifons,
ou --- Page 75 ---
FRANCOISES DE
164. ou entrel les mains desOflficiersdes
LAMERIQUE
tiers ont cinq cens livres de fucredere- quar- dans choux les palmiftes. Ils péchent à la main 45 tlgc,
compenfe. Quando Honler@urprenddanxis
rivieres, ils prennent de
bois, ou cn volant, on
lézards, des crabes & des
gros
s'ils ne veulent pas fe rendre, peuttirerdefis, fi onles la tant qu'ils veulent. Et dans tourlourons les Iilesde
prend après les avoir bleflés
Grenade & de la
ce ne foit pas
pourvi
manquent pas Guadeloupe, ils ne
me
mortellement, onala Rag appeiled des decertsinsanimanke qu'on
recompenfe. Si on les tué on en eft
Tatous &
en
quitte faifant fa déclaration à l'Of- pliquerai toutes ces choles desAgoutils. danslaf fuite. J'exCier du quartier, ou au Greffe de la Je ne trouvai plus le Pere Martelli à
ment. Juriftiction, & en l'affirmant Par fer- monretour,il fur l'avis étoit retournéà àf Paroife
Il eft de
malade au qu'il avoit cu qu'il y avoit un
ces Negres Marons qui de- la
eul de fac Robert
de
meurent bois les années enticres dans les Trinité de quatre lietics. éloigné ce
&c dans les
temps-là le Curé de la
Car en
milieu de TIle, montagnes qui font au gédufoinduc cul defaci Trinitéétoit charpratiques du pour peu qu'ils foient lacF
Robert, du cul de
damment de pais ils trouvent abon- qu'à François, lap
des &des autres quartiers juf
manquent quoi dans vivre, parce qu'ilsne cettel Paroiffe pointe Salines, de maniere que
& de choux pas
les bois d'ignames
avoit plus dequinzelieies
caraibes fauvages ni de Paroiffes.
, montagnes qui font au gédufoinduc cul defaci Trinitéétoit charpratiques du pour peu qu'ils foient lacF
Robert, du cul de
damment de pais ils trouvent abon- qu'à François, lap
des &des autres quartiers juf
manquent quoi dans vivre, parce qu'ilsne cettel Paroiffe pointe Salines, de maniere que
& de choux pas
les bois d'ignames
avoit plus dequinzelieies
caraibes fauvages ni de Paroiffes. d'étendué, onlad depuisp partagécent trois
SAR
au
H A P
AA 3 a & EO3N
I T R E
V I. L'Auteur ? envoyé defervir la Paroife du Macouba. quartier, des bétes ronges, d des
Defcription du
% E.Samedi
chigues. rieur 13 Fevrier, leSupe- il
Paroifle general du me donna la loit François, &
RSR
Macouba.,
LTCe
SA cft à quatre liciics à qui coûituméa aul baragouin canuleumyetondens acdu fond S. Jacques. On l'oueft gres. ordinairedes Ncna un Negre pour me fervir me don- Je partis
Robert Popo, dc
appellé Jep pallài à lag immédiatement grande. après dîner. ans, avec un cheval age nommé quinze à fcize Pere Imbert à la porte Ance, de je trouvai le
parce qu'il venoit d'un Ifle qui Corobol, portece J'allai lefaluer & lui demander fon fon Eglife. nom, guieithabitée par les Hollandois. tié; ilm'embratfa, me combla amiLcs Geographes lappellent Curacao. tez, Tejetta fur fon Negre ce deciviliOnmer pourveurs aufli d'un pain & d'une arrivé quand nous étions
qui étoit
bouteilie de vin. Le
bligea de m'aller
pallezs il m'ofe remettant à Ial Superieur gencral il vouloit me retenir raraschirchetlut, où
fçavoir faire pour Providence, mon
&à & mon que je Pouvois aller dire juiqu'aulendemsin la
nourriture juiqu'à ce que entretien le
ma Paroille qui m'étoit deflinée.
'un pain & d'une arrivé quand nous étions
qui étoit
bouteilie de vin. Le
bligea de m'aller
pallezs il m'ofe remettant à Ial Superieur gencral il vouloit me retenir raraschirchetlut, où
fçavoir faire pour Providence, mon
&à & mon que je Pouvois aller dire juiqu'aulendemsin la
nourriture juiqu'à ce que entretien le
ma Paroille qui m'étoit deflinée. Mefle à la
particulier y cût pourvà. Supericur vinmes bons: amis
Nous deLeNegre qu'on m'avoit donné étoit l'avons toljours descemementees été
Ala nous
creolle,
montai à cheval pour depuis. continuer finj je
Mmtiuenihematios yage. mon voF 3
Après --- Page 76 ---
46 NOUVEAUX
K:
VOYAGES AUX
j'entrai ApresqueYeuspaffe dans la Savanne la du riviere fieur Capot, lar mer, il
ISLES
tois; je visen paffant fà Sucrerie. Cour- Je ce qu'il y Tareiehckrdelamsion avoit quelques
par- 1694.
trouvai enfuite la Savanne du Monficur heaitlesonictne moisquecette
Pocquet. Ces deux habitations font dans Breton qui la deffervoit SceetoitlePere avecla fienne.
unplarpais &cuni, élevé de trois à
dans Une la Negrelfe d'une Sucrerie qui eft
tretoilesaudeffus delamer.
Savanne où
&
près de deux lieies d'étendue ELRaet bytere font bâtis, vint "'Eglile à lc' Prefmer jufques au pied des montagnes, depuis où la dit de faire fonner la cloche moi 2 &c me
ilfetermine avec une
prefque in- peller lei maitre d'Ecole, qui Pour
fenlible. Lhabitation RETTRE ficur
ques momens après.
vint aetc
a fix à fept cens pas de largeur; Courtois cellede dePEglifeecdu Prelbytere, Ilapports &c fe les clefs
Monficurl Pocquer en: a
avec foit à m'aller chercher des difpotrois fucreries.
douzecens,
mon fouper quand le
ceufs
Le pays
la
Paroiffe arriva.
Marguillier
SE
commence la depuis Paroiffe riviere de la Capot, où &c il étoit venu Ilavoir pour s'informer entendu fonner,
jufqu'à la
rivierequi Baffepointe qu'il y: avoit de
Il de ce
de MEREEN de la Paroifle du fepare celle deshonnéterea, nouveau. me fit bien
Buauté deffervie par lesJefuites, & fans Précheur scontre- per & coucher chez Scmepriad lui, & devenir fouE dit le beaup pays, le meilleur, &1 le mon logement julqu'à ce dyprendre euft
Eafi- plus FRSK de toute lIfle. Les
accommodé le Pretbytere. qu'on
pointe, tions font prefque
habita- Ce prélude
des: autres Par des touteifeparécsicrunes rivicres
J'acceptai le parti derecéption avec mefit plaifir.
ravines profondes petites
ou des fur mon cheval
Jemontai
les chemins qui rendent al lavérité defcendimes &clui TEAPL fien, &cnous
bornes fort commodes diftciles, mais qui font des mer. J'avotic Pour que cette gagner lebord de la
des retranchemens. bien pour faciles lest terres,8c peur, &je
defcente me fit
dans un temps de
à garder toit un chemin croiàmon étroit, chevalauffi. taillé
C'éJes ennemis auroient guerre pour fait empécher cher deplus de
dans un rodans un
de fe rendre deleente haut, oul'on quarante-cing toifes de
des
maitres
qui font des mer. J'avotic Pour que cette gagner lebord de la
des retranchemens. bien pour faciles lest terres,8c peur, &je
defcente me fit
dans un temps de
à garder toit un chemin croiàmon étroit, chevalauffi. taillé
C'éJes ennemis auroient guerre pour fait empécher cher deplus de
dans un rodans un
de fe rendre deleente haut, oul'on quarante-cing toifes de
des
maitres autres & de les piller.
le fois fi lc cheval Rkormenet étoit venu lecoumil- à
J'arrivai à la Baffepointe une heure tre. mais Jc voulois mettre pied à s'abatavant le coucher du foleil; je demandai
lel Marguillier m'en
terre,
à voir le Pere Charles Breton
m'affurant que les chevaux empécha, en
étoit Curé; mais ne l'ayant
en étoient faits à ces fortes de du pays
je
pas
&
E
chezlui,
quejen'y aurois pas paflé defcentes,
re mes complimens, rhrearegnrdelan & de'lui dire
quatre fois, que je n'y penferois trois ou
jétois deftiné pour fervir la Paroiffe 0ds Il y avoit au bord" de la plus. la
Macoubas j'y arrivaienfin.
maifon du maitre d'Ecole, celle mer
de PEglife une petite
Jevisauprès Chirurgien 1 & quelques
d'un où
de feize pieds en quatré maifondeplanches avec un
lcs habitans du quartier magazins
appenti à côté,
d'une petit leurs fucres 8c autres renfermoient
tre petite maifon accompagné couverte
au- attendant que les barques marchandifes les
en
un four, Je conjeéturai que depailleavee Pune étoit chercher. Nousentramnes vinfent
Le la maifon du Curé & l'autre fa cuiline. ge ouverture que deux falaifes dansunelar- efcarmaitre d'Ecole logeoit au bord de fent pées &c coupécs prefqu'à plomb laic
cnire clles, c'ett dans cette efpaCC --- Page 77 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE:
ce que coule la riviere du Macouba. un des plusaifez de Marie Galante, ily 1694
1694. On trouve fous CCS falaifes de grandes faifoit la fonétion de Majors maiscette
Rivicre voutes comme des arcades naturelles pauvrelle ayant été faccagéc deuxfois
duMa- avec des trous ronds dans leurs cin- par les Hollandois, & enfin prile en
conba. tres qui percent fort avant, qui paroif 1692. par les Anglois qui eurent la
fent comme des tuyaux de cheminécs. cruauté de pendre à la porte de I'EJe n'ai jamais pû découvrir comment glife vingt-trois habitans qui s'étoient
ces trous fc font faits 5 car il n'y a venus rendre, ou qui étoient prifonniers
pas d'apparence que ce foient des raci- de guerrc, le fieur Dauville fcroit enfin
nes d'arbres quil lesayentfaits, vaqu'ils tombé entre leurs mains, & auroit eu
font dans un rocher viffur lequel il y ler même fort, fiMonfieurde Codrington
a plus de vingt-cinq toifes de terre 3 General des IlesAngloifes fous le vent,
ou de pierre de hauteur.
'y a venus rendre, ou qui étoient prifonniers
pas d'apparence que ce foient des raci- de guerrc, le fieur Dauville fcroit enfin
nes d'arbres quil lesayentfaits, vaqu'ils tombé entre leurs mains, & auroit eu
font dans un rocher viffur lequel il y ler même fort, fiMonfieurde Codrington
a plus de vingt-cinq toifes de terre 3 General des IlesAngloifes fous le vent,
ou de pierre de hauteur. La rivieredu ne fut arrivé, &n'eut ôté le commanMacouba a environ quarante pieds de dement à un certain brutal qui com-
&c ordinairement deux pieds mandoit les Anglois Ce General
large d'cau. 3 Le chemin de l'autre côté de connoiffoit le mérité de M. Auger
la riviere me
bien plus aife & étoit Gouverneur de T'Iile, &c qui
#
plus beau, bien parut le morne foit auffi miroic lc courage & la prudence qu'il
haut, mais il eft Beue plus long, aufli avoit fait paroitre en fe défendant avec
a t-il été pratiqué dans la pente du une poignéc de gens contre des troupes
morne. Nousarrivâmes à la maifon du aufli nombreufes que les fiennes, lui
Marguillier. Il s'appelloit Monfieur envoyauntrompetier pourluidire, qu'il
Dauville. II étoit deNormandic,
avoit acquis affez de gloire dans la videvant Premicr Capitaine de Milice SE goureule défenfe qu'ilavoit faite,
Marie Galante, honnefte homme, fort ne falloit pas poulfer les chofes à
SES
civil, fgachanrpariaitement bienvivre, qu'il étoit tems de fe rendre, &
chez Monfieur de
lui montrer l'eftime
E.lHE
auffi Pavoit-il Confeillerd'Exat, appris
dontil ECE fon mérite, il le laiffoit qu'il maître des
Champigny, avoit étéMaitre d'Hôtel. CeSeigneur conditions du Traité. Monfieur Aul'avoit mis auprès du Marquis deThe- ger qui n'avoir plus avec lui qu'envimericourt fon beaufils loriqu'il vint ron foixante ou foixante & dix homaux Ifles pour partager le Marquifat mes, & qui commençoit à manquer le
da la Guadeloupe avecMonfieur Houel de vivres & de munitions, 3 accepta
fon oncle. Monficur de" Themericourt parti. Il vint trouver le General Coayant été pourvû du Gouvernement de drington, qui, aprèsl'avoirfort louéde
Marie Galante, le fieur Dauville Ty fabravoure, le fittranfporter à la Marfuivit, &s'y établit, il époufa enfuite tinique avec les gens armez qui étoient
une femme de chambre de fon ancien- venusaveclui. LeGeneral. Anglois ferenc maitreffe Madame de Champigny, HiniAntiguchepnisnvostr ruinéun petit
mais cette femme ne s'accommodant Fort qui étoit auprès du Bourg donton
pas à l'air du pais, &c ne fympatifant avoit bruflé les maifons quand les Anpastrop avec Phumeur de ion mary, glois avoient fait leur delcente. revint en France au bout de quelques Cefut aini le fieur Dauvillev vint
années, s'établit à Honfleur d'our elle à la Martinique la fuite de fon Gouétoit.
éun petit
mais cette femme ne s'accommodant Fort qui étoit auprès du Bourg donton
pas à l'air du pais, &c ne fympatifant avoit bruflé les maifons quand les Anpastrop avec Phumeur de ion mary, glois avoient fait leur delcente. revint en France au bout de quelques Cefut aini le fieur Dauvillev vint
années, s'établit à Honfleur d'our elle à la Martinique la fuite de fon Gouétoit. Le ficur Dauville étoit devenu. verneur; ilavoit fauvé quelquesNegres & --- Page 78 ---
44 NOUVEAUX
T'y4. & cachéq
VOYAGES AUX ISLES
Martinique; redongudewoniah celalui donna moyen d'a- y a mis ce qu'on veut cacher, on le
cheter la moitié de Thabitation, où il remplit de terre que l'on foule bien ; 1pe
étoitàt moitiéprofit &moitién
ony jette de l'eau, on moiille
M.I Roy, perc de celui avec perre avec
ou les cannes que l'on a aufli le
venu dc France. quij'étois ECume après les avoir remis le plus adroite- levées,
Quand les habitans craignent d'étre ment l'on peut en leur
on
pillez par les ennemis, voici de
porte Rm de-lilaterreg place,
maniere ils
quelle on arrofe la terre des quieftreftée, environs & les &c
ver. ceieteguireehnut herbes qui ont été foulées, afin de les
Si ce font des chofes qui
faire reverdir. Quantaux' toiles, danfifter àl Thumidité, comme peuvent de lavaifel- re- telles, étoffes de foye, papiers,
le, des ferremens,
tres chofes qui crignent
&aufine, des barils de desullancilesdecui- viande
on
Thumidité,
Cem- d'eau-de-vie. On faitt , de vin, ce Erarareerand font de groffcs callebafics
Pom ce
habitant monsles de la mer de huit à dix unefolleau pieds
bord que l'on coupe à la quatriéme d'arbres ou cin- EAR
eachent deur, afin que les foldats fondans deprofon- quiéme partie de leur
on gure. leursef- leurs épécs, ne puifient atteindre avec Couvre cette ouverture avec longucur, une autre
Jdarjufqu'a lesoms
fentir quelque hder plus dur calebafle, tes
&cces deux picces font
dela que le fable ordinaire. Après
enlemble avec une ficelle de mahot joinguerre, mis dans la fofle cc qu'on veut qu'on a ou de pite, à pres comme ledeffous
&c qu'on l'a remplic du méme cacher, d'un encenfoir PP joint à fon
jette dans la mer ce quilya de fable, on ces deux morceaux de calebaffe ainfi deffus; afarle'terrein. afin qu'il ne paroife point d'élevation furplus juftez, mot aufi-bien s'appellent un coyembouc : ce
pour le rendre On yjette auffi del'eau desSauvages. que l'invention, a vient
iur toutes chofes plus de lerme, & on a foin rempli de ce qu'on Cuandlecoyembouc y veut
eft
trois arbres des s'aligner à deuxou ferre le couvercle avec la mettre, on
ques groffes roches, environs, afin 2 de ou à quel- l'attache entre les branches corde, des chatai- & on
enfutite plus aifément ce qu'on retrouver a
gniers ou des arbres à grandes feuilles, 9
en s'alignant aux mêmes marques.
lerme, & on a foin rempli de ce qu'on Cuandlecoyembouc y veut
eft
trois arbres des s'aligner à deuxou ferre le couvercle avec la mettre, on
ques groffes roches, environs, afin 2 de ou à quel- l'attache entre les branches corde, des chatai- & on
enfutite plus aifément ce qu'on retrouver a
gniers ou des arbres à grandes feuilles, 9
en s'alignant aux mêmes marques. caché, liannes. qui ordinairement font environnez de
fets Quatid au on ne peut tranfporter fes efOn fait pafler pardefis le
bord de lamer, on faitdest trous coyembouc quelques liannes dont on
en terre dans un terrein
trefle un les bouts
des cannes; fi c'eft dans fecs ou dans le cache EGu bien, qu'il pardeffus, eft
cequi de
il faut lever adroitement uneSavanne, la
T'apperçeroir, & lesfeuilles impoffible quile couterre, comme on la levequand premiere ond cou- vrent deffus empéchent la pluye de tomber
toiles pe du gazon, après quoi on met des té. C'eft & dycaufer ainfi la moindre humidiAer, fur autour du lieu où l'on veut creu- leurs meilleurs que les habitans fauvent
J'on tire lelquelles on pofe la terre que cher fon butin cffets, mais il faut cale
dutrouquel cl'on fait, afin
foi-méme, , &c fans téne fe répande point fur les herbes quel- moins; du moins fans témoins
des environs : on doit faire le trou le ennemis Parce que s'ils vicanent à être pris, Negres, les
plus étroit que l'on
par fon en- donner la ne manquent jamais' de leur
tréc, Scl'élargir par le EO aprésqu'on couvrirle butin gefne de pour les obliger à déleur maitre; ou bien
il --- Page 79 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 3094. il arrive quelquefois que pendant que le confeffionnal étoit dans l'autre. A- 16y4. lcs maîtres font à febattre, les efclaves prés que j'eus adoré le faint Sacrenient
volent ce quinété caché; deforte qu'on & confideré l'Eglife, je fus au Preibyne peuttrop prendredeprécutiona cet tere ou les habitans ne manquerent
m'a éloigné de me venir faluer à mefure qu'ils
T
égard... de
Cette digreflion
voient, & de m'offrir leurs maifons
Nous mon fujet arrivâmes que je donc reprends. àl la maifon de avec tout ce dont j'avois befoin, mc
M. Dauville: il avoit pris une feconde priant d'en ufer avec toute forte de liRnmedgungeigemanayd furunfaux berté. avisqu'il avoit cu de la mort de la pre- Je puis affurer, &je fuis obligé de
miere. Jefuspartatemencbien reçu de rendre cette juftice aux habitans dela
toute cette famille; on fe micauffi-tôt Paroiffe de Macouba, que je n'ay
& un lit
me mais vû de
à
apréparerle foupcr,
pour
gens plus difpofez Valte
repoler.
Rnmedgungeigemanayd furunfaux berté. avisqu'il avoit cu de la mort de la pre- Je puis affurer, &je fuis obligé de
miere. Jefuspartatemencbien reçu de rendre cette juftice aux habitans dela
toute cette famille; on fe micauffi-tôt Paroiffe de Macouba, que je n'ay
& un lit
me mais vû de
à
apréparerle foupcr,
pour
gens plus difpofez Valte
repoler. Nous foupâmes parfaitement du bien à un Curé, niqui le fiffent de
bien, &caprésquelquess momens decon- meilleuregrace. M.Adrien-Michel 1Caverfation je me couchai. pitaine du quartier fut un des premiers
Le. Dimanche quatorziéme M. Dau- à venir me rendre vifite & ât m'offrir fa
ville envoya des Negres dès le point du maifon, &tout ce quidépendoit delui,
jour pour avertir les habistansqu'ilétoit &cquoiquedans lafuitemon devoirm'ait
arrivé un nouveau Curé, & d'autres quelquefoise obligé del le faire fouvenirdu
E:life pour nétoyer le Prelbytere & lacuifine. ticn, cela n'a jamais empéché qu'il ne
Baledu Paroif Apres que j'cus dit mon Breviaire, je maitetétres-idione, &cqu'en touMacon- montai à cheval pour me rendre à T'E- tes les occafions il ne m'ait donné des
ba. glife accompagné de M. Dauville. Jc preuvesd'une fincere amitié. Ildità M. la trouvai bien propre, elle venoit d'é- Dauville qu'il n'étoit pasjufte qu'il fut
tre achevée. Le Cheur ou plutôt le chargé du foin de TEglilc & du Curé,
Sanétuaire étoit demaçonnericavees une qu'illui laiffoit TEglile, mais quepour
corniche de pierre de taille, avoit leCuré ilvouloit s'cn charger; qu'auffià côté une porte pour entrer di la Sa- bien fa maifon étoit petite pour fa
crifliequiétoitp projettée, &c deux fené- famille &c pour moi, te que julqu'a ce
tres. Ce Sanétuaire: avoit vingt pieds de qu'oneût accommodéla: mienne,ilefpeprofondeur fur vingt-quatre de large, roit quejenelogerois; point chezd'autres
qui étoit la largeur de tout le refte de que chezlui. Comme tout] le mondeme
FEglife, dont la longueur étoit encore demandoit) la méme chofe avecinftance,
de foixante pieds, avcc deux Chapelles je crus devoir préférer le Capitaine, &c
de feize pieds en quarré qui faifoient la j'acceptai fon offre pour quelques jours,
croifée; lc tout de bois avec des ba- pendant que je ferois accommoder ma
luftres tout autour qui fervoient de fe- maifon. nétres. Cettel Eglife étoitdédiceaSain- On me dit que mon voilin le Pere le
te Anne, dont le tableau étoit fur le Breton s'étoit accommodé de plufieurs
grand Autel: la Chapelle à maindroite meubles du Prelbytere, que je devois
étoit dédiée au Rofaire, & celle de la lui demander: &c on m'aflura que fi je
gauche à Saint.Antoinede Padoué. Cel- voulois demeurer dans la Paroiffe, on
le-ci fervoit de Sacriftie en attendant me feroit augmenter & accommoder
que callegtonaroitgrojetée futfaite; ma maifon comme jele jugerois à proTom.
el: la Chapelle à maindroite meubles du Prelbytere, que je devois
étoit dédiée au Rofaire, & celle de la lui demander: &c on m'aflura que fi je
gauche à Saint.Antoinede Padoué. Cel- voulois demeurer dans la Paroiffe, on
le-ci fervoit de Sacriftie en attendant me feroit augmenter & accommoder
que callegtonaroitgrojetée futfaite; ma maifon comme jele jugerois à proTom. I. G
pos. --- Page 80 ---
so
NOUVEAUX VOYAGES
1fp4. pos. Jer remerciai mes nouveaux) Paroif
AUX ISLES
fiens de leurs offres, les priant
Jer remarquai que cedifcours
de s'en fouvenir après Piques, pourtant Aroutiemonde
fitplaifr 1694
que j'avois befoin de ce tems-la, jugeant afin laquelle laj
je fis un neenalandeftoapre Baptême. Je trouvai à
qu'ils me connuffent 8c qu'ils viflent fi qui porte me firent de l'Eglife de tous mes Paroiffiens
Eortmntan! me faire. offres &c des promeffes grandsremercimense des
Le Sacriftain vint nous avertir
faites. Ils m'affurerent que jeleur avois
étoit tems de commencer le Service. qu'il roient pon@uellement ce quils obferveJ'allai à l'Eglife avec tous ceux qui é. tain d'eux; les qu'ils donneroient quejedefirois àmon Sacri(. benite toient à mon Pretbytere. Jefis l'Eaunoms de leurs enfans & de leurs
fit &c la donnai au peupie. On me Negres, & qu'ils me les
excufe de ce que perionne n'avoit rois, pour les & inftruire, quand envoyeroient je l'ordonnepréparé de painpourbenir,
qu'à l'égard des
ils
iie croyoit pas avoir de grande parcequ'on Mefle Pendrneniarimoturay Pour malades, ne me pas
cejour-là, tée
Jedis la Mellequi fut chan- incommoder. Par le Sacriflain qui fafoit aufi Laplôpart meconduifirentaul
l'office de Chantre, & par tous les au- tere, où pendant quej je prenois Prelbytres habitans, étant aflifté à l'Autel de colat que M. Dauville avoit eu ducho- foin de
deux enfans bien inftruits, revétus de faireappréter. foutanes rouges, avec des furplis fort convenir de T'aggrandiffement MMneaailieggesd de mon ade
propres. Apresl'Evangile jemontaien Prelbytere, din,
dema cuifine 8cder
Chaire, &je préchai fur ces paroles de des debois que l'on fermeroit avecdesp monjarFEvangile dujour, quiétoit le Dimanlezard. CesMeflieurs paliffache de'la Sexagéfime. Semen efo verbum rent de tout, & réfolurent que convin- l'on fc
Dei. Je priai à la fin du Sermon tous ferviroit des materiaux de l'anciennel
les habitans qui avoient des enfans à glifequi étoit encore fir pied, pour E- les
infruire pour la premiere
augmentations que l'on
ou des Negres adultes qui Communion, ne fuflent que pour les planches, les propoloit, effentes, les &
point baptilez, de m'en donner une autrest boisi neceffaires, &c
&
lifteafin ceflaire queje pulfe prendre let tems ne- nourriture quefte cheztousl des ouvriers, lepayement on feroit une
pouriesi inftruire,
leshabitans.
encore fir pied, pour E- les
infruire pour la premiere
augmentations que l'on
ou des Negres adultes qui Communion, ne fuflent que pour les planches, les propoloit, effentes, les &
point baptilez, de m'en donner une autrest boisi neceffaires, &c
&
lifteafin ceflaire queje pulfe prendre let tems ne- nourriture quefte cheztousl des ouvriers, lepayement on feroit une
pouriesi inftruire,
leshabitans. à recevoir ce Sacrement dansles &elesdifpofer deuxie- Reurdennerresemplty bois &
promit M.Michel
maines dePiques. Jel les priai encore'de
quarante écus; ceux quelques
me faire avertir dès qu'ils auroient des préfents ccotiferentauf-réce qui fort étoient
maladcs, fanss'embarraffer qu'ilfutjour reufement. fiens
Mais comme tous les Paroif- tgeneounuit, beau ou mauvais tems, lesaffun'y étoient pas, on réfolut de
rant quejeferoist toijours prétal leurren- affembler réme. le premier Dimanche de Ca- les
dre fervice dès
feroisappellés
aller Nous montâmes enfuite à cheval
j'aurois foin de 1E avertir quand les aHE pour diner chez M. faires m'obligeroient de m'ablenter de pria M.Dauville, M.S Sigoloni Michel, fon
la
Et
Paroiffe, & que le Sacriftain feroit tenir lcigne, &cdeuxout Utroisautresdevenirr mc
rois, toûjours afin informé de l'endroit où je fc- me fit compagnie. monteri furlef Il prit mon cheval &c
cher. quon pûr m'cnvoyer cher- paffages difficiles des fien quie étoit faitaux
nc couruffe aucun. rifque. ravines, afinqueje
La --- Page 81 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
SI
1Gj4. La defcentedu Macouba m'avoit fait la Paroife en étoit contente, & la ré- 16p4
le jour précédent 5 mais j'étois folution qu'on avoit prifc d'aggrandir & de
EU montéfurun cheval qui étoit ac- mon Pretbytere & mon jardin,
coûtumé à ces montées & ces defcen- me donner toute la fatisfaction poffible
tes, & qui s'en tiroit comme s'il eût pour m'obliger à refter dans lc quarétédans un plarpays. Après que nous tier; 5 quelqu'un dc la compagnic 1Ceàmes paffe T'habitation de M. Dauvil- marqua que ces louanges ne plaifoient
le, nous trouvâmes une riviere ou ra- pas au P: Brcton, & me le fit remar-
&c dif- quer, mais je fis femblant de ne m'en
vine une foisplus profonde plus LecheLe dinerfutalfezlong
ficile que celle du Macouba. la falaife & Ect très-propre. appercevoir. qu'on cut deffermin taillé en zigzag dans d'un côtéun vi on
des Après cartes & on me prefdans lerocher, prélentoir
fa de apporta m'en défendis comme
mur à plomb, & de l'autre unprécipijoter; je
CC épouventable. Cc chemin n'avoit d'un exercice qui ne convenoit pas à
à huit pieds de large & en mon caraétcre; mon hôte crût que je
beaucoup que fept d'endroits il n'en avoit que manquois d'argent, & en mit une poicinq.
des Après cartes & on me prefdans lerocher, prélentoir
fa de apporta m'en défendis comme
mur à plomb, & de l'autre unprécipijoter; je
CC épouventable. Cc chemin n'avoit d'un exercice qui ne convenoit pas à
à huit pieds de large & en mon caraétcre; mon hôte crût que je
beaucoup que fept d'endroits il n'en avoit que manquois d'argent, & en mit une poicinq. Sij'avois été fur moncheval, il gnéc devant moi; jel le priai de lc ren'y a point de doute que j'aurois eu prendre, en l'aflurant que je nefgavois
grand peur, & que j'aurois mis pied a aucun jeu 5 on ne me prella damontois étoit
mais M: Michel me
li qu'il
terre; mais accoûtumé, celui que je defcendoit y
vantage, alloit joiier à moitié profit pour moi 5
tcllement
qu'il
difficulté
ces mornes & les grimpoit comme un &c que fi je faifois
d'acceptér
lievre. Outre cette ravine, nous en le profit que la fortune lui envoyeroit,
trouvâmes encore deux autres avant il me mettroit ap aratociemploycuiten
d'arriver à T'habitation de M. Michel, meubles pour le Prefbyteré 3 jy conquoiquelles fuflent très-profondes; el- fentis, &jel leregardai jouier. aller jemele- dire
les ne me paroifloient rien en compa- vai quelque tems après pour
raifon de celle que nous venions de mon Breviare. Le P.I Breton mc fuivits
paffer. nous caufimes un peu enfemble. C'éNous arrivâmes à la Maifon de M. toit un homme de quarante-huit à cinMichel, fon époufe que fa groffeffe quante ans. Ilétoit du Bourg SaintAn- bon
avoit empêchée de venir à la Meffe, diol près de Viviers fur le Rhône;
nousreçût très-civilement. Le couvert Prédicateur ;
paroiffoit extrêmeétoit
on fervit
ment fimple, qui n'avoit aucun aud'm
nous mis fûmes 3 arrivez. prefqu'auli-tôt Nous n'avions trc défaut qu'une paffion extrême pour
pas que encore achevé la foupe,
Ne- les chevaux, dont il changeoit autant
gre vint avertir quc le P. deat pa- de fois qu'il en trouvoit Poccafion; du
roiffoit dans la favanne. On apporta refte fort exemplaire &c fort attaché à
un couvert
lui; il arriva un mo- fes devoirs. Lacompagnicnous le
hôte joignit les
ment après. PTEE fus le recevoir, l'em- après avoir quitté jeu, mon
braffer, & lui témoigner le plaiir
avoit tous retenu à fouper; il n'y eut
j'avois d'être fon voifin: il m. : TANE que le Marguillier voulût abfolu-
&c
àtablc. NosMeffieurs ment fe retirer chez
Mademoifelle amitiez fe mit de lui dire de
Michel
que j'avois des denc manquerent pas
quelie
remarqua
maniere j'avois précno, combien coute mangeailens aux jamb:s, parce que jy
G2
por-
tous retenu à fouper; il n'y eut
j'avois d'être fon voifin: il m. : TANE que le Marguillier voulût abfolu-
&c
àtablc. NosMeffieurs ment fe retirer chez
Mademoifelle amitiez fe mit de lui dire de
Michel
que j'avois des denc manquerent pas
quelie
remarqua
maniere j'avois précno, combien coute mangeailens aux jamb:s, parce que jy
G2
por- --- Page 82 ---
52 NOUVEAUX VOYAGES AUX
1694. portois fouvent la main, elle en devina Le
ISLES
auffi-tôt la caufe, &c mc dit que j'avois
fouper fut comme le diner, trèspris des bétes rouges en me promenant abondant, vi: ces trés propre & très-bien fer- roy4
dans les fàvannes devetullageondafond les Meflieurs fe remirent au
def faintJacques. Jeluiavotiaiq quejem'é- jel regardai quelque tems, jeus
tois promené dans ces licux, & qu'ef- retirai. puisjeme
feétivement j'avois fenti depuis cetems- dé Jc trouvai qu'on m'avoit
là des demangeaifons, fi furicules, queje falle un où lit fort propre, au deffus accommo- de la
m'étois écorchétoutes les jambes aforce
nous avions mangé. Un
de me grarer. Elle commanda aufi-tôt apporta un chaudron plein de Negre &c
à unedefs@namtendulera
34 herbes qu'on avoit fait l'eau
bourgeonsdevignes
chercherdes me lava les pieds & les jambes bolillir, &
un arbre qui vient edemonbuinfeet fort grand, dont trouva remplies d'écorchures & dc' qu'il bé. parlerai une autre fois) de cucillir E de tes rouges; &c comme on l'avoit averti
teuilles d'orangers &c des herbes odori- dc prendre garde fi je n'avois point
férantes, & de les faire bouillir
chiques, ily regarda, &
me laver les jambes
pour j'en étois
trouvaque
cher. avant de me cou- La Chique déja pourvi les dequelquesruner
Ces
lent
Elpagnols appel- Cbigue;
petits animaux qu'ona appelle bédr un très-petic animal ceque
Ecs
fc trouvent ordinairement noir, EL dans commencemens que l'on cef. dans TFet favannes qui font un peu fe- trouve dans tous les lieux où il y. a des
ches. Afin qu'on
ce
cendres, ou qui font
Bdtes que favanne 5 je dirai igache que c'eft infeête paffe aifément mal-propres. au
Cet
rouges,ce prairie font la méme que favanne &c bas, & fe
travers des
lemal quec'ef, vient del'Efpagnol. chofe. Le mot ongles des pieds, loge ordinairement dans les fous les
su'elle: une prairie. Les bétes Savana, quif fignifie dans les endroits de la peau jointures font ou
cawfat, erlere- munément de la groffeur rougesfont de la com- peu élevez. La douleur qu'il qui fait un en
mede d'une épingle > toutes
pointe &c
perçant la peau, ouplurôt
n'oy peut dire toutes de rouges on eft comme une médiocre Tépiderme, de
apporte. qu'clles font paflées au feu, travers puilque des dès puce.
fignifie dans les endroits de la peau jointures font ou
cawfat, erlere- munément de la groffeur rougesfont de la com- peu élevez. La douleur qu'il qui fait un en
mede d'une épingle > toutes
pointe &c
perçant la peau, ouplurôt
n'oy peut dire toutes de rouges on eft comme une médiocre Tépiderme, de
apporte. qu'clles font paflées au feu, travers puilque des dès puce. Après qu'il s'eft loge, piqueure il
& qu'elles fe font attachées à la bas, doucement il
la chair autour de lui, ronge oir
elles y caufent une demangeaifon
n'excite qu'une petite
ventable. Les
femblable a un
Lf
demangeulon,
maux font chevaux &les autres ani- il
leger chatolillement 3
qui à la piture en ont quel- enfin groffit peu à peu, s'étend 8c devient
quefois le mufeau & la téte tout cou- il comme un gros pois. En cetétat
verts &c tout rouges, & fe frottent con- fait des ceufs qui s'éclofent, & font
tre les pierres & contreles arbres, com- autant de petits Chiques fe nichent
mes'ils vouloient fc déchirer. Mais ces autour de leur mere, nourriffent
petits infeêtes ne font pas feuls, ily en comme elle, & s'augmentent de telle
a d'une autre elpecc, qui ne font
maniere, fi on n'a pas foin de les
en moindre quantité & qui font
qu'elles pourriflent toute la chair tirer, aux
dangereux : on les appclle des
environs, &
y caufent des ulceres malins,
ques. E
quelquelois la cangrene. Mais
Nous foupâmes après nous être
on les fent entrer, ouqu'on s'en quand
menez & avoir caufé affez long-tems. pro- çoit dans la fuite, ilr n'eft rien de TE fi
cileque d'y apporter le remede, ou
ERE --- Page 83 ---
FRANCOISES DE
-1694. foi-méme ou le fecours d'un autre. LAMERIQUE
La noirceur E la Chique la fait aifé- Le lendemain le P. Breton s'en rcment remarquer entre la chair & la tourna chez lui de grand matin, avec 1694. pcau; ainfi on prend une
promeffe de revenir le foir. couteau bien
&c épingleou un va encore les
On me latout doucement pointu, on déchauffe levaffe, Ce jambes avant que je me
fait aux environs du trou out trois qu'on continuadefaire deux
qu'ellea en entrant, on tire de cet- les jours foir & matin, pour, guérir
tefaçonla & peau tout au tour de la Chi- enmes petites ulceres que je m'étois faits
quand eilc paroit à découvert
gratanr. 8tu toute enticre; on la tire dehors. On Après que j'eus dit mon Breviaire &
remplit le trou avec du fuif ou de CC voir pris Ndachcentir,jall avec
tire des orcilles, ou bien encore, enfuite fon habitation & fa fucrerie, M.Michel &c
8'e beaucoup mieux avec de la cendre
les charpentiers lui
de tabac. Mais
roient du bois
qui prépaquand on néglige les vouloit
pour une maifon
laifle Chiques, ou que les tirant mal on en rein faire bitir.
On Après que j'eus dit mon Breviaire &
remplit le trou avec du fuif ou de CC voir pris Ndachcentir,jall avec
tire des orcilles, ou bien encore, enfuite fon habitation & fa fucrerie, M.Michel &c
8'e beaucoup mieux avec de la cendre
les charpentiers lui
de tabac. Mais
roient du bois
qui prépaquand on néglige les vouloit
pour une maifon
laifle Chiques, ou que les tirant mal on en rein faire bitir. Nous vimes un quil terfe unepartie entre cuir & chair, on
que je lui confeillai de mettre
met au hazard d'avoir des
jardin, je lui promis de le
en
& de refter
ulceres, meje fis
tracer, comdes Chirurgiens. long-tems entre les mains Nous quelguesjoursaprès. trouvâmes à là maifon
Quand on regarde une
ques-uns de fes voifins
queluner microfcope, lec dos paroit Chique rond avec nus pour me voir; il les qui retint étoientve- à
du poil brun, la tache noire qui la avec fait aprés quoi nous montâmcs à cheval diner,
remarquer eft fà têtc, elle à pluficurs pour en aller voir d'autres, entre lefpetits Pieds fous le ventre, & du
quelsil s'en trouva un, nommé la
ou fes ceufs font attachez poil fiere, qui étoit de Linas
Boif
cc qu'ils éclofent, ils
jufgu'à C'étoitun très-bon
près de Paris. me autant de petites tachcs paroiffent com- le &
habitant, dans très-habircs. toutes noi- dc chofes; ties-intelligent mais toutes une infinité
Hifrire On m'affura qu'un Pere
litez étoient
ces bonnes quaAun retournant en France Capucins'en forte paflion accompagnccs le
d'une fi
Capu- cin. cet animal. Il en avoit voulutyf faire voir rare de le trouver pour de vin, gu'il étoit
cheville du pied,
un auprès de la aflocié avec fon beaufrere fens raflis; il étoit
pendant le
quis'augmenta fibien zol, ils avoient un affez nommé Lopucin le voulut voyage, oter, quand le Ca- de
ils
bon nombre
n'étoit
re fc trouva gu'il faifoient Negres, du cultivoient du Cacao,
fi malin plustems; il avoit fait un ulcere
Roucou & élevoient des
que la cangrene s'y, mit, & beftiaux, s & des volailics. Ce Lozol
qu'on fut obligé de couperlaj jambe du de étoitdela Vicomté de Turenne, Scicur
Capucin Belle pour lauver le refle du
foin long de fon métier, & dans un becuriofité affurément & bienré- corps. un Peu Charpentiers &
compenfée. fut venu engagéaux Hles,il quoigu'il
Le Negre de M. Michel me delivra çoit déja à avoir du bien; de commen- maniere
detoutes les Chiques que
& de
quand je fuis il étoit
mes bétes
j'avois,
SCdER cent millef Parti
riche de
vert les jambes rouges qui m'avoient cou- refte, & un vrai francs, bon hommeau
noux, & me procura julque ET dellus les
privilege Pour original, qui avoit un
mir;
plaifir de EC çoife, Scuntalent chropelinguePnast
"pabermenbmbatinut
riretoutl lei monde.
iques que
& de
quand je fuis il étoit
mes bétes
j'avois,
SCdER cent millef Parti
riche de
vert les jambes rouges qui m'avoient cou- refte, & un vrai francs, bon hommeau
noux, & me procura julque ET dellus les
privilege Pour original, qui avoit un
mir;
plaifir de EC çoife, Scuntalent chropelinguePnast
"pabermenbmbatinut
riretoutl lei monde. particulier; pour faire
G 3
Nous --- Page 84 ---
NOUVEAUX
1694. Nous trouvâmes le Pere Breton VOYAGES AUX ISLES
logisquand nousyretoumimes, ilétoit au fepare du Précheur. la Paroiffe du Macouba, de celle 1694
senuarecunMarchande du FortS.PierCette
eft
re nommé
Chapelle de la
foupâmes. Ricord; avec lequel nous on dépendance l'a fait bâtir fpirituelle des Jeluites,
Lc Pere Breton nous vouloit
de deux habitations pour la commodité
le lendemain chez lui, mais mener côté-la, qui
qui font de ce
Jui reprefenta
mon hôte Ourfault &1 appartiennent aux fieurs
d'unjourde quej j'avois encore befoin Curédul Marchand. Le Pere Jefuite
bes égratignécs, repos & guerir mesjam- deux ou Précheur, trois fois y l'annéc. vient dircla Meffe
nous
irions lel Mercredi Sine promit que
une partie de
Je paffai
lui, &c que nousy pallrlajournée avec commoder le l'après-diner & à à faircacchaffe que feroient porterions les deux toute la jardin; pendant terrein, je tracer le
qu'on avoit envoyez dans lc bois;il Negres cet ouvrage, on Teire me chercher m'occupois à
confentit avec peine. Nousallames y confefferun Negre
pour
la Meffe à une petite
dire la grande riviere, deMonfieur qui
Roy, ii
dc l'autre côté de la grande Chapelle riviere qui eft mordu d'un ferpent. Monfieur venoit d'être
qui eut
Michel
C H A
anisnyemergi
P I T R E V I I. L'Auteur va confufer 1112 Negre mordi
par tin ferpent. UL où faut quc j'avoie queil'état celfe à
fit je trouvai ce Negre me dedant boire, affurant qu'il fentoit en
S compaffion, il avoit été
un fcu qui le
avec
mordu trois
envic
devoroit une
fus del la chevilledu doigts au def- les fymptômes prodigicule ordinaires de dormir. Ce font
long de fept pieds, pied, & gros parun à ferpent arréte le mouvement & la du venin qui
comme la jambe d'un homme pcu près du fang, &c caufeainfi cc froid circulation
l'avoit tué, & on me le fit voir. 5 On on dinaire dans les partics éloignées extraor- du
elperoit que le ferpent étant mort, lc coeur, & en même temps cet
vénin agiroit avec moins de force fur les fement invo'ontaire, pendant affoupif que tous
celuiqui avoit été mordu. J'en deman- cfprits retirez au dedans
dai la raifon qu'on ne me pôt dire. chaleur un mouvement violent, caufe y excitene de la
J'appris feulement qu'ils prétendoient
interieure & exccflive qui l'oavoir une longue
bligeoit dc demanderfi fouvent à
me difoient, fondée perencedeccquils fur la fympatic, Jc voulus voir fa jambe que boire
je ne fçai s'ils connoident cette vertu.
deman- cfprits retirez au dedans
dai la raifon qu'on ne me pôt dire. chaleur un mouvement violent, caufe y excitene de la
J'appris feulement qu'ils prétendoient
interieure & exccflive qui l'oavoir une longue
bligeoit dc demanderfi fouvent à
me difoient, fondée perencedeccquils fur la fympatic, Jc voulus voir fa jambe que boire
je ne fçai s'ils connoident cette vertu. liée tres-fortementa au deflous, je trouvai
Ce pauvre garçon étoit couché furune fusdug genoiil avec unel lianne ou &caudefplanche au milicu de facale entre deux d'ozier qui court commela efpece
feux, couvert de quelques blanchets, gc; la jambe & le pied étoient vigne-Vier- hore'efl-a-dire, degros draps de laine, oùr riblement enflez, &c le genoiil
duf l'on fucre paffe le fyrop dont on veut faire lesligatures, felai, & l'étoit un peusje le malgré conblanc. Avec tout ce feu & ces vrai
j'en fus fort content; il eft
couvertures, il difoit qu'il mourroit de
que pour l'empécher de dormir,
froid, &c cependant il demandoit fans jelui" fins tenois une main que je remuois
ccile; il étoit age de dix-neufà
ving --- Page 85 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
SS
1694. ving ans, &c affez fage. Son pere &c lui prefentoit un bleffé, c'étoit d'exa- 1694. fa mere, & fes autres parens qui entre- miner fil iles deux crocsdu ferpent étoient niere le
rent dans la cafe après que j'eus fini ma entrezdans! la chair, ous'il n'y en avoit forzens
foncion, témoignoient bien du regret. qu'un. Carcomme ilme le fitvoir dans mard,
Jefis: appeller le Negre quil'avoit pen- la gueule de celui qui avoit mordu le
fé, & jelui demandai en particulier fon Negre 9 lcs ferpens n'ont que deux
fentiment fur cette morfure: il me dit dents venimeules qu'on appelle crocs
qu'ilyavoird du danger, &c qu'on nej pou- àcaufe deleur figure courbe: ces crocs
voit rien décider qu'après vingt-quatre font dixà douze fois plus longs que les
heures, quand on leveroit le fecond autres dents. Ils font couchez lc long
apparcil; que cependant il en efperoit de leur palais. J'en fis arracher un, &
bicn parce la ventoufe qu'il avoit remarquai qu'il étoit creux depuis
appliquée ar la morfure, avoit attiré E naiffance jufqu'aux deux tiers de fa
quantitédevenin. longueur, où il y. avoit un petit trou;
Je lui demandai dc quelle maniere il ccs dents fon mobiles, & font accomtraitoit ces fortes de playes, & de pagnécs à l'endroit ou elles font attaquels remedes il fe fervoit, il s'excufa chées aux gencives, d'une petitepellide medire le nom de toutes les herbes cule en maniere de veffie remplie de
qui entroient dans la compofition de venin.
de fa
quantitédevenin. longueur, où il y. avoit un petit trou;
Je lui demandai dc quelle maniere il ccs dents fon mobiles, & font accomtraitoit ces fortes de playes, & de pagnécs à l'endroit ou elles font attaquels remedes il fe fervoit, il s'excufa chées aux gencives, d'une petitepellide medire le nom de toutes les herbes cule en maniere de veffie remplie de
qui entroient dans la compofition de venin. Quandleferpent veut mordre, il
fon remede, parce que ce fecret lui penche un peul la tête, & mord de côté;
faifant gagner fa vie, il ne vouloit pas de maniere que le mouvement violent
le rendre public. Il me promit dc me qu'il fait en mordant comprime les
traiter avec tout le foin poffible fije veffies, &c fait couler le venin par la
venois à étre mordu, je le remerciai concavité des dents, & le répand dans
de fes offres, fouhaitant trés-fort de la playe qu'elles ont faitc le petit
n'enavoirjamais befoin. trou qui eft à l'extrémité PaE la conilme
cavité, enforte
le danger d'une
Com- Alggaidutrsuement, fe ditque fc morfure de
que eft
ou moins
ment on désqu'on eft mordu, ilfaut lier ou
ferpent plus
dans
traitte faire lier fortement le membre mordu grand felon que la dent cft entrée
lcs per- fept ou huit doigtsau deffus de la mor- la chair, & qu'elle y a demeuré. fomnes mor- fure, & que quand il fe rencontre quel- Ileft naturel deretireravec précipitaduès ques jointures, il faut encore lier au tion le bras ou la jambe où l'on fe
da fer- deffus, &c marcher au plàtôt
fe fent mordu, &il cit ordinaire d'attipeut. rendre à la maifon fans s'arréter ROE fans rer à foi le ferpent, parce que fes dents
boire, à moins qu'on ne veuille boire courbes, & la pofture oû il s'eft mis
de fa
urine qui dans cettc OC- pour mordre; ne fe dégagent pas facalion Teatun un puillant contrepoifon. Il cilement des chairs où clles font eneft vrai, me dit-il, que quand on eft trécs, & il arrive quelquefois qu'on
mordu à une jambe on a bien de la arrache lès dents
l'extréme vioà
dans un lence
fait en retirant. t
peine marcher, elle
parce & que femble être
qu'on les trous des deux crocs font
moment s'engourdit
Quand
devenué de plomb; mais pour lors il affez prèsl'un de l'autre, & dans un
faut tirerdes forccs def faraifon, Scrap- endroit où une ventoufe les peut couDeguel- peiler tout fon courage. Pour luila vrirtous denx,omn'ensppliqueqruncs
iema- premicre chofe qu'il taifoit quand on quand cela ne ic trouve pas, on en
ap- --- Page 86 ---
NOUVEAUX VOYAGES
16y4. applique deux; mais avant de les
dent AUX ISLES
pliquer, on a foin de faire des Kardfc
du ferpent n'ait pas percé quelCations fur les morfures. Après que la que artere, quelque tendon, ou veine 1694.
ila vrirtous denx,omn'ensppliqueqruncs
iema- premicre chofe qu'il taifoit quand on quand cela ne ic trouve pas, on en
ap- --- Page 86 ---
NOUVEAUX VOYAGES
16y4. applique deux; mais avant de les
dent AUX ISLES
pliquer, on a foin de faire des Kardfc
du ferpent n'ait pas percé quelCations fur les morfures. Après que la que artere, quelque tendon, ou veine 1694. ventoufe a fait fon effet on preffe forte- confiderables car en ces Cas les remement, & on comprime avec les deux desfontinutiles, &cen douzeou quinze
mains les environs de la partie blefféc heurcs on paye le tribut à la nature. pour expulfer le venin avec le
Il lly a une autre maniere de traiter
arrive fouvent que l'on réitere deux fing. ou lermacianodeferpentse qui eft plus cXtrois fois l'application des ventoules, peditive; & que j'approuverois fort fi
felon que cclui qui traitte voit la for- le danger étoit moins grand
ceux
tie du venin abondante ou médiocre. qui sexpolent à guerir le Mere Elle
On a foin fur toute chofe de faire confilteà fefaire fuccer la partic bleffée
prendre au blelé un verre de bonne jufqu'à nin ce la qu'on dent en ait tiré tout le vecau-de-vie de vin ou de cannes, dans troduit. que
du ferpent y auroit inlequel on a diffous une once de The- Ceux
riaque dant ou d'Orvietan: on broye cepen- de
qui ont allez de courage, ou
dans un mortier une gouffe
cure charité pour s'expofer à faire cette
une Poignée de lianne brulante, d'ail, du dc fe gargarifent bien la bouche avec
pourpier &
fauvage, de la mal-nomméc, la l'eau-de-vies & après avoir fcarifié
deux ou trois autres fortes d'herbes placc, ils la fuccent de toute leur
ou racines dont on ne voulut
force, ils rejettent de temps en
dire lc nom 5 on_y mefle de ET me ce qu'ils ont dans la bouche, & temps fe la
dre de téte de ferpent avec un Pou- Dorocat,Aegugaricnr à chaque fois,
d'eau-de vie, &c on fait boire CC toe obfervant deux de preffer fortement avec les
au bleffé après P'operation des ventoumains ics environs de la
fes; on met le marc en forme de
bleflée. On a và de très-bons effets partie de
plafime fur la bleffure, & on a foinde cata- cette cure, mais elle eft
tenir le malade le plus chaudement
à reufe pour celui qui la fait; très-dange- Car s'il
l'on peut, &c fans lui permettre de dor- que la moindre écorchûre dans la boumir, au moins pendant
che, ou qu'il avale tant foit peu de ce
heures, fans lui donner autre vingt-quatre chofe à qu'il retire, il peut s'attendre à mouboire qu'une ptifanne compofée du fuc la rir cn peur de momens, fans que toute
de ces mêmes herbes, avec de l'eau, du medecine le puide fauver. jus de citron; &c un tiers d'eau de Apragucjenscontaié ce pauvre Nevic. gre blellé, je dis à l'econome de T'haOn leve le premier appareil au bout bitation demain de m'envoyer avertir le lende douze heures, on y mct un fecond roit le matin de l'état où fe trouvecataplafime l'on leve femblable au premier que fifter iclon malade, le befoin afin que je puffe l'ac
douze heures apres, &c
qu'il en auroit.
de Apragucjenscontaié ce pauvre Nevic. gre blellé, je dis à l'econome de T'haOn leve le premier appareil au bout bitation demain de m'envoyer avertir le lende douze heures, on y mct un fecond roit le matin de l'état où fe trouvecataplafime l'on leve femblable au premier que fifter iclon malade, le befoin afin que je puffe l'ac
douze heures apres, &c
qu'il en auroit. lors on juge de la guérifon ou de pour la Nous revinmes à là maifon, on me
mort du bleffé par la diminution
lava Ics jambes avant de me coucher. augmentation de l'enflure, &c par ou la fans Jc trouvai mes égratigneures guerics 8c
quantité du venin que le cataplafime à avoient demangeailon. Les Negres
attiré- En trois ou quatre jours au
été a la chafe dans le bois,
aux
R
on elt hors d'afture, fuappofé plus la
attrapes, avoient apporté
que ou quinze perdrix &c autant de quatorze ramiers,
avec --- Page 87 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
IC4 avec quatre douzaines de grives. Nous maifons occupées par quelques Mar- 1624
mangeâmes le foir quclques uns de ces chands, des ouvricrs & des cabarets. gibiers, & le refte tout prét à mettre La maifon du Curé étoir
mais
à la brochc avec quelques autres pro- commode, & aflez
petite, il avoitun
vifions, fut porté le lendemain chez jardin bien entretenu, propre, & une
le Perc Breton qui nous devoit donner fermée du côté du
favanne l'entreà diner. tien de fon cheval, Bourg car dans pour les Iilcs
Le Mercredi 17.le Pere Bretons'en les chevaux paiffent toute l'année. alla chez lui de grand matin pour mct- Les provilions mon hôte
tre ordre à fon diner. J'allai avec tou- envoyées au P. que avec avoit fes
te nôtre compagnic dire la Melfe à Paroiflienslui Breton, CC que
mon Eglife. Monficur Roi mon com- le moyen de nous fournirent, traiter très-bien, luidonnerent on
pagnon de voyage, & le fieur Sigaloni luiavoit prété du
de la
s'y étant rencontré nous les menâmes & des domeftiques, linge, dc forte vaifelle, rien
avec L'Econome nous. ne manqua aux quatorze ou que quinze
dela grande riviere m'a- perfonnes fc
voit écrit le matin que le Negre mor- Après
trouverent montai à cheval à table. du du
je
3E
ferpent étoir hors de danger, Meficurs Michel &c
avec M.Poc-
& que fans attendre la levée du fccond rendrevifiteaM. Roy, pour aller
>
Eate
appareil, on pouvoit répondre de f pitaine du quartier ClaudePocquet, de la bafc Ca- lare
guerifon. Cela me fit plaifir, &memit Confeiller au Confeil
Pointe, Capi- taine de
en repos de ce côtélà. &
Souverain de la Milice. Nous arrivâmes chez le P. Breton, Martinique, de Secrétaire qui
a achetéunc
nous allâmes adorer le S. Charge
Roi. Il étoit
RO
Eglife &c voir T'Eglife; elle eft dédiée Sacrement, à Saint déscetems-li le coq de toute la CabefParoi Jean-Baptifte, elle l'étoit
à terre, riche, bien allié, &c fc faifant
dSaint Adrien.
Souverain de la Milice. Nous arrivâmes chez le P. Breton, Martinique, de Secrétaire qui
a achetéunc
nous allâmes adorer le S. Charge
Roi. Il étoit
RO
Eglife &c voir T'Eglife; elle eft dédiée Sacrement, à Saint déscetems-li le coq de toute la CabefParoi Jean-Baptifte, elle l'étoit
à terre, riche, bien allié, &c fc faifant
dSaint Adrien. auparavant honneur de fon bien. Ilétoit de
fmt Laffe
Je ne fçai pourquoi on a fils d'un Marchand, je ne
Paris,
Pointe. changéde Patron. Cette Eglifer pouvoit de quellee
Il avoit un fçai bicn
avoir foixante pieds de long, & vingt- pclain à elpece. M. acerd Chade
fans Chapelles; elle voit étéemployé Notre-Dame. Pocquet aRare toute PEL maçonneric, le comble rate&àla côtéde quelques annéesàSuaffez propre, mais trop bas. On avoit Compagnic des Indcs Coromandel pour la
fuivi un peu tropfcropaleufement l'ufa- y avoit gagné du bien, Orientales: &
être il
ge desanciennes Egliles de mettrel'Au- revenu à
il avoit été après
tel du côté del'Orient, cela étoit caufe teur des Domaines Paris, & des fait Direcque le côté de l'Eglife faifoit face le Ifles: il s'y étoit marié munitions des
long de la rue du Bourg, au lieu qu'il filles de feu Monfieur de avec une des
auroit été plus convenable d'y placer Gentilhomme du Pays de Merville,
le portail. Au refte les dedans étoient avoit enfuite acheté de Caux; il
fort propres, 2 l'Autel, la Chaire, les ticuliers la terre où il differens parbancs étoient d'une belle menuiferie, à de douze cens fur demeuroit, larcôté de PAutel en dehors on avoit pra- S haut, fur laquelle pas il avoit trois millepas trois iutiquéune de. Le. petite Sacriftic affez commo- creries, & près de deux cens
fiftoit Bourgdela lors baffe Pointe ne con- Il nous reçut parfaitement bien Negres. &2 mc
Tom. pour I. qu'en quinze ou vingt fitmille offircs de fervice. II me fit voir
H
la --- Page 88 ---
F8
NOUVEAUX VOYAGES AUX
1994. la fucreric la plus proche de fa maifon, faifant
ISLES
obilcommencoit à faire du fucre blanc
me quelques-uns de mes Paroifiens
ou terré. Il vouloit à toute force nous civilitez qui reçirent &
avec toutes fortes de 169à
retenir: à fouper, mais nous nous encx- retiraichez.M. d'offres de fervice, Je me
cufames, parce que nous avions donné Le
Michel mon hôte
* parole d'aller fouper chez un des confamedi je fus dire la Meffe à la
vicz du Pere Breton, nommé Ic fieur Chapelle voir en même de la grande rivicre, afin de
Verrier. tems le Negre qui avoit
Ce M. Verrier étoit un Gafcon qui étémordu bon
fa du ferpent. Je le trouvai en
étoit venu dans les Ifles en qualité d'en- enflure état, jambe celle n'avoit plus d'autré
comme la plipart des autresha- les que il que lui avoient caufé
EEs Le tems de fon engagement 6- ligatures; étoit fans douleur.
la grande rivicre, afin de
Verrier. tems le Negre qui avoit
Ce M. Verrier étoit un Gafcon qui étémordu bon
fa du ferpent. Je le trouvai en
étoit venu dans les Ifles en qualité d'en- enflure état, jambe celle n'avoit plus d'autré
comme la plipart des autresha- les que il que lui avoient caufé
EEs Le tems de fon engagement 6- ligatures; étoit fans douleur. Lc
tant achevé, il s'étoit fait Marchand MedcinAegretereits gien de la maifon remisau Chirurdevin, puis d'autres marchandifes; & trous où les
qui penfoit les deux
ayant gigné quelque chofe, il époufa
& crocedaferpent étoient enune dcs filles d'un habitant nommé trez, faites les fearifications qu'on avoit
Peret, dont il eut des Negres, unefudemsareletonguen ordinaires. il crerie & une cacoyere. Avec tout cela Jecommençai par cctte habitationà
n'étoit des' plus riches, mais prendre l'état des ames de ma Paroiffe,
quoiqu'on E' fouvint encore de l'avoir J'y.trouvai cent dix Negres grands ou
vû engagé, fa bonne humeur &c fes petits, gres entre lelquelsilyavoit huit Nemanieres réjouiflantes, faifoient qu'on
adultes qui n'éroicnt pas
le vouloit avoir dans toutes les allem- Tous les Negres étoient t.conduits baptifez. blées, & on fe faifoit même un
un avoit Commandeur,au deffus duquelily par y
fr d'aller chez lui, où on étoit plai- toûun Econome neveu de M. Roy,
jours affuré de trouver un plàr de fa fa- quel'onappelloitl guer de fon Regis, pourle diftinçon, carilétoit excellent cuifinier. tenoit. C'étoit oncle à qui cc bien apparAvantdefortird de chez M. Pocquet,
un petit Gafcon tout
on convint qu'on vicndroit paffer le blanc, te-cing quoiqu'iln'et pas encore trenDimanche graschez M.Michei, le s'il en ans, & un joucur de
lundi on dineroit chez M. Courtois, que & fortement fut jamais. je lui recommandai profeflion
qu'on fouperoit chezM. le Bourg, les deur, aufi- i-bien qu'au Commandeux plus proches voifins de M. Poc- la Priere d'avoirfoin foir & qu'onfit exaétement
& quc le mardi gras fe pafferoit me,
matin &c le Catechif8E lui. Scdenepas manquer
Nous allâmes donc chez le fieur Ver- les Negres Fétes & Dimanches dem'envoyer de bon
le rieroû refte nous de trouvâmes leP. Brcton, 2 & matinalEglife, ftruire
afinquejepuffe lesinla compagnie qui avoit diné autres &clesp préparerau Baptéme&caux
chezlui. Nous fumes perfaitement bien droient Sacremens, dont ils fe rentraittez. Après fouper j'allai coucher
capables. Te faifois la même
chez le P. Breton; tout le refte de la chofe dans toutes les habitations de ma
compagnie demeura où nous avions Paroiffe; l'exactitude &c j'aieu fujet de me louer de
mangé.
inla compagnie qui avoit diné autres &clesp préparerau Baptéme&caux
chezlui. Nous fumes perfaitement bien droient Sacremens, dont ils fe rentraittez. Après fouper j'allai coucher
capables. Te faifois la même
chez le P. Breton; tout le refte de la chofe dans toutes les habitations de ma
compagnie demeura où nous avions Paroiffe; l'exactitude &c j'aieu fujet de me louer de
mangé. article. de mes Paroificns fur cet
Tal Le vendredi 18. Févricr jet fus dire Lel
Nd-fcamonEglife Je vifitai chemin
Dimanchezo. jeme rendisà mon
Eglife au Point du jour, & il s'y trouva --- Page 89 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 169A vat un grand nombre de Negres & d'en- par conféquent un jeline d'Eglife, de
la Ifg4. fans blancs à qui je fis le Cathechifme. ne laifferent
prendre
confellai aufi beaucoup de perfon- EERE chocolat, fondez une décifion
Je nes qui voulurent faire leurs devotions. de quelques Mifionnaires, qui prétenM.I Pocquet, fon époufe &c autres per- dentla tenir de Rome, &c qui ne manfonnesque M.Michelavoit conviezvinjamais d'avertir leurs Paroifliens
rent entendre ma Mefle. Je préchaifur PTt Dimanche gras ou de la Quinquageces parolexdelEvangile: Domine ut vi- fime qu'on peut prendre du chocolat
deams après le Service je. fis deux Bap- fans rompre lejeûine, ipourvà qu'onn'y comme
têmes, ce qui donnalel loifir au P. Bre- mette point de lait ni d'aeufs, les Ifles. On
ton denousjoindre, comme nous étions on fait prefque par toutes
prêts de monter à cheval, pour nous difcoururbenucoup, Pour: pour & tenois contre cctte la
rendre chez. M. Michel, où nous nous décifion. moi qui fur pour des
trouvâmes au nombre de vingt perfon- négative, je me fondois conviennent l'avis
Medecins Elpagnols, qui
nes. Il eft inutile de dire que nous y fà- qu'ilya a plus de fubitance nourriffante
à dîner &c dansuneonce de chocolat que dans une
mes traittez magnifiquement des conviez
demie livre de boeuf; &c fur ce princià cherent, fouper; & la plapart il nc faut pass'éronner y.cou- que pe, je foûtins qu'on n'en pouvoit pas
dansdes mailons affez pctites, on puiffe prendre fans rompre le jeune, avec quand de
donner à coucher à beaucoup de mon- même on le feroit fimplement le font. La
de, la plûpart, ou pour parier plus ju- Peau comme les Efpagnols desoeufs ou
fte, prelquetout le monde couche dans manierc d'y mefler du lait,
Andes amacs qui tiennent peu de place, du vin de Madere étant venue des
& qui n'cmbaraffent point une maifon. qui mettent de ces fortes de choLa defcription que j'en ferai ci-après, Era dans leur chocolat, aufli-bien que
fera voir la commodité de ces fortes de dans leur ponche, leur leur fanggris, font &caulits.
agnols desoeufs ou
fte, prelquetout le monde couche dans manierc d'y mefler du lait,
Andes amacs qui tiennent peu de place, du vin de Madere étant venue des
& qui n'cmbaraffent point une maifon. qui mettent de ces fortes de choLa defcription que j'en ferai ci-après, Era dans leur chocolat, aufli-bien que
fera voir la commodité de ces fortes de dans leur ponche, leur leur fanggris, font &caulits. tres breuvages qui
particuJc partislel lendemain debonne heu- afin liers. On me demanda mon fentiment à Sentire pour me rendre à mon Eglife,
Pégard du thé & du caffés,je voulois ment de
d'ydire la Meffe quand la chemin compagnie faifant y lniller décider cette queftion au P.Bre- teur VAs- fur
pafferoit. le P. Breton, Nous & primes fûmes tous enfemble ton comme à mon ancien, mais il me lechoco- lat, le
chez M. Courtois, où nous dinàmes. dit qu'il fouhaittoit comme le reftede theerle
Nous nous rendimes furle foir chez M. la compagnie, d'apprendre cC de que France j'en safi. lc Bourg où nous foupâmes, & où nous penfois, morale parce feroit qu'arrivant la fienpaffimes fort agréablement la foirée; ma
devoit avoir plus pure
beauchez nc,
RunSial
ies conviez quiétoient éloignez de
qui de relâchement depuis le longeuxy coucherent,
moi P. Breton. jefuscou- tems coup qu'il étoit aux Iflcs. Je leur dis
cher chezmon CtARELT
dont
lecaffé n'étant qu'une
Le mardi vingt deuxiéme 'nous Mef- nous teinture quelethé8c1 de ces deux fimples, elle ne
rendîmes chez M. Pocquetaprèsla tous les conviez, donnoit point, ou très peu de fubfes nousy trouvâmes
ce mardi flance aleau oùr on E avoit fait bouilmais par malheur faintMathias, cux,
& lir, & qu'ain@ on lcs devoit plûtôt regras étoit la veille OeE
H. 2
gar- --- Page 90 ---
NOUVEAUX VOYAGES
1694- garder commeunmédiciment
AUX ISLES
me une nourriture; qu'à la que verité com- le ric, preffé de la foif, ayant
fucre qu'on y mct étoit de foi nourrif- delcau, s'excufà Sylvain qui étoit fon demandé 1694
fant, mais la quantité qui y en- difant delui en faire donner, Abbé, en
troit étant Ape peu confiderable, il femfimplement, c'ef
lui
bloit qu'on en pouvoit prendre, fur jelme. A quoi j'ajoutai T'Hifoire anjourd'bai de ce
tout dans un pays chaud où les
célébre. été
étant
alanyrdntesamainer
toujours ouverts, donnent licu pores à
tourmenté toute la journée, quiayant &
unc grande tranfpiration qu'on ne peut tréme: tourmens lui ayant caufé une foif ex- les
réparer ferois volontiers que par des alimens, &c que je Villep pour comme lui onle menoit la hors de la
de cette opinion, fans
couper téte, il témoiune petite difficulté qui m'arrêtoit, à gna ayant qu'il avoit foif, &c une perfonne lui
laquelle je ne trouvois pas de folution
auffi-tôtp
qui me contentàr.
grande tranfpiration qu'on ne peut tréme: tourmens lui ayant caufé une foif ex- les
réparer ferois volontiers que par des alimens, &c que je Villep pour comme lui onle menoit la hors de la
de cette opinion, fans
couper téte, il témoiune petite difficulté qui m'arrêtoit, à gna ayant qu'il avoit foif, &c une perfonne lui
laquelle je ne trouvois pas de folution
auffi-tôtp
qui me contentàr. Car,
vafe,maiss'étancf thcencoercs,ipecie fouvenug
jeûne efti inftituér pour mortifierla leurdifois-je, chair, le ne cejour-la,.illerendit, aqu'ilétoitjel- endifant, c'ef
l'abbatre &clat foumettre à l'efprit; mais amouidbaijeine, & continua ainfi fon
eft-ce la mortifier, l'abbattre &claf fou- chemin. Toute la
mettrequede la foutiennent, lui donner des chofes qui pofée deg compagnic lages & qui étoit comtits, qui entréticnnent) qui aiguifent la fes appe- moins FLSE paroître vertueux, ou du
lui donnent le
délicatefle, &c plaudit - mon
tels, apimpatience &c fans moyen d'attendre fans lethé & le caffé, fentiment, & on on renvoya
qu'on feroit peut-étre peine un bon repas, le tems à d'autres chofes fongea à pafier
rer de quelques heures, obligé de diffe- Je me joignis à M. julgu'au diner. fe trouveroit rempli du thé parce ou du qu'on caffé oùil mena voir fonj jardin, & Pocquet retablinement qui me
gu'on auroit pris. C'eft pourtant le Cas
commençoit à faire du fucre blanc. où fe trouvent ceux qui prétendent C'étoit nerie de un grand bâtiment de maçonqu'on peut prendre de ces chofes fans
cent trente pieds de long fur
féquent rompre le jeûne, &c qui font par con- vingt-quatre étage en pieds de largeur, avec un
fec dans une pratique toute
galetas. Ce lieu fert. à l'efprit de lEglie, dans
porter les formes de fucre, pour il
fement & dans lc préccpte eClir refioidi où il a été fibriqué. quand ER
du jeûne à fes enfans; puifque qu'elle felon fait les devient qu'onletravaille, qu'il lf€p purge C'et-la &
Medecins les plus habiles, toutes ces une blanc: on appelle cet endroit, qu'il
teintures, liqueurs ouboilfons, ou compurgeric. A une des extremitez 6me on lcs voudra appeller, font de foi toirlétuve; de
ony fait fecher les formes
nourifantes, & par conféquent con- la fucre, quand elles ont acquis toute
traires à l'eflence dujetine, confifte blancheur qu'elles pcuvent avoir; 3
ine faire qu'un repas par qui Jc leur entre l'étuve&cla fucrerie avoit un
dis que nos anciens avoient jour. leur endroit où l'on pile les formes ilya de furégularité fi loin fur cet article, poulfe
cre quand elles lont feches, afin
ne croyoient pas qu'il fàt permis qu'ils de le les bariques où Pon met le fucre que
prendre de l'éau pure.
confifte blancheur qu'elles pcuvent avoir; 3
ine faire qu'un repas par qui Jc leur entre l'étuve&cla fucrerie avoit un
dis que nos anciens avoient jour. leur endroit où l'on pile les formes ilya de furégularité fi loin fur cet article, poulfe
cre quand elles lont feches, afin
ne croyoient pas qu'il fàt permis qu'ils de le les bariques où Pon met le fucre que
prendre de l'éau pure. Que Ruffin tran/porter en Europe, en contien- pour
dans fon troifiéme Livre Chapitre 46. nent Je une vis plus dans grande le quantité. rapporte-qu'un Moine nommé Zacha- ncs blanches &c jardin des franchiparouges qui rendent une
odcur --- Page 91 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
6r
1694. odeurtrès douce & très agréable; des battu; il ne faut pas quelefourfoitplus 1694:
millets, destubercufes en quantité, des chaud que pour y faire cuire de la
figuiers comme ceux que nous avonsen tifferie, parce que la chair de la tor- paFrance, mais quiportent toute l'année, tué étant tendre, clle veut étre cuite
pourvi qu'on ait foin de les Jabourer, à feu lent. Pendant qu'il eft au four
de mettre du fumier au picd, &de les on a foin de percer de tems, en tems la
arrofer dans le tems de la fecherefle. chair avec, une brochette de
afin
II me promit de contribuer à remplir que la faulce contenué dansle bois,
mon jardin de toutes les plantes 2 ar- la pénçtre de toutes parts. On plaftron, fert le Ronté de
bres & herbages je voudrois pren- plaftron tout entier fur la table 2 l'on chair
dre dans le fien, CUC il m'offrit. de fort coupe par tranches la chair qu'ilrenfer- # Tortniè, la
bonnegraceroutd ce quid dépendoitdelui. mc, & on la fert avec la fauice. Monfieur Pocquet avoit dès ce tems- jen'airien mangé de fi
Jamais &
là cinq ou fix enfans, fes deux ainez fi bon goût. Cette viande appetiffant a une de
étudioient àl Paris, &c la plus
de pricté admirable, c'eft que
profes filles étoit aux Urfulines PERE Fort S. manger tant quel'on veut fans l'onenpeut. craindre
Picrre. Quand je fuis parti des Ifles; d'en étre incommodé, parce
eft
il avoit douze ou treize enfans vivans, detrès facile digeftion,
qu'elle foit
& fa femme étoit encore affez jeune très-nourriflante. quoiqu'elle
pour en avoir plufieurs autres. Cétoit La chair de tortuéfe met à toutes forun homme d'un très-grand ordre dans tes def faulces, onenfait delaf
fes affaircs, magnifique dans fa table &c me fi c'étoit du bocufou dui foupecom- on
dans fesmeubles, n'épargnant rien pour la fait rotir à la broche, on mouton,
l'éducation dc fes enfans, bon Chrétien, gribclettes, en daube, en lamangeen en
bon ami & faifant plaifir: à
ragout,
avoient befoin dc lui.
-grand ordre dans tes def faulces, onenfait delaf
fes affaircs, magnifique dans fa table &c me fi c'étoit du bocufou dui foupecom- on
dans fesmeubles, n'épargnant rien pour la fait rotir à la broche, on mouton,
l'éducation dc fes enfans, bon Chrétien, gribclettes, en daube, en lamangeen en
bon ami & faifant plaifir: à
ragout,
avoient befoin dc lui. tousceux qui tricaffée; &
3 fes inteftins font très-bons,
fes pattes fontexcellentes. On;
Nous nous mimesa table un peua avant croire que la tortué nc fut
peut
on
ieule
midi, ne peut-être mieux fervis, ni yiande qu'on fervitfur la table pasla de Monarecplusd'abondance, preté&c
d'ordre, de pro- fieur Pocquet, ily avoit une abondanplaftron
dedélicateffe que nouslefûmes: ce &c une
de toude Tor- on nous fervit
dnverftcfarprenante
tuè, ce plaftron de tortué entre. deplus autres de deux chofes un tcs fortes de poiffons de mer &c dc riqueceh; maniere delong, &. d'un; pied &c demi de large. pieds viere. Entre les confitures
l'on fervit
delepre- J'avois mangé pluficurs fois de la Tor- au deffert, il y. avoit cacaos con- confis, Cacaos
tarer. ur
tué depuisque j'étois aux Ifles, ellem'a- fits,
je croi étre la
délicieuvoit paru très-bonne, maisce morceau fe
fe
plus
&
me
qui
ARLE
parur excellent. Le plaftron d'une qui furpaffe à mon puiffe avis les imaginer, meilleures
tortué eft toute l'écailleda ventre de cet qui foient en Europe. Ils étoicntauflianimal 5 fur lequel on laiffe trois ou bien quc toutcs les autres de la façon
quatre doigts de chair, avec toute la d'une Damoifelle de l'Ile S. Chriitograifie quis'y rencontre. Cettegraifie phle, appellée Maric-AnneN
eft vertc, &d'ungautris-delick. Lc qui aprés la déroute & la Menegaut, de cette
plaftron fe met tout entier danslef four: Ile, s'étoit trouvée prife &c déon le couvre de jus de citron, avec du pouilléc de tous fes biens, orpheline elle étoitvepiment, dupoivre, dufelgcdug gerofe nuc à la Martinique, ou Madame PocH 3
quet --- Page 92 ---
6z NOUVEAUX VOYAGES
1694. quet qui connoiffoitfaf famille&fonmeA UX ISLES
rite'lavoitretiréce chezelle pourluitenir re, 'elle n'en fit aucune difficulté, &
compagnic, &c l'aider à l'éducation de afin dc' mc le fairc mieux
1692. fes enfans. elle me fit entrer dans l'office, comprendre,
Charité On doit cette loiiange aux habitans avoitqui n'étoient pas encore obilyen
ksblin-de la Martinique,
&c
achevées,
sansde
qu'ilferoit difficilede donrellemespiqual laf façon del lamala Mar- rienajoûiter àl lag generofité, al l'empreffe- nicre qui fuit. tinigue. ment & à lacharité qu'ils
LeCacao que l'on veut
pour fecourir les habitans témoignerent de S.Chrifto- être cueilli
confire, qu'il doit de Mawiere cowf-
&
phle des autres Iiles, dont les An- meur.
la Martinique,
&c
achevées,
sansde
qu'ilferoit difficilede donrellemespiqual laf façon del lamala Mar- rienajoûiter àl lag generofité, al l'empreffe- nicre qui fuit. tinigue. ment & à lacharité qu'ils
LeCacao que l'on veut
pour fecourir les habitans témoignerent de S.Chrifto- être cueilli
confire, qu'il doit de Mawiere cowf-
&
phle des autres Iiles, dont les An- meur. On connoitl quciquetemsavant lamaturité decefruit foit rele Cade glois s'étoient emparez. Chaque chef quand les coffes qui le renferment com- 040. à famille les prenoir chez foi, plitôt mencent on doit donc ajunir dans leur entre deux;
proportion de fa charité que de fes
cueillir les coffes
le moycns, & aimoit mieux que fa famil- jours avant qu'elles foient cn quelques état de
manquit fouvent du
jaunir. de voir fouffrir CCS pauvres neceilire, exilez, On que Les amandes de Cacao étant cueilfit pour eux une quére dans toute l'Ifc lies dansicct état, font
tenFrancs qui produilit près de cinquante mille dres, dans délicates 5 on les blanches, met tremper
qui auroiçnt beaucoup
l'eau douce &c bien
CCS pauvres gens 3. avec les autres foulagé ie- les change d'eau foir &c matin claire, &on
cours dont on les afitoit, fi cet
cing, ou fix jours, enfuite on les pendant larde
avoit été diftribué avec autant argent en cinq ou lix endroits avec
té que la juftice le
d'egali- lardons d'écorcc de
de petits
certaines familles furent demandoit fi bien ; mais nelle fort mince. On citron', fait un & de Cagées, qu'il ne refta prefque rien parta- plus beau fucre, mais fort firop c'eft- du
les autres qui le méritoient, & Pour à-dire où il y ait peu de clair,
avoient un auffi grand befoin. Dc qui en met tremper pendant fucre, on les
qu'on pouvoit dire avec autant de forte ve- . res, audr-rotquile hors vingt-quatre du feu, où heu- on
rité que du tems de PApôtre : Alius la purifié&c clarifié. On les retire dece
efurit, alius ebrius efi. J'en connois à firop au bout
&c
qui la déroute
oxinsh-gaatreheureis
de Saint
pendant qu'ils égotitent, on fait
a été tres-avantageufe par le Chriftophle de tre firop lemblable au
unauCCs
abondantes aumônes, &c moyen qui
peu plus fort de fucre, premier, oir on les maisun laifle
vent dire avec juftice ce qu'un Ancien peu- encore vingr-quatre heures. On fait ce
difoit autrefois : Nous étions perdus à mancge pendant fix jours,
f nous n'avions pas été perdus. Dieu les chaque fois la quintité dc augmentant fucre, fans
veuille que la leéture de ces Memoi- mettre jamaisfurle feu
res les faffent rentrer en
d'autre cuiffon que celle nileurdonner qu'ils
& les obligent de reftituer: eux-mémes, aux
rent dans ces diffcrents firops acquiece que leur adrefle leur a enlevédecctte pauvres on fait un firop de confiftance dans Alafin lecharité.
n'avions pas été perdus. Dieu les chaque fois la quintité dc augmentant fucre, fans
veuille que la leéture de ces Memoi- mettre jamaisfurle feu
res les faffent rentrer en
d'autre cuiffon que celle nileurdonner qu'ils
& les obligent de reftituer: eux-mémes, aux
rent dans ces diffcrents firops acquiece que leur adrefle leur a enlevédecctte pauvres on fait un firop de confiftance dans Alafin lecharité. quel on met un peu d'cffence d'amPour revenir aux Cacaos confits, bre, de mufc, ou d'autres odeurs où
priai Mademoifelle Maric-Anne, je on les conferve pour s'en fervir au bequ'on fut forti de tablc, de
après foin. dre comment clle failoit cette m'appren- confitu- les Quand ôtc de on les veut tirer au fec on
leur firop, &c aprés les avoir
laifle --- Page 93 ---
FRANCOISES DE L'A M ERIQUE
6;
$694. laiffé égoliter, on les plonge dans une m'en demander la permiffion, puifque 1695
bafline pleine d'un firop bien clarifié & j'étois leur pafteur, & que cettep petite
fort de fucre, &c fur le champ on les foumiffionà FEglifemettroit leur confmet dans une étuve où ils prennent le cience en repos. Je les priai de m'encandi.
voyer leurs Negres qui n'étoient pas
Cetteconfiture, comme on voit, de- baptifez les Dimanches & les Fétes au
mande beaucoup de foin 5 Sc conlume matin, afin que je pufe leur faire une
benucoup de. fucre. Les confituriers des inftruction particuliere avant le CatéIlles en tont trés-rarement, & à moins chifme, où je fouhaittois que leurs
d'un écu la livre, ils ne peuvent pas enfans; leurs engagez ou domeftiques
l'entreprendre, ou la faire comme il &c leurs Negres, le trouvaffent avant
faut.
la grande Meffe; & qu'à Pégard des
Le Mercredi des Cendres j'en fis la enfans qui fe difpofoient à la premiere
benediéton & la ceremonic dants mon Communion, jel leur ferois le CatéchifEglife, je chantai la Mefle Scjepréchai. me le Mardi &clc Vendredi de chaque
Monlieur Dauville mon Marguillier me femainc. C'eftla regle quej'ai tofijours
pria à dîner. Je vins dire la Mefleàmon obfervée pendant que j'ai été Curé. Je
Eglife les trois jours fuivans, & j'ache- les avertis cnfuite que j'étois obligé de
vai pendant. CC tems-là de prendre l'état m'abfenter pendant la plus
des ames dc ma Paroiffe, & de voir les partic de -la: femaine pour
au
frs
enfans &l cles Negres qu'il falloitdifpofer Fort Royal rendre mes devoirsau Gouà la premiere Communion & au Bapté- verneur general, & que le Pere Breton
en mon abfence. Jc finis en
me. Le Vendredi le Pere Bretonvint diner fuppleroit les priant de fe trouver à la maifon
chez mon hôte,il amena avec lui mon Cunalcapreageerofel feroit achevé, leur
Compagnon de voyage leP.I Daftez,que - pourquelques affaires que j'avoisà
le Supericur general de nos Miflions propofer. chefs de famille s'étant
envoyoit au Fort Saint Pierre attendre Tous les
Monfieur Miquelqu'occafion
aller à la Miffion affemblezau Presbytere,
dc S. Domingue, Por il le deftinoit. Je chel Capitaine du Quarticr, leur reprele retins avec [moi, afin d'aller enfem- fenta la neceflité qu'il y avoit
ble à la
où
obligé de menter. le bâtiment du Presbytere,
ofer. chefs de famille s'étant
envoyoit au Fort Saint Pierre attendre Tous les
Monfieur Miquelqu'occafion
aller à la Miffion affemblezau Presbytere,
dc S. Domingue, Por il le deftinoit. Je chel Capitaine du Quarticr, leur reprele retins avec [moi, afin d'aller enfem- fenta la neceflité qu'il y avoit
ble à la
où
obligé de menter. le bâtiment du Presbytere, me trouver Baffe-terre, le Lundi fuivant. j'étois
les moyens de le faire fans beaucoup
Lel Dimanche: 28. Fevrier, je me ren- de dépenfe. Tout le monde cottifa confentit felon
dis de grand matin à mon Eglife, où à cette propofition, & fe
de
je confeflai beaucoup de monde, que je fes moyens, mais avcc beaucoup
communiai à la Melfe bafle je dis, generofité. Monfieur Dauville comme
laiffant au Pere Daftez, felon R15 coûtu- Marguillier fut chargé du recouvreme, P'honneur de chanter la Meffe de ment de ce qu'on avoit promis, &c de
Paroifle. Jc pechaspeurbsrmgletir faire inceffamment travailler aux planlai neceffité &les qualitez du jeûne.
ches, eflentes &c autres bois, dont lcs
J'avertis que l'on pouvoit manger des Charpentierslui donnerentlememsite, les Fêtes
ceufs, & que ceux qui auroient befoin afin que tout fut preft pour le tems que
de manger de la viande, après s'être dc la Pentecôte, qui étoit demeuroicnt
bien examinés devant Dieu, devoient les deux Charpentiers qui
dans --- Page 94 ---
6; NOUVEAUX
"tC04. dans la
VOYAGES AUX ISLES
travailler. Paroife, Mais comme promettoient je fouhaittois d'y prife de trouver le corps de fon mari
de faire au plûtôt mon
toutentier, aufi-bicn
mes Paroifliens fe taxerent jardin, à tous tres habitans qui avoient que ceuxdesaunir chacun une quantité de me four- mémc endroit: Il falloit été tuez au
del bois lezard
palifades exceffif
que le froid
pour en faire la clôtueft qui regne fur cette
rC, qu'ils me promirent de me faire cela qui trés-haure les eut confervez montagne 5
les apporter inceffimment. Après que
rendoit impoffible le
eus remercié, je montai à cheval je corps, parce que les chemins tranfport du
avec lePere Daftez, & Monficur Mi- trop cfcarpez &etrop étroits étoient
chel pour aller diner chez une veuve mettrelepallige à deux hommes pour char- perappellée Madame Roche, dont Thabi- gez du méme fardeau. Cet
tation faifoit la
de
auroit embaraffé tout autre incident
roifle d'avec celle féparation de la
ma Pa- mel Roche; mais comme elle que MadaLaveu- Cette veuve
baffe-pointe,. me
étoit femrve Roagée
lors de foi- de d'execution, clle fit
che.Sos xante êcquinze ans, dott une des
fon mari en morceaux, couperlecorps & fes
hifoire. mieres femmes qui fut veuve aux liles. pre- Negres & elle cn ayant pris deux
Elle étoit de Dicppe dont elle avoit leurpart, ils l'apporterent au. chacun
confervé le patois, f'accent &c les ma- ouilfarentere, &ou elle ne Macouba,
nieres, comme f elle n'en' fur jamais les jamais de faire dire un Service manquoit tous
forti.
ott une des
fon mari en morceaux, couperlecorps & fes
hifoire. mieres femmes qui fut veuve aux liles. pre- Negres & elle cn ayant pris deux
Elle étoit de Dicppe dont elle avoit leurpart, ils l'apporterent au. chacun
confervé le patois, f'accent &c les ma- ouilfarentere, &ou elle ne Macouba,
nieres, comme f elle n'en' fur jamais les jamais de faire dire un Service manquoit tous
forti. Son mari avoit été tué dans un croire ans. Je n'aurois pà me refoudre à
combat qui fe donna fur la montagne vieux cette hiftoire, quoique tous les
entre de les troupes du Roi & les cette bonne habitans me la certifiafent, fi
la
veuve ne me
TRECA
loient point reconnoître Cabefterre, qui ne vou- tée avec une naiveté l'avoit feule compla
l'autorité de foffifante pour me qui
étoit
té Compagmisderdct.qus la
avoit achep- verité. convaincre de fa
plus de propricté trois mois des Ifles. Ily avoit Le Pere Brcton fe
bataille s'étoit que cette clpcce de. diner me mena avec qui trouva à ce
fut mis en peine donnéc, d'envoyer fans qu'on fe gnon fouper & coucher mon chez Compa- lc
morts. Midame Roche voulut enterrer les Verrier; j'acceptai ce parti,
fieur
enterrer le corps de fon maria TEglife faire je m'spprochois toûjours dui Fort Parce Saint que
du Macouba qui étoit fa Paroiffe ; elle Pierre. J'avois avec moi outre mon
alla donc le chercher avce deux de fes Michel Negre, un autre Negre que Montieur
Negres,
m'avoit prété Pour
os, mais etrtserinbomoge étant bien fire de
les mon linge &c
apporter
tromper, parce" qu'un de fes ne s'y pas dont j'avois beloin, quelques-autres' en attendant chofes
qu'elle conduifoit avec elle, étoit Negres avec la mer permit d'y envoyer. fon canot quc
fon mari quand il fut bleifé, & l'aapporter mon coffre, mon lit &
voit
Eope
porté derriere un rocherà côté du demander provifions au de bouche que j'allois
fur chemin où il l'avoit laiffé après qu'il fion. Supericur de nôtre Mif
expiré. Elle fut étrangement furCHA- --- Page 95 --- --- Page 96 ---
PLAN
Tom.
delatille et du
Ipas. 58.
Tort Reval de la
-
Harnnigue.
artReual,
Les Lones.
irvenal
& e. for penchiees marguent
das Pa ICL
Linceinte
La. ille
a Parvisse
preiettee.
10.2 Fisee pour
ispuctins.
ccouler les
J
nz pe
cauxc.
aie
Retranhemens.
le
o
L
50 10 4so 200.Tises. --- Page 97 ---
PRANCOISES DE DAMERIQUE. 6y
1694. A4
C H A P I T R E
V I I I. Voyage delAuteur afl Fort Royal. Deftription de laVille d delaFortercpe. E Lundi; premier de Mars s'il cuft manqué d'armes dans faForteje partis avant Temes jour de la reffe, lui qui en avoit pour armer dix
maifoh du fieur Verrier, où foisplus demonde qu'il n'yenavoitdans
j'avois couché, & j'arrivai PIic.
6y
1694. A4
C H A P I T R E
V I I I. Voyage delAuteur afl Fort Royal. Deftription de laVille d delaFortercpe. E Lundi; premier de Mars s'il cuft manqué d'armes dans faForteje partis avant Temes jour de la reffe, lui qui en avoit pour armer dix
maifoh du fieur Verrier, où foisplus demonde qu'il n'yenavoitdans
j'avois couché, & j'arrivai PIic. au Fort S. Pierre fur les neuf heures du Je ne manquai de feliciter Monmatin. J'y trouvai nôtre Superieur Ge- almmmim del'heureufe iffue
Aonupaiicmmmbeaey: defatisfac- de fon affaire, dontj'avois d'autant plus
tion de la bonnevolontéque: mes Paroif- lieu de me réjouir, que les obligations
fiens me témoignoient. J'allai voirMef quejelui avois m'obligeoientde; prendre
fieurs de Guitaut, de Gabaret&cduMetz, partdanstout ce lui arrivoit. de Monfeur Voitu?e
& Monfieur del la Heronniercyquivenoit Je chargeai Negre
TN
de terminer une très-grofle affaire qu'il Michel de cc je voulois envoyer en dontor feferz
ayoitavecl Monficurle Comte de Blenac mon quartier, L praulePereCabalion panrals
Gouverneur General des Ifles, au fujet Superieur dc nôtrel Miffion, deme ler Forts. du
def fix caiffes defufilsqui nefetrouvoient curer les provifions de bouche aae Pierreas
point dans le vaiffeau, quoiqu'elles fuf- vois befoin. Fort
fent furlememoire duchargement.Com- Je fus enfuite retenir une place dans Roys2. ie ce Seigneur étoit fortvif il mena- Ic canot d'unnommé Louis Galere,Ne
goit de faire le procès à Monfieur de gre libre qui faifoit le voyage dul Fort tS. la Heronnierc qui avoit figné le receu Pierre au Fort Royal, & qui revenoitle
de ces fix caiffes, mais qui foûtenoit mémejour, moyennant un écu pour cha- le
les avoir renvoyées à lArcenal de Ro- cuneperfonne, ou fix écus pour tout
chefort, parce qu'on n'avoit lcs lo- canot: cette voiture eft commode, car
dans le vaiffeau, &c que FELREE
n'y ait quef feptlieuès parterre
SErcite en avoir tiré lc certificat. L'E- IINESE FortRoyal, le cheTafoe michan- crivain par une infigne malice nioit le min cfttrés-difficile & trés-incommode,
catide fait, quoiquel leLicutenant du vaiffeau, teutcepwonkomceomgee que demonFECrh lesOfficiers mariniers & tous lesMate- tagnes qu'il faut incellamment monter
wainde la Leire, lots Paffirmaffent. Mais heureufement & defcendre. ce méchant homme fut attaqué de la Ilyavoit déja deux outroisans qucce
maladie de Siam qui l'emporta en trés- LouisGalere svoit.commenc-afure ces
peu de jours, & on trouva dans fes voyages, Gcilseneftrouvefi1 bien, enpapiers le receu de ccs fx caiffes d'ar- core que d'autres T'ayent imité, de qu'il
mcs figné par le Garde magazin de avoit quand je fuis parti plus vinge
Rochefort.
de la Ilyavoit déja deux outroisans qucce
maladie de Siam qui l'emporta en trés- LouisGalere svoit.commenc-afure ces
peu de jours, & on trouva dans fes voyages, Gcilseneftrouvefi1 bien, enpapiers le receu de ccs fx caiffes d'ar- core que d'autres T'ayent imité, de qu'il
mcs figné par le Garde magazin de avoit quand je fuis parti plus vinge
Rochefort. Iln'y avoit deux ou Efclaves, troisoud iquatrecanotsde
trois heures queMonfieur la Heron- ge, &c une feine.four la péche; ce
a
niere étoit revenudul FortRoyal, où il n'eit pas une petitc fortune. avoit portécereceu à Monfieur de Ble- Le canot eft couvert d'une grofle
nac, lequel parunel bizareriequiluiéroir toile gaudronnée qui couvre l'endroit
aflez ordinaire, lui faifoit un nouveau oùt fe mettent les pallagers. Il y a.un
crime du renvoi de ces caifles, comme Negre qui gouverne, & quatre ou cinq
Tom. I
I
qui --- Page 98 ---
1694. qui rament. XOLVEAUXTOTACES On part du Fort S.Pierre
AUX ISLES
trois ou quatre heures avant le jour
c'étoit à la feuleaffaire quim'avoit
arriver au Fort Royal fur les iept Scor gé cC voyage. enga- 10H
res du matin, &c onenpart fur les
Jallai à la Kortereffe, où je trouvai
tre heures du foir pourarriver
Monfieur de Gagni qui étoit de
Pierre
Je le
felts
fur les fept heures, ou un peu le priai de me prefenter à Monfieur garde. plus tard quand lc vent eft contraire, de General qui mc reçut avec
ou que le calme oblige lesNegresdera- bonté. Après qu'ileut) lû beaucoup
mer. que je lui preientai, ilme leslettrcs
Je partis le Mardi fur les deux heu- voit déja qui j'étois,
ditquilfeares
&cque fije voulois
après minuit. Nous étions cinq
demeureraul Fort Royal,
fonnes dans le canot avec cinq Negres per- roit à conduire les travaux, imemplones qu'il étoit
ferviteur pour nous conduire. Quand' on a un perfuadé que je corrigerois les fautes
avec foi, foit blanc ou
qu'ony failoit,
on nepaye rien pour lui. Nous negre, eûmes volerics qui s'y Squejempécherois commettoient les
un grain violent de vent &c de pluye, jour. Jeleremérciai d'uneoffre fi chaque avanqui nous obligea de mettre à terre dans tageufe, & lui dis que je
de
une Ance à deux licuès fous lc vent du mesSupericurs, quiferoient dépendois ravis
Fort S. Pierre, & de nous retirer fous marquerleurs relpect & leur
delui
une grande voûte naturelle que nous
obéillance,
trouvàmcs dans une falaife,
l'occafion s'en
FEREEEE
ayant cmporté la toile gaudronnée le vent de ne croyois prefenteroits qu'il cuft beloin maisqueje de moi
nôtre canor. Nous nous rembarquimes pour le PLiAS puifque fon Ingenicur
de quandlegrain converfation, fut paflé, &caprès un peu avoit qui avoit tout été le envoyé" par le Miniftre,
nous nous endormifçavoir & toute
mes les uns après les autres; de forte fon té neceffaire pour bien s'acquitter T'integri- de
que je ne m'éveillai que quand il fallut
devoir.
beloin maisqueje de moi
nôtre canor. Nous nous rembarquimes pour le PLiAS puifque fon Ingenicur
de quandlegrain converfation, fut paflé, &caprès un peu avoit qui avoit tout été le envoyé" par le Miniftre,
nous nous endormifçavoir & toute
mes les uns après les autres; de forte fon té neceffaire pour bien s'acquitter T'integri- de
que je ne m'éveillai que quand il fallut
devoir. Nous
mettre pied àt terre aul FortH Royal. On ble près de deux heures, demeuramesenfem- àl la fin il fit
compte du Fort S.I Pierreaul Fort Royal appeller na MonGeur dc Gagny, &luidonneuf grandes lieuës par mer. Il étoit ordre de mefaire voirtoute la Forteenviron fix heures &c demic quand, dnous refle, & enfuite de me ramener
y: arrivâmes. Jefus aluerlesReverends cequ'il voulutquej je lui promiffe, diner, malPeres Capucins, & dire la Meffe chez grétout cequejelui pûs
m'en
eux; ils lont Curez dela Ville, &Cha- excufer. direpourn
jes pelains du Fort, &ils deffervent toutcs foit Nous trouvâmes lIngénicur qui faiRoyal Paroiffes qui font depuis le Fort gis, travailler faifant face à un à grand corps de lole levant, jufquesàt iunepointe delllevers
étoitt la mer, dont l'étage
falines, qu'on appelle la pointe des dedeflousqui né pourles
fousterre étoit deftirituelle 3 la fepare nôtre. lcur jurifdiction fpi- fours & autres Magazins des Vivres, les
Monfieur Houdin Je fus enfuitevoir de chauffée étoit Beloins deftiné ; celui du rez
maiton dans cette Ville; qui avoit il pourlorsfa mentdu General, &cd celui de pour deflus, ke
dre
voit fervir de
PE
lechocolat, & me pria
falcs d'armes &: de
ner chez lui
ment
les
ERCE
vifite à après que j'aurois fait ma ques du pour General. Officiers & les L
Monlicur le Comte de Blenac:
C'étoitun Gentilhommedelanguedoc, appellé Monfieur de
Cailus, --- Page 99 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
6Cailus, très-habile & tres-experimenté Quand T'Admiral deHollande Ruiter 1694. 9694. H n'y avoit que quelques mois qu'il vint attaquer la Martinique en 1674
étoit arrivé auxiiles. Nousfimescon- cette motte de terre qu'on appelloit dénoiffance, & nous liâmes depuis une ja lcFortRoyal, n'avoit pourtoute'foramitié a toujours duré, dont ilm'a tification qu'un double rang de paliffa- de
donné 2 marques en une infinitéd'oc- des qui fermoit cette petite langue
cafions. terre par le bas, avec. un autre rangfur
Sion avoit fuivi fon confeil, le Fort 'la hauteur, &cdeux batteries at abarbettc, l'entrée
Royal feroit prefaf'imprenable : mais une furl la pointe pour deffendre
&c
les plus habiles gens & les plus desin- du port qu'on
le Carenage, Leterrein où
ne font ordinairement les l'autre du côté
2TASE
terelliz, micux écoutez ni pas leurs avis les plus fui- eft à prefent la Ville étoit un marais
plein de rofeaux.
hauteur, &cdeux batteries at abarbettc, l'entrée
Royal feroit prefaf'imprenable : mais une furl la pointe pour deffendre
&c
les plus habiles gens & les plus desin- du port qu'on
le Carenage, Leterrein où
ne font ordinairement les l'autre du côté
2TASE
terelliz, micux écoutez ni pas leurs avis les plus fui- eft à prefent la Ville étoit un marais
plein de rofeaux. Ilyavoit feulement
vis. Monfieur deGagny me fitfaircletour quelques mauvaifes cafes ou maifons
de la Forterefle. Quoiqu'elle paroifle de rofeaux furle bord de la merquiferquelque chofe quand on ia regarde fans voient de magazins pour ferrer étoient lesmar- dans
entrer dans le détail de fes parties, on le chandifes squandlesvaitfeaux la faifon des ouray remarque des défauts confiderables, Carenage pendant
quand on la confidere un peu plusat- c'eft la gans. Ces
étoient remplis de vin Hipoire
tentivement. On préténd que
magazins
Ruiter fit defcen- delaifaute d'un nommé Payen,
étant &ed'eau-de-vie, quand la conduite du Complitôt un mediocre Maffon E bon drefes troupesfous
Ingénicur, n'avoitpas laiffé dêtre em- te de Stirum; les foldats nc trouvant
EE
aux Ifles en. cette derniere qua- ioneig@huxeihidermsey où trouvant fe mirent des deis_f- rent aus
E2 Il n'executa point le deffein
à piller les magazins, fi
Fort
Monfieur Blondel avoit tracé fur 3E liqueurs qui leur étoient agréables, Royalee
lieu en 1675. fous pretexte
feroit ilsen bûrentdetelle de maniere fe tenir qu'ils fur leurs n'é- 1074. d'une trop grolle dépenle, S enfub- toient plus en état
les voulut
ftitua un autre fi rempli de fautes, que pieds lors queleCommandant
pourlescorriger, lekotaestobligedy mener à Taflaut. employer detrès-grandes (ommes, & il Par bonheur il avoit dans le Careen a
infi- nage uné flute de
dev vingt deux
ExNete
nis, gauszikondaumes fansqu'avec tout cela ony aitenticde canon; & unvaiffeau du Roi
rement remedié. Et quarante-quatre, qui étoit commanCetteForterellteft! fituée fur une hau- dé Par Monficur le Marquis d'Amblifeur comme une prefqu'Ile compolée mont qui a fuccedé àMonfieur de Bled'une roché tendre ou d'un tuf qui fc nac au Gouvernement Generaldes terrible Illes. creufe affez aifément quand oneft un peu Ces deux vaiffeaux firent un fi
au deffousde fafuperficie. Ceterreineft feu de leur canon chargé à cartouche
élevé d'environ quinze à dix-huittoifes fur ces
qui tomboient à cha- alau deffus de la fuperficie de la mer qui
pas aripos vouloient faire pour
l'environne de tous côtez, excepté une ERE qu'ils en tuerent plus de
de terre Ia jointalTle neuf cens: Lc feu des vaiffeaux ayant
.
fi
au deffousde fafuperficie. Ceterreineft feu de leur canon chargé à cartouche
élevé d'environ quinze à dix-huittoifes fur ces
qui tomboient à cha- alau deffus de la fuperficie de la mer qui
pas aripos vouloient faire pour
l'environne de tous côtez, excepté une ERE qu'ils en tuerent plus de
de terre Ia jointalTle neuf cens: Lc feu des vaiffeaux ayant
. petite qui peut langue avoir dix-huit R1 vingttoiltsde été fecondé par celui que faifoient les
large,
habitans qui déféndoient les paliflades,
I 2
obli- --- Page 100 ---
68 NOUVEAUX VOYAGES
16:4. obligea enfin POfficier qui fucceda au
AUX ISLES
Comte de Stirum qui avoitétérué, de la marche des
tbyay
ennemis
Ntmte
SUmAnRAREESLE Iementsredaburiaiese
T'afiur, fe prefloient d'une qui venoient à
fa main pour mettre à squ'itrouvafous couvert le refte traordinaire pour
maniereexdefon: monde, &l
canots. De" forte Sembarguerdandeus que cette
fe defenyvrer. cluidonerletempade nique fit fuirles affiegez &c terreurpaRuiter qui vint à terre fur le foir la chacun defon côté, & laifa lesalliegeins le Fort en
après avoir paffe toute lajournée àca- vré poffellion le d'unSuife, quis'étant
nonner ce rocher, fut étonné de voir
foir dormoit
cnyplus de quinze cens de fes gens morts n'entendit rien de tout tranguilement, ce
&
ou bleffez, il refolut de
fur fortétonné quand ài fonr tintamare; réveil il
funefte entreprife, & de quitter faire embar- cette fix heures du matin, ilfe vit far lcs
quer le refte dc fon monde pendant la mis. de la Forterelle, fans amis & fans poffeffeur
nuit. enneDans ce méme tems Monfieur de M. le Marquis d'Amblimont n'étant
Sainte-Marthe qui étoit
Pas averti de cctte double
TIle fous Monlieur de Gouverneurde Baas qui étoit comipença le
à faire joier fon retraite, canon dès reGeneral, folut affembla fon confeil, & re- fonne point fur du le jour; Fort mais ne voyant perencloué d'abandonner le
le Fort après avoir cunbruit,
& n'y entendant audes ennemis canon, attendu que celui ennemis, dont dtamplesigcdam.ircmp des
des palitides, ayant & abbatu brifé la plôpart la vàe; il fit lesroleaux mettre luicachojent
partic des
une grande
& quelques foldats à terre un Sercraindre retranchemens, les
il etoit à ScpT nouvelles. Pour fçavoir
forcez fi les que cnnemis babitans ne fullent que desmorts, desbleffez, Ce Sergent & ne trouva
quand ils auroient cuvé venoientalafaur, leur vin. Cette, yvrognes zins: qui dormoient dans les quelques
refolution ne pût étre executée avec
il en avertit auffi-tôt fon magatant de filence que les Hollandois n'en- ne qui ienvoya un Officier & des Capitaitendident le bruit qui fe faifoit dans reprendre pella poflefion du Fort.
fullent que desmorts, desbleffez, Ce Sergent & ne trouva
quand ils auroient cuvé venoientalafaur, leur vin. Cette, yvrognes zins: qui dormoient dans les quelques
refolution ne pût étre executée avec
il en avertit auffi-tôt fon magatant de filence que les Hollandois n'en- ne qui ienvoya un Officier & des Capitaitendident le bruit qui fe faifoit dans reprendre pella poflefion du Fort. On foldats
leFort, ieitenenclotiant le canon, foit tans, enfuite & le Gouverneur & les
lcs
on
AIRC
entraniportant chofes dans les munitions, &c autres née une partie commençadés des
la méme ancanots,
le moyen cncore
travaux quel'onvoir
delquels on devoit .di lautrecôré
à prefent, qui confitentp princiduport. lude d'unef Ilsprirent fortie ce bruit pourlepré- barbette palement & en des batterics, 5 partie à
fte dans l'état où'i quileur ilse auroit étéfunc- vironnent toute partie la à merlons, qui ens'étant déja rembarquéc, lsétoient, de une forte partic tent fur la rade, fur pointe, la paffe & &: qui fur bat- la
Herertecanmess
que baye. ferent de s'embarquer, &cle firent ilsfepref. avec Jefgai que cette affaire a été
zant de précipitation & de
autrement dans les nouvelles décrite
qu'ils abindonnerent leurs bleffez, defordre, de ce tems-là, mais je la tiens publiques de
les attirails qu'ils avoient mis à terre,8c tous tité de témoins oculaires qui me
A
une partie de leurs
tous
LF
ks Fratugois armes; pendant que monde rapporté dans les fans varier le moirs du
pwamtmaadipekbit rapportécs, &c q'i circonftances m'obligent que j'ai
rdepreferer --- Page 101 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694 rerleurs Relations aux Gazettes, où Fort, mais clle nc laifferoit
trés-fouvent les chofes font traitées commoder. Il fut ravi de pas d'in- lui 1694
plusi fclondes vucs particulieres,qucfc- difois de cette derniere ceque je il
lon la verité, qui eft fujetteà caution, me dit qu'elle étoit de plate-forme: fon
quand elle vient de filoin &c eftapportée & quela remarque que j'avois invention, faite lui
Deferip- pardes perfonnesi intereffées. failoit connoitre que j'étois un habile
rion da La langue de terre qui joint la pref homme; ; mais ayant continuéà
Fort qu'lile où le Fort eft bati avec la terre mander ce
me decomme Royal dellile, eft fortifiée de deux petits de- herfes dont Ts avoit je penfois fait de certaines les efil eff à my-Baftions &c d'une très petite demy- caliers cn pluficurs, faute couper de
prejent. Lunc qui couvre la courtine avec un qu'elles étoient audr de fon fçavoir Plan
foflé rempli d'eau de la mer, un che- maréponfe penfa tout gâter; invention, lui d'unonmin couvert paliffadé &c un glacis.
ifiée de deux petits de- herfes dont Ts avoit je penfois fait de certaines les efil eff à my-Baftions &c d'une très petite demy- caliers cn pluficurs, faute couper de
prejent. Lunc qui couvre la courtine avec un qu'elles étoient audr de fon fçavoir Plan
foflé rempli d'eau de la mer, un che- maréponfe penfa tout gâter; invention, lui d'unonmin couvert paliffadé &c un glacis. La dis qu'on ne prenoit pas les carje wrage
porte du Fort eftdans le flanc duc demy- les portes, & que
on Villespar les
projeité la
Baftion du côté du Crenage,avec uncf- geoit, on fe faififoit quand des ouvertures aflic-ar à morne
calier fort étroit qui conduit à une; pla- coups de canon. J'ajoutai par bonheur, des Catc-forme, oùr il y a quelques pieces de que les herfes dont T'efcalier étoit cou- pucins,
canon. Cette plate-forme conduità un p€, étoient très-bonnes contre unei furautre efcalier femblableau premnier, au prile, &ccelale fatisfit. te-forme haut duquel on trouve un feconde pla- J'ai dit.cy-deffus quefi on avoit fuivi
du
avec du canon. Tout le côté Pavis de M. de Cailus, le Fort
Fort qui regarde le crenage eff fer- feroit prefqueimprenable. Royal
mé par un double mur avec quelques Le deffeindeM. de Cailus étoit d'i4
flancs. Le côté de l mer n'eit qu'en foler tout à fait cette niotte de
parapet avec des embrazures; ily a de maniere à laiffer un front affez terre, conunetroifiéme terraffe ou plate-forme
pouvoir
au deffus de la porte, fur laquelle on fiderablepoury battions, une grande demie fairedeux lune bons
devoit mettredu canon pour bâttre une un bon chemin couvert, qui auroit avec eu
hauteurdel'autre côtédul Portquicomavant-fofé lecanal auroit ifomande beaucoup le Fort. La garnifon Trize terrein. La dépenfe qui eut été
étoit d'environ quatre cens foldats de moindre qu'elle ne l'a été, & la bierf
la marine. bienplusenétat de foutenir un place
M.del Blenac eut la bonté de m'en- Al'égarddu morne des fiege. il
Foyer chercher pour dîner. Il me de- m'eft tombé entrc les mains Capucins, un
manda mon fentiment fur les fortifica- du méme
fait deflein
tions que je venois de voir. Jc lui ré- cuter fans Ingénicurquilauroit. beaucoup de dépenfe, fion excpondis que je les trouvois bonnespour l'avoitvoulu laiffer faire; je
ie pays, & fur tout la derniere plate- publicafinqu'ily
lc donneaur
forme qu'on avoit faite, parce que la & que s'il cit unjour puiffejugerdef executé, fabonté, on
batteric qu'on mettroit empéche- che à on enelt redevable. fgarOit l'effct de Reice les ennemis M: Blenac me parla prefque
pourroient faire fur 905 hauteur dont dant tous le repas,
je viens de parler, qu'on appelle le table fept ou huit autres quoiquil cut TE à
morne des Capucins.
forme qu'on avoit faite, parce que la & que s'il cit unjour puiffejugerdef executé, fabonté, on
batteric qu'on mettroit empéche- che à on enelt redevable. fgarOit l'effct de Reice les ennemis M: Blenac me parla prefque
pourroient faire fur 905 hauteur dont dant tous le repas,
je viens de parler, qu'on appelle le table fept ou huit autres quoiquil cut TE à
morne des Capucins. Ileit vrai qu'el- bitàmai fanté, &
perfonnes de : il
Jecit éloignée de cingi fix cens Pas d ure raifon. H eut foin m'obligea de me faire lui fervir faiI 3
ce --- Page 102 ---
79 NOUVEAUX
1604. cequilyavoit de meilleur; VOYAGES AUX ISLES
ilme fit tant d'honnétetez, que en un toutle mot adicuàM. Houdin, & je
monde en étoit dans létonuement. fans avoir eu le loilir de m'embarquai 1G04. remarquai dans fes difcours la vivacité Je l Ville ni l'Eglife Paroifliale, confiderer" tant ni
de fon elprit, &c fon
me preffoit dej parrir. on
tout de feu quoiqu'il rempéramment fut agé de
Je trouvai dans le canot les
de foixante & douze ans, & qu'il plus fut perfonnes avcc qui jétois venu. mémes Nous
attaqué depuis long temsd'une diffen- fimes roulerlatoileq quile couvroit
teric qui l'emporta enfin deux ans a- de jouir de l'air & de la vûe du afin
près. Nousallionsàla voile &c fort vite. pays. On
Il congédia la compagnic dès
mementnunrfiongiede M. Roi
eut deffervi, &c m'ayant fait affeoir qu'on au- Nous un lieu appellé la Pointe des dans
d'uneheure présdelui, ilm'entretint pendant plus de la vimesenfuitele Bourg &cl'Eglife Negres. fes, fartoutdes &cdemic dedifferentescho- fortélevésc Cafepilore. fort Tour ce terrein eft
uns de nos Peres chagrins lui avoient qued queiques- la plapart des fonds coupé qui Pardes font mornes,
fis ce
pûs pour les donnesje mornes font en
où entre les
Pour aleE E
exculer; car beaucoup dec favennes, l'on avoit
te des deux avenité,ily côtez, avoit dela fau- appelle les canificiers: arbres c'eft ainfiqu'on
côté du Comte de Blenac Speutctreplunds du
C'étoit autrefois une qui portent la caffe. Le leétcur en pourra que nôtre. chandife & d'un
tresbonne marfaire que je rapporterai juger par une af- les habitans dela grand debit, mais tous
pendantil m' 'afturag qu'ilconfervoirton- cy-après. Ce- téà l'envie des canificiers, balle-rerre ayant cette planjours de l'affeétion
nôtre Ordre, chandife n'eut plus de
mar-
&q quef fionvouloit
qu'on en faifoitaux Ifles valeur, parce
il
en
aveclui,
plus
ferunet
nous donneroit des
pouvoit confammerent qu'onn'en
Paflurai que nous ferions tous marques.
m' 'afturag qu'ilconfervoirton- cy-après. Ce- téà l'envie des canificiers, balle-rerre ayant cette planjours de l'affeétion
nôtre Ordre, chandife n'eut plus de
mar-
&q quef fionvouloit
qu'on en faifoitaux Ifles valeur, parce
il
en
aveclui,
plus
ferunet
nous donneroit des
pouvoit confammerent qu'onn'en
Paflurai que nous ferions tous marques. nos cf.. Jc elleauroit ététoute malade. Europe, quand
pliai fort pourmériter fon eftime; jele fup- ficier L'arbre vientdc qui porte la caffe oule caninous d'oublier le paffe, & de vouloir
bouture: il croît fort viaccorder G proteétion, & à moi te,il porte beaucoup & deux fois l'an- Sfr qui
cnp particulier, ce qu'ilme promit avec font néc, commc prefquetous les arbres TLE
beaucoup de bonté, & je dois lui rennaturels à rAmcrique, fon bois qui fe: /a
dre cettejuilice, malgrérout ce la ment blanchâtre, afez mol, mais extréme- eft deferip- sion,
médifancea toit
pàc dire contre lui, é- fort coriace; fon écorce eft
&
un homme
grife
a0me
du Roi, braveautant debien, bon ferviteur grand, raboteufe. fes feuilles Cet arbre vient très-
&bien plus fagequ'on qu'onlep nele diloit peutétre, troites, d'un verd font longues il
& 6lc monde. Jen Pourrois
dans fleurs jaunes; par pafle; poufle des
Preuves qui convaineroient apporter les des une. odeur aflez grosbouquers, quiont
crédules. On me vint enfin plus in- fuccedent les iliques agréable: où la caffe aux fleurs
étoit tems de partir, CC qui avertirqu'il me donna eft comme la motielle eft qui en
lieu dep prendre congé de. M.de Blenac; Ces filiques Pendentaux renfermée. tout le monde fut lurpris du favorable me des paquets de chandelles, branchescom- de douwaccucil qu'il mitoit.fiit, écjen
ZC, quinze,
bien des complimens. Jc fus reçàs dire enfemble: ellesfont Semémedevinge vertes avant attachécs d'être
meures; c'eftàleur
noirceurqu'one connoit --- Page 103 ---
FR A NCOISES DE L'AMERIQUE
16)4 noit qu'il eft tems de les cueillir; quant foit qu'on ne veuille pas fe donner la
àleur grofleur & à leur longucur, cela peine. de le chercher, en faifant
dépend delage de l'arbre & du terrein fieurs expérienccs. J'aiconnu pluoù il eft planté: il eft certain que plus perfonnes qui avoient confit de quelques ces fililcs filiques ou bâtons de caffefont gros, ques, mais jufqu'à mon départ, clles
longs & pelants, plus la cafle cf cii- n'étoient pointarrivées au point
méc. feétion qu'elles avoient été portées deperQuand il fait du vent ces filiques (e les Juifs. par
touchent les unes les autres, & font A propos de ces Gliques,
un bruit aflez femblable a celui qu'on dencauxcanificiers comme qui
for Hifoire le
entend quand il paffe des
de
des
de
TEE
de foldats avec dcs bandoulieres compagnies chandelles. Je me fouviens quer m'é- Tujer
de fournimens. Lacafle des Ifles garnies eftau- tant trouvé dans nôtre couvent du lacafe. Mouillage en 1698. à l'arrivée de
tant eftiméc que celle du Levant.
ques,
un bruit aflez femblable a celui qu'on dencauxcanificiers comme qui
for Hifoire le
entend quand il paffe des
de
des
de
TEE
de foldats avec dcs bandoulieres compagnies chandelles. Je me fouviens quer m'é- Tujer
de fournimens. Lacafle des Ifles garnies eftau- tant trouvé dans nôtre couvent du lacafe. Mouillage en 1698. à l'arrivée de
tant eftiméc que celle du Levant. J'ai ques-uns de nos
quelvû des Apoticairesen France &caux IC d'Europe, ils'en Religicuxquivenoient rencontra un
fe
Ies qui la trouvoient meilleure; elle piquoit de connoitre l'Amerique, qui &
eft naturelle dans lesliles, c'eft-à-dire, tout ce qu'elle produit, comme ceux
que cet arbren'y a point été tranfporté, quiyétoient depuis long-tems. Jecheron l'y atrouvé quand on a commencé choisà mortificrun fa vanité, lorfàs'y établir. qu'ilm'en donna lui peu même l'occafion,
elle Lorlque valloit jefilspanidesifiesent fept livres dix fols le 1708. cent en me demandant ce qui pendoit à ces
arbres. Je lui dis que
ou le quintal; mais comme elle occupe que lui qui connoiffoitt toutes je m'étonnois, chofesne
beaucoup de place dans un vaiffeau, & connût cela; il cftvrai, mc dit-il,
que par conféquent le fret confommece E reffemble fort à des chanroit tout le profit; on la partage moi- TEnor & l'arbre pourroit bien étre de
tié par moitiép pourlefretavec les bour- l'efpece de ceux de la Chinc
geois du navire. tent le fuif, mais Cc fulpend quipor- mon
Caffe Quand les Juifs étoient aux Ifles ils jugement, c'eft que le qui fuif de la Chine
confite. failoient confire beaucoup de ces fili- eltblancou prefque blanc, au lieu que
quesqu'ilse envoyoient en Europe,
celui-cy eft verd." Cetteimagination me
ceteffetilsles cueilloient loriqu'elles Ee fit foûrire; jel'affurai
fort
toient encore extrémement tendres, & jufte, & qu'il feroit difficile qu'il penfoit delui faire
qu'elles n'avoient deuxà trois pou- voir rien qui lui fut nouveau. ces de longueur; aer forte qu'on man- refte ces chandelles étoient vertes; Qu'au
geoit la filique & ce qu'ellecontenoit. cc qu'elles n'étoient pas dans leur par- maCette confiture étoit fort agréable &c turité. Il ne manqua pas des'applaudir
purgeoit doucement, ou du moins elle lui-même de fon difcernement fijuite,
tenoitl le ventre libre. Ils faifoient auffi & moi de conter aux autres
confire les fleurs & leur confervoient cctte belle converfation. Elle Religicux fut releur couleur fous le candi qui les cou- nouvellée quelques momens après'
vroit; elles faifoientle méme effet que un de nos Peres, qui
achever Pas
les Gliques. Onnefaity plus decette con- l'inftruire, lui dit,
ne manquoit
fiture depuis le
des
Pelre
départ Juifs, foit quela méche à ccs chandelles quand on
quilsayentemportcele fecrct aveceux, les cucilloit; qu'autrefois on lcs faifoit
fon-
i qui les cou- nouvellée quelques momens après'
vroit; elles faifoientle méme effet que un de nos Peres, qui
achever Pas
les Gliques. Onnefaity plus decette con- l'inftruire, lui dit,
ne manquoit
fiture depuis le
des
Pelre
départ Juifs, foit quela méche à ccs chandelles quand on
quilsayentemportcele fecrct aveceux, les cucilloit; qu'autrefois on lcs faifoit
fon- --- Page 104 ---
NOUVEAUX VOYAGES
3Gy4. fondre, & qu'enfuite on les travailloit
AUX ISLES
comme on fait cnl France, mais que dc- prictaire de la Marcinique y failoit f
peu on avoir trouvé l'invention de réfidence. leurs
Nos Negres reprirent alors 1692
EtP mettre la méche, fans autre façon j'arrivai avirons & ramerent fi bien, que
delesp
avec une éguille chau- les à nôtre couvent du
gec au bout FEL laquelle la méche
fur huit heures du foir. Mouillage
pafiée: il l'affura qu'on fe fervoit étoit de me Le lendemain matin le P. ces fortes de chandelles dans
conduifit chez le Dircéteur Cabaffon des Dotoutes les maifons, & qu'on n'en prefque cm- maines du Roi; il s'appelloit M. de
ploicroit jamais de celles quiviennent de Vaucourtois, Parifien, honnéte &c fort
France, fi on pouvoit donner à celles- obligcant. Cétoit lui qui
les
cy unpcu plus de blancheur. Nôtre ha- penlions que lc Roi donne aux' payoit Curez. bilehomme crôt cette fable de tout fon ilmefit auffi-tôt delivrer les
cceur, &c fiu aflez fimple pour
dontjavoisbeloin, C'étoit une provifions
de ces chandelles vertes dans une parler mai- devin de Bourdeaux, qu'il me barique
fon où il alla le méme jour, & de blà- fur le de trois mille
cens compta
mer le Capitaine de fon vaiffeau
vres Ee fucre brut, qui réduit cinq au livoit apporté une quantité confiderable qui a- courant, oà étoit pour lors cettc mar- prix
de caiffes de chandelles, mais il fut chandife, revenoit a In fomme de trenétrangement furpris quand il vit
te-cinq écus. Je pris outre cela un
tout le monde fc moquoit de lui, que il rildefarine évaluéadix-huit cens baconnut quoniaseitdurnes &c futobli- à de fucre; un baril de boeuf falé éralué livres
E d'avolier qu'il y avoit bien des cho- de quinze lard cens livres, & un demi barit
bien R1 me ignoroit; il fe gardoity pourtant failoit en pour tout huit douze cens livres, ce
Le prierdelenintiruire
millelivres de
vent nous
qui étoient
Eder
depuis le Fort qui avoit fi bien fervis mapenfion. lesdeux Je fis tiers d'une année de
Royal, nous quitta au
porter ces provifions
Carbets Fort faint c'eft un Bourg à une lieue du. * chezunMarchand nommé
du Fort faint Pierre,
Pierre, On Pappelloit autreRicord, où M. Michel faifoit
fois, le quartier de Monficur,
porter les fiennes, en attendant
que M. du Parquer, Seigneur & TatOE pit envoyer fon canot pour
qu'il
terchez lui. lesapporC H A P I T R E I X.
année de
Royal, nous quitta au
porter ces provifions
Carbets Fort faint c'eft un Bourg à une lieue du. * chezunMarchand nommé
du Fort faint Pierre,
Pierre, On Pappelloit autreRicord, où M. Michel faifoit
fois, le quartier de Monficur,
porter les fiennes, en attendant
que M. du Parquer, Seigneur & TatOE pit envoyer fon canot pour
qu'il
terchez lui. lesapporC H A P I T R E I X. Prife de deux vaifeaux Anglois
tre, 6 le Traité par la Flibufliers. Leur maniere de combaqu'ils foni pour leur comrfe. (OXgE Jeudi quatriéme Marsj'allai très
rendrc vifite à nôtre voilin Il richement chargez. M, Pinel,
de
me reçàt avec mille
STun A buftiers, Capitaine Fli- ayant fçû
civilitez, &
, Commandant une
que je m'établiflois à la Pacorvette de fix canons, appellée la roiffe du Macouba, il dit qu'il vouloit
Malouipe oula Volante. h étoit
contribuer à me mettre en
&c
la veillé avec deux vaifleaux arrivé me fit prefent de fixb belles bouteilles ménage, &
Fun qu'il avoit pris au vent de la Barbade, Anglois de douze verres de criftal, avec deux
de douze canons &c l'autre de dix- Reungead-ingleusme Cefut
huit, venant a droiture d'Angleterre comtrmeatamisanila cuëp pour ainfique moi
jufqu'à famort. J'achetai encore d'autres --- Page 105 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
me
& c'eft-à-dire, attachées en differens en- 1G94,
2694. tres provifions qui mon manquoient, coffre, mon droits du bord avec deux bandes de fer senirles
jel matelas Ics fis ETI d'autres avec hardes chez le mé- qui fe croifent, Pouverture de la aborda- ges. me Ricord. Mon deffein étoit de nade avec fa fufée répondant
RET
m'en M. retourner le lendemain à ma Pa- gaillard par oùr on lui donne feu. m'ardes
ou efpingars
roiffe, mais nôtre Pere Superieur
remarquai fonte, où l'on efpoirs mct
trenrêta pourallifteràu une grandeMelic
te balles de moufquet, vingt-cingou & nc fçai
les Flibuftiers de M. Pincl TMRTE
jc
rechanter le jour fuivant, & à laquelle combien d'autres attirails qui augmenils devoient communier, en execution toient la furprife où j'étois, comment
d'un veeu qu'ils avoient fait dans lc on avoit pû furmonter tant d'obftaclcs, Flicombat, où ils avoient pris ces deux & enlever ces deux bâtimens. Un
vaiffeaux Anglois. buftier avec qui je m'entretenois, me
Le Vendredi nous fûmes occupez dit; que tout lecanon & toutes les auMefe toute la matinée à confeffer les Flibu- tres deffenfes ne méritoient pas qu'on
chantee ftiers. On chanta une Meffe de la Vier- yRtlamoindrestremtion, qu'illeur fufen sim.de acla folemnité
ffoitdevoir un bâtiment & de pouvoir
f celebrai avec toute & je benis trois grands pofliblesje pains s'en approcher
compter fûrement
frt prife furent
lc Capitaine, fur fa
canon de leur Cordeux
prile.
confeffer les Flibu- tres deffenfes ne méritoient pas qu'on
chantee ftiers. On chanta une Meffe de la Vier- yRtlamoindrestremtion, qu'illeur fufen sim.de acla folemnité
ffoitdevoir un bâtiment & de pouvoir
f celebrai avec toute & je benis trois grands pofliblesje pains s'en approcher
compter fûrement
frt prife furent
lc Capitaine, fur fa
canon de leur Cordeux
prile. de qui
prefentez par
lves
aaif accompagné de fes Officiers, avec les vette étoit plus ceremonie que
ftaux tambours &c les trompettcs. La Cor- neceflité, puifqu' is n'employoient
TR
Anglsis vette &c les deux prifes qui étoient quejamais que les deux pieces de chaffe
Burpi- par le mouillécs devant T'Eglife firent des dé- quand ils battoient un vaiffeau leur l'anel,Caleur canon, au com- vant ou Parriere, leurs
radir
pizaine mencement charges de tout de la Mefle,, & l'élevation fuffifant pour par le defoler,jufqu?à ce
de; la
la benediétion & leur
à propos de
amts
Coruet- du faint Sacrement, à
Capitaine jugeà
te la à la fin du Te Detm, qui fut chanté T'abordage. de
s'é- Combat
Malowi- après laMeffe. Tousles Flibuftiers vin- Je fouhaitai fçavoir comment
la
ne. rent à l'offrande, &c prefenterent cha- toitpaffeleure combat. Ilme dit,qu'auf de Corvetcun un cierge avec une picce de trente fi-tôr que celui qui étoit en vigic ou en secontre
fols ou d'un écu. Ceux qui communie- fentinelleaul haut du maft ceut avertiqu'il deux
rent le firent avec beaucoup de piété&c découvroit ces deux vaiffeaux, on ft feaisx. waifdemodeftic. porter deflus à toutes voiles,
ces
bord de deux vaiffeaux voyant la
cihmette
Après quej'eus dinéj'allai à
que crurent
la Corvette & des prifes. Je ne pouvois les hauffoit confiderablement,
comprendre comment ce petitl bâtiment qu'il leur feroit inutile de prendre chafarmé feulement de fix canons de fix fes ils fe flatterent mêmc qu'ils pou-
& de quatre livres dc balle, avoit ofé roient fe rendre maîtres de' celui
vaiffeaux, dont
venoit fur eux; de forte qu'ils
bredit
attaquer avoit cesdeux cinquante huit hommes leplus d'é- lerent leurs voiles pour l'attendre. On
gros quipage, & lc petit quarante-cinq. Ils fut bien-tôtàl la portée du fufil, ons'atavoient tous deux des gaillards d'avant tacha d'abord au plus gros qui faifoit
YAif- & d'arriere, retranchez avec des fà- grand feu de fon canon, &c trés de
feanx Anglois bords pour le canon, des meurtrieres, fa moufqueterie, comme c'eft ECE coûtetran- des coffres à feu, des grenades Jardées, rumedesAnglois. On lebattit pendant
chez. Tom. Z. K
trois
poxrjmu- --- Page 106 ---
NOUVEAUX
:694. trois quarts d'heure dans fa hanche VOYAGES &c
AUX ISLES
dans fon arcaffe à coups de canon & de quartier &c fe rendirent: ils avoient eu
fufil, après quoi on i'elongea, & M. quinze hommes tuez, &c environ
169A
Pinel fejetta deftsavecfoixante &c dix bleffez; nos Flibuftiers curent 4.
is
poxrjmu- --- Page 106 ---
NOUVEAUX
:694. trois quarts d'heure dans fa hanche VOYAGES &c
AUX ISLES
dans fon arcaffe à coups de canon & de quartier &c fe rendirent: ils avoient eu
fufil, après quoi on i'elongea, & M. quinze hommes tuez, &c environ
169A
Pinel fejetta deftsavecfoixante &c dix bleffez; nos Flibuftiers curent 4. vingt
hommcs. mestuez fur lc vaiffeau & cinq homCeux qui entrerent parl'avant, trou- ils border. cn avoient eu fix autres avant bleffez, d'averent par hazard une petite écoutille,
les Anglois n'avoient fongé à vaiffeau Pendanrqu'onfe battoit ainfi dans le
fimies en fe retirant fous T" gaillard,
Anglois, fon camarade faifoit
ils y. jetterent un flacon de verre plein toûjours feu de fon canon fur la Corde poudre, entouré de quatre ou cing vette qui lui répondoit du fien & de fa
bouts de méche alluméc qui mirent lc moufqueterie, de
fans'éloigncr
feu à la poudre dans le moment que le fon monde qui combattoit beaucoup dans le
flacon febrifac ent tombantqui grilla d'u- vaiffeau qu'on avoit abordé, dans l'innc G horrible façon fept ou huit An- certitude dès
du fuccès du combat; mais
glois, 7 qu'ils demanderent
qu'il vit la viétoire affuréc,
ainfi on s'empara de ce gaillard quartier au- $ qu'on amena le pavillon, il fe rendit parce
roit donné beaucoup de peine, qui faris donner la pcine à la Corvette de
mettoit nos gens entre deux feux: dans l'aborders s'il fcfut rendu plàtôt il aulc méme tems ceus qui étoient fur le de roit fon confervé la vie à quatre hommes
pont ayant trouvé un canon qui étoit huit ou équipage, & n'auroit pas cu
chargé, le pointerent contrelegaillard
neufbleffez comme il fe trouva
d'arriere, & letirerent contreleretran- qu'il avoit, quand nos gens s'en
chement où il fit beaucouq de fracas, rerent. empapendant que ceux qui étoicnt montez Lorlque le vaiffeau qui va en courfe
fur le gailard éventoient les coffres à apparticnt aux Flibuftiers qui le
feu en les perçant à coups de piftoler, tent, Le ils partagent les prifes également. monaprèsquoils ne font plus d'effcts d'au- Capitaines, le
le
tres
Ouaitier-maitres
arrachoient lesg grenades lardécs, &c Chirurgicn leur
& le Pilote n'ont deffus
d'autres rompoient à coups de haches
lot qu'un prefent, dont autresi
lc
Tr
deffus du gaillard pour y. faire un fa- les fe gratifient. A l'égard du pillage, il
bord, pendant que ceux qui étoient de- partage également, fans
meurez fur le
&c qui s'étoient Acpulil-sapproprerie
perfonfous
de
écu,
RSTCE
EstiT chaloupe queles R
peine perdre fa part du profit
glois avoient eu l'imprudence de laiffer davoyage, &c louvent même d'êtredéjurle pont,faifoient feu fur les meurtrie- gradez, c'eft-a-dire, mis à terre dans
res & fur les fabords du retranchement quelque Ifle deferte, ou du moins chafavec tant de fuccès, que la vivacité des fez du bord.
fonfous
de
écu,
RSTCE
EstiT chaloupe queles R
peine perdre fa part du profit
glois avoient eu l'imprudence de laiffer davoyage, &c louvent même d'êtredéjurle pont,faifoient feu fur les meurtrie- gradez, c'eft-a-dire, mis à terre dans
res & fur les fabords du retranchement quelque Ifle deferte, ou du moins chafavec tant de fuccès, que la vivacité des fez du bord. Mais quand le bâtiment:
Angloisfut
n'appartient pas à léquipager les Arcurent nombre theasnimmprerend de morts & de
mateurs ou Proprietaires du bâtiment
mais CC qui acheva le combat, bleifezs furenc du prennent un tiers des prifes pour la part
quclquesi flacons de poudre &c de grena- boulets vaiffeau, &c les les vivrcs, la poudre, les
desqurionjens fait fur le' par) le fabord qu'on avoit tiers fe
grenades. Les deux autres
gaillard. Ils en furent telle- bien partagent à tout
ment incommodez, qu'ils demanderent
entendu qu'avant toutes l'equipages choles,
on a pris le dixicme pour T'Amiral ou
Gou- --- Page 107 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 1594. Gouverneur quia donnéla commiflion, deux lots; lel Pilote &le Chirurgien un 1691. &cqu'on a payéle Chirurgien, les blef- lot &demichacun. Chalfe fez 8cles eftropiez. L'acte qui contient Avant la paix de Rifvick on donnoit
partie toutes les conditions fous lefquelles on leslots en c/peces, mais dans cettc der0u con- fait la courfe, s'appelle Chaffe-partie. niere guerre, les Bourgeois ou Armaditions
conditions,
teursontj
étoit de leur interêt
fous lef- Lesp principales deces leur lot un font, écu def faire vendre tjugéquil les effets, & d'en
quelles fait quel lesl bleifez ont outre
enfuite le prix: cela a donné NAs
i courfe par jour
leur nourriture mains du pendant Chirur- uneinfinité ger
defriponnerics, tant deleur
Sux 4fes qu'ils TEIen eft entre obligé les de les panfer &c de part que de celle des Quartiers-maitres,
gien,. fournir remedess ce tems eft
& la négligence de ccux qui pouvoient
Pordinaire! limitéà foixante jours. Bcet y. apporter duremede, a caulé la deferfont eftropiez d'un bras ou d'une tion d'un grand nombre de Flibuftiers,
jambe qui emportéc, ou rendus inutiles, comachiedinicrapes Quandj'cus confideréà loifir la Coront fix cens écus pour chaque membre; le
vette & fes
je voulus acheter un
on donne trois cens écus
pouprifes, une caiffe de chandelcc, l'index de la main ik & un ceil; quartdel beure&c demandai le
cent écus pour chacun des autres doigts.
bras ou d'une tion d'un grand nombre de Flibuftiers,
jambe qui emportéc, ou rendus inutiles, comachiedinicrapes Quandj'cus confideréà loifir la Coront fix cens écus pour chaque membre; le
vette & fes
je voulus acheter un
on donne trois cens écus
pouprifes, une caiffe de chandelcc, l'index de la main ik & un ceil; quartdel beure&c demandai le
cent écus pour chacun des autres doigts. les,J'en
prix fort au QuartierCeux font obligez de porter une maître, quimerépondit obligeamcanule EnE réputez comme eftropiez, ment, quej pouvois choifir ce que je
écus
ceux voudrois, E qu'enfuite nous nous ac-
& ont fix cens aufli-bien bras
commoderions enfemble. Je fis donc Prefent
ayant une jambe ou un de c nouveau. bois, choifir un quart de beure d'environ les
s'ils viennent à les perdre
&cunecaiffe de chan- Eas
Soitquel'on falle prife ou non, lcs Ar- vingt-cinglivres, delles du même poids; mais quand tiers à
mateurs & les Flibuftiers font obligez
jehu ilfdxde faire la courfe jufqu'à ce
ait voulus en fçavoir le étoicnt prix pour aflez payer, confi- teur. les bleffez E les cf- me ditque ies prifes
gagné tropicz. pour Lapart payer oul le lot des morts eft derables pour me faire prefent de CCS
donnée à leur matclot ou camarade, ou bagatelles, & de cinquante bouteilles dans
quand il ne s'en trouve point, à leurs debiereecde cidre la fit moindre mettre choheritiers fi on les connoit; fi non on le mon canot;
E
diftribucauxpauvres &caux Eglifespour fe qu'il me pouvoit offrir pour la peine
faire prier Dicu pour lc défunt;caron que j'avois eud à chanter la Mefle pour
aime mieux prendre cC parti que de le cux, & pour la part qu'il efperoit que
remettre entre les mains du Procureur jeletiraccorderoisdanst mespricres. des biens vacquans, parce qu'on fçait On trouvera peut étre en Europe des
quc c'eft un abime qui ablorbe tout ces manieres extraordinaires pour de
fansjamaisrendre rien. Celui qui a dé- Flibuftiers, en qui on fiuppole peu l'Acouvert le bâtiment qu'on a pris, a un picté; mais ceux qui connoiffent trésdemi-lot plus que les autres; chaque merique, fçavent qu'ils de ont leurs un bonnes
boé ou mouffe a un demi-lot; le
grand foin defaire part &c s'ils troufent qu'on fait pour Pordinaire au N fortunes aux leurs Eglifes,
ornemens
dans
8uF
pitainevailavaleur dc trois lots, quel- vent
des étoffes prifes
à cn
quefois quatre; le Quartier-maitre qui d'Eglife, ou
propres de les
cit la feconde perfonne du bâtiment a fairc, ils ne manquent jamais donK 2 --- Page 108 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX
1694. donner aux Eglifes qu'ils fréquentent. fon
ISLES
Le Samedi fixiémeMarsle P.Dattez à cngtpmnentéamachest, il fe mit 1694
partit pour faint Domingue; il s'em- marchandife torquer du tabac, qui étoit alors la
barqua dans une barque de Flibuftiers fon
des Ines; & quand la faiqui alloit porter des ordres de la Cour detorquerétoit palléc, il travailloit
encettelde-Jà &à fainte Croix; je l'al- defonmétier.
LES
Le Samedi fixiémeMarsle P.Dattez à cngtpmnentéamachest, il fe mit 1694
partit pour faint Domingue; il s'em- marchandife torquer du tabac, qui étoit alors la
barqua dans une barque de Flibuftiers fon
des Ines; & quand la faiqui alloit porter des ordres de la Cour detorquerétoit palléc, il travailloit
encettelde-Jà &à fainte Croix; je l'al- defonmétier. Ils'allocia avec un autre
laiconduire à bord, après quoi je mon- torqueur, doneilhentaquelger années
tai à cheval pour me rendre à ma Pa- Mhalitecanenees en
roiffe,
Sheurecufement,
courfe, de
Le lendemain qui étoit le
il fe vit cn état d'établir qu'entres-peud une tems
Dimanche dumois, dédisale-derotion premier & de faire des établiffemens en fucreric, divers
dul bre Rolaire,je confeffai un grand nom- quartiers de I'Ile. Quand j'arrivai à la
de perfonnes, & comme outre les Martinique du
il avoit fix fucreries, celle
deux Catechilmes j'avois cncore été Précheur où il demeuroit étoit acobligé de précher, de faire la Procef- compagnée Il
d'une très-belle
fion & la benediction du faint Sacre- à enavoit une autre dans la raffinerie. ment, il étoit une hcure après midi une lieué de celle-là; une à montagne la Pointe
quand je fortis de l'Eglife. M. Dauvil- à desNegres l'ance de la auprès du Fort Royal; une
leMarguillierdeis Paroiffe, prévoyant ma Paroiffe. Couleuvre, & dcux dans
de tant de fonétions Faurois' be- cens
On comptoit plus dehuit
ER quelque nourriture, avoit fait bliffemens. Negres travaillans. dans ces étaapporter avoitinvité à diner leP.lc au Pretbytere, & y tois venu de Son Francc, fils aincarecisguelye étoit
unsdesprincipaux habitans Breton & du quelques- de Milice, & une de fes filles Capitsine avoit 6. Jc ne fçavois rien de tour ccla, quartier. & poufé M. dclaFoliliere, Capitaine d'un
fusfort étonné en entrant chez moi je vaifeaudul Roi. trouver la table dreffée & le diner tout d'y M.Jean Roy cftmort en 1707. étant
prét. Il faur avouer que j'étois charmé pour lors Doyen du Confeil,
des manieres de mes Paroifiens, S
Capitaine de Milice de lIlc, premier & fans
jeuffe voulu leurenr marquer ma recon- que contredit toit
le plus ancien habitant. Ilénoillance par des fervices plus confidepour lors âgé de plus de quatrerables, que n'étoit mon alliduitéa mes vingt-dixans. Ilal laifé aux onze enfans
devoirs. foixante qu'ilavoite cusde. Lucc Brumanfaf femme
Je laiffaila compagnie au Prelbytere la moitié & douze Negres chacun, avec
d'unch pendant caidedets j'allai confefler un Negre cequ'ilsavoient d'une fucreric, fans compter
deM.Roy, carilena- efets qui fe reçlen mariage, &les
HATETECASASIN fon & en France.
mes vingt-dixans. Ilal laifé aux onze enfans
devoirs. foixante qu'ilavoite cusde. Lucc Brumanfaf femme
Je laiffaila compagnie au Prelbytere la moitié & douze Negres chacun, avec
d'unch pendant caidedets j'allai confefler un Negre cequ'ilsavoient d'une fucreric, fans compter
deM.Roy, carilena- efets qui fe reçlen mariage, &les
HATETECASASIN fon & en France. fonttrouvez dans fa maiPNrmsak
C'étoit un très-bon
Hijfsire du fieur fans droits&c quartiers de P'Ile. On ne
homme;il fiquement; étoitlogé &cmeublé magniJean cet étonnement penfer à la fortune ECE
ilrecevoitp parfaitement bien
Ray, connu homme. Il étoit venu aux Iiles en ceuxquia bienfaifant, alloient chez lui; charitable &
auzifes nées qualitéd'engagé, quela Colonic danslesp premieres an- dire. L'Eglife au du de-là Précheur de ce qu'on peut
Jous'le nom du mcr; il étoit de Bordeaux, commença tailleur à fe for- Paroiffe lui eft redevable étoit (
ou
&
bâti8RS
Rot chauffetier de fon métier. Lc tems de ment, vafes facrez de &c la des plus grande partic des. orncmens qui y font
en --- Page 109 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 1694. engrand nombrc, ilavoit lamémecha- lui. Badfayéeradidvedet 1694a
rité pour! lesl Paroiffes où ilavoit des ha- di avant lel Dimanche des Rameaux, &c
bitations. Sa memoire étoit fi hcureufe ce ne fut pas fans peine qu'il mc laifa la
qu'il fe fouvenoit des moindres circonf- libertéde me retirer dans ma maifon Cutances des chofes quis'étoient pallées de- riale. Jevoulusluifaire prefent de ce
de foixante & dixans, comme Monfieur Pinel & les Flibuftiers E
Ea abes euffent été prefentes. Comme je voicnt donné: mais il me fut impollible
lev voyoisatlezfouvent, j'avois un plaitir de lui faire alcepter la moindre chofe;
extréme à lentendre raconter les com- feulementaprès bien des ceremonies, il
mencemens de nos Colonies, fes diffe- prit un des fromages à condition de me
rens voyages &c fes avantures. le rendre, ce quila fait cinq ou fixfois,
LeSamedi 13- le canot Monfieur difanttoljours quand ilm'en renvoyoit,
Michel avoit envoyé au Po S. Pierre quec'étoit celui qu'il m'avoit emprunté. pour apporter mon bagage, revintavec Jachevaicette femainel l'état des ames
tout ce que je voulois taire apporter, de ma Paroifle. J'y trouvai deux cens
excepté mon lit. Monfieur Michel fit vingt-neuf perfonncs de Communion 3
femblant defe fàcherà caufe decela con- foixante & dix-huit enfinsquin'avoient
trefes Negres, & moije fus affezfimple pas encore communié, fix cens nonancroire qu'il le failoit tout de bon, te fix Negres petits ou grands, parmi
ET pour travailler à l'appaiter.
porter, de ma Paroifle. J'y trouvai deux cens
excepté mon lit. Monfieur Michel fit vingt-neuf perfonncs de Communion 3
femblant defe fàcherà caufe decela con- foixante & dix-huit enfinsquin'avoient
trefes Negres, & moije fus affezfimple pas encore communié, fix cens nonancroire qu'il le failoit tout de bon, te fix Negres petits ou grands, parmi
ET pour travailler à l'appaiter. Jc fçûs lelquelsily cn avoit foixante & quatre
quclques! sheuresaprès squilleuravoitder avoient communié, & cinquantefendu delapporter, afin d'avoircepre- Rus qui n'avoient pas encore reçu le
texte) pouri atnumniplanioengemiches Baptème. C H A P I T R E
X. Etat des) Paroifes des Ifles, des Curez qui les defervent, e leurs droits. OXE fpirituel cft adminiftré dans cheurs, quel'on appelleaux Iilesles Pe2 toutes les Ifles par des Reli- res blancs, comme onappelleles Jefuites
gieux 3 il y a eu autrefois les Peres noirs. STAE SA des Prétres féculiers qui ont LesJefuites deffervent cinq] Paroiffes,
eu foin de quelques Paroiffes, mais ce- qui font, celle du Fort Saint Pierre, du
la a duré peu; & les Religieux de dif- Précheur, du Carbct, de la Caffe-piloferens Ordres qui avoient accompagné te, & du Cul-de-fac à Vache. Ils ont
les habitans qui ont commencé la colo- depuis cedé cette Paroiffe aux Capunic, s'y font toujours maintenus, & la cins. Couradepuis très-longtems jugéa
Les Capsisseim@estbest des
pos, de n'admettre point d'autres LROE fe&cdelaforterelfe duFort Royal,
fiaftiques. Paroiffes duTrou-au-Chat, du'Cul-deVoicy, T'état des Paroiffes qui étoicnt fac Marin, & deux autres qui font aux
ala.Martiniqueen 1694. Jeparleraidans &des chan- ances Les Darlet. Jacobins avoient la Paroiffe du
leurtemsdes: augmentations font arrivez. Elles étoient Motillage, dont l'Eglife leur appartegemens
lesCa- noit, & fix autres Paroiffes à la Cabctoutes TSE1EE par lesJefuites, Frercs Pré- fterre
fainte Anne
pucins & les Jacobins ou
del'Iile, quiétoient,
du
K3 --- Page 110 ---
78 NOUVEAUX VOYAGES
5604. duMacouba, fintJeanl BaptiftedelaBalAUX ISLES
fe-pointe, Ance; fainte Hiacinte à la grande ferve du Comte de Cerillac, dont il: a
faint Paulaul Marigot, faintcMa- gratifénotreCrdre, mais quifauted'é- 1694. rieauquartier du même nom, 8cla' Tri- trehabitée, veulent cftenp proye a cous
nitéquieftun Port & un Bourg confides'y établir. ceuxqui
rable à la Cabefterre,
L'Ie de
aété
A la Guadeloupe il ya des Capucins, par les Jefuites S.Chriflophles & par les Capucins; deffervie les
Province desJacobins, des Carmes éhauffez de la Carmes Eglife y: avoient une habitation & une
de'Tourraine.
- trehabitée, veulent cftenp proye a cous
nitéquieftun Port & un Bourg confides'y établir. ceuxqui
rable à la Cabefterre,
L'Ie de
aété
A la Guadeloupe il ya des Capucins, par les Jefuites S.Chriflophles & par les Capucins; deffervie les
Province desJacobins, des Carmes éhauffez de la Carmes Eglife y: avoient une habitation & une
de'Tourraine. M. Houelavoit
quir n'étoit pas Paroifliale. Nous
appellé ces derniers dans le tems
y avions confervé" une
étoit Seigneur & Proprietaire de qu'il & une habitation, petite Chapelle
Inle; pendant un
cette rendu aux
après que l'on cut
furent contraintsd'ayoir procés que nos Percs Hledont Anglois là partic de cette
jet des terres qui nous avoient avec lui au fu- la guerre onlesavoit de 1666. & dépotillez pendant
cedées par la premicre
été con- ples l'on nous avoit leurs donné trois Temfit l'établifement de la Compagnic qui faire 92's Service &
pour
1635. Quoiqueles Carmes Guadeloupe en cremens aux
adminiftrer les Sacun Bref du
ils n'euflentauà Catholiques François &c
par la tolerance Pape, ne laifloient pas Irlandois, qui on avoir partagé les
d'exercer lcs fonctions des autres Religicux, habitations Lei fpirituel conquiles de Tile fur les Anglois. Paroifle du Bourg dela curialles dans la tolijours été adminiftré de Sainte Croix a
celle du vicuxl Fort, & dest Balle-terre,dans trois rivieres depuis qu'on commença à Par nos Peres
qui leur avoit été cedéc par les]
julqu'en 1696. s'y établir,
Ils avoient aufli foin desl Paroiflesd Jeftites. Colonic pour qu'on tranfporta cette
ricGalante & des Saintcs, fondez deMa- feule- Domingue: il augmenter fallut fuivre celle le de fort Saint des
mentfuru nication uneprétendué Bulle dec commu- autres, la
Nous y portâmes lesattirailsde
Mandians, des Privileges des Religieux ronfoisante&cdix fucrerie quei nous yavions avec envipeuvent jotir, dontilaprétendent quand ilsonté cété que uncf tous fois tits. C'eft avec Negres ce fecours grands ou pcaccordez à un de ces Ordres. avons fait
que Mif nous
ont
fion
fenaidcmenrqueadme
nombre LesJefuites une fucrerie & grand au poffede dans PIe des. Domingue
d'Efclavesàla
quartier de la
riviere
y ont outre cela une belle Guadeloupes ils ganc. petite
à Leobellel Eglife dans le
maifon Ils & une LesInles de S. Martin &
des Negres qui fe trouvent Bourg. ont foin lemi ont été
de S. Bartheroifle des Carmes. dans la Pa- depuisque nos deffervies Peres lesonta Par les Capucins
L'Ie de la Grenade eft deffervic
Nos abandonnées
les
muredeReligiens. Capucins depuis que nous l'avons par un terrein confiderable Miflionsavoient dans la
abandonnécy étant
de ces deux Iiles. premicre
lence d'un Gouverneur ceontraimosparlavio L'Ifle de Cayenne fut
laCompagnied
quiyfurr mis Par les Capucins qui y.
que nos deffervies Peres lesonta Par les Capucins
L'Ie de la Grenade eft deffervic
Nos abandonnées
les
muredeReligiens. Capucins depuis que nous l'avons par un terrein confiderable Miflionsavoient dans la
abandonnécy étant
de ces deux Iiles. premicre
lence d'un Gouverneur ceontraimosparlavio L'Ifle de Cayenne fut
laCompagnied
quiyfurr mis Par les Capucins qui y. vinrent deffervie avec par
te de Cerillac cerodealsgisiriccie qui en étoit
miers habitans qui y furent envoyez les preavoit été obligé de la proprictaire une
par
poffedons une
vendre; ; nous y En compigmiedeMachands 1652. ilfefit une autre deRolien. lcFondo dug dfgnndetencarpeid quiobtint du Roi àd certaines Compagnic
sgamitonesgurtine la propricté de cettelile, &c conditions de la terre
ferme, --- Page 111 ---
FRANCOISES DE
1694 ferme; depuis le cap du Nord
LAMERIQUE
la riviere des Amazones. jufqu'à avec eux le foin des ames. II fut 79
gnie à la tétedelaquelle étoitl'Abbé CetteCompa de Puyé dans la demande qu'il en fit à 1694
File Marivault,
Cour Par une Requéte des
Ja:
:
duire desl Prêtres jugenipropos & d'ycon- Officicrs &c habitans qui principaux cobins
tres un certain Monfieur fccaliers, entre au- nos] Peres. LeRoi
demandoient. foms apdonnéla peine d'écrire THiftoirct Bict qui s'eft mandes, &c leSuperieur confentit de nôtre à leursdc- Mic pellez pour def
& que de cette entreprife qui tragi- fion de la Martinique eut ordre en- Jervir sane
le finit en moins de vingt commença mois, fous voyer deux Religicux ; mais commc d'y roife Pa- à
titre d'Hiftoire de la France
nous en avions à peine pour fournir Cayerne
nodtiale. Il a joint à ce qu'il avoit équi- re- nos Eglifes, il n'en put
marqué à Cayenne, lep peu à vû qui futun de nos
envoyer qu'un
paffant aux Ifles du vent qu'il en gc, le Perel Compagnons de voyaen France, c'eft-à-dire à en retournant barque qui remontoit: Romanet,g à qui ifefervitd'ine
Martinique & à la
la rade de la eftrouta fait extraordinaire. Cayenne, II cequi
comme cela n'auroit Guadeloupe 5 mais ât fon arrivée que le Gouverneur trouva
ouvrage, a mis gucres groffi fon Jefuites s'étoient
& les
adecertaines ily
tout ce qu'il a plà felon les
accommodez, & que
memoires, platôt gens quilui ont donné des de F'accord, apparences étoit une des conditions
interefts &c leurs pour favorifer leurs roient point reçûs. que Le nos Peres nc fcl'inftruire de la verité; paflions c'cft que pour ne laiffa pas d'être aflez Perc) Romanet
fon Livre eft
cc qui fait Gouverneurs
bien reçu du
TLN
rempli de quantité de civilité. Ils1 lesJefuites le comblerent
en aucune façon Quoiqu'ils nos ne touchaffent une chambre chez lobligerent ils de prendre
du Tertre mon confrere, Miffions, n'a le Pere gnoient Par tout, eux, ils lui l'accompad'en refuter une.
ions c'cft que pour ne laiffa pas d'être aflez Perc) Romanet
fon Livre eft
cc qui fait Gouverneurs
bien reçu du
TLN
rempli de quantité de civilité. Ils1 lesJefuites le comblerent
en aucune façon Quoiqu'ils nos ne touchaffent une chambre chez lobligerent ils de prendre
du Tertre mon confrere, Miffions, n'a le Pere gnoient Par tout, eux, ils lui l'accompad'en refuter une. partic dans fon paslaiffe qu'ils avoient encore plus témoignoient
re generale des Antilles. Hiltoi- le Gouverneur &c les
d'envie que
pas de peine à achever, mais Je n'aurois tager avec lui le foin habitans des ames. de parcct Auteur eft mort, & qu'il n'a comme laiflé après l'avoir traité avec toutes fortes Mais de
commifion à perfonne de répondre il charité fut chez eux pendant quatre
pour lui, je ne veux pas troubler fon fans obligéderevenir à la
mois,
repos. avoir pû rien conclure Mlaninigue, pour un étaAprès la déroute de cettc Compa- bliflement; &c il apprit à fes dépens
gnic, les Jefuites y vinrent avec celle pour étre forti de Limoges depuis que
qui fe forma en 1664- & s'y font ans, &cavoir vû tant dep Pais, iln'en
toûjours
plus)
el
maintenus feuls. habilehomme, puifqu'il
en 1694. qu'une Paroifle Ilsn'avoient aa s'appercevoir en
de auroit
danslIfle dc
le
très-peu jours
Cayenne, & un Miltonnaineambulant qu'on joiioit. qui alloir adminiftrer les Sacremens les Lesjeluites ont un Millionnaire chez
aux habitans de laterreferme. LeMar- frere Sauvages de PIle S. Vincent, &un
quis de Ferolles qui en étoit GouverCoadjuteur qui lui fert de Comneur en 1696, avoit fouvent des diffe- pagnon. LeRoi leur donne
rens avcceux. Il crut que pour
dix-huit cens livres pour quinze ou
dre plus traitables, il falloit lesren- Jc ne croi qu'elle ait cettcMiflion. été encore
d'autres Miflionnaires qui appeller d'aucune ondnes Les Caraibes ne font
partagcaffent pas gens quis'embaraffent de Tecevoir
our --- Page 112 ---
NOUVEAUX VOYAGES
1094. ouded quitter quelqucs fortes del Rcligion
AUX ISLES
que cefoit. Jeparleraid dans unautre en- Les Paroiffesdes Capucinedela/Marti- 1604
droit de leur indifference, & de leurs niquefonttoutes: i neufr millelivres, exmceurs. ceptécelleduForti Royal quia vingt-un
La partie Françoife de T'Hle deSaint millelivresp pourdeux Religieux, ,ilsont
Domingue, eltdiverféec endeuse quartiers môniers outre cela cinq cens francs comme Auprincipaux. Celui du Nord qui com- Les dela Fortereffe. prend] leCapFrançois, &cle
Paroiffes des Jacobins étant de
& celui delOueftg
portPaix, differentes cipeces, leurs penfions font
ne.
uForti Royal quia vingt-un
La partie Françoife de T'Hle deSaint millelivresp pourdeux Religieux, ,ilsont
Domingue, eltdiverféec endeuse quartiers môniers outre cela cinq cens francs comme Auprincipaux. Celui du Nord qui com- Les dela Fortereffe. prend] leCapFrançois, &cle
Paroiffes des Jacobins étant de
& celui delOueftg
portPaix, differentes cipeces, leurs penfions font
ne. Les Capucins Equ'onappelleLcoga aufli differentess celle du Motillage a
rituel danslay partiedul siminitroientleipi. Nord, Scavoient vingt un mille livres pour deux Reliencore dcs Paroiffes dans la partie de
2 Maric celle de la Balle-pointe & de
POucft. Les Peres
ont
E
Blancs ou
chacune douze mille
y avoient trois Paroiffes Jacobins livres, &cles autresn'ont neufmille
Difriqui font les livres, mais afin que que
barion KerpuciEmencadcle & du
petitel Riviere,
le nos Religieux
desPaCul-de-fac. Le fpiritucl a étéad- foienteuscgaux, la
Superieurprend fur
reifes miniftré de cette maniere
Paroifie du Mouillage 12000. livros
dans 1702. que les
jufques en de fucre pour ajoûter aux 0000. livres
Lie de tré au Miniftre Capucins ayant remon- qu'ont les Paroiffes
S.Do- fournir le nombre quils de ne pouvoient pas leur faire à tous uni revenuf nouvelles afin de
mingue. faires
Religieux necef- livres defucre
fixede1z000
pour Ccs Miflions, on a donné des
brut. A l'égard du cafuel
auxJeluites la partie du Nord com- Paroiffes, ileftdifierentfelon la difmence au Cap François, & Aute à la il ference des lieux où elles font fituées 5
ziviere delArtibouite, & Jes Jacobins confifte feulement dans les droits de
ont eu tout le refte de PIle, à com- fepulture cations des & de mariage, & les publimencerà beron cette riviere jufqu'au cap Tibancs pour les perfonnes
qui eft le plus Occidental de libres, car à l'egard des efclares on
l'lfle où commence la conceflion de la n'exigerien eux. d'cux ni de leurs maitres
Compagnie de PIile à Vache à
pour
La levée des corps
le
le Roi a permis de choifir tels Ec- qui Curé va chercher à la maifon eft que taxée
cleliaftiques qu'elle jugera à propos. dans les Paroiffes du FortS. Picrre, du
C'eftle Roi qui éntretient les Reli- Molillage & du Fort Roval, à
gieux Curez des Iiles du Venr, c'eft-a- livres, 9 dans les autres lieux de' quinze l'Ifle
dire de toutcs les Ifles, excepté celle de à fix livres; on donne dans les trois
S. Domingue. Les penfions des Curez Eglifes ci-deffus neuf livres Pour chafe prennent fur le domaine du Roi aux que grande Meffe, &c dans le refte de
Rivenas Ifles. Toutes les Cures anciennes ont lIde quatre livres dix fols; ; les Meffes
desCx- TesauX douze mille livres de fucre brut, &c les baffes des bancs a une livre, les publications
Hesde nouvelles feulement neuf mille livres. fols
pour les mariages à
Fent, Comme les Paroiffes des Jefuites à la
chacune, & les certificats de vingt
diràla cep-a- Martinique font toutes anciennes, ellcs fols.
outes les Cures anciennes ont lIde quatre livres dix fols; ; les Meffes
desCx- TesauX douze mille livres de fucre brut, &c les baffes des bancs a une livre, les publications
Hesde nouvelles feulement neuf mille livres. fols
pour les mariages à
Fent, Comme les Paroiffes des Jefuites à la
chacune, & les certificats de vingt
diràla cep-a- Martinique font toutes anciennes, ellcs fols. têmes, mariages ou fepultures à BapMarti- font aufi toutcs à douze mille livres
Alégird des autres fonctions vinge on
nigae,la de fucre, celle du Fort S. Pierre a de reçoitce cela quel les fideles prefentent quand
loxpe, Gxade- plus neuf mille livres Pour un feconarrive, mais on ne demande
daire. rien. jamais
o
Quandjarrivai au Iiles nos penfions
étoient --- Page 113 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 8x
N694. étoient payées en fucre brut, qui à Cau- Les Licutenans de Roi ont vingt mille 1694
fede la guerre étoit une marchandife fi livres de fucre, & cinq cens livres de
#rix du décriée qu'à peine la pouvoit-on négo- gratification. Les Juges Royaux des
fucre brut 4- cier en marchandife, fur le pied d'un trois Illes ci-deffus, lcs Procureurs du
want la éculecent, pendant que toutes lcs pro- Roi,8cles Esecutetnadel.jJuticy ont
paix de vifions qui venoient de France étoient chacundouze mille livres defucre. Les
Riftick, à unprix exceffif. Mais ce même fucre Confeillers au Confeil Superieur, ont
étant venu à encherir vers la fin de douze cens livres de fucre, ou Pexem1607. où on lc vendit jufqu'à cinq &c tion du droit de Capitation pourdouze
fix livresle cent, &c fon prix ayant cn- de leurs Efclaves. core. confiderablement augmenté après Le Domaine du Roi dans les Iiles En gusl
lapaix del Rifvick, lesl Fermiersdes Do- confifte dans le droit de Capitation que efope D
maincs du Roi obtinrent un Arreft du tous les hommes blancs ou noirslibres, maine
Confeil d'Etat qui fixa toutes les penefclaves, payent depuis l"'à- duRei,
tantdu Clergéque del'EtatMa- FREASE ge quatorze ans julques à foixante. E jor,, quatre livres dix fols le cent, Cedroiteftde cent livres de fucre brut
pendant ces mêmes Fermiers exi- effectif par an, pour ceux en font,
geoient E livres
cent pour les ou de fix francs ceux d n'en font
droits de capitation Pae ceux qui ne point. Ce font maîtres qui
fete
faifoient de fucre, & du fucre efleurs domeftiques
ou
TEICAE
pas
pour
engagez de
Zal Brs- feétif de ceux qui en faifoient.
fols le cent, Cedroiteftde cent livres de fucre brut
pendant ces mêmes Fermiers exi- effectif par an, pour ceux en font,
geoient E livres
cent pour les ou de fix francs ceux d n'en font
droits de capitation Pae ceux qui ne point. Ce font maîtres qui
fete
faifoient de fucre, & du fucre efleurs domeftiques
ou
TEICAE
pas
pour
engagez de
Zal Brs- feétif de ceux qui en faifoient. Ce fut claves. On payeencore un pourcent
neliere, 3 un nommé la Bruneliere infigne mal- toutle fucre qu'on livre avoir le
Direc- totier s'il en fut jamais, qui avoit fuc- droitdelepefer chez foi. Cabaseur du
dne
Domai- cedé à Monfieur de Vaucourtois qui ret paye deux mille livres de fucre par
10. donna cet avis à fes maitres. Par bon- an. Toutes les. Marchandifes quiarriheur pour les' Ifes fa Commiflion ne yent aux Ifles
un pour cent en
dura deux ans, car il auroit ruiné cfpece, ce qui F2E doit entendre feuletous habitans & tout le commerce ment des provifions de bouche; outre
s'ilye eât demeuré plus longtems. Mais cela le tiers des confifcations &c des
le départ decet honnète homme n'a
amendes entre dans le Domaine du
remediéaux maux qu'il a caufé, &c B Roi. puis ce tems-là lcs penfions des Curez, Tous les hommes blancs creolles 5 Ceux
colleadel'Etst/Major &cdes Officiers de c'eft-à-dire, nez dans les Iiles, & LE ne pas
Juftice ont été payées fur le pied de neralement toutes lcs femmes
TE
Fajats
quatre livres dix fols pour cent livres font exemptes du droit de Capitation a
de fucre. auffi-bien les efclaves, ferviteurs, de
T
Les appointemens du Gouverneur ou engagez que des Religieux ou des an- Capita: tiona
General, du Licutenant au Gouverne- ciens Seigneurs, Proprictaires, des Ifles
ment General, &c de lIntendant, font & lcursr reprefentans. Appoin- payez par le Trefor en France. Les Lespenfionsdes Religieux quideffertemmens GouverneursdelaMartinique, Guade- vent les Paroifles de S. Domingue ne
delisat Majer loupe & S. Chriftophle, ont foixante font payées par le Roi. Cc font Perfiont des Cxdusifes. mille livres de fucre payésà quatre li- les .SRR de chaque Paroiffe qui les rex às,
vres dix folsle cent aux Ifles, &c mille payent.Le Marguillier afoin d'en faire Domin:
écus de gratification payez en France. hurepartition &la levéc, & de la payergae. Soin. I. L
par --- Page 114 ---
8z
NOUVEAUX VOYAGES AUX
1694 par quartier au Curé, elle eft de trois
ISLES
cens écuspar an; & quand on elt obli- tprmomnatiget un
oupour 1027
gédetenirdeux Prétres dansune Paroif- il y homicide auroit volontaire; même
fe, on donne cent cinquante ou deux tréme dans ces lieux. là une quand excensé écuspourl lefecond. à necefité d'ouvriers; mais
Les penfions &c le cafuel des Curez l'homicide volontaire, on en quant
font bien plus confiderables à S.
écuspar an; & quand on elt obli- tprmomnatiget un
oupour 1027
gédetenirdeux Prétres dansune Paroif- il y homicide auroit volontaire; même
fe, on donne cent cinquante ou deux tréme dans ces lieux. là une quand excensé écuspourl lefecond. à necefité d'ouvriers; mais
Les penfions &c le cafuel des Curez l'homicide volontaire, on en quant
font bien plus confiderables à S. Do- difpenfer và cela dans un beloinprefant, ,pour- pourra
mingue doit qu'aux Iflcs du Vent. Mais on dans pais. ne caufe point de fcandale
confiderer. :
fionsdebouche que toutes les provi- 2. qui viennent
comme
Ithodohenmethiene
font le vin, la farine, d'Europe, les vian- fimples, mème celui de chafteté en
des fallécs, les épiceries, &c generale- d'autres une ceuvres de pieté, &c cela
ment toutes les autres chofes dont on a de caufe raifonnable, exceptéle pour voeu
befoin pourfenourrir, fevétir&c fer mé- 3. Religion. dicamenter, às.1
fontinfiniment plus cheres tes fortes D'abfoudre de &c de difpenferde touDominguequ'aux autres liles,
fimonies, même de la
ce que l'argent y étant plus commun, par- réelle la en quittant les Benefices, &c de
toutes Les les denrées augmentent de prix. ment reftitution. en des fruits perçûs injuftedu Vent plus étoient petires monnoyes des Ifles autre penitence impolintquelque aumônc, ou
fols marqués de encore en 170g.les lonté de celui qui falutaire donne felon la vogue c'étoit les pieces France, de à S. Domin- ou fi les Bencfices font l'abfolution, &
ou les demi-réales d'Efpagne. quatre fols, les qu'il ne fc trouve perfonne Paroilfaux, capable de
point Leshabitansdes de droits de Dominguer ne Payent pables, remplir, &c leur on peut abfoudre les Cotlpayent deux fols Capitation, livre mais ils der. permettre de les garqaciquechol@pourle par fucreavecl'ientre- d'indigo, &c 4. De difpenfer dans le troifiéme &c
tiendes Curez &de l'Etat Major; cela quatriéme degré de confanguinité &c
vaut bien une Capitation, &
d'afinité fimple & mixte; & dansle
chofe dej plus. quelque deux, trois & quatriéme mixte, mais
Les differens Ordres Religieus
jamaisdansle fecondi fimple. Et
Tainomme.ci-.dcius, Prefet
ontà leurtéte que un a regarde le fecond les mariages contraétez pource
ment le Apoftolique, Supericur qui eft ordinaire- qu'ilne touche en degré aucune limple, pourvû
Miflions à qui la general de toutes les mierdegré, onen
façonau prepaganda fidé, donne Congregation les
de pro- qui viennent au fein pourra de dhifprenfer ceux
ellirespour! letpirituel, pouvoirs ne- les heretiques ou infideles, rEglile & cn ce étant cas
licux des Miflions ne font parce fous que on pourra déclarer legitimes les enfans. diétion d'aucun Evèque, foit laJuric provenuidecemariage
foit de P'Amerique. Voici une d'Europe, traduc- 5. Dedilpenfer de
tion des Privileges que le Pape accorde Thonnétete publique, l'empéchementde provenant des.
, pouvoirs ne- les heretiques ou infideles, rEglile & cn ce étant cas
licux des Miflions ne font parce fous que on pourra déclarer legitimes les enfans. diétion d'aucun Evèque, foit laJuric provenuidecemariage
foit de P'Amerique. Voici une d'Europe, traduc- 5. Dedilpenfer de
tion des Privileges que le Pape accorde Thonnétete publique, l'empéchementde provenant des. ordinairement aux Prefets
fiançailles. ques. Apoltoli- 6. De difpenfer de
I. De difpenfer de toutes fortes d'ir- regarde du crimé, Pourvà cependant l'empéchement qu'il ne
regularité, cxceptécelle qu'onae encou- aufli de aze le des droit parries 3 comme
qu'on pourroit
avoir --- Page 115 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
8;
dedemanderledevoir con- uftancilespourle Sacrifice dela Mefie. 1694. c0p avoirperdu,
13- De réciterle Rofaire ou quelque
jugal. De
de l'empéchement autre Priere fi on ne
porter avec
7. difpenfer
foi fon Breviaire, & Faore ne puiffe reahaaremntiont celui
citerl'Office divin, pour quelqu'empéfecontracte entre
qui baptile&cle chement legitime. baptifé. 8. Les difpenfes ordinaires des ma- 14. Dereconcilierles' benite Eglifes prophadans le
cing, fix &c nées,avec del'eaul eparunl Évéque,
ringes degré, quatre, ne fedoivent pointac- ou dans la neccllité avec del'eau-benire
feptiéme condition la femme ordinaire, &c de communiquer ce poucorder point qu'à éréenlevéc; ou dgeler l'a été, voiraux fimples Prêtres. n'ait
entre les mains du 15. Dc confacrerles Calices, les) Patequ'elle ne foit plus
Et
Autels portatifs avec del'huile
raviffeur, mais dans un lieu libre. nesécles benite
dans lcs lieux ouil
encore on ne fc fervir de ces pouparl'Eveque, oudans ceux oit
voirs que dans FRS lieux où il n'y aura leSiege n'ya pointd eft d'Evéques, vacant, ou bien éloigné de
point d'Evêque. De difpenferles Gentils SclesInfi- deuxj journées. de manger de lavianatines convertiflental la Foi, ayant 16. des De cufs difpenfer & du laitage pendant le
pluficurs femmes, qu'ilspuilfent garder de, Carême &c autres tems de jeine lors
Baptême celle quileurplaira,
RUEE qu'elle ait embraffé la Religion quwonlejngeraàpsopot, deux fois le
Chrétienne, à moins que la premiere 17.
difpenferles Gentils SclesInfi- deuxj journées. de manger de lavianatines convertiflental la Foi, ayant 16. des De cufs difpenfer & du laitage pendant le
pluficurs femmes, qu'ilspuilfent garder de, Carême &c autres tems de jeine lors
Baptême celle quileurplaira,
RUEE qu'elle ait embraffé la Religion quwonlejngeraàpsopot, deux fois le
Chrétienne, à moins que la premiere 17. s'il Decclebrerlaniele pour cela une grande nedc toutes les femmes qu'ils ont prifes jour, ceflité, lya qu'on n'aitpas pris I'ane voulût recevoir le Baptême, auquel blution pourvà à la
Meflé, quia dà
cas elle doit avoir del'Herefie,du: la preference. Schif- étre celebréc premiere une heure avantlaurores
1o.D'abloudred & de
de la Foi, toutes & la feconde après midi. On pourra
me
l'Apoftalic mémc les Ecclc- même celebrer fur un Autcl portatif
fortes de perionnes,
excep- fans Miniftre en pleine campagne fur
fiaftiques feculiers font des ou reguliers, lieux où PInqui- la terre, pourvà que ce foit un lieu
té fition ceux eft qui établie, à moins qu'ils ne fuf- décent, fur un Autelquoiquilfarr aucune Relique, rom- - en
fent tombez dans CCS crimes, dans les pu, &qu'il des n'yeût Heretiques ou excommulieux des Miffions, & où T'herefie eft prefencc
pourvà
dominante. Etencore excepté ceux qui Hmnshandioocinenes pas Heretique ou
ayant abjuré juridiquement font retom- queleMintincheioit & qu'on ne
celebez dans Therefie; à moins qu'étant nez excommunié,
puifle
étant re- brer autrement: In'et pourtant
dans un pais la heretique, foiblefle ne M euft fait mis de fe fervir du pouvoir de Paleis
tournez, & cette abfolution ne peut Mefle deux fois en un jour que trèstomber, fervir que dans le fore interieur. rarement, & pourdesrations &c en cela trés-fortes on charge
II. D'abfoudre de tousles cas refer- & très-preffantes, Celebrant. vez au S. Siege, &c même de ceux. qui la.confciencedu
font contenus dans la Bulle In Cana 18.D'accorderune Indulgenceplenic- fois qu'ils
Donini. reaux font Heretiquesla & à premicre tous les Fideles à
12. Debenir les ornemens & autres
abjuration,
larL 2
ment, & pourdesrations &c en cela trés-fortes on charge
II. D'abfoudre de tousles cas refer- & très-preffantes, Celebrant. vez au S. Siege, &c même de ceux. qui la.confciencedu
font contenus dans la Bulle In Cana 18.D'accorderune Indulgenceplenic- fois qu'ils
Donini. reaux font Heretiquesla & à premicre tous les Fideles à
12. Debenir les ornemens & autres
abjuration,
larL 2 --- Page 116 ---
84 NOUVEAUX VOYAGES
1694. Particle de la mort, qui font contrits
AUX ISLES
& confeflez, oudu moins quii font con- deffendus, excepté les
trits.
Charles Molinos, de Nicolas ouvrages de 1094
19. D'accorder une
vel &ctous ceux qui traitent de Machizniere trois fois l'année Indulgence dans
ple- logie judiciaire,
F'Aftrodequaranteheures qu'on lOraifon cidemment, ou principalement de
ou incertainsj jours à tous ceux indiquera quie dans que ce foit, à condition quelque manicre
trits &cc confellez, auront receu étantcon- la fainte vres des ne ponrront étre que ces hors LiCommunion.
lieux des Mliffions, tranfportez & les
20.
fionnaires ne Pourront que Mic
meles Derospoirseplignera, mémcs Indulgenees foi-mé- treslapermilliond adeleslire. donner à d'au21. Dc celebrer la Melfle des Mortsà 25. De communiquer ces
quelqueAutelquccer Autel
foit, méme fur un fa en Miflion tout ou en partie aux Religieux privileges de
feront portatif, tous les Lundis qui ne approuvée, la Congregation aura
pas
non
R
ncuf] empéchez par une Fête de tems & les
à d'autres, pour le
Leçons, ou s'ils font empéchez, lique
lieux que le
lesMardis, &cde délivrer felon leur injugera à propos, avec BieetAponse pouvoir de
niere tentionune amedu Purgatoire par ma- revoquer voirs qui font ou diminuer CCS mémes poudelufiage,
accordez. au
22. Dep porterle très-Saint Sacrement ou autre qui fuccedera, & Vice-prefet en
aux malades fans ceremonie & fans mort à celui ou à ceux qui font cas nom- dc
lumiere, & de le garder de la méme mez par la Congregation, ou
maniere pour la méme fin,
fuccedent de droit afin la qui leur
cependant que ce foit dans un dé- ne demeure pas fàns cuge Milffion
s'il
26.
fert
cents. y a quelque danger d'un faD'adminiftrer
crilege du côté des
quifontdela
touslesSacremens des
Infideles.
Heretiques ou des Ordinairess competence Curez ou
23. De fe vétir d'habits
fi de la Confirmations exceptéceux enfin del'Ordrese de fe
les Millionnaires ne peuvent feculiers, de ces privileges, &c de les
fervir
Nifaferautmueatdinsl leslicux demeurer deleur à ceux qui en auront beloin adminiftrer fans
Million.
cunc retribution.
aude 24. lire De les garder Livres dans leur maifon & accorde Tels font aux les privileges que le Pape
traitent de leur des Heretiques
Milionnaires. mettre ici, Jaijugea a
combattre, & Religion, afin de TL
afin que lc
tous lcs
puile
fi
RRERE
autres Livres une affaire juger que nous avions tort cEE
je
C H, A P I T. R E
rapporterai ci-après,
X I.
Depription du Roucou G de Plndigo:
OM Ans l'état quejefis de ma Pa- fit du fucre.
roiffe, je ne mc contentai fiens
Tous mes autres Paroif
pas de Içavoir le nombre des
s'occupoient à la culture du Rouj'oblervai ames qui la: compoloient, ceux-là. cou, delIndigo & du Cacao. Outre
encore les' marchandifes
iby avoit: nombre
s'y Frabriguoient. Je trouvai dorc qui differens, & d'autres qui d'ouvriers
jc n'avois que cinq. habitations où lon quc leurs habitations de cei qu'ils vivoient en re- far
cuicilloient, & des farines de Manioc
qu'ils
s'occupoient à la culture du Rouj'oblervai ames qui la: compoloient, ceux-là. cou, delIndigo & du Cacao. Outre
encore les' marchandifes
iby avoit: nombre
s'y Frabriguoient. Je trouvai dorc qui differens, & d'autres qui d'ouvriers
jc n'avois que cinq. habitations où lon quc leurs habitations de cei qu'ils vivoient en re- far
cuicilloient, & des farines de Manioc
qu'ils --- Page 117 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
S,
3621. qu'ils faifoient, & des beftiaux &c vo- ferme s'ouvre d'clle-méme. Il fuffit 1oo4
lailles qu'ils y élevoient, qui n'étoit pas qu'une ou deux foient ouvertes pour
letrafic lc moins confiderable, puifqu'il cueillir tout le bouquet qui en convient dut fond mémec de la terrc, 8cqu'il tient pour l'ordinaire huit ou dix,8
de l'argent comptant. quelquefois davantage fuivant lage de
Ea amplement du Sucrc, du debg T'arbreScla bonté du terrein. LcsNedu Manioc dans un autre endroit. Je gres grands & petits s'occupent a ouvais donner à prefent unc idée la plus vrir les gouffts ne le font pas fufjulte
pourrai du Roucou, de fa fifamment, cn E preffant avec les
qualité, SE faculture, defon ufage 2 des doigts, & font fortir avec l'ongle du
mauvaifes façons
y peut faire, & poucelesgraines quifont dedans, qu'ils
des moyens pour Ea decouvrir, & cn- recueillent dans des couis, c'eft-à-dire,
fuite jc parlerai de l'indigo:
dans des moiticz de calebaffes. On
LeRoucou les Eipagnols appel- met toutes ces graines dans des canots
lent Acbiote, LEGa une teinture rouge ou grandes auges de bois tout d'une
fert à mettre en premicre coulcur piecc, avec de Peau. On lesy laiffe
laines blanches qu'on veut teindre en pendant fept ou huit jours, & même
rouge, bleu,jaune, verd & autres cou- davantage jufqu'à ce que l'eau comleurs. Elleprovient d'une pellicule rou- mence a fermenter; alors on les rege qui couvre de petites graines blan- mue fortement avec des pagales de
ches & rondes dont eft rempli le fruit bois qui font comme de grandes
& tules, ou plûtôt comme des
Rc
STMSUN3Rpelles
qui vient par toute l'Amerique: ileft four, & on lcs pile avec des pilons de
pour l'ordinaire dela grandeurd'un pru- bois, afin de faire détacher la pellicule
nicr, mais beaucoup plus touffu; fon rouge du grain qu'elle couvre. On rc-. écorceeft noirâtre, festeuilles font affez commence ce manege quatre ou cinq
grandes, fortcs, dures &d d'un verd fon- fois, jufqu'à ce qu'il ne refte aucune
cé. 11 porte deux fois l'année des fleurs pelliculeaux; grains, après quoi onpafle
d'un rouge couleur de chair, Par gros letoutdans des hebichets, qui font des
bouquets qui rellemblentalfez auxroles cribles faits de rofeaux retendus, ou
fauvages oût bàtardcs, aufquelles fucce- de lataniers, dont les trous font allez
dentdesb bouquets de goulles, couvertes petits pour ne pas laiffer paffer les
depiquantscomme des chataignes, mais grains; l'eau que l'on cn tire pour lors
plus petites, étant ouvertesfe trou- eit affez épaiffe, fort rougeâtre & de
vent pleines 8 graines commc de pe- trés mauvaife odeur.
, ou
fauvages oût bàtardcs, aufquelles fucce- de lataniers, dont les trous font allez
dentdesb bouquets de goulles, couvertes petits pour ne pas laiffer paffer les
depiquantscomme des chataignes, mais grains; l'eau que l'on cn tire pour lors
plus petites, étant ouvertesfe trou- eit affez épaiffe, fort rougeâtre & de
vent pleines 8 graines commc de pe- trés mauvaife odeur. On a ordinairetitss sgrains dec ceriandrc, couverts d'une ment deux chaudieres de fer oudemépellicule incarnate qui fe détache dif- tal d'une bonne épaitauroguifonrmos
ficilement du grain qu'elle couvre,. tées &c fcellées chacune fur fon four--
qu'elle laiffe tout blanc 8c affez dur, neau, où T'on met cette cau, que Pon
quand elle en eft féparées cette pelli- faitbouillir: fortement; à mefure qu'elle
culemacerée: &c cuite, compofe la tcin- boult, on recueille dans de grand:s
turequ'onappelle Roucou. baflincs l'écume qu'ellejette, &c quand
Ori connoit que la graine eft meure elle ne rendplus d'écume, on la jette
& qu'elle a attcint fa parfaite coulcur, comme inutile, & on met à A place
quand la gouffe ou la coffe quilar rer- dans les chaudieres l'écume qu'on en
L 3
a --- Page 118 ---
56 NOUVEAUX VOYAGES
Koy4 a tiré. Onl la fait bouillir pendant dix
AUX ISLES
ou douze heures la remuant fans cefte huit La diftance la plus raifonnable eft de #04
avec une fpatule de bois, de crainte treticnt pieds en quarré; on le farcle 8cenqu'clle ne s'attache à la chaudiere où
comme lcs autresarbres. ellc pourroit brufler, ou du moins fc tre Quandilp pour le pouffe trop haut, on le chànoircir, On connoît qu'elle à fà cuiffon l'arbre en faire épuilir, & convertir
neceflaire quandelle commencedf fe débuiffon. tacher d'elle-méme de la fpatule; pour faint Onle cueille & deux fois l'année vers la
lorsonlaretire, onla met refroidir dans
Jean vers Noël. Celui qui eft
des baflines ou des canots debois bien àl plantéen Noël. Mars, Avril, May, rapporte
propres. Lorfqu'elle cft;
troide,
on en fait des pelottes EPR déux à trois Dès qe'ily cn: a dans une
une RoNci
livres chacune, &
collequisouvre, toutela grappe meu- werd,
le ne
pourempécherqu'el. re, &
FCETES
s'attache aux mains en les travailcelui que l'on cucille en cet état
lant, un a foin de feles frotterde tems s'appelle. Roucou verd. en tems avecde Thuile de palma Chrifi Quand on le veut laiffer fecherdavanou de carapat, commel'appellent les In- tage pourle garder & écaler &cfaireafon
diens. Lcs pelottes étant fnites, on les loifir, on attend à le cueillir qu'il y ait
envelope dans des feuillés de bafilier beaucoup plus de coffes feches que de
l'on a fait paffer fur le feu pour les vertes Roucou à la grappe, & on appelle cela
Saortr & lcs rendre plus maniables,
fec.
veut laiffer fecherdavanou de carapat, commel'appellent les In- tage pourle garder & écaler &cfaireafon
diens. Lcs pelottes étant fnites, on les loifir, on attend à le cueillir qu'il y ait
envelope dans des feuillés de bafilier beaucoup plus de coffes feches que de
l'on a fait paffer fur le feu pour les vertes Roucou à la grappe, & on appelle cela
Saortr & lcs rendre plus maniables,
fec. &on leslieavecdes aiguillettes de ma- LeRoucouverd ne fe
Routos
hot. quinzejours avant que IerE garderque/e. écalé' &c
Je viens de dire en peu de mots de fait, Roucou mais il rend un tiers plus gue le
quelle mmiercenfeticReuren,d & ccla
fec, &cleroucoue teneft plus beau. Pourra fuffire pour ceux qui ne fc fou- LeReucnsieci@ganden fort bien fix
cient pas d'entrer beaucoup dans cette mois, &onlepeurbattre pour l'écaler,
matiere, mais il faut contenter les plus après l'avoir fait un peu fecher au foleil
curieux en leur expliquant plus en dé- &clavoir remué
tail cette. Manufaéture. Pour écaler le Roucou verd il ne faut
que: & le romprc la coffe du côtéde) Ja
De le raaniere ds caltiver 8 de faire
tirér en bas: avec la peau qui queuc, envile Roucou. ronnel les graines fanss'tembarafferdee cette peau. Depuis le mois de Mars jufqu'à la fin il faur Aprés vos graines font écalées, Difirena
deNlay, c'eftletems deplanter le Rouardletr un canot ou pluficurs, fui- canotson
cou, neanmoinsquand vous
vant cequevousavez. de Roucou: à
dès Févricr &
leplanericrn quc vous appellez canot de faire, où fFAS l'on
aufli,
minejamne.lrenint Vous mettrez vos grainesà à trois trempe ou tremper met
dele planter anauereraiengs en Mars. tre fois, les battant un peu avec le qua- pi- leRoncons
Iinehautpour le planter, aprèsavoir lon, environ T'efpace d'unalforees anetoyé faterre, faire de pctits strous près à huit quoi vous remplirez le canot d'eau
avec'la houè, Aoiet jetter dedans trois ou fur trois ou barils dix pouccs près de fon bord:
quatre graines au plus, comme on fait cinq barils de graines, il faut bien
Pour planger des pois ou du mil. vive d'eau; la plus claire & la
plus eft la meilleure, On lc laiffe
au --- Page 119 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. frottées, relavées & paffées deux t604
#694. au moinsh akpergteslecemetatnrt puis
deux
pe, le remuant deux fois par jouravec fois, apresnisempeanjprgs &c
un rabot, un demi-quart d'heure envi- dans toutes les deux eaux, l'eau qui
ron à chaque fois. en fortsapeletroitiéeme eau. Apresquilas allez demeuré dansle ca- Ilyena qui les mettent encore à refnot de trempe, on le palfle dans despa- fier pour en tirer encore de l'eau à faire
niers fur le canot afin dy faire tomber duRoucou; miac-Reseauefuroprs &c
toutel'eau Sclesgrainess on lesmet dans ble, & ce n'eft qu'un tems perdu,
un fecond canot, appellé canot de pile, rend vôtre Roucou de moindre qualité faqui doit étre épais de quatre pouces par On peutbien fi lon veut faire cette
deffous.
de trempe, on le palfle dans despa- fier pour en tirer encore de l'eau à faire
niers fur le canot afin dy faire tomber duRoucou; miac-Reseauefuroprs &c
toutel'eau Sclesgrainess on lesmet dans ble, & ce n'eft qu'un tems perdu,
un fecond canot, appellé canot de pile, rend vôtre Roucou de moindre qualité faqui doit étre épais de quatre pouces par On peutbien fi lon veut faire cette
deffous. çon, mais l'eau doit fervir à
en même tems d'autres
comme l'eau de
SETREOT
Si Pon veut remettre
graines,
de nouvelles graines à tremper, on doit cou, c'elt-à-dire, celle qui refte après
retirer l'eau du canot de trempe, qui avoir tiré les écumes qui doit être mife
s'appelle premierc eau :. & la mettre dans un canot pour les garder à cet
caquc l'on nomme canot à l'eau. dans un autre canot, qui l'on s'appelle
ulage, Outre ce canot on doit en avoir un
not de garde,
que Tal garde la lc- autre, quc l'on nommc canot à laver,
cette eau pour Eatr partagée cuire lc
conde & troifiéme cau pour
qui doittoiljoursétrep plein nd'eauafinque Roucou
Roucou. ceux snmsiemtingnnnkit les
lavent les
Lagraine qui eft dans lecanot de pi- s'y lavent mains, &cy
le doit être bien pilée avec les pilons niers,pilons &c hebichets,
EOLRSIEs
& de bons bras, l'elpace d'unl bon quart perdre, car cette eau eft plus propre à
d'heure ou plus, en forte que toute la tremper les graines, &c doit être jointe &c
graine s'en fente; on les mct aprés ccla à l'eau du Roucou, parce que l'une &c
tremper dans le même canot de pilc, Pautre en contient toujours un peu,
ou un autre canot de trempe une heure communique cette impreffion lorique ce
ou deux dans l'eau claire ou qui aura vous voulez fairevotreRoucou, vôtre 1et
fervi, enfuite on les
au panier, fe doit faire incontinent après
les frottant bien dans Tat mains en les conde eautirée. pilimopssonlerenmued feconde fois Il faut prendre ccttc eau &c la
les
fur uncanot,
canot de palcd
A2aRE
danslecanot de pile pour repiler,
appellé Cc
de
frotter & paffer encore une el comme un hebichet. canot
lapremierc. Cetteeau s'appelle feconde commode s'il cft partagé parle
BEERE
eau qui doit auffi étre gardéc. carl'cau doit être pafféc deux fois fur
Aprésquoi il faut les mettre à reffuer l'hebichet, doit être lavé fouvent
bien envelopées dans fon canot avec des dans lecanot laver. Ce canot de palle
feuilles del Bafilier. On nomme cecanot, doit étrebiennet, &c l'on doit mefler à
canot à refiuer. Elles ydoiventb bien dc- cette feconde eau un bon tiers dela
meurer huit
fans toucher, 8cjuf- miere. On pafle la troiliéme
COOTaRtE
jours y. veulent moi- me, la mellant avec les deux tiers de la
qu'à ce qu'onvoye qu'elles
fir.
palle
feuilles del Bafilier. On nomme cecanot, doit étrebiennet, &c l'on doit mefler à
canot à refiuer. Elles ydoiventb bien dc- cette feconde eau un bon tiers dela
meurer huit
fans toucher, 8cjuf- miere. On pafle la troiliéme
COOTaRtE
jours y. veulent moi- me, la mellant avec les deux tiers de la
qu'à ce qu'onvoye qu'elles
fir. premiere. L'eauayant
deux fois à TheOn les tire de ce canot pour où elles les met- doi- bichet, doit être étépalliée mife dans une ou plutre dans le canot de pile, la
fois, fieurs chaudicres de fer, la paflànt auvent étrepiléescomme premiere
pa --- Page 120 ---
NOUVEAUX
4094. VOYAGES AUX
toile claire 8c fouvent
ISLES
Cereeau érant mile
Après l'avoir tiré il
EEEE
jette bien-tôt fon écume, fur le feu quelque gratin, ouj
refte toljours 16n
& metdansun
que l'on tire nant à la
partiedu Roucou teécumes. canor, appellécanotaux mefler dansl chaudiere leb bon qu'il ne faur pas
Quand l'cau n'écume plus,
fer avec de l'eau &c Roucou, des graines. mais repafbonne qu'à mettre dans le canot ellen'eft à l'eau doit Le Roucou fortant de la batterie ne
pourtremperles graincs.. l'éêtre mis enpain
cumc vient trop vite, il faut Quand diminuer il TALETE le mettrefar une d'abord, en mais
le feu. niere d'une maffe plate, planche & on le laiffe maQamndvousvous trouvez affez d'écu- sefroidir huit ou dix heures, Le
mes; pourlescuire, vousles mettez dans quile manie &c fait lespains doita Negre
une chaudiere,
mains legerement frottées del beure tavoir lcs
laquelle vous faitcs cpalleinbatenta.ur d'abord aflez
ou de fain-doux ou d'huile de Palma frais,
feu, le diminuant à
grand Cbrifi. écumes montent. proportion nque les Lcs feuillcs de Balificr font fort
Il faur de tems en tems bien
à les mettre en pain, quel'on provOs
éclaircir TTd
fait
ce, chaudieres fur
avec del la pierre de
plus communément de deux à trois
tout lal batteric. pon- livres. HEutalabarerier un. Le Roucou diminué
ve prefque
Negre qui mou- ment, mais il a fait toute confiderable. fa
le Rcucou continuellement, &détache tion en deux mois. diminubords dela barterie, quis'arréteroit au fond &aux
coufaureilfiaut 8cquand vôtrel Roufauterojt lai moitié diminucrlefeu, & ilcuiroitt caril en Autre maniere de fairele
quand il ne faute
il trop vite:
Rourot, gui
quedu charbon fous pins, la nc faut laiffer
lefait très-beau. ne faut plus qu'un peu batterie, mouvoir, alorsil &ccla Pour faire de très-beau Roucou, il
s'appelle vefler.
teroit au fond &aux
coufaureilfiaut 8cquand vôtrel Roufauterojt lai moitié diminucrlefeu, & ilcuiroitt caril en Autre maniere de fairele
quand il ne faute
il trop vite:
Rourot, gui
quedu charbon fous pins, la nc faut laiffer
lefait très-beau. ne faut plus qu'un peu batterie, mouvoir, alorsil &ccla Pour faire de très-beau Roucou, il
s'appelle vefler. faut mettre tremper vos graines dans un
&c
canot, & qued cc foit
une amsRencoarepummiene maffe,i illefaurtourner formant Scsiliepeut fortant ded duRoucou verd,
fouvent dans la
8cretourner lebattre ni le
dellusl'arbrefans
peuapeu le feuafin chaudiere > diminuant mouver, piler, mais feulement le
c'eft à quoi il faut étre qu'ilne bien brûle pas; not les froter Sepallarlesgmnines avec les
fur le caleRoucou nc fe cuit
exaét, car jettera après les avoir mains, puis les
dixou douze heures. gueres en moinsde montera fir ceite eau aflez une frotées écume 3 il
Pourconnoitre quandileft
graifle qu'il faut tirer avec une
ou
n'avez qu'à le tourner &c retourner, cuit, vous re, &c la. battant dans un vaifleau écumoi- bien
motillervôtre &
doigt ou cracher deffus, net, faire ou avec les mains fans la cuire la
stt quandle cuit. Roucou n'y prend plus, il on aura épaifir, de très-beau & Puis fecher à l'ombre;
ileft
Roucou, mais on
Quand en cet état, onlelaife perdroit trop à cettefaçon, &c
un peu durcir dans la chaudiere
chands ne le voudroient lesMarune chalcurtne-moderée,
avec proportion de ce que l'on pas payer à
Dant pour qu'ilcuile & feche enleretour- de
quittant l'autre maniere plus perdroit en
sGtez,
tous lic. commuCette --- Page 121 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
1694. Cenemurchandif@-vallir fols la livre
encore vingt Leroucou pour étrel beau doitétred'un 1694. en 1694. elle avoit vallu rouge ponceau, doux au toucher fans
jufqu'àtrente fols Ics annécs préceden- aucune durcté; il doit s'étendre beau- Ssalité gue doit
res; mais la trop grande quantité
coup, & n'étre
Gi
le avoir le
l'on en fit, &c la paix de Rifvick, cn' dec
jamais dur, qu'en Roncou. rent baifferle prixjufqu'à fix &c feptfols Erietunpeubntearts onn'ypuif
la livre. Malgré cela ceux qui en fai- Elufargeisrimpetion rompt, le dedans doit étre Quand onle
foient y trouvoient encore leur comp- core que le dehors, fans cela plus on vifente, parce qu'il ne faut prefque aucune dire qu'il eft alteré ou du moins peut
dépenfe pour la faire. Les arbres qui luiadonné éune cuiffon
qu'on
la portent font plantez dans les favan- lui fait perdre une Partic tropforte de fa & qui
nes, où ils necaufentaucun préjudiceà & diminué confiderablement couleur, fon
Pherbe, & conféquent aux beltiaux prix.
leur comp- core que le dehors, fans cela plus on vifente, parce qu'il ne faut prefque aucune dire qu'il eft alteré ou du moins peut
dépenfe pour la faire. Les arbres qui luiadonné éune cuiffon
qu'on
la portent font plantez dans les favan- lui fait perdre une Partic tropforte de fa & qui
nes, où ils necaufentaucun préjudiceà & diminué confiderablement couleur, fon
Pherbe, & conféquent aux beltiaux prix. qu'on y EIer & les enfans de fix ou Les Indiens ou Caraibes en font
fept ans y peuvent travailler, &cen font leur ulage, car ils n'ont point d'autres pour
autant que les grandes perfonnes. Ce habits que cette peinture dont les femqu'elle fe odeur, a d'incommode outre far mauvai- mcs ont foin de les barbouiller tous le
eft qu'elle tache tout le linge matins. pour peu qu'on s'approchedes lieux où Leurroucoue eft infiniment
Comi'on la fabrique, & qu'il faut ufer de &plus fin que le nôtre. Il eft d'un plus beau rou- mentles
grandes bien-tôt précautions pour n'être pas éclatant prefque comme le carmin, bes Carai- font
Onremedieà toutrouge. f foifonne à merveille quand on l'em- leurrouen faifant les cafes Sastroisinconreniens, oùr l'on travaille le roient ployc, mais leur les habitans ne trouve- Co1,
Roucou éloignées & fous le vent de la te qualité. pas comptcà en faire de cetmaifon du maitre, & en mettant dans Les Indiens cueillent les
&
uneleflive onfefertdans particuliere toutl lelinge dont lesépluchent commer nous, , mais gouffes au lieu
cetravail. de mettre les graines
& de
Trompe- Latromperieque l'on fairedans les y laiffer
dansl'eau,
riequ'on cette marchandife,
à mélér de dans
fermenter, ils les frottent
pextfaiLonehont
dans la terrer rouge bien-tamifée ou de labri- trempées leursmains, dans l'huile qu'ils de ont auparavant
E Rou- que pilée dans les chaudiercs oùt on la qu'à cc la
carapat, jufCàN, cuit, un moment avant qu'elle ait acdela petite pellicule & réduite incarnate
derniere
en
Rumaie
quisfa
cuiffon. Cette terre en une pâte très-claire très-fine. Alors
augmente le
&c le
ERt
le
poids
volume, mais ils la raclent de deffus leurs mains avec
eft de moyen mettre de connoitre cette fraude, uncouteau, &la mettent fur une feuille
un peu de roucou dans un bien propre qu'ilslaiffent fecher à l'omverre diflout pleindeu.fileroucou. enticrement
eftp purilfe bre, de peur que le Soleil ne mange &
fans rien laifler au ne diminue fa couleur. Ce travail comfond,aul lieu que s'ileft: mélédeterreou me on voiteftlong & ennuyant, maisil
dmomioenenital duverre. eftbon pour des Caraibes, font les
Quindonpeeleroucoul onrabatcing plus indolentes créatures monde. pour
e
cent pour le poids desfeuilles dont Quandleur roucoueft prefquefec,ilsen
ileft cnveloppé, & pourl'éguillette qui fontdes
commele
lelie. C'eft-là fa tare.
lieu que s'ileft: mélédeterreou me on voiteftlong & ennuyant, maisil
dmomioenenital duverre. eftbon pour des Caraibes, font les
Quindonpeeleroucoul onrabatcing plus indolentes créatures monde. pour
e
cent pour le poids desfeuilles dont Quandleur roucoueft prefquefec,ilsen
ileft cnveloppé, & pourl'éguillette qui fontdes
commele
lelie. C'eft-là fa tare. qu'ils envcloppent pelottesgrofles dans des poing
Tum. I. M
feuilles de
bali- --- Page 122 ---
9a NOUVEAUX VOWAGES AUX
1694. bafilier ou de cachibou qu'ils confer- haute de
ISLES
Comm- vent foigneufement. Dès qu'ils fonr le-. ric oul ces cuves s'appelle la trempe- 1654
mentles Carai- VCZ, c'cit-a-dire, dès qu'ils font fortis
la pouriture; on lui donne ordj- Cuues
besfe le de leur hamacq,ils vont fe laver tout nairement ze à
vingt pieds de long fur dou- ol l'oxe
fervent corps à la mer ou dans quelque riquinze pieds de largeur, & trois à travailAIE roM- vicre, & aprés que le vent ou le foleil quatre de profondeur. On nomme la lelundiceff, les a fechez, ils viennent s'affeoir fur fcconde la batteric; elle eft prefque de mams 30; leurs G
unepetite fellette au milieu de leur car-) moitié plus petite que la premiere. Et leurs 1bet, où leurs femmes les viennent pei- latroificme te la qui eft beaucoup plus peti- fager. gner & trouffer leurs cheveux, aprés tin. quc feconde, s'appelle le diablode mettent dans dans un couy un peu Les noms des deux
carapat
RET
font diffoudre du
laquelle elles. vicnnent parfaitement premieres con: La
roucou qu'elles
a leurs
tremnent
prenulages;
avec un pinceau, & en
qu'on met tremper la plante dans poirt. tout le corps de leur mari. Je peignent" Erroes premiere &
où elle fermente, fe maccdel leurscotrumcadansun: autre endroit. parlerai rc devient comme en fumier &
Je dirai feulement ici que cette peintu- cc riture, de la après les fels & la
releur
ceuftone
conferve la peau, qu'elle
teuille R8E de l'écorce fe font réche que le vent ou le folcil ne la empe-, falle pandus la dans l'cau par la fermentation
gerler & crevafler, & qu'elle les
que, chaleur &clar maturitéde la planjerve des piqueures des coufins, marin- pre-. tcy a excitée. C'elt dans la feconde Ia batgouins ou moultiques qui font en trés- cau qu'on agite &
bat cette méme terie. grandc quantité autour de leurs
impregnée chargée de fels
8'at
Sets.ou calcs. car- plante, julqu'à ce que les ayant ramaf- de la
fez, réunis & comme coagulez les uns
D E L' IND 1 G O. quic ayec les autres, on ait formé les grains
compolent la teinture.
elt dans la feconde Ia batgouins ou moultiques qui font en trés- cau qu'on agite &
bat cette méme terie. grandc quantité autour de leurs
impregnée chargée de fels
8'at
Sets.ou calcs. car- plante, julqu'à ce que les ayant ramaf- de la
fez, réunis & comme coagulez les uns
D E L' IND 1 G O. quic ayec les autres, on ait formé les grains
compolent la teinture. Onafaitautrefois beaucoup d'indigo voi Quant bien au nom de la troifiéme, je ne Diabiedans la Paroife du Macouba. I1 n'y a à moins pas
comment il lui convient, tin. ni ruiffeau ni riviere où l'on ne trouve te cuve que ce nc foit, parce quecetdes indigoteries, c'cf-a-dise, des bacs; autres, à eit caufe plus colorée que lcs deux
ou cuvesde maçonneric bien cimentécs y. que l'indigo déja formé
où F'on met en digeltionla plante dont icjournant, la tcint &la colore par
On tire cette couleur. coniéquent A
beaucoup davantage. Ces cuvesfont triples pour. l'ordinaiquoi je dois ajouter, qu'il n'y a
re les unes au deffus, des autres, en. ma-, çetermc. qu'à Saint Domingue qu'on fe fert de
niere de cafcades en forte la fe-. nierecuve On appellerepofoir cette dercondequi.eft plus baffe que Pre fond dei
aux Iitesdu vent, &ce nom
la premiere puille recevoir la liqueur luiconvient dans celle-là parfaitement, puifquec'eft
contenué dans la premicre, loriqu'on dans la
que Tindigo commencé
debouchc les ouvertures qu'on a prati- la trempoire, & perteétionné dans
quées dansle fond
batteric, s'unit, fe met en maffe, fe
la troifiéme puifferecevaira Idelapremicre, fontource kque détache des parties d'eau qu'ilavoir cnque la feconde contenoit. fond core, lespoulleau deffus éeferepole auLa premiere, laplus grande Sclaplus mis dans delacuved'oaileil dcs fachets, tiré pour être
& eniitite dans
les --- Page 123 ---
or pag. o
TETPA
2 Irumpeire
rie
Plantes Indig INDIGOT ERIE
Z1
Bisinn repglair dins
Indigo
Cuerge
Thdio Til
Indire aILY ce2 &
cpureu
lez. Beis de
Benpets : --- Page 124 ---
PIOB --- Page 125 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. r0g4. les caifes comme nous le dirons cy- lui éi en Europe plus comnuinément, 104
de Finde que delindigo ou dc l'anuit,
après. On ne doit rien épargher pourl la con- prenant pour nom propre le nom du
ftruétion &c la folidité de ces cuves; la paysol ilaété Auteurs, fabriqué. &c entreles au- Erreurs
force de la fermentation eft fi grande, Quelques Confrere
du
fc dup.ds
Les iu- qu'à moins
la maçonneric & l'en- trés mon
le P. Tertre, Tertre
*uas fos: duit ne Elr très bien faits, & d'un font imaginez que celui qui vient des fuer les
Tajentes afefin- ciment choifi &c travailléavec foin, cl- Indes Orentadeyetiphsbeu,) plusfin, diftrens indigar. tre. lesfe fendent, &c il ne faut qu'une fen- plus chér que célui vient des Indes
te très-médiocre pour faire écouler une Occidentales, à donnent le nom
cuvéc d'indigo, &cauferune perte con- d'Inde-plate, péndant qu'ils donnent
fiderable: au proprictaire.
in- ciment choifi &c travailléavec foin, cl- Indes Orentadeyetiphsbeu,) plusfin, diftrens indigar. tre. lesfe fendent, &c il ne faut qu'une fen- plus chér que célui vient des Indes
te très-médiocre pour faire écouler une Occidentales, à donnent le nom
cuvéc d'indigo, &cauferune perte con- d'Inde-plate, péndant qu'ils donnent
fiderable: au proprictaire. celuid'Inde fimplement à celuiquivient
Rumede Quand ce malheur arrive, voicy un d'Orient. Ils auroient parlé dernier plus Inde- jutte
acetac- remede aifé &c infaillible, & dont je s'ils avoient appellé ce
cident. "puis répondre,
quej'en ai l'ex- ronde; car avec leur permiflion., toute inperience. Prenez FaEre coquilles de tner la difference qu'ily entre ces deux Difi- ronces
de quelque elpece qu'elles puillent êtrc, des ou indigos, LET que celui fe fa- des ike
pilez-les fans les faire cuire, réduifez- brique aux Indes Orientales 2 forme digss. jes en poudre & les paflez par le tamis comme des.moitiez d'ceufs, &cceluidés
fin. Prenez de la chaux vive en méme Indes Occidentales comme des tabletquantité, & pafféc au tamis; mélez CCs tes; carpourlabonté, &cla à l'autre beauté,l'an
deux chofes cnfemble avcc autant d'eau h'aura rienà reprocher
quand
qu'il en faut pour faire un mortier fer- on les travaillera avec un foin égal, &
me, &caveclep plus de
la même fidelité. de
fe fait aux
pourez rempliflez-en ESES les fentes" vos La figure l'indigo qui
cuves. Cette mixtion fait corps; s'at- Indes Orientales, obligeles Marchands à
tache Sfe fechedans le moment, &re- qui le veulent tranfportér en Europe
medie fur) le champ à l'écoulement de lefaire piler, afin d'en faire entrer une
la matiere quifortoit delacure. plus grinde quantité dans les caiffes ou
Toutler monde fçait ou doit fçavoir, barils où ils l'enferment. Il eft certain
l'indigo eft une teinture dont on fc qu'étant ainfi pilé, fon grain & a étê
teindre cn bleu les laines, les rompu fous le pilon, brilé
en
ALAS
gt
foyess fet toiles & les étoffcs à qui on poutlicre, le rend plus fin que celui des
veut donner cette couleur. Indes Occidentales, qui venant en taLes Efpagnols l'appellent anillo. Le blettes,8c commeila étéleché, préfente
plus beau qui fc fafe chez eux, c'eft-à- fon grain tout entier, & doit mais par condiredans la nouvelle Efpagne, vient de féquent paroitre moins fin; dela mar- que
Guatimala, ce qui fait bien des faitcela: àla bontéintrin@equee
Liaux
l'appellent
Guatima- chandife; je foutiens qu'elle eft la méswfefaEe
trigue ETo On en faitauflidans lesIndes Orien- medamstouresltudeax, quoiqu'il y paTindigs.
-à- fon grain tout entier, & doit mais par condiredans la nouvelle Efpagne, vient de féquent paroitre moins fin; dela mar- que
Guatimala, ce qui fait bien des faitcela: àla bontéintrin@equee
Liaux
l'appellent
Guatima- chandife; je foutiens qu'elle eft la méswfefaEe
trigue ETo On en faitauflidans lesIndes Orien- medamstouresltudeax, quoiqu'il y paTindigs. tales, particulierement dans T'Empire deGol- roiftedeladiftrence. Pour fe convaincre de cette verité,
du conde grand & autreslieux Mogol, au des Royaume environs, comun morceau de facre également
me M: Tavernier le rapporte dans les ERRers par tout, rompez-le, pilez-en
relations defes voyages. Onappelle CC- une partic & la réduilezen poudre,cl- le
M 2 --- Page 126 ---
92 NOUVEAUX VOYAGES AUX
16y4 leparoitra plus fine & plus blanche gue revenir les
ISLES
cellequi eft demeuréc entiere, cc quine s'y font hommes, fur tout quand ils
aété Provient que de ce que le grain de l'un les afltujettis parun long ulage, & 1694
partagé &c divilé cnun plus
me François plus que tous lesautres, Il mar- pour les
nombre de partics, qui quoique grand très
femble à que je dois faire fur cela un chandipetites & prefque infenfibles, ne laif s'en reproche ma Nation, &
fes efent d'avoir une grande quan- la prefente trop naturellement l'occafion res. trangetité Sere fiuperficics, & reflechir
lailler échaper. Rien n'eftfi pour
re
P'25
ordinaiconféquent plus delumicres au par parmi nousyque de courir après les
l'autréé étant demeurée
licuque marchandifes & les
fentant qu'un grain gros enticre, & de ne
trangeres; il femble à Manufiélures voir nos
éfuperficic réflechit
peu FE femens pour cequi croitou fe fait emprcfmoins de lumiere, & par par une conféquent fuite ne- & nos voifins, que nôtre
eft chez
ceffaire doit paroître moins
nos ouvriers ignorans T fterile,
qui eft la méme chofe que de blanc; paroître ce il à la n'y a cependant rien de plus pareffeux 5
moins beau, puilque c'eit dansla blan- plus verité, dej les Etrangers nous oppolé
cheur que confiftc la bcauté du fucre. dons jultice nous ne nous rendens en renOn peut, ce me femble, faire le ménous-n
&
me
ndoer
Faifonnement de T'indigo, &
loufie & leur envie, ils malgré confeffent leur jatoutes chofes égales, celui des dire, In- les François pouffent leur
que
er Occidentales cftaufi beau
res à un Point de perfection, Manufactu- où
desOrientales, quand ils font tous quecclui deux arriver. quicnont étéles inventcurs ne ceux
@gylemeurbientarailer
Par exemple, les Venitiens peuvent ne
Je croi devoir ajoûter que celui de deur, peuvent de faire des
de la graneftr
T'Amerique meilleurdans l'ulage
faiten End netteté & fomat poli qu'on les
Tautre; car qui ne voit qu'on ne peur que
France, Ils ont beau vanter leur
les piler plus cettereinture, fans que les partics ecarlatte, faut la toutes chofes égales, il
fubtiles ne fe dilfipent en
lins.
ens peuvent ne
Je croi devoir ajoûter que celui de deur, peuvent de faire des
de la graneftr
T'Amerique meilleurdans l'ulage
faiten End netteté & fomat poli qu'on les
Tautre; car qui ne voit qu'on ne peur que
France, Ils ont beau vanter leur
les piler plus cettereinture, fans que les partics ecarlatte, faut la toutes chofes égales, il
fubtiles ne fe dilfipent en
lins. leur cede à celle des Gobecomme M. Tavernier en
T'air,
9peuE le monde
douter
convients & fe quantité de
fçaitla prodigicuRotE meilleures & que ces parties nc. foient les Hollandois
les Anglois &c
celles qui foifonnent
des
E
leplus quand onl les metenocuvre. dene tures de. Languedoc; mais tout] Manufac- le mondes Je Indes conviens que l'indigo qui vient viennent fçait pas queccs mêmes draps deOrientales eft plus
draps d'Angletere & d'Holcclui quife fabrique aux Oceidentalés, cherque lande, de dès qu'ils font entre les mains
laraiton eneft évidente, il vient de plus font ccshabiles Commerçans, qui nel leur
loin, les rifques font plus
&c
pourtant autre chole que de les
ccux qui T'apportenene grands, envelopper dans des toilettés
leur compte à le donner trourocieatpas au même
desarmes de leur Nation avec pcintes
que celui qui vient de
Prix plus marques de plomb; &c ce font-là pluficurs les
prés, mais cela ne prouvep beaucoup point du tout draps d'Hollande Rd'ngieterre
qu'ilfoit plus beauc meilieur. terre. portent, & qu'ils vendent par toute qu'ils la
Précen. En voila allez fur cet
Jepourois faire unc
zion des vent la prévention
article; fou- meration de quantité d'autres longue enuFrangen choles, & il cft très augmenteleprix dificile d'en des
chofts,
faire SomtReSnNesrOeT logerie, Pimprinuerie, les
Phordraps d'or&c
de --- Page 127 ---
FRANCOISES DE LAMERIQU E. i6y4. de foye, Ics toiles, les dentelles de fil, onlar retire de la
ileft 93
d'or & d'argent, les chapcaux, & bien qu'elle n'a plus trempoire, ni le méme certain 1694:
d'autres chofes, où nous furpaffons in- la même confiftence, nila méme poids, ni
finiment nos voifins & les autres étran- qu'elle avoit auparavant. Les couleur
gers; mais cela me meneroit trop loins
étoient bien nouries & bien feuilles
&em'éloigneroite de mon fujet. Une cho- 2 fuc, font
pleines
fe qui eft très-loiiable chez les Etran- chées, & reflemblent legercs, molaffes, défegers, & en quoi ils nous furpaffent, qu'à toute autre
plus &c à du fumier
c'eftdans le foin gu'ils ont de prôner la fait qu'on donne aflez chofe, c'eft ce qui
beauré & la bontéde leurs Manufaétu- la trempoire le nom de communément à
res, &c de fe fervir de ce que leur ter- donc on ne trouve pourriture.
les Etran- chées, & reflemblent legercs, molaffes, défegers, & en quoi ils nous furpaffent, qu'à toute autre
plus &c à du fumier
c'eftdans le foin gu'ils ont de prôner la fait qu'on donne aflez chofe, c'eft ce qui
beauré & la bontéde leurs Manufaétu- la trempoire le nom de communément à
res, &c de fe fervir de ce que leur ter- donc on ne trouve pourriture. Si
rein produit préférablement à ce qui & danstout le refte plus de la dans les feuilles
croit chez leurs voifins. C'eft en cela me fubftance
plante la mêque nous devrions les imiter, & fur de la mettre qu'on y remarquoit avant
tout dans les.Manufactureades Ifles que naturel de croire tremper, c'eft n'eft-il pas plus
nous devrions employer & faire valoir fubftance, ces mémcs que fels, cette méme
préférablement à toutes les autres, & féparez
quis'étant
en lesperfectionnant chacun de fon cô- pandus deleursenvelopes, dansl'eau, l'ont écs'étant rété; c'eft-a-dire, que les habitans des formé par leur union épaiffic, &ont
Iiles doivent mettre tout en ufage pour cetté maffe de couleur ou coagulation,
faire d'auffi belles marchandiles
bleuë a laquelle
celles qui fe fabriquent autre part; que & Chademeignendindije, la peinture & dans la teinture. fi utile dans
ceux qui les cmployent en France, ne L'Indigo eft une
doivent rien négliger pour réuffir dans jufqu'à deux pieds de plante qui croitroit Deferipleurs ouvrages audi parfaitement avec étre méme
hauteur, fi on ne & peut- la tionde Planles Manufactures des Ifles, que s'ilsfe poit Pas. Dès davantage, fort de terre la cou- te. fervoient de ce qui leur eft apporté de ie
qu'elle
elle
chezles étrangers. Jc reviens à prefent fes, divifeenplaficursp de petitcs tiges notieuà mon fujet que cette digreffion m'a branches écgarnies comme des beaucoup de petites
fait quitter. chacune
fcions 5 qui ont
Defini- LIndigoeft compofé du fel & de la
quatre ou cinq & jufqu'à dix
dejtrip- tion o fubftance des feuilles, & de P'écorce couples feule de fait feuilles terminées par une
tion de d'une plante qui porte le méme nom; font qui tant l'extremité. Ces feuilles
F'indigo de fortequ'on peut dire quc c'eft la dif- fez unies ovales, &
foit peu pointués, afparfait. folutionou digeltion dela plantc, caufée deffus, fortes, d'un verd brun par
parlafermentation qu'elica excitée dans
plus pâles elies & comme argentées
l'eauot on l'a mis
Je
par delfous, font charnués & douquelques Ecrivains tiemper. prétendent fçai
ces au toucher. Les branches fe charfubftance delafeuillene
que 3
de petites fleurs rougeâtres, de la
digo, qui n'eft felon eux, produit pasl'In- teinture REtLok à peu près de cellcs du geneft,
ou couleur vifqueufe, que qu'une la fermenta- des mais filiques plus petites, aufquelles fuccedent
tion del laplante répand dans l'eau; mais gucur &c dej d'environ peu de un pouce delonavant de les en croire fur leur parolc, je ment des
groffeur, quirenfervoudrois qu'ils m'appriflent ce quede- tespourlag graines senetenccappechan
vient la fubflance delnp plantc; car quand lexdesraves, gofhur&.laconfideaeeke d'une
cel.
filiques plus petites, aufquelles fuccedent
tion del laplante répand dans l'eau; mais gucur &c dej d'environ peu de un pouce delonavant de les en croire fur leur parolc, je ment des
groffeur, quirenfervoudrois qu'ils m'appriflent ce quede- tespourlag graines senetenccappechan
vient la fubflance delnp plantc; car quand lexdesraves, gofhur&.laconfideaeeke d'une
cel. M 3
couleurrougebrune. Cette --- Page 128 ---
94 NOUVEAUX VOYAGES
4594. Cetteplante demande une bonneterAUXI ISLES
Culture re, gralle, unie, & qui ne foit point ait il dans la.Manufacture
cat
dela trop feche ; elle mange &
faut que ceux qui delIndigo; 1694. Plante beaucoup le terrein où elle dégraifie jours courbez, fanis fer plantent foient toûguipro- veut étre
croit, & ceque la
redrelfer, jufqu'à
dailbyfeule. On ne peut prendre
plantaifon de toute) lalongueur
digo, trop de précaution pourla tenir nette
& empécherlcs herbes
elle eft
quand,
sRpamett
de quelque nagrande, ce qui arrive
ture qu'elles foient de croitre auprès toûjours, ils font obligez de demeurer prefque'
d'elle. deux heures, &rfouveatdarantage dans
On farcle &c OlI nettoye jufqu'à cing cette pofture:
fois le terrein où l'on veut planter la ce, Loriquilsfonts ils
tarrivezauhaurdelap piegraine d'Indigo. Il me femble qu'on
reviennent furleurspas & recoudevroit dire iemer, mais le terme de vrenclesfolles où ilsont mislagraine, en
planter eft confacré dans nos Ifles, & ypoullintaveclep piedla
ne
rerrequlilsenont
je croi Pas me devoir broiiller pour te tirée, Scainfila grainet fe trouve couverun mot avec nos habitans, eltimables d'environ deux
deterre. par une infinité d'endroits quoique Quoique toute lasaita foit bonne
dans lhabitude d'eftropier la
planterWindigo, ilfaut pourtant febien pour
Françoife. Ogpoulequeiquefoial Langue lay pro- tems garder fec; de il le mettre en terre dans un
pretéfiloinqu'on balayeleterre in comeft vraiquela graine
me on balayeroit une chambre. conferver un mois entier en terre peutfe fans fe
cela on fait les trous ou foffes où Après l'on giter, tea mais on s'expofe lorfqu'on
doit mettre les graines: pour Cct effet ainfi, àla voir enlever
planles cfclaves ou autres qui
ou par les vents, ouétouffcer parlavermine
vailler, fe rangent fur une doivent même y tra- bes naiflent avec elle', de parlesher- manicre
àlat tête du terrein, 8c marchans ligne à re- deri 2 habitans fages ne
ils font de
à
siquentjamsis
culons,
petites folles de la tems planter où fec, ceft-a-dire, dans un
dedeus largucurdeleurhouc, del la profondeur de la pluye, probablement ils n'etperentp pas
atroispouces,
un, deux, ou trois
fens les unes des autres, éloignécsentout d'environ
que'la plantailon eftachev éc jours
pied, & en ligne droite le plus qu'ileft un ESAR donc pour l'ordinaire un tems On
polible.
petites folles de la tems planter où fec, ceft-a-dire, dans un
dedeus largucurdeleurhouc, del la profondeur de la pluye, probablement ils n'etperentp pas
atroispouces,
un, deux, ou trois
fens les unes des autres, éloignécsentout d'environ
que'la plantailon eftachev éc jours
pied, & en ligne droite le plus qu'ileft un ESAR donc pour l'ordinaire un tems On
polible. Lorfqu'ils
humide, alors on eft & 2 promette de
de pluye, &
fontarrivezaul bourdutervoir la plante fortir
rein, chacun fc munit d'unp petit fac de serinsomemeun: après qu'elle
graines, Scremontans fir leurs pas, ils yéémife. mettent danslesfoffes qu'ils viennent de Quelque précaution qu'on ait prife
faire onze ou treize graines. Unreftede pour ont été nettoyer le terrein' où les graines
fuperftition leur a appris qu'il falloit mir plantées, il ne faut pas s'endorqu'elles fulent en nombre impair. Je
quand l'Indigo eft hots de terre, 2
n'ai garde d'approuver cette
parce' que la bonté du terrein, jointe à
mais aufli je me garderai bien pratique, en Phumidité &c à la chaleur du
&c
vouloir montrerlinutilité &cleridicule, deleure aux abondantes rofées qui tombent climat, touétant tonvaincu que jy perdrois mon tesles nuits,
tems &c ma
peine. digicufe d'herbes tnunrinenemtepe qui étoufferoient &c
Ce travaii cit le plus pénible qu'il y gateroient n'avoit abfolument lIndigo. Si on
pas un foin estrême de farcler
des --- Page 129 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. dès
en paroit, & d'entretenir Ia feurement quelcs grandes; & d'ailleurs 1694
1694 plante qu'il dansune propeécenondinaics on fait le travail avec plus de diligenjouvent même lcs herbes font en partie ccde cette maniere-là que de faire des
caufe qu'il s'engendre une clpece de bottes, & çomme le tems eit precieux
chenillesqui devorcnt en moins de ricn par tout, & furtout cn Amerique, on
goutes les feuilles. ne fçauroit trop prendre de précaution
Depuisquela; plante eft fortie de ter- pourn'enpointp perdre. Encam- re, ilnef fautquedeux mois pourqu'clle Dix-huit ou vingt paquets d'herbes
bien semseile de ait atteint une parfaite maturité, & de la groffeur chacun de deux bottes
ef me- qu'ellefoit en état d'être coupée: fi on de foin ou environ, fuffifent pour rem1h attendoit davantage elle flcuriroit, fes plir une trempoire de la grandeur
feuillesdeviendroienty plus feches Scplus jai dit ci devant. Après qu'elle a EE
dures, clles donneroient par confequent remplic d'eau enforte qu'elle couvrc
moins de fubitance, & la couleur en fc- les herbes, on met des pieces de bois
roit beaucoup moins belle. deffus afin que les herbes ne s'élevent
Après cette premicre coupe Onl peut point par deffus l'eau, à peu près comcontinuer à couper les nouvelles bran- me on fait furr le raifin qu'on met au
ches &c feuilles que la plante produit preffoir, & on laiffe fermenter le tout.
confequent remplic d'eau enforte qu'elle couvrc
moins de fubitance, & la couleur en fc- les herbes, on met des pieces de bois
roit beaucoup moins belle. deffus afin que les herbes ne s'élevent
Après cette premicre coupe Onl peut point par deffus l'eau, à peu près comcontinuer à couper les nouvelles bran- me on fait furr le raifin qu'on met au
ches &c feuilles que la plante produit preffoir, & on laiffe fermenter le tout. de fix en fix femaines ou environ, fup- Sclon quc la chaleur eft plus ou moins
poféquelet temsfoit pluvieux, & qu'on grande, & que l'herbe ou la plante eft
prenne bien fes melures pour ne pas
ou moins meure, la fermentation
couper dansuntems defecherefic, parce E fait plûtôt ou plâtard, quelquefois
que l'on perdroit infailliblement la en fix, huit ou dix heures, quelquefois
plante, ou comme on parledansle pays, on eft obligé d'attendre jutqu'a dixics chouques, &c alors on feroit obligé huit &c vingt heures. Il eft très-rare
de replanter, mais toutes chofcs étant que cela aille jamais plus loin. On
bien ménagées, la plante peut durer voit pourlorsl'efetde la fermentation,
deux années, après quoi il faut Farrà- l'cau s'échauffe & bouillonne de tous
cher & planter dc nouveau. côtez comme on voit le raifin bouillir
de Coupe tIa- Laplanteétant arrivécà fa maturité, dans la cuve, & l'eau qui étoit claire
digo. cc qu'onreconnoit aux feuiilles qui de- au commencement, s'épailit infenfibleyicnnent plus caffantes & moins fou- ment & devient d'une couleur de bleu,
ples, on la coupe à quelques pouccs tirant fur le violet. Alors fans toucher
horsdet terre. On fe fertpour la couper en aucune façon aux herbes, on ouvre
de grands colteaux courbes faits en lesrobinets qui font au fond de la tremmaniere de faucilles. Quelques habi- poire, &c on laife tomber dans la battans en font des faiffeaux comme des terie toute cette eau chargée des fels
doybles bottes dc foin afin qu'un Ne- &c delafublance de la; plante quela fergre les puiffe porter aifément à la mentation en 3 détachez; &c peridant
trempoire, mais la plapart la mettent qu'on jette comme une chofe inutile,
dans de grands morccaux de grofle Scpreique pourie, T'herbe quié iétoirdans
toile qu'on lie par les quatre coins, & la trempoire, & qu'on la nettoye
cela eit plus commode, la plante eft la remplir de nouvelles herbes, on FOUE
moins maniée & moinsfouléc, 8ccelles T'eau
a fait tomber de la tremqui font petites font cmportées aufi poire ta la batterie. On fe fervoit
au- --- Page 130 ---
96 NOUVEAUX
ty4. autrefois d'une roie à
VOYAGES AUX ISLES
Maniere l'eflieu étoit pofé fur le palettes milieu de dont la labatterie &
dans fa tafle, crache
debattre cuve, &cquel'on remuoit parle
que
la dedans, 1694>
lindigo,
moyen
nindigochformee
du dedeux méme manivelles qui étoient au bout precipitcaufirotau fonddela taffe, feculefe & tée dans
eflieu.
d'une roie à
VOYAGES AUX ISLES
Maniere l'eflieu étoit pofé fur le palettes milieu de dont la labatterie &
dans fa tafle, crache
debattre cuve, &cquel'on remuoit parle
que
la dedans, 1694>
lindigo,
moyen
nindigochformee
du dedeux méme manivelles qui étoient au bout precipitcaufirotau fonddela taffe, feculefe & tée dans
eflieu. Au lieu de palettes on pourlorsilfaite ceffer letravail de la le Dicmis &c enfuite de petits caiflons fans terie,finonillet pas dans
faitcontinuer. Cc n'eft bat-tienmai- re de
après cela
cette feule
Lr
fonds étoient
d'autres dont les abufé de la
rencontre qu'on a Tre- vouX. à
percezde trous de tariere; du Pere credulité&c de
fceaux prefent on fe fert d'une cfpece de dans Plumier. J'en ai lalimplicité été témoin
affez grands attachez à de fortes
d'autres occafions, & étreen
le perches Pofécs fur des chandeliers
dirai-je ces quelques-unes dans SrAd fuite de
moyen defquels les Negres élevent par Memoires. C'eft à quoi
l'eau, la battent &c la remuent violem- ceux quiveulent
s'expofent
ment &
pays qu'ils nc tiuredeiRelaiondus
les fels Sammunne & autres partics de la
comme en courant. voyent Ils qu'en
&
dela plante fe
fubltance vent à
fouNRELT
comme
foient unis enfemble, &
desgens peu inftruits de ce qu'ils
faire coagulez fuffifamment pour veulentfcavoir, direune
& quiaiment mieux leur
bien jufte corps. Celta à prendre ce moment rans; & lottile que de paffer
que l'on reconnoiftl la fcience bent encore plus fouvent pourigno- ils tomderlndigotier, conduit lc c'eft-à-dire decelui
leurs de entre les mains de certains railEn.quei corfife s'ilfait celfèr travail de IIndigoterie. de allezbienp profeffion dont les Ifles font
lajw-le grain qui n'eft debattre un peu trop tôt, de leur en pourvies,quif
cede
meurer
pas encore formé de- tourner donner à garder ifefonsunplatir afin de les
Findi. répandu dans l'eau fans couler & s'en en ridicules quand
gotier. s'amafler au fond de la cuve, & fc
prefente. Jc n'ai gueres Poccalion
avec l'eau quand on eft obligé de la perd lâ- d'homme bon
plus aifé à
connu
cher, ce quicaule une perte confideraReligieux. Il avoit tromper un talent que CC
bleau pgeenare.onhicnere
étoit veilleux pour defligner lcs plantes, mer- &il
forméon
en état de taire des
FRARERSRERE tombe dans le méme
chevez dans cc genre-là s'il ouvrages afautdonc
inconvenient. Il fermé,
s'yfur rentôt qu'on prendre l'a ce moment, & auffi- tédebévies maisileitombé dans uneinfinibattre, &c trouvé il faut ccffer de falphere, donte Pour celle avoir voulu fortir de
Onfelert lailterepoferla matiere.
plantes, mer- &il
forméon
en état de taire des
FRARERSRERE tombe dans le méme
chevez dans cc genre-là s'il ouvrages afautdonc
inconvenient. Il fermé,
s'yfur rentôt qu'on prendre l'a ce moment, & auffi- tédebévies maisileitombé dans uneinfinibattre, &c trouvé il faut ccffer de falphere, donte Pour celle avoir voulu fortir de
Onfelert lailterepoferla matiere. que je remarque ici
te taffe pourle trouver d'une peti- nelpourtiane rables. pas une des plus confided'argent deftinée
cet ufage; on la remplit uniquement de cette à Après gu'on a cefé de
pendantqueles) lon
Negreslal battent, & cau fe- laife repolér la maticre, la battre, fecule on fe
que lon remarque que la fecule fe amaffe précipite au fond de la cuve, &
précipite au fond de la taffe, ou qu'elle l'eau comme une cfpece de boiie, s'y &
demesrercpandus, tinuédeb battre. onceffe, ou oncon- elle avoit déchargée été de tous les fels dont
Errer Le Diétionnaire
delfus, & s'éclaircit. impregnée Pour furnage au
de Pere
general imprimé à vre les robinets
lors on ouPlumior Trerouspranpoteronr la bonne foi du Pere ferieufement fur la batteric à qu'on a pratiquez dans
rappor- que lIndigotier Plumier Minime, fond, & on laiffe differentes dittances du
ayant pris de l'eau de & quand on eft arrivé écouler à la cette cau,
fuperficie
de --- Page 131 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694. del la fecule on ouvre les robinets du parfaite maturité pour
la
fond afin que toute la fecule tombe te. Peut-être quetout le couper fecret plan- 1594. dans le diablotin ou repofoir. C'eft-là dont on vante lIndigo au deceux du
dc qu'on la laiffe fe rafleoir encore un peu nôtre, , n'eitque decouper préjudice T'herbe dans
tems, après quoi on la met dans le tems où elle rend une couleur
des fachets de toile dc quinze a dix- vive. plus
huit pouces taillez en pointe, où elle J'ai experimenté
laiffant
acheve de fc purger du refte de l'eau Cochenilles fur des pommes qu'en dei des
qui étoit encore refté entre fes parties. tesqui étoienttrop meures, au lieu raquet- d'éNlanie- Quand cela ett achevé on l'étend dans tre rouge elles deviennent
re de des caiffons de trois à
pieds de mortes, comme le fruit dont elles feuilles- s'éfaif-long cher
fur deux pieds de TUe & en- toient nourries. La méme chofe
FIndigo. viron trois pouces de profondeur, &c roit bien arriverà l'Indigo, &c ce pouron l'expole à l'air pour la faire fecher je propofe ici n'eft pas un doute
entierement. aus
On obferve de ne la point expofer Eoisarntoer perience certaine
viens
au foleil parce qu'il mangeroit la cou- rapporter,
que évidemment je
de
leur cn la fechant, & on a un très- la mémc qui prouve
que
grand foin de la garder de la pluye àges, produit plante des coupéc couleurs en differentes differens
parce qu'elle la difloudroit & la gite- en beauré.
eft pas un doute
entierement. aus
On obferve de ne la point expofer Eoisarntoer perience certaine
viens
au foleil parce qu'il mangeroit la cou- rapporter,
que évidemment je
de
leur cn la fechant, & on a un très- la mémc qui prouve
que
grand foin de la garder de la pluye àges, produit plante des coupéc couleurs en differentes differens
parce qu'elle la difloudroit & la gite- en beauré. Jc ne rifquerois
Experoit entierement. confeil à des gens attachez à pas cc rience
Ce gW'i, Il arrive quelquefois que lcs chenil- tereft, ou
leur in- propefte
faxrfai-1 les fe mettent dans l'indigo, & pour titéquela qualitéd qui regardentplûtôtl de leur la quan- pour"
requand lei cbe- peu qu'on les y fouffre elles mangent mais 'il me femble n'avoir marchandife; rien à crain- rendre
milles fe toutes les feuilles, fouvent même juf dre du côté de nos infulaires
lindize ples
mettent qu'à l'écorce &le bout des branches, genereux &
qui font beatt. Eindige. dans & font mourir les fouches; c'eft per- jufqu'au de-là magnifiques de leurs forces: quelquefois
dre fon temps de vouloir les détruire confeille donc defaire differentes je leur
ou les empécher de ravager toute une ves fur le terrein, la
épreupiece en leur coupant chemin par quel- la plante, l'eau qu'ils faifon, l'age de
que foflé. Le plus feur eft de couper la faire tremper, le point emploient dela diffolu- pour
qu'il promptement foit, & de l'indigo jetter pelle à quelqu'age melle dans tion &c. Et fuis feur qu'avec un
la trempoire les plantes & les chenilde tems, d travail & de patience
Rene feront de l'Indigo
les, ellcs. rendent en crevant ce qu'el- méme furpaffera ceux égalera, &c
les ont
étran3E
devoré, &lIndigo n'en eit pas
que l'on vante le pays Les
moins beau. Eeaug de faint
plus. haIleft vrai que quand la plante n'a qu'en 1701. leur fucre Domingue brut étoit fgavent
pas atteint fa pariaite maturité, elle ne très-mauvaife
d'urend beaucoup moins; mais pluficurs fc fafoit qu'avec qualité, des & qu'il inf- ne
experiences ont fait connoître que la nies, & tout le monde convient peincs à
couleur qui en vicnt eft beaucoup plus fent, par leur travail, leur
belle, de forte
d'un côté
PaRSUECE
qu'on gagne
té & Rc recherches, il
ce qu'on perd del'autre. autant &c plus eftimé que celui eft devenu des IsJe voudrois ne pas attendre une fi les du Vent:
ne
Zom. I,
N
Pourquoi pourra-t-on
pas --- Page 132 ---
98 NOUVEAUX VOYAGES
1024. Pas efperer la même chofe de lIndigo. de cendre AUX ISLES
Lc fieur Pomet auteur de I'Hiftoire leur doit ou d'ardoife pilée. Sa cou- 1694
generale des Drogues, dit dans fa pre- fir le être d'un bleu foncé tirant
du miere partic, chap.
pas attendre une fi les du Vent:
ne
Zom. I,
N
Pourquoi pourra-t-on
pas --- Page 132 ---
98 NOUVEAUX VOYAGES
1024. Pas efperer la même chofe de lIndigo. de cendre AUX ISLES
Lc fieur Pomet auteur de I'Hiftoire leur doit ou d'ardoife pilée. Sa cou- 1694
generale des Drogues, dit dans fa pre- fir le être d'un bleu foncé tirant
du miere partic, chap. IO. que les Indiens doit être violet, brillant, beau vif, éclatant, il
Indigo Village de Sarquefle, proche d'A- &
plus dedans
de Sarmadabat, ne fe fervent que des feuil- té. paroitre luifant &c comme quedchors,
eom- quefe, les de l'Indigo, &c jettent la plante &c S'il eft
argenment il les droit-là branches, &: que c'eft dc cct en- volume, il pelant par rapport à fon
f fait. que vient
lc
s'en
HZI
eftimé,
l'Indigo plus cher à s'éclaircir de defficr, fa & cherJc fuis affez de fon fentiment,
comme il eft fouvent à un qualités confi- car Frawdes
nous voyons que les qui
car derable, Hleitbonqueceux qui prix
lon
la peine d'égrainer EA raifin prennent avant de tent foient avertis des fraudes T'achep- Fais Te,
le mettre dansla cuve, &c çui rejettent pourroit coinmettre. qu'ony
abfolument la grappe, font un vin dans Lapremiere la
eltdetropbatrelay plante
beaucoup meilleur, parce que la
tierement trempoire les afin de confumer enpc contient toûjours un acide qui
feuilles &c Pécorce de la
mefle
Il
STTE
avec le fuc du grain en foulant plante. cft conftant que l'on
& preffurantl'un &clautre,
mente très confiderablement augfemblable raifon la plante de &cpar une tité dela matiere par cette la quandoit contenir un liquide bien iIndigo moins mais PIndigo en eft beaucoup diffolution, moins
parfait en couleur que celui qui eft beau, il eff noirâtre, épais, pefant &c
dans les fetilies, mais il faut avoir la plus propre à étre jetté qu'à être empatience & le tems des Indiens Pour ployé.
ffurantl'un &clautre,
mente très confiderablement augfemblable raifon la plante de &cpar une tité dela matiere par cette la quandoit contenir un liquide bien iIndigo moins mais PIndigo en eft beaucoup diffolution, moins
parfait en couleur que celui qui eft beau, il eff noirâtre, épais, pefant &c
dans les fetilies, mais il faut avoir la plus propre à étre jetté qu'à être empatience & le tems des Indiens Pour ployé. La
entreprendre un tel ouvrage, &c troufeconde, eft de mefler des cenver des ouvricrs à aufi bon marché brun dres, de & la terre, d'un certain fable
fé qu'on en trouve cn cepays-ii, fuppo-. Juifant qu'on trouve affez
dicur que Pomet le fait foit veritable comme le communément de la mer, & far dans les ances au bord
fieur Tavernier. Pécrit fur le rapport du lée dans la fecule tout à de l'ardoife piami des experiences Quoique je fois fort tombe dans le diablotin, mefure & qu'elle
ter nos Manufaétures qui à une peuvent plus haute por- muer le tout afin de le faire bien reperfection, n'oferois propofer celle- rer, &c &c que la fraude ne paroifle incorpocià caufe 1 dépenfe oà elle enga- facilement cette traude fe commet bien
geroit ceux qui la voudroient faire, 8c
dans dans l'Indigo qui eft
que le profit qu'ils en
que
celui
E
tircroient nc la parcequ'ileft qui eft en tablettes,
payeroit
être pas; cependant
très-dificile queces
donne ici PR pratique des Indiens d étrangers fe lient fi bien enfemble corps
Sarqueffe, afin de ne pouvoir pas me qu'ils comme ne des faffent en bien des endroits,
reprocher d'avoir obmis une chole qui &
lits de matiere difterente,
peut être de quelqu'utilité à ma na- pour lors en rompant le morceau
tion. d'indigo > on les y remarque facileQuali- Lebon Indigo doit étre
ment. IEz du flotte fur l'eau, il fileger qu'il Voici deux
bon In- il cft filpedt d'un plus enfonce & plus fe fervir pour expediens dont on peut
dizo. mélange de terre, mauvailc connoitre la bonté ou la
qualité de lIndigo. Le premier --- Page 133 ---
FRANCOISES DE
tOy4. mier eft d'en faire diffoudre un mor- PAMERIQUE
ceau dans un verre d'eau, s'il eft pur beauté jufqu'à & quatre livres la livre, felon la
& bien fait il fe diffoudra enticrement,
le nombre des bâtimens
1694,
mais s'il eft falfifié la matiere étran- à étoient cn charge. Jc l'ai và qui
gere coulera au fond du verre. Lc fe- un prix bien au deffous de deptis
cond eft de le brûler. Le bon Indigo roit quoiqu'il en foit, l'habitant ne celui-las laifiebrûle entierement, au lieu qu'on troupas de faire un profit très-confive lcs cendres, la terre, le fable & derable, quand il ne le vendroit
l'ardoifc après que CC quilya avoit de quarante bien moins fols la livre, parce qu'il
veritable
Aut
eft confiumé.
Lc fe- un prix bien au deffous de deptis
cond eft de le brûler. Le bon Indigo roit quoiqu'il en foit, l'habitant ne celui-las laifiebrûle entierement, au lieu qu'on troupas de faire un profit très-confive lcs cendres, la terre, le fable & derable, quand il ne le vendroit
l'ardoifc après que CC quilya avoit de quarante bien moins fols la livre, parce qu'il
veritable
Aut
eft confiumé. d'attirail & de
L-Indigofvendoitaux Illes du Vent iucrerie. Four cette Manufaéture que Pour dépenfes une
en 1694. depuis trois livres dix fols
D3 2
a os MAO) a 1 ao " QA
the
H A P I T R E X IL
Des diferentes efpeces de Torinés o manieres de les
6 de quelques autres Poifons. preudre,
E delar Mercredi 17: Mars, veille fc remettra pas fr le
mi-Careme,jer me trou- fuir fic'eft une'
ventre pours'en- Premie:
vaià une grande péche quc à l'écaille du dos Tortuë franche, carelle re maM.Michel fit faire dansl'anplatte, & par confc- niere
ce du Macouba &c aux envi- cft quent propre à tourner. Il n'en dre depren- les
rons, &c le
pas méme
RC
foir j'allai voir mettre la autre
du Caret qui efl une Tortuis
folle, c'cft-à-dire le filet que l'on tend
elpecede'Tortuéd &
dont lécaille eft en les
pour prendre des Tortués. Ceci m'en- commeilale precieule, la.chair de peu de valeur; nant; tourgage à ne Pas remettre à un autre cndos plus rond, &cq qu'il cft
droit à parler des differentes manieres extrêmement vif, il fe remué violemdont on les prend, car il y en aj plu- l'en ment & fe remet fur fon ventre: pour
fieurs. En voici trois les plus en. empécher, on nrct deg
dans les Ifles. unge autour de lui, ou bien on grollespicres le tué. CetLa premiere eftdelesobferver
clles
quand
s'apHEaSTTeETe
vicnnent pondre leurs ceufs dans Kaiehtne-aane
ou
lefable, quand elles viennent fim- ordinairement àlIlc: appelléela pratique Tortilplement reconnoitre le terrein où elles lc, ecautresendroitsper habitez, où les
veulent venir pondrc. Si on
barquesy vont firelapéched dece poiffon. leur train ou leurs traccs fur remarque le
La feconde manicre eft de les varrer Seconde
ileft infuillible que fi on vient au fable, mé- prendre quand clles viennent fur, l'eau pour maniers
melicule dix-feptiéme
l'air, ou foufler comme on en les
a fait cette décotverte, jouraprèsqu'on on y trouve la parle aux Iflcs, car elles viennent de varrant
Tortuéquiy vient pondres dans CCs deux tems en tems fur l'eau pour refpirer,
rencontres on prend la Torrue le autrement clles étoufferoient. Lorf-,
côté, & on la renverfe fur le dos, par bien qu'on veut varrer ou prendre lcs Torfeur gu'elle ne fc retourncra
tucs à la varre, on va la nuit avec
pas, ou ne un canot dans les endroits oùr Pon a reN 2
mar. --- Page 134 ---
100 NOUVEAUX VOYAGES
1f94. marqué beaucoup d'herbes coupées fir
AUX ISLES
la furface de l'eau, car c'eft une mar- de il faut la aller; & quand il eft à
que certaine qu'il y a des
Tortué.
varrer ou prendre lcs Torfeur gu'elle ne fc retourncra
tucs à la varre, on va la nuit avec
pas, ou ne un canot dans les endroits oùr Pon a reN 2
mar. --- Page 134 ---
100 NOUVEAUX VOYAGES
1f94. marqué beaucoup d'herbes coupées fir
AUX ISLES
la furface de l'eau, car c'eft une mar- de il faut la aller; & quand il eft à
que certaine qu'il y a des
Tortué. il la varre,
portée 1694. cct endroit, qui coupant Tortués en il la frappe & la perce avec c'eit-a-dire, le
fant, cnlaiffent tolijours échapperquel- Therbeenpaif- qui eft anté dans la hampe. Aufli-tôt clou
quc partic qui monte &c fiurnage fur
la Tortue fe fent bleilée, elle
l'eau. Celui qui tient la varre eff furle der toutes fes forces, &c elle fuit
bout ou la proué du canot. Le motde avec clle le canot avec une entraîne
Deferip- Varrecit Elpagnol, ilfignific
violence; fon
lc cloud qui eft très-grande entré
tion de ou perche; celle dont on fc unegaule
écaillé ne la quitte & dans
lavarre cette péche eft de fept à huit fert en reur qui a retiré fa pas, le varlongueur & d'un bon
de pieds de Pour enfeigner à eelui hampe s'en fert
tre,
pouce diamequi eft à l'arhalebarde. apeu près comme la hampe d'une tiereotildoit a bien couru
Aprésqu'elle
On fait entrer" dans un
forces lui
ErRai
bouts un cloud carré de à dès fouvent même clle étouffe faute manquent,
pouces de
fept huit nir fur Peau
de vedont il fait long y compris: la doiille varreur fent Pour la relpirer. Quand le
boucle partic; cette douille a une retire
que corde mollit, il la
ou anneau de fer, ou
peu à dans le
&
ment un trou, où eft attachée fimple- prochant AFI de la Tortaé canot, s'apgue corde
unel lon- revenir fur l'eau,
qu'il a fait
vantdu proprement roulée fur l'a- ment
morte, ou extrêmeattaché canot, où undes bouts eft aufli tc & fon affoiblie, il la prend par une
à
,& la hampe eft aufli attachée la
compagnon par. & paune autrepetite corde dont lev varreur mettent dans le canot, T'autre, & cn ils
tient un bout. Le varreur donc étant chercher Il une autre. vont
debout àla fur Pavant du canot, la varre
n'eft pas neceffaire qu'il y ait des
main droite, examine tout
ardillons au fer de la
deluis'ilvoitp paroître quelque autour le Varreur faffe entrer varre, le fer ny que
cequieltaffezaifé durant la nuit, Tortue, plus avant que l'épaiffeur de gucres
qu'onvoith bolillonnerla furface del'eau parce douleur parce qu'auff-tôr que la tortuë T'écaille, fent la
il'endroit où la Tortue veut lever la fon que le cloud luifait en
téte pour fouffler, ou fi la Tortue dort
écaille, elle fe reffèrc de telle perçant
fur l'eau, ou qu'un mâle foit attachéà çonqu'ona lc
bien plus de peine a fàune femelle, cc qu'on
cloud qu'on en avoit eu retirer
valage, l'écaille
appelle un Ca- entrer.
tortuë T'écaille, fent la
il'endroit où la Tortue veut lever la fon que le cloud luifait en
téte pour fouffler, ou fi la Tortue dort
écaille, elle fe reffèrc de telle perçant
fur l'eau, ou qu'un mâle foit attachéà çonqu'ona lc
bien plus de peine a fàune femelle, cc qu'on
cloud qu'on en avoit eu retirer
valage, l'écaille
appelle un Ca- entrer. On fe
à le faire
chit la lumiere 21 la reluit lune & qui reflé- cettc verité, fi on Perfuadera veut aifément de
Ies la lui fait
ou des étoi- à ce qui arrive
faire attention
appercevoir
à
quand on s'enfonce
quoi on doit ajoirer que dans auffi-tôt, lcs nuits épingle ou une éguille dans un une
lesplus obleures, ilrelte tolijours furla puifquil de
eft certain qu'on a bien ongle,
furface de la terre & des caux
pcine à la retirer
plus
de lumicre eft fufifant un peu Ty fitreentrer. qu'on n'en a eu à
fe couchent 9ete le ventre à ceux qui Ont fera peut-étre
de
une diftance affez confiderable pour voir à dis que la Tortué furpris cc queje
d'cux. Dés qu'il
autour avec elle avec une emporte le canor
il marque avec le apperçoir bout de la fa Tortué, maisilfera aifé de fele grande violence,
eclui qui conduit le canot, le lieu varre où à on fera reflexion à la perfiunder force & quand à la
grandcur qu'ont CCS animaux dans PAmeri- --- Page 135 ---
FRANCOISES DE
1694. merique, où
PAMERIQUE
I0I
trouve de trois communément & demi à on les malheur de tourner & de perdre dans
pieds de long, EPaL deux pieds & quatre demi fa cet accident fa pagalle, fon
sopt
de large, &2 Qui pefent jufqu'à trois maffe, fes lignes, & les autres couteau,
cens livres, &c fouvent
trumens de péche. infvantage. beaucoup da- bile, il cut toutes les Quoiqu'il fat haà remettre
peines du monde
Force qu'endroit Ceituned chofe étonnante qu'enquel- qui étoit forte fon canot, car la Tortue
desTurdel la terre que vous les por- Prendre le 8c vigoureufe, fembloir
leur tnir, in- de ticz, la pour éloigné qu'il foit du bord qu'il travailloit tems de le repofer pendant
fimnét à tc; fi-tôt mer, ellcs y prennent leur rou- ee qu'il fut à remettre fon canot,
retonrque vous les mettez fur le
obligé de faire neufou dix
serdroit ventreou plaftron, fans chercher, fans foisy la pendant un jour &c deuxnuits. alamer hefiter, & Prialignelaplasdroire
Tortue le traina, fans qu'il lui 7eE
J'ai cu quelquetois lc
de
poflible de
mettrefur le dos d'une' Tortué plaifir me de, A la coepcrouidedéticherl fin la Tortue fe la.cord
autre perfonne, clle
avec une bonheur voulut
laffa, & Ic
peinc & mémc affez nous portoir fans haut-fond, où PIndien qu'elle acheva échotia fir un
une voiturc des
vite, mais c'eft étant lui-méme
de latuer,
elle
plus rudes, Car comme
demi-mort dc
ne peut fc foutenir fur fes
foif & de latlitude.
epcrouidedéticherl fin la Tortue fe la.cord
autre perfonne, clle
avec une bonheur voulut
laffa, & Ic
peinc & mémc affez nous portoir fans haut-fond, où PIndien qu'elle acheva échotia fir un
une voiturc des
vite, mais c'eft étant lui-méme
de latuer,
elle
plus rudes, Car comme
demi-mort dc
ne peut fc foutenir fur fes
foif & de latlitude. faim, de
pattes toute à la fois, clle élcve quatre le La troifiéme maniere de
rain de devant, & femble
Tortués cft avec la Folle. prendre les' Traijpi
Ja terre en s'élangant,
égratigner dei foixante à
C'ettunt filet memapieds de derriere
Pendant que les fes de long, quatre-vinge de
ou cent braf- nierede
faifant un effort pouffenc cn avant en vre ou d'écorce groffe de ncelle de chanment
qui produit un
mahot. On! Emes
qui fecoue & qui fatigue mouve- infini- nc deux à trois braffes de luid don- tuès. ment. hauteur; les mailles large ou de
Hifsire A propos de la force des
pouces en quarré, om ont met huit à neuf
d'une crois
ici Tortués,je des pierres à un des
dup plomb ou
Tortatè, ans après devoirrapporter que fus ce quiarriva2 2. ou autre bois
côtez, & du licge
dien, Efclave di M. aux Iflcs à un In- tenir le filet leger à l'autre, afin de
de la
étendu &
re. Ilétoit feul dans urr petit Chardonnic- dans la mer. Les deux perpendiculaire Filet
il péchoit à la ligne, il canot, ou chezaterre aux pointes bouts de font atta- appellé
Tortué qui dormoit fur apperçût l'eau; il une veut barrer, ou bien à de l'ance qu'on Eolle,
approcha tout doucement, & lui s'en res qu'on jette à la
comme groffes pierdans une Patte un noeud
paffa d'u- toit' des ancres: on mer, a foin de fic'é
ne corde aflez groffe, coulant,
filet en rouge
ne teindre le
hazard avec lui, & dont qu'il il avoit avoit par comme illeverroit afinqu'il s'il étoit fe blanc. voye pas,
ché l'autrebour à l'avantdu
atta- choifit Pourtendre les
On
Tortues'éveilla & femità fuirde canot. La oùr ilya du fable, folles, les anccs
fes forces; l'Indien
toutes celles-là
parce que CC font
def fevoir entrainer nc s'épouventa Pas venir que la Tortué cherche pour
fe,ilfe tenoit à avec tant de vitefpondre & fes ceufs; on les tend fur
l'arriere &
lefoir, on
avec fa pagalle
gouvernoit tué venant à terre leslevelematin. &
LaTorefperant que la
Parer les lames, paffe la tête ou une trouvant le filet,
ou
lafferoit enfin
pare dans
RUET
qu'eile étoufferoit. Mais il
le, & ne trouvant
une mailcut le cC, parce que le filet que peu de refiftanN,
obéit, elle s'éforce --- Page 136 ---
102 NOUVEAUX
1OL force de paffer, s'entortille VOYAGES A UX ISLES
fci noyc. On en.trouve
dedans &c
tre ou
Kmplcowlikrentener
quciqueroiaquae decctte
quand onen mange,
quifirque 1694.
'eile étoufferoit. Mais il
le, & ne trouvant
une mailcut le cC, parce que le filet que peu de refiftanN,
obéit, elle s'éforce --- Page 136 ---
102 NOUVEAUX
1OL force de paffer, s'entortille VOYAGES A UX ISLES
fci noyc. On en.trouve
dedans &c
tre ou
Kmplcowlikrentener
quciqueroiaquae decctte
quand onen mange,
quifirque 1694. nicre. cingpnifts&cnoyées
ma- couvert de
oneft alluréd'etre
Nombre Une Tortué d'une
purcté dans clouds, le fi ona quclque imd'une des aenfs fait jufqu'à deux cens grandeur ordinaire aux Illes dc' la Tortille corps. Ceux qui vont
Tortuè, ils font de la grofleur d'une cinquante balle ceufs, de
pour la péche del laTortué ou autres Ifles
cleur dc paume &c auffi ronds. Leur jeu ne vivent que de chair de &du Caret,
gualité. clt comme du parchemin mouillé. coque On dant trois ou quatre mois Tortue qu'ils penhtemanguetotjours un petit vuide. Le ployent à cette péche, fans
emblanc ne fe durcit jamais bien,
callave, & fans autre pain, fans
cuiffon qu'on lui donne. Le quelque
&'le maigre de cette chole que le
çuit & fc durcit comme celui des jaune fe Er4 afluré que
chair, & il
de poule; ileft
ceufs ayent, méme quelques le
maladies qu'ils
omclettcs excellentes. très-bon, on çn fait des
mal de Naples, ils en
DiftAnifmneipufinemre riture leur
Cette nourTenies laFolle, Haloandsauinujctas voirlever de ventre procure d'abord un cours
elpeces
onytrouva deux' Tortuést franqui les purge
deTor- chesêcun Carer. Outrec ces deuxe
ment, que l'on
merveilleufe- &c
tiè de'Tortués, ily en: a unetroifiémec elpeces qu'on minué à proportion augmente des forces qu'on du diappelleCaouanne. lade, en lui donnant à
maTortué
moins de caret avecla manger plusou
franche Tortué LaTormucfianched qu'on appelleaufi
chair de Tortué
ourverte. veritablement verte, eftla feulee efpece quifoit pagné franche: de ce cours de ventre eft accomcaille eft mince bonne & de à manger, fon é- pour l'ordinaire clouds ou de bubons 3 qui
nulle valeur. J'ai bien
caufent la fiévre,
parléci-devant rai occafion de cette' Tortué, &cj'auqu'elle foit violente ne peut étre qui
autre endroit. d'en parler encore dans un cft dangereufe, d'une far tout quand le malade
LCartt Le Caret n'eft jamais fi
tempérament. complexion On en eft forte & d'un bon Remcde
Tortuefmanche, l'écaille grand lui quie la ze ou quinze accès, mais quitteen les
dou- aife
le dos, qu'on appelle fà qui couvre font ouverts continuent de clouds qui pourle de
biea plus ronde; c'eft carapace, cft matiere tant. rendre de' la mala
la facilité de fe
çe qui lui donne impurcté dans qu'il le fe trouve la moindre Napler
quand on la tourne retourner fr le fur le ventre, femble qu'on foit. corps. Après cela il
caille eft ce
dos. Cette é- homme. On changé en un autre
lappelleaufifa qu'ily a de meilleur, On on devient fe fent tout renouvellé,
treize feuilles, depoullselconfitcen revicnnent a gras, vàe &cla d'aeil.
facilité de fe
çe qui lui donne impurcté dans qu'il le fe trouve la moindre Napler
quand on la tourne retourner fr le fur le ventre, femble qu'on foit. corps. Après cela il
caille eft ce
dos. Cette é- homme. On changé en un autre
lappelleaufifa qu'ily a de meilleur, On on devient fe fent tout renouvellé,
treize feuilles, depoullselconfitcen revicnnent a gras, vàe &cla d'aeil. force &c la fanté
vent paffer teeutesenenienes livres@edemie
eft bon d'avertir icy le Cependant il
livres, quil Rs pourlordinairee àcing. des perfonnes vicilles, Leétcury foibles &
tre livres
qua-. cates. at
c'eft dix fols a cent fols la livre: lentes auroient peine à refifterà ces viole de cequ'on Tortué, appelle cn Europelécail- pérament évacuations, fort &robulte RquilfautontemSachairn'eftp pasbonne à
porter. pourles fupne provient pas de ce manger, foit ce Un de nos Peres
R maigre ou plus durc qu'elle cellc
dier qui demeuroit appellé/eanMondi- avec moi
Tlifoire
la Tortue fianche, mais d'une que
de habitation du fond faint
en nôtre d'un P,
qualité quc j'en ctois
Jacques, lorf- Jacobin
Syndic en 1607. s'avifa
un --- Page 137 ---
FRANCOISES DE
1604. un jour d'acheter un plaftron de Caret, La LAMERIQUE
ro3
& qu'il prit Pour un plaitron de Tortué, deTortué Caouanne de eft la troiGéme elpece 16g4. le fit malgré tout ce que je lui pusdire, il ment plus mer. Elle eft ordinaire- Caouans
qu'il accommoder, fe fentit de &ile en mangeat tant fon écaille grande ne vaut que les deux autres; ne, troil'appetit. J'en mangeai eft
rien, outre
fième e
auffi un peu, Parce quej'étois bienaile elle très-mince & d'une vilaine qu'elle de
der mep purger; : mais cepauvrel
elt toûijours chargée de couleur, & frids
ne fut pas long-tems fans fe Tepentir Religieux de d'autres marques qui la
galles ablolune m'avoir pas voulu croire. En moins ment, Sa chairn'eft pasn gâtent
de trois
eft
meilleure, elle
vert de ouquatrejours, clouds
il fe trouva.cou- &c de toljoursmaigne, mauvaife
filaffcufe, coriace
d'ceufs de
comme des moitiez dela faller odeur. On ne laiffe pas
pouvoit ELS de maniere qu'il ne eft bon. pour les Negres à qui tout
un moment trouver de fituation pour étre Quand
en repos. Ces cloudsfitrent
ontourneles' Tortues, &c paraccompagnezd'un. dévoyementerribiley ticulierementle de fà
Caret; il faut fe
avec une groffe fiévre, qui m'auroient
gucule, caril mord
garder
fait craindre pour lui, fi je n'en avois maniere, ter la & quand il ne] peut Idunectrange
pas fçà la caufe, & fi fa jeuneffe & fa
piecc, il ncl la lâche emporbonne
ne Taittué. qu'on
iec
Il fouffrit complexion ne m'avoient rafuré.
ticulierementle de fà
Caret; il faut fe
avec une groffe fiévre, qui m'auroient
gucule, caril mord
garder
fait craindre pour lui, fi je n'en avois maniere, ter la & quand il ne] peut Idunectrange
pas fçà la caufe, & fi fa jeuneffe & fa
piecc, il ncl la lâche emporbonne
ne Taittué. qu'on
iec
Il fouffrit complexion ne m'avoient rafuré. pour tourner Ceux les quigardent les ances
jours, mais pendant il en a tiré dix huit ou vingt aterre, font Tortues qui viennent
qu'il n'a point été attaqué cet delamaladic avantage, bâton, dont toûjours ils leur donnent armez d'uncourt
deSiam, nid'aucune autrej pendant
coups fur la tête pour les quelques
ou fix ans qu'il a demcuré aux Iiles cinq du quand clles fonttrop fortes ou étourdir,
Vent. chantes. trop méPour moi qui en avois mangé plâtôr ret Le moyen de leverlesf feuilles de Cacomme d'un médicament comme du de dellas fa carapace, eft
d'une viande, j'en fus que
feu deffous, elles fe
demettre
petit dévoyement de quitte
un & on les
levent aufi-tôt,
accompagné de deux cinq ou ACend jours, la main. tireaprès cela facilement avec
quinel laifferent pas demef ou: faire trois du clouds, bien, Lorfqu'on a pris des Tortuès en
après m'avoir caufét un peu de douleurs on les y conferver quinze ou vic,
d'incommodité. jours, à XErNtO tenant renverfées fur le vingt dos
elle Quand la chair de Caret a été falée, T'ombre, fois & les arrofant quatre OlI
fortes n'efiplus de chair fi purgative, maistoutes vrai cing qu'eiles par jour avec de l'eau; il cft
coup deleurb bonté, deTorrue perdenti beau- prend depetites maigriffent. onles Quand. on en
meurédansle fel, parce quandelles ont de- ves avec del'eau de mer, met dans des cuCates & graffes, ie fel confommeablo- qu'étant déli- tous les jours, on leur jette qu'on des change
lument toute la graifle &: toute la fa- dejardin detoutest fortes, elles en herbes manattribuer veur. Jenelçai 11 onne pourroit
fe nourriffent &c croiffent à mercet'
SET2
paysqui eft inconvenient zu fel R La graiffe
chofe arriveroit fortcorroif, fi
& filaméme ou
delaTortuer mifefurlefeu
d'Europe. on fe fervoit du fel haile, expolée qui eft au bonne folcil, fe convertit en dela Oraliuz
d'autres ulages, fur tout pourfrire quand &c elle Pour eft Teriai. graifide
nou- --- Page 138 ---
VOYAGES AUX ISLES
404 NOUVEAUX
Le Capitaine eft aflez femblable à la 1694. Xy4- nouvelle. J'ai remarqué qu'elleeltlipé. côtéde Carpe, il a autour du cou cinq rangs Poifen
nétrante, quefi on en metfurun
d'écailles dorées, &cdifpolées à peu prés appeillé
la main, Squ'onlat frotte avecunlinge detemsjuf- comme un hauffe-col, ce qui lui a fait ws.
---
VOYAGES AUX ISLES
404 NOUVEAUX
Le Capitaine eft aflez femblable à la 1694. Xy4- nouvelle. J'ai remarqué qu'elleeltlipé. côtéde Carpe, il a autour du cou cinq rangs Poifen
nétrante, quefi on en metfurun
d'écailles dorées, &cdifpolées à peu prés appeillé
la main, Squ'onlat frotte avecunlinge detemsjuf- comme un hauffe-col, ce qui lui a fait ws. Gapitaichaud, elle pénétre en peu clle eft bonne donner le nom de Capitainc. affez
Grand
qu'à la partic oppolée; & pourdesrhu- Lc grand Ecaille a le dos rond, nous Ecaille. pourdes douleursiroides
lc ventregros, la queué fort! larges
matifmes. Je ne fçai fi enl fimpregnant en primes dedeux pieds Scdemidelong;
dequelques cfprits, on ne s'en la pourroit depuis un aifleron jufqu'al'autre, il eit
palenrneranienems dans maladics goute, couvert d'écailles larges commel une pielaparalific,8 autres femblables des mem- ce de trentefols, qui idiminuent à mcfuqui empéchent le mouvement
re qwellasapproohent du milieu ded defbres. voirl leverla fous du ventre &c de la
La chair
JefusdoncleJeudis matin franches de ces deux poiffons PTPA fort blanche,
folle, ,onytrouvad deux Tortuèst à la pèche fcrme & gralie. d'un
& un Caret, cequie étantjoint précé- Lc Chirurgiene eft ordinairement Chirarabondante qu'onavoitf faitelejour) fournit pied a un pied &c demi de long; ilref
à
EA
dent à la côté &cdanslesrivicres, magnifique- femble allezàla Tanche, quant laforàM.Michel de quoitraitter
me, àla.couleur del la chair, au goûr8c
mentceux qu'ilavoit invité pourfairela auxécailles, occiniepaiotni
my-caréme chez lui. pécher deux arrêtes fort tranchantes & plates
Filet LaSenne dont on fc fert foixante comme des lancettes qu'il a a côté des
appelie dans les ances, cit un filet Poere ily ouyes 5 c'cft apparemment pour cela
Senne, à qoatre-vingcbraiftas delongueur,
Chirurgien. donton en a même de beaucoup plus longues, qu'on T'appelle eft unp
long comme Orphy. fefere
ddemic oudeux L'Orphy
porilon
paarpt. cherax & braffes d'emeironunebrafe de largueurs le bas elt garni de uncAnguille, fa
d'une coubordde
&lc baut de lieges il a un
plus quarrés eftblanche, fermcy
FE
lamer. plomb,
pour : tenir RA bleué, fachair
elle ne laiffe
bâton à chaque extremité bâton unelongué un peu fcche à la verités il elt éétenduc, & âchaque Pon puiffe embraffer pas d'étred'un très-bon. gout; de fauces;
corde, afin que
& venfermer galement bon à toutesfortes eft veriin pluslong elpacedemer,
La
feule: vertebre qui
nombre de poiTons. Hnaqu'une
aifément dc la. un plus
d'un bon filetdechanvre; tc,, chairs qui il fe a détache fur le nez. un avant-bec
ont
FEfer
fes mailles qui aux extremitez
qui eft pour T'ordinaire d'une cinquiéen
fc refferent pcu d:
du reftedeion
tre pouces milicu, quarré, eft fait en ma- ne partic de la longueur
peu nicre jufqu'au de poche, où 3 font fort fer- corps.
'une
aifément dc la. un plus
d'un bon filetdechanvre; tc,, chairs qui il fe a détache fur le nez. un avant-bec
ont
FEfer
fes mailles qui aux extremitez
qui eft pour T'ordinaire d'une cinquiéen
fc refferent pcu d:
du reftedeion
tre pouces milicu, quarré, eft fait en ma- ne partic de la longueur
peu nicre jufqu'au de poche, où 3 font fort fer- corps. Les Lunes Sc les Alliettes font ainfi Lunesc Alfesies
rées. nommécs, parcequellesfont toutes ronLespoilfons que nousp sprimeralaSenne des
E- des.E Ellesn'ontqu'unt très-petit moignon
étoient, des Capitaines, Orphys,des grands dequeué, &lel bout dul becquilesempé- elt blanche
cailles, des Chirurgiens,des Aflietes. che de rouler. Leur peau ont
fix
Lunes & des poiffons d'eau douce, c'é- & comme argentéc,, de clles diametre, depuis & un. Quantauxp des Dormeurs, desTe- jufqu'à huit pouces
Leur
toit desMulets, & des Ecrevifles. pouce ou cnviron d'epaiffeur. chair
flars ouMacoubss, --- Page 139 ---
Tom. I. pag. 404.
Tortue TuE reut
Lune
Hiniere de,tourner les 24
issiette
-
) --- Page 140 --- --- Page 141 --- --- Page 142 ---
L0.
Tom. I.
.de atrt Lerard.
inolis cspose
Gros
Lezard.
La
Gabenonche.
(
Haboya
AA --- Page 143 ---
FR. ANCOISES DE
2694. chair eft blanche, ferme, aflez graffe. LAMERIQUE
1os
mode, de quelque out manicre. qu'on les accom- mier. prelentmeft plaifir, Car c'étoit le prc- 1694elles font boitillies, our roties, oufrites, vant, Lazardque mais lié j'euffe va;il étoit vifort
toûjours très-bonnes & de voir n'y s'enfuir d'unc ni manicre à nc pouLes faciledigelion. Lunes different des
toute verte paroiffoit mordre; fa peau
cequ'elles ont defus le dos Aflietes, &c fousle en culierement la téte; il furdoréc, avoit de partiventre deux grandes mouftaches,
yeux à fleur de tére, qui fembloient gros
fant. femblent reprefenter une luncen croif- qui étinccler fe mettoit quand on letouchoit & qu'il
en colere. Dans le méme
Mulets Lcs Mulets de rivicre font les
tems il cnfloit unc pcau qu'il a fous la
0u Mi- d'Europe, du moins leur Muges gorge, à peu près comme un
ges.
furdoréc, avoit de partiventre deux grandes mouftaches,
yeux à fleur de tére, qui fembloient gros
fant. femblent reprefenter une luncen croif- qui étinccler fe mettoit quand on letouchoit & qu'il
en colere. Dans le méme
Mulets Lcs Mulets de rivicre font les
tems il cnfloit unc pcau qu'il a fous la
0u Mi- d'Europe, du moins leur Muges gorge, à peu près comme un
ges. ilsparfitement, excepté néanmoins reffemblent- qui fait la rouc. Les pieds de cet pigeon
cela qu'ils font ordinairement
en mal font garnis de cing
ani-
&c pluis gras. plusgros gués, fortes &c aigués. ERet queé lon- eft
Tefards Lcs Teflards ou Macoubas ont lat té- comme fervir dans un foiet, dont il fçait bien fe
telarge&c rond. Ils chamnué; leur corpse eft affez dre;
les occafions Pour fe défenont la peau noirc, & fort
mais fur tout fa morfure eft danfine; la chair tres-blanche, graffe & gereufe, non qu'elle foit
délicate; leur bonté eft caufe
daucun venin, mais accompagnce
leur donne Pas le tems de devenir qu'on fort ne comme un rafoir tout Parce ce
coupe
grands;
ou s'y
mord,
t
n'excedoient les plus grands que j'aye vû impollible attache delui fi fortement; qu'il eft
pas un pied de longueur. faire lâcher
Eorrsijf Ontrouve quantité d'Ecrevilles
prés qu'il eft mort. Ila la vie prifequ'a- f
Jes. les rivicres. Éllcs ne different de dans que cént coupsde bâton
durc, &c
les d'Europe,
cel- furlatéte nele
farlecorps
dans, qui font plus que longs, par leurs mor- fecretpourle faire tucroient mourir pas. fans Lunique lui
& plus égaux dans touteleur plus affilez latéte, eft de lui
coumais qui ne
longueur, Be ou une
enfoncerun petit
ferrent &c nc
paille dans les narines,
pas moins pour ccla. On en coupent fait des auffi-tôt qu'il elt touché dans cet enioupes admirables en cette maniere. droit, il répand quelques
On les metcuire toutes entiercs
fang & expire. Nous
gouttes de
l'eau avec du poivre, du
dans dont on m'avoit fait mangeames celui
quct de perfil & des herbes fel, fines. un bou- modé comme une fricaffée prefent, de accomlcs retire du feu, quand on
On j'aurois crû que s'en étoit poulets;
les font un peu plus de moitié juge cuites. qu'el- vû accommoder, tant cette fijenelteulfe chair a de
mode On prend les queués que l'on accom- fa reffemblance avec celle de pouler, par
refte avec une fauce blanche, tout le & blancheur, fa
fatendreté,
dans
fonbongoit
duit felpile
un morticr &fcrédelicateffe, On ne doit pas étre
beure en pare, que l'on met avec du fiurpris que nous le mangeâmes en Ca
dans l'eau oi elles avoient été réme, tre. quoiqu'il foit un animal terrefbotillies, dont
Nos Theologiens l'ont
Lexard: Le Lundi vingt-deux
miles Amphibics dont on rangé parcriprion, fa def- prefent d'un Lerardqui avoit
entout tems. La femelle des manger
Baens
AGrte ceufs
Jackafe pied & demi de long, fans compterla présd'un les qui s'éclofent en mémestems qu'cile
gucué, Zom, quien
Cc dont pouffe dehors, ainfi quel les
1.
ies, dont
Nos Theologiens l'ont
Lexard: Le Lundi vingt-deux
miles Amphibics dont on rangé parcriprion, fa def- prefent d'un Lerardqui avoit
entout tems. La femelle des manger
Baens
AGrte ceufs
Jackafe pied & demi de long, fans compterla présd'un les qui s'éclofent en mémestems qu'cile
gucué, Zom, quien
Cc dont pouffe dehors, ainfi quel les
1. avoirbiendavantage
je parlerai
La chair Serpens
O
cy-après. du
Le- --- Page 144 ---
VOYAGES AUX ISLES
106 NOUVEAUX celle des na une vigoureufe fecoufle, qui le fit 1694
1694. Lezardàl la même qualité frequemment,elle que
romberàterre. Danilintiantqotxér le" NeViperes. elledélechesc Sionenulcf fubtilifelefang. &
la fereconnoitre, main droite à l'enpurge,
me donna un
le faifit
T
Monfieur Michel Lezard. NE Ernit où la queuc joint le corps, & lui du
le plaifirde la chaffe du d'un
mit le pied gauche fur le de milieu voir comy fûmes accompagnez. perche, Set au corps. C'étoit un plaifir la
reportoitune longuc
corde ac- me le Lezard ouvroit gucule,
iaquelle ily avoit une petite
muoit des yeux étincclans, d gonfloit
commodéee en necudcoulant, qu'onap- avoir le deffous de fa gorge comme un le Ccq
pelleaux Iiles un Caboya. Après en décou- d'Inde; mais pendant ce tems-là où avoit Nc- la
beaucoup cherché, le Negre étendu tout de gre lui mit lc pied droit il
vrit enfin un qui étoit feche
main, &lui pritl les deux pieds le de der- &
fon long fur une branche le
riere qu'il lui renverfa fur dos,
au foleil. Auffi-tôt
avec des aiguillettes
R
chauffoit
à quoi le Lezard
les y lia enfemble
il fit la
fe mit à Gffier,
avançoit f demahotdont ils'étoit pourvà:
noit tant de plaifir, acoavrirdouv qu'il
venoit mêmechofe aux
de devant, après entre
tétecomme pour
sapprocha quoil fit pafferl le V dela queue
le fon. Peu à peu lel Negre & commen- lespieds liez & le dos du Lezard, &ly
del lui totijours en fifflant, & enfui- attachaen deux endroits. II fitenfuitea- de
çaa lui chatoiller les côtez, dela
Il vec des liannes refendués une efpece atte la gorge avec le bout gaule. plai- petitlicol qu'il lui mit fur le muleau maniere
fembloit le Lezard y prenoit
taché en quatre endroits, de
firs car T s'étendoit en fc tournant eft qu'il ne pouvoit ouvrirla gucule ni redoucement, comme un il Chat fçeut qui enfin muerla queuer ni les
madevant lefeu en hyver;
Nous en primes IRI de cettc
fi bien le chatotnlier & l'endormir qu'il nicre, qui me donnerent beaucoup huit de
pourainlidire avec têtc fon fiflement, hors de la bran- plaifir.
