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USP
N. 26.
NOUVELLES
DE SAINT-DO MIN G UE.
Cinguante-fix chefs de reproche faits à M. de Peynier,
par les Citoyens des Diftrids du Port-au-Prince.
C'esr au Tribunal fupréme de la Nation, que les Citoyens
des Diftrids du Port-au-Prince fe flattent de faire parvenir leurs
gricfs 5 indignement affaillis dans le corps-de-garde national,
& difperfés au milieu de la nuit par une artilleric & des forces
fupéricures aux leurs, ils attendroient encore avec patience &
refped le jugement des auguftes Repréfentans de la Nation,
f les vexations fubféquentes, devenues par leur multiplicité,
infuportables, ne les forçoient de publier leurs doléances. Puiffent les peres de la Patrie, dépouillés de toute prévention les
écouter & leur donner alfiftance.
Lors dela formation: de l'Affemblée générale de Ja Colonie,
toutes les Paroiffes ont difcuté & arrêté d'accord le mode &
la quotité de leur repréfentation refpedive M. de
n'a pu ignorer que les recenfemens de 1788 2 étoient les Peynier bafes
de cette derniere; loin d'accueillir les plaintes mal fondées des
fuppôts de l'ancien régime, accoutumés jufqu'alors à s'approprier
fans obflacles toutes les dignités, à fe partager fans oppolition
No. 26.
A
es ont difcuté & arrêté d'accord le mode &
la quotité de leur repréfentation refpedive M. de
n'a pu ignorer que les recenfemens de 1788 2 étoient les Peynier bafes
de cette derniere; loin d'accueillir les plaintes mal fondées des
fuppôts de l'ancien régime, accoutumés jufqu'alors à s'approprier
fans obflacles toutes les dignités, à fe partager fans oppolition
No. 26.
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Ies fept à huit millions annuellement impofes & perçus dans
cette Ifle fertile, le Gouverneur s'oft préfenté lui-même à cette
Affemblée générale demla Colonie éante à Saint-Marc: ; ilya a
fait le ferment folemnel dc la feconder dans tous fes travaux s
& il a tenu parole jufqu'à l'arrivée du Colonel.
Sans y être provoqué, fans" que rien eût préparé une relle
levée de bouclier, M., de Mauduit à écrit le 5 de Juillet,
une lettre au Préfident del'Affembléc, qui n'annonçoit rien moins
que la paix; à cette banniere fe. font réunis d'une extrémité
à l'autre de la Colonie, les agens de Padminiftration, les partifans d'une contre-révolution, & fans s'en douter, ceux que
la fedutionlavoit culle tems d'aequérirs lel môt dindépendance
a été choifi comme le plus propice à fervir de cri de guerre;
tous n'ont pas reconmu ce piége dont les Citoyens des Difrids
du Port-au-Prince fe" font heureufement préfervés.
Ce n'étoit pas ce qu'on, vouloit; la diffolution de cette milice' vraiment mationale, a donc du précéder celle de PAffemblée générale, qu'une proclamation du Gouverneur, publiée
& affichée le 13 Juillet, avoit confirmée à une majorité de
90 voix contre 48, quoiqu'on fôt parti d'une bafe plus défavorable encore. 2 que celle des recenfemens dont on s'étoit
fervi pour la former-
-
L'Affemblée Nationale ne pouvant ignorer" aujourd'hui les
tentatives: faites . pour détruire celle de Saint - Domingue 2
nous ne lui expoferons pas les griefs dont la Colonie peut
avoir à fe plaindre 2 les : Citoyens du Port-au-Prince préfenteront feulement fommairement les plus notoires de eeux qui font
particnliers à la partie qu'ils habitent, puiffe-t-elle faire informer fur. cés faits & prononcer. fur notre fort qui devient tous
les jours plus facheux!
GRIEFS
1. M. de Peynier a été parjure à fes fermens ;
2. Hla-enfreint les divexs Décrets de PAfemblée Nationale
avoir à fe plaindre 2 les : Citoyens du Port-au-Prince préfenteront feulement fommairement les plus notoires de eeux qui font
particnliers à la partie qu'ils habitent, puiffe-t-elle faire informer fur. cés faits & prononcer. fur notre fort qui devient tous
les jours plus facheux!
