--- Page 1 ---
A --- Page 2 ---
Hubir Carter Bromn
Libmaru
BrowHntrerstitr
The John Carter Brown Library
Brown University
Purchased from the
Louisa D. Sharpe Metcalf Fund
- --- Page 3 --- --- Page 4 ---
* - aun
Z4R 20 a --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
M E M OIRE
SUR LES AVANTAGES
QUIL YAUROIT
A CHANGER ABSOLUMENT
LA NOURRITURE
DES GENS DE MER.
Par M. POISSONNIER DESPERRIERES: de
Chevalier de LOrdre du Roi, Pun
fes
Médecins ordinaires, Médecin de la Grande
Chancellerie & de la Généralité de Paris 5e 3
In/peileurgénéral des Hôpitaux de la Marine
6 des Colonies, de PAcadémie des Sciences,
Arts & Belles-Lettres de Dijon.
A VERSAILLES,
GUERRE.
DÈ LIMPRIMERIE: DELHÔTELDELA
M. DCCLXXIL --- Page 8 ---
:
-
a --- Page 9 ---
a
(3)
E M OIR E
M
auroit achanger
SUR les avantages qu'ily
la nourriture des Gens de mer.
abfolument
dans mon Traité des
JEcok avoir prouvé,
les falaifons dont
maladies des Gens de mer, que
caufe
les Matelots font ufage, font la principale les afflidu fcorbut & des autres maladies qui font pénégent. Les Médecins &c les Chirurgiens Officiers de la marine
trés de cette vérité, & les mais ce n'eft pas affez,
en paroiffent convaincus; frappe les perfonnes dont
il faut encore feule qu'elle opérer avec plein fuccès une
l'autorité peut
à Thumanité, & par conféréforme avantageufe
quent précieufe à TÉtat.
Pour établir la néceffité de cetteréforme.jemployerai plus de faits que de raifonnemens: &
la conviction dans l'efprit,
les faits portent
les raifonnemens les plus
terraffentle préjugé; des raifonnemens fpécieux
folides, combattus par
plus que des
préfentés avec art, ne produifent Il n'appartient qu'à
doutes & des incertirudes. victoneufement.
Texpérience de les diffiper
les fubftances
On convient généralement que
d'une
falées, font fufceptibles
animales, quoique vifible, qui ne peut qu'accélérer
dégénérefcence
à la décompofition toutes les
la tendance qu'ont humain : ceux qui ne fe nourliqueurs du corps
font néceffairement
riffent que de ces fubftances, hommes à ces maplus expofés que les autres
Aij
des incertirudes. victoneufement.
Texpérience de les diffiper
les fubftances
On convient généralement que
d'une
falées, font fufceptibles
animales, quoique vifible, qui ne peut qu'accélérer
dégénérefcence
à la décompofition toutes les
la tendance qu'ont humain : ceux qui ne fe nourliqueurs du corps
font néceffairement
riffent que de ces fubftances, hommes à ces maplus expofés que les autres
Aij --- Page 10 ---
ladies putrides,
(4)
mandé le régime pour lefquelles j'ai tant recomtiel d'introduire végétal. Il feroit donc effenparmi les
naire d'alimens
Matelots, l'ufage ordimaladie cruelle propres à écarter le fcorbut s
victimes. La
qui fait un fi grand nombre de
qualité,
Nature offre des fubltances d'une
plus agréable non-feulement plus falubre, mais même
la
que celles qui juiqu'ici ont obtenu
préférence, & qui méritent l'exclufion.
régime végétal, enfeigné par la'
Le
déjà pour lui d'heureufes
raifon, avoit
nouveaux faits viennent d'en épreuves: mais de
d'une. manière fi
conftater la bonté
fible de fe refufer frappante, à
qu'il n'eft pas pof
entrainer tous les T'évidence, & qu'elle doit
nourriture des Matelots. fuffrages pour changer la
M. de Marnières, commandant
vaiffeau TAchille ; M. le Comte de en 1758 le
Ziphir; & M., Dumas, la frégate la Grafle, le
bâtimens ayant tenu des croifières Syrène ; ces
devant l'ile Sainte-Hélène, tous leurs très-longues
furent attaqués de fcorbut à un
équipages
les Maitres même & quelques Officiers très-haut degré,
pas exempts. On relâcha à la baie des n'en furent
mais ces vaiffeaux ayant été obligés d'en Saints ;
avant que les équipages fuffent
partir,
viandes manquant
rétablis, & les
s'approvifionner de entièrement, riz
on fut obligé de
ce: cette feute nourriturerendit pour retourner en Franla
pages, malgré la longueur de la traverfée, fanréauxéquiprife dans une faifon avancée.
entreEn 1757, M. Hocquart, commandant la
la Dryade, fit plufieurs croifières
frégate
les côtes de Salé: ce bâtiment refta très-longues fur
armé avec le même
près d'un an
& ceux quijouiffoient équipage; tous les malades,
d'une bonne fanté, à l'exa
a 9E - M
FRTIIR - NO
de la traverfée, fanréauxéquiprife dans une faifon avancée.
entreEn 1757, M. Hocquart, commandant la
la Dryade, fit plufieurs croifières
frégate
les côtes de Salé: ce bâtiment refta très-longues fur
armé avec le même
près d'un an
& ceux quijouiffoient équipage; tous les malades,
d'une bonne fanté, à l'exa
a 9E - M
FRTIIR - NO --- Page 11 ---
/
(5)
néamoins des premiers mois, furent prefception
nourris avec du riz, dont on
qu'enrièrement
en Efpagne; & cette nours'étoit approvifionné
le Commandant ne
riture fut fi falutaire, que
perdit pas un feul homme de ceux qui compofoient T'équipage de fon bâtiment.
En 1764, M. le Comte de Braquemon commandant la frégate la Therpficore s après avoir
fort
fur les côtes de Salé; il fe
croifé
long-temps
de trente fcorbutrouva dans fon équipage plus
du
tiques, qui furent guéris à la mer par T'ufage
riz, des légumes fecs, des pruneaux & d'un peu
de miel : cet Officier eut la fatisfaétion de ra- &
mener fon équipage en France bien portant,
fans avoir perdu un feul homme de près de trois
une campagne de fept mois, dont
cent, après
M. de
& M. de
fix paflés à la mer.
Braquemon des avanBarafélainé, furent tellement frappés
pouvoient réfulter de cette manière
tages de nourrir qui les Matelots, qu'ils crurent devoir
en informer la l'efcadre Cour. de M. le Comte d'Aché
En 1759, de provifion de toute efpèce, tous
manquant
près de
les équipages ne fubfiftérent, pendant
du riz cuit à l'eau fans autre
trois mois, qu'avec
le
la farine &
affaifonnement. Le vin,
bifcuit,
abfolument, & les Males falaifons manquoient
telots furent réduits à l'eau & à une très-petite
d'eau-de-vie de riz: malgrécela, M.le
quantité
Breton, Chirurgien-major 0e 2 & plufieurs autres
perfonnes de Tefcadre, ont affuré que les équine s'étoient point reffenti de cette difètte
pages apparente, & qu'à un peu de répugnance près
les Matelots avoient d'abord montrée pour
que
fade, on ne
rien dire
cette nourriture
pouvoit
qui ine fit à fon avantage.
Aij
riz: malgrécela, M.le
quantité
Breton, Chirurgien-major 0e 2 & plufieurs autres
perfonnes de Tefcadre, ont affuré que les équine s'étoient point reffenti de cette difètte
pages apparente, & qu'à un peu de répugnance près
les Matelots avoient d'abord montrée pour
que
fade, on ne
rien dire
cette nourriture
pouvoit
qui ine fit à fon avantage.
Aij --- Page 12 ---
(6)
En 1764, M. de Linière
tour
le vaiffeau le Salomon, commandant en re-
& deftiné pour aller à la
armé à Rochefort,
équipage fut attaqué,
Nouvelle-France, fon
diverfes maladies, & pendant la traverfée, de
Les approvifionnemens principalement du fcorbut.
lades ayant
ordinaires pour les mamanqué, on fut obligé de les nourrir
uniquement avec du riz: ils fe rétablirent
tement & fi bien, qu'ils reprirent tous le prompdu vaiffeau jufqu'à leur arrivée à la
fervice
Orleans.
NouvelleAjoutons à ces exemples des faits encore
récens, & qui confirment tous les
plus
Martel, de Nantes, ayant armé en
autres. M.
le Doyard pour F'Inde, mit tout fon 1767le navire
Tufage du riz & des fubftances
équipage à
il s'étoit abondamment
légumineufes dont
malgré les mauvais
pourvu par mon confeil;
pendant
tems qu'il effuya à la mer
fept mois, il relâcha à l'ile de
fans avoir perdu un feul homme, & même France
avoir eu aucun malade à fon bord,
fans
équipage fût de cent vingt hommes; quoique fon
unique, &j jufques-làfans
événement
de la Compagnie des Indes, exemple. le
Les vaiffeaux
&le Berryers, arrivés le même mois Comte dans d'Argenfor la
ile, & qui n'avoient tenu la mer
même
mirent cent
que cinq mois,
quatre-vingt malades dans les
taux, & en perdirent quarante : telle fut Hôpitrême différence du fort. de
du
l'ex-
& de ceux des deux autres Téquipage
Dayard,
l'attribuer à une autre caufe, vaiffeaux. Peut-on
dont les bâtimens de la
2 qu'aux falaifons
approvifionnés felon
Compagnie avoient été
l'ancienne
régime végétal que le Capitaine méthode, du
2 & aufait obferver fur fon bord P
Doyard Zavoit
Onvoit donc que ce régime eft en même temps
AN 572
du
l'ex-
& de ceux des deux autres Téquipage
Dayard,
l'attribuer à une autre caufe, vaiffeaux. Peut-on
dont les bâtimens de la
2 qu'aux falaifons
approvifionnés felon
Compagnie avoient été
l'ancienne
régime végétal que le Capitaine méthode, du
2 & aufait obferver fur fon bord P
Doyard Zavoit
Onvoit donc que ce régime eft en même temps
AN 572 --- Page 13 ---
5 K
remedesquel'on (7)
puiffe employer
un desmeilleurs maladics des gens demer. Nous en avons
dans les récemment une autre preuve à laquelle
eu tout
fe rendre: de trente Maon ne fauroit ne pas maladies
& vives dans
telots attaqués de
n'a graves & ils ont eu
la frégate Eclufe, aucun nourriture, péri, T'eau de riz ou
pour tifanne & pour
feulement de
de gruau, à laquelle on a joint aigrelets laxatifs,
tems à autre du miel &quelques
auffi effiles
Or une fubftance
tels que
pruneaux. curation des maladies putrides des
cace dans la
vifiblement le préMatelots, n'en fera-t-elle pas dernier fait vient à
fervatif le plus affuré ? Ce
des Médecins,
Tappui d'une vérité bien connue
le bouilmais qui ne T'eft pas affez du public dans ; que tous les cas
lon à la viande doit être profcrit eft marquée. Un
où l'alkalefcence des humeurs fans ceffe fous nos
exemple, que nous avons
fi elle
yeux, étayeroit encore cette deux propofition, mille forçats conen avoit befoin. Plus de de Breft aux travaux les plus
damnés dans le port
l'année aux intempéries
pénibles, expoiés toute
très-fréquentes dans
de l'air & aux pluies quifont leurs fatigues, quoice pays, réfifient à toutes de très-gros pain &
ne foient nourris que fouvent fait campagne ;
cuie légumes fecs qui ont
c'eft
à obferver,
qu'ils
& ce qu'ilya d'important attaqués du fcorbut, que lorfqu'ils
ne font jamais
ouils font nourris avec de
fortent des Hôpitaux
rendre
la viande fraiche. Que réforme de motifs,pour dans la manière
fenfible lanéceffité les d'une Matelots à la mer ! Le plus
dont on nourrit doute, eft la confervation d'une
puiffant, d'hommes fans
fi rare & fi précieufe à T'Etat.
claffe
fuffiroit feule pour déterCette confidération
; mais il en eft d'autres
miner le Gouvernement;
Aiv
font nourris avec de
fortent des Hôpitaux
rendre
la viande fraiche. Que réforme de motifs,pour dans la manière
fenfible lanéceffité les d'une Matelots à la mer ! Le plus
dont on nourrit doute, eft la confervation d'une
puiffant, d'hommes fans
fi rare & fi précieufe à T'Etat.
claffe
fuffiroit feule pour déterCette confidération
; mais il en eft d'autres
miner le Gouvernement;
Aiv --- Page 14 ---
-
encore qui ne font pas (8). moins
tention.
dignes de fon atTout le monde fait que nous
de tirer les falaifons de
fommes obligés
double
TEtranger; d'ou nait le
forte de inconvénient, tribut, & de de lui payer par-là une
partie effentielle à la célérité dépendre de lui dans une
L'avantage qu'il
des armemens.
fon commerce
trouve dans cette branche de
que les falaifons avec nous, eft d'autant plus
fervent aufli à
fort,
lonies du Vent, où l'on n'a alimenter nos Copour fournir de la viande fraiche pas affez de boeufs
bitans.
à tous les haQuand les vues que je prends la liberté de
dans propofer, le
n'auroient pour objet quede conferver
fons
Royaume les fommes dont nous
nos rivaux, la
enrichif
à les adopter. Mais Tutilité politique ne balanceroit pas
que &
de ce projer patriotiéconomique ne fe borne
nution dans la dépenfe des
pas là; une dimifera le fruit de fon exécution. approvitionnemens Les
tances farineufes &
prix des fibfdeffous decelui des viandes légumineufes font bien audu produit de cette
falées. Qu'une partie
chat des ingrédiens épargne foit employée à I'aon en fera dès mets infiniment propres à les affaifonner,
goût des équipages,
plus agréables au
nir les fiubftances animales que ceux que peuvent fournous en avons déjà des
dont on les nourrit:
de les muliplier.
exemples, & il eft facile
Les
fes & légumineufes spprovilfionnemens en fubftances farineufalées,
ont encore, fur les viandes
lavantagede fe conferver
à la mer fans s'altérer: c'eft fur-tout très-long-temps
vice des Hôpitaux,
dans le ferfe trouve lié a lintérêt quel'ufage de
de ces fubftances
TÉtat, par le prompt
W
EN
T
nourrit:
de les muliplier.
exemples, & il eft facile
Les
fes & légumineufes spprovilfionnemens en fubftances farineufalées,
ont encore, fur les viandes
lavantagede fe conferver
à la mer fans s'altérer: c'eft fur-tout très-long-temps
vice des Hôpitaux,
dans le ferfe trouve lié a lintérêt quel'ufage de
de ces fubftances
TÉtat, par le prompt
W
EN
T --- Page 15 ---
as
des malades, (9) & par leur confervarétabliffement
inutilement
tion; un régime tres-difpendieux d'un grand nombre de
fuivi, pour la curation de maladies putrides, va
gens de mer, atteints
nous en donner un nouvelle preuve. les hôpitaux de
En 1760, la dépenfe pour
T'efcadre de M. de Blénac à Saint-Domingue, mois dans
pendant un féjour de quatre à cinq mille livres:
cette ile, monta à plus de cinq cens
de tous,
fi forte démontre aux yeux
une dépenfe
du Gouvernement font pleines
queles intentions d'humanité, &qu'elles tendentau plus
de bonté& fans égard à la dépenfe : mais les
grand bien,
moyensles pluscoûteux, ne fonrpaslespluseficr
aucun de ceux dont une pratices. Onne négligea
crut pouvoir fe
que plus charitable qu'éclairée des malades & des
fervir pour le foulagement deuxlivres de viande fraiche
convalefcens: outre
fourniffoit journellepour chaque homme, on
& ce régime
ment une volaille pour fepthommes, fut fecondé par des foins
fi bon en apparence
des douceurs de
affidus, & par ce qu'on appelle cela il périt près d'un
tous les genres : malgré
fait clairement contiers des équipages; & ce qui
noitre,parun contrafte frappant, la qu'unefigrande force & l'intenperte fut bien moins caufée par des alimens & la
fité du mal, que par la qualité
hommes
a
nature des fecours, c'eft que de vingt-fix la même maladie,
de la même efcadre, atteints
rembarqués à bord de la frégate la Calipfo > commandée
M. de Rofnevet, fe rétablirent parfaitementà par la mer, par le traitement fagementrat
fonné de M. Herlin, Chirurgien de cette frégate.
