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Habit Carter Bromn
Lilrarg
Bmmn hmreraity --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 --- --- Page 6 --- --- Page 7 ---
MÉMOIRES
MILITAIRES, HISTORIQUES
ET POLITIQUES
DE ROCHAMBEAU,
ANCIEN MARÉCHAL DE FRANCE, ET GRAND OFFICIER
DE LA LÉGION D'HONNEUR.
TOME PREMIER.
A PARIS,
CHEz FAIN, Imprimeur, rue Saint-Hyacinthe, n. 25.
M. DCCC. IX. --- Page 8 ---
a U --- Page 9 ---
PRÉFACE.
Cus Mémoires ne sont pas Pouvrage dan
écrivain de profession. Sous le doublerapi
de la composition et du style, ils
port
des
d'un.
n'annoncent aucune
prétentions
homme qui aspire à la répatation d'auteur ; et c'est peut- - être cette raison qui
les fera rechercher et estimer des hommes
qui pensent. Sans doute la magnificence
d'ornemens dont Tite-Live et le profond
Tacite lui - même ont paré Phistoire la
rendent doublement intéressante; mais,
tout en admirant leurs rares talens, on
défie
de leur véracité: on
se
quelquefois du soin de faire brilcraint, qu'oceupds
ler leur beau génie, ils n'aient composé,
ce qu'il ne falloit
avec un peu d'artifice,
Le lecteur
que raconter avec exactitude.
la rééclairé a toujours présent à Pesprit
de notre habile Vertot à ceux qui
ponse
tardivement,i il est vrai,
lui apportoient,
authentiques sur lesiégede
des documens --- Page 10 ---
II
PRÉFACE:
Malte: ( Ma foi, mon siége estfait >. En
conséquence; plus une histoire est faite'
avec art, plus elle renferme de morceaux
d'apparat; plus l'auteur enfin développe
de moyens de séduction, et plus les esprits sévères et amis de la vérité le lisent
et défiance. Cette dispoavec précaution
sition, fort juste en elle-même, ne pourra
nuire aux Mémoires que nous, présentons
au public.
M. le maréchal de Rochambeau, qui
avoir eu, dans le cours
les a écrits, paroit
l'exde sa longue et honorable carrière,
cellente habitude de conlier jour par jour
au' papier tout ce qui lui sembloit digne
Depuis la guerre de
de quelqu'attention.
il n'a cessé de
1747 jusqu'à nos temps,
jouer un rôle et de vivre parmi les hommes les plus élevés en dignité et les plus
leurs talens. A deux
remarquables par
a été
très-différentes de sa vie, il
époques
militaire au milieu des révojeté comme
lutions d'Amérique et de France, et.n'y
servir avec honneur
a pris part que pour
et dévoument les gouvernemens quil'em
quelqu'attention.
il n'a cessé de
1747 jusqu'à nos temps,
jouer un rôle et de vivre parmi les hommes les plus élevés en dignité et les plus
leurs talens. A deux
remarquables par
a été
très-différentes de sa vie, il
époques
militaire au milieu des révojeté comme
lutions d'Amérique et de France, et.n'y
servir avec honneur
a pris part que pour
et dévoument les gouvernemens quil'em --- Page 11 ---
PRÉFACE.
III
ployoient. Un tel personnage ne peut
des choses tres-intéqu'avoir à raconter
se trouye
ressantes; et si ce personnage droiture,
de
avoir été un militaire plein
d'un esprit naturellement
de franchise,
est
modéré et porté à tout ce qui
juste
Mémoires, ou plutôt le jour
et bon, ses
la negligence ct
nal de sa vie, écrits avec
insl'abandon d'une simple conversation,
nécessairementl beaucoup de conpireront
fiance.
on sent
En lisant M. de Rochambeau,
dit la vérilé et qu'il ne Pauroit jar
qu'il
erreur. Librede toute
maisaltérée que par T'éloge et le blâme
passion, il distribue
Sa modestie à
avec la même modération.
de tout
parler de lui-méme est exempte il se, rend
raflinement d'amour -propre; il la rend
justice avec simplicité comme
aux autres.
si piquans de FréAprès les Mémoires
d'Alledéric sur les deux grandes guerres
de
curieux
magne, il est extrémement
voir comment M. de Rochambeau raconte
les mêmes faits que ce grand capitaine. --- Page 12 ---
PRÉPAÉE.
IV
Tous deux sont d'accord sur certains gea
de faveur qui firent tant de mal à
néraux
la France à cette époque, trop souvent
honteuse, mais pourla cour seule qui soutenaitl'ignorance et Pimpéritie, contre lounanime de la saine partie de la.
pinion
faveur du mérite et des servination en
ami de son pays, se plait
ces. Lhomme,
le
à retrouver, dans M. de Rochambeau,
coeur d'un Français qui, forcé de signaler de grandes fautes et même des lâcheaucune des occasions de
tés, ne manque
relever ce qui est honorable pour ses compatriotes. Il prouve par une multitude de
faits, par le récit d'une toule d'actions
militaires, de campemens habiles, de marches savantes, d'attaques hardies, même
Frédéric, le céde batailles gagnées, que
Tebre prince Henri, son frère, le prince
Ferdinand, le maréchal Daun, ont soudans nos généraux des
vent rencontré
adversaires dignes d'eux; et quand des
causés par la timidité de cheis in
revers, de commander à la plus entrecapables
des nations de P'univers, quand
prenante
militaires, de campemens habiles, de marches savantes, d'attaques hardies, même
Frédéric, le céde batailles gagnées, que
Tebre prince Henri, son frère, le prince
Ferdinand, le maréchal Daun, ont soudans nos généraux des
vent rencontré
adversaires dignes d'eux; et quand des
causés par la timidité de cheis in
revers, de commander à la plus entrecapables
des nations de P'univers, quand
prenante --- Page 13 ---
PIÉPACE
V
des fautes affreuses viennent interrompre
le lecteur aflligé de ces tristes
nos succès,
récits,sent du moins, avec quelqworgucill
de Parmée ne font auque les désastres
ne doit
cun tort à son courage, et qu'il
Fincapacité des généraux
les imputer qu'à direction donnée par le
ou à la mauvaise
ministre.
une vérité que ces
Oenepentidlisinulere
c'est
Mémoires rappellent trop sonvent,
pendantoes guerres, les Allemands set
que,
toujours sur
les Prussiens eurent presque
de la ranous l'avantage de l'audace et
Leprince! Ferdinand, par exemple,
pidité.
fois par des mouvemens
nous surpritvingt
rien n'égaloit sa vide toute son armée;
à
gilance à poursuivre ses succès ou profiter de nos fautes. Cette remarque, fort
étonnanté au premier coup d'ceil, pour
la lenteur, la circonscelui qui compare
pection allemandes avec caefuriafrun
fut de tout temps la qualité discese qui
qu'un getinctive de nos soldats, prouve
caractère
néral peut changer jusqu'au
moral de son armée. --- Page 14 ---
VI
PRÉFACE.
Aumilieus de tant d'événemens
le maréchal de Rochambeau
divers,
se montre
toujoursibrave soldat, habile, officier, tacticien instruit; il se fait également estimer
de ses compatriotes et des
cune ambition,
ennemis; auaucune brigue, aucune
jalousie; - ses services seuls parlent en sa faveur et luiattirent des récompenses; c'est
toujours sur le champ de bataille et non
dans les antichambres qu'il obtient
avancement. Mais,
son
des
quoique dejà revêtu
premiers honneurs militaires; quoiqu'estimé des généraux les plus recommandables de son temps, M.de Rochambeau n'avoit jamais commandé
leurs ordres; et malgré les
que sous
breuses de talent qu'il avoit preuves nomne pouvoit
le
donnécs, on
pas
juger encore comme
général en chef. La guerre
vint lui présenter les occasions d'Amérique de
trer toute sa capacité dans l'art difficile mon- de
diriger une armée.
La France, en aidant PAmérique à secouer le joug intolérable des Anglois, faisoit un acte de la plus haute politique;
it jamais commandé
leurs ordres; et malgré les
que sous
breuses de talent qu'il avoit preuves nomne pouvoit
le
donnécs, on
pas
juger encore comme
général en chef. La guerre
vint lui présenter les occasions d'Amérique de
trer toute sa capacité dans l'art difficile mon- de
diriger une armée.
La France, en aidant PAmérique à secouer le joug intolérable des Anglois, faisoit un acte de la plus haute politique; --- Page 15 ---
PRÉPACE
VII
mais, comme il n'est que trop souvént
arrivé, la lenteur et Vinhabileté du'minisréduisirent à la
tre dans les préparatifs
moitié les secours déjà trop peu considérables, en hommes que nous avions résolu
d'envoyer à nos nouveaux et généreux
amis. Ces secours étoient. si foibles, que
des flottes, qui vinrent
sans Fapparition
seconder les R
effectivement fort à propos
opérations des armées de terre, la cause
de Parmée américaine auroit probablement été perdue. Si cette catastrophe eût
on n'auroit] pu lP'imputer à
eu lieu, jamais
chef. Il faut
notre. petite armée et à son
lire attentivement cette partie des Mémoires de.M. de Rochambeau, pour sentir combien la conduite de nOS soldats et
la sienne ont honoré le nom françois dans
Courages héroisme,
le Nouveau-Monde.
patience à supporter les plus dures priva-.
tions, discipline sévère, respect volontaire
les
telles
et
perpétuel pour
propriétds,
sont les. vertus dont toute l'armée a constamment donné des preuves; mais ces noelle les recevoit de ses ofbles exemples, --- Page 16 ---
VIII
PRÉFACE.
ficiers et partieulitrement du
chef M. de
général en
plus touchant Rochambean: : aussi, rien de
que les remercimens
recut à cet égard d'une
qu'il
Quakers : ces remercimens députation de
bel éloge de son
sont le plus
Quant
coeur et de son esprit.
lire la aux talens militaires, il suffit de
relation naive des faits de M: de
Rochambesu, pour juger que le
ne le cédoit
général
point en luia Thomme
ses
ami de
semblables. Nous . n'entrerons
ce sujet dans des détails
point à
mera à chercher
que le lecteur aimoires; mais
lui-méme dans ces Mébonnes
nous devons dire que les
dispositions, la
dace de M: de
prévoyance etl'auRochambeau, unies à la
sagesse de Wasingthon,
néral Cornwallis à cette redabsireutlege
meuse qui assura
capitulation faTindépendance de PAmérique et rendit la paix au monde.
Chéri des Américains, estimé et
des Anglois, adoré de
craint
Rochambeau
son armée, M. de
revint en France, et reçut du
prince, avec l'accueil le plus flatteur, des
distinctions honorables,
parce qu'elles
, unies à la
sagesse de Wasingthon,
néral Cornwallis à cette redabsireutlege
meuse qui assura
capitulation faTindépendance de PAmérique et rendit la paix au monde.
Chéri des Américains, estimé et
des Anglois, adoré de
craint
Rochambeau
son armée, M. de
revint en France, et reçut du
prince, avec l'accueil le plus flatteur, des
distinctions honorables,
parce qu'elles --- Page 17 ---
PRÉFACE.
étoient le prix des services
IX
rendus à la
patrie.
Un trait, rapporté par M. de Rochambeau lui-mème, peint toute la noblesse
deson âme. M. de Grasse, qui s'étoit d'abord si bien montré, étoit malheureux
tombé dans une disgrâce
et
Rochambeau
complète: M. de
saisit le moment de son admission à l'audience du roi, pour lui
peler que M. de Grasse avoit
rapr
ment contribué à la prise de l'armée puissam- de.
Cornwallis.
Le traité de paix, signé en 1785, étoit
aussi glorieux pour nous, que modéré
dans ses avantages ; mais les suites en
prospérité du
Foraunniomt
événemens
commerce national, si des
d'une toute autre
n'étoient venus ébranler la F'rance importance
etlEurope. Témoin de cette grandectise, M.de
Rochambeat en raconte tous les développemens avec la plus louable impartialité.
Aussitôt que la guerre éclata, on songea à M., de
Rochambeau; et
criblé de blessures et
quoique
d'infirmités, il fit, --- Page 18 ---
X
PRÉFACE.
comme commandant en chef, deux campagnes très- - pénibles. Seul
avoit eu le courage
peut-étre il
plosion tout à fait des'opposer à une eXprédit les malheurs inteinpestive, et avoit
qui irésulteroient dela
plus haute des imprudences. Le
la guérre Temporta,
parti de
M. de
comme on sait; alors
Rochambean, n'écoutant
zèle, se dévoua à
que son
rémplir le
voir de soutenir
pénible deune latte dont il ne prévoyoit que trop bien Tissue; il fit tout ce
qui dépendoit de lui pour prévenir des
désastres ou pour les réparer,
la
méme
lorsque
inconséquence qui avoit
aux résolutions du conseil,
présidé
armées
précipita dès
nemis presqu'improviaées contré des enplus nombreux, plus aguerris, et
préparés dès' long-temps aux combats. Jamais on ne peut oublier les services
rendit cet habile oflicier, depnis P'ouvér- que
ture de la campagne jusqu'à la fin dejuin
1792, époque de sa retraite nécessitée
ses infirmitds.
par.
Maintenant, M. de Rochambeau n'est
plus que témoin dans la grande scène qui
dès
nemis presqu'improviaées contré des enplus nombreux, plus aguerris, et
préparés dès' long-temps aux combats. Jamais on ne peut oublier les services
rendit cet habile oflicier, depnis P'ouvér- que
ture de la campagne jusqu'à la fin dejuin
1792, époque de sa retraite nécessitée
ses infirmitds.
par.
Maintenant, M. de Rochambeau n'est
plus que témoin dans la grande scène qui --- Page 19 ---
PRÉFACE.
vient de
XI
s'ouvrir; mais il continue son
rôle
d'observateur, et ne laisse
aucuns des faits militaires, civils échapper
tiques qui ont signalé cette
ou policit des diverses
époque. Leré:
campagnes des armées
françoises a surtoat, sous sa plume, un
grand intérét, parce que l'auteur, ayant à
traiter de Fobjet de toutes ses études,
restant fidèle à son impartialité,
et
matière avec une clarté,
traite la
de cause et
une connaissance
une indépendance
Mais si M. de Rochambeau
parfaites:
avec complaisance
nous retrace
tous
militaires
les.exploits
-du temps, il ne perd pas de vue
pour cela la peinture plus instructive
encore des événemens de Pintérieur.
narration, toujours
Sa
duit le lecteur
rapide et précise conjusqu'à la fin de la
gne de Pologne; et nous osons campaavancer que c'est sans
vraiment
nui. Dans d'autres
fatigue et sans endésire des
livres, on cherche, on
traîné
ornemens; dans celui-ci, enpar lintérêt même des
mercie l'écrivain
faits, on reblié
de s'être entièrement oupour ne penser qu'à la vérité. Telle --- Page 20 ---
XII
PRÉFACE.
est notre opinion sur ces
ne la donnons
Mémoires: nous
comme étant la pas comme bonne, mais
teurs la
nôtre; puissent les lecpartager!
Nous ne terminerons
ment sans dire
pas cet avertisseque sa majesté
toujours attentiveà
Fempereur,
et les services
récompenser le mérite
moment du
réels, avoit proclamé, au
de
couronnement, le maréchal
Rochambeau, alors âgé de
vingts ans, grand oflicier de la quatred'honneur.
légion
FIN DE LA PRÉFACE. --- Page 21 ---
MÉMOIRES
HISTORIQUES ET MILITAIRES
DE ROCHAMBEAU.
LA vérité doit être la base de
n'écrire que sur ce
Thistoire,Jai dà
nière certaine. On que j'ai vu ou. su dune matableaux
trouvera quelques vides dans les
que jai faits des quatre grandes
j'ai eu quelque part dans le
guerres où
mieux aimé me, taire
cours de ma vie. J'ai
que de rien hasarder
ce premier principe de vérité et de
contre
on ne doitjamais s'écarter.
fidélité dont
Je suis né le I.r juillet 1725;j j'ai été
collége des péres de T'Oratoire de
élevé au
étédepuis une des écoles militaires. Vendôme, qui a
aîné, j'étois d'une santé
J'avois un frère
davantage
délicate; iln'en fallut pas
pour me destiner à l'état
Lés pères de T'Oratoire étoient alors coclésiastique.
de jansénisme; M: de Crussol,
fort suspectés
fort ami de mes
évêque de Blois,
lége qu'il
parens, vint m'enlever de ce colprétendoit pestiféré, et
dans son évéché, d'ou on me menoit m'emmenaiBlois
en classeauxj jésuites;il
tous les jours
I.
m'appeloit son petit grandI
à l'état
Lés pères de T'Oratoire étoient alors coclésiastique.
de jansénisme; M: de Crussol,
fort suspectés
fort ami de mes
évêque de Blois,
lége qu'il
parens, vint m'enlever de ce colprétendoit pestiféré, et
dans son évéché, d'ou on me menoit m'emmenaiBlois
en classeauxj jésuites;il
tous les jours
I.
m'appeloit son petit grandI --- Page 22 ---
MÉMOIRES
vicaire; il étoit secondé dans ce
ritable graud-vicaire, Tabbé de desseiaparson védepuis archevéque de Paris. Cela Beaumont, qui fixt
vocation, et jallois étret
avoit décidé ma
tonsuréalal
que mon frère ainé vintàmourir. Pentecôte, lorstouché; mais le bon
Jen fus vivement
franchise
évéque vint, avéc toute sa
oublier tout languedocienne, me déclarer
ce qu'il m'avoit
qu'il falloit
que je devenois Tainé de ma famille ditjusguti ce jour,
servir ma patrie avec le même
et qu'il falloit
servir Dieu dans Tétat
zèle quejaurois pu
dans sa voiture et me ecclésinstique : il me prit
parens. J'achevai
remena tout de suite à
dont
mes études, dans le même mes
ilmavoit retiré six mois
collége
à quinze ans à Tacadémie de Paris. anparasant,etjallit
Cestà cette époque que commença la
1740, à Toccasion de la mortde
gnerre de
les VI. La France fit
Tempereur-Charteur de
proclamer empereur TélecBavière, sous le nom de Charles
Tappuya, ainsi.que le roi de Prusse,et VII; elle
Saxe, dans toutes ses prétentions
Télecteur de
sion litigieuse. On.tendoit à
sur. cette, succesdépouiller absolament
Marie-Thénise, fille et seule héritière du
pereur Charles VI. et mariée au
feu em-.
cane, ci-devant duc de Lorraine. grand-duc de TosLe maréchal de Belle-Isle,
duc.prince de TEmpire,
après avoir été fait,
général de toutes les chevalier de la toison d'or,
troupes francoises auxiliaires
-
eur de
sion litigieuse. On.tendoit à
sur. cette, succesdépouiller absolament
Marie-Thénise, fille et seule héritière du
pereur Charles VI. et mariée au
feu em-.
cane, ci-devant duc de Lorraine. grand-duc de TosLe maréchal de Belle-Isle,
duc.prince de TEmpire,
après avoir été fait,
général de toutes les chevalier de la toison d'or,
troupes francoises auxiliaires
- --- Page 23 ---
du nouvel DE ROCH A MBEAT U.
3.
dans
empereur, 21 plénipotentiaire universel
tout T'Empirc, restoità Francfort,
la négociation et faisant marcher les
occupé de
ses. courriers et les ordres quiladressoitaux) arméesdfaprés
hans. généraux qui.les conduisoient.
licuteJ'obtins une cornette dans le régiment de au
lerie de Saint-Simours jeme mis en marche cava-,
de décembre 1741, pour aller le rejoindrea àla:fin, Strasbourg: avanto quil passat. le Rhin. On avoit
route etje le trouvai parti; mais je.r rejoignis.M. pressé sa
de,
Saint-Simon, mon. colonel, quise trouvoit.
le même cas que moiy et nous. fimes. la route dans,
tout TEmpire avec le régiment de
dans.
tronvâmesi enfin notre régiment dans Beatcsire,nous les,
de Nuremberg, M. de Saint-Simon voulut environsservir de mentor et me garda toute cette bienme
avec. lui: je
campagne
marquis de cmpeiasteod-Arehise, Saint-Simon
son frère, Lc.
maison. étoit mal
n'étoit pas riche, et sa:
chez lui; d'Archiac montée; il mangeoit rarement,
et moi. nous étions
taires, et nous serions souvent
plus séden-:
la ressource des
morts de faim, sans.
pommes de terre et. du larcdyqui
faisoient.notre
preinkseedtenioknans for-.
moitletempéramhentad de plus
nous devions essuyer.
graudesfarigaeaqe
Le duc d'Harcourt,
mandasaprés la mort de Hietenantogsndinl, M.de
comde troupes qui étoit destinée Farignanslacoloune à couyrir la;
Baviere
den-:
la ressource des
morts de faim, sans.
pommes de terre et. du larcdyqui
faisoient.notre
preinkseedtenioknans for-.
moitletempéramhentad de plus
nous devions essuyer.
graudesfarigaeaqe
Le duc d'Harcourt,
mandasaprés la mort de Hietenantogsndinl, M.de
comde troupes qui étoit destinée Farignanslacoloune à couyrir la;
Baviere --- Page 24 ---
NÉNOIRES
contre les
entreprises du général autrichien
buillerqi la menaçoit :
Kevendemai
c'étoit au
1742. Nous étions à cette commencement
madenwdergselaframe
époque du second
Jene dirai
envoyoit dans
dans' la que peud demots de ce que fit le TEmpire.
campagne
premier
droit à
précédente. Au lieu de
Vieune, on s'arrêta à Lintz
marcher
un corps de
et on y laissa
Ségur. Le troupes sous les ordres du comte de
nouvel empereur
par sa gauche avec toute
Charles VII marcha
Tarmée combinée
troupes et des
de ses
François ses
parer de Prague et s'y faire strvilisires,potr s'emhême. On
couronner roi de Boplace; le syréunit aux Saxons : on escalada cette
comte de Saxe s'y
Prusse avoit pris les devans distingua. Le roi de
toute la Silésic; mais dès
et s'étoit emparé de
rent revenus del leur
que les Autrichiens furent sur Lintz, firent première frayeur, ils marchéune capitulation
signer au comte de Ségur
à retourner
quilobligeoit, lui et ses
en Frmce et à ne
troupes,
contre la reine de Hongrie:
pas servir d'im an
Le maréchal de
pour prendre le Broglie fut envoyé à Prague
tarda pas à entrer commandement de Tarmée; il ne:
Prusse. Celti-ci en discussion avec le roi de
fit sa paix particulière
gagné deux batailles; il le fit savoir
aprés avoir
en se comparant à une courtisane aux François,
sontstivies de retours
dont les favenrs
cuisns.Lemarechale de BroN
:
,
contre la reine de Hongrie:
pas servir d'im an
Le maréchal de
pour prendre le Broglie fut envoyé à Prague
tarda pas à entrer commandement de Tarmée; il ne:
Prusse. Celti-ci en discussion avec le roi de
fit sa paix particulière
gagné deux batailles; il le fit savoir
aprés avoir
en se comparant à une courtisane aux François,
sontstivies de retours
dont les favenrs
cuisns.Lemarechale de BroN
: --- Page 25 ---
DE ROCHAMSEAU,
de gliese la trouva attaqué par toutes les forces
reine de Hongrie; il leva
réunies
quartiers; donna le combat de promptement ses
retraite pour se retirer
Salez, fit une belle
de Belle-Isle
soLS Prague. Le maréchal
s'étoit
vintly rejoindre; et cette
plainte de ne pas avoir son
armée, qui
se trouva en avoir
de
général à sa téte;
cordérent
trop deux parce qu'ils ne s'acpas.