GRIEFS
1. M. de Peynier a été parjure à fes fermens ;
2. Hla-enfreint les divexs Décrets de PAfemblée Nationale --- Page 7 ---
& notament ceux des 8 & 28 Mars, il s'en ell fervi, comme
de prétexte à, fes vexations fanguinaires.
ihai 3 979.1
3". Il a divifé les Citoyens de la, ville du Port-au-Prinice
en autorifant une corppration. dilinêe des: Diftridsp poitant.une
marque autre que, la, cocarde nationale.
ul inp
4e Il 2, permis que le Régiment du, Port-au-Prince flipendié par, la Colonie 2 fût publiquement *& depuis l'arrivée du
Colonel, préparé à une. infurredion. çontre les Citoyens fideles
aux Diftrias.
so. il a annoncé qu'il étoit prêt, qu'on pouvoit venir, &c.
loin d'inviter à la paix, il a fajt environner le Gouvemement
de foldats & de préparatifs de guerre, des fourneaux à boulets
ont été conflruits fur, les forts qui dominent la. ville.: r
6°. Ila donné P'ordre d'attaquer le corps-de-garde national,
& de tirer le canon contre les ' Citoyens auxquels il avoit
donné le mot d'ordre peu d'heures avant.
7°. Il s'ell emparé de l'églife & du clocher pour empècher
les Citoyens d'appeller à leur fecours, & pour pouvoir I les
faire égorger plus firement.
8°. Il, a imprimé fur un régiment François qui ne lui à que
trop malheureufement obéi, une tache ineffaçable.
s°. Il a fait traveftir des particuliers en foldats & les a
envoyé à deux heures après minuit avec la troupe & de l'artillerie attaguer les Citoyens qui étoient dans le corps-de-garde
National.
IO°. Il a fait enlever les drapeaux des Diftriés.
I1°. Il a vaguement & fans preuye accufé les Citoyens d'avoir le projet de mettre. pendant cette nuit défaftreufe le feu
au magalin du Roi.
120 Il n'a point pourfuivi depuis les traces & les fauteurs
d'un crime aufi grave & aufli inutile, qui n'a été que le prés
texte calomnieux du forfait le plus criminel.
13°. Il a certifié une relation fauffe & menfongere de l'attaque du corps-de-garde. national,. à laqu'elle il n'avoit pas
allillé,
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500149. Ilis'éf innuuilement efforcé par n une déclaration poftérieure & indigne d'un général de faire croire que le Régiment
n'étoit pas l'agrefTenr , & que les Citoyens avoient tiré les pre. miers; comme-fi l'artillerie, la troupe & Jes Volontaires traveflis
en foldats, qui fe font rangés à deux heurcs" de nuit aux deux
extrémités de la rue, oit étoit fitué le corps-de-garde national
& les deux fortes divifions' qui les foutenoient & les empéchoient,
dit M.de Mauduit, d'être formées : comme f les nombreux
détachemens envoyés au fort Saint-Jofeph, au Gouverneinent,
à PIntendance, au Parc d'artillerie, àla Poudriere, ,à PEglife,
au magsfin du Roi: eomme f le cordon!
cs" de nuit aux deux
extrémités de la rue, oit étoit fitué le corps-de-garde national
& les deux fortes divifions' qui les foutenoient & les empéchoient,
dit M.de Mauduit, d'être formées : comme f les nombreux
détachemens envoyés au fort Saint-Jofeph, au Gouverneinent,
à PIntendance, au Parc d'artillerie, àla Poudriere, ,à PEglife,
au magsfin du Roi: eomme f le cordon! établi dans' la 'rue
du Gouvernement , la Maréchauffée fur pied, les Volontaires
armés, répartis dans ces différens détachemens , & envoyés'dans
les divers poltes; comme f'la relation du Colonel elle-même
& le procès-verbal du cônfeil de guerre tenu au Gouvérnement
le 29 au mnatin, qui n'a été publié que longt-tems après', ne
prouvoient pas évidemment lel contraire. eliye. Il a provoqué la' guerré civile 7 lc plus'redoutable dés
fléaux, le germe des haines les plus invétérées , en annonçant
& proclamant fon intention de détruire par le fer & par le feu
nos Repréfentans henreufement recueillis par le vaifleau le
kéopard y fauveur de la Colonie. ) lte
1 -
-
Ta6° Il'a envoyé les Députcs du Capifans qualité fans million
de leur Conimine , mais avec Pefprit de fidudion dans le coeur 2. il les a envoyé vers nous, dire dans nos Diftrids, étrangementoppriniés dans ces momens de douleur, qu'ils ne regarderoient
les Citoyens des Diftiids du Port au-Prince comne François
que quand ils aurcient défavoué l'Alfemblée générale de la
Colonic, & qu'ils auroient enbraff: le parti qui lui étoit contraire."