Au lieu de les fatiguer de remedes, il fe contenta
nourriture, 9
de les mettre au riz pour principale
& de
de leur donner quelquefois des pruneaux,
-fix la même maladie,
de la même efcadre, atteints
rembarqués à bord de la frégate la Calipfo > commandée
M. de Rofnevet, fe rétablirent parfaitementà par la mer, par le traitement fagementrat
fonné de M. Herlin, Chirurgien de cette frégate.
Au lieu de les fatiguer de remedes, il fe contenta
nourriture, 9
de les mettre au riz pour principale
& de
de leur donner quelquefois des pruneaux, --- Page 16 ---
(IO)
permettre aux convalefcens
de volailles, dont ils furent quelques morceaux
rofité du
redevables à lag généCapitaine, celles
aux malades ayant été
qu'on avoit deftinées
noit auffi
fubmergées. On leur donvalefcens quelques avoient verres de bon vin, & les conce, du
à leur déjeiné une orange douvin; un peu de fucre & de bon
L'efcadre de M. de l'Eguille,
pain.
vaiffeaux de guerre,
compoféedetrois
particuliers qui furent dépenfa, établis pour les hôpitaux
fept cens mille livres en deux mois à Rio-Janeiro, &
un pays où les fubftances animales demi, dans
un prix bien haut: malgré cette
ne font pas à
dit beaucoup de monde, tandis dépenfe, on perqui étoient auffi nombreux dans que les malades
de Marnières fe rétablirent
l'efcadre de M.
riz, &c à très-peu de frais. tous à la mer avec du
M. Meflier, Chirurgien de la
alors au fervice d'Efpagne,
marine, étant
guain, commandant le vaiffeau confeilla à M. DuJoféph, qui partoit du Pérou le Jefus-MariaEurope, de préférer aux viandes pour revenir en
provifionnement delégumes fecs de falées, un apcent quatre-vingt hommes
toute efpéce;
fieurs paffagers, n'eurent d'équipage, & plutures; la traverfée fut de fix point d'autres nourrine perdit pas un feul homme. mois, & le Capitaine
On peut encore, fur cet objet, citer le témoignage de M. le Chevalier
Il
desvaiffeaux delefcadre de Fouquet. M. le Duc a vu un
nommé le
d'Anville,
Marine
Larifon 2 fauvé par vingt foldats de
2 qui s'étoient garantis du
univerfel dans cette efcadre,
fcorbut, fi
par économie autant
pour s'être privés, 2
laifon, & pour n'avoir que vécu par goût, de toute fa-
& de
que de légumes
bifcuit, avec la ration ordinaire
fecs,
la foupe de Téquipage.
de vin, &
98 -ER 2 TR:
E TI FE
d
Marine
Larifon 2 fauvé par vingt foldats de
2 qui s'étoient garantis du
univerfel dans cette efcadre,
fcorbut, fi
par économie autant
pour s'être privés, 2
laifon, & pour n'avoir que vécu par goût, de toute fa-
& de
que de légumes
bifcuit, avec la ration ordinaire
fecs,
la foupe de Téquipage.
de vin, &
98 -ER 2 TR:
E TI FE
d --- Page 17 ---
A
(II)
pourDesfaits finombreux &x fi bienconftatés,
laiffer l'ombre de doute fur la néceflité
roient-ils
nourriture des Matelots, & furles
de changer la
la nourriture
grands avantages que préfente en étendre Tufage,
végétale? On ne fçauroit les trop de mer 2 mais ennon-feulement parmi
gens Colonies. Quoi
core. parmi les troupes de nos
des Soldats
de nourrir
de plus inconféquent
dans des pays trèsavec des viandes
l'alEdere
chauds, oùl toutes les humeurs tendent à ! Ces
& à'une acrimonie putride
kalefcence 2
n'ont-ils pas déjà atteint les
fortes d'alimens
quine peut
premiers degrés d'une dépravation, de Téconomie
que fe continuer dans les vaiffeaux caufent pas infailanimale ? Quel défordre n'y indigeftes & viciées,
liblement des fubftances
ordinaire? Les
quand on en fait fa nourriture feront au contraire
farineux & les légumineux les maladies qui ienune reffource affurée contre fi
nombre
lèvent dans nos Colonies un
grand quelle eft la
d'hommes précieux : je n'ignore pas
force de Thabitude & dupréjugé; mais peuvent-ils du falut.&
être de quelque poids 2 quand il humaine s'agit ? Si l'on
de la confervation de T'efpece
au précroyoit cependant devoir quelqu'égard convenable
jugé &à Thabitude ; s'il fembloit plus
que
de les détruire pied à pied par la conviction, T'autorité, on
de les renverfer tout d'un coup par falaifons de
peut ne pas exclure d'abord toutes mais feuleTapprovifionnement des Matelots, 2 ils s'accoument en diminuer beaucoup T'ufage e;
infenfiblement, & mêmeaffez promptetumeront
plus
ment, à une nourriture incomparablement
faine, & finiront par préférer le régime végétal les
à tout autre, pourvu qu'en leur procurant
moyens de le varier par divers affaifonnemens,
fer tout d'un coup par falaifons de
peut ne pas exclure d'abord toutes mais feuleTapprovifionnement des Matelots, 2 ils s'accoument en diminuer beaucoup T'ufage e;
infenfiblement, & mêmeaffez promptetumeront
plus
ment, à une nourriture incomparablement
faine, & finiront par préférer le régime végétal les
à tout autre, pourvu qu'en leur procurant
moyens de le varier par divers affaifonnemens, - à --- Page 18 ---
a 2
X 12)
on prévienne une trop conftante uniformité, qui
pourroit produire la répugnance & le dégont.
Voici ce que je propofe pour y parvenir.
Le Dimanche & le Jeudi à diner.
La moitié de Ia ration ordinaire de lard, & quatre onces
de riz pour chaque homme,
Le Lundi & le Vendredi.
Cing onces de riz à diner par chaque homme, aflaifonné
avec une demi-once de fiicre & un peu de gingembre.
Le Mardi, le Mercredi & le Samedi à diner.
Six onces de Ientilles affaifonnées avec des oignons confits
au vinaigre , lef fel & une demi-once d'huile,
de féves
> ou fix onces
blanches, ou fix onces de pois.
Les foupers feront compofés comme à l'ordinaire, avec cette difiérence, qu'au lieu d'huile
d'olive, on donnera, pour affaifonner la
une once d'ofeille préparée au beurre (a). foupe,
Dans les cas où l'on ne pourra pas donner la
foupe à Téquipage, on y fubfituera la ration de
fromage, ou deux onces de miel.
On voit que je fupprime les trois repas de
morue, & deux de viande falée.
L'acquifition de ces denrées ne fera ni
ni difpendieufe leur plus grande confommation difficile,
en augmentera la culture dans le Royaume, &
rendraplus floriflante cettebranche du commerce
intérieur : lesafanifonnemens font tellement combinés avec les alimens, qu'en flattant le goût, ils
concourent au même but, &
leur
l'atteignent, par
affociation, d'une manière tout-à-la-fois
(a) Nota. Dans les cas oùt l'on ne pourra
l'oleille aul beurre, on ajoutera à la foupe des pas préparer confits
au vinaigre
oignons
f la a A -
* AFN A SA --- Page 19 ---
HA N
(13)
plus fire & plus agréable, que par T'ufage qu'on
en feroit féparément. On ne peut douter que la
Marine marchande ne faififfe avec empreffement
une pratique qui réunira les trois objets les plus
importans pour la Navigation; une économie
dans la dépenfe de leurs approvifionnemens, la
facilité d'en prévenir T'altération, la confervation
des forces, de la fanté & de la vie des Matelots;
& comme la Marine marchande eft l'école où
ils fe forment pour la Marine royale 2 ils pafferont dans les vaiffeaux du Roi tout accoutumés
à un régime dont ils auront éprouvé les plus
heureux effets.
ira les trois objets les plus
importans pour la Navigation; une économie
dans la dépenfe de leurs approvifionnemens, la
facilité d'en prévenir T'altération, la confervation
des forces, de la fanté & de la vie des Matelots;
& comme la Marine marchande eft l'école où
ils fe forment pour la Marine royale 2 ils pafferont dans les vaiffeaux du Roi tout accoutumés
à un régime dont ils auront éprouvé les plus
heureux effets. --- Page 20 ---
AE A LA
- NA - N --- Page 21 ---
SX
OBSERV ATIONS
SUR LE MÉMOIRE
D E
M. POISSONNIER DESPERRIÈRES --- Page 22 ---
WE
3 a
- --- Page 23 ---
(17)
OBSERV TATIONS
SUR LE MÉMOIRE
DESPERRIERES;
DE M. POISSONNIER
Par M. le Chevalier DE LA COUDRAYE, Enfeigne de Vaiffeau:
ToUT le monde paroit convenir que rien
n'influe plus puiffamment & plus promptement
fur le tempérament & la fanté, que la qualité
des vivres dont on fe nourrit : mais plus cette
vérité a de force, plus il importe d'examiner
ferupuleufement toute nouveauté à cet égard,
fur-tout dans les vaiffeaux où les vivres toules mêmes ne donnent point de relâche à
jours
& coul'on ne pourroit fouvent, de
leur influence, corriger leur défeétuofité, foit en
plufieursmois, foit en les changeant tout-à-fait.
les mélangeant, réflexion
me détermine à faire
C'eft cette
qui
obfervations fur
part àl l'Académie de quelques
M. Poif
une nouvelle nourriture propofée par desvaif
fonnier Defperrières, pourleséquipages M. HerS
feaux; nourriture éprouvée en 1770 fur par les malaà -
de la Marine,
lin, Chirurgien-Major dans la flûte TEclufe, commandes feulement,
Officier de port, & enfin ordée par M. Gafquet,
fur la frégatela
donnée en 1771 àt routléquipage M. Doives, CapitaiBelle-Poule, commandée par
fous les yeux de M. Metier, auffi
ne de frégate, de la Marine, & ami' de M. Herlin.
Chirurgien
fur la Belle-Poulé, & je me
J'étois embarqué de
de. parler de ce qui
fais d'autant plus
plaifir
B
, & enfin ordée par M. Gafquet,
fur la frégatela
donnée en 1771 àt routléquipage M. Doives, CapitaiBelle-Poule, commandée par
fous les yeux de M. Metier, auffi
ne de frégate, de la Marine, & ami' de M. Herlin.
Chirurgien
fur la Belle-Poulé, & je me
J'étois embarqué de
de. parler de ce qui
fais d'autant plus
plaifir
B --- Page 24 ---
-
A
(18)
s'eft paffé à cet égard, quejai fuivi cette épreuve
&
s'eft faite de
avec quelque attention,
qu'elle
la
des Matelots d'un bout à l'autre de Ia
part
avec dégoût, à la vérité, & defir de
campagne, n'y être plus foumis, mais fans murmure &
fans humeur.
ETAT des Vivres ordonnés par ordre de la Cours
la nourriture de Péquipage de lafrégate la
pour
Belle-Poule.
Dimanche & Jeudi à diner.
Trois onces de-lard cuit avec quatre onces de riz par:
chaque homme.
Lundi & Vendredi à diner.
Cinq onces de riz pour chaque homme, affaifonné avec
une demi-once de fucre &.un peu de gingembre.
Mardi, Mercredi & Samedi à diner.
Six onces de lentilles, ou de féves blanches, ou de
alternativement affaifonnés avec du fel, une
pois
d'huile
chaque homme, & des
demi-once
pour
oignons confits au vinaigre.
feront
comme à l'ordiLes foupers
compofés
lieu d'huile
naire, avec cette différence, qu'au
affaifonner la foupe,
d'olive, on donnera, pour
beurre.
une once d'ofeille préparée au
donner
Dans le cas où l'on ne pourra pas
la foupe àl l'équipage 2 on y fubftituera la ration
de bon fromage, ou deux onces de,miel.
àl'ordre de la Cour,
Nous nous conformâmes
à quelques différences près, occafionnées par
la néceffité. On ne donna de lentilles qu'aux
malades; l'ofeille fut préparée dans du fain248 al
C
urre.
une once d'ofeille préparée au
donner
Dans le cas où l'on ne pourra pas
la foupe àl l'équipage 2 on y fubftituera la ration
de bon fromage, ou deux onces de,miel.
