--- Page 1 --- --- Page 2 ---
Aaot --- Page 3 --- --- Page 4 ---
(8)
collègues de Poterisel, qui
enx d'un pas égal, parce marcha toujouts avec
intéréts.
qu'ils ont les mêmes
Citoyens représentans, nous
votre sein nos douleurs et notre déposons dans
nous attendons de vous la justice espérance, nécessaire et
rétablissement de la confiance, chez les
au
qui n'ont cessé de demeurer fidèles à la colons
blique,
RépuLes commissaires de
près la Corvention nationale, Saint-Doringue, députés
Signés, VERNEUIL, PAGE, BRULLEY,
TMOBENIELET.DUNT
CLAUSSON, SENAC,
DEAUBONNEAU,
FONDEVIOLLE,
De Vimprimerie de LAURENS ciné, rue d'Argentenil,
No.11, --- Page 5 ---
J
No. Ier,
N
O T
E
S
FOURNIES
AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
Parles Commifaires de Saint-Domingue,
PAGE & BRULLEF.
Eh! quelle fuperbe carrière s'ouvroit colonies devant
nous? Aux Indes occidentales 3 les de bouleangloifes, qu'il étoit fi facile
verfer, feulement en achevant de purifier n'étoit
le régime des nôtres : moyen qui
même pas compris.
J. P. BRISSOT à fes CommettansSITUATION politigus de Saint - Domingue
avant la révolition.
La colonie de Saint-Domingue étoit arbitrai- Derement gouvernée par un agent miniffériel.
puis le préfident du confeil fouverain, jufqu'au en
dernier des huiffiers; depuis le commandant
jufqu'au dernier foldat; depuis le comfecond, des milices, julqu'au dernier fous-lieumandant
A --- Page 6 ---
JOE
(2)
tenant milicien, tout étoit dans les mains du gouverneur. Ce gouvernenr avoit donc beaycoup d'agens ; il avoit aufli beaucoup d'ennemis 2 parce
qu'il exerçoit un delpotifme épouvantable.
ÉLÉMENS rérolutionnaires de Saint-Domingue.
Li ennemis dn gouvernement, d'une
ont voulu naturalifer à Saint-Domingue la révo- part,
lution de la France.
D'autre part, , les partifans du gouvernement
ont voulu l'écarter."
Les colons réfidents en France ont pris
pour ou contre le gouvernement, fuivant
affections -
fr
ou leurs intérêts. Lés uns connoiffant
ou point, les colonies, fe réuniffoient à
Fooa de Mafliac : là, dupes de quelques intrigans que dirigeoit le minifire la Luzerne, ils tenoient pour le gouvernement dè Saint-Domingue.
D'autres, ifolés, étrangers aux intrigues, tenoient pour la démocratie : mais ceux-ci étoient
fans influence, parce qu'ils n'avoient pas de centre
d'adivité.
Par une fuite du fyftéme miniftériel, les hommes de couleur formoient à
&
dans les autres Antilles, une efpèce Saint-Domingue d'ordre interrédiaire au blanc & à l'efclave. La maffe de cet
ordre étoit peu inftruite. Elle étoit accoutumée à
ramper aux pieds de Phomme, que le gouvernement avoit décoré de quelque hochet militaire.
influence, parce qu'ils n'avoient pas de centre
d'adivité.
Par une fuite du fyftéme miniftériel, les hommes de couleur formoient à
&
dans les autres Antilles, une efpèce Saint-Domingue d'ordre interrédiaire au blanc & à l'efclave. La maffe de cet
ordre étoit peu inftruite. Elle étoit accoutumée à
ramper aux pieds de Phomme, que le gouvernement avoit décoré de quelque hochet militaire. --- Page 7 ---
(3)
lui-même
Le nègre non-libre Senorgueilliffoit
dans
en railon du rang que fon maître occupoit
la fociété, à tel point que l'efclave d'ur homme
du gouvernement méprifoit l'efclave d'un fimple
citoyen, & traitoit fouvent avec orgueil ce citoyen
lui-même. C'eft la qie le gouvernement de Saint-Domingue a trouvé des inflrumens, comme la noblefle & le clergé dans les hommes de la Vendée.
VUES politiques des agitateurs de SaintDomingue.
LINAIoUE ourdie par les miniftériels & l'hôtel
de Mafliac, fe fubdiviloit de manière que les uns,
jaloux de leur autorité, ou purement royaliftes, déicrvoient Louis XVI, pendant que d'autres,
terminés par des intérêts particuliers, fervoient les
émigrés : mais les uns & les autres efpéprinces
la deftruétion momentanée
roient amener > par du commerce de France &
des colonies, la ruine
la contre-révolution (1).
de deftrudtion,
Dans ces premières manoeuvres
venoient fe fondre les intrigues contre-révolntion- mercantils de
naire de l'Efpagne, & les intérêts
T'Angletetre. L'une & l'autre de ces puiffances
fournifloient des armes 2 des munitions & des approvifionnemens: aux révoltés. Les Efpagnols, ainfi
(1) Pièces des archives K. K. K L.L.L.L., ,&c.
A 2 --- Page 8 ---
4)
que le gouvernement de France, vouloient la
contre-révolution : l'Angleterre vouloit
a la contre- révolution, la ruine du
ajouter
Français.
commerce
PRÉCIS rapide des événemans.
1790 fut formée
E..
de Saint-Marc. Elle étoit l'affemblée fur la coloniale, dite -
luzion.
ligne dela révoRien ne le prouve mieux' que les vexations
qu'elle éprouva de la parc du gouvernement de
Sains-Domingue & du niiniftère français. Elle
héurta de front tous les abus; & le nonbre de fes
ennemis fut d'autant phus grand 2 que les abus tenoient à toutes les rartilications da
ment. : qui ne ceffa de la
gouverne-.
qo'il fe Crût affez puillint perfécurer, la
jufqu'a ce
aimes à la main. Ponr pour diffoudre, les
éviter une guerre civile,
cette affemblée, après une lutte de trois mois,
vimt en France dénoncer fes ennemis : mais elle
y fut devanicée par la calomnie, Parce que les
minilres & le gouvernement de
avoient les mêmes intérêts.
Saint-Domingue
Le gouvernement de Saint-Domingue, le miniftrela Luzerne, Barnave, accusérent cette affembléedevouloir Tindependancedes colonies(1). BarCreole (1) Monfieur Milfcent, de Mullte, sujourd'hui le
Patriote, 9 difoit & écrivoit le II avril- 1790,
: mais elle
y fut devanicée par la calomnie, Parce que les
minilres & le gouvernement de
avoient les mêmes intérêts.
Saint-Domingue
Le gouvernement de Saint-Domingue, le miniftrela Luzerne, Barnave, accusérent cette affembléedevouloir Tindependancedes colonies(1). BarCreole (1) Monfieur Milfcent, de Mullte, sujourd'hui le
Patriote, 9 difoit & écrivoit le II avril- 1790, --- Page 9 ---
(s)
nave,qui avoitbâti fon rapport far cêtte calomnie,
a été convaincu d'injuftice & d'erreur, lorfqu'au
tribunal révolutionnaire nous avons difcuté cette
partie de fa vie politique. Il eft vrai quc, pour
concilier lintérêt dès colonies 2 ceux de la
France, & fes principes contiaundonsce,Poftetlie demandoit à faire
coloniale, dite de Saint-Marc, intériéure. L'afles femblée réglemens nationale d'adminiftration auroit ftatué fur les rapports extérieurs. Si ce fyftême avoit été approuvé
l'aflemblée conftituante, les colonies feroient
M
fibles,& la France auroit confervé fon commerce:
Lés corps populaires Tubalternes étoient pareillemènt dans une lutte perpétuelle avec le gouvernement. Prelque tous furent diffous par la force
& la violence; & dansles quartiers que le gouvernement n'ofoit attaquèr ouvertement, les individus miniftériels formoient des corps populairés
parafites, qui luttoient d'autorité avec les corps
populaires patriotes dont ils paralyfoient les mouvemens. Les agens du gouvernement fe plaçoient
entr'eux, & lès commandoient l'an par Pautre.
Pendant qué le gouverneur de Saint-Domin- &c
gué divifoit les citoyens, difolvoit, opptimoit
Fo.8,98 153 que la colonie de Saint-Domingue étoit
libre & independante de de la Caduchs; France. fon àmi, ofa èn
Morfiéur le marquis
dire autant en feptémbre 1791 ; & dès ce mômént il
fut exécré des patriotes. Le citoyen Page le nationale dénonça
pour ce fait, le 14 mai 1792, à l'affemblée.
légiflative.
A 3
, opptimoit
Fo.8,98 153 que la colonie de Saint-Domingue étoit
libre & independante de de la Caduchs; France. fon àmi, ofa èn
Morfiéur le marquis
dire autant en feptémbre 1791 ; & dès ce mômént il
fut exécré des patriotes. Le citoyen Page le nationale dénonça
pour ce fait, le 14 mai 1792, à l'affemblée.
légiflative.
A 3 --- Page 10 ---
(6)
divifoit les
populaires, le miniftre la Luzerne tiecer à l'affemblée nationale des décrets défaftreux par leur, ambiguité & leur incohérence, afin de tout broniller dans les colonies;
de manière que, 2 lorfque les corps populaires &
les affemblées coloniales vouloient faire un pas en
avant dans la révolution, 9 de fuite le gouvernement
les arrêtoit par quelqu'une des difpofitions de ces
différentes loix. Ceff ainli que la dernière aflemblée coloniale n'a jamais pu traiter la queftion des
hommes de couleur; parce que la loi du II février
1791 lui défendoit de faire exécuter aucun de fes
aétes far la légiflation & l'organifation des colonies, avant l'arrivée des commiffaires civils. Ces
commiffaires ne vinrent à Saint-Domingue qu'avec le décret du 24 feptembre 1791, qui inveftif
foit cette même affemblée du droit de ftatuer définitivement fur l'état politique des hommes de
couleur & nègres libres, & le fort de ceux nonlibres; de manière que, pendant huit mois, l'affemblée coloniale fut entièrement paralyfée, & le
gouvernement fut tout - puiflant. C'eft dans cet
intervalle qu'il révolta les hommes de couleur &
les atteliers. Nous allons voir avec quelle adreffe
il tiroit parti de leurs affedions, & de l'incohérence
des décrets.
Après vingt jours de révolte, de meurtres &
d'incendies 2 le II feptembre, les hommes de couleur réunis en corps d'armce à la Croix des Bouquets, demandérent 2 tant en leur nom. 9 qu'au
nom de ceux révoltés dans le nord(1), & ceux non
(1) Mefire Louis-Pierre Dufay de la Tour, kcuyer,
5A
ffe
il tiroit parti de leurs affedions, & de l'incohérence
des décrets.
Après vingt jours de révolte, de meurtres &
d'incendies 2 le II feptembre, les hommes de couleur réunis en corps d'armce à la Croix des Bouquets, demandérent 2 tant en leur nom. 9 qu'au
nom de ceux révoltés dans le nord(1), & ceux non
(1) Mefire Louis-Pierre Dufay de la Tour, kcuyer,
5A --- Page 11 ---
(7)
révoltés dans le fud, l'exécution du décret
encore du
mai. Neuf jours après, le 20 feptembre,
l'affemblée 15
coloniale arrêta qu'elle feroit exécuter le
décret du 15 mai, dès qu'il lui feroit envoyé officiellement. L'aflemblée coloniale ne pouvoit faire
autre chofe; car la loi défend à toute autorité
conftituée de faire exécuter un décret avant qu'il
notifié. L'affemblée coloJui ait été officicllement
d'en étendre,
niale ft plus encore; elle promit
fur ceux
autant qu'il feroit en elle, les difpofitions
des hommes de couleur qui étoient hors de cette
loi (1). (Cette loi n'appelloit à l'adivité politiceux des hommes de couleur nés de père
que ê cpe libres : &x telles font les moeurs de SaintDomingue, que fur une population de dans 28,000 le
perfonnes de couleur, 400 n'étoient pas
bénéfice de Ja-loi du.15 mai).
l'arrêté
Les gouvernalies furent foudroyés par homdu 20 leptembre 1791. Il ne reftoit plus aux mais les
de couleur
rentrer dans lordie :
mes
leur firent qu'a confidérer quie cette vigtoire
agitateurs
dans leur courfe révolun'étoit qu'un premier pas envifager
le décret
tionnaire. Ils leur firent
que.
du 15 mai leur étoit infuffifant; ils provoquèrent
ancien officier ( chaflé ) du régiment du Cap, fils de
meffire Dufay dè la Tour, écuyer 9 ancien, brigadier
du
foi - difant
des gardès - du- corps
roi, aujourd'hui dans: un roman
député de Saint-Domingue, 2 les prétend, mulâtres n'étoient pas
qu'il vient de publier ,
cinquièmes l'étoient.
avec les
quatre
Re
révoltés les pièces nègres. indiquées au no. 2 du folio 9.
Voyez Procès-verbaux de l'aflemblée coloniale, Fo. 100,
(1)1
A 4
foi - difant
des gardès - du- corps
roi, aujourd'hui dans: un roman
député de Saint-Domingue, 2 les prétend, mulâtres n'étoient pas
qu'il vient de publier ,
cinquièmes l'étoient.
avec les
quatre
Re
révoltés les pièces nègres. indiquées au no. 2 du folio 9.
Voyez Procès-verbaux de l'aflemblée coloniale, Fo. 100,
(1)1
A 4 --- Page 12 ---
(8)
ceux quife trouvoient hors de ces
les retranchèrent derrière l'article difpofitions, IV des
&
tions du 28 mars 1790,
inftrucEn effet, les 23 oétobre 1791, les révolés demandèrent qu'il fit fais aux hommes de conleur
l'application de l'articie IV des inftruéions du
mars. Cct article IV indiquoit quels étoient les 28
citoyens qui devoient compofer les affemblées
maires. Ils demandèrent encore la diffolution pri- des
corps populaires. L'afiemblée coloniale ne
acquiefcer à de tels traités, 9 qui d'ailleurs fe pouvoit
voient contradigoires à la loi du
mai: troupar l'article IV des inftrudions du 28 15
car fi
f'aflemblée nationale avoit voulu
mars 1790,
hommes. de couleur à l'adtivité
appeller tous les.
roit
politique, elle n'anpas porté, le 15 mai 1791, une loi qui
pelle à cette même adivité
n'aphommes de couleur nés de politique, pères & que ceux des
Enfin le décret du 24 feptembre méres libres.
l'affemblée coloniale & les commiffaires 1791 arrive :
les hommes de couleur en rébellion à dépofer invitent leurs
armes. 9 a rentrer dans l'ordre, & à fe joindre aux
patriotes , pour qu'elle puiffe fatuer for leur état
politique (r). Pendant que l'affemblée coloniale
noit cette délibération,les révoltés requéroient pre- le
gouverneur & les commiffaires de ne correfpondre
qu'avec eux, attendu qu'ils ne reconnoifloient
ne vouloient reconnoitre l'affemblée coloniale, ni ni
fes aces (2). En effet, il fe forma à la Croix-der-.
(r) Procès-verbaux de laflemblée coloniale, F*.216.
(2) Pièces des archives S, no, 1,2, 3-
it cette délibération,les révoltés requéroient pre- le
gouverneur & les commiffaires de ne correfpondre
qu'avec eux, attendu qu'ils ne reconnoifloient
ne vouloient reconnoitre l'affemblée coloniale, ni ni
fes aces (2). En effet, il fe forma à la Croix-der-.
(r) Procès-verbaux de laflemblée coloniale, F*.216.
(2) Pièces des archives S, no, 1,2, 3- --- Page 13 ---
: (9)
d'affemblée, compofée de gens
Bouquets; un corps
réunirent autour d'eux les
de l'ancien régime, , qui
Ce
rivalifoit
chefs des hommes de couleur.
corps fes aétes. C'eft
l'affemblée coloniale & paralyfoir voulu former à Bourges
ainfi. .que la Gironde avoit
la convention nann corps parafite pour paralyfer
tionale. Telles furent les agitations de la colonie jofqu'à
l'arrivée de la loi du 4avril 1792, & à fon acceptation parl'affemblée coloniale s le 27 mai fuivant(1).
Quedemandoient' les iemmndecmantughie les hommes
litique. Que difoit la loi du 4 avril? Que
Cette
de couleur ont l'exercice des droits politiques.
&
loi étoit-elle acceptée par les corps populaires les hommes
les pattiotes ? Oui Pourqsoidont ralliés autour des
de couleur ne fe Iont -ils pas Voilà la
corps populaires & des patriotes ? le voile queftion dont les
à traiter. Sa folution déchirera toutes les affedtions 9
agitateurs, qui confondent
la vérité.
tous les intérêts 5 ont enveloppé
(:) Pièces des archives ZZ.
d'infan-
(2) Mémoire du ge.: bataillon du régiment
terie, F. 40, no. de 25. Raymond, F. 85, nlo. 35,.