Cest dans ces circonstances
en Bavière avec T'armée du
que nous arrivâmes a
duc
longea avec soninfanterie
Harcourt; ils'algaiche du Danube
et ses dcragons par. la rive
confluent de FIser jusqu'a Dekendorf, vis-à-vis le
dans le Danube. Le
Toring étoit avec les Bavarois
maréchal
ce fleuve, derrière
sur la rive droite de
TIser; à
0 autrichien Kevenhuller,
Platling. Le général
après avoir pris
s'avançasnrl la mémerive,iq
Passaw;
varois; il jeta un
quelques lieues des Ba
le chateau
port sur lei Danube,
de
vis-à-vis le
d'Harcourt à Winzen, ce: qui engagea le duc
taich, ou il établit prolonger son armée jusqu'à Nideraldans
son camp
ce. pays de montagnes, endifférentes portions
put le permettre. Le maréchal suivant que lei terrain
dHarcourt, s'étant
Toering et le duc
concertés,
un camp de troupes
résolurent d'enlever
lierequel'conemi. légéres-et dinfanterie irréguavoit posté suri la rive gauche en
cessivement par
FPEES
détachement pour remplir cet ob-
lit prolonger son armée jusqu'à Nideraldans
son camp
ce. pays de montagnes, endifférentes portions
put le permettre. Le maréchal suivant que lei terrain
dHarcourt, s'étant
Toering et le duc
concertés,
un camp de troupes
résolurent d'enlever
lierequel'conemi. légéres-et dinfanterie irréguavoit posté suri la rive gauche en
cessivement par
FPEES
détachement pour remplir cet ob- --- Page 26 ---
MÉMOIRES
jetle 281 mai;et comme il n'y avoit
marquant, ce combat n'eut
aucun endroit
dans Tarmée françoise,
jamais dautre nom
fus point
que Taffaire du 28. Je ne
fendu commandé, et mon colonel m'avoit dédy aller comme
tenir à voir mon camarade volontaire; mais je ne pus
amouvement, je le suivis; M. d'Archiscse de
mettre en
aperçut et au retour me mit Saint-Simon m'y
* que ma jeunesse
aux arrêts. Voici ce
confusion. Le put déméler au milien de cette
lérité dés
camp de Tennemi se replia avec c6
qu'il vit nos troupes
manichalTeriog.
approcher; M. de
le poursuivit à la ardentcomme' tête des
un montsquetaire,
comme il ne tint pas ferme dans dragons buvarois, et
fanterie croate auroit
un défilé ou TinTardeur du maréchal pu arrêter toute notre armée,
redoubla
arriyé dans une pelite
jusqu'a ce qu'il fut
partit tout à coup le feu plaine de entourée dei bois, doi
vif, qui futsouteni. dabord niousqueterie le plus
dragons bavarois et la avec intrépidité par les
quif finit par les mettre par cavalerie françoise, , mais
se
en déroute et les
replier sur différens échelons
obligea de
qui étoient encore dans ledéfilé. de nos. troupès
Noailles, depuis maréchal
Jevis le conite de
avec beaucoup de
de Mouchy, soutenir
traite avec. les
courage et de sang-froid la regrenadiers. M. de
par une patrouille de hussards Lislebonne fut pris
ordre du duc
en allant porter un
dHarcourt, son oncle, au détache-
et les
replier sur différens échelons
obligea de
qui étoient encore dans ledéfilé. de nos. troupès
Noailles, depuis maréchal
Jevis le conite de
avec beaucoup de
de Mouchy, soutenir
traite avec. les
courage et de sang-froid la regrenadiers. M. de
par une patrouille de hussards Lislebonne fut pris
ordre du duc
en allant porter un
dHarcourt, son oncle, au détache- --- Page 27 ---
DE ROCHANBEAU,
ment de M. de Crillon. On perdit quelques cend'hommes dans cêtte échauffourée, et Ton
tames
mécontent des générax et dé
revint au camp fort
son camp d'obleutts dispositions. L'ennemi reprit
dans la
servation,et nous désoloit tous lès jours
avec nos grani'gardes et nos fourpetite guerre
rageurs.
affaire
le comte de Saxe
Ce fut après cette
que
le cominiandement
arriva de Bohème pour prendre d'Harcourt n'avoit eu
de notre armée, qué le duc
du tout notre
quef par intérim : il n'approuva point
ce
position à Nideraltaich. Je me souviens que qui.
le choqua le plus fat le défilé que nous avions ders
avec Dekendorf
rière nous pour communiquer
oh étoient tous nos magasins; nous ne pouvions la
rendre
par un chemin serré entre
nous y
que Danube; les ennemis établis dans
montagne etle incommodotent par leur feu nos
les iles de ce fleuve
trèsconvois et rendoient cette communication
dangereuse. 1 fit ouvrir des routes dans la monta- 7
et partit à Tentrée de la nuit sur quatre cogne,
retirer Tarmée sur les hauteurs de DeIonnes pour
tresmihitanre. La cà4
kendorf, o i prit un camp
le long du
valerie marchoit dans la petite plame
Danube; mais au moyen de la noit et d'un grand
trouillard,elley défila sans être incommodée du
feu de Tennemi. A peme étions-nous arrivés au
qu'on entendit un feu soutenu dans une
camp,
et partit à Tentrée de la nuit sur quatre cogne,
retirer Tarmée sur les hauteurs de DeIonnes pour
tresmihitanre. La cà4
kendorf, o i prit un camp
le long du
valerie marchoit dans la petite plame
Danube; mais au moyen de la noit et d'un grand
trouillard,elley défila sans être incommodée du
feu de Tennemi. A peme étions-nous arrivés au
qu'on entendit un feu soutenu dans une
camp, --- Page 28 ---
8.
MÉNOIRES
redoute sur: le bord de ce
blié de replier le
Heuve, donton: avoit ou1 la téte des
poste. Le. comte de Saxe se mit à
piquets de Tarmée,
ger. La cavalerie marchoit pour aller le dégaentre deux colonnes
dans une petite plaine
geoit le Danube, et dinfanterie, Tautre
dont Tune lonNous ne tardâmes
bordoit la
pas à joindre
montagne.
toleteravec une nuée de
Tennemi, ctapis
une petite troupe de
hussards; ; je commandois
çûmes le lieutenant ces escarmouchietrs Nousredoute, n'ayant plus dAgenois, qui sortit de sa redéfendres il demanda que de ses batonnettes pour se 4
Saxe, et la
la poudre au comte de
sa
permission de faire
troupe, ce qui lui fut
Tarare-arde avec
nâmes au camp dans le même accordé; nous le ramede Saxe obtint la croix de
ordre, et le comte
Les nouvelles
Saint-Louis pour lui.
devenoient de qui nous arriverent, de
réchaux
jour en jour plus
Bobéme
de Broglic et de
ficheuses. les madeux enfermés dans Belle-Isle étoient tous les
gée par lc
Peague,avec Tarmée assiéBroglie fut grand-duc; la défense du maréchal
superbe, il fit deux
de
et honorabless mais la
sorties vigoureuses
ces deux
division étoit grande
généraux, et il devenoit
entre
courir. Le ministre de France instant de les seBohéme Tarmée du maréchal fit marcher vers la
dés Torigine de cette
de Maillebois, qui,
la Westphalie,
guerre, avoit été placée dans
pour assurer. la neutralité de l'élec-
-
grand-duc; la défense du maréchal
superbe, il fit deux
de
et honorabless mais la
sorties vigoureuses
ces deux
division étoit grande
généraux, et il devenoit
entre
courir. Le ministre de France instant de les seBohéme Tarmée du maréchal fit marcher vers la
dés Torigine de cette
de Maillebois, qui,
la Westphalie,
guerre, avoit été placée dans
pour assurer. la neutralité de l'élec-
- --- Page 29 ---
DE ROCHAMBEAU,
torat d'Hanovre. On Tappela T'armée des
rins, par allusion à la commission dont elle Mathuchargée d'aller délivrer les armées
étoit
fermées dans Prague.
françoises enLe comte de Saxe eut Tordre de sy réunir.Nous
partimes du camp de Dekendorf, à Tentrée de la
nuit. Nous passâmes le Danube sur deux
Notre
ponts.
arrière-garde tira, au point du jour,
ques volées de canon sur
quelTavant-garde de T'armée
ennemie, qui cherchoit à la suivre. Après avoir
replié nos ponts, nous fimes deux marches sur la
rive droite, nous repassâmes le Danube à Donaustauf; en jouant ainsi les olivettes sur ce fleuve.
L'ennemi cessa de nous suivre, et marcha
droite pour se réunir à l'armée de
par sa
il vit notre marche bien
Bohème, quand
réunir à Tarmée de
décidée pour aller nous
Maillebois, dans les environs
d'Egra.
Les François faisoient alors des chansons
ou contre les. généraux. On en fit
pour
après notre jonction,
une aussitôt
qui ne fut pas de bonne augure pour les opérations qui suivirent. On faisoit
parler la reine de Hongrie en ces beaux termes
:
Les François marchent à Vienne,
Hongrois, sauvez-vous!
Bah, leur répondit la reine,
C'est Mail'ebois qui les mène;
Etje m'en. --- Page 30 ---
IO
Le maréchal MENOTRES
arniée dans la gorge de de Maillebois se porta avec son
montaghe; et lâcher de Vesithansen, pour passer la
Bohéme; le comte de pendtrerdams Saxe
la pline de
danslay vallée de
fut destiné à percer
de Plann; au débouché Bramerhoff
de
Flotiupundaeiatn
qiatre cents
cetté gorge, et y fit
échangé contre prisonniers, M. de Le comte d'Olonne fut
étions tous séparés de Listebomne. Nous nous
avoit beucomp.
Tacadlémie dé Paris, ou ily
tms pour servira didtrangers Tarmée un an auparavant, les
poar Servir à T'armée
dé France, et les autres
gure ces deux camarades dAnriche, et le sort voulut.
tout de suite
d'académie fussent pris,et
Larniée de échangés lun contre Tautte.
grand-dac au Manillebois débonché ayant trouvé Tarmée du
pénétrers elle revint hous des montagnes, he put
ets'étendre dans la
rejoindre à Dramethoff,
entre Plamn ét Neudort plaine, au pied des montagnes,
cotoya de près, et nous Larniée du graudi-duc la
présence, séparés sculement réstâmes gainze jouts en
dans cette position les vivres par quelques marais;
Tarmée françoise
nous manquérent,
et s'en dsclommagea futréduite à detmi-ration de pain,
fit des recopnoissanices par une forte maraude. On
lerie se conduisit bien, respectives, où notre cavafirentpas autant dhonner. mais oi les dragons ne se
valerie n'avoient reçu Lescompogster de caqu'une auigmentation de
séparés sculement réstâmes gainze jouts en
dans cette position les vivres par quelques marais;
Tarmée françoise
nous manquérent,
et s'en dsclommagea futréduite à detmi-ration de pain,
fit des recopnoissanices par une forte maraude. On
lerie se conduisit bien, respectives, où notre cavafirentpas autant dhonner. mais oi les dragons ne se
valerie n'avoient reçu Lescompogster de caqu'une auigmentation de --- Page 31 ---
II
DE ROCHANBEAU.
les dragons une de vingt-cing,
cinq homnes,er
-
entrainoient les vieux
de manière que les recrues
soldats. L'imposibiliue de tirer ses convois d'Egra,
obligealarmée de s'en rapprocher. On fit partir ensnite le comte de Saxe pour aller pénétrer dans la
de Cadan, dont il s'empara, etlon se mit en
gorge
le suivre, avec le reste de Tarmouvement pour difficulté des subsistances et
mée; mais la même
encore à redes convoisdans ces montagnes, força
de
noncer à cette entreprise. On forma le projet
retourner en Bavière, et de tàcher de pénétrer en
Passaw. Ce projet ne fut.
Antriche, en réprenant
désirempli; mais 41 opéra la diversion qu'on
pas
après avoir levé le siége de
roit: Le grandi-duc, au-devant de nous, fut obligé
Prague; pour venir
de marcheripar sa gauche pour aller défendrel'Au
triche:il ne laissa qu'une petite armée aux ordres
du prince Lobkovits, en Bohème, pour bloquer
le maréchal de Broglie en profita pour
Prague,l venir
la Saxe à Ratisbonne, prendre en
par
de notre arméc; il
E
sonne le commandement
se
maréchal de Belle: -Isle dans Prague, qui
sa le
mois resserré. Toutes ces martrouvoit beaucoup
avoient réduit les armées
ches et contre-marches
;la désertion s'en
françoises dans un état déplorable;
d'officiers quittérent Tarmée sans.
mèla, beaucoup retourner en France; 'on envoya
passe-ports, pour
Je me troul'ordre à Strasbourg, de les' yarreter.
ement
se
maréchal de Belle: -Isle dans Prague, qui
sa le
mois resserré. Toutes ces martrouvoit beaucoup
avoient réduit les armées
ches et contre-marches
;la désertion s'en
françoises dans un état déplorable;
d'officiers quittérent Tarmée sans.
mèla, beaucoup retourner en France; 'on envoya
passe-ports, pour
Je me troul'ordre à Strasbourg, de les' yarreter. --- Page 32 ---
vai, à la fin de cette MÉNOIRES
unique cornette du campagne pénible, le seul et
j'étois tous les jours de régiment, et par coniséquent
Broglie laissa le maréchal service, M. le maréchal de
de
Tarmée, Ratisbomne, et partit à la fin Maillebois de'
malade à
pour aller faire lever
novembre avec
siége de Braunaw, qu'ils
aux Autrichiens le
opération nous Aitrester avoient entrepris. Cette
vier,. que l'on répartit sous slaotlejuspras 6jandlinerquis ne furent Tarmée dans des
Ce futa cette
pas tranquilles.
quartiers
Isle fit cette fameuse époque que le maréchal de Bellehistoriens flatteurs Ont retraite de Prague, que des
sultat fut de ramener trop cdlébrée,
le
mée, qui avoit
en France les restes puisque ré
élé portée
d'une arhommes, réduite à
jusqu'à cinquante mille
sur le Rhin. Chevert, vingt-deux mille, son retour
lade de Prague, fut laissé quisétoit distingué à Tesca-.
garnison de convalescns. dans cette ville avec une
avec tantde fermeté,
Ceig général sy condaisit
capitulation la plus honorable. quil obtint, avec sa sortie,la
A peine étions-nous
entre Ingolstade et
arrivés dans nos quartiers,
d'une fievre maligne, Ratisbonne, queje fus attaqué
de quartier arriva L'ordre pour un
tois le plus malade au régiment au moment changemient où
charrette oi
: on m'établit à sa suite,
j'égrand; le Danube je restai huit jours par le froid sur le une
étoit gelé au point de plus
porter
a
obtint, avec sa sortie,la
A peine étions-nous
entre Ingolstade et
arrivés dans nos quartiers,
d'une fievre maligne, Ratisbonne, queje fus attaqué
de quartier arriva L'ordre pour un
tois le plus malade au régiment au moment changemient où
charrette oi
: on m'établit à sa suite,
j'égrand; le Danube je restai huit jours par le froid sur le une
étoit gelé au point de plus
porter
a --- Page 33 ---
DE ROCHAMBE E. AU.
des voitures; mais la nature, la jeunesse, la force
de la fiévre, me faisoient suer dans mon lit de douleur, comme si j'avois été dans le poële le
chaud. Enfin M. de Saint-Simon
plus
tisbonne
m'envoya à Rarejoindre le lientenant-colonel du régiment,quiy étoit resté malade. Je trouvai une
au pont, qui arrêta ma voiture, et. qui avoit la garde défense du magistrat de ne laisser entrer dans la ville
aucun malade de T'armée françoise, où l'on disoit
quily y avoit une épidémie mortelle.
été en halte à cette
Après avoir
porte pendant six heures, j'obtins, par le crédit de M. de Lanoue, ministre de
France, la permission d'y entrer. La
de
la maladie, des
longueur
rechutes, une longue convalescence
m'y retinrentj jusqu'au I.eF de mai. On fit,
ce temps-la, le ravitaillement
pendant
chaila fut
d'Egra, dont M. Duchargé. Enfin, le I.Cr der mai, je
le régiment qui étoit en marche
rejoignis
dans des
pour se porter
cantonnemens entre le Danube et IIser.
Cette campagne de 1743 commença, de la
des Autrichiens, de la manière la plus
part
la plus incendiaire. L'armée
offensive et
tonnée
françoise étoit canpartie surl les deux rives du Danube,
surla rive gauche de lIser. Elle
partie
de ce dernier, Dingelfinget
occupoit, en avant
Landaw, avec des
sur cette rivière. M. le prince Conti tenoit ponts
aussi
Dekendorf, au sommet de cet angle, et
de Tembouchure de l'Iser dans le Danube. vis-à-vis
plus incendiaire. L'armée
offensive et
tonnée
françoise étoit canpartie surl les deux rives du Danube,
surla rive gauche de lIser. Elle
partie
de ce dernier, Dingelfinget
occupoit, en avant
Landaw, avec des
sur cette rivière. M. le prince Conti tenoit ponts
aussi
Dekendorf, au sommet de cet angle, et
de Tembouchure de l'Iser dans le Danube. vis-à-vis --- Page 34 ---
Le prince Charles NENOIRES
trois postes
de Lorraine ft attaqien ces
fortilications aucorsinementge inutiles, il fit ety pour: rendre leurs
boulets rouges dans. ces. trois jeten desbombes et des.
sons, toutes de bois, furent villes, dont lesin mai
cendres. Nous: fames
bientôt rédaites en
ces! incendies, qui faisoient éclairés chaque nnit par
et bien propre à efliayer uni spectacle horrible,
troupes étant retirées.
toute la Baviere. Nos
formérent plusieurs en-deça de ces, fleuves,
leurs ponts; le
camps pour garderles têtes de y
tinéà celui de régiment de Saint-Simon fiit désPlatlings sous les ordres de:l M. de
Glemont-Galleande : M. le-maréchalide
Broglic
derrière
Seseeneeeal
nous, sur la. rive Straubing,a droite:
six lieues
comte deSaxe gardoit, avec
du Danube: : le
chie, il; évoitieampe
sa: réservesl
dans, le
derrière le
Florivega
Danube à
Régen, quisejette
cette position, le Ratisboune, il couvroit, dans
Charles, tint tous palatinat de Baviere. Le
nos,
prince,
par de. Sases-ataques camps.s@pancs fort alertes,
nuits par ses troupes quil faisoit faire toutes les,
commencement
irrégulières. Enfin, vers le:
mes. ordinairesà à dejuinuapresatoire tous nos
donné lesalatle passage du Danube, camps: sur IIser,
de Pogen, entre
en jetant son pont: visri-vis. ilforga
régiment de Lamarck, Straubing eti Deckendorfs et le
obligé de se) replier. Comme qui: gardoit Ge poste, futi
premien cornétte, je:
oupes quil faisoit faire toutes les,
commencement
irrégulières. Enfin, vers le:
mes. ordinairesà à dejuinuapresatoire tous nos
donné lesalatle passage du Danube, camps: sur IIser,
de Pogen, entre
en jetant son pont: visri-vis. ilforga
régiment de Lamarck, Straubing eti Deckendorfs et le
obligé de se) replier. Comme qui: gardoit Ge poste, futi
premien cornétte, je: --- Page 35 ---
DE ROCHANREAU.
marchai toute cette. campagne aux carabiniers du
régiment, qui faisoient le service avec les grenadiers; j'étois alors à fusiller avec. les croates, qui at:
mollement le pont. de Platling- M, de
toquoient
vint nous. donner Tordre de
Clenmone-Gallessde retirer et de
le pont, cc qui fut. cxénous.
rompre Il demanda à M. de
cuté sans; beaucoup de pente,
iservir daideSaint-Simon unj jeune. oflicier pourluis
de-camp,les sien; étant parti malade danssa voiture.
M. de Saint-Simon m'y envoya,. et je fus bien à
portée de voir tous les: partis: que prit ce général
dans une journée des plus critiques, ou,, comme
Tancien, il falloitquil réunit tous. ces camps, dismarcher ensuite à Stranbing,, et: sly
persés pour
Broglic, sans être enréunir àl M. le. maréchal.de.
tamé par Tarmée du prince Charles," qui,, ayant
passé toute: la nuit le Danube entre: nous,et, Straubing, pouvoit nous. en séparer totalement.
