--- Page 1 --- --- Page 2 --- --- Page 3 ---
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NOTICE SUR LA VIE
DE
DUPONT (DE NEMOURS), --- Page 4 ---
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- - --- Page 5 ---
NOTICE
SUR LA VIE
DE
DUPONT (DE NEMOURS),
CONSEILLER D'ÉTAT, CHEVALIEN DE L'ORDRE ROYAL
DE VASA ET DE LA LÉCION D'HIONNEUR;
PAR M. D E M.. . )
C.R.INL.C. D. C., Electeur du département de la Scine.
A > XA>4444
A PARIS,
DELAUNAY, Libraire au Palais-Royal, Galeries de
Chez
Bois, no 243.
- PELICIER et PETIT, Libraires au Palais-Royal.
1818. --- Page 6 ---
a --- Page 7 ---
NOTICE SUR LA VIE
DE
DUPONT (DE NEMOURS ).
Derosr (Pierre - Samuel) naquit à Paris,
Je 14 décembre 1759, de Samuel Dupont et
de Anne de Monchanin, ses père et mère (1)-
Son âme était noble, élevéc, générense ;
sou esprit était cultivé et aussi aimable qu'ori-
(1) Ses ancètres, du côté de sa mère, étaient originaires de Bourgogue, ct avaient cntrée aux états de la
province au scizicine siecle; mais des événements politiques ruinerent ct dispersérent cette famille. Cctte
branche portait pour armes : De gueules, aux deux
chevrons d'or, trois étoiles d'argent posées deux ct
une, le tout surmonté d'un casque.
I --- Page 8 ---
(2)
ginal; son caractère était bon et
ses principes justes et fermes.
courageux,
Iavait une grande instruction dans
touresterbranchesdes
presqie
et des lumières fort étendues cousisenceslnttainieny
sur
principalement
T'administration, le commerce et la
tique; il écrivait avec
polide talent.
beaucoup de facilité et
II était aimable et galant auprès des
etil ne perdait jamais l'occasion de dire damcs,
faire quelque chose qui leur fàt
ou de
Il fut l'ami particulier des agréable.
Malesherbes, des Lavoisier.
Turgot, des
Il eut I'honneur de correspondre
sieurs souverains.
avec pluSon père avait une charge
Roi.
d'horloger du
Sa mère joignait à des qualités
aimables,
del'esprit, ce qui la fit distinguer de
gens de lettres qu'elle rencontra dans quelques
ciété, et qui vinrent former la siennc. la SOpar les soins de la tendresse
C'est
dans les premiers germcs de maternelle, et
que le jeuue
son édncation,
Dupont puisa le goàt de la
ture et le désir
lecde bonne
d'apprendre ; 'sa mère forma
heure sa mémoire, et se
de cultiver son esprit à mesure
promettait
qu'il sc dé-
la fit distinguer de
gens de lettres qu'elle rencontra dans quelques
ciété, et qui vinrent former la siennc. la SOpar les soins de la tendresse
C'est
dans les premiers germcs de maternelle, et
que le jeuue
son édncation,
Dupont puisa le goàt de la
ture et le désir
lecde bonne
d'apprendre ; 'sa mère forma
heure sa mémoire, et se
de cultiver son esprit à mesure
promettait
qu'il sc dé- --- Page 9 ---
(5)
velopperait, lorsqu' clle lui fut enlevée en
1751.
La perte de sa mère, lorsqu'il n'avait encore que quatorze ans, changea la forme de
son éducation 2 et les projets qu'elle avait
conçus n'eurent pas desuite. Son père lei fit
discontinuer ses études pour apprendre T'horlogerie, et lui signifia qu'il le destinait à lui
succéer dans sa charge.
Le jeune Dupont ne put résister à cet ordre
formel; il fallut Jaisser les livres pour prendre
la lime et le marteau ; mais il avançait pen
dans son nouvel état : il avait toujours des
livres sur son établi; il fallut bientôtles cacher
pour éviter les réprimandes de son père. La
nuit fut employée aux lectures; mais alors, s
le jour, il dormait au lien de travailler, CC
qui Jui attirait toujours desreproches. Cependantl l'amour propre lui ft faire quelques progrès. Sa vue basse lui était extrêmement désavantagense, parce que,quelquelois, il posait
unl outil surunepièce qu'il venaitde terminer,
et la gàtait. Un jour, à la suite de reproches
assez violeuts que luiavait faits son père, il sc
décida à lc quitter, et voulut vivre de son travail. Il prit une chambre avec un de ses anis,
qui travaillait aussi dlerlkgerisogtoigailiex --- Page 10 ---
(4)
eût pas plus d'envie que le
mais bientôt ils
jeune Dupont ;
aurait de la
s'aperçurent que leur travail
peine à subvenir à leur
Un frère de la mère du
dépensc.
ne l'avait
jeune Dupont, qui
pas perdu de vue, le
avec son père, et il rentra sous la raccommoda
paternelle (Il: a conservé
domination
qu'il a vécu, une
pour cet oncle, tant
de nouveaux
profonde vénération); mais
Dupont à se désagréments forcèrent le jeune
il était
séparer encorede son
un peu plus
père: alors
fier quelques
habile, et il pouvait sacriheures à la lecture.
Il fit quelques mémoircs
tion,qu'il allait
sur l'administraporter à
de M. de Choisenl.
Verailesilaudience
L'embarras dans lequel les
Louis XV se trouvèrent
finances de
gérent le ministère à
en 1763 (1), engafaire un appel aux civiest
Koeeactot
l'amélioration des
pour
finances, et surtout
indiquer att Gouvernement le
pour
tir de l'embarras où. l'on était. moyen de sorPlusieurs écrits furent
qui fitle plus de sensation publiés, et celui
dans le public était
(1) Il parait qu'à cetle époque l'Etat clait
quinze cent millions.
obéré de
finances de
gérent le ministère à
en 1763 (1), engafaire un appel aux civiest
Koeeactot
l'amélioration des
pour
finances, et surtout
indiquer att Gouvernement le
pour
tir de l'embarras où. l'on était. moyen de sorPlusieurs écrits furent
qui fitle plus de sensation publiés, et celui
dans le public était
(1) Il parait qu'à cetle époque l'Etat clait
quinze cent millions.
obéré de --- Page 11 ---
(5)
intitnlé : Richesse de P'Etal. Après l'avoir
lu, le jeune Dupont laissa la lime pour prendre la plumc. 11 avait médité sur cet écrit, ct
il pensa quelauteurs'éait trompédans ses caieuls;il voulutle démontrerau public. Ilfitue
petite brochure portant le titre de Reflezions
surl'écrit intitulé Richesse de L'Etat
1763.
Il parait qu'il avait conservé quelques liaisons avec des gens de lettres, ct surtout avec
l'abbé de Voisenou, puisqu'il lui dédia sa première brochure, et qu'il dit dans son épitre
dédicatoire : Sije parvenais un jouri savoir
écrire, pour que personne n'en soit surpris,
je suis bien aise que chacun apprène que c'est
vous qui m'aves moutré.
La gaité de caractère qu'a toujours montréc
M. Dupont de Nemours, a tenu 2 peut-ètre,
aux posineinpsesiomegpeila reçuesde son
Mécène.
Il réfutait lauteur par des calculs positifs ;
il mettait dans la discussion cette bienséance
et cette retenue qu'il a toujours mises dans ses
écrits, et il finit sa brochure ainsi:
> Jene pense pas qu'il mc soitrien échappé
)) qui puisse lui (l'auteur) déplaire. Si ce
>) malleurm'éaitarive sans que je m'en aper-
)) çoive, qu'il m'excusc; car ce ne fut pas --- Page 12 ---
(6)
> mon intention.
>> tous ceux qui Jhonoreses talents, j'adors
> lité
consacrent leurs veilles à l'utipublique; et je
M témoigné
croirais avoir bien
mon amour
mal
> m'étais attiré la haine pour la patrie, si je
>
d'un de ses
citoyens. ))
meilleurs
Il ne mit point son nom à
Elle tomba entreles
cette brochure.
mains
nay, qui crut voir dans les dudocturQucie
germes des principes
vues de l'auteur les
de ses amis voulaient que lui et quelques- s-uns
On s'iniorma qui avait metire en doctrine.
sut que P'auteur
fait cette brochure, on
s'appelait
on ajoutaitque clejeune
Dupont, et comme
guelqu'an
homme était un
connnaissant un M.
artisan,
vre à Sens 2 ou ne douta
Dupont, orfèOn lui écrivit de venir pas que ce ne fàt Jui.
les répouses
à Paris; il y vint, mais
qu'il fit aux questions du
Quesnay déiontrérent
docteur
teurdel la
qu'il n'était pas l'aubrochure; On Jui
et on l'engagea de
paya son
févre.
continuer le métier voyage, d'orIl fallut donc se mettre de
Enfin, ousut par le libraire nonveau en quête.