Corre(pondance F,
no,
Fo. 100, no. 43Fo. 92," no. 39- de Sonthonax 98, 42, & Polverel, des 12 OCProclamations
tobre & 30 novembre 1792. & Polverel à l'affemblée natioLettre de Sonthonax
nale, le 25 des oétobre archives 1792.
no. I. - TTTT,
Pièces
0000 B.B.B. no. I. - Z.2. -
no 4. S S.S. d.d.d.d.d.F*, no. 3.
II,n. I & 2-PP.PPP.
b.b.b.b-b.-
n?. 2.
, des 12 OCProclamations
tobre & 30 novembre 1792. & Polverel à l'affemblée natioLettre de Sonthonax
nale, le 25 des oétobre archives 1792.
no. I. - TTTT,
Pièces
0000 B.B.B. no. I. - Z.2. -
no 4. S S.S. d.d.d.d.d.F*, no. 3.
II,n. I & 2-PP.PPP.
b.b.b.b-b.-
n?. 2. --- Page 14 ---
(10)
On'a toujonrs préfenté l'affaire des colonics
comme une affaire purement de
entre les
blancs d'une part,& les hommes de préjugé couleur &
libres, d'autre part. L'affaire des colonies eft nègres
guerre entre la démocratie & le defpotiline. Les une
mulatres, & lcs nègres libres & non
Jouent que le rôle fecondaire & pallif des libres,n'y
de da Vendée
payfans
Tous les corps populaires de
excepté Paffemblée provinciale du Saint-Domingue, étoient
les principes
Cap,
dans
révolutionnaires, & s'ils ont eu
tort, c'eit: de ne pas avoir aflez pris fur eux quelque ;
d'avoir
c'eft
feul trop refpedé desloisincohérentes. Teleft le
étoient reproche de qu'on puiffe leur faire: Dans leur fein
tres-ardens patriates & de
contre - révolutionnaires; : mais la maffe très-enragés en étoit
bonne; & fiquelquefois les délibérations étoient
agitécs 2 rarement les réfultats en étoient
pour la révolution. Les
perdus
étoient
contre - révolutionnaires
mais ils peu nombreux dans les corps
étoient forts de l'inflaence du populaires, gouvernement, & quelquefois ils dominoient
& la terreur.
par Tintrigue
Telie étoit la pofition des corps populaires.
letentsmedadafnagnd dans les corps
laires le goavernement avoit dans fes intérêts popu- toute
l'armée del ligne, sepibgtuboadnpeah
(I) Pièces desarchives T.T.T.T.--1
- - P. - N.
D.D.D. -
R.-- K.K.K.
-
no. I Fo, 13, no. 2 & 3. Q.Q.Q.Q.Q. -- Fo,
no, F", II,
F". 22, no. 6.. F".26,1. 7.F".28,n.8. 17,
4. :
goavernement avoit dans fes intérêts popu- toute
l'armée del ligne, sepibgtuboadnpeah
(I) Pièces desarchives T.T.T.T.--1
- - P. - N.
D.D.D. -
R.-- K.K.K.
-
no. I Fo, 13, no. 2 & 3. Q.Q.Q.Q.Q. -- Fo,
no, F", II,
F". 22, no. 6.. F".26,1. 7.F".28,n.8. 17,
4. : --- Page 15 ---
(I) )
foldats des autres corps. Ils ont
regimens, 2 & quelques bataillon du
en enticr; ils
déporté le 2e.
ge.régimente des autres corps.
ont déporté les principaux patriotes des provinces
Il avoit tous les anciens commandans officiers
&
ilavoit les
destribnnaux
& des quartiers;i
tous
del'adminifirations dntrmemilasotpufge
les ci-devant privilégiés. de la colonie fe partageoint
Le refte des habitans
diftinétion de naiflance,
entre les deux partis, fans eft
vrai de
de rang ou de fortune. Il
cependant les fans-cudire que généralement prefque tous
Briffot &. fes complices peignoient
lottes,. que
fous le nom de, petits blancs,
comme des brigands, révolutionnaire.
étoient dans le parti
quant
Voilà l'état politique de' Saint-Domingue,
aux blancs. :
les hommes de couleur & nègres
Reftent encore
libres & non libres.
des affemblées primaires,
Dès le commencement
eux (1); mais
les patriotes les appellèrent parmi. que rien ne poubientôt le gouvernement. 7 voyant la divifion entre
voit mieux affurér fa puiflance blancs que
tous
les hommes de couleur & les
9 employa Il
les moyens poffiblcs pour y réuflir.
provoqua
Torgueil des blancs : il s'étaya des confidérations les hommes
politiques & d'intérêt 3 ii leur préfenta
à fe
de couleur & nègres non libres, prêts &x les
révolter, s'ils cefloient de voir entr'cux libres.
blancs, les hommes de couleur &. nègres
(1); Le difcours prononcé par Raymond à la barre
de l'afl. nat. conftituante, le 15 mai-1791.
.
provoqua
Torgueil des blancs : il s'étaya des confidérations les hommes
politiques & d'intérêt 3 ii leur préfenta
à fe
de couleur & nègres non libres, prêts &x les
révolter, s'ils cefloient de voir entr'cux libres.
blancs, les hommes de couleur &. nègres
(1); Le difcours prononcé par Raymond à la barre
de l'afl. nat. conftituante, le 15 mai-1791. --- Page 16 ---
(12)
Tous les officiers civils & militaires,
la furface de la colonie, étoient 9 répandus fur
dans les intérêts du
fous la main &
tageoiènt
gouvernement, dont ils
Ils
plas ou moins les profits &
paravoient l'habirude de parler & d'influencer l'autorité.
pinion publique. Ils furent facilement
l'olorfqu'ils voulurent démontrer
feroit écoutés,
reux d'appeller les hommes de qu'ii couleur
blées du peuple
aux
UREE
flatte fon orgueil parce & fon que intérét l'homme aime ce
couleur &
: les hommes e
nègres libres furent écartés,
Alors commencèrent les haines
& les hommes de couleur &
entre les blancs
le gouverneient fit travailler nègres libres; alors
fens (t),vul la faveur des décrets ceux-ci dans fon
1790. Bientôt
des 8 &28 mars
tre le gonvernement s'engagea & les ouvertement la lutte enhommes de couleur furent armés corps populaires. Les
nement.
par le gouverIci les intérêts fe
mes de couleur & nègres faubdivifent, libres. quant La aux hompeu inftruite pour ne pas voir âvec mafle trop
ces débats politiques, fuivoit
indifférence
pulfion du gouvernement. Elle aveuglément trouvoit fa l'impenfe dans quelques attentions
lui récomquelquefois des hommes aux pieds que
portoient
croyoient devoir ramper (2). Ceux-la defquels fivront ils
toujours le vainqueur. C'eft ainfi que les
de la Vendée fe battoient avec
paylans
le roi & l'églife,
orgueil pour dieu,
(1) Pièces des archives d. F, 8, n".
(2) Ibid. K.K.K.
+.
Elle aveuglément trouvoit fa l'impenfe dans quelques attentions
lui récomquelquefois des hommes aux pieds que
portoient
croyoient devoir ramper (2). Ceux-la defquels fivront ils
toujours le vainqueur. C'eft ainfi que les
de la Vendée fe battoient avec
paylans
le roi & l'églife,
orgueil pour dieu,
(1) Pièces des archives d. F, 8, n".
(2) Ibid. K.K.K.
+. --- Page 17 ---
(13)
D'aunemaplasisteligenky plus inftruits, croyoient
la démocratie fuccomberoit dans cette lutte.
que Effedivement, il falloit du courage pour. s'aviler
d'étrerévolutionnaire à St. Domingue.iIs croyoient
an retour du delpotifme : iis elpéroient que, pour
récompenfe de leurs fervices, le. gouvernenent
les placeroit à côté des blancs
Dix à douze feulement,
Pinchinat,
Ra
Savari, Chanlatte, Rigaud, Boury, &c. avoient
Iis' vouloient profiter de'
des vues plus étendues.
s'affeoir jur leurs
la divifion des blancs, pour
cadavres Les hommes (2). de couleur, & nègres non-libres, auvu tous
roient
ces mouvemeris avcindititrence,is
n'avoient été recherchés, entrainés, forcésà prendre
parti (3): Le nègre ne connoit pas d'état intermédiaire a V'elclavage &, au delpotifme.; il ne fait que
commander en tyran & obéir en efclave. Ses notions
religieufes fe repolent fur un dieu, dont il ne
cherche pas à fe faire d'autre image qu'un vé-
(:) Pièces, des archives d. Fo.8,n°.4. - K.K.K.
(2) Ibid. b. F", 2 &3,n.3- - JJ. Ilo. 6. - R.R,
no.2, Fo, 8.4- X.X. a, F".3, ne 5. -- F", 4, no.6.
(3) Pièces des archives X,F.I I,n. I.
aa. 4
bb.
ii.
hh. - RR.-- XX. a,F.3,5.
F.4, n.6.--b, Fo.3,n. I & 2. E,F.I.
- &, Fe, I, n.
Fo. 2, no. 2. G,F9.r,
no, 1& 2p
h, F. 1n. I.
L, F", I, no. 1
&2.-- O, Fo. 5,n. 4.
T, F".3, no. I.
L
no. I. CC, Fe 2, no, I. : Fo, 3, no, 2. Fo.
6,n, 3. a PP, n. 2.
Q0, no. I.
.
- &, Fe, I, n.
Fo. 2, no. 2. G,F9.r,
no, 1& 2p
h, F. 1n. I.
L, F", I, no. 1
&2.-- O, Fo. 5,n. 4.
T, F".3, no. I.
L
no. I. CC, Fe 2, no, I. : Fo, 3, no, 2. Fo.
6,n, 3. a PP, n. 2.
Q0, no. I. --- Page 18 ---
(14)
géral, un infedte, enfin le premier
fon attention ; un diable qu'il craint corps qui fixe
blement, Ses notions politiques : font une épouvanta longuc
chaîne,. dont le roi tient a fes pieds le
chainon. Chacun d'eux croit devoir refter premier à la
d'un place oùi il fe trouve. Le nègre placé-le dernier
le attelier, rampe aux pieds det tous; fon maître
met-il à la tête de tous, il commande avec
orgueil.
Nous avons dit que le gouvetnement de France,
qui croyoit faire la contre-révolution par la ruine
momentanée des colonies (1); le
de St. Domingue qui vouloit conferver gouvernement
puiffances le gouvernement
fa touteloit pas voir laliberté fi près de d'Efpagne fesfrontières qui ne vou-
(2);les
princes fe
émigrés, 2 qui vouloient. , à tout événement,
donner un : alyle (3); le. gouvernement d'Angleterre, qui vouloit agiter la France, ruiner fon
commerce & fa marine, fe coaliserent
mettre
en mouvement les homines de couleur pour &
libres & non-libres. S'ils n'ont pas tous nègres fecoué
également ces élémens revolntionnairess fi le
vernement de Saint-Domingue a feul donné fm
pulfion première, bientôt il a été fecondé
fes' complices.
par
D'aprèsle développement des caufes'
la révolte & del'incendie dans
premières de
cette colonie, iln'eft
pasdifficile de concevoir pourquoi la loidusavriln'y
(I) Pièces des archives KKK. RR, no, 6. :-
LLLLL,
&c.
(2) Ibid. LLLLL, no. 6. - MMM. -
&&. : aa, no, I. - bbb", Ccc, no. I. II, no. 4.
(3) Ibid, LLLLL, no. 6, F". 28. - IIII, no, I.
dans
premières de
cette colonie, iln'eft
pasdifficile de concevoir pourquoi la loidusavriln'y
(I) Pièces des archives KKK. RR, no, 6. :-
LLLLL,
&c.
(2) Ibid. LLLLL, no. 6. - MMM. -
&&. : aa, no, I. - bbb", Ccc, no. I. II, no. 4.
(3) Ibid, LLLLL, no. 6, F". 28. - IIII, no, I. --- Page 19 ---
(15)
Cetteloin'entroit dans Vintérêt
a pas ramenél'ordre.
Elle enlevoit au gouverned'aucun des agitateurs.
ment les hommes de couleur & nègres libres, 1 qui,
une fois fondus dans la garde nationale & les.corps
les
& le capopulaires, en auroient pris principes dans les intéractère. Elle n'entroit pas non plus
rêts- des Pinchinat,, Savary, &c autres dominer mulâtres, les
chefs de parti, qui, accoutumés à
leur
hommes de couleur 2 craignoient de perdre ils
influence lorfque, dans un état de calme,
auroient été 2 en concurrence avec un millier de
blancs plus ou moins éclairés qu'eux, mais qui tous
avoient à leur reprocher Paffaflinat de quelque E
rent, & T'incendie de quelques habitatious. feuls
grands coupables s craignant de fe trouver
avec leur confcience, ne peuvent trouver le repos que dans l'agitation.
n'avoient révolté
Si les:c conre-rivolotionnsire
Lyon, Toulon, Marfeille aul nom de la république; fi les. briffotins n'avoient voulu fédéralifer
les départemens, en jurant l'unité & lindivifibilité
de la république ; fi les contre-rérolatignnaires n'a- la
voient révolté les payfans de la Vendée contre
liberté, légalité & la Convention nationale, nous
aurions été accufés d'impofture. 2 lorfque nous allrions dit que nos mulâtres, 2 que nos nègres libres
&.non-libres n'ontj jarnais combattu pour ia liberté,
ni pour la république.
la
Cependant 7 ainfi que les payfans de Vendée, 2
ces malheureux n'étoient: que le marche-pied de
quelques intriguans placés en ce moment entre
T'antel-& & l'échafaud; car-la: lutte qui s'eft élevée
entre leurs émiffaires & nous doit donner ce réfultat., A d'aufli grandes diftances, la vérité n'eft
'ontj jarnais combattu pour ia liberté,
ni pour la république.
la
Cependant 7 ainfi que les payfans de Vendée, 2
ces malheureux n'étoient: que le marche-pied de
quelques intriguans placés en ce moment entre
T'antel-& & l'échafaud; car-la: lutte qui s'eft élevée
entre leurs émiffaires & nous doit donner ce réfultat., A d'aufli grandes diftances, la vérité n'eft --- Page 20 ---
(16)
térét pas toujours à agiter apperçue; la
& tous ceux qui ont inFrance, à ruiner fes
res, fa navigation 1 9 & fon
manufa@uintérét à nous perdre;
commerce, ont tous
des chofes,
lignorance des localités &
lomnies! Briffot laiffe un fi grand champ à leurs cala France, à fi fort qui, comme eux, vouloit déchirer
égaré Topinion
ce pays-la, qu'il nous faut plus
publique des
for
matérielles
perfuader la vérité, que
preuyes
Telles omcil les
confidérations
circonflances, telles font les
& la
qui ont paralyfé la loi du 4 avril,
bénèvolence des patriotes.
Tous les hommes de couleur & nègres libres &
non-libres, étoient-ils également dansle
tre-révolutionnaire? Non.
parti conmes de couleur, beaucoup de Beaucoup d'homtoujours demeurés inviolablement nègres libres, font
révolutionnaire, Ceux-là
attachés au parti
blancs, fignalés
les
ont été 2 comme les
marqués
par
agitateurs, & les plus reont, comme les blancs, péri ou fui. à la
Nouvelle-Angleterre battu
les
Ceux non-libres ont compour
patriotes, là où les
eu le bon elprit de les armer. Jacmel patriotes & le ont
au-Prince leur ont da, pendant
Portconfervation; & les quartiers de long-temps, la
leur
n'ont dû leur falut qu'à cette fage grande mefure. Anfe
nègre armé fuit fon maître au combat, comme Ie il
le luivoit au champ du travail (4).
(r) Le no. 2 traitera de l'état de la colonie de SaintDomingue haud arrivèrent. à l'époque ai Sonthonax, Polverel & Ailcommiffaires. II traitera encore des actes de ces trois
No, 2.
; & les quartiers de long-temps, la
leur
n'ont dû leur falut qu'à cette fage grande mefure. Anfe
nègre armé fuit fon maître au combat, comme Ie il
le luivoit au champ du travail (4).
(r) Le no. 2 traitera de l'état de la colonie de SaintDomingue haud arrivèrent. à l'époque ai Sonthonax, Polverel & Ailcommiffaires. II traitera encore des actes de ces trois
No, 2. --- Page 21 ---
No. 3Suite de lEzamen de la conduite de Sonthonax,
Polyerel & Ailhaud.