Nous commençâmes notre marche par notre
droite, pour nous, réunir au camp, de Dekendorf:
Le premier dessein de M. de! Clermont étoitd'aller
sur-le-champ.à. Pogen, attaquer. la. tête de l'armée
ennemie, que Ton,ne. supposoit pas, encore passée
touteentière. Cepartiétoitle plus vigoureux; mais
un.conseil tenu en plein. champ entre les généraux
détermina pour un partiy plus prudent, etdontlexécution n'étoit pas moins dificile:cefutde: marcher,
par notre gauche, de nous; réunir aux,autres camps
étoitd'aller
sur-le-champ.à. Pogen, attaquer. la. tête de l'armée
ennemie, que Ton,ne. supposoit pas, encore passée
touteentière. Cepartiétoitle plus vigoureux; mais
un.conseil tenu en plein. champ entre les généraux
détermina pour un partiy plus prudent, etdontlexécution n'étoit pas moins dificile:cefutde: marcher,
par notre gauche, de nous; réunir aux,autres camps --- Page 36 ---
MI ÉNOIRES
qui étoient sur IIser, dè
rivière qui se jette à
gagner les sources d'une
l'eunemi et
Straubing, de la mettre
nous,et de nous en
entre
sant une plaine immense
protéger en traverStraubing. Nous découvrines jusqu'a notre arrivée à
taine descadrons
bientôt une
dont
autour d'un
vingOn apercevoit les
corps d'infmnterie,
jugea sainement
drapeaux. M. de
que
Clermont
voit pas encore être Tinfanterie ennemie ne pouc'étoit le
siavancde, il
régiment de la Couronne conjectura que
enveloppé par les hussards
qui auroit été
marche qu'il faisoit
antrichiens, dans la
pour se retirer
occupoit sur. IIser. Il donnà
d'un poste qu'il
nois de continner la sienne ordrean comte de Duà la tête de la
dinfanterie, et de la tenir
colonne
en bataille, s'il étoit
prête à faire uun à droite
avec la
obligé de se replier sur
cavalerie; il marcha
elle
troupe pour
avec cette dernière
dégager ce
cuté de tres-bonne
régiment, ce qui fut exéà notre
grâce : les hussards
approche; nous reçûmes le s'ouvrirent
Couronne, qui prit son
régiment de la
fanterie, et nous
rang dans la colonne d'ingagner les gués de continnâmes la
notre retraite pour
avec les mêmes
rivière, en escarmouichant
qu'ils pouvoient hussards, qui faisoient tout ce
Dés
pour ralentir notre
que nous etmes
mouverent.
qui étoit sur ce
passé ce défilé et le village
tre
ruisseau, nous
droite, en le descendant marchâmes par: novers Straubing. Nous
- -
terie, et nous
rang dans la colonne d'ingagner les gués de continnâmes la
notre retraite pour
avec les mêmes
rivière, en escarmouichant
qu'ils pouvoient hussards, qui faisoient tout ce
Dés
pour ralentir notre
que nous etmes
mouverent.
qui étoit sur ce
passé ce défilé et le village
tre
ruisseau, nous
droite, en le descendant marchâmes par: novers Straubing. Nous
- - --- Page 37 ---
DE ROCHANEEAU.
découvrimes les restes denos équipages qui avoient
été pillés, et je fus réduit, pour ma part, à la chemise que j'avois sur le corps. M. de Clermont
fit une halte de quatre heures,
y
infanterie,
étoit -
pour reposer son
qui
sur pied depuis minuit, etlaisser faire aux officiers la recherche de leurs effets,
qui fut assez inutile. Il faisoit observer la force de
Tennemi, cqui étoit de l'autre côté du ruisseau; et,
quand il vit qu'elle grossissoit, il continua sa marche jusqu'à Straubing, oi il trouva un des enfans -
de M. le maréchal de Broglie, quilui dit
général se retiroit à
que ce
Ratisbonne, et lui ordonnoit
de le' suivre promptement. On avoit laissé à Straubing une garnison composée de piquets et de convalescens. Après une seconde halte de quatre heures, M. le marquis de Clermont continua
che, et arriva enfin à Ratisbonne,
sa maraprés avoir fait
une retraite de quatorze lienes dans la meilleure
contenance. Le vient maréchal le recut fort
et lni demanda pourquoi iln'avoit
mal,
dres, en marchant
pas suivi ses ortoujours jusqu'à ce quil Teht
rejoint. M. de Clermont lui répondit
(.
froidement:
J'aurois pu, en les exécutant, vous amener lacavalerie et lcs drapeaux de
Tinfanterie, au lieu
faisant des haltes
qu'en
nécessaires et sagement assises,
je vous raméne toutes les troupés qui étoient à mes
ordres, sans autre perte que celle de quelques
).
équipages
I.
--- Page 38 ---
MÉMOIRES
Dès que nous famesarrivés à
voir mon ami M. de Lanoue, Ratisbonne, j'allai
cing louis, avec lesquelsj qui me donna vingt:
val del bat, une
jachetai un mauvais chepeau d'ours et quatre
jugeai que cet équipage me suffiroit chenitessje
les grenadiers et carabiniers
au métier que
re, étant tous les
de Tarmée alloient faiCe service
jours chargés de
nous ramenoit les
Tarrière-garde.
vers la fin du jour; le
derniers au camp,
rale étoit battue,
lendemain, dès que la généallions
nous remontions à
et
nous remettre en bataille à la cheval, tête
nous
pour protéger le déblai de T'armée.
du camp,
Ily eut trois arrière-gardes
marche depuis Ratisbonne remarquables dans la
première fat commandéep jusqu'a Ingolstadt. La
lemancchal de Broglie parM.leprinee deConti;
conduite,
resta avec lui; elle fut bien
T'ennemi ne fit que nous tâter, et
passa en escarmonches. Je marchois
tout se"
tite troupe sur le flanc de la
avec une pequi me précédoient
colonne; toutes celles
de
passerent à côté d'un pcloton
gremadiers qui venoient d'être sabrés
parti de hussards, pour s'être
par un
dela colonnesl les cris de
un peu tropéloignés
chérent,
ces malheureux me touTarricre-gardé marchoit
et faisoit des haltes
très-lentement,
mon capitaine, M. de tres-fiéquentess je courus à
croyois avoir le
Réalle, et lui dis que je
Jallai à
temps de les sauver; il
un village fort près, oû je fis Tapprouva.
prendre, à
parti de hussards, pour s'être
par un
dela colonnesl les cris de
un peu tropéloignés
chérent,
ces malheureux me touTarricre-gardé marchoit
et faisoit des haltes
très-lentement,
mon capitaine, M. de tres-fiéquentess je courus à
croyois avoir le
Réalle, et lui dis que je
Jallai à
temps de les sauver; il
un village fort près, oû je fis Tapprouva.
prendre, à --- Page 39 ---
DE ROCHAMBEAU.
une vinglaine de paysans, de
gots, dont nous fimes des grands brins de faces bons paysans de
brancards; ; je chargeai
pris Toflicier,
porter. sixd de cesl blessés,y comjer revins le qui de donnoient encore signe de vie;
voi,
long la colonne avec mon petit conjusqu'à leur compagnie de
je les remis. M. de Réalle
grenadiers, à qui
Jetne homme,
me dit à mon retour;
I eni rendit
vous avez fait-là une bonne action.
à mes camaradles. compte; , en arrivant, 2 à mon colonel et
Je demande
lecteur pounlavoir
lindulgenced de mon
dote qui m'est
entretenu d'une si petite anecdans les actions personnelles de
mais elle prouve que
dre de vue les sentimens guerre on ne doit jamais perLa
de Thumanité,
adenssncamieregander fut
et encore mieux défendue: vivement attaquée,
par M. de
ellé étoit commandée
Lutteaux, fort bon
nous; partions du camp de
lieutenant-généinl: :
se mit en bataille sur un Neustadt, terrain Tarricre-garde
un entonnoir; nous avions
qui resembloit à
qui se rétrécissoit
derrière nous une plaine
de
jusqu'à un village quiavoit servi
quartier-général, et qu'il falloit trayerser
rejoindre la marche de Tarmée. Toute
pour
étoit bordée de bois; dont les
cette plaine
aboutir fort près du
extrémités venoient
sards ennemis
village en question. Les buspistoletérent débouchèrent sur notre front, et
pes;les deux vigourensementa tavec nos petites troulignes se retirèrent en échiquier jus-
'à un village quiavoit servi
quartier-général, et qu'il falloit trayerser
rejoindre la marche de Tarmée. Toute
pour
étoit bordée de bois; dont les
cette plaine
aboutir fort près du
extrémités venoient
sards ennemis
village en question. Les buspistoletérent débouchèrent sur notre front, et
pes;les deux vigourensementa tavec nos petites troulignes se retirèrent en échiquier jus- --- Page 40 ---
ÉMOTRES
qu'alinstant où le terrain
puis
força d'en faire
huit,puis on défila dans' le
quatre,
mouvemens se firent avec
village. Tous ces
au moment où Ton
beancomp d'ordre. Mais
commençoit cette
noeuvre, un corps de pandoures
dernière mapourattaquer] le village. Ils
déboucha du bois
fiurieuse décharge de
farent accueillis par une
pagnies de grenadiers mousqueterie de douze comaux ordres de M. de postés derriére des palissades,
teauxy: avoit envoyés; Laravoye, que M. de Lutdans le plus grand
l'ennemi rentra dans le bois
le restede
silence, et nous laissa
cette journée.
tranquilles
T La troisième
beau
amriere-garde avoit un bien
terrain, et fut bien
plus
arriver ai r
mal conduite; c'étoit
Bavière camp près dingolstadt : M. le
pour
la' commandoit. 1 avoit
comte de
verser entre deux
une plainc à traà passer, surlequel gros villages, ensuite un ruissean
M. le maréchal
fait faire quatre ponts; il
de Broglic avoit
côté avec quatre
s'étoit posté de Tautre
brigades
pour protéger le;
d'infanterie et du canon,
sards ennemis passage de Tarriere-garde. Les husTerie
escarmotichèrent avec -notre Cavade-Fer, vigoureuisement, surtout des hussards Grisqui étoient tres-mordans. Notre
passoit cependant en trés-bon
retraite se
à coup Tinfanterie
ordre, lorsque tout
hongroise
des
villages, et fit, du clocher et des s'empara
deux
plus incommode sur les
maisons, lc feu le
troupes de cavalerie de
is passage de Tarriere-garde. Les husTerie
escarmotichèrent avec -notre Cavade-Fer, vigoureuisement, surtout des hussards Grisqui étoient tres-mordans. Notre
passoit cependant en trés-bon
retraite se
à coup Tinfanterie
ordre, lorsque tout
hongroise
des
villages, et fit, du clocher et des s'empara
deux
plus incommode sur les
maisons, lc feu le
troupes de cavalerie de --- Page 41 ---
DE ROCHAMBEAU.
notre droite et de notre gauche,
surle centre et
ce quiles resserra
fut réparé
produisit uni instant de désordre,q
par. le feu de la batterie de
qui
tirer le maréchal de
canon que fit
mi, et nous
Broglie; ce feu contint Tenne:
grande
permit de passer le ruisseau sans une
perte. M. le maréchal de
compliment à M. le comte de Broglie fit son
qu'il avoit oublié de faire
Bavière, sur ce
par; ses grenadiers.
occuper ces deux villages
Larmée, étant arrivée à Ingolstadt,
LJ
Danube, et continua sa retraite
y passa le
jusqu'à
sur la rive gauche
Donawert; on laissa dans
Granville,
Ingolstadt M. de
Ce fut la troisième lieuenan-généra), avec une garnison.
places de Bavière; garnison abandonnée dans les
savoir, Straubing,
partie de la Bohème, et
Egra, qui fait
par la rive gauche,
Ingolstadt. Notre marche,
inquiétée. Jy
ne fut que pénible, mais point
fus'témoin d'une rixe qui
vivement, et se termina
cominença
bon genre. Notre
par. une plaisanterie dun
Thopital
régiment escortoit ce jour-là
lambulant,M.le
commandoit ce convoi,n edlentierdbilanch.as
nes entre les charrettes, voyant de grandes lacurieux contre un homme courut en jurant et. fuvaise redlingotie,
qui avoit. une fort mauetlui crioit le
Thipital, je vous ferai bien fouetlevé: M. de
Cethominel lui
serrer vos voiturés,
Je suis oflicier, oi-AE
monsieur, et vous m'insultez. mal
escortoit ce jour-là
lambulant,M.le
commandoit ce convoi,n edlentierdbilanch.as
nes entre les charrettes, voyant de grandes lacurieux contre un homme courut en jurant et. fuvaise redlingotie,
qui avoit. une fort mauetlui crioit le
Thipital, je vous ferai bien fouetlevé: M. de
Cethominel lui
serrer vos voiturés,
Je suis oflicier, oi-AE
monsieur, et vous m'insultez. mal --- Page 42 ---
MÉNOTRES
à propos. Je vous demande
Lameth; mais
pardon, lui répliqua
je ne crois pas m'être
-trompé : le métier, monsieur,
beancoup
ici, vous et moi, nous
que nous faisons
Arrivé à
y conduira sans donte.
gliey fut joint Donawert, M. le maréchal de BroM. le comte de par un détichement aux ordres de
Noailles lui
Ségur, que M. le maréchal de
envoyoit. Après
cette ville, le maréchal de quelque séjour dans'
séparer son armée en cinq Broglie prit le parti de
divisions
TEmpire; et la
pour traverser
ramener sur le Rhin.
prises de convois, des hôpitatts
lly eut des
sortes de cruautés dont furent égorgés, et toutes
irrégulières de la reine de accusées les troupes
faire aucun détail, le
Hongrie. Je n'en peux
marché fort tranquille régiment olje servois ayant
avec la seconde
qu'aSpire, oà nous passames le
division jusNous y apprimes que le roi Rhin,
des
s'être déclaré auxiliaire de la dAngleterne, aprés
comme nous l'étions de
reine de Hongrie,
avoit marché à la tête de Tempereur Charles VII,
que le maréchal de
son armiée jusqu'an Mein;
ponr] leur défendre Nonilles, posté avec" la sienne
nemi
cette rivière, avoit
par des manceuvres habiles à la engagélen.
jusqu'à
remonter
pé dans Asdhalfabonurgr une
que ce dernier étoit camplaine tres-ressernée entre
tagnes du Spesservald et le Mein;
les monde Novilles, ayant fait
quele maréchal
construire dans une nuit
que le maréchal de
son armiée jusqu'an Mein;
ponr] leur défendre Nonilles, posté avec" la sienne
nemi
cette rivière, avoit
par des manceuvres habiles à la engagélen.
jusqu'à
remonter
pé dans Asdhalfabonurgr une
que ce dernier étoit camplaine tres-ressernée entre
tagnes du Spesservald et le Mein;
les monde Novilles, ayant fait
quele maréchal
construire dans une nuit --- Page 43 ---
DE ROCHAMBEAU.
deux ponts au-dessous deson aile gauche
de Seligenstadt, avoit fait
vis-à-vis'
passer cette rivière à la
plusgrande partiedeson armée,etquill T'avoitpostée
derrière un ravin profond, qui traverse de' la montagne au Mein; que dans cette position le maréchal
coupoit la retraite au roi d'
et
munication
Angleterre, sa comavec. Hanau, où étoient tous ses
sins; que Tartillerie françoise bien
magaM. de Vallière sur le bord du Mein, postée par
exécution terrible
faisoit une
sur Tarmée ennemie;
des circonstances aussi
que dans
favorables T'ambition da
comte de Grammont,
nel des
licutenant-général et colovin; Gardes-Françoises, 2 le porta à passer ce raque ce faux mouvement masqua le feu de
tre
noartillerie, quily eut plusieurs charges
ves et désordonnées, après
successide
lesquelles on fat obligé
repasser d'abord le ravin, ensuite lel Mein;
Tennerni, trop heureux de s'être ouvert la
que
sa retraite, avoit continué sa marche
porte de
avoit envoyé le lendemain
sur Hanan, et
chal de Noailles,
un trompette au marépour recommander les blessés
qu'ilavoit laisséssur le champde bataille. Le comte
de Grammont ne fat point puni commei il le méritoit, parce qu'il étoit neveu du maréchal de Noail:
les; mais se trouvant le lendemain à la
de
son oncle, i disputoit et s'échauffoit porte
contre un nombre d'ofliciers
beaucoup
qui Tentouroient.
Souvré, grand diseur de bons mots, perça la foule
trompette au marépour recommander les blessés
qu'ilavoit laisséssur le champde bataille. Le comte
de Grammont ne fat point puni commei il le méritoit, parce qu'il étoit neveu du maréchal de Noail:
les; mais se trouvant le lendemain à la
de
son oncle, i disputoit et s'échauffoit porte
contre un nombre d'ofliciers
beaucoup
qui Tentouroient.
Souvré, grand diseur de bons mots, perça la foule --- Page 44 ---
et lui dit:
NiNoIngs
Quaveswous
criez comme un avougle donc, mon général? vous.
Cetc.allasion fit
quia perda son bâton;
La retraite de tircaet mit fin à la disputes
la nouyelle
Tarruée françoise de la
Charles
que l'on. eut de la marche du Baviére,
le
pour attaquer. la
prince
maréchal de
Haute-Alace,er
àsa défense. Les Noaillesàs se retirer pour vengagérent contribuen
rent
plaintes amères de
rappeler et exiler le vieux
Tampereur figlie, Le comte de,Saxe fut
omaréchal de Bros
de commander Tarméede chargé, par intérim,
de la Haute-Akace Le Bavière pour la défense
verneur de cette
maréchal de Coigny, gouprendre le cooumandomeat, province,ne tarda pas à venir en
retourna à Tarmée, de
etle comte de Saxe
réserve àscommander. Nouilles, quilui donna nne
51 J'obtins, 2 à cette époque, :
xalericauz même
une compagniedo Cas
fimest placés en rigimentisapdotse comette. Nous
Nous. montions canionncmentaurl la
lel bord du Rhin:
sur, le bord de ce garde à pied dans des redoites
dres des paysans armés fleuve; de nous y avions à nos orbre de quatre mille,
chtibus-tilmeann nomde zèle. Le maréehal quiyservienta avec
conclare
de
beaucoup
une neutralité Coiguy commença par
promirent de ne laisser armceayee les Suisses, qui
gere stir leur
passer. aucune troupe étrange cette convention, temicaireset, pour garantir davantaon plaça à Hluningtic M. de
--- Page 45 ---
DE ROCHAMBEAU.
Laravoye, avec' un corps de troupes prét à aller
au-devant de
si leurs
lennemi,s sur le territoire helvétien,
troupes ne s'opposoient pas
ment aux entreprises des Autrichiens. vigoureusena Tordre aussi de
On lui donjeter un pont vis-à-vis d'Huningue, dont on fortifia la tête par un
à
ronne. Le prince
ouvrage coudifférens
Charles, de son côté, forma
camps séparés sur la rive qu'il occupoit;
pourdonnerde la jalousie en divers
il
un pont qui aboutissoit à Tile de points, jeta
ne put passer le petit bras qui la Regniac; mais il
par les retranchemens
sépare del'Alsace,
et les
le maréchal de
oppositions qu'y mit
avoit
Coigny. Pendant que ce dernier
une partie de ses forces occupée à
passage,le prince Charles fit une
garder ce
autre tentative à
Chalempé, vis-à-vis dun corps de
dres deM. de Balincourt.
troupes aux orla nuit de fausses
L'ennemi avoit fait tonte
attaques tout le long dui
la
brigade de
Rhin;1
tal
Champagne, et le régiment de LHôpidragons, après avoir
jour dans leur
bivaqué, 9 rentroient aut
mi-lieue
camp; à peine étoient -ils à une dede ce Hleuve, qu'ils furent avertis' de
vée du convoi considérable
l'arrinoit de mettreà
de barques qui vemis; M.
terre un corps de grenadiers ennedes, deBerenger, qui commandoit nos
retourna sur le Rhin,
brigacoups de baionnettes,
chargea Tennemi à
avant-garde
prit ou noya toute cette
ennemie, avant que le camp de M. de
mi-lieue
camp; à peine étoient -ils à une dede ce Hleuve, qu'ils furent avertis' de
vée du convoi considérable
l'arrinoit de mettreà
de barques qui vemis; M.
terre un corps de grenadiers ennedes, deBerenger, qui commandoit nos
retourna sur le Rhin,
brigacoups de baionnettes,
chargea Tennemi à
avant-garde
prit ou noya toute cette
ennemie, avant que le camp de M. de --- Page 46 ---
Balincourt edt MÉNOIRES
Telle fut la fin eu le temps de venir
celle dune
des entreprises de le-renfoncer, Tennemi
francoises campagne laboriensey où les
et
foyers. On reprirent nous
vigueur stir leurs troupes
compagnie
répartit en quartiers d'hiver. propres Ma
Pendant cetedsidOietes que le maréchial en Franche-Come
Haute-Alacec contre
de Coigny défendoitla
prenant, le maréchal un ennemi ardent
de la
de Noailles
ctentreTarmée Queitsch, dont Landau défenditlesi lignes
du roi
faisitportie, contre
la préférence dAngleeme à ces
Cepui lui fit donner
celles de
lignes, qu'il fit contruire,
la guerre Wbsmbneg, de
qui étoient faites sur
dernières, elles lastrcoesion, c'est que, I. comme depuis
de
n'obligeoient pas d'isoler
ces
étoient Tabondomner à ses propres
Landau et
moins masquées
forces; 2.0 quielles
découvroit plus aisément par des forêts, et
fensifs de
tous les mouvemens qu'ony
Tennemis 5."
of
que de trois écluses
qu'elles n'eurent besoin
arantagenses, au lieu pour procurer des inondations
masquées par la forêtde que celles de WiBsonbonrg
soutenir les eaux de la Beinwald, ne pouvoient
écluses.
Louttre qu'avec
vivement Néanmoins le maréchal de
quatorze
demander par le prince Charles, avoit Coigny, été pressé
des
bon
renfortsàs son
obligéde
citoyen, se. détermina collegues ce dernier,
gne, àse
vers la fin de la
rapprocher de lui jusqua
campaHaguenesu, et
de WiBsonbonrg
soutenir les eaux de la Beinwald, ne pouvoient
écluses.
Louttre qu'avec
vivement Néanmoins le maréchal de
quatorze
demander par le prince Charles, avoit Coigny, été pressé
des
bon
renfortsàs son
obligéde
citoyen, se. détermina collegues ce dernier,
gne, àse
vers la fin de la
rapprocher de lui jusqua
campaHaguenesu, et --- Page 47 ---
DE ROCHAMBEAU.
forte
dans Landau, aux orà laisser une
garnison
de Saxe fut
dres de M. de Lutteaux. Le comte
dans
intermédisire entre Landau et Tarmée,
placé
la saison étant trop
les) lignes de Weissembourg:etl
avancée pour faire une entreprise aussi importante
celle du siége de Landau, le roi d'Angleterre
que
en même temps que celle
sépara aussi son armée
resta.
du prince Charles; le maréchal de Coigny
commander en Alsace, et toutes les armées
pour
entrèrent dans leurs quartiers d'hiver.
respectives
de T'hiver, les Anglois détermiDans le cours
dans leur alliance
nèrent les Hollandois à entrer
avec la reine de Hongrie, et cette armée combinée
fut destinée à couvrir la Flandre antrichienne.
Charles resta surle Rhin, avec le
Celle du prince
offenprojet d'y faire une seconde campagne plus du
sive: La France lui en opposa une aux ordres
maréchal de Coigny ; et le maréchal de Noailles fut
celle de Flandres avecl le madestiné à commander
devoit faire
réchal de Saxe sousles yeux du roi; qui
Le
de Saintcette campagne en personne. régiment nous
Simon fut destiné à Tarmée d'Alsace, que
rejoignimes dans le cours du mois de mai.