:" 17931 Il a voulu lui-mêine enfuite foréer les Citoyens des
Diftries de prononcer la diffslution de cette même Affemblée
générale dont la validité avoit été foumife au jugement de toutes
les Paroiffes qui l'avoient confirmée. :
I
: 18°.Il'a fait-une formule-de fernient autre que celle décrétéé
par PAfemblée Nationale, qu'ila contraint ces mêmes Citoyens
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- S
de figuer, & Ja réfiftance & les refus de plufieurs qui n'ont
pas cru devoir céder' aux fophifmes & aux menaces qu'on.cmployoit en fa préfence, ne lui ont, pas déffillé les yeuxi
19° Il a refufé la profellion de foi de plufieurs, qui lui
ontu offert par écrit de garder la neutralité la plus abfolue
allumée
:
pendant. la durée jde çette, guerre civile, qu'il avoit
& qu'il prétendoit atifer par tant : de moyens indignes d'un
Repréfentant du Roi. ban, àl l'effetde défarmer
20° Ila fait publier le,13 Aoûrun
les Citoyens des Diftrids du Port-au-Prince. 21° II a_fait armer les mulâtres & gens de couleur libres,
contre les blancs, il étojt réfervé.à M.de Peinier de réalifer, le
premier ce forfait.
avoit
& qu'il prétendoit atifer par tant : de moyens indignes d'un
Repréfentant du Roi. ban, àl l'effetde défarmer
20° Ila fait publier le,13 Aoûrun
les Citoyens des Diftrids du Port-au-Prince. 21° II a_fait armer les mulâtres & gens de couleur libres,
contre les blancs, il étojt réfervé.à M.de Peinier de réalifer, le
premier ce forfait. de.la correfpon22° Il n'a point refpedé le. fecret,inviolable
dance décrété par: PAfemblée Nationale, fanéionné par le Roi,
fandifié par la raifon. .23° ILa nommé Oul fait nommer 3 par, fa corporation ayilie,
plufieurs Comniffaires décacheteurs de lettres pour préfiderà Pon. veitaredespaquets, contrefignés enfuite par ces infâmes fauffaires. de lettres
249 - Ilasfait apporter au Gouveruement; les facs
venant de France, qu'on étoit dans Pufage de, porter à la pofle
& d'ouvrir devant tout le monde. 25°.1 Ila refufé juflice & a appuyé par écrit Je déni des Juges,
qui, au mépris de tous-l les principes 5 ont dit aux vidimes que le
defpotifme le plus exigeant s'appliquoit à torturer. , que, les Loix
étoient muettes pour eux. 26° Il a fait arrêter & mettre aux cafernes un très-grand
nombre de Citoyens.. 279 Il enl a: fait mettre d'autres.en prifon. 28°I1 cir a fait.
1 Ila refufé juflice & a appuyé par écrit Je déni des Juges,
qui, au mépris de tous-l les principes 5 ont dit aux vidimes que le
defpotifme le plus exigeant s'appliquoit à torturer. , que, les Loix
étoient muettes pour eux. 26° Il a fait arrêter & mettre aux cafernes un très-grand
nombre de Citoyens.. 279 Il enl a: fait mettre d'autres.en prifon. 28°I1 cir a fait. mettre plufieurs aux cachots civils & aux
eachots des cafernes. in
29°,Il-permet qu'on.y en retienne, un tres-grand nombre
d'autres. 30° Il fouffre qu'on arrête encore tous les jours ( 2.4. :Septembre ) des: Citoyens ; fous les: prétextes les plus légers &
qui jufquici ont prefque tous été reconnus faux. --- Page 10 ---
: 6
31° Il s'ell pernis, au mépris du droit & de fes fermens 3 de
faire paffer au Confeil de Guerre des Membres de l'Affemblée
Générale abfens & partis pour France. P
320 Il a fait publier, à la parade, & plufieurs jours après, 9
(en préfence de M. de Blanchelande s fans doute pour le
prévenir ), un Jugement incompétent qui condamne lun des
Membres de cette Affemblée Géhérale à être fufillé jufqu'à ce
que mort s'en fuive."
