--- Page 1 --- --- Page 2 ---
3lab Cartrr Sroln
Lihrn
fimmt Inincrsity --- Page 3 --- --- Page 4 ---
Tgile Jatrsan. --- Page 5 ---
M E M O IRE
S U R
LE COMMERCE DE LA FRANCE
ET DE SES COLONIES.
Non ut doceam, fed ut docear.
A PARIS,
De TImprimerie de MOUTARD 3 Imprimeut.Libraire 2 rue
des Mathurins 2 Hôtel de Cluni.
a
- U
6,
M. DCC. LXXXIX. --- Page 6 ---
1E R Br
AVERTISS SEMENT.
Nous croyons, en publiant ce Mémoire, deentierement noire ouvoir annoncer quiln'gpas
G
vrage; ngus avons éte aidés, dans nos recherches
dans nos calculs, , par un ancier Negociant qui a
royage avec fruit dans la plus grande partic de
TEurope,G quijoint à une grandejufujedejprit.
dans
des connoiffances en tous genres 1 far-tout
les matieres de Commerce. Nous avons combiné
nosidés avec les fiennes, pour évaluer les produits,
de nos richeffes intant de notre Agriculeure, que
duftrielles, 6 pour en former le refultat genéral.
Non feulement.notre amour-propre ne fera point
blelfé qu'on releve les erreurs dans lefquelles nous
aurions pi tomber, nous verrons au contraire avec
le plus grand plaifir, toutes les obforvations qui
conduire à la découverte de la vériid.
pourront
nous arons mife à la tête du
L'Epigraphe que
Mémoire, ef l'exprefion bien Jincere de nos
jentimens. a
t --- Page 7 ---
e
%
AFE è
M É M OIRE
S U R
LE COMMERCE DE LA FRANCE
ET DE SES COLONIES,
Non ut doceam, fed ut docear.
LE Commerce a dû exifter & a exifté réellement dès
les Sociétés fc font formées, 2
qu'à cette époque
enchc
parce
les hommes ont été obligés de fe répartir entre euxles
moyens qui pouvoient leur procurer les befoins de premiere néceffité.
Dans cet état primitif 7 les productions naturelles des
terres, des rivieres &c des mers, auroient pu, à la rigueur,
fuffire à leur fubfiftance, & les toifons des animaux leur
fournir des vêtemens ; mais le défir des commodités entraina bientôt avec lui le goit du luxe,l'indufirie fut forcée
de multiplier & de periedionner les produétions de la
terre, & d'en changer les formes; de là T'Agriculture, les
Manufactures & tous les autres Arts utiles & agréables. Ils
formerent autant de branches différentcs de commerce, &
A
, à la rigueur,
fuffire à leur fubfiftance, & les toifons des animaux leur
fournir des vêtemens ; mais le défir des commodités entraina bientôt avec lui le goit du luxe,l'indufirie fut forcée
de multiplier & de periedionner les produétions de la
terre, & d'en changer les formes; de là T'Agriculture, les
Manufactures & tous les autres Arts utiles & agréables. Ils
formerent autant de branches différentcs de commerce, &
A --- Page 8 ---
fources les plus 2 fécondes de la puiffance des
devinrent les bonheur des Peuples. Ceferoit en effets'abufer
Etats & du
de la
fe mefure l'étende croire que le degré
le puiffance bonheurdes Sujets Re calcule
due des Provinces, & que
Un Etat n'eft plus puiffant
par les richeffes du Souverain.
& la
qu'an autre que par la plus grande Jubificr population, fans une fomme P:
grande population ne au pent nombre des bras que TAgriculture
travail proportionnée doivent mettre en mouvement; ; Yune & l'autre de la
& T'induftrie du Commerce. Sans l'induftrie, les fruits
fontl'effence
de valeur;fi il'Agriculture eft négligée, deux
terrenlaurotenrgoint Commerce font taries. L'union de ces
les fources du de la puiffance & du bonheur public, eft
principes, ilun agens l'emporte fur l'autre; ils perdent infenfitelle, blement que leurs forces réelles &c relatives.
befoin d'un
Ces idées préliminaires auroient être peut-être mieux fenties : mais
plus grand développement, eft deftiné pouf pour des perfonnes infcomme ce Mémoire devoir fe borner al'espofition. des printruites,, on a cru
appliquer à l'état aStuel de notre
cipes généraux, pourles indufirie.
Agriculture & de notre
le tableau des produits
On croit devoir commencer par enfuite celui de nos
de notre Agrieulture. On préfentera tableaux ne foient pas, à-beauManufacures. Quoique ces l'auroit défiré, cependant ils
coup près, aufii exaês T'Adminiftration qu'on
à portée de juger fi
fufiront pour mettre le commerce que nous pouvons faire eu
nous faifons bonté tout de notre fol, à fa pofition, à fon étendue,
égardàla de notre population. 2 & aux reffources du génie P
àla quotité
nos réfiexions fur chaque elpece
national : nous propolerons: fur notre commerce intérieur &
de produits , ainfi fur
de nos Colonies : nous indiquerons
&
dird
extèrieur 2
les moyens que nous croyons les plus
en même temps donner toute létendue & toute l'adivité
propres à leur
dont ils font fuiceptibles(1).
Lorfqu'en a rédigé cC Mémoire, on nc connoiffoit pas encorc les demandes
(:)
-
quotité
nos réfiexions fur chaque elpece
national : nous propolerons: fur notre commerce intérieur &
de produits , ainfi fur
de nos Colonies : nous indiquerons
&
dird
extèrieur 2
les moyens que nous croyons les plus
en même temps donner toute létendue & toute l'adivité
propres à leur
dont ils font fuiceptibles(1).
Lorfqu'en a rédigé cC Mémoire, on nc connoiffoit pas encorc les demandes
(:)
- --- Page 9 ---
PREMIERE PARTIE
Agriculture.
Perfonne n'ignore que les différentes Provinces de
laF France offrent à l'induftrie dc fes habitan S preique toutes
les efpeces de produétions.
Les grains.
Les herbages propres à la nourriture des beftiaux.
Les vins.
Les olives & autres fruits & graines propres à faire de
l'huile.
Les fruits & légumes.
Les bois.
La laine.
La foic.
Le lin & le chanvre.
Les mouches produifent la circ & le imicl.
Grains.
Le pain eft la nourriture la plus commune des Peuples
de l'Europe ; par conféquent lcs grains font la partie la
que, les crois Ordres des différentes Provinces du Royaume ont chargé leurs Déà l'Affembléc Nationale de faire. On a vu avec plaitir qu'on avoit prévenu
Lta défirs fur prefque tous les points relarifs au Commerce du Royaume , en forte
que ce Mémoire pourra fournir des éclairciflemens pour leur décilion.
Plufieurs Cahicrs annoncent lcs vrux du Commerce pour la révifion on la réformation de l'Ordonnance dc 1673. Çe travail eft fait depais long-remps. Les motifs des chargemens qu'on propofe de faire, y font expliqués. Mgr.ic Garde dcs
Sccaux a permis quil,fir imprimé > & il le fera bientôt. Comme ce n'eft cncore
qu'un fimple projet, les Chambres du Commerce & les Négocians du Royaume
pour:ent propofer Jeurs obfervations ; elles fcront reçues avec empreffement.
Toutes celies contenues dans les différens Cahiers des trois Ordres, tant fur les
Contraintes que fur lesCefi-ns de Biens, lesL Le:tres de Répit, les Arréts de'Défenfes,
les Faillites & Banqueroutes, les Revendications, les Demandes en Privilége &
Préférence, enfin la Compétence desJuges qui doivert en conncitre, fon: difcurés
dans le Projct, & tormcnc autaut d'articles nouveaux qu'on propofe d'ajourer à
l'Ordou nacce dc 1673.
Aij
que fur lesCefi-ns de Biens, lesL Le:tres de Répit, les Arréts de'Défenfes,
les Faillites & Banqueroutes, les Revendications, les Demandes en Privilége &
Préférence, enfin la Compétence desJuges qui doivert en conncitre, fon: difcurés
dans le Projct, & tormcnc autaut d'articles nouveaux qu'on propofe d'ajourer à
l'Ordou nacce dc 1673.
Aij --- Page 10 ---
des 4 terres, & celle dont la conplus néceffaire du prodnit confidérable.
fommation eft la déterminer plus
la quantité de grains que la
Pour pouroir
la fomme totale de fa
France coniomme , il faut connoitre d'années, nous appopulation. Un Ouvrage fait aduelle depuis duRoyaume peu
eft de vingtprend que la population mnilie individus de tous fexes & de
quarre millions fix confommation cent
en pain doit être calculée
tout age (). Leur
de
chaque inenviron d'une livre & un quart grains EeS confidere
dividu. Le calcul ne paroitra des pas habitans exagéré de la France n'a
que le plus grand nombre
fruits & quelques
d'autre aliment que le pain 2 quelques fait avec du froment;
légumes; que leur pain eft rarement "font expofts à toutes
quils ne boivent point de & vin; à la chaleur qui'ils du foleil depuis fon
les intempéries de Tair,
les travaux lès plus pélever jufqu'à fon coucher Cette 3 que portion d'hommes mange
nibles leur font trois réfervés. livres de grains par jour: ainfi,comchacun plus de
confomment de plus,arec
penfation faite de ce ceux-ci les femmes & les enfans conce que les perfonnes RrEO ,
s'écarter dela vérité
fomment de moins, on croit ne générale pas des vingt-quatreen difant que la confommation individus doit être de cent treize
millions fx cent mille
de marc. Il faut ajouter à cet
millions de quintaux, néceflaire poids pour la nourriture des animaux
objer ce qui eft
& ce quielt employé pourlesbraf
de différentes efpeces,,
peut évaluer à vingt-fept
feries & les amidonneries, qu'on les femences qu'on doit tremillions de quintaux.) Plus, pour toutesl les années, patifqu'elles
garder comme confomnmées opérer rune nouvelle reproduction >
dont indifpentables millions, pour ce qui fait monter à environ CENT
vinge-huit
MILLIONS la récolte nécefaire pour que
SOLXANTE-HUIT foit
forcée d'avoir recours à FEtranger.
la France ne
pas faire fentir de quelle importance elt
Cet apperçu fuflit pour
(1) Ouvrage de M. Necker fur T'adminiftation dcs Finan.ces.
matl
années, patifqu'elles
garder comme confomnmées opérer rune nouvelle reproduction >
dont indifpentables millions, pour ce qui fait monter à environ CENT
vinge-huit
MILLIONS la récolte nécefaire pour que
SOLXANTE-HUIT foit
forcée d'avoir recours à FEtranger.
la France ne
pas faire fentir de quelle importance elt
Cet apperçu fuflit pour
(1) Ouvrage de M. Necker fur T'adminiftation dcs Finan.ces.
matl --- Page 11 ---
cette branche d'agriculture. Da en fera encore plusintimement convaincu, fi on confidere qu'un dixieine de deficit
fur nos récoltes pendant quelques années, peut appauvrir
abfolument la France, en la privant annuellement de cent
à cent vingt millions, tandis qu'un dixieme de fuperfu
fur les mêmes récoltes procureroit une augmentation annuelle de foixante-dix à quatre-vingt millions dans notre
numéraire.
Beaucoup d'Auteurs Anglois ont donné à cC fujet danis
des exagérations qui nuifoient au fuccès dela caule qu'ils
vouloient défendre ; ils n'ont pas craint d'attefter que
la France pouvoit recucillir &avoit recueilli dans une feule
année deux ou trois fois la quantité de grains néceffaire
àfa confommation, 8c que ces récoltes n'éroient pas rares.
Par une fuite dc la même exagération, ils ont prétendu
qu'en Angleterre une bonne récolte fourniffoit à fa confommation de cinq années.
Avant de faire de pareilles affertions 2 ils auroicnt dû
confidérer qu'il n'étoit pas poffible
dans CCS prétendues années d'abondance, le prix alarg grains ne diminuât
beaucoup; qu'en fuppofant que leur valeur commune fit
tombée à quatre livres le quintal 2 & que la France n'eit
vendu que la moitié de fon fuperfu, cette vente de quatrevingt-quatre millions de quintaux auroit procuré trois cent
trente-fix millions de nunéraire par an. Nous fommes bien
cloignés d'une pareille pofition. Depuis plufieurs années,les
récoltes de la France ont à peu prés égalé fa confommation. Comme elle a vendu des parties de grains, 2 elle a été
obiigée d'en acheter.
Le grain acheté coutant plus cher à l'Etat (1)
ne lui rapporte celui qu'il vend, la France a été .8RE
gée de payer à T'Etranger une folde en argent pour la
balance de cet article. Cctte pertc de numéraire eft le
(1)) Les achats annoncent des befoins, &la vente fuprofe du fuperflu; mais
leifrals é:ant preique tous centre T'a:hercur, : Taclia: des grains cmpoite plus de
suéraire.cue lavente n'en produit, cn fuppofant les quaatitéségales,
rapporte celui qu'il vend, la France a été .8RE
gée de payer à T'Etranger une folde en argent pour la
balance de cet article. Cctte pertc de numéraire eft le
(1)) Les achats annoncent des befoins, &la vente fuprofe du fuperflu; mais
leifrals é:ant preique tous centre T'a:hercur, : Taclia: des grains cmpoite plus de
suéraire.cue lavente n'en produit, cn fuppofant les quaatitéségales, --- Page 12 ---
moindre mal;il en eft réfulté un bien plus grand de ce
s'étant foutenus depuis quelques années à un as
les grains
plufieurs fois de
tres-haut, & le Peuple ayant manqué moins confomtravail, une grende partie de la Nation a
mé. C'eff une trifte vérité bien connue de tous ceux fouf- qui
n'ont
détourné leurs regards de deflus la partie
frante pas de la Nation.
Nourriture des befiaux.
La nourriture des animaux qui fervent au labourage effentiel- &
des engrais potr les terres, tient
quifourmilent lement à T'agriculture, & on peut dire que fans une grande
nourriture de beltiaux, On n'auraj jamais qu'une dans fes agriculture
languillante. Cette nourriture, confidérée
attention. rapports
mérite donc la plus grande
avec Tagriculture, moins, fi on l'envifage comme fourElle n'en exige pas de la fabfitance des hommes.
nifant une partie difficile d'établir des calculs qui pullent faire
Il feroit exagtement quelle eft la confommation que la
connoitre
la nourriture de fes habitans.
France fait en beftiaux la pour
du Royaume ne peut
La connoiffance de population la confommation des
plus nous guiderici, les claffes comme des pour Citoyens ne mangent pas
grains. Toutes de la viande; il n'eft que trop de malheureux
egalement
inconnue 5 & quand
pour qui c'eft une nourriture preique le noibre des hommes qui
mnème on fauroit exagtement encore rien de certain : chaque
en confomment, on du n'auroit ce quil lui en faut ; mais
homme ne mange pain
étonnamment fes
le riche a trouve le moyen d: multiplier
aflaibefoins en viande, il en prodigue une partic pour de
fonner l'autre. Cependant on peut donner un apperçu bafe
coniommnation, en prenant, d'une part, pour
notre
eit aflez
& en n'évaluant
celle de Paris , qui
connue(1),
évalucr la confommation de Paris fur les érats annexés
2u *f1) Compte Ons-Rrigi,For, reudu par M.TAME Terray, cn 1774.
ut
aflaibefoins en viande, il en prodigue une partic pour de
fonner l'autre. Cependant on peut donner un apperçu bafe
coniommnation, en prenant, d'une part, pour
notre
eit aflez
& en n'évaluant
celle de Paris , qui
connue(1),
évalucr la confommation de Paris fur les érats annexés
2u *f1) Compte Ons-Rrigi,For, reudu par M.TAME Terray, cn 1774.
ut --- Page 13 ---
7.
d'autre part 2 la confommation d'un habitant des Provinces ou des campagnes, qu'en railon du tiers de celle
d'un habitant de la capitale, à l'exception néanmoins que
les habitans de campagne mangent proportionnellement
plus de porcs que ceux de Paris.
D'après ces obfervations, on peut conjeéurer que la confommation de viande en France eft de
Un mnillion fix centmille beufs ou vaches.
Un million trois cent cinquante mille veaux.
Quatre millions de moutons.
Deux millions de porcs.
Donrlavaleurnuméraire peutêtre évaluée de: TROISCENT
CINQUANTE à QUATRE CENTS MILLIONS.
Quelque incertain que foit CC calcul , cependant une
note reçue du Bureau de la marque des cuirsle: rend probable jufques à un certain point. En effet,il eft conitaté
par cette notc, qu'il fe inarque annuellement en' France
douze centquatre-singt inille cuirs de boeufs. Les Régiffeurs
du droit difent qu'il faut ajouter à cette quantité au moins
un quart en fus pour les cuirs qu'on ne fait pas marquer, 2
& dont on fraude le droit; ils difent dep plus, qu'on compte
douze peaux de veaux pour un cuir de beeut. Les douze
cent quatre-vingt mille cuirs fuppofent donc la confommation de dix-fept cent fix mille, qui approche infniment
de celle de dix-fept cent douze mille cing certs, à laquelle
nous avons arbitré dans le calcul précédent un million fix
cent mille boeufs ou vaches, & les treize cent cinquante
mille veaux qui, divifés par douze : forinent une augmentation de cent douze mille cinq cents. Cette confommation
el très-bornée,i on envifage la population de la France,
puiqu'elle ne répond qu'à une dépenfe de quinse à feine
livres par téte. Cependant la nourriture de nos beftiaux ne
peut y fuffire, & nous payons annucllement une balanceà
'Etranger pour les viandes, ainfi que pour le beurre 2 le
(:) Dans les cinq années de 17772 1781,la France a payé, annéc commuce 2
inq cents. Cette confommation
el très-bornée,i on envifage la population de la France,
puiqu'elle ne répond qu'à une dépenfe de quinse à feine
livres par téte. Cependant la nourriture de nos beftiaux ne
peut y fuffire, & nous payons annucllement une balanceà
'Etranger pour les viandes, ainfi que pour le beurre 2 le
(:) Dans les cinq années de 17772 1781,la France a payé, annéc commuce 2 --- Page 14 ---
.La difette de ces objets nous prouve
fromage 3 le fuif(1).
France les moyens d'y multicombien on a négligé en foit une des branches les plus
plierles beftiaux, quoique ce
importantes de notre agriculture.
Fourrages.
donner une évaluation du
On auroit défiré pouroir
Eos
foit naturelles, > foit artificielles; évaduit de nos prairies, aucune notion pour faire cette
outre que nous n'avons dans le cas même oii nous aurions des de
luation, c'eft que:
de nos récoltes en fourrages
renfeignemens certains
en faire entrer la totoute eipece, nous ne pourrions pas il faudroit en diftraire 2
talité dans la maile des rerenus; les chevaux deflinés au la1°.la partie qui fert à nourrir
dansle produit des
dont la dépenfe eft comprife
bourage 3
terres.
la nourriture des animaux en20. Celle
fert pour car ce feroit faire un double
graiffés pour Ret boucheries,
8c enfuite lcurnouremploi que de compter leur produit,
riture.
évaluer la partie des
Il ne refte donc qu'à
favoir, ,les cheà nourrir;
fourrages employés à raifon de 30,000. :
1 30,000
vaux des troupes, carroffes & autres voitures
Ceux de felle;
& deflinés
à des particuliers,
appartenantes à leur commodité ou agrément;on 60,000
uniquement la quantitéà 60,000.
peut en fixer relais & voitures publiques doiLes poftes,
40,000
au moins 40,000.
vent en employer de ceux dettinés à tranfporter
La quantité
balance de ccs différens articles, & près de onzc
fix millions à T'Etranger pour la
devoir dire
millions en 1787-, citerons fouvent la balance de 1787, nous croyons font à la tétc de cc
Comme manicre nous dont elle eft rédigée fait honreur de à ceux cn qui jour plus infructifee
t:avail. que la Nous ne dontons point qual Mémoire nc devienne quy nous jour a été commutiqué 7 & qui
plus utile, fur-tout consenir d'apres les vàes un les plus faines fur lc Commerce,
par
nous a paru
ss
voir dire
millions en 1787-, citerons fouvent la balance de 1787, nous croyons font à la tétc de cc
Comme manicre nous dont elle eft rédigée fait honreur de à ceux cn qui jour plus infructifee
t:avail. que la Nous ne dontons point qual Mémoire nc devienne quy nous jour a été commutiqué 7 & qui
plus utile, fur-tout consenir d'apres les vàes un les plus faines fur lc Commerce,
par
nous a paru
ss --- Page 15 ---
la voie des Rouliers, les marchandifes &c
Er denrées, eft la plus confidérable; on ne
croit pas exagérer en évaluant cette quantité
à 160,000. :
160,000
Enfin, les poulains ou jeunes chevaux qui
ne font pas encore en état de fervir, doivent
former la quantité de 80,000. .
80,000
TOTAL.
370,000
En calculant que chaque cheval confomme par jour 8
livres de fourrages de toute efpece, on trouvera que la
confommation totale forme un produit annueld'environ 60
millions. Cet objet ne paroitra pas porté trop haut, lorfqu'on fera attention qu'en général les chevaux de traits,
& fur-tout ceux des Rouliers, 2 confomment beaucoup plus
que les autres, & n'ont pas la reffource des pâtures en
herbages.
Il feroit bien néceffaire que nous puffions récolter une
plus grande quantité de fourrages pour améliorer notre
Agriculture, qui manque en général de befliaux, &, par
une fuite néceflaire, d'engrais. Cette partie eft, de toutes,
celle qui paroit mériter lc plus l'attention du Gouvernement.
Vins.
Prefque toutes les Provinces de France produifent le
vin néceffaire àJeur confommation ; elles en fourniroient
même au Commerce étranger, fi la qualité médiocre des
vins de plufieurs de ces Provinces n'y mettoit un obftacle, & fi cet obftacle n'étoit encore augmenté par les fingulieres difpofitions de nos tarifs fur les droits des Aides
& des Traites. On a fouvent multiplié les droits fur des
vins qu'on ne pouvoit efpérer de vendre qu'à bas prix ; on
en détruifoit néccflairement la vente par cette furcharge
la valeur de la denrée ne pouvoit pas fupporter, tan3era que la diminution des droits en auroit facilité le comB
un obftacle, & fi cet obftacle n'étoit encore augmenté par les fingulieres difpofitions de nos tarifs fur les droits des Aides
& des Traites. On a fouvent multiplié les droits fur des
vins qu'on ne pouvoit efpérer de vendre qu'à bas prix ; on
en détruifoit néccflairement la vente par cette furcharge
la valeur de la denrée ne pouvoit pas fupporter, tan3era que la diminution des droits en auroit facilité le comB --- Page 16 ---
Provinces IO ne donnent que des v'ns
merce. Aufi les
Ti la confommation interneure.
médiocres, ont été réduites autres contrées, tels que ceux de
Les vins de plufieurs
& fur-tout de la Guienne,
Champagne, de la Bourgogne, confidérable d'exportation : d'autres
forment une branche des eaux-de-vie au Commerce extéProvinces fourniffent ces deux branches de notre Agriculrieur; en forte que
éprouvent, font cepentare, inalgré les contribuent génes qu'clies le plus à augmenter la richefle
dant celles qui
à alEtranger,en eauxNationale: en effet,notre s'éleve exportation chaque année à plus de 30
de-vic, ou en vin,
millions. Quant à la fomme à laquelle monte notre confomma- des notions
nous ne pouvons avoir que
tion intérieure, &incertaines. Le vin n'eft pas, comme le pain,
iniparfaites befoin de T'homme; par conféquent la conun premier de la
du Royaume ne peut nous Aides être
noiffance foible fecours population : les Regiires de la Régie des
que d'un donneroient pas des lumieres plus giandes, puifne nous les Provinces ne font pas allujettics aux droits
que toutes
d'Aides.
que nous ayons pu nous procuLe feul renfeignement confommation générale du Royaume,
rer pour évaluerla faites aux entrées de Paris. Suivant
a été les déclarations dans le Compte déjà cité de M. l'Abbé
les états inférés
les années 240 mille muids de
Terray, il y entre muids toutes d'eau-de-vie; il faut au moins ajouter,
vin,&10 mille
un fixieme fur le vin, &
pour les parties l'eau-de-vie, non déclarées, ce qui donneroit, en raifon de
un quart fur
la confommation du Royaume,
la
à
Mt
population, millions muids de vin, qu'on réduira fept
de 1O
conEmn
des Provinces oû il fe
lions, attendu que s'il y a
Paris, il y. en a auffi
fomme plus de vin à proportion qu'à moins. La confommation
où il s'en confomme beancoup la même par-tout. Comme
de l'eau-de-vie eft à près de 680 mille habitans, eft de
de Paris, en
LEELP
celle
Mt
population, millions muids de vin, qu'on réduira fept
de 1O
conEmn
des Provinces oû il fe
lions, attendu que s'il y a
Paris, il y. en a auffi
fomme plus de vin à proportion qu'à moins. La confommation
où il s'en confomme beancoup la même par-tout. Comme
de l'eau-de-vie eft à près de 680 mille habitans, eft de
de Paris, en
LEELP
celle --- Page 17 ---
II
12,500 muids, y compris le quart non déclaré, nous trouvons environ 400,000 muids d'eau-de-vie pour la confommation du Royaume.
En portant à 40 livres le muid de vin, la bouteille ne
rerient qu'à 2 fous 10 deniers, & cependant forme Lin
objet de 280 millions de livres tournois.
Liemedenitaiijolines le muid, formie Lin fecond objet de 52 millions. On
eftimer les autres boiffons,
telles que la biere, le doe, le poirée, &c. au moins 18
millions. La totalité de la confommation intérieure peut
donc être évaluée 350 MILLIONS.
Indépendamnent de cette maffe-der richeffes, cette branche doit être envifagée comme trés - importante par fa
nature.
1°. La vigne pesit fe cultiver fur des terreins qui ne
rapporteroient que peu ou point de grains. 2°. Cette culture occupe beaticoup plus del bras que celle des grains, &
par-là clle eft une précieufe reffource
fournirdel'oceupation au peuple. 3". Les prodiictions etd cettebranche d'Agriculture peuvent plus facilement fe vendre au dehors,
parce, que tous les climats n'étant pas propres à la cuiture
de la vigne, on trouvé moins de concurrence àla vente.
Les vins & eau-de-vie étant, à volume 8 poids égaux,
d'une valeur bien plus confidérabic que les grains 2
les frais de tranfport n'en augmentent pas autant le prix.
On doitd donc regarder comme très-eilentiel à la profpérité
de l'Etat, d'animer cette branche d'Agriculture, & de lever les obfiacles qui s'oppofent à fon accroiffement.
Oliviers & graines propres à faire de l'huile.
L'huile eft devenue un objet de confonunation bien
confidérable; elle entre dans beaucoup d'alimens; ; les Arts,
les Manufaéures en ont un befoin continuel, & il s'en
confomme beaucoup dans les Jampes pour éclairer. Les
huiles fe tirent principalement des olives, des noix, de
Bij
griculture, & de lever les obfiacles qui s'oppofent à fon accroiffement.
Oliviers & graines propres à faire de l'huile.
L'huile eft devenue un objet de confonunation bien
confidérable; elle entre dans beaucoup d'alimens; ; les Arts,
les Manufaéures en ont un befoin continuel, & il s'en
confomme beaucoup dans les Jampes pour éclairer. Les
huiles fe tirent principalement des olives, des noix, de
Bij --- Page 18 ---
diverfes graines & de différens' 12
point entrer dans cette article poifions. Nous ne faifons
produdion : nous en
cet derniere fource
Les oliviers ne parlerons ailleura.
de
Provinces; : ilsles réulifient bien que dans deux de
de fe pourvoir de enrichiffent, & leur procurent les
nos
ne recueillent grains dont plufieurs de
moyens
Différentes pas affez pour leur
leurs cantons
autres Provinces coafommation.
pres à fournir de Thuile; mais cultirent les graines
ieiquelles cette culture eitt
il en eft
elle s'allie
toralement
besucoup Ro
des
très-bien arec celle des ignorée. Cependant
ilet moyens d'engrailler le bétail
& elle fournit
d'auzant plus
aux
ATL
que juiqu'a préfent le fol intéreffant dela d'animer cette boucheries.
lne quantiré fuffante
France n'en n'a pas culture,
Elle paye annuellement pour fournir à 1a
produin
tranger pour cet objet (1). une balance confidérable coniomiation. à l'EParl le calcul des droits
éraluer la
que le Roi en
lion de confommation annuelle de la retire, on peut
& la maniere quintaux. Les droits impofis fur Trance à I milleur
onéreufe dont ils Ont été cette production,
été modérés émblifement, en ont empéché la perçus lors de
ces douceurs depuis, on a implifié leur culture, Ils ont
n'ont pas fus pour
perception : mais
d'indunsier elle ne
ranimer cette
fera affranchie de proipérera pariaitement,
branche
toute perception de droits, que lorigu'elle
ou au moins
Hivres (r) pourla D: 1777à balance-de 1781, la France a payé,
d'une Le fomme droit fur les huiles cet fut objer, établi cn &14 millions stmnbicumunt. 990 milic 8 millions joo mille
né. Il rapporte de à 750,cco préfens liv. zvancée 1raf.poir par la fe procurcr hyree la foible cIl 1737.
de droits pour les F'us huiles de 1 mitions. Compagie La
à laquelle on lavoitalié. teffource
EEE vations ont Fayentles droits, Rueravqur it
ieptieme partie de la France ne
de quintaug. : faites, loriqu'on a évalué yen a la la ire oirié R-ELSa qui font abennées. & Ces parmiles
ptodudtion de cette denrée, à I miblion obfer-
procurcr hyree la foible cIl 1737.
de droits pour les F'us huiles de 1 mitions. Compagie La
à laquelle on lavoitalié. teffource
EEE vations ont Fayentles droits, Rueravqur it
ieptieme partie de la France ne
de quintaug. : faites, loriqu'on a évalué yen a la la ire oirié R-ELSa qui font abennées. & Ces parmiles
ptodudtion de cette denrée, à I miblion obfer- --- Page 19 ---
qu'elle ne fera affujertie qu'a ceux que toutes les autres
efpeces de produgtions payent.
Fruits & légumes.
Ces objets ne font pas une partie effentielle de la noutriture de Phomme; ; mais leur confommatio. eit 1i conidératle, que l'on ne içauroit regarder ieur culture commne
un obyet indifférent. Les ligumes ont fouvent été d'un
grand iecours dans les amices peu abondantes en grains;
c'elt fans doute ce qui a engage plufieurs bons Citoyens
à en recommander la culture.Jepais quelqees années furtout, on a cherché à tourner l'attention des Cultivateurs
vers les différentes elpeces de pommes de terre; on ne
peut
louer ce zele. Les pommes de terre viennent
affez dlec dans des terreins qui produiloient peu en grains;
leur récolte efl affez abondante, la nourriture e'l faine,
quand ce légume n'a pas fouffert ou de la gelée, ou de
d'humidité. Mais fa confervation demande bieu plus
127 précaution que celle des grains. Dès qu'il a été artaqué de la gelée, il s'altere. A l'approche du printemps, il
commence à germer & devient nuifble à la fanté; on
ne doit plus l'employer à la nourriture des hommes: cet
inconvénient grave, auquel on paroit avoir fait trop peu
d'attention, empèchera toujours
malgré fes avantages, la culture de cette elpece ReFiE légume ne devienne
une branche principale d'Agriculture. Différens autres légumes, tels que les mavets de toutes efpeces,, &c. &c. forment encore un objet important dans l'Agriculture, par
le fecours qu'ils procurent pour la nourriture des troupeaux de toute efpece, dans la faifon oû les pâturages
font inabordables. Cette culture n'a pas été aufi animée
en France qu'il auroit été à défirer qu'elle le fit.
Les fruits communs font une grande douceur pour
Fhomme qui vit de fon travail, & on doit défirer quil
n'en manque pas. Cet aliinent contribue fouvent au jou-
forment encore un objet important dans l'Agriculture, par
le fecours qu'ils procurent pour la nourriture des troupeaux de toute efpece, dans la faifon oû les pâturages
font inabordables. Cette culture n'a pas été aufi animée
en France qu'il auroit été à défirer qu'elle le fit.
Les fruits communs font une grande douceur pour
Fhomme qui vit de fon travail, & on doit défirer quil
n'en manque pas. Cet aliinent contribue fouvent au jou- --- Page 20 ---
tien de fa fants, Les fruits plus 14 recherchés
comme néceflaires fur la table des
fi fopt regardés
ne leur en fourniffoit pas, ils les riches; le Royaume
-On en tire en effet quelques payeroient à TEtranger.
penfées par d'autres que T'on parties, mais qui font com-
& les légumes ne coutent éxporte, ni
En général les fruits
France.
ne rapportent rien à la
l1 eft des Provinces où la culture de la
remplacée par celle des pommiers & des vigne a été
le fruit fert à faire le cidre 8c le poiré cette poiriers dont
affez faine; la France n'en' produit
la ;
boiffon eft
faire pour fa confommation.
que quantité nécefBois.
On affure que Ia France étoit atitrefois
rêts. Cette affertion
couverte de fofe trouve dans le même paroit Aûteur. contredite Il
par une autre qui
étoit beancoup plus
prétend qu'alors la France
pendant jamais peuplée qu'cile ne l'eft à préfent. Cepeuple
pays couvert de bois ne put nourrir un
tendue nombreux : ce qui a pu induire en erreur fur l'éc'ef le que bas pouvoient avoir autrefoisles forêts dela France,
prix auquel étoit le bois de toute
inoins la diminution dans l'étendue des forèts efpece. C'eit
cette révolution dans le prix,
qui a caufé
confommation, en tout
que l'augmentation de la
& manufadures, & genre, par l'établiffement d'uines
des
par le grand luxe dans le
particuliers. Malgré cet accroiffement de chauflage
tion, la France ne peut pas encore être
confominatributaire des Etrangers pour cet article. Si regardée elle eff comme
d'avoir recours à eux pour les bois propres à la obligée
d'autre part elle leur en fournit pour les convertir Marine,
planches ; mais il faut obferver qu'elle n'ell
en
fufire
parvenue à fe
lell-môme,quen confommant fes
nomies. On a mis en coupe des
ancienhes écotemps fixé autrefois pour les
réferves, on a abrégd'le
coupes ordinaires, on a épuité
article. Si regardée elle eff comme
d'avoir recours à eux pour les bois propres à la obligée
d'autre part elle leur en fournit pour les convertir Marine,
planches ; mais il faut obferver qu'elle n'ell
en
fufire
parvenue à fe
lell-môme,quen confommant fes
nomies. On a mis en coupe des
ancienhes écotemps fixé autrefois pour les
réferves, on a abrégd'le
coupes ordinaires, on a épuité --- Page 21 ---
les magafins qui étoient abondamment pourvus &c pour
longues: années, des bois definés aux conftructions desoute
efpece. Heurcufement que lal Nature nous a
lcs mnines de charbon de terre, une reffource niéncgé coltre 3 dans Ia
difette qui nous menace. Ficdtr-geiesylonutier de ces
mines, & régler en même temps l'amnénagement des
ce fera affurer à la Nation les moyens de fe paffer bois, des
Etrangers pour les coniruéions, l'entretien des ufines &
le chautiage,
Nous ne connoiffons qu'un feal Auteur qui ait: donné
Tévaluation. du produirginsmaldssbos & forétsdu Royaume.
Iile fait monter à 140 millions (); nous prendrons cette
fixation pour regle, jufqu'à ce que nous ayons pu nous
procurer des états des bois de chaque Prorince. Il nous
en a été déjà reinis plufieurs, qui ne laiflent rien à défirer.
Lcine.
Le mouton eft un des plus beaux préfens que la Nature
ait faits à l'homme ; il fe nourrit de fa chair, fa dépouille
T'habille ; il n'eft pas même obligé d'attendre la mort de
cet animal pour jouir de fa toifon : tous lcs ans il lui en
fournit une nouvelle; fort furnier eft un des meilleurs engrais
les terres. Sous tous ces rapports, la multides troupeaux de moutons eft une des
RLEL
les plus lucratives de l'induftrie dela campagne : auffi branches peuton dire que tout Agriculteur qui s'appliquera avec foin à
l'éducation des moutons, acquerra une aifance qui lui
procurera les moyens d'augmenter & de perfeétionner la
culture de fes terres : car tout ce qui enrichit le Laboureur 2 eft une. fource. de nouveaux produits pour la
terre; & on doit attribuer en partie la médiocrité de
(1) Feu M. de Mirabean.
induftrie dela campagne : auffi branches peuton dire que tout Agriculteur qui s'appliquera avec foin à
l'éducation des moutons, acquerra une aifance qui lui
procurera les moyens d'augmenter & de perfeétionner la
culture de fes terres : car tout ce qui enrichit le Laboureur 2 eft une. fource. de nouveaux produits pour la
terre; & on doit attribuer en partie la médiocrité de
(1) Feu M. de Mirabean. --- Page 22 ---
notre culture, à l'état de 16
de moutons. Quoique toutes dépériiement de nos
à leur éducation,
nos Provinces foient troupeaux
un objet principal cependant il y en a peu où elle propres fafle
folument de laine d'indutinie; ; auffi nous
laine fine, & nous fuperfine > nous avons manquons abpour notre confommation. n'arons pas affez de laine très-peu de
Les deux
commune
connues; ; la premieres troifieme n'eft parties de cette affertion font aflez
voyons pas des laines à
pas moins vraie. Nous n'enêtre exportons de f petites TEtranger, quantités, ou au moins nous en
d'aucune contfidération;
qu'elles ne
confidérables, , qui nous
nous en tirons des peuvent
millions (1).
coutent annuellement
On dira
ACAS
peut-être que fi nous
& tranger, nous y envovons des tirons des laines de l'Eque fi nos Manufaéures draperies & des
à notre propre confommation en ce genre étoient lainages, bornées
feroient iumfantes
2. nos récoltes en
truite par des relevés pour dont' y fournir. Cette
eft laines
polant même
les réfultats objeGion dédraps & de que la France ne fit aucune prourent, qu'en fitplaines lainage, elle feroit
exportation de
des laines pour fournir à fa propre toujours obligée de tirer des
A qualité en France fe prouve coniommation. encore
La difette
égale, eiles font
par leur haut
aucyn autre pays. Le prix de beaucoup plus cheres prix.
plus haut que celui
nos laines médiocres dans
on
laines
auquel vend chez
dtm même
Ce fupérieures à tous égards aux nôtres. nos voifins des
de laine, n'eft mais pas tout : non feulement nous
férieure
encore
n'avons pas affez
en qualité à celle l'eipece que nous avons eff bien inque nous pourrions nous
proannée (:) De 1777 à 1781,
1787. commune : icizc' millions f'imporarion des laines étrangeres a couté à
quatre cent mille livtes, & un peu ta France, plus cn
curer
érieures à tous égards aux nôtres. nos voifins des
de laine, n'eft mais pas tout : non feulement nous
férieure
encore
n'avons pas affez
en qualité à celle l'eipece que nous avons eff bien inque nous pourrions nous
proannée (:) De 1777 à 1781,
1787. commune : icizc' millions f'imporarion des laines étrangeres a couté à
quatre cent mille livtes, & un peu ta France, plus cn
curer --- Page 23 ---
X7
turer. Cette infériorité eft une fuite de Ia négligence à foutenir & à perfedtionner les races de nos moutons, tandis
que nos voilins fe font conianmentanpliquis à améliorer
les leurs, nous avons laiffé abitardir les nôtres. Il femble
les fuccès à cet égard des Nations nos rivales, bien
Ruc d'exciter notre émulacion,n'aieneferi qu'a nous porter
au défefpoir de pouvoir les égaler. Cependant des effais
tentés depuis quelques années, ont dû nous raffurer fur
cet article; quoique ces épreuves n'aient pas été fuivies
comme il auroit été à défirer qu'eiles le fuffent, elies
fuffifent pour prouver que nous pouvons nous procurer
toutes les qualirés de laines convenablesaux draps & lainages
communs & demi-fins, & que l'on peut mèmc efpérer
de parvenir à fe procurer des laines faperfines.
Ce n'eft pas ici le lieu de développer les moyens d'y
réuffir. Nous avons remis, il y a déjà long-temps, au Gouvernement diffirens Mémoires, dans lefquels on fait fentir
la néceffité de s'occuper de cet objet, & l'on détaille les
méthodes convenables pour procurerà laFrancel les races les
plus parfaites, & les multiplier en proportion de nos befcins,
qui font très-étendus. Nous faifons des voeux pour qu'on
prenne en confidération les moyens contenus dans ce Mémoire. Quoique notre confommation foit tres-inférieure à
ce qu'elle devroit être, nous croyons cependaut pouvoir
affurer que nous recueillons, année commune 2 environ
trente millions de livres pefant de laine. Ce calcul efi fondé
fur la même bafc dont nous fomines partis pour cltimer la
quantité debeftiaux quifeconfomment, année commune, en
France. Ile eft encore fondé fur l'état général des différentes
efpeces de fabrications en laines & lainages du Royaume.
Ccs deux femi-preuves s'étayent mutuellement, & forment
quelque chofe de plus qu'une fimple probabilité.
Soie.
La foie eft la matiere premicre de beaucoup d'ob:ets de
manufadtures. Le murier, dont les feuilles fervent de nourÇ
cltimer la
quantité debeftiaux quifeconfomment, année commune, en
France. Ile eft encore fondé fur l'état général des différentes
efpeces de fabrications en laines & lainages du Royaume.
Ccs deux femi-preuves s'étayent mutuellement, & forment
quelque chofe de plus qu'une fimple probabilité.
Soie.
La foie eft la matiere premicre de beaucoup d'ob:ets de
manufadtures. Le murier, dont les feuilles fervent de nourÇ --- Page 24 ---
:
il riture au ver qui fournit la foie, 18
à fa paroit culture. cependant les pays chauds réuffit affez bien
& du
Les eNdia faits dans
font les plus par-tout;
la Nord, n'ont pas jufqu'à nos provinces de lintérieur propres
nales. qualiré Sans approchit blâmer de celles préfent de nos fourni des foies dont
vinces du
la culture du provinces méridiopréférence Nord, dans on croit qu'il mirier dans les ProQuoique la France celles où il réuffit convient le mieux. de l'animer de
foies égale à celle dont recueille elle à peu près une
férentes efpeces de
auroir befoin quantité de
fa confomnation; fabrication en foierie, pour les difeft tributaire de cependant il n'ef pas moins 1 néceffaires vrai
à
miere, en raifon TEstanger de la
pour cette
qu'elle
rie en foie qu'elle
EO d'étoffes & matiere de
prefi ceux qui récoltent exporté. des Elle le feroit
bonneteYcur ancienne routine dans foies, vouloient beaucoup fe
moins,
& de la flature, & fe les premieres
départit de
organcinerleurioie. fervir de moulins opérations plus du tirage
ont prouvé
Plufieurse
parfaits pour
fection égal que à celui nous pouvions ésablifemenst leur donner formés un
en grand,
en général on eft fort que leur donnent les degré de perQuoiqu'il en foit, éloigné en France de Pemontois; cette
mais
fommes procurés, d'apres les
perfection.
cing millions la totalité nous croyons reniegnemense qu'on peur
nous nous
France,
des foies
rdient à
que nous récoltons vingt en
Iie Lin G le Chanvre.
de Il eft peu de Provinces de
cieufes. terreins propres à la culture France de qui n'aient
Piulieurs en fournifent ces deux beaucoup
d'une quantité plantes
(1) La
Fopaute
3787. annéc coaanune, Balancepapée dans à lcs TEizanger annécs pour cerarticle, a paifé
1777 à 178:, & à peu viege-fept p:cs autant milions,
CB
à
que nous récoltons vingt en
Iie Lin G le Chanvre.
de Il eft peu de Provinces de
cieufes. terreins propres à la culture France de qui n'aient
Piulieurs en fournifent ces deux beaucoup
d'une quantité plantes
(1) La
Fopaute
3787. annéc coaanune, Balancepapée dans à lcs TEizanger annécs pour cerarticle, a paifé
1777 à 178:, & à peu viege-fept p:cs autant milions,
CB --- Page 25 ---
'n peut cependant affurer qu'aucune ne tire de cette culsure tout le parti qu'elle oifre à l'indufric. Elle cft trèsnégligée, 2 même dans les provinces quiy fontles plus propres; auffi payons-nous un tributilagriculture étrangere,
pour alimenter nos fabriques de ces deux productions.
Quelque négligées qu'elles foient, elles fourniffent néanmoins à nos Manufaétures pour
de cinquante millions
de matiere premiere. Quelle inaffe etr richeffes n'en devroiton pas attendre, fi elle étoit aufli animée qu'elle devroit
l'être ?
Education des Abeilles.
Cette branche d'indufirie tient à 'Agriculture ; ellc ne
peut s'exercer que dans la
Ellc eft d'autant plus
arantageufe, que tout eft ROAReE En effet, cet infeéte
précienx n'exige que quelques foins momentanés, & un
tres-petit local; ils s'alimente fans rien retrancher fur la
nourriture des hommes & des animaux. Son éducation
très-facile 2 eft beaucoup trop négligée en Frauce, où clle
pourroit être une reffource pourles cantons, moins favorifés
de la Nature, & auxquels la vente de la cire & du miel
procureroit une forte d'aifance qu'ils ne peuvent cipérer
d'autres produations que leur fol leur refufe. Notre laxe,
qui augmente journellement la confommation dela cire,
feroit ainfi refluer dans les campagnes les plus miférables,
l'aifance qu'il prodigue aujourd'hui à linjuflice étrangere (1).
En rapprochant les différens objets dont nous venons
de parler, on voit que la France produit, année commune,
cent foixante-huit millions de quintaux de grains de toute
efpece, d'où défalquant vingt-huit millions pour lcs femences, il refte, pour fournir aux confommations, cent
De 1777 à 1781, la France a payé année commune douze cent mille
livres pour balance, tant dc la circ que da micl, & près dc quinze cent mille
livrcs cn 1788.