àl'ordre de la Cour,
Nous nous conformâmes
à quelques différences près, occafionnées par
la néceffité. On ne donna de lentilles qu'aux
malades; l'ofeille fut préparée dans du fain248 al
C --- Page 25 ---
à
a 63
doux, & le fromage (19) ordinaire
celui que l'on
d'hollande fut
au refte, nia aucune embarqua viande : point de bouillon
les malades; ; le
fraiche déftinée
gruau 2 les végétaux
pour
eux, comme pour les autres, la
étoient pour
Nous partimes le 4 Mai
fculenourriture. Cette
re,préfentée parM
1771.
nourritucomme propre à M.Delpernitres, guérir le fcorbut, non-feulement
l'écarter, à le prévenir & en détruire mais auffi à
n'empêcha pas que, dès le 3 de
le germe,
Jean Dagorne, attaqué de
Juin, un nommé
obligé de ceffer fon
cette maladie, ne fût
des malades; & qu'enfin, fervice, le mal & d'entrer au plat
débarqua au Cap François.
empirant, on le
la campagne, nous n'avons Pendant le cours de
cing autres fcorbutiques; Jean eu, à la vérité, 5 que
Pierre Kerjean, Canotier du le Doux, Soldat,
Briant, Gardien de la foffe aux petit canot, Jofeph
nard, Chaloupier, &
cables, Yves Berbier. Mais quoique ce Jean-Baptifte nombre
Moezan, Gaconfidérable, il fuffit cependant paroiffe être peu
grand avantage que l'on prétend pour réfuter le
veroit à cet égard dans la
que l'on trouEn effet, ily a eu un grandnombrede nourriture propofée.
femblables à la nôtre, où il ne
campagnes
ce même nombre de
s'eft pas déclaré
fcorbutiques,
quipage n'y fit point nourri au
quoique l'éNotre fortie n'a été que de
régime végétal.
vons point eu une feule fois cinq de mois la ; nous n'aavons navigué dans les plus beaux brume; nous
pendant la faifon la plus belle;
climats &
traverfées n'ont été que de
nos plus longues
tems n'a prefque point refufé trente-cinq de faire jours; le
le-bas, & de parfumer;
faire braneu un feul jour que l'on enfinnous n'avons point
un gros tems, & le nombre puiffe des vraiment appeller
mauvais a été
Bij
sune
inq de mois la ; nous n'aavons navigué dans les plus beaux brume; nous
pendant la faifon la plus belle;
climats &
traverfées n'ont été que de
nos plus longues
tems n'a prefque point refufé trente-cinq de faire jours; le
le-bas, & de parfumer;
faire braneu un feul jour que l'on enfinnous n'avons point
un gros tems, & le nombre puiffe des vraiment appeller
mauvais a été
Bij
sune --- Page 26 ---
-
( 20 )
très-petit. Ce font autant de faits que le journal
de la campagne peut certifier. Or,j jele demande,
fix fcorbutiques ne
dans une pareille campagne
font-ils pas un nombre remarquable, & ne prouvent-ils pas dumoins que le nouveau régime
n'eft point capable de prévenir le germe du fcorbut? M. Defperrières cite dans fon mémoire, un
grand nombre de faits, à T'appui defquels il prétend prouver cette importante affertion qui fait
la bafe de fon fyftême : mais ces faits ne contiennent que des chofes vagues & des expériences
détachées & peu fures, & toutes n'ont pas même
le degré d'exaéitude néceffaire dans une affaire
de cette efpéce. Je n'ai été à même de queftioncite; & je tiens
ner que deux Capitaines qu'il
commandoit
de Pun d'eux, M. Gafquet qui
VEciufe, que l'on ne peut rien conclure de ce
qui fe paffa à fon bord, parce que fa campagne
n'avoit duré que quatre mois, & que l'épreuve
n'avoit été faite que fur les malades feulement,
qui furent en très-petit nombre, & fort legèreL'autre Capitaine, M. de Rofnement attaqués.
auroit fans doute beaucoup
vet, dont l'opinion à ce
> Je penfe que le
de poids, m'écrivoit
fujet:
la
3> régime végétal peut être avantageux pour
des maladesà la mer, lorfqu'on ne
>> nourriture leur fournir de très-bonne viande
>> peut pas
fuis
de croire
>> fraiche; mais je
très-éloigné
les
fuffire
3)
que cette nourriture puiffe même M. pour de Rof-
>> gens quitravaillents. Et ce
nevet me difoit, dans une autre occafion,
hommes de l'éfcadre de M.de
Ate
les vingt-fix
fur la Calipfo, & qui font, au
nac, rembarqués
un
de
jugement de M. Defperrières,
corps
preuve complet de l'efficacité du nouveau régime, 2
ne peuvent que prouver que l'on fe rétablit plus
SE R AOMAEA TWC2
a
- A
of-
>> gens quitravaillents. Et ce
nevet me difoit, dans une autre occafion,
hommes de l'éfcadre de M.de
Ate
les vingt-fix
fur la Calipfo, & qui font, au
nac, rembarqués
un
de
jugement de M. Defperrières,
corps
preuve complet de l'efficacité du nouveau régime, 2
ne peuvent que prouver que l'on fe rétablit plus
SE R AOMAEA TWC2
a
- A --- Page 27 ---
AN . a
(21 )
mal-faine
facilement à la mer, que fur la terre
Mais c'eft de notre épreuve
de Saint-Domingue. reviens à ce qui s'eft paffé à
dont il s'agit, &je
bord de la Belle-Poule.
- lus,
la preLorfqu'avant la campagne je
pour
je e
mière fois, le Mémoire de M. Defperrières, du bien
fus féduit par les apparences plaufibles me paCette nourriture
qui devoit en réfulter. variée, & préférable à
roiffoit plus faine, plus
dégoûts des Matelots
tous égards: les premiers & ce n'eft que la pratime parurent déplacés; fuivie qui m'ont enfin
que & une infpection
détrompé & ramené au point, qu'aujourdhui non-feuleje regarde cette nouvelle méthode, point le germe du
ment comme n'attaquant
mal-faine & danfcorbut, mais même comme caufe des accidens quiacgereufe à pratiquer, 7 à
T'embarquement des
compagnent néceffairement
de notre traverlégumes. Dès les premiers nombre jours de Matelots fut
fée, en effet, un grand d'eftomac, de cours de ventre, 2
attaqué éd'aigreurs & de points de côté. Ils T'attribuèrent
de coliques
fubit de manière de fe
eux-mêmes au changement la diminution de leurs
nourrir ; & ce ne fut qu'à à fe laffer & as'inforces, qu'ils commencèrent fouvent fur le gaillard d'avant
-
quiéter. J'allois
& j'eus lieu de me convoir & queftionner étoit vrai, ,, & que la poulaine étoit
vaincre qu'il
& qu'au bout de quelquesjours
tres-fréquentée, crainte avoient déjà fait tant de
le dégoût & la
ne fe nouriffoient plus
progrès, que beaucoup dans du vix. 2 ou mangé
que de leur pain trempé d'ail & du fel.
avec une diminution gouffe
des forces de nos Matelots
Cette
même un féjour de trentedevint fi fenfible 2 que lesleur rendit point, quoi
feptjoursà Malaga ne
B iij -
'il
& qu'au bout de quelquesjours
tres-fréquentée, crainte avoient déjà fait tant de
le dégoût & la
ne fe nouriffoient plus
progrès, que beaucoup dans du vix. 2 ou mangé
que de leur pain trempé d'ail & du fel.
avec une diminution gouffe
des forces de nos Matelots
Cette
même un féjour de trentedevint fi fenfible 2 que lesleur rendit point, quoi
feptjoursà Malaga ne
B iij - --- Page 28 ---
22 )
pêchey quenousy fit fuffionsdansla faifon duraifin, que la
abondante, & qu'ils fe
tous endettés dans cette relâche, afin fuffentprefque de faire
peu trêve au régime végétal. A notre arrivée un
Breft, dix-neuf jours après avoir quitté les côtes à
d'Efpagne, leur vifage
bien l'état de quelqu'un repréfentoit encore affez
rême exaét & rigoureux. qui fort de faire un cavrant 2 & furtout vers la Toujours fin de la en manoeuavions - nous à nous plaindre de la campagne, lenteur
l'exécution: : nous en cherchions la caufe dans de
frottement des vergues & des
le
mais ce frottement ne pouvoit point manceuvres; ;
augmenté depuis le
&
encore avoir
moi, qu'elle n'exiftât départ, dans je ne doute point,
force chez chaque individu cette diminution de
doute funefte, fi nous avions été diminution fans
rude & brumeux. Pour s'en
dans un climat
qu'on jette la vue fur l'état convaincre,au des malades
refte,
ajouté une lifte àla fuite de ce
dont j'ai
étonné, fàns doute, de voir, Mémoire, on fera
gne auffi douce & auffi courte, pendantune campagens de l'équipage paffer
2 prefque tous les
des malades, deles voir fucceffivement au pofte
fievre
&
tousattaqués d'une même
petite, 9
ne paroiffant venir que de laffitude, qui diminuoit & fe paffoit au bout de
ques jours de ceffation de travail: on fera quelde voir qu'ils y étoient plus
étonné
la campagne devenoit plus fujets,à mefure que
t-il pas, d'après cet
longue. Et ne femblenacé de voir tout exemple, que l'on feroit meun état d'inanition, Téquipagefansforce, s'il fe trouvoit
& réduit à
de fuite d'un travail forcé P
quelques jours
Après un procès-verbal faita à bord
ter la défeétuofité d'une de nos foutes pour à conftanous débarquâmes au Port-au-Prince légumes,
foixante.
a AR R TW - R
t-il pas, d'après cet
longue. Et ne femblenacé de voir tout exemple, que l'on feroit meun état d'inanition, Téquipagefansforce, s'il fe trouvoit
& réduit à
de fuite d'un travail forcé P
quelques jours
Après un procès-verbal faita à bord
ter la défeétuofité d'une de nos foutes pour à conftanous débarquâmes au Port-au-Prince légumes,
foixante.
a AR R TW - R --- Page 29 ---
1 C -
-
(23) )
échauffés, & OCquatorze quintaux de pois tous chaleur extraordicafionnant dans la foute une au-travers de la
naire &x violente quel'on fentoit de la foute, on troucloifon même. Al'ouverture mis, moifis par-deffus &
vales pois qu'on y avoit
tous dans une feradhérans les uns aux autres n'en 2
foutenir
mentation telle que la main
échauffés, pouvoit que la
la chaleur , & déjà n'étoient tellement point moifis, étoient
moitié de ceux qui
Ce même événement
ridés & changés de couleur. à des féves dans le port où
nous étoit déjà arrivé
&il nous avoit
nous avions féjourné long-tems 2
M. de Charitte, 2 Lieutenant
fallu les débarquer. commandant le fenant IHironde vaiffeau arméà 2 Breft dans le même tems que nous 7
delle,
de femblables pois, éprouva
& approvifionné
dans feslégumes,
comme nous une fermentation étions affurés du bon état de
& lui & nous, nous le mal ne provenoit que des
nos foutes, & que avoit des falaifons, & le mal
légumes mêmes. Il
lui : mais nous, fi
n'étoit pas dangereux été pour à même de changer nos
nous n'euffions point euffions été contraints de les
légumes 2 fi nous effet cela auroitil produit ?
confommer, quel
de la BaffeOn connoit le climat pluvieux
les brumes & les pluies journalières
Bretagne N'eft-ce 2
point une caufe qui feule rende
de Breft.
le
d'une nourriimpraticable dans ce port projet
de foupture végétale > 2 & n'eft-il point permis
dans
les légumes portent
çonner que peut-être d'humidité qui les rend improeux un principe conferver long-tems, foit parce qu'ils
pres à fe
foit
qu'il eft néceffaire
ont crû dans le fol,
dans parce les
? Car il
de les garder fur le lieu
qui magafins eft arrivé aux
faut, après tout, une caufeàce à YHirondelle $
légumes fournis àl la Belle - Poule &
B iv
-il point permis
dans
les légumes portent
çonner que peut-être d'humidité qui les rend improeux un principe conferver long-tems, foit parce qu'ils
pres à fe
foit
qu'il eft néceffaire
ont crû dans le fol,
dans parce les
? Car il
de les garder fur le lieu
qui magafins eft arrivé aux
faut, après tout, une caufeàce à YHirondelle $
légumes fournis àl la Belle - Poule &
B iv --- Page 30 ---
& f l'on vouloit fuivre (24)
pourroit s'apppuyer de cette conjeaure 5 OR
T'exemple des fruits
pourl'ordinaire, à Breft, font fans
qui,
gout que d'eau, & ne fe
faveur, n'ont
tems. Si cependant la nourriture confervent pas longapprouvée, 2 il faudroit
végétale étoit
légumes de la province, néceflairement fiur-tout
tirer des
re, & en conferver à Breft
pendantla guercroye pas y, remédier, en même; & qu'on ne
four: Texpérience affureroit paffant ces légumes au
gumes feroient raccornis &i que de pareils léfaite cuiffon. Ce qu'on dit ici incapables des
d'une par-
& deslentilles, eft en partie
féves, des pois
en
applicableauriz,qui,
& devient
hesmtommnealieas
mal-fain. Dans l'Afie on mauvaisgott en
vrai, une grande confommation
fait, il eft
nourriture ordinaire aux Gens 2 & c'eft une
croit fur le lieu, & on le renouvelle de mer; mais il
veut; mais ili n'a point déjà
quand on
dans un vaiffeau; mais enfin fouffert du tranfport
ordinaire des hommes,
c'eft la nourriture
& il ne leur faut
tantà terre qu'à la mer,
pour s'y accoutumer. point une nouvelle habitude
M, Defperrières
Sans difputer donc à
adminiftré
que fon régime ne puiffe
avec
de
être
dans les hôpitaux, beaucoup
fuccès à terre
8c, s'il le veut même, 9 dansles dans prifons de forçats,
cerai comme chofe dont je les fuis cafernes, j'avanvaincu, qu'il ne peut être mis de fortement concution dans les vaiffeaux où il même en exétrès-dangereux.
peut y devenir
Le gont des hommes doit-il enfin être
pour rien ? La répugnance
compté
ment tous nos Matelots
qu'ont eue généraledoit-elle être abfolument pour le régime végéral,
tureleuref fi peu
négligée? Cette nourrifamilière, & quelque attention
SIE Pelae -
nes, j'avanvaincu, qu'il ne peut être mis de fortement concution dans les vaiffeaux où il même en exétrès-dangereux.
peut y devenir
Le gont des hommes doit-il enfin être
pour rien ? La répugnance
compté
ment tous nos Matelots
qu'ont eue généraledoit-elle être abfolument pour le régime végéral,
tureleuref fi peu
négligée? Cette nourrifamilière, & quelque attention
SIE Pelae - --- Page 31 ---
a 1
- a
C 25,) )
ileft tidifficile
que T'onpuiffe avoir àlachaudière, foient bien affaifonnés,
que du riz & des légumes
& le goltde fuqu'ilsne contra@tent ereffentent pointl'odeur point du cuifinier qui
mée, &equ'ilsnefe dégoût ne doit point furprenlesp prépare, queleur
malgrétoudre. Deux fois, pendantla campagne,"
on
tesles précautions quel'on défendre nenegligeoirpoint, de manger le riz déjà
fut obligé de faire
dans la chaudière
diftribué, ,parce qu'il fe trouva
à la vérité, la
du verd-de-gris. La feconde fois,
qu'elle
quantité en étoit fi petite, quel l'onjugea été
forte,
ne pouvoit nuire : mais eût-elle
beaucoup plus
de
elle n'eût pas au refte incommodé n'en mangeoit
monde; plus du tiersde l'équipage
trèspoint du tout, & le refte en mangeoit
on
peu. Deux mois avant la fin de la campagne, des vers
trouvoit déjà dans les oignons tout-à-fait confits dégoid'une groffeur & d'une forme redouter d'avoir à la
tantes, & qui faifoient fort chaudière. Plufieurs
diftribution le fond de la
trouvés
en
quarts de ces oignons fe font
feules'eftbien gâtés
entier; & de toutle régime,Tofeille effet. On ne peut
confervée, & a fait le meilleur fournitures fepas fe flatter cependant que le les même foin qu'on
roientfaites dans la fuite avec
apporta aux nôtres, qui étoient préparées avoit pour
un effai, & par une perfonne intéreffée qui
eu à lui tout le tems néceffaire.