é en quatre endroits, de
firs car T s'étendoit en fc tournant eft qu'il ne pouvoit ouvrirla gucule ni redoucement, comme un il Chat fçeut qui enfin muerla queuer ni les
madevant lefeu en hyver;
Nous en primes IRI de cettc
fi bien le chatotnlier & l'endormir qu'il nicre, qui me donnerent beaucoup huit de
pourainlidire avec têtc fon fiflement, hors de la bran- plaifir. Onles garder fept ou
jui fit avancer la
jours en vies TEE feul rifque qu'il y a,
che, fuffifamment pour luip pafferleca- c'eft qu'ils maigriffent un peu. boya dans le cou, & auffetôtilluidone -
P I T R E XII II
0 H A
Curiale. dans fa maifon
L'Auteur va demeurer
chacune
ANSENfn le Samedi troifiéme A- douze mes, Jeannnes, à treize quicontenoient pots, remplies de vin
DEe vril M. Michel qui m'avoit &c de Madere & une de vin de Canaric,
BX toûjours tenu chez la lui, avec unbaril de farine de Manioc pour
traitté avec toutc géné- fuffe mon Negre, & du pain pour trois euffc ou
rofité pofible, confentit que
Il quatrejours, en attendant quej'en
dans ma maifon
me
SCa. hrprefenten
m'établir
fait faire. Son époufc
y avoit fait porter à diner, ilm'yvint moi. L'a- mémetems alsermantitenses
accompagner & diner avec
zaine delerviettes & un tort bell hamacq. prèst midilm'envoya deux de ces des AEE Le lendemain jour des Ramcaux i
les bouteilles, qu'on appelle --- Page 145 ---
FRANCOISES DE
1694. fis les fonétions ordinaires de ce jour. Lc LAMERIQUE
Je confeffai quelques perfonnes qui
Vendredi je préchai la Paflion,
voulurent fairel leurs Pâques, &j je
Kaerededcrdmteaen celui
matin. 1694. toutes les perfonnes libres de tacherde priai
du foir on m'amena les adultes Après
fatisfaire à leur devoir Pafchal pendant que j'avois jugé capable de reccvoir le
la Semaine Sainte, afin que puffe Baptéme. Le Jachevai de lesy dilpofer. employer la fuivante à les ate faire tion des Samedi-Saint après la benedicaux Negres. Je retins à dîner M.MiFonds je baptifai trente-huit
chel & fix ou fept aurresqueje traittai adultes, hommes ou femmes,
à leurs dépens, car ils m'avoient tous fervoient quoi j'exhortai leurs maitres qui aprés leur
envoyé du poillon; &c mes Paroifliens de continucr pour à les la plapart dc Parcins,
onttolijours cutantde bonté moi, flianifne
former dans le Chriqu'ils n'ont jamais manqué CCoac me faire
par leurs paroles &c par leurs
part de ce qu'ils prenoient à la chafle exemples, de &c d'avoir foin fur toutes
ou à la péche, ou de ce qu'ils tuoient chofes me
me les envoyer au Chatéchif
chez eux. pour les rendre capables des autres
Le Lundi je fus dire la Meffe chez Sacremens. nies
On fçait que les cérémoà M. fon Michel pour faire faire les Pâques celle decej du jour font des longues, & fur tout
époufe, qui étoit fur le point me c'étoit Baptéme la
adultes; &c comd'accoucher, mé lc ficur Parmentier &àun de fesvoifins nom- vois faite, il étoit premiere tard fois que je l'atadansun hamacq.
des autres
Le Lundi je fus dire la Meffe chez Sacremens. nies
On fçait que les cérémoà M. fon Michel pour faire faire les Pâques celle decej du jour font des longues, & fur tout
époufe, qui étoit fur le point me c'étoit Baptéme la
adultes; &c comd'accoucher, mé lc ficur Parmentier &àun de fesvoifins nom- vois faite, il étoit premiere tard fois que je l'atadansun hamacq. que l'on appor- del'Eglife, fort las & fort quand épuilé. je fortis
Le Mardi, le Mercredi &c le Jcudi, de Lc Dimanche onziéme Avril jour
je confeffai prefque tous mes Paroif- communier Pâques j'achevai de confeffer & de
fiens, ceux mémes qui avoient comles. perlonnes libres de ma
dens, munié le Dimanche & les jours précé- de Paroiffe. toutes les On mavertitque la coûtume
afin de vinrent fc réconcilier le Jeudi donnât la paix Paroifles à étoit quel le Curé
bre. Je communier leur fis en plus grand nom- aux Fétes;
baiferà fes Paroifliens
lâ Communion, une exhortation avant manches de principales &clespremiers Diportimes le Saint après laquelle nous çûr comme chaque une offrande mois, & qu'il redes Chapelles Sacrement dans une prefentoient: jele
ce qu'il lui
proprement & qu'on avoit paréc très- j'avois négligé de le fçavois bien, mais
mieres. avec beaucoup de lu- que, de peur qu'on ne mettre crût en pratiJe priai les principaux de venir diner voit quelques raifons d'interét quilya- quii m'y
avecmoi:p pour avoir plus de
dans engageoients bli. jemerendis à
étama
petite maifonj'ena avois fait place
Après la Prédication T'ulge
lit.. Lel Perc
ôtermon je fis P'offirande,
lieu &cl'offertoire
Dauviller mon Bretons'y trouva &cle fieur pris de la liberalité 8cj'eus de mes d'être furfoin du
Marguillier fec chargea du Jefisenfuiteles
Paroiliens. modeftie repas qui fe paffa avec toute la tain8 8càmes Clercs. miennes retins à mon Sacrifqui venoient que doivent de faire avoir des gens Ofliciers du quarticr Je avec à dinerlcs
Nous chantâmes enfuite les leurs Pâques. desp principaux. Aprèsdinernous quelques-uns chan-
& on fe partagea les heures Tenebres, de la nuit tâmes les les Vépres. J'aurois bien voulu
pour veillerdevantles Saint Sacrement, ches, pouvoir mais chanter tous les DimanO 2
après avoir bien cxaminé la
chole, --- Page 146 ---
VOYAGES AUX ISLES
108 NOUVEAUX
Chantre, étoit Parifien, fils d'un Pro- 16g4. qu'clle n'étoit pas prati- 6- cureur nommé Rollet; mais comme ce
1694- chofe,jevis parce que les habitations
nom eft fameux dans les Satyres de
quable, toient Chdrameneadattaine étoient & que Boilcau, par un fort mauvais endroit,
les chemins qui y conduiloient obliger ilenavoit changé une lettre, 8cfe l'a- faidifficiles &c trop fatigans deux Chlrerd en un mé- foit
Railet.
toit pas prati- 6- cureur nommé Rollet; mais comme ce
1694- chofe,jevis parce que les habitations
nom eft fameux dans les Satyres de
quable, toient Chdrameneadattaine étoient & que Boilcau, par un fort mauvais endroit,
les chemins qui y conduiloient obliger ilenavoit changé une lettre, 8cfe l'a- faidifficiles &c trop fatigans deux Chlrerd en un mé- foit
Railet. la Le libertinage de fon
lc peuple à venir
voit MEPER fuir de mailon
pe- oà
méjouràla Paroiffe. femaine & re: il s'étoit engagé pour les Ifles
Jemployai toute cette à faire faire il s'étoit marié. 1ln'càt pas laiflé d'y
une partic de la fuivante Leurs maîtres faire fortunc, car il écrivoit parfaité- &c
les Paques aux Negres. me ment bien, il enleignoit les enfans
fc lervirent de cette occafion Ier j'a- tenoit les Livres de quelques habitans, enfaire apporter les paliffades
mais il étoit yvrogne & ia femme
vois Hheaperdrrmeim encore dans ce même tems core plus que lui. dis-fept Avril j'achevai
Je reçus mârques dc ln liberslité Le Samedi
enfans blancs des
de nouvelles
Toutes les femmes d'inftruire quatorze
de mes Paroiffiens. dc ceile du deus fexes, 8chuit oudix Negrespour
de ma Paroiffe à l'exemple des pouless: leur premiere Communion. Jeles conCapitaine,, volailles, m'envorerent de forte que jer m'en feflaile foir. dc
d'autres
defix vingt pie- Le Dimanche jour Qualmode
trouvai
2t
poureddeplas du mil
les nourrir trois préchai far les difpofitions de Comavec
on
Si
ces,
mois. 2e"SI Mil eft cC qu'on avoir quand s'approche manierel les Chréou quatre France bled de Turquic, munion, 8de quelle
ont une
appelle en
Italie
tiens doivent vivre, quand ils
cn Elpagne Mahis, &c en
grand tois goûté ce pain celefte. Après que
Turc. expedient d'é- Jeusconiomme les Efpeces &
m'arifid'un petit
vers ces enfans
EE
conomic Je qui mc fut d'un grandfecours me retournai après lsquelle fis
danslafuite; ce fut d'acheter des pou- une chanterle exhortation, veni Creator. Jarois LEA
lesd'Inde, & d'en mettre une danscha- é- autant d'anciens communians comme il
que maifon de ma Paroiffe oùron en
avoir de nouveaux à les acJeroit. Lcs femmcs qui font ordinaire- yendevoit compagner & à communier avec eux. ment chargécs de ce foin, s'en acquit- Ilss'approcherent de T'Autel l'un après
tcient a quimicux mieux, de maniere l'autre un cierge à la main, conduits
que je me trouvai en peu de tems nombre des
celuiou celle quiles accompagnoit
voiailles d'Inde en afez grand cha- EE qui leur fervoit comme de guide ou
pouren pouvoir tuer une ou deux
deparrein, & reçûrent lc Saint Sacrequefemaine.
de ce foin, s'en acquit- Ilss'approcherent de T'Autel l'un après
tcient a quimicux mieux, de maniere l'autre un cierge à la main, conduits
que je me trouvai en peu de tems nombre des
celuiou celle quiles accompagnoit
voiailles d'Inde en afez grand cha- EE qui leur fervoit comme de guide ou
pouren pouvoir tuer une ou deux
deparrein, & reçûrent lc Saint Sacrequefemaine. de mon E- ment avec une modeftic charmante. ma- Jc
J'ai dit que le Sacriftain bord de la mer &c leur fis une feconde exhortationen &
de
gile demeuroit au
dorna niere d'action de graces, à la fin
ailez près de la riviere, cela me 8c des laMelfe Y'entonnat le Te Deum. Toute
la penfée d'acheter des Canes moi- la Paroifle fut fort édifiée de cette acCanardsquejel luidonnaià élevera à1
tous
tié de profit. Quand ils étoient grands les tion, quartiers. drmiebuntripmindemt
ic prenois ma prt & j'achetois aufli la J'ai marqué au commencement de
sienne. Cc Sacritb:in qui étoit
ces --- Page 147 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694 cesMemoires RecllEglitdaMacouba, claves toutes les fois que
aurois
lecimeticre & la maifon Curiale étoient befoin. j'en
fituezdansla favanne de Monfieur Jac- Toutesmes
étant
ques du Roy, dc fortequejer ne pouvois jelui écrivis pourle palliffades prier de venir arrivées, afin
pasfaireles changemens &cles augmen- de me marquerle terrein dontil voutationsqueje voulois faire à mon loge- loit bicn mcg
ment fans fon cunfentement, puifqu'il jardin. Ilme gratifier manda pouragrandir mon
s'agiffoit dej perdreduterrein
j'étois le maipartenoit. quilufap- tre, qu'il me prioit deed ne pas differer
Monficur Jacques du Roy étoit de queje d'un momentdefaire pouvois
ma. clôture, puif
Revelen Languedoc. Il avoit fuccé en
prendre tellep partie de fa
naiffant la Rcligion Prétenduë Refor- terrequeje garde de mc jugerois fervir dc à propos. cette Je n'eus
mée. Il avoit
fa jeuncffe en Hol- Je lui répondis
permiffion. lande avec un RE fes freres quiy étoit Tattendre,
que j'étois refolu de
établi: Il étoit enfin venu: aux Iles, oi bligeroitde &quejefperoise venir. que celal'oaprès avoir fait le commerce pen- MonficurMichel mc;
dant quelques annécs, il y avoit a- avec moi fon coufin pria de' prendre
cheptéThabitation du Macouba oil Jofué Michel. Cétoic germain, un appellé
s'étoitretiré. C'étoit dansceteuns-làn me de dix-fept ans fort jeune & homhommed'e l'environf fonxanteansfort.iage, nes mceurs,
fage de bonforthonnéte &cfort charitable, homme. toire, la Suivesdesapreadertip
de bien dans fà Religion, & riche Il fus bien aife Geometrie de rendrc Sclarpentage. ce
Je
avoit eu plufieurs démélez avcc mon coufin, d'autant plus volontiers fervice à fon
plecfesrgmipiéendats étreendroit
qu'il
de le maltraiter parce.
med'e l'environf fonxanteansfort.iage, nes mceurs,
fage de bonforthonnéte &cfort charitable, homme. toire, la Suivesdesapreadertip
de bien dans fà Religion, & riche Il fus bien aife Geometrie de rendrc Sclarpentage. ce
Je
avoit eu plufieurs démélez avcc mon coufin, d'autant plus volontiers fervice à fon
plecfesrgmipiéendats étreendroit
qu'il
de le maltraiter parce. qu'il ne faifoit m'obligea raifonnable à recevoir une penfion fort
point les fonétions de Catholique, au c'étoit une pour fa nourriture, & que
lieu de ticherdelyengager Par ladou- tion
compagnie & une occupaccur, les perfuafions, & toutes fortes maifon, pour moi,. & un gardicn de ma
de bons offices: ces maniercs dures &c & de mener quand mon j'étois obligé de fortir,
chagrinanteslasoient obligé de mettre Lc
22 Negre avec moi. un Reconctronboiaten, &d'al- vint rendre Jeudi vifite Avril le Perc Imbert mc
ler donenermfonsipoeme
& lel PereBreton. avec le Pere Martelly
J'avois été le voir la derniere fois mieux à diner & à Jeles regalai de mon
quejem'étois trouvéà labaffe-terre, &c les empécha de fouper, car la pluye
je Favois convié à retourner fur fon voient cnvic. partir comme ils en ahabitation en Taffeurant que nous dansla maifon Jelogeailes de
deux premicrs
vivrions en paix. Comme il étoit T voifin, & lePere Monficur du Roy mon
formé de quclle maniere j'agiffois, il lendemain leur Breton chez moi. Le
me promit de me venir tenir compa- jeuné qu'il je fervit dc donnai un fi bon déguie dés qu'il auroit achevé quelgucs conduire
la diner, &jefusles
affaires qu'il ne pouvoit abandonner. jufqu'a bafle-pointe. Nous
Il écrivit cependant à fon aeconome primes jour pour nous trouver au fond
de me rendre tous les fervices poili- S.Jacques d'oà nous irions voir lc Pere
bles, & de me laiffer maitre de fa encore Martellyala été.
a- jeuné qu'il je fervit dc donnai un fi bon déguie dés qu'il auroit achevé quelgucs conduire
la diner, &jefusles
affaires qu'il ne pouvoit abandonner. jufqu'a bafle-pointe. Nous
Il écrivit cependant à fon aeconome primes jour pour nous trouver au fond
de me rendre tous les fervices poili- S.Jacques d'oà nous irions voir lc Pere
bles, & de me laiffer maitre de fa encore Martellyala été. Trinité, oujen'avoispoint
maifon, de fes meubles, & de fes ef- LeLundi
:6Avriljebapuai lefilsde
Lc --- Page 148 ---
YOYAGES A UX ISLES
Ito NOUVEAUX étoitac- donné trois louisd'or en efpece, &fixà 16y41694 MonficurMichel dontl'époufe auparavant. Son fept écus en differentes chez monnoycs: lui & fouper, nous
couchéeq quelquesjours fainte Vierge, Scpourle fûmes enfuite diner
levomnalaf de folennité, il me pria & fus obligé d'y coucher, purcequi chez.moi.
Eac avec plus
& fouhaitta que je S trop tardpour retourner
de
dechanter) la Meffe, des afliftans. 11 ne Toutela compagnic qui étoit venué Dimanreçufe les offrandes
avec tous lnbufeterneyacmacur jufqu'au
manqua pas des invitésal s'y prefenter la ceremonie. Jc che fuivant, & jefus obligedyallerdiceuxqu'ilavoiti la Meffe qu'on m'avoit ner prefque tous les jours.
trouvai après
C1 M a
@ 6 a CrO o EA C2 a C AMEEROEIEN AO
MERA ERR GEme ez Ga)
H A P I T R E XIV.
du Bourg de la Trinité, d des fruits appellez TAbricot
Defeription
de St Domingse, d PAvocat.
di- mais quand nous entendimes que c'étoit
OgE Dimanche 2 Maijallai deux femmes qu'il prétendoit avoir rcner chez leferebreton.Nous PereIm- conciliées, &cqui devoient lelendemain dans
primes enp paflantlel coucher matin fetrouver comme parhazand &c
bert, & nousallâames NôtreSu- nôtre favanne cn venant à la Meffe,
au fondS.Jacques.1
là (e faire excufe Scs'embraffer, jcconpericurg patienosetintenes çûs quelque défiance du fuccésdecette
témoignad en particulier) la joyequilavoit affuire. Jeneplaméne: m'empécher dc
de ce que j'avois fibien gigstichimete maisilm'a- lui en dire ma penféc, &cde lui prédire
l'amitié de mes) Paroifliens,
fi ces deux femmes fc parloient
vertit eni mêmc tems de net me point trop ater fe battroient, & peut-étre lui
attacher à remesuenata aufli.
la Meffe
refolu dc ne m'ylaiffer qu'sutanedetems m'accolitumer à Le lendemain nous dimes
qu'il en faudroit pour
com- de bon matin, &c nous attendimesavec
Tair du pays, & pour apprendre
impatience l'entrevûé de ces deuxfemToyase ectAN- ment les habitans Rconaifbientiauahs mes. Tous nos Peres fe mirent domine fur un la
teurat bitations, Secainenetee banc au bout du jardin qui
guartier tablir ala Guadeloupe.
favanne, pour être fpeétiteurs ; pour
leCul- apelle LePere Romaetadacacerm bout de reconcilier moi qui ne me contentai pas de voir, fe
de-fac qu'il étoit venu à tous les Miflion- mais qui voulois entendre ce qui m'afAola deux perfonnes que
diroit,,
un livre, &c je fus
Trinité. nires & les Curez de Sainte Marie qui feoir dans je F favanne à peu près vers
l'avoient precedé, n'avoient pà enga- l'endroit où clles fe pourroient rencon-
&cquelelengerà demain unaccommajement, elles devoientfe trouverdansun trer. Quelque tems après la veuve du
lieu neutre Scs'embralfer. Onlelotiabe- fon habileté; feur Birot dela Pommeraye, parut. Lc
aucoup de fon zéic & de
Sainte Marie qui feoir dans je F favanne à peu près vers
l'avoient precedé, n'avoient pà enga- l'endroit où clles fe pourroient rencon-
&cquelelengerà demain unaccommajement, elles devoientfe trouverdansun trer. Quelque tems après la veuve du
lieu neutre Scs'embralfer. Onlelotiabe- fon habileté; feur Birot dela Pommeraye, parut. Lc
aucoup de fon zéic & de --- Page 149 ---
FRANCOISES DE
1694. Le Perc Romanet la fut joindre auffi- &c LAMERIQUE:
III
tôt, &clemital'entyetenirf. en attendant defunir qui des par confequent ne devoit
l'autre qui étoit la femme du fieur Gaperfonnes auffi fages
16p4i
briell Raffin. Rc.DE
Comme cclle-ci venoit de verueufesqu'elles. LePere Bretong
plus loin que Mademoifelle de la Pom- m'étoit venu joindre me feconda,
nous
E
meraye, qui étoit nôtre très-proche &c
fçûmes fi bien les tourner en leur
tres-incommode voifine, elle étoit à toutes parlant tantôt féparément, &ctantôr à
dul cheval, Pere elle en defcendit à quelques pas qu'elles deux,
&c
&
aucnossisappaiamene
Curé, fut embraller Pautre,
nous prirent pour
fit auffi quelques pas pour venir au nous promettant d'en paffer médiateurs, par olrnous
Ta d'elle. Jufques-la les chofes al- jugerionsip propos. loient le mieux
Nousleurpromines
mençois acroire du monde, &je com- dytravallranotre té, & nous les
retour de la Trinimais le Pcre Romanet queje m'étois trompés civilement, 8c fans obligeimes de fc féparer
dre la parole les laiffa au lieu de Pren- greur. aucune marqued'ainus dès les premiers parler, mots &cje con- Iln'ef pas neceffaire
dirent que leur querelle alloit qu'clles fe fc la confufion toù étoitle que j'écrivei eici
veller. En effet chacune de fon renou- côté manct, & combien il fut pauvre raillé. PereRo- Jc lui
de commença la às'excufer de la rupture &c faudroit dis queje l'envoirois chercher quand il
elles melinelligence qui étoit entre ma ajufter quelque differcnt dans
de depuis fi long-tems, de forte que Confreres Paroiffe, & quej j'avertirois tous nos
paroles en paroles, elles en
d'avoir recours à lui dans
rent aux injures & étoient prétes de vin- fc femblables befoins. de
manet prendreaux cheveux quand lc Pere Ro- Cependant nous montâmes à cheval
s'avifà mal à propos de leur dire pourallerdiner chez le Pere Martelly à
les qu'elles lui devoient. manquoient au refpcét qu'el- laTrinité. chez Madame Jeluidis *** * que nous pafferions
mc un lignal Ces fe nots furent com- trouverois une autre oit je fçavois je
contre lui, lui Pour chanter réunir toutes deux nommai; il comprit Dame que 1 lui
reprocher très-mal injures, &c lui nacc
lui faifois qued c'étoituner meque
à propos il les ture àcesdeux queje
de dire fon avanavoit.commifes.
au refpcét qu'el- laTrinité. chez Madame Jeluidis *** * que nous pafferions
mc un lignal Ces fe nots furent com- trouverois une autre oit je fçavois je
contre lui, lui Pour chanter réunir toutes deux nommai; il comprit Dame que 1 lui
reprocher très-mal injures, &c lui nacc
lui faifois qued c'étoituner meque
à propos il les ture àcesdeux queje
de dire fon avanavoit.commifes. figne de les Nos Percs mc faifoient chofe de la Dames qui étoit laméme
aller joindre. Je fus
que
publier à fon de
que tems à m'y refoudre; mais enfin queltoute l'Ile. Ii me pria fort trompe de n'en
craignant quc les chofes n'allaffent
Een faire, je Jui répondis qu'elle étoit
loin, je m'approchai, &c veritablement plus tropt belle; pour en priverle public; que
obilenétoit. ilétoittems. Lepauvre Curé nefgavoir ment, cependant & SONemiCniSE
mes fans Jeparlata iàces deux femque moyennant un prefent
entrer dans le détail de leur honnéteque jelaiffoist méme à fa difcrequerelle; je les exhortai à la paix, àla ft tion,jen'en rire tout diroisrien. le
Ma propofition
reconcilation, je) leur
monde, & cependant jc
que du mal entendu dans diaqutin'yavoit toutes leurs partis. affaires, les
& que raifonnables comme je Ily a deux grandes lieties du fond S. Chemin:
foin connoiffois, de
elles n'avoient Pas be- Jacquesau min eft affez Bourg beau dela à Trinité, le che- du
unc chofe médiatcur qui dans lc pour fond accommoder nesp près qui font fort deux hautes grandes & mor- de quartier la
n'étoit rien des, &c d'une terre rouge fort fort roi- Irinité,
gliflante
pour --- Page 150 ---
VOYAGES A UX ISLES
112 NOUVEAUX
pour la vié, mais trop éloignée de TE- 1694. 1694. pour peu qu'il ait plà, fans change comptecla très- glife &c du Bourg, & cnvironnée des barivierc de Sainte Marie qui conl.quent Jaques d'une Compagnic de Soldats
de &c qui par
fa cuifine
SRE
fouvent lit,
ellea été étoient inceflamment dans
eitf fort dangercule, ou quand
autour de fa maifon, où ils déroboient leurs
débordéc, ou quandlamerenip del plus la Trinité grof tout ce qui pouvoit tomber de fous retenué
Port fqraTordinaire, Leport
forme mains, avec d'autant moins
afin
La Tri-eft' un grand enfoncement pointe que les Officiers les foûtenoient, une
nitéala
St
d'aller chercher
unc longue pointe, appellée
d'obliger le Curé
Cabef- dcla Caravelle,, quia plus de deux licuès
dans le Bourg, & de leur abanterre de. pointe le couvre maifon
on a été enfin
la Mar- dclong. Cetclongue T'autre eft fermépar donner la fienne, comme
tinique. duc côtédu Sudeft, &cd'environ
contraint def faire. compo- Port e
un
morneaffezhaut,
gro.a à
Bourgde
ne tient
Tzniempank-nskértete foixan400. pas de longueur, TIe qui uniftme fé dans ce tems-là qued'environ de lalrini- Son
laterre ferme de
que par toifes te à quatre-vingt maifons, partie tè.
ft fermépar donner la fienne, comme
tinique. duc côtédu Sudeft, &cd'environ
contraint def faire. compo- Port e
un
morneaffezhaut,
gro.a à
Bourgde
ne tient
Tzniempank-nskértete foixan400. pas de longueur, TIe qui uniftme fé dans ce tems-là qued'environ de lalrini- Son
laterre ferme de
que par toifes te à quatre-vingt maifons, partie tè. Comou langue de terre de 35.240. bois, Separtic de rofeaux, couvertes de m.rce. de largeur. Le côté de TEL oppofé paillc, bâtics toutcs fur uneligne courau fond du golfe cft fermé par une be, quifuivoit la figure du golfe ou du
chaîne de rochers ou recifs paroif- port. L'Eglife qui n'étoit quc de bois
fentàf fleurd'eau quand la mer Pea bafle, d'une grandeur médiocre, étoit dans le
fur lefquels on pourroit faire quelque dis milieu del'enfoncement. Cc Bourg s'cft
yedourc ou batterie fermée. n'en Je dé- beaucoup augmenté, parce
la mer eft baffes car
de cacao, fucre,
Tnc eede
quand
pré- titéconfiderable
dans ces
plaife à certains Philofophes de de nide coton 8cc. l'on fabrique
tendent qu'il n'y, a point
du
RREr fartout au gros morne,
refux entre les deux tropiques, ou quartiers-la, ont attirébon nombre de Marchands,
moins quilyet Trec@uimperepubies Le Aux ordi- & quantité de vaifleaux, particuliere- font
jls fe trompent tres-fort. Guadclou- ment de ceux dc Nantes, qui y un
naireà la Martinique &c à la
de flcurirle commerce, & qui trouvent
pe va à quinze ou dix-huit pouces débit affuré8c promptde toutesl sics marhauteur,8c dansles feigicecheei-a-ditey luncs, il chandi(es qu'ils y apportent d'Europe,
dans lcs nouvelles &c pleines L'entréc parce que tous les quartiersdes environs aiment
palle de beaucoup T'Oueft deux de ces pied. recifs entre qui font extrémement leur peuplez, â cet cndu eftà
morne. Cette pointe mieuxachepter de chez neceflaire que de le
çux TRCt la pointeda
&c naturelle- droit-là voifin
cux, D'ailleurs Avaneft plus baffe que le refte,
faire venir de la baffe terre. sagerdes
ment arrondie & platte commc pour y les vaifleauxy ont cet avantage d'y étre raifplacerunet tmalinerrertnat lcs en feureté pendant la faifon des oura- Jeaux
fendre l'entrée du port, puifque
parce que le
eft très-feur, guit trayaiffeaux qui veulent y entrer, iont o- bien gans, clos, le fond TROE tenue admira- Ngment alatribligez d'en paffer à la portée du pifto- ca- ble, &c que partant de ce port pour re- au nité. let. Ona mis dans la fuitequelques rourner en Europe, ils fc trouvent
nons furcettepointe,
bâtie vent de toutes les 1ies, dec & chemin s'épargnent
xiaifon C'effurcette éminencequ'étoie dans plus detrois cens lietics
aller qu'ils
Curiale la maifon Curiale du Pere Martelly
ieroient obligede faire pour cher- cher
d: la une fituation charmante pour l'air &
Trinisé, --- Page 151 ---
FRANCOISES DE
8694.
uitequelques rourner en Europe, ils fc trouvent
nons furcettepointe,
bâtie vent de toutes les 1ies, dec & chemin s'épargnent
xiaifon C'effurcette éminencequ'étoie dans plus detrois cens lietics
aller qu'ils
Curiale la maifon Curiale du Pere Martelly
ieroient obligede faire pour cher- cher
d: la une fituation charmante pour l'air &
Trinisé, --- Page 151 ---
FRANCOISES DE
8694. cher le débouquement ordinaire dc S. LAMERIQUE
I1S
Domingue ou de Portvic. cufe, & lui demander fon amitié. Dès 1694. Lal Paroiffe de la Trinité
que nous l'eûmes réduite à cepoint-la,
pour lors tout le refte dela comprenoit je laiffai le Pere Breton avec elle, &je
Cabelterre, retournai chez la Damoifelle lal Pommedepuis la riviere
raye,
Srentan
celle de Ste. fallée qui la feparc de fin étoit aquije bien disque la Damoifelle RafSalines, Marie, julqu'à la pointedes toit pailé fâchée de tout ce quis'6de pais. cequif Il eft futplus de quinze lieiies luèdelai en entr'clles, qu'elle étoit refodu
vrai quele pais au de là tôt quc je venir faire fes exculesaufihabité, ad-ncframoalnrd mais
étoitencorep Peu
l'envoyerois avertir qu'clle
un Curé: a autant de peine pouvoit elle venir, &cqu'elle feroit bienrepourallervoirt uni malade à
çué; me remercia
de la
de fa maifon
quinze liciies peine que je
beaucoup
difficulté de pour en voir dix. La
quoiqu'elle m'étois fut donnée, &cme dit
comme il
EREE
endroitsfié
falloit des GETR2 la
l'offenfée, & plus
neur éloignez, aobligé le Gouver- partous que Damoifelle Raffin , qui
deuxautres General" &c i'Intendant d'établir mieres ces endroits devoit faire les preParoiffes, l'une au culdef fac ner démarches, elle vouloit luidonRomifiwarekuste
desmarques de fa fatisfaétion & dela
comme je le dirai ci-après. On; François, bonne intelligence qu'elle vouloit reméme quand je fuis parti des Ifles parloit noier en allant la trouver
établir une au gros
d'en aufli-tôt appellant fon fils & chezelle; une &c
ces quartiers-là fc morne, parce
filles pour
de fes
jours. peuplent tous es d'y venir aufi Paetompagners fans
elle me pria
Je fis connoiffance
pour l'avertir. envoyer mon Negre
du Roi de PIfle de avec le Procureur mais quand nous J'y cûmes confentis avec joye;
s'étoit retiré dans ce Marie-galante, Bourg
qui pas, je fis figne à mon fait quelques
les Anglois fc furent emparez aprés de cette que Ceravis fit aufli-tôt partir Negredyaler.
jours. peuplent tous es d'y venir aufi Paetompagners fans
elle me pria
Je fis connoiffance
pour l'avertir. envoyer mon Negre
du Roi de PIfle de avec le Procureur mais quand nous J'y cûmes confentis avec joye;
s'étoit retiré dans ce Marie-galante, Bourg
qui pas, je fis figne à mon fait quelques
les Anglois fc furent emparez aprés de cette que Ceravis fit aufli-tôt partir Negredyaler. la Damoifelle
leyilesercoiti
Raffin avec un de fes enfans & le Pere
toneekeasneReer Breton. Nous nous rencontrâmes bienture, d'une vie
tôt. Ces
Fooiteaenie
exemplaire, il étoit de nous
deux femmes firent plus
Langon au deflus de Bordeaux, &cs'apne fouhaitions d'elles. que
pelloitVivens. embraflées, lal Damoifellel Rafin Aprèssétre
Pere Après que nous eûmes diné chez le aux pieds de l'autre pour lui demander fejeta
environs Martelli, & vifité le Bourg &cles pardon, la Damoifelle la
fe
du Port,
mitaudi à genoux, en Pommeraye
fond S. Jacques où nousretournimes nousarrivâmes au edemandetenep pardon, cettepoltureelles &
tard. affez une amitié éternelle, Le fepromirent ficur Gabriel
Breton Eakeliritmsebaanects Pere faites, Raffin nous ayant joint dans ces entretravailler à
Pria
desl Damoifelles Raffin l'accommodement dediner Madentoiféllelat Pommeraye
& nous les
&cla Pommeraye, tie, & rchezlui, le lendemain nous fimcs del la par:
deux, &cp particulierementla) préchimes fi bien toutes chez. Mademoifelle de nous la fûmes priez
Raffin qui avoit plus tort que Damoifelle l'autre, vecle fieur Raflin Sctoute Pommersyea- f famille, &c
la que nouslafimes confentir a venir chez Dicu a tellement beni cct accommodeDamoifelle Tom.1. Pommerayc lui faire cX- enfemble. ment qu'clles ont todjours bien vécu
P
Cette --- Page 152 ---
114 NOUVEAUX VOYAGES
104. Cette reconciliation fit
AUX ISLES
lePereRomanetf futaffez grand bruit, du: fiuitquientisune, ferme
avoir point eu de part; mortifédeny le d'une citrotille, &cd'une commecel- odeur aro- 1604
tant pas denous en remercier. iinelailipour matique qui fait plaifir. fe, Avant dem'enretournerà, mal Paroif- la bouche Quand on lei
crà, il laiffe dans
une fort
tier,8 Sonsisninice entre:
un
odeur, mais
ERECL
peu amere &c gomcufe. La maniere Maniss
ilavoi ÉréCapitaineduq Chemalaednuntaeceam quarticrdefain- ordinaire dele manger eit de le
delaferteMarie, il étoit un desplus riches de Par tranches affez minces l'on couper airdu
laC Cabefterre. Sa femme me fit
pendant vin &c unel heure dans un que avecdu' met fruit. de quelques abricotsdeS. prefent
du fucre, celalui ôtelons plat
dec quelquesdvocats, je les Domingue,8e fis
mc 8c fagomme,
amertuNiacoubratin d'en planter les porter au poitrine, trés-fain ileitexcellent & fort
dans monjardin.
de Par tranches affez minces l'on couper airdu
laC Cabefterre. Sa femme me fit
pendant vin &c unel heure dans un que avecdu' met fruit. de quelques abricotsdeS. prefent
du fucre, celalui ôtelons plat
dec quelquesdvocats, je les Domingue,8e fis
mc 8c fagomme,
amertuNiacoubratin d'en planter les porter au poitrine, trés-fain ileitexcellent & fort
dans monjardin. noyaux on trouve dans fon
niect
Abriests
fouvent trois noyaux milieu un, deux, &
Nes.Do- Infiompaendondkeeme d'Abri- ceufs de pigeons, &
comme des
Thingte,
plus felon
Eer
RSERERCETE Mamet Cenom Françoist sneluiconrient grofleur du fruit, ils fontplats d'unco- la
que Four la couleur de fà chair, car té,raboteux une amande ecforedur,ihr renferment
pourtout
blanche & affez
du tout. Tere@nitmckirntebepae ferer. que l'on prétend étre bonne pour amere refL'arbre quile porte vient grand, &
ileft un des plus beaux arbres que l'on ne Cerambrecftmiles Scfemelle, lemile
fibres puife voir. Son bois cft blanchitre, fes
porte que il très-rarement, ou
affez groffes, liantes; fon écorce parlerjufte rien
fe contente de fleurir Pour fans
eft grife ondinairement, affez unie; fes
rapporter. La femelle
fettiles longues de fix à
beaucoup, & deux fois l'année rapporte
maniere d'éliple, un peu pointués fept pouces cn tous les autres arbres de l'Amerique. comme
bout, font
parun Quand on ne trouve qu'un
dans
de l'épaiffeur duntrerbebned, d'une de &cpref un fruit c'eft
noyau
aETe comme fes branches pieée font quinze brefemellequienp immanquablemenit un argalcs, grandes Scfort garnies de felilles, aflez 6- s'cn trouve davantage proviendra. cela ett Loriqu'il
il fait un ombrage charmant. Son fruic On eft affuré par
cafucl. etb prelquerond, quelquefoisdela
ces,
besncoupdesperien
re d'unccurdontlay
figu- duf fruit reEe qu'ila étéde mois en
iladepuist trois pointeetémoufée, jufqu'à
de lever. On fe fert de ce terreavant fruit
ces de diametre, Ta il couvert fept d'une pou- 6- faire de la marmelade ou des pour
corce grifitre
fe confervent
pâtes
méme
delépaifieur d'unécu, & pectorales & long-tems, ellesfont at
du cuir. davantage, torte & liantecomme au
atbieingentes, agreables
incifions Apres qu'on a fait une oudeux goit &d'une trés-bonne odeur. Les
à cette écorce de: toutela hau- Eipagnols le font aufi entrer dans la
corchoitle teur du fruit, on la leve commefion 6- compofition mélent du d'une marmelade, où ilsfruit; ontrouvefous cetteé:
gingembre, des épiceries &c
corce une pellicule jaunitreallez forte, des odeurs dont ils rempliffent des
quoiquemince, Sc adherante àla chair, Oranges rent au fec.
trés-bonne odeur. Les
à cette écorce de: toutela hau- Eipagnols le font aufi entrer dans la
corchoitle teur du fruit, on la leve commefion 6- compofition mélent du d'une marmelade, où ilsfruit; ontrouvefous cetteé:
gingembre, des épiceries &c
corce une pellicule jaunitreallez forte, des odeurs dont ils rempliffent des
quoiquemince, Sc adherante àla chair, Oranges rent au fec. qu'ils Iis font confire & qu'ils ti-
-PCRRNSmINNd fortes
ufent beancoup de ces
d'Oranges, fur tout le matin &
apres --- Page 153 ---
FRANCOISES DE
3604. après le repas, ils prétendent que cela LAMERIQUE
TI5
les foiitient, &c leur aide beaucoup àla renferme aucune amande, & quinapas 1922. Armmi fa plusdedureréqu'un: peau. Uneheure maron dépotillé de
Pera psataorane rédufruit il
aprésqu'il eft
blable dAvveato, eft un fruit aflez femfe partage en deusou: fepa- trois
poire de pour la forme &c la groffeur à la morceaux; nc leve fionle) plante en cetétat,il
chair Boncrétien. La qualité de fa rompu point Parce que fon germe eft
che, le quifefondd d'eller méme danslbou- le veur Gegite, de forte que quand on
pourroit fairé regarder comme dans Tinitant planter ilfaut le mettre enterre
vreeitaflez uneefpecedep pefche. L'écorceq quilecou- demeure en
eft tiré du fruit; il
mince,
ou dix
LRE
tc,
quoiquesorte&cisan. que de rien pouffer dchors, jours il avant
nejaunit FRE que sendletuiramuenetar un affez bel axbre quoiqu'il n'approche produit
tela maturité. Lachair de ce fruit eft pas de la beauté de Prabricoticr, fonbois
d'un verd pâle, &n'a
point de eitgrifitre de méme que fon écorce, fat
forte confittence, quand ile TIsonES de feulleenlongue, 8c d'un affez beau pointé, peuépaiffe,
Her, qu'onlep comme manger evecune cuilfont
verd. Les Reursquil
la marmelaie,) c'étoit de la gelée & de cnr les par pelortons ou bouquets 5
legoliro qu'iladans cététat
Acuronsaffiz femblables sà des
approcheaflez de cclui d'unc tourte de étoiles, ontf tfepsannyfunienomtune
mouelledebueuf. Iyenag quile mettent fleoujunatre dont lemilieu renferme
fur une alliette avec du ficre & un peu neufétamines, fix de ces étaminest font
d'eau-rofe, & de fleurs d'oranges. panchées de divers côtez, &c les trois
Qurand on le ceuille avant qu'il foit autres des qai font toutes droites accolent
tout-à-fuit meur, onle
par tranboutons" jaunes dont la
eft
che, & onler mange avec S
courte, quifoneloriginedu fruit.
lemilieu renferme
fur une alliette avec du ficre & un peu neufétamines, fix de ces étaminest font
d'eau-rofe, & de fleurs d'oranges. panchées de divers côtez, &c les trois
Qurand on le ceuille avant qu'il foit autres des qai font toutes droites accolent
tout-à-fuit meur, onle
par tranboutons" jaunes dont la
eft
che, & onler mange avec S
courte, quifoneloriginedu fruit. queiie Cetfel comme des artichaux à poivre&cle la poivra- te fleur a une odeur aflez agreable &
de, dont il a pour lors le gotit. De quiferépand aflez loin. L'arbre comquelque très-bony maniere qu'on en ule, il eft menced demi ou trois porter du frut à deux ans &c
nourrifant. pourl'eftomach, chaud&cfort deux fois l'année. ans au plutard, il Porte
ehes mis dans Lesbourgeons les ptilannes de des fes Pianif bran- lly a quantité de ces deux fortes
tes, c'eft-à-dire de ceux quiont lavero- d'arbres danstoutesles terres des
le, les foulagent beaucoup. Si onfait gnols, quifostimfnimentp plus Efpaboire leuriniufion à ceux qui par quel- queles François des & les autres Nations foigneux de
ques coups, ou quelques chités font planter arbres ou de lés, conferver, Omtros- reper
Beftaafctiomsch. matin ajeun, ile eft &quils en ufentle carileft fruit dans rare un qu'un bois ou E/pagnol dans mange un darbres
fait rejetter le fing certain caillé. qu'elle leur en mettre en terre les novaux uneterre fans fraitiers, damrles
ce fruit arrête les cours de L'ufage de pepins,
OuI les terresdet
les diffenteries; maisc commeil ventre échauf- & tcrres une masAnrrentn infinité d'arbres fruitiers de Erangeit, oieastitsveneriens. febeaucoup, il provoqueaufi lesa appe- trouve toutes rien efpeces, dans les au lieu que l'on ne cresies cons
On trouve dans fon milieu
çois. quartiers des Fran- F/paprefque rond un peu rabotteux, un noyau quine Ilya un quartier dans PIe S. Do- giols. mingue oir entre autres arbres fruitiers
P2 2
on --- Page 154 ---
I16 NOUVEAUX VOYAGES
1694. on trouve uneinfinité de ces avocats &c font
AUX ISLES
abricotiers d'une grofleur & d'une hau- ou meurs & qu'ils tombent des
teur merveillcufe. Les Sangliers qu'on font par leur maturité, ou parce arbres, ICO4i
appelle Cochons Marons, s'y rendent
fecoucz par le vent. Alors qu'ils
de tous les environs
maux s'engraiflenr
ccsaniquand ces fruits leur chair
merveilleufement, &
C
eceundrunpaneett
H A P I T R E X V. De la Vigne qtti vient aulx
E Dimanche 9 Mai, Mon- Cour avoit Hles. fieur, Jacques du Roi arriva far
trente-quatre pieds de
au Macouba, il me vint que tourelalargueur tout mon ci-dellus; de forte long
voir auffi-tôt.
tous les environs
maux s'engraiflenr
ccsaniquand ces fruits leur chair
merveilleufement, &
C
eceundrunpaneett
H A P I T R E X V. De la Vigne qtti vient aulx
E Dimanche 9 Mai, Mon- Cour avoit Hles. fieur, Jacques du Roi arriva far
trente-quatre pieds de
au Macouba, il me vint que tourelalargueur tout mon ci-dellus; de forte long
voir auffi-tôt. Je le priai à pieds de
fur enclos avoit deux cens
fouper, &nous
long cent
mes dès lors à lier une commençi- large,
vingt pieds de
jufqu'à fa mort. Il amitié 2 duré étoit joint, Ancenetresine qui
main
me pria lende- /
fermoit un des bouts de
matin de marquer moi-méme le cour, &c en rempliffoit toute la
deffendis terrein queje voulois prendre. Jc m'en je geur fis faire par fa longueurs au bout larcontraint long-tems, mais enfin je fus voit
une cafc dont une partic oppofé ferde ceder, & de marquer avec la pour & retirer mon cheval
quatre piquets CC que je croiois
de nuit, T'autrepour
pendant
en avoir befoin. Il cut
pouvoir nos Peres quand ils couchoient loger les Negres
gmenter ce j'avois Thonnéretéd'au- marqué, &c de moi. Je fis abattre tous les arbres chez
me dire que Ta dans la fuite j'en voulois m'ôtoient étoient fur le bord de la falaile qui
davantage j'en ferois toljours le maj- de la la vûë de la mer. La qui
tre. maifon étoit au Nord Nord-cft. face
Michel J'écrivis en même tems à Monfieur Jevoyois te l'étendué TIfle de dcla la Dominique & toules Negres pour le prier de commander que les ouvriers mer. Etc en attendant
que les habitans avoient
cuffent difpofé les bois
promis de mc fournir pour aider aux neceffaires maifon, pour F'agmandifement de ma
Charpentiers oirj je la voulois à tranfporter ma maifon le terrein je de travaillai mon à mettre à niveau
PAwur nétcté de venir le mettre. Il cut l'hon- allées,
jardin, à tracer les
fait wanjer. bon nombre de jour fuivant avec un d'avocats Seplanteries Sc d'autres noyaux d'abricots,
ter/a ticrs mirent Negres. Les Charpen- voit donnez. fruits qu'on m'amaifos leaux, & à ma force maifon de fur des roul- de faire une Jeplantaid treille de la vigne afin
ejait dans ie lieu
bras on la pola cabinet. qui me fervit de
wnjardin comme le que j'avois marqué; & rouged & blanc. J'en fis un autre de jalmin
les Maffons terrein étoit aflez en pente, mes de
Un troifiéme de pomafin de
firent un mur: fous les foles qu'on liannes qui portent des Aeurs
l'élever, & lui donner uneafficte
appelle fleurs dela paflion, & un
plus belle & plus feure. quatrieme de differentes fortes de
fis planter mes paliffades pour Cependant clore E J'achetai d'un Negre deux Pied de' pois. bois
zerrein que je voulois mettre en jardin. d'Indc. J'cus du jardin de Monficur
Je lui donnai cent
Pocquet des
long fr cent vingt cinquante pieds de blanches, des firanchiparines rouges &
pieds de large. Ma zeille de Gainéc, grenades des nains, de l'ofiguicrs, & differen-
es fortes de
fis planter mes paliffades pour Cependant clore E J'achetai d'un Negre deux Pied de' pois. bois
zerrein que je voulois mettre en jardin. d'Indc. J'cus du jardin de Monficur
Je lui donnai cent
Pocquet des
long fr cent vingt cinquante pieds de blanches, des firanchiparines rouges &
pieds de large. Ma zeille de Gainéc, grenades des nains, de l'ofiguicrs, & differen- --- Page 155 ---
FRANCOISES DE
1604. rentes
LAMERIQUE
fortes de fleurs, herbages & lé- que l'on a plantéc aux Iiles
gumes, de forte qu'en moins de fix fe- reétement de
venant di- 16g.4
maincs ou deux mois, mon jardin fe peine à fe naturalifer France , à eu bien de la Les fopr
trouva fourni de tout CC qu'on pouvoit me jufqu'à
les au raifins pays, & mé- de vigue
fouhaitter. Je le partageai en quatre riffent pas parfaitement. prefent
Ce n'eit ne meu- ni le venusde France
grands croifoient quarrez par des allées qui fe défaut de chaleur ni de la
ont
& qui terminoient à d'autres mais c'cit
nourriture, ne fe peiallées qui régnoient autour de l'enclos. chaud &c humide parce le climat étant naturaLes bordures des plates-bandes étoient
12g grains meuriffent liferaue
de rhin, de lavande, de ferpolet, de delorte trop tôt, & ies unes avant les autres, Jfes. petites fauges,
quc dans une mêmc grappc on
bes fincs & odoriterantes. d'hyfope &cd'autresher- trouve des grains meurs, d'autres en
les plates- bandes
les Jc deftinai verjus, & d'autres qui font prefqu'en-
& les Aleurs, & le pour dedans arbrifcaux des
de core en fleur. Le mufcat qui eft venu
rez partagé en pluficurs planches quar- Madere &c des Canaries cit exempt de
voit pour les herbes
fer- ce défaur, & il meurit parfaitement bien. vois placé ma vigne au potageres. bout de J'a- ma Cependant les
j'airemarqué qu'in mefure LA wimaifon qui étoit à l'Oueft-nord oueft que feps vieillifloient ce défaut fe gne ne don- du
afin qu'elle fut à couvert des vents ali- corrigeoit. ble dans ce Ceque la vigne a d'admira- fruit 416
fez qui me l'auroient gâtée. Entrc fruit deux fois pays, c'eft qu'elle porte du mains
l'aurrel bout de ma maifon & la paliffa- trois fois
par an, & quclquefois deuxfois
de de P'enclos, j'avois fait les planches faifon feche en quatorze mois, felon la-beran. pour les pois verds, lcs concombres
& le ou pluvicufe oà elle eft
& les melons. coupée feptaillé. On s'étonnera peut-étre n'ayant din Les feps que jeplantai dans mon jarpour tout domeftique qu'un que feul Ne- avoir ont été porté mis du fruit fept mois après
gre, j'cuffe entrepris de faire &c d'en- lcs Figuiers en terre. Auffi-bien que
tretenir un fi grand jardin, mais cela
toute qui viennent de bouture &
ne m'a jamais donné la moindre pei- ait quiportent foin de mettre T'année, du pourviqu'on
ne; car comme mon jardin étoit pour & de les bien
fumier au picd,
ainfi dire commun à tous mes Paroif la fechereffe.
du fruit fept mois après
gre, j'cuffe entrepris de faire &c d'en- lcs Figuiers en terre. Auffi-bien que
tretenir un fi grand jardin, mais cela
toute qui viennent de bouture &
ne m'a jamais donné la moindre pei- ait quiportent foin de mettre T'année, du pourviqu'on
ne; car comme mon jardin étoit pour & de les bien
fumier au picd,
ainfi dire commun à tous mes Paroif la fechereffe. arrofer dans le tcms de
fiens, que j'avois convié d'y prendre La
tout ce dont ils auroient beloin; aufli on regle qu'on doit obferver quand Cegwit
me donnoient-ils fort genereufement
veut tranfrorter des aibres,
leurs Negres pour y travailler toutes dans plantes un ou des graines d'un
les fois que je leur témoignois en avoir dre dans pays lcs chaud; c'eft de T
befoin; outre qu'il m'arivoitres-foupays les plus voifins, &cporuer
a
vent d'avoir des Negres marons, c'eft- prochante qui font d'une du température plus ap- dugrair nes pi
à-dire fugitils, qui venoient me prier ter. pays où on les veut por- duplande les ramener chez leur maitre &c dre en Comme, Provenceou: parexemple, de lesp pren- tesd'Ewd'obtenir leur Pardon; je les faifois ou bien & encore àl la côte d'Efpragne, Ameri- rope €n2
travaillerà mon jardin une
Madere
micux aux lilcs de 9Me. née, après quoij je les ramenois demicjour- à leurs
il ou faut de Canarics. A l'égard des
maitres; bien feur qu'ils leur pardon- dans graincs leurs
toûjours les apporter
neroicnt à ma confideration. La
avec
épis, coiles ou filiques, &c
vigne
tout cclail ne faut Pas s'attendre
P 3
que --- Page 156 ---
VOYAGES AUX ISLES
118 NOUVEAUX foient abon- ment, les Negres, les engagez, les 1g41694. les premicres récoltes
Il domeftiques, les ouvriers ne mangent la bled
elles feront tresemédiocres. de Manioc ou de
Iore
Tnes
fe naturalifent au que de la farine
Créolles, , 4F
faut que les graines cela eft fait, clles pro- Callave; prefque tous riches les & font ter on o
pays, & quand
J'ai experimenté ceux mémes qui font
qui
fait
duifent à merveille. venoient fervir du pain furleurs tables par gran- de
femé des
qui
E
pois très-peu, deuroupourles étrangers, mangeneplus la
vin. TEE France, ils raportoieht mais volonticrs de la caffave & préferent
ceux-cy rapporteens davantage, d'une manic- au pain. Il n'y a donc qu'un trés-petic du pain,
lestroifiémes produifoient le nombre, la nombre de gens qui mangent rien ne
re extrnordinaire bonté.
ient fervir du pain furleurs tables par gran- de
femé des
qui
E
pois très-peu, deuroupourles étrangers, mangeneplus la
vin. TEE France, ils raportoieht mais volonticrs de la caffave & préferent
ceux-cy rapporteens davantage, d'une manic- au pain. Il n'y a donc qu'un trés-petic du pain,
lestroifiémes produifoient le nombre, la nombre de gens qui mangent rien ne
re extrnordinaire bonté. pour On peut avoir des & je ne croi pas avancer dis qui
grofleur 8clal l'année, il ne faut foit exaétement vrai, quand je a tout que au
pois verds toute les Lunes. C'eft à de cent perfonnes il n'y en
qu'en fcmer toutes
en trois mois plusque cinqo qui en mangent. vin,
quoi je ne manquois pas;
Iln'en cft pas de mémedu les quoi- doilsfontbons à manger. nommé que les
les engagez,
Froment Un habitant de ma Paroific étoitve- meftiques AETA les ouvriers n'en boivent d'autres
Jomeala Sellier, fema du froment qui en her- pas à leurs repas, ilya aflez conMarti- nu de France, il vint très-bien des
étoient gens qui en font une trés-grande en
aique. bes, mais la plâpart avoient épis très-peu iommation. Quelque quantité qu'on
vuides, &c les autres ncz dans le
aux Iies, on n'ajamais n'avoir entende grains, mais ceux-cy à merveil- RGE dire qu'il fc foit gâté il pour eft
étant femez poufferent les beaux épis été confommé. Mais à ces impofli- deux
D & produifirent
puide s'ima- ERc qu'on puiffe s'appliquer
du
&cles micux fournis
à la petitelle
ttend
On en pila dans un mortier dont cultures, par rappert chaque habitant,
or giner. fit delafarine & du pain, que cet terrein que poliede bien plus utilcment celui
habitant prefenta à VEgile que je be-. quilaen quic employe cannes, cacao, cotton,rounis, &cquifut diftribuéaupeuple. qu'il cou & autres marchandifes, qu'cn bled méJavois crû pendant habitans long-tems des liles de ou en vignes; étant feroit certain quele d'emétoit défenduaux da bled & de cultiver des vi- me terrcin qu'on & en obligé fourfemer
raifon de cette défen- ployer en bled
vignes pour chofes à
gncs,. & quela
cela cauferoit nir le neceflaire de ces deux cinlc étoit lc préjudice puifqu'il que cft certain
dix perionnes, le fournira étant pour employé
au commerce, des cargaifons s quante &c même du plus, d'ailleurs que
le fond principal viennent aux liles eft le en marchandifes les pays: vaiffeaux d'Eurovaiffeaux 8c la qui farine de troment. Mais j'ai viendroient faire
leurs tervin
tres-certainement qu'il pefilesh habitans employoient de quoi fe charappris depuis
défenfes, res en bled &c en vin,
n'y a jamais eu de parcilles
la
en Europe & que pour-
& jai connu experience, la
que étoit Ooencilseheendaute geroient-ils
1eh de
culture du Tai & de vigne Ifles, Onm'a inrenontoeseunediena
inutile, &c commei impolmibleaux du bled.
leurs tervin
tres-certainement qu'il pefilesh habitans employoient de quoi fe charappris depuis
défenfes, res en bled &c en vin,
n'y a jamais eu de parcilles
la
en Europe & que pour-
& jai connu experience, la
que étoit Ooencilseheendaute geroient-ils
1eh de
culture du Tai & de vigne Ifles, Onm'a inrenontoeseunediena
inutile, &c commei impolmibleaux du bled. Je la Elpagnols du Mexique & de toute de lafenda la aux EfRaifons particulierement celle
très- nouvelle Efpagne, du Jucatan, des Mecomme inutile, parce que
& de
Carthngene, IIA
pourlel- gaellis regarde de
du pain de fro- côte de Carac
Iflcs
Soj-peu gens mangent --- Page 157 ---
FRANCOISES DE
1694. Iflcs de Couve, de Saint
le LAMERIQUE
II9
xigue Portvic & autres lieux aux Domingue, environs doubleenadix.
cdes du GolfedeMlexique, de cultiver la
La quantité de, Jafmins
grandes gne &c les oliviers, &
vi- trouve" Partoutcla
blancs qu'on
fairede Hfes de que les feuls Jefuites qu'il n'y avoit medans. les endroits Martinique, des forêts &1 mévin C mifion de fiire certaine qui cuffent per- a point d'apparence
les obiln'y
delhui- vin pour dire la Mefe, quantité de les foient allez
que Cargibes
le. n'auroient de
Les gallions çonner que cctte planter, me fait foupCes deux denrées pas quoi fe charger, &c pays. La
plante eft naturelleau
dantesen
qui font trés-abon- donnera lieu defeription aux que j'en vais faire
tiles &c1 fans Ehigeysemmantetin dcbit.
fi celui des Iles eft connoifleurs de mêmc de
Les
que
RERT
font Etats du Perou &c du Chili ne d'Europe. Lc
fait vin' fujets sà cette défenfe. On y ef une Jafinin que nous avons aux Iflcs
en
fe charger, &c pays. La
plante eft naturelleau
dantesen
qui font trés-abon- donnera lieu defeription aux que j'en vais faire
tiles &c1 fans Ehigeysemmantetin dcbit.
fi celui des Iles eft connoifleurs de mêmc de
Les
que
RERT
font Etats du Perou &c du Chili ne d'Europe. Lc
fait vin' fujets sà cette défenfe. On y ef une Jafinin que nous avons aux Iflcs
en quantité qui eft bon; à
plante qui devient enarbriffcau
légard du bled il vient tout
qui poulfe quantité de
bonlances on en fait deux par récolres en a- ou branches" tout droits, tiges, qui rameaux s'entrean dans le Mexique 8c la nouvelle ÉC par laiffent aifément, qui fe fortifient &c
Pagne. Je croi qu'on le pourroit culti- muliplient à merveille fi on a foin de
veravec un parcil fuccès dans les
lestailler une ou deux fois
de droits qui font aux environs du Golfe en- des commencement & à la fin T'année, de la faifon au
fc Mexique; cependant foit
pluyes. Le; pied de T'arbriffeau eft
ou Pour quelqu'autre raifon, par lcs paref. ha- couvert de deux écorces,
bitans de la côté de Carac, de Cartha- que l'on Pourroit prendre pour l'interieure le bois
gene &c des grandes Illes nc fement même eft vertc, iide & fi adherente,
point del bled, & aiment mieux acheter qu'il eft très-dificile de. la
du
des farines des François & autres étran- bois. Elle eft couverte d'une feparer autre équileur en portent, & qui lcs leur corce mince, friable qui fe détache
RENSIS bien cher.
d'clle-méme & qui fe roule, qui eft de
rin_ve. Un habitant de
nom- couleur grifc. Le dedans dubois eft
eneillia mé le Tellier, recueilloit Masie-galante
lé de gris &c d'un verd
il méMarie- fa provifion de vin
tous les ans tendre, caffiant,
eft affez
Galante
qui croiffoit fur fon
leger
Eta
Gafmins habitation.
moiiclle qui n'a
rempli d'une
des affitré qu'il Ceux étoit gui en ont bu m'ont dité, Les tiges
beaucoup d'humitre faut
très-bon; le feul dépouffe cri
-
M
avoit, étoit
font unies,
quantiré
3es
qu'il ne pouvoit affez
liantes, d'un verdf foncé, 8c
pas Pa conferver toute l'année, mais dun chargées de feuilles; clles font
peu à peu on auroit trouvé remede à
très-beau verd, pointués les
le cc mal. D'ailleurs quelle neceflité de deux bout, beaucoup plus
garder fi
qu'elles ne le
E
deux
long-tems puifqu'on fait Port à leur largcurs devroient elles étre par raprecolteschaque année.
tiennent aux
Nous avonsauxIiles quatre fortesde tiges tc, & ou branches par une queué CourJafinins, le commun comme celui de
font toûjours accouplécs. C'eft
France double qui n'a
feuilles, &c le al'extrémité fent les fleurs. de fes branches que naifqui cn a 0dse deux
Elles viennent
font
c2i
blanches, le Jafmin commun elpeces d'A- par bouquets, il eft aufi rarc toujours qu'elles
rabice eft rouge, ili n'a Que cinq feuilles, foient qu'aux feulcs que d'en voir autre Part
extrémitez des branches. Ces
flcurs
. C'eft
France double qui n'a
feuilles, &c le al'extrémité fent les fleurs. de fes branches que naifqui cn a 0dse deux
Elles viennent
font
c2i
blanches, le Jafmin commun elpeces d'A- par bouquets, il eft aufi rarc toujours qu'elles
rabice eft rouge, ili n'a Que cinq feuilles, foient qu'aux feulcs que d'en voir autre Part
extrémitez des branches. Ces
flcurs --- Page 158 ---
VOYAGES AUX ISLES
120 NOUVEAUX lon- fées de filets affez
dont les extré- 16y4.
16y4 fleurs commencent par un bouton de mitcz font de LECTN de pourpres, ils
guet, dont le bout eft de couleur cn fortent d'un fond jaune, au milieu dupourpres, il s'ouvre &c fe partage
s'éleve un pitil de même couleur,
cinq feuilles, dont le fond fait un petit quel qui a un peu la figure d'un marteau,
caliceaumilieu depirdiengune-tte dans fa ma- qui eft chargé de trois
boutons
colonc ou piftil, qui Fenfermedeuspe- porte
fleur dela
turité une goulle qui
cette neurlenonden
PrRAEE
tites grainesa côté Tunedelautre, E donnerà Paflion. Les fruits qui fuccedent à ces
platics du côté qu'elles fe C'elt touchent, la femen- fleurs font de la grofleur d'un auf, font &c
rondes du côté oppo(é.
elle vient dela méme figure, excepté qu'ils
ce de la plante; mais comme vite dc boutu- également pointus les deux bouts.
beaucoup mieux & plus s'amufe de Leur écorce qui t verte au commen- le fruit
re, il eit très-rarc qu'on en terre, il n'y a cement, devient jaune
mettre ces femenccs
s'6- eft meur; elle n'a
d'épaifleur
la grofleur d'un auf, font &c
rondes du côté oppo(é.
elle vient dela méme figure, excepté qu'ils
ce de la plante; mais comme vite dc boutu- également pointus les deux bouts.
beaucoup mieux & plus s'amufe de Leur écorce qui t verte au commen- le fruit
re, il eit très-rarc qu'on en terre, il n'y a cement, devient jaune
mettre ces femenccs
s'6- eft meur; elle n'a
d'épaifleur que les curieux qui Pont fait étoient pour ve- qu'un écu, ni plus J confiftence qu'un
claircir fi CCS petites graines
fifatiemlegyrls
ritablement la femence de l'arbriffeau. & parchemin. grilatre, épaifle comme de la gomme (emenLes Jalmins doubles, rouges détrempée & remplic de petites
blancs nc different des fimples l'odeur que SE ces, grifes, allez dures & fort gluantes. la
lenombre de leurs feuilles; & nelaifle Pour manger ce fruit on fait avec
uns &c desautres eft doucc, fur tout le dent 8c le couteau une petite ouverture
pas de s'étendre aflez loin, le foleil eft à un des bouts, &: on fucce par-là tout
foir &c le matin, car quand répand diflipe ce
contient, qui femble une mis gelée da
haut, la chaleur qu'il de toutcsfortes de EEN dans laquelle on auroit
beaucoup les odeurs
fuc de
bon la poitrine,
fleurs.
fontles fruits Ce citfort
odcur.
Eade
Pammes Lesl Pommesdel Liannes
il eft rafraichiflant &c bonne
Ft
deLian- de certains oziers, ou liannes comme qui on cou- dit Onend donne suxmalades.
nes, % aux Illes, de certaines beaucoup. La Lanmimnutormer de fe friands, trouver
f Pai.rent & d'un mu'tiplient trés-beau verd, allez ils ne manquent jamais fur tout quand le
fion,ow feuille d
en quatre fous cette plante,,
conféSR" mince, divifée ou échanerée de la vigne fol- fruit eft mur, &dy ces attirer deuxi par
endroits; elle approche à la
eft quentlesterpens
incommodi- à mc défaire
les la queué quiTatache cile eft
à HE naif- tez m'obligerent bien-tôt ai vû de femblaaffez courte,
ovales &c de ces liannes. J'en la
du
de deux
dans
Etlica
vigne
fance filet aflez petites &c tortillé, par le- bles à Civita-vechia il
lest feuilles,
d'un
long
à fieur Santini; eft vraique
quel la tige fc foutient en s'attachant les feuilles les fleurs & les fruits font bien pc- ne
tout Ce
rencontre;
Ifles, &c les
lati
qu'elle
8cfont par con- tits qu'aux
que
font en grand nombre, Cette lianne meurifient pas bien.
on donféquent un bel ombrage. violettes à lcurs extré- Laplpart des légumesà fe dedes fleurs
les Hfles le nom de
RCT
porte mitez, faites à peu
commc des &c ne vroit dans appeller des Feves, puifqu'elles
clochettes d'un pouce EE diametre, en ont veritablement la figure. Pois Les
d'environ autant de hauteur, compo-
tits qu'aux
que
font en grand nombre, Cette lianne meurifient pas bien.
on donféquent un bel ombrage. violettes à lcurs extré- Laplpart des légumesà fe dedes fleurs
les Hfles le nom de
RCT
porte mitez, faites à peu
commc des &c ne vroit dans appeller des Feves, puifqu'elles
clochettes d'un pouce EE diametre, en ont veritablement la figure. Pois Les
d'environ autant de hauteur, compo- --- Page 159 ---
1694. Pois FRANCOISES DE
plantai pour couvrir un:
LAMERIQUE
ttartr denonj
des graines. grofles
I21
Peit blancs, ils font jardin, s'appellentPois tie d'une
commc la fixiéme parSlancs. comme un Hiard&c plats, ronds, grands confiftence, noie-mufeade dont
& de la méme Bois 1094
lignes. Leurs tiges épais de deux atrois femblable à celui lodeurêcle goût eft d'Inde
tant
veut, courent, montent cloud. de gerofle, que la canelle produiroient le ou rier, Lauleurs ESAL font Sesatrachent affez
partout; cade s'ils étoicnt
& la muf
rondes en
grandes &
ramiers, lestourdres pilez enfemble. Lés
SEITO & portentt grande toute quantité. ba drix &cies
ous grives, lesper. vendurerunans & mémc T'année, &
graines &cles perroquets recherchent ces
replantez; ils cuifent peaafar
mangent avec une avidité
tendres, &ils font faciloment, font upenancieere engraiffent extraorleur de gris de perle uni bolillond decou- dinairementy méme-tems le Scleur chair contraéte en
goût. qui cft de fort bon ries. Ons'en fert goût de Ces trois épice
dAngr Peis du Les Pois d'Angole font
les fauces, mais fur communément tout
dans
la. Royaume de ce nom furla originaires côte d'A- du cochon. On
quand de fel on fale
frique, d'oi ils ont été
cesgraines
faupoudre
& de
Ifles les vaiffeaux apportez aux de viande à bienpilées melure toutesl les couches
cher f
en qui vont cher- dans les
qu'on les
reffemblent Negres affez à CCS quartiers là. Ils les' couvre jarres de ou dans les barils, arrange & on
excepté Pour la nos petites feves, arbre,comme feuilles feches du méme
bruns, aufi viennent couleur; ils Car ils font lesde laurier. onfaitenl Europedes feuilNegres; ils forment un dela côte des déc contraéte Laviande un
&c ainfiaccommofort agreable qui dure petitarbriffeau mirable,
goût une odeur ad-
& quelquefois plus felon fept la ou bonté huit ans, du Jen n'ai de peine à
dant terrein; ilfeurit Scporte du fruit
défendu MEs tranfporter de croirequ'il ces
eft
prefque toutelannées l'écorce pen- de grainesen France; carileft fortes de
T'arbrifeau eft affez eft verte & fort mince, il
Rertainquel. branchu,
lextepieemsesdene
gues,
fes feuilles font lon- deneureroient Cet
ainfi fans debit. épiccriesq qui
un Peu étroites, brun... minces, &c d'un verd comme arbre il eft long-tems à
elpeces àmelure Jc parlerai des autres mement durs arrive à tous les bois croitre, extréfentera. queloccafions s'enpre- petits que j'avois comme il eft. Desdeux
Le bois d'Inde vient
par accident.
tepieemsesdene
gues,
fes feuilles font lon- deneureroient Cet
ainfi fans debit. épiccriesq qui
un Peu étroites, brun... minces, &c d'un verd comme arbre il eft long-tems à
elpeces àmelure Jc parlerai des autres mement durs arrive à tous les bois croitre, extréfentera. queloccafions s'enpre- petits que j'avois comme il eft. Desdeux
Le bois d'Inde vient
par accident. J'ai achetez laiffé un fur
fort grand & fort gros. ordinairement Son bois eft de dix pieds de haut quand l'autre de EC
rougeatre, écorce eft dur, roide & pefant; fon des ni fleurs Inles, mais il n'avoit encore je fuisparti
feuilles font jaunâtre femblables &c affez vive 5 fes douze ans. nif fruits, Ilef quoiqu'il eût
à celle
la
ES
de nos Lauriers, pour à la verité forme dans un endroit alfez vraiqu'il étoitp planté
d'une peu plus petites & plus minces, mais un Cet arbre vient
expolé au vent. odeur plus forte & plus aromati- terres feches & arides. ordinairement Je croi dans des
que. tites fleurs liporie blanches deux fois l'annéc de pe- bonne qu'il viendroit encore mieux pourtant dans de
peu vers leur extrémité; qui rougiffent elles
un rarement terre, dans cependant de bon on Ic trouve
Zom. aufquels fuccedent font par a quantité dans PIle de terrein. Sainte lly,en
E7
depetites àl
Croix,
ngrandeterre dela
Q
Guadeloupe, àla
Gre- --- Page 160 ---
VOYAGES AUX ISLES
122 NOUVEAUX AMarie-Ga- l'on met en terre, &c faire deuxoutrois eft 169$
set Grenades aux Grenadins, du vieux) Fort petites incifions dans la partie lai feve qui de la
lante, dansles montagnes Morne de la enterrée pour déterminer
de la même Iflc, au gros de la Tartanc, branche à s'écouler doucement en par-là, moins
Martinique dernier au quartier cul de fac des Salines. & y produire mois des il eft racines 3 pouffe des
& vers lc
bois
desrou- de quatre
repris, &
des
On fe fert de ce pourfaire
feuilles & des branches porte
leaux de moulin, des dents debalancier, On fleurs. Grenas
des rais de roué & autres ouvrages. car - Les Grenadiers communs viennent de diers de
poutroit en faire debelles planches, comme il eft fort bien & font toûjours couverts Il a deux 4:
il fe polit fort bien, mais & ne man- feuilles, de fleurs & de fruits. 2at peces. dur, lesouvriersle négligent
cou- comme en Europe des Grenades nains
quent pas de mauvaifes C'eft raifons ainfi
en u- ces & aigres, mais les arbuftes Grenadiers que l'on
vrir leur parcffe. beaux
eAae
de pluficurs autres arbres font les plus les
retenir à la
fent à l'égard dans la fuite qui n'ont puife voir. On peut
On en
dont je parlerai
d'être durs, hauteur de dixà douzép pouces.
ent
cou- comme en Europe des Grenades nains
quent pas de mauvaifes C'eft raifons ainfi
en u- ces & aigres, mais les arbuftes Grenadiers que l'on
vrir leur parcffe. beaux
eAae
de pluficurs autres arbres font les plus les
retenir à la
fent à l'égard dans la fuite qui n'ont puife voir. On peut
On en
dont je parlerai
d'être durs, hauteur de dixà douzép pouces. lest tailler àj
d'autres défauts que
peut fairedesbordures &1
peu
conféquent dificiles â travaillebuis, fans qued celal lesemET par
près commel des fleurs & des fruits,
ler. rouges & blan- péche de produired leur
& à la
Les Franchipannes
n'a qui par rapport à petitelle ne fembleches viennent fur un arbrilleau
délicatefle de lcursbranches, ,
les
rien de beau que fes fleurs. CE pied de roient en étre jamais fortiss, fion font ne de la
vient affez
& jette quantité yavoit vûs attachez, car ils
&
branches, f malfaites & encoreplus groffeur ordinaire des Grenades, famaldifpolées. Le bois eft blanchâtre, d'un bien plus agréable &plus
l'écorce eft d'un verd pâle; il eft ten- voureux. goût On a foinde mettre dest mor- les
dre, fpongieux & rempli d'unemoliel- fes feuil-. ceaux de planches ou de thuiles fur fous la terle blanche comme le fureau; à leur fruits, fans quoi ils périroient foules font longues & plus larges les joint à la rc oui ils iont, l'arbrene lespouvant
extrémité qu'au bout qui
tenir. branche. Les feurs naiffent par
L'Ozeille de Guinée eft unarbriffeau eft
bouquets dans le milieu des LOe d'un boisalleztendre, dontlPécorce huit
qui ne viennent pour Pordinaire qu'au verte & mince. Il vient de fept font à en
bout des branches ; clles reffemblent pieds de hauteur 5 fes branches fes feuilaffez.aux Lis, exceptéqu'ellesiont
grand nombre&c fort déliées; inélongues, enplus grande quantité,
Ies font partagées en trois partics vont
plus fouples &c moins
deux coupures qui
TE
étroites, odeur eft douce & agreables lcs gales 2 jufqu'à par la principale nervure 5
Leur bouquets que ces Aeurs font naturelle- prelquej elles font dentelécs, & leurs nervures le
ment, font attachez a une quetc
font de couleur de chair; elles l'ozeil- ont
du milieu
même effet que
TORESE
fort de deux pouces des fleurs tou-
& font le
ne lui Ozrills
Franchi- les. Cet arbriffeau porte de bouture fort fa- f de nos jardins, quoiqu'elles Il
deux fois de nét. Gwipanne. te l'année. Iivient obferver de fermer a- reffemblent point. iont porte en mêmecilement. Il faur
dont je parlerai l'année des fleurs & fa qui femence. Elles refvec de la cire noire, le bout compé que tems fon fruit
fem*
da.s tn autre lieu, --- Page 161 ---
FRANCOISES DE
T4.
bouture fort fa- f de nos jardins, quoiqu'elles Il
deux fois de nét. Gwipanne. te l'année. Iivient obferver de fermer a- reffemblent point. iont porte en mêmecilement. Il faur
dont je parlerai l'année des fleurs & fa qui femence. Elles refvec de la cire noire, le bout compé que tems fon fruit
fem*
da.s tn autre lieu, --- Page 161 ---
FRANCOISES DE
T4. femblent a des" Tulipes ne feroient LAMERIQUE
Pas bien ouvertes, elles 201 plus peti- la plicnt prodigietfement, & portent dés 1694
tes, les feuilles qui les compofent font la premiere année, fans. qu'on fe donne
de lépailfeurd'unep piece
fols, peine de les tranfplanter, à moins
roides & d'un rougé foncé. dequinze Ellcs ren- que CC ne foit pour en faire des borduferment dans leur Tond un bouton verd res. On
qui contient quelques petites graines culture. trouve des la même facilité dans la
brunes; c'eft ce bouton qu'on met en Deux herbes ordinaires
terre & qui produit en moins de trois fent ou trois plantes d'Ozcilles potageres. fuffi- Oxsille
mois l'arbriffeau & les fleurs. Quand che. pour On en faire unetrès-grande plan- ordinaia
ees cfpeces de Tulipes font meures, ce
les partage en petites portions re,
qu'onconnoit a unc petite noirceur qui unes quel'on met en terre aflez éloignées les
paroit au. bout de leurs feuilles, on les vite, des autres; elles reprennent trèscucille, onnes'en fert
croiffent cewelargilient f bien en
pour Cet cffet, on coupe qu'enconfitures, le fond de la cing ou fix femaines de tems, qu'elles
fleur avec le bouton
couvrent tout le terrein. me inutile,
jette com- veut conferver l'Ozeille dans Quand on
hmesin feuilles ou fleurs a
fal beauté8c
rouges dant femetbouillir à grande eau
grandeur, il fauttous les deux ans la
un Miferere,
quoi OR les pen- ti- clangerdeplaceamine de pouvoirfumerle
rC, & quand elles Ee
terrein, quiautrement
les met bouillir dansle facre égoutées, on maigre.. Plus on
deviendroittrep
ques clouds de
& avec quel- tout dans le tems coupe des cette plante, fur
nelle. geroflc un peu de Ca- croit & s'élargit. pluyes, plus elle
Confts- red'o- Lorfqu'on en veut faire de la
&
del France
on fait
geléc,
Oignonit
gnnaligpeaveed
zeille de d'eau bouillir ces feuilles avec autant generalement de toutc T'Europe, ne
Gainée,
fculement qu'il én faut
lcs produit des ciboules qui
couvrir dans la bafline, &on don- très-bien E par groffes touffes. viennent
ne une
on
eurde
Quand
fe entiere cuiflon, puis onlespref Lnamacicuncifuraver? foin dercfortement dans un gros linge
mettredans letrou uneoudeux ciboulcs
en exprimer tout le fuc; que Pour delat rouffearrachée, c'eft le
de
dans lef fucre clarifié où on Fonmet n'en jamais manquer; Car en moyen moins de
quelques momens. C'eft une, lefaitbouillir excellente dcux moison entrouve la
geléc, on s'en fert pourt boireenl la bat- qu'on Les en avoit ôté.
fortement dans un gros linge
mettredans letrou uneoudeux ciboulcs
en exprimer tout le fuc; que Pour delat rouffearrachée, c'eft le
de
dans lef fucre clarifié où on Fonmet n'en jamais manquer; Car en moyen moins de
quelques momens. C'eft une, lefaitbouillir excellente dcux moison entrouve la
geléc, on s'en fert pourt boireenl la bat- qu'on Les en avoit ôté. mémequantité
tantdansl'eauc les, dont comme la gelée deg groleil. tion,. Echalottes y viennent
Ellceft elle a la couleur & le goût. tant Pour la groffeur que enperfee- le
fort rafraichifante,
goût. Quand on lesplanteil faura Pour Echalore
aux malades, à qui la tifanne onendonne ordinaire foin de les efpaffer comme on fait avoir la tes,madonne du dégoût; elle les réjotit, les Chicorée;. on n'en met
dans nierede
defaltere & les refraichit
chaque trou, dès qu'elles ont qu'une & lescaltiger & avec plaifir. fansaucundan- qu'elles commencent à
repris vers
Enberew- Les Tubereufes
ôter la terre qui les couvroit pouffer, il faut
As. il femble que les Iles viennent foient fans peine, fer que la chevelure
& ne laif
natal. Ilfuffit d'en avoir leur pays ment clles croiffent comme enterrée, des autroques oignons dans un jardin planté quel- les & nc produifent que des cibouvoir bien-tôt
pour l'en mais au contraire
feuilles $
rempli, car elles multi- déchauffer,
plus on a foin de les
Q:
plus ellcs multiplient &
grof
, il faut
As. il femble que les Iles viennent foient fans peine, fer que la chevelure
& ne laif
natal. Ilfuffit d'en avoir leur pays ment clles croiffent comme enterrée, des autroques oignons dans un jardin planté quel- les & nc produifent que des cibouvoir bien-tôt
pour l'en mais au contraire
feuilles $
rempli, car elles multi- déchauffer,
plus on a foin de les
Q:
plus ellcs multiplient &
grof --- Page 162 ---
VOYAGES AUX ISLES
124 NOUVEAUX
jaunc comme de la purée &c 1694
de forte qu'une Echalotte épais,
1604. groflififents
&c quel- dun tres-bon goût,, principalement
en produira douze ou quinze fcule touffe; on quand on y joint quelques racincs des de
quefois ving: dans une cit tout à fait peril. On' peut faire un autre mets les
les leve quand la tige
ont at- mêmes Carottes: il faut pour cela
fanéc. C'éft la marque qu'clles & leur matu- retirer du pot quand elles font cuittes & les
teint toute leur grolleur
fuffamment, les laiffér égouter &
rité.
même maniere T'ail couper en rouelles ou cn. tranches,
On cultive de là
de Made- après cela les faire frire çomme des bi-
& les.
qui font venus Comme il
ou les accommoder fur le rere avec E même fuccès.
y
avec une fauce blanche ou avec
avoit comE
mencé avoit peu de de cultiver tems lcs qu'on. oignons de, Ma- la moutarde. cultivent del la mêmc
fuis
je ne fçai fi Les Porcauxfe
cultidere quendje
mêmc chole maniere j'ai. marqué qu'on
on aura tenté de faire
A
'des Mclons
E
on voit les tols T'égard'd
pour ceux de France, Si on réuffit mate- de France & d'Efpagne, des Citrotiilôtera un profit confiderable jamais aux d'en ap- les ou Giraumons, des Concombres, & des Pois
lots qui ne manquent
étant feurs delaLaitué, dela Chicorée
manporter une bonne quantité,, trois écusle cent verds, j'avois foin de n'en pas
Tieroes dc les vendre deux, ou
quer.
poragt- & quelquefois davantage.
On
la difficulté
a en Melens
TeS.
Le Cerfeuil, la Pimprenelle & le France fçait de trouver de bons qu'ily Melons, & deFran
Perlil yviennent trés-vité foin &c de trés-bien. lés cou- le péril oà l'on s'expofepourp peu
Tie
Il faut feulement avoir
en faffe d'excès. Rien de
gne
S
per fouvent de crainte qu'ils ne mon- n'arrivé aux Ifles; on les feme en
sent en
ce
toute forte
Cerfeuil, la Pimprenelle & le France fçait de trouver de bons qu'ily Melons, & deFran
Perlil yviennent trés-vité foin &c de trés-bien. lés cou- le péril oà l'on s'expofepourp peu
Tie
Il faut feulement avoir
en faffe d'excès. Rien de
gne
S
per fouvent de crainte qu'ils ne mon- n'arrivé aux Ifles; on les feme en
sent en
ce
toute forte LePourpiervient graine.
naturellement dans que tems eft que. proprè. foits Un petit trou fait
le pays; on. én trouve Par tout dansles, J'ai terrey avecun bâton ou un coup de houë fufbois, fans jamais y. avoir" été fcmé.
ft pour ouvrit la terre,, &c recevoir
obfervé plufieurs fois que la. premiere terres
ou cinq grains de femence gu'on
herbe
eft venué dans des
quatre laifle tomber. On arrofc f le tems
qu'on EE de défricher, 2 &. qui con- étoit y eft fec, &c voilatoute la culture; & ceftamment ne T'avoient jamais ét€, & du pendant il eft aufli rare entre cent mele pourpiers ily en a du commun
lons d'en trouver" un mauvais, que d'en
doré.
trouver un bon entre cinquante en
Les Raves les Panais, les Çarottes, vien- France. Ils ont une odeur charmante,
les Cercifis & les Bette-raves quand y on un goût délicat & fin, une chair ferme,
nent en perfeétion, fur tout c'elt-a-dire, une couleur qui réjotit; & cc quej'ef Remar fur
feme de la graine creolle, dans
time infiniment, c'et qu'on én
mon jarE
néc dans le
Jai eu
veut de &
E
pays. dont la
étoit manger tant qu'on
jour viandes, bonté,
din des Carottes
graine
nuits. fculs ou avec d'autres fans
venué de la nouvelle Angieterre, livres & LS en beuvant de leau ou du oui vin, dire que
ont pelé jufqu'à quatre laiffe dans la que jufqu'à prefent on ait
On
la picces quand' on les
clles fe
en ait été incommodé.
marmite autant que la viande,
quelqu'un Mclonsde France ceux dont la
fondent enticrement & font un potage appelle
chair --- Page 163 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
chair cft rouge, & Melons d'Efpagne coins de terre qu'on leurlaife, ils por- 1694. 1694. ceux dont la chair eft blanchâtre tirant tent cc qu'ils cultivent à leurs maitres
fur le verd. Ce font ces derniers qu'on & à ceux qui en veulentacheter. des herbes
spelcenlelic.Melaese d'hyver,parce J'ai parléjufqu'à prefent
qu'on les confervedans du fon pendant potageres qui font venués d'Europc, en
prefque tout Phyver. Cette précaution voici trois clpeccs qui font originaires
eit inutileaux Iiles, on ena toute l'an- de l'Amerique &del'Afrique. eft
elle
née pourvà qu'on ait foin d'en femer La premicre le Guingambo, de
tous les mois aufli-bien que les pois croît d'ordinaire de la hauteur cinq
verds. àfix pieds, fes feililles qui font grandes,
Les Choux pommezv viennent en per- ridécs, rudes & découpées, refiemblent
feétion.
utileaux Iiles, on ena toute l'an- de l'Amerique &del'Afrique. eft
elle
née pourvà qu'on ait foin d'en femer La premicre le Guingambo, de
tous les mois aufli-bien que les pois croît d'ordinaire de la hauteur cinq
verds. àfix pieds, fes feililles qui font grandes,
Les Choux pommezv viennent en per- ridécs, rudes & découpées, refiemblent
feétion. Il fufht d'en avoir un feul pour allezà celle delag guimauve. peupler en peu de tems tout un jardin, Sa fleureftd'unt iblanctirant un peufur c'eft
parce que quand il eft coupé, fà
le jaune &c fans odeur particuliere;
poufie beaucoup de rejettons. On FEE unc efpece de cloche compoléc de cinq
arrache l'un
l'autre en déchirant feuilles rondexal'erurémite, de couleur
Choux un peu l'écorce après de la tige, on les met rougeâtre qui renferme un piftil enforpom- mez: en terre, & en
mois ils produi- me de cloud, avec de petites barbes ou
Lear fentuntrès-bcaus EHRER & bien pommé. étaminesde couleurj jaune. eulture. La tige de ceux-cy en produit d'autres Ce piftil fe change en un fruit de la
fans qu'il foit jamais beloin d'en femer. groffeur d'un aeuf moyen eft comtout le tour de mon
dc
côtes. renferme
%
J'en avois bordé
polé plufieurs
de
jardin. Je nei fçai fije me trompe, mais quantité de graines grifitres la grof
du moins en cela je ne fuis feul,je fcur des
de France. Oa faic
les ai trouvé meilleurs &c tendres ECE EEet viande; il eft affez
qu'enFrance. bon quand il eft jeune, parce
Quoiquer emonjardin futpetit, mé- lomleitendre,mel, fecuit
SE.tent
nageois tellement mon terrein je Sc la & donne du gout au boiillon, mais à
culture de mes plantes, que j'avois mefure qu'il meurit il devient dur, &c
toûjours en abondance tout ce qu'on f fort qu'il n'eft plus fupportable. A
peut fouhaitter en matiere de jardina- quelque age qu'on le prenne, des il n'ya &c
ge; j'en donnois à tous venans, quoi- gueres que des Negres,
que jen confommaffe beaucoup, ai- de pauvies gens en ufent,
SRESEA
naturellement les fruits & les
nos & femmes crcolmant
ilfautjoindre
herbages plus que la viande & le poif- les qui mettent dans un ragoût quileur
fon. eft particulier & qu'onappelle Callarou,
Bien qu'on ne puiffe fouhaitter toutes fortesd'herbes, &cfartoutlesplus
une facilité pour faire PARTe jardins plus mauvaifes &c les plus dégoutantes. Je ragrande que celle que l'on trouve aux parlerai dans un autre endroit de ce
Iles; ily, a cependant très-peu d'habi- goût crcolle. de
tans quis'en mettent en peine. Ils s'at- Il ya deux efpeces Guingambo leur fruit. tachent uniquement au travail deleur diftinguées feuleinent eft celle par viens de
habitation, & comptent fur Ics herba- La premiere
que je elle
ges que les Negres cultivent fur les.li- décrire.
rande que celle que l'on trouve aux parlerai dans un autre endroit de ce
Iles; ily, a cependant très-peu d'habi- goût crcolle. de
tans quis'en mettent en peine. Ils s'at- Il ya deux efpeces Guingambo leur fruit. tachent uniquement au travail deleur diftinguées feuleinent eft celle par viens de
habitation, & comptent fur Ics herba- La premiere
que je elle
ges que les Negres cultivent fur les.li- décrire. Quant à la fcconde,
zieres des bois ou dans quelques petits te des fruits plus pctits, plus
MIE
Q3
plue --- Page 164 ---
VOYAGES AUX ISLES
126 NOUVEAUX
&c quelquefois davantage, elle 169W
longs, &c dont la pointe eft rc- pouces
de nervûres, affez é1694. plus courbée comme celle des cornichons. eft peu fort chargée vertc &c bien nourrie. La
La feconde herbe potagere eft eft Rc pailfe, tige n'excede gueres la groffeur du
pelléeN Moulfembeys fa de qui fortes de doigt, elle fe charge dep plulieurs de grapeft
E
branchué chargéc font fort petites pes comme des panaches petites
feuilles; les unes qui
fleurs, où le verd, le rouge, le violet
font attachées troisà trois à une font queué beau- & le poarpre font agreablement meilez
affez courte. Les autres qui
enfemble 1 fc convertiffent en de
coup plus grandes & divifées par qua- tits fruits de a grofleur d'unp pois, Fa
tre coupûres en cinq partics inégales, ronde & violet tirant fur le pourpre, qui renferfont foutenués par une queué bouton me dans une peau mince & unie comveloutée. Sa flcur fef formed'un
me celle duraifin, une fubftancer molle,
ovale fc partage en quatre partics, aqueufe, d'une odeur defagreabie, au
du cERter deiquelles fort un petit pied milieu de laquelle eft une elpece d'aporte quatre fetilles blanches ova- mande affez feche qui eft la femence
D longues. C'eft ce pied qui foutient Gili- de la plante. le fruit quin'ett autre chole qu'une de
Quelques habitans de l'Ifc dc faint
que qui renferme beaucoup petites
qui s'étoient retirez à la
femences ou graines grilatres qui ont Chriltophle Martinique après leur déroute, & qui
à peu près la figure d'un rognon appla- avoient afferméd de petites habitations au
ti. Ces Giliques ont quatreàd fix cinq lar- deffus du fort S. Picrre &d du Mouillage,
à lignes
E
de long fur cinq
fc mirent à y faire des jardins dont herbes ils
ge,
defcription, envoyoient vendrel les fruits, les
On voit affez par cette
&c les fleurs dans le Bourg. J'en connoifquecefruit n'eft d'un de grand fes feuilles. ufage, foisun dont le jardin n'étoit
& qu'on ne fe Za que font
le mien, qui ne
OEE
à
que
TE
Ceux qui les emploient du Guin- peu grand vendre tous les jours pour cinq ou fix
près les mêmes quife fervent
francs de CCS bagatelles. On peut jugambo. d'herbe potagere,
que j'aurois profité dc cet exemLatroifiéme efpece &
mis E fi j'avois été à portéc du Bourg,
dontil me refte i parler, que je
avec d'autant moins de fcrupule,
dans monjardin, moins pourlulage honneur que des Communautez Religieulcs bien L
j'en voulois faire que; pour faire mes ches vendent leurs herbages, & juf
au pais, & avoir dequoi commej contenter mon ques à lcurs oranges.
potagere,
que j'aurois profité dc cet exemLatroifiéme efpece &
mis E fi j'avois été à portéc du Bourg,
dontil me refte i parler, que je
avec d'autant moins de fcrupule,
dans monjardin, moins pourlulage honneur que des Communautez Religieulcs bien L
j'en voulois faire que; pour faire mes ches vendent leurs herbages, & juf
au pais, & avoir dequoi commej contenter mon ques à lcurs oranges. fc
Paroiffiens, à qui,
j'aidit, eft le Sacra- Mon penfionnaire &c mon Negre
jardin étoittolijours ouvert bien
pour mirent en tête de faire couver les
malon. Voici un nom
long
les le demandoient, je les Loma
exprimer de chofe. Cctte s'élever plante faire, qui & je trouvai que j'avois bien fait,
quand on ES laiffe croitre peut Il eft rare car en peu de tems je me vis une leàla hauteur de cinq pieds. Sa gion dc poulets. Mon Negre apprit i
qu'on en trouve de plus grande. bonne à Ics chaponner aux dépens de lavic de
feuille qui eft la feule partie
Maisiln'yarien de perdu
manger en la mettant dans le potage de lix quelques-uns. en ménage. avec d'autres herbes, eft longuc
CHA- --- Page 165 ---
Tom.lipgtns
Avocat.
Haniec.
Cf
Racines de
Manicc.
Pomme
Fleur dela
de
passion, OuL
pranadille.
Lianne. : --- Page 166 --- --- Page 167 --- --- Page 168 ---
Emlpegs3g.
fait
Vigre que
arru Cassare. yue
L
egresse quipasse lifarine
égresse m
lani
La
Presse firine CStWE en --- Page 169 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE C H A P I T R E XIV. Du Manioc. 'Ay dit en quelques endroits mais cela eft extraordinaire. font de la Commu- des
cy-devant quel ia Caffave & nément elles
L'écorcedesra- grofieur
là farine de' Manioc fervent plus cines groffes eft de bette-raves. la couleur de celle de l'ardep pain àl la plépart deshabic'eft-à-dire qu'elle eft
quand
Ene tans blancs, noirs & rouges bre,,
lileit grife
desIles, c'eft-à-direaux Européens, aux leboiseft maislededans gris,rougequandi eft totijours blanc, rouge, & de DiftNegres & aux Sauvages. Jc croi
dc la confiftence des navets, ilya des rentes
icice
EH
eft à
d'expliquer
que
font meuresà huit mois. On efpeces AEMAque ESHASL & farine de Manioc, après racinesqui l'arbre ou le manioc
les nioc. que j'aurai décrit l'arbre ou arbriffeau le appelle Manioc blanc ou
Les
& maniere dont on
RaRE
quilesp produit, la
autresefpeces produit, commele manioc à grancultive. Lel Manioc eft un arbriffeau dont l'é- des feuilles, le manioc rouge & les au- &c
DuMa- corce eft
rouge ou violette fe- tres efpeces, ont befoin de quatorze
nioc. lon les difterentes grife, efpeces del bois qu'cl- mémededix-huit: mois pouravoir toute
le couvre. L'écorce de toutes lcs cipe- leur grandeur & leur maturité. arbriffeau vient Cu'ture
ccs eft fort mince. Il croit jufqu'à la On fçait déja toutel que la façon cct
pour du Mahauteur de fept ou huit pieds. A cette de bouture, eft de faire une qu'ilyap folle d'un nioc.
les difterentes grife, efpeces del bois qu'cl- mémededix-huit: mois pouravoir toute
le couvre. L'écorce de toutes lcs cipe- leur grandeur & leur maturité. arbriffeau vient Cu'ture
ccs eft fort mince. Il croit jufqu'à la On fçait déja toutel que la façon cct
pour du Mahauteur de fept ou huit pieds. A cette de bouture, eft de faire une qu'ilyap folle d'un nioc. hauteur le tronc eft gros comme le le planter, & demi de
ou environ, &c
bras. Le tronc & les branches font pied
long de
dans
remplis de nceuds affez près les uns decingqà à fix couche pouces deux profondeur, morceauxdece
des autres, avec de petites excrefcen- laquelleon
cesqui marquent les endroits où étoient boisdeq quinzeadix-huity laiffe
pouces un delong, hors
les feuilles qui font tombécs; Car à me- dont on
un des bouts pcu avec
fure l'arbre croit, les feuiilles quit- de terre, après quoi on du les couvre où on les
tent T25 bas des rameaux, & il ne s'en la terre qui eft fortic trou du terrein on
trouve qu'aux parties les plus hautes. a mis. Suivant les foffes la les bonté unes des autres,
Ce bois eft mol & caffant, il vient de éloigne
bouture mieux de graincs, du moins pour l'ordinaire on laiffe deux pieds &c
feur de
de racine demi de diftance entre elles. On a foin
on eft
atenir que peu la
defarcler les herbes qui viennent autour
bonne à manger fi on feme graine de crainte
ne fuffoquent les
qu'il porte. Sa feuille eft comme un
qu'elles
treffle allongé, ou plôtôt comme une nouvelies plantes. les racincsontat- Manie:
moyenne feuille de vigne que l'on au- & tcint Quand toute onjuge la que & la maturité re d'arroit fendué lc long de fes nervires,
grolleur avoir fuivant la
racher
à qui on n'auroit laiffé de chaque côté qu'elles peuvent
on qua- les le Maqu'un demi doigt de large. Sa princi- litédu maniocquilesa produites,
nios,
pale racine en pouffe trois ou quatre arrache de terre à melure qu'on en P'ar- a
autour d'eile, & jufqu'à fix ou (ept de befoin, CC qui fe fait en arrachant racines
differentes grofleurs & longueurs felon bre tout entier avec lequel les
l'age de l'arbre & la bonté du terrein.
peuvent
on qua- les le Maqu'un demi doigt de large. Sa princi- litédu maniocquilesa produites,
nios,
pale racine en pouffe trois ou quatre arrache de terre à melure qu'on en P'ar- a
autour d'eile, & jufqu'à fix ou (ept de befoin, CC qui fe fait en arrachant racines
differentes grofleurs & longueurs felon bre tout entier avec lequel les
l'age de l'arbre & la bonté du terrein. ne manquent pas de venir, & en cas
J'en aivà de grolfes comme la cuiffe, que quclqu'une s'en feparc, CC qui aifé eft --- Page 170 ---
VOYAGES AUX ISLES
128 NOUVEAUX la fouille avec
un ppifon mal failant quoiqu'il cau- 1694
604. aifé de remarquer, on
force RETa la mort; mais qu'ayant trop de fub- Senti- dis
la houë. Ili ne faut pas une d'arbres, grande car ftancc, l'eftomach dés animaux ne le ment Pere du
pour arracher CCS Tortes extrême- peut digerer, & qu'ils en font étouf- Terire
outre qucles terresne font
bien fez. Cequiparoitene ce quel les animaux fur le
ment fortes, lcs racincs COCEets pas
en meurent n'ont point du tout les Maniec.
avant dans la terre. Quand deftinez ces racines à cct qui parties nobles alterées, mais feulement
font arrachées, lesNegres ratiffentl'écorce la poitrine enflée.
ouvrage, en gratentou comme on fait Les differentes experiences que j'ai
acunaicctantcmem dans un canot faitesde ce fucm'ont convaincu, qu'ouaux navets, & les jettent lave bien, aprês tre cette abondance de fubftance nourplein d'cau où on les
Ics riflante, une partie de' fa malignité conquoi onl les grage, c'efl-a-dire de farine hu- fifte dans fa froideur qui arrête laciren unc
ouvrage, en gratentou comme on fait Les differentes experiences que j'ai
acunaicctantcmem dans un canot faitesde ce fucm'ont convaincu, qu'ouaux navets, & les jettent lave bien, aprês tre cette abondance de fubftance nourplein d'cau où on les
Ics riflante, une partie de' fa malignité conquoi onl les grage, c'efl-a-dire de farine hu- fifte dans fa froideur qui arrête laciren unc réduit
elpece
fcicure culation du fang, engourdit les cfprits,
Mazit- mide quireliemble à dela grolfef for- & caufe enfin la mort fans offenicr les
redeled de bois, ce qui fc fait en pallant cuinobles de l'animal: la raifon fur
riduire tement la racine fur une rappe de
parties je me fonde, eft que le meilen fari- vre, comme on paffe le fucre. Cesrap- laquelle remede
ait trouvé jufqu'à
ne. pesde cuivre qu'on appelle grages, 8 leur prefent pour fauver qu'on la vie aux animaux
letravail que Ton fait par leur moyen,
en ont bû, eft d'exciter en eux de
ont quinze à 'dix-huit pouces de qui violens mouvemens en les faifant couTEA longueur fur dix à douze pouces rir le plus vite l'on peut, les é- Sentilargeur. On les attache avec de petits chauffante tenleur Ritat avalerde l'eau- TAu- ment de
clouds fur une planche de trois piedssc non de-vie la plus forte avecdu Theriaque, teur o
demid de Jong & d'un pied de large,
après leur avoir fait avaler de Thuile remepas de toute Tétendué de leur largeur,
les exciter à rejetter ce qu'ils 2 conmais en ceintre. Le Negre qui grage cft pour ont pris, en un mot en réveillant les fue tre le de
met un boutdela plancheoul la bois, efprits, & mettant le fang cn mouve- Maniec
dans un canot ouauge
AE
attachéc l'autre bout contre fon efto- ment.
trois reme-
&
Lcl Pere du Tertredonne
mach, SACV a à côté de lui un & panieroi bien la- des
empécher le mauvais effctdu faire
font les racines bien gratées
& fuc SC manioc. Le premier de de l'eau
vées, ilen prend une: à chaquemain, Pyap- boire de l'huile d'olive avec
&
la pafle & repalfe fur la grageen!
ticde, cela excitc au vomiffement,
forement,jufqua ce quilait
de donner du foune peut pas manquer
TEIEE en farine.
tout cc qu'on a lagement.
de
Maiie- Après qu'on a gratté
la farine Le fecond, eft de boire quantité
re de arraché de racines, on &c on prend la
àla jus d'ananas avcc quelques goutes de
preler afari- qui eft dans lccanot, exprimer tout le FeCe dont jus de citron. le fuc d'ananas eft fort inRC. prelle elleeftr pour remplie. On regadecefiuccom. Jefçai que froid auffi-bien celui de
non feulement pour les cilif&cfort
douterde
me un
ce me
lia
poilon, aufli
lcs animaux citron, &c'elt qui
le
hommes, mais
pour
de CCS la bonté de ce remede, quoiqu'il
qui en boivent ou qui mangent
donnc pour infaillible.
racines avant que le fuc en foit expri- Le troifiémc eft le fuc de Pherbe
mé. Le Pere du Tertre &c les autres n'eit aux couleuvres. Jc Parlerai de cette
qui ont parlé de ce fucdifent cqu'il
plante
lcs animaux citron, &c'elt qui
le
hommes, mais
pour
de CCS la bonté de ce remede, quoiqu'il
qui en boivent ou qui mangent
donnc pour infaillible.
racines avant que le fuc en foit expri- Le troifiémc eft le fuc de Pherbe
mé. Le Pere du Tertre &c les autres n'eit aux couleuvres. Jc Parlerai de cette
qui ont parlé de ce fucdifent cqu'il
plante --- Page 171 ---
FRANCOISES DE
1094. plante dans un autre endroit. LAMERIQUE
dant je dois dire qu'il ne mc Enatten- paroit les not ou
de bois, dont le fond &
aucun rapport entre les vertus de cette ricre, côtez AE percez de trous de tar- 1694. plante & le mal dont il s'agit. D'ail- de dans laquelleon: a
leurs le Pere duTertre ne dit
rofeaux refendus afin étenduunenatte
ment ondoitlemployer, Pas com- la farine & T'empécher de d'envelopper s'écouler Premiecroire qu'il ne l'aj jamais và cequimefait mettre lestrous de T'auge, &
en
ErCETa
ufage. Les animaux
pleine, onremplic quand l'auge eit proforla
aumaniocp peuàp qui s'accoûtument de la natte l'on pardeffus cequir reftefarine. peu, n'enreçoivent au- planche de
couvre avec une
cuneincommodité,' au
ils
grandeur de
pen
graiffent de mme contraire s'en* du canot. On
l'ouverture
Turcs nc
que nous voyons les le canot contre appuye un arbre pour Pordinaire
de l'opium, recevoiraucune quoiqu'ils'en incommodité contre unpoteau bien enfoncé ou du moins
prennent plus qu'il n'en faudroit trouve qui en ohilya une mortaife où l'on fait en entrer terre,
fairet mourirdeux ou trois autres perfon- pour le bout d'une pieced deboisdehuit à dix
nes qui n'y feroient pas accoûtumées jur pieds le de long, qui paffe àangles droits
eomme eux. Cequir me fortifie dans ma
milicu du canot; on met fuar la
penfée eft que le' fuc perd toutef fa mali- planche qui lc couvre quciques morgnité dèsq qu'on) l'amis furle feu, ce ceauedebois,afin del
quele bout
ne peut Provenind'sutrechole finon qui
dans rdelapicce lar morla
taife,
eefpucietiaulens
chaleur a mis fes parties en mouve- que eft foit cbesueouppluse élevé. Cebout
ment. Nos Sauvagesquienn mettentdans accommodé & élargi avec
toutes leurs fauces n'en font jamais in- le petites rendent planches qu'on y a clouées, quelques qui
commodez jamais parce qu'ils ne s'en fervent pierres dont propres on le à recevoir de grofies
quand il a bouilli. leur
charge, afin que par
OHBES de ce fuc
faire de l'apords on falle enfoncer la
midon en le faifant
qui couvre le
planche
obildevient
Paleeta au foleil, prime lai canot, &cqu'ainfic ion comlors
blanccomme lanége,
tc gmeauyetsentmnce Ceton l'appelle Mouchache, comme pour l'efet piece de bois ainfi chargée faifant
quidiroit enfant de Manioc, carle mot La farine d'un levier.
ce fuc
faire de l'apords on falle enfoncer la
midon en le faifant
qui couvre le
planche
obildevient
Paleeta au foleil, prime lai canot, &cqu'ainfic ion comlors
blanccomme lanége,
tc gmeauyetsentmnce Ceton l'appelle Mouchache, comme pour l'efet piece de bois ainfi chargée faifant
quidiroit enfant de Manioc, carle mot La farine d'un levier. Mouchachequiet
demeure douze ou
cnfant. Cefuc a un Epagnol.fignitficun petit
kemuesnegrsent.s & quinze méme
fe perd à mefuire qu'il vicllit. goutaligrequi On fc beaucoup moins n l'inftrument dont
fert de lal Mouchache fairedes
viens de parler qu'on
je
teaux qui font aufli
gà- eft bien fait, & qu'onlep appelleunepreflé, puiffe bienchars'ils
Inutaan
étoientf faits de la plus fne fleur que defari- ger. Ona a foin dei remucrunef foisla farine de froment. Si quelqu'un en veut ne pendant ce temps-1a, afin
fe
voir j'ai de quoi contenter fa curiofi- preile également tout, qu'elle
té. cllep paroitcomme EEA après quoi
Ily a trois
le
que feche. edepiteprec
nioc Fourenesprimneriefic. manieresdepreffer Deux font ma- manioc Lai fecondemaniere, eft de mettre le Secande
ordinaires aux Européens, latroifiéme
dans des facs de
&c maniere. eft particuliere aux Sauvages. forte Act que lon met fous grofle la
Lap premiere, eft de mettre la farine fans fe fervir de canot, les
prefle les
zufh-rorquelle eft
dans
uns des autrcs par des feparant
Zom.1. gragéc,
un Ca- maniere eft plus
planches. Cette
R
expeditive, mais elle
coû- --- Page 172 ---
VOYAGES AUX ISLES
130 NOUVEAUX beau C'eft de la racine
1694- cofitetropparcequele confommct
&
qu'on fait la caffave la
aux
Ameoefet
coup de toille, qui eft fort chere de la- géc farine du preflée, manioc, qui fervent de pain à
Mles, à moins qued d'avoirdest facs comme prefque toute TAmerique. tanier, ou d'écorce de mahot,
Pour mettre cette farine en caffave 7 defaire Manith
onenadans les petites Iflesou cesplantes il faut avoir une platine de fer fondu , la Callefontenabondance, mais squicoiaeroient ronde, épaifle d'un bon demi
Ul
autant que la toille fi on lest faifoitvenir
d'environ deux pieds. roait
&
exprès de ces Hles-là. eft de met- pofe FE un trépied ou fur des pierTreifi La manicre des Sauvages
& on faitdu feu deffous. Lorsque
met ma- treleur manioc gragédansu une couleuvre res, eft échauffée à n'y pas pouniere. der rofeau refendu, ou delatanier, dont la voir platine fouffrir le doigt, ony y met de cc
ilsattachent un boutà une branched'ar- & à manioc
& pretlé que Pon a fait
bre, ou au faite de leur carbet,
paffer SM hebichet, c'eft-à-dire
l'autre ils attachent une
pierre une
de crible fait de rofeaux Bet
en bas couleuvre
dont
pRe
dont le
tirant
de
de latanier
Rroa
N
toutlefuc du coupez, ou queties
deux lila fait rétrellir, &cexprime
les trous quarrez ont environ
manioc.
& à manioc
& pretlé que Pon a fait
bre, ou au faite de leur carbet,
paffer SM hebichet, c'eft-à-dire
l'autre ils attachent une
pierre une
de crible fait de rofeaux Bet
en bas couleuvre
dont
pRe
dont le
tirant
de
de latanier
Rroa
N
toutlefuc du coupez, ou queties
deux lila fait rétrellir, &cexprime
les trous quarrez ont environ
manioc. de fix â gnes en tous fens, cc quifert pourrom- la farine
Deferip- La couleuvre eft un cilindre il eft
pre les grumeaux dans lefquels
de
sion d'u- fept pieds de long quand
vuide, s'eft réduitefous la preffe, la purger
ne leuure COM- & de quatre à cinq pouces de diame- tous les morceaux qui n'auroient autant pas
pour tre; il eft compofé dc rofeauxrefendus, treflés à
été bien gragez, & ia fubtilifer
prefer le ou de latanier, nattés ou
peu
neceffaire. On met donc de
Manioc. comme feroient des bas de coton. quileft cette farine ainfi pafTée environ PépaifBe foule, on
le manioc à me- feur de trois
fur toute la platine;
fure qu'on le AE entrer dans la cou- fon elle s'abaifle ETART ou
à melure qu'elle
leuvre, cequi augmente beaucoup fa lon- cuit, toutes fcs parties fe prennent, fc
diamctre en méme tems que
& felientenfem- 1
gueur diminue; mais le poids allon- qu'on jeighentsincoreente ble. Celui ou cclle qui la travaille aide
attache à fon extrémité la fait
cette liailon & cette comen diminuant fon diametre, ce à procurer en
deffus &c appuyant
ger
qu'end ncomprimantce prefion, une paffant
de bois qu'il
qui ne eft peutarriver dedans, & en exprimant le fuc. legerement de la main droite. fpatule
qui
de cetteexperien- tient le côté touche la platine
Paars
Onpeut.f@convaincned basdec chaulledont que
qui
à ce qu'il n'y eft
ce par l'exempled'unt confiderablement lc cuit, cequ'oicomoica &
la couleur qui
on augmenteroit
de beaucoup plus adherant, que fort
en
diametre T'empliflant
étoit au commencement blanche,
de pâte ou d'autre matiere femblable, devient rouffe, il la tourne de l'autre
& dont on diminueroit en même reftitueroit tems côté, cc qu'il fait en Pallant la fpatule la
la longueur, mais à qui on fon dia- toute entiere entre la platine & caftoute fa longucur en diminuant on fave qu'il éleve affez pour y pouvoir
metre, fi en le fu(pendant en lair
la main gauche, &c élevant ainfi
attachoitt un poids à ion extrémité, par- Een caffave toute enticre, il la fait rece que la pelanteur du poids compri- tomber fur la platine,, fur le côté qui
meroit la maticre qui y feroit renrer- n'a pas encore ienti lachaleur. C'eft en. méc, 8cla réduiroit enun moindrevoCCLIC
lume. --- Page 173 ---
*k94. FRANCOISES DE
fe cette fituation que la caflave achevede fourncau LAMERIQUE de
cuire; quand elle efttiréede deffus la de
de maçonnerie avec un bord 1694. dcux platinc on l'expofe au foleil pendant
pierre &c taille qui l'enchaffe bien
deffecher ou trois heures afin d'achever de jufte, ou fix pouces qui augmente la
encore de cinq
reftéc.
Page 173 ---
*k94. FRANCOISES DE
fe cette fituation que la caflave achevede fourncau LAMERIQUE de
cuire; quand elle efttiréede deffus la de
de maçonnerie avec un bord 1694. dcux platinc on l'expofe au foleil pendant
pierre &c taille qui l'enchaffe bien
deffecher ou trois heures afin d'achever de jufte, ou fix pouces qui augmente la
encore de cinq
reftéc. La Thumidité qui pourroity étre cuivre. hauteur du bord du
trois à caflave ainfi cuite peut avoir échauffée, Quaind on la poefle eft un peu
quatre lignes d'épailfeur dans Par
y met le manioc paffé
fesbords, milieu, & &1 un peu davantage dans fon travailleler Phebichet, remué & la perfonne qui le
peut peler deux
fans ceffe avec une efclle a vingt-trois à vingt-quatre livresquand celui pece de petit rabot de bois femblable à
de diametre. Le dedans demeurc pouces blanc
dont les maffons fc fervent al Paris
d'une comme la neige, &clesd deux côtez font tier. pour délayer Ce' la chaux & faire le morcouleur d'or pâle donneenvic
la mouvement fert à
d'enmanger
Rc confervert
que farine ne s'attache à la empécher
oul huit mois, ERECSE &c
fept Snefelicenemble de maniere poelle,
và qu'on ait foin de la davantage, mettre pourfel roux qu'elle
lieu fec, & de l'expoler
dans un ietecommedegror eft cuite, & bien feche. quand ellc
foleil. J'enai qui citfaite quelquefois au eft bienplus expeditive Cettemaniere de
quinzeans, &rqui eft auffi depuis bonne plus de la caflave. Lors
faire de
premier
que le la met
refroidie, on
Festealte
très-bonne jour & aufli tendre. C'eft une grands coffres dans des bariques ou dans de
tion
nourriture, de facile digefen manieredefautes, où
qui nc charge pointl'eflomach, & onlapeur conferverdes
que lcs Européens méme aiment autant qu'on pourvà la qu'elle foir dans améesentieres, un lieu fec, ou
suclepsindefromente dés qu'ilsy font les fix mois. fafle paffer la pocfle tous
sccoltumez: il eft vrai qu'elle paroit feche
On edri la mangertoute
fait infipidea auc scommencemen, mais on s'y qui feroit comme on mangeroit du pain
n'ont bien-tôt, tout comme ceux qui
leur émictté, ou commelesTurcs
cuit dans jamais l'eau mangé de pain ou de ris mangent fans
ris quand il eft cuit, &
hi à l'un ni ne trouvent aucun goût enfle botillon. Quand on T'humeéte elle
flc a voéd'ail alautre. La caflaves s'en- prétendent extrmordinairement, qu'elle eft bien desgens
du
quandon T'humeéteavec
plus nourrifante
botillon, ou qu'on la trempe fim- guelacaffave. la méme chofc. Jefuisperfinade que c'eft
pementdansT'eauy
qu'ellerenferme ceiafembieprouver Une poetle dc trois à
Maniere Lors
beaucoup defubftance.
flc a voéd'ail alautre. La caflaves s'en- prétendent extrmordinairement, qu'elle eft bien desgens
du
quandon T'humeéteavec
plus nourrifante
botillon, ou qu'on la trempe fim- guelacaffave. la méme chofc. Jefuisperfinade que c'eft
pementdansT'eauy
qu'ellerenferme ceiafembieprouver Une poetle dc trois à
Maniere Lors
beaucoup defubftance. diamettre
quatrepieds de
defaire le maniocg qu'on veut conferver en tarine rine en dix peur ou cuire trois barils de fadeMa- lafarine dans toutes gragé&p lcs preffé, CC qu'on fait baril contient douze heures, chaque
njor. cela eft plus commode, habitations foit parcc que de Paris, 2 & ces cinquante trois barils pots mefure
ferver, foit pour le
pourle con- pournourrire
fuffifent
gress foit enfin pour diftribuer let
aux Ne- une femaine, cinquanteNegres en leur donnant à péndant chacun
lieu le àt un autre, ondoit tranlporterd'un avoir une
trois pots, qui eft tout ce
de cuivre de trois à
poef- me peut manger. qu'un homde diamettre dont le fond' quatre foit picds n'employe à ce travail Orlinairement deux on
lcs côtez ou bords de
plat, à & grefles, une qui foit forte que
Népouces de hauteur; on quatre cinq remuément continuel parce que ce
lamonte fur un douze heures eft rude & pendant dix ou
Rz
fatiguant, &
une --- Page 174 ---
132 NOUVEAUX
26y4. une vieille ou quelque enfant de VOYAGES douze
AUX ISLES
Thebichet, out treize ans pour Pafferl les manioc dans manioc, fent
Ils s'en fervent encore à prement
cequi eft platôt un amufequand les grages de cuivre leur 16g4s
qu'un travail,
manquent. mentles Com- den Les' Sauvages ne font jamais de farine Ontrecestroism maniereso sci-deffusd'o. Deux ARE
fafer- Caraièes manioccuite, ilsn'ufent que decaffa- terlamauvaile primant fon fuc, gualitédus manioc en ex- tresmawent d saitamn vent autant de fois
&cfou- queles Negres ily en a deux autres nieres
Manisc. Parce qu'ils la qu'ils en ont befoin, ils font retirez Nsotupnngssng dans les
quand mer d'expri le
auffi eft-elle en mangent cet état plus toute délicate chaude, lieux où ils fe refugient. bois La & autres fuc da
plus apetiflante. & c'eltdele couper par morceaux premiere, &
Maniess
Avant que les Européens leur cuffent mettre tremper dans l'eau
de le
apporté des platinesdef fer, ils
rivieres ou des ravines courante des
leur caflave fur de grandes faifoient huitheures. pendant fept ou
tes &c minces qu'ils ajuftoient pierres pla- Vre les pores Lemouremenr dela racine, & del'eau ouuage en diminuant leur
cet trop de fubftance. La feconde entraine ce
trouve beaucoup de ces Cantitoer On eitdelem mettre cuire tout
maniere
de la mer; c'eft une pierres de au bord braife. L'action duf feu met entier fous la
de caillou couleur de efpece fer, grez ou mouvement, & on
fes parties en
l'ordinaire de. deux à trois long pour faitdese chataignes ou lemangecomme des
on
ovale ; ils le failoient chauffer pieds, &c cune crainte.
La feconde entraine ce
trouve beaucoup de ces Cantitoer On eitdelem mettre cuire tout
maniere
de la mer; c'eft une pierres de au bord braife. L'action duf feu met entier fous la
de caillou couleur de efpece fer, grez ou mouvement, & on
fes parties en
l'ordinaire de. deux à trois long pour faitdese chataignes ou lemangecomme des
on
ovale ; ils le failoient chauffer pieds, &c cune crainte. patates fansau-
&le en enlever plus facilement des pour Ily a une efpece de manioc
réduire à la forme
lui éclats, exemptd tde cette
qui eft
loient donner. J'aiv vû unede qu'ils vou- appelie
trnncangecudeuct
en 1701.à1 la Caye faint Louis ces pierres le chef des Camanioc, Maniocs. comme qui diroit,
faint
chez
en llflc fes felilles &
En effer, fon bois,
tras, , Domingue, Econome de l'habitation un nommé Caf-. & plus groffes fesracines que les font plus grandes
Compagnie de PIie à Vache. de la onlen mange fins
autres maniocs,
avoir vinge-deux
Elle précaution. Mais danger & fans aucune
fur quatorze & demi pouces de large, de longueur, &
plauslong-vems à croitre commeil &c à eft beaucoup
pouces d'épaifleur,, elle
trois
fes racines rendent meurir, &
on auroit cu peine de la éroitfort faire plus unie, 3 farine parce qu'elles besucoup font moins
prementavec des outils. pro- geres &c plus
plus levée en faifant fouiller Hl'avoit dans la trou- on le néglige, Paseumasehfianes & de
avec quelques poteries & des terre, 9 tent. peu gens en planou marmouzets de terre que l'on figures Les petits morccaux de manioc
pofoit étre les Idoles des Indiens fup- ont échappe à la grage, les
qui
habitoient cette Iile quand les
qui n'ont pû Paffer au travers grumeaux
gnols la découvrirent. te bichet, &
de l'heTafirw- seasedes Les Sauvages qui n'avoient
qu'on appelle generalement les
tous les reftes
Caraibes grages de cuivre avant
de inutiles, on les fait paffures, bien ne font pas
poar Européens, fe fervoient riSmtRen des la poefle
fecher dans
Sager le de racines ou de cuiffes d'une planche la farine, qu'on a achevé de faire
Manist. enfuite on
PLEL
laquelle ils fichoient de d'arbres, dans un mortier pour les les pile dans
cailloux fort aigus petits éclats de farine trés-blanche dont réduire en une
Pour grager leur boillie. on fait de la
On --- Page 175 ---
FRANCOISES DE
1fg4. On s'en fert encore pour faire une PAMERIQUE
efpece de groffe caflave épaille de trois gu'à cC qu'elle foit
ou quatre doigts, qu'on fait cuire
dont on fefert pour faire prefque une bralée, 16ya
juf appellée Ouycou, dontjerais boilfon,
parler. H A P I T. R E
Ste
XVIL
Des Boifons ordinaires des Iles.
fait de la
On --- Page 175 ---
FRANCOISES DE
1fg4. On s'en fert encore pour faire une PAMERIQUE
efpece de groffe caflave épaille de trois gu'à cC qu'elle foit
ou quatre doigts, qu'on fait cuire
dont on fefert pour faire prefque une bralée, 16ya
juf appellée Ouycou, dontjerais boilfon,
parler. H A P I T. R E
Ste
XVIL
Des Boifons ordinaires des Iles. sPrès que nous avons parlé du moire ou d'une
pain du pays,il me paroirtrès bre,
piece de calebaffe d'arjuftede fons dire un mot dés boif- avcc danslaquelle un fer on ai fairdep
dont on ule communé- dans les chaud. La' liqueur petitstrous eft
ment. Canaris reffemble"
à
Canaeft
dela
pour
E
L'Ouycou la plus ordinaire dont
bierre; elle cft
ris, ufent ceux qui n'ont
de
nouriffante,
fougeatre, forte,
vaif Européens ont
point vin. Les yvre aifément. rafraichilfante, &celle enBeterre. faauz faire. On fe fert appris des Sauvages à la
Nosh Françoiss'ly accouvafes de terre pour cela de grands fupentaufifielemene C'eft la boiffon qu'alabierre. le pays. Les grife que l'ont fair dans vages: ils en font favorite eft de nos Saution les Sauvages, & à leur imita- forte, fir tout gai terriblement
ris; Européens les appellent Canaquand ils veulent faire
les nom generique qui s'étend à tous quelque feltin; & c'eft avec cela qu'ils
& vaiffeaux de terre grands &c petits, senyvrents, de
que fe fouvenant alors
à quelque ulage qu'ils foient delti- leurs vicilles querelles, il fc maffànez. lyen a qui contiennent
crent. Les habitans, les ouvriers &
unc pinte jufqu'à foixante & depuis tres qui n'ont. pas de vin à leur auvingt pots. Onfefertde ces grands quatre- n'ont point d'aucreboiffon que un repas,
faire le Ouycou, on les remplit TON cou, après quoi ils prennent un Ouy- coup
jufqu'à cingou fix pouces près da bord; d'eau-de-vic de Cannes, qu'on
on yjette deux de cés grofles caffaves Guildiveou Taffia. appelle
rompués, avec une douzaine de cer- n'eft Le Maby eft une autre boiffon,
taines pommes de terre,
gueres moins en ufage
qui Aaby:
tates, coupées
appeliées pa- cou. Elle fe fait de cette que lOuy- aureef de
quatre pots de gros par fropde quarticr, trois ou met dans un canaris vingt maniere, ou on 1a
on en manque, une cannes, douzaine ou pots d'eauavec deux pots. de firop trente clariTra cannes bien meures
fié, une douzaine de
ceaux' &c écrafées coupées en mor- autant
furcs patates rouges, &c
nes bien meurés & avec autant de bana- tiers." d'oringes Cette
coupées par quarOnrycoi, donnerai dans
bien écrafées.
trois ou met dans un canaris vingt maniere, ou on 1a
on en manque, une cannes, douzaine ou pots d'eauavec deux pots. de firop trente clariTra cannes bien meures
fié, une douzaine de
ceaux' &c écrafées coupées en mor- autant
furcs patates rouges, &c
nes bien meurés & avec autant de bana- tiers." d'oringes Cette
coupées par quarOnrycoi, donnerai dans
bien écrafées. Je moins de liquenr fe: fermente cn
beilfon
un autre lieu la
trenté heurcs, & fait un
de FA- tion des patates &. des bananes. deferip- Tout clairet auffi agreable que le meilleur vin
merique cc mélange étant fait, on bouche bien poiré l'on boive en
ccom- l'ouverture du
&
ma.2Ru
Normandie. menielle fermenter durant Canaris, deux on le laiffe apparence; 3 extrémement, il eft
du moins en
Jejait, au bout
ou trois jours, pour la couleur & bien plus agreable
eft
defquels on leve le mare
le goût
venu
au delfis &c qui a formé une qui cou, mais il eft plus
TOuy- car
croute; on fe
outre
E.REO
fert pour ccla d'une écu- eft venteux qu'it enyvre & donne "plus facilement, il
R 3
la colique Pour
c'eft --- Page 176 ---
134 NOUVEAUX VOYAGES
11604. peuqu'on enfaffed'excès. AUX ISLES
troipe. Grarpe, boiffon Les Negres des fucreries font une comme L'Ananas fi ony ett avoit mis de l'eauforte. meaje- c'eft du qu'ils appellent de la Grappes bcaux
cependant un dcs
164. CE de
veloul ou jus de cannes qu'ils odeur fruits du monde, fon goût & plus fon tion Deltrig- de
loifin. ila prennent été dans la feconde chaudiereoà ble à unc répondent à fal beauté. 1l reffem- LAnabien paffe parl le drap, ou du moins cela
pomme de Pin, & c'eft pour mas. deux écumé; ils y mettent le jus de 125:
les Efpagnols
Piou trois citrons, & le boivent de S téte eft couverte Tappellent d'un
tout chaud. Ileft certain que ccla eft celles petites de feuilles de méme efpece bouguet que
lales parfaitement bon Pour la poitrine, cc- petites 6r latigeg qui la
mais plus
fait le fourient, & lcs delaltere, & leur dans le plus délicates. FCRtE qui-font
lonbicn même effet que feroit un botil- blent former centre une font rouges, clles femficculent, des perfonnes Quand
couronnc fur le fruit. fontaccoutumées allez fouvent de d'cn prendre. J'ai Re l met on.coupe en
cette couronne êcqu'on
m'en fuis
cette Grappe, & je bout detroisans. terre, clle porte du fruit au
Le toljours bien trouvé. toute
Ce fruit vient fur une
fonsles Ouycou &cle Maby font les boiffemblable a celle de l'artiplus
&
excepté les
EL
grande Partic ordinaires, des habitans dont la plus pas découpées dans que leur feuilles ne font
dans les repas.
d'cn prendre. J'ai Re l met on.coupe en
cette couronne êcqu'on
m'en fuis
cette Grappe, & je bout detroisans. terre, clle porte du fruit au
Le toljours bien trouvé. toute
Ce fruit vient fur une
fonsles Ouycou &cle Maby font les boiffemblable a celle de l'artiplus
&
excepté les
EL
grande Partic ordinaires, des habitans dont la plus pas découpées dans que leur feuilles ne font
dans les repas. Celles dont jevais fe fervent tout d'unc piecc, longues, longueur,, affcz mais
ler ne fe font que pour le plaifir & par- peu tes, de leurs & garnies de poinres toutle étroifouvent. bords, &c terminées par long une
T'ie
Lek.pommer d'Acajou étant
pointc. Le dedans du fruit eft
RAca-, on en exprimc lc jus
pilées, d'une infinité de petites fibres compo(é
jott bouillir pendant deux que l'on laifie dress environnécs d'une chair très-tenvaiffeau de terre ou de jours fayance dans bich un blanche, felon l'cfpece du fuit, jaune très- ou
propre. Il s'éclaircit & devient un
délicate, pleined'un fuc exquis. tit vin clairet, agréable. & piquant,
Içaurois micux en reprefenter le goût, Jene Difidohefunieufements talatéte. au qu'en difant qu'il tient du raifin muf- rentes
Vin
Lefuc oulejus des Ananas
cat,derla peche & de la
de elperer
d.ina- fermenté
érant tbien cretien. en a poire Bon- dAnana:. pendant une couple
la ly
de plufieurs
nai,
produit un vin dcs plus dejour, La ces, plus commune elt dedixi efpecouleur en. eft belle; ila agreables. une odeura ad- ze pouces de hauteur fir fix à fept dou- de
mirable, un goût délicicux: il rafiai- diametre. pointuc Ilyen a dont la forme eft
chit beatiecup au fentiment de
comme un pain de fucre, on
le boivent,.l femble même les ceuxqui delal- lesappelle troifiéme Ananas au pain de fucre. La
tcrer, il mais il eft terriblementt fumeux; il eft le elpece eft FAnanas de pite,
bien' enyvre de bien vite, & il faut fc donner Ces fruits plus de pctit, mais le meilleur. garde d'en. faire excès. $ car
font quelques efpeces qu'ils
quoiqu'il ait fermenté, il ne quitte, foient, la chair trés-délicats. Lep premier a
mis une qualitécauftique & mordican- ja- un blanche, les autres Pont tirant
tc; qui eff G natureile a fon fruit,
eft peu fur) lc jaune. On connoit qu'il
fi on laiffoit le couteau dont on s'eft que te mur quand fon écorce quiétoit verfervi pour le couper pendant quelgues commencé à jaunir; on le mange
heures fans le bien effuyer, on trou- crud; tranches. après lavoir peléonl le coupe par
veroitlalame du couteautoute rongée, façon, il Quand fait fouvent on le mange de cette
faigner les
BEL --- Page 177 ---
PROD --- Page 178 ---
fimlpog.:35
Caratas.
Tomine de Hiancenille
(
Ananas.
mur quand fon écorce quiétoit verfervi pour le couper pendant quelgues commencé à jaunir; on le mange
heures fans le bien effuyer, on trou- crud; tranches. après lavoir peléonl le coupe par
veroitlalame du couteautoute rongée, façon, il Quand fait fouvent on le mange de cette
faigner les
BEL --- Page 177 ---
PROD --- Page 178 ---
fimlpog.:35
Caratas.
Tomine de Hiancenille
(
Ananas. --- Page 179 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694 cives, fur tout s'il n'eft pas. tout à fait gens: jen'ai pourtant rien éprouvé de 1694
meur. Ceux qui veulent éviter cet ac- iemblable , quoique j'en aye mangé croi
cident & n'avoir rien à craindre de fa aflez fouvent de cette maniere; je la
qualité cauftique,le coupent par tran- que le ferment qui aide ou qui fait
ches & le mettent pendant unc heure digeltion des alimens émoulfe lesacides
dans un plat avcc du vin &c du fucre. répandus dans le- fuc de CC fruit,: ou le
On boit ce vin après avoir mangé le que la chaleur naturelle fait fur lui
fruit; il eft extrémement agréable, il même effct que le vin dans lequel on
femble qu'il nettoye & rejotit le coeur. le met tremper comme j'ai remarqué
Ananas On confit ce fruit tout entier avec, fa cy L'eau devant. de-vie l'on fait aux Ifles Eau-Neconfirs. couronne, & on en envoye quantité
écumes que
du
riede
en Europc, Cela fait un très-bel effet avec les
& les firops fucre, eannes
terminer une piramided cdec confitu- n'eft pas une des boiffons la moins cn efimte
pour res feches, mais fon golt & fon odeur ulage, on T'appelle Guildine ou Taffia.er Efreftent en Amerique, car comme Pun Les Sauvages, les Negres, les petinsfoenie
& l'autre fc trouve dans fon fuc, ce fuc habitans &c les gens de metier n'en
ne peut être alteré par le feu & parle cherchent point d'autre, & leur intemfucre fans fe difliper & fc perdre preffur cet article ne fe peut dire;
quc entierement. J'en ai apporté en Naurts il fuffit cette liqueur foit forFrance que j'avois fait faire à la Mar- tc, violente R à bon marché, il leur
tinique avec tout le foin poflible, mais importe peu qu'elle foit rude & defane me paroiffoient plus que comme greable. J'en parlerai amplement dans
a
3c1 la filaffe fucrée, en comparaifon de unautre endroit. On en ported quantité
ce qu'ils étoient avant qu'ils fuffent aux Efpagnols de la côte de Carac, de
confits. Cartagenc, des Hondures S des granQuand cette plante cft dans une bon- des Ifles; ils n'y mettent aucunediffeRemar- fur ne terre, outre PAnanas principal qu'el- rence d'avec ceile qui eft faite de vin,
Tr le porte fur fa maitrefie tige, clle fait pourvi qu'elle foit dans des bouteilles
nas de petits rejettons bien plus petits à la de verre d'Angleterre bien bouchées &c
E E vcrité que lc principal, mais qui ne liécs avec du fil d'archal, ou dans des
laiffent pas de meurir.
n'y mettent aucunediffeRemar- fur ne terre, outre PAnanas principal qu'el- rence d'avec ceile qui eft faite de vin,
Tr le porte fur fa maitrefie tige, clle fait pourvi qu'elle foit dans des bouteilles
nas de petits rejettons bien plus petits à la de verre d'Angleterre bien bouchées &c
E E vcrité que lc principal, mais qui ne liécs avec du fil d'archal, ou dans des
laiffent pas de meurir. Le plus fureft cmmretiradHbalindedel dixou douze
de les arracher en dechirant un peu la flacons. Les Anglois en confomment
tige & de les mettre en terre; ils re- auffi beaucoups & ne font: plusdéprennent aifément, grofilent & vien- licats que les Eipagnols; ti ont innent cn perfeétion en dix ou douze venté deux ou trois fortes de liqueurs,
mois, au lieu quc la couronne étant dont l'ufage & l'abus font paffez chez
plantée ne porte du fruit qu'au bout nos François, toûjours très-ardens imide trois ans. La bonté de ce fruit ne tateurs de çe qu'ils voyent de mauvais
doit pas empécher d'ufer de précaution chez nos Voilins. on le mange erud; 5 car puifqu'il La premiere S 'appelle Sang-gris; el- SangRirtg faigner les gencives, & que fon fuc le eft compofée de vin de Maderc que Epe
corrodel lc fer & l'acier à peup préscom- l'on met dans une jatte, de criftal ou de venné
mc l'eau-forte, on doit craindre qu'il fayance avec du fuere, dujus de citron, des An
ne produife les mêmes eflcts, quandit un peu de canelle & de géroflcenp pou- gloiz. eft mangé; c'eft la penfée de bicn des dre, beaticoup dc mufcade & unecroute --- Page 180 ---
VOYAGES AUX ISLES
136 NOUVEAUX brû- elle: eft compofée de deux parties d'eau- Ihg4.
1604. te de pain rotic, & même un la peu liqueur a de-vic far une d'cau. Ony met lcsmé- mecfpelée. Loriqu'on juge que mites, mes ingrédiens que dans le Sang-gris, ce de
prisle des choles qu'onyam Rien in'eit excepté le citron, à la place duquela on boilon.
on la E par un linge de fin.-1 citron la fait met des jaunes d'aeufs qui la rendent fes degiaiplus agreable, le gout & ceux qui épailfe comme du brotiet. Ils prétenparoitre rafraichillante, aufli; mais dent tquec'eit une chofe excellente pour
f'ont inventéele prétendent
dans
8cfort nourriflante. Souvenc
il eft aifé de voir par ce qui entre
laproitrine au licu d'cau on y met du lait, & c'eft
A compofition qu'elle eft très-chaude, la plus eftiméc. Commeil n'eftpas
& gu'eile donne anfementalatéte. àl T'An- mis de
des goûts, chacun
'eit une chofe excellente pour
f'ont inventéele prétendent
dans
8cfort nourriflante. Souvenc
il eft aifé de voir par ce qui entre
laproitrine au licu d'cau on y met du lait, & c'eft
A compofition qu'elle eft très-chaude, la plus eftiméc. Commeil n'eftpas
& gu'eile donne anfementalatéte. àl T'An- mis de
des goûts, chacun La feconde eft la Limonade
qu'il voudra dc ce
Limodu vin de Ca- porter jugement
tarte
nadeà gloife: Elle fe fait avec du
LAn- narie, dans lequel on met fucre, de la ilmigondis. Quand les Sauvages veulent faire tion Précatt- des
gloife. du jus de citron, de la canelle, d'effen- quelque voyage hors dc leurs Iflcs, ils Cardimuicade, du
& un auffi dé- font provilion d'une pâte de bananes, bes dans
ce d'ambre:: Ret boiffon
dans le befoin leur fert de nourri- leurs
licieufe qu'elle eft dangereufe,
qui ture &c de boiflon. Pour cet effet ils weyager
Hifoire Me trouvant un jour à la campagne dans une prennent des bananes bien meuresqu'ils
farce avec un de mcs amis, j'entrai fait de cette Li- écrafent & mettent en pâte, quilsfont
Aiajer. maifon où l'on avoit fait rafraichir
aut straversd'un hebichet fin, à
Fon avoit
palfer
REu
monade, que
de nous près comme les Apotiquaires pallent
avec foin. On ne manqua pas eûmes caffe,. après quoiils en font de petits
en prefenters après que nous qui ne
font fecher au foleil ou dans
bû, je demandai à mon ami, cequil Et cendres qu'ilst chaudes,
les avoir enconnoilfoit point certe liqueur, rédans des EN de bafilier.
penfoit de. cette Limonade, il me velopez Loriqu'ils veulent fe fervir dc cette pàpondit qu'il avoit fi grand foif, lui qu'il avoit
la délayent daris dc l'eau, ccqui
n'avoit pas goûté ce qu'on fur lc champ te,ils fc fait très - facilement. Elle épaillit
prefenté. Onlui en porta
&c l'cau, & lui donne une petite pointe
un autre verre qu'il but avec plaifir
réjoilit, qui dequ'il trouva admirable; quelques mo- d'aigreur faltere beaucoup, agréable 2 qui nourit en mémens après on lui en pretenta mais un comme troi- mctems.
fiéme qu'il prit encore, continuer &c Le Dimanche 23. Mai on m'écrivit de
je vis que cela' pouvoit congé de la du Fort Saint Pierre que Monfieur
avoir des fuites, je pris montâmes à che- la Heronniere, cet obligeant Capitaicompagnie, & nous fans pcine que jele ne, dans le vaiffeau duquelj'étois mal venu de
val. Cc ne fut pas
lc fis de France, étoit attaqué du
conduifis jufques chcz moi; je
Siam 8cfort en danger. Les obligations
coucher; ; il dormit feptou huitheures, de têtc
lui avois ne me permettoient pas
& fe réveilla enfin avec un mal lui demeurer indifferent dans cette OCne croi
TE
épouventable. Je
pas qu'il
cafion; je réfolus de l'aller voir & lui
aitj jamais pris envic de fe rafraichir a- offrir mes fervices 5 je choilis deux
vecdep parcillel Limonade.
eft douzaines de chapons & de poulardes
Parhe, La troifiéme boiffon des Anglois
pour
truijs- la Ponche, c'elt leur boiffon favorites
fin avec un mal lui demeurer indifferent dans cette OCne croi
TE
épouventable. Je
pas qu'il
cafion; je réfolus de l'aller voir & lui
aitj jamais pris envic de fe rafraichir a- offrir mes fervices 5 je choilis deux
vecdep parcillel Limonade.
eft douzaines de chapons & de poulardes
Parhe, La troifiéme boiffon des Anglois
pour
truijs- la Ponche, c'elt leur boiffon favorites --- Page 181 ---
FRANCOISES DE
8094. pour luien faire prelent; je les fispor- le LAMERIQUE Pere Charles
terchez.Monficur cher, afin dep Michelehjallaicou- malade àla que nous avions laiffé 1694. devoit allerle profiter de fon canot qui tôt après; Rochelle, l'autre le qui mourut bienlendemain à la Baffe-tér- quia
Pere Defchanct
faire TC, par le retour duquel je devois Je avoit ne partis déja été de la aux Ifles. ma Telifater quelques meubles pour Mercredi après midi, Baffe-terre dans que le
Jepartis le Lundi trois heures
queM Monficur Michelavoit un canot
le jour. J'arrivai de bonne heure avant me prendre. Jevis tous les envoyépour
Fort Saint Pierre, & j'allai aufi-tôt au fe fieur de la Heronniere, dont jours la Mon- fanté
chez Monficur de la Heronniere. rétablifloit avaed'aeil. Ilme
le trouvai encore fort mal, mais hors Je cia beaucoup des volailles que remcrde danger,
qu'il avoiteu unecri- fait porter chez lui: Je le priai de j'avois vefe qui avoit ECa de fon fort. Jede- roit nir prendre l'air chez moi dès qu'il fcmeurai plus d'une heure avec
il en état de pouvoir faireley
quoijallai au Couvent. Le lui,aprés Supericur mc le promit, mais fes affairesnel voyages lui
ayant fçà d'où je venois me fit une folation. permirent pas de me donner cette conEm m'êtrc réprimande, ainfi expofé &c à me blâma fort J'arrivai fi tard chez Monfieur
maladie; je le remerciai du gagner foin gu'il cette fûmes chelavec ces deux Keligicux, quer nous Miprenoit de ma fanté, &c je l'affurai
main obligez d'y coucher; le lendcje n'avois aucune crainte de ce
la
m'en allai de grand matin dire
que ce
à
L
n'étoit
mon
a
quej'eufe vû, pas le premier malade chely conduifit mesdeux Eglife, Monficur Mienterré dans ma puifque Paroifle j'en avois déja J'envoyaiavertir le Perel Breton Compagnons. de
morts de cette maladie, que qui j'avois étoient af- arrivéc, &c le prier de venir leur tenir leur
filtez, & à quij'avois adminiftréles Sa- compagnie bien
à diner &c à fouper, aufficremens. Il ne laifla pas de me donner
que Monfieur. Michel &
une fiole d'Elixir de
du Roy mon voilin. Jc fus Monficur
Remar- dit dc m'en froter les proprieté, & me re le Vendredi jufqu'à la les conduiEE far rines avant d'entrer chez temples lcs &cles na- où le Pere Breton nous donna Balle-poinre, à
die de &c mêmc d'en prendre
malades, ils continuercnt enfuite leur diner;
Siam, dans duvin, quand jel le quelques pourrois
qu'au Fond Saint Jacques fur voyagejuf- des cheJe lui
FRae
je l'oubliai promis tout cc quil voulut, &c vauxquejel Le' Samedi leur veille fisp préter.
la les conduiEE far rines avant d'entrer chez temples lcs &cles na- où le Pere Breton nous donna Balle-poinre, à
die de &c mêmc d'en prendre
malades, ils continuercnt enfuite leur diner;
Siam, dans duvin, quand jel le quelques pourrois
qu'au Fond Saint Jacques fur voyagejuf- des cheJe lui
FRae
je l'oubliai promis tout cc quil voulut, &c vauxquejel Le' Samedi leur veille fisp préter. aufli-tôt, car je n'ai jamais
de la Pentecôte,
&jai ajoûré beaucoup de foy aux remedes; spreslescrémonics je baptifai dix-neuf ordinaires duj jour,
gicux qui remarqué ont été que le ceux de nos Reli- ma Paroifle, &c Negres adultes de
de, & qui étoient tolijours plus fur leur gar- Perc Breton m'enroya prefqu'autant de la fienne. que le
d'Effences, bles
d'Elixirs & autres chargez fembla- Lc Dimanche 30. Mai jour de la
babioles, ont été les premiers at- Pentecôte, enfans je fis communier tous les
taquez, & la plipart en ont été cmqui avoient fait leur premiere
portez.,
Communion à Piques. Je retins à diJe trouvai deux de nos
ve- ner chez moi dix ou douze des
noient d'arriver de France. Peresqui L'un éroit paux du quartier, & ainfij'eus du princi- monTom. I. de S pour allifter à Vépres: Monficur du
Roy, --- Page 182 ---
VOYAGES AUX ISLES
138 NOUVEAUX Depuis qu'il je n'ai pû avoir le plaifir de le voir 1694
1694. Roy nous donna à fouper. nous Catholique; il eft vrai qu'il m'avotoit
étoit revenu fur fon habitation,
qu'il étoit ébranlé, qu'il
foupions tous les jours enfemble chez moi. 3 quelquelois éntrevoyoit la verité , & qu'il elperoit
un jour chez lui & un jour le pro- que Dieu la lui decouvriroit avant fa
Jc pris ce inoyen comme dans fon ciprit, plus & mort; il n'a
été trompé, il me
m'infinuer
témoigna
vouloit retourner en
TE tlere revénir peu à peu delapréven. eté
achever fes jours avec le
étoit & oh il avoit Languedoc
-
tion oà il
né,. & fes Minif- refte de fa famille; il traitta de fon haélevé contre la édifié Religion de fon cxaétitudea à bitation avec les fieurs Bordeaux Huc &Maraud, il tomba
tres. J'étois fes efclaves à alfiter aux Prie- & étant Dès arrivé à fc fentit mal, il enobliger
il les malade. qu'il
res, à la Meffe, au Catéchifmes des Sa- voya chercher le Curé de la Paroiffe,
exhortoit fouvent as'approcher étoit fans fit entre fes mains une nouvelle abjucremens, & fon habitation
ration, fe reconcilia à TEglife, reçût
contredit une des mieux regléexdetou- fort tous les Sacremens, & mourut avec
te ma Paroiffe. Je la propofois il les fentimens d'un veritable Enfant de
fouvent pour exemple aux autres, à I'Eglife. Ses amis qui fçavoient quelle
venoit lui-méme tres-régulierement
prenois à tout ce qui le rela Prédication; ilaffiftoit aux Catéchif- part je me manderent fa mort & fa
faifois aux enfans; & quand gardoit,
la
de
mes que je
il me propofoit converlion: fi j'appris premiere feconde
nous étions enfemble lui éclairciffois autant ces nouvellés avec douleur, la
fes doutes que je
me donnaunejoycinfinic.
venoit lui-méme tres-régulierement
prenois à tout ce qui le rela Prédication; ilaffiftoit aux Catéchif- part je me manderent fa mort & fa
faifois aux enfans; & quand gardoit,
la
de
mes que je
il me propofoit converlion: fi j'appris premiere feconde
nous étions enfemble lui éclairciffois autant ces nouvellés avec douleur, la
fes doutes que je
me donnaunejoycinfinic. que ma capacitél le pouvoit permettre. Avec toutes cCs bonnes dilpolitions 9
C H A P I T R E XVIIL
Vers de Palmiftes; du bois à emnyeTers desdifeDes Scorpions, Serpens, de Palmifes o de leurs Choux. rentes e/peces
les Char- fort
me fit voirfon
2. AXE Mercredi Juin la vicil- bras méliocre,8elebirile tout à fait defenflé &c fans douleur. pentiers démolirent les Ce fut dans la même femaine qu'on
lel Eglilfe, pour employer trouva un Serpent de fix à fept pieds
materiaux à Tagrandilfement à une del long dans mon poulaillier; mon Ncqu'on avoit projetté
étoit entré au point du jour pour
maifon, undeuxfur piquépar un Scorles
en vit une qui étoit
14 picela me fit
parce que je ERZ poules, ailes étendués, & requeure pions,
morte avec les
RuScor- croyois qu'ils étoient EF dangereux mais marqua qu'il manquoit quelques pouHion aux Ifles qu'ils le font en Europe,
m'enavertir, ajou39
le contraire, & j'en vis lets, ilvineaufi-tot
un Scryoint on m'affura car le bras du charpen-. tant qemaiisiemenayaots
aange- T'experience,
n'enflap past stant pent danslepoulaillier, parce quel lesvorese tier avoit été piqué
lnilles en étoient forties toutes épouvenauvifies que R avoit été piqué d'une Guefpes tées; & avec un empreflment qui ne
onfe contenta d'y, mettre une compref leur étoit
Quandle foleil
fe avec de l'eau-de vie, cela ne l'em- il fut levé on pasonlinaite. vit le Serpent quiéroitl loupècha point du tout de travailler; vé, c'ell-a-dirc, plié &c roulé en un
m'affiara queladouleur quilfentoitétoit
coin --- Page 183 ---
FRANCOISES DE
5494. coin avec. latételevée. Jc le faluai d'un LAMERIQUE
Remar- coup de fufil qui luir mit la téteen mor- Un étoit de mes charpentiers tiralagraif 1694. far ceaux, après quoi mon
fequi dans le corps du
1 Ser- dans la cour, lui fis Negre le tira aflez bonne
& Serpent en Graifo
tens,
je
ouvrir le ven- la
quantité, m'enieigna à de Sertre, ony trouva quatre petits
ché, conferver & dans un flacon bien bou- pentadqu'il avoit avalez. Ces oifeaux fenm'affura qu'il n'y avoitrien de mirable
tant
meilleur
paur les
teeins
rant, piquez &c fe ouvrent les ailes en expi- fiatique & pour autres les douleurs froides, la douleurs
de forte qu'il roidiffent feroit en cette fituation, ditez; on la fait fondre femblables fur incommo-/Peises. pent de les avaller, impoffible s'ila attendoit au Ser- tc, après quoi on y mefle une aflietfe fuffent refroidis en cet état.
mirable
tant
meilleur
paur les
teeins
rant, piquez &c fe ouvrent les ailes en expi- fiatique & pour autres les douleurs froides, la douleurs
de forte qu'il roidiffent feroit en cette fituation, ditez; on la fait fondre femblables fur incommo-/Peises. pent de les avaller, impoffible s'ila attendoit au Ser- tc, après quoi on y mefle une aflietfe fuffent refroidis en cet état. Les qu'ils vin ou de bonne eau-de-vic, del'efprit enfutite on de
lets étoient tous jeunes & pou- frotte la partie affligée avec des
fans Tree n'avoient pà faircla prefque méme chaux pour ouvrirles pores, &
chole. Le
avec
cRER
Serpent ne mâche nine coucette graiffe ainfi diffoute. J'aiépe point cequ'iln mange, il l'avalletout prouve ce remede fur moi-mémedefir
entier, s'il peut envenira bout. Quand d'autres, &c toûjours avec un heureux
ila tué un animalavec fon venin, il le fuccès. me & Cette graille eft blanche, ferqu'il prend Hte la téte &cle fucce jufqu'à ce elle fe conferve n'a aucune mauvaife odeur;
englouti. aufli fans fe corromdigere ce qu'il a dans ilaeparoirpasqet le ventre,
pre, fans qu'on y apporte aucune
demeure tant qu'il fe foit entierement iy caution. prétems-lales corrompu & putrifié, &c pendant cc Sacrement Le Jeudi IO. Juin je portai le faint
On eut Serpenrr tottes relteendormi. les
favanne où en l'Eglife Procefion eft autour de lz
le foir à faire rentrer peines les du monde pagnic d'Infanteric du fituée; la Comle poulaillier, elles venoient volailles dans armes marchoit à la tétc, quartier les fousles
porte regardoient dedans, & jufqu'à puis fe la tambour & le drapeau étant en leurs poftes, Officiers le
retiroient clles cuffent toutes encore cifiayées, vû'le comme fi toient dans battant. la cavalerie Les habitans qui 6avoit-étélanuity précédente: Serpent quiy tour du faint Sacrement. marchoient Nous
au
vois comprendre paroà certebéteétoit Jenepou. mestroisR Repoloirs très-propres. trouvâ- Quoientrée, étoit eu égard à fa groffeur, car elic que Monficur du Roy ne fur CaOn groffe comme le bas de la jambe. tholique,il un devant ne laiffa d'en aler faire
par unc foupçonna enfin qu'elle étoit entréc & de
fa porte, Dae bien éclairé,
petite ouverture qui fe fermoit fatisfait fairetirer des boëtes. Je fus fort
avecune niere. Cetee planche oè il yavoit unechar- fiens de la devotion de mes Paroif
entrer les ouverture fervoit à faire bre. Je qui donnai communierent en grand nomautres, volailles, lcs unes après les
a dîner aux
quand on les compte lefoir. fieur Après Vépres j'allai fouper prinepaux. chez MonNegre Quoiquelat ne laiffa rétefuttoute brifée, mon qui avoient Michel, avec preique tous ceux
per & del'enterrer pas d'achever de la cou- couchâmes.
la devotion de mes Paroif
entrer les ouverture fervoit à faire bre. Je qui donnai communierent en grand nomautres, volailles, lcs unes après les
a dîner aux
quand on les compte lefoir. fieur Après Vépres j'allai fouper prinepaux. chez MonNegre Quoiquelat ne laiffa rétefuttoute brifée, mon qui avoient Michel, avec preique tous ceux
per & del'enterrer pas d'achever de la cou- couchâmes. dîné chez moi 3 nous y
de crainte que fort avant en terre, Le lendemain nous fimes
cher deffus, ne quelqu'unvenant fe picquit &c ne à fe mar- la grande rivicre, à près de mille ennyvrer
en danger d'y trouver encore du mit au deffus de fon embouchure. pas
nin. ve- primes quantité de beaux Foiffons, Nousy &
S2
fur --- Page 184 ---
VOYAGES AUX ISLES
140 NOUVEAUX On le coeurde cet arbre, quand il eft aba- 1694:
1694. fur tout de très-groffés Anguilles. les rivieres des tu. Cesversfont dela grofleurdu doigt, niere de
fc fert
ennyvrer feuilles d'un arbrequin'a & d'environ deux
delongueur: un les apracines Scde des
cclui de bois à jene puis mieux comparer qu'à prier. nom
ara
point d'autre
que vû qui paf pelotton de graiffe de chapon, enveloBois ennyvrer. Je n'en ai point ordinairement dans une pellicule fort tendre &c
E fardix pieds de hauteur;
On ne remarquedans
C'eft un bois malfait
tranfparente. Et
il n'en a que fix. le
de l'animal aucune partie nourer
foit aflez dur; il corps
LE
& tors, queiqu'il encore les Ne- ble, nientrailles, niintettins, du moins
Ot les n'eft bon qu'a brufler, fervirà cau- à la vue, car on voit autre chofe avec
rivieres. ne veulent-ils
lcs une loupe de criftal, quand on a fendu
R dc la qualité PST2 a d'ennyvrer brune l'animal endeux partics; la tête eft noipoiffons. Son écorce ctt rudc, &c fort re & attachée au corps, fans aucune
& épaille; il eft affez.branchu, pourla diftinétionde col. chargé defeuilles approchantes elles La manicre de les appréter eft de les
figuredee ccellesdes pois attachées communs; àla mé- enfiler dans une brochettede bois pour
tiennent trois a trois
cotton- les tourner devant le feu: quand ils
me queué; elles font épaiffes, On prend l'é- commencent à s'échauffer, on les faunées & d'un verd foncé, eftfortépaille, poudre avecde la croute de pain rapée, &
corce de fcs racines, tronc qui & des bran- mélé avec du fel, un peu de poivic
& même celle du les feuilles, &c dc mufcade; cette poudre retient toute
ches; on la pile avec vive. Pendant lag
qui s'y imbibe; quand ils font
la melle avec de la chaux
cuits graille on les fert avec un jus d'orange
qu'on cft occupé à piler ces drogues, ou de citron. C'eft un trés-bon manon barre le lit" de la riviere en divers
& très-délicat; quand on a unef fois
endroits avec des pierres & des brouf- ger vaincu la répugnance qu'ona pourl'orfailles, & on jette cette compofition dinaire de manger des vers, fur tout
dans la riviere trois ou quatre cens l'on pas a quand on les a vûs vivans.
cft occupé à piler ces drogues, ou de citron. C'eft un trés-bon manon barre le lit" de la riviere en divers
& très-délicat; quand on a unef fois
endroits avec des pierres & des brouf- ger vaincu la répugnance qu'ona pourl'orfailles, & on jette cette compofition dinaire de manger des vers, fur tout
dans la riviere trois ou quatre cens l'on pas a quand on les a vûs vivans. Ilya enau deffius du premier endroit quc fe trouve core une autre maniere de les accombarré. Tout le poiffon qui
moder, c'eft de les mettre dans une
dans cet efpace boit cette cau,s'cnny- à terre, caflerole ou dans un petit canaris avec
vrc, vient fur l'eau, fe jette & vient s'ar- du vin, des épiceries,. un bouquet
heurte contre les pierres faifant des fauts, d'herbes fines, quelques feuilles debois
rêter à la barre, en
comme d'Inde, &cdes écorcesd'orange. Huilede
des gambades & des poftures Les Anguilles Quand on expofe ces vers quelque vers de
des gens qui font yvres. les tems au foleil, ils rendent une huile Palmiffont plus difficiles à ennyvrer d'en que
qui eft admirable. pour les douleurs 1. autres; nous ne laiffames pas pren- elles froides, & fur tout
les hémoroidre beaucoup & de tres-grofless
des. Il faut en oindre URP partie malade,
iont tort grallés & fort delicates.Nous fur le bord de & appliquer deffus un lingec chaud, obmangeimes nôtre péche c'eft une fervant de ne jamais chauffer Thuile,
la riviere, où nous dinâmes;
le feu diffipe fes efprits & les. de plaifir qu'on fait aflez fouvent parce que
partic dans les Lles, & quiafesa agrémens. faite Le dvaporer. Palmifte eft un arbre fort com- Le Pal
Yers de On me fit manger des vers del Palmi- mun dans toute T'Ameriques il vient mife
Palmif- ftes. C'efl un infectequife produit dans
droit/rant. i mA- --- Page 185 ---
FRANCOISES DE
1694. droit comme une fleche, &c haut affez LAMERIQUE
fouvent de plusdetrente pieds,n'ayant neceflitez corbeilles, d'un des nattes, deslits & autres 1694,
qu'une racine de médiocre grolleur, Quandle; ménage. qui s'cnfonce en terre, qui ne feroit pefatéte à palmilteellabbattu,e on cou- Chou de
pas capable de le foûtenir fi elle n'é- demi au deux pieds ou deux pieds & Palmiftoit pas aidée Par unc infinité d'autres lesp: deffous del l'endroit où lesfeuil- te, cla
petites racines rondes, fouples, entreennent naiffance, Scaprès qu'on a maniere
mélées les unes dans les autres qui font étel'extericuro ont trouveleceurde delapune groffe motte autour du pied de ne bre,oup pour mieux dire, des
Tar-prie
l'arbrc à ras de terre, qui le fottien- une font pas encore eclofes, pliées feilillesqui comme
nent merveilleufement, &c aident à lui
éventail, & ferrécsics unes contre
fournir la nourriture neceflàire.
qu'on a maniere
mélées les unes dans les autres qui font étel'extericuro ont trouveleceurde delapune groffe motte autour du pied de ne bre,oup pour mieux dire, des
Tar-prie
l'arbrc à ras de terre, qui le fottien- une font pas encore eclofes, pliées feilillesqui comme
nent merveilleufement, &c aident à lui
éventail, & ferrécsics unes contre
fournir la nourriture neceflàire. Ses lesautres, blanches, tendres, délicates,
feuilies ou fes branches viennent comculs
me
Rreenuntssrites
une gerbe à fa cimc, & le couron- d'artichaux. Chouxl On les appelle en cet état
nent; clles font longues de fept à huit fraiche, Palmiftes. On' lesmer dansPeau
pieds, de &c même plus; ; il eft difficile vre8 &clefel & on les mange avec le poidécider fi on- les doit appeller brancommelesj jeunes
ches ou feuilles: car ce font delongues duf oubien onles fait boiiilire rdans artichaux, l'eau avec
côtes, des deux côtez defquelles lont les fel; mct dans & après qu'ils font égoûtcz, on
attachécs ces clpeces de feuilles, lon- lcs
unei faulce blanche comme
gues d'un pied & Jemi, & largesd'en-. avec cardons d'Efpagne ou les cercifis
viron deux pouces dans
de la mufcade. On lesaccommode
&c quid diminuent in imclurequ'elless'ap leurnaiffance, encore comme des bignets en les tremprochent de l'extrémité; elles n'ont
dansune pâte fine, & les paflant a
qu'une nervàre
pocile, avec
Erpt
dans leur milicu, elles
Phuile ou le beure; ou
fonta affez fortes 8c maniables, d'uny verd bien encore on. les fait frire comme du'
LePal- clair fous. au deffus & plus pâle au def- poiffon, nc. Onles après lesavoirpalfpar lafariCet arbre eft de
metdansla
pinewx. mifeb franc qui eft celui dontjeviensde deuxefpeces,le nentuntrès bon goût; foupe,ilsluidon- enfin on les
ler, & l'épincux ainfi appellé parce par- ge en falade aprés qu'on a manfon tronc &c fes feuilles font tout cou- que toutes les feiilles: dequelque développé maniere
verts d'épines. Lec cceur ou la moële de qu'on & s'en ferve, elles font très-bonnes
cet arbre eltjaunatre, celle dup palmifte très-délicates, &
e'eft une nourriture
franc eft blanche, celui-ci nc porte au- legere 'on de facile digelftion, de forte
cunf fruit; l'épineux porte desi
qu' la peutappeller uneveritablemande petites noix comme des bouguets ne pour le pais. font remplies d'une fubftance chateignes blan- Lors que le palmifte eft abattu, &
3 &c oleagineufe, lesenfans
qu'on n'a pas befoin de fon
on Com:
gent avec plaifir. Rer ai fait faire man- de fieurs y fait avec la ferpe ou la hache tronc, plu- ment vers les
Phuile qui étoit bonne à manger étant
entailles le long du tronc, afin naifens
fraiche, maisqui devient rance en
duifent que certaines les grofles mouches pro- dans les
de tems; ellc eft bonne ài brûler. Em Jer,
vers dont je viens 2 par- Palmijf- 1es. employe ces arbres à trois fortes d'ufa- bre, puiffent en entrer dans le cceurdel'arges.
- ment vers les
Phuile qui étoit bonne à manger étant
entailles le long du tronc, afin naifens
fraiche, maisqui devient rance en
duifent que certaines les grofles mouches pro- dans les
de tems; ellc eft bonne ài brûler. Em Jer,
vers dont je viens 2 par- Palmijf- 1es. employe ces arbres à trois fortes d'ufa- bre, puiffent en entrer dans le cceurdel'arges. Ons'eni fert pour
leurs manger la mocle, & ylaiffer
ie loger, & pour faire fenourrir, des cordes, pour des
ceufs qui s'éclofent & forment
CCS vers. Il faut avoir foin d'aller au. S 3
bout --- Page 186 ---
VOYAGES AUX ISLES
142 NOUVEAUX
ou natteles feuillesd'un côtéd'une coffe 1694
1694- bout de fix femaines voir l'arbre qu'on fa avec celle d'une coffe qui eft auprès
a entaillé. On le fend dans toute dans fa d'elle; on Ics met ainfi par étage les
longueur, & on trouve cesvers aller en- unesi furles autres jufqu'au faite, où on
mocle. Quand on néglige d'y?
de les plic les unes fur les autres. Cette
viron cetems-là, on ne trouve plus efpecc dc couverture eft bien meilleure
vers, il fautqu'ilsayent changédefigu- que celle que l'on tait avec des têtes
re commelesversà à foyc, &quilafoient de cannes ou de rofeaux, &c durer
devenus des mouches.
ou dix ans. Les picces palmifRETT
Jen'ai và de ces versqu'à la Martini- choux tes huit dont on fe fert pour palifiader le
aumanlyanirinaient iles; j'en ai fait tour de la maifon, après avoir été collT toutes les autres
pées de la hauteur neceflaire, c'eft-àentailleràla Guadeloupe pourtaicherd'y réuffir. dirc depuis la fole julgu'à la fabliere, huit
attirer des vers, maisje n'ai pà
doivent être fendués en fept ou
Ile eft vrai que jc n'y ai pointvadecettc partics felonla groffeur de l'arbre,
de mouches.
douves
EOdZ
efpece
eft en faire comme de petites
on
Le Chou des palmiftes épineux, quatre, cinqouf fix
delarges laiffe
plustendre &cplus délicat noix d'In- dole le dedans Tinee mol, & on ces
Les arbres qui portent
duf. On arrange
Enaarie
dat- le deffus
ft vrai que jc n'y ai pointvadecettc partics felonla groffeur de l'arbre,
de mouches.
douves
EOdZ
efpece
eft en faire comme de petites
on
Le Chou des palmiftes épineux, quatre, cinqouf fix
delarges laiffe
plustendre &cplus délicat noix d'In- dole le dedans Tinee mol, & on ces
Les arbres qui portent
duf. On arrange
Enaarie
dat- le deffus des que l'on appeile Cocos, & les
douves ng unes auprès des autres le
tiers, ont des choux. J'aimangédesuns fort bons, leur plus ferré que l'on peut, on en met
& des autres, ils font
de celui quelques-unes plus longues que. celles les augoût approche toûjoursun peu
tres cn travers pour foutenir dans qui les
de Jeur fruit.
font debout, quel l'on cheville
Onfe Le fecond ufage auquel on cmployc maifons poteaux comme on cloué les autres fur
ferides lespalmiftes, eft pour bâtirdes
les foles & les fabliercs. La plapart des
Palmij- & les couvrir. Pour cet effet on coupe maifons, jufqu'aux magafins, Thôpital
faireen. tesporr le tronc par tronçons de la longueur & aux & mêmc fEglife du Cap François deS.
tiere- qu'on veut donner aux grandes terre Dominguc, étoient bâtis de cette mament petites fourches quel l'on met en à leur niere en 1701. comme jel le diraien fon
maijom. une d'une profondeur proportionnée tcrrein. Ona lieu.
du
hauteur & à la qualitédu
l'on Létroifiéme ufage qu'on fait pal- Troift:
foin d'en faire briler la partic que
mifte, eft d'employer le dedans qui eft menfage
veut mettre en terre, parce qu'autre- On le comme un tiffu de gros filets & affez E du
ment elle fc pouriroit bien-tôt.
durs à faire de l'étoupe pour caltatrer, Palmijffend en deux pour faire les fablieres, Sc même des cordages; on le bat. bien. ie.
les foles, le faitage, & les chevrons 3
filets; & les rendre
faire les lattes pour dépoillerles
& en huit ou dix pour autour de la plus fouples &c plus maniables. NosFli- couru
& la paliflade qui lui fert regne de mur ou de buftiers & nos Forbans qui ont lieux aux
maifon, & qui
cés
la mer du Sud & d'autres
planche. On attache toutes pieces environs des deux Ameriques, entenavec des chevilles du mémebois, après dent à merveille ce travail. On fefert
quoi on étend les coffes ou branches tcuil- des feiilles pour faire. des corbeilles,
de toute leur longueur avec leurs
des balais, des hamacs en forme de
les fur les lattes; on les y attache trefle avec rcts, dcs nattes, dcs facs, &c mille aules mêmes fcuilles, &c cnfuite on
trcs
ons des deux Ameriques, entenavec des chevilles du mémebois, après dent à merveille ce travail. On fefert
quoi on étend les coffes ou branches tcuil- des feiilles pour faire. des corbeilles,
de toute leur longueur avec leurs
des balais, des hamacs en forme de
les fur les lattes; on les y attache trefle avec rcts, dcs nattes, dcs facs, &c mille aules mêmes fcuilles, &c cnfuite on
trcs --- Page 187 ---
r694. tres uftenciles FRANCOISES de
DE LAMERIQUE
auparavant fur le ménage. feu les Onl les paffe quent pas de
&
&1
pour amortir, cherdela lumiere répondre, du
de
t674
les nafcmnseaten tille. Les
veut faire, on elles font à
flambeau. font
gs
Pour tous ces Sauvages ouvrages. fort adroits donne un coup portéc,, de bâton le chaffeur leur
Outrecesd deuxe epeces de
quiles
fur le corps
ya deux autres arbres à palmiftes, il me les OBeclessilirphsioun Negres
Comnc le méme nom, du moins qui à on la don- cctté viande, &c fçavoient que j'aimois
tinique. Ce font deux
Marque jel lespayois bien,
Pour les bâtimentss ils arbres excellens lumenapdraste pens & lcs Couleuvres fouvent. Lcs Ser- Pilarit,
grands, très-gros
viennent très- guerre
leur font unc efpece Ratsde de
à nos ouvriers de &ctres-forts. Il a' plà Rats & continuelle, aux
aufli bien qu'aux bois. &cfemelle: en effet, lesdiftinguer en mâle une elpece Piloris: ces derniers font
quc difference dans la onremarquequcl. couleur"
fois plus gros derats debois deux ou trois
bois, le màle eft affez
de leur ils font
que les rats ordinaires ;
pelle auls.Angelin. La rouge, femelle on l'ap- fort courte, prefque & blancs ils leur queiie eft
blanche & conferve fon
eitplus
fentent le mufe
lerai de ces deux arbres nom. dans Jc par- extraordlinairement. cherchent & les Les Negres lcs
endroit. un autre car ils font gras; mangent mais avec plaifir,
Gre- Ontrouve
de lesfaire bouillir ils font obligez
noiilles ques autres Ies, alaMartinique les
&cen quel- des feiilles &c en grandecau, avec
016 Cra- notilles du
plus belles. Grédes oranges
de pauds monde, on les appelle Cra- quartiers pour leur ôter coupées par
frPaue MarParcc qu'ellesfont vêtues
eft G forte qu'elle fait cette odeurqui
tinique; les crapauds
comme
étant
mal à la
leur gris avec des d'Europe, taches c'eft-à-dire de leurpeau Etant
feche la gardeencore. téte,
shafe. noires ; elles ne fe ou rayes jaunes & dis une un jour dans le bois, j'entenPeau, mais dans les bois tiennent où elles pas dans tes fes forces; Grenoûille les
crioit de toufent tres-fort, fur
croaf- avec moi me
RErer
ai và dont le
tout la nuit.
comme
étant
mal à la
leur gris avec des d'Europe, taches c'eft-à-dire de leurpeau Etant
feche la gardeencore. téte,
shafe. noires ; elles ne fe ou rayes jaunes & dis une un jour dans le bois, j'entenPeau, mais dans les bois tiennent où elles pas dans tes fes forces; Grenoûille les
crioit de toufent tres-fort, fur
croaf- avec moi me
RErer
ai và dont le
tout la nuit. J'en étoit
dirent
j'avois elle
de
corps avoit
pourfuivic
NEEI
long, fans compter les plusd'un cuifles pied mc la voix &c le bruit par un ferpent. Cométoient groffes & fort
qui faifoient fur les que ces animaux
chair eft blanche, tendre charnués; & leur choit toûjours de broffailles s'approeft on ne jette que la téte, tout délicate, le refte mon fufil Pour tuer nous le 9 je préparai
fort charnu, on les accommode nous reconnûmcs un inflant ferpent; mais
commeunef
&ceux c'étoit une Couleuvre
après que
qui arrivent cMicufsedeposlems aux Ifles' y, font fouvent la grenouille, qui. la prit qui à fix pourfuivoit
trompez, s'imaginant
de nous. ou fept
la viande,
qu'onleurfertde
Jc n'eus garde de
on
quand leur
Erad Couleuvre,
tirer Dift:
calleedeg grenotilles ou de donneunefri- lezards. Les de venin, elle eft eutuequelen'apoint ennemie du
rence du
lest Negres bois vont la nuit à cette chaffe dans lui fait la gucrre, &c
ferpent, cdela Serpent
avecdes Aambeaux
cette raifon on ne lemange, lui fait &pour Coxlea:
e'efl-a-dire decannest feches debagaces, mal. Pour peu
jamais de vre,
les ont pafle au
qu'el- on
qu'on foit fait au pais
chandellc. Ils moulin, ou EES bois de vec diftingue le
aifement la couleuvre d'ades grenouilies imitent le croaffement a la téte ferpent, parce que la couleuvre
auquel ellcs ne man- anguille, longue & & ronde comme une
que lc ferpent l'a
Pirg --- Page 188 ---
VOYAGES AUX ISLES
244 NOUVEAUX
éloigné d'elles. 1694
C'eft une er- quent confiderablement la tête élevéc de
1fg4.. &c prefque triangulaire. ces animaux frayent Elle avoit toûjours
Eile avala
reur de croire que cela n'arrive ja- prés de deux pieds de terre. la moiquelquefois enfemble, ils frayent chacun dans lagrenolilletour mâcher, d'uncoupfans de maniere qu'on
mais. Quand ils fe lient &c s'entrelaflent dre ni la
tous les mouvefon enfemble efpece, comme un cable 3 ils font voyoit mens del diftinétement la grenotille à melure qu'elle
dangereux dans cet état. Les couleu- entroit dans le corps de la couleuvre. vres font méchantes quand on leur jet- Quand la couleuvre &c le ferpent fe Deguel: lemate des pierres & qu'on leur fait man- battent, ils ne vifent à autre chofe qu'à nierele
les animaux qu'elles
inquie- fe prendre la tête l'un à l'autre, tête car Serpent ola
ter viennent fur ceux qui
peut gober ou engloutirla CoulekE
tent, & quand clles pcuvent elles fc celuiquip defon ennemi Tétouffe dans ler moment, urefe
jettent fur eux, & mordent comme &c acheve de l'avaler en le fuçant.
& qu'on leur fait man- battent, ils ne vifent à autre chofe qu'à nierele
les animaux qu'elles
inquie- fe prendre la tête l'un à l'autre, tête car Serpent ola
ter viennent fur ceux qui
peut gober ou engloutirla CoulekE
tent, & quand clles pcuvent elles fc celuiquip defon ennemi Tétouffe dans ler moment, urefe
jettent fur eux, & mordent comme &c acheve de l'avaler en le fuçant. Il lausent,
des chiens. Ellesn'ont point de crocs des arrive fouvent
le ferpent donne
comme les viperes, mais fculement quelque coup. 8eE croc à la Couleuvre
dents affez longues, fortes & aigués ;
va auffi-tôt fe frorter à une herbe
cependant elles ne mâchent pas ce le qui qu'on appelle la mal-nommée, herbe
qu'elles avalent, elles ne font que fine, pointué, allez.douce au toucher,
fuccer & lengloutillent fi clles morduon peuvent mais tort âpre au goût, on en trouve la
tout entier. Quand on eneft morfure dc prefque partout. Cet attouchement
penfe la playe comme une
guerit, & la fait revenir fur le champ dans la
chien, aveccependant quelqueprécau- au combat. Cette herbe dont entre on fe fert
tion contre le venin qui d'un pourroityétre, animal enra- compofition du remede & crois
comme feroit celui
pour la morfurc du ferpent, je
gé. dont viens de
que c'eft la principale une efpece de
La couleuvre
de dix
Ily a à la Dominique de
Onles
ler paroiffoit avoir A
E le
quir n'onty point venin. de
commc ferpens
DE
de
elle étoit groffe
Têtes de chien, parce qu'ils Chien. la jambe d'un homme, fa peau appelle, ont latétef fort groffe & courte, Scquils
gras
atA
tachetéc & ondée dediverfes couleurs, de la mordent commedes chiens. Ilsfontune
étoit très-belle. J'étois furpris el- guerre continuelle aux rats &caux pouviteffe avec laquelle clle couroit , jes. le auroit fans difficulté atteint un hom- & Ln
de cc ferpent cit admira- Remede
courant de toutes fes forccs,
grailffe
troides, foulures pourla
me
auroient fait une ble pour) les & douleurs même
la paralifie : gentt,
plufieurs perfonncs de la viteffe de ces de nerfs,
font fervis avec
trifte experience
fçu le fc- une infinitéde
Et
animaux s'ils n'avoient bien-tôt pas derriere eux, un fuccés merveilleux pour lagouttede car
crct de lesl laiffer
car quelque qualité qu'elle
etre; & de
confifte à courir en zigzags
en a froide
Eie
qui
de leur mouvement eft f on dit qu'il
dis qu'on s'en eft
Pimpetuofité
fe dé- chaude. grande, qu'elles ne peuvent pas cclui ferviavec un t merveilleux, cette jer ne
tourner auffi promptement & finiffent que ainfi prétends qu'on croye radicalement, que je
qu'elles pourflivent, pendant qu'il graiffe lite la goutte ces Memoijnutilement une carriere,
confe- tromperois ccux quil liront
res,
ena fait une autrc, & s'eit par --- Page 189 ---
FRANCOISES DE
Kig4. res, &cj'expoferois l'efpece des Tétes LAMERIQUE
de chien à être entierement
rhumatifines, douleurs froides, 145
elle ne fait que difliper la fluxion détruite, en res ou paralifies, on y mélera de foulu- l'cf 1694.
une carriere,
confe- tromperois ccux quil liront
res,
ena fait une autrc, & s'eit par --- Page 189 ---
FRANCOISES DE
Kig4. res, &cj'expoferois l'efpece des Tétes LAMERIQUE
de chien à être entierement
rhumatifines, douleurs froides, 145
elle ne fait que difliper la fluxion détruite, en res ou paralifies, on y mélera de foulu- l'cf 1694. ouvrant allez les pores pour la faire prit de vin quand eile fera fufifamtranfpirer, &c cela
ment chaude, méme
la
enforte qu'en moins trex-piomptements de fix heures le Ces trois cfpeces SCHe goutte,
goutteux qui ne pouvoit appuyer fes tits tent fur les arbres pour manger ferpens les mon-. des Inllinet oide piedsà terre, marchea aifément, n'aplus mettre oifeaux dans le nid, ou pour
douleur, &c eft aufli long-tems a fe Quand au lès fec dans le tems de
reffentird'une nouvelle attaque
dans
oifeaux voyent un pluye. te,
degour
dreleurs
DE
qu'il auroit été s'il avoit attendu volent l'arbre où ils ont leur nid; ferpent ils petits
lit patiemment la ou impatiemment dans fon me des autour de lui, ils crient com- contre
que fluxion fe fut diflipée; CC fonne defefperez, & fi
les Serqui demande fouvent bien du temps. paffe auprés de l'arbre, quelque bien per-pen,
La maniere de s'en fervir eft de faire de s'effiroucher, ils viennent loin
chauffer cette graiffe, & d'en oindre la femblent d'clle, ils s'approchent, ils crient, autour &c
partic affligéc, & de mettre deffus un leur ennemi. demander du fecours contre
ic. plumaffeau imbibé de la même graif- leur rendre On ne manque gueresde
Jefuis convaincu de la bonté de en tuant le ferpent. fervice cn C'eft cette occafion,
remede par bien des experiences faites CC fir de voir la joye de ces un vrai plaiaux Ifles. C'eft: aux goutteux de France maux quand ils voyent le petits anià l'éprouver en fe mettant
du Par terre, ils
ferpent éteneffet dans des chambres bien pour cet cricnt, lui donnent voltigenta des cautourd de delui,
& réiterant une ou deux fois chaudes, cette
s'approchent de ccux coups les bec,
Etion G la premiere n'a
on- vrez de leur ennemi, qui ont déliticrement. Si on
pas operé en- vouloient remercier. J'ai comme s'ils les
l'employe pour des foisce divertifement." cu pluficurs
H A P I T R E X I X. L'Auteur eff attaqué du mal de Siam. porter les
Comment il en guerit. Maniere
orangers en Enrepe, d de les conferver. de
I'AuEJeudiiz. Juin del'Octeur e
tave du
jour
obligé de me porter à la
artaqué
SSaerement,cfels de me
maifon, &c
du mal
Proceflion comme le Jeudi tant deshabiller.
ifement." cu pluficurs
H A P I T R E X I X. L'Auteur eff attaqué du mal de Siam. porter les
Comment il en guerit. Maniere
orangers en Enrepe, d de les conferver. de
I'AuEJeudiiz. Juin del'Octeur e
tave du
jour
obligé de me porter à la
artaqué
SSaerement,cfels de me
maifon, &c
du mal
Proceflion comme le Jeudi tant deshabiller. Ces deux mauxs'édeSiam, Rotos
precdentaveelcsm mémescé- horrible, trouvez accompagnez d'une fiévre
rémonics. Al la findelaMelle
qui étoient les Gimptomes les
jemef fentis tout d'un coup attaqué d'un plus ordinaires du mal de Siam, on
violent mal de tête comme
euffe apporta. furle champ les remedes con- y
recû un coup de marteau; j'achevai fjy ce venables, dont le premicr fut de me
qui reftoit de la Meffe avec bien de la faignerau pied;
eni
au
Poarmmpecherleurant
peine; me deshabillant
port cerveau, Mefficurs
f grande douleur de reins, ilmeprit une Roy, Dauville &cautres, curentun Michel, du
Tom. 1. qu'on fut tout Particulier de moi. foin
T
Mefdemoilellos --- Page 190 ---
VOYAGES AUX ISLES
146 NOUVEAUX
près de fix heures; elle emporta avec 1698
1604. les) Michel &c Dauville ne fortirentpoint danger; elle mon mal de tête, mon mal mais de
dema maifon tant que jefusen
reins & une partic de ma fiévre,
elles avoient leurs fervantes avec clles, clle m'abatit tellement I ne
sfervicomme utPrinc.ApreDies
ni les yeux
LE
j'étoisf doisla vie, & au fieur Sigaloni, vois On m'avoit ouvrir encore faigné du pied le
jeleur Enfcigne de la Compagnie de autrefois Milice matin. du quartier; il avoit cxercé devenu riche Le Lundi la fiévre me quitta toutla Chirurgie, mais étant
fes à-fait, & je commençai à dormir. On
il ne la pratiquoir
me fit prendre fur le foir une potion
Pzi la EEPL pointé
acheva de
amis. Le Chirurgien
un cordiale & fudorifique qui
nommé la Serre, ne me quitta Celui pas me faire rendre lc refte du venin toute par
moment pendant cinq, jours. m'auroit des des fueurs qui durerent prefque
nous avions au Macouba fervices, mais je l'a- lanuit, & quidonnerent! biendel'exer- foin de moi,
rendu les mêmes quelques jours; il cice à ceux qui avoient une envie devovois enterré depuis morfure de ferpent il me reita cependant
d'émetique
étoit mort d'une
la
mir qu'on aida avec un peu
avoit negligée,
le Mardi matin,
au talon, qu7il
d'épines. IcRIRe qu'on me fit prendre
nant pour une piqueure ilalloit nuds qui fit un effet merveilleux quoiqu'il laiffa
mc il étoit avare à l'excès fouliers fur fon m'abbattit beaucoup, mais il me
pieds, il portoit fes fervoit que le Di- un grand appetit. mon
épaule, & ne aller s'en à "Eglifes, ou quand Eieasjeatigs levai contre le "fentiment
manche pour de faire quelques vifi- Patron,je me
dis la Meffe;
il étoit obligé
de mes Chirurgiens, &je trouvai fi foible
tes de confequence.
mc il étoit avare à l'excès fouliers fur fon m'abbattit beaucoup, mais il me
pieds, il portoit fes fervoit que le Di- un grand appetit. mon
épaule, & ne aller s'en à "Eglifes, ou quand Eieasjeatigs levai contre le "fentiment
manche pour de faire quelques vifi- Patron,je me
dis la Meffe;
il étoit obligé
de mes Chirurgiens, &je trouvai fi foible
tes de confequence. matin fus faigné du il eft vrai je me
obligé
Le Vendredi k pigeons aux
Ete qu'onfute mc remis
bras, on m'appliqua & fur lc coeur. Cela Trml me reporter deux chez moi. Je fuivans fans
plantes des pieds mais ma fiévre ne di- tout-à-fait les ma jours maladie les
mc fit du bien, je commençai le foir à qu'il me reftât de du venin, & une que foiminua point. beaucoup de fang parla bouche. grandes marques
rendre
à remar- bleffe quéroitestnéme la
Le Samedi on commença &cver- Le Dimanche 27. après chez Meffe, lui
quer des marques noires, rouges tous les fi- Monfieur Michel me fit mef porter fairec changer
tes fur ma peau. Quoique aucun lieu de crain- dans un hamac afin de demeuraijufgnes ne donnaffent & mes deux. Chirur- d'air, & me fortifier. fuivant. J'y Pendant tout ce
dre pourmoi, affuraffent que que ma maladie n'au- qu'au Samedi il n'oublia rien de tout cC qui
giens
de méchante fuite, je nc tems-là contribuer à medivertir. Nous
roit point d'envoyer chercher le Pere pouvoit
tous les jours. Le
Jaifai Breton, pas & de me confeffer, je deman- eûmes Pere Cumels compagnic Superieur general de nos
dai la Communion, mais mon vomif Miflions, S.epreCab-len Superieur
fement étoit trop, continuel, & Chirur- quand de nôtre Miflion-de la Martinique, charmez
même ill'auroit été moins,les deme me vinrent voir; ils furent
ils
ne jugeoient pas à propros
des bontez qu'on avoit pour Michel; mois ils
Epa faire donner. fur le foir j'eus une coucherent chez Monficur ma mailon & mon
Le Dimanche décida dc mon fort, elle dura avoientvienpalfant
jarerife qui --- Page 191 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. R004 jardin dont ils me parurent très-con- Jardinier du Roiavoit un fecret pour 1694. tents. les remettre en leur premier état, pour
Le Samedi 3. Juillet, je retournai peu qu'ils euffent encore de vie quand Il
chez moi aprés diner; je me trouvai on les lui remettoit entre les mains. fi bien remis, je chantai la Mefle lui avoitdit comment il falloit les arrale lendemain, & préchai. Tous mes cher & les empaqueter pourles tranfParoifliens me vinrent feliciter fur lc porter. Voici comme on s'y prit. On
retour de ma fanté; je retins les prin- icia toutcs les branches à un pied &
cipaux à diner. demi du tronc, & aufli-tôt qu'elles
'Le lendemain & les jours fuivans je étoient fciées, on couvroit le bout avec
fus remercier tous ceux qui m'avoient un paquet de terre graffe l'on couc'eft-à-dire vroit de cire
que
envelopes
vifité pendant ma maladic,
&
un morceau jaune, de toile cirée ou
je fis tout letourde ma Paroiffe, poitdans On
enfuite l'arTRCs grande partie de celle de la Balle- gaudronnée.
Le lendemain & les jours fuivans je étoient fciées, on couvroit le bout avec
fus remercier tous ceux qui m'avoient un paquet de terre graffe l'on couc'eft-à-dire vroit de cire
que
envelopes
vifité pendant ma maladic,
&
un morceau jaune, de toile cirée ou
je fis tout letourde ma Paroiffe, poitdans On
enfuite l'arTRCs grande partie de celle de la Balle- gaudronnée. déchaufla
pointe, & entre les autres Monficur Si- bre tout autour, ayant bien foin de nc
galoni qui avoit eu foin de moi, & rompre & de n'endommager aucunes
m'avoit fournil les remedes. Je lui pre- racincs. Quand il fut hors de terre on
fentai une bourfe, &c le preffai de pren- coupa toute la chevelure, & on replia
dre ce qu'il voudroit, mais il me fut doucement toutes les moyennes racines
impoflible de lui faireaccepter la moin- autour de la plus grofle; on enferma
dré chofe, ni pour fes peincs, ni pour enfuite toutes CCS racines dans de la
fes remedes. Le Chirurgien del la Baffe- terre même où l'arbre avoit été planpointe cut la méme honnéteté. J'ai té, mpelwnmokiemndtrsee del'eau
dit que Monfieur Sigaloninep pratiquoit comme pour en faire du mortier, on
la Chirurgic pour fes amis, il étoit couvrit cette maffe avec de la terre
très-habile; geE avoit appris fon métier grafle, &c on enveloppa le tout dansde
la
obfervant de les
fous un de fcs oncles fameux Opera- toile gaudronnée, le
& fur
teur, avec lequel il avoit roulé toute tenir à T'air pendant voyage, de la
T'Europe; il avoit de beaux fecrets, il tout la nuit, &c de les garantir
fe fervoit beaucoup des fimples, & les chaleurdu foleil qui auroit pà les fecher. preferoit aux autres médicamens. Ce fut en cet état que Monficur de la
Lc Lundirz., Juillet je fus àlaBafle- Heronniere les fit porter à bord, dort
terre dirc adieu à Monficur dc la He- il nous remercia bcaucoup. Il partit le
ronniere qui s'en retournoit en France. Jeudi fur lc foir, après avoir diné chez
Il me témoigna fouhaitter quelques nous avec le fieur Kercoue qui retour- courfe
picds d'orangers des plus gros. j'en noiten Franceavec des projetsde faits avec
demandai à nôtre Superieur qui me & de commerce qu'il avoit
laiffa maitre d'en prendre tant que quelques perfonnes sdela Martinique. retournai
voudrois. Jc le mandai à Monficur S Le Vendredi 16. Juillet je
la Heronniere qui vint en choifir une de grand matin à ma Paroiffe. Mes de Deferipk
Marie- douzaine, entre lefquels ily en avoit Charpentiers fe trouverent en état tion de
rede quatre d'oranges de la Chine. Tous CCS monter lagrandiffement de ma maifon Jon la mai- Cuaranf- arbres étoient fort gros, le moindre qui fe trouva ainfi de trente-deux pieds riale de
porterles avoit fix pouces de diamettre. Je dou- delongfurl feize pieds de large. La falle feize VAwEE des tois qu'ils puffent lui étre d'aucune uti- que l'on trouvoit en entrant avoit
1eur,
enEran- lité en Francc, mais il m'aflura qu'un pieds en quarré.
Jon la mai- Cuaranf- arbres étoient fort gros, le moindre qui fe trouva ainfi de trente-deux pieds riale de
porterles avoit fix pouces de diamettre. Je dou- delongfurl feize pieds de large. La falle feize VAwEE des tois qu'ils puffent lui étre d'aucune uti- que l'on trouvoit en entrant avoit
1eur,
enEran- lité en Francc, mais il m'aflura qu'un pieds en quarré. Les deux portes
cés
oPges
T 2 --- Page 192 ---
148 NOUVEAUX
164. fées répondoient à celle de la cour VOYAGES & à ils
AUX ISLES
lallécdun milicu de mon jardin. La por- me dirent que dans l'Affemblée
te qui entroit de la falle dans ma cham- s'étoit tenue au fond S. qui 1694;
bre étoit à main gauche, elle avoir la où je n'avois pû affifter à Jacques caule de le. 23. méme grandeur que la falle, mais
bâtiment, on avoit voulu m'élire mon
avois fait un retranchement de jy dic, mais que le Superieur
Synpieds de large fur toute la cing étoit opposé, & avoit dit Gencralsy
qui me fervoit à ferrer mes provilions. longueur deftiné pour étre Superieur qu'ilm'avoic de la Gual'efcalier J'avois ménagé dans' ce méme elpace deloupe à fon rctour de Saint Dominétoit affez pour monter au galletas
gue. fieurs commode y placer RE ler LeJeudis àla 5. Aouft,
hamacs;
chambre de
Balle terre dire jefuobligéd'al- adieu
mon
elrit
à nôtre
aufli quand Penfionnaire, 3 oà je mc retirois Superieurqui lc partoit pour
je donnois la
Hlembarguma de
Samedidanst S-Domingue une
que étranger. Jc fis faire mienneiquel. un
de S. Thomas qui devoit
Barque
pierre de tailleavec trois marches perron de- Guadeloupe. Je fus) toucher à à la
vant la porte de la falle, le refte Jepartis Papres-diner leconduirea dans le bord. terrein alloit en pente doucc don- du Monficur! Michel. Les
Canot de
ner lieuaux eaux
pour
orageufe furent caufe gros tems & lat mer
Fete de Le
des'écouler. mes fi tard chez lui que nous arrivàAnne, Sainte telli vint DimmnehesgJulleie coucher chez moi. PereMar- coucher. quej jefuso obligéd'y
Patrone main jour de fainte Anne, Lelende- Lel
de L'E- mon Eglife, les Peres
Patronc de matina Dimanche8.jer ma Paroifle. merendis de grand
gife du Chavagnac &
Breton, Imbert, unl
Je fis marché avec
diacou- Je le Romanct, s'y rendirent. Menuilierdela grande Ance, nommé
ba. priai Pere Breton, commel le plus Dubuiffon, pour paliffader
ancien, d'officier. Le Pere Martelli tiondema maifon,
PaugmentalcE Panegyrique dela Sainte:
fit clore de planches c'ef-a-dire, pour la
nous fullions tous occupez à Erquoique chiesd'une côteàl la embouvetées, blannous eûmes affez de peine à confefler, fur les pieces de varloppe, & cloiiées
tout le monde tant il en étoit contenter venu des foient le corps du charpente qui il compoParoifles voifines, &c méme du FortS.
on,
PaugmentalcE Panegyrique dela Sainte:
fit clore de planches c'ef-a-dire, pour la
nous fullions tous occupez à Erquoique chiesd'une côteàl la embouvetées, blannous eûmes affez de peine à confefler, fur les pieces de varloppe, & cloiiées
tout le monde tant il en étoit contenter venu des foient le corps du charpente qui il compoParoifles voifines, &c méme du FortS. faire aufilesp portes, bitiments fenétres8c devoit
Pierre. Monficuri Dauville comme.Mar- vents avec quelques tables & contreguillier del la Paroiffe, invita les princi- C'étoitun creolleaffez bond ouvrier, armoires. trouyâmes pauxà diner, de forte que nous nous figlorieux pas
&fi fantalque gu'il n'y avoit mais
Jui. Lc Mardi prèsde trente perfonnes chez chez moyen moi un dele contenter. Il démeura
pourles
je fis le Service folemnel
mois, &cc mois me
défunts del la Paroiffc. Monfieur uncannéc. parut
Michel comme Capitaine du
On ne fe
donnaa mangeri toute la quartier dans nos Ifles, Ervoirpointencorede on fe
vitres
Car c'étoit comme une compagnies dans mer les fenêtres avcc contentoit des
de ferParoifle, du moins cn ce regle
la &cdes baluftres, ou
contre vents
le Marguilliertraitoitl lej jour tems-là, que chaflis de toile claire. quelguefois avecdes
&le Cyptainelelendemain delafete, la Barbade, Antigue & Les Anglois de
Le Mercredi après diner je fus
leur dependance, ont leurs autres Iiles de
duire nos
con- trées, &c cela fait un meilleur maifons viHhswpagmnint.fap
effet. CHA --- Page 193 ---
FRANCOISES DE
LAMERIQUE
C H A P. I T R E X X. 149 1604
MaliadeNigne o desCreoles. Robert. Deftriptiona dela Becune, Erabifcment des Galerese d'une Paroife an cul de fac
delarbre deMmebelier. L y avoit quelques mois quc mourir afin de
Nalaiskinmerir & chez leurs retourner dans leur
prcfent d'un petirl Negre-mi- xecution de cebeau parens. C'étoit EURET
ne,c'ett-a-dire, Royaume dela originaireda freres fe mirent à projet cesdeux
côte méridionale
Mine, furla Lc mien mourut le manger der la terre:
douze à treize âns. d'Affrique, Ileft igé de le fuivir peu. de premier, fon frere
toit malade quand il me vrai qu'ilé- le reprenois de jouirs ce après. fc Qaand je
le foin que j'en avois fait; ledonna, s mais mourir, ilfe mettoit qu'il à faifoit ainfi
Excesoi voit rétabli enp parfaite fanté. prendre, l'a- foit qu'il m'aimoit, mais pleurer; il difepor- Negre
L'autre retourner chez
gu'il vouloit
ten: les quecep Hgmeatmsne ftruit &
fon pere. Je l'avois inpourfe Negres re; il petitg m'en garçon mangeoit de la ter- lui ôter cette baptifé, mais je, ne pûs jamais
Jaire pus pour l'en avertit, je fis tourcequeje Un Anglois fantaifie. habitant
mourir, en
il empécher, mais ce fut
de TIle faint
ela vain; continua d'en
de- Cheillophlcy appellé le Major
HuPaire
raifon vint hidropique fans qu'on manger,
fuz plus heureux que moi
Crips, dunAn- de
guils dier, parce qu'on ne pilty-reme ver fes Negres, dons la pour conter- glois S.
Jaire pus pour l'en avertit, je fis tourcequeje Un Anglois fantaifie. habitant
mourir, en
il empécher, mais ce fut
de TIle faint
ela vain; continua d'en
de- Cheillophlcy appellé le Major
HuPaire
raifon vint hidropique fans qu'on manger,
fuz plus heureux que moi
Crips, dunAn- de
guils dier, parce qu'on ne pilty-reme ver fes Negres, dons la pour conter- glois S. Chrisnavoir. croyent en ôter la caule, qui étoit pouvoit une mélan- pas fort Mincs. Comme cet homme pliparté leur étoient étoit Rophle
colie noire qui le portoit à cet excès. rude 5 ainfi que le font
Jurce
Les Negres de la côtc del la Mincy ment tous les Anglois, le nombre generale-/wer. font fort lujets, ils fe defetperent, ic ils fes fe Efclaves diminuoit tous les de
pendent, fé coupent la gorge fans fa- Il fut pendoient enfin les uns après les autres. jours; 5
çon des fujets fort médiocres, le
averti par un de fes
plus Faer
gez que tous fes Negres avoient réfola- engaétant
remuariponcitus
maitres,
prévenus qu'après leur des'enfuirl & de lej jour fuivant. dans le. mortils retournent
&ils
s'y pendre tous de
bois,"
font tellementfi frappez dansleurpais, decettefolleima- pour retourner tous enfemble compagnie en leur"
gination qu'il eft impoffible de la leur pais. Ilvit bien que les
& les
ôter dela tére. châtimens ne feroient que paroles difterer de'
Je ne fçus le chagrin du mien
quelques jours l'éxecution de leur réfoquand il ne fut plus tems d'y remedicr. que lution, & qu'il talloir un. remede
Hlavoit un frere qui
à
eut durapport àla maladie de
qui
de mes voilins; comme appartenoit on
un gination. Il inftruifit fes leurimapas qu'ils fuffent freres, ne fçavoit blancs de ce qu'ils avoient domettiques à
n'en difoient rien, on ne parce qu'ils leur ordonna de charger fardes taire, &
deviner quel leur chagrin venoit pouvoir de n'é- pas tes des chaudieres à fucre & charettre Pas enfemble chez le mémer
vics, avec. les autres attirails eau dece qui auroit été fort facile; de maitre, forte crerie & de le fuivre. Ils'en d'une fuqu'ils prirent la réfolution. de fc faire le bois, ily trouva fes Negres alladans qui dif
T pofoient 3 leurs cordes pour ie pendre :
il. --- Page 194 ---
VOYAGES AUX ISLES
159 NOUVEAUX
leurlangue,
yeux & 16y46094 ils'approcha d'eux tenant une. corde à les mains au & frapélcur poitrine. ne rien craindre,
XISTATE
de
ps
la main, leur dit
qu'ils a- Ilsy prétendent cetteceremonic prier
qu'il avoit fçu la réfolution
Dieu de les Tlitrec en poulliere com- pa
voient prife de retourner en leur pais, me la terre qu'ils ont fur la langue,
& qu'ii vouloit les y accompagner 2 s'ils n'executent ce qu'ils
qu'il y avoit acheté une grande fu- tent, ou s'ils ne lients
Le
établir une
EREE
ES oû il vouloit
Major Crips revint chezlui avecfesNe.
cetteceremonic prier
qu'il avoit fçu la réfolution
Dieu de les Tlitrec en poulliere com- pa
voient prife de retourner en leur pais, me la terre qu'ils ont fur la langue,
& qu'ii vouloit les y accompagner 2 s'ils n'executent ce qu'ils
qu'il y avoit acheté une grande fu- tent, ou s'ils ne lients
Le
établir une
EREE
ES oû il vouloit
Major Crips revint chezlui avecfesNe. creric, où ils feroient bien plus pro- gres fortcontent delar reuffite defonftrapres que des Negres qui n'avoient mais
tagéme. LesNegreriuitinrenar parole8c G cette
travaillé au fucres
ne
E
je içai
encore
n'ayant plus peur neie pendirent plus; rendu plus moles avertifloit que il les feroit tra- avanture ne T'aura pas
qu'ils vailler puffent &c s'enfuir, nuit fans leur donner ni deré. habitant de la même Iile
jour Dimanche; quc T'Eco- Un autfe
invention avec un
le Samedi nile
lui avoit fc fervit d'une autre Ce fut de faire Autre
nome qu'il y avoit fait envoyé reprendre ceux aufli heureux fuccés. & mains à ceux de hifcire
mandé qu'il avoit les
Sc couper la tête les
&de farle même
qui s'étoient pendus premiers, ils les fai- fcs
qui s'étoient pendus, fer
qu'en attendant fes ordres,
La les
dans une cage de quil/ga. dans
aux
Nan
foit travailler les fers pieds. fit fufpendre à un arbre qui étoit
deffus les charettes chargées ayant ET fa cour: carl'opinion adesNegresetique
ru, les Negres ne douterent d'antant plus plus quand ils font enterrez, ils & viennent les emrélolution de leur maitre,
la nuit prendre leurs corps
Cet
qu'il les preffoit de fe pendre, teignant fe
portent avec eux dans leur
qu'il n'attendoit que cela pour pen- mê- habitant nommé Bouriau, Re difoit
dre aufli & aller aveccux; il avoitr
qu'ils pouvoient fe pendre tant qu'ils
me choi@ fon arbre & attachéfacorde. voudroient, mais quril auroit leplailir
Lcs Negres commencerent alors à leurs par- de les rendre miferables pour
la mifere où étoient
fans têtc
ree
ler entr'cux,
auffi-bien puilgurils fe trouveroient & ainfi incompagnons les intimida lcur maitre; ils fans mains dans leur pays, de
que la réfolution de
lui pro- capables de: voir, d'entendre, : par- Les
vinrent fc jetter à fes pieds,
ler, de manger & de travailler
mirent de ne plus penfer à retourner faire Negres fe mocquoient de ces difcours
en leur pais, & le tupplierent Il fit de le dif- acommeneement. & difoientque bien venir ceux
revenir leurs camarades. mais cn- qui étoient morts fçauroient têtes &. leurs
ficile pendant quelque blancs. ITEte fes enga- la nuit reprendre leurs ils virent que ces
fin fes domeftiques auffi mis à genoux pour Tui mains, mais quand demeuroient toujours
s'étant
l'accommo- tétes: & ces mains ils fe
SEtEaT la même grice, s'il s'en au même endroit;
perfuderent
dement fe fit, à condition que les enfin que leur maitre étoit plusp puillant
trouvoit un feul qui fe pendit, tous qu'ils.
te fes enga- la nuit reprendre leurs ils virent que ces
fin fes domeftiques auffi mis à genoux pour Tui mains, mais quand demeuroient toujours
s'étant
l'accommo- tétes: & ces mains ils fe
SEtEaT la même grice, s'il s'en au même endroit;
perfuderent
dement fe fit, à condition que les enfin que leur maitre étoit plusp puillant
trouvoit un feul qui fe pendit, tous qu'ils. n'avoient.eri, & cellerent de mal- fc
autres feroient pendus le nouvelle lendemain fu- pendre. pour ne pas s'expofer au
pour aller travailler à la
heur oùt ils. ne doutoient plus queleurs
Maniere crerie de Guinée. Ils le lui promirent
ne furent tombez. dNe- avecferment. Ceferment fe fait en
compagnons, Ces remedes font bizares, mais progiti
mettent
PEr
pornant un peu de terre qu'ils --- Page 195 ---
PRANCOISES DE
1694. portionnez à la portée de l'efprit des neuf LAMERIQUE
tyt
Negres, & à la prévention dontilsfont tendant Aouft une letmedeMonfeurlin- 1694. frapez. fac qui me prioit d'aller au cul-deCette mélancolie noire qui porte les fieur Robert avecleP.Martell & Mon- teur L'AaNegres à manger de la terre, descen- pour Joyeux, Capitaine de
ef
dres, de la chaux & autres chofes de
chercher un lieu commode Cavalerie,
cette
bâtir une
T. nature; eft ordinaire aux Sauva- pour Eglife & un Prefbytere, pour & blir HnE
ges; je dirai dans un autre endroit mes fà. placerun Bourg dans cc
muzelle
Le:Ca- conjectures fur cela. Elle eft encore
Le Pere Cabalffon nôtre quartier- aucul Paroilfe
fur-tout raidesc tres-commune parmi nos Creoles, &c m'écrivit auffi fur lei mémefitjet, Superieur defac
las fles fur tout aux filles qui ont du penchant marqua de charger de fa part le &cme Pere Robert,
Cresles pour le dernier Sacrement. Dans cet 6- Creton du foin de ma Paroiffe
mangent tat elles mangent mille
que je ferois abfent. pendant
dalater- ai connu
ordures. J'en cher chez le
J'allai donc courE, Gt, papier & auroient mangé plus de Nous en Pere Martelli à la' Trinité,
auroit 2 cire d'Elpagne qu'on n'en heureavantl partimes le
le lendemain une
éretaire employé d'Etats dans le Burcau d'un Sc- chevaux chez jour. Nouslaiffames nos
Pipes, des
d'autres mangene des Phabitation eft MonfieurJeyeusse à
dont
furt tout certains charbons, 2 de la toile, &c Galions; il nous côté dela riviere des
qu'on trouve dans Petits les cailloux blancs not au cul-de-fac conduifit où dans fon cafont cuire dans le feu rivieres; ellesles mes la Meffe dans Robert,, une
nous diachaux, 8clest mangent commelesroches conmela meil- dédiée à fainte Rofe. petite Chapelle
leurechofedum monde, à peu
com- Le grand enfoncement out
me les femmes Elpagnoles, près
appellc le cul-de-fac Robert, baye a qu'on tionda Deferipces vales de terre rouge, mangent & de deux lieuès de profondeur; il eft présde culde
bonne odeur qu'on apporte legere du Mexi- par deux pointes ou caps, dont formé celle Reque, &qu'onappeller quoique impro- qui eft à PEt s'appelle la Pointe à la fi
prement, de terre Fgillée.
Le grand enfoncement out
me les femmes Elpagnoles, près
appellc le cul-de-fac Robert, baye a qu'on tionda Deferipces vales de terre rouge, mangent & de deux lieuès de profondeur; il eft présde culde
bonne odeur qu'on apporte legere du Mexi- par deux pointes ou caps, dont formé celle Reque, &qu'onappeller quoique impro- qui eft à PEt s'appelle la Pointe à la fi
prement, de terre Fgillée. J'aiété quel- Rofe, & celle de lOueft la pointe des
quefois obligé de relufer les
Galions. Son ouverture cft
à de grandes filles qui avoient Sacremens ce goût Paran@ilendemrironune) licué de couverte
dépravé, après que je m'étois fangué ila qui: appartient étc
à nôtre Miffion, tour, à
inutilement fuader les mois entiers a les
donné par les heritiers de
du
tort qu'cllesfef faifoient. Monfieur le General du
une
ECR
chofe qui fait pitié que de les voir devant Proprietaire de la Parquet, cydans cet état, elles deviennent jaunes, & comme cct Iffet faifoit Maitiniqne une;
livides, letour
referves dece
partic edes
chagrines, desyeux tout noir, mai- appellé l'Hlet Seigneur, de Monfieur. on l'at toûjours
EC aux autres &c indolentes,ilafipors- à elles-mémes; elles autre Iflet un peu plus avancé Ilya en un
perdent abalumentlappetitp
que celui dont je, Viens de
mer
forte de bonne nourriture; & pourtoute tombent couvre fa Pointe oricntale, ne parler
enfin dans une
entre eux
Eneie
meilleur remede hidropif@eincurable. Le ces deux Iilcs qu'un couvrent canal, de maniere que
dès qu'on s'enapperçoit, qu'ony peut eft apporter te du cul-de fac, brilent routelouverturier. delesma- de la mer, 8c rendent ce grand l'impétuofité enfonJe reçus le Dimanche matin vingt- cement un' Port également feur &t tranquille, dans lequel on ne peut entrer
que --- Page 196 ---
152 NOUVEAUX
1694- que par trois paffes ou ouvertures, VOYAGES Pu- le
AUX ISLES
ne entre les deux Iflets qui eft large de toit charger d'un pareil embaras, &cillé-
&1 cinquante finsaticuns à. foixante toifes, proronde qu'on encore remit plus la que moi. Je fis enforte tge
entreles dangers; lcs deux autres main, &c
déliberation at lendeextremitezdesilersé 8cles;
pendant ce delai il
tes de la terre ferme de Vlle, mais poin- duifit dans un endroir plus nous conil ne peut paffer des barques ou où de fapointe, & où l'on Pouvoit fpatieuxque placer un
trés-petits Fafacdue
Bourg plus aifément, mais
Ce cul-de-fac eft un Port naturel des ritéétoit moins commode pour qui le à laveplus beaux qu'on fc puiffe
Nous y fimes le nouvel
Curé,
capable de retirer une armée imaginer navale, 2 cet endroit étoit à l'extremité établifements de la faquelque nombreufc qu'elle
vanne de Monficur
fi .commodément,
lcs Puiffe étre, honoraire au Confeil.
acdue
Bourg plus aifément, mais
Ce cul-de-fac eft un Port naturel des ritéétoit moins commode pour qui le à laveplus beaux qu'on fc puiffe
Nous y fimes le nouvel
Curé,
capable de retirer une armée imaginer navale, 2 cet endroit étoit à l'extremité établifements de la faquelque nombreufc qu'elle
vanne de Monficur
fi .commodément,
lcs Puiffe étre, honoraire au Confeil. Monel, Confeiller
yaiffeaux peuvent mouiller que en plus bien gros des étoit Picard, &c il avoit MonfieurMonel confervé reli- M.Meendroits allez prés de terre
ymet- giculement l'accent & les
nel.fom
tre une planche. Nous
tous fon pays, quoiqu'il en fut manieres de cja origine
les environs, de cC cul-de-fac ToRand fixer puisangrandnombre
abfent de- friunti
lelieul le plus
pourTétablitfement pour
frered'un Pere Monel. d'années; il étoit"
del la Paroiffc FRPRL d'un
Mercy, fameuxdans fon Religicux Ordre. de la
manqueroit pas des'y former. Bourg, qui ne Chirurgien guand il vint aux Illes; Ilétoit fa
d'y On avoir Peut croire qu'il ne manqua pas fortuneavoit fit de dix. ou TonmarncepNtsckegei
tous les habitans beaucoup de conteftations; 5 qu'un vaifleau douze Negrelles maladcs
une. Eglife &c un Curé fouhaitoient d'avoir mais pour riens parce Negrier luilaifa ne prefque
voifinage d'un Bourg refident, les
le qu'elles cuffent quatrejoursà qu'on croyoit pas
& ils avoient raifon, car épouventoit, il en coutc pendant il cut affez dhabileté vivre: ou cc- de
toûjours beaucoup à ceux dontleshabi- bonheur Pour lesguérir, &
tations font à portée d'un Bourg & de verent G fecondes, gu'elles ellesfetrou- lui ont
ceux qui s'y affemblent. duit une infinité d'enfans, de proMalgré tout ce qu'on nous dire, les trois lucreries gu'il avoit forteque &c
nôtre lentiment fut de
pûr
ques autres
quel-
& le Prefbytere fur une pointe placer l'Eglife du côté garnies de habitations, Negres Creoles étoient les toutcs
del l'Oueft, qui avançoit allez, dans la beaux de toute TIle. Ilavoit plus
mer pourdécouvrir tout le cul-de-facs àl enfanss Paris l'ainé qui avoit fait fes pluficurs
ily: avoit une petite riviere à côté, le
étoit Confeiller au
études &
terrein étoit découvert, expofeauv vent, fans n'eft contredit un des plus Confeil, habiles. Il
d'ailleurs & par conféquent il étoit plus fain quele refte; fils kicneg croyable jouer de combien le perc & le
ques & des Maringoins exempt des font Moufti- cher que
reflorts de pour cmpégrand nombre &ciort
en très- Eglife ne Pétablifiement fe fit fur leur la nouvélle
tous ces
dans
terrein; ce fut
CES
foit endroits-la, Cette pointe fai- pourtant inutilement, le Gouverneur
partie de Thabitation de Monficur General nôtre & PIntendant approuverent
Fevrier, feil alors Grefier en Chefdu Conchoix, & donnerent"
Souverain.
- cher que
reflorts de pour cmpégrand nombre &ciort
en très- Eglife ne Pétablifiement fe fit fur leur la nouvélle
tous ces
dans
terrein; ce fut
CES
foit endroits-la, Cette pointe fai- pourtant inutilement, le Gouverneur
partie de Thabitation de Monficur General nôtre & PIntendant approuverent
Fevrier, feil alors Grefier en Chefdu Conchoix, & donnerent"
Souverain. Comme ilétoit ami in- travaillât inceffamment aux ordrequ'on
timc de nôtre Milion,j'étois fachéde de TEglife & du Prefbytere. bâtimens On élût
Monticur Monel le pere pour premier
Mar- --- Page 197 ---
FRANCOISES DE
Kur Marguillierdecetten nouvellel Eglife, &c & LAMERIQUE
on lui fit fi bien
par des foffes conferver les
gu'il étoit fort fage entendreraifon, & fort pieux, outre de pluye pour Eeted beftiaux 9
cauix 104
oublia bien tôt le chagrin
avoit qu'il même qu'ony pourroit creufer peut-étre des
cudecechoix. Il entreprit le qu'il bâtiment avec fuccès. puits
fectionna de TEglife & du Prefbytere, & s'af- ferpens, Les cochons ne craignent point les Les coont deflervi tellement aux Religieux qui
aucontraireilsles pourfuivent chons ze
cette Paroiffe,
&clesmangent tfans en recevoir de dom- craigvoit dire qu'il en étoit lc pere, qu'on Ilavoit pou- mage. Le venin du ferpent
ils nent
foixante & douze ans.dans ce tems-li, en font mordus 2. ne leur fait quand prefque poins les
c'efk-i-dire, en 1694. jel'ai laiffé en- point de mal parce qu'il S'arréte Sc ferpent,
core plein de vie & defanté en
demeure dans e lard ou graifle, fans
fi fort & fidifpos, qu'ilmontoita iche. 1705. pouvoir tre
s'etendre plus loin ni faire auval fans étriers, quoiqu'il ne
chole que de
les enviprefquc que de chocolat avec du véquit bif rons font de la morfure corrompre qui pouriflent , &
cuit; de quelquefois un peu de potage &
une efcare qui tombe. C'eft
vin, fans viande niautre chole. Cet j'ai và dans pluficurs cochons marons ceque
chocolat exemple eft une
de la bonté du bois, ou fauvages & mêmc qu'on avoir tucz dans lcs
quand Taree il
& qu'iln'eft
dans des cochons doodeurs point mélangé avec ECER épiccries & des meltiques. guérit de La nature toutc feule les
qui lc gâtent en le rendant
dies
cela &c de bicn d'autres malaagreable au goût &c à l'odorat. J'en plus cclamille fans le fecours des Medecins ; cn
endroir. parlerai plus amplement dans un autre mcs, fois plus heureux que les homqui avec toute leur raifon s'imaLc Mercredi après midi nous allâmes ginent ne. pouvoir s'en pafler. viliter nôtrelflet. Un habitantducul- Nous partimes du cul-de-fac
de-fàc de la Trinité y vouloit mettre leJeudi deuxiéme Septembre Robert mides cabrittes & descochons,
dis nous allâmes coucher chez après MonPartagerions le profit.
endroir. parlerai plus amplement dans un autre mcs, fois plus heureux que les homqui avec toute leur raifon s'imaLc Mercredi après midi nous allâmes ginent ne. pouvoir s'en pafler. viliter nôtrelflet. Un habitantducul- Nous partimes du cul-de-fac
de-fàc de la Trinité y vouloit mettre leJeudi deuxiéme Septembre Robert mides cabrittes & descochons,
dis nous allâmes coucher chez après MonPartagerions le profit. Nous dontnous y avions fieur Joycux qui nous
cu autrefois des Negres
coup deg generofité, traittaavecbeaudu manioc &c du mil,
y. cultiver le lendemain au cul-de-fac Ecnousaccompagna dc la
menu bétail &c des EF élever du nité. Triavoit été obligé de les volailles; mais on Nous avions paffél la riviere des Galqu'étant trop éloignez de retirer, Thabitation, parce lions dans un canot quand nous étions des Risiere
ils negligeoient lc travail &
2 venus, Snoscheranydefetler
lions, Galroient pu être enlevez, foit parlesAn- qu'ils au- fieur pafléc à la nage, mais au retour l'avoient Monglois avec qui on étoit en
foit
Joycux nous laf firpaffera
en
gfes de par lcs Forbans. J'en fis le guerre,
faifant un affez
ragué,
Mon- je n'ofai Pas entrer bien tour, mais la mer, en fuivant grand-demi un
cerele dans
Beur. terres,
avant dans les eft à fon
banc defblequi
ferpens. qu'il eft tout rempli de n'ont pas embouchure de l'eau où les chevaux
terre me
PR
propre à tout ce qu'on parutbonne, y. voudroit cul- &c felle quand la mcr eft baffe, jufqu'aux mais genoux la
tiver, quoiqu'il n'ya ait ni ruiffeaux ni cft & fouvent dellus quand juiqu'a elle
fontaines: il eft vrai qu'on peut remé- hautc, ou eulon fetrouve dans les
dier à cet inconvenient par
nouvelles ou pleines Lunes, ou dans
Tome 1. desciternes V lesE Equinoxes, car c'elt une crreur de
croi- --- Page 198 ---
VOYAGES AUX ISLES
154 NOUVEAUX ni reflux entre Je fçai que les deffenfeurs de cette 169-5
1604- croired qu'il n'y a ni Aux & dans la mer Me- opinion difent 2 que la Zone Torride elle-méles deux Tropiques du moins qu'ilyelty pref- eit abfolument inhabitable par elle
diterranée, ou Jai été affez crédule mc, ex fe, quoique par accident c'eft-à-dire,
que infen@ible. foutenir & l'enfeigner quand puilfe devenir habitable, font fenle
del Philolophic, mais par le fecours des ventsquis'yf
LE Profelfeur
de plus de tir, qui la rafraichifent &ctemperentia cette réj'ai connu par une experience demeuré & voia- chaleur infuportable. Mais car files
douze années quejyai endroits de l'Amerique ponfe n'ett-elle pas pitoyable, dans la Zone
gé en differens
vents alifez
entrel les deux Tropiques,, Europe, quilyatlux qui Torride n'y Eansea que accident, toû-
&c reflux regler.commcent
de la ils'enfuivroit
quilsny RE.IEE
fuivent Ics differentes fituations
comme eneffct il y
ERLIDE
Lune, &ctellementi tientibles,quilavont jours, très-longs calmes, & qu'ainfi leur abà plus de trois pieds dans les & ETFOLE Sizigies fence ou leur défaut rendroit le
& paffent rotjoursunpied
re- inhabitable pendant cet tems-là,
EESR
lcs Quadratures.
c reflux regler.commcent
de la ils'enfuivroit
quilsny RE.IEE
fuivent Ics differentes fituations
comme eneffct il y
ERLIDE
Lune, &ctellementi tientibles,quilavont jours, très-longs calmes, & qu'ainfi leur abà plus de trois pieds dans les & ETFOLE Sizigies fence ou leur défaut rendroit le
& paffent rotjoursunpied
re- inhabitable pendant cet tems-là,
EESR
lcs Quadratures. Jai fait les mêmes oùt faudroit que les hommes qui Phabitent
marques à Civitavechia en Italic, mon mouruffent ou allaffent demeurer dans
j'ai demeuré plus de fix ans après l'u- les Zones temperées. en attendant le
retour des Ifles. Mais cer n'cit pas l'efprit retour de ces vents rafraichiffans: mais
nique erreur dont on fe charge fuit
ils fe trompent lourdement. Premiemal-à-propos quand on aveuglé- écri- rement, ces vents ne font point dans
ment ies fentimens de certains
la Zone Torride par accident : En
vains. dans le huitiéme fie- fecond lieu, quand ils y manqueroient,
Nous avons vû
de Salzbourg, elle ne laifferoit pas diêtre tres-habitacle que avancé Vigilius qu'il Evéque y avoit des An- ble. lieu que les vents Caufa
ayan:
Je dis en premier la Zone Tor- des
tipodes, toute TAleimgneveeacone Zacharie alifez ne font point dans
venis
tre lui: il fut déferé au dangereux,, Pape
& ride par accident, parce que la caufe très- alijfet
comme un Heretique fes raifons il fut dcclaré quiles produit eft tres-necellaire,
malgré toutes
de feure & tres-continuelle, puifqu'ils Tre
- Eleéteur
terre
E
tel par l'Archevéque la Cour de viennent ou du mouvement déla pigltse
Mayence, & enfuite par aujour- autour du Soleil, ou du mouvement"
Rome. Nous voyons celebres encore foutien- du Soleil autour de la terre. Que l'un fe
d'hui des Ecoles
la Zone ou l'autre de ces deux grands corps
nent Toer ferieufement que descha- meuvent, il eft toûjours conftant que
Torride eft inhabitable à caufe
la chaleur du Soleil fait rarefier trèsleurs continuelles & exceffives quiyre- confiderablement la
de l'air qui
L Zone gnent. Cela étoit Tandonnablearanties trouve
que T'impreffion
E
"erride voinges de Chriftophle Colomb, Fran- d'A- s'y ou l'aétion oppofce, de cette chaleur venant à diniipar mericVefpuce, Scbaftien Cano,
minuer parléloignement del la caufe qui
sniati- çois Drac, & une infinité d'autresqui
ce même air retourne à
sabie. Kfna- ont demeuré dans la ZoneTorride, maisde &c la fa produifoit, place, comme un reffort retourne à
siondu qui ont faitle tour du mondes
la fienne quand on ceffe de le comprifonzi- le dire encore à prefent, il me femble mer. Or cette comprelion &c rarefacment
tion
aaR. qu'ilya Trmaalmmtianekulr --- Page 199 ---
FRANCOISES DE
€lg4. le tion de l'air cft la caufe du vent, c'eft LAMERIQUE
être vent méme dont la caufe ne fçauroit ble du & plus feconde queles autres parties 162t.
ont faitle tour du mondes
la fienne quand on ceffe de le comprifonzi- le dire encore à prefent, il me femble mer. Or cette comprelion &c rarefacment
tion
aaR. qu'ilya Trmaalmmtianekulr --- Page 199 ---
FRANCOISES DE
€lg4. le tion de l'air cft la caufe du vent, c'eft LAMERIQUE
être vent méme dont la caufe ne fçauroit ble du & plus feconde queles autres parties 162t. regiée, plus neceffaire, plus certaine, plus da chaud monde. Il eft il plusaifé de fe garantir
lesvents plusnaturelles & par confequent fc mettre à quand l'ombre ne & faut pour cela que
ride n'y alilezquifont font pas dansla ZoneTor- fe préferver du froid à au vent, quede
donc pasparaccident par accident, ce n'eft de maifons bien clofes & force de d'habits,
dent, ni par accident qu'ils) la eft rafraichif- gu'on pourroit me faire feu. Jefçai
ble. qu'elle habita- tions fur ce que je viens quclques de objecD'ailleurs
il eft fi facile
dire, mais
pas, ne fuffroit-il quand ces vents n'y feroient croi pas devoir d'y répondre, que je ne
habitable
pas pour la rendre
quitter mon fujet pour
jours & des cette égalité continuelle des celaquant à preient, ilfetrouvera affez
nuits qui fait que la terre d'occafions de le faire dans la fuite decc
quelque chaleur gu'elle ait' contraétée Journal. La
a Pendant du quele Soleil étoit
riviere des Gallions de
Larivie
tems de réfte pour furlhorifon, fc rafraichir manicre qu'on la; paffe, clitotjourstres- quelque rè des
pendant car tout le qu'il monde fe trouve fous l'horifon; dangercule. Elle cft large de trente à Gallions pafchaleur confifte doit convenir que la trente-cinqt fiderable Bn@nmocotwetoor) pd
parties, & la dans le mouvement des fon depuis le bancdef fablequieft à dange-
&c'ettala froideur dans leur repos, licuë embouchure, dans les jufqu'iunt bontiersde reux,
prefence du foleil qu'on doit devient enfin terres, où elle diminue &
lemouvement, or cesdeuxt &lereposa fonablence: tres rivieres un torrent comme les auvifblequclatemenee sensetnropnsn n'eft-ilpas & par conféquent qui ont beaucoupde pentc,
de chaleur en douze contrna@ejamaistant heures
dans les baflins ou creux pcu d'eau, excepté
expofée auf folcil,
qu'elle eft fez fouvent dans leur cours. qu'on Ce trouveafge en douze autres quellenesendechar. heurcs
fon' paflage dangereux outre fa qui rend
oppolée. qu'elleluieft deur &clerefoulément
profonCeft cette vicifitude qui
pendant lef Aux, ce font deseauxdelam les
mer
rofées journalicres & abondantes produit ces lcs Becuncs qui s'y, trouvent Requiens trés-fré- 8c
Thumectent, dent fifeconde. larafraichiffent &c la ren- qui quien. quemment. Jaip pailécy-derantdaRe. vent de terrc quel'onne C'eftde-là que vient un Pour la Becune, c'eft une
de fentir la nuit fi froid manquej & f jamais brochet de mer, vif,
efpece de Di
fur tour deux outrois
piquant race, hardi au de-là de gourmand, votourdu
Lcs
heueatisriere
Timagination. AP
vrir fous foleil, qu'on efto obligédefecou- croi Efpagnols les l'appellent Parirotas; je fonapl pellé"
maux de peine de contraéter dc violens me nom.
c'eft une
de fentir la nuit fi froid manquej & f jamais brochet de mer, vif,
efpece de Di
fur tour deux outrois
piquant race, hardi au de-là de gourmand, votourdu
Lcs
heueatisriere
Timagination. AP
vrir fous foleil, qu'on efto obligédefecou- croi Efpagnols les l'appellent Parirotas; je fonapl pellé"
maux de peine de contraéter dc violens me nom. que On Anglois lui donnent lei mé- Becune,
fe de cela poitrine; &c'eft encoredcau- viere de
en a vû dans cette ridès qu'on qu'on eft à fent toûjours du frais
& dix-huit de la à vingt pieds delonqu'on foit
l'ombre, ou
peu
la
d'un cheval. expofé au
Becune
(Eh
vent. CCS
decettet taille, elRour
Erten
avantages fans
me paroiffent que fuffi- lea tes &c deux rangs dc dents longues, foreft
la Dine Torride point tranchantes, &c comme elle n'eft
dois ASLEES par EREI méme, à quoi je comme obligée le de fe tourner fur le côté
omagnsdicmntigt mordre, cile Requien efi infiniment 2 quand elle veut
V 2
plus dangereuie. --- Page 200 ---
156 NOUVEAUX
1694. reufc. VOYAGES AUX ISLES
tuent à Nadanagenuiamead coups de couteau lesl & qui leméme défaut,
Sc lcs Pantoufliers, n'ofent Requiens les mémes précautions Siquillfurapporer avant d'en
Becunes, parce que Paffant lejolteraux avecunevi- ger. J'en parlerai quand l'occafion man- s'en
relfiextraordinaite, clles
prefentera. bras, une jambe ou une emportentun Voici une
s'ils étoient coupcz d'un tête, comme ne pas
Temarque gu'il eft bon de RemarIl cft arrivé
coup de fabre. ré renvoyer plus) loin. On cft afluplufieurs fois des che- parpluficurs
vaux & autres
que
fons voraces
epeneneenqueclapoir TAE
animaux; paffans à lanage Pantouflier comme le Requien, lel fonseareutculeajnnbencopedye moitié
oul leventrea taquent ou Zigene &c lal Becune, at- nalfiers,
emporté,
qu'un plutôt un chien ou un cheval
fennc Onprend beaucoup de Becuncs à la
homme, &c plutôt un
&à la ligne, maiscefont despe- qu'un blanc quand dans le renverfe- Negre
tites, c'eft-a.dire, depuis un
&c ment d'une barque ou d'un
demi jufqu'à trois pieds de pied trouvent ces differentes canot ils
C'eft un très-bon poiffon; fà longueur. chair eft maux à la mer. Je laiffe efpeces aux curieux d'aniblanche, ferme, afezgrale, &cdemé- d'en chercher la raifon; il fuffit
mc goûr à peu près que le Brochet, le fait que je rapporte foit veritable
mais il
UE
caution, n'en' faut pas manger fans pré- ritable approuvé par tous ceux quiont une veea- &c à carileft fujet à empoifonner des autres connoiffance de TAmerique, &
litex quand empoifonner il eft
ceux qui lc mangent ces
endroits où l'on trouve de
delaBeen cet état.
raifon; il fuffit
mc goûr à peu près que le Brochet, le fait que je rapporte foit veritable
mais il
UE
caution, n'en' faut pas manger fans pré- ritable approuvé par tous ceux quiont une veea- &c à carileft fujet à empoifonner des autres connoiffance de TAmerique, &
litex quand empoifonner il eft
ceux qui lc mangent ces
endroits où l'on trouve de
delaBeen cet état. Comme ilcft eft poiflons carnafliers. Mon fentiment
cunees extrémement vorace: : il mange goulu- que les corps des chiens & des chelespré- caitions ment tout cequi fe rencontre dedans &c vaux exhalent des corpufcules qui fragu'ib delfltusl'caui, &clansetre-fourente qu'il tirent pant cespoiffons plus vivement, les atfaut s'yrencontredes dé
Galeresoud des Pommes
davantage. Comme nous
prendre Mancenilier qui font des
queles loups, lescorbeaux &c voyons
azanE trés-violens &
poifons chiens viennent
mémc les
d'en cune n'en trés-caufliques. Lal Bc- ou à un
plutôt a une charogne
manger. meurt pas, quoiqu'elle en
corps qui commence à fc cormange, mais fa chair contracte le ve- rompre, qu'a un corps qui eft recemnin & fait mourir ceux qui la man- ment ne privé de la vie, ce qui à monavis
gent, comme s'ils avoient
de peut venir que des
ces méchantes Pommes
mangé s'exhalant
corpulcules qui
res. ou de ces Gale- tité, s'étendent pourlors aufi en plus grande quanplus) loin
Le moyen de connoître fi on
plus fortement les organes de &cfrapent ces animanger de cc poiffon fans danger, peut eft maux. de vifiter fes dents, car fi elles font Maisune chofe affez fiurprenante, &
noires, c'eft une marque infaillible
qui eft cependant de notorieté
necle LaBelcft empoifonné. Si ce figne eft équivo- gu'il que, eft guc les mémes poiffons publi- atta- Requien
font que, comme il arrive quand elles ne quent plutôt un Anglois qu'un François premment
pas tout à fait noires, ni aufi quand ils les trouvent enfemble à pazse NE Antout a fait blanches, il faut goûter le mcr. Scroit-ce que lAngloisauroit les la glais
foyc, & fi on le trouve tant foit
pores plus ouverts
& quun
amer, ilfautjetterlep poifon commeem- peu que
fuite edninl lcFrançois, il exhaleroit Eranpeis
roilonné. Hlyaautresposfonse quiont plus Rereans corpulcules propres à fraper les
organes de ccs Foillons, & a lcs attitcr: --- Page 201 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
$604. ter:Maispourquoi les auroit-il plus ou- de tous les Européens qui font venus les 1694
verts? Y auroit-il quelque difference chaffer de leur pays,
notable entre les
du corps la chair des Anglois plus
CoeRne
corpulcules
ATES
d'unFrançois & d'un Anglois? J'ai enapctiflante" que celle des François
sendu raifonner biendes gens fur ce fait Rz des Efpagnols, & qui nediftinguent
fans qu'on foit arrivé à m'en donner mieux à l'odorat les veftiges ou traces
une raifon démonftrative & convain- oh un Anglois ou un Negre ont paffé
quante.
entre les
du corps la chair des Anglois plus
CoeRne
corpulcules
ATES
d'unFrançois & d'un Anglois? J'ai enapctiflante" que celle des François
sendu raifonner biendes gens fur ce fait Rz des Efpagnols, & qui nediftinguent
fans qu'on foit arrivé à m'en donner mieux à l'odorat les veftiges ou traces
une raifon démonftrative & convain- oh un Anglois ou un Negre ont paffé
quante. Après avoir bien penfé, il
une autre Nation : carc'eftune
m'a femblé que edho pouvoir venir de S merveilleufe de voir avec quelle
la nourriture des Anglois &c de leur jufteffe & quelle certitude ils démélent
temperamment. Il cit certain qu'ils dans un bois! les routes qu'une homme
mangent beaucoup deviande, cui- at tenu, le fuivent pas à en flairant. tc, & prefque point de pain; Tar eft la terre, & diftinguent Reeat un Blanc
venu une eipecedeproverbe, du moins ou un Negre, un François ou un Anparmi les Irlandois: que le pain eft la glois. Sur ce principe qui eft très cernourriture de la neccfité. Or il eft tain, pourquoi ne pourra-t-onp pas croire
tNre Conjes- de certain que la quantité dc viande pro- que lcs poiffons ont l'odorat affez fin
FAu- duit dans ceux qui la confomment une pour connoitre CC
leur convient
seur de
odeur ceux en man- davantage, &
chercher avec
e
sfajet. certaine moinsfentent que aifément, qui quoiqu'el- plus d'empreflement. pour Je ne donne pourEcter ne. foit pas fenfible à ceux qui me- tant ceci quc comme une conjecturequi laiflantàtout
nent la méme vie: & c'eft ce que l'ex- m'eft venué dansl'efprit,
perience nous fait remarquer dans les le monde la libertéd'en juger commeil
Bouchers, je dis dans ceux mêmes qui letrouvera à propos, &c mc foumettant
font les. plus propres; comme ils font à corriger le mien dés qu'on m'aura fait
toûjours au milieu de la viande, &c que voir quelque chofe qui approchera dad'ordinaire ils en confument affez pour vantage de la verité. leur nourriture, l'odorat les diftingue J'ai dit cy-devant que la Becune
aifément fans qu'on lcs connoiffe en- s'empoifonnoit cn avalant des galeres 5
tre pluficurs perfonnes avec qui ils fe ileftj jufte de dire ce que c'eft que ce
rencontrent: Pourquoi ne pourra-t-on poiflon. la furface de
dire la même chofe des Anglois : La Galere ne paroit fur
Eed
la mer que comme un amas d'écume
D'ailleursil-fontd'un temperamment tranfparente, remplic de vent comme
délicat & gras, la plapart d'un poil une vellie peinte de pluficurscouleurs, domiroux ou blond, qui dénote une chair oulebleu, le rouge, & le violet de
molle, poreufe & comme fpongicufe, nent. C'eft pourtant un poiffon dc plcin cartila- criptions Dep
d'où il fuit qu'ils ont les porcs plus vie, dont lc corps compofe
dela
ouverts, & paru une feconde confequen- ges & d'une
très-mince, l'cau fc 8c rem- le Galers. ce, ils produifent une exhalation de cord'air qui EE foûtient fur
pufcules dont l'odeur eft plus penetran- Et flotter au gré du vent &c des late, ferépand iplusloin, & finappedavan- mes qui le jettent fouvent fur le ritage lcs organes de ces animaux.
e
dela
ouverts, & paru une feconde confequen- ges & d'une
très-mince, l'cau fc 8c rem- le Galers. ce, ils produifent une exhalation de cord'air qui EE foûtient fur
pufcules dont l'odeur eft plus penetran- Et flotter au gré du vent &c des late, ferépand iplusloin, & finappedavan- mes qui le jettent fouvent fur le ritage lcs organes de ces animaux. vage où il demeure échoué fans fe
In'yapasjufques à nos Caraibes qui pouvoirr renuer,jaf@p'iceqelune autre
e1d30h25MA7ANAE lame, onde ou vague commc on vouV 3
dra --- Page 202 ---
I58 NOUVEAUX
T634 dra l'appeller, lereporte dansl'eau. VOYAGES AUX ISLES
a huit efpeces de jambes comme des Il remede que celui de la patience. Plulanieres ou couroyes, d'une partie def- & ficurs le perfonnes ont experimenté lemal 1634. tre quelles il fc fert pour nager, & delauSccomme
qu'il éleve en lair pour prendre le jelesaicrû dignes foi, j'ai crûà
vent & fe
voir me
RTa
s'attache foûtenir mieux fur Peau. II ce furr difpenler d'en faire l'experien- pouà ce qu'il rencontre par le
moi-mémc. Ily a
des
moyen de fes jambes qui font comme gens qui affurent que fi on pourtant met fur la
gluantes. Je n'en aijamais pû remar- partie qui a touché la galere, de l'cfvé quer le mouvement quand j'en ai trou- prit de vin ou de T'eau-de-vie la
fur le
forte,
plus
mon poffible rivage 5 quoique fiffe tout quedelanoixd avecdel'huile qui fort dela Coferemucr, pour obliger t poiflon à furlefeus d'Acojou lorsqu'onla met
braffoit jevoyois feulement qu'ilemcetemistionappaife la doufortement les morceaux de bois leurdansle moment. Il me
ou les pierres firr lefquels je le pofois c'eft éteindrelefcuc enyjettant lembieque
cnleprenanta avect un baton, & trou- d'hoile. Peut eftre aufi quela quantité
vois de la réfiftance
je le
que T'attouchement de la chalcur
lois détacher,, foit
vou- eft d'une cfpece toute galere caufe
fort qu'il faifoit IEt dan de l'ef- dec cesdeuxl
autre que celle
ner
pour ne pas abandon- en gucrit un liqueurs, &qu'an contraire
dethumeur cequiltenoit, foit que ce futlefet touchement de autre. Ori fi le fimpleatroiffent être couvertes, gluante dont fesj jambes Pa- de caufer tant de ce mal, poiflon eft capable
Efets Le poifon de cet animal eft fi caufti- pas juger de ce qu'il produit que ne peut-on dans le
A che quc, la fiviolent &fi fubtil, que s'il toud'un animal qui l'a avalé : CC
Galere,
chair de quelque animal
iy a de fiuprenant c'eft
foit, ily caufe une chaleur extraordi- que ce rompt &c empoifonne la chair qu'il de cornaire avéc unei
poillons fans lcs faire mourrir.
Efets Le poifon de cet animal eft fi caufti- pas juger de ce qu'il produit que ne peut-on dans le
A che quc, la fiviolent &fi fubtil, que s'il toud'un animal qui l'a avalé : CC
Galere,
chair de quelque animal
iy a de fiuprenant c'eft
foit, ily caufe une chaleur extraordi- que ce rompt &c empoifonne la chair qu'il de cornaire avéc unei
poillons fans lcs faire mourrir. ces
Jeur auffi penetrante indummatin&unrdos. que fi cette
vc des galeres dans toutes les côtes Ontroutic avoit été arrofée d'huile boiillante. par- Ines, & fur tout après les
des
Ce ce poifon. a de particulier, c'eft vent & les grofles marées. J'en coups ai de
que EP douleur que caufe fon attou- dans' tous les endroits du golphe và du
chement croît à mefure quc le foleil. Mexique où j'ai été. monte far T'horifon jufqu'a ce gu'il ar- Laj pomme del Mancenille,
rive àfon: apogée, & qu'elle
cenilier eft tout-à-fait oudeMainefure ga'il
diminue à' pomme Dapis
femblable à la
ceffe rout-à-fait defcend; en forte qu'elle feur & l'odeur. pourla couleur, lagrofeft couché. peu On de momens après dirai rien, ma curiofité Pour le goût n'en
2E gens aux Mles ne manque pas qu'à en faire
n'a
Ez
remedes contre qui indiquent des a de certain Pexperience. E qu'il y Deferigcomme
cette doulcur ; mais
c'eit que ce fruit eft un tion ds
aucun de ceux qui s'en font ne cauftique des plus puiffans, auquel on ManceRemede fervisnem'aalluré d'en avoir receu un de
apporter d'autre remede que de nilitr fon o
ace prompt
avaler
Ent
mhal. ceux que foulagement 3 je confeilie à en quantité aux promptement de Thuile fuit. curiofité Tignerance, 2 le hazard ou la
leur animaux qui en ont
porteront à teucher des Ga- mangé &c pour faire vomir le fruit ,
lcres, de nc point appliquer d'autre oindre lcs vifcercs avant que le fuc
cauflique y: aitoperé. Larbriequipore
tc --- Page 203 ---
FRANCOISES DE
1694 te fort ccs dangereufes pommcs reffemble fi il faut LAMERIQUE. feroient au poirier, que les plus habiles y
d'y l'abattre. toucher du Onanafcatparavant 16gh
auffi-bien trompez. fon Sa feiille cftlan même 2ar pied, on met bois fec autour de
tre difference que écorce, qui in'a d'au- éloigne à caufe y des le feu, 8c on s'en
remplic d'un laitblanchatre que d'être plus épaiffe & fumce pourroit caufer. accidens que la
corrofif. Son bois fous l'aubier
& que le feu a confumé fon Loriqu'eonjuge
fatre, mélé
gri- ymetlal
humidité, on
COREAE
de differentes de grandes & petites ondes ge & les hache, mains oblervantd'avoirl levil. perdrix, infiniment teintes, plust chargedyeuxe de crainte que la couvertes d'un linge de
nuancez
beaux &n micux
poufliere qui en fort, le
cacur & que tout ce que le noyer s le laitoulhumidite ne rejaillife fur 9"
être reftée,
duire.
gri- ymetlal
humidité, on
COREAE
de differentes de grandes & petites ondes ge & les hache, mains oblervantd'avoirl levil. perdrix, infiniment teintes, plust chargedyeuxe de crainte que la couvertes d'un linge de
nuancez
beaux &n micux
poufliere qui en fort, le
cacur & que tout ce que le noyer s le laitoulhumidite ne rejaillife fur 9"
être reftée,
duire. chomemndaniempetarg pro- bouche,
3 dans la
Eat
Saqualité caufique &
Ceux quilefcient danslesyeux ufent ou des fur les mains. pasfeulement dans fonf fruit, venimeufen'eft elleletrou- cautions, &
aufi-bien que les mémes Menuiliers présiance- Efis du veencoredans les feuilles, dans le bois, fa beauté les Tourneurs le
qui l'employent, car
milier. danslelaitqui fort de fon écorce
fait rechercher
on y fait une incifion, dans fon ombre quand des cabinets, des tables, des pour faire
même loriqu'on al le malheur de
& autres fortes de meubles. gucridons,
dormir. s'y cn- Nos Caraibes fef fervent du lait de
Cet arbre qui pour l'ordinaire vient arbre pourempoifonner
cet LesSawfort grand, croit toûjours au bord
font pour ccla une fente leursflechessils s'en wages
mer ou des rivicres. Il eft dela y1 mettent lebout des fleches dansl'écorc, & vent fartrouver dans des terres rare d'en bent del lal liqueur qui en fort qui s'imbi- poure eHl'eau. Loriqu'il pleur8 & qu'on éloignées de che comme du lnit, mais quic eft blan- poifon- ner
cet arbre, i faut prendre pafle de fous plusgluante. Ilslaiffentt fecher plus épaille&c leurs
cevoir fur fcs mains ou autre garde re- ainfi imbibécs, &c loriqu'elles les font fleches une fechezi
du corps, l'eauquia coulé far fes partic feiil- playe elles l'empoifonnent en mémc
les, car cllec cauledesvelies fur la chair tems. comme fi c'étoit de l'huile boiillante On n'a point trouvé jufqu'à
qui y fut tombée, & elley excite
d'autreremede contre les
prefent Def
demangeaifon
une par les fleches
playcs faites cription de la
darelongrems. tres-doulourcufe, Elle eft méme &c qui luc dune cerraine empoifonnccs, plante a
le Plante
de faire perdre lav vûe fi clle tombe capable. dans feignée aux François Par qui un ale en- Tuulola,
les yeux, ou f Par mégarde on fc les Les Caraibes
Sauvage. snigue
frotte avec la main mouillée
François, Herbeauxf Tappellent Toulola, &cles remede
eau, ellecaufed'abord,
de cette fez femblable au Balifier, fleches. Elle eftaf- f
derable, qui de rouge uneenfureconti- qu'elle étoit fa hauteur ne paffe
excèpté que ebesems
commencement, devientlivides au Sa fleur eft blanche gueres Tenfermée quatre dans picds.poon- nétt,
de pus.
te avec la main mouillée
François, Herbeauxf Tappellent Toulola, &cles remede
eau, ellecaufed'abord,
de cette fez femblable au Balifier, fleches. Elle eftaf- f
derable, qui de rouge uneenfureconti- qu'elle étoit fa hauteur ne paffe
excèpté que ebesems
commencement, devientlivides au Sa fleur eft blanche gueres Tenfermée quatre dans picds.poon- nétt,
de pus. Scplcine peau verte, longué &c
une
Pricdu- Le bois de cet arbre n'eft
s'ouvrant en trois montre pointuë, une
en
tions dangereux àt travailler, à moins pas moins lc tendre, unie, velué
HES
quion foit enticrement &
qu'ilne licu de
&ccreufe, aur miayporte mefapoufiere eft fec, en cctétat mé- niere de laquelleilya volute. un petit jet en mafervir paurfe de bien fe
C'ett tunpoilfon dont il faut cette fleur eft une Le fruit quif fuccedeà
starire,
garder. un miftere quand trois côtés,
cipece de prifme à
d'unrougepile & tres-lile,
qui --- Page 204 ---
160 NOUVEAUX
16)4. qui renferme une
VOYAGES AUX ISLES
teufe. petite graine rabo- de jus de citron & de cordiaux
La racine de cettep plante
chaffe le venin qui s'étoit infinué qu'on dans 1094
flancel bulbeufe, blanche, acqueufe, eftunefub- & le corps. En un mot cet arbreeftauffi
nemtmnsimancriemme titédefi
garnic deq quan- de dangereux bois qu'il eft beau; Senr matiere
filetslongs &c fecs. Elleefttoute en
on n'en peut pas trouver
couverte de membranes flamenteufes, approche. qui
attachées les unes fur les autres comme té, Avant d'arriverau Bourgdela'T Triniplufieurs enveloppes qui cachent une
nous allimesathabieationde Monpeau polie & un peu luifante, àda re- telli ficurdu Buel'Etang, à
ierve de quelques filets qui en fortent. avoit à parler; &c quilePereMar- comme il
Sa figure eft ronde & prefque coni- à peu prés lheure de diner, on nous étoit
que. Saf feiille
LharSntesDE fon du fieurdu Buc eftfituéefurlen Lan maitronc par une eddunrdelairamachése queiclongue &ccaneléc; ne ou coline qui fepare le cul def fal mor- de
elle cftronde parlebas, c'ett-à-dircàfa laTrinité d'avéce celuid idu Gallion, dans
naiflance, quatre fois ou environ plus l'endroitoi te
commenceunel longue poinlongue que large; elle fe termine en qui avance dans la mer près de deux Pointe de
pointe à peu prés comme le fer d'une licues, qu'on appelle la pointe de la Cara- la
pique. Elle cft forte & ferme prefque Caravelle, qui jette une autre branche zelle EN
comme duj parchemin, &c. fe roule d'el- vers P'ER qu'on nomme la Tartane del la
le même aufi-tôr qu'elle eft cueillie. àl cette T'EL branche de avec un morne qui eft Tarta- 2e. On pile la racine & on la faitinfufer
la riviere du Gallion, forpour cn faire une ptifanne qu'on fait ment le cul de fac du Gallion, qui eft
fleches prendre à ceux qui ont été bleffés de partagé fait lc en deux par une pointe qui
empoilonnées.
- vers P'ER qu'on nomme la Tartane del la
le même aufi-tôr qu'elle eft cueillie. àl cette T'EL branche de avec un morne qui eft Tarta- 2e. On pile la racine & on la faitinfufer
la riviere du Gallion, forpour cn faire une ptifanne qu'on fait ment le cul de fac du Gallion, qui eft
fleches prendre à ceux qui ont été bleffés de partagé fait lc en deux par une pointe qui
empoilonnées. Elle a la vertu lion. grand 8 le Petit cul de fac Galde chaffer le venin, &c de l'empécher
J'étois charmé de la fituation de
de gagner les parties nobles; & cepen- deux cette maifon dontl la vûe s'étend far ces
dant on applique la même racine & culs defacs, furleB Bourg, le Port
lée & broyée en maniere de
pi- le Fort de la Trinité, & fur une
me fur la playe dont elle attire cataplaf le ve- Buc partic de la Cabefterre. Monficur du
nin 3 mais il faut que ce remede foit Baltazarddul l'Etang avoit un frere nommé
appliqué promptement : car pour peu de
Buc, mariéàunedesf filles
qu'on tarde, ce poifon travaille avec Monfieur MonficurMonel. Ils fontenfinsde
vitelfe, il corrompt les environs de la tion
Pierre du Buc, dont l'habitableffure; & quand' ils'eitunefoiscométoit au deflits dul Bourg delaTrimuniqué dans de grands vaiffeaux; la nité. de la C'étoit un des premiers habitans
bleffire devient mortelle. Martinique. Il
L'ombre du
famille de Normandie. Etoitd'unebome Dés l'age de
moins dangercule Mancontiesletgoeres pour ceux qui s'y dans quatorze le ans fes
le firent fervir
endorment, que fon lait & fon
Regiment
PMSO
Ils font affurez de fe trouver à fruit. leur Etant revenu en fon pais grand après Maitre. quelréveil enflez
ques campagnes, il cut
Famille
une. migraine cstisordinairement, avec un homme de qualité querelle avec de.Monfiévre
très-violente 3 & une valier de Piancourt; appelle le Chc- fear
tres-dangercufe. C'eit à forçe leChevalier
ilslebatirent, &c Pierre
ctant demcuré mort fur la dabue, Sen Mif
placc toire, --- Page 205 ---
FRANCOISES DE
2604. place, lefieurdul
LAMERIQUE
16t
coredix-huitans, Bucquintwoitepuene fute
Fort S. Pierre de la Martinique
Il trouva heureufement obligédefelauver. à la rade de avoient attaqué en 1692. &c on qu'ils étoit 1694. Dieppe un Vaiffeau qui mettoit à la fiperfaadé à la Cour de fa
&
voile pour les Ifles; il syjetta, & fut defa de S. valeur, queMonficur ieChevalier prudence
bientôt Chriftophle. Sa bravourePy liles, Laurent & Monficur Lieutenant Gencral des
auffi
ETSARE
connoitre,
fut-ilchoifi eurent ordre de lemener: Begon, Intendant,
Krifiendtunstonabecs &cFondateurde la Colonic Gouverneur qu'ils allerent
aveceux lorfde S.
Cour de fa
&
voile pour les Ifles; il syjetta, & fut defa de S. valeur, queMonficur ieChevalier prudence
bientôt Chriftophle. Sa bravourePy liles, Laurent & Monficur Lieutenant Gencral des
auffi
ETSARE
connoitre,
fut-ilchoifi eurent ordre de lemener: Begon, Intendant,
Krifiendtunstonabecs &cFondateurde la Colonic Gouverneur qu'ils allerent
aveceux lorfde S. Chrifafin par de Ordre du Roi, à S. Hneyparacompgees Monfieur du Domingue, feils. fe fervirde fes conParquet fon neveu lorfqu'il l'envoya Son
gouverner la nouvelle Colonie
filsainé) Jeandul Buc,
venoit d'établir à la Martinique,
pelloit du
quel'onapun
BueFErangpourl
de ces
ARel
braves
lediltinguer
gui chaflerent les Sau- defompere, a marché fidelement fur fes
vages de la Cabefterre de cette Ile, traces. nées Après avoir fervi
anun
après rude combat
fur les Vaifleaux du quelques
tre les deux Nations à la qu'il cafe y du eut cn- retiré & marié à la
Roi, s'étant
qu'on appelle
Bor- diftingué dans les Martinique, ils'eft
EEAA Marie, d'ou aujourd'hui le Fort de Capitaine deC Charges de Major,
pouffés
après qu'on les eut tenant Colonel Grenadiers, & de Licureculez du jufques aux culs de fac les plus befterre. des Milices de la Cacôté del'Eft, le fieurdu Buc jours Quoique jeune il avoit toûs'érablitau cul dei facdela Trinité, dont
accompagné fon pere dans les enon peut direqu'ila été le premier habi- treprifesquellon avoit faites furles entant, qu'ilya fait la premiere Sucre- nemis, &yavoit
rie, & que c'eft à luiqueceq
tion. II fut bleffé Hcnusunejullerépurs- à la
les
prefent le plus confidcrable quartier, de TIlle, à Anglois firent à la Martinique. deicenteque Il fereft redevable de la culture du
vit avec beaucoup de diftinétion à la
dont ayant trouvé quelques arbres Cacao, dans Guadeloupe en 1703. à la téte d'une
les bois, il en a multiplié l'elpece, & Compagnie de cent habitans de fon
d'unarbret enfeigné à fes compatriotes la culture forcer quartier, les & il ne contribua pas peu à
fes
fiutile, enlui faifant part de je le dirai Anglois en de fe retirer comme
oblervations & des découvertes
écrivant l'attaque de la
avoit faites fur ce fruit. Le foin Guadeloupe. re à
Ilacquit beaucoup deg gloibien nel
S. ERrt
l'ajamais
l'attaque de
trouver
empéché def fe Comte de
Chriftophle fous le
rir de la par tout où il pouvoit acque- Caffar, à la Chavagnac, & fous le fieur
gloire, & donner des
prife de Monfarrat: ce fut
ves de fon zele & de fon courage. preu- On lu qui fc rendit maître du réduit de
l'a vû aux combats de S.
gloibien nel
S. ERrt
l'ajamais
l'attaque de
trouver
empéché def fe Comte de
Chriftophle fous le
rir de la par tout où il pouvoit acque- Caffar, à la Chavagnac, & fous le fieur
gloire, & donner des
prife de Monfarrat: ce fut
ves de fon zele & de fon courage. preu- On lu qui fc rendit maître du réduit de
l'a vû aux combats de S. cette Ifle avec. qu'il commanà
latroupe
la prife d'Antigues, de Chriltophle, Nieves, de doit. Iivoulut faire une fcconde entreMonfarrat, de Tabac, de S. prifefur cette
de Coroffol, il s'étoit
Euftache, defcente à la mémelleniz téte de
cens Ilyfit
toutes ces occafions, & dillingué il avoitreçi dans vingehommes, pouffa cinq les ennemis, quatre- &le
plufieurs bleffures. Il Ly encore à rendit maitre de plus de la moitié de
chaffer les Anglois de la
l'Ile; mais fes gens s'étant debandez
en 1691. &c à les repouffer Guadeloupe dedevantle Pour piller avant qu'il eut enticrement
Tom. I. achevé X fa conquéte qui paroiffoit infaillible, --- Page 206 ---
162 NOUVEAUX VOYAGES
1694. lible, lesAngloist fe rallierent, 8c fondi- ché de AUX ISLES
rent fur lui de toutes parts, & trou- les fe trouver dans les occafions où
vant des gens chargez de butin, ou autres ont été hors de la Martini- 1f94
occupez à en amafler, il eft certain que. Le Roi
la qu'ils en auroient eu bon marché fans de cette pour reconnoitre les fervices
prudence &c la valeur du chef, qui
famille, accorda des Lettres de
avec une poignéc de gens qu'il raffem- Nobleffe à Monfieur Pierre du Buc en
bla, ft tête aux ennemis, &ic retirant 1701. en bon ordre, &c toûjours en combat- llefimorten
agéde foixantetant, il donna lieu à les gens de s'em- huirans,fe voyant alors pere ou grandbutin barquer fans précipitation, &cavec le peredequarante-deux n'y euft
enfans, quoiqu'il
la méme qu'ils avoient fait. Il battit dans ficurs Jean& encore que fes deux ainez les
re Anglois campagne dec
un vaiffeau de guer- fenté étémariez. Baltazarddu Buc qui cuf
quoique celui cinquante qu'il montoitn'en quatre canons, Jeparieraidesautres familles
vingt-huit. On lui eft redevable eut de que la à & melureque l'occalion s'en des liles
confervation de quantité de bâtimens la je tâcherai de rendre à prefentera, un chacun
François qui feroient tombez entre les aflez juftice qui lui eft dàé. J'ai demeuré
mainsdes Anglois, filabonne
long-tems dans le
fà valeur & lon experience, conduite, bien informé de tout, pour étre
ne
Re
au de forces qu'il avoit, fappleant il n'avoir ajoûter foi trop legerement pour aux mc- pas
2o les Corfaires ennemis à s'éloi- moires qu'on pourroit
des côtes &c des croifieres de
Nous defcendimes au m'envoyer,
fater Enfin je lui dois cette nos.
demeuré
mainsdes Anglois, filabonne
long-tems dans le
fà valeur & lon experience, conduite, bien informé de tout, pour étre
ne
Re
au de forces qu'il avoit, fappleant il n'avoir ajoûter foi trop legerement pour aux mc- pas
2o les Corfaires ennemis à s'éloi- moires qu'on pourroit
des côtes &c des croifieres de
Nous defcendimes au m'envoyer,
fater Enfin je lui dois cette nos. nité après que nous eûmes BourgdelTri- diné. qu'on lui eft redevable de la confer- juftice fûmes voir Monfieur de Mareuil Lieu- Nous
vation de la Colonie dela
la tenant de Roi de PIle
& vrai femblablement de Martinique, toutes celles Cabellerre, qui nous Commandantà dimes ce
des autres Iiles, puifque dans le tumul- nous avions refolu. Il
te
coup le choix
approuva
Raue
ayant qui été arriva élû au mois de Mai 1717. connoiffoit let que nous avions fait. Il
Colonic,
malgré lui chef de la la commodité terrein, &p par confequent
& de fermeté, ilagit avec tant de prudence un
qu'il de la y auroit d'établir
Roi, fans
qu'il conferva PIflc au ce Bourg qui n'auroit auprès
nouvelle Eglife;
fufion il Tetees arrivé dans une fihorrible con- pointe du fieur pas été fi facile à la
aucun meurtre. Cette aucun defordre ni lieu eût été bicn Fevrier, quoique le
de confequence, & fait affaire eft trop le Curé. Il nous plus loua commode d'avoir pour
au fieur du Buc pour n'en trop parler d'honneur l'utilité publique à celle de nos Confre- preferé
paflant comme je fais ici. Je la qu'en res. porterai tout au long dans une de rap- mes fon Monfieur deMareuil
Prefaces. nom eft le Correur. étoitd'Amiens, Il avoit un
Son cadet Baltazarddul
frere ainé qui étoit établi à S. Chriftofervi comme Officier dans Bucatodjours la Milice de phle long-tems avant que le cadet vint
la Martinique, & n'a point dégeneré aux Ifles. Celui-ci fut
de la valeur de
à conduire les
dhuhondemplont
fon Pere Sde fon: ainé, cette
travaux qu'on faifoit en
quoique fon peu de fanté l'eût empe- à celui. Ifle-là; de il monta de cet emploi
Capitaine d'un détachement
de --- Page 207 ---
FRANCOISES DE PAMERIQUE. delal Marine, & devint enfin Licutenant baraffer. Celui-ci qui avoit autant fouf- 1624. 104. de Roi de la Martinique. llavoitamaffé fertque moi & mes gens de fa mauvaife
Hifoire du bien, &c ne négligeoit rien pour humeur, au lieu de lui donner de
du de fieur Ma- l'augmenter. Il avoit époufé une des l'argent comptant, le paya avec un de
reuil, filles du fieur Piquet de la Calle, Com- fes billets qu'il avoit trafiquez,
Liextede la dant
fis mettre fcs outils
Aoms
nant de mis principal &c comme Monfieur Intendant de Ma- de ma que cour, je Jui laiffant le foin de les
Roi àla Compagnic de 1664.
lui donner de
du de fieur Ma- l'augmenter. Il avoit époufé une des l'argent comptant, le paya avec un de
reuil, filles du fieur Piquet de la Calle, Com- fes billets qu'il avoit trafiquez,
Liextede la dant
fis mettre fcs outils
Aoms
nant de mis principal &c comme Monfieur Intendant de Ma- de ma que cour, je Jui laiffant le foin de les
Roi àla Compagnic de 1664. &
commeil
Marti- reuil prétendoit être Gentilhomme, porterlui-méme
pourroit,par- voulut donnique. que fon grand-pereavoit étéannobli par cc queleMarguillier ne lui cefervice. Henry IV. pour lcs fervices qu'il avoit ner Ma perfonnci maifon pourluirendre fe trouvant ainfi acherendus à la reprife d'Amiens. le
Jefus coucher au fonds iS. Jacques, &c véc, je commençai à goûtér plaile lendemain matin: je me rendis chez firdu repos. Mon jardin & lc m'occupoit matin. moi. Ce voyage m'avoit fait plaifir, quelque tems le foir
à mettre cn ordre les
k
outre les connoiflances que j'acquis des m'appliquai
lieux où je n'avois pas encore été,, il çons dc Mathématiques faire j'avois un
le
de voir les enfeignées à Nancy pour
E
m'avoit fottifes épargné & les impertinences chagrin de mon cours abregé. Cela avec la vilite des
Menuifier, qui pendant mon abfence malades, mes exercices de fpirituels Pen- 2
avoit penfé défoler mon Penfionnaire; mon étude, l'inftruétion mon &c
& le Negre quejavois laiffé à la mai- fionnaire & de ma petité famille,
fon. Il venoit d'achever fon ouvrage; un peu de promenade le foir,
c'eft
j'envoyai chercher le geoient tout montems, &
EELREIE
Marguillier pourquoi pour le payer, &c-m'en dé- paffer le plus agrcablement du mondc. H A P I T R E X X I. Hiftoires de quelques Negres Sorciers. gE fut environ ce tems-là fimples pour attraper leur argent. Ccqu'un Negre efclave d'un de pendant l'ayant examiné avec foin, jc
mes Paroiffiens appellé le reconnus cn partic la veritéde ce qu'on dif8 fieur Philippes Mignac, me m'avoit dit,, & cela m'obligea la de Pentevint prier de lui rendre un ferer de lc baptifer jufqu'a relolu de le faire
certain petit fac que je lui avois ôté côte, quoique J'cuffe trouvé bien inflruit,
Negre avant de le baptifer. J'avois été averti à Pâques, l'ayant demandoit le
(greer. fon maître qu'il fe méloit d'être & voyant quil
Baptême A la
Suncien il faifoit retrouver les cho- avec une ferveur extraordinaire, & l'afes perdués; il devinoit; il predifoit finje m'étois laiffé gagner, je
l'arrivée des vaiffeaux, & autrcs chofes vois baptifé après l'avoir fait renoncer
à venir, du moins autant que le dia- à tous les pactes implicites fait & explici- avec le
ble le pouvoit connoitre, & le lui ré- tes qu'il pouvoit avoir maître étoit
veloit: Mais comme je n'aijamais a- diable.
'afes perdués; il devinoit; il predifoit finje m'étois laiffé gagner, je
l'arrivée des vaiffeaux, & autrcs chofes vois baptifé après l'avoir fait renoncer
à venir, du moins autant que le dia- à tous les pactes implicites fait & explici- avec le
ble le pouvoit connoitre, & le lui ré- tes qu'il pouvoit avoir maître étoit
veloit: Mais comme je n'aijamais a- diable. Je chargeai fon. qui
joûté beaucoup de foi à ces fortes de auffi fon parrein, de veiller Pendant foigncuchofes,je crus que ce Negre étoit un fement fur fa conduite. fus fort content; plus il
charlatan qui en faifoit accroire aux de trois mois j'en
n'y
X2 --- Page 208 ---
164 NOUVEAUX
1694. n'y en avoit point de plus exaét VOYAGES AUX ISLES
Jui à la Meffe & au Catéchifine; il que entre autres un
prefibit de le faire communier, & mc cuite, qui étoit l'idole marmouzet de terre 1694
commençois ày penfer,
je confultoit, &c qu'il affuroit que lui ce Negre
JeBapreme fon
avoit entierement m'afturantqie cffacé" de On réponfe aux qucitions
lui rendre
tier: elprit les idées de fon ancien méla chercha tant qu'on qu'il failoit. quand un Dimanche matin
elle étoit déja
la trouva 3
les trouvai à à ma porte avec deux volail- jele brifer a coups rompuc,J'acherar de
de la
loit la main. Jc crus qu'il les vou- qu'une un petité calcbafle marteau, auffi bien
il vendre, &c lutendemandai le
peloton de fil qui qui renfermoit
me répondit que c'étoit
prix: les chofes
fervoit a retrouver
me vouloit"
un prefent blables perdués, &c quantité de femgal refufai de les faires jel le remerciai au feu bagatelles. Je" fis tout
n'en prit le recevoir à moins qu'il fon maitre devant à lui, & le renvoyai jetter chez
céremonics paycment. il mc dit qu'il Après n'en quelques noit d'arriver, qui afin j'écrivis ce qui veloit point d'argents mais
vou- foigneufement fur fon qu'il veillât plus
voulois rendre fon petit fije lui lc châtiaft feverement Negre, & qu'il
ferois un fort grand plaifir. Re Cette je lui voit de la moindre
s'il
mande me fit de la peine, &c de- qui étoit un homme chofe. Cet
nus
HMRE
qu'il vouloit retourner à ion je con- Dicu, aima micux fe fage &c craignant
miffement. Cependant afin
Vo- Negre quelque utilité Priver de fon
tre mieux ce qu'il lavoit dans deconnoi- le
tirer, que de garder chez qu'il en pût reje feignis de n'avoir Pas
cceur, diffi- reil ouvriers il'le
lui un paculté à lui accorder ce grande
vendit bien-tôr
mandoit. qu'il me de- danuneauturelfe . & me
aprés
Je Tinterrogeai fiur
fidelapeine C
débarafla ainétoient qu'il faifoit des differentes pieces T'ulige Jefçai quilya qulilm'auroitdonne bien des
dans ce fac; il m'en
qui. gardent comme de
gens qui recc que j'en voulois Içavoir, apprit tout & comme des pures
à
la fin que depuis qu'il s'en &m'avolia.
qu'il me de- danuneauturelfe . & me
aprés
Je Tinterrogeai fiur
fidelapeine C
débarafla ainétoient qu'il faifoit des differentes pieces T'ulige Jefçai quilya qulilm'auroitdonne bien des
dans ce fac; il m'en
qui. gardent comme de
gens qui recc que j'en voulois Içavoir, apprit tout & comme des pures
à
la fin que depuis qu'il s'en &m'avolia. étoit
fauffetez tout ce contes ridicules imiginations ou des
fait, il étoit devenu gucux &c mifera- dé- Sorciers, & de leurs qu'on rapporte des
ble,an lieu qu'auparavant il étoit fort diable. J'aiété moi-mème paétes avec lc
afonalle, confulter parcequeceuxg le
quiles venoient qu'on dans CCS fentimens. Jc fçay long-tems dailleurs
m'en dit plus payoient qur'il n'en gralfement. falloit Il en dit; exagere fouvent croi dans ce qu'on
me faire connoitre que fon coeur étoit pour nir. que maisje tout ce qu'on qu'il dit n'eft faut conveperverti. & après lui Je avoir changeai pour lors de ton, tierement être faux, quoiqu'il ne foit pas enterrible,je le fait une. reprimande auffi pas entierement vrai. Mais je peut- fuis
tre entre les mains menaçai de de le faire met- verité perfuadé qu'ily a des faits d'une
manqueroit de le laJullice faire qui ne &c unes dont j'ai été témoin
lui faire
mecae
pour
petr qu'il n'auroit bralcr; d'autres dontj'ai eu toute oculire, &c
fon fac, je dis à mon Negre de jamais l'aller gu'on peut defirer pour la certitude
chercher, & de le faire briler fur le veritéd'un fait. s'affurer de la
champ. On me Tapporta; mais
Un de nos
mon petit Negre s'étoit diverti comme de dc Toulouze, Religieux le de la Province Unjennà
babioles il en manquoit
ces avoit amené du appellé Pere Fraille, Negre
quelques-unes, Guinéc, àla Royaume de Juda en fr
Martinique, unp petitNegre de la
de pluie. --- Page 209 ---
1694. de neuf à dix FRANCOISES ans. DE LAMERIQUE
16,
Cct enfant fut arrivé Quelquesmoisapres gres de fon pais quil le lui
Rerog qui fe plaignoient de ilentendit la fechereffe nos icigné dans la traverfée, avoient en- 1603h
gatoit tout leur jardin, &c quifou- pendant le voyage qu'ils celli-dire, avoient fait
Eam de la pluye. Cet enfant qui enfemble de Guinée jufqu'a la Marticommençoit manda
a parlerFrançoise leur de- nique. CeNegre futnommé
s'ils vouloient
Baptême, il m'a fervi
Amableau
petite pluye, les alturant unegroffe qu'illa ou une &c comme je lui vis quelque tems; 3
venir fur lechamp. Cette
feroit & de difpofition pour beaticoup d'efpric
étonna
propolition ticr, jelui fis
aprendre un méfulterent étrangement nos. Peres, ils con- de Picrre & aprendre de
celui de' Tailleur
entreeux; &cenfinla curiofité
Maçon: : il s'y rendit
T'emportant fur la raifon, ils confenti- très-habile, & a fait de bons
rent que l'enfant quin'étoit
Je lui avois donné
éleves.
pour beaticoup d'efpric
étonna
propolition ticr, jelui fis
aprendre un méfulterent étrangement nos. Peres, ils con- de Picrre & aprendre de
celui de' Tailleur
entreeux; &cenfinla curiofité
Maçon: : il s'y rendit
T'emportant fur la raifon, ils confenti- très-habile, & a fait de bons
rent que l'enfant quin'étoit
Je lui avois donné
éleves. baptifé, fit venir une petite pas pluye encore fur cement d'Architcôture quelque qu'il mettoit commen- en
leurjardin. Cet
pratiquefort proprement. Il m'a avoûé
enfant alla auffi-tôt cueillirtrois avoit pluficurs oublié fois cette hiftoire 2 mais il
oranges gnées les qu'il Pofa à terre un peu éloi- falloit
une
des paroles qu'il
uncs des autres, ilfe
dire en RAIE les
terna devant chaque
prof- parce qu'on n'avoit prollemations,
relpect &c unc attention orange avec un défendre de fefervir jamais pas manqué de ce delui
nos Religieux: il prit enfuite qui étonnoit trois
Les Peres Temple, Rolié, fecret. titcs branches d'oranger,
pe- Fraiffe, Religieux de nôtre Bournor &c
tre profterné de nouveau il &caprès les s'6- tolentprefensquand' cette pluie Ordre, éfur les trois oranges. Il
planta & avoient vàtoutes les ceremonies tomba,
pour la troifiéme fois fes recommença je viens d'écrire. Les deux
que
tions en difant quelques paroles profterna- avec encorc Pere vivans en cette année premiersfont 1718. Le
beaucoup puis s'étant d'attention levé
& de refpeét,
Temple demeure au Couvent de
avec une de ces
Nimes,&clel Perel Rofic àl lal
tes branches à la main, il regarda peti- de aum-biengueleNegre Martinique,
tous les côtez de Thorifon
En1695. j'ai été témoin
qu'il apperçut un très-petit julqu'a ce fait
vais rapporter. oculairedu
éroit fortéloigne &cfort clair; nuage pourlors qui lors SRAI nôtre habitation J'éroispour du fond
ilétendit la main avecla brancheducôté S.Jacques alahartinique
dur nuage, qui produifit dans Pinftantune étoit Ily avoit une de nos Negreffes qui
heure. pluye aflez douce qui dura près d'une maladie attaquée depuis longtems d'une Une Ne:
branches HERNTEmNsmeam noiffoient que nos Chirungiens ne con- faure grefe conêcles enterra.. point, ou parce gu'elle étoit fulterle
On peut juger de l'étonnement de extraordinaire, ou parce
diable
nos Peres quand ils virent CC
des ignorans. Elle avoit qu'ils été étoient
& qu'ils remarquerent prodige, chez tous les Negres du
portée E2a
pluicfut cefféc qu'il n'en
quc la méloient de traiter ces fortes Pais qui fc
bé une
tom- fans en
eirr
goûite hors l'enceinte
recevoir aucun
demaux,
croi
fe trouva parfaitement bien Jip jardin
que cc font des Poifons foulagement. Jc
2e On demanda
arro- ils fçavent la compolition, & lents dont
apriscefecret, il aTenfamtquilutavort dit
fois le remede. A la fin me quelquequec'etoitdesNe- de tous ces voyages, & a laffai
X 3
dépenfes
inutiles --- Page 210 ---
VOYAGES AUX ISLES
166 NOUVEAUX
mandai à la Negreffe pourquoi elle 1694
1094 inutiles que cela me caufoit.
2e On demanda
arro- ils fçavent la compolition, & lents dont
apriscefecret, il aTenfamtquilutavort dit
fois le remede. A la fin me quelquequec'etoitdesNe- de tous ces voyages, & a laffai
X 3
dépenfes
inutiles --- Page 210 ---
VOYAGES AUX ISLES
166 NOUVEAUX
mandai à la Negreffe pourquoi elle 1694
1094 inutiles que cela me caufoit. & je Jelafis lui dé- pleuroit; ellc me répondit que dans le diaripporter à Phabitation, médicament, ble avoit dit qu'clle inouroit
fendis de prendre aucun Chirur- tre jours, 2 & qu'elle avoit entendu Ri
des Negres, mainfeulementdu je la remis en voix qui étoit fortie de la petite figure. gien delan maifon à d'en qui avoir un foin Les autres Negres affirmoient les defabufer laméme
Iui recommandant
chofe. Je leur dis pour
en
tout particulier. nuit
y avoit que s'étoit le Negre qui avoit
Jefus averti une
qu'il
fa voix, & qui
diadans fa cale un Negre qui fe dansledef- méloit de contrefailant ble eut été là prefent pour lui réponMedecine. J'y fusauli-tôtd
il l'auroit auffi averti que jetois
fein del lefaire châtier, & delechalfer. m'ar- ala dre, porte pourle prendre. Cependant
Mais étant proche de la porteje des fentes & je fis attacher le forcier, , & je lui fis de
rétai pour voir au travers cafe étoit
diftribuer environ trois cens coups
des palmiftes dont la
palif- vis la fouet
depuis lesépaufadée 2 ce qu'on y failoit. Jc
quiléconcherent genoux. Il crioitcomme
malade étendué à terre fur une natte. lesjulquesaux & nos Negrest mc demanUn petit marmoufet de terre a bri- peu undeleiperé, doient gracc pourlui, mais jeleurd difois de
près lemblable à cclui que j'avois
que les forciers ne fentoient mocié au Nacouba, étoit furun petit fiege mal, 8quefes crisétoient pour Fet
au milicu dela cafe, 8cle Negre devant preJef fisapporter un fiege,jy
tendu Medecin étoit à genoux
querdemoi. mis le marmoufet devant lui, &c Jui dis
le marmoufet, & fembloit prier aprèsil avec de prier le diable de le délivrer de mes
beaucoup d'attention. Unpeua
mains,
&ccomune
prit un coly,, c'ett-à-dire moitié il me il ne ondumpomeriafgnter faifoit ni lun ni T'autre je le
de calebaffe où il y avoit du &c feus cncenfa faifois toûjours fotietter à bon compte. mit de la gomme deffus, encenfe- Nos Negres crreeceaente
l'idole. Enfin après plufieurs il s'en appro- trembloient, & mec difoient quelediable
mens & proflernations,
meferoit: mourir, 8cils étoienttellement
cha & Jui demanda fil la Negreffe demande, guc- prévenus de crncfilleimagination, que
riroit ou non. J'entendis la réponte. la
La je ne pouvois les en fairerevenir, leur dire.
ffus, encenfe- Nos Negres crreeceaente
l'idole. Enfin après plufieurs il s'en appro- trembloient, & mec difoient quelediable
mens & proflernations,
meferoit: mourir, 8cils étoienttellement
cha & Jui demanda fil la Negreffe demande, guc- prévenus de crncfilleimagination, que
riroit ou non. J'entendis la réponte. la
La je ne pouvois les en fairerevenir, leur dire. quel- A la
mais je n'entendis étoit T
la plusin- chofe faire je pôfe voir
ne craiterellce,8c Negrelle qui quelques Nteag qui étoient Rerp pour AtrA ni les forciers, queje je craplus voifins que moi, Pentendirent & gnois chai fur nilediable la figure &clar rompisà coups de
fct mirent antli-tôt à pleurer & à crier. pied, quoique j'eulle fort envie de la
J'enfonçai la porte dans ce moment moi 2
je brifai Pencenfoir &c tout le
& j'entrai, & comme j'avois avec
garder, reftedeléquipages &ayant faitapporlcRaffineur de la maifon, leComman. terdufeu,. jc fisbrôlert rtoutes) les guctil. deur Negre, & cinq ou fix autres qui du forcier; fis piler les morceaux
avoient vu & entendu comme moi ce le les de laftatue, VE jetterles cendres &cla
que je viens de dire, fis faifir
danslariviere. Ilme parut
forcier, & quelques - d des fpeêta- habi- poufliere ccla raflura un peu nos Negres. Jc ois
tcurs qui n'étoient pas de nôtre l'encen- mettre le forcier aux ters après c'eit-à- l'avoir
tation. Jc prislemmarmoulet, &c
8je de- fait laver avec une pimentade, dire
foir, le fac tout Pattirail, --- Page 211 ---
10y4. direavecdelafa FRANCOISES DE
écrafé du faumure dans laquelleona LAMERIQUE
Celacaufe une piment douleur & des petits citrons. le/ugequietsitprefenre uni moment
de furfeoir pour 1694:
quel
horrible à ceux Negre viendroit Texccution, à
pourvoir" file
medeaffuré lefaberacorche contre la maisc'eft un re- mettoits
boutde ce qu'ilpromanqueroit pas de Sangrenne quir ne
ScnNeonRe2EaIr il
fis aufi éerillertous venirauxplares, ceux qui s'étoient Je SEREEEEA téenterre, & fait quelqucs
trouvez dans l'affembléc pour leur
autour, demanda à Monficur ceremonics Vanbel
prendre à: n'étre pas ficurieux uneautre ap- qu'ilvouloit fçavoir;
ce
tois; &q VEREPNTATFACENSS pondug qu'il vouloitfcavoir celui-ciluiaiant funvailleau réleNegreiorcier à fon maitre à
qu'ilattendoit étoit parti,
il
crivis ce qui s'étoit paffé, lc quij'é- veroit,ccux quiétoient quand arrimême tems de lui defendre priant de en leurétoir: arrivé
dedans, le & cequi
dans nôtre
venir
pendant voyage.
tois; &q VEREPNTATFACENSS pondug qu'il vouloitfcavoir celui-ciluiaiant funvailleau réleNegreiorcier à fon maitre à
qu'ilattendoit étoit parti,
il
crivis ce qui s'étoit paffé, lc quij'é- veroit,ccux quiétoient quand arrimême tems de lui defendre priant de en leurétoir: arrivé
dedans, le & cequi
dans nôtre
venir
pendant voyage. Le
me remercia habitation; de la peine ilmele promit, SCREE quoi is'étantretiré ildita
donnée,
que jem'étois belde s'approcher defa MonficurVan
de la belle Atomsemariae maniere. entendroit la réponfe canne, & qu'il
Ce qu'il y eut de facheux dans cette fçavoir. decequit vouloir
avanture,
SHEEEONIANSE
feétivement turquelaNegreten le
mourut ef- KRENADANICTOEES re & diftinéte quiluidit: evoix claifonimnginstion quatriémejour, cûtété frapéc de foit la que ré- tu attens ef parti d'Elfeneur Leoniftan un que
ileôro ponfe du diable, Aoltquevennablemene Cef untel gailecommande,il a tels teljonrs Etels
connu que fon infirmité le devoit pafagers avec! emporterdans cetems-là. A touthazard Sejonilafansoimin ENDRUAMSPd coupdecente
j'avois j'cus la eu foin de la faire confeffer, & leirepigue, 8
qui laias rompu Jon petitbumiers enpafant
bonne Chrétienne, confolation delavoir mourir en avant emportéfas troisjours. frteienie Lel
la faute qu'elle avoit &fortrepeneante commife. de d'être mené au fupplice Negre ne laiffa pas
Jetiensl le fitquejevais
de trois jours apréslevaifea &cexecuté, ctant &
Monficur Vanbel,
rapporter on verifaàlal lettretourela arrivé,
toir
Directeurdic Comp- Jene finirois pas fi jevoulois prédiétion. eft hneaacaanene une des Vierges, qui im'enfitlerécit Il ter tout ce quej je fçai fur cette rapporlorfque jy paffai au mois de
me femble que ces
matiere. en venant de S. Domingue. Marsi7or fent
quatre faits fufiNegre Un Negrecoavaincu
iransolneoeet
forcier
desgenaquionte
tralévif de faire parlerune petite d'étreforcier,Sc figure
&q quifeferventdelui gchmeicesterieditin
asaint fut condammépart la Julicedeifleaetne deterre,
enbiendescholes. Thomas, brôlévif. A a S - o
véfurf fon maeNaieneE cheminloriqu'on ler menoit au Lettres Patentes du Roy
fopplice,luidit: Hélien (tel) tu neferas micit des Religienfis du pour TérabliftfeccRPrepmieFoms Le Negrelui
elle ef rompwt. Saint Dominigue, de la Tiers-Orie de
Monfeur rérondit: Si vous woulez,
Martinique. tenez à la sje main. feraiparlerla Cettep canvegue wous L OUIS, Frances parlag grace de Dicu, Roide
natoutlen monde; Monlicur propolition éton- fens &àw venir; edeNavare: SALUT.
micit des Religienfis du pour TérabliftfeccRPrepmieFoms Le Negrelui
elle ef rompwt. Saint Dominigue, de la Tiers-Orie de
Monfeur rérondit: Si vous woulez,
Martinique. tenez à la sje main. feraiparlerla Cettep canvegue wous L OUIS, Frances parlag grace de Dicu, Roide
natoutlen monde; Monlicur propolition éton- fens &àw venir; edeNavare: SALUT. Atous preVanbelprin culamitez elquelles les Lesmiferes &c
guerres conti. nuelles --- Page 212 ---
168 NOUVEAUX
16y4. nueilesontréduit) lat
VOYAGES A UX ISLES
habitans ès fronticres piBparedenosfijets de nôtre
avecfes
me,
Royau- -atrescincontoifines
ayant contraistpluficurs)
Compag- 1694
& Religicufes d'abandonner Religieux leurs Mo- etnnienienr &ceni pourraé être
nafteres & Couvents, &de
denntslegacouacquns conttruireccé
icelui faire
côté
feretirer de
édifterunMonaferes &Cougiculesdu" Sautre,comnincontt faitlesi Reli- ventproprep &
poury vivre felon les Regles
dela Villed deToul Tiers-Ordredes en: nôtre S. pais Dominique de Lo- prieres&c SRacalErSae
raine, refugiées, tant ennôtre Villede lesj jeunes SentmeadurSerpe
Paris qu'ailleursot ils reftent. La
EnHlNcorreRe
fente.Mere Marguerite des.Jofeph RE LxrernAcCrri maine, &atousautrese
ligicufe Profefle dudit Ordre,
&cvertueuxy acceptertous sexerciceshonnétes dons &
avec quelques autres de fes laquelle tionsquiluip pourront étre
donal'aide ayant réfolution de s'en compagnes aller avec deslareanenetemee faitespourai- &c
Stt Dicu dans l'Ile dela Martiniqu'aprèsle
que & autres
RASITEOEBLLOONE
Monaflerepulifente
blir à deffein circonraiinerpour d'inftruire les jeunes s'yéta- fillcs des Religicufes d'icelui chveautreSupericure dans les formes
dansla qued & Romaine, Religion Catholique, Apoftoli- AreiniES BOuslautortédeicurs
&capoutescholeshon- ceteffetl ladite
Supericur.Ayant: à
Finbrteadiamaet Inltitut, &cenefprit defon Ordre, à leur &cReligicufes Expofante,fes Compagnes
permiflion qu'elléade fon Superieur. 8cla A ennôtre protcâtion antiavoanterepaioins &c
inquelle fin nôtre très-cher &t très-amé le. Sr DONNONS EN fuvegardefpeciafrere lc Duc d'Anjou ayant aumôné à
MANDEMENT aux
Jadite Expolante ccrtainé fomme dede- CRISNE autres
&c
niers pour lui aider & à fes
parr sEnerarANres
à faire les frais
compagnes- Ermtimmatorasinal.a de
aurions fait expedier deleurvoyagen nôtre Palleport, nous lui RaETass Seducontenu, forme
aveclequelleur étant befoin d'avoir no- faire jouir ladite Expolante Screneurdieles, &c fes Comtrepermifion comme Roi &cSouverain pagnespleinement,
Scigncurdel
Petuellement,cemlinrd Rinbemensere &c faifant
tres circonvoifines,e Hiencitslemencas ellenousatte-hum- troubles & empéchemens au ceffertous
blement fapplié dele lui
CARt
contraire:
der.
Seducontenu, forme
aveclequelleur étant befoin d'avoir no- faire jouir ladite Expolante Screneurdieles, &c fes Comtrepermifion comme Roi &cSouverain pagnespleinement,
Scigncurdel
Petuellement,cemlinrd Rinbemensere &c faifant
tres circonvoifines,e Hiencitslemencas ellenousatte-hum- troubles & empéchemens au ceffertous
blement fapplié dele lui
CARt
contraire:
der. A CES CAUSES, defirant vouloiraccor- contribucr ient Meleinatrepisfn chofes fermcs & ftables Scafinquecefo- àt
entoutcequinoust fera pofibleaune ceu- nous avonsfaitn imureponesedictne toujours,
vrefilousblepleined de charité, Scpourla Kmntfrmaneeses droit &
gloiredeDicu, prieres
afin de participer àleurs l'autruien mois toutes. DONNE à Paris au
Etat. pour nôtre profperité é8cde nôtre cens del Decembre l'an de grace mil fix
Avons: à ladite Expofinte permis,
cinquante-trois, 8denôtrel
accordé&c octroyé, &denosg graces
leonziéme.S Signé, LOUIS. Regne
ciales, pleine puilance &: autorité fpe- ParleRoi, PMELYPEAUX, &cfeclléesd Surlereplis du
lc, permettons, accordons&c oétroyons, Roya- grand fceau de cirevertee en lacs de
d'établirenl parc ces Prefentes fignées de nôtre main, HLITEISEEMAUAAN Plus bas
Molé. foye
laditel lledeherumiguet VETIL, ele écrit: Collationné. Signé,
Greffier. Fin de la Premiere Partie, --- Page 213 ---
Pag. I
-
M E M OIR E de S
DES
NOUVEAUX VOYAGES
FAITS
AUX ISLES FRANCOISES
DE
L'A M ERIQU 2e E.
SECONI D. E PARTIE
J H A P I T R E P R E M I E R.
LeSuperieur Goneraldes-Mifions des Freres Prifkurmgnistesmat. Son
Enterrement. LesMifiommiaires dela Martinique en élifent 11n à fa place.
E Jeudy 4Novembre 1694. de nôtre Miflion de TIe de fainte 1694.
1694.
je me rendis au fonds Saint Croix, voifine de celle de S. Thomas.
Jacques,oà tousnos Peresfe Ily fut attaqué du mal de Siam qui
Par bonheur
trouverent aufli, al'excep- l'emporta en cinq jours.
tionde celuiqui GtorCuredavotillgo ilavoit avecluileVercLoyerguilconqui y étoit demeuré pour avoir foin fefla & lui donna Direéteurdela MExtreme-Onction. Com- Vanbel
defaParoille. LePere Cabaffon, Supe- MonfieurVanbel
rieurde nôtre Miffiondelal Martinique, pagnie de Dannemarcq, chez HPrs searde
nous avoit convoqué, nous fitp part étoit logé, lui rendit tous les
ComEE
3:1 la mort du Reverend Pere Caumels CCS qu'on pouvoit attendre du plus pagnit Danne- de
Mort du nôtre Superieur General. Il étoit de- honnéte & du plus obligeant de tous marcg.
Supe- cedé enl'IleS.Thomas, unedes Vier- les hommes, & je dois cette juitice
rieurGe- ges, où il étoit allé chercher un em- aux habitans de cette petite Ifle, qu'il
neraldes Freres barquement S. Domingue, après ya peu d'endroits où les étrangers rePré- avoir fait fa ReR & reglé lcs aflaires çoivent plus d'honnêtcté de quelque
cheurs. Tom. II.
A
pais
marcg.
Supe- cedé enl'IleS.Thomas, unedes Vier- les hommes, & je dois cette juitice
rieurGe- ges, où il étoit allé chercher un em- aux habitans de cette petite Ifle, qu'il
neraldes Freres barquement S. Domingue, après ya peu d'endroits où les étrangers rePré- avoir fait fa ReR & reglé lcs aflaires çoivent plus d'honnêtcté de quelque
cheurs. Tom. II.