Le quartier de Jérémie s'étoit confervé intadt
le moyen des nègres non-libres, que les mu-.
par
voilines avoient armés : les commiflainicipalités ordonnent le défarmement de ces ferviteurs
res" fidelles; mais à peiné cet ordre eft-il exécuté,
qu'une grande partie, des hommes de couleur de
fe mettent en armes, & fe joignent
ce quartier,
les colons
aux révoltés du Sud pour exterminer réarment leurs
blancs. Aufli-tôt les municipalités
nègres, & mettent les révoltés en fuite. Imarchent
Pendant cei temps, Sonthonax Galbaud Polverel ; ils fe font prévers le Cap, oi étoit arrivé
le méme
céder par le marquis Dulfay-de-la-Tour, à la convention 9
qui fe dit aujourd'hui dépaté de la province du
par les aflemblées émiffaire primaires alla fonder les difpoNord (t). Cet
rendre
aux
fitions de Galbaud, pour en
compte fous
commiflaires, qui defticuèrent ce gouverneur, d'habitations à
prétexte quil étoit propriétaire fuivant leur lettre
Saint-Domingue, & encore,
au miniftre de la madu IO juillet 1793 (2),,
rine, fous prétexte qu'il avoit des pouvoirs trop
éténdus , & qui tenoient tropde l'ancien regime (3)-
(1' Dénonciation faite au comité de fureté générale. marine.
(2) Cette pièce eft chez le miniftre de la à leur
(3) C'eft ainfi dus les commifaires il jugeoient eft vrai que des
gréles opérations gowvernement.
C
iftre de la madu IO juillet 1793 (2),,
rine, fous prétexte qu'il avoit des pouvoirs trop
éténdus , & qui tenoient tropde l'ancien regime (3)-
(1' Dénonciation faite au comité de fureté générale. marine.
(2) Cette pièce eft chez le miniftre de la à leur
(3) C'eft ainfi dus les commifaires il jugeoient eft vrai que des
gréles opérations gowvernement.
C --- Page 22 ---
r
(34)
Après avoir deflitué ce gouverneur, ils font défarmer les citoyens, dont ils diftribuent les
armes aux efclaves, qu'ils préparoient depuislongtemps à la révclte (1). C'eft alors qu'ils provoquent les hommes de couleur contre les blancs,
& fur-tout. contre les matelots. Dc-la l'événement
deftruéteur du Cap.
En même temps qu'ils provoeucient leurs fatellites, contre Jes équipages de la rade, ils défendoient aux commandans des ports de la colonie,.
de recevoir aucun vaificau de la république (2);
en effet la concorde fut chaflce du port de Paix
& du Molc.
Enfin le 25 juin 1793 7. lorfeue Galbaud eut:
abandonné le champ de bataille (4), Sonthonax &
Polvetel. proclanièrent que, quiconque feroit prisà
piller ou incendier, feroit fufile for-le-champ.
Pour. être bien entendue, cette proclamation a
befoin d'être expliquce. Celles des 18 & 20 juil-.
let fuivant en donneront le développement (3).
hommes qui ont conftamment fubftitué leur volonté à
la loi, peuvent bien renvoyer à l'examen de la Convention, un arrêté du confeil, quand il gêne leurs
calcu's particuliers.
(I1 Ces faits font prouvés par divers mémoires dépofés au comité de falut public, & dans nos archives,
(2) Proclamation no. 22.
(3) Toutes les pièces font chez le miniftre de la
marinc
14 Si quelque circonftance pouvoit motiver la complicité de Galbaud & des commiffaires, c'eft fur-tout
, peuvent bien renvoyer à l'examen de la Convention, un arrêté du confeil, quand il gêne leurs
calcu's particuliers.
(I1 Ces faits font prouvés par divers mémoires dépofés au comité de falut public, & dans nos archives,
(2) Proclamation no. 22.
(3) Toutes les pièces font chez le miniftre de la
marinc
14 Si quelque circonftance pouvoit motiver la complicité de Galbaud & des commiffaires, c'eft fur-tout --- Page 23 ---
(35)5
Le 18 juillee 1793 (1), les commiffaires déclarent que tous les métaux & approvifionnemens feront
qui Gc trouveront dans lav ville du Cap,
Ils fe réfervent d'indiquer les moyens
fequeltrés. d'en. faire la. fouille, & le lieu oil ils les feront
fera furpris,
dépoler. Ils déclarent
quiconque fera fufillé fur le
failant des fouilles
de ces
utate
champ. Il feroit curieux de voir. Tinventaire mon
fouilles, fans doute qu'il aura été apporté par
feur Dufai.
du 20 juiller & 28 août.
Par, leurs déclarent proclamations émigrés: tous ceux qui: ont fui
1793, ils Ils, déclarent leurs biens féqueftrés au.
du Cap.
Certes,il eft fort commode.
profit de. la république.
de chafler
gens à coups de canon pour s'emparer de
propriétés.
R
Les proclamationsdess 18, 2ojuillet & 28août(2), dans
n'ont cependant pas d'autre. but; & quoique du' 26:
des termes plus généraux, la. proclamation chofe.
juin; ne- vouloit pas dire: deux autre cents millions d'or
Au Capétoient au moins
infiniment
& d'argent, & encore. des marchandifes
Saintriches. Cette ville étoit le magalin généralde
Domingues. & ce n'étoit pas fans motif, que par,
fon attaque fans aucun plan; &E:
fa lâcheté fon apparente, obftination à s'écarter des conféils infinis:
fur-tout
qui lui furent donnés par ces gens
ment judicieux,
inftruits.
(1) Ces pièces font chez le miniftre de la marine, :
(2) Ces pièces (ont chez le" même.
(AI
C 2
Saintriches. Cette ville étoit le magalin généralde
Domingues. & ce n'étoit pas fans motif, que par,
fon attaque fans aucun plan; &E:
fa lâcheté fon apparente, obftination à s'écarter des conféils infinis:
fur-tout
qui lui furent donnés par ces gens
ment judicieux,
inftruits.
(1) Ces pièces font chez le miniftre de la marine, :
(2) Ces pièces (ont chez le" même.
(AI
C 2 --- Page 24 ---
(36)
fa proclamation du 17 octobré 1792
thonax recommandoit aux
(1); Sonne pas inquiétér les
citoyens du Cap de
portallent leuts fonds capitaliftes, hors de la de peur qu'ils ne
roird'avance CcS riches
colonie. il dévos
conduit à
méraux, dont Tappàr l'avoir
Saint-Domingue.
Auflides les premiers jours
& Polverel firent faire la fouille dejuillet, desr richeffes Sonhtonar
& pour fe les appropriér
duCar;
doutele
exelufivement, lauffans
partage avec M. Duffay,, &c. ils failo ént,
conformement fufiller
à leur proclamation du 28 juin,
chofe de quiconque étoit furpris déournant
leurs
cette fouille généfale, & les
quelque
mauvais traitemenis
cicoyêns
ne pouvoient obténir la contraignoient de
Cap, qu'après avoir vuide permiffion leurs
de
da
EE
mains.
bourfes dans leur
Voilà fommairertent
mations des
18, Texplication des proclama26juin,
&
Nous ne dirons rien des atrocités juillet 28 aoûr.
mifes; notre cadre né nious le
qu'ils ont comil eft vraide dire qlié plufieurs permet pas. Mais
leurs mains, long-remps
Elancs échappés de
après l'incendie, aflurent
quelesnègres avoient
des commiffaires. cux-mémeshorreur des crimes
5 Il reftoit à Sonthonax &. Polverel
moyen de s'emparer de la fortune: un nouveau
trouvèrent dans leur proclamation du publique; ils le
3 juillet (2).
(1) Proclamation, n, 5.
marine, (2) Cetre proclamation et chez le miniftre de la
leurs mains, long-remps
Elancs échappés de
après l'incendie, aflurent
quelesnègres avoient
des commiffaires. cux-mémeshorreur des crimes
5 Il reftoit à Sonthonax &. Polverel
moyen de s'emparer de la fortune: un nouveau
trouvèrent dans leur proclamation du publique; ils le
3 juillet (2).
(1) Proclamation, n, 5.
marine, (2) Cetre proclamation et chez le miniftre de la --- Page 25 ---
(47)
Jufqu'alors les. denrées provénant des biens des émigresavoient été vendues aux criécs publiques, cette
publicité nuiloit à leurs defleins, & par leur à proclamation, ils en, ordonnent la vente de gré gré.
Par - fa lettre du Io juillet 1793; au miniftre 'du Cap,
de la, marine, Sonthonax accufe les blanes à
d'avoir éux-meines bralé la ville; majs richefics quiapr
partenoit cette ileAsiimeuemaietiet Eti-il probable que huit. à dix
qu'elie renfermoit?
eux-mèmes le feu a leurs
mille citoyens mettent
demander laurichelles, pour s'enfuir tous nuds, & en France?
mône à la Nouvelle - Angleterte leurs propres nègres
Mille témoins atteflent que
avoient ordre
leur ont dit de s'enfuir, parce qu'ils
&
de la partides commillaires, de les égorger, de
bruler leurs maifons.
St Cependant les Efpagnols marchoient contre: Sonthonax & Polverels & les nègres révoltés sétoient depuis
deux ans, fous les ordres delean-François, Ces nègres, au nombrede
rangés fous leur bannière. mille, fe battent au nom de Louis
douze, ou quinse
battojent, autrefois, au nom
XVII, comme ils-le
de Louis habitans XVI. des
intadts de la province
Les
des quartiers atrocités commiles au Cap,
du, Nord, effrayés a Jacmel, avoient reçu les EC
au Por-an-Prince, & certes leur défelpoir devoit être bien
pagnels; puiquil fe jettoient. dans' les bras. de cette
guand,
abhorrée des calans : car, elle
nation, jullement fecondé la révolte de leurs atteavoit puifamment
liers. Les commiffaires n'étoient déjà plus entourés que
de quelques centaines de blancs -leurs complices;
C 3
iles au Cap,
du, Nord, effrayés a Jacmel, avoient reçu les EC
au Por-an-Prince, & certes leur défelpoir devoit être bien
pagnels; puiquil fe jettoient. dans' les bras. de cette
guand,
abhorrée des calans : car, elle
nation, jullement fecondé la révolte de leurs atteavoit puifamment
liers. Les commiffaires n'étoient déjà plus entourés que
de quelques centaines de blancs -leurs complices;
C 3 --- Page 26 ---
(38)
ils étoient devenus fufpeds aux hommes de cotiHeur propriétaires;' ils' n'avoient autour d'cux-que
les cfclaves de la ville: Juftement exécrés : ils
'ne trouvèrent dans leur' coeur . que la fterreur &
Teffroi; & dans leur défefpoir, ils
deur proclamation du IF juillet (,Gu que tous
éfclaves qui fe marieroient
InertE
dans un délai indiqhé,
"eroient libres eux & leurs cnfans. Cette melure
'ne leur paroiffant pas fuffifente, ils proclamerent,le
2rjuilier, l'atiranchiffemient de tous les negres.qui -
voudroient combattre pour eux.
det:
Ces deux mefures ne leur avoient donné" -
deux mille combattans: 5 lorique le 20 aoiir, San- que
thonax proclama la liberté générale. Mais" telle éft
lopinion que Sonthanax porte du' negret qu8,
dans fa lettre du 28 feptembre au mniniftre'as" :8
marine, il dit que le negre eft une nouvelle na-
'tion qni va reprendre fa place dans l'elpèce "Humaine, & gitil efpère, avant peu, parvenir us la
civilifer."
RST
Duffay, dans fa relation détaillée, imprimée
'par ordre' du comité d'inftruction publique,
Jes. nègres encore moins favorablemént.
juge
Ii dit, Fo.
54, 55.56 & 17, que lcs atteliers de Saint-Domingue font un coupofé de differentes hordes,
toures égalément foroces,
atroces 2 anrropophages ; que les negres ARC21A idée de
ncs moeurs, de notre langage, dei nos habitudes,
dé nos loix; qu'ils n'ont
>
33 411
al
d'aptlrude qu'au pilags,
(:) Cette- proclamation 020 eft chez le, miniftre,
de la
marinc.
55.56 & 17, que lcs atteliers de Saint-Domingue font un coupofé de differentes hordes,
toures égalément foroces,
atroces 2 anrropophages ; que les negres ARC21A idée de
ncs moeurs, de notre langage, dei nos habitudes,
dé nos loix; qu'ils n'ont
>
33 411
al
d'aptlrude qu'au pilags,
(:) Cette- proclamation 020 eft chez le, miniftre,
de la
marinc. --- Page 27 ---
(39) )
&c. &c. Voilà cependant les hommes-que Sonthonax & Polverci ont appellé à la liberté, ou
plutôt à.la révolte, à la guerre civile, à la deftruétion (r). Ileft vrai que, dans fon difcoursdu 16
pluviofe, Duffay tenoit un langage contraire. .
Mais que penfer de tout cela, fi ce.n'eft que Duffay eft un traître fans pudeur , qui ment aul gré
de fon intérêt.
Après avoir préfenté les aêtes les plàs caraétériftiques de Sonthonax & Polverel, nous allons exa-
: miner la juftification qu'ont voulu en faire les émiffaires qu'ils ont fait députer à la Convention nationale, par leurs inftrumens & leurs complices.
(1) Sous les tropiques 2 la patate, quarante jours
après fa plantation 1 le bananier &c mille autres
végétaux , fans ceffe renaiflans fourniffent fpontanément uue nourriture abondante. Cette marche de'la nature ne. peut être retardée, ni modifiée par aucune loi
humaine. L'homme noir, demi-fauvage > en profitera 5
& nul raifonnement, philofophique ne lui perfuadera.,
quant à préfent, , de devenir un journalier. 7 quand iln'a
nul befoin de ie vêtir, & qu'il lui faut peu ou point de
travail pour fe nourrir. N'anticipons donc pas fur les
opérations du temps. Lui feul, 1 par une progrelfion lente,
parachevera fans bouleverfement la régénération entière
de l'espèce humaine. Sur-tout, ne comparons pas
lhomme indolent des tropiques, avec" Phomme actif
S de-la zone tempérée ; ce dernier n'eft laborieux que par
le befoin urgent de, fe procurer. s en tout temps, une
nourriture difficile & des vêtemens indifpenfables. Si
jamais les nègres fortent de leur appathic 1 c'eft pour
s'entregorger. Duffay en convient Jui-même.
C 4
l'espèce humaine. Sur-tout, ne comparons pas
lhomme indolent des tropiques, avec" Phomme actif
S de-la zone tempérée ; ce dernier n'eft laborieux que par
le befoin urgent de, fe procurer. s en tout temps, une
nourriture difficile & des vêtemens indifpenfables. Si
jamais les nègres fortent de leur appathic 1 c'eft pour
s'entregorger. Duffay en convient Jui-même.
C 4 --- Page 28 ---
(40)
NOTES Jur le rapport fait à la Convention
rionale, le 16 pluviale, par Le fans-culottes naDufay, ci-devant joi-défani margus de la TourMaubourg.
le
Dus
pable., & fes rapporteur, 9 Galbaud eft bien coufommes loin de complices vouloir font bien nombreux! Nous
les renfeignemens
excufer cet officier. Tous
vemens du
que nous avons pris fur les évéCap, (& certes ils
ces
font-bien nombreux
à fon renleignemens.) égard. Nous n'ont pu fixer notre opinion
confidéré
ne favons encore s'il doit étre
de comme la vidtime 9 ou comme le complice
ces commiffaires. Nous nous
à répondre aux
bornerons
porteur; &
inculpations énoncées par le rapeft dans nos nousexpoferons les faits, dont la preuve
mains, fans chercher à influcncer
pinion du comité,
l'oSonthonax & Polverel étoient exécrés
Galbaudarriva à
lorfque
la ville du'
Saint-Domingue, fut
Son entrée dans
Cap
un jour de
crut voir en lui le reftaurateur de triomphe, la calonie. Chacun
cun crut y voir le modérateur du
Chacommiffaires.
delpotifme des
Galbaud repouffà tout le monde, &
un clin-d'oeil la confiance & l'elpoir. détruifit en
Telles étoient les difpofitions des
l'égard de Galbaud & des commiffaires. citoyens à
Pour mettre à nud toutes les perfidies du
porteur 9 il fuffit de narrer les événemens.
rap-
la calonie. Chacun
cun crut y voir le modérateur du
Chacommiffaires.
delpotifme des
Galbaud repouffà tout le monde, &
un clin-d'oeil la confiance & l'elpoir. détruifit en
Telles étoient les difpofitions des
l'égard de Galbaud & des commiffaires. citoyens à
Pour mettre à nud toutes les perfidies du
porteur 9 il fuffit de narrer les événemens.
rap- --- Page 29 ---
(4:)
Sonthonax & Polverel bombardoient le Portau-Prince, lorfque Galbaud arrivoit au Cap. Gal-
-baud demeura feul pendant quelques jours, loin de dé- fe
de l'autorité publique : mais
de manière
pt.
concilier les citoyens, il fe comporta
à perdre la confiance & l'eflime que lui avoit acquis
fa réputation. Il n'eut de rapport pofitif q'avec
monfieur le marquis Duffay > que les commiffaires
lui avoient dépéché du Port-au-Prince (1)- comLes humiliations que lui firent efliyer-les loin
miffaires à leur arrivée au Cap le TO juin,
d'infpirer de l'intérêt, ajoutérent au mécontentement. général.
les commiffaires
Enfn, lc 15 du même'. mois,
donnent ordre à Galbaud de fe rendre en arreftation à bord des vaifleaux del'état, pour aller enfuite rendre compte de fa conduite à la convention nationale.
ils donnent ordre au concierge
Le même du jour Cap de faire tomber les fers de 7
ides prifons
couleurs.