Cij
rens objets dont nous venons
de parler, on voit que la France produit, année commune,
cent foixante-huit millions de quintaux de grains de toute
efpece, d'où défalquant vingt-huit millions pour lcs femences, il refte, pour fournir aux confommations, cent
De 1777 à 1781, la France a payé année commune douze cent mille
livres pour balance, tant dc la circ que da micl, & près dc quinze cent mille
livrcs cn 1788.
Cij --- Page 26 ---
millions de quintaux de grains, que l'on
RNADeNS à cinq livres, ci..
pent
Confommation en beftiaux..
700,000,000
Fourrages..
400,000,000
Vins & caux-de-vie, environ..
60,000,000
Huiles, à peu près un million de .
350,000,000
taux à foixante livres..
quinBois. . e . .
60,000,000
146.000,000
Laine, pour environ.
Soie 2 pour environ. e
35,000,000
Lin & chanvre..
25,000,000
50,000,000
marax
1,826,000,000
Il faut déduire fur cette fomme les frais de
On ne' peut pas les évaluer à une fomme
culture.
la moitié du
moindre que
qu'exigent produir eu égard aux avances en argent
tiaux
pluifieurs la
objets, notamment l'achat des befd'environ pour culture; ainfi le produit net ne feroit
neuf cents millions (1).
que
A la vénté, les fruits,
de terre, & les différens légumes, cire, miel, charbon
minéraux dont on
fuite, ne font point compris dansla fomine parlera totale der par la
produdions. Au premier afpelt, une mafle de
nos
territoriales d'un milliard huit cent
richeffes
roitra fans doute confidérable vingt-ficc millions, paproche de l'étendue de la France 3 mais qu'on la raption, on fera étonné
(2),, & de la populaqu'elle ne réponde qu'à un produit
tien (1), du Le revenu retranchemient ret des frais de culture ne doit avoir lieu
des impolitions qu'ils que doiveat Jetirenr les Piopriétaires & pour déterimincr gec pour la la fixaIrais de culture, comnc les fapporrer, puifque les Cultivateurs vivent quotité fir Jes
fufcepeibles mertre dans une daffe à part Propriétaires le piodait des viventfur bois & celui le revenu dcs net. Cn aureir Fa
on s'CR que. d'us de ne léger setrancherent pour les frais de culture; praities mais qui nc font
difpenfer tarite faire cctre difinction. préfenter quc des maffes, on a penfe qu'on rouveit comme fe
ao, (-) que Dans M. da un Ouvrage Yauban évaluc intitulé, Tablexu Territorial de la France, on articule,
rétenduc de la Francc à trente mille licues quar-
. Cn aureir Fa
on s'CR que. d'us de ne léger setrancherent pour les frais de culture; praities mais qui nc font
difpenfer tarite faire cctre difinction. préfenter quc des maffes, on a penfe qu'on rouveit comme fe
ao, (-) que Dans M. da un Ouvrage Yauban évaluc intitulé, Tablexu Territorial de la France, on articule,
rétenduc de la Francc à trente mille licues quar- --- Page 27 ---
2f
de 67755 liv. par lieue quarrée, & a environ 74 liv. pous
chaque habitant. Oa fera alors firappédecequ'uin royaume,
qui paffeaffez généralement pour trés-fertile, &x dontl'heureufe polition entre les froids glaçans du Nord, & les
chaleurs defféchantes du Midi, lui perinet d'afpirer à
toutes les cfpeces de produétions, fourniffe à peine à fa
propre confommation, qui n'approche pas de ce qu'elle
pourroit & devroit être. Ce n'eit pas dans les grandes
villes
l'on peut juger de ce défaut de confommation,
l'éclat fes prodigalités du riche empèche de reconnoitre
les privations de la clafie nombreufe de ceux qui ne vivent que de leur travail. On ne peut bien obferver l'infuffifance des produits de notre fol, que dans les petites
villes &c dans les campagnes, où le pcuple mal nourri eft
fouvent réduit à ne confoinmer quc ce qu'il lui fant pour
ne pas mourir de befoin, & ett obligé de fe priver &
de refufer à fes enfans ce qui feroit néceffaire au foutien
& à l'accroiflement de leurs forces. C'eft cependant dans
Ia force & dans la multitude des bras des Cultivateurs'),
que réfident la puiflance & les richeffes de l'Etat. Comment des corps énervés par la difette pourront-ils le défendre contre fes ennemis, s'il eft attaqué? Comment forceront-ils la terre 2 par leur travail, à renouveler fans
ceffe fes produdtions? Ne nous abutons pas 3 l'eipece hurécs, ce qui doure cent guntante millions ncuf cent qrarante miile arpens de
terre, dont cert douze milicus fept ccnt foixante mille CH culture.
2°. Que l'Auteur de TApologic fur l'Edit de Nan:es perte fon évaluation à
centsterte-cinq millions fix cent mille arpens, dout feixante-dix millions quatre
eent foixante-dix mille arpens feulenent cn cul:ure.
3°. Que M, de Vohaie, dans I'Homme aux gaarante écus, évaluc les terres
dela France a cent trente millions d'arpens, & qu'il réduica foixante-cinq millions cclles en culture.
40. Que M. Necker porte fon évaluation a vinge-fix mille neuf cent cinçgrante.
une licues quarrécs, cC qui donne cent ving: fix millions fix Ccit treizz nitle
cent quacte-vingr-si-hut arpens. M. Neckcr ne s'explique fas fr Ja quutité
de rerre ca cuture. Nous nous fomsics arretes à Tévaluanon foite FJ
M.-Necker.
'il réduica foixante-cinq millions cclles en culture.
40. Que M. Necker porte fon évaluation a vinge-fix mille neuf cent cinçgrante.
une licues quarrécs, cC qui donne cent ving: fix millions fix Ccit treizz nitle
cent quacte-vingr-si-hut arpens. M. Neckcr ne s'explique fas fr Ja quutité
de rerre ca cuture. Nous nous fomsics arretes à Tévaluanon foite FJ
M.-Necker. --- Page 28 ---
maine a beaucoup
la caufe qu'a la mifere dégénéré dans en Fance; n'en attribuons
les plongé, &à Ja corruption des laquelle le Cultivateur eft
font germes étoufisle produciis ont à peine mceurs la force. parmi les riches;
fe
plus fouvent dans leur
d'éclore, &
font developent bicntot ne forment que de chetifs naiflance, Ceux qui
faire pour fe delféchés, & maiquent de la rejetons qui
ne laillent à la reproduire. France Les années
vigueur nécefannées de récoltes:
qu'un léger abondantes en grains
faire, fans le midiocres, elie feroit fiuperfu; & dans les
fe réduit la clafle retranchement des
privée du nécefceux qui compofent indigente. Le contommations, plus grand
auquel
de contfommer des cette claffe eft dans nombre de
viandes falées, & encore viandes, ou ne confomme' Timpolibilité
d'avoir recours à
rarement. Nous fommes que des
le lin, le chanvre TEtranger & la
pour les huiles, la obligés
férentes branches de notre cire; enforte
parmi les Jaine
ment que la vente de nos Agriculture, 2 a dif
nos richeffes
vins a PErranger, n'y réellcd'ensiron trente nstcionalesfufquesa millions
concurrence qui d'une augmente
fans doute ; mais il ne par année, Ce produit ett Jomme
perte que nous éprouvons fçauroit nous
précicux de
quel font
par
dcdommager la
eft à la terre plongées les autres Tengourlifement dans lejufqu'a ce que l'aifance eit parties au de la culture; elle
RecA infue fur préfent l'autre on n'a pas affez Cultivateur. confidéré Peutetre
gens de la campagne n'a : peut-être été auffi que la mifere combien des
Iauroit jourd'hui trop fixer fes regards pas fur affez calculée. On ne
de
que le Commerce ne cet ob'et, fur-tout auzicheffes T'Europe des moyens
préfente à aucune Nation
hors de fon légitimes d'aruuénr de
feront, plus que
territoire, Les richefles grandes
le Couvementent, jamais, les vraies richelles de territoriales
leur donner toute leur qui appliquera Tiraulune TEtut: &
à la Nation la
valeur, fera celui qui nationale à
puiffance la plus iulide,
procurera
de
que le Commerce ne cet ob'et, fur-tout auzicheffes T'Europe des moyens
préfente à aucune Nation
hors de fon légitimes d'aruuénr de
feront, plus que
territoire, Les richefles grandes
le Couvementent, jamais, les vraies richelles de territoriales
leur donner toute leur qui appliquera Tiraulune TEtut: &
à la Nation la
valeur, fera celui qui nationale à
puiffance la plus iulide,
procurera --- Page 29 ---
DEUXIEM: E PARTIE
Manufadtures.
Dans le nombre des moyens qui peuvent contribuer à
donner le plus de valeur aux produits de notre Agriculture,, Ies Manufaétures doivent inconteftablement tenir de
premier rang, puifqu'elles. Jui procurent l'avantage ineftimable d'employer les bras d'un nombre confidérable de
fujets, qui, fans elle, refleroient oififs & feroient livrés aux
horreurs de la mifere.
De ce premier avantage en réfulte un
quin'eft
pas moins important : ceft
plus le goût
travail
eft
eatis
répandu, moins eft cher SrE prix de la main-d'euvre: :
cette cherté moindre opere à fon tour un débit
facile des productions de T'indufirie, & à égalité de plus
des maticres premicres, elle affure à une Nation la prix
férence fur celle où la main-d'ceuvre coute davantage. préCes principes préfuppofés, nous allons expofer le tableat
général de nos différentes efpeces de fabrications. Il a
été dreffé d'après des états particuliers de chaque Province. Malgré cela, nous ne le regardons que comme
approximatif de la vérité; il pourra, dans la fuite dcs
devenir plus parfait, & par conféquent plus infiruétif. temps,
Nous commencerons par l'efpece de fabrication dont le
pauvre, comme le riche, fait ufage.
Toiles 6 Toileries.
On
en diftinguer deux claffes principales.
Toiles de In &
ro, Eear, toileries en lin & en chanvre,
de chauyre,
29, Les toileries en coton, ou mélangées de coton, & de
lin ou chanvre.
Nos Mianufactures en toileries de lin & de chanyre fore
conféquent plus infiruétif. temps,
Nous commencerons par l'efpece de fabrication dont le
pauvre, comme le riche, fait ufage.
Toiles 6 Toileries.
On
en diftinguer deux claffes principales.
Toiles de In &
ro, Eear, toileries en lin & en chanvre,
de chauyre,
29, Les toileries en coton, ou mélangées de coton, & de
lin ou chanvre.
Nos Mianufactures en toileries de lin & de chanyre fore --- Page 30 ---
24 de l'indufrie nationale.
branche bien importante
bien marquée fur
ment une autrefois une fuperionité
efpeces de
Nous avions
étrangeres dans pluffeurs, n'étoit pas borné
toutes les Fabriques debouché de nos Fabriques
des partoiles. Aufile intérieure; ; nous en exportions en Amérique
à la confommation
& fes Colonies
conidérables; ; TEipagne
de nos totler-Nous
ties
preique uniquement fourniture avec beaucoup
Sapptoriionsalsino
cette
la Flandre
partageons auellinent noramment. avec la Siléfie,, côté, TEfpagne a
d'autres Nations,
D'un autre
n'eit
Autrichienne , 8c l'idlande. elle la fabrication. Ce
Pac
cherché à ranimer chez intérieure foufire l'effet étrancoafommation
de cReate
tout ; notre des parties confidérables des toileries en coton,
Titiportation
8c entre autres
Le goit pour
Toilesen co:on geres de tout coton, de lin 8 de chanvre. dominant, que nos
fi
Sre
pur oumdlunge. ou mélangécs en blanc ef devenu di,ce femble, prendre
les Manufadures habillemens en ce genre auroient elles languitent: nos Oucependant n'eft dificile à trouver;
de Taccrtoliement: ja raifon
pas donner leurs toiles à
vriers font défeurrés:) étrangeres peurent font fures de la préféles Manufadtures marché que nous ; elles
à peine regarder
meilleur
mouffelines, on peut
Nous n'en
Monfclines. rence, Quanit aux comme exifante en moins France. en ce qui conleur fabrication qu'à des eflais, all
En attendant
fommes encore
d'une cerraine fineffe. de cette efpecc à un
cerne les moufelines réufli à en fabriquer de Y'Inde & de la
que nous ayons nous confommons celle s'étend tous les jours,
prix modéré, Comme cette conVammation
de ne
Suiffe.
J'attention du Gouvernement Te
il paroit digne de de naturalifer cette fabrication de
le
négliger les moyens double intérêt : celsi procurer & celui de
nous. Nous y avons
de nos Colonies, aux femmes &
débouché d'une producion au Peuple, fur- tout de leur ige ne
donner de Toccupation de leur fexe ou de
enfans. La foibleffe
aux tr.vaus TAgaicul.
aux
pas de fe livrer exigent de la force, il
leur permettant des métiers qui
ef
ture, ni d'exercer
de de naturalifer cette fabrication de
le
négliger les moyens double intérêt : celsi procurer & celui de
nous. Nous y avons
de nos Colonies, aux femmes &
débouché d'une producion au Peuple, fur- tout de leur ige ne
donner de Toccupation de leur fexe ou de
enfans. La foibleffe
aux tr.vaus TAgaicul.
aux
pas de fe livrer exigent de la force, il
leur permettant des métiers qui
ef
ture, ni d'exercer --- Page 31 ---
eft bien intéreffant de leur affurer du travail, qui, étant a
leur portée, 2 leur donne les moyens de fubfifler. Et quelles
Fabriques peuvent mieux remplir cet objet,que celles des
toilerics en général ? Puifque dans les mouffelines prefque
tout elt main-d' aeuvre, & que dans les autres elpeces de
toiles, on peut regarder quel la matiere ne fait
le quart
de la valeur, le relte ett pour les frais & pour RE bénéfice
de la fabrication.
Nous tirons de l'Etranger une partie des matieres premieres qui alimentent nos toileries de toute cipece (1).
Nous pourrions facilement nous les procurer chcz nous ;
j'y comprends même le coton,puiique nos Colonies pourroient en alimenter nos Fabriques. La culture de ce précieux végétal ne fçauroit être trop encouragée dans nos
poffeilions en Amérique, non feulement parce qu'elles ne
nous fourniffent pas la quantité dont nous avons befoin,
mais encore parce que les cotons qu'on y récolte font en
général fupérieurs en qualité à ceux du Levant. Ils ne
peuvent, àla vérité, convenir aux cotoniades co.mmunes,
& nous ferions-toujours obligés d'avoir recours aux cotons
du Levant pour ces étoffes ordinaires; mais nous vendrions
une plus grande quantit! de ceux que produiroient nos
Colonics ; & bien loin d'être tributaires pour cet objer des
Puiffances rivales, nous aurions l'avantage fur elles. Dans
l'état actuel des chofes, la quantité des cotons fins que
nous exportons n'équivaur pas à celle que nous imporrous,
& cependant il s'en faut de beaucoup que nos Fabriques
en confomment autant qu'elles le pourroient. Ce fait eft
prouvé par les achats que nous faifons des cotonnades
étrangeres, & par T'inastion de pluficurs de nos Manufactures. Nous devons ajouter qu'un grand nombre de celles
qui font en adtivité tirent de TEtranger des parties conf-
(1) Les fils de lin S de chanvre ont couté, année communc, de 1777 21-8:,
55o mille livres, , & près de ; millions 300 mille livres en 1737.
D
Ce fait eft
prouvé par les achats que nous faifons des cotonnades
étrangeres, & par T'inastion de pluficurs de nos Manufactures. Nous devons ajouter qu'un grand nombre de celles
qui font en adtivité tirent de TEtranger des parties conf-
(1) Les fils de lin S de chanvre ont couté, année communc, de 1777 21-8:,
55o mille livres, , & près de ; millions 300 mille livres en 1737.
D --- Page 32 ---
filés, 8c privent lel Penple du falaire que
dérables de cotons
procurers à comme cette
la flature de ce coton derroitlai deli fabrication dans ce genre,
façon eft la grolie dapenfe partie de T'avantage que nous
nous perdons une grande Ce mal eft encore
grand que le
pourrions en retirer.
CORet tous fes efforts
premier, & exige qucleGouveraoment
pour y. remédier.
évaluer à environ 200 millions,
Quoiqu'ilenfoit, on peut différentes efpeces de fabriannée commune, toutes nos
cations en toilcs & toileries. bonneterie en fil & en coton fe
Nos Manufaftures de
Bonneteric cn
les toileries, de la langueur
fil & coton.
reffentent encore plus que étrangere, foit au dedans, foit
caufée par la concurrence On voit avec douleur danciens Entrehors du Royaume.
renoncer à la fabripreneurs de Fabriques dans ce genre, des
des
cation, pour fe livrer au Commerce forme productions plus
Manufaciures étrangeres. Il ne fe
feront prefque déferts.
d'Ouvriers dans nos ateliers, qui bientôt année commune,
Notre bonneterie en fil peut aller,
6,000,000
à.
9,000,000
Celle en coton, à.
à celle de 200,000,000
Ces deux fommnes évaluons jointes le montant de, nos
à laquelie nous toiles de lin, chanvre &
fabrications en
nous donnent un total de. -
215,000,000
coton,
Mais la totalité de cette fomme ne peut être La regardée valeur
faifant partie de la richeffe nationale.
comme des matieres premieres doit en être diftraite. fol, ou bien
En effet, ou elles proviennent de notre cas, ce feroit
nous les tirons de T'Etranger. Dansle premier
dans le
double
de les comprendre
faire un
emploi
font partic des
de notre
puifqu'elles
TRCARE
produit
territoire. Dans le fecond cas, leur
produGions de notre d'autant ceile des étoffes fabriquées.
valeur diminue
doit's'appliquer à toutes les efpeces
Cette obfervation
fol, ou bien
En effet, ou elles proviennent de notre cas, ce feroit
nous les tirons de T'Etranger. Dansle premier
dans le
double
de les comprendre
faire un
emploi
font partic des
de notre
puifqu'elles
TRCARE
produit
territoire. Dans le fecond cas, leur
produGions de notre d'autant ceile des étoffes fabriquées.
valeur diminue
doit's'appliquer à toutes les efpeces
Cette obfervation --- Page 33 ---
de fabrications. On ne la répétera plus ; on fe contentera
de défalquerles montant des matiercs premieres de la valeur
de chaque efpece fabriquée.
La main-d'ceuvre pourles fabrications en lin & chanvre,
fait plus des quatre cinquiemes du prix des toiles, & elle
monte environ aux deux troificmes furles cotonnades. On
peur regarder comme lln réiultat approchant de la vérité,
que la main-d'ceuvre fr ces objets entre pour lestrois quatriemes dans leur valeur, & la matiere premiere pour un
Les productions de notre fabrication étant un objet
Teats 215 millions, nous devons porterle montant dela maind'acuvre à 161 millions 250 milic livres.
Dentelles.
La matiere premiere peut à peine être coniptée pour
quelque chofe dans la fabrique des dentelles. On peut dire
que tout y eft main-d'ccuvre, &c que ces Fabriques créent
les ouvrages qu'elles produifent. Les révolutions de la mode
ont beaucoup ralenti la confommation des dentelles. Mais
cette branche ne foit pas auffi animée qu'elle l'a
Ret autrefois, nous ne profitons qu'en partie du bénéfice
dc la petite quantité que nous failons, puifque nous tirons
de l'Etranger une partie du fil qui fert à la fabrication des
dentelles.
Nous n'avons rien découvert qui ait pu nous faire connoitre à combien monte léur produit; ; mais après avoir
beaucoup confidéré la quantité de petites dentelles qui fe
fabriquent dans les campagnes, notamment dansle Velay,
nous croyons qu'on peur en évaluer la main-d'auvre
IO millions.
Pour traiter de toutes les Fabriques qui emploient le lin
& le chanvre, nous aurions défiré de pouvoir donner un
apperçu des rubans de fl, lacets, fils à coudre, cordes,
cordages & filetsqui fe font & fe confomment en France;
la quantité en eit confidérable; mais les renfeignemens
D 11
fabriquent dans les campagnes, notamment dansle Velay,
nous croyons qu'on peur en évaluer la main-d'auvre
IO millions.
Pour traiter de toutes les Fabriques qui emploient le lin
& le chanvre, nous aurions défiré de pouvoir donner un
apperçu des rubans de fl, lacets, fils à coudre, cordes,
cordages & filetsqui fe font & fe confomment en France;
la quantité en eit confidérable; mais les renfeignemens
D 11 --- Page 34 ---
fur 28 cet ch'et. Nous en effimenous manquent également à la meme lomne de 1O nillions.
rons la main-d'euvre
Lainages.
delainages comprennent les draperies,
LesManufaatures
de toute
fergeteries, cameloteries * ox autres Fabriques
efpece qui emploiest d'indufirie lalaine. ef très-animée en France; &
"Cette branche
foit dans l'état
cependant is'en faut de beaucoup qu'clle Les Manufacde profpérité que I'on pourroit lui procurer. font celles des dratures ics plus Horiffentes en ce à genre tonte la confomperies fines; elles fournifient forment prefque une branche d'expormation intérieure, 8 elles n'eft pas tout à T'arantage
Draperies finct, tation. Mais cette profpérité qui font l'aliment de ces
de YEtat.Les matieres premieres, de
& le montant de
Marufadures, fe tirent PEtranger,
ne fufit pas
ce quife vend au dehors en draperics fines, qu'elles confolder I'achat des matieres premieres
puifpour fomment. Malgré cela, elles font trds-précieufes, nombre
qu'elles fourniflent de T'occupation à un grand toud'Ourriers: : fi elles n'exiftoient
on draperies confommeroit fines, & on
à
autant
tEdc
jours en France peu de près à l'induftrie étrangere. Il eft
payeroit un tribut veiller plus à la confervation de ces Manudonc effentiel de
toutes les facilités poffibies pour
fa@ures, en procurant
quiles alimentent;
Timportation des matieres premieres
pourroient en
les moyens qui
fans cependant nègliger
Pour faire fentir
naturalier la produstion de en n'avoir France. plus recours à TEtrancombien il ett important il fufit de réféchir que tant que nous
ger pour forcés cet objet, de nous adreffer au dehors pour alimenter
Ierons
elles feront toujours dans un état précaire
nos Fabriques,
pour fes Jaines lemème
& dépendant. Si TEfpagne prenoit & foutenu pour les fiennes,
parti que TAngleterre a pris fines tomberoient de fuite,
nos Manufasures de draperies
ustion de en n'avoir France. plus recours à TEtrancombien il ett important il fufit de réféchir que tant que nous
ger pour forcés cet objet, de nous adreffer au dehors pour alimenter
Ierons
elles feront toujours dans un état précaire
nos Fabriques,
pour fes Jaines lemème
& dépendant. Si TEfpagne prenoit & foutenu pour les fiennes,
parti que TAngleterre a pris fines tomberoient de fuite,
nos Manufasures de draperies --- Page 35 ---
faute d'aliment. Dans l'état aguel, le mortant de notre
fabrication en draperies fines peur étre évalué à 40
millions.
Si on ne confdéroit que la mafle des productions des Draperies comdraperies communes, des fergererics & cameloteries, on munes, ferge:erics
pourroit les croire plus florifiantes que les Fabriques des & camcloterics.
draperies fines. En efiet,1 les érabliffemens de CES dernieres
font en petit nombre, au lieu que dans toutes les Provinces On fabrique des draperies communes. Mais fi l'on
envifage l'étendue dont l'une & l'autre branche font fufceptibles, on fe convaincra que ies draperies fines ont
prefque atteint le degré d'accroiffement aiquel clles peuvent arriver; au lieu que les Fabriques de draperies communes font infiniment moins actives & moins parfaites
qu'elles ne devroient l'étre. Quoique la confommation
générale des draperies communes & des fergeteries foit
beaucoup plus confidérable que celle des draperies fines,
nous n'envoyons pas plus des unes que des autres à l'Etranger.Notre confommation: intérieure efibeaucoup au deffous
de ce qu'elle devroit être, vu la population du Royaune.
La mifere du Peuple, fur-tout dans certains cantons 9 le
met hors d'état de s'habiller à neuf. Des haillons de toiles
grofieres dans toutes les faifons, compofent T'habillement
des Payfans dans plufieurs de nos Provinces.
Quelle différence entre notre pofition à cet égard, &
celle de l'Angleterre ! Le Peuple ett en général bien vétu
en Angleterre, auffi la confommation intérieure y eft
tres-confidérable; & cependant les Anglois fournifient prefque exclufivementles grands marchés de l'Europe 3 en draperie commune, , fergeterie, cameloterie. Leur exportation en ce genre efi aul moins triple de celle que nous
faifons en toute efpece de lainage. La qualité particuliere
& le bas prix de leurs laines leur vaudront la fupériorité
fur leurs concurrens, : jufqu'à ce que, par des précaution.s
fages & fuivies, nous nous foyons procuré les ménies aviuizages, ou au moins juiqu'à ce que nous ayons cherche à
3 en draperie commune, , fergeterie, cameloterie. Leur exportation en ce genre efi aul moins triple de celle que nous
faifons en toute efpece de lainage. La qualité particuliere
& le bas prix de leurs laines leur vaudront la fupériorité
fur leurs concurrens, : jufqu'à ce que, par des précaution.s
fages & fuivies, nous nous foyons procuré les ménies aviuizages, ou au moins juiqu'à ce que nous ayons cherche à --- Page 36 ---
l'économie 50 fur la fabrication, & par des
les compenfer par
attentions fuivics fur fa perfe(ion. &les fergeteries font une branLes draperies communes
qu'elles confommentnos
che précieufe d'induliric; :". Parce 1.parce qu'exigeant moins d'indufmatieres moins premieres; de fonds d'avance que les draperies fines,
tric, &
&
de l'occuclles peuvent fe fabriquer par-tour, des habitans procurer de la campagne,
pation à toutes les clafles travaux de
5 &
occupés aux
PAgriculture
qui ne font pas livrent habituellement, peuvent s'occuceux même quisy! quand les travaux de la campagne
per de ces tabriques
Iont interrompus. confommation étant preique générale, les
3. Leur
toujotirs le débouché,à moins
Manufaluriers en trouveront des importations de marchanqu'ils ne foient gênés par efpece.
difes étrangeres de mème
font une partie intéreffante
Les camelots, Jes étamines, de lainage, en ce qu'elles confompour les Mannfactures matieres, en raifon de leur valeur, qui eft
ment peu de partie pour le prix de la main-d'o ceuvre :
en plus grande
procurent une mafle de travail beauil en réfulte qu'elles
ne fembleroit l'indiquer, au
coup plus confidérable leur valeur que numéraire. Leur confervapreiier apperçu, accroillement font donc bien a.défirer chez
tion & leur
de matieres premieres, & qui a
une Nation qui manque
des bras oififs. fabrication en tous ces différens articles peut faire
Notre
un objet de 1OO millions. autrefois fi floriffante, eft aguelleNotre Chapellerie,
intérieure. L'éChapelleris. ment prefque réduite à la confommation dans différens pays
rabliffement des Fabriques de fourniffoit chapeaux autrefois, & le rende T'Europe,
la Fiance
ont été Jes caufes de
chérillement 3er matieres premieres, de voir ce comdiminution. On ne içauroit efpérer
cette
ladivité d'exportation qui l'enrichitloit
merce reprendre été
de fe procurer des renautrefois. 'il n'a pas
poîlible
ment prefque réduite à la confommation dans différens pays
rabliffement des Fabriques de fourniffoit chapeaux autrefois, & le rende T'Europe,
la Fiance
ont été Jes caufes de
chérillement 3er matieres premieres, de voir ce comdiminution. On ne içauroit efpérer
cette
ladivité d'exportation qui l'enrichitloit
merce reprendre été
de fe procurer des renautrefois. 'il n'a pas
poîlible --- Page 37 ---
feignemens affez furs pour Rastr une évaluation de la
valeur numéraire de notre fabrication en ce gearc 3 cependant, en confidérant qu'il peut y avoir 9 à IO millions
de perfonnes en France qui confomment des
& en évaluant la confommation annuelle de chacun
2 livres, on auroit
Ei
environ 20 millions pour le montant
de notre fabrication en chapeilerie ; calcul que l'on peut
adopter, en réfléchifiant que le montant des exportations
compenfe bien ce qu'il pourroit y avoir d'exagéré dans
l'évaluation de la confomination intérieure.
La bonneterie en laine déchoit journellement; ; elle ne Bonneteriesea
peut foutenir la concurrence des Anglois, qui ont fur laine.
nous l'avantage du bas prix, de la bonne qualité 5 &c d'un
emploi plus induitrieux de la matiere premierc. 'Cette
branche d'induftric eft précieufe par les mêmes motifs
qui doivent faire eftimer les draperies communes. Des
obfervations fuivies fur les avantages du Commerce & fur
fa marche, ont dû faire reconnoitre depuis
combien les Fabriques communes contribuent long-temps, plus à la
profpérité de l'Etat que celles de Juxe. On doit bien regretter que cette vérité ait été long-temps méconnue, On
a été trop ébloui par l'éclat des Manufaéures en draperies fines & en foieries &c dorures.
Les productions de notre fabrication en bonneteries de
laine peuvent aller à
mitlions.
Ainfi, en réfumant i3 différentes branches de nos Fabriques de lainage, on voit que le montant des draperics fines eft un objet de 40 millions, ci 40,000,CCO
Celui des draperies communes, fergeterie, cameloterie, cent millions, ci
100,000,000
Chapellerie, vinge millions, ci
20,0CC,CCo
Bonneteric, vingt-cing millions, ci. -
25,000,000
185,000,c00
Tous les genres de fabrication en lainages rapprochés, au
on peut eftimer que le prix de la main-d'ceuvre fait moi-
aperics fines eft un objet de 40 millions, ci 40,000,CCO
Celui des draperies communes, fergeterie, cameloterie, cent millions, ci
100,000,000
Chapellerie, vinge millions, ci
20,0CC,CCo
Bonneteric, vingt-cing millions, ci. -
25,000,000
185,000,c00
Tous les genres de fabrication en lainages rapprochés, au
on peut eftimer que le prix de la main-d'ceuvre fait moi- --- Page 38 ---
total de (33) ces produfions : on peut donc
tié du montant
la fomme de 92 millions 500 mille liv.
porter pour cet objet
Soierie.
Nos Manufa@tures en ce genre ont été pendant
E:offes de foie
nos Dellinateurs,
NEEE
brochées cn or & temps très-florifantes. continuellement Le talent de des nouveautés
argent,
le goit produifoit
une
TEIE
fupériorits
bles, affuroit à nos Manufadures l'on tentoit d'établir à l'Etranger.
fur toutes celles que de ces avantages. Il eft peu de pays
Nous avons bien perdu des étoffes de foie , qui n'aient
en état de coniommer confidérables dans ce genre. Auffi
formé des établiffemens foierie déclinent-t-elles plutot qu'elles
nos Fabriques de
le luxe de la foierie ait gagné
n'augmentent 2 quoique
il étoit inconnu aubien des claffes de Citoyens aroir auxquels l'efpérance de leur voir
trefois. On ne peut ancienne guere adivité, à moins que la confomreprendre intérieure leur ne fe ranime par un changement génémation
maniere de penfer des femmes iur la parure.
ral dans la
8c enfuite celies en blanc
Les toiles & toileries peintes, mériter la préférence fur
de toutes efpeces, leur de ont
Ce changement de goit
étoffes
Bt"
les plus belles
au Royaume, il y auroit
n'auroit porté aucun préjudice toiles euffent
en fineffe & en
même gagné, f nos
mais comme égalé elles ne poubeauté celles étrangeres foutenir :
la concurrence, la perte
voient, à aucuns égaids,
aul défaut de confommation
nous avons faite,, quant
grande, que toutes
qec étoffes riches, a été d'autant Hhes
pour
fe modelant
généralement
les Cours étrangeres celles de France, n'ont plus été auffi
les modes, fur
d'avoir tout ce qui fe faifoit de
emprellées qu'autrefois
vètemens & pour meubles :
plus beau dans ce genre pour ce goit ne reprenne pas. Ceil eft fort à craindre que nous avons faite de Yarticle
pendant, malgréla & perte quoiqu'il que foit vrai en général
des étoffes riches,
9e
pour
fe modelant
généralement
les Cours étrangeres celles de France, n'ont plus été auffi
les modes, fur
d'avoir tout ce qui fe faifoit de
emprellées qu'autrefois
vètemens & pour meubles :
plus beau dans ce genre pour ce goit ne reprenne pas. Ceil eft fort à craindre que nous avons faite de Yarticle
pendant, malgréla & perte quoiqu'il que foit vrai en général
des étoffes riches,
9e --- Page 39 ---
les Manufalures de foierics ne foient pas aufli importantes
qu'on feroit tenté de le croire, en ne s'arrètant qu'à la
mafle de leur produit, il n'eft pas moins vrai, d'un autre côté, qu'elles fourniffent encore une fomme de travail
confidérable aux Ouvriers
la fabrication des étoffes
unies & mi-riches, & que Feod nous ne veillons pas avcc la
plus grande attention à conferver ces trifles reftes de notre
indutirie,nous deviendrons, même à cet égard, tributaires
del'Etranger, quiala matiere premiere à beatcoupmeilleur
compte que notts. Nous ne le fommes déjà que. trop pour
cet objer ; il feroit poilible de ne pas l'être en favorifant
la culture de nos miriers, &c en adoptant pour le tirage
des foies les réglemens fages de nos voifins.
Dans l'état ague! des chofes, on peut
évaluer le montant de notre fabrication en
étoffes de foie à environ 70 millions > ci. :
70,000,000
A quoi il faut ajouter pour le montant
des produgions de notre bonneterie en
foie, 25 millions 2 ci. -
.
25,000,000
Il faut encore y joindre.la valeur des rubans, gazes, blondes, & des ouvrages de paffementerie,qu'on peut évaluer somillions,ci. 50,000,000
125,000,000
ALrayaEE
La main-d'aeuvre fur les ouvrages en foie
ne va pas aul delà du tiers de la valeur des
producions; ; ainfi le montant de toute notre
fabrication en foierie étant de 125 millions,
on a pour la valeur de la main-d'auvre un
peu plus de 41 millions 600 mille livres, ci. 41,600,000
Modes.
Nous n'achetons rien à I'Etranger pour cette branche
d'induftrie. Depuis long-temps il paye un tribut affez confidérable au goit de nOS Artites en ce genre ; cependant
E
de la valeur des
producions; ; ainfi le montant de toute notre
fabrication en foierie étant de 125 millions,
on a pour la valeur de la main-d'auvre un
peu plus de 41 millions 600 mille livres, ci. 41,600,000
Modes.
Nous n'achetons rien à I'Etranger pour cette branche
d'induftrie. Depuis long-temps il paye un tribut affez confidérable au goit de nOS Artites en ce genre ; cependant
E --- Page 40 ---
depuis que les établifen eft bien
anthetes
Texportaxtion
dans différens Etats de FEurope.
femens fe font multipliés avons eue d'y envoyer des mannequins
La facilité que nous à la françotfe, a produir; en ce genre,
habillées
Les Etrangers
ou poupées même mal que l'envoi des échantillons. & les deflins de leurs
le
ceux-ci pour la fabrication nos modes pour les vêont copié de même qu'ils ont imité & les deffins font plutôr
étoffes, Mais comme les modes
de la fantaifie,
temens. del'efprit inventif & même de l'avantage fur Qus
le produit nous aurons toujours
indu bon goit,
auffi notre confommation Fon
toutes les nouveautés; eft-elle auffi forte mépour térieure en chofes de modes, d'induftrie n'eft pas drin
puilfe le défirer. Cetté branche du travail au peuple; mais ce
puifqu'elle fournit
fouhaiteroient le plus
prifer, n'eft celle les bons Citoyens la main-d'euvre, pour
Heureufement
néceffaire &
de LE
& la
SSE
lui donner toute l'élégance réuffir que perfection dans la capitale, af- ou
capablede féduire, ne peut villes, dont les habitans foient c'eft
dans quelques grandes une contribution au luxe :
fez opulenis pour payer
refuent dans les Provinde là que les articles de moins ce genre
par conféquent
la tentation eft
prochaine,
ces,
les modes noumoins dangereufe. toutes les chofes néceffaires tabrications pour
qui ont
Comme font partie de nos différentes entrer dans lc calcul
velles été eltimées 2 on ne doit faire que la main-d'eeu
déjà
généraux de notre induftrie, être évaluée à 5 millions.
desp produits
qu'elle peut
vre ; nous croyons Ameublemens.
dans cet article que les couvrir tentures les
Nous ne comprenons, & les étoffes néceffaires pour
pour tapifferies meublans. 2
aient eu la.
meubles
les toiles & les papiers peints fondés à dire
Avant que
nous étions
ou
rogue quils ont aujourd'hui, de foie en damas de trois couleurs,
que nos tentures
évaluée à 5 millions.
desp produits
qu'elle peut
vre ; nous croyons Ameublemens.
dans cet article que les couvrir tentures les
Nous ne comprenons, & les étoffes néceffaires pour
pour tapifferies meublans. 2
aient eu la.
meubles
les toiles & les papiers peints fondés à dire
Avant que
nous étions
ou
rogue quils ont aujourd'hui, de foie en damas de trois couleurs,
que nos tentures --- Page 41 ---
en étoffes brochées & nuées, furpaffoient en beauté toutes
celles qui fe fabriquoient dans 'Etranger. La République
de Gènes marchoit d'un
égal avec nous pour la. perfecion de la fabrication Be damas ; mais nous
tions fur elle par la beauté & la variété de nos PEER
La diminution de la confommation de ce genre de tentures en a opéré une confidérable dans la fabrication des
étoffes de foie qui fe faifoient à Tours & à Lyon. On y
fabrique encore une certaine quantité d'étoffes brochées
& nuées pour meubles; leur valeur fait partie del la fomme
à laquelle nous avons fixé le produit des étoffes en foie.
Ainfi nous ne le comprendrons point ici, & nous ne parlerons que des tentures faites en tapifferie.
Nous avons entendu dire qu'ils'en fabrique dans les deux Tapiferios.
Manufa@ures du Roi, des Gobelins & de la Savonnerie,
année commune, pour environ un million ; nous en doutons : confidération faite de la fomme à laquelle on peut
porter la fabrication des tentures de Beaurais, de celles
d'Aubuffon & Feuilletin. On n'en Fabrique pas, année commune, damksumgi.Mamupdures, pour plus de4oomille liv.,
y compris mêmelestapis de pied;cependant ellesfevendent
meilleur marché que celles des Gobelins, qui font prefque
toutes deftinées, ainfi que les beaux tapis de pied de' la
Savonnerie, à faire des préfens aux Souverains Etrangers
ou à leurs Ambaffadeurs. Sous ce pointde vue 2 la dépenfe,
telle qu'elle puiffe être, eft de T'argent bien employé,
parce que, d'une part, elle occupe des bras, que d'autre
part, elle perfedionne l'Art de la Tapilierie, &
elle donne aux Etrangers une jufe idée de l'induftrie qu'enfin Françoife, lorfqu'elle veut atteindre au plus haut degré dans
tous les genres.
La ManufaGure de Beauvais, , quoique moins parfaite
celle des Gobelins & que celle de la Saronnerie, a
2ar cependant des progrès confidérables depuis quelques
années; elle tient le milicu entre celles-ci & celles d'Aubuffon, qui ont également acquis beaucoup'de perfedion
E ij
trangers une jufe idée de l'induftrie qu'enfin Françoife, lorfqu'elle veut atteindre au plus haut degré dans
tous les genres.
La ManufaGure de Beauvais, , quoique moins parfaite
celle des Gobelins & que celle de la Saronnerie, a
2ar cependant des progrès confidérables depuis quelques
années; elle tient le milicu entre celles-ci & celles d'Aubuffon, qui ont également acquis beaucoup'de perfedion
E ij --- Page 42 ---
36. l'imitation des animaux;
des fleurs 8c dans
jamais bien
dans la partie
de Commerce ne feront
mais ces branches artendu la cherté de la fabrication. tres-balfe quaconfidérables, auffi des tapifferies d'une
Il fe fabrique d'autres en Flandre un peu fupéreines de falité à Nancy, 8c Toutes ces diferentes efpeces livres, fur
à celles de Lorraine. pas un objet de 800 mille la valeur des
brication ne déducion forment faite d'une moitié pour refle à peine
lefquelles,
& de la teinture, il
EVRS
matieres premieres mille livres. En fupofant total
-
f:
la main d'euvre
donnent un produit
& la Savonnerie
ci
togal
Gobelins de 8o0 mille livres 2 800,000
ne fera que
Mercerie 8 Quincaillerie:
la
. en tous genres, poar- le
La mercerie & quincaillerie, intarifable d'occupation pour
roient être une fource multipliés & variés à Tinfini, fe & T'ae
peuple : leurs travaux pollibles d'indufirie, d'adrelfe toutent à tous les degrés en eft confidérable, puifque de leurs
force. La confommation de Ja Société ont un befoin continuel à l'Etrantes les claffes Nous en fourniffons quelques de la maffe parties de nos improductions. mais elles n'approchent
temps
ger; ;
Cet objet a paru iraer depuis quelque en ce qui
portations. du Gouvernements principalement dite, qui
l'attention
dela quincailleric propremesit
de
concerne la partie été
négligét. La mauvaife qualiré il faut
peut-être avoit
à notre afoupilfement;
aciers avoit
RCNTLE
nos
peu nous en fortirons la mercerie ().
& de la
efpérer variété qu'avant des producions de
La
depuis quelque temps deux éablifemens, dans affez comfibrables, l'atier
(1), I1 a éié formé des
rue Charenton, à
de lequclenzolie Pomponine, ruc dc
Tunplacé a T'Hopital qu'en Oute-vingt Angletenres Tautre placé (ur les THôtel métaux. Ces deux établ.fieaufi la Verreric, rafarcment deftiné à plaquer l'or des & F'argent encouragemens affez confidérables.
mens ont reçu du Gouvernement
ibrables, l'atier
(1), I1 a éié formé des
rue Charenton, à
de lequclenzolie Pomponine, ruc dc
Tunplacé a T'Hopital qu'en Oute-vingt Angletenres Tautre placé (ur les THôtel métaux. Ces deux établ.fieaufi la Verreric, rafarcment deftiné à plaquer l'or des & F'argent encouragemens affez confidérables.
mens ont reçu du Gouvernement --- Page 43 ---
quincaillerie, ainfi que de leur prix dans chaque efpece,
ne permet guere de faire une évaluation jufte de leurmontant. ll faudroit pour ccla des relevés qu'il fera toujours
très-difficile de fe procurer. Cependant on pourroit penfer
chaque perfonne confomine pour environ 41. par an
qes différentes efpeces de marchandifes que fourniflent la
Mercerie & Quincaillerie, ce qui donneroit une fomme
d'environ cent millions pour le montant dc ces producions;
& comme dans beaucoup de ces productions la matiere
premiere efd'une très-petite valeur, on pourroit jugerque
ic prix de la main-d'euvre en fait les trois quatriemes. ;
ainii on pourroit porter le montant de la main-d'cuvre
de ces objets à 75 millions.
Tannerie : Pelleterie.
Ces Fabriques étoient autrefois très-floriffantes. Lesimpôts dont on les a furchargés, & fur-tout la maniere dont
ils font perçus les ont fait déchoir. Mais la confommation
en étant généralc, 2 elles forment toujours une branche confidérable de notre Commerceintérieur.
Si on confidere les Tanneries fous le point de vue
unique de leur utilité, il paroitra bien important de les
conferver ; 1°. en ce qu'en employant nos matieres premiercs, elles en encouragent la reproduation . & par-là
elles font une fource de richefles pour la campagne ; 29.
parce qu'elles fournifent de l'occupation au Péuple. Mais
fous ces deux mêmes points de vue, Ics Tanncries font
bien moins précieufes que les Toileries & les Fabriques
de lainage i car d'abord ce n'elt pas précifément l'aéivité
des Tanneries 9 mais c'eft la grande confommation des
boucheries qui encourage la nourriture des beftiaux ; en
fecond lieu, les Tanneries procurent peu d'occupation au
Peuple, en raifon de la valeur de leur produétion. , puifque
la main-d'aenvre forme à peine un hutieme de cette valeur, 8 que fur les cuirs forts la main-d'oeuvre ne va guere
lainage i car d'abord ce n'elt pas précifément l'aéivité
des Tanneries 9 mais c'eft la grande confommation des
boucheries qui encourage la nourriture des beftiaux ; en
fecond lieu, les Tanneries procurent peu d'occupation au
Peuple, en raifon de la valeur de leur produétion. , puifque
la main-d'aenvre forme à peine un hutieme de cette valeur, 8 que fur les cuirs forts la main-d'oeuvre ne va guere --- Page 44 ---
28 extraordinaire 7 & cepeuun quinzisme. Il paroita la feule fabrication des gants
a rien n'eft plus vrai, que une quantité auffi confderable difféde Grenoble occupe les preique Tanneries du Royaume; la On
de bras que toutes n'eft d'un tiers pour les Tanneries.
rence en plus obferver pas
tous les Ouvriers employés ;
doit cependant font fes hommes faits & vigoureux:
dans les Tanneries
d'aifance dans le Peuple , que
leurs falaires répandent des Ouvriers plus en gants de Grenoble: des cuirs -
le
modique à cinquante millions la valeur
Bap peur porter
forts & autres.
des Mégifferies & Parchemineries,
Quantaux produgions encore nous procurer des renfeigne- ;
nous n'avons pas
8e les Tanneries & Corroieries;
mens aufli certains que la valeur annuelle de leurs producmais on peut croire d'environ que
dix millions. de faire fur la
tions eft un les objet obfervations que l'on vient de Fabriques, , on
D'après de ces différentes efpeces
dixieme du
main-d'euvre Tune dans l'autre elle ne va qu'au : ainfi, comme
croit que
des objets fabriques
milmontant de la-valeur le total de la fabrication à foixante
nous avons éralué
eft un objet de fix millions.
lions, la maind'euvre
Papeteries.