Bientôt On connut son
quel éaitl'auteur.
vit de se
domicile, et on Jui écrichez madame rendre, au jour qu'on lui
la marquise de
indiquait,
Pompadour, ou
teurdel la
qu'il n'était pas l'aubrochure; On Jui
et on l'engagea de
paya son
févre.
continuer le métier voyage, d'orIl fallut donc se mettre de
Enfin, ousut par le libraire nonveau en quête.
Bientôt On connut son
quel éaitl'auteur.
vit de se
domicile, et on Jui écrichez madame rendre, au jour qu'on lui
la marquise de
indiquait,
Pompadour, ou --- Page 13 ---
(7)
deraientserémir, le doctcur Quesnay, le marquis de Mirabeau et quclques autres personnes
qui professaient les mèmes principes.
Lorsque le jeune Dupont vit entrer dans S2
chambre un domestique à la livrée de madame
de Pompadour, il ne savait qu'imaginer de CC
message. Il tint conseil avec quelques amis,
pour savoir s'il se rendrait à l'invitation ; l'avis
fut pourl'affirmative- Le jeune Dupont, au jonr
indiqué, cst introduit. Là siégeaient lespairs de
la science de l'économnie politique ; on l'interroge, et on rcconnait en lui l'auteur de la
réponse i la richesse de PEtat; on lui fit des
questions auxquellesi sil réponditàlas satisfaction
de T'aréopage; alors on lui donna des sujets
d'économiepolitiques traiter daus unmémoire;
peu après on le chargca de la rédaction d'un
journal d'agriculture, du commerce et des
finances, qui devait propager les principes de
l'économie politique. Dès ce moment, le jeune
Dupont laissa la linic, prit la plume et se livra
tout entier à la nouvelle carrière qui s'ouvrait
devant lui. Ils'acquitta de ses travaux à la Satisfaction de ses protecteurs, et M.de Melian
J'emmena à Soissons, dont il était intendant.
Quelque temps après, il fut chargé de faire
des recherches, dans les généralités de Sois- --- Page 14 ---
(8)
sons et de Limoges, afin de
venu des terres dans lcs
connaitre le repetite cultures. Ce fut
pays de grande et
sance de
alors qu'il fitla connaisM.Turgot, auquelil s'attacha,
par amitié, que par reconnaissance.
autant
Ses tra vaux le mirent en
M. Trudaine lepère,
relation avec
alors intendant du commerce, 2 Ct lui valurent d'être
des sociétés royales
nommé membre
et
d'agriculture de Soissons
d'Orléns, et correspondant de la
royale de Londres (1).
société
Un ouvrage qu'il fit en 1768 intitulé,
siocratie, 2 ou Constitution
Physernement le plus
naturelle du goumain,1 lui fit une avantageuz au genre huhommes qui
grande réputation parmi les
conomie
s'occupaient de la science de l'évrage toute politique. la
1l développe dans cet ous'il n'a
profoudeur de cette science, et
pas satisfait tout le monde, au moins
continuait-il à tenir la parole. qu'il avait
donnée
(1) Il se maria en 1766, à
Louisc Ledée, dont les beaux Nieod-Chardolie-Naritebonte de son caeur et la douceur yeux, de la candeur, la
saient à pcu près toulc la fortunc. 1l son caractère faiMarie-Victor ct Eleuter-Irenée
en cut deux fils,
établis aux Etats-Unis.
Dupont, tous deux
le monde, au moins
continuait-il à tenir la parole. qu'il avait
donnée
(1) Il se maria en 1766, à
Louisc Ledée, dont les beaux Nieod-Chardolie-Naritebonte de son caeur et la douceur yeux, de la candeur, la
saient à pcu près toulc la fortunc. 1l son caractère faiMarie-Victor ct Eleuter-Irenée
en cut deux fils,
établis aux Etats-Unis.
Dupont, tous deux --- Page 15 ---
(9)
dans son premier écrit, en montrant son amour
pour sa patrie.
de rédiger les
En 1769, il fut chargé
dont il
Ephémérides du citoyen, 1 ouvrage
donnait un volume tous les mois. Ccs Ephémérides ne circulaient pas seulement en
France, elles sC répandaient cn Allemagne
chezle margrave deBade, etl parviurent au roi
de Suedes Les fils du margrave voyageant à
Paris allèrent voir l'auteur des Ephémérides
dans une petite maison, rue du faubourg SaiutJacques.
sur l'imLes contrariétés qu'il éprouvait
pression de divers articles de ses Ephémerides le chagrinaient. Le margrave de Bade le
fit venir, lui donna le titre de son consciller
aulique. M. Dupont demanda au Roi la permission d'accepter ce titrc et elle lui fut accordée lc 22 mars 1775. Le prince fit tont CC
pour le retenir, 2 mais il était Franqu'il put etil espérait qu'en démontrant au gouçais,
d'alors, qu'il fallait protéger I'avernement
griculture, diminuer les lois de prohibition et
les entraves misesau commerce, parcequ'clies
empéchent lindustrie, appauvrissent les citoyens et atfaiblissent F'Etat, il verrait triomplerla cause qu'il avait entrepris de défendre. --- Page 16 ---
Il revint à Paris. (10)
M. l'abbé
conreleurnéndal, qui
Terray, 2 alors
système de l'auteur des n'appronvait pas le
sait supprimerdest
Ephémérides, lui faide
pages entières, au
limpression du volume.
moment
moments de
Ce fut dans ces
prince
contrariétés, en 1774, que le
Coartoryskiétait à Paris.
vrages de M.I
Iilisaitles ouqu'il allait voir. Dupont et il en estimait
Un jour, à la suite
l'auteur
versation, 2 le prince
d'une convenir en Pologne proposa à M. Dupont de
cinq ou six
auprès de son fils
ans, et de veiller à
qui avait
pendant dix ans.
son éducation
M. Dapont n'a
il
jamais pensé à sa
vivaitavec sa femme et
fortune ;
pas dans l'aisance, nais deux enlants, non
nête. Lcs
d'une manière honpropositions du
plus du côté de Phonneur prince le fiattaient
d'être à la cour du roi de qu'il allait trouver
gent qu'il pouvait CM retirer Pologne, que l'arprince quilui fit la
; aussi ce fut le
dix mille francs
proposition de
une voiture
par an, de lel loger, luidonner
bout
7 de lui payer son
d'ajouter
des dix années de lui
voyage, et au
francs.
compter centmille
II demanda, avant de
prince, T'avis de M.
terminer avec le
Turgot, et celui deM.le
'il allait trouver
gent qu'il pouvait CM retirer Pologne, que l'arprince quilui fit la
; aussi ce fut le
dix mille francs
proposition de
une voiture
par an, de lel loger, luidonner
bout
7 de lui payer son
d'ajouter
des dix années de lui
voyage, et au
francs.
compter centmille
II demanda, avant de
prince, T'avis de M.
terminer avec le
Turgot, et celui deM.le --- Page 17 ---
(11 )
marquis de Mirabean ; ils lui conscillèrent de
ne pas iefuser cct avantage, et afin de donner un gage i ses amis et leur prouver qu'il
ne s'éloignaitque pour un temps, On lui conseilla d'acheter,avant de partir, une propriété.
Ilsuivit cC conscil, etaprès avoir terminé avec
le prince, il fit lacquisition d'une maison de
campagne, appelée le Bois-des-Fossés, entre
Nemours et Montargis, à trois lieues de la
grande route, dans un village qu'on nomme
Chevannes, à cnviron deux licues de Bi2
gnon, terre qui appartenait à M. le marquis
de Mirabeau. La propriété était composée
d'une maison bourgeoise, de terres, prés, vigues et bois ; le tout lui coûtait environ trente
mille fraucs, il en paya une partic comptant,
au moyen d'une avauce que lui fit le prince,
et il prit des arrangements pour lc surpins.
Malgré la perspective qu'avaient plusienrs
de ses protecteurs d'entrer att ministère et de
lni être utiles, attendu l'avénement au trône du
jeune roi Louis XVI, il fallut exécuierl'engagement qu'ila avait contracté avec le prince Czartoryski; aussi partit-il, vers les premiers jours
de juillet 1774, avec sa femme et ses deux
enfants. On sera peut-ètre bien aise de trouverici une lettre de M. Dupont à son oncle --- Page 18 ---
de
(12)
tueux Monchanin, pour qui il avait un
l'avait attachement, gui dans tous les respecreçu avcc bonté, aidé
temps
et qui souvent lui avait
de ses conseils,
qu'il
adouci les
éprouvait dans la maison
chagrins
Cet oucle lui avait fait
paternelle.
de son
ses aclieux la
départ: : 0 va voir,
veille
neven, Pamitié de l'oucle.
par la lettre du
Chevannes, le 18 juillet 1774.