A
pais --- Page 214 ---
NOUVE A1 UX VOYAGES
1694. pais & deq quelquel Religion qu'ils
AUX ISLES
ient étre. puif rieur General de nos Miflions le Pere
Tous les habitans de S.Thomasfont Cabaffon, de
en attendant quel le General 1694. Proteftans, Lutheriens ou Calviniftes. le tout l'Ordre qui feul a le droit de Znatif:
Le Miniftre Lutherien &le Calvinifte nommer, y cût; pourvà. Nous don- fonnai- res de le
quié étoit. François, viliterent nôtre Su- aux. nâmes part de ce que nous avions fait Martiperieur pendant fa maladie avec beau- te Croix Miflions & de dela Cundeloupe, de faincoup. d'alliduité; &c
faint
Le
ily eut
entre quand ilfutr mort, qu'elles s'y
Domingue, a afin ment #73
difpute
eux pour le lieu firent de bonne conformaffent, ce qu'clles Supedeffepulture. tendoit l'avoir dans Chaque fon Religion pré- qui nous écrivimes grace. nôtre L'Intendant à neral, rieurGes
Gouverneur
cimetiere. Le
éleétion nous
trouva un temperament témoigna qu'il approuvoit fort nôtre
qui fut de le mettre dans la liziere choix, &c nious promit fon
qui fepare les deux cimeticres. L'En- cas que quelqu'un
allitanceen de
terrement fe
voulitsgloigner
fit aux dépens du public ; Pobéiflance mais il
du nouveau
toutes les perlonnes de diltinction de
n'en fut pas befoin. Supcrieur s
PIe y furent invitées; les Miniftres tems le General de l'Ordre Depuisce a declaré
accompagnerent Lutherien
le Perc Loyer, &lc gec le de Superieur la
particulier de la Mif
s'étendit qui fit l'Oraifon Funebre, mort le plus Martinque, ancien
& en Cas de ment Regle: du
beaucoup fur la charité des Miffion
Religieux de cette General
Miflionnaires qui traverfent tant de General 3 feroit reconnu pour Vicaire delormers, & s'expolent à tant de dangers pretet de tous lcs autres, &c Vice- dre,
pour conduire les ames qui leur font perieur Apoltolique en cas que le Sucommiles, &c pour en acquerir d'au- declaré Generalvint à mourir fans avoir
tresà Jelfus-Chrift. On mit furlafoffe à
par écrit un Superieur General
une grande pierre fur laquelle on ft fa placc. deffiunt. graver une Croix avec TEpitaphe du un L.Vendredi Service F.Novembrenoust fimes
Comme
l'Ame
folennel pour le repos de
le Pere Caumels n'avoit
denôtre Superieur General. Lc
point nommé de fucceffeur en cas de fucceffeur nous
que nous lui avions donné
mort, Chef. nos Miflions fe trouverent fans nos Paroiffes.
ieur General
une grande pierre fur laquelle on ft fa placc. deffiunt. graver une Croix avec TEpitaphe du un L.Vendredi Service F.Novembrenoust fimes
Comme
l'Ame
folennel pour le repos de
le Pere Caumels n'avoit
denôtre Superieur General. Lc
point nommé de fucceffeur en cas de fucceffeur nous
que nous lui avions donné
mort, Chef. nos Miflions fe trouverent fans nos Paroiffes. pria de faire la mêine chofe dans
dévolué Naturellement cette Chargeétoit ner chez
Je voulois m'en retourMifliondela au Supericur particulier de la retint moi après diné, mais on mc
la plus ancienne Guadeloupe, &c comme étant comptes pour de nôtre alhiter à Paudition des
toutes les
celle qui a fondé gler
Syndic, & pour rcàutres: mais cclui qui étoit
quelques autres affaires. Superieur de cette Mifion fe trouvoit Nouspartimes le Samedi après
fans Patentes & feulement par. lePere Cabaffon vintcoucher chez diné,
ce qui ne fufifoit pas Pour interim, autorifer J'amenai avec moi, ou
moi. fes prétentions. D'ailleurs. ils n'étoient en croupe un cnfant de plirôt neuf à dix jeportai
que cinq Religieux à la
filsd'un de nos
me ans,
& nous étions
Guadeloupe,
Negres, qui pria de
douze à la Martinique, leprendre. dût
Quoique cet enfant ne me
qui fans contredit eft à prefent la plus laiffai caufer que de' la dépenfe, je ne
conidemablederourer nos Miflions ; de
pas que de m'en
avec
forte qu'ayant pefé toutes chofes nous Iagonbmemeaatse Ce fur
charger Superieur. reiolames' de reconnoitre pour Supcaufli dans ce méme voyage
que je trouvai le pauvre Guillaume Guilleu- me MefMaf --- Page 215 --- --- Page 216 ---
ImTPeNITR).
Caraile
oI Sunsuge des -tatisles de
Remme Caraibe des.tutisles de
Tidaunguss
Tudnunsgee
A Bracolats. B ohoitkgil C Cangja
D.Spues dbnigens.
Fleche
A
Carace
ter --- Page 217 ---
FRANCOISES DE
1694. Maffonier que j'avois amené de Paris LAMERIQUE
fomier/a julqu'alal Rochelle,
fuisparti deslflesil étoit
fortune fievre qui lui étoit caufée maladed'unegrolfe en
Je puis dire quej'ai fortàfonaife. 1694. erfare- le chagring qu'ilavoit dei fon partic par tune, maisje dois auffi commencéf fafor-
(ance. eomneif. des ulceres que les
état, lui & par a eu toutc la
ajoûter qu'il en
fait aux pieds. J'obtins chiques de nôtre avoient jufques-là qu'étant reconnoifance tombé malade pollible,
ricrlap permiflion de le faire
Supe- fin de 1698. ilmey
à la
moi, oùr j'efperois le Porter chez porta trois cens écus vintrouver qui étoient &c la m'apd'air &c le foin er ferois changement tié de cc qu'ilavoit: alors
moile remettroient 8 pied.
s. J'obtins chiques de nôtre avoient jufques-là qu'étant reconnoifance tombé malade pollible,
ricrlap permiflion de le faire
Supe- fin de 1698. ilmey
à la
moi, oùr j'efperois le Porter chez porta trois cens écus vintrouver qui étoient &c la m'apd'air &c le foin er ferois changement tié de cc qu'ilavoit: alors
moile remettroient 8 pied. Je prendre, tant, me priant avec deg d'argent compcinq ou fix mois, i recouvra gardai ces de les employera mcs grandesinflan-
& nos Peres eurent la bontéde luidon- fanté, de difpofer du refte, ce beloins, 8c
ner le refte du tems de fon
pluficurs fois, &c mêmc qu'il a réitéré
àmap priere. Dès quej je le vis engagement libre jele fuis offert revenu en Europe, il depuis m'a
E
chez mon
cc
ONE
Ra qui lui donna voilin Monfieur du peut croire qu'ilavoit, que plusd'une fois. On
par an pour commander quatre fes cens francs de Ce fecours, je n'ayant n'ai jamais abufé eu befoin
apprit à fairedu fucrel blanc, Negres. Il honnêteté, & que je pas n'ai
de fon
dedeux ans il entra au fervice &aul d'un bout ché à fon argent, mais ne jamais toubitant nomméMarchand,
ha- pas moins
je lui en ai
Sucreriedel Pautre
qui avoit une dans un fiecle d'obligation. où l'on Nous vivons
re, où il gagnoit eonedeiagranderivie ples d'une femblable voirpeud'exenla moitié des deuzecenfancaavee Pai rapporté ici reconnoifance. Je
tellement beni caux-de-vic, fon travail, & Dieu a tice je lui dois, pour & lui rendre la juf
quequandje autres a l'imiter. pour exciter les
C H A P I T R E I I. Des Sawonges appellez Caraibes, de leurs
vaifeanx o coitumes, vétemens, , armes,
MI L) X avoit dix mois que j'é- maireau
O tois à la Martinique" fans a- tous bien deffus de la médiocre. Ils: font
voir; pû contenterl'envice que les traits faits &c bien proportionnez
j'avois de voir
du vifage affez
carquoi qu'il envienne desCaraibcss n'y a que le front agreables 5 i
fouvent au
affez
qui paroit un peu Figure
jamais rencontré Mouilage, je ne m'y étois extraordinsire, &c commeenfoncé. parcc qu'il eft fort plat deleur
venu. Enfin le Lundi l'orfqu'il y en étoit comme cela, mais Ils ils ne naiffent point front o
Monfieur Michel
15. Novembre
forcent la laraiavoitchezl Jui. me manda qu'il y en dnrammareadeoaer tant fur le front de
figureent met- tete/ia. toute la commodité Jyallizufitot, &cj'cus une petite
l'enfant nouveauné
fur ce fujet. de me contenter riere la téte, planche liéc fortement derCaraibes Ils étoient
que le front ait qu'ils y laiffent jufqu'à ce
Sauva- dans les deux quarante-fept perfonnes
pris fa confiflanice, &c
gesmabitimens qui les avoient suurdemeureapplatie de
surels apportez, hommes, femmes &
hauffer la téte ils manierequefins
des Mes, La taille des hommcs eft
enfans.
fur ce fujet. de me contenter riere la téte, planche liéc fortement derCaraibes Ils étoient
que le front ait qu'ils y laiffent jufqu'à ce
Sauva- dans les deux quarante-fept perfonnes
pris fa confiflanice, &c
gesmabitimens qui les avoient suurdemeureapplatie de
surels apportez, hommes, femmes &
hauffer la téte ils manierequefins
des Mes, La taille des hommcs eft
enfans. pendiculairement au voyent defus prefque perpour l'ordi- ont tous les yeux noirs & aflez d'cux. Ils
A 2
petits,
mais --- Page 218 ---
NOUVEAUX VOYAGES
1694 mais la figure ou la difpolition de leur
AUX ISLES
front les faitp paroitre d'unc groffeurfort partic leur nudité, & qui pend comraifonnable. me par négligence jufqu'a terre. Les 1699
Tous ceux qui étoient dans ces deux fur cnfans le mâles dedixà (douzeansn'avoient
bâtimens dents jeuncs &c vieux, avoient les
corps que cette petite corde fans
forts belles, blanches &cbien ran- bandedetoiltydelhinet foutesir
uniquement pour
gécs. Ils ont tous les cheveux noirs, dant leur coûteau, qu'ils onte cepenplats, longs &c luifans. A
plus fouvent à la
la
couleur clle eft naturelle; l'égard dela ture aufli bien que les mainqu'àl ceinJuttre, c'eft l'effct de l'huile mais pour le phifionomie paroit hommes. Leur Leur
ou autre huile dont ils de carapat qu'ils font bonnes mélancolique:ondit humeur,
jamais de les froter ne manquent fc garder de les
mais squ'ilfaur
Pour
tous les matins. fontf
E
leur tein il eft
fort vindicatifs, & parce qu'ils
carils fe
diliciledenjugers cès. yvrognesàl'exdu roucou peignent tous les jours avec Lcs femmes font
détrempé dans de T'huile de
plus petites que les Taille
Jfomt carapat ou palma- chrifti qui les fait hommets, Elles ont affez bien faites & graffes. der/omreflembler à des écrevifles
lcs yeux & les
mesc
Feinis de couleur leur fert
cuites. Cette le tour du
cheveux noirs, leursarouge 6
d'habillement S outre tite,
vilage rond, la bouche jafepour- Fagrementqu'ellek leur donne, dur moins
les dents fort blanches, Pair pe-. mens. guey. felon leur goût, elleconferveleurp
gai, plus ouvert &c plus riant que plus les
contre P'ardeur du foleil la feroit peau hommes; refervées avec tout cela elles font fort
crevaffer, &c les deffend
&c fort modeftes : elles font
des mouftiques & des maringoins piqueures qui les rocoiiées ou peintes de rouge comme
les defoleroient fans cctte précaution, mouflaches hommes, , mais fimplement &c fans
Parce que ces infeétes ont une extréme veux font ni lignes noires.
riant que plus les
contre P'ardeur du foleil la feroit peau hommes; refervées avec tout cela elles font fort
crevaffer, &c les deffend
&c fort modeftes : elles font
des mouftiques & des maringoins piqueures qui les rocoiiées ou peintes de rouge comme
les defoleroient fans cctte précaution, mouflaches hommes, , mais fimplement &c fans
Parce que ces infeétes ont une extréme veux font ni lignes noires. Leurs cheantipathie leur. pour l'odeur de cctte cou-. un cordon attachez de derricre la téte avec
feftin Loriqu'ils vont a la guerre, en couverte d'un cotton. Leur nudité eft
ou en quelque vifite de confe- ton
morccau de toile de cotIls ont faire quence, leurs femmes ont foin de leur
ouvragé de & brodé avec de petits
darayti des mouftaches & pluffeurs
grains raffade de differentes counaires noires fur le vilage &c far le corps raycs avec leurs, raffade garni par le bas d'une frange de
Jagec farlevi- dujus de pommes de genipa. Ces mar- teur. Ce d'environ trois pouccs. de hauJurle ques durent neuf jours après quoi clles pelle cette Camifa, c'eft ainfi qu'on Camifa
corps, s'efficent, & il faut
à
couverture 3 a huit à ce-qut
broder
de
reçommenger
*
le jufte au corps. J'envisq
ces pouces long fur quatre à cinq pou- cef. ques uns qui étoient chamarez de quel- cette
de haut non compris la hauteur de
maniere. Rien à mon fens n'eft plus lafrange. tite corde de Ilya â chaquel bout une
delagreable, &c rien au leur n'eft plus les
cotton qui le tient lié RE
galant & micux entendu. Telle cft la
reins. La plâpart de ces
Isont diverfité des goûts- Tous les hommcs avoient au col Plufeurs colliers femmes de raf
tecorde sinepeti- avoient une petite corde autour des fade de differentes couleurs &
autear reins qui leur fervoit à
qui leur pendoient fur le fein, groffeurs &
dareins. teau flamand tout nud, Porter un cou- braffelets de même efpece à des
entre cette corde Sc leur qu'ils pafent & fix rangs aux poignets & au deffus cinq ou
foutenir une bande de toile cuiffe, de à coudes, avec des pierres bleuës ou des des
à fix pouces de large qui couvre cinq en raflades enfilées qui leur fervoient de
pendans d'orcilles. Les petits enfansde
l'un --- Page 219 ---
1694. l'un & de l'autre FRANCOISES fexe
DE LAMERIQUE
étoient àlar mamellej jufqu'a depuis ceux qui avec les garçons dans la
S
à dix ans, avoient des ceux de huit rité qu'lauparavants clles méme familia- 1694
ceinture de groffe raffade bracelets & une avec leurs meres & ne s'en font retirées
reins. autour des plus. Il eft rare
éloignent
farespar Cbauf- Ceque les femmes
jufqu'à cet âge fans gu'unc étre fille retenué demeure Degrez
ticalseres & ce que les hommes ontdeparticulier, n'ont
quelque garçon qui la
par danslef guels les
deifem- une efpece de
de jamais, eft a declaré fa
regarde dès qu'il Caraibes
mes. leur
brodequin cotton qui future, en volonté, comme f femme fe mavilledupied, prend un peu au deffus de la che- âge de la devenir attendant qu'elle foit en rient,
pouces de hauteur.
fille retenué demeure Degrez
ticalseres & ce que les hommes ontdeparticulier, n'ont
quelque garçon qui la
par danslef guels les
deifem- une efpece de
de jamais, eft a declaré fa
regarde dès qu'il Caraibes
mes. leur
brodequin cotton qui future, en volonté, comme f femme fe mavilledupied, prend un peu au deffus de la che- âge de la devenir attendant qu'elle foit en rient,
pouces de hauteur. auisenironquatredes Dès les cinq eux les parens ont réellement. droit de Parmi
ont atteint l'age de douze que ans filles leurs parentes fans
prendre
viron (car les Caraibes
ou en- refufer, très-fouvent qu'elles ils puiffent les
fort exaéts dans la
ne font pas dès l'age de
à les retiennen:
fapputation de leurs
quatre cinq ans. années) on leur donne le camifa
coûtume n'eftp
trere Leur
lieu de la ceinture de raffade
au
qu'un
époufe fa
avoient porté
qu'elles
mais pour
ERRRT
ou
jufgu'alors; 8c leur mere 1oaniesatreedegress lité des
& pour la
quelques unes de leurs
leur. femmes, ils ont une plurafait les
Parentes
generale &
liberté fi
ne les ôtent brodequins aux jambes ; elles le même homme fétendué, quetrès-fouvent
foient
jamais à moins qu'ils ne trois ou
prendra pour femmes
ablolument ufez ou déchirez par fines quatre fceurs qui feront fes couquelqueaceident, droient
&c quand elleslevou- tendent germaines ou fes nieces. Ils préble; carilsi faire il ne leur feroit pas poffi- elles qu'ayant été élevées enfemble
ils doivent fontt travaillez fur'le licu où vec plus s'aimeront davantage, vivront apailfeur les todjours fait demeurer demeurer ; leur 6- plus volontiers d'intelligence, les unes les fe fecoureront
iont fi ferrez qu'ils ne debout, 2 ils
autres 3 &
terni defcendres & peuvent ni mon- FERREERT le lerviront mieux. Car en
clles
lesjambes n'ont ccommediancecise encore
fauvages font bien plus cep point nos Empire
groffeur, quand Eie vient à toute leur lerelte des hommes; ils railonnables quc raibes desCaavec les années, elles fc trouvent augmenter fifer- femmes comme leurs regardent leurs Farleurs
rées
le molet devient
quelque amitié qu'ils ayent fervantes, &c famas. plus &c dur
beaucoup clle ne va
pour
eless
naturellement. E plus qu'il n'auroir été du fervice jamais jufqu'à Ics difpenfer
Les extremitez de ce
qu'elles font obligécs de leur
demi brodequin ont un rebord d'environ un rendre, nidur relpettqui le doit accomdouble pouce de large le bas, & du pagner. Il eft inoûi qu'une femme
par le haut, cfer fort pour fe mange avec fon mari, ni méme en fa
bord tenir droit lui-méme comme le échantillon. prelence. Qu'on juge du rettepar cet
Cela fait une
Ent
plaifante figure aux jambes d'une affez fem- Lesarmesd de ces Mefficurs étoient
me.
ont un rebord d'environ un rendre, nidur relpettqui le doit accomdouble pouce de large le bas, & du pagner. Il eft inoûi qu'une femme
par le haut, cfer fort pour fe mange avec fon mari, ni méme en fa
bord tenir droit lui-méme comme le échantillon. prelence. Qu'on juge du rettepar cet
Cela fait une
Ent
plaifante figure aux jambes d'une affez fem- Lesarmesd de ces Mefficurs étoient
me. Il faut qu'elles confervent cette arcs, desfleches, un bouton, &clc des
teau quils ont à la ceinture, & le coûPortent avec clles
fouvent à la
plus
Peteratanssmanee
en terre. ilsp
main. Ils font ravis
Lorfque les filles ont ces deux pic- bon peuvent avoir un fufil, mais quelque quand
cesdajuitemens, & les
ceii-dire,lecim.f moyen qu'il de foit, le ils trouvent bien-tôt le
brodequins, elles ne
failant
rendre inutile, foit en le
viveurplus A crever en y mettant trop de
pou: --- Page 220 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1694. poudre, foitenp perdant les vis ou quel- de fept à huit pouces de
fa
qu'autre piece; parcequ'étant fort mé- feur égale celle du rofeau long, à grof- 1694. lancoliques &c fort defeuvrez 2 ils où elle y eft entéc,
l'endroit
paffent les journées entieres couchez diminue
après quoi elle
rencedles Indife- dans leurs hamacs à le démonter & qui cft pointu. infenfiblement Elle eft jufqu'au bout
Carai- remonter; & comme il arrive fouvent par de
hoches toute coupéc
bes. qu'ils oublient la fituation des
dillons petites
qui font des arou qu'ils en perdent quelqu'une, pieces ils 2 taillez de fort maniere proprement travaillez &
jettent le fufi fins s'en mettre plus point du tout la qu'ils n'empéchent
en peine ni s'en chagriner; car ce font corps contre fleche elle d'entrer dans le
les plus indifferentes creatures qui mais qui lequel eft décochée;
foient forties des mains de Dicu. fortir empéchent qu'elle n'en puifle
Armes Les arcs dont ils fe fervent ont fix ment la qu'en élargiffant confiderabledes Ca- pieds ou environ de longueur, les deux vers playe, ou en pouflant la fleche
leurs raibes, bouts font ronds de neuf à dix
la partic oppoféc pour la retirer
lignes
une nouvelle
ares. de diamctre, avec deux hoches pour Eon foit très- dur bleffure. Quoique ce
arréterlacorde. Lagroffeur s'augmen- Caraibes
par lui-même, les
te également des deux bouts en venant reté en en le augmentent mettant encore la duvers le milieu qui eft ovale en dehors chaudes
dans les cendres
&c plat en dedans, c'eft-à-dire du côté
pour confommer peu à peu
où eft la corde; de forte que le milicu Thumidiequiy rer ainfi fes feroit reftéc, &c refferdel'arc a un pouce & demi de diame- ou de la fleche pores.
-même, les
te également des deux bouts en venant reté en en le augmentent mettant encore la duvers le milieu qui eft ovale en dehors chaudes
dans les cendres
&c plat en dedans, c'eft-à-dire du côté
pour confommer peu à peu
où eft la corde; de forte que le milicu Thumidiequiy rer ainfi fes feroit reftéc, &c refferdel'arc a un pouce & demi de diame- ou de la fleche pores. eft Le refte du rofeau
tre. Ilsles font pourfordinairedebois feulement
tout uni, il y a
verd ou d'une elpece de bois de lettre, d'empécher unepetitc hoche au bout afin
dontlacouleureitt brune, méléedequel- pc de la qu'ellene gliffe ou n'échapquesondes d'un rouge brun. Ccbois eft
corde quand on la tire. Ils les
pelant, compaête & fort roide, ils le ornent quelquetois avec des plumes de
travaillent fort
peroqueis refendués 8c collées à fix
depuis que le proprement 2 fur tout pouces près dul bout, mais cela efttrèscommerce avec les Euro- rare, & il l'eft
péens lcur a procuré des inftrumens de ver leurs fleches prefqu'autant fans
de troufer, au lieude cuxdepksurcordecal empoifonnées. qu'elles foient
loux tranchans dont ils fe fervoient ma premiere Partic Quoique j'aye dit dans
autrefois. La corde eft étenduë tout jevais le
comment ils le font,
le long del'arc qui eft droit fans aucu- du. Leéteur. repeterici Ils font pour la commodité Maniere
ne courbure, clle eft attachée aux ho- corce du
une fente dansl'é- d'emchcs des deux bouts fans étren nitroproi- lc bout de mancenilier, leurs fleches &c & ils y mettent nerles poifondc, ni lâche. Elle eft de pitte ou jufqu'a ce
lesy laiffent
de caratas urg deux à trois lignes de dia- lait
qu'elles foient imbibées du facbens
metre. épais, vilqueux & cmpoifonné de
Lezrs Leurs fleches font faites de l'extré- cc feches mauvais ils les arbre. Après qu'elles font
Peches. mité ou tige que les rofeaux poufent
enveloppent dans une
tous les ans quand ils veulent fleurir. feilleadecachibon, de
ou dans uneg gaifne
Elles ont environ trois pieds & demi cafion. palmifte pour s'en fervir dans l'ocentéc de longueur & fortement avec la liée pointe
eft Lorfqu'on veut ôter le poifon de ces
avec 1 A de fleches on met les
dans
Mapiers
cotton. Cette pointe eft de bois verd dres rouges, & on pointes les cen- dedef
gratte avec un coû- empoiteau --- Page 221 ---
QU) --- Page 222 ---
Tom.ITert.a. Pag. 7. Boutou ou - Hassuc des Caraibes. --- Page 223 ---
FRANCOISES DE
1694. teau ou un norceau de verre, la
chures LAMERIQUE
fmmner &c tous les ardillons
pointe
de plufieurs
lesfe
jufqu'à ce que le point de coup de couleurs. Il n'y a 16941
ches, boisfoiblennet, après quoi onles paffe un bras ou
bouton qui ne caffe
cela encore le au feu.
. Pag. 7. Boutou ou - Hassuc des Caraibes. --- Page 223 ---
FRANCOISES DE
1694. teau ou un norceau de verre, la
chures LAMERIQUE
fmmner &c tous les ardillons
pointe
de plufieurs
lesfe
jufqu'à ce que le point de coup de couleurs. Il n'y a 16941
ches, boisfoiblennet, après quoi onles paffe un bras ou
bouton qui ne caffe
cela encore le au feu. On prétend qu'aprés fende la tête une jambe 5 ou qui ne
poifon en eft entierement ôté, fe fervent de en deux parties, car ils
fier. Cependant Je ne voudrois par trop m'y coup d'adreffc & cette de arme avec beauLes fleches dont les Caraibes fe fer- I nc faut point oublier force. de dire Malice
vent pour la chafle des gros oifeaux, leurs" que quand les' Caraibes fe battent avec ici desCacomme iontlesperroquers les ramiers, taillades Acches, ils ont foin de faire deux raibes
les perdrix, les mansfenis qui font des le rofeau avec le coûteau à l'endroit où
oifeaux de
eft
Rpt
proye, les crabiers, &c aula enté à la pointe, afin battent;
tres, ont la pointe toutc unic, fans quand pointe eft cntrée dans que le
ardillons, &c ne font point empoifon- corps; &c le refte dc la fleche s'en
nécs. Celles qui fervent
tombe de lui-mémc
fepare
Fleche: tits oifeaux ont
pour les
qu'ainfi la
à terre, &c
de difiau bout un bouton 3c
partie de la fleche qui eft
rentesef cotton comme on en met au bout des empoilonnée dans la
demeure plus
Peces. les
fleurets, qui tue fans les percer, &c
playe à caufe de la long-tems difficulté
fans que leur fang fe répande & qu'il qu'il paller y a le à la retirer, ou à la faire
puife gâter leurs plumes. Celles qu'ils même par ona dela côté oppofé, & fouvent
employent les'
pour tirer le poiffon dans
peine à la trouver. rivieres ou dans les endroits de la teau Quoiqu'ils à
ayent toûjours leur coû- Les Camer où il n'y a que trois à
la main, il eft rare qu'ils s'en raibes
pieds d'eau, font de bois toutes quatre dune yvres. frappent, Dans à moins qu'ils nc foient font fort
piece, & ont un ardillon affez
ces momens ils font dan- windicaavec une petite corde attachée long, gereux, Car s'ils fc
sifi. oppofé à la pointe. Cette corde au bout voir receu quelque injure fouviennent d'un d'aaflez longue a à fon extrémité un qui eft che qui fera prefent &c fera la autre
ceau de bois leger. Dès que le moravec eux, un
fe levera débaufe
viendra
Sc
TLE
fent percé il s'enfuit; mais le poillon bois dre la tête galament d'un Par derriere lui fenleger vient toujours fur l'eau, fait lui donner
coup de bouton, ou
le lieu où il
EOeLOe
be fc
efl, & le Carai- S'il tué fon quelques coups de coûteau.
ft che qui fera prefent &c fera la autre
ceau de bois leger. Dès que le moravec eux, un
fe levera débaufe
viendra
Sc
TLE
fent percé il s'enfuit; mais le poillon bois dre la tête galament d'un Par derriere lui fenleger vient toujours fur l'eau, fait lui donner
coup de bouton, ou
le lieu où il
EOeLOe
be fc
efl, & le Carai- S'il tué fon quelques coups de coûteau. mettant à la
le prend, & n'ait
ennemi, &" que le mort
fuivant la corde il Ed fe
maitre du c'eft point de parens pour le
poiffon. une affaire finie : mais s'il vanger, a des
bha efpece Le bouton eft une efpece de maflue qu'il parens, ou s'il n'a été bleffé &
magui, d'environ trois pieds & demi de long, doit guerifle, celui qui a T le
plate, épaille dans toute fa
changer de domicile s'il veut coup
de deux pouces, excepté à la longueur, poignée xempter d'en avoir autant à la; s'éoù fon épaiffeur efl un Peu moindre; occalion; c'eft de car ils ne fgavent Premiere Ce
elle eft
de deux pouces à la poi- &c Pardonner ou de fe
que
gnée, & RE quatre à cinq à l'autre ex- perfonne d'entr'eux ne fonge reconcilier, à s'entrémité, d'un bois trés-dur, fort pefane tremettre Les pour cela. & coupé à vives arrêtes. Ils gravent tons enfans ong des arcs &c des boules differens compartimens fur les côtez leur Proportionnez à leur la taille & à desen- Adrafe
plus larges, &c rempliflent les ha- heure force; à
ils s'exercent de bonne fansa
tirer, &c ils y réuffiffent fi a
M --- Page 224 ---
NOUVEAUX
2hy4. faitement que dans leur plus VOYAGES tendre
AUX ISLES
jeuneffe fans ils chaffent aux petits oifeaux tite viron chaîne deux pouces &c demi, une peLes prefque jamais manquer leur coup. attaché à avec un crochet le tient 1694. & les colliers, les bracclets, le camifa ne ( car tous l'oreille, au deffaut de chai- LesCades femmess brodequins les font les ajuftemens tache avecun n'en ont pas) on les at- raibes
leurs, ce font leur hommes ont aufli les au centre du filde cotton qui eltpallé portent Caplumes
caracolis & leurs eft comme celle croiffant, d'une dont Pépailfeur Sr
Lec caracoli cft tout enfemblele
fols. Ils en portent un autre piece de quinze
dela chofe &c celui du métal dent nom me grandeur attaché à
de la mé. eilcompofitc,
elle narrines qui leur bat l'entre-deux fur la
des
Ce métal vient de la terre
Le deflous de la levre
bouche. on prétend que c'eft un
ferme, encore percé, & on infericure eft
Caracoli gent, de cuivre & d'or. mélange Comme d'ar- triéme caracoli qui yattache éft un tiers un quamefediens crnede ces pais-là ont ces métaux les bea grand que les precedens, &c qui tom- plus
prdutres-purs, Carai- fi
le mélange qui en refulte eft en ont moitié un fous le menton.
prétend que c'eft un
ferme, encore percé, & on infericure eft
Caracoli gent, de cuivre & d'or. mélange Comme d'ar- triéme caracoli qui yattache éft un tiers un quamefediens crnede ces pais-là ont ces métaux les bea grand que les precedens, &c qui tom- plus
prdutres-purs, Carai- fi
le mélange qui en refulte eft en ont moitié un fous le menton. Enfin ils
les, jatais parfait quelque que la couleur ne s'en ternit pouces d'ouverture, cinquiéme qui a fix à fept
re dans la mer long-tems ou dans la' qu'il demeu- dans une petite planche qui de eft bois enchaflé
penfée eft que c'eft un métal terre. fimple, Ma furla cintréc en croiffant, qui leur tombe noir
Hetlaigre; le veulent graineux & caffint, &ceux petite poitrine, corde au étant col. attaché avec une
31 le
employer font obligez qu'elle
Jc laide à penfer
le rendre mélanger avec un peu d'or
a la tête beaurétous ces croiffans donnent
Les plus doux & denioter font
d'un homme, & s'ils ne le
font Orfevres Françeis
pas reffembler à un mulet orné de
aux Mles ont fait
qui fes
E7LeeS
plaques. Lorfqu'ils ne
riences pour imiter ce quantité métal. d'expe- On' dit leurs les caracolis, ils ont foin portent de point
que ceux qui en ont approché le
& trous qu'ils ont aux oreilles, remplir au
ont gardé cettc
plus à la levre, avec de
nez
Alliace f alliage. Sur fix proportion dans pour les empécher de fe petits bâtons
iztilae redaca. ont mis trois parties parties de cuivre d'argent reflemblent pour lors aux boucher: ils
racali, ge purifié &c une d'or. On fait desba- rou- qui on a mis des brochcs pour cochons les cm- à
gues, des boucles, des
pécher de fouiller la terre. nes & autres
poignécsdecan- fois ils
des
Quelqueont une grande ouvrages beauré, de ce métal qui oreilles &a portent la levre; pierres &c vertes- aux
mon goûr elle foit bien au quoique deflous felon ont ni pierres vertes, ni quand ils n'y
celle du caracoli des Indiens
de ni caracolis, ils y mettent pctits des bitons,
roit comme de l'argent furdoré qui pa- de perroquets ou d'Aras rouges, plumes
rement avec quelque chofe d'éclatant lege- & de jaunes qui leur font des bleties
comme s'il étoit un enflammé,
dixà douze pouces de mouflaches de
Les caracolis que 1E0s
que côté au delfus &c au long deltous chatent font taits comme des Sauvages Por- bouche, fans
ce
de la
grandeur differente felon croiffans de orcilles; ce compter qu'ils ont: aux
doivent fervir. le lieu où ils plaifante qui leur donne la plus
naire un a chaque Ils en portent d'ordi- J'ai vû figure de leurs du monde. enfans
tance d'une corze oreille, à Tautre dont la dif quantité de plumes de qui avoient Ajufleeft d'en- leurs
differentes cou- mensdes
dansleurscheveus, ellesyétoient erfans,
at- --- Page 225 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. EeTt attachées d'une maniere qui les y te- article iln'y a gueres de gens au monde 1694
noit toutes droites : cct ajuftement plus vifs 8 plus aétifs à chercherlesoctout naturel & tout fimple qu'il étoit, calions de fc vanger dès qu'ils ont été
leur donnoit un bon air.
es cou- mensdes
dansleurscheveus, ellesyétoient erfans,
at- --- Page 225 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. EeTt attachées d'une maniere qui les y te- article iln'y a gueres de gens au monde 1694
noit toutes droites : cct ajuftement plus vifs 8 plus aétifs à chercherlesoctout naturel & tout fimple qu'il étoit, calions de fc vanger dès qu'ils ont été
leur donnoit un bon air. une fois offenfez. Et en troifiéme lieu,
Ilsfçavent prefquetous, particuliere- ils ontune paflion cxtrémcpourlesu-de
ment ceux de la Dominique, affez de vie & lesautres liqueurs fortes; ilsdonmauvais François pour fc faire enten- nent tout ce qu'ils ont pouren: avoir, &
dre, & pour comprendre ce qu'on leur en boiventjefqualexces. tout le refte du monde Horscestrois n'eft
dit. Ily. en avoit un dans cette troupe points
pas
parloit François fort correétement. capable deles émouvoir. Eatmerdiss &medonna lieu d'entrer Tout ce qu'on a fait jufqu'à preen converfationavecluis c'étoit unhom- fent pour les inftruire &cleur faire cmme dep plusd de cinquanteans, jefçis qu'il braffer la Religion Chrétienne, a été
avoit été élevé par Monfieur Chatéau- inutile. Nôtre Ordre y a entretenu Les MijDubois, il avoit tétébaptifé &c très-bien pendant plus de trente ans des Miffion-. fonnai- resfe
Cardi- inftruit, il fçavoit lire8c écrire. Mais naires qui avoient étudié leur langue 3 font embe bap- ilavoir quitté la Religion Chrétienne qui vivoientaveceux, qui leur avoient ployez
sifées enfatite dès qu'on T'avoitramené àla Dominique cnfeigné le Catéchifme & les Prieres, inutile- ment 2
apefar. qui étoit fon pais, où on cfperoitq qu'il & qui ne négligeoient rien de tout ce lesconaideroit aux Miflionnaires que nous, y qui pouvoit ics gagner à Dieu, &c tout? vertir. avions alors, àconvertir fes compatrio- ccla fans aucun fruit. Les Peres Raytes. Je ne manquai pas de lui faire des mond Breton, & Philippes de Beaureproches defon apottafie; àquoi il me mont, Religieux de nôtre Ordre de la
répondit ques'il fût né de parens Chré- Province des. Louis, ontdemeuréplus
tiens ou qu'il cût toûjours demeuré de vingt-cinq ans à la Dominique fans
avec de François, ilauroit continuéde avojrpu faire autre chofe quedebaptiler
vivre en Chrétien; mais qu'étantr rétour- quelques enfans étoient àl'article de
né enfon
il n'avoit pû fe refoudre lamort, & dcs
étoient moE
pais,
qu'ils
ànc; pasvivre comme lesautres, &à ef- ralement fûrs de voir mourir dans
lcs injures & les mépris de fes pa- ques momens.
de François, ilauroit continuéde avojrpu faire autre chofe quedebaptiler
vivre en Chrétien; mais qu'étantr rétour- quelques enfans étoient àl'article de
né enfon
il n'avoit pû fe refoudre lamort, & dcs
étoient moE
pais,
qu'ils
ànc; pasvivre comme lesautres, &à ef- ralement fûrs de voir mourir dans
lcs injures & les mépris de fes pa- ques momens. Ce n'eft pas qu'ils
SESE
fuyer! rens. Je luioftis de l'établir à la Marti- kmpienbepticrengrid nombreymais
nique, & delui faire donner de la terre comme ils connoifoient leur iauvais
pourlui & pour fafamille; à peine écou- naturel, leur inconftance & leur indifta-t-il mes offres. Jecomnusgacjeparbis ference qui leur taitregardercomme des
àunfourd, & quele lbertingcouilvi- jeux les actions les plus fericufes, ilsne
voit, jolntal'indifitrence naturelleque vouloient point expofer à une prophales Caraibcsontpourlal Religion,lavoit nation certaine le Sacrement
rendu incapable de penfer à fon fa- fieurs leur dcmandoient avec
SRiE
lut. fachant bien qu'ils ne le demandoient
Hume Iln'y a quetrois chofes dans lefquel- qu'en vûe des prefens que les parcins
des Ca- les on ne. remarque point les Carai- qu'on leur procuroit ne manquoient jaraile. bes foient indifferens. ERAeI dans cequi mais de léur faire, mais toujours dilporegarde leurs femmes; ils en font fi ja- fez à retourner à leur vomiflement, &c
loux, qu'ils les tuent fur le. moindre à recevoir de nouveâu le Baptéme, fice
foupçon. Ils font vindicatifs, &cfurcet Sacrement pouvoit fe reiterer autant de
Toni.1I. B
fois --- Page 226 ---
To NOUVEAUX VOYAGES
1494. fois qu'on leur
AUX ISLES
d'eau-de-vic. auroitprefenté un verre lu maffacrerleurs
M.Cha- Un homme de
&c
Mifionnaires. 1pa
Ta4Du-a appelléMonfieard qualité fort riché Caraibes Tadte-dmamtquee étoient cesquarante-fept
beistra- waille à toit établi à la Chateau-Dubois, s'é- mens. venus dans deux bâtilacon- travaillerà leur Guadelouped exprès pour gues. Jevis Jeeroyoisquecer fuffent des pirorzerfion lierement de ceux converfion, Separticu: mer
étanedelcendu aul bord de la
desCa- font
dela
que je m'étois trompé,
raibes,
nos voifins; il en entretenoit Dominique toû- qui deux écoit effectivement une L'un des
Iruifoit jours chez lui un bon nombre qu'il in- maisl'autrer m'étoit tout-à-fait pirogue,
foin & & faifoit inftruire avec tout le Ils les avoient tirés à terre fans inconmu.
converfion, Separticu: mer
étanedelcendu aul bord de la
desCa- font
dela
que je m'étois trompé,
raibes,
nos voifins; il en entretenoit Dominique toû- qui deux écoit effectivement une L'un des
Iruifoit jours chez lui un bon nombre qu'il in- maisl'autrer m'étoit tout-à-fait pirogue,
foin & & faifoit inftruire avec tout le Ils les avoient tirés à terre fans inconmu. ils
dant il toute la charité poffible;
n'auroient étéen feureté quoi
eft mort dans ces pieux exercices cepen- petuofité Ea
contrel'imfiansavoire bon eu la confolation d'avoir
resfare cette côte, hnequioatesmotint & fur toutà àl
Chrétien: : car
ait faitun où ils avoient
l'endroit
baptifer
quoiqu'il en fait bâtimens étoit débarqué. bien Undecesdeux
luinombre plufieursquil d'annés, avoit gardez chez tre, & fait d'une toute plus autre grandq quel'autement bien inftruits, qu'il & fur avoit la foi parfai- def- Tendenmdalenom,
maniere,
quels il fembloitrqu'on pouvoit compter Tappelloit Bacafhs.Je onm'appritqu'on les mcfurai tous
fcurement, ils ne fc font fouvenus des deux. de
obligations de leur
long &
n Sase
lité de Chrétiens Baptême c8cdelaqua- gedansfonr milieu; quatre pieds elle & demi de lar- leur
qu'ils font demeurez qu'autant dans fa de
tc par fcs deux bouts finiffoit en poinmaifon
E
fontretourezal leur elpece de Religion, E élevez que le milieu d'environ qui étoient quinzeà plus deftriy- tim. oupldtocaleurl libertinage dès qu'ls ont vingt pouces. Elle étoit
remis le pied dans leur lile. neuf planches ou bancs partagéc
M.FA- Un Ecelefiafique fort
avoir été fendus, qui TARES &
ringhes Erère, Monlicur
pieux nommé fcicz, Derriere dolez, non pas
fieurs annécs Varinghen, à lal
a demeuré plu- huit pouces de chaquebanc difance, & &caenviron
valeamffinutilemenrg Dominique, qued ceux &cyatra- que le banc ily y avoit des batons plus haut
precedé. la enfin
quil'ont fereti- comme lel bras, dont les bouts gros
rer à la Martinique étéobligede oùt je T'ai laiffé fichez dans les côtez de lal étoient
1709. cn fervoient à foûtenir les Pirogue, ils
fe d'Angennes. Rpmsiuinsmsn ment, 8clest tenir toûjours côtez du bâtidesJe- Mifion Iny a plus que les Peres Jefbites dittance, & éncore à appuyer sdanslaméme les
fuisesa qui ont une Miffion chez les
fonnes qui s'affeyent fur les
perLies.
laiffé fichez dans les côtez de lal étoient
1709. cn fervoient à foûtenir les Pirogue, ils
fe d'Angennes. Rpmsiuinsmsn ment, 8clest tenir toûjours côtez du bâtidesJe- Mifion Iny a plus que les Peres Jefbites dittance, & éncore à appuyer sdanslaméme les
fuisesa qui ont une Miffion chez les
fonnes qui s'affeyent fur les
perLies. de PIle S. Vincènt. Cef la Carsibes haut des bords de la pirogue bancs. Le
Tincent. Roi quilesyentretient. Il etafouhait- picré du de plufieurs trous de tarieres étoit garnis percé de
terqueles peines
fedonnent foient cordes de maho qui attachoient lebamieux recompenfces a l'avénir,
étoit reflés carla
ne l'ont éréjufqu'a prefent. Ils qu'elles le EFSL la
à terre fous une plus
fort des
ont
où ils
PUBEt
autres
>
avoient tendu
AESN
boptilaque des Miftonnaires, & n'ont macs à des
leurs hafoir méme quand senfansmoribonds, je fuis
Ondi- appuyez contre pieux les plantez murs de en terre &
qu'ils alloient abandonner parti S. des Ifles, verne. cette caParce que les Sauvages avoient Vincent, vou- de LeBacaffas avoit quarante deux pieds
long, & près de iépt pieds de large
dans --- Page 227 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. II
1694 dans fon milicu. L'avantétoit élevé& augmentoit confiderablement Pun la ni gran- Tau- 1604. pointu à peu près comme cclui d'une deur de ce bâtiment. Ni Le Caraipirogue 5 mais l'arriere étoit plat &c bc tre n'avoient des gouvernail. eft allis ou debout à
coupé en poupe. Ilyavoirunctélede mais l'arriere qui gouverne du bâtiment, & gouverne avec
marmoufet enscleftrcemalfutty bien barboiillée de blanc, une pagalle cft d'un bon tiers plus
en échange
grande que
on fefert pour nader noir
t.tue
8cderouge, aecunbrnsdhomme boucanné, c'eft-à-dire fechéà petit ger; car on nedit pointaux Inlcs voguer
d'un Bras feu &calafumée, qui étoitattachéaco- ou ramer, maisfimplement la
nagerquani eft bien
Angleis té du marmoufet. Ils me l'offirirentfort on fe fert de pagalle, avirons. qui
donton civilement en me difant que c'étoit le plus ordinaire les
veurfai- bras d'un Anglois qu'ils avoient tué de- Lap pagalle FR faite comme une pelrepre- fentà
en unc defcente qu'ils avoient le de four; elle eft longue de cing à
TAL- puis faite: PE lal Barboude, où ilsavoient maf- fix pieds, lc manche eft rond octeIr. & enlevéune femme cupe les deux tiers ou trois
:
facré fix perfonnes les remerciai encore de cette longucur,, & la pelle le oes
&c deux civilement enfans. du Je prefento qu'ils mevou- elle cit large d'environ huit
fur
plus loient faire, &c je leur ofiris beaucoup un pouce & demi d'épaiffeur PeAcer fon
d'eau-de-vic &c det traite, c'eft-à-dire de milieu, diminuantjuiqu'a fixlignes embelliflent dans
SohanTeng les bords.
facré fix perfonnes les remerciai encore de cette longucur,, & la pelle le oes
&c deux civilement enfans. du Je prefento qu'ils mevou- elle cit large d'environ huit
fur
plus loient faire, &c je leur ofiris beaucoup un pouce & demi d'épaiffeur PeAcer fon
d'eau-de-vic &c det traite, c'eft-à-dire de milieu, diminuantjuiqu'a fixlignes embelliflent dans
SohanTeng les bords. Lcs Caraibes
efpece Pagalle de
trois prifonniers; ils mele promirent &c leurs Pagalles de deux rainures ou nervû- rame. l'oublierent aufli-tôt. J'ai depuis res quip partent du manchedontelles femqu'unc de nost barques palfant Domi- blent marquer la continuation jufqu'à
nique les avoit racheptez moyennant Teatrémit-dclapelle, qu'ilséchancrent
quatre barilsd'cau-de-vic &cunfulil, &c en manicrede croiflant. lismettentaffez
les avoit apportez à la Martinique d'oà fouvent au bout du manche une petite
on les avoit réportez chez eux à la Bar- traverfe de cinq à fix
de long en la
boude. maniere del bequille, Eotnre appuyent
Ce n'eft gueres leur coûtume defaire paumede la main en nageant. du mal à leurs prifonniers quand ils On ne fe fert des pagalles Ceux-ci comles ont une fois chezeux, fur tout aux me des rames ou Res avirons. du
femmes & aux enfans. Ils les traitent iont foutenus &c attachez au bord
fort doucement, & les regardent bien- bâtiment dans lequel ceux qui rament
tôt comme de leur Nation; mais leur regardent l'arriere ou la poupe; aulicu
premiere fureur eft à craindre. que dans lespirogues, canots ou bacafLebacallasavoit des bancs comme la fas, ccux qui nagent avec des pagalles Maniere
pirogue. Is étoient tous deux de bois étant allis regardent l'avant ou la prolic defefer- airdes
d'acajou. C'eft une clpece de cedredont du bâtiment. Ceuxg <quifont tà la droite pagalies
jei parlerai dansunautre lieu. Ils étoient ou à ftribord empoignent le manche de
tout d'une piece, travaillez tort
la pagalle environ a un pied au deffus
ment Scfortuniment. Les bords SPERISE du
de la pelleavec la main droite, &c metcallasavoient un évuage, c'eft-à-dire tent la paume de la main gauche fur le
une augmentation ou exaucement: faita- bout du manche. En cette fituationils
vec des planches dolées de même bois, ployent le corps en avant en plongeant
d'cnviron quinze poucesdel haut, cequi la pagalle dans T'cau, & la tirant en
B 2
ar- --- Page 228 ---
T2
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1694. arricre en fe redreffant, de maniere enfin parce
qu'ils pouffent l'eau fort violemment le bruit que qu'onn'eftpoint le frottement des étourdipar avirons 1Cga
AoimoRkANrecoMt mentarecbesucompder viteffe, On
fait neceffairementf furl rlebordage du bàçoitaffezquec ceux quifontàla gaucheou con- timent.
2
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1694. arricre en fe redreffant, de maniere enfin parce
qu'ils pouffent l'eau fort violemment le bruit que qu'onn'eftpoint le frottement des étourdipar avirons 1Cga
AoimoRkANrecoMt mentarecbesucompder viteffe, On
fait neceffairementf furl rlebordage du bàçoitaffezquec ceux quifontàla gaucheou con- timent. Cedernier point eft duneplas
abasborddul bâtiment tiennent la pagal- grandeconicquencee ne. Nos
qu'on ne felimagiledela main gauche &c appuyent ladroiFlibuftiers quil'ont apris des
te fur l'extrémité du manche. Pourvû Caraibes, pour entrer s'en la nuit ferventaufi-bien qu'eux
qu'uncanor ou pirogue aittrois pieds de des rades, ou dans dansles d'autres ports,, dans
large, deux hommes peuvents s'afleoirfur ils veulent faire des
endroits où
lememebanc, 8cmager, ce qu'ilsne; pour- réuffite
de defcentes,, où la
roient pas faire s'ilsavoient des rames ou ront à leurs dépend la furprife qu'ils feTriliré des avirons dont la longueur demande ne pouvant les ennemis voir à dont caufe lcs fentinelles
des Pa- plusdeplacepour fe mouvoir. Ainfi on rité de la
de P'obfeu. galles. peut mettreunplus grand nombrede pa- bruit des avirons nuit, pourroient f on
entendre le
Ellaguecionomdamane canot, &fi- qu'on les
en ramoit, au lieu
replusded diligence. Il eftvrai que cette pagalles furprend nageant avec des
CoEnmanaeenE carfi qu'on retire qu'on auffi
dans l'eau &
enconfiderelirame
Pon veut
fectn
faut dire en même commeunievier, il & fans faire le moindre EtbdRc
fixe oul le centre def temps que fon point eft J'aiditquel la pagalle de
l'endroit du bord du efonmouvement, bâtiment oà elle eelles verne dont étoit d'un tiers plus celuiquigot- grande
eft atraché ou appuyée, ce qui foula- n'aura de on fe fert pour nager. 8
ge conféquent celuiqui la faitagir, fon fi on Pas veut peine d'en fe concevoirlar rainu Ter que la pagalle n'a d'autre point dit que l'arriere bien des fouvenir que j'ar
fixenid'autred centre de mouvement que jours
pirogues étoit toûla main qui la tient auprès de la
& fi on bien plus élevé le milicu 5
& qu'elle reçoit tout fon mouvementS pelle, nedevantvoir confidere d gouvertoutefaforce de l'impreflion de la main eeux
tous
ESASmSLAr
qui la tient par le bout; d'où ils s'enfuit conduireaul qui font Sanc la pirogue afin dcla
que Pagent ne reçoit aucun foulage- avoir fon lieuqu'ils'eft propofé,il doit
ment, &
eft obligé d'employer les autres, fiege 88 beaucoup plus haut que
beaucoup E deforce, & de travailler galle plus par conlequient une
bien davantage en nageant avecune pa- ger aflezavant longuc dans!
tous
ESASmSLAr
qui la tient par le bout; d'où ils s'enfuit conduireaul qui font Sanc la pirogue afin dcla
que Pagent ne reçoit aucun foulage- avoir fon lieuqu'ils'eft propofé,il doit
ment, &
eft obligé d'employer les autres, fiege 88 beaucoup plus haut que
beaucoup E deforce, & de travailler galle plus par conlequient une
bien davantage en nageant avecune pa- ger aflezavant longuc dans! pour Peau pouvoir la LE
fRgonesoeeomnte il me femble
Mais à la pirogue le mouvement pourimprimer
bien balancé que cet inconvenient elt mais cela ne fufit
necelfaire 5
par pluficurs raifons: pre- fçavoir que celui Pas encore 2 il faut
mierement, 3
qu'on peutdoubler&c fouvent dcbout qui gouverne eft plus
triplerle INES des rameurs. Secon- tuation
qu'allis, &que cette fidement, parla diligence extraordinaire demande jointe alahauteur de la pirogue,
que l'on peut faire. En troifiéme
une Pagalle bien plus longue
Farceque ceux qui font dans un canotà lieu, Arind pagalle autres. à côté Celui du gouvernetient
nefentent
ce
dans
SLR
pagalles importun par fauts point & mouvement élancemens Feau, lapelleparalelle au Srse côté la piqu'on fent quand il y a Ber avirons; 8c cgnduire. rogue oppofe Il cft au point où il la veut
visiqu'ilesataillebien
plus --- Page 229 ---
NICB --- Page 230 ---
EmtBtm2n.
amec vie Zit
a
Canribe
ICHPL
Couleuure
Preees le --- Page 231 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. 1694qu'il ne feroit en tenant la barre rendit ifonlicud'-ifembiée, 8cn'atten- 1694
f gouvernail, mais fi fon travail eft doit queles ordres pour marcher, quand
rude, il faut avoiicr qu'il a bien le foleil ayant diflipéla brume, fit voir
d'effet, fur tout quand il fautdou- unevingtaine dc pirogues 8c de bacaflàs
une pointe fur laquelle le vent &c quirangeoient la cotelansfongerà ànous,
E
la mer. pouffent lc bâciment, ou qu'on &tout-a-fait hors d'état dei nous faire du
eft obligé de virer avec précipitation mal. les Caraibes fe mettent en
pour parer quelque roche qu'on n'avoit Lorfque
de
pasapperceu, ou rquelqueautrecas mer pour quelques cxpeditions guerimprevàs car il Telfens certain qu'avec un rC, ilsne conduifent aveceuxquuncou fairela
gouvernailonne peut donner qu'un feul deux femmes par bâtiment pour
mouvement au bâtiment, &c qu'on ne caflave, Spourlesrocotter. Maisquand
pas le redoubler fans rompre l'erre ils font des voyages de plaifir ou de
ICTP ou cours que le bâtiment avoit com- commerce 5 ils menent leurs femmes
mencé de prendre, au lieu qu'on
& leurs enfans 5 & outre leurs armes
retirer la pagalle autant de fois qucl acon qu'ils n'oublient jamais non plus que
veut, la replonger dc même, &cimpri- leurslits, ils portent avec eux toutesles
mer ainfi plufieurs fois de fuite le mê- ulencheadoleurmenage, quiconfiftent hebime mouvément, CC qui l'augmente f endesg grages, descoulcuvres,des
confiderablement qu'on fairet tour- chets, des platines, des canaris, des
ner une pirogue autour Roap point avec coiis, des calebafles, des coyenboucs.
replonger dc même, &cimpri- leurslits, ils portent avec eux toutesles
mer ainfi plufieurs fois de fuite le mê- ulencheadoleurmenage, quiconfiftent hebime mouvément, CC qui l'augmente f endesg grages, descoulcuvres,des
confiderablement qu'on fairet tour- chets, des platines, des canaris, des
ner une pirogue autour Roap point avec coiis, des calebafles, des coyenboucs. autant de viteffe qu'on fait tourner un J'ai parlé ce me femble de toutes ces
cheval autour d'un piquet. chofes dans ma premiére Partie, & je
Caraibesonto cordinai- viens de décrire leurs arncs & leurs
Màture des piro- rement Lespiroguesdes deux mats & deux voiles quar- ajuftemens; il ne me refte à parler que
guic rées. Les bacaflisonttrois mats &c aflez de leurs lits, leurs matarous, lcurs
desba- celfas. fouventilsmettent de petits huniers, ce pminp-asale meubles. qui a faitquequelquefois. l'alarme on a été &c trom- fait ventairedeleurs Leurlit
car c'eft le nom Deftrippé, &c qu'on a donné
ou-hamac, eft une
tion des
prendre les armes aux habitans pour qu'ilslui donnent,
piecede grof- bamacs
avoir vû une trentaine de ces bacaflas fetoile de cotton de fix à pieds de 015 lits
avecleurshuniers. Le Sieur deS. Aubin long fur douze à quatorze
de lar- des InRCIO
Capitaine du quartier de Sainte Marie, ge, dont chaque bout eft partagé en diens,
étoitf fameux pour une parcille méprife. cinquante ou cinquante-cing partics,
Hvit au point du jour une aflez grande enfilées dans de petites cordcs squ'onapquantitéder pirogucsoedel bacaffas. L'air pelle rabans; clics font de cotton, &
embrumé & la petitefle de ces bâtimens plus communement depitte, bicn filées
SAubin Capitai- lui frent croire qu'ils étoient fort loin, &bien torfes, elles ont chacune deux
neds quoiqu'ils fuffent prefque a terre : Il pieds &c demià trois pieds de longueur. Milice. les prit pour une armée navale enne- Toutes les petites cordes d'un bout de
Son hipoire. mie qui venoit attaquer la Martinique, lapicce detoile sumifenteniemblepor
ilenvoya en diligence en donner avis au faire une boucle où l'on pafleune corde
Gouverneur, Repepdimtilfttierts plus grofle qui fert à attacher lc hamac
Jarme, elle ie répandit par toute lIfle, par les bouts à deux arbres ou à deux
&
la perfonnc qui eft
on pritlesarmes, chaque Compagniefe murs, fupporter
de--
B 3. --- Page 232 ---
1694. 14
NOUVEAUX VOYAGES At UX ISLES
dedans. Tous leurs hamacs font ro- La manicre d'attacher
coicz, non feulement parceque iemet- pour parler en
un hamac, ou 1694. tant dedans ayant lc corps tout rouge,
eft
Ameriquain, de le ten- Manieils les peignent de la méme
dre, d'éloigner les deux extremi- red'atmais encore
coulcur, tcz l'une de l'autre de telle forte tacher
leur donner parce gu'ils ont foin de le hamac avec fes
que 167 bacette couleur avant de s'en mi-cercle dont la cordages fafle un de- mac G
fervir; ils deffinent aufli des com- à l'autre foit le diftance d'un bout de coucher.
ain, de le ten- Manieils les peignent de la méme
dre, d'éloigner les deux extremi- red'atmais encore
coulcur, tcz l'une de l'autre de telle forte tacher
leur donner parce gu'ils ont foin de le hamac avec fes
que 167 bacette couleur avant de s'en mi-cercle dont la cordages fafle un de- mac G
fervir; ils deffinent aufli des com- à l'autre foit le diftance d'un bout de coucher. sy
Partimens 4 couleur noire très-jolis &c de terre de manicre diametre. On l'éleve
tres-agreables, Écompalizangcautant
àsy pouvoir afde juiteffe que s'ils s'étoient fervis du feoircomme te. fur une chaileun peuhancompas &c des regles de la Geometrie,
Quandons'y mctil faut oblerver de
& cependant CC lont les
des mettre une de fes mains en arriere pour
femmcs. Un Caraibe feroir ouvrages deshonoré l'ouvrir, deerainteques s'afleyant deffus
àjamais s'il avoit filédu cotton, ous'il quand il cft tout pliffé, on nc faffe la
avoit tiffit ou peint un hamac. Ils laif- culbutte, ceux ce qui arrive affez fouvent à
fent ces fortes d'ouvrages à leurs femqui ne font pasaccoûtumez. à ces
mes, qui employent un temps con- fortesde aux dépens lits, de mais quis'yfont aifément
fiderable & beaucoup de peine à caufe aux bras, ,aux queiques &c meurtrifures
de la largeur de la toile qui les oblige Ili nc faut épaules aux feffes. Manie- à être deux perfonnes pour la travailenforte pas s'y étendre tout de fon
dent ler. Ils n'ont pas cu encore Pinduftrie long fur
la tête & les pieds
M fe- defaire des
de forte
foient une
droite qui fuive la
mes des
Te
elles
métiers,
que quand longucurdu hamac. Cette
Caraiont étendu les fils de la trame roit
&c
fituation febes font fir deux gros rondins plantez en terre roient. incommode, les reins en fouffriles ba- &c appuyez contre la
Mais il faut fe coucher
macs. bet, &
fabliere du Car- nalement, de maniere
les
qu'elles ont ainfi déterminé la foient à un
ES
longucur & la largeur qu'elles veulent
des coins, & Re téteau coin
donner au hamac, elles font obligées oppolc. Pour lors le corps repole prefde paffer leur pelotton de fil deflus &c queauffiuniment telas. On
gu'il fc feroit iurun madeflous tous les fils de la trame l'un s'étendre autant peut remuer l'on à fon aife,
aprés l'autre, & de battre deffus avec couvrir de la moitié que du hamac. veut, & fe
une elpece de coûteau d'un bois dur & qu'on veut fe tourner rd'un côté fur Lorf- l'aupelant dans leur pour faire entrer tous les fils tre, il faut commencer par mettre les
place, & rendre le travail pieds à l'autre coin du hamac, & en fe
plus uni. ileft certain que les hamacs tournantle corps onfe trouve fur l'autre
faits de eette façon font bien plus diagonale. forts, &c durent plus unis, s'étendent bien micux, La commoditéde ces fortes dc lits eft Comles
bien & davantage que ccux
qu'on les peut porter par toutavecfoi, modité
François les Anglois font fur RE deux taquets de bois ou deux cram- des hade méticr, qui étant de quatre pieces ou pons de fer fuffifent pour les tendre.
certain que les hamacs tournantle corps onfe trouve fur l'autre
faits de eette façon font bien plus diagonale. forts, &c durent plus unis, s'étendent bien micux, La commoditéde ces fortes dc lits eft Comles
bien & davantage que ccux
qu'on les peut porter par toutavecfoi, modité
François les Anglois font fur RE deux taquets de bois ou deux cram- des hade méticr, qui étant de quatre pieces ou pons de fer fuffifent pour les tendre. macs. quatrelez n'obeifent jamais fi bien, J'enai porté avec moi dans mes voyaparce que les coûtures font toljours
d'Iralie où tout le monde
plus roides que le refte de la toilc, ce É lits des hôtelleries font fçairque l'orqui nc peut manquer de caufer de l'in- dinaire fort mal propres; mes pour cramcommodité à celui qui y ett couché. pons étoient àvis comicdestuire-fondsy
je --- Page 233 ---
FRANCOISES DE
1694. je les faifois entrer dans les chambranles LAMERIQUI E. 1S
d'étrebien desportes &c desfenétres, &cj'etois feur font piedsau enchaflez matatou pour l'élever de terre, 1694. couché, fans crainte des
dans les angles,
lits ces, de punaifes & autres ordures dont pu- les ces donnent de depuis huit jufqu'a ilsleur
ces pais-là font abondamment
longueur au deflous douzepoue du fond du
pourvûs. Outre cette commodité quieft cettehauteur. matatou, afin de l'élever de terre de
trc-confderable, dort
il cft certain qu'on y travaillez Le fond 8clescôtez font
plus au frais, on n'a befoin n'yde
d'une manierc fif iferréc, qu'on
couverture, ils
ni iuinenal.nidercilicny peurremplird'caul dre
le matatou fans crainn'embarafent point une chambre, fait qu'elle s'écoule, quoiqu'il ne foit
parce qu'on les peut ôter &clesplierdes lataniers. que dc rofeaux ou de' queiies de
n'enap plus befoin. Oneft exempe Le
Irgue puces & despunatles,
d'cfmatatou eft la tabledes Caraibes,
pacc
occupent en rend tran(- quileur fert en même tems de
Or- Mataport
plat. touefpeATTE
dinairement celui
ils en mettent deux devant cedetaOn dans Jc m'étonne qu'on ne s'en ferve
ou ceux qui mangent. L'un fert ble des
pourroit
les armécs; ils
pas pour mettre la caflave
Caraifefervir utile- beaucoup moins, &c feroient embarafferoient plus faciles lesjours, &cfouvent autant qu'ils de font tous bes. mentdes à porter: car il ne faudroit que deux veulent manger. Ils font voir foisqu'ils en
hamacs grands piquetsplantez en
qu'ils ont plusd d'efprit
cela
dans les ter fortement avec des cordes terre, &carré- car cile elt bien quelesFrangoisy
armées. les on attacheroit le hamac les aufquel- fort de deffus la meilleure quand elle
bouts, on pafferoit fur le iommet par deux eft feche &c froide. platine Ils mettent que quand elle
deux piquetsune corde ouunegaule des tre la viande, le poiflon ou les far l'auferviroit de faitage, &c entretiendroit e avect un coûy plein de pimentade, crabes, c'eftpiquets dans la mémc diftance,
a-dire de fuc de manioc
ont
teroit une toile cirée ou un bon qui coitis por- boitillir, &c dans lequel ils qu'ils ont fait
pour former-latente.
. platine Ils mettent que quand elle
deux piquetsune corde ouunegaule des tre la viande, le poiflon ou les far l'auferviroit de faitage, &c entretiendroit e avect un coûy plein de pimentade, crabes, c'eftpiquets dans la mémc diftance,
a-dire de fuc de manioc
ont
teroit une toile cirée ou un bon qui coitis por- boitillir, &c dans lequel ils qu'ils ont fait
pour former-latente. quantité
écrafé
ment dans une valife Onporteroit le hamac, ailé- C'eit leur depimnentatedajuse fauce favorite & decitron. Selescordages, & on
latente pour toutes fortes de viande univerfelle &c
bien plitot logé &c couché faroitalfured'etre ion; &c ils la font fi forte dep poif
il faut des mulets ou des charettes que quand guercs gu'eux quis'en qu'il n'y a
tranfporter ce qui eft neceflaire pour LeCaoliet uncefpecedel puilent hotte fervir. unetente & un lit. pour les temmes fe fervent pour
dont Catoli,
le LeMatatou eitune efpece de corbeil- carbet le manioc, les bananes, apporter les au efpecede bottedes
deur quarrée eft fans couvercle, dont la gran- tates, le poiffon &c lés autres choles pa- bes, Cardidifferentet felonle gottde ceux qu'elies vont chercher dehors. bords quila font. Le fond cib piat &
les de deux fortes, les unes fontà Ilye ena
ont trois à quatre pouces uni, de hau- autres fontaplein. jour, les
teur; les coins font portez fur
ciles n'ont point de Tellesqu'tells doflier; leur foient fond
maniere petits bâtons peints & ouvragez T à
ramide eft plat, de lerefle a la figure d'une
qui excedent detrois à
plufieurs côtez; elles pipouces la hauteur des bords; ils,font quatre fort legeres, fort propres, & fort font enproprement tei minezenboule, oucou- jolivées. Lcs rofeaux ou les
pez à Pans, Ces bâtons qui fervent de de latanierdont elles font faites, font queiies teints de
pluficurs couleurs & mis en ceuvre
en --- Page 234 ---
16 NOUVEAUX
KCgH. en compartimens tout à jour fort VOYAGES bien
AUX ISLES
plein entendu. font Celles qui font travaillées à tems, &c mais le Jatanier fet travaille
fi ferrées, qu'on les
plus facilement. micux 1604. remplir d'eau fans qu'il en forte pcut une il Lelannierelunee
goutte. On les attache furl les
vient fort haut & fort ipecedepalmilley tion Deftris- du
comme en Europe avecdeux épaules de Jement gros par tout. Sa droit, & éga- Latacotton larges de deux pouccs gallons & aficz veloppée d'une grofle toile téte cft cn- nier. épais. Cet inftrument eft tellement à rude & raboteule, de laquelle naturelle,
des femmes, qu'on
quinze, vingt, &
fortent
Lo un
commeun infàme regarderoit guarante branchestoutese quelquefois julqu'a
porté: de forte quefi dans unt sill'avoit lifles, fans noeuds &c aflez dloiendetes
fant befoin un hommee eft obligé très-pref def
trois à quatre Picds de fouples, de
ter cc quieftdedans, illaifferal por- portent à leur extrémité longueur, qui
& aimera mieux faire pluficurs ilecatoli, pliffee, guivenant às s'épanolirt une fe felille
pour; porter ce qu'il contenoit, voyages geen plufieurs pointes font PartaPorter en unfeuldanelecatoli.
&c aflez dloiendetes
fant befoin un hommee eft obligé très-pref def
trois à quatre Picds de fouples, de
ter cc quieftdedans, illaifferal por- portent à leur extrémité longueur, qui
& aimera mieux faire pluficurs ilecatoli, pliffee, guivenant às s'épanolirt une fe felille
pour; porter ce qu'il contenoit, voyages geen plufieurs pointes font PartaPorter en unfeuldanelecatoli. qued dele une étoile à
qui comme
Corbeil- Les corbeilles dont fe
ces queiies dont pluifieurs les rayons. C'eft de
les Ol Sauvages,
fervent nos
faire les Caraibes fe fervent
Carai- paniers raibes, ont
appelle Paniers Ca- Dorer parler;
meubles dont je viens
double
cet
bes,
Ils gh longucur
de leur' la côte pour. effet ils
largeur. de long fur dix-huit en font qui ont trois picds fieurs ou queiic du latanicr partagent cn plularge, &c d'autres à n'ont vinge pouces de &c aprés parties avoir dans toute le fà longueur,
dixp Poucesde long 2 une que huit a coûtcau ou une gratté écaille de dedans avec un
portionnée. La hauteur largeur du pro- en ôter. la mouelle ou moucle pour
price oudelufige auquel dépend on les deftine. ca- y eft attachéc, ils réduilent pulpe brune
Pour l'ordinaire elle n'excede neuf' gueurs fclon le befoin
ces icnut
à dix pouces dans les plus pas
leur laiffant feulement qu'ils en ont,
fond cft plat & lcs côtez tous grands. droits Le & environ de largeur, &1 l'épaifleur deux lignes d'une ou
couverture perpendiculaires au fond; le deffus ou piece Les de cinq 1ols. le du delfous panier eft dela méme fi- même efpece rofeaux qu'ils employent font de
Et RE fi uniment qu'il enchade trés- en Europe. ceux que nous avons
qu'on ne
les
8:
plus. Il a un tiers de hauteur peut moins pas font cncore verds, & avant coupe quand ils
que le deffous. C'eft dans ces
fleuri, parce pour lors font ayent
grands &c
paniers tendres &c
te
leursp petits qu'ils renferment tous d'abord -auri lians. Ils les fendent plus
après petits meubles
en huit parties dans toute leur
bord de quoi la ils Ics &leunssjulemens attachent contre le longueur, ils graitent enftite le deffus
de rien loriqu'elie pirogue afin qu'il ne fe per- jufques cflacé les à ce qu'ils ayent enticrement
qusmiveai@ziouvent" vient à tourner, CC de diftance velliges en diflance; des ncuds qui y font
Ilsfe fervent de queiies de latanier grattent aufli le deffous ou aprés quoi ils
ou dc rofeaux pour faire leurs
en ôter toute la pulpe ou dedans
leurs matatous, catolis, coulcuvres paniers, & che &c affez ferme, dont motielle ils font ogur
feau autres efl meubles. Ce qui eft fait de ro- viron plis, & les réduire à l'épaiffeur d'en- remplus ferme &c" dure plus long- donnent un la fol marqué; cnfin ils leur
largeur qu'ils veulent felon
l'ou- --- Page 235 ---
ImtPertIthis
Cancalezide
Puoalle
Gros Cocos.
Eiregne --- Page 236 --- --- Page 237 --- --- Page 238 ---
Part. de Tom. Pag.17.
Micbichet ou Taris.
iet
Perique.
X02020X
as
Panser Caraibe.
-
duire à l'épaiffeur d'en- remplus ferme &c" dure plus long- donnent un la fol marqué; cnfin ils leur
largeur qu'ils veulent felon
l'ou- --- Page 235 ---
ImtPertIthis
Cancalezide
Puoalle
Gros Cocos.
Eiregne --- Page 236 --- --- Page 237 --- --- Page 238 ---
Part. de Tom. Pag.17.
Micbichet ou Taris.
iet
Perique.
X02020X
as
Panser Caraibe.
- --- Page 239 ---
FRANCOISES DE
264 l'ouvrage qu'ilsen veulent faire. Ceux les LAMERIQUE
qu'ils deftinentp pourd diftinguer les com- Caraibes parce qu'ils font fort
Partimens ont pour l'ordinaire
pres, fort legers & fort
pro- Ily4
lignes del largueur; &c ceux dontles quatre com- Quand on Va dun lieu à un commodes. partimens font compofez
met dans un panier lcs autre, on
à trois lignes. les n'ontquedeux croit avoir befoin hardes dont on
polis ils font Lorique rofeaux font - qu'on eft arrivé. pour changer lorfd'un jaune fort blancs, clair. ou Il tout au plus fur fa tête &c n'en Un Negre le porte
leur laiflent leur couleur eft rare qu'ils parce qu'étant fort eft pas il fort n'a chargé,
leurendonnentd d'autres, naturelle, ils poids des hardes qui leger ne
que le
bien les tcindreenr
&cfgaventfort confiderable. peut pas étre
bleu, ou cn noir qu'ils rouge, entremélentfort enjaune, en Ce font les hommes qui font les
proprement pour diverfifier leurouvra- niers &c les autres
de cette pagc, & le rendre plus
cfpece. Ils cn font non ouvrages
Maniere de faite Après qu'ils ont déterminé agreable, la Jon- Jeur & ufage, mais encore Euleuenrpour pour vendre
lespa- guerr & la largeur qu'ils veulent don- pour le Procurer les choles dont
miers. ner au.panier qu'ils
ont befoin, comme des
ils
treffent lcurs rofcaux, entreprennent, ou
, ils haches, dc la raffide, couteaux, de la des
ou sen.compartiment, d'anemanierefort quarrément, &cautres chofes, & fur tout de toile, l'eaudup ferrée; & guand ils ont fait le deflous de-vic. matiere panier & &fc doublurequief de méme Surquoiil y a une remarque à
de même proportion, ils qui eft' qu'ils entreprendront un faire,
ajuftent chibou cntre deux des feiilles de Ca- fouventdanstned faifon
voyage
ou de balifier amortics
quement pour acheter dangereule, une
uniou au foleil, d'une maniere fi au feu comme feroitunc couteau ou bagatelle,
fit unie & f prefiéc,
l'eau propre; 5 femblable, & qu'ils
autre chole
met dans le panier ne que
qu'on qu'ilsont apporté de donneront tout cc
couler. Ils couvrent les bords peut pas s'6- traittepour cela, au lieu marchandifeou de
morceau de roleau ou de latanicr avec affez un neroient pas la.moindre partic; qu'ils sn'endon- fiau
large pour étre doublé, & l'arrêtent de cecouteaud onleur preientoit unebou- lieu
d'eipace en cfpace avec des filets de tique entiere d'autre forte de marchanpitc teintsenc couleur, parfaitementbien dife.
. Ils couvrent les bords peut pas s'6- traittepour cela, au lieu marchandifeou de
morceau de roleau ou de latanicr avec affez un neroient pas la.moindre partic; qu'ils sn'endon- fiau
large pour étre doublé, & l'arrêtent de cecouteaud onleur preientoit unebou- lieu
d'eipace en cfpace avec des filets de tique entiere d'autre forte de marchanpitc teintsenc couleur, parfaitementbien dife. filez &c tors. Lc delitusdup
Outre leurs paniers & autres
de la méme maniere que panierf lc deflous, fefait bles dont ils fe deffont felon les meugu'il couvre, & qu'il cmboète fi
foins qu'ils ont, ils nous apportent be- des
que rien ne peut pafer entredeux, jufte ex- perroquets, des
des lezards, des
cepté l'eau quand' on plonge le
cochons, des ananas, des volailles,
nicrt toute entier. NuZ quelque pa- & quantité de crabes blanches & bananes, violetgu'il faffe ou quelque quantité pluye d'eau tes. qu'ilt tombe deffus, on eft feur
La maniere dont nos Caraibes
elt dedans ne peut être motillé, que CC nent les perroquets eft trop
pren- des Artijfice
& paniers font les coffres 8c les
Pour ne pas l'écrire ici. ne ingenicufe Camoires des Indiens, ilsn'en connoiffènt ar des petits qu'ils Prennent Jet dans parle le pour raibes
pointd'autres. LesPrançoise &clesautres foir mais les des grands. Ils obfervent fur
ME
Européens s'en fervent aufli bien
arbres oà il s'en perche lelu le perTm.11. que plus grand nombre, &
la reguaiz. C
quand nuit
c# --- Page 240 ---
18 NOUVEAUX
1694. eft venué ils
VOYAGES AUX
l'arbre des charbons portent aux environs de differentes efpeccs de ISLES crabes
quels ils mettent de la allumez, 3 fur lef tre endroit. dansunau- 1694
pimentrerd, cela fait gomme avec du Onp peut croire
qui étourdit de telle unefumécepaille forte ces
venu d'Europe, quétantmouvelemmne & voyant pour la
oifeaux qu'ils tombent à terre pauvres comme miere fois tous ces meubles
preles s'ils étoient yvres ou à demi morts. Hs tant ne manquois pas d'envic d'en Indiens, je
& les: prennent alors, leur lient les pieds
pour moi que pour en achepter en
ailes, &c les font revenir en leur Kranccamesana: tes
jefouhaitois envoyer
jettant de l'eau fur la téte. Quand les chofes un lit ou hamac furtouarbres font trop hauts pour la fu- une garniture de caracolis. Caraibe, 8c
mée y puilfe arriver & faire que l'effet marché Jepriai Monficur Michel d'en faire
qu'ilsprétendent, ilsaccommodent des dit s'il étoit poflible; mais il
coilis au bout de quelques
qu'il étoit trop tard
me
feaux ou de quelques longues grands ro- ler de vendre leurs lits, pour leur parilsy mettent du feu, dela perches, nuit approchoit ils
que quand la
du piment, ils les
gomme & bles fur ce point-la, n'étoient pastraitqu'ils peuvent des approchent le plus toient le beloin
Parce qu'ils fenyvrent encore oileaux, &c les en- pourdormir; au qu'ils' lieu en alloient avoir
les apprivoiler plus & les facilement.
me
feaux ou de quelques longues grands ro- ler de vendre leurs lits, pour leur parilsy mettent du feu, dela perches, nuit approchoit ils
que quand la
du piment, ils les
gomme & bles fur ce point-la, n'étoient pastraitqu'ils peuvent des approchent le plus toient le beloin
Parce qu'ils fenyvrent encore oileaux, &c les en- pourdormir; au qu'ils' lieu en alloient avoir
les apprivoiler plus & les facilement. Pour
quele matin ils ne
rendre
iutbienepasant
ils ne font que les laiffer jeliner traitables, voyancen'étantp pas derehiesions, fiétendue, leurprédant quelque tems; &c quandils jugent pen- folûimes donc de remettre ce Nousreataiere gu'ils ont bien faim, ils' leur
lendemain; cependant je vis marchéau ce
cappri- à manger 5 s'ils mordent & prefentent fe dis voulois avoir de leurs
que je
lopor carirer montrent trop revefches, ils leur qu'ils fouf- à mon ami. meubles, &jele
rejwais. flent la fuméc du tabac au bec, ce
Je choifis trois beaux
les étourdit de telle maniere
qui nous eûmes pour
gue
blient
qu'ils ou- quez. C'eftl la feule vingt-deux marEIERE
fuvages prefque ils auffi-tôt leur naturel noiffent. Un louis nonnoyequtiscone
hommes, às'en saccolitument à voir les tant que deuxfols aneicintnure
viennent en laiflertoucher, de
& de- s'embaraffent marquez, parcequils
privez, ils peu tems tour à fait nombre. moinsde lat matierequedu
icr. leurapprennener mémeapar- pos de fe Iesn'onrpas remplir encomejugéaproIls
valeurs
l'elprit des dinferentes
prennent les lézards de la manicre tions. desmoanoyes, ni deleursréducdeces. que j'ai marqué dans la premicrepartie J'apris
Memoirers 8c commcilsniemman- faur oblerver encore une circonftance qu'il Mitbode
gentpoint, Roqu'ils en ont uneaverfion
quand on leur
qwil
extrème, ilsnous les apporrentpourles delargents c'cit d'éendreles fols compte mar-Jow o5tafiquer. ger quez les qu'onleur donne, &de les ran- farser
de Ilsnourrifent beaucoup de volailles& met des uns après les autres comme on quant en trafifervir cochons, beaucoup moins pour s'en fans jamais foldats en haye, loin à loin, avecles
Jesvendre. pour leur nourriture, que pour mettre les uns doubler far lcs lés rangs, ni les.es Caraiobiepostan3tiecrabrs Leurviandelip plusordinaire comprent &c les couvrant autres à
en les
jeparleraid des ceia ne ftisfait Pas affez lcur moitié, Car
vue, &
vous --- Page 241 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
8504. vous ne concluez rien : mais quand ils il en falloit faire une à quelque Michel prix 1694
voyent une longue file de fols marce fàt. Je priai Monfieur
quez, ils rient & fe réjouiflent comme ges me préter la toile &c les autres chodes enfans. fes dontjavois befoin pour ma traite,
Une autre chofe qu'il faut obfervet ce qu'il fit très-volontiers.
241 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
8504. vous ne concluez rien : mais quand ils il en falloit faire une à quelque Michel prix 1694
voyent une longue file de fols marce fàt. Je priai Monfieur
quez, ils rient & fe réjouiflent comme ges me préter la toile &c les autres chodes enfans. fes dontjavois befoin pour ma traite,
Une autre chofe qu'il faut obfervet ce qu'il fit très-volontiers. Il fallut eneft d'ôter de leur vûe &c d'enlever auffi- core leur laifer mefurer eux-mémes
tôt ce qu'on a achepté, car fi la fantai- la toile, ce qu'ils firent en étendantles forte
fie leur venoit dele reprendre, ilslere- bras de toute leur force, de
vou- ces braffes en
RuE
prendroient fans ceremonie & fans
fix
emporterent plus
loir rendre le prix qu'ils en auroient re- dix aunes, quiquoique groffe, carc'éceu. Jeigaibien quonieieunfenorbien toit du gros vitré, (aloitunéculaune. rendre par force; mais comme onveut Mais tout cela étoit
de chofe en
vivre en paixavec eux, &ncp pasexpo- comparaifon de la RC des pierres hors
fer toute la Nation àt unenouvelles guer- vertes, quiétantveritables étoient
IC, on éviteautant qu'ileftp pollibletou- de prix. Si nôtre marché avoit été en
tes fortesde difeutions aveceux, & ce- toile blanche, comme celle dont ils fe
la en ferrant
ce qu'on a fervent pour pafler dans leuro ceinture &
achepté, &c msriNvet quand' viennent lerede- couvrir leur nudité,jes'suroispast manmander, ce qui arrive aflez fouvent 3 quédefairece qu'on pratique ordinaireon feint de ne pas fçavoir ce que mentaveceux, qui éft de fendrelatoile
c'eft. dans toute fa longueur, &c del'éfilerdes
Jacheptai deux grands arcs &c un deux côtez pour cacher la fupercheries
petit, avec deux douzaines de fleches, 8cd'ailleurs- une toilelarge leureftinutidont la moitié étoient empoifonnées & lez. parcequ'ils ne la veulent quedehuit
& l'autre moitié étoit pour la chaffe àdix pouces de
Scqu'ilseftiment
pour la pefche. J'eus avec cela deux plus ccs bandes HEN qu'elles foient
boutons & trois paniers Caraibes. Cette bienl longues s
deHollande
partie me coûta quelques fols mar- ou de baptilte auroit trois quartsde
quez avec fept à huit pots d'eau-de-
&c qui
moins de longucur
HEF
vie. ERat commoditépourcux d'entrouOn m'achepta deux pierres vertes &c ver delal largeurqu'ils fouhaitent, 8cc'en
deux camifas qui me coûterent quatre eft encoreuneplus grandep pour ceuxqui
coutcauxFlamands, fis.bralfesdegrolle traitent avec eux. toile, unemnflederafade, 8cunegroffe Laj principalevertu despierres vertes, Virtz des
callebaffe d'cau-de-vie. eft d'empécherles vertiges, les ébloûif pierres
Les pierres vertes vicnnent de la ri- femens de quclque principe qu'ils vien- veries. viere des Amazones ou de celle d'Ore- nent, 8cles accidens de l'épileplie. On
noque qui eft dans lc continent de PA- avouludire qu'elles gueriffoicnt radicamerique Meridionale.
es, Virtz des
callebaffe d'cau-de-vie. eft d'empécherles vertiges, les ébloûif pierres
Les pierres vertes vicnnent de la ri- femens de quclque principe qu'ils vien- veries. viere des Amazones ou de celle d'Ore- nent, 8cles accidens de l'épileplie. On
noque qui eft dans lc continent de PA- avouludire qu'elles gueriffoicnt radicamerique Meridionale. Comme nos Sau- lement tcette maladie, mais cela n'eft pas
vages ne les ont qu'avec bicn de la veritable; je mc fuis convainçu parpludificulté, & qu'ils en connoiffent les fieurs experiences qu'elles ne fontqu'en vrai
vertus, ils ne s'en détont que dans un fufpendre les accidens; mais il cf
befoin extrême. J'eus le bonheur de aufli qu'elles les empéchent tout autant
les trouver dans cct état: une des voi- de temsqu'on en porte, nonpasfurfoi,
les du bacaflas avoit été emportée, 8c maisau dedansdeloi, c'eil-a-dircentre cuir
C 2 --- Page 242 ---
18 NOUVEAUX
1694. cuir & chair. Voici comme jer VOYAGES AUX ISLES
convaincudecette verité;
me fuis attaqué de fon mal. J'ai donné
ce quejevaisécrire
ileftvraique me pierre à deux ou trois autres delamé- 169*
gues années après que nenamiréquequer j'cus
nes fur lefquelles elleàp
perfonpierrcs, maisjecroi
achepté ces effet; & c'eft par-là produit je le méme
tion nc gâtera Pas beaucoup quecttetran/pofi- la fuite vaincu qu'elle étoit veritable quej me & fuis concesMemoires, fije la mets ici. de trefaite comme ils s'en trouve non conEtant à la
en
plus que de vraycs. beaucoup
de mes amis Guadeloupe achepta d'un habitant 1700. un Les Portugais de la riviere
famille de Negres parmi
une zones, &c les Hollandois des Amaavoit un jeune homme de lefqucls il y Surinam Scàl Barbiche, qui font à
vingt ans, qu'il fit marier aufli-tôtavec dix-neuf a que lesIndiensf font decest fçachant l'eftime
une de fes Negreffes. On
pas manqué del les contrefaire, pierres, & n'ont d'en
peu de jours après que ce s'apperçut nouyeau trafiquer avec cux- avec un profit confimarié avoir de frequenis accidens
derablc. les Chirurgiens jugerent être
que Lesveritablest ne font
plus
Expe- fie. Mon ami auroit
d'épilep- desqu'une piecede gueres gran- Marques
LAwur rincede vendeur à reprendre fon pà obliger fon feur de trois écus ou stenieib,derepaif powra difjarun lui Payer la
Negre, & à plates, rondes, ou environ, elles font veriNegreffe avec
RPmE
Negre étoit marié; mais ayant fçû laquelle il font naturellement prefquerondes, rudes &1
elles tables
nuitom- boit du une pierre verte il m'en quej'avois ce n'eft qu'à force d'étre raboteufess pierres
malca- petit morceau.
fon feur de trois écus ou stenieib,derepaif powra difjarun lui Payer la
Negre, & à plates, rondes, ou environ, elles font veriNegreffe avec
RPmE
Negre étoit marié; mais ayant fçû laquelle il font naturellement prefquerondes, rudes &1
elles tables
nuitom- boit du une pierre verte il m'en quej'avois ce n'eft qu'à force d'étre raboteufess pierres
malca- petit morceau. Jc fus bien demanda un voir roullé dans les fables portées oud'a- deifauf- wertet
nac.. cette occafion
aifed'avoir des rivieres
&cles graviers fess
del'obliger &c
qu'clles deviennent
ver ma Pierre. J'en fis rompre d'éprou- un
liffées. La fuperficie eft d'un verd unics &
tit éclat gros environ comme la moi- pe- tirant fur le bleu, le dedans elt un pâle
tied'unelentille, &le
plus coloré avec des ondes brunes;
fait une
Chirurgienaiant font fort
Scs
ouverture au bras du
dures. On remarque
cntre le coude & l'épaule, Negre les rompt les éclatsfuivent quand on
éclat, & fit un point
y mit cet longueur RE
fon plûrôt la
levres de la
Pour reunir les Ellcs font fort pierre quc épailleur. emplâtre deffus playe 9 avec un petit dire
compactes, & on peut
pour la confolider. La lume. trés-pefantes par rapport à leur vOplayefurbien-tôrf totijours unep petiregalle fermée, maisily rcfta Comme le fçavoir des Indiens
tems en tems. Pendant quitomboit de trois de
jufqu'à les pouvoir
net va
plus
ans E autres
percer comme
qu'il porta ce petit éclat, iln'eut pasla
Nations percent les
moindre atteinte de fon mal. Ala fin il precieufes &c les perles; il faut pierres fe déic fit une cicatricefarlap playe, elles'ou- fier cécs de toutes celles que l'on voit
vrit, lap pierretomba &ie perdit, & le de fimetrie, ou travaillées avec quelque forte perNegre retomba auffi-tôt dans fes
Indiens
Car il efttrès rare
micrs accidens. On me le manda pre- à la
libres de qui nos Caraibes queles les
Martinique. J'envoyai aulli-tôcunautre acheptent, ayent commerce avcc les
pctit éclat qu'onl luil mit
Européens E/pagnols ou
avec tant de fuccès que dansl'autrebras jufqu'à àmon dé- peuvent travailler de ce métier. Portugais Celles qui
part desI
quej j'avois acheptées étoient entieres
allsmgogaicwmymds fans trous & fans avoir jamais été mifes 2
en. --- Page 243 ---
FRANCOISES DE
1694. en ceuvre, elles étoient dans un petit L'AMERIQUE
ZI
rezeau de pite, par le moyen
à ges aux hamacs que les meres
on pouvoit les attacher aux trous duquel des Ces leurs filles quand elles les marient. donnent 16g4;
oreilles oudelalevre. hamacs font bien plus
&
On voit des pierres vertes faites larges que les
longs plus
cilindre, de deux à trois
en fervent jamais ordinaires, qu'à une quoiqu'ils ne
gueur & percées dans leur Pouces delon- àla fois, n'étant Pas pollible feule Quc perfonne deux
ceiles-cy font fort fujettes à longueur, étre fauf- perfonnes puifent dormir commedéfcs, & on ne doitjamaisles acheter fans ment dans le méme hamac.
acs font bien plus
&
On voit des pierres vertes faites larges que les
longs plus
cilindre, de deux à trois
en fervent jamais ordinaires, qu'à une quoiqu'ils ne
gueur & percées dans leur Pouces delon- àla fois, n'étant Pas pollible feule Quc perfonne deux
ceiles-cy font fort fujettes à longueur, étre fauf- perfonnes puifent dormir commedéfcs, & on ne doitjamaisles acheter fans ment dans le méme hamac. lesavoir @preuvéeisupuarent. C'étoit un hamac de mariage
Un Religieux de la Charité très-ha- voulois avoir, mais pour ccla il que je
bile
falloit
Chirurgien, nommé lc Pere Au- atendrejufqu'au
gufte, maallirequep pluficurs experien- bigea de demeurer ilendemmibocequimge chez Monfieur Miccs l'avoient convaincu que les éclats chels cher
fon confeil j'envoyai cherdepierre verte mis entre cuir &
uny vieux
ferot
perdoient àla finleur
chair, bicn
fufil,que je fis
n'arrivoit
vertu, 2 &c que cela avions nettoyer &c polir, parce que nous
pliquez point à ceuxqu'on portoit ap- appartenoit remarqué lc hamac que lc Caraibe à qui
comme dans immédiatemert une
fur la peau, voir, avoit envic d'un que je voulois amaniere équivalente, bague, ou d'unrautre nous defcendimes le fufil. En efiet,
duililenclememec effer. quoiqu'ils pro- tin au bord de la mcr; lendemain je faifois au malaiffer J'ai eu le malheurde perdreoudeme lefufil par mon Negre qui en tira porter
dérober ma pierre verte,
coups fur des
quelvois faitl lever cinqpetits éclats. dontj'a- lct oifeaux d'une blancheur aigrettes, extraordi- qui font
Lesfemmes Indiennes
naire, qui ont de très-belles
ces pierres font
prétendent que longues plumes à la
& tréstes de fang. Comme fpecifiques je
les
quivit tomber quelques-uns queué. LeCaraibe de
cette
point
ces oict
eut
Le
expehience,je me garderaibiende feaux, envie du fufil, & le
rien dire pour ou contre. da; mais on lui refufa, à moins demanLaraffide dont lcs Caraibes, lesNe- n'cût beauicoup de traitc,
qu'il
gres, &c même les femmes blanches fc de marchandife à donner en c'cit-a-dire,
tervent pour faire des braffelets &
Pour s'expliquer à fa maniere troque; & &
tres chofes de cette nature, eft une au- cf- re comprendre que ce fufil etoit luifai. d'une
pece d'émailqui eft teint de differentes grande de valeur, on lui dit qu'il valloit
couleurs, ily en a qui font en cilindre, plus fols marquez, fept ou huit
filées. percées dansi leur longueur pour étreen- perfonnes étoient 1 prefens n'aC'eft de celles-la dont on fait voient de
à la téte, ce
E
les les ceintures desenfans mâles &c des fil- fait &c difant cn prenantles cheveux aveclar main, qu'on
nent Indiennes,julqua le camifa.
lui dit qu'il valloit
couleurs, ily en a qui font en cilindre, plus fols marquez, fept ou huit
filées. percées dansi leur longueur pour étreen- perfonnes étoient 1 prefens n'aC'eft de celles-la dont on fait voient de
à la téte, ce
E
les les ceintures desenfans mâles &c des fil- fait &c difant cn prenantles cheveux aveclar main, qu'on
nent Indiennes,julqua le camifa. On CC qu'clles pren- C'efl leur morcbe, meucht, fols wargues. fortes de groffeurs. C'eft en fait de toutes ils font au maniere bout de dexexpliquer quand
ne marchandife
une très-bon- & qu'ilsveulent leur anthmnedquer
Caraibes qui en ufent pour traitter avec les nombre,
exprimer un tres-grand
coliers & leurs
beaucoup à leurs termes, car pour ils lequel ne ils n'ont point de
camifas &a faire bracelets, des à broder leurs jufgu'adix, & fgavent compter que
glands &c des fran- bre, ils mettent quandispafcure des
nomC 3
pois dans une Calebaffe: --- Page 244 ---
22 NOUVEAUX
1694. lebafie,ou font des noeuds à VOYAGES AUX ISLES
une petite l'avertit qu'il l'étoit, &c
Reterencen ou pourle ainfi de le faire crever on Pempécha 16g4. SMESIE quivouloita avoir monfulil,
Ille tira fur nôtre dans fes mains. unpanier, unarc, des fleches, me & prefenta quel- après quoi il demanda parolelfansaccident, fon
quesautres bagatelles, mais voyant
qu'on lui mit dans fes cau-de-vie,
LEEE2aim il fute enfin que me nous avions compré calebaffes, les fols com- marPrCamttie tems qucz, à c'eft-a-dire, les
qu'on fur autant de
REREERE quez avoient remplir, tenu que les fols marAnemmeiceiinmes livredepiomb & une
environune qui avoit foin de d'eipace. Lc Negre
dre,8c jenvoyai fur demielivredep le champ pou- un petit morceau Teau-de-vicavoit del bois dans la mis
mon Prelbytere. Cependant Monfieur Thamacà plurc du tonncau, pour
cham- de
Michel tachoit d'engager un autre
couler commc elle devoit P'empécher faire
raibe à fe défaire de ies
il Ca- lement, de forte quec ccs deux naturelvint à bout avec. affez de caracoliss en qui pouvoient tenir huit à calebaffes
dition de lui donner un pcine, & àcon- fureneprés d'une heure fous le neuf pots,
lui rempliroit deux grofles fulil, calebafles qu'on C'eft une petite tromperie qu'on robinet. obd'cau-de-vie cle étoit decannes. Ced dernier arti- vaiffeaux ferve pour leur faire croire que Ics
vois facile à cxecuter, mais jen n'aqu'on leur remplit font
lois plus qu'un fufil dont je ne vou- fent grands qu'ils ne penfent. ils
plus
chez pas me défire, 8cceux qui étoient
cux-mémes, comme nous s'aplaudit- le remon ami étoient trop bons
marquimes fur le vifage de nôtre
CCS fortes de gens, à qui iln'eftp pour chand, qui aidé de fes camarades à marmis en bonne confcience ou en pasper- bonne on avoit aufi donné à boire,
qui
politique de donner de bonnes
avec bien de la joye la
emporta
Un Negre d'un habitant du armes: prétendué, de fes caracolis.
, comme nous s'aplaudit- le remon ami étoient trop bons
marquimes fur le vifage de nôtre
CCS fortes de gens, à qui iln'eftp pour chand, qui aidé de fes camarades à marmis en bonne confcience ou en pasper- bonne on avoit aufi donné à boire,
qui
politique de donner de bonnes
avec bien de la joye la
emporta
Un Negre d'un habitant du armes: prétendué, de fes caracolis. valeur, vraic ou
metira d'embarras, en m'offrant voilinage deme Nous fumes avertis queique tems
vendre un vieux fufl qu'il avoit, je le après gu'ils fc diipofeient à
pris au mot, & pour amufer le Carai- quoique la defcente jufqu'au bord
beafin d'avoirle
mer fur fort
Rat
cher le fofil & le rempedfenroyerchere bien
alleraufi-toe rudc, pour je voir ne laiffai pas d'y
meniuies à la mailon de ajufter; Monficur nous le tireroient d'affaire, car comment ils
ils ie
chel, oùr on lui donna à
Mi- &a bordécnun endroit fort difficile, avoient & a- la
boire plus qu'à manger. Cependant manger, le meréroiebienplus quand ils
grolie ce jour là que
Negre apporta le fulil je lui payai avoiier étoient arrivez. Mais il faut
quatre écus, ce qui ELderd un peu. plus de que ce font d'excellens hommcs
quilnevaloit. On le fourbit, onPhui- mer bravent le peril une
l, éconlemit dans un vicux
grandeur ME courage des plus par extraorfilde drap rouge que le hazardnous garde-fu- fit dinaires, Ils
trouver, d'ou je le fis tirer avec cérémirent tout leur bagage dans Ics
fut monie Pour le donner au Caraibe. Ilen deux les bâtimens, & ena atacherenttoutes
charmé, & dès qu'il l'eut entre les pieces avec les cordes qui étoient
mains, il fe mit en dévoir dele
pafiées dans les trous du bordage. Ils
fans s'embaraffer s'il Pétoit ou non; charger on rochers Pouferent enfuite les bâtimens fur des
ou pierres qu'ils avoicnt arrangécs --- Page 245 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 1694. gées avec aflez de pente, jufqu'à l'en- avoit fes deux extrémitez tout cn l'air. 1694
droit où la groffe lame vient finir. Les Après cela l'avant s'enfonçoit, S la pifemmes &: les cnfans entrerent dans les rogue en fe plongeant faifoit voir fori
bâtimens & s'aflirent dans le milieu du arriere &c un quat de fa foic tout à déAdrege Ca- fond. Leshommesie rangerent Ic long couvert. Ce fut en cctte maniere
raibes des des bords en dehors, chacun vis-à-vis franchirent lcs groffes lamcs, où qu'ils tous
pour du banc où il devoit étre affis; lcs pa- autres quc des Caraibes auroient été
mettre gales étoient à côté de chaque place.
& s'aflirent dans le milieu du arriere &c un quat de fa foic tout à déAdrege Ca- fond. Leshommesie rangerent Ic long couvert. Ce fut en cctte maniere
raibes des des bords en dehors, chacun vis-à-vis franchirent lcs groffes lamcs, où qu'ils tous
pour du banc où il devoit étre affis; lcs pa- autres quc des Caraibes auroient été
mettre gales étoient à côté de chaque place. enveloppez, & qu'ils arriverent où la
en lers mer En cet état ils attendirent que les plus mer ne roule plus avec tant d'imperuovai groffes lames fuffent venués. fc briier à fité; car les groffes lames ne commenfeaax. terrc, &c quand cclui qui devoit gou- cent qu'à cent cinquante ou deux cens
verner let bâtimentjugea qu'il étoittems pas de la côte. Jé les avois regardez
dep partir, il ft un cri,, &t aufli-tôttous avec admiration, mélce de crainte,
ceux qui étoient aux côtez dubatiment pendant qu'ils-avoient été dans le danlcp poufferent de routes leurs forces dans ger; je puis dire que je reffentis de la
I'cau, & fauterent dedans â mefure
joye lorique je les vis cn feureté. l'endroitohils devoient voguer ou At La mer forme toujours fept groffes Remartôt nager entroit dans l'eau. Cclui
lames, ondes, ou vagues, comme on fier
devoit gouverner y fauta le dernier, Rel voudralesappeller, qui viennent febri- TL.let
tous en même tems fe mirent à nager ferà terre avec unc violence étonnan- de ouordes la
avec tant de force, qu'ils furmonte- tc, ce fe doit entendre des cabef- mer. rent en moins de rien les groffes la- térres 0r lcs côtes font pour l'ordinaimes, quiroulant: svecimpetupfié,fem- reforthautes, &coblcvenepouffel lamer
bloient les devoir rejetter bien avant continucllement. Les tfois dernieres
fur la côte; je croi que cela leur feroit de cés fept lames font les plus groffès. arrivé (ans Thabileté de celui qui
Après qu'ciles font pallécs en venant fe
vernoit. Il étoit tout droit à Rcuases brifer à terre, il fe fait un petit calme
Sc il paroit avec une adrefle merveilleu- qu'onappelleun Embeli qui dure envife le choc de ces montagnes d'eau', en ron autant de tems qu'il en faut
lcs prenant, non pas tout droit & de dire un Ave Maria, après quoi lcs
ou
E
facc, comme oidiraucifes,lebout mes recommencent, leur groffeur &
au corps, nais de biais, enforte que leur impetuolité s'augmentant
dans le moment que la pirogue s'élan- julqu'àcc que la feptiéme fe teljours foit vcçoit far le côté d'une lame, elle ctoit nuet briferaterre.
ant de tems qu'il en faut
lcs prenant, non pas tout droit & de dire un Ave Maria, après quoi lcs
ou
E
facc, comme oidiraucifes,lebout mes recommencent, leur groffeur &
au corps, nais de biais, enforte que leur impetuolité s'augmentant
dans le moment que la pirogue s'élan- julqu'àcc que la feptiéme fe teljours foit vcçoit far le côté d'une lame, elle ctoit nuet briferaterre. toute panchée julqu'à ce qu'elle en tût Comme ce mouvement nef fe remargagné toute la hauteur, où clle fc re- que qu'aux cabefterres des Iflcs, on
drefloit & dilparoifloit cn s'enfonçant peur croire que c'efl le vent quile
de l'autre côté' dc la nème lame. Elle duit, ou du moins qui aide à la mer pro- à
refortoir enfuite, & l'on voyoit fon a- leformer. Il ne feroitp pas
vant
indignedel'attout en l'air quand elle' commen- tertion d'un habile hommede chercher
çoit à monterfur unc autrc, de maniere lcs caufes &c les periodes de ce mouvequ'elle paroiffoit toute droite jufqu'àce ment, de voir fi pendant toute l'année
Gu'ayant gagné lc dos dc la iccondela- il eft le méme, &fles changemens dc
me,il ferobloit qu'clle n'itoit foutenué lalune, &c les differentes politions du
que fur lc milieu de la fole, & qu'elle fokily ont quelque part. Entre pluGeurs --- Page 246 ---
24 NOUVEAUX VOYAGES
1694. fieurs chofes que je m'étois propofé avoir AUX ISLES
d'obferver, fi je retournois aux liles, filet fur dans quelque endroit, on jette le 1694
celle-ci n'auroit pas étéoubliée. failant CC lieu ou fur le poilfon en
Le fajet du
de Ccs
un quart converfion dans
:
dansnôtre voyage
Meflicurs moment
le
coutumé quartier, où ils n'ont pasac- mains & lcs qu'on lâche ce que les deux
de venir
dents
tant
trafiquer, étoit au- étendre le filet tenojent, ce qui fait
que nous le pâmes conjecturer (car
en rond, & le fait aller
ils ne jugerent pas à propos de nous en fituation. julqu'au fond de l'eau dans cctte même
inftruire) pour chercher un de leurs bruit, fe Lc poiffon qui eft étonné du
compatriotes, qui s'étoit fauvé de la où il demeuré fauve & entre dans les poches
Dominique Les parens du après en avoir tué unautre. fanteur aidant enfermé; à les
fa propre pedrelap pareille, mort lui vouloient ren- retire le filet parle fermer quand on
qué s'ils l'euffent &n'y auroient pas man- On péche
moyen de dela corde.
de leurs bruit, fe Lc poiffon qui eft étonné du
compatriotes, qui s'étoit fauvé de la où il demeuré fauve & entre dans les poches
Dominique Les parens du après en avoir tué unautre. fanteur aidant enfermé; à les
fa propre pedrelap pareille, mort lui vouloient ren- retire le filet parle fermer quand on
qué s'ils l'euffent &n'y auroient pas man- On péche
moyen de dela corde. les
trouvé; & peur être au bord de' quelquefois la
cette maniere
auroit laiffé faire, feignant foit dansung mer, mais il faut que ce
pas voir 2
n'être
grand
car il
Ea
gé de
pour
obli- rare le
calme;
eltbien
chofe. rompre avec eux pour FR pcu de
que Poiffon vienne dans les laIls avoient fçâ, je ne Içai com- d'autres mes, ar moins qu'il ne foit pourfiuivi par
ment, que ce Caraibe avoit quitté le
poiffons plus gros& plus voraFort faint Pierre où fes compatriotes ces, comme font les Requiens, les Bcyont très-fouvent, & qu'il s'étoit reti- cunes & autres femblables qui
ré en nôtre quartier
étre
affez fouvent la peine de leur payent
feureté, Dès gu'il fut pour averti plus en en demeurant échotiezà la côte. témcrité,
voit des Caraibes au bord de qu'il la y a- Ily a une autre maniere de pécher
il ne fallut pas le prier de fc cacher. mer, Je dans nos rivieres, ou plutôr'dans nos aux piche
l'employojs quelquefois à pécher
torrens; Les c'eft la nuit aux flambeaux. fammoi dans la rivicre, ou au bord EH la
Caraibes y font fort adroits. Nos beaux,
mer avec l'épervier
Negres l'ont'
d'eux, & il s'en
On appelle épervieraux Ifles un filet le trouve mien d'auffi MERET que leurs maitres;
rond en forme de cone, dont les mailquoique jeuneauroit donné des
Difi- lcs font affez petites. Lebas eft retrouf- leçons de cct art, auffi bien de ccrentes féen maniere de poches, il eft
de lui de pécher à la main, mais que ne lui
manie- balles de
garni permettois gueres de fortir je
resa de faire couler plomb bas tout autour pour le crainte qu'il nc fur mordu la nuit, dc
pecher. promptement, Ilya
de quelque
unecorde de fepr à huit
fa
ferpent, qui font plus en
pathe à te, dont le bout s'attache piedsà poin- en ce tems-là que pendant mouvement le
Féperdu
au poignet qui fe
jour, &
sier. gauche pécheur; elle fert à retirer
d'ailleurs voyent beaucoup moins. Jc crailefilet quand onl'aj jetté dans l'eau. La à la
que fous pretexte d'almaniere
frte
de le jetter, eft de prendre le tres péche, il n'âllat trouver d'aubord du filet avec les dents, & de le
Negres, avec lefquels il auroit pà
tenir étendu en partie avec la main s'adonner étre à au jeu, à la boillon, & peutgauche, pendant qu'on en tient pliffé
quelque autre libertinage.
quand onl'aj jetté dans l'eau. La à la
que fous pretexte d'almaniere
frte
de le jetter, eft de prendre le tres péche, il n'âllat trouver d'aubord du filet avec les dents, & de le
Negres, avec lefquels il auroit pà
tenir étendu en partie avec la main s'adonner étre à au jeu, à la boillon, & peutgauche, pendant qu'on en tient pliffé
quelque autre libertinage. dans la droite autant qu'on en peut te- rivieres Ceux qui vont pécher lar nuit dans les
nir. Loriqu'onvoit
y marchent fort
quc fansen voiron juge quelguepoiffon, quily ou ils tiennent leur flambeau doucements de la main
enpcut gauche, de maniere qu'illeséclaire fans
lcs --- Page 247 ---
FRANCOISES DE L'AI MERIQUE,
1094- les éblouir. Ils ont à la main droite un leur orgueil fur ce point n'eft pas con" 1G4:
petit filet étendu autour d'un cercle a- cevable; & de là elt venu le proverbe,
vec un manche de trois à quatre pieds
regarder de travers un Caraibe
de long. Dès que le poiffon voit lal lu- Sm le battre, 8cquedelebattre, c'cft
miere ils'en
il s'élance, il le tuer, ou s'expoler à en étretué. Ils
joué fur l'eau; VETPE le pécheur prend fon ne font que CC qu'ils veulent, quand
tems pour couler fon filet fous lui &c ils veulent, & comme ils veulent, dcPenlever, fans crainte qu'il puiffefauter forte qu'il arrive fouvent que quand on
dehors,, parce que le filet qui cft fait a beloin d'eux, c'eft pour lors qu'ils ne
en maniere de poche d'environ un pied veulent rien faire, ou que quand on
& demi de profondeur, obéitêcne per- vcut qu'ils aillent à la challe, ils veumet pasau poiffon des'élancer. Outre le Jent aller à la péche, &c il en faut pafflambeau &le filet, le pécheur porte en- fer par-là. Le plus court eft de nes'en
core un havrefac ou un coyanbouc paffé point fervir, ou dc ne compter jamais
en bandouliere où il metlepoiffon qu'il iur eux, ni leur laiffer rien entre les
prend. mains, carils font commedesenfans à
picheh La pêche à la main fe fait de jour. qui tout fait envic, & ils la paffent fans
lamain On entre dans l'cau, ony marchedou- beaucoup de façon, en prenant, mancement; on regarndcattentivement, &c geant ou buvantcequ'on leur laifle fans
quand on découvre quelque poiflon qui difcretion. fc retire dans des racines ou fous desro- Une autreraifon pour laquelle ondoit
ches, on le fuit, on met la main où on éviterautant qu'il ileitp pofible de fefervir
l'avàferetirer, & onleprend d'autant des Caraibes, fur tout de ceux quifont
plus facilement, qu'?il fe croit en fcure- libres, car pour ceux qui font efclaves,
té quand il eft dans fon trou où il fe on les ménage d'une autre maniercyc'eft
tient en repos.
reraifon pour laquelle ondoit
ches, on le fuit, on met la main où on éviterautant qu'il ileitp pofible de fefervir
l'avàferetirer, & onleprend d'autant des Caraibes, fur tout de ceux quifont
plus facilement, qu'?il fe croit en fcure- libres, car pour ceux qui font efclaves,
té quand il eft dans fon trou où il fe on les ménage d'une autre maniercyc'eft
tient en repos. II eft rare que les Ca- l'antipatie qu'il y a entre eux &les Neraibes ou les Negres manquent leur gres. Leur orgueilleuriait croirequ'ils
coup, quand ils ont unefoisvi un poif iont beaucoup au deffus des Negres, &c
fon fe retirer dans quelque endroit. les Negres qui en ont du moins autant
Lorfqu'ils n'en apperçoivent point, ils qu'eux, les regardent avec encore plus
fouillent tout le long du bord de la ri- de mépris, fur tout quandilsnefont; pas
viere, dans les racines, & autour des Chrétiens, & nelesappellent] tjamaisauroches. trement quc Sauvages, cequeles CaratLes Ca- Je me ferois fervi plus fouvent de ce bes ne peuvent entendrequ'avec un exraibes Caraiberefugié, & j'aurois méme ef- trême dépit, quiles portéfouvent âdes
fonide fayé delc garder chez moi à des condi- extrémitez qu'on ne peut éviter avec
tres mawvais tions raifonnables, fij'avois crûen poude foin. fervi- voir tirer du fervice 3 mais c'eft une "R arrive quelquefois quc nos barieurs. chofe prefque impoflible. Ces fortes-de ques qui vont traiter à PIle delaMargens font indolens &c fantafques à l'ex- guerite, & aux bouches de la riviere
cès. 11 faut des ménagemens infinisavec d'Orenoque, prennent cn troc deleurs
eux; ils ne peuvent fouffrir d'être com- marchanai@rdeiliadites efelavesqu'elles
mandez, & quelque faute qu'ils fallent, nous apportent. Quoiqu'ils foient bien
il faut bien fe
de les reprendre, meilleurs, & qu'on en puiffetirer plus
ou feulement FEjan lcs regarderdetravers, de fervice que de ceux de nos Iflcs voiTom.II. D
fincs --- Page 248 ---
26 NOUVEAUX VOYAGES
1604. fines qui font libres; il ne faut
AUX ISLES
cautions; dant ksaebeterg qu'avec de grandes cepen- pré- vertu ne les de prenne pour s'exercer dans la 1490
nie, le carc'eitt ttolijours leméme gé. J'ai dit patience. nations.A mémenaturel, moinsq les mémes incli- des Caraibes cy-devant étoient bien que les hamacs
jeunes, c'elt-à-dire, qu'onnelsacletefort dès
ceux qui font faits par les meilleurs que
buirans, il eft dificile de Tagedeléprou lcs dreffer Sc micux par les Anglois: outre qu'ils François font bien ou
faut d'enfaired toûjours debons domeftiques, &cils'en fil qui Jes croifez,.
dit patience. nations.A mémenaturel, moinsq les mémes incli- des Caraibes cy-devant étoient bien que les hamacs
jeunes, c'elt-à-dire, qu'onnelsacletefort dès
ceux qui font faits par les meilleurs que
buirans, il eft dificile de Tagedeléprou lcs dreffer Sc micux par les Anglois: outre qu'ils François font bien ou
faut d'enfaired toûjours debons domeftiques, &cils'en fil qui Jes croifez,. compole il faut cft convenir que le
au travailautant beaucoup gu'ils reliftent micux filé. Ils ne fe fervent plus tors &ct bien
parun bonheur quele:Nogres, Quand roiiet comme nous; ils filent à point las de
tent au bien, ils extraordinaire-ililer font aflez adrojts, met- adi- leurs fufeaux font d'un bois le main,
dus, & affectionnez à leurs maitres, dantqu'ils tent peuvent trouver; &ils plus
mais
quand ils filent
CEE
efclaves placoepar Negres, jaloufie contrelesautres unlicuélevé, afin de fe mettre dans
amitié,
que par une veritable dant plus bas, le filfoitp que le fufeau defcenII a encore une autre difficulté, allongé, , &c en même-tems plus tiré& plus
c'eft % des marier quand
L'incommodité des hamacs plus tors:
befoin le demande. Car il cft Page très-rare ou le & eft lc qu'ils dentent horriblement Caraibes, lhuile
qu'un Caraibe veuille époufer une Ne- leur faire roucou. On.mappnit
grellc, prefque & une Negrelfe ne fe réfoudra ble, Sc la perdre cette odeur pour
jamais de
un
coulcur
ME
&e on trouve fouvent prendre les mémcs Caraibe 3 peints, du moins en rouge dont ils font
cultez à les marier entemble, diffi- après] les avoir fait pafer partie, dans il deux falloir
oblervé qu'en achetant mâle & femelle on quoi- ait T'herbe, trois bonnes les lellives, Jes étendre fur ou
qu'ils fullent du même
foleil, & au arrofer & les laifler au
voilins, parce-quil arrive fouvent qu'ils P jours, comme ferein on pendant pluficurs
gu'ils ayent qu'ilsy lesn parlent mémcs la méttelangue, blanchir. lestoiles. fait On en Europe pour
avec tout. celasils. font coûtumess en
mais sien fervir, fans crainte peutaprescela de fc
gu'il ait lguelque inimitié guerre, entre ou ni de
Pépian, eft rougir,
Eire fortis de leur
cux, François, esmne grofe
en.bon
fans,1 femble qu'ils pays çncore en- lcs Caribes dont a.tte & à laquelle
ne avec le lait, & il ayent eft fuccéla hai- s'embarafient moins fortfajets, dont ils
lesaprivoiéer allez pour lcs impollible réduire à ce de parce sgu'ils la Buénifent queles plus-facile- Earopéens,
point-la. 11 faut denc s'informer avec ment, de & :à moins de frais, de peincs &
foin de toutes ces chofes avant de les On rifques. acheter, fuite le afin de ne pas avoir dans la raibc peur compter qu'an hamac Cachagrin de les voirfe
durera autant, &
fe pendrc ou manger dela defeiperer, fc
trois hamacs François. peut-étre Je mc plus fuis
fairc mourir, quand ils croyent terrepour avoir Reer de celui gue je vicns de dire
voyent quelque fujet de déplaifir, ou qu'ils fe j'avois Je l'ai acheté, pendant plus de dix ans.
ques. acheter, fuite le afin de ne pas avoir dans la raibc peur compter qu'an hamac Cachagrin de les voirfe
durera autant, &
fe pendrc ou manger dela defeiperer, fc
trois hamacs François. peut-étre Je mc plus fuis
fairc mourir, quand ils croyent terrepour avoir Reer de celui gue je vicns de dire
voyent quelque fujet de déplaifir, ou qu'ils fe j'avois Je l'ai acheté, pendant plus de dix ans. que
contrariez dans leurs fentimens. porré l'ai avec moi dans pluficurs
Jelerépete mauvais encore une fois,ce font de voyages, finité de
& mis à la leflive une inà
au bout domeftiques, moins qu'on là,j1 ne me paroilibit dc ce temsPas plus ufe que
quand --- Page 249 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. M94 quand je l'achetai. Il n'y avoit que les dant &c nôtre Supérieur d'établir dans un 1694
compartimens noirsqui étoient entiere- Curé. Tousvouloient la Paroiffe
o
ment effacé, & au lieu que dans le lc voifinage de leurs habitations, mais fin
commencement ilétoit d'unrouge fonun ne la vouloit chez foi. Ala
cé,il étoit devenu à la fin d'une cou- Psiniatd Capitaine de Cavalerie,
leurdechair fort claire. dont j'aidéja parlé, qui avoit une trèsAu commencement du mois de Dé- belle place dans le milieu des terres de
cembre, le Supérieur de nôtre Miffion ces trois Meflieurs, offritde donncrle
me chargea d'aller au cul de fac Fran- terreinr neceffirepour l'Eglife &clep pref
çois pour voir F'endroit qui feroit le bytere avec leurs dépendances, à conIxablif plus commode
bâtir unc Eglife &c dition d'avoir le premier banc dansl'Efomani
commen-
& den'être point
fe cotun Pretbytere. Por quartier
dune
à fe
&c comme il eft très- Bles pour la conftruétion bâtimens. aStA
Parsife çoit peupler;
Lieutenant de Roi
au culde beau éctrès-étendu, ,ilyavoitapparence Mon@icurde.Marctijl la
devoit aufi
&c
fac
feroit bien-tôt rempli d'habitans, à Cabefterre y. aller,
Fran- E qu'il auroit un Curéréfident. j'eus ordre de veiller à ce TEglife
fpis,
Le Mat del l Vigne-Granval, Capi- & la maifon curiale fuffent flcaet dans
tainc des Milices dece quartier-là,
un cndroit fain & commode, & qu'ily
foit beaucoup pour qu'on CTCdACeE eut du terrein fuffilant pourle cimetiefement, mais il ne fc preffoit point du re, le jardin &c la favanne du Curé. tout d'y contribuer, ni d'offrir leter- C'étoit naturellement au Pere Martelli
rein qui étoit neceffaire. Un autreOffi- Curé dela Trinité d'oûr ce quartierd décier fortriche, appelléle Sieurdu Bois- pendoit, à faire ce voyage, mais il éJourdain qui avoit une Sucreric en cc toit brouillé avec leLicutenant de Roi,
quartier-la, &c qui en faifoit faire enco- qui lui donnoit tous les jours de noure une autre; &c un Provençal nommé veaux fujets de chagrin.
it neceffaire. Un autreOffi- Curé dela Trinité d'oûr ce quartierd décier fortriche, appelléle Sieurdu Bois- pendoit, à faire ce voyage, mais il éJourdain qui avoit une Sucreric en cc toit brouillé avec leLicutenant de Roi,
quartier-la, &c qui en faifoit faire enco- qui lui donnoit tous les jours de noure une autre; &c un Provençal nommé veaux fujets de chagrin. Saffren, preffoient fans relâchePIntenC H A P I T R E II I. LAuteur va at cul dey fac Francois. Defeription du carbet des Caraibes. partisdu Macouba lerz. de tin. Comme Monfieur Joyeux ne deTaE Decembreaprès quej'eus dit meuroit pas au quartier où nous allions,
@ la Meffe. Je chargeai mon & qu'il n'y avoit chez lui qu'un Comvoifinl lePere Breton du foin mandeur & des Negres, dont les proin de ma Paroiffe, je dinai en vifions ordinaires ne nous auroient
&
accommodé: il avoit eu foin de
ribire
paffant d'affez à la bonne grande heure ance, au Bourg j'arri- de mettre dans fon canot les provifions de
vai la Trinité chez Monfieur de Marcuil, bouche dont nous pouvions avoir bepour aller avec lui coucher chez foin, afin de n'être pas obligé d'aller
Monfieur Joyeux à la riviere des Gal- chez pas un de fes voifins, avant que
lions. Paffairefut terminée. Précaution fage,
Nous en partimes le lendemain ma- dont nous vimes l'utilité; quand nous fuD 2 --- Page 250 ---
28 NOUVEAUX
1694 tumes aux trois quarts
VOYAGES A1 UX ISLES
bert, car nous fûmcs duculdef d'un facRo- nir ferme, &
de vent d'Oueft fi violent, farpris coup jufqu'au milicu qui va pour l'ordinaire 1602:
n'eufionstrouvelipe pointealal 3 que finous pagnes plus courtes, des jambes. Ily: a des
nous mettre à
Rofepour plus
mais rarement de
qui feroit arrivé couvert, de nôtre je ne fçai ce ment longues. eft fort Cette elpece d'habilleceux qui étoient dedans. canot, & de te facilements commode, lcs
fe met &s'6la Peinteà Cetie Pointeal la Rofe
mes s'en fervent hommes & les femKofk. formelecoré oriental du efun cul dei fac cap
la côte de Guinéc. également La dans toute
bert. Un Caraibe qui y
PRCE tre grands garçons bien Rofea avoit quaprisle nom, ou luia donné demcure le en a la bande de toile à la rocoliez, avec
ne Içai Pas bien lequel des deux. fien; je refte des enfans
petite corde. Le
ce que je fçai trés-bien; c'eft Mais comme ils étoient étoicnt venus petits, & vêtus
pointe nous fut d'un grand cette l'exception de leur
au monde, à
Dous y échoilimesnôtre EESNT Nous trouvâmes ccinture de raffade.
luia donné demcure le en a la bande de toile à la rocoliez, avec
ne Içai Pas bien lequel des deux. fien; je refte des enfans
petite corde. Le
ce que je fçai trés-bien; c'eft Mais comme ils étoient étoicnt venus petits, & vêtus
pointe nous fut d'un grand cette l'exception de leur
au monde, à
Dous y échoilimesnôtre EESNT Nous trouvâmes ccinture de raffade. dant les Negres le canot, & Pen- dans ce carbet,ily une y groffe compagnie
Pour pet tirer plus haut, déchargeoient te Caraibes
avoit près de trendans le carbet du Sieur la nous entrâmcs l'occafion dont qui s'y étoient rendus, à
peur près,jer ne fus
Rofe. A la re. je parlerai tout à lheute avanture, qui me pastropf donnoit fachéde le cet- Les maifons des
de voir les Caraibes dans leurs moyen Carbets, je ne fçai Caraibes s'appellent Car:
après les avoir vûs dans lcurs maifons; de cc nom-là. Jc n'ai point létimologie bets,
fi-bien LeCarsbelR Rofecft Chrétien, pirogues. auf- dire qu'ily en cût dans jamais entendu maifons des Caenfans que fà femme, &c dix ou douze niquc d'autre quc celui de toutc la laMarti- raibes,
qu'il a eu d'elle, & de
carbet avoit environ
Rofe. Cc
autres qu'il avoit avant d'être quelques longueurs fur
foixante pieds de
Il nous reçût fort
bapcifé. pieds de large; il étoit
un
civilement,
a3rEaieees
caleçon de toile far unl ilavoit comme unc halle. Les fait à peu prés
late tout neuf de pied en hibitd'écar- cap, c'efl-à- voient neuf pieds hors petits de poteaux adire, qu'il venoit d'étre
grands àp proportion. Les teire, &cles
n'étoitg gueres; plusder neuf rocoué, car il choient à terre des deux chevrons tounous entràmes chez lui. heures Sa quand tes étoient de
&c côtez,les latvoit une pagne autour des reins femmc a- qui étoit de feuilles rofeaux, de la couverture
defcendoit julqu'a
qui lui cendoit aufi bas les Palmifte, defvimes deux' de fes filles mi-jambes. de
Nous des bouts du carbet que chevrons, Un
zeans; qui n'avoient quelesanciens quinze à fei- fermé avec des
étoit entierement
bitsde la Nation
ha- feuilles de
roleaux, &c couvert de
c'el-a-dire, le quand nous parâmes, ouverture Palmitte, à Ja referve d'une
& lesbraceletss camifa, mais les brodeguins tre bout pour aller à la cuifine. ellesfe
un moment
étoit
tout L'auCe gue
firent voir avec des
aprés Pa- dix pas de cc batiment prefque ouvert, A
cehijwe gnc eft un morceau de toile pagnes. autre del la
il y cn avoit un
Pagne, femmes s'enveloppent le dont les moitié du grandeur à pcu près de la
faut des aiffeiles, qui fait corps au déf- deux Par premier, qui étoit paftagé en
deux tours, & dontlest boutsq tordinairement y entrames,.
L'auCe gue
firent voir avec des
aprés Pa- dix pas de cc batiment prefque ouvert, A
cehijwe gnc eft un morceau de toile pagnes. autre del la
il y cn avoit un
Pagne, femmes s'enveloppent le dont les moitié du grandeur à pcu près de la
faut des aiffeiles, qui fait corps au déf- deux Par premier, qui étoit paftagé en
deux tours, & dontlest boutsq tordinairement y entrames,. unepalifidede la
rofeaux. Nous
fent, fc replient cn dedans quifecroi- voit de cuifine; premiere chambre ferpour le tç- ou filles étoient fept ou huit femmes
occupécs à faire dela
cac --- Page 251 ---
FRANCOISES DE LAMERIQU JE. caffave. La feconde chambre fervoit fit la cuifine d'une fi étrange façon. Je 1698
1694. coucher toutes ces le dis au compere la Rofe qui me réapparemment Dames avec les pour enfans qui ne font pas ponditque c'étoit leur maniere; &
dans le
Carbet;
goûté de ces poiffons,
SA
encore admis
grand
quand j'aurois
trouverois
il n'y avoit d'autres meubles que des étoit afuré que jeles
bons,
paniers & des hamacs auffi-bien que &c que j'avolcrois que les Caraibes
dans le grand Carbet. La Rofe avoit n'étoient pas fi mauvais cuifiniers que
auprés du fien un coffre, un tufil, un je me l'imaginois. On me permettra
pittolet, un fabre &un gargoufier. Ses bien ici de ne pas rapporter précifegarçons étoient aufiar- ment fes parolcs, je crois le fens
quatre & grands avoient parfuitement bien fait fuffit, & il eit exactement eF que je
leur mez, devoir quand les Anglois avoient viens de le dire. attaqué T'lle. Quelques Caraibes tra- Cependant l'heure de diner s'approvailloient à des paniers: c'eft-là où j'ob- choit, & l'air de la mer nous avoit
fervai
la premiere. fois la maniere donné de l'appetit. Je dis donc aux
deles pour faire. Je vis aufli deux femmes Negres de Monfieur Joyeux
faifoient un hamac qui étoit fur un une nappe, & voyant au coin du
ATER
qui métier comme je l'ai décrit ci-devant. bet une belle natte étendué jc crûs
Lesarcs, les fleches ,lesboutons, étoient c'étoit l'endroit où ces Meflicurs 3es
attachez voient prendre leur repas, &c qu'en
cn grandnombre, chevrons. proprement: étoit de ter- attendant qu'il en euffent befoin, nous
aux
Leplancher
re battue, fort net & fort uni,excepté pourrions bien nous en fervir. J'y fis
fous les fablieres où ily avoit un peu jetter la nappe avec quelques fervietde pente. Ily avoit un affez bon-feu tes; on apporta du pain, du fel &c un
vers le tiers de la longueur du Carbet, plat deviande froide. Monfieur de Maautour duquel huit ou neuf Caraibes reuil & Monfieur Joycux me prefferent
accroupis comme quand on fait fes ne- de prendre place, c'cft-à-dire de m'afceflitez; fumoient en attendant que feoir furla natte. Après les complimens
quelques poiffons qu'on appelle dcs ordinaires je m'aflis, ces Meflieurs en
coffresfufent cuits.
du Carbet, plat deviande froide. Monfieur de Maautour duquel huit ou neuf Caraibes reuil & Monfieur Joycux me prefferent
accroupis comme quand on fait fes ne- de prendre place, c'cft-à-dire de m'afceflitez; fumoient en attendant que feoir furla natte. Après les complimens
quelques poiffons qu'on appelle dcs ordinaires je m'aflis, ces Meflieurs en
coffresfufent cuits. Ces Meilieursnous firent autant; &c nous commencions
avoient fait leurs civilitez ordinaires déja à manger quand nous primes garfans changerde pofture, en nousdilant: de que CeS Caraibes nous regardoient
Bon jour compere, tot tenir tafia. Ils de travers, & parioient à la Rofe avec
connoiffoient Monficur Joyeux, &cl'ai- quelque forte d'alteration. Nous luien
ils alloient à demandâmes la raifon 2 il nous dit qu'il
moient, fa fucrerie parce il leur que faifoit quand donner du fi- yavoit un Caraibe mort fous la natte
faire leur ouycou, & ne man- où nous étions affis, & que cela fâchoit
rop quoit pour jamais de les faire boire, ce qui beaucoup fes parens. Nous nous levâcit un moyen infaillible pour gagner mes fur le champ, & fimes ôter tout
leur amitié. nôtre apparcil. Le compere la Rofe fit
Cimme Les poiffons dont je viens de parler, apporter une autre natte qu'on étendit
les Ca- étoient lc travers du feu cntre le dans un autre endroit, nous nous I
raites bois &x be charbons péle mêle. Je les mimcs, &c continuâmes nôtre repas
cuifent pris d'abord pour quelques refles de nôtre aile, & fimes boire Monfieur de
lerpoi:
la Rofc & toutela compagnic, afin de
jon. buches, ne pouvant m'imaginer qu'on D
rc3 --- Page 252 ---
30 NOUVEAUX
rG94 reparer le feandale
VOYAGES AUX
donné en nons afleyant que nionsl leur avions crit ceux qui étoient ISLES
Decetter maniere nous redevinmes furleur mort. coudes portoient far fes autour du feu. Ses 1094. amis paulmes de fes mains genoux, & les
f
commestipurarant DansPentretieng
joties; il étoit
fottenoient fes les Comme Cala Rofe pendant que quenous eûmes avec ge avec des Proprement peintde rou-raiber
nous aprimes tous nous mangions, noires, dune mouitaches & des rayes/ontentoient affemblez que ces Caraibes s6- dinaires
autret teinture que les or- terrez. les
chez lui pour celebrer
qui ne font que de
Ses
la natte obleques où d'un Caraibe qui étoit fous fon cheveux étoient liez derricre genipa. fa téte,
bord, &c nous nous étions aflis d'a- couteau arc, étoient fes flcches, fon bouton &cfon
quelques-uns qu'on de n'attendoit plus que voit du fable à côté de lui. Il n'aS. Vincent
fes parens de Plile autant felon
jufques aux genoux,
Colitu- Car il eft pour l'enterrer tout-à-fait.
qui étoit fous fon cheveux étoient liez derricre genipa. fa téte,
bord, &c nous nous étions aflis d'a- couteau arc, étoient fes flcches, fon bouton &cfon
quelques-uns qu'on de n'attendoit plus que voit du fable à côté de lui. Il n'aS. Vincent
fes parens de Plile autant felon
jufques aux genoux,
Colitu- Car il eft pour l'enterrer tout-à-fait. Re
me des
neceffire que tous fes
falloit pour le foûtcnir
qu'il en
Carai- voyent qu'il eft mortde
parens ouil étoit, caril ne dans pofture
bes
SCELE
1016- Pour le' croire; de maniere mort naturelle bords de la foffe. Je touchoir; point aux
chanslas'en mors de trouvoit un feul qui ne l'etit que s'il pouvoit toucher, & on demandai m'en fi on le
leuripa- vû, tous Ies autres enfemble pas. berté toute entiere. lui laidàl la liTens. roient pas fuffilans pour le lui ne 1c- mains, levilage Je tout touchai les
der; au contraire il croiroit perfua- très-fec, & ne 8cledos, cela étoit
roient tous contribué à fa qu'ils au- odeur, quoiqu'on: rendoitaucuner mauvaife
fe croiroit obligé
mort, & il pris aucune autre maftunitgu'onnavoit
tuer quelqu'an pour par la honneur d'en rocolieraufli-tôt précaution que de le
coûtume & ce point d'honneur venger. Cette quoi on l'avoit mis qu'il dans fut expiré, la foffe après
Parurent fort incommodes & fort nous im- me nous le voyions. Lcs
com- de
pertinens. roit bien Je crois que nôtre hôtc au- le fes fable parens qui éroient venus prémiers avoient ôté
cût pas fait voulu que ce Caraibe ne lui
pour vifiter le corps; & comCarbet
Thonneur de choifir fon meilnerendoit on n'en
aucune mauvaile
grolle compagnic pour mourir, parce que cette pas la peine avoit de point l'ôter remis pour n'avoir odeur,
jon
dont diminuoit besucoup
à chaque nouveau
que la manioc,
il n'avoit peut-êrre quand parent tous qui arriveroit. On nous dit que
millc. provition bien jufte pour fa fa- lafeffentierement l'auroient vû, on empliroit
Après quie nous cûmes
ne manquâmes pas &cà de demeure. boire Nous
mandai fi comme ami du deffunt diné, je de- boire Ja compagnie à la fanté & de faire
dit IIe Pourrions pas le Voir, La Rofe nous funt, après quoi on remit les du déqu'ouy, & que cela feroit
me qui fermoient la fofle, & la planches
toute la compagnie, fur plaifir à deffus. Ilyavoit
natte
buvions & faifions boire tout fi nous étoit mort. prés de cing
à fa
J'auroisl
ETET
il fit aufli-tôr lever la nâtté & les fanté; arrivé quelque sbienvoulu qu'ilfar
ches qui couvroient la fofle. Elle plan- étions la, nous parent cuffions pendant été
faite comme un
éroit leurs
mais témoins
SeSC
pieds de
puits, & d'environ quatre cun.
lyavoit
natte
buvions & faifions boire tout fi nous étoit mort. prés de cing
à fa
J'auroisl
ETET
il fit aufli-tôr lever la nâtté & les fanté; arrivé quelque sbienvoulu qu'ilfar
ches qui couvroient la fofle. Elle plan- étions la, nous parent cuffions pendant été
faite comme un
éroit leurs
mais témoins
SeSC
pieds de
puits, & d'environ quatre cun. ceremonies, il n'en vint aude profondeur. diamettre, Le de fixà fept picds Cependant les
près dans la méme corps y ctoit à peu au feu étant poiffons & qui étoicnt
polture que j'ai dé- ayant appctit; cuits, les femmes ces Meffieurs
apporterent
deux --- Page 253 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE,
1694 deux ou trois matatous chargez de caf- mangent rien qui foit cuit dans l'eau, 1694
faves fraiches & encore chaudes, avec tout eft roti ou boucané. Leur maniere
Icur deux grands coiis, dontl l'unétoitplein de rotir eft d'enfiler la viande par
maniere de taumali de crabes, &c P'autre de morceaux, ou les oifeaux quand ils
depren- dre leur pimentade. Ceaerejacompigridus font petits dans une brochette de bois,
repas, grand panier de crabes botillies, des & del la plantér en terre devant le feu,
coffres qui étoient au feu, & de quel- & quandon juge la viande eft cuite re Manie- de
poiffons à grandes écaillcs cuits d'un côté, on E fait faire un demi cuire les
3c1 la même façon. tour afin que l'autre côté fe cuife: mais viandes. Quoique j'eule affez bien diné, je quand c'cit un orlcau un peu gros comne laiffai pas de m'approcher du ma- me un perroquet, un ramier ou une
tatou afin de goûter leur poiffon &c poule, ils ne prennent
la 1ls peine
lourfaulce. Ce qu'ilya de commode a- de les plumer ni de les .lien les
vec CCS gens-là, c'eft que leur table eft jettent tout chaufez &c tout vétus dans
ouverture à tout le monde, on n'a pas le feu, & quand la plume eft rotie,
beloin d'être invité ni d'être connu ils jettent deffus des cendrés &c des
pour s'y mettre; ils nc prient jamais charbons, & les laiffent en cet état le
perlonne, mais auffi ils n'empéchent tems qu'ilsjugent neceffaire pour leur
qui ce foit de manger avec eux. cuiffon, après quoi ils les retirent; ils
SRE de la Role & fes quatre enlevent facilement la croute que les
garçons firent le figne de la croix & plumes & la peau ont faite fur) la chair,
dirent le Bengdicite, lcs autres s'cu ils- ôtent les boyaux & le jabot, &c
ddifpenferont parce qu'ils n'étoient pas mangent ainfi Toifeau. J'en ai mangé
Chrétiens, quoiqu'sls euffent peut-être pluficurs fois de cétte maniere; jen
Étc déja baptifes, &c qu'ils fullent én- ai accommodé moi-même comme je
core préts de Lêtre autant de fois qu'on viens de dire, 8jai toûjours trouvé
Jeur donneroit un verre d'eau de-vie.
ux & le jabot, &c
ddifpenferont parce qu'ils n'étoient pas mangent ainfi Toifeau. J'en ai mangé
Chrétiens, quoiqu'sls euffent peut-être pluficurs fois de cétte maniere; jen
Étc déja baptifes, &c qu'ils fullent én- ai accommodé moi-même comme je
core préts de Lêtre autant de fois qu'on viens de dire, 8jai toûjours trouvé
Jeur donneroit un verre d'eau de-vie. que la chair toute remplie de fon fuc
J'expliquevai ceque c'eft-que le tau- étoit d'une tendreté & d'une délicamali quand je parlerai desi crabes. teffe admirable." Ceux qui ne me croPour leur pimontade cleft du fue de
pas en peuvent taire l'experience
manioc bouilli avec du jus de citron, Irpes peu de frais, &t fe convaincre de la
sdans lequel ils écrafent une Ai grande veritéou delafaufleté de CC que jerap-
-quantité de piment, qu'il eft imapofi- porte;
bleàtout autre qu'a cuxd'en ufer: JPai Je goutai des poiffons à grandes 6idéja dit que c'ôtoit lear faulce favorite cailles, qu' on dépotilla comme fi on
Les Ca-8c univertelle. Ilfaut faire une "autre les-avoit tirez d'un êtui. La chair étoit
raibes aemarque, qui eft quils ne fe fervent très-bonne, bien cuite 8cligrafie
n'ufent"
pas qu'ils én man- eût dit qu'on l'avoit remplic de
Se
jnmaudeicljcenen
poin: de
ils yades falines naturellesdans Il eft vrai que ce poiffon eit d'ordinaire
fel. quents toutcs les ifles où ils pourroient s'en aflez gras; mais H faut convenir
fournir, mais iln'eft de leur
il efl cuit, fansque l'eau, le
aRue
pas
goût quand
non plus que la viande ou le poiffon re ou Phuile ayent changé la bonté de
boûilli. Jaifgeu d'eux-mémes
fon fuc, en s'y mélant, il ne peut étre
cepté les crabes qui font la
que beaucoup meilleur. GSntE
rc partie de leur nourriture, ils ne Le Colire eit unpoiffon ainfiappellé Poilfoni
par- 2upt --- Page 254 ---
32: NOUVEAUX
1694. parce qu'il eft couvert d'une VOYAGES écaille
AUX ISLES
affez mince, feche & tres-dure. Dela me la Rofe comme
queiic jufques à la tête qui eft
treffe de la maifon Chrétienne n'en
& mai- 1694. au corps fans qu'il y paroife aucune jointe exceptée. J'en dis ma cût pas été
difinction,i
&
mari, qui me
penféc à fon
a la même figure. eitningulaire, fatéte ne le permettoit répondit que la coûtume
par un des angles un Loriquon de ccux ouvrit femmes ne devoient Pas 5 que jamais les
voient été fervis fur le
qui a- maris; & que
manger avec leurs
dit que c'étoit un pâté matatou, chaud on eût feul, il n'eût quand méme il eut été
venoit d'ouvrir; l'odeur étoit qu'on
& que mangé la qu'avecfes grands
l chair blanche &cbien cuite, & bonne, EETA le reite des enfans femme, eût fes filles,
que CC poiffon ne pafle
quoi- cuiline.
voient été fervis fur le
qui a- maris; & que
manger avec leurs
dit que c'étoit un pâté matatou, chaud on eût feul, il n'eût quand méme il eut été
venoit d'ouvrir; l'odeur étoit qu'on
& que mangé la qu'avecfes grands
l chair blanche &cbien cuite, & bonne, EETA le reite des enfans femme, eût fes filles,
que CC poiffon ne pafle
quoi- cuiline. Cette
mangé a la
meilleurs, Peut étre parce pas. pour un des dinaire qu'elle coûtume Paroiffe toute extraord'écaille que dechair, jele trouvaitres- qu'ila plus pas' trop
d'abord, n'eft
bon & très fucculent. ilexions clle fauvages m'a après quelques reC'étoit un.vrai plaifir de voir
fens, &c fort paru remplie de bon
grande bande de Caraibes cette fexelfuperbe dans propre les pour contenir ce
fur leur derricre comme des accroupis & du retpect qu'il doit bornes, du. devoir,
manger avec un appetit en linges, Les Caraibes ne font aux hommes. donné, à unmalade, fans
auroit en ufent ainfi;
pas les. feuls qui
parole, d
dee une feule autre
je rapporterai dans un
& une vitele épluchant admirable avec les une adrefe quels endreirquciques les
exemples fur lefpieds des' crabes. Ils fe Jeverent plus Petits pour, éviter Européens bien des devroient fe regler
auflip peu de céremonie qu'ils en avec Nous demeurames chagrins. au
fit pour salfeoir,ceux
avoient Role jufques fur les
carbet de la
allerent fc defalterer. avec quiaveient de foif midi. Le vent s'étoit trois calmé heures après
quelgues-uns fe mirent à
l'eau., ilnc. reftoit plus la tout-à-fait,
partic femitaul lit,& fumer, une fort grofle; mais le que fils ainé mer. qui étoit
uneconverfation où lescficenuradans s'étant offert de venir de la Rofc
parce gu'elle étoit en jen'emendoisrieny Langue
trois, autres Caraibes attirez avec nous, &c
Lesfom- Les femmes vinrent ôterl Caraibe. Tancc de
par
mes ne
& les collis,
les matatous la méme i'eau-de-vie, nous ayant T'elpe- fait
gentja- man- lieu où l'on avoit les filles. nettoycrent le mot 5 & avance, nous les primes au
mais a- enfemble avec les. petits mangé, enfans & toutcs fept Negres quoique dans nous le cullions déja
maris. vecleurs tirerent à la cuifine où nous fe rc- geames que ce fecours canot, ne. nous jules voir manger en la mêmc allâmcs pas inutiles ques
nous. feroit
& d'auffi bon apetit les Pollure piloteroit mieux, de; jeune la Rofe nous
venoient dc faire. Je que fus hommes ficur,
& que le Negred del Monpris que les femmes n'eufent un peu fur- nageurs Joyeux, étant que le nombre de nos
gé avec leurs
pas mannous augmenté de quatre
regle chez la Nation, maris, ou fi c'ctoit une feurement.
anger en la mêmc allâmcs pas inutiles ques
nous. feroit
& d'auffi bon apetit les Pollure piloteroit mieux, de; jeune la Rofe nous
venoient dc faire. Je que fus hommes ficur,
& que le Negred del Monpris que les femmes n'eufent un peu fur- nageurs Joyeux, étant que le nombre de nos
gé avec leurs
pas mannous augmenté de quatre
regle chez la Nation, maris, ou fi c'ctoit une feurement. fonnes,
irions plus vite &c plus perpourguoj MadaCHA- --- Page 255 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
C H A P I T R
E I 1 V. 16y4
Defeription du cul de fac Francois. Ous partimes du cul-de-fac
Robert fur les trois heures, ialléc profonde. La mer quiy y monte la rend
le fils de la Rofe gouvernoit viron jufques à deux mille pas ou enle canot ; nos fept Negres de fon de fon embouchûre, La
& les trois Caraibes
lit la fait pour lors
pente
oient à l'envic les uns des nage- torrent comme les autres devenir en
& nous firent
autres, l'lfle. Lcs arbres
rivieres de
heures les paffer en moins de deux tuviers ou
qu'on appelle Palela pointe a la quatre licués qu'il y a de des deux Mangles, qui la bordent
çois. Rofe au cul-de-fac Fran- fon lit; côtez, rétreciflent beaucoup
de vent Malgré la groffe mer &un grain des mais ils y font un
nous
que
eûmes cn
plus agreables, &
ombrage
Cul-de- cul-de-fac ou la
paflant le- inacceffibles aux rendentics bords
fac nous ne reçûmes aucun plaine aux rofeaux, droient faire des ennemis qui vouTransis & nep primcs
coup de mer, qu'on
defcentes: de forte
pas une feules
XE
II étoit environ
goutte d'eau. l'on a fait garder des que les endroits ou
nous arrivâmes cinq heures quand
des
ouvertures pour le
Il s'en faut bien au cul-de-fac François, dité pallage de canots, les & Pour la commoque le cul-de-fac qu'il foit aufli beau tent jufqu'à charger mille barqucs quiy monlargeur, foit Robert, foit pour la vrai
pas ou environ. Il eft
a-dire
pour la profondeurs c'eft- fervice qu'on Paye un Peu cherement le
terres; pour fon enfoncement dans les
que ces arbres rendent à ccux
il y en car pour la profondeur de l'eau
paffent fur cette riviere, en les
a aflez pour
des vaifde l'ardeur du
E.tlr
feaux, fi une barre dc porter fable
ils entretiennent unfi
folcils; car
qui eft à fon entrée ne les en mouvant bre de mouftiques &c prodigieux de
nomchoit.
Paye un Peu cherement le
terres; pour fon enfoncement dans les
que ces arbres rendent à ccux
il y en car pour la profondeur de l'eau
paffent fur cette riviere, en les
a aflez pour
des vaifde l'ardeur du
E.tlr
feaux, fi une barre dc porter fable
ils entretiennent unfi
folcils; car
qui eft à fon entrée ne les en mouvant bre de mouftiques &c prodigieux de
nomchoit. Cette barre change de fituation empél'air en cft
maringoins,
felon le changement des marées, gea ces infeétes fc quelquefois épaifli,
felon qu'clle cit tranfportée çà & ou là habitations voifines répandent en fi
dans les
par la violence de la riviere
tité gu'il feroit
grande quaneft débordéc, Ilya quelques quandellc Iflets
rer fi'le vent ne impoffible les
d'y demeuforment ce cul-de-fac, dans Pun def- qui on ne les chaffoit des emportoit, maifons ou fi
quels on trouye des pierres de taille fumée, & par le foin qu'on a avec de la
blanches affez tendres, dont on fe fert mer les portes &c les fenétres des cham- ferpour faire les fourneaux des fucreries, bres cher où l'on veut dormir avant lc couc'elt-a-dire feu,
qui refiftent aflez bien au de du folcil, &c de n'y point porter
pierres quoique beaucoup moins les Jumiere loriqu'on fc retire, Cette
grifes de la Bafle-terre E les riviere le cft fort poillonneufe, parce
rougeâtres du
qu'on trouve aux environs poiffon y eft en feurcté,
que
cul-de-fic de la Trinité. La rivicre pas moyen d'y jetter la n'y ayant
porte le nom du cul-de-fàc où clle fc des racines de paletuviers fennea fous caufe
trouve; elle peut avoir
quelles il fe retire; de forte
lefquarante toifes de large, trente-cinq clle cft i peut pécher qu'a la
& qu'on n'y
Toni. II. trés- naffes. Ces deux lignc avec des
E
expediens font bons,
& --- Page 256 ---
3+ N OUVEAUX
1694. & on prendroit affez de poiffon VOYAGES fi les
AUX ISLES
requiens & lesbécunes qui
tumez; d'où il eft aifé de juger ce
fort cette riviere, ne frequentene nous feroit arrivé f nous fuflions qui 1694. n'emportoient les nafles rompoient quand ils ou tez dans lcs cafes de Monfieur refvoyent duroiifon, ou ne
y ouilne demeure pour l'ordinaire Joyeux,
luiquip pendà
coupoient cedes
qu'un
Halitalaligne. Commandeur, Ouvriers & des Netionsdes Lhabitation de Monfieur] Joyeux gres, qui font
du
fiezrs un terrein' uni de mille en eft en partic, â ces accoûtumez, fortes
moins
Seyeux ré, bornée duncotépar lar pas rivicredont quar- ou qui s'en exemptent d'incommoditez, en faifant dans
Soerinjer rigne- viens de parler, & feparée de celie leurs cafes une fumée fi
Gran- de Monfieur
le feroitinfupportable à tout épaiffe autre qu'elzal, un ruiffeau d'cau Dibois-Joundsin douce fe par eux.
ft en partic, â ces accoûtumez, fortes
moins
Seyeux ré, bornée duncotépar lar pas rivicredont quar- ou qui s'en exemptent d'incommoditez, en faifant dans
Soerinjer rigne- viens de parler, & feparée de celie leurs cafes une fumée fi
Gran- de Monfieur
le feroitinfupportable à tout épaiffe autre qu'elzal, un ruiffeau d'cau Dibois-Joundsin douce fe par eux. qu'à
dans la riviere. Il n'y avoit qui jette Le Mardi 14. Decembre tous
heure que nous étions arrivez, pas une bitans qui avoient été avertis de lesha- nôtre
Monficur de la Vigne-Granval nous que arrivéc, fe trouverent chez Monfieur
vintprierd'aller loger chez.lui, & nous dela Vigne. Je dis la Meffe dans une
lution en Preffa fi fort, que malgré la refo- côté petire de Chapelle fa qu'il avoit fait barira
chez que nous avions faite de n'aller achevé les divins maifon. Après que
perfonne, nous nous
Myfteres,
mes avec
embarqu.-
je à
It
Elle lui, & allâmes a fa maiton. l'Affemblée que les superisurs
eft à cinq ou fix cens
reconnu la necefité où ils étoient
haut que
pas plus voir un
Pdtt
Pendroic où la riviere n'eft
Curé réfident, étoient refolus
il plus navigeable pour les barques: mais deleur accorder ce qu'ils
a creufe un canal de neuf à dix fi inftament, d'autant plus demandoient que la Papieds de large qui porte les canots & roiffe de la Trinité auigmentant tous
les chaloupcs julgu'à la porte de f fait les jours, il feroit doreinavant tout-àfacrerie, fent fa avec des" rigolles qui traver- de les impoflibleau fecourir Curé qui la fervoit
les il a favanne, deffeché par le moyen defquel. leur fis voir dans leurs befoins. Je
fes terres balles &
qu'il ne falloit pas beaunoyées, & d'un marais inutile qui Cau- coup compter fur celui qui s'établifde foit un trés-méchant air, il en a fait affez foit" au d'affaires cul-de-fac Robert qui auroit
très-belles prairies où il pourra tour
chez lui pour T'occuper
planter il des cannes dans la fuite; à terre entier; outre les chemins
quoi faut ajoûter que fon canal luy tout étant prefque
par fur
donne la facilité
dans la
LEE
chandifes
d'embarquer fes mar- roient
failon des pluyes, ils fefans
à la porte de fa maifon, le obligez del l'aller cherchers &de
avoir befoin de cabrovets ou cha- ne reconduire dans leurs canots, ce qui
rettes pour les tranfporter.
la fuite; à terre entier; outre les chemins
quoi faut ajoûter que fon canal luy tout étant prefque
par fur
donne la facilité
dans la
LEE
chandifes
d'embarquer fes mar- roient
failon des pluyes, ils fefans
à la porte de fa maifon, le obligez del l'aller cherchers &de
avoir befoin de cabrovets ou cha- ne reconduire dans leurs canots, ce qui
rettes pour les tranfporter. pourroir fe faire fans déranger beauNous reconntimes dès qu'il futnuit coup leur le travail de leurs habitations. Je
combien nous avions été fages d'acpropofai les offres de Monfieur
cepter fes offres & de venir loger chez Je'les Joyeux & la juflice de fes prétentions. lui, puifque malgré toutes les
exhortai à ne pas differer la contions qu'il avoit prifes
précau- clufion d'une
Mon- Eralif
de a maifon les mouliques pour &c éloigner les
fieur le Lieutenant afairepourlaquelics de Roi étoit venu Jemeni Aune
ringoins, ilyen avoitencore: aflez ma- exprès fur les lieux; & enfin je lesan Paroife culdefeiperer ceux qui ny font pasaccoû- pour aflurai fentiment que chacun pouvoit dire fon de-fac
avec toute forte de liberté; Fran-
& foit, --- Page 257 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1694. & f quelqu'un fe trouvoit en état habitans prefferent fi bien T'ouvrage, 1ip4. de TEEE des offres plus avantageufes que cette Chapelle longuc de vingt-ix achevée
celles de Monfieur Joyeux,onl les
& large dc
fut
2ecsieseAimnie
E7 Jeudi au foir, STEN Cimetiere preflly eut quelques legeres contefta- que renfermé avec une liziere du bois
tions, mais enfin on convint que Mon- immortcl. Monfieur Joycux & fcs ayans caufc auroient On s'étonnera peut-étre que
le premier banc dans l'Eglife, & qu'ils fieur Joyeux ait été recompenfé
feroient exempts des contributions pour la ccilion de fon terrein, &c que AORE
le bâtiment ou réparations de TEglife fieur Monel ne l'ait point été
&c du
5 au
celui où
du cul-de-fac
RLICOT
Monfieur Pretbytere Joyeux donna tout moyen le dequoi terrein a été bâtie. T'Eglile En voici la raifon. Lc
neceflaire pour l'édifice de l'Eglife &c terrein qu'on avoit pris dans la favandu Pretbytere, pour le Cimetiere & le nc de Monfieur Monel étoit fur lcs
jardin du Curé, avec le droit de met- cinquante pas que lc Roy fe referve
trc deux chevaux du Curé dans fa fa- autour des Iflcs, en les melurant, non
vanne. L'Aétefut dreffé & figné,après pas tout-à-fait du bord de la mer,
quoi on proceda à l'éleétion dun Mar- mais de l'endroit où Pherbe pcut
guillier qui fut le fieur de la Vigne.
el étoit fur lcs
jardin du Curé, avec le droit de met- cinquante pas que lc Roy fe referve
trc deux chevaux du Curé dans fa fa- autour des Iflcs, en les melurant, non
vanne. L'Aétefut dreffé & figné,après pas tout-à-fait du bord de la mer,
quoi on proceda à l'éleétion dun Mar- mais de l'endroit où Pherbe pcut
guillier qui fut le fieur de la Vigne. croître : quoique le Roi accorde la
Tous les habitans fc cottiferent cux- jouiffance de ccs cinquante pas à ceux
mêmes pourl la dépenfe de ces bâtimens
ont le terrein qui eft au deffus
avecbeaucoup de generofité, & donne- 1 fe referve toûijours la faculté dc 1
rent leurs billets au nouveau Marguil- reprendre quand il lui plait, ou
lier. lc beloin le demande, & c'eft ce e
Nous fûmes après diné vifter le ctoitamiveaMonfieur Moncl, qui par
terrein; je le choifis à côté du ruif- confequeut n'avoit rien à prétendre
feau dont j'ai parlé. Je marquai avec
le terrein où T'Eglife & la maides piquets le lieu de TEglife, du Ci- Eato Curiale avoient été bâties; au licu
metiere, de la maifon CurialeScdef fon que Monfieur Joycux n'étoit pas dans
jardin; Monfieur Joyeux nous laiffant cc cas-là. Son terrein étoit bien 6les maitres de fon térrein. En atten- loigné des cinquante pas du Roi, &c
dant qu'on bâtir l'Eglife, on con- comme il en étoit le maître abfolu, la
vint qu'on : ferviroit de la falle de juftice vouloit qu'on le recompenlâten
Ia mailon curiale pour y direla Meffe, quelque forte du prefent qu'il failoit
&c qu'on commenceroit le bâtiment arEglife &c au public. inceffamment. Cependant on fit une Le Vendredi matin je benis la Croix
croix de bois pour
dans le mi- &c la plantai. benis aufli la Chalieu de l'endroit
Cimedis Meffe & communiai
LAar pourle
pelle; jy
ticre; &c on fe preffa de faire une pe- beaucoup de perfonnes. On fit mârché
tite Chapelle de fourches en terre 2 avec des Charpentiers pour la maifon
pallifadéc de rofeaux &c couverte de Curiale, à laquelle on devoit donner
paille, où en cas qu'il vint quelque trente-fix picds de long fur dix-huit
Religieux avant lamaifonfut: faitc, pieds delarge.
ar pourle
pelle; jy
ticre; &c on fe preffa de faire une pe- beaucoup de perfonnes. On fit mârché
tite Chapelle de fourches en terre 2 avec des Charpentiers pour la maifon
pallifadéc de rofeaux &c couverte de Curiale, à laquelle on devoit donner
paille, où en cas qu'il vint quelque trente-fix picds de long fur dix-huit
Religieux avant lamaifonfut: faitc, pieds delarge. Ils la devoient rendre
il pût dire la TAE fans incommoder parfaite dans fix mois. Je fus fort
Monfieur de Granval. On y travailla content des habitans de cette nouveldès ce moment, & lc lendemain les le Paroiffe; ils apporterent des tapis
E2
d'In- --- Page 258 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
2694. Indienne pour tapiffer la Chapelle 3 Paroiffe.
& donnerent de la toile pour faire des Jacques le Je trouvai au fond Saint 1694.
nappes, & les autrcs linges neceffaires lui rendis Superieur de nôtre Miffion,
à une Eglife. Ils prierent le Marguil- jc été faits il compte de Ce qui avoit
lier de faire une colleéte chez eux
me remercia de la peine
pourachepter des Vafes facrez, &c des trouver que j'avois prife, &c me pria de me
ornemens, parce que ceux dontjen m'é- del l'année au Molillage le fécond jour
tois fervi appartenoient à Monficur de
prochainc, afin de l'accomla Vigne.
ler pagner faire au Fort-Royal où il dévoit alNous partimes après diné. Nous re- à Monfieur les complimens le
du nouvel an
mimes à la pointe à la Rofe les qua- lui parler de Comte de Blenac, &c
tre Caraibes que nous y avions pris, velle Paroiffe l'établiffement du
de la nouqui étoient fort contens de leur voya- afin de la faire mettre cul-de-fac François,
gc, où ils avoient bû de l'eau de vie Jc paffai le refte du fur l'état.
à difcretion, & en emportoient encore Paroite, où les Fétes mois dans ma
chacun une calebaffe, Nous arrivâmas nerent aflez
deNoël me donavant la nuit chez Monfieur Joyeux fionnaire d'occupation; car un Mifoùt nous couchâmes, & le Samedi de voirs à toujours qui veut du s'acquitter de fes degrand matin je m'cn retournai à ma vc jamais du tems de travail, refte. & ne trouH A P I T R E V.
Defcription de la Villed- delEglfe du Fort Royal. Mort
re de quelgues perfonnes nowvellement venues de France. extraordinaiSouverain de la Martinique.
Confeil
2695.
GXE premier jour del'annéc16pr de très-facile
je reccus les complimens de Dimanche digeftion. Je partis le
tous mes Paroifiens, & des
après le Service pour le
où
A
prefens
grande
Mouillage, j'arrivai d'aflez bonne
tie. On delaplus me donna entre par- heure pour faire mes complimens à
tres chofes une chevre, ou comme au- on PIntendant, au Gouverneur, aux Comdit aux Ifles une cabritte, avec les particuliers. munautez Rcligicufes, & à mes amis
trois petits qu'elle avoir eu de fa der- Nous
nôtre
niere portée C'étoit la plus belle & la moi dans partimes le canot de Louis Superieur &
meilleure bête qu'on pàt voir. Je priai les trois heures
minuit. Galere fur
Monfieur Michel de la fouffrir dansfa environ fept heures après
Il étoit
favanne avec les fiennes. Elle auroit mes au Fort-Royal. quand Nous nous allâmes arrivâpeuplé toute une Iifle tant elle étoit la Meffe aux
&c
dire le
téconde; car elle faifoit trois portécs chocolat chez Capucins, préndre
Che- en treize ou quatorze mois, & trois attendant MonficurHouding & en
vreaux petits a chaque
&
qu'on pûr voir Monficur le
a4 (a- quatre, Les portéc, quelquefois General, jem'occupai à confiderer l'Ebrirons dés
chévreaux ou cabrittons glife & lcs maifons de cette nouvelle
Ais chatres lait. Iiles, chatrez lorfqu'ils font en- Ville. Les rues font tirées au
core au lait, font très-cftimez, leur & bordées de maifons de cordeau
chair eit tendre, graile, delicate, & clpeccs. Ily en avoit déja differentes pluficurs
de
portéc, quelquefois General, jem'occupai à confiderer l'Ebrirons dés
chévreaux ou cabrittons glife & lcs maifons de cette nouvelle
Ais chatres lait. Iiles, chatrez lorfqu'ils font en- Ville. Les rues font tirées au
core au lait, font très-cftimez, leur & bordées de maifons de cordeau
chair eit tendre, graile, delicate, & clpeccs. Ily en avoit déja differentes pluficurs
de --- Page 259 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 1695. de maçonnerie dont la plàpart mena- même de nous faire donner quelques 1695:
çoient ruine,. parce tout le terrein quartiers avant qu'il y euft un Curé
ville de où la Ville eft fituée LE un fable mou- réfident pour achepter les meubles qui
Fort Royal, vant, dans lequel, quand on veut faire lui feroient neceffaires. Malgré toutes
les fondemens d'un édifice, plus on nos excufesilnous retintà diner. Enatcreufe,, 8c moins on trouve de folidité, tendant l'heurer enous fàmes rendrevifite
On prétend même avoir experimenté aMonficurlcBegue LicutenantdeRoi,
que pour bâtir avec quelque forte d'af- aquelquesautreoficien,&cideuxCon
fûrance, il falloit mettre le mortier &c feillers quidemeuroient dans la Ville. les premieres aflifes fur une certaine Nous partimes un peu après quatre
herbe courte en mariere de chiendent heures, &arrivâmesau. Moullageavant
dont ce terrein eft tout couvert On fept heures, ayant eu une bonne brife
n'a Pas crû devoir fuivre cette obfer- pendant tout ic chemin. Je demcurai
vation en bâtiffant l'Eglife. On a fait tout le Mardi au Fort S. Pierre pour
un grillage qui a beaucoup coûté, & achever mcs vifites, &c recevoir celles
qui n'a pas empéché que les murs de mes amis. J'en partis le Mercredi de
n'ayant travaillé beaucoup, & ne foient grand matin, 8cfus diner chez moi. furplombez & ouverts en plufieurs cn- Le 10. de Janvier un vaiffeau de la
droits. Cctte Eglifea environ cent tren- Rochelle nommé le Pont d'or arrivaau
te pieds de longueur fur trente pieds Forc Royal: il y avoit plus de quatre
Paroif- Eglije de large, avec deux Chapelles quif font mois que lcs vaifleaux qui étoient parBialedes- la croilée. Les fenêtres font à peu près tis avec lui de France étoient arrivez,
fersie' le. même effet que le capuchon des fans qu'on en eût pû apprendre aucune
par les Capucins qui la deffervent, c'eft-à-dire nouvelle. On étoit feur qu'il n'avoit
Capu- cins. qu'alles font formées par deux arcs de point été pris, on lecroyoit perdu; fon
cercle qui font un angle fort pointu arrivée fit plaifir à bien du mondc, &c
& fort defagreable à la vûé. Le dedans fur tout à quelques Marchands qui aétoit orné Sc fort mal propre; &c voient étéallez hardis pour affurer quapour Ea difgracier encore davantage, on rante mille écus à foixante &c quinze
y afait un portail de pierrede taille gri- pour cent, quoique felon toutes lesapie dont lcs joints de' plus d'un poucc parences, ce vaifleau dôt être péri en
font remplis d'un mortier bien blanc, mer; auquel cas c'étoit un prefent de
qui eft terminé en pointe comme le dix mille écus qu'ils rifquoient de faire
comble fans amortiffement & fans or- àccux qui leur avoient payéla prime.
cus à foixante &c quinze
y afait un portail de pierrede taille gri- pour cent, quoique felon toutes lesapie dont lcs joints de' plus d'un poucc parences, ce vaifleau dôt être péri en
font remplis d'un mortier bien blanc, mer; auquel cas c'étoit un prefent de
qui eft terminé en pointe comme le dix mille écus qu'ils rifquoient de faire
comble fans amortiffement & fans or- àccux qui leur avoient payéla prime. nemens. Avec tout cela ilne manque Il vint dans ce vaiffeau un affezgrand
dc gens qui en ont envic, & qui nombre de paflagers, & entre autres un
E" donnent aflez de mouvement pour de nos Religicux, appellé le Pere le
en débufquer les Capucins. Clerc, fils ou frere d'un Confeiller au
Nousallâmes faluer Monfieur le Ge- Prefidial d'Orleans. La longueur du
neral fur les neuf heures. Il nous reçût voyage, &c mille incommoditez qu'il
trés-bien, il approuva ce qu'on avoit avoit fouffertes dans la traverfée Ta- Mort
fait au cul-de-lac François pour l'éta- voient rendu malade, cependant la fié- très
bliffement d'une nouvelle Paroifle, & vre l'avoit quitté trois femaines avant prompte dun
nous promit de concourir avec l'Inten- qu'il débarquir, &c il avoit joui d'une nos Re- de
dant pour la faire mettre fur l'Etat, & allez bonne fanté depuis qu'il étoit à ligieux. E 3
terre --- Page 260 ---
38 NOUVEAUX
19s. terre; nôtre Medecin ne laiffa pas VOYAGES de le
AUX ISLES
douze faire fuigserecpurger aubout dedix ou' TEstréme-OnGion, queil n'étoit
car pour le Viati- 1695. foir du jours, & l'étant venu voir furle A peine cette plus en état dele recevoir. ille jour qu'il avoit pris medecine,
fonétion fut-elle achevée
trouva à table prét a fouper. Iine qu'il entra en agonic, &c mourutfur les
manqua des pas à la ceremonic ordinaire neufheures piré il rendit du matin. Dès qu'il fut exle mouvement Medecins, illui tâta le pouls, dont fang par tous les une grande quantité de
fait connoitre extraordinaire lui ayant devint en un conduits, & fon corps
très-mal, que CC Religicux étoit livide. moment tout noir & tout
incommodité quoiqu'il ne fentit pour toute qu'il C'étoit une marque infaillible
mal de qu'un grand appétit 8c un nes'étoitp avoitetéataqué édamildeSiam qui
FRA dela medecine, téte, qu'il il prenoit Pour manqua pas pointmanifefté.Lel de publier Medecin ne
fouper, & fans lui en dire Pempécha lai
de
par tour cette lajuftefft ôter ce
raifon, il
mort,
ataibentare
qu'on lui avoit fervi, lui fit cc qui nous fut d'autant plus fenfible, que
prendre feulement un boilillon, avec Religicux étoit un très-bon
lequel il lui ordonna de s'aller mettre Il nefut le feul qui mourut fujet.
pas pointmanifefté.Lel de publier Medecin ne
fouper, & fans lui en dire Pempécha lai
de
par tour cette lajuftefft ôter ce
raifon, il
mort,
ataibentare
qu'on lui avoit fervi, lui fit cc qui nous fut d'autant plus fenfible, que
prendre feulement un boilillon, avec Religicux étoit un très-bon
lequel il lui ordonna de s'aller mettre Il nefut le feul qui mourut fujet. au lit. Il In'y eut rien à
à
cette forte. ER jeune homme
de
arrêt fouverains ilalla fecoucher, repliquer cet arrivé dans le méme
qui étoit
dant le Pere Cabaffon nôtre pen- couché au Fort Royal bâtimenr, chez un de étant Exjone
rieur 3e un autre Religicux allerent Supe- re- amis, s'éveilla en furfaut, & fe mit fes à beime
conduire le Medecin, leur ditd'a- crier que quelque chofe
du meurs mal
vertir CC Religieux de Ret
fesjambes,
étoittombéfar de Siam
mort, parce fuivant les préparer indices à la cris éveillerent Sclealulavoitrompuere toute la
Ses d'une
foa pouls, il ACSA feroit pas envie le de à lui, on alluma. du maifon, & on fut manicré
demain à midi. len- ce n'étoit Pas un feu, on vit que extraor- naire,
voyant point Cependant nos Peres ne ment fes jambes fonge, 8cqueréellement en lui, d'altération trois
ni de change- & fans aucun étoient toutes noires
près que le Medecin ou fut quatre heures a- On envoye chercherle mouvement ni fentiment. &
rent qu'il pouvoit bien s'être forti, ils juge- decin, & cependant on Curé chauffe le Mc-
& qu'un avertiflement de cette troinpe, nature ges, on le frotte d'eau de la Reinc dcs lin- de
pouvoit lui faire une terrible
Hongric, on lui fait avaler de l'élixir
lion; & comme CC Religieux impref- s'étoit de proprieté, & tout cela
confefié &avoitditl la Mellelej
ilsécriequion luirompt les inutilement; un
cedent, ils crurenrqu'il feroit affeztems jourpré- moment aprés il fe plaint fentir
delui
mémes
les
EEM
direde penfer à ia mort le lende- mefure douleurs dans les cuiffes, &à
mainmatin, mal. Le Pere en cas qu'il ferrouvàr plus te devenoit que là infenfible. noireurmontoit, laparvement le Superieur fc leva effeéti- Medecin arrivent
Le Curé &le
lej jour, & lendemain étant deux heures avant malade
dans le tems le
de'ce
entré dans la chambre qu'on lui perd l'ufage des bras, & RECE
fans connoillince. Religieux, il le trouva prefque qu'en moins brifoitiepine dudos, de forte
fon
Il appella aulli-tot laj parole, la d'unedemie-heure,ily perdit
afin Compugnon qu'il tâchât delc qui lavoit confeffé, qu'onpût connoifance8clavie, fans
dant qu'il f prépareroit réconcilier à lui pen- fon corps devint learenterainremodes en moins
&c
donner me s'il fut mort depuis) pleficursjours.
trouva prefque qu'en moins brifoitiepine dudos, de forte
fon
Il appella aulli-tot laj parole, la d'unedemie-heure,ily perdit
afin Compugnon qu'il tâchât delc qui lavoit confeffé, qu'onpût connoifance8clavie, fans
dant qu'il f prépareroit réconcilier à lui pen- fon corps devint learenterainremodes en moins
&c
donner me s'il fut mort depuis) pleficursjours. derien,.comQuoi- --- Page 261 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 1695. Quoique le vaiffeau le Pont d'or ne apprit enfin que Dauphiné qui étoit 1695
fut pas attaqué du mal de Siam, il ne Commandeur chez un des principaux
Levaif- le
plus heureux que ceux qu'ilavoit habitans du quartier du Fort Royall l'afeau Pont apportez futpas aux Iiles, dont plus 'des deux voit époufée. Monfieur du Roym'en
d'or de- tiers moururent, ou des fatigues d'un parla, & me pria d'en écrire eàM.TInfagrice très-long voyage, ou du mal de Siam. tendant afin que fon efclave lui fit ref
échoie. Comme il avoit beaucoup fouffert dans tituée; le mariage qu'elle avoit controis ou quatre tempêtes qu'il avoit ef- tracté étant nul de plein droit, &c Daufuyées; sonjugeag quelesréparations qu'il phiné devant être condamnéaluiy payer
y faudroit faire cxccderoient fa valcur, fes dommages &c interefts. Je ne mande forte qu'il fut condamné à être dé- quaipas sd'enécrire, &caufi-tôt M. l'Iningréé&c échoiié. LeProcurcurdesbiens tendanteutla bontéd'ordonner au Provacquans s'en empara pour le compte cureur General de pourfuivre cettc afdes Affutreurs, &les Proprietaires per- faireau Confeil direétement. Dauphiné
dirent peu de chofe: mais on murmura &c fa prétendué femme furent cipribeaucoup contrecetteaction, On la ta- fonnez, &1 le Pere Gabriel deVire Caxoit ouvertement de mauvaife foi, & pucin, CuréduFort Royal, fut mis en
on difoit que ce vaifleau n'avoit d'autre caufe. Il fut dit par T'Arrêt, le démal celui d'avoir fait un longvoia- faut du confentement du AdEES de la
ge, R d'avoir trop. de gages à payeri Mulâtreffe & delapublication, desbancs,
l'équipage quilavoit conduit. avoit rendu les Parties incapables
J'cus avis dans le même tems qu'on de contracter, & qu'ainfi il n'y avoit
avoirjugé au Conbisepeticerderides point eu, &c gu'il n'y avoit point de
qui s'aflemble au Fort Royal, un pro- mariage entre elles; que la Mulatrefle
cès où j'avois quelque interêt, voici le feroit remife à fon maitre aux frais de
Maria- fait. Un certain Commandeur nommé Dauphiné, lui condamné à l'amende &c
gedun Dauphiné qui étoitauxl Illesdepuis cinq aux dépenss & fans la proteétion
Slanec ou fix ans, après avoir fervi fort long- trouva, &le tour qu'on donnaà
RS
duneef- clave tems fur les Galeres, s'étoita amouraché TC, il auroit été condamnéà payer à M. declaré d'une Mulâtreffe de mon voifin le ficur du Roy une piflole jour pour tout
nul, du Roy, ily en avoit des effets.
é qui étoitauxl Illesdepuis cinq aux dépenss & fans la proteétion
Slanec ou fix ans, après avoir fervi fort long- trouva, &le tour qu'on donnaà
RS
duneef- clave tems fur les Galeres, s'étoita amouraché TC, il auroit été condamnéà payer à M. declaré d'une Mulâtreffe de mon voifin le ficur du Roy une piflole jour pour tout
nul, du Roy, ily en avoit des effets. Il le tems que ia OSITLE avoit été abprétendoit l'époufer, mais comme une fente du fervice de fon maitre, felon
efclave ne peut fe marier fans le l'Ordonnance duRoi. Le Pere Gabriel
confentement de Pon maitre, &c queles de Vire fut mandé au Confeil &c réprimaitres nc donnent jamais ces fortes de mandé; onlui enjoignit d'étreplus cirpermiffions, à moins qu'on ne leurpaye confpeét dans T'adminiftration dc fa Paleurs efclaves, ce Dauphiné étoit fort roile, fous les peincs portées par les
embaraffé,ild crât quele plus court étoit Ordonnances. d'enlever la Mulâtreffe & de l'époufer; Dauphiné prit le parti de ramener
après quoi il efperoit Monfieur du lui-méme la Mulatrefle à Monfieur du
Roy feroit obligé de S lui ceder, au Roy. Il fe munit de quelques lettres
moins pour peu de chofe. Il fit cequ'il pour moi, qui m'obligerent de porter
avoit prémedité; la Mulâtrefe difpa- MonGeurdu Roy à lui vendre la Mularut, & l'on fut cinq ou fix mois fans treffe. J'en fis le marchéàdix-huit cens
fçavoir ce qu'cile étoit devenué, On francs, fgavoir trois cens écus pour elle, --- Page 262 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1095. le, &autant pourles trois entans qu'elle préfide &c
Les Confeillers
avoit, un delquels on fuppofoit appar- n'achetent prononce. leurs
16ps. tenir à Dauphiné, & les deux autres à donnent au point mérite, charges, elles fe
d'autres perfonnes. Je les fis tous de- commandations. C'eftle fouvent aux rcclarer libres par le contrat, après quoi tat ayant le
Secretaired'E- de la marine
tr publiai un banc, & je les difpenfai quileurexpediel département leurs brevets,
deuxautres. Le Pere Gabriel de Vi- les Colonies font de fon parceque
Teftlamémecholean Fort Royal pour Ils n'ont point de
département. Dauphiné, &c m'en envoya lc Certif- ment P'exemption du gages, droit de mais feulecat, Le après Conieil quoijelesmariai. tion pour douze de leurs Negres, Capita- avec
ler plus jufte, fouverain, le Confeil ou pour par- quelques émolumens pour leurs vacacompofe du Gouverneur fupericur eft tions, cela eft peu contiderable; de forlIntendant, du Gouverneur General, de teque ces charges font plus recherchécs
de TIe, de douzc Confeillers, particulier d'un
rapport à l'honneur qu'au proConfeil Procureur General, & des
Re On prétend qu'elles annobliffent
foxve- del
ont
Licutenans ceux qui meurent dans
ou
rain de Roiquiy droit de fceance & voix qui obtiennent des brevets l'exercice, de
la Mar- délibérative.
lIntendant, du Gouverneur General, de teque ces charges font plus recherchécs
de TIe, de douzc Confeillers, particulier d'un
rapport à l'honneur qu'au proConfeil Procureur General, & des
Re On prétend qu'elles annobliffent
foxve- del
ont
Licutenans ceux qui meurent dans
ou
rain de Roiquiy droit de fceance & voix qui obtiennent des brevets l'exercice, de
la Mar- délibérative. Il s'affemble de deux en ler honoraire, aprés avoir Confeiltinique. deux: mois, Kpgeendomieriaudatienr ans. De douze ou
fervi vingt
tes les caufes qui y font portées dircéte- qui rempliffoient CCS quinze Confeillers
ment, &c les appels des Sentences du n'y en avoit que deux charges cullent en 17og.il
Juge Royal & de fes Lieutenans. Le diéen Droit; c'étoient
étuGouverneur General
a ficursleMerc'eft
y préfide 3 mais le & Monel, les autres étoient des nol'Intendant, & en fon abfence le tables habitans ou
plus ancien Confeiller, quirecucille les lefquels il faut croire commerçans, que la droiture chez &c
avis, & quip prononce: quand lcGouver-. lebont fens tenoient de
neur General n'y eft pas, TIntendant
licu fcience. 7 282E
C H A P I T R E VI. Des Mulitres. Maniere de les comnoitre. Hifoire du *** o de guclques
habitans blancs qui ont époufe des Negrefes. RN entend par Mulâtres, les ticipe du blanc & du noir, &
enfansqui naifent d'uneme- une cfpece de biltre. Les cheveux produie
re noire & d'un pcre blanc, Mulâtres font bien moins
des
erigine
ou d'un pere noir écd'unemecrelpus que
des Mireblanche. der- ceuxdesNegress ;ils fontchatains &méLatres, nier cas foit rare, on en Quoique a pourtant ce des me aflez clairs, , ce qu'on ne trouve
exemples. Quant au premicr, il n'eft point aux Negres. Cadix J'ai cependant veu
quetrop fréquent; & cel
unNegrea
qui avoit les cheveux
blancs avcc les Negrelle libertinagedes elt la fource naire roux. bien Les Mulâtres font pour l'ordid'une infinitéde crimes. La couleur des
faits, de bonne taille, vicnfans qui naiffent de ce
gourcux, forts, adroits, induftricux,
mélange, par- courageux & hardis au de-)à de l'imagina- --- Page 263 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. g695. ginations ils ont beaucoup devivacité, indifference ces amendes, & ces Mulà- 1695mais ils font adonnez à leurs plaifirs, tresavec leurs meres. Ilyavoit * ** entre avoit Hifoire
volages, fiers, cachez, méchans, & autres un certain Frere
qui
duFrere
capablesdes) plus grands crimes. LesE(- untalent merveilleux pour faire ces dé- *** Repagnols qui en font bien mieux fournis couvertes, & pour en tirer partic. Il ligieux
lesautres Européens habi- eft vrai qu'il étoit aidé fort fouvent par de la
quetous
n'ont e meil- lesmaitredès des) Negrefies,
Charité. tent l'Amerique,
point
quinepouleurs foldats, & de plus méchanshom- vant fouffrir que leurs maris entretinffent leurs efclaves, lui en donnoient ames.
ces dé- *** Repagnols qui en font bien mieux fournis couvertes, & pour en tirer partic. Il ligieux
lesautres Européens habi- eft vrai qu'il étoit aidé fort fouvent par de la
quetous
n'ont e meil- lesmaitredès des) Negrefies,
Charité. tent l'Amerique,
point
quinepouleurs foldats, & de plus méchanshom- vant fouffrir que leurs maris entretinffent leurs efclaves, lui en donnoient ames. Le nombre en feroit bien plus grand vis, lui aidoient à les faire prendre 2
dans nos Iles, fans les peines qu'en- aimant mieux les voir confifquées que
courent ceux qui les font: : car les Ne- de laiffer paffer l'occafion de ic venger. font d'clles-mémes trés-lafcives, Monfieur * * * riche habitant du Fort
grefles & les hommes blancs ne l'étant gueres Royal de la Martinique en peut dire
moins, & trouvant beaucoup de facili- des nouvelles, &c il n'eft pasle feul. Jc
Peines téà contenter leurs paflions avec ces l'ai citéplutôt qu'un autre, parcequ'éconire les peres créatures, onneverroit autre chofeque tant un parfaitement honnéte homme,
des' Mu- des Mulâtres, d'où il s'enfuivroit de fon témoignage fera d'un plus grand
litres. trés-grands defordres, fi le Roi n'y a- poids. Avec tout cela il ne laiffoit pas
voit remedié, en condamnant à une d'arriverfouvent de fâcheux contretems
amende de deux mille livres de fucre, auFrere *** carles maitres qui fe vo*
ceux qui font convaincus d'en être yoient dans k Cas de la confifcation de
peres; mais fi c'eit un maitre qui ait leurs enfans &c de leurs Negreffes, aidébauché fon efclave, &c qui en ait eu moient mieux leur promettre laliberté,
un enfant, outrel'amende, laNegreffe que de les voir efclaves perpetuclles de
& l'enfant font confifquez au profit de IHopital. Ils avoient foin d'inftruire la
I'Hopital, fans pouvoir jamais être ra- Negrelfe de ce qu'elle devoit répondre
chetez fous quelque pretexte
ce quandelle feroit devantleJugc, &cqu'elfoit. On ne peutallez loticr le S0c du SESDROTRIENMTSTAE
Roi dans la difpofition dc cette Ordon- Le défir de la libertéleur faifoit retenir
nance; mais on permettra aux Miflion- leur'l leçon à mérveille, & le défaut de
naires de dire quien cherchant à reme- témoins qu'on ne va pas chercher'dans
dier au fcandale que ce crime caufoit, ces fortes d'occalions, joint à l'effronon a ouvert la porte à un crime bien terie aveclaquelle elles foutenoientleur
plusénorme, quiconfille dansdes avor- caufe & celle de leur maitre, faifoit
condamner Frere *** aux
temens HernnssbNkgnfoing quelquefois
curent quand clles fe fentent grolles, dépens. d'entencela fort fouvent, du confentement ou J'ai eu quelquefois le plaifir
par le confeil de ceux qui en ont a- dre ces démélez; & une fois entre aubufé. tres, la Negrefled'un habitant d'unede
Les Religicux de la Charité qui ont nos Paroifles foutint au Frere *** que
le foin des Hopitaux, font fort allertes c'étoit lui-méme qui étoit le pere de
fur ce point,
que l'interêt des l'enfant Mulâtre dont elle étoit acoupauvres & le Earce ont trop de liaifon chée.
de ceux qui en ont a- dre ces démélez; & une fois entre aubufé. tres, la Negrefled'un habitant d'unede
Les Religicux de la Charité qui ont nos Paroifles foutint au Frere *** que
le foin des Hopitaux, font fort allertes c'étoit lui-méme qui étoit le pere de
fur ce point,
que l'interêt des l'enfant Mulâtre dont elle étoit acoupauvres & le Earce ont trop de liaifon chée. Par malheur pour ceReligieuxil
pour leur permettre de regarder avec avoit paflé neufà dix mois auparavant
Tom. II. F
chez --- Page 264 ---
34 NOUVEAUX
169s. chez le maitre de la Negreffe, VOYAGES AUX ISLES
voit couché. Le maitre qui s'en &ya- étoit fait quelques coups de folct, que l'on leur
fouvenu, fouvenir n'avoit pas manqué d'en faire
diftribuer pour les rendre plus fa- 1605
ftruire de faNegrefle, tout
&c de la bien in- ges, Les)
ce qu'elle avoit à
Religieux de la Charité
en forte que ce fur une fcene des dire; plus bienvoulu obligerles Curez à leur auroient donplaifantes d'entendre les circonftances ner: avis des entans Mulitres
qu'elle rapportoit pour prouver qu'elle tifoient, maisj julqu'à prefent
bapn'avoit
jamais connu d'autre
pû obtenir. Les Curez ont snel'ont
que lui. LeJuge mit tout en homme ceuvre nes raifons pour ne point eu debonpour l'obliger defe couper fans y
dans ces fortes de
s'embaraffer 3
voir reiidirs elle demeura toûjours pou- fer- ne Pouvoient que leur difcufions, être
qui
me, &ccommmellerenoirr fone
bles, & rendre leur miniftere delagreafes bras, cllele
lenfantentre Ils ont
EC
odieux. en lui difant, toi prefentoit au Frere *** vant, reprefenté que j'ai dit cy-demontroit à papa li, &c puisellele on ouvroit que penfant remedier à un
toute
la porte à un
mal,
dant qu'ilreffembloit Faffemblécs comme préten- qui étoit desavortemens plus grand s
tead'eauaufrere qui, toutacco_- edcuxgoue Negrefles fe procuroient. frequensquelcs
tumé qu'il devoit étrea ces fortes d'a- font fort adroites, , & connoifent Lapllpart des y
vantures, étoit tellement décontenan- tion fimples qui leur font faire cette
cé, que tout le monde pâmoit à foice Les avec un facilité fiurprenante. operaderire, fans pouvoir au vrai
Sages-femmes cachent
qui en donnoit plus de fujet, dilinguer ou Tef- ment la qualité de ces fortes ordinairea d'enfans. fronterie de la Negrelle qui paroiffoit quand eles les apportent au
accompagnée d'une grande
cequi leur eft
car Baptémes
P'embarras où fetrouvoit naiveté, ou roit aucune difference tres-facile, la ilne Pahomme
ceReligicux, entre les uns
pour couleur
le monde tres-fage, 2 & reconnu det tout d'enfans étant &c les autres, toute forte
pour incapable d'une pareille
blancs ou prelque
foibleffe, ou la gravité chancelante du guand ils viennent au monde, ce blancs, n'eft
Juge, fuccombé, quimalgré tous fes efforts auroit couleur qu'au bout de huit à dix jours que la
renvoyant la siin'eur fini cette fcene en ce à Paroitre.
uns
pour couleur
le monde tres-fage, 2 & reconnu det tout d'enfans étant &c les autres, toute forte
pour incapable d'une pareille
blancs ou prelque
foibleffe, ou la gravité chancelante du guand ils viennent au monde, ce blancs, n'eft
Juge, fuccombé, quimalgré tous fes efforts auroit couleur qu'au bout de huit à dix jours que la
renvoyant la siin'eur fini cette fcene en ce à Paroitre. quiles fait difinguer commenjufgu'à plus ample Negreffe chez fon maître Loriqu'on veut être
pens relervez. information, les dé- couleur doit être
affuré de quelle Coms
Quand les maîtresnefont
le faire découvrir, l'enfant, car s'il eft Iln'ya qu'à ment 07A
bles de ces excès, il eft facile pas coupa- gre & d'une
d'un Ne- comnoit 117
greiiès de tirer
aux Ne- naturelles toutes Negrelle, il a les parties enJeur épargner le d'affaires leurs amis, & blanc 8d'uncl noires; & s'il eit d'un mulitre fant
mende ; clles n'ont chagrin de Payer l'a- blanchcs ou Negrelle, fesp partics font davec
pere du Mulâtre gu'à nommer veut pas venir prefque à cctte blanches. Si on ne Nn noir,
Tera d'un vaiffeau qui eft quelque mate- cy. une plus aifée, c'cft preuve, en voifoldat qu'elles ont rencontré parti, ou quel. dans naiflance des ongies, deregarderals
Ea chemin, & dont elles ne
l'endroit où les oncles c'efl-a-dire, fortent
à
le nom; & c'eft à quoi elles Içavent pas chair, 2 car fi on
de la
quentgueres. Elles ent fonc ne man- droit foit noir, c'eft remarque une que cet enquittes pour lible que l'enfant fera noir; marqueinfail- mais licettc --- Page 265 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
1695. te place eft blanche ou prefque blan- que deux blancs euffent époufe Lie- des 1695. che, on peut dire avec certitude que Negrefles. s'appelloit Blanes
TARE
Penfant eit Mulâtre; foritquilprovien- tard, Lieutenant deMilicc du quartier
ne d'un Blanc & d'une Negreile, ou de la Pointe noire à la Guadeloupe. d'une Blanche &c d'un
J'enai C'étoit un homme de bien qui un
EE
vû & baptifé de CCS deux Negre. façens, & principe deconfcience: avoit
une srefes. TELDE
toûjours remarqué ce quejeviens tres-belle Negreffe, à
felon les
dire. apparences il avoit
obliga21
rF
Qu'après cela les Medecins nous di- tion. fent tant qu'ils voudront que les deux Lefecond étoit unl Provençal Fort Pierre Inommé de
fexes ne concourent également à Jfautier, Marchand au S. la produétion de Teuliere & que les laMartinique. Son Curé lui mit tant
femmes font comme les poules
de ferupules dans l'ame, qu'il l'oblinaturellement ont des ceufs dans G gea d'époufer une certaine Negrefle
corps, & que l'hommecomme le cocq appelléc Janneton Panel, la qui Samari- auroit
nc fait autre chofe que les détacher & eu bjen plus de maris que elle s'étoit
perfeétionner) le germe, Car fi cclaétoit taine fi tous ceux à qui
uncNegreffe feroit toûjours des enfans abandonnéel l'avoient époufée.
oblinaturellement ont des ceufs dans G gea d'époufer une certaine Negrefle
corps, & que l'hommecomme le cocq appelléc Janneton Panel, la qui Samari- auroit
nc fait autre chofe que les détacher & eu bjen plus de maris que elle s'étoit
perfeétionner) le germe, Car fi cclaétoit taine fi tous ceux à qui
uncNegreffe feroit toûjours des enfans abandonnéel l'avoient époufée. de beaux
noirs, de telle couleur pût être le Monfieur Lietardavoit
pemâle, ce qui eft TanNLlit contraire à tits mulâtres de fon époufe noire, fien- mais
l'experience que nous avons 1. puifque le Provençal n'en cut point de la
nous voyons qu'elle fait des noirs avec ne; il demcura mémc aflez peu de tems
un) noir, & des Mulâtres avcc un blanc. avec elle,
fcs compatriotes
Si on marie des Mulâtres mâle ou fc- lui firent tant neroe Roere d'avoir époulé
melle avec des perfonnes blanches, les- cette créature qu'il la
S clle
enfans en
feront plus s'en mit peu en peine,
contente
TE
blancs, qui leurs proviendront cheveuxneferont preique decequ'elle profita dans le tems qu'elle
plus crefpus. On ne reconnoîtra la demeura avec lui, & du nom deMadetroifiéme generation que par le blanc moifelle Hfautier qu'elle avoit acquis
des yeux qui paroitra toûijours un peu par fon mariage. loit
rare de trouver
battu, cc defaut ceffera à la quatrième Quoiqu'il bilancherd@banchécpur plus
des
generation, pourvi qu'on continué à desfemmes des
débauchécs
les unir toûjours avec des blancs; car Negres, que Negreffes laiffe
fi on les allioit avec des noirs, ils rc- pardesblancs, cela ne
pas d'arritourncroient dans le méme nombre de ver quelquefoiss &c
être que s'ily
à leur premicre noirceur; paroifboitachaque que cclaarrive,
EorOe
parce generations, qu'une couleur fc fortifie à me- le cas feroitbeaucoup moins rare. Mais
fure qu'elle s'unit à une couleur de la honte d'une femblable action leur
même efpece, & diminue à mefure fait employer les mêmes remedes dont
qu'elle s'en éloigne. Les enfans qui lesNegreffes fe fervent pour empécher
naiffent d'un blanc & d'une Mulatreffe l'éclat que feroit leur crime s'il venoit
font appellez Quarterous, & ceux qui à paroitre. On en fçait pourtant quel- dans
viennent d'un blanc & d'une. Ipdienne, ques-unes qui après être tombées
Merifs. ces déreglemens, ont eu trop de confJer n'ai connu dans nos Iiles du vent cience pour faire périr leur fruit, &c
F 2
ont. --- Page 266 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1695. ont mieux aimé porter la honte de leur dre le tems de fon accouchement. crime que de le cacher par un plus avoit apparence qu'elle
Ily 169s:
grand, entre autres la fille d'un certain lerefte defavie
feroitdemeurée Peloouvrier du quartier du Pain de fucrc, fe fut trouvé dansl'opprobre, s'il ne noisqui
nommé *: ** Cette fille agéc de dix- mir, Scieur de un Polonois nommé Cafi- époule une fille
fept à dix-huit ans, s'amouracha d'un s'offrit de Tépoufer, long defon &c de métier, qui blanche
elclave de fon
& malgré toute pour fien l'enfant dont reconnoitre grofe
la refiftance PT ce pauvre Negre roit.
rc, fe fut trouvé dansl'opprobre, s'il ne noisqui
nommé *: ** Cette fille agéc de dix- mir, Scieur de un Polonois nommé Cafi- époule une fille
fept à dix-huit ans, s'amouracha d'un s'offrit de Tépoufer, long defon &c de métier, qui blanche
elclave de fon
& malgré toute pour fien l'enfant dont reconnoitre grofe
la refiftance PT ce pauvre Negre roit. Lepere vint
elle accouche- d'un
qui prévoyoit Aier fuites de cette aétion velle: Jelui dis m'apporter cette nou-Negre. fi elle éclatoit, clle lep prefla fifortqu'il la conclufion de qu'il falloit en preffer
fuccomba à fes inftances. Elle devint ne changeit de peur que cet homme
groffe. Quelques-unes de fes parentes mon confeil cette fentiment. fois. Il I fuivic
s'en apperçurent, & en avertirent fon le lendemain fon prétendu amena dès
pere. line fallutpas lui donner la quef- fa flle avec les témoins
gendre &c
tion ni au Negre pour leur faire tout les difpenfai des
neceffaires. &
Je
avoiicr. Le pere vint me trouver pour riai. L'enfant étant Bancs, je les mame demander confeil fur cette affire. quelque tems après le venu au monde
Je lui dis d'envoyer le Negre à faint lonois s'en déclara mariage, & le PoDomingue ou àla côte d'Elpagnep pour cette qualité fur le pere, Il figna en
le vendre, &c de taire paffer fa fille à la de trouver une Regiftre. charité citrare
Guadeloupe ou à la Grenade fous quel- le fiecle où nous pareille fommes. dans
pretexte, & de T'y faire accoucher méme qu'on trouve un pareil Je doute
Rm plus fecretement qu'il fe pourroit, ple dans
fiecles
exemlui offrant en même tems tout le fe- auffi je ne lespremiers prétends
delEglifes
cours dont il pouvoit avoir befoin. qu'on l'imite, mais pasle propoferpour
Mais la colere où il étoit contre fon en conferver la memoire. feulement Les pour
Negre qu'il prétendoit fairepunir com- des aéteurs de cette fcene font noms
me ayant fuborné fà fille, ne lui per- cependant fi
curieux inutils;
mit pas de voir la bonté du confeil fçavoir, il quelques
les veut
queje lui donnois; il alla trouver I'In- tres de Ja Paroifle pourra confulter de fainte les Marie Regifrendant, &yconduifit fon Negre.L'In- Cabafterre de la
dans à la
tendant fit venir la file & Pinterrogea née 1698. Martinique
l'anfur la violence fon pere prétendoit J'ai dit que les enfans
Comlui avoir été Falder par fon Negre. Mais nent d'un blanc & d'une qui provien- menton
eile avoit
d'honneur 82 de con- pellent Metifs. Ils font Indiennesap- conneit
fcience pour urdus les chofes autrement aufliblancs que les Européens. pour l'ordinaire les Mequ'elles s'étoient paffées; elle avouia chofe qui les faits connoitre eft La le feule rifi.
les enfans
Comlui avoir été Falder par fon Negre. Mais nent d'un blanc & d'une qui provien- menton
eile avoit
d'honneur 82 de con- pellent Metifs. Ils font Indiennesap- conneit
fcience pour urdus les chofes autrement aufliblancs que les Européens. pour l'ordinaire les Mequ'elles s'étoient paffées; elle avouia chofe qui les faits connoitre eft La le feule rifi. que c'étoit elle qui avoit follicité le de leurs yeux qui eft toûjours un blanc
Negre, & qu'elle étoit la feule coupa- jaunâtre, comme il arrive à
peu
bledans cetteaffaire. Onvoit bienqu'a- après une longue maladie ont ceux les qui
prés cet éclat la honte de cette fille ne battus. Si une Metifie marie avec yeux
pouvoit faire plus étrefecrette; toutce qu'on blane, les enfans qui en viennent un ne
pit fut d'envoyer le Negre à la confervent rien de leur
côte d'E/pagne ouilfut vendu, Scl'ou- gine. premiere orivrier ramcnafa illechez luip pour atten- Dans le commencement qu'ily eût
dcs --- Page 267 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 1605. des Negres aux Ifles, & que le liber- mc, &c qu'il n'eût eu l'occafion d'ap- 16ys. tinagey produifit desMulatres, les Sei- prendrear parler latin plus correétement Confcilproprietaires ordonnerent
sil avoit voulu cn profiter, puifqu'il lerdela
Eri Mulatres feroient libres quand RE avoit demeuré quelques annécs au fer- loupes Guadeauroient atteint Pâge de vingt-quatre vice de nos Percs, d'on il étoit monté
ce aTofirede.tsinedEcole, & de Chanans accomplis, pourvà demeuré que jufqu'a dans la tred'anede nos Paroiffes. Il
Evardes tems maifon là du ils maitre euflent de leur mere. Ils M.D.L.C. Il étoit Doyen du
AICBei
Mulices huit ans de fervi- dela Guadeloupeenizor. tres 4- prétendoient cc
avoient que rendu depuis feize DepslicmeOndegesscales: Mulâtres
want
qu'ils
fuffi- font tous efclaves; &c leurs maitres ne
16;2. jufqu'a foient vingt-quatre dédommager accomplis, les maitres. peuvent étre contraints de quelque made la perte pour qu'ils avoient faite pendant niere que ce foit, de les vendre à ceux
leurs Negrelles les avoient élevez, qui en font les peres, finon de gré à
E de ce qu'au lieu d'un Negre quiau- gré. Ils font obligez à fervir comme les
roit été toijours efclave, eile n'avoit autres efclaves, iont fujets aux mêmes
produitqu'un Mulâtre. correétions; & s'ils s'abfentent de la
Mais depuis que le Roi a réuni les maifon de leurs maitres, & qu'ilsaillent
Hles à fon domaine en 1674: en les
on peut les mettre entre les
macheptant des Compagnies qui les 2- EueTA mains Juitice qui Ies traite comvoient polfedées fous fon bon plaifir, me les elclaves noirs, c'eft-à-dire
il a fait revivre par fa Declaration la qu'on leur coupe lcs oreilles la feLoi Romaine,
veut que les en- conde fois qu'on les met en prifon
fans fuivent le et du ventre qui les
maronage, & le jaret la troia
Partus feguitur ventrem; & Eeme fois.
ies qui les 2- EueTA mains Juitice qui Ies traite comvoient polfedées fous fon bon plaifir, me les elclaves noirs, c'eft-à-dire
il a fait revivre par fa Declaration la qu'on leur coupe lcs oreilles la feLoi Romaine,
veut que les en- conde fois qu'on les met en prifon
fans fuivent le et du ventre qui les
maronage, & le jaret la troia
Partus feguitur ventrem; & Eeme fois. Ces peines font portées par
Leur portez;
Mulâtres
les
du Roi, aufi-bien
état de- que par confequent les
pro- celle Reglemens
ceux qui retirent que
puis venans d'une mere efclave foient
qu'encourent
efcla1674. auffi efclaves. A
dequoi je nc chez cux, ou font travailler les
dois oublier
Confeiller du ves de leurs voilins quand ils font mapas
Et
Confeil Souverain de la
rons. Car pour empécher ce defordre, contre Peinë
citant cette Loi dans un fi procès où & pour punirl la mauvaifefoide ceux qui ceuxoui
s'agiffoit de décider fi un Mulâtre né étant dans des quarticrs éloignez, atti- retirent
après la datte de la Declaration du roient les efclaves marons, & lcs fai- lesefelaRoi, mais avant qu'elle fut arrivée &c foient travailler à leur profit, ou qui les cesma rons. publiée aux Ifles, étoit libres ou non; retiroient chez eux pour priver leurs
ce fçavant Jurifconfulte au lieu de s'at- maitres de leurs travail; le Roi les a
tacher au point de la difficulté que je condamné à payer au proprietaire de
viens de dire, ne penfoit qu'àf faire
l'efclave, une pitole par chaque jour,
rade de fon latin qu'il eftropioit en M depuis celui qu'il s'eft ablenté, julqu'a
Patus
sventris. celui qu'on le remet entre les mains de
Fellela- fant:
fegwitus
Bellepreu- fon maitre. anité ve de fon feavoir, qui n'empéchoit
A'un pas qu'il ne furd'ailleurs honnétehomF 3
CHA- --- Page 268 ---
;8
NOUVEAUX
VOYAGES AUX ISLES
H A P I T R E VII
a695. Des Paletirviers 015 Mangles. De leurs
Du Cemquima, e des Huitres. difureutes efpeces. Paletsa s E
wier 01
a a croinederoir un autre pas renvoyer riviere fur le bord
Mangle
endroit ce quéje &cla
de laquelle le pied
dstrois
dois écrire des
cette: racine principal a pris naifiance;
foruss. Paletuviers,
racine
A A % S dontjuidirque la
les bordsde n'eft
qui va toute droite en terre
riviere du
Pas feule, elle eft
çois étoient garnis. Les cul-defacfran Elpagnols & d'une infinité d'autres qui accompagnée s'élevent un
lesautres Européens de
les pied &c demi, & quelquefois
appellent Mangles. A l'Amerique la
au defus de la fuperfice de davantage à
méme on leur donne Ce nom Guadéloupe quelque hauteur qu'elle puiffe l'eau, arriver
que celui de Paletuvier. Je ne plitot dans les plus hautes marées. Ces raquia obligé les habitans de la igaice Marti- cades cines aprés s'étre élevécs font des artinique tôt à fe fervir de ce terme, plûen retombant en terre où elles
que de cclui qui eft en ufage
reprennent, qui s'entrelaffent les unes
cout ailleurs que chez eux.
éloupe quelque hauteur qu'elle puiffe l'eau, arriver
que celui de Paletuvier. Je ne plitot dans les plus hautes marées. Ces raquia obligé les habitans de la igaice Marti- cades cines aprés s'étre élevécs font des artinique tôt à fe fervir de ce terme, plûen retombant en terre où elles
que de cclui qui eft en ufage
reprennent, qui s'entrelaffent les unes
cout ailleurs que chez eux. par dans les autres, fe foûtiennent & font
trois fortcs, derouges, de blancs8cde Ilyena comme un grillage furlequel on peut
noirs. Le ronge eit l'arbre que nous tout marcher le fans crainte de fe moiiller
appellons Mahor. Raifinier. Le blanc eft le del la mer, des rivieres &. fiar le bord
Je parlerai dans un
fouvent: méme
-
Mangle noir
autre licu J'ai vâ de ces
très-avant. 5% duRatfnierSeda Mihot. A l'égard du
manglcs occuper plus de
Paleta- Mangle noir ou Paletuvier,
cinq cens Pas dans la mer. Il
vier. Arbre qui nc vient jamais c'eft fur les un, qu'on ne peur pas marcher fort cft vrai
bords des rivicres ou de la mer. que Son ces arcades, & qu'il faut bien vitefur
écorce eft fort brune, liffe, ployante où les l'on met fes pieds &c comment regarder on
quand elleeftverte, dePépailfeur d'une laident pofe; mais avec tout cela ils ne
piece de quinze fols. Deffous cette é- & pas d'étte d'une grande utilité
tendre& corce ilya une peau plus mince, plus centes d'une & bonne les défenfe contre lcs defmoins brune. Le bois cità Car
furprifes des ennemis,
peu prés de la même couleur l'équoiqu'on puille marcher fur ces
corce; il eft dur, ployant, &c
arcades, commeil faut continucllement
fant. oe
Sa feilille reflemble affez
regarder à fes pieds &c s'aider de fes
figure à celle
mains pour écarter les
E
& fi unie oue dulaurier, fes fibres fe elle eft mince tenir ferme, cette maniere branches, de marcher & fe
à peine du refte. Les' plus dilinguent arbres eft impollible à des gens chargez d'arquej'ai vû de cette efpecc T paffoient mes & de munitions, & qui viennent
pas treize i quatorze pouces de diame- Pour firprendre, &
parce que la dilitre, & vingt à vingt-cing pieds de genice ment le filençe leur font abloluhaut, leurs branches font en grand
neceffaires Pour réufir dans leurs
nombre, toutes droites & fans
entreprifes, qui écholient &c leur deelles laiffent tomber des cfpeces nccuds, de re- viennent préjudiciables dèsqu'elles font
jettons qui prennent racine quand ils découvertes, ce qui ne manque jamais
ont attcin: le fond de la mer ou de la gles, d'arriver &c fur guand on marche fur des mantout la nuit, oulemoindre
bruit --- Page 269 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. 169s. bruit s'entend de fort loin, fans comp- délicates, grafles, blanches, tendres & 1695
terle danger qu'il y a de s'égarer en d'un très-bon goût. On peut croire
marchant comme à tatons dans ces 6pendant que nous fumes au culpaifles forefts, où même dans le jour le JESE François nous n'cn manquâmes
plus clair il eft difficile de fuivre une pas.
269 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. 169s. bruit s'entend de fort loin, fans comp- délicates, grafles, blanches, tendres & 1695
terle danger qu'il y a de s'égarer en d'un très-bon goût. On peut croire
marchant comme à tatons dans ces 6pendant que nous fumes au culpaifles forefts, où même dans le jour le JESE François nous n'cn manquâmes
plus clair il eft difficile de fuivre une pas. Il faut feulement obferver de no
même route:
manger que celles qui trempoient dans
Ufages Outre cet avantage j'en remarque la mer quand on les a cueillies, parce
des trois autres qui me paroiflent d'une
celles qui fe trouvent au deflus
Man- aflez grande confideration. Le premier 3:1 la furface de l'eau, foit que la mer
gles eft ces arbres fournifent d'excellent ait baiffé dans fon reflux, foit
noirs. que
que
bois pour bràler, qui fait un feu vif les racines ayent crû, nc font pas f
& ardent, 8c qui dure beaucoup plus bonnes à beaucoup. prés, pour l'ordis
à proportion qu'un autre. Ce bois re- naire méme elle font douceâtres, plus
vient promptement, & autant de fois dares, plus maigres & plus petites que
qu'on le veut coupcr, pourveu qu'on celles qui font toûjours fous l'eau. ait foin de ne pas endommager confi- Le Mangle ou Paletuvier rouge que
derablement la principale racine. On nous appelions aux. Ifles Raifinier, vient
peut fe fervir du tronc de cet arbre toujours au bord de la mer &c des rivicpour les ouvrages où l'on a befoind'un res vers leurs embouchures, mais jabois qui refifte à Peau. On eft feur mais dans l'eau foit douce ou falée, Mangle
celui là y eft prefque incorrupti- quoique la mer quand elle eft groffe, EE OM
SRc Sans fa pelanteuron pourroit l'ém- ou les rivieres quand clles font debor- nier. ployerà toutesfortes d'ouvrages, car il dées, ne lui portent aucun prejudice. eft douxatravailer,l eft compact, ne Les racines qui le foûtiennent ne font
s'éclate point, &c il eft très-rare qu'on point en arcades comme celles du preletrouve vicié. cedent. H vient en pleine tcrre, & rePeorces Lc fecord avantage que l'on en re- vient autant de fois qu'on le
delian- tire eft que fon écorce eft très-bonne pourvà qu'on empéche les befliaux
AAITE
giesbon- pour tanner les cuirs. On ne fe fert brouter ies bourgeons à mefure qu'il
nespour point d'autre tan aux Iiles, & on ne pouffe, parce que cela le fait mourir. 1Anner. laide pas deréuflir parfaitement. Cet arbre vienttrés-gros &très-grand,
Lc troifiéme eft que les racines &c mais très-mal fait. Scs branches fe renJes branches qui font dans l'eau, fer- verfent vers la terre, elles font tortués
vent à recueilir les femences des hui- &c noucufes, & embaraflent extrémetres, qui s'y attachent, s'y nourriffent ment le terrein qu'elles occupent.
1Anner. laide pas deréuflir parfaitement. Cet arbre vienttrés-gros &très-grand,
Lc troifiéme eft que les racines &c mais très-mal fait. Scs branches fe renJes branches qui font dans l'eau, fer- verfent vers la terre, elles font tortués
vent à recueilir les femences des hui- &c noucufes, & embaraflent extrémetres, qui s'y attachent, s'y nourriffent ment le terrein qu'elles occupent. J'ni
& y multiplient à merveille. Dans les trouvé de ces arbres qui avoient près
autres pais du monde, du moins au- de deux pieds de diametre, & plus de
tant quej je l'ai pû voir ou apprendre, vingt-cinq pieds sde hauteur, avecquanOn on péche les huitres en les détachant tité de branches tres-grofles & fort
exeille des rochers qui font au fond dela mer, étenduës; mais cela eit rare 2
des bxi- on peut dire que dans celui-ci on les qu'on ne lui donne letems de Feroir
tres fur cueille fur les arbres. Ces huitres font tre & de demeurer E pied aflez longle:Mian- gles petites, à peine les plus grandes arri- tems pour acquerir cette grandeur &
noirs vent-elles a la grandeur de celles de groffeur. L'écorce cit mince & grife. Cancalle en Bretagne; mais clles font Lorique l'arbre cit jeunc, clle cft unie
&c --- Page 270 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
X695. & fort adherente; mais quand il eft branche qui eft le cofté du
vieux, elle paroit toute crevaflée, fe metre 3 elle eft
petit dia- 16ys. détache ailément, & le foleil la fait unie. Ses
épaiffe, forte, liffe &c
enrouler. Il eft vrai qu'ily a fous cette refte & paroiflent nerurerigeditinguent peudu Ecwiller,
écorce une pcau épaifle commeunbon commencent à plattes. Quand elles Feurs fruits 2
parchemin, rouge, ployante &c fortad- couleur de chair paroitre & fort elles font de du Raiherente à T'arbre, dont elle ne fc dé- délicates; elle
douccs & fioier. tache que quand il eft coupé & fec. en croiffant, le deffus quittent devient cette couleur
Le bois eft d'un rouge foncé. Ses gai, &c le deflous
d'un verd
fibres font longues, ferrées &c mélées. On fc fert de ces feiilles un peu plus pâle. Ila le grain fort fin. Si on coupc lc fous le
pour mettre
Ie Rai- cccur en petits éclats, &c qu'on lelaffe foleil, clles chapeau quand on marche au
faier boiillir dans l'eau,illa teint d'un très- incommodé defà empéchent qu'on ne foit
faitunel beau rouge qui communique la même la
chaleur, &c tiennent
zres- couleur aux laines &c toiles
téte fraiche. Il fleurit &
du
belle
que l'on y fruit une fois l'année. coileur met. Il eft vrai
on
Avant fleurBe
que quand lave rir il pouffe de
rouge. ces toiles clles perdent beaucoup. Cela
petits fcions, comme
vientde cequ'onn'ap pris aucune précau- lavigat,qui@ecurgen qui en
dep petitsgrains,
tion pour. fixerla couleur: Cel bois eft petite feur s'ouvrant, produifent une trèsroide, dur, compact & pefant.
fruit une fois l'année. coileur met. Il eft vrai
on
Avant fleurBe
que quand lave rir il pouffe de
rouge. ces toiles clles perdent beaucoup. Cela
petits fcions, comme
vientde cequ'onn'ap pris aucune précau- lavigat,qui@ecurgen qui en
dep petitsgrains,
tion pour. fixerla couleur: Cel bois eft petite feur s'ouvrant, produifent une trèsroide, dur, compact & pefant. Tlefttrès- à
blanche, comme d'unc odeur douce
bonau feu,ily durclongtems.fitunies A peu près
celle de la vigne. vif8c ardent & de très-bon charbon. ronds ces flcurs fuccedent des fruits tout
J'en ai fait débiter quclques Fieces, metre d'environ qui font quatre verds lignes de diadont j'ay fait faire du cartelage de meurs,
deviennent avant d'être
Son bois deux à trois pouces, & des planches ils ont 8cqui toute
violcts quand
lief travail- que je fis enfuite refendre pour faire: font bons, acquis leur goût leur maturité. de Ils
tres- des callettes, des tables & autre meu- gros railins qu'on approche CCS
beait. bles. On ne peut rien voir de plus Onen fait un
vin appelle, aflez chaffelas. beau que les ondes de differentes tein- mais la manierela petit ordinaire agreable 5
tes de rouge, les yeux & les volutes manger, eft après les plus avoir lavez de de les
qui étoient fur ces planches, qui d'ail- paffer dans un blanc d'ceuf battu avec les Manic- re d'acJeurs & fe poliffoient parfaitement bien un peu d'eau rofe ou de fleurs d'oran- commo-
&1 aifément. Ili n'y a que la pelanteur
& enfuite les rouler dans du
der le
la dureté de ce bois qui empéchent E2 blanc, bien fec& bien pilé fucre fruit. qu'on ne l'employe à une infinité d'ou- cc qu'ils en foient bien couverts. jufqu'à On
vrages; carj'ar éprouvé qu'il eft éga- les iert de cette maniere, ils femblent
lement bon en terre, en l'air &c de grofles dragées. Ils feroient bien
dans l'cau. Sa feuille n'eft point ronde plus eftimez fileurs noyaux
n'y grande comme une affiete ainfi que moins de place. occupoient
dit mon Confrere le Pere du Tertre. Les Caraibes prétendent
Elle eft ovale, fon plus grand diametre ilya une abondance extraordinaire que quand de
peut être de huit à neur pouces, & le ce fruit, c'eft un pronoftique afluré
plus petit de cinq à fix. Sa queiie eft d'un ouragan cette année-là. J'ai
grofle, courte &c refendué prefque en- rimenté pluficurs fois qu'ils fc trom- expitierement à l'endroit qui l'attache à la poient. L'arbre --- Page 271 ---
169s. L'arbre FRANCOISES DE
que nous
LAMERIQUE
Mangle aux Ifles,
appellons Mahot n'y eft pas fort
4t
bixcox leurs, vient &Mangle blanc toutail- trouve
adherente, ce qui ne fe
Mahot.
J'ai
grofle, courte &c refendué prefque en- rimenté pluficurs fois qu'ils fc trom- expitierement à l'endroit qui l'attache à la poient. L'arbre --- Page 271 ---
169s. L'arbre FRANCOISES DE
que nous
LAMERIQUE
Mangle aux Ifles,
appellons Mahot n'y eft pas fort
4t
bixcox leurs, vient &Mangle blanc toutail- trouve
adherente, ce qui ne fe
Mahot. des
ordinairement FE lesi bords fecher. plus quand on les laife un
thgs:
fur la rivieres, & fes branches s'étendent
peu
vouloient furface de l'eau, comme fi elles Lorfqu'on a levé cette premicre 6- Manietrouve affez jouir de fa fraicheur. Onen corce, lets on peut encore tirer del longs fi- re de f
ne vient au fi bord de la mer, maisil bois. d'une Ces peau qui eft entre elle & lc fersirde
vieres, à Pas moins bien, qu'auprés des ri- blancs, fort filets font fort doux, fort Lérorce da Mades coftiers élevécs. qu'il ne fe trouve fur lemenr, & on fouples; en on les tond faci- hot. Son écorceeft gri- Les
fait de bonne ficelle. f,del'épaifeurd eft
d'un demi-écu. Lei bois en Negres en font des hamacs a
blanc; il eft aflez fouple
forme de rezeau. J'en ai và jour
verd; mais il fe feche dès qu'il quandileft cft
propres. LesCaraibes filent de fort
E devient très-leger &
cou- de
de cettel laj fecondedans
trés-caffant. eracecommedeeetg
eft rempli de
Quant à la groffe &c
pite. me le fureau,
mouelle com- on la bat entre deux premiere écorce,
quantité. La feuille quoiqu'en eft plus petite rer la partic qui eft pierres &c pour fepade trois à quatre pouces preique de ronde ment du bois, d'avec dure celle veritableelle eft fort lifle, fort tendre diametre; & fort molle &c plus tendre. On qui en eft plus
douce. Il porte deux fois l'année
cordes detoutes
fait des
fleurs jaunes, qui
des bonnes, Scqui ne groffeurs, qui fonttrésprès comme des s'épanoliflent à peu ment dans l'eau. pourriffent pas facileUrilité
plus tulipes, mais quifont
du Ma- besucoup grandes. Jen'ai
Jen'aijamaisvo de ces
hot. marqué ccs fleurs fuffent pointre- fuivies fent un pied de
arbresqui euf
d'aucun
ne leur
diametre,
ou
donne le
fa
fervit à
femence qui gros. On les pas tems de
fi
il
EEST
l'arbre; vient de
coupet trop
LEET. bouture, & fc multiplie de lui-méme, a que leur fouche ou téte fouvent, il n'y
parce que fes branches touchant àt terre Saulcs. fort groffe, à peu prés comme qui celledes devient
L prennentracinep humide. Malgré pour queleterrein cine dans Quandccboiss un
il a Pris une fois ra- IncomJaiffe pas d'être fort utile FECAS fterilité, il ne de le
endroit, n'eft pas facile modité
Parce fon écorce aux habitans, courent détruire, parce que fes racines des Macordes
fert à faire des
beatcoup, &
hatieres,
de toute elpece, qui font fibon- qu'elles foient, clles quelque petites
nes, que nos Corlaires & Flibuftiers ment; de manicre pouffent inceffàont louventagre enticrementl leurs bâ- en purger unterrein de que ces loriqu'on fortes veut
timens.
roit, n'eft pas facile modité
Parce fon écorce aux habitans, courent détruire, parce que fes racines des Macordes
fert à faire des
beatcoup, &
hatieres,
de toute elpece, qui font fibon- qu'elles foient, clles quelque petites
nes, que nos Corlaires & Flibuftiers ment; de manicre pouffent inceffàont louventagre enticrementl leurs bâ- en purger unterrein de que ces loriqu'on fortes veut
timens. Plus on coupe le
il ne faut pas fe contenter de d'arbres,
il poulfe de branches. Elles mahot, font
racincs, il faut les arracher couper les
affez
Elat
gues, droites & Gns nccuds, mais lité ment & entierement: Car malgré foigneufe- Puticommneelicafontiablet
qu'on retire deces
bre, elles tombent les 8engrandnomon arbres, & le betres, s'entrelaffent & unes fur les au- foinquonene truire, quandilsfe eft obligéde les démementleterrein. Dés embaraflent qu'on lesa extré- maifons, &c furroura àl trouvent laN proche des
pées, on enleve facilement
cou- ce que les volailles Maningaenpan
les couvre, parce que la feve l'écorce dont" fous fes racines où elles trouvent fc des niches
branche ett
remplic, fait
2 pondre leurs ceufs Scl les retirent, vont
Tom. II,
quel'écorce ne manque jamais couvent, cC qui
G
sd'yattirer trois fortes
d'a- --- Page 272 ---
42 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
169s. d'animaux nuifibles; des Negres pour pied de diametre. Iln'eft
les dérober ayec d'autant plus de facili- Quant à fa hauteur, pas ai bienrond. trouvé de 1695
té, que l'épaiffeur des branches & des vingt-cinq à trente
de
feuilles les cachent
Ses
est
facilement; en fe- branches ne s'étendent
tiges. cond lieu, des rats font fort friands elles font affez
feuilles. besucoups
des ccufs, & qui e l'occafion manle fait reffembler garnies TEte
Ce
gent aufli les poulets; &c cafin des ferlui au mangledu bord
mer,&c
en
gEK
pens qui font une guerre continuelle nom, eft que qui ion tronc fait eft donner le
aux volailles & aux rats; car c'eft une en l'air. La principale racine porté du tout
reglegenerale, des
que où ily a des rats &c gros n'avoit pas trois pouces de diame- plus
volailles, on y trouve toûjours des tre à l'endroit où elle fe
ferpens. Or comme le voilinage de ces tronc, &capeine en avoit-elle joignoit au
trois fortes d'animaux n'eft pas agréa- de terre; mais ellc étoit aidée unà de fleur
ble, &ne tendpasà augmenter le nom- ze ou
quinbre des poules & des poulets, il vaut circonference vingt autres, du bas qui du partoient de la
mieux fe paffer d'avoir une mahotiere foutenoient l'arbre en faifant tronc, des &c qui
proche dela maifon. des, de forte que d'une racine à arcaJ'ai veu dans les montagnes de la qui lui étoit
celle à
Guadeloupe deux fortes d'arbres qui huit pieds; & oppofée, ainfil'arbre ilyavoit fept
ont un très-grand rapport aux mangles T'air, & élevé de terre étoirportéen
noirs. d'environ trois
Le
pieds. Cesracines font couvertes d'une
Paletupremier s'appelle, Paletuvier dc peau noirâtre par
&c
viers de montagne.
montagnes de la qui lui étoit
celle à
Guadeloupe deux fortes d'arbres qui huit pieds; & oppofée, ainfil'arbre ilyavoit fept
ont un très-grand rapport aux mangles T'air, & élevé de terre étoirportéen
noirs. d'environ trois
Le
pieds. Cesracines font couvertes d'une
Paletupremier s'appelle, Paletuvier dc peau noirâtre par
&c
viers de montagne. Il ne croit point aux bords dedans; le ceeur de deffus,. rouge en
monta- de la mer, mais feulement danslcsmon- elle eft
la racine eft rouge,
pecede gne, tagnes qui en font éloignécs, & fur les allez tendre. liante, pleine d'un fuc amer &
atangle. bords desrivieresou torrens qu'on trou- Nous nous fervons de
ve dans les coupes de ces montagnes. faire des fablieres, des ce bois pour
Sa feuille cit preique enticrement fem- traverfes aux cafes de faitages oà &c des
blabie aux mangle du bord de la mer. icrve les
& pailles à celles on conSon écorce cit noirâtre, de l'épaif gres, parce bagaces, qu'il eft droit & des Nefeur d'uné écu; elles'écaille facilement, quilya peu à travailler roide, &c
de fortequel'arbre paroit tout crevaffé. rir. pour l'équaSous cette premiere écorce il y a une
je fuisrevenu en
peau d'un rouge brun, bien moins 6- les Depuisque converlations que euès Europe, avec
paife quela; premiere, quieftliffée, qui voyageurs & des j'ai
des
ne fc crevafle point, lorfque la premie- qui avoient été aux marchands Indes de Cadix
re eft ôtéc, quoiqu'elle ne foit pas fort les, m'ont fait
Occidenta- Penfie
adherente à l'arbre. Ces deux écorces pouvoit bien étre penfer celui que cet arbre delAu- texr
font fort ameres, le bois en eft brun Quinquina, J'ai lû des qui produit le leQuin- fur
quand on l'entamc, on le trouve plus m'ont confirmédans Relations qui quinae
gris a mefure qu'on approche du cceur. cequesousconrimnent cette penféc, parIl eft roide, allez
dur, natu- na n'eit autre chole quéle Quinquirellement fec, &c eu beaucoup de fc- tains mangles qui fc quelécorcedecer.
eres, le bois en eft brun Quinquina, J'ai lû des qui produit le leQuin- fur
quand on l'entamc, on le trouve plus m'ont confirmédans Relations qui quinae
gris a mefure qu'on approche du cceur. cequesousconrimnent cette penféc, parIl eft roide, allez
dur, natu- na n'eit autre chole quéle Quinquirellement fec, &c eu beaucoup de fc- tains mangles qui fc quelécorcedecer. ve. Il ne vient jamais fort gros;1 le plus montagnes du Perou trouvent fur les bords dans des les
gros que j'ai vcu, n'arrivoit pas a un ruiffeaux ou des-lacs d'eau douce qui
SERY --- Page 273 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE.
169s. font. Cotnme la defeription qu'on m'en quelque lieu qu'on le mette. Ce quile 1695.
a faite convientp prefque en toutàl'arbre rend Temblable au Paletuvier, de mer &
quejeviemadedéenit, jai lieu de croi- de montagne, c'eft que fon tronc eft
re que fon écorce premiere ou feconde porté enl'air fur plufieurs racines quile
eftleveritable Quinquina. La feule dif- foutiennent & Tappuyent comme des
ference qu'il y. a entre les mangles du arcades, &c le tiennent fort élévé hors
Perou & ccux del la Guadeloupe, eft que de terre. J'en ai vû qui étoient élevez
les premiers font des arbres nains, & de plus de huit picds: La racine princiles feconds deg grands arbres. Cette dif- paletombei plomb du centre du tronc 3
ference eft peut-être avantageufeà ceux elle eft très-petite par
à l'arbre
de la Guadcloupe, &cleur écorcepourra qu'elle foutient. Si on TRETETL les racines
avoir d'autant plus de force8 & de vertu, ou lc tronc, il en fort une gomme jauque l'arbre qu'elle couvroit: aura de ne Scamere, dont les Negres fe fervent Remela le
grandeur, &c tiré plus de fubftance du après l'avoir fait chauffer &c diffoudre paur teigne,
fond où il eft planté. Jai écrit a quel- dans de l'eau-de-vic, pour oindre latéques-uns de mes amis à la Guadeloupe te des petits enfans ont la gale ou
pour avoir de ces écorces, dont je nc la teigne. Elle les
promptement
arbre qu'elle couvroit: aura de ne Scamere, dont les Negres fe fervent Remela le
grandeur, &c tiré plus de fubftance du après l'avoir fait chauffer &c diffoudre paur teigne,
fond où il eft planté. Jai écrit a quel- dans de l'eau-de-vic, pour oindre latéques-uns de mes amis à la Guadeloupe te des petits enfans ont la gale ou
pour avoir de ces écorces, dont je nc la teigne. Elle les
promptement manquerai pas de faire l'expérience dès 8cles néroye parfaitement bien.
quej jien aurai. Si elle reuffit, ce ne fe- Cequi: m'a donnéoccafion de connoira pas un petit avantage pourcettelile, tre la bonté de ce bois &c fa duréc, eft
du moins pendant quelquetems, car les que faifant faire un chemin dans une
meilleures choles deviennent méprila- coftiere, où une avalafed'cauavoit embles & hors d'ufage, dès qu'on lesa fa- porté plus de cent de terre en lar- Comscilement & càbon marché.
geur, avec: tous EP arbres qui s'y é- ment
Lelecondarbren'apoined'autre nom toient trouvez, ityavoit environ qua- PAu- teur a
celui de fa couleur, &c comme il torze ans.: Je trouvaien fouillantla ter- découMangle Es jaunc, on
Bois jaune : mais re, tousl les arbres pourris, parce qu'ils vert la
jaxne. auffi comme il FROTE pas le fcul de cette étoient entierement enfevelis fous ter- bontéde
çoulcur &c de ce: nom, il me femble re, & pourpeuquil plàt, elleen ce bois,
qu'on doitl'appeller Mangleou Paletu- ELES toute cimbiboes 8cje netrouvierj jaune. Sa feuille eft fi femblablea vai que ce feul arbre qui eutrefifté pençelle du précedent, que cC n'eft
dant tant dannées à Phumidité, ouplupeinc de la décrire de nouveau, tE eft tôt à la pourriture. Ses racines, fon
fsulemencbeaucoupt plus grande, &l'ar- tronc, fon écorce & fes branches, bien
bre eft auflibient plust grand &
toutes enfeveles dans la terre &
J'en ai vû de plusde deux pieds Parm de REC laboué, étoient len bon état. Je
metre, & de trente pieds de tigedroits le fis: couper en billes; &c enfuite debicomme une fleche. L'écorce qui eft é- ter paitie en carrelage, & partie en
paille de fept càhuit lignes, eftdunjau- planches;.cel bois étant poli étoit d'une
ne fort pâle; le bois ecfurtoutle caeur, couleurjaune tres-vive.
eft d'un jaune fort vif. Il a les fibres La gomme de cet arbre ne perdpret
longues & déliées, le grain fin & pref- que rien.de fà coulcuren fechant, Elle
f6; ileft roide, & très-bon à quelque devient très-dure, & eft totijours fort
forte d'ouvragequ'on T'employe, & en amere.
G 2
CHA-
ne fort pâle; le bois ecfurtoutle caeur, couleurjaune tres-vive.
eft d'un jaune fort vif. Il a les fibres La gomme de cet arbre ne perdpret
longues & déliées, le grain fin & pref- que rien.de fà coulcuren fechant, Elle
f6; ileft roide, & très-bon à quelque devient très-dure, & eft totijours fort
forte d'ouvragequ'on T'employe, & en amere.
G 2
CHA- --- Page 274 ---
44 NOUVEAUX
1695. VOYAGES AUX
- H A P. I T R E
ISLES
VIIL
1695,
deslfes. Duéfireanfhesahurmgms
EPerroquete eft un oifeau
:
tfgdnoabmuatpee
connu pour m'arrêter à trop cn ques-uns de nous, &
trouvé
fairel
maitre dans le même ayant
fon
de trois ladefeription, elpeces; Ily ena felon fà coâtume lieu, il fe
Perroquet &clal l'Aras, le meura en repos julqu'à auprès de lui, Eg detrouve ces trois efpeces Perrique. dans On tre s'affit pour fe cc que fon maide nos Iflcs, &c il cft aifé de chacune mença audi-tôtà dreffer faire rafer, il comàl leur plumage de quelle Iile remarquer ils
le careffa, on lui donna fes à plumes; on
Ceux de la
font. on fit fi bien qu'il fouffirit manger, &
ment plus Oiaeprenennent gros que les autres, & les bier lâvat fon maitre; mais que lc barPerriques font les plus petites. qu'il prenoit le rafoir &c quand il vit
Aras, L'Aras je mets dans Ja premicre choit, il fe mit à crier de qu'il
premie- cipece, eft' ter plus de
ces,, & fe jetta à
toutcs fes
ERE
reelpece roquets, foit des
foit tous les Per- illemordit ff une de fes jambes où
de PerTECE
me. lleft pour l'ordinaire de deterre fer- encouloir ifuriculement, que le fang
reguats. d'unc poule à fleur. Les la grofleur de fuflions fichez enabondance. de la Quoique nous
tête, du col, du dos & du plumes la bier, nous ne
dilgrace du barde couleur de feu; fes aifles ventre font d'admirer Pouvions nous empécher
lées de bleu, de rouge & de font mé- moignoit pour T'empreffement lArastéfà queuéquiefti tlongue de jaune; &c faura d'abord fur défendre fes EdRcs maitre; il
pouces, eft ordinairement quinzeàv vingt fur fon épaule, d'oàr genoux, & de-là
il al la téte & le bec fort touterouges cer: tout le monde, il fembloit menafuré; il. marche
gros, Peeilaf le bec, & tenant en criant, ouvrant
trés-bien quand gravement; 11 eft inftruit il parle riflées. Ilfallut dut toutes fes plumes hejeunc; il a la voix forte & diftinéte étant lapaifersiller porta temsafonn maitre pour
ileft familier & aimant fort à étrc: 3 bre, & F'enferma enfindansune chamreffé. Ca- barbier de panferfa pourdonnerictemwats
Unde nos Religieux en avoit
re.
criant, ouvrant
trés-bien quand gravement; 11 eft inftruit il parle riflées. Ilfallut dut toutes fes plumes hejeunc; il a la voix forte & diftinéte étant lapaifersiller porta temsafonn maitre pour
ileft familier & aimant fort à étrc: 3 bre, & F'enferma enfindansune chamreffé. Ca- barbier de panferfa pourdonnerictemwats
Unde nos Religieux en avoit
re. la barbe. C'étoir jambe &c de lui fais'étoit rendu f familleravectons un qui tonnant d'entendre les quelque cris chofe d'ééxquilaimoitt tellement
maitre, & les efforts qu'il failoit de Poileau,
venujaloux; perlonner ne qu'ilen étoitde- porte pour fortir. en rongeant la
pouvoit approqui careffoit fouvent J'avois le un gros domordu. On étoit
il en devint:
maitre de
SRREE
contraint
Rar
mer, lorfqu'il alloit dire la de l'enfer- dès qu'il
jaloux il au Point que. quand on oublioit de lefaired Melle, & à lui, fe levoyoit, jettoit far fon couroit ou voloit
ras fe pouvoit échaper, il le ouque PA- doit. Jc ne croi
dos & le mormettoit fur le marche pied de fuivoit, fe mondeun animal pas qu'on pûr voir au
& ne fouffroit pas que le Clerc l'Autcl, maitre. Il
plus fort afftétionné à fon
chât delui. appro- Rinctements parloit bien & fort diHifsire Cet oifeau nous donna un
fans le voir, loriqu'enenrendot il étoit
favoix
dan fcene des plus
jour une guer,
celle difficile de diftinAras, pendant qu'on faifoit plaifantes. la Il's s'échapa homme. fic'éoit d'un oifeau oud'un
barbe à qucl- On difingue les
Perroquets des Ifles
de --- Page 275 ---
1695. de la
FRANCOISES DE
Terre-ferme, de Guinée par leur L'AMERIQUE
Perro- la plumage qui eft tout different, ceux de gril, ou en compote
La Guadeloupe font un peu moins
naux, &c comme ils commedespigeon- font ordinairement 169s
difitreh- les Aras; ils ont la tête, le col gros &c fort gras, ils font par conféquent extreces felon Rc ventre de couleur
mement délicats &ct tendres. laxr pais ques plumes vertes & d'ardolifeavecquel- noires; lc dos eft Jemis les deux autresqui me
tout verd, les ailles font vertes,
en penfion chez une de mes Paroiffien- reftoient
& rouges. jaunes nes, c'cft ce que je pouvois faire de
Ceux dela Dominique ont quelques micux pour leurapprendreap parler. On
fous plumes lag rouges aux ailles, à la queué &c fçait parole, que & les femmes ont lc don de la
Ceux gorge, de la toutlerefleeft verd. en cfret, qu'elles aiment às'en fervir;
Martinique on le même fent
quoique mes perroquets fufplumage le dellus de UPE ces derniers, excepté
école, vicux, qu'ils ils étoient en une fi bonne
doifeavec téte, eft de couleur Eec furtout le apprirent en perfeétion,
Les quelque peuderouge. lut
mâle, car la femclle ne voufort Perroquets de ces trois Ifles font fon jamais parler qu'après la mort de
parler, gros, & apprennent facilement à qu'elle mari.
même fent
quoique mes perroquets fufplumage le dellus de UPE ces derniers, excepté
école, vicux, qu'ils ils étoient en une fi bonne
doifeavec téte, eft de couleur Eec furtout le apprirent en perfeétion,
Les quelque peuderouge. lut
mâle, car la femclle ne voufort Perroquets de ces trois Ifles font fon jamais parler qu'après la mort de
parler, gros, & apprennent facilement à qu'elle mari. Jene fçai fic'étoit pari refpeét
Des furtouto quandi ils font
gardoit ainfile filence, ni
trois quej j'avois achetez, jeunes. luiaroltappris, caraffurément qui le
avoit un de là
ilyen famaitrefity
cen'étoit
tres étoient de Guadeloupe, la
lesdeuxa au- a mâle m'ayant qunigulienfoit,lamert donné un
feur de celui de la Dominique. La grof grin, je me défis de la peu de chafoit croire qu'il étoit Guadeloupe vieux &c qu'iln'ap- me fai- pas avoir une feconde fois. femelle Jc pouri les avois n'en
prendroit jamais. Iine failoit criail- gardez près de
le
ler, & commci il avoit la voix que extréme- fur écrafé Par lc quatreans, contrevent quand d'une mâle
ment forte, il me rompoit les
tre. Ils étoient fi privez,
fenécela m'obligea de le faire tuer; oreilles; mais cuffent toutes leurs aifles, quoiqu'ils
je
R4E
m'en repentis prefque auffi-tôt; quel- laffent par tout jufque dans les qu'ils voques-uns de mes Paroifliens
n'avois qu'à fiffler
les bois, je
nus chez moi, pendant
étant ve- nir. J'avois lieu pour faire revcle plamoit,, m'affurerent que mon Negre berté leur donneroit" d'elperer le que cettc litout jeune, & que fcs cris qu'il étoient étoit
moyen de faire
qu'on
ce On'
point. GNEEELESES
lfles, qu'il appelle cancaner au langage des ils ne difoit qu'étant hors dc leur pays Perros
de tems, & auroit auroit appris à parler cnpeu convaincu produifoient cela n'eft plus; mais je fuis à
Sa
lurpade les
tt's
voix ctoittrès-forte. Comme autres. puifque NiSIEeS
pas veritable, Paris,
étoit fans remede, je le fis lei mal verneur de Saint Auger veuve du Goudaube; la viande en étoit mettre en ris en 1707. eut deux Dotningue de fes étantà Padélicate & fucculente. très-bonne, quif
ceufs perroquets
feaux font vieux on en fait Quand de la ces oi- fois. ifrenedespetitordes Ileft vrai que les
plufieurs
on prétend qu'ils vallent les foupe; rent pas; mais n'importe, petits cela ne vécum'en rapporte à ce qui cn elt. perdrix; J'ai je pour Prouver qu'ils
fuffit
mangé de perroquets que de plus en toutes fortes d'endroits, peuvent produire
d'Europe. Lorique les
perdrix font l'ont fait dans un climat aufli puifgu'ils
jeunes on les met à la perroquets
celuide Paris. froid que
broche, fur lc Les perroquets delarivieredes
G 3
Amazones --- Page 276 ---
46 NOUVEAUX
E695. zones font' plus
VOYAGES AUX
Iiles.
ver qu'ils
fuffit
mangé de perroquets que de plus en toutes fortes d'endroits, peuvent produire
d'Europe. Lorique les
perdrix font l'ont fait dans un climat aufli puifgu'ils
jeunes on les met à la perroquets
celuide Paris. froid que
broche, fur lc Les perroquets delarivieredes
G 3
Amazones --- Page 276 ---
46 NOUVEAUX
E695. zones font' plus
VOYAGES AUX
Iiles. Ils font tous petits que ceux de nos Brefil font
ISLES
tc, dont le deffus eft verds, jaune. exceptélat té- plumes femblent entierement couvertes vertes; leurs 1695. Ceuxd de Guinée font gris, couleur de duvet blanc trés-fin, qui les fait d'an petit Pirricendre. Ils ontles aiflesécla
tre comme d'un verd argenté, paroiquetoutes rouges. queuépref la queuë fortlongue, la tête bien Ellesont
Chaque Iile &
l'ceil vif, le bec
faite, de
de
Terre-ferme chaque contrée de la elles font fort noir& fort recourbés Perproduit fes
privées, &
raquati,
quel'on diftingue parle Perroquets, Tous mer à s'entretenir avec les femblent aiccs oifeaux vivent plumage. il eft rare de leur voir garder perfonness
quoiqu'ils foient fujets tres-long-temss à un mal
car qu'elles entendent parler, Fleflenccr
leur fait fouffrir lesmémes accidens qui jour ou de nuit, elles fe
foit de
le mal caduc, fait reffentir
quc partic, & veulent
mettent del la
mcs. Ils vivent tous de fruitsé aux hom- ius. Elles vont toljours avoir ledef
nes, &cl leur chair contraéte &cde l'odeur grai- fuivent les graines toûjours & les en fruits troupes, &
la coulcur du fruit ou graine dont ils & fe fir re qu'ils meuriffent. C'eft un vrai à mefunourriffent. de les entendre quand elles font plaigras dans les lnereaentcandeenut faifons quc les
un arbre, leur
verd
fur
iont meures, & ils ont une goyaures qu'on les puiffe plumage empéche
mufcade & de
odeur de quoique leur babil dhitinguer des feuilles,
quand ils mangent gerofle des qui fait plaifir les y font en grand esecosolneques
d'Inde. Ils IIC pondent graines de bois qu'un chaffeur qui n'eft nombre, fait de à forte
ccufs, le mâle & la jamaisquedeux femelle
dinage, fe delelpere
cebavent
cou- fi
PetIedE
HdeSr après l'autre. Ces ceufs font la proche de lui fans la pouvoir faproye
à peu près de la groffeurde ceux dep
tirer. Le remedei à cclaefte de voir ni
geon; ils font picottez &1
Pi- de. rer en repos &c enpofture de demeudifferens points, comme marquetez ceux des
ceque ces babillardest nc tirer, pardrix. Ils choififlent des trous dans meurer long-tems cn la peuvent méme pasdearbres
pour faire leur nid:
PE quand elles ont un
place ;
qu'un trou dep pourriture ou de pour branche pcu baye ou un fruit, Palste volent becqueté à unau- une
rompue foit commencé, ils Pont bien- tré, on les voit alors & on lest tire.
pofture de demeudifferens points, comme marquetez ceux des
ceque ces babillardest nc tirer, pardrix. Ils choififlent des trous dans meurer long-tems cn la peuvent méme pasdearbres
pour faire leur nid:
PE quand elles ont un
place ;
qu'un trou dep pourriture ou de pour branche pcu baye ou un fruit, Palste volent becqueté à unau- une
rompue foit commencé, ils Pont bien- tré, on les voit alors & on lest tire. tôt agrandi avec leur bec; c'eft là
les regardent tomber celles
a El- re Manie: de
fàns autre matiere que quelques uncs que rées. & crient de toutes leurs qu'on forces ti- chalfer
deleursp plumes, ils pondent leurs
comme fi clles vouloient
s aur Pelescouvent & élevent
ceufs, res au challeur. Elles font chanterinjul rigues,
: On appelle Perriques learspetite la troifiémeef. naire très-graffes, & ont un pour goût l'ordi- merpece des Perroquets. Elles font toutes veilieux, fur tout dans. la iaifon des
tres-petites, & c'eft en partie
graines de bois d'Inde. Après
teffe qui fait leur beauté. Celle leurpeti- de la font plumées &c vuidées, on les qu'elles enveGuadcloupe font à peu près de la grof loppe dans les feuilles de vigne
feur d'un merle, toutes vertes, excepte lesfairer délicats. rotir. C'eft un manger des pour plus
quelgues petites plumes
ontf furlatéte. Leur beceft qu'eiles elles Lej jeudi vingt-huit Janvier les
font fort
lions
Gal- Paffare
reci3r
douces, carellantes, &c
d'Epagne Pallerent devant le Ma- desGalprennent facilementà parler. Celles ap- du large, couba, Ils cnviron à unelicué & demie au dEfa- lions
étoientau nombred de dix-feptsm deavec --- Page 277 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE:
avec deux petites fregattes ou pataches. avoit fept ou huit qui paroiffoient avoir 16os! 1695- Dès qu'on les apperçut, & avant qu'on ou du moins qui pouvoient porter cinvant la connût qui ils étoient, on donna lalarou foixante canons. Les autres
Marti- me 3 & les habitans fe rendirent avec Semte paroiffoient pas fi bien pourvûs. sigite, leurs armes au quartier d'affembléc, Par bonheur pour eux, nous n'avions
marcher de ia felon les ordres qui pour lors qu'un feul vaiffeau de guerre, dehors,
Ere feroient donnez. Mais quand on & tous nos Flibuftiers étoient
reconnut quec c'étoientles Gallionsd'Ef- S'ilsétoient venusun) peuj plûtôt, nous achacun s'en retourna chez foi, vionscinqgros vaifleauxqui en auroient
pagne, bien affuré que ces Meflieurs étoient renduboncompte, & qui leur auroicnt
trop pacifiques pour rien entreprendre fait terminericunvoysgeau Fort Royal
contre nôtre repos.
Mais quand on & tous nos Flibuftiers étoient
reconnut quec c'étoientles Gallionsd'Ef- S'ilsétoient venusun) peuj plûtôt, nous achacun s'en retourna chez foi, vionscinqgros vaifleauxqui en auroient
pagne, bien affuré que ces Meflieurs étoient renduboncompte, & qui leur auroicnt
trop pacifiques pour rien entreprendre fait terminericunvoysgeau Fort Royal
contre nôtre repos. Ces vaiffeaux nous ou au Fort Saint Pierre. Ils moiillerent ouils fn
parurent fort chargez de monde. Ils a- fous le vent de la Dominique,
voient la plûpart trois galleries, ccqui rent de l'eau & du bois. les faifoit paroitre fort élevez; ily y en
C H A P I T R E I X. Des Tourlouroux, des Crabes 2 des Ciriqstes. D'une maladié
appellée mal d'eftomac. Ous eûmes dans les premiers re deux mordans bien plus que les
du
de
jambes, dont les extremitez
comCERItEO
a jours mois Mars de qua- me celles des Crabes de mer, pincent
tre ou cinq grains pluyc,
qui nous amenerentun nom- bienfort & coupentlesracines, lesfruits Le
bre prelque infini de Tour- &cles felilles dontils fe nourrifent. louroux. C'ett une efpece dcCrabes de gauche eft toûjours plus petit que le
Crabes
faites à
comme celles que droit. Quandils marchent &cqu'ilsrende difi-terref
sles près mers d'Europe, mais contrent quelque chofe qui leur fait
rentes l'on prend LESA
ils
leurs mordans lun
ejpeces. bien plus petites, puifque les plus de
peur, contre l'autre, frappent comme s'ils vouloient à
Toulouroux n'ont
EUR
& demi ou au pas plus plus trois
leur tour épouventer leurs ennemis. Si Adrele
de pouces largeur. Leur écaille ef affez Taues onles prend par une jambe ou par un desCra- bes
quoiqu'elle foit mince. Elle eft rouge; mordant, ils vous la laifent à la main PLte
le milieu du dos eft d'un rouge-brun, &cs s'enfuyent, car ils ont cela de comqui s'éclaircit à peu, julque fous mode, que leurs jambes fc détachent 6
fort
de leurs
comme
LE
le ventre qui ECa d'un rouge clair. pieces
jointures, &c s'ils ont JonipritLeurs yeux font noirs, durs comme de EREF n'y étoient que colées;
fes. la corne, quifortent & qui rentrentdans le bonheur des'échaper, il leur revient
leurs orbites, comme ceux des Ecre- une autre jambe ou un autre mordant
vilfes, Il ont quatre jambes de chaque l'année fuivante. La raifon qui le fait
côté, compolécs chacune de quatrear- croire, eft qu'on trouve fort fouvent
ticles, dont le dernier eft plat &c ter- des dépotilles de Crabes ou de Tourminé en pointe 5 c'eft avec cela louroux aufquels il manque quelque l'a
qu'ils marchent &c qu'ils raclent la ter- membre, &c cependant Tanimalqui
re. Outre ces huit pieds, ils ont enco- quitté & quieft dans sdesfeuillesoufous
dcg --- Page 278 ---
48 NOUVEAUX
tGys. des racines auprès de fa vicille VOYAGES AUX
tous fcs membres, fans
peau, a n'eft pas
ISLES
que aucun. Quand lcs qu'il luid cn man- fij jufte dans chargée une d'aufs, s'emboitent
cet état, on les appelle Crabes Crabes font dans caille du ventre, cavitequi eft dans l'é- 16p5.
feuillesoufous
dcg --- Page 278 ---
48 NOUVEAUX
tGys. des racines auprès de fa vicille VOYAGES AUX
tous fcs membres, fans
peau, a n'eft pas
ISLES
que aucun. Quand lcs qu'il luid cn man- fij jufte dans chargée une d'aufs, s'emboitent
cet état, on les appelle Crabes Crabes font dans caille du ventre, cavitequi eft dans l'é- 16p5. res; leur écaille n'eft
bourlie- prefque pas. qu'elles ne paroiffent
lors que du parchemin pas plus dure a- Celt une
font extrémement foibles; mouillé; elles animaux quc regle je vais generale que tous les
vent fouffrir T'air,
eliesne peu- les
nommer, fçavoir
nouvelle
jufqu'à cC que leur Touriouroux, les Crabes, les
l'écaille, lc peau ait acquis la dureté de Soldats viffes, les Serpens, les Lezards Ecre- & lcs
pris àlai mer, repos, le bain qu'clles ont pour fe defcendent tous les ans àla mer
ont fait provifion &clanouriture dont elles de baigner, & changer de peau ou
leur trou,
avantde feretirer dans roux coquille. & les Les Crabes, les TourlouDift- Les Tourlouroux Ivengralitrenuemenent & les
faire leurs Ciriques ce y vont encore pour
malesc renede les fc difinguent des femclles Crabes mâ- fé, car commeils ceufs, font qui leur eft fortaides fe- gure de leur qucué. Les uns les la fi- corps attachez feulement déja horsdel leurs
melles, tres
l'ont repliffée fous le ventre. ET au- leur queué, ils ne font aux poils de
eft compolée dc pluficurs
Elle dans l'eauo où
que la fecolier
tites écailles attachécs fur rangs de pe- un Peu plus isfebaignent &cces ceufs,
nepeuépaiffe, forte
une membra- pes; fe détachent petits que ceux des Carmin, où l'on remarque comme du parche- noient, tombent des dans poils la qui les retenerfs qui la
pluficurs petits clofent &c
mer où ils s'é-
& qui fervent partagent à faciliter dans le fa largeur, chers, &c s'attachent auffi-tôt aux rodes écailles qui font fur la mouvement de Peau, fe quelque retirent tems fous après fortent
ricure de la
partie exte- herbes qu'ils
les premieres
interieure eft membrane $ fa partic fuite de trouvent, & montent enou barbes longucs' garnic & de pluficurs poils la montagne. compagnie avecleurs meres à
queué aux males va raboteufcs. Cette Lcs
nuant, depuis l'endroit toûjours en dimiCrabesdcles
où
elle
baignezécaiant faitleurs Toaurlourousiéant
teau corps, julqu'à la naiflance celljoin- des
leur vieille écaille. Ils en ceufs, quittent
mieres jambes de derriere où elle
droitement, qu'il eft
fortent fi aen pointe, Cellc des femelles cft EO de voir comment ils comme ont impoflible
ment large dans toute fà
égale- tant de jointures fans en pû fe tirer de Cenjeferermine cn arc de cercle.
ezécaiant faitleurs Toaurlourousiéant
teau corps, julqu'à la naiflance celljoin- des
leur vieille écaille. Ils en ceufs, quittent
mieres jambes de derriere où elle
droitement, qu'il eft
fortent fi aen pointe, Cellc des femelles cft EO de voir comment ils comme ont impoflible
ment large dans toute fà
égale- tant de jointures fans en pû fe tirer de Cenjeferermine cn arc de cercle. longueur, La femelle & nc, Car on trouve les rompre aucu- ture de
abefoin de cette large
enticres. J'ai eu
dépotiles toutes FAn- teur
vrir & pour conferver queué les pour cou- découvrir: à la beaucoup fin
de peine à le la ma- fir
fure qu'elle les met hors de cuf, fon à me- caille s'ouvroit fous : trouvai que l'é- niere
Ils s'attachent en fortant à ventre. naiflances
ventre, & entre les dont les
dont je viens de parler, &c la cCs poils, ouverture desjambes, ne fe
comme cette fe Crabes déla queué les foutient, les largeurde faire un peu de peut apercevoir fans
empéche gu'ils ne tombent, enveloppe & &c les deux partics violence Pune de pour éloigner foa leur de dpierres, le fable, les herbes queles qu'elles
Tautre,je vis caille,
inegalitez fur
ou auties dans leur retournoient comme un refort
ne les puiffe détacher. lefquelles la Crabe pafle, ceffois de lest fituation naturelle, desque je
decequeus,
Lune &clautre clus
tenirécartées, d'ouje conle &c celic de c'ett-a-dire,e la femelle, ,cclledumi- le qu'ilfepaffoitia de T'animal méme chole quand
quand clle roit 02
en fortoit. il pas@rulieztcoammneicl
ment --- Page 279 ---
FRANCOISES- DE LAMERIQUE. E695. ment lesjambesontp pûf fortirdeleurétuis tes: feulement d'une petite peau rouge, 1605. & fc debaraffer de tant de jointures, &c tendre & mince comme, du parchemin
fur tout les mordans squi font beaucoup mouillé, elles font: bicn plus délicates
plus gros à leur extremité que dans lc qu'en tout autre tems 5 on les appelmilicu. Mais cette difficulté ceffera dès le alors crabes bourfieres. Elles font
ordinairement près de fix femaines dcqu'on prendra garde que lesjointuresne & de
font defcenduès des monfont formées que de cartilages
puis qu'elles
la
faire
peaux comme du parchemin, qui s'é- tagnes pour fe baigner à mer,
largifient, s'étendent ou fc retreciflents leurs ceufs, &c changer de peau, avant
fclon le befoin de l'animal. Il; peut cn- qu'clles y rcmontent, avec les petits
core bien arriyerquel le bainque.cesani- qu'elles ont fait. Quandje disqu'elles
maux prennentdans la mery les attenue remontent avec leurs petits, il ne faut
en méme téms qu'il les affoiblit, &c pas s'imaginer que chaque mere con-. qu'en cctétat leur chair étantdiminuée duife les liens comme une poule conde volume; elle ne remplit plus fi ex- duit fes pouffins; 5 point du tout: elles
aétement qu'auparavant fon écaille; ou ne les connoiffent leulemenspas.
elles
maux prennentdans la mery les attenue remontent avec leurs petits, il ne faut
en méme téms qu'il les affoiblit, &c pas s'imaginer que chaque mere con-. qu'en cctétat leur chair étantdiminuée duife les liens comme une poule conde volume; elle ne remplit plus fi ex- duit fes pouffins; 5 point du tout: elles
aétement qu'auparavant fon écaille; ou ne les connoiffent leulemenspas. J'enqu'étant devenué plus molle, elle a ac- tends feulement par ce terme les
de facilité à s'allonger ou à fe tites crabes ou tourlouroux nez
2fa
quis plus
leur
fuivent les vieux à la montacomprimer, ce fuffroit
pcu qui
donner le moyen PdL fortir LA't facile- gne. ment qu'ils font. Leurs ceufs comme ceux des écreLorlqu'ils quittent leurs écailles, il viffes &c des poiffons, font fort petits
ne faut pas s'imaginer qu'ils rentrent &attachezles uns aux autres. Ils font
dans une. autre, comme je le dirai ci- rouges lorfqu'ils font cuits & de fort
après de certains animaux qu'on ap-. bon goût. Lorfqu'ils ne font pas enpelle Soldats; c'eft leur peau intericu- core fortis du corps &c attachez à cesre qui étoit fous l'écaille qui fc durcit barbes qui font fous la queiie 3 on les
à peu, & qui acquiert enfin la fo- trouve dans le corps comme deux pcEma neceflàire pour conferver leur lottons feparez l'un de l'autre par une
chair des injures de l'air, & des mor- petite membrane, &c cantonnez d'une
fures des autres animaux. matiere épaiffe de la même couleur que
Les crabes & les tourlouroux avant les ceufs font alors, mais qui devient
de quitter leur écaille, ont foin de fe blanche quand elle eft cuite. Les mà- Tawma lin
creufer un trou en terre ou dans quel- les, outre cette matiere blanche qui eft graife o
que fouche pourric, ou entre des pier- leur graiffe, ont au lieu d'ceufs une au- des Crares ou des racines, elles y apportent tre matiere verdâtre qu'on appelleTau- bes.Ma- nierede
des feuilles
leur fervir de nourri- malin. C'eft la faulce avec laquelleon s'enfer:
ture, & AE qu'elles ont quitté leur les mange. Pour cet effet on enleve vir. écaille, elles s'y retirent &c y demeu- l'écaille du dos, en la feparant dedelle
rent jufqu?à ce que leur peau fe foit du ventre oà les pieds & les mordans
changéc &c endurcic comme l'écaille font attachez: on amaffe dans une équ'ellesont quittée. Lerepossclanour- cuelle tout le taumalin des mâles avec
riture qu'elles prennent dans ce tems- lag graine, on y méle un peu d'eau &c
la, les engraiflent extrémement. Si on de jus dc citron pour les délayer, &c on
les prend alors, on lcs trouve couver- y mct du fel & du piment écrafé. Som.I1. H
Per- --- Page 280 ---
5o NOUVEAUX
T6gs. Pendant que les corps des crabes VOYAGES.
uelle tout le taumalin des mâles avec
riture qu'elles prennent dans ce tems- lag graine, on y méle un peu d'eau &c
la, les engraiflent extrémement. Si on de jus dc citron pour les délayer, &c on
les prend alors, on lcs trouve couver- y mct du fel & du piment écrafé. Som.I1. H
Per- --- Page 280 ---
5o NOUVEAUX
T6gs. Pendant que les corps des crabes VOYAGES. AUX ISLES
fent dans P'eau, on fait bouillir le tau- cui- les bords de la mer. Elles
malin en le remuant bien 9 &
plus groffes que les
font bien 16pp
Dife- tout eft cuit, on mange la chair quand và à la grande terre violettes. de la
J'en ai
manie- Tentes crabes en la faulçant dans le taumalin des qui avoient plus de Guadeloupe
res d'ac- comme on mange la viande avec. la large dans leur grand fept Pouces de
eommo- moutarde. -
ontcingjambese
diamerre. Elles
derles Souvent on ne fair pas tant
mordans dont les dechaque côté,&c deux
crabes. On fe contente de faire cuire defiçons: les
maniere de tenaille, pinces d'un font fi faites en
louroux & les. crabes toutes tour- metre qu'on peut
le grand diadans l'eau ou furl les charbons, enticres milieu deleur circonierence: paffer
au
qu'on les a
8caprès louroux &
tourP
ksceaBs le ouvertes, ou tire la graiffe, dant droit toutes un ticrs les crabes ontle mora eft fort reconnoiflable, taumalin, on jette le fiel gauche. plus gros que le
noir, : & on mange tout parce le refte qu'il De ces trois
les'
avec du fel. font les plus efpeces, toulouroux
geroit le Cependanto il quand on man- blanches font délients, 8c les crabes
d'autre mal fiel, qu'un ne pourroit caufer On peut dire les moins recherchées,
Ja bouche. peu d'amertume dans une vraye manne que ccs animaux font
Unc: autre maniere d'accommoderles Caraibes ne vivent pour le pais. Les
tourlouroux &c les crabes; 5 eft
chofe, Les Negres s'en prefque dPautres
qu'ils font cuits dans P'eau avec le aprés lieu dc viande fallée, nourriffent au
del les ouvrir, en tirer toute la chair fcl, tres négligent fouvent léur leurs mailes
dTe
cufs, la graiffe &c le
& 2 ou parcequ'elled
ou donner,
leur donner un tour de poéle taumalin, dans
le eit chere. Les eftrare, blancs ne
beure roux; avec de
du -gent pas, &c on voit
négliPESSSE
bien menu & du perfil l'oignon $
haché tes manieres de les par lès differenon les met dans une callerolle après quoi je viens de
accommoder, que
bouquer de fines herbes, du avec un fur toutcs fortes rapportert de tables. qu'on en fert
des écorces. d'oranges & des poivre, On dit communement
d'ceufs délayez dans le jus jaunes font une bonne
que les crabes
& de citrons; &
d'oranges je fuis convaincu nourriture. Pour moi
les fervir, on quand on eft prér de cile
qu'elles font de difficade, c'eft y rappe un peu de muf
digeftion, &c qu'elles caufent
un très-bon
coup d'humeurs froides
beautraies Les crabes
manger. U ioletne diffcrent des toulou- ques. J'ai remarqué que &chpocondrige toutes les
1es. roux que par la
que j'en avois
fois
de violettes & de grandeur.
les fervir, on quand on eft prér de cile
qu'elles font de difficade, c'eft y rappe un peu de muf
digeftion, &c qu'elles caufent
un très-bon
coup d'humeurs froides
beautraies Les crabes
manger. U ioletne diffcrent des toulou- ques. J'ai remarqué que &chpocondrige toutes les
1es. roux que par la
que j'en avois
fois
de violettes & de grandeur. blanches. Ily en a qu'on fe fut donné mangé, quelque foin
lettes fe trouvent dans les Les vio- commoder, je me trouvois pour les bicn acdans les cannes & autres montagnes, lieux éloi- comme endormi le refte de la affoupi &
du bord. de la mcr, excepté dans J'ai elles demandé à plufieurs journée. Eoaur faifon qu'ciles viennent fe
fentoient la même perfonnes fi
à la mer, qui eft au
baigner elles avoient lc même chofe, & fi
Crases des pluyes dans le mois commencement de
toutes m'ont- affuré accident, &c
linn- Les Crabes
Juillet. toient; d'oà
qu'elles les reflen62i5, dans des licux blanches bas, ne fetrouvent que nourriture étoit j'ai bonne conclu que fi cette
marecageux & vers bes qui font élevez avec pour des Caraiclle, & accou- --- Page 281 ---
FRANCOISES DE L'AI MERIQU E. 5i
coutumez à s'en nourrir dès leur en- couverture, de chagrin 8c autres cau- 15y5. 1695 fance: : fi clle eft bonne pour des Ne- fes femblables. contribuer, Je conviens & que tout
Remar- gres dont le temperament eft fort & cela peut y elle eft forméc; mémel'aug- mais
que de robuflc, le travail grand & continuel, menter bonnes quand raifons
croire
tAu- &c qui n'ont très-fouvent autre chofe j'ai de
pour nourri- qu'elzeur far à
fi elle cit bonne à des ou- le vicnt plûtôt de la mauvaife
la chair manger,
c'efl ture que de toute autre chofe. desCra- vriers S autres gens de travail;
viens de dire lcs Negres &
bes. parce que le travail continuel leur aide Je
travaillent que
beaucoup
à la digerre, &c à difliper lcs obftruc- autres reffentoient gens qui
de la mautions que cette viande caufe ordinaire- ne vaife fe
de ccttc gueres nourriture; onl
ment : ficlleeftbonne, dis-je, pour ces voit qualité
beaucoup font
fortes de gens, jene la croipoint du en
cependant de maux d'eftomach d'hitout bonne pour des Européens, f forte, dont dropilic, attaquez & fur tout les Negres des
la conftitution n'eft aidés Pas à la
qui Portugais du Brefil y, font plus fujets
ne font point
digerer par
les autres. Peut-étre que les mauun grand travail, en un mot qui même n'y que vais traitemens qu'ils reçoivent deleurs
font point accoûtumez.. Je.croin
maitres,
infiniment les
que ia mélancolie &c la nonchalance eft
en qui ce furpaffent y peuvent conqu'on remarque dans les Caraibes,
Anglois point-là,
un cfict de cette nourriture pelante & tribuerbeaucoup; leur vienne, maisdequelquecaufe voicileremede
indigeite, qui alloupit les fens en di- que ce.
même n'y que vais traitemens qu'ils reçoivent deleurs
font point accoûtumez.. Je.croin
maitres,
infiniment les
que ia mélancolie &c la nonchalance eft
en qui ce furpaffent y peuvent conqu'on remarque dans les Caraibes,
Anglois point-là,
un cfict de cette nourriture pelante & tribuerbeaucoup; leur vienne, maisdequelquecaufe voicileremede
indigeite, qui alloupit les fens en di- que ce. mal
& qui réufit fans
minuant le mouvement du fang & des qu'ils y apportent, Iislesabandon- Remeds
clprits; ce qui eft f vrai, que les Eu- prefque manquerjamais. & leslaifientcomme des Porropéens qui s'en nourrifient faute vin d'au- nenticux-momes, en liberté dans des endroits où ilya de sngais
tre chole, & qui n'ont pas de ou
de
d'Acajou
d'eau-de-vic pour corriger fa crudité grands bocages pommiers
aMthe tommach. & fon flegme épais, tombent dans une Tansleurdonner celle
aucune autre tirer nourriture de cesarmaladic qu'on appelle aux Ifcs, mal bres. que La faim qu'ils les peuvent oblige deferemplirde
d'eftomach; ils deviennent 8clcurs pâles; jau- cefruit, dont le fuc qui eft acideincife
nes & bouffis, leurs pieds
jam- Phumeur
qui
bes s'enflent, ils reffentent une lallituépaille congulée des
empé- & la
de extraordinaire, avec une pelanteur choit le mouvement humeurs
de tête qui fait qu'ils ont preique toû- circulationdu fang, sccquicauforlexob- & les autres accijours envic de dormir, leur ventre & ftruétions, densdont ils l'enflure étoient
de manieleur eftomach s'enfient, & ils tombent
de attaquez; temsi ils recouvrent
enfin dans une dès lidropuenscumnble,ois le commencement dcs requ'enallez une fanté
Jetiens ceci de
n'apportent
EETE
remedes convenables, qui font les por- de probité qui ont demeuré
BE
tions cordiales & fudoritiques,les bains au Brefil. Je croi qu'on pourroit Hlesavec le ferchauds, de bonne nourriture, de bon vir du même reniede dans nos
vin, de la joye, & far tout de l'exer- un fuccès aufi heureux. cice le plus violent qu'on puife foute- Lorfque les: crabes fontaccommodécs l'ai écrit ci-deffus,
nir afin d'exciter la fueur. On prétend en ragout comme je meilleures; c'eft-àcettc maladie peut encore venir elles iont beauicoup font moins mal failantes:
JE coucher au froid ou au fcrein fans dire qu'elles
mais
H 2 --- Page 282 ---
52 NOUVEAUX
1695. mais ellès font toljours
VOYAGES AUX ISLES
&c toute la diligence qu'on; très-indigefles, peut
trous &c vont chercherà
ter pour les bien
appor- miere du flambeau les manger; lalu- 1095. faireautre chofe que accommoder, diminuerl nc peut eft facile de les
découvre, & il Difivaife qualité, fans la
rleurmau- & les mettre dans prendre le fac par deffusledos rentes
ment.
1695. mais ellès font toljours
VOYAGES AUX ISLES
&c toute la diligence qu'on; très-indigefles, peut
trous &c vont chercherà
ter pour les bien
appor- miere du flambeau les manger; lalu- 1095. faireautre chofe que accommoder, diminuerl nc peut eft facile de les
découvre, & il Difivaife qualité, fans la
rleurmau- & les mettre dans prendre le fac par deffusledos rentes
ment. changer enticre- pour cet effet, ou dans que un l'on porte de manieres prenCes trois cfpeces d'animaux vivent de a un couvercle qui s'emboete panier qui dreles
feiilles, sderacines, &
deflus d'ancoyanbouc. Il comme le crabes. bent des arbres. Par cette desfruitsquitome raifon il faut que quand on les veut arrive fouvent elles
prendregarde fientreles fruits dontilsfe renverfent furledos, prendre fe
ionrnourailnyt en a
mordans. Ceux Sepreféntent leurs
qualitezvenimetfese point qui ait des chaffe ne s'embaraffent qui font habiles à cette
mes de mancenilier. commefontlespom ainfiendefienfes, ilsles gueres delesvoir
Lescrabess violettes
pieds de derriereot les Prennent parles
ne fontj jamais fi dangereux 8clestourlouroux ventarriver, & les mordansr ne peubes blanches,
que les cramettént dans lcfac. part du tems dansl parce les que vivant la plà- Cosusipeataes verlent far le ventre; & mordus, lesrenles cannes, où il ne montagnes fe trouve ou dans Par deffus le dos. Il faur les prennent
ces méchans fruits, ils nefont point de à mettre la main defus dès étre prompt
à s'empoifonner. On ne doit pasfujets apperçoit; car comme
qu'on les
cet accident que
Craindre tent gueres de leurs elles ne s'écarbord de la mer wandpindeicendentan en trouvent
trous, our qu'elles
bres; mais les odilyade crabes blanches ces fortesd'ar- s'y retirent facilement d'autres, elles
fiujettes à être
font fort fort vite. Promptement & marchent
vivant au bord empoifonnées, de la mer ellest parceque La fconde maniere de
des pommes &c desfetilles. de strouvent eft de fouiller avéc une les prendre
lier qu'elles mangent fans fe faire: manceni-. beau- que l'on voit en térre ferpe les trous
coup de mal: mais elles en font beau- la crabe quis'y ef retirée. pour trouver
Coup à
de
fe
6.7
Pricawceux qui les mangent. bes cette' maniere lorfqu'on va aux Cra- fert
tion
Creltuneregleg generale qu'iln'enfaur lors pendant le jour, parce
qu'il Poinemangergandon)
il eft très-rare
que Pour
Fant manceniliers. Les feilles alestiouvefousdes delat fenfitive hors de chez clles: : qu'on ou lcs trouve
prendre
qu'elles font
dans le tems
en man- letcemporonnentauifye s'abftenirde
de fortequ'ilfut fortir',
effectivement retirées fans
des geant fortes d'arbres celles qu'on trouvefousces cela cequidure cinq à fix
crabes.
oinemangergandon)
il eft très-rare
que Pour
Fant manceniliers. Les feilles alestiouvefousdes delat fenfitive hors de chez clles: : qu'on ou lcs trouve
prendre
qu'elles font
dans le tems
en man- letcemporonnentauifye s'abftenirde
de fortequ'ilfut fortir',
effectivement retirées fans
des geant fortes d'arbres celles qu'on trouvefousces cela cequidure cinq à fix
crabes. ou de plantes. Le fecret
arrive ordinairement femainess
pourd connoitre fiellesiont faines
lcs font de retour de leur après qu'eleftder
ounon, bord delamer. Il femble voyage au
c'eft -ee une marque affurée
befoin de ce tems-là qu'ellés ayent
empoifonnées. -
qu'elles font & reparer leurs forces; pour fe repofer
llyap plufieurs manieres de
tout le monde n'eft mais comme
crabes. Laplurordinsiree eft prendre les trer dans leurs
pas obligé d'endans lebois Scaurour des dallerlanit d'aller troubler raifons, leur on ne laiffe pas
flambeau de bagaces ou debois cannes avec un prendre. repos > & de les
delle. C'ett dans cetems-la de chan- La troifiéme manicre ne
en mouvement, clles fortent qu'elles de font que pourlescrabes blanches fc pratique
leurs pour les prendre pendant le lorlqu'onva
jour. Comme --- Page 283 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 1693. me elles font, ainfiquej jel'ai dit, dans même côté, afin d'avoir lebrasdroit li- 1693*
des lieux marecageux vers les bords de bre. Quand un flambeau de bagaces eft
la mer,elles fortent fouventdeleurstrous allumé il faut qu'il fafle un
vent
pour prendre l'air, ou pour fc retirer. pour l'éteindre, car) les
brûlent
s
dans un licu fec &c élevé, quand elles très-bien, &cfouvent plus vitequ'on ne
fentent quele flot les doir couvrird'eau: veut, & c'eit pourcette raifon qu'onles
on remarquele trou ohlacrabeferetire, fait fi longs. ileft rare de trouver les
& on y fiche un bâton quil'empéche de cafes des Negres fans une bonne provifortir quandla mer monte,Scapres qu'el- fionde ces flambeaux ou de ceux dontje
le cft defcendué on ôtele bâton, &on vais parler. trouve la crabe étouffée au bord du Le bois de chandelle elt ainfi appeltrou. 1é,
quel'ufage le plus ordinaire
Ciriques Ily ya une quatriéme efpece de crabes EAETES on l'employe eft pour faire des
elpeces
l'on trouve dans les rivieres & fur Alambeaux. On ne letrouve qu'au bord
de bes, cra- R rochers au bord de lat mer. Ellesiont de la mer; il n'eft jamais ni bien gros. beaucoup plus plates les autres,letr ni bien droit, n'en ai point vû qui
écailleef plus épaille Rr plus dure,leurs eût plus de d pouces de diametre. mordans quoique plusperits, ne pincent Sesf fetilles fonttoujours couplées,
moins; clles ont encore bien moins fes, épaiffes, & arrondies le
etut
pas
par
dc chair & de graifle quel les autres.
lat mer. Ellesiont de la mer; il n'eft jamais ni bien gros. beaucoup plus plates les autres,letr ni bien droit, n'en ai point vû qui
écailleef plus épaille Rr plus dure,leurs eût plus de d pouces de diametre. mordans quoique plusperits, ne pincent Sesf fetilles fonttoujours couplées,
moins; clles ont encore bien moins fes, épaiffes, & arrondies le
etut
pas
par
dc chair & de graifle quel les autres. C'eft Son écorce eft fort brune, rude, cre- Arbre
à leur peu de valcur qu'elles font rede- vaflée, adherente & fort caflante. boisde appellé
vables dureposq squ'on leur donne. Il faut Le bois Eat brun, lefil eft longerdroit, chanles Negres ne trouvent rien quand & par confequent il fe fend fort aifé- delle. Secd vont chercherdes Ciriques, c'eltainfi ment. Quoiqu'il paroifle fort fec, il
qu'on les appelle. eft cependant huileux 9 on le reconIlcft bon pour achever cet article de noît quand il eft allumé. Il conferve
dire un mot des flambeaux de bagaces, bien le feu, & l'entretient bien plus
& de bois de chandelle. long tems qu'une quantité égale d'auLespremiers font compofez decanncs, tre bois ne pourroit faire, ce qui vient
qui aprésavoir pafléau moulin, ont été de ce qu'il eit huileux, aaffi oil remarMatiere lechées au foleil. On en prend trois ou quc toûjours une certaine humidité
desfam- santr-atg-euosimiss don- onétucufe proche Pendroit qui brûle,
Beaux,e ner au flambeau, on les lie defixen fix rend une odeur d'autant plus torte
lama- mierede pouces avec des aiguillettes de mahot, 2 plus agréable, que les éclats dont le
lesfaire. ou demibis, quictt une efpeceder petite flambeau eft compofe, font plus près
lianne ou façon d'ozier, dontje parle- du cceur del'arbre. On fend ce boispar
rai tout à Pheure, qu'on employe en éclats aufli longs & aufli déliez qu'il' eit
une infinitéde choles. Onentepluficurs poffible, & on les lic enfemble comme
bagaces les unes fur les autres felon la lesbagaccs, ioscmnantimumdexigst
ha-prungronmoatbomnersi flamabeau, tres felon la longueur qu'on veut don-
& onles lie commeles premieres. D'or- ner au flambeau.
On fend ce boispar
rai tout à Pheure, qu'on employe en éclats aufli longs & aufli déliez qu'il' eit
une infinitéde choles. Onentepluficurs poffible, & on les lic enfemble comme
bagaces les unes fur les autres felon la lesbagaccs, ioscmnantimumdexigst
ha-prungronmoatbomnersi flamabeau, tres felon la longueur qu'on veut don-
& onles lie commeles premieres. D'or- ner au flambeau. Ce bois fait une ludinaire on donne au flambeau feptahoit miere fort claire &c fort vive. pieds de long. On le porteun pcu pan- Onfaitencore des flambeaux avec dans un
ché appuyé iur le bras gauche, avec le certain bois jaune dont je parlerai
panier à crabes paffé en bandoulicre du lafute,qVonappells Bois épineux. On le
H3 --- Page 284 ---
S+ NOUVEAUX
zlysi le fend&con le lie comme le VOYAGES AUXISLES
éclats: mais auparavant il faut faire precedent, fecher les leuns@atrsnerbelefsr
faire c'eft cequ'on n'eit pas
de pointd'odeur,
Cettefleurn'a và
1695.
au bois de chandelle qui bràle obligé produifit aucune éjen'aipoint qu'elle
Mili, bien dès qu'il eft coupé.
très
lemence, cctte lianne
tianne. Le mibi
Kemtricncrett.e
dont on fe fert pour lier les aifément demande" par tout, &c fouventot elleprend ont nela
flambeaux,, ploye à unei inanitédufiges. eit une lianne qu'on em-. nes, lesr maniocs pas,je & veux les dire dans les candes paniers, elle fert a lier les Onenfit rofeaux accableroit à la fin fi on cacoyers, qu'elle
dont on fait lcs naffes Pour la
de la couper ou arracher, n'avoit ce pas foin
arrêter les rofeaux ou
péche, manicrela
qui eft la
vent delattes aux couvertures gaulettes fer- Ilya une plusfirepourien autre lianne débaraffer.
ou de palillades. Cette
qu'elie a avec la
quele rapport Mibiti,
ASTES
très-longs farmens ou efpeces lianne pouffe de bran- de merl Mibipi, parce precedente gu'elle eft a fait nom- lianne autre
ches, qui sdleventjuiqu'an fommetdes de, plus grofie&cp plasforte, ons'en plus gran- fert quiporta
plus petites grands arbres, le moyen des aufliaux dts mêmes ulages. Celle-ci
despoit,
queiics ou
poisà peup présdela
Sc porte
en
grofleur
la
TRCLE
quantité, êcqui s'attachent qu'elle jette figure de ceux que
de
aux écorcesé branches qu'eiles aifément qui font renfermez enousavons dans une en France,
trent. Son écorce eft
affezunie rencon- quatrepans, ils fontd'uncf gouffe à
elle fe leve aifément, minces clle eft de
datre,tendreforg
efubitance verleur de cendre. Let bois qu'elle cou- Les oifeaux les slusntedouxaugonr
clt fouple, liant, flexible, fes fibres couvre font vent les avoir avant mangent que de quand certains ils peufeuille longues & droites, ilal le grain fin. Sa quis'en nourrident, lcs
vers aelle a prefque la figure d'un
présavoirp percé la
aycnt devoré
eft molaflc, lice, unic, d'un
moit. La Feililledur filique mibipi les d'un renferpâle
beau
slusntedouxaugonr
clt fouple, liant, flexible, fes fibres couvre font vent les avoir avant mangent que de quand certains ils peufeuille longues & droites, ilal le grain fin. Sa quis'en nourrident, lcs
vers aelle a prefque la figure d'un
présavoirp percé la
aycnt devoré
eft molaflc, lice, unic, d'un
moit. La Feililledur filique mibipi les d'un renferpâle
beau par deflus, &c
nserg
verd par deflus, mais
affez
deflous. Sa fleur damafquinée par le che pardeffous, elleeft prefque blaneft comme unboutonj avantd'étre épanouie & commey veloutécyovaie, douceaucoucher
d'abord de couleur pentagone qui eft àchaque pedicule. La Sctroisatrois
nouifant produit une rouge, de en s'épa- role par une queiie de quatre fleur à cing eft foutenué
cing felilles de
à
poucesde
ar
leurs differentes. trois La grandeurs &c cou- long, velué. ronde, ferme, quoique grelle &
ge, les
plus font petiteeft rou- poil ou NSLSEENS cfpece de
& les deux denemogennenr plus grandes font orangées, de méme divife en cinq partics duvetaliezlangs lorfqu'il ilfe
couleur avec des filcts couleur de
quifont une maniere de cloche s'ouvre
les bords de ces feiiilles fontdente- pour- ferme un piftis environné de quirenTy rudes & frites, le milieu delafleur filets ou étamines, on voit dans quelques cette
renfermetrois leury verdâtre filetsà tête ronde decou- Beurleblanc, blement lejaune &clevioleta agreaÉtaminesjauces. accompagnez de plufieurs beaucoup mélangez. de ccile de Sonodeurapproche l'aeillet.