France depuis un fiecle; &
Elles fe font multipliées encore en atteint la perfedtion de
n'aient pas
fait depuis
quoiqselts de Hollande, elles ont cependant a dans la plupart RS
celles
des proges fenfibles. lly
de papiers
que temps villes du Koyaume, des Mamufaaures cela nous fourgrandes des ameiblemens, 'confommation & malgré en papiers 9
peints niffons pour à prefque toute notre dans ce fiecle, & encore nous On
augmentée
qui elibenucoup
foibles parties pountimpnimene les Paen exportons quelques défirer de voir profipérer leurs &c augmenter) eft
ne peut que
toute la valeur de
produlions
petcries; prefque
de papiers
que temps villes du Koyaume, des Mamufaaures cela nous fourgrandes des ameiblemens, 'confommation & malgré en papiers 9
peints niffons pour à prefque toute notre dans ce fiecle, & encore nous On
augmentée
qui elibenucoup
foibles parties pountimpnimene les Paen exportons quelques défirer de voir profipérer leurs &c augmenter) eft
ne peut que
toute la valeur de
produlions
petcries; prefque --- Page 45 ---
un bénéfice
l'Entrepreneur & l'Ouvrier. La matiere
premiere dteTe par elle-méme, d'aucun prix; celui qu'en
donnent les Entrepreneurs des Papeterics, 2 n'efl que le falaire des gens appliqués à ramaffer les peiles.
La valeur du papier fabriqué en France étant de huit millions au moins , & ce qu'il faut en défalquer pour les outils, la colle, l'azur, &c. formant au plus un dixieme, il
refte donc en bénéfice de Fabrique fepe nuillions deux cent
mille livres.
Orfevrerie & Bijouterie eri fin.
Ces deux objets forment une branche affez riche de
Commerce; mais comme la matiere premiere, toute tirée
de "'Etranger 2 en eft la partie la plus confidérable, elles
ne procurent pas autant d'aifance au Peuple : que d'autres
branches d'induftrie moins brillantes & moins riches en
parence. II feroit difficile d'apprécier la valeur numéraire apdes produdions de ces deux Arts. L'Auteur. le plus inftruit
dela fituation de nos Finances & de nos richefles(1), penfe
qu'on emploie tous les ans environ dix millions d'or &
d'argent provenant du bénéfice de notre Commerce avec
T'Etranger, tant pour les ouvrages d'orfévrerie &c de bijouterie, que pourles galons & les tiffus. Cette valeur n'elt
pas toute celle de la matiere premiere qui entre dans ces
différens ouvrages; il faut y a,outer encore le montant des
refontes des anciens ouvrages, & les pierreries de toute efpecc. Les notions nous manquent pour évaluer tous ces
objets, qui au furplus ne nous feroient connoître que trèsimparfaitement combien cette branche procure d'occupation au Peuple. Malgré.la célébrité de nos Artifies en ce
genre, nous n'exportons qu'une petite quantité d'orfévrerie
& de bijouterie. On peut évaluér à un huitieme la maind'ceuvre; ainfi elle eft au moins de deux millions cing cent
mille livres.
(:) M.Necker 2 dans fon Ouvrage fur l'adminifiration des Finances,
furplus ne nous feroient connoître que trèsimparfaitement combien cette branche procure d'occupation au Peuple. Malgré.la célébrité de nos Artifies en ce
genre, nous n'exportons qu'une petite quantité d'orfévrerie
& de bijouterie. On peut évaluér à un huitieme la maind'ceuvre; ainfi elle eft au moins de deux millions cing cent
mille livres.
(:) M.Necker 2 dans fon Ouvrage fur l'adminifiration des Finances, --- Page 46 ---
Manufadtures à fou.
Ces ManufaStyres peuvent fe divifer en trois claffes prindemandent chacune une conduite particucipales 2 qui
n'ont de cominun entreelles que le feu,
liere,
qu'elles infirument. La premiere clafie eft
qui PErE leur principal
compofée des forges à fer & de-leurs dépendances. celles de
La feconde comprend les fonderies d'argent >: celles
cuivre & Jeurs batteries, les fonderies de plomb ,
d'antimoines & d'autres demi-métaux.
fubLa troifieme claffe eft formée des verreries, communess quife
divifént en glacerics, criftalleries, &c verreries de faience
àl bouteilles. On peut y joindre les ManufaGures
& celles de porcelaine. Quant aux poteries brute proprement elles font,
dites, où fe tourne & façonne la terre des ateliers 3
d'Arainfi que les briqueries & les tuileries,
tifans plutôt qué de Manufa@uriers. les produits de ces trois claffes, 8c
Forges.
Nous allons parcourir les forges. Ce font des établiffemens
nous commençons méritent par de fixer les regards du Souverain &
précieux qui
n'emploient dans
lattentiondu Gouvernement, puifqu'edies
du cru du
leurs opérations que des matieres premieres d'Ouvriers, &
Royaume, qu'elles occupent une multitude & à tous les Arts feconpréparent à l'Agriculture
Iials les inftrumens propres à leurs travaux. démontre
L'Hiftoire naturelle de la France nous immenfes que de
toutes fes Provinces recelent des quantités ont été traitées de tout
mines de fer; que ces minieres qui celles l'on croiroit
remps en fourniffent encore, & que nombreufe que fuite de
épuifées en produiront leurs pendant différentes une couches font fépafiecles 2 deslits foit parce de dltied & des pierres intermédiaires qu'on
rées par
dans des temps moins éclainés,
n'avoit pas ofé approfondir mines de fer fe régénerent. Le fercontenu
foit parce quelest
dans
tout
mines de fer; que ces minieres qui celles l'on croiroit
remps en fourniffent encore, & que nombreufe que fuite de
épuifées en produiront leurs pendant différentes une couches font fépafiecles 2 deslits foit parce de dltied & des pierres intermédiaires qu'on
rées par
dans des temps moins éclainés,
n'avoit pas ofé approfondir mines de fer fe régénerent. Le fercontenu
foit parce quelest
dans --- Page 47 ---
dans les plantes & dans les animaux, opere cette reproduétion.
Un préjugé mal fondé a accrédité la fauffe opinion
les fers de France n'ont pas comme plufieurs efpeces Ruc
fers étrangers,la qualité requife pour certains ouvrages qui
exigent le nerf, la foupleffe & la force. Malgré cette
prévention contre nos fers 5 nous croyons pouvoir affurer
que nous en fabriquons dans plufieurs Provinces de France
qui égalent la qualité des fers de Suede; tels font ceux du
Dauphiné,du Comté de Foix, de la Baffe-Navarre 2 du
Roulillon, & de la Corfe. Tous ces fers font d'une claffe Qualités de nos
fupérieure dans le genrc des fers doux & forts 2 ce qui iles fers.
rend propres au fervice de la inarine & de l'artillerie;&à
tous les ouvrages qui exigent le fer le plus parfait. Les Provinces de Franche-Comté 2 du Berry, de l'Alface, de la
Haute-Lorraine, & du Limoufin, fourniffent des fers de la
feconde qualité
ont une foupleffe propre à faire des
fils de fers & dés jet blancs auffi par.aits que ceux d'Allemagne; ils peuvent également fervir à faire des eflieux,
des affits d'artilleric, & desvoitures ordinaires. Lesfersdela
Chanipagne, de la Bourgogne , d'une partie du Nivernois,
des Trois-Evéchés, de l'Angoumois, , du Maine & dc l'Anjou font de Ia troifieme qualité,
eft propre au banEe: des voitures & autres emplois ce genre , pourlefquels il ett néceffaire quele fer réunife la dureté avec ia
tenacité. Lc furplus des autres Provinces fourniffentles: fers
propres à la Serrurerie 9 àla Taillanderic, à la Clouteric, &
aux bâtimens
ne demandent
les deux fortes inférieures; carlesi eie quifonttendres 8e caflans, ont néanioins
affez de qualité pour faire des clous à ardoile, & autres ouvrages de parcille nature.
Nous fabriquons des tôles de toute efpecc, & fi l'on mon- Tile.
toit desbatteries dans nos Provinces méridionales , les tôles
s'y, fabriqueroient furpafferoient en qualité celles de la
Lesmartinets de
Champagne, 2 de Franche-Comté &
du Berry, n'ont rien ou prefque rien à acquérir pour-la
F
anioins
affez de qualité pour faire des clous à ardoile, & autres ouvrages de parcille nature.
Nous fabriquons des tôles de toute efpecc, & fi l'on mon- Tile.
toit desbatteries dans nos Provinces méridionales , les tôles
s'y, fabriqueroient furpafferoient en qualité celles de la
Lesmartinets de
Champagne, 2 de Franche-Comté &
du Berry, n'ont rien ou prefque rien à acquérir pour-la
F --- Page 48 ---
beauté 8c la qualité de leur Ebiscation Nous ne fommes
Aciers.
des aciers;
1 s'eit
EORIEN
aufli avancés fur celle
érabliffemens cependant nous donnent
depuis quelque temps, des
avant qui peu une quanlieu d'eipérerque nousenfatriquerons. Des effais qui ont
tité
à celle que nous de confommons. très éclairées 2 nous ont
été ECE fous les yeux perfonnes même faire de l'acier auffi parprouvé
nous pouvions mais
à
fait que redan d Angleterre; ;
dela prefent,nospro- cementation, 8
del'acier,
drerd
cidés pour faire
parla difpendieux qu'en Anpourbire de l'acier fondu, iont plus faits la méthode Allegleterre ; & nos aciers naturels, à ceux par d'Allemagne & de
mande, fontinféricurs en qualité
Styric. Cuique nous n'ayons pas pu nous procurer jufqu'à
fent dus états exadts de la quantitéde grofies forges Provinces du Royaume, & deleur produit,
ac ad.nstoutesles
fondés à conjedurer, d'après ceux
cejenlant nous été fommes remis,
a fix cents groffes forges en
qui nous ont fabriquent qu'il au moins y. cent quatre -vinge - fcine
France
brut : cette quantité doit luffre à la confommillions
remTA
mation aciuelle du Royaume. Si elle ne pouvoit
befoins, il efl facile de
PRaSE
Faugmenter
plir nos
& Téconomie dans les opérament, 1. il par faut V'intelligence convenir
nos Rivaux, 7 & fur-tout les
tions; car
ontà que
une grande fupériorité
Puiffances du Nord,
cetégard
fur nous.
du charbon de terre fubflitué à celuidu
Charbon de terre, 20,Par l'emploi
des opérations des forges 2 furbois dans une grande font partie à
des charbonnieres ou
tout de celles
proximité les
Il y a des mines
des canaux des
qui tranfportent.
du
Aes
de charbons de terre dans prefque toutes les Provinces c'eft
Rcyaume ; fi elles ne font pas encore exploitées, le befoin du
du bois a rendu
atatcs
d'unep part, l'abondance nous avons trouvé beaucoup plus commode
moins urgent combuftible ;
fur la terre, que de l'arracher de
decouperle
particuliers ne font
fon fcin. D'autre part,e'ef parce queles
des mines
des canaux des
qui tranfportent.
du
Aes
de charbons de terre dans prefque toutes les Provinces c'eft
Rcyaume ; fi elles ne font pas encore exploitées, le befoin du
du bois a rendu
atatcs
d'unep part, l'abondance nous avons trouvé beaucoup plus commode
moins urgent combuftible ;
fur la terre, que de l'arracher de
decouperle
particuliers ne font
fon fcin. D'autre part,e'ef parce queles --- Page 49 ---
pasaffezrichesen) France pour felivreràdes entreprifesd'une
grande étendue, & qui exigent de la perfévérance. Le premier obfiacle les rebute : d'ailleurs, quoique nous ayons des
hommes fort infruits dans l'ard'exploiter) les mines &c d'en
diriger les travaux, nous manquons d'Ouvriers pour exécuter ; & enfin notre Légiflation fur cette matiere n'a pas
été faiteavecle même foin que dans les différens Etats du
Nord. llsregardent avecraifon le produirdes mines, comme
un des objets les plus dignes de leur attention. Les Souverains ne croient pas s'abaiffer en s'affociantavec les Entrepreneurs ; ils les encouragent de tolttes les manieres poffibles. Nous ne réuffirons dans l'exploitation de nos mines
qu'en fuivantleurs modeles,& en attirant en France des Ouvriers capables de former des Eleves. Quelque confidérable
RCROd puifie être la premiere dépenfe, le Royaue en fera
dédommagé, s'ils'occupe férieufement des moyens
de mettre en valeur cette partie de la richeffe nationale.
Nous ne craignons point de dire qu'elle eft à peine connue,
cependant elle peut devenir une des plus grandes refde l'Etat. Ce n'eft
les
Ader
pas pour feulcs mines de charbon de terre que nous le difons : la France recele dans fon
fein des mines de toutes les efpeces, & cependant elle eft
tributaire de I'Etranger (1) pour tous les métaux & demimétaux dont elle a befoin pour fa confommation : elle l'eft
fur-tout pour le plomb, le cuivre & l'étain. Nous parlerons
dans un moment de ces objets, après avoir fini detraiter rde
tout ce qui eft relatif au fer.
Nous avons porté à cent quatre-vingt-feize millions de
livres pefant, la quantité de fer qui ie fabrique dans nos
ufines.
Nous croyons pouvoir évaluer à cent foixante livres tournois le prix moyen dechaque millier. La totalité de fer de la
annéc (1) Dc 1777 à 1781, les métaux, autres que l'or & l'argent, ont couté e
scnt mille commune, livres , à la France, 1 prés de OnzC millions, & dix-huit millions cinq
cn 1787.
Fij
res pefant, la quantité de fer qui ie fabrique dans nos
ufines.
Nous croyons pouvoir évaluer à cent foixante livres tournois le prix moyen dechaque millier. La totalité de fer de la
annéc (1) Dc 1777 à 1781, les métaux, autres que l'or & l'argent, ont couté e
scnt mille commune, livres , à la France, 1 prés de OnzC millions, & dix-huit millions cinq
cn 1787.
Fij --- Page 50 ---
feroit donc de trente-un 44 millions trois cent foixante
valeur livres. Maisil faut déduire fur cette fommele prix du
mille
de terre néceflaire pour convertir le
bois ou du charbon Des Maitres de
infruits nous ont afminerai en fer.
de bois taillis forgei pris dans toutes les
furé qu'un de fonds demi-arpent & d'effence de bois, fuffifoitpour fabriquer
qualités millede fer, & ils ont fondé leurs affertions fur ce qu'un
un demi-arpent de bois produit communément quatre livres mille &
cents pefantde charbon, ce qui donne quatre
cinq,
de fer, quantité fumfante pour la converfion
demie parlivre fer. Le demi-arpent de bois peut être évalué,
du mineraien à foixante livres ce qui fait un
plusdu
prix commun, valeur du fer; déduétiont faite de ce ECAl Ireftera
tiers dela
millier de fer, & le produit annuel des cent
ET
pour chaque
millions pefant , fera de dux-neufmillions
quatre-winge-feize
fic ceizt mille livres en numéraire. dans cet état les fabrications
Ebiicctions fc- Nous n'avons
porté tels
les fers blancs, tréfileries,
cendaires defer. fecondaires de Eer 2
& fabriques de tôie.
Manufactures
TEtnde
clouteries,
de ces objets peut être portée à quatre
La main-d'ceuvre
millions.
des plombs n'eft
à beaucoup près, auffi
Plomb. Le produit
fommes
de T'Etranger, pour
nous
Ychpmual
confiderable ;
très-fortes; nous le fommes également
cet objet, de fommes dont le plomb eft le principal ingrédient;
pour la cérufe,
à meilleur compte que nos Rinous pourrions en fabriquer
entre pour beaucoup dans
vaux 2 puifque le vinaigre, revient qui
très-bas
; c'eft
cette fabrication 7 ne nous motifde mettre qu's lep
pofible
un double
TeEn
par conféquent mines de
qui font tres-multipliées en
en valeur nos
aurons plomb, beau faire des veeux à cet égard,
France ; mais nous ou elles exiftent ne s'affocient pas avec les
files Provinces
font une
des avances nécefEntrepreneurs 7 & ne
pas elle continuera partie à étreabandonfaires pour leur exploitation,
denos mines de plomb eft
née. Dans létat aGtucl, le produit
millelivres pcfant,
d'environ deux millions cinq cent quinze
de
qui font tres-multipliées en
en valeur nos
aurons plomb, beau faire des veeux à cet égard,
France ; mais nous ou elles exiftent ne s'affocient pas avec les
files Provinces
font une
des avances nécefEntrepreneurs 7 & ne
pas elle continuera partie à étreabandonfaires pour leur exploitation,
denos mines de plomb eft
née. Dans létat aGtucl, le produit
millelivres pcfant,
d'environ deux millions cinq cent quinze --- Page 51 ---
9 à raifon de vingt-huit livres le quintal, forme un obfs defepr cent quatre mille deux cents livres.
Le combuftible, pour] le mettre en valeur,n'eft guere que
du douzieme à diduire fur la valeur; on peut donc eftimer
CC produità environ fix cent mille livres.
La quantité de cuivre que la France fournit, eft encore
moins confidérable; elle monteà peineàquatre centsmilliers
par année (1)3 en forte que G on ne refondoit pas fucceffivement quelques portions de nos anciens cuivres, nous ferions tributaires defEtranger pour lefurplus de ce que nous
confommons. Cette conformation efdevenue d'autantp plus
grande, que fi nolis avons refreintl'ufage du cuivré pour nos
batterics de cuifinc, d'autre part 2 nous l'avons beaucoup
augmenté dans les bâtimens & dans le doublage des vaiffeaux ;c'ell uneraifon dep plus pour tirer de nos minesdecuivre la plus grande quantité de matieres preinieres qu'ilfera
poilible, & nous le pouvons d'autant plus aifément, que
nous avons beaucoup de mines de cuivre en France;il ne
manque que des Entreprencurs & des Artiftes pourles mettre en valeur. Le combuftible néceffaire pour cétteexploitation eft environ du dixieme; en forte qu'on peut eflimer le
produit annuel à environ cing millions.
Nous ne dirons rien de nos mines d'or 8c d'argent. Quel- Mlines d'or &
d'argenc.
ques Naturalifles ont prétendu que nous en avicrs plufieurs
en France de l'une & de P'autre efpece. Ils fondent leurs
conjedtures en CC qui concernel lesmines d'or, fur ce quele
Rhône, dont la fourcen'éft pas éloignée de la France, chane affez abondamment des paillettes de ce métal
cieux; mais ce
y a de vrai, c'eft qu'aucune mine
RS
qu'il
n'eft exploitée danslcRoyaume. Quant aux mines d'argent,
nous en avons certainement. MONSIEUR, Frere du Roi, en
fait exploiter une dans le Dauphiné 7 qu'on dit affez abondante; nous en ignorons lcs produits. Quand même ils.ne
(1) La plus grande partic eft extraite dcs mincs de Cheffy & Saint-Bel, daus
lc Lyonnois.
; mais ce
y a de vrai, c'eft qu'aucune mine
RS
qu'il
n'eft exploitée danslcRoyaume. Quant aux mines d'argent,
nous en avons certainement. MONSIEUR, Frere du Roi, en
fait exploiter une dans le Dauphiné 7 qu'on dit affez abondante; nous en ignorons lcs produits. Quand même ils.ne
(1) La plus grande partic eft extraite dcs mincs de Cheffy & Saint-Bel, daus
lc Lyonnois. --- Page 52 ---
A
d'exploitation , ce feroit
aux
fas
fercient pas fupérieurs de plus dans le Royaume; ; &c
toujours une main-d'eurre queles mines en général,qui.
nous répétons avec.confiance
une fource
fontpartiedu produit de notre fol,deviendroient favions en tirer toutle parti
de rleteinipminule.ne des nous leurs. L'extradion du charbon
que les Etrangers tirent donner à une partie de nos Made terre fuffroit feule pour. ativité. Quel avantage ne procurenufaduresla plus grande à feu dont nous avons été les invenroient pas les pompes
au pointqu'elles
teurs, & queles Angloiso sont de periectionnées, la
grande partie de leurs
font les premiers moteurs différentes plus efpeces de moulins ?
mécaniques & de leurs moins de fources & decourans d'eau
Il eft vrai qu'ils ont
des
à feu dans
nous 3 mais nous empleicrions des courans Iriten elles nous
fst lieux où nous n'avons pas épuifer nos mines des eaux
feroient fur-tout tres-utiles pour
qui les noyent. à la troifieme claffe de nos Manufagures à
Nous paflons dansles verreries, faienceries, & dansles
feu,qui confiftent
de lap porcelaine & des glaces.
établiflemens oul'on fabrique depuis long-temps; nous en"
Nos glaces fant célebres dans TEtranger une plus grande quanenvoyions autrefois
aujourd'hui. Le bénéfice que
tité que nous n'en envoyons Compagnie quila premiere en
fait dans cette fabricationla affez
elle le doit en partie au
a fait l'entreprife, eft
grand; trouvé le moyen de faire
exclufif qu'elle a
elle RO
priviliage déja plufieurs fois. Il eft préfumable que,f il fe feroit
roger obtenu cette grace très- extraordinsire, qui auroient
Esmece d'ausres établiffemens en ce genre, & quilsen feroit
donné les glaces à meilleur compte,. Quoi qu'ile en foit, celles
exporté une Manufature grande quanties. des glaces juffifent à nos befabrique M
à celles de Venife; nous
RER & le difputent en fur) qualieé les Vénitiens, de pouvoir faire
avons même Tavantage
de
grandes porcelaine fufifent pareillement à nos
Fabriques
Sars
farpe
ausres établiffemens en ce genre, & quilsen feroit
donné les glaces à meilleur compte,. Quoi qu'ile en foit, celles
exporté une Manufature grande quanties. des glaces juffifent à nos befabrique M
à celles de Venife; nous
RER & le difputent en fur) qualieé les Vénitiens, de pouvoir faire
avons même Tavantage
de
grandes porcelaine fufifent pareillement à nos
Fabriques
Sars
farpe --- Page 53 ---
befoins. Les terres du Limoufin 47 font prefque auffi bonncs
pour faire la pite, que celles dont on fait ufage dans les
Pays étrangers; nlos formes & nos peintures fontinfniment
plus clégantes & plus belles que les leurs : nous nous fommes rédimés par ce genre d'ndulirie, du tribut que nous
payiors à TEtranger. II faut convenir quelEtat en a
cipalement obligation à la Manufagture Royale de Eo
Aujourd'hui qui s'eft formé, à fon exemple, un
nombre d'établiffemens en ce genre, peut-étre feroit-il grand
digne de la bienfaifance du Roi de laifier une liberté entiere à la concurrence; : Car il n'eft pas poffible que des
Manufa@ures particulieres difpurent, à armes égales, avec
un établiffement dont le Roi fait tous lcs frais, 2 & quilui
coute beaucoup plus qu'il ne lui rend.
Quant aux verreries & aux faienccries, clies font
cieufes, en ce quie la confommation s'en étend tous pré- les
jours, & que la fragilité de leurs produétions oblige à des
fréquens renouvellemens: ; elles font des fources lécondes
d'occupations. Nos Manufadtures en ce genre fe défendoient contre ceiles d'Angleterre, malgré
les Anglois ont fur nous par l'exploitation l'avantage de leurs mines que
de charbon de terre; mais la libre introduction dans le
Royaume, de leurs faiences, de leur verrerie, & de leur
criftallerie, moyennant le payement d'un droit qui ne peut
pas être perçu à la rigueur, a porté le coup le plus funefte
à nos Fabriques, > & in'ef poffible qu' ciles fe foutiennent, fion ne fe hâte pas de fenfer toutel'activité poflible à
l'exploitation de nos mines de charbon : l'angmentation
du prix de nos bois nons en impofe la néceflité abfolue.
Dans l'état actuel des chofes, nous crovons queies
duits de ces différentes branches d'indufirie
prola
iumtentapcine
pour
main-d'aeuvre; : & qu'en joignant ces pro duits
a ceux PRet la fabrication des glaces & des porcclain nes, cleft
les porter très-haut que de Jes évaluer : favoir, les vetreries,
y compris les glaces, à 6 millions; les porcelaires & les
faiencerics du Royaume à 4 millions , fur lciquels, diduc-
nous crovons queies
duits de ces différentes branches d'indufirie
prola
iumtentapcine
pour
main-d'aeuvre; : & qu'en joignant ces pro duits
a ceux PRet la fabrication des glaces & des porcclain nes, cleft
les porter très-haut que de Jes évaluer : favoir, les vetreries,
y compris les glaces, à 6 millions; les porcelaires & les
faiencerics du Royaume à 4 millions , fur lciquels, diduc- --- Page 54 ---
48 ie combuftible, 2 refte une
tion faite d'un dixieme pour
fomme de 9 millions. dans le Royaume deux autres efpeces de
: Il exifte encore
eftle
; favoir 2 celle
fabrication, donelefeu rafiner peincipalaliment; le fucre. La premiere eft
du favon, & celle pour
qui vient de paroitre, on
conidérable. Suivant un Mémoire de18 millions la fabricafait monter annuellement à feuie plus de-Marfeille. Ce Mémoire
tion du favon dans la ville Fabricans de cette ville, qui font
a été préfenté par les Fabriques en ce
Ils demanexploiter les ditiérentes difpofitions SetEe anciens Régledent qu'on corrige quelques abufives, & qu'on en ajoute de
mens, qui leur paroifent les fraudes que la liberté a innouvelles, pour empécher dans ce Mémoire un calcul de la quantroduites. On trouve matieres
nous tirons de T'Etranger
tité d'huiles & de
que Le réfultat eft que nous
pour cette efpece de fes fabrication. tributaires de plus de 3 millions
fommes à cet égard
nous lui envoyons de favons
200 mille livres; mais que mille livres. En forte qu'afon
fabriqués pour 2 millions de la 300 France pour la totalité dela main- valeur
tour il eft tributaire toute dédustion faite de la
d'euvre. D'autre la
& des autres matieres néceffaires 8c
huiles, de
Ee
des
il refle pour les frais d'exploitation mille
pour la fabrication, des Entrepreneurs, un million 350
pour les bénéfices
livres.
ManufaSlures des différentes efpeces fabriEn fuppofant érablics queles dans les autres villes du Royaume, la
de favon, enfemble le double de celle de Marfeille, un
toutes main-d'euvre pour la fabrication formera
SETE de la
, attendu que la main-d'euvre
objet de millions au moins confidérable que celle du favon
des ridca noirs eft plus
blanc.
raffineries de fucre, nous croyons être com- cerQuant aux d'Orléans feules en rafinent, année Nous
tains que celles
IO millions de livres tournois.
mune, au moins pour
du Royaume en raffinent
fuppolons que les autres Fabriques
trois
-d'euvre pour la fabrication formera
SETE de la
, attendu que la main-d'euvre
objet de millions au moins confidérable que celle du favon
des ridca noirs eft plus
blanc.
raffineries de fucre, nous croyons être com- cerQuant aux d'Orléans feules en rafinent, année Nous
tains que celles
IO millions de livres tournois.
mune, au moins pour
du Royaume en raffinent
fuppolons que les autres Fabriques
trois --- Page 55 ---
trois fois plus; nous fuppofons encore quc, déduéion faite
des frais du combuftible, les Fabricans nc retirent que 12
pour cent fur le montant de la fabrication, tant, pour la
maindeuyre,que pourles avances & les bénéfices;le produit total fera de 4 millions'8co mille livres.
Fabrication du Sel.
Les fels deftinés à notre confommation, proviennent ou
de nos falines, 2 ou de nos marais falans. Les falines en produifent environ 800 mille quintaux, dont 500 mille fe
vendent à l'Etranger. Le pris de ce fel dans les falines efl
de 4 livres IO f. le quintal; ; par conféquent le produit total
devroit être de 3 millions 600 mille livres ; mais il cft nécellaire d'obferver que la confommation du bois néceffaire pourla formation de cette qualité defel,en abforbe'la
valeur, & qu'elle la furpafferoit, s'il n'y avoit pas des forêts
affcéées à ce genre de travail, dont les bois font au plus) bas
prix;e en forte que ces falines, bien loin de former des produits, doivent plutôt être confidérées comine des objers de
dépenfe; ; & quc, ,fides raifons relativesà Tinteritdelalerme
générale n'obligeoient pas de les exploiter, il conviendroit
d'en abandonner l'exploitation.
On peut en dire autant des I15 mille quintaux produits
par les bouillons de Normandie. Lors de Pétablifement de
ccs falines, les Provinces dans leiquelles elles font placées
appartenoient à des Princes particuliers; le bois étoit alors
à très-vil prix dans ces Provinces, & les communications avec
les marais falans étoient très-difficiles. Si on laifloit tomber
l'exploitation de CCS falines, les bois qu'clles confomment
mettroient à portée de multiplier les forges, qui augmenteroient les richeffes de ces Provinces; ; elles feroient pourvues du fel des marats falans, 2 qui ne leur reviendroit pas
plus cher que celui des falines. Onya gagneroit non fculement la valeur du fel pris aux marais , mais on profiteroit
encoredetoutle bénéfice des' Voituriers & des autres Agens
G
loit tomber
l'exploitation de CCS falines, les bois qu'clles confomment
mettroient à portée de multiplier les forges, qui augmenteroient les richeffes de ces Provinces; ; elles feroient pourvues du fel des marats falans, 2 qui ne leur reviendroit pas
plus cher que celui des falines. Onya gagneroit non fculement la valeur du fel pris aux marais , mais on profiteroit
encoredetoutle bénéfice des' Voituriers & des autres Agens
G --- Page 56 ---
ces 50 fels à leur defination. Quoi
chargés de faire parvenir
Mémoire cet
qu'il en foit, nous ne pallerons que pour
article.
de même des fels provenans de nos marais
Iln'en eft pas
millions 600 mille quintaux leur
falans; on peur évaluerà 3 tant àla unfemmatinuneett
produit. Ils font deftinés, & à la vente à PEtranger. La fabriqu'a celle des pécheries revient
fols le quintal, 8c
cation de ces fels ne
qua15 bénéfice de 2 millions 7CO
donne conféquent un premier!
mille ERREC
des autres bénéfices, parce qu'ils
Nous ne parlons pas exclufifque le Roi s'eft réfervé pour
font partie dup privillge defes fujets, ou des frais qui font comdu
Porptoritemamemt
pris dans la dépenfe roulage.
Tabac.
du tabac dans les Provinces foumifes
La confommation être de 18 millions de livres pefant.
a la Ferme,
ne contribue à f'aifance du
Le tabac uled de PEtranger
& de tranfport dans
Peuple que par les frais de Les fabrication frais de tranfport font compris
l'intérieur du Royaume. les dépenfes des chevaux deftinés
dans P'article concernant ainfi on ne peut faire entrer dans les propour le roulage
à raifon d'un fou par
duits que les RA de fabrication, qui, mille livres.
livre, forment un objet de 9 cent France dans lefquelles on
Ilya quelques Provinces le tabac. Cette en récolte peut être éraluée
cultive & millions fabrique de livres pefant, & former an objet de 15
à deux
dont plus de 12 cent mille font
cent mille livres en argent, & auroient dû être comprifes dans
pour la valeur du tabac,
mais comme en dernier réfulles produits de P'Agriculture; à deux milliards, quoique >
tat nous porterons états & ces les produits évaluations que nous avons faites de
fuivant les
ils ne montent qu's
chacun des produits en particulier,
éraluée
cultive & millions fabrique de livres pefant, & former an objet de 15
à deux
dont plus de 12 cent mille font
cent mille livres en argent, & auroient dû être comprifes dans
pour la valeur du tabac,
mais comme en dernier réfulles produits de P'Agriculture; à deux milliards, quoique >
tat nous porterons états & ces les produits évaluations que nous avons faites de
fuivant les
ils ne montent qu's
chacun des produits en particulier, --- Page 57 ---
1824 millions, , celuidu tabac eft cenfofaire partie des deux
milliards. Nous ne porterons donc ici que les frais de la
inain-d'ceuvre ou de la fabrication , & pour ce 300 mille liv.
qui,jointes ailx 900 mille livres pour les frais de fabrication
du tabac que nous tirons de TEtranger, forment un total de
I million 200 mille livres.
Amidon.
La fabrication de Paris en amidon eftd'environ 6 millions
pefant. Comme le luxe cn poudre à poudrer eft incomparablement plus grand dans la Capitale, qu'il ne l'eft dans
les Provinces, s & qu'une partie de ce qui fe faitaParis s'envoie au dehors, on peut croire que la fabrication des Provinces n'eft que le triple de celle de Paris, & qu'ainfi la
fabrication totale eit de 24 millions. La main-d'ceuvre & le.
bénéfice du Fabricant peut être évalué à raifon d'un fou
pour livre, & former un produir d'i un million 200 mille liyres.
Pécheries.
Les pécheries font reconnues pour être la meilleure école
des bons Matelots. Sous ce feul point de vuc, clles méritent
toute l'attention d'un Etat qui aipire à être une Puiffance
Maritime ; on fera encore plus frappé de leur importance,
fi on confiderc qu'elles fourniffent une inaffe de fubliftance
utile par-tout, &qui devient néceffaire dans les Pays Catholiques, dans lefquels de fréquens jours d'abflinence occafionnent une grande confommation de toute efpece de
poiffons.
Peu de Nations auroient pu entrer en concurrence avec
la France dans cette branche d'induflrie, f elle eit profité
de tous fes avantages. Elle a des côtes trés-étendues, quilui
fourniffent abondamment le fel le plus propre aux grandes
G ij
&qui devient néceffaire dans les Pays Catholiques, dans lefquels de fréquens jours d'abflinence occafionnent une grande confommation de toute efpece de
poiffons.
Peu de Nations auroient pu entrer en concurrence avec
la France dans cette branche d'induflrie, f elle eit profité
de tous fes avantages. Elle a des côtes trés-étendues, quilui
fourniffent abondamment le fel le plus propre aux grandes
G ij --- Page 58 ---
Auffi la France
fes Matelots font expérimentes. qui aient donné à
falaifons ;
des
Pnifances
il s'en faut
a-t-elle été une premnieres des pécheries, Cependant que fa fituaT'Europe Y'exemple quelle tienne aujourdhui le devoir rang lui affurer.
de beaucoup
naturels fembloient de fes pécheries,
tion 8c fes de avantages s'ètre procuré, par le produit dans le cas d'aBien loin
e elle s'eft crue la fourniture de fes
une branche d'exportation. une partie de
fes rivales,
bandonner aux Etrangers année elle tire des Nations,
1 baColonies. Chaque confidérables., en morue fur 2 harengs fes côtes la
pour. des huile fommes de poiffon. On vient pécher être la caufe d'une
leines,
la lui vendre. Quelle peur Il ne faut pas la
fardine pour étonnante que facheufe?
dans
pofition auffi
dans une foule de Réglemens, dui Fermier,
chercher ailleurs que confiuleil Tintérétmal entendu de la Nation. On
lefquels on a plus du Commerce, ,ou plurôt
mais comme,
que Tarantnge vexatoires de ces Reglemens: à les faire exécuter
Smpdinéleapiis époques, on eft revenu trie-génans, a on ne
à différentes 8c qu'ils font encore quapres que Y'on aura
Nigmhevenents
ceite partie,
ne
parriendra, às régénérer dans leiquels le fort & des fur pécheries la ftabilité
donné des Réglemens craintes du Fermier,
foit pas facniné Commerce aux ptriffe compter.
maritidelquels le
de nos grandes pécherics
Lavaleur des produlions millions, année ommueo)veles
mespeut être évaluce à dix
prefque toute leur valeur déplus précieules 2 que ia Nation; carla
fon.d'autane
de revenu pour les frais d'armement
eft un accrotfement confifte dans des falaires des Pèpenfe des Entrepreneurs dans le payeinent
au Roi; & ce
deflinés à la péche, 8c dans les droits payés frais des armecheurs & Matelots, c'eft que dans les
bois, fer,
qui mérite attention,
en matiere, comme
mens, il y en a une partie
elles font évaluées à plus de du:
Suivant lal balance du Commerce de 1787, nc faifoicnt Fas mention
(1), millions. Les balances des années précédenses
r3 produit des pécherics.
des Entrepreneurs dans le payeinent
au Roi; & ce
deflinés à la péche, 8c dans les droits payés frais des armecheurs & Matelots, c'eft que dans les
bois, fer,
qui mérite attention,
en matiere, comme
mens, il y en a une partie
elles font évaluées à plus de du:
Suivant lal balance du Commerce de 1787, nc faifoicnt Fas mention
(1), millions. Les balances des années précédenses
r3 produit des pécherics. --- Page 59 ---
goidrons, & chanvre pour les toiles, 2 les, cordages & filets.
Toute la main-d'ceuvre empioyée à travailler ce bois, ce
fer, ce goudron ce chanvre, ainfi que les frais. pour la
confiruction des bâtimens, n'auroit pas lieu fans-lés pèchérics maritimés.
Les péches fur les rivieres & cclle des étungis forment
auffi un autre produit affez confidérable. Nous n'avons pas
des renfeignemens certains à cet égard; inais en examinant la quantité de rivieres &., d'étangs gu'ily y. a dans-"lc TLI
Royaume, en faifant également attention qu'il y'a en
France quelques lacs aflez poitionneux, on peut évalucra
une parcille iomme de dix millions le produit de nos peches
d'eau douce. Nous devons cependant obferver la péche
des étangs ne procure pas une augmentation
réelle. .de
ARtE
revenus, que celle de la mer. & des riviéres; car,lesretreins
employés aux étangs auroient produit ou des grains, ou des
fourrages, ou du bois. Quelques-uns de ces terreins. Fene
droient, à la vérité 7 peu, fi on les employoit à la culture,
parce que je plus fouvent ils font inondés par l'eau; mnais
quelque médiocres que fuffent les revenus que le Propriétaire tiréroit de leur.culture., ils doivent. cependant entref
en'l "ligne de compte, & fuffifent pour prouver que la pèché
des étangs n'ell pas auffi avantagcufe pour T'Erat, que cellé
des. rivieres &, de la mer. En réuniffant Jes produits des unés
& des autres, 2 nous croyons qu'ils doivént; êtrc évalués au
moins,, vingt millionsArts 8. Métiers. : F011E0 p
Indépendamment des hommes occupés aux travaux de
l'Agriculture, des Manufa@ures, & al'exploitation des
mines, &c. il eft encore une quantité confidérable d'individus qui s'adonnent aux Arts & aux Métiets néceffaires
pour conftruire le logement des hommes, façonner leurs
vêtemens, & enfinpour leur procurer' divers lobjets de commodité, d'agrémens & de luxe. Cette clafle d'Artifites &c
Indépendamment des hommes occupés aux travaux de
l'Agriculture, des Manufa@ures, & al'exploitation des
mines, &c. il eft encore une quantité confidérable d'individus qui s'adonnent aux Arts & aux Métiets néceffaires
pour conftruire le logement des hommes, façonner leurs
vêtemens, & enfinpour leur procurer' divers lobjets de commodité, d'agrémens & de luxe. Cette clafle d'Artifites &c --- Page 60 ---
54 les
parce qu'en général
d'Ouvriers frappe affez tous yeux, &
dans
dans les villés, pnincipslenent travaux
ils font raffemblés Faifance & le luxe. Les différens d'occucelles où regnent
font une fource abondante de
auxquels ils s'adonnent
faire un objet commerce fe
mais ils ne peuvent On doit déGrer de les voir
pations extérieur, zi adif, ni paff
puifque leur adivité
& vivre dans T'anfance,
des
ERES
multiplier
intérieure, le plus graid 8c d'ailmente la confommation quia un fol confidérable,, du bonheur que ged'un pays agticole, aifance eft un figae certain
leurs Jeur
du monnéral; 11 eft très-difficile de donner d'Ouvriers. même un ETIRLA bafes d'après
tant des falaires de cette claffe faire des calculs, font toutes
lefqueiles on peut qu'on partir ne atPeu fur lerquelles s'appuyers & cepen- pour
fi incertaines, allons effayer d'en évaluer la quantiré, habitent
dant nous
devoir diftingner ceux
parvenif, nous croyons habitent Tes villes. premiers
LP campagnes, &c ceux qui
des feconds : mais
nombreux en comparatifon
des Maréenfin, font S y a dans les campagnes des Maçons des Charrons, , des Barbiers, dans qui
chaux, des Charpeniers, Médecins & Chirurgjens. II lyaauito
font tout à la fois Tailleurs & des eipeces de Cabaretiers
les campagnes, des du cidre, de la biere, de l'eau-dequi vendent du vin, chofes fervant à T'ufage des la gens vé.
vie, & toutes les autres Artifans ou Marchands font, à des
habitent. Ces
dans les villages, ou calcul, lelong fi On
aipenrcainegdemen forte
feroit un faux
en
qu'on
S
routes,
profellion dans chaque
grandes quil y en a un de chaque dans l'étendue de fix
egmptoir village 5 mais on peut arbitrer fe Toe divifé entre eux dâns ces
il y en a fix qui
compte
villages, differens Arts, Métiers ou, Commerce-D-Tond mille Paroiffes. Il faut
le Royaume environ jbatante-denr dèux mille pour les villes 8c les gros difen déduire a près des: différens Ourriers ou Artifans mille.
le
de
EI
bourgs;
eft donc quarante
perics dans les campagnes
de fix
egmptoir village 5 mais on peut arbitrer fe Toe divifé entre eux dâns ces
il y en a fix qui
compte
villages, differens Arts, Métiers ou, Commerce-D-Tond mille Paroiffes. Il faut
le Royaume environ jbatante-denr dèux mille pour les villes 8c les gros difen déduire a près des: différens Ourriers ou Artifans mille.
le
de
EI
bourgs;
eft donc quarante
perics dans les campagnes --- Page 61 ---
La quantité de ceux qui exercent dans les villes ces fortes
de profelfions & toutes les autres, auxquelles le luxe a
donné naiflance, efl bien plus
il n'cf pas queftion
de la calculer par Paroifle, Tes en raifon de la richeffe
plus ou moins grande dcs habitans de ces villes qu'on doit
l'arbitrer. Indépendamment des Arts utiles & néceflaires,
combien d'autres y font en activitd? Combien de chofcs
fuperfiucs, & combien de fois fe renouvellent, chaque année, les façons de tout ce qui eft néceffaire pour les vêtemens ? Les Ouvriers en ce genre font d'autant plus
multipliés, qu'il faut pourvoir aux befoins récls Oil faltices,
non iculement des Maitres, de leurs feinmes & de leurs
enfans ; mais encore à ceux de leurs ferviteurs & domeftiques ; ainfi, fans craindre d'être foupçonnés d'exagération, nous croyons pouvoir infifler à foutenir, qu'indépendamment des Ouvriers attachés aux différentes Manufactures dont nous avons parlé, 2 & dont le produit da travail
fait partie du prix des marchandifes fabriquécs. le nombre
desautres Artifans & Ouvriers quihabitent les villes & bourgs
eit au moins quatre fois plus grand que ne l'eft celui des
Ouvriers difpetfés dans les campagnes. Nous avons fuppofé
lac quantité de ceux-ci étoit de quaranté mille; la totaReE doit donc être de deux cent mille au moins,fur-tout G
on fait entrer dans le calcul ceux employés à conftruire les
vaifleaux & les autres bâtimens pour la mer & les rivicres.
Le moindre prix auquel on puilfe fixer les journées des
uns & des autres, doit étre de vingt fous, ce qui donne pour
chaque jour la fomine de'deux cent mille litres, qui.multiplice
trois cents, attendu les jonrs de Dimanche &
Fète, bomne un prodint anruel de foixante millions (1):
Ce feroit icile lieu de difcuter la queftion fouvent agitée
depuis quelque temps, fi les Communautés d'Arts & Méces (1) Quelques perfonnes prétendent qu'on peut augmenter du double le nombrede
un Simsmbr objet de Commerce extéricur ni actif ni pallif, aind peu qeemousd importe daronsdgao le nombre obfervé, ou
mcins con@dérable.
plus
ète, bomne un prodint anruel de foixante millions (1):
Ce feroit icile lieu de difcuter la queftion fouvent agitée
depuis quelque temps, fi les Communautés d'Arts & Méces (1) Quelques perfonnes prétendent qu'on peut augmenter du double le nombrede
un Simsmbr objet de Commerce extéricur ni actif ni pallif, aind peu qeemousd importe daronsdgao le nombre obfervé, ou
mcins con@dérable.
plus --- Page 62 ---
à un Etat. Mais
tiers font plus nuifibles qu'avantagenfes d'examiner! la quelftion fous un
comme nous nous propofons
celui de javoir Sla liberté
point de vue encore plus général,
3 ce
au régime réglementaire
indéfinie ni'eft pas- piodfrable dire quant au régime des Communautés dans
que nous pournions trouvera naturellement fa place
d'Arts &1 Métiers 2 Nous allons donc réfumer cette partie à
cette Differtation. dans laquelle nous avons cherché
de notre Mémoire, eft la valeur des falaires des Ouvriers à
faire connoitre queile
qui font occupés
de toute efpece . &c des Entrepreneurs branches d'induftrie. En les réufaire valoir les différentes
le montant total eft de
niffant toutes 2 nous trouvons que cinquante mille livres.
millions neufcent
cing cent vings-quatre
S A V O I R.
161,250,000
Pour les, toileries.
92,500,000
Pour les lainages. .
41,600,000
Pour les foieries. -
5,000,000
Modes.
800,000
Ameublemens en Tapillerie.
75,000,000
Mercerie - Quincallerie.
6,000,000
TamneriesPaleteries
7,200,000
Papeteries. .
en fin.
2,500,000
Orfévrerie 2 Bijouteric
38,200,000
Manufaétures à feu. .
5,000,000
Fabriques de favon.
4,800,000
Bafineries de fucre.