Pendant qué le roi faisoit en Flandres les' siéges
successivede Menin, Ypres et Furnes, qu'il prit
Charles,ayant éprouvé toutes les
ment ; le prince
péné.
difficultés de la campagne précédente pour
descendit le Rhin et tàtrer dans la Haute-Alsace,
; qui
Le
de Saintcette campagne en personne. régiment nous
Simon fut destiné à Tarmée d'Alsace, que
rejoignimes dans le cours du mois de mai.
Pendant qué le roi faisoit en Flandres les' siéges
successivede Menin, Ypres et Furnes, qu'il prit
Charles,ayant éprouvé toutes les
ment ; le prince
péné.
difficultés de la campagne précédente pour
descendit le Rhin et tàtrer dans la Haute-Alsace, --- Page 48 ---
cha de
MÉNOIRES
Base-Alace. surprendre un passage pour
Le maréchal de
envahir la
établits sa défensive depuis
Coigay le suivit et
penheim près de
Mayence : elle
aezeremne
etsatroite étoit confiée à
étoit trop
les ordres du
Tarmée des
étendne,
maréchal de
Bavaroissons
Charles, après différentes Seckendort., Le prince
ques dans' diftérens points tentatives et fausses attadelarmée françoise,
pour attirer Tattention
Schroeck,y
surprit le passage du Rhin à
rois, dont le général
de
CCCSe
futsoupgonée trahison. Le
camps
dispersés; on marcha
jour et nuit
FE
Le prince
pour gaCharles
ERE
suivit sOn
Wsisenboung
activité; il marcha tout de suite dessein avec la même
s'appuie la droite de
à
une médiocre
ces mêmes Lantehourg, oiz
garnison aux
lignes : il y trouva
sac, lieutenant général,
ordres de M. de Gentance,rendite cettevillez qui, après une molle résisfrançoise fut un
assez mal fortifiée.
bauteurs de
peu étonnée, en arrivant Larmée
maître de nos Wedenlonug de trouver sur les
mêmes
ligues et d'êre
Tennemi
défense lignes qui avoient été ebligsdeidhansquere ces
de
construites
Charles TAlsace; ; heurensement
pour la
n'avoit eu le
que le
de son armée. Le temps que dyporter une prince tête
pas à Tattaqquer maréchal de Coigny ne
lépée à la main : il forma balança
trois at-
maître de nos Wedenlonug de trouver sur les
mêmes
ligues et d'êre
Tennemi
défense lignes qui avoient été ebligsdeidhansquere ces
de
construites
Charles TAlsace; ; heurensement
pour la
n'avoit eu le
que le
de son armée. Le temps que dyporter une prince tête
pas à Tattaqquer maréchal de Coigny ne
lépée à la main : il forma balança
trois at- --- Page 49 ---
DE ROGHAMBEAT U.
taques; la première, à la ville de Weisembonrg,
quifut escaladée par des brèches qui se trouvoient
aux murailles; la seconde, au village des Picards, où
la défense futl tbeaucoup plus 1
opinidtresla troisième,
sur. la gauche du même village, dont furent
les Bavarois qui, ayant M. de
chargés
de
Mortagne et le comte
Saint-Germain à leur tête, se comportérent
alors avec beaucoup de courage. On égorgea toute
linfanterie hongroise
qui gardoit ces lignes, par
représaille des cruautés que les
quels elle ressembloit
pandoures, auxpar Thabillement, avoient
exercées contre l'armée de Bavière. Nous
mes avec la cavalerie la ville de
traversâWeissembourg à
tontesjambes,dès que Tinfanterie s'en fut emparée;
quelque diligence que nous pûmes faire, nous ne
pûmes atteindre l'ennemi qui se retira par la forêt
de Beinvald à Lauterbourg où étoit le
de
armée, Si le maréchal de
gros son
Coigny y eût marché le
lendemain, il auroit peut-être pu reprendre
sion entière de ces
posseslignes;mais on calcula que Lattterbourg, soutenu par une armée, ne seroit
aussi facileà emporter qu'illavoit
pas
donné à une foible
été, étant abangarnison : le maréchal de Coigny en laissa une tres-grosse dans
cha le lendemain. à
Landan et marlignes del
Haguenan pour y réparer les
laMontre, qui ont encore plus d'étendue
que celles de Weissembourg. L'armée ennemie
les ayant tournées par sa droite, Tarmée françoise
enu par une armée, ne seroit
aussi facileà emporter qu'illavoit
pas
donné à une foible
été, étant abangarnison : le maréchal de Coigny en laissa une tres-grosse dans
cha le lendemain. à
Landan et marlignes del
Haguenan pour y réparer les
laMontre, qui ont encore plus d'étendue
que celles de Weissembourg. L'armée ennemie
les ayant tournées par sa droite, Tarmée françoise --- Page 50 ---
MENOIRES
se retira d'abord à
nal de Mutzig, Brumpt, ensuite derrière le caqui se, jette dans la rivière
Surabotrg:cettes ville
d'Ill à
denotrel ligne de défense. komurotedendi
Cetteinvasion de la Basse-Alace
dinterrompre il
le cours de ses
obligea le roi
laissa une partie de
succès en
Saxe,
son armée au Plandres:
qui prit le fameux
maréchal de
couvroit toutes ses
camp de Courtray, d'ouil
quarante, mille hommesa conguétes,etle lei roi marchaavee
ce quileur
au secours
procura
adefAlooermnis
la déclaration du roi Iassistance de
la plus eflective, fut
tifaqpuilentreroite en Prusse, par laquelle il noCharles seroit entré Releaeasaitdugel dans les
le prince
ce quil exécuta
états du roi son
mais il
avec sa
allié;
ne fut pas content promptitude de la
ordinaire,
conder. Ler roi tomba
nôtre pour le sede Noailles arriva
malade à Metz: : le maréchal
Alsace par la
avec les troupes de Flandres en
chal de
gorge de Schelestnt, joignit le
avoit Coigny, et marcha au prince
maré.
commencé sa retraite et
Charles qui
beaucoup daudace, Les armées qui manceuvra avec
pendant plusieurs
furent en présence
ayant
joursenfin, le prince
préparé ses ponts, fait
Charles,
sa grosse artillerie, se mit passer ses bagages et
passer le. Rhin
en mouvement pour rede Belle-lsle au-dessous du fort Louis. Le
euto quelques
comte
riéregardes de
avantages sur une des arTennemis mais notre
armée, mar-
sa retraite et
Charles qui
beaucoup daudace, Les armées qui manceuvra avec
pendant plusieurs
furent en présence
ayant
joursenfin, le prince
préparé ses ponts, fait
Charles,
sa grosse artillerie, se mit passer ses bagages et
passer le. Rhin
en mouvement pour rede Belle-lsle au-dessous du fort Louis. Le
euto quelques
comte
riéregardes de
avantages sur une des arTennemis mais notre
armée, mar- --- Page 51 ---
DE ROCHANEEAU.
chant la nuit sans beauconp de
versa deux villages
précautions, traque l'ennemi venoit d'incendier; et notre tête d'armée donna dans une embuscade de trois mille grenadiers
que lennemi avoit
postés derrière un vieux bras du Rhin où ils étoient
retranchés. Les dragons qui étoient à la tête de la
colonne furept culbutés sur la troupe des
raux et sur le régiment des
généla.nuit sur. le
Ganda:ereginentins
la
régiment de Picardie qui marchoit à
même hauteur. Enfin, dès qu'on fut revenu de
cette confusion, les grenadiers des
de Tarmée
Gardes et ceux
attaquérent Vigourensement ces retrancheniens; Tennemi se retira et acheva son
- du Rhin avec fort peu de perte : on
passage
échauffonnéefafhaire des
appela cette
Perruques,
nos généraux dans les culbutés
parceque tous
retrouver et restèrent
eurent peine à les
choeur. Dès
quelques temps en enfans de
que le prince Charles eut repassé le
Rhin, il marcha à tire daile en Bohéme, où le
de Prusse fut fort mécontent de la
roi
mollesse avec
laquelle nous Tavions laissé évacuer l'Alsace
T'entamer.
sans
Desquel le roi eut rejoint son armée, où il
à Strasbourg et dans toute
reçut,
TAlsace, des
gnes delamour que les François avoient témoigna- alors
lui, nous passâmes le Rhin et nous marchâmes pour
investir Fribourgsil fut
pour
assiégé vers le milieu d'octobre, et la campagne finit à la fin de novembre
,
avec
laquelle nous Tavions laissé évacuer l'Alsace
T'entamer.
sans
Desquel le roi eut rejoint son armée, où il
à Strasbourg et dans toute
reçut,
TAlsace, des
gnes delamour que les François avoient témoigna- alors
lui, nous passâmes le Rhin et nous marchâmes pour
investir Fribourgsil fut
pour
assiégé vers le milieu d'octobre, et la campagne finit à la fin de novembre
, --- Page 52 ---
par la reddition MÉNOIRES
teaux qui furent sticcessive rasés
de la ville et des châde ce
dans Thiver.
sidge, on détacha le
Vers le milieu
avec quatorze escadrons regimentdes SaintSimon
joindre M. le comte de pour aller en Bavière reTarmée de
Ségur qui marchoit
mandes, afin Tempereur et toutes nos
avec
d'aller
troupes allevière. Les troupes avoient reprendre possession de la Baretourner dans ce
un grand dégont
pays-li. Le régiment de pour
Barbanet M. de
Ssr2eDindn
Barbançon ayant fait pereaditasbenet
substituer
SaineSime.je me souviens
celui de
mens se fussent trouvés
que si ces deux
seroient
lors de notre
régi
chargés comme
départ, ils se
prouve qu'il faut
ennemis; ; mais ce
et. sans
toujours suivre son sort
quis
furent murmure, arrêtés
c'est que ces quatorze gafment
etmes
dans la Souabea
escadrons
celui des quartiers d'hiver eautrichienne, où nous
de Barlançon, après excellens; tandis que
Tamibre-sisony
avoir campé dans toute
enyoyé fort tard pendant la durée de ces
liés; il y arriva dans des quartiers des siéges, fut
harassé ety reçut
princes almédiocre.
un traitement fort
Jeus un sémestre
etje fus le
au commencemiente del
dans la
passer chez mes
Thiver,
douleur de T'exil du parens; je les trouvai
beau, mon grandioncle, chevalier de Rochamdeux ans la flote de
qui commandoit
Brest. Elle consistoit depuis
en donze
la durée de ces
liés; il y arriva dans des quartiers des siéges, fut
harassé ety reçut
princes almédiocre.
un traitement fort
Jeus un sémestre
etje fus le
au commencemiente del
dans la
passer chez mes
Thiver,
douleur de T'exil du parens; je les trouvai
beau, mon grandioncle, chevalier de Rochamdeux ans la flote de
qui commandoit
Brest. Elle consistoit depuis
en donze --- Page 53 ---
DE ROCHANBEAU.
vaisseaux de ligne; il avoit croisé
campagne à T'entrée du
pendant toute la
gnols faisoient le
détroit, lorsque les Espacoulant bas
siége de Gibraltar: : ses vaisseaux
n'avoient pas été carénés
ans et: manquoient de tout; il fit
depuis deux
laga; pendant ce
une relâche à Mavingt-cing vaisseaux temps-la, une flotte angloise de
de
vint
tar. Le roi et la reine ligne
ravitailler Gibralcris; et M. de
dEspagne jetérent les hâuts
reux d'avoir Maurepas, qui se trouvoit trop
une victime à sacrifier
heuvaises mesures ministérielles,
pour ses mauabsolument usé,
exila mon vieil oncle
ayant ett déjà deux
poplexie, mais dont les services
attaques d'aété fort brillans. Ma mère
précédens avoient
solliciter inutilement
partit pour Paris, pour
va madame la
en sa faveur : elle y retrouduchesse dOrléans,
beaticoup connue étant
qu'elle àvoit
fut nommée
mademoiselle Conti, elle
d'Orléans gouvernante des enfans de la
et ne tarda pas à entrer
maison
La campagne d'Italie,
en fonctions.
dEspagne et de M. le
aux ordres de Tinfant
brillant pour. les armées prince Conti, eut un début
vaisefin; Tattaque des combinées, mais une maude Demont ouvrirent barricades, le siége et la prise
la levéé du
les portes du Piémont; mais
siége de Coni força les
trer dans leurs frontières
François à rentueux.
après des efforts infrucLe roi continua à commander
I.
son armée de
--- Page 54 ---
NÉNOTRES
Flandresavee le
levienx
rttaansoemereatea
maneelalderovilts
nier etson conseil; le
commeaideced dertira vieux et
maréchal de Coigny se reinfirme; et M. le prince Conti
sappelédialies pour conmander
fut
e'est à cette dernière
Tarmée du Rhin;
mon fat destiné,
que le régiment de Saint-SiL Le roi de Prusse avoit Gi6
voir arriver sur lni,à la fin de fort pnécontent de e
dente, T'armée du prince
la campagne précé
pre dans ses
Clsarles pour Tinterromcongnétes en Bohénic.
ques. revers quile forcèrent à
Après quelil gagua cependant deux
évacuer la Bohème,
en Saxe; mais la
batailles en Luzace et une
pen de
fonds mordelompeeture Charles VII, le
élecieur de que l'on pouvoit faire sur le jenne
Bavière, conduit par sa mère qni étoit
une paix particntière, où la
SatEate
garantit de nouveau la
reine de Hongrie lui
teur de Bavière
cession delasilésie. Lidecnentralité dont le signa en même temps un traité de
résultat fut de
pes el dabandomer
désarmer ses troutrichiens
son pays à la rapacité des
qui le traitérent avec
Andun pays conqnis. Le
toutes les rignenrs
encore bien de lai
pauvre comte de Ségur eut
son
peine bàretirer, sans être
corps ausilinire qu'il ramena
entamé,
ou nous fines détachés
sur le Necker,
kurecevoir. Les forces delarméc de Conti pour
autrichiennes se rassembid.
er
désarmer ses troutrichiens
son pays à la rapacité des
qui le traitérent avec
Andun pays conqnis. Le
toutes les rignenrs
encore bien de lai
pauvre comte de Ségur eut
son
peine bàretirer, sans être
corps ausilinire qu'il ramena
entamé,
ou nous fines détachés
sur le Necker,
kurecevoir. Les forces delarméc de Conti pour
autrichiennes se rassembid. --- Page 55 ---
DE ROCHANBEAU.
rent en descendant la rive droite
Francfort,
du Mein, vers
de
pour protéger Télection du
Toscane à la dignité
grand-duc
Conti fut
impériale. M. le prince
chargé avec son armée de
de s'approcher de Francfort
passerle Rhin,
Mein
par la rive gauche du
pour s'y opposer. Nous
de cette
passâmes une partie
campagne dans cette
des
situation, les
ennemis et les nôtres s'observant
postes
respectives de cette rivière.
sur les rives
Tarmiée du roi agissoit
Pendant ce temps-la,
dres : il assiégea
trés-offensivement. en FlanTournay sur l'Escaut. Le
Cumberland, : ayant rassemblé
duc de
sée de Hollandois
une armée compoet dAnglois, vint
les
François à Fontenoy. Cette bataille attaquer
étési célébrée par les historiens, mémorable a
tente d'en donner un
que je me conLes
précis que je crois fidèle.
François, placés à Antoing, avoient,
droite bien appuyée à
leur
tenoy, leur
TEscaut, leur centre à Fonganche au bois de
et
de la Trinité, L'ennemi
Barry au nont
Fontenoy, mais
respecta la droite, tâta
crut trouver plus de facilité
avançant sur plusieurs lignes redoublées
en
plaine qui se trouvoit entre
dans la
de Barry. Ces lignes
Fontenoy et la redoute
d'infanterie
sur leurs flancs
angloise, battues
par Tartillerie de
cette redoute, se
Fontenoy et de
perçoient tout ce concentroient en masse; elles
gré
qui se trouvoit devant elles, malplusieurs charges de troupes françoises désu-
âta
crut trouver plus de facilité
avançant sur plusieurs lignes redoublées
en
plaine qui se trouvoit entre
dans la
de Barry. Ces lignes
Fontenoy et la redoute
d'infanterie
sur leurs flancs
angloise, battues
par Tartillerie de
cette redoute, se
Fontenoy et de
perçoient tout ce concentroient en masse; elles
gré
qui se trouvoit devant elles, malplusieurs charges de troupes françoises désu- --- Page 56 ---
MÉMOIRES
nies et successives. Le roi et le
un moment en danger, mais
dauphiny furent
la bataille. Le maréchal
plus encore le gain de
mort, redoubla dactivité de Saxe, malade jusqu'à la
roi lui
il
par la confiance que le
l'ennemi lémoigna, fit arriver sur la droite
une partie de la division de
de
déboucha du mont de la Trinité Lovendal.qui
Barry. Lesb brigades de
par le bois de.
Normandie et des Irlandois.
chargérent avec succès; le duc de
de-camp du roi, rallia de
Richelieu, aidelentit la marche de cette Tartillerie, dont T'effet ra-.
nérale et simultanée
colonne ; une charge géacheva de la
mettre en déroute. Les suites rompre et de la
rent. la prise de
de cette bataille fu-.
la Flandre
Tournay, et de toutes les places de
maritime jusqu'a Bruxelles
ment.
exclusiveOn avoit, dès le commencement
gne, exigé de M.le prince de Conti de la campachement de sonarmée
un gros détafortaffoiblie.
pourla Flandre, cequi Tavoit
Calleduagrandeluc fut
par tous'les renforts qui arrivérent fortaugmentée de
de Bavière. Il fut élu
Bohème et
brer son avénement empereur et désiroit de célétoutes ses. dispositions par un.grand succès : il fit
prince de Conti,
pour passer le Mein. M. le
de la neutralité de depuis la cette élection, se méfiant
ville de Francfort,
fort portée à livrer son
à
qui éloit
mença une marche
pont Tempereur, comrétrograde pour se rapprocher
qui arrivérent fortaugmentée de
de Bavière. Il fut élu
Bohème et
brer son avénement empereur et désiroit de célétoutes ses. dispositions par un.grand succès : il fit
prince de Conti,
pour passer le Mein. M. le
de la neutralité de depuis la cette élection, se méfiant
ville de Francfort,
fort portée à livrer son
à
qui éloit
mença une marche
pont Tempereur, comrétrograde pour se rapprocher --- Page 57 ---
DE ROCHAMBEAT U.
du, Rhin : il fit jeter un pont vis-à-vis de Rhintuserteim ; les bagages, , la grosse artillerie, tout
défilé; il nc restoit plus
y avoit
que T'armée, qui auroit
passer dans la journée sans ancun obstacle. pu
M. le prince de Conti,
Mais
par un entêtement inconcevable, ne voulut jamais se mettre en mouvement
qu'iln'ett vu la téte de T'armée ennemie. Son
riere-garde s'en trouva mal ; elle fut vivement arquée; quatorze troupes de cavalerie furent attareusement battues; ; M. de Poyanne,
vigoufut
qui étoitàleur
tète, pris; une colonne de
dres de M. Detlingue,
grenadiers, 2 aux Orse
lieutenant-colondl
en
distingua traversant toute cette d'Alsace,
lieu d'une nuée de hussards
pline au mibrigades
sans être entamée. Des
dinfanteric et du canon
l'on
dans deux villages rétablirent
que
porta
Tarriere-garde. Le
l'ordre et rallierent
passage du Rhin se fit alors tranquillement jusqu'au moment où les dernières
pes étant passées, on voulut replier le
trouquart de conversion. La
pont par un
traina ainsi
les
rapidité du courant l'enque compagpies de
étoient dessus: : elles allèrent
grenadiers qui
à notre rive. L'armée du heureusement aborder
long de ce" fleuve'
grand-duc se répandit le
pour cliercher à surprendre un
passage. M. le prince de Conti prit les mêmes
tions que lej maréchal de Coigny avoit
posi-.
pagne précédente,
prises la cam-.
arméc plus
excepté quil tint le gros de son
ensemble entre Worms et Spire, dema-
ient dessus: : elles allèrent
grenadiers qui
à notre rive. L'armée du heureusement aborder
long de ce" fleuve'
grand-duc se répandit le
pour cliercher à surprendre un
passage. M. le prince de Conti prit les mêmes
tions que lej maréchal de Coigny avoit
posi-.
pagne précédente,
prises la cam-.
arméc plus
excepté quil tint le gros de son
ensemble entre Worms et Spire, dema- --- Page 58 ---
58'
MÉOTRES
nière que le
mais ce qui le grand-duc ne put rien
contint
entreprendre;
le roi de Prusse n'en davantage, fut la crainte que
troisième
prit Toccasion de faire une
des
irruption en Bohéme. Il finit
Autrichiens une neutralité
par exiger
sur toute la frontière d'Alsace; dans TEmpire et
çoisà portée dattirer,
: ce quimitles Franla plus grande
poir la campagne snivante,
Le
partie de leurs forces en
régiment de Saint-Simon,
Flandre:
uartier à Huningue et à
ayant déeivoyé en
pour aller à la cour où je Neu-Brisach, fus
j'en partis
sai mon hiverà Saint-Clond présenté, et je pasléans.
chez M: le duc d'OrLe maréchal de Saxe, dans
siége de
ce même hiver, fitle
Bruxelles au mois de
forte gelée. Il surprit les
janvier pendant une
le
quartiers de Tennemi, prit
martia-gendal, y laissa une forte
renvoya le reste de son armée
garnison et
- Au commencement
dans lcs siens. M
je suivis M. le dac
de la campagne de 1746,
camp. La neutralité TOrléans comme son aide-derien à faire à
établie sur le Rhin ne
ma compagnie de cavalerie; laissoit
compagnimes leroi dans les
nous aclui fità Gand, à
sniperbes
Bruxelles, à
scmnboagplan
mée françoise ayant
Malines. Enfin, T'arcontenir Tennemi marché en avant de Lière pour
M. qui se rassembloit du côté
Hoogstrate, le comte de
de
sang, fut détaché
Clermont, prince du
pour fiire le siege de la citadelle
le Rhin ne
ma compagnie de cavalerie; laissoit
compagnimes leroi dans les
nous aclui fità Gand, à
sniperbes
Bruxelles, à
scmnboagplan
mée françoise ayant
Malines. Enfin, T'arcontenir Tennemi marché en avant de Lière pour
M. qui se rassembloit du côté
Hoogstrate, le comte de
de
sang, fut détaché
Clermont, prince du
pour fiire le siege de la citadelle --- Page 59 ---
DE ROCHAMREAU,
d'Anvers : jallois tous les jours de Lière à la tranchée d'Anvers, doutje rendois compteà M. le duc
d'Orléans. Cette citadelle étant prise, le roi partit
pour Paris pour étre aux couches de madame la
dauphine; il voulut que M. le duc
comme premier prince du
d'Orléuns,.