4 Mon cher oncle,
> Il est des choses
n n'oublie jamais dans et des traits que l'on
)) vous avez eue de venir la vie. La bonté que
)) robe de chambre
en pantoufles et en
> Jacques (1),
jusqu'au faubourg Saintx
pour me donner un dernicr
> enbrasstment, est un trait de
qui sera toujours
cette espèce
D suis arraché
gravédansmon
au
cour.Jeme
)) trainé et retenu mouvement à
qui l'aurait en3) demontrerdelaf vous.Jen'avaisy pas besoin
D n'était que trop faiblesse; troubléc ma pauvre femme
ct trop alfligéc de
(r) Il élait quatre heures du
chanin demeurait ruc Saint-Louis matin, ct M. de Mondu Palais,
dernicr
> enbrasstment, est un trait de
qui sera toujours
cette espèce
D suis arraché
gravédansmon
au
cour.Jeme
)) trainé et retenu mouvement à
qui l'aurait en3) demontrerdelaf vous.Jen'avaisy pas besoin
D n'était que trop faiblesse; troubléc ma pauvre femme
ct trop alfligéc de
(r) Il élait quatre heures du
chanin demeurait ruc Saint-Louis matin, ct M. de Mondu Palais, --- Page 19 ---
(15)
ses dieux domestiques. Mais la vio-
) quitter
>> lence que je me suis Lite ne rendait que
le scutiment
me déchi-
> plus pénéurant
qui
>) rait T'ame. Soyez.stir, mon cher oncle,que
corps,l'un ctl'aure
>> tatpiolleviviferatons
)) seront toujoursà vous 7 et daiguez me mettre
>> à portée de vous prouver combien je vous
)) respecte et je vous aime.
> Je suis resté ici huit jours h prendre des
> arrangements nécessaires 2 el la connais-
> sance du pays dont j'ai besoin, pour éclaide.mon bien. J'ai loué
> rer Fadministration
> mes vignes à M. de B. 2 pour le tiers
> franc de la récolte. J'ai affranchi ma fer-
)) mierc des corvées qu'elle faisait pour mon
> prédécesseur, ct quine me sontpoint utiles,
>) et en conséquence elle a augmenté son
à) bail de 60 fr.par an. Jesuis très-content de
) mon acquisition : la maison, sans être belle,
)) est propre ct logeable, très - boune pour
>) tout homme sage ct modeste. Le pays est
> beau, les vues charmantes ; l'air, l'eau, le
)) rin,le grain et les aliments de tonte espèce,
D excellents. Le revenu sera très - clairement
> de 1,500 fr. ; ct sij'y revicus vivre, Cu dé-
)) pensant dessus 12 ou 15,000 ir. cn amélio-
)) rations, j'eu tirerai aisément 1000 écus, --- Page 20 ---
(14)
3) qui me feront plus
)) à Paris.
riche ici que 8,000 fr.
) C'est un de mes désirs
)) vivre, si vous vous
que vous y veniez
> la
retirez.Je
préférence à
vousdemande
D) serez micux, ni genoux. Nulle part vous ne
>) ct qu'il me serait plus riche à moins de frais;
doux
)) jours de mon bon
d'adoucir les vieux
> pérelJ'y
oncle, qui m'a servi de
>) Il faut finir
tante
xondhnaitaunimabonne
> la vie des
comme on a commencé fille.
champs, qui est
, par
> la plus pure et la
la plus douce,
> vannes un
plus saine.J'ai pris à Che-
))
préservatif dont
contreles fumées et les folies javais besoin,
> J'ai promené
de P'ambition.
>) pèce de héros partout de jusqu'à présent une es-
>) sage. La vraie
roman, plus uoble que
) mes prés, surles Philosophie était cachée dans
)) rière la haie de bords de ma rivière, der-
> champs et mon bois mes vignes, entre mes
)) brassée, serrée
: je l'y ai saisie, em-
> dans mon coeur contre ma poitrine,
et dans
logée
> ne sortira plus; elle
ma tête, d'oà elle
* reste de ma vie,
y fera le bonheur du
) recomnaissauce. avec Tamitic,lamour et la
9 sentiments,
Je vous dois tous ces trois
mon cher
> taiu queje m'sequitterai. oncle, et soyez cer-
, der-
> champs et mon bois mes vignes, entre mes
)) brassée, serrée
: je l'y ai saisie, em-
> dans mon coeur contre ma poitrine,
et dans
logée
> ne sortira plus; elle
ma tête, d'oà elle
* reste de ma vie,
y fera le bonheur du
) recomnaissauce. avec Tamitic,lamour et la
9 sentiments,
Je vous dois tous ces trois
mon cher
> taiu queje m'sequitterai. oncle, et soyez cer- --- Page 21 ---
(15)
n Présentez mon respecth ma tante votre
>) épouse et à ma chère tante fille, à quije
D) voudrais et ne puis encore écrire. Embras2 sez pour moi mes cousins et ma pauvre
bien tendreD ct chère soeur, que j'aime
> ment.
) Ma femme et mes enfants vous offrent
>) leurs respects. N
11 continua sa routc, ct n'apprit qu'à son
arrivée cn Pologne que M. l'urgot avait été
nommé secrétaire d'état de la marinc, le 20
juillet 1774Sa répuration.quiTavait précédé à la cour
de Pologne, fit que le Roi désira avoir un
entretien avec Jui. I fut nommé, dans cette
république, ministre d'état ct secrétaire du
conscil suprème del'alminisurationnistrationnationale,
chargé de la direction ei des places de toute
l'instruction publique, depuis les académies,
les universités, collèges, cic., jusqu'aus petites écoles. Par-delà l'engagement qu'ilavait
avec le prince Czartoryski, la république lui
assigna un traitement.
Mais pendant qu'il s'acheminait VCrS la
Pologne, M. L'urgot ne l'avait pas perdu de
vue. Aussitôt eniré atl ministère de la marine,
il Jui écrivit qu'il avait le projet de le fire --- Page 22 ---
(16)
nommer intendant de
des pouvoirs étendus Te.de-Prancc, avec
cette colonic. M.
pour T'adiministration de
seulement on counaissait Dupont répondit que nonle prince; mais
son engagement avec
logne, il eu avait que depuis qu'il était en Pojesté.
pris d'autres avec Sa MaM. Turgot ne resta dans ce
trente-cinq jours ; cl, le 24 août ministère que
nommé par le Roi à la
1774, il fut
géinéraldesfinances.
place de contrôleur
got
Alors les idées
changérent sur le
deM.Turil pensa qu'il pourrait compte lui
de M. Dupont ;
litédans ce ministère,
être de quelque ntiqui, cn le
etil chercha une place
d'étendre rapprochant de lui, le mit à
ses
même
qu'il avait. La connaissances et d'utiliser celles
place
commerce était
d'inspecteur-géméral du
Roi
vacante, et illa
pour M.I Dupont. Comme il demanda au
prince
savait que le
Czartoryskiavait fait des
levoyage de M.I
avances pour
gager d'avec Dupont, et qu'il fallaitle
Roi,
ce prince, un ordre
déen date du 27 septembre
formel du
par M. de Vergennes,
1774, expédié
il était
rappela M. Dupont;
alors accompagné d'un bon de
put
s'acquitter
50,000 fr.
les frais de ses
avec le prince et faire
voyages. Il
n'yavait I as moyen
artoryskiavait fait des
levoyage de M.I
avances pour
gager d'avec Dupont, et qu'il fallaitle
Roi,
ce prince, un ordre
déen date du 27 septembre
formel du
par M. de Vergennes,
1774, expédié
il était
rappela M. Dupont;
alors accompagné d'un bon de
put
s'acquitter
50,000 fr.
les frais de ses
avec le prince et faire
voyages. Il
n'yavait I as moyen --- Page 23 ---
(17)
de résister à l'ordre du Roi; et M. Dupont
revintà Paris, oû il arriva dans les derniers
jours de décembre 1774Sa nomination par le controleur-général k
la place d'inspectonr-général du commerce s
est du 20 septembre 1774, et l'arrèt du COnscil confirmatif est du 16 décembre 1775.
M.'T'urgot, économe des deniers del'Etat,
n'avait fait porter le traitement d'inspecteurgénéral du commerce qu'à 8,0v0 fr. I Jui
donna des frais de bureau et un Jogement à
Thôtel du contrôle général.
Là a commencé, avec plus d'intimité, la
liaison de M. Dupont avec M. T'urgot. Le
ninistre ne regardait pas M. Dupont comme
uniquement chargé des affaires du commerce:
lorsquedes mémoiresoudesalfaires exigeaient
des rapports détaillés à faire au Roi, il les lui
renvoyait et lui demandait toujours son avis.
Il travailla à plusieurs préambules d'édits. Ce
ininistre pensait qu'il fallait faire connaitre les
motils qui déterminaient les lois; et on doit
se rappeler que ce fut sous ce ministère que
l'ou commença à mettre le plus de préciston
dans les préambules.