2,700,000
Sels.
1,200,000
Tabac.
1,200,000
Amidon. e
20,000,000
Pécheries.
60,000,000
Arts &c Métiers. .
524950,000
Total,
Cette
apeteries. .
en fin.
2,500,000
Orfévrerie 2 Bijouteric
38,200,000
Manufaétures à feu. .
5,000,000
Fabriques de favon.
4,800,000
Bafineries de fucre.
2,700,000
Sels.
1,200,000
Tabac.
1,200,000
Amidon. e
20,000,000
Pécheries.
60,000,000
Arts &c Métiers. .
524950,000
Total,
Cette --- Page 63 ---
Cette fomme de revenu, , quiprovient de l'indufirie,&qui
eft uniquement le prix du travail & de la main-d'aeuvre
divifée par vingt-fix millions fix cent loixante-feize individus, qui eft le nombre des habitans del la France, donne à
près vingt-une livres cingfous par tête, déduéion faite
Sc1 là valeur des matieres premicres comprifes dans le calcul des produ@ions delAgriculture. Heureufement ces produgions de l'induftrie &c celles du fol ne font pas les feules
qui compofent la mafle des richefles nationales ; il faut encore y ajouterl les produétions de nos Colonies.
TROISIE M E P PARTIE
Colonies.
Celles que nous poffédions autrefois étoient très-étendues. A la paix de 1763, elles furent réduites à quelques
ifles dans T'Archipel de l'Amérique ; à quelques foibles établiffemens dans f"Amérique méridionale, &i fur la côte OCcidentale d'Afrique; à deux ifles dans la mer qui baigne la
côte orientale d'Afique, & à quelques foibles comptoirs
dans l'Inde. Nous perdimes les pofietlions immenfes que
nous avions dans l'Amérique feptentrionale: par cette pertc,
nous avons plutôt renoncé aux efpérances qu' elles pouvoient
nous promettre, 2 que nous n'avons facrifié des établiffemens
qui euffent jufqu'alors contribué à donner de l'adivité à
notre Commerce & à augmenter nos richefies. Le Canada,
tenu long-temps fous le joug, du monopole, n'avoit pu
étendre fes pécheries & faire le comierce de pelleteries
que fa pofition lui rendoit facile. Les cultures n'étoient
guere pouffées au delà de ce qui étoit néceffaire pour la
fubfifiance des Colons;! le
grand mal, c'efl que la ceffion
nous en avons faite Py l'Angleterre a augmenté d'autant R puiffance territoriale relative.
La Louiliane 7 que fon étenduc, fa pofition, fa fertilité
appeloit à une grande profpérité, avoit été mgfere pen-
pofition lui rendoit facile. Les cultures n'étoient
guere pouffées au delà de ce qui étoit néceffaire pour la
fubfifiance des Colons;! le
grand mal, c'efl que la ceffion
nous en avons faite Py l'Angleterre a augmenté d'autant R puiffance territoriale relative.
La Louiliane 7 que fon étenduc, fa pofition, fa fertilité
appeloit à une grande profpérité, avoit été mgfere pen- --- Page 64 ---
58 o la perte du Canada elle fut
dant longtemps; & la au Nation moment fur cette Colonie,
Tattention de
portoit cédée à TEipagne.
dont tla France a été de pri- foiSi ces deux grandes moment, poffcflions, étoient dans un état dire autant
rée prefque au mème
on ne peut pas leur en proipenins
bleffe & Vespaneisiemnsene l'Archipel de TAmetiques
fufde nos Iles dans Et
en fairei
en
eartesseien
a lieu d'étonner. pour
de ces Colonies com- proft de dire la confommation dela France, ell,année marductions ESET & de Tindugrie millions au moins, prix aux
mune, un objet de cinquante de ces Colonies, vendues d'exchand, 8c queles proditions tiers de notre Commerce
Etrangers, font à peu presle
en
portation.
de ces Iles confiftent &cc. principalement & en différentes
Les produSions cacao, indigo,
des Efclafucre, café 2 coton 2 qui fervent ila nourriture mille, cultivent
plantes particulierer nombre d'environ fix cent montent à environ
ves, qui,u Tous ces objets rénnis à peu près, font
les plantations. millions, dont les trois quarts,
une partie
deux cents dans les différens ports de la Métropole; des Colonies,
envoyés l'autre quart fournit à la confommation de différentesN Nations,
de refte Senleve par les vaiffeaux
8 Anglo-Amé-
& le
les Anglois, Hollandois,
& fur-tout par
la moitié des produsions
ricains. France confomme environ
dans fes
; le
La Colonies, importées direêtement
avec! ERere frais
de fes forme une branche d'exportation, qui,
furplus
de notre Commerce,fonne
de route, les droits Slebénéficc à cent millions.
en France,
un objet de quatre-vingte de ces
quife confomme néceflaires, 7
La partie
produtions Vhabitude a rendues
fi
confifiant en denrées que nous payerions à TEtranger,
du tribut
nous les procurer,
nous exempte
recours pour l'indufirie nationale,
nous étions
rez
cinaa
& de plus elles EESXERE qui fe confomme en France,
Le fucre brut & terré,
, les droits Slebénéficc à cent millions.
en France,
un objet de quatre-vingte de ces
quife confomme néceflaires, 7
La partie
produtions Vhabitude a rendues
fi
confifiant en denrées que nous payerions à TEtranger,
du tribut
nous les procurer,
nous exempte
recours pour l'indufirie nationale,
nous étions
rez
cinaa
& de plus elles EESXERE qui fe confomme en France,
Le fucre brut & terré, --- Page 65 ---
çoitles dernieres façons dans les Rafineriesétablies dans différentes Provinces du Royaume.
Lc coton fournit la matiere premiereà nos Manufa@ures.
Et l'indigo eft néceffaire à nos teintures.
La branche la plus confidérable de nos exportations en
denrées des Colonies, 2 confifte en fucre brut & terré. Nous
n'exportons que très-peu de fucre raffiné. Il feroit poflible
d'augmenter cette branche d'exportation par des encouragemens plus confidérables que ceux qui lui font deftinés.
Cet objet eft aflez important pour devoir fixer l'attention
du Gouvernement. La diftillation des melaffes paroit également devoir entrer cn confidération. On peut regarderla
défenfe de les diftiller comme une forte d'impôt établi fur
nos Raflineries, puifqu'elle caufe fur cette partie une nonvaleur qui force les Raffineursà augmenter) le; prix des fucres
rainnés 2 & les empêche d'étendre le débouché de leurs fucres au dehors. Indépendamment de cette premiere perte,
la France cft encore privée du bénéfice que la manipulation
de ces diftillerics lui auroit procuré. Cés pertes n' 'ont été
compenfées par aucun avantage, car on ne peut regarder
comme telle la petite commodité qui en ef réfultée pour la
Régie des Aides.
Le motif qu'on a fait valoir pour engager le Gouvernement à porter cette défenfe, a été que la diftillation
des melaffes nuiroit aul débit des eaux-de-vie tirées des
vins de France. La raifon n'étoit que fpécieufe ; en défendant la diftillation des melaffes, on n'a pu défendre de les
vendre à l'Etranger; on les y a fait difiller, & on en a confommé les eaux-de-vie. Ainfi tout le réfultat de la prohibition a été d'avilirle prix des melaffes en France, & de favorifer la main-d'ceuvre étrangere aux dépens de la notre.
On peut même dire qu'elle a plus nui à la confommation
des eaux-de-vie de rainn 7 qu'elle ne l'a favorifée. L'eau-devie de railin eftf fupéricure en qualité à celle des melailes,
qui n'obtiennentla a
que par le bas prix. En avilitfant les melaffes en Ritearr par la défenfe de les dittiller,
Hij
prix des melaffes en France, & de favorifer la main-d'ceuvre étrangere aux dépens de la notre.
On peut même dire qu'elle a plus nui à la confommation
des eaux-de-vie de rainn 7 qu'elle ne l'a favorifée. L'eau-devie de railin eftf fupéricure en qualité à celle des melailes,
qui n'obtiennentla a
que par le bas prix. En avilitfant les melaffes en Ritearr par la défenfe de les dittiller,
Hij --- Page 66 ---
étrangers en état de donner leurs
on a mis les Diftillateurs marché, ce qui Jes a fait préfèrer
eaux-de-vie à très-bon
fait
tirées du raifin ; on a, par confâquent,
aux eaux-de-vie à la culture de nos vignes, qu'à nos Raffineautant de tort
de décider des queftions qui
ries. Ceci prouve qu'avant
il eft effentiel de les entiennent à l'économie politique,
Nous ne regarvifager fous tous les points de vue pofibles. le meilleur ; mais
dons pas notre avis à cet égard comme que les raifons fur
nous le propofons avec confiance, parce de nature à être mifes
lefquelleai'en fondé, nous paroiffent
dans la balance.
méridionale eft
Notre établiffement dans l'Amérique font bien éloignés de ceux
encore bien foible; fes produits
faites fous le derqu'auroient dû luiprocurer les dépenfes La beauté du coton
nier regne pour hàter fa profpérité. faire fouhaiter
la culture
l'on y recueille doit
dire auffi avec
que cotonnier y prenne de &le l'agivité. cafeyer Ony : on y a planté quelfuccès la canne à fucre
girofliers ; ils y ont réuili. Il
ques mufcadiers & quelques s'attache à en étendre les plantations ;
eft à défirer que l'on Colonie, & lui donneroient les
elles enrichiroient la
moyens d'étendre fes défrichemens. auffi promettre des
La nourriture des beftiaux paroit comme on le voit,
avantages réels à cette Colonie, qui, mais dont les produits
préfente de grandes efpérances,
font encore peu confidérables. foit la confommation des proNos Colonies fi utiles,
par induftrie, foit par la mafle
duétions de notre fol & de notre procurent àla France,
des richefles que leurs productions Tactivité qu'elles donnent à notre
ne le font pas moins par de toutes les marchandifes que la
navigation ; le tranfport s'envoient réciproquements marMétropole &les Colonies
eft un objet de
chandifes prefque toutes encombrantes,
200 mille tonneaux par an.
à la côte d'Afrique à
Si on compare nos établiffemens bien médiocres. Auffi
ceux des Anglois, on les trouvera
urent àla France,
des richefles que leurs productions Tactivité qu'elles donnent à notre
ne le font pas moins par de toutes les marchandifes que la
navigation ; le tranfport s'envoient réciproquements marMétropole &les Colonies
eft un objet de
chandifes prefque toutes encombrantes,
200 mille tonneaux par an.
à la côte d'Afrique à
Si on compare nos établiffemens bien médiocres. Auffi
ceux des Anglois, on les trouvera --- Page 67 ---
notre Commerce ne fournit-il pas à nos Colonies en Amdrique le nombre d'Efclaves fufhfant pour leur exploitation.
Nos habitans font fouvent forcés d'acheter des Anglois les
Negres que nos Armateurs ne peuvent leur procurer. I1
en réfulte un double inconvénient; le Commerce Anglois
profpere au préjudice du nôtre, & les Efclaves que nos
rivaux nous fourniffent font prefque toujours le rebut de
leurs Colonies. Moins robuftes, ils fuccombent plus tôt à
la fatigue, ce qui oblige à faire de fréquens renouvellemens.
Ce n'eft pas ici le lieu d'examiner G le Commerce des
Negres eft compatible avec les fentimens d'humanité. Les
raions pour ou contre ce Coinmerce font développées dans
les différens Mémoires écrits fur cette queition, aujourd'hui
vivement débattue en France & en Angleterre. On fe bornera à obferver que tant que les Nations Européennes continueront à faire cultiver jeurs Colonies par des Efclaves,
une Nation dont les poffeffions exigent beaucoup de bras,
doit éviter, autant qu'il efl poflible, d'être dans la dépendance des autres, pour fe pourvoir des Negres dout clie a
befoin.
La traite de ces Efclaves eft le principal objet du Commerce d'Afrique. Onen tire aufli quelques dents d'éléphant,
& de la gomine pour le Comunerce. Une Compagniea obtenu depuis quelques années un privilége exclufir pour CCS
deux derniers articles.
Tous ces établiflemens ne contribuent pas dire@tement
à augmenterles richefles nationales,puifque nous n'y avons
aucune culture, aucun atelier; mais ils font utiles, 1°.
parce qu'ils procurent le débouché de quelques productions dufol & des Manufadures de France. 2".Notre Commerce fait un bénéfice fur les objets
l'on Y acherc,
& que l'on n'auroit que par
du Commerce
Femcait
étrauger, fi le nôtre ne le fournifloit pas.
La France poffede dans la mer qui baigne la côte orientale d'Afrique, deux Iiles, celle dc France & celle de Bour-
; mais ils font utiles, 1°.
parce qu'ils procurent le débouché de quelques productions dufol & des Manufadures de France. 2".Notre Commerce fait un bénéfice fur les objets
l'on Y acherc,
& que l'on n'auroit que par
du Commerce
Femcait
étrauger, fi le nôtre ne le fournifloit pas.
La France poffede dans la mer qui baigne la côte orientale d'Afrique, deux Iiles, celle dc France & celle de Bour- --- Page 68 ---
8:
de ces Ifles confiftent en coton, en
bon. Les, produgions
France
millions
café, dont on apporte en fur-tout pour en quelques comeftibles pour
chaque année ; elle confifte
confommation, & pour Pamtestencoeaide
leur propre font le Commerce delInde. On y a faitl'efvaiffeaux qui du cannelier, du mufcadier & du girofai de la culture
des efpérances. On en
flier, qui ne donnent encore que dont on a eflavé depuis peu
a également quant auxindigots, approcher de la qualité de ceux
la culture 3 ils paroiffent
de Guatemala.
plus couteux
Ces établifiemens ont été jufqu'à eft préfent
pour la
produéifs;, mais leur poffelfion importante des
dans
roudra conferver
comptoirs
REERO tant qu'elle Illes fontl l'entrepôt & le point d'appui de
T'Inde. Ces deux établillemens en Afe; on fait qu'après y avoir
nos foibles
d'éclat versle milieu du fiecle, 2 nous avons
eu un moment
les Nations nos rivales. Des revers
été depuis éclipiés par variations continuelles dans les fyitè.
dans la guerre, des 8 de commerce, ont été les caumes d'adminifiration décadence. Au furplus, ces établiflemens de
fes de notre
qui iaugmentele revenu national;
IInde n'ont aucun produie la perte du commerce prefque unileur but eft de diminuerl faiions dans ces contrées, ennous
quement paflif que nous procureroit à ceux qui en fontles
réfervant ie bénéfice
on ne péut cependant
Agens. Quoi qu'il ne - que fe pallif, falle dans nos mceurs & dans
y Tenoncer, à moins qu'il ne à laquelle on ne doit pas s'atnos goits une rérolution tellement accoutumés aux épiceries,
tenére. Nous fommes des objets de premiere nécoflité. Le
qu'elles font preique
&
étoffes des Ingoir pour les mouffelines pour quelques les plus féreres
des eit fi général, que les prohibitions la confommation. D'ailpourroient tout au plus en ralentir des Indes font néccffaires au
deurs quelques marchandifes il faur donc ou les acheter des
Commerce de Guinée; ou aller les chercher direcautres Nations Européennes, dans laquelle nous ferions d'une
tement. La dépendance
objets de premiere nécoflité. Le
qu'elles font preique
&
étoffes des Ingoir pour les mouffelines pour quelques les plus féreres
des eit fi général, que les prohibitions la confommation. D'ailpourroient tout au plus en ralentir des Indes font néccffaires au
deurs quelques marchandifes il faur donc ou les acheter des
Commerce de Guinée; ou aller les chercher direcautres Nations Européennes, dans laquelle nous ferions d'une
tement. La dépendance --- Page 69 ---
6;
Nation quelconque pour les objets dont nous aurions be+
foin 2 augmentéroit la perte qu'entraine ncceflairement
tout commerce pafif, & elle nous priveroit du bénéfice
que nous pouvons faire en revendant une partie des marchandifes importées de l'Afie aux Nations Européennes qui
n'ont pas des liaifons direftes avec l'Inde. Mais cette obfervation n'a qu'un rapport très-indireét à ce qui concerne nos
Colonies, car On ne peur pas regarder nos poifeflions actuellcs
dans l'Inde comme une véritable Colonie.
C'eft dans l'Archipel de l'Amérique que font, ainfi que
nous l'avons déjà obfervé, nos richeffes coloniales; eiles
forment annuellement un objet de plus de 200 millions; ;
en les joignant aux produits de l'Agriculture nationale, &
à ceux de nos Manufadures & de notre induftrie, la mafle
totale eft au moins de 2 milliards 550 millions 950 mille liyres.
SAVOIR.
Pour les objets d'Agriculture.
1,826,000,000
Pour ceux d'induftrie. .
524-950,000
Pour le produit de nos Colonies. . .
200,000,000
2,550,950,000
On nous reprochera peut-étre d'avoir trop affoibli les
différens produits (); en ce cas, s nous répondrons que nous
avons mieux aimé errer en moins qu'en plus. D'ailleurs
nous avons indiqué les bafes furleiquelles nous avons fondé
nos calculs; il fera facile de les rectifier, à mefure qu'on
fe procurera des renfeignemens plus certains. L'objet principal de notre travail a été de préfenter les maffes qui
doivent entrer dans la compofition du tableau. Ce fera aux
Etats Provinciaux à leur donner leur véritable proportion,
&le fini dont elles font fufceptibles. Nous croyons ne pouvoir pas mieux terminer cettc partic de notre travail, qu'en
obfervant que, s'il efi vrai que la totalité de la population,
(1) Nous nc comprenons pas dans la maffe des produits, les béréfices que
peuvent faire fur lcs Confommaseurs, lcs Négociants 3 Conmifionsnites &
elarchands,
ition du tableau. Ce fera aux
Etats Provinciaux à leur donner leur véritable proportion,
&le fini dont elles font fufceptibles. Nous croyons ne pouvoir pas mieux terminer cettc partic de notre travail, qu'en
obfervant que, s'il efi vrai que la totalité de la population,
(1) Nous nc comprenons pas dans la maffe des produits, les béréfices que
peuvent faire fur lcs Confommaseurs, lcs Négociants 3 Conmifionsnites &
elarchands, --- Page 70 ---
64 Colonies, foit de26 miltant de la Métropole que des de chacun, répartic fur les
lions d'individus, la dépenfe & les grands, n'eft que de
pauvres & les riches, les perirs leur nourriture que pour leurs
90 liv. 8/ 4 d. tant pour
de leur logement, parce
habillemens. Nous ne parlons pas recette le produit des maique nous n'avons pas porté en conféquent porter en dépenfe
fons; nous ne devons Be
individu. En les fiappofant
frais d'habitation
les
Rungrn
les
tête, comme les Anglois fupà raifon de IO liv. par Ja totalité du produit des maiputent, on trouvera que
260 millions.Nous croyons
fons &c bitimens en Franceellde haut, & après y avoir bien réqu'on doit le porter plus toutes les parties du revenu na- à
fléchi, nous eltimons que
peuvent être évaluées
tional, tant foncier qu'induliricl,
de TAgriculture, 2
3 millierds: ; favoir, le revenu prorenant 8c des Colonies, 700
milliards celui des Mamuiactures 8c bâtimens, tant des
millions
& celui des maifons millions. Suivant cette dervilles que C campagnes, fervira 300 de regle pour ce qui nous
niere évaluation, qui nous
la dépenfe de 26 millions
refte à dire, il réfulte que portée pour chacun qu'a
d'habitans, que, nous n'avions liv.
d. Les Anglois
90 liv. 8 F4 d., eft de 115 188
tête, pour
faut au moins
par
eftiment qu'ii
vivre dans
Eaat
chaque individu d'une Nation d'avoir puiffe des produits auffi connous fommes bien éloignés les
à un quart en fus
fidérables. Quand même on c'efl-à-dire, porteroir à 4 milliards,
de notre derniere évaluation,, de 26 millions d'habitans ne
Ja confommation moyenne
dans la maffe totale des produits de notre Agriculrure, qu'ils
(r, Nous faifons tant entrer féculier que régulicr. Quelques Ies
perfonnes à 170 millions reaient 5 nous
ceux doivent du étre Clergé évalués a 130 nillionss le d'autres moyen terme portent entre ces deux être évaluations, cfimés 150
crcyons qu'il convient bruts dc biens fonciers du Clergé peuvenr
les
ESLs
& millions. que produits
Timportation & Tesportatien des objets a que raifon nous de
(:) Non compris le ftet pour & que nous en tirons. En lc calculant 25 millions.,
envoyons dans nos tonncau, Colonics, prix moyen, il forme un total d'environ
fcroit
130 jivzes par
moyen terme portent entre ces deux être évaluations, cfimés 150
crcyons qu'il convient bruts dc biens fonciers du Clergé peuvenr
les
ESLs
& millions. que produits
Timportation & Tesportatien des objets a que raifon nous de
(:) Non compris le ftet pour & que nous en tirons. En lc calculant 25 millions.,
envoyons dans nos tonncau, Colonics, prix moyen, il forme un total d'environ
fcroit
130 jivzes par --- Page 71 ---
G;
feroit que de 150 liv. & un peu plus. Mais nous perfftons à croire
nos produits en tous genres ne vont pas
à plus de S Slitude
C'efl cette mafle de richeffes que le Négociant,le Commerçant & le Marchand font chargés de rapprocher des
Confommateurs. Sans ce rapprochement, le Cultivateur,le
Manufasturier & l'Artifan fe trouveroient furchargés de
toute la, portion de leurs travaux qui ne feroit pas néceffaire à leurs befoins, & d'autre part ils éprouveroient la
difette des objets que. leur travail perfonnel ne leur auroit
pas procurés. Soit que cette communication fc faffe par
réchange réciproquedes différentes produétions en nature,
ou qu'elle s'opere par le moyen des monnoies qui font la
repréfentation de toutes les valeurs, les effets en font les
mâines; & ce font ces échanges, de quelque maniere qu'ils
fe faffent, qu'on appelle proprement Commerce.
Lorfque les productions dui fol & de l'induftrie font livrées
aux confommateurs
habitent le Royaume, la communication quileur eil Adrtd des chofes néceliairesaleurs befoins
réels ou factices, prend la dénomination deCommerce intérieur; quand au contraire les producions du fcl & cellesde
l'induftrie nationale font envoyées à T'Etranger, cette communication s'appelle Commerce extérieur; mais comme il
ne fe borne pas uniquement à exporter, & qu'il s'occupe
encore à importer dans le Royaume des produéions étrangeres, il fe fubdivife néceffairement en Commerce alif
ou d'exportation, & en Commerce pafif ou d'importation.
Quoique ces diftinéions foient connues aflez généralement, cependant nous avons cru devoir les rappeler, afin
der nous rendre plus intelligibles. Elles trouveront leur application dans les deux dernieres Parties de ce Mémoire >
qui ont principalement pour objet d'expofer les principes
enmatiere de Commerce tant intéricur qu'extéricur.
I
produéions étrangeres, il fe fubdivife néceffairement en Commerce alif
ou d'exportation, & en Commerce pafif ou d'importation.
Quoique ces diftinéions foient connues aflez généralement, cependant nous avons cru devoir les rappeler, afin
der nous rendre plus intelligibles. Elles trouveront leur application dans les deux dernieres Parties de ce Mémoire >
qui ont principalement pour objet d'expofer les principes
enmatiere de Commerce tant intéricur qu'extéricur.
I --- Page 72 ---
QUATRIEME PARTIE
Commerce intérieur.
Nous commencerons par le Commerce intérieur; EPRUE
nous croyons
cathr
en faire fentir toute l'importance, le
aflez univerfellebord nous attacher à détruire préjugé intérieur eft beaucoup
ment répandu, que le Commerce
parce qu'il n'y
moins avantageux que cclui d'exportation, nationale.
a que celui-ci qui augmente la richelfe vraie pour toutes les
Cette raifon n'ef pas abfolument &x elle left encore moins pour la
Nations indiftingement,
nombre des autres PuiffanFrance, que pour le plus lc détail grand dans lequel nous allons ences commergantes;
trer en convaincra. du Commerce eft incontefiablement
L'objet principal dans l'aifance, par le travail, le plus grand
d'entretenir d'hommes qu'il eft poflible; on ne fçauroit révonombre
Le Commerce le plus avanquer en doute cette celui propofition. contribuera le
à T'alivité
fera donc
qui
tageux
en
grand
P
des travaux de toute efpece, du fol procurant & de
Or que
des
TER
débouché le producions montant de nos exportations en tout genre
l'on compare
confommations intérieures, & on reavec celui de nos
avoir aucune proporconnoitra qu'il n'y a, ni ne peut y
tion.
les
ou nos exportations ont été les
En effet, dans elles temps ont monté à peine à 500 millions;
plus confidérables, diminuées depuis, tandis que nos conelles font beaucoup
l'augmentation
fommations intérieures ont augmenté du par numéraire. Elles
dela population & par F'accroifement aux peuples, que les
fourniffent dix fois plus elles d'occupation font dix fois plus avantageufes
objets exportés; donc
à TÉtat.
ni ne peut y
tion.
les
ou nos exportations ont été les
En effet, dans elles temps ont monté à peine à 500 millions;
plus confidérables, diminuées depuis, tandis que nos conelles font beaucoup
l'augmentation
fommations intérieures ont augmenté du par numéraire. Elles
dela population & par F'accroifement aux peuples, que les
fourniffent dix fois plus elles d'occupation font dix fois plus avantageufes
objets exportés; donc
à TÉtat. --- Page 73 ---
De.cette premiere conféquence il en réfulte une feeonde ; c'eft que f, par la fupprefion des entraves qui
gênent linduftric & nuifent à notre Comme:ce intirieur,
on parvenoit à augmenter Taifance géndrale au point
d'augmenter nos confommations d'un dixieme, 2 & çue
ces confommations portaffent fur des produéions nationales, on procureroit autant du travail au Peuple, que
fi,
les Traités de Çommerce les plus avantageux, &
par R découverte d'un Nouveau Monde, on venoit à
doubler la maffe de nos exportations. Cc point de vue
fuffiroit feul pour décider la quelton en faveur du Commerceintérieur; mais ils'elevc encore en fa favcur d'autres
moyens auili décififs.
En effet, non feulement le Commerce intérieur eft
beaucoup plus étendu que le Commerce extérieur, mais
encore il eft le plus fur. Sa confervation dépend de nous,
onne peut nous en enlever aucune branche dans notre confentement. On re peut pas en dire autant du Commerce
extérieur; car, quelque avantage que puiffent nous donncr
hos producions réellesou induitrielles, telque foitl'attrait
des Etrangers pour nos inventions dans les chofes de gout,
ou dans celles relatives aux Arts, ces avantages ne font
point exclufifs : d'autres Nations penvent nous fupplanter
dans la vente des denrécs dont le débouché nous a enrichi jufqu'à préfent. Les Arts qui ont amené l'or étranchez nous, peurent fe fixer ailleurs ; & ce
nors
à ce fujer n'elt pas une pure fitppolition.
vins
SRera
RE
paroiffoient, & font récllement, d'une çualité fupérieure
a ceux de toute T'Europe, f on en excepte les vins de
liqueurs., dont On fait peu d'ufage; nous ne devions
conféquent appréhender que d'autres leur fulfent TA2S
Eanasr cependant le Portugal a réufhi à nous enlever, à cet
égard, la confommation de la plus grande partie des habitans d'Angleterre.
Quant aux objers de luxe. 7 celles des Nations de l'Europe qui font en état de les confommer, ont toutes des
I i;
ceux de toute T'Europe, f on en excepte les vins de
liqueurs., dont On fait peu d'ufage; nous ne devions
conféquent appréhender que d'autres leur fulfent TA2S
Eanasr cependant le Portugal a réufhi à nous enlever, à cet
égard, la confommation de la plus grande partie des habitans d'Angleterre.
Quant aux objers de luxe. 7 celles des Nations de l'Europe qui font en état de les confommer, ont toutes des
I i; --- Page 74 ---
68c'efflà
Artiftes rivaux des nôtres. Ne nous y trompons pas;
des caufes de la diminution de nos exportations.
uné
attendre
cette diminution deNous devons nous
que
fenfible, &
viendra tous les jours de plus en plus chofes dont a
la longue nous n'exporterons que les
& qu'elles
autres Nations auront un befoin indifpenfable, compte qu'en
fe procurer à meilleur
ne pourront pas
a fait un Ouvrage ou Tableau
France. Aufli un Auteur Hollande, qui obferve-t-il avec raifon ,
du Commerce de la examiner attentivement la marche
%
fi l'on vouloit chez toutes les Nations Européennes, on
>> 35 Vinduftrie
tous les dif-
>> pourroit voir dans un avenir très-prochain naturel. Sous cette
>> férens Etats faire leur Commerce naturel, on doit entendre,
5> dénomination de Commerce
le Commerce inté2 & mettre dans le celui premier des rang, objets que nous pouvons
>> rieur, & enfuite
nos rivaux 6. La Chine,
$5 donner à meilleur compte que millions d'individus, n'eft
qui contient dans fon fein cent
la nourriture & le
tributaire d'aucune autre Nation pour
intérieur lui
vêtement de fes habitans ; fon Commerce faire entrer en
fuffit à clle-même, car on ne peut Rc fes États chez
ligne de compte ce qui s'exporte fur-tout fi on le compare à
les Puiffances Europtennes, intérieure. , Donc il n'eft pas néceffaire
fa confommation
pour acquérir des
d'avoir un Commerce d'exportation,
font celles
richeffes. Les premieres & les plus précieufes
du Pour fol. en-I retirer tous les avantages qu'il peut procurer
moyens doivent concourir; nous en avons déjà
plufieurs
dans le cours des réflexions
indiqué quelques-uins
fur nos E
nous avons
tant fur l'Agriculture que
filtes, & nous avons mis au premier rang
férentes Fabriques,
elle n'eft pas moins néceffaire
T'aifance du Cultivateur;
donner le plus d'agtivité
qu'une grande population, intérieure pour des produétions du fol.
poffible à la circulation
nous entendons qu'elle
Quand nous parlons de l'aifance,
en avons déjà
plufieurs
dans le cours des réflexions
indiqué quelques-uins
fur nos E
nous avons
tant fur l'Agriculture que
filtes, & nous avons mis au premier rang
férentes Fabriques,
elle n'eft pas moins néceffaire
T'aifance du Cultivateur;
donner le plus d'agtivité
qu'une grande population, intérieure pour des produétions du fol.
poffible à la circulation
nous entendons qu'elle
Quand nous parlons de l'aifance, --- Page 75 ---
doit être proportionnelle ; car fi beaucoup d'habitans
étoicnt très-pauvres 7 & que le plus petit nombre fit
très-riche, la dépenfe de ceux-ci n'égaleroit
Içur
fuperflu; ; une partie de la circulation qui devroit Pe faire,
feroit arrêtée ; le Peuple auroit à peine de quoi fubvenir
à fes premiers befoins par fon travail; ; &c chaffé de fon
pays par la mifere, il iroit chercher ailleurs de quoi
fublifter. On ne peut regarder la circulation comme parfaite dans un Etat, qu'autant que chacun peut dépenfer
quelque chofe au delà du néceflaire qu'ils'eit procuré par
fon travail ou par toute autre cfpece de revenu. La trop
grande différence dans les fortuncs dcs Particuliers 7 en
juppofant même qu'elles circulent entiérement, 2 peut bien
faire valoir certains Arts de luxe, & enrichir les Ouvriers
qui lcs exercent ; mais elle ne fera pas valoir les Arts
néceffaires, 7 tels que l'Agriculture, 7 autant que l'auroit
fait une proportion plus rapprochée de l'égalité, La raifon
en eft que le Peuple, qui nc combine
l'avantage
général, abandonne l'Art le moins itaufrieu pour celui qui
Peft davantage. Infenfiblement les campagnes fc dépeuplent, le produit des Arts néceffaires s'anéantit. Son ancantiffement force alors de recourir à l'Etranger pour les
premiers befoins de la vie ; les fecours qu'on en tire
épuifent la Nation de fon argent, & par un contre-coup
inévitable, les Arts agrcables fuccombent à leur tour
fous la loi de la néceflité.
Ces réflexions ne font pas de nous, elles ont été faites
par le Traducteur d'un Ouvrage intitulé le Négociant Anglois, 2 qui lcs a mifes en note dans fa Traduction, 2 page
210, toine premier ; nous les avons copices mot à mot,
parce qu'elles nous ont paru très-judicieufes, & s'appliquer parfaitement à notre fujet.
Mais comment procurer de l'aifance aux Cultivateurs?
Nous nc connoiffons pas d'autres moyers, 1°. que la diminution des impofitions ; 2°.1 l'égalité dans leur repartition. :
go la plus grande augmentation poflible dcs befiaux. La --- Page 76 ---
fituée, 70
qu'on peut y élever &
France eft fi heureufement d'animaux nécefaires pour
y multiplier toutes les efpeces des chevaux convient mieux
ia culture. Ici Téducation du Royaume 3 la celle des
que dans une autre partie celle des moutons réuflit
bétes à cornes eft preférable; de bien choifir les difprefque par-tout : i ne s'agit que conviennent le mieux
férentes efpeces de beltiaux du qui climat & à la qualité des
relativement à la nature
à cet égard aux Culpiturages. On peut s'en
leur intérêt perfonnel feront
tivateurs. Leur expérience
a
culture. Ici Téducation du Royaume 3 la celle des
que dans une autre partie celle des moutons réuflit
bétes à cornes eft preférable; de bien choifir les difprefque par-tout : i ne s'agit que conviennent le mieux
férentes efpeces de beltiaux du qui climat & à la qualité des
relativement à la nature
à cet égard aux Culpiturages. On peut s'en
leur intérêt perfonnel feront
tivateurs. Leur expérience
a des guides plus furs que toutes les differtations ainfi qu'on fur
faites fur la grande & la perite culture, 5 En que louant
d'autres branches de TAgriculture.
beaucoup le zele 8c les efforts de ceux qui ont cherché à répandre denous croyons
des lumieres fur cet objet important,
matiere, de
voir dire qu'il eft bien diticile, en à toutes pareille les qualités de
donner des principes des applicables expériences qui ont eule; plusg grend
terreins. D'ailleurs, ont été faites en petit, ne prouvent
fuccès loriqu'elles fouvent elles font en défaut quand elles
rien 3 le plus
En général ce ne iont pas les
font exécutées en grand.
s, ce font les
lumieres qui manquent aux Cultivateurs rien. La feule expérience
moyens; on ne fait rien avec c'eit qu'on
arec des
inconteftable en Agrieulaure, fertile le terrein le plus peut, ingrat. On ne
engrais * rendre augmenter le nombre des beftiaur, De
fcauroit donc trop
qu'on peut donner à T'Agricultous les encouragemens n'eit prérérable. On ne pourra pas en douter,
ture, aucun
nous fommes tributaires de MEtranger
fi on confidere que le beurre & le fromage. Quelques milpour la viande,, dans les campagnes, en nous attranchif- de
lions répandus de tribur que nous fommes obligés
fent de T'eipece
cès comettibles, deviendroient
payer pour nous procurer fource abondante de richeffes pour
fuccefifrement une
pareil encouragement doit être
PÉtat. Il eft vrai qu'un d'attention & de difcernement,
diftribué avec beaucoup
fi on confidere que le beurre & le fromage. Quelques milpour la viande,, dans les campagnes, en nous attranchif- de
lions répandus de tribur que nous fommes obligés
fent de T'eipece
cès comettibles, deviendroient
payer pour nous procurer fource abondante de richeffes pour
fuccefifrement une
pareil encouragement doit être
PÉtat. Il eft vrai qu'un d'attention & de difcernement,
diftribué avec beaucoup --- Page 77 ---
afin qu'il ne tombe pas en pure perte ; mais ce fera aux
Aflemblées Provincialesà prendre les précautions néceffaires
pour éviter cet inconvénient. On doit également s'en rapporter à leur fageffe > en ce qui concerne la répartition
des Impôrs.
Quant àl la nature de l'impofition, elle ne fait pas partic
de notre travail ; fi nous ofions hafarder notre avis à ce
fujet, nous n'héfiterions pas dans le choix. L'impofition
territoriale nous paroit être la feule admifible pour parvenir à la plus grandcégalité dans la répartition 2 laufa fuppléer au défcir par des droits fur les confommations.
Dans l'état aciucl des chofes, ces droits font beaucoup
forts. Quoique ce foit le Confommateur qui en
EOE les avances cependant en définitif les Propristaires des biens de campagne en
la plus grande
partie par un contre-coup inévitable. PMESTLE effet, T'Acheteur
fait fon prix en raifon de la quotité des droits qu'il a
à payer. Dans les années d'abondance, les droits montent
fouvent auffi haut que la denrée : le Cultivateur trouve
à peine les frais de la culture &c de la récolte 3 il ett
forcé de regretter qu'elle ait été auffi bonnc. Dans les
années ordinaires, il eft plus heureux; mais les bénéfices
qu'il peut faire font toujours tres-médiocres, parce que
le prix de l'achat de la denrée n'angmente que tres-peu,
& en raifon feulement du riique qu'il
y avoir qu'elle
ne foit pas affez abondante. Ilne peut Be avoir de l'avanque dans celles oùt la denrée ett plus rare ; mais
SRa de la vendre au moment même de la récoite 2
pour payer fes impofitions & les frais de culture 2 ce
n'eft pas lui, ce font les ipéculateurs qui profitent du
furhauffement du prix.
On doit attribuer à CCS différentes caufcs la répugnance
des Cultivatcurs à fe livrer à des défrichemens : mais il
en eft une particuliere : l'augmentation de produit que
les défrichemens procurent, font fouvent un motif pour
augmenter les impofitions du Cultivateur 3 c'eli couper
l'arbre par la racine, pour en cueillir les fruits. Si On ne
pas lui, ce font les ipéculateurs qui profitent du
furhauffement du prix.
On doit attribuer à CCS différentes caufcs la répugnance
des Cultivatcurs à fe livrer à des défrichemens : mais il
en eft une particuliere : l'augmentation de produit que
les défrichemens procurent, font fouvent un motif pour
augmenter les impofitions du Cultivateur 3 c'eli couper
l'arbre par la racine, pour en cueillir les fruits. Si On ne --- Page 78 ---
fe Aatter
manvais calcul, on ne fçauroit
fe
remédie pas à ce
le riche Propriétaire., de
Agrieulteur, 9 excepté d'y remédier feroit
qu'aucun détermine à défricher. affranchira Le moyen de toutes impofitions 2
rendre une Loi qui
plus ou moins long: les terpendant un efpace confiatés de temps n'avoir été travaillés être
reins qui feront ans. Il fera ReeiEs pour
trente ou quarante vérité du fait, que le proces-venal @
certain de la
dreflé en préfence des Syndics
le conflatera foit
Paroiffes.
auffi donner des encourage- érablir des
Les Provinces pourroient le Culrivateur pauvre à des mbriers';
mens, pour engager à planter des oliviers de &
pour
ruches a miel, également tributaires TÉtranger
A
car nous fommes T'huile & la foie.
de dire, on doit en
la cire, ce
nous venons
de l'état
De tout
que
ett bien éloignée
conclure que notre Agriculture arriver. Nous ne fçaurions de
de perfetion oil elle pourroit défaut d'étendue & de fertilité mais,
nous en prendre n'avons au rien à défirer à cet égard;
à
notre fol, nous ce font les moyens qui manquent les chofes
nous le répétons totalité 2 des Culfivateurs. Tant d'augmenter que
nos
la prefque ainfi, nous ne devons pas efpérer ils font fulcepmibles aul
feront
Cependant
millions
produits en ce genre.
& cinq cents
moins d'un
dangméntation. de chofe dans la mafle générale
de plus ne Sarp pas L'aifance pett qu'une pareille augmentation ; car Jes
de ia circulation. indueroit bientôt fur la population trouve un travail
precureroit, abondent par-tout ou il fe Le défir de fe reprohoimes
kcommodément.
être dominé
qui les fait fubfifier fi puiffant, qu'ii ne peut une fubduire a un atrrait crainte de ne pouvoir pas procurer le jour; malque par la aifée à ceux à l'on donneroit T'Ouvrier ont
fiftance
le Payian ELIO que
article. a: Si
heureufement
a calculer fur cet
moins
comme les autres 2 la population, elle n'eft pas nuilible
crainte ef funefte pour
de fe reprohoimes
kcommodément.
être dominé
qui les fait fubfifier fi puiffant, qu'ii ne peut une fubduire a un atrrait crainte de ne pouvoir pas procurer le jour; malque par la aifée à ceux à l'on donneroit T'Ouvrier ont
fiftance
le Payian ELIO que
article. a: Si
heureufement
a calculer fur cet
moins
comme les autres 2 la population, elle n'eft pas nuilible
crainte ef funefte pour --- Page 79 ---
nuilible au progrès de nos ManufaAurcs ; nous ne
rions nous abuier à cet égard.
fgauNos fabrications dans tous lesgenres ne font pas auffi ani
mées qu'elles pourroient l'être. Nous avons oblervé dans le
dernier calcul qu'en portant à trois milliards] la totalité des
revenus de la France 2 le produir de finduntie, ou autrement lc prix du travail devoity entror pour iept cents milJions. Cette fomme'divifée & répartic fur vingt-fix millions
d'individus de tout àge & de tout fexe, tant de la France
que des Colonies : ne formeroit
chaqueindividu qu'environ vingt-fix livres dix-huiefous, PORE deniers; & encore comprenons-nous dans ces fept cents millions, comme produit
de la main-d'ceuvre & du travail, la moitié des revenus de
nos Colonies, quoique la plus grande perriede ces revenus
appartiennent au falkaTAgrieninure Mialgré cela, nous ne
trouvons que vingt-fix livres dix-huit fous fix deniers pour
chaqueindividu, y compris les riches &lesipauvres. Certainementune pareille fomine n'cipas propettionnteilimafs
du travail qu'on auroit droit d'atrendre d'une population de
vingt-fix millions d'individus qui habitent un pays aufli indufiricux
Francc, & on ne peut voir qu'aréc peinc &
avec Endea nous fovons obligés de payerchaqueannée
àl'Etranger adtO fommes confidérables, foit pourlavaleurdes
matieres premicres néceffaires à nos fabriques, foit pour le
prix des étoffes fabriquées. Nos imporrations pour ces objets
montent annucllement à plus de cent cinquente millions.
Nousne comprenens pas dans cette fomme les articles pour
lefquels nous fommes abfolument obligés d'avoir recours à
T'Etranger, > tels que les épiceries S quelques autres de la
même nature ; nous ne parlons que desmatieres premieres
que nous pourrions récolter en France & dans nos Colonies, ou des marchandifes
nous pourrions fabriquer. Il
fuffit que nous foyons aRares à cet égard del'Erranger,
pour que nous foyons fondés à en conclure que nos Manufactures, ainfi que notre Agriculture , n'ont pas toute l'aétivité qu'elles pourroient avoir, & dent nous aurions befoin
K
épiceries S quelques autres de la
même nature ; nous ne parlons que desmatieres premieres
que nous pourrions récolter en France & dans nos Colonies, ou des marchandifes
nous pourrions fabriquer. Il
fuffit que nous foyons aRares à cet égard del'Erranger,
pour que nous foyons fondés à en conclure que nos Manufactures, ainfi que notre Agriculture , n'ont pas toute l'aétivité qu'elles pourroient avoir, & dent nous aurions befoin
K --- Page 80 ---
74 Ce mal eft d'autant
de bras
REL
pour notre propre dansle confommation. Royaume beaucoup feroient occupés utiJoin de lui être à charge,
qui,
2 foit de ceux qui
FREE
lement.
le nombre des pauvtes
& dans les
On compte habinielement que
afile dans les Hopitaux d'aumônes putrouvent de charité, foitdes entreuguivivenee les Provinces, eft denvion
Maifons
à Paris & dans
à raifon de vingt
bliques & fecretes mille (), c'efed-dire, furdeux , mille fx cent
cen trois quatre-vingt lieues quarzées, ou de vings
que proculfur
individus (2). lstn-denste Templor des cent
cmquoieadese
& à nos Fabriquies la fomme de trareroit à TAgriculture
de beaticoup oitufs valides. Quant
cinquante Acihonseacienuing occuper Jes bras & aul delà des factivail néceflaire feroit dedommage
avantages de
aux
venir à leur fecours, parles foit fouvent
RCnCE
fices qwilfait poury intérieure. Quoique la mendicité exemples,
la circulation la parefle & parlest mauvais fa fource dans BPE le
engendrée dant le plus par onhishemencelle de prend travail , ou par cette humainé. mulfoin occafionné parle auxqueiles manque eft fujette lefpece qu'il net peut
titude d'infirmités déferte les campagnes parce
à
ne
Refen moriffengage
Le Payfan une exiflence aiféc;le
apprendre un Art
pas y trouver fes enfans dans les villes, de pour TAgriculture, y
ou pour
envoyer plus lacratif que celui celfations de travail, a corrupquilcroir fervir) les riches ; mais les les fuivent de prés, Sviennent la meny tion des moeurs, & la leur mifere, refte d'autre reflource que
Jes y, affiéger. I1 ne faire les réglemens les plus fages pour au
dicité. On aura beau réuflira jamais, fi on ne procure pas
la bannir, on n'y
Riglemuns publiés en
Ouvrage intitalé No:ice Londresen des prinripaus 1788.
cent
Angln (t) terres Voyez concermant! un peric les Paxvres, d'une imprinéàl lieuc quarrée étant deux cn mille France fept de neuf ccnt qaa-
(*) La ropulation moyenne de treis licues quarécs cit dc
quaze, la ropelation
Nause-cinc.
ira jamais, fi on ne procure pas
la bannir, on n'y
Riglemuns publiés en
Ouvrage intitalé No:ice Londresen des prinripaus 1788.
cent
Angln (t) terres Voyez concermant! un peric les Paxvres, d'une imprinéàl lieuc quarrée étant deux cn mille France fept de neuf ccnt qaa-
(*) La ropulation moyenne de treis licues quarécs cit dc
quaze, la ropelation
Nause-cinc. --- Page 81 ---
75.
pauvre les moyens de pouvoir fublifter par fon travail.