à 80o brigands de toutes
des vaiffeaux de
Ils défendent aux équipages de defcendre a terre 9 fi
l'état & du commerce,
nombre déterminésce n'eft à des temps, & en &
des hommes
Les jours fuivans, 2 les 16 177
les
de couleur infultent des officiers de la marine 3
&
menacent le piftolet au poing; provoquent
(:) Des déclarations écrites atteftent ce fait.
eft le réfultat de
f Nota. Toute la partie hiftorique dépofés s'au bureau de
plufieurs mémoires circonftanciés.
l commiflion de Saint-Domingue.
déterminésce n'eft à des temps, & en &
des hommes
Les jours fuivans, 2 les 16 177
les
de couleur infultent des officiers de la marine 3
&
menacent le piftolet au poing; provoquent
(:) Des déclarations écrites atteftent ce fait.
eft le réfultat de
f Nota. Toute la partie hiftorique dépofés s'au bureau de
plufieurs mémoires circonftanciés.
l commiflion de Saint-Domingue. --- Page 30 ---
(42)
-fe -frappent des matelots. Les officicrs de la marine
plaignent, & ne font pas écontés. -
Leto,l les commiffaires annoncent
veulent
ouvrir le fpectacle. Ils fort fignitier qu'ils à d'anciens
artiftes, & aux amateurs qu'on leur
ayent à fe préparer pour deux opéras déligne, qu'ils
fousi peine d'être déportés.
comiques, 3
Le méme jour ils invitent plufieurs amateurs de
mufique, qu'ils recevoient pour la
-a un. côncert qui devoit
première fois,
donnoient aux
précéder un repas qu'ils
Le
citoyennes de leur fociété.
19,jour du concert,-un blanc
timé, eft frappé & grièvement bleffe 9 citoyen efd'hommes de couieur, faifant la
par une bande
des commiflaires. Le
garde à la porte
affafliné
même jour, un matelot eft
par Uu nègre libre; & ces accidens ne
dérangent aucunement les plaifirs bruyans des commiffantes, qui infultoient ainfi au.d
a la misére publique.
deuiligénéral &
Le 20 au matin, Galband fort de l gabarre la
Normande, à bord de laquelle il étoit allé en arreflation. Ilfe porte vers tous les bâtimens
cn fait mettre les commandans
del'état,
embofler les vaifleaux contre la en arreftation, fait
du foir, il defcend à la tête de ville;àq fix quatre heures
- & s'empare de quelques poftes.
cents matclots,
Les commiffaires font ouvrir les
&
déchainent contre Galbaud, fept à huit prifons, cents 2 affafins, nègres ou blancs. Ils fonc armer
ou
fix cents nègres , qu'ils avoient fecrètement cinq enrôlés
de longue main. Lavaud, commnandant
marchoit auffi contre Galbaud ,al la téte de militaire,
corps de troupes & d'hommes de couleur. quelques Les çi-
matclots,
Les commiffaires font ouvrir les
&
déchainent contre Galbaud, fept à huit prifons, cents 2 affafins, nègres ou blancs. Ils fonc armer
ou
fix cents nègres , qu'ils avoient fecrètement cinq enrôlés
de longue main. Lavaud, commnandant
marchoit auffi contre Galbaud ,al la téte de militaire,
corps de troupes & d'hommes de couleur. quelques Les çi- --- Page 31 ---
(ej
toyens de tenoient renfermés chez eux, craignant
également l'armée - de Galbaud 3 & cclie des commiflaires. La nuit (cpara les: combattans.
GailLe lendemain 21; afix heures du inatin,
baud renouvelle fon attaque. Alors les commifiaires les
fuyent loin del la ville après avoir fait-armer
elclavess &commandé Pineendie. mor
Hommes, femmes, vieillards, enfans, chacuni
court; chercher auna afylerdans la campagne ; taus f
fonc également prellés parleurs propres nègres, sl'ordre
qui.deur difent avoir reçu des commnillaires
rlupillage; da meurtree de l'incendié. Enfin 1
les-.commiflaires rappellent autour d'eux les nègres &
révoltés, qui entrent dans la 1 ville la torche
ler poignard.a-la main, & ne fe retirent qu'apiès
s'être chargésdes dépouilles de fes habitans: ceux-la
marchoient Tous les ordres de Pierrot: : mais-ceux
de-lanbande-de Jean-françois & Biailen - reirent
d'yprendrep part, 8 rojentane'les-ettres des corimiflainét. 3
a6 iel Li S 3 *
icTel cf lerécirfidele desrévenernens du mois de
juin. Lès habitans du Cap. loin d'être aceurs-dans victimes
cette horrible-atagédié m'ont été-que des
inmoléesianx. paflions delttoisotigres; féroces, ou
aiquelqw'intriguees politique (ne 11 i
Nous ne fuivrons
Duffay dans fa longue
diatribe. Son rapport Ta un roman, qui pourroit
étre coniidéré comme le fruit d'une.magination en
(T) Des mémoires, dès déclarations fins nombre,
dépolés au comité de falut public, & MTPUERI dans nos archives, 13
atteftent ces faits.
été-que des
inmoléesianx. paflions delttoisotigres; féroces, ou
aiquelqw'intriguees politique (ne 11 i
Nous ne fuivrons
Duffay dans fa longue
diatribe. Son rapport Ta un roman, qui pourroit
étre coniidéré comme le fruit d'une.magination en
(T) Des mémoires, dès déclarations fins nombre,
dépolés au comité de falut public, & MTPUERI dans nos archives, 13
atteftent ces faits. --- Page 32 ---
(43)
délire, fi nous ne favions qu'ileft le réfultat d'une
intrigue contre-sévolationtaire. Ce
& la
rélation des événemens du Cap, imprimée rapport
ordre du comité d'inftruaion
mis
par
publique,
en
polition, en feront le développement. Pour le mo- opment nous allons relever quelques faits principaux.
Duffay voudroit faire.confidérer
notre agent.
Galbaud/commie
Galbaud n'a jamais eu avec nous aucun
Il a été nommé par Monge, à la follicitation rapport: de
Raymond (1),qui le recemmanda à fes amis
comme un homme de confiance, & entièrement
dévoué à fesintérêts. Certes, l'homme de
ne pouvoit être notre agent.
Raymond
Duffay préfente l'affemblée coloniale comme un
foyers d'intrigues & de confpiration.
Cette affemblée a toujours été dans la révolue
tion. Elle a toujours été l'irréconciliable ennemie
des contrerceplidonnaires (2) Ellea toujours
fitivement obéi à la loi. Sonthonax & Polverel polui ont rendu cette juftice. Ils ont plus d'une fois
applaudi à fon civifme & à fon courage (3)-
L'affemblée générale de Saint-Marc étoit dans
les mêmes principes. La perfécution miniftérielle
l'attefte fufifamment. Elle n'auroit pas été la vic-
(I' Correfpondance de Raymond, Fo, 108, no. 45,
F. 113, no, 48.
(2) Pièces des archives 9 LL, No. 2. RR, no, 6 &
2. JJJ, No- I &2. ddddd, np: 5. PPPPP, no. I.
KKKKK, no. I & 2.
(3) Proclamation, n, 3,32, &c.
érielle
l'attefte fufifamment. Elle n'auroit pas été la vic-
(I' Correfpondance de Raymond, Fo, 108, no. 45,
F. 113, no, 48.
(2) Pièces des archives 9 LL, No. 2. RR, no, 6 &
2. JJJ, No- I &2. ddddd, np: 5. PPPPP, no. I.
KKKKK, no. I & 2.
(3) Proclamation, n, 3,32, &c. --- Page 33 ---
(45)
elle avoit voulu compofer
time de la Luserne,f
a
avec lai. Barnave, au ubanaltenolutionnalie, calomniée. Sa mort attefte
été convaincu de lavoir
comme ledit
qu'il n'étoit pas coalifé avec elle,
Duffay:
incendié la xille, dit
Les blancs ont eux-mêmes
de pillage.
le rapporteur, & fe fontuchargés avoient fi fort comprimé
Sonthonax & Polverel
dans cette cirl'énergie des citadins du Cap, que àux matelots
coniftance,ils fe font tenus étrangers
de Galband & aux fatellites dés commiffaires,
faifoit le peuple de Rome; loriqu'cerafs
comme
des fadions, il attendoit lâchement
fous le poids combat
se livroient, pour cenla fin du
qu'elles il devoit obér. Tous les cinoitfe à quel tyran avoient fui ou avoient été détoyens énergiques reftoit
au Cap que de ces hommes
portés;il ne
plus
favent
prendre
timides, irréfolus, qui ne
jamais dans leurs
Des milliersd'ente'eux ont péri
un parti, fous leurs toits embrafés ou fous le
mailons,
Ceux-là t
gnard dés affaflins des commiffaires.
pas incendië la ville.
de fuir versles vaiffeaux,
Plus de trois mille,loin
aux
des comont. couru chercher un affyle incendié pieds la ville.
miffairés, Ceux-là n'ont nombre pas fe font fauvés à bord
Un
grand ceux-là, à coup-sûr, ne fe font
des
misère
&
eFr
pas chargés de pillage. 5 leur
profonde de
les aumônes que leur fait le gouvernement (uffifamment.
l'Amérique du Nord, l'atteftent T'homme fur-tout qui
L'homme
fuit la mort,
laifle après Ne fa femme & fes enfans, n'incendie
(a demeure, & ne va pas- piller des richefles.
pas
uvés à bord
Un
grand ceux-là, à coup-sûr, ne fe font
des
misère
&
eFr
pas chargés de pillage. 5 leur
profonde de
les aumônes que leur fait le gouvernement (uffifamment.
l'Amérique du Nord, l'atteftent T'homme fur-tout qui
L'homme
fuit la mort,
laifle après Ne fa femme & fes enfans, n'incendie
(a demeure, & ne va pas- piller des richefles.
pas --- Page 34 ---
(46)
Ce n'eft pas au moment où tout un peuple fuit à,
bord des vailleaux mouillés à une grande diftanco.
du rivage; ce.n'cft pas au moment oir des milliers
d'affaffins errent dans une ville, que. l'homme
fuit, vole, incendie 9 & pite.
qui
Durfay compare les çolons de
aux
Saint-Domingue
habitans de Toulon ; & par des rapprochemens perfides, il cherche a criminalifer des inforrunés, piacés entre les poignards dcs commif-;
faires de laFrance, & la protedtion de l'Augleterre.
Si Jérémie, f le Mole, fi toute la colonie s'eft
jettée dans les bras de TElpagne &del'angleterre,
elle a cédé 2 l'empire irréliftible de la néceflité,
Mais comparer les colons aux traitres de Torlon,
c'eft porter. le dernier- coup de poignard à des citoyens vertueux ; c'eft vouleir achever de brifer le.
reilort qui les' preffe encore vers la France.
La viile de Toulon, placée dans le
de la France 9 a confpué la convencion natienale périmetre
elle a abjuré le gouvernement républicain; clie a )
réfifté aux armées de la république S elle a attenté
à la repréfentation nationale ; elie a proclamé Louis
XVII,
La colonie de Saint-Domingue eft à deux mille,
licucs de la France; les communications en font,:
depuis long-remps, interceptées 3 Ja révolution &
les évènemens qu'elle a produits y font défigurés;
depuis quatre années les agens de la France y ont,
porté la déforganilation l'oppreffion & la mort;
depcis quatre années a n'eft pas forti du corps
légiflatif un feul décret qui ne fat defaflreux; &
cependant, 7 lorfque le traité fait à Londres le 25:
février 1793 fut apporté a Jérémie le 20 juin,
interceptées 3 Ja révolution &
les évènemens qu'elle a produits y font défigurés;
depuis quatre années les agens de la France y ont,
porté la déforganilation l'oppreffion & la mort;
depcis quatre années a n'eft pas forti du corps
légiflatif un feul décret qui ne fat defaflreux; &
cependant, 7 lorfque le traité fait à Londres le 25:
février 1793 fut apporté a Jérémie le 20 juin, --- Page 35 ---
(47)
par deux frégatcs envoyées de la Jamaique, les
habicans de ce quartier, menacés, attaqués par
les fatellites de Sonthonax & Polverel, & rémoins
des profcriptions de Jacmel & du Port-au-Prince,
rejettèrent la protedion que leur offroit l'Angleterre.
Le Mole, ciroyens 7 eft comme Jérémie, dans
les bons principes; fes habitans font., - comme ceux
de Jérémic, amis de la république &-de la liberté
Comme Jéaémie., ils ont reçu les anglais : mais
dansquelles circonftances!!! Ecoutez, & jugez...
Le 20 juin, les commiflaires avoient provoquié
au Cap une rixe entre leurs fatellites &i les équipages de l'efcadre ; leur plan de deftruéion de la
marine & du commerce français , étoit fibien combiné, qu'ils avoient défendu aux commandans des
ports & rades de la colonic, de recevoir aucuni
des vaiffeaux de la république.
En effet, 2 le 25 juin la frégate la Concorde
s'étant préfentée devant le port de Paix y fut ac-"
cueillie par deux coups'de canon. Elle fe préfenta
au Môle, & le commandant de cette place lui
fignifia l'ordre de fortir fous deux heures.
Tels étoient les ordres des commiffaires; tels
étoient les évènemens 7 lorfque le gouverneur de
la Jamaique fit faire aux habitans du Môle les mémes
propofitions déjà faites à Jérémie, Ainfi que Jerémie, le Môle les rejcta.
En même-temps que les anglais étoient repouffés
de Jérémie le.20 juin, les commiffaires faifoient
marcher une armée de révoltés contre cette ville
fidèle. Cette armée fut quatre fois battue ; & Je-
aires; tels
étoient les évènemens 7 lorfque le gouverneur de
la Jamaique fit faire aux habitans du Môle les mémes
propofitions déjà faites à Jérémie, Ainfi que Jerémie, le Môle les rejcta.
En même-temps que les anglais étoient repouffés
de Jérémie le.20 juin, les commiffaires faifoient
marcher une armée de révoltés contre cette ville
fidèle. Cette armée fut quatre fois battue ; & Je- --- Page 36 ---
(48 )
rémic & le Môle fe défendirent également, & des
commiflaires & des anglais, , jufqu'au moment oir
h proclamation de Sonthonax, du 29 août, portant afranchifiement des efclaves, leur fut connue.
Alors lcs anglais furent appellés & reçus. Ils porterent antour d'eux'la paix & l'abondance. Lorique
plns loin on aura VU le portrait que l'écuyer Duttay,
fait lui-méme des nègres, on jugera f les habitans
de Jérénie & du Mole ont marché fur la même
ligne que les rebelles de Toylon. Lorfqu'on faura
que les commillaires faifoient marcher trenté mille
révoltés contre le Mble au nioment ou les anglais
fe préfentoient devant fon port 1 on fera en mefure de juger des motifs fecreis de tant d'événemens.
Comment, dans un moment ou l'ennemi menace la
colonie d'une invafion prochaine, les commiffaires
arment les citoyens les uns contre les autres ; les
clclaves contre leurs, maitres; ils afliègent les villes,
ils proferivent, ils pillent, ils. égorgent leurs habitans ; & l'on voudra nous perfuader que detels
hommes ne font pas les agens de Tennemi
Quelques hommes d'un tel caradtere, citoyens x
valent 1 à eux feuls, une armce ennemie.
Mais le Mole pouvoit fe défendre, dira-t-on
peut-être ? Cette place cft le Gibraltar de SaintDomingue. Cela ett vrai quant à la mer. Cela'
ett faux quant à la terre. Le Môle pouvoit réfifter
à PAngleterre 5 il ne pouvoit fe défendre des
affaflins des - commiffaires. Des deux ennemis, le
moins atroce a été reçu, & les fatellites de Sonthonax font retournés far leurs pas.
(La fuite au No. 4)
Duffay
endre, dira-t-on
peut-être ? Cette place cft le Gibraltar de SaintDomingue. Cela ett vrai quant à la mer. Cela'
ett faux quant à la terre. Le Môle pouvoit réfifter
à PAngleterre 5 il ne pouvoit fe défendre des
affaflins des - commiffaires. Des deux ennemis, le
moins atroce a été reçu, & les fatellites de Sonthonax font retournés far leurs pas.
(La fuite au No. 4)
Duffay --- Page 37 ---
No. 4.
SUITE des notes fur lei rapportfairpar Dufry.
Dufay nous a dit que les habitans du Môle &
de Jéremie étoient ceux-là mêne qui avoient traité
à Londres le 25 février 1793. Cela eit faux. Le
traité a été rejettés & les colons de Saint-Domingue 7 loin d'abjurer la France, n'ont reçu les
anglais que commer? a orecteurs...
e Oui, citoyens, c'eft dans lelcin de P'enremi de la république, 2 que les blancs patriotes font obligés de
chercher un afyie contre les agens de la France...