viens de dire ;
Quelon recueille tout ce queje
& aux.
qu'au lieu de naviguer vers les tropiques
dansles brumes
côtes d'Efpagne, on fetranfporte du
&
du Grand-banc, dans les glaces
Canada, clidans les pluies & les coups de vent de nos
l'on
un vaiffeau tenant la mer
mats; que
imagine & fans relâcher; qu'on fe
pendant long-tems, fur-tout les fatigues d'une voie d'eau
repréfente
;
Quelon recueille tout ce queje
& aux.
qu'au lieu de naviguer vers les tropiques
dansles brumes
côtes d'Efpagne, on fetranfporte du
&
du Grand-banc, dans les glaces
Canada, clidans les pluies & les coups de vent de nos
l'on
un vaiffeau tenant la mer
mats; que
imagine & fans relâcher; qu'on fe
pendant long-tems, fur-tout les fatigues d'une voie d'eau
repréfente --- Page 32 ---
& les alertes continuelles 26 )
dant la guerre, les branle-bas, qu'occafionnent, &c.
penque le régime végétal fubflantera Croit-on alors
Matelots, &c peut-on de bonne foi fuffifammentles
aucun inconvénient à ne fournir n'appercevoir
demie de viande par mois à des qu'une livre &
à fe nourrir de viande P
gens accourumés
de J'ajouterai encore un
cette nourriture
inconvénient réfultant
femble qu'on l'avoit bien ; c'eft T'encombrement. Il
régime
fenti, car au
du
fournir végétal, on ajoura celui de projet
en nature Ia demi-ration de ceffer de
que le Roi accorde aux Officiers
fupplément
fut réfolu qu'on la leur
Mariniers, & il
fonne fans doute ne croit payeroit voir en argent. Perce nouveau moyen. : & c'eft d'inconvénient bien
à
qu'il faut à tout T'approbation de une preuve
Qu'on fache donc que la ration T'expérience.
le Roi treize fols quatre deniers à la eft payée par
des vivres 2 &. que la demi - ration Compagnie
ment ne fut payée à notre
de fupplépied de quatre fols trois
équipage que fur le
été fait des repréfentations deniers, quoiqu'il eût
IIntendant de
à cet égard, & que
tention de la Samtbomingub,indignt de la prédéjàdéclarée Compagnie des vivres qui s'étoit
commencé par l'organe de notre Ecrivain,
par ordonner le
2 eût
mois de demi-ration à neuflivres paiement de deux
fols par jour. Après cela,p
par mois, ou fix
que peine, &à moins de voir pourroit-on, fans quel-
& completdans la nouvelle un avantage décidé
à laiffer fouftraire à nos Maitres nourriture, confentir
fruit de leurs fervices & de leur mérite? une partie du
pourroit répondre que l'on ne
Et qui
& que l'on ne vint peut-être à diminuât encore, 2
fait cette prérogative qui leur fupprimer donne de la tout-àconCCAR A NRATE A NE
ès cela,p
par mois, ou fix
que peine, &à moins de voir pourroit-on, fans quel-
& completdans la nouvelle un avantage décidé
à laiffer fouftraire à nos Maitres nourriture, confentir
fruit de leurs fervices & de leur mérite? une partie du
pourroit répondre que l'on ne
Et qui
& que l'on ne vint peut-être à diminuât encore, 2
fait cette prérogative qui leur fupprimer donne de la tout-àconCCAR A NRATE A NE --- Page 33 ---
/
- A à
feule (2 27) détermine grand nombre
fidération, 2 & qui
au fervice du Roi, & à
de Matelots à s'attacher
d'Officier Marinier?
s'efforcer d'obtenir le mérite
ce Mémoire, &
Je n'étendraipoint davantage à prouver ce que j'ai dit
je ne chercherai point
des faits du Mémoire
plus haut, que la plupart étoient exagérés : il me pade M. Defperrières
qu'auffi loin des ports, il
roitroit fort étonnant,
Excité cependant
eût été plus fidèlement inftruit. Officierde laMa-
-
par l'intérêt particulier confervation quetout & àla fanté des Materine edoitàla demandearAcadénie un examen; & cet
lots, je eftaujourd'hui d'autant plus néceffaire,
examen Cour envifage de bon oeil & croitavan- a
que déjàla
les comptes qu'en
tageux le régime végétalfur fur le filence de T'Étatrendus notre Chirurgien, ainfi quemoi, defesinMajor, bien convaincu,
autres circonftances
convéniens, & fur quelques
de combattre.
particulières qu'il eft très-temps
ie un examen; & cet
lots, je eftaujourd'hui d'autant plus néceffaire,
examen Cour envifage de bon oeil & croitavan- a
que déjàla
les comptes qu'en
tageux le régime végétalfur fur le filence de T'Étatrendus notre Chirurgien, ainfi quemoi, defesinMajor, bien convaincu,
autres circonftances
convéniens, & fur quelques
de combattre.
particulières qu'il eft très-temps --- Page 34 ---
(28 )
ETAT des Malades de la
Poule,
Frégate la Bellecommandée par M.
en 1771, pendant l'efai du DORVES,
végétal.
Régime
Entrées.
Jos Chantaielle, 6 Mai.
Sorties,
V.7 Toulet, Canot. 16
Fievre continue. 31 Mai.
P.A. Guiner, Tim. 16
F.occ. Abcès par unclou.
Am. Gonarn, Fuf 16
Fievre. au côté.
38 Juillet.
Aug. David, Paf: 27
Point de côté.
19 Mai.
LOrlands.Cepur J.Dagorne, Gab. I Juin. Blefféaux bourfes. 5 Juin.
Olivier Sept-fols, 3
Scorbut.
Jac. Redis, Soldat. 5
Fievre.
8d.auC. 8
Laurent
IO
Fievre.
Juin.
Jean Madion. Philippe, 12
Fievre,difenterie, 30
Jof. Barice,
Diflenterie.
14 16
Jofeph Caen. Fufil. 12
Jauniffe.
H.de Keciper, Ti. 14 I5
Fievre. Mal
Tangui Simonet. 16
Fievre. detéte,éblou.
Jean-Mariel Louet, 18
L. Orlando,Capor. 18
Fiev. Fievre,
13 Juillet.
F.Couloumant. 20
Fiev. point dec côt. 25 Juin.
G.Trotet, Tinac. 20
Fievre point & de côt. 27
Leprince, Thomas Cherot. 20
Fiev.p point colique, de côt. 12 Juillet.
delacal. 23
Fievre.
24 Juin,
L.Foliart, P. Gojet; Tonnel. Soldat. 23
Poitrinaire.
26 27
Kerbrat, Mouffe. 24
Fievre.
J.Olivier, P. Can. a
Fievre. Fievre,
9 Juillet."
F.Lourdet, Charp. 28
Fievre.
23 Août.
Pinguer, Timonier. 28
4 Juillet.
R. Pomel, soldat.
Fievre.
X
M, Sonnie, Chal, 29
Fievre.
,
L.Foliart, P. Gojet; Tonnel. Soldat. 23
Poitrinaire.
26 27
Kerbrat, Mouffe. 24
Fievre.
J.Olivier, P. Can. a
Fievre. Fievre,
9 Juillet."
F.Lourdet, Charp. 28
Fievre.
23 Août.
Pinguer, Timonier. 28
4 Juillet.
R. Pomel, soldat.
Fievre.
X
M, Sonnie, Chal, 29
Fievre. Fievre,
23 Août:
Bernard Yves Bodenes.
I Juillet. Fievre.
Canivat, Z
Fievre,
Juillet.
N 9R RE LReCE nocue --- Page 35 ---
L Na
- AN Sh
(29)
Entrées.
Sorties.
Y. Montagne,Sol. 2 Juillet. Fievre:
II Juillets
Y.Duval, Soldat. 4
Fievre.
II
L.Mignon,Moul 4
Fievre.
François Corre.
Fievre.
J,lel Recors, Calf 3
Fievre.
A. Maljac,Of.M. 5
Fievre.
J. Ledoux, Soldat. S
Scorbut:
16 Sept.
F.Jamin, Mouffe. 5
Fievre.
II Juillet,
M.Simier,Moufe.
Fievre.
*
N. Lemille, Sold. &
Fievre.
Chriftop. Lonoré. 6
Fievr
Ch.1 Legal,Moufe. 6
Fievre.
II
Y.Lerumeur,G.C. 9
Fievre.
Jean Madiou.
IO
Cours de ventres 23
O.Defoch,G.C. 10
Fievre.
P.Dalcourt, Sold. II
Fievre.
F. Corre, Mouffe. II
Bleffé.
23 Août,
Bernard Canivet. 13
Fievre.
13 Sept:
Y. Millon,Mou/fe.
Fievre.
23 Juillet.
Pierre Haon.
:
Fievre.
F.Jamin, Moulfe. 16
Fievre.
Jean Lelez, G.C. 20
Fievre.
Kerjean, P.Can. 22
Scorbut & ulcère: 28
N. Bodenes, Ch. 23
Fievre.
Août.
J.R. Alenou.
Fievre.
33 Juillet.
Al.lOrphelin.
Fievre.
IO Août.
J.Briant, G.de la
foffe aux cables. 28
Scorbut.
Y.Bernard, Chal. 28
Scorbut.
J. B. Moefan.
Scorbut.
Gil. Gerol, Timon. 31
Fievre.
IO
A.. Janne, Can.S. 1Août.* Fievre.
G. Lemoine, id.
Fievre.
P. Belcourt, Sold. 5
Fievre.
Jof. Egaud, Tim. 9
Fievre.
S.Laurent,Domef
Fievre.
Fievre.
J.B.Forbin, 2 Tim.
,8
F.I Barbier, Soldat. 17
Fievre.
* Lemois d'Aoirfurpafedans les radesde Cadix6 deMalaga,
.
IO
A.. Janne, Can.S. 1Août.* Fievre.
G. Lemoine, id.
Fievre.
P. Belcourt, Sold. 5
Fievre.
Jof. Egaud, Tim. 9
Fievre.
S.Laurent,Domef
Fievre.
Fievre.
J.B.Forbin, 2 Tim.
,8
F.I Barbier, Soldat. 17
Fievre.
* Lemois d'Aoirfurpafedans les radesde Cadix6 deMalaga, --- Page 36 ---
(30)
Entrées.
Sorties,
L. Folliand, Sold. 21 Août. Fievre:
M. Piou, Boulang. 20
Fievre.
Jean Sbirk, Sold. 21
Fievre.
28 Août.
J. Legal, Moufe. 26
F.& pointde côté. 31
Franç. le Glatin. 28
Fievre.
2 Sept.
S. Georges, Dom. 28
Fievre.
J.lel Rouge, Sold, 20
Fievre.
Henri Audigou.
4 Sept. Fievre.
J. le Roi, Pilotin. 4
Fievre.
a
N. le Roux, Sold.
Fievre.
Tangui Simonet.
d
Cours de ventre. 16
F. Blancart, Sold. 6
Fievre.
3.Sbire, Soldat.
Fievre.
Jac. Vadis, Sold. 7
Fievre.
Jean-Bap. Brifcat. 9
Fievre.
F.Lefebvre, Tam. 9
Fievre.
H.deRoffelet.Sol. 9
Fievre.
L. Bevierre, Sold, 17
Fievre.
Vincent leRoi.
Fievre.
Yves le Rumeur. 17
Fievre.
Jean Madre.
Fievre.
R. Piric, Pil. Cot. 20
Fievre.
H.du Roffelet,Sol. 21
Fievre.
L. Flamand,Pilot. 2I
Fievre.
Arm. Gouaran, S. 22
Fievre.
Pier. Jul. Torrés. 21
Fievre.
Jacques Rollin.
Fievre.
Pier. Boubin, Cap. 23
Fievre.
Y. Tangui, Chal. 23
Fievre.
Th. Perrot, Sold. 23
Fievre.
F. Bourbier, Sold. 23
Fievre.
J. Foucault, Sold. 23
Fievre.
J. le Roux, Sold. 23
Fievre.
Y.Groffet,Moufe. 23
Fievre.
P.Turpin,Servant,. 24
Fievre.
2 O8obi
F.Malejat,Of.M. 25
Fievre.
30 Sept.
Deshayes, Of: M.
Fievre.
G. lel Borgne,Tim. 2
Fievre.
5 Oltob.
Yves le Rumeur. 26
Fievre.
Julien Riou.
Fievre.
30 Sept.
Nicolas le Roux. 26
Fievre,
5O8ob,
,Moufe. 23
Fievre.
P.Turpin,Servant,. 24
Fievre.
2 O8obi
F.Malejat,Of.M. 25
Fievre.
30 Sept.
Deshayes, Of: M.
Fievre.
G. lel Borgne,Tim. 2
Fievre.
5 Oltob.
Yves le Rumeur. 26
Fievre.
Julien Riou.
Fievre.
30 Sept.
Nicolas le Roux. 26
Fievre,
5O8ob, --- Page 37 ---
-
(31)
Entrées.
Sorties.
Yves Daniel, Cap. 26 Sept. Fievre:
2 OEtob.
Philip. Gar, Cap. 26
Fievre.
F. Gallon, OfM. 26
Fievre.
Le Valois, Timon, 27
Fievre.
L. Philippe, G. C. 27
Fievre.
30 Sept,
Paul Legueneur. 27
Fievre.
F. Lafiou, OfM. 27
Fievre.
F. Tartre, Of.M. 27
Fievre.
J.Moezan,G Gabier. 28
Fievre.
9Odoh.
Vincent le Fur.
Fievre.
Nicolas Caftros. 28
Fievre.
Lebreton, 2. Chir. 28
Fievre.
Hervé, Chirurgien. 28
Fievre.
J. B. Pie, Soldat. 29
Fievre.
Yves Dorvalin.
Fievre.
J. Caftres, Chal. 30
Fievre.
F. Colomas, G.C. 30
Fievre.
L. Behir, G. Can. 30
Fievre.
Gaubion, M. Chir. 2 O8tob. Fievre:
S
L. Orlandino,Cap. 2
Fievre.
Dan. Colin, Can. 4
Fievre.
F.Duchefne, Can. 4
Fievre.
M. Simier,Moufe. 4
Fievre.
M. Dumas, Sold. 5
Fievre.
F. le Fevre,Tamb.
Fievre.
L. Minion, A. C. &
Fievre.
Blandin,/ec. Pilote. 6
Fievre.
Y.Tangui, M. V. 6
Fiev. &vomiffem.
J,Laporte,/ec. V. 6
Fiev.& vomiflem.
re.
F.Duchefne, Can. 4
Fievre.
M. Simier,Moufe. 4
Fievre.
M. Dumas, Sold. 5
Fievre.
F. le Fevre,Tamb.
Fievre.
L. Minion, A. C. &
Fievre.
Blandin,/ec. Pilote. 6
Fievre.