339 Il n'a point été fidele aux conditions de paix foufcrites
par lui & les Citoyens compofant l'armée patriotique.
34° Il n'a point rendu à tous les Citoyens les armes qu'ils
avoient dépofées en vertu de fon ban; public le 13 Août.
35° Il a fait publier, le 31 Août, un ban-à ce que les Citoyens
enffent à fe préfenter' le lendemain à des heures indiquées, & il
a oppofé depuis la prefcription à ceux qui ne s'étoient pas préfentés dans le court elpace de temps indiqué.
360 Il a permis que le Major Général envoyât chercher des
Citoyens domicilés, & cela depuis la fignature des conditions de
paix.
: 37° Il n'a pas rétabli la libre communication des avenues du
Port-au-Prince.
38° Ila ordonné 3 par un ban publié, que tous les Citoyens
: & les: Cabaretiers indiflingement feroient tenus de déclarer les
amis & les étrangers qu'ils avoient chez eux, &il s'eft permis
: d'avilir ainfi le droit de l'hofpitalité & de fcruter Pafyle du
Citoyen.
39° Il a joint l'infulte & l'ironie à l'oppreflion la plus infupportable, en faifant éerire le 25 Août, par ce Major Général
de fa création, une Lettre, par laquelle il prétend ignorer la
caufe pour laquelle les Diftrias n'avoient pas jugé à propos 3
depuis un mois, de faire de fervice.
409 Il s'eft annoncéle: 28 Août par la Gazette, devoir être le
dénonciateur auprès du Miniftere public, de tous les délits commis
depuis l'arrivée des Décrets.
41° Ila donné la preuye que, fous un Général dénonciateur,
une Lettre, par laquelle il prétend ignorer la
caufe pour laquelle les Diftrias n'avoient pas jugé à propos 3
depuis un mois, de faire de fervice.
409 Il s'eft annoncéle: 28 Août par la Gazette, devoir être le
dénonciateur auprès du Miniftere public, de tous les délits commis
depuis l'arrivée des Décrets.
41° Ila donné la preuye que, fous un Général dénonciateur, --- Page 11 ---
lés Citoyens n'ont pas l'efpoir d'obtenir des Tribunaux oppreffifs de la Colonie la juflice qu'ils font en droit, d'en exiger fous
un Géneral Citoyen.
420 Ila tenu plus qu'il n'a promis, en faifant pourfuivre
l'événement malheureux du mulâtre de M. dela Jarte; événement
antérieur à l'arrivée des Décrers. M. de Peinier peut il avoir
déjà oubliéla pri(e d'armes bienimprudente de quelques Habirans
de la Croix-de-Bouquetsi peut-il avoir oublié la modération
éxceflive des Citoyens de la ville du Port-au-Prince , lors de"
l'entrée de cette poignée d'Habitans armés de pied en cap; a t'il.
déjà oublié cette' Aflemblée de Paroiffe à laquelle il vint lui-même
avec P'Etat Major; a t'il oublié qu'à l'acclamation générale des'
Citoyens a qu'à fa propre follicitation, on atrêta publiquement
que cet événement du mulâtre de M. de la Jarte n'auroit pàs de
fnite, vu les conféquences ; a t'il déjà oublié que le Sr d'Aubaret,
cet incendiaire échappé peu avant ati fupplice par l'indulgence
criminelle de fes parens & amis 5 que ce d'Aubaret, le noteur &
l'exécuteur de ce meurtre, avoit très-peu de jours après été arrêté
à la requifition des Citoyens du Port-au-Prince, de ce Comité de
l'Oueft fi coupable à fes yeux : que CC d'Aubaret avoit été embarqué pour France par l'ordre même du Gouvernement & envoyé
à PAMTemblée Nationale pour ell faire juftice ?
i 43° Il a promis plus qu'il n'a tenu, en ne dénonçant pas au
Miniftère public le délit notoire, fans exemple & poftérieur à
l'arrivée des Décrets, commis le 13Juin par le S" de St-George,
ce zélé Volontaire qui, dans P'Afemblée Paroiffiale, a tiré de fa
poche un piftolet qu'il a porté fous la gorge d'un Citoyen qui
n'étsit pas de fon avis.