C'est pendant ce temps que M. Dupont fit
graver la l'able raisonnée de PEiconomie po2 --- Page 24 ---
(18)
litique, qui u'est qu'un tableau des
énoncés dans ses
principes
rement dans la ouvrages, 2 et plus particuliéPhysiocratie.
Ireçut, pendant qu'il étaitau contrôle
néral, une marqne de bienveillance du géde Suède, qui lui
Roi
Vasa; et ce fut M. le envoya lordre royal de
qui avait lc
marquis de Miralicau,
grand cordon de l'ordre,
le
reçut chevalier , le 29 juin 1775.
qui
llaccompaguait toutes les semaines
got à Versailles,
M.Turlorsqu'il allait au conseil.
Seize mois se sontainsi éconlés. M.
a censervé sa réputation
Dupont
sonne n'a pu dire qu'ilavait d'intégrité, et perfiance du ministre
profité de la coaM.
pour arranger ses affaires.
Dupout est sorui du contrôle
avec une perspective de fortune
général
moins grande que celle qu'il avait beaucoup
Ci Pologne.
pu espérer
Son père qui était retiré du
9u vivait à Roueu, vint au coutrôle commerce et
il cut la satisfaction de voir
général;
rance de sOn fils à vouloir
que la persévénistration, l'avait conduit à deveuir s'occuper d'aderimiuistre, dont la réputation
l'ami d'un
faire uu tres-grand
ne pouraitque lui
houneur; ruais M. Dapont
ral
moins grande que celle qu'il avait beaucoup
Ci Pologne.
pu espérer
Son père qui était retiré du
9u vivait à Roueu, vint au coutrôle commerce et
il cut la satisfaction de voir
général;
rance de sOn fils à vouloir
que la persévénistration, l'avait conduit à deveuir s'occuper d'aderimiuistre, dont la réputation
l'ami d'un
faire uu tres-grand
ne pouraitque lui
houneur; ruais M. Dapont --- Page 25 ---
(19)
eut la doulenr de lui voir termiuer sa carrière
au contrôle général.
M. Dapont avait un bean-frère, receveur
aux entrées de Paris. Les fermiers-généraux
Jui proposérent de l'adjoiudre à l'un d'eux;
mais M. Dupont qui in'était pas un chaud partisan de la ferme générale, et qui espérait
que lEtat ponrrait se passer d'elle et obtenir
de l'argent à meilleur marchéque celuiqu'elle
procurait, refusa leurs offres. Ine voulait pas
qu'on pit dire qu'il avait use de'son influence
pour obtenir une place des fermiers généraux.
La retraite de M. Turgot, arrivée le 16 mai
1776, entraina celle de M. Dupont du contrôfe général. Alors il se décida à aller vivre
avec sa famille à sa campagne; un ami lui prèta
deux chambres, rue Sainte Anne, butte SaintRocli, pour y placer tous les papiers qu'il
ne pouvait pas emporter, eti il partit, sans trop
songer à ses affaires pécuniaires. Il oublia,
pendant quélque temps, toute affaire d'administration publique, pour ne s'occuperque des
movens d'améliorer son domaine, 11 ne s'é.
taitp pas encore cntierement) libéréde son acquisition.
Cc changement de vie ne fut pas favorable
à sa santé, et vers le mois de septembre, il --- Page 26 ---
( 20)
tomba brinmemestmaliadelisen
et même un délire,
Gievreardente,
qui en fut la suite, donnèrentde vives inquiétudes à toute sa famille.
Lersque ses amis 2 à Paris, apprirent cet évènement, ils ne cessèrent d'écrireà son épouse
pour en savoir des nouvelles, et un
rent qui était alors avec eux à la jenne papartageait auprès du malade les soius campague lui
donnaitson épouse et tenaitla
que
M. Rose, chirurgien à
correspondance,
Nemours, fut
vint voir le malade et ordonua les remèdes appelé,
qu'on pouvait se procurer
ily y avait cinq lieues
aller promptement ; Car
pour
en chercher à
Nemours, qui était la ville la plus proche. Un
soir que tout le monde était rentré à la ferme,
que la famille dc M.Dupont était retirée
siblement dans sa
paichambre, On entendit un
grand bruit. On se lève, on entend dire
c'est't une voiture attelée de trois chevaux que de
poste, elle entre, s'avance auprès de la maison, on ouvre la portière, qui voit-on descendre? C'était un ami de M.
Jui-même voir et connaitre la Dupont qui venait
lade, c'était
position du mal'estimable, le bon M. Turgot,
quin'avait pas pu résister plus long-temps au
désir de venir embrasser son
s'il
encore
ami,
en était
temps. Qu'ou juge de l'impression
que
ée de trois chevaux que de
poste, elle entre, s'avance auprès de la maison, on ouvre la portière, qui voit-on descendre? C'était un ami de M.
Jui-même voir et connaitre la Dupont qui venait
lade, c'était
position du mal'estimable, le bon M. Turgot,
quin'avait pas pu résister plus long-temps au
désir de venir embrasser son
s'il
encore
ami,
en était
temps. Qu'ou juge de l'impression
que --- Page 27 ---
(2r)
fit sur M.Dupont, ue visite ansiinstienduel
elleagita le Bobaicaxerleascompide violence
tontelimnit, naisle lendemain matin lecalme
reviat ; le médlecia arriva, trouva u11 mienx
sensible; M. Turgot causa beancoup avec lui
sur Ja nature de la maladic ct snr la manière
de la traiter. 11 fut satisfait, et SC remit Cn
route à trois heures après-midi, de sorie qu'il
ft environ cinquante licues dans T'espacede
quarante-cinq heures pour satisfaire un sentiment d'amitié; il fant puiger, d'après cela. que
ces denx hommes avaient des rapporis bien
directs dans lc caractère, ct qu'ils s'aimaicut
ets'estimaient mutuellement, ce qui fait hounenrh M. Dapont.
Ii était animé de deux passions prédominantes, T'amour du bien public pour lequel il
aurait donné, sansles regretter,sa vic et sa fortune; l'amitié à laquelle il n'aurait refusé ni
J'une ni l'autre.
C'est d'après CC caractère bien établi 2 que
M. le duc de Nivemais et M. le comted'Angivillers qui counaissaient et la position de
M. Dupont et le sacrilice qu'il avait fait, en
parlerent à M. de Clugny, alors controlcur
général, et en écrivirent à M. de Maurepas,
pour obtcuir du roi la conservation dc sa place --- Page 28 ---
(22)
et une pension pour l'indemniser
avait laissé en Pologne.
de ce qu'il
La répomse de M. le comte de
n'est peut-être pas inutile à
Maurepas,
qu'elle fait anecdote.
conserver, , parce
> cel Dupont! mais
(r C'est un fou, dit-il,
c'est un
>
bommed'une vertu
incorruptible, 2 et nous
>) faire quelque chose l'avons ruiné, il faut
M. Dupont
pour lui. )
plusieurs
n'était pas un fou, il avait publié
ouvrages raisonnables; il
employé à toutes sortes de
avait été
tration ; il avait été honoré travaux d'adminissieurs souverains.
des bontés de
Il n'en avait
pluet il n'aurait pas eu Ja confiance jamais abusé,
d'un ministre
la plus intime
plein de sagesse, de vertus et
lumières, s'il eût
de
Voici
manqué de sagessec,
ce qu'on arrêta pour
On lui
lui:
conservera sa place
général du commerce à titre de d'inspecteurl'on y ajoutera quatre mille
retraite, et
fication annuelle
francs de gratiditM. le
sur la caisse du
comte de
commerce,
fut
Maurepas, Cette
déposée dans les bureaux de M. décision de
daine, alors intendant des
Trudépartement du
finances, ayantle
commerce.
Lorsque la convalescence de
terminée, il revint à Paris. M.Dupont fut
M. Turgot avait
commerce à titre de d'inspecteurl'on y ajoutera quatre mille
retraite, et
fication annuelle
francs de gratiditM. le
sur la caisse du
comte de
commerce,
fut
Maurepas, Cette
déposée dans les bureaux de M. décision de
daine, alors intendant des
Trudépartement du
finances, ayantle
commerce.
Lorsque la convalescence de
terminée, il revint à Paris. M.Dupont fut
M. Turgot avait --- Page 29 ---
(a5)
achetélepetit hôtelde Bron, ruede P'Universite, et le faisait arranger; il avait promis 1111
logement à M. Dupont, et en attendant M. le
marquis de Mirabeau lui cn donna un dans son
hotel, rue deSeine.
La famille de M. Dupont resta à la campague, ct son épouse était chargée de chercher
Jes moyens d'améliorer cC domaine. M. Dupont faisait passerdetemps en tempsdesfondls
pour remplir ses vuCs.
I1 cultiva la connaissance de M. de Vergennes, quile voyait avec bienveillancc.