sang,s'y trouvât et le.
suivit.Jeleprini deme laisser avec son oncle,
comte de Clermont, à qui M. le maréchal de M.le. Saxer
avoit domé les
Tarmée
troupes légères et Tavant-garde de
à commander. A mon arrivée
de
nouveau;
près
cer
général,jemet trouvai dans une.
mn'étoit fort
sociétéqui
étrangére; ce prince étoit entouré dai-)
des-de-camp qui luiavoient été donnés dans sa
tite maison, par la fameuse
pe-r
titre : tous ces messieurs Leduc, sa maitresse en.
aimoient leurs
ne vouloient les fatiguer
chevaux, et
commandés
que quand ils étoient
Ou que le prince montoit à cheval. Je
débutai parlui demander la
mon
et
pemisiondalenspone
compte pour mon instruction, à tous les:
détacheméns de bussards qui sortoient du
Jaccompagnai plusieurs fois le baron de Thott, camp.
lieutcnantcoloueldep Berchiny, auqueli lilavoitbeancoup de copfiance et qui entendoit bien cette espèce de guerre; 5 nous y cûmes des succès balancés,
mais toujours des coups de: fusil et des occasions de
s'instruire. Au retourde
me faisoit
senadecdenemdrisimee
rendre compte des détailset de la nature.
dupags que nous avions parçoaru; il commenca ar
plusieurs fois le baron de Thott, camp.
lieutcnantcoloueldep Berchiny, auqueli lilavoitbeancoup de copfiance et qui entendoit bien cette espèce de guerre; 5 nous y cûmes des succès balancés,
mais toujours des coups de: fusil et des occasions de
s'instruire. Au retourde
me faisoit
senadecdenemdrisimee
rendre compte des détailset de la nature.
dupags que nous avions parçoaru; il commenca ar --- Page 60 ---
me
MÉNOTRES
marquer de la confiance
faction de mon zèle et de et beancoup. de satisPendant que le maréchal mon activité.
toutes les forces de
de Saxe tenoit en échec.
faisoit les siéges de Tennemi, M. le prince de Conti.
première
Mons et de
place se rendit
Charleroi. Cette
mais celle de Charleroi aprés quelque défense
portée d'assant
fut surprise et
;
par un
presqu'emqui sy introduisit détachement de la
par une
tranchice,
capitula et renditsa garnison poterne ; le goiverneur
M.le prince de Conti
prisomière de,
de réunir
ent
guerre.
son armée à celle Tondre,a du après ces siéges,
pour lui en remettre le
maréchal de Saxe,
marcha par sa gauche commandenent L'ennemi
tion et nous par notre poursopposer à cette
droite pour la favoriser. joncde Perhuis,
La
un
tice
instant
Cin-Etoiles près
tre, aux ordres de M. de après qu'une tête de la nopour s'en emparer. Le Lovendal,y étoit venne
Clermontlos soutint
corps de M. le comte de
près de Valheim deprès et se
: enfin, la grande cmysisimnsPaul,
prolongea sur notre droite,
armée
rejoignit deuxjours
et Tarmée de Conti ariva,se
Lenneni,
après,
s'y
s'établit derrière n'ayant la pu empécher cette jonction,
couvrir Namur
Mehnigne et
Dès
que nous avions TOmeau; pour
que M. le maréchal de
dessein d'assiéger.
ment de ses vivres,
Saxe eut fait
ne pouvant
Tarrangeattaquer T'ennemni
Paul,
prolongea sur notre droite,
armée
rejoignit deuxjours
et Tarmée de Conti ariva,se
Lenneni,
après,
s'y
s'établit derrière n'ayant la pu empécher cette jonction,
couvrir Namur
Mehnigne et
Dès
que nous avions TOmeau; pour
que M. le maréchal de
dessein d'assiéger.
ment de ses vivres,
Saxe eut fait
ne pouvant
Tarrangeattaquer T'ennemni --- Page 61 ---
DE ROCHANBEAU,
de front, il fit une belle marche
de la Mchaigne
sur la rive gauche
Meuse.
jusqu'a son embouchure dans la
L'ennemi côtoyoit cette marche sur la rive
droite, etlesj journées se
sur les deux rives..
passoient en escarmouches
sein étoit d'aller L'ennemi, voyant que notre desperla communication nous emparerdeHni, pourlui coude la Meuse, d'oi il tiroit ses
subsistanes, fit la guerre aux nôtres qui nous arrivoient de Louvain. Il fit passer plusieurs
attaquer nos convois; mais le maréchal corps pour
avoit eu la précaution de les
de Saxe
nombreux détachemens.
faire couvrir par de
ordres de M. de Saint-André Quoiqu'un d'entr'eux, aux
eût été maltraité,
et du duc de Brissae,
les convois qui
plus grande distance dans
marchoientà une
M. de Saint-Pèrey
Tintéricur, aux ordres de
n'en souffrirent
et
rent à bon port. Enfin, M.
point arrivètéte de Tarmée,
dArmentières, avec la
T'ennemi
s'empara de Hui sur la
et
fut forcé de
Meuse,
rapprocher de Maestricht passer cette rivière pour se
où étoient ses
ce qui découvroit entièrement
magasins,
Namur.
J'oubliois une anecdote qui peut trouver ici
place: M. le comte de Clermont fut
sa
part du camp de Welheim,
attaqué, au dé
lente, qu'il
pd'une maladie si viofiutimposible de le
Le
réchal de Saxe
transporter. mades
envoya demander au prince Charles
sauve-gardes, qu'il envoya
nombre de çinquante
honnétement au
lussards, auquel on joignit
entièrement
magasins,
Namur.
J'oubliois une anecdote qui peut trouver ici
place: M. le comte de Clermont fut
sa
part du camp de Welheim,
attaqué, au dé
lente, qu'il
pd'une maladie si viofiutimposible de le
Le
réchal de Saxe
transporter. mades
envoya demander au prince Charles
sauve-gardes, qu'il envoya
nombre de çinquante
honnétement au
lussards, auquel on joignit --- Page 62 ---
MÉSOIRES
cinquante cavaliers du
mnême titrede
colouel-général, sous le
cautions,le sauve-garde. Au moyen de'ces prémilieu de prince fiut tranquille dans sa maison au
tous les détachemens des
ennemies.
troupes légères
Deuxjours après, le prince hors de danger,mn'envoya au maréchal deSaxep
pourfonertirquil rejoindroit Tarméel porterunelettre,
Je marchai sous Tescorte de la lelendemain,
chienne, et jarrivai à la maison patrouille autriSaxe sans trouver.
du maréchal de
neur. Jel le
d'autregarle que sa garded'honde
Mars trouvaisursoniity écrivant; ;
sur son lit de camp. Après avoir ilavoitlair
fait ma
autrichiens
me
hussards
mmatonde
qui
servoient d'escorte
pu la faire comme
auroient
trouvée à
moi, sur la facilité quejavois
arriver jusqu'h sa maison sans trouver
poste françois; il se leva, envoya chercher
un
ciers généranx du jour,
les offivérement
ctje crois qu'ils furent séréprimancés.
M. le comte de Clermont fut
M. de Lovendal sous
détaché, avec
de Namur. Lemaréchal sesordres, pour faire le sicge
che sur Liége
de Saxe continua sa maretsuceesivement: sur
couvrir cette opération. Je fus'
Tongresp pour
souvent
pendant ce sidge, ; par ce prince et par M. employé, de Lovendal,àfirodes
je venois leur
oeeeprtabirembe
rendre compte. M.de
. babile ingénicur, conduisoit
Gourdon, fort
ce sidge, et la ville se
de Namur. Lemaréchal sesordres, pour faire le sicge
che sur Liége
de Saxe continua sa maretsuceesivement: sur
couvrir cette opération. Je fus'
Tongresp pour
souvent
pendant ce sidge, ; par ce prince et par M. employé, de Lovendal,àfirodes
je venois leur
oeeeprtabirembe
rendre compte. M.de
. babile ingénicur, conduisoit
Gourdon, fort
ce sidge, et la ville se --- Page 63 ---
DE ROCHANBEAU.
sisième
de tranchée ouverte : on fit
rendit le
jour
M. le comte de Clerensuite celui des châteaux.
Ton
à quil'on avoit parlé dun chemin, que
mont,
des rochers
disoit praticable, dans Tescarpement à une maiqui bordent la Meuse et qui conduisoit
Camus
située entre le chemin couvert du fort
son
nrenvoya pourle reet celui du fort la Cassoltest
connoitre dans le jour, afin dy diriger une attaque
Girelanuitsuivante, duc rchemincouqu'ile comptoit
Je
dans cesentier, à
yert du fort Camus.
gravis,
à Texpates) jusqu'a deux sentinelles placées
quatre
eurent la comtrémité de ces deux palissades, 2 qui
distraire
plaisance de fumer leurs pipes sans se
Je vins rendre
pendant toute ma reconnoissance.
compte que ce sentier étoit trop escmpépourytire
monter d'autres troupes que des volontaires, pour
que les grenadiers de
faire une diversion pendant
facilementstr
la tranchée deboucheroijenthien plus de front le
le haut de la montagne pour attaquer
chemin couvert. Le prince donna le commandedes volontaires qu'il destinoit à cette diverment
de Clamoutse, capitaine dans Champesion, à M.
pendant le siége de la
gne, qui s'étoit distingué
Il me renvoya à
ville en surprepant le fort Balard.
à M.de Crillon, quiy
la tranchéc pour expliquer
elleent
commandoit; toutle plan de celte attaque;
succès Cependant Tennemi; s'éiant
le plus grand chemin couvert de la Cassotte, fit une
ralliédans le
le commandedes volontaires qu'il destinoit à cette diverment
de Clamoutse, capitaine dans Champesion, à M.
pendant le siége de la
gne, qui s'étoit distingué
Il me renvoya à
ville en surprepant le fort Balard.
à M.de Crillon, quiy
la tranchéc pour expliquer
elleent
commandoit; toutle plan de celte attaque;
succès Cependant Tennemi; s'éiant
le plus grand chemin couvert de la Cassotte, fit une
ralliédans le --- Page 64 ---
sortie
MÉMOTRES
pour interrompre notre
ques compagnies de
logément; quelmnoutse, qui s'étoit grenadiers plièrent : mais Claentre les deux
emparé de la maison
liement,
chemins couverts,
Grevalee,
arrêta Tennemi : notre protégea leur rafectionné, et nous restâmes logement fut per-.
châteaux de
maîtres du fort.
sixième
Namur se rendirent
Les
jour de tranchée
par capitulation le
faitla ville, et las garnison ouverte, comme avoit
M. le comte de
fut prisonnière de guerre.
Clermont
ville, et logé à Tévéché,
étant entré dans la
une alarme qui étoit
Tévèque vint lui donner
Tennemi ne s'étoit très-bien fondée. Illui dit
parce que le
rendu si promptement que
dans une
grand magasin à poudre,
que
casemate du vieux
qui étoit
sauter par tous les débris des chôtean, étoit prêt à
bes andientineenadice,
poutres que nos bommilliers de
qu'il yavoit cent
toute la ville poudre, et que, si ce malheur cinquante
courroit de
arrivoit,
comte de Clermont
grands risques. M. le
trouvai nos
m'y envoya surle-chomp:
compagnies d'ouvriers
iy
blayer; ils étoient
occupés à le déde leurs
obligés de prendre, avec
habits, les tonneaux
le bas
te, qui étoit déjà brolante. lesplus prés dela votvasses dans la voûte,
Il y avoit aussi des cretion avoit
que la force de
de feu; enfin produites par oà il tomboit des Tinflammadoubles,
les bariques étoient
élincelles
Liévucustion de ce
heuretisement
magasin se ft avec un
blayer; ils étoient
occupés à le déde leurs
obligés de prendre, avec
habits, les tonneaux
le bas
te, qui étoit déjà brolante. lesplus prés dela votvasses dans la voûte,
Il y avoit aussi des cretion avoit
que la force de
de feu; enfin produites par oà il tomboit des Tinflammadoubles,
les bariques étoient
élincelles
Liévucustion de ce
heuretisement
magasin se ft avec un --- Page 65 ---
DE ROCHASBEAU.
ordre et un sang froid de la part de ces ouvriers
du corps royald'artillerie, qui forcèrentmon admiration. Jy distinguai un de leurs officiers, M. de
Kervazagan, mon compatriote.Je vins aul pointdu
jour rendre compte de son évacuation complète:.
Tévêque et le prince avoient passé une fort mauvaise nuit, et tout le monde se coucha au solcil
levant, avec une grande satisfaction. Nous appriles habitans de Namur, des détails sur la
mes, par
hollandoise.
conduite qu'avoit tenue la garnison
pendant ce siége, dont ce trait-ci est le plus curieux. Iy av oit, dans cette garnison, cinq ou six
braves, avec lesquels la plupart des ofliciers hol-.
landois n'avoient pas honte de marchander leurs
gardcs pour sy faire substituer quand elles étoient
du côté de Tattaque. On voit à quel point ces troupes s'étoient abâtardies, pendant que les emplois
avoient élé remplis à prix d'argent par tous les parens et protegés des bourguemestres et des ma-.
gistrats.
le
me de-.
Ce fut pendant ce siége que prince
manda avec intérêt quelles étoient les vues de mes
parens pour mon avancement dans le service, javois alors vingt-un an:j jelui dis quejfavois) la parole:
du premier bâton d'exempt dans les Gardes-duCorps; que cet emploi n'exigeoit pas de finance, et
étoit plus analogue à la fortune de mes parens. Il
vivement : Mandez-leur qu'il faut
me répliqua
ma-.
gistrats.
le
me de-.
Ce fut pendant ce siége que prince
manda avec intérêt quelles étoient les vues de mes
parens pour mon avancement dans le service, javois alors vingt-un an:j jelui dis quejfavois) la parole:
du premier bâton d'exempt dans les Gardes-duCorps; que cet emploi n'exigeoit pas de finance, et
étoit plus analogue à la fortune de mes parens. Il
vivement : Mandez-leur qu'il faut
me répliqua --- Page 66 ---
qu'ils fassent
SENOIRES
entriez dans la un effort, je ne veux pas
donne un
maison du roi, il faut que vous
la nouvelle rigimeut. Il envoya M.de qu'on vous
le fit
de la prise de Namur, Crillon porter
demanda
moi; mnedune-caapy et son
qu'on
cependant il fut donné
régiunent pour
tour-da-Pin. Il avoit écrit
au marquis de Lact les plus flateuses
les lettres les
son, qui étoit
en ma faveur à M. plus d' fortes
dour, qui jouoit mon parent, et à madame de ArgenCes lettres, déjà le rôle de premier Pompae
voyées à M. par je ne sais quel sort, furent ministre,
fiance de la Duvernay, qui étoit Fhouame de rensa mort,
marquise, et m'ont étS
conparM. de Lablache,
remises après
Aussitôt après la
son héritier.
chal de- Saxe manda prise de Namur, M. le
à nos
marérejoiudre à
généraux de
Tongres, et
venir le
qui avoient fait ce
d'amener, avec les
quatre. L'ennemi siége, , quelques pieces de troupes
dAnse, à la tête du sétoit posté, la gache 22 vingttirant sur Vizet, près faubourg de Liége, et la village droite
sur la Mense,
daquel ils avoient leur
eux.
qui conloit
fusée
Lemaréchal de Saxe n'avoit paralllement derrière
deles forcer à
dautre objet
suite prendre repasser cette rivière, pour aller que
cette bataille, tranquillement ses
enanssi
dans une saison aussi partiors dhiver;
On avancée, ne pouvant plus
pluvieuse et
annonca, à la comédic de avoiranemne suite.
Tongres, reliche au
sur la Mense,
daquel ils avoient leur
eux.
qui conloit
fusée
Lemaréchal de Saxe n'avoit paralllement derrière
deles forcer à
dautre objet
suite prendre repasser cette rivière, pour aller que
cette bataille, tranquillement ses
enanssi
dans une saison aussi partiors dhiver;
On avancée, ne pouvant plus
pluvieuse et
annonca, à la comédic de avoiranemne suite.
Tongres, reliche au --- Page 67 ---
DE ROCHAMBEAU.
théitre pour le lendemain, parce que Tarmée marcheroit à T'ennemi. On passa le. Jars sur douze COlonnes, et I'on marcha dansle plus bel ordre, précédé de Tescarmouche de toutes nos troupes légéres. On fitl halte la nuit du 13 au 14,à moitié chemin, pour donner tout. le temps àlenuemi de sC
replier. Enfin, le1 140 octobre au matin, on fut confondu de le trouver encore dans son camp. Le
prince Charles comptoit sans doute sur la bonté de
sa position : son ciunp couronoit des hauteurs sur
lesquelles il avoit fait faire plusieurs redloutes; il
avoit le village de Rocoux, retranché
en avant de
son centre, celui de Vauroux, et de Lière en avant
de sa droite, qui étoit couverte par un ravin trèsprofond et peu praticable. Le mméchalcde-Save,
après avoir fait battre le village d'Anse et le faubourg de Liége avec Sa grosse artillerie, en détermina Fattaque par Taile droite aux ordres de M.le
comte de Clermont et de Loyendal. M. le comte
a
d'Estrécs marcha, à la tête de plusieurs colonnes
d'infanterie, droit au village, le faisant tourner
Tinfanterie des troupes légèrés; ; il fut
par
la gauche de Tennemi fut
emporté, et
prise en flanc par tout le
corps commandé par ces trois généraux. M.I le maréchal de Saxe avoit
ordonnéquil se mit en
re sur le flanc de Tarmée ennemie,
équerTeffet des
en attendant
attaques de Rocoux et de celles qui devoient se faire aux villages de leur droite. Le comte
, droit au village, le faisant tourner
Tinfanterie des troupes légèrés; ; il fut
par
la gauche de Tennemi fut
emporté, et
prise en flanc par tout le
corps commandé par ces trois généraux. M.I le maréchal de Saxe avoit
ordonnéquil se mit en
re sur le flanc de Tarmée ennemie,
équerTeffet des
en attendant
attaques de Rocoux et de celles qui devoient se faire aux villages de leur droite. Le comte --- Page 68 ---
a
dEstrées,
NENOIRES
bouillant dardeur, vint à
Clermont, lui montrer le
M. le comte de
combattn, se retiraut
corps que nous
et la facilité
dans le plus grand avions
tont' ce
quilyanroit à
désordre,
que nous avions devant cubnterdns la Meuse
pied,
braquant sa
nous; Lovendal à
vez les ordres
Imnette, lui
de M. le maréchal répondit: - Vous saremplis, il faut attendre
; nous les avons
gauche: Mais si notre
l'effet des attaques de la
qua le comte d'Estrées, gauche n'attaque pas,
sion
nous
répliunique; le jour
manquons une occanemi tout le temps de s'avance, nous donnons
vrira sa retraite. Voila se rassurer, et la nuit àlenLovendal;
de beanx
couje suis
mais vous êtes aux nisonienmens, dit
votre ancien. Oui, dit le ordres du prince, et
jesuis le cadet, dont
comte d'Estrées,
çois, en se retirant furieux Tenrage, mais je suis Frantoute cette
de colère.
un écolier dispnte, et le pauvre
Jentendis
qui laisse
prince fat comme
neur. Le comte d'Estrées toujours parlen son
que de la droite de
avoit toute raison gouver- ; T'attaetl'on manqua la Tennemi ne fat point
sa déroute. M. plus belle occasion de exécutée,
doità
de Clermont
profiter de
vin notre ganche; il étoit Gallerande commanct levillage de Lière chargé dattarpicr le r'ami: il trouva ce ravin devant la droite de l'eunedel Taller
impraticable, il
passer sous le feu de
éloit obligé
pourallerensites
villigede
attaquer Lière,
Yaurous,
llenvoya deman-
qua la Tennemi ne fat point
sa déroute. M. plus belle occasion de exécutée,
doità
de Clermont
profiter de
vin notre ganche; il étoit Gallerande commanct levillage de Lière chargé dattarpicr le r'ami: il trouva ce ravin devant la droite de l'eunedel Taller
impraticable, il
passer sous le feu de
éloit obligé
pourallerensites
villigede
attaquer Lière,
Yaurous,
llenvoya deman- --- Page 69 ---
DE ROGHANBEAU,
der au maréchal de Saxe
pour faire ces deux
un renfort de troupes
discnssions; T'ennemi attaques; le tempsse passa en,
de Raucoux
se retira après que le
cût été emporté à leur
village
nuit les favorisa
centre, et la
quuiétés. Cette pour passer leur pont sans étreinfort petits
journée produisit au vainqueur de,
avantages; ; on resta
sur le champ de
vingt-quatre heures
de
bataille, et lon révint à la comédie
Tongres, entendre chanter des
victoire. Elle mit cependant le
couplets sur- la
situation
maréchal de Saxeen
d'envoyer un tres-gros
mée d'Italie, et de faire
détachement à T'arreste de ses
entrer tranquillement le.
troupes en quartiers d'hiver.
Notre arméc combinée
aux ordres de l'infant Dom espagnole et françoise,
chal de Maillebois,
Philippe et du maré-.
Cênes. Les combats pénétra en Italie par l'état de
bataille de Plaisance, du Tanaro, du Tidon, et la
furent lcs événemens
remarquables. Ils avoient
lesplus
et le duché de
conquis T'état de Parime
Milan; mais le roi de
ayant surpris Asti, menaça toutes leurs Sardaigne,
cations, et les forçaà de rérograder
comminide désordre et de
avec beaucoup
perte, Il les
Provence. Le détachement poursuivit jusqu'en
y arriva; le maréchal
de Tarmée de Flandre
néral de
de Bolle-Isle fat norimé
celte armée,
géfat rappelé. Ces
etlemaréchal de Maillebois
écrites par M. de deux campagnes dltalie ont été
Pezay, sous la dictée du
1.
comtede
--- Page 70 ---
NÉNOIRES
Maillehois. Je renvoie à ces mémoires
de connoissance
par le peu
détails
que j'ai par moi-méme de tous les
qu'ils contiennent.
Pendant le cours delliver, M. de
premier écuyer de M. le duc d'Orléamns, Montauban, 2
démission du régiment
donna sa
d'Orkéans cavalerie.
prince me le destinoit : M. de Melfort,
Ce
excellent homme de
qui étoit
la
chèval, et qui
cavalerie, le demanda à M. le duc aimoitheancoup
m'offranten échange le régiment dOrléans, en
Marche, dont il étoit
d'infanterie de la
colonel;Jaceptai bien VOlontiers, et j'aimois bien'mieux un
fanterie avec lequel
régiment d'insions de service.
j'espérois trouver plus d'occaJe fus donc fait colonel au
de mars 1747, à
mois
dans
vingt-deux ans : je le
sa route pour Tarmée, et le sort me mit rejoignis
re de la réserve de M. le comte de
encotonnée aux environs de Namur: Clermont, canPendant que Tarmée restoit aussi cantonnée
pour la commodité des
deSaxe fit faireles
subsistances, 2 le maréchal
siéges de la Flandre hollandoise.