Y.Tangui, M. V. 6
Fiev. &vomiffem.
J,Laporte,/ec. V. 6
Fiev.& vomiflem. --- Page 38 ---
C2AE A
Wa --- Page 39 ---
Ced 4
MÉMOIRE
EN RÉPONSE
A M. DELA COUDRAYE,
ENSEIGNE DE VAISSEAU;
Sur le Régime végétal, 2
Par M. POISSONNIER DESPERRIÈRES --- Page 40 ---
IAE A Ls
N - --- Page 41 ---
: 365 -
(35)
M É
M OIR E a
EN RÉPONSE
A M. DE LA
COUDRAYE;
ENSEIGNE, DE VAISSEAU,
Sur le Régime Végial.
M. DE LA COUDRAYE,
la Belle-Poule, commandée Enfeigne fur la frégaté
a adreffé un Mémoire
par M. Dorves, nous
Breft, dans lequel il lui qu'il a lu àlAcadémie de
tions fur le régime végétal communique fuivi
fes obfervafaifant voile pour
dans cette frégate
Nous croyons devoir TAmérique.
moins par amour
répondre à ce Mémoire,;
pour l'intérêt public. propre d'aureur, que par zèle
M. de la Coudraye, qui affure avoir
beaucoup fur les
d'attention les effets du
fuiviavec
individus quiy étoient
régime végétal
pas de prononcer que ce
afujettis, n'héfite
& que lon doit mettre fur régime fon eft pernicieux,
nombre de maladies
compte le grand
de la frégate. Il affure quiontrégné fes
dansl
impartiales, qu'il étoit même que
obfervations siéquipage font
motif végétal, & que le bien feul de partifàn du régime
qui lui fait élever la voix Thumanité ett le
veauté qu'il croit
contre une nou-
>> Le Miniftère tres-dangereufe.
2) moire de M. perfuadé, dit-il, d'après le Mé:
n régime végétal, Defperrières fur l'excellence du
&d'aprèsles faits que ce MédeCij
'il étoit même que
obfervations siéquipage font
motif végétal, & que le bien feul de partifàn du régime
qui lui fait élever la voix Thumanité ett le
veauté qu'il croit
contre une nou-
>> Le Miniftère tres-dangereufe.
2) moire de M. perfuadé, dit-il, d'après le Mé:
n régime végétal, Defperrières fur l'excellence du
&d'aprèsles faits que ce MédeCij --- Page 42 ---
(36) )
avantageux pour
rien n'étoit plus
> cin cite, que
>> les Gensde mer,
eterLagwdcnent
s aordonnéen
aemaammem
en légumes & en végétaux
> de la Belle-Poule,
decette frégate, partifan
>> choifis. Le Chirurgien régime, a eulinfpeation
>> décidé de ce nouveau elles ont été de fon choix,
>> de ces provifions;
T'on en a
>> & à cet égard il a été requife: très-rigotifte; ily, a plus, nulle
s embarquéla quantité n'a été oubliée pour les placer de
>> précaution n'eft pas à craindre leur altéra-
>> façon qu'on
étoit frais & fain; les
>> tion; tout Téquipage fans répugnance à ce
fe préroient
> Matelots
les Officiers, dont je fais nom-
>> régime; tous
tout le zèle pofible, afin d'é-
> bre, marquoient
les Matelots pouvoient
>> carter le dégoût que nourriture qui ne leur étoit
>> prendre pour une &c. &c. (a) Malgré ces précau-
>> pas ordinaire,
& fur
il ne
un
effai,
lefquelles
>> tions prifes pour
dans d'autres tems, je
> faudroit plus compter
qu'ily ae eu,
la note quejaitenue,
>> trouve, par
de fept mois, la plus
>> pendant une campagne avoir, 125 malades fur deux
>> doucequ'on puiffe hommes, y. compris l'État-
>> cens quarante-cing
Téquipage de cette
>>
Major, 2 qui compofoient les malades, il y a même eu
> frégate : parmi
quoiquelerésime
>> quatre. ou cinqf Ifcorbutiques, M. Defperrières comfoit annoncé par
>> végétal
de cette maladie, & mê-
>> me propre à préferver Donc, conclut M. de la Cou-
> me à la guérir.
ne combat pas plus
e draye, le régime végétal
Qu'on eft bien éloigné d'avoir avoit pris de de pareilles
-
(a)
dent
cautions 1On a manqué à ce quily M. de la Coudraye, plas il fauPour croire ce que dit à cet égard & ce que font toujours les détracs
droitignorer ce que peuvent
seurs des nouveauités utiles.
CII9E à OAN WA FWEA -a
la Cou-
> me à la guérir.
ne combat pas plus
e draye, le régime végétal
Qu'on eft bien éloigné d'avoir avoit pris de de pareilles
-
(a)
dent
cautions 1On a manqué à ce quily M. de la Coudraye, plas il fauPour croire ce que dit à cet égard & ce que font toujours les détracs
droitignorer ce que peuvent
seurs des nouveauités utiles.
CII9E à OAN WA FWEA -a --- Page 43 ---
Tx
- a a
(37)
le régime animal;
> efficacement le fcorbut, que conclufion, que le
>> &ilajoute à cette première
évidemment
>> mauvais effet du régime végéraleft
le
nombre de malades qu'ily
>> prouvé par grand la Belle-Poule. K
>> a eu fur la frégate raifonne M. de la Coudraye :
Voilà comment
il auroit dû
mais, pour prouver fon impartialité, fut employé,
dire que Téquipage de la Belle-Poule àl'armement dela
dès le mois d'Octobre 1770, de
au fien ; que
frégate la Flore, avant que mois paffer de rade, avoit fécet équipage, outre moisàBreft; un
& que, pendant
journé pendant cinq
brigades, & à
ce tems, on avoit employé, par aux travaux
diverfes reprifes, tout cet équipage
Tincertivariés du port. Ila auroit dû ajouter, avoit que faitraffemtude d'une déclaration de guerre de Matelots & de
bler un nombre confidérable
ville, au point
Troupes qui avoient furchargéla Cette mifère
queleMatelot ne favoit où coucher.
détermina M. Marchais à arranger un magafin,
des Hamaks; mais, avant cette préoù l'on plaça Matelots couchoient en grand nomcaution, les
ni couvertures, dans de petits apbre, fans draps
tant de maladies
partemens : ce qui occafionna
Il eft
Ton craignit une épidémie.
parmi eux, que
del'armement de
mort, depuisle commencement tems qu elle a
la frégate la Belle-Poule, jufqu'au
mis àla voile, fix hommes de T'équipage.
enM. de la Coudraye auroir dû fe rappeller & trèscore que la faifon ayant été très-pluvieufe les hommes de
froide, pendant tout le tems que ils ont dû par
Téquipage ont travaillé dansleport,
Un obferla fuite fe reffentir de cette intempérie. dû oublier de nous
vateur aufli exa€t n'auroit pas
dire qu'ils n'avoient eu pour boiffon, pendant
ont travaillé dans le port, qus
toutle tems qu'ils
Ciij
uroir dû fe rappeller & trèscore que la faifon ayant été très-pluvieufe les hommes de
froide, pendant tout le tems que ils ont dû par
Téquipage ont travaillé dansleport,
Un obferla fuite fe reffentir de cette intempérie. dû oublier de nous
vateur aufli exa€t n'auroit pas
dire qu'ils n'avoient eu pour boiffon, pendant
ont travaillé dans le port, qus
toutle tems qu'ils
Ciij --- Page 44 ---
-
de la bière de mauvaife (38 )
voient fouvent
qualité, dont ils fe
par cette raifon, &
prioutre négligé dej joindre à la nourriture qu'on avoit en
corde aux journaliers,
qui s'acnus de tous les tems deslégumes frais, reconaux Marins. Auroit-il pour dû néceffaires & falubres
l'ofeille
nous laiffer ignorer
préparée, 7 qu'il nous dit avoir été fort que
goût del'équipage, n'avoit été
du
quantité de 360 livres, pendant embarquée qu'à la
projet, cette frégate auroit dû que, fuivant le
bien plus abondamment?
en être pourvue
Auroit-il dû taire les deux
que, excepté les pois qui avoient vérinéeimportantes; été mal
& qu'on n'avoit pas fait paffer au four, ainfi choifis,
je l'avois prefcrit, tous les légumes
que
font également bien confervés; & embarqués fe
cette nourriture fi effentielle, s'eftg que le bifcuit, 2
ptement dans les foutes,
tgâté fort promparce qu'on avoit eu
limprudence, de vieux bifcuit pour à ne rien dire de plus, de méler
qualité, &c? Det telles celui qui étoit frais & del bonne
à fes affertions : auffi renpoznopmpunue les a-t-il difimulées.
M. de la Coudraye avance que l'ofeille
s'eft bien con/ervée.Maisler
feule
&c. ont-ils été trouvés
riz, mais les lentilles,
filence feroit
gâtés P Iln'en dit rien : fori
vions
une preuve pour nous, fi nous n'apas d'ailleurs le rapport de
fonnes, dont le
n'eft plufieurs per-
>>
témoignage
On ne peut pas fe flatter,
pas fufpect.
9> nitures feront faites
dit-il, que les four-
> foin qu'on
par la fuite avecle même
apporta aux nôtres
>> parées pour un effai, & par une qui étoient pré-
>> téreffée qui avoit eu tout le tems perfonne inLe mauvais choix des pois & leur deffechement néceffaire 6.
négligé, T'embarquement
fans doute déja d'une altération devieuxbifcuit, attaqué
qui a entrainé
L48 al MEe FWEX
faites
dit-il, que les four-
> foin qu'on
par la fuite avecle même
apporta aux nôtres
>> parées pour un effai, & par une qui étoient pré-
>> téreffée qui avoit eu tout le tems perfonne inLe mauvais choix des pois & leur deffechement néceffaire 6.
négligé, T'embarquement
fans doute déja d'une altération devieuxbifcuit, attaqué
qui a entrainé
L48 al MEe FWEX --- Page 45 ---
( 39)
de l'ofeille ;
celle du nouveau, 9 la fouftraation falutaire, &c. déponourriture auffi agréable que
il prétendqu'on
fentcontre ces foins aveclefquels
la frégate la Belle-Poule.
avoit approvitionné
venirà
Mais paffons fur tous ces objets pouren faire 9
Comment peutilfe
des faits plusconcluans.
cette
dirons nous à M. de la Coudraye, que vous
même nourriture végétale contre laquelle fur la Bellevous élevez fi fortement, ait produit été le témoin,
Poule , lesmaladies dont continué vous avez les ait guerries?
& que le même régime
nous
que la
Nous autres Médecins, 9
être jugeons combattue efficaufe d'une maladie ne peut
contraria contracacement que par fes contraires,
a
Vous dites : le régime végétal
riis fanantur. les maladies que j'ai obfervées
produit toutes de la Belle-Poule; & cependant
parmil'équipage qu'on peut le fuivre avec fuccès
vous convenez
fans changer de régipour les malades, puifque, la
même en
me, ils fe font tous rétablis, plupart vous avez
peu dejours, fuivant le journal que citer un feul
tenu, & dans lequel vous n'avez de pu malades dont
mort parmi le grand lifte. nombre Il falloit vous défier de
vous avez fourni la
deux affertions auffi contradictoires. à donner
Comment! des fubftances propres
naiffanceà une maladie ne Taggraveroient pas,
continuoit T'ufage, & ne la rendroient
fi on en
qu'elle fût grave: cepenpas mortelle, pour
fous les
de M. de la
dant le contraire: a Ret
il dit yeux dans fon MéCoudraye; & malgré cela, nourriture comme
moire, >> qu'il regarde cette 4. Pour moi, je ne me
>> mal-faine & dangereufe derfiboitancenabdaines
ferpinjaumatsimginbjue dont l'ufage auroit été opiniâtre,
& dangereufes, des maladies fàcheufes qu'elles
pourroient guérir
Civ
pour
fous les
de M. de la
dant le contraire: a Ret
il dit yeux dans fon MéCoudraye; & malgré cela, nourriture comme
moire, >> qu'il regarde cette 4. Pour moi, je ne me
>> mal-faine & dangereufe derfiboitancenabdaines
ferpinjaumatsimginbjue dont l'ufage auroit été opiniâtre,
& dangereufes, des maladies fàcheufes qu'elles
pourroient guérir
Civ --- Page 46 ---
auroient
(40)
draye l'a vu,
Cou:
ttenietrmacawasd
ilfautlen croire. Mes
dira-til, ne vont pas plus loin;
perceptions,
dus fe nourrir
j'ai vu des indivi
rières, &c la moitié comme eft le prefcrit M. Defperleur manière de fe nourrir devenue malade; donc
la Coudraye
en eft la caufe. M. de
parmi des
ajoutera:on a obfervé fouvent que
la Belle-Poule, équipages auffi nombreux que celui de
ont fait des
nourris avec des falaifons, & qui
ya eu fix fois campagnes moins de malades longues & difficiles, il
page de cette frégate.
que dans l'équis'empêcher de conclure que D'après la
cela, peut - on
alimens en a mis dans le nombre feuledifférence des
C'eft par de tels argumens
des malades?
l'efficacité du régime
qu'il croit combattre
reux pour lui, qu'on végétal; mais il eft malheugrand
puiffe les rétorquer au trèsOna défavantage de la caufe
vu, lui dira-t-on, & cela
qu'il foutient.
mi des équipages nourris de plus d'une fois,
cienne manière, la moitié
falaifons, & à c
lement être
desindividus non-feumalades, mais même périr dans
campagne toute auffi douce & auffi
une
celle qu'a faite la frégate la
courte que
l'effai du régime végétal. Belle-Poule, 2 pendant
il pas arrivé que les malades Combien de fois n'eftbreux dans des
ont été fi nomaffez de Matelots vaiffeaux, bien
qu'à peine il reftoit
noeuvres? Or, fion portans pour faire les maque M. de la
oppofoit de pareils faits à ce
Poule, tout Coudraye a obfervé fur la
ne feroit-il pas à
Belle
me végétal? Pour raifonner T'avantage du régifaudroit que tout fit égalde par comparaifon, &
il
à-dire, qu'il faudroit que deux part d'autre, c'eft.
ment frais & nombreux,
équipages égalede même grandeur, deftinés montant des vaifleaux
Tunà fe nourrir de
- 98 Ata AWA FWEKKA
Poule, tout Coudraye a obfervé fur la
ne feroit-il pas à
Belle
me végétal? Pour raifonner T'avantage du régifaudroit que tout fit égalde par comparaifon, &
il
à-dire, qu'il faudroit que deux part d'autre, c'eft.
ment frais & nombreux,
équipages égalede même grandeur, deftinés montant des vaifleaux
Tunà fe nourrir de
- 98 Ata AWA FWEKKA --- Page 47 ---
a
-
(41
falaifons, & l'autre à
le régime végétal;
fule
enfemble le même efpace de
euffent dans féjourné le même
dans la même rade,
tems
de port, conferve dans les mêmes
euffent voyagés & euffent enfn été expofés aux mêmes
parages, fatigues 8x aux mêmes intempéries; puis compadans
de ces deux équipages,
rer enfuite
lequel
&
les maladies auroient été plus nombreufes plus
Voilà le feul moyen de juger fi le régime
graves. végétal doit être adopté ou profcrit.