Lorsque M. Necker vint au ministère, il
fit supprimer les intendants du commerce, et
il ordonna que les papiers des quatre intendants fussent remis à M. de Tolozan; on n'en
fi: point d'inventaire, ou s'il CII fut fait un, il
fut inexact. Lorsque M. Dupont demanda
Ja grarification qu'il avait touchée du temps
de M. de Trudaine, on chercha vainement
Ja décision parmi les papiers de cet intendant, et on Ini refusa le payement de cette
gadhiaiou.lianacee la correspondance
de M. le duc de Nivernais ct de M. de Mausubsistait, elle fut représentéc à M.
repas
Necker, qui fit réublir la gratification annuelle. --- Page 30 ---
(24)
M. Necker qui avait
que M. Dupont donnât paru d'abord désirer
d'avis et
sa démission,changea
l'employa à différents travaux importants, entre autres, à une discussion sur le
réglement des manufactures, de
résultées les
laquelle sont
lettres-patentes de
2° A un travail considérable 1779.
du
sur la balance
commerce, qui a servi en grande
ce qui s'est fait depuis à
partie à
30 Aux
ce sujet.
travaux relatifs à Ja franchise de
Baionne, du paysdelabou,trarauxi
qui ont occupé depuis l'année immenses,
en 1784.
1778 jusques
Pendant tout le cours de la
comte de
guerre, M. le
Vergennes a employé M.
une correspondance.
Dupont à
mérite
secrèteavec un hommede
(M.Jaunes Hutton) honoré
dela familiarité du roi d'
del'amitié et
tre a Vu et corrigé de sa main 'Angleterre. Ceminisde cette
toutes les lettres
comme cortespondance ? qu'il a regardée
la
ayant beaucoup contribué à
paix et les dispositions amicales préparer
ont présidé au traité de
qui depuis
C'est comine prix de cette commerce.
qu'à la paix, M. le comte de correspondance
demandé au roi pour M.
Vergennes a
de noblesse,
Dupont des lettres
qui font mention des commis-
tre a Vu et corrigé de sa main 'Angleterre. Ceminisde cette
toutes les lettres
comme cortespondance ? qu'il a regardée
la
ayant beaucoup contribué à
paix et les dispositions amicales préparer
ont présidé au traité de
qui depuis
C'est comine prix de cette commerce.
qu'à la paix, M. le comte de correspondance
demandé au roi pour M.
Vergennes a
de noblesse,
Dupont des lettres
qui font mention des commis- --- Page 31 ---
(25)
sions délicates, dont il a été chargé par le
ministre des alfaires étrangères.
lui avait
1l étaitalors dans T'appartement que
donné M. Turgot , et c'est chez lui qu'il sC
trouvait souventavec lc docteur Frauklin,avec
Jequel il cut des liaisons intimes.
Le caractère de M. Dupontle portait quelquefois à délasser son esprit dcs affaires administratives, ctil trouvait ce délassement à faire
des vers. Cc fut au commencement de 1781,
qu'il fit paraitre sa traduction du premicr chant
de Roland le Furieux.
11 prit pour épigraple :
On le peut, je l'essaie, un plus savant lc fasse.
Le 18 mars 1781, il perdit son ami, celui
luiavait donné tant de preuves d'amitié et
qui
et
qui il aurait sacrifié sa
d'attachement, pour
vie, s'il avait pu prolonger la sienne. En 1782,
il fit paraitre des Mémoires sur la vie et les
ouvrages de M. Turgot, et paya un tributà
le reconnaissance.
Madame la duchesse dc la Rochefoucault
-iarrrtion
dans le petit hôtel qui donnait dans la rue des
Petits-Augustins ; il y fut loger.
En 1785, M. d'Ormesson, contrôleur-gé- --- Page 32 ---
(26)
néral, et M. le maréchal de
sidérant que le travail de
Castries, condu commercene devait Tinspecteurgénénl
celui des
pas être borné comme
inspetenre-généraux des
tures, aux détails de
manufacdans la seule
iabriation, qui sont
finances,
administration du ministre des
de cet
pensèrent que la Dature du travail
des trois inspecteur-genéralle ministres,
mettaitaux ordres
des
des
et
fnances,
étraugères de Ja marine; ils
affaires
pos de le charger de Ja discussion jugérenta proprojets relatifsaux droitsde
de tous les
utile de former une
traites, et crurent
lois
collection et un dépôt des
étrangères sur le
qui ont lieu chezles commerce 2 et des tarifs
séquence, ils se
diverses nations. En conl'arrêt du conseil, concertèrent du
pour faire rendre
,
16 juillet 1785, quimet
Tinspeceur-général du commerce
veillance des trois
sous la surdépôt des lois
ministres, et lui confie le
étrangères,
M.d'Ormesson décida
mentation de travail, M. que, pour cette augaugmentation de traitement Dupunt aurait une
fut alors qu'il remercia
de 8,000 fr. Ce
de la Rochefoucault
madame la marquise
se loger ruede la
de son logement, et fut
Sourdière. II
ques commis ;
prir alurs qu: L
secrétaire.
jusques-là il n'avait cu qu'un
ministres, et lui confie le
étrangères,
M.d'Ormesson décida
mentation de travail, M. que, pour cette augaugmentation de traitement Dupunt aurait une
fut alors qu'il remercia
de 8,000 fr. Ce
de la Rochefoucault
madame la marquise
se loger ruede la
de son logement, et fut
Sourdière. II
ques commis ;
prir alurs qu: L
secrétaire.
jusques-là il n'avait cu qu'un --- Page 33 ---
(2 27 )
Mais le travail sC trouva plus considérable
qu'on nc l'avait d'abord pensé, et malgré
quelques frais de bureau que lui avait alloués
le ministre, M. Dupont se trouvait en perte
en 1784-11 en parla à M. de Calonne, alors
controlcur-géndial, qui trouva juste la réclamation de M. Dupont, ct lui accorda une
augmentation tant d'appointements que de
frais de bureau.
Vers Ja fin de celte année 1784, M. de
Calonne voulant petedismwert@tbisemess
lier par des travau. suivis T'administration du
commerce extérieur ct celle du commerce intérieur, et se mettre à portée de connaitre les
causes qui donnent dans les marchés étrangers
la préférence à nos rivaux pour plusicurs branches importantes de commerce, concerta avec
M. le comte de Vergennes ct M. le maréchal
de Casties l'établissement des commissaires
de commerce.
Il appela d'Espagne, M. Boyetet, qui était
chargé dcs affuires de la marine et du commerce en Espagne, ct lui douna pour collègue M. Dupout : l'arrêt du conseil qui confirme cel établissement, est du 29 mars 1785.
Cc fut au mois de septembre de cette
mêmcaunce, qu'il perdit sa femme. Elle était --- Page 34 ---
à sa
(38)
leur campagne, veillait à l'amélioration de
propriété, lorsqu'une
leva à sa famille, Sa
férremalignelior
par tous ceux quila perte fut vivement sentie
M.
connaissaient.
Dupont a été
de la
chargé particulierement
relatifs correspondance et de tous les
aux ports francs établis
travaux
Il a fait entièrement
ou à établir:
la francbise de
tout ce quia concerné
dont il a démontré Baionne et du pays de Labour,
Ila fait ce
l'indispensabie nécessité.
celle de
qui a eu rapport à l'exécation de
Lorient, décidée et
son avis.
ordonnée contre
Ila fait tout ce quia
ments donnés
préparé les
au commerce du encouragemontré, conjointement
Nord, et a
combien il serait utile avec M. Boyetet,
grands.
d'en donner de plus
Il a fait tout le travail relatif
des droits accordés
à la franchise
des caux-de-vie;
au commerce extéricur
commerce.
franchise qui a doubié ce
Il a fait,
tour ce
conjointement avec M.
qui a eu lieu pour
Boyetet,
cants
appeler des fabriétrangers, et perfectiouner
concours les fabriques de
par leor
mousseline, de toiles de qpuineailleries, de
coton et de tuiies
,
grands.
d'en donner de plus
Il a fait tout le travail relatif
des droits accordés
à la franchise
des caux-de-vie;
au commerce extéricur
commerce.
franchise qui a doubié ce
Il a fait,
tour ce
conjointement avec M.
qui a eu lieu pour
Boyetet,
cants
appeler des fabriétrangers, et perfectiouner
concours les fabriques de
par leor
mousseline, de toiles de qpuineailleries, de
coton et de tuiies --- Page 35 ---
(29) )
peintes; ct cette opération, qui a Cu du succès, en aurait CIl un bien plus grand, si l'on
n'eût pas manqué, au bout d'un an, àla parole
donnée aux fabricants d'Alsace.
11 a travaillé, conjointement avec M. Boyetet, à ce quia été fait en faveur du commerce
des sucres rafinés, et à ce qu'on pourrait y
ajouter déterminé encore. lc ministère à supprimer le
1 a
la dédroit de trépas de Loire, et a révoquer
claration de 1723, qui fermait cette rivière au
commerce dc ses propres vins.