Tel doit érre &tclef cRodivement.lobjer des Arts & des
Manufactures; mais pourle remplirdans tourcfon étendue,
ilr ne faut pas perdre de vue deux maximes principales concernant lc Commerce intérieur. L'une, que limportation
des marchandifes étrangeres qui empéchent la confommation de celles du pays, ou quiseifent au
de fa culturc, entraîne néceflairement à la longue LPE ruine d'une
Nation. L'autre principe cft, quetoute importation d'objets
uniquement de luxe, en échange de l'argent, ne doit être
autoriféc & permife que lorique la pius grande partie des
objets importés cft deflinée à être réexportée & qu'elle
préfente a la réexportation un bénéfice qui puiffe dédominagerla Nation de la perte qu'ellefera fur la partie qu'elle
a-gardée pour fa. confommation.
Ona cfayé, dans un Ouvrage qui a paru depuis peu, de
répandre des doutes fur la vérité de ces deux principes 2 &
on s'eft fondé fur une prétendue maxime, que vendre c'eft
acheier, & qu'acheter c'eft vendre , puifque T'argent n'eft
qu'une marchandife. Cent mille ecus en argent ne valent
micux que cent mille écus en marchandifes; il eft fort Rmifct
rent diétre payéd'une maniere oud'une autre ; &d d'après cette
maxime, on a conclu que le bénéfice fur le change eft le
feul proft réel de CC qu'on appelle la balance du Commerce.
Si on n'avoit pas préfentela maxime comme devants'appligperindifirsimmentà tous les C2s pofibles, nous nel'aurions pas relevée; mais comme on a cherché à la faire fervie
de bate à des réfolutions tres-importautes pour la profpérité
du Commerce national, nous avons cru devoir renfermer
cette maxime dans fes véritables bornes. Nous convenons
qu'en général cent mille écus en argent ne valentpas micux
que cent mille écus sen marchandifes. ; mais l'achat des marchandifcs montant à trois cents mille livres, peut être une
opération ruineufe, comme elle peut devenir une opération
Kij
a cherché à la faire fervie
de bate à des réfolutions tres-importautes pour la profpérité
du Commerce national, nous avons cru devoir renfermer
cette maxime dans fes véritables bornes. Nous convenons
qu'en général cent mille écus en argent ne valentpas micux
que cent mille écus sen marchandifes. ; mais l'achat des marchandifcs montant à trois cents mille livres, peut être une
opération ruineufe, comme elle peut devenir une opération
Kij --- Page 82 ---
76 doivent être confommées de par dilucrative. Sices marchandifes leur achat eft une caufe fois
la Nation les achete 2
ces matchandifesnine
minution 2 fes richelfes, eft
du numéraire a fervi
2 la Nation
repréTA
#
confommées.
& qu'il ne lui refle rien pour eit un
à leur
l'achat de ces marchandifes on fe
fenter. Sree au contraire, &
lieu deles confommer luobjet de (péculation 2 qu'au cette opèration peut devenir
propole de les revendre, benéfice fur la revente. Auffi n'avons-nous les
crative par le
qu'avec la reftricion que
admis une partie du principe, feront neexportées. Il faut vis-à-vis raifon- les
marchandiles importécs à l'intérèt relatif d'un Etat, furlesfpéner par Etats rapport de TEurope, comme On raifionneroit fes capiautres d'un Négociant: Celui qui emploieroit bienloin de les reculations à l'achat de diverfes étoffes, & qui, 8c en ameubleraux. les confommeroit en habillemens bien riche?
vendre , lui & pour fa famille, deviendroire-il pas dans
mens
quia achete pour Hletommerret-eler
les
E
Senmichit-ellet
le cas de ce Negociants aflez dit fur cette queftion, pouri mettrel ce
Nous en avons état de la décider, & nous revenonsi
bons efprits en Commerec intérieur. Pour qu'il
le
pas
E
peut concerner dontil eft fufceptible, cen'eit fourcesfoit enavoirt toutelatihic en doit tétrelal premiere & fur-tout
Ruthgnealuseali de toutes les inanieres diminution pollibles, & Yégalité Res
couragce Yabondance des befianx, par la
une jufte proportion
dans leur répartition, par necemic,tile
impofitions la valeur des denrées sde
; ce n'eft pas s
entre
du panten
dutravaildu Cultivateur&
foient protégés,
les Manufactures 8 les national Manufaduriers toutes les matieres
que puiffent tirer du fol recourir à TEtranger pour fe tie
Qu'ilsr mieres fans être obligés de leurs produclions ne foient
cC n'eft pas affez diminutions que
parune grande
procurer: expolses à éprouver des dans le Royaume cuntifar de
à laiffer introduire
que les leurs; ce n'eft
même
EART
la même efpece & du
genre
&
foient protégés,
les Manufactures 8 les national Manufaduriers toutes les matieres
que puiffent tirer du fol recourir à TEtranger pour fe tie
Qu'ilsr mieres fans être obligés de leurs produclions ne foient
cC n'eft pas affez diminutions que
parune grande
procurer: expolses à éprouver des dans le Royaume cuntifar de
à laiffer introduire
que les leurs; ce n'eft
même
EART
la même efpece & du
genre --- Page 83 ---
affez
nos mines 2 principalement celles de charbon
Eeafer 2 Renes exploitées avec plus d'intelligence & d'empreffement qu'elles ne l'ont étéjufqu'à préfent;que nos pècheries foient beaucoup plus animées, 2 qu'elles foient débarraffées des entraves qui les génent; que les Arts utiles
foient préférés aux Arts agréables 3 que tous les bras foient
employés, & qu'ilne refe d'oififs que ceux qui n'ont pas la
force de travailler : tous, ces avantages, quelque grands
qu'ils foient, ne produiront pas encore, pour la circulation
intérieure, ,tout l'effet qu'on auroit droit d'en attendre, tant
que l'Etat ne fera pas réuni en un feul corps dont tous les
intérêts feront communs.
La difinétion entre les Provinces de Tintérieur, celles
réputées étrangeres & celles à l'infiar de l'Etranger cffe@tif,
fépare, quant aux traites, le Royaume en trois parties différentes, & cette féparation eft peut-ètre un des obflacles les
plus forts aux progrès de notre Commerce intérieur. Depuis
plus de cent ans, TAdminifiration eft occupée des moyens
de rendre uniforme le tarif des droits fur les marchandifes
étrangeres importées dans le Royaume, & fur celles qui
en font exportées ; il faut efpérer que ce grand ceuvre,
que nous regardons ccmme un des plus importans pour
la profpérité nationale, fe confomméra, 2 & nous annonçons avec plaifir que ce tarif elt tout prèt. Mais comment
le faire exécuter tant que. les Provinces, à l'inflar de T'Etranger effedif, ou cciles répurées étrangeres, ne voudront
pas fe départir de leurs priviléges ? Eh quel privilige plus
abufifque celui qui expofela plus grande partie dela Nation
à fc voir inondée de marchandiles étrangeres, fi elle ne
fait pas des frais immenfes pour en empicherfuntrodadiont
privilége cncore que celui de ne pouroir confommer
marchandifes
E
nationales, qu'en payant chérement la
condefcendance du Gouvernement ale permettre! Quel privilége enfin que celui qui réduit une portion des habitars du
Royaume à ne pouvoir faire d'autre Cominerce que lc Com-
partie dela Nation
à fc voir inondée de marchandiles étrangeres, fi elle ne
fait pas des frais immenfes pour en empicherfuntrodadiont
privilége cncore que celui de ne pouroir confommer
marchandifes
E
nationales, qu'en payant chérement la
condefcendance du Gouvernement ale permettre! Quel privilége enfin que celui qui réduit une portion des habitars du
Royaume à ne pouvoir faire d'autre Cominerce que lc Com- --- Page 84 ---
78 font ni les Négocians, : ni les
ce ne
à Tuniformite des
merce étrungeriAuf honnètes qui s'oppoient d'une part,les fraudeurs
Commercans sd'entée & de fortié. Ccfont, un Commierce;d d'autre
droits
la contrebande comme
denrées de Vintéquirerondenul
qui emignentquele qui diminuera
part, lesP Propriétaires
une concurrence tout dire, ce font
ricur du Borsinenloreet celles
récoltent; &.pour
que tout
la valeur de vivant quils de leurs rentes, confommation quic calculent particules perfonnes ils auront befoin pour leur méritent certainement auce dont enchérira. Les premiers ne en méritent beaucoup
liere
Les troifiemes fçauroit T'emporteri fur
cune confidération, particulier ne
de fonds, s'ils
mais leurintérét Quant aux Propriétaires procure à une
Ratar général.
des arantages que
fait tvaloir
pouvoient fe convainere bien animé, & combien abondante 7
Trovince un Commerce cireulation du numéraire plus Au
une
furplus,
les propriétés
qu'ils ne dungaxfendants nous ne
rien
nous ne doutons
traitée, que
pourons la confia
CE2ROA
cette quellion: mieux de renvoyer ceux quivroudient aux Oufaire de
points de vue qu'elle préfente,
dérer fous tous ferp été faits pour 8c contre.
d'une
qui ont
d'examiner une autre queftion d'autant plus :
HRECAT icile moment & dont la folution mérite de
égale importance 9
infuer furla décifion plafieurs
d'attention, qu'elle peut Commerce intérieur qu'esetieur. le
autres relatives tant au s'il faut abandonner entiérement à la.
Elle confifte à favoir &s'en rapporter uniquement faut) laifCommerce àlui-mème, & du Commergant, ou être s'il affuré que
bonne foi du Négociant Loix & des Réglemens, pour
fer bonne fubfifierdes foi fera refpecée,
penfent que la moinla
de lal liberté indéfinie
le meilleur
Les partifans eft nuifible au Commerce; exifte que un Comdre contrainte eft-celui qui oublie qu'il fouvenir que
le
Gourernement qu'il ne doit s'en
& fadans PEtat;
Var
merce
mer & par terre,
pAnieaaengr
proréger par
Négociant Loix & des Réglemens, pour
fer bonne fubfifierdes foi fera refpecée,
penfent que la moinla
de lal liberté indéfinie
le meilleur
Les partifans eft nuifible au Commerce; exifte que un Comdre contrainte eft-celui qui oublie qu'il fouvenir que
le
Gourernement qu'il ne doit s'en
& fadans PEtat;
Var
merce
mer & par terre,
pAnieaaengr
proréger par --- Page 85 ---
ciliter les communications 2 en ouvrant des canaux & des
chemins; ; ils bornent à CCS feuls objetsl'office dela puiffance
publique.
Les partifans de l'ancien régime réglementaire défireroient au contraire que l'Adminifiration veillit fans ceffe à
cC qu'une branche de Commerce n'intercepte pas la nourriture qu'une autre doit recevoir; à CC que le' Commerce
étranger ne nuife point au nôtre; à ce' que le Gouverneinent favorifelimportation des matieres premieres, qui nc
font pas de notre cru &-qui font néceffaires à nos Manufactures; à ce qu'il encourage l'exportation des matieres ouvragées : ils voudreient que lc Gouvernement prohibàt la
fortie de toutes. lcs denrées de premiere néceffité, excepté
qu'il ne fit démontré qu'ily en a dansle Poyaume de fuperflues; ; ils voudroient encore que, pour exciter l'émulation & l'indufrie, l'Adminifiration accordât dcs priviléges,
quelquefois exclulifs, mais toujours à temps &c jamais fans
bornes; qu'elle maintint la bonne foi dans lcs ventes, par
une attention continuelle à la qualité dcs ouvrages, au travail des étoffes, aux longueurs & largeurs, aux formcs, aux
appréts, & aux teintures.
Pour concilierles deux opinions,1'Adminifiration du Commerce crut devoir, en 1779, adopter un moyen terne 2 en
ce qui concerne les différentes cfpcces de fabrications; elle
laiffa à tous les Fabricans la liberté dc fabriquer de la maniere qu'ils jugeroient à propos, àla charge de mettre aux
étoffes qu'ils tabriqueroient, fuivant des combinaifons. arbitraires, des lfieres & des marques diftinélives de celles
dont doivent étre revêtuesJes étofies fabriquées, conformément aux Réglemens, en forte que cclles-ci feules feroient
confidérécs alavenir comme ayant l'approbation & l'attache du Gourernement, tandis que les autres feroient
livrécs en quelque forte à T'effai qu'en feroit l'acheteur ou
le confommatetir: ce régimeinterinediaire ne/utlui-memne
admis que par forme d'effai. Il en cfl réfulté que le plus
grand nombre des meilleurs Fabricans, qui ont perfévére
en forte que cclles-ci feules feroient
confidérécs alavenir comme ayant l'approbation & l'attache du Gourernement, tandis que les autres feroient
livrécs en quelque forte à T'effai qu'en feroit l'acheteur ou
le confommatetir: ce régimeinterinediaire ne/utlui-memne
admis que par forme d'effai. Il en cfl réfulté que le plus
grand nombre des meilleurs Fabricans, qui ont perfévére --- Page 86 ---
80 conformément à ce qui eft
leurs étoffes que n'ont pas tardé à fe plaindre ceux
àr ne fabriquer par les Reglemens, fourenir la concurrence D'autre avec
preferit
arbitraire.
ne
quils pouroient : fabrication
les atiuijetidanr BATI
qui axcient préféré
plaint qu'en des
difinétes
ceux-ci fe font également des lifteres & marques pour ainfi
mettre à hetmenolies étoffes rigiées, on antachoit, &quoide celles mifes aux
aleurs: marchandites quandire, un fait de ils réppohation aient fabriqué une plus ils ont grande cependant
dans ET les autres Fabricans, des deux efpeces de
auE d'étoffes marques difinctives forte que la queftion de
demandé a
en
quanta caux
fuffent fapprimbest reglemensticend
fabrication indéfinie ou du fyfième
Elle fubfifte égala liberté
fubfifte dans fon intégrité. extérieur.
il
Manufadures, concerne le Commerce, deux extrèmes,,
lement en ce qui fe déterminer entre ces ignification des
Pour poueoir de convenird de la véritable
teentiCerel
paroit nécellaire
par cette exprellion, mieux dire,, la faculté
termes. Qwenvend-on le droit, ou, pour une pareille faculté
certainemenr fans pas examen ni reiniction; à tous les principes ccnili- elie
de routfaire feulement contraire
: mais encore
feroit non Sociétés & des Gonvernemens; 2 car elle en fetutifs deftrudive des
de la liberté elle-même, dans le fens que tout être
feroit
Ainfi la liberté, prife
qui convient
roit lexcès.
droidefaiec bleffer les Loix divines, na- Le
fans
à autrui.
intérêt perfonnel,
FRCEDEE
à notre
8c fans porter peéjudice fontinconturelles & poftives,
& le Manafiduner font même foumis
Négociant, le foumis Commergant à ces Loix; bonne ils y foi eft l'ame & le
tetlablement tout autre , paifque la
facileplus que du Commerce;
confifte à faire
foutien liberté, en ce qui les concerne,
que l'intérêt géLa
de Commerce
ment toutes les opefations bien entendu, permet. une reftridion à la
néral de dernier la raten mot la définition des met Loix 8c des Réglemens
Ce
la méceffité
pour
liberté, & annonce
mergant à ces Loix; bonne ils y foi eft l'ame & le
tetlablement tout autre , paifque la
facileplus que du Commerce;
confifte à faire
foutien liberté, en ce qui les concerne,
que l'intérêt géLa
de Commerce
ment toutes les opefations bien entendu, permet. une reftridion à la
néral de dernier la raten mot la définition des met Loix 8c des Réglemens
Ce
la méceffité
pour
liberté, & annonce --- Page 87 ---
Reurd déterminer & preferire ce qui doit être permis ou dé
Oppoiera-t-on
Téquité naturelle étant le
mier lien des Nations, QHc fufhra
les éclairer
devoirs retpedifs ? Mais
AeRO
il andhulctid bien peu connoitre le
ceenrhumain, pour ne pasfaroirquelintiset perfonnel, toujoursardent & fouvent mal entendu, fera naitre en mille CCcations la fraude Slinjuflice, fur-tout quand
aliurera le fuccès.
l'impunité en
Quelque bonne opinion qu'on puifie avoir de T'efpece humaine 2 on ne fe perfuadera jamais
puiffe exifier unc
Socicté quelconque fans le fecours 1:7 Loix proteérices &
confervitricesdela bonne foi. Le Corps des Négocians & des
Cominerçans en géncral doit être confidérd comme une efpece de République formée par les befoins mutuels des dif
férentes Nations chez lefquelles ils font répandus. Des intérétsréciproques tarearnmis
uniffent; mais ccttel union celferoitbientot, fi le Commerce
n'étoit plus quc l'art de fe tromper, réduit en pratique. La
Loi naturelle a éré, il eft Trai, la premiere Loi coniiitutive
de cette efpece de République; cile a été la fource d'une
infinité de maximes & d'ufages fur la probité. la bonne foi,
Thonneura &lecredit.quifontie,l bafes fondamentslesfurler
quelles tourle Commerce roule & fe foutient; mais ila fallu
des regles particulieres concernant la forme des lettres de
change, la jorce & l'étendue des engagemens qu'elles contiennent. Hen a fallu pour les affurances, le fret, le naufrage, les avaries, les ventes, les achats, les
Il en a falin pour les différentes efpeces commifions. de Sociéris
contraftécs par les Négocians, pour les faillites & les benqueroutes. n en a fallu enfin pour toutes les parties qui compofent ce tout appeld Commerce. Lorfqu'on voudra jeter un
coup-d'eil fur fa inarche ordinaire, on fera de plus en
convaincu de la néceffité qu'il foit foumis à des Loix. Pes
que nousailons dire concerae principalement le Commnerce
d'esportation,
Chaque Négociane n'attend pas, pour fe pourvoir des
L
Négocians, pour les faillites & les benqueroutes. n en a fallu enfin pour toutes les parties qui compofent ce tout appeld Commerce. Lorfqu'on voudra jeter un
coup-d'eil fur fa inarche ordinaire, on fera de plus en
convaincu de la néceffité qu'il foit foumis à des Loix. Pes
que nousailons dire concerae principalement le Commnerce
d'esportation,
Chaque Négociane n'attend pas, pour fe pourvoir des
L --- Page 88 ---
& il eft rare
les luispporte,
aisles dont il a befoin, les chercher; le plus grand
1:
nonr
EeE
quil fe dépis.ce
ou des Comitonsien d'un prix
nombre a des Carelpondan ou des denrées fouvent clles
ilachete & vend des merehandiles fans quele plus d'un
8: d'un rolume confiderable, & examinies : elles palfent fois de RRE
aient été diballées changent trois ou quatre fans vifites, & fans
dans un auwre, fans aucun esamen, Douanes érablies pour
taire, , égaleunent f ce n'eil celles des
droits. Or, comrecherches,
ou faire payerles
exifempécher la contrebanded fait de cette maniere diiérentes, pouroiteil ,5 siln'exif
ment un Commerce
Puillances raffurer contre la
ter entreles Sueudedese aucun Reglement, pour
induftrieufe
toit aucune Loi, la fraude eft encore plus moins elles confraude? On fait que
mais au
nomque les Loix ne font de pnérovantens frein àla cupidité du le
Quoi8 fervent
contre
FEES
tiennent elles donnent un recours
foible reffource,
bre, &
plus ionrentquune chofe de plus que le
quelque
Seelle fera toujours de la
EaAA
Ibeneindennic
espendant deindiqué par les partilans été trompé une premiere la
reiu
le Négosiant qui aura à l'être une feconde par
lon eux, s'expofera difeilement fera
par la ceflation
fois,
& le trompeur
pas de Loix,
même perlonne, lucrative.M
qu'il ne
Ere
d'une Comeipondance
ou le Cuniatimatcaur de tout autre
garantira le Négociant
vis-avis
qui expofé aux mèmes tromperics
fera pas ils sadrelfera ?
difinguer le cas ou la
auquel
perfonnes ont roulu Sujets dela même Puiflance,
Quelques
entreles
moins
fraude chconiommée qu'elle tiroit à des confequences les Sujets de deux
8 ont prétenda fi elle l'avoit été entre peut être vraie; mais
funefites, que diferentes. Cemeditingion Loix ne font pas nécelfaires
Puillances
les
qu'il en faut
bien loin de prouver der
indirelement difficile de concepour le Comiberce, exportés. FOT3 il eit bien le Sourerain n'acpour) les articles Gouvernement policé,
voir que dans un
ins
fraude chconiommée qu'elle tiroit à des confequences les Sujets de deux
8 ont prétenda fi elle l'avoit été entre peut être vraie; mais
funefites, que diferentes. Cemeditingion Loix ne font pas nécelfaires
Puillances
les
qu'il en faut
bien loin de prouver der
indirelement difficile de concepour le Comiberce, exportés. FOT3 il eit bien le Sourerain n'acpour) les articles Gouvernement policé,
voir que dans un --- Page 89 ---
corde pas à fes Suicts une protection égale à celle dont il
reconnoit Ia néceflité pour les Sujets des Puiffances étrangercs.
Revenons all vrai : lorfqu'il n'y aura pas une
de
certitude que la bonne foi fera refpeftée dans un efpece Etat, les
Commerçans qui habitent chez les autres Nations, fe livreront bien plus' difficilement aux opirations de Commerce
avec les Suiets de l'Etat fuipocté, & ils n'en feront méme
que dans le cas où ils c.péreront des profits qui pourront
compenfer rles rifques; car, dans le Commerce, tout cft
caleul, & en derniere analyfe, cC font toujours les Gouvernemens mal policés qui fort vidtimes de Tinfidélité ou
de la mauvaife foidel leurs Su'cts.
Une feconde maxime également vraie, c'ef que tout
fyfème fonds fur l bonté des hommes ef toujours trèsprécaire & très- caftcl, & qu'il Peft encore davantege à
proportion de la corruption des mceurs. Sans voulcir faire
ja critique de celles du ficcle aduel, on croit pouvoir dire
que le Conerce ne fe fait plus arec la même bonne foi
IICS percs lc faifcient. La plupart de ceux qui embrafcette
Ce
profefiion, refpirent après le moment oir ils
auront pu s'enrichir, pour la quitter & procurer à leurs
enfans un état plus honorable : on er fera moins furpris,
fi l'on fait attention qu'en France, le Commerçant n'eft
peut-étre pas auffi diftingué qu'il devroit T'étre. Il n'en
eft pas de môme en Angleterre & en Hollande ; le Commergant, ffr d'acquérir une confidération
à l'utilité dontferont à fa Patrie fes opérations, proportionnée n'eit
que des moyens de monter fon commerce de maniere occupé a
mériter la confance de fes Correfpordans, & de la tranfmettre à fcs enfans coinme la portion la plus précieufe de
fon hérédité. Quoi qu'il en foit, vouloir que lintérét de
tous foit le mobile le plas puifant & le Légiflateur le plus
éclairé, c'eft préfenter, fors des mots différens, 9 le fyfeme
de la liberié indifnie, pour le mnettre en oppolition avec les
fimples lumieres du bon fens ; car cnfn cet intérét de tous
L ij
à fcs enfans coinme la portion la plus précieufe de
fon hérédité. Quoi qu'il en foit, vouloir que lintérét de
tous foit le mobile le plas puifant & le Légiflateur le plus
éclairé, c'eft préfenter, fors des mots différens, 9 le fyfeme
de la liberié indifnie, pour le mnettre en oppolition avec les
fimples lumieres du bon fens ; car cnfn cet intérét de tous
L ij --- Page 90 ---
concours & la réunion choavoir d'exifence quc parle Or, Gi ces intérêts fe
ne peut les inrérèts parndtecliens
fi Topinion nationale
de tous
fans ceffe,
tous leurs efforts
quent 8 Sentreecrolieant moins les excite à diriger honnète pourrales force 2 oul au comment le Négociant
comme
vers les richeffes,
avec celui qui regardera quil
til foutenir la concurrence daequérir dela fortune, pourvu
bons tous les moyensd 7
dela
en acquiere poriprement de Commerceles partifans
Mais enfin à quels objets
rendue indéfi-
, ils l'ont
ASLESTE
leur
NeneRanera propdlition
indéiniment
d'avoir généralite
qu'on doit permettre nos matieres preniffable. Prérendenteils fenlement de toutes
; mais
Texportation, non
alimenter nos Manufidures: néceflité,
mieres, néceffaires toutes pour nos denrées de premiere
où il
encore celle de
fur le fondement que par-tout de ving-cinq
même celle des blés,
Une expérience moins qu'in
y a cherté, it y a atendune? que ce principe n'eft rien a été de confomannées nous a appris
de
réel
dans
faillible : ce quil a produit &dejeterl plus le Gouvernement deux maux,
merla mifere des peuples, On auroit pu éviter Aeuves ces qui traverdesdépenfes confidéré immenres. que lesrivieres & les 8c aboutifans à
fi on eût
ayant un cours tres-rapide les Provinces duRoyaufent le Royaume,
toutes
les plus
T'Océant 8cà ianiéditenrance, étredégarnies desdenrées! tandis squil
me peuvent enqtinseionss fubfiftance de leurs habitans, , les Provinces
méceffaires pourla mois pour capprondilionter fleuves.
fautau moins quatre
les mêmes
de l'intérieur, en remontant cherté opere la calamité puEn fecond lieu, dès que la comme moyen de de procu- manblique, convient-il fur-tout delémployer lorique la crainte des feule effets prefque
rer Tabondance, néceffaire peut produise ici dela fubliflance de
quer de l'abfolu la diteerllsagti confidération feule
aufi funeftes
d'hommes. Cette de
doit
plus de 24 AITONS que la prolribition T'exportation prudent & fages
fuffit pour prouver regle d'un Gouvernement
être la premnicre
- manblique, convient-il fur-tout delémployer lorique la crainte des feule effets prefque
rer Tabondance, néceffaire peut produise ici dela fubliflance de
quer de l'abfolu la diteerllsagti confidération feule
aufi funeftes
d'hommes. Cette de
doit
plus de 24 AITONS que la prolribition T'exportation prudent & fages
fuffit pour prouver regle d'un Gouvernement
être la premnicre --- Page 91 ---
que les fpéculations que lon peut faire à ce Aujer ne doivont être quema-àitidsaines.hs, fireté incrale, &
ne peurent avoir pour objet que le (upertu, & encore EaELs
ilqu'il foit prouvé moralement que lar récolte fuivante remplira le vide.
Envain fe flattcroit-on que lorfque la liberté indéfinie fcra
admife, les Négocians de Tintéricur du Royaume s'occuperont de CC genre de Commnerce.Deux obflacles invincibles
Sy oppoferont toujours. L'un prend fa fource dans le préjugé national,quia a attaché à ce genre de Commerce Tidée
du monopole. L/autre réfulte de cC que les fpéculations
qu'on peut faire en France (ur les grains, ne pouvant être
qu'accidentelles, momentanécs, & fouvent trop tardives
pour en ctpérerdes béncfices,l'efprit d'intérêt fufhroir feul
pour défabufer le Négociant d'unc femblatle entreprife.
Auffi en voit-on fort peu qui fe livrent à ces fortes de fpéculations, fi ce n'ef dansles ports maritimes, parce qu'ils
font affurés que, s'ils ne vendent pas leurs grains en France,
ils pourront facilement les faire paffer à TErranger. Le plus
fouvent ils les laiffent dans les navires; ; ils épargnent par-là
des frais confidérables, que les Négocians de Pintérieur
feroient obligés defupporter: Onl doit aulfi faire entrer pour
quelque chote dansies calculs,le rifque devoirfes magafins
pillés, àla premiere appréhenfion d'une difette. Ce qui fe
pratique dansle Nord, en Hollande, enAngleterre & dans
quelques autres Etats de l'Europe 2 ne fçauroiz nous fervir d'exemple. Les Etats du Nord récoltent beaucoup plus
de grains qu'il ne leur en faut pour leur confom:nation ;
aufh ils éprouvent rarement des difettes en CC genre.
Quant à l'Angleterre, , pour
pit fervir d'exemple
à la France, il faudroit que tout Taste égal de part &: d'autre,
& il s'en faut de beaucoup que cela loit ainfi. La France, 2
plus grande que l'Angleterre, renferme à peu près la même
population proportionnelle; inais il n'y a pas parirédeprodudions en grains. L'Angleterre a peu de forers; ellc n'a
point de vignes, point de plantations d'oliviers ni de mi-
'Angleterre, , pour
pit fervir d'exemple
à la France, il faudroit que tout Taste égal de part &: d'autre,
& il s'en faut de beaucoup que cela loit ainfi. La France, 2
plus grande que l'Angleterre, renferme à peu près la même
population proportionnelle; inais il n'y a pas parirédeprodudions en grains. L'Angleterre a peu de forers; ellc n'a
point de vignes, point de plantations d'oliviers ni de mi- --- Page 92 ---
des
fon territoire eft emplové ou à produire
riers; tout
pour la nourr ture des beliaux. La
grains, ou en piturages a des forêts allez étendues ; une grande
France au contraire
vignes:ii ne reite par co1partie de fon fol eft couvertede de fes polleihons pour la producfiquent qu'une portion ainii, à ferrilits égale, FAngleterre doit
tion des grains 3
li France n'aura que ce qui lui
avoir du tuperau, la quand nourritare de fes habitans. La France
eit néceffaire pour
TAngleterre eft obligee
exportedes vins Sc des eaux-de-vie; ommation entere; en forte que,
d'éni importer pouria, con exporte en grains, avec ce quela
fi Ion compare ce qu'elle vins & en eaux-de-rie, on trouvera que
France exporte en
fournit autant au Commerce étranT'Agriculture de France
en'exporte
ger,que celle UEREDIANNEO iesColonies; celles qu' elle poffede dans
aucuns grains nourriffent pour
les Iles, & eavoient inène des
le Continent
grains en Angleterre. différence effentielle à faifir, c'eftque dans le
Une autre
fe fait fentir dans Tun ou dans Tautre
cas ou la difette infiniment plus facile de pourvoir aux beRovaume, il eit
qu'à ceux de la France. paifque la
foins de T'Angletere,
n'eit que le tiers de celle du
coniommation du premier
le défici: d'un disieme
fecond; & qu'aini, en deux fuppofant i faudro t 12 a 15
dans les récoltes des
Royaumes, aux befoins dela France,
mill ons dequintaux pouriubvenir fufliroient à TAngleterre. Le Nétandis que 4à 5 millions
a aucune comparailon
gociant le: moinsinfiruitiait difficulté de quiln'y fe procurer l'une ou l'autre
à faire entre la
malgré les avantages dont
quantiré. Nous ajonterons Tapprotiionnement que,
des
néjouitlAnglererre pour
elle n'a pas été
des
AR
cellaires a fa contommation, feulement elle a été obligie plus d'une fois
di fettes. Non
& d'abandonner confaquentle
d'en défendre la fortie, encore elle
trouvée dans la
mais
drt
fyfième de la liberté; Timportation pardes primes. La
nécelité d'en accurde encourager en général à T'exportation des grains,
fareur qu'elle
furhaufementqu'elle a opérd
a été en partie balancée parle
été
des
AR
cellaires a fa contommation, feulement elle a été obligie plus d'une fois
di fettes. Non
& d'abandonner confaquentle
d'en défendre la fortie, encore elle
trouvée dans la
mais
drt
fyfième de la liberté; Timportation pardes primes. La
nécelité d'en accurde encourager en général à T'exportation des grains,
fareur qu'elle
furhaufementqu'elle a opérd
a été en partie balancée parle --- Page 93 ---
dans le prix de la main-d'auvre, qui efl en g.néralbeaucoup plus chere en Anglererre qu'en France. Ce fiurhauffement a été tel, que peu s'en ett fillu qu'il n'anéantit les
Fabriques de lainage: l'Angleterre ne. les a foutenues dans
leur état de profperite, qu en maintenant fcs laines à un
prix bien inferieur à celui de toutes les laines delEurope,
quoique leur qualité foit fiipérieure à celle des autres pays,
excepté néanmoins les laines diipague. 'Tel eft le motif
des prohibitions les plus féveres, en ce qui concerne la
fortic des laines d'inglererre : leur abondance a dû néceffairement en diminuer la valeur. Cette défenfe a excité
fouvent les plaintes des proprictaires de fonds; mais le
Gouvernement Anglois n'a jamais cru devoir fe relicher de
la rigucur de fes principes, dans la crainte de favorifer ros
Manufalures de laines;ila préféré de tenirla main-d'oeuvre
à un prix plus haut, par les facilités qu'il a donné àl l'exportation des grains ; en forte qu'en favorifant cette exportation, il a dédommagé lcs Proprictaires du facrifce qu'il
en a exigé fur la raleur des laines (r). Nous avons CrL
devoir traiter cet article un
longuement, parce que,fi
l'on fait en général
la nfmhente eft plus chere en
Angleterre qu'en THauela mais que, d'autre part,1 les laines
y font à meilleur marché, on en ignorc une des principales
caufes. Elle prouvera que la prétendue liberté Angloiie,
en matiere de Commerce, fi fort vantée, eft toujours calculéc furle plus grand avantage de l'Etat: car il ef encore
plus contraire aux principes de la liberté de défendre l'exportation des laines, & fur-tout de celles qui font fuperflues, qu'il ne l'eit de prohiber l'exportarion des grains.
Quoi qu'il en foit, il y a une fi grande difparité entre les
deux Royaumes, par rapport au Commerce des grains,
(1) Dans un Oavrage Anglois, intitulé : Filature, Commerce, 6Prix des Laines
en Angleterre, on articule que la défenfe d'exporter les Laires Argloifes, enlcre
au Propriétaire ou au Fermier 60 a 100 peur ICO dc la plus nct:c valeur de fa
Lainc, & qae certe taxe odicufc & cruelle monte a 2 ou 3 mill.os ferlings pa:
an. Voyez page:;8 de la Traduction. C;t Cuvrage eit trés-intéreilanr.
Filature, Commerce, 6Prix des Laines
en Angleterre, on articule que la défenfe d'exporter les Laires Argloifes, enlcre
au Propriétaire ou au Fermier 60 a 100 peur ICO dc la plus nct:c valeur de fa
Lainc, & qae certe taxe odicufc & cruelle monte a 2 ou 3 mill.os ferlings pa:
an. Voyez page:;8 de la Traduction. C;t Cuvrage eit trés-intéreilanr. --- Page 94 ---
déterminer celle de
conduite de T'un ne iganfoit
la
ètre comparée à la France
Rioes Hollande encore moins des
que
nourLa
ne recueille
obligée Peat fans
cet nrticles
elle
lui
Sa
fur
de fes habitans; ie
ceux qui
rir une partie
pour procufer
concefle recours aux libe:te Errangers, eit donc le feul négime déconomie: quilni il
manquent La fon Commerce eft celiti au meilleur
vienne. D'ailleurs
objet Cagpieniemaets TEurope des chofes qui
a paincipulensat Eouri les Erats de Hollandcis doivent tavoir
marché polltle, Les Négocians de
les efpeces de
leuri font néceflaires. des magalins toutes danstousles pays
& ont cfedinrement afin d'ècre pratsàl les des porter grains exifte toujouirs
marchandices, commeletetise d'y pourroir parles
muenmmtts Patrie, 8c qurils ont les morens les autres branches
dansleur immenfes leur procuient
bénéfices
Tr fpéculent en fareté, enyimgortant
de leur Commerce,
le
des grains,
toutes ces dimérences, que dans regime le Câs
Oadotcondlunedes Nation elt rarement concerne
convient à une petite fur-tout en ce qui Nous le
9at adopté par une grande, d'une nécellité ablolue. doit
la partie des fubiliances d'une bonne adminiiration le
répérons,la premmiere la mend de Texportation & que conêtre de n'sccorder
quand
EE
Les moyens de reconnoitre exifte, ne font pas
fuperilu. currence de quelle quantité ce fuperlu du Commerce de des la
faciles; & c'eft pourquoi la prohibition doit ètre l'état habituel
grains hors du tempèrer Royaume, cette rigueur, loriqueles de la crainte apparen- d'en
France,faura d'une récolte prochaine garntiBent de veiller arec le plus
ces manquer; & encore conviente-il s'en exporte pas une trop grande
grand foin à ce qu'il ne
quantité.
n'eft donc pastellement
Le principe de la Hibenzindéinier doire etrcapplique à tousies genres de
unitene,qulp puifle &
tre l'état habituel
grains hors du tempèrer Royaume, cette rigueur, loriqueles de la crainte apparen- d'en
France,faura d'une récolte prochaine garntiBent de veiller arec le plus
ces manquer; & encore conviente-il s'en exporte pas une trop grande
grand foin à ce qu'il ne
quantité.
n'eft donc pastellement
Le principe de la Hibenzindéinier doire etrcapplique à tousies genres de
unitene,qulp puifle & --- Page 95 ---
de Commacsiniftenmenti Ileft, comme tous les autres
principes, fulceptible d'exceptions; & par une feconde
conféquence, iln'exclut pas de droit toutes les Loix 8: tous
les Réglemens, - 2 même ceux qui font prohibitifs, quoique la
prohibition foit diaméttalement contraire à la liberté indéfinie.
Ceque nous venons de dire au fujet de l'exportation de
grains, nous pouvons, 9 par les mêmes motifs, l'adapter aux
autres denrées de premicre néceffité 2 ainfi qu'aux matieres
premieres dont nous avons befoin pour alimenter: nos Manufaéures.
Mais pent-être nous contefera-t-on qu'il doive
quer aux droits de traites. C'elt encore icile cas de fanet
guer. Si les partifans de la liberté indéfinie fe bornentà demander que ccux établis à la circulation de Province à Province foientfupprimés, nosteuxào cet égard font conformes
aux leurs; mais s'ils demandent une fuppreffion entiere &
abfoluc des droits à, l'introducion &àla fortie du Royaumne,
nous obferverons qu'il faut d'abord trouver les moyess de
remplacer les produits; en fecond lieu, il faut engager les
Puiflances Etrangercsà àimiter notreexemple : dans le cas oit
elles ne confentiroient pas à faire le même facrifice, nous
donnerions à leur Commerce un avantage immenfe fur le
nôtre; mnais comme il n'y a point de Nation qui puiffe
Jaiffer libres l'entrée & la fortie det toutes fortes de denrées
& de marchandifes, il faut donc nécefiairement un tarif,
foit pour l'intérêt de lal Finance, foit pour encourager notre
Agriculture, notre Indufirie & notre Commerce. Tout tarif
des droits de traite qui s'écarte de cet objer, eii néceffairement mauvais, Aufli, de toutes les Loix néccffaires pour
l'adminifiration du Commerce, iln'en eit point qui exigent
plus de calculs, de combinaifons & de connoidances des
intérêts refpedifs des différentes Puiffances; & comme ces
intérêts varient continuellement, à peine unleglement cfl-il
fait, qu'il faut lui en fubfituer un autre, pour entretenir,
autant qu'il efi pollible, le niveau entre notre Commerce
M
néceffairement mauvais, Aufli, de toutes les Loix néccffaires pour
l'adminifiration du Commerce, iln'en eit point qui exigent
plus de calculs, de combinaifons & de connoidances des
intérêts refpedifs des différentes Puiffances; & comme ces
intérêts varient continuellement, à peine unleglement cfl-il
fait, qu'il faut lui en fubfituer un autre, pour entretenir,
autant qu'il efi pollible, le niveau entre notre Commerce
M --- Page 96 ---
en
rivales. Ici fe trouve également que
& celui des Puiffances de la liberté indéfinie, forte quiroudroire qu'il exifte un
défaut le fyfiéme oubliât en queique fi on pourra en faire
le Commerce Gouvertemment dans le Royaume. Voyons à la partie qui concerne les
plus heureufe
une application
que nous
Manuiadures.
point ici les obfervations
Nous ne rappellerons prouver combien les Nanifadures de les
avons déjà faites pour & combien il lui importe devoir
font utiles dans un Etat.
mais nous croyons à la
multiplier & de les encourager: détail fur plulieurs points relatifs
entrer dans quelque
des formes
profefion du ManufaSutier. donne aux matieres premieres la valeur plus Ou
C'eft lui qui & qui par-là en augmente de fabrication. Il
nonvelles, jnivant les différentes eipeces Agent du Commoins, confidéré comme le premier
lui, ou
doit être
; il lui imprime par Mais P
merce dans cette partie en action, tout le mouvement. des
fixes
les bras qu'il met font affujettis à regles
ne
pas
des perionnes
les Manuiacurens s'ils ne font pas furveillés de par contracention ils
& certaines,
fi en cas
réuniffent pour
inftruites & délintérellices, toutes les probabilisés voudroit fe
préfenter
ne font pas punis, intérêt de tous, qu'on encore facrifié à
croire : mobile cet le plus puntfant, En effet, fera parmi le grand
comme lavidité de l'intérêt perfonnel. age &c de tout fexe employés
nombre d'Ouvriers de tout
ccontinuellement expo- 'du
Namufadures,la plupartfonto ils n'ont rien à perdre
dansles! horreurs de la mifere ; à peine connus, leurs
fés aux
ils font
comcôté de leur réputation, & ifolés; les fraudes
peuvent tous
métiers font épars à couvrir; ; ils
caer
font faciles
ou de
ECAELE
mertre
des Commitionaires
de jeur
pour le compte à tirer le meilleur marché pofmible fur le prix
cherchent le plus fouvent, les tyrannienr de bonne foi, la
mSr &c qui,
Il faut en convenir
eux, & le
de la main-deure eft bien prochaine pour
tentation de tromper
, & ifolés; les fraudes
peuvent tous
métiers font épars à couvrir; ; ils
caer
font faciles
ou de
ECAELE
mertre
des Commitionaires
de jeur
pour le compte à tirer le meilleur marché pofmible fur le prix
cherchent le plus fouvent, les tyrannienr de bonne foi, la
mSr &c qui,
Il faut en convenir
eux, & le
de la main-deure eft bien prochaine pour
tentation de tromper --- Page 97 ---
malheureux Ouvrier y réfftera difficilement, quand il ne
fera contenu par aucun frein.
On ne fçauroit comprendre, à la vérité, dans la même
claffe, les Entrepreneurs de ces grandes Manufaaures, qui
réuniflent dans leur enceinte une quantité confidérable
d'Ouvriers; la réputation eft pour ces Manufa@uriers un bien
auffi précieux qu'elle l'eft pour les Négocians en général.
D'ailleurs les avances confidérables qu'ils ont été obligés de
faire pour former leurs érabliffemens, font en quelque forte
une garantie pour le Public qu'il ne fera pas trompé. Mais
en ce qui concerne les Fabriques ifolées, toutes les préfomptions fe réuniffent pour ne pas laiffer de doute que'le
ciant, le Marchand & le Confommateur feront fans NSE
les vigimes de la mauvaife foi du Fabricant, fi des Réglemens fages ne forment pas une efpece de contre-poids qui
puiffer rélifter aux efforts de la cupidité. Le paffage du régime
réglementaire à celui de la liberté, fera d'autant plus funefte,
que l'Ouvrier & l'Artifan regarderont l'infidélité même
comme permife à l'ombre del'axiome,cavear emptor. Ils ne
feront plus confifter l'habileté de leur Art que dans celle
de tromper; ; ils y réufliront d'autant plus facilement, qu'en
général, parmi les Confommateurs, & même parmi les
Régocians à qui on expédie des marchandifes, il y en a
bien peu qui connoiffent toutes les rufes qu'on peut employer dans la fabrication. Combien ignorent qu'en tirant
une étoffe par le fecours de la rame, on peut lui donner
beaucoup plus de longueur & de largeur que fa fabrication
n'en comporte 5 qu'elle perd enfuite > lorfqu'on l'emploie,
tout cequ'elle a acquis det trop, & que ce procédé en énerve
la qualité ? Combien d'autres ne favent pas que le brillant de la teinture ne décide pas de fa bonté, qu'elle eft
au contraire le plus fouvent une preuve
la couleur
eft fauffe ? Combien enfn font féduits par 9es apparences
trompeufes, que les gens de l'Art peuvent feuls diftinguer & concoitre ?
On objeGera fans doute que le difcrédit, dans les marM ij
acquis det trop, & que ce procédé en énerve
la qualité ? Combien d'autres ne favent pas que le brillant de la teinture ne décide pas de fa bonté, qu'elle eft
au contraire le plus fouvent une preuve
la couleur
eft fauffe ? Combien enfn font féduits par 9es apparences
trompeufes, que les gens de l'Art peuvent feuls diftinguer & concoitre ?