Mais la frégate la Belle-Poule, ne nous préfentet-elle pas le moyen de faire ce parrallèle, 9 les ne
nous offre-t-elle pas deux efpèces d'individus, foumis
uns fuivant l'ancien régime, & les autres
à la nourriture végétale ? Examinons donc parmi laquelle des deux bandes, les maladies ont
été plus graves & plus nombreufes.
perfonnes
Nous voyons, d'un côté, vingt-cinq
du
faifant bonne chère, nourris de la cuifine
Gapitaine, ne fuivant pas le régime végétal, mais de
abondamment fervies, non de falaifons,
viandes fraiches, ayant d'ailleurs des approvifionnemens de la meilleure qualité, & ne devant
ni les travaux de Téquipage, ni les
partager intempéries de l'air auxquelles celui ci eft expofé,
&c.Del'autre côté, nous voyons deux cens vingt
Matelots deftinés à fuivre un nouveau régime
pour lequel ils ont eu un dégoût marqué, contre
T'opinion defquelsil afallu lutter en les affujettiffantà une manière de vivre qu'ils croyoient mauvaife, parce qu'elleétoit nouvelle, pour laquelle
leur répugnance augmentoit encore en proportion de ce qu'elle étoit plus excitée, & que quel- foit
ques Officiers y. applaudiffoient davantage, ont
ouvertement,foir en fecret; des Matelots qui
dû fupporter à eux feuls tout le travail du bord,
ût marqué, contre
T'opinion defquelsil afallu lutter en les affujettiffantà une manière de vivre qu'ils croyoient mauvaife, parce qu'elleétoit nouvelle, pour laquelle
leur répugnance augmentoit encore en proportion de ce qu'elle étoit plus excitée, & que quel- foit
ques Officiers y. applaudiffoient davantage, ont
ouvertement,foir en fecret; des Matelots qui
dû fupporter à eux feuls tout le travail du bord, --- Page 48 ---
toutes les
C 42 )
logés à l'étroit, intempéries &
de l'air, qui Ont dà être
de légumes mais qui non-feulement Ont vêcu
depuis le 2
qui ont eu du bifcuit altéré
commencement de la
Touriciétant à
de la campagne, &c.
on préfiume fans Tavantage doute
première bande,
prononcé affirmativement que M. de la Coudraye a
étoit mal-fain &
que le régime végétal
ne l'ont pas fivi, dangereux, Ont été parce que ceux qui
que abfolument
abfolument, ou pref
attaquéle refte del exempts des maladies qui ont
rien de tout cela. Denuipape.&rcependant Parmi
il n'eft
qui ont paffé au pofte cent des vingt-cinq hommes
étoient nourris de la cuifine malades, dix - fept
parmi les dix-fept,
du Capitaine; &
gravement; trois font fept ont été attaqués affez
à deux & cinq mois de même redevenus malades
pas des rechâtes.
diftance, ce qui n'étoit
Lorlqu'on voit vingt maladies fur
perfonnes qui ont été nourries de viande vingt-cing
peut-être même de pain frais,
fraiche,
elles les meilleurs
qui avoient pour
feau en tout
approvifionnemens du vaifbien
genre, qui étoient bien logées &
caufes couvertes, qui n'ont partagé aucune des
fanté,télles principales qui pouvoient influer fur leur
jettifement que le travail quelquefois forcé, l'affuau quart, &c. loriqu'on voit,
que, parmi les vingt maladies, fept ont été dis-je,
graves, doit-on être bien
à
affez
c'eft le régime végétal fuivi reçu conclure que
page quia cauféles
par le refte de l'équifur-tour lorfqu'on fait maladiesdontil a étéa attaqué,
vingt perfonnes
que, parmi les deux cens
bifcuit altéré, qui ont vêcu de légumes &i de
intempéries
qui ont été expofées à toutes les
manceuvres delair, fur qui ont roulé toutes les
du vaiffeau, &c.ily a eu feulement
L4E A
ZWS LA
-
ure que
page quia cauféles
par le refte de l'équifur-tour lorfqu'on fait maladiesdontil a étéa attaqué,
vingt perfonnes
que, parmi les deux cens
bifcuit altéré, qui ont vêcu de légumes &i de
intempéries
qui ont été expofées à toutes les
manceuvres delair, fur qui ont roulé toutes les
du vaiffeau, &c.ily a eu feulement
L4E A
ZWS LA
- --- Page 49 ---
(43) - -
malades
centvingttrois maladies & cent-dix
(a),
la plupart l'ont été affez peu pour n'aqui pour
jour ou deux au pofte (6)Vingt
voir pafféqu'un
des vingt-cinqperfonfont les quatre cinquièmes du
& pour
nes nourries de la cuifine
Capitaine, dans la même
avoir de l'autre côté des maladies euffent été porproportion, ilauroit fallu qu'elles
nombre de cent foixante-feize, & non pas
tées au
ne nous donne que
à
à celuide cent vingt-trois, qui de deux cens vingt.
la moitié & un treizième
auffi
pour
Quand on voit un avantage
frappant
ceux qui ontfuivi le régime blâmé, défapprouvé
par M. de la Coudraye 2
& reconnu pernicieux doit-on être affeété ?
de quel fentiment
de la BelleAu refte, M. Dorves , Capitaine
Poule, n'a pas adopté les idées de fon Enfeigne. Je
Voicicequil dittouchant le régime végétal. >>
la confervation des hommes s'y
>5 penfe que ainfi
leur bien-être. Je ne m'en
>> trouvera 2
àtoutce que
que l'on dit à ce fujet:
>> rapporte pasici
il eft vrai, mais je n'ai eu
>> jaieu des malades,
ont été
> aucune maladie, & tous mes gens qui & même
viande fraiche, ont été malades,
>> à la
les autres. On ne fauroit donc
>> plus que
de retrancher le boeuf, la
>> mieux faire, que
font certainement la
>> morue & la fardine, qui
les Marins (.
>> nourriture la plus mauvaife pour M. de la CouD'après un pareil témoignage,
(a) Je dis cent vingt-trois maladies 2 fur cent dix malades,
dans le nombre 2 fept l'ont été deux fois 9 & trois, 9
parce
trois Sue.d
de cette affertion fe tire de la propre note
fournie (5) La par preuve M. de la Coudraye 3 note que nous pourrions vu
croire forcée, au moins quant au nombre des du malades, 9
qu'elle eft en contradiStion avec malades le journal à traiter, Chirurgien
qui dit n'avoireu que cent trois
fur cent dix malades,
dans le nombre 2 fept l'ont été deux fois 9 & trois, 9
parce
trois Sue.d
de cette affertion fe tire de la propre note
fournie (5) La par preuve M. de la Coudraye 3 note que nous pourrions vu
croire forcée, au moins quant au nombre des du malades, 9
qu'elle eft en contradiStion avec malades le journal à traiter, Chirurgien
qui dit n'avoireu que cent trois --- Page 50 ---
draye fera-til admis [ 44)
de toutes les maladies charger le régime végétal
quipage de la Belle-Poule? qui ont régné parmi l'é.
Si la droiture de M. de la
moins
Coudraye étoit
connue, ne pourroit-on
ner de n'avoir eu d'autres
pas le foupçonla répugnance des Matelots vues, que de jufifier
gétal? Ne pourroit-on
pour le régime véfavorifoit cette
pas même penfer qu'il la
fort
répugnance? Au moins
éloigné de la blâmer. Mais non paroit-il
raffure fur fes motifs; l'amour du
: il nous
a été fon feul mobile. Il faut l'en bien &x du vrai
plus que fes obfervations mêmes croire, d'autant
triomphe complet au régime végétal. fourniffent un
Suivons M. de la Coudraye dans la lifte
nous a donnée > fans nous
qu'il
lité aveclaquelle elle
inquiéter de la partiaon a plus que
peut avoir été faite:
Cette lifte raifon, on peut faire des
nous
Vactzand
offre:
Malades qui l'ont été depuis vingt-quatre heures, jufqu'à cing jours, 2
Malades dont on n'a indiqué
0 40.
trée au pofte, & non celui de que lejour d'enont' peut-être fait
fortie, &
que
quin'y
les quarante ci-deffus, paroitre, 2 puifque, parmi
que vingt-quatre & 2 plufieurs n'y ont paffé
Malades qui font reftés quarante-huit à
heures,
cinq jours jufqu'à dix,
linfirmerie,
aepeit
Malades qui l'ont été depuis dix . .
5I.
jours
quinze, 7
jufqu'a
Scorbutiques (a) attaqués, foit légèrement, 6.
& (a). méme Nota. affez Que tous les fcorbutiques fe font rétablis à bord,
gétal, auquel on promptement, a eu feulement le en foin continuant de
le régime véMaladies que jai recommandé contre le fcorbut dans joindreles mon Traité acidules,
des Gens de mer.
des
- a VIE atal WEME TW N
I.
jours
quinze, 7
jufqu'a
Scorbutiques (a) attaqués, foit légèrement, 6.
& (a). méme Nota. affez Que tous les fcorbutiques fe font rétablis à bord,
gétal, auquel on promptement, a eu feulement le en foin continuant de
le régime véMaladies que jai recommandé contre le fcorbut dans joindreles mon Traité acidules,
des Gens de mer.
des
- a VIE atal WEME TW N --- Page 51 ---
(45 )
foit d'une manière plus grave; : :
5.
jours au pofte
Bleffé pendant quarante-deux
I.
des malades,
e
e
e e
après foiMalade attaqué d'un abcès, guéri
xante-douze jours de traitement, o
e I.
de fievres continues putriMalades attaqués
été rétablis avant le
des, dont la moitié ont
été
vingt-cinquième jour, & les autres ayant foixante
à T'infirmerie depuis trente jufqu'à
.
e - e 8.
jours, .
donne un total, fur deux cens
Ce qui nous
de cent trente-fix mala-
.
.
quurane-cngimdividus,"
136.
dies, ci .
nepouvons compMais parmice nombre,nous: qui fontl les fevres
ter que huit maladies graves, de
Des fiecontinues dont nous venons
parler.
huit
tenu les malades
quatre,
vres qui n'ont
étoient que plutôt des
ou dix jours à l'infirmerie,
donc
indifpofitions, que de vraies maladies.Rien Dorves
la réflexion de M.
de plus jufte que avons eu des malades, mais
loriqu'il dit ; nous
Peut-on endouter, lorfprefque pas de maladies.
non-feulement
qu'il eft prouvé par le fait, que la
la Belleil n'eft mort perfonne fur
frégate aucun malade
Poule, mais encore qu'il n'y a eu
fur-tout
? Et ce qu'ily a
dans un danger marqué tout le monde s'eft rétabli
& el
à obferver , c'eft Tarrivée que
en France, tout T'équià bord, & qu'à
bonne fanté, quoiqu'il eût
page jouiffoit d'une
continué le régime végétal. le nombre des maAprèsavoir démontré. , par les deux claffes d'inladies qui ont régné parmi dans la Belle-Poule, le
dividus qui fe trouvoient
tout intrès-grand avantage du régime végétal, falaifons fouvent
forme qu'il a été, non fur des
des viandes
gatées, mais fur la nourriture avec
& qu'à
bonne fanté, quoiqu'il eût
page jouiffoit d'une
continué le régime végétal. le nombre des maAprèsavoir démontré. , par les deux claffes d'inladies qui ont régné parmi dans la Belle-Poule, le
dividus qui fe trouvoient
tout intrès-grand avantage du régime végétal, falaifons fouvent
forme qu'il a été, non fur des
des viandes
gatées, mais fur la nourriture avec --- Page 52 ---
fraiches, il me refte (46 à )
de ce nouveau
prouver la prééminence
complet de fon régime, en oppofant le retour
perte qu'ont effuyée, équipage d'une en France, avec la
ques frégates, qui ont fait, partie du leur, quelle voyage de
comme la Belle-Poule,
n'a été qu'un fAmérique, & dont la campagne
difficile,
peu plus
fans être
2 mais dont
longue,
plus
viandes
fapprovitionnemenre étoit en
l'ancien falées, en morue, en fardines, fuivant
ufage. C'eft par de
vie devroit être
pareils faits que l'enQue l'on confulte terraffée, f ielle pouvoit l'être.
Chimurgien.aiagjordelat le journal de M. la Ribe,
à peu près pour
frégate le Rofnigmol, partie
& de retour en T'Amérique France
en Septembre
verra qu'il a régné,
en Juillet 1771 2
Aoa
gate, des maladies parmi l'équipage de cette fré.
plus
plus nombreufes & infiniment
graves que celles dont a été
quipage de la
attaqué l'étoient pas des Belle-Poule; que les maladies n'élaflitudes, des
vres éphémères des
diarrhées, des fiedes fievres
continues fimples, mais
fenteries, des putrides bien caraétérifées, des
fievres malignes fi
dyfdeux heures après la mort, les cadavres marquées, que,
doient une infection infoutenable
répanque, pendant dix mois qu'a duré (a):T'on la
verra
On a perdu un nombre affez confidérable campagne 2.