Elle se trouvoit bloquée par les villes d'Anvers,
Malines, Louvain, Bruxelles, Gand et
que nous occupions en forces, et n'avoit de Bruges,
muication avec la république
commer quilas
que par le bras de
sépare de la Zélande. On prit successivement TEclnse, le Pas-de-Cand,
-
Tle de Cadsan. Enfin, le roi
Axel, Hulst et
étant arrivé àl Tarmée,
andoise.
Elle se trouvoit bloquée par les villes d'Anvers,
Malines, Louvain, Bruxelles, Gand et
que nous occupions en forces, et n'avoit de Bruges,
muication avec la république
commer quilas
que par le bras de
sépare de la Zélande. On prit successivement TEclnse, le Pas-de-Cand,
-
Tle de Cadsan. Enfin, le roi
Axel, Hulst et
étant arrivé àl Tarmée, --- Page 71 ---
DE ROCHAXEEAU.
M. le maréchal de Saxe la
ment de juin, sur les bords rassembla de
au commencela Dyle, et prit son
quartier-général à Louvain. Vers le 15
réchal de Saxe
juin, le males divisions posta suiccessivemente et en échelons
de M. le comte d'Estrées et de
comte de Clermont
M. le'
M. de Lovendal
jnsqu'en delà de Tongres.
commandoit un
avant d'Anvers. Le
corps avancé en
général ennemi marcha
gauche, et jugea que nos tètes, du côté par sa
gres, avoient des
de Tonprojets oflensifs sur
auxquels il vouloit
Mastricht,
s'opposer
comte d'Estrées et le comte de principalement : le
divisions s'étoient
Clermont, dont les
Mastricht,
avancées jusqu'à Conaken,
furent obligées de se
près
gres, ou le maréchal vint
replier sur Tonsuivre parfarmée du
nous rejoindre, se faisant
roi en toute
fit déboucher le I.et de
diligence. Il nous
juillet, sur les hauteurs de
Tongreberg, et dans la plaine de la
du Viens-Jone, où nous trouvâmes Commanderic
marchoit par sa gauche, avec la même Tennemi, qui
de. Le maréchal étant sur la hauteur promptitnd'oi il soutenoit Tescarmouche
dHerderen,
quel'ennemi n'étoit
des hullans, crut
n'y avoit devant lui pas encore en forces, et qu'il
prince de Volfembuttel. que Tavant-garde auix ordres du
donner un
Il voulut, nous dit-il, lui
coup de pate, et fit déboucher
sions réunies de M. le comte
les divimont
d'Estrées et de Clerpour Tattaquer. Mais, à l'instant
que nous
Tescarmouche
dHerderen,
quel'ennemi n'étoit
des hullans, crut
n'y avoit devant lui pas encore en forces, et qu'il
prince de Volfembuttel. que Tavant-garde auix ordres du
donner un
Il voulut, nous dit-il, lui
coup de pate, et fit déboucher
sions réunies de M. le comte
les divimont
d'Estrées et de Clerpour Tattaquer. Mais, à l'instant
que nous --- Page 72 ---
NÉMOIRES
marchions au village de Vlittingen su la droite de
la' Commanderie, le comte d'Estrées,
reçonnoitre
qui avoit été
en avant, vint
toute Tarmée
Tassurerque
ennemie marchoit en bon ordre et en forces
derrière ce rideau; le maréchal de Saxe convint de
son erreur, envoya contre-ordre, et fit marcher ses
troupes par leur droite, en côtoyant les rideaux de
cette plaine vers le village de Rems, où à peine fimes-nous arrivés, que nous fàmes canonnés
une batterie de gros canons venus de
par
qui étoit derrière la gauche de T'enemi. Mastricht,
nîmes à la hâte ce village, où
Nous garnous fûmes chauffés
toute cette soirée par une canonnade fort
trière. Heurensement
meurde
pour nous la démonstration
nos forces, qui n'étoientque sur une
en imposa à T'ennemi jusqu'à Tentrée de seuleligue, la
pendant Jaquelle T'armée du roi arriva de Louvain. nuit,
L'ennemi s'étoit posté pendant la même
gauche au Jars, près de
nuit, sa
derrière la
Montenaken, et sa droite
Commanderie du Vieux-Jonc, Mastricht derrière sa gauche, les villages de Lauffeldt
et Vlittingen devant son centre. Notre droite étoit
au Jars, près le village de Virle, M: le comte de
Clermont occupoit Rems, vis-à-vis de
et Tarmée du roi s'étendoit
Lauffeldt,
jusque sur le plateau
"Herderen, qui couvroit notre retraite sur Tongres; on y mit sur plusieurs lignes la plus grande
parte de notre infanterie et de notre grosse artille-
icht derrière sa gauche, les villages de Lauffeldt
et Vlittingen devant son centre. Notre droite étoit
au Jars, près le village de Virle, M: le comte de
Clermont occupoit Rems, vis-à-vis de
et Tarmée du roi s'étendoit
Lauffeldt,
jusque sur le plateau
"Herderen, qui couvroit notre retraite sur Tongres; on y mit sur plusieurs lignes la plus grande
parte de notre infanterie et de notre grosse artille- --- Page 73 ---
-
DE ROCHANBEAU.
rie; on avoit aussi laissé M. de
une division sur les hauteurs de Saint-Germain avec
et
protéger
Tongreberg, pour
couvrirTongres. Le maréchal de
qui aimoit à réduire les batailles
Saxe,
ques de poste, oùt il
rangées à des attacroyoit notre infanterie
propre qu'à des mouvemens
plus
la disposition
réguliers en plaine, fit
pour attaqquer les villages de
gen et de Laufleldt simultanément.
Vlittinle feu à ce premier, qui étoit dans L'ennemi mit
en avant de sa première
un fond, et trop
même
le
ligne; le hasard mit en
temps
feu à une maison du
Lauffeldt. Le maréchal crut.
village de
SC retirer sous le
que l'ennemi vouloit
T'ordre à M. le
canon de Mastricht, il envoya
comte de Clermont
feldt
d'attaquer Lauf
sur-le-champ. On y marcha sans
et sans Tavoir bien canonné
dispositions
brigade.de Monaco à la droite, préalablement. celle de
La
gauche, celle de la Fère, dont le
Ségur à la
Marche faisoit
régiment de la
Bourbon
partie, au centre; la brigade de
fut destinée à soutenir celle de ces trois
attaques qui seroit repoussée: Notre
par une ligne droite et
brigade allant
tout le premier feu de ce perpendiculaire, essuya
de droite et de gauche village, tandis que celles
circulairé
firent un. mouvement
qui les fit arriver plus
plus
leura attaque. Elles
tard. aul point de
bataillon de
marchoient en colonne sur un
front; il en resta la moitié en
avant d'arriver aux haies du village,
chemin
qui étoient ters
oussée: Notre
par une ligne droite et
brigade allant
tout le premier feu de ce perpendiculaire, essuya
de droite et de gauche village, tandis que celles
circulairé
firent un. mouvement
qui les fit arriver plus
plus
leura attaque. Elles
tard. aul point de
bataillon de
marchoient en colonne sur un
front; il en resta la moitié en
avant d'arriver aux haies du village,
chemin
qui étoient ters --- Page 74 ---
MÉMOIRES
rassées et fort escarpées. Je fus'
à cette première
griévement blesse
charge. Dans le moment oulon
m'emportoit avec un coup de feu dans la
un second coup dans la cuisse,
tête,jeus
connoissance. Toutes
qui rappela ma
ces brigades arrivérent cependant fortréduites dans leshaies du
elles en furent
village; mais
promptement chassées pardes troupes fraiches. Le maréchal de Saxe
forts, nos
envoya des rentroupes se rallièrent sous le
une seconde charge,
feu; l'on fit
puis une troisième,
une
quatrieme; ce village tenant à la
de puis
it avoit beau jeu
le
ligne T'ennemi,
pour rafraichir de nouvelles
troupes continuellement. Enfin, M. le maréchal de
Saxe, ayant tourné par les deux flancs,
colonne cunemie, qui portoit à chaque découvritla
nouveaux secours; il fit marcher la
charge de
et celle de la
brigade du roi
lonne en Tour-du-Pin, 2 pour; prendre cette COflanc, tandis que toutes les
étoient dans le village firent une
troupes qui
nière charge dans
cinquième et derlaquelle le village de Lauffeldt fut
entiérement au pouvoir des François. Le
Ligonnier fit alors à la tête de la cavalerie général
une charge vigoureuse qui fut bien
angloise
nôtre; ily fut pris, et sa cavalerie mise soutenue par la
L'ennemi prit le parti de sa retraite en déroute.
il fat suivi mollement
sur Mastricht;
détacha
par le corps quele maréchal
pour le poursnivre, et y
ment la Mense. Laj perte des deux passa tranquillearmées fut à peu
au pouvoir des François. Le
Ligonnier fit alors à la tête de la cavalerie général
une charge vigoureuse qui fut bien
angloise
nôtre; ily fut pris, et sa cavalerie mise soutenue par la
L'ennemi prit le parti de sa retraite en déroute.
il fat suivi mollement
sur Mastricht;
détacha
par le corps quele maréchal
pour le poursnivre, et y
ment la Mense. Laj perte des deux passa tranquillearmées fut à peu --- Page 75 ---
-
DE ROCHAMEEAU.
prés égale; mais elle fut trés-meurtrière
brigades de la réserve de M. lc comte pour de nos
mont, quiy furent écrasées. De six colonels Clerfanterie de ce
d'insés. M.
corps, ily en eut cinc tués ou blesde Ségur, quilavoit déjà été griévement la
campagne précédente à Raucoux, eut encore à
celle-cil lc bras emporté. Cettea année,
nommée
1747, fut re
par la perte que le roi fit en colonels d'infanterie à Tarmée d'Italie, à celle de
siége de Berg-op-Z.om
Flandre, au
qui suivit, M. d' Argenson
présenta un tableau au roi, qui lui
Francea avoitplus perdu dans
prouva que la
lonels d'infanterie
cette campagne de COque de capitaines de cavalerie
pendant toute la guerre.
Peu de jours aprèsla bataille de Lauffeldt, le roi
détacha successivement plusieurs divisions
renforcer M, de Lovendal, qui avoit
pour
d'attaquer Berg-op-Z.oom. Cette
reçu Tordre
pas être investie, elle conservoit place ne pouvoit
tion libre avec un
une commmunications
camp couvert par des inondaqui rafraichissoit perpétellement la. place de
nouvelles troupes, et étoit renforcé par la
armée d'observation
grande
campée derrière Mastricht au
prorata des détachemens quer faisoitle maréchal de
Saxe pour angmenter Tarmée de M. de Lovendal.
Tout, le monde parioit à Tarmée
la
ce siége, la
pour levée de
place se défendoit avec vigueur, et la
guerre des mines étoit surtout tres-meurtrière.
lement la. place de
nouvelles troupes, et étoit renforcé par la
armée d'observation
grande
campée derrière Mastricht au
prorata des détachemens quer faisoitle maréchal de
Saxe pour angmenter Tarmée de M. de Lovendal.
Tout, le monde parioit à Tarmée
la
ce siége, la
pour levée de
place se défendoit avec vigueur, et la
guerre des mines étoit surtout tres-meurtrière. --- Page 76 ---
MÉMOIRES
M. de Lovendal se détermina alors à
saut prématuré aux deux bastions donner un asplace, par des brèches
du corps de la
très-roides, et
ticables, la demi-lune étant
presqu'impraCêtte infraction des
occupée par T'ennemi.
eut un plein succès. règles de Tattaque des places
Les gardes des
rent. surprises dans un
ennemis fuquelques combats dans profond les
sommeil; el, après
rues. et sur la
mes, elle fut emportée d'assaut
place d'arperte. La nouvelle
sans beaucoup de
lui faisois
en arriva au roi le jour
une première révérence,
que je
sures. Il fut dans une
après mes blesjoie d'autant plus
qu'elle étoit inattendue. M. de Lovendal grande,
maréchal de France au, grand
fut fait
de ses anciens dans
chagrin de beaucoup
Le maréchal
Tarmée, et de tous les
de Saxemit T'armée
parieurs.
régiment fut destiné à
en quartiers. Mon
revins à Paris, bien
passer Thiver à Givet, et je
mais
guéri de ma blessure à la
souffrant beatcoup de celle de la
tête,
fut la plus longue à se refermer.
cuisse, qui
La campagne d'Italie fut meurtrière
lantc. Le maréchal de Belle-Isle
et peu brilchement de T'armée de
ayant reçu le détaSardaigne à
Flandre, força le roi de
quitterla Provence,
té de Nice; et tenant en échec la s'empara du comdes forces de
plus grande partie
Tennemi, il envoya le chevalier de
Belle-Isle, son frère, surprendre le
des Alpes all col de 'Assiette. Ce
passage
poste fit renforcé la,
maréchal de Belle-Isle
et peu brilchement de T'armée de
ayant reçu le détaSardaigne à
Flandre, força le roi de
quitterla Provence,
té de Nice; et tenant en échec la s'empara du comdes forces de
plus grande partie
Tennemi, il envoya le chevalier de
Belle-Isle, son frère, surprendre le
des Alpes all col de 'Assiette. Ce
passage
poste fit renforcé la, --- Page 77 ---
DE ROCHANBEAU,
nuit qui précéda Tattaque; le chevalier de BelleIsle sy fit tuer et détruire la plus grande partie de
son infanterie.La ville de Cênes, dans le même
temps, se révolta contre la dure domination des
Autrichiens; elle soutint un siége mémorable, où
M. lemaréchal de Bouflersfit une défense célébre:
ilymournt et fut relevé par M. le maréchal de Richelien qui eut part à sa gloire.
Le roi me fitmonter dans ses carrosses
T'hiver et souper dans ses cabinets: cette pendant
étoit nécessaire
étiquetté
pour manger avec luialarmée. Les
officiers généraux y étoient seuls de droit; et
les colonels, ceux seulement
parmi
mis à Versailles
qui y ayoient été adaprès les preuves d'usage. Il seroit
diflicile dedonner des raisons bien fortes
étiquettes de cour; c'étoit
pour ces
pourtant, ainsi que les
rubans, une manière peu conteuse de payer les services, quand ces récompenses étoient distribuées à
propos.
La campagne de 1748 commença de très-bonne
heure, par une opération la plus brillante de toute
lag guerre du
maréehaldeSase, et qui
ses succès militaires
couronna tous
la marche
: on voit qu'il est question de
mémorable pour investir Mastricht
en faire le siége. Cette place avoit été
et
deux batailles
Toccasion de
gagnées à ses portes;mais elle avoit
toujours protégé la retraite de Tarmée ennémies
larive de la Mouse opposée.
esur
Tous les colonels etl-
de toute
lag guerre du
maréehaldeSase, et qui
ses succès militaires
couronna tous
la marche
: on voit qu'il est question de
mémorable pour investir Mastricht
en faire le siége. Cette place avoit été
et
deux batailles
Toccasion de
gagnées à ses portes;mais elle avoit
toujours protégé la retraite de Tarmée ennémies
larive de la Mouse opposée.
esur
Tous les colonels etl- --- Page 78 ---
MÉMOIRES
rent ordre dêtre rendusàl leur
vril,etThabitude
régiment le T. d'adre
que lon avoit de ne
ces ordres au pied de la lettre, fit jamais prendOutre-Meuse,aux
que Tarmée
Perigord. et moi
de
KendesdalLalmaaiAi.
vision
nous fimes les deux seuls de sa diarrivésà cette époque. M. le maréchal de
Lovendal nous donna tous les
vision, à la tête de
grenadiers de ladider
laquelle il marchoit, à commanalternativement, Son intention
domnantloceasione
étoit, en nous
d'avoir quelques succès, de nous
procurer de Tavancement
voient
pour punir ceux qui n'apas encore rejoint. Lennemi ne tint ferme
nulle part, et nous ne fiimes pasassezhetreux,
trouver quelque résistance en traversant
pour
quartiers de l'ennemi, ni dans
tous les
cette place qui fut fait le dixième Tinvestissement de
marche, Jentre dans le. détail
jour de notre
ration, qui
de cette belle opépartagea Tattention de Fennemi
toute sa frontière, depuis
sur
Breda,
Luxembourg jusqu'a
L'armée d'Outre-Meuse marcha sur
colonnes par la rive droite de ce fleuve; elles cinq
toutes le I.Cr d'avril des points de
partirent
médi, Sedan, Givet et
Longwy, Montchetés
Namur, avec des ordres caqui ne furent ouverts
cette
Celle de M. de Saint-Germain, qu'à
époque.
laissa
partie de Longwy,
Luxembourg à sa droite; et, donnant à cette
pberepevheiangiàndh, marcha en huit jourssur
par la rive droite de ce fleuve; elles cinq
toutes le I.Cr d'avril des points de
partirent
médi, Sedan, Givet et
Longwy, Montchetés
Namur, avec des ordres caqui ne furent ouverts
cette
Celle de M. de Saint-Germain, qu'à
époque.
laissa
partie de Longwy,
Luxembourg à sa droite; et, donnant à cette
pberepevheiangiàndh, marcha en huit jourssur --- Page 79 ---
5X
DE ROCHANEEAU.
Licubourg et Verviers. Lesautres,sonse divers ofliciers généraux, dirigérent leurs marches sur le mné
me point. Celles de Givet et de Namur se réunirentlesecond jourà Marche en Famine, aux ordres
directs du maréchal de Lovendal;le troisième
nous nous portâmes à Durbuy, où lon
jour
dans les villages des environs. Nous
cantonna
the à Othon, on Ficher
passâmes lOur
de hussards
surprit la veille un poste
: le feu qui sly fit donna la
alarme à tous les qjuartiers des ennemis premiere
mencèrent à sereplier.
qui comPendant le même temps, M. lei maréchal de Saxe
donnoit des inquiétudes à Breda; il se porta en sa
personne à Berg-op-Zoom, y ft marquer le
ment de tout le
logesuite
quartier-général, 9 et revint tout de
se mettre à la tête de soixante mille hommes
qu'il avoit rassemblés entre Bruxelles et Louvain. Il
marcha le 4 avril jusqu'a Tirlemont; les
sur toutes les premières
ennemis,
blèrent
démonstrations, se rassemen force à Breda et laissérent les Autrichiens seuls dans les quartiers qui couvroient Mastricht.
Le 5, Farmée d'Outre- - Meuse arriva
sur FEm:
blève, en différens cantonnemens; le maréchal de
Lovendal établit le sien à Auvaille:
vâmes unel brigade de hussards
nous y trouavec
se chamailla toute la journée.
laguelleFicher
Le7, nous arrivâmes à Verviers, où toutes nos
se rassemen force à Breda et laissérent les Autrichiens seuls dans les quartiers qui couvroient Mastricht.
Le 5, Farmée d'Outre- - Meuse arriva
sur FEm:
blève, en différens cantonnemens; le maréchal de
Lovendal établit le sien à Auvaille:
vâmes unel brigade de hussards
nous y trouavec
se chamailla toute la journée.
laguelleFicher
Le7, nous arrivâmes à Verviers, où toutes nos --- Page 80 ---
Go
MÉNOIRES
divisions se rémnirent; T'ennemi continua
areplier ses quartiers,
toujours
Le 8, nous placmes notre' droite à
et notre ganche à Freron,
Micheron,
Liége derrière
ayant la chaussée de
nous.
avoit laissé une forte Nonsyapprimes quelennemi
continuoit à se
garnison dans Mastrich et
Ja
replier sur Stockeim en descendant
Meuse; que M. le maréchal de Saxe les avoit délogésdeTongres, etque M. de Brezé,
en bordant la rive gauche de la
quimarchoit
paré de Hui,
Meuse, s'étoit emLiége et Viret.
Toutes ces différentes divisions arrivérent
devant la place; M. le maréchal
le II
de Lovendal
puya sa gauche à Opharen sur la
aple maréchal de Saxe faisoit
Basse-Meuse, où
comgpunication.M.del construire ses ponts de
Jes hauteurs de
Lovendal plaça sa droite sur
jour dinvestir Bemelen. Il me chargea le même
la place par le côté
avec vingt compagnies de
dOutre-Mense,
dans les postes qui
grenadiers quej jétablis
tage. Nous
pouvoient la resserrer davanen essuyâmes quelque feu
et nous emportâmes des
sans effet,
avoit laissés. M. de Saint-Germain magasins que Tennemiy
fut détuchéavec
cinqbntaillons, un régimentded
sards pour. aller
dragons, un dehus
chemin
prendre poste à
le
d' Aixla-Chapelle.
Fauquemontsurl
Le 15, toute Tarmée fut refondue dans
velordred debntaille; chacun
un noualla rejoindreson poste
mes quelque feu
et nous emportâmes des
sans effet,
avoit laissés. M. de Saint-Germain magasins que Tennemiy
fut détuchéavec
cinqbntaillons, un régimentded
sards pour. aller
dragons, un dehus
chemin
prendre poste à
le
d' Aixla-Chapelle.
Fauquemontsurl
Le 15, toute Tarmée fut refondue dans
velordred debntaille; chacun
un noualla rejoindreson poste --- Page 81 ---
DE ROCHANBEAU.
6r
et son chef de brigade. Le régiment de la Marche
alla camper au parc d'artillerie; il fut attaché à CC
service pendant tout ce: siége, ce quinelempéchoit
pas de monter la tranchée à son tour dans la ligne.
La place fat attaquée par les deux rives de la BasseMeuse où l'on ouvrit les tranchées. M. le maréchal
de Saxe fit construire des redoutes de son invention à cent toises l'une de Tautre, et fortifiées de canon dans toute la plaine entre les sources du Demer
et la Meuse. On retrancha les villages et les bords
de la rivière de Gueule sur la rive droite de ce
fleuve. Chaque régiment de cavalerie fut chargé
de construire une redoute avec une prine pour la
première qui seroit finie. Linfmterie fut occripée
au siége sous les ordres du maréchal de Lovendal.
M. de Brezé fut chargé de linvestissement
sur la
montagne de Saint-Pierre, entrela Haute-Mense et
le Joar. L'ennemi se défendit avec beaucoup de vigueur;il fit deuxs sorties avec succès; nous eûmes
delar neige et des pluies qui rompirent tousles chemins; la Meuse déborda et devint innavigable;
toutes les provisions manquoient, l'artillerie étoit
mal servie faute de munitions.