Cotedreifitedecoul
CHA- --- Page 285 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. S5
1495. C H A P I T R E X. L'Auteur va faire faire les Paques aux babitans des Cals-de-fac
Robert é Francois. Defcription d'un Poifon appellé Lamentin, Ol Menate. gE Dimanche de Quafimodo 1687. A peine eut-il mis pied à terre. roAvril, je me rendisturle que! Monfieurle Comtede Blenac Goufoir au Cul de fac delaTri- verneur General des Ifles, T'envoya à
le S. Il fut
A nité, chez mon Confrere
Chriftophle. y de Saint parfaitement Laurent
PereMtimneligqsinaroiri prié bienreceudeMonfieur
Gouverde l'aider à faire faire les Pâques aux ChevalierdeMalhe, quiétoit d'un
Hotmdoedrenekend t& Fran- neur de cettelile,
çois; qui n'avoient point encore decu- Officier habile,
& vigilant tel
atee
rezrelidens. Jetrouvaio qu'onavoit chan- qu'étoit le Sieur Coullet
difeipli- Milices
étoit furla
où ner les Troupes réglées
E
lag garnilon Curiale qui elt bâtie. La pointe Com- de fon Gouvernement, dans la fituaE maifon
de Ia Marine quiyétoit tion où étoient les affaires en Europc,
pagnicdétachéed quelques jours, étoit comman- où tout fembloit fe difpofer à la guerre. depuis dée Monfieur Coullet, Officier dc En cffet il le pria de faire les fonétions
par & mon compatriote. Cela d'Aide Major, ce que lc Sieur Coullet
réputation, me fit un vrai plaifir.
de fon Gouvernement, dans la fituaE maifon
de Ia Marine quiyétoit tion où étoient les affaires en Europc,
pagnicdétachéed quelques jours, étoit comman- où tout fembloit fe difpofer à la guerre. depuis dée Monfieur Coullet, Officier dc En cffet il le pria de faire les fonétions
par & mon compatriote. Cela d'Aide Major, ce que lc Sieur Coullet
réputation, me fit un vrai plaifir. Je croi pouvoir accepta, & s'en acquitta d'une maniere
mettre ici tout de fuite ce qui. eft récontenta également les
leGouverneur, &c les
pandu dans differens endroits de mon fu Officiers, Troupes reglées
journal touchant cet eft Officier. Parifien. Ileft Milices. La guerre s'étant déclarée en EuroMonfieur Coullet Son
qui étoit environ fix mois après, les Anglois
né au Palais Royal. de pere Monfieur pe
l'Ile avec nous, en fuattaché à la perfonne Louis XIV. comman- 2 rent qui partagent avertis bien avant nous. Ils craiFrere unique de
de Na- gnirent avec fujet que les Irlandois Cadoit un Bataillon du Regiment
demeuroient dans leurs
varre, & fa mere avoit élevé tous les tholiques qui
enfans de Monfieur, quiauffi-bien que quartiers ne fc ils joigniffent leur ordonnerent auxFrançois, fous
Madame ont toûjours eu une confide- c'eftpourquoi de
d'apporter lcurs arration très- particuliere pour toute fa grandes leurs peines
afin qu'étant
famille. I1 étoit Lieutenant dans lel Ba- mesdans forterelles, rienà craintaillon de fon perc, &c il n'auroit vité pas dre defarmez, de leur ilsn'euffentplus côté. Mais ceux-ci refufemanqué de s'avancer bien plus
rent d'obéir, & aiant abandonné leurs
qu'un autre, puifque outre brave la fort habitations, ils vinrent demander azile
tion de Monfieur, ilétoit
TPo
àfon métier. Cependant l'en- au Chevalier de Saint Laurent, avec
appliqué voir PAmerique lui fit quitter le un Officier pour les commander. On
vie fervice de de terre pour entrer dans celui les reçût avec joyc, & le Gouverneur
de mer, &c paffer à la Miartinique en aiant allemblcionconfeil, Sieur tout Coullet le monqualité deLieutenant d'uneCompagnie dejetta Commandant lesycuxfurles des Irlandois. en étrele
tPOHE
détachée de la Marine. Ily: arriva
étoient --- Page 286 ---
56 NOUVEAUX
EG9s. étoient environ trois cens VOYAGES A UX ISLES
lc Sieur Couliet fe mit à leur hommes; tête, & du oùt les.Anglois étoient encore
allerent quelques François les aiant joint, ils quartier de la Balle-terre où maitres eltleur tGyse
tier de Cayonne attaquer & les cnfuite Anglois à au quar- Bunopalefostereifen Charles. Elle eft appellée le Fort
terre. IleiE vrai que les la Cabef- baftions avec
compolée de cinq
voientpoint deforterefles dansces Anglois n'a- & un bon chemin quelques couvert demics-lunes, bien
tiers-la, mais ils avoient
quar- fadé, Elle auroit arrêté
palifbienn retranché les paflages parfaitement des
tre petite armée fion long-tems nô-
& les défilez 5 & la plupare de ravines Jeurs véler moyen de faire monter n'avoit du pas troumaifons étoient comme autant de
fur une éminence la
canon
tites Forterelfes dont il falloit les
qu'on appelle la qui commande, s
fer les uns après les
oE cela les Anglois Souppiere.
adé, Elle auroit arrêté
palifbienn retranché les paflages parfaitement des
tre petite armée fion long-tems nô-
& les défilez 5 & la plupare de ravines Jeurs véler moyen de faire monter n'avoit du pas troumaifons étoient comme autant de
fur une éminence la
canon
tites Forterelfes dont il falloit les
qu'on appelle la qui commande, s
fer les uns après les
oE cela les Anglois Souppiere. fe
Avec tout
mandoit bien du tems; autres, dela ce qui de- bien, &c donnerent deffendirent lieu
très-
& de la valeur. C'elt
prudence d'acquerir de la
à nos braves
le Sieur Coullet executa pourtant cC que besucoup lc gloire. On remarqua
huit jours avec fa petite en moins de qui l'obligeoit SieurCoulles, d'être fon emploi
avoirprefque perdu
troupe fans
par tout le fit
cût été obligéde perfonne, guoiqu'il RRRSTEE fieur de Blenac, fut
à Monbats qu'il avoit trouvé rendreautant de de com- ce qu'illuiavoit faire, fi fatisfait de
défilez & de maifons fortes. ravincs, Cetteex- de pline qu'ilavoit
&deladifcipedition lui fit beaucoup d'honneur & & dans lesAliices, reubledimicrfropes qu'il luienfitcomluigigna les irlandois ablolument l'on le coeur de tous re plimens; à ce cequin'étoirpast fort ordinaifion de leurs que
remit en pofer grande Seigheur, mais qui étoit une
moderent auffi terres; de &c qui s'accom- let. dillinction pour le Sicur Coulqui fe trouverent à cclles leur des Anglois . II venoit d'être fait
Des que cclafut: achevéleSieurd bien-fcance. Coullet 1693. lorique les Anglois Capitaine vinrent en
s'cmbarqua avec fa Compagnie
taquer la Martinique
atpour
Après s'étre
moTerih-afatilae taque de S. Eullache,
à Tat- long-temp avoir fait quelques promené defcentes autour dellile,
aunctollandos éloignée Mleappartenante feulement de quartiers éloignez où ils dans des
trois lieies de la pointe de T'Oieftdes. Pas beaucoup de gloire, ils n'acquirenr
Chrillophle, Les ennemis furentforcez cherent enfin du Fort S. auxdeux endroits cir
rent près detrois
Pierre,
ME
pied à teric; leur Fortereffe" nostroupesmirent dans un endroit appellé mille hommes le fond a terre
bonne, bien reguliere &c bien qui étoit nanrille, à une petite licuie au de Cafut attaquéc fi vivement gu'eile munic, fat o- Forts.Piere. LeSicur Coullet tyérant ventdu
bligée defe rendre; de maniere
accouru aveci
&c
acheva cette conquéteen
qu'on Milices, retarda Compagnic quelques
Sicur Couliet fe fignala fisjours. Le enfuite leur marche, eurdcburgucment,e leur
&c
delcente &c a T'attaque duFort, infiniment à la terrein pied à
difputa le
bleilé à lajambe. &cyfut fut pas en état E les quoiqu'il ne
Le Comte de Blenac
qu'il n'avoit
puif
Aor
feco.rs
aiant receu un
il pas avec lui trois cens
achererla conliderable de France, voulut hommes, ter
ne laiflia pas de les arréconquelte de S.
ment,e leur
&c
delcente &c a T'attaque duFort, infiniment à la terrein pied à
difputa le
bleilé à lajambe. &cyfut fut pas en état E les quoiqu'il ne
Le Comte de Blenac
qu'il n'avoit
puif
Aor
feco.rs
aiant receu un
il pas avec lui trois cens
achererla conliderable de France, voulut hommes, ter
ne laiflia pas de les arréconquelte de S. Chriftophle Comte'de flong-tense qu'il donna le loifirau
Blenac d'arriver avec le
refte --- Page 287 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. i0os. refte des troupes, & d'empécherlese sen- de; on doit tout apprehender des fur- 1699
nemis de pénctrer plusavant. Le Sieur priles qu'ils font pendant la nuit dans
Coullet cut toûjours le commandement les quartiers éloignez, & dansles hades poftes les plus avancez, & harcela bitations qui font à quelques diftances
tellement les ennemis 2. qu'on lui doit les unes dés autres. Après bien des déen partic la retraite honteufe que les liberations, on convint
n'y avoit
Angloist furent obligez de faire cinqjours
le Major Coullet fut capable
leur débarquement 3 abandonnant gEs rompre ces projets, d'obliger les
-
après quantité d'armes,. de munitions & de Caraibes &c les Negres à vivre comme
bagages, plus de trois cens prifonniers al'ordinaire en bonne intelligence avec
que lc Sieur Coullet leur fit lorfqu'ils nous. Il s'étoit acquis sbeaucoup d'autofe rembarquerent, beaucoup de defer- rité fur eux, ils l'aimoient & le refpecteurs, & laiflé cinq à fix cens morts fur toient, parce que toutes les fois qu'ils
la place. alloient ic voir, foit à fon habitation,
LeSicur Coullet fut fait Major de la foitaul Fort) Royal ou au Fort S.Pierre,
Martinique en 1698. & Chevalier de il les régaloit, les faifoit bien boire, &c
Saint Louis en 1704. leur donnoit toûjours quelque prefent. Les Anglois s'aviferent en 1708. de Lc General le chargea de cette comfairel leur accommodement avec lesSau- miffion, & TIntendant le laiffa maitre
vauges de IIle Saint Vincent, après de prendre chez les Marchands tout CC
ils les engagerent à force de pre- qu'il
à
pour les bien ré2e &c de promefles deromprelallian- galer ARCen faire RTEST prefens, dans
ce ou
étoit entr'eux & nous, ces fortes d'occafions iont les puifHE
depuis paix un grand qui nombre d'années. Ils fantes raifons qu'on puiffe
pour
leur
de puiffans fecours , & les convaincre de ce qu'on
faiSIRCNRIE
tout promirent le butin qu'on fcroit fur nous dans re entendre. Il partit avec une nomles expeditions qu'on feroit fur nos Co- breufe fuite d'Officiers &c de domeftilonies, & fçeurent fi bien tourner les efle 29. Novembre 1708. de la rade
prits inconitans deces] Barbares, qu'eux 2U Fort Saint Pierre, & arriva le len-
& les Negres fugitifs occupent la demain fur le minuit à la Baffe terre de
Cabefterre de leur Ifle, Tie donnerent Saint Vincent.
. Il partit avec une nomles expeditions qu'on feroit fur nos Co- breufe fuite d'Officiers &c de domeftilonies, & fçeurent fi bien tourner les efle 29. Novembre 1708. de la rade
prits inconitans deces] Barbares, qu'eux 2U Fort Saint Pierre, & arriva le len-
& les Negres fugitifs occupent la demain fur le minuit à la Baffe terre de
Cabefterre de leur Ifle, Tie donnerent Saint Vincent. La mer qui étoit fort
jour pour aller tous enfemble maflàcrer rude empéchant les chaloupes de s'aples François établis à la Grenade, &c procher allez pour débarquer commo- dans
venir enfuite faire des defcentes à la dément, le Sicur Coullet fc jetta
Martinique dans les quarticrs éloignez, l'eau, & s'étant fait connoitre à une
& porter le fer & le feu par tout où ils troupe de Caraibes qui étoient accoupourroient pénetrer. MonficurdeMa- rus fur le rivage; ils appellerent auffichaut Gouverneur General des Ifles fut tôt leurs camarades, en difant, c'ef le
averti de cc complot, dont il étoit plus compere Coullet, il faut fauver tout ce
aifé de voir les conféquences, que d'y qu'ila. En cffet, ils fe mirent auffi-tôt
apporter les remedes neccflaires 5 car àla mer, &capporterent a terre les
n'ait rien à craindre de ces 8clesbagages dont les chaloupes
TenSct
quoiqu'on fortes de gens pour les Fortereffes &lcs chargécs. Lc compere Coullet fut enBourgséca autres lieux où ilyabeaucoup fuite conduit dans leur grand carbet,
de monde aflemblé & dcs Corps de Gar- où tous les Capitaines & autres s'cmTom. II,
I
prefle- --- Page 288 ---
58 NOUVEAUX
s6gs. preflerent de levenir voir, &deluité- VOYAGES AUX ISLES
moigner toute l'amitié qu'on
at- donna moyen de rendre encore
tendre de ces fortes de gens. Il peut eft vrai la vice des plus confiderables à un fer- 16gs. qu'on leur failoit
&
Colonie de cettel Ifle, PEtat &cà
les faifoit boire grandichere, qu'on s'étant foulevez à
carles habitans
par ordre du Compere largement. avertir On envoya ne taxe nouvelle l'occafion de certaiCapitaines ou Chefs des carbets, tous les pofer en 1715. & qu'on vouloit leurimCaraibes que Negres, le tant le Sieur Coullet ayant pris les armes,
Couller étoit arrivé&c qu'il que compere ce & par l'autorité appaifa par fa prudenparler. Ils vinrent en vouloit leur honnétes, liberales, que fes manieres
quand ils furent arrivez, leSieur diligence, Coul- & tereffées lui avoient ouvertes, , definlet fit un vin general,
peuples 2 ces
acquifes fur ces
aflembléc & feftin c'elt-a-dire, une pourvit àl la feureté mouvemens du fediteux ;
de leur dire le fujet extraordinalre, de fa
afin des autres Officiers de Sa Gouverneur &
leur diftribuer les prefens venué, & rétablit le calme & la Majefté, &
portez.
Sieur diligence, Coul- & tereffées lui avoient ouvertes, , definlet fit un vin general,
peuples 2 ces
acquifes fur ces
aflembléc & feftin c'elt-a-dire, une pourvit àl la feureté mouvemens du fediteux ;
de leur dire le fujet extraordinalre, de fa
afin des autres Officiers de Sa Gouverneur &
leur diftribuer les prefens venué, & rétablit le calme & la Majefté, &
portez. Ce fut dans cette quilavoitap- affemblée cette Colonie,dont la tranquilité dans
que s'étant fait rocoûer,
étre entrainé avec elle perte les autres auroit peutpeindre de rouge comme eux; c'eft-à-dire, il leur fion n'avoit pas étcint de bonne Mles,
renoncer parla avec à tant de force, qu'il les fit cetembrafement. étant
Enfinles Sieur Coullet heure
avec. les l'alliance qu'ils avoient fait affaires venue en France en 1716. pour fes
lef feu à tous Anglois; les bois les de obligea à mettre connoit particulieres, fon
M. le Regent
les Anglois avoient fait ehiarpente que penfion mérite, Py la a arrété par rdet
& dont
dans leur Ifle,
confiderable,
de
en
mille ily avoit pour plus de dix Roy de l'Hle de
Lieutenince
écus fur le bord de la mer
la premiere Re,Selespedtanre de
étre embarqué, &c qu'il
prét à l'Ordre de Saint penfion qui vaquera dans
des ôtages pour feureté éxigea de la d'eux qu'il fe prefente quelque Louis, occafion en attendant
qu'ils Jui donnerent de
parole compenfer fes fervices d'une derécommerce avec les Anglois. rompre Tout tout cela plus éclatante &c lui convienne. maniere
s'executa, maffacrerent ils donnerent les ôrages & de Nous partimes SE Lundi onze Avril
tomberent les premiers Anglois qui grand le matin le PereMartelli
entre leurs mains,
par cul-de facRobert. Nous &cmoi,
terent quelques-uns de leurs &appore de mes à la riviere des Gallions un trouvàboucanez au Fort Royal, membres MonfieurMonel
canot
voir qu'ils avoient entierement , pour faire Il fallut fe mettre à qui entendre nous attendoit. avec nos ennemis. Ce fut ainfi rompu felions dès que nous fûmes les ConSieurC Couller dilipa par fon adrefle que'le je dis la Mefle fur les dix arrivez;
tempéte qui auroitfarbien du une Compagnon la dit fort heures, mon
dans nos
fur tout defordre etimes-nous le tems de tard; 5 à peine
tems où nous Colonices, étions en
dans un lut fe remettre à
diner, qu'ilfalvoilins les Anglois & les gucrre avec nos continuâmes de confeffer, ce que nous
La Cour recompenfa Jes Hollandois, Mercredi le Pere fairetour Martelli le Mardi. Le
avoitrendus en uneinfinité fervices qu'il tendre les
& acheva d'enen
le failant Lieutenant de d'occalions, nier ceux qui Contellions, de commuGuadeloupe cen 1712. Cettc Roy de la à la Trinité, relloient, pendant que ,&s'en je retourna
charge lui quai dansun canot de Monficur m'embar- de la
Vigne- --- Page 289 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. *695. Vigne-Granval pour aller faire les mê- puis quel lesbords delamer fonthabitez.
acheva d'enen
le failant Lieutenant de d'occalions, nier ceux qui Contellions, de commuGuadeloupe cen 1712. Cettc Roy de la à la Trinité, relloient, pendant que ,&s'en je retourna
charge lui quai dansun canot de Monficur m'embar- de la
Vigne- --- Page 289 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. *695. Vigne-Granval pour aller faire les mê- puis quel lesbords delamer fonthabitez. 160s. mes fonétions au cul-de-facFrangois. Cep poiffon cherche les endroitsoà ilya
J'arsivai d'affez bonne heure à la desrivieres, parce qu'ilyvient boire de
nouvelle Eglife de ce quartier; je con- l'eau douceunefoise ou deuxchaquejour,
felfai prefque jufqu'à midi, après quoi après qu'il à mangé une certaine herbe
jedis laMefle &je communiai ccux qui qui croitau fond dela mer: mais il s'és'étoient confeffez. Jer retournai àl TE- loignedesquilenrendlemoindre bruit,
glife aufi-tôt que j'eusdiné, pour con- carileftfort craintif, &c ilal'otiye aufli
tefler &c inftruire un bon nombre de fubtile, qu'ilal la vuémauvaifes au conNegres, & je m'en retournai fi tard trairede la Tortuë quialavictrerperchez Monfieur dela.Vigne,
Çante & quieft fourde. fai être mangé des maringoins RPEPES des Les Elpagnols appellent Manate ou
mouftiques, avecl les Negresquir me con- Manati, c'eit-a-dire, poilfon qui a des
duifoient dansl le canot. LeJ Jeudij'ache- mains, ce que nousappellons Lamentin. vai de confeffer ceux qui étoient en état On pourroit, ce me femble, l'appeller
decsmmusierremetint) les autres après vachemarine; fagueulc, fes mamelles,
dîné; maisà peine eus-jc le tems de man- famaniere de mettre dchors fes petits &
ger un morceau, qu'il fallut m'embar- les allaiter aiant beaucoup de rapport à
quer pourallera au cul-de-fac Simon, 6- cet animal terreftre. loigné de près de trois lieués du lieu où Je mefurai celuiqui étoit chez Monj'étois, pour confeffer &donner les Sa- ficur Bouchard, ilavoit quatorze pieds
cremens à un Commandeur d'une nou- neuf pouces delongueur, depuis lcbout
velle habitation. J'yarrivaiàt tems,mais du muflej jufqu'àl àlai nilancedelaqueut,
iln'yen: avoit pas derefte Ce futunbon- il étoit tout rond jufguicetendrotc-la. heur pourlui, que jefuffe dans le quar- Satête étoit groffe, fagueulelargeavee
tier, cars'ilavoit: fallu aller chercher le de grandes babines, &
poils
Curé
quelques
delaTrinité, eftéloigné deprés longs &crudes au deffus. Sesyeuxe étoient
de dix lieués, il R8E étéimpoffible àce très-petits Par
àl la tétc, & fes
Religieux d'yarriver affez-tôt pourlefc- oreilles ne ERIEES commedeux
courir.
fagueulelargeavee
tier, cars'ilavoit: fallu aller chercher le de grandes babines, &
poils
Curé
quelques
delaTrinité, eftéloigné deprés longs &crudes au deffus. Sesyeuxe étoient
de dix lieués, il R8E étéimpoffible àce très-petits Par
àl la tétc, & fes
Religieux d'yarriver affez-tôt pourlefc- oreilles ne ERIEES commedeux
courir. Samaladic étoit un mal d'efto- petits trous. Lecol efti Rerc gros &c fort
maco qui T'emportadeux heuresapresque court, &c fans un petit mouvement qui
jel'eus quitté
retourner à PEglile. lui fait ploier un peulat téte, ilneferoit
On Tapporta TONLA Vendredi matin; jedis pasp pofible dec dittinguer la tétedu refte
lal Mefle pour lui & je l'enterrai, &cj'a- du corps. chevaided confefferl les Negres. Après di- Je ne fçai comment on a pû donner
néjep partis pour venir coucherauicul-de- le nom dé pieds ou de mains aux deux
facRobert chez Monfieur Bouchard, où nageoires qu'il a un pcu au deffous du
le canot de MonficurJoycux me devoit col qui fe replient fous le ventre, dont
attendre. quelquesautcurs prétendent gu'ilfel fert
Deftrip- J'y arrivai tout à
voir pour fe trainer fur terre. Ilfautn'avoir
d'un tion tirer à terre un ELAENEE Ehelr que jamais vû ce poiffon pour enparler ainpoilfon fcs Negres avoient harponné, Pavois fi. Premierement, il's s'en faut bicn quc
appelté entendu direl beaucoup dechofes dul La- ces prétendus
ou mains aiantaffez
Lamenpieds
mentin, maisj je n'en avois pointencore deforce pour
tino 016 và, parcequ'ileft
deun fouteniroup pourfairemouManati,
devenuailezrare,
voir corps aufi pclant qu'ette celui de
I 2
ce --- Page 290 ---
65 NOUVEAUX VOYAGES
Xg5. ce poillon. AUX ISLES
ce
forméde Enfcodics.f-nehalin faitd'un trés-grandnombre aveedespoils de méme couleur
dep perfonnes, &c furtout de nosFlibuf- IICZ, gros & affez longs. On clair-fe- 16p5;
tiers qui n'ont fouvent d'autre reflource Je que ceLamentin pefoir huit cens comptoit
pour vivre que la péche du Lamentin, qu'onn nel'aipas pefé, mais à la vûé, je livres, croi
quitousm'ont: diens del'Ifthmc affiréquenieuxr niles In- Les nnereloignoitg gueres del la verité,
contyeditlesmeilleurs, deDarien, quifont fans petit, a avoit environ avoient aufli pris fon
de,n'ontj: jamais
pécheursdumon- longs nous en
trois à picds de
videManatearere Les
mangeimes
pieds ou mains du Lamentin ou
avoit fait rotir à la broche le fouper.
ont: diens del'Ifthmc affiréquenieuxr niles In- Les nnereloignoitg gueres del la verité,
contyeditlesmeilleurs, deDarien, quifont fans petit, a avoit environ avoient aufli pris fon
de,n'ontj: jamais
pécheursdumon- longs nous en
trois à picds de
videManatearere Les
mangeimes
pieds ou mains du Lamentin ou
avoit fait rotir à la broche le fouper. côté de On
fes nageoires ne font ainfi plûtôt queué, la téte & le refte du
é- la
que parce qu'il s'en fert pour appellées, fes toient nicres. accommodez de differentes corps maleur petits, ou pour les tenir
qu'il
Un veau de lait & ce poiffon ne
donne
different
bae
femblent à téter. Ces" nageoiresref. par fa en rien, c'eft la méme
affez aux pates de la Tortué,
blancheur, fà tendreté, fadélica- chair,
comme je les ai dépeintes dans ma
tefle: & legolréclafaveurr
miere Partic; il eft vrai qu'elles Eec fi je n'avois pas vû le fonclesmémes, poiffon avant
plus grofles & plus longues, & cela eft qu'ilfut coupé&c cuit, onauroit eu del
julte, Si car l'animal eft bien plus gros. del peine la à me perfuader que ce n'étoit la
on les doit appeller pieds ou
viande. pas
jel le laiffe au jugement des leéteurs; mains, Je m'informai
on
ne ferai querelleap
je ce poiffon. Un des comment avoitp pris Manierd
embraffer mes idées. perfonner Le Lamentin pour ne
dit' que l'aiant aperçû Negres prefens me
melle
f
dormoit vers
a
deux
qui
du Lamentin mamelles rondes, celles T'embouchured il étoit venu de larivicre des Gallions, Lamen: tin,
fept
que je mefurai avoient
en diligence chercher fon
Pouces de diametre, fur
harpon, facorde delamaffe,
pouces ou environ d'élevation; le quatre" tetin n'ayoit avec lui que de parce qu'il
étoit gros commelep pouce,
Le fer du harpon avoit petires lignes. bon pouce au dehors. &fortoitun pouccs de long, à deux huit à ncuf
tout rond depuis la tête Cepoiflon jufqu'à la quieft naif- de la pointe ilyavoit un pouces & demi
fance del la queué, avoithuit
haut de la douille étoit ardillon, d'un Le
pouces de circonference. piedsdeux neau où un bout de la corde garni étoit ancomme une large palette Saqueuecroit de dix-neuf de ché; ily avoit à l'autre bout un atta- bloc
pouces qu'à fon de long, depuisfar naiflance juf étoit bois roulée blanc autour duquel la corde
quinze extremité; elle avoir environ de la
Cette corde ou ligne étoit
pouces dans fa plus grande largrofeur du doigt.
pouces de circonference. piedsdeux neau où un bout de la corde garni étoit ancomme une large palette Saqueuecroit de dix-neuf de ché; ily avoit à l'autre bout un atta- bloc
pouces qu'à fon de long, depuisfar naiflance juf étoit bois roulée blanc autour duquel la corde
quinze extremité; elle avoir environ de la
Cette corde ou ligne étoit
pouces dans fa plus grande largrofeur du doigt. geur; fon épaifleur tout au bout étoit LeNegre étant
d'environ la
trois pouces. Elle avoit affez pagc, & alant encore evenuavecfonéquice vû le
figure de ces plaques de fer dont s'cn approcha le
Lamentin
fait lesfocs de
on fut poffible de plus de doucement qu'il
de la forge. Lap charuelorfqu peau de cc. 'elles fortent cfte- quand il fut à portée peur il le l'éveiller, darda de , &c
poiflon
tes fes forces, pendant
touSRSELTTERSEISE del baeufmaise cileeitb
gre fila la corde,
qu'un autreNecelous leventre. Eileett beaucoupplusmin- de
ala mer. Le &jetraala fin le bloc
doile, brune, d'un
couleurd'ar. qu'il
poiffon prit la fuite dès
gros grain &1 rude, de toutes lefenticitapé. leurs LNMpeTigent
forces le fuivoient dans
leur --- Page 291 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 6r
leur canot, étant guidez par le bloc, tués en mangentauffi. Ileft aifé dc voir 1675t
3695. paroilfant toûjours fur l'eau, leur quand ces animaux fonten; pâture, parqui indiquoit le chemin que le poiffon fai- ce que l'herbe qui leur échape en mafoit. Au boutd'une bonneheure ilss'a- chant ou en la coupant vient au deflus
perçûrent que le bois ne fe mouvoit le de Sij'avois l'eau. fçu que les OS des côtes du Proprit:
plus, 2 d'ou ils conjeéturerent r& que qu'il Lamentin étoient bons pour les hemo- cores tez des o
repofoit, comengatdietimguerd ils nagerent alors plus vi- ragies, &c
les fux &c pertes de des os
bien
mais des LaEm
vement pour réprendre leur bois, 2 & fang,.je S.EES ferois
muni;
mentins
l'aiant attrapé, ils attacherent le bout jenai fçà ce fecret que quelques ande la corde a l'avant du canot. LeNe- nées aprés, &cjen'ai Pas trouvé depuis
qui avoit harponné s'y tenoit pour une occafion aufli favorable pour ch agre
s'il voir. On prétend
le Lamentin a
donner un fecond coup deharpon,
en trouvoit l'occafion, comme il arri- quatre OS dans la Tadig qui font fpecifive affez fouvent, & montroit avec le
la gravelle &c pour la pierre. n'en ai
vû
bout de fa vare à cclui qui
point d'experienELICT
le chemin que le poiffon prenoit, gouvernoit afin ce, je e dirai rien. Souvent un requ'ilg Igouvernatj juftement de ce côté-là; mede nc réuflit pas, parce qu'il eft mal La
car iln'étoit plus queltion de nager, les préparé, ou donné à contre-tems. elle
deux autres Negres étoient alflis dans le graille edu Lamentin eft très-bonne;
fond du canot afin de faire le contre- ie refoud facilement en huilequine ranpoids & fervir de left Dès le poif- citjamais, &qu'on employcadificrens
fon fentit le mouvement de Quce cordé,, il ufages.
it pas, parce qu'il eft mal La
car iln'étoit plus queltion de nager, les préparé, ou donné à contre-tems. elle
deux autres Negres étoient alflis dans le graille edu Lamentin eft très-bonne;
fond du canot afin de faire le contre- ie refoud facilement en huilequine ranpoids & fervir de left Dès le poif- citjamais, &qu'on employcadificrens
fon fentit le mouvement de Quce cordé,, il ufages. Avril
reprit la fuite, & entraînoit après lui je partis le Samedi 16. deux
le canot plus vite qu'un caroffe qui cft heures avant le jour. Monfieur Bou- fa
tiré à fix chevaux qui courent à toutes chard qui avoit fait des préfens de
jambes. Ilfit ce manege encore pendant péchea fes voilins, m'obligea d'en
heure. la fin ils'echoua fur un dreplus de cinquante livres, & me
Boos
une haut fond où A les Negres acheverent de unNegrepour l'apporter jufqu'au fond
P'affommer à coups de maffe. Lep petit S.Jacques. C'étoit, comme on le
fuivi fa
s'arré- croire, du meilleur endroit,
quiett ESes
qui avoittoûjours
merc, le
puislemilicu des côtesjufque fous) sleventa auprès il fut d'clle. auffi-tôt Lel Negre & mis harpon- dans le tre. Ileft certain qu'on nc peut voirunc
na, canot; mais pris comme la merc étoit trop chair plus blanche, plus tendrc Sc plus
groffe, ils lui lierent fortement leurli- délicate que celle-là. gneàl lanaiffance de la queué & l'ama- Je trouvai au fond Saint Jacques un
rerent à l'arriere du canot pour la con- de nos Negresdul Motillage,
&c
duire chezl leurmaitre, où ilseurentbe- pericur avoit envoyé m'y
TARAEE
foin du fecours des autres Negres pour m'apporter une Leitre. f'y fis réponfe
la tirer fur le fec. fur lcc champ, &fis partirle Negre avcc
L'herbe dont ce poiffon fe nourrit cft dix livres de Lamentin quc je lui ensuredu Nourri- longue de huit à dix pouces, étroite, voyai. Nous en mangeâmes à diné au
Lamen- pointue, tendre 8d'un affezi beauverd. fondSaint Jacques. J'en laiffai un morBin, On voit des endroits dans la mer, dont ceau au Curé dela grande Ance 5 je venix pris
lei fond eft comme une prairic, LesTor- en paflant le Pere Breton pour fou13 --- Page 292 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
thgg. fouper chezmoi avec mon voilin Mon- tout eft à craindre dans ce dangereux
fieurduRoi, &cj'en envoiai à Mefficurs mal,jeleconfedai, refolu delui donner 16gs. Michel &c Dauville. la Communion désque fon vomiffement
Jetrouvai à mon retour un malade feroit ceffé. Le foin qu'on eut de
auquel je ne m'attendois pas. C'étoit & les remedes ne furent
lui,
un jeune homme de vingt-deux ans, capables deluif fauver la vie; cependant mais fj pas
fortlage & fort dévot, nomméPhilip- nelfe jointeàunel bonne conititution jcupesRoche, fils de la veuve decenom, n'avoit point été alterée paraucunc 2
dontj'ai parlé au commencement deces bauche, lui fit refifter au mal
Mcmoircs.
'attendois pas. C'étoit & les remedes ne furent
lui,
un jeune homme de vingt-deux ans, capables deluif fauver la vie; cependant mais fj pas
fortlage & fort dévot, nomméPhilip- nelfe jointeàunel bonne conititution jcupesRoche, fils de la veuve decenom, n'avoit point été alterée paraucunc 2
dontj'ai parlé au commencement deces bauche, lui fit refifter au mal
Mcmoircs. Depuis mon départ pour le qu'inziéme jour qu'il mourut. jufqu'au Ila été
cul-de-fac de la Trinité; il avoit fait lep premier ait refifté
&c
un voyage au Fort Saint Pierre, dont quie en foit mort. qui Ce filong-tems de
il étoit revenu chez fa mere quelques culier dans ce malade, qu'ilyeut c'et partiheures avant que j'arrivafe chez moi. deux heures avant de rendre qu'environ
lifeplaignoitd'un, grand mal de tête &c lorlqu'il fembloit que fon l'eiprit, devoit Accide reins, fimptomes ordinaires du mal étre épuifé de fang, il lui corps en vint une dent exde Siam, mais on ne pouvoit s'imagi- fueur fifore &fi abondantc,
traordidc ner que ce le fut, parceque depuis près bloit qu'on luip piquoit toutl le corpsavec qu'ilfem- dans naire nn
fept ans que ce mal regnoit dans les des aiguilles; carnon-feulement
jeune
Ifles, aucun Créole, c'eit à dire, au- fortoit comme l'eau fort des
homme
cune perfonne néc dans le
a
pais n'en
avoit été attaqué. Il commença dès la ktfbeumexmondinaite foit comme il jaillit dela mais fitp jaillif- trSt de du Siam,
méme nuit à jetter du fang en abon- ellevient d'étre piquée aveclalancette: veine, quand
dance par la bouche &
ncz, CC cenouveau (mptome que jen'ai remarqui ne laiflant plus lieu ie douter
donna maticre
cC ne
quegeencciéciomme,
fut le mal de Siam, onl'avoit RE . à nos Efculapes de faire bien des raifongné au pied & au bras prefque en mé- nemens, auffi inntiesqgueleursremeda
me temps. Jel'allai voir auffi-tôt que Pavoient étéà ce jeunc homme. je fus averti de fa maladie, &c comme
H A P I T R E X I. Du Goyavier, du Cerifier é d'un petit poiffon appellé Titiri O1 Pifgnot. 23t Ei ne fçai commentj'ai differé rainette, excepté qu'il a une couronne
jufqu'à prcfent à parler des à pcu près comme celle de la grenade, DefcripE Gorgpcoqueciunfurtice
tiende
-
furlebouto oppoféàla queué. Son écor- laGeyabyiacficommundrateure ce paroit unic & douce, quand on la te. Fameriguoygrencmtrure regarde de loin, mais on la trouve rupartout,Scfouvente oironnevoudroitpas, de & pleine d'inégalitez lorfqu'on la
& plus qu'on ne voudroit, parce que confidere de plus prés. Elle a trois lil'arbriffeau qui le porte vient très-faci- gnes ou environ d'épaiffeur, quand le
lement par tout ou fa graine tombe, & fruit eft encore verd, & un Feudavanremplit en pou de tcms lcs favannes.
grencmtrure regarde de loin, mais on la trouve rupartout,Scfouvente oironnevoudroitpas, de & pleine d'inégalitez lorfqu'on la
& plus qu'on ne voudroit, parce que confidere de plus prés. Elle a trois lil'arbriffeau qui le porte vient très-faci- gnes ou environ d'épaiffeur, quand le
lement par tout ou fa graine tombe, & fruit eft encore verd, & un Feudavanremplit en pou de tcms lcs favannes. tage lorfqu'il a toute fà maturité. Elle
Ceiuit reffemble allez à la pomme de renfermc une fubilance rouge ou blanchc, --- Page 293 ---
2.Partidu Tnt.Pag.63.
Rameau de
Lamentin.
Goravier.
-
a --- Page 294 --- --- Page 295 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. felon la
bien mieux, & ont leur fuc plus cuit &c g695
1695. che, Cette fubltance gesidoutefjeerdafuit avant d'être meure eft plus épuré que celui des feconds. Cette
de la confiftence d'une pomme ou d'u- differencefe remarque encore dans' continuel- leméverte, mais elle devient com- me fruit, dont le côté qui eft
nc poire
d'une nefle bien
lement expoféau foleil, eft totijoursplus
me lc dedans
mcure:, Cette coloré & meilleur que celui qui n'y eft
quand elle a toute fa maturité. fubftance renferme &c eft mélée d'une pas expofé. ou Deftrit:
quantité de
graines blanches ou L'arbre qui produit les Goyaves, arbriffeau tiondis
rougeatres, E inégales &c rabotcufes, le Goyavier, eit plutôt un
Goyade ligrotisur des graines de navette, fi qu'un arbre. Je n'en aip point vû diametrc. quieût vier. dures qu'elles nefc digerentjamais. Les
de fept à huit pouces de
tàhommes Scles animaux lesrendent com- TRaner eft
avec de petites 8cfort
me ils les ont
fans la chaleur ches brunes, ELta eft fort mince, l'arbre
naturelle ni le Elie de Ta digeftion adherente au bois pendant que aiféfait aucune impreffion, ni Z eft fur pied, mais elle fe détache
ayent
fc fend &c fe roule auffi-tôt qu'il
teindre ou mortifier leur
ment,
Belia
vient que les animaux quiend germe. ontmangé, eft abbatu. Le bois eft grifatre; fes files rendent avec leurs excremens dans bres font longues, fines, preffécs, rend coriace mêles favannes ou prairies où ils paifent lées &c Rexibles, ce feuille le eft poinl'année;
le- 8edificileacouper. E
toute
ils prennent racinc,
tué les deux bouts, trois fois plus
vent & produifent des arbriffeaux qui
par
affez bien nourrie,
couvriroient & gâteroient entierement longue large, d'un verd
elle
les favannes fi on n'avoit pas foin de les rude au
pâle;
fendise
arracher. eft traverfée de beaucoup de nervures. Deux Ilya des Goyaves de plufieurs efpe- Cet abriffeau pouffe beaucoup de brane/peces ces, les plus connucs font les blanches ches, &c quantité de feuilles toûijours
de Geya- & les rouges. La couleur de la peau de couplécs. es. toutes les deuxeftlat même, c'eft-à-dires Iif flcurit deux fois l'année. Sa fleur
vertes avant qu'elles foient meures.
traverfée de beaucoup de nervures. Deux Ilya des Goyaves de plufieurs efpe- Cet abriffeau pouffe beaucoup de brane/peces ces, les plus connucs font les blanches ches, &c quantité de feuilles toûijours
de Geya- & les rouges. La couleur de la peau de couplécs. es. toutes les deuxeftlat même, c'eft-à-dires Iif flcurit deux fois l'année. Sa fleur
vertes avant qu'elles foient meures. & reffemble affez à une fleur d'oranger éd'un jaune de citron quand elles le font. panoilic 3 clle eft blanche, clle à une
Mais les unes ont le dedans blanc, 8cles odeur fort douce & confiftence agréable, mais la
autres l'ont rouge, ou
parler plus beaucoup moins de
du fruit que en
jufte de couleurdechair. PPER graines ou fleur d'orange; il porte
pepins qu'elles renferment font de la cou- abondance. Comme on trouve de ces
leur de la pulpe. arbres dans tous les endroits, ontrouve
On dit que les blanches font plus dé- aufli dans les faifons de la maturité de
licates les rougés. J'ai mangé des leurs fruits des oifcaux de toute efpece
Les
unes &c REs autres une infinité de fois 7 quis'y affemblent pourles manger. fans y trouver de difference quand elles Penogects,lesperqers, les aras, lesrafe font trouvées dans un même degré de miers, les merles recherchent cesfruits,
maturité, & danslamèmee expofitionau en mangent quantité8cs'en engraiffent
foleil. Carileft centainguelefruin-dun extrémement. On eft feur de ne
Remararbre
en
felon
de
ou tourdes
Re
même
different bonté,
manquer grives
quand
Ee qu'ilsfontplacezda côté du midi ou du Goyaves font meures, car clles en font
des feptentrion; que les premiersmeuriflent fort friandes & Gi gourmandes, qu'elles
fruiss,
chaf- --- Page 296 ---
64 NOUVEAUX
16ps. chaffent à grands coups debeclesa VOYAGES AUX ISLES
oifeaux. Ceft Pour lors qu'on en autres On les met en
en quantité, fans fe donner la prend de çons. La premicre compote eft en deux fa- 1695. les tirer; cette chaffe eft peine les
pelécs legerement de après les avoir
fans, ils font des
pour en- dans l'eau claire les' faire boiillir Deux
de cheval &c une Goyavebien attrapes avec un crin foient à demi-cuites, 3 jufqu'à ce gu'elles fortesde compotes
en prennent quantité. Nous meure, & retire& on les fait après quoi on les dGeysgrives de deux fortes, de avons des alors par moitiez égouter. ou Onl les cou- ves. noires, cclles qui ont les grifes pieds &c de E on acheve de les faire par cuire quartiers,
font toljours les grafles,8c parcon- jaunes firop clarifié & de peu de dans un
féquent les plas
dans lequel on met un confiftence,
Proprie- Ce
pcu de
Iteat
fruit eft fi
biton.
les fait après quoi on les dGeysgrives de deux fortes, de avons des alors par moitiez égouter. ou Onl les cou- ves. noires, cclles qui ont les grifes pieds &c de E on acheve de les faire par cuire quartiers,
font toljours les grafles,8c parcon- jaunes firop clarifié & de peu de dans un
féquent les plas
dans lequel on met un confiftence,
Proprie- Ce
pcu de
Iteat
fruit eft fi
biton. canelle en
texdela
finqu'on le peut man- L'autre
Goyave. ERRET d'en être cétatqu'il foir, fanscrain- lesavoir maniere eft deles vuideraprès
ge verd il refferre incommodé, le Sionleman- & les graines. peléesspour On ôter fait toute) la pulpe
mange bien meur il le ventre, lâche. &fionl Ses le du fucre clarifié cette bouillir dans
gcons bouillis avec un
bour- nes, pendant
fait pulpe & ces graireglife font une tifanne peu excellente d'orge & de chair du fruit qu'on dans l'eau cuire à demi la
la diarécs & mêmep pour lei flux de pour preffe enfuite le fucre où la claire. On
loriquiln'eitp pas trop inveteré. lang graines ont botilli, dans un pulpe &les
Diffi- On mange ce fruit en
on les
linge, &
rentes nicres. Les
pluficurs ma- le fuc, preffe 8c on pour en exprimer tout
manie- ordinairement femmes, dont le goût eft Goyaves dans acheve de faire cuire les
TIdA farvirde verd que quand dépravé, il eft l'aiment mieux nelle. Cette ce fuc avec un peu de Cacef fruit. trouvé
dans meur, Je me fuis eft
compote eft bonne, clle
ou cinq guclquefois ou fix femmes des maifons, des. pectorale; on en donne aux malafaifoient collation 5 je ou regardois filles Créoles On fe fert encore des
étonnement comment clics
avec faire de la gelée. Pour cet Goyaves effat on Gelies de
manger des
pouvoient bouillir
Four
de
Goyaves vertes, des cannes
les Goyaves pelécs &
G
flcre, des oranges, des
par morceaux,
coupées
& des ananes, 2 & tout ccla melonsd'eau fans
prefque confommécs, lugquicequeller foient
fans vin & fans crever. Eft-ce la bonté pain, d'eau. On les preffe pour &cqu'il lors refte peu
des fruits ou celle de leur tempérament linge pour en exprimer tout dans le un
quiles confervoit P
qu'onacheve dei fare
fuc,
Geyaues J'ai inangé des
bien clarifié, &c de cuire dans un
sxiresan & devant le Goyaves cuitesau four faire. On
laconfiftence
four. feu,
riSg
des
comme on faic cuire fence yjette quelques goutes d'efCette pommes, manicreq 2 avcc un peu de fucre. de delfus d'ambre le feu ou & autre; en le retirant
tées ne laiffe pas quin'eft d'être des plus ufi- prend la
en refroidifant, il
Goyaves Lan maniere la plus ordinaire Eat bonne. lui donner conlfiftencedegelée une belle
Si lon veut
suaugier
eft
del lesac- n'y a
couleur
il
Crieie commoder, après les avoir peléeslequ'à y méler runpeu de firop rouge, ou de
lesmettre gerement, de les couper par tranches &c jus de d'ozeille de Guinée, ou de pommes
le vin avec pendant un une demiel heure dans Enfinont raquettes.
, il
Goyaves Lan maniere la plus ordinaire Eat bonne. lui donner conlfiftencedegelée une belle
Si lon veut
suaugier
eft
del lesac- n'y a
couleur
il
Crieie commoder, après les avoir peléeslequ'à y méler runpeu de firop rouge, ou de
lesmettre gerement, de les couper par tranches &c jus de d'ozeille de Guinée, ou de pommes
le vin avec pendant un une demiel heure dans Enfinont raquettes. fe
uelle. peu de poudre de Ca- des pites & des fertdes candis, Goyarerpourt faire
des autres fruits. commc on fait
Le --- Page 297 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. Le bois du Goyavier eft très-bon à tomber les anciennes, & on fent dans 169s:
K6s. brôler. Il fait un feu vif & ardent, & l'air une fraicheur agréable. Mais tous la
durel beaucoup. On en fait auffi d'excel- ces avantages font contrebalancez par
lent charbon pour les forges. crainte oûl'on eft d'efluyer dans des cette ouragans faiTous les pais qui font iituez entre les qui n'arrivent jamais que
deux tropiques n'ont que deux faifons: fonje'elt-a-dire,sing qu'unelongue cXcelle des playes,&ccelle del la fechereffe. périence l'a confirmé, depuisl le vingtiéOnr regarde la premiere comme Phyver, me de Juillet jufqu'au quinziémed'Oc-
& la feconde comme l'été. Il feroitplus tobre. les
ont commenDeux à propos à mon avis de prendrel la faifon Auffi-tôtque les embouchures pluyes des rivicfaifons des pluycs comme un printems ou la na- cé on &c trouve les roches font aux enparta- ture fc renouvelle, & celle de la feche- res toutes
qui
gent Tannis. reffe comme une automnc, ou les moif- virons ou dans leur lit, couvertes d'une
fons du fucre, du cacao & des autres infinité de petits poiffons detoutes & efpefruits font plus abondantes & meilleu- ces, qui ne font pas plus grands
res. Du refte la chaleur eft à
res plus que de grolles épingles. m
peu près faut que RIISg CC tems-là les poillons de
égale. Dans les pais qui font fituez au Nord mer &d'eau douce ayenclaillé aller leurs
de la Ligne, comme font les Antifles, ceufs, qui étant éclos s'attachent à toulespluyes commencent dans le milieu ou tcs les roches qu'ils trouvent aux emau platard à la fin du mois de Juillet, bouchures des l'inftinét rivieres dc la fc nature retirer dans leur
& durent jufqu'au mois de Decembre. ayant donné feureté où les
Ce n'eft pas à dire qu'il pleuve conti- ces lieux de les aller devorer. gros poiflons C'eft
nuellement pendant cc tems-là; maisil ne fçauroient
ne fe paffe gueres de jours qu'iln ne pleu- effeétivement dans nombre cc tems-là de poillons qu'on
ves & fouvent les grains fe fuivent de trouve leplus grand
près, durent) long-tems &c tombentavec àla côtc. du nom Titiri
violence. Les éclairs & le tonnerrel les On appelle ces petits poiffons croi
accompagnent fouvent fur tout à S. deTitiri, àla Martinique. Jc que oxLat- Pifquet
Domingue où ils sfont effroyables. Mais cc terme eft Caraibe. On les nomme tarini,
quoique ces pluyes foient incommodes Pifquet, à la Guadeloupc. Ils'en trou- petit
pour ceux qui font en campagne ou qui ve en quelques endroits de la Medià
terranéc.
éclairs & le tonnerrel les On appelle ces petits poiffons croi
accompagnent fouvent fur tout à S. deTitiri, àla Martinique. Jc que oxLat- Pifquet
Domingue où ils sfont effroyables. Mais cc terme eft Caraibe. On les nomme tarini,
quoique ces pluyes foient incommodes Pifquet, à la Guadeloupc. Ils'en trou- petit
pour ceux qui font en campagne ou qui ve en quelques endroits de la Medià
terranéc. Les Italiens les appellent CRR pofont du fucre faire, elles il faut rendent pourtant les Lattarini. On en trouve quatre ou cinq cht. avouier que ce font
devant & autant de jours après
terres fertiles. En effet 1 queles pre- jours
lunes des mois de Juillet,
miers grains font tombez, on voit tout les pleines
&cOétobre. Dans les
reverdir & fe renouveller. Les favan- Août, Septembre ils font blancs comme
nes dépotillées de leur verdure la premiers jours
& defecherelle qui avoit grillé les Eer de neige, peu à peu ils grofliffent
maniere qu'elles paroifloient plâtôt des viennent gris, &c ne lont plus fi délifables arides que des prairies > fc cou- cats. eft facile. vrent d'herbes en moins de vingt-quatre La pefche en fort
chacune Quatre
heures, & ces herbes croiflent à vuë perfonnes prennent un linceuil étendu elles
d'cil. Onvoitlesarbres pouffer de nou- par un coin, & le tenant
velles feuilles à mefure qu'ils laiflent lep paffent fous Peau, où pour parler plus
Tom. II. K
jutte --- Page 298 ---
NOUVEAUX VOYAGES A1 UX ISLES
16ys. jufteentre deux caux, aux endroits où la fleur de farine, & de le frire. ils voyent fourmiller une plus grande met en petites boulettes l'on Ilfe 1695,
quantité de ccs poifions, &cl'élevant en avec le jus d'orange. TE-tir de mange
l'airilse en prennent des meilleurs. Lorf manicre qu'on l'accommode il eft quelque toûqu'ils fe tiennent au fond de l'eau, il jours trer-bon,tr@s-delicat &ctrès-nourn'ya qu'a marcher dans la riviere pour riffant. lcs faire lever, 8c paffer le linceuil par Comme la faifon des
le
deflous. pluyes eft Cerifer:
Ile
vrai tems du jardinage,
aà la Sadef
eft encore plus facile de prendre Baffe-terre chercher quelques j'envoyai de cription,
ceux qui s'attachent au roches, oùr j'en cerifiers pour les planter dans pieds mon, fruite cdefas
aivû quelquefois delépaiffeurd'un; pou- jardin j'avois foin de
de
ce; car on n'a qu'à les faire tomber a- toutes Eana d'arbres & de remplir
vec la main dans un, coiiy que l'ontient Cct arbriffeau reffemble aflez au plantes. Gredeffous. nadier, le bois eft gris, il
beauDifi- L'abondance & la délicateffe de CC coupdebranches
jette
rentes poiflon, fait que tout le monde cn man- les,
bienchargese de fetilmanie- ge; & il n'cft befoin dc
prefque de méme figure & couleur
res de
pas
grands que celles du Grenadier, mais un
Lapri- apprefts pour le rendre de bon golt. Plus grandes &c moins épaiffes.
ffous. nadier, le bois eft gris, il
beauDifi- L'abondance & la délicateffe de CC coupdebranches
jette
rentes poiflon, fait que tout le monde cn man- les,
bienchargese de fetilmanie- ge; & il n'cft befoin dc
prefque de méme figure & couleur
res de
pas
grands que celles du Grenadier, mais un
Lapri- apprefts pour le rendre de bon golt. Plus grandes &c moins épaiffes. Il fleu- peu
ter. On fe contente fouvent de le faire cuire rit deux fois chaque année. Ses fleurs
dans l'eau avec du fel, du piment, &c viennent par bouquets, elles font comun bouquet de fines herbes. In'y a pofées de cinq petitcs feuilles
ni écailles à ôter,ni arrêtes à craindre, qui font une clpece de calice, blanches, dont la
il
fon beurre avec foi, car quoi- capacité eft toute remplic de petits fiARTEE foit petit, il ne laifle pas d'être lets ou étamines blanches, douces &c
gras. On le
auffi
deliées comme de la foye ; d'une 0met
entre deux plats déur aprochante de celle de
avec un peu de beurre frais, des her- fruit qui fuccede à la feur eft jafmin. un Le
bes fines, du poivre, du fel & des é- plus que les' cerifes qu'on
corces d'orange, & quand on eft
à
SPETE
prêt
des griottes, & de
rf,43
méme
de fervir on l'arrote d'une faulce liée leur. Sa quetc eft courte; le côté couavec un jaune d'oeuf & du vinaigre, lui eft oppolé n'ett pas rond, mais qui un
&c on rappe deffus un peu de mulca- peu plat, avec un petit
de. dans le milieu. Cefruit enfoncement n'a point de
Quelquefois on l'accommode en bi- noyau, mais il a en fa place une
gnets. On prépare une pâte claire pen- de' cartilage comme le zeft d'une cfpece
dant qu'on le trempe dans l'eau bouil- compofé de fix petits ailetons d'une noix
lante, & qu'on lelaiffe égoûter. Après lignc & demie de largeur fur trois
quoi on en prend avec une cueiller à lignes de hauteur, qui n'a plus de
peu prés autant qu'on prendroit d'une durcté & de folidité que 18 zelts des
pomme coupécen ruelles. Onletrempe noix quand elles font meures &c fraichedans laj pâte, & on lejetted dansl le beur- ment cueillies. Le goût de ces cerifes
re, buile ou faindoux bouillant, où on approche aflez de cclui des
acheve de lc cuire. Quelques perfonnes mais il faut pour cela qu'elles griottes,
fe contentent quand il elt forti de l'eau bien meures, car quand cette qualité foient
bolillante & égoûté, dc le roullerdans leur manquc, elles font fort acidcs. On --- Page 299 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
On les confit comme les cerifes prefque comme le boiis, vient de 1695. €695. d'Europe, &c on en fait de la geléc; bouture ou de graine : depuis quela eft
cruies ou cuites elles font toûjours fort graine eft levée, ou que huit la à bouture neuf mois
bonnes & fort faines.
ûté, dc le roullerdans leur manquc, elles font fort acidcs. On --- Page 299 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
On les confit comme les cerifes prefque comme le boiis, vient de 1695. €695. d'Europe, &c on en fait de la geléc; bouture ou de graine : depuis quela eft
cruies ou cuites elles font toûjours fort graine eft levée, ou que huit la à bouture neuf mois
bonnes & fort faines. reprife, il ne faut que dufruit. Cet arbriffeau que l'on peut tailler pour le voir rapporter
C H A P I T R E XII. Defcription d'un ouragan. Maniere de mariner les Ramiers. M L y eût cette année dans nos me on parle dans le pais; on voit fente en- le
Iiles un ouragan qui fut de fuite la mer brifer fans qu'on
@ plus extraordinaires. J'aidé- moindre vent. On voit les oifeaux
ja remarqué qu'ils n'arrivent dans une efpece d'inquiétude qui voque depuis le vingtiéme dc lent de tous côtez, qui s'approchent
Juillerjufqu'auc quinziéme d'Octobre. Je des maifons &c des falaifes comme
croi pourtant que cette regle n'eft pas s'ilscherchojentdesendroitspour: Les bêtes à quatre fc pieds metfi generale ni ii bien établic, qucl- treenfeureté. s'affemblent &c fe mettent en troupes
puille avoir quelque exception
EAY
changement 3 car clle n'eft fon- comme j'ai dit qu'elles font quand elles
3e: fur la remarque qu'on a faite fentent les approches d'unt atremblement
que le palis eit habité par les deterre, cllesfrappent des pieds & meudepuis François que qu'il n'en eft jamais arrivé a- glent avec quelque forte d'effroi. Le
le
de
ni après le vent fe leve peu à peu, & fouffile enfin
vant d'Octobre; vingtiéme de Juillet, forte qu'avant & avec une impetuofité extrordinaire. après quinze ces deux termes on fe croit dans Quand il eft accompagné de pluye, on
une entiere feureté. ajujet de craindre la davantage, terre foûtient parceque lcs
Tempits On entend par le mot d'ouragan une fait l'eau arbres, humeétant les cannes,
& les auou
qui
ELSITLEC
appellée tempête vent impetueux
tres chofes font furlat terrc, la rend
oura- tout le tour du compas; c'eft-à-dire
& qui
confequent de
gan. qui parcourt & qui fouffle de tous les molle, donne par
plus
points de Thorifon les uns après les facilité auvent tdelesarracher, que quand
autress de forte que cc quia été ébran- leterrcineft fec, & par confequent
il fouffoit d'un côté, eft em- ferme. On avoit
C
quand arraché ou démoli quand il que quand il fait grands
de
SmS
Il ne dure tonnerre, il diflipoit le vent, faiCE
EL de la partie oppofée. heu- foit ceffer l'orage 3 cependant on repour l'ordinaire & fa plus que vingt-quatre force ne fe fait marqua tout le contraire cette année. res;
grande douze ou quinze La faifon des pluyes étoit venué de
reffentir que pendant n'eft
fort bonne heure, il avoit plà à ouheuresauplos, ce qui que tropfuf-
& il avoit tonné
fifant pouriaire de très-grands defordres. trance 2
de forte cftroyableIl cit ordinairement precedé par un ment quantité de fois, d'un
qu'on Mais
grand calme, un ciel ferein & un tems fe croyoit exempt
ouragan.
quinze La faifon des pluyes étoit venué de
reffentir que pendant n'eft
fort bonne heure, il avoit plà à ouheuresauplos, ce qui que tropfuf-
& il avoit tonné
fifant pouriaire de très-grands defordres. trance 2
de forte cftroyableIl cit ordinairement precedé par un ment quantité de fois, d'un
qu'on Mais
grand calme, un ciel ferein & un tems fe croyoit exempt
ouragan. de forTort doux. Peuà peu l'horifon fc char- la pluye recommença avec plus deuxiégc de nuages, & devient gras 2 com- ce que decoirumelcDmanche me
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NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1695. mcOétobre, méléedegrainse de vent fu- de voiture pour faire un
rieux, avec de grands coups detonner- viron trois cens
trajet d'en- 1695:
re; elle dura ainfi fans preique difconti- ma maifon à la fienne pas filechemin qu'il y avoit de
nuerjufqu'au ceffa
Vendredy feptiéme qu'elle été praticable 5 mais la favanne avoit
tout à coup fur ies fx heures du que fort élevée & fort en
quoimatin. pente, étoit
Nous crûmes alors quetout étoit fini, comme terrein une mer, où les élevations du
Scjemep préparois à remettre mon Eglife Iiles, tout paroiffoient comme de petites
enétat d'ydirelaMelfe. Cardèslel Lun- dc deux pieds lereftcétant d'eau couvert couloit de plus
di l'apparence d'un ouragan mc faifant un torrent. J'arrivai qui enfin chez comme
craindicquelcombled del-Eglife ne fàt voifin, &jy paffai le refte de la mon
emporté, parce que toutela nef &c une née & toute la nuit. Mes
partie des Chapelles n'étoicnt fermées caderentdeleur
TELISE
quep pardesh slalimbnrygrnemajse Le fort du vent mieux dans ma maifon. vois à tout hazard retiré le Trés S. Sa- heures après midi commengafarlesdeux
crement du' Tabernacle, &cjel'avoisfer- Sud-oueft,
parl rleSud, il vint au
ré le plus décemment qu'ilm'avoit été Nord fur les puis à l'Oueft, il fauta au
poflible dans une
fept heures, & acheva le
vois couverte avec gyrandcarmoirequejs des tapis, &pardef. tour fur les du compas avec la méme violence
fus avec une toile cirée bien cloiiéc,
mc quatre heures après minuit, à. ce
J'avois fait contrebouter l'armoire avec qu'on un hamac dit, fur Car les je dix m'étois mis. dans
de bonnes pieces de bois, & j'avois m'endormis fi bien heures, où
ajufté des planches par deffus, afin que n'entendis rien de que je ne fentis &
fi le comble venoit à tomber, il n'ar- foit: je ne me réveillai tout ce qui fe pafrivât aucun accident à ce que j'y avois heures, quand tout étoit que fur lescing
renfermé. J'étois donc prét à remet- vé. Ilcit vrai
prefque achetre toutes choles cn leur place, & j'a- tonnerre me faifoit que de tems en tems le
vois déja fait appeller mon Sacriftain me réveillois
treffaillir, &queje
quand j'entendis que le vent recom- quand le quelquefois en furlault,
mençoit à foufler avec plus de violen- trembler & changement la maifon du vent faifoit
cC qu'il n'avoit encore fait.
ét à remet- vé. Ilcit vrai
prefque achetre toutes choles cn leur place, & j'a- tonnerre me faifoit que de tems en tems le
vois déja fait appeller mon Sacriftain me réveillois
treffaillir, &queje
quand j'entendis que le vent recom- quand le quelquefois en furlault,
mençoit à foufler avec plus de violen- trembler & changement la maifon du vent faifoit
cC qu'il n'avoit encore fait. Pour lors l'ordinaire; craquer mais
plus qu'à
on ne douta plus que nous n'eifions le moment, je me rendormois dans
un ouragan de vent dans toutcs les de quej'avoit cequi peur-étre fitdireatoutlen monformes, après avoir effuyé un déluge te
dormi étélefeuldetoud'cau avcc beaucoup de vent & de froyable Tilequieut nuit. pendant cette eftonnerre les cinq, jours precedens. Je Le vent & la
me retirai dans ma maifon; mais mon jufqu'àneufl pluye mais durerent encore
voilin Monficur du Roim'envoya
heures, d'une maniere
d'aller paffer le mauvais tems avec prier lui, moderée, CC qui ne paroiffoit rien en
parce
me
comparaifon de ce qu'on avoit reflenti
dans fa qu'il maifon croyoit dans plus la en feurcté pendant la nuit. A midi l'horifon fuc
fallut
que
mienne. Il clair de tous côtez. Le vent
monter à cheval pour m'y ren- d'Et commença a
& ordinaire
dre, & m'y tenir en embraffant le col beau tems du monde foufler, fucceda le plus
du cheval, fans quoi le vent m'auroit affreux que l'on eût vû depuis bien au plus
emporté, Jen'aurois pourtant paspris annécs. Mais il ne repara pasles dom- des
ma- --- Page 301 ---
FRANCOISES DE L'A M E RIQUI E.
infinis que l'ouragan avoit caufé. long,fut tellement ruinée qu'on ne pou- 1695
1695. mages
dc voir les voit connoitre le lendemain leslicux
C'étoit une chofe pitoyable
où avoit cu des mailons 9 tant la
arbres abbattus les uns fur les autres,
T
ceuxqui étoient demeurez fur pied fans mer y avoit apporté ou découvert de
feuilles & fans branches, les cannes & groffés roches. Detoutes il lesmaifonsqui n'en refta
les maniocs arrachez, les cacoyeres formoient ce quartier,
de
trois ou
avec le
le lendemain leslicux
C'étoit une chofe pitoyable
où avoit cu des mailons 9 tant la
arbres abbattus les uns fur les autres,
T
ceuxqui étoient demeurez fur pied fans mer y avoit apporté ou découvert de
feuilles & fans branches, les cannes & groffés roches. Detoutes il lesmaifonsqui n'en refta
les maniocs arrachez, les cacoyeres formoient ce quartier,
de
trois ou
avec le prefque ruinées, les maifons renverfécs
quatre, de Guinée , magalin & un autre
ou découvertes, les unis chemins réduits rompus en fon- 5 Compagnic qui aiant de gros murs en forme d'épelesendroits les plus
les animaux rons pour foûtenir les terrafles qui 6drieres & en ravinages étoient 5
devenus toient devant leurs portes, rompirent la
les fauvages, plus domeftiques ils regardoient avec effroi de violence de la mer, &c le garantirent
tous côtez, & lembloient ne plus re- ainfi de fa fureur & de fon impetuoconnoitre les lieux où ils étoicnt tous fité.
avoir
les jours, &cveritablement ils n'étoient Il me femble
déja remarqué l'Ameriplus reconnoiffables, car on ne pou- que la plâpart des arbres de
voit rien ajouter à la défolation qu'on qucont peu deracines enterrc, &cqu'ils
voyoit de tous côtez. Dieu conferva nefont foûtenus que par degrandes cuif
craignois fes dont les extrémitez femblent plûtôt
extrémement; mon Eglife pour clle laquelle en fut je quitte aufli- ramper fur la terre que d'y pénetrer fufbien que ma maifon pour quelques fifamment pour y, prendre de la nourrid'cffentes qui furent emportécs ture; en efiet, elles n'y entrent pas de
rangs avec les planches du faitage. La Ca- la profondeur d'un pied. Ily: avoit une
befterre fouffrit beaucoup, mais ce fut infinité d'arbres adecgtelonrquelevent renverfécs fur
encore toute autre chole à la bafle- avoit arrachez, quiétant
terre &aul Fort Royal. Nôtre Couvent le côté faifoient comme des murailles 5
du Mouillage qui en cc tems-là n'é- tant CCS grandes cuilles remplies sdeterre
toit que de bois, & fort vicux, penfa entre les fentes des racines étoientdroiêtre emporté par une ravine d'eau qui tes & hautes. J'ai vû avcc étonnement dediatomboitdur morne: au pied duquel ilétoit des arbres. de plus de deux pieds
bâti, il fut prefque entierement décou- metre coupez la moitié, du refte & cempor- de'leur
tez à plus de
Fas
alite
vert auffi-bien PEglife.
Pendant que # vent étoit à l'Oieft tronc.
chofe à
il fallut
il fit tellement cnfler Ia mer & la porta La premicre
laquelle des chemins.
avec tant de violence contre la terrc, penfer, fut la reparation travailler
qu'elle emporta une batterie de huit Ma Paroiffe eut beaucoup à
canons qui étoit à Pembouchure de la parce queprelque toutes les habitations
riviere S. Pierre, clle ruina une partie étant féparées les unes des autres pardes
des murailles du Fort, les logemensdu rivieres ou des ravines tellement extrêmement
SmrImanImnt profondes, T pluyeavoit
gâté
Six ou fept vaiffeaux & quantité de ba- & dégradé les chemins, qu'ils étoient
riques vinrent à la côte, oà la plipart impraticables. Tout le bien
produifit cet oufurent mis en piece. Toute cette
que n'avoient
de & longue vué qu'onappelloit la ERGA ragan à ceux qui
grand".
lere, de de fept à huit cens pasde choleàp perdre commemoi,
Ertrp
plus
Eanz
K 3
ou fept vaiffeaux & quantité de ba- & dégradé les chemins, qu'ils étoient
riques vinrent à la côte, oà la plipart impraticables. Tout le bien
produifit cet oufurent mis en piece. Toute cette
que n'avoient
de & longue vué qu'onappelloit la ERGA ragan à ceux qui
grand".
lere, de de fept à huit cens pasde choleàp perdre commemoi,
Ertrp
plus
Eanz
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75 NOUVEAUX
1Os. dant la playequiprecedal
VOYAGES AUX ISLES
endroits des lavannes & des Touragan, jardins lcs verala
netwienepasinnndiss
qui plus voifine, Dominique, &c ceux qui de eft la terre la
d'uncinfinité
étoientcouvents
la
169y. viere,
d'oileaux de mer & deri- penfoient tiers, de en trouver dans Dominique nos
d'eau, pimercaoandncanages pluviers,
poules vimes des forte que le jour fuivant quar- nous
demer qu'ontuoit cercelles parles &a allotertes roquets & nuages de de ramiers, de perleg quant'té
fenétresentel- la
grives qui venoient de
Prican- - Mon qu'on vouloit. Dominique, ou qui en
tion vais jardin fouffitunpeud dece mau- abbatus par la faim & revenoient la
fi
pour
tems, mais
que
fitigue,
confer- n'auroit faitfans la benucoup moins qu'il mer, quelques-uns ters dans la
zer les eu de mettre précautiong quejavois nos d'autres far lefable, d'autres dans
fuitiers arères naiffance dès quatre ou cinq cordes à la voient favannes, la & d'autres enfin qui n'avoulois branches des arbres que je
pas force de fe tenir fur les
marer les conferveravecp bouts à des plus defoin,cd'a- branches en arrivant. des Nos arbres où ils fe pofoient
fait enfoncert bienavante piquets ten terre. quej j'avois far ces pauvres oifeaux habitans fe vangerent
faifoit ployer lesarbres, mais Levent que
leur avoit des dommages
les foutenoient de forte
lescordes firent Potiragan un carnage
caufé, ils en
dis aucun. que jen'en per- eut de mes Paroifliens épouvantable. Ily
eDimancheg
des barils entiers. qui en falerent
feallez tard, O@obre,je dislaMef. des
Jc fuivis T'exemple
Paroifiens
domer let tems à mes autres, &j'en fis une affez bonne
parce quel lcs provifion, tant de ccux
Caracan
chemimnepemnenaiers
que de ccux dont on me que je tuai,
aller à cheval, ni qu'on qu'on pit Mais la quantité
fit prefent. vite. fort roit
j'en avois m'auLtt
Ojfass
été inutile, 20cs on ne m'avoit
guizite Nousnousa
appris le fecret de les conferver en pas les
tentla
marinant
mrisimnejuilgun
Marti- tmmm.riiarcdes quets, grives, ramiers
perro- parle que comme des jevais le dire.
que je tuai,
aller à cheval, ni qu'on qu'on pit Mais la quantité
fit prefent. vite. fort roit
j'en avois m'auLtt
Ojfass
été inutile, 20cs on ne m'avoit
guizite Nousnousa
appris le fecret de les conferver en pas les
tentla
marinant
mrisimnejuilgun
Marti- tmmm.riiarcdes quets, grives, ramiers
perro- parle que comme des jevais le dire. Jc ne
sigue, noient la route de la &autres, quip pre- grives, les ramiers, les car pour les
n'eft éloignée du Macouba Dominique,
autres plus perroquets, petits
perdrix &
licuès. Lcs perdrix, les
de E qu'on fc donne la oNleiuix, il eft rare Maniere
lesortolansy prenoient auffi omnene le
& ner, Pour les ramiers pcine de les mari- deenmin; mais quand ils avoient mémeche- plumez, vuidez & après qu'ils font ferver
fur la mer, ils revenoients vers un la peuvolé a Ja broche où on flambez, leur onlesmer lesra- miers en
las & fi fatiguez qu'ils tomboient terrefi le tiers de leur
donne environ less mariavoirlaf force de ferelever, de forte fans les fend en deux, cuilfon, on leur après cela on nant. les prenoit àl la main." J'en
qu'on & les pieds, & on ôte coupe la tête
mec quelques-uins. C'auroit pris moi mé- dans qui font attachez tous les defa poudre que de les tirer setéprodiguer dans ce
met une couche de fel aux côtes. On
là."
tems- demi-doige
pilé environ d'un
La raifon qui
d'unejatre de d'épaiffeur terre , dans le fond
feaux à changer obligeoit de
tous ces oi- un baril bien
vernillée, ou dans
ne trouvoient plus demeure, deg
eft qu'ils fel de feuilles de étanché bois ; on couvre le
bois pour fe nourrir.
oudre que de les tirer setéprodiguer dans ce
met une couche de fel aux côtes. On
là."
tems- demi-doige
pilé environ d'un
La raifon qui
d'unejatre de d'épaiffeur terre , dans le fond
feaux à changer obligeoit de
tous ces oi- un baril bien
vernillée, ou dans
ne trouvoient plus demeure, deg
eft qu'ils fel de feuilles de étanché bois ; on couvre le
bois pour fe nourrir. Ceuxde graines dans les & on arrange deffus les d'inde feches,
ticrs croyoient
nos quar- ramiers les unes à côté moitiez des
apparemment en trou. les
des autres, en
fupoudrant tavec du iel, du poivre
& --- Page 303 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE.
& de la graine de bois d'inde battus peuchaffées. Celles del".Amerique: em'ont de 1605.
1095. enfemble. On fait fur cette couche de part un peu plus groffes celles ortolani
une autre couche de feuilles de Frahce; comme les
de France des Ifet,
muara
ramiers boisd'inde, fur laquelle on étend d'au- font en échange bien plus groffes que
tres moiticz de ramiers que l'on fau- celles de l'Amerique. Hlets font
commelespremicrs, continuant Quand on va dans les
qui
ainfitant poudre que le vailleau foit plein, ou aux environs des Ifles, dans le tems que
dumoinstantqu'on a de ramicrs; apres lestourterelles fopt leurs petits, on en fiquoi on le remplit de vinaigres & on prend beaucoup de jeunes avec des,
ke couvre. De cette maniere lesramiers lets, on les nourrit dans de grandes
fc confervent dans toute leur bonté une cages comme des volieres. Elles-s'y
année cntiere &c méme davantage. J'en engraiffent parfaitement bien 3
accommodai ainfi environ deux cens, dant les connoiffeurs prétendent
qui fc conferverent fi bien, que j'en les.n'ont jamais le gour fi fin
en
Ii
ETE
mangeai à mon retour de la Guadclou- qui ivivent liberté. ett prefqueim- foin
Pe plus de huit mois après les avoir ma- polibie de lcs apprivoiler quelque fau+
rincz, &je les trouvaiaufi frais & aufi qu'on fcdonne, ellesfont toljours fc
bons que le premier jour. Loriqu'on vages. Cclies qui vivent en. liberté de
les tire du baril, il fuut les bien laver nourriffenten certains tems de prunes
dans dc l'eau tiede, &clesy laiffertrem- monbin &c d'olives fauvages 5: dont les
environunquart d'heure, & enfuite noyaux leur demeurent allez long-tems
E laver & les laiffertremper autant de dans lejabot: ce qui a fait penferaqueltems dans de l'eau fiaiche, & aprés ques perfonnes qu'elles mangeoient de
qu'il font égoutez & cffuyez, achever petites spierres. Elles font ordinairement
de les taire cuire comme on le juge à Fortgrafles, &cd'unsre-bongoit.
foit fur le grils foit.en com- Les oileaux A qui nos infulaires: ont
propos, Ilfemble qu'ils Vicnnentd'être, donné le nom d'ortolans, ne font que
porte. tuez. Siau lieu de lesmettredansdurt- des tourterelles, d'une cipece beaucoup
naigre on pouvoit les mettre dans du plus pecite celles dontje viens de
faindoux, comme on met les cuiffes parler. Ils dota à pey près de la grofleur
d'oyes enFrance dans leur propre graif d'une caille: leur plumage citgris cenfe; je croij qu'ils fc conferyeroient en- dré, le deffous de la gorge tire un peu
çore mieux.
fur lcroux. Ilsvont koujourseouplezi
L'ouragan dépeupla prelqu'entiere- On en trouve beaucoup dans les bois,
ment nos Iles de perdrix & de grives, ils aiment à voir le monde, fc prome-
& l'on fut près de trois ans fans en voir nant dans les chemins fans s'éfarouchers
commconen voyoitauparavant.
& quand on les prend jeunes ils devienLes tourterelles nefe trouvent gueres nent tres-privez. Ce. lontdes pelottons
Tosrté- relles 6 que dans les sendroits écartezou elicsfont d'une graifle qui a un gottexceilent.
CHA-
Iles de perdrix & de grives, ils aiment à voir le monde, fc prome-
& l'on fut près de trois ans fans en voir nant dans les chemins fans s'éfarouchers
commconen voyoitauparavant.
& quand on les prend jeunes ils devienLes tourterelles nefe trouvent gueres nent tres-privez. Ce. lontdes pelottons
Tosrté- relles 6 que dans les sendroits écartezou elicsfont d'une graifle qui a un gottexceilent.
CHA- --- Page 304 ---
72 NOUVEAUX
rigs. VOYAGES AUX
Arrivée C H A P I T R E
ISLES
d'un Superienr General des
XIIL
1fos
2 Saint Domingue la Colonie Mifions des Tacobins. On
Francoife de PIfe de
tranporte
gE Lundi fecond jour de JanSainte Croix. vier S. Pierre 1696. il arriva au Fort à paiables ceux au porteur, &cde lesdiftribuer
une
qui lui
Sr
feaux
flotte de vaif- &
demandoient l'aumone,
Marchands efcortez mes particulierement de
à de certaines femyavoit fir partroisnavires cette flotte de guerre. Il rer du mauvaife crime en vie qu'il vouloit retiGeneralder nos Mifions. un nouveau Su- vivre. Lemotifdec leurfourniffant ces:
dequoi
EReR Perc Pierre Paul qui avoit été C'étoit voit étre meilleur; aumônes ne poufois Superieur de nôtre Miflion autre- de la auparavant fupputer fi mais nôtre il fucrerie falloit
Martinique, Religieux de mérite, de
étoit des médiocres,
beaucoupd dezele, & d'une charité
TE autant L'te fucre
pouvoic
les pauvres, qui auroit fervi de pour billets, & c'étoit qu'il écrivoit de
à tout le monde, fi elle avoir été modele ne s'étoit jamais juftement dequoi il
compagnée de Prudence &c de difcre- 2C- pliai donc forrement embaraffé. de ne Jele fuption. Pai parlé de lui dans le
ner cette peine, &
plus fc donme Chapitre de ma premiere cinquié: Partie. lui remettrions toutes qu'en les échangenous
M'étant trouvé à la
nous aurions la
aumônesdone
il arriva, avec la Baffe-terre de quand tribuerl lui-même difpofition pour les dif
étoient venus plipart pour rendre nos les Peres à propos, à quoi commeil il
le jugeroit
dee du nouvel an aux
vi- joûter les retributions Pouvoit de fes encore adnous nous affemblâmes pour Puiffanccs voir de ; me parut affez content de ces Meffes. Il
qu'elle maniere nous pourrions l'em- fitions, 8c mc promit de fe propopécher de diliper le bien de la Mif ce que la Million
conformer à
fion par fes charitez indifcretes. Cependant je crus entrevoir fouhaittoit de lui. fus chargé de lui en parler, & Je gelne lui déplaifoit, je le dis que à cette
mal que dans je viffe bien que cela me mettroit quoi- la Confreres cn leur rendant
mes de
fon clprit, le bien commun commifion dont ils m'avoient compte charJe T'emporta l'allai fur toute autre confidcration.
iper le bien de la Mif ce que la Million
conformer à
fion par fes charitez indifcretes. Cependant je crus entrevoir fouhaittoit de lui. fus chargé de lui en parler, & Je gelne lui déplaifoit, je le dis que à cette
mal que dans je viffe bien que cela me mettroit quoi- la Confreres cn leur rendant
mes de
fon clprit, le bien commun commifion dont ils m'avoient compte charJe T'emporta l'allai fur toute autre confidcration. ge, qui conclurent tous gu'il ne feroit
après lui trouver avoir dans fà chambre; &c vimes paslong dès fejour le à la Martinique. Nous
pitoyable où étoit fait le le détail de Pétat penfé jufte, lendemain Car il que nousavions
tre Mifion, je lui temporel dis
de nô- rieur de la Miflion de nomma la pour
Religieux m'avoient chargé que de tous le les Pere Cabaffon, avec la Martinique aE
de ne plus faire de charitez prier vicaire General & de qualité de Probillets de fucre,
avec des tolique pendant fon Vico-prefet Apof. tions pas en état Ite les que nous n'é- de mort, jufqu'à ce ablence, & en Cas
s'en falloit encore beaucoup payer, &c qu'il PereGeneral y eutpourvd, que lc Il Reverend
qu'il avoit faits autrefois fullent que ceux clara gu'il partiroit avec les nous détez. Car il eft bon de fe fouvenir acquit- de gui alloient prendrela Colonie vaiffeaux de
ce que j'ai dit ci-devant, que fa coû- Croix pourla porter a Saint
Sainte
tume étoit de faire des billets de fucre où il demcureroit jufqu'à ce Domingue,
établi l'ordre neceffaire dans celte qu'il Mif- cûc
fion. --- Page 305 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE:
fion. Il avoit amenéaveclui troisReli- défrichées & cultivées. Ilyavoit en- 1696,
E596. gieux, fçavoir le Pere Rofier qui s'en core dans ces commencemens une inétoit retourné en France au commence- commodité qui a caufé la mort à bien
ment de 1694. le Pere Noguet, & le des gens, c'étoit le manque d'eau doufrere ainé du Pere Romanet, dont j'ai ce, parce que cette Ifle étant uneterre
parléau commencement de cesMemoi- plate, unie & fans aucune montagne un
peu confiderable, avoit par conféres. ily
Monfieur du Maitz de Goympy nôtre quent peu de fontaines. On n'y trouM.2w Maitz Intendant reçût par cette Aotte le con- voit qu'une feule riviere aflez petite,
Inten- gé qu'il avoit demandé pour retourner dans laquelle la mer montoit affez haut
dantreRobert
la rendre prefque inutile aux hafeitjon en France, après quel Monficur
On avoitremediéa cesdéfauts
avoit été nommé en fa
feroit
Eronl
congé pour qui arrivé. Il eut fujet d'étre content place de la par des citernes qu'on avoit faites dans
revenir lettre qu'il
de la part duRoi, qui toutes les habitations, de forte qu'exsn Franreçut del'eitime qu'on avoit ceptéles fievres quartes qui attaquoient
$8. étoittoute à pleine caufe des importans fervi- les nouveaux venus, on jotifloit d'upour lui, avoit rendus
une In- ne très-bonne fanté; X chafle & la
ces qu'il
pendant
étoient abondantes, lefucre &c
tendance de plus de douze ans.
de la part duRoi, qui toutes les habitations, de forte qu'exsn Franreçut del'eitime qu'on avoit ceptéles fievres quartes qui attaquoient
$8. étoittoute à pleine caufe des importans fervi- les nouveaux venus, on jotifloit d'upour lui, avoit rendus
une In- ne très-bonne fanté; X chafle & la
ces qu'il
pendant
étoient abondantes, lefucre &c
tendance de plus de douze ans. péchey
en
Nôtre Superieur General deftinal lel P. les autres denréesyvenoient perfecNoguet pour être le premier Curé d'u- tion s & la Colonie fe fortifoit tous elle
ne nouvelle Paroife qu'on vouloit éta- les jours. Mais pour fon malheur
blir à la Guadeloupe, au quartier dela étoit obligée de vendre fes fucres &
Pointe-noire, &clePere Rofier
la autres marchandifesaux: Danois del'Ifle Raifon:
Paroiffe du cul-de-facRobert, EOcaN Saint Thomas, pour avoir lcs chofes ELF. barqua avéclel Pere Romanet fon Com- dont elle nc pouvoit pas fe paffer, & ewés
pagnon furl lesvaiffeaux quialloient pren- qu'elle ne pouvoit pas vaiffeaux efperer Marchands des Franla
fase
drela Colonie de Sainte Croix, pour çois, parcequeles
le
porter la
porter à Saint Domingue afind'augmen- ne fc rifquoient pendant guerre Celenis
ter celle de cette Ifle. Ils partirent le de defcendre fi e à caufe qu'ils au- deSainte
roient pû étre enlevez à la rade, ou ef- Crois 4
quinze Il étoit Janvier. difficile de pénetrer les rai- piez par les ennemis & enfuite pris au S. DoOn aran/ fons qu'on avoit d'abandonner cette IC débouquement. Cependant cette necef- mingut. persela le, dontla Colonie étoit établie dé- fité abiolue d'avoir recours aux étranColonie
foixante ans,
alors dans un gers, fervit de prétexte aux InterefS. Ruér
de puis
iez dans les Fermes du Roi pour fe
Croixà état floriflant, apeswarcouttdente
ce
des fucres
s. Do- grandes fommes, & confomméune in- plaindre que Danois tranfport confideramingne. hnité de perfonnes qui étoient pérics chez les
diminuoit
dans le commencement de fon établic- blement leurs droits d'entrée. On en
fement; car c'ett une regle generale &c fit un crime à ces pauvres habitans, &
prefque infaillible que les premiers qui on s'en fervit pour appuyer les demandéfrichent une terre n'en jotllient
des du Gouverneur de Saint Domingue
qu'ils font attaquez de t qui faifoittousfes efforts pour augmenparce dies dangercufes,. & lc plus fouvent ter fa Colonie aux dépens de toutcs les
mortelles. En efiet, rien n'eft plus à autres. fçû le retour d'un bon nomcraindre queles exhalaifons qui fortent bre J'ai d'habitans par qui aimerent mieux redcs terres nouvellement découvertes, L
monTom. II. --- Page 306 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1695, monter aux Iiles du Vent, que de dela
meurer à Saint Domingue, quelestrois deloupeapsyépour Pendant
de plus grande partic.
de toutcs les
mortelles. En efiet, rien n'eft plus à autres. fçû le retour d'un bon nomcraindre queles exhalaifons qui fortent bre J'ai d'habitans par qui aimerent mieux redcs terres nouvellement découvertes, L
monTom. II. --- Page 306 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1695, monter aux Iiles du Vent, que de dela
meurer à Saint Domingue, quelestrois deloupeapsyépour Pendant
de plus grande partic. Su- 1696,
vaiffeaux étant arrivez à Sainte Croix, perieur General lepeu demeurai jours à que nôtre
le Commandant fitpublier les ordresde le Religieuxqui avoit foin lMartinique, denôtrehabilaCour, qui ordonnoit à tous les habi- tation de la
tans de s'embarquer avec leurs effets luipropofa de Guadeloupe faire un moulin levint à voir, &c
pour aller s'établir à Saint Domingue, habitation que nous
enuaune
oir on leur devoit donner des terres à bord de la mer, dansle avonsàunelicuéde
proportiondeleurs forces.llfallutobEir, leMarigor. On ne quartier rappellé
mais comme ces trois vaifeaux & deux les yeux fur moi manqua pas de jetter
ou trois barques qu'ils avoient avec eux vrage, &onmep fortement conduire de cet m'en ounefuffifoient à
EHfeise
fonnes dont la Colonic peinequ'aporter étoit compolée, les per- charger. J'eus stoutes les peines du; amonles Officiersi fubalternes les vexerent d'u- deam'y mortdu Pere réfoudre, parce que depuis la
ne étrange maniere quand il fallut emCaumels, j'avois m'avoit entierebarquer leurs cffets. Ils affeétoient de memtpendalauideagrons rées
infpine Point trouver de place
les meu- demeborner degouvernern au foin nôtret de temporel, refolu
bles &c les marchandifes; Paete forte
d'employerlereite mal Paroille, &c
pour ene embarquer une partic, les FrRae Mais eafin il fallut demontemsaléude. moi comprictaires étoient obligez de leur ven- mencer cette pénible malgré &
dre l'autre au
quils en vouloient ter ma folitude &c mon carriere, fous quit- la
donner; de les leurs les FRCLS étant bien feurs promeffe le Superieur reposs. me fit de me
revendre ou à d'autres gens rendre ma
fitôt
de
quej'auroisvice
NESER
Saint Domingue bien pluscher qu'ils qu'on pouvoit faireàla
ne T'avoient acheté. Onhilli dansiIile quej'aurois
Guadeloupe, fi
&c
les chevaux, les bétesà corne &c à lai- lois Pas T'executer tracél'ouvrage, entierement. jenevounc; on mit le feu aux maifons, ondé- permit de charger du foindema Paroiffe On me
moliricfort,&onmiitilavoic. Nous je voudrois de nos Peres, afin
emhargujacinad@iroiguil étoient au RR feur que
queje
nombre de quatre-vingt-quatre grands entretenu 8cbien ecequejylaiflois conlervé. Jep feroit bien
ou petits, avec ce que nous pûmes des Etienne. Aftrucq de me rendre priafleP, ce
attirails de nôtre fucrerie. Ccla a fervià nous étions bonsamis,
fervice;
faire l'établidement que nous avons à trés-capable de contenter Scjelecomnoilfois parfaitement
Leoganedonrmneisroms, cheterlefend,
été obligez d'a bicn mes Paroifliens; & je me préparai
quelaMilion de laGua- au voyage dela Guadeloupe.
des Etienne. Aftrucq de me rendre priafleP, ce
attirails de nôtre fucrerie. Ccla a fervià nous étions bonsamis,
fervice;
faire l'établidement que nous avons à trés-capable de contenter Scjelecomnoilfois parfaitement
Leoganedonrmneisroms, cheterlefend,
été obligez d'a bicn mes Paroifliens; & je me préparai
quelaMilion de laGua- au voyage dela Guadeloupe. H A P I T R E XIV. L' Auteur part pour la Guadeloupe. Defeription des Bargues, Brigantins
e Corveties dont on fe fert ai'x Dies. 230 partis du Fort S. Pierre de venuë de Breftaux.Ifles exprès
e la Martinique le Jeudi
rela courfe. Monfieur Auger
mierjourde Mars,
Gouverneur de
BETBE
oNhitite
fregate de dix-huit canons,. vit de cette occafion Marie-galanre, poura aller prendre fe ferfortbonnevoiliere, quiétoit poflefion du Gomomsemmedrhos
dev --- Page 307 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. deloupe qui comprend la Grande-terre, Guadeloupe. Ils retournerent: tauffi-tôt 166. 16y6. les Saints, & la Defirade. Cefut dans à terre pour en donner avis aux autres
ce voyage que je commençai à le con- Caraibes lui qui vinrent en leur grand joye, nombre 8clui
noitre, &c à liera aveclui une amitié qui levoir, témoigner viendroient traiter dans
a duré jufqu'à famort, malgrélesmou- promettre qu'ils lui
des
vemens que fe font donnez bien des ion Mle, & qu'ils eux apporteroient &cnous étions
pour la rompre. Nous fûmes pris Anglois aveclefquels Ils connoifloient Monfieur
St" calme, comme cela eft aflez ordi- en guerre. & l'aimoient,
naire, devant la grande favanne de la Atgerdepuislongrtemsy ilétoit Gouverneur de
Dominique. C'eit un terrein uni de parce que quand
Situadeux mille de
il les recevoit bien, les
tion o quinze cens à
pas large, & Marie-galante, & les faifoit bien boire; ce
lonsueur delifle fait juftement le milieu la de PIlc, à
chez eux de tous les bienfaitsle
fm moitié du chemin de Martinique qui
ES
delaDo- la Guadeloupe. Onc compte trentelieuès plus eftimé, &dont on fe fouvient plus
minigut. de lap pointe de Saint Martin del la Mar- long-tems. Ilsapporterent dest traita fruits, avec des
tinique, àla pointe du vieux Fort dela crabes &c des volailles qu'on
boiGuadeloupe. La grande favanneeftjuf- eux, &caprès qu'on les seutbienfait fort contens. tement au milieux de cet efpace, & fait re, ils s'cn retournerent du vent de terre qui
la moitié de la Dominique, à qui on Nous profitâmes nous
donne quinze lieués de long decccôté- vint fur le foir, qui
le prelque calme
jufqu'à la pointe duNord, PounE
là.
'on
boiGuadeloupe. La grande favanneeftjuf- eux, &caprès qu'on les seutbienfait fort contens. tement au milieux de cet efpace, & fait re, ils s'cn retournerent du vent de terre qui
la moitié de la Dominique, à qui on Nous profitâmes nous
donne quinze lieués de long decccôté- vint fur le foir, qui
le prelque calme
jufqu'à la pointe duNord, PounE
là. confondre PHle de la nous
& nous fit un peu deriver. Dift- Il ne faut pas celle de Saint Domin- Le Samedi reprit, imatin nouslouvoyimes pour
rence Dominique avec
ou
entre gue comme font quelques écrivains pouarptocherdessuntes Cef pourp parlaDomi- inftruits de la langue Efpagnole, "ESE lerplusjufte, des Saints. nique o les noms de ces Iilcs font dcrivez. La tites Ifles, dontcelle quieit fous le
ETE
S.DeDominica fignifiellile &c à l'Oueft, s'appelle la terre de Bas,
singue. Dominiqueoulal
fut décou- & celle cftalElt la terre de Haut. du Dimanche, parce qu'elle & celle de S.Do- La
qui eft àune moyenned difverte un
srlte
Dimanche,,
l'Ife tance des deux autres, ne paroit que
mingue ou San-Domingo, Onl'avoit fignifie d'abordap- comme un grand rocher qui n'eit pourdes S.Dominique. tant inutile,
aide à former
pellée la petitel Efpagne ou Hifpaniola,
pas Port. Puilquril environ
mais aprés la décour crtc delaTerre-fer- un très-bon
llya
quatre- dans
me dont une partic fut nommée la nou- vingt-dix habitans le portant armes comvelle Efpagne, PIfle appellée la petite ces deux Ifles; Capitainequiles du GouE(pagne n'eut plus d'autre nom que ce. mande eft comme Subdelegue Ifes
lui des. Dominique qui étoit celui defa verneur de la Guadcloupedequice)
ville capitale. étions affez
de dépendent. Dès qu'on nous apperçôt de la poinComme le Vendredi nous matin, il près vint à te du vieuxl Fortqui eft à deuxl lieuésau
terre
de Caraibes nous vent du Bourg & du Fort de la Ballenous unc pirogue s'être bien affurez qui
terre de la Guadeloupe, on en donna
aborda, étions après François. Ils turent ravis que avis par deux coups decanon, afinque
nous
Monlieur
&d'ap- les habitans fe miffent fous les armes
d'y trouver étoit Gouverneur Auger, de la pour recevoir leur Gouverneur,
prendre qu'il
L2
Seo --- Page 308 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696, fçavoit être dans. le bâtiment qui pa- ris par le bas de la voile, & non le
roiffoit, parce qu'unc barque Flibuftiere haut comme on fait aux voiles par 1596;
qui étoit partie avec nous dela Martini- Le hautde lav voile n'eft
quarrées. quc, en avoit donné avis à Monfieurde occupé
à pointu, mais
la
de
paralellement
8catI
Malmaifon, Lieutenant Roi qui taché à une autre
vergue,
commandoit en l'abfence du Gouver- bout échancré en petite verge, dont le
neur.
qu'unc barque Flibuftiere haut comme on fait aux voiles par 1596;
qui étoit partie avec nous dela Martini- Le hautde lav voile n'eft
quarrées. quc, en avoit donné avis à Monfieurde occupé
à pointu, mais
la
de
paralellement
8catI
Malmaifon, Lieutenant Roi qui taché à une autre
vergue,
commandoit en l'abfence du Gouver- bout échancré en petite verge, dont le
neur. & coule le
demi-cercéyembote du mât. Il ne faut pass'étonner que cettel bar- cette vergue long une corne. On une appelle
queo qui étoit partie avec nous, futarri- ccuvreàfon extrémité Ilya manvéc devant nous. Carquoique nôtre freaide
qu'on appelle bagate fut une très-bonne voiliere, il ya lancine,qui & à tenir la corne au en hiflas état, à leverlavoile afin
Gaer@rgrandeduterne, pourlc fillage foit toûjours paralelle au
qu'elle
entre lesbâtimens à voilesquarrées com- la tête du mât deux guy. Il part de
me étoit nôtre fregate, & les barques des, dont l'une eft manceuvres ou cordont nousi nous fervons aux Iflesqui font du
entre les frappécàla naiffance. à
à voiles letines, & d'une toute autre la téte beaupré. bittes, Dans la &cl'autre
maniere
premiere
Lhrt
que celles qu'on voitfurlescô- font paffez les anneaux
tcs de l'Ocean d'Europe, & fur laMe- une petite voile
qui foutiennent
diterranéc. pelle le trinquet, triangulaire, & dansla feconde qu'on ceux apNos barques des Ifles ont leursvoiles d'uncautre voile
nomdifpofces de maniere, qu'au lieu queles méele foc. aullitriangulaire: on
le
bâtimens à voiles quarrécs ont befoin beaupré avec Quelquefois une perche allonge à
de cinq airs de vent pour naviger, elles fon extremité une troifiéme pour manceuvre fraper
n'en ont befoin quededeux oude deux qui porte un faux foc. & demi tout au. plus; c'eft pour cela On voit aifément
qu'elles ne font pas obligécs. de faire de dire, que ces bâtimens patce doivént que je viens être Utilité deces
tant de bordées,
qu'elles pren- excellens aller au plus
barnent le vent CEa que tout au- & qu'ils Eear fort ailez à prèsduvent, O
trefortedel bâtiment. BE quelque gran- Par
virer de manceuvrer. bord il ne TPAE
deur que foient nosbarques, ellesn'ont faut exemple, que
le foc 8c le
les iitéde
jamais
CLIENL
qu'un mât droit. On les appelle pendant qu'on pouffe Ja barre trinquet, au
manDfip- quelquefois fimplement bateaux" 3 lcs &c
vent, rexures.. rioiades Efpagnols lcs nomment balandres. La qu'on largue Técoute dela grand voibarques
lc, parce dans ce moment levent) la
donton verguc, qu'on appelle auffil le guyeftat- prend 1 revers, &c la
de l'aufefota achée par un bout à un anneau de fer tre sitA fait virer le jettant
LAme- qui eft cloué dans le mât à fept ou huit On voit encore bâtiment.
vent, rexures.. rioiades Efpagnols lcs nomment balandres. La qu'on largue Técoute dela grand voibarques
lc, parce dans ce moment levent) la
donton verguc, qu'on appelle auffil le guyeftat- prend 1 revers, &c la
de l'aufefota achée par un bout à un anneau de fer tre sitA fait virer le jettant
LAme- qui eft cloué dans le mât à fept ou huit On voit encore bâtiment. rigut, pieds au deffus du pont,Aaifancumangle
aflez que la voile étant
paralelle au mât, le vent affez
droit avec le mât. La voile eft triangu- clle, pour peu qu'il
de la fr
laire, le plus petit côté elt attaché à la
E
vergue; 5 cclui qui forme l'angle droit la pendiculaire, barque en avant ce qui : &c'eft fufft pour ce atir ne fe
avec le côté attaché à la vergue,cftjoint peut pastrouver dans lesbâtimens: qui à voiau mât par des cercles del bois paffez dans les quarrécs, oû les voiles ne
le mât qui coulent tout le
par lc jamais Ctre paralelles aux côtez. peuvent
moyen. defquels on. éleve la : à telle Les meilleures de ces barques fe font Les
hauteur qu'on veut > Çar on. prend. les. à la. Vermudc, Iilc Angloilc qui et Larqus:
par delizre --- Page 309 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
T7
les 32. & demi de latitu- les François négligent fort mal-à-pro- 1696,
R696. Nord. Outre degrez qu'il fe trouve dans pos, &c fur tout nos Flibuftiers qui abmude SER
très-habiles battent toutes les chambres,afin d'avoir
fontlas ccs Ifles des conftruéteurs
meilles- pour CCS fortes de bâtimens, ils ont plus de place pour rangerleur moufqueres lisres. voi- encore abondance de bois d'Acajou, terie. autres fortes
les Efpagnols &c Anglois appel- Nous avons encore deux à faire
f
honneur cedre : bois très- de bâtimens que l'on employe &c les
liant E" très-leger 2 & qu'on prétend la courfe; ce font les brigantins trois
ne craindre ni la pourriture ni les corvettes : car pour les batimensà à moins
mâts comme font les vaiffeaux,
vers. Ileft vrai que quand nos Corfairesen qu'ils-ne viennent exprès de France, nos
prennent qui ne font que fortir de la Corfaires s'en fervent ou
mal
tout. IPOS
les
fort équi- ler plus
"ISte
ils trouvent
jufte,
Pgu
Vermude, n'ayant
l'ordinaire
de très-louvent
ont pris de bons vaifpécs,
pour
que
&c
-
vielles voiles & des cordages de mahot; feaux de trente & quarante canons,
mais ils les ont bien-tôt équipées fans même davantage, qu'ils auroient vendre pà ar- à
qu'il leur en coute rien, &c veritable- mer, , qu'ils ont mieux aimé à faire la courment elles meritent bien qu'on faffe cas très-vil prix & continuer
&c cela
d'clles, car elles font d'excellentes voi- fc dans leurs petits bâtimens,
licres. pour deux ou trois raifons. La premieIl s'en fait aufi alaJamaique,oh l'a- re, parce qu'il y a beaucoup de confé- mancajour ou cedre eft fort commun, mais eeuvre à un vaiflcau, &c à que travailler, par &a
elles n'arrivent pas à la perfection & à quent ily a beaucoup
la viteffe des Vermudiennes. Elles ont c'eft dont les Flibuftiers ne veulent
ordinairement peu de canons. Celle que entendre parler.
ou trois raifons. La premieIl s'en fait aufi alaJamaique,oh l'a- re, parce qu'il y a beaucoup de confé- mancajour ou cedre eft fort commun, mais eeuvre à un vaiflcau, &c à que travailler, par &a
elles n'arrivent pas à la perfection & à quent ily a beaucoup
la viteffe des Vermudiennes. Elles ont c'eft dont les Flibuftiers ne veulent
ordinairement peu de canons. Celle que entendre parler. Ils n'aiment qu'à Fe
j'ai vûë qui en portoit davantage, ap- battre pour facilement de Targent, & en qu'ils aufli
à Monficur dc Codrington, depenfent
LESPEA
partenoit General desI IflesAngloifes fous le vent, peu de tems qu'ils Pont gagné. La feceb-a-dire,dAmtiges, Nieves, Mon- conde, que Ics gros bâtimens confomfarrat, la Barboude,Pancflon, les Vier- ment beaucoup d'argent pour les équiges,Separtiede Saint Chriftophle. Elle
& qu'il faut un plus grand nom*
avoit quatorze canons. ECCa d'hommes pourles monter, ce
diminue confiderablement le lot ou
Ees Fli- Nos Flibuftiers en ont pris quelquechacun d'eux. Et enfin,
bufiers fois qui avoient dix canons, mais ils en part de
parce ni
vexlent diminuent le nombre quand ils les ar- qu'ils ne font jamais fi bons voiliers bâtipende canons ment. Ils n'y en laiffent jamais plus de fi fins bouliniers
les petits
dans fix, étant perfuadez que quatre fufils mens, &c fur tout a barques; car comleurs font plus d'execution qu'un canon; au me il eft du devoir d'un Corlaire de rebâti- contraire des Anglois qui comptent connoitre tout cC qu'il voit à la mer,
mens, beaucoupplus fur leur canon que fur il eft auffi de fa prudence defe pourvois
leur moulquetcrie. d'un bâtiment avec lequel il puilfe fc
Les Anglois ajuftent les poupes de tirer promptement de deflouslcfeu d'un
leurs barques avec bien de la propretés bâtiment qui feroit trop, fort pour lui,
ils y menagent des chambres, des Ca- &c où ilr n'y auroit que des coups à gar
bancs, & mille autres commoditez que gner. Les:
L 3 --- Page 310 ---
58 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1596. Les brigantins n'ont que deux mâts pondit en même
Deferip- droits, & leur beaupré qui fert à fou- conde
tems. On fit une fe- 1696,
tion di tenir les manceuvresdu trinquet &c du re; celle-cy décharge fut quand ilmitp pied àt terbrigan- foc, quand le tems permet de fe fervir
des accompagnée de la dela vernene
tin. de ces deux voiles; ils portent auffi la moufgueterie nifon. Ilfut
Milices & de la gar- Guadefivadiere comme les autres bâtimens à le Lieutenant reçà aubord de la mer lotpe. voiles quarrées. Le mât d'avant ou de ciers & des Confeillers de Roi, àlatéted des CORRT
mifene, porte deux voiles quarrées; fa à
dei fes
qui fc trouverent
mifene & fon humier. Le grand mêt a mes, portée les rendreaul Bourg. Les Carune voile latine, coupée, attachée &c gicux de Jeluites, la Charité les Capucins, les Reliqui fc manceuvre commc celle des bar-
& nos Peres ne manquesquejeviens de décrire, avecun hu- querent pasde levenir complimenter.Je
nier quarré au deflus.
deux voiles quarrées; fa à
dei fes
qui fc trouverent
mifene & fon humier. Le grand mêt a mes, portée les rendreaul Bourg. Les Carune voile latine, coupée, attachée &c gicux de Jeluites, la Charité les Capucins, les Reliqui fc manceuvre commc celle des bar-
& nos Peres ne manquesquejeviens de décrire, avecun hu- querent pasde levenir complimenter.Je
nier quarré au deflus. Faccompagnai toit
jufqu'au Fort, où ils'éDe la La corvette ne differe
fait préparer fon
corvesdu brigantin pria de venir
logement. Ilme
76 qu'en CC. quetoutes fes voiles font quar- Officiers de la diner lelendemain avecles
rées. frégate qui nous avoient
Nous arrivâmes devant le Bourg de paffez. canon & On de fit une troifieme décharge de
la Baffe-terre de la Guadeloupe fur les au
moufqueterie quand il cntra
trois heures après midi. defcendis Fort, ce qui termina la ceremonie. avec Monfieur Auger dans E: chaloupe Lnfrercysmpontum falua la
ce tems-là,
Receh- de la frégate, qui ne manqua pas de le
Forterefle de fept
de Casion du faluér d'onze volécs de
non,aufquels) Monfieur. Auger
Gouerdite
lcs le canon de toutes canon, les batteries aufquel- ré- dre par cing volées. réponH A P I T R E X V. Deftription da Bonrg de la
du
Bafe-terre, Fort 3 des Eglefes d des
Convents, e du quartier appellé le Baillif
OCgES Peres Carmes me donne- étoit
rent un cheval pour mc por- Pere Superieur, jy, trouvai encore le
terinétre-habitatione quieftà
la Noguet quiétoit deftiné pour rem-
- A
On plir nouvelle Paroiffe de la Pointeuncpetteleucdoboung
noire, & le Pere Daflier
palfc en y arrivant une affez fonétions curiales dans qui faifoit les
groffe riviere, qu'on appelle la riviere Baillif fervoit nôtre Eglife du
de Saint Louis, & plus Communément roifliale. qui
encore d'Eglife Pala rivieredes Peres. Depuis que les An- L'endroit où
glois eurent ruiné nôtre Couvent dans plus beau
nous fommes étoit le
Firruption qu'ils firent à la Guadeloupe del la quartier de l'Ife dans le tems
en 1691. nous avions bâti une maifon les premicre Compagnie qui peupla
de bois au milieu de la favanne, envi- Iles, &c des Scigneurs particuliers
ron à cent pas de la fucrerie. C'étoit qui avoient acheté Ies droits de cette Acciun très-petit bâriment: j'étoisauffi bien Compagnic. Ilyavoit deux Bourgscon- dens qui
logé au Macouba, àune chambre
fiderables, Tunà côté de la riviere des ont TNique tous nos Peresl'étoient dans près, lc Peres, du Baillif, &l'autre des deux côtez de cel- néle Rourg S. tit bâtiment. OutrelePereVidal cepe:
Mais lepremier ayant été Louisc
quiy cmporté deux fois par desdébordemens celuidu
fu- Baillif,
agnic. Ilyavoit deux Bourgscon- dens qui
logé au Macouba, àune chambre
fiderables, Tunà côté de la riviere des ont TNique tous nos Peresl'étoient dans près, lc Peres, du Baillif, &l'autre des deux côtez de cel- néle Rourg S. tit bâtiment. OutrelePereVidal cepe:
Mais lepremier ayant été Louisc
quiy cmporté deux fois par desdébordemens celuidu
fu- Baillif, --- Page 311 ---
TnJTerHTIP7
Corzette
Brigantin.
Bargue
Stumnt --- Page 312 --- --- Page 313 ---
CANTCL --- Page 314 ---
A
: :
M
P
-
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- :
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S
-
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&
X
a --- Page 315 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE:
16g6. furieux de la riviere dans des tems d'ou- parce que le terrein étant trop étroit 2 1696,
les
refterent nevou- il avoit fallu faire dc très-gros murs
lurent ragan; CReTOE courir pareil rifque, à pour foutenir les terrafles qu'on avoit Cc
quoil Eur ajoûtero rquetoutelaterreon etéobligedefairer bâtiment avoit douze pourl'augmienter. toiles de long fur
étoient! les maifons aiantété emportée, des fept de large. Il étoit flanqué de quatre
iln'étoit demeuré en fa ou place que im- pavillons détachez chacun de fix toifes
monceaux de rochers, ilétoir
del long fur cinq de large. L'un fervoit
pollible debâtir quaveumederenicck de Chapelle domeftique, Pautre decuitrême. Ceshabitans, où dis-jesfefonttrant. à ilsont fine &ded dépenfe; letroifiéme étoit feportez versle Fort, peu peu
paré en deux, 8cfaifoit deux chambres
fait lel Bourg gqmtetapnsienckpamcipl
les malades, le quatriéme fervoit
de Lel lIlle.
tdes deux côtez de la pour del Réfeétoire &c d'Office. Ilyavoitdes
riviere CPETRLA du
a été aufli ruiné plus caves. ou celliers fous tousccs pavillons.
d'unefois. Ilaétébrulé les Anglois Il eft certain que ces bâtimens avoient de
en 1691. & lorfqu'il RIESED prefque en- un grand air, quand on aucune lesi regardoit commotierement rétabli, il fut emporté tout loin, maisils n'avoient dedans. Ils furent
entier par un débordement furicux de dité quand on étoit
la rivicre. La caufe de ce malheurfut brulez en 1691-parlesAnglnis, Jetrouqu'und côté dela falaife chargédegrands vai qu'on avoit racommodéla fervir de Paroifle. Chapelle
arbres s'étant écroulé tout d'un
domeftique vis bien pour dès le premier entretien
dans un endroit où les falaifes acmz Je
le Pere Ridal qu'il n'avoit
foiente extrememenelelite les broufailles, delariviere,les lcs terres &c lcs quej'cusavec guere envic de faire travailler au canal
arbres, pierres firent une digue qui retint les pour lequel on m'avoit vûës fait venir; lavoit té- &c
Eutyjuiquicequeicirg poidsentrainant qu'ilavoit eu des lorfqu'il
tout d'un côtécet obftable, letorrentfe moigné tant d'empreflement pour cet
cela me fit plaifir, parce
répandit avec entraina tant d'impetuofité, à la mer toutes qu'il les ouvrage; c'étoit le moyen de retourner cudRe
couvrit maifons du ou Bourg avec une partie des ment à ma Paroile. Cc quejeluiendis
habitans. Il commençoit a fc rétablir, lui fit faire des reflexions qui l'oblige- &cde
lorfqu'il a été brulé de nouveau par les rentir mpiendcnifterfesdroity
Anglois en 1703. comme, je le dirai en niveler 8ctracerl'ouvrages 8cque quand il
fon lieu.
il feroit en état d'y faire travailler,
Depuis la ruine du Bourg qui étoit efperoit
nc refuferois pas
de la riviere Saint
PE- venir.
# promis, parce que
fit faire des reflexions qui l'oblige- &cde
lorfqu'il a été brulé de nouveau par les rentir mpiendcnifterfesdroity
Anglois en 1703. comme, je le dirai en niveler 8ctracerl'ouvrages 8cque quand il
fon lieu.
il feroit en état d'y faire travailler,
Depuis la ruine du Bourg qui étoit efperoit
nc refuferois pas
de la riviere Saint
PE- venir.
# promis, parce que à
de Louis,
MEE
côté Paroifliale fut établie dans leBourg fatisfaifoisainfi àt tousmcs engagemens.
SLS Baillif, où il n'y avoit auparavant Lc Dimanche quatriéme Mars je me
qu'une chapelle. Le Pere Raymond rendis d'affez bonne heure au Fort. & Jc
Carbondicre qui a étélong.temeSupe- fis une vifite au Gouverneur, lui fille quel- ne
zieur de nos Miflionsavoit fait bâtir un ques inftances que je
diner pour chez
Couvent fur une hauteur derriere TE- me pas trouver ce jour Officiers là à Bretons
Paroifliale, dont la fituation pour lui à caufe detous ccs
EC vûë ne pouvoit être plusbelle; mais quiy devoient étre, il ne voulutjamais lui eusi
pourlerefic elle étoit tres-incommode, me laiffer fortir qu'après que je
pr --- Page 316 ---
8o NOUVEAUX VOYAGES AUX
36p6. promis de revenir. J'allaii donc faluer pointes, chacune ISLES
Monfieur delaMalmaifon Licutenantde de
de cing toifes &cdémi 1695,
Roi; nous seàmesbien-tôt fait connoif- l'un longueur. à On fit enfuite des murs,
fanceécamitiés c'étoit un très-honnéte
paralelle la riviere &c Pautre au
homme, franc & du meilleur coeur du Bourgs dans on y ménagea un petit flanc
monde. J'en parlerai commej jec dois dans
lequel monter on fit la porte & l'efcalier
plusd'unendroit de ccs Memoires. J'al- entrée pour dans fur la terraffe qui donne
lai voir les Peres Jefiuites, les Carmes, là toutes les les appartemens. C'étoientles Capucins & les Religieux de la Cha- dans le
fortifications
avoit
rité. Ceux-ci avoient pour
tems de Monfieur. RI mais
un homme de mérite, appellé Supericur leFrere feconde depuis que l'Ifle eut été vendué à la
Aubin, très-habile Chirurgien, extré- le de 1654. Compagnie, &
c'efl-à-dire, àcelBoneraiépeurkefenuerl des
par le Roi en qu'clle cut été retirée
quifefervoit avantageufement du
maifon & la 1674. on a enveloppé la
fon
SRONO
que habilcté &cles talensluiavoient
terraffe, dont je viens de
acquis, pour fuppléer à la pauvreté de & parler, de d'un parapet compolé de terre
fon Hopital. fafcines, au bas duquel il y avoit
Je me rendis au Fort à Pheure du di- un dans foffé creufé dans le. roc, ou du moins
ner, qui ifut d'autant plus
un terrein qui eft prefque auffi dur. conviez qui étoient Bretons long, trouverent queles On a prolongé le parapet & le foffé 9
d'excellens vins &c de quoi les exciterà rentrans en leur & failant faire quelques angles
boire, ce qui.n'étoit point.
, au bas duquel il y avoit
Je me rendis au Fort à Pheure du di- un dans foffé creufé dans le. roc, ou du moins
ner, qui ifut d'autant plus
un terrein qui eft prefque auffi dur. conviez qui étoient Bretons long, trouverent queles On a prolongé le parapet & le foffé 9
d'excellens vins &c de quoi les exciterà rentrans en leur & failant faire quelques angles
boire, ce qui.n'étoit point. du tout ne- éloignée du faillans, jufqu'à unel ehauteur
ceffaire. le donjon d'environ deux cens
Defrijp- Je fortis de table
pas. qui commandoit abloluments &c
-tion du
long-tems avant on a fait fur cette hauteur un
Fort de qu'ilkyfongeatient, fieur
&cjefus avec. Mon- ou batterie fermée
cavalier
la Guade la Malmaifon voir le Fort. Il. huit
de maçonnerie avec
deloupe. eft fitué fur un terreing plus élevé dequelembrazures. Laf face qui regarde le
ques toifés que le Bourg. Il eft borné Bourg a neuf. toifes de longucur, celle
au Sudeft parla rivicre dcs Gallions qui qui regarde & celle les montagnes cinq & decoule au pied des falaifes très-hautes mi, feulement qui eft du côté du donjon
& tres-efcarpées, fur lefquelleslest murs
trois. Ileft bon de fgavoir
dul Fort font affis. Le côtédu Sudoueft qu'on huir appelle donjon cette maifon à
regarde la mer dont il eft feparé par un Ily avoit pointes huit bâtic par de MonfieurH Houel,
eipace d'environ. cent pas, dans lequel
deux pieccs canon fur ce
on a tailléle chemin qui defcendaubord cavalier, ze de
defquels étoient debrondcl la mer. Le côté du
dix-huit livres de balle; les aule Bourg & les montagnes. Nordoueftregar tres étoient de fer de differens calibres. Ce Fort ne confiftoit autrefois
lly avoit encore trois pieces fur la
une maifon.quarréedep pierre, qu'en te-formeà côtédu donjon; c'eft là
te
tRec
fieur Houel Proprietaire dc ille que.Mon- avoit l'artillerie qui étoit dans le Fort. A
fait faire pour relifter aux incurfionsdes fe. l'égard Une du
c'étoit peu de choSauvages avec
il étoit en
de moyenne
HERES
lefquels
guer- deux
grandeur,
re. Il'lt dans la fuite élever des angles
chambres le
& un cabinet
faillans devant chaque face, de forte toit geoient divifé premier étage, le fecond NE
qu'elle devin; comme une étoile à huit du bâtiment, en quatre chambres; lchaut
c'ef-à-dire, le galetas
lervoit --- Page 317 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. 8r
1696. fervoit de falle d'armes. Les cuifines &c Celle des Jefuites eft de maçonnerie, 16p6,
les Offices étoient hors du donjon. On le dedans eft orné de pilaftres de pierre cmai- Eglife
avoit menagé dans le maffif fous le pre- de taille, avec une corniche Autel d'un eft affez de fond des
mier étage une citerne & deux magazins mauvais deffein. Le grand
d'un Selwiàp poudre, dont Pun quid étoit vuide fer- menuiferic, beau, bien exccuté,
tes. voit de prifon; les baraques des foldats bon goût, bien doré, aufli bien la
Oiliciersétoient
Chaire du Predicateur.
menagé dans le maffif fous le pre- de taille, avec une corniche Autel d'un eft affez de fond des
mier étage une citerne & deux magazins mauvais deffein. Le grand
d'un Selwiàp poudre, dont Pun quid étoit vuide fer- menuiferic, beau, bien exccuté,
tes. voit de prifon; les baraques des foldats bon goût, bien doré, aufli bien la
Oiliciersétoient
Chaire du Predicateur. Elle eft
EESESR
&des
dansl'efpacequ'il fée en voute à plein ceintre del bois d'Ay avoit depuis la plate-forme la jufqu'au 6- cajou fort
il ya deux Chapelles
cavalier. Ordinairement garnifon
toit d'une compagnied détachée dela mafont la IFOEL avec la Sacriftie au
rine de
à foixante hommes,
du clocher. En general cette
TRST
avec trois cinquante Officiers. Eglife eft très-propre; cllea cule bonCeFort tout mauvais qu'ilfoit,avoit heur d'échaper deux fois àla fureur des
foutenu un fiege de trente-cingjours
Anglois. Lc portail, du moins ce qu'il
les Anglois y mirent en 1691. A3RE yenadefait, eftde pierre de taille avec
fieur de la Malmaifon Lieutenant de lesarmes deMeflieurs Houel furla porRoi le deffendit avec beaucoup de va- te,foit Aomil-fanura-s
leur & de prudence, &c donna le tems àfa fabrique, foit que les, Jefuitesayent
au Marquis de Ragny Gouverneur Ge- voulu les
par cette diftinétion à
neral des Ifles de venir de laMartinique l'achever à
dépens. ESTE
avec quelques troupes de milices, de La maifon des Jeluites étoit alors fur
Flibuftiers & de foldats de la marine, unc hauteur à de trois cens pas de
ce obligea les ennemis de fc retirer leur Eglife. à la verité une intemr
avec qui précipitation, laiflant une partie commodité trés-grande
cux, mais
del leurs canons, un mortier, beaucoup elle leur fournifioit une EONLE des plus
de munitions, debleffez. & de malades. belles qui n'avoit pour bornes quelhoLel Bourg queles. Angloisavoientbru- rifon de la mer > un air frais, 2 &c plulé en 1691. étoit prelque entierement fieurs jardins fort jolis. Leurs bâtimens
rétabli. Il commence au deffous de la étoient trés-peu de chofe, ils ne conhauteur fur laquelle le Fort cft fitué, fiftoient qu'en deux ou trois chambres
c'eft une longue ruë qui va depuis cét de bois, un petit pavillon quarré de maendroit jufqu'a une ravinc appellée la çonnerie ou ils recevoient leurs vifites,
ravine Billau. Elle eft coupéc inégale- une petite Chapelle domeftique, & un
ment environ aux deux tiers de falon- autre bâtiment qui contenoit la cuifine,
gueur la riviere aux Herbes. La la dépenfe &c le refeétoire. Ils avoient
partic RT plus grande &c la plus confide- derriere cc bâtiment une cour quarrée
rable eft entre cette riviere ScleFort, fermée de murailles, avec des appentis
retient le nom de Bourg dela Bafleterre.
éc inégale- une petite Chapelle domeftique, & un
ment environ aux deux tiers de falon- autre bâtiment qui contenoit la cuifine,
gueur la riviere aux Herbes. La la dépenfe &c le refeétoire. Ils avoient
partic RT plus grande &c la plus confide- derriere cc bâtiment une cour quarrée
rable eft entre cette riviere ScleFort, fermée de murailles, avec des appentis
retient le nom de Bourg dela Bafleterre. qui fervoient à mettre leurs moutons,
Celle qui eft depuis la riviere aux Her- leurs chevaux de felle, & autres chofes
besjulqu'àl àlaravine Billau, fe nommele de leur menagerie, avec un grand COBourgs Bourg Saint François,
que les lombier en pied, dont le dellous ferdela Capucins y ont une
un Cou- voit de prifon pour leurs Negres. Leur
Balfe
BAEE
terred o vent. Ilyadans ces deux quartiers cinq fucrerie étoit au deffus du Bourg Saint
deSt. ou fix petitesrués de traverie avec qua- François avec un moulin à eau. Leur
Fran- trel
terrein auroit été bonsiln'avorpiscté
fois. Eglifes. Tom. Il. M
f --- Page 318 ---
8z
NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
:hg6. f fujet a la fechereffe, leurs Cannes peu
fechoient fouvent
Cet établif- bitans, d'adminiftrerles érant
Sacremens auxha- 16ph. fement
Oar
ayant été bralé &c ravagé avec de TIle, & en appuyez vertu
le Seigneur
une elpecc de fureur
Fond
par les Anglois en Bulle de communication pretendué
1703.i ils ont achetélesterres que Mondes Privileges
fieur Auger poffedoit de l'autre côté de desReligieux continué de Mendians, &ccequilsont
Ja riviere des Gallions, & ils y ont diftrics des Paroiffes faire, jufqu'à ce que les
tranfporté leur fucrerie, qui felon les par ordre du Roi en 1681. ayant ils été font reglez deapparences jeviens de rétiflira mieux que celledont meurez en poffeffion de ce
Parler. Ils font à lGuade- fans pourtant avoir
quartier,
loupe fur le pied de Mifionnaires des moins
pû obtenir du
Negres, 8c particulierement de ceux Bulle du jufqu'en 1710. aucun Bref ou
qui lont de la dépendance de la Paroif- faire les
pour être authorifez à
fedela Baffe-terre. curiales dans cette
Eeste
cela vingt-quatre mille Ils touchent livres de fucre pour Paroiffe, & dans les autres qu'ils defferfur le Domainedu Roi. Ils avoient une vent LeursCouvent dans les Iifles. Paroife à un quartier appellé les trois fous de la Place eft fituéun derriere peua audef
Rivieres, éloigné du Bourg d'environ batterie qui d'armes, leur
une
trois licués furle chemin de la Cabe- res qui en font porte reflées nom. Les mafufterre; ils l'ont cedéeaux Carmes, après de 1691. font connoître depuis l'incendie
aroircufhonnéteté de l'offrirà nos Pc- mais été grand' chofe. que ce n'a jaresaquielle convenoir, écqui eurentde làilsavoient bâtitrois Depuis cc temsmauvaifesraifonsp pourne la pasaccepter. chambresdeb
ou quatre petites
Com- Les Carmes qui defiervent la Paroif fine8cune boisavec une aflez belled cuimnentles Carmes fe du Bourg de la Baffe-terre font de la Leur dépenfe.
onnéteté de l'offrirà nos Pc- mais été grand' chofe. que ce n'a jaresaquielle convenoir, écqui eurentde làilsavoient bâtitrois Depuis cc temsmauvaifesraifonsp pourne la pasaccepter. chambresdeb
ou quatre petites
Com- Les Carmes qui defiervent la Paroif fine8cune boisavec une aflez belled cuimnentles Carmes fe du Bourg de la Baffe-terre font de la Leur dépenfe. pfont Province de Touraine, dont le Cou-. cc d'armes. Eglile étoità un coin de la pla- CoNctablis vent des Billettes à Paris fait
de
C'étoit un bâtiment de bois TenTC
a la Ils furent appellez Monfieur
quarante-cinq à cinquante pieds de Eshit
Guadefur
desCarTaai
Leupe. alors Proprictaire Se la Guadeloupe, long quin'étoit ving-quatre ni
ni pieds de large, mes,
dans le tems qu'il étoit en procès avec conféquent fort pavé mal lambriffc, Sopar
nos Peres pour la montagne S. Louis, fitté en cet état propre. Ila fubdont il vouloit alors lcs depouiller, & Anglois prirent julqu'en la
1703. le les
dont à la fin ils font demeurez en
peine de
etuer
pof
Peres 8cleurs
fellion, par un Arrét rendu par lesAr- fukemeainooeigren Parciffiens d'enbitir un
bitres nommez parle Roi, & homolo- venable a la grandeur du autre Dicu plus conguc en fon Conieil d'Etat en 1652. Les doit adorer. qu'ony y
Carmes ne furent d'abord que comme
los Chapelains du Scigneur fans aucune étoir LHtertaldoRalgeadelc environ deux cens
Charité bas deesets- Hipital
jerifdicrion (pirituclle; mais la gucrre que la maifon des Carmes. Pas ples
à les deux débordemens de la rivicre malades étoit de
Lafalledes Tcace Chade Saint Louis dont j'ay parlé ci-dc- d'environ quatre-vingt maçonnerie, fur longuc rite. want,avant obligé les habitanse du Bourg de largeur. Elle étoit pieds trente
Saint Louis à tranfporter leurs demcu- tite hauteur, & faifoit fituéc face firrune à la peresauprés du Fort pourêtre plus enfeu- Elle fervoit auffi de
mer. reté. Les Carmes s'immifecrent peu à difoit la Melie, & où Chapelle l'on conlervoit où l'on
le --- Page 319 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. le Saint Sacrement pour les malades. poit tout le refte de la hauteurdela co- thgb,
16y6. Ccla m'a toûjours paru indecent. J'en line, elle avoitune très-belle vûe, foit
ai dit quelquefois mon fentiment à ces ducotédelatere, foit du côtédul Bourg
bons Rcligieux 1 ils en convenoient, 8cdelamer. Les deux bouts de cet étamais ils n'étoient pour lors en état ge &clc côté quir regardoit la montagne
de micux fairc; Denie faire beaucoup, ctoient de maçonneric allez bien
d'en- CCZ.
jours paru indecent. J'en line, elle avoitune très-belle vûe, foit
ai dit quelquefois mon fentiment à ces ducotédelatere, foit du côtédul Bourg
bons Rcligieux 1 ils en convenoient, 8cdelamer. Les deux bouts de cet étamais ils n'étoient pour lors en état ge &clc côté quir regardoit la montagne
de micux fairc; Denie faire beaucoup, ctoient de maçonneric allez bien
d'en- CCZ. Les jambes des
des
E
eu égard àleur pauvreté prefenute,
portes& mais
tretenir, comme ils failoient, un bon tres étoient de pierre de taille,,
nombre de malades qui feroient peris la face qui regardoit la mer n'étoit que
fans lcs charitables fecours qu'ils en re- de bois. Lc dedans confiftoit en bâti- une
cevoient. Il y avoit derriere cetteinfir- galleric de toute la longueur du de
merie une cour quarrée, fermée de mu- ment, d'environ quinze pieds dans le
railles foutenoient des
Ilyavoit un falon quarré
HrEE
compoloient qui la cuifine, les appentis magalins De lieu, & trois petites chambres-dec chales chambres Religicux, tout cela de
côté qui n'étoient feparécs les unes
pleinpied avecleurjardin. Le tout pro- der autres, & de la gallerie quepardes
prc & bien entretenu. cloifons de meni@erefortpropre Aux il
E:life LEglife &c le Couvent des Capuicins deux bouts de cettederniere terraffe, dontlun
GCos- étoicnt de l'autre côté de la riviere aux y avoit deuxperits bitimens,
went Herbes. L'Eglife étoit de maçonnaric, fervoit de Chapelledomelique, 8cl'aud:s Ca- petite &caffez propre. Ilya avoit devant tred'Infrmerie. Lejardin de cctte terpucins. la porte nombre dc gros arbres, qu'on rafle avoit aufiun d'cau. C'étoitafappelleFromagers, quif faifoient untrès- furement le plus A bâtiment & le plus
bel ombrage. Leur Couvent étoit fur agreablement fituéqui fut ent toutcs nos
une hauteur derrierc l'Eglife. Il falloit lilcs. Monficur dc Codrington General
monter far trois terraffes avant d'arri- des Anglois, l'avoit pris pourfonl logever au rez de chaufféedu Couvent. Ces ment en 1691. &encette confideration,
terraffes avoient vingt-cinq toifes de il lc fit conferver aufli-bien quelEglilong, & fx toifes de larges on mon- fc, & celle des Jefuites, quand il fit
roit de l'une à T'autre par de larges de- mettrelefeu à toutlereitedul Bourgen
grez. Il y avoit fur la troifiéme un baf- fe retirant. Son fils y a auffi logé lorffin de picrre de taille avec un jet d'eau qu'il fit le mêmc fiege en 1703. maisil
devant la portc du Couvent. Lc bâti- napascul les mêmes egardo,ilyfitmet. ment avoit environ dix-huit toifes de trelefeucnferetirans Jene (çai fi delongueur. L'étage à rez de chauffc puis mon départ ces bons Pcrcs l'auront
étoit de maçonnerie; il contenoit unc fait rétablir. falle à manger, la cuifine, les offices, Ily avoit â côté dc la rivierc aux
des magazins & deux chambres oùr l'on Herbes un très-grand bâtiment de mapouvoit coucher.
met. ment avoit environ dix-huit toifes de trelefeucnferetirans Jene (çai fi delongueur. L'étage à rez de chauffc puis mon départ ces bons Pcrcs l'auront
étoit de maçonnerie; il contenoit unc fait rétablir. falle à manger, la cuifine, les offices, Ily avoit â côté dc la rivierc aux
des magazins & deux chambres oùr l'on Herbes un très-grand bâtiment de mapouvoit coucher. Audeux bouts étoient çonnerie, couvert cn demi-terraffe, 9
des rampes de picrre de taille qui con- appartenant au fieur Abbé Guefton. duifoient fur le perron. 2 qui donnoit Ilavoit fervi autrefois de Rafinerie,
entréc dansl'étage de deffus. Cetétage mais depuis que les habirans s'étoient
étoit de plein pied avec la quatriéme mis à blanchir eux-mémes leurs futerraffe qui formoit unjardin au derrie- cres, toutcsles! Raffincries étoient tomre de la maifon; & commc ellc occu- bées. SilcsRaffineurs yétoientcontenM2
tez --- Page 320 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
r696, tez des profits immenfssqu'ils: faifoient, Depuis cette batterie
leur négoce auroit duré plusl longtems; élevé où le fort
jufqu'au terrein 1696;
leur dureté &c leurs mauvaifes manieres
eft fitué, ily avoitun
firent enfin
gros mur avcc quelques flancs & des
Selespriverentdesg cogriepciaseiebtmi embrafures. Cé mur couvroitla place
foientfur lesfucres gainsinfimiaqu'isfar d'armes & les maifons qui l'environIl pouvoit y avoir dans qu'ilsblanchilfbient. cesdeux
noient. Il y avoit encore une batterie
deux ccns foixante
Bourgs à Barbette de trois pieces fur lahauteur
de bois, &cfort maifons, lap plapart du Fort au bord de'la falaife, &cunea autre de deux pieces au de-là de la riviere
dela Tourecequartier RBOSt fermé du côté des Gallions. Voilà
mer d'un parapct de pierres fc- fortifications dul quelles étoient les
ches, de fafcines &c de terre foutenucs Monfieur
Bourg &cdu Fort quand
Par des piquets. Cette efpecc de forAuger prit poffeffion de fon
tification commençoit à la ravine Bil- Gouvernement; ; encore étoient-elles
lau, & continuoit ainfi jufqu'à la bat- fort des en defordre, car depuis le départ
teric des Carmcs.. Cette batterie étoit
Anglois rétablir on n'avoit fait autre chofe
de maçonnerie à merlons, il y avoit toucher que
la breche du cavalier fans
ncuf picces de canons de fer de diffebefoin. au refte, quoiqu'ilen eut trèsrens calibres qui battoient dansla rade. grand
C H A P I T R E
XVI
Deftription des qttartiers du Marigot, de Saint Robert, de la
des Habitans 5 d la deftente des Anglois en 1691.
on n'avoit fait autre chofe
de maçonnerie à merlons, il y avoit toucher que
la breche du cavalier fans
ncuf picces de canons de fer de diffebefoin. au refte, quoiqu'ilen eut trèsrens calibres qui battoient dansla rade. grand
C H A P I T R E
XVI
Deftription des qttartiers du Marigot, de Saint Robert, de la
des Habitans 5 d la deftente des Anglois en 1691. Magdaleine,
tier Quar-
- El LundirMars,jallai àl l'ha- communement dans les Ifles à tous les
appelléle
bitation du Marigor où on lieux où lcs caux de pluye fc raflemAiarigot
projettoit de faire le mou- blent &c fc
e pour Rrus
linacau, elle eft à une bonconfervent. il eft certain
qisoi
ne licué du bordde la mcr. Ces' deux érangs font d'une grande utilité pour abbreuver les beftiaux
haut Depuis & difficile qu'on a paffe un endroit aflez & lcs autres neceflitez de ce
à monter, qui eft der- là, oà lei manque d'eau feroit quartierriere nôtre maifon environ à huit ou fouffrir, quoiqu'on ait une beaucoup
neuf cens pas du bord de la mer, on riviere à côté, mais elle coule fort au groffe
trouve un terrein qui monte toûjours de falaifes f hautes & fi roides, bas
infenfiblement vers les grandes mon- la defcente fait
&c
font
peur,
3ec
tagnes qui
au centre de l'Hilc, &c vient inutile à ceux
qu'elle
on rencontre de tems en tems des ef- ces habitations élevées. qui demeurent Il eft vrai dans
paces confiderables de plat pais, dans ya une petite fource d'eau dans nôtre qu'il
quelques-uns fe
defquels les caux de terrein, mais c'eit 6i peu dc chofe, fur
pluye &
ramaffent & fe confervent 5 tout dans les tems de fechereffes, qu'à
elles Particulierement forment
endeuxendroits où peinepeut-elle fournirdel'eau
deux petits étangs: c'eft re aux deux habitations
pourboice qui a fait appeller ce quartier Ma- plus proches. qui en font les
rigot, qui cft un nom que l'on donne Je mefurai avec un demi-cercle la
hau- --- Page 321 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
8g
jour là. Monfieurle Gouverneur qui y 1696,
1696. hauteur perpendiculaire depuisl'endroit
leLicuoû j'étois julqu'à la furface de la ri- avoit étéinvité, s'ytrouvaavecl Officiers de
viere dont je devois conduire Peau, tenant de Roi, quelques un Prêremplir lc canal qu'on propofoit. robbe &c d'épée, &c entre autres fils de feu
Eem trouvai quatre-vingt-d deux toifes tre appellé PAbbé du Lion,
de la
trois pieds. Cctte grande profondeur Monfieur du Lion Gouverneur
ne m' 'étonna point, parce
comme Guadeloupe. Tous ces Mellicursavecles c'eft-à-dire,
j'ai déja remarqué toutes fes rivieres Communwute:Re-diginufesy les
les Capucins
des Ifles ne font que des torrens qui les Jefuites, Carmes, dinerent
tombent des montagnes avec une trés- & lesReligieux de la Charité,
grande pente, & fouvent en cafcades chez nous.
ieur du Lion Gouverneur
ne m' 'étonna point, parce
comme Guadeloupe. Tous ces Mellicursavecles c'eft-à-dire,
j'ai déja remarqué toutes fes rivieres Communwute:Re-diginufesy les
les Capucins
des Ifles ne font que des torrens qui les Jefuites, Carmes, dinerent
tombent des montagnes avec une trés- & lesReligieux de la Charité,
grande pente, & fouvent en cafcades chez nous. d'une hauteur confiderable; de forte Comme je ne vis point d'apparence
quej je ne doutai point qu'en cottoyant de travailler fi-tôt à mon ouvrage, je
horifontalement la falaite depuis f'en- refolus d'aller voir mon Compagnon
droit ou devoit être le moulin, je ne deRcligion & devoyageleBere Gaffot,
me trouvaffe enfin de niveau avec le
delervoit uneParoille à cinq lieiics
fond de la rivicre. J'avois trois ou T Baillif du côté de TOiieft, appellée dont
quatre Negres avec moi pour me con- Plilet à Goyaves. J'yallai à cheval
duire dans les détroits de ces monta- j'cus tout licu de me repentir, car la
& pour m'ouvrir le chemin où plus grandepartie dece chemin eft dans
ETTA haliers étoient trop épais. Je tirai des mornes tellement hachez, qu'ilfaut
quelques coups de niveau fans bcau- fans celfe monter & defcendre au tracoup de précifion, jufqu'à la diftance yers des rochers & des racines d'arbres
d'environ huit cens toifes. La nuit qui couvrent tous ces chemins 3 qui
m'empécha de continuer; le peu que font d'autant plus mauvais, qu'on s'6j'avois fait, me convainquit de la pof loigne de la Balle-terre;
qu'étant
Sbilité de la chofe , & même qu'elle
frequentez, ils font négligez,
R
étoit bien moins difficile qu'on ne fe Ep plûpart des habitans fe fervant prefl'étoit figuré. Il eft vrai qu'ily avoit que totjours de leurs canots pour aller
du travail, mais ce n'étoit quc des ar- & venir de chez eux à la Balle-terre, où
bres à couper & des terres à remuer, font ordinairement toutes leurs affaires. dont la vuidange étoit d'autant plus Aprèsqu'on a palle lariviere du Bail- Bourg
facile que le travail étoit fur unc cof- lif, qu'on appelloit autrefois la petite du Bailtiere. D'ailleurs nous ne devions tra- riviere, on trouve un morne efcarpé lifc Chatevailler que fur nôtre terrein, oir par au pied duquel il y a quantité de rui- axde la
coufequent il n'y avoit aucune difcuf- nes des bâtimens qui ont été brûlez Magde- leine. fion à craindre pour les dédommage- parles Anglois, & enfuite détruits par
mens, ce qui fouvent eft un embarras le débordement de la riviere y entre
pour celui qui conduit le travail. Tous lefquels il y avoit une très-belle rafnosl Peres, exceptéleSupericur, témoi- finerie. Lé chemin pour monter ce
gnerent bien de la joye du rapport que morne eft dans la
& quoiqu'afleur fis. fez roide, il ne
pas d'étre comARTETS
je Le Mercredi 7 Mars, jour des Cen- mode.
fouvent eft un embarras le débordement de la riviere y entre
pour celui qui conduit le travail. Tous lefquels il y avoit une très-belle rafnosl Peres, exceptéleSupericur, témoi- finerie. Lé chemin pour monter ce
gnerent bien de la joye du rapport que morne eft dans la
& quoiqu'afleur fis. fez roide, il ne
pas d'étre comARTETS
je Le Mercredi 7 Mars, jour des Cen- mode. On trouve fur la hauteur les
dres, nous fimes en partie l'Office de reftes du château ou fort de la Meflicurs MagdeSaint7 Thomas d'Aquin, qui tomboitce leine. Il avoit appartenu à
do
M 3 --- Page 322 ---
NOUVEAUX VCYAGES AUX ISLES
16y6. de Boifferet Confeigneur de PIleavec ret, Marquis de SainteMarie, neveux tby6. MonficurHouel leur oncle. J'allaivoir de Monficur Houel, après le
ced qui en rettoit. C'eft un quarré long qu'ils firent avec lui de la partage
dont lecôté qui regarde la terre versle la Guadeloupe & autres terres proprictéde depenNord-efl, 8ccclui quiregardeleNord- dantes de leur Seigneurie. La borne
olieft, étoient couverts par de petits de ce partage étoit la riviere du Bailbaftions d'environ quatre toifesde flanc lifdu côté de l'Oûeft avec une
fur neuftoifesde face. L'angleduc côté imaginaire tirée par le fommet ligne des
de la riviere du Baillif n'avoit point de montagnesjufques' à la grande riviere
baftion, Parced qu'ilétoit furun rocher à Goyaves, autrement la riviere Saint
efcarpé qui regnoit tout le long du Charles du côté de l'ER, comme on
côté oppofé à la mer. On avoit mé- le peut voir fur la cartc. Tous cest bànagé uneplace au deflous de cct angle, timens avoient été entretenusjulqu'en
ou l'on avoit fait une batterie à Bar- 1691. on y, avoit même tenu une garbette de deux pieces de canon. Les nifon. On' les abandonna
folfez qui font devant tous ces ouvra- y mirent le fcu en fe retirant. SclesAnglois Onles
gcs ont cinq toifes de large &c trois de a negligé depuis ce tems-là, de forte
profondeur. A trois toiles de la con- qu'ilne refte que les murs &les foffez
trefearpe il y. a un petit mur d'envi- qui foient en leur entier. On
ton fix pieds de hauteur coupé en an- cepéndant faire un affez bon pourroit pofte de
gles faillans & rentrans, qui fervoit de ce licu-là qui mettroit à couvert tous
parapet au chemin couvert. Lededans les environs, & qui arrêteroit affez les
de ce poligone qui peuravoircinquan- ennemis pour les empècher
te toiles du centre d'un baftion à l'au- loin. Je vis à côtédaFort une d'allerplus maifon
trc 2 étoit occupé en partic par un & uire petite habitation que le Negre
grands corps de logis de maçonneric qui me fuivoit me dit appartenir àla
quin'a jamais eu que la moitié de fa veuve Gremy.
qui arrêteroit affez les
de ce poligone qui peuravoircinquan- ennemis pour les empècher
te toiles du centre d'un baftion à l'au- loin. Je vis à côtédaFort une d'allerplus maifon
trc 2 étoit occupé en partic par un & uire petite habitation que le Negre
grands corps de logis de maçonneric qui me fuivoit me dit appartenir àla
quin'a jamais eu que la moitié de fa veuve Gremy. longueur. Ce qu'ilyaeu d'achevé n'a Après avoir confideré ces ruines, je
qu'environ douze toifes de long fur repris leg grand chemin. Je trouvai enhuit de large. Un côté taifoit fice à viron a cent pas plus bas un terrcin
la mer; 8cl'autre aux montagnes &à uni; moins élevé d'environ
toila porte du Fort. Entre le bitimentSc fes que le rez de chauffée du quatte Fort où
la falaife du bord de la mcr, ily yavoit l'on avoit commencé un
deterre
de très-belies citernes, & le réite du & de fafcines avec des parapet embrafurcs fur
terrein bien uni, marque qu'ilya eu le bord de la falaife regardela
en ect endroit une terrafe. Onvoirpar & une grande ance qui de fable
mer,
des reftes de murs qui font en dedans pelle l'ance da
qu'on elle ap- a
des courtines, qu'il y avoit des bâti- plus de cinq cens gros François, de
mens ou apentistout: autour de latour. pointe à l'autre. Elie efl bornée large d'une fous
Cette Foitereffe eft commandée à la le vent par un gros cap. aflez élevé 9
portée du fufil par unc motte deterre au pied duquel coule la riviere du Plcfd'environ deux cens cinquante de fis, Un autre petir s'éleve à peu
circonference, qu'il feroit aifé Et cou- près dans lon milieu la
en
per. Cc Fort & la maifon qu'ilrenferme deux parties prefque
partage il femont été bâtis par Mcfficurs de Boifle- ble
ccttc
RF
que
hauteur ait été mifc là
à --- Page 323 ---
FRANCOISES DE L'A MERIQUE. aig6. à deffein de faire un pofte pour défen- ce dernier quartier la eft cloignée Pleffis. d'une 16;6. dre l'ance en cas que les ennemis y bonne licue de riviere du
Le
vouluffent faire unc defcente. Jc trou- chemin
y conduit ne fuit pas le
vai quelques vicux retranchemens ou bord de 9et mer, mais il s'en éloigne
murailies dc pierres feches de diftance de trois ou quatre cens pas. Tout CC
en diftance fur le chemin, depuis le terrcin eft aflez uni jufqu'à la moitié
Fort de la Magdeleine jufqu'aladefcen- de la diftance de la riviere du Plefis
où l'on trouve
tc de la rivierc du Pleflis 2 dont les al'Eglife des habitans, mefure
Quartier cParcibords, c'cft-à-dire, lel haut delafalaife, un valon qui de sélargit oùil à forme qu'il une f des
étoient encore
de femblables re- s'approche la mer,
rvienx
tranchemens, SRES fort cn defordie, baye ou ance qu'on appelle l'Ance Va- hasiQuartier prefque tout éboulez.
ierc du Pleflis 2 dont les al'Eglife des habitans, mefure
Quartier cParcibords, c'cft-à-dire, lel haut delafalaife, un valon qui de sélargit oùil à forme qu'il une f des
étoient encore
de femblables re- s'approche la mer,
rvienx
tranchemens, SRES fort cn defordie, baye ou ance qu'on appelle l'Ance Va- hasiQuartier prefque tout éboulez. Tout le terrein delorge. A cinq cens pas ou environ fimngle- 1423,02
o Sox- qui cit entre la riviere dul Baillif&ccel- avant d'arriver alEglife des habitans, menties
tagne S. lc dul Pleflis, s'appelle la Montagne S. on trouve une defcente affez aifée au babiKovert. Robert. bas de laquelle eft une plainc de douze tans. La defcente de la riviere du Pleffis à quinze cens pas de large, qu'on
eft difficile, quoiqu'on aitmultiplicles pelle le Fond des habitans 9 qui "e
détours cn zigzag pour adoucirl lap pen- partagée en deux parties prefque égaies une affez
rivicre du métc du chemin, 2 il ne laifle pas détre par
grofle fe
dans
encore fortroide. On a ménagé un pc- me nom, qui avant de confiderable jetter
tit polle.capable de contenir quinze ou la mer, forme un étang
ringt hommes au milieu de la defcen- où lcs poiffons de mer entrent quand
te, afin de pouvoir découvir le fond la riviere eft debordée, ou que ia dide la riviere. Ce pofte me parut fort gue de fable cft rompué quelque
inutile & fort dangereux pour ceux marée extraordinaire. un endroit
el
qu'ony mettroit, parce quilsyferoient d'autant plus rempli de poiflons de
découverts jufques aux pieds par ceux toutes efpeccs, qu'il eft difficile d'y
qui feroient dc Pautre côté delarivic- pécher à caufe des mangles & autres
Te, & qu'il leur feroit abfolumentim- arbres qui font fur fes bords, dont lcs
pofible de fe retirer. racines fervent deretraites aux poiffons. La rivicre du Pleflis n'a pas plus L'Eglife & la maifon Curiale font aflez
de fix toifes de large, clle a béau- près de la riviere. Ce font les
&c confequent
cins qui deffervent cetteParoiffe;
reti
coup de & pente, comme Aiz coule entre peu des qut en étoit Curé s'appelloit le Pere
d'eau; rochers &c quantité de picrres, ionpaf Romain, très-honnéte homme, bon
fage eft toujours difficile. On prétend Religieux qui s'étoit acquis l'eftime &c
fon eau eft des plus faines8c des l'amitié de tout le monde fcs maque plus legeres de toute l'Ile. L'autre nieres douces & pleines Se candeur. côté de la riviere eft encore une fa- Sa maifon & fon jardin étoient trèslaife auffi haute que la premicre, qui propres. Il me ft mille amiticz, &c ce
ne laiffe pas de fournir un chemin plus ne fut pas fans pcine qu'il mc Jaida
doux, parce qu'on l'a micux ménagé fortir de chez lui pour continuer mon
en cottorant la pente de la falailc.
'Ile. L'autre nieres douces & pleines Se candeur. côté de la riviere eft encore une fa- Sa maifon & fon jardin étoient trèslaife auffi haute que la premicre, qui propres. Il me ft mille amiticz, &c ce
ne laiffe pas de fournir un chemin plus ne fut pas fans pcine qu'il mc Jaida
doux, parce qu'on l'a micux ménagé fortir de chez lui pour continuer mon
en cottorant la pente de la falailc. vovagc, après m'avoir fait rafraichir, &
Cette riviere fepare la Paroiffe dul Bail- & donné à manger à mon Negre
lif de ceile des habitans. L'Eglife de à mon cheval. Ilyavoit aux environs
de --- Page 324 ---
S8 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696, del'Eglife une vingtaine der maifons OC- de très-bonneterre. Larivicre desHa-
& cupées par des.Artifans, des Cabaretiers bitans paffe dans celui
autres gens. & danscelui del'Oueft qui eft à P'ER,
Tout le terrein depuis la riviere du Petite riviere
ilya une autre
Pleflis jufqu'au fond des Habitans, cit gendre. ne appellée la riviere Beaufec & ufé depuis le bord de la mer né le nom Je à celle-ci. içai Point Son qui a donhauteur, jufques huit ou neuf cens pas dans la re eft éloignée de celle desHabitans émbouchu- de
la terre eft excepté encore quelques bonne & fonds où cinq à fix cens pas. Elle coulc au pied
Cela n'empéche
graffe. d'un morne haut & roided du même
n'employe fort pourtant pas qu'on qui termine la plaine des Habitans nom, du
cotonniers, utilement ces terres en côté del'Oueft."
cet
en pois, patates & manioc, droit
Laterredepuis endont les habitans font untrès-bon comjufqu'à lIllet à Goyaves eft pref
merce. que par tout G feche, 6 maigre & fi
LeFond des) lultumadcuinferpelis remplic de pierres qu'elle ne produit
Parce que dut tems de la premiere Com- E font desarbres, quia caufe deleurdurcpagnie qui peupla l'Ile, tous ceuxg qui &cles chemins appellez, font destendres les
à caillou,
avoient achevé les trois ans de fervi- les plus sraboteux de toute plus difficiles A &
ce gu'ils devoient à la Compagnie, fe petite demie lieiie de la riviere l'Ille. une
retiroient dans cet endroit-la pour n'éon defcend
Beautre plus confondus avec les ferviteurs gendre, étroiteé
dans une vallée
&
dc la Compagnic, & s'ap- ilyau un ruiffeau profonde,au milieudel dans laquelle
FRETIE Habitans. Le quartier a heri- aufond d'une ance qui
la mer
té de leur nom. La terré y, étoitautrel'Ance à la Ance a
PeRt
foabesucoupmelleure,
ne l'eft lieié Barque. de Cette ancea un bon quart de la Bar:
à prefent parce que les
desmorncs profondeur, depuis! les pointes q4e,
leur
qui la
Toeale
riviere ont apporté une quantité trémité de fon formentjulqu'a dans l'exincroyable 3 fable, &cela
énfoncement
les
de
habitans
parlafaute terres. Elle eft large d'environ
arbres quelques
qui ont coupé les censpas àf fon entréc, elle
quiretenoient la riviere dans fon
s'élargit
Rauns
lit,
fon milieu où elle en a bien
&
Soargrigadiaparem.
leur
qui la
Toeale
riviere ont apporté une quantité trémité de fon formentjulqu'a dans l'exincroyable 3 fable, &cela
énfoncement
les
de
habitans
parlafaute terres. Elle eft large d'environ
arbres quelques
qui ont coupé les censpas àf fon entréc, elle
quiretenoient la riviere dans fon
s'élargit
Rauns
lit,
fon milieu où elle en a bien
&
Soargrigadiaparem. dans finit en ovale. Comme fixcens,
un coude
fait en fortant d'un Penvironnent font
les terres qui
fond qui TTe à l'EE avant de couleur & efcarpées,
extrémement hautes
dans la plaine ; cette digue naturelle faire efortp elleeftparune Sa fuite necefétant rompue elle fe répand à pre. à couvert profonde. de tous fituation la mct
fent
pais qui l'Ouett Sud-ouelt lesvents, foufle exceptéde
eft un
beaux
dans
LRfE
traatu plus
de la Bafie-terre. embouchurc. Le qui
fon
On ne laiffe d'y cultiver des coton- fableblanc,net fond eft par tout de
nicrs, du ERT dés pois, des patates, ve présdesfalaifes Scfansroches. On trou-
& du manioc, & tout cela y vient en trebraflesd'eau. Dans jufqu'à lefond trois de &
perfeétion. idBec
Cette plaine a plus de mille de le rivage va en pente douce, de forte
bauteur depuis le bord de la mér pas jut- qu'on Ces peut moûiller comme l'on veut. qu'à un morneafez haut quila partage asy.venirearener, comumoditerobiligents nos Corfaires
endcux fonds, dc grande étendue, cc penidanticsaaunais 8cn.ancasyretirer tems. Ce --- Page 325 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. 1696. Ce fut dans lc fond de cette ance & cher de gagner la hauteur du Mornc, 16y5. à la pointe de l'EA que les Anglois fi- où il falloit qu'ils montaflent. En atIes An- rent leur débarquement en 169t.ilsne tendant le fecours, &c pour n'étre
Frent gloiry pouvoient pas choifir un endroit plus pris cn flanc, il fepara en deux
eTat
leurde- propre pour fe faire tailler cn picces. te troupe quiavoit été augmentéc de
cenie en Mais Monfieur le Chevalier Hincelin fept ou huit Negres armez qui s'é1691. Gouverneur de llfle qui étoit malade toientjoints à lui dans le chemin. Il
depuis long-temsd'unce cfpece d'hydro- en envoya la moitié verslaPointe, oà
pilie, dc telle maniere qu'à peine fe unc partie des ennemis débarquoit, où
pouvoit-il tenir à cheval, nc pât agir iln'y avoit qu'un feul petit fentier éavec (a vigueur ordinaire, & s'avancer troit & efcarpé étoit aifé à défenaflez vite pour fc trouver au licu de dre, & luiavec :: reftefetint à mi-côleurdébarquement.
la moitié verslaPointe, oà
pilie, dc telle maniere qu'à peine fe unc partie des ennemis débarquoit, où
pouvoit-il tenir à cheval, nc pât agir iln'y avoit qu'un feul petit fentier éavec (a vigueur ordinaire, & s'avancer troit & efcarpé étoit aifé à défenaflez vite pour fc trouver au licu de dre, & luiavec :: reftefetint à mi-côleurdébarquement. D'ailleursilnepeu- te de la defcente de l'Ance, d'où il
voitfe periuaderque cefût ià leur veri- commença à faire feu fur les ennemis
table deffein: quelle apparence quedes qui montoient; illesarrêta, parce que
troupes nombreufes comme celles des fa troupe dilperféc 8cgabionnée derrieAnglois,allalent débarqueratoislicics re des arbres faifint feu de divers ende la forterefle qu'ils vouloient atta- droits, lcs Anglois n'ofoient s'engager
quer, pendant qu'elics pouvoient lc fai- plus avant 1 fans être affurez aupararet beaucoup plus près, &c s'épargnerla vant du nombre de ccux contre quiils
peine d'avoir à combattre à tous les avoient à faire. Illes tint ainfi preique
défilez & paffages des rivicres dont je immobiles pendantprès detroisheures,
viens de Parler? Le Gouverneur crut fe fervant de cc tems-là pour faire abavec raifon ce n'étoit qu'unefeinte batre des arbres derriere lui & embapour attirer E troupcs de' cc cété-là, raffer le chemin. A la fin nc voyant
&t tnireleurveritable defcente plus
point venird de fecours, &c fesgenscomdul Bourg dc la.Bafe-terre &c de la E mençant à manquer de poudre & de
terefle, afin de les couper. De forte balles, il voulur fc retirer plus haut,
qu'il fc contenta d'envoyer le Sicur de derriere l'abbatis qu'il avoit fait faire;
Bordenavef cfon.Ayde-major, avec vingt- mais il fut tué dans ce moment avec
cinq hommes pour les oblerver, & lui quatre autres de f compagnie: Cctte
donner del leurs nouvelles. Ilfc fit fui- difgrace aiant jerté l'épouvante dansle
vre à quelque diftance par le Sieur du refte de fa troupc, ilsle retirerentplus
Cler, Majors avcc cent hommes; &c vitequ'ils n'auroientfait, quoiquetoliJui avcc le refte des troupes fc tinr fur jours en efcarmouchant, Us firentferlahauteur delalingdsiaine, aprésavoir me derriere l'abbatis, &c envoyerent
deffendu à Monfieur de la Malmaifon avertir de leur retraite ceux quidefeenLicutenant de Roi, dc fortir du Fort doient le petit fentier, afin de fc réufous quelque pretexte que ce fût. nir &c faire leur retraite tous enfemblc. L'aide Majorl Bordenave s'étantaffu- Cela s'executa fins confufion, &c les
ré par le grundnombre detroupesqu'il Anglois qui avoient profitéde leur revit defeendre, que c'étoit leur verita- traite pour gagner la hauteur duMorble
cn donna avis au ne, furent étrangement furpris quand
Gouverneur sentre qu'il fit avancer du ils virent le de monde qui les amonde
le foutenir, &c les empê- voit arrêtez Ei long-tems, & quileur
Toni.
executa fins confufion, &c les
ré par le grundnombre detroupesqu'il Anglois qui avoient profitéde leur revit defeendre, que c'étoit leur verita- traite pour gagner la hauteur duMorble
cn donna avis au ne, furent étrangement furpris quand
Gouverneur sentre qu'il fit avancer du ils virent le de monde qui les amonde
le foutenir, &c les empê- voit arrêtez Ei long-tems, & quileur
Toni. TOerl
N
avoit --- Page 326 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1636. avoit tué ou bleffé prèsde quatre vingt riere quelques murs de
feches
hommes. qui
pierres
1696,
Fanted ds Il eft certain
les ennemis n'au- un bordoient la rivicre, d'on ils firent
Major
que
fi grand feu fur les Anglois
Cler. roient jamais pà péneter plus avant fi toient avancez
quis'é. le Major fut venu avec fa troupe pour arrêterent le refte jufques-la, del qu'ils les
foutenir
lajournée, LaL
l'aide-Major, mais non-feule- que la nuit fut venué, nos
abanment il négligea fous de méchans pré- donnerent ce
fans gens
textes de le faire, maisilarrêta encore qu'ilétoit à
bruit, parce
cens
ne
C.EE
trois
hommes que le Gouverneur rembarquaflent une lesAnglois trouyenvoyoit; ce qui
fuffiSEREAK
fant pour challer les étoitplusque ennemis, & les pes, & que les portant à l"Ance Vadelorgeouenquelque: autre lieu de la côobligerà tenter un autre débarquement te, ils ne nous
dans unàutre endroit, fupoléméme.que dans lc tems que priffent nous TeFines derriere,
leurstroupes n'euffent pas étér rebutécs en face par ceux qui étoient de attaquez l'autre
Par un fii mauvais commencemenccment.Nous côté de la rivicre. cûmes cinq hommcs tuez en cctte OC- Nos gens fe retirerent derrierelesrecafion , &" un Negre blefé de deux tranchemens delariviere du Pieffis, où
coups, T'un à lac cuiffe, &l'autre entre les ennemis étant venus le lendemain
le col & l'épaule qui refta fur lc che- furles dix heures du matin, ilslestroumin, où il contrefit fi bien le mort, verent en fi bon ordre & fi
les Anglois après l'avoir bien re- fement poftez, qu'après uncefcarmou- avantagetiStee le crurent tel & lclaifferent là. che de prés de quatre heures, où les
J'ai fçu ces particularitez de quel- Anglois perdirent plus de trois cens
ques perfonnes de probité qui avoient hommes fans rien avancer, l'Amiral
étédec ced détachement, &dul Negre mé- qui étoit à l'embouchure de la riviere
me dont je viens de parler, qui
dul Plefintimatroiscoups de
tenoit à un nommé Bouchu, Sontite rappeller fes gens & les canonpour
bitation écoit à côté delariviere Beau- defefperanttout à fait du fuccès rembarquer, de' cetgendre, & encore d'un.Anglois del'Ifle te entreprife.
étédec ced détachement, &dul Negre mé- qui étoit à l'embouchure de la riviere
me dont je viens de parler, qui
dul Plefintimatroiscoups de
tenoit à un nommé Bouchu, Sontite rappeller fes gens & les canonpour
bitation écoit à côté delariviere Beau- defefperanttout à fait du fuccès rembarquer, de' cetgendre, & encore d'un.Anglois del'Ifle te entreprife. En cffet, elle alloit éd'Antigues, quiaprès la Paix deRifvik chotier ablolument, 3 lorique
venoit trafiquer la nuit avec nos habi- mal-intentionnez qui étoient parmi quelques nos
tans; il s'appelloit Georges Roche. Il gens fe mirent à crier que les
fc vantoird'avoir tué leSieur de Borde- avoient forcénostroupes qui Anglois
nave, & pourle prouver, ilmontroit des le paflage dul haur
gardoient &
boucles & un cachet d'argent qu'il lui le méme tems quelques delariviere, autres de dans
avoit ôté. Il me fit prefent du cachet. reil caraétere, qui étoient au paJe lec donnai enfuite a la Demoifelle) Ra- d'enhaut, firent courir le bruit paflage le
delin, fille du Sieur deBordenave, qui paffage d'embas étoit forcé. Cesbruits que
le reconnut aufi-tôt pour être celui de fans fondement mirent le trouble & la
fon pere. confufion dans nos troupes, 2 avant
Lerefte du détachement du Sieur de que les Officiers, & furtout le LieuBordenave aiant pafc la riviere Beau- tenant de Roi, qui avoit enfin obtegendre & celle des habitans, fejoignit nu la liberté de fortir du Fort, & de
aux troupes quiy y étoient avec le Ma- fc mettre à la téte des troupes, pufjor, &fcr mirent commeles autres der- fent leur faire connoître la fauffeté de
CCS --- Page 327 ---
FRANCOISES D E L'AMERIQU E. p! évidem- tagncs & de rivieres; CC qui arrivera 19s
R696. ces bruits; puifqu'il paroifloit des
quand nos
ment par les mouvemens Anglois immanquablement feront conduits toûjours, des Officiers
qu'ils étoient au repentir des'être enga- braves, gens
&
par
gez fiavant, & qu'ilsne cherchoient que
fages à experimentez. à monfujet,
ier moyen de fe retirer à leurs vaiffeaux, Jereviens prefent fait
que
fans recevoir d'échec dans leur retraite. cette digreflion m'a quitter. Aprés à la
Ce furent donc ces faux bruits Sclater- que j'eus paffé le fond dc PAnce fort haut
reurpanique quis'enfuivit, qui arrache- barque, jc montai un morne
rent des mains de nos gens une viétoire & fort difficile. On trouve d'cfpace en
affurée, & quilcs obligerent defetetirer efpace de pctites habitations. Le cheavec précipitation au Bourg du Baillif, min fe raproche] cpeu à peu dul bord dela
aulieu de tenirfermeaup potfe dela Mag- mer fur une falaife cfcarpéc, où il
faire. Les quelques maifons
le
3:
delaine, comme ils pouvoient
qu'on appelle
Anglois les fuivirent de près, s'emparc- ché, & environ quinze ccns pas plus
rent de cedernier pofte, & firent un fi loin deux ou trois maifons & quelques
grand feu fur eux, quhilslescontisigni- ruines & mazures de bâtimens, qu'on
rent de repaffer la riviere S.
ife cfcarpéc, où il
faire. Les quelques maifons
le
3:
delaine, comme ils pouvoient
qu'on appelle
Anglois les fuivirent de près, s'emparc- ché, & environ quinze ccns pas plus
rent de cedernier pofte, & firent un fi loin deux ou trois maifons & quelques
grand feu fur eux, quhilslescontisigni- ruines & mazures de bâtimens, qu'on
rent de repaffer la riviere S. Louis, & nomme le petitvillage. Toutcechemin
enfin de fc retirer au Bourg dela Bafle- efti mauvais, pierreux, coupéparbeau- ruiffeaux;
terre où ils pafferent la nuit. Le lende- coup de ravinages 8cd depetits
noimain matin ils abandonnerent le Bourg lat terre ne laifle pas d'ètrebonne,
& fc retirerent derriere la riviere des re 8c grafle, du moins ce que l'on cn
Gallions, qu'ils borderent depuis fon voit, entre lespierres. Ce' quartierelt
embouchure jufqu'à un endroit appellé fort dépeuplé; & en general, il s'en
le pallage de Madame, qui en ett éloi- faut bien que la Guadeloupe foit aufli
gné de près de trois mille pas. peuplée que la Martiniques & c'eftdeLesAnglois entrerent dansl lel Bourg, quoi ilyal lieu des'étonner, carles teréleverent leurs battcries, 8c battirentle res y font bonnes
la pluparts les
Fort 8c le Cavalier pendant trente-cinq caux en quantité Pect admirables; l'air
jours 5 jufqu'à ce que le Marquis de très-pur & très-fain, & ily ya un terRagny General des nos Iflcs étant arrivé rein immenfe qui. n'eft encore occupé
avec quelques troupes, ils leverent le de perfonne, où l'on pourroit faire des
fiege & ferembarquerent avec précipi- cacoyeres,, des plans del Rocouyers, des
tation, comme je l'ai remarqué cy-de- indigotcries & autres' choles, fans parvant. J'ai crûi dévoir rapporter ces cir- ler des terres propres à la culture des
conftances, pour faire voir combien il cannes à fucre qui font en quantité, &c
étoit Ed,ontegpsdsp-gsus qui ont tout ce qu'on peut defirer pour
de défilez, &ctant de paflages, demon- ccla. C H A P I T R E XVII
Deftription du quartier de TIfet à Goyaves. Desfontaines boitillantes. De
PAnce à Ferri. Delarbre é du baume de Copaii, o du bois laiteux. Quar- "Arrivai enfin fur les cinq hcures à m'avoit fuivi &c le cheval qui m'avoit
tier de
l'Eglifede Goyaves, flas& fifati- porté,
ne croi pas avoirj jamais
T'Iler à
aufi-bien que le
qui eu plus
de repos. ER
Goyaves gué,
Negre
N 2
Cette --- Page 328 ---
92 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. Cette Eglife étoit de maçonnerie, maifon. Une terraffe prefque
d'environ foixante & dix pieds de long foutenue d'une haye vive, compofe naturelle, la 1695,
fur vingt-quatre del large. Laporte re- cour large de fept à huit toifes, & longarde la mer, 8cPAutel eftadoffé con- guc de vingt-huit à trente.
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92 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. Cette Eglife étoit de maçonnerie, maifon. Une terraffe prefque
d'environ foixante & dix pieds de long foutenue d'une haye vive, compofe naturelle, la 1695,
fur vingt-quatre del large. Laporte re- cour large de fept à huit toifes, & longarde la mer, 8cPAutel eftadoffé con- guc de vingt-huit à trente. On trouve
tre un morne d'une grande hauteur au milieu de fa longueur un
de
&c d'une pente trés-roide. Ily aen- pierres de taille de fept marches, perron qui
viron trois cens pas de l'Eglife juf bien que fort éloignées des proportions
bord del la mer, d'unterrein uni, dela bonne architeéture, ne laiffe pas
parûtaffez bon, quiétoittout de fervir
donner entrée
EeEt
couvert de rofeaux &c de mahotiers; falle de RCRtude pieds en dans une
de forte que du bord de la mer il a deux fenétres du côté de' quarré, la mer, RE
eft impofible de voir I'Eglife ni quel- dcux du côrédela montagne, avec une
maifons
font aux environs. porte pour aller dans une allée qui fépete demandai à 3E gens quej jetrouvai- pare le jardin de la maifon. Lafalle eft
là, pourquoi on ne défrichoit pas cet- accompagnée d'une chambre de chaque
te terre, quand méme ce ne feroit
côté de dix-huit pieds dc long fur
pour donner plus d'air à l'Eglife RE ze delarge, dansla longueur
aux maifons
& les
PRLSEE
voilines,
delivrer quelles on a menagé un petit efcalierde
des mouftiques & maringoins qui four- bois pour monter dans un galatas
millent ordinairement dans ces fortes eft partagé en trois chambres: à qui
del licux. Ils me dirent, qu'on la laif- pieds ou environ de ce bâtiment, vinge il y
foit ainfi pour conferver TEglife &c les en avoit un autre qui faifoit un retour',
maifons des pillages des Anglois,
quiavoikvingt-quatre pieds de fur
cC
long
que n'y venant que de nuit, PR quatorze dei large, quicontenoit la cuiétoit facile de les arréter, n'y ayant finc, lefour & lemagazin, Cebâtiment
que deux fentiers à garder, tout le auffi-bien que la mailon étoient de marelle étant inacceftible à caufe de cés çonnerie, maisles piedsdroits, Jeslinarbres quis'entrcialient les uns dans lcs teaux 8cles apuis des fenétres étoient
autres. de bois. Iyavoitunautre bâtiment
Le Pere Gaffot ayant été averti de ralelle à ce dernier à l'autre bout de pa- la
mon arrivéc, defcendit de fa maifon Sc maifon, tout deb bois, qui renfermoit
me fit amener fon cheval pourm'ypor- un poulailler Sc une écurie pour deus
ter. Précaution fage & neceffaire, fans chevaux. Lej jardin étoit féparé de la
laquelle j'aurois peut-étre renoncé au maifon par une alléc de quatre à cinq
plaifir de le voir chez lui CC jour-là; toifesdelarge,onyr montoit fix marcarfa mailon eit fituée aux trois quarts ches, ilyavoità peu près Ee
de la hauteur du morne, 2 & mon che- de la terraffe, &c dix a douze longueur toiles de
val n'étoit plus en état de m'y porter, profondeur.
la
laquelle j'aurois peut-étre renoncé au maifon par une alléc de quatre à cinq
plaifir de le voir chez lui CC jour-là; toifesdelarge,onyr montoit fix marcarfa mailon eit fituée aux trois quarts ches, ilyavoità peu près Ee
de la hauteur du morne, 2 & mon che- de la terraffe, &c dix a douze longueur toiles de
val n'étoit plus en état de m'y porter, profondeur. Son défaut étoit d'être
ni moi d'y aller à pied. On atracé un
en pente. petit fentier en zigzag pour y mon- troge ces terraffes & ces bâtiments ater, dont les détours qui font trop voient étébien entretenus, c'auroit été
cours, font que les pentes font fort une folitude des plus agreables. Ony
Mifn roides; à cela près, jele trouvai bien jouiffoit d'une vûe
eirrinle logé &c fort coimodément, pourvi,
Phorifon de n'étoit bornée
dGy
quepar
mer. On découRem
cei. qu'on n'ait pas befoin de fortir de la vroit fort loin des deux côtez de l'AnCe --- Page 329 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. deffus les mornes quila forment; de poiffon dans les fix paniers qu'on a- 1696. 14y6. T'air CC par étoit frais 8c pur, & quoiquele voit mis à la mer, entrel lefquels ily ay
voit un congre gros commc le bras,
quartier fût dépeuplé &ciolitaire,jem'y fi la defcente du de plus de trois pieds delong. A mefuferois beaucoup été moins plà diflicile. re qu'on tiroit les paniers dans le camornc avoit
demie not, je les ouvrois pour, retirer lc poifAnce de bANgEC7mnepOELe deux
fon & rejetter lcs paniers a la mer. Goya- lieué de largeur entre fcs
pointes. naffe où étoit
ves, C'eft un Hlet qui cit à unc demie licuë J'ouvris par malheur du la Curé m'enaverde cette ance fous le vent, c'cit-à-dire, lecongre, tit quand il le n'étoit Negre plust tems, le congre
alOueft, quia donné le nom: àcequar- fortide la naffe fautoit comme un enraticr, parce qu'apparemment de
on quand yavoit on gé, &c s'élança fur moi deux ou trois
trouvé beaucoup habituer. goyaves L'Ancefait tois. Le
vint à mon fecours, il
commençades s'y la
d'uneance voulut tuer. congre d'un coupde bâaflez
figure
MES
de panier. regulierement Son enfoncement dans les ton, ille manqua, &cle poiffon attacha. s'étant
terres eft d'un ticrs de licué ou environ. jetté à une de fes jambes s'y,
Ilya un gros rocher qui fait un Ifet à Je pris auffi-tôt le couteau que faili leNegre lec con- Congre,
ia pointe orientale, dans lequel il y a avoit à fa ceinture,& ayant la lui
ansmille demer
quelques voutcs ou caverncs, , qui lui
auprès de la téte, je Nous coupai, nelaif donzla
ont fait donner le nom d'hermitage.
ou environ. jetté à une de fes jambes s'y,
Ilya un gros rocher qui fait un Ifet à Je pris auffi-tôt le couteau que faili leNegre lec con- Congre,
ia pointe orientale, dans lequel il y a avoit à fa ceinture,& ayant la lui
ansmille demer
quelques voutcs ou caverncs, , qui lui
auprès de la téte, je Nous coupai, nelaif donzla
ont fait donner le nom d'hermitage. Le E délivrai ainlile Negre. à morfufond de l'Ance cft prefque par tout de fàmes pas de manger le
redt dangefable blanc mélé dc rochers cn beaucoup mon aviseft un auffi bon
ETREA E
d'endroits, 8c fur tout au milieu, ce ile eft cuit,qu'ilell méchant quand ileft reue. qui fait que l'ancrage n'y eft pas feur, é- vivant. fus
diné me
fur
parce que lcs cables fe coupent; en lc Je bord de après la mer. Ilya promener une partic de
change clle efl fort poiffonneufe. Ily
aux cnvirons
tombe une petite riviere dont l'eau cft l'Ancc, de la riviere, particulierement où tout lei rivage eft couexcellente. LePcre Gallot envoya avoir met- du vert de rochcs & de galets de differentre des panicrs à la mer pour
tesgroffeurs, mais tout le refte eft un
poiffon Le Vendredi pourlelendemsin. neuviéme Mars je mc fable blanc & ferme où la promenade Fontailevai de grand matin pour aller voir lc- eft agréable. Environ à trois cens pas nes
les
ou nafics. Onles fait de à TEt de T'Eghife, on me fit remarquer boitilver panicrs
enfembleavecdes
botillonnoit à cinq ou fix pas lantes. rofeaux refendus, unis
la mer. J'entrai dans un petit calianncs. Onyt mct quelques
E
les tenir au fond dc l'eau, ERRES écdes
not fe trouva-là par hazard, étoit verita- pour
cuitcsr rompués en morccaux) pour: attircr voir 9et ce qu'on me étoit difoit fi chaude
lc poiffon. On les attache à une corde ble, quc cette eau
qu'on &
allez longue, au bout de laquelleilya y pouvoit faire cuire des d'environ ceufs trois du
un morceau del bois blanca avecla marque poifion. toifes du bord Jem'éloignai du rivage, où ilyavoit
de celui à qui la naffe appartienr, lcs pour ma- environ quatre pieds d'eau , oû les
les pouvoir reconnoitre, quand
boiillons ne me paroiffoient pas fi frérées les ont fait changerde place,cequi
vers les bords, 8c je trouvai
arrive fort fouvent. dc trentelivres Peau quens fi que chaude dans ces bouillons, que
Nous trouvâmes plus
N
je
--- Page 330 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
thy6. je n'y, pûs tenir la main. J'envoyai herbes
chercher "Ead ceufs que je fis cuire, en
Medinmsconetndves ef- 1y6,
les tenant filpendus dansT'eauavecmon pecedepoufficre eftde mémc de fouffre.
dc trentelivres Peau quens fi que chaude dans ces bouillons, que
Nous trouvâmes plus
N
je
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NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
thy6. je n'y, pûs tenir la main. J'envoyai herbes
chercher "Ead ceufs que je fis cuire, en
Medinmsconetndves ef- 1y6,
les tenant filpendus dansT'eauavecmon pecedepoufficre eftde mémc de fouffre. Let Ablequi
mouchoir. couleur eft couvert d'unpeu
vai que la luperficie ILeeganNtrjEnee du fable n'avoit
d'eau enquelques endroits, end'autresil
plus de chaleur vis-à-vis l'endroit oir T2 paroit comme de la boué qui commence
toient lcs botillons, que dans les autres àfecher, ment: fec. & il paroit en d'autres entiereendroitsplus éloigncz, Mais ayant creu- té,méme dans Cependantila fi peu defolidifé avec la main, je nc fus pas arrivé à
sles endroits quip paroiffent
la profondeur de cinq ou fix pouces que lesplus s'enfoncent fecs, que les pierresg squ'onyjette
je fentis une augmentation confiderable
&lont couvertes' de ce lable
de chaleur; plus je continuai de creufer prefquedans uninfant. Cet endroit eft
&p plàs elle augmentoit; de maniere qu'à dangereux, fois
& il eft arrivé plus d'une
un; picd dc proiondeurj je ne pouvois pref- s'y fonte que des étrangers voulant y paffer,
que plus X tenir la main. Je fis crcufer n'avoient enfoncez, & y feroientperis s'ils
avcc une pclle encore un pied plus bas: eft vrai été fecourus leur promptement. Il
Je trouvai le fable brûlent qui fumoit
qu'il
en coutoit toljours
comme on voit fumer la terre qui cou- leursj quelque chofe, & au moins la peau de
vre lc bois dont on fait le charbon. La avoient jambes, été &c des autres membres qui
fumée fentoit le fouffre d'une maniere
eft cnfoncez dans ce marécage
re fupportable. C'eft qui encore plus brûlant que l'étang. On me conduifit à une clpecede mar- foient dommage entre que ces eaux chaudes ne
re cu d'étang des feptà à huittoifes dedia- chent s'en pas fervir les &c mains de gens quifametre, oûl'cau étoit blanchâtre commc feur qu'elles font en profiter, carileft
fi elle eut été trouble. Ellejettoit con- infinité de maladies. fouveraincs pour une
tinucllement des botillons verslesb bords, On m'affura
mais ils étoient moins fréquens &c plus ques avoient
plufieurs hydropi- deseaux Vertus
gros dans le milieu. Il
cntierement
Tag0E
ou huittout de fuite, aprés en paroifloit quoi ils fept dif- aprés avoir fué dans ce fable, &c gueris, beau- desfon- taines
paroiflbient pendant l'eipace d'un Pater
d'autres froides qui étoient attaquez de boiilEtang & d'un
& de
lantes.
fréquens &c plus ques avoient
plufieurs hydropi- deseaux Vertus
gros dans le milieu. Il
cntierement
Tag0E
ou huittout de fuite, aprés en paroifloit quoi ils fept dif- aprés avoir fué dans ce fable, &c gueris, beau- desfon- taines
paroiflbient pendant l'eipace d'un Pater
d'autres froides qui étoient attaquez de boiilEtang & d'un
& de
lantes. edtuanee
Ave. Jepris de ccttc eau dans nerfs. contraêtions de
cma- un morceau ded
Cela peut-étre, mais j'ai été
rais lement
Calebaffevelle étoit récl- bien des fois en d'autres
bovilboiillante. Jela goûtai quand taines bouillantes
tems aux fonLant. elle fut refroidie, clie me parur bonne,
fans y avoir jamais và
excepté qu'elle avoit un petit goût de perfonne,quoique tinique & à la je connuffe à la Marfouffre, auquelilferoit facile des'accoûGuadeloupe bien des
tumer. Cette marre fait uni petit ruiffeau
qui étoient vrai attaquez de ces mauxen
fedéchargeant,
f"; Ileft que les remedes quel'on
fa chalcur & de fon guip goût perd à une melure particde peut avoir le plus commodement, ne
s'éloignedef fa fource, quoiqu?il enretien- qu'il font pas ordinairement ceux aufquels
ne touj jours aflez pour les faire fentir a- pendant on a plus dans de confiance. J'ai vû cevantqu'ilfe perdedans lameradeuxcens tilles de T'hiftoire generale des Anpas de-là. mon Confrere le Pere du TerOn me fit encore voir un marécage à tre, &c dans la Relation du Sieur Biet
côté de cet étang, où il croit quclques le, Prètre, que bien intitulé, des malades La France Equinoxiay avoient été
gue- --- Page 331 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. entre les autres ce dernier Au- y avoit quelques malades chez lui
1696;
1696. gueris;
fon retour de Cayenne il leCuré confella. Ilnous pria
GULSE
teur fut entierement dit, qu'à gueri de l'hydropifie rer à diner; en attendant qu'il fût prét,
qu'il y avoit contraétée, en fuant dans j'allai me promener avec lui dans fon
ce fable fous un pavillon qu'on lui avoit habitation, &je Pexhortai à profiter de
fait
la commodité de la riviere pour faire
Le exprès. Samedi dixiéme Mars j'accom- un moulin à cau. Nous allâmes huit ou
pagnai le Pere Gaffot qui alloit voirdes neûf cens pas le long, de la rivicre juf
malades au quartier des plaines, à deux qu'à un endroit
me parut trèslieués environ de chez lui. Nousy y allâ- propre
faire bâtard-d'eau ou
mes en canot. Après que nous cûmcs l'eclule Ires canal. Je lui expliquai comdoublé la pointe de FOueft gui forme ment ils'y devoit prendre, &jeluip le niveler pro- &
T'ance, nous, trouvâmes pendant plus mis de venir après Pâques
de demie-lieue la côte fort cfcarpéc & le tracer. pleinc de rochers 3 dont la continuité Nous nous mîmes à table au retour,
n'étoit interrompué que par les ouver- nous avions de bon poiffon avec de la
tures dçs ruiffeaux & des torrens qui caffave fraiche : car la plipart des hafont affez fréquens dans tout ce quar- bitans de ce pais-là ne fe piquent
tier.
plus mis de venir après Pâques
de demie-lieue la côte fort cfcarpéc & le tracer. pleinc de rochers 3 dont la continuité Nous nous mîmes à table au retour,
n'étoit interrompué que par les ouver- nous avions de bon poiffon avec de la
tures dçs ruiffeaux & des torrens qui caffave fraiche : car la plipart des hafont affez fréquens dans tout ce quar- bitans de ce pais-là ne fe piquent
tier. Nous arrivâmes à Phabitation des d'avoir autre pain. Quoique
E
Sieurs Loftau
& Lieu- fufle accoûtumé, je ne
pas
adi
freres, Capitaine
d'en pas avec
& elle me
genant des Milices du quartier. Quoimanger fort bonne. allions fortir
leur tcrrein foit
3 la terre
NECTN
que ne laiffe pas d'être bonne, pierreux, noire &cgraf- Ereu table quand il entra un Officier de
fc. Leurs cannes étoient belles leur l'Ance Ferriy qui: ayant fçà qu'ily avoit
fucre brut beau & bien grené. Leurs un Religieux avec le Pcre Gaffot, s'en
beftiaux en bon état, & leur manioc alloit à Goyaves le prier de venir dire
gros, pefant, & bien nourri. Nous les la Meffe le lendemain à leur Chapelle,
quitàmes après que le Curé eut achevé Il avoit par bonheur rencontré un cace qu'il avoit à faire chez cux, & nous not de qui il avoit fçû que nous étions
continuâmes nôtre chemin jufqu'aux chez le Sieur Jolly. CetOfficier étoit
plaines. Ce font deux grands cnfon- Monfieur Lictard, Lieutenant de la
ecmens feparez l'un de Fautre par un Compagnie deMilice du grand cul-degros dont les pentes font fort dou- fac dont le Sieur la Pompe étoit Capices & C22 bonne terre. La plus petite taine. La fimplicité du premier agedu de Portrais M. des deux plaines eft à FER, elle peut monde reluifoit dans tout l'extérieur Listards
avoir fix à fept cens. pas de large fur de cet Officier. Ses jambes & fes pieds Lieutedouze cens pas de hauteur. Lag grande étoient couverts des bas & des fouliers nant de
a près de mille pas de large fur beau- qu'il avoit apportez du ventre de fa Milice. coup plus de hautenr; elle eft arrofée mere, à la referve qu'ils étoient un
d'une riviere affez
La terre de peu plus noirs & plus vieux, car il
ccs deux endroits AEE bonne, &ils font paroilfoit y avoit bien foixante ans
allez. bien peuplez & cultivez. Nousfa- & plus s'en fervoit. Ses cheveux
mes chez le SieurJollyl beau fils duSieur blancs & en petit nombre étoient coude la Chardonnerie de la Martinique; verts d'un chapeau de paille, & le refte
il commençoit à faire une fucrerie. Il de fon corps d'une chemife & d'un Caleçon --- Page 332 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
tly6, leçon d'une bonne toile de menage. Il mornes & de petites ances 5 & quoiportoit fon épéc à la ma'n, je croi que Ie terrein foit pierreux, il ne laifle 1h9
bicn quc le fourreau avoit été ancien- pas d'étre bon. Il eft bien mieux habinement tout entier, mais le tems, les té &c cultivé que lcs environs de
fatigues de la guerre, la pluye & les ves. Goyarats cn avoient confommé une bonne Nous arrivâmes à Ferri avant cinq
partic, CC qui faifoit que cette épéc heures : c'eft une belle ance eft
roûilléc paroifloit plus de moitié.
h9
bicn quc le fourreau avoit été ancien- pas d'étre bon. Il eft bien mieux habinement tout entier, mais le tems, les té &c cultivé que lcs environs de
fatigues de la guerre, la pluye & les ves. Goyarats cn avoient confommé une bonne Nous arrivâmes à Ferri avant cinq
partic, CC qui faifoit que cette épéc heures : c'eft une belle ance eft
roûilléc paroifloit plus de moitié. ily couverte d'une pointe de terre qui aflez
avoit une bande de toile coufué au haute du côté du Nord-Oucit. Lari- Ace
côté gauche de la ceinture du caleçon viere qui palle prefque au milicu a cinq Ferri. qui fervoit à fottenir cctte venerable à fx toifes de large & environ trois Lachaépéc dans les ceremonics. Malgré cct pieds d'eau. Je voulus d'abord voir la
ajuftement
Monfieur Lictard
f
negligé
Chapelle quiétoit à la
de l'ance edifanne manquoit pas d'efprit, dc bon fens furun terrein un peu élevé. gauche Elle étoit seidece
&c de courage. Il fit fon compliment fimplement de fourches en
pexples
au Maitre de la maifon en peu de mots, fadée de rofeaux & couverte terre,palic de
il s'adreffa enfuite au Pere Gallot, &c miftes, du refte fort nette &c fort palJui dit, qu'ayant apris qu'un Religicux pre dans fa pauvreté. Je trouvai pro- le
de fon Ordre' étoit dans le quarticr, il Catéchifme de Grenade avec les Vies
étoit venu le prier de faire cnforte dçs Saints dans une petite armoire à
gu'il vint dirc la Meffe à leur Chapelle. côté de l'Autel,
que les DiIlme falua en mêmc tems, & me lit un manches & lesl Fètes, &cj'appris ceux qui ne
compliment auquel je ne m'attendois voientp pasallerenrendrela)
vû
de celui lc faisslmeiche
pas, Péquipage
qui
ves, s'yaflembloient le matin &
foit. J"yrépondis de mon mieux, &c &c qu'après avoir dit lcs
lefoir, on lij'acceptai le parti; & aprés qu'iliefut foit un chapitre du Catéchifimne prieres, de Grerafraichi, & queje fus afluré de trou- nade, qui étoit fuivi de la récitation du
veràla Chapelle de Ferri tout ce qui Chapelet, après quoi on lifoit la vie
étoit neceffaire pour dire la Meffe, je d'un Saint, & le kéteur annonçoit les
m'cmbarquai avec lui pourfon quartier, Fétes, les vigiles & jeûnes
pendant que mon Compagnon fe rem- fe trouvoient dans la femaine. d'Egife C'étoit qui
barqua aufli pour rétourner à fa Pa- Monfieur Lietard qui faifoit cct office,
roiffe. fur tout le foir, & qui avertiffoit chaNous avions trois bonnes licuès à ritablement ceux qu'ilfçavoit étretomfaire pour nous rendre à Ferris cepen- bé dans quelque détaut
dant comme le canot étoit bien équi- afin qu'ils fe corrigeaflent. confiderable, Après
pé, & que le vent nous favorifa, nous nous eûmes fait nos prieres, nous nous que
yarrivamcs affez promptement.
cct office,
roiffe. fur tout le foir, & qui avertiffoit chaNous avions trois bonnes licuès à ritablement ceux qu'ilfçavoit étretomfaire pour nous rendre à Ferris cepen- bé dans quelque détaut
dant comme le canot étoit bien équi- afin qu'ils fe corrigeaflent. confiderable, Après
pé, & que le vent nous favorifa, nous nous eûmes fait nos prieres, nous nous que
yarrivamcs affez promptement. Nous rendîmes à la maifon de Monfieur Liepaffaunes devant le quartier appellé tard, elle étoit éloignée d'environ
Ouar- Caillou, autrement la Pointe Noire, cens pas du bord de la mer. La riviere cinq
irde Catillos où depuis on a biti T'Eglile Paroif- paffoit à côté : quoiqu'elle fût bâtic
esdela finle de tout CC quartier-la. Nous nous aufi fimplement que la
elle
un
peinte y arrêtimes moment pour avertir mc plut beaucoup par la Chapelle, Gtuation, fon
neire. que la Mefle feroit le lendemain à bon air &1 fa propreté. Madame LicFerri, Ce quartier eft allez coupé de tard vint au devant de moi avec beaucoup --- Page 333 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
C'étoitune Negreffe quelesIlets du grand cul-de-facquine 1695.
ToyG. coupd'honnéteté
étoit en- font pas fortéloignez, fervent deretraid'environ quarante ans, qui
fut tc à unci infinité de tortués & del lamencore belle & bienfaite, quoiqu'elle de
on conviendra
ce quartier
un peu groffe. Elle avoit T'efprit, n'aurois tins, eft un des meilleurs 3 PIc, &
& méme une politeffe que je des
le feul dcffaut qu'il a eft d'être peu Rc
devoir rencontrer dans gens bité.
EE fa couleur. Si nous n'avions pas été fait Le Dimanche onziéme Mars tout le
en tems de jeine, on m'auroit du
dc Ferri, de la
noire
faire bonne chere, car il y avoit quartier &
cul-de-fac, ic pointe rendirent I
poiffon de mer &c d'eau douce enabon- la du grand étois avant le jour, &
dance, les voifins étant allez à la pê- Chapelle. J'y onze heures. Jc dis
chc, lorfqu'ils avoient été avertis
confeffai Meffe, julqu'à
fis le Catcchifun
*
leur Officier étoit alléchercher Acbire
& je fus préchai,je autant content de ce bon
gicux à Goyaves. Maisjene pûs la
me, je témoigna l'être de moi. Jc
quelques fruits avec de eadRTE peuple qu'il
tatr &du ouycou excellent. En at- dinai avec le Capitaine & lesp principaux
tendant la nuit je fus me promener chez Monfieur Lietard, & après qu'ils
dansl'habitation, iln'yavoit autre cho- m'eurent fait donner paroleque; jevienfc que du manioc, des pois,, des pa- drois paffer les Fêtes de mon Paques hôte avec eut
tatcs, des ignames, du mil, du cotton cux; je me rembarquai,
& du tabac. Je vis dans la favanne P'honnéteté ce me venir conduire jutquelques bêtes à corne fort gralles, 2 ques chez lel PereGaffot où nous l'arrê-
& un très-grand nombre de volailles tâmes. à fouper & à coucher.
Trafic de toute clpecc. Ce font ces fortes de Entre pluficurs chofes me firent m'en
tous habitans
dans ce voyage,
qui
, du mil, du cotton cux; je me rembarquai,
& du tabac. Je vis dans la favanne P'honnéteté ce me venir conduire jutquelques bêtes à corne fort gralles, 2 ques chez lel PereGaffot où nous l'arrê-
& un très-grand nombre de volailles tâmes. à fouper & à coucher.
Trafic de toute clpecc. Ce font ces fortes de Entre pluficurs chofes me firent m'en
tous habitans
dans ce voyage,
qui despe- rieshi- chofes occupent
les de fucreric, plaifir fit davantage 2 fut d'avoir vû l'aibre
bitans. de ce REI qui n'ont pas les rend fort d'où découle Phuile ou le baume de
c'cft leur commerce qui
de Copaii. Ily en avoit un pied à côté
pécunieux 1 quoiqu'il paroiffe peu de la maifon de Monfieur Lietard :
chole. Nosi Flibuftiers de manioc, vicmnents'ypour- de
de c'eft le feul dont j'si pû avoir convoir defarine,
pois, noiffance dans la Martinique, la Guapatates &rd'ignamesqu'ils) & bien. I vient barques deloupe, la grande Terre, S. Chriftocomptant
FINtOES
dela Martinique qui achettentlcursbet- phle, les Saints, &clapartic & P'ai delaDomi- cherché
tiaux, 5 leurs volailles & leur cotton 3 nique où j'ai été, olije
trèstrois chofes qui font toûjours recher- inutilement. Ceft un arbre de
chées & bien vendués.
belle apparcnice. Il pouvoit avoir
Arbre
eft
CCS à
pieds de hauteur;
deenpai,
PARON
La chaffe très-bonne danstous le vingt-deux aflez de celle deloranger,
endroits. Ony trouve encoreb beaucoup approchoit qu'elle étoit
longue &
de fangliers, ou pour parler le langage excepté
douce au plus toucher, foudes Ifles, de cochons marons. Les
pointué, d'une odeur aromatique & d'un
les
les ramicrs,
i
roquets, periques,
fe
tourterellcs, les grives & les ortolansy verd clair & gai, l'arbre cn eft fort
&
ce. eit
Son écorce eft grile, &c autant
font cn abondance; pour qui garni.
voir une branche que
des. oifeaux de mer & de riviere, on en que je le-pus elle eft par aflez épaiffe, lice &c
a tant qu'on veut; à quoi fi on ajoûte 5 coupai;
oncTom. II. --- Page 334 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696, onctucufe, pour peu qu'onlafrotte en- ment l'écorce
&
tre les mains l'odeur qui en fort eft dou- cule affez mince premiere, une pelli- 1694
ce &c
qui
Cf deffous,
aromatique. Elle fe leve facile- eft comme une feconde
ment,
femble
écorce,
aRt
parce qu'il
quel'arbreeft doit entrer un peu dans le vif du bois. toljours en feve. Le bois eft blanc & Je croi même que fi on vouloit
affez tendre. rifMethoquer de perdre l'arbre, &
l'on fit
Lorfqu'on veut tirer Phuile ou le l'incifion
que
depour tirer baume de cet arbre, on fait une inci- qu'au coeur, affez il profonde en fortiroit pour aller juc
Thuile fion àf foné écorce vers le pied, elle doit bien plus
Mais une huile
deCopais être perpendiculaire, &de fix à fept ne veut pas parfaite.
affez tendre. rifMethoquer de perdre l'arbre, &
l'on fit
Lorfqu'on veut tirer Phuile ou le l'incifion
que
depour tirer baume de cet arbre, on fait une inci- qu'au coeur, affez il profonde en fortiroit pour aller juc
Thuile fion àf foné écorce vers le pied, elle doit bien plus
Mais une huile
deCopais être perpendiculaire, &de fix à fept ne veut pas parfaite. rifquer l'arbre, comme on fc con- on
pouccs de longueur. On y. fait entrer tente de faire l'incifion comme viens
un petit morceau de calebale pour di- de dire, & lorfque l'arbre ne je
riger la liqueur qui fuente, & la con- donner d'huile par cet peut plus
duire dans une calebaffe attachée au playe qu'on luia a faite fe referme endroit-là, d'elle- la
corps de l'arbre, & dont l'ouverture méme. Sil l'arbre eft vieux, gros & virépond au petit morceau de calebaffe goureux, on peut faire deux ou trois
qui lui fert comme d'entonnoir. Cette incifions dans la même année. L'année
matiere eft plus ou moins abondante fuivante on en fait d'autres, en obferfelon la force de l'arbre, ou le tems vant de ne les pas faire aux mémes enauquel on l recueille; mais auffi elle droits, parceque les
a differens degrez de vertu: : car quand tes font en fe refermant incifionspreceden- une
l'arbre eft jeune 9 comme il eft alors calus durà incifer, & qui empéchel'é- cipece de
plus abondant en feve, ilrend par con- coulement de la matiere. iequent plus d'huile, mais elle eft Cette huile pourétre bonne doit être
moins cuite, pour ainfi dire, & moins épaille, de couleir d'ambre; elle doit tex Qual: de
parfaite, Il arrive laméme chofe quand avoir une odeur de verd
Ehuile
on la tire dans le tcms que l'arbre eft Quand elle eft claire & aromatique. du Coen feve, il rend une plus grande quan- c'ett une marque qu'elle a trop ététiréed liquide, dans pait, 0
tité, parce que la feve fortavec T'huile; une mauvaife faifon, ou
ena 22" la
mais ce mélange diminué fa vertu, & menté la quantité en qu'on mélant aug- connck
on court rifque de fairefecherl'arbre. qu'autre huile. y
quel-me
Le tems le plus propre pour faire Pour s'en affurer, il n'ya entiPincifion eft dans le mois de Mars, en rer une goute avec une qu'à &c la
parlant des pais qui font fituez entre la laiffer tomber dans un verre épingle, d'cau froilignel Equinoétinle&t lel Tropiquede can- de. Sila goute va au fond fans fediffoucer; & pour ceux qui font de P'autre dre, ou qu'elle fe tienne entre deux
côté de la Ligne, c'cft-à-dire entr'elle caux en confervant fa
c'eft une
Tems & le Tropique de Capricorne, c'eft le marque certaine
figure,
propre à mois de Seprembre;
lorsles bonne.
re épingle, d'cau froilignel Equinoétinle&t lel Tropiquede can- de. Sila goute va au fond fans fediffoucer; & pour ceux qui font de P'autre dre, ou qu'elle fe tienne entre deux
côté de la Ligne, c'cft-à-dire entr'elle caux en confervant fa
c'eft une
Tems & le Tropique de Capricorne, c'eft le marque certaine
figure,
propre à mois de Seprembre;
lorsles bonne. Mais
T'huile eft trèstatirer. parce pour
fi alise s'étend, ou
pluyes font ceffées depuis près de trois nage far la fuperficie de l'eau, on qu'elle doit
mois, ce qui fuffit pourquc l'abondan- compter qu'il y a du
La
ce del la feve, que T'arbre a tirée dans difference du baume du Perou mélange. eft qu'il
les faifons pluvieufes, foit confommée, fe feche & durcit à la fin; au licu
& convertic danslaf fubftance de l'arbre. que Thuile de Copair ne fait
Lincifion ne doit Pas percer feule- s'épailfir, & devenir d'une couleur que
plus --- Page 335 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
s6y6. plus foncéc, faus fe durcir ni fe fecher. tre heures fans y toucher, au bout de 1696. Cette huile eft merveilleufe pour re- ce tems, il faut ôter la bande & les
Vertus dec cette fermer promptement toutes fortes de compreffes le plus doucement qu'il eft
bxile. playes faites avecle fer, le bâton, les poflibles & fi on voit que le pluma(
chites &c autres accidens, mais non pas feau foit adherent, c'elt une marque
pour les coups de fcu. que la réunion arrive netpasencotcacheres, dans les bleffurcs conOns'en fert avec fuccès
les fux comme il
de fang, les crachemens Jotad fang pro- fiderables & profondes, ou à ceux
ont la chair mauvaife, baveufe &
9ut
venans de la rupture de quelques pe- fcéée de quelque autre mal;
tits vaiffeaux dans la poitrine, & pourles autres il faut laifler le plumaffeau, & pourlors fe conexcoriations du fondement
deffus
maux où il faut empêcher l'effufiondu tenter de répandre
Pour les flux de fang & les vaif- tes d'huile chaude pour Phumecter,
SESSPE
fang. fcaux rompus, on en met douze ou réiterer ainfi de vingt-quatre en vingt- de
quinze goutes dans un jauned'ceuf que quatre heures jufqu'à ce qu'il tombe
lon fait avaller au malade. On peut lui-méme, ce qui ne
pas tarder 1
réiterer ce remede deux fois le jour. étant fort rare que les
mémc conFa
On peut encore dans le premier cas en fiderables, ne foient pas confolidécs en
donner une demie once dans un lave- vingt-quatre heures. découvrir
ment anodin que le malade puille
Le hazard vient de
une
der long-tems, on a vû des REUS vertu quePon n'avoit pas encoreremarmerveilleux de ce remiede. Pour les quée dans cc baume ou huile. C'eft
excoriations on cn imbibe un peu dc qu'il eft admirable &c fpecifique pour
coton que l'on met avec unc compreffe guerir toutes fortes dc fiévres. Des
fur la partic afligée, obfervant en ce perlonnes d'honneur Sc de probité des
cas de fairc un peu chauffer T'huile m'ont affeuré qu'elles avoient fait
avantd del'appliquer.
de ce remiede. Pour les quée dans cc baume ou huile. C'eft
excoriations on cn imbibe un peu dc qu'il eft admirable &c fpecifique pour
coton que l'on met avec unc compreffe guerir toutes fortes dc fiévres. Des
fur la partic afligée, obfervant en ce perlonnes d'honneur Sc de probité des
cas de fairc un peu chauffer T'huile m'ont affeuré qu'elles avoient fait
avantd del'appliquer. A l'égard des blef- curcs fiurprenantes avec ce feul baume. Maniere fures il faut appliquer Thuile aufli On n'a point encore entendu parler
desen chaude le blellé la peut fouffrir. Il d'un febrifuge plus puiffant 3 plus
farvir. faut ESCEE prefler les levres de la prompt, moins dangereux. Jc fuppofe
playe pour cn exprimer tout le fang tolijours qu'on ait du Copaii veritable
autant qu'il eft poflible, puis laiffer & Point falfifié. Il fuffit d'en répantomber quelques goutes de i'huile dans dre cinq ou fix goutcs dans une démie
la playc 2 en oindre les levres & lcs talle de bouillon &c la faire prendre au
environs, les raprocher & y appliquer malade dans le commencement de fon
deffus un plumaffeau trempé dans la accès; oufilaf fevreettcontinut, deux
même huile, & couvrir le plumaffeau heures avant de lui donner de la nourd'une bonne comprefle, & même de riture. On peut repeterles remede deux
deux s'il eft befoin. Après quoi ilf faut fois en vingt-quatre heures. Il eftrare
bander la playe un pcu fortement, fans quc la fievre ait tenu bon contre trois
s'embarafler fi elle rend du fang ou ou quatre prifes. La Bretagne & fur
non; la regle generale eft que le lang rout les villes del Rennes & de Nantes,
eft un baume naturel, quand le fujer aiant été affligécs de quantité de fiévres
n'eft point vicié par un autre endroit. en 1719. tous ceux qui fc fervirent de
On doit laifler cçt appareil vingt-qua- ceremede, furent parfaitement gucris, &
Oa --- Page 336 ---
100 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. &c f prompiement qu'il fembloit que ches & renferment au milieu d'elles
cela tint du miracle. petit bouton ovale qui contient deux un IGy6,
On ne remarqua point que ce reme- petites
de caufe aucune violence dans fon ope- mence SCMA T'arbre, noires, qui font la feration. Iln'excite ni fucurs, ni urines faitement bien de bouture. qui vient Ileft aufli parextraordinaires: on croit que c'eft par que blanc,
prefune douce tranfpiration qu'il produit comme le fureau, leccuraun fon peude écorce moielle
fon effet merveilleux. Mellicurs les verd pâle en dehors, & toute eft blanche d'un
Medecins feront là-deffus leurs refle- en dedans. Les
xions ordinaires. Tout ce qu'on fou- les feiilles aux branches queiies ont qui attachent
haite d'cux, c'eft der n'y rien méler du pouce de longueur, avec près un noeud d'un
lear, de, crainte de le giter, comme à l'endroit qui touche l'écorce.
effet merveilleux. Mellicurs les verd pâle en dehors, & toute eft blanche d'un
Medecins feront là-deffus leurs refle- en dedans. Les
xions ordinaires. Tout ce qu'on fou- les feiilles aux branches queiies ont qui attachent
haite d'cux, c'eft der n'y rien méler du pouce de longueur, avec près un noeud d'un
lear, de, crainte de le giter, comme à l'endroit qui touche l'écorce. quelques-uns ont coûtume de faire. Lesncuds, lest feuilles, lesbranches, Vertus
Iles lly a beaucoup d'autres arbres aux l'écorce & le tronc étant rompus &c dece
qui donnent des huiles & du bau- legerement
rendent
lait. me. J'en parlerai à mefure que l'oc- On le met fur preflez, les bleffures & du lait. cafion s'en prefentera. Monficur Lie- res commeleCopati, mais fans coupu- le
tard me fit prefent d'une petite cale- chauffer, & il
le même faire
bafle de fon huile de Copaii. Quoique J'en ai vû produit
effet. ce fut la premicre qu'on eut tirée de me perfuadent plulicurs mon experiences qui le
fon arbrc, je la trouvai G bonne que Pere du Tertre, s'eft que trompé Confrere il
j'aurois eu de la peine à la troquer a écrit que ce lait étoit
quand & dancontre le double de baume du Perou. gereux. cauttique
Nousavons unarbriffeau dontl'huile Un de nos Religieux fe méloit
ou liqueur qui en fort fait à peu près un peu de pharmacie, nommé qui le Pere
le même cffet que le Copaii. On l'apavoit
Pi laiRoilfe,. rempli quelques fioles
KNX. pelle Bois-laiteux, 9 fa feiille eft faite de ce lait. Il
au bout de
comme celle du laurier, un
plus quelque temps qu'il's'étoit s'apperçit entierement
grande, plus épaifle, plus PARALES &c delleché. Ii caffa les fioles pour voir
plas molle. la Lorfqu'on la rompt ou ce qu'clles contenoient 3 il y trouva debois Farine
qu'on déchire, fes fibres jettent une matiere blanche, déliée & fine laiteux;
une liqueur vifqueufe, épaiffe & blan- comme de la farine. Il voulur
excellenche comme du' lait. Cet arbriffeau ne ver fi elle feroit le méme effet éprou. tepour
vient jamais fort grand ni fort gros. quand elle
&il vit que leiplayas
On s'en fert pour garnir dcs lizieres operoit beaucoup étoirliquide, plûitôt Il ne qu'cile faifoit
parce qu'il vient fort vite, comme font autre chofe
un le
tous les bois mols, & parce qu'ils font de la playe, qu'exprimer lcs" peu fang
aflez fouples & ployans, du moins les couvrir de r'approcher cette farine fur levres, laquelle &
il cit jeune, on Pentrelaffe, & il mettoit une comprefle & une
SmE on conduit comme l'on veut. Lorf- pour la tenir en érat. Il m'a bande affuré
cit pius vieux il eft caffant, & que des coupures' confiderables avoienz
qu'il eft
fe
1EP
coupé il feche aufli- étéentierement renfermées
tôt. Il fleurit par petits bouquets de moins de douze heures. 8gueriesen
cing ou fix Heurs chacun, elles reffem- Il s'eft enfuite avifé d'en faire
bient affez au Jaimin; clles font blan- drele
d'un
pren- Pour la
P
poids
écu d'or dans du vin fieurs,
àdes
avoienz
qu'il eft
fe
1EP
coupé il feche aufli- étéentierement renfermées
tôt. Il fleurit par petits bouquets de moins de douze heures. 8gueriesen
cing ou fix Heurs chacun, elles reffem- Il s'eft enfuite avifé d'en faire
bient affez au Jaimin; clles font blan- drele
d'un
pren- Pour la
P
poids
écu d'or dans du vin fieurs,
àdes --- Page 337 ---
FRANCOISES DE LAMERIQU E. lat fiévre. Cet- après quoi on paffe le tout dans un lin- 1Gy6,
1696. à des Negres quiavoient
on le
&c on le donneau mate potion lcur excitoit une fueurfiabon- toû- ESL J'ai preffe 'dit pendant un Miferere &c
dante, qu'elle emportoit prefque
non davantage, parce qu'une pluslonjours la maladie. infulion donneroit trop deforceau
Pour les Ilm'a encore affuré de des s'en diffenteries étrefervi gue vin &c pourroit caufer la fiévre, quoique
diffense- avec fuccès pour guerir faifoit
fans aucun
ries 6 &c des flux de fang, Ilen
prendre d'or Onm'avoit danger. envoyé de la Martinique
Aoxda au malade le poids de deux écus
defang. dans deux jaunes d'ceuf, à trois heures une quantité de cette poudre queje
Pun de T'autre, ccla provoquoir le vo- vois donner à Monfieur Roi; PeliceriMéde- la duvaifmiffement, &c excitoit enfuitclanature cin des Galeresdul des prife découvertes
à fe décharger copiufementpasicba, feau a privé le public homme auroit faire
de l'acide, bile ou autre humeur qui
ce
cette
Enatten- pû
le mal,
il referroit & ges. vertus
poudre. ISEL
caufoit
après Fun quoi & l'autre de dant qu'il m'en vienne d'autre, je dois
arrétoit doucement
dire icique cettepoudren'a aucun mauPaurla ces On maux. fe fert encore avec fuccès de la vais goût, non plusque de l'un lelaitquila & del l'autre, for- il
saliguse. racine de cet arbriffeau pour guérir la me. J'ai goûté avoit fur la
de la
colique. On la pile & on en met infu- farine me fembloit de froment qui avoit langue, une petite
fer unc pincée dans un verre debonvin
pendant un Miferere & non davantage, pointe d'aigreur. H A P I T R E XVIIL
Du bois appellé Tendre à caillou. Des Fourmis blanchbes 011 poux de bois. Dis
bois amer é defes effets. Des Ignames o des Patates. E bois appellé Tendre à cail- dequatrelignes d'épaiffeur; elle eft
Bois aplou ne ie trouve que dans les adherente, fe leve d'elle-méme, fc T
pellé
che
dès Parbre eft abbaTendre
lieux fecs, pierreux &carides. &feroule que ou
a cailIl tire fon nom de fa grande tu. L'aubour, l'aubicr l'aubelle, caF
Joss,
durcté, quile fait reflembler on fe fert de tous ces noms aux Ifles
Sa feuille eft médiocre, pour fignifier la méme chofe, eft prefaux cailloux. dentelée, feche & comme brû- que blanc, médiocrement dur, & de
ovale, léc du foleil; de forte que de loin ces Pépaiffeur du quart du diametre du
&c comme cccur; il ne vaut riendutout, &legiarbres paroifient rougeâtres dedouze à te tres-aifément, mais le cceur eft adgrillez.
Sa feuille eft médiocre, pour fignifier la méme chofe, eft prefaux cailloux. dentelée, feche & comme brû- que blanc, médiocrement dur, & de
ovale, léc du foleil; de forte que de loin ces Pépaiffeur du quart du diametre du
&c comme cccur; il ne vaut riendutout, &legiarbres paroifient rougeâtres dedouze à te tres-aifément, mais le cceur eft adgrillez. Ils n'ont de jamais diametre, plus du moins mirable, également bon dans la terre
quatorze pouces
vûs. Quant & dans Teau, d'une dureté extréme,
ce font lesplus quej'ai eft confiderable. fort roide &fort compaét. Ses fibres
a leor hauteur,
SCt25
On en trouve de vingt-cinq à trente font longues, droites, lcs &ctellementpref. pieds de tige; cet arbre a peu de bran- fées les unes contre autres, de qurileit couches &c n'eit trop. fourni de feuilles. plus facile de lest brifer ou les
Son écorce EN blanchâtre avec quanti- per, que de les féparer. Il eft rouge
té de petites hachures; elle n'apasplus quand' on le coupes il perd fa couleus
quand --- Page 338 ---
1O2 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
1696. quand il eft à l'air; & devient prefque doigt du pied. C'eft ainfi queles Caraigris. bes plantentle leur. Thy6,
Remar- Jer ne croi pas devoir renvoyer à un re combien les volailles Onnefçauroit croiTE autre endroit la remarque quej'ai faite de ce mil,
quifontnourries &
quel'on far tous les bois qu'on met en terre. 2 lentes. Quand fontgralfes, les
fermes font encore fucumeten qui eft,
peud qu'ils foientbons,
poulets
serre. ce n'eft pas AfPeE partic eft enterre qui jeunes, de leur donner. on écrafe un peu le mil avant
fe pourrit ni celle d dehors, mais Maisily a bien d'autres animaux
feulement ce qui % au ras de terre. vivent de mahis. Une bonne
qui
Pour éviter cet inconvenient, il faut E/pagnols & desl
de partic des
brâlerlap partie qui doit être en terre &c ferme, n'ont point Portugais d'autre laTerrequelques poucesa saud ideffus, c'eft-à-dire, lui de mahis. On le
pain que celfechera au feu ou dans lcs cendres rou- foit encore tout à fait mange avant & qu'il
gcs, fans la réduire en charbon, afin eft encore tendre, cn mur, faifant lorfqu'il Difiren da
que la feve ou T'humidité qui s'y pour- les charbons l'épi tout entier. griller fur at
roit encore trouver, foit enticrement
J'en ai
deffèchéc, & que les pores fe refer- mangé efttrès-bon quelquefois & donne de del cette maniere; il
ment, les partics fe raprochent les unes pagnols le prennent quand l'apetit. il eft LesE(- encore
desautres, lebois devient plus compaôt, tres-tendre &
comme du
&c parc conféquent plus propre à relifter ils le broyent avec prefque un d'eau & lait; en
à Thumidité. font comme un lait d'amendes peu
Tous lcs quartiers depuis la riviere affaifonnent avec du fucre, de qu'ils
du Baillif étant remplis de pctits habi- & autres aromates, dont ilsfont lambre une Ce que
tans, on peut dire que ce font autant tion excellente, qui nourrit extréme- po- cofque LAtolle. de fourmillieres de volailles de toutes ment, qui fortifie la poitrine, &
les efpeces. La facilité qu'ils ont à les mélent encore aveclechocolat.
es peu
Tous lcs quartiers depuis la riviere affaifonnent avec du fucre, de qu'ils
du Baillif étant remplis de pctits habi- & autres aromates, dont ilsfont lambre une Ce que
tans, on peut dire que ce font autant tion excellente, qui nourrit extréme- po- cofque LAtolle. de fourmillieres de volailles de toutes ment, qui fortifie la poitrine, &
les efpeces. La facilité qu'ils ont à les mélent encore aveclechocolat. qu'ils
élever contribuë infiniment; le gros pellent Atolle. Ilsi'apmil & L petity viennenten perfeétion, On broye avec un moulin à
ou
fur tout dans les fonds où la terre eft bicn on pile le mahis lorfqu'il eft bras, tout à Mil, Pain de
plus graffe &c plus profonde. Onenpeut fait mur, &conleréduiten
dont
faire trois récoltes dansla mémeterreen on fait un. pain jaunc eft farine, très-bon
Mil,yma- treize ou quatorzemois. Toutela façon quand il eft tendre, mais iqui fe feche
his, bled qu'ily a pour le planter, après
a aifément, &
qui
de Tur- nettoyé lat terre, eft de donner un.coup qu'on bonté. qui perd beaucoup de fa
Grand- quie, dehoue &c dejetter dans letroudeuxou Nos Flibuftiers fe contentent
Ture, trois grainsdemil, & le recouvriràlin- qu'ile eft pilé, delemettre cuireavec après de deMahis Beizillie
Rentle figni- ftant avec la terre que la houë a enle- lagrailie ou delaviandedans leur chaumeme vée, enlyrespoufantaveclkpied.Lorf leterrein eft
dicre, à peu près comme on fait le ris,
grain. que
neuf ou leger, on fe & c'elt leur pain! le plus ordinaire: Heucontente fans fe baiffer de faireun trou reux quand ils ont quelque chofe
avec le bâton fur lequel on s'apuye, &c l'aflaifonner, viande ou poiffon; caril pour
d'y laiffer tomber deux ou trois grains leur arrive affez fouvent de le
de mil, après quoi oni remplitletroude comme uncbouillie épaiffe àl'enu manger & au
terre, en comprimant avec lebâtoncel- fcl. leq quicfta côté du trou, ouaveclegros Ondonne du mil écrafé groflicrement
AuX --- Page 339 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
chevaux lon veut
8c tous les cndroits où ils veulent aller, 16p4
16y6. aux
que mais il faut en engraider donner
Lc dedans de la motte eft un labyrinte
aux cochons, de crainte
ne peu de- de ces galeries tellement entrclafiées les
aux chevaux,
qu'ils
unes dans les autres & fi peuplées, qu'il
viennent pouffifs. mahis eft venteux eft impoflible de concerdircombiencet
Qvali- On prétend quele
infeéte
& fon adreffe à faire
tezdu &cindigefte. Jen'en aipasuf@al.czpour
multiplic
une breche à
Mahis. m'appercevoir de ces deux mauvaifes fon logement. Si o1l fait
qualitez. Des Flibuftiers qui enavoient Jamotte, ou qu'on détruife une galeric,
i'ont affuré vous.voyez dansle moment des milliers
fait un très-long ufage,
d'ouvriers qui travaillent à la réparer.
infeéte
& fon adreffe à faire
tezdu &cindigefte. Jen'en aipasuf@al.czpour
multiplic
une breche à
Mahis. m'appercevoir de ces deux mauvaifes fon logement. Si o1l fait
qualitez. Des Flibuftiers qui enavoient Jamotte, ou qu'on détruife une galeric,
i'ont affuré vous.voyez dansle moment des milliers
fait un très-long ufage,
d'ouvriers qui travaillent à la réparer. qu'ils ne s'en étoient point apperçûs, contraire me fuis
arrêté à les voir
qu'ils avoient remarqué au
Je
quelquefois
faite exque cette nourriturel lese engraiffoit beau- réparer une breche j'avois
coup & les rafraichiffoit. Jereviens aux près à leur motte. 92 les voyois tous de
volailles. accourir &c fe prefenter fur lebord
Poux de On leur donne encore des poux de lab breche, & s'en retourner auffi-tôt aD'autres leursfuccebois, 0% bois, dontelles font fort friandes. C'eft vec précipitation. fourmis un infeéte qu'on ne trouve que trop doient avec empreffement, & quoiqu'il
bianches dans toute l'Amerique. C'eft ler même parût qu'ils n'apportoient rien, le traqu'on appelle fourmis blanches dans vail ne laiffoit
de s'avancer imtoute la Terre ferme & dans les Indes perceptiblement, M breche diminuoit
Orientales. On lui a donnélenom de à vied'acil, & à la fin fetrouvoitrépapoux deb bois aux Ifles, parce qu'ilsat- rée. Je croi que CC font leurs excretache aux bois, les mange , les: gâte mens qui leur fervent de matiere pour
& les pourrit. Cet infeéte engraifle les bâtir. infinie à les chaffer
volailles, & c'eft lefeul avantage equ'on On a une peine
en puiffe retirer, car du refte ilefttrès- d'un endroit, quandilss'yfont une fois
pernicieux. Ilala figure desfourmisor- établis. Tuez en tant que vous pourrez,
dinaires, excepté qu'étant plus gras & pour peu qu'il en refte, ils travaillent
plus rempli, les membres ne font pas avec un fuccès étonnant à la multiplifibien diitinguez. Il eftd'un blanc-(ale; cation de leur efpecc & de leur logeil paroît huileux à la vûe &autoucher, ment;. ce qu'ils ne peuvent faire fans les
&ila une odeur, fade & dégoûtante. Il ronger le' bois, le cuir, les toiles,
dela Figure multiplie d'une maniere étonnante. En étoffes, & generalement toute lcs chomotte quelque lieu que ces infeétcs s'atta- fes où ils peuverit mettre lepied, carils
des poux chent, ilsfont une motte d'une maticre font pàr tout des galerics, &p pourriffent
del beis.
ne peuvent faire fans les
&ila une odeur, fade & dégoûtante. Il ronger le' bois, le cuir, les toiles,
dela Figure multiplie d'une maniere étonnante. En étoffes, & generalement toute lcs chomotte quelque lieu que ces infeétcs s'atta- fes où ils peuverit mettre lepied, carils
des poux chent, ilsfont une motte d'une maticre font pàr tout des galerics, &p pourriffent
del beis. commc dela terre noire, dont ledeffus tous ies licux oà ils paffent. Ils s'attaquoiqu'affez peu uni & rabotteux, eft chent fur tout au bois de fapin, 8c
fi ferme que leau ne le peut pas pene- autres bois qui vicnnent d'Europe
au
font
Tordinaire
tendres trer. On ne remarque delfus aucune
pour
de plus "Ameriques ils
ouverture 7 parce que ces infeétes ne plus doux que ceux
en moins
vontjamais à découvert; ils font une les rongent & les pourrifint
infinité de petites galeries groffes &c de rien,
creufes comme un tuyau de plum: à é- t J'aivi des maifons prêtes à tomber
erire, delaméme matiere quela motte, én ruine 5 parce que les propriecaires infcêtes.
quiy aboutiffent, &c qui conduifent cn avoient négligé de chaffer cCs On --- Page 340 ---
104 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
3596. On trouve dans les bois & autres licux pris de la rhubarbe en guife de tabac. de ces mottes fi groffes & fi pefantes, On fe fert ordinairement de ce bois 1696,
qu'un hommene les peut porter. Quoi- pour faire des lattes, ou des planches
qu'on les coupe en pieces, ou qu'on les minces pour cloterl'ardoife,
arrache du licu où elles étoient bâtics, eft leger,8cqu'on eft alluré qu'ilne parce qu'il fera
leurs habitans ne s'enfuyent pas pour jamais attaqué de ces infeétes. ccla, au contraire ils travaillent à ré- L'acajou & le bois amer ont encore
parer les brechcs. Lorfqu'onà prisune une autre qualités c'eft de communimotte &c qu'on la veut conferver pour quer leur amertume àt tout ce
fait
la donner petit à petit aux poulcs, &c cuire à lcurf feu, foitqu'on
cuire
empécher même
RERAERE
de
en
tems quc lcs poux dans une marmite, oud qu'on le faffe robois ne fe retirent ou qu'ils n'éten- tirà la brochc ou fur le
ai
dent leurs logemens & leurs galeries, fait l'expérience à mes dépens; gril. J'en car un
&c ne fe répandent dans dcs lieux odon jour qu'on travailloit à la couverture
ne les fouhaite pas; on enfonce un pi- de mon] Presbytere: au Macouba, &
quet, au milieu de quelque mare d'eau, j'avois envoyé mon Negre dehors,
& on fiche la
E
motte fur le piquet, & à maflai des bouts de lattes de ce bois
mefure qu'on en a befoin pour les pou- je mis au fcu, afin quel l'abfence
lets, on
candut
en coupe ou rompt une
finier n'apportât aucun retardement au
qu'on leur jette; c'eft un plaifir ERUE diner de mes ouvriersniau mien, mais
comme ils fc jettent fur ces infeétes, & je fus furpris quand le Negre fut revecomme la poule brife la mottcavec, fon nu de l'entendre crier contre fon carnabec & fes, picds.
au fcu, afin quel l'abfence
lets, on
candut
en coupe ou rompt une
finier n'apportât aucun retardement au
qu'on leur jette; c'eft un plaifir ERUE diner de mes ouvriersniau mien, mais
comme ils fc jettent fur ces infeétes, & je fus furpris quand le Negre fut revecomme la poule brife la mottcavec, fon nu de l'entendre crier contre fon carnabec & fes, picds. pour les obliger de fc rade, qui étoit un petit Negre noumontrer. veau. Je lui en demandai lnraifon, &
llya deux fortes de bois quine font il me dit que lc diner étoit perdu,
pas de leur goût; T'acajou & le boisa- cc qu'on avoit mis du boisamer
mer. Ccla
PLINTE
vicnt de ce que lc fuc &cic fcu. Je crus d'abord que c'étoit
bois de CCS deuxarbresett extrémement que fuperflition, iquoi les
amer. Jc parlerai dans un autre endroir bien
NEEE
del
que beaucoup. d'autres gens font
l'acajou. aflez portez, & je m'enmis peu en
Evis
Lebois amcreftun affez grand arbre. nc,
commeilp
peiamer, J'en ai trouvé de plus de deux
de re la Cependan:
perliftoit à di- Efus
fon Hfa- diametrc. Sonécorcecft brunc, pieds
méme chole, je goutaile! boûillon dwb bois
f. & fort épaiffe. Sa feuille eft longue hachée & meduficl. &cla viande Lesouvricrs &jelestrouval à qui amcrs il com- furla amer
pointuc, d'un yerd pale,aflezdouce & toitdediner defcendirent, on fit CRCOE vian.le,
peu épaiffe. Lebois cll d'un
clair ferdel'eau, on échauffa la vidnde, on
qui fe décharge eu fechant CtE devicnt la lava dans. pluficurs: eaux chaudes &
prefquel blanc;il cft filaffeux &l leger. 11 froides; maisy'avois eu tant de foin de
faut oblerverlorfqu'on le fcie dei ic tenir la faire cuire avec du bois amer, qu'il
toujoursauv vent, c'eft-à-dirc, qu'il faur fut impoflible même à mon chien d'en
Coguedmerimuimge le vent ne manger. Mes volailles réparerent ma
puille pas vousjetterla poutlere au vifa- fauteaux dépens de Jeur peau. Je mc. ge;fans cette précaution la
firis affuré plus d'uncfois decette expeentredansl lencz & dans la bouchc,
riencc, mais d'unemaniere qui me
lemème effct
porSEERTTE
quc f on avoit maché ou toit moins de préjudice. Lorf- --- Page 341 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. ros
Lorfqu'on eft obligé de manger des & fes grains ne font gueres
1696,
3696. voici
le chenevis. Ses feuilles
ENet PLECTE
volailles dès qu'elles font tuées,
que lentes
nourrir leschevaux. Quand
Moyen les moyens dont on fe fert aux Iifles pour
pour ou feme
pour les attendrir, 8cdont on pourroit fc fer- on le plante
uniquement pour
manger
cet
on lei met par fillons; il croit
les vo- vir en Europe:
en à mefure ufage,
le coupe, &c dure fort
lailles Le premicr eft de les plumer tout
qu'on être.
ailles dès qu'elles font tuées,
que lentes
nourrir leschevaux. Quand
Moyen les moyens dont on fe fert aux Iifles pour
pour ou feme
pour les attendrir, 8cdont on pourroit fc fer- on le plante
uniquement pour
manger
cet
on lei met par fillons; il croit
les vo- vir en Europe:
en à mefure ufage,
le coupe, &c dure fort
lailles Le premicr eft de les plumer tout
qu'on être. des
quoi on leur fait avaler du long-tems fans
replanté 7 pourvà
gui'elles vie,, après
l'ont dans qu'onr ne lel laife pas monter en On
font vinaigre, &c pendant qu'elles les étouffer en fc fert auflides feuilles du gros atip pour
suées. la gorge, on acheve de
donneraux chevaux, mais elles ne font
leur tordant le col. fi bonnes. Let fecond eft, après les avoirfaignées pas Ily, a une autre efpece d'herbe, lonal'ordinaire, del les pendreaunebranche gue, étroite, douce au toucher &c au
de Le figuier. troifiéme eft, de les enterrer pen- goût, d'un verd-de-pré, vient vite de
bouture, bien mieux & Fta
dant les même cfpacc detems, aprèsqu'el- de graine, dont on a foin d'avoir duc
les ont été faignées. de les écorcher jours une bonne quantité dans les habiEtl le quatriéme cft,
accom- tations bien
Elle fert auffi pou- Herbe
rout en vic, quand on les veut
les chevaux, reglécs. elle les engraiffe, les rar decofe. moder d'une maniere 9 où on n'a Il
fraichit, &c leur fait autant &c peur-être
leur
M
bcfoin de conferver
exccllen- plus de bien, eu égard à la temperatucertain que ces maniercs
Eate
donnent auxvolaillesque re du climat, que A on leur donnoit de
tes, l'on 8cqu'elles eft preffé de faire cuire une tendre- l'avoine ou de lorge 5 Car en ces paysté admirable. On dira peut-étre que là, les chevaux font d'être toûjours très-bons au verd, & de
voila bien des documens de cuiline pour & ne laiffent fatigue. pas On la nomme herbe dc
un Miflionnaire Apoftolique 5 à obli- quoi grande elle croit vitc, on la coupe tant
j'ai à répondre, que quand on eft eft colle; veut; elle revient promptement &c
gé d'avoir foin de fon ménage, on de qu'on
pourvà qu'on ait foin de la
en même tems obligé dc s'initruire ferois multiplic, farcler, & dene la pas laiffer monter en
bien des choles, dont je ne me
pas chargé la memoire fi j'avois mais toû- l'o- graine. Le'mil & petit demande uneterjours été dans mon cloitre :
re
Pour l'herbe de
dans un état, gralle profonde. TETIS
béiffance m'ayant employé de
côte elle vcut un terrein bas 8chumide,
j'ai étéen même tems obligé fçavoir dc c'eft
on la plantc toûjoursaux
ce qui étoit comme des dépendances bords pourquoi des rivieres. cet état, eu
à la neceffité qu'il Les
& les patates font des
y a de vivre E fouvent de fc prépa- à la fruits d'un ignames fi grand ufige dans toute
rer foi-méme ce qui eft ncceffaire
l'Amerique 2 que je nc dois pas revie.
8chumide,
j'ai étéen même tems obligé fçavoir dc c'eft
on la plantc toûjoursaux
ce qui étoit comme des dépendances bords pourquoi des rivieres. cet état, eu
à la neceffité qu'il Les
& les patates font des
y a de vivre E fouvent de fc prépa- à la fruits d'un ignames fi grand ufige dans toute
rer foi-méme ce qui eft ncceffaire
l'Amerique 2 que je nc dois pas revie. fc fert encore mettre à un autre endroit d'en parler,
Petit J'allois oublier qu'on
fur tout étant dans un quartier où oll
Mil, aux] Ifles d'une autre elpece nourrir demil,qu'on &c pour en cultive une quantité très-confideraappelle petit les mil, volailles. pour La feuille dece- ble. engraiffer lui-ci eft à peu près la même quc celle L'igname eft une cfpece de dc beterave la bondu, gros mil, maisbeaucoup plus petite, qui vient grofle à proportion
té
To. II. P --- Page 342 ---
106 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
tGy6. té du terrein où clle cft plantée. Elle gnez de trois à quatre pieds les uns des 16p6,
demande un bonne terie, forte, grafle autres. Ils prennent aifément, &c en
8cprofonde. Sa peau eft affez épaiffe, moins de cing mois ils portent du fruit
rude, inégale 2 couverte de beaucoup meur & bon à manger. On connoit aux
de chevelure, & d'un violet tirant fur feuilles quc lc fruit 2 toutc la
le noir. Le dedans eft de la confiftance &la maturité qu'il doit
groffeur
des beteraves, foit qu'elle foit cuite ou pour lors elles fe flétriffent. avoirsparceque Lorfque
qu'elle foit crue; eile eft d'un blanc- le fruit eft tiré de terre, on le laiffe un
falc, & quelquefois tirant tant foit peu peu au foleil pour
fur la couleur dec chair. Ce fruit eft vif- on le met dans un fereffyer,aprerquor lieu fcc ou dans des
queux avant d'être cuit. Ilfe cuit aifé- tonneaux, & il peut fe conferverdes anment, ileft leger, de facile digcftion, nées entieres fans fe giter & rien
& ne laie pas d'être fort nourriffant. de fa bonté. perdre
On Ie mange cuit avec la viande, &c La patate eft une efpece de pomme
pourlors il fert de pain & de caffave. det terre,qui approche adez
Onlefit cuire feul dans l'eau, ou fous appelle en France des decequ'on
la braife, & on le mange avec la pi- les Efpagnols
taupinambours:
Igna- mentade, c'cit-à-dire, lejus de citron, Batata. Jenef fçaifielle Tappellent
tue, lc piment écrafé & lcfel. La
originaire de Patate,
Saere
fruit de le produit cft
de
tige qui P'Amerique, ou fi on Ty, a apportée : efpece de
serre. quarrée trois à quatre ce qui me feroit croire qu'elle y eft na- pomme
lignes de face; elle rampe fur la terrc, turclle, c'eft le grand ufage que tous les de terre. pouffe des filamens qui prennent raci- Indiens tant de la Terre-ferme des
ne; quand elle trouve dcs arbres ou des Ifles,en font.
produit cft
de
tige qui P'Amerique, ou fi on Ty, a apportée : efpece de
serre. quarrée trois à quatre ce qui me feroit croire qu'elle y eft na- pomme
lignes de face; elle rampe fur la terrc, turclle, c'eft le grand ufage que tous les de terre. pouffe des filamens qui prennent raci- Indiens tant de la Terre-ferme des
ne; quand elle trouve dcs arbres ou des Ifles,en font. Ufage, quifelon:
attache, monte
aatipet
buiffons,elle s'y
& cou- Pas une foible conjecture; car ces Peuvre en peu de tems tous les endroits ou ples font fort jaloux de leurs anciennes
ellepeut penetrer. Ses feuilles viennent manieres de fc nourrir 3 & excepté le
deux à dcux attachées à de petits pédi- vin &Tear-de-vie,nouster voyons
cules quarrez un peu crochus 5 elles qu'ils ayent du penchant, ni pour spoint nos
font en forme de coeur avec une petite fruits ni pour nos autres vivres venant
pointc, d'un verd-brun, affez épaiffes, d'Europe, ou accommodez àla maniere
graffes &c bien nourries. La tige pouffe d'Europe. On trouve des patates dans
quelques couverts de petites feurs TAfiescenAfrique, elles viennent trèsen forme C cloches, > dont le piftis fe bien enIrlande & enAngleterre, &c j'en
change en une petite filique quieftrem- ai vû croître & venir en parfaite matuplic de petitcs graines noires. Je n'ai rité à la Rochelle. jamais entendu dire qu'on en ait femé; Ilye en a de plufieurs cfpeces,
la plante vient beaucoup mieux de bou- peut rédaire à trois principales, quel'on içavoir Patats de trois
ture &p plus vite, f on la laifle faire elle les bianches, lesrouges
efpeces. couvrira
Sclesjnunes. bien-tôt tout unjardin; il fuffit Elles fe plantent de bouture en coud'en avoir planté unc fois dans un en- Pant en morceaux la tige qu'elles ont redeles Manis
droit pour y en trouvertoujours. Onfe pouffée, ou le fruit méme, & mettant cultifert de la téte du fruit avec une partic lun ou) l'autre en terre & l'en couvrant ver. dela tigequiy eft attachée pour en pro- environ de trois ou quatre pouccs. Ily
diguer l'efpece; on la coupe en quatre, a despatares qu'on appelle parates de fx
&lon metles morccaux en terre éloi- femaines, parce qu'on prétend qu'elles
croif- --- Page 343 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. & meuriffent dans cet efpace te la furface de la terre. Il pouffe de 16y6. 4696. croiffent ne fçai fi dans les fiecles petites fleurs comme des violettes doude tems.
ly
diguer l'efpece; on la coupe en quatre, a despatares qu'on appelle parates de fx
&lon metles morccaux en terre éloi- femaines, parce qu'on prétend qu'elles
croif- --- Page 343 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. & meuriffent dans cet efpace te la furface de la terre. Il pouffe de 16y6. 4696. croiffent ne fçai fi dans les fiecles petites fleurs comme des violettes doude tems. Je
dans celui- bles, mais qui font jaunes, a côtédefpaffez cela étoit vrai; pour de deux mois. quelles naiffent quantité de petits filaci, il leur faut plus chofc, car il mens tortillez qui prennent racine dès
C'eft toûjours quelque mois à toutes les qu'ils touchent la terre & produifent du
faut au moins Telles quatre qu'ellcs foient clles veu- fruit. autres. & Gablonneufes J'ai vû des patates qui pefoient juf
lent une terre la pluyc quand on qu'à cing] livres; mais cela n'eft pas orelles demandent
croire mon
PEE
les plante, & puis de la chaleur & un dinaire, Confrere & le Perc me porte du' Terre à s'eft que trompé,
tems fcc julqu'a ce qu'on les leve, ou quandil a dit d'en avoir vû
pour
le langage des Ines,jufqu'à
de vingt livres, & que quipeloient c'étoit unc
ce
les fouilles car effeétivement la houé plus chofe aflez ordinaire
c'elt
il
fouiller la terre avec
peut-étreque a oublié de
chair de cestrois une faute d'impreflion qu'on
2RE
pour les trouver. bonne. On La eftime cependant corriger. Communément les patates
elpeces eft
lesautres. C'eft cune ont depuis deux jufqu'à cinq pouces de
les jaunes plus de facile digeltion, diametre. Leur
eft trés-irrégunourriture
on en voit rondes, d'ovales
Retr
fort
liere;
Nrt
qui ne laiffe pas d'étre admirable en fubitantiel- toute ma- & d'autresfaçons. Leur peau eft minle, & elle feroit n'etoit pas un peu ven- cC, unic, fans chevelure ou filamens. de
niere,
Les
ont la
& le dedans
teufe. ordinaire &
la couleur AEOPIC chair; ESEu blanches &lesjauC'eft le pain l'on donne aux prefque Negres ncs ont la peaugrife, & le dedans blanc
feule chole que & dans les Iflcs An- ou jaune. à Saint Domingue du diner le Comman- Lesfeuilleseclebois ne font pas inutigloifes. A T'heure
des
on les dondeur les conduit à la piece patates, lesmeigrlufotandies &furtout
&1 leur en laiffe fouiller à chacun fa pro- mtnotomnkaabesne cochons ; cettc nourriture les envifion pour toute la journée. En mémc aux
& rend leur chair
tems on coupe en pieces le bois ou la graifle & extrémement, lard fort fermes. tige des patates, que l'on remet en terre leur Les patates font une bonne partic de Manieau lieu du fruit que l'on a tiré; par ce la nourriture des petits habitans; on les redele
moyen on eft furd'en trouver laiffe toûjours, fait cuire dans un chaudron avec du felJawre cuire. outre quc celles qu'on
par mégar- & un peu d'eau, & on lcs couvre bien
de ou qu'on néglige, parce qu'ellesiont jamais de avec leurs feuilles.
patates, que l'on remet en terre leur Les patates font une bonne partic de Manieau lieu du fruit que l'on a tiré; par ce la nourriture des petits habitans; on les redele
moyen on eft furd'en trouver laiffe toûjours, fait cuire dans un chaudron avec du felJawre cuire. outre quc celles qu'on
par mégar- & un peu d'eau, & on lcs couvre bien
de ou qu'on néglige, parce qu'ellesiont jamais de avec leurs feuilles. Lorfqu'elles font
trop petites, ne manquent à merveille. hors du feu, on couvre.le chaudron apouller 8 de multiplier eft un
vec une groffe toile afin de refferrer la
La feuille des patates
la fi- fumée en dedans, & qu'clles achevent
écujelleapproched
LOPYREE
grande qu'un
petites échan- de mitonner; cependant on fait une pigure d'unceuraveedeux ellc eft mince, d'unbeau verd, mentade avec lejus dc citron, le fcl8c
crurcs;
douce au
& au tou- le piment écrafé. On tire les patates du
fort tendre, fon bois goût eft d'un verd- chaudron, on ôte la peau, qui quitte
cher. Sa tige ou tendre, flexible; il la chair pour peu qu'on la prelie, & on
pâle, plcin de fuc, de réjettons &c lest mange enlestrempant dans lapimencourt & pouffe qui quantité couvrent bien vite tou- tade. de branches
P2
Lorf --- Page 344 ---
108 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696, Lorfqu'on les fait cuire avec la vian- Anglois en ufent
nous
Difi- de pour tenir lieu de pain, comme font fouvent le
plus que
; c'eft 1696,
rentes nos Boucaniers, nos chaffeurs de Saint
pain des équipages de leurs
manie-
&
vaiffeaux, méme de ceux de guerre, fur
resd'ac- Domingue beaucoup d'habitans; on tout de leurs
des Ifles. commo- fecontente de les bien laver fans
Lorfque le Sieur garde-côtes
der les ler,& on les metdans la marmite lespe- quand doit le
du Parc qui commanpatates. la viande eft écumée. Elle fe cuifent Jerfai, Cheval-marin vaiffeau de prit en 16 le
ainfi, & en profitant de la graifle de cinquante canons; on guerre trouva Anglois de
la viande 5 elle lui communique leur tous vivres
n'y
pour
fuc & leur odeur. Quand tout cft cuit, fallé & force que patates. quelques On barils les fouille de beuf
on ôte facilement la peau des patates,8c tout tems &" en toutes
en
on les mange comme le pain avec la eftime ce fruit fi bon & fi faifons, fain, &c on
viande, fans oublier la pimentade, qui dit en proverbe, Que ceux
qu'on
eft la fauce favorite de bien des gens. nent en Europe après avoir qui rétourOn les pele & on les coupe par quar- patates, rétournent aux Ifles mangé des
tiers, lorfqu'on les veut faire cuire avec manger encore. Je ne
pour en
la viande comme on fait les navets, les comparer le
de ce fçaurois mieux
carotes &c autres racines ; pourlorsclles eft roci, qu'à goût celui des fruit quand il
fe fondent entierement, & font un po- culs d'artichaux mélez enfemble. marons & des
Caore épais comme une purée d'un très- prétends pas pourtant impofer à Jene
goût. fonne la neceilité d'en
perOn les mange au deffert comme du moi, parce c'eft une juger comme
fruit.
le
de ce fçaurois mieux
carotes &c autres racines ; pourlorsclles eft roci, qu'à goût celui des fruit quand il
fe fondent entierement, & font un po- culs d'artichaux mélez enfemble. marons & des
Caore épais comme une purée d'un très- prétends pas pourtant impofer à Jene
goût. fonne la neceilité d'en
perOn les mange au deffert comme du moi, parce c'eft une juger comme
fruit. Après qu'elles font cuites fous les de ne point que des elpece de loi
cendres chaudes, on les pele & on les Je m'étonne difputer goûts. fert arrofées d'un jus d'orange avec du Provinces de France feulement ne que certaines
fucre. On les mange fouvent toutes de chataignes ou de
vivent
chaudes
noir, ne
dled
fans y rien
aut
ce fruit étant cuit ajoûter fa 2 fauce parce que tivent pas de patates, quif font infiniment
lui, &eftt
porte
avec meilleures, qui ne craignent ni la
fain toljoursbon. de
Jele croi même nila gelée, & àqui il ne faudroit aup gréle
plus
cette maniere. que cing mois pour venir à plus
La patate étant fouillée &tirée hors
faiteà la maturité. de terre dans un tems
L'experience que j'ai
Rochelle
fec,&cexpolée un me
ce fruit
peu au foleil & mife dans un lieu fec, convainquant toute la que auffi peut venir
fe conferve plus d'un an. On en porte Er moins qu'il France, vientenIrlanded parfaitement
en Europe fans qu'elles fe gâtent. Les gleterre. &en AnC H A P I T R E XIX. Des oijfeaux appelles Diables. De leur chbaffe. Deftription
de la Soupbriere. 0OgEMardi treiziéme Mars leP. meté fur fon aliette,j'aimais micuxm'en
Gaffot me ramena au Baillif fervir, que de retourner: ràcheval; mon
dans fon canot. Quoiqu'ilfut Negre le conduifit par lc méme chemin
affez petit & fort volage,e'eft
nous étions venus. Cc
me
à dire, qu'il cut peu de fer- frp plaifir
voyage
Le --- Page 345 ---
Aathshoi
Ia Scuphiere dela
Cuddeloupe.
Igname
Scincg
acuznede-Dellis
Roguet.
Diable ou
Diabletin. --- Page 346 --- --- Page 347 ---
FRANCOISES DE L'AMERIQUE. montai à nôtre ha- nuit, mais qui lui font tellement inu- 1606. 16g6. Le lendemain je
travailler au tiles le jour qu'il ne
fupporter la
bitation du Marigot pour
lumiere ny difeerner Psro objets; de fornivellement du canal. On mc donna te
il eft furpris par le jour
quatre ou cinq Negres pour me fer- hors que de quand fa retraite, il heurtecontretout
vir, à
manquoit toûjours quel- ce qu'il rencontre, & enfin il tombe
Tantôt ils n'avoient point
à
A"
ferremens , tantôt ils étoient fou- ou terre. Ccs oifeaux vivent du poiffon qu'ils
faifoient les maladcs 2 &c le plus
vont prendre la nuit à la mer.
il eft furpris par le jour
quatre ou cinq Negres pour me fer- hors que de quand fa retraite, il heurtecontretout
vir, à
manquoit toûjours quel- ce qu'il rencontre, & enfin il tombe
Tantôt ils n'avoient point
à
A"
ferremens , tantôt ils étoient fou- ou terre. Ccs oifeaux vivent du poiffon qu'ils
faifoient les maladcs 2 &c le plus
vont prendre la nuit à la mer. Après
vent ils n'avoient rien pour manger que leur pêche eft achevée 2 ils s'en
avec leur farine, 2. que les crabes qu'ils retournent à la montagne où ils realloient fouiller dés quej'étois un travail mo- pairent dans des trous comme les lament abfent: : de forte que ce
&c ils n'en fortent que quand la
ne me plaifoit point du tout, Jelaurois parce pins, nuit eft venué pour retourner à la mer. qu'il alloit trop lentement. fila.com- lls crient cn volant comme s'ils s'apméme abandonftouca-air, dans les bois oit il n'y pelloient ou ferépondoient les uns aux
modité deferpens d'aller comme à la Martini- autres. la
a point
diverti. Jc re- Ils commencent à paroitre vers
quc, nem'avoit un pcu
à laGua- fin du mois de Septembre. On les
folusdonc de paffer lcCarêmc à l'Ancel Fery trouve alors deux à deux dans chaque
deloupe: afin de retourner & enfuite de trou. Ils demcurent ainfi jufqu?à la fin
comme je l'avois promis, le nouveau de Novembre, après quoi ils difpafaire le tour de T'Ile avec
cette roiflent, &c on n'en voit ni entend auGouverneur, qui m'avoit propofé
cunjufqu'au milieu ou environ du mois
partie. lors dans la faifon de janvier, qu'ils paroiffent de nou-Tams leur de
Nous étions pour certains oileaux qu'on veau. Pour lors on n'en trouve plus pente,
de la chaffe de Diablotins. je ne qu'un ou qu'une dans chaque trou juf. appelle Diables ou
dais les qu'au mois de Mars qu'on trouve la
fache pas qu'il s'en rencontre
& mere avec fes deux petits. Quand OnI
Hles autre part qu'à la Guadcloupe
les
diables en CC tems-là
àl la Dominique, ouils viennent cn cerfont couverts petits d'un duvet épais &
tains tems dc l'année s'accoupler, ponNIEL
jaune comme les oifons; ils font comdre & élever leurs petits. de
on les
Cet oifeau eft a près de la grof. mc des des pelottons cottous. lis graille; font en état
feur d'unc poule PA fleur; c'eft ainfi appelle de voler dans la fin de mai; aufli eftqu'on appelle auxlflcs les jeunes poules
s'en retournent,
qui n'ont pas encore pondu, & quifont cc en ce tems-là ceffe entierement qu'ils
dc les voir
Def- en étatde pondre bien-tôt; fon pluma- & for- & & qu'on de les entendre jufqu'au mois de
cription ge eft noir, ila lesailes) longucs
Septembre.
PA fleur; c'eft ainfi appelle de voler dans la fin de mai; aufli eftqu'on appelle auxlflcs les jeunes poules
s'en retournent,
qui n'ont pas encore pondu, & quifont cc en ce tems-là ceffe entierement qu'ils
dc les voir
Def- en étatde pondre bien-tôt; fon pluma- & for- & & qu'on de les entendre jufqu'au mois de
cription ge eft noir, ila lesailes) longucs
Septembre. Tout
de dire
desoi- tes, les jambes affez courtes, les pieds du
& dc la cequejeviens demeure des diables
feaux appellés comme ceux des canards, mais fon bec garnis eft à la pallage Guadeloupe & à la Dominique
Diables de fortes & longues griffes,
arrive
& fans avoir E
e Dia- long d'un bon pouce & demi, courbé, mais regulierement toutes les années. La
blotins. pointu, extrémement dur & fort; ila lui chair de manqué cet oifeau cft noirâtre, &c fent
de grands yeux à Acur de tête, qui
durefte cllc eit bonServent admirablement bicn pendant la un pcu le poiffon;
ne
P 3 --- Page 348 ---
IIO NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1ly6. ne & fort nourriflante. On eftimc les chames tout le
& au fond
cottous comme étant plus délicats, &c tre riviere long ce
de nô- 1656. ils le font en effet; mais ils font trop mes un endroit jufqu'à moins que nous trouvâ- le
gras, de forte qu'ils rendent la graifle reftc, où nous montâmes efcarpé les uns que
comme s'ils étoient pleins d'huile. les autres en nous aidant ou après
Maniere Lamaniere deles accommoder quand montant far
plâtôt en
delesac- ilsfontgrands, cft deles fairebotillir à
les épaules de ccux quidecommo- der. grande eau avec du fel & des herbes enfuite meuroient à en bas, que nous tirâmes
fines, jufqu'à lamoitié de leur cuiffon, bien nous avec des liannes, aufiaprès quoi on les retire & on les laiffe paflé que ce mauvais nos chiens. Jecrus: aprésavoir
égoûrer 5 cette demie-cuiflon les dé- mais ces mauvais pas fe en trouvoient être quitte 5
graille &c leur ôte le goût de poiffon. tes les fois qu'il
des ruif- touOn acheve de
paffer
Aitet
les faire cuire en daube, feaux ou des rivieres, ce
cni ragoit ou autrement, avec des écor- ou huit fois avant que nous quiarriva fuffions fept arces d'oranges & des feuilles de bois rivez au haut de la montagne des oid'Indc. feaux qui eft à côté de la Souphriere. Lespetits dibisgsconoun@ntnci II étoit près de fix heures
nous
lcurs étant rotis à la broche, ou furle arrivâmés au lieu où nos quand chafleurs
gril, faupoudrez dc fel, de poivre & avoient refolu de faire leur cabane. dc graine de bois d'Inde batius enfem- Nous nous mimes tous à travailler à
ble. nôtre logement, les uns couperent des
Onp peut dire que ces oifeaux font une gaulettes, les autres amafferent des
manne que Dieu cnvoye tous les ans tougeres pendant que deux chaffeurs
pour les Negres &c pour les petits habi- allerent chercher des oifeaux pour foutans, qui ne vivent d'autre chole pen- per.
ient refolu de faire leur cabane. dc graine de bois d'Inde batius enfem- Nous nous mimes tous à travailler à
ble. nôtre logement, les uns couperent des
Onp peut dire que ces oifeaux font une gaulettes, les autres amafferent des
manne que Dieu cnvoye tous les ans tougeres pendant que deux chaffeurs
pour les Negres &c pour les petits habi- allerent chercher des oifeaux pour foutans, qui ne vivent d'autre chole pen- per. J'avois cu la précaution de faire
dant la faifon. porter mon manteau, une bonne bouLa difficulté de la chaffe de ces oife- teille de vin de Madere, & du
aux en conferve l'efpece, quiferoit dé- avec. de l'eau-de-vic & de la farine pain,
truitcentierement ilyabien desannées, pour nos Negres. Nôtre Cabane fut
felon la mauvaife coûtume des Fran- bien-tôt drefiée, 7 nous la couvrimes
çois, s'ils ne feretiroient dans deslieux ayec des feuilles de cachibou que nous
qui ne font pas acceflibles à tout le avions coupécs en chemin, parce que
monde. nous fçavions bien que nous n'en trouMalgré les dangers &clesincommodi- verions dans l'endroit oà nous altezinfeparables de cette chaffe, ma Cu- lions. Raue fimes une bonne litiere
riolité me porta d'accompagner quatre de fougeres pour nous coucher, & nous
de nos Negres quiya alloient un Diman- allumâmes un grand feu , tant pour
che après midi, & qui ne devoient re- faire cuire le gibier qu'on étoit allé
tourner que le lendemain au foir; car chercher pour iouper, que pour nous
il faur ce tems-là pour fe rendre fur le chauffer pendant ia nuit, qui eft toûlieu delachaffe, chercher le gibier, & jours très-froide dans ces lieux éleChemin revenir. Outre mon Negre je condui- vez. dela fis avec moi un jeune Creolle qui Nos deux chaffeurs
pnontafurent heurcux
gned des aprenoit chez.nous à rafiner le fucre, ils revinrent allez promptement avec
Aiallez, nommé Albert de Launay. Nous mar- quinze ou feize diables. Chacun fe
mit --- Page 349 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
IIE
à
Pour moi je fis autre année. On enfonce auffi-tôt la 1696
1696. mit d'abord plumer. rôtir. Après gaulette dans le trou jufqu'à ce qu'on
lesbrochettes pourlesfaire & flambez, on les rencontre l'oifeau, qui dès qu'illa fent
qu'ils font plumez les dedans fer- la prend avec le bec & la fcrre, & fe
ouvre par lc dos; tous des chiens avec laiffe plâtôt entrainer dehors que de
vent pour le fouper
des ailes. lâcher prife. Quand il eft à la bouche
les pieds, lestétes&clesbouts
du trou, la lumierel l'aveugle, il eft éOn embroche les corps diagonalement, la bro- bloii, il veut retourner à reculons
c'eft-à-dire qu'on tait palier
dans fon trou, mais le chafeur y a mis
chette d'une cuiffe à l'épaule oppolée.
dehors que de
vent pour le fouper
des ailes. lâcher prife. Quand il eft à la bouche
les pieds, lestétes&clesbouts
du trou, la lumierel l'aveugle, il eft éOn embroche les corps diagonalement, la bro- bloii, il veut retourner à reculons
c'eft-à-dire qu'on tait palier
dans fon trou, mais le chafeur y a mis
chette d'une cuiffe à l'épaule oppolée. le
Alors l'oifcau fe renverfe fur
On la plante cn terre devant le feu 3 le dos pied. fe deffendre du bec &c dcs
on la tourne de tems en tems pour griffes. pour On le prend alors par la téte,
faire cuire la viande des deux côtez, on lui tord le
&c le chaffeur l'at-
& quand ellc eft prefque cuite 7 on y
à une corde col, ou lianne qu'il: a aujette da fcl deffus; une feuille de ca- tache
de ceinture. Il
chibou ou de balifier fert d'affiette. Il tour du corps cn guife l'oifeau ne veut
faut avouer qu'un diable mangé de arrive quelquefois que
lors on
broche en boucheeftun mets delicieux, pas mordre la côté ganlette; & d'autre pour en fourJe croyois être raffalié aiant un dia- la' tourne dans de le trou jufqu'à ce qu'on
ble dans lc corps; mais foit que l'air gonnant au deffaut dc Paile * qui 6froid de la montagne 7 ou la fatigue Tattrappe
l'oifeaur ne
l'édu chemin euffent augmenté mon ap- tant fort aflez grande, fe
peut &c il
petit: foit que les diables de ce pais- tendre
pour hors débarrafler, fa maifon. là foient plus délicats &c de plus faci- eft ainfi entrainé
de la chaffe
le digeftion que les autres , il fallut On continue ordinairement ne
faire comme mcs
&c cn toute la matinée 3 ce qu'on de la peut caun fecond. La nuit belle faire fans s'éloigner beaucoup
manger
STRL
& fans pluye, & nous dormimes bien, banne, &c monter & defcendre dans les Nc- des
quoique les diables fiffent un grand bruit lieux fort difficiles. J'envoyai & rcen fortant de leurs maifons pour aller à gres dans les lieux éloignez, moi
chaffer je
la mer, &c en y retournant. tins environs le Creolle de avec la cabanne. pour Il entenChaffe Lc lendemain dès le point du jour aux doit
bien ce métier, &c il
des dia- nous nous mîmes à chafler. Chaque
parfaitement chien. deux
bles. chaffeur eft armé d'une gaule de la avoit un très-bon
Après
de fept à ou trois heures de chaffe, je rerournai
groffeur du affez pouce, 5 longue &c quia un avec mon Negre pour me repofer, &c
huit pieds,
ployante, Les chiens nous pour accommoder des oifeaux pour dicrochet au bout. que
ncr. Je me remis enfin à chafler feul. avions amenez ou apportez les quétoient Dès Nous nous raffemblames fur le midi. & alloient Aeurer tous trous. diable Les quatre Negres avoient cent trentequ'ils fentoient qu'il y avoit un eft huit diables, Albert en avoit quarantedans un trou (car cette montagne ils
&cmoi dix-fept. Nous en mantoute percée comme une garenne)
trois,
&
charjappoient & fe mettoient à gratter : geimeschacundeux, de nôtier partimes
mais le chaffeur a foin de les empé- gez du refte
gibier.
alloient Aeurer tous trous. diable Les quatre Negres avoient cent trentequ'ils fentoient qu'il y avoit un eft huit diables, Albert en avoit quarantedans un trou (car cette montagne ils
&cmoi dix-fept. Nous en mantoute percée comme une garenne)
trois,
&
charjappoient & fe mettoient à gratter : geimeschacundeux, de nôtier partimes
mais le chaffeur a foin de les empé- gez du refte
gibier. vont à la
cher de gâter les entrées, parce queles Je croi que ces oileaux
diables nc voudroient pasy rentrer une Virginic & dans les pais voifins, pen- dant --- Page 350 ---
II2 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16g5. dant Iiles. que Car nous ne les voyons pointaux je me fis faigner, &
j'ai lu une Relation de ces trine des compreffès mettrefurla poi- 16g61
pais-là qui fait la defeription d'un oi- graiffe de tortué diffoute trempées dans la
feau de pallage qui s'y trouve depuisle prit de vin; cela me
dans de l'efmois de Mai julqu'en Septembre ou jours. guerit cn peu de
Oétobre, qui el tout-à-fair femblable Le Dimanche
à nos diables. folus d'aller voir huitiéme la
Avrilje reIl m'arriva un accident quelques Souphriere. Je pris l'occafion montagne de la
jours après ce voyage qui penfa me ques-uns de nos
de quelcoûter la vie. Comme je faifois tra- à la chaffe des Negres & qui alloient
vailler au bord de la riviere, j'y def- accompagner diabless nôtre m'étant fait
cendois quelquefois pour me baigner, neur, deux par
apprenti raffi-
& en remontant dans les falailes je fins & trois autres Creolles de nos voicherchois des plantes, des racines & après diner pour Negres, nous nous partimes
autres chofes pour contenter ma cu- tagne des
le rendreà la monriofité. Jc trouvai une chute d'eau nous pourrions diables, de la plus près que
dans nôtre riviere comme une efpece La feconde fois Souphriere. de cataraéte de plus de quarante pieds la riviere de
que nous paffames
de haut, avec deux beaux baflins dont pris de Pentendre S.Louis, nous fûmes furcelui d'enbas étoit fi profond que je fort qu'à
gronder car bien plus
Acci- ne pus en trouver le fond ayec plus voit point l'ordinaire, plû en
&c commeil n'adent de vingt braffes de liannes quej'y cou- avoit toûjours été bas, que le tems
iiveà guiar- lai avec une affez groffe pierre. Un vions devinerd'ou venoit beau, nous ne pouFAN- jour que je me baignois dans celui nous la vimes fe déborder cebruit, fi quand
seur. d'enhaut, je vis un chien à qui j'avois ment que nous eûmes toutes promptejetté un bâton preft à étre entraîné du monde à nousfayver, lesp le peines
par le courant de l'eau. Je voulus le de quelquesracines &c de Par moyen
fauver, mais dans le moment quej je le nes que ceux qui
quelqueslian- les
faififois par une jambe de derriere, je miers jetterent à ceux grimperent pre- en
bronchai fur une pierre, & le courant bas, qui avoient déja l'cau qui étoient la
m'emporta avec le chien.
îné du monde à nousfayver, lesp le peines
par le courant de l'eau. Je voulus le de quelquesracines &c de Par moyen
fauver, mais dans le moment quej je le nes que ceux qui
quelqueslian- les
faififois par une jambe de derriere, je miers jetterent à ceux grimperent pre- en
bronchai fur une pierre, & le courant bas, qui avoient déja l'cau qui étoient la
m'emporta avec le chien. Je jettai un ceinture. jufqu'à
cri quand je.me fentis emporter, Nous palamesparles mémesendroits
travailloient vis-à-vis
Et
de Negies qui
oà j'avois déja
mais nous allàcct erdroit me virent culbuter, &c mes bien plus loin, pallé, & nous montâmes
courumensaufi-tôten bas ouilscroyoient jufques dellus les
lefme trouver brifé & noyé. Maisj'eusle quelles la Souphriere montagnes eft fituée. fur Penbonheur dene pas perdre tout-à-fait la dant que la moitié de la troupe étoit
tramontane; je fus à la verité étourdi occupée a drefler la
& à allude ma chute, & je me trouvai furl'cau mer le feu, les autres cabanne, furent à la chaftenant toujours le chien par la jambe. fe. On fe mit à
dès
fuJe ne fçai Gi je tombai fur le chien, ou rent de rctour, & plumer nous fimes qu'ils cuire des
fi ce fut la hauteur de la chute ou oifeaux, nonfculement ce nous crûla force de l'eau, mais me trouvai mes en avoir befoin pour que mais
la poitrine meurtric, W lendemain encore pour porter avec lefouper, nous le lendeje crachai queiques grumeaux defang, main. Ceux --- Page 351 ---
FRANCOISES DE LAMERIQU E. 16p4. Ceux quiliront ces Memoires feront les Saintes, la
Terre & Marie 1696. nous
galante, comme nous avions été defETn
Lesle- fansdoutefurpris des oileaux en Carême. que Mais mangeallions on fera fus. Lorfque nous fûmes plus haut
zards cyles averti que les Mifionnaires quif font aux nous vimes fort à clair la Martinique,
diables Iiles, &quipar une conceflion Apofto- Monfarat, Nieves&cles autres Iflesvoifont.de- lique exercent en plufieurs chofes le fines. Je nc croi qu'il y ait un plus
clarez
meure beau
de
au monde; mais il
siandes
une
Niden
pouvoir des Evéques, après
point
maigres. déliberation &cune confultation des Me- eft fitué dans un endroit incommode,
decins, ont déclaréquel les lézards &cles & trop proche d'un voifin trop dandiables étoient viandes maigres, & que gereux. eûmes marché environ
par confequent on en pouvoit manger Quand nous
en tout tems. trois heures & demie en tournant auNous nous couchâmesaprès que nous tour de la montagne, & montant toueûmes foupé,&cj je commençois à m'en- jours, nous nous trouvâmes dans des
dormir. dansl P'efperance de répoferauffi- pierres brûlées, & dans des lieux où
bien que la premiere fois : mais il fur- ily avoit près d'un demi-pied de cenvint un orage de pluye, de vent, d'é- dres blanchâtres qui fentoient trèsclairs &c dc tonnerre fi furieux que nous fort le fouffire.
eûmes foupé,&cj je commençois à m'en- jours, nous nous trouvâmes dans des
dormir. dansl P'efperance de répoferauffi- pierres brûlées, & dans des lieux où
bien que la premiere fois : mais il fur- ily avoit près d'un demi-pied de cenvint un orage de pluye, de vent, d'é- dres blanchâtres qui fentoient trèsclairs &c dc tonnerre fi furieux que nous fort le fouffire. Plus nous montions,
fûmes obligez de nous lever pour tenir plus la cendre augmentoit. Enfin nous
les poteaux de nôtre cabane, qui vou- nous trouvâmes iur la hauteur. C'eft
loit nous quitter. Malgrétousl les efforts une vafte platte-forme inégale coula couverture fut emportée, & nôtreli- verte de monceaux de pierres brûlées
tiere tellement mouillée, qu'il ne fut de toutes fortes de grofleurs. La terre
plus poffible de fe coucher deffus. Je fumoit en biendes endroits, & fur tout
m'enveloppai dans mon mantcau, & dans ceux où il y avoit des fentes &c
nous pallames le rcfte dela nuit à trem- des crevafles; où nous ne jugeâmes
bler & à caufer. à propos de nous aller promener; ARE
Dès que le jour commença à paroi- nous primes à côté pour gagner le pied
tre nous nous feparâmes. Nos chaffeurs d'une' élevation qui peur avoir dix à
furent chercher des diables, & nous douze toifes de hauteur, & quatre fois
primes le chemin de la Souphrerie. Le autant de circonference. C'cit un amas
fommet de toutes CCS montagnes eft pe- de grofles picrres blanches & calcinées, Deferip- tion de
lé; on n'y trouve que des fougeres, & on Tappelle le Piton de la Souphriere. la Souquelques méchans petits arbriffeaux Comme il n'y avoit ni cendre ni fu- phrerie. chargez de mouffe $ ce vient du méc, nous y montâmes fans crainte, &
froid continuel qui regne PEtSs nous vimes au deffous de nous du côté
élevez, des exhalaifons de la Souphrie- de TE(t la bouche de la Souphriere. re,8cdes cendres qu'elle vomit quelque- C'eft un trou ovale qui me parut de La
fois. dix-huit à vingt toifes de large dans grande bouche
Fie
Comme le tems s'étoit purgé par la fon plus grand diametre. Ses bords os 0:-
char- grande pluyc qui étoit tombée pendant étoient couverts de groffes picrres mé- rverture. mante la nuit, l'air le trouva très-clair & fans lécs de cendres &c de morceaux de
jeminfur donton aucun nuage. A mcfure que nous mon- fouffre. Quant à fa profondeur, nous
less mon- tions nous découvrions de nouveaux n'en pûmes pas juger; parce que nous
tagnes. objets. Nous voyions la Dominique, n'en étions pas ailez proche, & il n'y
Iom. Il. Q. au- --- Page 352 ---
114 NOUVEAUX
1696. auroit pas eu dep
VOYAGES AUX ISLES
davantage : d'ailleurs pudeneeà.s'approcher il cn fortoit de on Ia frappoit avec un
tems en tems des tourbillons d'une fu- que comme G nous avions bâton, été fur pref le 16g6,
méc noire, épaiffe, fiulphurée, mélée pont d'un vaiffeau; Dès que nous re.
Il. Q. au- --- Page 352 ---
114 NOUVEAUX
1696. auroit pas eu dep
VOYAGES AUX ISLES
davantage : d'ailleurs pudeneeà.s'approcher il cn fortoit de on Ia frappoit avec un
tems en tems des tourbillons d'une fu- que comme G nous avions bâton, été fur pref le 16g6,
méc noire, épaiffe, fiulphurée, mélée pont d'un vaiffeau; Dès que nous re. de d'étincelles dcf feu, qui ne laifloit
muyons quelques groflcs
la
nous incommoder
le
fuméc fortoit
pierres,
portoit du côté ou quand vent te pierres font aufi-tôt. Toutes ces
Petite
nous étions. legeres, & fentent beaubouche Ily a une autre bouche beaucoup couplc fouffre. J'en fis
dela plus petite que la premiere, qui
ques-uncs avec des morceaux apporter de quelSott- comme une voute ruinée. Il en paroit for- fre, dont il auroit été facile de foufphriere. toit aufli une groffe fuméc &c beaucoup charger fi nous avions voulu. nous
deux d'étincelles. Tous les environs de ccs que nous fuflions alors dans la Quoibouches étoicnt
de fentes grande chaleur du
il
plus
& de crevaffes qui rendoient pleins
air extrémement frais jour, fur le failoit un
de fumée. Ce qui
beaucoup croi qu'on auroit bien de Piton. Te
cette montagne eft marque creufe & que toute refifter au froid qu'il y doit la peine à
une grande cave pleine de feu comme & de dant la nuit. Iy a des faire penfouffre fe confume
vont chercher du fouffre Negres qui
à la fin E affaifer la voute, peuapeu,êequi il faut le Purifier avant pourlevendre de s'en
des crevaffes & de nouvelles Scycaufe Ils prennent un autre chemin fervir"
res. ouvertu- par lequel nous étions venus, que celui
Nous demeuràmes plus de deux heu- cherchâmes &c le fizivimes nous le
res fur le Piton pour nous répofer, &c cûmes trouvé leur trace 2 quand & nous
jouir de fa belle vûé en dinant, nousy le trouvâmes nôtre qu'il étoit plus nifé nous
& plantâmes plus de une perche de douze pieds long. s quoiqu'il nous parût ARS
apporter longueur que j'avois fait' Nous
pour fervir exprès de avec une vieille toile oppofé defeendimes à celui donc par le côté
dimes par le mémc pavillon. Nous defcen- tions montez. Par lequel nous éétions
endroit que nous pas plus bas Environ à deux cens
n'y a montez.; point de on peut croire qu'il trouvames trois que la bouche 2 nous
tous ces quartiers-là chemins battus dans
petites mares d'eau
des annécs avant : ilfe paffe bien tres-chaude, cing pas l'une éloignées de
de quatre à
ner, &
qu'on s'y aille prome- grandc
Tautre. La plus
font afleurement Ja peine & les rif- viron de pouvoit avoir une toife ou en- detrois Mares
Rrcel trop de grands. Nous ne laif d'une eau diametre fort 5 elle eft remplie fories
nous pas nous approcher le plus ou plutôr brune, qui fent le fer, d'eaux,
3et. l'abord pûmcs de la grande bouche, ruriers & l'eau dans laquelle les ferm'avoit paru moins dan- fer. La, forgerons éteignent leur
gercux que celui de la petite.
de pouvoit avoir une toife ou en- detrois Mares
Rrcel trop de grands. Nous ne laif d'une eau diametre fort 5 elle eft remplie fories
nous pas nous approcher le plus ou plutôr brune, qui fent le fer, d'eaux,
3et. l'abord pûmcs de la grande bouche, ruriers & l'eau dans laquelle les ferm'avoit paru moins dan- fer. La, forgerons éteignent leur
gercux que celui de la petite. J'y fit goit feconde eft blanchatre &a ale
jetter par les plus forts de mes comle d'alun. La troifiéme eft
pagnons les plus groffes pierres
&a goit de vitriol. On dit bleué,
purent, mais contre tout ce qu'on gu'ils m'a- a trouvé des morceaux qu'on
voit dit, nous ne vimes
be de ce mineral; je le veux confiderater la fumée ni les étincelles. point augmen- La
mais nous n'en trouvâmes croire,
re raifonnoit fous nos
& ter- eft vrai que nous n'avions point 5 il
picds; j quand mens pour chercher pas d'inftruau foud.
goit de vitriol. On dit bleué,
purent, mais contre tout ce qu'on gu'ils m'a- a trouvé des morceaux qu'on
voit dit, nous ne vimes
be de ce mineral; je le veux confiderater la fumée ni les étincelles. point augmen- La
mais nous n'en trouvâmes croire,
re raifonnoit fous nos
& ter- eft vrai que nous n'avions point 5 il
picds; j quand mens pour chercher pas d'inftruau foud. Faute --- Page 353 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
TIS
mefu- res calcinées, de cendres &c de fouf- 1696,
1696. te de ligne & de
je ne pus elles fre, & le milieu & le bas que l'on
rer la Profondeur FEE ces mares; bâtons. voit couverts d'ufe agreable verdure,
cgeedoient la longueur de nos
arrofés d'une infinité dc ruiffeaux, &
Nous vimes enfuite une quantitédepe- cultivez avec tout le foin & toute
tites fourcesd'eau, qui en s'unifantfor- Une Pinduftrie poffible. Notts arrivâmes
ment plufieurs rivieres ou Riviere torrens: Blan- énfin a l"habitation des Religieux de
de ces rivieres sappellelal eft fouvent de cette la Charité. Le terrein eft petit, à faire mais un
couleur, che, parce à Ea des cendres & dufouf- moulin éxcellent; à eau. ils travailloient Les Carmes ont le leur
fre qui la couvrent. Elle fe jette dansla à la au defTous de celle-cy, leur terrein eft
riviere de S. Louis, & n'aide Ne foufgrand, mais ilmanque ablolument
rendre poilfonneule,
que font SLt bois a brûler. Ty trouvai un Relifre & les cendres eatiry y porte,
gieux quifut fort furpris du voyageque
mourirle poiffon.
de ces ter- je venois de faire: il me prêta un cheA mefure qu'on s'éloigne la monta- val pour me porteraul Baillif. J'enavois
res brûlées en defcendant beau. On bien befoin, étant oxtremementitigué,
gne, on trouve le pais plus arbres
&c
tous mesfouliers. Bien
voit de l'herbe & des tombe grands dans en syantdéchire prit i mes compagnons d'êtré pieds
& verds, il femble qu'on
de nuds; Car affurement ils n'en auroient
un autre monde ie tant fommet on affreux trouve de pas eu meilleur marché que moi. Je
difference entre tout couvert de piervoyage.
cette
Hnaname-maatrer
montagne,
C H A P I T R E XX.
de leur cire. Des Gmefpes 3 rémede 2 leur pi
Des Mouches à mid, o
Des groffes Mouches cornues. Des Tatous.
queure. DesMouches Des Agoutis, luifantes. d des Cochons marons.
neceffité où me trou- caril n'y a point d'abeilles à la MartigA
de je faire abbat- nique, & d'ailleurs je n'étois pas envois des fouvent arbres qui fe rencon- core aflez agueri avec les ferpens
tre
canal examiner les bois comme je
EdeT
troient dans la trace du
la Guadeloupe où il n'y a point de
donné occafion sotwe@jpiluibatreaileons de voir plufieurs cho- cCs fortes d'animaux dangereux. des abeilles, Voici de
fes que je ne fçavois que fur le rap- ce leur j'ai & remarqué de leur cire. Elles font
entendu
fmel
Abeilles d'autrui. la J'avois cire de la Guadelou- parler de moitié plus petites que celles d'Eude la Sor miel & de
elles font plus noires & plus
Gxade- pe, fans enrien fçavoir de particulier;
ronepe,
"EC
Cs fortes d'animaux dangereux. des abeilles, Voici de
fes que je ne fçavois que fur le rap- ce leur j'ai & remarqué de leur cire. Elles font
entendu
fmel
Abeilles d'autrui. la J'avois cire de la Guadelou- parler de moitié plus petites que celles d'Eude la Sor miel & de
elles font plus noires & plus
Gxade- pe, fans enrien fçavoir de particulier;
ronepe,
"EC --- Page 354 ---
II6 NOUVEAUX VOYAGES AUX IS L ES
KoyG. rondes; il ne paroit pas qu'elles ayent Crcolles en imbibent de la caffave traid'aiguillon, ou fi ellés en ont, il faut che & la mangent avec
Les 1fip6,
foit f foible qu'il n'ait pas la Chirurgiens &c Apoticaires plaifir. s'en fervent
de percer la
ainfi on
E
dire
peau;
peut comme de celui
ils difent
ne
qu'elles piquent point, & que qu'il eft meilleur, d'Europe; anodin,
quand on les prend à pleines mains, deterfif. Quand on laiffe au plus
le
Re
legér chatoilillement que l'on fent il fc fait delfus une croute de foleil, les Qsali du
vient plûtôt du mouvement de leurs feur d'un écu d'une blancheur extraor- l'épaif miel,
pieds que de leurs aiguillons. Elles fe dinaire, & grenée comme du
retirent dans des arbres creux où elles dont elle a le goût &c
fucre,
accommodent leur ruche, & remplil- de douceur. jen ai beaucoup plus
fent la capacité du trou qu'ciles ont voir à des gens qui la quelquefois prenoient fait
choifi; ou fi l'efpace eft trop grand du fucre
& qui ne
pour
ellcs font une efpece de dome de cire jamais connué royal, s'ils n'enavoient l'auroient mis fur
qui a la figure d'une poire, dans le la langue. On pourroit faire une
dedans duquel elles fe logent & font tité confiderable de ce miel fi on quan- retiLacire leur micl & leurs pctits. Leur cire eft roit les abcilles dans des ruches comeAneire ene noire ou tout au moins d'un violet me on fait en Europe; mais on eft fort
blanchit foncé 3 elle ne blanchit &c ne jaunit éloigné dans ces pais-là de fe donner
point. jamais , quelque peine qu'on fe foit de parcils foins. Jen'ai
donné
lui faire changer de cou- habitant nommé Louis connuqu'un feul
leur, ET pour la rendre propre à faire avoit quelques effains dans Alegre, des quien de
des chandelles. Ccs abeilles ne font raffinic percez en bas & bien pots
point de rayons comme celles d'Eu- où ces abeilles travailloient couverts, &
rope. Elles renferment leur mjel dans toient beaucoup. Il faut le profi- Pere
de' petites veffies de cire, de la figure : du' Tertre qui fc plaint de
& de la groffeur des ceufs de
mais
jaenunr
pigeon,
élever, ait eu bien dumalheur
plus pointues, à Peu près comme des dans E entreprife, ou qu'il n'ait
veffies de carpe.
'Eu- où ces abeilles travailloient couverts, &
rope. Elles renferment leur mjel dans toient beaucoup. Il faut le profi- Pere
de' petites veffies de cire, de la figure : du' Tertre qui fc plaint de
& de la groffeur des ceufs de
mais
jaenunr
pigeon,
élever, ait eu bien dumalheur
plus pointues, à Peu près comme des dans E entreprife, ou qu'il n'ait
veffies de carpe. Quoiqu'on les puide trouvé Ie fccrer de délivrer fes pas
affez aifément féparer les unes des au- des fourmis, qui
abeilles les
tres, elles font cependant fi bien ran- auront incommodées felonlessparencesl &c obligées de fe
gées qu'il ne paroir aucun vuide en- retirer. tr'elles. La plus grande partie de ces A l'égard de la cire elle eft
veflies eft remplic de miel ; on trou- trop molle pour en faire des toûjours
ve dans quelques autres une certaine du moins je n'ai jamais entendu chandelles, dire
matierejaune, grenée comme des ceufs
l'employât à
de carpe, gluante & adherente quand 2rau dans
cetulage. faire Onnes'en Tagede
G on la touche, & qui n'a point d'autre de bouteilles lepais qu'elle des a étébien bouchons la aire,
odeur que celle du miel. Les
pucas
difent
Negres rifiée. Ce qu'on fait en lamettantfurle
que ce font les excremens des feu dans un chaudron, &en ôtant toumouches, j'ai peine à le croire. Leur te l'écume qu'clle jette à
miel eft toujours liquide, & ne fe fige fent la chaleur. mefurequ'elle
jamais; il eft de couleur d'ambre , & On s'en fert encore fort
de la confiftance de l'huile d'olive. Il pour amolir les cors des utilement &
cl extrémeuent doux &agreable. Nos verrucs qui viennent aux pieds, mains & les au
vi- --- Page 355 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. 1696. vifage. On en fait une petite emplâtre avoirrenoncéà tout ce qu'il pouvoit y 16y6,
fur du cuir mince, que''onappliguetur avoir de mauvais dans ce remede, je
Autre le cors; en moins de deux outroisjours. m'en fervis avec tant dans de le fuccès, quela 8c
uage elle attire unc petite duretérondequient douleur s'apaifa
moment,
pourles au milieu & comme l'ceil du cors, & l'enfure qui étoit dcjacontiderabledic
cors. qui caufoit la douleur, & fi on à la pa- parut en moins de deux heures oublier ; mais
tience de laiffer l'emplâtre &c de la re- lur toutes chofes il ne faut pas
nouveller de tems en tems; elle amol- de retirer fur Irchumpiagililngici
lit tellement les racines du cors, & les les laiffent dans la chair, venin parced qu'ileit caudétacheli bien de la chair,, qu'il eft fa- accompagnéd'une certain de
& lestidouleur & l'enfure,
que
ndtuls
cile d'achever de les déraciner
fela
rer dehors, en
doucement avec fi on néglige deleretirer promptement,
l'ongle.
amol- de retirer fur Irchumpiagililngici
lit tellement les racines du cors, & les les laiffent dans la chair, venin parced qu'ileit caudétacheli bien de la chair,, qu'il eft fa- accompagnéd'une certain de
& lestidouleur & l'enfure,
que
ndtuls
cile d'achever de les déraciner
fela
rer dehors, en
doucement avec fi on néglige deleretirer promptement,
l'ongle. J'en ETE Texpériencefurmoi Penfure lc cache, la douleur augmen- dan-
& fur plufieurs perfonnes aux Ifles&cen te, & le mal devient quelquefois
Europe, & ceremede a toûjoursparfai- gereux. Pendant
fuis en train deparler Mouches
tement bien réuffi. queje
de luijan:
Des
Ilyal beaucoup de guefpes à la Gua- de mouches, ilne fera pashors
tes. Gupu. dire
dans toutes les
TRes
deloupe. Elles font groffes cel- pos de de qu'ilya mouches luifantes
les quej'ai vués en FaE &c ME plus une efpece petites mouchesàf feu. Elles
méchantes, fur tout quand le folcil eft
de
des des mouches ordi-
&cqu'elles fe trouvent incommogroffeur
2r3
haut,
e
déesdefachaleur. Elles font des rayons naires & un plus longues. comme les abeilles en font en
tie poftericure leurs corps
ECLR
Europe,
PalarEr
oh on ne trouve autre chofe
aifles, eftd'un verdtranfpatant quicon- le
petits. Ces rayons font
d'u- ferve la lumierequ'ila: reclépendant violent
ou
CE
nc efpece de cireblanchâtre, fiaigre & jour, la chaleur plutôt du le foleil mouvement a excité dans
fi fragile, qu'elle fc met en pieces, au
onles voit
lieu de s'unir, quand on la prefledans CErr voler parties. de tous Desqu'ileltnuit côtez, fur tout dans les
Piqueare la main. Leur piqueure fait un malhorrible, buiflons & dansles allées d'arbres &audeiGue- & caufe uned demangaifon Sc uncenfure tres lieux fombres,
ges 7 extraordinaire. foient autantd'Étincelles defeu. mrone
fom mede. re- Lc remede qu'on y
eft de nége dure deux ou trois heures,
leur clarté ceffe, foitque leur
e
prendreaulfliatôr qu'on TTFECIE
quoi fe foit
foit
fe
ques feuilles d'herbes de trois aASe miere
diflipée, fe
qu'elles ai
tes elpeces, telles qu'elles puident être, foient retirées pour
J'en le mafoient differentes, les mis dans des fioles pour
Eenel
dansle qu'elles creux de la main, &ap- tin en les mettant dans un lieu oblcur,
encore la
Emtte
pliquer le mare &l le jus fur la piqueure. f elles rendroient
de clarté,
J'avois quilnyeutquelquel fuper- & jen'y en ai point remarqué. ftition Eara ceremede, & j'aurois eu Ce que j'ai vû de plus particulier en Grofes moucher
peine à m'en fervir, mais aiant été ce genreal la Guadeloupe, fontdesmou- des hanne- àfor. une fois environné de guefpes & piqué ches à feu grofles comme trouvé étoient
de trois ou quatre tout alafois, ladou- tons.
arté,
J'avois quilnyeutquelquel fuper- & jen'y en ai point remarqué. ftition Eara ceremede, & j'aurois eu Ce que j'ai vû de plus particulier en Grofes moucher
peine à m'en fervir, mais aiant été ce genreal la Guadeloupe, fontdesmou- des hanne- àfor. une fois environné de guefpes & piqué ches à feu grofles comme trouvé étoient
de trois ou quatre tout alafois, ladou- tons. J'en ai même
le qui
8t
kurquejerellentis futfivive, qu'après prefque aufli grolfes que poucc, d'un
Q; --- Page 356 ---
118 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696, d'un pouce & demi de longueur. Elles s'échaper. ont les yeux fort larges & fort plats; Ciranodel Bergerac avoit
fon- 16g6. ils éclairent dans l'obicurité & rendent dement ded direqu'onfefertdes quelque verresluiune lumiere fort vive, tirant un peu fans au lieu de chandelles dans leRoyaufur le verd. Outre leurs yeux elles ont me de la Lune. Sans aller fi
toute la partie pofterieure de leurcorps rois bien pà faire la même chofe loin, la
tellement
f
diaphane Sclumineufe, qu'el- Guadeloupe, &c neme fervir que de ces
les femblent des charbons ardens qui groffes mouches. étincellent detous côtcz; & foitqu'el- Ilyadansl la même Ifle une autre forte Erreur
les fe tiennent cn repos, foit qu'el- de mouchesf fort extraordinaires leur duSiesr
les volent, dans quelque fituationqu'on grofleur & parleur
Mon Confre- par de Roles regarde, elles répandent toujours relel P.du Tertre fc figure. mocque avec raifon chefort cdu
une lumicre fort vive & fort étendué. du Sieur de Rochcfort qui les
CapiJ'en ai fouvent pris par divertiffement. Phalanges. Le Capitaine
appelle An- taine
Unc feule fuffifoit à m'éclairer pour li- glois les prend
des Dampier dans Darre des caraéteres fort menus, 2 prefque laRelation de
pier. auffi
Voyages'
Eva
bien
3- pag. ET
qu'une chandelle. J'enaicon- 275. ces deux Auteurs me
fervé pendant plufieurs jours dans de tront de leur dire qu'ils fetrompent. permet- Il
gros flaçons, ou je les' nourriffois: avec eft vrai qu'ils y a de très-grofies araidu pain, des feuilles, des fruits &c des gnécs dans lcs Iiles; peut-étre même
morccaux de bois pourri. Jc les
(quoique je ne l'aye pas và) qu'on en
fois le matin dans unl lieu obfeur; tredlies pourroitrouverdel la groffeur du
rendoient encore de la lumiere, plus mais elles n'ont jamais cu de cornes poing, 3
par les yeux par le corps, mais c'é- pour du venin, il eft certain qu'elles
toit une TUmRUE foible, & qui n'avoit n'en ont point: uneinfinité d'expérienpas à beaucoup près la vivacité decelle ces confirment cette verité.
qu'on en
fois le matin dans unl lieu obfeur; tredlies pourroitrouverdel la groffeur du
rendoient encore de la lumiere, plus mais elles n'ont jamais cu de cornes poing, 3
par les yeux par le corps, mais c'é- pour du venin, il eft certain qu'elles
toit une TUmRUE foible, & qui n'avoit n'en ont point: uneinfinité d'expérienpas à beaucoup près la vivacité decelle ces confirment cette verité. Nousnous
du foir. Jc les expofois enfuite au fo- gardons bien de les tuer, parce qu'clleil ou fous des arbres, oùr elles étoient les mangent certains animaux de la grof
augrand Ijour, fans pouvoir être incom- feur &c prefque de la figure des hannemodées de fa trop grande chaleur; 8je tons, un peuplusplats & plus tendres,
remarquai pendant trois ou quatre foirs qui rongent les papiers, les livres, lcs
qu'elles jettoient la méme lumiere que tableaux, les hardes, & qui gâtent par
le premier jour que je les avois priles. leurs ordures &c leur mauvaile odeur,
Mais au bout de huitjours leur lumiere tous les endroits où ils fe nichent. On
commença à n'être plus fi vive, & di- les appelle Ravets. Comme ils volent Ravets,
minua à proportion que les forces & le partout, &cpluslan nuit que lejour, ils
mouvement deiamimivuisoiufoemt ic prennent dans les toiles de ces grofpeut-étre que c'étoit une fuite delaper- fes araignées & y demeurent arrêtez,
te de leur liberté, ou que la nourriture ou bicn fi ils font arrêtez en quelque I'Araiqueje leur donnois ne leur étoitpascon- endroit, ou qu'ils dorment, T'araignée gnie
venable. Ces mouches ont un mouve- qui eft en fentinelle ne les a pas plutôt
mentextrêmement
et
vifdans la partic pof- apperçûs, qu'ellefondfur eux avec une veis o
terieure de leur corps, de forte que vitefle furprenante, les prend, les lic, lesfucce. quand on les prend, ilf faut les tenir af- pour ainfi dire, avec fes longucs jamfz preffees fi on veut les empécher de bes & les fucce de telle manicre, que
quand --- Page 357 ---
Tom JParta.ng.itt
Mouche -Luisante
Grosse araignie.
ar
T
-
I
-
Heuche Cornie
Soldat.