Matelots, & qu'ilya eu, dans le même tems de à
l'infirmerie, quarante malades attaqués
vement. Ce fait n'eft-il
fuffifant affez vitomber toutes les induétions pas
pour faire
Coidraye , de la quantité de que tire M. de la
obfervées fur la frégate la
maladiés qu'il a
l'effai du régime végétal? Bello-Poule, pendant
reilles (c) obfervations Au moins, 9 M. de la Coudraye n'a-t-il pas eu
à faire fur la Belle-Poule.
de pa
L9H aa WPe FW - N
n'eft-il
fuffifant affez vitomber toutes les induétions pas
pour faire
Coidraye , de la quantité de que tire M. de la
obfervées fur la frégate la
maladiés qu'il a
l'effai du régime végétal? Bello-Poule, pendant
reilles (c) obfervations Au moins, 9 M. de la Coudraye n'a-t-il pas eu
à faire fur la Belle-Poule.
de pa
L9H aa WPe FW - N --- Page 53 ---
-
V
(47)
Confultons encore le journal des maladies qui
dans la frégate la Perle, tenu par
ont régné qui en étoit le Chirurgien, & nous
M. Anglas
malgré les foins affidus de
trouverons que, Commandant de cette frégate 2
M. de Nort, T'influence des caufes générales, 9
euà diminuer fon bord, depuis fon départ au comfon retour à la
Fy1
mencement d'Oétobre, jufqu'à
hommes
fin de Juillet, fur cent de quarante-deux trente-fix malades atquila montoient, plus
parmi ce
taqués de maladies dangereufes foit
foit à
il en eft mort dix,
bord,
PEr
nombre, de Léogane ; & que, file Chirurgien eût
Thôpital voulu tenir lifte, comme l'a fait M. de la Coudraye fur la Belle-Poule, de ceux qui, pendant'la
campagne, ont eu des laffitudes, des fluxions,
des diarrhées, des fievres éphémères & des indifpofitions enfin, qui fans remèdes fe diffipent
ou quarante-huit heures, le
en vingt-quatre des maladies
la Perle auroit peut-tere
nombre
fiur
excédé le nombre des hommes quiy étoient embarqués.
dironsnousiM.dela Coudraye, le retour
Donc, de l'équipage de la Belle-Poule, la moincomplet drei intenfité des maladies qu'on y. a obfervées 2
comparées à celles qui ont régné fur les frégates
le Roffignol & la Perle, font dis au régime végétal que vous blâmez. Sera-t-il poffible d'en
douter, lorfqu'on faura que le Chirurgien de la
Perle n'eft venu à bout de combattre avec efficacitéles maladies vives qu'il a eues à bord, qu'en
fubftituant le régime végétal aux bouillons de
viandes fraiches 2 &c. ? M. de la Coudraye
concluera peut-être encore deces parallèles, que
le régime végétal eft mal-fain & pernicieux pour
les Matelots en fanté, & qu'il faut le réferver
pour çeux qui font malades.
n'eft venu à bout de combattre avec efficacitéles maladies vives qu'il a eues à bord, qu'en
fubftituant le régime végétal aux bouillons de
viandes fraiches 2 &c. ? M. de la Coudraye
concluera peut-être encore deces parallèles, que
le régime végétal eft mal-fain & pernicieux pour
les Matelots en fanté, & qu'il faut le réferver
pour çeux qui font malades. --- Page 54 ---
Voici encore une circonftance (48)
vantage de la Belle-Poule,
l'on toute au défa
dans le parallèle
que
doit obferver
que nous faifons des
qui Ont régné parmi fon
maladies
qui fe font moritrées fur les équipage, avec celles
& la Perle ; c'eft
frégates le Rofigmot
France à la fin de que, lété celles-ci étant parties de
1770, les
paflant en Amérique, n'ont dà Matelots, 9 en
qu'un été continué, & ont dà être prefque trouver
des effets d'un paffage
par-là à l'abri
dans un climat très-chaud brufque d'un pays froid
être une des caufes les
: paffage que l'on fait
dies. Ils'en faut bien plus le générales des malaBelle-Poule l'ait mis dans que le tems du départ de la
reil avantage. Partie le
cas de jouir d'un paT'hiver, pour ainfi
4 Mai, à la fortie de
été
dire, (le mois d'Avril
pluvieux & froid ), elle eut une traverfée ayant
heureufe; c'eft-à-dire qu'en
page a paffé d'un pays froid à 33 jours fon équidans le tems où la chaleur eft Saint-Domingue, la
rable, 9 précifément encore dans plus confidéles chaleurs y ont été fi
une année ot
mémoire
on excefives, que,, de
pareilles. dhomme,
n'y en avoit reffenti de
Qu'a fait fon équipage de
fon féjour au Cap & au
plus pendant
travail a été forcé,
Port-au-Prince? Son
relâches
parce que, dans les courtes
qu'ily a faites, il falloit
tout
cutât à-la-fois, &
que
s'exépareil travail n'a-t-il prefque en même tems. Un
par des tranfpirations pas dû jetter les Matelots,
exceflives &
un état d'épuifement qu'ont reffenti forcées, à
dans
moindre degré TEtat-Major & les Gens d'office? un bien
M. Cependant, de la
malgré tous les contre-tems dont
Coudraye n'a pas daigné faire
il:n'y a eu que trois malades pendant mention, la
traverfées
148 - We
FWL 2 LA
que en même tems. Un
par des tranfpirations pas dû jetter les Matelots,
exceflives &
un état d'épuifement qu'ont reffenti forcées, à
dans
moindre degré TEtat-Major & les Gens d'office? un bien
M. Cependant, de la
malgré tous les contre-tems dont
Coudraye n'a pas daigné faire
il:n'y a eu que trois malades pendant mention, la
traverfées
148 - We
FWL 2 LA --- Page 55 ---
(49 )
verfée, & un affez petit nombre
féjour dans les deux
pendant fon
Mais la frégate étant ports de lifle.
au-Prince,
partie le 20Juin du Portfrais, les nuits peudejoursaprès froides &
les vents devinrent
qu'il règnoit en même d'autant plus mal-faines,
les rendoit humides, temps un brouillard qui
fupprimer encore chez 2 & les par-là plus propres à
voient expofés, la
Matelots quisy troufi falutaire : ils ont tranfpiration, dû reffentir cette.excrétion
a
vivement cette
d'autant plus
quitter prefque intempérie, fubitement 2 qu'ils venoient de
ceflivement
une température exchaque
chaude, 2 & qu'en fe relevant
quart, ils paffoient
& pour
précaution, de Thabitation tout-d-coup
fans
pont, à l'air libre, froid & chaude de l'entrefur le pont. Voilà la caufe à humide qui règnoit
s'en prendre M. de la
laquelle auroit de
nombre de maladies. Coudraye, pour le grand
traverfée
qu'il Y eut à bord dansla
duPort-au.-Prince? à
quelles maladies?
Cadix.Mais encore
fievres de quelques Desindipofitions, jours
2 des petites
quelques diarrhées &c. 2 quelques catarres, 2
ment & fi aifément qui ont cédéfi
au
promptetous les malades étoient régime végéral 2 , que
cens avant leur arrivée rétablis ou convalef
le refte de la
en Efpagne. Sip pendant
où l'infirmerie s'eft campagne Qn a eu des inftans
d'autres, la variation trouvée fubite plus garnie que dans
a toujours été la principale dans Tatmofphère
qu'on a eu à traiter: mais ce caufe des maladies
ici, & qui mérite la plus queje répéte encore
que tous les malades fe font grande atrention, c'eft
Tufage du régime végétal,
rétablis à bord par
M. de la
& déclaré pernicieux par
été ramené Coudraye, fain en
que tout Féquipage a
France, fans avoir perdu-un
D
plus garnie que dans
a toujours été la principale dans Tatmofphère
qu'on a eu à traiter: mais ce caufe des maladies
ici, & qui mérite la plus queje répéte encore
que tous les malades fe font grande atrention, c'eft
Tufage du régime végétal,
rétablis à bord par
M. de la
& déclaré pernicieux par
été ramené Coudraye, fain en
que tout Féquipage a
France, fans avoir perdu-un
D --- Page 56 ---
( 5o ).
feulhommef fur125 malades, fuivant fon
& fur I03 feulement, fuivant celuideM. compte,
Chirurgien de la frégate.
Meflier,
Voici encore 2 en faveur du
une
de ces preuves de fait d'autant régime végétal,
à faire impreflion,
la
plus propre
fur laquelle T'effai s'en que eft fait corvette THirondelle
la
comme à bord de
Belle-Poule, a féjourné dans les mêmes
que les frégates le Roffrgnol & la Perle parages
cela précifément dans le temps où (a); &
étoient infeétées de maladies
celles - ci
que la corvette THirondelle ait très-graves, fans
foufrir de la part des maladies. eu beaucoup à
qui la commandoit,
M. de Charite
en rendit dans le temps un
compte très-favorable au Miniftre; & voici ce
que me manda à cet égard M. Chapotet, Chirurgien-major fur cette corvette 7 en date du
Port-au-Prince le 26 Juin
> Les
> ont montré dans les premiers 1771.
Matelots
>> répugnance pour le
mais jours un peu de
riz;
en leur
>> varier
faifant
en confultant
>> goût, ils tallsutfonnement, s'en accommodent très-bien.
leur
>> continue-t-il, jufqu'à préfent
de J'ai eu,
> parmi lefquels il y a eu quelques peu fievres malades,
> trides; je les ai heureufement guéries
pu-
> m'écartant pas dans leur traitement des en ne
fages
A voir le détail des précautions prifes par M. de
Capitaine, &
Nd3)
par le Chirurgien de cette
pour purifier & renouveller lair, pour éviter les frégate, flations
mal-faines 3 pour choifir les endroits de la côte les
aérés, pour fe fouftraire aux caufes communes des
plus
dans ces climats, à voir enfin l'aifance & les commodités maladies
dont jouiffoit cette frégate, comparées à la
étoit
partage de la corvette T'Hirondelle,
gêne qui
le
on diroit
cet arrangement, 9 qui n'eft dû cependant qu'au hazard que
fait pour mettre l'ancien régime dans le cas de , lutter avoit avec été
avantage contre le nouveau.
298 Me FILS 2 N
-
ufes communes des
plus
dans ces climats, à voir enfin l'aifance & les commodités maladies
dont jouiffoit cette frégate, comparées à la
étoit
partage de la corvette T'Hirondelle,
gêne qui
le
on diroit
cet arrangement, 9 qui n'eft dû cependant qu'au hazard que
fait pour mettre l'ancien régime dans le cas de , lutter avoit avec été
avantage contre le nouveau.
298 Me FILS 2 N
- --- Page 57 ---
(51) nous donnez dans votre
> préceptes que vous ajoute cette réflexion ) : Ileft
> ouvrage. (Etil les malades ne foient pas en plus
>> étonnant que vaTincommodiré & la petiteffe
>> grand nombre, car il faut reiarquer que fur
>> du bâtiment ;
ayant point
> une corvette de 16 canons, n'y
nous fommes 142 hommes, 2 &
>> d'entre-pont, font obligés de coucher fort à
> les Matelots
cale
eft prefque toujours
>> l'étroit dans une
qui d'eau qui paffe con-
>> humide, par la quantité même dans les plus
>> tinuellement fur le pont,
>> belles mers. (
Malgré tous ces défavantages quifembleroient corvette
avoir été accumulés exprès fur cette
la 9
faire échouer un effai important pour
confervation pour
des Matelots, le régime végétal à
néanmoins encore ici de manière
triomphe devoir confondre fes détracteurs.
nombre
On voit fur une corvette le même
fur la frégate la Perle; & malgré
d'hommes que &cl'infalubrité de leur habitation
leur entaffement
qui ont dû
dans une cale humide, circonftances caufes
d'adtivité aux
générales
donner beaucoup ils'en faut infiniment que le nomdes maladies, ait été auffi grand que fur la Perle; & M.
bre en
n'annonce pas qu'il lui fût mort quelChapotet
cette
qu'uin à la date du 26 Juin, pendant
& la Perle avoient
perdu
aiy
époquel ele Roffignol
beaucoup de monde.
L'effet que doit produire un pareil parallèle, hommes
ne fera fans doute pas perdu pour les làl'effiqui aiment le bien, & ils reconnoitront contre
cacité du régime végétal, qui prévaut lui
tous les obftacles qu'on voudroit
oppofer. méD'après tous ces faits, le régime végétal
rite d'autant plus d'encouragement & d'éloges ,
Dij
poquel ele Roffignol
beaucoup de monde.
L'effet que doit produire un pareil parallèle, hommes
ne fera fans doute pas perdu pour les làl'effiqui aiment le bien, & ils reconnoitront contre
cacité du régime végétal, qui prévaut lui
tous les obftacles qu'on voudroit
oppofer. méD'après tous ces faits, le régime végétal
rite d'autant plus d'encouragement & d'éloges ,
Dij --- Page 58 ---
qu'on eft fondé à croire (52) que, fans la
donnée aux fubftances végétales
préférence
vifionnement de la Belle-Poule, pour la
l'approfievres fimples
plupart des
celles
qui y ont régné, de même
qui ont été plus férieufes, euffent que
pris un caraétère plus fâcheux
celui toutes
lequelelles fe font montrées : và que fi
fous
page eût été à la nourriture de que, viande l'équi- & de
poiffon falés, les fucs à - demi altérés
par ces fubftances, n'auroient
fournis
ter laputréfaction des humeurs pas manqué de hâgétal afi efficacement
que le régime vé
lots de la Belle-Poule, combattue parmi les Matecombé.
qu'aucun d'eux n'a fucSi M. de la Coudraye, fi zélé pour le
public, eût dit: le régime
bien
de réforme; tel légume végétalpropoféa befoin
fufceptible de confervation par lui-même eft moins
là infpire un dégoût
que tel autre; celuiMatelots; celui-cileur prefqu'infurmontable plait
aux
tité de viande que vous accordez davantage; zà
la quantelot pour joindre au régime
chaque Mapas affez confidérable ; il faut légumineux, n'eft
premiers tems d'une réforme, far-tout 2 dans les
chofe à l'habitude & au
accorder quelque
font pour l'ancien régime, préjugé des
dans lequel
pas faits, ni pour fentir les gens qui ne font
pour goûter tous les avantages inconvéniens, de celui
ni
veut y fubftituer; fi M. de la
qu'on
ce langage, on n'auroit
Coudraye lui
eût tenu
fes obfervations, &
pu que
favoir gré de
j'aurois cherché
àprofit - mais elles me font
à les mettre
(a), & je me fais un devoir venues de déclarer d'autre part
que, 2
quienétoitle (a) M. Dorves, Capitaine de cette frégate, &M. Meflier
des obfervations Chirurgien, utiles, m'ont donné fur cetimportant objet
98 WAA ANECA
Pn
A
lui
eût tenu
fes obfervations, &
pu que
favoir gré de
j'aurois cherché
àprofit - mais elles me font
à les mettre
(a), & je me fais un devoir venues de déclarer d'autre part
que, 2
quienétoitle (a) M. Dorves, Capitaine de cette frégate, &M. Meflier
des obfervations Chirurgien, utiles, m'ont donné fur cetimportant objet
98 WAA ANECA
Pn
A --- Page 59 ---
n'ayant
(53 )
le régime pour objet que le bien, en
végétal, l'effai
propofant
que tout à Tavantage de qu'on en a fait, quoiles affertions contraires de ce M. régime, de
malgré
ne me trouvera pas affez indocile ia Coudraye,
changer : l'expérience doit être pour n'yrien
fautt toujours tendre au mieux. notre guide; il
Le riz préparé avec le ficre a
un dégoût affez difficile à
paru infpirer
en diminuer les
farmonter : il faudra
nement.
rations, 2 & changer fon affaifonLes pois ne fe font pas confervés
autres légumes: : il faudra
comme les
de les bien choifir,
avoir la
2 de les faire
précaution
avant de les embarquer,
paffer au four
commandé, fans qu'on comme je l'avois reun moindre
y ait eu égard, en faire
tuer des féves spprovifioninement, gruées dont
& leur fubftipurée excellente & falutaire, on peut faire une
fel, un peu de moutarde & de avec du beurre, , du
Le fromage de Hollande bien vinaigre.
une partie e-de
choifi, peut faire
fervera affez bien, Tapprovifionnement : il fe conde fon ufage.