Tel étoit le iyitême de Briffot, & le fil de cettc
trame n'eft pas encore coupé.
Duffay dit. que des colons font de la dépenfe à
PAmétique du Nord. Nous lesavons dénoncés pousmêmes , depuis long-t temps, au comité & à la
convention nationale. Plufieursfont les complicés
de Blanchelande, qui, initiés dans les profonds
myfteres du gouvernement 2 ont exporté leurs richeffes, & fouvent celles
les révoltés avoieht.
pillées fur'les habitations der patriotes (1).
Ony trouve encore grand nombre de complices
de Sonthonax & Polvèrel, gorgés d'or &c dei
fang. Ony trouve fur-rout un Galinau de Gafq,
qui ne fur jamais à Saint-Domingue qu'un intri-'
(1) Les' ouvrages de la commiffion de Saint-Domingue, BAA, BAB, BAC, BAD, BAF, BAG,
BAJ, en donnent les details.
D
révoltés avoieht.
pillées fur'les habitations der patriotes (1).
Ony trouve encore grand nombre de complices
de Sonthonax & Polvèrel, gorgés d'or &c dei
fang. Ony trouve fur-rout un Galinau de Gafq,
qui ne fur jamais à Saint-Domingue qu'un intri-'
(1) Les' ouvrages de la commiffion de Saint-Domingue, BAA, BAB, BAC, BAD, BAF, BAG,
BAJ, en donnent les details.
D --- Page 38 ---
(50)
gant aux gages du gouvernement, & qui longtemps, fut le triftan des commiffaires.
Galbaud avoit établi dans le nord, une batterie
qui commandoit une partie de la ville. Cette
brulée.
porr
tion de la ville n'a pas été
Pourquoi?
Parce que les patriotes en défendoient lapproche
aux fatellites des commiffaires.
Les commiffaires avoient leur demeure & leurs
archives dans un autre quartier : ce quaitier n'a pas
été incendié. Pourquoi? - - Parce qu'ils l'occupoicnt.
Enfin, un. crigenéralsdieve toutes parts contre
les commiffaires 5 eux feuls abient donné l'ordre
aux révoltés du meurtre & del'incendie. Desblancs,
des mulàtres, des nègres réfugiés, atteflent cette
vérité.
Galbaud, dit le rapporteur, 9 a encloué les canons,
démonté les mortiers : fans doute les commiffaires
auroient mieux aimé que Galbaud leur eût donné
le temps de faire inçendier la rade c comme ils.
en avoient donné l'ordre formel (1).
Les nouveaux citoyens (les nègres révoités) ont
donné aux blancs, dit Dufay, les preuves d'une
générofité bien grande.
Ileft vrai qu'environ trois millepatriotes, croyant
trouver alyle auprès des commiffaires, fe rendoient
autour d'eux, au bourg du haut du Cap, au rifque
d'être affaflinés par la foule innombrable de brigands qui rempliffoient les chemins : les commif
faires en font informés : ils craignent l'arrivée de
ces malheurcux, ils veulent l'éviter : un nouveau
(1) Cet ordre eft dépofé au comité de falut public,
Nous en avons copie certifice,
lyle auprès des commiffaires, fe rendoient
autour d'eux, au bourg du haut du Cap, au rifque
d'être affaflinés par la foule innombrable de brigands qui rempliffoient les chemins : les commif
faires en font informés : ils craignent l'arrivée de
ces malheurcux, ils veulent l'éviter : un nouveau
(1) Cet ordre eft dépofé au comité de falut public,
Nous en avons copie certifice, --- Page 39 ---
(St)
crime qui fait horreuir leur paroit le moyen le
plus sûr d'y réuflir : ils ordonnent de les arrêter par
de bandits à l'entrée du bourg,
une forte garde
d'y conduires des canons , deles chargerkmitraille, Ce trait
8 d'exterminer cette foule fait d'infortunés. frémir la nature : il
inctoyable néanmoins d'inhumanité conftant. Il n'eut pas fon exécution.
eft le croiroit? Les fatellices des commiffaires fe
montrèrent QQui
moins atroces; ilsen eurent horreur(1).
Après le départ de Galbaud, il n'a pas été le
commis un feul meurtre, dit impuidamment
fut marqué par la mort
LNdiNen 2 nombre chaque jour de citoyens, que ces tigres
d'un grand
fufiller.
avides de fang faifoient impitoyablement
nous demanS'ilfalloit en nommer Louis-Pierre quelques-uns, Dufay de la Tour,
derions à meflire
du
ce que font
écuyer, officier au régiment Cap, Gay, aubergifle,
devenus les citoyens Gué, voyer, fallier, Robard,
Abadie , chirurgien, Bernard, 8 Cofte, chaircaimàgon, Simon, imprimeur 2
tier, tous fufillés par ordre de ces commiffaires, devenue la
Nous lui demanderions ce qu'eft furvivre a tant
citoyenne Cofte, fur-tout qui, ne à raffaffinat pouvant de fon mari,
d'hovreurs, fes deux' & enfans ,a jetté le premier à la mér,
prit
fur fon fein, & - s'eft
a lié le fccond,
jeune,. des
dans Tefprécipitée avec f au milieu
flots,
- 1.,8
quels elle a péri.
à préfent - 2
Nous ne nous occupérons pas, quant
(1) La preuve en eft dans nos arcbives. Elle eft
igalement au comité de salut public.
D 2
'hovreurs, fes deux' & enfans ,a jetté le premier à la mér,
prit
fur fon fein, & - s'eft
a lié le fccond,
jeune,. des
dans Tefprécipitée avec f au milieu
flots,
- 1.,8
quels elle a péri.
à préfent - 2
Nous ne nous occupérons pas, quant
(1) La preuve en eft dans nos arcbives. Elle eft
igalement au comité de salut public.
D 2 --- Page 40 ---
(52)
d'une plus longue difcuffion far le
de
meffire Louis - Pierre Dufay ; CC roman. rapport fabriqué
depuis long-temps, peut-être fous,quelque cheminée
de Paris, aura cependant une réponfe; mais en
attendant, 9 nous prions monfieur le marquis de
nous accorder cn face de quclque comité, une
conférence, dans laquelle nous puillions lui prouver
s'ilfit autrefois un intrigant, il eft aujourd'hui
Secail falarié d'une conjuration profonde, qui,
apress'étregorgé de fang & d'orà
vient
Saint-Domingue,
encore porter en France les élémens d'une
contre-révolution à l Briflot.
Confiderations politiques.
Loasque la maifon de Bourbon fut humitiée
par PAngleterre, dans l'avant dernière
le
miniftre de France jura l'indépendance
l'Amédu
ETAR
rique
Nord..
Lorique Ja maifon d'Hanovre reconnut l'indépendance de l'Amérique du Nord, elle fe
une grande vengeance 5 elle vota l'afferviflement, promic
l'independance ou la ruine des colonies
elle jura d'humilier la France & la mailon françaifes;
règnoit fur elle.
qui
L'Amérique du Nord. étouffant toutes les : factions royaliftes, conciliant avec une fageffe
fonde la philofophie &. la politique, a fçu fe
ner un
Boec
gonvernement libre, la France cn a fait
autant. C'eft ainfi que la philofophie fait fon
des' paflions des hommes & des gouvcrnemens. profit
ruine des colonies
elle jura d'humilier la France & la mailon françaifes;
règnoit fur elle.
qui
L'Amérique du Nord. étouffant toutes les : factions royaliftes, conciliant avec une fageffe
fonde la philofophie &. la politique, a fçu fe
ner un
Boec
gonvernement libre, la France cn a fait
autant. C'eft ainfi que la philofophie fait fon
des' paflions des hommes & des gouvcrnemens. profit --- Page 41 ---
(53)
La maifon d'Hanovre voyoit que la profpérité
des colonies françoifes alloii élever le commerce elle
de France 7 au plus haut dégré de fplendeur, , &
voyoit que le génie des arts, de lagriculture,, à toutes les
de la navigation, fourioit également rivale; elle
claffes des habitans de cette puiffance
favoit
la marine militaire d'un grand peuple,
doit toujours que être en raifon de fa marine mar-.
chande : alors le fentiment de fa foibleffe l'a frapelle avu lInde échappant de fes mains ;
pée,
fa marine anéanelle a Vil fon commerce ruiné,
écroulée
tie, fes villes défertes, & (a puiffance
fous le poids' d'une dette immenfe. L'Angleterre, les malheurs
enfin, ne ponvoit fe fauver. fervi que fa par
& fa
de la France; Brifot a
politique
& la France a été attaquée en même
vengeance; & dans fon fein, & dans fes colonies.
temps, Les événemens ont fecondé cette politique &
le génie vafte du miniftre d'Angleterre - a fir
tourner à fon profit les événemens révolution- & le
la philofophie
naires qu'avoient voulu développés déchirer la France par ellemalheur. Il a
chez elle l'anarchie
même; il a voulu nationalifer le faire avec fuccès, il
& la difcorde 5 & pour combattu la révolution de'
a tour-à-tour fecondé, rétablir la monarchie fur les
1789; il a voulu
fédérative; il veut
meibres épars de la république à la France fa puiflance &
fur-tout faire perdre voudroit anéantir chez elle le goût
fon crédit; il
& du commerce 5 il
des arts 7 des manufadtures
le
voudroit étoufler dans la génération
Ilvoudroit
EeretL
germe eduepodanienombrasel carle peupleanglais
Baintrendhntenferdonies
D 3
; il a voulu
fédérative; il veut
meibres épars de la république à la France fa puiflance &
fur-tout faire perdre voudroit anéantir chez elle le goût
fon crédit; il
& du commerce 5 il
des arts 7 des manufadtures
le
voudroit étoufler dans la génération
Ilvoudroit
EeretL
germe eduepodanienombrasel carle peupleanglais
Baintrendhntenferdonies
D 3 --- Page 42 ---
(54)
ne vit jamais que fon commerce, & s'ill
à fesrois les horreurs de la guerre, malheur pardonne au miniftre qui, trompé dans fes ipéculations
ne
lui
politiques,
préfenteroit pas en dernier réfultat de nouveaux moyens de commerce.
Tel devoit être le réfultat desinftruétions
fides, données à Geneft, le 17 février dernier, perpar le confeil exécutif briflotin. Ses inftructions,
nous les avons dénoncées à la convention nationale, le mois de mai dernier,. & Geneft a été
rappellé.
Geneft avoit été chargé de propofer aux EtatsUnis del l'Amérique du Nord, un noveau traité par
la République leur auroit accordé la frandu commerce
S1E
avec fes colonies, à la charge
par cux de les proiéger, & d'en garantir la propriété à Ja France.
Le
paroit féduifant pour les colonies, &
cette
de commerce auroit
Ematr
ézé pour elles
un moyen de profpérité incalculable, fi le plan
lui-même n'eut été illufoire. Livrer les colonies
françaifes à la protedion de lAmérique du Nord,
quin'a pas de marine militaire ; c'étojt dire à PAngleterre de s'en failir à volonté; c'étoit dire à
toutes les places de commerce, à toutes les villes
maritimes, toutes lesmannfadures, à tout le peuple
français de s'élever contre un pareil fyftême; c'étoit
provoquer-la guerre civile & F'afferviffement du
peuple; c'étoit ce que vosloientlesbrifbcins. C'eftla ce que nous avons dénoncé.
€
Mais les Etats-Unis ont vu le piège mal-adroit
que leur tendoit ce miniltre intrigant, qu'ils ont
toutes les places de commerce, à toutes les villes
maritimes, toutes lesmannfadures, à tout le peuple
français de s'élever contre un pareil fyftême; c'étoit
provoquer-la guerre civile & F'afferviffement du
peuple; c'étoit ce que vosloientlesbrifbcins. C'eftla ce que nous avons dénoncé.
€
Mais les Etats-Unis ont vu le piège mal-adroit
que leur tendoit ce miniltre intrigant, qu'ils ont --- Page 43 ---
(Ss)
traité avec le mépris que méritent des mandataires
infidelles.
amis de toutes les puiffances belliEgalement
leur pavillon
gérantes, les Etats-Unis promènent
fur toutes les mers, & font prefque feuls le com- fon
merce du monde. Cette puiflance encore à
des événemens de VEurope'&
auroré, vas'enrichir
utile à toutes les nations. 2
des Antilles; également
le noeud qui Tuhit a
elle fe gardera de rompre néceffairement l'effet
chacune d'elles : tel feroit
le confeil exédu nouveau traité propofé par
cutif. Loin de favorifer les colonies, ce traité devoit
être leur arrêt de mort; il devoit coincider avec
la révolte de la Vendée, 1 avec la déroute de la
Belgique ; il devoit mécontenter tous les départemens maritimes, & les places de commerce ; il devoit motiver le fyftéme du fédéralifme, qui n'eft lui-même qu'un échelon pour
anter le defpotifme fur le déchirement de tous les
départemens & la guerre civile.
Nous difons que ce traité devoit être P'arrét de
devoit néceffairemort des colonies, parce qu'il
ment faire perdre la neutralité aux Etats-Unis; Brif-
& voila fans doute ce qué défiroit le comité
fotin:non qu'il voulut donner un alliéà la France;
mais parce qu'il vouloit livrer les Etats-Unis all
cabinet de Londres, qu'il vouloit mettre en mefare de donner un préfident héréditaire a ces républicains. En effet les Etats du Midi qui voyent
le terme de leur profpérité, dans la prohibition
de la traite , que la conftitution décrétée en 1787,
1808, ménacent cette réne tolère que jufqu'en
D 4
otin:non qu'il voulut donner un alliéà la France;
mais parce qu'il vouloit livrer les Etats-Unis all
cabinet de Londres, qu'il vouloit mettre en mefare de donner un préfident héréditaire a ces républicains. En effet les Etats du Midi qui voyent
le terme de leur profpérité, dans la prohibition
de la traite , que la conftitution décrétée en 1787,
1808, ménacent cette réne tolère que jufqu'en
D 4 --- Page 44 ---
(56)
publique d'une aioincion prochaine 5 & lesautres
états entrainés dans ce" tourbillon révolutionnaire, céderoient inévitablement à cette deftince,
& fuccomberoient dans cette lutte défafireufe:
mais le congres déjonera cette tramc abominable.
Enfin dans l'état de chofes prépard par le confeil exécutif, les colonies auroient perdn le feul
moyen dapprovifiumnement qui leurreftoit encorc;
& leurs habitans après avoir furvécu à tous les
fléaux que ja fatalité appcfantit fur eux, auroient
péri par la famine.
Telle étcit Cette faétion : Pitt lui a, donné une
double tâche à remplir. Io, il lui a commandé
d'opérer le déchirement de la France. 2°. Il lui a
commandéd'y naturalyfer ledefpotifime, par l'épuiffement da corps politique. Cette faéion ne fert
enfin ni la démocratie > ni T'ariftocratie; eile eft
fubverfive de tout ordre focial. Vous allez en juger par le tableau rapide de fes opérations.
Une conflitution avoit fixé le mouvement révolutionnaire de la France; d'excellens citoyens
frappés des vices qu'elle préfentoit, & plus frappésp peut-être, des attentats contre-révolutionnaires
d'une cour corrompue, défirèrent unl gouvernement républicain. Cette faction fe fervit adroitemcnt de cette circonftance pour agiter encore la
focicté.
Louis Capet. fut jugé & condamné. Cette faction vit dansl'appel au peuple un moyen certain
d'anarchie &c dc guerre civile; elleyvit le moyen
de fe concilier la confiancc des contre-rérolutionnaires qui aurcient cru qu'clle vouloit fauver le
roi; elle y vit enfin le moyen dc fe concilier l'ef-
èrent unl gouvernement républicain. Cette faction fe fervit adroitemcnt de cette circonftance pour agiter encore la
focicté.
Louis Capet. fut jugé & condamné. Cette faction vit dansl'appel au peuple un moyen certain
d'anarchie &c dc guerre civile; elleyvit le moyen
de fe concilier la confiancc des contre-rérolutionnaires qui aurcient cru qu'clle vouloit fauver le
roi; elle y vit enfin le moyen dc fe concilier l'ef- --- Page 45 ---
(S7)
du
dont elle femtime & la confiance
peuple,
bloit refpeéter là fouveraineté. devoir naitre des
Une conftitution fembloit
defcendre de la
ruines di trône ; mais elle n'apu
montagne; qu'après que le peuple a eu difperfé
les traitres qui en arrêtoient la marche.
conCette fadtion embraffoit la convention 2 le
feil exécurif, & les écrivains périodiques: : & par
lui
fa fitnation,
tous les moyens que
permettoit & fédéralifé les
elle a corrompu T'efprit public, contre Paris.
départomens qu'elle provoquoit
C'eft dans les mêmes vues qu'elle provoquoit
toute la France contre les colonies. Elle préfentoit ces contrées comme le féjour de Variltoeratie & de'la tyrannie.