Crabe. --- Page 358 --- --- Page 359 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. 1695. quand clle les quitte, il ne refte plus les paroident comme un vaiffeau & en quia eft 1byhe
rien que leur peau & leurs aifles bien toutes fes voiles dehors, qui
entieres, mais feches comme du par- tropchange.Apreasecird developpétou- le
chemin. tes ces ailles, on trouve enfin corps
dontilfaut
ou le dos de la mouche; il eft couvert
Mouches Lesgroffesmouches,
edeux par- d'un duvet jaunâtre tirant fur le roux, 3
cornues, leur def- leraprelent, pouces & demi ontpourl'ordinaired de long depuis le col fin & doux comme de la foyes le ven. cription. juiqu'àla queué, fans compter le col, tre eft couvert d'un femblable duvet, elles
la tête & les cornes.
ou le dos de la mouche; il eft couvert
Mouches Lesgroffesmouches,
edeux par- d'un duvet jaunâtre tirant fur le roux, 3
cornues, leur def- leraprelent, pouces & demi ontpourl'ordinaired de long depuis le col fin & doux comme de la foyes le ven. cription. juiqu'àla queué, fans compter le col, tre eft couvert d'un femblable duvet, elles
la tête & les cornes. Leur
ctt
fe dont car affurément leur peau eft
ovale, foitqu'on le regarde AENS
paffers
REIEETA
depuis le col
la queué, aflez épailfe, dure & feche. Elles ont
Ere qu'on le; prenne
trois jambes de chaque divifées côté, longues en trois
peut avoir trois
&
d'environtrois; pouccs, descuiffes, desjammilieu. Toutledos
-
extremitez
Ene
depuis le col eft couvert dedeuxaifles Ee & pieds, dont les
S
font divifées en quatre efpeces de doigts
ont la confiftance, lépailieurêcla elles font
avec lefquelles elles
E d'un bon parchemin;
& oudepetitesgriffes fortement à ce qu'elle renbrunes avec quelques ellcs petites lignes unies &c s'attachent contrent, & fur lefquelles elles
points noirs; foncliftes,
& marchent fort bien & LE
commevernillées. Quoiquellesparoif- &
puyent vite. Lanaiffance de leurs jambeseftau
fent tout d'une picce convexescom- ellesne milieu du ventre, comme celles des
me le corps étendre couvrent, & de lestenir écreviffes aulquelles elles reffemblent
Jaiffent
TSMEEE
affez ams quand elles volent. Cette affezp parl la partie la plusvoifine du veni- &c
paire d'aifles en couvre uneautrepaire, tre, quej'appelle cuiffe, quieft plate
tant foit plus courtes que les pre- qui s'applique fort jufte à la convexité de la
mieres. EAEIS font moins brunes, du ventre; la partic fuperieure la
bien plus fines, plus déliées 8cpluslar- cuiffe eft plusc convexe; partic quieft comque les premieres, de forte qu'elles jointea à la cuiffe, eftbien 8quejeregarded De
Em pliffées
la mouche ne s'en me la jambe,
moinsplatte. fert point, & stien débordent de beau- ces trois paires dej jambes, lesdeuxpaicoup quand elles font en mouvement res les plus grofies font attachées d'un fous
pour voler. Cette feconde paireferten- lev ventres lapremiere àprès dubourde poucore de couverture à une troifiémepai- ce de la queué, c'elt-à-dire,
rc qui eft blanchâtre, & fi fines qu'el- l'animal; la feconde un peu Sclatroifiéme au deflous
les n'ont pas plus de confiftance qu'une de la naiffance des aifles, au col de la mouveffiedecarpe. Ellesfontpliffées, & en- quicftla plus petite de fa corne inviron delagrandeur des fecondes. Avec che, un peu au deffous
toutes ces ailles, ces mouches n'en vo- ferieure. Latéte &clecol fonrd'unefeulent pas mieux; elles fe foutiennent à le piece. Lafubftancequi les compofe
la verité en Tair, mais elles avancent eft durecomme del la corne, noire, Le
& luifante comme du
Ei
peu, foit que l'air ou le vent maitrife lie & la tête n'ont point d'autre jayet.
, un peu au deffous
toutes ces ailles, ces mouches n'en vo- ferieure. Latéte &clecol fonrd'unefeulent pas mieux; elles fe foutiennent à le piece. Lafubftancequi les compofe
la verité en Tair, mais elles avancent eft durecomme del la corne, noire, Le
& luifante comme du
Ei
peu, foit que l'air ou le vent maitrife lie & la tête n'ont point d'autre jayet. mouvetrop ces aifles, foit qu'elles n'ayent il
ment celui qu'elles reçoivent par
affez deforcepourlestaure agir, TRR
que
ble qu'elles ne font que pirouetter. El- le moyendes cartillages qui lesjoignent au --- Page 360 ---
110 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16g6. au corps. Ces deux; pieces enfemble ref- écreviffes. Labouche eft au deffous de
femblent affez à un cafquc, qui auroit la corne inférieure; elle eft garnie de toys,
un collet affez long pour couvrir une quelques petites excroiffances ou poinpartie des épaules. Toute cette partic tes qui tiennent lieu de dents, avec
n'eft pas ronde, elle eft comme taillée quelques poils rudes, durs &
de
àp pans, dontlesangles fout fort émouf- trois à quatre lignes, qui font longs
fez. Dela partie fuperieure fort une au deflous de deux petites
placez
corne
mouftaches,
courbe, creufe, d'environ trois proprementapplatics fur la partie qu'on
de longueur, de même matiere pourroit regarder comme la levre lupéEar de même couleur que le refte de la rieure. téte; qui a deux petites excroiflances Ces mouches naiffent & fe nourrif- Arbres
pointués au tiers ou environ de fa lon- fent dans la fubftance &c le coeur des
gueur; le deffus de la corne eft rond arbres, qu'on appelle Bois de Soye. le deflouseftun peu creufé en canal, &
dans ce
EE
C'eften cffet
feul endroit-la ches, o
eft tout garni jufqu'au bout d'un petit qu'onlestrouve, oû felon toutes les lemayen
duvet rouffatre, court, épais & doux Parences elles fc produifent, quand ap- d'en
comme du velours, partagéen deuxp quelqueaccident cerarbre fc pourrit par fur avoir
une petite ligne qui fait le milieu R pied ou qu'il eft abbatu. deffous de la corne. Son extrémité eft Lorfque j'en avois befoin pour enpartagée en deux petites pointes. Cette voyer en France, j'envoyois abbatre
corne fupérieure n'a point de mouve- quelques-uns dec cesarbres. S'ils letroument particulier diftingué de celuidela voient pourris en quelque endroit, comtête. Lacorne inférieure eft plus cour- me cela arrive fort fouvent, j'étois fàr
ted'untiers que la fupéricure; clle fort d'y trouver des mouches, en les faide la machoire fupérieure & reçoit fant fendre, &c quand ils ne l'étoient
d'elle tout le mouvement dont elle-a
j'y faifois donner quelques coups
befoin pour s'aprocher ou s'éloignerde EL hache, commej j'ai dit qu'on fait à
la corne fapéricure.
érieure eft plus cour- me cela arrive fort fouvent, j'étois fàr
ted'untiers que la fupéricure; clle fort d'y trouver des mouches, en les faide la machoire fupérieure & reçoit fant fendre, &c quand ils ne l'étoient
d'elle tout le mouvement dont elle-a
j'y faifois donner quelques coups
befoin pour s'aprocher ou s'éloignerde EL hache, commej j'ai dit qu'on fait à
la corne fapéricure. Elle eft courbe, la Martinique pour avoir des vers de
plus plate quelafepéricure; elle aquel- Palmires, & j'étois affuré d'y trouver
ques excroiflànces affez pointués; ellc des mouches cornuès danstrois ou quan'cit point garnic de duvet, elle à fon tre mois. extrémite
deuxpointes. On Le bois de Soye reffemble affez au
remarque
P'endroit oà elletou- charme. Son écorce eft
TRCSERS
épaiffe de près
che la corne fupérieure, en ce que le d'undemi-peuceyeliccfiblancheletblanche@cros. duvet eft coupé en ce lieu-là. Quelques te hachée. Le bois eft gris, il a le fil
obferyations que j'aye pà faire, je n'ai long, tendre & plein de feve; ileftaffez Arbres
jamais pû découvrir à quoi fervoient branchu, de belle apparence, bien four- appelles
ces deux cornes, qui ne me paroilfent nidefeuilles quiapprochent fort de cel- Sey. Boisde
avoird'autre ufage que pour la défente les du charme; elles font tendres, doude l'animal, comme les cornes des ces, fines &c couvertes d'un petit duvet
bceufs &des autresmnimauxcormus. Les doux & fin comme de la foye; c'eft ce
yeux font à côté de la naiflance de la qui lui a fait donner le nom de Bois de
corne inféricure; ils font durs, tranf- Soye. Cetarbre n'eft bon qu'à faire des
parens, gris, immobiles, & nefortent douves pour des bariques, encore dupoint de leurs orbites comme ceux des rent-elles peu. Iliepourrit aifément. J'ai --- Page 361 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. trouvé dans des gommiers pour- la couleur de leurs ailes &c du duvet, 1696. x6y6. J'ai
de mouches fort j'en fis fecher dans l'étuve. Je vis avec
Autres ris une autre efpece Elles étoient de la lon- plailir qu'elles étoient bien mieux conrouches particulieres. &c de la
du
fans
& que les couleurs n'étoient
extraor- gueur
groffeur la tête. pouce,
tout changées. dinaires
le col &
Ellesavoient point
E
compter trois jambes de chaquecôté &deuxp pe- Je. croi avoir déja remarqué les
mordans
les crabes, avec premiers Europécns qui
aux
TNESE
tits deux paircs d'aifles comme de la mémematiere Ifles de l'Amerique, du moinsaux d'autres peti-
& forme que celles des mouches cor- tes Ifles, n'y trouverent point deslezards,
nucs; : leur peau étoit dure & feche, animaux aquatre des pieds, que des manitous
couverte d'un duvet noir, court, doux des agoutils, tatous,
& épais comme du velours.
avec premiers Europécns qui
aux
TNESE
tits deux paircs d'aifles comme de la mémematiere Ifles de l'Amerique, du moinsaux d'autres peti-
& forme que celles des mouches cor- tes Ifles, n'y trouverent point deslezards,
nucs; : leur peau étoit dure & feche, animaux aquatre des pieds, que des manitous
couverte d'un duvet noir, court, doux des agoutils, tatous,
& épais comme du velours. Leur tête & des piloris. dans
tout
étoit longue de neuf
elle étoit Jai dit ma dul premierel lezard ePartie & del la majointe au corps par un a avoit un niere ce que de je le fçavois & de T'appréter. It
bon; poucedelongucar, & Lo avoittous
prendre femble
contenlesmouvemens neceffaires Four la hauf- y en a aflez cel me
pour
fer, la baiffer & la tourner à droit & à ter les curieux. entendu dire à
gauche. Juttementaudefluse des yeux, J'avois
plufieurs
toutes droites fonnes que les tatous étoient
RCIRTEE
il y avoit deux cornes
noidela Grenade, qu'ils
d'environ un pouce de longueur, fortes & particuliersal'lile ne pouvoient vivre dans aucunedes aures comme &cau du jayet, milieu dures, du front uneau- tres Ifles, & que quelque foin qu'on
pointués; tre corne dej près de deux poucesdelon. pour les conferver, Plile ils de Saint mouroient Vingueur, de même matiere & forcc que ECT qu'ils paffoient eft environ à moitié chemin
les précédentes, & qui éroitparalellei ai
cent, de la Grenade qui àlaMartinique. Le Pere
la longueur du corps. n'avoient J'en trouvé deux du Tertre l'a crû & l'a écrit, 8c s'eft
quelques-uncs corncs, & d'autres qui qui n'en que avoient trompé, car j'en ai vû un bicn vivant
qu'une,, mais qui avoit près de trois &c bien mangeant au Fort Saint & c'eft Pierre de
pouces delongueur. Je remarquai qu'- de celui-là la Martinique dont vais en 1704. faire la defcripaiant agité quelques-unes de ces trois
je
dernieres elpeces, 3
les elles obliger lc fai- à tion. Il étoit de la grofTeur d'un cochon Deferig
voler dans ma PaLIRE
fe de lait de
à trente jours. Sa riondus
foient avec tant de force, qu'elles téte étoit vinge-cinq &
2. fà gucule Tatou 04
piquoient dans la cloifon qui étoit de bien arméc petite de dents; longue il avoit les yeux madille. Arbois, à la verité affez tendre, &ydeauffi-bien
les orcilles, la
meuroient attachées fans s'en pouvoir queué petits longue 8c Bosp poil, & couverte
tirer. de
cercles d'écailles. Ses jambes
Mariere Pourconferver ces mouches 8cempe- il étoient petits petites &c
il avoit
de con- cher que la tète: nefel fepare du corps,
à grolles; aflez geac
ferver faut leur enfoncer un petitk bâton dansle tre grifies chaque pied,
lest moN- fondement qui palie julqu'a la téte, & gues & fortes; tout le corps depuis le
shes.
tirer. de
cercles d'écailles. Ses jambes
Mariere Pourconferver ces mouches 8cempe- il étoient petits petites &c
il avoit
de con- cher que la tète: nefel fepare du corps,
à grolles; aflez geac
ferver faut leur enfoncer un petitk bâton dansle tre grifies chaque pied,
lest moN- fondement qui palie julqu'a la téte, & gues & fortes; tout le corps depuis le
shes. enfuiteles mettrealaf fuméc pourlesfaire col jufqu'à la queué étoit couvert &c
fecher; c'eftl lag pratique ordinaire. Aiant environné de pluficurs dernier rangs d'écailles; c'eft-àcependant remarqué quela fumée gâtoit le premier & le
rang, dirc,
Tom. Il. R --- Page 362 ---
122 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16g6. dire, celui qui couvroit les épaules, &c coupe avéc fes dens. celui qui couvroit les cuiffes, étoient taille à grimper fur les Iln'eft pas d'ane 1696,
beaucoup plus larges que ceux quicou- rir bien vite. Je
arbresn'ya.couvroient le refte du corps. Il me femble che en terre ou croi dans plutôt qu'il fecaqu'ily y en avoit en tout douze rangs, troncs d'arbres. Je n'ai des fouches ou
qui s'emboétoient & fe mouvoient les fa chair à la
point mangé de
uns fur les autres, comme les cuiflars la Grenade en Martinique, mais étant à
& les braflars des gens armez 3
le ficurs fois; clle 1700. eft j'en ai mangéplumoyen d'une peau ou maniere Ec Car- délicate: elle ne blanche, gralle &c
tilage qui unifloit tous ccs
d'é- ment, vû la nourriture peut gueres étreautrecailles. Elles font d'une couleur care gris 21 pourtant befoin d'étre qu'lilprend:elle
falc, avec quelques petites marques des épicerics,
allhifonnécavec
blanches. Elles avoient l'épaiffeur d'u- fade. parce qu'elle eft un peu
ne piece de quinze fols. Cet animal eft Les
fort fenfible; il le plaignoit &c fe met- Armadillo, E/pagnols à caufe appellent cet animal
toit en boule dès que je preffoisunpeu re dont il eft couvert. de l'efpece d'armufcs écailles. Je remarquai que tous ces tédanslaTere-ferme Ily ena quantirangs, outre lc mouvement qu'ils a- chefort
LeSieur dc Rovoient pour s'emboëter les uns fur les tre, dit quieftle qu'ily copiftedu aà'
Peredu Terautres, en avoient encore un autre tout
lyen Tabago ou Tabac,
le long de l'épine du dos, parlemoyen Iileappartenante dois. Ccs sdeux cy-devant aux Hollanduquel ils s'étendoient & S' 'élargifbient grave,
Auteurs, Georges Marpour donner la liberté aux pieds de Pa- menes & Monard, Pilon, François Xinimal de fe montrer, de s'alonger, de ces fe font autres, felon les apparenfe
copiez uns
1e
mouvoir. La peau qu'il a fous leven- tribuent de
les autres, attre eft grife, fans poil & paroit affez, écailles de grandes vertus aux OS &caux Vertuts
délicate.
s'étendoient & S' 'élargifbient grave,
Auteurs, Georges Marpour donner la liberté aux pieds de Pa- menes & Monard, Pilon, François Xinimal de fe montrer, de s'alonger, de ces fe font autres, felon les apparenfe
copiez uns
1e
mouvoir. La peau qu'il a fous leven- tribuent de
les autres, attre eft grife, fans poil & paroit affez, écailles de grandes vertus aux OS &caux Vertuts
délicate. Désqu'ila peur, il retire fa poudre de cet animal. Ils difent que la du des os
têtefous foné écaille, &nelaiffe, paroitre guérir la vérole; fenuneacealiemire Tatok,
que le petit bout du grouin. i1 ploye Os de la
que celle du premier
enfuite fes pieds fous fon ventre & fa qui eft le queué, plus proche c'eit-a.dire, du de celui
&cles queuépardeffus; fes écaillesfer ereferment mife avec un de cotton corps, étant
cachcnt enticrement, & les deux le, guéritla peud
dansl'oreilextrémitez de l'animal fe raprochant,il prilc dans du furditésque vin failoit celledelaqueue
devient comme une boule applatic fur celle de fon armure mife uriner; en & que
fes deux poles. On voit affezqu'il n'eft pliquée fur les
pâte & appas difficile de le prendre quand il eft a quelques partics du corps où il y
dans cette firuation. On dit qu'ileft af dehors. Voilà épines bien senfoncées, de
les attiroit
fez mal aifé dela lui faire changer, parfi belles chofes, il
ceque la peur lui fait refferrer toutes fes nesugitrquedeigaroir. Des expériences faites avecfoin iellesfontvraies. écailles à melure qu'il fent qu'an fait ef- rées, peuvent découvrir &créitefort pour les ouvrir; mais il obéit &cle peut croire. ce qu'on en
montre dès qu'on Papproche affez du
cet
feu luien faire reflentir lachaleur. te LenomdeTatonqued chez nous, eft le" mot Caraibe animal porIvit Rord feuilles, de fruits &cderacines nos Indiens fe fervent
le dont deliqu'il découvreavec fcs griffes, & qu'il gner. pour
L'Agouti --- Page 363 ---
TomlTert. 2.Pag.12t.
Tatou ou-drmadilte.
Tatou en boule.
Agcuti Espece
"de Tietre.
Sanglier ou
Cochon maron. --- Page 364 ---
a --- Page 365 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
delievre qui écoute comme le lievre quand on le fi- 1696,
1596 LAgoutic eft du une cochon. efpece Je croi iquil fie, & c'eft le tems qu'on prend pour
Agouti, tient s'en beaucoup trouve dans toutes les liles; il eft le tirer. Pierepece de
n'en ai
vû à la Marti- Nous avions un Negre nommé
lieure. vrai que
cn point font peut-étre ecau- rot Tabot qui alloit à cette chaffe fans
nique; 14 ferpens
en a quantité autres armes qu'un bâton, avec un pefe, mais en échange ily
Saint tit chien pour quéter. Quand il en a- del4- Chafe
àl iaGuadeloupe, dans la les Dominique, Ifles & voit découvert un, il couroit après, à gouri.
Marti- Nous avions un Negre nommé
lieure. vrai que
cn point font peut-étre ecau- rot Tabot qui alloit à cette chaffe fans
nique; 14 ferpens
en a quantité autres armes qu'un bâton, avec un pefe, mais en échange ily
Saint tit chien pour quéter. Quand il en a- del4- Chafe
àl iaGuadeloupe, dans la les Dominique, Ifles & voit découvert un, il couroit après, à gouri. Chriftophle,
on entrouvede tandis que fon chien qui étoit fait du cc
danelaTerre-ferme,
un
cercle
PuReet
deuxelpeces; Pune qui conferrelenom badinage côté lon faifoit maitre lui grand montroit, &
d'Agouti ou Acouti, La Scl'autrequel'on difference n'eft tolijours que en jappant, non-feulement
appelle Agouchi. bien grande. Le nom eft pour redreffer T'animal & l'empécher lieux
pas
de gagner des coftieres &c autres
Emtert
vû, étoit dela difhciles, mais encore pour le pouffer
Le
grolleur que j'ai d'un cochon de dans des cannes coupées ou de jeuncs
longueur EERt
cannesohilé étoit bien-tôtpris. Lorfque
deux mois. On en voit de plusgrands cet animal fc fauve dans des arbres
& de petits. 8cla tête reffemblent entie- creux ou dans des fouches d'arbres abLe tenfs
eft batus oà il repaire ordinairement, on
rement au cochon, excepté Ses oreilles qu'elle font allume des pailles & des brouflailles à
un peu plus minces pointué. &crondes; illes dreffe la bouche du trou, la fuméel'obligede
courtes, le lievre. Sa peau eft blanche; déloger & on le tué en fortant. Ilvitde
comme
rude &c fruits, de racines, de feuilles, dc paellc eft couverte quantité. d'anpoilroux, Sa queué eft courte,8c tates &c de manioc.. Manieri
enpetite pelée. Ses pieds font tout à fait fembla- On l'échaude comme un aufli-bien cochon que de de Fapbles à ceux des lievres; ceux de devant lait. Sa peaucft blanche, eft
presere
& ceux de derriere fa chair, qui pourlordinaire grafic,
ont
ongles,
bien quand tendre &cdélicate. Quand on le fait rofix. arecs court parfaitement ou dans une fa- tir à la broche, ona foin de le remplir
ileftenrale Therbeettcourtey campagne, maisquand dunefiresquloafusded fa freffure, avec
vanneoûl il a le malheur de fe trouver dans des desjauncsd'ceufs, desherbes pluficurs finesScdes foisde
cannes coupées, il fe laffe bien-tôt, & épiceries. J'enai mangé
&
on le prend ou on le tué facilement 2 cctte maniere & trouvé en d'autres très-bon façons, &de faqu'il enfonce à chaque faut qu'il je l'ai toujours
fITO dans les pailles qui font fouvent de cile Cc digeltion. font les
qui ont peuplé
plus d'un pied d'épaifleur, &d'oi il a toutes les Ifles Efpagnols de chevaux, d'ànes, de
bien dela pleine à fe tirer, à caufe &
boeufs & de.cochons dans les commenfes jambes font affez courtes, RE
de leurs découvertes. Ilsmettout celles de devant. C'eft par cette cemens toient un nombre de ces animaux dans
même raifon les defcentes un peu les Ifles où ils abordoient afin qu'ils
roides ne lui dnt favorablcs,
multipliaffent,
en puffent trouqu'il roule ou fait # culbute en MERE dans la fuite &cqu'ils quand ils.
à caufe &
boeufs & de.cochons dans les commenfes jambes font affez courtes, RE
de leurs découvertes. Ilsmettout celles de devant. C'eft par cette cemens toient un nombre de ces animaux dans
même raifon les defcentes un peu les Ifles où ils abordoient afin qu'ils
roides ne lui dnt favorablcs,
multipliaffent,
en puffent trouqu'il roule ou fait # culbute en MERE dans la fuite &cqu'ils quand ils. en auroient
çant de courir. Il a l'ouye ils'arrête fubtile: &c il ver befoin, & fur tout pour lerafraichifleét extrémement craintif;
R 2
ment --- Page 366 ---
r24 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
2696. ment de leurs flottes, lorfqu'elles moûil- culbuter quand ils font contraints de
leroient à quelques-tines de. ces Ifles. defcendre quelque endroit un roide 1696,
On ne fçauroit s'i imaginer combien ces cn fuyant, &c cela à caufe dc peu
animaux ont multiplic, &c quelle prodi- lité de leurs jambes. Ilsfedéfendent T'inéga- vigieufe quantité ilye en avoit dans toutes goureufement & avec fureur contre les
lesgrandes & petiecs/fesquandles) Fran- chaffeurs & les chiens, & ils font
& les Anglois font venus s'y éta- trémement dangereux quand ils font exmais les uns
R,
&clesautresont trou- bleffez. vé lemoyen, parlcurindiferétion, d'en Avant que j'euffe été en
bien diminuer le nombre, & fur tout ne fçavois d'ou étoit venuë Efpagne la race
dans
d
les petites Ifles, où on ne trouve ces cochons; mais j'ai reconnu étant à D'oh
prefque plus de fangliers; ou fi on en Cadicicauxenviroti, que lcs premiers viennens
rencontre, c'eft dans des lieuxles plus
portez enAmerique avoient lescoreculez & du plus difficile accès. Eme pris en ce pais-là, parce que tous chons
On ne trouve deschevaux, des boeufs ceux qu'on y Voit encore
marons,
& des ânes fauvages que dans les gran- leur reffemblent entierement. aujourdîhui
des Ifles. Aufli les Efpagnols n'ont ils La feconde efpece vient des cochons
mis deces trois efpeces qu'à Portric, S. domeftiques qui fe font échapez des
Domingue, Couve & la Jamaique, &c parcs où on les nourriffoit. Ils ne diffedans la Terre-ferme. Lenombre deces AmumarendscundoFruaot, d'ou leurs
animaux eft beaucoup diminué dansles ancêtres ontété apportez, &cilneparoit
grandés Ifles, &c diminue encore tous pas que les deux cfpeces fe foient méles jours par l'indifcrétion des Bouca- lées. Ce feroit une chofe affez particusieisquitbentindiftremumentlesfemel liere que ces deux races de cochons euf
les comme les mâles. Pourcequieitdes fent confervé entr'elles l'antipathie
cochons marons, on en trouve encore eft entre les deux nations qui
qui
une aflez bonne
lesontapquantité dans les gran- portées aux Iiles. Quoiquilen foit, on
des Iles, quoique dans des endroitsbien leur donne à tous le nom de Cochonsplus éloignez & plus difficilesqu'autre- marons, c'eft-à-dire fauvages, comme
fois. on le donne aux Negres qui fe fauvent
Dewxef- Les cochons marons qu'on trouve de la maifon de leurs
visochons pucesd de dans les Ifles font de deux fortes, &c il vre cn liberté dans les maitres, bois.
. Quoiquilen foit, on
des Iles, quoique dans des endroitsbien leur donne à tous le nom de Cochonsplus éloignez & plus difficilesqu'autre- marons, c'eft-à-dire fauvages, comme
fois. on le donne aux Negres qui fe fauvent
Dewxef- Les cochons marons qu'on trouve de la maifon de leurs
visochons pucesd de dans les Ifles font de deux fortes, &c il vre cn liberté dans les maitres, bois. pour
marons, eft facile de lès diftinguer. Ceux qui Les vaiffeaux François qui ont tou-. Cochons
viennent de racel Efpagnole, c'eft-à-di- ché aux Iiles en revenant de Siam & de Siam
IC, de ces premicrs que les Efpagnols del la Chine, y ont apporté une autre ON dele
y mirent dans les commencemens de cfpecc de cochons, qui ont les jambes Chine. leurs découvertes, font courts & ra- fort courtes, très-peu depoil &c le venmaflez; ils ont la tête grofle & le tretrès-gros; dc maniere que cclui des
grouin court. Leurs défenies font fort truyes traîne à terre quand elles font
longues; ils ont les jambes de devant pleines. La taillc de ces cochons a tant
plus courtes prefque d'untiers, quecel- de reffemblance à celle des Chinois 9
les de derriere. Leurpoil eft long,, rulePerele Comte nous a donnéc dans
de & tout noir. Ilscourent bien micux 2o defcription de la Chine 3 qu'il me
dans les plaines & en montant qu'en femble qu'on les devroit plûtôtappeller
defccndant i il leur arrive fouvent de cochons de la Chine, que cochons de
Siam, --- Page 367 ---
ERJU --- Page 368 ---
Talstuetgi
Ramean de Lottonier
Pois a Gratier.
E
Goussede Lotlon
ouverte
Siligue owverte. --- Page 369 ---
DE L'A MERIQUE
FRANCOISES Ifles. Au partics du monde. C'eft un proverbe en 1696. y6g6. Siam, comme on fait aux
Amerique, & l'experience le confirme
refte ces cochons ont latete8clegroiin touredroitetom- tousl les jours, que le cochon de lait,la
fortcourta,leurqueuc
volaille d'Inde, & le pigonneau, font
be vers lat terre Aneiehemmet comme la meilleurs aux Iles qu'en aucun lieu du
a un mouvement concinuel Comme ils ont monde. Jc ne fuis pasalez habile conpendule d'un horloge. de chaire noiffeur pour décider là-deffus. J'aurai
beaucoup plus de graille que
occafion de parler des Piloris ou Rats
ils font meilleurs au lait chair que eft loriqu'ils délicat, mufquez dans un autre endroit. A l'éfont plus vieux. Leur
extrè- gard des Manitous ou Opalflum,jen'en
& fort blanche. Ils multiplient
aijamais vû : ainfi le Leéteur me permement. Une chofequie eft à remarquer c'eft mettra de n'en rien écrire fur le raport
dans les cochons qui fontaux vû Ifles, des d'autrui, à moins que je n'en aye une
que l'on n'en a jamais ils font dans manger les autres évidence à n'en pouvoir douter. ordures comme
H A P I T R E XXI
Cotton. De Parbre qui le porte. De fes differentes efjeres, G
Du
des moulins pour Téplucher. trafic le plus confiderable tites, plus minces, plus tendres.
n'en rien écrire fur le raport
dans les cochons qui fontaux vû Ifles, des d'autrui, à moins que je n'en aye une
que l'on n'en a jamais ils font dans manger les autres évidence à n'en pouvoir douter. ordures comme
H A P I T R E XXI
Cotton. De Parbre qui le porte. De fes differentes efjeres, G
Du
des moulins pour Téplucher. trafic le plus confiderable tites, plus minces, plus tendres. elles font Elles nou- Deftrip tion dis
ECaRE fe faffc depuis la riviere font d'un verd gai l'arbriffeau quand eft jeune : Cotton. &
a T Baillifjufqu'au mor- velles, leur couleur charge à mefure que nier,
L'arEe
A
deux
TOREE
ne,eftceltida le
ne de- l'arbre vieillit. Il fleurit &c
briffeau qui porte bien
fois l'an. La fleureft
de cinq
ni
FELKEE
vient jamais bicn
tous grand, les feuilles qui font comme une tulippe 2qu'on a foin SET couper renouveller. vortée; le calice eft foutenu par autant
e ou trois ans pour le
& de petites feuilles vertes, dures & poinOn prétend qu'il porte davantage, plus beau. tués. La feur efti jaune, rayé par dedans
quel lecortonquilp produitelt au ras de de filets couleur de pourpre avec un
On le coupe ordinairementa cet effet un piftis qui fc change en un bouton ovale
terre, & on choifit pour la racine foit un pointu, de la groffeur d'un ceuf
tems de pluye, afin
de
de peu ou d'un petit acuf de poule,
humeétéc, & plus en ecat produire Pigeon s'ouvre & fc partage en trois,
de nouveau rejettons. Elle en pouffe qui lc cotton eft meur. Ce bouton
fept ou huit qui portent du fruit fept le verd au commencement, il devient
au
Tred
ou huit mois plàtard L'écorce après Ter cet brun & prefque noir, fec & caffant :
tronc à été coupé. &c
le bois
le cotton échauffé l'ardeur
arbriffeau eft mince grife, Ses
foleil & ayant toute EE maturité,
tendre &
IrEl
eft blanc,
affez (pongieux.
cotton eft meur. Ce bouton
fept ou huit qui portent du fruit fept le verd au commencement, il devient
au
Tred
ou huit mois plàtard L'écorce après Ter cet brun & prefque noir, fec & caffant :
tronc à été coupé. &c
le bois
le cotton échauffé l'ardeur
arbriffeau eft mince grife, Ses
foleil & ayant toute EE maturité,
tendre &
IrEl
eft blanc,
affez (pongieux. droites & char- s'enfle, &c fait ouvrir la coque qui le
branches viennent
font renfermoit avec un peu de bruit 5 il
gées de beaucoup de feuilles, qui celles tomberoit
lors ât terre, fe gâteroit
partagées en trois parties comme bien
&c fe
f on n'avoit pas foin de
de la
mais font pluspele
pairee
vigne, qui
R 3 --- Page 370 ---
126 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
t6g6. lc recueillir, &c'cft ce qu'on nc man- parce que la diminution eft
que pas de faire. Les Negresqai y font & toûjours certaine.
très-grande, 1696.
employez ne cueillent point les gouffes La machine pour
eft affez Moulin
que quand ils les voyent, ou tout-à-fait fimple. C'eft un chaflis l'éplucher
pour éouvertes, ou qui commencent à s'ou- compofé de quatre
quarrée long,
vrir:
montans d'environ fatt
Terre Les Cottonniers ne demandent
enfemble quatre pieds dc haut, qui font joints ton.
tropre une terre grafle, ils ne veulent
en
par huit entretoifes, quatre
potrles terrein
&c
&
T haut & quatre en bas. Il eft traCottonleger fec, n'ont befoin de verfé par deux fufeaux ou
niers. pluye que pendant quelques jours après qui ont des rayeures dans quenoiilles toute leur
qu'ils ont été coupcz, & après que le longucur, fe meuvent
fruit a été cucilli. Après cela un tems l'unc de l'autre qui
des à l'oppolite
fecrend le cotton plusi beau & plusabon- font deffous, & côté du manivelles
dant.
"
chaflis, a
Quali- Il eft vrai que celui des] Ifles, furpaffe quellcs à il y. a des cordes qui répondent
tez du de beaucoup cclui
des marches fur lefquelles cclui
Cotton
du Levant en blan- travaille met les
hauffe
des cheur, en fineffe & en
pieds,
des à l'oppolite
fecrend le cotton plusi beau & plusabon- font deffous, & côté du manivelles
dant.
"
chaflis, a
Quali- Il eft vrai que celui des] Ifles, furpaffe quellcs à il y. a des cordes qui répondent
tez du de beaucoup cclui
des marches fur lefquelles cclui
Cotton
du Levant en blan- travaille met les
hauffe
des cheur, en fineffe & en
pieds, Hfes.
longueur. Cha- qu'il baiffe fucccilivement qu'il l'un
que gouffe ou coque contient cinq, fix Tautre 3 afin
le après
ou fept graines grofles comme les pois ment aux fufeaux d'imprimer : ileft pour cet mouve- effet
ordinaires, mais plates & rabouteu- affis devant le chaflis, &c devant
fes, ce qui fait que le cotton y eft ad- une petite
de ila à
lui
herent.
planche fept huit pouces de
& auffi
Sagrai- Ily a de deux fortes de graines, & chaflis large, eft
longue le
neef par conféquent du cotton de
large; ; c'eft-à-dire de
apELut
verteou ces. Ces
font
deux efpe- pieds & demi ou environ. Elle eft atnoire. On
graines vertes ou noires. tachée mobilement aux montans du
prétend que le cotton quià la grai- chaflis s vis-à-vis & tout
ne noirc, produit davantage, &c qu'il deux quenoiilles. C'eft fur proche cette des
eft plus facile à épulcher; c'eft-à-dire, che que l'ouvrier met le cotton. plan- Il le
qu'on le fepare plus aifément de fes prend dans un panier qui eft à fa
graines, parce qu'étant plus liffes elles che, &l'étend
la
iont audli moins adherentes. Mais on te tout le &le des pouffe avecl SRc
convient que le cotton à graines vertes font éloignées long Fune de quenotilles, l'autre qui
eft plus fin & plus longs &quela diffi- ment pour laider
lc cotton fufifamculéquily a à lépulcher, eftt bien re- les attirent par leur paffer mouvement, gu'el- mais
compenfée par fa beauté. On les mêle
prochcs& trop ferrées
laiffer
ordinairement enfemble car outre que
les
étant pour
tout
graines,
HLT
le monde n'eft pas capable de con- le détacher du cotton qui les forcécs de
noître cette differencc, lun fait paffer poit, & auquel elles étoient qui envelopl'autre, 8 le plus beau aide celui qui par les inégalitez de leurs attachées
l'eft moins.
tombent à terre
fuperficies,
Cotton Lorfque le cotton n'eft pas
entre les jambes de
en pier- c'cft-à-dire,
n'eft épluché, l'ouvrier 3 pendant le cotton
re.
,lorfqu'il
feparé de s'eft trouvé
aue, lcs
qui
fesg graines, on l'appeile oime en picr- les , paffe de engagé Pautre
quenotilre. On ne levendjamais de cette forte, dans un fac qui eft ouvert, côté, &c & attaché tombe
&ile cltprefque inoui qu'on s'en charge, à une autre petite planche paralelle a la
prc-
l'ouvrier 3 pendant le cotton
re.
,lorfqu'il
feparé de s'eft trouvé
aue, lcs
qui
fesg graines, on l'appeile oime en picr- les , paffe de engagé Pautre
quenotilre. On ne levendjamais de cette forte, dans un fac qui eft ouvert, côté, &c & attaché tombe
&ile cltprefque inoui qu'on s'en charge, à une autre petite planche paralelle a la
prc- --- Page 371 ---
FRANG COISES DE LAMERIQUE. bien faite doit contenir 1696,
premiere, mais polée un peu en le de trois cette cens façon à trois cens vingt livres de
1696. diriger la châte du cotton TSAE cotton. Difitrens
Eerd
1698.julqu'a la fin de 1702. dus
On s'eft quelquefois fervi de que- bien on Depuis le vendoit aux ldles Auamcemnco Cotton:
nouilles d'acier. Elles duroient
livres le cent, c'eft-àa-dire, neuf folsla
long-tems que celles de bois, affez qu'il fou- livre, ce qui étoit un très-bon prix. E: changer &c renouveller entiereencorctrenteatiense
vent. Cependant on a quitté l'humidi- Enipor.ivaloite cinq livres. Ceux qui l'envoyent en
ment celles d'acier
rouiller, que clles France pour leur compte
pour en
té du
les ERE
c'eit-à-dire,, pour
PET
pais le cotton. Celles dont on fe le fret, de
deux fols par 5 En
gâtoient fert font de bois rouge ou autre bois tems de paix, cela fe regle felon le
roide; elles n'ont pas le deffiut de On fc nombre tems des guerre vaiffeaux qui font en charrouiller, ny de gater le cotton. cotappelle cette machine un moulina cin- ge. Depuis la paix de Rifvik jufqu'en
ton. Un bon ouvrier foixante peut livres éplucher de cotton 1703- on a vendu le cotton à Nantes, à cent
quante-cinq à
Bordeaux, la Rochelle,jufques il faut
parjour maniere de l'embaler. On quinze livres le cents furquoi les
Manis- Voici la bien coufu auquel on em- déduire le fret, lesdroits d'entrées, &
redem- balerle fait un trois fac aunes & demic de grofle avaries, anco@mitionstionbengt On ôte ordinairement trois
Cetton, ploye toile de vitré, qui a une aune &c trois eft la tarre. cent pour la tarre 3. c'eft-à-dire
de large. Après que le fac
pour la
de la toile qui fait la
pouces trempé dans T'eau & bien imbibé, on
pelenteur
l'attachant par
ESe
lc fulpend en l'air traverfes en clouées à des Les gens qui paffent des Illesen eux Franfes bords à des terre de à huit CC, & qui ne portent avec comme qu'une
poteaux plantez haut. On en mouille fept le fac afin médiocre quantité de cotton, au lieu de
pieds de
attache, fans cette mille ou douze cens livres,.
ces trempé dans T'eau & bien imbibé, on
pelenteur
l'attachant par
ESe
lc fulpend en l'air traverfes en clouées à des Les gens qui paffent des Illesen eux Franfes bords à des terre de à huit CC, & qui ne portent avec comme qu'une
poteaux plantez haut. On en mouille fept le fac afin médiocre quantité de cotton, au lieu de
pieds de
attache, fans cette mille ou douze cens livres,. font faircdes maque le cotton s'y
gliller, &il le mettre en bales, en
ils les Les mi
précaution il ne feroit de le que fouler. Celui telats; & quand ils font arrivez, fous le nom de telats no
feroit impofible la bale entre dans le fac font defeendre à terre
Ils évi- payent
doit faire neuf pouces ou envi- differens Paffagers oul Matelots. droits d'entrées, den- psint
S a fix pieds & foule le cotton tent par ce moyen les ne demandent STiEX
ron de donne avec les pieds & les parceg quelesl deux Dotanniers matelats
chaque
qu'on
de tems rien pour
TCat
poings: il rafraichit la toile bien
C'eft à ceux qui Ffont ce méen tems, en obfervant de fouler
perfonne. de voir s'ils peuvent cn confcienégalement par tout, &ne à mettantdans la fois; ce nage cc frauder les droits du Prince: ou file
le fac que peu de cotton
prix de la toile qu'il faut pour faire d'en- les
qu'il conrinued de famejuquraceqwelle lors on la détache & Matelats, n'excedep pas les droits
foit coud pleine: l'ouverture. pour Le tems le plus trées. de cotton font Uagedat
on
emballer le cotton eft un Les bales ou matelats quand on balesde cotton
propre
fort utiles dans un vaiffeau,
met
temps Romse ou pluvieux. pourvà balle eft obligé de fe battre. On les dans dansss
qu'on travaille à couvert. Od
Taifeath --- Page 372 ---
128 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1Gy6. dans des rets autour des gaillards. Ils de tomber; car elles tombent tous les
fervent d'un très-bon garde-corps, que ans au commencement dela faifon plu- 1695;
les coups de moufquet ne fçauroient vicufe, d'unemaniere qui ne laiffe point
percer, & qui amortiffent beaucoup les l'arbre dépouillé,
qu'elles ne
coups de canon,
quittent la place parce occupoient
Ou
Les graines du cotton contiennent que quand celles qui qu'elles leur doivent fucfaire powrroit fous une peau noire ou verte, une ceder les pouffent dehors en prenant
dethui- les fubftance blanche, oleagineufe comme leurs placcs. Trois ou quatre jours fufleavec amendes, & qui n'a ni mauvais fifent pour renouveller l'arbre entiereles goûr ni mauvaife odeur. On en pour- ment. Lorfqu'on veut le faire
graines. roit faire de l'huile. D'autres gens que Hnyaquigkcouperion écorce groffir,
des François accoûitumez au climat in- diculaire afin de donner le moyen perpen- au
dolent deés Ifles 2 ne négligeroient pas bois dc fe dilater.
ufleavec amendes, & qui n'a ni mauvais fifent pour renouveller l'arbre entiereles goûr ni mauvaife odeur. On en pour- ment. Lorfqu'on veut le faire
graines. roit faire de l'huile. D'autres gens que Hnyaquigkcouperion écorce groffir,
des François accoûitumez au climat in- diculaire afin de donner le moyen perpen- au
dolent deés Ifles 2 ne négligeroient pas bois dc fe dilater. L'écorce
cct avantage. chargéc de grofles épines, droitcs, efttoûjours forIlya aux Iflcs une autre elpece de tes &2 rondcs, d'un pouce ou environ
Cottonniers, dontlesgraines ont étéap- de hautcur, dont la baze qui ena prefportécs de Siam, que l'on appelle par que autant, fait avec la pointe une
Cotton cette raifon, Cotton de Siam. Il a na- maniere de piramide. Elles ne font
de Siam turellement la couleur de cafféclair. Ce point du tout adherentes au corps de
cotton eft d'une finefle extraordinaire, l'arbre, c'eft l'écorce fcule qui lcs foûil eft long &c plus doux la foye. On tient, encore cft ce fi foiblement qu'il
en fait des bas font FREE fineffead- fuffit de les toucher un peu avec un
mirable & beet beauté qui fait honte bâton pour les faire tomber. Elles nc
aux plus beaux bas de foye. Mais com- laiffent qu'un veltige blanc fur la
me cet ouvrage confomriebesucoupde à l'endroit qu'elles occupoient, peau fans
tems, on fait peu de ces bas, & ilsfont qu'on remarque aucun autre veftige
fort chers. J'enaivi gui ontétévendus dans Pépaiffeur de l'écorce ni dans Ic
dix, douze &c quinze écus la paire. bois. Cotton) Nous avons encore une autre elpece Le bois de cetarbre eft blanc & tende Fro- de cotton, qu'on appcllc, Cotton de dre, mais il cft filaffeux, cequilerend
wager. Fromager. L'arbrequi lej porte devient difhcile à couper, fur tout quand il eft
fort
& fort
Si on n'a
un peu vicux; ileft ployant &
foin ET l'ététer, A pouffe fon jet E & vient fort vite. Je nc s'il fouple, étoit
haut fansaucunes branches quandil plus tendre du tems du Pere fçai du
a vingt-cinq ou trente HENE haut & ou fi les hachesdont on fe Tertre,
fouvent davantage. Son écorce eft ver- étoient d'une autre trempe fervoitalors, 5 mais je
tequand l'arbre eft jeune, 8d del'épaif. fçai très-bien, qu'ils'en faut beaucoup
feurde Gxàf feptlignes; 5 elledevient
qu'il foit de tous lesarbresle plus facile
fe & plus épaille à mefure RE à couper. vieillit Sa feuille cit longue E paroit On le plante ordinairement devant
étroite, parce qu'elle eft découpée cn les maifons pour jouir de la fraichcur
trois parties dans toutefa longueur. El- de fon ombre, & on le choifit plàtôt
leefttendre, pcu épaiffe, ,d'un verd clair qu'un autre, parce qu'en très-peu d'anquand elleeitjeune, un peu plus obfcu- nées il devient très-gros & fort garni
re quand elle eft vicille & fur le point de branches &c dc feuilles, aufquelles
on
ft découpée cn les maifons pour jouir de la fraichcur
trois parties dans toutefa longueur. El- de fon ombre, & on le choifit plàtôt
leefttendre, pcu épaiffe, ,d'un verd clair qu'un autre, parce qu'en très-peu d'anquand elleeitjeune, un peu plus obfcu- nées il devient très-gros & fort garni
re quand elle eft vicille & fur le point de branches &c dc feuilles, aufquelles
on --- Page 373 ---
FR A1 NCOISES DE LAMERIQUE,
telle fituation lon bons fuccès. Ce qu'ilya de fort com- 1695. s006. on fait prendre
que
mode, c'eft
point obligéde
veut. qu'onn'ef
Peu de jours après qu'il a changé de le remuer, quand on s'en eft fervi; au foleil il
feuilles;, i1 pouffe fesf fleurs par grosbous fuffit de le voir l'expofer fc relever un moment de foi-méme, 8c
quets; ellesfont petites, délicates, blan- pour entierement la toile qui le renches, &c tombent en moins de huit ou remplir
dix jours; des gouffes ou étoient coffesvertes, ferme. a encore un arbre qui
du Cottonfuccedent aux
chargées Iya
Cotton Mahot. nierde
'de
&de cotton qu'on
Mabst,
ERHN
de fleurs. Elles EER la groffeur
ci-devant appelle du mahot vient 01
la figure d'un ceuf de poulle, mais Lorf un Jai fur le parlé bord des rivieres & des qui falaifes, grand
peu pointués parles deux renferment bouts. eftau
je
pour une efpece de man- Cotton- nier
que le dc cotton fa maturités qu'elles il fe dilate tout ger gui prends ne
de fruit quoi- blancs
point
dont il cit ici
d'un coup, & fait cclateriagoulie-avee qu'il
EER
bruit, &le cotton qui en fortauffi-tôt quellion, & qu'on appelle à Saint Doferoit emporté par le vent fionnelere- mingue, Cottonnier blanc, eft un ai vû arbre de
cucilloit promptement. Ce cotton eft fort
&c fort gros. de diametre. j'en
Sa
couleur de de
extrémequatre pieds
sr
de ment fin, fort gris doux TCLEN naturellement RE eft dentelée, ronde,
luftré. court le cotton titc pointe, d'unverdobfeur. RENERE
let plus
ce eft
d'un bon
&
blanc ordinaire. On ne 17E
grile; épaille
pouce eft
dant de le filer. J'en ai vû FERAP bas qui fort adherente au bois &
fans gris,
étoient d'unes grande beauté. fpongieux, tendre
qu'on
PAE
Lesgoutteareatenmente tencore desgrai- remarque prefque aucune difference dansla ennes qui font la femence de l'arbre, elles tre l'aubier dcs &le coeur. fes fleurs Ilfleuritd font
font brunes, plates comme des haricots faifon pluyes;
des coffesova- jaunes
& affez tendres. On ne s'amufe gueres & affez grandes. d'un Ilporte duvet fin, doux &c
à les femer,, parce que l'arbrc vient les remplics le vent
tout, &c
parfaitement bien de bouture, & plus court, que l'arbre
environs, par
dès
vite.
cs &le coeur. fes fleurs Ilfleuritd font
font brunes, plates comme des haricots faifon pluyes;
des coffesova- jaunes
& affez tendres. On ne s'amufe gueres & affez grandes. d'un Ilporte duvet fin, doux &c
à les femer,, parce que l'arbrc vient les remplics le vent
tout, &c
parfaitement bien de bouture, & plus court, que l'arbre
environs, par
dès
vite. couvret tout
ETIS
On dit que ce cotton eft de contre- que la coffe Les qui lerenferme fe vientàs'ou- donnent la
bandeen France,
qu'il Inuiroit aux vrir. l'amafler, perfonnes s'en qui fervent à faire
poils de caftor, Rericd loutres & d'autres
oreillers de au défaut de celui de froanimaux, dont on fc fert pour la fabriSEE
qu: des chapcaux fins. mager qui eft infiniment meilleur. Nous nous en fervons aux Ifes
ly a de ces arbres à S. Domingue
fairedes oreillers, destraverfins & ELtemnt qui font d'une groffeur extraordinaire. des coûicttes, au lieu de plumes. On Ons'en fert pour faire de tendre trés-grandes
prétend qu'il eft plus (ain, & qu'il tire
Commeileft
&legers de
davantage Thumidité du corps. Ilexci- FPTA facile à travailler & capable
te par fa chaleur le mouvement des ef- porter un grand poids, mais l'eaule auffi ilduprits, & la chaleur dans les partics en- re peu, fefendailement;
pourgourdies. Onl'applique fur leseftomacs rit aflez vite, n'ait &cles vers foin s'y de menent, le foutenir
affoiblis ou deftituez 'de chaleur, 8cfur moins qu'on dcs courbes, de le bien
les membres paralitiques, avec de trèsdedansavec
giuTom. Il. E" --- Page 374 ---
130 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. gaudronner de tous côtez &c de le tenir fe, de couleur de
toûjours hors de l'eau fur des rouleaux, cinq feuilles
chair, qui renferme 1696;
& à couvert du foleil quand on ne s'en Sc qui deviennent qui font blanches d'abord,
fert pas. foncé; ces
enfuite d'un jaune
On lui a donné le nom de Cottonnier fant fc renverfent cinq feuilles en s'épanouifblanc à Saint Domingue & fur les côtes bords du
cn dehors & font les
de la Terre ferme, pour le diftinguer lice fortun calice. C'eft du fond Idece cad'unautre qu'on nomncCotronicrrou. que
piftis dela groffeur du
ge, que nous appellons Pommier à la doigr, teau tournéen fait en colonne avec un chapiGuadeloupe &autres Ifles du Vent.J'en grains dorez. Le volute, chargé de petits
parlerai dans un autre endroit. te fleur eft un cilindre fruitquifuccede de huit à a cetSOTTINEILA-nie-ates pouces de
neuf
les ou Bois de flot, ou improprement demi ou environ longueur, de fur un pouce &
Liege, eft encore une cfpece de cot- dans falongueur dix diametre, partagé
tonnier. 11 croit fort vite; & il eft corceeft verteau par canclures. L'6.
ute, chargé de petits
parlerai dans un autre endroit. te fleur eft un cilindre fruitquifuccede de huit à a cetSOTTINEILA-nie-ates pouces de
neuf
les ou Bois de flot, ou improprement demi ou environ longueur, de fur un pouce &
Liege, eft encore une cfpece de cot- dans falongueur dix diametre, partagé
tonnier. 11 croit fort vite; & il eft corceeft verteau par canclures. L'6. d'une grandeur médiocre, c'eft-à-dire, tonnée, elledevient commencement &ccotentre celui quej'ai mis au rang des man- fe, & enfin tout à enfuiteun; peurouf
gles, & cclui dont je viens de parler. fruit eft meur. Cette faitjaune lorfque le
Son écoree eft mince, fe leve: aifément, d'un cotton
gouffe eft remplie
& on s'en fert à faire des cordes comme perle, qu'on extrémement fin, gris de
Mtahos à de celle du petir mahot. Le bois eft efpece d'hotiate peut dont regarder on fe comme une
grandes blanc, leger, fendant. Ons'en
faire
fertauxlfes
jwxilles. foutenir les folles & autres filets fertpour qu'on des pour robes de des oreillers, & pour garnir
met à la mer, oùr l'on feroit obligé de fermées dans chambre. la
Les graincsrenmettre du liege pour les empécher de petites feves, dont goulfe la font comme de
couler bas. liffe &c blanchâtre. faperficie eft unie,
On l'appelle Mahot à grandes feuil- Voici du duvet d'une
les, parce que effeétivement fes feuil- moins commode
cfpece un peu
les font fort grandes. Elles approchent L'arbriffeau qui le que les' précedentes. pour la
de celles de la maune. mais ni affez grand portc, ni affez ne vient jaElles font gun beau verd par deffus, & foûtenirde lui méme. fort pour fe
beaucoup plust blanches pard deffous; el- tache auxarbres
lisappuye&cs'atles font molles, cottonnées & femécs lelierre &les liannes. qu'il rencontre comme
d'un efpece de petit duvet prefque im- affez fouple & plein de Sonbois feve. eftg tgris,
couleurd'or. perceptible, tire far le roux ou la ce cft & fort mince. Sa feuille Sonécor- eft Bais à
qui lesentretrois
FuRe
tiennent
large
le
Em
font fortapparentes, ellesfont a gueres pouces de par bas & n'en graiter. dures & accompagnées de certaincs fi- terminc davantage en
& hauteur; elle fc
bres fortes & épailles qui fe difinguent deux parties pointe eft partagée en
aifément du refte de (a feuille. nervure. inégales par fà principale
La fleur decetarbre eft belle &c
Ilportede petites fleurs bleuàde; clle peut avoir cinq à fix pouces gran- de de tres, fix aufquelles à huit fuccedent de des filiques
Jongueur fur quatre de largeur. Onfc l'écorce eft pouces longueur, dont
la peut reprelenter comme un calice, brun, fin, court garnic TPEN deffus d'un duvet
foutenudumenembrane ferme & épaif- ailémentdela filique épais, quande lelle qui citmeu- fet féparc
re, --- Page 375 ---
DE LAMERIQUE
FRANCOISES
eft de s'abftenir de 196. Le dedans contient de petits pois cette demangenifon que cela nefaitqu'irriter Remede
16y6.
ces longueur, dont
la peut reprelenter comme un calice, brun, fin, court garnic TPEN deffus d'un duvet
foutenudumenembrane ferme & épaif- ailémentdela filique épais, quande lelle qui citmeu- fet féparc
re, --- Page 375 ---
DE LAMERIQUE
FRANCOISES
eft de s'abftenir de 196. Le dedans contient de petits pois cette demangenifon que cela nefaitqu'irriter Remede
16y6. rc. noirs, plats & durs qui ne font d'aucun de gratter, le mal & paice en répandre la caufe en pasprt vite Pois à
ufage, pour multiplier caufe l'efpece une de- d'un endroit, & fe frotter au avec gratter. mais le duvet
de T'huile, & à fon
mdr
FEAST extréme, cuifante & dou- avec de l'eau tiede. Cesdeux! liqueurs émoufloureufe mangesilon en tous les endroits où il tou- fent la pointe de ce duvet & le détache. C'eft pour cela qu'on
ces le chent de la fuperficie de la peau, oûfa
Pois à
1l
quel
RaerE
fruits des
grarter. du corps, MEEEREEE m'en ontfouventd demandé,
merestrgmskird ayant fur fes habits on y1 porte Mesamis contraint de ceder à leursimou qu'en
fentir aufli-tôt unc de- &j'aiété & deleur en envoyer, en leur
mangesifion l main, at un feu qui vous defefpe- portunez en méme-tems le' remede. re, & qui augmente à mefure que vous marquant LeMercredi Saint dix huit Avriljalvous grattez. On en met quelquefois lesfout- lai voirMonfieurleG Gouverneur, m'avoit 8cfgadans des tuyaux de
leslits voir s'il feroit le voyage dontil me de
ou bien on en repand
il me lc
& pria
ata
ouleshamacs fler,
de ceux. qu'on veutattra- parlé; à l'Ancel promit, Feri la fecondeFéte
s'affurer qu'ils feront l'attendre
moil iles inper, &c on peut
dePaques, &cdeporteravec
bonnegarde tout la nuit. à trumensoeclilairesp pourlever des plans. Lc remede qu'on peut apporter
T R E XXIL
- H A P I
cul.de-fac de la Guaddloupe. De la riviere
Defeription du grand o du petit Salie. Du Fort Louis, o ce queciiqu'sm
S. Cbarles. De la Trviere Boucan de Tortuè. Lictard qui avoitfon fufil me donna LOC- elpuce Crabier, de
XGXE Jeudi-Saint Lietard dix-neufAvril me vint cafion detuer quelques tourrereilsdcun de heron beroh. le Sieur
canor,mais crabier. C'eftune efpece
chercheravecion
vit de petites crabes,
des
SECEE
fur le bord
Su
C2DciGOnmeItns chezluiynous d'écrevifies Sa
graffe & de bon
rivieres. pouvoirarniver
Nous
en foune partimes que le lendemain. voir goût. On le met ordinairement
nous arrécâmes & à Goyaves diner chez FRt Lc pe ou en daube. de Pâques je fis
mon Confreré
Le vinge deux jour la plus
gros vent furcaufe muenousamnine le fervice, &c confeffai
grande 8c
un pcu tard à Feri.
chezluiynous d'écrevifies Sa
graffe & de bon
rivieres. pouvoirarniver
Nous
en foune partimes que le lendemain. voir goût. On le met ordinairement
nous arrécâmes & à Goyaves diner chez FRt Lc pe ou en daube. de Pâques je fis
mon Confreré
Le vinge deux jour la plus
gros vent furcaufe muenousamnine le fervice, &c confeffai
grande 8c
un pcu tard à Feri. partic des habitans de ce quartier,
LeSamedi je me rendis un avant déja quelques-ums du grand cul-de-fac; je la
le jour à laChapelle, PAIELTO long-tems préchai, je fis le Catéchilme confolation. det après troudu monde. Je
Der
bien
Rcjebapuilai Mefle, &feusla & les Negres auffi-bien
je fisl lest fonctionsdujour, adultesqueje trouvaitrés- ver les enfans le moins dans les Paonzel Negres
encore une inftruits
des
refidens &c
bien inttruits. ou
Jeconfeili
roiffes ER ya efe
le
partie del'aprèst midi, après cnfans quoij'allai du Sieur des Maitres d'Ecole. Je fis encore Came promentr. Un des
S 2 --- Page 376 ---
132 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1's6. Catéchifine après Vépres, & je diftri- lIfle Saint
buai la plus grande
des
Domingue qui les' ont mis 1696,
lets &c autres chofes de partie dévotion, Chape- en vogue. Les meilleurs fe faifoient Boucaj'avois réfolu de donner dans tout mon que On autrefois à Dieppe ou à la Rochelle. niers,
en fait à prefent à Nantes, à Borvoyage, tier-la. tant j'étois content decequar- deaux & autres Ports de mer du RoyauJc reçûs affez tard un billet de Mon- me pieds qui &cdemi font très-bons. Ils ont quatre
fieur Auger qui me marquoitfonarrivée balle de feize idecanon; à la ils portent une
à Goyaves, & me prioit de l'attendrele d'une once. La platine livre, c'eit-a-dire, fans
lendemain pour la Meffe, à laquelle il relief, & la détente eftplate, & forte. fe rendroit de bonne heure. LeSieurla Lc
eft longue
Pompe Capitaine reçûtordreparle mé- de huit gargouflier à dix un étui de cuir long
me mellager, de tenir fon monde prét de large &c cinq pouces, à fix fur trois de pouces haua paffer en revûé. teur. On l'attache autour pouces des reins
Monfieur le Gouverneur arriva furles avec une couroye. Il fert à renferneufheures; il fut reçà avec une triple mer lesgargoulles ou charges de poudichwgrdrimeugeeune. véc de
J'avois achc- dre & de balles qu'on mct dans lefulil. confeffer & de communier dès le On fe fert
faire les
Mariers
matin ccux qui n'avoient pas encore fait d'un cilindre de pour bois un gargouffes defaire
leurs Pâques. J'avois fait lc Catéchif- que le diametre du fufil peu moindre des
me & une petite exhortation, de forte moule. On l'environne de pour fervir de mfr
je n'eus que la Mefle à dire quand on replie le bout, afin papier rdont
AEa entra dans TEglife. Je l'allai recc- méme état
gu'il a demeureau le
voir à la porte, & je le.complimentai. le. On melure après enfuite qu'on la retiré mouSa modeftie en fouffrit un peu, maisle poudre que le fufil
quantité de
peuple étoit dans la joye que fon Gou- fe fait en cette maniere.
fr
je n'eus que la Mefle à dire quand on replie le bout, afin papier rdont
AEa entra dans TEglife. Je l'allai recc- méme état
gu'il a demeureau le
voir à la porte, & je le.complimentai. le. On melure après enfuite qu'on la retiré mouSa modeftie en fouffrit un peu, maisle poudre que le fufil
quantité de
peuple étoit dans la joye que fon Gou- fe fait en cette maniere. peut On porter, met la cequi balverneur reçût dans ce licu écarté, ce le fur la paulme de la main bien étenqu'il lieux n'avoit pas voulu recevoirdansdes duë ou fur une table, & on verfe douqui fe croyoient plus confidera- cement de la
la balle
bles. poudrefur
jufqu'à
Après la Meffe il fit la revûë de la lors ce qu'elle on met en la demeure balle dans couverte; le fond pour da
Compagnie du Sieur la Pompe, Elle cilindre de papier qu'elle
Compa- fe trouva deprès de
homdoit remplir
grie'de
quatre-vingt
exaêtement, & on met la poudre fur
Milice mes, entre lefquels il yavoit quelques ballefansautre chofe cntre
& on ka
du Sieur Mulâtres & quelques Negres libres. tortille le refte du
deux, Ileft de
laPomnpe Tous étoient très-bien armez, peud'é- mettre la même quantité papier: de aifé. dans
pécs à la verité, mais tous avoient de lcs autres cilindres après poudre à mefubons fufilsboucaniers, debonnesbayon- ré le premier, parce qu'on voit la haunettes, le gargoufficr, & la plûpart le teur de la charge dans qu'on celui
fait. piflolet de ceinture. Quant aux habits, On met enfuite toutes CCs qu'ona ou
comme ce font des habitans, chacun gargoufles dans Pétui ou charges
étoit vétu à fon avantage &c felon fes où ciles fe confervént fans fe gargouffier, &
facultez. fans fe ployer. C'eft unc maniere rompre G exreferis- Les fufils dont on fe fert aux Ifles peditive de
sion des font appellez boucaniers,
charger un fufil, que pour
fefis font les Boucaniers & les parce que ce peu qu'on foit accoûtumé, on tirera
chaffeurs de lans peine K coups contre deux qu'on
tirera --- Page 377 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
à la maniere ordi- tems de nettoyer le fufil. 1Gy6. sliyh tirera en chargeant il luffit
charger à la Nous partimes de P'Ance Feri après
Manie- naire 5 car de tirer
du diné pour aller coucher au grand cul-deBoucaniere
fott gargoutie
rede
& d'en déchirer dansle mê- fac. Nous vimes en paffant l'habitation
avela charger gargoullier lc bout avec lcs dents, du Sicur la Pompe qui eft à côté d'un
gargauf. me moment répandre dans le baflinet gros
appelie
Morne,
Jeowa pour pouvoir faut
amorcer, iépare CEY de
ME
la Bow- cc
de poudre pour
pattie
TRETNST
quil
fe-terre de celle qu'on nomme le grand
caniere. encore cela n'eft il neceflaire que quand cul-de-fal. Cette habitation eft dans
le fufil eft neuf, & quepar conféquent car quand un bel endroit, arrofé d'une fort jolic
fa lumiere clt encore petite; & la lu- riviere.
,
Jeowa pour pouvoir faut
amorcer, iépare CEY de
ME
la Bow- cc
de poudre pour
pattie
TRETNST
quil
fe-terre de celle qu'on nomme le grand
caniere. encore cela n'eft il neceflaire que quand cul-de-fal. Cette habitation eft dans
le fufil eft neuf, & quepar conféquent car quand un bel endroit, arrofé d'une fort jolic
fa lumiere clt encore petite; & la lu- riviere. Ilyaà côté une autre habi- Gros
l'arme eft un peu vieille, il tombe toujours que af tation plus confiderable qui appartient morne termiere eft grande,
amorcer. à un Gentilhomme nommé le Roide la minele gsi
fez de poudre aufli-tôt du canon le ukerne de la pou- Poteric, qui fe dit
d'un de nos quarOn dre répand dans le canon, & on y. laiffe giffer premiers Miniftres, ER qui n'en eft pas tierde laBafele cartouche de papier- La pefnteur pour cela plus à fon aile. Les fréquen- terre,
de la balle qui eft dedans, fufht pour le tes defcentes des Anglois deux dans ce ou quar- trois
faire defcendre & le réjoindre à la pou- tier-la, où ils ont & pillé fes meubles, l'ont
dre; on donne enfuite un coup de cu- fois fes de Negres l'abandonner &c de fe retirer
laffe contre terre, cela acheve de bou- obligé au
de la Balle-terre. Jc vis famairer; on met en joué & on tire. Il eft Bourg fucrerie & fon moulin qui étoient
certain qu'on A plutôt chargé & tiré, fon,fa encore fur
mais les
dc bois
qu'on n'alûl la. maniere de le Taire,compicd, de toutes leurs poux forces à lcs
Prix meje viens de l'expliquer. Le prix, des travailloient terre.,
bon mouildesfa- fuliis Boucaniers aux Ifles, foit qu'on mettre par cette habitation, Ilyaun
elt à. AlsBON- les prenne chez les Marchands ou aux lage devant
la bande Nord
caniers
une
vents de
E
du Roi, eft de trente &
couvert des
ANX magazins dix fols; fçavoir trentelivres
lc gros morne, de ceux de la bande
IRes. livre
& trente fols ETE EP l'EI les hautes montagnes, qui,
le prix de fufil,
eft
FHALA & de ceux du Sud
Chaque
partagent
CA
Garde-magazin. fix fufils, & de les ies mornes de Feri. Aprés que nous Et
obligé d'apporter
lui en mes doublé le gros morne, nous trouconligner fait au Garde-magazin le prix & 1t en don- vâmes de très-belles terres, vaftes , upaye.ouf payer cc. moyen les Illes nies & bien arrofées. Il paroiffoit à la
ne une décharges, tournies, & ona vuë que depuis le bord de la mer juc
font
Men
en remedié toûjours à l'avarice des Marchands qui qu'aux montagnes., il pouvoit y avoir,
à un
excefif, trois à quatre lieués de beau terrein enr,
les, auroient portcz trois fois prix à double & à
douce, dont la bonté fe faifoit
On les éprouve
de les recevoir.
rofées. Il paroiffoit à la
ne une décharges, tournies, & ona vuë que depuis le bord de la mer juc
font
Men
en remedié toûjours à l'avarice des Marchands qui qu'aux montagnes., il pouvoit y avoir,
à un
excefif, trois à quatre lieués de beau terrein enr,
les, auroient portcz trois fois prix à double & à
douce, dont la bonté fe faifoit
On les éprouve
de les recevoir. connoijtreparles beaux arbres qu'il
avant
Emer
fimple charge avoir tiré pluficurs
portoit en abondance. L.es habitans qui
Quand après le dedans du
s'étoient trouvez à Feri, accompagnoon
TRANTE
qucl conféquent la
rencleur Gouverneur, de forte que nous
graille,
une
arméc navale de carke
goufle ne BeSer LE avec tant de REEE faifions petite
on fe fert alors de la baguette fi on eft nots Nous bien arrivâmes armez. fur Ic foir chez le
obligé de continuer le icu fans avoir le
Sicur
S 3 --- Page 378 ---
134 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
1hg6, Sieur VanDefpigue. CrétoitleCapitasi- qui donne les terres fans aucune
Van ne de ce quartier-là 5 il étoit Flamand tion de foy,
condi- 16y6,
Delpi- ou Hollandois. Aprésque lcs Portugais ventes, en un hommage, mot, fans vente, lots &
gueCa- pitaine les eurent chaffez du Brefil, il fe retira Seigneuriaux, comme ces aucuns droits
de.Mili- à la Guadeloupe avec plufieurs autres prétendoient
Meflicurs en
cedu de f Nation qui y furent reçû par M. La troifiéme éxiger. grand cul-de- Houel. C'eft d'cux qu'on a appris la fc trouvant entre enfin, Monfarat que cC quartier
fac. culture descannes, &la fabrique du fu- qui font des Ifles Angloifes, &Antigues, &c étant
cre dans nos Ifles. Le Sieur Van Delpi- couvert par plufieurs lfles où les ennegue étoit Catholique quand il vint du mis fe peuvent tenir à l'abri, &c
Brefil, c'étoit un très-honnéte homme. l'occafionde venir piller les
épier
I vint recevoir le Gouverneur au bord & enlever les
& les habitations meubles
de la mer à la téte defa Compagnie,qui des maifons, Negres de gens vouloient fe
n'étoit que de trento-fept a trente-huit rifquer d'y venir peu demeurer. Il en
hotnmes,y.compris) mémequelques Ne- voit parler comme le fachant
gres armez. SEns
Je m'étonnai qu'un fi beau
fut puifqu'il les
n'y avoit pas plus d'un an que
fi dépeuplé, &j'en demandai Torae raifon jour Anglois les deux' ayant hommes furpris au étoient point du
au Sicur" Van Defpigue qui m'en donna meurez au Corps de Garde, qui
deTrois trois au lieu d'une. Lapremicre, parce vefti fa maifon, l'avoient forcée avoient & inraijons qu'il étoit trop éloigné de la Balfe-terre
avoient
pilpour &cdu petit cul-de-fac, quif font les lieux lée,
enleréunepartic de fesNele/guel- les'le de commerce & du mouillage des vaif- &luiavoir gres, après caffé avoir à tué lui-méme fon.Commandeury le bras droit
grand feaux.
remicre, parce vefti fa maifon, l'avoient forcée avoient & inraijons qu'il étoit trop éloigné de la Balfe-terre
avoient
pilpour &cdu petit cul-de-fac, quif font les lieux lée,
enleréunepartic de fesNele/guel- les'le de commerce & du mouillage des vaif- &luiavoir gres, après caffé avoir à tué lui-méme fon.Commandeury le bras droit
grand feaux. d'un
cul-de- : La feconde, quetour ce quartier de- Cette coup de mioufqueton. facef defert. puis le gros morne jufqu'a la rivicre, Gouverneur relation a fe tenir obligea fur fes Monfieur gardes. le Il
falée, qui fépare la Guadeloupe de la n'auroit pas été de la bienfeance fe
Grande-terre, fe trouvoit preique rout fur laiffé furprendre, & qu'il cut un
chtier dans lcs
E
referresqueles Scigneurs voyage àAntigues
d'autres
Proprietaires IIe
s'étoientfattes en'Vendant troupesquer des fiennes. deux
à la feconde
en
BESTARLES
de forte bien Compagnit 166t. Corps de Garde avec une patrouille de
que que ccs deux endroits quelques Cavaliers. Cette
foffent éloignezlun del'autre d'environ nous auroit fait dormir en répos, précaution' fi les
cing lieue lieuès, à peine, fe trouvoit-il Fune moufliques & les maringoins nous l'eufde pays ne fut itix héritiers fent voulu
des Seigncurs a leurs repréfentans,qui Le Mardi permettre. vingt-quatre Avril
étendoient leurs prétentions d'une ma- ployaîroute la matinée aconfeffer j'emniere fi vaftc, quin'yavoit du terrein qui n'étoient pas venu à Feri. JI ceux étoit
perfonne, à moins d'en acheter prés de midi quand je commençai la
Femar ou de le prendreà titre der rente. Meffe. Celane
Seigneuriale avec dés lots & vantes,des &defire le Catéchifime. cnrechspudoprecher
hommages & autres droits femblables, Après dîné j'accompagnai Monfieur
ificonnus dans le pays, &c point du tout le Gouverneur a Tlilet à Fanjou & audu goût des. habitans, qui ne veulent tres Iiles qu'il vouloit vifiter:" Nous areconnoitre d'autre Seigneur queleRoi, vions trois canots bien armez, écunpe. tit --- Page 379 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
tit où il n'y avoit que cinq hommes de Varennes ayant
en allant 16y6. 1696. à la
afin de à une
qu'il
faire à la
AESE
envoyoit découverte,
PEE
So pas furpris & de ne pas donner pointedAstiguci.que) étoit dans le
Monlicur.Auger étant venu pour
dans quelque embulcade. le voir. quarticr, Houel de Varennes
LeSicur Van Delpigue avoit fait où un il eft fils defeu Monfieur Monfieur Houeley-devant
plan de tout cegrand cul-de-fac,
&c
de la Guadeavoit marqué les fondes; mais comme Proprictaire Ilaun frere Marquis ainé Capitaine aux
il nous parut que les Hles tout-à-fait & quelques bien loupe.
Monlicur.Auger étant venu pour
dans quelque embulcade. le voir. quarticr, Houel de Varennes
LeSicur Van Delpigue avoit fait où un il eft fils defeu Monfieur Monfieur Houeley-devant
plan de tout cegrand cul-de-fac,
&c
de la Guadeavoit marqué les fondes; mais comme Proprictaire Ilaun frere Marquis ainé Capitaine aux
il nous parut que les Hles tout-à-fait & quelques bien loupe. Gardes Françoifes, un autre quielt Abpointes n'étoient pas travailler lc
dont T'une à épouplacez, je me chargeai d'y
bekquelquesifcur, fé le
deSaint Victour-Sencterlendemain charmé avec ma de planchette. la beauté de ce re. Jel'avois Marquis déja vû à la Bafle-terre,
Detris- sionde quartier, J'étois il elt couvert de huit ou neuf & comme nonobitant un fon grand
grand
nous. avions eu avec
E
liletsdedinitrentes grandeurs,avectrois que
perc,
cal-de- ou quatre rangs de cayes & de hauts- laiffoit pas d'avoir beaucoup de bonté
fas. fonds forment un ballin de cinq à
nos Miffions : j'avois de réfolu lui offrir de
fix Reter de longueur,
la pointe Ft" voir chez lui : &
du Morne julgu'a vene d'Antigue mcs fervices pour un bâtiment faire de & condans S grande terre. Ce baffin n'a féquence quil vouloit
1 pour Il
moins dune lieué dans fa moindre E iequelil m'avoit demandé un deffein. & près detroisdansfa plusgrande. avoit avec lui fes deux grandes hommes piroE vaiffeaux de toutes fortes de
avec plus étoicnt de trente bien ardeurs y péuvent être en feureté. SST EAe noirs qui faifoit tous fouhaiter
entient par deux palfes, &c les barques mez. Cerenfort nous
par deux autres. Il feroit facile de les qu'ilprit de venir quelque vifiter demangesionaux-an nôtre hôte; nous
défendre fur une la batterie fermée, de T'lilet ou à glois ctions en état de les recevoir d'une maFanjou par un Trone où eft la principale pointe pafle, avec niere à leur faire oublier le chemin de
une redoute fur un petit Hlet qui eneft leurs maifons. mefurer une diftantout proche, qui ferviroit encore à dé. LeMercredijefst cens
ou fix cens
fendre une des pailes des barques; fup- cc de trois toifes, dont les extrémitez pas
pofe qu'oa ne pritp lep epartidelac com- de la Guadeloupe,
ma
bler, en y EERES
vieux bâ- me devoient fervir pour pofer plan- à
timent maçonné dans E fond & arrêté chette. Pendant que j'étois occupé metavec des pieux pour les foûtenir, juf- ce travail, des balifes j'envoyai avec un des canot bannieres pour aux
qu'àce que la mer y eut apporté des bouts tre des Iflets, dont je voulois avoir la
pierres & dulable, ce quine manqueroit
&càtoutes les pointes que l'on
pas d'arriver bien vite. pofition, découvrir & étoient à
Nous fimes couper une bonne quan- pouvoit
qui
tité branches del Paletarierschargées tée de mon opération. Je
Aahtt
d'huitres, de & nous revinmes au logis du te la matinée, corrigai Van une bonne
Sieur Van Defpigue, cn fondant partout partic de la Carte 1E Sieur Delpipour verifier les londes qu'il avoit mar- gue. J'allai aprés Houeivoir diné avec Monficur lagrande
quées.
fimes couper une bonne quan- pouvoit
qui
tité branches del Paletarierschargées tée de mon opération. Je
Aahtt
d'huitres, de & nous revinmes au logis du te la matinée, corrigai Van une bonne
Sieur Van Defpigue, cn fondant partout partic de la Carte 1E Sieur Delpipour verifier les londes qu'il avoit mar- gue. J'allai aprés Houeivoir diné avec Monficur lagrande
quées. Nousystrouvimes Monfieur Houel Augerc-Mfonficurk riviere à Goyaves, autrement lariviere
Saint --- Page 380 ---
136 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1G)6, Saint Charles, qui féparoit autrefoisla rade &c l'entrée de la riviere. Lesautres
portion de Monficur Houe! d'avec cel- côtez pourroient étre baftionnez à l'or- 1606
ie de Meflieurs de Boilleret fesneveux. dinaire 8c à peu
Nous la remontimesenviron deuxmille de taille, le moilon, defrais,puifquela la terre pierre faire
cing cens pas, fondant depuis fon em- lal brique, le bois pour la pour fable,
bouchure julqu'à la hauteur de mille la chaux &c l'eau font fur cuire,le le licu. toifes ou environ, qu'elle n'a plusaflez pourroit faire de P'autre côté delarivie- On
de profondeur pour porter un vaiffeau, re une batterie fermée en forme de rebien que les barques, chaloupes &c Ca- doute, quit battroit à fleur d'eau &
nots puiffent monter beaucoup plus troit enfeureté les vaiffeaux feroient methaut. Cette découverte fuffifoit au def- dans la riviere ou à fon qui
fein du Gouverneur Nous vifitàmes casqueleFort dellilet àl embotuchure,en &clareen defcendant le terrein des deux côtez doute du petit Ilet cuffent Fanjou été
avec affez de peinc, lorfqu'il s'agiffoit cequine fcroit pas une
forcez; facile
de mettre à terre, parce que les deux à executcr. entreprife
bords font couverts de mangles qui a- Entre plufieurs utilitez
vancent tre-confiderablement dans la droient dé cet
qui revien- feroit Avan- tagede
riviere. Son.embouchure cft large d'en- en peu de tems établiffement, le
qui
cerétaviron ccnt cinquanteroifes; elle a dans tous ceux que les plus François conliderable ont à de blijlefon milieu. huit brafles d'eau; elle di- merique, on peut affurer qu?il feroit PA- la meni. minuépeuip peu en allant vers les bords, ruine des Colonies Angloifes de Monprincipalement vers le côté oriental, farat, Nevers, Anrigues &c la Barboudont leterrein eft bas; mais le côté OC- de, parce que nos Corfaires fe
cidental eft une terre élevée d'environ derriere le Fort de P'Iflet à Fanjou, tenant fcquatre toifes au deffus de la furface de roient en état quand ils le
à
Peau, d'une roche affez dure, au pied.
vers les bords, ruine des Colonies Angloifes de Monprincipalement vers le côté oriental, farat, Nevers, Anrigues &c la Barboudont leterrein eft bas; mais le côté OC- de, parce que nos Corfaires fe
cidental eft une terre élevée d'environ derriere le Fort de P'Iflet à Fanjou, tenant fcquatre toifes au deffus de la furface de roient en état quand ils le
à
Peau, d'une roche affez dure, au pied. propos, de courir fur tout jugeroient ce
de laquelle ily a fept il huit piedsd'cau roit ou fortiroit des rades de quientre- ces
de balfe marée, & plus de dix quand & d'y faire des defcentes continuelles Ifles,
la mer eft haute. Nous vifitâmes exac- pour enlever leurs efclaves &
temcnt cet endroit, quifcmble étrefait leurs mailons; ayant toûjours vent piller larà deffein d'y bitir une Ville; car c'eft gue pour aller Spourrerenir, & étant
Projet uneplate-former naturelle, prelque quar- leurs de trouver un bon
d'ure réc, de plus de trois cens toifes de'l lon- une retraite affurée
mouillage &c
rillea gueur, fur une
à
derriere lc Fort de
larilargeur
près éga- l'Hler. ciere,à lc, qui ad'un côté la PAEGI riviere à J'achevai le Jeudi matin la reconeeso Goya- Goyaves,8cde l'autre une petite riviere noiflance de toutes les pointes &c des
lafari- d'une cau excellente. On pourroit faire Iilets. Je fus après diné avec cCs deux
litéde un follé pour faire paffer ce qu'on ju- Mellicurs vifiter les cayes &c lcs hautsP'entre- geroita propos de la granderiviere dans fonds du côté del'Oucft. trife. lap petite, & ifoler ainfi tout le terrein. vâmes deux vaifleaux & une NousytrouLes deux côtez du poligone qui regar- s'y étoient perdus en allant à barque qui
dent la mer & la grande riviere, iont Comme on en pouvoit encoretirerbien Antigues. fortifiez nturellement, & n'auroicnt des choles, Monfieur
ordonna au
befoin que d'un parapet: tavec des embra- Sieur Van Defpigue Auger d'avertir les babizurcs pour le canon qui défendroit la tans de la permitlion qu'il donnoit à
tour --- Page 381 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE. tout le monde d'en tirer ce qu'ils pour- tout cela avec ce qu'on avoittiré de la 1696. 16g6. roient. Jc croi bien qu'ils n'avoient pas premicre, herbes desjaunes d'ceufs du durcis, jus deci- des
attendu cette permifion pour les lauvez piller tron, du fines, fel &c desépiceries, force piment, & on adès que les Anglois fc mais furent comme les voit mis tout ce hachis dans le corps de
avec leurs chaloupes; ne s'endorment celle qui étoit entiere, enfuite dequoi
Fermiers du Domaine occalions, les habitans l'ouverture avoit été recoufué & coupas furent en pareilles ravis de cette permiflion qui les verte d'un morceau de terre graffe. mettoit à couvert de toutes pourfui- Pendant que les cuifiniers viens étoient OC- on
cupez à ce que je
de dire,
tes. été avertique avoit fait un trou dans le fable de
MonfieurHouel ayant deux Tortués, tre à
dratite
fes pécheurs lune avoient bien pris trois cens livres, pieds cagptaniudemofadaur, de diametre. On avoit rempli ce
dont pefoit
defai- trou de bois, que l'on y.
à couvert de toutes pourfui- Pendant que les cuifiniers viens étoient OC- on
cupez à ce que je
de dire,
tes. été avertique avoit fait un trou dans le fable de
MonfieurHouel ayant deux Tortués, tre à
dratite
fes pécheurs lune avoient bien pris trois cens livres, pieds cagptaniudemofadaur, de diametre. On avoit rempli ce
dont pefoit
defai- trou de bois, que l'on y. avoit laiffé
&1 cl'autre un peu moins, propola de' Tortuéà confumer julqu'à ce qu'il fut en charre lc lendemain un boucan étoit à
bon, afin debien échaufertourelacon
l'Ilet S. Chriftophle,
cavitédecetrou. Onaroitenfuikeretiré
le milieu des lieux 3 RSSAREE le charbon, 8cla' Tortuë avoit été couEe travailler; Monfieur:
de chée fur le dosdansle fond couverte de
fentit, &c
on donna
ACIPE
remettrelest cependant stolles à la mer, &decher- trois ou quatre pouces du de charbon fable chaud
des environs, & puis
cher Le d'autre Vendredi poillon. matin nous allâmes vi- l'on avoit retiré, avec un peu de abiE
fiter les cayes de TEA, fonder les paf
deffius. Cef fut ainfi ce pâté nalés mefurer & en lever les plans. dans cette
EnasEetr
fes,
AEFRE
Cetouvrage fut longs ilétoitplusd'u- l'efpace d'environ quatre hcures 1. &c
ne heure après midi quand deux j'achevai. heures à qu'ilfe roit fait cuntoeopmioxgddsr dans un four ordinaire. VoiNous arrivâmes far lcs
la ce qu'on appelle un Boucan deTorPIlet Saint de Chriltophle la riviere faléc. quieftpreique Monficur tué. vis-à-vis Houel étoit dès le matin, &c s'étoit Dès qu'on nous vit approcher on
donné & peine de faire préparer une Ca- commença à déterrer le le voir pâté. fortir Jy fus du
bane de branchages, & le boucan dont four. affez à Les tems pieds pour & la tête de la Toril vouloit régaler le Gouverneur. prisdeux tué fervirent pour pafler les ljannes
Lenpéar@nmsiemtencord avec quantité d'autres dont on fe fervit pour le faire gliffer
autres Tortués,
fur les bords qu'on avoit abbattus en
poiffons. Voici cequ'on appelle un boucan de talus, &c le tirer fur une civiere faite
Tortue, & comment on le prépare. de deux gros leviers garnis de liannes
Onavoit choifi la plus grolledesqua. traverféss fur laquelle
Comfans
le
au
te
& fans
SAIELE
ment on tre Tortués qu'onavoitp pries, l'avoit lui la cabanne Negres oh porterent il devoit être mangé. fait s7 couper niles pieds nila tête, on
ne croi
les
Boucan ouverte par un côté pour en tirer tous Je
pas
nouveau grands
deTortwe les dedans. On avoit levé le plaftron Monarques de Ttea & fur St leur table
d'une autre, Scapresenavoirote toute monde ayent d'environ jamais eu cinq cens livres
la chair &la graille, on avoit haché un pâté
Tom. II. T
pe. --- Page 382 ---
138 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696.
les
Boucan ouverte par un côté pour en tirer tous Je
pas
nouveau grands
deTortwe les dedans. On avoit levé le plaftron Monarques de Ttea & fur St leur table
d'une autre, Scapresenavoirote toute monde ayent d'environ jamais eu cinq cens livres
la chair &la graille, on avoit haché un pâté
Tom. II. T
pe. --- Page 382 ---
138 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. pefant commecoitlenôtre, dontlede- lement regarder. On ne
Dijpef- dans fut plus délicat & la croute plus pâté. On en
fongea qu'au 1696;
tionde ferme &c plus naturelle. mangea beaucoup & de
latable La table fur
appetit; & il étoit fi délicat &
oisle
laquelle on pofa ce Ftu bien alfaifonné qu'il fembloit
Boucan pâré merveilleux étoit auffi extraordi- ter la faim, au lieu de
excifius pofe. naire quelui. Qyarefourchesdecbon- étoit tard
l'appaifer. Il
ne tailic, enfoncées en terre, en fai- table, ony quand fut nous nous mimes à
foient les quatre coins 5 elles avoient par
long-tems; ilétoittard
deux pieds & demi hors de terre, Elles mes. confequent On fitreferverle quand nous en fortifoutenoient deux bonnes traverfes qui autres plats du plus beau plaftron &c deux
y étoient fortement liées avec des ef- ceuxquivoudroient fouper, poilfon & onaban- pour
peces d'entretoifes, afin quc le quarré- donna le refte à ceux qui n'avoient
long qu'elles formoient demeurêt toûmangé avecnous, aux
jours égal8cimmobile. Le dedans étoit E" aux Negres, & nous domeftiques
garni de liannes traverfântes & nat- refte du jour à nous
paffimes le
técs, mais
tendués, couvertes de Ilet, &c à raifonner promener les établiffe- fur cet
feuilles &c SC" flcurs, fur lefquelles on mens qu'on pourroit faire far dans ces
mit la Tortué dans la même fituation droits. enoû elle avoit repolé dans le four. Les Nous nous
bouts des traverfes qui débordoient fu- coucher du rembarquâmes &
après le
rent garnis de petites gaulettcs droi- affez tard à nôtre foleil, nous arrivâmes
tes & couvertes de feuilles & de flcurs, me je n'avois beloin gite ordinaire. de
Comfur lefquelles on étendit des nappes qui quej'étois fatigué, pas
achever fouper, &
faifoient le tour du
j'allai
mon
& fur ces nappes on parallelograme pola les afliettes 2 Breviaire, Le Samedi & me couchai. & les autres
paflàr toute la matinée
E
chofes neceffaires à une ta- à mettre au netles
ble. vois faites auplan corrections que j'aJ'oubliois de dire qu'on avoit nétoyé pigue, pendant deMonficurVan) Defavec foin la croute du pâté, afin qu'il tourna à la grande que MonficeurAugerre- riviere de
n'y reftàt ni fable, ni cendre, ni char- pour voir les terres
Goyaves
bon, ni autre chofe qui eût pû gâterle ceder, &c de quelle qu'on maniere pourroitc lcs habita- concouvert, ou choquer la vàe.
oubliois de dire qu'on avoit nétoyé pigue, pendant deMonficurVan) Defavec foin la croute du pâté, afin qu'il tourna à la grande que MonficeurAugerre- riviere de
n'y reftàt ni fable, ni cendre, ni char- pour voir les terres
Goyaves
bon, ni autre chofe qui eût pû gâterle ceder, &c de quelle qu'on maniere pourroitc lcs habita- concouvert, ou choquer la vàe. tions chafferoicnt
la
La Tortue étant cn cct état, 8ctous dité de la riviere, pouravoir & une hauteur commoles conviez aflis fur des bancs de mé. venable fans
aux
conme fabrique quc la rable ; on cerna concedées. préjudicicr terres déja
tout autour le plaftron dc la Tortuë Nous partimes après diné
afin de l'ouvrir 3 &c à peine l'eut-on rendre à la nouvelle
pour nous
levé qu'il en fortit une odeur mille Monfieur Houel faifoit faire habitation a que
fois meilleure que je ne le puis dire; te d'Antigues. Monfieur Van la poinen un mot jamais odeur de pâté ne nousy
On fonda Delpigue
chatouilla l'odorat plus délicatement long de accompagna. la côte
la tout le
que celle qui fc répandit de tous côtez lée, ce qui fit depuis nous arrivâmes riviere fàà cctte ouverture. Outre la Tortue it fez tard. Nous que
d'abord afy avoit du poillon de diverfes fortes nous eûmes mis foupâmes à
que
en abondance qu'on nc daigna pas fcu- portéavec nous un pied platiron tene, deTortuë aiant
8c --- Page 383 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
& du poiffon roti. Mais il nous fut il: étoit aifé de conclure que le fucre 1096,
8696. impoflible de dormir. Il fembloit que brut qu'on enferoit, pourtoité être beau,
tous les atômes de l'airfe fuflent con- comme il l'étoit en efiet dans tout le
en
quartier du grand cul-de-fac, mais qu'il
Quanti- vertis en mouftiques, maringonins, feroit dificile de réuffir en fucreblanc,
sprodi. & en une autre elpece del bigaille des qu'on comme il eft arrivé. Il cft à efperer
ginaje de appelle des Vareurs; ce font coudeffaut ceffera
les terres
Moufi- fins de la
elpece qui ont un ai- que CC
quand
gues c
fi &c fi qu'ils percent feront plus ufées, &c que le nitre dont
de Ma- guillon
long
ETE
les mieux
elles abondent à prefént, fera diflipé.
& en une autre elpece del bigaille des qu'on comme il eft arrivé. Il cft à efperer
ginaje de appelle des Vareurs; ce font coudeffaut ceffera
les terres
Moufi- fins de la
elpece qui ont un ai- que CC
quand
gues c
fi &c fi qu'ils percent feront plus ufées, &c que le nitre dont
de Ma- guillon
long
ETE
les mieux
elles abondent à prefént, fera diflipé. ringosins les hamacs caraibes
peints leurs Les habitans de ces quartiers préten-
& les plus forts, & caufent par
dent le terrein du bord de la mer
piqueures autant dedouleur la qu'un chair; coup de eft Patitair que celui qui en eft plus
de lancette qui vous perce
d'abanplus gras 8r moins
forteque nous fàmes contraints
eloignf,parcegulelly
donner la mailon, & de nous retirer pierreux. Jefuisperfuadé qu'ilsfetrom- faites
dans nos canots remplis de feiilles, & pent, & les experiences & dont que ferai j'ai
ce tems-la,
je
bien couverts de leurs voilesobnousal- depuis
lâmes
la nuit à
ou fix cens au Leéteur quand je parlerai
FaRIRcSCE
pafler
cinq
du fucre, m'ont convaincu que
au large, aiant nos armes auprès que raifon de penfer comme je penSe nous, & deux canots armez
j'avois
nous
Cette
fois. Eaus
garder. importune une cenn'avois jamais tant vû. de crabes
de coulins nous accompagna
ils Je vis dans ce quartier-là. Les
tainc de pas à la mer, après quoi laifle- que cannes, j'en les favannes, les maniocs, les
s'en retournerent ât terre, & nous
bois & les chemins en étoient pleins. rent en repos. laMefle Elles étoient blanches, & avoient de
Le Dimanche ezoAvriljedis! mordans
paffois
de bon matin. On avoit eu foin d'ap- fi prodigieux
que clies les
les ornemens de la Chapelle de mon pied au travers 3
Sr
porter Monfieur Van Defpigue, & pendantque prelentoient pour fe deffendre. C'eft &c
Monfieur Houel expedioit les affaires un grand fecours les chaffe Negres, & la
lefquelles il étoit venu,
me pour les habitans. PGOI
pefpour
Monficur. jefus le
font abondantes, de: forte
promener avec
Auger long la coûte peu 5 ce qui invite dos
dela côte. Ce nous
E
& quoique la terre pais foit treter le- du monde à demander des conceffions Mais
gere & fabloneufe, elle ne laiffepasd'é- pour y faire des établifiemens. font furieutre bonne, du moins autant qu'on en à mon avis ces avantages le deffaut d'cau
juger par la hauteur & la groffeur fement balancez par c'eft-à-dire la Lagrans deterre
E cannes à fucre, des arbres8desma- douce dont cette Ife,
manyue
niocs.
terre pais foit treter le- du monde à demander des conceffions Mais
gere & fabloneufe, elle ne laiffepasd'é- pour y faire des établifiemens. font furieutre bonne, du moins autant qu'on en à mon avis ces avantages le deffaut d'cau
juger par la hauteur & la groffeur fement balancez par c'eft-à-dire la Lagrans deterre
E cannes à fucre, des arbres8desma- douce dont cette Ife,
manyue
niocs. grande terres eft ablolument dépour- d'ean. : Une chofe me furprit dans tout ce vué, pendant que la Guadeloupe fflcs voifines. en a
quartier-là. C'étoit d'y voir les cannes
fournir toutes la les terre
plantées jufques au bord de la mer. Je Dat ne trouve à grande & que
golitai de celles-ci commej'avois goûté quelques mares d'cau croupie mauvais gâtéc
de celles de Monfieur Van Delpigue, &c par les crabes, demi & quelques encore
je les trouvai toutes un peu fomma- muits d'eau fouvent à fe trouvent faléc, qui infeétécs
ches, c'eft-à-dire un pcu falécs; d'où le plus
par
T 2 --- Page 384 ---
140 NOUVEAUX VOYAGES AUXISLES
E6g6, par les crabes qui y tombent &c qui y la premiere. On compte quela Guadepouriffent. De forte qu'on cft réduit à loupe a trente-cinq lietiesdet
tG90
l'eau de cirerne; mais comme tout le deux Ifles enfemble environ tour, 8cles
monde n'a la commodité ou le mo- vingt-dix. quatre
yen d'en aler la plupart n'ont que de La riviere falée n'eft
l'eau qui tombe des toits qu'ils confer- d'cau de la mer
qu'un canal
vent dans des bariques, dans des jarres deux Ifles. Elle a qui environ paffe entre cCs
ou de grands canaris. C'eft à ce deffaut toifes de
à fon
cinquante
Efats du de bonne eau, qu'on doit attribuer la côté du large cul-de-fac. embouchure du
deai. manque couleur livide de beaucoup d'habitans, diminué enfuite, grand ilya des endroits Sa largeur oit
qui fouvent font attaquez demaux d'ef- elle n'a pas plus de quinze toifes. Sa
Homacquidégenerente de fievres violentes cn hydropifie, ou profondeur n'eft pas plus égale que fa
>: qui bicn qu'el- largeur. Nous trouvâmes des
les ne foient pas ordinairement mor- où elle pouvoit porter un vaiffeau endroits de
telles, Ce font
& difficilesà gucrir. cinq cens tonneaux, &d'autres où une
Raifons
défaut oe vient de deux cau- barque de
auroit
deceite fes; la premiere, que la plus
à
de cinquante
de la peine
difatte partie de la
terre eft bafle grande &c paffer balle marée; mais commefa
d'eas.
pas ordinairement mor- où elle pouvoit porter un vaiffeau endroits de
telles, Ce font
& difficilesà gucrir. cinq cens tonneaux, &d'autres où une
Raifons
défaut oe vient de deux cau- barque de
auroit
deceite fes; la premiere, que la plus
à
de cinquante
de la peine
difatte partie de la
terre eft bafle grande &c paffer balle marée; mais commefa
d'eas. & la grande feconde le
largeur eft fort retrecie les mangles
plate;
que fond de ou paletuviers, qui
fur les
cette,
aMeia
terre n'eft compolé que deroches & qui en couvrent une bonne bords, il
poreufes &c legeres, où de pierre à Sc peut fairequ'on trouveroit partie,
chaux, ce qui fait que les eaux de & un chenal plus profond que plusd'cau celui du
pluye s'imbibent aufli-tôt dans la ter- milicu, fi ces terres étoient
re &c difparoiffent fans s'affembler & &c les bords de la riviere délivrez défrichées,
couler vers les lieux bas, comme font mangles qui les
Mais il n'eft des
toutes les eaux qui filtrent au travers pas cxpedient de occupent. fonger à cet
des pores de la terre, fe réuniffent & avant que le grand cul-de-fac foit ouvrage
compofent les ruiffeaux & les rivieres, plé, & quilya ait un fort
peuou bien lorfqu'il fe rencontre quelque jou pour deftendre tous al'TletaFan- CCs
fond où le terrein eft d'argile & de ter- des courfes & des pillages des quartiers
re grale, l'eau quis'y amafe s'y gâtc qui n'y viennent encore
Anglois
& s'y corrompr en peu de tems; parce vent, & qui y viendroient que bien trop davan- fougu'elle n'a pas de pente pour s'écouler, tages'ils pouvoient paffer dans cette rice qui eft en même tems la caufc de la viere avec des bâtimens plus confideracorruption de l'air, &c de bien des ma- bles. Kicjere ladies. Nous
C'eft un charme de navigerfur cette
Saise. partimcs de la pointe d'Anti- riviere. L'eauy cltclaire, tranquile &
gues après que nous eûmes diné. Nous unie comme une glace. Elle elt borpallames tout le long de la rivicre fa- dée de paleruviers fort hauts font
léc qui partage la Guadeloupe en deux un ombrage & une fraicheur qui raviffanparties, dontceile qui elt alEL porte te. Elle a plus de deux liciies de long
Icnomdegrand-Tore, parceg qu'effec- depuis fon embouchûre dans le
tivement elle eftp plus grandequellautre cul-de-fac jufqu'à celle du
grand Tout
qui conferve le nom de Guadeloupe ce vafte. terrein depuis cette petit. riviere
comme aiant été découverte & habitée qu'à la grande riviere a Goyaves, juf apPir- --- Page 385 ---
DE LAMERIQUE nous quitta &c 166
FRANCOISES Capitaine Monfieur de Varennes allâmes dé3096.
ec- depuis fon embouchûre dans le
tivement elle eftp plus grandequellautre cul-de-fac jufqu'à celle du
grand Tout
qui conferve le nom de Guadeloupe ce vafte. terrein depuis cette petit. riviere
comme aiant été découverte & habitée qu'à la grande riviere a Goyaves, juf apPir- --- Page 385 ---
DE LAMERIQUE nous quitta &c 166
FRANCOISES Capitaine Monfieur de Varennes allâmes dé3096. partient à Monfieur ainé Houel de Monfieur de s'en alla chez lui, & nous de la
teraux Gardes, frere
étions. On barquer zu Fort Louis grandet futreçà
Varennes avec qui nous cctte terre faint tedrnioatieurist bruit du canon Gouverneur &c de la moulqueteavoit toujours jufqu'en appellé 1707. que le Roil'a au Monficur de Maifoncelle, CaMar- Germain
en faveur de Mon- ric,, par
détachéedela
érigé en Mlarquilit fous le nom d'Houeibourg,
d'une Compagnie la Garnifon de
l fieur Houel
ni Village. eer qui compofoit
Lnng. quoiquilay ait arrofé ni Bourg dc deux petits ce Fort. de
Ce terrein eft
dans la riviere C'eft un méchant parillelograme dixadouze
ruiffeaux fe jettent d'un de ccs ruif cinquante toifes de long fur d'un double
falée. TEUER milieu de la ri- toifes de large, compofe l'un del'aufeaux eft preique au
chûte qui rang de palilades, éloignez les terviere lilée. Ilfait une d'allez petite loin. On a tre de fx pieds pour dont foutenir cette efpece de
fait qu'on l'entend au travers des res & les tafcines
a quelques Fott
pratiqus un pallige aller prendre de l'eau. faillans eft compolé. fur lefquels Ily on a élevé de Loxis la
mangies voit pour à côté deux gros arbres où EE des
de bois pour mettre Grande Terre. On
des noms marquez fur plattes-formes comme il n'y a
il y a bien Nous ne voulimes
le canon,. & que que ce paraper n'a
leurs écorces. Nous
point de
fi on
BE
E
contrevenir à la coûtume. des mangles,
fept al huit
de hauteur, le
barquimes fur les arcades
& y coupé E embrazures pour
& en but,
de
yaer
chacun puifa de l'eau écrire graverent canon 1 ç'auroit été dans autant lel Fort. portes Ouccux qui fgavoient fur les arbres. Cette ouvertes
entrer il eft commandé d'une
leurs marques
leau douce tre ces
Pleast
commodite de trouver de
netite butte qui en eft à la portée du
dans un lieu comme celui-là, lui a fait
du haut de laquelle on déRwifeau donner le nom de Belle Hôtefle. C'eft piftolet couvre Re hommes qui font dans le
Em coûtume immemorialedef faire quella tête jufgu'aux pieds. Il
Hirefe une liberalité à ceux qui vous condui- Fort a depuis de maçonneric que les jambages
fent,la que premiere fois
paffe éviter en cet lc n'y, de la
un petit magazin à poudre deux
endroit, comme on arg à la Ligne, qui eit FTEE une cuiline, La un maifon ou du
une citerne.
eft piftolet couvre Re hommes qui font dans le
Em coûtume immemorialedef faire quella tête jufgu'aux pieds. Il
Hirefe une liberalité à ceux qui vous condui- Fort a depuis de maçonneric que les jambages
fent,la que premiere fois
paffe éviter en cet lc n'y, de la
un petit magazin à poudre deux
endroit, comme on arg à la Ligne, qui eit FTEE une cuiline, La un maifon ou du
une citerne. E
baptéme aux Tropiques tiafracede- fours, &
les fonétions de ComMonfieur le Gouverneur de generofité. Au- Capitaine quif eft fait de fourches en terre,
voir avec nous beaucoup le pumes voir, le terrein mandant, tout autour & couverte d'eftant faint que Germain eft beau, mais il eft planchée elle contenoit quatre petites
de bois de bout, excepté une fa- ientes; de
Les baraques
tout en
à cinq cens du côté chambres & plein tous pied. les autres bâtimens
vanne de quatre cul-de-fac qui TIEL depuis des Soldats
de rofeaux & couverts
du
du coin julqu'à la pointe de étoient palilladez Comme ce Fort eft tropélela ER
de paille. les vaifieaux qui
Grigne au vent. nouselimes pallé la riviere vé pour deffendre au pied de la hautcur où il
filéc, Après nous que entrâmes dans le golphe qui mouillent eft bâti, onafait en bas une batterie de reeft entre les deux Illes de la Guadelou- cul-de-fac. ferméc de maçonneric en forme doupe, qu'on appelle le petit
T 3 --- Page 386 ---
142 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
pGy6. doute où il ya fix canons qui battent pour aller voir les abimes. Ce
danslarade. Eeentaicmimtemper grands enfoncemens
font de 16,6:
tée fi on faifoit une defcente, parce dans les terres où les vaiffeaux que la mer fait Aliderevers. qu'ellecfitout-a-iair commandée &vié fe retirer pendant la faifon des peuvent oura- rwes, lioaxen
Je ne fçai quelle idée on a eu en étre gans, infultez ou dans un les befoin pour ne lersaif- fsawx
faifant ce Fort, n'eft bon à rien. affurement de par beaux ennemis. Ce Oet mowilTout ce qu'il a te bon, c'eft qu'il eft eft
& les endroits, l'eau y lens
en très-bon air, & qu'il a une vûe des tous profonde couverts 3 des branches bâtimens y font dans mau- les
plus belles & des plus étendués. On tuviers,entre lefquels ils fe des pale- wais
découvre la plus grande partie de la s'y amarrent; car il feroit mettent inutile & tems,
Cabefterre & du grand cul-de-fac de j'étterl
à
d'y
la Guadeloupe, un nombre confidera- loir laiffer l'ancre, dans les moins que de la vouble d'IAets dont le petit cul-de-fac eft ter en levant la moitié racines, ou emporrempli. On voit les Saintes, & quand Il nous parut
d'une foreft. le tems eft fercin, les montagnes de la port excellent de qu'on cet pourroit faire un
Dominique. Le Lundi
vû que les terres des endroit-la, environs
matin Monfieur
fit
Esete
la revûé de la Garnifon du Fort,&d'u- Auger défrichées redoute , & qu'on éleve quelque
ne Compagnie de Milice du quartier le Nous allâmes ou batterie voir pour le deffendre.
Il nous parut
d'une foreft. le tems eft fercin, les montagnes de la port excellent de qu'on cet pourroit faire un
Dominique. Le Lundi
vû que les terres des endroit-la, environs
matin Monfieur
fit
Esete
la revûé de la Garnifon du Fort,&d'u- Auger défrichées redoute , & qu'on éleve quelque
ne Compagnie de Milice du quartier le Nous allâmes ou batterie voir pour le deffendre. plus proche, qu'on appelle lc Gofier, vre parfaitement bien un la Ilet rade qui coudont la Paroife étoit deflervie par un femble qu'on le nommoit l'Ilet ; il me
Ecclefiaftique appellé Monfieur Biez, Cochons. Il paroit
à d'un Preiet
au deffaut des Capucins à qui les trois deflus une bonne que s'il y avoit Fort à
Paroiffes de la grande terre appartien- y tranfportit le Fort redoute, ou qu'on Fipee
nent, mais qui n'avoient pas alors de troit tout ce quartier Louis, hors il met- à CoReligieux pour la remplir. Monfieur le Chevalier Renau d'infulte. chons. Je m'occupai toute la matinée à dref- nicur General de la
Ingefer les memoires de ce que j'avois re- nu en 1700. vifiter les Marine, de étant vemarqué, & les projets que Monfieur rique,
places l'AmeAuger vouloit envoyer en Cour. Je l'ai vû fur'le projetta d'y faire & un fortin. Je
les achevai à mon retour au Baillif, deflein. papier, j'en ai eu un
avec les plans qui étoient neccilaires Lc Mardi premier
de Mai
pour leur parfaite intelligence. Ils fu- dis la Mefle de fort jour bonne je ERacarent envoyez, & à cC qu'on dit, ap- Monfieur Auger acheva
heure. deo
prouvez,: : cependant julqu'à mon dé- à faire. Nous
ce qu'il &c avoit corpide sarde
part des Hfles ils étoient demeurez fans nous embarquimes déjeunâmes, nous Turpie
exccution, malgré tous les mouvemens Guadeloupe. Nous allâmes pour repaffer à la lotise larique le Gouverneur s'étoit donncz, ques à l'embouchure de la encore juf ciere
lutilité & la neceflité évidente qu'il y lée pour chercher un endroit riviere fa- falte,
avoit, & les facilitez tout-à-fait gran- mode pour faire un corps de comdesqu'on faifoit trouver pour les exccu- pilotis, avec une chaîne ou garde fur
ter fans qu'il cn coutàt prefque rien au pour fermer la riviere, & eftacade
Roi. les promenades des
empécher dans
Nous nous embarquâmes après diné quarticr inhabité. On Anglois chercha &c on ce
mar- --- Page 387 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
ce lieu dont je fisle deflein qui cendreux en quelques endroits; cepen- 1696. 16gh. marqua
dant les cannes y, étoient très-belles, &
fut executé avec diligence, d'en parce faire que la les beftiaux en bon état, cc qui elt
Jes habitans fc chargerent confiderable.
Nous nous embarquâmes après diné quarticr inhabité. On Anglois chercha &c on ce
mar- --- Page 387 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
ce lieu dont je fisle deflein qui cendreux en quelques endroits; cepen- 1696. 16gh. marqua
dant les cannes y, étoient très-belles, &
fut executé avec diligence, d'en parce faire que la les beftiaux en bon état, cc qui elt
Jes habitans fc chargerent confiderable. une marque infaillible de la bonté de
dépenfe, Nous rengeimes qui ne enfuite fut pas toute la terre la terre. lly a deux petits ruiffeaux
la
de
la traverient dont l'un fc jette
de Saint Germain depuis la riviere pointe du
la riviere du Coin, &c l'autre dans
au vent
T
Grigne Coin la fepare jufqu'à d'une autre terre celle de Saint Paul paffe dans Thaqui Arnouville,
aux bitation du Sieur HELLE que MonHabi- appelléc
appartenante ci-de- ficur
a achepté depuis, & qu'il
tation heritiers du Sicur Baudouin 2
Auger
A la referve des
avec ti- vant Commis principal de la Com- a nommée Trianon. un
trede
de 1664 à la Guadeloupe 3 mouftiques qui nous importunerent
Fief, pagnic
ils
nous fumes parfaitement bien traiappellce en faveur duquel prétendent qu'cl- peu, &c
cette maifon
Armow- le a été érigée en Fief par IcRoi,, à tez logez, quoique dix-huit mois
sille. la recommandation de la Compagnie. eut été pillée depuis
furpris le
La veuve du Sieur Baudouin reçût par les Anglois, qui ayant bord de
Monfieur Auger avec beaucoup de corps de gardc qui rendus ctoit maitres au de la
civilité. Les chevaux que Monfieur la mer, s'étoient dont ils avoient enlevé les
Houel avoit envoyez pour étoient le dès fervice le maifon mcubles 2 & un bon nombre d'efclaves,
du Gouverneur 7 y
s'étoient fauvez
jour precedent. Apres que nous nous dont quelques-uns &c étoient revenus chez
fumes rafraichis s nous montâmes d'Antigues,
ce malheur on
à cheval pour aller voir une terre à leur maitreffe. Depuis exaétement 5 &
côté d'Arnouville que Monfieur Au- faifoit la doublames garde plus afin de dormir plus
ger vouloit achepter conjointement nousla
avec le Sieur Biez s qui étoit aufli en repos. le Mercredi matin
de la Compagnie. Le Sieur Filla- Nous aller partimes à la Paroiffe du
culcier Officier de Milice de la Cabefter- pour Le Pere Capucin qui petit en étoit
rc, à elle appartenoit 2 s'y trou- de-fac. va. Neur vifitàmes le terrein qui me Curé, ne manqua
d'haranguer de
après quoi nous retournâ- Monficur Auger en E prefentant
Parut mes chez ei veuve Baudouin,
l'eau benite à la porte de Eglile. Cette La
la Compagnic qui étoit avec EENSE revûé fe fit après la Meffe. que Gouverneur étoit trop groffe pour Compagnie étoit defoisante-huithom- Nous dinâmes chez
pouvoir loger chez le Pere Capucin, mes bien armez.
, ne manqua
d'haranguer de
après quoi nous retournâ- Monficur Auger en E prefentant
Parut mes chez ei veuve Baudouin,
l'eau benite à la porte de Eglile. Cette La
la Compagnic qui étoit avec EENSE revûé fe fit après la Meffe. que Gouverneur étoit trop groffe pour Compagnie étoit defoisante-huithom- Nous dinâmes chez
pouvoir loger chez le Pere Capucin, mes bien armez. ouil eft à croire
Curé de la Paroiffe du petit cul-de- le Pere Capucin,
avoient
du
BE
fac. les Officicrs étoit quartier néceffaire
le
En attendant Pheure du fouper, je porter cc qui Monficur pour eut
fus me promener dans la terre d'Ar- repas, Après que
Auger
nouville"
je trouvai parfaitement donné fes ordres, nous partimes pour
belle, moins très-propre à la aller coucher chez le Pere Capucin, Le
devenir.
la Paroiffe du petit cul-de- le Pere Capucin,
avoient
du
BE
fac. les Officicrs étoit quartier néceffaire
le
En attendant Pheure du fouper, je porter cc qui Monficur pour eut
fus me promener dans la terre d'Ar- repas, Après que
Auger
nouville"
je trouvai parfaitement donné fes ordres, nous partimes pour
belle, moins très-propre à la aller coucher chez le Pere Capucin, Le
devenir. C'eft une étendue de près Curé de la Paroifle de Goyaves. Relide deux mille pas de large fur cinq à Gouverneur cho:ft la maifen à du caufe de
fix mille de hauteur. Le terrein eft g'cux plaré: qu'une autre étoicnt entre les
à la verité un peu rouge & comme certains differens qui
prin- --- Page 388 ---
144 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
1Gy6. principaux du quartier qu'il vouloit grande riviere à
entendre &c accommoder dans un lieu de-fac. Ce font Goyaves trois du grand cul- 169s,
neutre. Il ne faut pas confondre ce àqui l'abondance des endroits arbres differens de
quartier avec celui de PIflet à Goya- clpece qu'on y a
à fait cette donves, qui eft à la baffe terre, ni avec la ner le mêmc nom. trouvez,
C H A P I T R E XXIII
Deftription de la Cabefterves du Marquifat de Sainte Marie. Projet d'une
maifon forte pour Monfieur Houel. DeGeigonires defa culture c de
afngess des bois marbez o
fes
violets, de la Canelle bâtarde.
DaS E Jeudi troifiéme Mai Mon- du Coin, jufqu'à celle de
BeurAuger fit de grand ma- qui
d'environ Briqueterie,
tin] alareviedela Compagnic eftuncipacec
quatrelieties.
Ss
de cette Paroiffe. Elle étoit de Ass-apoimaNicemn Boifferct,
&c
d'environ cinquante homConfeigneurs dela
propriemes. Elle avoit été bien plus nom- tairesparindivis MonfieurHouel, fut Guadeloupe, avec
breufe, car ce quartier eft fort peuplé, firen 16... fous le nom érigée de cnl Marquifans legrand nombre d'habitans,quipar a environ une lieie de large S.Marie. le de Il.
pique contre les Officiers
long
ATt
s'étoient mis dans la Compagnie d'Infanterie deCa- la depuis mer, le & bord toute la diftance qu'il y a S.Marie, appartevalerie. Monfieur Auger
à ceux des montagnes de qui la merjufgu'aux; la gran- man
qui étoient en differens, Rear leur donna re de la Balle-terre, feparent qui Cabelter- de deBeil. Meffeurs
jour pour fe trouver au Fort de la baf trois licties ou environ. peut-étre ces fera.
jeterre, où il devoit Ics accommoder. Meflieurs
Lorfque il fut
Nous partimes fur les deux heures pulé entr'cux partagerent l'Ile,
ftipouraller Kexderchephlan@ruttecd
qu'en quelque lot que ce
Les deux quartiers depuis Arnouville Marquilat miers tombât, il relteroità
jufqu'à la ravine de la
où
maitres, avec tous fes droits
LE
commence le Marquifat Briqueterie de Sainte Ma- gneuriaux, celui dans le fans aucune dépendance il
de
ric, font bien peuplez 8cbien cultivez. veroit. Ainfi partage cn ont duqucl jotli fe trou- de
Et quoique la terre y foit rouge, elle Boilleret,, quoique leur Meflieurs
ne laiffe pas d'étre bonne. Ilya quel- foit trouvé dans le partage Marquifat de Mon- fe
ques fucreries, mais le principalnegoce fieur Houel.
de ces habitans éroit le gengembre. Ils On voit encore les ruines d'une
font aufli quantité de manioc, delegu- cfpece 32 maifon Scigneuriale ou de
mes, de tabac &c autres denrécs, &ils château, qui felon les
n'a
élevent un très-grand nombre de bef- jamais été achevé, Ce apparcnces la
tiaux &: de volailles. Il ne manque pas grandeur &c la magnificence qui marque du
d'eau en tous ces quartiers; je comptai
le poffedoit, ce font de maitre
huit rivieres & prefqu'autant de ravines IL de poiriers qui traverfent grandes cette
qui donnent de l'eau depuis la rivicre tcrre, non feulement lc long du grand
chemin,
qui felon les
n'a
élevent un très-grand nombre de bef- jamais été achevé, Ce apparcnces la
tiaux &: de volailles. Il ne manque pas grandeur &c la magnificence qui marque du
d'eau en tous ces quartiers; je comptai
le poffedoit, ce font de maitre
huit rivieres & prefqu'autant de ravines IL de poiriers qui traverfent grandes cette
qui donnent de l'eau depuis la rivicre tcrre, non feulement lc long du grand
chemin, --- Page 389 ---
DE LANERIQUE
thiyh. FRANCOISES mieuxquel bien dautreasbresquifont
1Gy6. chemin, mais encore qui partagent les ter- en grosécquip iparoilfent plust forts squelai. les Portde
pluficurs grands quarrez toutes en cannes 9 Il ya un bon mouillage depuis de-là dc Sainte Marie. res qui étoient employécs
au- mafures du Chatemnjafauan grands
en maniocs, en tabac8 &cenfavanes, promener RECeNneeoires en font éloitourdefquelles on pouvoitfe
rochers à fleur d'eau
cn carofieà à couvert du foleil. Ilyavoit dont on
d'un demi quart 3E licué, appel- la
& une fucrerie
SclaFemme, rompent)
voirencorel un moulinaeau les murailles, & qu'on ré- EET violence THomme de la mer, & font quelesvasit
tabliroit à peu de frais fi les heritiers feaux peuvent être en feureté très aifé dans de for- cet
deMonficurdel Bellaetsuccenslnicnts endroit-li, qu'il feroit Port
vendre cetteSeigneuric à un feul,mais tifier, & d'en faire un &c cela excellent même
comme ils veulent être tous Marquis, morceau pourtoutel ela aCabefterre,
elt
ils déchirent chacun un petit pendant que à peu de frais,
que la chaux auffidu titre pour s'en parer; friche. Ily aun en abondance Aliea ces quartiers, des briques,
T'effentiel demeure en &c les environs' bien quelaserre pour faire fournir du ciétang dont la chauffée
& que la Bafle-terre peut
avoir
font couverts de Poiriers. Laquantité 8c
tant qu'on en pourroit découvert dede ces arbres plantez a la ligne, RETEL beloin, au de-là. J'ai
la veriétoient entretenus avec les beaucoup
que ce ciment rouge étoit la trouve
foin, dans le tems que Seigneursy EXLY Pouffolane telle
refidoient, fait quele vulgaire appelle le aul Royaume de Naples Ra en beaucoup Doffin
ccttc terre les Poiriers, Marie. plirot que d'endroits d'Italic. Jennevecsiontieur ces rochers &c psurie
Marquifat de Sainte
Poiriers ne Auger vifiter &c mefurer
& les ferbijfer. Arbres Les arbres qu'on fruit. appelle On leur a donné lcs balles qui les environnent, &laterre. Nousappalles portent aucun
feuilles
pallesquife font entr'eux deux un enPoiriers cen nom, parce queleurs de celles des eOIen remarquimen élevé fur que tous ie lcs refte, &c qui
chent d'Europe beaucoup pourlafgures exceprefenle droit n'eft A l'eau ques dans les grandes ma- dimento Toffeninfimpaleat Les eniongueur.
Les arbres qu'on fruit. appelle On leur a donné lcs balles qui les environnent, &laterre. Nousappalles portent aucun
feuilles
pallesquife font entr'eux deux un enPoiriers cen nom, parce queleurs de celles des eOIen remarquimen élevé fur que tous ie lcs refte, &c qui
chent d'Europe beaucoup pourlafgures exceprefenle droit n'eft A l'eau ques dans les grandes ma- dimento Toffeninfimpaleat Les eniongueur. fleurs
rées des Equinoxes, à ce que nous aflargeur & épailleur. font d'un rent des habitans de ces quartiers-là, chacun une
tous fur les la couleur ans, rdechair; clles fez fpacieuxp
bâtirfur toifes de diametre,
EIPEL tiranti de cinq feuillesetroites tour de fept SATA huit affez de canon &c
fontc compofées
capables dc contenir défendre le Port. parlebas, eRceeannmeme ellesfontminces de monde pour que cela fe pâr execulenrenformedecniens
En Monficur attendant Auger ordonna de répaEreterDarae Lcboiseft gris, ter,
detrois picces quiétoit
blanche 6cforrtailladée. franc & aifé à mcttre enacuvre. rer une batteric le Chateaus & que quelqucs
liant, On s'en fert à faire des jantes de rouics. derriere habitans la plupart Mulâtres ou NeQuand onle metenplanches, Ileit très-bon ilprend pour la gres libres faifoient du valoir quelques , fe
fortbien lepoli. eft
& fort morceaux 2 terre Marquilat. auxI Nefeulpture, parce arbre
grand &c joindroient aux domeliquesot de Boiflerct,, un des
Cet
TALS De
doux. fort branchus & comme il eft Touple,
du Marquis de cettc terre, quiles Y voit ade vent beaucoup
EAL
il refifte aux coups
V
Tom. Il. --- Page 390 ---
146 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
16y6. voit retirez depuis la déroute de PIle Le fecond eft le bois
de Marie-galante 5
compofer un faut pas confondre avec violet, qu'il ne 1696,
corps de garde PSET de mettre cet lette
le bois de vioendroit hors d'infulte pendant la nuit. l'on appelle dontje ainfi, Parlerai dans la fuite, que Bois let. viss
Avant de m'éloigner davantage de la eft téchauffé, il
quand il
Grande terre,
ONRAS
jecroi qu'ileftbon dedifleur. TEtcter
re un mot de quelques bois dont onme couleur Celui-cin'a aucune odeur, maisilala
fit prefent, & que nous n'avons pasàla ondes & violette, des volutes fort vive, avec des
Guadeloupe. Jc ne puis pas parler des ferentes
compofées de ditarbres dont ils avoient été
teintesd decette couleur. J'enai
queje ne les ai vûs. pris, parce eu des planches de huit à dix Pouces de
Bois
Le premier 3E1e le bois marbré. Il eft large table far dont j'ai fait faire des deffus de
marbré. à croire que cet arbre ne vient jamais
taifoit un chaflis de bois marbré, ce
fort gros,.
c ne puis pas parler des ferentes
compofées de ditarbres dont ils avoient été
teintesd decette couleur. J'enai
queje ne les ai vûs. pris, parce eu des planches de huit à dix Pouces de
Bois
Le premier 3E1e le bois marbré. Il eft large table far dont j'ai fait faire des deffus de
marbré. à croire que cet arbre ne vient jamais
taifoit un chaflis de bois marbré, ce
fort gros,. puifque les plus grofles bil- qui Le dernier un dont très-bel effet. les que j'ai pû en avoir, tant dans ce quelques morceaux
feulement
voyage
fans
PEFNIN
jamais quead'strcaeciliom, arrivées à
ne font avoir vû l'arbre ni la branches,
un pied de diametre. Canelle bâtarde, L'écorce feuille, étoit s'appelle
Ceboiseftdur, pelant & compaét; fon épailleprefque comme
tbrune, Canellé
Ileft grain eft petit, &c fes fibres fort fines. fort hachée, aiant à la deuxécusblanes, bâtarde ou Caplus beau étant tourné qu'étant
veritél'odeurde nelle
debité cn planches. L'aubier eft d'un la.cancile, lée de cloud mais plus forteS
géblanc
de
commeme-rait
fale, le coeur eft gris ou prefque met furl la
gerofle; lorfqu'on la
brunavec des ondes de differentes tein- & fi languc, ellea un goût fi fort
IuS; depuis le gris clair jufqu'au brun- un compofé piquant, de qu'il femble que ce foit
obfcur, qui feterminent cen ceil de
canelle. Comme poivre, de gérofle&cde
drix, ou en centre devolute. Pour
que'laveritable je ne fçavois pasalors
re
LPET:
paroître toute la beauté de ce bois, de
oul la canelle finc elt lafcconil faut le mettre de biais fur le tour, miere écorce, écorce
qui
afin que l'aubier paroiffe en
des
&non
EUE
quelques tronc du canellier; n'ai
REHEE
endroits, parce fa blancheur déta- comme
je pas éprouvé
che davantage, 8a donne du relief aux fi la je l'aurois pû faire pluficursfois,
autres parties. On en fait desguéridons,
ou feconde écorce de cette
des picds de chaifes, des tables, des ca- elpece Pa canelle n'étoit pas moins pibinets &c autres ouvrages. Il eft poli &c quante On fc que fert la premicre. luttréprefque nturellement. J'enaifait canelle femblable beaucoup en Italic d'une
debiter cn planches quej'ai faitfcieren décrire; les
acellc que je viens de
fuivant le fil dul bois comme on faitor- fildans des Porugaualapportenr duBredinairement, & d'autres de biais, afin
paniers deroleaux refendus &c
de joindre les nuances & compofér un àjour; nella on lappelle canelle gérofléc,Catout gui parut naturel, & jaifait faire avec garofanata. un
On la mct en poudre
de très-beaux ouvrages de cette façon. canelle, de peu de gérofle, & de de veritable
Ileft vrai que ce bois cftdur à la fcie, fait
poivre
graines tout à
& très-difficile quand il lc faut fcier de de deslics, femblables & à celle de nos boisd'Inbiais, mais il n'cf pas fujet à fe fendre confiderable. on en fait un debitaffez
ni à s'éclater. On faifoit déja beaucoup dc fucre à
la
très-beaux ouvrages de cette façon. canelle, de peu de gérofle, & de de veritable
Ileft vrai que ce bois cftdur à la fcie, fait
poivre
graines tout à
& très-difficile quand il lc faut fcier de de deslics, femblables & à celle de nos boisd'Inbiais, mais il n'cf pas fujet à fe fendre confiderable. on en fait un debitaffez
ni à s'éclater. On faifoit déja beaucoup dc fucre à
la --- Page 391 ---
FRANCOISES DE DAMERIQUE eft blanche & fer- 16g6. & bien des gens tra- ches. La la fubftance dur navet; clleeft
16y6. la Grande-terre, à établir des fucreries. Je vis mc, de confiftance &
Elle efttravailloient
tres-beauéc affez compaéte pelante. de
Difan: de leur fucre me parut eft nou- verféc par des nervures qui à
&
dasfu- bien
% tout loriqu'il
où elletenoit tige,
ter
grené,
l'endroit par
eres de vellement fait, mais on m'affura qu'il
fe répandent dans toute fa
laGrancendreux ou molafle, & qu'il
comme les mufcles les
EE
de-serre devenoit décuifoit quand il étoit gardé quel- 21 longucur, dans les membres du
Ces
fc mois. C'eft un défaut commun à veines nervures font remplies d'un Erpe pluspiques tous les fucres des Iles Angloifes. Les de
& plus fort que le refte de la
cela vient quant
habitans
&c
prétendent terrein encore neuf chair, nuietdanante ces plundoncciquel nervures ou qu'elleur
PES
de
ce que Pourmoije fuis perfuadé que le eft éloignée meure. tropgras. fel8c le nitre dont leur terre eft le eft moins
une bonne terc'eit'le remplic caufe cette mauvaife quali- feront Ceneplantedemande mais un peu legere, c'eftpour cela
té, qui 1 corrigera lorfqu'elles de- rC, vient à merveille dans cette pardilipées un long ufage: Jai eft del'lfle,
depuis le grandeal de la
France
E
puis que pe fuis en
que
de-fac jufqu'a 1 eft riviere de cette efarrivé. où let
fmeine
eft la racine d'une Cabelterre,
Gingem- Le Gingembre vient allez touffué, dont la pece. le Gingembre fur la fin de Culture du Ginyre. qui longuc, étroite, aflfez douce au la On faifon plante des
c'eft-à-dire, en gembrt. roRUIES toucher, elt femblable à celle des
Oétobre &c CSur Après que la
feaux, excepté qu'elle, eft bienplus terre a été labourée à la houé, on met
façons. La ne MLESE
un petit morceau de la
tite en toutcs de deux pieds L haut; fes de pied en pied qu'on a confervé de la
jamaisi viennent plus couplécs des deuxcô- même plante &c fur tout de ceux
feuilles
Elles font d'unverdgai derniere récoltc,
&con le coutez.de la elles tige. font jeunes 3 elles jaunif- vre quic ont de trois plusde à chevelure, doigts de terre. Il
quand
& fe fechent enbout quatre de ou huit jours, à
fent en meuriffant, lorfque la racine a toute la pouffe au comme font fept les cibouless ilfe
tierement maturité qui lui eft neceffaire.
ceux
feuilles
Elles font d'unverdgai derniere récoltc,
&con le coutez.de la elles tige. font jeunes 3 elles jaunif- vre quic ont de trois plusde à chevelure, doigts de terre. Il
quand
& fe fechent enbout quatre de ou huit jours, à
fent en meuriffant, lorfque la racine a toute la pouffe au comme font fept les cibouless ilfe
tierement maturité qui lui eft neceffaire. & EREN peup peu: à peu. Ses feuilles telles que
Cesracines viennent plates, larges
les ai
& couvrent
ratiacerites,s'étendent
Ses
Communement jel
l'on eft obligé jufqu'à
nes 04 de differentes figures. a des pates d'oyes, & leur terre, tenir bien nette. Iljeue
pates. elles reffemblent les appelle des pa- ce tems-là 8ece fes racines ou pates, plos
c'eft pourcela racines de Gingem- cependant
&c d'une quantité
ou moins
fsns
tes platôt notieufes, chargéesdexe
grandes, du terrein
bre; elles RCRC
boutons. Elles NmErantes &
edee
crefcences &c de petits
fouvent cette plante dégraifle mange à fes
font très-peu avant en terrc, dehors &ctout coup. On connoit qu'il eft fe mur fannent,
même elles font On prefque cn trouve de larges feuilles quij jauni(ment, pour qui lors onarà découvert. de la main, &cépait & quif fechencalain,
& quand
commè la paulme Leur peaue eftmin- rache la planteaveeies s'en eft pates, quelqu'ufes d'un bon pouice. de chair loriqu'elles font on voit quril la cherche avec feparé la honc. On
ce, de coulcur quand clles font fc- ne, on
févertes, & grifes
V 2 --- Page 392 ---
14S NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16g6. fépare la clat tige des pates enla coupant ou jamais être fort cher,
Cem- rompant, & on les étend fur des met en grenier, c'eft-à-dire, parce qu'elle fe Thy6. ment on clayes mais que l'onexpole à Pair8cauvent, remplit des
ou
en
lefaie
janais au foleil, &c encore moins
foutes, qu'on fert
Terte
stcler. au four, commel le ditle
à remplir les vuides des bariques &c audans fon Traitédes Alimens, Sicurl'Emery &leSieur tres marchandifes qui font dans un vaifPomet dans fon Hiftoire generale des Capitaines feau, fur ReT les Proprietaires ou les
Drogues, premiere Partie pag.6. Ces
bâtimens trouvent toûdeux Auteurs d'ailleurs firecommanda- joursleurcompte, iclon
il eft quelarendant
bles par leur exaétitude &
lepoids,
T'humidité
Ware que
par leurtra- qu'elle a contraétée
le
vail, onteu fiurcetarticle là & furquel- laugmente toujours pendant voyage,
ques autres de mauvais memoires; ils comme il arrive aux conliderablement, Trompefont Ghonnétesgens, quej'efperequ'ils dois chargez de cloud vaiffeaux de gérofle, Hollan- faitfur riequon
nerrouyeront avertifle
pas mauvais queje Icsen que les matelots ou autres en vendent quoi- le Ginquandl'occafion s'en prefente- ou en dérobent une allez bonne
gembre
ra, efperant d'eux la même faveur.
ques autres de mauvais memoires; ils comme il arrive aux conliderablement, Trompefont Ghonnétesgens, quej'efperequ'ils dois chargez de cloud vaiffeaux de gérofle, Hollan- faitfur riequon
nerrouyeront avertifle
pas mauvais queje Icsen que les matelots ou autres en vendent quoi- le Ginquandl'occafion s'en prefente- ou en dérobent une allez bonne
gembre
ra, efperant d'eux la même faveur. La tité; ils remedient au
quan- le
raifon
on
poids & auvoluarges
de faire pourquoi fecher le ne s'eft jamaisavifé me qui-n manqueroit, en arrofant d'eau
Gingembre au four de mer cc
ou au foleil eft, parce la fubitance marchandifeétant qui reftc, fort
cette
de cC fruit étant
elle
aie s'imLECDE
feroit bibe aifément de
FORLIE
bien-tôt entierement confirmée, dema- &c augmente ainfi l'eau fon
lnidonne,
niere qu'il ne refteroit
& fon vopar
la
prefque plusque Jumc. peauavec très-peu de chair, fi fcche Depuis la
& fi aride, qu'elle ne feroi: plusen état
la paix de Rifvick en 1608 Prix du
de fervir. jufqu'a bre
guerre de 1702. le Gingem- Gingem- bre. Le Gingembre ainfi feché,
a valu à la Guadeloupe depuis dix
voir été cucilli dans fa parfaite après maturi- a: julqu'à quatorze livrcslecent. C'eftun
té, fe conferve tant l'on veut. Il lité prix confiderable fi on regarde la facieft cependant vrai que tems diminue fe, qui qu'ilya eft d'un à faire très-bon cette debit marchandi- & d'un
toûjours fa bonté & fa fibitance, & grand ufage s fur tout dans lcs
qu'aurant qu'on lc peut il faut ufer du froids où fes qualitez chaudes &c feches Pais
plusrécent, ce qui eft aiféà connoitre; la font beaucoup
&
car plus il vieillit & plus fon poids di- conféquent ils'en ellimer, fait une oà par
minué. lifautqu'il foit bien long-tems fommation. Les
grande condans l'eau douce ou falée avant de s'y gembre avec le Epiciers mélentle gincorrompre, mais il fe gite facilement rofle & de canelle, poivre, & un peu de gés'il a été cueilli trop tôt, ou qu'il ait pilez & Paffezau
les avoir
été enfuraillé ou ferré dans le
tamis, vendent ce
Ir
avant d'être parfaitement fec. magazin C'eit compofé &c le vendent fous le nom d'épiceric douce,
Fourtant ce que T'avarice &c la mauvai- qu'il foit certain même le aflez cher, quoi
fc foi font faire quclquefois aux habi- eftà fort bon que en Gingembre faile cqui
tans, & ce que lignorance des Mar- quarts &c marché,
les trois
chands ou de leurs commis ne connoit Quoique plus. le climat des Ifles foit fort
pas. Le fret de cette matchandilenedoiz chaud, on ne laiflep pas d'y confommer
une quantité confiderable de Gingembre --- Page 393 ---
FRANCOISES DE PAMERIQUE
1695. 1G6. bre. On dit que c'cft pour reiterala On le pays. a 1l eft conftant quc le Gingembre fon goût
trop grande humidité ile du &iln'ett confit de cette" maniere & perd ne laiffe pas de
crud quand
âcre &c mordicants
ultre
mange mauvais, ou bien on le fait confire conferver fa chaleur & fes autres bonnes
pas &il elt bicn mcilleur.
COISES DE PAMERIQUE
1695. 1G6. bre. On dit que c'cft pour reiterala On le pays. a 1l eft conftant quc le Gingembre fon goût
trop grande humidité ile du &iln'ett confit de cette" maniere & perd ne laiffe pas de
crud quand
âcre &c mordicants
ultre
mange mauvais, ou bien on le fait confire conferver fa chaleur & fes autres bonnes
pas &il elt bicn mcilleur. confire d'une ma- qualitez. , il acheve proprie- du
Lorlqu'on-le veut
-i Sin on en mange le matin
tes
Manis- redela niere à pouvoir étre préienté à d'hon- a: de faire la digettion des alimens qu'ona bien Gingem- bre co7sonfire. nêtes gens, on le cucille & long-tems eft pris le foir, cui ne font encore qui fit. foit meur; 2 loriqu'il
Res
11 confomme flegmes
vant tendre, que fes fibres ne fe digerez. dans Veftomacs il nettoyel les conencore
de la
diltinguent : preique pas du refte
font duits; il excite Pappetir, il provoque
ni ieur dureté ni par leur
douce 8dc bonchair,
toûjours plus forte-que Fumnecrendithalaned
couleur qui e le
avec foin ne odeur:
il aide
celle durefic, on la gratte &c onle Si on le
spreslerépas, les vents; mais
pour enlever tranches, toute fans peau, approcher le ala digellion ATES faut ufer chafle de toutes les chofes
coupe par poffible des grolles ner- comme il bonnes
foient avec momoins quilelt cc qu'on fent aifément au cou- quelquel il faut qu'elles ufer de celle-ci avec
vures, Onlefait tiempertrois pu qua- dération, de difcretion & de fagelle,
per. dans leau de mer , que T'on besucoup
ektrémement chatide,
trc jours deux fois joun, & enfaite
quelleieit foinqu'on prenne, onne
change
dans l'eau que quelque
s fans rien
pendant fept: ou ARc jours auffi deux fois
lui Ster que fon acrcté
douce que T'on change heures: Après cela Ea de fa chaleur. eft bien fait, & tel
en-vingt-quate
eau pendant! : On connoit qu'il
le voit
on le fait. bouillina on le remet dans
je viens de dire 51 iquandion fort
une bonne heure,
Ea
ReF conleurd"ambre,
l'eau fraiche
un jour. Après
ett tendre
CRRINE
èn eft tiré pendant & egolité, on le met
tranfparant, fans étre mol, quil & que fon firop cft
qu'il
foible, mais bien clarifié meer
dans un firop fans cependant l'y faire' bien clair. les Confitywiers. font pour
& toutichaud, laifie
vingt- Celui que
fon
bouillir, où on le On l'en pendant retire au bout vendre, ou lel menr peuple & le
heures. eft bruns iealitup
PESRES
TE ce tems-la; on le laiffe égoûter, fort & ulage, fruit f fort, fiapre & fr imonuicantaqesi le tenir fur la
on le metdans un autre firop fait trois plus jours eft prefque impofible de être accoûtumé
quele premier; ce qu'on
com-
, à moins d'y
de fuite. On jette tous CCS firops
langue comme ces fortesde gens, quimangent une
me inutiles, parce qu'ils ont du contraété le piment comme on mange poire
tout le refte de lacreté enfin & on le goût met trop dans ou une pomme.
fr imonuicantaqesi le tenir fur la
on le metdans un autre firop fait trois plus jours eft prefque impofible de être accoûtumé
quele premier; ce qu'on
com-
, à moins d'y
de fuite. On jette tous CCS firops
langue comme ces fortesde gens, quimangent une
me inutiles, parce qu'ils ont du contraété le piment comme on mange poire
tout le refte de lacreté enfin & on le goût met trop dans ou une pomme. fur mer ne Le Ginpiquant du fruit:
bien clarifié, Les gens qui voyagent
& gembre
un firop de confiftance le conferver manquent jamais de s'en pourvoir S cft ef/peoù on le laiffe fi on veut
on plus les voyages font longs, plus
aijnique conire
liquide, & d'ou on le tire quand Pai ex- neceflaire d'en faire provifion, , parce lefsorveut le mettre à fec, commeje
eit
maux qui pro- bnt. en
pliqué dans un autre endroit, par- qu'on viennent plasexpoleauen des mauvaisalitmenst & des caux
lant des citrons & autres fruits du V 3
gi --- Page 394 ---
Ifo NOUVEAUX VOYAGES At UX ISLES
-1698. gâtées, dont on eft fouvent obligé de que cesMellieurs fontau &
fe fervir qui caufent pour l'ordinaire le me. C'étoit un fort honnète poil à la plu- 1Gy6. fcorbut, contre lequel lc Gingembre elt Creole,
feroit fait
homme, aCon:
un puiffant antidote. bonnes quife
cftimer par fes ftil,o CapiNous partimes de Sainte Marie aufli- été manicres, fielles n'avoient point taine de
tôt que Monfr. leGouverneur eutachegâtées par un peu tropde vanité, & Milice,
vécé qu'ilyavoità faire. Nous trouvâ- du parun fur certain airpédant qui iétoit répanmcs les chemins très-beaux jufqu'à une
de toute ne fa petite perfonne. Ii me
ravine qui termine ce Marquifat,
point partir du quartier fans
un
Et
que nous marchâmes toljours dans TS une indiquer petite riviere endroit où il pût
grandes allécs de poiriers, où cinq Ca- tation, afin de faire qui un paffe fur fon EATART
roffes peuvent palfer de front. Après le lui promis, &
moulinà eau. Je
cela nous eûmes mille à douze cens pas demain matin, jel'executai le fur-lende très-mauvais chemin, nonquele cter- Auger
les pendant affaires que Monfieur
rein foit mauvais par lui-méme, mais apres avoirfait regloit la revûé de la du quartier,
parcequel les habitans ont négligé d'en- de Cavalerie dela Cabefterre Compagnie
tretenir les chemins. Le Gouverneur en prés de quatre-vingt Maitres qui étoitde
fit des reproches aux Officiers de Milice tez & bien armez. bien monqui étoient venus au devant de lui, &c
leur ordonna de çommander les Negres got. Nouspaflames Il ne confiftoit parle alors Bourg du Marides habitans pour le Lundi fuivant, & cinq. ou trente. maifons ou qu'en vingtde ne point quitterlet travail que tous les l'on met les fucres & les autres magazins, marchan- où
chemins ne fuffent accommodez, afin difes 5 en attendant les
qu'en cas de befoin on pût aller la nuit viennent prendre.
devant de lui, &c
leur ordonna de çommander les Negres got. Nouspaflames Il ne confiftoit parle alors Bourg du Marides habitans pour le Lundi fuivant, & cinq. ou trente. maifons ou qu'en vingtde ne point quitterlet travail que tous les l'on met les fucres & les autres magazins, marchan- où
chemins ne fuffent accommodez, afin difes 5 en attendant les
qu'en cas de befoin on pût aller la nuit viennent prendre. que barques les
comme le jour dans les licux oùi il feroit tre Marchands, Ilyavoit trois ou quaneceffaire pour s'oppofer aux cntreprifes, des cabarets, qui dans quelques ces ouvriers, font &c
des ennemis. partic effentielle des pays-li la
Grande Nous paflames deux ou trois ravines
Paroifliale Bourgs. riviere ou petites rivieres,avant d'arriverà une L'Eglife
ett éloignée du
delaCa- qu'on appelle la Grande
Bourg d'environ trois: cens
Le P. beferre. eft efeivement Riviere, la
parce Romanet Religieux der mon bnac qui la
plus grande dellervoit, étoit venu faluer
ram toute la Cabeftearre. Elle a de Gouverneur à Sainte
Monficurle
trente toifes de Tarrg dans hife où commencement de fal Paroiffe Marie, de qui ce eft le
on la pafie. Nos chevaux avoient l'eau la. Il'attenditenfuite à la
de côtéprefque aux fangles, quoi qu'elle ne fur Eglife, où il luiprefenta de porte l'eau fon
alors ni debordéc ni enflée par les pluyes. &clui fit
benite MonSon eau eft belle & claire, mais fonlit eft fieur Augercut compliment. fait fa Après que
gâté par une infinité de groffes roches vuédela Compagnic deMilice prierre,ilftlare- du
quien rendent le paflage difficile &tout Chealitrquifetrourad'environ foixan- Sieur
à fait impraticable, lorfqu'elle eft plus te hommes. Je voulus demeurer avec
grofle qu'à l'ordinaire. mon Conrfere, maisMonfieur
LeSieur Chera- Nous nous arrêtâmes pour nous ra- étoit venu joindre Monfieur le Houelqui GouverlierGen- fraichir chez le SicurChevalier, Con- neur ne le voulut jamais permettre, &c
fester feillerau deMilice. Confeils Superieur, *Capitaine m'emmena chez lui. Sa maifon étoit à
Onvoit par ces deux qualitez unc petite demic-licue del'Eglile. On --- Page 395 ---
FRANCOISES DE PAMERIQUE c'étoit unterrein plus éle- 1690
On
croire fans que je le dife, fein, puifque
à tren11i96. fon peut habitation, car c'eft ainfiqu'on vé quet Fonklerehedcung-igt ce qui auroit donné àl la maiHabita- que aux Hles les établiffemens, foit te pieds, Ton y auroit bâti, la vae& la
tion Monfr. de appelle de fucrerie ou d'autres manufactures; fon fupériorité que fur tous les environs. On
Heuel on peut donc croire quc cette habita- voyoit en face PHle de Marie-galante,
deva- tion étoit très-belle8 Sctres-grande,
diftancé d'environ Gx licues. Les
rennes. été faite teu
àune
furl la droite,
SEAES
qu'clle avoit
par étoit encore Hles des Saints paroiffoienr
les
Houcl, dans le tems qu'il de l'Ile; elle & dans Téloignement on voyoit Lavié
Seigneur & Saint Proprietaire Martin.
en face PHle de Marie-galante,
deva- tion étoit très-belle8 Sctres-grande,
diftancé d'environ Gx licues. Les
rennes. été faite teu
àune
furl la droite,
SEAES
qu'clle avoit
par étoit encore Hles des Saints paroiffoienr
les
Houcl, dans le tems qu'il de l'Ile; elle & dans Téloignement on voyoit Lavié
Seigneur & Saint Proprietaire Martin. La maifon ce- montagnes de s'étendoit la Dominiqte. fur le Marquisappelloit
de chofe, elle n'étoit de la gauche
cul-de-fac
pendant étoit peu
&c affez lo- fat deSainte Marie, le mefurer ce
mais grande
Jc
TEt
que de bois, Le moulin à cau, la fucreric, & terrein, la Grande-terre. trouvai fuffifant pour
geable. l'étuve, les arteliers de fes
que
d'y faire. Je
la purgerie,
la maifon aa propofoit
differens ouvriers, & les autres dépen- étoient lui confeillai idel'envelopper d'un dont para- les Projet
dances d'une
habitation
qui feroit un quarre long,
d'une
en très-bon Ere & ce qui me parut de
feroient couverts d'un baftion, maijos
de
EE
meilleuf, étoit un troupeaa près &cles faces antérieures &c poftéricures,fartk. cens Negrés grands ou le petits, c'eft-à-dire, celle qui regarde côté la mon- de la
Smite plus beaux qui fullent dans
tagnc, & celle qui feroit du d'une
avec edesbeftiaux deroute
être couvertes
me
quantité & en très-bon état. Ce demiclune-audela mer, pourroient du foflé, dans l'efcarScigneure grande étoit fort tcivil, fort Il genereux avoit Pa- pc duquel on feroit les ouverturés feroient fous des
& tout-à-fait bienfaifant. fc communi- offices & des magazins qui
bord un froid, & ne
ni le bâtiment; & dans le befoin on pour- occuquoit I beaucoup de perfonnes du roit faire un chemin couvert qui
bien FIEs mais quand il connoiffoit donnoit
tout le refte de cette hauteur. mérite dans quelqu'un, il lui il l'a- Istes cette maniere on feroit une maifon
volontiers fon amitié, & quand
non feulement très-belle, mais encore
voit dit une fois, on pouvoit fincere. trés-forte, qui mettroit en feuretétous
un ami
CONPIST
fur lui comme fur
& fefai- les environs. la'
avoit
étoit fervi en
Seigneur,
Je) lui fis voir facilité qu'il beaufoit honneur fre fon bien. Meffe dans fa dans l'executionde cc deffein a les
Le Vendredi je dis d'affez la bon matin, coup de dépenfe habitation: & fans déranger J'avois reChapelle domeftique
travaux de ion
la' pierre de tailaprès quoir nous smontamesicheval où il vouloit Eaat marqué cn palant que
faire
aller voir un terrein parlé.
it fervi en
Seigneur,
Je) lui fis voir facilité qu'il beaufoit honneur fre fon bien. Meffe dans fa dans l'executionde cc deffein a les
Le Vendredi je dis d'affez la bon matin, coup de dépenfe habitation: & fans déranger J'avois reChapelle domeftique
travaux de ion
la' pierre de tailaprès quoir nous smontamesicheval où il vouloit Eaat marqué cn palant que
faire
aller voir un terrein parlé. Ceten- le n'étoit
environs, qu'on pouvoit & pour ce
lamaifon dontilm'avoit cens du de la
aux
ou huit
pas
CE
droit étoit à fept Comme tout ce pais
étoit des bois neceflaires, ilenavoit en
bord de la mer. le bord 8 Martin & la pointe d'Antigues
eft uni &cenpente douce de laquelle depuis la mer quantité. retournez au
de la falaife, au pied
mille
Après que nous tûmes
bat jufqu'à trois ou célieu quatre étoit le E logis, je me mis à travailler à quelques general
vers lcs montagnes;
def- deflcins particuliers, furle plan que
propre qu'on par trouver pourion --- Page 396 ---
1g2 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
xoghe queje viens de dire. J'en ébauchai trois féc. Celle de la droite appartient àM. qui nous fervirent d' 'entretien pendant Houcl; le tout eft couvert d'ardoifes. 1626,
le diné, & après que nous tûmes fortis Lel Perc Romanet Curé avoit fait bitir nante
de table, nous fimcs fur le foir nous depuis peu une elpece de tour quarrée aux Japromener dans les routes de l'habita- pour fervir de clocher, auroit fait cobins,
tion, & le long de la petite riviere des un bon effet fi elleavoit qui
Peres fepare le terrein de Monfieur portionnée. Lamaifondu érémicux; proHouel RE celui qui appartient à nôtre autrefois le Couvent que Curéquietoit nous avions
Miffion, pour chercherunendroit com- à la Cabelterre, cft féparéc de
mode pour la couper & la faire paffer Par une alléc de poiriers de FEglife
dans le canal du moulin à eau, afn de à quarante toifes de longueur. trente-cinq Ileft a
pouvoir tranfporter la fucrerie à côté croire que dans le tems nous adela maifon qu'on projettoit, dont les vions pluficurs Religieux, que la maifon y
follez auroient pà fervir de, refervoir étoit plus confiderable
n'eft à
cette cau. pour
C'étoit l'idée de Mon- prefent, puifqu'elle ne contient qu'elle
fieur Houel, mais elle ne m'accommo- falle avcc deux chambres & un qu'une
doit point dutout, parcequ'enlafuivant au deffus. La cuifine, la dépenfe galeras &cauj'aurois abfolument privénos Religieux tres petits logemens neceffaires
de la commodité de fe fervir de cette Parez dubatiment. Toutcela eftdema- font féeau pour faire un moulin, s'illeur pre- çonnerie, bas,malentendu,
noit envie de rétablir la fucrerie que fans &c fans commodité.
qu'une
doit point dutout, parcequ'enlafuivant au deffus. La cuifine, la dépenfe galeras &cauj'aurois abfolument privénos Religieux tres petits logemens neceffaires
de la commodité de fe fervir de cette Parez dubatiment. Toutcela eftdema- font féeau pour faire un moulin, s'illeur pre- çonnerie, bas,malentendu,
noit envie de rétablir la fucrerie que fans &c fans commodité. malpercé,
nous avions fur nôtre terrein, &cqu'un étoit grand & mal Lejardin
nos
ce
EES
de Superieurs generaux a traniporme pluc davantage étoit entretenu; une allée
té au Baillifavec tout ce qui en dépen- e poiriers de trois à quatre cens
doit, pour des raifons qui ne font pas long eft derriere la maifon pasde 9
de ces Memoires. Cette raifon m'cm- EE une promenade des qui apécha de trouver les facilitez que j'y gréables. plus
aurois rencontré, fi l'interét de nôtre C'étoit dans ce terrein
fuMaifon n'y avoit point été mélé. En crerie que nous avons tranfportée qu'étoitla. au
échangejeluidonmai un expédient pour Baillif; les murs de tous les bâtimens
prendre de l'eauà une autrerivicreplus étoient encorefur pied, & auroient pû
confiderable, prefque: caufiproche,suili étre remis en état à
fi
commodément &cfans
peude frais, la
fonne. dommagedeper- place en avoit vallu la peinc, mais clle
Le
eft trop petite pour faire un établifleSamedije fus avec ces Meflicurs ment un, peu confiderable. à nôtre Eglife, jy dis la Mefle, après trois cens ou environ de Ellen'aque large fur
laquelle Monficur le Gouverneur fit mille Be" hauteur; avec une autre
Thonneur au Pere Curé de luirendre place Snc les hauteurs dont ne
vifite. Nous le menimes diner avec pas l'étendue bien au jufte. je Igai
nous. Ilyavoit chez Monfieur Houel un de
Eslife Cette Eglife bien que Paroifiale
fes amis arrivé de France depuis quelParei partient à notre Ordre; 3 clle eit ques mois, qui fe faifoit
Fale de maçonneric. Elle a environ cent vingt ficur de
mais appeller MonWCabe- picds de longueur fur trente de
Parisfous Rochelort, le nom
fort connui
serreap- avec deux
large,
de l'Abbé Vrais, qui
parte-"
Chapellesqui en font la croi- étoit.fonseritablenom. C'étoitunhomme --- Page 397 ---
DE LAMERIQUE
FRANCOISES veuve du Sieur Baudouin, dont il aug- 1696. me dcl beaucoup d'efprit, debeilesLet- menta confiderablement lcl bien en pcu autre16y6. Ilavoit été obligédefe
Nous fimes connoiffance, & ment
retiteraucilies tres &ctrès-poli. pourd quelquess mauvaifes fuf d'années. nous liâmes enfemble une amitié qui a FAbbé Vrais.
--- Page 397 ---
DE LAMERIQUE
FRANCOISES veuve du Sieur Baudouin, dont il aug- 1696. me dcl beaucoup d'efprit, debeilesLet- menta confiderablement lcl bien en pcu autre16y6. Ilavoit été obligédefe
Nous fimes connoiffance, & ment
retiteraucilies tres &ctrès-poli. pourd quelquess mauvaifes fuf d'années. nous liâmes enfemble une amitié qui a FAbbé Vrais. LeSitNr affaires que! fes ennemis lui avoient après la duréjufques Afamottamin@eni70
dRo- citées. Ii époufa quelquetemsa
chefart,
C H A P I T R E XXIV. trois Rivieres. Duréduit, G de tout le pais
Defcription du quartier des Fort de la Baffe-terre. jufqui'au
Ous partimes de chez Mon- du de pais. ou cinq
quer nous
fieur Houel le Dimanche 6 eûmes Quatre la rivicre censpasaprèsc des Bananicrs,
Mai pour venir coucher Ri- au nous entrâmes Pafle dans des chemins coupez
quanticrappeléles Troisl à mi-côte dans Ies montagnes qui foû- Ces
SOSaEUeE Plu- tiennent le pied del la Souphriere. lieues du lieu d'ou nous partions. montagnes en bien des endroits"tomfieurs Officiers &c habitans accompa- Nous bent prefque à plomb à la mer, deforgnerent Monficurl le Gouverneur. riviere qui teque cet cndroit qui a une bonne depallames une affez grofle
mic lictie de long, cft abfolument imtermine HSANeaie Cardu côté de la mer, excepté
elle fe nomme la riviere du grand nous praticable en trois endroits où il y a de petitsenbet. A une demie lieuie plus loin, des foncemens,
desravines sd'uen trouvâmes une autrelappellée terminelequar- ne cau fale trese bleuâtre fe déchargent
Grands Bananiers, qui
dans la mer 3 on les appelle Ies trois
tier qu'on
la beau Cabefterre, des Ics; quiett car Trous. Le premier que nous trouvà- le Les Troms. trois
affurement ePR plus
mor- mes eft le Troumadames le fecond
depuis cetteriviere jufques cul-de-facen au gros
Trou-au-chien; & ledernierle Trounc, où commenceleg egrand de TOueft &de la au-chat. A côté de ce dernier & fur la
le prenant du côté
affez uni de hauteur du morne, on trouve un plat
Beasté Balfe-terre; c'eft un pais
pais dc cinq à fix cens pas, quis'étend
ccm- près de staaftamebe monted'unema- enfuite dans quelques
de monmodité ia côte del la mer, qui des monta- tagnes jufques au pied reSa Souphriere. dela Cabef- niere douce jufqu'au pied depuis une La terrey y eft noire & gralle, maisaufli
serre. qui en font éloignécs Ce;
entremélée de roches &ed'cclatsdepierRSE jufques à quatre. nombre paiseftatro- de rivieres. res qu'un attclier où l'on auroitravailfé d'un tres-grand
compté lé vingt ans. La. bonré du terrein y a
J'ai dit ci-devant quej autant j'enavois de ravines, de- attiré quelques habitans qui des fe ferhuit, &c prefque 'du Coin,
celle de vent de ces picrres pour fare diffe- mula riviere
jufqu'à
railles feches renferment les
Th Briqueterie.
. nombre paiseftatro- de rivieres. res qu'un attclier où l'on auroitravailfé d'un tres-grand
compté lé vingt ans. La. bonré du terrein y a
J'ai dit ci-devant quej autant j'enavois de ravines, de- attiré quelques habitans qui des fe ferhuit, &c prefque 'du Coin,
celle de vent de ces picrres pour fare diffe- mula riviere
jufqu'à
railles feches renferment les
Th Briqueterie. J'en ai compté encore rentes pieces leur terrein, comme
autant julqu'a celesmsgrnailannice des ponts fur leurs cours, leurs jardins, leurs parcs
de forte que fi on failoit accommodit les 8cc. Cet endroit étant fort élevé &
ces riviercs, & qu'on
faire couvert duc côté de l'Oueft par de grandes ravines, on pourroit
des montagnes, cft fort frais. L'herbe
Een le carroffe dans toutecetteéten- X
des
Tom. II. --- Page 398 ---
154 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16j6. des favannes eft touffuc, déliée &toû- quement que cet homme vouloit faire 1696,
jours verte. Elle engraiffe trés-bien les chez lui expoferoit fes voifins à
betlauxqu'ony éleve. Nous y vîmes lez par les ennemis. Monfieur étrepilquelques rocoiyeres & quantité de mil goûta mes raifons, & lui deffendit Auger de
& de manioc. faire aucune trace ni fentier, ni autre
Projet Un habitant de Saint Chriftophle chemin l'ordinaire, lui laiflant ceridicule nommé d'Othemar, s'étoit venu loger pendant T liberté de faire du
d'an en cet endroit en 1702. & prétendoit de fe ruiner comme il le fucre, &c
d'othe- nommé faire une fucrerie malgré la diflicul- propos, mais fans que fon entétement jugeroit à
2 de
mar. tranfporter fon fucre au bord de put porter préjudice à d'autres
la mer, qu'il difoit gu'il furmonteroit lui. qu'à
en ouvrant un chemin nouveau au tra- Je reviens à préfent à mon
vers de ces précipices. Monfieur. Auger Monfieur le Gouverneur fujet. me pria alors d'aller vifiter le delfein quesdifferens quié éroient entreles ajufta quelde cet homme 2. pour voir s'il ne fc- tans, & leur confeilla de plantér duCa- habiroit point préjudiciable à la Colonie. cao, à quoi il paroifloit que leur terre
Jc m' acquittai dc ma commifion, & étoit propre, quoique la
à mon rétour je confeillai au Gouver- couverte de
fuperficic fut
neur
de lui deffendre de penfer à cet qu'on n'en pierres, trouvoit puilqu'ilsdifoient
établiffement par deux raifons. La pre- quand on avoit fouillé prefque environ point deux
mière, pour cmpécher la ruine de cet pieds: On en a planté quelques arbres
homme & de fa famille, que fon feul quej'ai vûs en 1703.
la
à mon rétour je confeillai au Gouver- couverte de
fuperficic fut
neur
de lui deffendre de penfer à cet qu'on n'en pierres, trouvoit puilqu'ilsdifoient
établiffement par deux raifons. La pre- quand on avoit fouillé prefque environ point deux
mière, pour cmpécher la ruine de cet pieds: On en a planté quelques arbres
homme & de fa famille, que fon feul quej'ai vûs en 1703. fortbeaux Sbien
entêtement précipitoit dans cettc entre- chargez. prife fans aucune apparence d'y réuflir, Après que nous eûmes paffé ce
parce que cet endroit eft trop froid & paisnousrentràmes dans les détroits plat des
trop fujet à la pluye pour que les montagnes toujours à mi-côte,
cannes y puiffent jamais bien meurir, ce que nous fames arrivez au jufqu'à haut
comme l'expcrience le faifoit voir par de ce chemin où la vué eft fort plus belle
celles que fcs voilins avoient plantées & fort étenduë, & l'air extrêmement
pour nourrir leurscochons, qui étoient frais. Mais ce lieu paroit fi defert &
toujours vertes, quoique d'ailleurs lon- fi fauvage qu'il n'y auroit aucune fatisgues & groffes, mais inutiles pour faire faétion à s'y arrêter pour ce feul ayandu fucre:
tage. La feconde, que la confervation de Nous defcendîmes enfuite parun cheIIlle dépendoit de la facilité qu'il y min très-long & très-roide, au duavoit à empécher les débarquemens quel coule une des trois rivieres pied
dans ces endroits qui féparent la Bafle- nent le nom à ce' quarticr. Celle-ci quidon- eft
terre de la Cabelterre, ou en Cas que perite, étroite, refferrée
les ennemis fe fuffent rendus maitres & quoiqu'elle n'ait pardesrochers; plus de deux
d'une partic, on pouvoit avec peu de pieds d'cau, elle ne
pasd'étredifmonde
ime
les arrêter & les empêcher de ficile à paffer à caufe des rochers dont
penetrer dans l'autre; ce qui ne feroit fon lit eit femé. plus pollible dès qu'ils trouveroient des Le quartier des trois rivieres à enlieux commodes pour faire des débar- viron quatre mille pas de large. C'eft Quartirt dest strois
quemens. A quoij'ajoûtai quel'embar- une plcine partagée en deux par la Rivieres
pente --- Page 399 ---
DE LAMERIQUE - 155
FRANCOISES tard quand nous arrivâmes 2 & nous 1696. d'an gros morne, dans les en- étions fatiguez, ce qui nous obligea
1696. pente foncemens duquelil y a plufieurs beaux & de fouper aufli-tôt pour nous aler reérabliffemens. La terre eft bonne, dont le pofer. produit de très-belles cannes, beau. Il Le Lundi de
matin Gouverneur j'accom- à
jucre brut eft parfaitement
Monficur
P2M
blanchit difficilement à
fut & complimeneft vrai qu'il
ce qui ne tourne TERA ohil reçu dis la Mele. Penmoins d'étre raffiné,
té parleCuré, je
failoit la repasaup profit iratumnigmuutps de faire idu fucre terré ou dant fus Monficur: rendre Auger vifite au Reverend
avantageux du fucre brut, que de raffiner celui vie, Pere T Imbert; il étoit dans une venequ'il a fait.
blanchit difficilement à
fut & complimeneft vrai qu'il
ce qui ne tourne TERA ohil reçu dis la Mele. Penmoins d'étre raffiné,
té parleCuré, je
failoit la repasaup profit iratumnigmuutps de faire idu fucre terré ou dant fus Monficur: rendre Auger vifite au Reverend
avantageux du fucre brut, que de raffiner celui vie, Pere T Imbert; il étoit dans une venequ'il a fait. On en verra les raifons fucres ration extraordinaire dans tout le pais,
&c l'explication de ces differens tout &: c'étoit à bon ticre, car vie c'étoit dure&c un
ci-aprese Il y avoit cependant deffaut qui ne très-digne Religieux, d'une
lieu d'efperer que ce
étoit en- auftere, fort
à fes devoirs,
venoit que de ce que la terre
très-zelé URE falut de fon
s
chofes
TREs
core trop grafle, Lcorigeroitamelu en fervant. Il fi détaché Pe toutes f dénué de
Le
ic
un
sart
re qu'ellc dégrailferoit ou huit fucreries dans ce aijamais và voulu faire éclater fon méy.avoit quartier-là. fept Monfieurdela Malmaifon, Seignenr rite & fa a vertu en lui donnant l'occaLieutenant de Roi, commençoit tracé &c d'en ni- fion de pratiquer la vertu de patience Il
établir une, où j'ai depuis moulin à d'une maniere la plus héroique. comme
vellé un canal pour faire effet un celle de mourut quelques mois après, comme un
eau, aiant pris riviere pour cet nous avions paf- il avoit: vécu, c'eft-à-dire moitié de bois &c
la premiere
que
Saint: Son Eglife étoit très-profée. allâmes defcendre chez le Sieur moitié de Maçonnerie, Pour fa maifon, la
Nous Lieutenant deMiliceduquar- pre & très-ornée. tenoit lieu de toutes' choRigolet, LePerelmbert Jefuite qui delier- propreté y'
tier. Paroiffe, ne manqua pas de fes. chez nôtre hôte
voit cette
M.le Gouverneur. Nous retournâmes
comvenir auli-toc@aluer
Scnousdéjeunàmes
Il m'offrit fa maifon fort obligeam- spreslarevde, me des gens qui ne devoient manger cheval
ment, & je, l'aurois accepté étions parce que le foir; nous montâmes à
qu'il me fembloit
nous' Sieur Ri- pour aller vifiter la grande & la petite
logez fort à Pétroit te le
ance. Ccl font deux enfoncemens que la
golet, mais on ne voulut jamais me mer fait dans la terre depuisla premieie permettre. La maifon de cet' Offi- re riviere que nous avions trouvée al la
cier étoit plantée fur une pétite cfpla- defcente du morne du Trou-au-chat,
nade coupée à mi-côte dans ce gros
aux grandes montagnes qui feSon moulin à eau & fa fu- jufques cC
de celui du vieux
morne. bas & à côté parent quartier
de la
creric étoient un plus les cafes fort.
jamais me mer fait dans la terre depuisla premieie permettre. La maifon de cet' Offi- re riviere que nous avions trouvée al la
cier étoit plantée fur une pétite cfpla- defcente du morne du Trou-au-chat,
nade coupée à mi-côte dans ce gros
aux grandes montagnes qui feSon moulin à eau & fa fu- jufques cC
de celui du vieux
morne. bas & à côté parent quartier
de la
creric étoient un plus les cafes fort. La grande ance eft feparée fur lade la maifon 5 LIEAier que
petite une cuiffe deimorne
de Tes Négres 8c les autres forte apparte- quelle Trea il aifé de fe pofter em-
'nances d'une habitation; de
que
quil font fur riterr puicbâtimens étoient comme en pécher queceux
tous ccS
Il étoit fent peeter dans l'autre. Comcafcade les uns fur les-autres. Xz --- Page 400 ---
ig6 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. Comme cette côte eft: très-propre les ouvrages à mefure que je traçois. Impor- pour inviter les ennemis à y, faire des Ils devoient être de pierre feche; cx- 1695. sancedus defcentcs, étant affez unic, le mouil- cepté la barbette de la batterie
guartier lage bon, & la mer fouvent très-cal- devoit être de
qui
des trois Ri- me & très-b belle; Monficur le Gouver- de tous ces ouvrages maçonnerie. devoit L'épaiffeur être de
wuieres. neur. voulut reconnoitre exaétement huit Pieds. par le bas, de cing le
tout cc terrein, y faire faire les re- haut,: & de fept pieds & demi de par hautranchemens neceflaires, &c rétablir les reury avéc unebanquette. Quoiqu'on
anciens, parce G les ennemis at- dût confommneri i beaucoup de pierres
taquoient T'Iile, e qu'ils commençaf- dans ccs. travaux, je n'avois
fent Par fe rendre maitres de CC quar- d'en manquer., parce que pas tous peur ces
ils couperoient la communication quartiers en font abondamment. EE de Baffe-terre avec la Cabefterre, vûs. Nous employâmes; cncore pours le
d'oà s'enfuivroit prefque infailliblement Mardi tout entier. a ces travaux. Lorfla perte de TIle: càr quoiqu'il. foit fa- que nous fumes retournez,) le foir chez
cile de.les renfermer dans cc quarticr-là, nôtre hôtc, Monfieur Auger fe fit
il feroit toûjours impofible d'aller fe- porter le rôlle des, Negres. travaillans apcourir la partie de TIle qu'ils attaque- de la Paroifle, fr lequel nous fimes
roient, fur tout s'ils étoient une fois la repartition de, cés ouyrages à tant
les: maitres des hauteurs 8c dés défilez de pieds par, tête
s-Il ordonoù nous venions de paffer, & de ceux Ja au Sicur des deNegre. Mcurs,. Capitaine du
que l'on paffe pour aller a la Bafle- quartier de commander les
des
terre.
la partie de TIle qu'ils attaque- de la Paroifle, fr lequel nous fimes
roient, fur tout s'ils étoient une fois la repartition de, cés ouyrages à tant
les: maitres des hauteurs 8c dés défilez de pieds par, tête
s-Il ordonoù nous venions de paffer, & de ceux Ja au Sicur des deNegre. Mcurs,. Capitaine du
que l'on paffe pour aller a la Bafle- quartier de commander les
des
terre. habitans Pour le Lundi fuivant, Negres fclon
Ratterie Nous paffames toute la journéc à vi- la repartition qu'on. lui mit entre les
crautres fiter: ce terreiniyr à tracer des retran- mains, l'avertiffant de
travaux chemens nouveaux, à corrigcr &
veiller foigneutracez
aug- fement à Çe que les travaux fullent
par menter lesanciens. Nous changeimes executez comme ils étoienti
&c
TAu- une batterie de trois canons qui nous comme étoient,
tracés,
tenr parut inutile où elle étoit, & nous la étoient
quelques toifes qui
aMX
achevées & pour fervir de motrois Ri- plaçâmes fur le haut de la cuifle da dele, Parce qu'il s'en prendrojt à lui
vieres. morne qui fepare les deux ances afin s'il.fe trouvoit quelque mal-façon ou
qu'elle pût fervir pour toutes les deux. quelque negligence. Au lieu des gabions dont fes embra- Nous partimes le Mercredi fur les
fures étoient compofés, je la fis faire fept heures pour retourner. à la Balleà barbette; ectte maniere eft plus ex- terre. peditive, & donne plus d'avantage pour En fortant des troisi rivieres on renpointer où l'on veut. Jeigai bien
tre dans les détours des montagnes
ceux qui fervent ces batterics font pu: qui font
dei celle de la Souexpolcz; mais les coups ne font que phriere. Errin font des ravinages perpour les malheureux, & tout le monde petucls, & des montées &c defcentes
ne l'eft pas. Je traçai deux bons re- qui font peur, avec des défilez où
tranchemeas pour foûtenir la batterie vingt hommes arréteroient &c metavec des retirades pour couvrin les ha- troient en defordre une armée. Nous
bitans en cas qu'ils fuffent forcez au trouvâmes en: quelques endroits des
burd de la mer. Je faifois toifer tous parapets de fafcines &c de terre
R8E --- Page 401 ---
DE LAMERIQUE
FR AI NCOISES
ber une arméc. Cc marais nous parut 1695,
l'on refolut de changer 2 parce qu'ils fuffifant pour couvrir le chemin du
1696. étoient malp placezs maisi le Gouverneur réduit du côté de la mer, dont il eft
remit ce travail à une autre fois, celuiqu'il parce éloigné de près de quatre mille aufli- pas 3
n'étoit pas fi preffé que rivicres. mais il falloit fçavoir s'il étoit
eRe d'ordonner aux trois
bien gardé du côté de la montagne, à 2
Après avoir monté une côtc tres-difi- lerocher, ceft ce que Monfieur Auger remit checile parunchemin taillé dans & fort une autre fois. En fortant de ce mula plus grande partie aflez étroit enfin à une min noustrouvâmes deux Pans & de laifroide > nous arrivâmes appellé lel Dos d'Af railles quife traverfoient, fermée d'unc qui porefpece de pais de réduit où l'onavoit foient une ouverture de bois.
Après avoir monté une côtc tres-difi- lerocher, ceft ce que Monfieur Auger remit checile parunchemin taillé dans & fort une autre fois. En fortant de ce mula plus grande partie aflez étroit enfin à une min noustrouvâmes deux Pans & de laifroide > nous arrivâmes appellé lel Dos d'Af railles quife traverfoient, fermée d'unc qui porefpece de pais de réduit où l'onavoit foient une ouverture de bois. Nous enne, a
te. barteaux
ET
retirel 3 femmes, les enfans, lesvieil- trâmes à gros par-là dans une: petite favanne
lards, & ce qu'on avoit de meilleur, d'inaux heritiers de Jeari
comme. dans un licu fort 8chors
appartenante Smite, où nous trouvâmes encore un
fulte pendant
les' Anglois attamagafin ruiné en partie, où l'on
quoient le Fort Tde la Balle-terre en avoit grand rentermé desr smunitionsd dc guerre,
facilement aux
1691. Chales diftribuer plus
Les Carmes y: ont une petite de fequi bordoient la riviere des
Reduit
&c
Eotier
eppellé pelle fi dégarnic de portes
Gallions lors; de Tattaque dés Anglois eft
lel Des nétres, quelesbettiaux de deuxoutrois remplic dé en 1691. A côté de cette Favre favanne dont la
dafae. habitans voilins l'avoient. aux T'habitation du Sieur
font
leurs ordures. Nous trouvâmes cafes maifon, la facrerie &c le moulin,
environs les poteaux de plufieurs occafion, far deux hauteurs qui commandenttout tiqu'on avoit bâties dans cêtte
aux le terrcin des environs. On pourroit
nous en vimes encore beaucoup eft élevé rer un
à mi-côte de Pune àl'au- metlizieres du bois. Cet environné endroit de bois, tre pour 2e face à la plaine, fur & tout fi
&ctrès-fain, quoique juger il eft im- tre ce pofte hors d'infulte,
&autant qu'on en
trois rivieres ony tranfportoit quelques petites
du côté Fat
de canon
dans
TERLEE
penetrable qu'il foit deffendu. Ces fà- ces Dos d'Afne quiétoient où elles étoient abfolupour vannes' peu peuvent avoir trois à
du ment inutiles. Le chemin
deicencens pas de long, fur differentes artue dre dans la plaine qui PE au deflous
Dès qu'on.en eft forti on trou- de cette hauteur, eft fur la croupe du
geurs. ve une monté aflez douce 2 après dans morne; la pente en eft aflez douce. quoi on cottoye une montagne che- Les deux côtez de ce chemin font efcarle côté de laquelle on a fait un
& couverts de grands arbres. Il
min de dix à douze pieds de
pez étoit coupé en quatre endroits par des
à la
On
HLPLA
dont le côté oppolé montagne où HtCiytatm flancs
couvert par un terrein marecageux, les eaux de jugea à propos d'y faire quelques feroit
dans la faifon des pluyes voifines fe raf- ou quelques angles lorfqu'on
toutes les montagnies
travailler. C'ef-la que
AEIEE
femblent, & font un étangdonti le fond à terres de feu Monfieur le Chevalier
mol & fangeux eft couvert de cinq feche Hinfelin, predecefieurd rde Monfieur Aufix pieds d'eau, & dans la faifon
dans le Gouvernement de la Guaily en a toûjours affez pour embour- 83 3
deloupe.
ou quelques angles lorfqu'on
toutes les montagnies
travailler. C'ef-la que
AEIEE
femblent, & font un étangdonti le fond à terres de feu Monfieur le Chevalier
mol & fangeux eft couvert de cinq feche Hinfelin, predecefieurd rde Monfieur Aufix pieds d'eau, & dans la faifon
dans le Gouvernement de la Guaily en a toûjours affez pour embour- 83 3
deloupe. --- Page 402 ---
rg8 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. deloupe. Nous vimes fes deux fucreries bliger les habitans à faire des
& fes moulins à cau. Nous entrâmes qui ne paroiffent devoir être ouvrages 16p6. dans celle d'enbas, où l'on faifoit du d'ufage. pas
fi-tôt
fucre blanc qui étoit parfaitement beau. Dc cette plate-forme à la falaife
Cesterres font très-bonnes, quoiqu'el- eft fur le bord de la
il
qui
les foient pierreufes. A cent cinquante ou fix cens pas. Nous mer, y a cinq
pas de cette derniere fucrerie, il y. a y avoit creufé un trouvâmes faifant qu'on à
unc petite riviere appellée la riviere de la mer, avec deux boyau faillans, face fur
Senfe qui coule au fond d'une falaife l'un defquels
angles avoit
aflez profonde & fort efcarpée. Elle fc- en batterie à barbette. ily On trois defcend canons
pare les terres deMonfieur Hinfelin de la riviere des Gallions
un che- à
itedehienteurHioedl, Bifdari, où il
qu'on appelle min taillé dans la pente J morne; il
fort haute, & y a une montagne ronde, eft roide & raboteux. On paffe la riqui paroit deloin com- viere à gué; elle eft affez
me ifolée, nommée Houelmont 3 où ble. I y avoit autrefois un confidera- de
feu Montieur Houel avoit fait faire bois en cet endroitqui aiant été pont emporquelques retranchemens garnis de ca- tépart un
non 9 avec des fours & des citernes encore été grand rétabli, débordement, foit n'a point trèspour fervir de réduit dans un befoin. neccffaire, parce quoiqu'il c'ett
Environ huit cens pas plus bas
l'uniquepaf
cette
fage pouraller atE Baffe-terre ala Cafucrerie, nous trouvâmes adur belterre; & l'on eft fouvent
de
tation des enfans du feu Sieur Milet, s'arrêter quand cette riviere eft obligé déborConfeiller& Capitaine de Milice. Nous dée. remarquâmes étant au bas de la favan- On l'appelle la riviere des
ne la riviere des Gallions &c celle
Gallions Riviere
dc Set s'approchoient
&c parce que c'étoit en cet endroit que les des Galnel laiffoient
beaucoup, Gallions d'Efpagne venoient fe raffrai- lions. viron tentr'ellesqu'un efpace d'en- chir & faire de l'eau
ils
cent cinquante elcarpé dcs noient Ce chemin
aller quand à predeux côtez par des faliter profondes ferme
pour
la terre
& impraticables. Cet endroît forme fent avant que les François fe fufune hauteur en plate-formecapable d'un leur étoit rendus maitres des Ifles. Ce lieu
bon retranchement
commode parce c'eft une
Haxteur
aifcadeffendre, qui grande ance où
commande
l'ancrage CPES excellent,
mande guicum- voit de abfolument leFort, dontil & où ily a de l'eau douce en abondanleEort.
pour
la terre
& impraticables. Cet endroît forme fent avant que les François fe fufune hauteur en plate-formecapable d'un leur étoit rendus maitres des Ifles. Ce lieu
bon retranchement
commode parce c'eft une
Haxteur
aifcadeffendre, qui grande ance où
commande
l'ancrage CPES excellent,
mande guicum- voit de abfolument leFort, dontil & où ily a de l'eau douce en abondanleEort. revers tous les ouvrages. Après ce. Ils auroient
l'avoir bien examiné, il fut refolu de mieux fait de defcendre cependant plus beaucoup &
le fortifier, & d'y faire des embrafures de faire leur cau à la riviere S. bas, Louis
pour y mettre du canon, qui ferviroit & à celle du Baillif où
eft
à empécher aux ennemis les approches le même, &où leseaux fontinfiniment l'ancrage
du Fort s'ils venoient l'attaquerducôté meilleures; Car celles de la riviere des
du Cavalicr, ou les en déloger, s'ils Gallions font fulphurées &
s'en étoient emparez. Tous ces ouvra- & nc manquent jamaisde cauferdes vitriolées, flux
ges ne furent executezqu'en 1702. par- de ventre & des diffenteries à ceux
ce qu'il s'en trouva d'autres
ne font accoûtumez d'en ufer; qui ce
fez, & que la paix s'étant faite E RE eft P vrai qu'on deffend aux folvik en1697. on ne jugea aproposd'o- m du Fort des'cn fervir. Au fortir
de --- Page 403 ---
DE LAMERIQUE
FRANCOISES chemin dans deux heures après midi quand nousy ar- 1690s
16y5. del la riviere on trouve un
ef- rivâmes. Monfieur Auger m'y, retint à
la côte beaucoup plus haute & plus conduit diner. Sur le foir je me retirai à nôtre
carpée que la precedente du Fort. Il lrar près de Couvent du Baillif. fur Tefplanade
C H A P I T R E XXV. Pointe du vieux Fort : é de toute la cotejufgua la riviere
Deftription de la
lieu
del Pacs erdela
S. Louis. De la riviere des Gallions 5 ds eppellé
côte jufgwa la riviere des Habitans. chez cc manquement de parole, que le
PaE trouvai en arrivant sdelaMarti- priai de ne pas s'oppofer à mon
ce
e nous desLettresd on me Y'affurant que quand j'aurois
RE
nique, par lefquelles le Pere. Aftruc que j'avois rcfolu de faire a la Martini- à lui
marquoit javois que laiffé pourgarder que, je ferois les toûjours fervices difpolé dont j'étois
maifon &1 que
venir rendre &
attendant mon démat
eeofreniccnng capable, qu'en
d'allerd deffervir celle de la" Trinitéacau- parti il pouvoit difpofer de moi,n'ayant
fedu départ du Perc) Martelli qu'onavoit
rien à faire un canal pour lequel
été obligé d'envoyer à S. Domingue, plus j'étois venu. Il accepta mon offre, &c
On m'avertiffoit audi lePercRoné de ma m'en témoigna beaucoup de reconnoif:
n'avoit point voulu 2 charger le Supericur ne fance. un
Paroiffe, à moins laiffer que abfolument, & Le Lundi 21. Mai il m'envoya diner
lui promit de lui de retirer la parole cheval, & me fit aller prier enfuite d'aller aux trois
de trouver m'avoit moyen donnée, & de me con- chez rivieres lui, comme pour nous en étions conqu'on tenter comme on pourroit.
ercRoné de ma m'en témoigna beaucoup de reconnoif:
n'avoit point voulu 2 charger le Supericur ne fance. un
Paroiffe, à moins laiffer que abfolument, & Le Lundi 21. Mai il m'envoya diner
lui promit de lui de retirer la parole cheval, & me fit aller prier enfuite d'aller aux trois
de trouver m'avoit moyen donnée, & de me con- chez rivieres lui, comme pour nous en étions conqu'on tenter comme on pourroit. & venus. Nous paflames par les mêmes
Ces nouvelles me chagrinerent endroits que jai marqués ci-deffus 2
me. frent refoudre à achever prompteexactement tous les poftes
ment CC qui reftoit à niveler & à tra- remarquant & tous les avantages qu'on pourroit
CCr au canal, & ce dere de j'avois m'en retour- promis tirer de la fituation des lieux Nous pour n'arrivà- s'en
à Monfieur Auger àl la Martinique. J'a- fervir dans l'occalion. aux trois rivieress
ner promprement du canal en deux mes que la nuit venus fort douchevai mon J'en ouvrage employai
on huit à parce que & nous étions nous nous étions arrêjours. les memoi- cement, quc
au net les plans
Il certain
AE
eft
qu'un
mettre du
& du petit cul-de-fac,, & tez plufieurs fois. de differens côtez ne
res grand
à je même objet vû
S
les portai au Gouverneur, & re- paroit pas toûijours le même, dans qu'on les
E part du deffein que j'avois la premiere a beloin de cette précaution afin de ne
palfér àl la Martinique par Scdes rai- endroits que nous vifitions, ou de
occafion qui fe obligeoient. prelenteroits Il me parut pas faire des travaux inutiles, feroit neceffaire. fons qui fort m'y fenlible, & vouloit à toute manquer à faire cC encore qui chez le Sieur
y force étre me retenir à la Guadaloupe, en Nous logeâmes
m'offrant un
qui auroit dû me de Rigolet. Le Mardi nous nous rendimes de
tenter. Mais FEE tellement piqué
grand --- Page 404 ---
160 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
"thjb. grand matin au bord de la mer. Mon- par fucceffion de tems fe font couvertes
Tieur le Gouverneur fut fort content de d'un peu de terre. Elle regarde le Sud- 1696. la diligence
avoit apportéc à l'é- Oiett. Il au pied une petite Chaxecution de Rerard ordres. Les retranche- pelle
M avoir titre de Paroiffe;
mens nouvcaux que j'avois tracez, é- dont E Carmes font en poffeffion & titoient fort avancez aufli-bien quelesré- rent les revenus. Je ne fçai fi cela les
parations des anciens, Nousydemeurà- obligeàtenir un Curér refident admes toute la journéc, & dinâmes fous miniftrer les Sacremens à pour hades arbres. Monficur le Gouverneur. fit bitans qui y demeurent, & quelques font-là
diner avec lui les Offiçiers de Milice qui commc feparez du refte du qui monde 5
commandoicnt les travailleurs. Nous mais il eft certain qu'ils fc contentent
retournâmes fouper & coucher à nôtre
envoyer un de leurs Religieux une
gite ordinaire.
admes toute la journéc, & dinâmes fous miniftrer les Sacremens à pour hades arbres. Monficur le Gouverneur. fit bitans qui y demeurent, & quelques font-là
diner avec lui les Offiçiers de Milice qui commc feparez du refte du qui monde 5
commandoicnt les travailleurs. Nous mais il eft certain qu'ils fc contentent
retournâmes fouper & coucher à nôtre
envoyer un de leurs Religieux une
gite ordinaire. a par mois pour y dire la Meffes
LeMercredi: aprèsavoir demeuré une fauf a ceux
en ont befoin dans
couple d'heures aux travaux qui s'avan- d'autres tems d fe pourvoir commeils
çoient à vûë d'acil, &dontqueligue-uns lc jugent à
a dans Çes enétoient
lly
perfeétionnez, nous nous cm- foncemens fEotoes montagnes, & fur les
barquamesdansun, grand. canot pour re- croupes des mornes fept ou huit habitatourner à la Baffe-terre en paffant par le tionsoû l'on fait du cotton,dumanioc,
vieux Fort. du mil, & où l'on éleve des volailles en
Nous sisnlanécas@ipetiget quantité. On a mis fur la pointe deux
fut poflible de le faire fans échotier, canons de ferqui fervent pourdonner a-
& nous nous convainquimes qu'il é- vis au Fort dela Bafle-terre dc ce
toit abfolument impoffible de faire au- voit en mer. Cequartier nous parut qu'on hors
cunc defcente dans ce pais qui fed deffen- d'infulte par fa fituation, par le peu de
doit de lui-méme depuis le morne qui proftquytoueroiens les ennemis en
termine la petitc ance des trois rivieres, le venant piller, & par foninutilité
jufqu'à la pointe du vicux Fort; 8cque executer de plus
deffeins,
méme on fe feroit
la
FO
quand
emparé de qu'il eft impoffible La penetrer par-li,
petite ancc, il étoit impofliblede penc- ni dans leréduit, ni aux trois rivieres,
trer par-là du côté du vieux Fort ou tout ce paisn'étant compolé que debois,
réduit,
qu'on ne trouve par tout de montagnes &c dej précipices, dans lefqu'une RE clcarpéc & coupée par quels le petit nombred'habitans qu'il
des précipices des gens armez ne a eft fuffilant pour faire tête à une ar- y
peuvent EELSE & où dix hommes mée. dans les hauteurs en defferoient dix Nous nous rembarquâmes en ranmille, feulement en faifant rouller fur geant toûjours la côte de fort près fans
eux des pierres qui font-là en bonne trouver aucun endroit où l'on put
quantité,
mettre à terre, qu'environ à une licuë
Pointe La pointe du vieux Fort eft baffe, & demie du vieux Fort, dans un lieu
du affez unie, d'environ deux cens pas de
l'Ance de la Croix. vieux large fur un peu plus de hauteur, avec appellé tit
C'eft tunpe- Ance
Fort,
enfoncement de vingt cing à tren- de la
quelques enfoncemens dans les gorges te toifes de large, outre deux pointes Creix. des montagnes. I femble que ce foit de mornes qui tombent à plomb dans
un amas de picrres que les pluyes ont la mer. Cet enfoncement peut avoir
détachées de la montagne voifine, qui neuf à dix toifes de profondeur, depuis
le
C'eft tunpe- Ance
Fort,
enfoncement de vingt cing à tren- de la
quelques enfoncemens dans les gorges te toifes de large, outre deux pointes Creix. des montagnes. I femble que ce foit de mornes qui tombent à plomb dans
un amas de picrres que les pluyes ont la mer. Cet enfoncement peut avoir
détachées de la montagne voifine, qui neuf à dix toifes de profondeur, depuis
le --- Page 405 ---
DE L'A MERIQUE
FRANCOISES tenir quinze ou vingt hommes dans un 1696. 36g6. lebord del la mer jufqu'à trente une falaife pieds eE tems d'attaque. dela Croix la côte eft
lui fait face, eft d'environ droite comme une mu- Depuis l'Ance &c ne laiffe entre la falaihauteur,qui raille. Un petit ruiffeau d'eau fort clai- fort fc & elcarpéc, la mer que fix à huit pieds d'efpa- la
coule dans le milieu de cet enfonce- ce fort embaraffez de roches & où
re & fait une nappe en torabant; mer donne très-fort quand elle eft hau- Il
ment, mais foit qu'il foit trop foible ou que tc, ou pour peu qu'elle foit agitéc. le rocher ioit trop dur, il n'a L'habi- pajuc yaala verité quelques petits enfonce- élecanal. de mens, mais Tentréc eft encore plus
ipcearnri s'cft niché dans ce trou
celle de l'Ance de la Croix. tant qui avoit commencé à creufer véc Cette que côte a une petite demie-lieuë de
montagne chemin à côté de TAnce pour def-
& finit à un morne qui fait le
un
de facilité au bord de long,
de l'Ance des Gallions. cendre avec plus
qu'avec une commencement le Morne de
du
la mer & dont pour il remonter, s'étoit tojours fervi. On T'appelle d'un habitant qui y a EL fon
échelle fervimes del'échelle poury nom
Nous nous
Nous trouvà- tion. a àf fix cens Ance
aller & pour en revenir. & de bon- L'Ance des Gallions cinq de Raby des Galendroit fort joli
le Morne
lions. mes ce petit des enfoncemens dans pas de large, depuis dc Sence, fc déne terre, avec qui étoient plus confide- jufqu'a la dans riviere la mer au pied 8. autre
les montagnes ne
& nous charge
dont la pointe qui donne
rables qu'ils Faroiftient, fentier aflfez commode,
morne,
d'un
faildécouvrimes un
des Mor- Et la mer eft couverte feches angle mélécs
qui en fuivant les dans contours les terres du Bif- lant compolé de pierres Cette Ance depuis le
nes,, conduifoit
font des avec dc la terre. darri & de Houelmont, 3 qui avectout bord de la mer jufqu'à la montagne
conferver
à
E
endroits qu'on doit le Fort étoit atta- y fait face, &c qui fait peu deux Retranfi
plus
F
le foin imaginable les ennemis s'en ren- gure de TAnce : trois n'a pas cens de chemens de
parce que pourroient prendre cn cens cinquante Les bords de la mer Faaue ftE FAnce
1 maitres, derriere les troupes
pays.
avectout bord de la mer jufqu'à la montagne
conferver
à
E
endroits qu'on doit le Fort étoit atta- y fait face, &c qui fait peu deux Retranfi
plus
F
le foin imaginable les ennemis s'en ren- gure de TAnce : trois n'a pas cens de chemens de
parce que pourroient prendre cn cens cinquante Les bords de la mer Faaue ftE FAnce
1 maitres, derriere les troupes
pays. à foixante pas, font deGalflanc & par des Gallions 8c1 CARST bords geurd de cinquante de cailloux, qui cau- lions. deroientl l'Ance
du réduit, ce tous couverts gros
de la
& s'emparer
une
riviere, aifé s'ilsi ferendoient mai- fent fatigue marcher Senciccosqutioat cet endroit. Le
quil leur feroit la nuit de cette petite An- obligez de de Monfr. par Auger profitant
tres pendant fffent défiler un bon corpsde prédecellaur nombre de pierres, avoit
ce,8 qu'ils le fentier que nous avions de ce faire grand
angles faillans pour
troupes par C'eft pourquoi quand nous fait ceux quelques quid défendroient cette Anremarqué. fûmes defcendus Monfieur Auger inccf- or- couvrir ce en cas que les ennemis y vouluffent réfolut de
donna à ces habitans de rompre avoit fait, & defcendre. Monfieur Auger autres des
famment le travail comme qu'il il étoit aupa- les joindre les uns faire aux de nouveaux par où
d'efcarper ce réfolut lieu même de faire faire courtines, &d'en faits fe trouvoient trop
ravant. Il
feches fur le bord ceux qui étoient fe bien Aanquer, &c en
un parapet falaife, de pierres avec deux petits flancs éloignez
le plus qu'on
de cettc
Mornes, &d'y faifant Iva s'approcher
pourqui joignidlent les deux
Y
Tom. II. --- Page 406 ---
16z NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16p6. pourroit des arbres & des brouffailles Nous trouvâmes de gros pans de murs
épaifles pleincs de ronces & de crocs de quiavoient fervi autrefois à unc batte- 16g6;
chien, qui font tout le long de cette rie étoit en cet
Ance depuis l'endroit où finident ces lon 1e apparences à endroit, la
adoffée feamas de roches, jufqu'à un étang qui mer dans quelque falaife;, l'en mais la
cn occupe prefque toute la longucur. tachée & l'a ruinée. ouragan
a déCet Erang cit formé de plufieurs fources trémement élevée & Cettefilaife eft CXqui fe rencontrent fur lè licu, & d'une plomb, &c continuë coupée prefque à
partie de l'eau de la riviere du Sence, téc de l'efplanade du sinfidepuislamon. Fort,
la
qu'on ya conduit par une rigolle, & diftance d'environ
cens jufqu'a
encore d'uneautrep petite ravine qui cou- allant vers la riviere quatre aux Herbes. pas en
le au pied du morne deRaby, qu'onap- peu avant d'arriver à la
Un
pelle la ravine Salée. devant le Couvent des Carmes; batterie lafalaife qui eft
LeMorne qui forme & qui borne le baiffe
c'eft
fond de cette Ance eft defriché depuis fait de beaucoup, murs de bonne pourquoi on y a
le pied, julqu'à la moitié ou environ avéc gros
magonneric
de fa hauteur qui eft confiderable. Le
unangle qui ferme en partic la plarefte eft couvert d'arbres qui y font crus ced'armesde quelques embrafures ce côté-là.
vent des Carmes; batterie lafalaife qui eft
LeMorne qui forme & qui borne le baiffe
c'eft
fond de cette Ance eft defriché depuis fait de beaucoup, murs de bonne pourquoi on y a
le pied, julqu'à la moitié ou environ avéc gros
magonneric
de fa hauteur qui eft confiderable. Le
unangle qui ferme en partic la plarefte eft couvert d'arbres qui y font crus ced'armesde quelques embrafures ce côté-là. On a pratiqué
depuis que cc terrein a ceflé d'étre cul- une ouverture
dans ce mur avec
tivé comme il l'étoit dans le tems qu'il fermée
pour alleràla mer, quieft
appartenoit à Monfieur
par. un grillage de fer à
Aubert, undes comme une porte dc jardin. EFS
KenkeSeigteunProptietredelic On avoit profité de
qu'on appelle laPorte de fer. faillies que fait le terrein petites du avances Morne ou La batteric des Carmes eft de maçonla hauteur où commencent les
à neric, les angles des cmbrafures foat de
&c on en avoit fait deux poftes capables arbres, de pierres fer, de de taille. Ily avoit onze canons
de loger quarante ou cinquante hom- livres deballe; dix-huit, les de douze &c de huit
mes. On réfolut de les augmenter, 2 & de bois. Après que plattes-formes nous eûmes sétoient bien
d'y, placer deux petites pieccs de canon confideré tous cesi
raifonné
à chacun 2 &c d'en faire un troifiéme & fait
de slieux,
deffus,
pour défendre l'entrée de la riviere de cuterent beaucoup qu'en
qui ne s'excSence. 1702, qui nefervirent
FRe
Il fur auffi refolu
à rien, je pris congé du Gouverneur à
qui étoit creufé dans d'élargir-le le haut dela boyau falai- qui je promis de revenir le lendemain
fe,. depuis la riviere de Sence jufqu'à la fitequ'ilvouloit matin, pour l'accompagner fairele
dans la videfcentc de celle des Gallions & de re desGallions. long de larivieprofiter d'une petite pointe de terre Je ne manquai pas de me trouver au
qu'onavoit négligée poury faire un an- Fort de très-grand matin. Nous nous Defcrip: tion de
gle faillant qui découvriroit le pied de rendimes
fur
la falaile,& qui battroit tout le long du nade au bas d'abord de l'habitation cette du petite efpla- lari- viere
boyau. Sieur.Mi- desGab. Nous palfimes sà pied tout le long de aétement let; nous remarquâmes la
encore plus ex- lions. la falaife en frivant le bord de la mer, féquence de que ce premiere & Monfieur fois la condepuis) le chemin qui monte dc la rivie- ger fe confirma polte, dans la réfolution Aure des Gallions à l'efplanade du Fort.
bas d'abord de l'habitation cette du petite efpla- lari- viere
boyau. Sieur.Mi- desGab. Nous palfimes sà pied tout le long de aétement let; nous remarquâmes la
encore plus ex- lions. la falaife en frivant le bord de la mer, féquence de que ce premiere & Monfieur fois la condepuis) le chemin qui monte dc la rivie- ger fe confirma polte, dans la réfolution Aure des Gallions à l'efplanade du Fort. avoit prifedele fortifier pour s'cn fervir qu'il
au --- Page 407 ---
DE DAMERIQUE
FRANCOISES la avoit une fucrerie & une habitation de 1636. sGy6. au befoin. Nous remontlmes marchant enfuite toû- Pautre côté de lariviere,
appel- de
Gallions en
côté
'
riviere des dc la falaife, fans trou- loit l'E(perance. Cepalfage dans le Morne
jours fur le bord fàt accelfible en aucun en- TEt eft coupéen
droit & à gauver
avcc
REIt
qu'elle des troupes, quoiqu'il ne fut
quelques & une
à mi-côté qui
droit
che,
place
ERELLT
impofible à des gens font eltcouvertedes grands arbresqui peuvent
pas
ne
à
ERTSOIS
qui n'ont rien à craindre, & qui del la donner de l'ombre & de la fraicheur ne
embaraffez ni d'armes ni d'habits, & des ceux quiy feroient poftez, mais qui de
monter en s'aidant des picds liannes & les couvriroient nuliement des
& en fe
aux
feroit pleuvoir
cePe
mains, racines des
C'eft ce qu'on moufquets de la riviere, dont la faaux
de Tautre
IRTE
Sn
ne doit pas craindre d'un aifément corps renverfer detrou- laife eft plus élevée & plus defcendre commode à
dont on peut de diflance en avec. un beau chemin pour ce chemin &c
Ta deflein, en poltant hommes, pour la rivicre; de maniere que
fort
diftance quatre ou de cinq garde les plus voi- la NELESOINN commandez par la falaifc
avertir &c les fans tTA donner la peine de tirer, ablolument Cela nous obligea de remonfins, faire rouler des pierres fur ceux quis'ex- entre- oppofée. terfur nos pas pour chercher un endroit il ne
poleroient à tenter une pareillc
qui commandat difficile le pofte d'en oppofé; trouver un;
prife. del'habitation de nous fut pas le marqua fur fes taAu commencement Cherot eft à huit ou neuf Monficur Auger
la veuve plus R que la maifon du blettes. cela nous continuâmes nôtre
cens Sieur pas Milet, nous trouvâmes un
chemin, Après eni remontant toûjours la riviela riviere,
favanne
tis
fentier qui defcend habitation à
ont pratiqué que re jufqu'au l'autre deffus côté d'une de grande la riviere,apNegres aller de cette à l'eau, & cncore un autre à qui eft la dc favanne de Suere.
la veuve plus R que la maifon du blettes. cela nous continuâmes nôtre
cens Sieur pas Milet, nous trouvâmes un
chemin, Après eni remontant toûjours la riviela riviere,
favanne
tis
fentier qui defcend habitation à
ont pratiqué que re jufqu'au l'autre deffus côté d'une de grande la riviere,apNegres aller de cette à l'eau, & cncore un autre à qui eft la dc favanne de Suere. Nous troupour
mais commeil pellée la verité
endroits oùs
cinq cens plushaut;
&c vâmes à
quelques
imefti facile CAE rompre ces petitschemins8 Monfr.Auger le paffage ne feroit pas abfolument arriver il
deles rendrei inaccellibles, les avoient fait la liber- polfibles mais comme à
pour M long d'ulaiffa à ceux fervir, qui avec défenfes d'en faire faut venirtout découvert & étre
au
d'autres, té des'en & à condition que fi-tôt qu'il ne feu grande de toute favanne, la hauteur fur laquelle expolez nous
y auroit une allarme generale & ils de les ne étions; ; nous jugeimes qu'il de n'y ce côté- avoit
manquàflent deles rompre d'en être privez grand chole à toujours craindre facile de prédétruire, : PELIRN SET la fuite. E &qu'il ennemis feroit & leur empécher le
pour toujours endroit jufqu'au
venir les
Grand Depuis même cet riviere,
le fEr
jufqu'au pied des
pafage de la
appellé de Madame 5 il PEaA cet endroitj
coule endelarin pallage, ou lc paflage On
grandes montagnes, la riviere
duGal-ya ciere
environ neut cens pas. T'appelle tre des falaifcs clcarpées qui en rendent
liens. ainG, ctitlmaiten elle étoit veuve d'un l'aproche8cle paflage impollible. fur nos pour
le RCER faires
prédecellfeur de Nous retournâmes
pas Nous
EEED de Vile, Hinfelin; clle paller) la rivicreaug grand palage. viMonlieur le Chevalier
Y2 --- Page 408 ---
164 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
16y6, vifitâmes l'habitation de T'Efperance, des montagnes de la
quie eft feparéede celle du Sieurdu Quer- appellela riviere de Saint Souphriere, Claude qu'on 16964
Iy, appellée PIlet, par une ravine af- jette dans celle de S. Louis. qui fc
fez proronde &cefcarpée. Le terrein de La riviere aux Herbes
lIet eft commandé par celui de P'Ef de deux branches qui eft compofée
pcrance, dont la mailon, la fucrerie & triangle qu'on
renferment un
le moulinqui font de maçonneric, con- auffi une des relerves appelle l'Inler. de C'étoit
tribuent à défendre ce pofte & a em- que fes heritiers ont
M. Houel,
pécher de pénétrer dans la favanne de Query. Nous vifitâmcs venduéau Sieur du
Suère & de s'approcher du Grand-paf partic de tous les endroits la plus font grande
fage. tre larivicre aux Herbes & qui lc enTout le terrein depuis la riviere des je fus diner avec
Fort où
Gallions eft
jufqu'à celle de Saint Louis, diné nous montâmcs MonfcurAuger.Apres à cheval pour voir
à fait très-beau, de bonne terre & tout tout le terrein le long de la
de
pour le fucre blanc, aufi la rivicre aux Herbes, gauche le
ils'y ERAN en une quantité confiderable.
les endroits la plus font grande
fage. tre larivicre aux Herbes & qui lc enTout le terrein depuis la riviere des je fus diner avec
Fort où
Gallions eft
jufqu'à celle de Saint Louis, diné nous montâmcs MonfcurAuger.Apres à cheval pour voir
à fait très-beau, de bonne terre & tout tout le terrein le long de la
de
pour le fucre blanc, aufi la rivicre aux Herbes, gauche le
ils'y ERAN en une quantité confiderable. de la merjufqu'à PHlet. depuis bord
C'eft le quartier de PIle où il y a plus fàmes enfuite les
Nous traverde furcrcries; il eftvrai qu'elles font pc- bas de celle de Saint habitations jufqu'au
tites &c gu'elles manquent abfolument en defcendant la droite Claude pour voir
de bois à brôler; mais comme les ter- Saint
dans de la riviere de
res font vicilles, c'eft-à-dire,
coule Louis, qui
ces haurcurs-l.,
fervent depuis
& qu'elles
entre deux falaifes extrémement
fechereffe y eft long-tems ordinaire 9 que la la profondes &c efcarpécs. Depuis la rivie- Riviere
pluye, les
pluis des
que re Saint Claude qui fc jette dans celle S. Lowis
pailles cannes &1 lesbaga- de Saint Louis à de trois
eplus
ces tiennent licu de bois & fuffifent. du bord de la plus
mille pas commuLa rivicre aux Herbes fepare en deux deflus de l'éclufe mer, du julques moulin un peu au niment
partics prefque égales tout ce terrein; bins, éloigné du bord de la des Jaco- larivie: re des
Mion- qui a environ une lieuë de large, & a à huit cens
&c
mer de fept Perer
tagned de qui on a donné differens noms. pas 2, depuis l'éclufe juf blancs,
BelleOn ap- gu'ala mer, on'la
zhio pelle montagne de Beau-folcil, la par- à
paffer par tout
daBeau- tie eft
gué, quoiqu'elle
Taut
qui entre la riviere aux Herbes, fort
groffe, large,
foleil, & celle des Gallions. Au-deffus de l'ha- ait de remplie de groffes roches,qu'elle
bitation de l'Efperance, font celles de fujette grandsbatins, à fe déborder &c &cqu'ellefoit fort
Suëre & des Gomies,&acotécle celle fiderablement d'un à croître conde PIlct. La partie qui eft renfermée mais depuis l'exclufe moment à l'autre;
entre la riviere aux Herbes & celle de Saint Ciaude, fon jufqu'à la riviere
Saint Louis, fe nommela montagne de ble qu'en deux pallage n'eft praticaBelle-vûé. Au-deffus eft l'habitation du s'appelle le endroits. Le plus bas Pafmge
Sieur Abbé Guefton,
pallage de la Coulifie, par- dela
&c une autre qui eft aux appellée Jefiites : . ce qu'un habitant s'étoit avifé de faire Coulifappellent Saint Claude, Eile confine qu'ils à côté un moulin de la au pied de la falaife 2 & à fe. une des terres refervées par feu Monriviere où l'on conduifoit les
ficur Houel, appellée le Parc, dont elle cannes, coulifle de en les faifant gliffer dans une
eft feparée des falaifes de très-diffi- tréteaux enfoncez planches, en terre appuyé le fur des
cile accés, 1 Par unciviere qui vient pente d'un morne très-long 8c Jong trés-roi- de la
dc.
la falaife 2 & à fe. une des terres refervées par feu Monriviere où l'on conduifoit les
ficur Houel, appellée le Parc, dont elle cannes, coulifle de en les faifant gliffer dans une
eft feparée des falaifes de très-diffi- tréteaux enfoncez planches, en terre appuyé le fur des
cile accés, 1 Par unciviere qui vient pente d'un morne très-long 8c Jong trés-roi- de la
dc. --- Page 409 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE égales; où s'ily a quelque a- 1696
de. Il eft vrai qu'il n'eut pas le fuccès vantage, peu près ileft du côté de la droite. de Il
1696. qu'il efperoit de cettei invention, faifant parce que fut rélolu dc faire un retranchement
la rapidité dc la coulife fortoient fort pierres feches avec des raquetes la pardede cannes en
vant depuis TEclufei jufqu'à mer,quc
t paquets
de bleffer ou de
de la mer
fouvent, avec danger
fous leur l'on continueroit le) & Morne
fc
Irois
ates
rencontroient
des
EE
tuer ceux qui elles arrivoient en bass lc morne la ravine Billau qui couvre l'enchute, ou quand froiflées, & aufli jufqu'à
Nous déelles étoient toutes elles cuffent été cou- trée du Bourg St. François. faifant
échauffées que fi
cequilesren- couvrimes chemin de quelques Ectes
pées depuis quatrej jours, à faire du fucre, tits angles faillans pierres endroits de
doit pretque inutiles La defcente de qu'on avoit fait en quelques étoient preffartout du fucreblanc. & roide, ne la côte; mais outre quils de brouf
ce morne quoique longue
font à que éboulez & tous couverts vuilaifle de fervir aux
endroit failles, ils lailloient de trop grands éloiun
Er" & feroit e tae des des entre cux, & ils étoient trop
pour paffer la riviere & s'emparer
les uns des autres pour fe Pouvoir
hauteursdel Belle-vie, fi elle n'étoit pas EUraine On réfolut de réparer ceux
tout-à-fait découverte & commandée droite qui étoient éboulez, d'en faire d'autrcs
deux hauteurs qui fembloit font à avoir la été où il feroit beloin, & delesjoindrepar face à la mer,
Be la riviere 3 qui
pour rendre descourtines creufer un boyau aufaites &c placées-li exprès
qui comme auffi
DE
inutile aux ennemis y
de la
du morne des Iroiss
cC chemin paffer. Monfieur Auger ne tour autre pointe quien eft éloigné d'envivoudroient manqua pas de remarquer ces deux en- il &d'un ron cent pas, avec une muraille feche
droits
y faire travailler quand poarlesjoindrelans nal'autre, julqu'à &cdecon- la raferoit NOT
eft à neufcens pas tinuer ces retranchemens avoit une baiterie à la
Le fecond palfage cclui-ci. La defcente de vine Billau. Il y ravine qu'on appelloit
plus haut belle & faciles elle à été gauche de de cette
la droite aR
aller la batterie Carcani, quelonjueaa côtéde
faite par les habitans de voifins la gauche pour eft fi propos de tranfporter la del'autre renfermer dans
al'eau, mais celle
fait peur, cette ravine, & dc
cfcarpée & fi roide, qu'ellc desNegrese qui l'enceinte du Bourg.
-ci. La defcente de vine Billau. Il y ravine qu'on appelloit
plus haut belle & faciles elle à été gauche de de cette
la droite aR
aller la batterie Carcani, quelonjueaa côtéde
faite par les habitans de voifins la gauche pour eft fi propos de tranfporter la del'autre renfermer dans
al'eau, mais celle
fait peur, cette ravine, & dc
cfcarpée & fi roide, qu'ellc desNegrese qui l'enceinte du Bourg. au Bourg S. Franaullin'ya-t-il fervir. gueres ai pallé deux Nous nommé trouvâmes le Blanc, Maitred'une
s'en
un
E
puilffent les Anglois nous atta- çois
d'arriver de la Marfois pendant que Je ne croi pas avoir barque quivenoit
paquets
quoient en
grand danger en ce tinique. Il rendit quelques & nous dit
jamais couru 170 plus
Monfieur le Gouverneur,
nos
genre. jufqu'à qu'il étoit freté pour le retour par
Depuis l'éclufe des Jacobins d'envi- Religieux, pourleiquelsil devoit
moulin qui en eft éloigné
fa
de pots
EE
leur
le terrein de la dre chez nous charge
du fond
ron quatre cens pas, eft élevé & efcarpé, forines pour nôtre habitation rendit aufli
droite de la riviere abfolument celui de la Saint, Jacques. Il me autres de nôtre quel-
& commande Depuis cet endroit jufqu'au
lettres, une fembloit entre furpoler que jc
de
les deux rives font à
qui
m'arSaur
ate la mer,
Y 3 --- Page 410 ---
166 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
2g6. m'arréterois à la Guadeloupe pour fai- vent, quej'étois refolu de
te travaiiler au canal; il me prioit de la barque où il devoit me fervir de 1696,
donner mes foins afin quela barque fàt ric pour retourner à la charger la potede promtement bonne chargéc, & & qu'on y mit ce que je ne le voyois Martinique, pas en état par- de
roit. refolus poterie de leplus qu'on pour- faire travailler au canal. Je
mc fervir de cette refiflance d'honnétctéil Après quelque
occafion pour retourner à la Martini- départ. confentitamon
quoiqu'elle ne fut pas trop fûre. Le Samedi vingt-fixiéme
1i dis à Monficur Auger qui cutpei- fieur Auger me vint
Mai, Monne à y confentir, & qui me confeilloit matin; ilm'avoit fait prendre amener de un
d'attendre quelqu'un de nos
fes
Rt
où je ferois plus en feureté; mais Corfaires com- chevaux. Toutel"Ance
me je n'avois rien à perdre, parce
bitation étoit bien quieft devant nôtrehaje laiffois mes inftrumens au Poondie voit un parapet retranchée, pieds ily aneur qui me promettoit de me les en- fix de large, compoléd'un defept de haut &c
voyer par quelque bonne occafion; je de paliflades de tendre à doublerang
mc mis en peine de ce qui pouvoit plis deterre &c dei fafcines caillou, avec une rem- banarriver; R pis étoit d'être pris par les quette.
devant nôtrehaje laiffois mes inftrumens au Poondie voit un parapet retranchée, pieds ily aneur qui me promettoit de me les en- fix de large, compoléd'un defept de haut &c
voyer par quelque bonne occafion; je de paliflades de tendre à doublerang
mc mis en peine de ce qui pouvoit plis deterre &c dei fafcines caillou, avec une rem- banarriver; R pis étoit d'être pris par les quette. Ce parapet avoit desanglesfailAnglois, dont j'étois bien furde ne Pas lansdediftanecend diftance; il
recevoir de mauvais traitemens, au verrdedouseouquinte rangsde létoitcouconrraire, j'aurois eu le plaifir de voir tcs qui faifoient une largeur de raquet- cinq
quelquer-uncsdcleurs Ifes, 8d'en re- à fix" toifes; le tout bien entier & bien
marquer les défenfes & les lieux les entretenu depuis l'embouchurede nôtre
plus propresàl lesaller vifiter; de forte riviere, c'eft-a-dire, de la rivicre de
que je mc fixaif me fervir de cettebar- Saint Louisj jufqu'auprès du Bourg du
que. Baillif; où toutes les paliflades avoient
Jepris congé du Gouverneur qui me' été emportés, ou parl le débordement
chargea de faire les memoires dece que de la riviere dont
nous avions remarqué & refolu dans ou par lesNegres qui j'ai les parlé avoient ci-devant, déronôtre tournée. Ilme dit qu'il me vien- bées pour les brûler. MonfieurleGoudroit prendre leSamedi fuivant de bon verneur donna ordre aux Officiers de
matin pour aller vifiter le quartier des Milice qui étoient prefens de faire réhabitans. parer ccs brechesaveedes: murs depierJc travaillai tout le Vendredi à ces res feches, en attendant qu'on
amemoires, & à quelques remarques voir des palifades de tendre à
quejavoisfitesen; m'enretournant feul
L
par le même chemin du bord dela mer. auparavant. pour les remettre comme elles étoient
Car l'experience m'avoit appris qu'on Nousvifitimesle Château delal
ne connoiffoit jamais parfaitement un delaine, labatteriequieftà côté, Mag- T'Anterrein en le voyant une fois, &c d'un cc du gros François, & l'embouchure
fens, & que le confiderant d'un autre de la riviere duPilis que nous remonpoint de vié, on eft fouvent obligéde tâmes furla droite jufqu'àp près de deux
changer ou de corriger fes premieres mille cinq cens pas. Lielle coule dans
idées. un fond fort uni, au milieu d'unc faJedhssPeroVilSepericurduCoou vanne quicit dans l'habitation du Sicur
Ra- --- Page 411 ---
DE LAMERIQUE
FRANCOISES
& avoirletems thifoy
Radelin. Elleeftfort aifée à pafferdans droient de tirer pénétrer comme parla, au blanc quand ils
1604 ce.licu-là, aufli ce fut par cet endroit feroientunefois les
embunitadanicesépi
qu'lunepartic des Anglois paflaen 1691. leurs nes. J'expliquerai dans une autre occalorique nosg sgenseument abandonné méchanceté de fion ce que c'eft que les raquettes & les
poltes , par l'inligne
commej je crocs de chien. defquelques ci-devant mal-intentionner, Il eft certain que cet Del P'Ance Vadelorge des habitans, jefqu'ala la falaidit
cependant cente de la plaine
endroit eft difficilea garder, deux pe- laife eft efcarpée.
J'expliquerai dans une autre occalorique nosg sgenseument abandonné méchanceté de fion ce que c'eft que les raquettes & les
poltes , par l'inligne
commej je crocs de chien. defquelques ci-devant mal-intentionner, Il eft certain que cet Del P'Ance Vadelorge des habitans, jefqu'ala la falaidit
cependant cente de la plaine
endroit eft difficilea garder, deux pe- laife eft efcarpée. Elle eft de dififerentes à
comme. il eft commandé affez roi- .hauteurs, depuis quatre jufqu'a fept
titesbuttesdontia montée F
huit toiles de hauteur, de forte
de; ilfutrefolu deles fortifier en creu- le toute cette côte fc defend affez 2E
fant un boyau fur leur hauteur, les par enne- même. Il y avoit feulement quelques
moyen duquel on arréteroit de
cens petits fentiers que les habitans avoient à
mis, auroient plus dans quatre la favanne faits pour leur commodité ordonna aller
à à découvert
Monfieur Auger
t
Eor
pas avant de pouvoir arriver au pied de ils la de la mer; les rompre inceffamment, leur repremicre burte, où étant arrivez, l'autre; ou montrant qu'ils ne devoient pas préfe
feroient battus en flanc
rer une petite commodité aux rifques
s'ils fc mettoient en aRSErS depalieren- les où ilsfe Imcuolemstenecalac:l lanuic
tre les deux, ils auroient à elfuyer une avéc leurs Negresparl lesennemis, qui
deux feux, & troureroient en face de la- remarquant le jour ces fentiers en ranravine alfez profondes, au de-là brouffailles
& les voyant éloignezdes
quelie ily a des bois & des roide où il geantlacôte, ne manqueroieaipaiy
épailles, & un morne fort
corpedegarde, venir pendant la nuit, d'y defcendresc
feroit encore très-facile de les arrêter. Pleffis en de les piller. Nous pallimes la rivieredul def- Nous cotoyâmes senfuitetoutelah haucet endroit, & la cotroyâmes en Grand- teur du morne, au pied duquel la crête eft de la
cendantpar obfervant fa gauche, & remarquant julqu'au tous plaine des habitans. Toute à être repallige; les avantages que les ennemis ou nous tranchée cette côte & feroit feroit très-propre un polte avantageux,
tirer des maifons, des arbres qu'il feroit difficile de forcer; mais il
Eare murs' de pierres feches, quifont nous parut d'une trop grande étendué,
en grand nombre dans cet endroit-là,
du bord de la mer jufqu'à un
afin de faire abbattre ou de felon conferver le be- puifque endroit oh la côte devient prefque falai- toucc qu'on jugeroit à propos nôtre chemin te droite & efcarpée comme une ce
foin.
irer des maifons, des arbres qu'il feroit difficile de forcer; mais il
Eare murs' de pierres feches, quifont nous parut d'une trop grande étendué,
en grand nombre dans cet endroit-là,
du bord de la mer jufqu'à un
afin de faire abbattre ou de felon conferver le be- puifque endroit oh la côte devient prefque falai- toucc qu'on jugeroit à propos nôtre chemin te droite & efcarpée comme une ce
foin. Nous continuimes
de quinze cens
jufqu'au bord de la mer nous co- fes qui ilya feroit près un trop grand travail, T
toyâmes fur le bord de la Srucy jufqu'à
demonde pour le 2
TAnce Vadelorge, dont nous fimcs le demanderoit re & pour le trop garder. Une autre raifon
tour. Il fut relolu de faire deux & para- dc encore qui nous empécha penfer,
pets de paliflades & de falcines, ra- fut que tout ce terrcin eit
de
Re
faire planter fept ou huit rangs de des
de confiftence, de forte qu'il auquettes danstoutionconsour) avec don- roit peu été impolilible de creuler un boyau
crocs de chien fur le devant pour
qu'il n'eut été rempli avant d'étre perrerdeloccupationaux ennemisquivoufectionné. --- Page 412 ---
168 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16g6. feétionné. On auroit donc été réduit à jaiditescy-devant, en
de la crêfaire tout ce retranchement de paliffa- te du morne, que parlant les fré- 1696,
des &c de fafcines, cc qui auroitétéfort quens débordemens parce en quc
à charge aux habitans: d'ailleurslesen- plus
achever. emporteroient Comnemis faifant leur defcente plus près du me qu'onn'enpourroit nous vimes les
Fort, tout cetravail auroit été perdu; noient parfaitement que bien raquettes au bord veainfi nous nous contentâmès de tracer mer, Monlieur
ordonna aux de la
environ cent toifesde retranchemens au pitaincs d'en faire Auger le
Cabord de la mer. Les deux Capitaines de pourroient tout le planter de plus qu'ils
Milice de ce quartier-là qui étoient pre- Nous paflames fur long le bord l'Ance. de la fafens, nommez Tomalean & Boucachar, laife en nous en
fe chargerent deles faire executer; com- mieux obferver ce retournant, nous avions afin de
me ils étoient bons Officiers & fort ze- le matin. M. le Gouverneur que
me và
lcz pourl le bien commun, Monfieurle chez nous en paflant, &c ne voulut laiffa
Gouverneur s'en repola fur eux. mais quej'allaffe lc conduire chez lui. jaNous allâmcs chez le bon Pere Ro- Je travaillai tout le Dimanche &c une
main Cupucin, Curé de la Paroiffe où partic du Lundi aux memoiresdes
Monfieur. avoit envoyé préparer rations &c augmentations
àdîner. Cel
avoit
MSET
qui étoittout faire
SAETR
de
fut Religieux
depuis la riviere S. E jufqu'à
coeur, un peu fâché de la pré- celle des habitans. caution le Gouverneur avoit prife, Le Mardij'allai avec Monfieur. & lui en dec de petits reproches tout à à nôtre habitation du
& Auger de-là
fait obligeans. llavoit convié les deux au Parc. La defcente de Marigot lariviere Saint
Capitaines de Milice afin d'avoir plus Louis eft longue, roide &c fort difficide tems de les inftruire de cC qu'ils a- le: il ne faut pas penfer d'y aller à chevoient à faire.
neur avoit prife, Le Mardij'allai avec Monfieur. & lui en dec de petits reproches tout à à nôtre habitation du
& Auger de-là
fait obligeans. llavoit convié les deux au Parc. La defcente de Marigot lariviere Saint
Capitaines de Milice afin d'avoir plus Louis eft longue, roide &c fort difficide tems de les inftruire de cC qu'ils a- le: il ne faut pas penfer d'y aller à chevoient à faire. Les habitans du quar- val. Jc
tier avoient une vénération toute fin- feroit remarquai cependant qu'il ne
pas impoflible faire un chePere
d'y
guliere pourleur Curé; ilsavoient min. Les Negres que nous avions avec
rebâti tout de nouveau fa maifon qui nous, nous porterent de l'autre côtéde
étoit de charpente, grande & fortpro- la riviere. Nous trouvâmes la montée
pre, avec un fort bel enclos & unj jar- du Parcbien plus facile que la defcente. din bien entretenu. L.esAngloisavolent On avoit faitung petit retranchement fur
épargné PEglife dans l'incendiequ'ilst sfi- le haut, lorfque quelques habitans
rent detoutes celles où ilspurent péne- étoient retirez avec leurs familles s'y en
trer en 1691. elle étoit vieille & toute 1691. mais ilsy avoient fait tfimauvaife
de bois, mais propre, bien entretenuë garde, & s'étoient fi mal défendus
& bien ornée. quand un PartiAngloislcsy: alla vifiter,
Nous montâmcs à cheval fur lesqua- qu'ils lesy laifferent
&
tre heuresaprèsmidi, & nous cotoyâmes dirent la plus grande pénétrer, partic de ce perla riviere depuis environ trois cens pas y avoient retiré. On
cct qu'ils enaudeffus de FEglife jufqu'à fon cmbou- droit le Parc, parce appelle eft renferchure.I Ileft certain que dansu une coccafion mé de tous côtez par rivieres
on
pourroit y arrêter les ennemis; mais fondes & prefque impraticables,
il avoit aucune
PTRE
n'y
apparence d'y faire qu'il eft adoflé aux montagnes
des travaux, tant pour les raifons que portent la Souphricre. Nous en fimes qui
unc --- Page 413 ---
DE LAMERIQUE
FRANCOISES l'en- de renvoyer au camp ceux a quioublient thg6. Toy6. fne bonne partie du tour depuis engagnant d'y-retourner:
le même chedroit où nous du côté étionsentrez, de la mer, & retour- Nous, retournâmes nous étions venus par en vifitant
f pointe côtéoppolé, où nous trou- min que ces,
afind'en bien connant vâmes parle toute f largeur qui nous parut toutes noitre la fituation hauteurs, Sclesavantages qu'on
êtrc dans cet endroit-lade dix-huitcens en pourroit tirer fi les ennemis Y faià deux mille pas. fort bon foient des courfes. Nous defcendimes & nous alQuoique ce polte paroille
chemin. de la coulille,
poure en faire un réduit, MonficurAuger 81 méme ES julqu' d'aul Forttoljours parleshaurefolut de ne s'en point habitans fervir, d'y retirer teurs des érages, dontilétoit important
de deffendre aux
fous peine au Gouverneur de connoitrel clesfentiers,
leurs familles & leurs effets,
les ravinages, les hauteurs, & generaled'être abandonnez, &c cden'avoiraucune des pillages ment toutes les difpofitions du terrein.
, MonficurAuger 81 méme ES julqu' d'aul Forttoljours parleshaurefolut de ne s'en point habitans fervir, d'y retirer teurs des érages, dontilétoit important
de deffendre aux
fous peine au Gouverneur de connoitrel clesfentiers,
leurs familles & leurs effets,
les ravinages, les hauteurs, & generaled'être abandonnez, &c cden'avoiraucune des pillages ment toutes les difpofitions du terrein. sfefouproteétion ni aucune être juflice faits par) lesNe- Ceux qui liront. ces Memoires
qui pourroient leur
font fou- viendront, s'il leur plait, du plan
gres, qui dans ces occafions
je viens de faire de tout le tour de' 2
vent autant à craindre que les ennemis. é- Guadeloupe, & fur tout du quartierdes
Les raifons qu'avoit le Gourerneur, neceflaire que trois rivieres 8cdu terrein riviere qui eftdepuis des Hatoient queil.bielaments réuni dans un mêmc en- le vieux Fort jufqu'a la
le peuple foit
les ar- bitans,ou du mmimndmarcmmuetier
droit, afin que ceux interelleza.facon. qui portent
droit & la page. pour entendreplusaifsmes foient également faut que, ce lieu ait mentcequejed diraidanslesannces au
des fortifica- 1701. fervation. 2. Qu'il la
dc IIfle
& 1703. fujet
communication avec partic puiffe tou qu'onyft faire, dontj'cuslaconquir n'eft pointattaquée. licu 3.Qu'ont les bleflez & duite & la direétion &c encore les tou- Anretirer dans un même
chant l'attaque & le fiege
les malades, Thôpital & les Chirurgiens, glois formerent devant lcl Edtruc delaBafles magazins des vivres derriere & des le munitions camp, à fe-terre en 1703:
diner chez
qui doivent être
facilement &c Le Jeudi 3! Mai, j'allai
portée d'y être conduits necellaire ; Monfieur de la Malmaifon Licutenant
avec l'ordre 8c l'ceconomic habitansfous del Roi. Lejourfuivant jefismesadieux,
& enfin pour éviter queles) lcurs familles, n'a- &je me préparai pour partirleSamedi,
pretexte d'aller voirl & n'y retournent parce qu'on cfperoit quel labarqueferoit combandonnent le camp, font
à préte ce jour-là de bonne heure,
plus. Ces inconveniens ne point me clle lefut en effet; mais Monfieur
çraindre lorfque le, réduit eft derrierele le Gouverneur ordonna au maitre de nc
camp. Il eft bien plus en feureté, abefoin, onen les partir que le lendemain après midi. & Il
tire plus aifément ce qu'on font micux fervis, vint me voir le Dimanche matin,
malades & les bleflez main & mieux m'emmena diner chez lui. -11 envoya
les munitions plus à la
comman- dire au maitre dela barque der mettreen
ménagées, & POfficier quiy
fans
devant le fort, & de m'y attende, équi ne laiffe entrer perfonne &
Seeoje Jepris congé de nos Peres, &cfuivoirle
du Gouverneur,, à Moun vis le Gouverneur.
me voir le Dimanche matin,
malades & les bleflez main & mieux m'emmena diner chez lui. -11 envoya
les munitions plus à la
comman- dire au maitre dela barque der mettreen
ménagées, & POfficier quiy
fans
devant le fort, & de m'y attende, équi ne laiffe entrer perfonne &
Seeoje Jepris congé de nos Peres, &cfuivoirle
du Gouverneur,, à Moun vis le Gouverneur. combien tems il eft accordé,
CHAZ
Tom. Il. --- Page 414 ---
170 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
K6g6,
C H A P I T R E XXVI
1696,
Yoyage de PAuteur de la Guadelonpe à la Martinique,
Deftription des Iles des Saintes. 28E m'embarquai le Dimanche deux petites chambres, une cuifine &
6 troifiéme. Juin fur les cinq un autre petit bâtiment. Le terrein
heuresdu foir. Nousmoiil- qui étoit aux environs fuffifoit pour
lâmesaux
K Ds nuir. Saintesavant mi- faire un affez beau jardin; mais foit
J'ai déjadit qu'on dece Religicux n'aimàt le
vroit plàtôt les appeller les Saints
foit pour d'autres pas raifons jar- il
les
car
,
Trmee
Los. Saintes, leur nom Efpagnol RE le laifoit en friche, ce qui lui attiSantos, parce que les E/pagnols sles roit une infinité de mouftiques & de
& découvrirent le jour de la Touffaint; maringouins. Jele priai en
c'eft du jour de la découverte que de me faire voir les beautez déjeunant
la plâpart des noms ont été pris, Iflc. Nous employâmes unebonne de fon
comme la Floride à caufe qu'elle fut tie du jour à cette promenade, &c nous pardécouverte lej jour de Pafques Fleuries, fimes le tour de file autant qu'il fe
laDominique, &. lieux Sainte Croix, les Vier- peut faire, car on ne peut pas ie faire
ges autres
de l'Amerique: Je exaétement; elle peutavoir autant
m'apperçus nôtre
dans cC petit trajer que l'on peutjuger trois licués de tour. E
barque étoit pelante & mauvai- terre de haut me
fe voiliere, mais il étoit trop tard. Le L'lle qui eft entre parut les deux plus
maître avoit
bales de cotton
petit
RTatE
quelques
& inhabité. Il fert à former le
à prendre.aux Saintes,, avec des volail- qui eft bon, grand, affez feur &c port
less des pois & du mil, ce qui nous fond. IIy y a dans ces deux Ifles pro- de
obligea de nous y arréter tout le Lun- bonne terre dans les revers des mornes
di &2 la plus grande partie du Mardi. & dans les fonds. Les fommets des
Monfieur faire
avoit eu la bonté de mornes, quoique pierreux, ne laiffent
mettre
la barque des proviAT
fions
pas d'être affez couverts de bois. Le
pour mon voyage qui ne me fu- manioc, lespatates, les pois, le
Cemmo: ditez
rent pas inutiles. je me fis mettre à letabac & les volailles y viennent cotton, en ces Ifes, de
le terre Pere dès Lucien qu'il fut jour.
fommets des
Monfieur faire
avoit eu la bonté de mornes, quoique pierreux, ne laiffent
mettre
la barque des proviAT
fions
pas d'être affez couverts de bois. Le
pour mon voyage qui ne me fu- manioc, lespatates, les pois, le
Cemmo: ditez
rent pas inutiles. je me fis mettre à letabac & les volailles y viennent cotton, en ces Ifes, de
le terre Pere dès Lucien qu'il fut jour. J'allai faluer perfeétion. Il y a beaticoup de cheCarie, qui étoit Curé vres ou cabrites, particulierement fur
de CCS deux Ifles. L'Eglife & la maifon PIilet. Ils nourrifent auffi bon
du Curé font dans Tine qui eft fous bre de cochons! Tant que durent nom- les
Terre lev vent, qu'on appelle à caufe de cela, graines fauvages ils font feurs de ne
bas, u7e dela Terre de bas, comme celle qui eft
manquer de ramiers, de
des Hfles au vent fe nomme la Terre de haut. Ea de perriques. Dans les autres perroquets tems
des Sain- CeReligieux me reçut fort civilement, ils ont les
16s. &c me pria d'accepter fa maifon pen- oifeaux de tourterelles, mer en abondance. les grives Laj & les
dant que ma barque feroit moiillée. che y cfb très-bonne, &c l'on trouve péJefus dire la Mefle. L'Eglife cft toute dans les rochers beaucoup de
de bois, petite & affez propre. La ges, d'écreviffes de mer, de coquillamaifon du Curé lic conlitoit qu'en de poupars & de congres. Ils homars, ont aufli
qucl- --- Page 415 ---
DE L'A MERIQU E. 171 1op6
FRANCOISES contre les équipages de trois vaiffeaux MonKogb. quelques bétes à cornes quoiqu'en petit affez Anglois, & avoit donné letemsà de
nombre, parce qu'ils n'ont L'airy pas eft fieur du Lion pour lors Gotverneur délivrer, &
de terrein pour lés nourrir. ces pe- la Guadeloupe, de levenir ceux quilesalliebon & allez frais, parce la mer, de prendre prifonniers Tertre
au milieu
tites Ifles étant
E de quel- geoient, Lc Pere du'
rapporrele de fonHic
on y jolit toûjours du vent fuffit dans fait dans le quatriéme tome
que côté qulvienne, n'être cequi jamais fort toire. fortifié, &
routes nos Illes pour chaleur. Outre le Cepofte eft naturellement il feroit
inconmodé de la
a
peu
y. travaillit,
qui eft entre les trois Ifles, ily
E2 le forcer, 5 pourvà que
deux ances fort jolies,
cuffent des muniEE
T la terre fond de bas eft de fable où l'on peut ceux y feroient & de bouche. Il n'y a
dont le
tions
3 guerre
moiiller & débarquer fort commode- qu'une chofe delagreable dans ces Miles,
ment. Onk lesappelle l'ance du grand8r c'cft le deffaut d'eau douce. Les habitans fourdu petit figuier. de Mi- ont àl la verité deux ou trois de l'eau petites fuffifamNous fàmes voir le eft Capitaine comme délegué ces qui leur donnent mais. elles tarifent
lice deceslfles; ily Guadeloupe de qui ment pour boire; fecherelfe foit plus
du Gouverneurdela auffi-bien que la pour peuquel la &ils font
a
Illes
MASATS
Grande-tercécl ces
dépendent la Defirade.
ans fourdu petit figuier. de Mi- ont àl la verité deux ou trois de l'eau petites fuffifamNous fàmes voir le eft Capitaine comme délegué ces qui leur donnent mais. elles tarifent
lice deceslfles; ily Guadeloupe de qui ment pour boire; fecherelfe foit plus
du Gouverneurdela auffi-bien que la pour peuquel la &ils font
a
Illes
MASATS
Grande-tercécl ces
dépendent la Defirade. Il nous re- conlervér de qu'alordinaite, l'eau de pluye dans des tonçàt fort bien & m'offiit tout de faire ce quid enfor- dé- neaux, desjarres & autrest vaiffeaux, où elle & fe
pendoit de lui. Jelep priai
dans des trous faits en terre
de
te que nôtre barque fut expediéeleplus afin corrompt aifément. Je m'étonnai vû
promptement qu'il feroit poffible le jour leur négligence à faire des citernes, & les
dep pouvoir êtrc àl la Martinique
ont la chaux, le fable pierde la Pentecôte. I
le qu'ils res à difcretion, & je ne fus point fàFarsesc Le Curé le
à fouper avec tisfait de laraifon qu'ils m'en les donne- citerrichefles maitre de la tnu Ce Capitaine fur, qua- rent,. quel Tearenfermée & dans le de la
dupais. nousditqu'ily pouvoit hommes; compter vicux, jeunes, nes contractoit l'odeur cela arriveroit goût au
tre-vingt-dixl bruns & noirs, bien armez, &c chaux. Car quand font faites; il
blancs, état de faire le coup de fufil, & de commencement qu'elles cette mauvaife qualité
deffendrelile8 en
&cles barques quiyvien- eft fe certain que peu à peu,. & que le limouiller. Il nous dit auili que les difliperoit T'eau
tolijours avec elle
nent n'étoient
maisqu'ils mon que
porte dire,, & feroitune
habitans'
pasriches, & qu'avecleur tapifferoit Fond ainfi & fur les côtez de
vivoient commodement, delegumés croute fur Etion
l'eau de
petit commerce de cotton, ils amailoient la citerne qui empécheroit
de tabac & de volailles, étoit aflez bien contraéter aucun mauvais goût,
de
dont T'lle
ne les toucheroit
RLIEE
pourvie. l'argent Je couchai chez le Pere Cu- qu'eile tement. Je leur dis mon ENaa &c. ré. Le lendemain après la Melle,jefus d'un vaif- je leur fis voir qu'il y avoit plus cela d'envoir l'endroit où l'équipage brûlé dans le tétement & denegligenced dans a
feau François qui s'étoit entreles mains de veritableraifons puifque quand mauhavre de peur de tomber
me l'eau contracteroit quelque
des Anglois, > avoiz foutenu un fiege Z 2
vais --- Page 416 ---
172 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
tfigh: vais goût, du moins elle feroit bonne nuâmes affez-bien nôtre
cuifine, pour les beftiaux & pour lever du foleil,
route les jufqu'au t6ga
le linge 2 & leur
parce que vents de
Earte
peine de le venir laver épargneroit la terre qui étoient Nord & Nord oueft
trois rivieres avec beaucoup très-fouventaux de
nous favorifoient ; mais dès qu'ils fe
& de danger,
rifques mirent à T'Eft, nous commençâmes à
Je donnai à diner au Curé &c au perdre maitre de nôtre faire avantage.
lever du foleil,
route les jufqu'au t6ga
le linge 2 & leur
parce que vents de
Earte
peine de le venir laver épargneroit la terre qui étoient Nord & Nord oueft
trois rivieres avec beaucoup très-fouventaux de
nous favorifoient ; mais dès qu'ils fe
& de danger,
rifques mirent à T'Eft, nous commençâmes à
Je donnai à diner au Curé &c au perdre maitre de nôtre faire avantage. Je confeillai au
Commandant des Saintes dans la bar- de
une bordée fur la tcrre
ques &caprés qu'on les euft reporté nous Marie-galante, le
& der moiillerquand
Détart à terre, nous levâmes l'ancre fur les
pourrions faire pour paffer la
desSain- quatre heures
midi
journée, lans perdre ce que nous avions
tes. après
Je me fachai gagné, & le foir nous
guand je vis que, le niaitre de la bar- à la voile, RT profiterions des remettrions
que vouloit paller au vent de la Do- terre, qui felon
vents de Mawvai
minique pour gagner le mouillage de veroient affez pour lesapparences nous éle-Jpuon, duitedu
Sainte Maric qui eft proche de nôtre fur la Trinité; iln'en porter vent largue maitre
habitation, où il devoit décharger fa car entre autres bonnes voulut rienfare, il a- barqus. de la
poterie. Je fis tout Cc que je pûs pour voit celle de ne fairejamais qualitez, ce
lui faire changer. de deftin, parce confeilloit, quelque bon qu'il qu'on fût. lui Il
étoit gu'ayant dure reconnu combien fa barque continua donc de porter au
& pefante, il paroiffoit im- & de dériver à vûë
plus près,
poflible que pous puflions jamais ar- à faire des bordées, d'aeil; & puisil lemit
river à ce point-là; maisje ne pûsrien de
cefutencore pis,
gagner. Il prétendoit que les vents de deux fontequilcuriechagnn heures aprés midi de voir qu'a
terre nous porteroient ccrte même nuit lement perdu, que nous nous n'étions avions telbien loin au vent de Marie-galante, &c qu'à deux lieués au. vent du Trou-au- plus
que confervant pendant le jour notre chat de la Cabetterre de la
avantage 5 ou même l'augmentant en pe. Ilfallut donc
Guadeloufaifant des bordées, nous nous éleve- tes que nous eûmes reporter bien de furles la Sainrions en deux nuits julqu'à la hauteur gagner. Le vent de terre étant peine à
de la Caravelle * d'ou il nous feroit avec la nuit, il voulut tenter venu
facile de nous rendre au motrillage de côté & porter au. vent de la del'autre
Saince Marie, vent arricre. Ce projet que; mais dès nous tûmes Dominiéroit beau & auroit pà réuffir fila bar- del la terre de haut, que lescourans fc au vent
que n'avoit pas été une vraye charette; verent plus forts le
troui fallut pourtant en paffer par là, & entrainerent dans quc lecanal vent, entreles & nous
moitié content, moitié faché, nousiou- tes &ci la Dominique.
del'autre
Saince Marie, vent arricre. Ce projet que; mais dès nous tûmes Dominiéroit beau & auroit pà réuffir fila bar- del la terre de haut, que lescourans fc au vent
que n'avoit pas été une vraye charette; verent plus forts le
troui fallut pourtant en paffer par là, & entrainerent dans quc lecanal vent, entreles & nous
moitié content, moitié faché, nousiou- tes &ci la Dominique. Nous
Sainpâmes, & puis je me mis entre deux te la nuit à louvoyer bord paflâmes fur bord touballes de cotton, enveloppé dans mon gagner autre chofe que de nous lans
manteau, où je dormis une partiedel la lei matin à deux lieués au vent trouver
nuit. Nous
desSaintes. Jc. vis à mon réveil environ deux faire la même employâmes tout le Jeudi a
heures avant le jour, que nous étions gagné un quart manceuvre, de lieué; encore fans étions- avoir
par le travers de Marie-galante, à peu nous heureux de n'avoir rien
près à la moitic de f longueur, & à Nous eûmes la nuit un vent de perdu,
une petitclicuc deterre. Nousconti- fort frais qui nous mit à près de Nord. fix
licués --- Page 417 ---
DE LAMERIQUE
FRANCOISES & à Le Lundi onziémé Juin, fur les dix 16y6. 16y6. lieuès au vent de la Dominique Nous com- heures du matin 3 nous nous trouvâpeu près par fon milicu. nôtre voyage mes à la pointe du Prefcheur. de Je Ma- me
mnencionsabicue efpererde àPaube du jour nous fis mettre à terre à T'habitarion oà jedisl la Mefdécouvrimes quand l-Vendredi deux voiles qui portoient & dumclavenc.Chapiley fe,&ouj je dinai. Elle me donna un cafur nous. Nous nous crâmes avoient pris, été not avec trois Negres 2 &c un Caraibe
nous l'étions en effet fi ciles moment lcvent pour gouverner,, pour me porter jufRenconMaisdansce
Potiche chez Monfieur Michel. tre de Angloiles. tourné à Tkft, nous portâmes qu'au
avoit
fort
deux s'érant
Ma navigation étéjufques-la
Corfai- fur les Saintes, Rremnimedaaicront & une barque ennuycule, lafinfutdes plus perilleufes
restran- gois. aiant end nquelceuncconvente qui aiant recon- que J'eulle cffuyé julqu'alors: lc mor- Danger
qui alloient en courfe, bienavant quc nous A peinc cûmes nous doublé fàmes
Je
nu nôtre bâtiment navoiehtpasvou- ne S. Martin,
nous
prisea. troiue
lescuflions reconnus, afin de nous laifler d'un coup de vent AE furicux, & accom-F4- de ton- teur. lu forcer de voiles,
nous n'allaf- pagné de pluye, d'éclairs
le chemin libre, & que Elles entrerent nerres, que deux barques qui étoient
fions pas nous échotier. où ellesalloient devant nous furent contraintes d'amedans le port des Saintes fe
nertout plat, & de pouger à mats &
des legumes,. & & mocquerent de fa navi- àc cordes. J'aurois bien voulu prendre
EReR fort de notre maitre
terre 2 mais cela étoit impraticable,
que c'eft une côte dc fer où les
gation Nousremimes a la voile à foleil cou- parce lames hautes comme des montagnes
chant, mais bien que nous tuffions les deux en- fe rompoient contre la falaife avec
corc aidez du vend de Nord, vent un bruit effroyable.
umes,. & & mocquerent de fa navi- àc cordes. J'aurois bien voulu prendre
EReR fort de notre maitre
terre 2 mais cela étoit impraticable,
que c'eft une côte dc fer où les
gation Nousremimes a la voile à foleil cou- parce lames hautes comme des montagnes
chant, mais bien que nous tuffions les deux en- fe rompoient contre la falaife avec
corc aidez du vend de Nord, vent un bruit effroyable. Jedis au Caraibe
lieués que nous avions à faire au cou- de virer, mais il fe contenta de me
plus lesj joursprecedens, entrainoient 8cles a- dire en fon baragouin: Compere na pas
rans ger canal qui nous
en tenir peur, f canot tournétoi tenir caur
vec d'autant plus de force que nous fort. Lcs Negres qui parloient mieux
étions plus proches, furent caufe que
lui me dirent qu'il étoit impoffinous ne plimes nous élever qu'environ car Btc de virer, & quil falloit fc refouune licue au vent de lal Dominique: fa dre à perir, ou à continuer le voyage. nôtre pilote ne voulut plusreprendre fut meil- Je pris patience. A tout hazardjeme
premiere route, 2 quoiqu'ellc
dépotillai. ne laiffant fur moi que mon
leure que celle quil fuivoit. entier caleçon & mon chapeau. En cet état je
Nous paffames le Samedi tout
m'aflis au fond du canot, duquel j'avois
& toute la nuit du Dimanche à faire la foin de vuider l'eau detoutesmest forces,
méme manceuvre fans pouvoir nous &j'avoisaffez d'affaires; carcommel les
élever plus detrois lieués. Enfinlejour de lames font courtes prés de terre, , le
de la Pentecôte le maitre refolut Martini- Caraibe nc pouvoit pas empécher qu'il
porter furla Baffe-terre de la
n'en entrât quelqu'une par nôtre avant. que, & de moiiller s'il pouvoit au & Cependant les trois Negres & lui traPrefcheur pour prendre de l'eau,
vailloient comme des defefperez, les
attendre un vent favorable pour re- la Negres à nager, le Caraibe à
monter à Sainte Maric en rangeant Jes lanes. On peut croire que F
côte. Z 3
eX- --- Page 418 ---
174 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16y6. exhortois de mon mieux. Nous arri- meurer plus long-tems dans celle
vâmes enfin à l'embarcadere du Po- il fe trouvoit, qu'il ne la
ce- où 16y6;
tiche où nous nous échouâmes bien der fans un ordre exprès du pouvoit
plus heureufement que nous n'ofions & que commei iltrouvoit fortjufte Superieur, que
ciperer. Je pris du linge &c un habit je travaillaffe pour
fcc dans mon panier, & je fis laver prioit d'agréer y. tâchât rentrer 2 il me
le refte dema dépouille dans la riviere ferver, puilqu'on qu'il lui avoit de s'y conparce que tout étoit moûillé d'eau de fitivement de l'y laiffer, & promis pomer. Jc montai chez Monficur Michel tenterd'une
deme conoàjefus reçû à l'ordinaire.
&c un habit je travaillaffe pour
fcc dans mon panier, & je fis laver prioit d'agréer y. tâchât rentrer 2 il me
le refte dema dépouille dans la riviere ferver, puilqu'on qu'il lui avoit de s'y conparce que tout étoit moûillé d'eau de fitivement de l'y laiffer, & promis pomer. Jc montai chez Monficur Michel tenterd'une
deme conoàjefus reçû à l'ordinaire. Ondonnaà revinfle de la autre façon en cas que je
boire &camangeri.ceux qui m'avoient
me
Guadeloupe. Je ne crûs
conduit, & je les recompenfai large- Taze Jeluidis devoirbeaucoup feulement expliquer avec
ment de leurs peines. J'appris que le nu pourle voir, dire la quc Melle j'étois vePere Rofié mon Confrere ne comptoit nuer mon voyage. Ilme de 8conti- refter
pas de me rendre ma Paroiffe, & qu'il adiner, maisjele remerciai. pria
s'en étoit expliqué éainfi à pluficurs per- la Meffe, à la fin de laquelle'la Jc fus dire
fonnes. Les voifins de Monfieur Michel demes Paroifliensme vinrent faluer, plâpart &c
aianciçû que j'étoisarrivé, me vinrent me dirent en fa prefence que jen'avois
voir, &m'offrirent de faire figner une qu'à parler, & quedès le
Requéteà à toutela Paroiffe pourdeman- députeroient vers leGouverneur mémejourils
der alIntendant & au Gouverneurge- ral & lIntendant pour me faire geneneral que. je fulle reintegré dans mon ma Paroiffe. Je les priaiden'en rien rendre faipofte. leurs Jc ne crus pas devoir accepter re, & comme je vis que cesoffres moroffres, je les remerciai de leur tifioient mon Confrere, &
bonne volonté, étantrefolu de ne m'a- roirpeu-éncptchauftr rde part qu'on pourdreffer qu'aux Superieurs delaReligion, tre, je montai à cheval
t8cd'auperfuadé qu'ils me rendroient juitice. vis en paflant le Pere Breton &cje le
& couchai
ET Rds
je foupai
chez Monfieur Imbert, &c j'arrivai: au fond S., Jacques
Michei. à l'heure de diner. Le Mardi 12 Juin il me donna un Lel Pere Cabaffon nôtre
Tarrive cheval & un Negre pour porter mon rut furpris de me voir, il Superieur me
panier, & vint avec moi Macouba. PACNEN
afataau
des nouvelles dela
& feireifedu Les habitans qui démeuroient fur le gnit de n'avoir Guadeloupe,
Macon- chemin,
& nous
pasreçû lalettre par laba. m'acompagnerent,
quelle je lui mandois que ne voyant auvinimes tous mettre pied à terre au cune apparence de faire travailler au
Prefbytere. Lc Curé parut étonné de canal,jem'en retournerois auffi-tôt
me voir arriver fi bien accompagné 3 j'aurois achevé cc quel Monfieur que
il m'a avoué depuis qu'il avoit cràd'a- fouhaittoit de moi; il me dit Auger nc
bord que je venois prendre poffeflion m'attendant pas fi-tôt, il avoit que été
de ma maifonde baute lutte, &clemet- obligé de donner ma Paroiffe au Pere
tre dchors.
ut étonné de canal,jem'en retournerois auffi-tôt
me voir arriver fi bien accompagné 3 j'aurois achevé cc quel Monfieur que
il m'a avoué depuis qu'il avoit cràd'a- fouhaittoit de moi; il me dit Auger nc
bord que je venois prendre poffeflion m'attendant pas fi-tôt, il avoit que été
de ma maifonde baute lutte, &clemet- obligé de donner ma Paroiffe au Pere
tre dchors. Après les complimens or- Ronié, mais qu'il trouveroit le moyen
dinaires il me tira à part, & me dit de me contenter. Jc lui répondis que
gu'on n'avoit pas penfé que je dûffe fansmettreenligne decompte lesdépenrevenir fi-tôt, qu'il n'cût quittéfa fes qu'il fçavoit que j'avois faites pour
Paroiffe, s'il cût crû ne REaA pas de- mcubler la maifon Curiale, j'efpcrois
qu'il --- Page 419 ---
DE LAMERIQUE Pere Rofié, afin 1696,
FRANCOISES dès le lendemain au
comme
gogb. qu'il fc fouviendroit de la parole je croyois qu'il qu'il prit li-deffus fes mefures Nous rentràm'avoit donnée, très-feurement. furlaquelle Le di- ille jugeroit la maifon à propos. aufli-tôt que j'eus
devoir fc compter fans plus parler de cette mes dans ma
au Pere Chavagnac,
ner palla Dès nous tûmes fortis de donné
Pere Superieur,
affaire. quc
lc Pere Cha- qui frappas portedu
fa comte
table, il cmmena aveclui alloit conful- & lui fit de la fortit réuiffite avec de empreflevagnac. Je vis bien qu'il
fe tirer miflion. PEAUEeS
les
ter fur ce qu'il avoit âf fairepour dans une cham- ment, m'embralla, venoit mc de renouvella me faire de
d'embarras. Jemeretirai mon Breviaire & me repo- promelfes &c qu'on que dans toutes les
bre pourdire
d'afaires fa part, m'affura
moi cC je
fer. Nous ne parlâmes comme Superieur occafions il feroit pour celle-ci. me
mais
Ees
dans
en
lui
E
fc fut foupant; retiré dans fa chambre en fortant faifois pour aufi du foin de la Paroifle du
de table, le Perc Chavagnac étoit main chargeai Marigot, parce que nous n'avions ToTE
mon ami
la
&c qu'étant
TStS
panieulleromepatp pren- fonne
remplir,
de va-
& meconduifit dans lei jardin clair de pctite ERE ne m'empecherait pas
dre le frais; il failoit un RLIOEE
queràmest bâtimens. Le plus confidera- une
lune, & il fçût fi bien me tourner FedeS bleétoit une pargeric, c'eft-à-dire les formes
je confentis à demeurer avec luiaut bâtimens Tongue gallerie ou lon porte les y
'S.Jacques jufques à ce
fabri- dc fucreau fortir dela fucrerie de lui donner pourl cent
étoit obligé de pourlaf
Je réfolus
cme
qu'on du fucre blanc, fuflent achevez, ou travailler.
une, & il fçût fi bien me tourner FedeS bleétoit une pargeric, c'eft-à-dire les formes
je confentis à demeurer avec luiaut bâtimens Tongue gallerie ou lon porte les y
'S.Jacques jufques à ce
fabri- dc fucreau fortir dela fucrerie de lui donner pourl cent
étoit obligé de pourlaf
Je réfolus
cme
qu'on du fucre blanc, fuflent achevez, ou travailler. pieds de longueur fur trente de
r moins en état d'être continuez fans vingt avec des appentis d'un côté de
affiftances & que cela étant fait, Iargeur,,
& de mettre l'étumon
quinze pieds delarge,
je ferois maitre de retoumerimaParoiz ve au bout des appentis. ic, & quc le Superieur en donneroitavis
C H A P I T R E XXVII
La maniere de faire les Canots. DelaCbaux, da
Du Pommier des IRes. du Moillon é des Pierres de taille. Sailes
d'arbre plus à la main pour faire
Juin, je pris
befoin 2, qu'un
a 3GXE Mercredi Negres 13 avec
EE canot dont j'avois Cottonnier: rouquelques &je fus dans les bois de E pommier. On l'appelke & à la nouvelle Ef
geas S. Domingue vois la raifon de ce
tatseaendhroemms bres feroient neceflaires pagne. Je il ne ne E cotton niduvet,
faire la R du bâtiment nom, &c n'a car rien qui approche porte des arbres qui
pour & un canot pour aller cherdu' cotton de quelque elpece
projetté, cherla chaux. Le mauvais état de nôtre portent foit. Pomtemporel, nous obligeoit à mettre tout qu'il La feuille de cet arbre eft toutefem- mier el
en ceuvre pour épargner afin de pouvoir trouvai blablc à celle du pommier d'Europe Cottonfatisfaire nos créanciers. Je ne
pour --- Page 420 ---
176 NOUVEAUX VOYAGES AUX
1696. pour la figure & pour la couleur, mais verné à la
ISLES
nier elle elt deux fois plus grande &c plus Lorfque pagalle. Tarbre eft a terre &
rouge. épaiffe. Son écorce eitrougeatre, épaif- de la
coupé Mariefe d'un bon pouce, toute tailladée; elle
longueur on
qu'on veut donner au rede
eft peu adherente & fc Jeve facilement, canot, être creufé, choifit le côté le plus plat/ure les
parce que l'arbre eft rempli de beau- pour ce côté,
On tourne l'arbre fur caners,
coup de feve. Il paroit de couleur de
pendant doit étre qu'on le fond. travaille lc côté
chair lorfqu'on le coupe, mais il fe à oppolé celui-ci qui une
On donne
décharge & devient a mefure qu'il fon milieu figure T'on un peu platte dans
fe feche. Ileft CURRR a les fibres lon- qu'on arrondit que appelle la femelle,
gues, le grain fin, ilcft leger, fc cou- qu'on
infenfiblement des côtez. à mefure
pe & fe travaille aifément, mais ils ne lerend s'approche plus ferme que s'il étoit Cettefigure
dure pas long-tems.
é celui-ci qui une
On donne
décharge & devient a mefure qu'il fon milieu figure T'on un peu platte dans
fe feche. Ileft CURRR a les fibres lon- qu'on arrondit que appelle la femelle,
gues, le grain fin, ilcft leger, fc cou- qu'on
infenfiblement des côtez. à mefure
pe & fe travaille aifément, mais ils ne lerend s'approche plus ferme que s'il étoit Cettefigure
dure pas long-tems. Le foleil le fait fait rond ou
comme rout-ifendré &c les vers s'y engendrent & le d'un vailfeau, coupé
le deflous
percent à moins qu'on n'ait foin de le roit
&
que iens pour lors.il fetenir
volage
deffusdefBRLELSTE
biengaudronné, &càcouvert quand fous pour
ne
on ne s'en fert poinr. leflé. Cette peu qu'il fût pas affez
Jel loiiaî deux Mulâtres charpentiers le retourne, & Partic on le étant met achevée, fur des on
dc canots qui étoient efclaves d'unl habi- tiers pour le creufer. On fait chantant de la riviere Capot, nommé Cour- quatre trous de tarricres dans trois le ou
tois, avec lequel je fis marchéà quinze pour
lui fond doit
écus pour la façon du canot, & un écu donner, compirelépauifurqion, & la laifler égale tout le
à chacun des deux ouvriers de recom- de la femelle jufqu'à la naillance long
penfe à la fin de l'ouvrage, avec leur pointes, où on laifle
dcs de
nourriture. L'arbre que je fis abattre bois, c'eft-à-dire beaucoup plus
fe trouva propre pour faire un canot tout le dedans cft d'épailleur. creufé, & Lorlque ne
de vingt-neuf pieds de longueur fur: refte plus qu'à le doler & le qu'il on
quatre Pieds de large dans fon milieu. fait entrer par force des rondins polir, de la
Je le fis faire en pirogue,. c'eft-à-dire, groffeur du bras, tout le
de fes
pojntu &c relevé par les deux bouts, côtez en dedans, pour les long ouvrir &c
paree que comme les. mers font fort écarter le plus qu'il elt poflible, & on
rudès dins nos quartiers,jétois bien aife les y laide jufqu'à ce le bois étant
qu'on pût s'en fervir fans être obligé de parfaitement fec iln'y que ait de danvirer. 'Ce qui m'étoit arrivé cn venant ger qu'ils fe refferrent, & plus fe
de la pointe du Précheur au Potiche prochent. On tourne le canot qu'ils fur rap- un
m'avoit fait fage. Jc ne fçai fi on fcfou- côté pour doler l'autre, &c lui donner
viendra de ce quej'ai dit dans un autre l'épaifleur que l'on
à
endroit quele canot differe de la piro- eft pour les grands juge trois bons propos, qui
en ce que celle-ci eft pointue &rc- à la femelle en diminuant peu pouces à
RNAET par les deux bouts, &ne fe gou- jufqu'aux bords,, où on ne laifle peu
verne qu'avec la pagalle; au lieu quele qu'un pouce ou environ.
l'autre, &c lui donner
viendra de ce quej'ai dit dans un autre l'épaifleur que l'on
à
endroit quele canot differe de la piro- eft pour les grands juge trois bons propos, qui
en ce que celle-ci eft pointue &rc- à la femelle en diminuant peu pouces à
RNAET par les deux bouts, &ne fe gou- jufqu'aux bords,, où on ne laifle peu
verne qu'avec la pagalle; au lieu quele qu'un pouce ou environ. On lui le
canot n'a que l'avant fait en pointe &c avec Pherminette & la tille courbe polit &c
fon arriere qui eft coupé quarrément ou creufe. Onsjuflelesnaifinces des
en poupe, ,ad'ordinaire un gouvernailat- tesenménagrant de petites
pointaché, bien qu'il puiffe étrc aufli gou- partent de l lemelle, & qui nervàresqui marquent
com, --- Page 421 ---
DE LAMERIQUE
FRANCOISES
& toûjours affez plats. Ils 16y6. 16p6. comme la fn d'une qulle,lorfqu'uneoe quelarges, fontt tousremplis de petits trous comme
téeft achevé, on retournel le canot de desrayonsd demiel. Lorlque cetteplante
en faire autant à l'autre. On a ERSE eft jeune & tendre & qu'on la rompt,
ménagerdans.ac concavité de petiteséle- du bois, il en fort une liqueur épaille &1 blanche fuc
vations prifes dans Tépaifeur des rainures commedulait. il faurquecef efoitfont & la nourdans lefquelles on creufe bouts des toftes, ou la feve qui la fait croître
tenpour y faire entrer les ou bancs fur rit. Les extrémitez font toûijours
c'eft-à-dire, les planches
J'en dres, & s'égrainent facilement quand
lefquels s'affeyent ceux qui nagent. dettinois ce on les preffe dans la main mais avant quells durfis mettre cinq. Comme Sc des picrres, foient Torties de l'eau;
elles & nc
canot à porterdel la chaux fut leger; je ciffent dès qu'elles ont pris Tair, Cette planje ne me fouciai pas qu'il qu'on ne s'égrainent facilement. comme la
lui fis donner plus d'épailleur je lui fis teou pierre Erte blanche
neige, on en
leur en donne ordinairenent; dedans pour le pefante & compaôte. Quand
mettre des courbes liens par de fer à chaque
une du patte dedans, c8cqu'on on cxaminela.con- voit
fortifer,aveetroisl
Pour Aeotiene
melure
bout. Ilfurachevéenq quinzejours. res & fes parties fe refferrent
STEEE
lors je fis marché avec un jeune homme qu'elles sapprochent du centre, & que
dul Bourg Sainte! Mariep pourp pécherdela d'une les fibres des tiges ou pieds font
chaux âu une petitc ancc, éloignée
& celles des pattés,
CEX
demie-licué ou environ de ce Bourg, diculaires, tales. Cette chaux à une odeur fort apqu'on appelle PAnce Sazerot. aux Iflesdu prochante de celle du goémon quandon mefure
ehaux La chaux dont on fe fert croit dans la la tire de lamer, qu'elic perd à
des Ifes Vent, eft unc plante dans uncinfinité qui
d'en- qu'elle fe feche.
une petitc ancc, éloignée
& celles des pattés,
CEX
demie-licué ou environ de ce Bourg, diculaires, tales. Cette chaux à une odeur fort apqu'on appelle PAnce Sazerot. aux Iflesdu prochante de celle du goémon quandon mefure
ehaux La chaux dont on fe fert croit dans la la tire de lamer, qu'elic perd à
des Ifes Vent, eft unc plante dans uncinfinité qui
d'en- qu'elle fe feche. del la pécher; la Deue
dulent, mer. Elle vient la
dans Ilya a deux manieres
corde au maniedroits, mais on ne péche de trois que braffes premicre eft d'entortiller une font dans resdeccux qui n'ont plus vient dans des
del laj plante, que ceux qui
fetr
de profondeur. Ealare
E canot tirent de force;ilsr rompent chaux. lieuxplusprofonds croit à fon aife, juf f le pied &enlevent la plante toute
lui donnantplus tiere. Onf fefert de cette maniere quand
letaibetinhsmsini aflez deforce pour refitter à l'impetuo- il ya plus d'une braffe d'eau. Loriqu'il à
fité de la meragitée,elle fe rompt&ceft y en a moins les pécheurs côté fe mettent d'eux; ils
emportée fur la côte, onronlaramalft. eftrondou ova- Peau ayant le canot à des
Le pied de cette plante d'oûi ilfort du brifent les tiges ou pieds ou avec del
à l'endroit
de
Ltue
les ils'élargit
un bourletquie en- avec dés pinces
pour
fond
ferrées,
It
vironnit commefic'étoitu le pied pour le foûtenir & le ne perches cc qu'ils ont rompu AET le metfortifier. Quand cette. tigeaun pied & de fe prendre tre dans le canot, car la chaux vrai ne flothauteur ou environ, elle s'élargit font tepas, fur tout lc picd. Il eft
branches qui
viennent RE
partage en plufieurs à
doits; c'eft les extrémitez des pattes les
écomme une main donner plufieurs le nom de patte l'eau, 8 flottent quand on rompt mais dès
ce qui lui a fait
en- tant encore jeunes & tendres;
fede chaux. Ces doigts s'élargillent & ceux-là qu'clles fe font imbibées d'cau,
fuite & en Pouffent d'autres,
par
Paaet
d'autres. Tous font plus longs lonles apparencess s'infinue
de
encore
Aa
Tom. Il. --- Page 422 ---
178 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
166. de la rupture 3 ellcs coulent au fond. qu'elle pouffe des branches de côté & 1606
Com- Soit que cette plantefereproduife par d'autre; caril n'eft pas croyable que la
mnent lesracines qui reitent au fond dela mer, nature ceffe d'operer &c de
cesre foitquela liqueur blanche qui en coule quand elle a commencé à le faire produire, avec
planrefe quandon la rompt, lui ferve comme de tant de vivacité. dait, repro- o germe & de femence pour renaitre & Le four dont on fe fert pour cuire la
en com- pouffer denouveau, ileftcertain qu'elle chaux, eft de maçonnerie ordinaire. Il
biede AsBi-Sonufoehbilo
eft fait comme
Figure
rems. en a eu une fois ne s'en dégarnilientja- ohily bout leplus étroit un eft entonnoir, vers la terre. dont On le desfours achaux,
mais. adolletotjours ces fours contre un terQuoiqu'ellef foit dure & compaéteyelle rein élevé, afin de pouvoiraller.
veau, ileftcertain qu'elle chaux, eft de maçonnerie ordinaire. Il
biede AsBi-Sonufoehbilo
eft fait comme
Figure
rems. en a eu une fois ne s'en dégarnilientja- ohily bout leplus étroit un eft entonnoir, vers la terre. dont On le desfours achaux,
mais. adolletotjours ces fours contre un terQuoiqu'ellef foit dure & compaéteyelle rein élevé, afin de pouvoiraller. de
croît affez vite. J'aiexpérimenté étantà pied fur le bord, êcles
plein
la Guadeloupe, qu'aiant faitrompreou iément que s'il talloit charger y monter plus avec aipécher, comme on dit auxIifles, de la une échelle. On choifit autant qu'il eft
chauxal'ance des fontaines botillantes, poffible un lieu voilin d'une riviere, ou
autrementl'Iflet àGoyaves, entrelaterre deq quelqu'autrecau, pour la commodi-
&un rocher, nommé T'Hermitage, qui téd'éteindre la achauxquand elleeftcuieneltéloigné d'environ cent où il te. On donne depuis huit jufqu'à dix
n'ya Pas plus de quatre pieds F demi à pieds-de Sasodfomacataias
cinq pieds d'eau, & où les plantes de & dix à douze pieds de profondeur. On
chaux étoient prefque à fleur d'eau, & laifle en bas une ouverture de deux
empéchoient lcs canots de paffer quandje &c demi en
qui fert pour pieds metles fis rompre; il m'arriva vingt-deux tre le feu quand quarré, on commence la cuifmoisapresquep pafantlanuitpar) rleméme fon, &c pour retirer la chaux à mefure
endroit, le canot ouj'étois s'arréta tout qu'elle tombe en cuifant , loriqu'on
court,comme s'il eut échouéfurunbane continuë de charger le four de bois &
dei fable; je fisamener) lavoile pourfon- de chaux. der &voir ce quinous arrétoit, & nous Lorfqu'on veut
un four, on Maniere
trouvâmes nous étions échoûiez fur emplit de bois fec charger le fond de l'enton- de les
les plantes 3G Chaix, dont j'en rompis noir, fans
le preffer ni le fouler. cbarger
quelques
avec la main, de forte On met par rdenis quelques buchesd'un o cuire de la
que nous TEELA affez de peine à nous bois dur, qui fe confume difficile- chawx. tirer d'affaire en rebroullànt chemin, ment, comme le raifinier, le bois le-
& nous fûmes obligez de faire le tour zard, le chatanier, l'oranger & autres
du rocher, après avoir effayé le pala- femblables; on les taille comme pour
ge en plulicursendroits, ou nous trou- faire un grillage, & on met deffus
vâmcs par tout la Chaux haute & environ un pied &x demi de our coupé
trop forte. Cette plante T crué de
morceaux & accommodé uniment. quatre à cinq pieds en vingt-deux mois. B: met la chaux fur ce bois. Quand
Jene croi pas qu'elle falle tant de pro- elle eft jeune on met les pattes toutes
grésauxlicux ou la mer eftrude, com- entieres, mais quand elle elt vicille 1
me font lcs Cabefterres. J'ai remarqué ou que les morceaux font gros, ou
qu'elle ne pouffe jamais au deffus de la
ce font des tiges qui trop font
furface de l'eau.
quatre à cinq pieds en vingt-deux mois. B: met la chaux fur ce bois. Quand
Jene croi pas qu'elle falle tant de pro- elle eft jeune on met les pattes toutes
grésauxlicux ou la mer eftrude, com- entieres, mais quand elle elt vicille 1
me font lcs Cabefterres. J'ai remarqué ou que les morceaux font gros, ou
qu'elle ne pouffe jamais au deffus de la
ce font des tiges qui trop font
furface de l'eau. Il faut quand elle eft ft dures &c plus compsétes que toujours le rearrivéc à çe terme, qu'elle groffife ou ite; onlocuigempmesavet uneméchante --- Page 423 ---
DE L'AMEF RIQUE.
179 & 1Gy6.
FRANCOISES cuifentmieux rope, qu'elle fe cuit plus aifément, On la peut
iep6. chante hache, On afin donneà qu'ils ce litde chaux qu'elie foilonne étcinte dans foffes comvite.
A2ESA
Scplus d'épailfeur. On fait énfuite conferver
mais il eft mieux dela
un bon lit de pied bois une fois plus épais la me en Europe, en
elle perd moins de
un
doit mettre deifus, ce on garder poudre, éprouvé que le mortier
chaux qu'on
lc four, & mê- fa bonté. Jai
chaux vive
continuéainlia àt remplir
au
faifois faireavec dela
bien
me àl le charger trois ou quatre pieds lits de EaAS fechoit plutôt, & faifoit corps la chaux
deffus defes bords, de differens Après
promptement que quand tems. Cetchaux & deboinaliernacwemene eft achevé, on met le feu au EetE éteinte depuisquelque m'a
dc me fervir
que cela dont le fond du four eft rem- te expérience de obligé chaux vive. Il eft
bois fec
aux autres cou- prefque tolijours mange un peu le bout des
pli, quifecommunique debois. Autant qu'on le peut faire vrai qu'elle
maisla peau revient
ches mieux fe fervir de bois verd que doigts des maçons, & d'ailleurs c'eft à eux ày
il vaut
le
fait un fans ceffe,
del bois fec, outre que premier beau- prendre garde & à s'y accoûtumer. toute
feu plus vif,ileft certain qu'ildure eft fec.
La chaux que l'on trouve par
davantage que celui
&
la grande terre de la Guadeloupe quand même
lcbois fe
dans la terre, eft de
sactE
cpares elletombe dans lc 5deg on fouille
l'on
à la
la chaux fe -
nlaretire cipece difficile celle que d'en rendre péche raifon.
duf four, d'oh reclaiqutenalefoint
mer. TTER
toute Pétendué de Conjecavecun fourgon quiett gpoiparlebont Seroit-il pollible que
ne fut taride
d'une bande de fer en croiffant, Oncharge quilai terrein compofe cette Hle haut-fond FAufertaufia à retirer lescendres.
dans les pallez, qu'un aiant far
chaux
debois 8dc i.dofuadufourams fe rempli de plantes de Chaux,
'oh reclaiqutenalefoint
mer. TTER
toute Pétendué de Conjecavecun fourgon quiett gpoiparlebont Seroit-il pollible que
ne fut taride
d'une bande de fer en croiffant, Oncharge quilai terrein compofe cette Hle haut-fond FAufertaufia à retirer lescendres.
dans les pallez, qu'un aiant far
chaux
debois 8dc i.dofuadufourams fe rempli de plantes de Chaux, fure ce qui eft deffous s'affailfe,
les
taa
beaucoup crà & rempli
E
cuit tombe, 8con peutd continuerainfi
elles,
GuadeTE
8t
cequelescendres étoient entre
loupe.
jours jufqua
ont enfin hauffe leterrein
marted
pluficurs
CRFE
femultipliantt trop, mpechenctaras àt fe retirer & à laifler à fec toute la fuparlat bouche, & de faire confumer
Cette conjeêture toute extraEV bois en cuifant la chaux.
eft perficic? ordinaire
paroiffe d'abord, n'a
La chaux que l'on retire du four
qu'elle rien d'impofible, & devien9uali- resdela mife à côté dans une place d'elle- l'on a pourtant dra même affez vrai-(emblable à ceux
chaux. deftinée pour cela. Elle fc Reaa
fans prévention. Car
même en peu de tems, & fe réduit en quil'examineront énfin en fuivant le commencement de
une poudre blânche comme la la neige, farine ma fuppolition, ces plantes aiant crû
déliée, fine & douce comme l'éteindre en &
tout T'elpace l'eau occude froment. Si on veut
d'eau poit,, font enfin TasFe lune l'auun
IE
fortant du four, on jette peu
les parties fupericures fc font rédeffus, &caufi-tôt eile fe met en pou- tres duites en poufliere & en terre; les
ne fe conferve en
dre. Elle
pierre
feaux y ont laiffé tomber les graines dc
elle n'eft cuite.
ont
&
ERE
quand
eft gralfe & fort te- quelques arbres, qui germé &la pro- nane beaucoup; très-habiles connoiffeurs qui duit ceux nousy voyons, d'autres ne
nace. De
conviennent
ture y en Tat ai germer
aux: qui auont été aux Ifles,
celle qu'eile d'Eu- font pas d'une elpece commune tres
eft beaucoup meilleure que
Aa 2 --- Page 424 ---
180 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696, tres & endroits, comme les bois marbrez bon que pour faire des enduits. On
violets. II ne feroit pas indigne dela trouve d'autrequi eft plus
en r6n6,
curiofitédes gens qui y demeurent, de tre, qui fait du bruit
gros, grila- Sable
faire foiiller en differens endroits pour c'elt le meilleur quand'onleremus, gris. connoitre quel eft le fol, jufqu'à quelle matieres. pour toutes fortes de
profondeur on trouve cette pierre à Le troifiéme eft de couleur d'ardoife
chaux, enquelle fiuacionelicelrépan & fort fin. Je n'en ai
voulu Sable
dué fous l'épaiffeur de la terre &c autres ployer, parce qu'il m'a jamais
cm- noir. circonttances qui pourroient ruiner ou fant, & peu
bien trop pefortifier ma
propre pour
incorlete
conjeéture. Sijavois fait porer avec Ja chaux.
ondeur on trouve cette pierre à Le troifiéme eft de couleur d'ardoife
chaux, enquelle fiuacionelicelrépan & fort fin. Je n'en ai
voulu Sable
dué fous l'épaiffeur de la terre &c autres ployer, parce qu'il m'a jamais
cm- noir. circonttances qui pourroient ruiner ou fant, & peu
bien trop pefortifier ma
propre pour
incorlete
conjeéture. Sijavois fait porer avec Ja chaux. travailler à la grande terre comme j'ai Il faut avoir foin avant
Précaufait à la Guadeloupe, je n'aurois pas le fable de mer, de le renfermer d'employer dans tion
manqué de faire queljueruncideccire un quarréfait avec des planches
décherches. nuès par des piquets, & de l'arrofer foute-Pwr faler le
Chaux llyauneefpecedechaus appelléeGin- d'eau douce, lorfqu'on n'ett dans Jable mer. de
appellée Gingem- Eobopeeaslkarondie en quel- la faifon des pluyes, afin pas
bre. que maniere du Gingembre pour la fi- tout lefel qui y eit attaché. d'emporter On obfergure. Ellen'eft pas à blanche que celle ve pour cela que Paire où Pon le metait
quieft péchéerécemment, & n'efl gue- aflcz de pente pour l'écoulement
res plus longue, &c plus groffe que le eaux, parce que fil'eau dont on le lave des
pouce. Ilyades Ances qui en font quel- y. demeuroit, ce feroit une fatigue inuquetois stoutes couvertes, après de grof tile, & on le trouveroit aufi falé
fesmarées. Cenefont quedes morceaux fortant de la mer. qu'en
de chaux ordinairequelar mer a rompus, Pour du fable de
& que lcs flots ont arrondis en les rou- trouvé, quoique j'aye cavejen'en fait travailler aijamais &
lant jufque fur le rivage. Cette chaux- fouiller en differens endroits &c à
eftl bonne, mais ellcelt plus dure à cui- fes profondeurs. diverre que l'autre, & c'eft ce qu'elle a de Ont
des Terre
avec
ueoenbeeopdedois
commun celle de la grande terre. baffest terres de la
Chaux On fait encore de la chaux avec de
Martinique &c de la grafe,
de co- groffes coquilles, qu'on
Guadeloupe, en fouillant depuis trois
quillage. bis, des Cafques, des Porcelaines appelledesLam- &au- graile jufqu'à de cinq, couleur pieds, une certaine terre
tres. Toutes ces manieres font très-bon- ne pour maçonner. grife,qui On s'en cftrès-bon- fert toute
nes, mais elles font dures à la cuiffon & feule & fans chaux pour faire des
confument beaucoup de bois,
de clôture & autres
murs
Sable de Nousn'avons que deux fortesdefable élevez, &c
quincfoient pas tort
riviere, aux Iiles. Celui de mer & celui de rivie- fiderable à qui porter. n'ayent pas unp poids conrc. Cedernier fi on n'y prend garde eft font fecs on leur fait Lorfque un
ces de murs
fouvent mélé de beaucoup de terre, & & de fable, de crainte crépi chaux
quand cela arrive, il ne fait pas un bon les pénctre & ne les que la pluye ne
mortier; quandil eft puril eft très-bon, ne lont bons que dans dégrade.
Celui de mer & celui de rivie- fiderable à qui porter. n'ayent pas unp poids conrc. Cedernier fi on n'y prend garde eft font fecs on leur fait Lorfque un
ces de murs
fouvent mélé de beaucoup de terre, & & de fable, de crainte crépi chaux
quand cela arrive, il ne fait pas un bon les pénctre & ne les que la pluye ne
mortier; quandil eft puril eft très-bon, ne lont bons que dans dégrade. lcs Cesmurs oùr
s'incorpore bien avec la chaux, &c fait l'on prend la terre
quartiers
une fort bonne liaifon. qui compofe le morSable de Lefable de mer cft de trois fortes. Il tier, res Parce qwonytrouveautidap picrblanc. mer yenadcblanc qui cft allez fin; il n'eft Nous qui liaifonnent nous fervons avec de ce mortier. cinq ou fix
for- --- Page 425 ---
Tom H.Pag. L80.
Gengembre.
Chauc des
Isles .
Four a
Chaioc
Patates. --- Page 426 --- --- Page 427 ---
E. FRANCOISES DE LAMERIQU à prendre le mor- 1696,
de
au lieu de moillon. féquent plus propre
1696. fortes Lespremieres pierres font cellesqu'on trou- tier. Lestroifiémes font les éclats que l'on d'eclass. Pierres
Dift- ve dans la mer & dans les rivieres,, qui tire des
roches, ou à coups de
rentes
Les unesfonclites
groffes
chauffer pour
ejpecerde font dedeux efpeces. elles font malie, ou en les failant dire à bien Remarpierret. & unies comie une ou glaces ovales. Il faut les éclater. J'avois entendu les rochers & re
prefquetoutess rondes foit
bon des gens que fendre il falloit les niere de
que le mortier parlaitement les unes les cailloux erpts plus durs, étoient faire
pour lier ces fortes de que picrres leurdureté & arrofer de vinaigre loriquils connu par expé- éckater lesroavec lesautres, parcc
T'empéche bien échaufez. J'ai
que d'em- chers. la liffure de leur fuperficic
rienced equec'étoiti uneinurilitéq 1lfe peut
d'y pouvoir mordre. Oniesfendquand
awenaigreheeruoge
elles font groffes, & on met lecôtefen- &c ployer bien faire le premier qui a donné
afin que le crépi
une
quantité de
Pierres du en parement,
cet avis,
grande
SS
defer. T'enduit puiffent attacher. Les au- vinaigre dont il vouloit fe détaire. Fai
tres font ALAaTL &c inégales. Ons'en fait éclater des rochers d'une grofifcur
fert avec plus de fuccès que despremie- la très-confiderable, fans sautreceremonic
res; car bien que le mortier ait de que de les arrofer de quatre ou biene- cinq
peine ày mordre,acaulc de leurstrous leurdureté & fccaux d'eau,
ils étoient
ls'aréie neanmoins dans
chauffez.
tres font ALAaTL &c inégales. Ons'en fait éclater des rochers d'une grofifcur
fert avec plus de fuccès que despremie- la très-confiderable, fans sautreceremonic
res; car bien que le mortier ait de que de les arrofer de quatre ou biene- cinq
peine ày mordre,acaulc de leurstrous leurdureté & fccaux d'eau,
ils étoient
ls'aréie neanmoins dans
chauffez. Les SIANET levedecette
leurs inégalitez, & compofeun tout qui maniere font très-bonss ils font ils
font
Fear
a dela tenuc. Ces
couleur pefantes, de fer. T'ordinaire pluslongsqucl & font hauts;
d'un grain
très-bien
parpain. CEREL
Pourréufir dures,
en fc fervant de ces roches, fonnent Les quarriémes font les roches à ra- Roches
il faut toûjours les mettre en bain de vets,
font àrasati
que dans
hapeentncsneesd fielles
mortier, S ne les employer
toutesremplies detrous,commer
les fondations ou le bas dés murs. avoient étérongées par ces infeêtes
fecondes font celles qu'ontrouve
endroit. Adee
Les
mornes. Elles font j'ai décrits dans unautre
en fouillant dans les felon la qualité ieulementieur feper@otelurouteogus on
pierres de differentes efpeces,
Baffe- onlest strouveencore demême quand
grifes. du terrein où on les trouve. Alal ri- les rompt. Elles approchent! beaucoup
terredela Martinique, & jufqu'ala & af- pourl la confiftence 8cpour la bonté,du aux
viere Capot, clles font poreules
moillon l'on tire des carrieres
fez legeres; elics fe fendent aifément, environs ddc Paris. Elles portent bienla
prennent bien le mortier & font une charges cllernedemandent past un morbonne liaifon. Elles foit grifes. mor- tier tropgrass elles font de couleur bruCelles quel'on trouve dans les dures & ne & allez legeres. J'en ai trouvé en &
nes des Cabefterres font plus de même beaucoup d'endroits alal Martinique dans les
plus pelantes, &c à peu
àla mer, àl la Guadeloupe, & fur tout
eipecc que cclles qu'on ont étéen- mornes voilins de la mer. les pierres de Pierrei
où felon les
font
-
apparences débordemens des rivie- Les cinquiémes
depencss
trainées les
des côtes. Com- Ponces. Elles font admirables pourfaire
res, oul Ere éboulemens frotéles unes des voutes; ellest font legeres, fecoupent
me elles n'ont pas encore
eft aifément & prennent! lei mortier comme
contre les autres, leur luperficic con- des éponges. On entrouve dans toutes lcs
moins unic, plus raboteult,8 par
A a 3 --- Page 428 ---
182 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
rg6. à les la Bafas-terresdeslies. J'enait trouvé avis qu'il étoit arrivé dans l'Ifle un 16g6
Guadeloupe, au bord de la mer, tierdeterre, foi difant
en
dans un petit morne appellé le Morne
ouvrier
me
doréprès la ravinc Billau, quiportoicnt ce,&cs'accommoda une fayencerie qui auroit aveclui bientôr pour établir
jufqu'ad ideux piedsde longucur,
neré en poterie au préjudice dela degede large & autant d'épailleur.