On objeGera fans doute que le difcrédit, dans les marM ij --- Page 98 ---
bien moins des
de nos étoffes,, de provient leur cherté; mais pour
chés érrangers, de leur fabrication, que contre les Réglemens, il
vices Tobjeaion fût conchuante occaionnent cette plus grande
que faudroit prouver qu'ils
autre caufe ne Fopere.
cherté, 8: prouver encore nous qu'aucune difimuler que chez plulieurs des
Or nous ne fçaurions rivales , il y. a une grande abondance branches
des Puiffances premieres nécelfaires aux principales fe rendent 30 &
matieres d'indufirie, & que ces matieres marché premieres qu'en France. Chez
même 60 pour 1OO meilleur eft moins chere. Pourquoi labrications ne pas
d'autres la main-d'euvre caufes la préférence que leurs
attribuer à ces ? Pourquoi vouloir rendre relponfables 8 les Juont fur les nôtres les maitrifes, les infpcctions les privilèges
de cette préférence, Bureaux de vifite & de marque,
quand
randes, les
lorfquil eit bien confiaté rivaux, que nous
exclufifs ? fur-tout à armes égales avec nos
que nous
nous combattons Parmi béaucoup d'exemples feul: celui
avons- la fuperorité. nous n'en rapporretons qu'un
Ne
pourrions citer, fins, fabriqués avec des laines fur toutes d'Efpagne. les Manude nos draps
pas pour cet article donc. les Reglemens
Temportons.nous de I'Europe ? Ce ne font
pas à ceux des arfactures s'oppofent à la concurrence donner par rapport à meilleur compte
Sal que nos rivaux peuvent Nous difons plus: dès qu'un plus
que nos Mannfa@urierk,
& des matieres premieres
haut prix de la main-d'auvre contre eux à armes égar
ne nous permet pas dans de la combattre fabrication eft encore de plus la nécef- perte
les, la perfeStion peur feule nous préferver échapper. Or
faire, parce qu'elle branche d'induftrie prète à nous
que
totale d'une Toblervation exaéte des Réglemens,
ce n'eft que par ètre affurés d'obtenir cette petfetlion. à empêchet
nous pouvons maitrifes. contribuent auffi beaucoup le maintien de l'ordre
Les
: & quand même
tous
qu'elle ne s'altere que dans un Etat monarchique &
it
pulblic n'exigeroit claflés pas fuivant leur état profelilion,
les Sujets foient
à nous
que
totale d'une Toblervation exaéte des Réglemens,
ce n'eft que par ètre affurés d'obtenir cette petfetlion. à empêchet
nous pouvons maitrifes. contribuent auffi beaucoup le maintien de l'ordre
Les
: & quand même
tous
qu'elle ne s'altere que dans un Etat monarchique &
it
pulblic n'exigeroit claflés pas fuivant leur état profelilion,
les Sujets foient --- Page 99 ---
feroit effentiel pour le progrès des ManufaStures & des
Arts, qu'il exifàt des Jurandes & des Communautés. En
effet, On ne peut favoir une chofe
lorfqu'on en a
pris les principes, & qu'on a joint REp pratique à Ia miadlke
D'ailleurs il faut accoutumer de bonne heure la jeuneffe
au travail ; & puifque nous voulons nous modeler en tout
fur ce qui fe fait en Angieterre, ne perdons pas de vue
lesapprentiflages &lcs compagnonages font pluslongs
aper les Anglois
chez nous. A l'égard des maitriles,
clles nc peuvent M confidérées en France comme onéreufes,-que par rapport à la finance ; il feroit à défirer
qu'on pût la fupprimer, ou anl moins la diminuer cn
plus grande partie; c'étoit le veeu général, à l'époque
du rétablifement des Communautés; mais il falloit acquitter les dettes des anciennes fupprimées; le tréfor royal
n'étoit pas en état de faire lc facrifice entier du produit
du droit; tout ce gu'il a pu faire a été de confentir
fût diminué confidérablement : il J'a été ; les droits S
miffion à la maitrife font employés utilement, tandis qu'ils
l'étoient à des frais de banquets, ou qu'ils étoient gaipillés
par les Syndics & Gardes.
Ils en ufoicnt de la méme maniere pour Ie produit
du droit de marque. Quant à la formalité del la marque en
elle-mème, elle étoit indifpenfable dans l'exécution du
de M. Colbert ; elle fut inflituée
ce Minifire, &
FT n'eft
poffible de la fupprimer, R on croit devoir
laiffer R.Sence les Réglemens, 2 puifque c'eft eile qui conftate que la fabrication y eft conforme. Dans le cas même
où l'on croiroit devoir l'anéantir, il feroit encore néceffaire d'afiujettir les étoffes nationales à être marquées, pour
pouvoir les diftinguer dcs étoffes étrangeres. Le droit eft fi
modique,q qu'il ne peut pas être un obftaclc. àla concurrence.
Son produit eft deftiné à payer les appointemens des Infpedieurs &c de tous. les autres Agens du Commercc. Si on admet la liberté indéfrie, on convient fans peine que le
plus grand nombre de ces Agens devient inutile; on pour- --- Page 100 ---
concurrence
laifer fubifter le droit quejaifuise fournit a@uelleroit alors ne intrinfeque du plomb que fourniffoit pas autrede la valeur
& qu'elle ne
des Prément TAdiminitiration. à concurrence des appoiatement Tout calculé,
fois, & charges jufques de faire appofer la marque. la fabrication nationale
poies économie n'allagerok pas
cette mille livres année.
voude 100
Ete quelques Communantés faire
Cependante,a
du droirpour
---
concurrence
laifer fubifter le droit quejaifuise fournit a@uelleroit alors ne intrinfeque du plomb que fourniffoit pas autrede la valeur
& qu'elle ne
des Prément TAdiminitiration. à concurrence des appoiatement Tout calculé,
fois, & charges jufques de faire appofer la marque. la fabrication nationale
poies économie n'allagerok pas
cette mille livres année.
voude 100
Ete quelques Communantés faire
Cependante,a
du droirpour drietreanogerler on prodait a dû croire quil grevoit confidérable- Rien n'eft
un mauvais nlage, &c c'étoit une Rouveaurt. leur demande plus
ment le Commeree, à la AEE Pour rendre ont demandé d'ètre
contraire mêmes Communaués
d'infpec.
Ee : ces
dont rellesjonifoienta elles ont invoqué
rétablies dansla de prérogative leur Art OLl profefion, mais clles n'ont
ter les ouvrages des anciens Réglemens; ; pour empécher) Re
la difpolition
n'a éré fait que
grand nomdit que le changement auxquels Telinmodenlenlu, Si à Texemple de
abus en tous
& des Jures-Gardes à regardet cette
bre des
ils euffent continué
en
TSN
leurs prodecefieuns,
qui les affocioit à leur
une difinétion
AASE
qualité comme
on n'eit jamais du fongé droit.
forte à Adminitration, pour la perception
leur
tituer des Prépofes
& aux Son-laipedeunt du Miniftere de
Quant aux Infpedeurs également à Tépoque, que leurs fonccréation remonte il étoit intimement Perfiade
& elles
M. Colbert ; utiles aux progrès des Manufaures, encore,! lorique ceux
tions feroient été infiniment : elles le feront de la marche quils doi- de
T'ont
feront affurés
f fouvent
qui les rempliflent mais depuis 20 ans on a changé dans Tincertitude
vent tenir; ont été continuellement Malgré cela, on
fyfème, qu'ils & fur Jeur application. d'entre eax, qu'ils ont
fur les peiaciper
nombre
de zele. Leur
doitla julice au grand de connoilfance. 8 du Commeree,
de
Agens
Cnr
beaucoup esillence; ainfi que celle des autres de favoir fi on laiffera fubeft fubordonnée à la queftion
lent mais depuis 20 ans on a changé dans Tincertitude
vent tenir; ont été continuellement Malgré cela, on
fyfème, qu'ils & fur Jeur application. d'entre eax, qu'ils ont
fur les peiaciper
nombre
de zele. Leur
doitla julice au grand de connoilfance. 8 du Commeree,
de
Agens
Cnr
beaucoup esillence; ainfi que celle des autres de favoir fi on laiffera fubeft fubordonnée à la queftion --- Page 101 ---
ffter le régime réglementaire. En cas qu'on croie qu'il eft
préférable au fyfème de la liberté, il n'ef pas poffible
que l'Adminiftration confe le foin de faire exécurerl les
Kéglemens à d'autres perfonnes qu'à celles choifies &
nommées par ellc. Leur exiftence devient encore pls
néceffaire, fi Ic moyen terme admis entre la liberté indéfinie & la rigueur de la regle, continue à être adopté ;
car il faut des perfonnes iniiruites, défintérefiées & fideles, pour être affuré quel les marques diflinétives de l'une
& l'autre fabrication ne feront pas appliquées indifféremment & fuivant l'intérêt de chaque Fabricant.
Peut-être que pour maintenir l'équilibre entre les deux
efpeces de fabrications, 2 il conviendra de tempérer, encore
plus
ne l'a fair, les difpofitions pénales des anciens
& même de les fimplifier : nous ne craindrons
Ripatea
pas d'avouer que nous fommes de cet avis : mais nous ajouterons que cette partie de la Légiflation cf peut-être une
des plus difficiles. Il y. a de çà & de là des écueils également
dangereux. Trop de gêncs expofent continuellemen:lel Fabricant à des faifies & à des confifcations, elles le découragent. Une
grande liberté introduit la licence &
opere le CEatOl Un jufte milieu eft difficile à faifir.
Les priviléges excluiifs ont également excité fouvent
les murmures & les plaintes des partifans de la liberté indéfinie ; all feul mot dc privilége exclufif, ils crient à la
profcription. S'ils veulent parler uniquement de ceux d'exploitation 7 ils ont toute raifon de les regarder comme abulifs; même ceux accordés à des Compagnies, excepté
ne foit démontré clairement que le Commerce dont aa
s'agit ne peut fe faire que par ce moyen, & que nous
avons intérêt de le faire. Hors ce câs d'exception, il nous
paroît dc la plus grande importance de s'attacher firictement au principe 2 que tout privilége d'exploitation doit
étre profcrit.
Nous nous garderons bien de nous expliquer fur la grande
difficulté qui exifle entre lcs Négocians des principales
des Compagnies, excepté
ne foit démontré clairement que le Commerce dont aa
s'agit ne peut fe faire que par ce moyen, & que nous
avons intérêt de le faire. Hors ce câs d'exception, il nous
paroît dc la plus grande importance de s'attacher firictement au principe 2 que tout privilége d'exploitation doit
étre profcrit.
Nous nous garderons bien de nous expliquer fur la grande
difficulté qui exifle entre lcs Négocians des principales --- Page 102 ---
96-
& les Intéreffés dans
commerganier du Royaume. actuel 2. des Indes ; la décifion
places
du Commerce Confeil dépend de TéclaircilleTentreprife lumieres du
les Parties
foumife aux nombre de faits fur lefquels Sans vouloir préjument d'un grand d'accord, à beauicoup près. nous croyons pouvoir des
ne font pas
qui les divifent,
Compagnic,
les queflions s'il étoit vrai que la nouvelle cabotage: & qu'elle
fe que
Commerced degrand
qu'elle
Indes ne fit qu'un de la feconde main les marchandiles pour faire ce genre
n'achetit que France", fon intervention
nous n'aimporte en feroit d'autant plus prefque inutile, E de poffefde Commerce cette partie du Monde
la dimiculté
vons dans
()- Dans le cas contraire, dit les partifans de
fions entiere; à conferver ; & malgré tout ce qu'ont de décider fi fon fuppri- nous
refe
loriquril fut quellion des Indes, ils ne fala liberté, la mnécbdente Compagnte alors être remplacée
meroit
qu'elle pouvoit qui agiroient chacun le
ont perfuade des Negocians
la Hollande ETE
SE par parciculer L'Angletere, par des
leur compre font ce Commerce
SE
Dauemarck doit être confidéré pour Mre fur-tout
Leur exemple
répond que ces Knifianees, dans TInde;
Nous favons qu'on ont des pofetions néceflaire confidérables que leurs Négocians &
TAngletere,
il elt
civil
pour les conferver forte un Corps des mereantille, chofes, cette raiTartenr en quelque dans l'état aétuel Nous l'avons déjà
militaire ; mais que Fappliquer à la France. moins vrai qu'un genre de
fon ne fçauroit il n'eft pas d'avance les cargailons
obfervé; cependant qui exige qu'on prépare être importées en Europe 2
commerce
doivent fonds auffi confdérables,
des marchandifes il Eatder
ifolés. Ket
8c
lequel être entrepris Metasnr dcs particuliers une concurrence entre
SESLISE
pas
feulement il nesagit
Pondichery & quclques dépendanccs.
eur 5
(1 ne naus refte que
çauroit il n'eft pas d'avance les cargailons
obfervé; cependant qui exige qu'on prépare être importées en Europe 2
commerce
doivent fonds auffi confdérables,
des marchandifes il Eatder
ifolés. Ket
8c
lequel être entrepris Metasnr dcs particuliers une concurrence entre
SESLISE
pas
feulement il nesagit
Pondichery & quclques dépendanccs.
eur 5
(1 ne naus refte que --- Page 103 ---
eux; au contraire, c'efl'enfemble des opérations qui peut
leur affurer quelques fuccès. C'eft tout ce que nous nous
permettrons de dire fur la Compagnie des Indes aduelle.
Quoiqu'on ne puiffe pas appliquer à cellc de Barbarie ce
que nous venons d'obferver 9 cependant des confidérations
puiffantes paroiffent avoir déterminé à accorderà cette( ComPagnie le privilége exclufif dont elle jouit. L'un de ces motifs eft quel l'on ne peut faire le commerce dans les Etats des
différens Souverains du pays, qu'après avoir obtenu leur
permiffion, & on ne l'obtient qu'à force de préfens. Plus il
aura de particuliers quileur demandcront leur proteétion,
& plus ils la feront payer. Sans cette crainte, qui peut-être
n'eft pas auffi fondée & aulli réelle qu'on a voulu nouts le perfuader, nul doute
le privilége excluff accordé à une
Compagnic ne dût Rues fupprimé, d'autant plus que la plus
grande quantité des retours fe fait en grains.
Quant à celuiaccordéàl la Compagnie du Sénégal, elle ne
l'auroit jamais obtenu, fi le Gouvernement n'avoit pas été
dans lc cas dc donner des didommagemens confidérables à
l'ancienne Compagnie de la Guyanne, à laquelle a été fubrogée celle du Sénégal. C'eft en confidération des pertes
grerodtesfhredolbitindfisn sntechastrngrsin
que le Miniftre, chargé alors du département de la Marine,
a bien voulu fe relâcher de la rigueur de fes principes. Intimement perfuadé que le Gouvernement étoit garant des
pertes, , puifqu'elles avoient été faites en conféquence des
ordres & des promeffes de l'Adminiftration, il a penfé
l'impofibilité dans laquelle étoit le Tréfor Royal de rdceter
des indemnités en argent, ne pouvoit ni ne devoit difpenfer le Roi de payer d'une autre maniere une dette légitime.
Sans cette confidération, fondée fur la juftice, le privilâge
exclufif, bien loin d'avoir été renouvelé pour quelques années de plus, s auroit été fupprimé, & il faut efpérer quille
fera au terme indiqué s parce que tout privilége de fimple
exploitation, qui concentre dans les mains dc quelques perN
dceter
des indemnités en argent, ne pouvoit ni ne devoit difpenfer le Roi de payer d'une autre maniere une dette légitime.
Sans cette confidération, fondée fur la juftice, le privilâge
exclufif, bien loin d'avoir été renouvelé pour quelques années de plus, s auroit été fupprimé, & il faut efpérer quille
fera au terme indiqué s parce que tout privilége de fimple
exploitation, qui concentre dans les mains dc quelques perN --- Page 104 ---
982 communs a tous, 2 porte
fonnes des droits & des prérogatives
le
lui le caradere de réprobation de Négocians
avec Celui accordé à un certain nombre devoir être denoth de
du Lévant; fembleroit
fuivie a prouvé
Comnmerce manieré ; mais une expérience exigent que
la même
locales de ce Commerce ou dans les aules eirconflances envoient à Conflantinople, les vendre,
RErA Maifons qui Levant, des marchandifes pour du
tres Echelles du moyens qu'emploient lés gens contre PE
ufent des mêmes Ils fe réuniffent & fe liguent pas une efpour les acheter. de leur côté, ceux-ci ne faifoient victimes
vendeurs; fi,
ils feroient necefarement nombre d'autres,
pece de confedération, Cette raifon 8 un grand les différens Rédes Acheteurs. fur T'expérience, 2 ont déterminé Le plus imappuyées ont été faits pour ce Commerce; de n'envoyer dans
glemens de qui tous étoit celui qui prefctivont lupérieure:l la confomportant Levant quel les draps d'une qualité Nous en avons exle
alors utrconndcrable
mation en étoit années
quinze à dhehuitemilions; les Fabriporté dans certaines le fyilème de Rrisd liberté a prévalu, avidité ; ils ont été
mais lorfque
l'ont adopté avec
& ont été forcans du Languedoc livrés trop inconndcréments Cette épreuve avoit
punis sdes esyetre la bonne fabrication. le Levant à fix ou
cés de revenirt
en draps dans
V'ancienne
réduit notre exportstion commune: Henrenfement faut
fept millions, , année
fe rétablit, & il
cfpérer
réputation. dont ils joniffoient pour Tavenir.
beaucoup
que le pafié nous corrigera tirions des différentes Echelles
2. ces
Quorique nous que nous ne leur en tous envoyons en matieres
plus de marchandifes comme les retours font prefque
pourt nous,
pendant ,
einéniment précteux fur-tout eu
premnieres, ce Commerce T'attention du Gourernemene,
nous
& mérite toute
font les Puiflances rivales pour
égard aux cffdrts fuccès qtie meft déjà que trop. confidlrable. exclufis,
Yenlever.Leur révenir à la quefion des" priviléges
Mais potur
nous que nous ne leur en tous envoyons en matieres
plus de marchandifes comme les retours font prefque
pourt nous,
pendant ,
einéniment précteux fur-tout eu
premnieres, ce Commerce T'attention du Gourernemene,
nous
& mérite toute
font les Puiflances rivales pour
égard aux cffdrts fuccès qtie meft déjà que trop. confidlrable. exclufis,
Yenlever.Leur révenir à la quefion des" priviléges
Mais potur --- Page 105 ---
nous croyons devoir diftinguer ceux d'exploitation & ceux
d'invention ; les premiers nous paroiffent ne devoir être
accordés que lorfqu'il eft bicn démontré
fans leur fccours on fcroit obligé d'abandorner une SRe.der infiniment
utile pour le Public, OLI une branche de Commerce intéreffante. C'eft le cas oùt l'exception confirme la regle. S'il
étoit permis de critiquer les opérationsdu Gouvernement,
on diroit qu'on a fouvent accordé des priviléges exclufifs
pour des exploitations qui auroient dû refter libres. Le plus
grand nombre des établiffemens confidérables qui exiflent
en France, ont été formés à lafaveurde pareils priviléges,
fur le fondement qu'il falloit des fonds confidérables pour
mettre l'entreprife en attivité. En fuppofant cette raifon
décifive, il n'y en avoit aucunc pour les renouveler à leur
expiration.
A l'égard des priviléges d'invention, notre maniere de
penfer eft bien différente. Sans vouloir adopter dans toute
for étendue celle dcs Anglois qui les accordent indifféremment & fans aucun cxamen préalable, nous croyons que
nous en avons accordé trop rarement, & qu'en retardant,
par notre trop grande circonfpection 2 le progrès des connoiffances dans les Sciences & dans les Arts 3 nous avons
infinimcnt nui à l'induftric nationale, & par une confel
quence néceffaire ànos Manufadtures. Nous pourrions faire
à ce fujet un parallcle entre la France & l'Angleterre, qui
ne feroit pas à notre avantage.
Si nous confidérons enfuite le droit que: les Inventeurs
font fondés à réclamer, il ne fera pas poflible dc difconvenir que leurinvention eft une véritable propriété, femblable en tout aux autres propriétés, & en particulier à cclle
des Hommes de Lettres & des Auteurs. On n'a jamais refufé
à ceux-ci des privileges exclulifs pour un efpace de temps
plus ou moins long, fuivant Ia: nature! de leurs Ouvrages.
Pourquoi le refufer à l'Inventeur d'une Mécanique d'une
compofition nouvelle, d'un procédé chimique inconnu,
dont la découverte peut devénir utile au Public ? Il fera
N ij
able en tout aux autres propriétés, & en particulier à cclle
des Hommes de Lettres & des Auteurs. On n'a jamais refufé
à ceux-ci des privileges exclulifs pour un efpace de temps
plus ou moins long, fuivant Ia: nature! de leurs Ouvrages.
Pourquoi le refufer à l'Inventeur d'une Mécanique d'une
compofition nouvelle, d'un procédé chimique inconnu,
dont la découverte peut devénir utile au Public ? Il fera
N ij --- Page 106 ---
ICO
n'eft pas tenu à la
vrai, Alon veut, quele Gouvernement pour faire valoir
d'accorder Îa même proteéion les autres comprifes
rigueur efpece de proprieté, que
parce
cette
Em proprienés, &
Bstrale
de tous 9
L
fous la benpmination de celles-ci tourne au profit
ne font utile produit
exclufifs d'invention Inventeurs:
contraire les privilleges un certain temps 2 qu'aux de forcer un
les, au moins pour
à l'équité naturelle ou à l'enfonir,
mais il paroit répugner public fon fecret,
Invenreur à rendre voudroit pas le communiquer. tous
dans le cas oû il ne il viendra un moment oà
Cependant, s'il eft utile,
pas à T'eipérance qu'on le
; s'il ne répond
en imputer
en profteront Tinventeur ne pourra
a faite
en avoit conçue, fuccès qu'à lui-mème. L'objedion eft intéreffe qu'on à empèmauvais
que le Gouvernement mérite pas d'ètre difeutée.
quelquefois, cher'les Sujets de fe ruiner, 2 ne à conduire la plume du NéCe n'eft pas au Gourernement de T'Artifte, la navette du Manufacturier. alors
la main calculer les facultés de tous, c'eft font rig
STE vouloit
la liberté & l'indufirie
fe
diroit avec raifon que la furveillance du Gouvernement viétime de
nées ; mais lorique. que la bonne foi ne foit tous les
bornera à empécher & de la fraude, loriqu'il emploiera en accordant des
la cupidité pofibles d'exciter Témulation aêtes 2 de bienfafance
moyens d'invention, de pareils
de
privillages
dire de jullice) ne pourront & des qu'ajouter richeffes déjà
(Ton nouvelles pourroit forces à la fomme d'induttrie Commerce qu'il pentfaire.
acquifes. L'Etat fera alors toutle
à cet objet, que
Celt pour parvenir déireroient plus prompsement que Te Gouvernement acbien des perfonnes
par préférence à des privillges même du
cordât des encouragemens jouiroit dans Tinfant
eft
exclufifs parce queTEa Cette maniere de récompenfer mais le
fruit de i découverte. conforme à V'intérèt de tous l'utilité 5 dont
certainement ileft plus tres-dimcile de calculer moins d'applus fouvent
nouvelle; il ne T'eit pas
fera une invention
ireroient plus prompsement que Te Gouvernement acbien des perfonnes
par préférence à des privillges même du
cordât des encouragemens jouiroit dans Tinfant
eft
exclufifs parce queTEa Cette maniere de récompenfer mais le
fruit de i découverte. conforme à V'intérèt de tous l'utilité 5 dont
certainement ileft plus tres-dimcile de calculer moins d'applus fouvent
nouvelle; il ne T'eit pas
fera une invention --- Page 107 ---
Ior
précier les peines & les dépenfes qu'elle a coutées à I'Inventeur; & fouvent encore le Gourernement n'eft pas en état
de faire des facrifices ; d'ailleurs cette maniere de récompenfer a un grand inconvénient, c'eft
T'Etranger
fite de l'invention auffi-tôt & fouvent plis tôt que la Roor
fance qui.en a payé les frais. Toutes ces confidérations
doivent être mifes dans la balance, loriqu'il eft queftion
d'une demandé en privilége exclufif. Mais la queltion en
elle-méme, de favoir s'il convient d'en accorder ne nous
paroit
problématique,
La Panclite accordée à quatre ports du Royaume 2 de
recevoir & de réexporter à volonté les marchandifes
hibées ou affujetties à des droits prohibitifs, ne peut prc- être
confidérée relativement aux autres ports & aux autres Provinces de la France, que comme une forte de privilége
exclufif, puifque ces quatre
font les feuls jouiffent de cette liberté. Le uclipqu qui a déterminé qui à la leur
accorder, a été de ne pas renoncer au Commerce de réexportation dont nous avions befoin pour approvifionner nos
Colonies de plufieurs articles prohibés, &c- d'ailleurs
étoit un moyen de plus d'augmenter la maffe E richeffes
nationales. Le même motif fit introduire les tranfits, & détermina à établir des entrepôts : ils furent fupprimés enfuite pendant long-temps; mais on fentit que cette fuppreffion nuifoit EERI la circulation inténieure, puifqu'on étoit privé par-là de tous les avantages que procuroit
le paffage des marchandifes par lcs différentes routes de
France pour arriver chez l'Etranger, & on les arétablis
Le Commerce qui fe fait à la faveur du tranfit & des entrepôts, n'eft pas comparableàl'étendue de celui qui fe fait
les ports francs: Cependant c'efl une queftion que celle
Rer favoir s'il n'y auroit pas pour la France un plus grand
Commerce (1) Ils n'ont fe été fait iétablis que particllement voie
& pour des objets décerminés 5 lc
conféquent qui étre aufi confidérable par cette que & celui Far qui celle fc fait de l'entrepôr, pas les ports ne fianct. (çauroit Far
pas comparableàl'étendue de celui qui fe fait
les ports francs: Cependant c'efl une queftion que celle
Rer favoir s'il n'y auroit pas pour la France un plus grand
Commerce (1) Ils n'ont fe été fait iétablis que particllement voie
& pour des objets décerminés 5 lc
conféquent qui étre aufi confidérable par cette que & celui Far qui celle fc fait de l'entrepôr, pas les ports ne fianct. (çauroit Far --- Page 108 ---
1O2
voie que par la fede le faire par la premiere à le croire, 8 voici fur
avantage fommes très-portés
conde; nous fondons.
quoi nous nous concentrent le Commerce d'exportaLes ports francs points ; ils en refferrent par confequent ils ralention dans quelques Tetendue. Par une fuite nécellaire,
de beancoup
des produits.
que
le
tiffent la circulation ne
convenir
pour de
20. Les ports francs ils pouvant la France de la partic & avec
Commerce maritime, privent faire avec la Suiffe
qu'elle pourroit
ce Commerce
8c de FItalie.
natioune partic de TAllemagne
des productions
go.1lst nuifent à la confommation comme étrangers par
qu'étant regardés
Y font Ps
nales, parce traites,, les marchandifes étrangeres
aux que celles de la France. liberté de commercer avee.
Enosiea
francs ayant la
lintroduction des
4". Les ports ils
y favorifer
nos Colonies 2 peuvent
lorfque
étrangeres.
à craindre,
marchandifes mêmes inconvéniens ne font pas
fe fait par la
Les
étrangeres
des marchandifes En eftet, les Négocians
la réexportation du tranfit 8 des entrepôts.
tout de fuite les
voie
Commerce, ou exportent
ou ils
qui font ce étrangeres fous un acquit à de caution, les expédier ;
marchandifes
une occafion
les gardent en attendant
dans des magafins publics, elles
& alors, ou elles font dépofées pour être expedites, 2 ou tenu de
d'ou elles ne fortent que du Commercant, qui eft Dans le
font laiffées à la toutes garde les fois qu'il en eft requis. dans leterme
les repréfenter
de T'acquit à caution du
des
premier cas, la décharge affure la fortie hors Royaume cette
preferit icelui, étrangeres; ; & nous ne croyons nous pas que n'en troude
sinconvéniens;
réelle-.
EatEtird
voie foit fufceptible grandsi l'entrepôt eftfait l'entrepôt
vons pas non Hentesscmpuaime eitp de même dansletroilemne cas;1 d'autant
ment.Ila La'en pas d'une contrebande continuelle fe faire avec
fiaif eft fiufceptible les verfemens peuvent
plus funelte, que
it icelui, étrangeres; ; & nous ne croyons nous pas que n'en troude
sinconvéniens;
réelle-.
EatEtird
voie foit fufceptible grandsi l'entrepôt eftfait l'entrepôt
vons pas non Hentesscmpuaime eitp de même dansletroilemne cas;1 d'autant
ment.Ila La'en pas d'une contrebande continuelle fe faire avec
fiaif eft fiufceptible les verfemens peuvent
plus funelte, que --- Page 109 ---
IO3
plus de facilité dans l'intérieur du Royaume, Auffi, lorfque nous préférons les entrepôts aux ports francs, nous
n'entendons parler que des entrepôts réels. C'eft aux Négocians qui voudront obtenir cette facilité, à faire les frais
pourla confirudion des magafins & des hangars néceffaires
pour leur Commerce d'exportation. ; ils trouveront facilement dans les grandes villes, des Entrepreneurs ou des
Capitaliftes qui fe chargeront de faire ces frais, pourvu
qu'on leur paye un Joyer proportionné à l'intérêt du capital qu'ils auront avancé; & quoique le tranfit & l'entrepôt
réel ne foient pas entiérement à Pabri de la fraude, cependant ils'en commettra infiniment moins que dans les ports
francs, & le Commerce d'exportation des marchandifes
étrangeres fera divifé entre un beaucoup plus grand nombre de perfonnes. Les villes maritimes auront toujours fur
celles des frontieres 7 ou de l'intérieur, un avantage confidérable dans ce
de Commerce, mais au moins elles
n'en auront pas REeR privilége exclufif. La ville de Lyon &
celle d'Orléans font fituécs de maniere à le leur diputer,
&nousne royonsaucuneraifon pourles empécherd'enjouir.
Ceci nous conduit naturellement au Commerce d'exportation.
CINQUIEM E PARTIE
Conmerce extérieur.
La principale opération de ce Commerce confifte à fournir aux befoins des autres peuples, & à en tirer de quoi fatisfaire aux fiens ; il concourt par-là au même but que le
Commerce intérieur.
Quatre moyens conduifent firement à ce but : la concurrence,l'économie dutravail Ideshommes, - la modicité des
frais'de tranfport, & le bas prix de l'intérêt de l'argent. Ces
quatre moyens font développés d'une maniere fi lumincufe
danslel Didonnicbageeptdigos, au mot Commerce, qu'il
peuples, & à en tirer de quoi fatisfaire aux fiens ; il concourt par-là au même but que le
Commerce intérieur.
Quatre moyens conduifent firement à ce but : la concurrence,l'économie dutravail Ideshommes, - la modicité des
frais'de tranfport, & le bas prix de l'intérêt de l'argent. Ces
quatre moyens font développés d'une maniere fi lumincufe
danslel Didonnicbageeptdigos, au mot Commerce, qu'il --- Page 110 ---
104 croyons devoir y ajouter,
rien à défirer. Mais nous
le Comne laiffe caradérife & difingue elentiellementi c'eft celuique ce extérieur qui
du Commerce intérieur, réelles de hete la cirmerce
de donner aux richeffes le Commerce extérieur
ci culation s'occupe ja plus aétive 3 tandis de la que maniere la plus avantageufe d'adion
objet de procurer
Le premier n'a
a pour ja Nation les richeffes relatives. du même Souverain ; T'autre
à
Sujets Nations commetcantes,
& de estengreomaias s'étend chez toutes les vis-à-vis des autres Etats,
au contraire fur la puilfance d'un Etat
réciproque 2 une
& influe dans la balance du Commerce
eft plus acLorfque, le folde en fa faveur, fon Commerce il eft plus pallif
Nation a
dans le cas contraire,
tif que pallif;
nous venons d'indiquer
qu'aaif Quoique les quatre moyens direéte que au Commerce agif ou que à
aient une application plus contribuer à diminuer Ils
pafif, cependant ils peuvent de la Nation tributaire. lui donner R
retarder Fafoiblifement
des temps,
mais
vent mème , par la progreflion mettre la balance de de niveau;
périonité, OLl ati moins
doivent fervir regle pour à
ils ne font pas les feuls Il qui en eft d'autres qu'il importe
opérer Nation ce changement. tributaire d'employer, lui fera poffible,, le
toute Elle doit faire, le plus qu'il à laquelle elle fera obli1°.
direft avec la Puiffance dans le cas de
Commerce d'avoir recours, afin den'être pas des frais de
PPORI
gée autre Puiflance intermédiaire de mer & une marine
une
Si elle a des ports les objets dont elle
ou de provifion. importer elle-méme
& fera en
affez adive
fret tournera à fon profit
ne eloit
aura befoin, POL elle. Dans le cas oi fon Commerce elle
bénéfice pour étendu pour occuper tous fesvailfeaus, elle ne fgauroit Srtea
donner affez à fret aux autres Nations : de grand & de petit
E
utilement. Le Commerce, des branches les plus
fervir plus a été & elt encore la une Hollande, de même que
cabotage de celui que fait
le
conlidérables
& fera en
affez adive
fret tournera à fon profit
ne eloit
aura befoin, POL elle. Dans le cas oi fon Commerce elle
bénéfice pour étendu pour occuper tous fesvailfeaus, elle ne fgauroit Srtea
donner affez à fret aux autres Nations : de grand & de petit
E
utilement. Le Commerce, des branches les plus
fervir plus a été & elt encore la une Hollande, de même que
cabotage de celui que fait
le
conlidérables --- Page 111 ---
le fameux ate de navigation des Anglois a été la principale caufe de leur puillance maritinc.
2°. En ce qui concerne les ManufaGures, nous avons
déjà obfervé que l'importation des inarchandifes étrangeres
qui empèchent la confommation de celles du pays, dcvoit êtrc prohibée de la maniere la plus févere; malheureufement cette maxime n'i pas été affez pefée, ni prife
en contidération autant qu' 'elie auroit dû Fétre, dans notre
dernier Traité de Commerce avec l'Angleterre, ou, fi
elle l'a été, des raifons fupérieures de politique J'ont fans
doute emports fur l'intérêt général de notre Commerce;
nous aimons à le croire ainii : mais il n'en eft pas moins
vrai que ce Traité a occafionné une diminution trèsconfidérable dans lc travail de nos Manufadures, & que
de long-temps eiles ne fe releveront de l'état affligeant
dans lequel cllcs font. Il n'étoit pas difficile de prévoir
cet cffct funefte. II n'y a dans un Royaume qu'une certaine fomme de numéraire deftinée aux confommations ;
cette fomme cft proportionnée aux befoins réels & factices; ils font plus ou, moins étendus, fuivant l'abondance
plus ou moins grande des facultés; quand elles feront
employécs à acheter des marchandifes Angloifes, on n'en
achetcra pas de Françoife : ainfi, à prix egal, on devoit
s'attendre quc. nous perdrions le débit de la moitié des
nôtres; c *l'égard des articles que les Anglois pouvoient
doanerà meilleur compte que nous, tels que les lainages,
les grofies draperies, les faiences, & plufieurs autres, ils
étoien: affurés de la préférence. Tous les railounemens, 9
ou plurôt les fophifmes qu'on a faits , ne détruiront pas
cette véritd. Si,par des confidérations que nous ignorons,
il étoit indifpenfable de permettre l'introdugion des marchandifes Angloifes fabriquées 2 il eût été all moins à
défirer quc l'on eût obtenu, par forme de compenfation,
la liberté d'importer les maticres premieres, & fur-tout
les laines dont nous avions Lefoin pour alimenter nos
Manufa@urcs; mais les Anglois cn fentoient trop Ia conO
d. Si,par des confidérations que nous ignorons,
il étoit indifpenfable de permettre l'introdugion des marchandifes Angloifes fabriquées 2 il eût été all moins à
défirer quc l'on eût obtenu, par forme de compenfation,
la liberté d'importer les maticres premieres, & fur-tout
les laines dont nous avions Lefoin pour alimenter nos
Manufa@urcs; mais les Anglois cn fentoient trop Ia conO --- Page 112 ---
IC6 &il ne nous refte plus d'autres les
féquence;
confentir, redoubler d'efforts pour augmenter des primes
&
RTIES
rellources que
d'accorder
feront
produits de notre Agriculture, des marchandifes qui
favorifer Texportation,
2 ou auxquelles
pour provenir 'de nos Manufadures min-deavre qui en
jutlifiées douné une nouyclle
quoinous aurons valeur. Cette efpece dencouragement indtipenalied 'dans
dorblerala àlEtat, derient n'en cependant cft point de plus
qu'onérenx circonflances. Il
ER
certaines celles oà fe trouvent nos Manafaciures ont été privées de
fantes
de Commerce qu'elles tous les droits de
Retr le adivités TRatE il eft julte au moins que les marchandifes
payent à leur intrudufion dans le Royaume 7
traite étrangeres que dont on a permis Tentrie de la perte qui en
employés à les dédommager
foient
pour elles.
devient
eft réfultée lieu, le Commerce d'exportation
En fecond mécefiaire
la France 2 tributaire wabl.aion pour
d'autant plus de fes Canat elle ett il lui importe
faite du produit contidérables, de Tbtranger:
avec
des fommes de compenier le plus qu'elle fomme pourra, dont elle
cfienticllement
la
des denrées ou des marchandifes,
fuccelfeft débitrice. lieu, elle a été obligée d'ouvrir ont placé des
En troifieme
3 les Etrangers y. hauts que ceux
vement des à des Emprunts intéréts beaucoup Priffances plus ; ils forment une
capitaux
d'autres
promis 8c payés faut acquitter.
fe fuffire à elledette anmuelle
que la France plt
Puiflances,
Mais en fiuppolant ne dût rien aux autres tient, il femême, & qw'elle parmi elles le rang qu'elle y aftif d'expour conferver qu'elle fit un Commerce
roit indifpenfable
portation.
tirent anmuelemenede
TEfpagne & le Portugal environ cent trente
En effet,! en Amérique 2 pour
ces deux. Royauleurs mines 7
il ne refte dans
millions d'or & d'argent;
elledette anmuelle
que la France plt
Puiflances,
Mais en fiuppolant ne dût rien aux autres tient, il femême, & qw'elle parmi elles le rang qu'elle y aftif d'expour conferver qu'elle fit un Commerce
roit indifpenfable
portation.
tirent anmuelemenede
TEfpagne & le Portugal environ cent trente
En effet,! en Amérique 2 pour
ces deux. Royauleurs mines 7
il ne refte dans
millions d'or & d'argent; --- Page 113 ---
mes qu'ane petite partie de cette fomme ; elle eit partagée entre les difccentes Puiflnces de T'Europe, avec
lelquelles ils Ont des relations. Le Commerce pafir que
ccs Puifances font en Ane, en abforbe une autre parte;
ils'en confomme une certaine quaatsiensatuelle, bijoux
& dorure : dapcls cela, on pout culonier qu'il en reie
environ cent millions, qui accroiteut annucllement le
numéraire de Turope, Dans cette pu 1oA, ) lila France
renonçoit à toutus les Hailons de smmerce au duhors,
& qu'elle fe contentit de conferver fes rich 03 1 eiies.
elle perdroit bientôt fon deged relide de peitonce, puifque rellant toujours dans le méue Ctat, & les autres
Nations s'enrichiflant, la proportion de richeffe qui exife
actucllement cntre elle &c lés autres Eturs, s'alioibliroit
ammiellement; par confequent elle a un trés-grand intérêt d'encourager fon Commerce d'exporration. Mais
queile branche de ce Commerce doit-elle principalement
favorifer? Dans les réflexions que nous avons propolées
fur la liberté indéfinie du Commerce, nous avoas expli3e notre maniere de penfer relativement aux deurées
premiere nécellité, & aux matieres premicres 5 nous.
perhfons à croire que quelque intérêt que puiffe avoir
la France de faire le plus grand Commerce d'exportation
poffible 2 clle doit néanmoins fe borner, quaut à ces
deux objets, à ne vendre à TBeranger que fon fluperfu.
A l'égard des marchandifes & des objets de luxe, 2 plus
la vente cn fera coniidérable, & plus le Royaume y trouvera fon avantage, quand même le Fabricant ou Je Négociant y perdroient. C'eit ici le Cas de diflinguer le gain
de TEtat d'avec celui du Spéculateur; mais ce feroit trop
exiger du Fabricant, de vouloir. qu'il fabriquàt des marchandifès aul delà de la confommation préfumée des pays
pour lefquels elles font deftinécs. Les invitations que nous
avons entendu quelquefois faire à ce fujet, font trop con--
traires à lintérèt particulicr du Fabricant & du Commerçant 2 pour croire qu'elles puiffent les déterminer à fe
O 1]
avec celui du Spéculateur; mais ce feroit trop
exiger du Fabricant, de vouloir. qu'il fabriquàt des marchandifès aul delà de la confommation préfumée des pays
pour lefquels elles font deftinécs. Les invitations que nous
avons entendu quelquefois faire à ce fujet, font trop con--
traires à lintérèt particulicr du Fabricant & du Commerçant 2 pour croire qu'elles puiffent les déterminer à fe
O 1] --- Page 114 ---
108 préfumeroient ne
de marchandifes qu'ils
qui s'en ERC
furcharger rendre. D'aillenrs, les engorgemens à la fabrication des
voir pas dans leurs magalins nuiroient leur exportation. Il n'y a
roient
ainfi qu'à
cet inconrénient
années iuhfequenter, nous avons éprouvé
L'Admipas long-temps que draps deftinés pour le Lerant. à for compte 2
par rapport aux ét3 otligée de fe charger,
2 pour
nifration a
de ces mêm.es bien draps plus encore
d'une quantité travail concdérable auix Mamnfattures, & clles étoient tomdonner 'du
dans lequel
étofles.
remédier aul ditcrédit
qualité de leurs
pour rapport à la mauvaife
pour TEtat
bées par
queique tris-onérenfe branche de
Cette
cette
-:
enilimua unle à
que les Fapourra cependant dans le Levant, mêmes pourru abus.
merce d'exportation retombent pas dans les
d'exporter
bricans re de la maniere la plus du avantageule fol, ainfi que celles
A Tégard de nos produGions indufrie, nous ne poule fuperiu
&c de notre d'autres principes que
de nos Mamafaeures d'autres regles &
nous avons parlé
vons propofer nous avons inroqués, dont lorique nous avons beloin, en
ceux que
des articles
du fuperfu d'une
de Timportation
que Yexportation eft le profit le
y aicutant cependant genre que ce foit,
Nation,, dans quelque puile faire.
n'a du fuperlu que
plus clait qu'elle ifolée de fes Colonies, valeur des autres
La le France, feul article de fes vins. & La de fon induftrie,
TRTE
dans dudions de fon Agriculture au delà par Jes fomes qu'elle : on
exporte., eft compeniée pour les objets qu'elle importe millions, &
eft otligse de montent payer à deux cent trente deux cenrs
calcule qu'ils de fes prodngions que tributaire pour aux autres
qu'elle n'exporte
elle fercit lui donnoient pas
millions : YEurope, par conféquent fi fes Colonies ne en fa iaveur la
États de de produit qui fait pencher
une maffa
faite des prodaits
balance. l'énumération que nous avons
Dans
exporte., eft compeniée pour les objets qu'elle importe millions, &
eft otligse de montent payer à deux cent trente deux cenrs
calcule qu'ils de fes prodngions que tributaire pour aux autres
qu'elle n'exporte
elle fercit lui donnoient pas
millions : YEurope, par conféquent fi fes Colonies ne en fa iaveur la
États de de produit qui fait pencher
une maffa
faite des prodaits
balance. l'énumération que nous avons
Dans --- Page 115 ---
de la France, nous avons compris cCux des Colonies pour
deux cents millions, & nous avons obfervé que le Comincrce qui fe fait entre elles &ia Metropole, exigeoit une
iniportation & une exportation réciproque de deux cent
mille tonneaux. Ce fimple apperçu a di fufhire pour faire
fentir combien leur confervation eiti importante, & coinbien nous avons intérêt de les protiger; nous n'avons
pas befoin de recourirà des raifouneriens, pour en convaincre. La feule obfervation que nous nois permettrons
à ce fujet, c'eft que plus les Colonies different de la
/ Métropole par lcurs produétions 2 plus elles font parfaites s puiique cctte différence leur donne d'autarplus
d'aptitude à remplir T'ob,er de leur detination 2 qui eft
d'operer la coniommation des produits de la Miétropole
pour laquelle elles ont été fondées, & de fournir LIn
nouvel aliment à fon Commerce. Telles font nos Colonies
des Antiiles.
Mais quels moyens le Gouvernement doit-il emplover
pour les fiire arriver de la maniere la plus fire & is plus
complette aleurdefination ? C'eftici où fe trouvelsg--nde
dificulté. Beaucoup de perfonnes prétendent qu'oe
Jes confidérer comme dcs Provinces du Royaume fop
feulement par la mer du fol national : nous aurioi E de
peine à nous ranger à cet avis ; la deftination des CL
niesy réfifte. En eflet, leur fol &c leurs pofteftions re
font précieux que relativement aux produdions que nous
en tirons, & à celles que nous y envoyons elles .ont
donc abfelument que des établiffemens de Commerce
qu'il faudroit abandonner, fi, d'une part, elles ne nous procuroient pas les débouchés de notre fuperfu, & fi, d'autre
part,J Jeurs plantations ne nous fournifioient pas excluuvement les fruits, 9 Jes denrécs & les matieres premieres dont
nous avons beioin pour notre confommation intérieure &
pour l'agrandifiement de notre Commerce exterleur.
Au furplus, peui limportequ'on les confidere comme Provinces du Royaume, ou comme des établiffemens de Com-
roit abandonner, fi, d'une part, elles ne nous procuroient pas les débouchés de notre fuperfu, & fi, d'autre
part,J Jeurs plantations ne nous fournifioient pas excluuvement les fruits, 9 Jes denrécs & les matieres premieres dont
nous avons beioin pour notre confommation intérieure &
pour l'agrandifiement de notre Commerce exterleur.