2 pour n'avoir rien à craindre
Les lentilles, les haricots n'ont
d'alrération : On s'en fournira d'une pas fouffert
fifante, 2 en obfervant de faire
quantité firf.
four ce dernier légume.
auffi paffer au
L'ofeille préparée a plu
quipage; elle fe conferve généralement à l'érien n'empêche que l'on d'ailleurs à merveille :
prefcrite dans les
en danne la quantité
La quantité de repas. lard affocié à
mineux ne paroit pas fiufifante l'ufage des légumenter de façon que l'on faffe : on peut T'augrepas de plus par femaine, &c. 3 avec ce lard, un
Diij
paffer au
L'ofeille préparée a plu
quipage; elle fe conferve généralement à l'érien n'empêche que l'on d'ailleurs à merveille :
prefcrite dans les
en danne la quantité
La quantité de repas. lard affocié à
mineux ne paroit pas fiufifante l'ufage des légumenter de façon que l'on faffe : on peut T'augrepas de plus par femaine, &c. 3 avec ce lard, un
Diij --- Page 60 ---
Les
(.54 )
équipages P roiffent avoir un
pugnance pour le, nouveau
peu de réattendre, au moins
régime : il faut s'y
mais on doit efpérer pour les premiers momens ;
que MM.les
pour en fentir tous les
Officiers, faits
a infpirer à cet
avantages, parviendront
qui leur
égard aux Matelots la confiance
manque, &c qu'ils
ce que laffaifonnement de veilleront fur-tout à
avec affez de foin,
ces légumes foit fait
regret d'être privés des pour ne leur pas donner le
Mais
falaifons.
que l'on fe garde bien de croire,
fubftances animales méritent la
que les
ce qu'elles font feules capables préférence, en
force & la vigueur des Matelots. d'entretenir la
ce que l'on mange qui nourrit, c'eft Ce n'eft pas,
digère. Quel chyle peut-on efpérer d'une ce quelon
defléchée & falée? D'ailleurs,
viande
fons ont porté dans le
quand les falairuption dont elles font fang le germe de la cor-
& la
atteintes, la diminution
ceffaire. proftration des forces en font une
Si M. de la
fuite némontagnes de la
Coudraye eût parcouru les
du Dauphiné, de la Franche-Comté, Savoie,
de la Suiffe,
aux climats froids & brumeux qui équivalent bien
eût vu des hommes
dont il parle, 2 ily
très-forts,
occupés de travaux fans doute très-robuftes, 2
plus continus
plus pénibles &
que ceux des Matelots
mangent pas fix fois dans l'année un
2 qui ne
lard falé avec des choux & des
morçeau de
vivent habituellement
pois, & qui ne
quelques
que de foupe faite avec
légumes employés avec
pain fait avec un mélange
épargne, d'un
de froment,.de la farine d'orge, de vefce &
aucun fon
defquels on ne retire
(a), qui ne mangent avec ce
(4) Souvent même le pain n'eft fait
pain,
d'orge fans mélange de froment.
qu'avecla feule farine
1148 A TKEKKA IE -4 >
a
habituellement
pois, & qui ne
quelques
que de foupe faite avec
légumes employés avec
pain fait avec un mélange
épargne, d'un
de froment,.de la farine d'orge, de vefce &
aucun fon
defquels on ne retire
(a), qui ne mangent avec ce
(4) Souvent même le pain n'eft fait
pain,
d'orge fans mélange de froment.
qu'avecla feule farine
1148 A TKEKKA IE -4 >
a --- Page 61 ---
a
prefque à tous leurs (55) repas, que du
avec du lait exaétement
fromage fait
noiffent d'autre boiffon écrêmé, 2 & qui ne conquand dans le
que l'eau; c'eft
courant d'une femaine, beaucoup
nent un repas avec des ceufs ou
2 ils prenil s'en faut cependant bien
des légumes:
chez les montagnards,
que l'on s'apperçoive
forces; ils foutiennent d'aucune proftration de
mince nourriture,
au contraire, avec cette
peine à croire fans 2 des fatigues
l'on auroit
de la Coudraye
en avoir elte le témoin. M.
des forces, & l'inaétion peut donc fe raffurer fur la perte
Matelots qui feront mis au qu'il craint pour les
tout lorfqu'il fera
régime végétal, furquantité de boiffon accompagné d'une certaine
de Bordeaux, &c. & reftaurante, le
comme du vin
Seroit-on d'ailleurs étonné que
bifcuit fera bon.
répugnent à une manière de
des Matelots qui
ils ne
Termd
font point habitués, nourrir, à laquelle
faire tomber en
affedtaffient, pour la
n'éprouvent difcrédit, un affoibliffement
point P Qui
qu'ils
dre
ait
pourroit même
quiln'y: pas eu
réponfeintes parmi ceux de beaucoup la Belle-Poule dindifpofitions
par combien de petits
P L'on fait
cette efpèce cherchent à moyens les hommes de
D'après les faits
venir à leur but.
d'après les parallèles que j'ai expofés jufqu'ici,
cité du régime
quej'ai fournis, où l'efficaà difliper les craintes végétal eft démontrée de manière
auroit voulu faire naître que M. de la Coudraye
refte plus qu'à finir
fur fon ufage, il ne me
obfervations qui donneront cette réponfe par quelques
leur à quelques-unes de celles encore plus de vaM. de la Coudraye
quej'aidéjà faites.
examen plus réfléchi jugeant de
fans doute qu'un
Bellece quis'eft paffé fur la
Poule,pendant l'effai du régime végétal,
manière
auroit voulu faire naître que M. de la Coudraye
refte plus qu'à finir
fur fon ufage, il ne me
obfervations qui donneront cette réponfe par quelques
leur à quelques-unes de celles encore plus de vaM. de la Coudraye
quej'aidéjà faites.
examen plus réfléchi jugeant de
fans doute qu'un
Bellece quis'eft paffé fur la
Poule,pendant l'effai du régime végétal, --- Page 62 ---
( 1 56)
pourroit conduire à une
pofée à la fienne, s'eft conclufion toute opconferver les fubitances replié fur la difficulté de
T'exagérer cette dificulté, legumineufes; il
& pour
dire >> que l'on ne devroit ne manque pas de
>> faire par la fuite des
pas s'attendre à voir
> autant de foin qu'on approvitionnemens: l'a fait
avec
Jerépondrai qu'il n'eftrien moins pour cet effai 4.
ait veillé à
que vrai qu'on
avec toute Tapprovifionnemente l'exactitude
de la Belle-Poule
ter; & quant à la confervation qu'on auroit di y appordirai qu'il fuffit d'en faire
des légumes, je
les bien placer, & de leur faire un certain choix, de
uns une préparation
fubir à quelquesqui n'eft ni
pendieufe. A entendre M. de difficile, ni dif
récrier fur la poflibilité de la la Coudraye fe
fubftances
fermentation. des
végétales, ne diroit-on
perfadé que les viandes falées font pas qu'il eft
pendant que rien n'eft fi commun inaltérables,
pravation ? Età
que leur déde la part des falaifons fuppofer & cette des dépravation égale
vage plus confidérable à craindre légumes 2 quel rapremières
de la part des
La bière eft fubilancesique de la part des
un produit
dernières?
boiffon eft falutaire. d'orge fermenté, & cette
rompues, quelque Tireroit-on de viandes corCombien de fois n'arrive-t-il produitqui ne fitpernicieux P
du pain fait avec du bled pas que l'on mange
fans qu'il en arrive d'accidens germé & échauffé,
pas pour cela négligeraucun ficheux ? Ilne faut
à écarter la fermentation des des moyens propres
embarquer : j'en ai
légumés qu'on veut
faire paffer au four propofé un eflicace, celui de
tibles d'altération, ceux qui font le plus fufcephumide
afin de leur enlever leur
la fermentation. furabondant, qui eft le premier agent de
Mais, dit M. del la Coudraye, les
LAR atal REP
EW 2X1 L
:
gligeraucun ficheux ? Ilne faut
à écarter la fermentation des des moyens propres
embarquer : j'en ai
légumés qu'on veut
faire paffer au four propofé un eflicace, celui de
tibles d'altération, ceux qui font le plus fufcephumide
afin de leur enlever leur
la fermentation. furabondant, qui eft le premier agent de
Mais, dit M. del la Coudraye, les
LAR atal REP
EW 2X1 L
: --- Page 63 ---
(57 )
&
pois & les féves ainfi préparés fe racorniffent,
eft
Qui le lui a dit?D'ou
la cuiffon en impollible. fait Teffai? Le bifcuit ne doit-il
le fait-il?En a-t-il
fa confervation à cette opération pouffée
pas
queje nela demande pour les légumes?
plusloin
il fe réduit avec un peu plus de
Et cependant il eft vrai, en bouillie dans l'eau, comme
temps,
n'a été cuit qu'une fois. Il n'eft pas
le pain qui
riz, qu'il ne croye fufceptible
même jufqu'au aifément; &, à l'en croire, il faut en
de s'altérer
dans les pays
abandonner T'ufage aux Afiaftiques,
defquels il croit, & qui peuvent le renouveller d'oùt
quand il s'altère: maisil croitaufi en Italie, il fe
nous le tirons; & la facilité avec laquelle il eft bien
conferve deux & trois années, dans quand des endroits
choifi, & qu'on ne le place de pas refte que c'eft une
trop. humides, démontre
pour
nourriture fur laquelle on peut compter on
les voyages de long cours : parmi ceux-ci,
ranger les voyages aux Indes Orientales 2
peut
& oul'on peut le renouoùl le riz eft commun, 2
veller aifément.
confits, dont plufieurs
Quant aux oignons
felon M. de la Couquartsfe font trouvés gârés, difficile de les rendre de la
draye, il ne confervation fera pas
: dès que le régime
plus longue fera adopté, on fera de ce légume un
végétal
affez confidérable, pour qu'il foit
commerce
&
de manière à fe
fourni à bon compte, préparé
Comconferver dans les voyages les plus longs. chèrement
bien de barriques de boeufs achetées avant Temen Irlande, fe trouvent gâtées, même
ne
barquement ? Pourquoi M. de la Coudraye
conclut-il pas qu'il faut fe paffer de falaifons?
M. de la Coudraye qui a vu dans le régime
des
qui n'y exiftent point, qui
végétal 2
dangers
fourni à bon compte, préparé
Comconferver dans les voyages les plus longs. chèrement
bien de barriques de boeufs achetées avant Temen Irlande, fe trouvent gâtées, même
ne
barquement ? Pourquoi M. de la Coudraye
conclut-il pas qu'il faut fe paffer de falaifons?
M. de la Coudraye qui a vu dans le régime
des
qui n'y exiftent point, qui
végétal 2
dangers --- Page 64 ---
s'eft
(58) )
appefanti fur quelques inconvéniens
régime qui ne lui font pas effentiels,
de ce
aifé de s'en garantir,s'eft bien
puifqu'il eft
aucun de fes avantages fur les gardéde faire voir
a laiffé la tâche, & jai cherché falaifons: il m'en
plir. Mais voici encore un
jufqu'ici à la remqui eft fait pour être fenti avantage de ce régime
régime
: c'eft qu'en fuivant le
long-tems végétal, on n'eft; pas obligé de garder rauffi
que de coutume, les convalefcens
pofte, eu égard à la grande
au
entre la nouvelle nourriture analogie des
qu'il y aura
fubftances dont on s'approvifionne gens fains, & les
pour lesmalades.
actuellement
Ilne faurpasétredelart,
être
du danger qu'ily auroit à faire pour
convaincu
lefcens mal affermis, à la nourriture paffer des convafalées: : c'eft ce qui forçoit
de viandes
garder long-tems au pofte, anciennement à les
eût de maladies, ils confommoient ou, pour peu qu'ily
jours les approvilionnemens
en peu de
plufieurs mois.
frais deftinés pour
fera à l'abri en Derancig.inconvénionse fuivant le
dont on
forcé,dans bien des cas,à des nouveau régime, ont
capables de faire manquer relichesimprévues,
importantes & les mieux concertées. lesexpéditionsles - plus
On pourroit peut-être bien
la nourriture très-falubre
prétexter contre
grande quantité
que fournit T'ofeille, la
fionner chaque qu'il en faudroit pour approvid'elle-même, vaiffeau; mais l'objection tombe
dures du
lorfque l'on fait que les feules bortrois mille jardin livres botanique ont fourni plus de
mois: d'ailleurs d'ofeille confite en moins d'un
ce légume vient
peu de foins, fe renouvelle
par-tout, exige
préfente dans la belle faifon de promptement, &
a faire tous les huit jours. On n'héfite nouvelles coupes à facripas
L98 - - We
FWi 2
S3G a
be
dures du
lorfque l'on fait que les feules bortrois mille jardin livres botanique ont fourni plus de
mois: d'ailleurs d'ofeille confite en moins d'un
ce légume vient
peu de foins, fe renouvelle
par-tout, exige
préfente dans la belle faifon de promptement, &
a faire tous les huit jours. On n'héfite nouvelles coupes à facripas
L98 - - We
FWi 2
S3G a --- Page 65 ---
<
I 59) fe procurer. des fafier beaucoup d'argent pour
laifons: : & craindroit - on d'affermer deftinés quelques à la
journeaux de terre, qui feroient
culture de T'ofeille? Deux ou trois journaliers une fois en
fuffiroient pour cela: les de journaux fournir aux approrapport, feroient capables
en tems de
vifionnemens les plus confidérables qu'à la moitié
guerre, & r'ofeille ne reviendroit
de ce qu'elle coûte pour les approvilionnemens
aéuels.
à
Il fuffiroit, pour le tems préfent, d'employer dans lejardin
cette plantation quelques planches
toutes
de Thopital; on pourroit aufli en garnir des houblonles bordures, 7 ainfi que le contours auroit affez de cette
nières: par ce moyen, il y
fe font en tems
plante pour les armemens qui en retireroient
de paix; les malades de T'hôpital utilité.
en même tems la plus grande étonnant, dit M. de
>> Il me paroitroit fort
auffi éloigné
>> la Coudraye, queM.Deipernires: fidèlement inftruit K.
> des ports, ett été plus
favoir
Il ne faut pas vivre dans méritent un port, la pour préférence
files fubftances végétales fouvent
ou
fur les viandes falées,
dépravées, prononcé
toujours prêtes à l'être. Lorfque jai moile raien faveur des végétaux, javois pour les Médecins &
fonnement, T'expérience de tous
& qui
Chirurgiens inftruits qui ont navigué,
nous ont tranfmis leurs obfervations; j'avois téDe pareils
enfin mon expérience propre. ne fauroientmoignages furun point d'hygiène,
celui d'un Officier de vaiffeaux?La
ils balancer étoit fans doute de la compétence de la
queftion
&
crois qu'elle eft aujourd'hui à
Médecine,
je
Je ferois très-flatté
la portée de tout le monde. --- Page 66 ---
67-261
1-9-67
Schelor
(60)
d'avoir pu convaincre M. de la Coudraye :
j'efpère du moins que,s'il perfifte dans fon opinion, il n'aura point de partifans.
44 l NE
La -a --- Page 67 --- --- Page 68 --- --- Page 69 ---
- --- Page 70 --- --- Page 71 ---
S2 # A/ a a
&a
E772
P755m --- Page 72 ---
COTAEN