Ila discuté tous les mémoires des tanneurs,
et ceux de MM. les
ceux de la régie générale
intendants, sur le droit de marque des cuirs,
et a démontré, dans un rapport très-étendu,
la nécessité de supprimer ou d'abonner ce
droit.
Il a, conjointement avec M.I Boyetet, examiné les détails du projet dcs recherches ct
des calculs faits pour la suppression des droits
de traites dans V'intérieur; travail auquel il
avait eu part dès sa jeunesse, sous MM. Trudaine, et dont M. d'Ormesson, depuis, l'avait
spécialement chargé.
Il a fait une partie des mémoires qui ont
préparé le traité de commerce avec la Russie; --- Page 36 ---
il en a fait aussi lors (50)
terre.
du traité avec T'AngleDes travaux aussi étendus
culièrement de M. le
et connus partifirent
comte de
que ce ministre
Vergennes, s
lui, en 1788, des lettres demanda et obtint pour
En 1786, il fit
de conseiller d'état.
vie et les travaux de paraitre M.
une notice sur la
dant des iles de France Poivre, ancien intenEn 1787
et de Bourbon.
lun des et.1788, il fut nommé
secrétaires de
par le roi
tables.
l'assemblée des noL'année
d'après, il fut
membres de l'assemblée nommé lun des
liage de Nemours.
nationale du bailIl se distingua dans
priucipes
cette assemblée
pleins de
par ses
rapports qu'il Gt sur raison, par les nombreux
tration qui tons
divers objets d'adminisla réforme de
prouvent qu'il voulait bien
quelques lois de quelques abus et la réforme de
versement de tout, rigueur, mais jamais le rencha à combattre pour tout recréer. Il
les
chernombre des
factierx, et il était du
motion
indépendants. Il votait
qui Jui paraissuit
pour une
membre qui la
juste, quel que futle
ment si elie proposait, 11 la
ne s'accordait
rejetait égalepas avec ses prin-
prouvent qu'il voulait bien
quelques lois de quelques abus et la réforme de
versement de tout, rigueur, mais jamais le rencha à combattre pour tout recréer. Il
les
chernombre des
factierx, et il était du
motion
indépendants. Il votait
qui Jui paraissuit
pour une
membre qui la
juste, quel que futle
ment si elie proposait, 11 la
ne s'accordait
rejetait égalepas avec ses prin- --- Page 37 ---
(51)
cipes, sans s'embarrasser de quel côté elle était
appuyée.
JI eut Thonneur de présider deux fois cette
assemblée.
Ses principes étaient ceux de la modération; son but, de perlectionner le gouvernement sans violcuce. Ils'opposa, autant qu'il le
put,aux fureurs de l'anarchie.
Il avait rédigé le cahier du bailliage deNemours, et ce fut de ce moment que, pour le
distinguer d'un autre M. Dupont qui était
aussidel l'assemblée constituante, on le nomma
Dupont de Nemours.
Les diftérentes places qu'il tenait du gouvernement, furent perdues au moyen de la nouvelle organisation du ministère, lors de la
mise en exécution de la constitution. M. Dupont de Nemours, qui n'avait que sa petite
terre du Buis-des - Fossés, qu'ilavait améliorée et qui ne rapportait que trois mille
francs, fut obligé de chercher les moyens
d'angmenter ses revenus par son industrie. I1
imuginade se faire imprimeur, et d'ouvrir une
houtique de librairie. Il n'avait point de capitaux dispovibles ; mais ses amis lui ouvrirent
leurs bourses. I1 établit une imprimerie rue
Saicte-Anne, butte Saint-1 Roch, qu'il traus- --- Page 38 ---
(52)
féra, peu après, à Phôtel
Saint-Louis, puis à
Bretonvilliers, ile
une boutique de
I'Oratoire; et il ouvrit
Plusieurs de librairic, rue de Ricbelieu.
ses ouvrages
presses.
sortirent de ses
Ne connaissant
merce et de
point les détails de ce
cette
comde conficr ses intérêts manutention, il fut obligé
lors il perdit de
à des préposés s et dèscuniaire.
vue sa véritable position
péLe 10 août 1792 arriva;
Nemours se
; M. Dupont de
leries
trausporta au châtean
2 avec le bataillon
desTuiThomas. Dans la nuit il des Filles Saintau Roi, pour lui
rédigea uue adresse
inviolable à sa
renouveler T'attachement
gardes nationales personne, et une foule de
Lorsque lcs s'empressèrent de la signer.
événemens
voeux de M.
contraires aux
enfin décidés Dupont de Nemours furent
s il quitta le château
beaucoup de gardes nationales.
comme
pas rentrer chez lui, il fut
Mais n'osant
lombier, chez
rue du
un jeune homme
Vieux-Cosance. La, après avoir
de sa connaischissements, On délibéra piis quelques rafraicacher. Il ne
oùt on pourrait le
maison. Ce jeuue pouvait pas rester dans cette
homme avait la clef de
aires aux
enfin décidés Dupont de Nemours furent
s il quitta le château
beaucoup de gardes nationales.
comme
pas rentrer chez lui, il fut
Mais n'osant
lombier, chez
rue du
un jeune homme
Vieux-Cosance. La, après avoir
de sa connaischissements, On délibéra piis quelques rafraicacher. Il ne
oùt on pourrait le
maison. Ce jeuue pouvait pas rester dans cette
homme avait la clef de --- Page 39 ---
(55)
l'observatoire qui est au collége des QuatreNations. 11 le conduisit sur Ja place, 1 lui indiqua le côté oùt il fallait tourner, lorsqu'il serait entré : et pour que le portier ne s'aperçàr
pas que ce jeune homme amenait quelqu'un
dans cet observatoire, il entra chez le portier,
lui parla de cc qui se passait sur lc quai du
Louvre, ct l'amena jusqu'au parapet, près le
bord de l'ean. Pendant ce temps, 2 M. Dupont
entra, et attendit dars un escalier, celui qui
allaitle mettre en prison ; il netarda pas à venir. Ils montèrent à l'observatoire, la portc
s'ouvrit; et après avoir reconnu qu'iln'yavait
d'autre moyen à preudre pour se coucher
que de s'étendre sur le carreau, Ja porte sC
referma, et M. Dupont de Nemours prit guiment son parti.
Il fut plusieurs jours dans cette retraite, où
on lui apportait à manger; et c'est-la, comme
il le dit dans sa préface de la Philosophie de
l'Univers, qu'il commença les premières mé- *
ditations de cette philosophie. Il fit aussi des
remarques sur les Hirondelles et les Araignées, dont il a fait le sujet de quelques Mémoires lus à l'Iustitut.
Lorsque les premiers moments de crise de
ces jours de deuil furent passés 2 la même per3 --- Page 40 ---
(54)
sonne qui lui avait procuré
fit sortir, et le conduisit cette retraite l'en
Paris, où elle avait
à Cormeille, près
dit à son jardinier une petite maison. Elle
médecin,
que c'était un vieil oncle,
qui vonlait prendre l'air de la
pagne, et qui avait mal aux
camde Nemours avait
yeux. M. Dupont
Jes yeux. Il resta toujonrs un abat-jour sur
assez
seul, et passa quelque temps
tranquillement. Un
contait assez
événement qu'il rapendant son plaisamment, lui était arrivé
séjour à cette
Une vieille femine
campagne,
de coliques
se trouva incommodée
assez violentes
On savait dans le
pendant la noit.
decin était dans la village qu'un vieux méOn court réveiller maison de M. Harmand.
le
la chambre-de M.
jardinier, qui vient à
le mari de Ja malade. Dupont de Nemours, avec
venir voir
Ce dernier le
sa femme et de Jui
prie de
soins, qu'il ne peut
donner ses
Theure indne. M. chercherailleurs, attenda
Dupont de
lève, suit le mari, qui l'introduit Nemours se
Sa femme, laquelle se
auprès de
coliques. Elle voulut plaignait toujours de
s'assurit de SOD
même yue le médecin
état, ce qu'il
avec toute la gravitéd'un
fit, disait-il,
ll ordonna des laxatifs: disciple d'Esculape.
sculeme nt, ajoutait-
donner ses
Theure indne. M. chercherailleurs, attenda
Dupont de
lève, suit le mari, qui l'introduit Nemours se
Sa femme, laquelle se
auprès de
coliques. Elle voulut plaignait toujours de
s'assurit de SOD
même yue le médecin
état, ce qu'il
avec toute la gravitéd'un
fit, disait-il,
ll ordonna des laxatifs: disciple d'Esculape.
sculeme nt, ajoutait- --- Page 41 ---
(55) )
il, en les onlonnant, je craignais qu'on ne
me demandât de les administrer. Les remédes
opérèrent la guérison, et cela lui fit une réputation daus le pays, dont il craignait les
suites.