& - fes
C'étoit vrai quant au gauvernement faux quant
complices; mais C'étoit d'autant aimé plus laifler dévaf
aux patriotes 1 qu'ils ont mieux de compofer avec eux.
ter leurs poffeflions. les 2 mulâtres que comme des citoyens
Elle préfentoit
leur induftrie, &
vertueux, riches 1 puiffans par
étoient
d'autant plus zélés pour la révolution, qu'ils
les
les colons blancs. Elle préfentoit
opprimés efclaves par comme des hommes doués d'une
nègres intelligence, & d'une intéreffante fenprofonde fibilité, & viétimes comme les mulâtres, de Por-
& de lambition des colons blancs. Des
gueil honnêtes & fenfibles vivement affeétés de
hommes
les couleurs. Les coce tableau 2 - en relevoient confidérés comme des cannilons blancs étoient
humaine & de la révobales ennemis de l'efpèce
du
lution; & les efclaves & les mulâtres dégoitans
fang dés patriotes 2 n'étoient plus que des hommes
viétimes comme les mulâtres, de Por-
& de lambition des colons blancs. Des
gueil honnêtes & fenfibles vivement affeétés de
hommes
les couleurs. Les coce tableau 2 - en relevoient confidérés comme des cannilons blancs étoient
humaine & de la révobales ennemis de l'efpèce
du
lution; & les efclaves & les mulâtres dégoitans
fang dés patriotes 2 n'étoient plus que des hommes --- Page 46 ---
(38)
armés pour la liberté & Tégalité, C'eft comme fi
l'on jugeoit de Toppreflion acuelle du peuple français, par la révolte de la Vendée. Les mulâtres
&clesnegresétoient commelespayfanede ces contrées
armés par le fanatifme, & le refpeêt religieux,
qu'ils ont toujours porté à l'homme révêtu des hochets du defpotifme. Le roi eit pour eux Timage
de la divinité: qu'ils n'adorent que dans la manifeftation de fa puiffance.
Cette faction s'étoit faifie de la queftion des colonies, dont elle écartoit. tous ceux qui n'étoient
pas dans fes intérêts. C'eft ainfi qu'elle a toujours
trompéla France furieurfituation; c'eft ainfi qu'elle
a toujours influencé le choix. des chefs militaires,
des adminiftrateurs, & des commiflairesqui alloient
les régir; c'eft ainfi que ces contrées ont toujours été livrées à des hommes, qui joignoient
a la foif de l'or, la certitude. de fatisfaire impunémeut cette paflion, en. nouriffant dans CES
contrées l'anarchie, & la révolte ; comme ils efpéroient l'impunité, en préparant à T'Angletterre
un triomphe certain & facile, lorfque fes vaiffleaux
fe, feroient préfentés devant leur port (1).
Tel eft le fens dans lequel a été fait le rapport de Duffay. Tel a toujours été le plan de
Sonthonax & Polverel.
En effet, pendant que les commiffaires levoiert
à St. Marc, une armée pour punir la ville de
Port-au-Prince, de ce que, d'après la loi du 22
(1) Les nouvelles anglo-américaines & angloifes annoncent que Sonthonax s'eft fait conduire à la Jamaique, fur un bâtiment chargé d'or.
(1).
Tel eft le fens dans lequel a été fait le rapport de Duffay. Tel a toujours été le plan de
Sonthonax & Polverel.
En effet, pendant que les commiffaires levoiert
à St. Marc, une armée pour punir la ville de
Port-au-Prince, de ce que, d'après la loi du 22
(1) Les nouvelles anglo-américaines & angloifes annoncent que Sonthonax s'eft fait conduire à la Jamaique, fur un bâtiment chargé d'or. --- Page 47 ---
(39) )
elle avoit ofé demander à Polverel, la conaoût, des affemblées primaires, afin de nomvocation des
à la convention nationale, &
mer .
députés
de la colonie;
aux corps populaires marchoient contre cette ville;
Pendant qu'ils
les vaiffeaux & les
: Pendant qu'ils occupoient
trois mille fix
frégares de la république, ày jetter
les hacensboulets; ; pendant qu'ilsen tenoient égorgeoient à huit cens
tans; pendant qu'ils en
fept les
inenchainés au fond des vaiffeaux,
Anglois fe préterceptoient tous lest âtimens français qui
de
fentoient fur la côté, & ruinoient le commerce
ia colonie.
au Cap,, une rixe
Pendant qu'ils provoquoient & l'armée navale, ils défenentre leurs fatellites
des ports & rades
doient à tous les commandans
batiment de
de la colonie, de recevoir aucun
de la. répoblique, fous quelque prétexte que
guerre
la
la Concorde,
ce fut: de manière que frégate
ordre
quife préfenta au Mole, le 25 juin, reçut
d'en fortir dans deux heures.
le convoi fut mis en fireté
Du moment de que l'Amérique du Nord, les cidans les ports du Cap, & "les équipages des vaiftoyens fugitifs
le défir de retourfeaux témoignérent également. combattre les enner à Saint-Domingue,
all contraire, leur
de la
demat
nemis d'aller république; croifer dans les parages orageux
ordonna
d'aller enfuite enlever aux Ande la Bermude;
fitué dans des;
glais, St. Pierre de Miquelon 9
parages plus orageux encore. C'étoit cependant
le
de la Jamaique fe préalors, que gonverneur
ifs
le défir de retourfeaux témoignérent également. combattre les enner à Saint-Domingue,
all contraire, leur
de la
demat
nemis d'aller république; croifer dans les parages orageux
ordonna
d'aller enfuite enlever aux Ande la Bermude;
fitué dans des;
glais, St. Pierre de Miquelon 9
parages plus orageux encore. C'étoit cependant
le
de la Jamaique fe préalors, que gonverneur --- Page 48 ---
(60)
paroit à faire, avec deux frégates, la conquéte de
Saint-Domingue (1).
Si la France a été long - temps étonnée du
peu de moyens quel'Angleterre développoit contre
les colonies, c'elt qu'elie comptoit plus fur la corruption & Tintrigue, que far le développement
defaforce. Faire hair la France parles colons; voila
le fyftême daperenscmetfAagonte Faire hair
les colons par la Francesteldtoitle fyftème de Briffot.
Soit complicité, foit tempérament, Sonthonax
& Polverel remplifioient rigogreufement cette tâche
abominable.
En effet ils ont diffout les corps populaires 1
& les ont remplacés arbitrairement par des corporations qu'ils tenoient fous leurs mains. Ce premier pas dans leur carrière politique - 2 devoit
néceffairement mécontenter les patriotes.
Ils ont déporté tour-à-tour 5 les uns par les
autres, les chefs du parti contre- révolutionnaire
& ceux du parti républicain. Cette méfure dévoit
mettre à leurs pieds le refte de la fociété.
Ils ont tenu les hommes de conleur hors de
la loi du 43 avril; ils en ont formé des compagnies
franches, étrangéres à celles des blancsJann de
leur donner fans peine, une impulfion convenable
à leurs intérêts (2).
(I) Tous ces faits font prouvés par pièces dépofées dans nos archives, 9 & au comité de falut public.
121 Ce fyftème n'étoit qu'une suite de celui adopté
par Blanchelande: Les mulâtres et les nègres n'étoient
que des' agens d'opprefion et de dettruétion. Sonthonax
& Polverel ont bien prouvé par leur lettre du 25 OCtobre 1792, ABC; & leur proclamation no.5. qu'ils
avoient la mefure de leur tempérament.
prouvés par pièces dépofées dans nos archives, 9 & au comité de falut public.
121 Ce fyftème n'étoit qu'une suite de celui adopté
par Blanchelande: Les mulâtres et les nègres n'étoient
que des' agens d'opprefion et de dettruétion. Sonthonax
& Polverel ont bien prouvé par leur lettre du 25 OCtobre 1792, ABC; & leur proclamation no.5. qu'ils
avoient la mefure de leur tempérament. --- Page 49 ---
(6r)
Pendant que les Anglois fe préperoient à l'invafion de Saint-Domingue, Sonthonax d Polverel agitoienttoutes les parties de cette colonie,Ils
rançonnoient les fonaionnaires publics, & les
remplaçoient par des hommes dans, léurs intérêts. Loin d'employer les forces de la république contre les negres révoltés, ilsfomentoient de
nouvelles révoltes, & faifoient marcher l'armée
contre les villes les plus patriotes de la colonie.
Pendant
les Anglais enlevoient fur Ja côte,
tousles Tudeie du commerce, ils bombardoient
le Port-au-Princc,
Pendant que les Anglais fe préparoicnt à faire
la conquête de Saiut-Domingue, Sonthonax &
Polverel réunifloient au Cap' toutes les forces navales de la colonie, Provoquoient entre leurs fatellites & leurs matelots, la rixe qui : a emméné
les événemens promédités du 20. juin, & défendoient aux commandans des ports, de recevoir aucun dés bâtimens- de l'état.
Pendant
deux vaiffeaux & quatres frégates
efcortoient Re convoi vers les ports de lAmérique
du Nord, la frégete la Concorde eft repoufice
du port de Paix, & du Molle, par ordre des
commiffaires.
Pendant que Geneft refufe aux colons refugiés
à bord du convoi, la faculté de retourner à SaintDomingue, défendre la colonie contre les Anglois : pendant que le miniftre envoye les vaiffeanx de la république fe brifer dans les mers du
Nord, deux frégates angloifes alloient attaquer J6rémie & le Molle.
gete la Concorde eft repoufice
du port de Paix, & du Molle, par ordre des
commiffaires.
Pendant que Geneft refufe aux colons refugiés
à bord du convoi, la faculté de retourner à SaintDomingue, défendre la colonie contre les Anglois : pendant que le miniftre envoye les vaiffeanx de la république fe brifer dans les mers du
Nord, deux frégates angloifes alloient attaquer J6rémie & le Molle. --- Page 50 ---
(62)
Il importe, 5 fans doute, que nous faffions connoitre par quelies circonfances Jérémie & le Molle
St. Nicolas ont reçu les Anglais.
Pendant que Sonthonax & Polverel faifoient
maffacrer le 2ojuin, les blancs du Cap, ils faifoient marcher une armée contre Jérémie; des
commiffaires délégués par eux la précédoient. Les
habitans de Jérémie manquèrent en être les dupes.
Trop de précipitation fit échouer la trahifon des
fmetertiomnioancgntionteslan
furent mis en fuite .On trouva dans le portefenille:
d'un des chefs,tué furle. champ de bataille, uneépitaphe, quidevait. être mife furun
, au piedt
duquel devoientêre brûles les IOIRtL desblancs
de Jérémie.
Le 25 fovrier 1793, des émigrés refugiés à
Londres, & propriétaires aux colonies, avoient fait
un traitéavecle gouvernement d'Angleterre : traité
contre lequel nous avons depuis long-temps
muni la convention, & contre lequel nous avons préprotefté,
En exécution de ce traité, le gouverneur de la
Jamaique envoya le 20 juin, deux frégates à Jérémic, pour en prendre pofleflion; ces frégates
s'y préfentèrent fons le drapcau de Famitié,
que les commiffaires faifoient marcher leurs PE:
tellites, pour égorger les patriotes de ces
tiers, comme ils avoient égorgé ceux du
Mais les habitans de
ia
Jérémie répoussèrent
Jement & les fatellites deftruéteurs des commiffaires, éga8x les frégates protedtrices de lAngleterre.
, pour en prendre pofleflion; ces frégates
s'y préfentèrent fons le drapcau de Famitié,
que les commiffaires faifoient marcher leurs PE:
tellites, pour égorger les patriotes de ces
tiers, comme ils avoient égorgé ceux du
Mais les habitans de
ia
Jérémie répoussèrent
Jement & les fatellites deftruéteurs des commiffaires, éga8x les frégates protedtrices de lAngleterre. --- Page 51 ---
(63) )
Mais lorfque les habitans de Jérémie eurent
vu le bombardement du Port-au-Prince, par les
commiffaircs, la déportation & le meffacre des
patriotes de cette ville ; la prife de Jacmel; ia
déportation & le maffacre de fes habitans; laruine
du Cap; la fuite & le maffacre de tous les blancs;
lorfqu'ils eurent vu une armée d'aflatlins marcher
contr'eux au nom des commiflaires ; lorfqu 'ils
eurent. vu Parrêt de Jeur. mort écrit dans la
poche d'un des chefs de cette armée; lorfqu'ils
confidérèrent que depuis quatre ans, la France ne
s'occupoit d'eux que pour y porter des loix défaftreules, & y envoyer des agens fcélérats; lorfqu'enfin ils virent la proclamation de Sonthonax,
du 29. août, portant Taffranchiffement général,
ils appelèrent les mêmes Anglois qu'ils venoient,
de repouffer deux mois avant, & fe mirent fous
leur protedtion. le II feptembre dernier.
Le Molle étoit dans les mêmes principes que
Jérémie, le Molle auroit réfifté à toutes les forces
del TAngleterre. Mais cette place eft commandée
par la terre 5 & dans le même moment oùt les
Anglois fe présentoient fous fon canon, Sonthonax &. Polverel faifoient marcher contre elle les
efclaves qu'ils avoient révoltés dans le Nord.
C'eft encore par de fembiables manceuvres qu'ils:
ont forcé les quartiers de I'ER de la province du
Nord, à' fe jetter dans les bras dés Efpagnols.
Dans les bras des Efpagnols ! Grand dieu. Le défelpoir-le plus extrême feul a pu commmander aux
colons patriotes, un pareil abandon.
Ces quartiers avoient toujours réfifté aux bri-
faifoient marcher contre elle les
efclaves qu'ils avoient révoltés dans le Nord.
C'eft encore par de fembiables manceuvres qu'ils:
ont forcé les quartiers de I'ER de la province du
Nord, à' fe jetter dans les bras dés Efpagnols.
Dans les bras des Efpagnols ! Grand dieu. Le défelpoir-le plus extrême feul a pu commmander aux
colons patriotes, un pareil abandon.
Ces quartiers avoient toujours réfifté aux bri- --- Page 52 ---
( (64)
gands, ils avoient formé un cordon inexpugnable,
qui avoit préfervé les provinces de TOucit dz du
Sud, de l'invalion des révoltés. Sonthonax & Polverel CES deforganitateurs éternels, cll confèrent
le commandement à des homines dans leurs inté
rêts, & bicntôt l'armée déforganifce, les habitans opprimés, perfécurés le livrèrent fans réfif
tance aux Efpagnols.
Nous convenons qu'il fera fort dificile depefuader à plufieurs que Sonthonax & Felvereine
font pas de vrais republicains, amis de la liberré
& de l'égalite : car c'eft au nom de la république qu'ils ont affranchi les negres 4 & donné
a la France quatre cens mille républicains armés
pouria défenle : quatre censmille républicains, que.
le I4e. régiment d'Angleterre enchaina d'un coup
d'ailà fes pieds. Mais, citoyens, c'eft encore au
nom de ia république, que Sonthonax & Polverel ont
tous les patriotes; c'eft encore au
nom de
république, que les contre 11 révolure
tionnaires de Lyon, de Bordeaux, de Marfeille',
failoient la contre-révolution; c'eft au nom de la
république, que Pitt a préparé l'entrée de fes vaiffeaux dans Toulon; c'eft encore au nom de la
république & delaijphilofophie, quel'on voudroit vous
faire faire la contre-rcvolution; ou plutôt, c'eft
au nom de la république, que lon voudroitvous déchirer, parce que vOs cunemis ne voudroient pas que
vous ayez, de long-temps, aucun gouvernement.
Ils favent que jamais un peuple n'eft plus terrible à fcs ennemis, que loriqu'il piend un alfictte tranquille, après de geands orages politiques,
(Suit le No. 5-)
philofophie, quel'on voudroit vous
faire faire la contre-rcvolution; ou plutôt, c'eft
au nom de la république, que lon voudroitvous déchirer, parce que vOs cunemis ne voudroient pas que
vous ayez, de long-temps, aucun gouvernement.
Ils favent que jamais un peuple n'eft plus terrible à fcs ennemis, que loriqu'il piend un alfictte tranquille, après de geands orages politiques,
(Suit le No. 5-) --- Page 53 ---
No. 5.
DES trois foi-difan: députés de Sain-Demingues
Duffay 7 Mils e Belay; 8 de leur caradlére
politique.