'Ifle un 16g6
Guadeloupe, au bord de la mer, tierdeterre, foi difant
en
dans un petit morne appellé le Morne
ouvrier
me
doréprès la ravinc Billau, quiportoicnt ce,&cs'accommoda une fayencerie qui auroit aveclui bientôr pour établir
jufqu'ad ideux piedsde longucur,
neré en poterie au préjudice dela degede large & autant d'épailleur. ES Lai
Jc fus furpris de voir faire un nôtre. lité deles tailler m'avoit fait refoudre à les autres bâtimens neceffaires four, à &c
les employer pour faire des merlons &c manufacture, connoiffànt affez le terrein cette
autres ouvrages jedevois faire faire
au Fort, files s.eunte euffent tardéun deraAbbepotrigavoiro de terre propre pour qu'il ccla; n'avoit mais point fus
peu pluslong-tems à nous rendre vifite. bien plus étonné
il me vint je faire
J'en ai fait des plates-formes pour des un long difcours quand me
batteries. J'en ai employé à des four- étoir obligé
fon prouverqu'on &
ncaux, &
prochain,
Wa
par toutj'en ai été content. particulierementl fesvoifins,
Terre On trouveenl beaucoup d'endroitsdes lesfervices
confervoientl'u- aveclelquels
propre pourles terrespropres; pour faire dela; poterie & nion, & referroient réciproques les nceuds de l'amibriques. des briques. Cettederniere eft plus com- tié. Pour commencer, me
mune que l'autre. Ilya alaMartinique vous offretoutce quieften dit-il, je
&cla Guadeloupe des poteries où lon &je vousaurai une
monpouvoir,
travaille les pots & lestormes pourfaire d'en difpofer à vôtre obligation: finguliere le remerle fucre blanc; mais on n'y fait pas de ciai beaucoup, & lui gré. rendis Jc le même
droit briques,
que le profit ne répon- compliment ajoûtant néanmoins que
TLfORA dépenfe. LeP-Templequ l'offre que k lui faifois étoit de
avoit été Procureur de nôtre maifon de chofespuifque je ne pouvois peu de
lal Martinique, fe mit cn tête d'établir rien fans le confentement de dipofer mes Conchez nous unel briqueterie, & en effet,' freres. Ilm'apprit
il fit taire une quantité confiderable de verfation l'entreprife danslafmitedclacon- qu'ilavoitfaite; il
briques; mais fon ouvrier s'étant reti- cxagerabeaucoupl Putilité & la commoré, V5S1AMCNSS-CNg dité qui en reviendroit à tout le
vouloient lui dérober fon méticr, l'en- qu'à la verité il lui manquoit une
échoiia.
freres. Ilm'apprit
il fit taire une quantité confiderable de verfation l'entreprife danslafmitedclacon- qu'ilavoitfaite; il
briques; mais fon ouvrier s'étant reti- cxagerabeaucoupl Putilité & la commoré, V5S1AMCNSS-CNg dité qui en reviendroit à tout le
vouloient lui dérober fon méticr, l'en- qu'à la verité il lui manquoit une
échoiia. ERUIL
de treprife
J'ai trouvé beaucoup eflentielle qui étoit la
mais
ces briques; elics étoient bien faites avoit compté
ne teire, ferois dedif- qu'il
& de bonne matiere, mais elles man- ficulté de lui queje laiffer prendre PE la nôtre
quoient de cuiffon. ce qu'ilen auroit beloin. Je lui
Nous avons depuis bien des années que toute nôtre Communauté répondis citimoit
une poterie établie dans nôtrehabitation tropf fon amitié pour rient faire
de la Guadeloupe > où nous faifons des jamais alterer : mais qu'en lui quilaptt fournif
pots & des formes pour blanchirle fucre, Tant de la terre pour fa poterie, nous ne
des thuiles & des carreaux quand nous manquerions jamais de nous brouiller,
en avons befoin, avec d'autant plus d'a- parce que felon le proverbe, un potier
vantage, que nous avons chez nous une porte toljours envie à un autre
veine de terre excellente pour tous ccs & que l'envie étant l'ennemie potier,
HifloiCapitale
ouvrages. Je me fouviens qu'étant Sin- de Tunion, il valloit mieux abanrede Labbe dic de nôtre Maifon, un Prétre de nos donnât fon projet de poteric, qu'il & nousle
dLien, amis appellé l'Abbé du Lion, ayant eu plaifir de lui fournir de la terre, quede
nous --- Page 429 ---
DE LAMERIQUE. 1606. FRANCOISES dans le oà le terrein eft plus rouge, plus gras,
nous mettre les uns & les autres
plus compaÉt, participent aux mémes pierres detail1696. danger derompre une amitié quejevou- de la qualitezs, elles iont d'ordinaire eft de cou- le ro1slois cimenter autrement qu'avec bon- leur d'ardoife claire; le grain &
fin; geatrth,
terre. Ces raifons me paroiffoient cC ellesfontpefantes &c dures fort on fujet- fçait
nes, maiselles ne contentoient point tout tes à avoir des clouds. Quand
bon Seigneur,, qui fe plaignit par lui bien les prendre de fil & les travailler
de ma dureté &de la perte que d'cfprit je
avec oin,ellearendent l'ouvrage beau, d'en
caufois 5 comme fi un homme fçavoir &clesarrétes affez zvives.J'en elfayai faire
comme il étoit, ne deterre devoit avantd'en- pas
fairepolirquelques morceaux bien,
doit fefournir
fomeg
qu'on
descarreaux, iisfe poliffoient
treprendre de faire des
maisjer n'aip point éprouvéd'ent rayez fairefcier. & ta- Efus"
jereviensà à préfenta péchoit EEReRKt la chaux, je J'enai trouvé qui étoient être une elpece de demar- bre. Pendant Negres, quon dont l'und étoitdemi- chetez, que croi ai pointfait mettre en
lolaideuxl
2 & marbre; je:
Fa
maçon & demi-tailleur de Je pierre joignis à ccuvre, parce qu'ils étoient trop durs, de
l'autre étoit fon apprentif.
Efus"
jereviensà à préfenta péchoit EEReRKt la chaux, je J'enai trouvé qui étoient être une elpece de demar- bre. Pendant Negres, quon dont l'und étoitdemi- chetez, que croi ai pointfait mettre en
lolaideuxl
2 & marbre; je:
Fa
maçon & demi-tailleur de Je pierre joignis à ccuvre, parce qu'ils étoient trop durs, de
l'autre étoit fon apprentif. de & qu'ils m'auroient confommé trop
ces deux ouvriers deux jeunes Negres fervis 8c tems & tropd'outis. Ont srouvedetres. ellesfont
nôtrehabitation qui m'avoient l'inclination grofiesrochesd sdans) les rivieres,
en quij'avois remarqué réfolus de de les con- dures, &à enjuger leur
ce métier, 8cje
bâti- ellesontplusl
que pierEaret
de faire mes
OSELES
Ecmet tous quatre &
du
res de taille : je fuis pourtant
mens, fans employer les maffons pays quclionfevouloite donner un peud
qui étoient fort chers &c fort imperti- nc, onles tailleroit. Celles dont on
E
nens. efpe- fertaux environs del Rome, qu'onappel
Je me mis donc avect mes quatree la pierre de leTravertin, font bien plus dures,con
ces de maffons sachercherde les
droits, nelaiffep pas des'en fervir. le pierre
taille pour les coins fermetures 3 pieds des portes & Je trouvai dans VINet Marie qui a la Cabefter- forme violetles appuis 8clcs
mouillagede Saintel trois gros blocs 16. des fenétres. l'on employe plus ordinai- re de la Martinique 1. mélée de
Celles aux que Ifles font de deux fortes. d'une pierre prelque violette, fin&
rement Toutes eclles que l'on trouve dans les Polmhouagers-blanes. d'ungrain me failoit
Pierres
dela natureduter- bien pleinesscetted découverte le commencement
detailefperer ce feroit
-
Lafes-terrestichmene
ontle
que
legri- rein; elles fontg grifes, poreules,
d'unecarriere, sjefust trompé, aprésavoir
fa. grain
elles fe taillent aifément, & fait fouiller en pluficurs endroits je ne
mais SCTAA font fujettes à s'égrainer, font trouvai rien davantage. Je tirai environ
jamais les arrêtes des moulures dans ne les ri- cent foixantequartiers de cest trois blocs. bien vives. On les éboulemens trouve de terre, J'en fis faire les portesdel lapurgerieyelvieres & dans des
avalaffes ou leétoitaflez dure &c franche&cletravaillorfqu'il arrive de d'eau. grandes On en trouve loitfortbien. les Ifles ducul-de-fac
des débordemens creufant, &c c'eftunpur Ontrouvedansl
afquelquefois hazard. Iln'y en 2 pointde carrierescom- François, feztendre, umfonedepiuncbianeits pleine, franche & d'un bon
me en Europe. Cabefterres grain. Elle refifte au feu pendant quelCellesquel'ont trouve aux
que --- Page 430 ---
184 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
1696.
ien. les Ifles ducul-de-fac
des débordemens creufant, &c c'eftunpur Ontrouvedansl
afquelquefois hazard. Iln'y en 2 pointde carrierescom- François, feztendre, umfonedepiuncbianeits pleine, franche & d'un bon
me en Europe. Cabefterres grain. Elle refifte au feu pendant quelCellesquel'ont trouve aux
que --- Page 430 ---
184 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
1696. quetems,après quoi elle fc delite. Elle tourner quand voudrois,
Pierre eit bonneat toutes fortes d'autres ouvra- ordonné à celui je
qu'ila d'en avoit 16j6,
desaille ges & fetravaille ailement. Sij'avois eu tir dèsquejep quil'occupoit forBlanche. la commedinéd'emavoir,) je n'aurois pas dre ma place paroitrois, au fond St. 8.devenir Jacques. me
manqué de m'en
mais la
Eete
fervir,
dépenfe remercioit en termes fort
des
auroit été tropforte. foins que j'avois pris, &c m' 'affuroit obligeans
Tuf femble Ilya une clpece deTufjaunâtre qui reconnoiffance &de celle de la Miffion. defa
jaune. d'abord bon à quelque choie, Il me prioit de venir
un
mais il fe mange aifément, & n'eit pas deux chaque femaine au Paffer jour ou
capable deporter la charge. J'en ai em- pour faire achever les Fonds.Jacques ne
ployéaulicu de fable, après l'avoirf fait l'étoient pas. ouvrages qui
fecher au foleil &c l'avoir battu comme Je me préparois à m'en retourner au
on bat le plâtre. Ilfait un bon mortier, Macouba au commencement de Decemqu'il faut mettre en ceuvre prompte- bre, lorfque nous aprimes sque le P.Rament, parcequ'ilfefchel fort vite. ticr qui deffervoit) la Paroiffedul MouillaC'étoit dans un terrein de Tuf où je ge étoit mort de la maladie de Siam le
fis creufer les fondemens de la purgeric troifiémejourq qu'ilenavoit été
que je faifois bâtir. Je le trouvai à deux Commeilyavoitp
attaqué,
pieds & demi & trois pieds de profon- nombre de malades pourlomuntre-grand à la
&
deur. C'étoit un avantage pourmoi, & gu'il étoit
Balle-terre,
j'aurois pà m'en tenir-là fans creuferda- pût fubvenir inr-@hreeiP-Smponkus à tout, puifque par cette
vantage, maisj jevoulus faire une demie- mort il étoit demeuré feul enunlicuoà
cave fousunep partie du bâtiment, c'eft- ily avoit du travail pour cinq out fix Reà-dire, quiétoit toute en terre de deux ligieux, je dis au P. côtez, & formée par des murs des deux tois rélolu de l'aller Chavagnac fecourir. quej'é- 1l ne le
autres côtez, où leterrein étoit cencoftic- voulurjamais permettre. Ilme
Tc. Mon bâtiment fut prétàlaf find'Oc- fes raifons de demeurer en fa forçapar
tobre à recevoir la charpente. LeP.Su- me charger du foin de la Maifon, place &de des
perieur le vint voir & enf fut content.
olu de l'aller Chavagnac fecourir. quej'é- 1l ne le
autres côtez, où leterrein étoit cencoftic- voulurjamais permettre. Ilme
Tc. Mon bâtiment fut prétàlaf find'Oc- fes raifons de demeurer en fa forçapar
tobre à recevoir la charpente. LeP.Su- me charger du foin de la Maifon, place &de des
perieur le vint voir & enf fut content. Je travaux &de la Paroiffe qu'il
voulois faire des chambres pour) les Reli- jufqu'à ice que le P.Superieur y deffervoit, pût metgieux au deffusdel Péragedur irez dechauf treordre, Spartit dès lelendemain maiée, mais nous ne. nous trouvâmes pas en tin. Iltrouva en chemin une lettredu P. état de faire cette dépenfe. Je preffois Superieur quinous étoit commune,
mes charpentiers tant que je pouvois, laquelle il nous donnoit avis de la mort par
& cependant je fis sfairel'étuve. du P.Ratier, 8cnous conjuroit de nous
Vers la fin du mois de Novembre j'é- accommoder enfemble,de
crivis au P. Supericur que j'avoisrempli denouss vintl le fecourir. manierequ'un
mes engagemens, quc la maçonnerie c- Ce fut ainfi qu'au lieu de retourner à
toirachevée &c la charpentepofée, & que ma cherc folitude du Macouba, j'entrai
je le priois d'executer fa parole, parce dans un labirinte d'affaires & d'emplois,
quej'étois bienaifed'aller palferles Fêtes dont n'ai pû rompre l'enchainement
deNocl avec mes anciens Paroiffiens.
qu'un
mes engagemens, quc la maçonnerie c- Ce fut ainfi qu'au lieu de retourner à
toirachevée &c la charpentepofée, & que ma cherc folitude du Macouba, j'entrai
je le priois d'executer fa parole, parce dans un labirinte d'affaires & d'emplois,
quej'étois bienaifed'aller palferles Fêtes dont n'ai pû rompre l'enchainement
deNocl avec mes anciens Paroiffiens. Il qu'à t fin dei7or.lorique; jefus député
merépondit quej'étois le maitred'y re- parlaN Million pour venir en Europe. Fin de la Seconde Partie. --- Page 431 ---
Pag. 185
ES
M E M OIR
DES
VOYAGES
NOUVEAUX
FAITS
AUX ISLES
FRANÇOISES
E.
D 2 E
LA M E RIQU
IROISIE ME. PARTIE
E M I E R.
H A P 2 I T R E P R
éli Procureur. Syndic de la Mifion de la Martinique. Des difLAuteur ef
dans les bâtimens. Maniere de couvrir les maiferois bois gu'on employe avec des tétes de cannes 014 de rofeaux.
fons
Supericur me promit quc fi-tôt qu'il 16gG.
y6y6,
E Jeudi 20. Decembre16s6. arrivaau nous fcroit venu quelque fecours de
le Pere Superieur
France,je ferois. maitre de quitter mon
fond sumtjomen,demedn Syndicat, & de reprendre ma Paroiffe.
que lelendemain spresmidi me Cc fut ainfiqu'au licu dei repos que je
tous nos Curez voilins
d'alier goûteraul Macouba,
viendroient prier d'accepter la Charge Mif- mepreparois dans un labirinthe d'affaires &
de Procureur-Syedic de nôtre convain- jentrai de charges dont je n'ai romprel'lenfion. Il m'en pria, &c me
chainement qu'a la fin 8E 1705.lorique
par de bonnes raifons Le que Pere je fus député en Europe pour lesaffuires
StLr faire ce écrivit facrifice. aulli dans les E nos Miflions.
Chavagnac m'en
L'Intendant qui avoit fuccedé depuis
termes les plus forts, de forte je
mois, à Monfieur du Metz de
cedaiaux prieresden nos Peres & à lirc ne- quelques fcachant la difette où nous
ceflité.
fur la demif- ELA étions Religieux,, auffi-bien que les
Lezi.j je fus élû Syndic & le Pere Jeluites & les Capucins, & que J'étois
fion du Pere Chavagnacs 5
Bb
char- --- Page 432 ---
186 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. chargé de deux Paroiffes & de nôtre abfolument depuis le fommet jufqu'au 16p6,
temporcl, eut la bonté d'ordonner
pied,oà elle ne manque pas defaireu une
les Paroifliens de Sainte Marie & 9uG ouverturc, & neantmoins l'écorce &
Marigot, fe réuniroient à FEglife du l'aubier demcurent tout entiers comme
fonds. Jacques qui eft çomme le centre G1 l'arbre étoit parfaitement fain. La
de cesdeux Paroiltes, &qu'elle ferviroit feuille decet arbre eft petire,longuette,
del Paroiffe communejufqu'à ce que nous mince, &d'unverdelair. Son écorcecft
euffions receu dui fecoursdeFrance. Ce- grife, & aflez mince, fort adherante
la me fut d'un grand foulagement. quand l'arbre cft fur picd, mais elle fe
Cet Intendant étoit.
'arbre étoit parfaitement fain. La
de cesdeux Paroiltes, &qu'elle ferviroit feuille decet arbre eft petire,longuette,
del Paroiffe communejufqu'à ce que nous mince, &d'unverdelair. Son écorcecft
euffions receu dui fecoursdeFrance. Ce- grife, & aflez mince, fort adherante
la me fut d'un grand foulagement. quand l'arbre cft fur picd, mais elle fe
Cet Intendant étoit. Monfieur Robert détache facilement & s'enroule lorfqu'il
feur Mon- Ro- frere du Procureur du Roiau Châtelct eft abbattu. Le bois eft brun, & plus
bert, In- del Paris, très-honnête hommc, integre, onapproche du cceur, plus ilfe charge
tendant vigilant, affable, fansprévention &ctort avec des teintes de differentes nuances. des yfes. expeditif: il a demeuré aux Iiles juf L'aubier eft gris, & ne differe prefqu'en1703. qu'il fut rappellé
ocen rien de la bonté. dela dureté &
cuper l'Intendance de Breit. Eatuat Jurec du coeur. Il a les fibres longues, s
moitinfiniment danslepais, onl'aimoit fines S fort ferrées. Ileft capable dep
de mêmc, on l'a
il eft ter quelque charge que ce foit, il
TRE
regretté fort quand ordinaire,
ni dans l'eau, ni al'air, ni dans la
parti, ce qui n'cit pas
gite terre. Onfe fertde fes branchcs, quand
mais qui fait fon éloge. une infinité de bois elles font
être debitées
Bois) pro- Ilyaa aux Iles
dontonpour- en cartillage, trop petites à faire Sotd bardeau ou efproptepourhchegente
EAEE char- roit fe fervir indifferemment 2 s'il ne fentes dont on couvreles maifons: celpense. s'en trouvoit Pormgurkgusumanténs les quifont faites ducaeur durent près de
durs & un peu difficiles atravailler, que
ans. J'en ai và de cet âge qui
font
encorc bonnes. One
nos
employeau
ouvriers rebutent paice qu'ils
2ecate
la plûpart fort faincans,
méme ufageles carcaffes dont le cceur
Lesbois qu'on employe lespou- eft gâté. Onvoit allez par cequejeviens
tres ou fommiers font le boar lezard, de dire que cebois eft facileatravailler, Il
qu'on appelle bois d'Agoutià la Guade- fur tout à la hache & à la belague. loupe, lcboisl Epineux, leBalatas,P"A- eft plus' dicile à débiter en planches,
comas, l"Angelin ou 18 Palmifte tranc: PHRirbrTmnEnT dents de la fcie,
On employe lesmémcs bois pourlesfo- qui engorgeles
&cqui
les, les fablieres, Ics entraits, lespoin- oblige les fcieurs à la limer fouvent, 2
çons, les
&clesfaitages. Pour ét s'ils fçavent leur métier, à jetter
le refte on LETESTA des bois que chacun a de l'eau dans' la voye que fait la fcie. chez foi. Cette matiereeltamere, & cleft ce qui
Lebois Lezard où d'Agouti cft ainfi fait que les vers &c les Poux de bois ne
Bois zard Le- o' appellé, parce que ces deux elpeces d'a- P'attaquent gueres
qu'ila entie- fervi
dAgon nimaux fc retirent dans fon tronc quand beaucoup d'années, qu'elleett
RA
f. il eft crcux, ce quiarrive bien fouvent. rement diffipéc.
Cette matiereeltamere, & cleft ce qui
Lebois Lezard où d'Agouti cft ainfi fait que les vers &c les Poux de bois ne
Bois zard Le- o' appellé, parce que ces deux elpeces d'a- P'attaquent gueres
qu'ila entie- fervi
dAgon nimaux fc retirent dans fon tronc quand beaucoup d'années, qu'elleett
RA
f. il eft crcux, ce quiarrive bien fouvent. rement diffipéc. Les Hlés étoient autre- &
Il ne faut qu'une de fcs branches être fois bien pourviés de ces arbres bonté de &
rompuë par le vent, ou par quelqueau- beaucoup d'autres de parcille
tre accident pour donner lieu àleau de utilité: mais on cn a fxit une 6 prodila pluye des'y introduirc, & dc penetrer" gieule diflipation, qu'ils font à furleurs prefent
julqu'au caur, qu'cile gite & pourrit ines-rane,Stquecux quicnont! terres --- Page 433 ---
DE LAMERIQUE
FR A NCOISES bois étanti employé en charpente n'eft 1696. 1696. terres les gardent cavec foin, ou les ven- bon qu'à couvert parce qu'il s'échauffe
dent! bien cher. enmoteraunisni (ans le pouvoir avoir; il aifement. bois
eft de deux fortes, BoisEpite &cdix écus,
faind'un Le épincux
& de neux. eft vrai qu'on me le garantifoire porter mâle & femelle. La feuilledel'un
bout à l'autre, & qu'il pourroit & près de Pautreeft ovale; décompée furlesbords, odeurde
quatre pieds étant équarré,
rude, d'un verd pale, ed'une la
dans
quarante fix pieds de avecquanti- verd aflez. forte quand on broye affez 6té de trés-groffes
la main. Son écorce eft
CISA
grife,
Bois Le bois Caraibe a la feuille prefque
adherante, tacherée de petites
Caraibe. ronde, rougeitre, & comme f clleétoit écor- pailfe, marques blanches, rayée & commet tailun brûlec, dure, calliante; fon des ladéc. elle eft couverte de
filets, comme
legerement:
à fcs branches
ce ETaR n'elt longs point du tout adhe- beaucoup d'épines, plus d'oû elles
cordes; Sier
feche; elle & fon fommet quifon pied,
rante 2 & paroit mince. toûjours Il cft difficile .tombent à mefure que l'arbre nommer grandit. eft d'ailleurs fort l'aubier du refte du bois. Cefontccs épinesqui l'ontf d'aubier tfait
a
de dittinguer
fortes &1 roides: Bois Epineux. Lc peu fa couleur qu'il
Ses fibresiontlongues, fend une bille de cinq ou ne diffcre en rien du coeur, eft pâle
quand on en
le milicu, il eft eft jaune claire; la femelle plus
fix pieds de long
de toute cette quelemale, 8oc'eftlàt touteladifterenee
aifé de tirer des Fies eft de couleur de qu'onyr remarque. Cebois eft tcompacte;
longueur. Ce bois
mais il de- ilal le grain fin 8c1 les fibres fort (errées;
chair quand on le coupe;
fe fe- il eft liant & peut s'employer en toutes
vient blanchâtre à mefure n'eft qu'il fujet fortes d'ouvrages:il il eft pelantavant que
che. Ce bois eft fort &c
pas d'hami- d'être fec.Sionl lec débite enp planchesalfe
ale gâter,, parce qu'il a peu
fcie fortbien, &c prendt bienlep poliauffdité.
1 les fibres fort (errées;
chair quand on le coupe;
fe fe- il eft liant & peut s'employer en toutes
vient blanchâtre à mefure n'eft qu'il fujet fortes d'ouvrages:il il eft pelantavant que
che. Ce bois eft fort &c
pas d'hami- d'être fec.Sionl lec débite enp planchesalfe
ale gâter,, parce qu'il a peu
fcie fortbien, &c prendt bienlep poliauffdité. On le trouvé ordinairementdans dans des ter- bien quand on le travaille au tour. des coftieresy & rarement I eft roide &c HERSES enterre, dansl'eau, à couvert les
reins gras. & aquatiques. il faut qu'il Scàdécouvert. Comme ileft doux;
capable d'un grand poids; de
il
de boiss'y engendrent aifément;
plic benucoup avant
bran- Eties feul deffaut qu'on y remarque. vient allez grand; ata peu ESL On s'cn fert fouvent pour faire desjanches, qui ne viennent qu'àl latétc. de J'en tes & des rais de roûc, dont le moyeu
ai trouvé qui avoient plus quarante fort eft de coutbamloudetvennmte Ons'en
vlages pieds de. tige, prelque toûjours fort gros,les fert beaucoup pour les ouvrages de mepre da droits;ilst nc viennentjamaisf
nuiferie. Ileft fort fujet à être creux;
Bois Ca- plus gros quc j'aye trouvez n'arvoient c'cft
quand on lcs achette fur
raibe,
à quatorze pouces d'équarriffage. oufix pied, pourquoi il faut faire fon marché à condiba petits quinc portent cinq à faire tion qu'il fera fain & entier. Arbre
pouces de diametre, ReRCS
Lel Balatsettuntre-bel arbre; ilde- appellé
des Alcches de charettes. J'enaifitfare très-bonnes & vient fort grand 8 fort gros. Sonécor- Dalatas,
des effentes qui étoient fc fend aifé- ce eft mince & peu adherante. les fibreslon- C'eftun
faciles a faire, parce qu'il
pren- bois fec, rougeitre, qui a
Ils'ément, & que quandlouwrierfçatry à doler. Ileltvrai gues & preffécs, &cle grain gros. Il
dre fon fil,. ily apeu
fur tout quarit facilement qu'il nelefcic. ces effentcs durent
ce cit
de fupporter un tres-grand
un endroit humide. c
aus. Ergrnur
poids,
Bb 2 --- Page 434 ---
188 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. poids, parce qu'il eft fort roide. Onen l'autre. Il ne faut pas confondre cet ar- 1696,
Groffeur trouve affez fouvent qui portentjulqu'à bre avec le palmier; il ne
gieafe prodi- trois trois pieds & demi d'équaniflage, en aucune forte. Le mâleeft lui reffemble
AunBa- &i'en ai fait débiter un à la Guadelou- la femelle eft un peu plus blanche, rougeitre, La
basas. pe qui avoit plus de cinq pieds étanté feuilte de cet arbre eft affez
quari, & quarante-deux pieds de
longue, forte & dure L'écorce grande, en eft
La feuillc de cet arbre cft petite, Ro épaiffe d'un demi
Le mâle
& raboteufe.
ft lui reffemble
AunBa- &i'en ai fait débiter un à la Guadelou- la femelle eft un peu plus blanche, rougeitre, La
basas. pe qui avoit plus de cinq pieds étanté feuilte de cet arbre eft affez
quari, & quarante-deux pieds de
longue, forte & dure L'écorce grande, en eft
La feuillc de cet arbre cft petite, Ro épaiffe d'un demi
Le mâle
& raboteufe. Il croît pour l'ordinaire rougeitre, & la femelle pouce. l'a
l'a
dans des coftieres & en d'autres terres che. L'aubier de lun & de l'autre plus blanfeches & pierreufes. Ons'en fert pour beaucoup fur le blanc; il eft
tire
toutes les grofles picces de charpente, vers, &n'eft past tropbon; maislecceur fujet aux
comme les poutres, les entraits & au- dure trés-long-tems étant à
oa
tres. On en fait aufli de l'effente, des tout-à-fait dans l'eau. On s'cn couvert, fert
Arbre rais de roies & des dents de moulin. groffes pieces, à quoi feulement il aux cft
-Asomas. appelli L'Acomas, felon lelangage deschar- bon, car il ne fe travaille
pentiers, eft le roi des arbres à bâtir. ment,
que fes fibres jamais poliIl eftadmirable dans la terre, dansleau, ment,
toûjours feleventaifédans
Ererder
l'air, commc à couvert. On en égal, &p pleinde petites efquilles l'ouvrageinpeut faire) les plus groffispiccadechar- tachent aux mains quand on les quis'atpenterie & les pluspetites de menuiferic. deflus. On trouve de ces Arbres paffe
Il vient tres-grand & trés-gros. Son font fort gros & fort droits. qui
écorceeita affez épaifle Sadherante; elle Les bois dont on fe fert le à la
eft brune & taillidée. L'aubier & lc Martinique pour le cartelage, les plus lattes
coeur ne fe
:
diftinguent qu'avec peine 5 & lcs planches, font les bois de
ils font l'un & lautrede couleur d'écor- bois doux ou de montagne, bois riviere, amer,
ce d'orange feche, mais il fe décharge bois de rofe, bois de cyprès & de Facabeaucoup en fechant. Ce bois cft com- jou que les Elpagnols appellent cédre. & plein; il a lc grain fin, aufli- Ce dernicr y eit à prefent trés-rarc, &c
les fibres lont fort ferrées. E
que
qui
par confequent fort cher. Il ett doux à travailler; il fe polittrés- Le bois le plus commun eft celui de Bois de
bien; il eft fort roide, nes'éciatepoint, riviere a qui fe nomme bois refolu à riviere
&n'eft gueresfujet aux vers ni aux poux la Guadeloupe. On cn trouve tout refode bois. Ceux que Pon trouve dans les excepté fur les bords de la mer par &c dans #
bonnes terres ou auprès des rivieres, les terresmarécngeules. Cetarbre vient
font plus grosque ceux que l'onrencon- fort grand &c bien branchu. Sa feuille
tre dans les terres feches & pierreules. eft de la grandeur de la main, affez
Il pouffe une tige fort haute avant que pointue parl le bout. Ses nervûres font
dc fe fourcher ;1l pouffe enluite de tres- tort élevées; elle eft d'un beau verd
grandes &c de trés-groffes branches.
ieres, les terresmarécngeules. Cetarbre vient
font plus grosque ceux que l'onrencon- fort grand &c bien branchu. Sa feuille
tre dans les terres feches & pierreules. eft de la grandeur de la main, affez
Il pouffe une tige fort haute avant que pointue parl le bout. Ses nervûres font
dc fe fourcher ;1l pouffe enluite de tres- tort élevées; elle eft d'un beau verd
grandes &c de trés-groffes branches. Sa pardeffus, &; pluspilepardellous. L'éfeuille ett ovale, atiez.grande, un peu corce en eft grile,
peu adhedentelée vers la pointe, d'un bcau verd rante hors le tems de mince, la feve, Car alors
& fort douce. elle eft très-fortement attachéc au bois
Talmife Le Palmifte eft mâle &c femelle. Le qui eft plus
d'cau
de derx mâle fe nomme Angoli. La femelle tre arbre de rempli
qu'aucun auelpeces. conferve le nom de Palmifte. La cou- cajou. Scs fibres l'Amerique, font longues, excepté droites, l'aleur feule fait la difference del'un & de médiogrement prefiees auili-bien quele
grain --- Page 435 ---
E. FRANCOISES DE L'AMERIQU & pourd'autres 1696. grain. Ce bois eft bon à tout cc qui eft virpourlachargenteie. de duréc, dansledécours,
36ys. hors de terre. On en fait des planches, de ufgesquifonto &c méme dans les derniers jours de la
du cartelage, deseffentes, fe fend des fonds bien, & lunc, fionveut letconterveriong-tcm la
bariques. Ilfe fcie &
&c les preferver des vers & del pourriil eft travaillé avec foin, &cquand il fepo- ture: mais il faut prendre garde qu'ils dans
bien. Il eft un peu pelant,
ne foient point en feve, parce
3 fur
Sre
on le fcie il eft fujet à fe fendre
ce tems-là le bois eft tout
d'huTNrE
tout vers le coeur, & quand lesouvriers les billes midité, fes pores font ouverts, &c & fes
font larges. 1lfautalors que de fcie partics éloignées Tunedel'autre,
ayent foin de donner un
très- fulceptibles
ERRLEE
dans le milieu de l'épaiffeur corle chaque confequent Jafemenced edesvers, ou del les produirep
y faire entrer une lianne,
feve
eft
RHEEE
planche pour
dehors des la corruptjon de la
fevcs
dont lcs noeuds paroiflant
mée. Les arbres des
TASt CartLICE
deux côtez, entretiennent le boiss &c an; la premicre qui eft la plus conT'empéchent de s'éclater. fiderable, par
ic remarque au commenceBois de Le bois de montagne, qu'on fe appelle nomme ment de la laifon des pluyes, quand de- les
monta- bois doux à la Guadcloupe, ordinaire- nouvelles feillesfortent en pouffant
gne 016 ainfi, parce qu'on le trouve &
hors lesanciennes: : celaarnvevenlemibois ment dans les montagnes, rarement
du mois deJuillet.
la plus conT'empéchent de s'éclater. fiderable, par
ic remarque au commenceBois de Le bois de montagne, qu'on fe appelle nomme ment de la laifon des pluyes, quand de- les
monta- bois doux à la Guadcloupe, ordinaire- nouvelles feillesfortent en pouffant
gne 016 ainfi, parce qu'on le trouve &
hors lesanciennes: : celaarnvevenlemibois ment dans les montagnes, rarement
du mois deJuillet. La feconde,qui
doux. dans les lieux plats ou aquatiques. étroite Sa lieu eft bien moins confiderable, & quin'eit
feuilic eft
petite &
fort
ainfi-dire, le refte de ia feve,
celle Et bois réfolu; Sie eft
pour fentant la Aaibci feche, femble fe
Eee fort pliante & en très-grand aflez qui prefler de fe répandre par tout l'arbre. nombre. Son écorce eft brune, Le Ons s'apperçoit de cette feconde féve tiohridi Saperfiépaiffe, crevalléc & peu adherante. ondes vers la fin de Novembre: Les ouvriers culedes
bois en eft gris, avec de grandes
ont une pratique aflez ridicule, nouvelle. qui eft ouurierss
de differentes teintes, depuis) méle premier Vendredi dc la
brun. Il a les fibres longues
décours
CUERLE
qu'au
cette Rieu eit auffi-bon que le
lei rend Flalleux: par
une
EndE
lées, ce
difficile à fcier que le couper les arbres; c'eft cfpece fens. raifon il dE plus
Quand on firperftition indigne de gensdebon
bois de riviere. Il eft leger. La charpente de la purgerie étant
le blanchit à la varlope, couches il faut de prendre fon fil poféc, & me manquant d'cffentes la
garde aux differentes
l'ouvra- ia couvrir, pris la refolution SCHE
pourl les fuivre, car autrement
couvrir de de cannes 2 8 pour
ge feroit tout filaffeux & comme égra- bois cela fis faire du fucre pendant une
rigné. A cela près c'eft un très-bon
femaine. je On fe fert ordinairement de
& de beaucoup d'ufage. Ils'en trouve rofeaux au lieu de lattes, pour cette
de deux à trois pieds d'équariflage. forte de couverture. On les éloigne
J'ai parlé du bois amer. Jc par- l'an l'autre de fix pouces 2 en les
Remar- lerai des AEI de rofe, de cyprès &d'ade fur des chevrons avec du
quefur laconpe cajou dans une autre occalion. Mais artachant C'eft une
lianne de la Lianne
des ar- ne dois pas oublier une chofe qui eft miby. d'un tuyau petite de plume à écrire. appellis
bres. E confequence, non fculement
Élle groffeur croît dans tous les buiffons. Sa Mlity. T'Amerique, mais pour tous les pais Erds feuille eft ronde avec une petiteéchanmonde. Ceft qu'il ne fuffit pasdefaire fer- crûre qui la partage en deux du tiers
abbattre les arbres dont on veutfei Bb 3
de
lier une chofe qui eft miby. d'un tuyau petite de plume à écrire. appellis
bres. E confequence, non fculement
Élle groffeur croît dans tous les buiffons. Sa Mlity. T'Amerique, mais pour tous les pais Erds feuille eft ronde avec une petiteéchanmonde. Ceft qu'il ne fuffit pasdefaire fer- crûre qui la partage en deux du tiers
abbattre les arbres dont on veutfei Bb 3
de --- Page 436 ---
igo NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16y6. de fa longueur. Ses feiilles font toû- efpece de jonc qui croit en abondancé. r6y6. jours couplées. Cette plante porte dansles lieux marécageux &c furle bord
une petite fleur rouge, qui eft fuivie des rivieres. Celui qui doit couvrir fe
d'une filique de la Tongueur de deux tientfur les lattes, & reçoitde celuiqui
pouces ou environ, où il ya de peti- lefert les têtes de cannes ou de rofeaux
tes graines noires, plates & dures dont deux ou trois à la fois. Il paffe la téte
on ne fait aucun ulage. L'écorce de dc la canne entre lc rofeau & la latteoù
cette lianne eft fort déliée &-fi peu il eft attaché, & la tire jalqu'à ce que
adherante qu'elle fe leve fans peine la moitiéfoit paffée, pour lorsillaploye
auffi-tôt qu'on la touche. La peau fur lerofeau, les bouts des feuilles defe trouve fous l'écorce eft verte. 1 meurent deffous, &c la tête de la canne
boiseft gris, flexible, liant, fpongieux, deflus. Il continue ainfi aiant foin de
rempli dansfon milieu d'une moclebru- preffer le plus qu'il peut les cannes les
ne. Cettelianneattachet &clicfortement unes contre lesautres, &c de lier d'efpàquand elle eftverte; mais elle ferelâche ce en efpacel elerofeau avec la latte avec
à mefure qu'clle feche. On fe fert de des aiguilles de miby oul dej jonc, dont
cette lanne pouramareriearof@aus dont il a un paquer à fa ceinture, afinquele
on paliflade les cafes, & pour faire les
des cannes ne le faffe pas ployer,
panniers à crabes, &c ceux oul'onprend E qu'il demeure étendu bien droit le
ies rats mais
les ouvrages plus long de la latte. gros, % où il Erte befoin deplus grande Quand ce premier couvreureftavanforce, on employe la lianne grife ou cé de fix ou fept pieds à garnir le
toute entiere, quand elle n'eftpas trop long du rofeau qu'il a commencé, un
groffe, ou fendue en deux. Onnefgai autre ouvrier monte au deffus de lui,
roit croirecombien ces fortes deliannes & attache le bout d'un rofcau à la latte
font neceffaires à une habitation pour quieit deflus celle oûlepremier a comamarrerles barrieres & les hayes, pour mencé; &c à mefure qu'ils avancent on
faire des paniers & autres choles. Elle multiplic le nombre des couvreurs afin
ne vient qu'aux pieds des grandsarbres, d'avancerlouvrage.
monte au deffus de lui,
roit croirecombien ces fortes deliannes & attache le bout d'un rofcau à la latte
font neceffaires à une habitation pour quieit deflus celle oûlepremier a comamarrerles barrieres & les hayes, pour mencé; &c à mefure qu'ils avancent on
faire des paniers & autres choles. Elle multiplic le nombre des couvreurs afin
ne vient qu'aux pieds des grandsarbres, d'avancerlouvrage. On met pour l'orfur lefquels elle
& s'attacheen dinaireunferviteur pourdeux couvreurs;
montant. Sa AT ovale, affez 6- &cs'ils travaillent bien il a affezdepeine
paille, d'un verd brun. Son écorcc eft à leur fournirles têtes de cannes, quoigrife & fi adherante qu'elle ne fe leve qu'illes ait en paquet à fon côté. Durée
point que quand le bois en eft bien fec. Cescouvertures étant faitesavecfoin, à
de ces
Lc bois cn elt gris, fort &c pliant: ila font bonnes &c impenetrables l'eau; la Jories de
un de moëlle blancheâtte dans fon elles durent plus ou moins, felon G- cowuerpeu
tuation du licu, felon la faifon qu'elles tures. centre. la maniere de couvrir les mai- font faites, 8c felon la bonté des têtes
deco- Maniere fons Voici avec des têtes de cannes. Aprés ded cannes ou de rofeaux. Plusles cannes
vrir les qu'on a rofelé, c'eft-à-dire attaché les font vieilles, &c ont parconfequent leurs
smaifons rofeaux tout le long des chevrons à fetilles grandes & fortes, plus elles retétesde avec des fix pouces les uns des autres, enguifede fiftent alhumidité dc Pair, à Ja pluye
cannes lattes, on attache un rofeau au bout de & à la chaleur du foleil. Surquoi il
oudero- latroifiime HNe en commençant par faut oblerver de ne les employer jamais
Jeaxx, le bal, & on i'y arrête fortement avec quand elles viennent d'être coupées, & fe
une aigmiletp-lamiby, ou mêmcd d'unc parce qu'alors elles s'échauffent
pour- --- Page 437 ---
ICB --- Page 438 ---
Iem. pergr.
Lianne .de Peryit.
leix de serpent.
a
ens
Typere --- Page 439 ---
DE L'AMI E R IQV E. 191 1696. FRANCOISES
marquée ci-defIlfaut les qu'à la hauteur quei'ai
pourriffent en peu de tems. fo- fus. Lorlqu'onl lal laiffe croitredavantage
16p6. laiffer amortir & comme fecher au éten- ellc fe ploye & tombe enfin halliers à terre ou à
Precau- lsilpendanttrois ou quatrejours, ou du moins qu'clle ne trouve des
tions duès terre & à couvert 2
choles s'appuyer. Elle porquiil
par
pendant la nuit, autres
maniefaus moins en monceau
moillécs tede petites Acunss rougeitresen
prendre. afin qu'clles ne foient rolée point eft toû- re de campane, compoléesdeci cinqfetilde laj pluye, ou de la
qui
Il les,
un peritbostonserd
ce
jours trés-abondante en pais-la. dans quireinfermente lequel eft la femence de la plante:
faut encore obferver de neles point d'une em- Jecroi pourtant qu'on auroit plaiôr fait feployer pendant la pluye, à moins qu'elles s'é- de la provigner de bouture n'eft de pas
3 parce
Comme
PaS
extréme necellité aufl-tôt.
pluye, ou de la
qui
Il les,
un peritbostonserd
ce
jours trés-abondante en pais-la. dans quireinfermente lequel eft la femence de la plante:
faut encore obferver de neles point d'une em- Jecroi pourtant qu'on auroit plaiôr fait feployer pendant la pluye, à moins qu'elles s'é- de la provigner de bouture n'eft de pas
3 parce
Comme
PaS
extréme necellité aufl-tôt. Ilfaut mer fa graine. pour
chauffent 8c fe gatent
aflez d'ulage ni de confequence on fe contentc
encorerctarqusrg quel humides les scouverturesqui comme à qu'on fc donne ce foin, fans penfer à
font dans des lieux dans les bois, & en de celles qu'on rencontre
côté des lieux rivieres,, où le foleil & le vent ne multiplier l'efpece. fontf fournies d'uncinfnité
d'autres
beaucoup durent bien Nos Ifles
J'ai déja dit que
donnent pas celles qui onte dans des lieux de liannes des differentes. d'oziers
emmoins que fecs & expofez au vent&caufo- ce, font à bien efpeces dcs ufages où Tots faudroit
élevez, leil. On en voit allez la raifon. mettredes ploye cordes. J'ai parlé de quelques- train
Le jonc dont on fe fert quelquefois
faut pendant quej je fuis en
au lieu de miby, eft appellé Scripe des ) uncs,il dire un mot de celles qui font les plus
par ceux qui fe mélent fans d'impoler faire reflexion communes. Lianne deF Perfil, Lianne
noms aux chofes., nouveaux ne font
Celle qu'on appelle tout. Son écorce dePerque CCS noms
ceux dont on P fc trouve prefque adherente. Sonf. fignificatifs
mince,
SE
plus fert dans le domri les habitans ont eft bois grife, eft fouple 8cliant. Elle jette quanfemble
droit dc les impofer
droites &touce
E demeurent pas. On tité de brancheslongues, feuilles auffi extraorque ceux qui n'y
communement tes couvertes de
Elappelle donc ce jonc
la dinaires qu'on s'en puiffeimaginer. un
onc à Jonc à coftelettes. Il croit juiqu'à fon les font aitachées aux branches demi par de
cofielet- hauteur de
à cinq fort ad- pédicule d'environ un
pouce &
fort mince
de lui-méme,
EEt
tesou écorce qui arter Son bois, fion peut longueur, qui s'étend auroit un bon
Scrige. herante eft verte. liant, & forme une feuille
étoit
l'appeller ainfi, cft fouple,
tien- poucc de largeur fi 3E
étendué, bouts
comme partagé en cinq. côtez qui cune fub- mais là naturel l'a plifféeaux deux jette
nentenfemble & quirenfermeneu fibres font
des neeuds, dont le premier
fance legere & poreufe. Scs
par de part & d'autre deux feuilles longues
longues, déliées, flexibles. Cetteplante de d'environ quatre pouces fur comme un pouce les
porte des feilles def fix à fept poucesd de &c demi de large, dentelées
longueur, fur un pouce ou environ & dents d'une fcie, &cterminées en poin- cela
largeur, fort poinrués lel bout, qu'elles te: Ce méme nceud pouffe après comme la
accollent la plante Ne jufte,
la une: feconde feuille pliffee
R Peau de la pluye ou de premiere, & arrétéc par un petit nceud feuilrofée qu'elles ont reçié.
pt poucesd de &c demi de large, dentelées
longueur, fur un pouce ou environ & dents d'une fcie, &cterminées en poin- cela
largeur, fort poinrués lel bout, qu'elles te: Ce méme nceud pouffe après comme la
accollent la plante Ne jufte,
la une: feconde feuille pliffee
R Peau de la pluye ou de premiere, & arrétéc par un petit nceud feuilrofée qu'elles ont reçié. Sa Aexibilité oul bouton qui produit trois'? autrcs lcs
ne l'empéche pas de ic tenir droitc juf --- Page 440 ---
192 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
Ihgh lesfemblables aux deux premicres,dont vées de ce fic
celle du milieu eft d'un bon tiers plus proit le refte venimeux, de la chair qui s'il corrom- faifoit 16y6,
feuilles longue & plus large que les autres. Ces quelque féjour. On peut croire y
font d'un beau verd, affez fer- produiroit de mauvais effets dans qu'il les
mes, charnués &bien nourries. Ceux corpsdes hommes8edganimauxe
qui ont donné le nom deLiannedePer- auroient pris. quien
filà cette lianne ont crû voir dans la On prétend le fuc de fes feuilles
difpofition de fa feuille, quelque chofe recentes eft un que baume fouverain
d'aprochant de celle de perfil. On voit toutes fortes de bleffures, foit pour
allez combien ils fe font trompez, & foient
qu'elles
qu'ils auroient mieux fait de T'appeller
nouvelles, ou qu'clles ayent déLiannes à cinq feuilles. Mais comme generé l en ulceres. Cc fuc fertà laver
clen'etl pas connue fouscer non-làchez & playe le marc ou dont lulcere
la mendifier,
nos infalaires,jen'ai garde de le luiimila IO extrait fert de
poler; mon autorité ne s'étend pas juf plantes cataplafme. Nous avons tant d'autres
ques-la. vulneraires aux Iiles, que je ne
Cette plante jette de petits rameaux me Nous fuis jamais fervi de celle-ci. quile chargent de
blancs
avons dans les foreits des Hles Lianne
en s'épanouiffant petits boutons
une autre forte de lianne aufli extraor- à cordes
Ru.e compoféc de produifent une dinaire par fa maniere de croitre & de ci liancinq feuilles de cou- fe
ne jauleur blanche avec des filets & des points de multiplier, décrire l'eft 3 que fes celle que je viens ne. rouges, au milieu de laquelle il y, a un Negres ne l'appeilent par point feuilles. autrement Nos
bouton verd accompagné de quelques que Lianne à cordes. étamines blanches. Colononlinonge bitans la nomment Lianne Quelques ha-
& produit une petite gouffe ronde ter- ont tous raifon. Les
jaune. Ils
minée en pointe comme un coin, d'une que rien au monde ne premiers, reflemble parce
couleur rouge qui étant meure s'ouvre à une corde que cette
de mieux
en deux & fait une maticre blanche Elle eft toute unie fans elpece nceuds lianne. friable, feche, qui environne des grai- branches, fans
fans
nes rondes comme des pois, qui avant facile à manier. feuilles, Ons'en forte, fert flexible,
leur & parfaite maturiré lont rougeitres tacher tout ce dont on veut faire pour des atquià Ceux la findeviennent toutes noires. paquets. Son écorce eft
fort
qui n'ont point de bois pro- adherante. Ses fibres font brune,
pre à enyvrer les poiffons comme je
longues, défai décric dans ma premiere
liées, fouples; en un mot ce font des
fe fervent de ces pois; ils les Partic, cordes naturelles.
, fert flexible,
leur & parfaite maturiré lont rougeitres tacher tout ce dont on veut faire pour des atquià Ceux la findeviennent toutes noires. paquets. Son écorce eft
fort
qui n'ont point de bois pro- adherante. Ses fibres font brune,
pre à enyvrer les poiffons comme je
longues, défai décric dans ma premiere
liées, fouples; en un mot ce font des
fe fervent de ces pois; ils les Partic, cordes naturelles. On en trouve de
&cles mélentavec de la farine de pilent fro- toutes fortes de groffeurs depuis celle
ment, de mahis ou de
&c pu petit doigt juiqu'à celle de trois
font des plotes
manioc, en pouces de diamerre. Ces groffes font
rivieres ou a la qu'ils jettent dans les ordinairement cordonnées ou torles
mer. Le poidon y deux enfemble comme les tourillons
court avec avidité, & dès qu'il en a d'un cable de vaiffeau. à la lonmangé il s'enyvre, vient fur l'eau, fe gueurilelt difficile de la Quant
laifle prendre: à la main & meurt. On ne voici la raifon. Ceitelianne déterminer,en ne
doit pas oublier de l'ouvrir auffi-tôt, jamais que dans les forefts & aux vient
d'en ôter les entrailles, les ceufs & au- des plus grands
elle pieds
trcs parties-internes qui ont étc abreu- fur eux pour mouter, arbres; mais clle s'appuye ne s'y
attache --- Page 441 ---
FRANCOISES DE LAMERIQUE
dugmdlegronrplicter) les morfu- t6y6. 169 attache pas, & dès qu'elle a pà gagner iere- Fes de ferpent, fans en faire la deferip- Liannca
une branche, elle quittele tronc, cnter- tion. Lav voici,elleeftrop utile) pourne Jerpent. plie fur cette branche & defcend ra- la pas faire-.connoitre, peut-être même
re, ou étant parvenué elle reprend pouces que fi on enapportoit en Europe, elle
cine; puis refortant à camonterens'ap- quelques
pourroit étre utile pour la guérifon de
delà, puyant ellerecommence de nouveau contre le tronc de les ces accidens. crocs di FE ferpent n'ayent
Tarbres jufqu'à ce qu'elle encores aicatteintles def- quelque artere confiderable, E quand
branches où ellefereplic toûjours celafetrouve, iln'y ai anilianne ni theriacend en terre, en continuant vû des arbres de que, ni aucuneautre drogue cefoit,
le même manege. J'ai de tiges, ficou- qui puiffe empécher ARe nc foit
plus de quarante pieds
de
au cceur,, à
d'étrepuiflammr
verts de ces liannes de toutes fortes porté ment fecouru dans le moment qu'on a
EEm navires AumnNeneeninme avec toutes leurs manceuvres. été Cettel mordu. lianne vient en quantité & fans
On voit par ceque je viens dedire,que & culture dans toutes les hayes lifieres &c
ees liannes doivent etrefortlongues, d'en déterminer halliers de nos Ies, & fur tout de la
qu'il n'eft pas poflible
Martinique. Sa feuille eft attachée aux
au juite la longueur. branchespar une queuélongue 8cdéliées
Lorfqu'il arrivequ'on auffi-tôt en coupe quel- la ellerellemblet tellement à latéted'unferque morceau; on voit
que l'air pent, qu'il eft facile de s'y mépréndre.
annes doivent etrefortlongues, d'en déterminer halliers de nos Ies, & fur tout de la
qu'il n'eft pas poflible
Martinique. Sa feuille eft attachée aux
au juite la longueur. branchespar une queuélongue 8cdéliées
Lorfqu'il arrivequ'on auffi-tôt en coupe quel- la ellerellemblet tellement à latéted'unferque morceau; on voit
que l'air pent, qu'il eft facile de s'y mépréndre. partie eenieaereil afdéja dit quela tête dui ferpent eft un
poulle des flamens, qui en croilint j'ai triangle, dont les angles font émouffez,
iez vite defcendent cn terrc, bien-tôt y pren- la attachée au corps un col allez petit;
nent racine & rétablifient elle étoit aupa- cette difpolition as que le ferpent oupartic coupéc, comme
vrantla gueule, prefenter une ouverture
ravant. Les fibres de cette lianne font rem- beaucoup être felon E grolieur grande &fa qu'ellenedevroit grandeur, &
plies dunlucjnuneqsicnden &c'eft enquanti- qu'il peut ainfi engloutir un membre
téloriqu'onla coupc;
Ce fuc beaucoup plus
J'ai vû eneffet un
lianne jaune. SEt
la fait. arpeiler tenace; il eft amer & Negre qui avoit Fet mordu au genou,
épais, vilqueux, Ila une odeur de verd aro- les crocs du ferpent avoient percé être
ftiptique. On T'employe 1 deux côtez, ce qui ne pouvoit
matique aflez agreable. lag qui vient à arrivéfans quele ferpentluicutenglouti
avec fuccès à guerir gille lateigne. On le genou tout entier, & cependant ce
latétedeso enfans, & mémel
ferpent n'étoit pas plus gros que le
T'applique feul dansl sles commencemens, on le fait bras. &c lorlque le mal eft l'eau-de-vic, netoyé, & on Les Aleurs de cette lianne ne paroifdifloudre. dans de
ilacheveen fent qu'à l'extrémité de fes branches,
T'applique ainfi fur la téte; de mondifier & comme de petites grappes chargées de
pcu de tems de guérir, la
&c les che- petits grains ronds, qui fouvent pro- de
de faire revenir peau
duifent un bouton jaune environné
veux. Partie, de quatre petites feuilles de la même couJ'aip parlé dans ma premiere
feparées l'une del'aula lianne qui entre dans la compofition leur,découpécs, Cc
tre, --- Page 442 ---
194 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
tre, & dontles extrémitez fontrecour- le trouve une bonne terre elle profite à 1696. 1696. béesen dehors. Ccbouton@echungeen- merveille. Son écorce eft grilfe, taillafin en un fruit de la
d'un pois dée, liffe & méme un peu luftrée. On
ovale, plus gros àun Elater qu'à Pautre, pourroit dire qu'clle eftrevétué de deux
&capplati parles deux côtez. Cefruiteft écorces. La premiere qui eft la fuperfiverd au commencement, il jaunit dans ciedecesdécoupurere oul hachures,eitfela fuite, &c devient
quand il eft che & groflicres & celle qui eft au defmeur. Il eft couvert TREE petite pcau fous eft fine & douce; le bois eft
mince & cotonnée.
qu'clle eftrevétué de deux
&capplati parles deux côtez. Cefruiteft écorces. La premiere qui eft la fuperfiverd au commencement, il jaunit dans ciedecesdécoupurere oul hachures,eitfela fuite, &c devient
quand il eft che & groflicres & celle qui eft au defmeur. Il eft couvert TREE petite pcau fous eft fine & douce; le bois eft
mince & cotonnée. Sa chair eft rouge, reux, rempli d'un fuc épais,
antee
molle & pleine d'unc) liqueuraigre,auit- &c blanc comme du lait, cn quelque lait enbien fon bois, fes feuilles &cfes raci- droit qu'on le rompe, il répand ce
enabondance. Sesteuilles
allez
nes. Beare lianne eahalcuneodeurforte
quifont 8c
qui furprend d'abord l'odorat, &c qui épaiffes, d'un verd guai, deux fois
augmente quand on froiffe ou qu'on demi plus longues que larges & poinpile la racine, le bois, les feuilles & le tués, en font toutes remplics. détacher Ilfuffit de
fruit. faire fortir, dei les
Le boiseft gris-blanc, tirant un peu rRie plante, de les rompre ou feulement
fur le jaune, marqueté de
points de On les voit égratigner. dans la faifon de petits boublancs & argentez,
plein
fortent d'entre les
Ae
de fuc, aflez pelant
il eft verd, quets de fleurs
font
de
cC ar- feuilles. Ces
compofées
Pacon
& très-legerloriquil
qui
aer
rive affez facilement. cinq feuilles, dont ledeilu&cledefous
Onpilelaracine &cleboisde cettelian- eft rouge avec des points de plufieurs
ne, &onenfait une tifanne avec deux couleurs, quir répandent une odeur aro- Ces
tiersd'eau-de-vie quel'on fait prendre à matiquefortdouces & fortagréble. fruit
celui qui a été mordu d'un ferpent, & fleurs produifent à la fin un petir eft
on applique le marc fur la bleffure. Le ovale, dont l'écorce s'ouvre ou enveloppe de lui-mémarc attirele venin dchors, 8cla tifan- rouge & feche, qui & renferme
ne a la venudempecherquil ne
me quand il eft meur, qui
& qu'ilr ne corrompe les parties EeCE pluficurs petites fuftré, graines &crevétuésd'un oblonguesallez
On prétend la tilanne faite avec dures, d'un gris
la racine feule 8z de l'eau commune, eft petit duvet blanc argenté. mordus d'un
admirable pour la gravelle, & même Ceux quiont été
ferpent &
la pierre. fuccent le lait de cette plante, bois
pour Voiciencorer un autre remede pour la feuilles tout eft bon, &après avoir mâ- un
Lianne morfure des ferpens. C'eft une lianne peu ratillé la premiere le écorce, bois ils
lautenfe. qu'on appelie Laiteufe, &qu'il ne faut chent la feconde avec de pour apconfondre avecl lebois laiteux dont pliquer le marc en maniere avoir cataplaf- foin
parlé ci-devant.
ent le lait de cette plante, bois
pour Voiciencorer un autre remede pour la feuilles tout eft bon, &après avoir mâ- un
Lianne morfure des ferpens. C'eft une lianne peu ratillé la premiere le écorce, bois ils
lautenfe. qu'on appelie Laiteufe, &qu'il ne faut chent la feconde avec de pour apconfondre avecl lebois laiteux dont pliquer le marc en maniere avoir cataplaf- foin
parlé ci-devant. me fur la morfure qu'il faut
F Cette plante eft fi foible qu'elle ram- de fcarifier legerement. Ce marc attire
peroit toujours à terre, G clle netrou- le venin que T'on virulente voit comme fur une le cata- mavoit pas des arbres pour s'élever & fe tiere verdâtre &c
en mettre
foutenir. Dès qu'eile en rencontre elle plafme quand on le leve faire pour de fix en fix
s'y attache & monte jufqu'à leur fom- un autre, cequ'il faut
met;eile s'étendbcauçoup, & lorfqu'el- heures; oblervant que ce foit le bleffé
qui --- Page 443 ---
D,E LAMERIQUE
FR AN COISES
apporterauxe morfures de ces 1696,
l'écorce & le bois dont ileft qu'on fortes ferpens, dont le venin eft fi
même
SCR
16y6. quimiche
avec le
en moins de
A
On fait encore tifanne dont puiffant &c f vif, qu'iltuée
font
compote. bois legerement
une
trois ou quatre heures ceux qui en
donne à EA à difcrétion. on Pai lui remarqué que tous les remedes des fer- infeêtez. Je ne fçai pas comment les Pere Indiens Pluqu'on applique fur les morfures
mppellent cet arbre, ni fi le
Pa
peuvent être employez pour gue- mier ou quelque autre Botanifte
pens, les ulceres de quelque nature qu'ils
& enrôlé dans quelque regirir
le fuc de cette baptife
de même efpece. foient. On prétend que ces fortes de mentd'arbres, fupofez ne cherchons pas
lianne eft fouverain pour
Pour nous autres Ailira nous embarafferdu
maux. quejeviens tant de façons, nous nous contentoris
Les deux dernicresliannes partifans. Quelques- nom de l'arbre, fruit noixdef ferpent. On
de décrire ontleurs la feconde à la premiere, d'appellerfont bien mieux de les apuns préferent de raifons pour fou- feroit peut-étre de
Onverrapar
& ne manquent pas les autres com- peller amandes difcours ferpent. fj'ai raifon ou
tenir lear opinion, que Comme je n'ai ia fuite de mon
battent acheté Paillamment aux Ecoles de Medécinele non. n'ai và à la Martinique que deux
point
mal de toutes cho- Je
de cette efpece, dont les
droit dej cjuogerbienour bien derien décider outroisarbres avoient été
nos
fes, je me garderai & en attendant qu'ils graines Ils étoient apportées à peu de la
fur cette dipute; vais décrire un arbre Flibuftiers. de nos abricotiers France. -
s'accordent, je
parfaitement les grandcur
affez unie. Le bois,
dont le fruit guérit les
dange- L'écorce eft grife, ai pû voir en couNoixde morfures des (erpens
du moins cc j'en médiocre, m'a
& dont laverun'et
ACCLAAE
forpunt.
'ils graines Ils étoient apportées à peu de la
fur cette dipute; vais décrire un arbre Flibuftiers. de nos abricotiers France. -
s'accordent, je
parfaitement les grandcur
affez unie. Le bois,
dont le fruit guérit les
dange- L'écorce eft grife, ai pû voir en couNoixde morfures des (erpens
du moins cc j'en médiocre, m'a
& dont laverun'et
ACCLAAE
forpunt. reux;
témoin
une
RISi
Jenpuist parler commet
delar pant même couleur, affeztendre & m2
perfonne. m'en étant fervi pour guerir diocrement humide; il eft fort bran- Elles
oculaire, Negre denôtrel habitationd del la Mar- chu, & fort chargé de feuilles. un tinique, qui avoit été mordu à la jam- font comme des ovales allongez avec
L'arbre qui
&
hachures
bepar un ferpent tres-gros. delItthme del Da- une petite pointe pluGeurs Ces feuillesfont
porte ces fruitsvient dans cet endroit-là des ou dents à T'extrémité. charnués, fouples, d'un
rien. On trouve venimeux, qu'on aflez épailles, elles rendent un de lifempenscttremenent à fonnette, puarcequus verd gais onétueufe quand on E froidle,
appelle ferpens
une pcau roulée,
mais pénetranont au basdelaqueue nparchemin, qui fait du ANe odeuraromatique, arbre dans les faifons
de
feche commeunp qu'ils feremuent, ce qui te. Cet fcions fc chargent Farde fleurs
bruit pour découvrir. Nonobftant petits
qui
de cinq petites
fert à les ates
Flibuftiers rougeitres, compolées
étamicet avertiffement, , Ifthme plufieurs gagner feuilles veloutées avcc quelques verd,
qui traverfoient cet
lacour- nes autour d'un petit amande bouton à près e
la
Sud oûi
fe
en une
aitmaEmte
merdus furent mordus par ces ferpens, & la chauge de nos plus talse amandes
fe,
infailliblement, fi les In- grolleur
une
feroient
péris
ne leur dcl Provence. Centcécorcerenfemmet & mince par les
diens les accompagnoienr le remede unique noix ovale pointué
deux
cuffent dian connoitre
Cc --- Page 444 ---
196 NOUVEAUX - VOYAGES AUX ISLES
16,6. deux bouts, environnée d'unel ligneen- dans la bouche,
foncée qui femble la vouloir partager falivation,
avec une fi abondante 16yh,
en deux dans fa longueur ou lon plus gera fermer qu'il les n'a pas le tems de fongrand diametre, & d'unea autrequi cou- fistraiter ravec yeux. LeNegre queje
pe a angles droits cette premiere & detravailleraubour ceteamande, fut en état
partage en deux parties égales la lon- goûté de
detrois jours. J'ai
gueur de toute la coque. Cettc coque che & ferme, cetteamande, mais fachair eft blanquieft durc, d'unc médiocre épaiffeur, rien au monde de je doute qu'ily ait
grife, liffe &c fort vive, renferme une cuifant.
queje
pe a angles droits cette premiere & detravailleraubour ceteamande, fut en état
partage en deux parties égales la lon- goûté de
detrois jours. J'ai
gueur de toute la coque. Cettc coque che & ferme, cetteamande, mais fachair eft blanquieft durc, d'unc médiocre épaiffeur, rien au monde de je doute qu'ily ait
grife, liffe &c fort vive, renferme une cuifant. plus amer & de' plus
amande de la même figure, couverte Voici un fruit qui n'eft
d'unepelliculegrife. Lededans efttrés- gréable au gout celui pas fi defablanc, & de la confiitence des aman- de décrire,
que
que je viens
des ordinaires. fi grande utilité. maisautli quin'eft; pas d'une
Dès qu'on fe fent mordu, il fautcaf. duit eft tunelianne La plante le pro- Lianne
fer la coque pour en tirer l'amande, la à
qu'on
Lianne ConcomSumpdiel
màcher & appliquer le marc fur les Concombre. lyap peu de
de
bre. trous que les dents du ferpent ont fait, quis'étendent plantes cette cfpece
& s'ils font éloignez, en mâcher deux couvre en peu autant de tems que celle-ci. Elle
& les appliquer fur les trous, après en de
tous les par une infinité
avoir legerement fcarifié les environs. où branchages elle a pris racine, environs du lieu
On enveloppe enfuite la partic bleffée, rude eft foutenué Sa feuille qui eft
& aubout dedeux heures, on leve l'ap- & preique
par une queuc velue
parcil &c on met un fecond cataplafine que partic partagéc s'évafant endeux, dont chaSornoirbs milieu de fa
jufqu'environ le
Cc marc fait élever de petites vellics qui trois à quatre longueur, fe quip peut-étre de
font remplics du venin comme une cau & finit en pouces, Sa reiferreenfuite
claire & rouffatre. On les perce pour féc de cinq pointe. feuilles arrondies fleur eft compol'enfaire fortir; &c on applique Cc mé- bées parleur
& courme cataplafme juiqu'à ce qu'il cefle de calice rempli extrémité, de
qui forment un
fairc élever des vellies. Pour l'ordinaire Textremitettronde& petites étamines dont
il n'eft befoin d'un troifiéme appa- les font jaunes,
rouge; lesf feuilreil. de met fur les fcarifications un & de ligncs marquetées Ces de fleurs points
emplâtre d'onguent rofàt ou divin pour
fuport un orangécs. bouton eft ont
refermer les petites bleffures, & on fe Be la plante à laquelle il qui eit attaché le fruit
trouveparfaitement guéri. J'aivôl'ex- une qucué d'environ un
par
perience de ce que je viens d'écrire,
A mefure
pouce de lon-
& elle m'a ésécon@iméepartant de té- Rccrie fc fletrit & tombe. que le fruit Ce croit, la
moins oculaires, qu'il faudroit étre un peu près de la
d'un fruit eft à
Pirrhonien declaré pour en douter. gcon & de la même groffeur
ccuf de piJ'ai dit dans ma premiere Partie qu'il vert d'unc peau ou écorce figure. fine Ileftcou- & comfalloitempécher été
dedormir ccux qui ont mc vernillée, qui eftverte au
piquez ou mordus des ferpens.
que le fruit Ce croit, la
moins oculaires, qu'il faudroit étre un peu près de la
d'un fruit eft à
Pirrhonien declaré pour en douter. gcon & de la même groffeur
ccuf de piJ'ai dit dans ma premiere Partie qu'il vert d'unc peau ou écorce figure. fine Ileftcou- & comfalloitempécher été
dedormir ccux qui ont mc vernillée, qui eftverte au
piquez ou mordus des ferpens. Le cement, & violette
commenremede que je donne ici exempte de cc Le dedans qui eft lorfqu'il en eft meur. foin, Car cette amande mâchée par le ties par une
partagé de
trois parbiefel lui excite
d'unc
cipece zeft, eft rempli
unfigran/picotement
maticie tirant fur lc verd, de la
con- --- Page 445 ---
FRANCOISES DE PAMERIQUE rondc, de couleur grile 1696. confiftence du dedansd'un concombre&c che, contient de figure une amandeblanche 8ctarisfeyh. dc mêmc odeur & faveur. C'ett ce qui qui neufe. a fait donner à cette plantc le nom de Les fleurs &c les fruits ne fervent à
Lianne à Concombre. On trouve plu- rien. C'eft dans les feuilles qu'eft toute
fieurs graines ou femences enveloppées lavertude cette plante. On lespilep
dans cette matiere. Elles font blanches,
le
dont on
ERUSE
tendres & de même gout qu'elle. en exprimer dans les fuc, yeux malades, & aOnfe fert dans lebefoin de ces fruits une prés partic enavoir! bien baign le deffus 8rlcs
pour mettre dans la foupe. fel Onles.confit lcs environs, on les couvre avec une comauffiavec le vinaigre & le comme &cfont prelleimbibée du même fuc, cc que très- l'on
cornichons; ils ont le mêmc goût
réiterele foir & le matin, & & en d'aufort délicats. toutes les Ilesunar- peu de tems on a vû des tayes
plante Nous avons dans
les maux tres maux confiderables parfaitement
pourles briffeau qui eft admirable font les pour rougeurs, les guéris. yenx. des yeux ; comme les rayes, lesblef- Je nc croi pas devoir renvoyer arbres plus
foiblelles, les larmes,
loin la defcription de quelques
fures & autres accidens. de fruitiersde crainte de les oublier. CabimiCet arbriffeau n'eft jamais d'un Lep premier eft le Cahimitier. Ilvient tier, arde quatre pieds de
de la hauteur des plus
Kahgmad
plus
environ de diametre; 3 il eft de la groffeur &c
Rien bre fraipouce ou
mince Scverte; il grands Pommiers de Normandie. ticr. couvert d'une écorce dès
n'eft plus beau que cetarbre. Ileft pour
ett (pongicux & caflant quileitfec. branches, l'ordinairef fort bien fait; fcs branches
Il poulle quantité de
d'environ bienpartagéess fon écorce unic, lifle8c
toutes chargées de ECHE
crevalléc, brune & bien adherantrois pouces de longueur iur un pouce point te au bois qui eft brun, franc &crempli
& demi dans leur plus grande largeur, de
de feve.
eft plus beau que cetarbre. Ileft pour
ett (pongicux & caflant quileitfec. branches, l'ordinairef fort bien fait; fcs branches
Il poulle quantité de
d'environ bienpartagéess fon écorce unic, lifle8c
toutes chargées de ECHE
crevalléc, brune & bien adherantrois pouces de longueur iur un pouce point te au bois qui eft brun, franc &crempli
& demi dans leur plus grande largeur, de
de feve. Ses feuilles lonterminécs en pointe comme) le deffus, fer d'une & gues beaucoup de trois à quatre pouccs,, & d'enpique: Elles font vertes HEied font mo- viron deux
dé large dans leur
blanchâtres par deflous. plus
finilient en pointe
aflez épailles Spleine
bien
Loe
laffes,coronnées, les attachentaux par Ra deux bouts, font épaifics & de Jait
de fuc. Les queués quil bien nourries & nourries. Elles rendent un eft d'un
branches, font longucs,
on les
Le
iae
de couleur rouge. cft
verd quand vif & comme rompt. luftré ou verniflé,
L'extrémité des branches boutons, chargée &cle deffous peint deplufieurs couleurs,
de grappes compofées de petits' quatrefeuil- ou lej jaune doré, le Keuille-morte,Tau
ens'ourrant produifent de petites rore & le citron, font mélezavecquel- de feu,
fat blanches, accompagnées envi- ques petites taches de couleur
étamines de mêmc couleur, qui enfin en cc qui fait le plus bel effet du monde. ronnent un piftis fe change
Ses fleurs viennent par bouquets entre
un fruit rond, de E grofeurd'une gro- les qucués, les feuilles & le bois. Elles
feille. La peau quile couvre eft mince, renfer- font compofées de pluficurs boutons Cha- altendre, délicate &
qui méme cou- tachezade petites
aurorcs. me une fubftance aqueule AELERL
bouten qui AER le fruit de l'arbre,
leur que la peau, au milieu noire de laquelle & fe- Pouffe que à fon fommet une fleur double, chaon trouve unc petite grainc
Cc3 --- Page 446 ---
198 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
Ihy6, chacune defquelleseftcompolte de cinq laifle pas de jetter quantité de brancha- 16g6.
feuilles; les extérieures font rouges a- ges qui s'étendent beaucoup. Son écorvec des points dorez, & les cinq qu'cl- ce eftb brune,peu unie & peu adherante.
lesrenferment font orangées & forment Le bois cltgris; il: a les fibres
&
une cfpece de calice pleinde petites éta- mélées. On ne fe fert de ce grofles
mines dorées. Le bouton en groffiffant pourbrûler. Il y en a de pluficurs bois
forme le fruit, &ccettedouble
'étendent beaucoup. Son écorvec des points dorez, & les cinq qu'cl- ce eftb brune,peu unie & peu adherante.
lesrenferment font orangées & forment Le bois cltgris; il: a les fibres
&
une cfpece de calice pleinde petites éta- mélées. On ne fe fert de ce grofles
mines dorées. Le bouton en groffiffant pourbrûler. Il y en a de pluficurs bois
forme le fruit, &ccettedouble y demeure attachée lui fert de feurqui couron- ces, couleur qu'on du diltingue dont feulement par la
ne. Le fruit eft rond, de trois pouces ges, les autres fruit, violets, les les autres uns font rououenviron de diametre. Son écorce ou mais tous de même
blancs,
peau eft unie & lifle, d'un très-beau même goût, même forme,mémechair, vertu.
verd, mélée de taches rouges & auro- La teuille de cct arbre eft
res. Sa chair eft blanche, molle, fpon- aufli large que longue,
conféquent prefque
gieufe, pleine d'un fuc doux & miellé, prefque ronde; elle eft
& ferme,
ne pas d'abord aux
RLE
quis plait
Européens, d'un verd jaunâtre, affez luifante; fes
mais qu'ils trouvent excellent dès qu'ils bords font riffolez & grillez, ce qui eft
s'yfont accoûtumez. En effet,r rienn'eft ordinaire à tous les arbres, qui viennent
plus agréable & plus rafraichiffant. On au bord de la mer, où l'air
lei fel
en donne fans crainte aux malades, &c que le vent emporte & qu'il marin, répand fur
eft quelque inoii quantité qu'on en mange, il cux comme une petite bruine, & l'arqu'il ait jamais fait de mal. On deur du foleil ne manquent
de
trouve dans ce fruit quelques graines produire cet cffet.
jamais
plates & affez groffes, dont la coque fe- Sa fleurne paroitd'abord que comme
che,grife, unic 81 luftrée, renferme une un petit bouton verd, quiens'épanouifamande blanche &c ferme qui eft amere, fant produit de petites teuilles blanches,
& qu'on peut employer comme les a- minces & fans odeur, qui font accomPrunier mandes ameres d'Europe.
pagnées de petites
d'Ica- On a donné le nom de Prunier à l'ar- Le fruit paroît étaminesjaunes. à la chute de cette
g4t. bre qui porte les fruits qu'on appelle fleur; ileft rond, applati fur fes deux
Icaques. Quelques Auteurs ne laiffent poles, & fa circonference
en
pas de le nommer Pommier,
cinçou fix côtes. L'écorceeft partagée aflez unie
fa feuille approche un peu plus Idcr caRC & finc, decouleurrouge, ou violette ou
du Pommicr que du Prunier; mais pour blanche, felon l'efpece ou fruit, avec
fon fruit, onle doit plàtôtro regardercom- de petites taches de differentes couleurs
me une Prune, quecomme unel Pomme. qui font un très-bel effet.
Ainfi contre mon ordinaire je prendrai La chair de ce fruit cftl tblanche, affez
parti dans cette querelle,8cj jel'appelle- ferme,8 & cfia iadherante au noyau eft au
rai Pommier d'Icaque.
centre,qu'il n'eft prefque
de
Cet arbre vient ordinairement
daste
fur les l'en détacher
la
Elle eft
bords la
fucant.
de mer &c fur les
PeRETE
falaifes qui en peu agréable au
fur tout dans les
font voifines. Il eft rare de lc trouver commencemens gout, en ufe. On
dans les hauteurs ou dans les favannes. trouve qu'un goltfade, qu'on avcc une n'y
Il n'eft pas bien fait ni fort gros. Je daigreur qui prendil la
pointe
n'en ai jamais trouvé dont le tronc eut fc t-on de ce fruit que gorgeyauilin't- comme d'un replus de lix pouces de diametre : il ne mede pour le cours de ventre d pourle
flux
font voifines. Il eft rare de lc trouver commencemens gout, en ufe. On
dans les hauteurs ou dans les favannes. trouve qu'un goltfade, qu'on avcc une n'y
Il n'eft pas bien fait ni fort gros. Je daigreur qui prendil la
pointe
n'en ai jamais trouvé dont le tronc eut fc t-on de ce fruit que gorgeyauilin't- comme d'un replus de lix pouces de diametre : il ne mede pour le cours de ventre d pourle
flux --- Page 447 ---
DE DAMERIQUE,
FRANCOISES liqueur
& qui produit! le même 1696. fux de fang,
qu'il eft extrême- effet. Ceux agréable8 qui font accoûtumez d'en
1696. ment ftiptique EEa Sonamande de manger le trouvent bon 3 & le mangent
pilée & réduite en lait avec un EStu une avec plaifir malgré fon âcreté. lucre & d'eau de fleurd'orange,
A P I T R E I I. C H
des terres
nowvelles. Commerit 072 obtient les concelfions
Des Habitations é comment On les défriche. vroient étre,lesliles feroient bien mieux
Bepea Pi8 Eux qui n'ont point de terre
&x habitées qu'elles ne le font,
& quine peuvent ou deman- ne veu- peuplées parce que ceux qui viennent pour s'élent
acheter, terrein tablir trouveroieht du terrein, au lieu
S dent Re conceffion d'unt
les terres font très-fouvent concequin'ap point encore de maitre, auRoi. Decs â des gens à qui il eft impofible
8cquip pard conféquent appartient:
d'en défricher le tiers en cent ans. lly
Il s'adreffent pour cela au Gouverneur ils
a même des habitans qui ont des ConGeneral &c à TIntendant à qui pre- ceflions en differens endroits d'une mêfentent un Placet. 9 dans lequel celui fa qui me Ille, où depuis un très-grand nomdemande la conceffion enfans expole &c de quali- fes bre d'années ils n'ons fait qu'un dété, le nombre de fes facultez. Il indi- friché de cent ou cent cinquante pasçn leur
elclaves & fes autres
avec les quarré, feulement pour marquer
que le terrein qu'il demande. la 2
Il poffeffion, fans fe mettre en peine de
bornes de la hauteur & de largeur. du continuer le travail comme ils y font
y joint un Certificat du Capitaine Royal,
obligez. Genequartier & de P'Arpenteur contenu dans lel A1E Ileit vrai quel les Gouverneurs réaffurent la veritédu terrein n'eft OC- raux &cles Intendans font quelquefois
cet, & furtout que ce Sur cet ex- unir au Domaine du Roi ces terres concupé ni concedéà à perfonne. la.Con- cedées Sc négligées; mais ce n'eftlep plus
polé ces.Meflicurs font expédier donti ilsre- fouvent qu'une ceremonie ou une pcine
Condi- ceffion du terrein demandé, du befoin qui nc tombe que fur quelque pauvre
la
à proportion
aflez de credit
sions lef glent! & des forces quantité de celui qui le demande, & malheureux qui n'a la viétime de la
fous
enVexempter Tate
quelles avec ces claufes, quel'expofine fera
voit que ces mêmes teron donau Greffe ;
puifqu'on
Een
fa concefhon
qu'il
à d'autres
font
nel les regittrer les plus proches voifins du res font données ou quin'en les vendent
cencef- fera fommer
d'étrc
un meilleur ufage, quil
fions.
qui le demande, & malheureux qui n'a la viétime de la
fous
enVexempter Tate
quelles avec ces claufes, quel'expofine fera
voit que ces mêmes teron donau Greffe ;
puifqu'on
Een
fa concefhon
qu'il
à d'autres
font
nel les regittrer les plus proches voifins du res font données ou quin'en les vendent
cencef- fera fommer
d'étrc
un meilleur ufage, quil
fions. terrein qu'il a demandé, & de déclarer prefens Ec en font comme un commerce contià fa de poffeffion,
nuel, malgré les défenfes qu'il ya conpar Lne n'y ont aucune de préten- trois tre ce trafic odieux, & qui n'cit pourtion; & aen que dansl'efpace habituera du tant trop commun. 1l ne me feroit
années il défrichera &
de prouver ce queje dis ici
du terrein conSieie
moins la troifiéme partie
& la pas beaucoup d'exemples. cedé à peine d'en être dépoffedé claules font fort par La Conceflion étant accordée, enre- Choix
Conceffion annulée. Ces
obfervées
les voifins dûément appellez & %"
judicieufess & fi elles étoient le de- giftréc, la pofleffion prife, o1l choifit un endroit faire
avec autant d'exaétitude qu'elles
un --- Page 448 ---
200 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
Liny6. un peu élevé pour y bâtir la maifon du faut obferver mettre
dans: san maitre, afind'avoir plus d'air, une plus fous le
d'y
toûjours le feu 16y6. érablif nowvel bellevié,fi on eft en lieu d'en pouvoir pofé au vent, vent, c'ett-à-dire, après avoir fait du côté opJement, avoir, ou du moins
voir plus ai- ou chemin bien net
une le trace
fément le travail qui Rerin fait fur l'habita- rein quel'on veut pour feparer tertion. S'ily a une riviere ou quelque ra- veut conferver, & bruller, de celui qu'on
vine qui donne de l'eautoiljours ou une fons. La premiere, cela afin
deux raifource, on s'en
Manieboine
éloigne le moins qu'il maître du feu, &c
toûjours rede
ett pollible, à caufe de la commodité le juge à
empécher n'aille
on bridler
qu'ily a d'avoir de l'eau pourlesbefoins ce qu'on ne propos qu'il
loin, les bois
de la maifon, pour lesNegres, pour] les
pourroit pas faire vent abba-
-
beftiaux, 2 & pour remedier aux incen- challoitla la pourroit flame chaffer devant foi, parce qu'il tus. dies qui peuvent arriver. ce, & embrafer les avec endroits trop deviolenOn commence d'abord par faire quel- conferver. La feconde, qu'on veut
ques cafes de menu bois que l'on couvre ne pallant pas avec tant
le feu
avec des feuilles de
rapidité, &
EAR
ou de rofeaux, palmittes, delatanier comme en courant far les endroits que
après quoi on abbat les l'onveut brûler, ila de
arbres en commençant à défricher par confumer les bois abbatus plus & tcms leurs pour foul'endroit où l'on veut faire le principal ches.
par faire quel- conferver. La feconde, qu'on veut
ques cafes de menu bois que l'on couvre ne pallant pas avec tant
le feu
avec des feuilles de
rapidité, &
EAR
ou de rofeaux, palmittes, delatanier comme en courant far les endroits que
après quoi on abbat les l'onveut brûler, ila de
arbres en commençant à défricher par confumer les bois abbatus plus & tcms leurs pour foul'endroit où l'on veut faire le principal ches. Le terrein étant
établifement. les cafes ou maifons dont nétoyé les on bâtit
Mau- La plûipart des habitans ont la mau- mettent troisà
en poteaux fe
waife vaife coûtume d'abbatre les arbres les une fauffe fole. quatre pieds terre avec
coitn- medes uns fur) lesautres comme font les Carai- des petits
Le eft bout des grands &c
bali- bes, & d'y mettre le feu quand ils font cevoir le poteaux & les échancré fablieres. pour retans fecs, fans fe mettre en peine fi ce font liffade ou faitage les
On pa
dans Pabba- des bois propres à bâtir ou non, ou fi rofeaux ou environne des palmiftes cafes avec des
zitdes le tems clt propre pour les abbatre &c les couvre, avec des feuilles refendus, de &c on
bvis. les conferver; mais ceux qui ont du bon ou derofeaux. palmiftes
ler fens &del'économic aiment mieux n'al- Onfemeaufli-tôt des pois, du mil, maPas fi vite, & conferver tous les ar- his ou bled de Turquie (ces trois
bres qui font bons à faire des planches, font fynonimes &
la même termes chodu cartelage, des poutres & aucres bois fe) dans lerefte du lignifient &s'ileft un
de charpente, ce qui eft un profir très- peu confiderable, on detriché, y plantedu manioc,
confiderable, fur tout à prelent que les des parates, designames &
bois à bàtir deviennent trés-rares, &c bages. Ileft incroyable avec quelques quelle her- facipar conféquent très-chers. Il faut donc lité & quelle abondance ces térres vierattendreled déclindelal lunc pour abbatre gesproduifent tout ce
ou
les arbres qui font bons à quelque cho- qu'ony feme. qu'ony plante
fe; les couper par tronfes de la lon- On ne manque jamais de faire des
gueur qu'ou juge à propos, les ranger
d'orangers &c de citronniers. ies uns furles autres & faire un petit EIRARES habitans habiles préferent lcs orantoit pourles défendre d la pluye, juf ges dela Chine aux autrcs,
qu'a ce qu'on ait le loifir de les travail- outre que les enfans, les parce que
ler. Après cela on amaffe en plufieurs pallans s'en fervent pour Negres fe &les
monceaux les branchages & les bois in- lcs chevaux & tous les autrcs delalterer, animaux
utilcs que l'on vcut bruler : fur quoi il camangent & s'en engraillent, à quoi
il --- Page 449 ---
FRAN COISES DE LAMERIQUE.
felon 16y6.
les arbres qui les nouvelles que les autres, Elles au moins font les
166. il faut ajoûiter bien que meilleurs
faire toutes les
les Portugais
font
armez mêmes que
RAREL
ceaux les branchages & les bois in- lcs chevaux & tous les autrcs delalterer, animaux
utilcs que l'on vcut bruler : fur quoi il camangent & s'en engraillent, à quoi
il --- Page 449 ---
FRAN COISES DE LAMERIQUE.
felon 16y6.
les arbres qui les nouvelles que les autres, Elles au moins font les
166. il faut ajoûiter bien que meilleurs
faire toutes les
les Portugais
font
armez mêmes que
RAREL qu'ils
E
Chine qu'il
clôtures 2
de
2a
EOte
longues & plus for- pellent oranges
d'épines bien ETE de maniere que lcs très-conftanto qu'ilsonta rapportéeslesp & Soe
tes qui S'entrelaffent
de- miers del la Chine en Europe,
haycs ou clôtures qui en font hommes faites, & ils ont répandu l'efpece dans tous les
viennent impenctiables aux
endroits de leur domination en Nations Afrique
d'oà les autres
aux animaux. les pepins ont produit un jet &cen.Amerique, dans les lieux de
Manie- Quand
de haut, on les les ont tranfportées
rede de huit à dix pouces les traniplanter dans leurs dépendances. du moins ce
faireles leve de terre pour faire les lizieres. Le climat del l'Amerique, & aux
lixieres. les lieux ou Ton cela veut un tems de pluyc, qui eft entre les deux trouvé Tropiques f
pour
On choifit terre de deux tois la environs, s'eft
s'y font propre naturalion laboure Pe houie à côté du cordeau les orangers, viennent qu'ils bien & facilelargeur d'une afin de planter en fez tant ils y
qu'on droite à étendu : on éloigne les jets que ment. Nous avons aux Iiles quatre fortes Quatre
tea plante de quatre à cinq pouccs
Les aigres, les douces, les fpt
les uns des autres, & pour l'ordinaire lun de d'oranges. oranges de la Chine ou de Portugal, ges. on fait deux rangs éloignez Les &ccellesdel lal babalegronaypeleanat
l'autre de deux pieds ou enyiron. en croif- Chadec. on dit Oranges
arbres ainfi plantez grollident
les Les
aigres, ou comme
fant, & fe preffent les ordinairement uns contre aux Ifles, NERETAEE fontles plus On Jurer. aigrei
autres i il arrive méme frotter les uns communes & les moins eftimées. quc le vent les faifant éco:ces s'é- ne s'enfert pour les faulces, &
leurs
POBE
contre les autres 9 enfuite, & s'u- mcttre fur QucE viande & le poiflon. dont il me
corchant, fe prennent enfemble com- les different des bigarades être une
niffent ainfi plufieurs qu'un feul corps femble qu'clles peuvent &
cfpece Car
me s'ils ne. faifoient comme une mu- par leg egoit,lag grofieur fort la peau. 5
plat &c uni prefque
ordinairement elles font groffes elt toute
raille. &c les Citronniers ne leur peau eft affez épaile fur ou
Les Orangers
de l'Amerique. unic, & TEtr goût,. quoique des
origine font
originaires
point de celui
des0les Eipagnols & les Portugais aigre, n'approche
rangers. Ce
enrta
bigarades.
une mu- par leg egoit,lag grofieur fort la peau. 5
plat &c uni prefque
ordinairement elles font groffes elt toute
raille. &c les Citronniers ne leur peau eft affez épaile fur ou
Les Orangers
de l'Amerique. unic, & TEtr goût,. quoique des
origine font
originaires
point de celui
des0les Eipagnols & les Portugais aigre, n'approche
rangers. Ce
enrta
bigarades. qui les y ont apportez. Chine Les Orangers eft len- Onemploye le fuc des oranges aigres
viennent d'Alic, & la excellens. Il avec unfuccest merveilleux & infaillible &c
droit qui produit les plus avoit des à guerir les ulccres, quelque vieux de
y a bien des fiecles qu'on Paleftine, dans opiniâtres gu'ils puiffent êtrc, & queloranges en Egypte, en
dans le
caufec cqu'ils puiffent provenir, méme
PAle mineurc, dans la Sicile,
12 l'épian (c'elt ainfi qu'on appelle le
Royaume dc Naples 1 & fur prefque mal dc Naples ou la grolle verolle aux
toutes les côtes de la Méditerranée; de lfles.)
mais il eft affez difficile de Celles fçavoir qu'on On coupc une orange en deux, &
quelle cfpece ils étoient. font plus après en avoirôtélesp pepins,oneniute Tulappelle oranges de Portugal y
D d --- Page 450 ---
202 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
rhyG. l'ulcere jufqu'àcequ'on aitôtéleschairs ge & on les trouve bonnes
baveufes qui y font, après quoi onlave n'en a point
mais quand on 1696,
la playe avec ce même fuc, & on met mangé de celles d'autres; de la
dès qu'on a
deffus un plumafeau &c des compreflès peut plus fouffrir. Chine, on ne les
bienimbibées de ce même fuc; onreite- Ceiles de la Chine ou de
re ce remede trois ou quatre fois en font de deux fortes. Il Portugal
vint-quatre
& on feur
y en a dont de
orye
mille
heures,
eft par l'écorce elt épaiffe & à grains, & Chine
experiences que des ulceres qu'on d'autres dont l'écorce
ou de
incurables
LERC extrémement
jugeoit
ont été guerics en fine & unie. Lés unes &c les autres font Periutrès-peu de jours. Plus on réitere fou- remplies d'unfac
gal,
vent l'application de ce fuc, & plûtôt au
doux, fucré, agreable
on eft gueri. Il eft vrai qu'il caule dela J'en CRaTaNaNse ai
de cette
douleur, mais la fanté ne mérite-t-elle des mangé
efpece en bien
Pas un peu de peine? endroits; en Europe 2 comme en
Onfefert
E.pagne, cn Sicile, dans le
encorede ces
& de deNaples & fur la côte de Royaume mais
celles de la Chine pour taire O0nge cedra. jy ai
trouvé Genes,
totijours
autant de diffeQuelques-uns ratiflent avec une cuillier rence qu'on en trouve aux
d'acier la faperficie de l'orange, & re- oranges douces &c les veritables Ilesentreles
çoivent dans la cuillier ce qui fortdel'o- de la Chine. Ce qui me fait dire
range, qu'ils mettent dans une fiolelon- terroir & le
que
RecEe
climat desIilcs
gues on Ty laiffe jufqu'à ce qu'elle fe propre quc celuid'oà elles ontététranf- leurettauffi
loit déchargéc de fes partics groflieres portées.
l'orange, & re- oranges douces &c les veritables Ilesentreles
çoivent dans la cuillier ce qui fortdel'o- de la Chine. Ce qui me fait dire
range, qu'ils mettent dans une fiolelon- terroir & le
que
RecEe
climat desIilcs
gues on Ty laiffe jufqu'à ce qu'elle fe propre quc celuid'oà elles ontététranf- leurettauffi
loit déchargéc de fes partics groflieres portées. s'amadent au fond de la fiole pen- Les oranges de la Barbade font la
Tir que les plus fubtiles & les cfprits quatriéme elpece de celles
Orange
montent & demeurent en haut; onver- avons aux Iflcs Françoifes. On que nous de Barbade la
fe par inclinationcette huilefpiritueufe pelle oranges de la
lesap- fen eridans de petites bouteilles que l'on bou- les premieres nous Barbade, ont été parceque gine. che bien exaétement à caulec qu'elles'é- de cette Iile Angloile, qui eft apportées environ
vapore facilement. à trente licies a T'ES ou au
de
lly en a d'autresqui coupent legere- la Martinique. vent
ment
toute la fuperficie de Torange en venuès de la Barbade, Quoiqu'elles il eft nousfoient certain
petits zefts dont ils expriment P'elprit qu'elles n'en font
elles
dans une fole en comprimant le zeft. viennent de plus pas Join: originaires, :
Cette maniere eft plus longuc, mais on difent qu'eiles ont été quelques-uns la
trouve au fond de la fiole bien moins de Vermude, autre Mle Angloife, apportées de les
partics groflieres. trente-trois degrez de latitude par
On fc fert du cedra pour parfumer d'autres prétendent
Nords
le tabac, &c mille autres choles à qui de Madere, Iile qu'elles viennent les
on veut donner de l'odeur. Onenmet trente-deux degrez Portugaife, de la méme par
auffi dans quelques remedes. Sionjuge de, & je me range de CC dernier latitude fa bonté par fa cherté, il doit être timent pour pluficurs raifons. fentrès-bon. QuoiBrauges Les oranges douces reffemblent affez bien qu'il en foit, l'arbre qui les porte eft
Avcei. acelles dont je viens
moins garni d'épines ou de poineit
deparier, excepté tes que ceux dont je viens de parler 2
queleurfuc alfcz doux, on en man- &c dont je n'ai pas fait une detcription
par- --- Page 451 ---
TRE --- Page 452 ---
Tim.l.pso). Calebasse dartre. Chour Caraiées. Feuilles dd
Calebassier
Lalebassier. --- Page 453 ---
DE L'A MERIQUE. 203 16,6. FRANCOISES cellules pleines de grumeaux affez pref
parce qu'il n'y a perfon- fez les uns contre les autres, excepté
siy6. particuliere, cec c'eft qu'un orandu fruit, où l'on troune qui ne fçache que
vers ordinairement le centre un vuide. Le goût
ger. L'oranger delal Barbade, qu'onnom- de ve ces
eft meflé d'une douDeftripdu nom de celui qui
grumeaux
chofe d'aigres
tion de me aufi Chadecq,
croit plus ceur fade avec quelque faut bien
la
TOran- l'a apporté à la Martinique,
de.
siy6. particuliere, cec c'eft qu'un orandu fruit, où l'on troune qui ne fçache que
vers ordinairement le centre un vuide. Le goût
ger. L'oranger delal Barbade, qu'onnom- de ve ces
eft meflé d'une douDeftripdu nom de celui qui
grumeaux
chofe d'aigres
tion de me aufi Chadecq,
croit plus ceur fade avec quelque faut bien
la
TOran- l'a apporté à la Martinique,
de. forte qu'il s'en
leur
ger dela
beaucoup platôt
TT
Barba- vite & porte du fruit
aiant été bonté de ces oranges réponde celle
de, o que les autres. On en a và qui trois ans beauté, ni qu'elle approche aufi de ne les
defon femez de graine ont rapportéà étoient plan- des oranges de la Chine; confiture. frait & demi. 1l eft vrai quils
employe-t-on jamais veulent qu'en donner la
tez feuls & non enliziere, cequifitune commeje Les gens qui s'en confire toutes entiedifference fort confiderable,
peinc les font manicre qu'on conle dirai ci-après. eft beau- res, de la méme
dans un auLa feille de cet NERSTL des trois ft les limes. auffi-bien J'en parlerai des citroncoup plus grande ai trouvé qui tre endroit
que
autres efpeccs. niers. LE
avoient plus de fix pouces de longueur fans Lorfque les orangers font plantez
fur trois bons poucts de largeur X coupéc 3
feuls, ils portent du fruit pour l'ordi- mais
compter la partie échancrée la foûtient & naire au bout de cinq ou en fix lizicres, ans; ils
en forme de cceur qui Elle eft fermc, quand ils font plantez ans avant d'en rapporl'attache à la branche. d'un verd foncé font huit à dix eft aifée à trouver
épaille, bien nourric, & tirant fur le ter. La raifon en ils
de
par deffus 7 pâlc Il n'eft pas necef- dans le premier cas, de la terre, profitent leurs
par. toute la fubltance
1Rr
jaune faire de dire que fa fleur eft des plus oranges gran- racines s'étendent comme ils veulent, troude & plus groffe quc celle
qui au lieu que dans le fecond ils fc
ordinaires, c'eft une confequence vû de ces vent preffez, &cilfaut que leursracines Scàcôté
fe prefente d'elle mémc. J'ai le pouce, travaillent beaucoup. fous terre &c de
Reursprefqueaufig groffes que agreay trouver de la nourriture les faiqui exhaloient unc odeurdesplus à Tra fubftance fuffifamment pour des
bles, quoique forte & proportionnée re croitre & leur faire produire
la feur Le fruit d'on qui clle fuccede fortoit. à ces Aeurs eft fruits. Un arbre dont on ne peut fe paffer Calshajtrès-gros. Rien au monde n'eft plus dans une habitation, eft un calebaflier. Sa
ai vû de
ftr
beau en ce genre. hauteur J'en fur près près de Les Efpagnols Tappellent, Higuero. deferip. de dix pouces de
Son corebetblancheine Scraboreule; il tion. vinge-quatre pouces de affez circonference, à des poi- fon bois ett plus coriace dur,
La plupart reilemblent écorce qui vient mieux de bouture deac grainc,
res de bon-chrétien. Leur boutons & au- &c porte bien plutôt; de il tranfplante &
eft femée de pluficurs de douze jufques à aifément.
Tappellent, Higuero. deferip. de dix pouces de
Son corebetblancheine Scraboreule; il tion. vinge-quatre pouces de affez circonference, à des poi- fon bois ett plus coriace dur,
La plupart reilemblent écorce qui vient mieux de bouture deac grainc,
res de bon-chrétien. Leur boutons & au- &c porte bien plutôt; de il tranfplante &
eft femée de pluficurs de douze jufques à aifément. J'en ai và tres-grands deux
tres inegalitez, d'épaifleur. eft
La chair en gros qu'on avoit fans changé de en cuflent placc refeize ligncs molle, legere, fpongicufe ou trois fois quils Sesbraneft & blanche, pleine d'un fuc acide, &c peu agrea- ches ceu la font moindrcincoimmodite longues & toutes unies, c'eft
ble. Lc dedans cft divifé en plulicurs D d 2
à-dire --- Page 454 ---
204 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. à-dire qu'elles ne font point garnics qu'onymets'y confervent
de menués branchages. Ses feililies qui & ne contraétent
parfaitement, 16
font en quantité ont quatre à cinq pou- goût. point de mauvais
ces de longueur, étroites par lc bout Lorfqu'on veut feparer une calebafle
qui les joint à la branche, plus larges, cn deux parties pour en faire
arrondics & comme une fpatule au bout couis qui font des efpeces de febiles deux
oppolé, affez épaiffes& d'un beau verd. propres à une infinité
on
Elles font attachées lc long des bran- l'environne avec une d'ufages;
ches les unes après les autres, à peu l'on ferre fortement à petite l'endroit corde où Pon que
près en diftance égale. Scs flcurs lont la veut couper, &c à mefure
la
de coulcur bleuitre qui approchent ferre, on frappe deflus
qu'on la faire
affez pour la figure, dcs rofes fauvages entrer. C'eft ainfi qu'on pour la
en
à moitié éclofes; ciles croifent fur le dcux, mais il faut pour cela fepare que la
tronccommnefurlesbranchcs,aufi-bien quele fruit qui allez fouvent touche à calebaffe vicnne ne foispas del la feche, &c qu'on nc
terre. que
détacher de l'arbre. On en trouve de differentes figures & Etant on ouverte dedans on la vuide facilement,
& groffeurs. L'écorce elt mince & ne de moucle grattele pour le polir. avec une coquille
patie Pépailleur d'une piece de trente Les Indiens deflinent & gravent fur
fols, cela ne l'empéche pas d'être très- la convexité des compartimens & des
forte, elle eft fort lille, &c fe polit ad- grotelques à leur maniere; ils
mirablement bien en dehors & en de- ient les hachûres de differentes remplif- coudans. Cet arbre qui vient grand & fort leurs qui font un fort bon effet, &
branchu, porte des fleurs & des fruits quoiqu'ils ne fe fervent ni de
deux foisl'année, ou pour parler plus ni de compas, ces deffeins ne laiflent regle
jufteila toujours desfleurs & desfruits.
fort lille, &c fe polit ad- grotelques à leur maniere; ils
mirablement bien en dehors & en de- ient les hachûres de differentes remplif- coudans. Cet arbre qui vient grand & fort leurs qui font un fort bon effet, &
branchu, porte des fleurs & des fruits quoiqu'ils ne fe fervent ni de
deux foisl'année, ou pour parler plus ni de compas, ces deffeins ne laiflent regle
jufteila toujours desfleurs & desfruits. pas d'être fort juftes & fort agreables. On connoit
lcs calebafles font Ces couis fervent à une infinité d'umeures quand Ruc queiie qui les attache fages dans un ménage; 5 quoiqu'ils ne
à l'arbre fe Aétrit & fe noircit, pour foient que de bois, on ne laifle
lorsonl les détache del'arbre. Si on s'en dc les mettre fur le feu, &
faire pas
veut fervir pour mettre de l'eau ou chauffer de l'eau. Lorfqu'ils font d'y romd'autres liqueurs, on fait un trou d'u- pus leurs pieces fervent à faire descuilne grandeur convenable auprès de la liers. Onenfaitdes écumoiresSedespaf
queie par lequel on fait entre de Peau foires cn les perçant avec un petit fer
chaude pour maccrerplus promptement rouge. C'eft la vaiffelle ordinaire & la
la mouelle ou pulpe dont la caleballe batterie de cuifine de nos
des
eft remplic. Apresqu'eileitibient mace- Caraibes, & dela plàpart Negres, harée on
despetits
y fait entrerun
bironp pour bitans. On appelle
Calela rompre énticrement Sett la fairefortir, baffes d'Arbres, pour cescaleballes, Ies diftinguer de
ufage des après chaude quoi on y met encore de l'eau celles dont je vais parler, qu'on nomCalebafavec de gros fable que l'on re- meCalebaffes d'Herbe. Mais il faut aujes. muë fortement poarachexerdedétacier paravant rapporter les proprictez.deces
ce qui reftc, & polir le dedans, &c fruits pour guerir quelques maladies ou
quand elies font ainfi nettoyées & accidens. fcches, le vin & les autres liqucurs On fc fert de k pulpe des calebafes
pour --- Page 455 ---
FRANCOISES DE
2696. pour guerir lesl brilures, il nc fautpour égard LAMERIQUE à la
zor
La pulpe cela que Pétendre fans la faire cuire ni en a
fifon, autant de fois qu'on Thigh. descale- chaufferfurla partiebrûlée ou
les. befoin, comme on fait les mclons
bafes ef avec une compreffe
échaudéc, & concombres; on feme ou
uarems- foin de
par deffus, &avoir les uns &c les autres en
plante
defpecichangercet clpeced decataplafime
des
pleine terre,
fique de fix en fix heures. Non feulement la Pufage
couches eft inconnu aux
pour la brûlure
mais
liles, &il feroir tout-à-fait inutile. brislure. tôt gueric. necroitpoint, clleeftbien- Ces fortcs k calebafles font trés-grofPour les On s'en fert encore
fez & aflez longues, ordinairement
folail, eosps de maux de téte caufez pour des guerir les elles font plus larges que hautes. Elles
foleil. On en couvre par tout le devant coups de de font dela méme cipece que cclles d'Eula téte
rope, dont felon les
on en
de deux jufqu'aux en deux orcilles, heures & on change a apporté la graine.
alebafles font trés-grofPour les On s'en fert encore
fez & aflez longues, ordinairement
folail, eosps de maux de téte caufez pour des guerir les elles font plus larges que hautes. Elles
foleil. On en couvre par tout le devant coups de de font dela méme cipece que cclles d'Eula téte
rope, dont felon les
on en
de deux jufqu'aux en deux orcilles, heures & on change a apporté la graine. apparences Leur écorce ett
Le froid extrême de cette. ce cataplafme. beaucoup lebaffes plus épaiffe que celles des cafc les ardeurs que le foleil pulpe à caulées apai- durent d'arbres, avec tout cela elics
dans le cerveau. Bien des gens en ont eft plus beaucoup moins parce qu'elle
reffenti un prompt foulagement, &c fait encore (pongicule & plusmolle; ce qui
en trés-peu de tems une Parfaite gue- un mauvais qu'elles contractentatifément
rifon. goût, & qu'elles
ce
Peur la Rien n'eft plus
qu'on y met. gâtent
calique. lique edequelqued fpecifique pour la.co- Nous avons encore des calebaffes Caleque les lavemens celpecequ'ellep compofez du puiffe fuc de étre la douces dont l'ufage eft fi commun en bales
pulpe de ccs calebafles aprèsq qu'ellesont Italie, toutes les en côtes Provence, de en Elpagne, fur donces,
été cuites, ou au moins. macerées dans dans tous les
la Méditerranée &
les cendres chaudes. pais chauds. Elles vienElles font cncore un remede afluré nent. de graine comme les melons & les
& confirmé par une infinité d'expe- concombres, fort longucs & ordinairement elles font
riences, pour empécher lcs
eft
peu groffes, leur éçorce
arrivent aux
accidensqui blancheitre quand ellcs font
chûtes confiderables. perionnes ont fait des mince, facile à couper. Ellesfonta meures,
8 choifit pour rables dans la
admicet effet une
ne
foupe, oà elles font le
Pour les coretout-à-fait calebaffequi foitpasen- même effet que les
accidens
mcurc; on lai fait cuire à-dire,
concombres, c'eftdes chi- toute entierc dans les cendres
qu'outre la faveur qu'elles donzes, après quoi on l'ouvre, on exprime chaudes, le chiffantes. nent au botillon, elles font fort rafraifuc defa pulpe dans un vafe, & on le
Elles viennent fi vite & G
fait boire au malade. Rien au monde Dar@stementauxifles, ce foit leur
qu'il femble
n'eft fifouverain
paismatal, & bien desg que
ragie fi quelque Pouremrecberihemo- vaiffeau étoit
aflurent qu'eiles y font
ou pour
les
rompu, Europe. Lhamge
lcs prevenir abcès, ou reloudre Lc calebaffier n'eft
contulions, ou enfind
pas le feul arbre
fes qui pourroient produire dilfperlescau- dcs finco- qu'on les a foin de planter dans les nouvelpes, des défaillances & autres acci- font habitations. dens. pas moins
Enineseaneetey
Calebaf. Les
habitans ne utiles, & que les bons. fidbercalebaffes d'herbe fe fement tou- L'arbre négligent jamais. bs. tes les années, ou même fans aucun cotier qu'on appelle aux Ifles Co- Di CoDd ou Cocos., cit le méme qu'on cotier es
nomme Coces.. --- Page 456 ---
205 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1ug6. nomme Palmier dans les grandes Indes.
. pas moins
Enineseaneetey
Calebaf. Les
habitans ne utiles, & que les bons. fidbercalebaffes d'herbe fe fement tou- L'arbre négligent jamais. bs. tes les années, ou même fans aucun cotier qu'on appelle aux Ifles Co- Di CoDd ou Cocos., cit le méme qu'on cotier es
nomme Coces.. --- Page 456 ---
205 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1ug6. nomme Palmier dans les grandes Indes. d'une
Les gens qui ne iont pas accoûtumez écailles. carpe Les après qu'on en a enlevé les 16g6. au pais, confondent aifément le CO- pieds de
branches elles ont neuf à dix
cotier avec lc cacoyer, &c le COCcOS & d'autre long, tout le font garnies de part
avec le cacao que l'on prononce fim- defeuilles
long de leur nervure,
plement caco, quoiqu?il y. ait une dif- pied, fortes, droites,longues liantcs & de plus d'un
ference infinie entre Ces deux arbres, verd. d'un allez beau
& que leurs fruits n'ayent aucun rap- Cct arbrc vient
port entre eux. On tireroit les mémes haut, il croit
fort droit & fort
avantages du COCOS aux Illes qu'on en gros dans fon toujours. Il eft moins
tire aux Indes, fi on vouloit s'en don- tcz. 11
milieu qu'à fes extrêminer la peine s & en planter un plus principale poufle peu avant en terre fa
Enil nombre; mais on n'en plante ronnéc d'une racine s mais elle eft enviplus fouvent que par curiofité, &c tres plus très-grande quantité d'aupour en: avoir le fruit, dont l'cau eft les autres petitesentrelaffées font
les unes dans
agrenble, la chair délicate, &l'écorce autour d'elle qui
comme une motte
propre à faire des taffes & autres uitan- l'arbre. pour la fortifier &c foûtenir
ciles. J'en ai vû que les pluyes & les
On plante la noixtoute entiere, c'eft- avalefles avoient tellement dégradécs
à-dire avec fon enveloppe. Elle eft cinq C'eft-ce qu'elles étoient fait toutes hors de terre,
ou fix mois à pouffer & à fortir de ter- refifter qui que l'arbre a peine à
re. On prétend que Parbré cft autant
de au coups de vent, fa tête chard'années à rapporter du fruit, qu'il a garnies géc quantité de
de branches
&
été de mois en terre avant de
au
feuilles, donne plus prife
raen
fon germe. Il peut y. avoir du plus pouffer ou
vent que fa racine n'a de force pour
du moins dans cette
yrefifter:
moi je n'en ai point oblervation, fait l'experien- pour : Quand on prevoit ces coups de vent
CC. extraordinaires &c furieux qu'on appelie
On peut regarder cet arbre comme ouragans, on fait monerquelque Negre
un failleau de feuilles & de branches, adroit au fommet de l'arbre pour en
liées
couper les branches. les
enfemble 5 qui fc développent à n'y laiffer la
vieilles, &c
mefure
que gerbe
afin
L
&c fon qu'il les pouffe par fon centre que l'arbre nc. donnant tant milieu,
Deftrip- par fommet. Celles qui font ex- au
pas de prife
tionde térieures, c'eft-à-dire, cellcs
vent, foit plus en état de foûtenir
Cocos. les plus proches de la
qui font fon impétuolité.
femble 5 qui fc développent à n'y laiffer la
vieilles, &c
mefure
que gerbe
afin
L
&c fon qu'il les pouffe par fon centre que l'arbre nc. donnant tant milieu,
Deftrip- par fommet. Celles qui font ex- au
pas de prife
tionde térieures, c'eft-à-dire, cellcs
vent, foit plus en état de foûtenir
Cocos. les plus proches de la
qui font fon impétuolité. C'eft de cette forte
circonference, fe qu'on les conferve. répandent ches
en dehors comme des pana- Le fominet ou la tête du cocotier
fe détachent du tronc les unes fi-tendre. qu'on le
comme eft
après 1e autres, en même tems que le le chou
mange
on fait
centre en pouffe de nouvelles, & que & cn delicatcfle, Paimileyqunforpalfit en bonté
l'arbre croît. Cclles qui tombent laif- plus
& efteétivement il eit
fent fur le tronc qui s'eit formé fous el- noifette tendre, ou d'amande ila un certain goût de
lesleveflige del'endroit oùr elles étoient pas. quelepalmilten'a
attachées; cela fait que l'arbre paroit Lc tronc du cocotier ne
tout couvert de hachûres à peu près. d'être très-dur & tres-difficile lniffe pas
comme celles qui reftent fur la Peau per, ou du moins à cntamer, quoiqu'il à coun'ait --- Page 457 ---
tem. Tpg.ad.
Cocotigr de la
sgeonde eypece.
CoationguiSgta de terre.
Teune
Cocotier. --- Page 458 --- --- Page 459 ---
Iom I Fag.2o61I.
Cocotier ow
Oros Cocos.
Feuille
entiere. -
a
Tronc et racines --- Page 460 --- --- Page 461 ---
ZomI. p22.306 III.
Cecctier
etier
leur
Cecetier eune
Branche
de Coastier
de --- Page 462 --- --- Page 463 --- --- Page 464 ---
Tom.t.Pag. 207.
Guaisnesde Cocos enfeur.
:
a
--- Page 465 ---
CI --- Page 466 ---
Zom. Pag.a07.
Begime de Cocos
a --- Page 467 ---
FRANCOISES DE
1696. n'ait
qu'un bon pouce d'épaif. auffi-bien LAMERIQUE R: 207
feur, ReR refte jufqu'au cocurn'eft
eft
que les queiies où Ic fruit
amas de fibres longues & preflées qu'un
attaché. On s'en fert quelquetois 16,8
peuvent fe tirer dun bout à ute de pour châtier les enfans. 1l n'ya a Foint
quand Parbre ett partagé ou fendu en verges ou de foiiet quifefallemieux
deux, elles font abreuvées d'une
fentir,
affez claire & aigrette. On ne fait liqueur au- Jen'aip pasr
cun ufage de ce bois, parce
bien de tems Tomméeadedemrén. le fruit demeure
té fait qu'on le conferve &" quefa rare depuis qu'il a fuccedé aux furlarbre
l'abat jamais fans une neceflité qu'on des ne fi parfaite maturité; Parce fleurs jufqu'à
preflantes. plus rare qu'on attende julqu'a qu'ileftaffez ce tems-là
de J'ai mangé les choux ou les tétés pour le cueillir; mais autant que j'en
quelques-uns le
qui avoient étéabbatus puis juger, il ne lui faut guercs moins
vent dans un ouragan, & je d'une année Pour'meurir.
arbre
l'abat jamais fans une neceflité qu'on des ne fi parfaite maturité; Parce fleurs jufqu'à
preflantes. plus rare qu'on attende julqu'a qu'ileftaffez ce tems-là
de J'ai mangé les choux ou les tétés pour le cueillir; mais autant que j'en
quelques-uns le
qui avoient étéabbatus puis juger, il ne lui faut guercs moins
vent dans un ouragan, & je d'une année Pour'meurir. trouvez
Eu des
bien meilleurs que ceux fept Lorfque le fruit eft meur il a fix à
Palmiftes ordinaires 3 car je croi
pouces de diametre dans fon mique tous ces arbres font du même licu, & neufà dix pouces de hauteur. genre, Felpece. &c qu'ils ne different que par Iin'eft tôtt pas exaétement rond, mais pluconfidercr triangulaire. ly a deux chofes à tion.la Deferiglesbranches J'oubliois de marquer ici quand & fa noix. dans cefruit; fon enreloppe, frait. elles font fortent du coeur Re Parbre, la noix, eft L'enveloppe qui environne
tiffa croifé enveloppées ou de
d'une efpece de comme une compofée de de grofles fibres
de la ferpillere grifc groffe toile, comme adherante à efpece la
grofle filaffe fort
branches
qui fiit le fort des peau mince life noix, 2 couverte d'one
tombe qu'elle avoit enveloppées, & tant
Scdure, d'un verd d'aude
avec elles. J'en ai trouvé fa plus pàle le fruit approche de
quarré. morceaux de près de deux pieds en dans maturité. Ics TORFE fe fert de cctte filaffe
Zrcess Le cocotier Alcurit
dages. Ch grandes la bat Indes; pourfairedes corReurit forte
tous les mois, de fiere &
les pour en ôterla pouf
tossles feurs
paroît todjours couvert de
rendre fibres
mois. Et de fruits quir meuriffent lesuns après quoi on la tille & on plus la file fouples,
après Scs les autres pendant toute l'annéc. près comme le chanvre. On peu
fleurs font blanches, attachées
que ces cordes font moins prétend à fe
pelottons à un rameau fort du Par pourrir dans l'eau, celles flujettes
tre de l'arbre de la qui
cen- vre. que
de chantrois pieds. Il paroit longueur tour blanc de deux à Lanoix étant
fon
eft chargé de' fleurs, mais la quandil loppe a encore dépolilléede quatre à
envetombentàt terre, auffi font elles plipar ded diametre, &f fixa fept pouces cinq del
nombre
entrop teur, elle
ETSE
Sme fruit. A celles pour pouvoir apporter lignes dans eft fon épaille de &c trois à quatre
les fruits qui font qui attachez reftenr fuccedent dans fes extrémitez. milicu, Elle de cingà fx
d'autre du ramesu, à
de Part 8x d'une couleur brune avec eft fort dure,
on voit les grains de raifins peu près comme lets d'un falemélez dej quelques fifauvages,. d'un Le ramcau qui les foutient aux vignes eft blancs. E bout par lequel petits lc fruit points eft
bois extrémement fouple & liant attaché res rondes àl de branche, a trois ouvertudeus à trois lignes de
dia-
icu, Elle de cingà fx
d'autre du ramesu, à
de Part 8x d'une couleur brune avec eft fort dure,
on voit les grains de raifins peu près comme lets d'un falemélez dej quelques fifauvages,. d'un Le ramcau qui les foutient aux vignes eft blancs. E bout par lequel petits lc fruit points eft
bois extrémement fouple & liant attaché res rondes àl de branche, a trois ouvertudeus à trois lignes de
dia- --- Page 468 ---
208 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16y6. diamerre, qui font fermées Sc remplies Palma Chifti, avec un
de
d'une matiere grilate,/pongicuie com- peau de requien ou de chien morceau de & 1hg6. me du licge, par leiquellesicion les ap- enfuite avec du linge. Le dedans mer, fe
parences lc fruit tire fa nourriture de lit avec un morceau de verre. pol'arbre. Les Efpagnols en font des
Quand on perce la noix en débou- prendre led chocolat. J'en ai vû taffispour de
chant ces trois ouvertures, il en fort belles; bien travaillées, cizelées, trés- enriune liqueur blancheitre comme du pe- chies d'argent fur un pied
&c
tit lait, qui eft fucréc, avec une petire d'autres fur un pied fait d'un d'argent, autre morpointe d'aigreur fort agreable. Lorfque ceau de COCOS bien cizelé. la noix eft jeune 2 c'eft-a-dire, long- Ilya une autre efpece de cocotier
tems avant fa maturité, elle eft toute qui porte des fruits de même forme
pleine de cette eau 5 mais à mefure que ceux queje viens de décrire, mais
diminue. qu'eilemeurit, La la quantité de cette eau qui ne font gueres plus gros que les
noix étantfciéc ou caffée, noix ordinaires d'Europe. Il y a une
onla trouve revêtué par dedans d'une difference très-confiderable entre ces
matiere trés-blanche, qui avant la per- derniers cocotiers, & ceux
défaite maturité du fruit, n'a pas plus de crits ci-devant. Le tronc deceux-ci quej'ai
confiitance que du lait caillé, & envi- roit comme une colonne renflée extra- pa- Cocas
ron deux lignes d'épaiffeur. Pour lors ordinairement, & plantée fur latête ou épinzu,
on la prend avec une cuillier, on la à la renverfe: car le pied ett affez
met fur une affiette avec un peu d'eau le milieu trois fois plus qu'ilne
de fleur
&c de fucre. gros
CRe
d'orange
C'eft un vroit étre; & lehaut unc fois & demie
manger délicat qui rafraichit beaucoup. plus gros que le pied. Il eft avec cela
Mais quand le fruit eft mûr, cette tout couvert d'épines ou de pointes afmatiere prend la confiftance d'un ma- fez longues &c fortes qui l'environnent
ron cuit; onla trouvepourlors épaiffe, depuis le bas jufqu'en haut en maniere
de quatre à cinq lignes, blanche com- de volutes trés-regulieres. J'ai foume la
Son goût eft comme un vent admiré cct ouvrage de la nature. compole ES la noifette & du; cul d'ar- Les branches & les feuilles de cetarbre
tichaur, aufi la mange-t-on avcc du fel font plus courtes de la moitié
& dupoivre. Ellecit compacke,froidé, les du vrai COCOS, mais elles font quecel-
& dofezdificitegigeilien Onprétend larges & toutes heriffées d'épines.
'ai foume la
Son goût eft comme un vent admiré cct ouvrage de la nature. compole ES la noifette & du; cul d'ar- Les branches & les feuilles de cetarbre
tichaur, aufi la mange-t-on avcc du fel font plus courtes de la moitié
& dupoivre. Ellecit compacke,froidé, les du vrai COCOS, mais elles font quecel-
& dofezdificitegigeilien Onprétend larges & toutes heriffées d'épines. plus La
qu'elle provoque'Parine, je n'en puis coque du fruit eft mince, dure,
rien dire de politif, n'yaiant pas faitune & pleine d'une fubftanceblanche, peu molattention particuliere. La noix dans scet le & quia un affezmauvais goût d'huiétat renferme très-peu d'eaus ilfaurque le. Cela n'empéche que les enfans
cette liqueur fc foit congelée à pcu, à qui tout eft bon, Ran mangent avec
& qu'elleaitf fervi idenourriture ESHE la chair avidité. Mais la difficulté d'en avoir
blanche dont la noix eft revétuéparde- elt grande, car il faut des échelles, &c
dans. méme fort longues pour aller cueilLagede Onfefert des noix pourfaire des taf- lir ces fruits, les épines dont Parbre
lanoix fes, des cuilliers &c autresmeubles. On eft heriffé, ne permettant Pas d'y mond:cecot. pelit tle dehors enlep paffant furlameule, ter. & on le lullre en lc frotant d'huile de On trouve allez fouvent au bord de
la --- Page 469 --- --- Page 470 ---
Tom. Pug.sog.
Noix de Locos dipeiillée de
Son Envelope.
TTAS
Palmierfranc ou
dattier avec un
regime deson
fruit --- Page 471 ---
1696. Ja mer des FRANCOISES cocos de la
DE
Petitscogroffeur d'un
LAMERIQUE
cos pro- ceufde n'eny voit poule ou environ. Comme on fouferire au fentiment des
faireder presa de la bande qu'aprés du qu'ily y a eu des vents muigenliunempechens ce que j'ai
parune Naturaliftes, experien- 16ig6,
sabatie- qu'ils viennent Sud, j'ai lieu de croire ment à leur très-fure, oppofée dircéteres. me. Jc n'ai jamais de la côte de Terre-fer- folument CC fentiment, quid dément abcune de nos Ifles des p arbres trouver dans au- fur leur bonne que foi; je viens de rapporter
taffent de femblables, &c quelque qui en dili- por- dattier à côté de nôtre car nous avions un
gence être que j'aye pû faire, n'ai
Motillage à la
Couvent du
éclairci. On fe fert
pû en toit du truit, Martinique quirapporces
Pour faire des
E cocos Qu'il fut mâle quoiqu'il ou
fur tout feul. niture d'argent. tabatieres, Ils
avec une gar- rien, mais ce femelle, je n'en fçai
un très-beau poli, & reçoivent aifément ment, c'eft que que dans je içai le tres-certaineallez minces, ils ne
qu'ils foient Fort S.1 Pierre & lé terreinoi eftle
forts
pas d'être
&c
Mm
Par cux-mémes; à
dois dedeux lieuès à la ronde, Molillage à plus
jotiter, que leurf
quoije a- n'y: avoitj jamais eu de dattier: inyavon, &c
tribue pas peu.
i, & reçoivent aifément ment, c'eft que que dans je içai le tres-certaineallez minces, ils ne
qu'ils foient Fort S.1 Pierre & lé terreinoi eftle
forts
pas d'être
&c
Mm
Par cux-mémes; à
dois dedeux lieuès à la ronde, Molillage à plus
jotiter, que leurf
quoije a- n'y: avoitj jamais eu de dattier: inyavon, &c
tribue pas peu. fgueiphoniguenecon- femble qu'on doit conclure d'ouri ilme
Nous avons des dattiers aux
fence du' male n'elt pas fi
la premais en petit nombre, &c
Illes, arbre
àcet
REOESE
gligence des
celap parlane- turaliftes pourlerendre le
fecond, quelesi Nad'un des meilleurs habizané, fruits qui fe privent ne veuille dire prétendent. que Amoins qu'on
monde. Cet arbre
qui foient au les animaux qui font cet en arbre faite comme
Palmier Palmier dans le Easitr T'oninommeauli & en
joignent enfemble fans Afrique, quife
SEK vient à près comme le Cocotier. Barbaric, Il fulter la s'ils font de même beaucoup conpouffe ES
cipece"
1e, Dattier, Ol qui fe branches comme une gerbe vent nereliteinyobise point
& qu'ilst net quand troupenchant répandent vers la comme un paralol en nous
leurs femblables. En effet,
centre en pouffe denouvelless terre, à mclurequel le de nôtre avionsquelques dattier, qui cocotiers auroient affezprès
aflez femblables à celles du ellesfont ment tenu la place du datticr apparemmais elles font chargées de cocotier, rendu nôtre femelle feconde. male &
d'épines fortes & aflez longues; pointes elles ou Ifles Lesnoyaux des dattes qui
forte font aufli plus adherantes au tronc, de
étant plantez, ne levent ontcrû aux Ies
que fi on ne les coupoitpas, l'ar. ne pouffent point de rejetton; point, de &
breauroit vingt pieds de hauteur avant
ceux qui veulent avoir des forte 272X tes des datfes premicres & plus bafes feuilles 2uec barie obligez de planter des dattes dattiers de Herne
2R fuffent feparées du
ont le
Bar- levene
Senti- ' On
tronc. qui
germe neceffaire Pour point. ment des femelle, prétend le' que mâle cet arbre eft mâle & produire. que les poules C'eft font ainfi des que nous voyons
lifes Natura- far porter de Ectr &qu'il fleurit laiffe ce fas
cours du cog, mais ces ccufs ceufs fans le fe. lesa dat- la femelle : mais qu'elle ne foin z point & ne produifent
de n'éclofent
tiers, roit Point fi ellen'avoit le mâle rapporte- parce qu'ils n'ont pasle point poulets,
d'elle, ou du moins dans une diftance auprès re qui leur eft
germer neceffaifuffilante pour que le mâle la pût voir, Il faut donc quel communigué Melficursi les Par le coq.
ces ccufs ceufs fans le fe. lesa dat- la femelle : mais qu'elle ne foin z point & ne produifent
de n'éclofent
tiers, roit Point fi ellen'avoit le mâle rapporte- parce qu'ils n'ont pasle point poulets,
d'elle, ou du moins dans une diftance auprès re qui leur eft
germer neceffaifuffilante pour que le mâle la pût voir, Il faut donc quel communigué Melficursi les Par le coq. c'ef-a-dire, qu'ils foient en vaéPunde tes prennent la peine de Naturalif. l'autre. Jefuis tâché de ne pouvoir
qu'ils ont dit de la necefiré corriger du
ce
Pas
Palmier
Tramnammtitir Ec
ou
qu'ils --- Page 472 ---
210 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
76)0. qu'tisferetranchent à dire comme moi, vent toujours une certaine âpreté qui 1696,
quelaprefence dur mâle fert feulement a fait connoitrequ'il leur manque encore Ufage
perfeêtionner le germe du fruit, & à lc quelque degré de maturité. Seroientà
un arbre fem- elles de la nature des
ne meuE
rendre propre produire
neflesqui
daties
blable. riffent jamais bien fur Parbre, & quiont aux Ila
Les dattiers des Ifles fleuriffent une befoin d'étre quelque tems fur la paille du Vent,
foisl l'année. Ils pouffent pourlorsdeleur pour avoir toutc la
centre, un, deux &cméme jufqu'à trois defirer. Ce défaut eft caule
srarscine
rameaux de la groffeur du pouce, 8de
point crués; on les
en
deux à trois pieds de long qui fe char- SSELIE qui eft exccllentep pour
ETE
gent danstontel leur
&c de tous trine,quiaide à la digeftion, confucôtez de petites flcurs antorte mais melescruditez dc l'eitomac,
SEen
donglaplusgrande partic tombe à terre; faut ufer avec moderation, parce qu'elle
les fruits fuccedent à celles qui reftent. échauffe benucoup. Oncompte pourl'ordinaire cént quatre- L'ouragan qui arriva aut mois d'Oétovingt àdeux cens dattes fur chaque ra- bre169s. deracina le dattier qui étoit à
meauou grappe, ou, pourparler lel lan- côtédenôtre ConetduMailigeicn dattier. Chou de
gagedesiles, furc chaqueregime. Com- n'avoit pas cu foin de faire couper les
me ce fruit n'a rien de particulier aux branches quand on commença à fentir
Ifles, je ne croi pas me devoir arréter à Timpetuefsedavent. Comme on virque
enfaire une plus
defcription. Cc le malétoit fans remede, parce que larquejy ai remarqué E dont je n'ai pa breétoit grand &c trop gros, pour
connoitre la caufe, c'eft qu'il ne meurit pouvoir CE redreffé 8cremis senterreson
jamais fi parfaitement a la.Martinique & jui coupa la tétc pour en tirer le cceur
à la Guadeloupe, qu'il fait en Afrique, oul le chou.J J'en mangeai 8jel les trouvai
en Afie & même à S.
ede, parce que larquejy ai remarqué E dont je n'ai pa breétoit grand &c trop gros, pour
connoitre la caufe, c'eft qu'il ne meurit pouvoir CE redreffé 8cremis senterreson
jamais fi parfaitement a la.Martinique & jui coupa la tétc pour en tirer le cceur
à la Guadeloupe, qu'il fait en Afrique, oul le chou.J J'en mangeai 8jel les trouvai
en Afie & même à S. Domingue; car bienplus délicat que ceux des palmiftes
quoique nos dattes deviennent tendres &c communs &cépincux, & mêmc des cococomme mielées, qu'elles jauniflent, en tiers. Il étoit un peu plus jaune, d'une
un mot qu'elles femblent parfaitement groffeur extraordinaire & d'ungoit qui
meures; il elt conftant qu'elles confer- avoit quelque chole de particulier. C H A P I T R E IIL
Du Palma Cbrijfi. Du Corolfelier. Du Ceur de Beuf. Du Bois
immortel, , d du Medicinier. 228 E Palma Chrifti que les Carai- la quantité diminuëà mefurc que l'arbre Chrifi;
bes & les habitans de laGua- vieillit. Son écorceeftg grifeymince &cpo- arbrijdeloupe & autres Mfles appel- lie. Sesfcuilesapprochenes un peu de cel- fean. lent Campsychunabrides les dela vigne, quoi qu'elles foient beaufi utile,, qu'on n'oublic jamais d'en cul- coupplusi petites,plus minces & plusrutiverun boni nombre dans les habitations. des.. Il porte deux fois l'année desbouSontroncne vient jamais plus gros quele quets comme des goufles de chataignes,
bas delajambe.Sont bois eft legersnoucux, plus petites à la verité & fans piquans. Carapat prefque vuide, n'ayant qu'an peu de Quand quelque gouffe d'un bouquet
es Pal- motielle blanche commelç fureau,dont commonceayouvtir d'clle-même, c'eft
une --- Page 473 ---
Tonts Pag 280
Palma Christi ou Ricinus.
Coeur
oeu
Noixe de
Palma
Corossolier.
Christi. --- Page 474 ---
DYC --- Page 475 ---
FRANCOISES DE
sfip6. une
LAMERIQUE
Fruit dss & qu'il iismilosadie éft temsde.leceuillir. huile la plus chaude qu'on la
Chrifi, Palma fes qui ne font pas ouvertes, s'ouvrent Lesgouf portér avcc dereu-de-vioqulin puine fup- 1696,
fexfa- Aclementenlepretinre
fus méler le quand Thuile eft hors defges. il en fort une
tentrelesdoigrs;
Rure
NEE
amande comme une feve Elle eft
que ordinaire, de l'autre, un peu extrémement plus platte d'un côté fortes de coliques. encorefpecifique On enf faitp pour toutes
lie, luifante, de couleur brune, liffe, avec malade une cuillerée & demic prendreau dans
petites lignes, filets
Zdc ou huit cuillerées de botillon. Elle fept
Sepoints qui com- cite à un
expofent comme une elpece de feuillage
vomiffement qui emporte inqui paroit argenté, Quand Pamandecft failliblement lemal,
nouvelle,
outrequelepurge
outre Ccs lignesargentées, on parfaitement Ceux bien.
lie, luifante, de couleur brune, liffe, avec malade une cuillerée & demic prendreau dans
petites lignes, filets
Zdc ou huit cuillerées de botillon. Elle fept
Sepoints qui com- cite à un
expofent comme une elpece de feuillage
vomiffement qui emporte inqui paroit argenté, Quand Pamandecft failliblement lemal,
nouvelle,
outrequelepurge
outre Ccs lignesargentées, on parfaitement Ceux bien. yr remarque quelques petits points
qui veulent avoir cette huile
nes & noirs qui s'effacent à mefure jau- plus parfaite, fans danger qu'elle. ranPamande vieillit. Lc dedans de ccttc que cife Amabesgpalkecm.lee de mauamande eft blanc, d'une confiftence af- vaife odeur,
fez ferme & huileufe &c
goût & à la vûé
Somnirabsgeutur
d'un goût un
que l'huile d'amandes
peu amer. douces, la doivent faire
Huile de Ons'en fert à faire de
fimplement fans eau par expreilion
Palma te maniere. On
Phuile en cet- fe contente de
chaude ni feus on
Chrifi bois de
pile dans un mortier de
bien piler les amandes,
oudeCagoyac ou autre matiere les
après quoi on
ce
rapat, nes ou amandes
graienveloppe marc dans
dépouillées de leurs unetoilequ'onmet fouslap preffe pouren
dans gouffes, del'eau, après quoi on les fait bouillir exprimer eft faite de T'huile. Je croi celle qui
&ar mefurequ'elles botilcette maniere meilleure
on
A
Jent, enleveavec une cuillier l'huile que l'autre pour les médicamens. quifurnage. Lorfqu'ciles n'en rendent Jc fuis
plus, on verfe l'cau
té pendant
ReAoinnemane
prefelemarc
parinclination&con huile ne feroit quej'étoisaux. Idcs, ficctte
toile, afin d'achever enveloppé de dans unegroffe la tirant d'une pas bonne à manger en
reftoit.:
tirer CC quiy il me femble maniere qu'elle le plus propre; car
Cettc huile eft douce, fans mauvais Peut-étre gue quelqu'un pourroit lira être. ces
goût ni mauvaife odeur, auffi
Memoires en fera
qui & renrente
Phuile
tranfpa- dra cc
l'expérience,
que
d'olive; : elle éclaire
fervice au public. de pour fuméc. le moins aufli-bicn & ne fait point cclle-ci Ceux à qui Thuile bralentde T'huile préferent
Elleef Elle eft admirable
ftice; caril eft certain de poilfon & avec jupour bonne membres qui font
pour oindre les re plus
cclle-ci dulong-tems, 2 de une
plafieurs leurs froides, enla Tengourdispardendo mélant avec de
plus vive, fans fumée & fans la lumiere mauMaNx.
public. de pour fuméc. le moins aufli-bicn & ne fait point cclle-ci Ceux à qui Thuile bralentde T'huile préferent
Elleef Elle eft admirable
ftice; caril eft certain de poilfon & avec jupour bonne membres qui font
pour oindre les re plus
cclle-ci dulong-tems, 2 de une
plafieurs leurs froides, enla Tengourdispardendo mélant avec de
plus vive, fans fumée & fans la lumiere mauMaNx. prit de vin, & aiant préparé la l'ef vaile odeur qui eft infeparable de l'aupar de fortes frixions avec des partie tre. Jc m'en luis toujouirs fervi pour les
neufs & chaux. linges lampes de nos fucreries &c autres lieux
Elle foulage auffi
de fervice, où l'on eft
& guérit lcs meurtriffures trésopromptement & les
tenir de la lumicre, obligé d'entrefions, en mettant fur
contu- foin des biens de nos quand j'ai m'étant eu le
tris des
lesendroitsmeur- convaincu
Mifions,
compreffes imbibécs de cette jedépenfois par pluficurs expérieneesque
Eez beaucoup moins qu'en me
fer- --- Page 476 ---
212 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
1696. fervant d'huile de poillon, quoiqu'il qu'un ancien habitant de
femblât d'abord le contraire. Il n'ya nommé le Sieur
la Martinique 196,
qu'à comparer le poix deces deux hui- tation étoit à côté Dorange, de
dont l'habilcs & letems qu'elles durent pour fe
en:
nôtre Couvent du
convaincre dela verité de mes expé- Motillage, fon jardin qui avoitp étoit plantéunpied. dans
riences. peu d'années. Ses Negres venu trés-beau en
Lepotr meftredel Pariscontenante deux par méprife, &on letrouva l'abbatirent chardoit pintesd'huile de Palma Chrifti, fe ven- gé de fruits. Cet exemple fuffit tout ce me
quandi ljefuis) parti des Ifles en 1705. femble pour
ce
trentelols à la Martinique, & vingt fols mais ce n'eft prouver la feule que j'ai avancé,
à la Guadeloupe. Mais quand on a un féquence que les pas habitans chofe de conpeu foin de fes affaires, on n'eft point s'attachant
négligent, ne
obligé d'en acheter. In'y a qu'à plan- un profit qu'à ce qui peut leur faire
ter de cesarbriffeaux dans les lizieres &c en
prelent, unl fans ionger à ce qui
à côtédesgrands chemins & autres en- avec produiroit un peu dej ibien plus & sconfiderable,
droits peu occupez, oneft affuré de re- ferai dans un autre paticnce endroitle detravail. Jc
cueillir de Thuile beaucoup plus qu'il manufactures
détail des
n'en faut pour entretenir toute une ha- dans nos Ifles. qu'on pourroit établir
bitation, fans que ce travail détourne L'on trouve danstous lesl bois, 8c fur
lesenfans prefque perfonne; rien n'eft plus aifé, tout dans les licux fecs &
Oliviers
cueillent & épluchenclesgral- arbres dont la feuille
élevez, des faxvages
nes, & quelque vicille Negrefleintirme
entierement femblables &clebois font pref- fort comou eftropice fait Thuilefans beaucoupfe SESRENT aufli les
aux verita- mNns
fatiguer.
trouve danstous lesl bois, 8c fur
lesenfans prefque perfonne; rien n'eft plus aifé, tout dans les licux fecs &
Oliviers
cueillent & épluchenclesgral- arbres dont la feuille
élevez, des faxvages
nes, & quelque vicille Negrefleintirme
entierement femblables &clebois font pref- fort comou eftropice fait Thuilefans beaucoupfe SESRENT aufli les
aux verita- mNns
fatiguer. viers
Leurs appelle-t-on Oli- anxifer,
11 eft étonnant depuis plus de groffeur fauvages. de nosplus belles fruits font de la
quatre-vingt ans aufes a commencé à méme figure, dcla méme olives, de la
s'établir aux Iles, on ait négligé d'y le noyau eft
couleur, mais
planter des oliviers; il eft certain qu'ils portion de la beaucoup chair trop le gros a proy feroient très-bien venus, & qu'ils fe- trés-mince &c qui couvre qui eft
roient le fond d'un commerce d'autant Les
trés-amere,
Ie ter- plus con@iderablequ'il feroitplus affuré, miers cn pcrroquets, les grives & les ra- Efttque
roirorle puifque lesarbres ne feroient
ex- fon mangen: beaucoup dans la fai- prodaielimat polez à étre gelez comme ilarrive point affez
& s'en engraiffent; mais leur chair Jent les
desdles fouvent en
&c
contraéte aufh l'amertume du fruit. olives
tréspro- fant au pais, Europe, ils
que fe naturali- eft vrai que cette amertume ne fe répand
co
pourroient imiter ceux pas par tout le
&
quiy y ont pris: snaiflance &
du fruit
corps, qu'elle ne fe
HEE
viers, deux fois par an comme eux porter D'ailleurs trouve que dans les inteftins &c dans le Raus s'en
en les plantant dans les favannes, ils croupion; n'ont foin de de forte que fi les chaffeurs ER
n'occuperoient point une place bonneà qu'ils pas les ont tuez, vuider & de ces leur oifcaux desfoun. quelqu'autre chole, s ils ne nuiroient croupion, Pamertume fe couper le
pointal'herbe, bre
&cdonneroient de Pom- par tout le
&il communique
aux beftiaux. d'en
corps,
eft impoflible
Jc n'ai pas avancé fans fondement Je manger. me fouviens
qu'ils viendroient parfaitement bienaux de nôtre Miflion de qu'étant la Procurcur
lilcs, puilqu'on igait tres-certainement 1698. je voulus régaler deuxde Martinique nosPe- en
res --- Page 477 ---
FRANCOISES DE
1696. resn
PAMERIQUE
Hifoire voyaip pour cet effet
point
Copberatimairee
fur ce quer mon chaffeur àla chaffe, bienfeur n'eft foit pour quelqu'autreraifon qui 16y6,
Iujet. nei
point venue à ma connoiffance."
oùl mains vuides, car c'étoit retourneroitpasies dans un tems Lorfqu'il eft planté feul il vient de la
lerramieridonnoient très-fort; mais grandeur &c de la groffeur d'un poirier
olives.
pour cet effet
point
Copberatimairee
fur ce quer mon chaffeur àla chaffe, bienfeur n'eft foit pour quelqu'autreraifon qui 16y6,
Iujet. nei
point venue à ma connoiffance."
oùl mains vuides, car c'étoit retourneroitpasies dans un tems Lorfqu'il eft planté feul il vient de la
lerramieridonnoient très-fort; mais grandeur &c de la groffeur d'un poirier
olives. parmalheur c'étoita auffidansl lafaifondes médiocre. écorce Sonbois eft blancheâtre, fon
reux, il Eneffet, revint mon chaffeur fut heu- ches grife, mince, unie. Sest branramiers;
chargé de perdrix &c de
quifonengrand nombre, droites,
ce qu'il y cut de ficheux, fut fouples &c ployantes, 2 font garnies de
les qu'il oublia d'arracher les croupions & quantité de petits fcions couverts de
inteftins de fon gibier. fetilics quiy fonta tattachées deuxà deux
nûmes le mal quand iln'y Nousrecon- avoit plus dc des queués affez courtes. Les feuilremede. Je fis laverleg gibieravec duvi- Ears ont environ
pouces de lonnaigre; on mit des oignons dans cha- gucurf firun pouce AE demi à deux
cun, on fit en un mot tout ce fe ces de large en manierc d'ovale allon- poupouvoit faire pour les rendre moins gui a- géc,avect Élles font une petite pointe à P'extremité. mers; toutfutinutile, il ne
d'un verd un peu brun, affez
fible d'en gouter, & nos Peresauroient furpas pof- fortes, roides &ccaflantes, &c d'unebonfait un fort maigre repas, fi je n'avois ne épaifteur. Cetarbre fleurit
pas eu la précaution de faire fervir de du font fruit deux fois l'année. Ses &cporte fleurs
quoi fuppléer à nôtre chaffe gâtéc. depetitsboutons qui en
Les habitans qui ne pcuvent pas faire fanedeviennent un peurouges. s'épanouif Le fruit
des lizicres ou hayes d'orangers,
leur fuccede étant dans fa
que leurs terres lont
parce Earr a depuis
parfaite
vent, en font de coroffolier, trop expofees de bois au pouces de diametre, SCTIEL huit a julqu'a neufp fix
immortel ou de mediciniers &
ces de hauteurs on en trouve pouon apprchende que le vent guand fent fept à huit livres. Sa
qui
ces arbres decroitre, on les n'empeche che
d'un figure
TofE
couvreavec toijoursdecelle cceur un
trois ou quatre rangs de bananiers ou de mal formé, Il eft couvert d'une écorce peu
figuiers. épaiffe comme une picce de trentef
Corofo- L'arbre que les François
d'un beau verd gai,
8c fols,
bier, ar- Coroffolier &1 fon
appellent géc comme en écailles, marquée
dejcrig- bresfa me Guanabo chez fruitcoroflol, les Efpagnols, lenom- Ca- tites élevations en forme
sion,
MRE
chiman ouMonin chez
mouffées & tendres pointes
E
quelques autres mal.
iffe comme une picce de trentef
Corofo- L'arbre que les François
d'un beau verd gai,
8c fols,
bier, ar- Coroffolier &1 fon
appellent géc comme en écailles, marquée
dejcrig- bresfa me Guanabo chez fruitcoroflol, les Efpagnols, lenom- Ca- tites élevations en forme
sion,
MRE
chiman ouMonin chez
mouffées & tendres pointes
E
quelques autres mal. On
le pour faire du
que fruit eft
ecuefr
EERatr moije croid que leCoroffolier eff unedes quand ces
pointes commencent meur,
trois efpeces de Cachiman que l'on trou- à à noircir, cEr queuë qui l'attache
veaux Ics. LesPrangosquient trouve- l'arbre qui a l'ordinaire trois à
Hleoeneonees cnunelfe
pouces Eiene long &c de la groileur
Hollandoife prés de la côte de Carac, gate tuyau de plume à écrire,
appellée Curacao ou
decouleur & fc fetrits
change
roflol par
Curaffo, ou Co- nele cueille pasil
pour lors fi on
terent corruption, & qui enappor- beftiaux en tombe à terre, & les
l'elpece aux Ifles
lui
qui font fort
ont donné le nom de cette Françoifes, Iie au lieu manquent de le manger. avides,. La fub- ne
du fien propre, foit qu'ils nelefçufent ftance aimes dans cette écorce eft
toute blanche, de la confiftence à peu
Ee 3
près --- Page 478 ---
VOYAGES AUX ISLES
214 NOUVEAUX foutenuë jour & demi ou deuxj jours, après quoi 1696,
1696. près d'un melon bien meur, & délica- ilsaigrit infenfiblement, & en des cinq ou
par quantité dc fibres d'un longues fuc agréable, fix jours il devient un vinaigre plus
tcs; cllc eft remplie
d'aigreur qui forts.
mieux
fucré avec un petitep pointe le cceur. On en Le coroffolier vient beaucoup on en
Proprie- rafraichit &c qui réjouit tranches aux ma- de graine que de bouture. Quand les
tez.du laiffe manger quelques qu'il tempé- veut faire des lizieres, on plante les
fruit. lades, parcequon pretend Iett certain graines en pépinicre, &-lorfque
de la fiévre.
ou
de
'aigreur qui forts.
mieux
fucré avec un petitep pointe le cceur. On en Le coroffolier vient beaucoup on en
Proprie- rafraichit &c qui réjouit tranches aux ma- de graine que de bouture. Quand les
tez.du laiffe manger quelques qu'il tempé- veut faire des lizieres, on plante les
fruit. lades, parcequon pretend Iett certain graines en pépinicre, &-lorfque
de la fiévre.
ou
de re les ardeurs
gué- ont quatorze quinze pouces
c'eft un remedefpecifique;
la teur, on les leve dans un temsdep pluyc,
eft REEIETE par
cordeau
aers la diarée loriqu'elle
& on les plante au
commej'ai
chaleur.
fruit renferme dit cy-devant en parlant des orangers.
La fubftance de cc
de Ces fortes delizieres viennent fort vites
quantité de graines noires comme ne fe di- clles font très-bonnes, couvrent bienles
petites feves, fi dures, qu'elles fait que les lieuxquellsdeivent, garder.Leursfcuil
gerent jamais 5 c'elt ce quif
les qui font fortes & en grand nomchevaux &c les boeufs qui en mangent &c lou- bre, refiflent facilement à l'impetuobeaucoup deviennent malades, quel- fité du vent, & leur bois qui eft fort
vent cn meurent. On en a ouvert & fouple &c ployant, eft moins fujet à
ques-uns dont on a1 trouvé les inteflins fc rompre que des arbres plus roides
méme la veffic remplis de ces pctites & plus forts. Quand on veut dongraines. A cela près, c'eft & un des très-bon plus ra- ner à ces lizieres une force extraorfruit,, des plus agréables
dinaire 2 on entrelaffe font les voifins premieres les
fraichiflans. cucille fouvent avant qu'il foit branches des pieds Sc qui on les attache enDife- Onle
coupe uns des autres ,
pris cetrens tout-à-fait meur; & oniepeleyonle en avoir ôté les : femble jufqu'à cc qu'elles on ayent les laille monulages par tranches,, frit après avec T'huile ou le te fituation; aprèsquoic & on recomE de graincs, on le
Efpagnols ter environ deux pieds, entrelaffer, ce
cafruit. beure, ou lefeing-doux Mantegue, EE on le mange mence continué de nouveau de faire à les jufgu'a cc qu'ils
appellent avec unjusd'orange. Quelquefoisapres min- qu'on foient arrivez à la hauteur qu'on veut
qu'il eft coupé par tranches bien &c donner,
lors on les arrête en les
ces, on le palfe dans une pâteclaire, aux ététant, fang que le pied 8cles branches
on le fait frire comme des bignets le fucre fc fortifient & jettent une plus grande
pommes, & on le mange avec
quantité de branches & de fcuilles. Aêcl lej jus d'orange. le fuc de ce fruit, on prèsles orangers ricn n'eft & meilleur autres lieux pour
Si on exprime tout-à-fait rafraichif- couvrir les cacoycres du vent, fur tout
en fait uncl liqueur mettant un
qu'on veut défendre
Cet arbre
Vin de fantc & agreable en y la pointe de M f on fait les lizieres doubles. lorfqu'il eft
eorefal. dc fucre corriger fermenter pendant porte du fruit à trois ans,,
il lui
acides. ro on lal laifie
toute fcul, mais quand il eft en lizierc,
trenteà quaranteheures, elle perd
en faut fix ou fept. C'eft une regle
& devient comme un petit
les arbres
plante
JERTE
fon acidité, & des plus agréables, mais nerale que le double qu'on du tems avant de
vin gaillard donne furieufement à la tête. Ce ziero.font du fruit.
qui demeure dans fa bonté pendant un rapporter
Le
vin
. ro on lal laifie
toute fcul, mais quand il eft en lizierc,
trenteà quaranteheures, elle perd
en faut fix ou fept. C'eft une regle
& devient comme un petit
les arbres
plante
JERTE
fon acidité, & des plus agréables, mais nerale que le double qu'on du tems avant de
vin gaillard donne furieufement à la tête. Ce ziero.font du fruit.
qui demeure dans fa bonté pendant un rapporter
Le
vin --- Page 479 ---
EPICB --- Page 480 ---
Tom - I peg.285
Pemme de Cane. Medicinierou Pignons dJnde
--- Page 481 ---
16g6. FRANCOISES DE
LeCcur de Boeufeft affez
LAMERIQUE
deRauf, Caur au coroffolier quant à la feuille femblable &c à la le Il fux de ventre. Jhconde Alcur; auffi le regarde-t-on comme une cet faut prendre garde quand on
16y6,
efpecea de feconde efpecc de Cachiman; il eft
arbre de ne pas faire
le Précaucachi- que la
eft
vrai ou l'eau
rejaillir
tion
SeOE
man. moins feuille pointué. un peu plus grande &c & dans fon qui bois fe trouve dans fon écorce gu'il
lent Guaxado Pintado. Les Elpagnols l'appel- reroit rifque de dans les yeux, on cou- faur
de Boeuf lui. Le nom de Coeur deà cet
perdre lav vàé. Le reme- prendre
a été donné les Fran- aveç accident eft de fc laverles
en.cou- ces
çois,à caufe de la figured & 0eh la couleur de du jus delimon. Cela caufe un yeux arbre. paxt
del'écorce fesl le
de fon fruit, ces deux cho- lible douleur, & mais c'eft un remede ARL
dc boeuf. faifant affez reffembler à un cceur
peut-étre le feul. ne, rude & L'écorce de cet arbre cftbru- on Lorfque le tire de ce fon fruit eft tout-à-fait meurs
fes fibres font peu unic; le bois cft brun, lier; on le met fur écorce avec une cuilIl vient longues fort. branchu & d'un affez
en avoir ôté les une affierte, & après
frTta feuilles. Ilfait
& a affez à celles du graines qui reffemblent
bel ombrage,
conféquient plus
un fort deffus un d'eau coroffolier, de fleur on répand
fest branSALERE
ches font aflez ramaffées. 1 fruit qu'il avec le. du Ected & de la poudre de
porte
C'eft une
EESE
je n'en n'eftjamais ai point vû figros quip paffat que le coroffols & très-bonne. marmelade On en fait bien-tôt auffi des faite
ces de diametre, Sonécorce clverieau quatrepou- tes trés-delicates. Quand on le
avant
culit
commencements ge-foncé
elledevient d'un rouqu'il & foit meur, on le coupe par
elle a trois quand il eft meur. En cet état tranchés, fol. on le fait comme lecorofQsali- feurs elle eft lignes forte ou & environ d'épail- pe part Loriqu'étant &c bien meur on le coutez du flance
liante, La fub- au tranches, qu'on le fair fecher
fruit.
és-delicates. Quand on le
avant
culit
commencements ge-foncé
elledevient d'un rouqu'il & foit meur, on le coupe par
elle a trois quand il eft meur. En cet état tranchés, fol. on le fait comme lecorofQsali- feurs elle eft lignes forte ou & environ d'épail- pe part Loriqu'étant &c bien meur on le coutez du flance
liante, La fub- au tranches, qu'on le fair fecher
fruit. rant tanti qu'elle foit renferme fur eft blanche, ti- poudré fourous de au fucre foleil, &c aprésavoir été faufiftence d'une peu crêmel bien lej jaune,de la con- de cenelle, il fe conferve d'an peu de poudre
douccu un peu; fade; on épaille,ellee ce eft devient comme une pâte long-tems &
avec un peu de fucre corrige & d'cau de défaut fleur- bonne "pour la poitrine, narurelle,tres- qui aide à la
d'orange. Elle eft fort nouriffinte, af digettion,é qui refemedouepont ceux
iringente & d'afiez facile digeltion; elle quiont gnols le le ventre trop libre. Lcs
provoque l'urine, mais il en faut manméleat avec l'abricot de Efpa- Saint
avec & moderation 5 Car le fruit eft Domingue, dansl la compolition dont ils
&
5L
fang &c1 les fec, pourroit enfamer le cy-devant. remplifient los oranges dont j'ai parlé
noitroit bicn-tôt partics nobles, des ce qu'on con- La troifiéme efpece de
viendroient: au
rougeurs qui le Pommicrde canelle. Cachiman eft Pomune demangeaifon intee violenté quiy.cauferoient & très-im- affez pout être mis au Ilmcroit des jamais mier de
portune. Ieft vrai le
ce n'eft qu'un erbrifeau rang arbres, troifc canelle,
cile, & quel'ufage cider corroffolier remedecftfa- rent des deux premiers pour tràs-pen le diffe- maspe
tôt racommodé parfa
abien- feuille &c la fleur. Son fruit bois, la cedeca
le cceurd de bacufa a gitépar froideur, fat ce que de gueres la groffeur d'un ceuf qui n'exce- chiman,
de chaleur. tropgran reflemble tout-a-fait à une pomme d'oye,
Ons'en fert avec fuccès pour arréter Pin. La peauquieft de l'épaifleur d'une de
piece dot trenté fols, eft toute partagée
ou --- Page 482 ---
216 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16y6, ou parfemée de petites écaillestendres, pour multiplier l'efpece de
médiocrement élevées, d'un affezbeau ce qu'il vient
l'arbre, par- 56g6,
verd au commencement, mais qui fe ture que de beaucoup mieux de boufletrità mefure que le fruit approche de feul il vient graine. affez Quand il eft planté"
1ezda Quali- fà maturité. Le dedans du fruiteftpref vû de plus d'un grand de & gros. J'enai
fruit. que entierement femblable au Caeur de quinze à dix-huit pied de diametre, &de
Bauf; ce qu'il adep particulier, ctune cela eft rare. Le dedans pieds tronc; mais
odeur de canelle avec une
poin- fes fibres font
sduboiseliblanc, &
te de gerofle dont il remplit Ptte bouche.
- fà maturité. Le dedans du fruiteftpref vû de plus d'un grand de & gros. J'enai
fruit. que entierement femblable au Caeur de quinze à dix-huit pied de diametre, &de
Bauf; ce qu'il adep particulier, ctune cela eft rare. Le dedans pieds tronc; mais
odeur de canelle avec une
poin- fes fibres font
sduboiseliblanc, &
te de gerofle dont il remplit Ptte bouche. quoique deliées, longues clles font mélées; &c
Ce fruit eft chaud. 1 cft ami de la
fortes & fi
poitrine: On en fait desp pâtes, des mar- difheilements fouples, qu'clles clles ne font rompent que trèsmelades, & une cfpece de cotignac au- bées de
de toujours imbiquel il ne taut ajoûter qu'un peu d'ef qui lui donne beaucoup tant de feve, facilité & c'eft ce
fence d'ambre
lui donner une O- racine où l'on le
à prendre
deur charmanté Te en faire un
bois fort coriacc, tranfplante. &
C'eft un
délicieux. On prétend que les
très-difficile à. conféquent
de ce fruit
couper. écorce
EMES
concaffées
& infulées
Tsen
eft
dant vingt-quatre heures dans du pen- vin mince, très-pâle. affez Elle adherante, eft
& d'un verd
blanc, luidonnent une vertumerveilleu- en bas
toute coupée du haut
fe
foulager ceux qui font travail- foncées, par de petites la lignes un enlez roch la pierre ou de la gravelle. roitre de qui loin par reflexion la Eot PaBsisim- Le Bois immortel eft encore exccl- & les branches comme font grife. Le tronc
mortel, lent pourfaire des) lizieres. On luia donde
chargez de beaufadeo né ce nom, parce qu'il dure
coup petites épines. tription. tems, qu'il reprend aifément trés-long- Loriqu'on veut faire des lizicres de
l'a planté de bouture,
quand on ce bois, on ouvre la terre par un petit
endroitque cc foit qu'on &cqu'en le quelque. ileft foflé ou rigole de fept à huit pouces de
rare quil n'y profite mette, à merveille. large, & de deux pieds de profondeur. Il porte des teuilles en pas
elles On étête les branches qu'on veut planfont petites & délicates, quantité; de la
ter, & on les réduit à une hauteur à
prés de celles de la vigne figure & à peu près égale, après quoi on fait deux
EUF verd un peu
Ilf fleurit vierge deux ou trois entailles vers le bout qu'on met
fois, l'année. Ses lcars font
enterre, la
pour déterminer plus aifément
& rondes, d'un rouge fort éclatant; longuettes el- droits. feve à On pouffer des racines par ces enles reffemblent en quelque chofeau cheles met en terre à quatre ou
vrefeuille: Les Giliques quifuccedentaux obferver cinq pouces les uns des autres. On doit
fleurs font à près comme celles des fes avec d'entremélerl les
les branches grof Meshj:
haricots de AELET plus plates à la ve- tiennent petites afin qu'elles fc foû- dea obrité, aufli ne font-elles
micux, & on doit prendre farver
petites feves noires, remplies que de de en les plantant de ne point écorcher gar- pour
dres & fort amercs.
ifuccedentaux obferver cinq pouces les uns des autres. On doit
fleurs font à près comme celles des fes avec d'entremélerl les
les branches grof Meshj:
haricots de AELET plus plates à la ve- tiennent petites afin qu'elles fc foû- dea obrité, aufli ne font-elles
micux, & on doit prendre farver
petites feves noires, remplies que de de en les plantant de ne point écorcher gar- pour
dres & fort amercs. plates, affez ten- leur peau ou écorce, & de ne
planter
Je ne fcache pas fouler la terre. dont on
point trop lebois
Les qu'on en ait jamais fait aucun ufage. le, mais la combler feulement remplit & la
immers tel,
oifeaux même qui
HEC
tres graines fort amcres, mangent nc touchant d'au- mir avec le pied, & far tout de choifir
point à celles-là. On ne les feme point un tems dej pluye pour travailler à cet ouvrage. Quand lc bois elt repris & qu'il --- Page 483 ---
PRANCOISES DE
6g6, a pouffé des jets affez grands & affez trelaffent LAMERIQUE
forts,, on peut les entrelaffer & les lier facile de faire facilement & aufquelles il eft t6ys
enfemble pour leur faire prendre cette veut, ce
prendre tel pli que l'on
fituacion qui fortifie extrémement une zieres qui convient pour fairedes liliziere, ou les ététer afin qu'ils pouffent d'entrer capables dans les d'empêcher les beftiaux
plus de branches, & qu'ils deviennent
&
lieux qu'on veut conplus forts. ferver, diminuer l'impetuofité des
Ifles. Le Medicinier On s'en eft fort commun aux vents. Sa fleur na rien de
faire des lizieres. fert aflez fouvent pour vient jamais feule, mais beau. en Elle ne Fleur
de
bouquets cfruit
Ilyen a de trois clpeces. La plus compolez blanc fale tirant plufieurs flcurons d'un de
commune lon
fur le
Rte
dont on fc plus trouve par tout, & fleuron eft compofé de cinq verd. feuilles Chaque Medicicelle que je vais décrire. ordinairement, eft maniere d'étoile qui font comme un en Pizuas ne,ou
Mediti- Cet arbre vient de bouture
cul de lampe arrondi avcc un
nier de vite &c mieux de
bien plus refferré &c terminé
col plus igte
trois deur ordinaire" que graine, Sa gran- feuilles
fe par T'extrémité des
elpeces. eft de douze à quinze Le fond qui renverfent cn dehors. pieds, & d'environ cinq à fix pouces
du fleuron eft garni Sc comme
de diametre. Jc n'en ai point vû
renfermé C'eft du entre cinq petites feuilles,
excedât ces mefures. Le bois eft blanc, qui voit fortir centre le de fcs fleurs que Pon
fpongicux & affez tendre quand il eft de la
fruit, ordinairement il eft
jeunes il devient dur à mefuare gu'il
groffeur d'une noix commune
grofit en vicilliflant, fa moiielle dimi- d'Europe. Son écorce eft verte & luinuc & laiffe un vuide dans fon centre. fante avant qu'il foit meur, elle devient
Deferijp- zion de Son écorce qui au commencement étoit &cbrune, jaune,unie & molaffe quandileft meur;
lapre- le, tendre,unic, adherante & d'un verdi pâ- il eft fec. miere
devient
Elle
paruatramee
blancheâtre, rabotteufe &
renferme trois
eipece, crevaffée.
verte & luinuc & laiffe un vuide dans fon centre. fante avant qu'il foit meur, elle devient
Deferijp- zion de Son écorce qui au commencement étoit &cbrune, jaune,unie & molaffe quandileft meur;
lapre- le, tendre,unic, adherante & d'un verdi pâ- il eft fec. miere
devient
Elle
paruatramee
blancheâtre, rabotteufe &
renferme trois
eipece, crevaffée. Il fort del l'écorce & du bois prefque triangulaires, dans chacune caplules deflorfqu'on le coupc, aufi-bien des quelles ily a une noix ou Pignon envefeuilles quand on les arrache, aise de loppé La de trois differentes
mauvaile
enveloppes. odeur, 2 blancheâtre & épais premicre eftune peau affez mince&c
comme du lait qui fait une tache fort frangible de couleur grife. La feconde
vilaine fur le linge & fur les étoffes où eft plus épaifle & plus durc, de couleur
il tombe,
elt impoffible d'effacer. brune. La troifiéme eft une
La feuille 2'a cet arbre eft grande, ellc licule blanche, tendre & adherante petite
chair
f:
s'élargit par cmbas des deux côtczde fa che, de la noix ou pignon eft blanprincipale nervûre, après quoi elle fe amandes. compacte, à peu 3u goût des
retrelit én failant comme deux angles Noix On lui a E lc nom de
émouffez, &c finit en pointe. Ellc eft
de Medecine ou de Pignon
aflez épaille,graffe, charnué, d'unverd gatif, à caufe de la faculté qu'elle pur- a de
gai & luifantyelle eftattachéca auxbran- purger. à Ches par unc queué affez forte de trois Lorfqu'elle eft recente elle fc partadans quatre fa pouces de longucur. Cet arbre tre ge naturellement en deux parties, ende pouffer médiocre groffeur ne laifle pas pellicule lefquelles à on trouve une petite
quantité det branchesquis'en- dep
on. attribuë une qualité
Ff purger ; violemment qu'à tout le
refle --- Page 484 ---
218 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696, refte de la noix. Cette noix peut avoir de fel battu les deux'
fix à huit lignes de hauteur fur trois à mettent l'une fur moitiez & les qu'ils re- 1606
quatre de diametre. Elle eft plus ronde ainfi pendant douze l'autre, ou
laiffent
d'un côté que de l'autre. aprés quoi ils les
quinze heures,
Efats Quatre à cinq de ces noix
ils font
mangent à jeun, &
desNoix & lc temperament des perfonnes felonl'âge &c affurez d'être très-bien purgez,
deMe- s'en veulent
qui d'une maniere douce &c fans dédecine,
fervir, fuffifent pour pur- goût. ger très-bien. Mais quand on en prend Le Medicinier de la feconde
une plus grande quantité, on s'expofe eft un arbriffeau de
clpece Medicià des vomiffemens cruels, & à des éva- de hauteur, & de la fept à huit pieds lafe- xier de
cuations trop grandes.
'être très-bien purgez,
deMe- s'en veulent
qui d'une maniere douce &c fans dédecine,
fervir, fuffifent pour pur- goût. ger très-bien. Mais quand on en prend Le Medicinier de la feconde
une plus grande quantité, on s'expofe eft un arbriffeau de
clpece Medicià des vomiffemens cruels, & à des éva- de hauteur, & de la fept à huit pieds lafe- xier de
cuations trop grandes. Ceux qui arri- Ses feuilles font groffeur du bras. conde
vent aux Iics y font fouvent trompez, ou taillées en larges, dechiquetées elpece. ou par la demangeaifon qu'ils ont de des bouquets pluficurs parties. de lij jette
goûter de tous les fruits qu'ils voyent, fleurs à près compofez plufieurs
ou par la malice de ceux connoif- decinier BET la comme celles du Mefent lc pais qui leur en
fans
font premiere elpece, excepté
les
plus
T
avertir de fa vertu purgative. Une Teet feu très-vive, petites, & les d'une couleur
regle
faut obferver à l'é- les attachent aux branches que font queués qui
Srtan fruits ne connoit point, grofles, moins
&c de moins
Ea de n'y point toucher, à moins qu'on couleurs. Le longues, fruit
plufieurs
ne
ont été bequerez les- fleurs eft plus petit plus fuccede délicat à ces
Eetar animaux font plus Ca le premier, &
que les hommes, qui avec toute ieur pasdep
aufli cependant il ne LSHG
raifon font trompez plus fouvent Scplus en prend doze violemmentlorfqu'on un
facilement
fortc. ITOR
qu'eux. a des
pcu
Il faur avolier ces noix font ex-. les lly
mangent feuil- Salade
sadfe
ccllentes
ceux que
de cette EEL efpece en falade a- purgen,
pour
qui ont une trop vec d'autres herbes, &
tive,
grande repugnanceà prendre des mede- qu'elles leur font fairé autant qui prétendent de
de cines, ce que je n'ofe blâmer de crainte qu'ils ont
de teuilles. felles
me condamner moi-méme ; mais il fité ne m'a mangé à Ma curiofaut qu'ils fefervent dece fruit avec mo- rience. Aaftie jel porté laife à la en liberté faire l'expé- du lecderation, forces & leur Scautant feulement le queleurs teur d'en croire ce qu'il lui plaira, ou
permettre, n'en temperament mangeant d'abord peuvent d'en faire T'expérienice, s'il eft en lieu
trois ou quatre, &caugmentant le nom- que de la Lc pouvoir faire. bre fi on voit que les. premicres ne font eft encore Medicinier de la troifiéme efpece Medici
pas affez d'effer. feconde. petit que çelui de la lala nierd de
d n'cft
Hfanie- Les Efpagnols,nos Chafleurs ou Bou- trois à
qu'un arbrifleau de sroifieaijie caniers, nos Flibuftiers &c autres
quatré pieds de hauteur, gros à medfe:
deje qui ont la pratique du pais, fe gens proportion ; fcs feuilles font gralffes, c6. purger. d'une maniere ençore
pur- huileufes & molles; elles font colorées
ECTES fans courir le moindre plus facile, Is de verd, de jaune & de rouge : elles
font
rifque: ne font plas entieres &c bien moins refenne, que Ott à prendre fon défaut une orange de la Chi- daès que celles de la feconde
ils. la
une orange douce, &c tous leurs bords font femez clpece, de
coupent par le milieu & couvrent tits points jauncs.
'une maniere ençore
pur- huileufes & molles; elles font colorées
ECTES fans courir le moindre plus facile, Is de verd, de jaune & de rouge : elles
font
rifque: ne font plas entieres &c bien moins refenne, que Ott à prendre fon défaut une orange de la Chi- daès que celles de la feconde
ils. la
une orange douce, &c tous leurs bords font femez clpece, de
coupent par le milieu & couvrent tits points jauncs. peLa --- Page 485 ---
Tintegug
Bananier. --- Page 486 --- --- Page 487 ---
FRANCOISES DE
16g6. La fleur eft comme une petite rofe LAMERIQUE
à cinq feuilles, toute ronde, de cou- ment trois petites amandes bien
leur de ponceau 3 dont le centre eft licates que celles des deux plasdé- cf- royo,
garni de quelques petites étamines peces qui purgent plus premieres
couvertes d'une cfpece de
avec bien moins de rifques. doucement &c
doréc.
poufliere Je fuis prefque porté à croire les
Le fruit n'eft pas plus gros qu'une feuilles de cette derniere que font
noifette dont le dehors eft
&c meilleures en falade
efpece
comme partagé en fix parties découpé égales
de la feconde. Du purgative moins leur quec celles
compofent trois capliles
qui femble inviter les
bcauté
qui renfer- perience.
curieuxaenfureTex
%
C H A P I T R E
I V.
Des Bananiers, Figuiers e
Tana- #OXEREN
Balfiers.
rier,Ja
fruits peut dire que de tous les
defcripdel'Amcrique ceux
mage bien gras, fans aucunes
tion,
font d'un
qui mais feulement
graines,
cellede
font la plus
ulage, groffes
quelques fibres aflez
fcn
Cette Banane ST la Figue, cipece de qui femblent reprefenter une
huit. deBanane.
dernicre eft une elpece fruit eft crucifix mal formé quand le
jufte, les Lesarbresoup pour parler plus
coupé Par fon travers. Les EC Sentifemblables, plantes qui les portent font fi pagnols, 3 du moins ceux à qui
ment
qu'à moins d'avoir une très- & pretendent que c'eft-làl le: fruit j'aiparlé, derEf
grande connoifance du pais, ileft pref- que le premier homme deffendus vit
pagnols
que impofible de les
les
mangeant le myftere de fa
en le Jaree
des autres quand on dillinguer ne voit leur uns
la croix. Ilnya rien reparation friuit.
fruit.
pas
E"A dedans; Adam
d'impofible
La Banane que les
leure vûe nous, pouvoit ou la croix avoir mcillent Plantain,a
Epagnols appel- bananes edted mieux
de ces
ou environ de diametre, ordinairement & dix un à
en foit il eft certain forméc : quoiqu'il
pouces de
trouve
que ce fruit ne- fe
U
mais plûtôt long. Elle n'eft Pas ronde, mais encore pas feulement dans
comme un
dans
PAmerique,
les angles feroient émouffez les. dont &cfurtout aux environs PAfrique, de dansl'Afic,
un
côtez on
-
peu convexes, Les bouts CER fe
dit qu'étoit le
lEufrate oùr
nent en pointe exagone un
termi- Quand la Banane paffe Paradis un terreftre.
La peau qui eft liffe & verte peu courbe. la de G jufte
peu au dele fruit ait atteint toute fa avant que noire, &lededans maturité, fa pcau devient
fa maturité, jaunit lorfqu'il perfeétion elt &c On diroit pour lors reffembleà c'eft à du beure.
Elle a environ deux lignes
meur. ciflon du moins par que
un fauelle eft forte&clouple d'épailteur, rois mieux
dehors. Jer nef fçaude chamois. Elle comme une peau nane mûre comparer le goûr de la bace jaunitre de la renferme une fubitan- poire de qu'à celui du coing &c delt
confiftance d'un fro- mais qui bon-chrétien font
joints enfemble,
Ff2
topminkegucomment
cent
Elle a environ deux lignes
meur. ciflon du moins par que
un fauelle eft forte&clouple d'épailteur, rois mieux
dehors. Jer nef fçaude chamois. Elle comme une peau nane mûre comparer le goûr de la bace jaunitre de la renferme une fubitan- poire de qu'à celui du coing &c delt
confiftance d'un fro- mais qui bon-chrétien font
joints enfemble,
Ff2
topminkegucomment
cent --- Page 488 ---
VOYAGES A UX ISLES
220 NOUVEAUX
Quand cet arbre ou plante a atteint 1696.
1696. cent à pourrir, Ce goût n'a aifément, pourtant fa hauteur naturelle qui eft pour l'ordirien dedefagréable, on syfait C'eft une naire aux Ifles de dix à douze pieds, les
& on en mange avec plaifir. n'a d'autre feuilles qu'il poulle changent def
très-bonne, nourriture qui
à le
RAE
venteufequand ellcs ne fervent plus du groflir,
deffaut que d'étreunp peuv
fortent abolumenthorse centre: auquel
on la mange crué.
produit ce clles ne tiennent plus
une queué d'un
L'arbre ou la plante ne
ja- d'un pouce de diametre, EFEAET
fruit ne fe plante
porte foit côté & platte de l'autre, avec un
mais
feule après quoi,
ou canal dans le milieu.
PETE
creux
Rt
qu'on s coupe ou non, il decline mais peu
a plus d'unp pied de long:elle fert
apeu, fe Aletrit, fefeche &c tombe; bulbe ron- Trta nervûre à toute la feuille a à
fa racine qui eft une grolfe
huit
de longueur, &
etre, EFEAET
fruit ne fe plante
porte foit côté & platte de l'autre, avec un
mais
feule après quoi,
ou canal dans le milieu.
PETE
creux
Rt
qu'on s coupe ou non, il decline mais peu
a plus d'unp pied de long:elle fert
apeu, fe Aletrit, fefeche &c tombe; bulbe ron- Trta nervûre à toute la feuille a à
fa racine qui eft une grolfe
huit
de longueur, & furla coupicds
:
de, maflive, ,d'unblanc tirant d'autres huit pouces de
Les fibresquil fouleur de chair, a bien-tôt pouffé mois tiennent le refte HE la feuille,
rejettons dans douzeà quatorzer
de cette nervûre & n'en font
CPSIz
portent ae fruit, meurent enfuite, & toutes tinguées
qu'elles font forjeurs racines ont foin d'en produire tes
plus grofits; LE feuille
foit befoin d'en re- Sctant
ARAEEE
d'autres fans qu'il
fort de en elle même LEE épaille comme un bon
planter. Lorique le rejetton feuil- parchemin, le dedansefto d'unl beau verd,
terreilne paroitd d'abord quedeux fe dérou- ic dehors eft pàle & paroit comme
les roulées enfemble, qui en à deux argenté. La BmHas de ces feuilles &
lant s'élargiflent & font place rou- leur grandeur font caufe le vent les
autres qui fortent du méme centre
coupe aifément le long es fibres,, ce
lées comme les deux premicres, comme quis'é- les qui fait qu'clles paroilfent ordinairelargiffent ou s'épanouilient fuccedant ainfi les uncs .ment comme des lanieres ou des éguil- d'une
autres, & qui fe toûjours dur méme lettes vertes attachées le long
aux autres font en fortant croître l'arbre en T'enve- branche. Lc Bananier a toute fa grandeur à
centre, loppant de pluficurs feuilles les unesfur
de ncufmois. lla pour lors neuf.
les autres.
TE à
de diametre. Cette grof
Je dis tantôt arbre & tantôt plante, dois feur ne EER rend pas plus difficile à coucar je ne fçai dans qu'elle il eft efpece EemE ni plus dur. Onvoit affez être 'ale Bananicr;
ci-devant, qu'il doit
SEEE
ranger
un arbre,, Hog n'a ni R2 dit & fort tendre, aufi demande-t-il
pour écorce palfer ni : mais auffi il eft bien queux un terroir humide, gras &c profond;
gros &c bien
pour être continuer réduit à car il lui faut beaucoup dc nourriture il ne 2
i'efpece des Sir Jevais ceux qui & pour que cela lui manque fruitsavorfa defcription en attendent que moi s'ac- profite ET &ne fait que des
d'interêt que
y cordent prennent fur Pen fort. Je ne puis micux tez. và des Bananiers à S. Domin- LesB4le reprefenter que comme un gros rou- J'ai bien plus
& grands qu'aux nanes plas
leau de plufieurs feuilles quilee exterieures couvrent gue Iiles du vent, Eto dont les fruits étoient mieux
à
les unes les autres, dont les
dE
à cel- aufli plus
plus grands, faveur. ferme
fervent d'écorce ou d'enveloppes
nourris, ET avoient plus de Des
les qu'elles renferment.
. Domin- LesB4le reprefenter que comme un gros rou- J'ai bien plus
& grands qu'aux nanes plas
leau de plufieurs feuilles quilee exterieures couvrent gue Iiles du vent, Eto dont les fruits étoient mieux
à
les unes les autres, dont les
dE
à cel- aufli plus
plus grands, faveur. ferme
fervent d'écorce ou d'enveloppes
nourris, ET avoient plus de Des
les qu'elles renferment. --- Page 489 --- --- Page 490 ---
fom.I.pag.214.
Resime de Bananes OLL Plantains
Fleurs de Hananes. --- Page 491 ---
t696, Des gens FRANCOISES dignes de foi
DE
qui ont
LAMERIQUE
às. Do- quenté la terre ferme de
fre- gres ont appellée une
de 221
mingse, m'ont affuré que c'étoit TAmerique nes. patte bana- rGgd. Iesda gu'aux autre chofe dans CCS quartiers-là. encore toute Il Ileft rare qu'on laifle
vent, faut que la terre de ces endroits foit for le pied qui l'a porté. meurir le fruit Dans
mide. plus profonde, plus graffe & plus hu- Jefuist gu'ily contraéteroit un goût On trop prétend âcre, temsen quel
Environ à neuf mois il
fieurs experiences, pourtant firdu contraire par plu- lesBana: cueille
centre un jet ou
d'un pouffe dc fon tume dans le
mais n'eft c'eft une coû. nes,
demi de diametre, LE de trois pouce à &c déraciner. on qu'il les pas ailé de
tre
KERL
pieds de long qui fc couvre qua- direqu'on coupe le cueille, c'eft-àtout de petits boutons
prefque lorfqu'on juge que regime les tout enticr,
fur lc verd. Lel boutde d'anj'sunetirant cette
vez à la grandeurd & à la fruits font arrigit & forme un bouton commet tiges'élar- doivent avoir, ce fe fait groffeur qu'ils
elpece de caur Sr Gx à fept
une de P'arbre parle; pied, qui & cela eft en fort coupant
longueur, dans fon far trois pouces de pouces diametre car, comme" on voit Par ce que j'aidit faciles
plufieurs plus gros. Il eft compolé de ci-devant, tant
ildoit étre Forttendre, n'étres pellicules les unes fur les au- fur qu'un compo(é de feitilles les
eft comme un oignon dont la derniere lesautres, auffi très-tendres & unes
d'une rouge; 5 il ett outre cela couvert plies de beaucoup d'humidités de rem- forte
forte & enycloppe épaiffe, de gris-de-lin affez ters pour coup le dc ferpe doniné adroitement
tage en quatre Pour qui s'ouvre laiffer & fe
On' fufpend mettre le par terre,
bouton. paroitre PTc à l'air, &onf fe fert regime du dans la maifon
Les fruits qui faccedent
gu'il meurit, ce
fruit à mefure
boutons dont la tige eft garnic, aux petits couleur jaune piend qu'on fa connoit à la
pancher vers la terre par leur lafont de la verte
avoit peau au lieu
On
fur
mtie
fruit appelle cette tige
pefanteur. de
quelques petites
l'arbre, à
un regime de bananes.
oitre PTc à l'air, &onf fe fert regime du dans la maifon
Les fruits qui faccedent
gu'il meurit, ce
fruit à mefure
boutons dont la tige eft garnic, aux petits couleur jaune piend qu'on fa connoit à la
pancher vers la terre par leur lafont de la verte
avoit peau au lieu
On
fur
mtie
fruit appelle cette tige
pefanteur. de
quelques petites
l'arbre, à
un regime de bananes. chargée fon Paroiflent, & marques noires gui y
enticrement mûr que
Il n'eft mol au toucher. parce qu'il devient pluis
8. la tige s'eft couverte quatre de mois boutons. après L'arbre avant d'être
regime contient
huit ou dixr rejettons àfon coupé produit
puis trente jufqu'a ordinairement de- vent avant que fon fruit picd, & fouiclonl la bonté du terrein. cinquante C'eft la bananes char- en a qui font prêts à fleurir. foit mur, ily
tous ge d'un les homme. Ils'en faut bien
ils les rejettonso dans lelica où ils Sionlaifle font
plipart tombent, boutons Portent du fruit, a: mois: portent mais du fruit dans douze à treize nez,
les pourroit
fans quoi la tige ne rant un fi la on les arrache en déchileur fournir Paf fupporter, nourriture ni la plante &c qu'on peu les racine qui les a produits
Elles font artachées autour de necelfaire. la
endroit, leur tranfplante fruit
dans un autre
elles quatre ou cing enfemble; 5 & comme tige quatre mois. ettretardéd detrois ou
ou d'excroillance tiennent à une cfpece de nceud niere La banane eft bonne de quelque matige parlunion de qui s'eft faite fàr la foit qu'on la mange. Avant qu'elle Diferes
elie reprefente plufieurs boutons, navets mûre, &clcs on la fait cuire comme les qu'on Mfages
une main, que les Ne- la tortue, &c carottesavec elle eft laviande, ou lait Eanarn des
FF3
très-nourrifinte. Les --- Page 492 ---
VOYAGES AUX ISLES
222 NOUVEAUX les Pé- le, de gerofile & de gingembre,. tant 1696. 1096. Les chafTeurs, les Boucaniers,
foit peu defarine & un blanc d'ceufpour
cheurs êcautres qailitequontenties decette: ma- lier toutes ces choles enfemble après
bois &cl leslfles, EEL mangent de & de qu'ellesont SLrmeernen taniere; elle leur tient licu pain
de fleur d'orange. On en fail des
caffave. la
blettes qu'on fait fecher au four ou au
Loriqu'elle cft mûre, 5 on mange foleil, quifonttrés-bonnes &c très-nourcruë, clle n'a point d'autre deffaut que riffantes. d'être un venteufe. Tous les animaux de quelque efpece
Onla RCra rôtir furlegril, après avec quoi le qu'ils puillent
chatsméon leve fa peau & on la mange
mes, font friands cruratese ce fruit.
blettes qu'on fait fecher au four ou au
Loriqu'elle cft mûre, 5 on mange foleil, quifonttrés-bonnes &c très-nourcruë, clle n'a point d'autre deffaut que riffantes. d'être un venteufe. Tous les animaux de quelque efpece
Onla RCra rôtir furlegril, après avec quoi le qu'ils puillent
chatsméon leve fa peau & on la mange
mes, font friands cruratese ce fruit. Ce qui
fucre & le jus d'orange. la cloche comme n'cft pas une petite preuve de fa bonOnlafair cuire du fous du fucre, de la té. Bananes
lesp poires avec vin,
Elle de- Il y a une autre forte de
muf- Banants
canelle & un peu de
d'un qu'on appelle Bananes mufquécs. Elles queti. vient pour lors d'un EtE rouge, délicateffe fontbeaucoup plus courtes, plus déliées
goût, d'une odeur &c d'une
les Bananes ordinaires; clles nepaf
admirable; très-bonne pour fendendeux la poitrine Ee
fix ât fept pouccsdelongueur
&c tres-nourri@ante. Onla
fur OUTTS à dix lignes de diametre: leur
felon fa longucur. tranches peau eft aufli plus mince & leur chair
Quelquetois onla coupe pafice par dans une qui eft incomparablemene de
délicate,
minces,, &c apresl'avoir
a une
odeur
très-agroaEEn
pâte claire, on la frit & on en fait des ble. petite
bignets. La
del l'Amerique differe de la de
Lorfqu'on la veut conferver comme fruits banane figue en grandeur, en goût, en qua- PLA que. les figues, les railins & autres bien lité, bien que l'arbre qui la
foit
qu'on fait fecher, on la laiffe
le mémc, ou à fi de E près
meurir dans la maifon, après leve on qu'il eft trés-facile s'ytromper, tant
leve la peau qui dans cet état E la diference
a entre le figuier &c
tres-facilement; on la fend en la quatre fait le bananier peu confiderable. La
on
S
dans toute fa longueur, &c
gueres plus de fix à fept
fecher fur une claye au foleil ou au figuen'ajamais de longueur fur douze à
a tiré
L
four
qu'on en
pain;
Elle eft plus
LE
après
de diametre. elle fc couvre d'une petite poulliere de fon que bananc; & comme elle eft
& fucréc
un
DE
Cet
blanche
quiproxient conferver des années petite, fon regime en 8x contient jufqu'à
fuc. On la Peut
plus grand nombre, fouvent Sa
entieres. endroit,
& alameatingbdia déliJ'ai dit dans un autre
que quatre-vinge chair eft plus blancheatre & plus
les Indiens en font une pâte qu'ils por- cate, mais elle eft pareule & a moins
tent avec eux dans leurs voyages
de faveur. Quand elle eft meure & roleur fert de nourriture & de Ee avec tie fur le gril, cllefond dans la bouche du Uage de
Ceux quiveulent faire cette pâte lesBa- comme unc gelée. Elle n'eft point la man- la Figut. plus de foin, font d'abordfscher ils lcs tout venteule, quand même on de
nanes au four ou au foleil, puis du fucre
crûé. Érant cuite elleeft amie
ilsy mélent enfuite
Gd'unedigellion: trés-aiffe.
riture & de Ee avec tie fur le gril, cllefond dans la bouche du Uage de
Ceux quiveulent faire cette pâte lesBa- comme unc gelée. Elle n'eft point la man- la Figut. plus de foin, font d'abordfscher ils lcs tout venteule, quand même on de
nanes au four ou au foleil, puis du fucre
crûé. Érant cuite elleeft amie
ilsy mélent enfuite
Gd'unedigellion: trés-aiffe. gragent,
de
de cancl- fpeL poituine,
Elle
pilé, avec un peu poudre --- Page 493 ---
Tom. Tpus
Regime de
Fioues
Apcypisea deux.
Foue entiere. --- Page 494 ---
PICE --- Page 495 ---
1696. Elle fert auffi-bien FRANCOISES gue la bananeà DE LAMERIQUE
la des tartes eny mettant avec fc fucre faire &c en qui trois feterminent en une pointe z13
poudre de canclie un peu d'écorcede
langues. Cetté Partagée t6g6:
citron ou d'orange; mais
Eicreapres d'un' de Reurtoute chn'a pas à beaucoup près commefichair tant de
pouces dans fn hauteur, Gix a
tance que la banane, onne
confif- RLE
Sc El grande largeur,
commoder en autant de difterentes peurpas/ac- trouve lenier lef fond des dépaifeur. On
nieres. ma- tes graines prefque rondes, cornets d'un de petiLes Efpagnols appellent Banahe beat rouge, svec
trésque les François appelient
ce à une des extrémiter, tinepetite tache noire
Plantain ce que les François Figue, nomment &c chées par de petits filamens. gui y Les font attaBanane. fon; Jei ne fçai qui a de rai- descornets ont quatre à
côtez
car pour le droit de plus
Paiffeur dans lc ford, cinq lignes d'éne peut pas raifonnablement nommcr le leur on danslehaut. Jc me1 fuis & fouvent environ deux
contefter; ils ont
ces fleurs pour orner des
fervi de
les premiers, ils ont decourenrAnerinue portesdes
Autels &cles
quis le droit
par.coni@quentacEsealeyumsdcPee un
Elles
les noms qu'ils d'impoler ont aux. fruits du; pais fontdeloi quandelles font fort bon effet, furtour
nir. jugé leur conve- & de fetilles accompagnées de fleurs'
II croft dans toute l'.imerique
plusdegulinte d'orangers. jours avint de Elles fc durent
plante qui a tant de
au une' Qnoique le balifier
Aetrir. nier &c au figuier qu'il rapport n'eft bana- fruit, ill ne laiffe
porte point.detaw
ble de les
pas pofipas
d'une trésFE
tronc, fes
Ceft le Balifier." Son tout grande pour utilité pourles habitans, & fur 5r dsg
fa
fa racine, fes
lés' chaffeurs. Sa
Temilles
YE
tons; maniere de pouler rejet- amortie fur le feu
feuille étante Bali:
mcs. Iln'a pas befoin d'être fonclesmé- fc caffe point." Elle devient fert à fouple, &nchur
croit de lui-méme &c planité, il' roucou,
&
le'
dans tous les licux qu'on naturellement denrées où lesfidmags, il faudroit une
de
Ee
efpece Balifier de feuille eft bien forte défriche, celle du.
tons; maniere de pouler rejet- amortie fur le feu
feuille étante Bali:
mcs. Iln'a pas befoin d'être fonclesmé- fc caffe point." Elle devient fert à fouple, &nchur
croit de lui-méme &c planité, il' roucou,
&
le'
dans tous les licux qu'on naturellement denrées où lesfidmags, il faudroit une
de
Ee
efpece Balifier de feuille eft bien forte défriche, celle du. Sa pier ou de la toile: Deux cmployer du
Bana- bananicr, & ENZN bien
feuilles fiufifeng
outroisd E
nicr Il ne. EANIE aû vent. pour faire un
Berile, quelque Porte utilité aucun - frait. qui. foit den lap pour Barderuneperfonned &
du foleil paraffol & de
qu'a prefent. Il commte, produit dir moins' jut" nu
touiquion bois, eft furpris de la
tre
trois
EPanEE
fleurs" qui dans 1e
ou.quacs une vingt-aine, de ces. iaya couper
font vertes avec un peu commencenenc de jaunefur Etendfureroige ou
lon
LARS
bords, qui change enfine
les" les arrache" Par unc gaulertes o on
vif. Elles ne
enunrouge fartl leuf'
qu'on fait à
E
Rammes gu'on rememblent met fur pasmala ccs couvert quelies de'la S on E trouve logé & à
fervir damottilemens dés vafes pour, L.c4 chalfeurs rolée8 de la pluye. oufurdes colonnes,far fur des frontons
font alBuncidetrourer
pareils Ingubres. Elles tout dans des a- de'rcaudin vent des balifers. tous Tes licux oi ils troude cinq OuI fix vafes en fantcompolces d'un coup de ffuft de les percér
nets évalez, attachéz des maniere deux de cor- chapeauou un couteaus çoiiy Sepréfenter fon
la tige qui s'emboetent d'environ côtez, de ouf tidis pinres d'une Pour câu' recevoir deux
uemdckarhuteurrure dans lautre, un & tres-claires & tolijours tres-fraiche tres-boninc, Ildonnt
quelgue chaleur guril falle; cè quin'eft de Teatk
pas
uft de les percér
nets évalez, attachéz des maniere deux de cor- chapeauou un couteaus çoiiy Sepréfenter fon
la tige qui s'emboetent d'environ côtez, de ouf tidis pinres d'une Pour câu' recevoir deux
uemdckarhuteurrure dans lautre, un & tres-claires & tolijours tres-fraiche tres-boninc, Ildonnt
quelgue chaleur guril falle; cè quin'eft de Teatk
pas --- Page 496 ---
VOYAGES AUX ISLES
224 NOUVEAUX
fe qu'ils font macerer &c amortir au foleil 1658.
1696. Pas un petit fecours pour ceux des qui fon- ou fur le feu; après cela ils attachent avec un
trouvent dans les bois éloignez in- une cordc à un arbre, & Ment de balifier
taines & des rivieres, foif périroient cette plante nceud coulant le morceau
leur
failliblement de e.
le milieu, & le tirent de toute faiquc l'on trouve prefque toûjours par Eret par un des bouts, afin qu'en
le noeud coulant,
tout. On fe ferta avec un fuccès merveilleux fes fant fibresfe paller l'autre trouventd par dépotillées de tou-
# guiris irefi- du cceur du balifier guerirles bali- ére- te la matiere dont elles étoient revétués. même
pelles. fipelles. Pourcet eftend on coupcle fes feuil- Ils attachent une feconde fois &c le tirant à
fier tronçons,, ond dépotiller & quand morceau au nceud coulant,
les EL unes. après les autres;
cux.lap partic déja adépotuillec,ilsfont pafoneilamivéaticecure ontropvedeabsan très-fi- ferl'autre dans lei naeud & la dépotillent leur
les tres-blanches, très-tendres, &c aufli de fa matiere; de forte quil de fines, toutés humkasaduseratianes étend fur la partie refte dans les mains une poignéc cmfort fraifche, on lcs
trois ou letsaffez fins, forts &cfouples qu'ils Tifferans.
malade ou on les laiffe quoi pendant on en. met ployentapeup prés comme de nos à cinq
heures 2 après
de tems J'ai vu un morceau quatre ou environ
SFTS nouvelles, & en trés-peu lcs plus invete- pieds de long fur trois pieds
on guerit lcs érelipelles
de large qui étoit bien devoir croifé, être uni,fort, de bonne
rées. Les Indiens font de la toile 'avéc les & mate certain que cette toile eft
du balifier,
LE
filets ou fibres qu'ils tirent Voici comme fraiche, tout ce qu'elle ferme. a d'incommode croi
du figuier & du bananier. tronc de c'eft qu'elle eft un peu, remedier Je â cC
ils sy prennent. Ils veulent coupentlet donner à leur pourtant qu'on pourroit
lalongueur qu'ils ils lc fendent par. quarticrs: défaut.
toile, puis
CK
2 3
A P I T. R E' V,
C H
:
fefabrigue crfes diferentes efpeces.
Du Sitcre e detout ce qut regarde
font originaires, à ccqu'ondit, desInPofEfucredontonf fait unefigran- danstoutes des" Orientales. croi qu'on parletoit. de dire
de confommation monde, elt le plus jufte G on E contentoit
&
les parties du
qu'elles, y Vicnnent naturellement
fuc d'une canne ou cuit,blan- roleau, fans culture 2 comme. lés, rofeaux C'eit fecs dequi étant purifié, par tout,. viennent dans les autres les pais.
&c
chi & feché, fe tran(porte qu'on là qu'on prétend que Efpagnols les
& fe conferve Thumidité aufli fong-tems ou de l'eau les Portugais en apporterent pre:
le preierve de.
Son extrémedoudans les Iles de Madere & cam:
-atlimene
fait diffoudre.
a
qui le
le faire appeller un fcl lcs cultiver Canarie; d'où ils en tran(planterent nesde
ceur pourroit
de
à la nouvelle Erpagne & au fucre.
doux. Les rolcaux fucrez ou cannes à fucre l'efpece
Brefil,
umidité aufli fong-tems ou de l'eau les Portugais en apporterent pre:
le preierve de.
Son extrémedoudans les Iles de Madere & cam:
-atlimene
fait diffoudre.
a
qui le
le faire appeller un fcl lcs cultiver Canarie; d'où ils en tran(planterent nesde
ceur pourroit
de
à la nouvelle Erpagne & au fucre.
doux. Les rolcaux fucrez ou cannes à fucre l'efpece
Brefil, --- Page 497 ---
1RJC3 --- Page 498 ---
Iom. TTay. 22;.
Partic dune
Cannea Sucre
Ferde Balisier.
e
Canne --- Page 499 ---
tfyo. BreGil, après FRANCOISES DE
verte &la conquéte qu'ilseurent du fait la décou- des LAMERIQUE Indes
de. C'eft lef fentiment de Nouveau-mon- qu'elles ont Orientales, été
& que c'cft de-là 1679. teurs qui ont écrit de quantité d'Au- Madere & de apportées & aux Iiles de
peut-étre: aufli n'eft-ce l'ameriques quc le
mais merique. Je Canarie, ne
énfuite à PAde celui qui a écrit le
fentiment pcur étre prétends rien dire de ce
autres ont fuivi & copié, premier fans que les et aux Canaries, arrivéaux cela Illesde.Madere
fice fondé. qu'il avoit écrit étoit bien s'inquieter ou mal mon fujet; mais pour ce ne regarde eft de FFRE
L'Auteur de
meniquc,j'ai paroiffentt trop de cndm Scelles me
Cacao &c dus Sucre, THiftoire naturelle du moment que trop Evidentesp pour douterun
ont écrit dela nature reproche du à ceux qui auffi naturellesauxl les cannes Ifles8 af fucre ne foient
n'ont fait que fe copier les Cacao, quils me de
s&alaTerre-fr
tres, fans examiner file fentiment uns les au- étre aux Tamerique, Indes Orientales. qu'elles le peuvent
fuivoient devoit étre fuivi ou qu'ils Thomas
&il eft tombé dans le méme défaut rejetté, Voyage dc la Gage Anglois qui a fait le
parlant des cannes de fucre, Illes fait en ditqu'éant les
mtrEamE à la rade del la
originaires des Indes Orientales,
Sauvages leur
Couadehape,
volf Pour & garands de ce qu'il avance &ccite Rau- fortes de Truits, & apporterent entre autres pluficurs
tion de Jerôme ne leur Benzon; ila la difere- les nesà fucre. Oril eft certain que des can- nes Iescan- à
des Indes Orientales Pas faire faire le voyage terre Elpagnols dans n'ont cultivé un jamais de Jucre
tout d'un coup,
aux Occidentales pelle Antilles, les petites Ifles que pouce l'on ap- turelles fons nafatiguéessilfe contente celong avec trajer les auroit venant
parce qu'on lestrouve en auxilples
qu'ila a fidelement
les Auteurs avant celles d'Europe, de' d'Afic &
oTor-
& de les cultiver d'abord fuivis, de lcs planter mingue, de Pert-vic, de Saint d'Afrique Do- del.4- referme
Madere & de
aux Iilcs de qu'on
Couve & de la
merienfin
Canaric, d'où il les tire vrai qu'ils appelle mirent les grandes Ides.
parce qu'on lestrouve en auxilples
qu'ila a fidelement
les Auteurs avant celles d'Europe, de' d'Afic &
oTor-
& de les cultiver d'abord fuivis, de lcs planter mingue, de Pert-vic, de Saint d'Afrique Do- del.4- referme
Madere & de
aux Iilcs de qu'on
Couve & de la
merienfin
Canaric, d'où il les tire vrai qu'ils appelle mirent les grandes Ides. Jamaique, Il eft gre. Voila Pouriestnamifplanter ce que difent trois en.Amerique. tes les petites des cochons danst toupourrois les fuivre, & far Auteurs; tout le
vrirent au fecond Hes,loriquis de les décounier, fije n'avois appris de
it Colomb, afin
Chriftophe
ce qu'il n'aj
lui-méme, tant
que
flottes
faut bien examiner pourtant pratigué, qu'ii trouvaffent à ces Ifes-là de pour fe rafinichir, s'arréveut inftruire le 1EE choles dont on gu'ils
la viande friches mais y
donner pour certain public, ce avant que de uitar ayentplanté des cannes à fucre,
étre, que parce qu'il a qui été donné ne le paroit d'une perfonne quin'entrens de bon jamais dans latéte
tel par plutieurs Eerivains, qui ont pour fai- des cannes dans un endroit fens; carplanter
wcluiqurs dre les a écuitle premier, fans
des cochons, c'eft édifier d'une & y mettre
affurer mefures de la verité necellires pour fe pren- bien demuinederaure, d'animal
main a &c
publier. du fait qu'ilsveulent
dont il faille puifquiln'y point
nes avec plus de foin preferver les canbé Pai: reconnue en effet
D'ailleurs il faut un que des cochons. dans une erreur quej jeftroistom- pour défricher la tems confiderable
vois dit que les cannes confiderable, à fucre fi j'a- pour planter les terre,pourla netoyer,
ahanenigus, viennent
qui font cler & les entretenir cannes, pour les faroriginairement foient en état de fe jufqu'a ce qu'elles
G g
Pafier de culture,
com- --- Page 500 ---
226 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. comme on verra dans la fuite de ce' Trai- avoit bâtifuruneIde de la riviere
té; & c'eft ce qu'on foûtient que lcs vier ouJaneiro au Brefil,
deJan- 1696. Efpagnols n'ont jamais fait, puifque trois degrez & demi de latitude parles vingttout le monde convient qu'ils n'ont ja- nalc; affure
trouvoient meridiomais fejourné dans ces Ifles qu'autant de aux environs qu'ils de cette riviere une par tout
tems qu'il en faut pour faire l'eau & le abondance de cannes à fucre. grande
bois dont leurs bâtimens avoient be- conllantqu'elles:
Or il eft
foin. n'yavoient pas étéplanSpAmonioonNis
Deplus, pour quelle raifon les Efpa- pas cncoreétablis de cc côtégnols auroient-ils planté des cannes dans n'y vinrent qu'après le départ la,8cqu'ils
des licux oùr ils n'ont jamais eu deffein çois : il faut donc conclure desFrande s'établir, &cencore moins d'y établir étoient venuès naturellement & qu'clles fans
des fucreries.
avoient pas étéplanSpAmonioonNis
Deplus, pour quelle raifon les Efpa- pas cncoreétablis de cc côtégnols auroient-ils planté des cannes dans n'y vinrent qu'après le départ la,8cqu'ils
des licux oùr ils n'ont jamais eu deffein çois : il faut donc conclure desFrande s'établir, &cencore moins d'y établir étoient venuès naturellement & qu'clles fans
des fucreries. Icz
Dedire que ce fontlesl In- ture. diens quiles ont cultivécsaprés lec départ Le Pere Hennepin Recolet & autres
des Eipagnols, c'eft connoitre bien mal Voyageurs qui nous ont donné des Relegénic dcs Caraibes qui font bien éloi- lations dul
gnez de fe donner la moindre peine pour trouvé des Mililipi,mapportente cannes à fucre très-belles qu'ils ont &
cultiver une plante qu'ils ne connoif en abondance dans les terres baffes
foient point; cux qui ont peine à fe re- font aux environs des cmbouchures qui
foudre à donner quelques momens à la cette riviere. de
culture dc celles dont ils ne fçauroient Jeande Lact,livre
page trenfe paffer. te-trois de fon Hiftoire premier de
Voici un témoignage plus exprès, & dit que les cannes à fucre viennent Pàmerique, natuqui prouveinvinablenenty que les can- rellement à lIle Saint Vincent,
nes à fucre font naturelles à l"Amerique; une des Antifles habitées les quieft
c'eft celui de François Ximenes dans bes, parles treize degrez SCl latitude Carai- du
fon Traité de la Nature & des Vertus Nord. des Plantes de T'Amerique, imprimé a Les premiers François quife font étaMexique : il affure que les cannes à blis à Saint Chriftophle, à la Martinifucre viennent d'clles-mêmes & fans que & à la
y ont trouvé
culture aux environs de la riviere dela des cannes Guadeloupe, de fucre en differens enPlata ou d'argent,&cq qu'ellesy croiffent droits, & c'eft de ces Cannes naturelleficonfiderablement, qu'ellesrcfiemblent ment cruës & nées dans le pais
par leur groflcur & leur hauteur à dcs en a provigné &c multiplié
qu'on
arbres dont la chaleur du foleil faiti for- l'on cultive aujourd'hui & dont Pefpece on
tir le fucre
Rc
par des crevaffes qui fe font lef fucre. Jedeffie
me
en certains tems de l'année à l'écorce verqu'elles ont été qu'on puiffe de dchors. proude la canne, comme nous voyons fortir Ceftle fecret d'en apportées tirer le fucre dont
la gomme de differens arbres s'en nous (ommesredevables aux
&c
déchargent dans des faifons où : cha- aux. Elpagnols, & eux aux Portugais habitans des
leur du foleil eft plus violette que dans Indes Orientales, ils l'avoient appris
d'autres.
corce verqu'elles ont été qu'on puiffe de dchors. proude la canne, comme nous voyons fortir Ceftle fecret d'en apportées tirer le fucre dont
la gomme de differens arbres s'en nous (ommesredevables aux
&c
déchargent dans des faifons où : cha- aux. Elpagnols, & eux aux Portugais habitans des
leur du foleil eft plus violette que dans Indes Orientales, ils l'avoient appris
d'autres. dans ces pais-la; ils avoient vû comme
Jean de Lery Miniftre Calvinifte qui les Indiens tiroient le fuc des
alla en 1556. joindre le Commandeur de comme ils lep purifioient, lecuiloient cannes, &
Villegagnon au Fort de Coligny qu'il le reduifoient en fucre. Ils l'ont porté
chez --- Page 501 ---
Kyh. chez eux & FRANCOISES l'ont mis
DE
micrement aux lles de en pratique, Madere pre- connoiffance PAMERIQUE d'une chofe
Canaries, & enfuite dans les endroits & de aux hommes P D'ailleurs fi neceffaire 16y6,
l'Amerique où ils étoient établis de fermer ce chemin & le qui auroit pà
aflez de fireté, pour pouvoir avec cablec comme il l'eft rendre impraticette manufiéturc qu'ona penfer à re a t-elle
de aujourd'hui? la teren un tel point, qu'il y. a perfectionnée ces fe font changé clles fituation? les
lesfucres hbriquez
long-temse que n'étoient autrefois multipliées ? Il eft plus
fent infiniment en endmerique bcauté & furpaf- propofer des
plus de
en
LE
ccux des Indes Orientales. bonté les refoudres difficultez d'où il fauc fur cela que de
fureroit Que diroit-on d'une perfonne quiaf les vaftes vignes font naturelles dans conclure tous que ces
du.Mimilipis que les dela vignes riviere quily a lelong ré & font pays, devenués & que fi elles ont degenecelle des
longue &c de défaut
fuvages, celt le
les aux pais, Illinois ne font point naturel- qu'ila arriveroitl de culture qui cn eft caufe, &c
tées de
8cqu'ellesy des ontétéappor. leures
de la méme chofe aux meilties du quelqu'une monde. Iferoitaife trois autres par- gogne, vignes 1i on Champagne & de Bourtrer le ridicule de fon de lui mon- années de les ceffoit tailler & pendant de quelques
demandant de quelle partie opinion, du en lui Difons donc
les cultiver. elle prétend qu'elles ont été monde convenient à qu'il n'y a pas plus dintées; à moins de remonter tranfpor- àfucre font reconnoitre que les cannes
au tems des les vignes à TepmeisabAneniquese la Louifiane,
quc
nul'Ameriques & d'y
eu
qu'on doit aux
&cque toutce
FRRE
ce, il eft impoflible avoir de
commer- tales, c'eft le fecret habitans d'en des IndesOrienlsAmguainsy yayent s'imaginer que d'en faire du fucre. tirer le fuc &
& Py ayent cultivées tranfportéla mais comme vigne Les E/pagnols & les
commerce & cette connoifinced des Car. ce fait du fucre à la nouvelle Portugais ont Epague
thaginois eft un probléme fort
aul Brefil,
Elpagne & desfufort difficile à reloudre & fort obfcur, Européens long-tems lefuflent avant que les autres creries
caution; on ferao obligé de fe fujet à On peur fans
établis aux Antifles.g 2t
aux deux autres partics du monde,/'Eu- retrancher tre lépoque des fetromper fucreries beaucoup metrope&cl'Afie.
fucre à la nouvelle Portugais ont Epague
thaginois eft un probléme fort
aul Brefil,
Elpagne & desfufort difficile à reloudre & fort obfcur, Européens long-tems lefuflent avant que les autres creries
caution; on ferao obligé de fe fujet à On peur fans
établis aux Antifles.g 2t
aux deux autres partics du monde,/'Eu- retrancher tre lépoque des fetromper fucreries beaucoup metrope&cl'Afie. de'la
Jc conviens pour le bien Portugailes vers la fin de Efpagnoles &c
du paix & fans entrer dans la verité vant ce tems ils n'avoient 1F80. fongé car afas,quefapole qu'elles foient
conquerir le pays, à découvrir les qu'à
matanenqus aller
ie Nord, ona join- nes d'or & d'argent, à faire
miPar cet aAt 3 mais qu'elle pay perles & à trayailler au tabac; pécher la les
tiqué parence que ce chemin ait été affez ap- re des cannes à fucre fuivit celle cultu- du tates&c le y
ces plantes FEafE bac; & comme cette derniere
Eete Petiea eft l'ennemi
plante
mais feroit-il pollible
capital; mangebeaucoup fricher de nouvelles leterrein, il fallutdéy auroient portées &c que ceux qui les ter, & on employa à terres la pour la pland
euffent pas
cultivées, n'en nes à
culture des candu
ou enfeigné Pufige aux habitans
fucre, celles qui
pais 1 quly demeurant eux-mé- jour en jourtropt
devenoient de
mcs, ils cuffent oublié à s'en
du tabac. maigres pour produire
n'euffent Pas tranfimnis à leur Poftcrité fervir, & la Les François & les
nefe font
établis entre les deux Anglois
Gg 2
tropiques qu'en
T'an- --- Page 502 ---
228 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696, l'année 1625. ils'eft paffé bien du tems landois qui s'y
avant qu'ils ayent été en état de penfer route du Brelil. refugierentapresleurd dé- 1696,
Epoque des Sit- à faire du fucre; ils ne s'appliquoient que un
On en fit à la Martinicreries qu'au tabac, enfuite à l'indigo & au pe, & à peu la plus Barbade tard qu'à environ la GuadelouEran- cotton. LesAnglois furent les premiers tems
le mêmc
Angloi- goresc enérat defairedu fucreà S. Chriftophle: Le qu'àS. nombre Chriftophle, de fucreries
fes. les hiftoires de leurs colonies marquent tous les joursdans les Iles, &cl s'augmente la
que ce fut en 1643- Les François de la des fucres fe perfeétionne de fabrique
même Ile ne furent long-tems fans Jc vai donc en écrire ce plus travail cn plus. afles imiter. On n'en TACA à la Guadcloupe fidu de dix années m'a qu'un donné de conqu'en 1648. fous la direétion des Hol- noiflance fur cette maticre. DES CANNES DE SUCRE
Dife- Erofeau ou canne de fucre ne diffe- à produire de bon fucre. descan- rence Lrederrocause ordinaires qu'on trou- La feuille de la canne eft
& Deferipnes ve fur les bords des étangs & en d'autres étroite; clle n'a qu'une nervûre longue la tion des
desro- lieux marécageux, qu'en ce quel lap peau partage par le milicu dans toute fa qui lon- cannes
feasx.
DE SUCRE
Dife- Erofeau ou canne de fucre ne diffe- à produire de bon fucre. descan- rence Lrederrocause ordinaires qu'on trou- La feuille de la canne eft
& Deferipnes ve fur les bords des étangs & en d'autres étroite; clle n'a qu'une nervûre longue la tion des
desro- lieux marécageux, qu'en ce quel lap peau partage par le milicu dans toute fa qui lon- cannes
feasx. ou l'écorce de ces derniers eit dure & gueur. Cette nervûre eft aflez caflante, afacre,
feche, & leur pulpe fans fuc; au lieu quand la fcuille eft feche, mais
que la peau des cannes de fucre n'a ja- elle eft verte ou feulement amortie, quand elmais beaucoup de durcté,& quc la ma- le eft fort liante. Les deux côtéz de la
tierc fpongicufe qu'elles renferment,eft feuille font tranchans & comme armez
pleine de beaucoup dc jus ou de fuc, de petitcs dents de fcie prefque
dont la douccur & l'abondance font ceptibles, qui coupent la peau imperProportionnécs
à la bonté du terrein palle la main par deffus à rebours. quandon Les
où elles font plantées, à fon expofi- teuilles ne viennent ordinairement
tion au folcil, à la faifon où on les la tête de la canne; celles qui fortent qu'à
Oxali- coupe &c à leur dge. Ces quatre circon- aux differens noeuds où la canne s'eft
tez ftances font les caufes &c les principes arrêtée en croiflant, tombent
gu'elles doivcnt de leur hauteur, de leur grofleur, de que la canne eft montée plus haut. auffi-tôt C'eft
aveir. leur bonté Sc de la facilité ou difficulté unc marque que la canne eft mauvaife,
que l'on trouve à purifier &càcuireleur ou du moins qu'il s'en faut
fic & à le réduire en fucre : de forte qu'elle foit mcure, quand on beaucoup en voit
que fuivant la qualité du terrein, les les noeuds garnis de feuilles. cannes font groffes ou mcnucs, longues
font bonnes n'ont qu'un Celles
ou courtes; felon qu'elles fontexpolées de fept ou huit feuilles à leur bouquet fomau foleil, elles font plus ou moins fu- met. crées. La faifon où on les coupe les La canne n'eft pas toute unie dans
remplit de plus ou de moins de fuc; &c toute fa longueur; clle eft partagéc
leur age les rend plus ou moins propres des noeuds qui font l'origine & comme par
Is --- Page 503 ---
r6y6, la naiffance FRANCOISES des teuilles. DE L'A
durs
AMERIQUE
deux & ont tres-peu de fubltance. Cesnaeudsfont Les eft cellequi eft
& 229
rées parties de la canne qui font fcpa- l'eau fonde, de qui eft SETa en ponceufe pro- 16p6,
parunnaud, ont communication
pluyene s'y
que pourles
par
eft
au
Ctem
unvudequre citaumilicu du
expolée foleil
- qui camneu
quieltrempir de la mémematiere naeud, ve julqu'a ce qu'il foit depuis prét ta de fe fe lceit; que ler reite dela canne, mais fpon.
ne qui font fcpa- l'eau fonde, de qui eft SETa en ponceufe pro- 16p6,
parunnaud, ont communication
pluyene s'y
que pourles
par
eft
au
Ctem
unvudequre citaumilicu du
expolée foleil
- qui camneu
quieltrempir de la mémematiere naeud, ve julqu'a ce qu'il foit depuis prét ta de fe fe lceit; que ler reite dela canne, mais fpon. cile cher. Les
cou-
&
plus dure,
terres gralits&c
FERES
quand on lamiche elle a pluscolorée; plus de fa- des cannes grandes & fortes produifene
veur quele rette, & femble
elles font
fortg grolies, mais
& cuite. Il n'yaa plusmeure nes d'un fuca prefque totjours vertes, pleih CRSe que ces nouds ssucunereglep pour jus eft gras; aqueux ileft & fucré. Leur
eux; plusie terrein eft bon, gardent entre à cuire, & le fucre PRAIT à purifier &
éloignez les uns des autres, plusilst & font to@jours molaffe, qui en provient eft
conlsquenti la canne contient
fe décuire & à devenir peu grené, & clujeta
cc les naeuds en contiennent SSETE en cendre. en marmeladeou
que : refte : deforte queplus moins Les terres qui n'ont
bre eft grand, & moins il fe leurnom- trouve de où les racines sdela canne pas de fond, &
place pour le fuc. tôt le tuf ou le
trouvent bienOn a và des cannes quiavoient
des terres roc, ufées, comme des bafes fontla plàde
lat tête étant vingt- cou- ECTi la Martinique & de la
terres
RI E
nep produifent qued
Guadelouper
vres,
TEat
mais 3et eft vingt-quatre li- me des rottins, dcpemnescimnevene
n'elt Pas une marque extraordinaire. de la bontéduf Ce durent parce peinerdeneuds, que leur
elles
que la canne reniermes c'eft
fuc che & Eistal braie. racinefefepreuve le terreineft gras plutôr & tune terres ont de la pluye Cependant dans les lorfque ces
& Sou produit
aquati- mois que les cannes font
premiers
Ret crud, trés-peu fucré, ab-ndammenre un temsen
leur plantées, &de
& par coniéquent confume plein d'eau, rité; elles temsjufqu'a nelaiffent parfite matucoup : bois & detems fans beau- d'un très-bon fuc, pas de fe remplir
mais beauenup de fucre ni rendre fort ja- Segluant, maisilf faut extrémement étre
doux
Quali- Lorfque les cannes ont
bon.
premiers
Ret crud, trés-peu fucré, ab-ndammenre un temsen
leur plantées, &de
& par coniéquent confume plein d'eau, rité; elles temsjufqu'a nelaiffent parfite matucoup : bois & detems fans beau- d'un très-bon fuc, pas de fe remplir
mais beauenup de fucre ni rendre fort ja- Segluant, maisilf faut extrémement étre
doux
Quali- Lorfque les cannes ont
bon. de bon
habile; pour en
1es
d'une qu'adix pieds de longucur, depuisieptjuc qu'ellesont fabriquer prefque cuit avant fucre, que
qu'étant
depuis dixj
de la
Tatt
parfaite. canne metre; qu'elles juiqu'a ASTE bien lignes de dia- purger canne, & de on le n'a pas le tems exprimé de le
leur peau cit lifle, feche & jaunes; que toute la cuiffon guil clarifer, luieftr
a déja
cit qu'eiles iontpefintes, que leur callintes forte qu'on eft
de
RtT
& méme un peu mouëlle dans les
obligé den mettre del'eau
leur Ruc elt doux, gluant & brune; que cuiflon, chaudieres, & de donnerle afin d'élaigner f
cuit; on peut dire comme font un de diffoudre
loifiralalefive
Eep perfcétion, &Ponp qu'elles tdans tachées au fuc, lenimmondices &
qui fontaten tirera fans beaucoup Crnsuctuesdes de
me à la
dkmpoutresel:
cre très-beau & en
peine du fu- Il faut fuperficie. faire
Srrein La terre ia abondance. cette manceuvre dès la
prepre des cannes, telles plus que propre je
porter mettre premiere jamais chaudiere, d'eau & obferver de ne
EONA de dire, qui a bouilli,
froide dans le jus
Gg 3
parce que la froideur de
leau --- Page 504 ---
230 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
1Gy6, l'eau fait conglutiner les orduresavecle tems-là que la premiere fois
les a
grain quicommence àfeformer, & rend coupées. on
qu'on
1696,
ainfi le fucre gras & ablolument hors cnfucre brut, Quand employe cescannes
d'état de pouvoir étre blanchi. né, capable de cllesrendent tunfucregre
Les terresbaffes, marécageufes &qui raffinage, & fupporter la mer& le
font comme de niveau avecl le bord déla fucre très-blanc quibien & en que renddu
mer, comme font celles de la
une
Je fçai
ESEIT
terre, 8des culs-de-fac dela grande- Par longue expérience deux lipc, quelques endroits dela Guadelou- vres &c un quart de fucre Ohucre fait à
& preique toutes les Illes Martinique & nôtre rendent habitation du Fond SaintJacques,
Hollandoifes, excepté Saint Angloifes Chriftoune livre de fucre raffiné, fans
la
&
compter les firops; ce quieft unej preuJamaique quelques autres ve évidente de la bonté de ces
fs; toutes ces terres, disje, produifucres,
fent de belles cannes, longues, groflès &dugrand peuvent tirer.
de fucre Ohucre fait à
& preique toutes les Illes Martinique & nôtre rendent habitation du Fond SaintJacques,
Hollandoifes, excepté Saint Angloifes Chriftoune livre de fucre raffiné, fans
la
&
compter les firops; ce quieft unej preuJamaique quelques autres ve évidente de la bonté de ces
fs; toutes ces terres, disje, produifucres,
fent de belles cannes, longues, groflès &dugrand peuvent tirer. profit queles Raflincurs en
& pefantes; mais comme ces terres ne Lesterresquifonte tenvironnéesdebois
manquent fes, clics jamais d'être falées &cnitreu- ou qui font dans les hauteurs des moncannes communiquent leurdéfaut aux tagnes, font fort fujettes aux
qu'elles portent, dont le fitcre aux grandes rofées & aux
pluyes,
ne peut jamais devenir bien blanc. Son la nuit; & comme elles ne fraicheurs font de
grain qui dans les premiers jours qu'il échauffées
du
gueres
cft fait eft gros, clair & tranfparant, produifent desrayons de
foleil, cliesne
s'amolit peu à peu, fedécuit Sdevient acqueufes, que vertcs & grofles fucrées cannes fort
cendreux ou comme en botillie, &di- fuc clt gras & crud, dificile peu
5 leur
minucl beaucoup quand on vientàle fon- à dégraifler, & confume à cuire &
dre pour le rafhincr. tems & de bois. Acclap beaucoup de
Les terres rouges & fortes, comme en provient a du
prèsle fircrequi
font celles qu'ont trouve à la Cabeiterre gros, dur,
corps; fon grain eft
del lal Martinique, depuis lariviere Rou- porte très-bien conferveha.cuilfon, le tranfport & le & raffi- fupgejulqu'à icelledu cul-de-fcRobert, & nage. a la Guadeloupe depuis la grande rivie- Toutes les terres en un
rc dela Cabetterre jufqu'a la riviere du ncuves, c'eft-à-dire, mot qui font
Lezard, portent debelles cannes, lon- été plantécs ni femées, qui dans n'ont jamais
gues, groffes & pleines d'un fuc affez on met des cannes aufli-tôt lefquelles a ablucré, quand on les coupe dansla bon- batu les arbres
qu'on
ne failon, c'eft-à-dire, depuis le com- tent descannest quiles couvroient, pormencement de Janvier julgu'a la fin de té, remplies de trés-groffes &en quantiJuillet. Il eft vrai qu'clles font dures à gras, crud, beaucoup de fuc, mais
cuire; & fi on néglige de les tenirbien cuire &cà peu fucré, très-difficile à
nettes, ou qu'on les coupe hors de leur quelquefois purifier. dans ces Je me fuis trouvé
maturité, leur fuc eft veid & crud, & Particulierement à la circonftances, où &
par conféquent difficile à degraiffer. Ce aiant fait défricher une Guadeloupe, terre
Geguon
qu'elles. ont dè commode, eft qu'elles plus d'une lieué du bord de la neuve à ré daii-fai- des
peuvent durer vingt à trentc ans fans l'aiant plantéc en cannes, mer, & tannes
avoirb befoin d'éirereplantées, leurs re- que chofede furprenant de c'étoit voir le quel- plantées
jettons érant aufli bons au bout de ce bre, lag groffeur &la hauteur dc cescan- nom- dansune terre
nes, neuve.
ode, eft qu'elles plus d'une lieué du bord de la neuve à ré daii-fai- des
peuvent durer vingt à trentc ans fans l'aiant plantéc en cannes, mer, & tannes
avoirb befoin d'éirereplantées, leurs re- que chofede furprenant de c'étoit voir le quel- plantées
jettons érant aufli bons au bout de ce bre, lag groffeur &la hauteur dc cescan- nom- dansune terre
nes, neuve. --- Page 505 ---
FRANCOISES DE
1696. Gx nes, lorfqu'clles n'avoient encore que LAMERIQUE
cer age, mois; cependant je les fis couper a delapeine, té debois. &cn confumant uneinfini- 231
j'avoss beloin Saprès quej'eus retirécedont En fecond
1rg6,
de l'eau-de-vic pour du rette, planter. je tis fare coupe à fixmois lieu, ne les cannes que l'on
lefeu auterrein pour confumer &je fismettre les
perdués; ons'enfert à entierement
les, dont laj
pail- vie, eft
del'leau-dedts
pourriture n'auroit lermqu'a
qui une très-bonne
augmienter la graille de la terre
fe,& a
marchandi. torze mois
cette
fis Qui- clles font fammnahsarrcenones bien
à quoi
ployer en obets blanc les coupe je cm- cannes, à caufc plus de
qued'autres
étoient
rejettons qui force
&
Eoterdd
crus, dont lal
de leur fuc qui cit groffeur cn
dela
faitementalal beauté abenserepondirrie quantité. plus grande
plus grande. Jai compte quinepouvoit julgu'a étre foi- Eren troifiéme lieu, on
santcdere che;
rejettons fur une teule fou- terre, & on la rend dès dégraiffelt
leur longucur étoit depuis
coupe propre à produire cette premiere
dix -lept pieds, & leur diametre isdixjuf nes, cequ'on ne feroit debonnes canou
Tn,
de
cinq Gix autres peut-étre pasen
nicre roregriesenigen que les filois
ma- feuniles dont les
parce que les
entiers dans
charger tout mefure
cannes
EoTel
:
à
fans les amarrer charettes ou cabroiiets, avant qu'elles croillent, dépotillent fe
perches. Elles comme fi c'cut été des nouveau qu'on une les coupe, & engrailfent pournitlent de
celeplus beau produtrentenabondame lucre
dégraifler. terre que l'on a interét de
ru dans lequartier, quoiquril qui cût encore
Avant que de planter les
puration defare le plus beau foiten P2 faut
cannes, il pripabrique dans les liles. Ja fait le fa- l'on veut fogneufiment les mettre. netoyer-la II
terre où ration
à
chole la
& 1: méme couper
ne fuffit pas de de la
toûjours bien Murtnque, je m'en fuis
lesliannes que l'ony trouve; il serre
à qui jel Tai confeillé. trouvé, Ile ainfi eft que ceux SEnEt ces mauvaifes
parce que Nlanter pour
avoit d'abord un pcu de vrai qu'on coup, s'attachent plantes aux pullulent beau- les can:
fuivre mon confeil, répugnanice à
cannes, les cou- nes,
doit comme unej perte
la regar- wene&ciesabhattent ches des arbres il n'eft Al'egard des fou. de
pas
AEE
la chofe cescannes.
trouvé, Ile ainfi eft que ceux SEnEt ces mauvaifes
parce que Nlanter pour
avoit d'abord un pcu de vrai qu'on coup, s'attachent plantes aux pullulent beau- les can:
fuivre mon confeil, répugnanice à
cannes, les cou- nes,
doit comme unej perte
la regar- wene&ciesabhattent ches des arbres il n'eft Al'egard des fou. de
pas
AEE
la chofe cescannes. Mais quand on coupe prendre cette peine, à neceffaire de
de plus près, il elt ailéde confidere voir foit des bois mols, dont moins les que ce ne
que
y eft très-clair & très-con- fent desrejertons; ilrauta fouches; poufmt premierement,
ci, ou les bruler d'une tarrachercelles
cannes plantées dansune terre parce neuve que les entierement toure maniere àfecher
peuvent étre meures gu'à dix-huit ne renferment,
T'humidité à
qu'elles
vingt mois. Or les aiant
ou fer. quilerviroit alsfirepour
mois, Slearecnupunate coupées à fix La terre étant bien
ze mois après, ce ne quatorzeoug font tout au quin- unicouenp pente
nette, le ficlle eft 1 faus
quedeuxmois dedifferemnece ou de retar. plus parti qu'onpuife trésdouce, prendre eft de m. illur pater
dement, ne dorvent pas entrer cn iagerenquired édecent pas
la par- leter- rein qwe
F fare debon le profit que r'on trouved cuin, & ialler
quarrez cha- lon
lucreS
min de dix-huit enrreieiquaner uncne- DevE
du mauvais
enquu-tités aul leu Pallage des cshroliets pieds de large pour le plantur
secienoeriennatns vont.chereherics ou chosertes qui encan- nes,
cannes à melure qu'on
les --- Page 506 ---
232 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696, lcs coupe pour les porter au moulin. replanter fans ceffe. Premie- Plufieurs raifons m'ont porté à parta- La troifiéme raifon
le mai- 1G96. rerai- gerainfi mon terrein toutes les fois que tre peut plus facilement eft, que le Troifit-
(on. jePai pû faire. Lapremiere, que cesfc- vail defesgens, &c voir fi vifiter les
tra- meraiparations du terrein en plufieurs picces deurs 8cles Negres
Comman- fon. empéchent que le feu qui feroit allumé commc ils ne
neletrompent point,
dans un quarré ne fe communique aux quand ils en trouventloccalion, manquent guercs de fe faire,
autres, parce que ne trouvant point de tentant de farcler &c de rechauffer conmatieres dans ceschemins, parlemoyen cannes qui font fur les bords des che- les
defquelles il puiflej joindrele quarrévoi- mins, pendant le milieu où la vûë
fin, il eft forcé de s'arrêter; & quand ne peut penetrer TE où l'on ne
même le vent l'y porteroit, on auroit aller, demeurenegligé, plein peut pas
toûjours plus detems qu'iln'ent faurpour de liannes & de vuides, ce qui d'herbes, attire
y remedier.
nes qui font fur les bords des che- les
defquelles il puiflej joindrele quarrévoi- mins, pendant le milieu où la vûë
fin, il eft forcé de s'arrêter; & quand ne peut penetrer TE où l'on ne
même le vent l'y porteroit, on auroit aller, demeurenegligé, plein peut pas
toûjours plus detems qu'iln'ent faurpour de liannes & de vuides, ce qui d'herbes, attire
y remedier. avcc le tems le
total des
Seconde La fcconde raifon eft pour empécher cannes. dépériflement
Taijon. lescabrotiets d'entrer dans les pieces de Une quatriéme raifon l'embellif
cannes, comme ils font pour y charger fementd'une habitations où eft, touthomme Qua- trième
les cannes qu'ilsportentau: moulin. Rien de bon fens ne doit
raifon. n'eft plus pernicieux & ne détruit tant curer le plaifir, pas negliger d'y
les cannes que les
des boeufs &
quandil peut-étre
pe
pieds
les avecl'utile: caron peut
le
roties des charcttes qui Paffent fur les descheminsdesy
planter long
fouches, dont on vient de
les de fept ans, poisd'Angoleoud font desarbrifeaux despois fort
rejettons, furtout quandil pleut AITELE agreables & Rar utiles, quiformentdes
que la terre eft molle. On voit par cX- allées & des promenades. L'habitation
perience qu'on eft obligé de planter des de Monfieur de Rochefort au petit culcannes dans lcs routes que les cabroiiets de-fac de la Guadeloupe, étoit toute
ont faites, & que ces cannes ne venant partagéc de cette manicre. Jel'ai
pas aufli vite que les rejettons qui pouf- qué dans tous les endroits ou le terrein pratiient d'une fouche quiafesracines, elles me l'a permis. fe trouvent fuffoquées par celles qui Loriqu'on nc veut pas laiffer inutile
font auprès d'elles, qui croiffant plus toute la largeur de CCs chemins, on fe
vite, leurdérobentlair&e les fontmou- contentedelaiffer un petit fentierde charir; d'ouil arrive les pieces de can- que côté pour pouvoir vifiter le travail
nes fe dégarniffent d déperifient tout à & pour cueillir les pois; & on
fait par ces chemins quie) l'on fait tout tout le refte en manioc ou en plante
au travers fans diferetion & fans juge- felon le befoin quel'on a del'un Patates, ou des
ment; au lieu que la piece n'aiant que autres; oblervant feulement dene
cent pas en quarré, il eft aifé de porter ter que du manioc blanc ou du manioc planles paquets de cannes au bord du che- d'ozier, afin qu'il foit meur, &en état
min, puifque du milieu de la piecejuf- d'être arrachéavant qu'onvienneà couqu'au cheminilne peuty avoir que cin- pcr les cannes. quante pas, ce qui n'eit pas une fatigue Quoique les cannes foient plantécs
confiderable, eu égardà lavantage que fur des mornes ou dans dcs revers de
l'on trouve d'avoir toujours fes cannes coftieres trop droites pour s'y aller
en bon état, & n'être pas obligé de les mener, ilncfaurpasnegliger cep partage propour --- Page 507 ---
1696. pour les FRANCOISES trois
DE
jai marquécs ci-dellus. premieres Il raifons que ils PANERIQUE la
aufi
23;
ment oblerver de faire
faut feule- promptement pratiquent aifément & auffi toj6.
de
l'on trouve d'avoir toujours fes cannes coftieres trop droites pour s'y aller
en bon état, & n'être pas obligé de les mener, ilncfaurpasnegliger cep partage propour --- Page 507 ---
1696. pour les FRANCOISES trois
DE
jai marquécs ci-dellus. premieres Il raifons que ils PANERIQUE la
aufi
23;
ment oblerver de faire
faut feule- promptement pratiquent aifément & auffi toj6. les endroits les plus commodes cescheminsdans pratiquer par que tout l'autre. Jc l'ai fait
charoi. pour le ler, & jem'en fuis où j'ai fait travaildeslan- 1fton Le terrein étant ainfi
vé. toujours bien trouser'les étendre faut T'aligner, c'elt-a-dire partagé, 7 faut il Après que le terrein eft
auror- cannes gueur du une corde de toute qu'il la lon- i-vis difpole un Negre ou une aligné, on Maniers
deau. la pointe terrein d'un 2 &c marquer avec le manche de chaque de ligne. On Negrelle' marque vis- fur de
piquet far la
2go
trait de la corde afin de terre le qu'ils dojvent laiffer leur houe la diftance Canme:,
canncs en droite
felon planter les qu'ils doivent
entre chaque fofle
té de la terre on ligne; fait les la bon- le travail. faire, & on commence
ou moins
les rangs plus
à Chaque foffe doit être de
Quand clle éloignez eft tour-à-fait uns des autres. largeur quinze de vinge la pouces de long, de la
peut laiffer trois pieds & bonne, demi on dinaire de quatre holie, à qui eft pour Pordiltance fens. d'un rang à Pautre en de profondeur n'excede cing pouces, & la
Mais guand la terre eft tous &c pouces. A mefure jamais fept à huit
ulée, & qu'on eft
de maigre font les foffes que les Nogres
ter tous les deux ans, obligé illuffit del replan- ligne >
avancent chacun fur qui fa
deux picds en tous fens entre laiffer tres qui quelques ne font jeunes Negres ou aurang. chaque grand travail, E capables d'un plus
Cette maniere de difpofer la
dans chaque foffe deux fuivent & jettent
confomme un peu plus de tems terre canne de quinze à
morceaux de
quand on fait les rangs &c les folfes que à long., Ces femeurs, dix-huit pouces de
Tavanture cela de & fans regle; ; mais elle a ce terme, font fuivis Pour me fervirde
commode, les cannes étant avec des hoiies
d'autres Negres
iarcler, plantées à la ligne, t plus faciles à morceaux de canne qui l'on ajuftent à les deux
les
tre, de forte le
côté de l'auentre les purcegtendipolar rangs, ils Voyent micux Negres côté de la tête la bout qui vient du
herbes
cucl
& les liannes, il leur
les la terre de trois canne, foithorsde
facile de découvrir les
cft plus de l'autre morceau pouces, & que lel bout
fonsquetrope communs à ferpens qui ne à l'extrémité
faffe le méme effet
&de's s'en garantir.
, de forte le
côté de l'auentre les purcegtendipolar rangs, ils Voyent micux Negres côté de la tête la bout qui vient du
herbes
cucl
& les liannes, il leur
les la terre de trois canne, foithorsde
facile de découvrir les
cft plus de l'autre morceau pouces, & que lel bout
fonsquetrope communs à ferpens qui ne à l'extrémité
faffe le méme effet
&de's s'en garantir. Lc aMantinque Maitre
empliffent la folle oppolée de : après quoi ils
Commandeur voit d'un bout à ou fon été tirée. la terre qui en a
TC, d'une picce de cannes ce gu'ily aà l'autre fai- Les morccaux de canne
s'ils coinment ne
les Negres travaillent, & met en terre, fe
que l'on
dormirs quittent
le travail
ment à la tête de la prennent ordinairece qui Ret pas aifé à
deffous de la
canne, un peu au
ver quand les touffes de
LEet leur donne naiffance des feuilles, on
péleméle,
cannes font
quinze à dix-huit
unesles
qu'elles fe cachentles delong. Plus ils ont de noeuds pouces
tems les fre défauts & cachent en même bourgeons,, ou comme on ou de
vriers. du travail &c des ou- Iles, plusils ont d'yeux, & parle aux
D'ailleurs quand les
peut elperer
plus on
nne fois accoûtumez à Negres font tons & qu'ils poulftront de
cette manicre, racine, prendront plus promptement rejetHh
Les --- Page 508 ---
VOYAGES A UX ISLES
234 NOUVEAUX
les du terrein &c de la failon, on le voit 1696,
1696. Les voifins ne fe refufent jamais plan- produire à vûe d'ceil des feuilles & des
uns aux autres des cannes pour
rejettons. C'eft alors qu'il ne faut pas
Condi- ter. Mais comme il faut du tems pour
de farcler les herbes & les
tions,
les bouts des cannes,, & pour negliger liannes
nc manquent jamais de
jous lef couper en
celui qui en
qui
dans des terres
lassoi- quelles les amarrer envoye paquets fes Negres chez le venir en abondance ou dans celles qui font netfnsje a voifin befoin, quiles lui donne, afin qu'ils ai- nouvelles, tes & humides. C'eft en cela principadennent des Can- dent aux fiens à couperies cannes enfuite pour lement quc confifte la culture des can- du
nespour le moulin, & à accommoder n'ai jamais nes. Si clles font feules à profiter &
planter. les têtes pour planter. Jc à perion- fuc de la terre, elles croiffent mais fi elles grof- font
voulu avoir cette obligation refulaffe pas de ren- fffent en perteétion; ou de liannes >
nc, quoique je à ne ceux qui me le de- accompagnées d'herbes & comme avordre ce fervicc
J'avois befoin elles viennent petises
herbes
mandoients mais quand une piece de tées, parce que les mauvaifes de laterre. de plan, faifois couper les têtes de ont confumé toutcla graiffe faut
cannes, Enr perfuadé que jamais Sur toutes chofes il ne
jamais
cannes plantécs ne produifent les tronçons laiffer grener les herbes 5 parce êtrc em- que
d'aufli belles cannes le que lac canne, dès que les graines peuvent fe
coupe dans corpsdel
lc vent, clles répanquelon ayant plus de fuc & dc féve, ont par portées par tout, & gâtent toute une terqui
de force pour pouiler dent par
confequent des rejettons gros &c vi- re.
jamais Sur toutes chofes il ne
jamais
cannes plantécs ne produifent les tronçons laiffer grener les herbes 5 parce êtrc em- que
d'aufli belles cannes le que lac canne, dès que les graines peuvent fe
coupe dans corpsdel
lc vent, clles répanquelon ayant plus de fuc & dc féve, ont par portées par tout, & gâtent toute une terqui
de force pour pouiler dent par
confequent des rejettons gros &c vi- re. foind descandes racines Eae
Il faut avoir un extrême
toute
goureux. planter eft la nes jufqu'à ce qu'clles couvrent &
Tems Le tems propre pour fon commen- la terre aux environs d'elles, qu'elles naipropre faifon des pluycs, depuis deux tiers. La rai- étouffent les herbes qui pourroient crainpour cement julqu'a fes
n'a pas tre. Les liannesfont encore plusàc aux canplanter. fon cn eft fi évidente qu'elle lors dre, parce qu'cllcs s'attachent
beloin de démonftration; car pour)
deffus &clesf fuffoquent;
la terre étant molle &c imbibéc d'eau, nes,éeventp de maniere
ne fuffit pas deles coule
les
ae
les racincs & les germes que plan
hote, ilfaut en arracher)
entrent facilement, &cl Phumi- peraveels
hors de la piece,
ditéles poulle, y fait croitre, 8c leur fournitt tou- racines 8cles emporter qu'on en laiffe àt terre elles
te l nourriture dont ils ont befoin; au car pour peu & pullulent extraordinairelieu que G on plante dans un tems brûlée, iec, reprennent ment. la terre qui ett aride & comme cftdans Lorfque lcs cannes ont été farclées dans
attire & confume tout le fuc qui
deux ou trois fois, fclon le befoin
le plan, cn peu det tems dans devientaufli un four. les commencemens qu'elles ont laiffe été
fec que 2" on T'avoit mis faifons
plantées ou coupées, on les
en
Ccft à ccS differences de
qu'on & de
jufqu'àl Tage de cinq ou fix mois. fane fçauroit aflez prendre garde, mauvais HREC lors on leur donne la derniere
qui dépendent les bons &c les
çon, en faifant pafer les Negres dans
fucres des cannes. les rangs
en arracher &2 emporAu bout de cinq ou fix jours lever quele & ter les
& les liannes, qui pourle voit
EEK
plan eft en terre, on la bonté du plan, roient être crûcs malgréles foins
&c fuivant
fest
pouller; --- Page 509 ---
1by6. s'étoitdonnez FRANCOISES DE LAMERIQUE
quoi on ne touche pourles plus empécher: aux cannes après qui eft de ne pas employer la vieille 235
qu'à leur parfaite maturité,
juf canne, c'efl-à-dire,
1695. Tems 01 Ce terme ne peut avoir de
fleché & fleuri s'eft renverlée cellequia aprésavoir
doisone ageque &c c'eft en cela que la plupart reglet des habi- fixe, où elle s'eft attachéc par des par filamens terre,
avoirles tans fc trompent.
empécher: aux cannes après qui eft de ne pas employer la vieille 235
qu'à leur parfaite maturité,
juf canne, c'efl-à-dire,
1695. Tems 01 Ce terme ne peut avoir de
fleché & fleuri s'eft renverlée cellequia aprésavoir
doisone ageque &c c'eft en cela que la plupart reglet des habi- fixe, où elle s'eft attachéc par des par filamens terre,
avoirles tans fc trompent. Ils
comme par autant de racines 3 mais
Camnes quand ily a quatorze ou s'imaginent que d'employer feulement les
coapes. peardire qu'une piece de cannes a quinze été mois qu'elle a pouffez de tous fes rejettons noeuds. elle eft en état de l'être encore coupée Cette précaution ne fe doit
autre fois; fur ce fondement ils la cou- une prendre que pour la fabrique du pourtant fucre
pent, écilenarrive que ces cannes n'é- blancs car pour le fucre brut, les
tant pas meures ne donnent qu'un fuc vicilles nes &c cannes y font également boncuire. gras, verd &c difficile à purifier &c à Mais les font un beaugrain, & cela fuffit:
Cet inconvenient" que j'avois rité ne cannes prifes avant leur maturemarqué d'être chez mes voifins avant que gu'un fucre font bonnes à rien, elles n'ont
fit faire chargé ditferentes duf foin de nos biens, me un mauvais crû & gras, femblable à
vû une année reflexions. J'avois fc changer chileindijgele, en
ni
avoit fait le qu'une piece de cannes Il faut donc grain, étre
FUSE
pouvoit
plus beau fucre qu'on couper les. obferver avant que de
l'année fuivante fouhaiter, & je remarquai de perfcétion cannes, & de quel eft leur degré
nes faites Par les que mêmes les ouvriers mêmes can- que leur age, parce que maturité, les cannes plitor
produifirent du fucre très-médio- ne ont été coupées en Janvier, ont eu qui à
cre. J'en palir à quelques Rafineurs effuyer toute la chaleur & toute l'ariqui me dirent que les cannes étoient bien dité de la faifon feche qui dure jufques
comme les les autres plantes, & comme
avant dans le mois de Juillet, ce
arbres dont les' fruits ne font pas quilesaarrétées pendant la plus grande
toûjours de la même bonté. Cette partiedet tout ce tems-là, oûf faute d'huréponfe ne me contentant Pas, jecher- midité elles n'ont produire de
chai quelle pourroit être la caufe de foibles rejettons. # ne faut donc que
ce changement, & ilr ne me parut point été compter leur âge du tems qu'clles ont pas
faut qu'il yenavoir d'autre le dé- commencé coupées, mais de celui qu'elles ont
de LE maturité. Quand je linee état &q
à pouffer vigoureufement,
redtifier mon fentiment
tardées. qu'ellesn'ont plus étéa arrêtées ou rerience, travaillai avec edier l'expe- Je fis
Ileft vrai que dès qu'elles font
couper L cuire le fuc de
coupées, clles
&c
tes de cannes dedifferens ages, plufieurs for- dearejctions: poallonedi.boargeond mais on doit
ces
confirmai dans mon fentiment Scjeme les foibles productions comme refte du
divers eflais
par fuc ou de
LENAL
qu'il étoit que je fis.
plus étéa arrêtées ou rerience, travaillai avec edier l'expe- Je fis
Ileft vrai que dès qu'elles font
couper L cuire le fuc de
coupées, clles
&c
tes de cannes dedifferens ages, plufieurs for- dearejctions: poallonedi.boargeond mais on doit
ces
confirmai dans mon fentiment Scjeme les foibles productions comme refte du
divers eflais
par fuc ou de
LENAL
qu'il étoit que je fis. Je remarquai ment la nourrir féve qui étoit en mouvefucre avec plus des difficile de faire de bon toute Lcam canne & pour augmenter
encore arrivées cannes qui ne font
qu'il continue quand elle étoit entiere,
VeC celles qui l'ont à leur maturité afc pée, & qu'il lorfqu'elle a été coupaffée de
continuéroit aufi vive-. parce qu'à celles-ci ily a un beaucoup, remede ment & aufi regulierement, fi la terre
qui ne convient point aux premicres, qui enferme la racine & qui la nourrit, fe trouvoit défendue des ardeurs
Hh 2
du --- Page 510 ---
VOYAGES AUX ISLES
236 NOUVEAUX les pluyes feroit aufi une autre de dire les 1626,
s6y6. du foleil, & humeôtée par au lieu premieres coupées font cn état deF l'éou par les rofées abondantes; lcs feuil- tre une autre tois, parce qu'ily auroit
que n'étant plus couverte parl a deffeché quatorze ou quinze mois qu'elles l'aules,. la chaleur l'a penetrée, ôté le moyen roient été, oude dire que les dernieres
fon humidité, & lui à
coupées, font dansleur perfeétion, parce
d'entretenir ou de pouffer c'eft-à-dire fes rejettons. les qu'elles font auffi hautes & aufli granJe fçai que les laiffe pailes, fur le lieu, a après des que les premicres, moins. Il quoiqu'elles eft donc du
feuilles les qu'on cannes font coupées , fervent ayent devoir fix d'un mois Sucrier ou d'un Rafineur,
que à deffendre la fouche des ardeurs du de n'employer les cannes qu'après les
foleil; mais il faut avouer que de ce du- fe- avoir bien examinées; aprés les avoir
cours eft bien foible &c de n'enleve peu pas goûtées & aprés les avoir exaétement
réc: fuppofé même
fous leschau- vilitées. Je ne dis feulement fur les
ces
les
le foleil donnant
rdoete
pailles pour
enunei infi- bords de la piece, Tot
dieres, commei ili fe pratique de deux ou fans obftacle, apû les faire meurir plûnité defucreries, en moins & retirées tôt; mais dans le centre & en differens
trois jours elles font feches cmpé- endroits ou l'ombrage qu'clles fe font
d'unc maniere à ne pouvoir duf foleil; pas & tout les unes aux autres, empéche le foleit
cher le moindrerayon
a été d'agir aufli vivement que fur lcs bords.
commei ili fe pratique de deux ou fans obftacle, apû les faire meurir plûnité defucreries, en moins & retirées tôt; mais dans le centre & en differens
trois jours elles font feches cmpé- endroits ou l'ombrage qu'clles fe font
d'unc maniere à ne pouvoir duf foleil; pas & tout les unes aux autres, empéche le foleit
cher le moindrerayon
a été d'agir aufli vivement que fur lcs bords. le fervice qu'on a dà en.attendre, deux ou trois Quand aprés CCs recherches &c ces exad'empécher pendant ces n'ait direête- mcns il refte encore quelque doute, on
jours que la chaleur
agi
doit faire une petite épreuve, quand
ment farl'endroit de la canne quivenoit confumer cc ne feroitque dans un chaudron, afin
d'être coupé, qui auroit pû & toute de ne pas entamer une piecede cannes,
ablolument toute la motielle d'où feroitin- & pour ne pas être enfuite obligé d'en
Phumidité qui y reftoit, la
de toute la entamer une autre, ce qui ne fe
failliblement fuivie perte
faire fans un notable préjudice de met
fouche. font coupées fur bitation 1 parce quc dés qu'une piece
Mais lcs cannes qui c'elt-à-dire, dans de cannes eft entaméc, les rats y. vienla fin de la fecherelfes
nent plus volontiers qu'à celles qui font
les mois de] Juin & deJuillet, humectent reçoivent la entieres, dont n'aiant pas goûté ils ne
le fecours des pluyes qui
fc portent pas G facilement a les entaterre & qui la rafraichiffent prefque don- mer, à moins qu'elles ne foient couaufli-tôt qu'elles en ont befoin, qui
chées terre, comme ilarrive quand
nent à la fouche le moyen de néceffaires fournir les coups par de vent les renverfent 2 ou
toute la féve & tout le fuc
la négligence à les farcler les
pour pouffer & pour nourrir les les rejet- quand a laifiées environner d'herbes& de liantons. De là vient que dans voit mois nes qui les ont fuffoquées, & qui les
dc Septembre & d'Oétobre on auffi les ontfait pancher peu a peu, & qui enfin
cannes coupées en Juin & Juillet celles
les ont renverlées par terre. Car dans
grandes & aufli fournies que & Fevrier. qui cette fituationles ratsles attaquent
été coupées en Janvier
fe mettent
Blaz
ont Or comme ce feroit une erreur en facilement, & tenant parce la canne qu'ils avec leurs patvoyant ces cannes, de dire qu'elles c'en ont fus, tes, ils rongent plus commodement
été coupées en un même tems,
Ja --- Page 511 ---
1696. la rondeur de FRANCOISES fa
DE
elle eft
fuperficie, que
LAMERIQUE
droite, à caufe qu'ils font quand alors manger', ou pour les
obligez de fe dreffer fur leurs pieds de moyen ils éviteront d'être vendre : par ce 1ig6,
derriere, donc &c de ronger de côté. Il faut leurs chaffeurs, ils
trompez par
conclure quel le tems de
Negres & ceux deleurs empécheront leurs
cannes ne doit pas fe compter couper de celui les vir de cette mauvaile voifins de fe ferdrlereouneuetis de cclui d; leur
tieridront leurs
nourriture, & ils
On doit turité,fans s'arréter à autre chofe.
vendre : par ce 1ig6,
derriere, donc &c de ronger de côté. Il faut leurs chaffeurs, ils
trompez par
conclure quel le tems de
Negres & ceux deleurs empécheront leurs
cannes ne doit pas fe compter couper de celui les vir de cette mauvaile voifins de fe ferdrlereouneuetis de cclui d; leur
tieridront leurs
nourriture, & ils
On doit turité,fans s'arréter à autre chofe. ma- gens, ou par chaffeurs allertes de &diliaveir dre Entre les foins que l'on doit
penfe, ou par la l'elperance la recomwupre. des cannes, celui d'avoir pren- quoique lej
crainte du chitimene:
nearde neur ou un
un pre- lemblé premicr motif m'ait
dans rats pas étre chaffeur de rats, ne doit ayant lemeillure & le plus toûjours
chague rement cet negligé. On donne ordinai- faire toujours eu pour maxime convenabley defaire
habira- fidele &c emploi à quelque Negre
plitôt par la douceur &
tian, capable d'un diligene, mais qui n'eft pas faire petite recompenfe, ce que j'aurois Par une
l'oblige
plus grand travail. On
executer par) la rigueur & pû le
rats d'apporter tous les matins les châtiment. par
& afn. gu'il de a trouvez dans fes attrapes, prendre L'inftrument les dont or fe fert
quelque lencourager on lui donne
rats, eft
Ce pour Parier
à celui de petite nôtre recompenfe. Je donnois qu'un à huit petit panier fait fortfimple. en cône, n'eft powr
deniers de chaque habitation deux fols fx ou environ pouces de long fàr trois delipt br
voulois avoir les rats douzaine tout : mais je on le fait de de mibi diametrea fon ouverture: pouces
ce que je (çavois que le cntiers, chafleur par- grifes refendues. ou de petites liannes
vendoit aux Negres de Phabitation les verge ou baguette Iyasar allez Pointe une
aufqaels je ne voulois
entée,,
de
roide
eft
On doit d'ufer de cette viande, pas permettre trois pieds; Iongue au bout deux pieds 8t acne à
cherler empd. faitement que T'ulage trop fgachant par- attachée unc
de la baguette eft
Negres rats, des ferpens & des Irequent des mahoc, bien
ficelle de pitcou de
deman. fc
lezards, fubriliEOE
gerles tomber tellement en le fang qu'il fait à la fin dre mité longueur de qu'elle bentore.ende : on Paffe l'extréTats. qui fc contentent phtifie. lya des habitans
cette ficelle ajuftée en nceud
leur en apporte les quel lep prencurdesrats coulant, tour del la entre le fecond &le troifiéme
C'eft une mauvaife methode, queués ou les tétes. &con l'y fait lianne teniri compofe le panier,
les
itce
preneurs voilins s'accordent parce
petits bâtons
atendutarccdout
ble, & portent les
iche On met dans
enquatre dechifre.
habitans
cette ficelle ajuftée en nceud
leur en apporte les quel lep prencurdesrats coulant, tour del la entre le fecond &le troifiéme
C'eft une mauvaife methode, queués ou les tétes. &con l'y fait lianne teniri compofe le panier,
les
itce
preneurs voilins s'accordent parce
petits bâtons
atendutarccdout
ble, & portent les
iche On met dans
enquatre dechifre. les tétes de l'autre, queuès afin de d'un.côte &c morceau de MIET fond du panier
la recompenfe les maitres profiter de dont P'odeur fe manioc ou de crabe quelque roti,
fans fe mettre
cn donnent, les rats,
répandant au
dre lcs
peine
qui entrant dans le loin,attire
itnia
venient, il'e Pour éviter cet deten- incon- peuvent manquerde faire panier ne
SRCAN bon les voilins
titsbârons qui
remuerles pecordent, & qu'ils fe
s'actiennentla ficelle tendué,
rats tout entiers, & Rremt les apporter les quifedébande fait la
auffi-tôt &c par
fur le champ dans un lieu fallenr où enterrer dans le baguetre, nceud
le rat fe derelfurque trouve; pris
pas facile au
il ne foit le
coulant & étouffé
gres de les aller preneur ou aux autres Ne- Selon panier. la
contre
dérober, ou pour les la quancité grandeur des
de Thabitation ou
Hh 3
rats, on employe un ou
deux --- Page 512 ---
VOYAGES A UX ISLES
238 NOUVEAUX Ilsontfoin ferpent ne digerant ce qu'il a avalé diffo- 1696. 16p6. deux Negres à cette chafle. fur le foir 8cde que par la corruption & par il la eft affez
de tendre leurs attrapes endroits, non lution de l'animal même, de nourriles mettre en differens mais aufli dans le long-tems fans avoir befoin trois rats dans
feulement au bord,
reconnoitre ture quand il a deux ou
milieu des cannes; 2 & pour ils font un le corps. Leschats
les lieux où ils en ont mis,
de Ons s'étonnera peut-étre pourquoi on mesalent
noeud à la tige del la cannc, au lief pied dn n'entretient pas des chats pour détruire rien aux
laquelle ils ont mis le panier. de voir fouvent
chats Ipless
du Commandeur
des
SnesnEe
devoird
font
font autant ennemis
fi les noeuds qui font aux cannes fonten gres les chats le font des rats. Il n'y a des
garnis d'attrapes, fi iles pannjers
qu'ils: snefaffent pour rles attraper &
bon état & fournis d'amorce,&cdlaver- endroits où il a re- les manger. D'ailleurs il femble
tir les challeurs des
chats felentent dela douceur du
LE
marqué que les rats font du dommage,
àla faineantife:
tout au lizieres des bois 2 aux enaflez d'anolis
Aupenerhadoeses
fur
des cafes des Ne- comme ils trouvent fe divertir à
droits
&
Rer
qui fontproche ravines, 8 à côté despieces fe nourrir pour & netouchent
gres ou des l'on a brûlées dans T'habi- Chafe.lnvesconeenute rats.
urs des
chats felentent dela douceur du
LE
marqué que les rats font du dommage,
àla faineantife:
tout au lizieres des bois 2 aux enaflez d'anolis
Aupenerhadoeses
fur
des cafes des Ne- comme ils trouvent fe divertir à
droits
&
Rer
qui fontproche ravines, 8 à côté despieces fe nourrir pour & netouchent
gres ou des l'on a brûlées dans T'habi- Chafe.lnvesconeenute rats. éleve en leur place
de cannes quel chez les voifins. Comme CCS point aux
On
à
tation, ou
autretra- des chiens qui font merveille pourchafleurs font cxemptadetour
de fuivre & à prendre lesrats. Aureiteles
vail, on les oblige de fe pourvoir & cannes ratées 2 c'eft-à-dire celles qui
crabes pour amorcer leurs attrapes, ont été entamécs par les rats, s'aigric
liannes pour entretenir leurs panicrs 2 fent prefque auffi-tôt; : le dedans de-
& pour accommoder. les barrieres con- vient noirâtre 5 elles font abfolument
jointementavecles cabrouettiers,quand il ne faut inutiles à faire du fucre, 8ne peuvent
ils en ont le tems. Surquoi àl leur parole, fervir tout: au plus grtaneoelaude
pas toûjours les en croire (ur leur. tra- vie. viens de dire
mais vciller foigneufement qu'ils font de leur On voit ce que je doit avoir
vail &c fur l'emploi
ci-devant, Rca.dir qu'on & combien
tems. nombre des paniers fc regle pour la eulture des canncs, des rats; mais
felon Le la quantité de rats dont on elt ilimportedeles il faut encore avoir garantir un très-grand foin
incommodé, 5 non feulement dans les qu'elles ne foient pas ravagées par les
cannes, mais encore dans le manioc, 8c chevaux,, les bacufs, les moutons, les
dans le mil, dans les cacaoyeres
& mémepar
ne
d'autres endroits, où il faut cabrittes& parlescochons, font fouvent de grands
en negliger de mcttre dcs attrapes, lesNegres foit qui y eux, foit pour donner
pas que ces animaux multiplient in- degats, leurs cochons pouré quand on leur permet
iniments parce
& ils ont cela d'incom- à d'en nourrir. mode à la Martinique qu'ils attirent s'affem- A propos dcs Negres & des cochons,
les ferpens dans les lieux où ils
mc fouviens de deux avantures, qui
blent, parce que les ferpens s'en nour- je
l'une a la Martinique, &
riffent, & imitent méme leur cri pour m'arriverent, l'autre à la Guadeloupe, où les cannes
les faire venir: mais cela n'eft pas ca- le de nos habitations étoient en
de les détruire, parce que
FROE
pable --- Page 513 ---
16y6. depuis pluficurs FRANCOISES DE
aux
années aux Negres & ces LAMERIQUE de
fiderable cochons, qu'on avec un dommage fi icon- caotiere cannes de qui étoit à côté dc la Ca- 1696;
pieces de cannes abfolument trouvoit fouvent des quand on m'avertiffoit cette bonne voiline : &c
Hifoire Nous avions
ruinées. cochons dans
qu'il y avoit des
dela au fond Saint unetrop proche voiline
les cannes, je les faifois
veuvela
Jacques, qui nourriffoit compter, & aufli-tôr
Pome- quantité de cochons à nos
del boufs par le
j'envoyois autant
raye.
1696;
pieces de cannes abfolument trouvoit fouvent des quand on m'avertiffoit cette bonne voiline : &c
Hifoire Nous avions
ruinées. cochons dans
qu'il y avoit des
dela au fond Saint unetrop proche voiline
les cannes, je les faifois
veuvela
Jacques, qui nourriffoit compter, & aufli-tôr
Pome- quantité de cochons à nos
del boufs par le
j'envoyois autant
raye. ne fe contentoit d'un dépens. Elle faire dans f chemin que j'avois fait
cannes qu'on lui avoit pas
canton de fément
cacaotiere, le On peut aiabandonné
simaginer dommage
honnétcté, & destétes gu'on Ra yfaifoient. Nôtre voifine ne qu'ils
Eaists prendre à diferction,
pas de venir s'en
manquoit
faifoit du fucre : clle avoit quand la on quelquefois avec plaindre, &c le failoit
de faire fortir la nuit fes
malice ment. Jc ne beaucoup d'emporteParc où ils étoient
cochons du faire des excules manquois de la PAs aufli de lui
alloient dans nos cannes enfermez, qui d'oùt ils mes gens, &claj
de negligence de
la liziere de fà favanne; ils étoient à dont elle m'avoit payant fouvent mémes paroles
toutela nuit, &lc matin ils y revenoient paffoient difois qu'entrevoifinsi il ne payé, je lui
chez elle au fon d'un cors ou d'un lam- garderde fiprès, & qu'il falloit atorrnnes fouftrir
bisavecquoio on les rappelloit. Mes
guelque choleles
deceffeurs avoient fnitrout leur potlible pres clle comprit que unsdesautres. mcs beeufs fe trouvant Alafin
Arionnntomeleed voir
fansen pou- totijours en nombre égal à celui de fes
venirabout. Jene
cochons, ce n'étoit
faire la mémechofe dès manquai pas de conduifoit, &c
lehazardg quiles
dic,
que je fuss Syn- caotiere
que
fat
hefabigersrereirie cochons. feroit bien-tôt ruinée. duroit, facaJelap preffai duc côté del la
enfin me demander la
& Elle vint
voyant que cela ne confcience, &c mit de retenir fes paix, me profet, je me fervis produiloit du droit aucun ef- P'affurai que nos boeufs cochons, & moi je
qu'ont tous les habitans de faire commun mais chez elle que pentreroientie les
les cochons deleurs voifins
tuer fes cochonsl leur par chemins que
vent dansleursterres, &c qu'ils trou- fi que je me délivrai ouvriroient. de ces Cef futaineux la téte pour le prix de prennent la pour neufes. vifites ruiLe du plomb qucl l'on a employé poudre à lestuer. & L'autre avanture m'arriva à la
remede fit fon effetp pendantg
deloupe. Je remarquai dès Gua- Autre
jours; elle retint fes cochons tquelques chargé du foin de nos
que je fus bifoire
voyant qu'ils
5 mais cannes que nous
bicns, que lcs fur le
parc,
maigriffoient dans fon min
avions auprès du che- méme
à couriry parce elle qued ces animauxaimentfort montagne par où des les.
. & L'autre avanture m'arriva à la
remede fit fon effetp pendantg
deloupe. Je remarquai dès Gua- Autre
jours; elle retint fes cochons tquelques chargé du foin de nos
que je fus bifoire
voyant qu'ils
5 mais cannes que nous
bicns, que lcs fur le
parc,
maigriffoient dans fon min
avions auprès du che- méme
à couriry parce elle qued ces animauxaimentfort montagne par où des les. Negres alloient à la Jajet,
aller dans nos cannes. recommença à les laifler ment ruinées diables, le étoient entiereà faire tuer & fur tout Jei les recommençai challeurs, quine par paflage de ces
de me délivreraup plûtôt de truyes, ces afin porter avéc eux leur manquoient pasd'emvoilins. Ce manegedura
facheux nes, &c d'en
à provifion de canjer me mis cn colerc, unan; à la fin retour. Je les manger avertis de diferetion à leur
ployer un remede plus &jerefolus violent. d'em- aux cannes, ou
ne plus toucher
flaide faire tucr les
Je défi- chemin. Mais quejeleur interdirois le
fis faire un chemin dans cochons; mais je ç'auroit été un comme je fçavois que
une de nos pic- pcine à gagner, procès j'aurois eu
parceque E chafle étant
libre --- Page 514 ---
VOYAGES AUX ISLES
240 NOUVEAUX
plainte, & qui étoit du nombre des 1hy6.
1696. libre à tout le monde, le chemin pour
que deux de fes Ney aller doit l'être auffi; je penfai à un il gres intereffez, avoient parce été de celui des fuftigez,
autre expedient. Je fis épier quand de chaf m'en parla d'une manierc à me faire
feroit pallé un bon nombre
croire
trouvoit fort juftes les defeurs, & jemis cn embufcade une tren- bois mandes qu'il des plaignans. je le priai de
taine dc nos Negres le long du
fc fouvenir des plaintes
je lui
dans un paflage clcarpé, qu'on appelle avois faites. plufieurs fois arie defordres
le détroit, &je me poftai au commen- les de ces chafleurs: &c comme je vis qu'il
cement des cannes à l'heure que infiftoit beaucoup fur la liberté de la
chafleurs devoient revenir de la mon- chaffe qu'il fembloit que je voulois
tagne. J'avois donné ordre aux découvrir Negres ôter, je Nana-astnine
embulquez. de nc fc point le fignal du tout mon deffein;
le pallage
que quand ils entendroient
feroit toûjours ouvert, EE les foliets
que je leur en donnerois alors par & un de pren- coup toujours preparez pour ceux qui ende fifflet, & de fortira trouveroient dommageroient les cannes; & qual'édre les chaffeurs qu'ils fur tout bien gard de la reftitution des diables,
devant cux, en prenant aucun. Les
Ml
garde qu'il n'en échapât
s'é- Sonnypeeterroue avoit deux chofes dans le
la
premicrs qui fortirent du bois ne
y
pcine, aufquelles eat repouvanterent pas me voyant tout feul. coulpe8cla
&
deux qui vinrent à moi, medeparlacontfouon: fe
en
& qual'édre les chaffeurs qu'ils fur tout bien gard de la reftitution des diables,
devant cux, en prenant aucun. Les
Ml
garde qu'il n'en échapât
s'é- Sonnypeeterroue avoit deux chofes dans le
la
premicrs qui fortirent du bois ne
y
pcine, aufquelles eat repouvanterent pas me voyant tout feul. coulpe8cla
&
deux qui vinrent à moi, medeparlacontfouon: fe
en j'en appellai
le nombre des de fouet. L'affaire palla Emnd unaudelquels aiant apris
leric, &les Negres chercherent
chafleurs, &cqu'ils fe fuivoienctousàla em- tre chemin aller àla chafleauxdiafile,jef fiflai, & auffi-tot mes gens dix-huit. bles: ainfi S conferverent nos cannes, faire
bufquez parurent & en prirent les uns & m'épargnerent la peine de les
Je les interrogeai en particulier fe convainquirent foleter. Jc reviens à mon fujet.
Quand
après les autres; ils d'avoir dérobé des Lorfque les cannes font bien beloin entrete- d'être ilfaut
tous les unslesautres fois, & d'être entrez més,elles durent fansavoirl terrein eftl bon & réplane terles
cannes le plufieurs milieu des pieces, afin que leur replantées,, felon quele dans des terres canner,
dans
réparation profond. Celles font
larcin fut plus caché,
à chacun maigres, ufées & 31 peuc de profondeur,
de quoi je leur fis EAAREL
veulent être replantécs apres la feconcinquante à foixante coups de foict, les de coupc; car d'attendre à lat troifiéme,
avec confifcation des diables execution pour fit on n'y trouveroit pas fon compte 3
frais de la juftice. Cette Les mai- ce ne feroit dc petits rejettons gril- fans
grand bruit dans le quartier.
lez, pleins L naeuds, & prefque
tres des Negres fe la plaignirent chafle des 356 fuc.
& fortes
voulois empécher ainfi le paflage pour al- Les terres neuves, graffes de la nourrien empéchant Ils demandoient la fourniffent abondamment & les entretiennent
ler àl la montagne. des diables confilquez, puif- ture aux fouches, & vingt ans &
reftitution faitfoleter leurs Negres, & pendant quinze
d'aucune DE:
quejavois
à lavanta- fans qu'on s'apperçoive
ni dans
que je ne m'oppofaffe de cette plus chaffe, Lc nution, ni dans dans Pabondance, la
ni dans
que l'onretiroit avoient portéleur la bonté, ni
grandcur,
la
Earenears aquiils --- Page 515 ---
RED6. la groffeur FRANCOISES des
DE
plus les fouches rejettons: vieillifient, au contraire, on LAMERIQUE dit qu'elles font en
setendent, & conduifent plus elles les ont Reché, quand elles fleche, onta ou qu'el- t6gG,
jettons à une parfaite maturité, plirocleursre ment leurj jet, ou
actuellequ'on ait foin de rechauffer les pourvi bé de lui-méme quand cej jet eft tomquand à forced d'étre coupées, &d'avoir louches, Cette fleurn'eff aprés autre avoir fleuri.
au contraire, on LAMERIQUE dit qu'elles font en
setendent, & conduifent plus elles les ont Reché, quand elles fleche, onta ou qu'el- t6gG,
jettons à une parfaite maturité, plirocleursre ment leurj jet, ou
actuellequ'on ait foin de rechauffer les pourvi bé de lui-méme quand cej jet eft tomquand à forced d'étre coupées, &d'avoir louches, Cette fleurn'eff aprés autre avoir fleuri. produit, de
ellesfetrouventt
nache de petits filets, cholequ'un pa- des Fleurs
d'eau, terre, ou lorfque quelque beaucouphors arvalaffe tezi font garnies d'un dontlesestremi- mes, Cand
ou quelque autre
blanchâtre,
petit duvet &
dégradées. accident les a comme quisépanotlilent, RRA
Crgue cef gue On appelle rechaufer, mettre
la fleur unhoupe a commencé renverfée. à
richaaf terre fe rapportée au tour des
de la julqu'àceg
fortird dela
Press
for. trouvenr
fouches qui huità àv qu'ellet tombe, dans ilfe paffe dixcoupélesendroitse découveresy quel'on aprésenavoir voit
quels vingtjours; le bour de la les derniers def
& fc pourrir, de crainte la fe gàter, lafeche, fefeche, &cla Canneq a produit
ture ne
pourriESRe récevane
che. Rcommunigues au Ai.ArE fou- plusdencomune, terre, &la Canne fedétache@crombes
J'aidit cidevante
cefle de croître & de
replaneer les
qu'on étoit obligéde grofir.Jamaist deuxfois. sune méme Cannenef fleurit
Cabrolicts a chemins, fait mourir oule les
des ou deux après Sionne la coupe a pas un mois
jai faitvoirl ladificulséq AE & baiffe peu à qu'ellc & feché, elles'apler ces endroits. Le qu'ilyaà remede repeu- terre, ouj jettant peu, des filets enfinf fe couchepar
apportéacela, aétédet
quej j'ai racine, elle poulleune qui prennene
rouffes, & des fouches firearacherdes toutes
rejettons. grande quantitéd de
aux bords des piéces, & de les entieres feche, & environ Avant que la Cannep poufe fa
terrer dans dans les licux où il en manquoit faire en- feché, elle a très-peu un mois defuc, après fon qu'ellea milieu
que empmedectenii ces fouches
; ilefto certain, eitereux,p gonfloities parce gneiamelunbtunecqu
reprennent plusy vite, &
fibres, étant montécen haut
DRERETOn & que l'on mettoit duj plan étoientg gitez, pourproduirelat bresie font fieche &claf Aeur,, les fiarraché les fouches, bien oll'onavoit feur
tres, & ont raprochées laide les unes desauprendroit aifement,
qu'il re- occupoient
vuidela placequ'elles
voit pas étre étouffé
qulnepou.
rennent plusy vite, &
fibres, étant montécen haut
DRERETOn & que l'on mettoit duj plan étoientg gitez, pourproduirelat bresie font fieche &claf Aeur,, les fiarraché les fouches, bien oll'onavoit feur
tres, & ont raprochées laide les unes desauprendroit aifement,
qu'il re- occupoient
vuidela placequ'elles
voit pas étre étouffé
qulnepou. fuc. Les lorlqu'elleséroienty pleinesde
ne Tentouroient FEN Caneiqui rien, Cannes en cet état ne valent
pas dr tous côtez,
per, & onne doitpas fonger àl les couEmt Cammes de onze ou douze mois,
duPlant, aromniraitasen faire
des
CE
Fexrij- pluyes arrive, ne lorfquela faifon de-Vie, parce niméme pour faire ECTÉ l'EauGnt. STufraRELme manquent tunj jet d'environ jamais ches, ellesn'ontr qu'étant nilefuct alorsprefque fetoapiedidclong méme chofe; mais Les Rofcaux fontla produiredu Sucre, ni pour pouffer
eft
comme leur matiere rejettons, nipourc
EEE
jets tans dureq aufi que celle des Cannes, leurs ladouccur8 ter
8ciafencegur rcommuniqueralEas la faffe fermenC'ef de ces jes-cis, plus durs, dont & les plus forts. pour produire PE/prit qui compofe
font leurs Fleches. On
Sauvages TEsu-de-Vic Lorfquel les Cannes font
cheslesjets que Pouffent appelleaufife ics
état d'être
meures, &en ComCannes, &
& les coupécs, on difpole les Ne- menton
FF Negrells le long de la piéce doitcouque perles Cimas; --- Page 516 ---
A UX ISLES
UX VOYAGES
du Mai- r6go,
242 NOUVEA afin dela couper exécuter lesordres qu'ilareç@s
1696. quel'on veut entamer, danslapié- tre. Ilfaut, dis-je, quel le Negres, Commandeur &cqu'il
également, fans squ'ilsentrent lesautres. Quandelles Enintrutclcandpenset anciens nenégligent
celesu sunspluso quel oul huit pieds de hauteur, prennegardeqmelers Un peu d'exercice
n'ont que fept abattrel les stétesdesre- pascette précaution. on commencep pard unef fouche, les unsaprès les y accoûitume, Scumpeudevigsiance
jettonedetoures avecun coupd delerpe, &c cela EAAEatoNE Selon
la Canne, leNclesautres,
au deffous de la
lalongueurdel defa fouche, la coupc
àtrois naiffance ou del quatre la ELROTP la plus baffe. Ilya. grequitscompee endeux, ou en trois partics, > après avoir
desHabitans quiveulentp rprofiterdetout, palf@laierpetourdal long pour enôterles
&cquicroiantl benucoupgagnere ont mais peine ce barbcs pourroient les y Cannes être attachécs. plus lonà (buffrircetteperte feul apparente; sfetrompenty On ne ont guéres & on ne leur en
n'eft pasen cela quils il n'yaqu'a gues de quatre moins pieds, de deux & demi, à
& fairereflexion, pour en être convaincu, que le haut de la Canne donne moins que jamais CC1 ne foit des Rottins produits
totjoursjufqu'à cequ'elle ait fle- dans des terres maigres & ufées, qui ne
pouller ché, &d cqu'sinfi cchaut efttoûjours verd, font plus longs ordinairement.
& on ne leur en
n'eft pasen cela quils il n'yaqu'a gues de quatre moins pieds, de deux & demi, à
& fairereflexion, pour en être convaincu, que le haut de la Canne donne moins que jamais CC1 ne foit des Rottins produits
totjoursjufqu'à cequ'elle ait fle- dans des terres maigres & ufées, qui ne
pouller ché, &d cqu'sinfi cchaut efttoûjours verd, font plus longs ordinairement. Scremplic d'unfuccrudout pourainfidhrey deftiné PORTREL ou cingNegres squilonevoifins,
d'un chileindigelle, &c quin'elt la Canne. Or à jettent toutes les Cannes qu'ilse scoupent,
qu'à Taugmentation de
enun monceau Hdentenebataguens lestrouventa taffemblées,
EEmmEs menter) la quantité duj jus, fans accroitre kquilnes quiles amarrent, s'enp perde point fous les fetilfabonté, &afaireun melanged'unt chaleur bon les, lcattenquelong continué de entie- coufuc, cuit, &c perfectionné parla la nature per, & dont la terre eft1 bien-tôt
du Soleil, avec un autre que
rement couverte. de jeunes Ne-ComSANSESAT jamais pû donner dans cette On met ordinairement ou autres, quine] peu- faut ment n
te?Jen'al économier mal entendué, Scjaitoljours latéteà grerouNegretfts ventfaireun plus grand travail, à amar- amarrer les Canvoulu quel les Negres coupaffent deverd. rerl les Cannes, &aen Faredespaquets, Cabroticts. Onfe nes. l'endroitoii il nep la paroillbitplas touffe qu'un Negre a quel'on chargedanasles dcs extrémitez des
Après que sclhachereedicoupe fempourtamanmber tétesde Cannes,, mwonapellranl de la
commencéd'ététers Surquoi lyaune Canne. On le tiredurette avec tro's ou
les Canncs parlepica. delcs couper,
& il vient afTez facileremarque af faire, quieft, toutesces quarre feuilles,
fans taillader) la fouche, & parce ne fervent qu?à ment. SEtt enfemble, pour faire le
hachfires entrée la gâtent,, à la chaleur du Soleil,ec lesdedeuxyeux puis felon' la longueurdes
donnér
Thumidité &la lienpluslong,
liensàt àterieenviron
à faire confumer slafouche, plûrôt ce qui n'aide Cannes pieds on étenddeuxl lun del'autre, & on couche
fevequielldansls
desre- àdeux
au nombrede
pas ailirément alunfarepoufer c'eft- les Cannes deflusentravers, felon leur grofleur: on
ofices da FEe THomme blanc ou noir, qui a dix ou douze,
son- a-dire,
8c de conduireles
desbouts
ERREESS
man- foin de commander,
fur leurs
eepallantlund comme on
LEIT. Negres au travail, de veiller Priéres, & enlestortilant, entrc lcs Cannes & lc lien,
voit
bonArintiranieune --- Page 517 ---
14yG. voit que lesFagors FRANCOISES &c les Cotterets DE LAMERIQUE
liezaParis. Quand le
font tion, commejelediri enfon licu. 243
aproposil faut quitter Comamundcurpoge la coupe, Scfait dire. Voila, à
1g6,
porteraubord du chemin les paquets de
fur la amataicacsntrer culture desCannes.
, entrc lcs Cannes & lc lien,
voit
bonArintiranieune --- Page 517 ---
14yG. voit que lesFagors FRANCOISES &c les Cotterets DE LAMERIQUE
liezaParis. Quand le
font tion, commejelediri enfon licu. 243
aproposil faut quitter Comamundcurpoge la coupe, Scfait dire. Voila, à
1g6,
porteraubord du chemin les paquets de
fur la amataicacsntrer culture desCannes. Cannes les afinqueles Cabrotiets arrivans, prefent parler desi inftruments, Ilfaut dont à
Cabrolietticrs les chargent
iefempoariese écraler,
on
Quolle ment, Au & les portent au Moulin. promte- jus, des lefuc,. levin, Scpourentirerie
guantisi Cannes refte, ilnef faur jamais
de
termes finonimes oulevefou, ufitez en qui font
de Canque cc
couper lieux,
differens
neson confommer dans des cfpace juge pouroir en méme chofe. Nous
doiscouRR
treheures. devingequat Moulins à
les appellons des
Per. Cemcimemetit appellent Ingenios Sucre, &cles Lipagnols les
FECREEEE parce que dans cet
d'Azucar. séchaufient, fe cipace.de tems clles
DES
& deviennent fermentent, s'aigriffent,
MOULINS A SUCRE,
faire du Sucre, par confequent inutiles
EcocE
furtout du Sucre fc fert Ilyatroisfortes pour moudre, deMoulins, dont on Difuresmanquera Sramacnmecin pas de Cannes, ilvaut micux Cannes, afin d'en & pour brifer les RRf Mou:
occuperlciNegresa à
unstournent par le cxprinterlefic. Les lins,
vaux, dont un habile quelquessutrestra- sucresfonceirezp moyen de l'eau, les
manguejamais, quedel Commandeur leur
ne Chevaux, par des Baeufs ou par des
des Cannes pour deux ou fairecouper lemoyendavent. pretextede les
troisjours,fous
RRsfedestne
à d'autres employer durantcetems Jenen ai và que Candenemncamifer deux,
ouvrages. quoigu'on cn
Samedi,
Cannesle tesles Cabelterres, où l'on
Dnacarsacdecwupeierd
FESCSRSE
leMoulin pourcommenceral firetourner les vents
eftaffitré que
lel Lundy àr minuit. asTerededeMerier fuccedent
ne Faitqued du
Quandon immanguablement, 8coblese
dre
Sucrebrut, on peut pren- Arsauireconteiss leil. L'unde
Eclipfes calmesfont du So:
Moulin, coneanueandeponeee fans oublier de les Cannesau bien
ceux que j'ai vus, étoit à
vrir avec des feilles, de
cou- Saint-Chrifophis,
nes
peur
fs,aupresdug
amispancangind
s'échauffent trop. qu'elles dans ce Moulin, Kandgont.J-ntemmaipe & je me
point
ivautmieux Maisquand entwatlenacnebling l'examiner par dehors, contentai de
retarder letravail
tre-Beilementy
pouvantlefaire
ques
dequel- toute àj jour. L'autre parce que la cage étoit
En gul legiter Leterasent des Cannes échauftées. Habitant du quartier du appartenoit à un
temjril STI plusa propos dene
la Martinique.
Moulin, Kandgont.J-ntemmaipe & je me
point
ivautmieux Maisquand entwatlenacnebling l'examiner par dehors, contentai de
retarder letravail
tre-Beilementy
pouvantlefaire
ques
dequel- toute àj jour. L'autre parce que la cage étoit
En gul legiter Leterasent des Cannes échauftées. Habitant du quartier du appartenoit à un
temjril STI plusa propos dene
la Martinique. Fort-Royal de
hjaur leCamtomeater Lundyde grand couper On m'a affiré que
la
renper. matin, P'Ilede
depuis prife de
afinde
ont
sTheEsosanfe
feu fous lavancer, les
&c cependant ouvrage fairedu Bled fait ant-Cinhepnbna faire à la maniere Angloisen
d'eau
Chaudieres à
dePorrugal, fur les desMoulins à Moulins
pour les échauffer, afin demi-pleincs
defleins que le a vent
fes qui fetirera des Gannes, trouveles quelejus cho- FE lonel Codrington General des Iflcs res, crdinaice gui difpolees pour une promte cuiffon; gloifes Les fous le vent. Aneftrerimportant pourfaperfec- ne deux Moulins à vent quejaivas,
li diftroeneprequee 2
lecnendeceuxque
l'on --- Page 518 ---
VOYAGES AUX ISLES
244 NOUVEAUX Scâl'entourd del Pa- veroit quelevent frappant dans Moulin P'entre- 1696;
1696. l'on voit en Europe, Bled, excepté qu'ily deux de deuxailes, rendroit le
ris, pour moudrelet revêtu defer, au lieu immobile, &cqu'ile eft necelhire,pourle les ailes
avoitun' Tambour
autremanie- faire tourner, que le vent frape cet
dela Meule. llyenad'unes commei je nel lesaipoint decôté, onl'a determinéà produire cloifons de
reàlal Barbade: rien dire. effet, en faifant de del petites
que
vûs, je n'en peux fait àl la maniere planches au devant T'ouverture,
Monlins Les Moulins quel'onf
forme chaque entre-deux d'ailes, qui
Avent à de ceux dont on fc fert en Portugal ailes
foient parailleles à la troifiéme aile qui
laPortwle
ont les
TEAEE
moudrel Grain,
Moulins les précede celle, dont on couvrel'ouvertugaije. tales, au lieu queles autres
L'EC re; & comme il y a huit ailes, cloifons & huit
ont verticales ou perpendiculaire. l'ap- ouvertures, cc font auffi huit
de
ficuoul PArbre, comme duquel on voudra la Meule ou qu'il y a à faire, qui del font la circonference cloignées
leTamboureft peller, àl'extrémitéd enchaflé eft poléperpen- troisou quatre lesailes poucesd décrivent entourdiculairement fur un Pivot qui tourne Gi- ducercle,quel nant. Cescloifont fonta taufihautesqueles
furfaPlatine. Ileft retenu dans cette ailes, & leur largeur égale la Elles diftance emtuationpardeux dans demi-Colleudebreaue deux traverfes de bois, qunlyaduneairauned de eautre. entreenchaflez
couliflesdu challis péchent) levent &le determinent fraperip plomb à fuivre le
quifemcuventdanelere &c pourletenirdroits deux ailes, lui prefentent; &à fraper
pourferrerlAabre, quand ily lya quel- biais qu'ellcs
&
& pourl lelaifferlibre, faire.
pardeux dans demi-Colleudebreaue deux traverfes de bois, qunlyaduneairauned de eautre. entreenchaflez
couliflesdu challis péchent) levent &le determinent fraperip plomb à fuivre le
quifemcuventdanelere &c pourletenirdroits deux ailes, lui prefentent; &à fraper
pourferrerlAabre, quand ily lya quel- biais qu'ellcs
&
& pourl lelaifferlibre, faire. Cet Arbre eft secvoleneetale quiluicito & imprimer toppoléc, le même
quesreparationsiy. fortirau-deffuse del la pla- alafaire tourner,
à toutes les
allezlong teforme, pour qui fert de couverture à toute mouvement autres, à méfure fuecefivement qu'en tournant cllesfe
JaMachine. Cetteparticell) longue d'en- prefentent devant la même couverture.Or
vironneuf piedyeleel perceedehuit bas, yaianth huit ceenmientimrens
mortoifes par-haut, & autant par
que de quelque Rhumb qu'il
dans lefquelleso onfait Paffer huit traver- de prendre
excedent PArbre oul l'E.fieu
des huitailcs, & pour
EESEtE
fes, qui à cinq
de chaque côté, & fraper faire quelqu'unc le Moulin. quatre forment CARt huitl bras, fur) lefquels La
d'avréterle mouvement
qui
SERNE
ou clotiedes planches minces de & legeres, dul Moulin, ouaitogoineeints:
compolent! les) huit ailes ceMou- hui: ou quand on n'a plus befoin qu'il tourflet Elies ont, comme on voit, de ne, eftp plus confiderable: car la violen- & d'arrbter Maniere
piedsdehaur fur quatre à delalongueur cinq pieds ce de fon mouvemente etrès-grande, fur- lemoularge. L'Ellieu, ou lerefte
il ne faut pas cfperer cheville de la pouvoir def fer, ou vemerit deces
del'Arbrec CARENEEEn dans fagrofleur, & reduit à monteratccquoique
fc met- Mouliss
eft diminué
dediametre, pour avecunaurearret, brifer qu'on les ailes,
trois ou quatre pouces
en
de
PFS
être emboété plus facilement dans une deforte troit qu'ilfaudroit danger attendre, ou que le
del Rhumb,
Enftertmtre quife croifent, & qui font fou- vento teenlinouqunlehaneas efpece de porte en
traverfes les porteaux arcl boutez. fur la maisona de trouvéune couliffe, delahauteur de la
tenuésp plateforme, par afin de foûtenir l'Arbre &c maniere & un peu plus large qu'il nc
pourictenirdroit. Mais comme il arri- cloifon,
faut, --- Page 519 ---
Houlin a Jont a la
Tom. . Pag. 2gf.