Ce fut dans ces circonstances que les maréchaux
prirent le parti de faire une attaque de vive force à
tous les. ouvrages extérieurs du chemin
avant-chemin
couvert,
couvért, demi-lune. et ouvrages à
corne : tout devoit être emporté ou escaladé cette
qui rompirent tousles chemins; la Meuse déborda et devint innavigable;
toutes les provisions manquoient, l'artillerie étoit
mal servie faute de munitions.
Ce fut dans ces circonstances que les maréchaux
prirent le parti de faire une attaque de vive force à
tous les. ouvrages extérieurs du chemin
avant-chemin
couvert,
couvért, demi-lune. et ouvrages à
corne : tout devoit être emporté ou escaladé cette --- Page 82 ---
G2
MENOIRES
nuit. J'étois de tranchée avec les
M. de-3Maubourg,
Gandes-Suisesy
doit. Il avoit mandé lieutenantigénéral, les
la commanles colonels
leur capitaines des grenadiers et
pour
expliquer les
devois soutenir, avecl lerégiment dispositions. Je
escalade
delal Marche, une
que devoit faire M. de
trois cents volontaires. Je
Clamontze avec:
cussion queM.del
me souviens d'une dismanière noble et Laton-Naubourg termina d'une
digne d'un
étoit
général fraçois. Il
question, entre les compagnies de
desavoirsi celle des Gardes-Snises, grenadiers,
gère, auroit une
comme étrancompagnie de grenadiers
devantelle. Personne,
françois
ardent à soutenir
franchement, n'étoit bien'
bourg,
ce poste d'honneur:1 M. de Mauqui s'en aperçut, appela
ral: Venezdonc
Taideanajor génévite, lui cria-t-il, régler
ils voudroient tous être des
leurs rangs;
une confusion. A
premiers et ce seroit
mon rétour à mes drapestix, je
racontoisàmon
dont
wsaslinemsibeodandln
nous serions chargés afentrée de la nuit. besogne Mon
colonel, me dit-il, il faut
de fusil
sabonnerà un des
que vous avez reçu Tannée
coups
différentes
passée ; car ces
attaques me paroissent bien
Un capitaine du régiment vint à moi et gaillardes.
la paix étoit faite, jel le
me dit que
répondis
Il
pris pour un fou etje ne lui
M. de pas. me répliqua qu'il venoit de parlerà
Melfort, envoyé par M. le
à M. de Maubourg,
maréchal de Saxe
pour faire cesserle feu et pro-
avez reçu Tannée
coups
différentes
passée ; car ces
attaques me paroissent bien
Un capitaine du régiment vint à moi et gaillardes.
la paix étoit faite, jel le
me dit que
répondis
Il
pris pour un fou etje ne lui
M. de pas. me répliqua qu'il venoit de parlerà
Melfort, envoyé par M. le
à M. de Maubourg,
maréchal de Saxe
pour faire cesserle feu et pro- --- Page 83 ---
DE ROCHAMBEAT U.
poser un armistice à Tennemi; qu'il étoit arrivé
courrier
un
rde3t.deSain-Severin, notre
au congrès
ambassadeur
dAisda-Chapelle. Je reçus effectivement, un quart-d'heure après, lordre
faire
cesser le feu aux batteries qui
pour
qui ne fut pas fort diflicile, m'environnoient, ce
parce qu'elles étoient
presque toutes démontées; ; mais ce qu'il y eut de
piquant, c'est que M. d'Aremberg, général autrichien, dejouri à Tattaqne, se
et continua pendant deux heures refisitaunamision,
ennuyoit
un feu qui nous
beaucoup. Enfin, T'armistice fut
ainsi que les préliminaires de la paix Tavoient signé,
par les ministres
été
pléipotentisires à Aix-la-Chapelle. Par cette paix, le roi rendit toutes
quêtes en l'état où elles se trouvoient. ses concordoit un établissement
On lui-acen Italie pour linfant de
Parme, son gendre; les Anglois évacuèrent le
Breton et ce qu'ils nous avoient pris du côté cap
Canada. Telle fut la fin d'une
du
qui nous avoit fait verser
guerre de huit ans
nos succès n'avoient
beaucoup de sang et où
tières. Ils n'avoient commencé que sur nos fronmême été brillans que dans les
plaines de Flandre et du
maréchal de Saxe.
Brabant, aux ordres du
rissés de
Ces deux pays étoient alors héplaces fortes ; les François en avoient démantelé une grande partie; et Tempereur
après sle traité de Versailles etl Talliance Joseph,
dont il sera parlé par la suite, acheva de Vienne,
de les raser
'avoient
beaucoup de sang et où
tières. Ils n'avoient commencé que sur nos fronmême été brillans que dans les
plaines de Flandre et du
maréchal de Saxe.
Brabant, aux ordres du
rissés de
Ces deux pays étoient alors héplaces fortes ; les François en avoient démantelé une grande partie; et Tempereur
après sle traité de Versailles etl Talliance Joseph,
dont il sera parlé par la suite, acheva de Vienne,
de les raser --- Page 84 ---
NÉMOIRES
pour concentrer toutes ses forces à la
ses états dans Tempire
défense de
germanique.
Après avoir manqué, heureusement
deux mariages avec des femmes
pour moi,
tourné, mon étoile
qui ont assez mal
me donna une femme telle
je pouvois la désirer.
que
"mademoisell
Jépousai, à la fin de
Telies
1749,
dAcosta; elle
dotele triple du bien
m'apportoit en
donner en mariage, que mes parens pouvoient me
une éducation dont mais surtout un personnel et
des amis communsme faisoient
leplus grand éloge. Elle a fait mon
ma vie, etj'espère de mon
bonheur toute
la plus tendre
côtéavoir fait le sien par
amitié, qui n'a
tant pendant près de soixante jamais varié un insmes blessures, où
ans. Ma santé depuis
j'avois été
étoit fort
saignéjusquau blanc,
valétudinaire; des fièvres
crachemens de sang successifs
fréquentes, des
chez mon père
m'obligérent à aller
passer une année de vie douce et
régime; ; ma femme
de
prise de la
maccompagna toujours,y fut
petite-vérole et. nous nous y soignâmes
respectivement. Elle avoit une fille
ne tarda pas à mettre au
qui mourut, et
consola del la perte de
monde un fils qui nous
cette dernière,
cette paix et cet état de
Pendant toute
rôle fort médiocre àl la dépdiserment je jouais un
monté au ton des
cour; ; mon csprit n'étoit pas
agrémens de mode alors dans
sociétés; mais la
les
on rendit
partienilinirene fut pas négligée,
beaucoup de nouvelles
orcdounances. Le
tarda pas à mettre au
qui mourut, et
consola del la perte de
monde un fils qui nous
cette dernière,
cette paix et cet état de
Pendant toute
rôle fort médiocre àl la dépdiserment je jouais un
monté au ton des
cour; ; mon csprit n'étoit pas
agrémens de mode alors dans
sociétés; mais la
les
on rendit
partienilinirene fut pas négligée,
beaucoup de nouvelles
orcdounances. Le --- Page 85 ---
DE ROCHANBEAU.
régiment de la Marche d'abord à Verdmn,
à Metz; puis à
ensuite
grès dans la Besançon, se distingua par ses protactique et la discipline, Le maréchal
de Belle-Isle mandoit
qu'à ma santé près j'étois
T'exemple de sa garnison ; et il voulut que son
le comte de Gisors, se. liât étroitement
fils,
m'admettoit dans
avec mhoi:i il
son cabinet le soir, et dans ses
voyages de Bisy, où il nous parloit de ses
gues et de la guerre. à merveille, mais
campaun pêu de
toujours avec
charlataneric: cet homme célébre avoit
cependant été chargé de si grandes affaires,
conversation étoit fort instructive.
que sa
Je cite une anecdote qu'il prenoit plaisir à
conter. Leroi de Prusse, après le siége del
raproposa à Louis Xv de lui enyoyer le maréchal Frihourg,
Belle-Isle pour remettre en action tous les
de
la France en Allemagne.
alliés de
chassé de ses états et rongé L'empereur de
Charles VII,
triste vieà Francfort. Le
goutte, menoit une:
maréchal de
après lui avoir donné de grandes
Belle-Isle,
rétablir en Bavière,
espérances de le
avoit
partit sur une route. que lui
envoyée de Berlin le roi de Prusse
faire éviter tout le territoire
pour lui.
vêtu de tous les
hanovien;i il étoit repouvoirs de
de ces princes. Ala
plénipotentinire auprès
dans la montagne de posteimpériale dElhingerode,
THerte, le bailli de ce
qui étoit Hanovrien,
village,
prit sur lui de le faire arrêter
par trente paysans armés. La régence d'Hanovre
I.
--- Page 86 ---
66.
M ÉMOIRES
avoit envoyél T'ordre de le laisser
le ministre d
passer : cependant,:
transférer à Angleterre approuva le bailli et le fit:
Londres, ou-il fut retenu
pendant plus dec deux ans. La
prisonnier
à cette nouvelle,
goutte de T'empereur,
lecteur de
remonta. et Tétouffa : son fils, léBavière, ayant une, mère
livra tous ses états aux troupes de la reine autrichienne,
grie. Le roi de Prusse fitisa
de Honde Toscane, mari de
paix, et le grand-duc C
pereur. Voila les
Marie-Thérise, fit élu em-.
la résolution
grands événemens qui suivirent
d'un bailli de villagequi en fat la
mnière cause.
preLe maréchal de Saxe s'épuisoit,
dans son sérail à Chamborsil
depuis la paix,
y mourutà
ans, en disantà à son médecin
cinquante.
Sénec: ( Mon
voililaf fin d'un bean réve! > Tout le monde ami,
moti mémorable de la reine, femme
sait le
de Louis
son occasion. Elle étoit fort
xv,à
pieuse catholique, le.
Pettiendelire Im'estbien douloureux, sécrian-telle,de ne pouvoir dire un De
chanter Profundis pour ce: général qui nous a fait tant
de Te Deum ).
Un grenadier lui fit, en 1757, une oraison
nebre plus
fitira
énergique ; en passant à
il
son sabre,
Strasbourg,
Taiguisa sur son tombeau, et marcha
fiérement, persuadé qu'il alloit comme lui tiompher de nos ennemis.
3Llemnedald-lmenda
pourquelquespille
douloureux, sécrian-telle,de ne pouvoir dire un De
chanter Profundis pour ce: général qui nous a fait tant
de Te Deum ).
Un grenadier lui fit, en 1757, une oraison
nebre plus
fitira
énergique ; en passant à
il
son sabre,
Strasbourg,
Taiguisa sur son tombeau, et marcha
fiérement, persuadé qu'il alloit comme lui tiompher de nos ennemis.
3Llemnedald-lmenda
pourquelquespille --- Page 87 ---
DE ROCHANBEAE,
ries dont on Tavoit accusé, étoit fort mal
cour; ; sans appui, entouré
reçu à la
dans la force de son
d'epnémis, il mourut
dge, del
grin lui occasionna,
lagangrene que le cha
sans laisser de fortune;
ques atrocités qu'on eut débitées
quel-.
dans ces circonstances
contre lui, C'est
la guerre de
que nous étions menacés de
de
1755,au moment où nous venions
perdre nos généraux de confiance.
Le régiment quej je commandois étoit alors àl
citadelle de Besançon, ,létat-major
la
toutes les compagnies étoient
seulement;n mais
vince pour contenir des
dispersées dans la proà leun tête le fameux contrebandiers qui avoient
donnance
Mandrin. Une nouvelle ord'exercices nous arriva; et M. de Paulmy, adjoint au ministère de la guerre, nous étoit
annoncé pour voir les troupes,
sieurs
accompagué de plu.
généraux et inspecteurs. Je fis faire à mon
régiment un tour de force pour ce temps-là. Je
venir de tous les quartiers
fis
d'instructeurs
dispersés -un nombre
que nous dressâmes à
avec la plus parfaite uniformité
Tétat-major
porter Tinstruction
: je les. renvoyai
qu'ils avoient reçue;
commandant de quartier
chaque
et d'émulition. Le
ymithenncoup d'activité
deux jours avant régimentne funtrassemblé que
Tarrivée de M. de
jour de sa revue,il fut jugé, d'une voix Paulinysetle
comme le plus parfait de tous ceux
unanime,
yusdans cette tournée. Je
qu'ils avoient
donnai à ce ministre une
porter Tinstruction
: je les. renvoyai
qu'ils avoient reçue;
commandant de quartier
chaque
et d'émulition. Le
ymithenncoup d'activité
deux jours avant régimentne funtrassemblé que
Tarrivée de M. de
jour de sa revue,il fut jugé, d'une voix Paulinysetle
comme le plus parfait de tous ceux
unanime,
yusdans cette tournée. Je
qu'ils avoient
donnai à ce ministre une --- Page 88 ---
MÉMOIRES
halte dans la prairie atl pied de la citadelle de
sançon 3 pendant qu'il étoit à table, il
Belettres : on lui mandoit les actes
reçut ses
miral Biscaven,
d'hostilités de l'aqui avoit attaqué et
nos vaisseaux de
pris trois de
de
guerre faisant partie d'un convoi
troupes que lon menoitan Canada. On
en méme temps à ce ministre
Ton
mandoit
tant en Picardie
que
rassembloit,
qu'en Normandie et en
tous les vieurrégimense de
Bretagne,
coup d'autres
quatre bataillons et beautroupes; et que le maréchal de BelleHerdestmenseommietd des côtes del'Océn.
Après m'avoir
communiqné ces
fis part de mon chagrin d'être si nouvelles, je lui
de bataille
éloigné du champ
qui se préparoit, et qu'il étoit bien fàcheux qu'un régiment, qu'il venoit dej
si
en état de servir, restât dans les
juger bien
dionales. Il écrivit le même soir à provinces mérilettre n'arriva heureusement
son oncle, et sa
des garmisons étoit
qu'après que le travail
destiné à
signé et parti. Le régiment fut
aller'au fort Barreaux en Daupliné. Cette
destination prouve encoreTopinion
au comimencement de ces
quejai donnée
la
Mémoires, qu'il faut à
guerre toujours suivre son sort avec confiance.
On fit sur FOcéan beancoup de démonstrations
pour une descente en Angleterre, dans Fhiver et
dansTété de 1756,qui ne put se réaliser.
chal de Richelieu fut
Le marécôtes de la
nommé commandant des
Méditerranée, le régiment que je com-
. Cette
destination prouve encoreTopinion
au comimencement de ces
quejai donnée
la
Mémoires, qu'il faut à
guerre toujours suivre son sort avec confiance.
On fit sur FOcéan beancoup de démonstrations
pour une descente en Angleterre, dans Fhiver et
dansTété de 1756,qui ne put se réaliser.
chal de Richelieu fut
Le marécôtes de la
nommé commandant des
Méditerranée, le régiment que je com- --- Page 89 ---
DE ROCHANBEA: U.
mandois fat de son
à
armée,et nous fimes destinés
Texpédition de Mahon; elle fut conduite
promptitude et avec un secret
avec
coloncls reçurent leurs ordres impénéuable. Les
leurs
pour être rendus à
régimens le 15 de mars. Le mien étoit en
marche pour se. rendre du fort Barreauxà
Provence : je le rejoignis le 15au soir. Javois Quers en
dans la journéeà à Toulon, qit M. de Massiac, passé
mandant de la marine, me demanda
comCC que vouloient dire tous ces bruits qui sérieusement
d'une entreprise sur Mahon; ; je crus qu'il couroient
siflloits je lui répondis qu'il devoit être me pertruit du secret des
mieux msopérations maritimes qu'un simple colonel de Tarmée de terre. M. de Massiac
protesta de très-bonne
me
aucun
ordre
iquiniavoitencorer reçu
pour armer les vaisseaux.
Le comte de Maillebois arriva le
chal de Richelie le
20, et, le maré22; ils avoient passé à Mar
seille, avoient apporté les derniers ordres à M. de
Charron, commissaire ordonnatenr de la marine,
qui étoitseul dans le secret et
avoit
sous
différens
qui
préparé,
prétextes; les
toutes les
matelots, 2 les vivres et
munitions. Tout.fut prêt pour le commencement d'avril, et Tarmée fut
de ce mois sur douze
embarqiuée le 6
vaisseaux de ligne et cent
quatre-vingts de transport: : ces derniers
de Marseille. Les
arrivèrent
grenadiers et gendarmes furent,
embarqués sur les vaisseaux de
guerre et les fré-
rens
qui
préparé,
prétextes; les
toutes les
matelots, 2 les vivres et
munitions. Tout.fut prêt pour le commencement d'avril, et Tarmée fut
de ce mois sur douze
embarqiuée le 6
vaisseaux de ligne et cent
quatre-vingts de transport: : ces derniers
de Marseille. Les
arrivèrent
grenadiers et gendarmes furent,
embarqués sur les vaisseaux de
guerre et les fré- --- Page 90 ---
-70
XÉNOTRES
gates; et lés
hataillons, stir troupes, lés
au nombre de
vres ét
les
transports avec Tartillerie, vingt-qatre
lon le 10 munitions,. La flotte
les viI hors
avril à la pointe du appareilla de Tonde la rade, le vent devint jour: dés qu'on fut
obligédentrer dans la rade contraire et l'on fut
plus de six mois
'Hieres.
crachement de que Javois eu encore Inlyaveity pas
la mer
sang. je
un violent
ne renonvelsente ciaignois que les efforts de
traire, depuis cette
ces accidens; mais au conment lés
époque, jen ai éprouvé
cependant aticintes-e'est tin remède
raredant
pas conseillera aucun qmejestoisereis
notre sejour à la rade
poitrinaire Penghal Idenvoyer au vaissean dHicres, il fat fait Siplacement dey vivres,
amiral cliercher un
la
jeus la
remchialoupe aux nouvelles. curiositéay aller dans
lieu
Le
jouoit aul wisk avec M. maréchal de RicheCalisomnitre étoità une
Dumesail, M. de la
qui sert de gironette:
fenêtre près de la plume
Combien
dientlenaniedaly que duirera cé croyez-v vous, luj
assurément flottes
nous donnons bien le vent contraire; car
M. le angloises d'arriver dans la enpaitonteles
maréchal, lui
ni'est
Ashterrandes
arrive de
repondit la
revenirent trois Coalisnmnite, il
Cibinltar, o Javois mnis
jours du détroit de
tous des calculs
trois mois pour
réchal ne
que l'on peut faire stir aller; voilà
demanda pas son réste.
mer : le macependaunt le
Le Vent
lendemsin, et toute la floue changea
fit voile
iver dans la enpaitonteles
maréchal, lui
ni'est
Ashterrandes
arrive de
repondit la
revenirent trois Coalisnmnite, il
Cibinltar, o Javois mnis
jours du détroit de
tous des calculs
trois mois pour
réchal ne
que l'on peut faire stir aller; voilà
demanda pas son réste.
mer : le macependaunt le
Le Vent
lendemsin, et toute la floue changea
fit voile --- Page 91 ---
DE ROCHANBEAU.
ventarriereje jusqulaquatre heures du soir.
mes alors un coup de vent violent
Nous eùminuit et dispersa la flotte. M. de la qui durajusqu'a
la rallia le 15; il
avoit
Galissonnière
n'y
eu d'autres
que quelques
événemens
lés bas
abordages. Nous pensâmes être coupar un vaisseau de guerre
dans le temps oi nous avions
qui voulut virer
manceuvre: Enfin, le 18 avril commencé la mèine
nous découvrimes l'ile de là6heures du matin,
Toro qui s'élève
Minorque et le mont del
au milien de cette fle et
trésaisée à reconnoître. Nous
la rend
jolyy pour nous placer dans le doublames le capBaet Minorque, etla descente canal entre Majorque
du soir et
s'effectua à sept heures
pendant toute la nuit,
Cest un des plus beaux
ma vie. Notre escadre spectacles quejaievusde
derrière elle
mouilla en croissant,
tous les vaisseaux de
ayant
côtes de
transport, Les
Majorque et de
vertes de peuple; les
Minorque étoient couconds par intérêt. Je premiers par curiosité, les sebeaucoup de
distinguai avec une lunctte
pinion de la femmes, ce qui ne me donna pas d'orésistance qu'on nous
descente. ly avoit dans
opposeroit à la
Citadella,
guatre cents
ils
capitale de l'ile,
Anglois;i se retirérent
sur Mahon qui en està dix lieues: tout dosuite
gnaux. successifs
on donna les Sipoureddarquer les
généraux, les
grenadiers, les
rent
brigades; ; quatre cents chaloupes fiemployées et ramoient à qui arriveroit ia
pre-
donna pas d'orésistance qu'on nous
descente. ly avoit dans
opposeroit à la
Citadella,
guatre cents
ils
capitale de l'ile,
Anglois;i se retirérent
sur Mahon qui en està dix lieues: tout dosuite
gnaux. successifs
on donna les Sipoureddarquer les
généraux, les
grenadiers, les
rent
brigades; ; quatre cents chaloupes fiemployées et ramoient à qui arriveroit ia
pre- --- Page 92 ---
MÉMOIRES
mière. Le vaisseau amiral et les
couverts de signaux
répétiteurs étoient
ries. le sont de rubans comme les bâtons de confraide toutes couleurs.
ment où le maréchal de Richelien
Au nochaloupe, toutel'escadre
se mit dans la
le salua d'une
canon, ce qui fitcroireanx
décharge de
pagnols, que nous trouvions Majorquins, de
bons Esla
partit un courrier
résistance : il en
pour.
notre débarquement
Versailles, qui annonça
après un
ce ne fat qu'une dépense
grand combat; mais
Les femmes et les enfans honorifique de poudre.
nous et nous aidoientà
venoient au-devant de
chers; ils étoient tousi passer les crévasses des roles
catholiques et
Anglois; ; on baisoit les mains n'aimoient pas
récollet que j'avois
sales d'un vilain
prisà Toulon
et. les femmes se mettoient à
pour aumônier,
ses bénéidictions
genoux pour recevoir
qu'il ne leur' épargnoit
Le1g, tous les grenadiers de
pas.
gade de Royal marchèrentj
Tarmée et la britié chemin de
jusqu'à Mercadel,à moiLe
Mahon, aux ordres de M,
21, lemaréchal les
Dumesnil.
deux pièces de seize; le suivitavec toute T'armée et
détaché
22, M. de Beauvean
avec les grenadiers
fut
Cette ville lui
pour aller à Mahon.
retirée
apporta ses clefs; la
au fort
garnison s'étoit
Quatre vaisseaux Saint-Philippe et autres
de guerre
adjacens.
nuit
s'étoient
précédente, en abandonnant
écliappés la
bitimens françois
dans lei port dix
qui avoient été pris par des cor-
T'armée et
détaché
22, M. de Beauvean
avec les grenadiers
fut
Cette ville lui
pour aller à Mahon.
retirée
apporta ses clefs; la
au fort
garnison s'étoit
Quatre vaisseaux Saint-Philippe et autres
de guerre
adjacens.
nuit
s'étoient
précédente, en abandonnant
écliappés la
bitimens françois
dans lei port dix
qui avoient été pris par des cor- --- Page 93 ---
DE ROCHANBEAU.
saires. L'armée suivit. M. de Beauvean le lendemain
et campa devant le fort Saint-Philippe, la droite en
arrière du petit raffolet, alignée sur l'ile de Laire,
etligauche à un millede la ville de Mahon.