On trouva enfin le moyen de le faire aller
à sa campagne, au Bois des Fossés, et il s'y
rendit.
Jc laisse à penser comme ses affaires de
commerce allaient pendant son absence!
Cc fut dans cette solitude qu'il apprit la
mort de scs amis, et il s'attendait lui-mème,
à éprouver le même sort; déjà l'armée révolutionnaire était veme le visiter, lui avait
laissé des gardes, et l'ordre vint de l'amener
dans une prison à Paris. I1 fit déposé à la
force.
Mais le 9 thermidor arriva et le sauva de la
hache révolutionnaire. Il retourna à son domicile, et reprit les affaires sans, peut-ètre, les
approfondir.
Alors sa vie devint plus paisible, et ce fut
pendant ces temps à peu-près de calme, qu'il
s'unit à la veuve de M. Poivre, ancien intendant de Pile de France, dont le caractère
estimable et les rares qualités, dont elle est
douéc, la rendent chère à ses amis et aux --- Page 42 ---
(56)
malheureux dont elle ne cesse de
Suivant la constitution de
s'occuper.
les deux conseils,
l'an 5, on forma
anciens; M.
lun des 500 el l'autre des
Dupont de
à celui des ancicns. Il
Nemours fut nommé
principes qu'il ilavait reparut avec les mèmes
constituante.
prolessés dans l'assemblée
Lorsqu'on s'occupa de former
fut nommé un de ses
l'institut, il
pas un des moins actifs. membres, et il n'en fut
Il fut le rédacteur et
nal intitolé
l'imprimeur d'un jourdont les principes Pilistorien, journal modéré, et
les déma gogistes. étaient en opposition avec
Il présida le conseil des anciens.
Lors des évènements du 18
arrêté le 20, avec son
fructidor, il fut
Ja
jeune fils et
force; on brisa.srs
conduit à
presses, on fit dans son
imprimerie, tous les dégàis
faire.
qu'on pouvait y:
Ce fut au conseil des 500
de proscription de
que se ftla liste
Dupont de
cette fatale journée. M.
tête
Nemours, avec son dos
chauve, paraissait
vouté,sa
beaucoup plus
qu'iln'était; un membre de ce
vieux
à Chenierde
couseil suggéra
parler en faveurde ce
ce qu'il fit en le traitant
vicillard,
d'octogénaire dont
is
faire.
qu'on pouvait y:
Ce fut au conseil des 500
de proscription de
que se ftla liste
Dupont de
cette fatale journée. M.
tête
Nemours, avec son dos
chauve, paraissait
vouté,sa
beaucoup plus
qu'iln'était; un membre de ce
vieux
à Chenierde
couseil suggéra
parler en faveurde ce
ce qu'il fit en le traitant
vicillard,
d'octogénaire dont --- Page 43 ---
(57)
oun'avait rien à craindre; et ilne fnt pas mis
sur la liste. Cependant Ja vérité est qu'il
n'avait pas encore Go ans. L'ordre vint à l
force, de relicher M. Dupont et son fils, Ct
ils ne restèrent dans cette prison que trois On
quatre jours.
Iln'y avait pas moyen de continuer l'imprimerie; il fallut s'occuper de faire la liquidation de l'entreprisc.
Le Directoire, qui connaissait lc caractère de M.Dupont de Nemours, eut quelques
craintes, parce qu'il sC trouvaitledernier président, libre, du conseil des ancicns. I fit
dire à M. Dupont, qu'il était sur la liste des
émigrés du département de la Seine inféricure, qu'il fallait qu'il donnit sa démission
de membre du conscil des anciens, ou que
suns cela O1 exécuterait contre Jui la loi sur
lcs émigrés.
Ellectivement, M. D.pont de Nemours
avait deux petites maisons à Rouen, qui lei
venaient du côté de so11 père; et comme il
n'avait pas envoyé un certificat de résidence,
tOnS les deux mois, au département de Ja
Seine-Intéricure, il avait été porté sur la Jiste
des émigrés, et avait négligé de s'en faire
rayer pendant qu'il était membre du conseil --- Page 44 ---
(: 58)
des anciens. Ce fut madame de
chargée de la
Stael, qui fut
négociation. Elle promit
porter la radiation de la liste des
d'apvenant chercher la démission de émigrés en
de Nemours
M. Dupont
; ce qui eut lieu, et
pourquoi, à cette époque, la
explique
M. Dupont de Nemours
démission de
fut
membre des
envoyée à ce conseil par le
anciens,
qu'il ne l'a pas adressée
Directoire, et
des anciens.
lui-même au conseil
Pour parvenir à la liquidation de son
prise, une seule personne lui
entreil resta son débiteur.
fournitdes fonds;
M. Dupont de Nemours,
violence du 18 fructidor, par cet acte de
plangdedamsfanarchien
regarda la France
Alors ili lforma le
eneurdelonguesannéea
et d'y
projet d'aller aux Etats-Unis;
transporter toute sa famille.
gendre de son épouse, M. Bureau Déjà un
était établidepuis
de Puizy y
en avait fait deux longtemps ; son fils ainé (1)
forma des
fois le voyage; M,
plans qu'il
Dupont
de ses amis. Ces
communiqua à plusieurs
rait voulu
plans étaient vastes, et il auentraîner avec lui tous ceux qui ne
(1) Victor Dupont était parti avec M,
envoyé aux Etats-Unis par Louis XVI. Dumoustier,
;
transporter toute sa famille.
gendre de son épouse, M. Bureau Déjà un
était établidepuis
de Puizy y
en avait fait deux longtemps ; son fils ainé (1)
forma des
fois le voyage; M,
plans qu'il
Dupont
de ses amis. Ces
communiqua à plusieurs
rait voulu
plans étaient vastes, et il auentraîner avec lui tous ceux qui ne
(1) Victor Dupont était parti avec M,
envoyé aux Etats-Unis par Louis XVI. Dumoustier, --- Page 45 ---
(59)
pouvaient supporter le joug do nouveau gouvernement : quelques personnes qui ne pouvaient pas le suivre lui remirent des fonds.
Avant de partir, il fallot terminer avcc la
personne à quiil devait, et tout compte fait,
le prineipalsans intérêts se montaita7o,swofr.
M.I Dupont de Nemours n'avait quc sa maisoit
de campagnedu bois des Fossés, située à Checherchéà améliorer pendant
vannes, qu'ilavait
ill'offrit; clie
plus de 25ans. Pour se libérer,
la
cette valeur, mais il en fit
n'excédait pas
le laissa maitre
vente à réméré, la persoune
M.Dudesconditions.) Le marché conclu, (1)
pontde Nemours partitversle commencement
du mois de vendémiaire an 7, ou septembre
C'està cctte époque ct en partant pour
1799fut à I'lle d'Oleron, ct
les Eiats-Unis, qu'il
étaient. ( Je
qu'il disait aux déportés quiy
)) vieus vous chercher 3 vous 2 VOS femmes et
venez avec moi, c'est le seul
> vOs cufants ;
un exitplus rigourcux,
) moyen d'échapperà
>)
vousatcindrt.-Vequiner peutmanquer.le n'avez rien, vous
> nez avec moi. - Si vous
(1) Je dois ajouter que, malgeil'abandon qu'il avait
fait de cctte terre, on Ia laisse jouir des revenus jusqu'a sa mort. --- Page 46 ---
(40)
> travaillerez ct le ciel vous bénira, je vous
>1 donnerai à souper le jour de votre arri20 vée, et les moyens de gagner facilement
> votre diner. >) Ils refusèrent ses offres, et
ils s'embarqua, emmenant ses deux fils, leurs
femmes et leurs enfants. Madame Dupont et
madame de Puizy partirent sur un autre vaisseau.
La traversée quoique péuible fut assez heureusc. Il arriva à New-Yorck. Après quelque
séjour dans cette ville, ils'occupa d'acheter
des terres près d'une rivière , afiu d'y faire
construire un moulin à poudre à canon sous
la conduite de son plus jeune fils,quiavait les
connaissances nécessaires pour cette manutention. Irénée Dupont avait été dans l'administration des poudres et salpêtres, et il avait
reçu du célèbre Lavoisier les premicres instructions.
Après avoir trouvé un emplacement propre
à la construction d'un moulin à poudre, auprès de Wilmington, dans la Délaware, dans
un endroit où pas un arbre n'avait encore été
abattu, on se mitàl'oeuvre. L'intelligence d'frénée Dapont, les conseils de son père, parvinrent à établir uIl moulin. Le voeu de M.Dupont de Nemours allait être rempli, il allait
çu du célèbre Lavoisier les premicres instructions.
Après avoir trouvé un emplacement propre
à la construction d'un moulin à poudre, auprès de Wilmington, dans la Délaware, dans
un endroit où pas un arbre n'avait encore été
abattu, on se mitàl'oeuvre. L'intelligence d'frénée Dapont, les conseils de son père, parvinrent à établir uIl moulin. Le voeu de M.Dupont de Nemours allait être rempli, il allait --- Page 47 ---
(40)
fonder unc colonie!Alors Irénée Dupont renévint en France faire quelques acquisitions
cessaires à la fabrication de la poudre, et il
cmmena avec lui un ouvrier.