Portugnise
-
D. toudlin. rons
-
B.B.
-
Anembinge de 24 Charpenié
ctrbres ecles ailerons guporte legrand sambour
a - - à-
- D Tae
Chasses les tarabo que ours rogferme --- Page 520 --- --- Page 521 ---
RBICA --- Page 522 ---
Ton.Tnygstg
CHASSIS D'UN
MOULIN A SUCRE.
A.trbre du.loulin.
F. Sole du Chassis.
B. cwdpemrmimahe
G.Zes liens :
e. Petits Tambours.
H.. -Mortoises des embasses.
D. Table du. Moulin.
Z. Sablieres.
E. Toteaudu Chassis.
M.Dents da-Moulin.
H
A
T
-
C
a
:
Page 520 --- --- Page 521 ---
RBICA --- Page 522 ---
Ton.Tnygstg
CHASSIS D'UN
MOULIN A SUCRE.
A.trbre du.loulin.
F. Sole du Chassis.
B. cwdpemrmimahe
G.Zes liens :
e. Petits Tambours.
H.. -Mortoises des embasses.
D. Table du. Moulin.
Z. Sablieres.
E. Toteaudu Chassis.
M.Dents da-Moulin.
H
A
T
-
C
a
: --- Page 523 ---
CB --- Page 524 ---
Icm.I. Pag.258.
de :
NIV
Plan
Geomctral
X :
dun
Houlin rond.
-
VI1 --- Page 525 ---
t696. faut, FRANCOISES DE LAMERIQUE
lag pouffe Ira@resnimentoumemnee devant celleon le vent fouffle, On contre-fiche, ou de
&le vent ne pouvant plus fur les maniere que chaque jambede poteau eft force; de 1696,
ailes, il eft facile d'arréter E refte du par tretoifes deux liens. Ontrelasdeuxp appuyé
mouvement La maniere qu'il de y avoitimprimé. chaque bout de la du fole, ily en a une petitescn- autre à
davantage, feroit celle porte qui me plairoit toiféc dans les Chaffis, qui eft emmorà chaque cloifon avec quifcroit: des attachée &
piedsdeterre. deux environ à deux
gonds des
EER
pentures, qui s'ouvriroit endchors, & ventaf table foltenirlarabled du entre-toifes Moulin. ferqu'onn'auroit quifep plaqueroit contrelac cloilon, parce de deux eft une piéce debois plus longue Cette
empécher le qu'à pouffer la porte; pour quinze pieds que le Chaffis, épaillede
arréter ainfi le pallage du vent, & pour nej peut eadix-huitt étremoindred pouces, dont lal largeur
On voit affez mouvement qu'un Moulin des de ailes. milicu de fes côtez eft devingt
Le
façon doit aller
cette parrd'une
percé
en
eR
d'une dépenfe trés-vite, & qu'il n'eft fur huit pouces mortoife de defixp pouces
E fabrique, ni confiderable, ni pour del la toile eftp percédans hauteur, fon & le
REE
dela conftruétiond pourl'entretien. Lerefte ne ouvertured
milicu d'ublable à ccux ndecesMoulinseltr vais décrire: fem- tc mortoife, quiréponde On enchaffe au milicud decctj'y, renvoye le
ainfi verture une
dans cettc ouMoulins
DEU
gwifan: Les Moulins quel'on
d'environtroisp SRROLOSR-EAIEEIE
messpar le moyen des
faittourner par percée. dans fon rmenndianeurvnret milieu d'une
lesbauf tres-limples, Resbensnciewnelu & bien
ronde de quatre
ouverture
eu Che- ceux dont je viens de plusc communs que
pouces de diametre,
DANX, Ils confiltent dans un parler.
une
dans cettc ouMoulins
DEU
gwifan: Les Moulins quel'on
d'environtroisp SRROLOSR-EAIEEIE
messpar le moyen des
faittourner par percée. dans fon rmenndianeurvnret milieu d'une
lesbauf tres-limples, Resbensnciewnelu & bien
ronde de quatre
ouverture
eu Che- ceux dont je viens de plusc communs que
pouces de diametre,
DANX, Ils confiltent dans un parler. Chaffsde
lecentre laquelle grand defer, quieft dans par
Tambour; ce
ELEEE
pieds delongueur furquatrep douze fertaletenite &
collet
geur, compolé dec
piedsdelar- Lel bout du Pivoreftp l'empéche percé des'écarter,
oud dixp pouces en quarré, quatreporeauxe fur dix à dehuit douze turebarlongue de dax fur d'une ouver- à
pieds sdelong, quand on met enterreu une lignes, dans laquelle on quinze fait feize
partie de ces poteaux, & feulement de
entrer la
fept pieds
Amanmneitt
Dequelquc quand on ne lesy
lamoitié présdcla d'un ceufd'Oye, Eec fait comme à
des Potcaux maniered font que cefoit, LEENLET qui eft accréc, méme fiçon, dont la pointe peu plarines Ocufs e
fole de la même emmortoilez dans une fer aceré,
pole fur une platine de lin. de MonsLes foles deslongs grofeur côrez font. des unies poteaux. de trois, fur longuedef le milicu fx
Sclarge
femblep pardese
en- pratiqué
laquelle on a
Fima
met enterretourc sentre-toifes: ceta
& quand on pour déterminer deux outroisp la petitse senfoncemens
del bien fouler la terre, allemblage, afin ona foin arréter, fans varierd pointe de l'aufas'y
aiclap plus grandefermeté que le tout roulants la longue decôté, mortoife nid'autre en
donner. qu'onpuifieiui
del
qui perce
les foles & oemaebruldumiss les entretoifes
terre, tourelalargeur cette platine def fer, latable, à la; fert à paffer
Potcaux d'environ trois debordent pieds, afin de les
dep place, quand la poler, alachanrecevoir le tenond'uni lien, dontl'autre E2 un adesentoncement pointe de l'oeufa
extrémité eft emmoitoiféc dans le
changerloeufapres qu'o Elleferemened
tcau, àd quii ilfert dc contre-boutant, Foc pincesle grand Tambour, onalevéavec des
licu à la queué de fortir de la pour donner
Ii 3
mortoile,
ou --- Page 526 ---
VOYAGES AUX ISLES
246 NOUVEAUX delatable tc, unel Embaffes mais comme le mou- thyG. 16j6. oùr elleeft cngagéc. cchancrircs,lune&c Ledeffus
vement violent du grand. tambour la caufe ou du
cftouvertp par deux
Rouleau, ou Rolle, qui cft
la
Tables l'autre également cloignées tambour del'ouvertu- dumi- mouvement des deux autres, pourroit &
deMou- lin ordi- rC, où palle lepivot du
Tambour.
, unel Embaffes mais comme le mou- thyG. 16j6. oùr elleeft cngagéc. cchancrircs,lune&c Ledeffus
vement violent du grand. tambour la caufe ou du
cftouvertp par deux
Rouleau, ou Rolle, qui cft
la
Tables l'autre également cloignées tambour del'ouvertu- dumi- mouvement des deux autres, pourroit &
deMou- lin ordi- rC, où palle lepivot du
Tambour. faire mouvoir, Scaller 8c venir decôté
naires. licu, qu'on appelle le. grand le demi- d'autre, &c que quand on a befoin d'éCetéloigneniene fe mefure par &c le loigner ou Miraheoneinmeus
diametre du grand Tambour, RECET la de celuidu milieu, cela feroitimpolibles
demiediamétredee eceluiquiettac eft la fil'Emballe: remplifloit exaétementtoute de l'échanvaleur de ces deux demi-diamétres milieu del latable la laigeur de la mortoife ou au
diftance quidoitétredns de chacune des deux crûre de la table. On a remedié en failant pre- un
au commencement Mais commeilfaut donner mier dc cCs inconveniens, bout
qui de=
échancrûres. troua à chaque dans del'Embalfe on fait paffer
un peud dej jeuaux pivondertambouraqu on les commence bordel la table, lequel la table,
font à côté du grand, près qu'elles néde- une: cheville de fer accolle de fe remuer;
à quatre
plus
leur &c empéche
FLSRE
wroient étre Eedue grand tambour: on
&au qui fccond, en nc faifant pas 'Emballe
donne la même hauteurqu'à la mortoife auflilargeq equeléchanentreoul la mortoidur milicu, leur Aumasetorimmuenes mais lap partie fe,ou elleet pofée, & onacheveder avec des remdedix-huita a vingepouces;
plir le vuide qu'elle laifle élenombre, coins,
Rcirarrn dix, & le refte dont tonaugmentes ou l'on diminuél a de preffer, ou
table, n'enac queneufa de mortoife, qui felon le beloin que
ou
cft coupé en maniere méme dela table, d'élargir, c'eft-a-dire, d'approcher,
ett Lconveneparlchon
d'environ d'éloigner les petintanbetindteclide
à qui on laiffe une épailleur
milieu. c'eft-à-dire, la pardeux pouces. Coreraitanentatu bois) slarge dehuiti à dix Lebasdel latabley fur les
teniri une piécedet & d'autant d'épailleur que la tic qui de porte chaque côté entrc-toil@e,eitigar- de deux allettes ou
pouces, mortoifea dehauteur, maisdefagonày nic planches d'un
d'épaiffeur, quiy Alletpouvoir entrer, &c' en fortir facilement. table de fontl bien jointes Araribe bien calfatrées, &cqui tes dela
Elle deborde la largeur de la côté;
leur largeur remplilfent exaétement & les table o
quatre ou cinq
de chaque & de fon Etinur eft entre la table
po-lear
dans le milieu PEEL fa longueur. dans teaux du E Ces allettes font incli-a/age
épaiffeur on taille unc: mortoife, de fonte nées vers la table,. & panchent.en méme
laquelle on enchalie une: piéce furfix pouces tems vers le bout qui
être la Sucrerie, conduit:
dc trois
d'épaifieur
le des Cannes
TeL
delarge EaC douze de longueur, dontles où Le bout jus de la table,qui débordcla lonextrémitez. font coupées endemi-cerele: fert
Chaflis, fait comme une clpece des
le bout qui.
ur on taille unc: mortoife, de fonte nées vers la table,. & panchent.en méme
laquelle on enchalie une: piéce furfix pouces tems vers le bout qui
être la Sucrerie, conduit:
dc trois
d'épaifieur
le des Cannes
TeL
delarge EaC douze de longueur, dontles où Le bout jus de la table,qui débordcla lonextrémitez. font coupées endemi-cerele: fert
Chaflis, fait comme une clpece des
le bout qui. eft dans la: mortoife,
Gargouille avec les exuémitez le
elt ufé, en: la changeant
ou
Eua
quand Vautre:
fert a deux.allettes qui joignent,
bout
bout : ce demi-cercle
dans
CEMEEIAE
pour le bout du pivot de chaque jus
dont le deflus ett de niveau
ECE
embralfer tambour, au-delfus de T'euf, qui de avecleSol planches, du Moulin,S furlequel marErnbaf tournefurunep petit
platine deferacerécommne chent les Bceufs ou les Chevaux qui le
fedela legrandtambour. On appelic cettepiéce defon- font toutecr.Ondoitavoirt foinquecette Gouttable. debois,garic de ce demi-collet --- Page 527 ---
16y6, Gouttiere foit TRANCOISES bien clofe, afin
DE L'A MERIQUE i
entre aucuneordure. On feferrdesmeil- qu'il n'y decendronidememuer,
leurs boisp pourfairelest tables,.commele
Aprescelaonle 16y6,
Balatas,
ETeECEEAas plomb
Lezard. PiemsulAopincornas ferres del boisautantg
TamEGE
Ledelfusdel la tableeft
ony metàforce, tquilyeny peutentrer,
bours tambours,
chargé detrois des
comme à l'autre
de Mowpofez en droite felon fa derresdefer,
bout,
lin, longueur; ilst font de RHETE fondu de
obl@ervantfeulement de
feur de deux
l'épaif Lmre breuvoirs,
abhauteur n'eft pouces ou environ; leur
par.lefquelles on acheve. de
pouces, & n'excede jamais moindre de feize prormcont
pouces. Leurdiamerrep point vinge-deux PRESOOS
puis quinzejufqu'à dix-huitp pardedanseftd de- ErtrmasEoE
wuide. cn.empidunRoniae pouces.Leur EAREE
Balatas, d'lcomas, ou d'autre deboisde bon bois Cannes ncp penétrent
S
dur, plein, liant, &qui ne foit
parcequ'elles le point dans le bois,
àlc gater, après qu'il clt tourné pas fujet ment. pourtiroient infaillible-
& reduit à une grolleur qui laide Scpoli, Les Tambours étant
lui & le tambour un
cnure tour de leurs
ainfi affirez au piuets
de tout au tour demi-doige devui- mortoile, Rouleaux, on fait une defer
plomb, &c on garnit 3 on le l'y vuide pole bien à patits. Roulcaux, quarrée danslecentredes en
deux enavec
frze
terres de fer d'cipace en
des longueur,
qui perce toute la trer
Jc. umbourtennebienand eipacesafin.que Rouleausfans Quande on pourypliceries parle dep pivots defer. dans Tam- les
pouvoir côté ni en fortir, & fans. pancher de Tambours, on RensiEe fimplement Kouleaux ceux ou bours. Ceque On appelle d'autre. quifontacotéde celui qui eit au milicu,
cofgue ou de bois, Serres, des Lames de fer qu'onappelle dle grand Tambour ou le
deiferlongues d'environ un
grandRolle.
ipacesafin.que Rouleausfans Quande on pourypliceries parle dep pivots defer. dans Tam- les
pouvoir côté ni en fortir, & fans. pancher de Tambours, on RensiEe fimplement Kouleaux ceux ou bours. Ceque On appelle d'autre. quifontacotéde celui qui eit au milicu,
cofgue ou de bois, Serres, des Lames de fer qu'onappelle dle grand Tambour ou le
deiferlongues d'environ un
grandRolle. On
Sgl rence il
res, leur largesd'un pouccéc demi,
pied, de que.les
lesappelles petits, parce yaen. ufage. quatre à cing lignes à un bout, &répailies &c
faits aux preniersMouliang Iles, avoient le" quiavoient été ire les
minces à Pautre, Aprés le fort milicu. Tambour du Tamcfta ainfi arrêté d'un côté que tambour autres. besucoup On plus
les deux bours,
autour de fon raifons pour prétendoit cela, & ERAPS de bonnes
FEStEEEEES forte gue la partie qui doit être
grofleur donnant on difoit que fa
del la table, foiten haut
ducôté toisp
moyen placer une
berté de travailleràfon Pour avoir. la li- deux plusdedents petits failoient qu'aux deux autres,les
aife,&ainfi on qu'ilnien faifoit
tours pendant
FHAsanres quicft entrel
acceleration de qulun, ce qui étoitune
& le dedans Tacenermeaitunes du tambour,
derables mais comme mouvement on très-confilniterestenieriReitene oblervant de puisquecette
arcconnu dece hors du tambour; aprés d'unbonpon- commodité groffeur caufoit plus d'inentrerdes (erresdebois, autant quoion fait
au'elenapromore de profit,
Peutr mettre,&
qu'on nen DAUpsEhe-NnetAl égaux,
menerempline fe,desf
onyp senicwadbeamterade poulle à coups de maf- 2enssmuealine xes deux côtez. onttotjours cependant
fertes de fers de manicre qu'il cft nom de petits Tambours. confervéle
impofible au tambour de monter ou de leaux On détermine la la longueur des Rou
par hauteur du Chafis, c'eft-àdire, --- Page 528 ---
VOYAGES AUX ISLES
248 NOUVEAUX de lon- autour du Rouleau, on fe contente de 1006
1Gg6. dire, que le Rouleau a autant le ni- creufer une mortoife dans fon centre,
gueurd qu'ily a de diftance,depuis
dans laquelle on enchaffe fortement un
seaududefluedel la table,juifquaunisemn quijoignent pivot de fer, de quinze à dix-huit) pouces
du deffous des entre-toiles, Cette diltance del longueur, dont la partie rondedu bas
les poteaux par le de haut. trois pieds ou en- eft percée dans fon milicu recevoir d'une la ouvereft ordinairement dela mortoife qui eft ture barlonguc, pour
queué
viron. dans lel Rouleau, La largeur eft de quatre pouces en de Lerefte T'oeuf. del la longueur de TArbredequarrés elle égale celle du fes pivot deux quidoit extrê- puis le deflus du Challis jufqu'à l'enla remplir : ileft de fer, rondeur eft rayûre, eft taillé àl huit pans, tant pour
mitez font rondes, & cette dismetreacha- décharger un peu de bois, que pour
d'environ trois pouces de
dans faire plus facilement les mortoifes, dode
que bout.
erefte T'oeuf. del la longueur de TArbredequarrés elle égale celle du fes pivot deux quidoit extrê- puis le deflus du Challis jufqu'à l'enla remplir : ileft de fer, rondeur eft rayûre, eft taillé àl huit pans, tant pour
mitez font rondes, & cette dismetreacha- décharger un peu de bois, que pour
d'environ trois pouces de
dans faire plus facilement les mortoifes, dode
que bout. Celui d'en-bas l'ai cit dit percé ci-defus, nous allons parler. Son extrémité eft
fon centre, comme je
recevoir coupée8 -EISPanmgmoabs
d'unemortoifel barlongue,pour Cclui d'en-haut eft réduiteàquatre) pouces de diametre,pour
la queué de T'aeuf. feroit qu'il former comme un pivot, qui s'emboëte
plein. Le meilleur femblable cependant à celle d'cn- dans une des piéces de Penrayûre, elt
ou &
eût une mortoife s'en fervir, quand dans unc piécc dcl bois quiy jointe
bas, afin de pouvoir ufécà force de fervir, ,com- attachéc avec des cheville de fer, à
l'autre feroit
une Demoifelle; ce qui
Demej21
me cela arrive allez fouvent. On aflàre tenirl'Arbredroit, appelle
fans qu'il puiffe aller Iallejon u/age. le pivot dans le Rouleau avcc des enfonce ferres ni venir, ni pancher de côté ou d'autre
defer deffus & deffous, dans & on l'épaiffeur en du en tournant. même quelques-unes tenirl le pivot A un pied au-deffous de squatreficesop- ce pivot, on
Ronkes.bankbenrmnid Roulcau. Mais ritguaitmenaiteacneg del'Arbre; onles creufe en abouRlunfbondecmnatcnasl comme le bois pourroit éclater le polées
recevoir les queués coupées
bout, on le garnit d'un cercle de ker de tiffantspourr quatre
de bois detrois
deux pouces delarge, & de neufà dixli- entenondeq MEat longucs argncad'épaillaur, quel'on faitentrer dans poucerdedrimetcs riverjufqu'à deux pieds prés CEPED terre,
EAeareneaetra failant un
de so.ags. degrezavec
ilfertalentrerenir, & à empécherquil l'Arbre. da au bout de ces piéces de
ne fendepar l'effort des ferres quelony bois, qu'on: appellelesbras, qu'on attafait entrer pour affermir le pivot. chelavolée, ou l'on attele lcs chevaux,
Là longueur du Rouleau qui beaucoup remplit qui font tourner l'Arbre. Mais comme Bras2t Menlin,
le grand Tambour, furpaffe clic
cef fimpletenon n'auroit pa affez font defor- les leur
celle des deux autres; du arrivejulqu'a Moulin, qui ce,pour refifter aux efforts
at- afage. Penrayûre du comble
Chevaux cn tirant le bras où ETere font
eft ordinairement douze ou quinze pieds tachcz, on fait deux mortoifes dans l'auau defTus sdu Chaffis. C'eft Moulinou cetterai- tre,environ un pied au deffusd sdu Chaflis,
ese
on deux traverfesde
"Arbre fonquonatpeletaies Rolle. Mais comme il feroit dans lefquelles paffe en quarré, dont la
deMow- linos impoflible du grand & inutile de mettre dans fon trois à quatre arrive pouces jufgu'aux bras : on les
grand milieu unpivot de fer dctoute ccttelon- longueur
des tringlesavec des
Rolle.
Moulinou cetterai- tre,environ un pied au deffusd sdu Chaflis,
ese
on deux traverfesde
"Arbre fonquonatpeletaies Rolle. Mais comme il feroit dans lefquelles paffe en quarré, dont la
deMow- linos impoflible du grand & inutile de mettre dans fon trois à quatre arrive pouces jufgu'aux bras : on les
grand milieu unpivot de fer dctoute ccttelon- longueur
des tringlesavec des
Rolle. après que leTambour eft affuré joints enfemble par
chegueur; --- Page 529 ---
5696. FRANCOISES DE
fans chevillesdefer, qu'ils
ce quiaffermit lesbras, lesfurlac LAMERIQUE
emportezparlen courent mouvemento aucun rifque d'étre fait qu'elles eirconference ne fe touchent du Rouleaut, cela 16
Maiscommeil ilneferviroit de desChevaux. rien defai- dans lemilieud
guéres que
ret tourner
pour imprimer deleurfaillic; tour le cequifailit
ficeux des EAMAEKRTSOC côtez
cellaireau Moulin. Onfe: mouvement fert del neon les garnit tous demeiroieatinmobites trois de dents qui s'en- de Courbary, del Bois-rouge, on Balatas, de
lespetits grenant lesunes danslesautres, font
que d'Inde, pour-fairelesdene, & on a Bois foin
Dents
Tamboumfemenvenrd
lesdivilfionso
de Mou- grand eft eni mouvement. égales dans lest dementoicubieatbien
PASTISE
Cesdentss'entrois Rouleaux;
lin leur ansarerkoxescored dansdest
desRoulcaux trouvoit quelque chofe de &s'il fe
necelfité,
moins dans
plus ou
leur
fur deux mortoif@esdetroisp Pouces
pouces de haut ou repartit quelqu'lun d'eux, on deRaioar
s
nombre mencement sdelarge, dont lc comcxactement
tiga:
Jeur maexcèsfurt
cedéfaut, ou cct gai
reled
toutes les autres
doit étre
tieres o cesau-deffusd tetenibaine &cvaides,
partiesp pleines entre les
leur marquer où alnkemAnmett dents le plus alinquilyait entre toutes les dents, o
nfage. on partagetoute andmadaententere la circonference'
parce que s'ily d'egalitequile a un
eft poflible, leurs
tieségales, ded deux endeux enj par- d'une dent à
plus grand elpace eides,
qu'ily ait autant de
que pouces, de afin frapée plus violemment T'autre,la plus eloignée fera
ceft-a-dire, autant Lan dents vuide, ésetodjoursp prefque quef fi elleavoir
cesy vuidesentr'elles. Lal hmtncdire & d'efpa- lalar- la poulfe. Or l'effort EMnhcimcicaitet que celle-ci fait
geurdesmortoifest dents, dont la fituation font lesdimenfionsdes comeeikquiciplund manquer
éloignéc, ne
doit
dans la mortoife vient d'étreplus grand,
peut
étretelle, quel lal ligne
dep plus loin, &
parce qu'il
gc en deux, tombep
guiles parta comprimer rdavantage par conlequent de
furle centredu Rouleau.
la poulfe. Or l'effort EMnhcimcicaitet que celle-ci fait
geurdesmortoifest dents, dont la fituation font lesdimenfionsdes comeeikquiciplund manquer
éloignéc, ne
doit
dans la mortoife vient d'étreplus grand,
peut
étretelle, quel lal ligne
dep plus loin, &
parce qu'il
gc en deux, tombep
guiles parta comprimer rdavantage par conlequent de
furle centredu Rouleau. perpendiculairement me elle reçoit
fespartiensee comdes mortoifes doit étre de Laprofondeur cing
augmentation fuccilivement la méme
Sclalongucur der
entiere del la dent
dents quila touchent, uyianismmcicssenme
manicre qu'elles
E
leau de quatrep fortent hors dul Rou- enfinala elle violence, fon ileutquellexde boiséclate, &c
quelesiengrement pouces. Ce qui fuffit afin a encoreplus ferompt en piéces. Callequilfit,
dans] les autres, fuffifammentl lesunes quelesautres afouffrir, dents font parcequel'effort
lacirconferenced fanscependant des
toucherà
contre elle, eft
les deux Tambours Rouleaux. aiant chacun parce Calt augmentéeparla vc, de forteq qu'ellee diftanceoh ceft bien ellefetrou. lalon- pué;
plôtôt romFNEESRC gueur quel l'on donne aux dents hors le mouvement 8clionn'amétoit du
pasp promtemene
Rouleaus afin de faciliter leur
du chagrin de voir fauter Moulin, on auroit lc
ment 8cleur
mouve- les uncs
toutes les
vives arrêtes, rencontre, & on les arrondir" on coupe leurs arrive quand aprèslesautres. Lamémechole dents,
felon leurhauteur,
un peu n'eftpasa quelqu'un des Rouleaux
fait comme un delomequcleurbour &
dents fe plomb, de parce quep pourlorsles
leur fituation demi-cercle; comme plus étret frapent toures biais, &T ne Pouvant
doRoulcau faitg perpendiculaire quc l'ouverrure au centre la plus foible cede d'égaleforce, & fe ilfaut que
Iailententr'ellesl leurs
qu'elles cntraine
rompe; cc qui
bien plusgrande que celle extrémitez, quicitentr'ei- eft lesautres. necefirementl Ilfaut dans ces tlapetedetoutes
ter
occalionsarres
Kk PromtementkcMoulin: Gcla eftaifé
aux --- Page 530 ---
VOYAGES A UX ISLES
2go NOUVEAUX des paudine enchaffée danst une Embaffe,que 1696. 869G. aux Moulins qui font tournez par
Pon fait paffer dans une grande mortoife
Baufs, ou par des Chevaux: : à maisiln'en où le taillée dans la fablierc, joint le haut
eft pas de mêmed des Moulins Roie cau, ne ceffe des poteaux dans leur L pan. Onfait
mouvement de la grande détourné l'eauquil la cetter Ememoai@besucoauppial longuequ'il
d'abord qu'ona
de n'eft neceflaire, pourlepallged cspourle
Eate mouvoir, dont la continuation cftca- mouvement de PEmballe, afin de
mouvement,
dure, tout un voir abaiffer le Tambour, quand at on
pable de rompre FRL d'édenter
juge neceflaire, en reculant feulement
Moulin.
fait
mouvement de la grande détourné l'eauquil la cetter Ememoai@besucoauppial longuequ'il
d'abord qu'ona
de n'eft neceflaire, pourlepallged cspourle
Eate mouvoir, dont la continuation cftca- mouvement de PEmballe, afin de
mouvement,
dure, tout un voir abaiffer le Tambour, quand at on
pable de rompre FRL d'édenter
juge neceflaire, en reculant feulement
Moulin. de TEmbafle, fans lôter tout-a-fait de fa
Cen'eft pas un petit embarras que elles place. Lchautdu Chaffisn'a point d'enremettre ces dents, fur Rouleau. tout quand J'ai été tre-toifesparl lesbouts; outrc qu'elles entre- fcfont rompuésau rasdul de les faire hacher à roient inutiles, puifque la les deux lc lient
quelquefois obligé & de les retirer par toifes qui foltiennent table,
coups de cizeau, fois
retire eny Sdlcamimatrr quand
Maniere efquilles. D'autres onles
ilfaut abaiflerl le grand Rolle pour repadrreme-enfonçantt ung Aametrendeaee rer quelque chole au Tambour, parce
treles duquel on palleune cordep pouriu/pendre qu'on cit obligéd Cdclecouchefulaane
denis. leTambourentar, & pour fairel lâcher
otélespetits: ce quiferoit
la dent par la pelanteur du Tambour: remede sprésenavoir filesboutsdu Chaflise étoient
mais on nc peut fe fervir de ce au impollible, fermez des fablieres ou entre-toifes. qu'aux petits" Tambours, & non embarras pas Mais CANdEsE rien negliger de tout ce
grand, à caufe du trop grand One eft donc re- quipeutc contribueràl alaloliditédul Mouqu'ilya àlc defcendre. morccaux avec) le ci- lin, ontailie detelle fortelesentre-toifes du haut des
duit iles tirer par
de Renard, qui portent les crapaudines
feau, ou à faire une efpece
petits Tambours, qu'on laiffe à une de
comme les Charpentiers le pratiquent jeurs extrémitez unc épaiffeur de deux
pour retirer les Chevilles qui font trop pouces de leur méme bois, & onarrête
enfoncées. Aureltee'eftuner précautioni indifpen- Kanepaniemoenaunte traverie, & qui l'accolle chevilledefers de tellc
fabledans une habitation d'avoir toûjours quila forte,
d'une centre-toife. de dentsprétes à mettreen
qvelehatreRstd du vuide de la morune trentaine
On remplit des lerefe coins, dont on augmente
place,afin Hoinmoneaoseait commence à le toife avec
perçoit que quelquane
ou diminuë le nombre a proportion que
gâter. fois le jour l'on veut tenir lel Rolle ierré ol lichés
Precau- On afoin trois ou quatre
tant pourviquil foit bien à plomb: car fans
sionpour snesotndmnmnianeg graille, l'une cela on s'expoferoità voir fauter toutes
empide
sca faire gâter les ceufs&cles
cher gue
lese
lesdents,
Ntirerotnemal
les dents contrel'autre, quep pour sempécher platines, fur lelqueles ils roulent.
l Rolle ierré ol lichés
Precau- On afoin trois ou quatre
tant pourviquil foit bien à plomb: car fans
sionpour snesotndmnmnianeg graille, l'une cela on s'expoferoità voir fauter toutes
empide
sca faire gâter les ceufs&cles
cher gue
lese
lesdents,
Ntirerotnemal
les dents contrel'autre, quep pour sempécher platines, fur lelqueles ils roulent. Tablei
nes'é- s'échauffer par excés. maniere Ad chaquebourda Chaflis &cau-dedans wolanterg
ehauf- Jaidit ci-devant de quelle
dcs poteaux on cloiie deux tringlcs de auétablis
fene. HSoreresae descollets soucra- bois de deux pouces d'épaiffeur dont fur un trois des quiatdu grandparle: de fonte, moyen qui font enchaflées à quatre pouces table, de large, Sci'autre eit plus geem comp- la
paudines
Tehauteheméedela bolnspor-forlats
Ic niveau dela talieds
dansl les Embafles.)
coucra élevé de deux pouces que
méme Moxljr,
même maniére parunautrecolleto --- Page 531 ---
z4p6 même table. FRANCOISES Elles fervent
DE LAMER RIQUE,
rables ou érablis, qui couvrent a porter toute des la tombent empéche que celles qui fc rompent, 2I ne 1's6. fuperficie de celle dul Moulin,ye compris
deflous. mème l'épailleur des poteaux & davan- droite, Loriquele on Moulintourne deg gauchcà Manicre
tage. côtezdes' Cestables ou établis font des deux mierTambour met les Cannes entre le pre- deforuir, Ou de
Tambours, elles fejoignentéc
8cle fecond,
s'attachent enfemble avec des crochets cntreceluiqui eft à la droite c'cfl-a-dire, du
donner à
platsdefer. Cequis'ent trouveau-devant qui eft totjours lc fecond, de grand, aMon- manger
des Tambours, eft échancré felon leur côté que Pon commence à compter. quelque lin,
circonferenced ou leur tour; & lap
celui
que ferment les deux
apointe
du
atrec
échancrures,
milieu, eft le
dumoutre enuclaTambourautia iavant
vementdesdeux: autres, principe fon mouvement
lep étre peutfaire.Lalrgeure de ces établis ERe doit allant degauche à droité, fes dents
telle, que les Negres ou Negreffès s'engrencntdanse à fa
le celle dul
quiferventle Moulin,
droite, fonc
RCLAEE
prefentencies Cannes entreles c'eft-a-dirc, qui gauche; & par uncfuite tourner néceffairef de droite font à
ou qui repaflent les mémes Cannes Rouleaux, déja tournerceluic cheàd
quieltàfag gauche, de gauleau, preifées tAncmnttecad ficiesvoifines droite; defortequel leso deux xluperpuiffentp Sotrbemnssreisimas ne tre à attirer puifiammenr, soceuremtfegenecia & fansefpedroit, StTietnmsagune oules" Tambours fe
à rance deleur flirelicherprie cec
caufe desaccidensf funeftes, touchent, &cdu danger ont une fois mordu,jufqu'à ce qu'eiles
Scd'étre prefque fansremede, écrafez comme qu'il ya de paller, tout-a-flitpaffe l'on fait en prefentant entr'elles.
isimas ne tre à attirer puifiammenr, soceuremtfegenecia & fansefpedroit, StTietnmsagune oules" Tambours fe
à rance deleur flirelicherprie cec
caufe desaccidensf funeftes, touchent, &cdu danger ont une fois mordu,jufqu'à ce qu'eiles
Scd'étre prefque fansremede, écrafez comme qu'il ya de paller, tout-a-flitpaffe l'on fait en prefentant entr'elles. des 5S que
les' Tambours. Cesaccidens lesCanncs entre
Cannes entre
quens, &p plus à craindre aux font Moulinsà plus fre- lerthamboeratipole au Moulin.Iin'citp donner ài
Eau, qu'aux
à
fer
les pasnécellaire
SEREE
qu'oneft plus: Moulinsà maître d'arrêter Chevaux, parce leaux besucoup pour iesy faire Cannes entre les Roumento decerdemniens,
ler mouve- foient polis comme unes paffer. Quoiqu'ils & fi
lal Rouën nelaiffer pas PARR falreencore' autres, dont fezl'un contrel l'autre, glacce, pref
ques tours après qu'on: a détourné quel- l'eau repaller le
un Ecu fansl Tapplatir, qu'onnypeutfi. dès
quila faifoit agir, parce que le mouve- bout de la Canne eft au de
ment violent,
jonction, les deux Rouleaux point aur
tinuë encore, dotliceoiragiéee après que fon con- lartirent
leferrent, &c
ceffé d'agir. principe a qu'ils enfont aereiMet* fortir
&
On met fur
unevitefer
toutlefuc, avec
bois d'envirenunpiede chaque & établi un bloc de du grand Rolle. proportionnéeaur Les Cannes mouvement aiant été
d'onelan des côteze eft coupé cdemienquarre, en pointe, ainfi preflées en paflant entre les deux
&réchancréder maniere qu'il penétreen- premicrs) Rolles, fontappellées
treles deux' Tambours autantqu'il
ellesfont reçues del Pautre côté Bagaces; une Cegis cef que
s'approcherdup point
Negrefle, quiles; plice en deux
ieibaga
pointe quie
ces. RREESII
ERRES
plush ientre dans les' Tambours, cft longueor, lep premier 8cles preientefurlebloce entre
les shaitequeles refte dul bloc. On Pole
8cletroilsmeRtolle, où clles
ou Cannerdelius, à les conduire 3 entre &cil les' fert alerdinger, Dearamtat du fuc qui pourroit encore
Tambours, & Le jus, ou fuc, ou vin, y être. comme On
Kkz
Pap- --- Page 532 ---
VOYAGES A UX ISLES
252 NOUVEAUX tombele jours garnis de bagaces, comme lesau- 1696;
26y6. lappelle en quelques endroits, échancréresde tresi font fournis deCannes: par perpendicu- ce1 moyen
latable, long dertamboustariesd & de-là fur les deux allettes qui FgnmiRaisoemomcare lairc; il prelle également, &cfait que les
fontacôté, dontla pentele conduitdans Canesrelentfinaj jus,8c quel lesbagaces
lag goutticre, qui le
la Sucrerie. lefervi- fortent prefque toutes feches.
Combien Onmet quatre
pourl
Sclacinquieme,
fournis deCannes: par perpendicu- ce1 moyen
latable, long dertamboustariesd & de-là fur les deux allettes qui FgnmiRaisoemomcare lairc; il prelle également, &cfait que les
fontacôté, dontla pentele conduitdans Canesrelentfinaj jus,8c quel lesbagaces
lag goutticre, qui le
la Sucrerie. lefervi- fortent prefque toutes feches.
Combien Onmet quatre
pourl
Sclacinquieme, d'un Moulin, & quelquefois cinq, LaquannemeNegretled les bagaces à
ilfaut ce
c'eft un Moulin à Eau, ohilyenacings prennent
&
de gens fur tout quand
de Cannes 3 ou metBirequellesiomente des Tambours, font des
posr. qui
beaucoup
ellesent
fervir
où l'ont ferreles) Bagaces, fErepandenthuslenbis dans de grandes
s Mou- quand
font
LSIRCLED
lin, o après qu'elles ont paflé au Moulin,
comme des] Hangarts, où on les
ler em- un éloignées.
les conferver, & pour
DECEALILES
Moi.
Be de ces Negreffes eft occupée dulieu où à metenpile, s'enf fervir à Eaed du feu fous les premicprendrel les paquets sde Cannes quidoit res Chaudieres, quand elles font & reduites feches.
jes Cabroiiets les ont déchargez,
Celles qui fe trouventbrifées
étreroûjours le mochequillepeut &arran- entrop petits morceaux pour étreliéesen de
du Moulin, & à autres approcherd àl la gauche de paquet, font emportées dans un grands à
gerl les uns fur les à
au Moulin. panniersdle) liannes, & jettées reftes des)
celle donne manger
avec les
f
Celle qui ciles prend les uns apréslesautres, côtédu) où les Chevaux, Moulin les Boeufs, & les Coles pofe fur T'établi, les delie,, eft ou un pour chons ne manquent pasdeless venir manavoir plàtôt faity d'un quand on de ferpeles peu ger.
ne font Ufage
preffé, elle couped EG Cannes dans Onvoitainfi, queles bagaces même quand
deuxamarres, &.poulfe) Souvenrdans pas inutiles: quelquefois onne! fait Er des
Ventre-deux des' Tambours fe donne pasla oncitpreffé edechaulige,
bagats.
à eau elle ne
du
SRer
lesMoulins
elle les met lesétendre au Soleil enfortant fuffifent, &
peine de délier c'eft les paquets, pourtant ce qu'onne lin, trois ou quatre heures pas tant, pour
tous entiers;
Butenmencinentunt àl brâler. Ilya des endoit pas permettre, de ESS RERZ faire lesrendre comme propre aux baffes-terres de la
grandc quantité efforts au Moulin, obligeles droits,. &de la Guadeloupe, prefTanboumderohsigney trop grands
& preliemoins Martinique, dans toute Tlle de Saint Chriftoles Cannes. Il faut que lcs Tambours que phle, delal Barbade, de Niéres & autres,
foient toûjours remplis, &c foient ne pasatten- enticre- oul'onnefefertp point d'autrechofe pour
dre que celles qui y font fubftituer de nou- chaufferles deux dernieres Chaudiéres, les
ment paffées poury y en elles nefont pastou- les premieres l'étant de feulementavec Cannes; mais aux
velles; mais comme dès que les plus
ou feuilles & en d'autres entcs d'egale longueur, ilfaut
desliles,
neuves &
Ean
courtes font palites,
remplirleur droits, ou les terres font plus dures &
place par d'autres.
plus fortes, les Cannes fontplusé on ne
& ordinairement
eôté Drereeetre des Tambours les Cannes qui ont plus aqueufes, pas debois dans ces endroits-la,
palé; clle les ploic en deux, & le &clesfait troifiéme manque onr n'y employe guéres les pailles, fous les deux onfc
tepalitrentre oblervant le premier qu'ils foient toû- fertfeulement desl bagaces
preTambour,
plus dures &
place par d'autres.
plus fortes, les Cannes fontplusé on ne
& ordinairement
eôté Drereeetre des Tambours les Cannes qui ont plus aqueufes, pas debois dans ces endroits-la,
palé; clle les ploic en deux, & le &clesfait troifiéme manque onr n'y employe guéres les pailles, fous les deux onfc
tepalitrentre oblervant le premier qu'ils foient toû- fertfeulement desl bagaces
preTambour, --- Page 533 ---
FRANCOISES DE
$6g6. PremiaeChaudierer-One chauffelatroi- LAMERIQUE
les fiéme branchages avec du menu bois, comme font Tore feroit leserunderRellen,g quand lel Mou- 253
les deux
que l'onmerenf fagors,8c les
tout-à-fait arréte, , la mit entre 16g9
faureunfcupluss dernieres violent en BOCe bois, afin de pourd dents,arréta donnerlel loifir le Moulin de affez de tems
comme il eft neceffaire pluse continuel, de la main qui étoit couper la moitié
cuifon du Sucre. pour acheverl la lerefte du corps. prife, ce qui fauva
mordreles La facilité Cannes, que les Tambours ont de tes, Une ne Negrelie fut fi
aux Jefuiches duj point de désqu'elles sfonspro- donner pas
elle voulut
TEateC
attirer entre eux, leur jonction, &cdeles del'autré quelque chofe à celle étoit
important d'empécher fait voir combienileft fa manche côtédes fc prit Tambours,
que
TARLSE
qui donaent à
les Negreffes entraina
entre les dents, & y
qui repaffent les manger au Moulin, ou corpsdans lebras,quif un
fut fuivi du reftc du
dinairement les femmes bagaces : (car cefontor- donner auçun inftant, fecours. fans qu'on pir lui
ce travail,) ne Puiffent qu'on employeà tête qui ne paffe
I'ny a que la
Acci- bout des
toucher avec le
pas, elle fc fepare du
dens fa- bours le touchent; doiges allendroit ou les Tam- mencé
mefer
d'entrer. EfipoNmtnne
guiar- ver, Glalargeurdes ESCE pourroit ne lcs en arri- em- Ce qui arriva à la
Acrax rivent Dechob.phicputemet la nuit,
Tannéci6og.elle Guadeloupe dans Acciquifer- fommeil, accablécs du travail de la journée quand & du Negreffe du Sicur encoreplusfunetie. Grefier
Une dentar: rivéa
ventles les
elless'endorment cn
quartier des trois
Habitant du lsGua. 0
Mou- Cannes, & fe
pouflant au
& Rivieres, s'étant prife
lins. penchant fur l'établi le Rafineur Moulin, criant de toutes fcs
dolonpe. atsenEIT qu'elles tiennent
les Cannes & tiroit courut à fon fecours; forces,
trouvent prifes & en écrafées leurs mains, cllesfe te femme, fortement les deux bras de ilpric cetpuiffe les fecourifs fur tout avant qu'on vement, parce qui avoient fe été pris fuccefliunMoulina à cau,
quand' c'eft prife, elle y
fentant une main
fi rapide qu'il eft donglemourement eft foulnger.
fcs
dolonpe. atsenEIT qu'elles tiennent
les Cannes & tiroit courut à fon fecours; forces,
trouvent prifes & en écrafées leurs mains, cllesfe te femme, fortement les deux bras de ilpric cetpuiffe les fecourifs fur tout avant qu'on vement, parce qui avoient fe été pris fuccefliunMoulina à cau,
quand' c'eft prife, elle y
fentant une main
fi rapide qu'il eft donglemourement eft foulnger. eder porté Pautre pour fe
blec delarréter allcz-tôrp Ahyigenentimpoti une pincedef UaNegre fer qui vouloit mettre
à celle dont les doigts tpourluverlavie fe
ter le mouvement dansles dents pour arrémede En parcilles occafions le plus trouvent court pris. noit l'eau, fe preffa pendantqu'ond détourd'un eft de couper promtement le bras re- la tropbas,de forte qu'une trop,8cmit dent la pince
coupdef ferpe, & pour cela on doit pince glida entre les' ferompit,sc
toljourstenir ferpe fans bec, fur le bout de la table une repoulitrent qui la tenoit, fi violemment Tambours, contre quila celui
virau befoin. Ileit; hienallicespours plus àp
s'enfer- leftomach, &l'autrel qu'un des lui bouts lui creva
per un bras, que de voir propos decou- cependantlal
fracafla latétc:
fonneaut traversdest Roulcauxd paffer une per- fon
Roués'éranto chargée d'eau,
lin. Cette; précaution n'a cd'unMou- été
fetrouvap monremeneredocblise 6lcRaSioeur
chez nous au Fons
Pas inutile voulu prisaveclaN Negrefeqauiavelt
nos Negrefes s'étoit S.Jaques, laiflee où une de leaux, fécouriry &c fut fracafle & Pafla entre les RouMoulin, heurcufemenp prendre elle aw Quoique de parcils avec elle. tems Un qu'on venoit de ERELie dansle l'eau. pas tous les jours, commeils accidens n'arrivenr
Negre qui tenoit une pince de fer prévenir. river, on ne doicrien negliger peuvent pour les arKk 3
Te --- Page 534 ---
VOYAGES AUX ISLES
254 NOUVEAUX
faamsfermeaxyticese qui écument 16y0. Jene despasremeeiu une autre.oc- lcs
pas 5 nonsfigh. cafion un avisi important que Tatadon- bonheur feulementàcaufe Chadonwprkedammeait queletravail feroit re-
"Avis ner, qui eftqued quand on a le
tardéoumalfaits mais encore parce qae
quand slarri- d'arrêtet un Moulin oh quelquemembre def faire rc- lesNegres en écumant peuvent felailler
wede eftp pris, il faut bien fe garder retirer la tomber dans la Chaudiére ieftdevant
pareils trogarder lcs Tambours pour
8cs'y brûler, ouy fiuffoquez,
E
accieft engagéc, parce que c'eft eux,
plusd'unefois:
dens. unenouvelle partiequiy compreflion, àl laquelle ont de comtmecdlsellarevér Qu'on dife tout ce qu'on voudra des Travail d'une
l'expole, qui acheve de concallers les neris de travauxdesForges de fer, des' Verreries, a Sucrerie
briferles oS, & de déchirer faut defferrer les & autres; il eit conftant qu'il n'y en extre- memens
la perfonne 8cretirer 5 mais il doucement la par- poinedey plus rude que celuid'unes n'ont tout Sucre- au rude.
Qu'on dife tout ce qu'on voudra des Travail d'une
l'expole, qui acheve de concallers les neris de travauxdesForges de fer, des' Verreries, a Sucrerie
briferles oS, & de déchirer faut defferrer les & autres; il eit conftant qu'il n'y en extre- memens
la perfonne 8cretirer 5 mais il doucement la par- poinedey plus rude que celuid'unes n'ont tout Sucre- au rude. Rouleaux,
rie, puilque les premiers de
aulieu
tie offenféc. fe fervent de ce tourment plus qued edougeheures à travail, une Sucreric,
Les An- LesAnglois les Negres qui ont commis que ceux qui travaillent &c que fur les
glcisfe point punir
ou les In- en ont dix-huit par jour, fois
fervent quelque crime confiderable,
fur fix heures
ont en deux pour
dece diens qui vicnnent faire des defcentes dormir,
qu'ils en ôtent les tems
sourvû ces fortes
PIRAN
ment Jeurs terres. Jer n'ai point
sdeté- de lcur foupé, & fouvent fe celui nourrir: d'aller car
pour d'executionss mais jel lesaiapprifes Ils lient chercher des Crabes pour
faire moins soculaires &
defoi. contenmourir enfembleles) pieds ea celui qu'ils veulent InveTitLenatie feulement de la farine de
lesCalui avoir lié les tent de donner
raibes faire mourir, & après dansune poulie Magnoc à leurs Efclaves. dans
e leurs mains à une corde pallée
élevent Voici comme on partage le tems ds Partages tems
Negres, attachée au Chaflis dul Moulin,ilse des
une Sucreric. On fait leverles
dans
le
& mettent la pointe pieds
une SaIEE
corps, les Tambours,
ils font pouraliteralat Priéreenvironunes c'eft-à-dire, fur les crerit. entre
aprés Chevaux heureavant le jour,
les
fe
Ee
marcher quatre couples &laiflent filer cingheuresdun matin; il paffe prefque
attachez aux
bras, lcs mains, à mefre une heure avant qu'ils foient affemblez, dans
la corde qui Ste &le refte du
paffent & quelal Priére foit faite, on que un
que les pieds
peut lcs maifons bien reglées PIASES petit
entreles Tambours. Jenefgai SEaep
Catechifme pour les nouveaux Negres
inventer un fuppliceplus affreux. Jere- qu'on difpoleaul Baptéme, ouaux autres Quelviensàr monfujet. la
établis, on doit Seormantnmeis-atcee boire un
Outre largeurdes qui fervent le Teviscernemente d'aller
défendre aux Negreftes
avant que
SE
Moulin, de monterfur des] pierresouf fur 8c d'Eau-de-Vic, din; c'eft ainfi qu'on appelic le terrain oùz
autre chofe pour s'élever davantage, plantédes Cannes ou d'autre chofes,
pour fervir plus aifément, particuliere- Etcomme l'on va travailler. de
mentenr repaflant) lesbagaces. des ac- Ceux qui doivent entrer au fervice
Pretas- lei cfommeile Teftfouventl lep principe
la
des) Fourneaux, 8cdul Moulin,
tion les cidens qui leur arrivent, on doitl lesobli- Sucrerice demeurent fans en fortir
pour) empd- gerde fumer,ou de chanter,8c1 lcRafineur yentrent, &cy foir. Ils s'accommocherde eft de quart à la Sucrerie, doit pren- julqwanchetreadar dent cnfemble pour trouver un moment
f'endorni
&
dincr, mais de
nir.
ipe
la
des) Fourneaux, 8cdul Moulin,
tion les cidens qui leur arrivent, on doitl lesobli- Sucrerice demeurent fans en fortir
pour) empd- gerde fumer,ou de chanter,8c1 lcRafineur yentrent, &cy foir. Ils s'accommocherde eft de quart à la Sucrerie, doit pren- julqwanchetreadar dent cnfemble pour trouver un moment
f'endorni
&
dincr, mais de
nir. TeEE quer lrNegreleadosioaliny foin d'entretenirle pour déjeûiner, pour
telle
niles Negres, qui ont --- Page 535 ---
1ly6,
FRANCOISES DE
tellemaniere, &c G
le LAMERIQUE
Cegue travail In'en foitnif fulpendu, promtement, que
2gs
PAN- Ma
parce
coûtume at toljours ninegligé. lerchedelajournée, lerefteduj
que pendant alga
tenr àlheure du dîné aux érédlenvoyer Cannes &c jourilss'ammfent tamangerdes
quait prati- greffes de Ces trois endroits Negres&ca aux Ne- Sucrerie, où d'autres ils fruits, & vont à la
pour plardef farine del
un grand a-dire, duj jus de boiventda Cannes Velou, c'eftnoarrir bouillon,avecun Magnoetrempe de avecdu &cqui a été
a bouilli,
fesNe- lée, desPatates8 & morccau des
viande fa- lequel eft écumé, & i clarifié,
gres
Ignames, letout
tres-nourriffanr: : de forte
grands crpe- CReEEEONNES celaf afans aucunc
& travail, quand leurs ils parens revenoient le foir us
sits. ordinaire qu'on diminution leur donnelel de la ration ramaffer dans n'avoient que la peine de les
au foir, ou leLundy matin, Dimanche pentis des leMoulin, ou ou fous les apla femaine. Par cen moyenjelest pourtoute voient endormis, Fourneaux, pourlcs ils les troutens & aflez bien nourris stenoiscon- à leurs cafes. portercoucher
la fatigue du travail, pour fupporter Ilya
pointdut tout
que je ne voulois
desHabitans qui ne permettene
gres foibles & rorlanguifane,mries chancelans, faute Ne- paisieunaNegres ric, &d'y boire du d'entrerdansl la Sucretit fecours. d'unpeVefous s'imaginant
Jc pratiquois encore une autre
ESRAEEE
dont je me fuis tolijours bien chofe, AnEegsettiet mier emalentendueee
uneé éconotits C'étoit de donner à diner à tous trouvé. les
mémeuncduretede
enfans de l'habitation. Cela foûla- pe- SCRACTE ceur, quieftlefruite
délivroit geoit beaucoup deccloin, les peres & meres, les du criturene Bauf défend clle iedeleurtravail. pas delierlal bouche L'Etexte de manquer à Scleurôtoir quelques le pre- Cequ'on 1e foule exiger les Gerbes de blé? leurt travail, fous; prétexte d'avoir heures de endemandent la d'eux, c'eft qu'ils
decct étoient tems pour fongerà leurs enfins. befoin Il ouà celui qui tient permiffion fa
au afin Rafineur, de
donnant quittes le de tout ce foin en leur ferver lc bon ordre, PETL la
contravail une matin avant que d'aller au qui Les doit être dansunel habitation.
'on 1e foule exiger les Gerbes de blé? leurt travail, fous; prétexte d'avoir heures de endemandent la d'eux, c'eft qu'ils
decct étoient tems pour fongerà leurs enfins. befoin Il ouà celui qui tient permiffion fa
au afin Rafineur, de
donnant quittes le de tout ce foin en leur ferver lc bon ordre, PETL la
contravail une matin avant que d'aller au qui Les doit être dansunel habitation. fubordination
Cony avec poignée quelque de farine dans leur portent Negres avec cux qui travaillent au Jardin,
viandeou de Crabe, ou petit des morceau de geradéjetiner, ce qu'ils veulent man- Partaje du tema
pluss'enmetree en peine fruits, le foir fans la Mailong parce qu'on ne revient à Fhabi- dans
les coucher. Ccs enfans que
tres qu'il pourdiner. IlyadesMat
la
TRE donnent une
tation;
fans maifon un avant safembloient P'heure du Eti déjeunerf fàr lel lieu demic heure
qu'il fût ICaer de fonnerla cloche diné, Emese fir lcs deux dutravail,é &qui
pour riesappellr LaN Negreflede la
leur donne à dîner. Il me heures qu'on
fine, ou quelque autre, leur faifoit cui- le peutbien leutl laiffer ces deux femble qu'on
Catechilme, les Priéres, dont &capres ils étoient leuravoir fait dire tieres, faire ced qui leur fervent à fe repofer, heuresen- &à
leles partageoit de fix en fix capables, el- ge:8 &cp qu'ils ont befoin dans leurmenaplar de farine trempée avecdu autourd'un vail, on
aller
on
rantson
Puis leur donnoit à chacun bouillon, matin, peutlesyfaires & les en
un peu plus
morceau de viande avec des un petic tard. rappeller un peu plus
desI Ignames,
Patates &c A onze heures on revient à la
cempukaraiurs pour diner, excepté
maifon
quand on travaille
dans --- Page 536 ---
VOYAGES AUX ISLES
256 NOUVEAUX lieux fort queroit pas de les brôler fi clles étoient on 1694. xi96. dans les Bois,, ou en d'autres
vuides. Quand on fait du Sucrebrut,
éloignez, oùr f'on perdroit Ona une avertit partiedu alors ne remplit d'eau que les deux dernieress Vefou,
tems à aller & à venir. leur diné avec eux, & on laife les autres pleines cette: de avance
les Negres dc porter
aux environs mais on ne peut pas blanc, prendre comme je le
&l'on Roccupeadesnacaux qui ont des enfaifant du Sucre
de la maifon les Negrelles
foient dirai dans la fuite. la Priére
enfans àl la mammeleaingsels
Le Dimanche matin après
plus à portée d'en avoir diner foin. à la maifon, on porte à la Purgerie les formes ou bicn qu'on on
Quand on revient
heure
a remplies pendant la nuit,
on retourneau travail à une du après met en Barrique le Sucre brut qui étoit
midi jufques fur les fix heures foir, dans les rafraichifloirs, quc l'on n'a
qu'on
le travail du Jardin, pour celui
mettrep plûtôt,] parce Equ'ilétoit Rp
revenir: te à maifon, - & commencer dureencore piyn chaud.
à la Purgerie les formes ou bicn qu'on on
Quand on revient
heure
a remplies pendant la nuit,
on retourneau travail à une du après met en Barrique le Sucre brut qui étoit
midi jufques fur les fix heures foir, dans les rafraichifloirs, quc l'on n'a
qu'on
le travail du Jardin, pour celui
mettrep plûtôt,] parce Equ'ilétoit Rp
revenir: te à maifon, - & commencer dureencore piyn chaud. Moulin
qu'on appelle la veillée, qui
on Si on a apporté des Cannesaul d'6deux out troish heures; mais auparavanto le Samedy au foir, on ner manque pas
Extlatnere.apaeaquse ceuxo <quidoivent Fourneaux, veillerles) Negres quideivenryt travailler
travailler à la Sucrerie, aux relevent ceux leLundyàn minuit, afinqueletrawalf Ifoit &
&c au Moulin à minuit, Scdemeurenta difcontinuél le moins squhilefipoitble, de la faifon feche,
quiy font actuellement, huit heures : cequ'on qu'on puiffe profiter fans fe laiffer furleur place lepetit jufqu'àl quart.1 Maisi il vauti mieux pour faire fon la Sucre, faifon des pluyes. appellel ne point faire cc partage, & envoyercou- prendre On voit par par ce que j'ai dit ci-deffus,
cher ceux qui ont travaillé à la fix Sucrerie heures ce Ocetteimitene Sucrerie,
depuisn minuit, afin faire quilsayent entrer à leur place & combieni ilefto tdifficile quedesNegres le
à ie repofer, &
ou le plus fouvent mal nourris puiffent
ceux qui n'ont travaillé fix au heuresdur Jardin, ma- fupporter,fansy fuccomber.I fus chargé L'expedient dut foin
autre part, que depuis ne font point
pris, désquej je
en deux
tin. Quant aux autres qui il palfencleur EE nos saffaires, fur de partager
occupez à ces trois poltcs, ,ouad'autres SECMEMTEEUET4 oà
veillée àg
Magnoc,o
au travail delaSucrerie,
CETE
travaux agragerdus voilins del la maifon, dont on ne fis prcs inftruire à cet effet, afin qu'une E
manque jamais. le travail fur les cotiade eûtp pendant unefemaine la les femaine dixLeSamedy heures on quitte du foir; & comme tous huithcuresdetravan, & mais
neufà à dix
fuivanteellen'en. eût
tcan
les Ouvriers des deux quarts fe rencon- dant cetems-là elle travailloit à la EC
trent enfemble, on les employe: à
gerie, quand onfaifoit du Sucre blanc, des
les formes de Sucre,
àlal Purgerie
quand ESI on tra- ou au Bois. Et à l'égard desNegres dui Moulin,
a fait lesj précedens, oud d'autres, lorf- Fourneaux, &cdesNegrelies dontune enyaille en Eiotene
jelesdivila en fix bandes, de maniere
qu'on fait ntembimoncrtninn àmefure qu'on les vuide troirchaque jour renexercice, ainfi
il étoit
les Chaudieres,
dont ellesétoient queletravail étanta partagé,i en droit
dus Sucre, oudu Vefou, chaleurextrème, plus facileàf fupporter, &j'étoise
remplies, parce que la embrafez, après d'éxiger de mes gens untravail prompt,
dont lesFourneaux font
ne man- allidu & vigoureux.
imoncrtninn àmefure qu'on les vuide troirchaque jour renexercice, ainfi
il étoit
les Chaudieres,
dont ellesétoient queletravail étanta partagé,i en droit
dus Sucre, oudu Vefou, chaleurextrème, plus facileàf fupporter, &j'étoise
remplies, parce que la embrafez, après d'éxiger de mes gens untravail prompt,
dont lesFourneaux font
ne man- allidu & vigoureux. Une
srugeimmauremeniist --- Page 537 ---
zoyh, Une FRANGOISES DE
Soin exLAMERIQUE
Aedherweifenses ler
tréme recommander aux Negrefles quifervent monded'avoir &
desbois de cette
qu'on leMoulin, eft deletenir
feur, que même
épaif- 16p6. doit 4- vant fouvent. Lesl propre,enlela- avoir, unet table de quand on en peut
soirde tiennent
Rafincursouceuxe qui
cette grandeur, &c
teuir le jufqu'au leurplace, doivent étre exaéts decepoidsetd ferdans un difficilcà remuer, &ca
Moulin bien queldépend ferupule fur cC point-là, duChaffis, je la faifois faire EOc
Propre. cre, fur tout toute du Sucre la beauté blanc: deleur Su- HOrECECELESE milieu
celledu
Moulin eft fale & gras, le car fi le deux autres acmtedrenuntates qui la
& les
des Cannes, contracte aufli-tôtlest jus qui mémes fort voient les quatre pieds cantonnoient, &c demi achedéfauts, &edevienta taigreavant d'arri- font toute la largeur, &c lui qui en
ver défautse aux Chaudieres, ce qui rdete tous les au comme d'alaifes: elles étoient entaillées fervoient
a Point eftle der remede. plusaersindre, & où il n'y Scaccolloient droitdes; potcaux trés-jufte, qu'ellesembrafioient
les Moulins deux Ouliveordinatremer foit confiderablemcnt) cequiaffermif
dès
foisparj jours lc matin poreaux ne
tleChailis dontles
un peu qu'ilflitjoure avant la nuit. en prenantle Il faut quart, &c mémc leur pouvoient Sole auroit fer emouvoir, été
quand
arréter le Moulin, lever les établis, Pour cela & qu'encecas la table leurauroit gâtée, tenu Puif. licu
Embaffes, frotter avcc de l'eau & de la cendre les d'entre-tonfe, avec laquelle ils auroient
s'eftr répandu &tous entombant les endroits où le jus SRBLEREE ville de fer, ou
checariln'yar rien
des Rouleauix: de bois. par pluficurs chevilles
porte ISE engraille & tant, & qui La mortoife du milieu
lejusde Cannes. Après R gluantes la largeur de la table, &c perçoit comme toute
avecder nouvelle
cette
esaenge
les établis &cla.
fe, avec laquelle ils auroient
s'eftr répandu &tous entombant les endroits où le jus SRBLEREE ville de fer, ou
checariln'yar rien
des Rouleauix: de bois. par pluficurs chevilles
porte ISE engraille & tant, & qui La mortoife du milieu
lejusde Cannes. Après R gluantes la largeur de la table, &c perçoit comme toute
avecder nouvelle
cette
esaenge
les établis &cla. eaul la table, les allettes, grandelargeura commodément auroit l'auf empéché de placer
à la Sucrerie. Er gouttiere comme qui porte le jus grand Rolle, jelui & la platine du
peut faire fans confommer tout cela ne fe hauteur & de faiboidotnerp plusde
temps, parce que chaque fois beaucoup de naires, & je failois largeur encaftrer qu'aux: tablesordi- la
leMoulin, on eft
qu'onlave fur une
platine
Talles baffes &c leurs coins, tobligedeleveriesEme mortoife, planche poféc encouliffe dans la
commo- plas Je me mis en téte 8de les remettre, tine fe; poloit parler facilement moyen delaquelle) la plades de ceremonies, cn failant d'abreger des toutes ces pouvoir varier le moins du fousl'aeuf, fans
Limzen- commodes,
tables plus Aulieu
monde. tionde laverfansarréterl plusfolides, Scquilepufient tables adeséchancroresque étoientaux
LAuteur fumer
leMoulin,
ordinaires, Pour donner
un demi-quart d'heure &cfanscon- de tems. aux pivots des petits Rolles, pallage
J'en fis d'abord pour lesMoulins
je faifois
habitations, & dans laf
ai de tracé nos fnemomnbosmtnis lieu; & au milieu de ces trois àcelle dumipour pluficurs
aitejen
on pratiquoit des
mortoifes
reconnul l'utilité. perfonnes qui en avoient le pallage des pivots. ouverturesrondes; pour
blesétoit la méme Lilongieurdeess dec celles ta- A fspouces des bords de la table
décrit ci-delfuis;
que j'ai creufoitdans fon
on
doit
largeur excela
ESRET
celle du Chaflis de fix pouces, de leTambour fondeur d'un poucea épaiffeurjufqu'a au bout eft vers proEEESEAREE delarge. pieds &cdemi ric, venant en leplus Pente éloigné douce 2 la SucreCommellneipul facileatour pouces àl Pautre bout delat jufqu'à trois
LI
table,afin que
lc --- Page 538 ---
VOYAGES AUX ISLES
258 NOUVEAUX coulât & les platines, il faut avoir foin de Tes 1696,
1696. le jus en tombant des Rouleaux &c de-là dans la graiffer quand on graiffe les dents des
facilement fur la table,
dc couler Tambours, dep peur qu'elles ne s'échaufgouttieres & pour) oùi l'empécher il auroit étép perdu, fent, &nefedétrempent parla chaleur,
iur les Embafics, autourd des ouvertures des qu'elles contraétent en tournant. doijefaifoisl laiffer
debourlet, Lestables pouretrcbiempropuet
pivots, unbordage en forme du bois, wimamaithne en
pratiqué dans toute bords l'épaifleur de la table, qui qui tombe deux ou trois pouces deaufli élevéquel les
hors de tous côtez, &c qui rempliffe
rejettoit lejus farl lat table, Scl'empéchoit Les) Embaf- exactement toute! laj profondeur, enfuidepaller ces ouvertures.
laiffer
debourlet, Lestables pouretrcbiempropuet
pivots, unbordage en forme du bois, wimamaithne en
pratiqué dans toute bords l'épaifleur de la table, qui qui tombe deux ou trois pouces deaufli élevéquel les
hors de tous côtez, &c qui rempliffe
rejettoit lejus farl lat table, Scl'empéchoit Les) Embaf- exactement toute! laj profondeur, enfuidepaller ces ouvertures. être arrétées vant eaadencaleyratacap pentequ'on
fesdes REe Rolles peuvent des che- yadonnéc. Cetedepenenelipae confiachaque côtédel latable, avec
derable, oud du moins ellen'sugmenter
villes plattes, quoique ccla ne foit pas debeaucoupcelle qu'ont feroit obligé 202
d'une grande necellité. de faire pour lc bois, dont les tables ordigriliti Outre Tutilité que j'ai remarquéc la naires font compoléess puifqu'on peut
dontla pelanteur,
de tqute
decasta- cesfortesdetables," rendent le Chaffis faire celles que j'ai inventées,
bles. largeur 8c la coupe
encoredeux forredebois, méme des plus communs,
immobile, elles procurent
en les couvrant de plomb, aul lieu de quel bois les
avantages confiderables. d'élever
des Can- autrest ne peuvent étre faites que TALepremiere eft
lejus plus haut très-bons, commefont le Balatas, oule
nes de plus de quinze
des ta- comas, leBois-d'Inde, lEpineux, font
quiln'en auroit
Boir-Lezard, qui étanc fortrares,
un
Sederaite
bles ordinaires: ce qui eft dont les avantage Sucre- aufli fort chers. cC
pour les Moulins à cau, fouvententer- Lc Chaflis du Moulin, avec tout
ries &c les Fourneaux font où l'on eft qu'il renferme, commejeviensde le dérez à caufe del la contrainte,
d'un comblefaitenC6ordinairement pour le canal qui porte crire,eftcouvertd detrenteatrene-het pieds dediaméVcau fur la grande Rouë. confiderable, ne, tre. La fabliere quilefoltient, eft poléc ComblaLe fecondquiett! leplus & de
la fur des potcaux de douze à treize pieds en de Moieitla facilité de laver,
nettoyer de long,, dont le tiers eft enfoncé lin. table, puifqu'on! lepeut faire fansarrêter Il terre. Chaque poteau eft emmortoifé
leMaulin, & cela dans un moment. fur dans une Soledelept: àl huir pieds delong,
fuffit del eleverles établis, & dejetter & dela aux deux bouts de laquelle on ente deux
la table del la cendre & del'eau, qu'une contre-fiches qui s'emmortoifent dansle
Roteravecunbalayr dans platspendant unc Baille au bout EEDELaae deterre; mais celle de nevient dehors
Negrelfereçoit &cla cendrc qui ont fervi qu'à flcur
haut: clles
de lntablel'caus On doit aufli jetter de l'eau monte à quatre picds plus biendroits, &c
à la laver. & les frotter avec le fervent àtenirl lespotcaux! en dedans ou
fur les Tambours, bien qu'ils foient fort unis, lesempéchent de pencher eft
&
balay: car
delagraifle, endehors. dans La fabliérce le bout des emmortoiféc poteaux. Les
Apelinsopmnysneis qui peutgaterle chevillée
Pafiembla-
& uncercatiniueacidc, il fe communiqueroit: : & piceaprincipnlequig portent!
le fervent àtenirl lespotcaux! en dedans ou
fur les Tambours, bien qu'ils foient fort unis, lesempéchent de pencher eft
&
balay: car
delagraifle, endehors. dans La fabliérce le bout des emmortoiféc poteaux. Les
Apelinsopmnysneis qui peutgaterle chevillée
Pafiembla-
& uncercatiniueacidc, il fe communiqueroit: : & piceaprincipnlequig portent! droit fur les
jus, auquel
ge del'enrayeure, autres portent fur la fabliére. commec cretanimnnnes ouilfervoit à rafraichir les oeufs potcaux, & les
Ccux
balles, --- Page 539 ---
A Chassis
COMBLE, DE
Tm.
B Poteaur avec les Tambours
MOULIN
Jpxig
C Sabliere
G Les
D Les Forces
H
Coyaur
E I chtrait
L Caricoure
F Les Cherrons.
M La Le Damoiselle Psincon
N Bras de.
O Cheraur -Mouline.
qui tirene le.teudoa
-
a - 3
E
B --- Page 540 ---
BICE --- Page 541 ---
FRANCOISES DE
- Ceux quir inecraignentpaslad
LAMERIQUE
fontu uned doubleenriyeurs, pour dépenfes, lier da- jourrpancherlArbre attachez:
du côté qu'ils font 1Gys. vantage tout l'affemblage. D'autres fe
cequir ne fepeut faire fans ôter
contententd'unef feule. Cequilyaàob- legrandRollede.ona le
àj plomb, & rendre
ferver, bout de eftque l'ouverture qui reçoit le grands mouvement ou plus rude. Les Negres,
milieu, l'Arbre, où eft le Tambour du vaux petits, qui chaffent les Chenedoit point fe trouver dans le
attachezau Moulin, ont coûtume
côté; centre delacroifce del l'affemblage, ni à des'affeoir verfe le brasoà fur la eft cheville def fer traafin maisque cecentre doit étrevuide,
attachée la :3
quele bout del l'Arbrey ypaffe libre- tientlestraitsdes doit
ment, fans faire tort à lac
qu'ond
Ecee
ildoirétre dans charpente, & nouveaup poids empécher, parce qued c'eftun
appellé reçû unc) piéce de bois,
qui attirel'Arbre, &c qui
pouces del Demoifeile, de quinze à feize lrfatpuseterdnsange ya deux
Mais quandil
paifleur, large fuar cingà à fxp poucesd'é- font couples sdeChevaux, comme ils
attachée fur le centre vuidede tiennent attachezaux deux
ils
avec
claverie, i'enraycure des chevilles de fer à pour lors les il deux bras bratoppofez, en équilibre, &
ou d'abaiffer afinquedans lc grand lebefoin d'élever prennent ce petit importe peu que
qu'à détacher la Rolle, iln'y ait tifier
foulngement
SACED
maitre del'Arbre Demoilelle, du
pour étre les Chevaux davantage les brasonjoint celui où
bon d'avoir des grand Rolle. Il eft derriere, Kontattacher, le
à celuiquieft
chez aup poinçon, crampons de ter, atta- trois à quatre par moyen d'une; perche de
laus, afin des'en ehre Y mettreles lever TAE chevillée furles pouces deux dediametre, bras. Les quieft
bre, fans être obligé del fr attacher aux quifonta attachez au Moulin, n'orit Chevaux d'auchevrons delenraycured quin'ont pastant tresharnois polez de Ld0E de fimples coliers com- Harneis
doerneshemnojeure fi pefant fardeau.
- trois à quatre par moyen d'une; perche de
laus, afin des'en ehre Y mettreles lever TAE chevillée furles pouces deux dediametre, bras. Les quieft
bre, fans être obligé del fr attacher aux quifonta attachez au Moulin, n'orit Chevaux d'auchevrons delenraycured quin'ont pastant tresharnois polez de Ld0E de fimples coliers com- Harneis
doerneshemnojeure fi pefant fardeau. On pour porter un remplis de bourre bourlets de groffe toile, des Chechevions les
peut mettre aux lecol,
qu'on leur paffe dans vAux
pourlesp petits crampons, Rolles dont on fefert desbourletsp hamsansemseren L'un tourmer gaifone
dredeleurp place, oulesyr qu'on veut defcen- tombe en maniere palfedeffusle de col, &cl'autre lin. le Moxfeftiguencommeo on fait remettre, fans droits où ces bourlets poitrail: aux enen lesroulant fur des piéces ordinairement, de bois ap- deux morceaux de cuiravec lejoignent, un ceil ilya au
puyéesfur lat table,aux
milieu, où l'on flitpalferlebour du trait
dcouvent d'eitropier niquesdelagaten, les' Negres qu'on quiy eft retenu par un nceud: &
Objtr- employe à cet ouvrage. empécher n'écorchent quel lest strsitsquifonte de
ation J'aiditqu'ons attachoit les
les cuifles
IE
farle bout des bras du Moulin pour Chevaux le faire au leur frottement, on les des Chevauxp le
mouve- agir. Surquoiilfaur
qu'il eft poflible l'un de éloigne
ment ona uni nombre
attachanta aux
l'autre, en
E
gu'on
elgnergerquat
bouts de la
siprime ou del Baeufs deftinez neutdembled-neae à cetravail, il vaut Bauatemaifricsemisdos milieu. volée, &en
au Mou- micux en mettre deux couples,
outrecela un licol aflez long, Ilsont
linparl le laiffer pluslong-tems, de n'en &lesy attaché au bras quieft devant Pour étre
deCke-. mayen tre qu' une, &clylaiffer Seidr La raifon met- qu'ilst tirent droit, érqu'ilsne eux, afin
RAuX, dum queq quand il n'y a qu'une couple de Point Dans de les leur route. s'écartent
smchziinbru,ibionte toû- Chevaux, &del Moulins, oè l'on fc fert de
Llz
Boeufs, on cmployeces
der- --- Page 542 ---
260 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
16p6. dernierslar nuit plitôtquelejour, parce coule vers un endroit, oùr le bord a
qu'ilsrefiftent moins à la chaleur queles ouverture, parlaquelle le fuctombedans une 16yhy
Somisaais te, ilsf font
unb bacq, ou dans un autre vaifleau, qui
iminfunmgr-gnsleche eft deftiné à le recevoir. vaux. Onles attclleavecun, joug qui eft Le centre del'aire eft
oyLemilieu attachéàleurs cornesavecdes courroyes.
, parce coule vers un endroit, oùr le bord a
qu'ilsrefiftent moins à la chaleur queles ouverture, parlaquelle le fuctombedans une 16yhy
Somisaais te, ilsf font
unb bacq, ou dans un autre vaifleau, qui
iminfunmgr-gnsleche eft deftiné à le recevoir. vaux. Onles attclleavecun, joug qui eft Le centre del'aire eft
oyLemilieu attachéàleurs cornesavecdes courroyes. verrure ronde, dont le percéd'une fond eft
duj jougeft percé pourrecevoir d'uneplatine deferacerée,
garni
lebout d'unl longbiton, dontl'autre cx- la pointedelaufoudup pour reccvoir
trémité eft garnic d'un crochet de fer qui armécunep piéce debois def pivot, dont eft
s'attache au bout du bras. cesen quarré,dont T'autre elixalept
Quand on ne met
de lée en
caethnt
Chevaux, onles change qu'une ede deuxen couple deux ouverture: maniere de pivot, paffe dansunc
heures; mais quand on en met deux cou- moifelle, rondopianigue-cansanei ou autre
Deples, on lesfaittravailler quatreheures, ment attachée à la piécedebois, charpente. forteTrmsisanatbomiowneed dep partager ces quatre heures en deux, deflus Aunpied& de l'aire, demi, ou deux pieds auafinden ne pas tant fatiguer les Chevaux. deparler, eftp l'arbre, dont je viens
LesMoulins Moulerlamboursfone, per- réc, dans laquelle LdceunsnemnRqur on
& on
Moulins pendiculaires à la table, & s'appellent une autre picced de bois paffe de
à arrête
droits, foit qu'ilsaillent parl le
quatre cinq
moyen des Chevaux ou de PEau. lly: a SOeTmNcieia de long. Une meule de
pieds
encore deux autres efpeces de Moulins pieds sde diamétre, d'un trois à quatre
qui font meûs par les Chevaux. paifeur, de
pied ou plus d'éMouilins Lesp premiersdont
pierre dure, cft enchaffée
dent on
fefervoientles Por- dans cette traverfe qui lui
fefertan tugaisau commencement deleurétablif- tour duquel elie fe
fertd'axe, auBrefil, fement au Brefil, & dont on dit qu'ilsfe fans s'écarter du licu mouvoir, elle
mais
fervent encore
eft
Irs
en quelques endroits, font parcequ'elleyeft,
pofée,
tout-à-fait femblables à ceux, dont on fc les & par des chevilles arrétéepar desrondel- de
fertenNormandiep pour brifer lespommes
platesdefer,
à faire le Cidre, & dont on fe fert aux Sosomemasomaned qu'on nprefente
en
cc
Paisohily: a des Oliviers pour écraferles rebord de l'aire. furfavoye, Les
dedans du
Olives, ou pour mettre cnp pouffiere une tournent,
Chevaux qui la
cipece de Gland qui vient du Levant, tédel'axe, LegeaiaaTaneuinr &cdans leméme-tems
qu'on appelic Valonnée, donton fefert fonttourner l'axe autour
qu'ils
en Italic pour pafier lesCuirs. Commeil meuletourneautoure de de l'Arbre, la
fc peut faire que bien des gensi n'ont pas tedes Cannesouautres Paxe.
ou pour mettre cnp pouffiere une tournent,
Chevaux qui la
cipece de Gland qui vient du Levant, tédel'axe, LegeaiaaTaneuinr &cdans leméme-tems
qu'on appelic Valonnée, donton fefert fonttourner l'axe autour
qu'ils
en Italic pour pafier lesCuirs. Commeil meuletourneautoure de de l'Arbre, la
fc peut faire que bien des gensi n'ont pas tedes Cannesouautres Paxe. On prefenvà cettemachine, en voicil la defcription écrafer,
de chofes la squ'onveut
en peu de mots. lsymetendiferentes furlepaflage meule, & on
L'Aire du Moulin elt ronde; elle eft ce qu'on ait exprimé fituations, tout le jufqu'à
faite de pierred detaille, coupéc enj pentc, dedans. fucqui eft
depualcemncjuiquaux relevezdequelques bords, Cette. quifont Jecroique cette efpece de Moulin eft
pouces. Aire a meilleure
les
encore une autrepente toutlelong defon Olives, & pour pourla Pommes, pour les
rebord, afin que lefuc des Cannes, des les Cannes, &c qu'il Valonnée, n'avance que pour
Pommes, oud'autres fruitsqu'onécrale, vail comme ccux que j'ai décrit pasle tra- cidevant, --- Page 543 ---
1696,
FRANCOISES DE
devant Les feconds 3 ou que je décrirai ci-après, LAMERIQUE
bours,
ont] alongueurdestime medequ'on; Pourroit
à
Mosparallelcala
apporterenpartiel 1lyh,
lins On les appelle Moulins upeificiedelatable Sinkonwetieny/cratrd des Tambours de der mettreaubout
cou- Tambour du milicu eft couchez. Le mincc. ou
petites allettes de bois
chez. Parbresqui fert en même enchaffe tems dans Icjus des deferblancs & qui refferreroient
unel Roué de quinze à dix-huit d'axe à desécarterdes Cannes, Tambours. les empécheroient
diametre, afcz large
pieds de cfiyquelest
Letroilene
Cheval ou un Afne pour contenir un qu'on bagacerfortanto les
du mémec côté,
& qui la fait tourner qu'on fon y fait entrer, tomberfure prefente eltes, Cannes, elles doivent
Par fon mouvement. Par Le poids, & fion. llefvrai, 8ccaufer de la confumilicu eft garni de dents à Tambour du planche
qu'on peur ajufter une
qui s'engrenent dans celies T'ordinaire, des
lc, qui visa-visiemiicuc foit inclinée cn dugrand dRolTambours, & qui leur
autres quelle les bagaces
dchors, furr lalieu mouvement à melure que impriment celui du le Parmiles Cannes; gliflent, mais cela fansfe méler
fe mcut. mi- empécher que la
ne
On voit bien que ces deux
mangerau.Moulin, Negreffe nei foit qui EF T
doivent étre,lundefiuse Tambours
ce rtoujoursconcelui du milieu. Ils font ecFautredeflous venzdchagices titeincommodité. qui n'eft pasu une pecrapaudines te fituation par des entre-toifes, retenus danscer- où les J'aivà un Moulin de cette façon: à la
enchafftes, quiportent!
mi- empécher que la
ne
On voit bien que ces deux
mangerau.Moulin, Negreffe nei foit qui EF T
doivent étre,lundefiuse Tambours
ce rtoujoursconcelui du milieu. Ils font ecFautredeflous venzdchagices titeincommodité. qui n'eft pasu une pecrapaudines te fituation par des entre-toifes, retenus danscer- où les J'aivà un Moulin de cette façon: à la
enchafftes, quiportent! Ces
leurs pivorsfont tchoit grandeterre à un de la Guadeloupe, ilapparmouvoird dansles entre-toifes doivent fè dec quoi acheter Menuifier, quelgues qui ayant gagné
Pépaiffeur des montans scouiliopnrinucedes du
cn terededevenirs Sucrier: Negres, il lei mit
bours qu'on de puiffe approcher les Chaffs, petits Tam- afin ftruit fon Moulin, qu'il failoit avoit conjuge à celuidur milicu, autant qu'onle
des Afnes : il éroit propre, bien tourner fort
propos,, Par le
:
dont on leg garnit. moyen des coins, Etde avoirvoulur entendu: montrer & celuiqui l'avoit fait,
Onfit pafferles Cannes entieres entre employant point de foril fer habileté, :
en n'y
leTambourlep & les
plusbas & celuidur milieu, plat beaticoup. Pouvrage me
plus haur. bagaces entre celui du milieu &le nanville Ilyena avoit un autre au Fond deCaCes" Moulins
prés le Fort Saint Pierre de la
dur mouvemento quie travaillent eftimpriméllaR à proportion Martinique tant nommé qui Pierre appartenoit Roi à un HabiUriliré êtrc par Panimal qui eft dedans. Hls Roué tourné Par des Afnes, un : il étoit auffi
cinfujets à trois inconveniens. peuvent Ley
caufe d'un procés: affez defquels fut
conve- micreft, ,que les Cannes
pre- C'eftla
fingulier. deces niens zontalement le
peuvent gliffer letrouvanthori- aux animaux teemikees que leurs Maitresa
Mow- dans long lc des Tambouns &c facilement les noms de ccux dont on les sachetent,
lins,
dents. Le fecond, s'embaraffer CePierrel Roiavoit acheré un. a achetez,
lereme- mouvement eft violent, que quand le
Afne d'un Preeis
Ae. dansceux.dontl
commeilarrive Sergent quil lesNegress exploitant, nommé Durand, à arrivé
lejusdes Cannesc Ciatecshesprutohr ner le nom de nemanquerenty Durand. Cel pasde don- ala Martibours,6 coule ciealesutourdatse le long des dents
étant un jour attaché Durand. Afne Nigue
pivots, ou jaillit hors de la tabic. Lerc- &des ena attendant que fon heure auprés d'entrer duMoulin dans aw/ajee dun
laRoué L13 futvenué,fe déracha 8s'enfuit
fo
dans Sergent, --- Page 544 ---
VOYAGES At UX ISLES
262 NOUVEAUX cela luiarri- moins il decerna un adjournement per- 1696,
rhigh dans la Savane , &c comme étoitformalin, fonnelcontrePierrel Roi.
illit hors de la tabic. Lerc- &des ena attendant que fon heure auprés d'entrer duMoulin dans aw/ajee dun
laRoué L13 futvenué,fe déracha 8s'enfuit
fo
dans Sergent, --- Page 544 ---
VOYAGES At UX ISLES
262 NOUVEAUX cela luiarri- moins il decerna un adjournement per- 1696,
rhigh dans la Savane , &c comme étoitformalin, fonnelcontrePierrel Roi. Celui-ci: il ayant avoit
voitf fouvent, parce. qu'il
étéélevé comparu, & cétant interrogéàqui de bâton,
foit def fa mate,Batipouranet leMaitre qui le vitfuir, ordonnédedonner c'étoit cent à un coups de fes Alnes;
psrunSeracta réfolut de lc faire châtier d'uner manicre habitu- quils'étonnoito répondit que qu'onl lefit venir enJuftiqui lui fit perdre cette mauvaifel qui étoient aux cepourc cela; quilavoit crû jufqu'à châtier préde. Il cria aux courirà Negres àl Durand, dcl'a- fent qu'illui étoit permis det faire ils manFourneaux, de de lui donner cént coups de fes Negres &c fes Afnes, quand Le
marrer, &c dans le moment le quoient, fans en demander permiffion. d'un
biâton, ilarriva
que
Jugel lui dit,, qu'il ne s'agilfoir
cet
beres
Maitre donnoit ordre, venantà àla Aine, mais d'un Officier de ReS
étoitdansl la Savanne,
allé chez luis qu'ilavoit
TESt
Sergent mailon de Pierre Roi
fairequel- nom- Negesdcleprendey étoit
del'amarrer, &c
que lignification,
le rè- deluidonner cent coupsdebiton. L'auEE
mer, crût cc 'commandement douta plus du tout, tre. nia lefait, & demanda qu'on luiregardoit, 8 n'en
cet Officier de Jufice quife
il vit que trois ou qpuatreNegrcs cou- prefentat Surquoi Durand Sergentayang
Pem detachoient armez de batons,& DurandPAie plaignoit. paru, &c lui ayantfoltenuc quelonalegut
roient versluisparce : il craignit étoit veritable, & qu'il avoit entendu en
étoit auffi de ce PESAEFP voulût àfap
diftinétement, qu'il l'avoit nommé
tout de bon
n'en fesj jambes. Be ordonnant ài feNegrerdelep prendre, de de
& femitàf fuir t toutesf &les) Negres T'amarrer, & de lui donner cent coups Pierre
rand TAfe en fit autant,
bâton, Scvoyanti undesl Negres dc
qui crioient, & couroient: capresluiatou- tellement Roi qu'il reconnut être un de ceuxqu'il il
tesj jambes, les cpouventerentt Durand Sergent courut fuppofoit avoit couru aprèslui, fait T'inditous deux, demie-licue, que
fans oferregar- auJuge, qui Tayant approcher fur le
près d'une lui.
Pierre
rand TAfe en fit autant,
bâton, Scvoyanti undesl Negres dc
qui crioient, & couroient: capresluiatou- tellement Roi qu'il reconnut être un de ceuxqu'il il
tesj jambes, les cpouventerentt Durand Sergent courut fuppofoit avoit couru aprèslui, fait T'inditous deux, demie-licue, que
fans oferregar- auJuge, qui Tayant approcher fur le
près d'une lui. Il trouva enfin une 1 Tribunal, & Payant interrogé les coups
der derriere
fejettatout hors fait, reconnut clairement que
maifon, dansl laquelleil de prendre a debâton n'svoientpasétéo ordonnez
d'haleine. Ilner
le
mais pour
SICI
rémoins de fa fuitel ReiRe quily. Roiavoit trou- Durand l'Afne. llft Sergent, cune reprimandeaus Sergent,
&de leur. dirc, quel
Pierrel Roid déchargé de TacIFE
va, fait courir fes Negres après luip pourlaf & tioni renvoya intentée contre lui, avec permifion
fommeràcoups debâton, donnoit commeilavoit ordre. Il dc faire donner à Durand T'Ame tant de
entendu qu'il verbal leur en de rebellion, qu'il coups de biton qu'il condamné jugeroit à propos; aux défitfon procès à fes témoins, & fe fit (igner & Durand Sergent
fit dès figner quril fut arrivé chez) lui, de & lap crainte pens. LesMoulinsàe cau font dedeux fortes, Mouquelad courfe qu'il avoit faite, quelque peur il yenad de droits, & de couchez. lins eax. *
quilavoit cuc, ne luicaufiflenr au Juge, Lesderniers nedifferent deceluiqueje
maladie. 11 prefental Requelle de rebellion, viens sdedécrirequ'en ce quelal des Godets Rouequi
ilyjoignit fonp procerveibald cette, affaire lefaitagir, cftf faite avec
qui
8ciefattoit par avance centained'Eeus. que
Le reçoiventl'eau, quiparionpoids, imprime cclui
quelque
SE
luivaudroito &caprèslaudition des té- ion mouvement
doit
Jugeinforma, --- Page 545 ---
2696. doitavoirp pour FRANCOISES tourner. Le
DE
Ces Roués eft depuis dix-huit diametre de derAsbresont VAMERIQUE
Tambour vingt-deux pieds. L'Arbre ou julgu'a fecroilen: dangles penengmnaituer acog
à la Roué, eft enchaffé& qui fert legrani d'eflieu écdemip plust sloin onen drois,Sadeuxy perce deux pieds
pouces de diametre; a pour T'ordinaire il ett dix-huit donne parallelcs trois aux deux premieres. On autres leur
pans depuisl les dentsj
taillé à huit fur l'autres
un fens, & quatre
près defon
fervent à
extrémité. wuiguaundemi-pied Sesd deux
picces debois ERreRe bien
Paffer quatre Contez font percées d'une mortoife étrémi- feura
polies, &d'une Aruede quatrepoucese de facet
quarrée leurlongueure remplirexacement eft égale les mortoifes: grof tionde
cesdep profondeur, curditchutpen ferventàr
doitdonneral
audiamctre qu'on lagran.
on
fervent à
extrémité. wuiguaundemi-pied Sesd deux
picces debois ERreRe bien
Paffer quatre Contez font percées d'une mortoife étrémi- feura
polies, &d'une Aruede quatrepoucese de facet
quarrée leurlongueure remplirexacement eft égale les mortoifes: grof tionde
cesdep profondeur, curditchutpen ferventàr
doitdonneral
audiamctre qu'on lagran. dekexg. les pivots de fer, 9 lefquels recevoir la Roué bras; eilcs fervent Roue, à dont eiles fontl les
environnez tourne; les deux bouts de l'Arbre font braffer les courbes qui foutenir, font la & à emde deux cercles de
rence de la
circonfelargeur, &c d'une épaiffeur ferd'une
où Roué,&q l'eau tombant quifodtiennens les
T'empécher entrer de fe fendres fumhantepour on fait Eota poids, & par fa violence imprime le Par
forcelest ferres SAdiare qui affer- bras ment neceffaire. Mais
mouveEUREIRSS les y rendenti pivots immobiles. dansleurs: mortoifes,8
ne fuffiroient Pas commecaquate pour contenir &
dur Pour faire.ces Arbres ont doit
embrafferunef les follage en fi Eerescitenet
conferver meilleur bois qu'il y ait, & afin prendre delc parlemoyende augmentant guatre pieces leur de nombre bois
une couche davantige, de
on doit lui donner menclorigucurdes dentes,
groffeur queles de
decrainte quelque couleur à huile,
gue l'on croife en les precePre- deitus.nelcpounrifcl quel'eau tombe fans cefle Lumetiibeurees de manicre qu'ellesren- entaillant
caution
une mauvaife fermentlArbred dansl
om
pour peindre. methode de le gaudronner au lieu de le onlesempéched leur milieus, duguel
cher empe. LeGaudron échauffe le bois8 & glesdeboisd de deux AEDgmmiomiet
FArbre Batelafaperficies fait, vient
; &q quand la croute qu'il faitlar Ton clouë même furlArbre poucesenq à côté d'elles. quarréque On
defe
jamais carcelatter, comme cilne man- la
chofe pour les deux côtezd de
gater. Eadnn penctre d'arriver, lel bois l'eau ≤ entre par les fermez largeur, qu'on donnc aux godetsrencouleursa àh huilen'ont cc pourrit. Les Roué, deforte
nefont defi
défaut,e elles
qu'aul lieu
caectEnn
du bois; point clles Cecilt épaifle far celle côté, quiauroient ils'en foltemu la Roue dequatre bras
rempliffent, & lag penetrent fes pores &l les niersfonet cun trouredouze, peu
ces dechague huit derdent, fait
qu'ellesy fanslui répan- même
courbez
loifir de féjourner TASDELSE fur le
donnerle mais ccttec Point quelesautre pourarriverau quifont
introduire. bois, ou de s'y piedoud quinze ccourburen'elt pasfenibleaun droitss
Lesdeuxp pivotsfont pofez firr des cra- mité. Onl lesjoint pauesprerdeleurd enfemble deux extréformnztameemt.Es nes traverfes ou entre-toifes dans de bon- bras avec de petités entre-toifes. On àdeux fait les
arrétéesi Chaflis immobilement d'un del côté bon bois, liant, EBRERELREOIn comme
bois fort &
mur du Moulin, &c de l'autre dansle bles; on en fait iehosterneneut femblaAdeux; qui f îtient la charpente.
. Onl lesjoint pauesprerdeleurd enfemble deux extréformnztameemt.Es nes traverfes ou entre-toifes dans de bon- bras avec de petités entre-toifes. On àdeux fait les
arrétéesi Chaflis immobilement d'un del côté bon bois, liant, EBRERELREOIn comme
bois fort &
mur du Moulin, &c de l'autre dansle bles; on en fait iehosterneneut femblaAdeux; qui f îtient la charpente. dans le qu'ilfoit meilleur aufiles deles courbess faire quoipmsmoemitaithaudess dinairement acaufe qu'il eft plus leger. Elles d'acjou, sontorquinze pouces de large, &
trois --- Page 546 ---
VOYAGES AUX ISLES
264 NOUVEAUX Onles affemble tous lesMoulins, foit qu'ils tombe (oientdroits fur le 169G,
16p6. trois pouces sd'épailieur. & on les oucouchez, foit que Peau
Tesirteretericel
plus hautdelal Roiie, ou (eulementvers
cheville l'une fur l'autre s quelquefois & ion axe ou fon arbre. avec des chevilles de fer chevilles à teteplate, de bois Dans toutes nos Illes je n'ai point vû In'y de 4
agoujons, ou avec des
deMoulins àp ipaliettes, ni aucun qui fût point Rowés à
garnics de coins croifez. enchaffécs dans des fabriqué fur lc bord des Rivieres pour
Les courbes font bouts dest bras, & profiterdu courant de l'eau; en quoiqu'on differens eenier Moulins
retenu@sdanscettef entaillespratiquéeauxt fituation pardes che- en pût & faire même de cette avec efpece moins de dépenfe des Ifes
villesde feràtéte ronde, vont d'un licux,
Lest trous
ellespaf- qued
Su
ARCCENESEAN Rivicre,
brasal'autre. plaque de RESmemrearehl
doivent êtrc
une chauflécen
fenty
garnis tfuer
quelfer, quitapiffe toute) l'épailleur dul bois, la quel'oncoupeavec queendroit oul Pon eft affuré de trouver
&equilerecouvre pardchors, afinque allez.depenter pourla conduire au licu où
tête de la cheville ne la coniomme eft percé, pas, l'on propofe de faireleMoulin, & fur aflez la
Tautrebout de la cheville qui
d'élevation
la faire tomber
feferrecontre une femblable plaque, &c E Roué. Or Tome on fuppofe quel la Rouë a
couvrel le bois avec des rondelles
vingt-deux peldclameiea & quefon
goupilles. Onr pedochesilieituniet alternativement Arbre
piodsau-dethed deterre, Hautent
bras, latête & la pointe Lc fond intcrieur ou il s'enfuit CESTE que Canal paffe au-def doit
de] part S d'autre. eft fus de lal Roué, doit êtred
EE
ERSE
lap sElacremmad
deux pieds de château- leau
pimiedeplunnheating 8cd'unek poteedépaililur longueur ESSAD ITLSRTE Roué; mais commellouverture direétement fur LE
defix fuffifante, poucesdelarge, pour fermertoutl le vuide 3 de la goutticre la n'eft cLES mais un
f
eft ent'elles.
re. eft fus de lal Roué, doit êtred
EE
ERSE
lap sElacremmad
deux pieds de château- leau
pimiedeplunnheating 8cd'unek poteedépaililur longueur ESSAD ITLSRTE Roué; mais commellouverture direétement fur LE
defix fuffifante, poucesdelarge, pour fermertoutl le vuide 3 de la goutticre la n'eft cLES mais un
f
eft ent'elles. C'eft ce qu'on appelle de leplushaurdels ilfuffit
goutticre
ETRALE
fond de lal Roué. Le pcu dc largeur loin, defeize picds, quela c'eft-a-dire, un pied plus
cesp splanches fait qu'elles ne gatentpoint & comme hautquel le diamétre de lal Roué, l'eau ne & laif- on
larondeurdela circonference, pourretenir l'eau qui pourra encorc compter deux que chûte. La
tnmbedmnle.poltitdont ildoit étrcétanchép
ilfait le fond, icra pas d'avoir Teau, piedsde doit étreplus
&ony palledu gouttiere qui
la Rouë, en forte
onc callauretousicsjesnts, Le
rette étroite de OSReC que
la
braydelluse & deflous. vuidequi eft
deux pieds delargeur,
entreles deux courbes &c leur fond, quefilaRouésd doit avoire rqu'un, dut moins
partagée en parties epalesperdesplanehes foutieren'end al'endroit oùt eftlouverture, par où l'eau
Godets de la d'unj spaerecdne dans Pépaiffeur tombefurlal Rouë. doit Cette étre ouverture; tailléc en pour
grande des raineures pratiquécs dei maniere étrebienfaite,
Rosè,
afinque l'eau nefe
E
increrdecoebyinsed qu'clles font. un angle de quarante-cing tion de decercle, cequi diminue conficlles fontretenues
force; au lieu qu'elleferalrncenecienonions des courbes par des
à la
SROERIE
furlebord exterieur font clouées: elles maffedavantage, & fon poids & joint de fachûtringlcs del bois qui y
violencedel fon mouvement mouvement
font MEnICammninsmn les godets tc,, imprimepluso sdeforceaur
fe
pouces; eeft ce qu'on appelle
del la Rouc, ài melure quc les godets remSabonitcnner --- Page 547 ---
Healon a Ciau conchs
lom A 74 3
A Chassis
E
B -drore dthebn
C ct Pabr porie lgrand ala Roiie
.
2E
tambour
D Roie aumdonts
E Gouticnt agodess.
guiporae témhe la Roiie
D
:
A
d --- Page 548 --- --- Page 549 ---
FRANCOISES DE
16ph. rempliffent. Lahauteur de l'eau dans la vement.
--- Page 547 ---
Healon a Ciau conchs
lom A 74 3
A Chassis
E
B -drore dthebn
C ct Pabr porie lgrand ala Roiie
.
2E
tambour
D Roie aumdonts
E Gouticnt agodess.
guiporae témhe la Roiie
D
:
A
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FRANCOISES DE
16ph. rempliffent. Lahauteur de l'eau dans la vement. LAMERIQUE On
Boutierenepeurpas me: carbienquerEclufee étretoûjours la mé- verité part unc peut fe convaincre de cette 16g6. duCanal, foit toujours la quietalaréte méme,
re. Percezunt experience fort de aifécà faipaidispastodjourslie
iln'y liqueur, fix itonneaurempli quelque
quoigu'elle paroiffe memequanred'eant, toûjours
ces: au-deffous poucesau-deffis, & fixy potégalement forct,
delabarre, avec le méme
Remar- mlese qui ifgavent un
les, celle Qhoiaselesouventires d'en-bas
foient
que,
peu d'Hidrauli- mémepluso
donnera ledouble, CREE
Fga tité
enpoif@emadtrifemne & pour en convaincre de ce que de forteque TImSEEnLA fi danst trois
d'eau voudroient pas fe donner la ceux quine plit une bouteille
minutes ond emmecef chercher laraifon, jeleur peine d'en haut,
Par l'ouverture d'enfairea s Mou- polé que la fuperficie de la dirai Riviere que fap- de- vantage onenrempiradcox à l'ouvertare d'en-bas &cmémedalin. meuretotjoursal T'Eclufe,
lahauteur del'entréede mémcelpaeeder nir d'autre tems: cequi ne peutve- dans le
en égale quantité, Feauquiy Senp pallera, feratotjours ties de la liqueur caufe que de ce les parvitelles mais dès que la pareil hauteur degréde de neau, fe trouvant contenué ee le tonRivicre augmentera par quelque crûé, la lc poids & la quantité plus comprimées cn bas Par
fonmouvenient parties del'eau augmenteraulfis & lés haut, & defe elles Cmt forcécs
qu'en
comme
fe trouveront preffées, & pourfortiravec preffèrles unes adcicomprimen contre les autres
fe, &cnep compriméeal'enure de l'Eclu- d'en-haut gui font plus de vitefle que celles
les trouvent, rNnInt elles s'éleveront
Par confequent moins moins chargées, &
niveau de lafuperficic du reftc de jufqu'au la Ri- Lorfquilarive une comprimées. viere, &cp pour rlors leur hauteur augmen- alaRivicre, d'oùr l'ont tirel'eau cricconfiderable
tanzaulf-bienquel péfent
leurmouvemens elles Moulin, le plus fireft de fermer pour une un
trouvent davantage fur les parties qui fe partic
les afouverture de FEclufe, cllcs InRoucaiant me
toûjours à peu près la méCAERESEREE
ferrer, compriment, pourainfic dire, Kclesobligenedeferee lesunes
mentp quantité plus uniforme.
uteur augmen- alaRivicre, d'oùr l'ont tirel'eau cricconfiderable
tanzaulf-bienquel péfent
leurmouvemens elles Moulin, le plus fireft de fermer pour une un
trouvent davantage fur les parties qui fe partic
les afouverture de FEclufe, cllcs InRoucaiant me
toûjours à peu près la méCAERESEREE
ferrer, compriment, pourainfic dire, Kclesobligenedeferee lesunes
mentp quantité plus uniforme. d'catl, ait aufi un mouveautres pour paffer plus vite, & contrel en les menté dans un canal Jai fouvent experigrande quantité: ceq qui
évidem- plus large, TEA fufic qu'il yait d'un pied de
ment: carfi la goutiere égale à
huit pouces de
verture
Pouciees
del PEclule, &
lin uniment, &
MouMEL
rement remplie, quand qu'cile filtentic- tout le fervice d'une maniere à rendre
toit, onvoiquel'eau fe T'ouverrure l'équ'on ilp en peut fouhaiter. côtez, quand' ily: a
répand de tous Cependantquand cube d'cau, il eft peur y: avoir un Pied
viere, & fi la goutiere quelque a fes ecrié bords à lak Ri- n'en Va que mieux, certain que le Moulin
hauts que l'ouverture de l'Eclule, plus faire plus
&equilett en état de
l'eau
d'ouvrage. cequ'elle augmenteionvolume, foit de niveau & montejuqu's tieres, lleikrare ou le qu'on falle foûtenir les gou- GoutieRivierequi cilal'entréed del avec T'Eclufe: celle de la Moulin, fur canal des qui porte l'eau au res 9th
ce murs de maçonnerie, arcades, ou fur drape compoPONSERETOS confiderable au volume d'eau
roit beaucoup
quoique cela fe-canal. lagouticre, &c àl la rapidité deion qui va par roitadoffer des emapteqtionyn pourmou- del Purgericou 2iLty qui ferviroient
M m
Boutigues pour lesdif. fc- --- Page 550 ---
VOYAGES A UX ISLES
266 NOUVEAUX dans tomber deffus; mais comme ily: a toû- Ilyh
1696. ferens Ouvriers qu'on doit refolu avoir d'en ufer joursdes Godetsplcinsd'eauy, qui parleur le Comles habitations: j'avois dela Guade- poids font encore tourner la roué, été im- ment ar- 07
ainfi dans nôtre habitation les Anglois mouvement violent quilui avoit la caufe pent rêter le
loupe; maislirruption que a remettre primé, neceffe pas aufli-tot ne laifle- mouveyfireut en 1703.1 m'obligerentà pen- quil'a produita.
d'en ufer joursdes Godetsplcinsd'eauy, qui parleur le Comles habitations: j'avois dela Guade- poids font encore tourner la roué, été im- ment ar- 07
ainfi dans nôtre habitation les Anglois mouvement violent quilui avoit la caufe pent rêter le
loupe; maislirruption que a remettre primé, neceffe pas aufli-tot ne laifle- mouveyfireut en 1703.1 m'obligerentà pen- quil'a produita. ceflé d'agir, r
ment de
cetteentreprifeau unautretems pour Pourlor- roit pas d'écrafer ceux qui auroient le lagran- derouèe
ferà des chofes plus preffées. avec malheur d'y être pris, même après que
dinaire on foûtient les goutieres
Pouverture elt fermée. J'ai fait faire à
des doubles Poteaux, plantez cn terre, quelquesMoulins une ouverture femblaaffemblez par deux ou trois feulement entre-toifes, d'un ble à la precedente; mais à quelques failoit
dont la dernicre éloignée fert à porter pieds avant elle, quiens'ouvrant la roué
pied du bout des poteaux, lesunes tomber l'eau furlautre côté de
les goutieres; elles s'emboétent quand &c rompoit fon mouvement: 2 cequidondans lesautresà à jointsrecouvertss creu- noit lc moyen de retirer ou dc couper
on ne les fait pasd'une feule piece on fe fert les membres
senneleTambours
fée comme on fait les canots,
le & d'empécher EERE pertedur refte du corps. Moulins
de madriers, dont celui qui compole d'épaifleur, La rouë & les goutieres que je viens les droits,
fond, doitavoirtrois pouces &c demi à de décrire, font les mêmes pour tous
8c ccux des côtez un pouce leurlongueur, Moulinsà Eau, droits ou couchez, Moulins ilfaut
deux pouces: Al'égarddel dix
5 à prefent marquer ce que les
on peut leur donner jufqu'à pieds; on droits ont de particulier. quand on leur en donnc davantages &c fe Le bout de l'arbre qui fert d'axe à la
court rifque de les voir fe courber neceffaire granderoué, ne porte point deTambour,
ployer au milieu. Iln'eit Bep pente; un mais uneautreroué, qu'on appellerouét le
de ieur donner beaucoup
toifes; ou lanterne, qui fert a communiquer
pouce fuffit fur quinze ou vingt la mouvement de la rou€ au grand Tamil faut referver toute la pente pour laiffe bour: cettc extrémité eft Toûtenué fur
gouticre, où eft T'ouverture qui bon de un chaffis planté en terrc à un pied de
tomber l'eau fur la Rouë, il eft
diftance du bout de cclui que porte la
donner à celle-ci autant de pente del'cau qu'on Table & les Tambours, failant une lipeut,, afin d'augmenter la force pour ainfi gne droite avec eux.
referver toute la pente pour laiffe bour: cettc extrémité eft Toûtenué fur
gouticre, où eft T'ouverture qui bon de un chaffis planté en terrc à un pied de
tomber l'eau fur la Rouë, il eft
diftance du bout de cclui que porte la
donner à celle-ci autant de pente del'cau qu'on Table & les Tambours, failant une lipeut,, afin d'augmenter la force pour ainfi gne droite avec eux. Cechafliselt & de deux com- en-
& del'obliger àle precipiter;
pofé de deux montans d'en haut
la
dire, avec plus imyetuolnifnlare tre-toifes, dont celle
porte de
L'ouverture de la Bantierciefamenvee crapaudine s dans laquelle lc pivot
CAomeSOEEnt del'eau, elle l'Arbre tourne; elle eft mobile8cfep des epeut coins
trémité, quieft fouslecours dansune en- hauffer & baiffer rainure le moyen qui eft praSnrciesingnontonthaed deflous quel'on met dans N
enHRaneemitened
tiquée en dedans des deux montans: l'Arbre eft
de la gouticre: fur cettep allez plancheonat- pefant pour viron à deux pieds du pivot de
fur Rowi de
tache un bloc dep plomb de l'cau
percé de deux mortoifes quatre renconlui faire furmonter) la force
par
pour recevoir deux pieces tre aufa pefanteur, quand on lâche la fermant corde cinq de de mémes dimenfions, qui font trement
car c'eft en
foûtenir les Rouét Os
TEEN
qui la tient levée, arrête le mouve- la croifée, & qui fervent compolent à
une Lantercctte ouverture qu'on
de ceintres ou courbes, qui
rouë n6. ment du Moulin, enempéchantl'eau. --- Page 551 ---
TRIC --- Page 552 ---
Tim.I.p4.363
A Chassis gui regirme
Heudin a Cau
les tambeurs.
droit.
B Grande Roiie agedets.
C Goutiere gui conduit
Isau sur la Roiie.
D Reiet ouL Roue de
rencentre.
E. Balancier
B
dre
ID artas
A --- Page 553 ---
8696. rouë de FRANCOISES DE
qui fert quatreàcing de roué de pieds de diametre, rouét LAMERIQUE à deux
appelle rouét,
Tencontre, elle eft qu'on l'autre de douze paremens éloigné on l'un de 166,
lanterne quand Diec eft double, fimple, le & te de quatre bras pouces, de
fe contenmetre de cette rouë depend de la hau- dia- les fortifier des croifées. chaque côté, fans
teur qu'on veut donner au chaflis
les point aufi ET faux ceintres On.nemer
tenernels-Tambeome
qui vuides des bras, parce pourremplir les
principaux bras, elleeft Outrecesquaire bes feules font fuffifantes que courme la grande roué, d'une fortifiée, double com- les dents. Onf fait les pour porter
fée foûtient les courbes font croi- paremens, où on les mortoifes enchalle danslcs
fse &c chevillées far fcs qui douze bras at- queutsquarreci, une à
par des
avecdes chevillerdefer, les courbes
refte entre les
chaque bout, le
trois.
, elleeft Outrecesquaire bes feules font fuffifantes que courme la grande roué, d'une fortifiée, double com- les dents. Onf fait les pour porter
fée foûtient les courbes font croi- paremens, où on les mortoifes enchalle danslcs
fse &c chevillées far fcs qui douze bras at- queutsquarreci, une à
par des
avecdes chevillerdefer, les courbes
refte entre les
chaque bout, le
trois. ont & de trois paremens demeurantr rond
rouë
d'épaifleur; & comme la
pouices de diametre, on les
Inelie petite, on ne les coupe point apellefuleaux: que lcs
ils s'engrenent auffi-bien
cireulairement tente deles ceintrer en dedans ; on fe con- balancierg dents eft du rouét, dans celle du
joint enfemble en dchors, &conles bour, & qui au delfus du grand tamlépaifieur de l'une en coupant & de la moitié de vement c'eft de la parleur roué fe moyenquele moules affembler fortement l'une l'autre pour grandRolle, &
communique au Raifon
On ajotte des pieces ceintrées furl'autre. du
Fattotjoursp plus
deux petits. Emo
des bras
côté
EmatEn
laiftent, Retpe remplir les vuides qu'ils lanternes, moinsf non pasque ces lerroliesquel dernicresfoient les
pour
fortes;
RE
cnaugmencante! leur fortifier les courbes, qu'il y a à mais à caufe de la facilité aux lances prés du bord épailleur, à trois pou- quandil en remettre les dents du roiet, ternes. mortoiles, où doivent exterieur, on perceles faciledans les manque, ce qui n'eft pas fi
desdents, dont lerouét entrer doit les queués
lanternes, qu'ilfaur démonon y en met ordinairement être garni, HENEERE parce qu'elles font enclavées lesf fufeaux,
tre, leur longueur eft de douzea vingt-qua deux paremens. Pour
entre la les
pouces; onlear donnet trois
quinze CC, la durée & la dépenfe, lefervice, c'eft formetre, &c on les arrondit poucesdedis- dans toute la prés la mêmc chofe,
à pcu
longueur courbes, qu'elles doivent avoir horsdes L'arbredug grandrolleeftp
deux Roivea
qui eft de
mortoifes, aun
percédec
4fler refte eft coupé en cing
: tout fus du chaflis pour pied ou environ au-def balan- pellie
ces en tous
quarred
pouporterdeux
Iacataer
fens, pour
exacte- de quatre fur trois
traverfes cier. ment la mortoife qu'on remplir a faite dans
l'une dans l'autre au pouces centre qui de fe croifent
deux ceintres, quiétant épais de les pour cela la mortoife de deffus Parbre 3
ces, laiffent encore déborder la fixpou- fois plushaute celle
eft une
la dent de trois à quatre
queué de de donner pallage que à la de deffous, afin
eft percé d'une petite: pouces, lerefte delfous étant entaillé fc traverfe, dont le
enfonce pour porter une clef mastolicbirlongue de bois, que Fon l'entaille fous.
ceintres, quiétant épais de les pour cela la mortoife de deffus Parbre 3
ces, laiffent encore déborder la fixpou- fois plushaute celle
eft une
la dent de trois à quatre
queué de de donner pallage que à la de deffous, afin
eft percé d'une petite: pouces, lerefte delfous étant entaillé fc traverfe, dont le
enfonce pour porter une clef mastolicbirlongue de bois, que Fon l'entaille fous. qui eft deflus la traverfe renferme de dans
bien ferrer autant les dentso qu'il eft neceffaire Pour aux bras On de fait la quelquefois la méme chofe defpour les affermir. contrelcs courbes &c blit. Le refte dela rotic, hauteur mais ccla les affoiLorfqu'suilicu d'un rouet on fait
fc eft fermé avec un
del la mortoilanterne, qui n'ef autre chofe une les deux traverfes l'une coin, fur l'autre. qui allujettic
qu'un deux traverfes
Ces
M m 2
fontquatrebras, quel'on
for- --- Page 554 ---
VOYAGES AUX ISLES
268 NOUVEAUX
faut augmenter la force du mouve- 16y6;
fortificencorep pardeux doubles croifees, qu'il à
qu'on veutaugmen16g6. extrémitez ment, proportion
taillées de manicre queleurs fetrouver der niveau ter fa vitefle. Obferpenchent affez pour des bras. La longueur de On nefgauroittrop; prendre la garde reparti- que vation
avec les bours
la diftance lesOuvriers fafent bien jufte
furles denis. ces bras eft déterminée par
mi- tion de toutes ces dents, & cqu'elles milieu. s'en- Il
quilyadepunl le grandrollejalquaut la lanterne. & fetouchent dans leurr
lieudes dents dur rouet ou de
huit grenent faut encore oblerver qu'ellest foient toutes
Cela peut aller depuis diamétre feptjufqu'à centier du de même bois, & avoir foin del les les
de forte
fertous! lesjours, non feulement
RETE
CRee dont cmte bras font lcs rayons, C'eft faire couler plust facilement, mais encore
peut-étre de fcizeà à
courbesqui
nourrirl le bois, &c pour! T'empécher
fur ces bras attache
pRen
balancier. On leur donne SeTE s'échaufer. de remarquer quel'arbre du. compofent
ARE
pouces de haut, fur cinq pouces J'oubliois
filong dans les MouTERA large; elles font aflemblées bienchevilles. à queué grandrollen'eilt lins à eau que chred les autres. On ne lui du
d'hironde, recouvertes, des douzebras
donne quc Gx ou feptpieds au-deffus
On lesattache aul bout dontlatétep plate R dbincuermrmened portant
des chevilles defer,, inferieure, & le bout eft unp etreiceam & attachée avec quatre
dans la partie
goupillefousune qui eft foûtenue desrondelles & desg sgoupercé pour recevoiruneg pourl les ferrer, &c chevilles fur defer, les deux-traverfes d'un grand
buplunoumarondees pourlesf faire bienaccoller les bras: elles pilles, chaflis de douze à quinze pieds de haut,
iont percées furl leurlargeur de tracées mortoifes en compofé de quatre poteaux.
& attachée avec quatre
dans la partie
goupillefousune qui eft foûtenue desrondelles & desg sgoupercé pour recevoiruneg pourl les ferrer, &c chevilles fur defer, les deux-traverfes d'un grand
buplunoumarondees pourlesf faire bienaccoller les bras: elles pilles, chaflis de douze à quinze pieds de haut,
iont percées furl leurlargeur de tracées mortoifes en compofé de quatre poteaux. d'unpied à en
de deux pouces cn quarré,
enfoncez en terre de fept huit
diftances égales à celles du roiet oulan- des quarrés, pieds, bienappuyez fur une folleaufien
terne, dans lefquelles on enchafle
terre, &cliez cnfemble par de fortes endentsde même grandeur, Rantacheesdels dei mémegrof- tre-toifes. Moulins, dont on fc
feur, demémefigure, façon que celle du roiet; mais Voililesdiferens) dans letems que
Uontienombreeio même
quatre fois plus grand, fervoitdanalAmerique
c'eft-à-dire, que quand Jyaidemeure. d'en faire un d'une
Nemire ou peus'enfaur,
dents, le balan- Pavois commencé
comme font
iedmis le roiiet à vingt-quatre
ce qui fait autre maniere, à peu près en
de
duroiet cier ent a quatre-vinge feize,
pen- ceux, dont on fe (ert beaucoup
cdaiaquatretoars,
d'Italic, 8centreautres
JAnCILT. gpelagranderoiciat le
rolle n'en fait qu'un. licuxdelrance, moudre le grain; mais
Caleal dant que grand ne laiffe pas cependant a Toulon, pour
Cc mouvement
avecdes etinrean : ce eft
dumow- d'être très-vif. On pourroit augmenter dus
vifs &c plus forts qui
vemens. en faifant lebalancierp pluspeplus necellaire, qu'il a une
fa vitelfe, même diamétre que le rouet, d'autant plus entre moudre d bled,
tit, 8cde
cela que tourner le granded difference
d'une même
ilne faudroit pour &c mettre fon plus qui cft toûjours à près
& qui
chaflis du Moulin, diamétre delaroué; groffeur, & d'unen fous EECeE la meule en même
longo côté vis-à-visle le
rolle feroit autant de tombe toljours des Cannes, dont la
peur lors la grand roues mais il faudroit aufli quantités, & &brifer la dureté font fort differentours
d'eau, parce grolleur
tes,
une pr grande quantité --- Page 555 ---
TOR --- Page 556 ---
tm.Ipg360
Couppe dune
Sucreric. de s2s
Fourneaur citernes
etappentis.
wW
a
-Appentis courrent lis gui
D 20 furneaur.
B
Pertes
maate
A.Limandes
Citernes
Citernes
pourporter
Za Prepre
los barigues.
B.. Fongfres.
B
Za Lyssire c. Bac pour
receroir Z
Phanchan pow
Z. Flambeau
Ius de
Cannes
Ze Sirep
Z Batteris
B
Portes --- Page 557 ---
1696. tes, & que FRANCOISES les Negreffes
DE LAMERIQUE
Projetde mangerau Moulin, ne qui donnent à pivoreftaccollé de
Ldatr jours en égale quantité, metrentpas les
toûdeugerpaudines en- 16p6
pourune neuzelle quelguefoise sen une
prefentant vent d'entre-toifes à ce
FRESE
e/pece de &clouvent en y mettantl quantiérationnabls les
viron à un Pied du petitchafis.
FRANCOISES les Negreffes
DE LAMERIQUE
Projetde mangerau Moulin, ne qui donnent à pivoreftaccollé de
Ldatr jours en égale quantité, metrentpas les
toûdeugerpaudines en- 16p6
pourune neuzelle quelguefoise sen une
prefentant vent d'entre-toifes à ce
FRESE
e/pece de &clouvent en y mettantl quantiérationnabls les
viron à un Pied du petitchafis. on
EnMoulins entiers, quand on Babeloindejess paquetstous à Ja Su- mortoiles, fait
& trois
fait quatre
crerie, ou
on
PAS
loriqu'eiles veulent avoir de quatreautres qui fervent plushaut à
en
T'avance, pofer. afin de pouvoir enfuite fe re- tantparlcbas, brssfgavoir,
parle haut, paler & au- les
La
T
de-feentederAngloini àlaGuadelou- p'anches minces & lefquellesone cloué des
pe,oujel leconfiruifois,
huit ailerons; Lhaomsneeree
lefinir, &cjen'ai
m'empécha de rentpasetrepolées maisces àp planches ne doice tems-là, en aiant pilereprendre été empéché depuis farlesbras qui font plomb, c'elt-a-dire,
décs plufieurs les occupations qui fe font fucce- par haut l'un far Pautre; mais rependiculairenet fi on
tour unes aux autres jufqu'à mon rede la premiere
au attache le
en France. Cependantf fig
premier bras,
planche haut du
envouloitf faireune
quelqu'un la même planche Hfudrasmacherlet au bas du
bas de
peudemotsla conftruction. épreuve, envoici en &cainfi
fecond bras,
L'arbre qui
ecellvement l'eau efto conduite
nes s'éleve pas au-deffus portelegrand du Tambour, femenccontre le milieu
fon
EEETCEEE
cuurémitéarrondied de
ou garnie chaflis; d'un
desailerons, &
fer, eftarrétécàl la
pivot PESCEEER fait tourner le Moulin avec
toifes du chaflis par une Eauteurdesenuer Demoifelle extraordinaire. une vitelle
vot, porte qui un collet de fonte, ou entre lepi- qui Moulins, Les avantages font qu'on peut tirer de ces
chevilles RanKCLRantE de fer mobiles. tent beaucoup confiderables: moins
I. Ils coû- Avam tages de
enchaffé
Letambour eft décrits ci-devant: 2. Ils que ceux que j'ai cesMox- lins,
affermi, rarnEnEes onle fait;
vire, puifquele
vont bien plus
ferqui paffe dans lc rolteri@arunecroiree fequene clespetits grandrolle, font
&r par conquiletermineà àl lac centredel'ambre, & lesailerons, 3. autant det
bour. Enfuite ondiminuél circonference lec du tam- rel'cau fur) la Ileft SEEARRE
l'arbre, &c on le reduit à fept diamétrede ou huit faire monter utientcintenes à feize ou
que dela
mentp pouces, afinqu'il puiffe paffer plus aifé- haut, comme il eft dix-fept pieds de
parune ouverturer
autres Moulins. 4. neceflire, dans les
lieudelat table qui doit étre pratiquée de deux au mi- cilement,
Ilss'arrétent plus fàces,
piepuifqu'on peut boucher tout
vant.
on le reduit à fept diamétrede ou huit faire monter utientcintenes à feize ou
que dela
mentp pouces, afinqu'il puiffe paffer plus aifé- haut, comme il eft dix-fept pieds de
parune ouverturer
autres Moulins. 4. neceflire, dans les
lieudelat table qui doit étre pratiquée de deux au mi- cilement,
Ilss'arrétent plus fàces,
piepuifqu'on peut boucher tout
vant. Sdclaasene Le:
j'aidécrite ci-de- Aatinee ourccit
hutincafpiadh, IRERTECE Pensaternatraumur
deffous la table, où reçû dans une folle DES
le faireagir: il eft porté palle furun l'eau qui doit
de SUCR E R I E S
chaffé mité, dans le pivor eft à fon ceufen- extrékaregepagr. bienencattréed quitourne dans fur a platine acerée, voifines Les Sucreries des
font de grandes falles
au fond dela tofle, un ou petit chaliquie
Moulins, &cqui yfont queltenir toûjours bien à canal, & pourle queroisatschewnar dieres,
fonti fcelléeslese schauplomb, ce méme rife danslefquelles on reçoit, on
Mm &conreduit 3
cn Sucre par le moyen pude --- Page 558 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16y6. dela cuiffonleftcdes Cannes qui ont été cinq chaudieres,e elles
être
écrafées au Moulin. tées à un
mais peuvent fi
mon- 16y6,
Di/pefi- Quandi les Sucreries ont des Moulinsà
pignon,
elle en a davantiondes
tage, on doit les placer fur
four- eau, ellesyfont d'ordinaireatachees; au- parce que chaque chaudicre unlongcôté,
neaux tant qu'on le peut, on les doit fairede ma- iept
de
des Su- çonniere, & onles doit difpofer de mapicds terrain, c'eft un efpecc
ae
creries, niere, que les bouches des fourneaux trente-cing qui cft
pour cinq chaudieres,
foient
pour
TIEAST
totjoursfouslevent, c'cft-à-dirc, Batiment, & croitroit lalargeurd'un exorbitamfeur qu'ellesdoivent du
étrecauvetrsparfépur ment, fi on .tLs le nombre
bâtiment, pour n'être point cX- chaudieres. decing
pofées au ventalifé, qui fouffletolijours Suppofons donc une Sucrerie à
depuis le Sud-cftj tjufqu' 'au Nord-Eft. El- chaudicres montécs au
cinq
les doivent êtrel hautes & bien percées,afin trente-cinq à trente-fix pignon, elleaura
que la fumée & les exhalaifons quis'éle- dans l'ccuvre, &c on pieds lui de donner large
vent des chaudieresayent la libertédeforpourra
tir, y étant aidécs parl'air qui entre par cingumicpieindelong) commode & propre à tous pour fes la rendre
les portes & parles fenétres.
icres montécs au
cinq
les doivent êtrel hautes & bien percées,afin trente-cinq à trente-fix pignon, elleaura
que la fumée & les exhalaifons quis'éle- dans l'ccuvre, &c on pieds lui de donner large
vent des chaudieresayent la libertédeforpourra
tir, y étant aidécs parl'air qui entre par cingumicpieindelong) commode & propre à tous pour fes la rendre
les portes & parles fenétres. Leurg gran- comme on va voir le
ulages,
deur doit être proportionnée à la quanti- vais faire de ce terrain. par partage que je
té de Sucre que l'on peut fabriquer en Lalargeur
fera
deux ou trois femaines. les cingchaudierese dupignon qui entreront occupéepar duter- Partngé
Soit qu'elles nc faffent qu'un corps de dansla Sucrerie, tant pourleur diamétrc, fixp pieds rain
birimentaveckMoulinin caujouqu'aiant que pour l'efpace
laiffe
d'une
un Moulin à Chevaux, elles en foient & lc mur, pour qu'on celui entre eft elles Sucreéloignées de cinq ou fix toifes au plus; leur bord & 1er perit mur qui les renfer- entre rit,
ellesdoivent toûjours avoir une
ou me au dedans dela Sucrerie qui parallelement
unefenétrequircgarde dedans, Eang que au pignon. C'elitout l'efpace renfermé
leRkafineurouSucriery puilfevoircequ'on entre Ces deux murs,
yfait, & y donner commodement les or- glacis des chaudieres. laiffe appelle enfuite le
&c
8.T
dresneccffaires; uncautre porte pour un chemin ou cfpace de neufa dix
en fortir les Sucres, &
les autres de large, tant pourle; paffage ou chemin pieds
ufages. Autant qu'on Erre peut, il faut d'une porte à lautre,
mettre
qu'ily ait une fenétre éclaire la der- les canots où le Sucre pour fe refroidit
niere chaudiere où le
Trer
achevedefe avant
SLC
cuire,parce que c'eft dans celle-là &cdans ou pour que plantér d'être les mis formes dans les barriques,
f voiline qu'il reçoit fa derniere perfec- plit de Sucre aufli-tôt squel'oniem- eft forti de
tion, & où par confequent il eft ablolu- la batterie, que la qu'il neceflaire
ment neceflaire d'avoir du jour. à ceux qui
aux place chaudieres. les Sucreries
Rciment
Quand
font de bois, on Toutlerefte de
Citernei
ne peut fe difpenferde faire de. Maçonneà celui où T'elpacejufqu'au font les pignon pour rerie le côté ou les chaudieres font mon- citcreuféjufqu'a oppolé
la
chaudieres, de
eevoir
tées avec deux retours dela largeur des fix pieds, & revêtu profondeur dans le fond & cinqà cconmêmes chaudieres.
les Sucreries
Rciment
Quand
font de bois, on Toutlerefte de
Citernei
ne peut fe difpenferde faire de. Maçonneà celui où T'elpacejufqu'au font les pignon pour rerie le côté ou les chaudieres font mon- citcreuféjufqu'a oppolé
la
chaudieres, de
eevoir
tées avec deux retours dela largeur des fix pieds, & revêtu profondeur dans le fond & cinqà cconmêmes chaudieres. C'eft ordinairement côtezdebonne maçonnerie, pouren aux fai- lorfi- farver
le pignon du bâtiment quel'on choifit reune citerne bien
ropi. pour cct ufage. qui conferve bien stunchée,cefb-a-dire, les firops
tomSi l'on fuppofe qu'une Sucrerie ait bent,fans qu'ils puiffent couler&cleper- qui y
dre --- Page 559 ---
166. dre dans la FRANCOISES terre, On
DE
avec
couvre ce
LAMERIQUE
des foliveaux de quatre vuide on accommode les
quarré, éloigné
pouces en tréc, parcequ'onelt fourneaux ouleuren- 1ig6,
ces, &entretenus ntinenbmie dans deux loles adof- lededans desarcades obliged'ouvrir les
tout
fces, termine l'une au pignon, & l'autre au mur der. Onvoitaflezdes
accommola
&c on
obligé de creufer en
l'on eft FourRELEE
3: maniere citerne,
les éleve
terre pour trouver neaux,
qu'elles foient un demipied, Tasdatoumetend ce quieft une
leur manuenviron,dudelise du niveau dePaire deincommodité faut
gran- tiere o
dareledelaSuerene. toute
On les entaillede que dans le tems Re pluies éviter, les caux parce lnarpra porrion. font encatlréessmais l'épaifleur des foliveaux où elles amalflent, chent les gâtent les cendres,
s'y
Point, afin de les pouvoir on nelesy cheville Quand on Negres bitit de faire leur &cempé devoir. prendre C'ellfure ce qui fe trouve dans lever laciterne. pour prendre tellement une fes Sucrerie, mefures, il faur
guesdes Sucre reesfoliveauxg brut qu'onmetlesbarri- bouche hors de dcs fourneaux foit à trois que pieds la
gent, e'e-a-dire, pendant pendant qu'elies
cendrier terre, foit élevéc afin que l'ouverture du
Suetinbpunpet au giain que du le Eop du rez de chauffée d'un pied au-deffus
s'cn fepareéc tombe dans la citerne. Sucre, On vre les fourncaux. detappentiquleou
ly coaferve, ou pour faire de
fourneau doit avoir Labacledttene
vie, bilcté ou pour faire do Sucre, fclon Peau-de- l'ha- quarré. vingt pouces en
dul Rafineur. Mais
de taille Leicileficompaed d'un
on
ed'unepicie
vaille au Sucre blanc, on couvre quand tra- largeur du mur; pied &c d'épailleur & de la
liveaux avec des
les fo- plus
pour la conferver
on arrange les planches, fur lelguelles bolaqur'onp long-tems, & émpécher que les
mes,
portent les for- lesf fourneanx, palledefius nel en les jettant dans
l'on
oFaEts Ser
blanchir,quel'on la Sucrerie
laiffe Fa veut dans fer.
epicie
vaille au Sucre blanc, on couvre quand tra- largeur du mur; pied &c d'épailleur & de la
liveaux avec des
les fo- plus
pour la conferver
on arrange les planches, fur lelguelles bolaqur'onp long-tems, & émpécher que les
mes,
portent les for- lesf fourneanx, palledefius nel en les jettant dans
l'on
oFaEts Ser
blanchir,quel'on la Sucrerie
laiffe Fa veut dans fer. fon dedus de deux larompent, ou trois. on garnit
Dimanche matin, jufqu'au Samedi au foir ou droits Cc de feuil eft porté fur deux bandes de
la Purgerie, car de qu'on lc laiffer le tranfporte à laiffent méme entr'eux matiere, ou de brique pieds
tems dans] la Sucrerie, on plus iong- 3: vingr
une ouverture auffi
de le voir s'engraiffer par courroit les fumées rifque & te ouverture poucese qu'on senquarré, retire les c'eft par cetfans parlesexhalaifons ceffe des onétucufes fortent charbons qui tombent du fourneau cendres &
des fenétres à Chaudieres. ce
Oni : encore Par-là pallantaut atrawendegriles &c'eftaufi en
chécs & quis'ouvrent pignon, en dehors qui font atta- neau pour que l'air s'introduit dans le fourrien ôter del
du dedans, oû pour ne je viens de allumerlebois. parler,
Le feiil dont
s'attachent Rtaee crochets
elles droits de
porte deux
font fermées. quand elles geur, de méme pierre de taille de méme pieds lartées Lepignono doit ou lesChaudieresfont mon- pouces de hauteunyfarl épailfeur, & de vinge
des qu'il étre doit contenir partagé en autant d'arca- neau. lc linteau gui forme uohelspnast la bouche du. fouraandypratiqueries bouches de Chaudieres, pierres Hlfutprendrc de taille garde que touresles
des fourneaux. On fait ces &cles arcades évens conftruction desf qu'on employe dans la
pierre de taille de toute
de ces, & ne foient fourneaux, foient doumur : clles fervent à le foûtenir, l'épaiffeur du ouàfe calciner. L'aire pasfujetresia s'éclatter
quand neaucft compofe dep pierres oul'atre de taille dufourd'un
Pied --- Page 560 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
thps. pied en quarré, entre lefquels on laiffe Lefourneau étant élevéiune hauteur 16y6,
trois pouces de vuide pour lc paflagedes fufifante, que le vuide qui reite au de Maniere moncendres &del'air. On lc fait quelquefois milieu de Rromd route foit exactement rem- ter les
def fer fondude quatre
en quarré, pli, eny polant la chaudicre, &l'y fai- Chawque l'on éloigne l'un Deisone l'autre de deux fant delcendre du ticrs defal hauteur; on dieres. pouces. Mais cette dépenfeelt confidera- Ty: arrête après l'avoir bien mis de nible & durepeu, parce que le fer fe con- veau, &c on laf fcelle tout autour: avec des
fomme aifément par Pardeur continuelle tuileaux Scdes briques, fans y laiffer auduf feu qui ieft allumé nuit & jour. L'aire cun vuide: : furquci il faut bien prendre
du fourneau eft ronde, & fon diamétre garde que les Maçons garniffent bien la
par le bas eft égal à celui du haut de la circonference del la chaudicre, depuisfon
chaudierequidoity y étreplacé.
laf fcelle tout autour: avec des
fomme aifément par Pardeur continuelle tuileaux Scdes briques, fans y laiffer auduf feu qui ieft allumé nuit & jour. L'aire cun vuide: : furquci il faut bien prendre
du fourneau eft ronde, & fon diamétre garde que les Maçons garniffent bien la
par le bas eft égal à celui du haut de la circonference del la chaudicre, depuisfon
chaudierequidoity y étreplacé. Le refte entréedansla voute du fourneau,julqu'a
du fourneau eft compolé dc pierres de fesbords, avcc del bons matcriaux qui retaillet taillées en ceintre dc voutef fpheri- fiftent au feu, fans fc fondre & fans s'6quc,, &cfhit à peu préslaméme figure, fi grener,comme font lcs cailloux &le tuf
elle étoit parfite, que fait la chaudiere parcequequande cela arrive, il fc fait des
qu'elle renferme : mais comme la chau- vuides où la flâme entre, & qui ne
Smpypmeni-sogiant trouvant point d'iffué, comme elle fait
du fourncauimparfaite&cronquce. autour dc la partic de la chaudiere qui
furd mcilleures pierres qu'on puifle em- eft dans le fourneau, brûle la chaudicre. ployer pour faircces ceintres, queles Ma- C'eft à quoi on ne peut étre trop exaét,
çonsappellent Serces, fontles pierres de non-feulement à caufc dela perte dela
taille grifes, tendres, qui ne s'éclattent chaudiere, mais encore par ie retardecaut feu, & quitiennent de la nature ment que cela.caufe, quand oneft obligé
S pierre-ponce. Onfcf fert de briques d'arréterlc-Moulin & de cefferà fairedu
quidurenta affurement plus queles pierres Sucredansla bonne faifon, pour démonquand clles font bien faites. A huit ou ter une chaudicrc, & raccommoder
neuff pouces au-deffius des grilles, &àun un fourneau; ce qui EROR un retardement
pied & demi de diftance de chaque côté & une perte de quinze jours au moins,
delat bouche, oncoupe dans les ferccs des parçe qu'il en faut du moins douze à la
ouvertures de quatre à cinq pouces en Maçonnerie nouvelle pour fc fécher, alluquarré, qui fervent d'entrées à un canal avant que dc pouvoir en fûreté y
quife communique avcc ccluidela chau- mer le feu. dicre voifine, Sinencempelcplagen La grandeur des chaudieres eft diffe- Noms
dont lifuéeitdanslemur entre les bou- rente : elles diminuent dediamétre 8cde XEOSA
ches des fourneaux, mais environ deux profondcur à mefure qu'elles s'appro- Chapieds plus haut: c'eft cc quel'on appelle chent de celle oûl leSucre reçoit fa dcr- dieres. ics sévens, par oû la fumée des fourneaux niere cuiflon: dansun Equipagede cinq
s'exhale. Onlesfaitdebonnes briques, & chaudieres, y compris la batterie, la
&c
on faitavancer huit ou dix pouces en de- premiere qu'on: appeilela grande, qui
hors une pierreauedclfus de leur ouver- l'efteneffet plus quelesautres, a quatre
ture, pourrabartre: la Aime qui en fort, piedsde diamétre, 8cla quatriéme n'ena
quani ils font bien échauffcz, & pour
deux & trois quarts.
faitdebonnes briques, & chaudieres, y compris la batterie, la
&c
on faitavancer huit ou dix pouces en de- premiere qu'on: appeilela grande, qui
hors une pierreauedclfus de leur ouver- l'efteneffet plus quelesautres, a quatre
ture, pourrabartre: la Aime qui en fort, piedsde diamétre, 8cla quatriéme n'ena
quani ils font bien échauffcz, & pour
deux & trois quarts. Leur profonempécher qu'eile ne monte julqu'a la jee faic a peu prés les mêmes Froporcharpente de T'appentis. ticns, detorte quel A lagrande a trois
picds --- Page 561 ---
FRANCOISES DE
t6p6. pieds deprofondeur, la quatriéme n'en vouloit PAMERIQUE
auraque deux. Onneles met pas toutes
faire monter le feu fi haut: au
deniveau. On
lieuqueies trois autres étant
16y6. ce&demi depentea Aebeneedantrunposr à chacune, commen- aveedugrosbois, &cleurst fourmeaux échauffées
çant à la batterie, afin que le firop EnseaHd plus
acaufe queles diametres étant des
seweenbouliant, Res'extravale,
qu'ils
vers celle eft à côté, fanslapouvoir EE f il faut recompenfer renferment, cette lefontauf- diminugâter E mélange, comme celaa arri- vation, tion duc diametredu afin
fourneau par fon' éleEOLE pentea alloitdesp premiereschauque la famme fort du
dieres, moins où levelouc ou jus de Cannes eft ronne bois, ne bien foit tout pas étouffee,
envipurifié, &sil
le
-
ohilleft
tomboit danscelle
dans la fond de la chaudiere
AinG dans davantage, une Sucreric ou entierement. de
&qu'elle quiparoit yagife le capacité du fourneau,
dieres la batteric eft plus haute cinq chau- la plus vivement qu'il E poflible. fortement & le
grande d'environi feprpouces,
Cesproportionse obligent
fi
reque leglacisqui environneleschau- EStaat jours d'augmenter la hauteur prefque des toûdieres, elt de deux pieds & demi
desc schaudicresavecdess briques bords
haut le pavé de la Sucreriedevantla plus reaux quel'on taille, êcquel l'on s8edescarEmt il ne fera pas élevé de deux maniere qu'en faifant le tour des polede
neauxn'eft picds devant la grande, L'aire des four- diametre cllesen augmentent en
conliderablement bords le
quela diftance Pas non plusdeniveau, parce augmentation l'évafant. un On appelle cette Euvage
del la chaudiere, depunaneugunifens doit étre plus
nairement celui del éuvage. On fait ordi- pair aitla batterie, gu'aux quatre autrcs grande chau- à de taille, afin qu'il labatterie, foit plus de pierre fror
dieres, en diminuant de deux pouces à gu'y aiant moins de joints propre, & teur des
chacunc. fontfaitsd de
del briques, ily squ'iceux ait aufi qui res, chandieAinfi dans la fappofition
danger que le mortier
moins
rie à cinq chaudieres, la batterie d'uneSucre- doit s'engrene end cuifant, & qui lesjoint,
dire, avoir vingt-huit pouces de feu, c'eft-à- autres cre.
fror
dieres, en diminuant de deux pouces à gu'y aiant moins de joints propre, & teur des
chacunc. fontfaitsd de
del briques, ily squ'iceux ait aufi qui res, chandieAinfi dans la fappofition
danger que le mortier
moins
rie à cinq chaudieres, la batterie d'uneSucre- doit s'engrene end cuifant, & qui lesjoint,
dire, avoir vingt-huit pouces de feu, c'eft-à- autres cre. Onjointt touslese cuvages tomnbedanslesu. les uns aux
jufqu'au SET depuis de la la faperficied des grilles petit mur depuis interieur le mur duj Pignon julqu'au
avoir vingt-buitpotes chaudiere, il doit y Teauxsjufezden maniere par un Pavé de cardant que la grande qui dedifancesp cft la
échape de la batterie, edete le dans firop
n'enauraq
La
quieita
deli
quedixhuit. &
rERTE
diminution vient de deux raifon caufes: de cette qu'a la grande. côtéd'elle, ainfi de fuite juf
miere, quel la grande chaudiere laj
où Ilya lon des Sucreries, far tout
pourl'ordinairce
ne
AERE
cravaille qu'en Sucre celles, Dallesu
lesoudest bagaces, thegsenecamet & la fccondearec du où l'on pratique une dalle faite brut, dalos
menul bois, cest matieres nefuffiroient pas carreaux, ou. avec des pierres de avec des pourre- cezcir
pourleséchauffer. affez, &c pourles faire danalépaifeurday perit
taille, les écise
bouillir, G elles étoient plus confiderable- renfermel les chaudieres, coyrinemerant mes. ment élevées au-deflus de l'âtre de leurs metleurs écumes, àr melure danslaquelleon les
fourneaux. La feconde,
leveavecl les écumoires. qu'on ende leurs fourneaux quelagrandeur donneàcerte dalle, les fait Laj pente
trup grande quantité confommeroit de
une conduit dans un
couler, E
matiere, fi on goutiere qui les refervoir, Porte à la ou dans une
Nn
Vinaigrerie. C'eft --- Page 562 ---
274 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
1696. Gshain@geemryelicklicnt ioàl l'onfait bien on la feroit cinq ou fix fois. 10yh,
TEa-deviogtimonaihé feroit mieux Les chaudieres font de cuivre
appellé un Dittillatoire. Mais cette ma- leur épaiffeur feregle leur rouge; Matiere
nicre de dalle ne m'a jamais plû,8c jel'ai Une chaudiere du par de trois grandcur. li- cpoids des
ôtée denos Sucreries, &cde cellcs ouj'ai vres fera épaiffe environ Poids comme cent un Ecu chauété prié de faire faire quelques repara- furle bord, & plus de deux fois autant dieres,
tions, parcequ'elle rendrotjours) legla- dans le fond. cis mal propre, & fert de pretexte ou Les batteriesfont
d'excufe aux Rafineurs & aux Negres, fes; elles font fonducs, beaucoup & tout plus épaifquand onles reprend dup peu de foin qu'ils piece, au lieu les autres d'une
ont de tenir le glacis bicn net.
iffe environ Poids comme cent un Ecu chauété prié de faire faire quelques repara- furle bord, & plus de deux fois autant dieres,
tions, parcequ'elle rendrotjours) legla- dans le fond. cis mal propre, & fert de pretexte ou Les batteriesfont
d'excufe aux Rafineurs & aux Negres, fes; elles font fonducs, beaucoup & tout plus épaifquand onles reprend dup peu de foin qu'ils piece, au lieu les autres d'une
ont de tenir le glacis bicn net. J'avois iont de pluficurs que battués chaudieres
fait couvrir tous ceux de nos Sucreries tcau, & jointes enlemble pieces avec des au clous maravecdes nappes de plomb,tousunis & fans rivezâtête plate:
des
dalle, & jefaifois mettrelsécumesdans quand on lés achete Leprix aux Hles, chaudieres,
des bailles, c'elt-à-dire, dansdesefpeces comme celui de autres
fe regle
Meilleu- de demifeaux fans anfe, de huit pouces felonletems de Faix ou marchandiles,
rema- niere dehaut fur quatorze à quinze dediame- quantitédont
deguerre,felonla
pour tre, que P'on tenoit à côté de chaque chargez,s felon Hlelachaniventcunemt que ceux
tenirle chaudiere, & que l'on vuidoit felon la peuvent les
quilesachetent
glacis qualité des écumes. ou dans une goutiere long-tems le payer comptant,oue en differer
propre. qui les portoit à la Vinaigrerie, ou que quarante-cinq payement. &àc cinquantefols J'en ai acheté i
T'on refervoit dans des canots ou dans pendant que jeles voyois vendre lalivre, à
une chaudiere montée exprès & feparée tresjufqu' aquatref francs &c
d'audesautres, oùr on les failoit cuire tous les Quelques années avant davantage. Chaumatins, commejele dirai en fon lieu. deslfies, ony avoitapporté que des je partiffe dieres de
Lesglacis de catefonteienstoyenca. res de fer. Xa en avoient chaudie- ferleur
cilement, Kjiebdweseocdicibolus difoient qu'ils s'en
bien. acheté, A la commo- dité e
d'yavoir Poeil, fanss'en
COCHAE
rapporter beau- verité elles ont celadecommode
leurs
conp aux Rafineurs & aux Negres qui coûtent peuyqu'ellcsnefonty qu'elles à difants. l'oublient fouvent, ou le negligent aux febrûler, & quequandon pasfujettes
depens du Sucre deleur Maitre, dans le- linle Samedia minuit, on arrétele n'eft Mou- obliquelces écumes retombent, & ne man- géde lesi remplird'cau, comme
de le
de
ESIco
quent jamais
gâter. Rien au refte cuivre, quifebrtleroient fans cette
n'eft plus aifé que det tcnir le glacis
caution.
, ou le negligent aux febrûler, & quequandon pasfujettes
depens du Sucre deleur Maitre, dans le- linle Samedia minuit, on arrétele n'eft Mou- obliquelces écumes retombent, & ne man- géde lesi remplird'cau, comme
de le
de
ESIco
quent jamais
gâter. Rien au refte cuivre, quifebrtleroient fans cette
n'eft plus aifé que det tcnir le glacis
caution. Mais elles ont taufi ces prépre, auffi-bien que les chaudieres,
unecucil- défauts,
qu'il ne faut que jetter une baille
Smsreaidhabaichafins les
E
dansles chaudieres à mefurequ'onlesvui- lerecd'eulfoidefufit dre, deforte que l'on eft pour contraint faire fende, la laver & fonterayecunbali,anufi- voir toujours une chaudiere de d'abien que fon cuvage & fon glacis, &cre- pourlagrandeouy premiere
cuivre
tirer l'eau avec la cueilliere, pour être cequec'eitdans celle-là chaudiurepar
affuré que le Sucre ne s'engraidera point, des cannes sen fortant du bac quetombe ou du lejus
&ne contraétera aucune mauvaifequali- où ilaétéreçà en tombant de la canot,
té, ni aucune ordure : fans que cette D'ailleurselles font toûjours table. manceuvre confomme une demic-heure la graiffe du Sucre & les
crafleufes,
de tems en vingt-quatre heurcs, quand chent facilement, & ne écumes s'en détachent s'yattaqu'a- --- Page 563 ---
1696. FR ANCOISES DE L'A
écailles qu'avec qui pcine, tombent Aenpodientancretliaks de bois MERIQUE on failoit bouillir
des & échauffées. Entroifiemel quandellesfont licu, yui- el- marmites. Lerôtife faifoit cinq à la ou fix 1696,
les font totalement inutiles
elles par
bouche
font fendués, &con ne peutnilesracom- quand
qui emam-pasmonan fe tiroienr, & fervoient de de lan- fer
Nox- moder, nilesemployer a aucun ulage. diers pour porter 10t broches. On avoit
TeaNx Depuis mon départ des Iles on a
ménagé un fourfousi lar
&
Fourmis autres commoditez. rampe quelques
MANX. Hortecionnio febien, & quiconfomme pcu
1 C'eltp peut-être far ce
n'ai pasya ces nouveaux debois. Je banlesnouveaus fourneauxg modele qu'on a
ceux quim'en onrparlé, fourneaux, n'onr pin m'en & Habitans oncf fait faireà lears quequelques
donner une idée afiez diftinéte
dont on m'a affuré
Sucreries,
fare ici la defcription. Je pour en très-bicn. Commej jene qu'ils lesaip fc trouvoient
pourtantquecen'eil. qu'unc m'imagine n'ep Peux pàs dire
pasvûs, je
ou une extenfion des dimenfions correction, d'un Pour acheverTarticle davantage, des
fourneau fervoit de cuifine dans
Sucreries il Noms
Vaiffeau 3UR Roi,
un Amteuiewetdisetree deschaudieres deschaue
la defeription: la dontje peux faire ici
du
pour dieres
FourDARAA
Cetter
voici.
pourtantquecen'eil. qu'unc m'imagine n'ep Peux pàs dire
pasvûs, je
ou une extenfion des dimenfions correction, d'un Pour acheverTarticle davantage, des
fourneau fervoit de cuifine dans
Sucreries il Noms
Vaiffeau 3UR Roi,
un Amteuiewetdisetree deschaudieres deschaue
la defeription: la dontje peux faire ici
du
pour dieres
FourDARAA
Cetter
voici. lafabrique Dans Sucre, &c leur ufage. Sacre. dun neau pieds, large machines de deux, longued'environ &
cinq dieres, lesSucreries, celle
où ily a fix chauVaifiax, étoit compolée de plaques haute de fcr-i de trois, en fortant du quiregoitiejus bac ou du des Cannes,
deflus qui étoit
Son
canot; oà il a
de cinq ou fix ouvertures horizontal, de étoit percé iensienaema: lin, (enommelaGrande
du Moudifferentes, dans lefquelles grandeurs laplus grande de toutes. Elleefteneffer LaGrandes marmites, des cafferoles s'enchaffolent Ac
côté delag grande,
Celle qui eft à de,
inftrumens de cuiline, fjuitc& fi autres on Pappelle ainfi, fenomme parce la le Propre: pre. La Proprement, que la fumée du feuquietoit pro- Cannrymianrete &c
écumé dluei la jus des
denbus,nep pouvoit paffer. L'underboute aiant commencé à être
grande, la
éroitouvertder chinc,
tourcla largeurde la ma cendre&cp lepalle parl lad chaux qu'onyamélé, panfiépar on
pied de ANNneiee haut,
dans cette au.travers d'un drap enle mettant
tc de fer. L'autre, SieRemmotavecaner bout.n'avoit por: Sucreriesonl'ont chaudiere, du moins dans les
qu'une & comme, it eft travailleenSuerel épuré des
blanc,
Emraen tuyau pour'laifler palfer la fumée. Le ordures, & des
plus grofles
plancher ou l'atre n'étoit point;
dont il s'eft déchargé écumesépaifer dans la &c noires,
au-deffus del lar machine,
parallele cette feconde chaudiere
en maniere der rampc, & maisilmontoit fe
plus propre que la eft plus Eege nette
Paurrebout àun picd
terminoit à
premiere. lap On allumoit le feu un ipreadelafupcrficie ep dedans de guec'eti.danscclle.lie Eaereed La ue, Lufi
lapentedu portes, &cla fâme & ICal chaleur fuivant forte a jetterdansieVelto quel'oncommence unec ecertainelefive
long, échauffoient plancher, feportoiene toutle
quilefair purger, quienamalfeles
deffus d'eux, & comme tout cequi lef feu étoitau- immondiccs, fuperficie, oà & clies quilesfait font monter à la
fermés il operoit avec plus de éroitren- vivacité une, écumoire. enlevées avec
&deforce, demaniere quasectrespeu LeVelou, La quatriéme fenomme leFlambeau. Le
Nn2 qu'ony tranfporte de la troi- beau. Flamfiéme, --- Page 564 ---
276 NOUVEAUX VOYAGES AUX
1696, fiéme, s'y purific davantage, &comme teaux à
ISLES
il eft reduit en moindre quantité, plus canots, louchets, Sucre, pots, formes, bailles, 1696,
pur &p plusclair, & quele feu eftdef- : Dans les
pagalles, & balais.
leFlambeau. Le
Nn2 qu'ony tranfporte de la troi- beau. Flamfiéme, --- Page 564 ---
276 NOUVEAUX VOYAGES AUX
1696, fiéme, s'y purific davantage, &comme teaux à
ISLES
il eft reduit en moindre quantité, plus canots, louchets, Sucre, pots, formes, bailles, 1696,
pur &p plusclair, & quele feu eftdef- : Dans les
pagalles, & balais. fous cette chaudiere, eft plus 0E il fc tres chaudieres grandes Suereriesily a d'aucouvredel bouillons clairs &t tranfparents, les écumes & les particulieres poury cuire
qu'il n'avoit pas dans les autres chaudic- Les rafraichiffoirs firops. res. &
font de cuivre rou- Les RaLeSirep, La ciepiloccdapabicksser Le ge, ronds, leur fond eft tout plat; fraichif
Vefou qu'on V met en fortant du Flam- Kurdiametrechidepuis tre pieds, & la hautcur troisj du sjufgu'à qua- foirs. beau, y prend de la confiftence & du puis douze jufqu'à
bord eft decorps; il acheve de s'y purifier, & dedix-huit pouces. Ils
vient en firop. ontdeuxanneaux decuivre mobiles pour
La Bat- La fixiéme eft la Batterie. C'eft dans lesporter où l'on veut. Dans les bonnes
zerie.. cette derniere chaudiere que le Grop dymetrerafraichigies Sucreriesilenfaut au moins quatre, afin
prend@nentierecaitfon, 8cqu'onluiore travaille en Sucre blanc. firops, quand on
par cequ'ilpouvoit le moyen de) encore la leflive avoir & d'impurcté de l'eau de Les becs de corbinfont auffi de cuivre Les Bres
chaux & d'alun qu'ony jette. Lorfqu'il
les Jenefçaurois à mieux lesdépeindre de bin. Corapproche de fa
comparant une forme de
mmdrs
cuiffon, il jette de gros peau, dont on auroit
chabotillons, 8c. s'éleve fi haut qu'il forti- du bord au ras du coupélestrois quarts
roit de la.chaudiere, de fortequ'onefto- quatriémereftant cordon, & dont le
bigedetdleverenhauts tavecune écumoi- commcunbec. feroit allongé & courbé
rej pour lui donner de Pair, & pourl'em- pied de diametre, Ilsont huit ordinairement âr
un
pecherdelerepandre: & commecemouneufpouces de
vement reffemble à dcs coups qu'on lui cedelacirconterence profondeur; leurfond de cft lebec exdonneroit, ona donné le nom de
lept huit
EmtiN
rie a cctte chaudiere où il fc fait. Batte- ces; ils ont uneanfe ou poignée tufcer
Dans les Sucreries qui ont fept chau- biledeferoude quecôté. C'eftdans cuivre, atrachéedechadicres, on comptedeux Hlambeauxaulicu metleSucred enfortant ctinftrument qu'on
d'un, le grand & le petir. pour le porter dans les du rafraichiffoir,
Dansecilesquiend nont feulement cinq, iès canots, & le
formes, ou dansonn'y comptep point delellive, Ja
à
verferfans danger dele
en fert, &c'eitdans cette chaudiere Propre répandre leSucre terre ou fur fes pieds, parcé
l'on commence à jetter la leflive dansle que jufqu'au que lieu eft où conduit le long du bec
Vefou après l'avoir fairpafler au travers danger tombe.
ichiffoir,
Dansecilesquiend nont feulement cinq, iès canots, & le
formes, ou dansonn'y comptep point delellive, Ja
à
verferfans danger dele
en fert, &c'eitdans cette chaudiere Propre répandre leSucre terre ou fur fes pieds, parcé
l'on commence à jetter la leflive dansle que jufqu'au que lieu eft où conduit le long du bec
Vefou après l'avoir fairpafler au travers danger tombe. on le veur mettre fans
du drap. qu'il
Et dans celles où il n'ys a que quatre comme Les cucilliers laforme d'un font rondes à peu prés Les
chaudicres, la Propre fert cn méme-tems huit à neufp
chapcau; elles ont liers, cueildel lcilive &c de Rambesu, & l'on y cuit fept pouces poucesde de
diametre, & fix à
& purifieleVelou jufqu'à ce qu'ilfoit en bord' eft
profondeur; en
le haut du
état d'être tranfporté dans lelirop. fer, garni dehors d'un cerclede
Les uftencilles des Sucreries confiftent
qui après avoir environné toute la
enrafiaichiffbirs, en becs de corbin, en circonference, fe termine en une queué
cucilliers, écumoires, caiffes à pailer, faiteendouille, d'un pied de long, dans
Bancicts.bunisalcfinte,
laquelle on fait entrer, &c l'on cloué le
poinçons, cou- bout du manche, qui doit être d'un bois
droit --- Page 565 ---
PJCB --- Page 566 ---
rtt.
109.277.
Cueillier.
Ccunaire.
Ustancilles de Sucrerie.
Balay.
chei
aisse 2 passer.
B 20 de Corbin.
Formedemi
Batarde.
Forme
Bloc denafineur
ordinaire
Pot de
Refnerie. --- Page 567 ---
FRANCOISES DE
E696. droit & liant de cinq pied de
& L'AMERIQUE
d'un pouce & demi de diametre. long, Les metre. La
rGyt
cucilliers fervent à paffer le Velou d'une
Caiffe à paffer le Velou à quatre
chaudiereà l'autre : ainfi la longueur du trois pieds de long fur deux pieds & demi à Lacaife
manche y eft neceffaire pour puifer jufpieds delarge. Saprofondeureft de apafor leFejoue
qu'au fond de la chaudiere. On s'en fert quinzeadix-huitr pouces. Sont fond &cfes
auflipourp prendreles Sucre dans le rafrai- cotez,quidoivente être d'un bois liant, &
bin. chifloir, &ler mettre dans le bec de cor- qui net
point ce qu'on y met, font
Onlesfait ordinairement de cuivre Percez emRs trous de tarriere autant qu'on
rougeauffi-bien quelesécumoires. en peut mettre, fans les trop
Le:Ecu- Lulage des écumoires fe
après avoir été affemblez à affoiblir,
moires, fansqu'il foit befoin del ledire. voit Ellesi affez, fer- ronde & bien cloiicz.
ir, &ler mettre dans le bec de cor- qui net
point ce qu'on y met, font
Onlesfait ordinairement de cuivre Percez emRs trous de tarriere autant qu'on
rougeauffi-bien quelesécumoires. en peut mettre, fans les trop
Le:Ecu- Lulage des écumoires fe
après avoir été affemblez à affoiblir,
moires, fansqu'il foit befoin del ledire. voit Ellesi affez, fer- ronde & bien cloiicz. On attache queuë d'hi- aux
vent à enlever les écumes, & les autres deux bouts de fon fond deux fortes trinordures, font dans le Vefou,
glesdebois de fix pieds de
la chaleur 3 feu, & laforcedel la
loûtenirfurl lehautdu Glacis long, pour la
ont fait
miere &
LtE
monter
lat
ala fuperficie. On leur
feconde chaudiere. entrelapre C'eftdans
donne depuis neuf jufqu'à douze
cette caiffe qu'on étend le
fur
de
blancher,
bande diametre; 5 ledeffous eft fortifié
lequelonj jettele Velou après qu'il a été
de fer
écumé dans
Fote
fin compofe une quil'environne, qucué de & qui en- aut travers de cedrap, la grande, I ahnquenpalint y laifle la
pouces delong, dont le bout quinze eft à feize & les autres ordures
il
ouvert
grollieres, MELS
endouille, Pourrecevoir lei bout du man- pourroit Les encore étre charge. chequi des cueilliers. elt de même grandeur que celui
blanchets font tfitsdung drap Les
elles
Lediametre des
blaned'uneauine del large; on
blanfont
trous,done une aulne &
memidar
difference percées, eft different felon la fortifieron les demie croife dei long, & pourles chess,
les employe. deschaudicres, Celles dont aufquelles on d'une bande de d'un angle al'autre
on fe fert
doits
groffe toile de quatre
écumerlGrande, la Propre, &cla ESRE
sdelarge; on courtoutautourt unl lez
five, ont les trous beaucoup; plusg
del la méme toilede la largeur d'un
que ceux desautres chaudieres: leurdia- grands afin de pouvoir tirer le blanchet pied,
metre eft depuis une ligne jufqu'à trois. & d'autre, pour faire paffer le depart Velou
Chaquechaudiere doit avoir fa cueil- plus facilement, fans déchirer le blanlier, fon écumoire & fon balai. Cesin- chet commei il: arriveroit,s'il n'étoit
ftruments fe mettent de travers fur des fortifié par cette bande croifée, & pas
clolieza perches aux paffées dansdes fapports quifont cetourdetoilc. vir
ablanchetnepeur E
lesfont fommiersdelac charpente. Elpafferunechaudicre, après
élevées de cinq àfix pieds au-dec quoi RT Rr le laver, & le faire
fus des chaudieres, afin
avant
faire couler d'autre Vefou: fécher
modément y prendre qu'onpuiflecom- & y remettre car quand 135512 font mouillez, il
inftruments fclon le befoin. ces rien couler, deforte
n'y peut
Les Ee- On fait les Balais de
enavoir fix dansunc qu'on doir touljours
kais.
élevées de cinq àfix pieds au-dec quoi RT Rr le laver, & le faire
fus des chaudieres, afin
avant
faire couler d'autre Vefou: fécher
modément y prendre qu'onpuiflecom- & y remettre car quand 135512 font mouillez, il
inftruments fclon le befoin. ces rien couler, deforte
n'y peut
Les Ee- On fait les Balais de
enavoir fix dansunc qu'on doir touljours
kais. nier ou de Palmifte feuilles de Lata- leratifonnablement, Sucreric qui travailbout d'un manche de que fix Pon atrache au ver quequandlesblanchets. Ilfaut encore ont obferLa longueur des balais eft pieds de long. ou quatre mois, leur poil eft fervitrois ils
neufadix pouces furtrois d'environ de deviennent clairs &
brûlé,
pouces de dia- les, parce qucles parconfequenti tinutiNn
ordures y paffent aufi
fa- --- Page 568 ---
278 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
166. facilement quele Vefou, de forte qu'on entiere, aprèsquoiony met une couche
etto obligé de les changer, & de les em- compoféedes) herbes fuivantes, aprèsles Tliyhh
pleoyeradsutrcsulages, le milieu brûlé & degarni desqu'onenvoit de poil : & avoirbroyésentre avoir hachées. ces mains, &caprèsles
comme les extrémitez le font beaucoup Herbe à blé: c'eft
Econo- moins, & prefqueencore neuves,Pécono- par touffescommel le uncherbe quicroir Herbe a
mie mje qu'onen peut faire, eft de couper le
blé qui eft levé de- blé. gu'on
puisdeux outrois mois & à qui elleref
peut fai- blanchet par lemilieu de fal longueur, & iemble beaucoup. On arrache la touffe
refir les de coudre enfemble les côtez
blan- quiendeviennent ainfi le milicu, oppofez, ce etercakechrsincquiet fort; petite,
ghets. en augmente la durée. Surtoutes choles qui Cette La feconde fe nomme herbe à pique. Herbe
il ne faut
plantea une tige droite del
à pique. point dclezine cn ccla, parce feur d'un tuyau de plume d'Oye, lagrof
ces
qu'on n'employe blanchets pour la hauteur de quinze à dix-huit 8de
fairedu Sucreblanc,ou l'onne trop Son extrémité porte une feuille pouces. comme
prendre de précaution pourlcp purger, & celle de l'ozcille pour la couleur
pour lc bien nettoyer. Quand les blan- la confiftence,
reffemble & pour
chets ne font plus en états de fervir, on ment au ferd'uncl maisqui
entiereles donne aux Negres & aux Negreffes Latroifiéme eftla Pique. mal-nommée. C'eft La mal;
pour les aiderafe couvrir, cpour enve- une petite herbe déliée, finc, & frizéeà nomloper leurs enfans. peuprès commelescheveuxe
mie:
Cette forte de drap fe vend aux Ifles On met CCS trois fortes desNegres; d'herbes
felon leprix courant des autres marchan- portion égalc, avec quelques feuilles par &c
difes. Loriquej'y étois,on lesachetoisà quelques morccaux de lianne brûlante.
eft La mal;
pour les aiderafe couvrir, cpour enve- une petite herbe déliée, finc, & frizéeà nomloper leurs enfans. peuprès commelescheveuxe
mie:
Cette forte de drap fe vend aux Ifles On met CCS trois fortes desNegres; d'herbes
felon leprix courant des autres marchan- portion égalc, avec quelques feuilles par &c
difes. Loriquej'y étois,on lesachetoisà quelques morccaux de lianne brûlante. raifon de fept francs l'aulne. Cettelianneett
LaLef- La leflive qu'on jette dans le Velou la feuille eft uneefpece delierre, dont briilan- Lianne
five. pourlefaire
ellunedesplucim- le bois; plus ipongieux plus tendre, plusmince, lc lierre ed'Eu- & te. portantespartics
fcienee d'unRafi- rope. On
RACIE
neur. Onfefrtondinsirehent d'unbaril
écrafeun peul deL bois &cles feuilvuide de viande
Jesavantqued de les mettre dans le barril. ou d'autre denréc pour
Maniere
la faire. Mais lorfqu'on veut faire un Santoaohi-ane garnitlefond du barriljnfqu'à trois
vaifeau exprés pour cela, on lui donne cesdchauteur; on les couvre d'un poula
lit de
figure d'un cône tronqué, 2 on lui cendrede
LE
donne trois picds de haur & deux pieds fit la cendre pareille faite épailleur, du meilleur &l'on bois choi- Sucre,
dans fon plus grand diametre, en dimi-. ait brûlé, comme font le
qulon
nuant julqu'à lix pouccs pourle plus pe- bois rouge, le bois caraibe, chataigner, le
le
tit, au milicu du quel on fait une ouver- P'oranger, ou autres bois durs, railinicr, dont les
ture d'un demi pouce de diametre : on cendres & les charbons font remplis de
pofelebout decés vaifleau fur une fellette beaucoup de fel. On met fur cette coupercéeapropost pour le recevoir commo- chc de cendre une couche de chaux vive
dement : au delfous du trou on met un deméme
vaifeau pour recevoir la leflive à mefure tre couche ihw.tfnoclecunegr des mêmes herbes,aulquelles
qu'elle coule. on ajoite une ou deux Cannes d'inde ou Cannes,
Baril à Le Baril à leflive étant pofé fur la fel- de feguine bâtardc, amortics au
d'inde
Lafive. lette ou far un trepied, on en bouche le coupces Par rouëiles de l'épaifeur feu, d'un &c
trou ayecune
cagpe
gmancdepaillonguek Ecu. Cette plante yient fur lc bord des turde,
eaux --- Page 569 ---
1by6. eaux
FRANCOISES DE PAMERIQUE
Pouce mandomutnhugehrmair ou environ de diametre; fa d'un metre: càleur tête quieft ronde & 279. eft fort mince Scfort verte; le dedans peau eft bouton. On fe fert de bois caraibe faite en 16yb,
blanc, affez compacte, &crempli d'une enfaire, les
eft roide, & pour
liqueur extrémement mordicante,
3 preffées. qu'ila"
une
Rtel
le fait & vilaine tache, &cineffaçable Ret le Les Couteaux à mouvoir ou à remuer CouSafeuillee linge fur les étoffes, où elle tombe.
fort mince Scfort verte; le dedans peau eft bouton. On fe fert de bois caraibe faite en 16yb,
blanc, affez compacte, &crempli d'une enfaire, les
eft roide, & pour
liqueur extrémement mordicante,
3 preffées. qu'ila"
une
Rtel
le fait & vilaine tache, &cineffaçable Ret le Les Couteaux à mouvoir ou à remuer CouSafeuillee linge fur les étoffes, où elle tombe. caraibe; Sucred dans] les formes, fontaufidebois teanx
figure à celle efttout-à-fait dela Porécoul femblable pourla furdeuxt pouces on leurdonnetroisp de large piedadelong 01 mowveir àreelle eft plus verte & plus liffe, Bette, & fcs mais fi- extrémitez jufqu'à fix depuisl'une ou
des muer. bres sneleditinguent
Pourfervirder manche. Les fept pouces,
lest mer point dans Ja prefque leffive. on ne cinq lignes d'épaiffeur dans couteaux ont
herbes
ces en
font extrémement tber
diminuantvers
leurmilien,
mordicantes. Onn remplit corrofives &c couteau émouffé. lescôtez, en façon de
cendre, de chaux, & d'herbes, tainfilebarrilde Ons'enfertencorez à prendre la
jufqu'à ce qu'il foit plein, & on parlits let ter- dus Sucre, c'ef-a-dire, pour preuve
mine par une couche des mêmes herbes leSucre qui eft dans la connoîtrefi
bien broyées &c hachées. Quand
tiere cuiflon. Pour cet effet, batterica on fon enfert de cendres qui viennent de fortir on des fe coutcau dans] lal batterie, & après trempele Pavoir
fourncaux, & quifoncencore toutesbrû. retirétout couvert de firop, on letouche
lantes, froide on remplit lebarril avec del'eau aveclep lc pouce de la main droite,, & dans Com7 mais lorque les cendres font moment on appuye unj le
ment 07
froides, on fait bouillir l'cau avant
milieu de la méinc main la doigt du connoir
de la
du
EI
mettre dans le barril. On met que un pouceo eft le Sucre qu'on: aj partic cou- leduré
pot ou un autre vaifleau fouis le trou
teau. On étend enfuite le prisc du decwifeft bouché édepaille, pour recevoir l'eau qui ment,pour faire filer le Sucre doigt douce- eft Jonds Sucre,
qui en dégoûte, que l'on remet dans le attaché, & onremué
quiy
Qualité barril, &que l'on fait
pour fairer
doucementlep pouce
Reia
paffer fur le marc haur, romprelefiler; plusilf erompe
lefiue. ENLERALENE devienne fi forte,
cette lefive il a de c'efa-dire, cuiffon, &c près du doigt, moins
langue aveclet bout la mettant fur la plus il en a : c'eft plus en ce il Idemaurclongs
on
paslyfouffin,e qu'ellejaunilfel Rerd doit, nepuiffe itte toute la fcience des] Rafincurs. point que concomme fi c'étoit del'eau forte. ledoigt, toutes les Cannes ne demandent Car
Lorfquel les Cannest font vertes, & méme degré de cuiffon.
de c'efa-dire, cuiffon, &c près du doigt, moins
langue aveclet bout la mettant fur la plus il en a : c'eft plus en ce il Idemaurclongs
on
paslyfouffin,e qu'ellejaunilfel Rerd doit, nepuiffe itte toute la fcience des] Rafincurs. point que concomme fi c'étoit del'eau forte. ledoigt, toutes les Cannes ne demandent Car
Lorfquel les Cannest font vertes, & méme degré de cuiffon. Celles Pas font le
conféquent grafles &c dificiles à purger, par vertes,veulent celles
une cuiffon plus ete
qui font juftement
Anti- FERISEEEE reduit en poudre. leur
dans letems 2dE
moine admirablement les Cettedrogue dégraifle brut maturité,ou veut
iquil'ontpalfé. Les Sucre
crud. citlal leflive, &crendles Sucre; Sucreg mais elle noir- celui que l'on beaucoup doit plbs de cuiffon que
s'en fert ordinairement gris. Onne tant fous la terre. banchir, en le metbrut. que pour le Sucre demandent pasuneo Lesjeunes Cannes ne
Poin- Les poinçonsdont
que le
cuifonf fif forte. Lorfgens. cerles Sucre qui eft dans onfefert les pourper- impofible Veloucitg de s'alfuirer gras, & de qu'il fa file, il ett
de fer ou del bois; ils font de formes, la font lapreuve ordinaire; on doit la cuiffon
d'un pied &
longueur
dcs
atetfer
d'environ un pouce de dia- keremusatsreclaealin parlafigure bouillons qu'il jette, en
Si on levoit
bien --- Page 570 ---
280 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
i6g6. bien dep mecidiézc@tankeeey bientravaillées, elles font affez unies &
petites bouteilles furle dos delacucil- affez liffes, quoiqu'elles ne le
1696:
ler, commec dela femence de; perle, &c mais: autant que celles del Bordeaux. foient Cela jadelamémccoulcur, on conjeéturcalors provient de la terre
qu'ilàla cuiffon quilui convient; mais vriers; mais cela ne porte plûtôt aucun que des Oucetteconnoiffance eft beaucouppluse dif- ceau Sucre qu'ony met,
préjudificile, quand on l'alaifé paffer lon.degré
quinel lalepas
de cuiffon, parceque lors il file,8c debien.travailler, 8cd'étrefort uni. J'ay
ne fe rompt point. Le Teutr remedequ'ily Soesoasntremasnies plus que celles deBordeaux. cftiment
a, eft delé décuire, cC qui fe fait
ordinaires faitcs aux Iiles, ont Les formes
tant dans lal batterie deux ou trois ERE pouces de haut fur un
vingt-fix
de Vefou paffé, ou d'eau bouillante, &c Les bâtardes ont plus pied dc trois de diametre. de
recommencer à lc clarifier de nouveau. haut, & feize à
pieds
Eni un mot, ilyaf fouvent beaucoup à é- metre, mais on n'en dix-fept pouces de diatudier pourtrouverle veritable point de
faitg tguéres de cette
la cuiflon d'un Sucre,parce qu'ileft
clpece,parce grandes que lesordinaires font affez
lement dangereux qu'il en manque, léga- ou on employe pour les fervira bâtardcs. aux ufages, aufquels
qu'ilen ait trop.
ize à
pieds
Eni un mot, ilyaf fouvent beaucoup à é- metre, mais on n'en dix-fept pouces de diatudier pourtrouverle veritable point de
faitg tguéres de cette
la cuiflon d'un Sucre,parce qu'ileft
clpece,parce grandes que lesordinaires font affez
lement dangereux qu'il en manque, léga- ou on employe pour les fervira bâtardcs. aux ufages, aufquels
qu'ilen ait trop. Cars'il en a trop,lefi- Les poisque l'on met fous Ics Formes
ropi nep peut fc détacher du grain, éleSu- pour les fotitenir, &c
cre ne blanchit jamais, & quand il n'eft firop qui en coule, font pour recevoir le
pasaffez cuit,fon grain n'étant pasformé aux formcs
doivent proportionnez
tombe avec le firop, & caufe une très- ralement parlant qu'ils ceux de Bordeaux porter. Gene- font Potsde Sucreric. grande perte. trop petits, &c ne font bons
Formes LesFormes, dont on fe fert aux Iles,
où
les
dedife- fefont danslep pais, ou viennent del Fran- Rafineries, blesucrequ'ont
rentes
IEN
CC, 8cfur tout de Bordeaux. pas beaucoup des firop, au lieu queleSuepeces. resfontduneterrel
Cesdernie- cre qu'on fait aux liles,
blanblanchâtre, fort unies chit, en
&qu'onyt
&c fortliffes: Ilyen a de deux fortes: les de plus grands ayantbeaucoup, vaiffeaux demande aufi
ordinaires ont dix-huit à vingt pouces de nir. pour le contehauteur: des ont présdetrois les grandes piedsdeh qu'onappellebitar- Les pots pour être bienfaits, doivent
haut,écqua- avoir lefond oul'affiette
torze à quinze pouces de diametre. On le deffus de la bouche, large Scunie, &c
fçait affez leur
par celle des
coller, bien renforcé. appellele
de Sucre en
éviter
fat
qui AtEr Le tout RET de mettredesp pieds, commeen ont
d'y
forme en fa plus grandecirconference, eft deceuxde
la plupart
renforcé d'un ourlet de même maniere, étant poftiches, Bordeaux, fe parce que ces pieds
& fon bout pointudfunautrfosperce dans rendent cenfuite le pot detachentailéement,é inurile. fon milieu d'une ouverture de la groffeur Ccux qui fe font aux
ont
du petit doigt, parlequel le firops'écou- ou feize pouces de haut; Iiles, le diametre quinze de
le, quand le Sucre ayant pris corps, & leurouverture eft de
deétant refroidi on ôte'let tampon qui fer- mi,ouenviron; leurfonde quatre en pouces&c a
moit le trou, & ony ye enfonce le poinçon &cleurventre en: a
ledouble,
dela profondeurde fept ou huit pouces. Leprix dcs quinze & ou feize. Formes Les Formes quife font aux
font
pots des formes fe regle Prixdes
des HAes. d'une terre rougeitre; quand Iiles, elles font felonicurbefoin, dance oula difette ou plûtôt felon l'abonen a
Mrer
qu'il y aux Ifles. mes. Pour --- Page 571 ---
thy6. FRANCOISES DE
lepais Pourlordinairele fe vendentun pot Scla formedans la formedela LAMERIQUE main
28r
pris far lelieu où ils Ecu fe font.
es Les Formes quife font aux
font
pots des formes fe regle Prixdes
des HAes. d'une terre rougeitre; quand Iiles, elles font felonicurbefoin, dance oula difette ou plûtôt felon l'abonen a
Mrer
qu'il y aux Ifles. mes. Pour --- Page 571 ---
thy6. FRANCOISES DE
lepais Pourlordinairele fe vendentun pot Scla formedans la formedela LAMERIQUE main
28r
pris far lelieu où ils Ecu fe font. de trois livres, deladroite, & en coulant gauche, 8clechaffeoir IGy6,
Précau- tion
Avant que de fe fervir des formes
le long dela fuperficie de fonangleaigu la
on
avant de ves, ilya deux chofes ày faire. Lapre- neu- frappciurle fait
cerclequ'on chafle, forme, écqu'on
fefersir desfer- SAmaRrmaonE delianne, Pun au-deffous
cercles en faifanetourner defcendre égalemient la de tous côtez,
mes. qui touche le cordon de leur du coller, &c gauche. Quandlecercleeit forme avec la main
metre, lei fecond vers le tierdeleurlon- grand dia- maniere, autant qu'on le peut entrédecette faire enau-deffus gueur, eleseiliemecingoue de leur
fix pouccs treraveclec de la main chafféoir. Onprend la chaffe
des cercles, onfefert extrémité. Pour faire
gauche, & Pappuyant fur le
commel lep petirdoigr, d'une quieft lianne groffe Samerotnatiy deffus avec le côté du
onf frappe
elle eft pelée. grifeg
ce que le cercle foit challcoir, arrivé julqu'a du
fil; parcequef Onlappelciamned feiille
cordon dela forme. auprès
duperilkmatte
reffemble à
chofe qu'un
Lachaffen'enautre de
E
de. On la fend Belebhesncouppilere en deux, & gran- ou de barrique, morceau de douve del barril
faire deuxtours, dont le fecond on lui fait long fur trois ou fept àhuit del pouces de
Maniere ne lepremier. cordonquatre large. Si on
de met- clerune forme: LeRafineur quiveur cer- feleiededouverp plûtôt gued'autre chofe,
treles ouvrage,)
(carc'eft àl lui a faire cet
cercles
lapole fur
CORESEEESSET
aux fir- far fon plus grandd unbloc, & la met tnpoennCngs circonterence convexe del la micuxàla
smes. fetienned edreReddlememe idiametre, afin qu'elle fait la méme chofe aux deux forme. On
lefonde dela forme, & le bout Onlappelle cles, & on les fait toûjours autres ccrnommelatéte.I Lebloc eft un morceau Pointu fe qu'il ne faut pour l'endroit plus petits
tronc del boisdedeuxp pieds ou environ ou de deltine, afin lesyfailant auquelonles
diametre, à qui on donne un pied d'é- toute la forcc Lee ils font entreravee la
paiffeur, afin gu'il ait plus de folidité. leseuntencoucventest capables,
Onlefait porter furtrois ou
ilsy demeurent plus fortement Rrallongeint
d'environ deux pieds de haur, quatrepieds quand elle eft feche.
plus petits
tronc del boisdedeuxp pieds ou environ ou de deltine, afin lesyfailant auquelonles
diametre, à qui on donne un pied d'é- toute la forcc Lee ils font entreravee la
paiffeur, afin gu'il ait plus de folidité. leseuntencoucventest capables,
Onlefait porter furtrois ou
ilsy demeurent plus fortement Rrallongeint
d'environ deux pieds de haur, quatrepieds quand elle eft feche. La raifon attachez
pter ce quieft entré dans le bloc, fanscom- quelle on met cescercles, eft; pour latrouveainfi de trois pieds de haut. quife cher lesformes
pourempé. forme étant
La met leSucre tout defecrever, chaud quandony
grand
poléedellus, on metleplus Lorfqueles formes font laj premiere fois. a force ContEeneaibs avec le chafleoir &c la
raflemble toutes les
cafiées, on on cn ment Corg- c7
le chafleoir eft un coin de bois chafle, dur enleur placc, &conl pieces, lesremet racomshuità à dix Pouces de long fur trois de moyen des
lesyfit dont on tenirpar le de les
cCs de large, &cdeux
pou- des cappesqui coupcaux les
les couvre formes
parlep plasgrosbout. pouces d'épaifleur
tiennent en état, 8cdes cafean,
poignéeronde, lyaad cel boutune Snanbemmetine desmorccaux de
scappesfont
morceaud deb bois, pratiquée dec dans le méme les formes, goyavierauli longs
long, de forte
cinq àt fix pouces de qu'il ne leur refendus refte & dolez, de RadE
feize pouces de que long: lechafieoir On le aenviron fait
picce de quinze fols que depuis lépaiffeur un d'une
bois pefant & dur, afin qu'il ait plus d'un de qu'al'autre, qui eft tailléde maniere bout juf
coup, Squ'il duredavantage. Ontient un pouce de diftance du bout on laiffe qu'a
Oo toute l'épaifteur du bois, afin que cette
éle- --- Page 572 ---
EAUX VOYAGES AUX ISLES
1696,
282 NOUV
dont ceaux, parcequ'ils'imbibed dans les pores
élevation foûtienne lc fil d'archal,
trouve vuides; ce qui
1Gy6. onlie toutes les
enfemble. Cette delaforme, n'arrive pas qu'il quand ellc a trempé,
fe nommei tête ou lecrochet
&c imbibez
Actina
F
élevation
qu'ils fe trouvent pleins,
de la cappe. lescappest Punc auprès de cetteliqueur. Aprescela onleslavebien
Onafiemblel
delat fotme, d'oà pourleurd ôterl Redemagreicteneasdi & on les met tremTauteantourdelaséted de
les formes, les ont contractéc,
douze ou
eft venu le nom diroit leur FRTEU un cap ouune per dans l'eau douce pendant d'y mettre du
comme qui
avec unfild'ar- quinze heures, avant que toutes les fois
téte; onl les sliefortement dubourlet forme la téte Sucre: ce qu'on obferve quelques tems qu'elles
chalautour & ona pour edirn unetenail- qu'on yen met, On fait la même chofe aux
dela forme,
on tortille les ayentf fervi.
ouze ou
eft venu le nom diroit leur FRTEU un cap ouune per dans l'eau douce pendant d'y mettre du
comme qui
avec unfild'ar- quinze heures, avant que toutes les fois
téte; onl les sliefortement dubourlet forme la téte Sucre: ce qu'on obferve quelques tems qu'elles
chalautour & ona pour edirn unetenail- qu'on yen met, On fait la même chofe aux
dela forme,
on tortille les ayentf fervi. & de.les
le ronde, avec laquelle les arrêter. Ondi- pots, & ona foin del les lavers
deux bouts du fil pour
des
renverfer lal bouche enbas, apreslesavoir le
vife enfuite toutes les queuës
lavez, chaque fois
vuide nc
formc,
Rafineurs
LoCe
la
EEREC
fur convexitédelaf
étoit dedans. lierement fur les copeaux
a placez & qui vent jamais manquer de mettreuncercle du
fur lesfracturcs, Sconf ferre -ia
autour du rebord de la bouche
avec des cercles, da met
Scl'empéche de BVECLE
lescopeaux enauffigrand nombre qu'il eft necelfaire ceq quile quandi conferve il eft chargedunciormepleiQuandlaf fracture eft vers ter, Sucre. pourlesretenit. lef fond del la forme, on fe contente d'une ne dc Les formes ordinaires de Bordeaux deifor- Capacits
demie cappe, c'elt-à-dire, squeleerocher de la hau- peuvent tenir trente à trente-cinq & feché livres à mes. de la cappefe met àla moitié lors on ne Par- de Sucre, qui étant blanchi
reurdel claforme, & pourl mais avec l'étuve fc reduit à vingt ou vingt-deux le
réte pas avec un fil d'archal, mais quand livres. Les bâtardes en contiennent
un fimple cercie de lianne;
on double; mais comme on nes'en fert que
fente ou felûre,
les Sucresdefirop quifont! bien plus
Tnyaquunefimnie un copcau avec pour
deCanne, on ne peut
fe eonentedyappiquer Onfeferrdebois blanc pour legers que le Sucre rauj ce qu'cllese sen condescercles. comme eft celui dont pas déterminera jufte font blanchis,
faire des copeaux, douves des barriques, on les tiennent, quand ils
on fait les
courbé, ou à deux quecelad dépend
donner du
ERPalE
polit avec le couteau al'épaifleur d'une quiTatravails, qui peutl leur
mains, Sc on lereduit
grain, ducorps, &dup poidsà nous le proportion dirons cipiece de quinze fols. faut obferver à defonfgavoirs commer
e
Seconde La feconde des formes chofequ'il neuvesyeft deles faire après. Les formes des liles contiennent cincbjerua- l'égard
deux outroisjoursdans
foixante livres de Sucre, qui
siontow- tremper pendanto
ou T'on met le quante à
de fa
chantles lcs canotsr Sremplis d'eau,
écu- étant blanchi diminuea proportion
formes. jusdes Cannes, les grosfrops fermenter, 8cles &cpour qualité. deux lumignons Lamper
ics,, pourlesyfaire
Cette Onfefert de lampesà
in- o huris
en faire enfuite de TEau-de-Vie. fion la danstoutes) les Sucreries, & onyule ou de paur les
preparationeltf fi necelfaire, dansles que for- differemment delhuile dt remarqué poiflon, que Suere- ries. neglige, leSucrequifemer fifortement, qu'il eft Palma Chrifti.
, 8cles &cpour qualité. deux lumignons Lamper
ics,, pourlesyfaire
Cette Onfefert de lampesà
in- o huris
en faire enfuite de TEau-de-Vie. fion la danstoutes) les Sucreries, & onyule ou de paur les
preparationeltf fi necelfaire, dansles que for- differemment delhuile dt remarqué poiflon, que Suere- ries. neglige, leSucrequifemer fifortement, qu'il eft Palma Chrifti. J'ai deja coute davantage,
mcs, s'y amache de l'en retirer que par mor- quoique ecctte derniere
il
impotible --- Page 573 ---
FRANCOISES DE
kligo. il yavoit cependant plus de profità s'en LAMERIQUE
28;
fervir, tant parce qu'elle eft exemte des filtent neaux, font très-peu de chofe: ils neconhousr@edesordareie Phuile depoiffon, quife t trouvent dans fefemrpourp qu'en pouffer) perches, dont on thyh
queparcequ'elle dure
danslcfondo des
orthe
davantages & fait une lumierep plusvive fourncaux, doit
& l'y ranger commeil
Seplusclaire, chercher dans ce qu'on ne peut re- ter être pour Bert bruler, & pour jetmécs des chaudieres une Sucrerie, où TT fu- de fer, beaucoup long de de deux flâme; écd'unt morceau
l'ona grandbeloin de fontépailfes, lumicre &coù dont un des bouts fait pieds en ou environ,
raifon, furtout
pour cette dans une perche, & douille, entre
creblanc. quandontravaille en Su- courbé &c plat
l'autre qui eft rechaudieres, Onmetunelampes outre celledul Rafineur entre deux ces, ferràretirerlesc delalargeurded scharbons,
porte oàil en eft beloin. qu'il tomber les cendres,
SIEE
ceffaire d'avoir tant de lumiere Iln'eft; ne- les grilles. qui demeurent fur
"Em les
Sucreries, où P'onne travaille
Su- Les fourneaux font
cre brut. qu'en
d'un abavent en
toûjours couverts
Canots LeSucrebrutf feporte
cotécontrelemur appentis, delaS appuyé d'un
debois dansdesaugesouc canots del durafrsichifbir crampons de
Sucrerie; furdes
guifer- venede met à côté de l'elpace bois, l'on gné d'un pied fer, quil'en tiennent éloirafrai- Hntoraenknckes.iter que j'ai afliqe qu'on pafagea alafuméc. odarantage, L'autre pour donner
cbifoirs
Cesaugesou furdes poteaux de
côtéefl porté
pour le Serttafeersnts quel l'on
tel bois de
bois, ou furdes
Sucre brut. Polez àl la veut, parcequen'étant pas ex- maçonnerie ; fur lelquels on piliers
pluye, ilny a pas de
lafabliere. appaye
qu'ilsfep pourrfent. C'eft dansces danger canots les pour ces Onicfendafentesoud couvertures, &c deruilque leSucre acheve de fe refroidir affez doiles, que lachaleur feroit éclater. jamais d'arAosteng-etmue meonabefoin de couteaux Et com- creries Voilitout & de leurs cequ'on peut dire des Suvoir quand il eft dans les pourle mouuftenciles. aufi beloin d'un inftrument formes, on a DES
pour.celui qui eft dans les plus fort
DIFFERENTES
fered'unep
canots; on fe
elpeces de Sucre. celle dont pagalle on fe fert un peu plus petite que On peut compter dix
danslescanots, pourien pour remuerd'unt nager en mer differens.
oin de couteaux Et com- creries Voilitout & de leurs cequ'on peut dire des Suvoir quand il eft dans les pourle mouuftenciles. aufi beloin d'un inftrument formes, on a DES
pour.celui qui eft dans les plus fort
DIFFERENTES
fered'unep
canots; on fe
elpeces de Sucre. celle dont pagalle on fe fert un peu plus petite que On peut compter dix
danslescanots, pourien pour remuerd'unt nager en mer differens. Ilne
fortes de Sucres
al'autre du canot avant que de le mettre bout mette cette difference, urpasimaginer comme font que les je
enbarrique, foient bienmelez afin
&clefirop quienv Epiciers, vendent, leDroguitcs, & autres gens
ou dans la
n
eftformé,
quelegrain grandeur
dimalepotin,
Tch qui ne
ouqu'il aide
desformes, oudespains, qu'on
Louchets
encore. vascheterchezeux. Ceux
BRITE
dsfer On fc fert auffi d1 leuchets de fer de ainfi,
quien parlent
lorrafe trois piededelong, dont la pelle à
re, Aesnensaenne écrige. treponcnsdelargefturt rfix pouces qua- jedoschanitablemen AaMEn2IEaEZEST &c
pourg grater & faire tomber le Sucre delongs micux qu'ils le vendent lesavertirquil en
cft
s'attache en croute aux bords du canot, qui les Chrétiens, que d'en écrire la Marchands nature &
"pndhansaememiegts gros grain. nommé qualitez, comme a fait un Droguifte
Lesullencils, dontoni lefertauxfour- un gros Monficur Volume in Pomet, folio qui a compofé
00 2
de la nature de
tou- --- Page 574 ---
284 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. toutes les] Drogues, d'une maniereafaire tiere, facile àp purifer
plaifir, maisqui ne met d'autredifference produira de bon
&càcuirc, &c qui 1694. cntre) les Sucres, que celle qu'il a remar- Erquandi ile vezou Sucre. quée dans le poids des Pains qui font ve- qu'il la une odeur cftnoirâtre & épais,
nus à fa Boutique: de forte qu'on
c'eft une
forte, tirant fur Paigres
dire, que s'il ne connoit pas mieux P les, & marque quelesCannes font vicilautres chofes, dont il parle, qu'il con- de matiere que fucréc, bien qu'elles le foient remplies
noit le Sucre &c le Silvefire qu'il a pris à dégraiffer,
vezou fera diffcile
pourla Cochenille, ildevoit fedifpenfer temps de fa parce qu'ila déja paffé le
de gâter tant de papicr. Ce que je dirai partic la maturité, chaleur &qu'il eft cuit en
dans la fuite, luiferareconnoitre fon er- Les
du Soleil. &
Tatits
rcur, délabulera le Public. rences en voyant gens les connoiflentceadiffe. J'aidit qu'ily a dix fortes de Sucres plus en les
Cannes, & ils fe ou tout au
differens. En voici les noms. goiitant,
reglent làI. Sucrel Brut, ou Mafcotade.
maturité, chaleur &qu'il eft cuit en
dans la fuite, luiferareconnoitre fon er- Les
du Soleil. &
Tatits
rcur, délabulera le Public. rences en voyant gens les connoiflentceadiffe. J'aidit qu'ily a dix fortes de Sucres plus en les
Cannes, & ils fe ou tout au
differens. En voici les noms. goiitant,
reglent làI. Sucrel Brut, ou Mafcotade. delluspour entre gouvernerleur dans la
vezou, depuis
2. Sucrel Paflé, ou Caffonade grife. qu'il qu'il forte de la batterie. grande, jufqu'à ce
3- Sucre'Terré,ou Caffonade blanche. Dans le premier
on
4. Sucrerafiné, pilé, oucn pain. cuillier environ autant cas, met dans la
5. Sucre Royal,
tiendroit
decendrequ'ilen
6. Sucre Tappé. tant dechaux dansune pinte de Paris, & au-
& Sucre Candi,
emplit la cuillier vivereduiteenp de
poudre. On
Le Sucre de Sirop fin. bien ces matieres vezou, & on dilaye
9. Le Sucre de groc Sirop. tout dans la enfemble; on verfc 'le
IO. Les Sucre d'Ecumes. grande inclination &
LeSucrebrut ouMafcoiiade eft tlep
doucement, afin que S reftoit quelque
mier qu'ontiredu fucdela Canne; c'cft pre- te partie & de la chauxqui ne fût pasbiend cuileplus sfacile à fairc, &c c'eft de
diffoute, & elle netombe pas dans la
tous les autres Sucres font luique chaudiere, on remûéavec la cueillier
Voici comme on le fait. compolez : de tout bien ce mélange dans la chaudiere, afin
Les Cannes'aiant pafféauMoulin, & L'effet méler le tout enfemble. leur fuc,jus, vezou,ouvin, commeon
que celaproduitelt de dégraifdit en quelques endroits, étant dans le fcs ferlevezou, & onétueufes en feparant de celles fesparties graf
canot, ou dans la grande chaudicre, on compofer lc
doivent
en examine la qualité, pour lc
grain du Sucre,
affem8i
pouvoir bler ài mefure que la chaudiere
gouverner comie il faut. àl la
en
s'échauffe
Eiferen. Silevizou, ou
&cl
fupert rficie écumes d'autant
es Gu.1- tre, avecunep petite juseftclair blanchà- graffes, épaiffes & gluantes, que la chaux plus
litsde la
écumeau-defus, de & la cendre ont aidé
fade mémecouleur, c'eft une marque cer- déterfives &
par leurs qualitez
Cannes, taine qu'il eft verd 8c gras. corrolives, apurgerlerefte
les Lorqu'leitbrun,
du vezou, dont le grain doit étre comwianieres qu'entombant del latable vifqueux, dans gluant, polé. delegon- verner, ou coulant dans la chaudierc, le il canot, forme Dans le fecond cas, on ne méle dans
une écume grife & épaiffe, & qu'il a une lagrandequ'environ dre, avec un tiers de une chopine de cenodeur douce & comme
c'eft
chaux, fur tout
un fgneguccrjuscibon, aromatique,
quand on travaille en Sucre blanc, parchargéde ma- ceque la chaux rougit le vezou, & par
con-
on- verner, ou coulant dans la chaudierc, le il canot, forme Dans le fecond cas, on ne méle dans
une écume grife & épaiffe, & qu'il a une lagrandequ'environ dre, avec un tiers de une chopine de cenodeur douce & comme
c'eft
chaux, fur tout
un fgneguccrjuscibon, aromatique,
quand on travaille en Sucre blanc, parchargéde ma- ceque la chaux rougit le vezou, & par
con- --- Page 575 ---
16,6. FRANCOISES DE
conféquent le Sucre qui en provient. lin, LANERIQUE
28,
tc Denkucisenot.le. de cendre avec
met unepin- on &conlet fait coulerd dans la
une chopine
ymélelaq quantité de
grande; thyk. &con a foin deméler de
dechaux, dre, comme
chaux &cdecenlalelive, & de jetter dans l'antimoine la
dans cette operation auparavant, toutes les & l'on réitcre
moment avant que d'en tirer batterie, le un remplit. fois qu'on la
environ unechopined'cauc dechaux, Sucre, dans Quand levezou quieft
laquelle on a fait diffoudre de Palun. On commence àd écumer, on dans) laj
efiméme fouvent obligé dans ce
me avec foin; &
enleve fon
ECTOE
me cas Scdansl lep
troifié- bouillir, onyj jette lorfqu'il un commence à
lunen poudre dans premnicr,dejetterdel lal
l'a- vequejai ciderant Peu de cette lefiverde fecher la grailfe batepit.poursche du
pouffer à la
décrite, pour aider à
deur. Jereviens à la Sucre&cfav ver- trouvenr. On fuperficic lesordures s'y
brur. fabrique du Sucre prc,
continué d'écumer 3
Quand La cendre & la chaux
famment jufqu'à ce quel & la grande ayant GAL
ilfaut dans la grande,
étant mélécs &cle canot bouilli, étant bien écuméc,
icamer. enguRenmens dans le fambeau plein der nouveauj jus, on vuide
Sennfecumcaderdl. en unequantité le nombre des ou danslal lellive, felon
Snampitscoenienber &la chaux ont trouvé que la cendre étoit dans la chaudieres, le vezou
fe purger. On ne iescoudipoles mémc tems
3 quel'on remplit qui en
commence à écumer
HERCA
que quand la fuperficie du
la grande,
diligence de ccluide
te couverte d'écumes, & velou cfttou- cer par celui quel'onc qui s'eft acontinué de remplatroubler la liqueur & onl'enlevefans not. amafé dans le' cane pas donner lc tems avec au diligence, vclou de Lc vezou étant dans cette
Ecantr avant que d'être écumé,
chaudiere que l'on chauffe troifiéme
gue les bouillons gu'il fait
Parce l'é- bois, eft" purgé avec avec de du gros
cume, & la
rompent
dans A deux
plus foin que
denouveaud dans fontretoamer, le
& fc mêler On n'y
premieres, avec la leffive. ne peut compter velou, d'avoir de lortequ'on quantité, jette mais pas à cette leffive en grande
chaudicre comme il faut, nettoyé une peur tenir dans une chague fois ce qu'il en
l'a écumée que quand eile quand on ne en méme tems on cuillier à bouche,6c
lfaus icamer Après que le vézou de Ja grande bouilloit. à cumoire, alinqu'elles'y aeskvemmaene méle
promie- bouili,cquilad été écuméenvironp ment, &c on Scumeleplus vite plus aifément.
pas à cette leffive en grande
chaudicre comme il faut, nettoyé une peur tenir dans une chague fois ce qu'il en
l'a écumée que quand eile quand on ne en méme tems on cuillier à bouche,6c
lfaus icamer Après que le vézou de Ja grande bouilloit. à cumoire, alinqu'elles'y aeskvemmaene méle
promie- bouili,cquilad été écuméenvironp ment, &c on Scumeleplus vite plus aifément. datuneleine,on lier
levuieavec la pen- cuil- pofibleyceg qui vient
quilef
dans la propre. On doit faire
tof qu'on s'apperçoit csliepasccAute
tement cet travail, &c
prôm- devenirs
que l'écume ccffe
du fond de la
plus on approche Pexciter,& onyj jerte un psu delefive
ufer de diligence, chaudiere, de plus on doit qualiplus, ou quand du onvoit
crainte
RARREEE
gui eft deflous,
que le: feu roit eit legere, on moinsque vuide celle
métail, ne lebrûle. biampunnecnrs C'eit
chaudieredansla
cette RES
T'empécherqu'onn arepand de encore pour rop. Commela quatriéme gui eft le fiavec la cuillier du vezou au temsentems tourd du
minuée par quantité devezou cft didans de la chaudicre. de- faite, &pari Espomnonee les écumes
feu en a
de,on débouchel le canot, Desqu'elle eftvui- ties, &
gui en font forblélev vezouin mefure gu'il ousefrafim- fort du Mou- plus vivement queentegunuriene chaufféc chaudiere eft
kverouychange quelatroificme,
edersturgiicommenee
à --- Page 576 ---
VOYAGES AUX ISLES
286 NOUVEAUX
le
étoit dans la qua- 1696. Scafcontenitenfirop. - C'eft Quand firop qui eit entierement Paffé
1ly6. asépaillir, faut achever de le nettoyer triéme chaudiere,
&c
alors qu'il
laleflive, &c dans la batterie, êcque eparlépaiisur
de
prontemente cn y jetantdel avec une écu- par la pelanteur qu'ony fentenl'élevant chauxcy Eau
en l'écumant avec foin,
qu'à en l'air avec l'écumoire, on juge a qu'il d'alun
moire,dontl les trousfont pluspetits
approchede (acuillon, &q qu'on: remarcelles qui fervent aux chaudieres prèce- qué que le vezou étoit gras8 & verd,, on la
batterie environ une pinte
E
dentes. Jc croiqu'il n'eft pas néceffaire de re- d'eau jette dans de chaux, la
dans laquelle on a fait batterie. peter que le vezou dela troifiéme chau- on diffoudredel'alun. La quantité qu'on
diere étant pallé dans la quatriéme, dans la troifié- en met, fe regle felon le vezou
vuideautiutot la feconde
&
duràcuire 8cverd. Silt onn'exceme,, &l la premiere dans la leconde; par gras, dejamais laj pelinteurd'une once dans pinquela; premiere eft toûjours remplie dans le ca- tc. On appelle eau de chaux, CCRES
le jus quitombe du Moulin
laquelle onad éteint une quantité de chaux de ranot. les Cannes font vertes & dures vive. On fefert pour à celad'un moitié dc pot chaux cviLorfquel ilarrive affez (ouvent qu'il faut fineric,onlemplit
arrêter à cuire, le Moulin qui fournit plus dej jus les sitiemee remuc avec un bâton: on tire cette eau
qu'on n'en peut cuire.
On appelle eau de chaux, CCRES
le jus quitombe du Moulin
laquelle onad éteint une quantité de chaux de ranot. les Cannes font vertes & dures vive. On fefert pour à celad'un moitié dc pot chaux cviLorfquel ilarrive affez (ouvent qu'il faut fineric,onlemplit
arrêter à cuire, le Moulin qui fournit plus dej jus les sitiemee remuc avec un bâton: on tire cette eau
qu'on n'en peut cuire. Mais quand &c aprèsq qu'elle elt repolée; on la met dans
Cannes font bonnes, la faifon féche, unautre pot: avec de l'alun, felon la
bien
de
eade
lesf fourneaux! chanfietyouterquen portion je viens marquer. S de deflecher
Moulin fournir hmetoeatereacet du jus fufffamment cau Aut-REF confommer reftoit dans le vezou. à-dire, REt
toute la graifle
pour fix chaudieres. le firop eft prefque Cependant LE doute encorequ'elle en efperoit,
Quand onjugequel purific,on) lc coupe en deux, ait produit tout l'effet qu'on Sucredela
entierement onenverfe lat moitié dans la uninflant: avant quedetirerles un pcu d'alunenp pouc'eit-a-dire,
vuide, afin qu'il batterie, on y jette
la cuilfecuife batteric ErOaT y jette delaletive dre,scaprés lier, on entirel dontaremucare le Sucre, quel'on metrepour en fairc éleveriecume qui relte,8c poler dans le rafraichifloir. Platre
àn melure qu'ilcuit, on chargelabatterie & comme la lly: a des gens, qui environ au lieu une d'alunjet- livre de empeldc ce qui eft danslefirops gros bouillons, &c cqueic tent dans slabatteric
fait grebatteric jettede
en
Cettedrogue
plâtre poudre. LL dansla
fropquiy eft icotemyselneheenst chaleur neries Sucre, &lefaitp parolneures-femne basteris. 8cent fortiroit parl rlaviolencedelac detems &ctrés-luifant. C'eft une inligne friponduf feu quiett deffous, on y devieuxbeur- jette
neric, dont on ne s'apperçoit quedansla
entemsd dep petitsmorceauxd bouillons, fuite. Cettep poudreréunitt mais encore non-leulement le firops
reou 8clesi de faitt Sante,qulappaisien baiffer, 8cd domneletems d'écu- le eile grain l'amoncelle, du Sucre, & forme un grain épais,
mercequelal lefive furveniralafapenh- dur, brillant & pelant; mais qui venant
cie. On ielevefouventl le fropavecrécu. de lairs & on à fedécuire, ou à être fondu pour étre
moire, afin de lui donner & furlesbords, rafiné, ne donne plus quunSucrefirerpalie netroyerlécume, le balai furl'euvages queles bouillons teux,foible, EPDRTTSEan Ilfautétre habile dans
pour:
tenirlerafinage. la
y ont laillée en s'élevant. --- Page 577 ---
t696.
fouventl le fropavecrécu. de lairs & on à fedécuire, ou à être fondu pour étre
moire, afin de lui donner & furlesbords, rafiné, ne donne plus quunSucrefirerpalie netroyerlécume, le balai furl'euvages queles bouillons teux,foible, EPDRTTSEan Ilfautétre habile dans
pour:
tenirlerafinage. la
y ont laillée en s'élevant. --- Page 577 ---
t696. la connoiffance FRANCOISES des
DE
Sucres,
n'étre LAMERIQUE
lortesde pastrompé Sucres: en achetant fur Esyes yeux ces chenctourelal lumiere de
au
:
lieuque dans ce mauvais fereflechir: 1696,
grain & par leur poids, carilasimpofentp qui font lesdeux parleur grain étant brifé, fes Sucre plâtré un
cholese que lesMarchands cherchent
opaques, Scmoinselless parties font deviennent
les Sucretst sbruts,parceg queleurs connoif dans moins ellcs font claires & nombreufes,
fances ne vont pasplus loin. Ilyac cncore une chofe luifantes. de Moyens con- du J'aifait faire exprès
duire: à la connoiffince de quip Peut conneitre Sucre de cettei taçon, quelquesbatteries c'eft une odeur de brâlé cette fraude,
cessefus âconnoitre cette
pourapprendre guand on l'approche du gu'il exhale,
perche- puremarquer fuperchetie, &jen'ai me ce
nez. Mais comTi. vent
guedcuschofes, quipeu- qu'il conriente figne pcut-étre équivoque, puif
mierec airtccea cft le poids rtusondinaredeccsn. eipece de Sucre, Rmiteadenine
cre, lat feconde eft la figure&la couleur licu, on Peut fecontenter commejele des diraienf deux fon
defongrain. Cequiluidonacun
mieres,
fonder un
prepoids eft le firop, loin d'en figrand étre fe- nable Cuhrs y. a de la foupcon railonparésye eft comme
Sucre,aug quelon les tromperie dans un
Or il ett
&c.condenfé. &
CTE
certain le méme vaifleau achever de s'en remarques on pour
cequ'ily rempli de firop A quali le double de lan mettre unpetitmorceau convaincre, dans peur en
peferoirs'il étoit
lecreuxde
parce dont que le frop eft un remplidesuers, liguide
ou avec de la falive. On
-ASE
toutes les Parties font épais,
fe diflout, que le grain voit fe aufli-tôr Imfrue
adhérenres, & fans aucun contigucs, Ta frops on fent en
fepare iiapeer
de entre elles. Le Sucre au intervalle vui- ment aveclebout due le remuant doucc- cH qui
compoléde particsrondesous contraire eft grain qui eft au milieu doigt, la dureté du tenides acherde cette figure, qui ne approchant noirâtre, onétucufe & d'une liqueur Sucres
étre Gu iunicientemble, qu'elesnelaiftent peuvent jamais n'eft autre chofeque le firop adherante, bruss.
en
fepare iiapeer
de entre elles. Le Sucre au intervalle vui- ment aveclebout due le remuant doucc- cH qui
compoléde particsrondesous contraire eft grain qui eft au milieu doigt, la dureté du tenides acherde cette figure, qui ne approchant noirâtre, onétucufe & d'une liqueur Sucres
étre Gu iunicientemble, qu'elesnelaiftent peuvent jamais n'eft autre chofeque le firop adherante, bruss. beaucoupdevuidee entre-clles, quin'étant treavoit amoncelé & comine que le H
quent remplies que d'air, rendent Par confé- AaispeudeNianchand ces
font capables congelé. de
rablement plus leger
ployent, retlexions, lefont &cles Commis qu'ils emde firop. ques s'il étoit plein leurfuft de voir encore moins qu'eux. Il
Quant àla figure du grain du
fec, &; pefant, pour unSucre lep à gros grain,
jeviens de dire qu'ileft
Sucre, infiniment
prefareraunautre
chant de cettefigure, au rond,ouspre: lieu
remarqueront meilleur, dans lequel ils ne
eft comme taillé a facettes, quecciui-ci & c'eft-ce reil degré. pasces strongualneenp paqui près le rend luifant Screfechifaint, àp font Cette inftruêion fervira à
néanmoinse comme on voitle Sucrecandi, avec peu
des acharsdes Sucre, Pour n'être ceux qui
du Sucre
trompez par la reputation certains pas
candiétant
ont
StLSRTE particuliers de
ne en particulier, font confiderécs, claires & chacu- crec
taire de plirs beau Suparentes, &c que l'épacité qui fe tranf ritéi queleunsroilins, ils ne doivent cette quoique dansla vedans le centre d'un morceau trouve eft lamauvaifep
reputation qu'a
peu gros, ne vient que du grand qui un quer. Jereprensat pratiquequej je viens d'explides refractions qui s'y font, qui nombre Dès que' le prefent monfujet. cmpé- teric, en elt tiré Sucrequiéroire avec toute la dans lai batdiligence
poili- --- Page 578 ---
288 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1byh poffible, celui Scqu'on y a mis une partie de tombant un peu de haut, ne faffent requi étoit déja purifié dans le firop, jaillir le firop conferve
thgts
onr remaeavecune,
qui
long-tems fa
Sucre a mis dans le rafraichifloir, magallleSucrequon afin de ré- chaleur, & qui brûle d'une manieretrésdansle
vivelesendroits où il tombe. Quand on a
refrai- onlclaife pandrelegrain également par tout; puis portédans lccanot tout ce qui iétoit dans
chafoir,
repoler rjufqu'à ce qu'il fe foron
cdans me dellusune croûte del'épailitur d'en- lerafrsichifloir, la
leremûée encore avec
leCanot. viron un Ecu, ,felon que le Sucreeft
pagalle, afin le
déja formé
ou
àfe forTLRES Eat firop,
moinschargé deg grain, &q queles CZElE mer, ou le groffir.
ot tout ce qui iétoit dans
chafoir,
repoler rjufqu'à ce qu'il fe foron
cdans me dellusune croûte del'épailitur d'en- lerafrsichifloir, la
leremûée encore avec
leCanot. viron un Ecu, ,felon que le Sucreeft
pagalle, afin le
déja formé
ou
àfe forTLRES Eat firop,
moinschargé deg grain, &q queles CZElE mer, ou le groffir. nes, dont il cit
font
ou
EREREE
provenu, bonnes
Amefuare que l'on tire
mauvaifes, cette crofite fe fait promte- qu'onportedins le canot, desbatteries,8c oniecommenment,ouclled demande dutemsavant que
Cannes
Finsnaeseionaen
deicirmer.L-onfgueles
font! bon- deremier le
eft dans le
nes, & que lc Sucre eft bien travaillé, à chaque fois Sticrequi cn met dc nouveau canot,
elle fe fait bien vite, & en moins d'un deffus, jufqu'ace qu'on foit refroidi
demi-quart d'heure clle devient épaiffe pointde
qu'il tenir le
au
comme un Ecu, &c continué toûjours a commodité, pouvoiry puis onl
doigt fansin- sles
s'épaiflir, à mcfure que leSucre ic froi- barriques. aletranfportedans)
dit. Mais quand les Cannes font vertes Les barriques, dont on fe
& aqueufes, ou quand le Sucre a été tiré mettre le Sucrel brut, viennent fert pour
dela batterie avant que d'être cuit fuffi- d'Europe en bottes. Les Marchands la plopart les Barrifamment, il eft la croûte ne fefait que quand font monter, & rendent barrique
preique refroidi. La croûte étant barrique à ceux qui leur livrent des pour Su- SNE
faite, on remûe une feconde fois ce qui cres. Elles font ordinairement
quelles
cft dans le rafraichiffoir avec la pagalle, jointes, & encore mal très-mal on le Sucre, met
afin de mélerla crotte de deflus avecle raifon que les plus cerclécs. La leur
grain qui s'eft attaché aux bords, pour ce premier défaut, Marchands eft afin ont de le laiffer Sucre mauaideraur refleàfef former, ouà augmenter que l'on met dans ces quc trou- waile qualité. celui qui l'eft déja. On porte enfuite CC
ait barriques,
Sucre dans lcs canots de bois qui font Yantdesjointilage:, à
de fon
plus la de raifon facilité
deftinez à le recevoir, pour ry laiffer fecond fepurger
firop. Et
du
raffeoir Sc refroidir aflez pour être mis du bois, Remisesaambrd qui eft-ce
Com- dans les barriques. On fc fert
le parce
ôtedix qu'on appelle lcrare,
menton tranfporter, dubecde corbin. CRorn qui entier qu'on dcla futaille pour centfur le poids
periele
pleine de Sucre, &c
bede doitletrantporter,) letientdesdeux mains qu'ainfi moins elie eit
de
Corbin. par les deuxanles, le fond étant un peu & plus lcs Marchands chargéc y trouvent bois, leur
appuyefurficuie. Encct état il poiele compte. becfur leborddu: rafraichiffoir, alin que MaislesHabitans: remedient à cesdeux
celui qui le charge, c'eft-a-dire, quile défauts par deux ou trois
dehors.
trantporter,) letientdesdeux mains qu'ainfi moins elie eit
de
Corbin. par les deuxanles, le fond étant un peu & plus lcs Marchands chargéc y trouvent bois, leur
appuyefurficuie. Encct état il poiele compte. becfur leborddu: rafraichiffoir, alin que MaislesHabitans: remedient à cesdeux
celui qui le charge, c'eft-a-dire, quile défauts par deux ou trois
dehors. remplitavec la cuillier, ne répande rien tournent à leur profit, & à moyens la
qui de
Quandileft plein, illeg porteau l'acheteur,
perte
canot, en le fotitenant par lesdeuxanfes, nêtes, ne maisquin'étantp peuveut être mis pas en trop hon-
&s'aidant un peu du dévant de la cuifle pardcs gens quin'ont pas une nlage que
oà ill'appuic. Il faut le vuider douce- fort timorée. Lep premier eft confcience de couvrir
ment, de crainte quc les grumcaux en avec de la terre graffe au dedans de la
bar- --- Page 579 ---
PRANCOISES DE
xGg6. barrique tous les joints des douves &c des detrois LAMERIQUE
Difaus fonds, &cils la mettent f épaiffe, le
trous, d'un pouce de
quife Sucreellfroid, & fon firop
que fuivant
du diametre, 1696,
commet- congelé, avant
enticrement dant l'ufage lOrdonnanec à
Roi. Cepententen &c fe faire un qu'ilait pliécherlaterre, deux,
prévalu de n'en faire que
lSucre mettant ces fentes. paflage Pour s'écouler par trer dans &cPon s'en contente. Onfaitenenbarri- Le fecond eftd'enformerl
ne, un peup chaque plus trou lebout d'une Canyues. c'efl-a-dire, de le
leursSucres, La chaleurdu longue que la barrique. ques, quand il eft mettre dans les barri- firop en fuivant Sucrelafait la
refferrer,6c le Les barifroid, ou deles prefque à deux entierement trousqu'ellel bouchoit Canne, coule par le ques vent étre doifois. Quand il eft remplir tropf froid, ileft ou trois &ctombedans les citernes. d'abord: On affezj julte, percies
qu'ilnep purgeplus, parceq quelefirops'eift certain lesCannes avant que de foncer les doit barri- ôter de trous, trois
déja congelé avec le
Etc quand on ques. On voit parles trous la qualité du
le remplit Jes barriques Aaine direrfes reprifes, Sucre qui touche le fonds, qui ne
Sucre qui fe trouve au fond, s'étant manquerd'êtret beau,
peut
refroidi & durci avant qu'on y en mette pendant que le refte parcequ'ilap de la
d'autre, il ne laide
plein du
barrique
EEXA
ded celui
point paffer le firop décuire firop congelé, qui venant à fe
cond, leliropdu: qu'on met deifus, ni le fc- reftedu grain, pendant le voyage, gâte toutle
n'y le
eni forrequ'il vaile
Senefitpluse qu'uner mauEeclE
lefirop aque deroutlerefie, premier qui a purgé, &c que cun ufage.
la
d'autre, il ne laide
plein du
barrique
EEXA
ded celui
point paffer le firop décuire firop congelé, qui venant à fe
cond, leliropdu: qu'on met deifus, ni le fc- reftedu grain, pendant le voyage, gâte toutle
n'y le
eni forrequ'il vaile
Senefitpluse qu'uner mauEeclE
lefirop aque deroutlerefie, premier qui a purgé, &c que cun ufage. marmelade qui n'eft prefque d'audenfé; ce qui rend une s'cit barrique fige & extré. con- llya des Sucriers qui
les
mement pelante. fonds des barriques qu'ils reçoivent changent des
d'un Casetbreperepae autre terme
me fervir Marchands, d'autres de bois & de qui leur en fubltituent
cileà à
plus odieux, elt diffi- raignier,
Riviere, ou de Chaune douve connoitre, à moins qu'on ne leve
épais de plus d'un pouce, qui
on
dechiquebamaue car alors parleurpelinrcurn eunelerecmne.dut
Mais Linmertiemtai@meniei les
litsde firop. avanragcufement que les
lal legeretédes futailles,
nefont; point Marchands, la
ou leurs Commis aux Habitans. Marchands affeétent de fournir
affez portez pour plâparta le bien aflez de habiles, leurs Com- ni Mais ces artifices de part & d'autre
Moyen, mettans, pour faire cette
font contre la bonne
pour voyent debeau
diligence. Ils quité, qui doit fe foi, & contre l'éconnoi- futailles
Sucreaux deuxboutsdela merce. trouver dans le Comtre ces
J'en ai déja rapporté
defauts. dugraintour CErAOEOeet pur,
uns, j'en rapporterai encore quelquesd'autantp plus encore Scistencontemtent que
dautres,
quent ces fortes dei ceuxqui prati- que ceux
afin
EarRmEr
corela malice, fupercheries, ont en- pofés aux quis'en yeux de fervent, tout le lesvoyante exne
quandlabarriquee eeftp plei- fiftent de lespratiquer, &c monde, fe deRelyemnlimecinoe miseccl ont interét de s'en
que ceux qui
bon Sucre tout chaud, qu'ils scueillerées de Marchands & leurs garder, comme les
une couverture, qui humeéte appellent celui
Commis, prennent
eft
deffous, yfait penetrer fon
qui lesimetrerquejain pas trompez. marquées, pourn'étre
prelenteainfi unetrès-belle fuperficie. firop, &
Lefond de la
ner
debonAimnifgleucgnkrtums
barrique doit être percé qui marchandife. a de Phonneur CRiqueluntlibisnt & de la
P P
confeience,
doit --- Page 580 ---
VOYAGES AUX ISLES
290 NOUVEAUX mauvaifes La barrique ordinaire de Sucrc brut, 16y6. 3696. doits'appliquer. A l'égarddesr recevoir faite &c enfuraillée,comme) je viensdedire, Poidso orbarriques, iin'yaq qu'àn'en point & quand étant feche & bienpurgée, doit pefer di- fix dinaires d'une
quinef foienth rbienconditionnées, on doit à fept cent livres, dont la tare étant barigue
on ne peut pas faire autrement, que minuécàr iraifon de dix pour cent, il refte li- de Sucre
les faire rebattre par unTonnclier,
cinq cent quarante, ou fix cent trente brut.
Poidso orbarriques, iin'yaq qu'àn'en point & quand étant feche & bienpurgée, doit pefer di- fix dinaires d'une
quinef foienth rbienconditionnées, on doit à fept cent livres, dont la tare étant barigue
on ne peut pas faire autrement, que minuécàr iraifon de dix pour cent, il refte li- de Sucre
les faire rebattre par unTonnclier,
cinq cent quarante, ou fix cent trente brut. les Habitans ont ondinainementchereny les Marchands vres deSucre net. Friponfefaifant enfuitepayer par barrique, tant Il fe commet encore uneautre fripon- nerieg qué
fix livres de Sucre par
em- nerie dans le Sucre brut. C'eft de jetter
pour cela pourlescloux, qu'on met dansleratraichillbir, aufli-tôt que lebat- por
ploye à adert tenir lescercles qu'on le tericeft vuidée, un on deux becs de cor- dans le
autour des fonds: car fi on confidere les fonds, binde gros firop qu'on atiré desciternes. brite Sucre
tems que l'on perd à changer
de Ce: firop étant épais & froid, fait conon verra qu'il y a plus de perte que mais
le Sucre qui eft dans le rafraichifprofit, & que c'eft unep purelelines, en
8cs'y incorporc, d'où étant tranfaprès
EE
c'eft une étrange friponnerie, mettre une portédans le canot, & dans la barrique,
avoir changé les fonds, dy
Il
prefgue congclé, ilformeune
quantité de terre gralle. quandileity &
fatistait l'avatrop grande
poullelac cho- maffe dure pefante, qui fe décuifant
s'efetrouvédess
barriques étant dé- rice du vendeur; mais
il a été infe Gloin, que
le
Raue
bien-tôt,
aRestete
foncées, on cnatiréplus de quaranteliEE caufe
confidemettre une corporé,
ETER
vresdeterre. Oneltobligéden
del'acheComme
fur les
couche de terre grafle
jointures, Sxencstennneerints ter. L'odorat eft le feul des cingfens de Moyen
en doit
NeSucrecoufneitout
dela connoiserrero parcequetanecenle a-fait par les jointures; : mais il faut que nature, rebelarnaitese: n'em- tre. remplir
le
de cettefourberie: carcemélange
les bar- cettecouchel foit Ondoitauffis mife plusl legerement remplirles péche pas le Sucre d'être fec mais & grené, il lui
riques. qu'ileft pofible. afin quelcSucre quoiquil foit un peu brun;
les
barriques entierement, laiffant écouler fon fi- refte une odeur de firop brûlé, que
venant àt baiffer en
à bons connoiffeurs fgavent diltinguer fans
rop, elles fc trouvent encore pleines dujable, peine, & quel la couleur brune de cc Su- Sudeux outrois poucesaa-dellous tout-à-fait purgé, & cre .aacurrremas fouvent eft
quand le Sucres'eft fermer ouenfoncer, il crc purement de firop, qui
&
quand on veut les
auffi ferme, auffi grené, auffi pefant, Canvaut mieux prendre du Sucred'unebarni- auflij jaune que le Tuc tout pur des
quc quel'on deltine à remplirlesautres, 'de couvertu- nes.
udeux outrois poucesaa-dellous tout-à-fait purgé, & cre .aacurrremas fouvent eft
quand le Sucres'eft fermer ouenfoncer, il crc purement de firop, qui
&
quand on veut les
auffi ferme, auffi grené, auffi pefant, Canvaut mieux prendre du Sucred'unebarni- auflij jaune que le Tuc tout pur des
quc quel'on deltine à remplirlesautres, 'de couvertu- nes. que de mettre de CCS fortes
Voici ce que peuvent taire fans rifque Com- ment or
res,, dont le firop ne pouvant pas lestrous pene- ceux qui veulent profiter de leurs gros doit emtrerjuriqulaionipeurt fortir s'imbiber firops; après qu'ils font cuits, mis en ployer
des Cannes, eft contraint T l'a
bienpurgez 8cbienfecs,, on peut leigres
dans ler refte du Sucre, Tur lequel on forme, forme dans labatterie un peu Fropt. Ent faifantain- enjetterunet
on
mis, en rifque delegater. d'un bout à devant que lc Sucre foit cuit; de y chaux jette
fi, le Sucre fc trouve On égal en laiffer unej pinte, ou davantage, d'eau
T'autre dest barriques. peut
& d'alun, & oni faupondre d'alun en
lever les douves, fans erainted'aucunar def fa drel la batterie dans le moment qu'on aota
front, &c l'on fatisiait aux devoirs
veut tirer. lieft certain que ce mélange
confcience. ne --- Page 581 ---
FRANCOISES DE
KGyG. fait ne porte aucun prejudicealscheteur, &c LAMERIQUE
29t
peutde que fest le: Sucrier profiteautant qu'ilfe duCommereenefirentr fes de
paslesfeulescau. 1696;
s'ytrouve, firops, parceque les grain qui Pour le P'accroiffement comprendre il du faut prrx du Sucre. du Sucre de cntmenelioune Cannes, &c les
chofed dep plushaur,
reprendre la
font trop foibles pour fe condenfer, parties la Gierre quiavoit Scgaoinguederas commencé en 1688. pour devenir engrain, retournentenf fi- lepeticnombre de
de
Jaifait rop, éctombent avec le Siropdu Sucre. cheres, France, rendoit Vaileaurquivenient les marchandifes fi
viens d'avancer, plafieurs épreuves de ce que je foit pour qu'une cargaifon mediocrefuff. convaincu
Parleiuellesjemen fuis feauxde charger trois ou quatrc Vaifj'avoist fait dier le du Sucre Sucre de de Cannes, où faifoit fans Sucrebrut. pouvoir en La quantité quis'en
bien purgé, rendoitl la méme firop fec de &c chement, Pavoit reduitauv trouverle vil débouSucre étant rafiné, que celuic quantité ou n'en j'ai parlé, & les Vaiffeaux ne prix, voulant dont
avois pas fait mettre;
je cette laiffer que le moins qu'ils pouvoient de
lequeld hypothele il n'y ETEREE le
qui refte, Inszenbsmatiteee voulbienty prefque
s'écoit létanttrop échapé, 8s'étoit 2SET la premiere fois, paul@chargerdecette- ils vouloient du Sucre marchandiles mais
d'avoir fait corps, &c qui éconlenvanque s'eft
de FIndigo, du
rafiné, du Cacao,
&: purifié dans une feconde affemblé ou du Caret.
ient de
lequeld hypothele il n'y ETEREE le
qui refte, Inszenbsmatiteee voulbienty prefque
s'écoit létanttrop échapé, 8s'étoit 2SET la premiere fois, paul@chargerdecette- ils vouloient du Sucre marchandiles mais
d'avoir fait corps, &c qui éconlenvanque s'eft
de FIndigo, du
rafiné, du Cacao,
&: purifié dans une feconde affemblé ou du Caret. Il n'y Roucou, avoit du Cotton,
oni laaidéavec del'eau de chaux, cuiffon, où Martinique quatre ou pour lors à la
dégagé des; parties graffes & onctueufes, quil'a ries, qui TedecA un privilege cinq pour Rafine- rafiamiegnelenesn embarraffé, écqui nerles moins de Sucres, &c qui ne prenoient
lutadonnclienderunt,e
fept livres de
en un corps. Sedeferamatier meilleurquife trouvât, & Sucre à leur brut t
En 1694- le Sucre brut ne valoit
une pour vendre quatre ou cinq mois choix, exorbi- Preft
gent. quarante On ou cinquante folsle cent en que ar- du livrede Sucrel blanc. On peut après, tant des
donnoit les billets de Sucre grand profit de ces
juger Rafencore à: meilleur marché. Onle
que jeviens de dire, Rafincurs Par cc neurs. en troc de marchandifes fur le paffoit de gue Jai que deux livres Kparlexreiience &c
foixante fols. Il demeura à ce prix pied juf faire trois livres de Sucre brut fufifent demie, ou
d'une qu'en 1696. dans lequel tems T'elperaince
unc livre deSuererafiné, fans com- pour
chandsà Paix prochaine obligea les Mar- TTA Barques les firops, quifuflifoient
leurs Vaiffeaux Malercchercher, dès qu'ils afin le dencharger cres,. & pour qui tous alloient lesautres charger frais EU les
fairefanscrainte des
pourroient Rafincurs étoient
que les
donner du travail à Corfitress leurs Scafin de forte que les
obligez de faire: de
France, dontlenombresyér Rafineries de l'année pour Hiabianstrevalleiene enrichir les
toute
ngcon@derablementy &cfurtour éroitaugmen- aNan- s'appauvrilloient dej plus Rafineurs, &c
tes: de forte que vers la fin de la méme enfin ouvrir les yeux à enplus. Cela ft Origises
année il vintjufqu'à quatre livres
tans; les uns arracherent pluficurs Habi- duswle cent. On le porta Pannée fuivante dixfols à
d'autres leurs Cannes, rex. cres tercent
fols, & on le vendit jufqu'à neuf planseremedetindigo, acultiverle Cacao &le
femirent &c
francs dans le cours de l'année 1698. gligerent la fabrique du Roucou, Sucre
neLal Paixdel
d'autres plus fages, &cqui brut: &
Ryfwictothugmemtition peu à peu par un plus grand furentimitez nombre, fe
Pp 2
mi.
ols à
d'autres leurs Cannes, rex. cres tercent
fols, & on le vendit jufqu'à neuf planseremedetindigo, acultiverle Cacao &le
femirent &c
francs dans le cours de l'année 1698. gligerent la fabrique du Roucou, Sucre
neLal Paixdel
d'autres plus fages, &cqui brut: &
Ryfwictothugmemtition peu à peu par un plus grand furentimitez nombre, fe
Pp 2
mi. --- Page 582 ---
292 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16ph. mirent à blanchir leurs Sucres, comme fcaux de Bordeaux trouvant un
quelques-uns avoient vû qu'on lc blan- confiderable à apporter des pots & profit des 16pfg
chifloitaul Brefil, à Cayenne, & en quel- formes, enapporterent en
ques habitations de la Guadeloupe. On éleva desl Potteries dans tous quantité, les On
fitvenir des Ouvriers de ces licux-là, on oul'on trouva de laterre
étoit endroits,
enappella deFrance &c de Hollande, de pre,Scfinsfemettre en peined quiy qui promswegihaiconmenenmen del Pannée les quinze
paycroit
1695. ilyavoitdéja pleficursHabitansà une quantité fianesd'entrée par de cent, onfit
la MartinigucquiblanchitsentkcunrsSu:
prodigicufe ce Sucrc. crcs, & lcs Rafineurs commenccrent à
RieASE
valoir cette Manufaéture,
manqucr de pratique. trouvé des mines d'or, & parcequ'aiant des Rivieres
Lepremier qui is'appliqua à cette Ma- quiencharient dans leur fable, ils Occunufacture, fut un nomméMartin, qu'on perent une partie de leurs
à cC
appelloit lefol, pour le diftinguer d'un travail, &
Negres Suautre de mêmc nom, qui quoiqu'il pa- cre; ce qui negligerent tit
beaucoupieur de lieux
rût avoir plus de fagelle, n'avoit paseû d'Europe qui fe fervoient que beaucoup
l'efprit de commencerun; parcil établiffe- recoursaui
duleurseurent
ment, qu'on peut direavoir étéla fource un débouchement anotreyquitrouva) confiderable par ce moyen du
des grands biens, dont cette Iifle s'eft côté du Nord, que dans toutc laMedi- tant
remplic. Comme
terranée, d'autant plus que ies Proven- de Raifani la
cetteManufacture étoittoutvente
à-fait oppolée aximicrésdesRafpoun fait lcs Sieurs
Negocians qu'avoient de des
deFrance,ilsd obtinrent un Arrêt
Sucres
EELCR
du Con- Marfeille dans leur
Ang- feil du Roi qui augmentoit les droits
Commerceauxigesy blancs. menta- d'entrée du Sucre blanc venant
commencerent d'y envoyer leurs Vaif
tiondes de livres
desIfles, feaux chargez de marchandifes de leur
droits fept
par cent, tellement quele pais, qu'ils vendirent
desSu- d'entrie Sucreblanc qui étoit pilédans les barri- & firent des profits confiderables avantageulement,
Ores, ques, terré ou rafiné, fetrouva chargé Sucres
fur les
dec quinze francs par centde droits d'en- &autrest blanes,furleCacao, smarchandifes, dontils furl'Indigo, fe
tréc; &c celuiqui étoit en pain, de vingt- gerent,qu'ils
chardeux livres dixfols: on efperoit que cette dre ShairoutcihaMicnomanees Gosientalirerdebemen.
confiderables avantageulement,
Ores, ques, terré ou rafiné, fetrouva chargé Sucres
fur les
dec quinze francs par centde droits d'en- &autrest blanes,furleCacao, smarchandifes, dontils furl'Indigo, fe
tréc; &c celuiqui étoit en pain, de vingt- gerent,qu'ils
chardeux livres dixfols: on efperoit que cette dre ShairoutcihaMicnomanees Gosientalirerdebemen. &c dans
augmentation de droits runeroit cette les Echelles
Manufaéture naiffante. Et pour encoura- s'accolltumoienti; ulieamtebleriueceoas prendre leurCaffcavec
les Habitans à reprendre la fabrique le Sucre, en faifoient une grande conSCr Sucre brut, &c pour donner Par ce fommation. moxendefocupation: aux Rafineries,on C'ett ainfi que s'eft établie la Manudiminua adev vingtfols; par cent les entrées faéture du Sucre blanc, & que le Sucre
duSucrebrut, qui ne paya; plus quet trois brut, dont on faifoit
livres-au lieu de quatre qu'il payoit au- aflez; petitequantité, atre monté confequent à unc
paravant. Mais ilarriva tout lecontraire trés-haut; cequi
un un prix
de cC qu'on avoit projetté. confiderableaux Habitans, rapportoit profit Paix fi
On regarda cet Arrêt comme une deRifwick eût duréencore quefilal anpermiflion generalequcleRoi donnoit a nées, lesIfles feroient devenuès quelques un fecond
tous fes Sujets de faire du Sucre blanc. Perou. Ondoitétrep perfuadé decette veOn fe mit a en faire par tout.
trés-haut; cequi
un un prix
de cC qu'on avoit projetté. confiderableaux Habitans, rapportoit profit Paix fi
On regarda cet Arrêt comme une deRifwick eût duréencore quefilal anpermiflion generalequcleRoi donnoit a nées, lesIfles feroient devenuès quelques un fecond
tous fes Sujets de faire du Sucre blanc. Perou. Ondoitétrep perfuadé decette veOn fe mit a en faire par tout. Les Vaif- rité, quand on iguitaquieni709,1701
& --- Page 583 ---
1606. & au
FRANCOISES DE EAMERIQUE
blancs trommencmeaderpos terrez ou rafinez ont été lesSucrés vendus ver de ne pas fouffrir
les 293
jufqu'à quarante-deux livres le cent, & même leurs fous l'appenti des fourneaux, qu'on ou devant étende 1696,
bruts depuis quarante douze quatrelivres, jufqu'à les Sucres les à Reerametame lavez,
qu'on
vres, &cles Sucres
quatorze li- dufcus il ne MOPANELTSLEL laille
livres.
palitsjulguadia-huit ment fur eux, fur pasd'agirallez tout
forte- Pricae:
Nous verrons ce que c'eft queleSucre ufés, &ed'enbraler lesp poils lorfqu'ils font tion
paffé, & ce quienaf
quilonteependant
&la laine, E
après que j'auraidit atmhrelinonoes ce qui
ceffaire
cequilyadepius necrc terré.
regardele'Su- Il vaut peuraneterledendunse mieux en avoir
du Sucre. trendre les
nombrc, afinqu'ils; puiffent un
grand Rgren chets,
DU
au
aloifir
IM
SUCRE TERRE,
Soleil, à l'air & au vent. Je me fuis
On appelle Sucre terré celui
Eonidunespodeme réiifi, fartout dans tquimatadjourbien
blanchit auf fortirdes chaudieres qui fe yavoit fix chaudieres: hoxSucrericss oùr il
fondu une feconde fois, ni clarifé fansétre deux fois le vezous c'étoitde paffer
de cufs, comme eft celui qu'on avec grande danslep premierement del
Sucrc rafiné.
appelle ledeVirealke propreavecuneg grofletoiSilapropretée eft
gros delag graiffe xRtamesctpun & des
tede Sucre, on doit neeffireitoute dire,
forautres immondime l'ame de celui-cis & que c'eftcom- cosdenticsucrcells quand le vezou éroit toijours bien chargés &c
ployerdebonnes Cannes, flondoito em- propre, on le pafloit dans écumé dans la
iedebonSucrcb-ats pour quandon réiffira.ce- veut blanchet de drap, ouj lalefive parle
lui-ci, il faut qu'elles loient dans
ment,
ilpafloit plus aiféleur perieétion
toute rifié. Scfetrouroit C'eft dans cette beaucoup micuxp
Lorfque le jus eft dans la
chaudicre
met
bien chargés &c
ployerdebonnes Cannes, flondoito em- propre, on le pafloit dans écumé dans la
iedebonSucrcb-ats pour quandon réiffira.ce- veut blanchet de drap, ouj lalefive parle
lui-ci, il faut qu'elles loient dans
ment,
ilpafloit plus aiféleur perieétion
toute rifié. Scfetrouroit C'eft dans cette beaucoup micuxp
Lorfque le jus eft dans la
chaudicre
met des cendres à
grande, ony jetelalefhe.dont la
j'ay donné ci-devant
ou point de chaux, l'ordinairc, mais Pcu point compefitions exceptéq qu'on met
j'ay déja remarqué, parce la chaux que, comme noircit d'antimsines le grain du
qu'il ee ou
Sucre.
a
rougit le
Après
e
grande avec Après tout qu'il été écumé dans la éesbienlellivé, dans
Scbienécums gu'il a
Condui- couledansleb blanchet le foin polible, on le où l'on leflamberu, & de-là dans lc
tequ'il propre.
en lepalfante dansla
acheve delc
8c oà
ae
farit bons, & Ifaur que les blanchets foient meurciufquacequel purifier, lal batterief foit vuide. ilde
dansia garder caille, onn'enlaife qu'en mettant le vezou dansla Pourlorsonl de ce qui eft la chargedut ticrsou enyiron
fabrigue glacis,
point tomber furle enp plusp dans lefirop, afin
Aece beroit dans nifirleurages la
parce qu'iltompetite quantité, on puife qu'étant
Sucre, leblancher. propre fans savoirp palfepar cilement cuireplus acheverdel le purifier, Sat fiAlOCLEnnEses vail on ne promtement: Peurtrop : cardans ce traEteatRe beanenapiebhnchine
Sucre, fur tout après pouferla cuiffon du
que diffetementy cn cecasilvaur &neletravere micux leffivé. A mefure qu'il ce a été paffé &c
changer de blanchet, quand le
batterie,
gue qui cft dans la
à demi paffé, & en
vezou eft charge de approche ce
de dans G cuiflon, on la
lavé&c bienfechés fur mettreunsutre quoi ilfaut obler- bien outrois cucillerées quicft à la fois, le firop, deux
quilnyenrefeplur
jufqu'a ce
PP3
qu'environ le quart
de --- Page 584 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
thyh, detoutce quiyétoit au commencement: quelesformes font tappées, onlesplante 1696
alorronachevedstour paller dans la bat- contrelemur, ou contre un petit baluftre,
terie. On remplit enfuite le firop de ce qu'on éleveà côté du chemin qui eft dequieft dans le flambcau, &ccclui-cidece vant les chaudieres. Le bout qu'on a
qui cit dans la propre, & ainfi de fuite, bouché,fer metàterre, & on les arrange
jufqu'au canot quireçoir le vezou,àme- de maniere,quel les bords de l'ouverture
furequiltombe du Moulin.
baluftre,
terie. On remplit enfuite le firop de ce qu'on éleveà côté du chemin qui eft dequieft dans le flambcau, &ccclui-cidece vant les chaudieres. Le bout qu'on a
qui cit dans la propre, & ainfi de fuite, bouché,fer metàterre, & on les arrange
jufqu'au canot quireçoir le vezou,àme- de maniere,quel les bords de l'ouverture
furequiltombe du Moulin. foient bien deniveau, & on les foûtient
Uapeu: avant quc la batterie foit en dans cette fituation par d'autres formes
ératd'éaretiréc,le Rafincurenyoyecher que l'on pofe fur leur fond pour lesbien
cherle: nombre deformes qu'il juge pou- bien appuyer. Manieré
voir remplir de ce cn fortira. J'ay Quand la batterie cft tiréc, & qu'on a darumndéja dit que quand 3it font neuves, on remué avec la cueillier, ou la pagalle, plirl les
doit les faire tremper pendant quelques lc Sucre qui eft dans le rafraichilloir, on formes,
jour dans les canots de la Vinaigreric charge lc bec de corbin avec la cucilliers
Précas- pourlesimbiber. Ilfuffit qu'ellestyent cclui qui le porte Sc qui doit remplit les
tin étéu unefois; mais on cft obligé de les formes, quif font plantés,
dans
guil mestretremperdnsieca douce pendant toutcs cc qu'il a de Sucre dans
de
SERcES
faut
ou
heures chaque fois
corbin : de forte que fi la batterie rend
pourles avoir quinze l'onveut s'en vingt fervir. Onaordinairemene quc fuffifamment du Sucre pour en emplir
forniss. ungrandbaquet pour cctulage, ouquand quatreformes, il met à peu près lequart
on à la commodité d'un Moulin à cau, du bcc de corbin dans chacune, remarou d'uncriviere, on s'en fert pour les y quant celle ouil a commencéàn mettredu
bien laver & nettoyer, avant de les Sucre, &c celle où il a fini d'en mettre. apporter à la Sucrerie. ERAT doit Lc bec de corbin qui fuit, fc partagede
avoirfoin delesexaminer, non-feulement la mémemaniere, commengantimstre
furla propretéqui doit y étre, mais en- danscelle, où Ponavoit fini deverfer la
core
remarquer, s'il n'y manque premierefois, & fnifinsparcllcoil'on
point Seee cerclc, &Cs s'il n'y a point quel- avoit commencé, & ainfi fuccellivement
quenouvelle fente ou félire, quel lc Su- jufqu'àcequ'eilest foient toutes remplics. cre chaud qu'on doit y mettre, ne man- S'ilreitequelque peu de Sucre dans leraqueroit pas d'augmenter, en la faifant fraichiffoir, onlejette dans labattcric ou
crever aux dépens du: Sucrequi couleroit danslefirop. Maniere
àterre, &cfouvent le long dcs jambes de Aubout d'un quart d'heure, ou cnvi- de mioMceluiquileverferoite dans lcs formes, ou ron, felonla bonté du Sucre, il fe forme ver le
qui le feroit mouvoir, lefquelles en fe- une croute fur la fuperficie des formes: Sucre
roient terriblement brûlées
quand le Rafineur la jugeallez épaiffe, ,il formes.
Maniere
àterre, &cfouvent le long dcs jambes de Aubout d'un quart d'heure, ou cnvi- de mioMceluiquileverferoite dans lcs formes, ou ron, felonla bonté du Sucre, il fe forme ver le
qui le feroit mouvoir, lefquelles en fe- une croute fur la fuperficie des formes: Sucre
roient terriblement brûlées
quand le Rafineur la jugeallez épaiffe, ,il formes. danslas
Les formes érant en bon état, on les la rompt avec fon couteau à Sucre, &
tappc, c'eft-à-dire, on bouche Pouver- remue,ou pour parler cn termes dcRature qu'elles ontàl laréte, avec unmor- fineur, ilmouve toutle Sucre, il comccau delinge, oùr d'étoffe, dont onforme mence le couper felon toute la hauun) petitcône, dont onfutentreriapoine teur dc NA forme, enfonçant le couteau
te dansle trou, & on applattit le refte à jufqu'au fond, & lc retirant plufieurs
l'entour delatéte.
pour parler cn termes dcRature qu'elles ontàl laréte, avec unmor- fineur, ilmouve toutle Sucre, il comccau delinge, oùr d'étoffe, dont onforme mence le couper felon toute la hauun) petitcône, dont onfutentreriapoine teur dc NA forme, enfonçant le couteau
te dansle trou, & on applattit le refte à jufqu'au fond, & lc retirant plufieurs
l'entour delatéte. On tient toûjoursles fois, il paffe enfuite le plat du couteau
tappesdanst un por, ou une baille, oècl- tout autour des bords en dedans, pour
les trempent dans de l'eau nette. Aprés cil détacherleS Sucre, &afin qu'iln'yait
pas --- Page 585 --- --- Page 586 ---
742.295
A
Chaudieres aRafener.
Lits formes de Sucre.
Éture.
drperdtis. --- Page 587 ---
1696, pas un feul FRANCOISES point
DE LAMERIQUE
concave de laf forme,ohleSucre danseourelafiperficie foit avec un mailler ou
taché,il recommencetroise ou
at- qu'il l'ait fait entrer chaffoir, de julqu'a ce 1ly6.
ce manege, 2 &c donne encore quatrefois quelques fept ou huir pouces, puis la il louiguéur le
de
foncouteau coupsdanulc-milisus écaprès avoir pallé plein trempe, &le nettove dansun retire, vaifleaur le
en fairetomber furlebord le Sucre dela forme pour ôterle d'cau qu'il a à fon côté, Pour en
ché, il le laide deffus quiy étoit atta- illeremer Suerequislyt dans le méme touveattaché: puis
la forme n'a été mouvée pour qu'lunefois. marquer que ge: à propos il l'enfonce trou,8ceiljuEnvirondemie heure aprèson:
lechalfoir, finon il Tyr d'avantage avec
mence le même manege, oblervant recom- fur deux ou trois fois, en remet, le clenote
toutes chofes debien nderacherles Sucredu
lavant chaque
dedans de la forme, Parce le Sucre qu'ilafait dans le Sucre
PIRERERE
gui n'eft bien mouvé, tas à la frmepeurdecrmmener ler
contenu dansla
forme, cher, ges on a de la peine de l'en déta- par Cet endroit.
firopas'écoula.couleur oubienily de la ycontracte une tachede la Quand lap ccla eft acheré,cclui
faite. Quand les terre, formes dont la forme eft ternes,out forme, un porte fur le plancherdes quitient cideux fois, on ôte le couteau ontétémouvées d'auprès lereceroit, Reutreapréparcon &caide lep premicr ràl'y potpour
d'elles,&conleremer ric,de crainte quele auprès de la batte- Emmerie demcurent en cet
Les formes Pofer
lesformesonn ne les mouvarunet trouvant encore fur au foir, ou au état jufqu'au Samedy
fois, ce qui
troifiéme deftinép
Dimanche matin, tems
ayant préjudicieroit au Sucre, qui rie. Ccl pour lieu doit les porter toutes alal Purgebrifé RRERELEE par cet troifiéme
rie autant gu'il fe Étrefsparé de la Sucredeux mouvemens font mouvement. Ces mée e&cletekhalsiton peut,
lafu-.
faires, non-eulementp ablalumenenecer resferépandant detous SeAErSEO des Eariae
àfe former, &cà fe répandree pouraideraug grain pas manquer de s'attacher scôtez, au ne peuvent
partour; maisencorep
également froitdamuner
Sucre qui
graifle du Sucre à monter pourdéterminer àl la
la présdelas rgnescteaeas
as'yn rallembler, &asy congeler, fuperficie, blement, heweErenenrnat
qu'eile eft; facile à ôter de cette parce ma- On fait ordinairement les
nier,que Batd elle étoit
beaucoup
Purgerics
te la forme qu'eile répandué tou- vroient étreà plus longues qu'elles ne dechir.
qui
graifle du Sucre à monter pourdéterminer àl la
la présdelas rgnescteaeas
as'yn rallembler, &asy congeler, fuperficie, blement, heweErenenrnat
qu'eile eft; facile à ôter de cette parce ma- On fait ordinairement les
nier,que Batd elle étoit
beaucoup
Purgerics
te la forme qu'eile répandué tou- vroient étreà plus longues qu'elles ne dechir. empécheroit e blan- Celle
proportion fait del leurlargeur. conJacques, quej'avois avoit
faire au Fond des. Fration
zeou Lesfamesdemeurent en cet état doucent vingt pieds de crleur
Cem- dulieud quinzeheurcsapres où
quoi on lesleve &evinge-huity contenir pieds delarges
long ujage.
ment on
cllesavoient été pofées, Celui
dix-feptà dix-huir cent ellepouvoit
dtboache qurlevelaforme, la
la prend entre fes
Lorfau'ont fait un
formes.
Cgerce leve, &Pappuye contrefone bras, avoir foin quel les ctngeaudefun faut
Mesfer- leRafineur, ouun autre citomach, fent le
planches qui en
Mts. en terre, ôte la tappe étant un genou méme plancher, que les foient bien jointes, compo- &
I'caup Pour s'en fervirune qu'il remer dans brayez,
joints foient calfatez &c
ilenfonce dans let trou autre fois, Puis ferenverier, atinque ou fiquelque a fé
pot venoit à
çon de bois oudefer, wenmereines cnfrappantdefus feroit répaneu, re gâtàr caffer, lefirop qui
qui feroit damsleuge de LELE leSucre
On --- Page 588 ---
7 205 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
Eys, Ondoitpercerlesp Purgerie-d'unnom- Eslddosechsm.aeen onleve
bred'ouvertures: fuffifant, ou defenétres, unpeulaforme, &conirappe de font bord 1696. pour qu'ilyait beaucoup dejour, &ces contre la terre, afin ce
fenétres doivent fe fermeravec des con- enfifiedeleendreles Gaden Quandonfent mouvement
tievents, afin qu'il y ait le moins d'air qu'ileftloché, on prend la téte delat forqu'ile elt polible, fartout quandleSucre me dela main gauche, & la failant un
el.sunlitenc,pares lair & Je vent peupencheron pafle lesdoigts dela main
deffecheroient Pileesarti la terre, Sccon- droitefouslebord, &clal levant enl'air on
fimeroientTesaquelice doir laiflerfltrer fait avecun doigt une marque au Sucre,
puapeudansleSecrr, d'oi fortant par afin queleRafineur après en avoir vâ la
lei letroudelsforme, reftedu firop. Ilett elcemporteateccile bon qu'ilyaitune galiepsifaromeurchat endroit
forme au méme
&dansla même fituation
ou deux chaudieres montécs à Tun des étoit auparavant. le qu'elle eft
bouts de la Purgeric, pourycuire les fi- loché,Squef felon Aprèsque Sucre
rops fins, &cpour lesrafincr, fans avoir déterminédel leterrer, fagualiteleRafincura oudelerefondre. a
lapeinede tran(porterlest GiropsoulesSu- Mietmaipaitumnginiclof
cres qu'on veut rafiner à ia Sucrerie.
uation
ou deux chaudieres montécs à Tun des étoit auparavant. le qu'elle eft
bouts de la Purgeric, pourycuire les fi- loché,Squef felon Aprèsque Sucre
rops fins, &cpour lesrafincr, fans avoir déterminédel leterrer, fagualiteleRafincura oudelerefondre. a
lapeinede tran(porterlest GiropsoulesSu- Mietmaipaitumnginiclof
cres qu'on veut rafiner à ia Sucrerie. à-dire,onlesmet bien droites formes,c'eft- chacunefur
Leriqu'onleneur, Hlenbondepratiquer fonpot, dontonauras
un appentiafun de fes côtés, pour y lef firopquis'y étoit auparavant ôtétout
mettre les canots ou bacs, oul'on fait reportéa la Sucrerie trourc,&gr'onaura pour ly faire
tremper la terre, dont on couvrele Su- avcelesautresgrosfp firops sdelafemaine. cuire
crcs ceuxdont confeferpour le piler au Onconnoitqueles Sucree
fortir delétuve, & les balances pourle blanchira bien, quand on ceftbon&qu'il voit qu'il eft Crm2 menton
pefer. L'étuve, autant qu'onlepeur,doit bien uni tout le longdela
connoit
étreaul bout decesappentis, afin qu'ony bellecouleurdeperls, &mémeplusclai- forme, d'une
puiffe
E
Sucre allericouvert, quandonyportele re; quelatéteou le
eft blanchiau fortir de la Purgeric, ,equand bonne,unpcu feche firops'eflrctiré, & brillante. TA, 015
on l'en retire pourle piler. que quandilades
Aulieu 20n,
Maniee Lorfqu'on a rempi un afez grand noircs, en tirant marques rougeâtres ou
delech.er nombrede formes pourtaireune ctuvée,
furle jaune, & que la
le-Sacre, c'efl-à-dire,
téteeftjaune &on@tueule, c'eft unen marcontient ordssairement rerdarmmpinicaciou cinq à fix cent façonné, quealtrée, &e quilneblenchira) que le Sucrecft gras8 &cmal
formes, on loche,, c'cil-à-dire, on vifite plus fr cn cc cas cit delej point. dans Le la
le Sucre qui cft dans toutes les formes. grande pour Py refondre. jetter
Four cela on étend par terre un vieux Lorfquelatangerie eitaffez large, on
blancherfarioguelenrcmrerielas.formes laife un chemin dans le milieu de toute
furleur iond, quandleSucrey eftadhe- fà longueur, afin de
lcs
rant, ou parce que laforme n'avoit pas formes, dont les premieres partager plantées litsdes s'apdiebienbiccoatumader, lorfqu'onl'y puyent contre le mur. On obfervedeles
a mis, ou parce qu'en le mouvant à la planter bien de: niveau, afin la terre
Sucrerie on nel'avoit bicn détaché du détrempce, dont onlesdoit que tratour dela forme, ou peurquelqueantre vailleaplombee également couvrir, partour. On
Haeoifangalerosne) Pas ia forme enfaitdortinaire fix
qui fe toude lui-méme,ce quieft: abfolument ne- chentles uns lcs autrcs; rangs c'eft-cc qu'on
ccfirepour en cinnolic-lagualité, &c appelleun lit de formes; on laife entre
cha-
détaché du détrempce, dont onlesdoit que tratour dela forme, ou peurquelqueantre vailleaplombee également couvrir, partour. On
Haeoifangalerosne) Pas ia forme enfaitdortinaire fix
qui fe toude lui-méme,ce quieft: abfolument ne- chentles uns lcs autrcs; rangs c'eft-cc qu'on
ccfirepour en cinnolic-lagualité, &c appelleun lit de formes; on laife entre
cha- --- Page 589 ---
kyo. chaquel litun FRANCOISES DE
Maniere metie d'une forme, fentier de lalargeur du dia- gere LAMERIQUE le
de plan- palferentreleslitas, qui fert à pouvoir REOE &c fe grain, vient au-deffis, s'y 1696,
formes. terles cre. La raifon, pour pourtravaillcrauSu- laquelle la
cher au Sucre congele, qui eft au-deffous fans quafi s'attadeslitsn'excede pasle nombredefi largeur dont par confequent il eft fort d'elle,
mes, eft afin de
fixfor- feparer. aifé de la
main Sctravailler pouvoirtoucher le Sucre, avec la te quielt AnReesedhrenat feche, de
croûla troifiéme, ce qu'on ne qui eft dans qui a le
couleur d'ambre, &
fairesilyena
pourroit pas
Botrd-saceforel onlamet
formeaiant Daroidivantiger environ
car chaque 2E premiere
ou
TUESNSNEIE
diametre, ils'enfuit quatorze pouces de feche. Mais pourla fontaine, la fontaine
gécs font unel largeur trois pieds 8de- me fontaines graffe, lafeconde, onla quifenommi, eft toute
ceaux avec
SHEELE
d'un
la diftance ou la main tre à
une petite tille eat parmor- de quapeuratteindre
st
lerl librement." lleft vrai pourtravail- feroit
Pouces Sal pouccs delongfardeuxa dont len
à trois
core plus facile de faire cc qu'il fi en- n'ap pas plus cinqp manche del bois
lits
travail,
-EN
n'étoient compoféz que dc quatre les lever la coupe, dis-je, par pouces morceaux de long. On
rangsde formes; mais
pourla
un plus grand nombre commeilfaidroit de fentiers,
plusfaeilement, ou pour la & onla metauffia
emporteroietrop de terrain. La cela E quand elleeftbient repaffer dans le Sucre
ci-jointe fait voir la difpofition planche des for- la rejetterdansl la grande, feche, ou pour
mes dans une Purgerie. du Sucre quis'y trouve afinde profiter
Les formes étant plantées ou
la graiffe. On fouille encoreméleawre
onfaitl leurf fond,
pofécs, tille, un Pouceou ccuhtienreclipeinc
enlevé ce
appelle eatadicomeneet la fontaine dela cupoit la fontaine deuxfouslelieu
forme, on RiCeS remplit de Sucre en
troavequelquefois grafle, parce
ctes
julqu'àun
du bord, refervant grain abfolument neceflaire unefeconde, d'ôter, qu'ileft a caufe
mettre
terre qu'on doit
EETERE
par deffus.
écs, tille, un Pouceou ccuhtienreclipeinc
enlevé ce
appelle eatadicomeneet la fontaine dela cupoit la fontaine deuxfouslelieu
forme, on RiCeS remplit de Sucre en
troavequelquefois grafle, parce
ctes
julqu'àun
du bord, refervant grain abfolument neceflaire unefeconde, d'ôter, qu'ileft a caufe
mettre
terre qu'on doit
EETERE
par deffus. Maniere
Ceque
EETNE Aurenumendeinepee
foiilleles
Pendant qu'on defaire
leifon- cuhque taines Reremsniccemuecte desformes, ilfaut fc fouvenir que les fon- teauàdeux fontaines, on rapeavecun'cou- deifo- leifonds
taines leSucre chaude étant
que Sucre, que REENEEa l'on reduic en
mes,
deper. me,faitunecroite, smiadamschagactone &c
on fc fert
grain, & dont
mes, croûte a étérompue les quapresqticcerte deux fois
fait au fond arde la remplir forme le cn vuide qu'on a
l'a mouvée, ils'en fait
qu'on deux fontaincs. Onremplit enlevant donc les
cftrabotcule compoféedes & inégale, unctroiisanoqui qu'elle cft le de rendf jufqu'à ferme un doigt & prés du bord, cevui- & on
picces brifees ERE
cedentes. Au-deffous dec cettecroliteilfe deuxpré en frappant deffus testumemrenit &c
fait un.vuide delépaifleur
de fer ou de cuivre, avecunetruelle de
ronde
pouce, &equelquefoisd d'environ un
trois à quatre
cewuideilt-formeunes sdavantage, autre croûte &cfous EEEEETan oncouvre cette furfacc, la
dont
ne & prefque noire, de
bru- d'un mc, unie & de niveau, trayaille trouvant ferpouce versl lesi bords.
appant deffus testumemrenit &c
fait un.vuide delépaifleur
de fer ou de cuivre, avecunetruelle de
ronde
pouce, &equelquefoisd d'environ un
trois à quatre
cewuideilt-formeunes sdavantage, autre croûte &cfous EEEEETan oncouvre cette furfacc, la
dont
ne & prefque noire, de
bru- d'un mc, unie & de niveau, trayaille trouvant ferpouce versl lesi bords. au milieu, qui va l'épailleur en diminuant net ment partout, fans faire detrou; ce égalemanqueroitp
qui
ae la graiffe du ententrectemmere Sucre, qui
où la fuperficie pasd'arriver ne feroit dans leslieux
étantplusle- forte&cunic. pas également
Qg
Cunheginekem:
lcs --- Page 590 ---
VOYAGES AUX ISLES
298 NOUVEAUX
laifai fecher, &je remarquai deux cho- 1696,
E6y6. les fonds, à quoi un Rafineur ne peut fes dans la terre de Nantes,
ne la
de foin.
l'air trouvai point dans celle de
eA
apporter On laiffe UFCTO formes expofées à
qu'elle n'étoit plusi f blanche,
durant trois ou quatre jours. afin Avantque leur fu- premiere, parce que la craye qui y, étoit mélée,
de les couvrir de terre, que un peu. On s'étoit diffoute & diflipée dansl'eau, &cla
perficicf fc feche &cs'affermillet
couleur naturelfept ou huitformes
Rehoaeoumneies
employe d'ordinaire
le. La feconde, qu'elle Pavois étoitbeaucoup mistremdes Sucre, & minseanaagadimree plus legere quec quand je
dans
faire les fonds de centformes. ait beCeft ce queje netrouvai point
Huit ou dix jours avant qu'on le Sucre,il Isten terredel Rouen, quiavoit confervéenfoin de la terre pour couvrir meilleure,dont ticrement facouleur, &fonpoidsp prefque
fauti lar mettretiemper.Lar
vientde tout entier.
de fefervir
onfepuiffefervirr pourcerulige, blanche, fine, On ne laiffe pascependant & d'uneautre
Roien; elle eft prelque de
de cette terre de cNantcs,
de
déliée, douce, fans mélange pierre, à peu près femblable qu'on apporte
ni def fable; cllee celtaffezgralic pourfete: des Bourdeaux, quoiqueleane foient
un peup plusgrofles que
bonnes celle de Rotien, &
ervir
onfepuiffefervirr pourcerulige, blanche, fine, On ne laiffe pascependant & d'uneautre
Roien; elle eft prelque de
de cette terre de cNantcs,
de
déliée, douce, fans mélange pierre, à peu près femblable qu'on apporte
ni def fable; cllee celtaffezgralic pourfete: des Bourdeaux, quoiqueleane foient
un peup plusgrofles que
bonnes celle de Rotien, & propreral Terres nirenpeloites balles dejeu del Paume. C'eft ainfi véndre qu'on durentbeaucoup que moins. Au reftetoutela
blanchir la porte aux Inles, où T'ai và
Il bonté del laterredel Roien, 8cdesautres, En
le Sucre. vingt-cing &ctrentel la barrique. Guer- dont on peut fei fervir pour couvrir leSudans un temsde
LEE
elt-vraique c'étoit étoient grands, le fret cre, confifteent troischofes. Lapremiere, deser- res dont
re, où les rifques Scles affirances confiderables. denep meSttaREre de la laiffer filtrer d'une ma- on CONfortcher, Dans un tems de Paix on la peut avoir lafeconde, nieredouce Scinfenfible; &cla troifiémc, ure Sucres le
pourdix Ecus. Cehumpnarsibumabin de ne pass'imbiber del la graille du Sucre,
foit veritable: car quel- felon ne manquej jamais desyattacher, mais
pourviqu'ellc ques Marchands établis a Nantes, n'ont get la laiffer difhper àl Pair, oûl'on a foin
leur bonne & lotable coûtume, marchandife, de T'expofer après qu'on l'alevéc dedefmanquédealifier cette
fus le Sucre.
&
E d'apporter une cenaineteremdicede On voit affez quelest terres colorées
crayc, qu'ils faifoient paffer connoitre pourterrede cette quicolorent les liqueurs, dans lefquelles à
Rouen. Ileft difficilede mais comme on les détrempe, ne font pas ienfortiroit, propres
tromperieq quedanslulges eft la mere de Tinvention, 2 cetufage, au c,parceq queleauquie des sdu Sucre, lui
Atoyen la neceffité
je trouvai pour ar- paffint travers poresd dont elleferoit
posr voici les moyens que
fans attendre imprimeroient la couleur,
commoi. srelat ve- river à cette terre connoiflance, eût travaillé, &que) par chargée. aufli les terres
&
ritable que cette
tems dela ren- On voit que
gralles ou
urede confequent il nc fût plus morceau de fortes squiner rendentpoint l'eau, qui
Koitn. dreau'Mlarchand, Jepris un
larepouflent versleuri fuperficie, où l'air
terredeNantes, & undeterre deRouen, &c la chaleur la diflipent & la font évaquejepeluc exatement; deux jelesmis differens trem- vaif porcr, n'y font pasplust propreanonplas laiflent
per dans l'eau dans
bien dilayez & que celles qui étant fablonneules toute l'eau dont
feaux, apresqu'ilsfurent
tomber en un moment
repolez, je verlai l'eau par poflible. inclination Je les on les a imbibécs, qui pafle autraversde lcurs
avec toute la précaution
& la font évaquejepeluc exatement; deux jelesmis differens trem- vaif porcr, n'y font pasplust propreanonplas laiflent
per dans l'eau dans
bien dilayez & que celles qui étant fablonneules toute l'eau dont
feaux, apresqu'ilsfurent
tomber en un moment
repolez, je verlai l'eau par poflible. inclination Je les on les a imbibécs, qui pafle autraversde lcurs
avec toute la précaution --- Page 591 ---
1656. leurs
FRANCOISES DE
s'y arréter: pores, & comme enfin dans un crible, fans ve LAMERIQUE de l'emplir
qui s'imbibent que les terres mai- quatre heures on d'eau. en Au bout de vingt- thy6,
fau qui l'incorporent facilement dansleurs de graiffe quifarnage, &c on met tire, enj & onjettel el'eau
fontpaslesn meilleures,
pores, ne ceaux det terre
pieces les morfervir,
dont on puiffe fe dre,
pour les aider à (c diflouparlaraifon qu'elles durent peu,
après quoi ion remplit lebic de nou-
&rquec'eit une dépenfequ'il faut recom- velleeauyquiel'on changeroureslesv
ellesauroient mencer trop fouvent, quand d'ailleurs quatreheures, la terrec
remuant &c dilayant vingt- bien
les deux premieres qualitez
chaquefoisjufqu'a cc
que j'ai remarquées dans la terre de que l'eau qui eft fur la terre, qu'on voye
Rouien. nette & claire, &cnefoit plus demeure
LaGua- Terre de Nousavons dans nôtre Habitation de comme elle étoit au
verditre,
la Guadeloupe une terre
qu'on a mis
la commencement
dalsupe. colore
qui ne Lorfque détremper terre. loifir,
Teau, qui la ELEA filtrer à état de recevoir lesfonds la des formes font en
on
Ee
ne pour ASieeanE & nous épargne efttrès-bon- la dé- couy, quieft un morceau terre, de calebaffe, oteavecun la
renled'enacheterdee celle deRotienymais plus grande partie de Peau qui
ellestengraife facilement, & il eftdifi- n'y en laifant deffus trois ou furnage,
cile des'enfervirg plusdetroisf fois. Nous doigts. On remué hduse tout ce quatre
nous en confolons facilement,
dansleb
& on qui refte
en
chacaseclapagalle
nous pouvons prendre tant parceque que nous dansunp petitcanot qu'on met le; pafle du
voulons, fans qu'il nous en coute autre bac, au
auprès
chole que la pcine de la faire fotiller. re,d'unegrande aimmendentputae chaudicrede c'elt-i diNous nous cn fervons avec
cée de trous d'une
ou cuivreper
enl laiffons prendre à tous fuccés, & diametre. La raifon ligne qui environ de
befoin. ceuxquien ont ainfi la terretrempée, eft oblige depafer
Prepalesparties squi nele
pour cn leparer
ration Inteméentondarcmtri le
trouveroient
de
bien
la doitavoirtrompel huit ou dix jours Sucre, avant difloutes, & pouren ôter lesj pas &
verre, que d'y étre employée. Il faur choifir ordures quip ipourroient s'y pierres les
Iegredadeleadosce, la
la plus claire & des mefure bailles qu'on la la paffé, on rencontrer, la porte dans a
plusnette.
pour cn leparer
ration Inteméentondarcmtri le
trouveroient
de
bien
la doitavoirtrompel huit ou dix jours Sucre, avant difloutes, & pouren ôter lesj pas &
verre, que d'y étre employée. Il faur choifir ordures quip ipourroient s'y pierres les
Iegredadeleadosce, la
la plus claire & des mefure bailles qu'on la la paffé, on rencontrer, la porte dans a
plusnette. Onfelered'unbac, oud'u- tientila main à Pargerie. Le Rafineur Maniere
Se7babras2e delongfar trois pieds ou environ de lar- vre, contenant unepetite environ une cucillier pintedel dec cui- Pa- les deserrer Sucre. ge. Quand onn'a pas cette
ris, quieft entouréed'ung
ou qu'onr neveut pas faire cette commodité, fer plat, quifetermine petit cercle de
onf fef fert d'un canot debois. De dépenfe, foûtenir un manche de endouille, bois de trois pour
vailleuqu'onf afeferve, ,debois, oudema- quelque Quatrepiedadelong.1
à
çonneric, il doit étre à couvertfous Herdandiesbillere lipulearecleuen &
toit, Parce que fi le Soleil donne fur un la jufqu'au bord. La confiftence remplitles formes doit
terrep pendanto qu'elle eft à tremper, il é- avoir trace deffus la terre, de elttelle, que failant que une
chauffeleau, fait fermenterl laterre&c la
la profondeur d'undemi
faitaigrir, ce quilarend inutile à
doigt, cettet trace ne doitler
auquel on la doit employer. Pulage peuapeu, &apeu près comme remplir
Lat terre étant dans
a
FENCOIE
le canot, & n'en leouteitiprect trinfeque, &fal bonner étrecuite. Sal bonté inraRpicaitas connoiffent, lors préparation fc reQ92
qu'étant mife fur les
fonds --- Page 592 ---
300 NOUVEAUX VOYAGES A U X ISLES
1696, fonds elle ne bout point, & ne fait au- Solcil feroit imbiber] la
Ce qu'il cune bouteille, & qu'enyapprochant le rc, oui fon lamettoit graifle danslater- 16001
ferver faut ob- nez on ne fent aucune odeur. Car lorf- menteroit &c fe pourriroit. dansl'eau, clleferaprès que l'un de ces casarrive, c'cftunemar- veut fe fervirde ia terre des Ifles Lorfqu'on
guila que certaine que la terre eft échauffée, deux fois, il faut enlever
plus de
recela qu'elle eft aigric, 8c ily a du
avec un couterre. danger teautoutel la graiffe, &
qu'elle ne gate le Sucre, ou du moins paiffeur dela terre, qui coupertoutel'équ'elle nc letravaillepas. Desquela ter- ecf fairefecherle reite ienaétépenetrée,
reeft furles Sucre, onf ferme toutesles fe- autre fois. pours'eniervirune
nétresdelal Pargeric, afinquel'air, ou la A melure
ôte la
chaleur ne defleche pas la terre, &c on leSucre, on en qu'on nettoyel la terre de deffus
veille foigneufement pendant trois ou desbroliesalongspots, ellcs fuperficie fontrondcs avec
dents quatre heures, pour remedier aux acci- dequatrep pouces dediametres
en
qui peuvent arriver au Sucre, lorf- entautantdclongueur, &la; poignée lesfoyes qui
quelaterreyviente d'être mife.
melure
ôte la
chaleur ne defleche pas la terre, &c on leSucre, on en qu'on nettoyel la terre de deffus
veille foigneufement pendant trois ou desbroliesalongspots, ellcs fuperficie fontrondcs avec
dents quatre heures, pour remedier aux acci- dequatrep pouces dediametres
en
qui peuvent arriver au Sucre, lorf- entautantdclongueur, &la; poignée lesfoyes qui
quelaterreyviente d'être mife. Car fi les
fonds font mal faits, c'eft-à-dire, s'ils ne ellperpendiculaiieaur pouces. Onfefert tdeces mancheacing broflès àfix
font pas bien droits, ou s'ils ne font
une elpece de poufliere brune pourôter &
également fermes par tout, toute Tes quieftfurlafiurface du Sucre, à graffe
quieft dansla terre, trouvant dela; pente, commequundisaneigead
peu près
fouledececôté-li & penetrele Sucre,&c tems fur laterre, & que demeuréquelque les
lecreuferoit d'unl boutal'autre, fi ionn'y font en l'air, ont un terni ordures fa blan- qui
remedioit. Desqu'on s'apperçoit quc la cheur, qu'onnelaifle; pas peu de voir au tratenctravaileninendrer plisque dans vers de cette
fubtiie. un autre, ce quife connoitpar unepetite Quand lonar pouflicre nettoyé ledeffus de Ia
concavité quife formefurl la fuperficie de me, on voirguelle fera la blanchcur for- du desfor- Travail
laterre:on prend dufable fin & bien fec, Sucre quelle contient. C'eft une
mes
qu'on tient tout prêt pour cet effet, & de croire qu'une feconde terre, ou erreur une aprèsla
onlerépandd-nsce creux & tout autour; troifiéme augmentera le
premiere terre. il imbibe auffi-tôt &c abforbe l'eau
blancheur. Cc que fait la feconde degré de fa
prenoitfon cours parcet endroit. CL3 qu'onymet, eft' deblanchir la téte terre de la
laterreatravaillé trois ou quatreheures, formc, parce que la premiere n'aiantp pas
Anysphamcunseciiemio craindre. pouffe lc
Com- Onlaiffe cette premierecouche deter- acheve de firopjufqu'aul bout, la feconde
mert on rc furleSucre, julqu'à ce qu'aiantdiltillé ellen
le precipiter tout-à-fait; mais
ieo toutel'eau
n'augmentejamais ledegrédefablannetioye
qu'elle contenoit, elle fc foit cheur. 21T7E, tout-à-fait fechéc, felon quele tems eft Lesfonds étant bien
onles
fecou humide, la terre en employe plus fouille avec la petitc tille nettoyez,
ou moins à fefecher: : illuif faut d'ordinai- pouce de
environ à un
reneufou dixj jours. Lorfu'onvoitqu'el- nouveau, profondeur, on les dreffe de
le eft feche, on la leve & on l'étendal'air, mitaveclatruelle; onlesapplanit, &c on lesafferlecôtéquiat touché les Sucreenhaur, afin trois heures on met êcau bout de deux ou
quel'air dillipela graiffequi s'yétoitatta- pafféecommela y une feconde terre
chée, mais on fc garde bien del'expofer tité, avec le mémc premierc,en foin mémequanau Soleil, ni de laremettre tremperavant mesp précautions.
l'étendal'air, mitaveclatruelle; onlesapplanit, &c on lesafferlecôtéquiat touché les Sucreenhaur, afin trois heures on met êcau bout de deux ou
quel'air dillipela graiffequi s'yétoitatta- pafféecommela y une feconde terre
chée, mais on fc garde bien del'expofer tité, avec le mémc premierc,en foin mémequanau Soleil, ni de laremettre tremperavant mesp précautions. Onfermee &avecles enfuitelesfe- méqu'ellc foit tout-à-fait feche, parcequele nêtres de la Purgeric, & on laile travail- --- Page 593 ---
16g6. vaillercettefconde FRANCOISES DE LAMERIQUE
ieche premiere, fansl lal lever terre, que quand autant la detéteavant que dele mettre à l'étuve, 301. de
entierement. aula qued s'expolera levouloir blanchir 16g6,
Ilya des Rafineurs qui rafraichifent puifqu'on perdant fept ou huit livres du fond. Et en
DE ceueicondetemmee paitrie, fans Pôter de aprés deffus l'avoir unpeu lespiler, & doit rompre les formes pour
lesucre, en verlant
le Sucre,
pourles mettre en barrique,
abusde det
defftusuned ou deux
de les
ce tra- terreclaire. Ils
cela cucillerées RzTFa l'étuve? mettreentieresou
vail, ter: ilsprétendent appellent plumo- font
D'ailleurs cestétes ne
dela forme autant quelefond. par-lat blanchirlatéte les TLERE perduès; avec les on fontaines les conferve pour
mauvaife manceuvré, & une C'eftune autres fucres quin'ont pasété feches, ou
fiderable pour le Maître. Car perte con- chis. bien blandroitaufib arriveroit quelatéte de la forme quand devien- il La &c fecondeterre étant feche, onlaleplumoter, iblanche cela eque le fond à force de ve, onlexpofe à l'air comme la
diminution delahauteur nefep
parla meneEp-ehesine dans AEE
forteque
de hechmtnremenmenue avecfoin le deflus
Onnettoye
ES
chirà cinqoufixp lemetetequ'ont prétendblan- ongratte avecun couteau dufberesseclabrofis Travail
tre ou cing pouces poucesdehaut, de diametre dans êcqua- fa dehtommeyt poure
letour duhaut daSuere abres les
mais plus grande largeur, elle ne
demeurée bords attachée, snégristenequiyen &c pour rendre les deux
pelerdeusivres, quine
à
en état de ne point
terves,
à fix
oule
gâter
Em
comparer dont la
ou fept livres de pas & pain de fucre,
on laforme,
forme diminuera
Sucre, on ouvre alors les quand l'entirera,
qu'elie a plus
&c par l'endroit getyalingnetureciel fenétres de la Purpour contenter IEC vanité celauniquement d'un
& aidentanfucrea eàfefecher. chaleury y entrent,
fait quiveut n'a dire par tout que le Sucre Rafineur, qu'il ne pour l'ordinaire encore huit Onluid ou don- dix
eft venu point à bout detétc; pendanequilnen jours ptons pourcela: qu'on aété : delortequef trois finous comfeptlivresde fucre, qu'aux qu'il dépens a fait de fixou ceutformesd de fucre avant femainesafuirefix
fonMaitrel farchaque forme perdreà rer,qu'elles ont
quedelestermotée.
ut n'a dire par tout que le Sucre Rafineur, qu'il ne pour l'ordinaire encore huit Onluid ou don- dix
eft venu point à bout detétc; pendanequilnen jours ptons pourcela: qu'on aété : delortequef trois finous comfeptlivresde fucre, qu'aux qu'il dépens a fait de fixou ceutformesd de fucre avant femainesafuirefix
fonMaitrel farchaque forme perdreà rer,qu'elles ont
quedelestermotée. C'eft pourquoi un gu'il a plu- lal Purgerie, ou mmeneepundes fous la
peu entendu
Habitant un cher avant d'être terre, ou pourfemais
damatcsafiaire, ne doit jaque
mifes à l'étuve, où
eitbienfuit, autincmaplemenget &fln matiere en Si le fucre SECEEEA nous trouverons qu'une étuvéc jours,
deuxterres fufifent pour blanchir eltbonne, la for- cent cinquante ou
de cinq. med'unbouts tàlautre. Si au contraire le mes
cingeentfBkxintefond
fucren'eftpash sbienfait, ous'il peched dans mel que FEImEmACHEr d'être en état d'étrevendués. famatiere, dene feront tous
du mon- le travail eft continuel,
Comautrec
quantiré, &cs'il eplimonger chofe que diminuer fa fuccedent maines les unes aux autres lesétuvéesfe detrois fearrive julqu'au point de nombre en dc trois formes femaines, quandon a1 un
dépens du fond. tinuer: deux mille fufifant ou pour le conItrteatnd
Lotique le Sucren'ef de
cent formes fuffifent. deux mille quatre
il i pouvoir blanchir d'un soer à qualité Pendant queles
vaut micux couper cingou fix l'autre, fon caul, qu'ilsetlaye, cinacadenedigatter &
pouccs danslesiormes, onpréparelétuve qu'ilfé feche
Qg 3
pour
le: --- Page 594 ---
VOYAGES AUX ISLES
1696. 302 NOUVEAUX être
la
& du coffre; ils laiffent au
1696. lc recevoir. Ce bâtiment doit
au la de milieu porte une efpace vuide de quatre pieds
Etssefes rez de chaufféc ou de niveau ou avec de la del large. On cloie fur ces foliveaux des
propar- Purgeric, au bout desappentis à cou- lattesd'unp reergseatartocies doivent être elpacécs
tionsey Purgerie, sfingwonypuilit-atiere contenir fixàt fept ces de large, qui
être
fomufa- vert. Uneétuve pour
cn tant plein que vuide; elles doivent
ge. cent formes, doit avoir douze pieds blanchies alavarloppe & d'un bon bois. quarrédanso ceuvre. On donned deux Iifufit pieds C'eftfur ceslattesqu'on met les pains de
&d demid d'épailleur aux murailles. fucre.I
de hautfurdeux
STXCIEONEaNEEn
quelat portcait fix picds
haurderetveonf faittrois autres étages, &
piedsouv vingt-fixp pouces delargeentreles doublesven- à chacundefquelse ondonne deux pieds
tableaux.
loppe & d'un bon bois. quarrédanso ceuvre. On donned deux Iifufit pieds C'eftfur ceslattesqu'on met les pains de
&d demid d'épailleur aux murailles. fucre.I
de hautfurdeux
STXCIEONEaNEEn
quelat portcait fix picds
haurderetveonf faittrois autres étages, &
piedsouv vingt-fixp pouces delargeentreles doublesven- à chacundefquelse ondonne deux pieds
tableaux. Ony peut faire de &cl'au- demi de hauteur; ils font folitenus par en
taux, Tun nquideuvreendelan) la chaleurplus des foliveaux de trois à quatre pouces
treen dehors, afinderenirl
quarré, fcellez dans les murs, furlefquels
refferréc. Vis-à-vis de la porte on place feu. on clotiedeslattes, comme aux deux aulecoffre de fer, dansl lequel onfuitle de tres demi étages. On laiffe un vuide de
Ces coffres font de fer fondu, longs eft deux pieds & demienquarré, qui répond d'un
vingt-fix a trente pouces, leurlargeur leur hau- au milicu dul bâtiment, entrer fordevingt a vingt-deux pouces, pouces, &c Pépaif- éragedanalautre, &comme afin pourroit arteur de vingt-quatre
dont mes deSucre;
du
SUF
feur de deuxp pouces. Desfixcôtez, touslescubes, river que le Sucre quiferoit s'éclatter au-deflus la trop
ileft compolscommefontt 8cdeux fontouverts; coffre, venant à
de le coffre
quatre fontdefer,
grande chaleur, tomberoit 8cle communifgavoirscluidul bour, Gccluidedeilous &cpourroitp prendrefeu,
le bout ouvert s'enchalle ou s'encafire du
raurenederetuve, comme ileftarCoffres trois ou quatrepouces dansl'épaifeur ae2 plufieurs fois, on met des au planches lieu de
d'une
,lefeuil8cle percés de trous de tarriere, del'éEriue. Le deffus
EETEEERE
bonmortier. Lespiedsdroits,! lattes en cet endroit-la. deffus del lat abouche ou entréedufourneau &c le vuide de def- tuvealahauteurdest bonnes munseftcouverdun furles'y doivent joindre, grilles oùr fc met le plancherfait de
planches,
foeseapeineunles au-deffous cftl le cendrier, dontla quel on fait une maconaenrucaeutidis Onlaiffean milieudu
bois: bouche eft fous celle du fourneau & de Pouceadépsiteur plancher une ouverture égaleà cellequi
mémc grandeur. Letourdubaducolie un perce les étages, qui fe ferme avec une
en dedans del'étuve eft encaftrédans trape. Elle fcrtà donner de lair Scalaif
tourde pierre de taille, ou enferméavec afin que ferévaporer lcs premiomeulalsi@mon à
dest tuileaux 8c de bon mortier, nepuif fortent du Sucre, quand il commence
lefeuquielldedans, oulafumée Onl'eleve fecher, après cela on chaleur. la ferme Leh pour.con- hautde
Ebysremaicesd ordinairement de quatre ou cinq pouces centrerdivantage l'étuve eft terminé la par un comble de
doit être
ou
au-deffus del'siredel'étuve Rie plancher charpente, quetoncanredandoles
carrelé. La hauteur du chambranle depuis de la
d'efientes. jours avant qu'on mette le Prepar4
jufqu'au-delius
deux rangs poCe Quelques
& on la tionde
te!
pour.con- hautde
Ebysremaicesd ordinairement de quatre ou cinq pouces centrerdivantage l'étuve eft terminé la par un comble de
doit être
ou
au-deffus del'siredel'étuve Rie plancher charpente, quetoncanredandoles
carrelé. La hauteur du chambranle depuis de la
d'efientes. jours avant qu'on mette le Prepar4
jufqu'au-delius
deux rangs poCe Quelques
& on la tionde
te! te
en trois par
quar- Sucre à i'étuve, onlar nettoye,, Phumidité
quatrep poucesen côté chauffe, afin dc difiper
adat
de
Sere
ré, iccliez dans le, mur chaque
pour- --- Page 595 ---
tbyh. pourroit s'y FRANCOISES étre concentrée
DE LAMERIQUE
sieredy derniere fois qu'ons'eneitfervi, depuis la huit nuits d'unfeu vif&c
30;
matrei le la difliper plus facilement, on laiffe &pour fent pour bienf
continuelfufi- 16gG
Sucre, vertes la trape & la porte. oudecheruneétuvéed deSucre. bien
Lotiquonlejuge fecautant le
feche, & le Sucre Loriqurelleit eft à la étre, on
&on qu'il doit
Purgerie, eft en
étre
jour chaud nonelitmappe, & fec
le choifirun
che les
onloEnay ae
formes l'une après l'autre furl le fert pour cet effet Rcue deux piler. On fe Baticr
bloc; on porte à l'éruve celles qui font nots. Lest sbacsfont
bacs, ou Ca- canots A
blanches d'unbouta ral'autre, & on
fres de dix à douze commede pieds de grandscof- piler. cequin'ef l'on
pas blanc dans les autres coupe pieds
& autant longy de deux
deltine à
que
akcdontdchrgte
Negre à être rafinées. On met un fondeur, compolez der madriers de
chaque
&
pouces
RECE
étage, unà lap porte: fouvent d'épailteur, bien aflemblez, &
ceiu-cireporkapaine qu'on leslui
de Sucreamelure
entermez dans un chaffis fe
lui
apporte, &c lcs donne à ce- ferreavecdes fert de
clefs de bois. qui
au premier
celui-là
canots quifont tout Quand on fe
ES & leicond au étage, troifiéme au onleur laiffe la méme d'une piece,
dans arrangedansl letroiliémee érage,8c enfuite qui les On enfonce les uns & épaifleur les
par tour. ceux font plus bas. Lorfque les ent terre,afin qu'ils sfoient autres à moitié
grands ea font pleins, on remplit les moins lujetsas'ouvrir plus fermes, &
petits; & en Cas dc beloin on en
lons.
tout Quand on fe
ES & leicond au étage, troifiéme au onleur laiffe la méme d'une piece,
dans arrangedansl letroiliémee érage,8c enfuite qui les On enfonce les uns & épaifleur les
par tour. ceux font plus bas. Lorfque les ent terre,afin qu'ils sfoient autres à moitié
grands ea font pleins, on remplit les moins lujetsas'ouvrir plus fermes, &
petits; & en Cas dc beloin on en
lons. On doit avoir Tefforedes pimettre
peut nots
del laver les
bard
jufques furles carreaux. la veille, & de les bien
caformes, J'ai déja dit qu'on vifite toutes les On commence par numeroter fecher. afin que files têtes font noires, lesbarriquesoulond c'eft-a-dire,
doit mettre le &ctarer Sucre, Ce que
ERs pour les rafiner, couperp pourksmestreapars des, au qu'on pefe les futailles vui- cef numero- gue
ques formes qui fufent ous'il y avoit quel- côté poids qui eft Pour l'ordinaire à tertarer lesb
pour n'avoir égoûté encore moites,
descanotsfousied memeappentis, &c bar
on lesmetfuri E demis toute leur cau, leapefé
rigvei,
étages, ou fur le
ERRSECNERE
clles plancher, afin que venant à fe
marque afin Saehmnapetenm aufli le numero de la
On
netombent point dans le milicu rompre de & d'en tenir plus aifément le barrique,
l'étuve, ou fur d'autres formes
quand elles font remplies & compte,
mdsmengretets fur tout qu'clles on ies pele derechef, &
foncées,
rive qu'elles fc fondent & coulent quand ilaron marque aurop. en fi- Hemimeisiinene lac quantitédes Sucrec
c'elt-a-dire,
Onr nef fait qu'un feu mediocrel lesdeux rique 5 la tarc ou contenu poids du dans bois la barpremiers jours, de peur que la chaleur ôté. étant
ccs trop commencemens. violente ne furprenne le Sucre dans debois Lespilonsdont dur&cp on fe fert doivent étre Pilsns,
tems on vifite fouvent Pendant l'étuve ce méme- deBalaras, de pefant; comme d'Acomas, leurn me. l'état du Sucre, pour amaffer cclui pour voir ou dei bois de Savonettes, fer. On leur del bois Rouge, tieees
tombe, ou pour redreffer les
qui neuf pouces de hauteur fur donne huir à lirfor. mt,
penchent, & qui pourroient pains qui metre; ils font de
cinq dec dia-
& après ces deuxj jourson ferme la tomber; 3 percez dansl leur centre figure cilindrique,
coffre on augmente le feu, de forte trappe, le mancheronde de
pour recevoir un
devient tour rouge. Huitj gue Pouce de diametre." fixpiedidelongs & d'un
jours & Les Negres & Negrefes
qui doivent
piler --- Page 596 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. piler leSucre, lerengentdes deuxcôtez trespaffentp parl'hebichet. Com- du canot. Onyjette les pains peu à peu fuites de la
Les Peres Je- 1696:
menton afin delesp piler micux, Seplusaitément, Moulin compoféde Martinique deux avoient un petit
pilele Sucre.