44". Il a fouffert linterdidion de deux Officiers publics qui,
à la demande des parties , ne pouvoient fe refufer de requérir la
vifite des cadavres des deux Citoyens indignement affaffinés dans
le Corps-de-Garde National parles cruels exécuteurs de fcs ordres.
M. de Peinier ne peut pasignorer cette interdidion fcandaleufe &
révoltante, il ne dira pas qu'elle n'eft point de fon fait, puifque le
Commandant en fecond , M. de Couflard, , à qui la Colonie
ers publics qui,
à la demande des parties , ne pouvoient fe refufer de requérir la
vifite des cadavres des deux Citoyens indignement affaffinés dans
le Corps-de-Garde National parles cruels exécuteurs de fcs ordres.
M. de Peinier ne peut pasignorer cette interdidion fcandaleufe &
révoltante, il ne dira pas qu'elle n'eft point de fon fait, puifque le
Commandant en fecond , M. de Couflard, , à qui la Colonie --- Page 12 ---
donnetrente fept mille cing cens livres pour demeurer à St-Marci
oàilin'a jamais demeuré, étoit un des Juges au Confeil.
45". Il eft l'infligateur, & fon avis du 28 Août ne l'indique
que trop, des Décrets de prife de corps & des ajournemens
perfonnels lancés & rigoureufement exécutés contre un tresgrand nombre de Citoyens du Port;au-Prince, des Cayes-duFond , de Jacmel, du Petit - Goaye, de Léogane, qui fe
flattoient, d'après les conclufions de la paix foulcrite par M. le
Général, d'attendre tranquillement le Jugement de l'Affemblée
Nationale fur le paffé.
46°. Il a fait donner fuite & toujours, conformement à cet
avis du 28 Août, à l'affaire, dite de la Bourique , qu'on étoit
encore convenu en fa préfence, & dans cette même Affemblée
de Paroiffe, d'oublier à jamais 3 M. de Peynier doit fe rappeller
que les Citoyens s'eftorcerent de réparer, autant qu'il étoit en
eux, l'injure faite la veille à M. Marchand, & il réveille aujourd'hui, contre ce citoyen, &. fans utilité, des haines qu'il
nérite d'autant moins, que ce n'eft point à fa réquiftion que
ces pourfuites fe font.
47. Il a fouffert que fon coopérateur à l'adminiftration, le
fieur de Proify, fous le prétexte d'une réforme économique
dans les Bureaux, fe bornât à la mince fuppreflion de la place
ci-devant occupée par le fieur Efprit de Porcher, qui n'a jamais
voulu prendre le pompon des Volontaires.
48°. Il a confenti à cC que de vieux ferviteurs, attachés au
fervice depuis leur jeuneffe, fuffent obligés de s'abftenir des
fonétions de places, que leur affiduité leur avoit acquis, fous le
prétexte toujours vague qu'ils étoient fufpeds.
49". Il a laifTé trainer, en prifon des Citoyens patriotes, parce
qu'ils avoient diné une feule fois avec des foldats du détachement du Cap.
5o°. Ila permis, au mépris de la raifon & de toutes les loix,
que ces Citoyens, fous un prétexte aufli frivole, ayent été condamnés par u confeil de guerre à partir pour France.
S1o, Il n'a pas, ofé faire mettre à exécution un jugement
49". Il a laifTé trainer, en prifon des Citoyens patriotes, parce
qu'ils avoient diné une feule fois avec des foldats du détachement du Cap.
5o°. Ila permis, au mépris de la raifon & de toutes les loix,
que ces Citoyens, fous un prétexte aufli frivole, ayent été condamnés par u confeil de guerre à partir pour France.