Bientôt un second moulin fut construit, ct
Ton voit maintenant, avec étonnement, plus
de cent ouvriers employés pour cette fabrication, et des villages créés dans unc contréc
qui était inculte ilya environ dix sept ans
Les changements survenus le 18 brumaire
an Sdans le gouvernement français engagérent
M. Bureau de Puizy à repasser en France. 11
fut accueilli et nommé en l'an IO préfet du
y
du Rhônc. Les amis de M. Dudepartement
de Nemours revenaient dans leur patric,
pont
etla marche du gouvernemdat paraissait plus
fermc et plus stable.
M. Dapoeadeseg-nuergeen que queljours avant son départ, il était à la table
ques d'un ministre. Ce ministre cherchait àl le détourner de sa résolution , mais M. Dopont fut
inébranlable, tout était prèt, et le vaisseau
qui devait le transporteravait déjà une partic
de sa famille , et tous scs cifets ; iln'y avait
donc pas moyen de retarder.
L'expédition faite contr C Saint-Domingue,
n'ayant pas eu toute la réussite qu'on Cl atten- --- Page 48 ---
(42)
dait, des commissaires français furent obligés
d'aller aux Etats-Unis pour obtenirdes secours
en argent et en subsistances.
M. Dupont de Nemours, dont le coeur a
toujours été français, ne vit que des Français
qui allaient périr de faim et de misère; il employa tout ce qu'il avait de disponible, et tout
de
américains' 1
son crédit auprès
négociants
promptement des secours en vipour porter
Divers envois furent
vres à l'armée française.
faits, et on donna en retour des lettres de
change sur le ministre de la marine, à Paris.
Mais quelle fut la surprise de M. Dupont,
lorsqu'il apprit que le ministre faisait des difficultés pour les acquitter! Cette suspension
ruinait encore M. Dupont de Nemours, et le
compromettait vis-à-vis des maisons qu'il avait
engagées dans les fourniares.llse décidaà repasser en France, au commencement de 1804,
afin de solliciter par lui-même le remboursement de ses avances, et celui des autres maisons de commerce.
deux Gls
Il arriva en mars 1804, laissant ses
Irenée
aux Etats - Unis, et particulièrement
Dupont, à la tête d'une très-belle fabrique de
poudre à canon.
Pendant son séjour en Amérique, il avait
-à-vis des maisons qu'il avait
engagées dans les fourniares.llse décidaà repasser en France, au commencement de 1804,
afin de solliciter par lui-même le remboursement de ses avances, et celui des autres maisons de commerce.
deux Gls
Il arriva en mars 1804, laissant ses
Irenée
aux Etats - Unis, et particulièrement
Dupont, à la tête d'une très-belle fabrique de
poudre à canon.
Pendant son séjour en Amérique, il avait --- Page 49 ---
(45)
mémoires sur différents sujets à
envoyé des
le virent arriver avec plail'Institut. Scs amis
activesir, ils eroyaient qu'il serait employé idées sur le
ment. Mais ses principes et ses
n'étant pas conformes an système
commerce
de Nemours ne fut point
adopté, M. Dupont
employé.
connaissaient sa position lui
Ses amis qui
mit
en
cherchèrent une place qui ne le
point
sons-hilbliothécaire
évidence, et il fut nommé
Peu de temps
à Ja bibliothèque de l'Arsenal.
adil devint membre de la commission
après
des secours à domiministrative ctdel'agence
dela Seine.
cile, des hospices du département
et
tont entier à ce travail,
1l se livra presque administration bien comil chercha dans une
de tous les sCbinée à faire jouir les indigents
Aussi
mettait à leur disposition.
cours qu'on
bibliothécaire Cn chefàl'ArM. de Treneuil,
eusenal, et M.l'abbé Grosier, son collègue,
M. Dupont de Nemours toutes
rent-ils pour
etils ne laissortes d'égards Ct d'obligeance,
légère
bibliothécaire qu'une
saient au soustous Ics inuis, qu'ils ne pouvaient pas
peine,
lui éviter.
dela chambre du commerce,
11 était anssi
de la Scine; mais un rapprès le département chambre en 1806, sur la
port qu'il ft à cette --- Page 50 ---
(44)
Banque deFrance,les causes delacrisequ'elle
a éprouvée, les tristes cffets qui en sont resultes, et les moyens d'en prevenir le retour,
qu'il fit imprimer, le mit tout-à-fait en disgrâce avec ceux quine partageaient pas SCS opinions.
Il faisait aussi des mémoires pour PInstitut,
et s'occupa de faire une édition complète des
OEuvres de M. Turgot. Il parlait souveut de
s'en retournera aux Etats-Unis.
Il fit un petit écrit pour justifier le roi de
Pologue, contrel'ouvrage de M.de Rhulières
sur la Pologne.
Lorsque les évènements de 1814amenérent
l'abdication de Bonaparte, le II avril de celte
même année, ils'établit un gouvernement
proviaoire,denl.Depont deNemours fut nommé
le secrétaire. On a vu l'activité qu'il: avait toujours mise dans les affaires d'administration; il
ne se ralentit point dans celles qui venaientde
lui être confiées, et il remplit cette tâche avec
autant d'activitéques S' 'ilavait été'dans la viguenr
de l'àge. Sa majesté Louis XVIII, pour le récompenser de son zèle, le nomma un de ses
conseillers d'Etat.
Lorsquele 20 mars 1815arriva, 3 M. Dupont
de Nemours se décida tout de suite à retourner aux Etats-Unis, près de ses enfants. Il vou-
venaientde
lui être confiées, et il remplit cette tâche avec
autant d'activitéques S' 'ilavait été'dans la viguenr
de l'àge. Sa majesté Louis XVIII, pour le récompenser de son zèle, le nomma un de ses
conseillers d'Etat.
Lorsquele 20 mars 1815arriva, 3 M. Dupont
de Nemours se décida tout de suite à retourner aux Etats-Unis, près de ses enfants. Il vou- --- Page 51 ---
(45)
tourmentc dontlal France
Jait y attendre quela
et il s'embarqua au
était menacée fàt passéc,
plus Jongue
Hivre. Sa traversée fut beaucoup et il arriva au
dans son premier voyage 3
que
désespérait de le revoir.
sein de sa famille qui événements qui avaient
Lorsqu 'il apprit les
le trône de France,
ramené Louis XVIII sur mais il avait des afil se proposa de revenir; enfants : il maria unc
faires à terminer avec ses
à
il avait une liquidation
de ses petites-filles; lui avaient confié des cafaire avec ceux qui
entre ses afpitaux. 11 partageait son temps
PInstifaires, des mémoires qu'il faisait pour
et se délassait en terminant Sa traduction
tut,
PArioste. C'est au milieu de ces
en vers de
délassements que la mort
occupations et deces
l'a enlevé à sa famille et à ses nombreux
amis, le 6 août 1817, aux Eleutherian-Mills, 11
surla Bandywine, auprès de Wilmington.
conseiller d'état, membre de l'institut,
était
de Vasa, et de la
cheralier de Yordre royal
légion d'honneur.
autant travaillé que lui.
Peu d'hommes ont Nemours avait dans son
M. Dapont de
dans lequel il était reprécabinet un tableau
ans, en petite
senté à Tàge de trois ou quatre
faire des
à
robe et en bourlet, s'occupant
châteaux avec des cartes.. --- Page 52 ---
(46 )
Voici les vers qu'on croit avoir rétenus, et
qu'il récita à un de ses parents, en lui montrant ce tableau, il y a plusieurs années:
Vous le voyez ! Dupont, dès sa plus tendre enfance,
De fragiles châteaux l'occupaient tout entier :
Il travailla depuis au bonheur de la France,
Et n'a pas changé de métier.
Il avait adopté lcs armes qui avaient été
données aux ancêtres de sa femme. C'était
une colonne autour de laquelle on lisait : Rectitudine sto, ma droiture me soutient.
J'ai cherché à faire connaitre M. Dupont
de Nemours dès son entrée dans la carrière
politique. On a vu avec quelle persévérance
il avait commencéà entrer dans ladininistration, et comme ils'y est soutenu par la force
de son génie et sa renommée de probité. Peu
de personnes auraient pu le faire connaître
plus tôt, et je laisse à d'autres le soin de
mettre plus d'éloquence dans leur récit; mais
j'ai dû payer à sa mémoire le sentiment de recounaissauce que je Jui dois pour l'amitié qu'il
m'a toujours témoiguée.
De IImprimerie de C.-F.PATRIS, rue de la Colombe,
n'4, quai de la Cité. --- Page 53 --- --- Page 54 ---
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M#39A