Sox
ONTHONAX & Polverel fe font bien donné
de garde d'envoyer en France les Pinchinat, les
Savary, Rigaud, Chanlattc, Lapointe, &c... Ils
faventi que leurs crimes font écrits en traits de
fang dans nos archives. Ils ont pris deux hommes
de couleur, qui n'ont été connus dans la révolution,
que parce qu'ils en ont dit eux-mêmes à la fection des Tuilleries. La, ils nous ont appris
eommandoient chacun des pelotons armés parles qu'ils
commiflaires, pour égorger les blancs. Ils ont toujours été perdus dans la foule; & leur nullité auroit été leur fauve garde. L'un des deux eft, dit-.
on, né Anglais, & l'autre Africain
Quant a Daffay, il, préfente un autre caractère. Ainfi que beaucoup d'autres intrigans, meffireLouis-Pierre Dalfay-de-la-Tour, écuyer, filsde
meffire Pierre
brigadier des Datiy-de-la-Tour, écuyer > ancien
gardes-du-corps du roi, vint à SaintDominguc dans le courant de la guerre d'Amérique. IL couroit les maifons publiques du
lorfque le gouverneur de Saint -
Cap lui 3
donna une
Domingue
place d'officier dans un corps de negres
libres, qu'il leva pour aller à Savanaha, fous les
ordres ded d'Eftaing. Au rerourde cette
il fut placé fous-lieutenant dans le régiment expédition, du
dont ilfur bicntôt chafle.Ilepoufa une fémme qui Cap, lui
F
erre d'Amérique. IL couroit les maifons publiques du
lorfque le gouverneur de Saint -
Cap lui 3
donna une
Domingue
place d'officier dans un corps de negres
libres, qu'il leva pour aller à Savanaha, fous les
ordres ded d'Eftaing. Au rerourde cette
il fut placé fous-lieutenant dans le régiment expédition, du
dont ilfur bicntôt chafle.Ilepoufa une fémme qui Cap, lui
F --- Page 54 ---
(66 )
porta en mariage deux très-belies habitations, qu'il
dévora par un luxe infolent; c'eil alors qu'il
les
de marquis &
eat
tour-a-tour
qualifications
de baron, fe difant dela-Tour-Manhoungi c'eft
alors, enfin, que fa femme, ruinée par fes déprédations, ne put fe fonftraireaux créanciers de
monfieur- le baron-marquis 9 que par une féparaà laquelle confentit monfieur de-la-Tourtion Maubourg, 9
moyennant unc penfion de quelques
mille livres.
Il eft de CCS particularirés, de ces accidens,
qui, par leur enlemble, peuvent jetter un grand
fur la caufe des événemens 5 & dans un
jour mnoment oi la fortune publique eft en danger,
nous ferions bien coupables fi nous ne fgnalions pas fcs ennemis. Nous prouverons que
meffire Difay-de-la-Tour, après avoir emprunté
des fommes confidérables, impétra la nullité de
fes engagemens, à la faveur de l'extrait de baptéme d'unfien frére, qui,a cette époque, étoit vra -
ment mineur.
melfire
Il eft encore de notoriété pablique, que
Duffay-de-la-Tonr, dans le temps oi il n'avoit
encore étd contraint d'abandonner Padminifpas tration des efclaves de fa femme, ne profeffoit
les principes de philantropie qu'il manifefte
aujourd'hui. pas
Dans cinq ou fix années, il dévora
deux millions de richefles : combien, travers tout
cela, affranchit-il d'eiclaves ? S'il nous faifoit ja2
nons lui répondrions
inais une queftion pareille,
nousl'avons
avecfatisfation.. Notre philofophic,
dans le coeur i lui, s'il y delcend jamais, il y
tiouvera le remords vengeur du crime.
ropie qu'il manifefte
aujourd'hui. pas
Dans cinq ou fix années, il dévora
deux millions de richefles : combien, travers tout
cela, affranchit-il d'eiclaves ? S'il nous faifoit ja2
nons lui répondrions
inais une queftion pareille,
nousl'avons
avecfatisfation.. Notre philofophic,
dans le coeur i lui, s'il y delcend jamais, il y
tiouvera le remords vengeur du crime. --- Page 55 ---
(67)
auroit-il fait le bonheur de
Comment Duffay avoir empoifonné la vie d'une
fes elclaves? Après dansl'opulence, ,ne porta-til
femme qui.le fit nager
dans cet inftant où le
-pas la foif du crime jufques fa férocité? Une femme
lui-même oublie
.: tigre l'avoit aimé, revint à lui-après quelques d'eau-forte, jours
conftance : il la cautérifa d'un Hacon à ne pas
qui punit cette infortunée de fur manière fon infidélité.
laifler. à fon époux de doute
Duffay, Mils & Beley, ne font & ne peuvent
être
les émiflaires de Sonthonax & Polverel.
Nous que demandons P'examen de leurs pouvoirs. Nous
n'ont pas laveu des colons
vous dénonçons qu'ils
du Nord; qu'ils n'ont
patriotes refagiesa7Amérique en France, & dont un
pas l'aveu de ceux réfugies à-propos par. une infyltéme de terreur, répandu les
& le
trigue criminelle 2 a arrêté
proteftations nous, tant en
délaveu. Nous vous dénonçons que
notre propre & privé nom 2 qu'en notre qualité,
de
- 2 nous proteftons
& au nom
Saint-Domingue Nous demândons à être
contre leur nomination.
avec eux. Alors, nous
entendus contradiaoirement T'exhibition de leurs pouvoirs.
leur demanderons
Sonthonax &
Nous leur demanderons pourquoi les affemblées
Polverel ont cru ponvoir convoquer dernier a travers
primaires au mois de feptembre & les 7 cadavres
les décombres de la ville du Cap
refufé
de fes habitans. 2 lorfqu'ils leur ont conftamment arrivée à Saint-Dode les convoquer depuis
mingue, au mois de feptembre 1792. Sonthonax, &
Nous leur demanderons pourquoi du Port-auPolverel ont refufé a ia municipalité
Prince &. à celle du Cap, les I2 & 26 décembre
E 2
el ont cru ponvoir convoquer dernier a travers
primaires au mois de feptembre & les 7 cadavres
les décombres de la ville du Cap
refufé
de fes habitans. 2 lorfqu'ils leur ont conftamment arrivée à Saint-Dode les convoquer depuis
mingue, au mois de feptembre 1792. Sonthonax, &
Nous leur demanderons pourquoi du Port-auPolverel ont refufé a ia municipalité
Prince &. à celle du Cap, les I2 & 26 décembre
E 2 --- Page 56 ---
(68)
1792, la permiffion de convoquer les aflemblées
tion primaires nationale 2 pour nommer des députés à la conven-
&aux corps populaires de la colonie.
Duffay dira - t-il que la colonie étoit encore
trop agitée?-Mais étoit-elle plus
les commiffaires n'étoient
tranquille, lorfque
combres, de cadavres & plus d'efclaves entourés que de dédepuis deux ans', combattoient
révoltés la
qui,
Nous leur demanderons
pour tyrannie?
affemblées onit cté
ou, en quels lieux ces
Nous! leur demanderons tenues ?
populaires
s'ila été formé des
2 conformément à la loi du 4 avril? corps
Nous leur demanderons pourquoi
Polverel cafserent, le
juillet
Sonthonax &
nicipalité du Cap, & M fubftituerent derniér, la mude
un bureau
police 7 compofé de trois
ont eux-mêmes nommés?
perfonnages, qu'ils
Citoyens, rien ne prouve mieux le
exercé par Sonthonax & Polverel, , que delpotifme leur
clamation du 28 feptembre 1793. Alors, ils
doient toute
adbeer
municipal, qu'ils affemblée, avoienc excepté celle du bureau
par-là de la mefure créd de liberté le 17 juillet. Qu'on
IZEES
qu'ont eu les
mois. N'eft-il ptimaires convoquées le 12 du même
les inftrumens pas dont conftant qu'elles n'ont été
ils fe font fervis
donner un
pour
sale
caraétère impofant aux émiffaires
ont chargés de leur défenfe ?
qu'ils
à Sonthonax & Polverel régnoient feuls au
l'époque ou melfire Duffay de la Tour,
Cap
Mils, Panglais, & Belay, Fafricain, furent léeuyer,
à la convention nationale.
députés
S'ils tenoient le niveau de l'égalité fur toutes les
qu'elles n'ont été
ils fe font fervis
donner un
pour
sale
caraétère impofant aux émiffaires
ont chargés de leur défenfe ?
qu'ils
à Sonthonax & Polverel régnoient feuls au
l'époque ou melfire Duffay de la Tour,
Cap
Mils, Panglais, & Belay, Fafricain, furent léeuyer,
à la convention nationale.
députés
S'ils tenoient le niveau de l'égalité fur toutes les --- Page 57 ---
(69 )
têtes., ils s'étoient mis hors du. cercle
&
du haut de l'autel, ils lançoient la foudre, policique, far le
peuple, tremblant à leurs. genoux, L'impanité de
leurs devanciers ) Roume de Saint-Laurene, slanglais, & Edme de Saint-Legen,
comme eux, ont exercé la dictature Pirlandaissquis à Sains-Domingue 2 a accru: leur audace; &
dans leur délire, ils ont cru, pouvoir, peut-étre. élever quep une
muraille d'or entr'enx & Léchafaud, S
zeb
Quoiqu'il en foir, rien ne nous: paroit plus
étrangeque devoit leuss émiffaires couverts, comime
eux, du fang de nos frères, & chargés de. leurs
Les déponilles 1 fiéger dans la convention nationale,
circonftances de leur admiflion & la
de leurs mouvemens, peuvent feales
célériré à
notre éconnement.. Ils paroiffent : ils: font ajouter
Ils font leur éloge, celui de Sonthonax & admis.
ils mentent avec impudeur : ils calomnient. Polverel; avec
audace; ; ils jettent 9 enfin, au- fein de
une queftion , à la folution de laquelle Paflemblée, tient effentiellement la profpéritéde larépubliquesunee
autour delaquelle Briflot lui-méme D'avoit olé queflion
ner qu'a de grandes diftançes.. : Il nous tourvoir le miniftre d'Angleterre jetant
femble
cette pomme de difcorde afin de magiquement
de nos légillateurs entre Pauftéricé des placer chacun
lapbilofophie &1 Fintérêt politique du principes S: de
entre fon coeur& fa raifon. En effet, gouvernemant, c'étojt le 16
pluviofe; & ce jour-là même avoit été. indiqué
Wilbeforce pour faire au parlement
motion périodique de l'abolition de la d'Angleserse traite. :
le 16 pluviofes & trois jours avant, le, miniftre C'étoit
abandonnoit d'Angleterre avoit dit au parlement que la France
fes colonies.
E' 3
es S: de
entre fon coeur& fa raifon. En effet, gouvernemant, c'étojt le 16
pluviofe; & ce jour-là même avoit été. indiqué
Wilbeforce pour faire au parlement
motion périodique de l'abolition de la d'Angleserse traite. :
le 16 pluviofes & trois jours avant, le, miniftre C'étoit
abandonnoit d'Angleterre avoit dit au parlement que la France
fes colonies.
E' 3 --- Page 58 ---
(70)
Citoyens , examinez, vérifiez les pouvoirs de cè
ci-devant marquis, de cet anglais, de cet africain ; fcrutez leur conduite.
Demandez-leur compte des richeffes immenfes
extorquées aux habitans de Saint-Marc.
Demandez : leur compte du quart des revenus
prélevés dans la province du Nord.
"Demandez-leur compte de la moitié des revenus
des provinces de r'Oueft & du Sud, prélevée par
Sonthonax & Polverel.
Demandez-leur compte du produit des biens
mis arbitrairement en féqueftre.
Demandez-leur compte du produit des biens
des émigrés.
Demandez-leur a compte des trois contributions
dont ils ont faccellivement impofé la ville da
Port-au-Prince.
. Demandez-leur compte du pillage fait à Jacmel,
dont le produit a été de dix-huit cents livres : our
chacun des dragons du régiment D'ORLÉANS.
Demandez-leur compte du pillage fait dans la
ville du Cap, qui recéloit des richeffes immenfes, dont le produit a dà être au moins de deux
cents millions d'or.
a Demandez-leur compte des fouilles faites dans
cette même ville.
Demandez-leur compte du fang de nos frères.
Oui, citoyens 9 du fang de vos frères ! Il arrofe
une terre qui fit long- temps la prolpérité de la
France. Il teint les vêtemens, ilteint les mains,
il pénètre jufqu'au fonds du coeur du monftre
à l'ombre de l'épiderme do
et
fiége parmi vous 9
deux complices. --- Page 59 ---
(71)
DES colons réfugiés dans PAmérique du Nord.
Cs colons font-ils émigrés ? Sonthonax &
Polverel l'ont dit: Ef-il jufle, eft-il, politique que
la convention confacre cette" déclaration?,
du
Les colons qui fe font réfugiés à l'Amérique
:Nord, fonte divifés -en * deux claffes : les démocrates ou les amis de la république 5 les contrerévolutionnaires ou les partifans de la royauté, 9
des princes émigrés, , ou des puiffances coalifées, 1o.A
A quels lignes peut-on les reconnoitre ?
leur plus ou moins de richefles : car en général
:les démocrates avoient été ruinés à Saint-Dominpar les nègres & les mulâtres qu'avoient
gue, révoltés les contrerevolstonhaises ! Ceux-ci, au
contraire, moins attachés à la colonie; ou plus
inftruits des mangeuvresdu gouvernement, avoient
emporté avec eux le prodnit de leurs habitations;
même les pillages que les révoltés avoient fait fur
les habitations des démocrates (1).
20. Aux. principes qu'ils profeffent. Lesadémocrates ont. formé des aflemblées primaires,
d'oi font foigmenfement écartés: les ariftocrates,
les ennemis de la république, même ceux qui n'on:
le courage de lutter contre le malheur. En
pas
oGobre dernier (2), quelqu'un
effet, le premicr
prodnit de leurs habitations;
même les pillages que les révoltés avoient fait fur
les habitations des démocrates (1).
20. Aux. principes qu'ils profeffent. Lesadémocrates ont. formé des aflemblées primaires,
d'oi font foigmenfement écartés: les ariftocrates,
les ennemis de la république, même ceux qui n'on:
le courage de lutter contre le malheur. En
pas
oGobre dernier (2), quelqu'un
effet, le premicr (r) Pièces des- archives Hl11.
del'aflembléc des colons réfugiés
dans (2). l'Amérique Procès-verbaux du Nord > dans nos archives.
E
E 4 --- Page 60 ---
(72)
ayant propofé de réclamer l'affiftance des puilanees
coalifées, attendu l'abandon que la France faifoit des
colonies, il a été ignominieufement chaffe de leur
fociété. Un autre ( Tanguy Laboilfière ). ayant
profeffe dans fes feuilles périodiques, des principes
anti-ropablicains, reçut le défaveu le plus formel,
& une proteftation contre ce qu'il pourroit dire &
ccrire (1).
Voilà les démocrates... & nous: demandons
s'il eft polfible que l'on traite comme émigrés
des citoyens qui, ruinés, vexés, opprimés depuis
quatre ans, & chaflés de leurs foyers par les
agens infidelles de la république, repouffent cependant de leur fein, ceux qui leur préfentent
dans une puiflançe ennemie de la France an moyen
de faluc!
Pourquoi ces patriotés fe font-ils réfugiés à la
Neuvelle-Angleterre? ? (Nous ne parlons que de
ceux-ci; nous livrons les contre-rérolationnsites
à lai juftice nationale. )
- Les ans ont été déportés par Blanchelande. Si
ceux-là font émigrés, 9 Blanchelande étoit donc un
bon républicain, nous fommes donc des contrerévolutionnaires, &c le tribunal révolutionnaire a
été notre complice?
Les autres ont éré déportés par Sonthonax &
Polverel. Il ne refte plus, pour motiver leur émigration. 2 qu'a dire que Sonthonax & Polverel,
(*) Procès-verbaux de l'affemblée des colons réfugiés
dans PAmérique du Nord,
e. Si
ceux-là font émigrés, 9 Blanchelande étoit donc un
bon républicain, nous fommes donc des contrerévolutionnaires, &c le tribunal révolutionnaire a
été notre complice?
Les autres ont éré déportés par Sonthonax &
Polverel. Il ne refte plus, pour motiver leur émigration. 2 qu'a dire que Sonthonax & Polverel,
(*) Procès-verbaux de l'affemblée des colons réfugiés
dans PAmérique du Nord, --- Page 61 ---
(73)
de Saint-Domingue,
affisfur les ruines enfanglantées
ont bien mérité de la patrie. fur devant les efclaves
Les autres enfin Sonthonax ont
& Polverel. Ceuxqu'avoient révoltés fuir, fe laiffer affalliner, ou poila devoient-ils
laifler affaffiner! Quel
gnarder) les commiffires2Se réfulté
la république 2
avantage cn ent-il
pour de fes conciQu'un, homme s'immole au bonheur mais à quoi bon tout
toyens, nous le concevons; ; 7Sice n'elk aul
un peuple de patriotes
des ennemis de république.
TE
triomphe
défendus contre les commiflaires?