S1o, Il n'a pas, ofé faire mettre à exécution un jugement --- Page 13 ---
auffi extraordinaire 1 mais pour paroitre l'approuver , il a feint
d'accorder par grace aux Citoyens qui l'ont éprouvé, une permilfion de fortir de la géole, accompagnés d'une garde, pour
vaquer à leurs affaires.
520. Il a privé de leurs fournitures des entrepreneurs, ayant
des marchés paffés avec le Roi, qui fervoient avec exaditude, $
fous prétexte qu'ils étoient fufpedts; comme fi PAdminifrateur
pouvoit à fon gré fufpendre l'exécution d'un marché, & comme
s'il ne favoit pas que l'année derniere O1l a fait perdre à un
particulier fon état & plus de cinquante mille écus 7 parce qu'il
ne tenoit pas ftridlement les claufes de, fon entreprife.
53°. Il a envoyé arrêter, a par des Soldats, les" onvriers , en
grand nombre d'un chemm entrepris depuis long-teins &à grand
frais, par les habitans de tout un quartier, auxquels il feroit
d'un prix inelimable, & les a fait mettre en prifon fur Ja plainte
d'un particulier qui n'avoit pas bon droit.
54. Il n'a pas accordé à la préffe la liberté décrétée par
PAffemblée Nationale & foufcrite par lui aux claufes de paix
conclue avec l'armée patriotique.
55°. Il a diffipé Pimmenfe tréfor que M. de Marbois prétend avoir laiffé.
1.
569. Il a endetté la Colonie & s'eft permis de prendre de
Pargent fur la place en échange de traites tirées fur lc tréfor
royal, , auquel la Colonie ne peut être obligée d'en faire les
fonds, , d'autant qu'ils ont été employés à fufciter dans fon fein
les horreurs d'une guerre civile.
(*) LETTRE d'Envoi de M. Nicolas, Capitaine Général
des Diftridts, à M. de Blanchelande.
Port-au-Prince, le 5 Oétobre 1790.
Elevé par mes Concitovens au grade de Capitaine Général,
j'en ai rempli les fondions avec plaifir & avec zèle. Les
Cette Lettre accompagnoit-le Mémoire adrelié à. M, de Bianchelands
la £ Ocobre, & coaligué dans le' No 22 des. Nouvelles,
Envoi de M. Nicolas, Capitaine Général
des Diftridts, à M. de Blanchelande.
Port-au-Prince, le 5 Oétobre 1790.
Elevé par mes Concitovens au grade de Capitaine Général,
j'en ai rempli les fondions avec plaifir & avec zèle. Les
Cette Lettre accompagnoit-le Mémoire adrelié à. M, de Bianchelands
la £ Ocobre, & coaligué dans le' No 22 des. Nouvelles, --- Page 14 ---
3R052
TG
violences, les meurtres commis au Corps-de-Garde National,
dans la nwit du 29 au 30 Juillet, par les Volontaires du
Port-au-Prince & les Soldats du Régiment, ayant àleur tête leur
Colonel, m'ont impofe, depuis cette époque 3 la Loi de fufpendre tout fervice 2 & les Citoyens ne s'y livreront fans doute
de nouveau que quand ils feront vengés par le Tribunal de la
Nation s devant qui, par la voie de leurs Repréfentans, ils ont
évoqué la caufe. Depuis la formation des Diftrids on ne peut
compter aucun trouble dans P'ordre & la tranquilité publique 5
mais comme la Colonie & le crimc peuvent tout pour favorifer
leurs coupables projets 2 j'ai cru qu'il étcit de mon devoir 3 &à
la follicitation des Diflrids, de vous faire parvenir ce Mémoire.
On a fans doute trop foiblement tracé ces horreurs : on a omis
beaucoup de circonflances; mais fi, comme je le défire & je
l'efpère > j'ai Phonneur de vous parler s vous connoîtrez avec
plus de vérité les complots & les atrocités dont nous avons été les
vidimes. Qu'on enchaine la fureur des Soldats, affurez moi,
vous Monfieur de Blanchelande, & non M. de Peinier 3 que le
fang de mes Concitoyens fera refpedé, à l'inflant les Diftrids
feront affemblés s & par une jufte & équitable comparaifon, vous
connoîtrez qui de nous ou des Volontaires mérite le nom de
François,
De FImprimerie de QUILLAU,mE du Fouarre, no, 3. --- Page 15 ---
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