Au furplus, peui limportequ'on les confidere comme Provinces du Royaume, ou comme des établiffemens de Com- --- Page 116 ---
merce , dès qu'on fera 110
été fondécs
forcé de convenir
tropole ; la que.pour le plus grand
qu'elles n'ort
que leur conféquence naturelle avantage de la Métation : doit Commeice, être
tant
qui en refulera, eft
plus auferes. Ce tenu fous le d'imporiation joug des que d'exporplus grand intérêt principe des eft fond. non prohibitions les
nies, 2 mais encore il Nations qui
iculerment des far le
de jultice , qui veulent prend fa fource pofiedent dans Jes ColoLc droic de la Puiffance
celui qui a femé fentimens
lonies, efi le même Eaas &
recueiile.
ductions d'en
quie celai d'un proteSrice des Coou fait cultiver champ à fes gui lui appartient, Particulier & fur les profrais.
qu'il a cultivé
le Cependant Commerce on ne doit pas diflimuler
tions.
excluff des
qu'on fait contre
Et
Colonies; de fortes
d'abord on
objec
la Puilfance fondatrice n'admet & pas la parité entre le droit
tivateur, contraire qui ayant femé doit proredirice, & le droit du Cul- de
le
recueillir ; on
lon, qui, en principe fa
3 & on en excipe en faveur rétorque au
la faculté de qualité de Propriéraire du
du Coavantage. difpofer de fes
fol, doit avoir
Nous
productions à fon plus grand
ne réfléchit répondons qu'en réduifant ainfi
oblige les que Colons contre la partie du Commerce T'objestien, elle
Ta & matieres d'envoyer en France tous les exclufif
aucune application à premierés la néceflité qu'ils récoltents qu'elle fruits n'a 3
de procurer la Je plus grand débouché dans laquelle ils font de
de l'exclufif Métropole. Or les raifons pollibls' aux productions
dans ce dernier cas qui militent en faveur
premier; elles dérivent les
3 font les mêmes
nation primitive des
unes & les autres de la pour le
En fecond
Colonies.
deftiont la propriété lieu, il n'efl pas exad de dire
n'en ont que le domaine pleine & entiere du fol des que les Colons
utile. La conceflion Colonies, ils
ne leur a été
de l'exclufif Métropole. Or les raifons pollibls' aux productions
dans ce dernier cas qui militent en faveur
premier; elles dérivent les
3 font les mêmes
nation primitive des
unes & les autres de la pour le
En fecond
Colonies.
deftiont la propriété lieu, il n'efl pas exad de dire
n'en ont que le domaine pleine & entiere du fol des que les Colons
utile. La conceflion Colonies, ils
ne leur a été --- Page 117 ---
IIIfaite prinitivement qu'a la charge de la prohibition.
Enfin, en regardant comme des Provinces du Royaume
les Colonies, & en fuppofant que leur propriété foit pleine
& entiere entre les mains des Colons 2 ils font tenus, en qualitéde Sujets, de fubordonner leur intérêt à l'intérêt général. La prohibition n'ett pas une interverfion de lears pof
fcflions, clle n'eft que la regle qui doit en diriger Tufage:
La feconde objeation eft plus forte ; on la fonde fur
l'inpoffibilité d'approvifionnér les Colonies. Si cette impof
fibilité étoit réelle, nul doute qu'on ne dût permettre
aux Colons dcs liaifons avec les Etrangers : mais exiflet-elle ?
On nc la fuppofera certainement pas en ce qui concerne
T'habillement & les ameublemens. ; ainfi nous fommes difpenfés de rien dire à ce fuyct.
Quant taux vivres,ily a une premiere obfervation à faire:
c'eft que les Negres, qui forment la preique totalité de la
population, font nourris en genéral avec le manioc &: avec
quelques autres plantes fe cultivent dans les Culonies.
Cependant il eft vrai que RE opprovibonnerens eti farines
font néceliaires pour une portion de Negres qui s'en nourriffent, & pour les Blancs ; inais il feroit difficile qu'excepté
qu'iln'y cut fitccellivement, pen.lant plufieurs années, de
mauvaifes récoltes, la France ne pir pas fournir à cette
confommation, qui eft inférieure à celle de pluficurs villes
du Royaume. Nous ne Içaurions mieux employer notre fuperflu en grains, qu'à Tapprovifionnement de: nos Colonies.
Nous favons qu'elles confomment beaucoup de poiffon
falé, & qu'il a paru néceffaire de leur Jaifler la liberté d'en
tirerdel'Ewranger; qu'on a même établi en Amérique quelques ports francs, pour leur faciliter les moyens de's'en approviionner ; mais nous ne fçaurions nous difpenfer de remarquer que c'eft un mal corrigé par un autre mal. Le feul
moyen de remédier à l'un & alautre, eft dei favorifer, ainfi
que nous l'avons déjà dit, nos pécheries, en détruifant les.
ceffaire de leur Jaifler la liberté d'en
tirerdel'Ewranger; qu'on a même établi en Amérique quelques ports francs, pour leur faciliter les moyens de's'en approviionner ; mais nous ne fçaurions nous difpenfer de remarquer que c'eft un mal corrigé par un autre mal. Le feul
moyen de remédier à l'un & alautre, eft dei favorifer, ainfi
que nous l'avons déjà dit, nos pécheries, en détruifant les. --- Page 118 ---
I12
toute l'agivité qu'elempachent de prendre
génes quileur avoir.
c'eft encore un autre mal
les pourrotent des viandes falées, fourair à nos Colonies. Il
A Tégard
les
mais comie
nous ne puiffions état Re notre Agricultures. au moins
TEne du mauvais faéles fe tirent d'Europe, il convient de nos ports :
ces viandes
s'en fafic par Tentremnife cet objet n'étant
le tranfport d'autant plus néceflaire, des que cargaifons, on com0ot paroit confdérable pour former
on évitepas ailez la charge arec d'autres marchandiles; dans nos Colonics , de
pletteroir
Tintrodudion,
du fret
roit par ce moyen & la Marine Françoife jouiroit
celles étrangeres,
des boifdes cargaifons.
de
aux vins de
ne
pas
upponiamemeat
Kous parlerons que les Colonies donnent garant que la
fons; la preference les autres, elt le meilleur
Guienne fur tous
néceffaire
protitcition fera efpece refpeaée. de fourniture abfolument Il faut conrenir
Une autre Colonies, eft celle des Negres. n'en ont enpour nos
nos Armateurs culture; E c'épendant long-temps fuffante pour leur deleur part, que
une quantité
réclle
une
impuiface
Anglois
toit bien moins par
ulihfamment protigeel.es Colonies le rebut de
parce qpullsnetment Be fournir à nos
fi bas, que nos
étoient en poffellion
à des prix
ceux
leurs Negres; ils lesvendoient pas fournir en concurenée que les
Armateurs ne pouvoient traite. Lexpérience a prouvé reveprovenant de leur Anglois moins cher à l'achat, étoient
Negres vendus parles
qu'ils
o
à un prix plus haut, de ce bon marnoient cependanr
fé font
TEAIEA
motusrobuifies Nos Colons
des Anglois que loriquils vrai
ché apparent, , ils n'enachetent beloin; mais il n'en eft pas moins à nos
y font forcés parle interlope a été aufîi pej.licabe de France : & une
que ce Commerce qu'il Ta été au Commerce Armatenss François ont été
Armatcurs, fans replique que Colonics nos
gurils ne leur ont manpreure dégoitis par nos
qué,
plurôt
ependanr
fé font
TEAIEA
motusrobuifies Nos Colons
des Anglois que loriquils vrai
ché apparent, , ils n'enachetent beloin; mais il n'en eft pas moins à nos
y font forcés parle interlope a été aufîi pej.licabe de France : & une
que ce Commerce qu'il Ta été au Commerce Armatenss François ont été
Armatcurs, fans replique que Colonics nos
gurils ne leur ont manpreure dégoitis par nos
qué,
plurôt --- Page 119 ---
réfulte de ce qu'ils ont 113 été réduits
30 dans celles des
fouvent à introEipagnols, des
pas pu trouver à vendre dans les nôtres. Negres qu'ilsn'avoient
le Gouvernentent donne des primes fuffifantes AGuellement quc
courager la traite, il faut clpérer
pour enen jour plus confidérable, & ce fera qu'elle deviendra de jour
tenir ce Coimerce fous l'empire de un la motif de plus pour
auffere.
prohibition la plus
Cependant on pourrainfifter, & dire
s'il
que tout le Commerce des Colonies
efimportant
le plus grand avantage de la
dur pour objet que
quil foit fous fa dépendance Métropole, & par conféquent
effentiel que,
immnadiatc, iln'eft pas moins
tination
remplir encorc plus
fa
s les Idhsenton foient tenues parfaitement defde richeffes po.lible, &
dans le plus grand état
état de richefics fi fort 9 défirer, l'excluff abfolu s'oppofe à cet
ne confommant qu'une partie de leurs fur-tout la Métropole
La derniere affertion eft vraie; mais de produéions.
ne confomme pas la totalité des
ce que la France
nies, on ne doit pas en conclure qu'il productions faut de fes Colorique, le furplus aux Nations qui font dans livrer, en Améacheter ; fi cela étoit ainfi, la
le cas de les
ainfi que leurs obligations
dépendance des Colonies,
reftreintes & limitées, tandis envers la Métropole, feroient
d'autres bornes que celles
qu'elles ne doivent avoir
de leurs terres & la atcedet des peuvent y mettre la culture
leur manquent pour faire exifter les approrilfionnemens, , qui
lement elles font affujetties à fournir Colons. à
Ainfi non feutes les denrées de leur cru néceffaires à la fa Métropole touintéricure; non feulement elles doivent
confommation
tes les chofes dont elles ont befoin recevoir d'elle touColons &leurs
pour la nourriture des
les Artifcs & vétemens; les Ouvriers non de fculement clles doivent payer
pour elles & a leur occafion ; mais la Métropole elles
qui travaillent
de procurer à fon Commerce
font encore obligées
toute l'activité pe peut leur
non feutes les denrées de leur cru néceffaires à la fa Métropole touintéricure; non feulement elles doivent
confommation
tes les chofes dont elles ont befoin recevoir d'elle touColons &leurs
pour la nourriture des
les Artifcs & vétemens; les Ouvriers non de fculement clles doivent payer
pour elles & a leur occafion ; mais la Métropole elles
qui travaillent
de procurer à fon Commerce
font encore obligées
toute l'activité pe peut leur --- Page 120 ---
La feule producion
Yesrontaion de leur iuperflu. a été abigcjufia &
donner
notre Commerce
les taffas
E
des liles, que à TEtranger, ce Y'avons font dit, que leur
abandonser s'il ett vrai, comme nous le réfultat d'une
ce
e
mais
France n'eft que
fubifter
bition en
ne laiffera plus
LEEE
lieu de prefumer Eria liaifons arec des Narigateurs
texte d'entretenir
faite par ceux croient à tenir
gers.
partie de Tobjelion auffi
EatS
Quant àla
eft
le moins état de richeffes pofible, que
que la Colonies Métropole 'dans le E grand abfolue, il nous paroit
lcs maintenir la Dkohabition examiner, 1". s'il y a de incompa- jouir en
qu'iy pour la réfoudre il faut mieux dire 2 impolibaité 2.A cette impolfitiblite, ou, pour de ces deux aantages: bien fi elle eft habinuelle. eft
même bilité n'eit temps que memtntanie ou d'une pareille utile Colonie ; il faut
Dans ce dernier cas, la pofion qu'elle ne lui eft
ne forplus nuiftle àla Metropole, que des raifons politiques Ja Colonie ne
Fabandonner. excepté Lors au contraire que à manquer de l'ab- Mécent à la conferver.
expolée lui être fourni par la avant
fe trouve
ne
pas
cara
aaraarenn
niceflaire, qui peut
doit céder,
folu censincinet la prohitbitdon Mais hors de ces circoniances,
tropole, il faur conferver
fur les avantages tas
de jouir
doit T'emporter
les
ELS
Ja protbition la Métropole de tenir L'Etat leur doit &
vent refuiter pour état de richelles doit pofmble, pas à fon préjudice
le plus grand mais il ne la leur infitution.
de
pricdioal contre la nature de leur la France eft obligée
en
de guerre
fon
RAEE
Si
amies ou neutres,. maritimes ne lui
avec les RCELE que fes forces c'eft une raifon Frai plus
Coloniess, parce esclufivenent
de paix, foit pour
tent d'enjouir réferver uniquement en temps avoir perdu, foit pour
de fe :
de ce qu'elle peut
fe dédemmager
le plus grand mais il ne la leur infitution.
de
pricdioal contre la nature de leur la France eft obligée
en
de guerre
fon
RAEE
Si
amies ou neutres,. maritimes ne lui
avec les RCELE que fes forces c'eft une raifon Frai plus
Coloniess, parce esclufivenent
de paix, foit pour
tent d'enjouir réferver uniquement en temps avoir perdu, foit pour
de fe :
de ce qu'elle peut
fe dédemmager --- Page 121 ---
IIS
conferver le rang qu'elle doit tenir parmi les autres Nations de l'Europe. En accordant à fes Colonies une liberté
plus grande que celle dont elles jouiffent, elle diminueroit fa puiffance relative par l'accroiffement de celle de
fes rivaux.
Ces confidérations nous difpenfent d'entrer dans l'examen des avantages qui pourroient réfulter pour nos Colonies, d'un adouciffement dans les Loix prohibitives auxquelles elles font foumifes. Cependant, s'il étoit néceffairede
faire valoir un dernier moyen pour prouver que ce régime
n'eft pas incompatible avec la profpérité des Colonies, nous
ferions fondés à obferver que T'exclufif
la France s'eft
réfervé, n'a pas empèché nos Colonies der Antilles de s'élever à un degré de richefles & de puiffance qui faitl'objet
de l'étonnement & dc l'envie des autres Nations. Les Colons, toujours diipofés à fe plaindre de la rigueur avec lails prétendent qu'on les traite, ne fçauroient fe difee que les impôts qu'on leve fur leur fol & fur leurs
produdions 2 font beaucoup moins forts
ceux payés
les autres Sujets du Roi, Propriétaires Qera fonds 5 SRE
tous payent le cinquieme de leurs revenus, 9 Y compris les
droits fur les confommations èn tous genres. Nous ne doutons point qu'aguellement que les Colonies ont défiré &
obtenu des lepps@entmatAliemblr Nationale, elles ne
s'empreffent de donner l'exemple de leur dévoucment pour
le plus grand avantage de la Nation dont elles font partic.
Nos efpérances, cet égard, font d'autant mieux fondées, 9
qu'elles ne peuvent pas ignorer que la modération des impôts n'eft pas la feule faveur dont elles jouiffent ; l'Adminiftration facrifie encore toutes les années une fomme confidérable pour leur procurer à meilleur compte des Negres.
Cette dépenfe a formé, l'année derniere, un objer d'environ
deux millions, & c'eft certainement une des dépenfes les
plus utiles pour tenir les Colonies dans le
grand état de
richeffes
ne font
par leur
lbher
poflible, puifqu'elles
culture, & qu'elles ne cultivent que par les
NaReeie
achetent.
Pij
encore toutes les années une fomme confidérable pour leur procurer à meilleur compte des Negres.
Cette dépenfe a formé, l'année derniere, un objer d'environ
deux millions, & c'eft certainement une des dépenfes les
plus utiles pour tenir les Colonies dans le
grand état de
richeffes
ne font
par leur
lbher
poflible, puifqu'elles
culture, & qu'elles ne cultivent que par les
NaReeie
achetent.
Pij --- Page 122 ---
confidération à
toujours une grande
Ily aura cependant furles Colonies; c'elt qu'ils pefent
faire en matiere furl d'impôts le fol colonial, mais qu'ils réfléchiffent & fur le
non feulement
fes confommations,
encore fur la Métropole pour les objets réexportés dans TECommerce extérieur pour
2 d'eft que limtranger. Uneautre colidenationimpatint. cédé à la contrebande, &
pôt trop fort eft un avantage qui la décident toujours lorfune addition à fes efpérances, à fes rifques.
qu'elles font fupérieures accoutumé à ne
regarder
Malheureufement On s'eit
Bie eft un véla contrebande comme un I'Etat délit; d'un cependant dioit qui lui apparxitable, puifqu'elle prive le Négociant honnête 'dans l'impofticnt 2 & qu'elle met
avecle fraudeur.
fibilité de foureair) la concurrence eft d'être obligé pendant la
Uamal plus' grand encore,
neutres la plus grande
d'abandonner aux vaifleaux
faire exguerre des bénéfices que notre Cominerce pourroit étoient
parr'e
fi fes importations &x fes exportations
clufvement, par une Marine puiffante. feroit linvafion de nos
protégées Mais le pire de tous les maux
Colonies.
Gouvernement ne fe foit ocNous ne doutons pas quele
aura certainement
cupé fouvent de cet objet les important;il de nos Colonies, la bavu avant nous , que fans feroit entiérement produits contre nous, & que
lance du Commerce
le plus grand intérêt de prévénir
la France a parconifsquent) Nous n'avons point à craindre queles & ils
un pareil événement.
fur nos frontieres, 2
ennemis viennent nous attaquer
même nos armées de
n'yviendreienty mainpematidieal mais ce font des armées
terre feroient moins confidérables; befoin pour nous maintenir
navales dont nous aguelle. avons Des forts, des citadelles & des
dans notre pofition bien défendre certains points 2 mais ils Colo- ne
troupes peuvent toutes nos côtes & celles de nos de fortefçauroient protéger
font des efpeces
nies. Les vaiffeaux; ; au contraire, dans toutes les parties ; leur
reffes mobiles qui fe. intimiderles portent fraudeurs & empècher les
préfence fuffit pour
; befoin pour nous maintenir
navales dont nous aguelle. avons Des forts, des citadelles & des
dans notre pofition bien défendre certains points 2 mais ils Colo- ne
troupes peuvent toutes nos côtes & celles de nos de fortefçauroient protéger
font des efpeces
nies. Les vaiffeaux; ; au contraire, dans toutes les parties ; leur
reffes mobiles qui fe. intimiderles portent fraudeurs & empècher les
préfence fuffit pour --- Page 123 ---
verfemens frauduleux. On peut, avecleur fecours, tenter &
prévenir des defcentes; & quand même des fortereffes
troient nos Colonies. al'abri de toute invafion & de metdévafiation, on devroit encore leur préférer les
toute
vales ; car il ne fuffit pas de conferver
forces naAmérique, , il faut encore les approvifionner nos & poffeffions en
productions; ; autrement cette fource de la en tirer les
nale tariroitau moment où elle deviendroitla; richeffe natioparle furcroit de dépenfe qu'entraîne la
plus Ce néceflaire;
tout ; elle fourniroit à nos ennemis des guerre.
n'eft pas
tenir la guerre contre nous ; ils
reffources pour foulonies, & ils en tireroient les approrifionneroient nos Coleurs richeffes & des nôtres. produétions 5 ils jouiroient de
La néceffité d'une Marine puiffante
nos poffeffions en Amérique, &
qui puiffe protéger
empècher queleur
fionnement net tourne au profit de nos
fe approvide plus en plus, , lorfqu'on confiderc enneinis, la
faitfentir
nada & la ceflion dela Louifianne
que perte du Cacours qu'elles auroient fe
ont privé nos Illes des fcdeux Poffeffions; elles pu fe feroient procurer par le moyer deces
ment. Le Canada & la Louifianne avoient foutenues réciproqued'utilité particulier pour nos Iiles. Ils
encore un point
les firops & les taihas que nous livroas pouvoient confommer
ne fent fouvent le prix des chofes
aux Etrangers. On
fede plus. Evitons-nous de
quel loriqu'on ne les pof
& réfumons en deux mots plus tout grands regrets pour. l'avenir,
nos Colonics.
ce que nous avons dit fur
Elles ont été établies pour l'utilité de la.
ne peuvent remplir leur deftination dans Métropole ; elles
qu'en augmentant les produits des terres toute & de fon étendue,
la Nation fous la puiffance immédiate
l'indufrie de
& en contribuant au gain de fon Commerce delaquelleelles font,
Nations. Si elles pouvoient fe paffer de la avec les autres
qu'elles euffent la faculté d'entretenir des liaifons Métropole 2 &
avec lEtranger, tant pour leur importation
diredcs
que pour leur
la.
ne peuvent remplir leur deftination dans Métropole ; elles
qu'en augmentant les produits des terres toute & de fon étendue,
la Nation fous la puiffance immédiate
l'indufrie de
& en contribuant au gain de fon Commerce delaquelleelles font,
Nations. Si elles pouvoient fe paffer de la avec les autres
qu'elles euffent la faculté d'entretenir des liaifons Métropole 2 &
avec lEtranger, tant pour leur importation
diredcs
que pour leur --- Page 124 ---
118 d'ètre utiles. L'état de
elles cefferoient
doit, àla EL 7
esportaian lequel :
elles font à cet toutes égard, les autres Loix;mais rebition dans
à
doivent
céder àlar Een Loix prohibisisen point incompatibles
hors de cette cresinceieat empire : elles ne iont f la Métropole leur
prendre toutleur des Colonies, fur tout une protecBion coni
arec) la richelle plus doux porible par à ne pas les furcharger
innerefise
fur les Colons;
Reoremertee tante. Elie eft la pefent fnr elle comme culture du fol colonial
d'impôts,
moins à donner à la de raleur pour elle que
socame
elle nel T'ertpas
n'a
quilopaie
grandes EINSERIASN &au Commerce elle-mereltirements la plus
àla conliommation culture, qui ne peut accordés
Il ne peullopeter que Same ; ne.denget font donc detousles
me exifter nseperiess dans nos Colonies, leurs produitese l'ambià leur inportaton mais plus ils aupmentenat la jaloufie des & forces
plus précieux;
ils exciteront) d'aroir
leurs richefles, plunauit rivales ; de la nécellite ,en temps de guerre, 7
tion des Palfances
pas obligé, & fur-tour pour
navales ensnt deleurs prodaits,
elles pourWabandonner une partie 8cles invafions ausquelles
tout
empecheriesis sincunionse Ce réfumé nous teskeodentien Colonies : & nous ne
roient être expofées,
des
qu'en obconcerne adminitination terminer ce Mémoire
ce qui pouvoir mieux
plus iosigeei la rie
croyons quen pas nous aurions! bien aenselerendre ébauche entrephife dans de la perferranto comme cei n'eft qulane de-cet état a celui toutes
mais
uerelirenente devions expliquer afin
dela faire palfer avons penfé que nous
nos opinions 7 croit
feétion, , nous
nous fondions
'6 onles
les raifons fur leiquelles mémeles comnbattre intérèts de TEtat,
Bartigur nsagrici d'un des grands
les
érronées.
Rarse
a
être
c
onjufgua
analyfer,
&
STSRL
peur-être d'après leiquels. deroient Nous avons tiché dont deles elles étoient
cipes quil fait naitre. toutes les faces
quelions preienter fous
& deles. --- Page 125 ---
I19
fufceptibles ; & quand notre travail ne produiroit d'autre
fruit de tenir en garde contre des jugemens trop précipités 3it une matiere aufli délicate que celle-ci, nous nous
trouverions: tuitammentiicompenfc du: fruit de nos peines.
Unemauvaife décifion en matiere contentieufe ne nuit qu'à
quelques particuliers ; mais en adminiftration elle peut infuer fur la profpérité de l'Etat & fur le bonheur des Sujets,
F I N.
ufceptibles ; & quand notre travail ne produiroit d'autre
fruit de tenir en garde contre des jugemens trop précipités 3it une matiere aufli délicate que celle-ci, nous nous
trouverions: tuitammentiicompenfc du: fruit de nos peines.
Unemauvaife décifion en matiere contentieufe ne nuit qu'à
quelques particuliers ; mais en adminiftration elle peut infuer fur la profpérité de l'Etat & fur le bonheur des Sujets,
F I N. --- Page 126 ---
a
TAB LE
DU M E MOIR E.
& TInduftrie font l'effence du
Eroxpe L'Agrculture TIndefrie, les fruits de la terre n' 'auroient du
Coamnerce Sans TAgriculturé eft négligie, lesfourees I
point de valaurs
pag,
Commerce font taries.
Divifion du Mémoire en cinq Parties.
branches de TAgriculPREMIERE PARTIE. Des diftrentes
ture ,J favoir:
1". Les Grains.
d la nourriture des befiaux.
2°. Les Herbages propres
Les Fourrages.
Les Olives Vins. 8 autres fruits & grains propres à faire II
Les
W
T'huile.
6°. Les Fruits 8 Légumes.
Les Bois.
€ L1 Laine.
17 18
9. La Le Soie. Lin 8 le Chanvre.
10°. Les Mouches produifant le miel.
Ir". Réfumé du produit total de notre indeftrielle, Agrieultune produit des difDEUXIENEPARTE Richelfe
frentes e/peces de Mesujadurerjeneir:
I o, Des Toiles 6 Toileries.
27 28
2". Des Dentelles43.
g". Des Lainages. --- Page 127 ---
4°. Des Soieries,
I2I
5. Des Modes.
6°. Des Ameublemens en tapilfoerie.
& Des Merceries 8 Quincailleries.
Des Tanneries & Pelleteries.
9". Des Papeteries.
10°, Del'Orfevrerie & Bijouterie enfit.
11°. Des Manufaclures djeu.
12°, Des Fabriques des Savgns,
159. Des Raffineries de Sucre.,
14°. Des Pabriques de Sel.
ibid,
15°. Des Fabrications de Tabac.
16°, Des Fabriques dAnidon.
17°. Des Pécheries.
18°. Des Arts & Métiers.
ibid.
Réfumé des digérens produits de notre richeffe
TROISIEME PARTIE. Enumération dc Ros induftrielle.
lonies 6
digérentes 2
Obfervations fur chacune.
. Réfumé de leur produit, G réunion defdits produits d ceux 57 de
TAgriculture dépenfe
& des Manufadures; calcul d la ftite de la
comniune de chaque individu en raifon de vingt-fiz
millonut'habiuans, de tous ages 2 fexes &
calcul, en fuppefanr les produits plus) foris. conditien.Autre
QUATRIEME PARTIE. Conmerce intérieur &
extérieur; le premier plus avantageux que le fecond. Commerce 66
Principes pour rendre Le Commerce inérieur lé plus
Riblo.
adltfpof
Oiueftion générale efurla liberté du Conmerce,
1". Par
aux denrées de prentiere envifagée:
ment des CYTCA
méceffins, notam2°. Par rapport aux
les Reglemens ou les Manufadlures profcrire ? 2 fauit-il laiffer fubffter
de
les
Faut-ilfuppriner les droits
5°. Les marque 2 Infpeiteurs & Sous-In/pecieus ?
Commierce? praviliges exclufifsfors-its nifibles ou asantageus au
mémes
Principes les
acet égard. Ces prircipes font-ils les
pour Compagnics que pour les Particuliers? Ne
ins, notam2°. Par rapport aux
les Reglemens ou les Manufadlures profcrire ? 2 fauit-il laiffer fubffter
de
les
Faut-ilfuppriner les droits
5°. Les marque 2 Infpeiteurs & Sous-In/pecieus ?
Commierce? praviliges exclufifsfors-its nifibles ou asantageus au
mémes
Principes les
acet égard. Ces prircipes font-ils les
pour Compagnics que pour les Particuliers? Ne --- Page 128 ---
d'exploitation & ceux
diflinguer les priviliges
pele faus-il
?
de fuppriner les ports francs 28 , 8
4". Ne conviendroit-il Jappléer pas a leur utilité par le tranfit IOI
ne pouroit-on l'entrepôt E
extérieur de deux efpeces,
par
PARTIE. Commerce
Principes relatifs
CINQUIEME
& celui d'exportation. concerne les Colocelui d'imporsation, , notanument en ce qui
dlun Galaure,
Réfumé nies. général du Mémoire.
F.I N. --- Page 129 ---
OILERIE S.
es, Toileries & autres Tiffus en Lin, Chanvre ou Coton préfentés aux Bureaux de
pendant le
Semeftrc de PAnnée mil fept cent
NS.
PRI X
OSSEAVATIO NS
NOMBRE E
fur les Matieres premieres,
des Pieces VALI EU R.
leur origine 7 lcs prix
SUEUR, DB L'ACNE. DE LA PIECE.
de main,d'auvre, & les lieux
fabriquées.
de confommation des Toiles.
tt S 9
E --- Page 130 ---
BON N No ,
Smupection
quantité & valeur
ÉTAT par. qualiré
cent quatre-p
ANNÉE 17
YAnnée mil fept
pendant
DOUZAIN
EMPLOTEESPAR
MATIERES
NOMBRI E
EN FIL. EN
LIET U X
EN L A
E: N SOIE.
des ; iV
de
FABR:QUE. --- Page 131 ---
ERI 2e E.
rages de Bonncterie, fabriqués dans le Département d
Vombre de Douzaine de
PRI I X
OBSERYATIONS
Pieces de Bonneterie.
de chaque) dougaine.
arlesMiaticeipezemieres
VALEUR leur origiae, le ptix
a
de l main - d'euvre,
ct les Licux
E
a
de Consommatton.
tt I e
a --- Page 132 ---
C H
No 6.
& valeur
,
Supetion
quantité
ÉTATR par qualité
ANNÉE 17
fept cent
QUANTITI
M ATIERES
No M B R E
LIEU X
ÉTRANGERES
F I N S.
NATIONALES
de
des
des
Poids. Valeur. Quantité. Vale
Ouvriers. Poids. Valeur.
FABRIQUE. Maitres.
--- Page 133 ---
ELLE R I E.
eaux fabriqués dans le Département d :
pendant PAnnée mil
ITÉS ET PRIX DES CHAPEAUX TOTAL
BSERYATIONS
des
fur les Matieres premicres,
1-FINS COMM U NS.
V A L E U R. leur origine, les Prix de
CHAPFAUX
main-d'auvre, & les lieux
:. Valeur. Quantité. Valeur. fabriqués.
de cenfommation.
tt tS 8
QUE. Maitres.
--- Page 133 ---
ELLE R I E.
eaux fabriqués dans le Département d :
pendant PAnnée mil
ITÉS ET PRIX DES CHAPEAUX TOTAL
BSERYATIONS
des
fur les Matieres premicres,
1-FINS COMM U NS.
V A L E U R. leur origine, les Prix de
CHAPFAUX
main-d'auvre, & les lieux
:. Valeur. Quantité. Valeur. fabriqués.
de cenfommation.
tt tS 8 --- Page 134 ---
M É G
TANNERIES,
No 7.
Commerce de la Tannerie,
du
Supaisu
ÉTAT
ANNÉE 17
sept cent quatre-vingeOCCUPÉES
PERSONNES
LES TANNEL
PAR
L I E U X
NOMERE
NOMBRE
Frix ies
NOMBRE des Mégissiers. des Chameisenrs.
évilaées 4 ..
des Tanneurs.
de
Peaux
Miirres. Ouvriers. Maitres. Ouvriers.
vertes. fà
CABRIQUE
et Estim
RECAMEULATIOS
ESPECES.
NOMBR
Baeufs..
Chevaux Vacher. > Mulets, &c.
Veaux..
Mouroas.
Chevres.
Agneaux..
Chevrsaux..
Cerfs
Daims
Cheyreuils.
Chamois.
TOTAUX. --- Page 135 ---
RIES, CHAMOISERIES.
et Chamoiserie, dans l'Inspection d
pendant l'Année mil
KPLOITATIO N.
aE
R LES MEGISSIERS PAR LI ES CHAMOISFURS O3SERYATIONS
furles Marieres premicres, 3
Prix des Peaux
Prix aes Peaix laur origine > les prix de
évsluces à la livre.
toaludes à la livre. main
lieux
d'auvre, , les
dc
Peaux Peaux
Peaux Peaux confommation & les Droits.
vertes, façonnées.
verres. figonnées,
nbre et de la valeur des Peaux,
VALE U R.
en verd.
Peaux fagonnécs.
#t E 9
tt S 8 --- Page 136 ---
P 2 A
No 3. Saupsaion 9
quantité & vale:
ÉTAT par qualité,
cent
ANNÉE 17
MOULI
ESPECE DES
N O M B R E
N O M B R E.
U X
N O M S
LI I E
des
firués
des
des
des
des
des
(
oi font
Cylindres Maillers.
RIVIERES. Maitres. Ouvriers. Roues.
LES Mootiss, --- Page 137 ---
AVERTISSE M E N T.
LEs douze Tableaux & les dcux Inftructions
contenus dans CC Recueil, auroient dû être imprimés à la fuite du Mémoire fur le Commercc de
la France &c de fes Colonies ; mais on crut alors
devoir en fufpendre l'imprcflion, jufqu'à CC que
l'on ffit fi les Infpeéteurs des Manufaétures
n'auroient point d'obfervations à
faire, 9 & furtout s'ils pourroient fc procurer les éclairciffcmens qu'on leur demandoit. Plufieurs d'entr'eux ont propofé quelques changemens ou ad.
ditions aux Tableaux, mais en général ils ont
été d'avis d'adopter la forme propofée, & ils
ont témoigné leur empreffement à donner tous
les renfeignemens & inftruétions qui pourroient
dépendre d'eux. Ils cn ont déjà donné beaucoup
depuis un an que les Tablcaux leur ont été envoyés, cn forte que fi on tient la main à l'exécution du plan propofé, on croit pouvoir affurer que
dans peu, on aura des connoilfances plus
faites quc celles qu'on a cues jufqu'à préfent, pardes différens produits de notre richeffc induftrielle, & même de quelques branches de la riA
emens & inftruétions qui pourroient
dépendre d'eux. Ils cn ont déjà donné beaucoup
depuis un an que les Tablcaux leur ont été envoyés, cn forte que fi on tient la main à l'exécution du plan propofé, on croit pouvoir affurer que
dans peu, on aura des connoilfances plus
faites quc celles qu'on a cues jufqu'à préfent, pardes différens produits de notre richeffc induftrielle, & même de quelques branches de la riA --- Page 138 ---
2 d'autant plus importerricoriale. Il paroit
cheffe
l'avenir la méthode prefcrite
tant de fuivre à
dans le Cas où TANemaux Infpedteurs, que, à propos de chargerles des
blée Nationale jugeroir
provinciales,
Municipalités & les Affemblées
l'uniformiconcerhant les Manufactures,
condétails
de claffer les Produits,
té dans la manicre à mettre dans leurs travaux
tribucra infiniment
nécellaire pour connoiablolument
Il réfulun enfemble totale de notre commerce.
tre la maffc
uniformité, un avantage
d'ailleurs de cette
qui
tera
précieux, c'eft que lcs légiflatures à leur
infiniment
être inftruites,
des
fe fuccéderont pourront des accroiffemens ou
premiere reguifition, Commerce aura éproudiminutions que notre
d'en fuiil feroit impoffible
à
vés; fans ce fecours, Celles du Change pourroient,
vre les variations.
des eftimes & des approla vérité, nous procurer
eft fouvent trèsximations, mais ce thermometre particulieres peuvent
fautif ; des circonftances baifler, fans que lon puiffe
le faire hauffer conféquence ou
s en ce qui concerne
en tirer aucune
profpétité des Manufacla plus ou moins grande faites aux Amirautés,
turcs. Lcs déclarations fortent de nos ports, ou qu'ils
lorfque les Navires --- Page 139 ---
y entrent, ne fuppléeroient pas non plus aux
états de fabrication, car il ne fuffic pas de favoir
que nous avons exporté & importé une quanrité
quelconque de Marchandifes, & qu'en général
la Balance du Commerce eft en notre faveur ou
contre nous, refpectivement à telle ou à telle Puiffance, ileft encore très-important de favoir quelles
fontles branches de notre induftrie, quilanguiflent
& qui ont befoin d'être vivifiées. Il ne l'eft pas
moindipemnoir@ersipetésdée comparerles états
des Produits induftriels de chaque département,
afin d'établir la plus grande égalité poffible dans
la répartition des impofitions. En cffet, CCS Produits doivent entrer en confidération pour la
fixation des contributions que les Départemens
doivent fupporter, relativement à la maffe totalc
des charges. Ces réflexions s'appliquent avec encore plus de raifon, aux produits de la richeffe
territoriale. On a dit,il y a long-tems, une grande vérité, c'eft que tout fc tient en Adminiftration, & que l'ignorance des différentes cfpeccs
de Produits eft le principe de toutes les erreurs
& de toutcs les injuftices dans la répartition des
impôts. Mais comment fe garantira-t-on de ces
deux écueils, fi les perfonnes chargées en fous
A 2
ent avec encore plus de raifon, aux produits de la richeffe
territoriale. On a dit,il y a long-tems, une grande vérité, c'eft que tout fc tient en Adminiftration, & que l'ignorance des différentes cfpeccs
de Produits eft le principe de toutes les erreurs
& de toutcs les injuftices dans la répartition des
impôts. Mais comment fe garantira-t-on de ces
deux écueils, fi les perfonnes chargées en fous
A 2 --- Page 140 ---
les Adminiftraordre, d'infiruire & d'éclairer desintérêts diteurs généraux & particuliets, ont
Elle doit
reétement oppofés à la chofe publique: faifons cette
être facrifiée. Nous ne
à la longue
telativement 2u droit de Marque
obfervacion que
bureaux de Vifite 5 ce droit
qui fe pergoit dans'les lui même (1), & on pourn'eft prefque rienenl
en faire le
inconvénient,
roit fans un grand
de la quotité de
facrifice, s'il ne sagiffoit que
de pieces
mais il indique la quantité
il
fon produir,
& marquer,
chaque fabricant a faitvifiter nationale d'aque
fabrication
fert encore à difinguerla
Sous ce double point
vec la fabrication étrangerc. de conferver! la perception
effentiel
de vuc,ileft
f on le croit trop
du Droit, fauf à le diminucr,
mais une
Nous le difons avec regret 2
confidérable.
le plus grand
nous a prouvé que
de
trifte expérience
chargés de ce genrc
nombre des Jurés-gardes,
bien loin des'én
Sacquineravechensairode
fervice,
les deux plombs mis à la tête & i la
(1) On paye trois fols pour autre étoffe, quelle que foit fa lonqueue d'une piece de Drap fournit s ou les plombs ; les fabricans les fournif- Droit
gueur. L'Adminifration
alors que deux fols pour le
foient aurtéfois, & il ne payoient
d'appofition de la Marque. mifes fur les Toiles, il n'en coûte, pour chaQuant aux empreintes fol.
que empreinte,quun --- Page 141 ---
& la fidélité que M. Colbert s'en étoit
promifes, & qu'on avoit droit d'en attendre, fc font
permis d'exempter du payement du Droit, ceux
dc leurs Confreres avec lefquels ils avoient des
liaifons plus particulieres; fouvent même ils marquoient du plomb indicatif d'étoffes faites fuivant les reglemens, celles fabriquées dans des
combinaifons arbitraires, ou du plomb National, des Etoffes étrangeres. L'efpérance que ceuxci les favoriferoient de la même maniere, lorf
qu'ils excrceroient les mêmes fonétions, les cngagcoit à commettre ces abus. D'autres pouffoient plus loin l'infidélité, ils s'approprioient. .les
fommes provenant du Droit de Marque, ou les
employoient à des feftins; 5 & on fera fans doute
furpris que depuis cinq ans on n'ait pas pu faire
rendre à un grand nombre de
Jurés-gardes s
compte de leur Recette & de leur dépenfe, malgréle nouvel ordre de chofes qu'on a établi pour
rendre la comptabilité plus facile, & malgré tous
les efforts qu'on a faits pour les obliger à rendre
compte de leur geftion. Ce font ces confidérations qui ont forcé T'Admini(tration à remplacer
les Jurés - gardes par des prépofés, furveillés euxmêmes par les Infpeéteurs. Ce font ces mêmes:
-gardes s
compte de leur Recette & de leur dépenfe, malgréle nouvel ordre de chofes qu'on a établi pour
rendre la comptabilité plus facile, & malgré tous
les efforts qu'on a faits pour les obliger à rendre
compte de leur geftion. Ce font ces confidérations qui ont forcé T'Admini(tration à remplacer
les Jurés - gardes par des prépofés, furveillés euxmêmes par les Infpeéteurs. Ce font ces mêmes: --- Page 142 ---
6 TAdminiftration à faire
motifs qui ont déterminé & des empreintes qui
les avances des plombs étoffes. C'étoit la feule madoivent être mis aux
de pieces mard'être affuré de la quantité
niere
Cette uniformité d'ailleurs
quées chaque annéc.
les Employés des Ferétoit néceflaire pour que
pas
fouvent ne cennoiffoient
mes, qui, le plus
des différentes Manules marques & empreintes mal-a-propos des faifics.
faétures, ne fffent pas feulement la Caiffe du
Quoi qu'il en foit, non
dans quelques ProCommerce n'a pas été payéc, étoit dû, & qui monte
vinces, du Droit qui lui
mais encore
à des fommes affcz confidérables, de fes avances. Ces
elle n'a pas été rembourfée mais il étoit néccffaire
détails font faftidieux
apprécier le mérite
qu'on cn fàt inftruit , pour de plufieurs comdes murmures, 8 des plaintes A les en croire 3
munautés de Manufaéluriers. inftruits, ils peuvent
font peu
les Infpeécurs facilement dans lcurs fonétions
êtrc remplacés
connoîtront mieux
les Jurés - gardes, qui
5 il faut les
par
vices de la Fabrication
inftruits
qu'euxles
encore moins
deftiruer. Les Prépofés, ne.cherchent que des préque lcs In(pecteurs, à des faifies > & profiter 2
rextes pour procéder
--- Page 143 ---
par ce moyen, dc la portion des Amendes & des
Confifcations qui leur eft attribuée. Le Droit de
Marque qu'ils exigent, eft une vexation, & l'appofition elle même de cette marque eft un attentat commis contre la liberté naturelle, tel eft le
langage de ces prétendus réformateurs. Pour rendre leurs doléances plus intéreffantcs, & prouver en même tems que tous lcs Manufa@turicrs
du Royaume y adherent, 3 ils ont fait circuler
leurs Mémoires dans différens licux de Fabrique,
& fe font procuré la fignature d'une certainc
quantité de Fabricans. Ce n'étoit pas chofe difficile, en leur promettant de Ics affranchir à l'avenir de toutes regles, mais nous avons vu avec
plaifir que ceux qui fe diftinguent dans leur état,
nc font point entrés dans cette efpece de ligue;
cependant il n'eft pas moins vrai qu'il en eft réfulté l'inconvénicnt qu'on s'eft permis affez généralement, de ne plus faire revêtir de la marque
les étoffes quiy étoient affujetties, en forte que
celles étrangeres, introduites dans le Royaume,
y ont circulé librement 5 & que d'autre part, il
ne fera Fas poffible de favoir qu'cile a étéla maffe
de notre fabrication pendant l'année 2
1789. SilAf
femblée Nationale ne fait pas ceffer promptement
icnt qu'on s'eft permis affez généralement, de ne plus faire revêtir de la marque
les étoffes quiy étoient affujetties, en forte que
celles étrangeres, introduites dans le Royaume,
y ont circulé librement 5 & que d'autre part, il
ne fera Fas poffible de favoir qu'cile a étéla maffe
de notre fabrication pendant l'année 2
1789. SilAf
femblée Nationale ne fait pas ceffer promptement --- Page 144 ---
cette
un cahos infurredion, 3 les chofes
quel clles encore plus grand retomberont dans
éroient, lorfque le que cclui dans leindéfnic avoit prévalu. Il fyltéme de la liberté
qu'on pourroit
ne fera pas aufifacile
Qu'on confaike, Timaginer fi
3 de rétablir
bricans
on le croit
l'ordre.
honnêtes &c
néceffaire, les Fanalc en a dans fon fein éclairés; T'Affembléc Natioqui jouiffent à jufte
& à fa fuite,
qu'on
titre, de T'eftime plufieurs
reffés interroge auffi les
publique;
la
encore que les
Marchands, plus intébonne fbrication, Fabricans, au maintien de
rapprochent des
puirque ce font eux qui
jets dont ils confommareurs les
l'avis des
ont befoin 3 qu'on demande différens obprincipaux
enfin
chargés
Négocians du
on croit d'exporter à létranger notre Royaume, >
pouvoir affurer
fuperflu,
que unanimemene,
qu'ils répondront
eft auffi néceflaire que Tappolition de la
pref
qualité de la
Pour conftater la nature Marque &cla
lifieres, Pour fibrication, que l'eft la diverfité des
nent des différentes ditinguer les étoffes qui
fieres forment
Manuficuress proviennauté de
Pour chaque Corps & que ces liqui ne doit Fabricans, , une véritable CommuPas être commune à
propriété,
d'autres; que,
vouloir --- Page 145 ---
vouloir les en dépouiller, feroit une ifurpation &c
une injuftice ; quc les plaintes &c les Mémoires
des novateurs n'ont d'autrés motifs &c d'autre fondement, , que le défir de tromper plus impunément le public, &C de rendre viétimes de leur
avidité le Manufadturier honnête, qui ne pouvant
plus foutenir la concurrence dans lc prix de fon
étoffe, avec celle dont la qualité aura été détériorée, fera forcé de fuivre CC funeftc cxemple. Les
fabricans, marchands &négocians -
honnêtes ajouteront certainement que l'altération dans la qualité de l'étoffe une fois reconnue dans Tétranger,
portera à nos manufaétures unc atteinte, dont elles f
nefe rétabliront peut-éerejamais. Une faralc'expérience à l'égard de plufieurs articles, provenans
de notre induftrie 3 la malhcureufement prouvé.