Se feroient-ils
fans
La raifon & la juftice le leur commnandoient euffent fait à Stdoute; mais auroit-il fallu qu'ils les bêtes féroces dans
Domingue, ce que font
reconnoitre de régules deferts de TAfrique, F'audace? ne
Le refpeat que
lateur. 1 que la force de & la paix, ont porté aux agens
des hommes, amis feroit-il donc nn crime!
de la république,
deD'autres enfin,qui, témoins chaque jour,. de leurs
puis les défaftres du Cap, du meurtre à être a chaque
frères, mourants de faim, l'ordre expolés oftenfible ou fecret
inflant aflaffinés par
avoir
de Sonthonax on Polverel, ont fui, après
ce
vuidé dans les mains de ces deux affaffins richeffes 2
pouvoient avoir fanvé de leurs
qu'ils auroient-ils dà, comme la femme Cofe,
pafites 5
leurs enfans, chercher avec eux
jeter. dans la mer des flots P ou devoient-ils atla mort anl milicu Sonthonax ou Polverel, autendre l'inftant, que
roient marqué pour leur fupplice!
traiter
La convention nationale pourroit-elle
après
ce
vuidé dans les mains de ces deux affaffins richeffes 2
pouvoient avoir fanvé de leurs
qu'ils auroient-ils dà, comme la femme Cofe,
pafites 5
leurs enfans, chercher avec eux
jeter. dans la mer des flots P ou devoient-ils atla mort anl milicu Sonthonax ou Polverel, autendre l'inftant, que
roient marqué pour leur fupplice!
traiter
La convention nationale pourroit-elle --- Page 62 ---
(74)
comme émigrés, des hommes qui, fuyant de leurs
maifons incendiées, par ordre des commiffaires,
ont cherché un réfuge à bord de l'efcadre Françaife, fous le pavillon national?
Ceux de Ges Colons qui font venus en France
chercher un afyle, ou dénoncerleurs aflaflins, font
donc aufli des émigrés ?
Si les patriotes qui font à lAmérique du Nord,
n'ont pas paffe en France, c'eft que le miniftre
de la république n'a pas voulu le leur pernettre ;
c'eft qu'ils n'en ont pas eu la faculté; c'cft qu'ils
Te croyoient plus en mefure de repaffer à SaintDomingue. Eneffer,ils ont conitamment demandé
à Genet; d'aller défendre la colonie de l'invafion
de l'Angleterre. Genet lesat toujours repouffés.
Ces Colons ont-ils confpué la cocarde tricolore?
Ont-ils arboré les drapeaux de la contre-révolution? Sont-ils fortis de leurs pays fous le pavillon ennemi?Ont-ils ceffe un inftant de marcher
fous l'étendart de la république ? N'ont-ils pas
chaffé du fein de leur af'emblée, deux hommes
que l'oppreffion & le malheur avoient écartés de
la ligne de la révolution ?
Les patriotes de la Martinique & de la Guadeloupe font donc aufli des émigrés ? Ils devroient
Têtre d'autant : plus, qu'ils font allés chercher
alyle chez les Anglais $ à la Barbade. Leurs dép.que la convention nationale a reçu dans fon
font donc auffi des
&
E
cmigres, d'autant plus
émigrés, qu'ils oit étj nommés chez les Anglais,
a la.) Barbade ?
cartés de
la ligne de la révolution ?
Les patriotes de la Martinique & de la Guadeloupe font donc aufli des émigrés ? Ils devroient
Têtre d'autant : plus, qu'ils font allés chercher
alyle chez les Anglais $ à la Barbade. Leurs dép.que la convention nationale a reçu dans fon
font donc auffi des
&
E
cmigres, d'autant plus
émigrés, qu'ils oit étj nommés chez les Anglais,
a la.) Barbade ? --- Page 63 ---
(75)
dira-t-on peut-être, ils font rentrés dans
leurs Mais, foyers ? Ils en ont chaflé les contre-révolu- la nature
tionnaires? Cela eft vrai. Mais pourquoi lieues de
n'a-t-elle placé la Barbade qu'a vingt ? Pourquoi ala Martinique & de la Guadeloupe à
ou huit
t-elle placé FAmérique du Nord fept
cent lieues fous le vent de Saint-Domingue? donné fa confiance
Pourquoi la république a-t-elle refufé aux Colons la
à un traitre, (Genet) qui a retourner à Saintpermiffion &, la faculté-de
a-t-il envoyé
Domingue ? Pourquoi ce miniltre croifer dans les
les vaifleaux de la république, les Colors demanmers du Nord, pendant leurs que
les dédoient à retourner far
foyers, pour
fendre de l'invafion des Anglis?
Si la convention nationale confidéroit comme
émigrés, des patriotes, amis de la république 2
qui n'ont été chaffés de, chez eux, que de teec
qu'ils génoient les opérations anglicanes refulteroit-il71 en
thonax & Polverel , qu'en d'hommes induftrieux,
réfulteroit que cette colonie
de cultivateurs inftruits ( car qu'on ne sy lés trompe vrais
pas, ces émigres font les vrais Colons, de
mannfacturiers du fucre, du café 5
l'indigo 9
du coton), il : en refulteroit, difons : nous 9 que la
cette colonie d'hommes, feroit perdue pour
iroit enrichir PAmérique du Nord,
France; qu'elle
il en réfulteroit que
PAnglererre ou PEfpagne; demeureroient incultés. II
les terres des Antilles la culture de TAmérique eft
faut en convenir, favante
celle de la vigne & du
un peu. plus
que
5
l'indigo 9
du coton), il : en refulteroit, difons : nous 9 que la
cette colonie d'hommes, feroit perdue pour
iroit enrichir PAmérique du Nord,
France; qu'elle
il en réfulteroit que
PAnglererre ou PEfpagne; demeureroient incultés. II
les terres des Antilles la culture de TAmérique eft
faut en convenir, favante
celle de la vigne & du
un peu. plus
que --- Page 64 ---
(76)
froment. TI a fallu plus d'un fiècle d'effais: Il faut
encore des calculs bien fuivis, pour diriger une
Rabitation. Une parcille colonie d'hommes feroit
tn préfent bien précieux que la république feroit
aux puiffances ennemies.
Mais, dira-t-on. peut-étre, les Colons ne font
pas dans. les principes décrétés par la convention
nationale ; s'ils font républicains, ils n'en font
pas moins des égoiltes, qui veulent voir fous eux
des efclaves; fi ces hommes reparoiffoient à SaintDomingue,ils y paraliferoiens, le grand principe
de la liberté générale.
Ceux gui ont laiffé incendier leurs habitations;
ceux qui ont laiffé égorger leurs parens 2 leurs
amis, plurôt que de ceffer de porter obéiflance
entière aux décrets incohérents & vexatoires de
Faffemblée confituante & de l'affemblée légifRxtive $ méritent-ils moins la confianee de la convention: nationale, que tout autre'
?
9e
citoyen
Fandra-t-il laiffer mourir de faim fur des plages
étrangeres * dix, mille familles Françailes, parce
quelques métaphyficiens douterontfelles ont
rement
endir
oublié, que quatre cents millerénublicainz,
arrachés par leurs foins', à la barbarie de leur
pays., ont été. leurs elclaves. Leurs
-
elclaves!
C'elt bn mot bien hideux, mais ençere, eft-il vrai
que Rome; dans fes plus beaux jours, donnoirà
un pére
de droits,a exercer fur fon fils ,
que le
ne
en exercer fur cet
Pelar
peut
éfclave,
Voudroit-on factifier des moyens certains de
oublié, que quatre cents millerénublicainz,
arrachés par leurs foins', à la barbarie de leur
pays., ont été. leurs elclaves. Leurs
-
elclaves!
C'elt bn mot bien hideux, mais ençere, eft-il vrai
que Rome; dans fes plus beaux jours, donnoirà
un pére
de droits,a exercer fur fon fils ,
que le
ne
en exercer fur cet
Pelar
peut
éfclave,
Voudroit-on factifier des moyens certains de --- Page 65 ---
(77)
profpérité pablique €, au fyftême impraticable de.la
civilifation aduelle du nègre. Voudroit-on enrichir les ennemis de la France, d'une colonie
d'hommes induftrieux, actifs, courageux, 9 fidèles
aux principes & à leur mère patrie 9 pour jeter
dans les Antilles, quelques profeffeurs de métaphyfque? Si la France veut former de nouvelles
colonies, ne peut-elle pas le faire, ? fans anéantir
celles qui exiltent déjà ? Les iles des mers du Sud, /
le continent d'Afrique & d'Amérique , ne fourniffent-ils pas des champs affez vaftes, pour, effayer d'un nouveau mode de cultiver la terre des
Tropiques 2 Faut-il rifquer la ruine du commerce,
de la marine, des manufadures nationales, plurèt
que de faire à Madagafcar, l'effai que l'on'veut
faire à Saint-Domingue ?.
Ne feroit-il pas pollible de faire cet effai,
fans condamner à un hanniflement éternel, dix
mille familles françaifes, qui, après aveir,
I
leur induflrie
la France au faite de M
91 porté
profpérité commerciale; qui, après avoir tout facrifié à la république, feront condamnées à chercher afyle chez. des nations étrangères ? Faudrat-il que les Anglois, que les Elpagnols 7 ennemis
de la repualisqueitaudrs-cil que les hurons donnent
au peuple Français régénéré, un grand exemple
d'humanité ? Ou voudroir-on que ces infortunés,
vidtimes d'une métaphylique erronnée 2 autant
qu'impolitique, allaffent porter leur induftrie &
leur aétivité chez les puiffances ennemies 1 qu' 'ils
enrichiroient au détriment de la république? Une
is, que les Elpagnols 7 ennemis
de la repualisqueitaudrs-cil que les hurons donnent
au peuple Français régénéré, un grand exemple
d'humanité ? Ou voudroir-on que ces infortunés,
vidtimes d'une métaphylique erronnée 2 autant
qu'impolitique, allaffent porter leur induftrie &
leur aétivité chez les puiffances ennemies 1 qu' 'ils
enrichiroient au détriment de la république? Une --- Page 66 ---
(78)
pareille mefure ne fouillera jamais les
de
notre hiftoire. Les imprécations de la pages Francc
ruinée par la révocation de l'édit de Nantes,
contre le fanatifme religieux de Louis XIV,eft
un exemple terrible à hos légiflateurs, amis de
la profpérité publique. Le reproche juftemene fait
à la Gironde, d'avoir voulu porter la liberté audehors, pour raviver la tyrannie au-dedans, doit
étrc pour eux un grand exemple. L'enthoufiafme
paffe, la vérité refte dépouillée du preftige qui
f'environnoit. Si les traîtres que Polverel & Sonthonax ont envoyés de
en France. , la contre-révolution Saint-Domingue en bonnet 1 porter
avoient été les amis fincères de la république rouge, &
de la libercé, ils feroient allés apoftoler
roient allés civilifer les
9 ils fcils leur auroient
la fauvages de l'Afrique ;
porté
méme fomme de bonheur, le' même cercle de jouiffance 9 qu'ont les
nègres des colonies ; alors ils auroient bien mérité de la patrie 5 dont ils auroient étendu les
relations politiques & commerciales, Ils auroient bien mérité de l'humanité, en modifiant des
hordes d'hommes éparfes dans les forêts, fans ceffe
aux prifes entr'elles ou avec des tigres moins feroces qu'elles ; car il eft des hordes cannibales
parmi les nègres comme parmi les fauvages de
FAmérique ; Duffay vous l'a dit lui-méme.
Citoyens 2 dans le courant de juin dernier 2
la convention a décreté d'accufation, Sonthonax
& Polverel. Leur nom étoit un opprobre; & la
convention nationale a fait à Briflot, un grand
fans ceffe
aux prifes entr'elles ou avec des tigres moins feroces qu'elles ; car il eft des hordes cannibales
parmi les nègres comme parmi les fauvages de
FAmérique ; Duffay vous l'a dit lui-méme.
Citoyens 2 dans le courant de juin dernier 2
la convention a décreté d'accufation, Sonthonax
& Polverel. Leur nom étoit un opprobre; & la
convention nationale a fait à Briflot, un grand --- Page 67 ---
(79)
erime de fes rapports avec eux. Des patriotes renommés
en témoignage, ont motivé cette
2 appelés des circontlances & des faits..
Le opinion, fang , S Briffot auroit-il lavé aujourd'hui les
crimes de fes complices? La juftice du peuple
peut-elle varier au gré des palions ? Sonthonax
& Polverel font-ils donc moins coupables atljourd'hui iyparce qu'ils ont commis de plus grands
crimes P N'eft-ce donc qu'à force de forfaits que
l'ennemi de la république peut s'affurer Fimpunité?
Quatre cent mille nègres, rendus à l'efclavage
la fociété 2
atroce a de lAfrique 2 perdus pour
la
& pour la profpérité de la république 5 ftagnation du commerce & des manufadures nationales'; la
les offemens de dix mille Français, amis de
république & de la liberté, épars fur les ruines
de Saint-Domingue: ; les cris de douleut de dix
milles familles Françaifes, qui, même dans leur
défelpoir, invoquent la republique & la liberté 5
feront-ils des titres honorables é juftificatifs pour
infidèles ? Les cadavres de nos
ces mandataires
de leur
frères doivent-ils être le marche-pied
autel!
Citoyens , la hâche fous laquelle a tombé la
tête de Briffot, n'a pas tranché le fil politique ,
par le moyen duquel le miniftre d'Angleterre de la
veut ruiner le-commerce & la profpérité
sépublique.
En effet, pendant que Sonthonax & Polverel --- Page 68 ---
( S go )
failoient égorger les habitans de
les uns par les autres 3 pendant qu'ils Saint-Domingue; bombardoient
le Port-an-Prince, avec trois vaiffeaux de 74 &
cinq frégates, deux frégates Anglaifes ruinoient le
commerce de la colonie & de la métropole.
Pendant que Sonthonax & Polverel armoient
au Cap leurs fatellites contre l'efcadre de la république; pendant qu'ils défendoient aux comm-ndans des autres ports de la colonie de recevoir aucun des vaiffeanx de la république ; enfin,
pendant que cette efcadre & le convoi qu'elle
efcortoit alloient chercher afyle vers PAmérique du
Nord,le gouverneur de la Jamaique fe difpofois
à envahir Saint-Domingue.
Pendant que les habitans du Cap refugics à
bord de ces vaiffeaux, vouloient aller reconquérir
Saint- Domingue, Génet, l'ami de
de
Sonthonax
Biiflor,
& Polverel, envoyoit cette efcadre
fe brifer dans les mers du Nord;6 & voila cependant les hommes que lon voudroit reputer
émigrés ! La Jamaique, 9 la Havane étoient à côté
d'eux; mais la Jamaique & la Havane font des
colonies ennemies > & loin d'aller y. prendre
afyle, ils fe rendent chez un peuple d'amis. Et
ces hommes-la font émigrés!
( La fuire au No.6.)
Enfin,
& Polverel, envoyoit cette efcadre
fe brifer dans les mers du Nord;6 & voila cependant les hommes que lon voudroit reputer
émigrés ! La Jamaique, 9 la Havane étoient à côté
d'eux; mais la Jamaique & la Havane font des
colonies ennemies > & loin d'aller y. prendre
afyle, ils fe rendent chez un peuple d'amis. Et
ces hommes-la font émigrés!
( La fuire au No.6.)
Enfin, --- Page 69 ---
AD R E SSE
A LA CONVENTION NATIONALE.
CHovEss REPRÉSENTANS,
Du fond de la prison où lintrigue nous tient ensevelis,
nous avonsenfin eu connoissance du rapport mensonger
vous a fait sur les Colonies, 1 et nous
et liberticide qu'on
avons frémi d'indignation' ! 1
a-t-illul lespièPour asseoir son opinion,le raporteur
divers colons aux comités?
cesr nombreuses, déposées par nombreuses encore déa-t-il voulu lire les pièces plus
posées dans nos archives , et sur lesquelles ont été apposés des scellés, dont depuis six mois nous demandons
inutilement la levée en notre présence? a-t-il lu les ouvrages nombreux qued depuis deux ans nous n'avons cesséde
distribuerà la convention nationale, aux autorités consafin de prémunir la
tituées et aux sociétés populaires, ourdies
lui enlever
France contre les manceuvres
pour
son commerce et détruire la liberté?
a-t-il ses Colonies,ruiner voulu s'assurer de la fidélité de nos citations par
l'examen de nos archives?--1 Non
Cependant, citoyens, le raporteur nous a déclaré luimême que le comité de salut publicayant, 2 depuis un
intercepté toutes-les correspondances entre l'Améan, riqueetla France ; ilétoit bien convaincu qu'à SaintDomingue étoit deux partis fortement pronencés: les
contre-tévolutionnsies et) les patriotes : que nous étions
du nombre de ce dernier parti. Aurions-nous pu croire
de Sonthonax, del Polvealors que Toloquencecininuanter détruiroit en un instant une opinion
rel et complices,
assise sur tant de preuve matérielles et sur le témoignage
non-suspect de correspondances confidenticiles,
L'affaire des Colonies tientà une grande intrigue : ses --- Page 70 --- --- Page 71 ---
Egas
-0286 e
v.'S
CUC
Aou --- Page 72 ---