'un
jours & Les Negres & Negrefes
qui doivent
piler --- Page 596 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. piler leSucre, lerengentdes deuxcôtez trespaffentp parl'hebichet. Com- du canot. Onyjette les pains peu à peu fuites de la
Les Peres Je- 1696:
menton afin delesp piler micux, Seplusaitément, Moulin compoféde Martinique deux avoient un petit
pilele Sucre. &clorfquele canoteftplein, on le fouille re pour moudre les
meules depier- Moulin a mouavec une hotie de fer, & on prend lavec pelle des' crotons. morceaux Cela
qu'on ap- dreles
des couisleSucre pilépourle porter aux coup le travail; mais pour avançoit peu beau- les crotons deSucra. barriques, fiar chacune defquelles il ya meuless'egrenalient, elles gitoient que le Suunhebichet, criblefait decôtes c'cft-a-dire, unee elpece de cre, & c'eft ce qui a empéché bien des
feaux
delatanier, ou de ro- gens de s'en fervir. refendus, à ouonlemct. I ya une C'eft ainfi qu'on metenbarriques tout
EAE qui fait paller chaque le hebichet Sucre à qui remie, & le Sucrequi fort delétuve, obfervant de
loriquily en a la hauteur de travers, feptàh huit l'air ne travailler étant jamais lors la fort nuit, à caufc que
pouces dans labarrique, ceux <quiavoient munique Et humidité au humide, com- &
pilédansle Canot fei mettent trois à trois gare. Caril eft certain Sucre, le
à chaque barrique, & pilent de toutes &cbien pilé, plus il
plusileft fec,
Jeursforces leSucre
Paroitre blanc. PILTED
qui eit dedans, afin
des
d'yen faire entrer unep plus
quan- liyapourtant cher d'autres casquic obligentacherzité. On recommence à
par The- cette qualité, moyens, quand elle pour lui lui donner
bichet,
TAC
&cà plenhomnihoneijuigel dont jai été obligé de me fervir manque 5
cequelabarriguefoity pleine, un au- d'une fois. plus
defus dujable, & queleSucre AM bien Je me trouvai un jour chargé d'une
Sonnnionecmetmtrsmcbant que citbien foulée,
étuvée de Sucre de prés de fix cent forledoigt, ellerend un qu'enlatrapantavee fon clair comme fi mes,quine la vié des Marchands promettoit pas dedonnerdans fa
c'étoit une piece de bois toute pleine &c UnCapitaineàd quije le voir blancheur. entiere. lr étant enPour empécher que les fonds des bar- nerplus corealétuvene sdedix- feptlivres voulurj jamais dix: fols m'en donriques ne fautent par l'effort des pilons, pendant que le prixcourant du cent,
on a foin avant d'y mettre du Sucre, de
étoit vingtcloiier un cercle autour du jable, pour Soantmsdnirmpimeah Sucrequi: ne me contentap peudece Inuen- tion de
Pricas- retenirlesfonds, kelesempecherdetom: un jourd'en
un pas; jem'avifai PAutionga ber, s'ilarrivoitque les ccrcles fe lâchaf- trouvai rapper morceau, &c je teur
lesbarri- emmpither fent parl la quanticé de Sucre, qu'on fait autre ceil, quela rappe lui n'écrafant donnoit tout un pour.faientrer par force dans lcs barriques.
peudece Inuen- tion de
Pricas- retenirlesfonds, kelesempecherdetom: un jourd'en
un pas; jem'avifai PAutionga ber, s'ilarrivoitque les ccrcles fe lâchaf- trouvai rapper morceau, &c je teur
lesbarri- emmpither fent parl la quanticé de Sucre, qu'on fait autre ceil, quela rappe lui n'écrafant donnoit tout un pour.faientrer par force dans lcs barriques. Car partics comme que il leur pas fes reparoi- ire leSule
EE
Fat plus Sucre eft fec, bien pilé,, &c bien quantité de
pilon,
reftoit creplas
fancer. preffé, micux il econlenedansicroy chifloient la petites lumiere, fuperficies &c qui refle- Blanc. ge, fans prendre dhumiditeguileferoit quent augmentoient fa qui par confedevenir gris. Une barrique bien foulée quelques
quiacheverent blancheur. Jefis
doit contenir fixafept centlivres de Su- convaincre. épreuves Mais
de me
cre nct. mes yeux ne me trompallent, scommejee craignois & que
Les morceaux qui n'ont pû pafferpar fuffent pas de bons] Juges, dansune qu'ils caufc ne
Thebichetioetregentez, dans un autre ca- où ilsavoicnti interêt;
not, ou lesNegies qui ont pilédans Ics quets decer même Sucre, j'envoyaideux un &c'un pabarriques, lespientpendant guelcs sau- rappé, à un de nos voilinstres-boncon- pilé,
noifeur --- Page 597 ---
Hoghi. FRANCOISES DE
noifleur de en cette marchandife, &c je le LAMERIQUE
39y
Fi eltima, me marquer &cjeus le le prix de chacun. Maiscette que tout le augmentation profit
emportoit prcf: 16yh
qu'ilavaite eflimémons plaifir de voir lisaroiente éprouvé qu'ils; pendant pouvoient faire. troisfrancs, & celuiqui Sucrerapcvinge étoit Pilé feule- les fucres provenans des prifes laGuerreque qu'on faimentdix-fept. Iln'ent
fothurlerAngless
pour me fairerefoudre, aaspadirumge à
surafinage,
réufifoientt tres-bien
defixcent formes de Sucre, faireraperp & près il avoit
bieapurges
ce travail
quoique &
qu'un beaug
ert
dût étre long &
aL préparé,
grain ferme
crus que je ne devois cnnuyant, negliger dE fonte, 8cquid a diminuoit à clarifier. pcu à la
gagner cinq ou fix facte par cent. voyerent quelques Marchands auxI IlsenTacherai donc une douzaine de
qui propoferents caux Habitans Inles,
dont je fis un rabattre les grages, fucre à la maniere des
de faire du
afin qu'elles "ehent le Sucre plus pointes fin, & 9 encouragerent ils
par leprix Anglois, Eelesy
leize j'occupaip ipendantquatre jours quinze ou le firent monter en confiderableoh de tems. méme Negres à rapper tout ce Sucre. Le les profit autres. étoit grand pour Fi uns & Pour Le
Capitaine étant revenu
Les Habitans
joursaprès, & m'aiant
quelques rail- point d'établifement Pour n'avojent
lcrie, fi je voulois laccommoder demandépar d'une fucre, ytrouvoient leur
REE
partic deSueregriss je lui repondis
qu'ils n'avoient Point l'embarras compte, parce
jen'envendois quedetres-blane, &
lerp terrer,
de le
j'enavois une partie qui contenteroir d de
delefecheralenme edelepie
plusdifficileg quelui.
quelques rail- point d'établifement Pour n'avojent
lcrie, fi je voulois laccommoder demandépar d'une fucre, ytrouvoient leur
REE
partic deSueregriss je lui repondis
qu'ils n'avoient Point l'embarras compte, parce
jen'envendois quedetres-blane, &
lerp terrer,
de le
j'enavois une partie qui contenteroir d de
delefecheralenme edelepie
plusdifficileg quelui. Il'erurq
neursyg hwnancucenbmmnet LesRafidéfait de celui qu'ilavoit vûs quejem'étois &
que ce IESTERTESE lucre paffant
fucre
je lui montrai mon Sucre rappé; quand il le nepayoient qu'un Ecu pour cent brut, de droit ils
trouvatrès-beaus vingt-deux livres Sclepritf tfurl lepied de d'entréc, que autant
metdrai àl
Quand nos affires furent guinze fols le cent. doity y avoir RLE que aucune fucre terré: alafontepret caril ne
luidis c'étoit le méme terminées, je T'autre,
difference met de Tun à
avoit
Sucre, qu'il
finonqu'on
&je lui en Aisapporter quel- barriques trois percécs, Eegarnies tcelur-cidansdes de deuxou
painsquireiloient. Avec tout cela,
Cannes, afin quipuifep
jamais cru
TE
fc, fjen'en avois cette fait metanorpho facilements, formes cclui au licu
mer purgerplus dans des
riencenfaprcfencs pas faire l'expe J'ayfait Paten AcE terrer. -Pris.ceitciersenfont Datrengensaint forte de fucre, quelques partiesde cette
mc fuccez. ferviavecleme. blancavant
étoit plus de moitié
aux
TRLATSTE
DUSUCRE
ft mais pournous je netrouvois pas que ce Marchande, fitunp
PASSE, neccffaire pourl quiavions le
tout ce qui TEME
Origine CeSucre doit fanaiffance à
une fois autant; blanchir, & le vendre
dece Sucre. blanc tation des droits d'entréc dont T'augmen- le fucre derable, firops fins, ce qui outrequ'on n'eft pasf fi peu Perdoit confi- les
de France futchargéen16p8. achetoient le fucre LesRafineurs vrai, qu'on qu'on peut lc doive negliger. Ileft
le refondre, & le: mettre en petits terré pour rendent, mais on profiterdest ne peut aropsquile
qu'ils vendoient comme fucre pains d'aufli bellet
jamais de en faire
Royal, font reçûs dans marchandifequed des pots,
ceux qui
R r
qui font tou. jours --- Page 598 ---
VOYAGES AUX ISLES
306 NOUVEAUX
aifé à rafiner. Il auroit été mieux de le 16sh
1696. joursbienplusy propres, que lesciternes, faire de cette maniere auxlilesFrançoiquelque foin qu'on en prenne. qui fai- fes. "Abus lly avoit nombredflabitans fucre tous les firops
qui f foient paffer dans ce celui
DES SUCRES DE SIROP,
glije- vent qu'ils avoient tiré de qu'ilkavoiene C'eft une
8 d'Ecumes. dans la mis en forme carileft pour être certain terré. que les fuécumes des trois
chau- Dani
Re Sucre fupercherie: de
quelquel bons & bien tra- Les
à la premieres Vinaigrerie ou guel
pafi. crcs firop, puilent étre, nerendentj ja- dieres font portées &
faire de PEau- iempson cuif les
vaillé
desfucres Diftilatoire, ferventàf
&
mais ài t fonte, ce querendent
de-Vie.
mis en forme carileft pour être certain terré. que les fuécumes des trois
chau- Dani
Re Sucre fupercherie: de
quelquel bons & bien tra- Les
à la premieres Vinaigrerie ou guel
pafi. crcs firop, puilent étre, nerendentj ja- dieres font portées &
faire de PEau- iempson cuif les
vaillé
desfucres Diftilatoire, ferventàf
&
mais ài t fonte, ce querendent
de-Vie. Onmetal part celles du firop écumcs eorles
tous pursde Cannes. AinfilesMarchands, de la batterie. On les conferve dans un firops,
quiveulent éviter detretrompcrdoivent canot deftiné à cela, &c tous les matins
bien prendre garde de quiilsachetentse Ils fe onlestait cuire dans une chaudiere mons'y connoitre un peu cux-mémes. leur en enfeis tée dans la Sucrerie, & dellinécacetufafouviendront l'odorat
& les gc. Tous les Lundis matin on fait cuire
gnera plus que # goût, les ont yeux leur éta- Tesgrosfirops,, c'eft-à-dire, ceuxqueles la
mains. Et les) Habitans qui
d'étreportéesàl
bliflement en état de fairedu fucre blanc, fornerontiemndusavare ou d'avoir été couvertes de
doivent laiffercette Manufaéture à ceux Purgeric, terre; & quandaux firops fins, c'eft-àquinefont pasenicore enétat deblanchir, dc dire, ceux quip proviennent du furcre coude peur de fuccomber à la tentation avec le vert de terre, on les cuit toutcs les fois
faire. paffer leurs fucres de firop
qu'on met le fucre à l'étuve. fucre de Cannes. abus dans la Ilyatrois fortes de firops qui s'écouIlfe gifla encore un autre fut qu'au lieu lent du Sucre. de fucre
fabrique de ce fucre, delaine, com- Celui quicoule des barriques citernes. de le paffer dans un a & comme on brut, & qui eft
dans les Ons'en fermeils y étoient obligez, blanchir, C'eft le plus et tous. doit paflerlesfucres delepaffer qu'onveut! paruneg groffe voit EERETE faire devenus de TEau-de-Vic, chcrs dans Vente t
onfecontentoitd
toille emporte le mais les Sucres étant
prix des
toille. Ile eft vrai, quelat mais la graille Easarairermaraaa gros
plus gros des ordures,
failoit ad commchcmaricieirt pourl'envoyer rops citerns,
paffoit toute entiere, cequif lefucre dans le Nord où l'on en ule beaucoup,
n'étoit guéres micux préparé que
foit pour faire del PEau-de-Vic, ou autres
brut ordinaire. de liqueurs, foit pour mettredans leur pain
LesAnglois à quiln'eft pas permis
schofesde cette nature,
blanchir Rontomdontuesungs ne d"Epicesouautresc deforte qu'onlevendit, jufqu'à icent fols
parundrap,
Hollandois &AlRonommemadneirer quril eft cuit dans des le cent. LesRafincurst fit venir aux Iles, trouveilsler emettentaprès boisquifonts enpiramides qua- lemans qu'on
formesdeb &
il a bien purgé, ils
en le reduifant
ENSERaUTEE
drilateres, quand
le tontfecher ment pourleurs Maîtres, bien avec de
le coupent par morceaux, cn barriques.
fols
parundrap,
Hollandois &AlRonommemadneirer quril eft cuit dans des le cent. LesRafincurst fit venir aux Iles, trouveilsler emettentaprès boisquifonts enpiramides qua- lemans qu'on
formesdeb &
il a bien purgé, ils
en le reduifant
ENSERaUTEE
drilateres, quand
le tontfecher ment pourleurs Maîtres, bien avec de
le coupent par morceaux, cn barriques. en Sucre. Ils le clarifioient cuit, ils
au foleil, &c puisl slemettent fabrique le fucre à la Peau de chaux, 8c lorfqu'ilétoito des barrils avec une Suers de
C'eft ainfi qu'on
endroits de la le mettoient dans
Jamaique, & en quelques
&t très- Canneaumilicu. Apresqu'ilavoit purgésef: rop. Baibade. Cefucre eftrès-beau,
quinze --- Page 599 ---
1606,
FRANCOISES DE
de quinze ou vingt jours, ils lechargeoient dans LAMERIQU les
E. 30y
décrempées fxpoucer de lui groffe terre gralle bien méleravec Sucreterré, le Sucrel & qu'on ne doitpas thyo
delon firop, % ler rendoit faifoit jetter le refte
eft d'un profit G brut. Cc Sucredefi- Profit
repalléen Sucre brut, propre il à étre a0 fuffire dans une confiderable, qu'il
voit nuire, parcec qu'ilétoit auquel bient ne
gléeavecl les Eaux-de-Vicp Habitation bien re- ap qw'onres
conditionné,
fec, bon fe&c l'entretiendul
pourla depen- tire de ce
jours dansl slefond &cparce des citernes qu'ont trouve toû- tiques, de
Maitre, defcs Domef- Sucre,
uitéconfiderabledes
une quan- de l'attirail, esNegres, d'unesucreric, écdetout le relte
forme, & qui s'y eSuereengraine affemble à1 melure qui que s'y dus Letroifiéme Sucre
firopeft celui qui tombe Sucre de
lefropyo coule. Pourprofitere de ces
après qu'ileft couvert de terre. frop An. les firopsdeciternes, il faut laver avec
Onl'appelle firop fin, & il l'eft effcéticiternes à
E
les firops. Cette chaque laveure fois qu'on en retire vement, til, Puilque c'eftle Giropleplus fubinutiles cllefe portedans méme les canots n'cft qui quicegreienpege compolent le
cntre lexgrains
Vinaigreric, oùr cllca aideàf faire fermenter Et la tenué dans la terre Sucres la détache, dont l'eau &1 la conlaliqueure Le dontont tirel'Eau-de-Vie. cipite dans le Pot avec clle. Onle
fecond frop vient
&on l'écume
S
Onappelle gros. ou premier du Sucre terré, Avant que commele Ccs
précedent. qui couie
firop, cclui préts à tirerde la firops foient cuits, &c
seamnatraiaraure plufieurs rafraichifloirs chaudiere, on prepare
doptamnanenad On le cuit tous les Lundis treçûlaterre. matin
Pluso sonader rafraichilfoirs, pourlesrécevoir.
rop vient
&on l'écume
S
Onappelle gros. ou premier du Sucre terré, Avant que commele Ccs
précedent. qui couie
firop, cclui préts à tirerde la firops foient cuits, &c
seamnatraiaraure plufieurs rafraichifloirs chaudiere, on prepare
doptamnanenad On le cuit tous les Lundis treçûlaterre. matin
Pluso sonader rafraichilfoirs, pourlesrécevoir. &
que les formes fontportés àlal après fûr de réiiffir, parce ce plus oneft
SNCre de Voicicommeoni letravaille. On Purgerie, étrer refroidi
que Sucre. veut
ropde gros fi- plit àn moitié lac chaudiere quicft enrem- grain fe convertit promtement, en une fans quoi fon
forms. à le cuire, & on y. jette neuf à deftinée dix
quine fait point corps.. Par mouffé cette épaiffe
d'eau de chaux. On chauffe avec. un pots feu les canots det bois net font
raifon
clair & vif, &c on écume diligemment à recevoir, sparce qu'ils s'échauffent pas propres facile- àl le
melurequ'ils'eleve. Quelques Rafineurs ment, & confervent
yjettenr delak leflive, d'autresn'ye cn met- chaleur. troplong-temsicur
tentpoint. Jair iremarquéquelaip premiers On couvre tout lc fond des rafrairéuflifloient à merveilles, & lalefie creblanc, chifloirs de l'épailleur d'un doige de SuNencopeitpafatement ileftvrai qu'il donne bien fucres lc
eft bien pilé, &cbienfec. Lorlque
ne, parce quelal leflive un plus de pei- botillon firop qu'il cuit, ce qu'on connoit au
ilfaut étre fort diligent ELETARS à monter, naire, fila batteric jette, eftg ouil la preuveordil'élever en. écumer, &à tageendeuxr rafraichuloirs, grande,
donner de aursveckecumore, l'air, &c
de pourlui fe ley eft, on remûe bien êcdès
SARE
pandrepar deffus les Pempécher bords de la chaudie- ré- pour incorpater le Sucre avec la pagalle
re. Cette peine me paroitbien
avec le liguide qu'on vient pilé quiy y eft,
fée par le beau Sucre qu'on retire, recompen- afin que celui qui eft déja de mettre, aide
peutétre terré feul, ou du moins
celuiquinel'eft pas, àfe former, fait, & à
peut rafincravecl les têtes
LE
fontaines feches, & autres desformes, les legrains'affemble poudre enfuite de Sucre & fegroffife. fec & On auc
cre, qui ne peuvent Pas étre partiesdu incorporés Su- toute la fuperficie de ce qui eft bien dans pilé le
rafraichifloir de
Rr - 2
lépaillurd'uncoud deux
ligncs, --- Page 600 ---
VOYAGES AUX ISLES
308 celaideencorealafe NOUVEAUX formation du Sucre de Cannes. faifoient cui- 1y6:
16j6. lignes,
le Sucre d'écumerou J'aivà des Rafineurs qui
Lefroprgrain., & empéche
de petits relesf firops quif ifortoient deces firops-là, de.ptraps
plirôr de mouffer, ou dej jetter
&cquie ienfaifoient des gro-Sucre, quiétant pr
boûillons.
308 celaideencorealafe NOUVEAUX formation du Sucre de Cannes. faifoient cui- 1y6:
16j6. lignes,
le Sucre d'écumerou J'aivà des Rafineurs qui
Lefroprgrain., & empéche
de petits relesf firops quif ifortoient deces firops-là, de.ptraps
plirôr de mouffer, ou dej jetter
&cquie ienfaifoient des gro-Sucre, quiétant pr
boûillons. cela repoler ces deux mis en barrilsavec uneforte terre, le com- ren- ga'afaiOn laiffe après Ilfeforme une ctoûte fur me au Sucre de firop de citerne, en Sucre rede TEaMrafraichifoirs. qui s'épaillit peu à peu. doit propre pour étre repaffe une odeur de Vie. la fuperficic fecondel batteric qu'on tire eltmife brut, mais ill lui communiquer amer, CaLa
quand on debriléfiforte, avec un goût ou il
dans deux autresratraichillairse faut fe
de la pables de faire pallertoute la partic
ena: finon il ne
tcms prelfer à la pre- eft mélé, pour Sucre de firop, de forte
cuirc, afin de donner Pie
quhilvaur mieux employer lcs firops des
mieredeleretroidir. Loriquelefueredes firops à faire de l'Eau-de-Vie:
du
SRSETmE batterie eft prête à Al'égard des écumes qui fetirent
te, & qu'une autre
coutcau un firop. & del la batterie, on doit les cuire
éuretirée, on dela coupe croûte avecun de cinq à fix tous les matins, oudu moinstous! les deux
petit quartier
& on cerne tout le jours, pourvà qu'iln'y ait point danger dans la
pouces de diametre, afinquelacroûte qu'elles s'aigriflent. On lct met
tour desrafraichiffoirs,
chaudiere deltinéeà cuireles firops, avec
ceffe d'y être adherente. vuide la batterie avec unquartd'cau, afinderetarder leurcuif Sucre
A mefure qu'on la
dans les fon, &cavoir letems deles purger. Lorf- d'Ecw
Jes becs de corbin, on doucement porte
bolillir, onyjette mes. verfant
quellescommencental
rafraichiffoirs,
delaletivcordinaire, & onl'écume avec
l'ouverture qu'on a faite à la croûte, PEE foin. Quand lellesapprochent de leurcuifcomme ellen'eft plus adherente au bord, fon, on y jette del l'eau de chaux &d'aclle s'éleve infentiblement à mefure que lun, & quand lone eftp prét de tirer la batle firop coule deffous. toutle fi- teric, on laf faupoudre d'un peud'alun en
Loriqu'on a achevédecuires
J'ai vû dcce Sucremis en forme
TOP, on rompt les croûtes, on mouve poudre. & terré qui étoit trés-beau. bien avec la pagalle tout ce qui citdans les Loriquel eles Ruimeunncalifenitia
lesrafraichilffoirs, & onle porteavec sdeftinéesà chir ces Sucres d'écumes en perfeétion,
becs de corbin dans les formesd
e'eft un chef-d'ceuvre cux, qu'ils
lerecevoir,obiervante de
formesà s'imaginent les couvrir Seuntare de gloiceaux des croâtes dans toutes)
General d'armée l'eft du gain
EAEEE
mefure qu'on les emplit comme j'ai re- de rC, d'une qu'un Bataille.
ffoirs, & onle porteavec sdeftinéesà chir ces Sucres d'écumes en perfeétion,
becs de corbin dans les formesd
e'eft un chef-d'ceuvre cux, qu'ils
lerecevoir,obiervante de
formesà s'imaginent les couvrir Seuntare de gloiceaux des croâtes dans toutes)
General d'armée l'eft du gain
EAEEE
mefure qu'on les emplit comme j'ai re- de rC, d'une qu'un Bataille. Maisilfaut prendre garde priidi- tion
marqué ci-devant enparlant du Sucre lesf for- que fous pretexte de faire du Sucre d'éCannes. Quand cclui quiett dans
n'enlevent avec les écumes unc E
mes ai fait corps, & quril eft refroidi, & on cumes,ilst du Sucre qui eft dans) lal batterie &c prendre, 101leve les formcs, on les debouche, quand on dans partic lei frop; parceque ce qui fatisferoit du chans ls
lcs met fur les pots. On les perce on fait leurs leur vanité tourneroics au delavantage autres Sucre. elles font en état de Pêtre, le Sucre de Maitre; & fur cela, & fur cent
fonds, & on les tcrre comme
celui chofes,ilf lfutavoirl'acilt toûjours ouvert
Cannes. Ce Sucre eftauffit beau qued fois fur ccs fortes de gens. dont il vient, il eft même quelque eit plus lls'eiivendu du Sucre de guos firop de
plus blanc; mais fa blancheur
Sucreterré, pour Sucre bruts & mêms
mattc, thopatummeit-mee
pour --- Page 601 ---
FRANCOISES DE
1g6. Sucrep
LAMERIQUE
ra eft certain nMtcutrereareeer que quand ces Sucres vien- ce Sucre étoitbon, &c
30g
nentàe étre fondus pour étre
ne manqua; pas
beau, mon Nantois 1hyG. ne rendent jamaist tantat
rafinez, ils dis qu'if fe delemettre à part. Je lui
les Sucres de Cannes. La beancoupprèique confciences
gueduSucre trompoit, de
& mais que ce n'étoit
qu'onl less vende, pour ce qu'ils font, veut afin tenir,endifant firops ilvoular s'y
lité, que celui qui les achete fçachel
ment, je n'aurois seicendtotienrai la charité
la & l'emploi qu'il en doit faire: leurqua- car avertir, de qu'au refte a n'avoit del l'en
plapart des sgensnefont pasaffezhabi- confeil. Iiprit donc dix-huit pas befoin barriques de fucre de
qui font tour de
qui étoient de; Grop, rebutant celles
SEEaCE
quand ils font purs bien travaillez. Cannes, fartour tenant toûjours pur à fucre fon de Cannes, s'en
dunCa- Hofuire H m'arriva un jour une affaire affez &edugraip pour diflinguer fyftéme ces deux du Poids
pitaiue particuliere de Nantes à cebjetavec un Capitaine tes defucre.
rit donc dix-huit pas befoin barriques de fucre de
qui font tour de
qui étoient de; Grop, rebutant celles
SEEaCE
quand ils font purs bien travaillez. Cannes, fartour tenant toûjours pur à fucre fon de Cannes, s'en
dunCa- Hofuire H m'arriva un jour une affaire affez &edugraip pour diflinguer fyftéme ces deux du Poids
pitaiue particuliere de Nantes à cebjetavec un Capitaine tes defucre. llettvras, que ces forMar. nommé *** il m'avoit livré barriques étoient d'un
dixhuit
chandde Quelqtu-amarechandifés
ficre, grené comme partirementbens
Naniss, delquelles je devois lui pourle donner payernent du
ferme, &
du &c fable, luifint,
brut àl huit francs le cent. L'aiant averti Sucre lesallerent tranfparent, àp plus deonze kapelistiqureil
d'envoyer chercher
ailctistcinety
dirquil àfon y viendroit ionpayemene, lui-méme fans fef ilme fier CHerailteedenaetes comptes furent finis & lignez, Quandnos
faifois Commis, du Sucre Pancequefgachanee que je mençai à me mocquer de fa je comblanc, il avoit licu de l'affurai habileté a connoitre les fucres, prétendue &
eraindrequc) & que ne jene Sflecomme les autres, que de Sucre qu'il n'avoit pas une feule barri- je
rop. 7 lui demandai lurdonmafe s'il du étoir Sucre de fi- gu'il avoit choifi deCannes, n'étoit &
ce
bile pour en connoitre la aflez ha- foûtint lecontraire, que 1mteat firop. H
comment ils'y prendroit, difference, il mer & roles, il me défia de &de paroles en padit, qu'il en fgavoit allezi pour répon- tres barriques de gager dix-hustautrompé, & qu'il me
nétrepas huitquilavoit Sucre, contre les dixvenois à bout; & que lepardonnoit le grain & la fij'en toit au licu de reçués, &q qu'ontranfpor
fanteur étoient deux moyd ens infaillibles pe- contraint d'accepter enbargecihen la
Je fus
EourdilingwerieSucres de
l'écrivimes
gageure, nous
celuidefi firop. Je me mis à Cannerd'avec rire,
mâmcs chacun Selafignimes un
écnous nomdoutai point gu'il ne fc
&jene trc, qui
Rafincur pour Arbime. Mais jer ne crus pas lui trompâr lui-mépourroient choifir entr'eux un. vrir alors le fecret qu'il ignoroit. devoirdécou- anblircpemperie qu'ils ne saccordafienr dhiferent, fuppolé
&mec Ilvintl dit lejour fuivants que jelui avois marqué, procès Comme fut il s'en trouva là D prefens, tous deux. le
vois le ie choifir. nôtre Jy marchéje confentis de- tout d'une bien-tôt voix, & jugé, & il le perdic
peine, je lui fis
fans qu'il n'avoit choili apprit du à fes
souoninicMagiain, oàil
lorfqu'il que Sucre E GLerewmmismeerol Sucre,
barriques de 2 Cannes. I pouvoit étoit prendre du Sucre
tiedesucre Taroniesueitnnpnvere de Girop, que j'avois unep par- avoitraiflon: car c'étoit tresmortifié, & il
iun raifon Mirchand comme Sucre de promis derable pour un
uneperte confide fx livresdixf folslecent.
oninicMagiain, oàil
lorfqu'il que Sucre E GLerewmmismeerol Sucre,
barriques de 2 Cannes. I pouvoit étoit prendre du Sucre
tiedesucre Taroniesueitnnpnvere de Girop, que j'avois unep par- avoitraiflon: car c'étoit tresmortifié, & il
iun raifon Mirchand comme Sucre de promis derable pour un
uneperte confide fx livresdixf folslecent. firopà failoit fon premier Capitaine Nantois, qui
Comie lité, étant venue encore voyage T'année en cette quaRr 3
derniere
CB --- Page 602 ---
VOYAGES AUX ISLES
310 NOUVEAUX
RAFINE. 1696
de Tonnelier. J'en eus pitié, DU SUCRE
1606. en lui qualité rendis fon Sucre, dont une partic Le Sucre brut, le Sucre paffé, les
jel avoir déja été remife dans le Magazin; Fontaines feches, & les têtes de forme
mais ce fut à trois conditions; la pre- aux qui n'ontpasbient blanchifont lamatiere
micre, qu'il donneroit à déjeûner chacunun de ce Sucre. comme
troisjuges, feconde, quiconduiroiente qu'il donneroit une Dansles celles Rafineriesd-Europe, des liles, il n'y a que deux
ami; la
pourl la pei- dans
Elles
Chaupiltollea à mes Cabrotiettiers, le Sucre, chaudieres montées. ontordinaire- 8cdeux dieres de
nc qu'ils avoient de lui porter 8clat troifiéme, ment
pieds de diametre, com- Rafinedontjeluififoisg prefent;
pieds rtee demi de profondeur fans
rit. quilneparleroit a perfonne dc la gagey- pter un euvagev volant de feptàhuit
requilavoitp perdue. Ilaccepta moins avecj joye des ces, qu'on met, &cqu'ononeielon TEREL
&cs'acquitta au
8cuni. Les fources conditions,
homme; mais foin. Leurf fondeft plar ont leurs entrées. deax premieres en galant
neaux qui font deflous où ellest sfont monenititoemedaenitts le à quelque en dedansdul bâtiment, en
ou
lemaître: car foit qu'ill
&c leurs foupiraux dehors,
cotes
perfonne, foit que cela fe fât divulgué tées, dans quelques tuyau decheminée. L'oupar une autre voye, toute T'Hle le içut &c verture de leur entrée fe ferme avec une
bien-tôt, cela pafla jufqu'enl France, different porte de fer, afin que le fcu n'incompar tout ou ily y avoit quelque jamais mode pas ceux qui travaillent. l'une à
pour le Sucre, on ne manquoit ***
Arbi- De ces deux chaudieres,
fert
dc prendre lc Capitaine pour
clarifier, &cl'autreà cuire le firopclaritre,
difoit-on, il ne pouvoit fié. Quelquefois on clarific dans toutes
manquer parceque, d'être trés-habile en cette ma- lesdeux, &on cuit enfuite. Peu de; gens
tiere, aprésavoir fait un fi bon appren- la font la dépenfe de ces fortes de chaudietiflage. Après tout cela j'eus encore res. Jen'en ai guéres vûs que chez ccux
charité de lui apprendre la vue8cle quiavoientd tderktafinemicsexpnis tousles
Maniere toucher n'étoient pas les FEnve fensqu'on
de la grande pour claridec conconnoitre) les Su- autres (efervent
cuirc.
u de; gens
tiere, aprésavoir fait un fi bon appren- la font la dépenfe de ces fortes de chaudietiflage. Après tout cela j'eus encore res. Jen'en ai guéres vûs que chez ccux
charité de lui apprendre la vue8cle quiavoientd tderktafinemicsexpnis tousles
Maniere toucher n'étoient pas les FEnve fensqu'on
de la grande pour claridec conconnoitre) les Su- autres (efervent
cuirc. Voici
noitrel le devoit employer, pour
del'o- fier, &c de la propre pour
Sucre de cre, Scqu'il nfalotencoreieientre Sucre de firop
comme on s'y prend. l'on
firep. dorats parce quel lc
Onpefc la quantité de Sucre
met
bien avoirl les mémesqualitez MISUE veut rafiner, &c on le dans rea chaucre tout pur dc Cannes, & atier fentira paroi- toû- diereà clarifier,, avec la même quantité
tre plust beau; maisilf fent P'habileté & desl Rafi- d'cau, caiki-dire,lememe poidsd'cau ce' Maxisis
joursleb brûlé. Toutel le faire fentir de chaux. Onécume avec foin & tout donron,
neurs ne peut aller,, qu'à
que la chaleur pouffe enhaut, quand rafine le
un peu moins. Jelui én fis faire l'expe- Su- Técume cefle devenir, on,pafe le firop ce Sucre
rience en lui faifant fentir differens
parledrap. Aprescela on le clarific, axxifesi
cres. qui fe fait en écrafant dans une blancs, balline
Voilàl Hbsmindenbsergiz &c des écumes. Celui de une ou deux douzaines d'ceufs, méle avecde
tire des firops
celuid'écumes jaunes & coques, quel l'on batavecdes
firop fin eft) tleplus beau, ccluide citerne l'eau de chaux, & que l'on
tient le deuxiéme lieu,
verges, pour la faire mouffer. On jette
cft le plus mauvais. une partiede CC1 mélange dansla chaudicre, --- Page 603 ---
5696. re,
FRANCOISES DE LAMERIQUE
Rormseetime
3II
pourlebienincorporers proprieté des ceufs battus avec le firop. La rafraichiffoirs, la quantité qu'on a preparcz, felon rG04
chaux, eft de
avec l'eau de Avant definir qu'on juge devoir cuire. raffember la graiffe &cles batterie, onfait lacufon de la derniere
autresimpuretez ferà la furface de du la Sucre, &edelespouf &del'eaul bien nette laver les avec bien du foins
les enleve avec T'écumoire, chaudiere, d'ou on quelles on le doit
formes dans lefavectout le
mettre, que Pon doit
Eantreneinaicmen epollible.
avec l'eau de Avant definir qu'on juge devoir cuire. raffember la graiffe &cles batterie, onfait lacufon de la derniere
autresimpuretez ferà la furface de du la Sucre, &edelespouf &del'eaul bien nette laver les avec bien du foins
les enleve avec T'écumoire, chaudiere, d'ou on quelles on le doit
formes dans lefavectout le
mettre, que Pon doit
Eantreneinaicmen epollible. Quand avoitmistremper
onvoitquePécume. celle de
paravant. On vingrguateheuresate
monter, on al'ordinaire, & lestappe, quandla &conlest plante
EAAtr-T dechaux,
derniere battefois qucl'on hrinat neactepanagecdams tous les rafraichif. voitqueleSuere enab befoin fornsonicomptiascrediey & onla mouve
reconnoir Pour fepurgery & fe clarifier; ce qu'on &conp
aifément à la
&
EEie
tranfparence du firop, clarté, à la tes lesformes, Cicaseonieioenete toupafle par le drap une leconde pourlors on le ce quieft dans c'elt-a-dire, qu'onpartage
fois; & lesformes, &c on unrafraichiffoir continué en toutes
FERONE dequantité deSucred qu'on n'en
touslesautres, jufqu'à ce devuiderainfi
re cuire, on la partage en deux peut fai- foient pleines. que les forncs
batteriesafing aqu'ilcuile plus ou trois Loriqu'elles font refroidies,
carilfaurquele Sucre demeurel promtement: furl le feu perce, & onlesmet fur les pots. on les
lemoinsqu'ile left poffible, fans quoi il eft les gu'elles ont purgé huit ou
Après on
perce denouveau, on fait dixjours,
FSETERAETST neigai fi les Rafineurs
onl leurdonnedeuxt terres & lcursfonds,
deuxf foisl leur firop; d'Europe paffent
au lesautres faparledrap, mais c'eft Renequejsimarquécs
nôtreufage aux lilcs, qui ne me
fouvenant toujours d'apporter Sucrererré, fe
pas mauvais. paroit plus dediligence, & de
d'autant
Ce qui eft dans lal batterie étant
tout cequi regarde ce Sucre, circonipection à
& la preuve prife à
cuit, tiereeft plus chere,
que fa maporte dans les
l'ordinaire, on le qu'ony; peur
&quel lest negligences
couvertiesfondad'une rafraichilloirs, dont on a grand
commettre, portentu un plus
Sucre blanc, fec, & bien demi pilé. doigtdebeau C'eit préjudice, une erreur de croire qu'il
tageunebatterie en deux
Onpar- mefurerlacuiflon du Sucre à la faille
on les mouve auffi-rôt avec rafnaichiffoim, une
desformes
doit grandeur
& on
sdanalefquellcronle
faupoudre Jeur
pagalle, tre.
, dont on a grand
commettre, portentu un plus
Sucre blanc, fec, & bien demi pilé. doigtdebeau C'eit préjudice, une erreur de croire qu'il
tageunebatterie en deux
Onpar- mefurerlacuiflon du Sucre à la faille
on les mouve auffi-rôt avec rafnaichiffoim, une
desformes
doit grandeur
& on
sdanalefquellcronle
faupoudre Jeur
pagalle, tre. metSucre en poudre afin d'aider fuperficie le avec du l'experience LISETEECEmEE & le railonnement que
former, &i faire une croûte fur grainàfe la
fent enfeigné le contraire. vû m'eufface. fur- finquecen'éroitg tqu'unelubtilité J'ai à la
te à tirer, Sorutonatnomets on cerne avec un couteau pré- la fineurs, quip pour rendre
des Racroûtet tout autour des bords afin del l'en conitdembieshuibienre des leurmétier plus
détacher, & on en enleve une piece de teschofes, afin
mifleresdetou- &avoir
cinq à fix
deplus
defelairevalai,
cement aveclel pouces bec par de où l'on verle dou- quedetousles gros gages. Surquoi je dois dire Bonnes
melure qu'on let tire de corbinleSucre, lal batterie, à fervir, les meilleurst Rafineursdonto font les. Allemans on lepuiffe ZesRaj qualites
geant toujours les batteries dans tousles parta- les Hollandois. Ils font naturellement ou neurs
propres, actifs, vigilans, attachez àleur gers, étrantravail, --- Page 604 ---
VOYAGES AUX ISLES
312 NOUVEAUX
Commeleurnaturel nc change pas, pour 16yh
travail, & aux interêts de leur Maitre, changer de climat, ils font incontians, neurs
1606. & commeils font accoûtumez a mettre lave
8c tropadonnez àl leursplai- Gfir Frangaits
tout à profit jufqu'à l'eau dont on les negligeans, firs pour fe captiver autant & eft infa- ne- talitdes Creallei.
Cohloamettenrgr ce
fuivre piedap leschauilieres, formes, ils tirent des Cannes, & de ceffaire, pour nuit &j jourl le travail d'unc
tout ce qu'on en peut tigablement
qui en provient,
Sucrerie. mauvais de tous font les
tirer., lleftvrai, quc quand ils arrivent aux Creolles, Mais lesplus c'eft-à-dire, les) François nez
Alles,ils nc connoilent rienàla premiere direéte- aux Ifles. Ilsfont d'une vanité infupor- adoncuiffon du Sucre maisilss'y qui provient font en peu table, faineans au femmes, dernier point, au
& à
ment des Cannes;
nezauvin, &aux fi
jeu, fi
dejours, &appliquent paruneleilibve les uns les au- d'autres débauches; préfomptueux, vû des
émulation, à fe furpaller
pour la menteurs, & figloricux j'ai
tres, tant pour la beauté, que
Habitans prétsà quitter
TLETIEO
Quakritequilativent de la matiere qu'on quilsavoientf fait pour!
femmes, dernier point, au
& à
ment des Cannes;
nezauvin, &aux fi
jeu, fi
dejours, &appliquent paruneleilibve les uns les au- d'autres débauches; préfomptueux, vû des
émulation, à fe furpaller
pour la menteurs, & figloricux j'ai
tres, tant pour la beauté, que
Habitans prétsà quitter
TLETIEO
Quakritequilativent de la matiere qu'on quilsavoientf fait pour! blanchir leurs Suleur met cntre leurs mains. lorfque cres, parce qu'ils ne pouvoient plusfour. &c
J'enavois arrêté un en 1704 nô- fuirlesinégalitez, lest bizarreries, Ales les
yétoisdeninépour dela Guadeloupe, etreSapericurde nommé impertinenicesd sdecesfortesdegens. ils font impecabless ce
ErC Maifon
il étoit d'Ham- entendre parler
ils ont gité
Eorneille Corneille dejerufalem, Peresainnt foûhaitéque n'elljamaisleur Sucre. futequand C'elt la faute des
deJera- bourg: Maisnosl la
une étuvée de
de la
falem je fulle Supcrieur de Martinique
Cannes, du bois, des blanchets,
Rafinear plafieursrations, & entr'autres pour Bmt terre, del'étuve; def fortequ'one eft quelachever Nôtre Bâtiment du Mouillage, & a quefois obligé de les; prier de ne fepoint la maique mon voyage à la Guadeloupe le facher, pour avoir la paix dans
Saint Domingue avoit interrompu, à la fon. quand
Religieux qui fut nomméSuperieur qu'il auroit de la J'en trouvai un de cette efpece ilavoit
Guadeloupe m'écrivit
à fe fervir de ce Rafineur, parce
quin'aAUEELTE
peine Lutherien. travaillé fousmonpaaleitur, mais qui
qu'il étoit
enviedele Ceferupalemeit mettrefur voit pas licu d'en étrecontent:
plaifir: carj'avois du Fond S.Jacques, n'avoitolé le renvoyer, parcequee'etont chez nous. nôtre Habitation commentm'yp prendre. Je leSuperieur qui l'avoit de ccremonies, placé dès que
8jeneigavois auffi-tôt qu'il n'avoit qu'à mc Jenefist pas tant jecomptai avec lui,
répondis Tenvoyer,
j'eusprist lei payai, poffetlion, & lui donnai fon congé; &c
je
mimeineene
quel lesucrequ'ilferoitt fûc Lutherienou blanc. j'écrivisaus Superieur que cct homme ne
Catholique, pourvà qu'ilfurt Rafineur bien de mn'sccommodoit pas. J'écrivis en méme-tems aui &c tout Il ne manqua pas de s'en s'enprefenterun retournerent defas- Meyin
xenir, crieseciasereifd fut
&c moi fur tout grand nombre, qui
ils cn- seurpour
le monde content; beau Sucre comme ils étoient venus, quand
rendre
parce qu'il nous fit le plus
tendirent! les prepofuionagcekieus leurs fis, fe- les neurs Rufo
quel'on pouvoit voir. n'spprochent &c cntr'autres que leurs gages &
Manvai- Les Rafineurs!
'enprefenterun retournerent defas- Meyin
xenir, crieseciasereifd fut
&c moi fur tout grand nombre, qui
ils cn- seurpour
le monde content; beau Sucre comme ils étoient venus, quand
rendre
parce qu'il nous fit le plus
tendirent! les prepofuionagcekieus leurs fis, fe- les neurs Rufo
quel'on pouvoit voir. n'spprochent &c cntr'autres que leurs gages &
Manvai- Les Rafineurs! f'rançois
roient payez en Sucre, nonenargent ert
fesquali- pas del'exactitude, & delattachement
S qu'ils prendroient
tez.des
ont à leur ouvrage. comptant,
heur
Raji que les étrangers --- Page 605 ---
FRANCOISES DE
466. lcur compte tout le Sucre qu'ils gâte- dans LAMERIQUE fa
roit roient, étévendu. auz cotnyragneepilncss Jen'ent
au- bien; purgé clarté, & bien dans fec, lafermeté, la qu'ilfoit t6gs,
fucallezhardip trouvaic iqu'un feul creblanc,
beautédu SuE lui promis trois ipour accepter ce] parti. finé, ouroyal, telqu'ilpuilité étre, terré, rama table quand je ferois cent feul, écus de fon gages, blan- &lap petiteile de Pantncdammiabuscicis fon grain qui doit comles chiflage,un
pofer un pain uni, pelanr, dur, &c un
affaires nalowilctmstyer de lamaifon, &
peutranparant. Malsplus le Sucre a actres bagatelles. Je fus affez quelquesau- content des quiso cesq squalitez par lcs differentes fontes
deux premicres étuvées qu'il fit; mais ouila pafe, moins ilad de douceur. comme je remarquai qu'il fe negligeoir plus LeSucrererel de
implements a
beaucoup, & que la fuite ne
douceur que) le rafinés beaucoup & celuipas au commencement, je l'avertis répondoit d'y
leS Sucreroyals &
penfer farieufement,
LE avoir tous trois le quoiqu'ilsy puif
j'entendois de bien executer parce comme blancheur, il eft aifé de méme degré de
lemcheqeiaea
RdE ma part del'autreenlesé
difinguer l'un
tendois auii qu'il faitavec lui,jepré- mains, &clesp portant échauffantump au nez. idansles
Ilvit bien
Tesecutiedelifenne Sucre
plus le
E
à la cinquiéme étuvée qu'il duit, approche &p plus ilaune de la Canne qui l'a proErirnsnieuinoesy le plus mauvais Sucre,
qu'il payéavec avoit chantedecelle du micl odeur ou dela doueeapproremarqué que jel'avois
&p
moinsi violette;
& contre-marquers Ee melucapart teodeur plasisencloigne eftrenferméc silena. Cetlc refte. Il
quand j'avois livré eft
dans lefirop, &il
en me failnt voulurjoticr au fin aveci moi, douceur, certainque lefirop le Sucre a besucoupplusde
itez, des billets prefenter par des gensapo- or
quien aeftextrait:
de
quiltiroitfurmola a acomplus de frop dansleSuReaira
pre fes gages: Jel les endoflai à
crebrut
aux termes de mon marché
payer plus dedouceurque AamenANrTPeRE lefecond.
lefirop, &il
en me failnt voulurjoticr au fin aveci moi, douceur, certainque lefirop le Sucre a besucoupplusde
itez, des billets prefenter par des gensapo- or
quien aeftextrait:
de
quiltiroitfurmola a acomplus de frop dansleSuReaira
pre fes gages: Jel les endoflai à
crebrut
aux termes de mon marché
payer plus dedouceurque AamenANrTPeRE lefecond. quai tout au long. Cette maniere quej'expli- terré a plus de frop, le LeSucre
ne lui laiflant pluislieud dedouter, d'agir Parconiquenrplunde
rafiné, &c
tes les
CartouEEer
n'cuferefolu dele mettre dehors, ilcrut queje
fontes, les lellives, &c les
Ilme qu'il étoit demanda de fa gloire de me prévenir. tionspariefquelle d'autre
onle fairpafler,
fon
but
Tee
champavec fon compte congéquileutfur endouble, oàil le lefeparer du endespsieriten grain; doncp par
&de
trouva les
de
on diminuc fa douceur, conlsquent
tre-marquées EERS pafléesaumémep mauvaisSucré con- qu'onlefond, &c
autant de fois
le plus beau avoit été vendu. La prixque feule Pourroit pluficurs onletmnalle,&con fontes arriver au
ient grace des que futailles. je lui fis, fut delui faire neige, Pont de &c Eact d'une du Sucre plus blanc que la
dureté
mençaià ranger à Cefiainfiquejee lar raifon ces petitsMef. LE celledamarbre, mais qui approchante de
fieurs. Pluficurs Habitans fuivirent mon plusaucune douceur, & n'auroitp qui étant prefque furla
exemple, &cfurent micux fervis qu'ilsne langue, ne
l'avoient été suparavant. cottement, eetsycetesnese ou un
à piComme la bontéêcial beautéduSucre prés femblable à celui chatolillements d'une
peu
wwzempacrdps quantité de fel. Le Sucre en tres-petite effet n'eft
qu'unieldouxextrait du fuc delaCanne. Ss
DU --- Page 606 ---
314 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. DUSUCRE
&bien nette, je les fis mettre fur le SuROTAL
crc, après que les fonds furent faits &c 16y6,
dreffez al'ordinaire,
DxSucre On abufel elepublicdans le Sucrequ'on met de la terre. Ces commelorfqu'ony de
Regal, luivend fous le nom de Sucrei royal, car unes fur les autres faifoient pieces draps les
s'ilé étoit tveritablement royal,ilferoitim- pouce & demi de hauteur. environ un
poffible aux Rafineurs &c aux Marchands geoit tous les jours
Onleschande le donner au prix qu'ils le donnent. elles produifirent fur pendant ce Sucre huit le jours;
Ilsfont paffer pour Sucre royal, le Sucre effet que la terre y
même
rafiné mis en petits pains, 2 depuis trois quel'cau qui en fortit, produir, cnfé filtrantdou- c'eft-a-dire,
jufqu'à Lar matiere cinq livres.
ce & demi de hauteur. environ un
poffible aux Rafineurs &c aux Marchands geoit tous les jours
Onleschande le donner au prix qu'ils le donnent. elles produifirent fur pendant ce Sucre huit le jours;
Ilsfont paffer pour Sucre royal, le Sucre effet que la terre y
même
rafiné mis en petits pains, 2 depuis trois quel'cau qui en fortit, produir, cnfé filtrantdou- c'eft-a-dire,
jufqu'à Lar matiere cinq livres. du Sucrel Roval
cement, penetra toute la hauteur de la
plus beau Sucre rafiné
doit étrele forme, & précipita avec clle, le peude
ver. On le fond avec EPL l'eau puiffetrou- de chaux
étoit demeuré entre les grains. Jc fecher ce Sucre au Soleil de
FZES
étcint foible, c'eft-à-dire, dans laquelle on a que la chaleur del'étuve ne rouffit la
trés-peu de chaux,
le rener
dre encoreplus blanc, &cpourl
perficic de la forme, &jet fis voir ce
chaux nelerougifit, onfef écempécher fert d'eau
j'avois promis, & ce que c'étoit aas
OTi Sucre veritablement
lun. On le clarifié trois
& on le
royal. Ilétoit
faat
fois,
blancheur éclatante,
&
paffe trois fois dans le meilleur drap, &c comme du marbre, dur,preffe pefant
leplusferré, & on le couvre de la meilfitranfparant au
qu'on
leureterre & la mieux préparée, ou bien diflinguoiclesdoigts & plus épais du bas
on fe fert de la maniere que je dirai ci- desgrolles les
formes, qu'on pouvoit lire
après. Quandileft tavaileareccespré de Saraderesondinaitciaut la forme. traversdul haut
Sctellement cautions, il eft plus blanc que la neige, Je donnai à ce Sucre l'odeur de diffe- Secret
bre des traniparantqu'on le touchent voit l'om- rentes fleurs. En voicilefecret. On met
épais du doigts qui
au plus les fleurs fous le drap mouillé dont on iar au
J'enai
couvre le Sucre, & on les renouvelle, Fodeur Sucré
quelquefois
faire
Tirkaes
des prefens; &uné fois entr'autres pour
autantdefois qu'on changededrap.L'cas des
défabuler certaines
pour qui filtredu drap, s'empraint tdes corpuf- Buars;
perfonnes quip préten- cules qui font dans lest
doient que ce Sucre n'étoit traniparent les clle paffe, & les fleurs, avec furlefquel- ellc dans
qu'âcaufe dup de matierequicompole les pores du Sucre, où porte ilsreftenr. Quand
lespetits pains pCAL on le reduit ordinaire- au lieu de
on fe fert de
ment, & que la bonté de la terrecontri- mctl les flcurs la
&c terre, on
buoit
à
on
ort
beaucoup fa blancheur.Jef fis met- nouvelleautant defois, terre,
les retre une partie de celui-ci dans des demies- les font fannécs, & qu'on la voit gu'elbitardes, qui me donnerent des pains de d'humidité
que terre a affez
quarante-cinq &c quarante fept livres, précipiter avec pour elle attirer dans les T'odeur,, du & la
quand ils furent fecs.
&c terre, on
buoit
à
on
ort
beaucoup fa blancheur.Jef fis met- nouvelleautant defois, terre,
les retre une partie de celui-ci dans des demies- les font fannécs, & qu'on la voit gu'elbitardes, qui me donnerent des pains de d'humidité
que terre a affez
quarante-cinq &c quarante fept livres, précipiter avec pour elle attirer dans les T'odeur,, du & la
quand ils furent fecs. cre. pores SuJe n'y mis aucune terre, mais je fis Douze cent livres de Sucre rafiné ne
couperénrondielon lediametre des for- produifirent cinq cent
mes, desmorccaux de groffe étoffe blan- vresde Sucre
quarante fixliche, que je
que je fis mettre en
SReoirg
Atluerbenbgoucmemt desformes de differens
&cles ayantf fait imbiberd'eau bien claire zejuiquafeptlivacs, outre poids depuis les deux quin- demic- --- Page 607 ---
1896, batardes, je FRANCOISES donnai à
DE
diftarentes odeurs de toutes ces formes cre PAMERIQUT ne;
E. rent parfaitement bien. Reurs, qui réufi- pelant, peut manguer
En comptant le prix du Sucre
de Papier & guandil il d'étreuni, eftfec & blanc8c 16y6. qu'onemploya àfaire
rafiné tage. NEr doit
révétu
ceufsé Scralun, ilr ceSucrer royal, les le pied C'ef auffi cequi paroitre davanun fols la livre, Irevenoitenviront fans
à vingtde Sucre royal, lefait vendre fur MiuOnp peut juger; par ce compter le travail. double, comme les ou le triple de fa reh.a-dirc, valeur. le saife
Rafineuts devroient dBirope gompecombientes & les
tr'elles aucune parties de ce
Mais grdine ce
chole. vendre,
Marchands le voit fe
liaifon &
Sucren'ont on en- Suere,
pouryagargaigst al la premiere feparer fc reduire mturelle, en melaffe les
DU SUCRE
& ceux gui l'avoient humidité qu'elles fentent,
C'eft une invention dont TAPPE. lieu n'avoir du que de la caffonade acheré trouvent
quifonevoilfins les
dest Ports, ou les Sucriers Lemoyen steseroyal qu'ils blanche, au Magest
fedéfaired Vailfeaux moillene, fe fervent deslieuxou eft dei regarder, adecoaneluce cette cropoientavoin naitrele 2aconvendent edeleumSuercso fous
pour percée: car fi elle filatéte de la tromperie, Sucre
Palligers, le nom de oadinairesgorit Sucrei royal
nel'eft pas, formeett Tatti,
Matelots, & autres aux manquealluré Onpeute
quec'eft
c'eftune
repafiént enl France, & qui gens qui difficile
duSucre tappé. porter avec eux
veulente emquece
ileft
aeareaa
à leurs amis. On
Atedeoptons jelai fait voir enpotnonpe ci-devant,
comme
fément
a
du Sucre dans royal, l'erreur de croire d'autant que plusai- c'elt D U SUCRE
Pains depuis qu'on le voit en petits
CANDI
enveloppé cft blanc, uni, ierited pelant, &callez luftré, qu'il terré CeSucre qu'avec fe du fait plarôt avec du Sucre Maniere
bleu, & déguiéd Proprement den dans du papier le avoir Sucre plus de douceur.
pe ci-devant,
comme
fément
a
du Sucre dans royal, l'erreur de croire d'autant que plusai- c'elt D U SUCRE
Pains depuis qu'on le voit en petits
CANDI
enveloppé cft blanc, uni, ierited pelant, &callez luftré, qu'il terré CeSucre qu'avec fe du fait plarôt avec du Sucre Maniere
bleu, & déguiéd Proprement den dans du papier le avoir Sucre plus de douceur. rafiné, Onf parce qu'ildoit dafaire le
Sucre royals quoique manicre dans à la pamerpour l'eau de qu'ony veut fait difoudre Sucra
Maniere n'étoit que du Sucre terré. verité ce l'a chaux' foible, employer & dans de Candy,
lesucre defaire plus La fin maniere de le faire eft de
reduit clarifié, en un écumé, &c palfe après au qu'on &
Tarpi. gu'il eft Poflible du Sucre" raper terré le cuiffon,onl firop épais,
drap,
avantquilfoit en état
ona letireduf feu. Rdunetonne
ve. Onenrempler d'étrer à mis à l'étu- doit nindeprepenni les formes Mais sauparavane
qu'elle
peu une forme,
mettre. Oaprent
ob l'on le
E tems CiE de fe fecher. &c fans lui mauvaifesf formes pour cet efict de
qu'on y met
A mefure petits telles bitons, aufquels Oalsmreres on avecde
pilon, & leSucre, elle eft on lebatavecun cceurs,
Fon veut, fair prendre
pilée, ouf ES on la renverle pleine & bien tres. ReE On
de
comme & de
planche, Pour
far une toute fupend ccsf formes couronnes dans auy a formé. On moiille la
pour chaude, avec des vaifeaux l'éruve
fois
forme
ESETE
planche que qu'on la remplit, & à charrecevoir lefirop qui coule deffous l'ouene ettremplie, furlaquelle onarrange ces quand pains la AUEECeeRIt maniereàl laiffert
Le
EECE
les fairet fecher. qu'on Sucre lui étant Slsmic-fnr donc au EcH à peu. doit
OERE Onvoltalitzg que ccSudouner, - on
cuillon
sramigaanes 8s2
dansleurebien porte avec
cou- --- Page 608 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. couvert, afin que l'air ne le refroidiffe chaudicres, faitbienplus de Sucre,
point, & on le verfe dans les formes qui une quin'en a que quatre. Ileft encore qu' 16g0
iont préparées, pour le recevoir; après ccrtain que le terrain qui a fervi, &c fur Circen. quoid on continué à chauffer vivement T'é- tout aux baffes terres où il eft toûjours
tuve. LeSucre s'attache alors
plust fec & plus ufé,
meaux aux
bâtonsdontla
qu'aux cabefterres,
E
EEia produit des Cannes plus fucrécs, plus ai- feruer
traverféc, Emnbeenee comme de pe- iées à cuire, & quirendent bien davantatitséclatsdecriltal. eft tout-àt
Lorfqu'il
FA
gec qu'aux cabefterres, où les Cannes,
fait fec, on caffe les formes pour tirerce neralement parlant, font
Fese
qu'elles contiennent.
âtonsdontla
qu'aux cabefterres,
E
EEia produit des Cannes plus fucrécs, plus ai- feruer
traverféc, Emnbeenee comme de pe- iées à cuire, & quirendent bien davantatitséclatsdecriltal. eft tout-àt
Lorfqu'il
FA
gec qu'aux cabefterres, où les Cannes,
fait fec, on caffe les formes pour tirerce neralement parlant, font
Fese
qu'elles contiennent. tolijours
A
aqueufes, plus dures, moins lucrées. Sucrerie,
Nous ne faifons de CC Sucre aux Ifles Lat faifony y.contribué encorel
Rinus pour T'ufage des maifons, ou pour Plus clleeft tieche, & les Cannesont beaucoup. edesprefens. Lorfqu'onlui veutdonpréteàfe converner' la couleur
Lm
rouge, on jette dans la tir en Sucre; quand elles fc trouvent
baffine un peu de jus dc
de raSee
pommes
en leurmaturité, clles rendent
quettes, &fionveut lui donner quelque plus, que
beaucoup encore
odeur, onlarépand eneffence, en met- arrivées.Toutes quandellenyfontpss, sces circonitancesfont
tant le Sucre dans la forme. differences fi confiderables, j'ai des và
ToutleSacrequineity tpasenpains'ap- quelquefois tirer cinq formes 3RE4C batpelle caffonade. Onappellec ecatlonadegri. teric, & fix femaines après, avoir
ic, lebeau Sucre brut, bien fec &c bien ientirer deux; tant il eft vrai, que peine les
feché; &ccnfonadeblanchele) Sucreterré, circonflances cideflius
pilé, & mis en barriques. Le nom de tent un grand changement smentionnéesappor. dans fa fabricaffonade vient dur mot Efpagnol Cala, que, & dans la réuffite dcs
&c
qui veut dire caiffe, ou cofire,
Sucres,
qu'avant qu'on fit du Sucre aux fess gu'onnepeur arriverun jour, pasjuger une par CC qu'on &c voit
Etimolo- tout celui quiv venoit en France du Bre- unmoisdans une femaine, même
gie du fil,ou delaNouvelle
étoit dans doit
Sucrerie, dece s'y
ziomm de dese caiffes, d'où lenom Epagne,
faire dans le cours d'une AEIgEre
safonade oude caflonade lui eft venu, deSucreencaiffe qui eft de- compenfation Onpeutcependant, des tems en & faifant des unejufte
meuré au Serjselondbrigepesils approcher d'une quantité de Canner,
ne fc fervep pas. decaiffes, mais laquelle on peut compter avec Sucre, fur
1E3IL barriques pour le mcttre & l'envoyer forte d'aflurance. Ainfi dans la quelguc
en Europe. tion que je ferai d'un Moulin à fappof- cau, &
d'une Sucreriemontéede fix
PRODUIT D'UNE SUCRERIE. l'un & l'autre fournis d'un chaudieres, nombre de
Pourcequieft de la quantité de Sucre pendant Negres fuffifant huit mois, pour les faire travailler
qu'onpeuti faire; par femaine dans uneSu- le mois de Decembre c'eft-a-dire, jufqu'à la fin depuis de
crerie, ilfaut avoir égardà la qualité du Juillet; je dis qu'on peut compter fur
terrain, des Cannes,, de la faifon, &de deux cent formes
l'attirail de la Sucreric où l'on letravail- tant l'autre, fans parfemaine, compterle Tuneporle.
res fuffifant huit mois, pour les faire travailler
qu'onpeuti faire; par femaine dans uneSu- le mois de Decembre c'eft-a-dire, jufqu'à la fin depuis de
crerie, ilfaut avoir égardà la qualité du Juillet; je dis qu'on peut compter fur
terrain, des Cannes,, de la faifon, &de deux cent formes
l'attirail de la Sucreric où l'on letravail- tant l'autre, fans parfemaine, compterle Tuneporle. Il eft certain qu'un Moulin àeau ex- frop&cdecumesquent fait dans Sucres le méme de
pedic beaucoupp plus qu'un Moulin aChe- tems fans arrêter let travail courant de la
vaux, Scqu'une Sucrericqui a cinq ou fix Sucreric, lorfqu'on a une ou deux chaudieres --- Page 609 ---
16g6. dicres montées FRANCOISES DE
sappofi- crerie, ou dausla pour ceteffet Si danslaSu- LAMERIQUE de
rionda
Purgerie. au lieu de Eaux-de-Vie, de
forte que voila
travail Sucreblanc, on
quarante cinq livres
près IGyG
dune on en peut faire vinge-trois travailleenSucre à brut, Jon'sy mis ici le prix tournois. de ces
Sucrerie trebarriques luées à
Par femaine, qui vingt-qua- étant cva- &la dans quantité qu'on en peut Sucres,
l'une cinq cent cinguante livres pelant
un état trc-mediocre, &c- faire, comme que
treizemille portantl'autre, deux cent font livres, laquantité fans de MECE duSucre dans un tems de
prix
pter le Sucre de firop,
comPaix furpafle
Or fi on fuppole trente
de Guerre,
dans un tems
Sceeenurele
travail à deux centformes femaines de 1700, 1701, Puilque & danslesanncess le
1609,
ce font fix mille formes, étant femaine, éva- vendudepuise trente-fixj 1702. jufqu'à Sucreblanesent
luceaving-cinglime tantl'autre,
Rtauelireslecen, leSucret brut quaranteRE
fencpefer, jenemoisgutlier E &cleSucrep Paffé édix-huit. D'oir ileft douze, ailé
temillelivres ealesproduironte sdeSucre, cent cinquani- dinfsrerkererenar crerie
prodigieux qu'une Suqui étant vendu Houel produifoit dans ce tems-là, M. aatlr-so.fiecente mille fept cent
font trente trois tion dela deVarennes à tiréde fon Habitaenfuite compterl einquante le Sucre francs. Il faut qu'un Moulin Guadeloupe, à & où il n'yavoir
venant dei fix mille formes, defirop doit fn pro- montécs plus de cau, trente fept chaudieres
def fix cent formes, àraifon
étre nedecestrois
mille Eeuschacu. cent;
formes
Eurt
parc mais commc ce Sucreeft beau- bitation ne pouvoit derieresannccs. valoir Cettehcoup plus sleger, que celui de Cannes, & cinquante à quatre cent mille que trois francs. cent
gilmmeimer ne compterai les formes fous la terre,je Cenkdncrttn qu'elle; Produifoit. qu'à raifon de
eReinnpalnent
dix-huit livres pefantchscune, font lesterres qui font en Qu'on examinetonres
encore huit mille quatre cent RULE de Ronentronvers qui Europe, pour voir
feront Sucre, qui étant vendu au même prix, fet trouve heureux enaprochent On
vingt-dix lafomme dedix-huit centq
cinqouf fixpour cent; loriqulune au lieu terre rend
le formes franes.
Produifoit. qu'à raifon de
eReinnpalnent
dix-huit livres pefantchscune, font lesterres qui font en Qu'on examinetonres
encore huit mille quatre cent RULE de Ronentronvers qui Europe, pour voir
feront Sucre, qui étant vendu au même prix, fet trouve heureux enaprochent On
vingt-dix lafomme dedix-huit centq
cinqouf fixpour cent; loriqulune au lieu terre rend
le formes franes. de A quoi f onajolite quiatre- mil- des Iiles rendent au moins que celles
formcs de Sucre gros frop, & quatre cent mel'exciple ccnt, 8cp peuventallerav vingr-cingy quinze com- pour
au moins trente-cinq décumes, livres quip peferont lieltbon de ci-deflus le tait voir. piece après tité deformes, igavoir ou de à prefent la
SERSCeeRE cinquante mille livrcs deSucre de présde qu'onpeutrirere rd'une batriques de
cette
3UE
egcoguenp
cent pas
Piecede Cannes de
cre de Cannes pourarepaftraved en trois ou
du Su- quejaifaites, enquarré. quatre femairefeusereees
nes, &cfairede cemerigonplns
dela Martinique &c
mille
dela
AEERaCEE
fon vingt de liv. de Sucrebrut, dequatre- quiarai- m'ont affuré quand les Guadeloupe >
fept livres dix fols le
prifes dans la
Cannes font
encore fix
cent, font
E27
mille francs. Cette
dans toute
fatlon, qu'elles font
jointe aux deux autres ci-deflus fomme étébien lcurmaturité, & qu'elles ont
lede quarante-un-mille
faitcel.
dela
AEERaCEE
fon vingt de liv. de Sucrebrut, dequatre- quiarai- m'ont affuré quand les Guadeloupe >
fept livres dix fols le
prifes dans la
Cannes font
encore fix
cent, font
E27
mille francs. Cette
dans toute
fatlon, qu'elles font
jointe aux deux autres ci-deflus fomme étébien lcurmaturité, & qu'elles ont
lede quarante-un-mille
faitcel. rendent entretenués, cent
cent Pas en quarré Predvit
francs francs, fans compter plus fecentqusrante de trois mille ron, c'eb-a-dire, cinquante formes ou cnvi- d'ue
qu'on peur tirer de la vente des quelquefoism moins, quelqueliois plus, & Cannes piece de
tité de Cannes mifcs Sequelan en Sucrel méme quan- decent
Ss 3
brut,rend pas EX3
depuis guarré, --- Page 610 ---
318 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16g6, depuis douze jufqu'à feize barriques de
Sucrebrur. Maisaux Cabefterrescen'eit Sotirntisine 1696,
pas la même chofe, n'y dans les terres sesqueleurncgligencc, ce caufent fourent, tout ou cela leurignoran- cft
rouges & graffes: car quoiqueles Cannes ciable, & cependant
y foient plus grandes, plus groffes, &c plus
jefotitiens cft
it
mieux nourries, ellesfont toujours plus que de avantageux le laiffer blanchir de blanchir à fon Sucre,
aqueufes, plus crués, & moins fucrées:
d'autres, qui
de forte qu'il faut une moitié davantage Hcneseckblechaniemg trouvoient un
pas,s'ilsn'y
de terrain planté aux Cannes, pourren- regarde les gros profit. Pour cequi
dre la méme quantité de Sucrc.
pareffe des pertes peuvent l'ignorance ou la
le
caufer, il
ECRST
de Martinique remarqué liot de Pas trois pieds n'yaqu'à tique l'avis fe fouvenir, & mettre en
que donné
SFAE
demi, & par confequent plus grand
dépenfes
mettre ci-devant. Ee
celui
pour
cn état
dela Guadeloupe qui n'cit que a0E chir net fe font Le qu'une
elles deblantrois pieds, Cette augmentation ne doit roûjours, ou on en fois,
durent
rien changer au fiftéme que j'ai établi, tretiena peu de frais, continuer l'enparce
terrain
Pecte
que le
de lal Martinique eft produifent eft continuel, profitqu'elles &
comminement parlant d'un plus
touslesjours. D'ailleurs
augmente
rapport pour le Sucre que celui idela 8 facilement du Sucre blanc onfedéfait du brut, plus
deloupc.
fur tout dans un tems de
il
encore demander
où
dotne
plus Onpourroit deprofitàf faire du Sucreblanc, s'il y a vient peu de Vaiffeaux. Onne confomme
dus Sucre brut. Dans la fuppofition que que tre. pas plus de bois pour fairelun que l'auplas S'ilef j'ai faite, quelamême Sucrerie fera deux qu'ileft srmnamart en
avanta- cent formes de Sucre blanc, ou vingt- voit par le moindrequantité. compte je viens Etenfin de on
geux de quatrebarriques de Sucrebrut par femai- qu'ily a cent francs
faire
faire du ne,
profit femai3e
finousi mettons lesdeuxcentformes
par
Sucre à vingt-cinq livres
elles
nequieft unj puravantage: carj
blanc
piece,
produi- que les vingt formes de frop rjeprétends fin
du rontcingmillelivres de
araifon faittouteslest femaines
qu'on
Truil de 22,livres IO. fols le Perer cent
mille toutes les dépenfes qu'on fuffifent eft pour
centving-cing@ancs: 8clcs vingt-qua- fairepourblanchir: fans
tre
CRE
barriques de Sucre brut à cinq cent aencore les Sucres de compter &
cinquanté livres piece font treize mille cumes,
lirop
étends fin
du rontcingmillelivres de
araifon faittouteslest femaines
qu'on
Truil de 22,livres IO. fols le Perer cent
mille toutes les dépenfes qu'on fuffifent eft pour
centving-cing@ancs: 8clcs vingt-qua- fairepourblanchir: fans
tre
CRE
barriques de Sucre brut à cinq cent aencore les Sucres de compter &
cinquanté livres piece font treize mille cumes,
lirop qui vont à EC de
fptecatlingedeSucre, qui étancvendu francs, ce quicftun
de cinquante
à7liv. IO C le cent, font mille vingt- millefrancs par an. profit Je laiffe à plusdec cinq
fept livres dix fols. lis'agit de fçavoir, jugement détout le monde, prefent au
sily a plus de profit à faire du Sucre eu raifon de dire,- qu'il eft n'ai pas
blanc du brut. J'avoie
avantaA
PECIR plus de facilité à faire qu'il du paroit Sucre geux à quoi defairedu je dois ajoûter Sucreblanc que du brut:
brut. On eft exemprdefaireles dépenfes fion fe prefente de aRer avec quand l'occaneceffaires pour les formes, les étuves, une grofle partic de Sucre brut, avantage on la
lesp purgeries, & tout ce qui en dépend
faire, aul
faire
quieft confiderable. Onn'eftpoint obli- Rosu Sucre blanc, ulieaqu'onnepeutp lorfqu'on n'a pas pas l'étaBedepayerdegresgges àdes Rafineurs bliffement neceflirepour ccla. D'ailleurs
le
aRer avec quand l'occaneceffaires pour les formes, les étuves, une grofle partic de Sucre brut, avantage on la
lesp purgeries, & tout ce qui en dépend
faire, aul
faire
quieft confiderable. Onn'eftpoint obli- Rosu Sucre blanc, ulieaqu'onnepeutp lorfqu'on n'a pas pas l'étaBedepayerdegresgges àdes Rafineurs bliffement neceflirepour ccla. D'ailleurs
le --- Page 611 ---
a6gh. le prix du Sucre FRANCOISES blanc eft
DE
fouvent bien
PAMERIQUE
plushautqueclui du Sucre brut, toute de Sucre, donne la valeur
Proportion gardée, ce qui faitunedifie- marchandife. Un
totale de la thyh,
rence confiderable, dont le profit n'eft éclaircir ce quej jeviens exemple dc fuffira pour
Maniere point du tout ài negliger.
donc qu'on ait livré fixl dire,
Onp pefeles barriques de Sucre
cre blanc àraifon de barriques SuEE
lesucre. depefar Rominoousveatt
avec la on les écrit en cette 22 liv. 1of le cent
La Romaine eft plus abalancerordinire
manierc,
elle eft fujette à de expeditive, mais
faut être habile grandes erreurs: : il
bonne, &c pour: rlemer connoitre fielleeft Numero des Barriques. Tares,
quila conduifente en furpris cari ceux
Poids,
tain fi on
TERE
que
PRERSE
fait courir le
4.
vers le centre, poids poids dubout
S.
49. SI.
698.
ge, fi on : fair avancer emportedavantse du
6.
712,
vers Rte bout.
centre
47.
68s.
lances Lesba- Leplusf fur eft de fe fervir des balances
Ss. 53.
704.
fonsplus ordinaires, & de poids de plomb bien
9.
57.
717.
Tres étalonnez. Les
de
693.
Remai. quela Sniare & ferfont à devenir fujets à
tis, iogen&-fouvenconn ne penfe pasalesfaire trop Poids du Sucre 6.
312.
4209.
étilonneronon Les baffins des n'en apas la commodité.
net.
312.
Madriers de bon balanees bois, doivent étre des Prix. 3897.
3897.
de fer, avec des garnis de bandes
iliofleg
cher les boucles des crochets, Pour atta7794.
des qui les
chaines, ou des cor8z.1.ro.fols,
ficau.
joignent aux extrémitez du
7794.
20.
Lorfqu'on livre une; partic de
1948. L 2
folst6I5o. 12
Marchand quil la reçoit, & celui Sucre,le la
876.182.
lnsredotrentécniee lenumero &clepoids chacun ca particulier qui
deniers 6100,
àr lance; mefure qu'elle fort dechaquel du baflin cbarrique, de la baSomme totale du prix du Sucre.
&ii c'eft du Sucre
encore écrirelatateoul blanc, il faut
876.1. 16.f.6.den.
rigue doit y étre lepoids de la barDa a achevédep marqué deffus.
barriques, ils confrontent peler" leurs toutes les Lesbarriques oul'onr
pour
poids ne foncpoint tarées. On ametleSucrebrut
faddition Italnseatene de toutes les
puisils font ter
cent
fecontente d'olecalcu- Maniere lespoids On fouftrait le tares, & de tous cre dixpour du poids entier du Sulerle du total des poids, & total des tares enfataillé, Ainfi
le poids del lai barripoidic duSucre, étant on a le Poids net ques que. dontlep sfEmee poids efto que les fix barrileprix
multiplié parle prix
ci-deffus, foient de
AiuSucre,
pour le cente
Sucre brut, &
Enmntan
delivres pour en avoir la qu'elles tare, ayentp on
42091.
méme
UREt
nom-
du Sulerle du total des poids, & total des tares enfataillé, Ainfi
le poids del lai barripoidic duSucre, étant on a le Poids net ques que. dontlep sfEmee poids efto que les fix barrileprix
multiplié parle prix
ci-deffus, foient de
AiuSucre,
pour le cente
Sucre brut, &
Enmntan
delivres pour en avoir la qu'elles tare, ayentp on
42091.
méme
UREt
nom- --- Page 612 ---
320 NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
goyh. nombre en l'avançant d'une figure en bois les attaqueroient. cette maniere. Les Sucreries où T'on'travailleeSucre
4200. liv. blanc, doivent toujoursavoir un ou deux
420. Tonncliers. C'eft un meuble dont on ne
3789. peutfepaler. Cardes'sttendreauxf futail- Tonnelesdes Marchands, ou de loiier desTon- liers nén
& la fouftraétion étant faite, on trouve de neliers, prudence c'eft un coûte manque bien d'économie& & dans ceffaires une
3780.1 liv. deSucre net, quel'on multi- bien mieux qui en avoir chez cher, foi & ilvaut à foi, tione Habita,
Flic parlep prix du Sucre, comme ona vû c'eft-à-dire, qu'il faut faire
ci-devant pour le prix du Sucre blanc. lemétier à quelque
apprendre dans leLesMarchands: iendentordianatrement quei onaitremarqué jeuneNegre
lés futailles qu'on leur livre, à moins len métier,aprés quoi ionn'enmanque del'inclination; pour
qu'onne convicmneautrement LeSucre
blanc, & même leSucrepalit.iedoivent
FRNEEEETE
toûjours mepedmphai@inaibonenoy re. Commeils font tous fort glorieux &c
oudur moins dmdoifipalleundblunchicy fuperbes, ils fe piquent de n'étrepasau
Lorfquele Sucrierlesfournit, il les pafle rang d'avoir deccux d'autres cquitravaillent: fous à laterre, &c
aul Marchand furle pied de quatre livres les
Negres le méticr, eux. & Cela à le
dix fols, ou centi folspiece. Lc bois dont bien obligeaapprendre exercer; outre les
Surier oniesfaitp pluscommunement eft un bois à fairedescouvertes oul bailles, profits TAT barils
racce homsnenaamnouetnimgis à cau 8c autres ouvrages qu'ils font à
arire SineeioeLsNerarmatapsfkmtbos leurs heuresdeloifir, &cc que les Mardonton abarriques, parce qu'on ne l'employe chands leur donnent cn
fuir les qu'à cetulage. Sonveritablenome eltSu- tiedu
arecevantuneparbarri- crierdemontagne. Sond écorcé élt brune lesbien Sucrequand ilstrouvent lesfutailQues. 8c affez épaiffe, lorfqu'elle cft entamée, Les fonds foncécs, des barriques &enbon état. fe font dun
elle diftilleunchuile qu'on appelle Baul- bois plus fortqueles douves,Touteforte
me à Cochon, dont je parlerai dans la deboisyeftbon.
- tiedu
arecevantuneparbarri- crierdemontagne. Sond écorcé élt brune lesbien Sucrequand ilstrouvent lesfutailQues. 8c affez épaiffe, lorfqu'elle cft entamée, Les fonds foncécs, des barriques &enbon état. fe font dun
elle diftilleunchuile qu'on appelle Baul- bois plus fortqueles douves,Touteforte
me à Cochon, dont je parlerai dans la deboisyeftbon. J'ai trouvéqu'il valoit
fuite. Lsnbierdecctasbrene# diftingue mieuxlest Sinctim,@uedclaienit, &c
point du coeur. Safcuillceltendre, longuette, douce, &c aflez déliée. Cc bois Negaestindrmioss quand donlesfend, il faut encore parce les
&
3ue
citfujetauxvers aux poux debois,com- ler, ce qui ne peur fc faire fans conme tous ceux qui font doux & tendres, fommer du tems, qui pasi eft comme l'on
celtpourquoilfaut) lesabbattre: 21 non-feu- fçait la chofe la plus chere
lement en décours, mais encore dans le &cfurtour taux Ines, où unebonnc; qu'il y partic ait,
Pretau- temsqu'ilne font pointe enfeve.Loriqu'ils del'application d'un Habitantdoit
tion font à terre, on les tronce avec le har- demétircaprofitoaunia: smomens, &c étre, dé
pocr confer- pon de la longueur à peu près doi- prévoir, 8cd'anticiper, s'ilpeut, toutce
aorce ventavoir les barriques, on TCnetes avec qu'il doir faire. buis, des coins, S on les dole al'ordinaire, &c Les cercles dont on fe fert font des Liannes
on a foin deles emporter hors duboisle liamnesappellées croces de chien. Elles dont on
plitôr que l'on petuit, & de les miettreà onrpourl'ordinaire unbon poucede dia- faitles cercles,
couvert, parce qu'autrement Thumidi- metre.: L'écorceetbrune, mince, adhetyferoit naitre desvers, &clespouxde rente&cunie. f
Lafulectunecipeede
caeur, --- Page 613 ---
Lly6. FRANCOISES DE
coeur, elle eftroide & épaiffe. Cette LAMERIQUE
Crocgs plante jette d'efpace enelpace de petites arienau
dechien. branchcrdef fix
monde
squiln'y Tlayh,
mhmdenchaeecos
delagrolleur d'untuyau afept poceadciongueurs miditéquel le! Sucre. plus La fufceptible raifon de I'hure,toutesarmées d'épines deplumea écri- turellequ'elle faute aux en eft finalongues,roides, fortes &: aigués, crochues, & com-: affez
yeux. me cesbranches Hionendetoenicicoes D E LE 1 U-D E-PIE
&cquelap fort plante méme eft fortlongue, &
de Cannes. monde flexible, à s'en on a toutes les peines du
une fois dans débaraffer, quand. on eft Eede-Viegrenticderd Canneseft
ces liannes pris del la longueur ces épines. On coupe PrsErisd
grealapelentrafe, &caune
elleeit
faurelercercles, on lesfendp neefairepour
edourdctigreaties très-forte,
&conlesp paflefous le; pied, parlemilieu, faire téà peu près comme &cdel'acrel
prendre la courbure du cercle, pourleurt &
grain, qu'ona de la peineà l'Eau-de-Vie lui
de
onen lieu ou on lai fait fe nomme la ôter.
PrsErisd
grealapelentrafe, &caune
elleeit
faurelercercles, on lesfendp neefairepour
edourdctigreaties très-forte,
&conlesp paflefous le; pied, parlemilieu, faire téà peu près comme &cdel'acrel
prendre la courbure du cercle, pourleurt &
grain, qu'ona de la peineà l'Eau-de-Vie lui
de
onen lieu ou on lai fait fe nomme la ôter. Lc
Seatoctt delemployervenas
ric, jene fçai par quelle raifon Vinaigrecles, plirst de dedscrocheriescer les lieravec dela fi- a donné ce nom qui ne lui convient on lui
aucuner maniere. J'ay
en
que le
SEEsE
crocq tient davantage, aderbotyperee & ferre feroit plus-à- propos déjaremarqueq dele nommer qu'il
besucoup mieux. Diftilatoires
un
Autre lianne à Ilyacncores une autre
ger ces fortes de
radecmnaurcecae
barri- fe
lianne dont on une fois en ufage. Celicu noms, quand ils font seire Dijfil: ON
ques. Bpoarhrea.eetin elle eft plus ou du moinst
doitétcijsints de
Vinaifensesnrikcnensee dans eferougeinre, 8cl'écorcer chien, Le de- afin que les écumes tres-proche & les la Sucrerie, oit
noire,
Ea
affezépaiffe. Elle eft plus flexible, & Puiffent être portez
gros firops y Tosfas
ailécàn travailler que Tautres c'eft Scplus avec des bailles & commodement, baquets, ou ou FEau- de-Vie
quoiles
pour- moyen d'unegoutiere. Dans' les par le de Cani
tiers, mais Aoicnilosemasciae elle dure.moinss elle eft fu- tions où ily ya un Monlin à cau, Habita- nes. jette à fe vermouler, &
placer la Vinaigrerie den maniere il faut
vient à fecher, elle cafle quand trés-aifé- elle puifle conduire,
qu'ony
ment. qui échappedelar srdegosterchted rouic, tant
Il yaune remarque à faire fur les tu- plirlescanots, que
pour remtailles, quieft dene mettrejamais de Su- nuellement les coulcures. pourratisichirconti. creblanc dans ceiles où il y a eu du vin fiftenten Les uftencilles d'une VinsigrerieconCIREmEite nede
deux chaudicresaveclcurs quelques canotdebois, uneou UBon: cilles
pearcie de les démonter
leurs couleuvres,
chapiteaux & d'une
Precaupour racler toutes jarres, des uneecumoire, quelques Vimnaition
Pots & des
FLAr
droits, oài ilp Scleursjoints, &ctous lesen- tes. bailles ou cuvet- grerie. E quereftede teinturedu pourroitya avoir encorequelprendre jamais. La
vin, celaneiuffit felon la
du
pour les
capacité
Erettet
Funailles lei bois qui erthet-ent a été imbibé du vin
vail qu'on V peur faire. bitiment Onfe fert & du tra- des Maticri caduSuere renferme, quiner
de qu'ila de canots de" boistout d'une plûtôt nots. blans.
les ou cuvet- grerie. E quereftede teinturedu pourroitya avoir encorequelprendre jamais. La
vin, celaneiuffit felon la
du
pour les
capacité
Erettet
Funailles lei bois qui erthet-ent a été imbibé du vin
vail qu'on V peur faire. bitiment Onfe fert & du tra- des Maticri caduSuere renferme, quiner
de qu'ila de canots de" boistout d'une plûtôt nots. blans. dre de lai méme couleurle manquejamais Sucre tein- de bacs de maçonnerie, picce,
qu'on y nors debois, s'imbibentdu ERELE
T t
Sucquis s'eft
aigri --- Page 614 ---
322 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. aigri dedans, ce qui aide confiderablc- cuivre
doit
mentà àfaireaigrir & fermenter.celui que jufte dans AOMECAS rebord qui da haut s'emboiter bien 1696,
l'onymet. dicre,
dela chau- faire. Matie- On emplit les canots d'eau jufqu'aux re &onlelutte il
encoreavec delat ter- FEawrede deux tiers, &
graffe: eftbon qu'ilfoit étamé, de-Vie,
TEau-
&c quelquefoisjufqu'aux trois den'étre pas fujet au verd
afin
de-Vie. quarts,. on achevede lesrémplitavec un bec de dix-huitay
de gris: Ha
degros firop &cdesécumes. On lescou- qu'on fait entrer dans vingt.poucesde clong
vreavecdesfeuilles debalifer&cdesplan- couleuvre de cuivre ou l'extrémité d'une
ches par-deffus, &c au bout de deux ou poléc dans untonneau d'étain, qui eft
trois jours, fuivant la bonté des écumes cerclé de
fait exprès, bien
ou du firop, cette liqueur fe fermente, diere. Plus fer, sla placé proche de la chaubout, & jette au-deffus une écume affez tions; &c plus couleuvre: a de circonvoluépaifle, à laquelle s'attachent toutes les. Lc tonneauoiie eftla.coulouvre l'Eau-de-Vie eft bonne. hmumendicciquetoismg dans le frop, ou jours être
doit totdans les écumes: Lorfquelle a acquis le chir, parce rempli d'eau, pour la rafraidegré deforce &c d'aigreur quiluieft ne- a fait élever la clprits quel la chaleur
ceilaire, ce
connoit
chaudieré dans le
ST
qu'on
à fa couleur pireau, circulant
chaquidevient jaune, àfon goûtquieftrés- ont tété conduits danslacouleuvreon le bec
ils
agre, & à fon odeur qui eftforte & pe- quiyeft joint
du chapitenur
netrante, onla met dans
REGe lutté,
les chaudieres, extraordinairement, & fe difliperoient léchauffent à;
-Prbaschenkesdarecuncérumaireinu travers] sles pores du métal, s'ils n'étoient
Hr-immuzsnpa deffus. referrez par la froideur de l'eau. C'eft
Chau- Les chaudieres font de cuivre
pourquoiileft bon, qu'ilen tombe toûZieres Fau-de- à d'environ deux pieds & demi de diame- rouge joursdenouvelle s'écouler
densistonnemiyqoidot
Vien tre, fur quatre pied de hauteur. Leur fond, par un.trou, qu'on y laiffe au
fond eft plat, il'eft percé à côté d'une tité quiytombe, tellement proportionnéala qu'il demeure quanouventure-damsiaguele confoudeuntuyau plein.
pourquoiileft bon, qu'ilen tombe toûZieres Fau-de- à d'environ deux pieds & demi de diame- rouge joursdenouvelle s'écouler
densistonnemiyqoidot
Vien tre, fur quatre pied de hauteur. Leur fond, par un.trou, qu'on y laiffe au
fond eft plat, il'eft percé à côté d'une tité quiytombe, tellement proportionnéala qu'il demeure quanouventure-damsiaguele confoudeuntuyau plein. On: met
toûjours
avecun robinet ou champlure qui fert à groffe crucheà unpoederafineric, ou une
vuider. la liqueur qui refic
les vre,pour recevoir l'extrémité lal
de la couleuefprits cnont étéextraits. la Lorlqu'on s'apperçoit liqueur
fort. chaudiere
le
gcertn
eft endôme avecune ouvertuque
ne fait
Tteal
re ronde d'un pied de diametre, & un plus plus élever rien dans d'ciprits, la cruche, & qu'il ne coule
rebordd'environ deux pouces dcl chauteur. chaudiere le robinet on vuide la
C'eft par cetteouverture qu'on chargela &onla
de nouvelle quicftau fond,
chaudiere,
ccplie
c'eft-à-dire, qu'on la remplit La
liqueur. del la liqueur qui a fermenté dans les capremiere liqueur qui vient d'une
nots. Elleeft montéc fur un fourneau de chaudieresappellelag elle n'a pas beaucoup petitecau, de
cn effct,
maçonneric, dontlat boucheeft endedans ferve tout
forcc. On condu bâtiment, 9 &cl'évent quic donne pafla- dantles cinq cequ'ontire de petitecau
geàl laf fumée eft en dehors. La maçonne- ne, &c on en premiers jours de la TRECUE
ricenferme la chaudicre, julqu'aux deux
remplit une ou deux chautiers defa hauteur. Swere-abunitisrmey: qui en fort alors
L'efprit
Manie- Lorique la chaudieree eft pleine, on ferTaffia cftveritablement l'Eauee de mc fon ouverture avec un chapiteau dc de-Vic, forte, éctrès-violente. ou Guildive qui eft trésDans --- Page 615 ---
FRANCOISES DE
#y0p6. dieres Dansles à Sucreries oùi ilyadeux chau- Au LAMERIQUE
Osanti- zé femaine Eau-de-Vie, cent foixante on en doit fairepar Pour moulin, laverles
5. 16y6,
d'Eau- mefure de Paris. On la pots vend ou environ A la
blanchets,
I. quion de-Vie ment dix fols le pot, & ordinaire- Pour Vinaigrerie,
I. sacofai- Negres
peurfai. vantage, furtourdansles quelquefois da- Tonneliers, Ssangiuraibmias, 8. res 4 4re, 0 fait pas deSucre; & temsoul l'on ne A la forge,
2. neHabi- tation,
Iongrix. del France, &cles Vins quandl'Eau-de-Vie Hontrares8cchers. A la Pargerie,
z. Cemeaisundareren un profitconfi- Scieurs de long
3. derable àun Habitant: car quand on Maçons,
Charpentierss
3travailleroit que quarante-cing femaines n'y Menuifier,
z. paran, ce restoljoorforeanter barri- Charron, Pour
f. quesd'Ean-de-Vie en
qu'on feroit, donton
garder lesi beftiaux,
I. I. pourroit vendre au moins
Pouravoir foin-des
maifon: quatre, le refte fe confommant cinquante- dans la Pour Pour couper les Cannes, malades,
t. à cent vingt or cinquante-quatre chacune barriques Pourfaire couper la farine, du bois àt brôler;
2g.
ce restoljoorforeanter barri- Charron, Pour
f. quesd'Ean-de-Vie en
qu'on feroit, donton
garder lesi beftiaux,
I. I. pourroit vendre au moins
Pouravoir foin-des
maifon: quatre, le refte fe confommant cinquante- dans la Pour Pour couper les Cannes, malades,
t. à cent vingt or cinquante-quatre chacune barriques Pourfaire couper la farine, du bois àt brôler;
2g. 6. duire CCEEEE écus qui doivent fuffifent pro- Commandeur,
2. entretenir &
d'habits, de viande, d'outils pour Domelliques pour la
I. autres neceffitez, une troupe decent Malades qu'on peut avoir, maifon, ;
4. apres. vingt Negres, comme jeleferai voir ci- Enfins, Invalides
7. Quand on veat rendre cette Eauou fir-igez,
2g. IO. 2.Veneiltue, forte, & l'acreré &clui ôter) T'odeurtrop
TOTAL
120,
foin de bien laver qu'ellea, les
il fautavoir
couleuvres, & de chaudieres & les. EMPLOT 61 DES NEGRES
fulpendredans le chaNugnufng-difan
Kemumberguerdum. ou de fenotil, J'ay dit qu'on devoit
Erarinetia ge lachaudiere. crericautant de
mettre à une Sudieres montées : Negres cela fe doit qu'ily entendredes a dechauSucreriesoi l'on travailleen
E249 DES NEGRES Cellesoù l'onnefait du Sucreblanc. Sucre
gui font mecefaires dans une
n'ont pas
nombre brut, de
Hlabitation. un
EERT
chaudieres. Negres, Maisles homme faffit pour deux
Il eft bon d'être éclairci de la
bienfervies doivent en premieres avoir pour être
téd"Efclavese qui foneneceffairest quanti- y adechaudieres, fans
autant le qu'il
rerouler, commeilf faut,une
neur, sccenombrenel compter Rafcapable de produire la
caufe
past grand à
RRCSIES
dont j'ai parlé ci-devant. quantité de Sucre écumer, qu'il à pafer faut étre dans occtipé 2e cefe à
fuppofitiond'une Sucrerie montée Ainfi dans defix la à porter les formes, à le les drap, àlaver&c
chaudieres, avecdeux chaudieres à
remplir, apaffer le vezou planter, à les Six Ne
nerd où à cuire les firopsyil
rafi- reafautre, ecdésg que d'une chaudie- là
Ala Sucrerie,
faut,
fé, & qu'il
levezoueft échauf. foag
Aux fourncaux,
6. me, il ne faut commence à jetter fon éct3. moment
pas fonger à le laiffer un
Ttz ThecumePpam
que --- Page 616 ---
324 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. quelesfix Negres &leRafincurn'avoicnt ou bienlorfque les cafes à
font 16g
pas un moment libre pourmanger. pcu éloignées. Caril arrive bagaces n'a- un
Trois bammes On met trois Negres aux fourneaux voir pasle tems de lestirer, mettre
quandilyafix chaudieres.
fonger à le laiffer un
Ttz ThecumePpam
que --- Page 616 ---
324 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696. quelesfix Negres &leRafincurn'avoicnt ou bienlorfque les cafes à
font 16g
pas un moment libre pourmanger. pcu éloignées. Caril arrive bagaces n'a- un
Trois bammes On met trois Negres aux fourneaux voir pasle tems de lestirer, mettre
quandilyafix chaudieres. Cetravail
IFatd
aux rude, fur tout aux chaudicres
cft cn paquets celles que l'on doit referver
four- chauffe
que l'on pour étre fechées 8cbrilées, elles
TERIX. avec des pailles, des bagaces &c tout aux beftiaux péle méle. jettent il
du menu bois. Loriqu'on ne fait travail- aifé de conclure, pourfervir D'ou unMou- eft
ler que cinq chaudicres, on fe contente linàe cau, d'une
foit
de mettre deux
aux
queletravail
nsairs
Negres fourneaux. bien fait, &c qu'il ne foit pas au-deffus des
Ceitrop peu, &cjay toûjours remarqué forces des femmes qu'onyc employe,ilfaut
queletravail étoit trop, grand pour dcux yen mettre cinq. hommes. Carenfin, quelque forcequ'ait On employe une
laver Unelaun homme, le travail le furmonte bien- lesblanchets, balayer Negreffe la
pour & au- venfede
tôt, quand il eft rude & continuel, & tres femblables
Sucrerie, Le Rafineur blanque les forccs ne font pasreparées parle doit bien prendregarde ouvrages. queles blanchets chets,
fommeil & les alimens, &c c'eft-là jufte- foient bien lavez,
ment CC qui fc trouvedans le tait dont je Pair, ou au Soleil, échangez, & jamais fechez à
parle. pentes des
danslesap- le
Treis à Lai Purgerie a befoin de trois hommes. fourncaux, parce que feu
la Pur- Il eft vrai, qu'ils y font inutiles dans: de mangeleurlaine, &dès la corde
gerie, certains
roit,ils deviennent
On ne
eadt
FOE
tems; mais dès qu'on a travaillé jamais les employer que
ils font
trois femaines à la Sucrerie, ils ont de fecs, autrement le vezou quand ne pafle
T'ouvrage dei refte; foit à faire les fonds, CetteNegrelfe aide encorcà celle pas. accommoder la terre, la porter fur les àla Vinigrerie, à porter les firops qui &cles eft
formcs, l'en retirer, la nettoyer, la faire écumes, a charger fes chaudicres, & a
fecher, mettre le Sucre à l'étuve, y en- remplir les canots. tretenir le feu, cuire les firops, accom- On met plûtôt une
Unefeme
moder les formes & autres choles, qui homme à furelEau-de-Vie, femme, qu'un me posr,
dépendent tdela Purgerie. Lorfqu'il n'ya fuppofe qu'une femmeeft
point de travail
dans
fujettea
YORSEE
poureux tout ce
R
que boire qu'lun homme. Comme
je viens de dire, on les employer à n'eft pas infaillible, c'eft au cetter Maitre de-vie:
couper du bois à
avec
SPt
font deftinez SATRE ceux
choifir une des fidelles, &à veiller
pour cela, viennent 1e avec foin furi fa
aider à leur tour
afinqu'ellenefe
letuie
quand # faut piler le démcnte pas à force
Sucre,avecles ouvrierquipeuvent quit- ve.
. Comme
je viens de dire, on les employer à n'eft pas infaillible, c'eft au cetter Maitre de-vie:
couper du bois à
avec
SPt
font deftinez SATRE ceux
choifir une des fidelles, &à veiller
pour cela, viennent 1e avec foin furi fa
aider à leur tour
afinqu'ellenefe
letuie
quand # faut piler le démcnte pas à force
Sucre,avecles ouvrierquipeuvent quit- ve. Pour lesencounagerabient d'ésremilcal'epreu- faire, &ne
terletravail, fans que letravail de la Su- lespas expoferàla tentation de
Sonimfieaainoucitas c'eftà donnois un pot d'Eau-de-Vie à voler,jo celle
quoiil faut bien prendre garde. la faifoit, quand elle faifoit
qui au
Cing Ilfaut cinq) Negrefles auMoulin. Ileft
qu'elleavoit apporter
Negref vrai, que dans
Sucrerics on Magafincelle
faitpendantla
fes ait n'en met quequatre, beaucoupde left
femaine dans la quantité, & la qualité
Aonlin. le travail cit tropg maisile certain que requife. Unecholequilfaur obferver, eft
fonnes; fur tout
Resrd
der n'enpas refuferaux. Negres, quandils
VEEL rolmantc E enontbefoin, &cdenep
àa
fent promtement, & qu'on a peine à d'eux d'entrer dans la permettre iaucun fous
trouver le moment de Lver le Moulin, quelque pretexte que CC Vinaigrerie foit. Une --- Page 617 ---
FRANCOISES DE
tyG, Une Sucrerie,
LAMERIQUE
Huit le, nepeut fepafler cotyncelledontjepur. de quatre
après qu'ils ont dételé, & d'en 325
ca c'cft ainli qu'on appelle lcs cabrouets, le foir une quantité
apporter thoe
brouet- Iles, fi on veut faire un travail charettes aux les beftiaux qu'on fuffifinte pour tous
tiers, continucl, fans être outré, &cans qui ruiner foit C'ett auffi icuxd'aider enferme le Gardien dans le à Parc. lesbeflinuxstr troiscabrouets fuffifentp
tretenirieslieicres,
enfournir un Moulin à eau. Le pour rien n'étant plus contraire aneuNoicRues
eft necefaire pour aider aux autres quatriéme quc l'ordure, & rien ne aux beftiaux
unb beloimprefant, Scordinairementp dans vantage à leur
contribue d'aporter du boisaux fourneaux, & tranf- pour que la propreté tkskerentomeine du lieu où on les
porter les Sucres cnfutaillez au
pendant la nuit. refferre
qui doit être toûjours proche du Magalin, licu de Iln'eft pasp spoffible defep paffer dedeux De:x
Tembarquement Il faut huit
Tonneliers dans une. pour conduire
perfonnes on ne fait pas des Sucre, Habitation. & tous Quand liers, Tonne:
quatrehommes Tesurcammewisarair Srquatreer enfans de
Negres font
à que les
à treize ans pour marcher devant douze les bruler, ils doiventy occupez être couper du bois à
beeufs. Il taut huit bceufs
pour profiter des arbres avecles autres
chaque cabrouet, parce qu'on ne Betre travailler chaque faut ie trouvent propres à fairedes qu'onabbar.qui douves.
des Sucre, Habitation. & tous Quand liers, Tonne:
quatrehommes Tesurcammewisarair Srquatreer enfans de
Negres font
à que les
à treize ans pour marcher devant douze les bruler, ils doiventy occupez être couper du bois à
beeufs. Il taut huit bceufs
pour profiter des arbres avecles autres
chaque cabrouet, parce qu'on ne Betre travailler chaque faut ie trouvent propres à fairedes qu'onabbar.qui douves. Il
fonttrentedeuxk attclage qu'une baeufs, fois par jour. Ce lent farle qu'ils lieu, les fendent, & qu'ils les doeft bon d'en avoir encore outre fix autresp lefquelsil ter à la maifon NEneSene à mefuire
remplacer ccux quitombent
pour achevées, fans les laifler dans qu'elles font
quelque
malades, ou
le bois le
Deveirs
travallestraordinaitre
moinsquileftp &cles
Poflible, parce
desca- T quatre ou cinq choles àd oblerver
poux
quelesvers
brouet- touchantles cabrouertiers. Laj
&cles pourriflent. deboisyatachent C'eft-là le aifémeric
tiers. de d'empécher qu'ils ne fc donnentl premierc, lal liberté refte faire provifion de douves tems pour
donne maltraiter les jeunes enfans qu'on leur
de l'annéc. On doit
tout le
les
mettre
Fst
aider. La feconde,
couvert, les
à
ayent Rear de penfer tous les jours qu'ils leurs en les croilantp rangerlesunesfiurles par
autres,
baeufi, les laver à la mer, lcur ôter les charger de quelques leunextrémiter, &cles
tiques, & avertir le Maitre ou le Com- la pelanteur lestiennent grollespicrrer en
dont
crainte qu'elles ne fc
lajettion, & de
PEEiasaLE Poietubewnuiome certainesexcref dejettent en fechant. cambrent, ne fe
Mala- langue, fencesdechair, quileurs viennent fousl la vent Quant avertir aux cercles, lestonneliersdot. dies or- les baeufs quilsempéchente ne
de paitre. Car ont
loCommandeurg quandilsen
dinaires
coupent pasl'herbe avec les
befoin,
des
des Remtemmmcindienileil ils ne font
leur en couper, alinquilenroye Negres
baufi, l'entortiller avec la langue
que de quitter leur travail. lansquilsibient obligez
mais quand ils ont ces Sclarrachers Deux tonneliers
leurs Caufent de la excreflences, ils qui dolées, Scleurst qui ont leurs douves
douleur, nc peu- trois barriques fondsfeicz, doiventfaire
FREESESnE be, & deviennent maigres &
petitprofir pour par lel jour; ce quin'eftun
On doit encore obligerles cabrouettiers fansforce. barrique far le Maitre, pied dc quivendcha- Cent
sabrouets, d'apporter des tétes de Cannes fur leurs la on conteroit le prix fols; du bois or
pour
le
LE
iesdonaeralrumboeus eft totijours façon tiers Reed cette fomme, il
Tt 3
conftant que chaque tonne,
licr
& deviennent maigres &
petitprofir pour par lel jour; ce quin'eftun
On doit encore obligerles cabrouettiers fansforce. barrique far le Maitre, pied dc quivendcha- Cent
sabrouets, d'apporter des tétes de Cannes fur leurs la on conteroit le prix fols; du bois or
pour
le
LE
iesdonaeralrumboeus eft totijours façon tiers Reed cette fomme, il
Tt 3
conftant que chaque tonne,
licr --- Page 618 ---
326 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
siy6. liersponeroitcemtfols par jour depro- voifins. Lecharbon de
Prefit fit à fon Maitre; &c qu'ainfi déduétion leur; mais il
terre eft le meil- 1hy6,
gucles faite des jours de Fétes qu'ils nc travail- dans les tems manque fouvent, fur tout
deux lent pas, &c du tems
de Guerre. Onenfaitavec
tonne- à
leurs
qu'ils employent à
du bois d'oranger, de paletuvier, bois
liers préparer
douves, ou foncerles rouge,
ou autres
fon: à barriques lorfque Pon pileles Sucre,cha- On en chataignier,
boisd dur. leur que tonnelier rendra deux
ufeàla verité davantage, mais il
Maitre, par an, qui font deux mille centbarriques francs. necoûterien chauffe prefque quelapeinc aufli-bien delefaire, & il
Voilà un échantillondu profit quepeut terre. que celui de
faire un Habitant qui a des Ouvriers à Le charron cft abfolument
Un
foy. Pourlors il fnutqu'il Ivende toutfon caufe de la quantité
neceffaire à CharSucre enfutaillé, cela fait fouventplaifir fur tout dans leslieux deroties où que l'ont ufe ron. aux Capitaines, quiont dela peineatrou- pierreux &
les chemins font
ver des futailles blanches, & il fe défait faire fes provifions difficiles. dei rais, Cet de Ouvrier jantes8cde doit
avantagcufement cela, il faut veiller des fur fiennes. leur conduite,8c Mais pour moyeux, quand lon faitle bois brûavoir toujours l'oeilfurceux
ler, afin de profiter des Kcbmafnd sdebois
mandent, fans fef fierj jamais àeux quilescom- épineux il & doit autres, les & après lesavoir débonne forte. Si un Habitant veut M
les mettre à faire couvert porter fous à la maicommodement le
E
train de fes affaires, il pentis. QuandlHabitation
lesapdoit fairef fairedes cafes commedegrands le peut laiffer travailler eft fournic,on
hangars a la vûé de la Sucrerie, &y lo- à tant par jour, ou par mois, pour les & voifins
gertous fes Ouvriers, afin que luiétant à tant paire de
jamais
ala Sucrerie, où lel Rafineurquin'endoit pourroit par arriver roies; parce qu'il
jamais fortir, il puiffe voir fans peine fi en feroit deux, qu'aulieud'une en paire,il
ies Ouvriers travaillent. cela
fansquil revint tpour
Deux On ne fçauroit croire Pincommodité
davantageafon' fix Ecus Maitre. En 1698.on
Firge- &c la dépenfe qu'il faut
lorf- payoit
de façon
une paire
Lens, qu'on n'a pasuncforge &c deux fupporter forgerons. de riture roiies, de fanscompterle Dore & la nourCar ilfautavoir recours tous les jours au
l'ouvrier, & quand lonne fourforgeron SeDeapdLNbopmes simbaibeutupemtane dix Ecus, fans la ferrure.
' fix Ecus Maitre. En 1698.on
Firge- &c la dépenfe qu'il faut
lorf- payoit
de façon
une paire
Lens, qu'on n'a pasuncforge &c deux fupporter forgerons. de riture roiies, de fanscompterle Dore & la nourCar ilfautavoir recours tous les jours au
l'ouvrier, & quand lonne fourforgeron SeDeapdLNbopmes simbaibeutupemtane dix Ecus, fans la ferrure. ,onenpayoit
Ifles, foit pour lesholies, lesferpes, les jantes, & les.raisfont
Lorfque un les
haches, les ferrures des roiies de Ca- vrier doit faire une dégroffis, oubroucts, lesceufs, lesplatines, &c autres maine. paire derotics par feouvrnagesnecefhinesàt bitant
unMoulin. UnHa- Al Pégard desfcicurs
&c
habile ne doit rien negliger pour
delong, d'un
avoir un Negre forgeron, on lui donne Charpentier, On a fans ceffe cnenvotsfc.ltecelinge befoin de
un jeune Negrep pour ére fon apprentif, bois de cartelage, de dents planches, de
& pour les encouragerPun &1 lautre,on
de Moulin,
leur laiffe le profit de quelques petits ou- &-astreafemblblendont on doittoûjours
vrages qu'ilsfont pour) le dehors. Le
tassiornehrsis imprévûs. Commele
befoins
fit qu'on peut tirer d'une forge AipRs eft facile ileft
métierdesp premiers Scieur
dequatre cent écuspar an,loriqu'onaun tous les
bondelefutcapprendred en
delonz
bon Ouvrier, & qu'ona foin de le faire de pouvoir Negres faire qui marcher font capables, afin Char- o
travailler pour la maifon, & pour les tout àlafois quand oncft preffé, plufieurs ,& avoir fcies pentier. toû- --- Page 619 ---
169h,
FRANCOISES DE L'AMERIQUE
Fentnsmbnra les empécher dee devenirir
obligation. Ils vendent
ils ne manquent guére infolens,comme dele devenirlorf. fes; j'eus la quantité de fortbien.cesdof planches
1cg5. qu'ils fc croyent necellaires. J'avois fait vouloisavoir, & tout le mondefur quej con- je
apprendre à fcier & à équarir à
tent. tous-les Negres de nos Habitstions prefque del la Commeily-ato@joura à faireaux-MouMartinique & del la Guadeloupe, & au Heaenpennefumet s'imaginer comlewadcommeacmome gé du foin de nos biens, quejefuschar- n'ea
EREaseDe fe, lorfqu'on a un
ded dépendeux ou trois me je tenoient trouvai l'art decharpenterie, Negre quifçait aflez
S dire le pied TLSHI
pour
pourremedier aux
fois enfuite à mon gorge, tour, je mefai- FEEE auxbras, &c autres
mettre à la Rer
pour les Car les Ouvriers blancs parties de d'un Moulin. Deux fcieurs qui. ont leur bois équar- la font allezmares, &cleurpetit cettecfpece,
ri, doivent rendre
planches de necefité qu'on a deux, nombre, &
huit pieds de long, MEPEEI douze à
&cinlolens au dernier point, lesrend de chers
pouces eelangespuriemaine Commec quinze cet cen'eftpasunep
équariffage cotunpréewe Pour ne les petite épargne de; Pouvoir fe
EE
rendrela quantité de planches queje Se gens.
quar- la font allezmares, &cleurpetit cettecfpece,
ri, doivent rendre
planches de necefité qu'on a deux, nombre, &
huit pieds de long, MEPEEI douze à
&cinlolens au dernier point, lesrend de chers
pouces eelangespuriemaine Commec quinze cet cen'eftpasunep
équariffage cotunpréewe Pour ne les petite épargne de; Pouvoir fe
EE
rendrela quantité de planches queje Se gens. pafferdetclvoisavoir, lorfque
Après queles
étoit occupé à quelqu'autre leNegre charpentier Sucreries dela Anglolscomenrbrilénos
Inven- penfai à un moyen met tira ouvrage,je decctom- faire un Moulintout Guadcloupeent entier, une 1703.jefis
FAu- tion de barras, de ce fut de aae mettre les
rie, unePurgerie, &cunel
Sucreteur
bois fur le hourt comme on lcs pieces avoit tres Bâtimense qui nous étoient Etuve, &cautrouvées cher fanslesequamir, &
fans y employer que trois ou neceffaires
LE des que leur rondeur ne lestit pourempé- nos Negres,donrl leplus
quatre de
plan- je
tourner, où
toutau
babilenefgavoit
sksr. étoientappuyées. emeteaeeeer Onj
elles vrai, que plasquer je fus fairoune de mortoife." Ileft
deuxcôtez, & conenlevoita jettoitlal ligne des quer tout Pourrage, obligé & d'étre tracer &c
dofle, ou comme onparleaux taveclaicieune Iles,
avec eux, mais
à fans SIE
croute dechaque côté,
quoi onles une je furpris beaucoup cnfinj'envins lcs bout, &c
renverfoit fur le plat, on Ee alignoit à avoient accoûtumé de travailler Ouvriers qui
l'ordinaire, &onl lesmettoire
nous, quandils virent
pour
deux Jc remarquaiqu'on avoit plitôt cenplinches. levé les beloin de leurs fervices. quejen'avois plus
pà doffes avec la fcie, qu'on n'auroit Quoiqu'un Menuifier nefoit;
côté. équarrir Nos à la hache la moitié d'un cellaire, il ne laiflepas d'étred'uneg pas fine:
s'y faireau Negres avoient de la peine à deutilité, qu'ileftbon & quandil fçait tourner, gran-. &c
nis dans un commencementy maisj'apla- ces dans une ouvrier, il rendmille fervitez, en leur: momenttoutesl abandonnant les leurs dificul- d'ouvrage a lui mailon. donner, Lorlqu'on il
n'a pas Uon
fes qu'ils levoient fur chaque quatredof piece. Ce jamais chez les autres n'en manque deux
petic gain, iquoi ils fontfor
plipartaimentn
Habitans dont la Amais fuari
leur perluada que jeneleur failois fenfibles, chan- que d'un blanc, SEETNeL quand
interét gerlcurancienner methode, quep pourleur habiles. Ler moins qu'unt ilsloneégiemen telouvrierp
particulier, 2 & ils m'en curenr gagnereft tun ECPERLRERiLIE puiffe
EentRavitormescE
Pagnon
etic gain, iquoi ils fontfor
plipartaimentn
Habitans dont la Amais fuari
leur perluada que jeneleur failois fenfibles, chan- que d'un blanc, SEETNeL quand
interét gerlcurancienner methode, quep pourleur habiles. Ler moins qu'unt ilsloneégiemen telouvrierp
particulier, 2 & ils m'en curenr gagnereft tun ECPERLRERiLIE puiffe
EentRavitormescE
Pagnon --- Page 620 ---
328 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
re26, pagnon avcc lui, cela Va fouvent jufqu'à blancou Negre doit les
cent fols. matins, avant qu'ils aillent compter paitre, toutles & le 1696. Quand ona une fois des ouvriers dans foirquand onles faitrentrer dans le Parc. une maifon, c'eftun treforqu'onneiçau- Pourles moutons,les chevresou cabrittes,
roittrop eftimer, 8cpourqu'il ne feperde ce font les petits enfans font chargez
pas, ilfaut avoirfoin deleurs donner des du foin de les garder fous L3 direction du
apprentifs, &cleurfairede tems en tems Gardien du gros bétail. quelque gratificationà proportion dutra- On donne le foin des malades à
Une Invail qu'ilsfont, ou del'avancement qu'on que Negrefle fage écintelligente, quel- firmerie. remarque dans ceux qu'ilsinftruifent. ferve
quiles
Deux Il nc faut pas un long difcours, pour cuifine diligemment, ce dont ils 3 ont quiaille echercheràla
Aagons. perfuader un gros Habust,qualabcton les lits, Scl'infirmeric befoin, quitienne
de Maçons chez lui: il arrive tous les lutenumsnteriolctord propre, &quin'y
jours tantd'sccidensaux: fourneaux,aux rurgjensordonnc.C-et une ccequelcChichaudieres, &c à d'autres endroits que voiruncinfirmeriee dans une neceflitéd'a- Habitation:
l'ons'épargne des dépenfes confiderables outre les maladesy font mieux foilorfqu'onadesr maçons chez foi, &c quand gnez, RE plus facilement dans leurs
on n'en a point à faire, on trouve toû- cafes; c'eit un moyen fûr
jours àleslotier. Lemoins qu'ils puifent ceux qui lei font veritablement, diftinguer de ceux
gagner c'eft cinquante fols par jour cha- qui le contre-font, ou par pareffe, ou
cun avec leur nourriture. fairequelque ouvrage dans leurs pour
Il eft bon de diftinguer toujours les Vingt-cingperfonnes fuffifent cafes. Negres ouvriers des autres, foit en leur per des Cannes, & entretenir un pour Moulin cou: cing Vingtdonnant plus de viande, foiten leur fai- à cau, & fix
fur tout
fant quelque gratification. Rien ne les on a un peu d'avance chaudiers, du
quand toptu pour
anime davantage à chercher l'occafion & quelcs Cannes font belles, jour preccdent, nettes, & les
un
iein
d'apprendre métier. Tel qu'il puifle bienentretenués. Quand onn'a
nes. étic, il eft toujours d'une grande utilité avance,à caufed'uneFéte pendant pas cette
pouru runcmaifon. Lesprofitsque font les le les Cannes coupées auroient laquel- fc
ouvriers; les attachent à leurs maitres, ter, on envoyecouper des Cannes pû gaVanité & leur donnent le moyen d'entretenir le matin juiqu'à lheure
depuis
des Ne- leurs familles avec quelque forte d'éclar, tous ceux
du déjeliné, â
2res.
il eft toujours d'une grande utilité avance,à caufed'uneFéte pendant pas cette
pouru runcmaifon. Lesprofitsque font les le les Cannes coupées auroient laquel- fc
ouvriers; les attachent à leurs maitres, ter, on envoyecouper des Cannes pû gaVanité & leur donnent le moyen d'entretenir le matin juiqu'à lheure
depuis
des Ne- leurs familles avec quelque forte d'éclar, tous ceux
du déjeliné, â
2res. & le plaifir d'étre au-deffus des autres creric, à la quidevoient travailler rà la Sucontente extrémement la vanité dontils Bois, &cau. Purgeric,aux Moulin, de Fourneaux,au moins
font très-bien pourvis. J'en ai vû qui de deux heures onait affezd'avance fortequ'en
étoient fi ficrs d'étreMaçons ou Menui- mettre au Moulin, & avancer le travail pour
ficrs, qu'ils affeétoient d'aller à lEglife fansle difcontinuer. Commec'eftle;
avecleur regle & leur tablier. aifé detous lestravaux, les femmesy y
On doit
à la
Elt
Uee
mettre garde des beftiaux autant d'ouvrage queles hommes.Cef-là
Gardien un Negre fidelle, &cqui aime ce métier. principalement
desbef- Lcs Negres du Cap-Verd, de Sénégal, bien
qu'onl lesemployc, auffisieux. & de Gambic, y iont les plus propies, honoreroit qu'au les fervice du Moulin, gui des- Puniqu'ils ont chez-cux quantizé de ployez. Je me hommes,s'ilsy fuis quelquefois étoient fervide em- tion des
REe qu'ils regardent comme leur ce moyen pour punir des Negres Negres
principale richciic, Le Commandeur éroient lâches & parefleux. Jc les faifois qui Er
mettre --- Page 621 ---
L626. Aeteitempierdeierceg PRANCOISES DE LAMERIQUE
ploi qu'on donne à la plus foibledes quieftl'em- Ne- la vent pas entrer auf
329 de tGy
au
greffesqu'one avoit
employe Moulin. Sucrerie, ou des erviceduMoulin,
de point de chagrin parcil au leur, Iln'y ni grater &c grager le manioc fourneaux, doivent
prieres & de promeffes qu'ils ne
cuitl lejour fuivant. qui doit étre
les fiffent, pour étre ôtez de ce travail me d'une chfant, ou de quelque UneNegrefcalitee
couvroit de honte. qui paffer le manioc
Six
imarme.pour
coMmanquer de
rendre une
par Phebichet doivent
peursde ler, Afndenepas
bois à brûbarrique de farine
bois. des arbres Eepourmettre à proft les branches c'ef-a-dire, Et afin environ deuxbarrils parj jour,
tent point que en les charpentiers ne met- fir cet qu'il ne puiffey y avoir de &cdemi. fraude
toujours ceuvre, ileft bon d'avoir
arcicle qui eft important &trèsIlsend adoiventfairec cing ou fix Negres dans le bois. tentatif, il faut que les boètes à
tée par jour. chacun une cabrouet- Bienetodijourp qu'onauraf plenes,jufqualan marque preffer
met quatre à hacher, Lorfqu'ils & font deux fix, onen quantitéder faite, après avoir remarquéla
Autant qu'il fe peut faire, il faut àt fendre.
toujours ceuvre, ileft bon d'avoir
arcicle qui eft important &trèsIlsend adoiventfairec cing ou fix Negres dans le bois. tentatif, il faut que les boètes à
tée par jour. chacun une cabrouet- Bienetodijourp qu'onauraf plenes,jufqualan marque preffer
met quatre à hacher, Lorfqu'ils & font deux fix, onen quantitéder faite, après avoir remarquéla
Autant qu'il fe peut faire, il faut àt fendre. contenirp manioc grapéquellesdoivent
travaillent au voifinage des fcieurs qu'ils de Ily a Cminnene bien des
long, afin
Habitans qui fe fervent Un Com:
tier voye plus quelemaitie, facilement ou le charpen- blanc. Sans
mandeu
Quand' on a
ce qu'ils font. entrerdans
Nagre. EEETSTE
faire du Sucre ce foin, onpeut continuerà jem'en nomie, croi qu'ils font lesraifons fort bien, d'éco- &c
pendant à
a
fanso craindreder manquer I
fept debois; huit mois, choifir pour toûjours cet bient trouvé, Il faut
qu'onaitfeulement uneavance de Pourvû fc- le, fage, qui emploi, un Negre fidemaines avant de commencer à faire fix du Ditalidiomare LONNMEDESLAIESE qui
Sucre; Parce que ces fix hommes
& bien executer Tur fache fefaire obeir,
iomme. fec rei- con- ce dernier Point eft aifé ordres àt qu'il reçoits
n'y a
EinnCnt Depunalinrentiond
point de gens: au trouver: caril
fourneaux on confommel desnouvenux mandent avec
monde qui comdebois, Scainfi on pourra beaucoup moins faffenemieux obéir plus d'empire, & qui fe
fixhommesid d'autres employer Ces ces au Maître à veiller quel elesNegres. C'eft
mes coupeurs fervent ouvrages. encore à mé- tez. fur fcs autres qualidéblayerlesarbres quelec
abatre &c Le Commandeur doit étre
vail marque, de lafcic. afin de nep pas détourner charpentierleur le tra- mais, avecles fon Negres, fans les abandonner toûjours
Negre Deux Codeanduseivoirunet bonne
vail, & devoirloblige lc faire faire à preffer lc tra- jafes vifiond defarine der manioc faite &
doit
comme il faut; il
fufg avant de commencer à faire PRERCEN ampecherledcbordre,
de eft
Eappaulerles
farined manie, bon der remplacer celle duSucre, l'on il &cfurtoute
fomme tous
que conEERE
les jours
n'en
que couleur renuelafemmes qu'elles
qui dequelmeurerd dépourvi. Tilette pas de- promtes, coleres, foient font toûjours
Commandeur falearracher pourelaquele tous
criardes, prétes âle
une quantité de manioc
les foirs dinedesiten, veux. Il doit viliter &afeprendre aux chefaire une barrique dei farine. fuffifnte pour dans le bois, pour ccux quitravaillene
&cles Negreffes qui ne font pas LeaNégres de
pouvoir direau Mailai
pendant nuit, c'eit-a-dire, garde Melenedeicerevaire lerlcs
Cellaluià éveilqui nedoi- refoir maelanmcumtit ecmatin,
laPricVy
&faire,ou fairefaire le
Ca-
ux. Il doit viliter &afeprendre aux chefaire une barrique dei farine. fuffifnte pour dans le bois, pour ccux quitravaillene
&cles Negreffes qui ne font pas LeaNégres de
pouvoir direau Mailai
pendant nuit, c'eit-a-dire, garde Melenedeicerevaire lerlcs
Cellaluià éveilqui nedoi- refoir maelanmcumtit ecmatin,
laPricVy
&faire,ou fairefaire le
Ca- --- Page 622 ---
330 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1696, Catechifme à lai fin de lal Priere, les con- danslamaifon,, ils nefont
du
duire à la Meffe les Fétes &c Dimanches, fous la jurifdiction du point tout 16yG. voir fileurs maifons font propres, &cleurs moins que le Maitre ne Commandeur, le faffe
à
jardiunsbienentretenus, sappaifericsdiffe- pour les châtier
ils ont venir,
rens quinaiffent dans les menages, faire que faute. quand foient bien fait quelconduire les malades à l'infirmerie, em- quelesautres Quoiqu'ils Negres lcs micux
pécher lesNegres étrangers de feretirer pour la nourriture, pour habits, &
dejour ou de nuit dans lescales de I'Ha- micux travailler au la plipart c'eft aiment
bitation, donner avis au Maitre de tout qu'on appelle les travaux jardin, ordinaires ainti de
ccqui fepaffe, recevoir & bien entendre THabitation, que d'étre bien nourris
fesordres, & les faire executer àla lettre. bien vêtus, & étrer reflerrez
&c
Ilfautavoir cette confideration pour un fon commeleurdevoir les danslamaiCommandeur, dene lejamais reprimen- On prend
retient. der, & encore moimulefrapperdctant les treize ans lesmieux dejeunes) Ssiege &c de douze à
autres Efclaves,
que cela le rend rituels
faits, lcs plus
méprifable, alEec perdretoutf fon cré- ainfi rourfervirdelaqusis. Ons'en E
dit. Quand ila fait quelque faute fi con- pos de julqu'à les mettre ce queleMaitre au
juge à
fiderable, Spelrzoncibolumagol
travail, ou de Ser
en foitchitié, il fautavant touteschofes faireapprendre leure chofe un métier, quicftla ameille cafler de fon emploi. On donne toûqu'on puiffe fairepoure reux. jours au Commandeur plus de vivres &c DEPENSE NECESSAIRE
d'habillemens qu'aux autres, & detems pour la
en tems quelque gratification. On doit
nourriture, 88 P'entretien de
chitierfeveremente ceux qui lui défobéifcent vingt Efclarves. fansmifericorde fent, ou qui fe revoltent contre lui, & Il faut fuppofer d'abord l'on
dieffe de le ceux qui auroientl la har- foind'avoir du manioc en nabondance, que aura de
frapper. forte qu'ilfoit
en
Jc me fuis tolijours mieux trouvé des enterre, d'être plutôt danger de pourir
Commandeurs Negres, que des blancs. l'ordinaire que que l'on doit obligédes retrancher
Cependant quand on eft contraint d'en gres, oud'acheter dela farinc donner de aux Neavoir pour foulager le Rafineur dans le quieftfouventfort
manioc,
quart de la nuit, il faut choilir un hom- difficile à trouver, chere, & fortrare, fort
mcagé, afin qu'il foit moins capable de payer
quilfaurtodjours
cauferdu defordre avecles Negreffes, & trois
comptant.
inaire que que l'on doit obligédes retrancher
Cependant quand on eft contraint d'en gres, oud'acheter dela farinc donner de aux Neavoir pour foulager le Rafineur dans le quieftfouventfort
manioc,
quart de la nuit, il faut choilir un hom- difficile à trouver, chere, & fortrare, fort
mcagé, afin qu'il foit moins capable de payer
quilfaurtodjours
cauferdu defordre avecles Negreffes, & trois
comptant. del
On en donne Vivrea
ne laiffer
potsr
Paris
femainc
TORMSOES
pas
pour cela d'avoir un Com- par téte à tous les
chaque
qu'on
mandeur Negre, fans oublier d'avoir tits, exceptéaux Negres grands ou pe- donne aux Ne
quelques cfpions fidelles qui
enfans qui font àl la matout ce qui fe. pafle, faufa prendre rapportent lcs melic, demi ordinaire aux meres delquels on donne un gret. voyes neceffaires pour s'affurer de la vepour leurs enfans. J'avois
rité de leur rapport. Dès qu'ons'apper- Saosantaianseaid livres de farine de
ideux
çoit que lest blancs quel'onaa à fonfervice avecdu lair
froment femaine
ont quelque commerce avec les Negref- &comme la pour farine leur de faire de Fas bolillie,
fes, le plus courteft de les chaffer aufli- évaluée avec celle de froment peut-étre
tôt. manioc, il faut
Domef- A l'égarddes)
compter trois Pots par femaine pour chatiquei. Domeftiques qui fervent quc téte, quifont 360 pots ou fept barrils --- Page 623 ---
FRANCOISES DE
t6ph. rils & demi par femaine. Le baril con- LAMERIQUE
tient cinguante pots, qui multipliez
jours del Fétes,
les cinquante deux femaines
par uns les autres ces parcequ'ils fevifitentles 16p6,
fent l'année, font trois cento quatre qui compo- regaler ceux jous-li, les viennent & que pour
dix barrils par an. Ce feroit une grande vingt- confomment doit
lur7 un repas ce voir, les ils
dépenfe, fiond étoit obligéd'acheter cette
qui Il
quantité de farinc. Il eft vrai, qu'elle eft donc eutmnimursceat quele premier jour de travail del faut la
queiguefois à bon marché, &"
la femaine, fafle le' Maitre ou le
Maisj peur avoir à cinq &c fix francs Tea barril. peferen fa prefence, Commandeur &
en
jel'aivié,
portions égales la viande qu'on doit
chercher à dix-huit Ssazebigederaler donner. SFRIPAS
Prix de ptant. Ce qui, francs argent com- les lots ou Onarrangel furdesp & planches tous'
lafarine
outrelincommodité du
portions,
les Nedes
lorique
ma- tran/port feroit une dépenfe de
gresviennenty
nioc. fept
près de au Magazin de pourdiner, la farine ,lest où fommes vont
à plus milelvresparan, de deux cent piftoles, quiiroit toûjours diftribuie, &cles hommes on la leur
me on la reduiroit au tiers.
com- les lots ou Onarrangel furdesp & planches tous'
lafarine
outrelincommodité du
portions,
les Nedes
lorique
ma- tran/port feroit une dépenfe de
gresviennenty
nioc. fept
près de au Magazin de pourdiner, la farine ,lest où fommes vont
à plus milelvresparan, de deux cent piftoles, quiiroit toûjours diftribuie, &cles hommes on la leur
me on la reduiroit au tiers. Ilfaur quandmé- donc deà mefare qu'on les prennentlavianavoir foin de faire planter une fi
fuite, & fans leur appelle, de tout de
quantité de manioc,
en ait grande trois Unbarrild del boeuf
choifir. ou
xante
pefer cent foiTAREETE
gineen quatrefois au-delà E2 ce qu'on s'ima- ne le faut livres: pour ne fe point tromper, il
deroiravoirbelain,
compter cent
en
plutôt état d'en vendre &qu'onfoit quc dans la Orà deux livres par qu'a tête ce font cinquante. necefliré d'en acheter. vres, c'eit-a-dire, deux barrils moinst 240 foi- liA l'égard del la viandej'ai déja remar- xante livres, fervent pour
qué que le Roi a ordonné qu'on donnât ter la portion RL
& augmenà chaquel Efclave deux livres & demie de qui travaillent à la ouvriers, aux de ceux
viande falée par femaine. Cette OrdonSucrerie, Fournance n'eft
femaine
barrils
ERSENILACSIAT
pas mieux
beau- dont font cent quatret barrils par
Officiers coup d'autres, ou par coblervéequeb la negligence des Paix le & de prixeft different felon les temsde par an,
ou par l'avarice qui devroient des y tenir la main, difette. Guerre, d'abondance ou de
lent tirer de leurs Efclaves Maitres, tout veu- te francs, Onlevendeuclquetae & quelquefois dix-huit cinquanou
Thaat
qu'ilspeuvent fans rien
vinge. Jc prends un prix
Houriture, ou fouvent dépenferpourleur Pimpoflibili- mets le barril à vings-cing moyen, francs. &je
téd'avoird des viandes TEI dans un
fera 260olivres pour
Co
de Guerre, oulepeuqu'one
tems Pour la boiflon on cetarticle. nelcur donne
toûjours à un prix exceffif. enapporteeft Lesgensr rai- de l'eau, & comme elle n'eft
que
fonnables fuppléent à ce défaut enf failant travail pable de les foûtenir dans un guéres caplanterdes patates & des ignames, &cles
qu'eft leleur, outre l'olilicou auligrand Scla
lersdifinbinntauli licu de viande, ou par grappe qu'ils fontpourl leur
quelqu'autre moyen dont on ne manque Habitans leur
qui ont foin de leurs ordinsire, les
guéres quand on en veut chercher. De
font douner foir &c matin Negres
ces gens raifonnables le nombre eft d'Eau-de-Viede
un coup
tit. pe- ilsont faitquelque Cannes, travail fur tourquand
Il faut obferver de ne leur donner l'ordinaire, oà qu'ils ont plus rude gu'à
mais leur viande le
jafouffert de la
Dimanche, ou lcs Euctenaevaemihand danslar maiVvz
Pysacempetenpaue reettedépenfe. Voi-
De
font douner foir &c matin Negres
ces gens raifonnables le nombre eft d'Eau-de-Viede
un coup
tit. pe- ilsont faitquelque Cannes, travail fur tourquand
Il faut obferver de ne leur donner l'ordinaire, oà qu'ils ont plus rude gu'à
mais leur viande le
jafouffert de la
Dimanche, ou lcs Euctenaevaemihand danslar maiVvz
Pysacempetenpaue reettedépenfe. Voi- --- Page 624 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16y6. Voici quelquesabus touchant la nour- plus
Alus riture &c entretien des Negres que les quelle d'impreflion eft fondéc fur fur leurs elprits, puif 16u,. teuchant Gouverneurs & les Intendans devroient ont comme
T'obligation qu'ils
la nour- abfolument retrancher. Le premier eft,
Chrétiens, de fournir à leurs
ritureo entretien que quelques Habitans donnent à leurs Efclaves, leurs enfans, qu'ilsd tout sdoiventregarder comme
des Ne- Efclarerunccertaineg quantité d'Eau-de- leur
ce elt neceflaire à
gres. Vie par femaine, qui leur tient lieu de durcté, fubliftance, fans 1 mettre par leur
farine &c de viande. Il arrive
rir de mifere, ARAREIENLEEN ou
les Negres font obligez dc courir AAASE robant
d'offenfer Dieu en deDimanche, pourt trouverà àtrafiquerleur Les pourvivre habits des & pours'entretenir. Eau-de-Vie, &: à Péchanger pour del la qu'en un
& Negres ne confiltent
farine &cautrcs vivres, & que louscepre- hommes: calçon une une cafaque pour les
texte, ils ne viennent fouvent que le les femmes. Ccs cafaque & une jupe pour
Lundy fort tard, &fortfatiguez. D'ail- cinq ou fix
cafiques ne vont qu'à
leurs ceuxqui fonty yvrogne-boiventl leur ture. On pouces au-deffous de la ceinEau-de-Vic, &c font enfuite obligez de toile
n'y employc que de la groffe
voler leurMaitre ou les voifins pour videBnetagncappellee un
du Vitré,
vrC, aux rifques d'être tuez, ou mis en quia coute peu plus d'une: aulne 28cter largeur,
juttice pour leurs vols, que leur Maitre 2 l'aulne, en & France quinze ou dix huic
ett obligé de
dent
que les Marchands venL'autre abus Ieire Paflé des
&c & communementrentel folsaux Ifles,
des Portugais, chez les Anglois Hol- quelquefois jufqu'à un écu. a des
NERET
landois, &deccux-ci en
Ily
Maitres raifonnables, qui Habits
tations denoslles, quoiqueen quelquesHabi- petitnom- donnent à chaque Negre deuxl habits par des Ne
bre: c'eft de donner le Samedy aux Ne- an, c'eft-à-dire, deux cafaques, & deux gres. gres pour travailler pour cux, &c s'en- calçons &
aux hommnes, & deux calaques
trenir de vétemens &de nourritures eux il deuxjuppes aux femmes.
Ily
Maitres raifonnables, qui Habits
tations denoslles, quoiqueen quelquesHabi- petitnom- donnent à chaque Negre deuxl habits par des Ne
bre: c'eft de donner le Samedy aux Ne- an, c'eft-à-dire, deux cafaques, & deux gres. gres pour travailler pour cux, &c s'en- calçons &
aux hommnes, & deux calaques
trenir de vétemens &de nourritures eux il deuxjuppes aux femmes. Parce moyen
& leurs familles par le travail & le gain paslaiffer peuvent laver leurs hardes, &c ne fe
qu'ilsfont pendant ce jour-là. che aux mangeràla vermine qui s'attaLes habitansquifurvent cette maxime Blancs Negres pendant qu'elle fuit les
n'entendent pas leurs veritables interêts:
depuis qu'ils ont paffé le Tropiear fi leurs Efelaves peuvent s'entretenir que. par le gain qu'ils font ce jour-là, il eft ne D'autres Maitres moins raifonnables
certain qu'ils pourroient les entretenir leursdonnent quedeux calçons & une
cux-mémes, enles faifant travailler pour calaque, ou deux juppes & une cafaque. eux. Maisfi ces Eiclaves fontmalades ce leurdonnent D'autres qui lcfont encoremoins, ne
jour-là, ou qu'il falle un mauvais tems çon, ou une qu'une calique, &c un calquiles empèche de travailler, ou fi étant
juppe. faincans & libertins, ils paffent le Samç- ne Eed'autresquin leur donnent nel lefont point du tout,
dilans:ravailler, de quoi fublifteront-ils faire une
que de la toile pour
ja femaine fuivante ?" N'eft-il pas clair
calaque & un calçon, ou une
gu'ils déperiront tous les jours, &c que juppe, fans fc mettre avec quelques en
aiguillécs de fil,
leur perte retomberafurleur Maitre. Si ment ils
par qui ni comcette raifon d'interêts ne les touche
feront faire hardes, ni oi
AEA
en voici une autre, qui fera pcut- étre pas, ils il arrive prendront Pearcorsehige.Dol
qu'ils vendent leur toile & leur
fl, --- Page 625 ---
FRANCOISES DE
Ilyo, fil, & vont prefque nuds pendant toute LAMERIQUE
Pannéc. metustapsadunlerg, ou delade- rhy6. hommes, Quatre aulnes de toile fufifent aux mneuredunChinurgien, venir
pourq qu'ilpuiffe
donnerà chacun &ccingauxf deux femmes, habits. en a befoin, commodement on doit à fe telle heurequ'on
encore trois
donne
difpenfer d'en
raes
aulnes de toile aux femmes Roirundanslamuion. le peut
il
ne
tnelicoentacconciecsr tant
faire,
faut Caraumnguon avoir des Dovrir leurs enfans, que pour fe Faroae une melliques blancs que le moins qu'il eft
pagne, c'eft-a-dirc, une'
pollible,
d'une demie aulne ou trois eipecedecharpe quartjers de chequi eft fmNNalL confiderable, &cla
large, & d'une aulne & demie de
oulone eft de
fujettion il arridontellest fe
ve
fervent lier leurs enfans long, fouvent qu'ils eavoirafmable, lient des intrigues avec
furleurdos, quand fere font tallezformez, JesNegrelfis, qui caufent de grands deEnaeataraferree unp
dans fordres, &c des & quelquefois la mort des UnS
font pannier, commeclles font, quandils
autres.
& d'une aulne & demie de
oulone eft de
fujettion il arridontellest fe
ve
fervent lier leurs enfans long, fouvent qu'ils eavoirafmable, lient des intrigues avec
furleurdos, quand fere font tallezformez, JesNegrelfis, qui caufent de grands deEnaeataraferree unp
dans fordres, &c des & quelquefois la mort des UnS
font pannier, commeclles font, quandils
autres. Il vaur donc bien mieux
nouveaux nez. quand de on le peut fe fervir d'un ChirurComme dans la fuappofition
gien dehors, & l'obliger de
faite de 120
il
que j'ai FHabitation foir &
venir à
enfans qui n'ont Negres, pasbeloin y de a vingt-cing ait des malades ou non, matin, &c foit qu'il y
le que lesautres,
ccux tanto detoi- tres fois que] le befoin le demande. toutes les Les auàla maifon
d'une quifervent toile
plus habiles n'ontj jamais exigé
on
tre
TENRIEE
belle, peur tous les mettrefurlepied plus A Saint cent trancs par an aux. Ines a01
dequatre
SR
aulnes aulnespartére, qui
Domingue ils font fur un
ou tout au plus goo ferontaso bien plus haut. C'eft une erreur dc pied
nc coûteroient feize à dix-huit aulnes, 2ti rapporterà eux pour lesremedes; : s'en
l'aulne, fi TAPASLATE la faifoienta ache- même ils s'y
on ne quand
ter
enFrance pour leur
pass'y fier. Il engageroient, faut avoirt un bon doir
commetoutlc
compte; mais remedes dans la maifon où le cofirede
mondenapas, oune veut en prenne
Chirurgien
Enarergmutcommedind mieuxacheter
& qu'onaime befoin des cequhiljugera & àp propos pourle
plus cher,
malades, todjours cn
feseffers fur mer, jela acompterai quederifquer àtren- fencedaMaitre, de
ou dec quelque pretimleaireodeaterd cent
confiance, afin delui
perfonne
te livres, à quoi fi on veut ajoûter cinquan- cin- s'en fervir pour fes autres loerfocafonde pratiques. Un
quante francs
quelques
cofrefourniderous) les remedes' neceflàibonnets ou etear que l'on diftribuea chapeaux, durer res peur coûter quatre cent francs, &c
ceesspirscqumembiens deleur devoir, renouveller plufieurs annés; ilfautfculement
ceferahuitcentf Mais
francs pourc cetarticle. chaque année ceux dont le
ce n'eft affez d'avoir foin des tems affoiblit la vertu,oug quel l'onaconler, Negres quand aE en état de travail- fommez.Nos n'ont
Chinargienspourlapt
fe ilfaut que cefoin &c cette attention
que du Theriaque & delaGomme plapart
renouvellent, lorfqu'ils font malades. gutte, avec quelque préparation d'antiL'interét & la confcience y engagent moines ce font, à ce qu'on dit, de bons
également. remedes, mais qui ne; font; pas
La premiere chofe à quoi il faut
tous lesmnux, aufquels
propres à
fereftd'avoiru runl bon Chirurgicn, Quand pen- fouvent pourn'en avoir sibiaemployent pas d'autres, &
Vv3 peut-étre encore plus fouvent par ignorance, --- Page 626 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX
1696, rance.
confcience y engagent moines ce font, à ce qu'on dit, de bons
également. remedes, mais qui ne; font; pas
La premiere chofe à quoi il faut
tous lesmnux, aufquels
propres à
fereftd'avoiru runl bon Chirurgicn, Quand pen- fouvent pourn'en avoir sibiaemployent pas d'autres, &
Vv3 peut-étre encore plus fouvent par ignorance, --- Page 626 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX
1696, rance. Onpeut donc mettre pour la dé- faire uneHabitation ISLES
penfe du Chirurgien & dcs remedes cinq tirer pendant plus d'un delaquelle on puiffe 16p6,
centfrancs par an. Ervoir parlecompte que je viens de dire. Voici fiecle le revenu
quifuittoute) la dépenfe de FHabitation, voudrois
comme je la Di/pef- tion o
dans laquelleje ne comprens pasla farine maitre de
le Suppofé que je fufle
de
Phuile
ECRFL
manioc,
à brûler & l'Eau-de- rois d'avoir
terrain, je cherche- pecte. vic que l'on fait chez foi. me
de une riviere à ma liziere, qui rain
cela feparât étoit mon voifin; & méme, fi fr une fain
COMPIE DE LA DEPENSE Je laifferois poflible, une de chaque côté. Habitad'une Habitation fowrnie de 120Negres. du terrain en favanne toute la largeur tion,
depuis le bord dela mer, jufPour la viande faléc. 2600 liv. qualahautcurdetroise rein étoit â une
cent SileterPour la toile. d'Et
cabefterre, Te lesvents
Pour le Chirurgien 8cremedes. 500
qui regnent fans cefle, brôlentles
Pour les ferremens. favannes, jelailferois unef forte liziere de
Pourl les gages du Rafineur. 1200 300
grands arbres au bord de la mer de quaPourf fa nourritureguandila,
ranteà vrirla cinquante
pour coupas la table. &c favanne, &
du vent,
aar
A un Commandeurt blanc. 600 350
mettre les beftiaux à
Au memepourviandenlée
la plus grande chaleur; couvertpendant & lorique CCs
Pourlesb sblanchets, alun, anticommoditez ne fe trouvent pas, parce
moine, &cc. 200 Seluemminauoidadre planterois des poiriers. Ce Edemiche,Ty font les feuls
TO T A L. 6610 liv. arbres qui croident, & qui refiftent au
vent. Outre la commodité
Revenu tant en Sucre
tent en couvrant la favanne, qu'ilsappor- &c en ferblanc, brut, 6 Eauxvant de retraiteaul bétail, ils font excelde-vie. 44640 liv. lenspourt renciafinitcdlogragc, &viennent fort vite. Onles doit planter avec
dont fouflrayant la dépenfe
fimetrie, &en faire desallécs; Puifqu'il
j'ai mife où elle peut aller dans ci-deffus que ne coûte pas plus de les planter de cette
années, les unes portantles: autres, pluficurs onfe fion. manierc, quc fans ordrc, & en confutrouvera avoir de refte la fomme de :
Si le terrain a
38ogoliv.
ragc, &viennent fort vite. Onles doit planter avec
dont fouflrayant la dépenfe
fimetrie, &en faire desallécs; Puifqu'il
j'ai mife où elle peut aller dans ci-deffus que ne coûte pas plus de les planter de cette
années, les unes portantles: autres, pluficurs onfe fion. manierc, quc fans ordrc, & en confutrouvera avoir de refte la fomme de :
Si le terrain a
38ogoliv. fur lefquels le Maitre
milicu defa quelque élevationversle
Pentretien de fa famille &c de fa
il dest trois cent largeur, &cun peu au-deffus
faut
a
FAEA
qu'il faffe de grandes dépenfes
fàvanne, pas qu'on laiflez pour la
n'avoirp pasde refte tous les ans dix Aane à tout autre ilfautlechoifir pour bâtir preferablement la
écus; fur tout s'il a, comme je fuppofe Maitre. Elle doit y
maifon du
un peu d'économie, qu'on ait foind'éle- que la
étretournéc de maniere
ver. des volailles de toute elpece, des le principal faceregardela abord, & mer, ou du moins
moutons, descabrittes, des cochons, &
que les vents orquela viande de boucherie fe paye au dinairesn'yentrent" être pasi
quedebiais, pourn'y
Boucher, par les bêtes qu'onlui donne. quandils inflapportables, battent à
comme dans ils font
Uneteiredetrotamile pasdehauteur, tres,,
plomb
les fené. fur mille Pas delarge, cft iuffifante pour fermées. qu'ils Il eft obligent de tenir toitjours
Vaigwonysemclicené
fer- --- Page 627 ---
tlyG. fervant de chaflis FRANCOISES de toile claire
DE
:
LAMERIQUE
fage desvitres, n'étoit
carlu- roient être
duit auxlfles en
pas encore intro- mens. portécs vers les'autres bâti- 1Gy6,
incommoded'étre trof.maaileitrotjours enfermé dans
de chofe, Quoique on ne ces dojt cafés foient très-peu
fon, fans pouvoir joiir de la fraicheur unemai- bauiravecondromp peu pas negliger de lcs
que l'air y apporte quand
des autres, feparéespart uneou éloignéesl lesunes Lescafes
bien ménagéc. fonentréc eft dans un lieu fec &
deux rués, des NeLorquelesboise étoient communs
foin queles Negres découvert, les tiennent & avoir f7 o
lcs Ifles, toutes les maifons
dans propres. Ondoitp
totjours det parc bef:
bois. Onpretendeit alors étoient de renierme les beftiaux pratiquerlep parco coul'on tianx,
plus faines, que ficlles qu'elles étoient côté des cafesdes pendant Par la nuit, à
çonnerie: on a changé eufenrétédema de fentiment ilsen fonttous Negres. cc moyen
puis que les bois font devenus
de- rét
relponlables, & ont interares, & d'empecherqu'enmien dérobe aucun
Zesmai- trés-cherss on a commencé à bâtir de pendant lanuit.
ftiaux pratiquerlep parco coul'on tianx,
plus faines, que ficlles qu'elles étoient côté des cafesdes pendant Par la nuit, à
çonnerie: on a changé eufenrétédema de fentiment ilsen fonttous Negres. cc moyen
puis que les bois font devenus
de- rét
relponlables, & ont interares, & d'empecherqu'enmien dérobe aucun
Zesmai- trés-cherss on a commencé à bâtir de pendant lanuit. Carc'efiune chole
fons de trouve maçonnerie, micux & on prétend qu'on s'en ne que certaine, que les Negres étrangers prefmagon- cffet, ces pour plufieurs raifons. En viennent jamais faire un vol dans une
doivent nerie durent bien maifons font plus fires, elles de Habitation fans Paveu 8cleconfentement
etrepre- coup moins long-tems, il y abeau- qui quelques-uns ils ne
de ceux de la maifon à
à
fat
ferées font moins reparations ày ytaire, elles leur manquent pas de faire part de
celies de n'y
fajettes au feu, les
butin. char- & peuvent pas scaufertane de ouragans Les meilleures det toutes les
pente, refifter clépailfeur des murs eft plus dommage, en
hayes, pourenfermer les lizieres ou Bolspron
refent à la violence dela chaleur étatde dins, les parcs, & autres Cannes, lieux lesj jar- Preipour faure les
pendant lej jour, & au qu'on veut conferver, font! les
que l'on liziores,
cement de la nuit, & au froid commen- muns, ou ceux de la Orangers comqui fc fait fentir vers le point du piquant faut le bois immortel, Chine, ainfi &à leurdécaufe fouvent des maladies
cxpliquédans ma
que je l'ay
2er Il eft vrai, que les LE Jaydit
premicre Partic. terre y font plus: à craindre tremblemens de mode d'avoir ci-devantquile une riviere étoit à plus commaifons
mais que dans des terrain que dans le
côté de fon
tir fi rarement" adecharpenter aux
ilsfefoncfen- dégats que les rivieres milieu, à caufe des
pure terreur panique lfles, c'eft une fonedébordces
font lorfqu'elles
hender. que 3e5e les appre- lefoit placéc, il Peaeisemunieeauel faut
Lamaifon doit
faire un Moulin à eau tirer dans un canal pour
jardin autant qu'il éturcacompugnéc cft pollible, & avoir d'un commode, parrapporta àfa lelieuleplus
acôté, ou derriere elle les
la mailon du Maitre. Il faut fituation&
Magazins, lal Purgerie, Offices, les nager l'eau de maniere encore méune diftance
PEtuve, Scdans a fervi au
qu'après qu'elle
Sitxa- Moulin, afin ratfonnablela le Sucrerie &le elle
Moulin, ou avant d'y arriver,
tion de
que Maitre Puiffe voir des paffei côté des bâtimens
Ufage
la mai- commodement ce quis'y paffe, fans être
Negress oà elleeftd'un &cdescales
fon du incommodé du
Car rien
E
Staijirs.
maniere encore méune diftance
PEtuve, Scdans a fervi au
qu'après qu'elle
Sitxa- Moulin, afin ratfonnablela le Sucrerie &le elle
Moulin, ou avant d'y arriver,
tion de
que Maitre Puiffe voir des paffei côté des bâtimens
Ufage
la mai- commodement ce quis'y paffe, fans être
Negress oà elleeftd'un &cdescales
fon du incommodé du
Car rien
E
Staijirs. fes des Negres bruit quis'y fait. Lesca- établiffement n'eit plus à fouhairer uigeinfini. dans un dune
le vent delar maifon, doiventt &dei toûjours étrefous foit pour arréter quel les la commoditédeleau, riziers. bitimens, à caufe des accidens tous du les autres lesbefoinsdeln Sucrerie, incendies, foit pour
sy peutallumer, &dontles flâmesp feu qui dela Vinaigrerie, dela Cuifine, delal Purgeric,
pour- din, des cales des Negres, & des Negres dujar
mé- --- Page 628 ---
336 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
tfy6, mêmes, qui tous tant qu'ils sfontaiment nombre de chaudieres dans une méme
fortafelaver, &cfi paraccident ils l'ou- Sucrerie. Si iunMoulinaeau: nefuffit 16y6,
blicnt, il faut les cn avertir bien ferieu- pourles entretenir, ce qui ieft affez diffi- pas
fement, n'y aiant rien quid contribueda- cileaavoir, ilelt plus àp propos sd'avoirun
vantage à leur fanté,
Moulin à chevaux à côté du
fi
Tous les bâtimens, jardins, parcs&c le peud'eau de la riviere, ne premicr,
dcursdépendances peuvencoccuperunel d'avoirunfecond Moulinà eau, permet pas
pace detrois cent tpasen quarré, quiétant toutleSucrefe fafle dans une méme afinque
prisau milieu detout leterrain, les Can- crerie, qu'un mémcRafineur
Sunes fe trouveront des deux côtez, & au- conduires & que le Maitre puifletout
deffusdu Moulin, de manierequeles plus coup d'ceiltout cequife
d'un
éloignéesn'ent feront tqu'a quatrecent
HALLREST
pas Outrelemanioc &cles
ou environ, cc qui feraune grande.com- dans les allées qui feparent patares les qui font de
modité pour lecharroi, & le che- Cannes, il taut deftiner une picces de
min quc les Negresauront Ctamer pour fc terreau-deffus des Cannes quantité ces deux
rendre fur le lieu du travail. Lc terrain chofes, 8pourle
pour l'heroccupé parles Cannes fera de trois cent be de collc, & autres mil,plesignames, chofes dont on a
cinquante pasdelarge, dechaquecôté de befoin. Et ménager autant qu'ileltp
l'établifiement, & de trois cent pas de fible les bois qui font debout, fe fouve- pofhaut, ce quiproduira vingt-ung quarrez de nant que quelque quantité
en
cent Scfinousens mettonsquatre cent on envoittoûjours la fin qu'on tôt.
era de trois cent be de collc, & autres mil,plesignames, chofes dont on a
cinquante pasdelarge, dechaquecôté de befoin. Et ménager autant qu'ileltp
l'établifiement, & de trois cent pas de fible les bois qui font debout, fe fouve- pofhaut, ce quiproduira vingt-ung quarrez de nant que quelque quantité
en
cent Scfinousens mettonsquatre cent on envoittoûjours la fin qu'on tôt. ait,
pas TE haut au -deffus de l'établiflement A mefure qu'on coupe bois
pour
UOT
furtoutelalargeurdat terrain quieft mille brûler, fileterrain fetrouve
pas; nous en: aurons quaranteautresquar- faireune cacoyere,il; Ine faut propre] pour
rez de cent pas, qui feront cinquante-un d'en profiter. On verra par pas ce que manquer
quarrez de cent pas chacun, quifuffiront referveadiredu Cacao dans ma derniere jeme
pour produire tous les ans plus de fept Partic, le profitqu'on peut tirer
mille formes de Sucre, cn prenant les marchandife, & avec
facilitéon decette
Cannes les unes après les autres à Pige lapeut faire. Ainfi un Habitant qu'elle
aude quinze à feize mois. roit une Habitation comme celle qui
C'ef une erreur de croire qu'on fait fuppoleici, peut enaugmentant dec que quin- je
plus d'ouvrage en partageant fes forces, zeouvingt. biclaves, ler nombre de ceux
& faifant rouler deux Sucreries, que de qu'iladéja,, entretenir cent mille arbres
n'en avoir qu'une dans le mémeterrain. deCacao, & augmenter fon revenu de
Il nc faut prendre ce parti, quelorfqu'on quaranter millef francstous les ans,
y eft: abfolument contraint, ou par la fi- mémc nous fuppoferions cent quand mille
tuation du terrain qui empéche qu'on ne pieds d'arbres ne Produiroientquunpeu que
puilseconduirecomimodement) lesCannes plus d'une livre dc Cacao
aul Moulin, ou lorfqu'on atant deTerres tant l'autre, & lc Cacao paran T'unpor- ne feroit
&ctant d'Eiclaves qu'on pcut faire valoir vendu que fept ou
la livre. D'ailtout à la
EeNE
fois deux grands établiffemens, leurs ces vingt perfonnes peuvent encore
Scaroirfemiggnlenent fr tousles deux. entretenir toute l'Habitation de farine
Lorfquecesdeuxe chofes ne nousobligent de manioc en cultivant la cacoyere. point tapartagerles forces, ilvaut mieux Si on s'étonne que j'ay laiffe tant de
ics tenir unies, 8c avoir un plus grand terrain cn fayanne, onfc fouviendraque
pour --- Page 629 ---
FRANCOISES DE
ifigh. pour faire valoir une Habitation telle fruit LAMERIQUE
que je l'ai fuppofée, il faut au moins
qu'ils mangent, &c fur tout des
quatre cabrotiets, demandent cha- goyautes. y
16/6,
cun
Lescoloquintery
baeufs huit baufs, 2 qu'au lieu de fix dommage tre-confiderables, fontauffiun aufli bien
de rechange, dont j'ai parlé cibeaucoup d'autres mauvaifes
devant, il feroit plus à
d'avoir &E arbriffeaux qui
& herbes,
un attelage pour chaque
mourir lat bonnel herbe, couvrent, qui font
qui feroit
ce de les
fionn'a "pas foin
Ec
cela on quarante-huit boeufs.
eufs huit baufs, 2 qu'au lieu de fix dommage tre-confiderables, fontauffiun aufli bien
de rechange, dont j'ai parlé cibeaucoup d'autres mauvaifes
devant, il feroit plus à
d'avoir &E arbriffeaux qui
& herbes,
un attelage pour chaque
mourir lat bonnel herbe, couvrent, qui font
qui feroit
ce de les
fionn'a "pas foin
Ec
cela on quarante-huit boeufs. Outre
nettoyer fouvent. taine ne fe peutp pas paffer d'une ving- bien Un comme habitant il qui veut faire valoir fon
foit pour devacheportantes avoir du lait, avecleur foit fuite, mettre dans la faur, téte, ne fçauroit aflez fe
placer les baeufs qui meurent, pour ou rem- parlui-méme, fans s'en qu'ildoittout voir
donne au Boucher : de forte qu'on qu'on fe Commandeurs ou Economes rapporter à fes
trouvera avoir cent bêtes à corne
jamais entreprendre
Ilne doit Axis
faut entretenir toute l'année du qu'il les differens à la fois; mais bemcupdeumraur il doit les bitans, aux Hejournalier de cette favanne. Si on produit a un
uns après les autres, étre faire
moulin à chevaux, c'eft un nouveau au devant de fon travail, toûjours
nombre de bouches à nourrir. Iln'en le Prévoir long-tems avant c'ef-a-dire
taut moins de
faire executers ne
gu'il ledoive
vingt-quatre pour le
l'abandonner
EtEn cing ou fix derechange,
pour courir à un autre,
point
ques cavales & leur fuite, & on quel- dant cc tems-la, le parce fc
vera encore cinquante chevaux trou- c'eft à recommencer." premier Ces M T
gent plus quecent bétcs à corne, quiman- font irreparables, 7 & d'unc pertes detems
celles-ci: ne mangent qu'une parce confequence. Il ne doitj dangereufe
3j jour, & les autres
partio travail; il vaut bien mieux jamais fe forcerle
nuit. Il faut encore
jour &c d'un travail mediocre & contenter
un
entretenir
modcré, mais
E
fans troupeau de moutons E de chevres, qui foit continuel,
quoion dépenfe
vehemence, & mettre quedelepoufcraree fur
& one eft fouventr mal beaucoup fervi: far d'argent, efclaves, & les beftiaux, & les dents les
pendant il faut oblerver,
quoi ce- de dhicontinuer. Une conduite étreobligé &c
ferver les favannes, ilnef pourcon- reguliere, fait trouver à la fage
que les moutons
etere pasfoufirir née bien des
fin de l'anCoupant l'herbe y paiffent, parce que claves&c travauxachevez, & les ef
la racine, ils comme ils font jufgu'à Il doit fur lesbeftiauxe toutes enétat dec continuer. 8cleurs excremens l'empéchent la brilent, de repoufer, eft Maitre de fes cholesfe fouvenir qu'il
mourir.
reguliere, fait trouver à la fage
que les moutons
etere pasfoufirir née bien des
fin de l'anCoupant l'herbe y paiffent, parce que claves&c travauxachevez, & les ef
la racine, ils comme ils font jufgu'à Il doit fur lesbeftiauxe toutes enétat dec continuer. 8cleurs excremens l'empéchent la brilent, de repoufer, eft Maitre de fes cholesfe fouvenir qu'il
mourir. Ilfaut les faire
&la font Chrétien. Cesdeux efclaves, & qu'il eft
laifes au bord de la mer, paitre où Pherbe farles fa- infpirerdes fentimens qualitez de lui doivent
y vient étant courte, feche, &c faléc, qui té, de douceur & de moderation juftice, d'équikeureftinfinimen fe
meilleure, les engrait- eux, la de forte qu'iln'ene
pour
mieux, &c rend leur
délica- par force&cla violence exigejamaisrien des
te, dans & plus favoureufe, chairplus que s'ils étoient quand il le peut faire taire chitimens,
la meilleure favanne." Il faut
par la douavoir
cuniilotstoruntsine
foin de faire farcler les encore particulier, de
continueléctout
fi on veut lcs conferver, favannes,
leurinftruction & de leur
befliaux lement
parce que les ERRREICETAL
partourles graines des E2namnameeas ou malades, en état
fains
Xx
tdelervirouinvalider
Il --- Page 630 ---
338 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16p6, Il doit autant qu'il eft poflible faire gardez dans les futailles. Ceux
les provifions des chofes neceffaires à fon pagne, deMadere, de
d'Ef- 16y6,
Habitation dans les tems convenables, fervent tant qu'on veut, Canariess'y.con- pourvû
c'eft-à-dire, lorfqu'il y. a beaucoup de ait foin dc tenir les tonneaux qu'on
Vaiffeaux, & que ces chofes font à un pleins. Les uns & les autres ne toûjours
prix raifonnable. Il doit faire venir de aucun rifque de fe
fi on courent les
France pour fon compte celles qui ne fe dans des
gâter,
tire
gâtent point fur mer, comme font lcs groffes bouteilles dames-jeannes, de
qui font de
farines, les toiles, les ferremens, les nent dépuis fix jufqu'à Provence, feize & quitienépiceries, les blanchets, les foûliers, pots melure de Paris. On dix-huit
chapeaux, & autres chofes neceffaires tagne des bouteilles de fait en Brefà Maifon & fon Habitation, méme cité, d'un verre
moindre
Eted beurre, la chandelle, lacire, lesmébeaucoup plus tort caTS
dicamens. Selon les tems dc Paix ou de plus épais. On s'en fert pour foûtirer rles
Guerre, &c que le fret eft cher ou à bon dames-jeannes, tamer, fans les qu'il vuider n'éft pas ffir d'encompte; il doit faire venir les viandes des bouteilles plus entierement CH
falées, comme lc baeuf, le lard, & au- & bien
petites, bien pleines
tres choles femblables.
ébeaucoup plus tort caTS
dicamens. Selon les tems dc Paix ou de plus épais. On s'en fert pour foûtirer rles
Guerre, &c que le fret eft cher ou à bon dames-jeannes, tamer, fans les qu'il vuider n'éft pas ffir d'encompte; il doit faire venir les viandes des bouteilles plus entierement CH
falées, comme lc baeuf, le lard, & au- & bien
petites, bien pleines
tres choles femblables. Pour ce qui eft gâtent jamais. bouchées, C'eft ou les liqueurs ne fe
du vin, eau-de-vic, huile, & autres
l'ond doit ainfi iqu'en ufent les
liqueurs, il vaut mieux rifquer de les Anglois, d'excellens que modeles regarder comme
acheter pluscheraux Ifles, qued'enfai- cerne les boiffons, en tout cC qui conre venir pour fon compte, à moins d'a- une étude
Parce que s'étant fait
voir part dans un Vaifieau,, parce qu'en une chofe particuliere les touche de ce qui regarde
ce cas, on feroit un peu plus fur, que ont acquis qui là-deffus des de fi près, ils
cequ'onyauroit embarqué, feroit mieux merveilleufes, & d'une connoiffances
confervé. Ce n'eft pas l'affaire des Ha- Lorfqu'on a
étenducinfinic. de
bitans de prendre interét dans les Vaif- lard en barils, il quantité eft
boeuf& de
feaux. J'en ai connu beaucoup, quiont
neceflaire
les
cu cette démangeaifon, &ctouss'enfont conferver , de les entretenir Erten bonne
repentis: Car bien loin d'y gagner, ils faumure, fure
dont il faut les remplir à mey ont perdu leur capital, & fouvent fe difipe qu'on & remarqued fe
que celle quiyétoit
quelque chofe de plus. Le dernier avis perd. lly a très peu de caves dans lesIfles, Habitant, eft de que j'aiadonner à un
& le peu quily en a ne valent rien. 1l fes autres denrées vendre fcs Sucres, &c
vaut mieuxle fervirde celliers, quiayent en Lettres de en: argent comptant,ou
de petites fenétresdu côtéduvent,
Change bien affurées, &c
donner de la fraicheur, & qui ne foient pour de ne payer ce qu'il achete gu'en Sucre
ou autre chofe
point expolez au midi. Lorfqu'on n'a fon Habitation. provenant C'eft le du fond de
pas cette commodité, il vaut micux richir. Parce
fecret de s'cnmettre le vin en bouteilles dans le haut fes denrées; il moyen il aura le débit de
de la maifon, il s'y conferve en pcr- peu la main en vaut micux qu'illâche un
fection, pourvû que le foleil ne donne
de fe tenir vendantargento comptant,
point deffus, & qu'il ait de l'air& du 325 laiffer
trop le roide, aux rifques
vent.
aut micux richir. Parce
fecret de s'cnmettre le vin en bouteilles dans le haut fes denrées; il moyen il aura le débit de
de la maifon, il s'y conferve en pcr- peu la main en vaut micux qu'illâche un
fection, pourvû que le foleil ne donne
de fe tenir vendantargento comptant,
point deffus, & qu'il ait de l'air& du 325 laiffer
trop le roide, aux rifques
vent. paffer tems dela vente, dans
Les vins de Francc veulent être
l'efperance de vendre plus cher. Il vaut
peu micux encore vendrecomptanta aux Iles,
ou --- Page 631 ---
rlys, ou en FRANCOISES DE
fes cffess LtrmdeChunge, en France, quedenvorer toiles, LAMERIQUE
les entrées, les tares, parce les que le fret, ne des éroffes,
droits des
barriques, les res. trouvent; pas dans &chutres lc fond chofes qu'ils 1Gys,
les avances Compagais, & les
le Magatinages
deleurs tertent le plus clair du commilfions empor- Quoique n'aye rien
fois méme une partic profit, du &c quelque- m'infiruire auront : cette matiere, negligé ceux Pour
laiffentle Proprietaire principal, &
acquis plus de lumiercs
tems dans l'anxieté du pendant fort un long- niquer, obligeront le Public de me les que L
chandifes. Uneautre de fes marafin que je lui en commume porte à confeiller à raifone encore, qui unefecondel y
Edition de cesl fafle part dans
vendre toûjours argent un Habitant de rai enaune, pas de dans iaquelle Memoiro,eil ne
Lettres de Changes comptant ou en redevable de faire connoitre' f manque- on
Maitre chandifes, eft
Bedepayer eft en: marce que je dirai 2n fera
de faire Fe
totjours
-
nouveau. Habitation autant
fur fon
citr
moins autant
qu'il veut, ou du Des
mettre; mais ii que n'eft fa terre le peut per- blir Mansdagront aux Hles,
Pon pourroit étade faire de l'argent, pas en fon pouvoir Tony peut 5 des 63
plus grand ulage, qui eft la chofe du 41 un Proft porter, Nermaebtine fur lofguciles ily
quand on veut en puiiqu'on leconvertit
cogfiderail à Jaire. en Rentes, en Matifons, Tertel, & en Charges, L Es Illes marchandifes fe font que l'on tire
blifemens, ce qu'on ne autres éta- au Sucre
reduites julqu'a des
commodemtent de Sucre. avec des
pas fairefi Rocou, au blanc & brut, à
prefent au
Voila à
OREEE pleins bac, à la Canifice' Cacao, au Coton, rindijgon au Tadire fur la peu près tout ce qu'on Peut gembre, 2 à l'écaille ou de Caffe, au Gendu moins ce Manufacture que j'en ai du Sucre, ou Confiruies, J'ai
& à quelques Tortue s aux
près de dix annécs appris pendant
parlé affez amplemenr de Cuirs verds.
fi Rocou, au blanc & brut, à
prefent au
Voila à
OREEE pleins bac, à la Canifice' Cacao, au Coton, rindijgon au Tadire fur la peu près tout ce qu'on Peut gembre, 2 à l'écaille ou de Caffe, au Gendu moins ce Manufacture que j'en ai du Sucre, ou Confiruies, J'ai
& à quelques Tortue s aux
près de dix annécs appris pendant
parlé affez amplemenr de Cuirs verds. niftration des biens denos que j'ai eu Tadmi- marchandiles mcs, il dans lestrois toutes ccs
confiftent en Sucre,, Milions,
lat n'y a que le
premiers Toautres denrées du Cacao, Coton, Tel
j'ai remis au CesCrONdE
autres partics da pais, monde comme ceux des EE Volume. Jaiécrit commencement les
du
feroit blé, vin, huile &c fruits; confiftent &
en bmmubned &c
ded cés bonnes &
une injuftice devouloir comme ce défauts, Pour
la manicre de denrés, les
leurs
Paffer Pour des
nous faire
n'y étre trompé. connoitre,
nous vendons ce Marchands,
J'avoué
de
que nous
aflez
Aur
blé, devin,
avons ErE trop que difés pour au le fond d'un de marchan. qui nous manque, Alnupoureiee de
ce tnerconfidemblos nienty auroit-il ; mais quel Commerce
jugement des perionnes rERHItELE Les
de
inconveE une trè-grande iages,fice n'eft Sujets revenus du Roi, Tsugmenter & le bien encore?
vendons ce Marchands,
J'avoué
de
que nous
aflez
Aur
blé, devin,
avons ErE trop que difés pour au le fond d'un de marchan. qui nous manque, Alnupoureiee de
ce tnerconfidemblos nienty auroit-il ; mais quel Commerce
jugement des perionnes rERHItELE Les
de
inconveE une trè-grande iages,fice n'eft Sujets revenus du Roi, Tsugmenter & le bien encore? de
Religicux des Ifles injulice, d'etre d'acculer des doivent-ils étre renfermez fes
mergans, cres parce qu'ils vendent des Com- un bornesauiff étroites, que
dans
pour acheter du
leurs Su- danger évident à les sllyaroit
pain, du vin, des du cffayant Senné, la culture du Thé, accroitites du en
Xrz de la Rubarbe, du Poivre, Caffé,
des --- Page 632 ---
340 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
sGy6. dcs Epiceries fines, c'eft-à-dire, de la que impalpables comme de la
Canelle, du Gerofle, de la Mufcade, blanche. C'eft de la bafe de pouflicre 1596.
& l'établiffement de plufieurs Manu- le fruit fort; il eft
ce & piftis que
faétures, dont je parlerai dans la fuite, de deux lobes, fur chacun oblong, compofé
& dont je montrcrail'utilité, & la fa- unc raineure. Il s'ouvre de defquels ilya
cilité.
quand il eft meur, & fe trouve lui-meme,
LeThé A l'égard du Thé, il croît naturel- très-petites femences ou
plein de
vient lement aux Ifles. Toutes les terres lui grifes, &c
graines rondes,
naturel- font propres, j'enay và en quantitéàla levent affezfermes, qui étancfemées
lement
& aux
facilement 9 & produifent l'araux Bafleterre,
Cul-de-Sac de la brifleau, dont les feuilles & les fleurs
Het, Martinique. On l'appelle Thé fauvage, foatccquontechrche, &c
parce qu'ilvient fans culture, cequipeut dans Peau chaude fait la dontl'infufion boiffon
diminuer quelque chofe de fa vertu.
naire des Chinois, & des
ordiC'eft un arbriffeau de quatre à cinq fins, dont les Européens fe Peuples voipieds de hautcur, foûtenu par une mai- imitation, & à
ferventàleur
treffe racine affez groffe, pour l'arbrif- decins d'attacher laquelleilapla des
aux Mefeau quelle foûtient accompagnée de moins réelles pourtant grandes le vertus, bien
pluficurs racineaux, qui s'étendent, & tont les Marchands
profit gu'y
de
de
qui débitent.
iffeau de quatre à cinq fins, dont les Européens fe Peuples voipieds de hautcur, foûtenu par une mai- imitation, & à
ferventàleur
treffe racine affez groffe, pour l'arbrif- decins d'attacher laquelleilapla des
aux Mefeau quelle foûtient accompagnée de moins réelles pourtant grandes le vertus, bien
pluficurs racineaux, qui s'étendent, & tont les Marchands
profit gu'y
de
de
qui débitent. quantité chevelure. Le tronc n'a Cest feiilles étant cu@illics, &c
guéres demi plus dun
ou d'unp
au Soleil, fe fechent, & fe roulent expolées
de diametre, eos moins CAETESA ai-je les-mêmes; cc qui n'eft
d'clpoint vû deplus gros. Ilpouile quantité au Thédela
comme pas lc particulier
de branches droites, deliées,fouples, ,& fe le
Chine,
vulgaire
qui ont auffi bicn que le tronc un peu dans perfuade toutes fortes 9 puilqu'on de feuilles le remarque
de moiielle. L'écorce des branches eft longues &c délicates. Nôtre Thé qui font
verte & mince; celle du tronc eft plus riquain a naturellement aufli-bien Ameépaiffe & plus pâle. Toutesles branches celui dela Chine P'odeur de
que
& les rameaux qui en fortent font CX- eft vrai qu'il m'a femblé qu'il violette. l'avoit Il
traordinairement chargécs de petites moins forte. Cela peut venir
feuilles fermes, dentelées, environ deux caufes, comme d'avoir été deplufieurs
fois plus longucs que larges, d'un beau fa parfaite maturité, ou cueilli avant
verd, bien nourries, fucculentes, & qui après que lesf feitilles étoient trop meures; long-tems de
n'ont Sa Aleur prefque eft pas un Calice de queiie.
n'avoir pas bien pris la faifon & la temfeiilles, lcs
compofé de dix perature de l'air qui étoit convenable,
&p pofées de maniere cinq extericuresionr qu'elles foûtiennent vertes, de les avoir expofées au Soleil en lcs feIes interieures dans le point de leur fc- leur chant, odeur qui a naturelle fait évaporerparfa chaleur
paration. Les cing interieures font blan- qu'il arrive aux fleurs 2 des comme on voit &
ches, délicates, refendués jufqu'au mi- des Citronniers, aux Orangers, aux
lieu de leur hauteur. Elles renferment mins, aux
Rofes,
Jafquatre étaminées, dont le chapiteau eft prefque pas Tubercufes,, d'odeur. , qui ne rendent font
fémé d'unc poufliere jaune ou dorée,au expolées au. Soleil, au lieu lortqu'elles
milieu defquelles cft un piftis, quiafon baument l'air la nuit, le foir qu'elles & le emfommet chargé de petires graincs pref tin,
maDans --- Page 633 ---
FRANCOISES DE
10g. Dans le fond il eft conflant,
LAMERIQUE
tre Thé a naturellement cette que nô- ceux quiledébitent en
qu'il ne fera pas difficile de lui odeur,6c en don- point par quelqueartifice Europe, n'aident t6sh,
ner autant qu'à celui de la
dile à rendre cette odeur? leurmarchanrecherchant avec un
Chine, en LesOficiers d'un Vaifleau
de tems propre à le cueillir, Peud'applicationle & la
qui venoit des Grandes
François,
le faire fecher:
maniere fent à M.
naturellement cette que nô- ceux quiledébitent en
qu'il ne fera pas difficile de lui odeur,6c en don- point par quelqueartifice Europe, n'aident t6sh,
ner autant qu'à celui de la
dile à rendre cette odeur? leurmarchanrecherchant avec un
Chine, en LesOficiers d'un Vaifleau
de tems propre à le cueillir, Peud'applicationle & la
qui venoit des Grandes
François,
le faire fecher:
maniere fent à M. Robert Indes, firent
c'eft affurement la carpour méme tout lercfte, à Breft, & alors Intendant de Marine preUn Chirurgien d'un Vaiffeau chofe. de
d'un dela Intendant aux Hles,
tes, gui chargeoit au Cul-dc-Sac Nan- feau AC Thé. gaaesturmndurtubez Ces graines furent
Trinité de la Martinique, avoit amaffé dela dans le jardin de
femées
une partic confiderable de Thé
verent facilement, Fintendance &
clleslequ'il vendit très-bien cn France, dupais, fur le arbrifleaux bien
produifirent des
pied de Thé de la Chine. Tous
feiilies &c de graines, chargez dont de fleurs, de
quienavoients acheté, s'enlotioientbeau- ceux de muliplier allez l'efpece il feroit aifé
coup, &cauroient
toute PEurope &
pour fournir
les mémes fentimens, totjoundemeuredans file
fans en aller" chercher PAmerique fi de Thé,
voitp pas eu à
Vendeurn'a- de
tant de rifques &c de loin, & avec
que ce Thé lsfnlimprnadene venoit de la
dire, M. de la
dépenfes,
gu'il ne lui avoit coûté Martinigue, la
lier des. Loilis, Guarigue & Savigni, ChevaIc cuéillir, & de le faire que fecher peine far de dela Guadeloupe, Lieutenant deRoi
linge au Soleil en le remuant
un de probité & de
joint une à bcaucoup
pour le faire
cc
En
lement. fecher plus vite Scpluse fouvent, fort étendué des
connoiffan- &c de
décrier Iln'en fallut pas
culture, ayant eur dela fimples
leur
fa marchandife, davantage &c
e venoit à
méme
ver des défauts qu'on n'y avoit pour y trou- l'on difoit droiture étre du Thé de la Chine, grainequi &
étre marquez, & dont on ne fe feroit point re- ma dans fon jardinavec Imperial, de
la T
jamais avifé; tant il citvaiqseli- peut- cautions pour qu'elle ne fur grandes prémagination que la raifon préoccupée dans a plus de Part portée par les fourmis, ou point cmgemens
la plipart des quelqueaceident &
Ellelevah gâtéc
que nous portons des
produifit des
RALEIE
J'ai ufe pluficurs fois de cc Coue fort chargez de arbriffeaux for:beauxée
j'en ai fait prendre à des Thé, & rent étre les mémes fetilles, qui fc trouvefoient pour de bons gens qui paf- que nôtre Thé
en toutcs choles,
cependant lui de n'ont jamais connoilleurs, pâd
qui vient par tout en. prétendu fauvage, qui
la Martinique d'avec diflinguer celui de cc- ture; de forte abondance les &c fansculdes Chine, quoique je les eulle
la Officier ne que Efclaves de cet
deux' taffes qu'on leur averti,
re, qu'illes purent avoit s'empécher de lui diK en avoit une de Thédes prefentoit, Illes. 9 lcr pour cultiver un fait beaucoup travaill'avoir tromperie confervé quej'y avois faite, étoit Toute de Pouvoient dans une journée arbriffeau, lui.
ure; de forte abondance les &c fansculdes Chine, quoique je les eulle
la Officier ne que Efclaves de cet
deux' taffes qu'on leur averti,
re, qu'illes purent avoit s'empécher de lui diK en avoit une de Thédes prefentoit, Illes. 9 lcr pour cultiver un fait beaucoup travaill'avoir tromperie confervé quej'y avois faite, étoit Toute de Pouvoient dans une journée arbriffeau, lui. dontils. en
avoir eu delIris dans dc une bocte oà ily porter On dira de quoi charger un Navire. apgmenter l'odeur de Florence, violette
au- de la Chine peut-être s'eft quela graine venué
dejs, &le renirepluss Cuhrte avoit comme il arrive abitrdie aux Hles,
de'la Chine, Quifgait femblable files à celui autres graines gue au l'on bled, aux pois, &
Chinois,ou rope en. tranlporte d'EuXx 3 àmerique, comme je l'ai moimême: --- Page 634 ---
342 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
E606. méme remarqué au commencement de auffi-bien qu'une infinité
ces Memoires; mais la réponfe eltaifée. croyent qu'on fait
de gens qui r0
Il eft vrai que toutes les graincs venués fé par des leffives, paflerlesfévesde ou par le four, Cafd'Europe produifent d'abord fort peu fairemourir) leur
à
pour
de chole aux Ifles; mais cep peu étantmis me on dit que les germe, C... peu préscomen terre produit a merveille, & multi- les graines qu'ils donnent à font ceux de toutes
plic infiniment, tant pour la groffeur, en demandent. J'avois auffi entendu quileur
que pour la bonté &c la quantité de ce re la même chofe du Gerofle & diqui en provient. Quand on pourroit di- Mufcade. Mais
mon de la
IC la même chofe des femences du Thé Europej'ai été depuis
retour en
venués de la Chine, il faudroit dire que j'ai fçu par de fort pleinement honnêtes defabulé, &
les créolles produiroient à coup fur'du T'égarddu Caffé, onn'y fait gens qu'à
Thédanstouteia perfeétion: c'eft cequi façon que cclle que nous point d'autre
eft aifé d'éprouver, & faire enfuite les Pois & aux Féves, On le laiffe faifons fecher aux
épreuves le temps 2 la j'ai cuëillette marquéesci-devant des
fur au Soleil jufqu'à ce que la coffe ou filimaniere de les faire fechcr & feuilles, deles con- la que le renferme, s'ouvre d'clle-meferver
me, que le fruit en forte. pourles rendre femblablesen tou- D'autresp
tes chofes à celles de la Chine. On ira les avoient perfonnes vû germer m'alantalfiréqu'el- & lever du
peut-être plus loin; elles fe trouveront qu'ellesavoient femé à Paris, & me Caffé
meilleures, &cjen'en doutepoint,pour- vant alors à
trouvû qu'onpuiffefc débiredesprevcntions plus frais Maritille,j'en & cherchai du
que l'on: a pour ce qui eft éttanger,qui qui étoit qu'ily encore cût, renfermé furtout dans de celui
vient de loin, & eft cher.
qu'el- & lever du
peut-être plus loin; elles fe trouveront qu'ellesavoient femé à Paris, & me Caffé
meilleures, &cjen'en doutepoint,pour- vant alors à
trouvû qu'onpuiffefc débiredesprevcntions plus frais Maritille,j'en & cherchai du
que l'on: a pour ce qui eft éttanger,qui qui étoit qu'ily encore cût, renfermé furtout dans de celui
vient de loin, & eft cher. & en ayant trouvé environ la cofles
Nos Infulaires P qui il cft difficile de les envoyai à nos
trois livres,
rien reprocher fur le chapitre de la poli- je
afin
le Peres à la Martiteffe &c de la magnificence, prennent lc nique,. lieux differens qu'ils & en des femaffent faifons en des
Thé comme onlep prendchezles Chinois tes. differende diftinétion. Ils ne mettent point de autre Ilyaa
qu'ils en firent un
Sucre dans la
ulage, qu'ils auroient été
FERIS
taffe, mais prennent un fachezqu'il eût &c
bien
morceau de Sucre candi dans la bouche pans le lieu où ils levé produit un arbre
qui fond lentement, & à mefuure qu'on ont bien fait d'en l'avoient avoir planté, Ils
avale le Thé. Les eiclsvequaleférvent. ufé de la forte;
ont foinde remplirla taffe autant defois carj'ai appris très-certzinement depuis
qu'on la laiffe droite fur la
il ce temps-là que le Caffé veut être mis
faut la renverfer
foucoupe, en terre non feulement
boire: c'eft la quand on de ne veut plus tiré de fa flique, mais audi-totqu'onl'a même dans le
femble devoir pratique la Chine qui temps qu'on vient dela détacher del'araccompagnerl la boiffon bre. Cette condition
en vient. Nous l'apprimes aux Ifles e du Caffé
rendroit la culture
R. P. Tachard,
impoflible aux Ifles, files Holtour d'un de fes lorfqu'il y paffa au re- landois n'avoient pas fait
au Roi
J'en eu vingt fois voyages la penfée en étantauxIfles 169... défunt quelque
avant prefent fa mort, de
defemerouj
du
deux arbres de EE qui font aétucllever s'il y. RANCEI Calitspouréprou- Ce qui m'en a em- ment au Jardin Royal, qui portent du
péché, éfl'erreur ohj'etoucncorealort, fruit, qui étant femé avecla précaution
que je viens de dire, produiront des arbrif --- Page 635 ---
16g6, briffeaux de FRANCOISES leur
DE
facile d'en envoyer eipece. Il feroit très- ce PAMERIQUE trefor
descailfesaux Iflcs, oui quelgues-tins ilsn
dans ont foûtenu pour tant lequel de ceux de fa Nation 16g6,
ingunamblement fond d'un
& mtultiplicroiene le de
ne guerre, & fait tant
Ze Poitrès-grand deviendroient la nuir dépenfes, &
l'avoit arraché
ure. commeree. dep
brulé. Quelque pendant
j'avois CoraNerenmienued femé du Poivre partirdesiies Jayep@ Faire,je n'ai diligence
pleine de terre:i il en étoit dans levé une caiffe Renchnantrin des Indes
avoit jamais pi cet Rae
grains plus de aflez bien, dont lcs jets quelques avoient venir de Orientales, ou apporté s'il Pavoit arbre fait
jer m'embarguad quatre pouces de bauteur quand foit,je de ne femenceau croi Pas Brefil.
pendant
j'avois CoraNerenmienued femé du Poivre partirdesiies Jayep@ Faire,je n'ai diligence
pleine de terre:i il en étoit dans levé une caiffe Renchnantrin des Indes
avoit jamais pi cet Rae
grains plus de aflez bien, dont lcs jets quelques avoient venir de Orientales, ou apporté s'il Pavoit arbre fait
jer m'embarguad quatre pouces de bauteur quand foit,je de ne femenceau croi Pas Brefil. qu'il fût Quoiqu'il en
feaunder nos Negres, Jerecemmantarite fanslui
caif lflcsoul gagner quelqu'an des impofible
c'étoir, elperant de
leGero#l &cla Gardiens des
en bon état à mon trouver mes divreeque plantes ver pour en avoir
mufcade naillent,
mon voyage: a été retour. Mais comme pendant quelque quelgues pieds, lcs culipenfois, & qu'il plus long que je ne gne, ou dans les temps à Malcarcique jeretourie y a
gnic a des
endroitsou la Compaque j'avois aux iEo J'écris darputence ici ce toirs, en érudier Etbuliemens la
&c des Compqui verront commence, ccs
afin que ceux traniporter feroit T'elpece dans culture, nos & puis en
tiver cet arbriffeau Memoires, puillent culailé de lui trouver un liles, où il
grand profit pour T" Pais feroit d'un très- pre, foir par fa nature, foit terrain proRoyubres Car
& Pour le Polition au Soleil. Par fon cxcueillir vons, chez nous, mreintt quand nous
que Quant ai à la Ganelle, on peut
cheraver une chole que nous allons le cher- pou- en Parlant jen dit de la dans ma feconde voir Partie, ce melle, Za Ca
penfes chez besucoup les de rilques &c de dé. Jean Bois d'Inde, car c'eft Canclle la bitarde, ou
A l'égard des Eirangens? Ribeyro
mémc chofe. perfuadé gu'il n'eft Epicenies fines, je fuis requ'il a donnée Porugais, de PIle de dans PHiftoi
fairel cultiver dans nos dès impofible del les 168r.la décrit d'une
Ceylan en
les
HEa
dépenfés
qu'on voudra impofible de ne pas maniere, qu'il eft
ne lerebuterp pas, neceffaires commec pour cela, & peinture qu'il en fait, reconnoitre l'arbre à dans la
dansle rement, lorqu'on trouve confaitordinai des
Bois premiers d'Inde. François Ceft ont donné le nom qui nos de
fit aemmencentm du premier ecguonnereur dificultez méme odeur, le méme la même fruit. feille, la
Eut un bruit coup. que les Bois d'Inde de nos Il eft vrai
loupe du
quand les commun Hollandois à la Guade- les Beatcoup plus grands & plus Illes font
ESr y
chaffez
gros
un
Canti.fhzBonn
curieux furentregis, les
d'eux plus étonners
un
autres,
être des
IERIpiR
eaa
y avoit apporté
fiecles.
, le méme la même fruit. feille, la
Eut un bruit coup. que les Bois d'Inde de nos Il eft vrai
loupe du
quand les commun Hollandois à la Guade- les Beatcoup plus grands & plus Illes font
ESr y
chaffez
gros
un
Canti.fhzBonn
curieux furentregis, les
d'eux plus étonners
un
autres,
être des
IERIpiR
eaa
y avoit apporté
fiecles. seieciliene L'écorce
avoir
Eepeute
dans fon
mis en terre poiille, cftplus
dontonladefitoit à
où cet
ungott de
TS.EA
ment merveille, & auroit infillible- arbre pro- liens, àc quiles gerofle, MEntasmmirt ectufrgekena
multiplicr pronedofnuit, fon elpece,
fervi à quantiré confiderable Portugaise en envoyent la
une
landois en
cu R un autre Hol- poudre,
pour reduire en
loux de eeis les comnoifincere & ja- douce, SPSEERSEE la nomment Canelia
Fmpauutimnndr c'e-a-dire, Canelle gerofée, garefanata,
qu'on nc trouveroir
Peut étre
Pas ce gour trop
fort --- Page 636 ---
NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
16g6. 344 fort de geroflc dans les écorces de ros Commerce de Ceylan, de
fi on fc contentoit d'en la Canelle excellente Ceyta
NEVETE
Bois dinde, feulement les plus petitsScies de Colombo, &c qu'ils n'y mélentpoint
dépotiller pluis jeunes, & de ne fc iervir que dela quelques partics de celle des autres endroits? La difference que l'on remarque
iecondeécorce, ou fine écorceintericure, &c plus délicate qui &c entre les
qui font une ballede
eft toûjours douce. Canelle, quelquefois trop grande,
d'une
PEISTA
odcur e les Portugais ont un pour ne pas donner lieu de croirc qu'elle
On nombre fçait que de Cancliers au Brefil, nevient pastoute du même endroit. On
grand
ne fçait que trop, que la bonne foi des
Toit qu'ils en ayent apporélelpeceavec d'abandon- Marchands ne va pas jufqu'aû fcrupule. cux quand ils furent obligez foit
l'ayent Ainfi quand nos Infulaires François
ner Flfe de Ceylan, qu'ils ti- cultiveroient les bois d'Inde où les Cafait yenir depuis, foit qu'ils l'ayent tou- nellcs bâtardes qui croiffent naturellerée de la côte deMalabar, quienelt Cochin- ment chez cux, qu'ils auroient foin de
teremplic, ou dela Chinc, Timor dela &c de Min- les abbattre dès qu'ils font arrivez à une
chine, des Ifles arbre de fe trouve dans une certaine grofifeuren Pécorce devienttrop
denao, infinité d'endroits. car cet Il eft fûr que les Ca- épaifle, & trop materielle, qu'ils trois les
neliersviennent parfaitement au Brefil, &c dépotilleroient feulement tous les la fcqu'encorequ'ils ne foient pasaufli parfaits ans, & qu'ils ne prendroient que un
ceux d'une contrée delIlede Cey- conde écorce. Ne rendroient-ils pas
que
s'en fervir &c de fervice confiderableà leur Nation, enlui
lan, on ne laiffe pas Carileftbon de
de remar- tournifant à bon marché une chole,
s'enbientrouver.
au Brefil, &c dépotilleroient feulement tous les la fcqu'encorequ'ils ne foient pasaufli parfaits ans, & qu'ils ne prendroient que un
ceux d'une contrée delIlede Cey- conde écorce. Ne rendroient-ils pas
que
s'en fervir &c de fervice confiderableà leur Nation, enlui
lan, on ne laiffe pas Carileftbon de
de remar- tournifant à bon marché une chole,
s'enbientrouver. toute la Canelle de Ceylan que les étrangers lui vendent fi cher; &
n'eft quer que également bonne; & il y a une nc fc feroient-ils pas à eux-méme un redifference pas trés-grande entre celle qui venu confiderable d'une chole qui leur
Colom- coûiteroit fip de travail 8cde dépenfe? croît depuis Ceyta Vaca jufqu'à Grudufi
des experiences réitcrées
& celle vient depuis
Que
AEC
bo, malé jufques à qui Tencvaré. Or comme & faites avec fagefle & patience, on ne
un ridicule, pouvoit pas rendre nos Cancliers natuun s'ilnevouloit homme pafleroit boire
vin de Cham- rels, aufi bon que ccux de Ceylan, Bre- ne
pourroit-on cultiver deceuxdu
pagne, & encore de
qui eftle plus
pas
Orientales,
SE
excellent à quelque prix qu'il fût, & il, ou de ceux des Indes
nos
nous
eE
quelque peine qu'il faliût prendre il pour même Vaiffeaux des meilleurs apporteroient, dc Ceylan, malgré
en avoir, &c qu'a fon défaut de
ai- de toute la vigilance de ceux qui les garmât mieux ne boire que l'eau,
même il me femble qu'il eft ridicule dent. de la CafTe ou Canifice dans
d'aller chercher à grands frais chez fes J'aiparlé
oule Leéteur
voifinsce qu'on peut avoir chez foiàl bon ma premiere Partic, &c fe convaincre pourmarché, d'une qualicé un peu inferieure ra voir ce quej'en dis, d'aller acheterd dans Calfe. ala verité, mais dont il n'y auroit qu'à de le Tinutilitéquilya Levant à
une drogue
diminuer la dofc pour lui faire produire
prix avoir d'argent dans nos Ifles entroc
le même effet. quel'on peut ce qui eft le veritable
D'ailleurs cft on bien fûr que les) Hol- de marchandifes, Commerce; furtout
landois, qui fe font rendus maîtres du & plus avantageux
la --- Page 637 ---
X606. la Caffe des FRANCOISES Ifles étant
DE
Pouvant avoir toûjours meilleure, & la ges PAMERIQUE y. arbre, Outrele
recente. ture' dans croiffent les en perfecion & fans 345
Segni. qu'on nous ECDnIr-eesn avons un petit
mer, qui bois, &cfurl les bords de cul- 1hgh,
quoique appclle communement arbrifcau, d'y venir. la
Caffier, UnH
oliviars
eputemectieatal
point enizremnesene de Caffey
: car il nc le Habitant delal
fcr trois ne croit jamais à d'ailleursile plus de deux eftfoi- f Serdonnse maifon, qui fut en Maptiiguenomne avoit un
de
gue de piededehisureur, &net ported defruit ou & que l'on trouva tout abattu par accident, auprès
ment fagraine trè-petites Cc filigues, renfer- Tous nos Habitans chargé de fruit.
point enizremnesene de Caffey
: car il nc le Habitant delal
fcr trois ne croit jamais à d'ailleursile plus de deux eftfoi- f Serdonnse maifon, qui fut en Maptiiguenomne avoit un
de
gue de piededehisureur, &net ported defruit ou & que l'on trouva tout abattu par accident, auprès
ment fagraine trè-petites Cc filigues, renfer- Tous nos Habitans chargé de fruit. feuilles. Elles font quilade G
d font fes voyent bien le profit fçavent ccla, 3 &
du Senné en toutes femblables à celles feroient chez fur Phuile confiderable gu'ils
eft impolible de les leurs parties,
eux; mais leur qu'ils recuéilleroient
qui vient du Levant, dilinguer du .dud point, & fur quantité indolence fur ce
gu'elles en ont la vertu avec cet
n'eft pas pardonnable, & d'autres chofes
rieur. Les gens fages, ne en dégré avantage fape- de vroient la leur s'en facher, je ne guand ils defeulement d'autre Senné dans nos Ifles, efervente point Thuile qu'ils reprocher. Craignent-ds ceEentjmais
te dans d'enmettre une oblervant préjudice à celle feroient chez eux ne porte que
dans lesMedecines ou doeplmpent vence & en qu'on recuëille en Prolelquels on les fait entrer. autresremedes
Languedoc? Mais tout
dela Onpouroin Cafle & ne fefervir enFrance mendefgais jamais été en quecesd
le
onl lesauroit plus du Senné venant des Incs, que les neceflaire Pour état tout de sdoattonmetnetie lc fournir cellequieft
marché, que ce qui recentes, vient du & à meilleur leshuiles
Royaume, eque
Quand on
Levant. côte de dbipagncy
EESS
paletuviers ou nemploiroit mangles d'eau l'écorce des ples, de Gennes, du HcPontugale de dela
tanner les cuirs, ne
faléc qu'à
Sicile, &cde Royaume plufieurs Nadequoi faire un bon Commerce? (rolic-cepese encore dalevant, Royaume. pour fournir aux befoins endroits du
pourroit fubftituer dans
On le
Qu'ellen
Fitalie à certains glands prefque toute jaloux ya-t-il de d'enrichir eimeanes nos voilins,
valonée, del
qu'on va chercher qu'on fur appelle ennemis nôtre bonheur, &clouventr toljours nos
dans Dalnacics les
aux Ifles
lescotca leurs denrécs, declarez, & d'aller acheter
les cuirs. Echelles du. Levant sderdrchipel, Pour tanner & tirer de nôtre crû guand en aflez nous les Pouvons
tité Pour nous en
grande quandes Hetcerain, Oliviers dans quef
traniporter dansl les fournir, & pour en
droient en
nos contsedséplaser Iles, ils y vien- quent. endroisqucn manteroient plotors perfection, & plus & qu'ils tappor- Lc Sieur Jacques du Roi étoit
gu'en Europe, fans être abondamisent poingeabiretes Verrerie àl la far le
cheroient quiles fait mourir. Ces fujets arbres à la géléc E loriquela ce. Guerre der 1688. Martini- farvint. tredans point quelet bétail ne pdit n'empé- pai- projet, qui qui n'auroit l'empécha d'executer fon
au contraire, lesEvanser ils leur oàd lonleaplinteoirs ce fir, puifque nous avons pas dans manquéderéur. le
Pombre, & puifque lcs donncroient Olivicrs de facture.
. Ces fujets arbres à la géléc E loriquela ce. Guerre der 1688. Martini- farvint. tredans point quelet bétail ne pdit n'empé- pai- projet, qui qui n'auroit l'empécha d'executer fon
au contraire, lesEvanser ils leur oàd lonleaplinteoirs ce fir, puifque nous avons pas dans manquéderéur. le
Pombre, & puifque lcs donncroient Olivicrs de facture. qui eft neceffaire Pour cette Pais Manu- tout
fauva- te clpecc Onfçair n'y nciscugoradenes
Y y
manquent Pas, on trouve
des --- Page 638 ---
VOYAGES A UX ISLES
346 NOUVEAUX
noient le fouffre qui y étoit apporté de Ihgo,
1696. des cailloux blancs & autres tant centre qu'on des differens endroits desTerres de T'Eglife,
en veut dans lesrivieres, & dont le l'abattis & du Grand Duc de Tofcane. Quelle
Illes eft rempli dc bois,
ou neceflité d'aller chercher chez les Etrandonneroitl lieu à faire des Cacaotieres, Il eft vrai
gers, ce qu'on peut trouver chez foi? des plans d'autres arbres. ER
quirenc trouveroit
cettel Manufaéture
pas NAtOCTtOTEs la fabrique de l'alun, j'elpere en
débouchement en France, obily a déja ne garde inftruire à fond mes compatriotes dans
Yerrerie affez de Verreries établics; mais confi- on
un autre Ouvrage. lailleroit pas d'en retirer un profit la confom- J'avois remarqué étant chez les Ef
derable, non-feulement s'en fait dans par lepais, & qui pagnols, qu'ils fontunep prodigicufecon- en mettent
mation qui
mais en- fommation de Safran, ils
&
augmenteroit bien davantage, qu'on en pourroit dans prefque tout ce qu'ils mangent, & les
core par la quantité
de la terre ils ne font pas feuls, les Italiens,
tranfporter chez nos voifins
Peuples du Nord auffi-bien
les
fermc, où cettc marchanlifeierokcbien Tures, & les Afiatiques en udtts auffi
vendué. nos Ifles une beaucoup. Ils prétendent rien n'eft
On trouve dans toutes
meilleur pour la poitrine. S5 les en croi
Gommes quantité tres-confiderable de Gommes quel- fur leur parole: car jer neveux de procès
de differentes efpeces. J'ai parléde & j'ai avec) perionne. Ce quej j'avois remarqué Safras;
ques-unes dans ces Memoires,
de la confommation de ce fimple me fit
rapportéce queje fgvolideleursventus, onlesp pouvoit em- venirl la penféc d'enintroduire la de culture doute
& des ufages aulquels
n'ont pas dans nos Illes, ohiln'ya point
ployer; mais mes remarqués connoillian- qu'il n'eût profité à merveille, & rapété fort loin,
que étcndués.
'avois remarqué Safras;
ques-unes dans ces Memoires,
de la confommation de ce fimple me fit
rapportéce queje fgvolideleursventus, onlesp pouvoit em- venirl la penféc d'enintroduire la de culture doute
& des ufages aulquels
n'ont pas dans nos Illes, ohiln'ya point
ployer; mais mes remarqués connoillian- qu'il n'eût profité à merveille, & rapété fort loin,
que étcndués. mes Le Me- portél bien plus qu'en Europe. Ainfi me à
ces n'étoient fort Perel Plumier & autres; trouvant dans le Comtat d'Avignon
decin Surian
fur les lieux s mon prenierrctourdritalie, je m'inftruiE
que la Cour a entretenu cet article. fis de tout ce qui regarde cette plante,
auroient dû ne pas negliger c'eft que jufqu'à du terrain qui lui eltle plus dut tems propre, demet- de
Cequ'il yadeccnain nes'eft avifé derecueil- fon expofitions au Soleil, de lcs
prefent perfonner & d'effayer d'en faire tre les oignons en terre,
lever, ce
lir ces gommes, Eit-ce indolencc, delcur maturité, en un mot, detour
quelque Commerce. qui pouvoitf faire réuffir mondeffein. J'aouignorance, le Leéteur enjugeracom- chetai environ cent livresde ces oignons
me il le trouvera à propos. proprement, & que fis
Cequejai remarqué dans mon voiage fait quejencailfai charger avec d'autres chofes
de la
BE
à la Souphriere Guadeloupe, abondamment du voyois auxl Illes; &cj'engageai un jeûne
voir que nous y. avons queces deux homme du Comtat, qui entendoit parseufre fouffre & de l'alun. Je fçai
con- faitement bien la culture de cette plante,
e alan. chofes nefont pas d'unci clles fort font grande d'ulage, de venir avec moi à l'Amerique, nouvelle pour
fequence: cependant
J"ai vû étant donner commencementàc cettc
on en.confommel beaucoup. deBarques de marchandife. réûfàCivita Vecchia quantité qui venoient Jene doute nullement qu'elle ne
Provence &c del Languedoc, faità deux ou trois fità merveille aux Ifles, la & chaleur la facilité- du
chargerl licics de T'alunquel'onf cette Ville, &x d'autres qui prc- climat, labontéduterrain,
qu'il
cependant
J"ai vû étant donner commencementàc cettc
on en.confommel beaucoup. deBarques de marchandife. réûfàCivita Vecchia quantité qui venoient Jene doute nullement qu'elle ne
Provence &c del Languedoc, faità deux ou trois fità merveille aux Ifles, la & chaleur la facilité- du
chargerl licics de T'alunquel'onf cette Ville, &x d'autres qui prc- climat, labontéduterrain,
qu'il --- Page 639 ---
reys. quilyaicultiver FRANCOISES les
DE
oignons, me perfiradont plantes quiont des LAMERIQUE
voudroient prendreccfoin, que ceux beransalimiter. étép plus
Rien au
posiscmntidenbin
feroient de
avantageuxaul monden'suroit ship6.
en faire un plus grand quand même pour Colonics, chez nous puifque nous Royaume8ca aurions ànos
neroient à meilleur marché débit, ilsla don- chez les ce que nous allons trouvé
donne
qu'elle nele nos étrangers, qui
chercher
roient endinsicments faire deux recoltes parcequ'ilsy pour- nous dépens, donner aulieug que f s'enrichillene nous
à
en gu'on eft heureux en par an, au lieu nous les un peu de voulions
Des peut raifons faire unequil tea un lorfqu'on bonne. nous, & de obligerions nous d'avoir mouvement, recours à 3
moires m'aiant qui retenu nei lont point ccs Meavoir ce que apporter nous allons leur argent,
projet n'a
en Europe, mon Eser eux.
chercher
gnons ont point eu de fuite, &mes oi- On avoit pourtant
dant mes compatroites eenegligen deshencemes Manufacture Iiles,
avant que abandonné cette
ture de cette
dfeprouveriical. il
& cela
j'arrivafle aux
ni travail, ni plante, nc faut prefque fourmis ma & lesravets Luniguerients dont
queles
faire un Profit dépenfe, & ils pourront fecondep
jai Sread dans
à On avoit commencé confiderable. à
dur aux cocons aiEE & aux ceufs, & y
foye à la Martinique, & élever des vers cncore ravage. à Maisony
& faifoient on
atandonnccemet
queiqu'on ait jours prefent, TEmtr on le
peut
mauvaifes raifons Manufiquiep du
parles plus
quand on
pourra toûLa Srye. core un trés-grand monde, ily a en- accidens, de
& voudra, remedier à ces
blancs for pied, nombre de mcuriors taguesde garantir Seecenitemeen bien d'autres chofes des moyen
Habitans a s'attacher eablentineterses de
garantir ces infeetes, on
atriche commerce,
nouveau à ce
lesvers à loye, pourra aufi en
Le Sieur Piquet de la Celle
continuel, Tapport d'autant plas grand quiferone qu'il d'un
principaldel la Compagnied de Commis totjours
les meuriers étant fera
commencé à fairedela foye fur 1664. avoit faire éclore chargez
on
bitation, en la
fon Hales oeufs
ALRSESE
Paroiffe de Sainte
faits, & avoir ainfi dés qu'ils pourra feront
slCabeftenc Provençal de la Maninique Ilétoit Marie nuelle.
une recolte contiPar confequent aufi-bien fon époufe, &c droit, J'ai parlé du Coton dans
nufacture." lly y1
à7 cette
auquelj
unautre enamio
heureufement réufit le premier, & ma- fi qu'il puiffe EmnoeLtsane voir avec
afin Cston;
des écheveaux qu'il de fut enérat
on T
quelle facilité,
ce Miniftre a foye à M. d'envoyer Colbert,
Tarbriffeau le porte, le
la
Seinemnuinguiea dife,
gloire de fon incompanaible, fizélé
Coton dans
nufacture." lly y1
à7 cette
auquelj
unautre enamio
heureufement réufit le premier, & ma- fi qu'il puiffe EmnoeLtsane voir avec
afin Cston;
des écheveaux qu'il de fut enérat
on T
quelle facilité,
ce Miniftre a foye à M. d'envoyer Colbert,
Tarbriffeau le porte, le
la
Seinemnuinguiea dife,
gloire de fon incompanaible, fizélé fement
Prince, &
en Ecombien celui des ifes, marchandes Colonies, pour FRLSEZ bcauté, fongueur,
furpatic
le pere. Ce Miniftre qu'onl'en peut dire cheur, tout
finelle, &c blanfairevoird ces
ne
de vant. Je pourrois teelniqu'on apporte du Leenfut ficontens, muveilsroren aul
fant, que tous les remarquer ici en paf
la
nent
nous
enre
Calle une quildonna au fieur e nous continucllement étrangers un
donécus,
gratilication de cing cent fuivons devrions fuivre, &c exemple que nous que
teManuficure, ea chez eux point. des Ils empéchent l'entrée ne
saatinamit quand ils en marchandifes étrangeres, 9
Yy 2 fabriquent de pareilles, &
qu'ils --- Page 640 ---
VOYAGES AUX ISLES
348 NOUVEAUX beloins, ou fineffe , & d'une beauté furprenante. 1696. 1696. qu'ils en font affez pourlcurs Commerce. Voilà Ceux deCotonblanc, quel'on iait teinpour faire rouler leur
dreenécarlatte font honte à la foye, &c
ie cas où nous fommes. Ileftcertainque le Coton ceux de Coton dc Siam naturellement
nos Ifles peuvent fournir plus voilins ou de couleur de mufc font d'une fineffe &
que le Royaume, & les Etatsv
d'une douceur qu'on ne
exprimer. éloignez, où nous pouvons porternôtre confommer. Mais ce travail eft long, Me rend l'ouCommerce n'en peuvent
vrage fort cher. On pourroit l'abreger,
Pourquoi donc en aller chercherchezles faire fleurir & le donner à beaucoup meilleur marTurcs? Il1 n'y auroit pour
ché, en introduifant dans les Ifles les
ce Commerce, qu'a defendrel'entrecda &c métiers dont on fe fert fi utilement en
Coton étranger dans le Royaume 2
Europe. l'on verroit bien-tôt quel profitconfide. Roi
fait la defcription du Fromager
rable il enreviendroit au &àlaNa- & J"ai du Coton qu'il porte. Jufqu'à prefent
tion. pourroient on ne l'a employé que pour garnir faire des des
Mais nos Ameriquains loin T'avantage qu'ils robes de chambre ou pour n'eft Coton de
encore porter plus Coton. Ils devroient le oreillers. On dit même qu'il pas Fromaretirent de leur
ont des permis d'en faire entrer dans le Royau- ger. travaillerchez eux, & puifqu'ils hamacs
me, parce qu'on le pourroit méler avec
métiers pour faire des faire *, des pour- toi- leCaftor dans la Fabrique des Chapeaux. Toilesde quoi n'en ont-ils pas pour auffi-bien qu'aux Quel danger y auroit-il quand cela fuf- arCoion, les? Ilsy, réuffiroient
riveroit, pourva que les Chapeaux
Indes Orientales, ils ne manquent tEm fent également bons, P'inconvenient ne
de couleurs pour les & teindre, même pour ny fur- feroit grand, il porteroit peut-étre de
duftrie pour égaler, Cctravail
un peu Cs préjudice à la Compagnie feroient à meilpaffer les Afiatiques.
'aux Quel danger y auroit-il quand cela fuf- arCoion, les? Ilsy, réuffiroient
riveroit, pourva que les Chapeaux
Indes Orientales, ils ne manquent tEm fent également bons, P'inconvenient ne
de couleurs pour les & teindre, même pour ny fur- feroit grand, il porteroit peut-étre de
duftrie pour égaler, Cctravail
un peu Cs préjudice à la Compagnie feroient à meilpaffer les Afiatiques. femmcs oifives, Bentes bien
Canada, & les Chapeaux entrer dans ce
roit bien des
letravail leur marché. Mais fans
Nogeencortmns! pour furagez, détail, on pourroit le filer: car quoiqu'il
de la terre, &ct bien des Habitans Negres & dOu- foit court, & extraordinairement fin, & il
& quantité de petits de France. Que eft plus long que le poil de il Caftor,,
vricrs qu'onf feroitvenir
filcl bien celui-ci, me femble
s'il y avoit des raifons pour ne pas faire puitqu'on pourroit filer l'autre, & en faire
des toiles fines, du moins il Manu- auroit
bas, des gands, des chauffons, &
à établir
dd
I
aucun inconvenient
pareilleàcel- autres hardes qui feroient d'une délicateffe chaleur. adRawredegrosCamnir dans la Mediterranée d'une legereté, & d'une
le dont on fe fert Vaiffeaux & des Gale- mirable. Je parlerai dans un autre Ou- dans
pour les voiles des
Coton du vrage dela Lana Sucida, qui croût
res; & comme onyemployele celui certains coquillages l'on trouve dans
Levant, 011 pourioit y employer toilesà meilleur PEtang de" Tarente drel Calabre, que l'on
des Ifles, & donner ces
ne laifle pas de filer, & de mettre en
marché. Caunoedtcorbrmtos feroit le fond d'un Com- ceuvre, quoi qu'ellefoit bien plus courfequence, &
& enrichiroit te, & qu'elle paroiffe chaleur bien plus diffici- la fait
merce qui occuperoit,
le às'unr; c'eft fa
le
de
bien du monde. fuis fir
Eent
Nos filles & femmes Creolles font des eftimer. Fromager Je fcroit le ndoce effet, & que
bas de Coton à l'aiguille, quifontd'une
ks --- Page 641 ---
rhp, les ouvrages FRANCOISES quien feroient
DE
reroient davantage, & compofezdu- eft LAMERIQUE
lcur compte,
feroient à meil- me negligeaufibien lemble
que leurs peaux. 349 Il
auxlfles, Ilne s'éroit trouvé encore
vroient bien unef que nos compatroites de- 16yG,
du moinsje jufqu'à mon perfonne
fois où en leur vie, revenir
qufefutavile de faire tondre les départ, Melafheonitemens intcrèts, &
ils font far leurs
ERSETETELINE foit ce foin
Onlaif mou- Dieu leur profiter de des moyens que
où
aux halliers & aux
Pourquoi
faire Icunaffitres. Laine, cesanimaux
lineree
&
épines, chevres? perdre le poil de leurs
foient lesylaifoient. sceemnro.tee Quoique ces laines faire des Ongnieiet
laifferoient pas des laines d'Eipagne, clles ne fent-ilsp pas? étoffes, Et fi pourquoi ne lc loinpour ramaf
fi on fe donnoit pas de
ne parefe ne leur leur induftrie ou leur
& de les
la valairqueinte peine del les chofe, en ceuvre, permet pas dele mettre
ne valent employer.
, chevres? perdre le poil de leurs
foient lesylaifoient. sceemnro.tee Quoique ces laines faire des Ongnieiet
laifferoient pas des laines d'Eipagne, clles ne fent-ilsp pas? étoffes, Et fi pourquoi ne lc loinpour ramaf
fi on fe donnoit pas de
ne parefe ne leur leur induftrie ou leur
& de les
la valairqueinte peine del les chofe, en ceuvre, permet pas dele mettre
ne valent employer. pas
On en employe amaffer, qui aiant le laiffer perdre. dumoins Car PPAEEEEE ils
coup moins. mieux, Mais f cp pebc-etrebele fes, la plipart des familles doivent tous,
des
on vouloit avoir febicn
nombreuded eft macreatene, plus
quel; pais au mon- nomie, ineulquere principe d'écolaine? Les propre pour élever les bétes à negligerlesp rechercherlesg petits. gros profits, &ne
&
fi on vouloit paturages) font
Tah n'eit pas f
s'en
admimbles, ne
SERLEE
porter aux Ifles des brebis Leer lay peine, & Les; doive Aoe contidcrable" qu'on
pagne, nous
de race d'EC
TRcSe de chevres, attention. ans, tous nos aurionsavant gu'il fût dix chevreauxe ou cabrittons desboucs, & des
pagnols, troupeaux de moutons] Ef en paffées dans le pais, ou pourroient étre
donrlesiaines fines &
France. envoyées vertes
foumiroienr ce, luppofé nos Manufackures de douces, Fran- j'ai vû le tems Cependant on les neglige, &c
dans lc pais qu'il ne fe trouvât perfonne celle des boeufs. qu'on negligeoie méme
Draperic. Jc qui fçai voulôt établir
Vent: car les
parle de des Iles du
queles
quelque gue en
S. TAIE
afezacenia fur la fortic Eipagnolslont dc
tuoient ufoient les aurrement, Domintons; mais je fçai auffi leurs mou- avoir les cuirs. baeufs fauvages puifgu'ils ne
SPRPLLR clef
que chez cux, qu'on a érabli Ile eft vrai que gu'a pour en
& qui ouvre toutes fortes Targent de eft une desendroin des des Boucherics dans prefent bien
de d'ailleurs] la
ferrures; chers ont foin IAes du Vent, les
qu'on fe Timagine. diffeulten'ell Nos Pas
grands cuirs. de ne pas laifer Boutous qui trafiguent en
tion fur Qu'onf faffe un perdre les
Ree
melles. les jours des Eipagne moutons en mâles apportent poils, & les on peaux & fur les laines peu d'atten- &
bieny penlé, erisnaseeme aprésyavoir & feétre d'un verra que ces trois choles les
rain plus je ne connois' point de ter- EP fond d'un très-bon nitnSes ,&
par coniquent Emblticietura plus iarEipagne, & Martin Llflc & de Sainte Croix, Commerce. moutons, & produire propre à élever des de terre de Saint
ellerdeSaint
nos Iles. ocbelliney que
de la Bamhclemy, laGranPrausc Nous avons des
tagnes font Gusdeloupe, au
&les mon. Cheure, poilsde dans toutes nos liles, chevres en quantité loupe & la ARL de la centre de la Guademerveille, & leur poil clles y viennent à plis terre ferme Maminique, laGrenade, fontr
qui cfitrés-beau
deCayenne, remque
etotprectusd
l'on brûle fans quel'on neglige, &
Yy 3
dileretions & fans
pren-
avons des
tagnes font Gusdeloupe, au
&les mon. Cheure, poilsde dans toutes nos liles, chevres en quantité loupe & la ARL de la centre de la Guademerveille, & leur poil clles y viennent à plis terre ferme Maminique, laGrenade, fontr
qui cfitrés-beau
deCayenne, remque
etotprectusd
l'on brûle fans quel'on neglige, &
Yy 3
dileretions & fans
pren- --- Page 642 ---
VOYAGES AUX I,SL ES
350 NOUVEAUX
les
necellaires pour entre- 1696. 16g6. prendre garde quetel arbre débité en ou bil- en prendre mouvemens la culture des plantes qui nourplanches, ou fimplement troncé Onva riffent la Cochenille. les, feroit! bien vendu en Europe. &c nous en J'ai parlé de la Pouffolane dans d'aucherchet l'Ebeine bienloin, bois de Bréfil, le tres endroits. Tout lc monde eft conavons chez nous. Le
yaincu de fon utilité. J'on ay découvert
Bréfillet,1 le bois jaune, & autresquipeu- au Fort Saint Pierre de la Martinique,
vent fervir aux teintures, viens fetrouventpar de nommer. &c je fuis perfuadé qu'il y en a dans font tous voitous les endroitsque je douze fols lalivre les mornes de la Balleterre qui
J'ai vû vendre àl Paris
aGua- fins de la mer. On en trouvcen quantité le La
let boisviolet dela Grandeterredela s'en fervoient à àla Guadeloupe, où on la connoitfous! Pouf: lane,
deloupc. Les Ouvriers
nom de ciment rouge. Cependant nos
faire des tabatieres & des chaffesderapes
lesjours chercher en
àtabac, &cleprenoient pour de veritable Frangoislavonttousl Italic,l'achetent bien cher, & ont fouvent
Ebeine. les Habitans de de la peine a en avoir des étrangers, penQui empéche que
Iles ne dant que nous en avons dont nous nel IçaMarie Galande & des petites Combien y en vons que fairc. cultivent la Cochenille? & Pourn'en pas manquer en France, il
a-t-ild qui menent une vie languiflante en état
a ordonneràt tous les Capitaines
pauvre,
qu'ils ne font Cacaotieres, pas
n'y des Vaiffeaux qu'à qui vont: aux Ies, dej
de faire ES Sucreries, des
n'ont ter leurleft à la mer, 8de fe
TORES
ou des Indigoteries, parce qu'ils leur retour, de Pouffolane. Les Habitansfur
pas affez d'Efclaves, ou parce que
lesterres defquels ce fable fe trouve,
terrain n'eft pas
feront conduire au
proprescmMdanatsatu
&
TusHi
res, qui deviendroient: riches Scpuillans, Rin n'ett le de tireront la mer, en retireront quelque avanen cultivant la faut Cochenille. ni de grandes Habi- tage, & lesMarchands senaurontaufidu chofe
plus aifé, il ne terrains
cela. profit, puifqu'ils vendront une
tations, ni de bons & la pour plas ufée quileura tenul lieu d'une autrec quineleur
La terre la plus maigre les
ou fi- aunoirapportesucun; gain. de Par cemoyen aux
La Co- eft la meilleure pour & comme raquettes ces plantes la Nation fera exempte recourir defe
chenille.
- tage, & lesMarchands senaurontaufidu chofe
plus aifé, il ne terrains
cela. profit, puifqu'ils vendront une
tations, ni de bons & la pour plas ufée quileura tenul lieu d'une autrec quineleur
La terre la plus maigre les
ou fi- aunoirapportesucun; gain. de Par cemoyen aux
La Co- eft la meilleure pour & comme raquettes ces plantes la Nation fera exempte recourir defe
chenille. guiers épineux, du fruit deux fois T'annéc, on Etrangers qui ne manquent dès qu'ils jamais voyent
portent feroit deux recoltes sdeesinfcérentichens taire tenir avons à quatre beloin d'eux, & on fe
& fi précieux. Je fçai que peu de gens de que trouvera nous en état de faire des ouvrages
fgavent la manicre de les gouverner, &autres que l'onne peut entreprendre fautedece
les faire mourir, deles fecher,
fecours. chofes qu'il faut fçavoir, pourbiencon- avons La Cour a envoyé aux Mles en diffeduire cette entreprifes mais nous été fur les rens temps des gens qu'elle entretenoit,
tant de Flibaftiers qui ont
étoient deftinez, les uns pour deflieux où les Elpagnols font cette mar- &c qui plantes, comme le P. Plumier;
chandife, & il eit fi facile d'y, aller, & &c fignerles les autres pour les diffequer & en faire
d'y demeurer fous quelque prétexte, l'anatomie, comme le Medecin Surian;
cependant examiner Favecfoint tout cc qui d'autres pour des Obfervations Aftronoregardela Cochenille, quece n'efiqu'une miques ; comme le P. Feuillée : tout
veritable indolence, &cunep pareffe craffe, ccla eft bon, & on ne peut que louer
quiempéche nos Infulaires de fc donner
l'atten- --- Page 643 ---
rlyh Tattention il feroit du PRANCOISES Prince Sc de fes
DE
luffent en feulement àf
Minifires; nous
WAMERIQUE
avoira foubaiter gu'ils voumanquoit. cc & pour les. rautantpour nouvelles leCommer ces Ceft vûès dommage que l'on
1by6:
plus que jepropofeici, & Manufaichures M. dans le temps du n'ait pas cu
habile homme que pour moi celles qu'un tablir Colbert, des on fe fcroitt bien Miniltere de
font couvrirs naître car enfin les pourroirdé- France, de Manufsdures de gardéd'éce, & le & entretiennent Manuhacures le Commer tiens qui peur de faire tortaux Claces Veni- cn
Prince, & Commerce les
fait la grandeurda eux bienl avoientcette
feroit donc à fouhaiter richefles de fesSujets.
'ait pas cu
habile homme que pour moi celles qu'un tablir Colbert, des on fe fcroitt bien Miniltere de
font couvrirs naître car enfin les pourroirdé- France, de Manufsdures de gardéd'éce, & le & entretiennent Manuhacures le Commer tiens qui peur de faire tortaux Claces Veni- cn
Prince, & Commerce les
fait la grandeurda eux bienl avoientcette
feroit donc à fouhaiter richefles de fesSujets. Il Roltonsaréabine lec long-temps chez avant Asundumientr que nous fonaux Illes des gens fages, qu'on envoyit les confcienced ecegrand nous.A Aveequel. intereffez, &
habiles, def- Priver du
Miniftre
Patrie qui dévoliez au bien de leur foient par lc
de immenfe qu'ils
non
examinaffent
leurs
leurs
E
aE
mais feulement tout ce artentivement en. France Crifteaux? Mais on a Glaces & de
friroit; encore tout ce que 2E propolé, leur pour la tour ce qui étoir découvere
qui
R
cefaires fiffent les
of- vaille fabrique des' Glacess neceflaire
roient pour faire réifir experiences ce
ne- Glaces infiniments micux qu'à ony tramiers la entrepris, main & quin mettant qu'ils les au- enpoli, farpallent cn les leurs en Venife-nos
autres à les imiter: aleuvres portaffent PIE vé le moyen netteté, deles & nous avons grandeur, trouroit attendre que le' après Prince quoion pour- pas marché qu'eux. donneràb bient meilleur
geroit fes
encoura- rompre l'ordre Nimporte, il Inef
penfes, ou Sujets, par les ou par des recom- memorialles fion de Venitiens érabli: deremps falloit immain, Pour favorifer moyens lcs qu'il a en encore fairedes efté Glaces, étoient & en Poffef
Quonsirotmiles foiten
furpiedn Matufidure font, ilne moins bonnes cufent-elles
Wlerdcchungeintd de dnosvellmenty fire' de falloit pas
qu'elles ne
d'entrécs, foit en défendant quelques droits même tout meilleures en entreprendre d'en
érangeres leur
dans fes Etats, Pentréedes fouffrir de fe le refte du Monde France, guand
ne fe ulage, fervir & commençant atuft-bienque lui-mémea nostravaux Sder trouver privé da auroit fruit dû
que decequi feroitduc crû de ce pas une bonne nos raifon? dcouvertes N'cfts de
EAeSsEt Je fçai
defess Sujets. Par un
m'objecter qu'on ici nc manquera pas de jufte il faudroit raifonnemenr à peu près aufi
ruiner tout le que mon Projet tend à & autres Pécheurs' empécher lcs
avec les Etrangers, Camnserenuce & nousavons les ce Poiflon, &c1 nouse en: de Harang Dieppois de" faler
chez cux
n-allant
aller
ilsr nev snouspourvaire 1 leurs denrées, plus ayant Hiollndon, trouvé les parce que fournirchez ces
ver lesnotres; Extendrontpluss auffi cheznous enlc- le faler, c'eft leur premiers faire linvention Peuples de
nôtre
scequidétnitor en
ouvrage, & les
tordimiter leur
des profits Navigition les s & nous partie qui paroit leur Priver ainfi dun
particuliers
Compagnicd priveroit & les à tous autres.
r nev snouspourvaire 1 leurs denrées, plus ayant Hiollndon, trouvé les parce que fournirchez ces
ver lesnotres; Extendrontpluss auffi cheznous enlc- le faler, c'eft leur premiers faire linvention Peuples de
nôtre
scequidétnitor en
ouvrage, & les
tordimiter leur
des profits Navigition les s & nous partie qui paroit leur Priver ainfi dun
particuliers
Compagnicd priveroit & les à tous autres. appartenir
Profie
dans
E
n'eft autre chofe lé Cammcers Par la méme raifon ilne privativement
e fair de ce qu'ona qu'un chez échangequé fonger à établir des falloit jamais
qu'ontrouve chez les
foi, avecce Draps d'or & de foye, Manufacure de
Etrangers, & qui rentins Turquied & de Perle, parcc Tapis façon de
8les Genois étoient que lesl Floenp pofcfion
de --- Page 644 ---
VOYAGES AUX ISLES
352 NOUVEAUX Turcs &c nous. Faifons bien du Vin, du Blé, Com- & 1696
15)6. de faire ces étoffes, & a debit les de leurs du Sel,, &c. Voilà & le fond d'un à toules Perfans n'ont plus nous fommesavi- merce immenfe avantageux Commerce nous
Tapis depuis que d'auffi nous beaux que les leurs, te la Nation? & ce de toutesnos
fez d'entaire
fournira un débouchement
& peut-être plus beaux. de autres Manufaétures tant (du Royaume,
Énfin il falloit laiffer Villes aux Ouvriers d'Allema- que desl Ifles, avec etavantagequeaous laiffer fortir
Nuremberg &c autres les
ne ferons point obligez & de les Etrangne lefoinde fournir) quatrepartiesda fans nous mê- l'argent de chezi contraints nous, de que nous apporter
Monde de Clinquailleric, leurs ouvrages, &
feront
ler de perfectionner Namuf@ureaquenous ET leur. de nôtre Marine
empécher chez parles nous le débit avantageux n'eft Le déperi@lement du tout à craindre. Quand
avons taifoient des leurs. point
qu'ils
ce détailbienplus
enlever les Bleds 2 les
RRROE
pourrois & mettre pouffer dans un plus sgrand jour Bâtimens les pour Laines,, & les Drogues des
12rr du raifonnement de ces mau- Huiles, de T'Afic & de l'Afrique,, ils oule ridicule
mais je croi que ce côtes un Commerce avec l'Amerivais Commerçans: fuffira à tout efprit raifon- vriroient feroit bien plus confiderable &
queyeastditk
que qui
&c ces Pcuples qui fc
nable. Mais fi nous n'allons point chez chez les plus verroient avantageux; privez de T'argent comptant fe
Etrangers, ils ne viendront point
qu'on leur
de France, & traiteroient metnous. Autrer uimeesemaie troient enfin TTITE la raifon,
autres
avons des chofes qui leur manquent, & qui les Françoiscommei ils traitentles de nos Marqui leur ont totijours manqué, la fin du Mon- Nations, & prendroiene des leurs ; car
leur manqueront jufqu'à confequent ils feront chandifes en les échange & les Hollande,, & dont par de fefournir cheznous.
viendront point
qu'on leur
de France, & traiteroient metnous. Autrer uimeesemaie troient enfin TTITE la raifon,
autres
avons des chofes qui leur manquent, & qui les Françoiscommei ils traitentles de nos Marqui leur ont totijours manqué, la fin du Mon- Nations, & prendroiene des leurs ; car
leur manqueront jufqu'à confequent ils feront chandifes en les échange & les Hollande,, & dont par de fefournir cheznous. c'eft ainfi que Anglois avec eux. Ainfi bien
toûjours obligez
Vins, nos Eaux- dois commercent du Levant fouffrit
Ce font nos Bleds,nos Scc. Qu'ils cher- loin que la Marine elle s'augmentede-Vie, nos Sels,
ils ne trou- quelque diminution,
nombre des
chent tant qu'ils voudront, choles ablolument nc- roit confiderablement envoiroite parler en. Amerique,
veront ces trois &cfurabondantes chez Bâtimens qu'clle
auroit dans
ceflireschezeux,
Ilfaut qu'ils & le Commerce ou qu'elle l'on porteroit à
cobassmabatened chercher: c'eft pour cux la Et au les Levant, Sucres &c les autres Marles yviennent abloluc. N'a-t-on vû droiture
en tireroit, & qui feune necellité les guerresles plus T.fimes chandifes qu'on aux Afatiques. Je ne dis
que pendant nos voilins & nous, ils roient propres du
on voit affez
quily. a eu entre de fe fervir du miniftere rien de celle Ponant, à proportion
ont été obligez
fe pourvoir qu'ellea cargmenteratoijous fera en'Amerique. des Nations neutres, pour plobte- du Commerce qu'elle en quelque ende ces denrécs, quandilsn'onr les enlever eux- Je croi avoir remarqué dans unefeuleannir de Palle-ports pour ablolument nous droit queronavaitee cent Bâtimens étrangers
mêmes. de Nouspouvons: prefque tout ce qui vient de née près de' de Tabacd dans nos Ports. Sil'on culpaffer dehors; mais les Etrangers ne peuvent chez chargez remettoit fur pied dans nos Hcs la ture
fc. paffer des chofes qui viennent --- Page 645 ---
FRANCOISES DE
thyo. ture de cetteplante, n'augmenteroit-on LAMERIQUE
quel'onyfait, pas d'autant de Bâtimens lc Commerce fant à l'aife, &
&cjotit. thip6,
Iiles
Enrtats
les jours plus peuplées, &cnos devenanttous perionne, de fans le partager avec
unc neceilité abloluedy ne feroit-cep pas que naturellement, cequelePaisproduit, & de ce
pref- retinombre de Vaiffeaux. envoierumplus Ainfi bien rent du travaildeleurse efclaves, qu'ils ils crouEat que nôtre Marine fouffrit quelque piffent dans une lâche & molle oiliveté. de chole, ces fortes les gens de qui font un Peu au fait feuls Lejeuscia bonnechere font prelque lcs
aifément
chofes, comprendrone ou lest cxt@cmquipargent leur
que nôtre Commerce
temps, ou
tera à proportion de la quantité augmen- & de la interrompent leur Eaecadaientatieme un peu la tranquillité qui
diverfité état des chofes nous ferons en
pailible repos.
iffent dans une lâche & molle oiliveté. de chole, ces fortes les gens de qui font un Peu au fait feuls Lejeuscia bonnechere font prelque lcs
aifément
chofes, comprendrone ou lest cxt@cmquipargent leur
que nôtre Commerce
temps, ou
tera à proportion de la quantité augmen- & de la interrompent leur Eaecadaientatieme un peu la tranquillité qui
diverfité état des chofes nous ferons en
pailible repos. Point d'émulation de
d'envoyer, &
ou advren vendreaux Etran- établi pour perfectionner avant
ce qu'ils ont trouvé
Eooe Marine par confequent plus
de faire fleurir quelque chofe eux, de ou pour chercher
A quoi je dois ajodter qu'ellen'aj que jamais fait. augmenter leurs revenus, nouveau & puife
de nos
l'abondance neur à
hon2
état de Marchandiles les donner àn nous mettant en que utilité. leur Nation, &clui être de quels
les autres, nôtre Commerce meilleurmarché s'établira que La feconde eft la
de
fur les ruines du leur, & nos Ports de- Il qui font chargez des négligence alfaites
ceux
vicndront les entrepôts du Commercede eft à naitre qu'ils'en foit pulbliques. tout le Monde. qu'un aflez intelligent, ou allezbienin- trouréquel-
"
tentionné
moyens craignons pas de manquer de vrir
pour;
les Habitansà oufecondité d'entretenir des
ce Commerce, la établir quelque ECMEE nouveau, ou à
celles de terres du Royaume & de ou du quelque moins nouvelle les Manuféture,
eft admirable: TAmerique qui en dépendent, protegé dans
ait encouragé &
a
tiver
iln'y
les bien cul- &
delleins qu'ils
pour en retirer
qui ait fait valoir
onteus,
voudu
a
dra; &1
cequ'on
&
auprès Prince
habileté lindufiriede dans les Arts, nos &c François, leur ,leur a prefentez. defaMtinitres Il faut lesprojetsqu'on croire
leur
tion dans tout ce qui faire pénétra- feurirle leurs tude & la diverfité des foins que'la attachezà multi- à
citées Commerce, & n'ont RELERaE que d'être ex- péchent Charges de faire les diftrayent, & les emils femblent CeORaNeLnEeEC étre depuis
où chofes qu'ils regardent attention fur bien des
pour produire des cffets quelque G extraordinai temps, comme petitesSedep peu de ordinairement
res, qu'on n'ofepasfeulement felesims- parce qu'ils n'y voyent pas conlequence, un
giner. prefent, cC qui nc vient
profit
tarder Deux chofes peuvent empécher oure- qu'ils & n'en pénetrent pas que parce
l'execution des
peur-êtrelan
limportanes
de faire pour nos Inles projets de quejeviens la facilité qu'il anecefité, yaàlesfaire Scencoremoins
La; premiere eft la nonchalance Tamerique, pendant ces chofesp
réuifir. Cereà tous nos Infiulaires, vice ordinai- mencemens peuvent petitesdansleurse communique aifément aux qui fecom- dans la fuite, & faire devenirtrés lef fond d'un grandes
Européens qui
Comkmgnienrnumie & la fécondité du climat les Ladouceur dusememmiorereandi
y
RELIOEEE
portent; ysucadmaputicaim Roienméme
Zz
u
la nonchalance Tamerique, pendant ces chofesp
réuifir. Cereà tous nos Infiulaires, vice ordinai- mencemens peuvent petitesdansleurse communique aifément aux qui fecom- dans la fuite, & faire devenirtrés lef fond d'un grandes
Européens qui
Comkmgnienrnumie & la fécondité du climat les Ladouceur dusememmiorereandi
y
RELIOEEE
portent; ysucadmaputicaim Roienméme
Zz
u --- Page 646 ---
354 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
1695, Il n'y a pas long-temps que les Ma- cc qu'on ne trouve dans un
rons &c'les Châtaignes éroientinconnus fe prefentefouvent
temps, thyli
dans le
lui-méme
CUERL
Nord Un Marchand Limofin autre; quc
les dansun
s'avifa d'en porter pour cent écus à la arbres quir ne lesgraines, réififent plantes & lcs
Foire de Bordeaux; &c il les vendit re, fontfouvent
pas dans une terd'abord fi avantageufement, qu'il en fit tout voifin. La merveilledans faifon, la unterrain
venir entoute diligence uneaffez grande temps, les accidens im difpofition ou irrc- du
quantité qu'il vendit encorer emieux:cequi mediables, &c beaucou previs,
a toujours continué depuis cet temps-la, ftances contribuent in pd'autres circon-
& a donnéun débouchement fi confide- réiiffir ou écheoir les finiment à faire
rable à ces fruits, que ce qu'on regar- roiffoient les mieux entreprifes
doit avant cetemps-là comnie
concertées. eNESE
telle, eft devenu le fond d'un unebaga- très-bon patience, flexions font la vigilance,letravail 8clesreCommerce & très-avantageux pour les difficultez telles furmonter toutesfortes de
Provinces où l'on cultive les Châtai- C'eft beaucoup demander qu'clles à puiffent nos être. gniers. Ils viendroient en perfeétionaux del l'Amerique; mais il faut François
Yfles; & comme ilsn'yf feroient
leur interett les aideraà vaincre efperer que
à la geléc, commeen France, eRuEt pour- gnancequ'ilsont;
la repuroient fiappléer quand les autres man- quand il eft un peu pour de letravail, longue furtout haleinc. queroient. On peut raifonner de même
d'une infinité de cholesque l'on peuttirer deces heureufes & fertiles terres. Mais il faut que jc donne un avertif- Des Marcbandifes propres pour les Ihers
fement à ceux voudront commencer 8 fur le/quelles ilj a tn prefit confideles épreuves, 8n établir les Manufactu- rable à faire. res dont jai parlé dans tout cet article &
L'égard des Marchandifes
dansles autres endroits de cet Ouvrage, A peut
qu'on
c'eft de fe fouvenir que les commence- faut fe porter d'Europe aux Hlcs, il
mens font toûjours rudes &c difficiles, fomme perlunder parla bouche, que tout eft cequi d'un fe con-
& que comme il a fallu beaucoupdepa- fini, que
debitintience, de dépenfe, de tems, de foin& te, on n'cn quelgieqatitéqromcn a jamais rien
por- &c
detravail, les Arts, les pour porterles Manufaétures, qued quand les chofes ont été rapporté, bonnes, les
Sciences, & le Commerce Marchands y ont toûjours fait
au point de perfeétionois inousles voyons raifonnable, & ordinairement très-con- un profit
aujourd'hui en France, il faut aufli fiderable.
ience, de dépenfe, de tems, de foin& te, on n'cn quelgieqatitéqromcn a jamais rien
por- &c
detravail, les Arts, les pour porterles Manufaétures, qued quand les chofes ont été rapporté, bonnes, les
Sciences, & le Commerce Marchands y ont toûjours fait
au point de perfeétionois inousles voyons raifonnable, & ordinairement très-con- un profit
aujourd'hui en France, il faut aufli fiderable. Jes qu'ils s'attendent aux contretemps que Je mets fous le titre de Marchandifes
premiers inventeurs des choles ont qui fe confomment par la bouche, le
4pBe-Mwbidsnenileuncsemple ne fe point rebuter pour les difficultez Bouf8cleLard, tes de Poillon falé, les Farines, les toutesforqu'ils pourront rencontrer: ils doivent Langues de Boeuf & de Jambons, les
tenter diferentesvoyes, employerdiffe- Sauciffons de France & Cochon, les
rens moyens, travailler fans relâche & fortes de
tant d'Iralic, toutes. avcc courage, jufqu'à ce qu'ils foient trangers, Fromages les fruits fecs detoute François gu'Eparvenus au but qu'ilsfe font propofé. les Huiles d'Olive &à brûler, le clpece,
Mille experiencesnousont appris que rç & autres provifions de cC genre; Beur- la
Cire --- Page 647 ---
FRANCOISES DE
26p6 Cire & la Chandelle, les Vins Fran- LAMERIQUE Les
EL & Etrangers, les Eaux-de-Vie, chelle aufi mcilleurs bien Iards viennent de lal Ro- 1696,
qui Liqueurs, peut flater &c le generalement tout cC Marchands de que les farines. Les
bonne chere & goût, & fervir à la modans,
(cette Ville font accomble. Après
aux plaifirs de la ta-
&con de s'elb tolijoursloiié de leur
les remedes de quoi on ne doit pas oublier manieres. droiture, Les leur fidelité, &c de leurs
fent êtrc, bons, guelauenatureqeaapuif le Commerce Normands yont faittout
Nos Efculapes mauvais, ou inutiles. d'annécs, &c on pendant un grand nombre
de s'en défaire quilesacherent, à. onti foin
peut dire, que ce font
haut, qu'ils font un moins prix d'autant plus cuxquiontpeupielesl y_a très-peu de Iles, defortequil
fçavent fur ce chapitre connus: ils en Normandes, ou familles qui ne foient
moins que les
autant pour le milles
defcendués d'autres faLel Beuf (alé Apotiguaires d'irlande de Paris. clure que Normandess nos
de-là on doit conmé, & avec raifon; Car eft il eft leplusefti- certain ni d'efprit, ni d'adrelle, Infulaires &c ne manquent les
quil eft toijours le meilleur, le plus Acwautue.cehi-diner que uns
lct gras, le plus defoffé, & le moins fiz- qui viennent de cc pais-là lesMarchands & nos Habiaux friponneries, pourvà qu'il n'ait tans n'ont pas oublié la
point été refait dansun certain Port
relleal leur Nation. C'eftunp fimplicité natula charité m'empéche de
voir traiterenfemble, les plaifir deles
nommer, aeE rufezy y
Peuples moins
Teimebemeuouces tredansles Barils
excès, demet- Leimnelileuns@roneme teouvencinfiniment. aprofiter. entieres avec les detdeadcbiecbftune jambes & les
ferpes, hotics, toute forte commeh def haches,
même au lieu. de' Bcuf, de la pieds, chair de & lé,&cles: armes viennent del fer travailCheval avec les; pieds encore tous ferrez.
les
nommer, aeE rufezy y
Peuples moins
Teimebemeuouces tredansles Barils
excès, demet- Leimnelileuns@roneme teouvencinfiniment. aprofiter. entieres avec les detdeadcbiecbftune jambes & les
ferpes, hotics, toute forte commeh def haches,
même au lieu. de' Bcuf, de la pieds, chair de & lé,&cles: armes viennent del fer travailCheval avec les; pieds encore tous ferrez. poudre qu'on appelle
Dieppe. La de
vifiter LesMarchands les Sucres ont aflez foin de faire Cherboung, a toljours car on' n'yena mala-propos a jamais fait,
fairefairedes Procés qu'ils reçoivent, & de a ételong-tems pafféc la meilleure, &
yt trouvent
verbaux, quand ils niers
dontnos
in
quelque défauts lacondition
fe lervoient. Les
Boucadevroit étre égale, & les Intendans tent encoreaux Ifles des Normands toiles
& Juges qur font firl
telles de toute
ie
veiller
les lieux devroient
efpece, deschapeaux, des
fations plus des qu'ils ne font furles malver- ils ouvrages font voifins d'ivoire, de des draps, & comme
verement, Marchands, afin que leur les en punir fe- ce intariflable des Paris, quieft la fourleurs femblables dans le devoir. cxemple retint toûjours les
modes, ils font audi
pardonnera bien ce: petit avis: On me peuvent étre, premiers, qui cn) oudumoins ilsle
que j'ai eu foin
car puif nos liles. portensfufagedans
chands à connoitre d'enfeigner les défauts aux des Mar- Les meilleurs vins François
chandifes des Hcs, il mc femble mar- de Bordeaux &c des environs. viennent
eft jufte
qu'il que tous les vins
On fçait
foient trompez d'empécherque dans celles lesHabitanst ne deaux, nefoncpas qu'on des vins charge à Bortent, & lunique moyen qu'ils ache- de Gravier, &' qu'il y en deGrave a
où
vifite des marchandiles avec pourcela la eftla davantage
infiniment
tion &c l'amende quand elles fe confifca- deces endroits REMLDCRIIE bas &c
defeétueufes.
tous les vins
On fçait
foient trompez d'empécherque dans celles lesHabitanst ne deaux, nefoncpas qu'on des vins charge à Bortent, & lunique moyen qu'ils ache- de Gravier, &' qu'il y en deGrave a
où
vifite des marchandiles avec pourcela la eftla davantage
infiniment
tion &c l'amende quand elles fe confifca- deces endroits REMLDCRIIE bas &c
defeétueufes. trouvent des vins épais & durs, SORe recherchez qui donnent
Peuples duNord. C'eit à ceux quil des les
Zz 2
ache. --- Page 648 ---
NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
YGy6. 356 achetentàles prendre pour ce qu'ilsfont lcans, &delal Rochelle. Ilvientquanti- 16g6,
aprèslesavoir bien gottez, fanss'arréter tédel liqueurs & de vins, de liqueurs de
les Marchands Provence & de
de la cire
aux titres pompeux que
&c Languedoc,
leur donnent: car ces Marchands font en cierges enbougies, desfruits fecs,
Gafcons, & jotiffent aufli-bien que les de Thuiled'olives, dufavon, descapres,
Italiens du Privilege d'amplifier autant des olives, des piftaches du Levant, des &c
qu'ils veulent tout ce qu'ils difent. Sur- fromages deRoquefort, de Parmelan
quoiil faut remarquer que quand cesvins d'Auvergne, Scuneintiunedoupeader
communs, c'eft-a-dire, ces vins de Pa- rées pour la bouche, tant pourlenecef
lus fontbien choifis, & qu'ils ont paffela faire que pour le plaifif, &c quelque quanmer, ils fe dépurent, & font infiniment tité qu'on en apporte, tout fournis eft enlevé, font
meilleurs aux iflesque dans lepaisquiles & les Magafins les mieux
vuidez dans un moment.
a produits. On ne peut croirel la confommation de Quant aux chofes qui font neceffaires
vin qui fe faitdanslesIiles. Jen'ofe rap- pour l'entretien des Habitans, ou pour
porter ce quc les Fermiers du Domaine leur plaifir, ou ka fourniture deleurs Hadu Roi m'en ont dit, de craintequ'on ne bitations, on trouve toûjours à les ven- On
me foupçonnc d'exageration. Ilefttrès- dre promptement, & avec profit.
certain, & tous ccux qui connoiffentle compte parmileschofes neceflaireà une &c
pais, en conviennent, que quelque quan- Habitation, les chaudieres decuivre des
tité que les Flottes en apportent, s'il fc autrematiere, des Sucreries, & lcsautreséquipages, des Rafineries,
pafe deux ou trois mois fans qu'il vien- Moulins,
ne des Vaiffeaux, on cft prefque par tout des Vinaigreries, les ou Diftilatoires, &des étaréduit à l'eau.
outils pour tous métiersquifont
Les vins de Bordeaux, de Cahors, &c blis aux Ifles. necellaire
l'entretien
autres de ces côtez-là, ne font pas les Ce qui eft
pour être
feuls que l'on porte aux Iifles. Onyen desHabitans ne peurjamais bien apporté choiporte de Provence, de Languedoc, d'I- entrop grandequantité, la
ou trop riche, &c
talie, d'Efpagne, de Madere, de Ca- f, trop cher. à Les mode, toiles les
les
naric, de Portugal.
bû des vins trop
fines,
ien
autres de ces côtez-là, ne font pas les Ce qui eft
pour être
feuls que l'on porte aux Iifles. Onyen desHabitans ne peurjamais bien apporté choiporte de Provence, de Languedoc, d'I- entrop grandequantité, la
ou trop riche, &c
talie, d'Efpagne, de Madere, de Ca- f, trop cher. à Les mode, toiles les
les
naric, de Portugal.
bû des vins trop
fines, du Rhin, du Necre, Jyay de Mofelle, & des plus bellesmouficlines, &les mieux travins de Bourgogne & de Champagne, vaillées, lcs perruques les plusà la mode,
qu'onavoit fait venirenbouteilles. C'eft leschapcaux decaftor, les bas de foyc &
le moyen le plus fûr de conferver ces de laine, les foûliers, les botines, les
deux derniersdrapsdetouteefpece, les étoffes deloye,
A l'égarddes) Eaux-de-vie, & de tou- d'or & d'argent 2 les galons d'or,, les
tesi fortes deliqueurs, tant de France que cannes, les tabatieres & autres femblades pais étrangers, la confommation qui bles bijoux; les dentelles les plus fincs,
s'en fairpafplimagination: tout lei mon- les coéffures de femme de quelque
la derniere qu'elles puiffent étre, la vaiflelic
RIS
de en veut boire, le prix eft
les
les
en un
chofe de quoi on s'informe. Il fuffit que gent, montres, fervir pierreries, à l'habilletoutes cesboiffonsi foicnt bonnes pour en mot, tout ce qui peut à l'ameublement &c
avoir un débit prompt & avantageux. de ment ornement des hommes, des maifons, & fur tout aux
Les bonnes Eaux-de-vie viennent d'Ordes femmes; touteftbien vendu
Nantes, de Cognac, d'Andayc,
parures
che- --- Page 649 ---
*96, cherement FRANCOISES &c
DE
eft le méme par promptement: tout lc monde, carle fexe Ilvint LAMERIQUE chez nous, Scn
dire, vain,
c'eft à- quespieces de cesbelles m'apporta quel- 16p6,
chands n'ont EOnRmEem/nit que jel lesacheterois, étoffes, faire croyant
tre pas bien payez routinonearnierdrnt de ce
nemens d'Eglife. Je les pour des orchez eux pour leur ufage quellesprennent plûrent beaucoup, mais je vis, lui clles me
Quand les maris font un peu diffeilesfur particulier. nous n'étions pas dans
dis,
cepoint, elles ont toutes
cheter des
Thabirude gHC
des talens merveilleux naturellement avoit bien ornemened-Eglife, des annécs
&
pour
la railon, & quand cela les mettreà pofions de ce foin fur que nos nous nous quily refçavent en pericétion faire manque, du elles qufechargeoient
Flibufliers,
lindigo, ou du Cacao de Lune, Sucre,de fes fans qu'il leuren d'entretenir coûtât nos Egliquoi alltcottententies
avec nous auffi. En cffer, ils ont rien, n'y à
accoûtumez à ces manceuvres, Marchands,qui une attention extréme dans toujours eu
tentl la main, 8c leur gardent leurpré- des Villes, où dans les prifès les
ment le fecret,
religicule- feaux, de mettre
des
P
Onappelle Sucre ou
convenir aux Egliles, apart & cequ'ils croyent
celui qu'on fait enlever Indigodel la nuit Lunc, des fent à celles des lieux où d'en ils font
Efclaves affidez, &c que l'on par asmemens.
,qui une attention extréme dans toujours eu
tentl la main, 8c leur gardent leurpré- des Villes, où dans les prifès les
ment le fecret,
religicule- feaux, de mettre
des
P
Onappelle Sucre ou
convenir aux Egliles, apart & cequ'ils croyent
celui qu'on fait enlever Indigodel la nuit Lunc, des fent à celles des lieux où d'en ils font
Efclaves affidez, &c que l'on par asmemens. Ils
AE
pour avoir de l'argent pour lcj vend, ou Tortuétous les apporterent ornemens &c autrefoisala les
pour
les choles qu'on a achetées jeu, ou à crez de T'Eglife de Marecaye, valesfa- &
Tinfçi Fas maris, ou
aufquels étoit qu'aux cloches & au cogde
juf
ileftinoilyg ble;
qu'on ait jamais le veritaà la pointedu clocher. cuivre, qui
prix des
jours
Ct
connois des femmes chofes
a achetécs. Je leur Picté continué d'en ufer de Ilsonttoi- méme, &
lâ, qui
Em des fillesd sdecepais- nous
répondant à leur
dela fabrique pourroient du faire leçon publique nir nos avons toljours eu de quoi bravoure, entretcA
d'étoffes Sucre de Lune. elles fe font Eglifes trouvées lans rien acheter, quand
viens EEL au Fort Saint d'or, Pierre je me fou- quentez par les Flibufliers. dans' des lieux freMartinique vers la fin de
del la Cette declaration
riva un.Marchand de Lion, 1704. ily.ar- Marchand Lionnois, ilnei chagrina fort le
faire ung gainconfiderable, avoit qui croiant point du tout de
lui fa convenoit
Cartageneent terref
portéà dife en France, où reporter i n'auroit Marchanétofics d'or Bed'argent, cfemebeancoupd deces pas été en écardela
Son peut-étre
aLion&càN Marfeille: il quifefabriquene me fit pitié,
un embarras
du moins
ciperoit en tirer
je ILEE
dep profit. llavoit quatre ou cinq cent pour cent me pourrois laiffer faire deux Tath lui, &ludad peuacequeje de
les" Elpagnols ne ététrompé: s'étoient :Mefieurs
fic quelqu'un venoit apeadenfos luien
&
dtunerFaluidonner foixante, pas trouvez 3ec n'en montrer que deux demander,
vingt, & cent écus del'aunedef
comme s'il n'en avoit
ou trois,
fes, de forte qu'après avoir rodé AteuE aflez Je m'en allai fur le Ee davantage. en une
long-tems la côte
& deCa- de nôtre voifinage, où je
maifon
fin raque fans rien vendre, deCartagene il étoit
que je trouverois bonne fçavois bien
à la Martinique avec fa paffé en- Dames, & je fis
compagnic de
toute cntiere. Cargailon deux pieces. Je feignis porter avec moi ces
prié de chercher quelque qu'on belle m'avoit
Zz 3
étoffe,
pour --- Page 650 ---
3s3 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
Ifagh.
age, où je
maifon
fin raque fans rien vendre, deCartagene il étoit
que je trouverois bonne fçavois bien
à la Martinique avec fa paffé en- Dames, & je fis
compagnic de
toute cntiere. Cargailon deux pieces. Je feignis porter avec moi ces
prié de chercher quelque qu'on belle m'avoit
Zz 3
étoffe,
pour --- Page 650 ---
3s3 NOUVEAUX VOYAGES AUX ISLES
Ifagh. pour faire un jupon à une nouvelle ma- éroient peut-être déja retenucs. 16y6. riée, quej j'avois eu le bonheur detrou- C'en fut affez, je n'étois encore
ver ces deux pieces, fur leiquellesje les arrivé au Couvent,
pas
priois de me déterminer pour le choix chezle Marchand. lifuivitt qu'ellesétoient tmonconfeil, déja
quej j'en devois faire, parce que je ne il en montra peu, & c'étoittoûjours fcs
m'entendois pas affezi ces fortes decho- dernieres pieces
leur faloit à merfes. On
veille, & dès ce qu'il même foir, il en venbien peut croireque ces étoffes furent dit cing ou fix. Il vint lelendemain maregardées, mais on vouloit fçavoir tin me remercier du fervice
lui
pour qui elles étoient deftinées ( car la avois rendu, &cen peu de jours queje ilfedéfit
curiofité &
eft partoutnaturelle au fexc,) tdssvantagcuiement de toute fa marje n'avois garde de les fatisfaire fur ce chandife. point. files à Elles Pafferent en revûétoutesles Il n'y a que les Livres dont
marier, étoient dans lequar- prefent, on n'a fait un jufqu'a
tier, & FRELST le refte de Plile, fans merce dans pas
grand comque je diffe rien, ni pourapprouver, ni
nos liles. Onr recherchoit les
pour délapprouver ce qu'elles penfoient; armesavecplus fulil, une paire d'emprefement, de
d'un un bon bon
enfin elles en nommerent unc, qui de- Maitre, un coutelas piftolets de bonne
meuroit au Cul-de-Sac Marin, c'eft- c'étoit à quoi penfoient nos anciens trempe, Haà-dire, à vingt bonnes lieties du Fort bitans; femblables aux
leur Saint Pierre: je fis un petit foûris, qui ils fçavoient faire des aétions Lacedemoniens, de
fit croire que c'étoit
celle-la, prenidre des Gallions à
valeur,
& aufli-tôt j'eus le plaifir Dtae les entendre cer des Villes fans Canon, l'abordage, forraifonner tout de leur mieux fur la fa- Nations entieres, mais ils ne détaire fçavoient des
mille, lesbiens, lesqualitez, &lab beau- pas écrire leurs faits héroiques. té de cettepauvre fille, qui ne penfoit à chofesi font a prefent
Les
rienmoins qu'à fe marier, & à mettreun nos Crcolles & autres changées; Habirans quoique n'ayent
fibeaujupon. La conclulion detousleurs point dégeneré de la bravoure
difcours fut, que f une tellefaifoit
ancêtres, ils ont donné dans le de leurs de
ter des jupons d'étoffc d'or à fa RRE tout le refte du monde, ils goût
elles en pourroient bien porter auffi, & roitre fçavans, ils lifent veulent paen faire porter à leurs enfans; & fur le lent paroitre avoir lû, tous, ou veuchamp, elles vouloient fe partager les mons,, des Plaidoyers, ilsjugentdes Serdeux pieces, fans s'informerdu prix, ni entre les autres Mr.
, ils ont donné dans le de leurs de
ter des jupons d'étoffc d'or à fa RRE tout le refte du monde, ils goût
elles en pourroient bien porter auffi, & roitre fçavans, ils lifent veulent paen faire porter à leurs enfans; & fur le lent paroitre avoir lû, tous, ou veuchamp, elles vouloient fe partager les mons,, des Plaidoyers, ilsjugentdes Serdeux pieces, fans s'informerdu prix, ni entre les autres Mr. quelques-uns, font des
s'embarraffer commentj jepourroism'ac- rangues. Déja la
dc nos Haquitter de ma prétendue commiflion. feillers ont étudié en plâpart fe font Con- fait
J'cus toutes les peincs du mondcàlesre- recevoir Avocats au Parlement Droit,
tirer de leurs mains, auffi déterminéfur ily en a même un eft del Paris,
le choix, que j'en étois peu en peine: Droit: les femmes s'en qui mélent Doéteur en
car elles ne purent jamais s'accorder. au licudes'en tenir à leur
auffi, &c &
Quand je les cus mis en fi bon train,jc à leur fufeau, clleslifentlcss quenoiille,
leur dis le nom du Marchand, en les &cfc piquent d'être
gros j'en Livres, conavertillant, que fi elles en vouloient nois une qui fçavantes:
avoir, il falloit qu'elles fe prefiffent, aufli-bicn pour le explique moins Noftradamus le Miniftre
parce qu'il cn avoit très peu, & qui Jurieu expliquoit l'Apocalypfe, que On a
érigé --- Page 651 ---
T6y6 érigé plufieurs FRANCOISES DE
biengarnis de Sieges de Juflice, tous Do@euren PAMERIQUE
deSergens, écautres Proctreurs, femblables de Notaires, feil Souverain Droit, de & Confeillerau Condejuitice. LaChrurgiour fuppots déja donnédes Romans cette Ife, nous a 1lys,
autrefois lestrois grands Roles quijotinient dela Me- façon, &c peu s'en E/pagnols de fa
les decine, font à prefent renfermez dans compofe une Hiftoire cftfallu qu'il n'ait
cins bornese & des del leurérat, ilya des Mede- Domingue, fur
generale de Saint
quantité Apoticaires. Nous avons en fionnaire Poète, avoit AAesorenvuen drellez: d'ailleurs il Mif eft
des Botsnilfies," deAiponteun des deslingenieurs, affaires; riche, il écaimepeu l'embarras des
avons méme des Aitrologues Aftronomes & : nous bien-aife de écrira faire fans doute, & fera
femblables gens inutilcs ou
autres ges fous fes
imprimer fes OuvraPublic, illaute des Livres à nuilibies au de
yeux. &on On Peut tout
quoique iis
la plâpart n'y entendent toutcela; car TÉ, fongenie, que
doittenir
veuient
rien,
beaucoup d'aurres
Ee
Pour cela des paroitre cabinets feavans, illeur faut ainfi msemepieorseer & Timniterent: fans
pourront: avec le tems fe de Livres, qui Tenemereansener voir. une foule
il mefemble vouloir
bliorequess c'eft cc quime changer fait en Bi- chaudicres à d'Auteurs fortir de déja nos
Libraire bien afforti y dinequton ques de Cacao.
ir
veuient
rien,
beaucoup d'aurres
Ee
Pour cela des paroitre cabinets feavans, illeur faut ainfi msemepieorseer & Timniterent: fans
pourront: avec le tems fe de Livres, qui Tenemereansener voir. une foule
il mefemble vouloir
bliorequess c'eft cc quime changer fait en Bi- chaudicres à d'Auteurs fortir de déja nos
Libraire bien afforti y dinequton ques de Cacao. Sucre, & de nos Barriment fes affaires,
feroit pariaiteme d'elprit & furtouts'il étoit hom- Daillurs écrit, on fait à prefent des
tre fes Livres, acommodant, fa Boutique fût &c qu'ou- FS : Separ or confequent, ilfaut procès des
toires garnic les de Aerdemonebnets d'écri- encore Factums écrits à quelle lar grace auront des
pagne, de plus cachets à la mode, de cire d'Ef jets? fautes &c de ratures main, ne feront-ils acombien de
vez, de lunettes riches, &c bien gra- pour en Quelle dépenfe ne faudroit-il pas fuPon elpeces, & de toutcs' d'approches ces
& autres tous ceux donner à a tous les Juges, & pas à
dre, vend au Palais. Il pourroit salanteriesque la bonté de qu'on fa caufe? interét d'iniruire de
& fraiche, que fa Boutique, grande, s'atten- II aborde un
feroit totjours
tres-grand nombre de
oififs dont le ne remplie ARERE Vaitasateiftere que dans
&lourent
ET le rendez vousdes pais manque pas, fiderable desPorts du
de mer des plus bienplas contous ces gensdefeuvrers nouvellites, & de d'inftruirel le Roraumes où on a foin
devoirs &les interéts de tous qui les reglent lcs par desbillers, Public Par des affiches, &c
cux. pendant Mais que tour eft en defordre autres, chez dellérat leur de leurs delarrivéedest cargaifons, Bathinens,
pourvi qu'il qu'importeroit vendir bien au Libraire, lers départ, tout &c du lieu où dutemsce
iesautres affortimens. fes Livres, & tres-grande cela s'imprime, ilsdoivenr & eft d'une alaffaires Je paffe dans plus loin, & la fituation des & cians. On en commodité feroit de Pour les Negonos Mfles me fait croire on s'en trouveroit bien. méme aux Incs,
SURre tant Imprimeur dc y eit neceffire. Car & donc, ily faut érablir une Jele
toute leurviei qui lifent, liront ils le pourpeu Maitre qu'elle foit bien
Am
ils pas la EAERe écrire: N'auronthabile &
fournic, &
démangeaion de
qu'il fera diligent, je lui réteurs? M. ** créolle de devenir Au- Epear
une fortune confideraialanunigue, Voil un abregé des chofes
que l'on
peur
it neceffire. Car & donc, ily faut érablir une Jele
toute leurviei qui lifent, liront ils le pourpeu Maitre qu'elle foit bien
Am
ils pas la EAERe écrire: N'auronthabile &
fournic, &
démangeaion de
qu'il fera diligent, je lui réteurs? M. ** créolle de devenir Au- Epear
une fortune confideraialanunigue, Voil un abregé des chofes
que l'on
peur --- Page 652 ---
NOUVEAUX VOYAGES A UX ISLES
&c s'enrichir par leurs cargaifons feront mieux venducs, 1696.
1G6. leurventest peut porter maisilf aux Ifles, faut queles Marchands & leurs retours micux choifis. C'eft de
fen mettent en tête de n'y envoyer que ce cettc maniere
Meflieurs autres Maurellet Marqu'il y a de plus beau en Europe. Ce de Marfeille, e des quelques fortunes
n'eft plus letems d'y porter dela verro- bles chands dans on le fait Commerce de l'Amerique. confideraterie ou des babiolles, nos fauvages toutce mé- Maisil faut pour cela avoir toûijours un
mes n'en font de cas. de plus Ilfaut riche, de fond d'avance > &c ne pas attendre le
beau,
d'un
faiquilyade TT
Plusnoureat,d de meilleurg goût fanss'em- retour envoi, pour (ongeràen cela mettre à
barrafler du prix, c'eft Punique moyen rc un autre. Il faur avec Aflocié ou
d'avoir un prompt débit, & un profit la conduite des affaires foit un homme
confiderable.
un Commis qui
fage,
Les Marchands qui voudront faire un d'honneur, de bonne confcience, connoif- qui
Commerce avantageux, doiventavoirt un foit poli &c accommodant, s'étudie qui à connoiAflocié; ou un Commis refidenten quel- fe, ou du moins c'eft-à-dire, qui les marchandiqu'une de nos Hfles. La Martinique eft trele fes pais,
& les Habitans,
la plus proprepourd ceteffet de toutes les les qui foit s'y attentif" fabriquent, à fes affaires, qui voie
Iles du Vent. Il faut avoir foin que &toti- tout qui lui-méme, fans s'en rapporter
Magalins affortis, foentotijautsemplis, afin d'être eri état de dé- le moins par qu'il cft poflible, à ceux qui
jours biter fcs marchandifes fans fe prefier, &c font cmployez fous lui, &c fur tout qui
trouve l'occafion favora- n'ait point 'de pafion violente, ou d'atquand ble, & on les remplir de Sucres plus bien con- tachement pourlevin,lejeu, &lesfemditionnez, & autres marchandifes arrivants, du mes. Je fouhaite que les Habitans des Ifles
pais, afin les Vaiffeaux
&c les Marchands qui y! trafiquent, proilsn'ayent ds décharger promptement &c re- fitent des lumieres qu'un long féjour
ce
ont le apporté d"Europe, les marchandifes dans le pais, 8cles emplois quejy ay cus
fur champ
Par m'ont procurées, & qu'ils fe fervent des
An
qu'ils trouveront dans dcux les Magalins. dans la biens qu'ils pourront acquerir par ces
ce moyenils# feront
voiages
comme dc vrais Chrétiens doimême annéc 3 8c ne fc conlommeront moyens faire.
point chafrais & gages d'Equipages, vent
Fin du Tome Premier.
T Afae
andifes dans le pais, 8cles emplois quejy ay cus
fur champ
Par m'ont procurées, & qu'ils fe fervent des
An
qu'ils trouveront dans dcux les Magalins. dans la biens qu'ils pourront acquerir par ces
ce moyenils# feront
voiages
comme dc vrais Chrétiens doimême annéc 3 8c ne fc conlommeront moyens faire.
point chafrais & gages d'Equipages, vent
Fin du Tome Premier.
T Afae --- Page 653 ---
T
A
B
L
E
D E S
C H
APIT R E S,
Contenus dans le Premier Volume,
PREMIERET PARTIE,
CHAPITRE I.
I Amewr Hfes s'engage dans les Mifions des CHAP, droits.
départ de Frangoifes Paris, de tAmerique. Son PIndigo. XI. Defeription du Rocow, 6 2
Gfin embarguemont. fon arrivée à la Rochelle, CHAP. XII. Des
CHAP, II. Départ de la Rochelle, I tnes, des manieres deleit diftrentese efpeces de Tord'un. des Mifansairet, La Mort quesamtres
prendre, 0 deguel
leparée par Hne tempéte. Flotte eff CHAP, XIII. Poifons.
Tropiqie. Un Faileau Baptème du faMaifon Curiale, LAmcir Va demeinrer dans
xail,
perd fon gonver- CHAP, XIV.
I06
CHAP. III. Combat
8 la
Defription dat
de
Arrivée à la
contre #n Anglois. bricot Trinité, de S. 6 des fraits appellex arit
CHAP, IV. Defription Martinigue dus
Domingue , 6 PAvocat,
de la Martiniques e d'une Fort S. Pierre CHAP, XV. De la
IIO
Cabglerre.
partie de la Hfes.
Vigxe qui vient aux
CHAP. V. Daferipcion de
22 CHAP, XVI, Du
II6
dex. Freres Prichenri à la tHabivation CHAA. XVII. Des Manioc.
la Martinigue
Cabeflerre de Hfles.
Boilfons ordinaires des
CHAP. VI. EAaom eff
37 CHAP; XVIII. Des
133'
la Paroife das Maconba, emvoyé dfprunr Vers de Palmifer; dse Scorpions, Serpeni,
ce Qwartier. Des Bôtes Defcriprion de difirenes efpeces de bois à exaiurer; des
Chignes.
ronger, 6 des Chonx.
Palmifles, o de lenrs
CHAP., VII.
45 CHAP. XIX, L'
gre mordu Par Ideureocufifien NEY Serpent. un Ne- di mal de Siam, Autewr eff attagué
CHAP. VIIL. Vayage de PAutewra 54 rit, Maniere de Comment il en guéForterefe. Royal. Defeription de la Ville 6 An de Fort la en Enrope > 6 porter de les les. Orangers
conferier.
CHAP, iX. Prife de denx. Faifeaue An- 65 CHAP, XX. Maladics des
glois par les Flibagfiorn. Lexr maniere de Créolles. Erabifemens d's sne Negres e des
sumbaurres G le Traité
Cul-de-Sac Roberr.
Paroife Au
leur courfe.
qu'ils font powr CHME, des
De/cription de la BeCHAP, X. Etat des
chenilier. Galeres, o de Parbre de ManCurez. qui les Paroifes des Hles, 2 CHAP, XXI.
Tom.1,
defervent s 6 lewrs Sorciers, Hfuirts de quelgues Nogres
CHAP,
Erabifemens d's sne Negres e des
sumbaurres G le Traité
Cul-de-Sac Roberr.
Paroife Au
leur courfe.
qu'ils font powr CHME, des
De/cription de la BeCHAP, X. Etat des
chenilier. Galeres, o de Parbre de ManCurez. qui les Paroifes des Hles, 2 CHAP, XXI.
Tom.1,
defervent s 6 lewrs Sorciers, Hfuirts de quelgues Nogres
CHAP, --- Page 654 ---
T A B L E
E S
SECONDE PARTIE. CHAP. XIV. TAntenr part pour la GHACHAP. I. Le Superienr General des. deloupe. Defcriprion des Bargues, BriganMiffions des Freres Précheurs meurt S. tinsyCrCorvettes dont on anclfeic74
Thomas; fon Enterremenit. LesMilfion- CHAP.XV. Defcription Bonrg de laBafcefte
naires de laMartinique en élifent tn Al ferterre; dal Fort,
6 desComvents;
treafaplace. I o dut quartier appellé Baillif. AeRERS
CHAD.IL. Des Sanvages appellez Caraibes, CHAP, XVI. Deferipion des quartiers du
de leurs qvètemens, armecs, vaifeaux c Marigot, des. Robert, de laMagdeleine;
coitumes. 3 des habirans ; d la Deftente des Anglois
CHAP. III. L'Autenr VA dlt Cul-de-Sac en1691. François. Defcription d'un Carbet des Ca- CHAP. XVII. Defcription dss quartier de
raibes. 27 THletaGoyeves des Fontaines bomuilluntes;
CHAP.IV. Defcription du Cul-de-fac Fran- detAnce a Ferri; delarbre d du baume
gois. 33 de Copaiis e ds bois Laiteux,
9I
CHAP, V. Defcription de la Ville G dePE- CHAP. XVHI. Du bois appellé Tendre à
glfe dss Fort Royal. Mort extraordinaire caillow; des Fourmis blanches 015 Poux de
de quelques perjonnies nouvellement arri-. bois.; du Bois amer dde fes eferss des
wees de France, Confeil Sowverain de la Igrames er des Patates. IOI
Martinique. 36 CHAP. XIX. Des Oifeauex appellex DinCHAP. VI. Des Mulatres, Mariere de les bles, de leur chafe. Defeription de laSonconnoitre. Hifoire du *** 6 dequelques phriere. babitans blancs qui ont éponfe des Ne- CHAP.XX. Des Mouches à miele de leNr
grefes. 40 cire; desGuefpes, remedeàleur piquire;
CHAP.VII Des Paletuviers 018 Mangles, des Mouches lsifantes; des grolfes mouches
de leurs differentes efpeces; 5 das Quinquina: cornnès; desTiatos, desAgomis, : Gdes
rdes Huitres. 38 Cochons marons. IIS
CHAP. VIII. Des diferentes efpecesde Pe- CHAP.XXI. Du Cotton, delarbre qui le
roquets desIfles. PAfage des Gallions d Ef porte, defesdiferentes efpcces,e des moupagme. 44 lins pour Péplatcher. 12F
ÇHAP. IX. Des Tuoxrlouroux, des Crabes, CHAP. XXII. Defcription dugranider du
des Ciriques; d'une maladie appellée mal petit Cul-de-fac de la Guadzloupes dé la
d'eftomac. 47 Riviere S. Charles; de la RiviereSale;
CHAP. X. Ldhonorsafurefauire les Paf- du Fort Lowis; dce que c'eff qu'sm Bouquesaux babitans des Cnl-de-Sac, Robert can de Tortwè,
I3I
e Frangois: Defeription d'un Poilfon ap- CHAP.
cription dugranider du
des Ciriques; d'une maladie appellée mal petit Cul-de-fac de la Guadzloupes dé la
d'eftomac. 47 Riviere S. Charles; de la RiviereSale;
CHAP. X. Ldhonorsafurefauire les Paf- du Fort Lowis; dce que c'eff qu'sm Bouquesaux babitans des Cnl-de-Sac, Robert can de Tortwè,
I3I
e Frangois: Defeription d'un Poilfon ap- CHAP. XXIII. Defcription de la Cabefterre. pelléLamentine o1 Manate.. 55 Du Marqmifar de Sairite Marie. Projet
CHAP.XI. Ds Goyavier; : ds Cerifiers e d'ume maijfo forte pour Monfiewr Hoiiel. d'un petit poilpfon appellé Titiri oit Pifquet. Du Gingembre, de fa culture 6 de fes
62 nfagess des Bois marbrez 6 violets; de
CHAP. XII. Defcription d'un Ouragan. la Canelle batarde. 144 des
Maniere de mariner les Ramiers. 67 CHAP.XXIV, Defcription de Ouartier
CHAP. XIII. Arrivée d'un Supericter Ge- troisRivieres, Di Redstit e detost lepais
weralde:Miffons des facobins. Ont tranf- jnafgui'am Fort de la Bafe-terre. 153
porreaS. Domingtte la Colonis Frangoijfede CHAP.XXV. Defeription de la Pointe dss
cfe Sainte Crois.
de. 144 des
Maniere de mariner les Ramiers. 67 CHAP.XXIV, Defcription de Ouartier
CHAP. XIII. Arrivée d'un Supericter Ge- troisRivieres, Di Redstit e detost lepais
weralde:Miffons des facobins. Ont tranf- jnafgui'am Fort de la Bafe-terre. 153
porreaS. Domingtte la Colonis Frangoijfede CHAP.XXV. Defeription de la Pointe dss
cfe Sainte Crois. 72 vicnx Fort, e de toute la côte jufqu'z
la --- Page 655 ---
C H A P I T R E S.
la riviere de S. Loitis; de lariviere des CHAP. V. Du.
Gallions; du lien appelléle Parc; 6 de la
Sucre, e de tout ce quiregarcacjufgalaritieres des Habitans, 159 Des defafibrigue, Cannes de e fese diferentes dpeca224
CHAP, XXVI. Voyage de PAuteur de la Des Moulins à Sucre.
Guadeloupe a la Martinique. Defcription Des
Sucre,
deslRese des Saintes
Sucreriet, e de leur Equpage,
CHAP. XXVII. Du
170 Dadiforomers efpeces de Sucre.
maniere de faire les Pommierdeslfet. canots: de la chaux, La De Sucre Terré.
28;
dss fable, ds moëllon, G des pierres de Des Du Sucre Pafe.
305 293
taille.
Sncres deSirop cd'Ecumes,.
175 Du Sucre Raffiné.
TROISIEME PARTIE,
Du Sucre Roial,
CHAP, I. L'Autewr eff élh Proct- Du Du Sucre Sucre Tappé.
314 315
reur Sindic de la Mifion de la Marti- Prodsit d'une Candi,
nigse. Des diferensbois employe dans De
Sucrerie.
les Bàtimens. Maniere Trad convrir lesmai- Etat LEau-de-Vic de Cannes.
fons avec des têtes de Cannes Or de Ro- Habitatim. deNigres quifoint mecefraires dans sne
CHAP.II. feaux. Des Habitations
185 Emploi des Nogret, d
nouvelles, ComdesNegrefes. 323
ment ono obtient les Concefions des Terres, e Doperfe tien de mecefaire posr la nourriture Grentrecomment on les défriche.
cent vinge Eplave.
CHAP.III. Du Palma Chrifti. Du Coref: 199 Comptedel de la diporfe d'une Habitation fournie
falier. Du caur de Banf. Des pommes de
cent wingt-Nigrer.
Canelle, Du bois Immortel, Du Medici- Mamfuilarei gue Pon pourroit érablir AMX
nier.
Ifes.
CHAP, IV. Des) Bananiers. Des Figuiers; 210 Marchandifes propres aux Iles, e frlif 339
6 des Balifers,
quellsilyann) prefit corfiderable *
faire.
Fin de la Table des Chapitres du Premier Volume.
M E. --- Page 656 ---
--- Page 657 --- --- Page 658 --- --- Page 659 ---
E724
Lu4n
1 812E
- --- Page 660 ---