Nous pouvons, entr'autres exemples, citer le discrédit dans lequel font tombés les draps d'Elbeuf
& lcs Toilcs blancards, ils jouiffoient chacun dans
leur genre, de la plus grande réputation chez PÉtranger, ils la devoient à l'obfervation exaôte des
réglemens 5 on a cru pouvoir les tranfgreffer fans
inconvénient 1 . > les Nations rivalcs ont profité de
noS fautes, elles fe font enrichies à nos dépens. La
Siléfic nous. a cnleyé l'article des blancards, 3 &
B
és les draps d'Elbeuf
& lcs Toilcs blancards, ils jouiffoient chacun dans
leur genre, de la plus grande réputation chez PÉtranger, ils la devoient à l'obfervation exaôte des
réglemens 5 on a cru pouvoir les tranfgreffer fans
inconvénient 1 . > les Nations rivalcs ont profité de
noS fautes, elles fe font enrichies à nos dépens. La
Siléfic nous. a cnleyé l'article des blancards, 3 &
B --- Page 146 ---
d'Allemagne, 1O
ainfique dans
dans quelques cantons
on fabrique des:
ploficurs endroits des Pays-Bas, d'Elbeuf qui leur font fudraps à Tinftar de ceux
fe vendent
périeurs en qualité, & qui cependant font aul moins
imelleurmarché Ces manufaétures celles établies:
anfliredoumbles pourles notres que efpérer de lesi
80 nous ne pouvons a la bonne:
en Anglererre, fuccès, qu'en revenant
combattre avec
fauroit cxifter, fans une ob-:
fabrication, qui ne
Heurcufement il
fervation exacte des réglemens. dans les lieux ou Yon
exifte encorc à Elbeuf,&c
fabriques qui fei
fibrique les blancards, quelques Leur exemplei
de la contagion.
de:
font préfervécs infiniment à rétablicle crédit
peut contribuer
Sans doute ce feroit un!
ces genres de fabrication. enchaîner le génic, lorf:
grand mal de vouloir invention nouvelle; 5 mais.
qu'il eft queftjon d'une branche d'induftric univerlorfqu'on poffede une n'eft pas en la détériorant,
fellement connue, Ce
qu'on peur la rendrel
deft en la perfecionnane,
qui contrarie ce
plus précicufe. Tout fyftème comme abfurde & nuis
principe, doitétre rejetté
fible au bien génétali eetAvercifeneae par.unc obfer
Nous finiffons
fanftians. des:: Infpecteuis
vatiqn: relacive aux --- Page 147 ---
II
Ils ont été conftamment utiles, &c ils l'auroient
Bré bien davantage, files changemens de fyfleme
qui fc font fuccédés depuis vingt ans > dans
T'Adminitration du commerce > n'euflent pas
mis continacllement des bornes à leur adivité 8c
à leur infrudtion. Auffi CC n'eft point à eux à
quilfutimpacerfefpaterfefpscedengourdifiement dans
lequel ils ont été obligés de végéter. Quand ils
auront un plan de conduite tracé, ils l'exécuteront avec zele & exaétitude, ils font prefque
tous cn état dc remplir les vues de l'adminiftration à cet égard : nous dirons plus 1 3 il y a
parmi cux des fujets de diftinétion. Que les
Jurés-gardes, qui fc vantent de pouvoirles remplacer, jettent les yeux fur les douze Tableaax
& lcs deux inftruétions compris, dans CC receuil,
& qu'ils jugent eux-mêmes s'ils ont les connoiffances & lcs talens néceffaires pour remplir
dans tous les points, la tâche dont ils offrent -de
fe charger. Plufieurs connoiffent à peine les
organes de leurs métiers, > & fcroient bicn cmbaraffés d'expliquer les raifons pour lefquelles ils
doivent. produire telou tcl cffet. D'ailleurs, auroient-ils le tems dc fe livrer enticrement à de
parcilles forqions : cependant il n'y a pas de
Bij
néceffaires pour remplir
dans tous les points, la tâche dont ils offrent -de
fe charger. Plufieurs connoiffent à peine les
organes de leurs métiers, > & fcroient bicn cmbaraffés d'expliquer les raifons pour lefquelles ils
doivent. produire telou tcl cffet. D'ailleurs, auroient-ils le tems dc fe livrer enticrement à de
parcilles forqions : cependant il n'y a pas de
Bij --- Page 148 ---
HZ TAdminiftration renonce
milieu, ou il faut que lui font néceffaires, pour
qui
de la
aux Inftruétions
des différens produits
avoir une idée jufte
il faut qu'clic employe
richeffe induftrielle, ou
Ce ne feen état de les lui procurer. falfe
des fujets
affez, il faut qu'elle
jouir"
roit pas encore
de ce foin, de la confidé
chargera
la:
ceux quelle crédit qu'ils doivent avoir pour
ration & du
& exastitude.
fervir avec fidélité --- Page 149 ---
INSTRUCTIO N
DoxxÉE par Nous, Miniftre d'Etat, Direéteur
général dés Finances, s aux Infpecteurs - Ambulans
des Manufaétures, aul fujet des fonétions qu'ils axront à remplir, pendant leurs tournées..
LER ROIa ayant créé, par Arrêt de fon Confeil du huit
Mai 1784, des places d'Infpecteurs - Ambulans des Manufactures, Nous avons Cru devoir fixer d'une maniere politive, s la nature & l'étendue de leurs fonctions, &, à cet.
effet, nous avons fait rédiger la préfente Inftruction.
A R T I C'L E P R E M I R R..
Les Infpecteurs - Ambulans des Manufaétures doivent"
s'attacher à connoitre parfaitement les différentes branches
d'Induftrie & de Commerce établies. dans les Provinces où
ils feront envoyés ;à examiner l'état de la Police des Manufactures, & à chercher les moyens généraux & particuliers,.
d'affurer par-tout le bon ordre..
A R T I C L E IIlls examineront avec la plus grande attention, fi les Bureaux de Vifite & de Marque font bien fitués, eu égard
aux lieux de fabrique 5 & dans le cas oùr ils leur paroitroient
devoir être changés, ils l'indiqueront dansles. Mémoiresqu'ils
où
ils feront envoyés ;à examiner l'état de la Police des Manufactures, & à chercher les moyens généraux & particuliers,.
d'affurer par-tout le bon ordre..
A R T I C L E IIlls examineront avec la plus grande attention, fi les Bureaux de Vifite & de Marque font bien fitués, eu égard
aux lieux de fabrique 5 & dans le cas oùr ils leur paroitroient
devoir être changés, ils l'indiqueront dansles. Mémoiresqu'ils --- Page 150 ---
de même pourles
à leur retour. Ils en agiront
ainfi
donneront croiront fufceptibles darrondilfement, êtie
Bureaux qu'ils
inutiles & devoir
ceux qui leur paroitront
que pour -
fupprimés.
A R T I G L E III.
la qualité, le débit,
intéreffe la fabrication ,
doit
Tour ce qai
des objets manufachurés, rédi-
& Texportation
& ils
la circulation,
les Infpeteurs Ambulans,
ètre approfondi par
de maniere : que FAdminiftraleurs Obfervations,
de favoir fur laccroifgeront tion connoilfe ce qui fera important & des Manufactures.
du Commerce
fement ou la diminution
e
IN.
A xTiciE
leur examen doivent sérendre,
Leurs Obfervations &
de Draps, Draperies,
fur les Manufactures
Toiles &
non - feulement
de tontes matiéres, de toute
Etoffes de laine Convertukes
Bonnereries
Toileries, Toiles peintes & imprimées, Filatures dans tous les genres 9
Etoffes de Soie, 8
Tanneries, Fayenceries 2
efpece, encore fur les Papeteries,
& en un mot, Har
mais
Poteries, Forges & Fonderies,
TssapVerteries.,
que pariculiers.
:
tant privilegies fubliftene" dans chaque
tselaEaihifenen les abus qui
its indiMliqueronr à découvrir
à leur fuccès ;
d'induftric, & qni soppolent les faire tendre à
branche
les faire: : fleurir &
queront les moyenasle
ane plus grande perfecion. ncis . :. 10275 sncnsciu
A
:
E V.:
c0r:
A: R ICL
-
d'induftric ci-delfus
fi chaque branche
5 's'ils
Ils sinformeront foumife à des regles ou des reglemens
déligoée, eft
fuccès ;
d'induftric, & qni soppolent les faire tendre à
branche
les faire: : fleurir &
queront les moyenasle
ane plus grande perfecion. ncis . :. 10275 sncnsciu
A
:
E V.:
c0r:
A: R ICL
-
d'induftric ci-delfus
fi chaque branche
5 's'ils
Ils sinformeront foumife à des regles ou des reglemens
déligoée, eft --- Page 151 ---
font obfervés, 2 ou quelles font les catifes qui s'oppofent à
leur, exécution, Dans le cas ou,ils verroient que l'opinion lai
plus générale tendroit à les réformer, ils fe réuniront aux
Fabricans qu'ils croiront les: plus inftruirs.,. & concerteront avec eux les changemens, additions, modifications &.
fubftitutions qu'ils croiront néceffaires; ils en feront un Mémoire féparé, qu'ils remettront à leur retour.
A R- T I C L, E: VI
eol
Ils chercheront à connoîrre les hommes. induftrieux dans
chaque Province, ainfi que,1 les. machines &c les inventions.
ingénieufes fervantaux Manufadtures. Ils auront foin de faire
une defcription affez exaétc & affez détailiée dc ces machines, pour que l'Adminiftration puiffe joger fi elles font,inconnues dans les autres Fabriques, & quel degré: d'utilité
générale ou particuliere eiles peuveng avoir.
A R T I C L E VIL
Ils s'informeront foigneufement de l'effet des gratifications, penfions annuelles, privilégos & autres récompenfes
qui auroient pu être accordées depuis vingt-c cing-ans, pour
lefdits objets.
AR T. I CLE, VIIL
Ils" indiqueront les moyens de correction ; d'économie'
& de perfection qu'il feroit à propos d'introduire dans less
différentes.. manipulations des Arts.
-
A R T I C L E IX,
Les Infpeétcurs- S- Ambulans fixeront aufli leur attention! --- Page 152 ---
16 des cantons qu'ils vifiteront.
fartApricuksure, 2 & Téconomie valeurs, & débouchés des
des quantités,
de celIls sinftruiront
du pays, & particuliéremenr les Manuproductions
premieres pour
principales deviennent des inatieres
les qui
X.
faétures.
ARTICI L E
en grand des
feront auffi connoitre le Commerce fon objet, fa naIls
Généralités qu'ils vifiteront,
Tembaraf.
Provinccs &
éprouve, les entraves qui les caufes
rure, les génes qu'il
& enfin toutes
fent, les droits qui le furchargent,
nuire à fa profpérité.
qui peuvent
A R T I C L E XL.
ils feront mention
Dans les Mémoires quils remettront, font le plus difingués,
Fabricans & Commerçans quife
ancienné &
des
jouiffent d'une répatation croiront
ainfi que dc ceux qui
ceux d'entr'eux qu'ils
foutenue, & ils indiqueront
oo.
fuceptibles de graces.
lcs plas
A R T I C L E XIL
un
-
Ambulans rédigeront
A leur retour, les Infpeéeurs les abjets mentionnés dans
Mémoire, qui contiendra tous
il pourront envoyer
luftrudtion. En attendant, leur paroitront exjJa préfente particuliers, fur çeux qui
des Mémoires décifion.
ger une prompee
NECKER
à Paris, le 26 Mars 1789.
FAIT
iqueront
oo.
fuceptibles de graces.
lcs plas
A R T I C L E XIL
un
-
Ambulans rédigeront
A leur retour, les Infpeéeurs les abjets mentionnés dans
Mémoire, qui contiendra tous
il pourront envoyer
luftrudtion. En attendant, leur paroitront exjJa préfente particuliers, fur çeux qui
des Mémoires décifion.
ger une prompee
NECKER
à Paris, le 26 Mars 1789.
FAIT --- Page 153 ---
fr
M
dfes A chips
CA
a 4 0e a
A *
A
NOUVELLE INSTRUCTION
POUR LE S INSPECTEURS
DES MANUFACTURES,
DONNÉE par L'Adminifration du Commerce, >
al mois de Mai 1789.
ARTI C L E P R E M I E R.
Lss Infpectcurs des Manufadtures doivent connoître tous Bureaux de vi,
les bureaux de vifite & de marque qui exiftent dans leurs fite & de mardépartemens 3 favoir comment & par qui ils font deffervis; cuc.
fi le fervice y eft fait cxaétement; par qui font nommés
ceux qui les deffervent; quels font les appointemens des
Commis ou Prépofés; par qui ils font payés, & quel cft le
régime qu'on obferve dans CCS bureaux.
A R T I C L. E II.
Ils fe feront
le
fouvent
répréfenter, plus
poffible, 3 les Regiftres qui
Regiftres des Gardes-Jurés ou Prépofés, à l'effet de vérifier doivent être tedans quel ordre ils font tenus s & ils veilleront très - foi- nus parles Gargneufement à ce que tous les objets préfentés aux bureaux des - Jurés ou
Prépofés.
de vifite & de marque, foient infcrits fur les regiftres à ce
deftincs, & non far des feuilles volantes. Lefdits regiftres
contiendront deux colonnes, l'une indicative des fabricaC
és ou Prépofés, à l'effet de vérifier doivent être tedans quel ordre ils font tenus s & ils veilleront très - foi- nus parles Gargneufement à ce que tous les objets préfentés aux bureaux des - Jurés ou
Prépofés.
de vifite & de marque, foient infcrits fur les regiftres à ce
deftincs, & non far des feuilles volantes. Lefdits regiftres
contiendront deux colonnes, l'une indicative des fabricaC --- Page 154 ---
des fabrications
fuivantles réglemens, & Tantre,à
tions faites
arbitraires.
faites dans des combinaifons
A R T 1 C L E III.
fur-tout: à connoitre les communications bureaux de
Ils s'artacheront
fi les
Connoitre les
pour pouvoir juger à la
communications de leurs départemens, font bien litués, 9 eu égard
pofition les plus
dcs départem'. vilite & de marque
les lieux qu'ils croiront
à
des fabriques, & indiquer commodes pour les fabricans, e
convenables & les plus
ils déigneront aufli ceux
tranfporter les bureaux;
Teffet d'y
croiront devoir être fupprimés.
inutiles & qu'ils
A R T I C L E IV.
veilleront à ce que les Gardes-Jurés, des.
Lefdits Infpeckeurs
la vifite qu'ils feront
Veiller à ce
lors de
a ux
les. Gardes- Commis ou Prépofés,
fe
exactement
que Jurésou Prépo- étoffcs, toiles & toileries, conforment & particalierement à
fés fe confor- diverfes di(politions des réglemens; des teintures. Dans le cas.
ment aux régleconcernent la fidélité
faire Ies démens, 3 & fur- celles qui
teintures', ils en feront
lettres:
tout à ceux con- de fufpicions defdites à l'inftrudtion annexée aux
cernanc lestein- bouillis, conformément
& autres arrêts ou réglemens
tures.
du 29 Janvier 1737,
patentes
des teintures.
rendus au fujet
A R T ICI L E V.
commifion, cu à titre d'ofS'ils y a, des Anneurs-jurés par
& de marque, les Inf
Sarveiller les
artachés aux bureaux de vilite
à ce qu'ils
Auncurs sJurés. fice,
la plus grande furveillance veilleropt à ce
peckeurs apporteront leurs fonctions, ils
fidelement
piece, ils n'employent.
remplillent
Taunage fur chaque
qu'en marquant
.
rendus au fujet
A R T ICI L E V.
commifion, cu à titre d'ofS'ils y a, des Anneurs-jurés par
& de marque, les Inf
Sarveiller les
artachés aux bureaux de vilite
à ce qu'ils
Auncurs sJurés. fice,
la plus grande furveillance veilleropt à ce
peckeurs apporteront leurs fonctions, ils
fidelement
piece, ils n'employent.
remplillent
Taunage fur chaque
qu'en marquant --- Page 155 ---
pas de couleurs qui puiffent les dégrader, & fur-tout à
cC que les mefures dont il fe fervent, foicnt juftes & conformes aux étalons & matrices dépofés, foit aux Hôtels-deville, foit aux greffes des jurifdiétions où lc dépôr en a
été fait.
A R T I C L E VI.
Ils auront foin qne les Gardes-jurés, Commis ou Prépofés vcillent à ce que les curandiers, blanchiffeurs & appréteurs > fe conforment aux reglemens relatifs à leurs arts ou
profeflions.
A R T ICL E VIL
Ils s'attacheront à connoitre les différens genres de carda- Indiquer les
ges, & toutes les elpeccs de filatures. Dans le compre qu'ils diférens genres
en rendront, ils diftingueront celles faites au rouet, celles de flature & les
méchaniques qui
faites avec le chariot horizontal appellé Jennys, & celles yfont propres.
faites par le différentes autres efpeces de méchaniques 2
notamment par le moyen de celles conftruites d'après
les principes du Sicur AArckright.
Ils expliqueront les avantages ou les inconvéniens qui réfultent defdires méchaniques, & l'efpece de filature àlaquelle
elles p-uvent être proprcs.
Ils auront pareillcment foin d'indiquer la nature & les
différentes efpeces dc rouets, tant pour la filature des laines
& cotons, que pour cellc des lins & des chanvres; & ils
donneront leur avis fur ceux defdits rouets qu'ils croiront
les plus parfaits.
Ils indiqueront auffi les méchaniques dont on fe fert, pour
le tirage, la filature & le doublage des foies; ils inftruiront
FAdminiftration fi l'on fait ufage de celles inventées par le
C:
les
différentes efpeces dc rouets, tant pour la filature des laines
& cotons, que pour cellc des lins & des chanvres; & ils
donneront leur avis fur ceux defdits rouets qu'ils croiront
les plus parfaits.
Ils indiqueront auffi les méchaniques dont on fe fert, pour
le tirage, la filature & le doublage des foies; ils inftruiront
FAdminiftration fi l'on fait ufage de celles inventées par le
C: --- Page 156 ---
découvért de moins
& fi on n'en a pas
Sieur Faveanfon,
cheres & de plus expéditives.
A R I C L E VIIL.
deconnoitre dans les grands
feront auffi
fabrication de leurs
Donner con- Les Infpecteurs autres branches de
noiffance de tou- tails toutes les
tes les fabriques départemens.
connoiffance des manufactures
Mamfaduresou Ils donneront également
tannerie, & papeterie.
antres établiffe
de chapellerie,
font foumifes
maens.
ou établiflemens fi routes ces fabrications obfervés. Dans le
Ils sinformeront
(ont
les
f ces reglemens leur exécution, ils
à des reglemens, des obftacles à
modificacas où il fc trouveroit
les changemens, ou les
rconnoître & indiqueront
eftimeront plus
feront
néceffaires & qu'ils
à
croiront
Ils drefleront,
tions qu'ils
le bien dur commerce.
des tableaux
avantagenx pour les fix mois ou tous les ans, aux différens
cet effct, tous fabrications, conformément
indicatifs defdites
inftruction.
modeles joints à la préfente
A R T IC L E IX.
Ies lieux d'oi
ils indiqueront
Tableau no. I.- Dans celui relatifaux foies, à foie dans la province
pour la foie.
la tire, fi on éleve les vers les lieux ou fe fait cettc
on habitent : ils défigneront
recueille, le nomqu'ils
la quantité de foie qu'on de y foies moulinées s
éducation,
à fler , la quantité
& foies
bre des tours
favoir, poils organfins, trames, & les lieux
avec leur divifion,
de ces qualités
inférieures. Le prix de chacune
énoncés dans lefdits
feront également
de confommation
tableaux.
éleve les vers les lieux ou fe fait cettc
on habitent : ils défigneront
recueille, le nomqu'ils
la quantité de foie qu'on de y foies moulinées s
éducation,
à fler , la quantité
& foies
bre des tours
favoir, poils organfins, trames, & les lieux
avec leur divifion,
de ces qualités
inférieures. Le prix de chacune
énoncés dans lefdits
feront également
de confommation
tableaux. --- Page 157 ---
Quant à la fabrication des étoffes de foie, ils pécifieront Tableau n".2.
dans l'état qui y eft relarif, les principales efpeces defdites pour les étoffes
defoie.
étoffes, leur quantité, leur prix, les lieux de confommation,
le montant annuel des ventes, & la comparaifon d'un fémeftre à l'autre.
A R T I C L E X.
A l'égard des draps, draperies, éteffes de.laine, de CO- Tableaux no.
ton, toiles &c toileries, ils fcront connoitre les lieux defa- 3 8: 4 pourles
les matieres
celles
draperies & les
brique, >
qu'on y. cmploic,
d'origine na-. toileries.
tionale ou étrangere, s leurs prix,.a quantité employée des
unes & dcs autres, la dénomination dc chaque efpece d'étoffes, leur longueur & largeur, leur prix, lc montant annuel des ventes, les licux de confommation 8z la différence
d'un fémeftre à Tautres cn obfervant néanmoins, en ce qui
concerne les toiles peintes que lcur prix ne doit être porté
dans les états, qu'en raifon de Taugméntation que l'impreffion a du leur donner.
A.R TICL E' XI.
Qmant à Ia bonneterie, ils joindront au tableau parti- Tableau n.s.
culier $ dreffe pour ce genre de fabrication, la défignation pourlat bounetedes efpeces de métiers à bas dont on fait ufage.
rie.
A R T I C L E XII.
Pour la chapellerie, ils: indiqueront les lieux de fabri- Tableau n". 6.
que 2 le nombre des maitres, des ouvriers, la quantité & la pour la chapelvaleur des matieres nationalcs & étrangeres, la quantité, lerie.
qualité & valeur des chapeaux fabriqués; & ils joindront
leurs obfervations fur lcs prix de la main d'auvre & les
lieux de confommation.
on fait ufage.
rie.
A R T I C L E XII.
Pour la chapellerie, ils: indiqueront les lieux de fabri- Tableau n". 6.
que 2 le nombre des maitres, des ouvriers, la quantité & la pour la chapelvaleur des matieres nationalcs & étrangeres, la quantité, lerie.
qualité & valeur des chapeaux fabriqués; & ils joindront
leurs obfervations fur lcs prix de la main d'auvre & les
lieux de confommation. --- Page 158 ---
AR7 TI ICLE E XIIL
mégiferie &
rableau pour la tannerie, 7
lieux
Ils drefferont un
ils indiqueront les noms dés
Tableann.7.
dans lequel
de peaux qu'on
pour la tannerie. chamoiferie, fitués ces érablifamens, les efpeces de ces peaux
ou font
maniere de les préparer, ,'le prix
le
la
de cuirs on y prépare, prix
Y évaluées emploie, à la livre, quelle forte totalité & à la livre, la quande ces cuirs, en
année, lévaluation de
commun livres de cuirs fabriqués par
; &
tité de
les lieux de confommation des oben argent;
tableaux
cette quantité
ils joinidront a'leurs
autant quil fe pourra,
mégifferics & chamoiferies
Tervations fur Pétat des tanneries, des caufes,qui nuifentarla
2 ainfi que
de leurs départemens, branche de comnyercc.
profpérié de cette
XIV.
A R T ictE contenir lesi noms des
rableau des papcreries doit des maîtres & des ouTasieaw.8. Le
font fituées, le nombre
des cupour la papetc- lieux oà elles roues des cylindres, des maillets,
Y
celui des
de papiers qu'on
gis
yriers,
de chaque cfpece
commun des
ves; la dénomination quantirés, & le. prix
contienles qualirés,
d'oblervations
fabrique,
efpece. La colonne
revient
rames de chaque
le prix auquel
des matieres premicres,
& la défignadra l'origine
qualité de papiers,
la main d'ceuvre de chaque
rion"d des Leux de confommation.
A R T I C L E XV.
tenus de vifiter toutes
Tableaux n".
feront - en outre de la même nature, tels
(2 Les Infpeckeurs écabliffemens
plati9.10,11.k les ufines, les alines & autres fonderies, forges, fenderics,
verreries pour raffine- que hauts fourneaux,
ries 8cles fayenceries.
qualité de papiers,
la main d'ceuvre de chaque
rion"d des Leux de confommation.
A R T I C L E XV.
tenus de vifiter toutes
Tableaux n".
feront - en outre de la même nature, tels
(2 Les Infpeckeurs écabliffemens
plati9.10,11.k les ufines, les alines & autres fonderies, forges, fenderics,
verreries pour raffine- que hauts fourneaux,
ries 8cles fayenceries. --- Page 159 ---
a3'
neries, tréfilerips; les verreries, les raffincries à fucre; &
Ies manufactures de porcelaine, & fayenceries pour lef
quelles il a été dreffé des tableaux diftinéts.
AR TI I C L E XVL
Ils fe tranfporteront auffi dans les principales foires qui Etats &: méfe tiennent dans l'étendue de Jeur Infpection, & ils fe pro- maires fur les
cureront lcs mémoires & renfcigsnemens qui leur feront né- foires.
ceffaires pour drefler les états & obfervations relatives auxdites foires.
A R T I C L E XVIIL,
Indépendamment des objets de fabrications ci-deffus, les Mémoires fur
Infpecteurs doivent encore s'informer s'il y a des bras oififs les moyens de
dans lcurs départemens, & s'occuper des moyens qu'ils croi- faire Aleutir Finront les plus propres à faire fleurir l'induftrie. Dans lc cas duftrie.
où il verroient qu'une. brauche languir, foit par des caufes
particuliercs, foit par des caufes générales, ils feront CO11noitrc les moyens de rémédier aux. uues. & aux autres, ils
indiqueront ceux qu'ils croiront praticables pour obtenir la
plus grande perfection dans chaque: branche d'induftric.
A R T I C L E XVIII
Ils s'informeront fi lcs troupeaux dc bétcs à laine font Mémoires fut
en grand nombrc, fi leur éducation eft bicn foignée, fi les troupcaux,
l'efpece des bêtes & des laines font belles, à quoi elles font
employées, & enfiu s'il exifte quelqucs viccs dans l'éducation - des troupeaux ou quelques abus qui s'oppofent à ce"
que les laincs. aient le dégré de bonté qu'elles pourroient
avoir; ils s'informeront f ces laincs font employées. dans
Mémoires fut
en grand nombrc, fi leur éducation eft bicn foignée, fi les troupcaux,
l'efpece des bêtes & des laines font belles, à quoi elles font
employées, & enfiu s'il exifte quelqucs viccs dans l'éducation - des troupeaux ou quelques abus qui s'oppofent à ce"
que les laincs. aient le dégré de bonté qu'elles pourroient
avoir; ils s'informeront f ces laincs font employées. dans --- Page 160 ---
14 : dans ce cas, ils feront
ou f elles font exporréas en faifant connoitre
le pays,
de Texportation,
& même
mention du produit détriment des fabriques voifines, dans tous
fcen'el pas au
fe fait cette exportarion;
de
de ceiles du royaume que les Rbriques,ou chaque qualité
les cas, ils indiauéront employée atintageudement.
être
laine pourroir
XIX.
A R T ICLE
avec les
s'entendre dars tous les tems grand
de
opérer le plus
Icdiquer les Ils auront-foia les commerçans, pour ceux d'entr'eux qui
fabricans &: ar- fabricans Mamnfacures; 8,
ils deligneront fils, ou, dont les étatiftes anfingsés. biendes
diftingués de peres en,
rovale ou prirj
fe font le plus
de titre de Manufadture diférentes niébiifleimens, > jouifent aulli les auteurs des
vilégiée. Ils défigneronr découvertes en tous genres.
chaniques &
C:L E XX.
A RTI
fouvent qu'ils pourront
enverront le plus
des
gé- - Les Tnfpedeurs,
une
ndererlamen
Tourtéss
à indminitnton: moins chaque annéc
nérales S parti- des mémoires
ils feront au
dans lequel ils réculieres.
voyages particuliers, dans le département
tournés genérale
a branches :
de Tagriculrare
fideront.
comme toutes les direéts avecle" commerce, s
Indiquer les Au furplus plus" ou : moins
le plus exadlement
produits du fol. ont des rapports
à sinformer
de la richeffe
on invite les Infpecteurs des divers produits
du prix
qu'il leur fera polible territoire ,
de leur département, mêmes prole
de ces
fanciere,dany
nature ou elpece
ainfi
commun de chaque
vendent & fe confomment,
duits , des lieux ohils.fe totale deldites ventes.
La
que dc la maffe --- Page 161 ---
La culture du lin, du chanvre & de la garance,importe
effentiellement à l'accroiflement de nos manufadtures: : les
Infpedteurs doivent encourager par tous les moyens qui
dépendront d'eux les cultivateurs à la faire profpérer dans
les terreins qui y feront propres. Ils doivent fur-tout examiner avec la plus grande attention les procédés qu'on emploie pour la préparation de ces matieres premieres, s'inftruire des découvertes nouvelles qui leur procurent une plus
grande perfection, 3 enfeigner ceux qui ont été reconnus les
meilleurs, indiquer Jes outils ou inftrumens qui peuvent le
plus économifer le tems s les frais de la main d'ceuvre, &
rendre expéditives & plus faciles les différentes efpeces de
fabrications auxquelles ellcs font deftinées.
S'ils éprouvoient quclques obftacles dans l'excrcice de leurs
fonctions, ils en inftruiroient fur le champ ladminiftration,
D
procurent une plus
grande perfection, 3 enfeigner ceux qui ont été reconnus les
meilleurs, indiquer Jes outils ou inftrumens qui peuvent le
plus économifer le tems s les frais de la main d'ceuvre, &
rendre expéditives & plus faciles les différentes efpeces de
fabrications auxquelles ellcs font deftinées.
S'ils éprouvoient quclques obftacles dans l'excrcice de leurs
fonctions, ils en inftruiroient fur le champ ladminiftration,
D --- Page 162 ---
S
No 1.
:
Snopeaisn
ÉTAT de la quantité & qualité des
ANNÉE 17
cent
S OI
NOMBRE ET ESPECE
N O M S
QUANTITÉ
acn
Po I L S. ORGANS
des
de
des Tours des Moulins
NEP
Soic récolée.
à tirer. àcuvrer Poids Valeur. Poiis. V:
LIEUX.
* --- Page 163 ---
ées & ouvrées dans le département d
pendant PAnnée mil fept
V RÉE S.
TOTAL
DU PoiDs
A M E S. SorRs INFERIEORES.
VALEUR
OISERTAII ONS.
DES SOIES
s
Valeur. Poids. Valeur.
ouvrées.
tt I 9 --- Page 164 ---
ETOFFE
No 1: Supratiou 9
quantité & valeur
ÉTAT par qualité,
Seme
Six
Mors 17
d
pendant le
M A TI E R E S
DIN
LI E U X BUREAUX DINOMINATION
EN TRAME E.
de
de Vifite
des
E N CHAINE.
LARG
Objets fabriqués. Efpeces. Poids. Valeut. Efpeces. Poids. Valeur.
FABRIQUE & deMarque. --- Page 165 ---
1 SOIE
S de Soie préfentées aux Bureaux de Vilite & de Marque de l'Infpeétion
nnée mil fept cent
NS.
PRI X
NOMBRE
OBSERYATIOI NS
fur les Matieres premieres,
des Pieces VAI L E U R.
leur origine, les Prix
EUR. DE L'AUNE. DE LA PIECE.
de main d'ceuvre, & les lieux
fabriquées.
de confommation des Étoffes.
tt B 9 --- Page 166 ---
ETOFFI
No 5.
Smpectiou
& valeur
ÉTAT par qualité, $ quantité
Six
Mois 17
le
Sem
d
pendant
M A T. I E R E S
DI
LIE E U X BUREAUX DINOMINAT:ON
de Vifite
des
E N CHAINE.
E N TRAME
de
LAR G
Poids. Valeur. Efpeces. Poids. Valeur.
EABRIQUE. & deMarque. objets fabriqués. Efpeces. --- Page 167 ---
E LAIN E.
es d'Étoffes de Laine, préfentées aux Bureaux de Vifte & de Marque de PInfpection
Année mil fept cent
NS.
P R I X
NOMBRE
OESERFATATIONS
fur les Matieres premicres,
dies Picces V A L E U R.
leur origine, les prix
UECR. DE L'AUNE. DE LAPIICE.
de main d'auvre, &: les liens
fabriqades.
de confommation des Etofies.
11 B 9 --- Page 168 ---
TOILES
No 4.
Smpeatisit 9
quantité & valeur
Mois 17
ETAT par qualité,
d
Six
Vifite S: de Marque de P'Infpedtion
M A T I E R E S
DI
L I E U X BUREAUX DÉNOMINATION
des
EN CHAINE.
EI N TRAME.
de
de Vifite
LARG
Poids. Valeur. E(peces, Poids. Valeur
FABRIQUE & de Marque. Objets fabriqués. Efpeces.
4.
Smpeatisit 9
quantité & valeur
Mois 17
ETAT par qualité,
d
Six
Vifite S: de Marque de P'Infpedtion
M A T I E R E S
DI
L I E U X BUREAUX DÉNOMINATION
des
EN CHAINE.
EI N TRAME.
de
de Vifite
LARG
Poids. Valeur. E(peces, Poids. Valeur
FABRIQUE & de Marque. Objets fabriqués. Efpeces. --- Page 169 ---
OILERIE S.
s5, Toileries & autres Tiffus en Lin, Chanvre ou Coton préfentés aux Burcanx de
pendant le
Semeftre de l'Année mil fepr cent
NS.
PRIX
NOMDRE
OBSERVATIO: N S
fur les Maticres premieres,
des Pieces V A L E U R.
leur origine, les prix
UECR. DE L'AUNE. DE LA PIECE.
de main d'eavre, les licux
fabriquécs.
deconfommacion dies Toiles.
tt B 9
E --- Page 170 ---
BON N
No S.
Smupsctien 9
quantité 8 valeus
ANN. ÉE 17.
ÉTAT par PAnnée qualité mil fepr cent quatre-v
pendant
PAR DO UZAIN
MATIER ES EMPLOYÉES
NOMBRI E
FIL. E N S
LIET U X
Ouvriers
E N L. A I N
EN S OIE.
E) N
des
de
FADRIQUE. --- Page 171 ---
ERIE
rages de Bonneterie, fabriqués dans le Département d
iombre de Douzaine de
P R IX
ORSER VATIONS
Pieces de Bonneterie.
de chaque daugeine.
surlesMatieres: premieres,
lcur origi.se, le prix
VALEUR.
de la main - d'oeuvre 3
E
et les Lieux
a
: a
de Cousommation.
tt f 9 --- Page 172 ---
C H
No 6. Smpesion 2
& valeur
ÉTAT par qualité > quanticé
ANNÉE 17
fept cent
QUANTITE E
O M B R E
MATIERES
LI II EU X N
F I N S.
NATIONALES ÉTRANGERES
de
des
des
Valei
Valeur. Poids. Valeur. Quanticé.
FABRIQUE. Maitres. Ouvriers. Poids.
I
I --- Page 173 ---
2 T ILE R 2e IE.
aux fabriqués dans le Département d
pendant l'Année mil
TÈS ET PRIX DES CHAPEAUX TOTAL
OBSERFATION:
des
fur les Matieres premieres,
-F1 N S COM M t NS.
VA L EU R. leur origine, les Prix de
CHAPFAUX
main-d'acuvre, & les lieux
Vaieur. Quantiré, Valeur. fabriqués.
de confommation.
ti B 9 --- Page 174 ---
M É G
TANNERIES,
No 7. Saupsaioa 9
ÉTAT du Commerce de la Tannerie,
ANNÉE 17
sept cent quatre-vingtPERSONNES OCCUPÉES.
aR
a
LIE U X
NOMBRE
PAR LES TANNEL
NOMBRE
NOMBRE
des Chamoiseurs.
Prix des
de
des Tanneurs. des Mégissiers.
éy: luées
Materes. Ouvriers. Maitres. Ouvriers.
Peaux
FABRIQUE.
vertes. fa
RICAPIEULATION et Estin
ESPECES.
NOMB
Beeifs..
Chevaux Vacher. 3 Mulcts, &c.
Veaux..
Moutons..
Chevres.
Agneaux.
Chevrcaux.
Cerfs
Daims.
Chevreuils.
Chamois.
TOTAUX.
iseurs.
Prix des
de
des Tanneurs. des Mégissiers.
éy: luées
Materes. Ouvriers. Maitres. Ouvriers.
Peaux
FABRIQUE.
vertes. fa
RICAPIEULATION et Estin
ESPECES.
NOMB
Beeifs..
Chevaux Vacher. 3 Mulcts, &c.
Veaux..
Moutons..
Chevres.
Agneaux.
Chevrcaux.
Cerfs
Daims.
Chevreuils.
Chamois.
TOTAUX. --- Page 175 ---
RIES, CHAMOISERIES.
t Chamoiserie, dans l'Inspection d
pendant l'Année mil
PLOITATION, OBSERYATIONS
LES MEGISSIERS P A R L ES CHAMOISFURS
22 So
furlcs Masieres premicres,
Prix dcs Peaux
Prix des Peaix leur origine > les prix de
éviluées à la iivre.
énaluées à la livre. main d'atuvre, les lieux de
Peaux Peaux
P.aux Peaix confonmation & les Droits.
e
vertes. façonnées.
verres. fagonnées.
mbre Ct de la valeur des Peaux,
VALI E U R.
en verd.
Peau: fayonries.
1t E 8
tt B 8 --- Page 176 ---
P A
No 8. Jaupsatias 2
ETAT par qualité, quantité & vale
ANNÉE 17
cent
ESPECE DES MOUL)
U X
N O M S
N O M B R E
N O M B R E.
LI I E
-
cè font fitués
des
des
des
des
des.
des
Maillets.
RIVIERES. Miaitres. Oavriers. Roues. Cylindres
LES MoULINS.
1 - --- Page 177 ---
RI E S.
rs fabriqués dans le Département d
pendant l'Année mil
ent
PRODUITS
OBSEAFATIOKI
RES PREMIERES.
fur l'origine des Matieres
E. N PAPIERS.
EN ARGEN: T. premieres, le Prix de la main
PRIX
d'auvre , &c les lieux de
cité.
Qualité. Quantité. PRIX. VALEU R.
du cent.
confommation.
tt B 8
F --- Page 178 ---
U
No 9:
Supsais
travail
TABLEAU des Usines qui Tré
Forges, Fenderies, Platineries,
A NNÉE 17
CON
N O M S
NOMBRE NOMBRE
L I E U X
et espece
des
cû font Gtués
des
de Fours
en Bois. en
des Usines.
Ouvriers.
LES USINES.
Propriétaires et Fourneaux.
: --- Page 179 ---
S.
ans IInspection d
comprenant les hauts Fourneaux, Fonderies,
actures d'Armes pour le Commerce, et Clincailleric,
ON.
FABRICATION.
Observations générales,
QUANTITE E
iRe. En Castine.
VALEUR.
et Titres d'Erablissement.
de chaque Especc. --- Page 180 ---
VER K
No IO. Supaisu 9
des Verreries qui fe trc
ANNÉE 17
TABLEAU
CONS
NOM S
N OMB R E
LIEUX
où fontfituces des
des
et efpeces d'Ouvriers. en Bois. en Houille. en Salin. en 7
les Ufines. Ufines. Propriétaires de Fours.
: --- Page 181 ---
E 1 S.
PInfpection d
TION
FABICATION.
Obfervations générales,
en
Quantité de
nic. en Minium.
en Cobalt.
VALEUR 6 titres d'Etabliffement.
Manganèze.
chaque efpece.
MB R E
LIEUX
où fontfituces des
des
et efpeces d'Ouvriers. en Bois. en Houille. en Salin. en 7
les Ufines. Ufines. Propriétaires de Fours.
: --- Page 181 ---
E 1 S.
PInfpection d
TION
FABICATION.
Obfervations générales,
en
Quantité de
nic. en Minium.
en Cobalt.
VALEUR 6 titres d'Etabliffement.
Manganèze.
chaque efpece. --- Page 182 ---
RAF
No II. Srapsaion 2
TABLEAU des Raffineries à Sucre,
ANNÉE 17
CONSOMMATION
NOMS NOMS NOMBRE NOMBRE
des Lieux oû
des
des
des
siruées
Sucre brut en Houille. en Be
sont
Ouvriers. Chaudieres. en
les Usines. Propriétaires.
: --- Page 183 ---
ERIES
pection d
PRODUIT S
OBSERVATIONS)
VALEUR
GÉNÉRALES
Sucres Divers, En Sirops ou Mélasse,
ET TITRES S
TOTALE.
oids.
Vieur.
Poids.
Valeur.
D'ITABLISSXENT --- Page 184 ---
No 12.
PORCELAIN
Smpection 2
TABLEAU des Manufactures de
ANNEE 17
d
N O M S
Nombre Nombre
LIEUX
des Fours
des
oi sont situées
des
&
en Bois. en Honille. en
des Usines.
Carcaisses. Ouvriers.
les Usines.
Proprictaires. --- Page 185 ---
H - AYAN CERIE S.
laine, Fayanceries, ct Manufactures de Terre de Pipe, dans PInspection
CONSOMI M A TION
Observations générales
en Plomb. en Érain. Minium. Mine de Cobalt
Potasse
ct Titrcs
Plomb grise. et autres
couleurs. ou Soude.
d'Erablissemens. --- Page 186 --- --- Page 187 ---
ÉCIS des vexations exercées par ordre du Ministère
Frangois, contre les
Habitans de Tabago et leurs Créanciers Anglois. Aoe
csont ravages bicn quel loin Ic despotisme ministériel a faits en] In leurs terres à d'autres qu'à des
lonies. d'approclier dc ses iniquités dans précédentes
leur François, quoique des
Les corps intermédiaires qui existoient en! vendre à qui letres-patentes bon leur sembloir. cussent permis de
syr mertoient des bornes à ses attenrats; ; dans fes priva les habitans du droit d'être Ainsi, cn 1786, 2 on
lies, cux iln'existoir aucun de ces corps , il n'y avoit cours ord dinaires de justice
jugé par juré. Les
classes dhommes, oppresseurs et opprimés. substirua an tribunal de furent fetmécs, cr on leur
ance, ledespotismeavoitd encorequelque pudeur cour de commission gouvernement, ct ensuire une
plant les lois; il déguisoit ses forfaits ; dans les d'inquisition:
> qui étoit un véritable tribunal
ies, ne de jettant les pallier, lc masque, ,ilnesedonnoit pasméme L'idée en fut 'donnée au maréchal Castric, ministre
istoire des vexations cxercées à
foible et peu instruit, par un de ccS intriguans hardis,
naturellement à cesréfexions. Nous Tabago la donnons nous! leur qui pullulcnt fortune dans les cours desporiques, qui fondent
sur liniquité er T'impunité de ieurs
Lerdrerdmigoasteand iquirés ministérielles
manifestations tices, sur lignorance des ministres qu'ils égarent. injus- Cc
u tribunal du public estarrivé, les ministres parce qu'il faur personnage, appeilé M. Romé de SainsLaurent, avoit
qu'il faut
de
coupables, 3 été planzeur pendant quinze.
leur qui pullulcnt fortune dans les cours desporiques, qui fondent
sur liniquité er T'impunité de ieurs
Lerdrerdmigoasteand iquirés ministérielles
manifestations tices, sur lignorance des ministres qu'ils égarent. injus- Cc
u tribunal du public estarrivé, les ministres parce qu'il faur personnage, appeilé M. Romé de SainsLaurent, avoit
qu'il faut
de
coupables, 3 été planzeur pendant quinze. ans à la Grenade,
s.combien prouver ils
plus en plus' à nos conci-] ensuite passé quelques années sous le
avoic
ont eu raison cn détruisant le des- espagnol, étoit revenu cnFrance gouvernement
hc, ets sur-tour pour empécher ccs acrcs ty-! contic Ics Anglois, dont plein de ressentimenr
ques ne deviennent nne cause 2 rupture entre plaindre. il prétendoit avoir à se
ations, gue leurs principes de liberré
IL
ent a vivre désormais dans la meilleure erd'équité intellin'cucpas de peine à faite entendre au ministre,
que, pour arracher àla France les colons de Tabago >
bago, isle dans les indes occidentales, n'a
i falloitrompre tous les liens qui existoient cntre cux
aétrebien cultivéeetasep
com- et f'Angleterre 5 qu'un de ces plus forts liens étoit la
tession qui en fat faitcàla peupler qu'à Tépoquel dette immense que les capitalistes de cette dernière
té de Paix de 1763. Graccs Grande-breragnep à ia bonté des lois par avoient à répéter contre les colons; ; qu'ilfalloit nomscs, si propres a favoriser tous les
mer sous une prétexte commission d'usure, pour examiner cette dette ,. c:, >
de linjustrie, s ct aux fonds gu'y versèrent dévcloppe- les)
On
, décharger les planteurs de la
listes
payer. espéroit que ces planteurs
anglois , la culture fut portée à un très- cct acte d'iniquié, ct nc seroient sc fachés préreroient 2
legré, er-le nombre des plantations fut rapide leursdettes de cette manière. Enfin, pas l'auteu: du de payer,
augmenté.. projer
te isle fut prise par les
en 1781, ct espéroit trouver dans son exécution des moyens de
andonnée par le traité de François paix de 1783. leur réparer On, sa fortunc. de
que les habitans de Tabago conscrucront leurs L'art,7 fiat aura la pcine à Ie croitc 5 ce plan d'iniquité
aux memes titres et conditions auxquels ils les pro- ont mission adopté; M. parl de le ministre, qui mità a la têtc de la com5. Saint-Laurent même, avec M. Dillon. icomte d'Artot fur euvoyé comme'
L'arrét dans du conseil autorisoit la commission à fouiller. cs instructions quif furenr
gouverneur. toutes les transacrions, à vérifiertoutes les créanaux, ilest déclaré
enregistrées dansles ces; a sc faire représenter les titres originaux
Fédes lois angloises seroient que tous les actespassés sous ipeine de 10,000 liv. d'amende ct de confiscation sous des
quant aux tribunaux existans soitmis dans àces mémes lois; sommes dues, et a réduire tous les contrats qu'elle
sa majestéctoit qu'il ne fity fait aucun l'isle, changement linten-) croiroit usiraires. On étoit convenu d'avance d'apforme établie sous le gouvenement
peller usuraire tout cc qui passeroit le taux de Six
stel étoit l'esprit versatiledu ministère britannigue. pour cent, quoique l'on sit bien que, dans les isles,
françois!
mis dans àces mémes lois; sommes dues, et a réduire tous les contrats qu'elle
sa majestéctoit qu'il ne fity fait aucun l'isle, changement linten-) croiroit usiraires. On étoit convenu d'avance d'apforme établie sous le gouvenement
peller usuraire tout cc qui passeroit le taux de Six
stel étoit l'esprit versatiledu ministère britannigue. pour cent, quoique l'on sit bien que, dans les isles,
françois! l'intérêt de Fargent étoit haut, ct
: que ces dispositions équitables ne tardèrent l'assemblée coloniale de plus de qu'une loi de
altérer et à étteremplacées par des dispositionsa huit
cent. Tabago, 1768,leit fixé
quidéfendoit iques. Ainsi, l'on vit paroitre une lettre du mi- Armé pour de ces' pouvoirs, M. Romé ct ses'
auxhabitans de Tabagode vendre nc mitent aucnn terine à leurs vexations, 3 collegues et les ap- --- Page 188 --- --- Page 189 ---
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