Lorsque le maréchal de Richelieu partit de Versailles, on ne put trouver qu'un vieux plan de Mahon dansle dépôtidel la marine; c'étoit l'ancien fort
deSuint.Philipped du tohpslaipopmakataval
lière étant consulté, luie ditqu'avee vingt-quatre
piécesdegroscanon et Aqinzemoriersily-ens avoitplus
qu'il ne falloit pour écraser cette bicoque. Arrivéà
Toulon, ileutquelquese
conférencesaveer un capitainede vaissean marchand quiyavoitété
relâché sur sa parole;ce marin lui dit prisonnier ret
ressembloitnon
que ce plan ne
plus au fort Saint-Philippe que la
Bastiller ne reswenbioitaunebonne, place de
D'après cet avertissement, lei maréchal
guerre.
places del la
pritdans nas
Méditerranée, assez mal pourvues d'artillerie, une atigmentation de
canon ets sept mortiers. Mais, quiatorze pièces de
quel fut notre étonnement à la première reconoissance que lon fit
du fort
Saint-Philippe, cquand nous découvrimes
une place hérissée de fortifications et nous
tant deux cent qtarante embrasures
présengarnies de CanonslDepuis queles Anglois en étoient maitres, ils
y avoient construit des contre-gardos
avant de tous les bastions et
spacieuses en
demi-lunes, couronnées par un chemin
conenihyaoientsgeanér eun
quel fut notre étonnement à la première reconoissance que lon fit
du fort
Saint-Philippe, cquand nous découvrimes
une place hérissée de fortifications et nous
tant deux cent qtarante embrasures
présengarnies de CanonslDepuis queles Anglois en étoient maitres, ils
y avoient construit des contre-gardos
avant de tous les bastions et
spacieuses en
demi-lunes, couronnées par un chemin
conenihyaoientsgeanér eun --- Page 94 ---
BENOIRES
frontde lunettes
avancées Sur les
avantechemin
capitales,avecun
couvert, et construit le fort Marlbo.
gauche de
rives droite et
murtesetaees
la calle Saint-Etienne.
étoient taillés dans le
Tons les fossés
minés
roc; tous ces
par les plus belles galeries ouvrages étoient
glacis,sur un roc pelé
possibles; tous les
vll.quilseimoientg jusqu'an faubourg de la Raderaser.
pasheureusemente eu le temps
Tous ces obstacles se
général dartillerie
présentérent à la fois : le
lieu,
écrivit, au maréchal de Richequavec les moyens qu'on avoit
pouvoir, illui
laissés à son
rendre la dernière alidtumatresingiepastres voiture
jours pour
son équipage
et des derniers effets de
Maillehois
d'artillerie devant la place. M. de
fut renvoyéà Citadella se
M. de la
concerter avec
Galisomnières M. de
à
cadel, avec
Monteinard, Merquatre. bataillons en
destina au portFormelle
échelons; on me
vingts
penegconmestimote
iseasmarclansdhateer mon
tuis chargé de faire reverser dans régiment.J'6
vaisseaux etde faire
les plus petits
dos
passer, tant par ce. moyen
dhommes, à Mahon, tous les
qui'à
qui pouvoient se diviser: Tous les effetsd'artillerio mulets
furent destinés au
du pays
boeufs de
transport des vivres. Tous les
snbsistance que lon avoit
rent employés à trainer les
embarqués fules caissons à leur stite. Dès canons,mortiers ettous
que M. de Maillebois
vaisseaux etde faire
les plus petits
dos
passer, tant par ce. moyen
dhommes, à Mahon, tous les
qui'à
qui pouvoient se diviser: Tous les effetsd'artillerio mulets
furent destinés au
du pays
boeufs de
transport des vivres. Tous les
snbsistance que lon avoit
rent employés à trainer les
embarqués fules caissons à leur stite. Dès canons,mortiers ettous
que M. de Maillebois --- Page 95 ---
DE ROCHAMBEAU.
et de Monteinard eurent fait ces dispositions préalables, on me chargea de leur exécution; je me
transportai à Mercadel, au centre de Tile, avec le
régiment de Cambise, que lon mit à mes ordres,
et celui de la Marche, pour accélérer toutes
opérations. Nous y mimes une telle activité, ces
liet des deux tiers des pièces de
qu'au
mortiers
canon, de quinze
et d'un équipage proportionné, qu'on demandoit rendus à Mabon, pour. le 14 de mai,
rivai le même jour devant cette
jarTartillerie,
place, avec toute
sans laisser une voiture derrière nous.
Ce sicge commença dans la nuit du 8 au 9 de
mai, en s'emparant du faubourg de la
pied des glacis, et en y faisant des
Ravalle, au
pour la construction des
magasins de terre
tranchée le
batteries. Je montai la
18, pour la première fois. Le
cadre de Tamiral Bing
les
19, T'esnoeuvrèrent
parut ; deux flottes matoute la journée pour gagner rle vent.
Le 20, M. de la Galisonnière arriva
glois; mais le yent
sur les Andu
ayant changé surles onze heures
matin, cet avantage passa de lcur côté; le combats s'engagea, mais avec beaucoup'de précaution de
la part de Tamiral anglois; ilne voulut
commettre vaisseau à vaisseau
jamnais se
avec M. de la Galisonnière, qui sortit deux fois de la ligue
le
combattre et protéiger
pour
scau
qni dérivoit de Jeur THippopotame, côté,
petit vaiscombattit fort serrée;
Toute notre ligne
l'amiral Welsh et spelqmes
a de lcur côté; le combats s'engagea, mais avec beaucoup'de précaution de
la part de Tamiral anglois; ilne voulut
commettre vaisseau à vaisseau
jamnais se
avec M. de la Galisonnière, qui sortit deux fois de la ligue
le
combattre et protéiger
pour
scau
qni dérivoit de Jeur THippopotame, côté,
petit vaiscombattit fort serrée;
Toute notre ligne
l'amiral Welsh et spelqmes --- Page 96 ---
NENOTRÉS
vaisscaux de sa division
la portée de
sapprochérent des nôtres à
tés. Les Anglois mousqueteries et fiurent fort maltraitinrent le vent, ils en
pour. se retirer à Tentrée de la
profitérent
sonnière les suivit.
nuit; M. de la Galijusqu'à la hauteur de l'ile
Laire, et revint le 21
de.
trée du port,
reprendre son poste à l'enpour barrer les secours
pu, en son absence, chercher à
qui auroient
ce. Il écrivit au maréchal
entrer dans la plade Richelien :
féré votre gloire d la
Jaipréobjet de notre mission mienne, et le principal
d Ihonneur
quej'aurois pu retireren
particulier
vaisseaux ennemis
paursuranteguelgees
traités. On doit rendre qui m'ont paru très-malaussi un propos
leresque du maréchal de Richelieu. très-chevaavec lui sur la hauteur de l'ile de
Nous étions
avec beaucoup d'intérêt
Laire, à regarder
ne pouvoit découvrir ce combat de mer quelon
Le maréchal
qu'avec de bonnes
se tourna vers trois ou
lunettes.
quily avoient
quatre colonels
il,i il se
accompagné : Messieurs, nous ditjoue-là un jeu bien
la Galisonnicre bat
intéresemnt; si M. de
notre
Tennemi, nous
siége en pantoufles; mais s'il continterons
dra avoir recours à
est bnttun, ilfadiens :
Tescalade, aux derniers
ilny a personne dans Tarmée
expécomme moi, qu'il vaut micux
qui ne pense,
haut du mont del
se faire moine au
sans avoir
Toro, que de rentrer en France
pris Mahon, Cc propos étoit d'autant
re bat
intéresemnt; si M. de
notre
Tennemi, nous
siége en pantoufles; mais s'il continterons
dra avoir recours à
est bnttun, ilfadiens :
Tescalade, aux derniers
ilny a personne dans Tarmée
expécomme moi, qu'il vaut micux
qui ne pense,
haut du mont del
se faire moine au
sans avoir
Toro, que de rentrer en France
pris Mahon, Cc propos étoit d'autant --- Page 97 ---
DE ROCHANBEAU.
plusapplicable à la circonstance, que nous n'avions
pas pour quinze jours de vivres dans Tile,
ce combat naval se dona. Il nous en arriva lorsque deux
jours après avec un renfort d'artillerie et quatre bataillons.
Depuis le commencement du siége, notre artillerie se battoit avec un grand désavantage. Nous
avions quarante bouches à feu en batterie, contre
deux cent quarante plèces de canon et
mortiers. M. le maréchal de Richelieu, quatre-vingts
pressé de jour à la guerre. comme en
toujours
soit tirerles batteries
amour, faiau moment qu'elles venoient
d'être finies, et; par ce feu successif sur lequel tout
celui de la place se réunissoit, elles éloient altérnativement écrasées. On suivit enfin une méthode
plus sûre, et par l'arrivée du secours de France,
futen état
on
dotegiuneimosbonetesd à
prirent bientôt le dessus, sans' éteindre feutaqui
totalement le feu des assiégés. Toutes cependant
tions furent
ces opératres-longues : il falloit quinze jours
pour finir une batterie, 2 par le transport des terres
qu'il falloit aller chercher dans des sacs à dos
dhommes.. On fit une dernière batterie de douze
pièces qui, coneurremment avec les autres, , en imposa beaucoup au feud del'ennemi. Ses défenses, du
côté de Tattarmue, ne faisoient plus qu'un feu bien
foible, ce qui mit en état d'exécuter le projet dont
je vais faire le détail.
il falloit quinze jours
pour finir une batterie, 2 par le transport des terres
qu'il falloit aller chercher dans des sacs à dos
dhommes.. On fit une dernière batterie de douze
pièces qui, coneurremment avec les autres, , en imposa beaucoup au feud del'ennemi. Ses défenses, du
côté de Tattarmue, ne faisoient plus qu'un feu bien
foible, ce qui mit en état d'exécuter le projet dont
je vais faire le détail. --- Page 98 ---
La
MÉMOIRES
Ton prochaine arrivée de
les savoit en chemin aveç Tamiral Hauke, que
chaleurs. excessives
une flotte supérieure,
sentir, et à donner qui commempoicntàs se faire
monstration de la beaucoup de maladies, la déroit en débouchant perte journalière quelon
un. chemin
de la Ravalle
essuieces motifs couvert, minéet taillé dans par le sapes, sur
ble : las rendoient un coup
roc; tous
surprise de
de
Tennemi,
dendhreinlisgeen
Tart, ne devoit
qui, suivant les
forces par une pas sy attendre, le
regles
attaque
partagede ses
possible, et firent
envirorinante, la
cles
passer
randoient
qu'elle présentoit. Elle par-dessus tous les obstaplète du côté où les défenses eut une réussite comnées; les trois forts de
étoient le plus rui
tela Reine, furent escaladlés Strngen, TArgile etla lanet.
coup. trop courtes, par M. de avec des échelles beaule chevalier de Gratmont, Montis, brigadier, et
sly distinguérent à la tête lientensstealiond, des
qui
Beauvau fit attaquér les lunettes grenadiers. M. de
princesse
fit
de Touest et de la
tira
CGarolitey
ses troupes après cette enclouer les canons, et repouryu d'aucuns moyens expédition, n'ayant été
attaques de la droite, pour sy loger.
fort
celle de
Quantaux
Sant-Chades, ayant
Roquepine sur le
ses chaloupes ayant été été manquée par mer, et
ques de M. de Lannion, repoussécs, les deux attarough, et de M. de
sur le. fort de MarlboMonteinard, aux ordres daquel
ses troupes après cette enclouer les canons, et repouryu d'aucuns moyens expédition, n'ayant été
attaques de la droite, pour sy loger.
fort
celle de
Quantaux
Sant-Chades, ayant
Roquepine sur le
ses chaloupes ayant été été manquée par mer, et
ques de M. de Lannion, repoussécs, les deux attarough, et de M. de
sur le. fort de MarlboMonteinard, aux ordres daquel --- Page 99 ---
-
DE. ROCHANEEAE.
jétois, sur les lunettes du sud et du
purent. avoir lieu. Nous étions
sud-ouest, ne
cès de
subordonnés au sucRoquepine, et nous ne devions déboucher
que lorsqu'il se. seroit emparé du fort Saint-Charles
pour tâcher de
vions ni
commumiquer avec lui. Nous n'agabionspour nous loger, ni échelles
ya arriver. Ces ouvrages étoient dans
pour
tier depuisle
tout leur encommencement du siége; il n'eût été
possible de s'en emparer que dans le cas où la
nison les eût négligés
gardes autres
pour se porter au secours
attaques. Mais T'ennemi nous
au piedo deses glacis, où nous étions
entendoit
ventre, et tiroit des
couchés sur. le
coups de fusil dinquiénude
quiprouvoient toute sa vigilance. Nous avions
cette position les soubresauts des mines
dans
mi fit jouer: aux ouvrages de la ganché, quel'enneété emportés, et nous
quiavoient
d'autant plus
partagions leurs dangers
sinteérement, que ce glacis, sur
quel nous passâmes la nuit à attendre le
le
fort Saint-Charles, étoité
signal du
également miné.
Lepointdu jour nous arriva dans cette
et nous entendimesta
position,
den notre
rappeler à notre, gauche; c'étoit
part pour demander une trève
sembler les blessés, qui fut
pour rasheures. Nous avions
convenue jusqu'à sept
la
eu le bonheur, à Tattaque de
gauche, de prendré dans Tavant-chemin
M. Jeflris, commandant
couvert,
en second de la
trés-brave, et dans la vigueur de l'age. Le place,
vieux
jour nous arriva dans cette
et nous entendimesta
position,
den notre
rappeler à notre, gauche; c'étoit
part pour demander une trève
sembler les blessés, qui fut
pour rasheures. Nous avions
convenue jusqu'à sept
la
eu le bonheur, à Tattaque de
gauche, de prendré dans Tavant-chemin
M. Jeflris, commandant
couvert,
en second de la
trés-brave, et dans la vigueur de l'age. Le place,
vieux --- Page 100 ---
MÉNOIRES
Blaknay, commandant
ans. -
en chef, avoit quatre-vingts
Quoiqueson corps de place et ses
des fussent encore tout entières,
contre-gar
jour de casemates
l'ennui du sépendant cinquante-six
quelques maladies dans la
jours,
rent à faire des
garnison le déterminepropositions qui,
tues pendant deux
ayant étédébatLa
jours, furent enfin acceptées.
garnison eut tous les honneurs de la
renvoyée à Gibraltar, et les
guerre, fut
grenadiers
portes furentl livréesaux
françois, le 29 juin au soir. Les François perdirent quinze cents hommes tués
sés pendant ce siége, dont
ou blesTattaque,l le reste dans le cinq cents le jour de
trés-meurtrier
détuiljournalier, qui fut
par l'exécntion
tiers qui nous jetoient continuellement deqatreingts mordoles de bombes. Le
des giranà la fin du
faubourg de la Ravalle étoit,
siége, ruiné comme le côté d'une
assiégée depuis six mois. Nous n'ayions
place
rapet contre le canon de la place,
d'autre paen pierres sèches
lon
que desp parallèles
que
substitua aux maisons
après leur destruction, et dont on barra toutes les
rues perpendiculaires aux glacis..
Ce succès fut audacieux et très-heurenx.
peut dire avec vérité que les François
L'on
hon sans le connoitre, et
les
prirent Marent
que
Anglois le perdiparce qu'ils le connoissoient trop
nous Tavions bien connu, il
bien; Car si
est
seroit pas venu avec aussi
de probable qu'on n'y
peu moyens; ; d'un au-
leur destruction, et dont on barra toutes les
rues perpendiculaires aux glacis..
Ce succès fut audacieux et très-heurenx.
peut dire avec vérité que les François
L'on
hon sans le connoitre, et
les
prirent Marent
que
Anglois le perdiparce qu'ils le connoissoient trop
nous Tavions bien connu, il
bien; Car si
est
seroit pas venu avec aussi
de probable qu'on n'y
peu moyens; ; d'un au- --- Page 101 ---
DE ROCHANNEAU.
tre côté, siles Anglois s'étoient moins
bonté de cette
confiés à la
place, et à la parcimonie de nos
moyens d'attarque, il est à croire qu'ils l'auroient
secourne plas eflicacement.
Quoi qu'il en soit, T'amiral Hauke
à paroitre avec une force
ne tarda pas
ment il n'arriva
deux supiérieure: : heurenses
que
jours
te françoise, après avoir fait aprés que la flotmnent la garnison ennemic embarquer prompte:
tous les transports, étoit
et notre armée, sur
Toulon. Le maréchal de partie pour se replier sur
M. de Laninion,
Richelieu laissa dans Tile
n'avoit
avec onze bataillons; et Tamiral
aucunes troupes de
pouvoir rien entrepréndre contre débarquement lui.
pour
Nous débarquâmes le 15 juillet à
nous finnes reçus par tous les habitans Toulon, ou
deProvenee, avecles
de la côtè
plus grandes
dallégresse. On donna à Marseille démonstrations des
ques au maréchal de Richelien.
fêtes publia
quets qui lui farent
De tous les bonson ancienne
présentés, celui d'une dame,
amie, fut le plus
le quatrain suivant:
distingué; cétoit
Cc héros, 7 que mes yeux aiment à
A bravéd'un seul coup l'envie et contempler,
Ilforce Thistoire à parler, FAngleterre;
Et les courtisans à se taire.
Ily reçut les grâccs de son
dier et chevalier de
arméesje fus fait briga
Saint-Louis le même
I.
jour. Le
--- Page 102 ---
M ÉMOIRES
régiment de la Marche eut ordre
re en Languedoc.
d'aller à Sommiëde Richelieu,
J'y retrouvai encore le maréchal
qui fut reçu à
Montpellien avec les
démonstrations de la joie la plus vive et la
nérale. On lui donna à
plus g6
laurier, qu'il brisa
T'Opéra une couronne de
en morceaux pour la
avec tous les ofliciers de son armée
partager
rentavec lui.
quisy trouvéJe termine cet article de
trait de discipline
Mahon, en citant un
Dans
qui fait honneur à lat nation.
un pays où le vin étoit au plus bas
étoit très-difficile
prix, il
d'empécher le soldat
les jours de service; il vint dans l'idée des'enivrer
colonels, du nombre
de plusieurs
monter la tranchée desquels sj'étois, de priver de
suivante tous ceux
enivrés dans la précédente; le maréchal quisétoient de
lieu rendit cette punition
Richegénéralc. Elle
un effet qui caractérise l'esprit du soldat produisit
Pendant que la cour de France laissoit françois. le
chal de Richelicu
de
marédonnoit
jouir
son triomphe, On lui
un successeur au commandement des
armées. Nous avions, dès le
traité d'alliance défensive
printemps, fait un
Vienne et de Russie. Le avec les impératrices de
roi de Prusse,
destiné à être la victime de
qui se vit
prendreles
cette ligue, chercha à
avances. Ils'empara de la Saxedans
de 1756, et entra en Bohéme. Il mit
l'été
en droit de nous demander le
limpératrice
secours. stipulé par le
des
armées. Nous avions, dès le
traité d'alliance défensive
printemps, fait un
Vienne et de Russie. Le avec les impératrices de
roi de Prusse,
destiné à être la victime de
qui se vit
prendreles
cette ligue, chercha à
avances. Ils'empara de la Saxedans
de 1756, et entra en Bohéme. Il mit
l'été
en droit de nous demander le
limpératrice
secours. stipulé par le --- Page 103 ---
DE ROCHAXTEAU.
dernier traité, qui, par calcul de
dans la vue de grandes
générosité, et
fut porté
entreprises de notre part,
jusqu'à cent mille hommes
dans lEmpire par. les états du roi de pour entrer
Westphalie, et s'emparer ensuite
Prusse en
dHanovre. Le maréchal
de T'électorat
de Richelicn
son retour à Versailles, le
trouva, à
nommé à ce
maréchal d'Estrées
Louis
commandement, et j'ai oui dire
XV ne lui parla pas même de Mahon. que
M. le duc d'Orléans étoit destiné à
les ordres du maréchal
servir sous
mander des
d'Estrées, ilydevoit comcorps séparés. M. de Soubise fit
garde de cette
T'avantarmée, avec
mes. Javois
de
vingt-quatre millehomperdu vue M. le
le temps de ma mauvaise
ducd'Orléns dans
livré à une société
santé, et ce prince s'étoit
privée avec laquelle n'avois
aucune relation; ; je fus assez surpris d'un je
vous d'affaires que ce
rendezquel, après
prince me donna, dans lel
m'avoir dit sa destination, il
que mon régiment devant rester
m'ajouta
linaction sur les côtes de la
cette année dans
roit
Méditerranée, ildésiimlavoirauprésc del lui, employé comme
dier, pour eire chargé du détail de
brigason
J'acceptai sa
infanterie.
proposition avec toutl T'ancien
ment quej'avois voué à ce bon
attacheIlyentd dans cethiver
prince.
le
une révolution ministériel.
tres-importante. M:
chaut continuoient d'Argenson et M. de Maà vivre dans une incompatibi-
dans
roit
Méditerranée, ildésiimlavoirauprésc del lui, employé comme
dier, pour eire chargé du détail de
brigason
J'acceptai sa
infanterie.
proposition avec toutl T'ancien
ment quej'avois voué à ce bon
attacheIlyentd dans cethiver
prince.
le
une révolution ministériel.
tres-importante. M:
chaut continuoient d'Argenson et M. de Maà vivre dans une incompatibi- --- Page 104 ---
MÉMOIRES
lité qui partageoit et troubloit la
Pompadour, qui vouloit être cour. Madame de
Tesprit. du roi, les
maîtresse absolue de
perdit Tun
ils
exilés tous deux le même
parlautre; furent
jour. M. de
plaça son' oncle au ministère de la Paulmy remMoras fut nommé à celui de
guerre, et M. de
chal de Belle-Isle
la marine. Le maréet le cardinal de Bernis
dans le conseil. Ce dernier avoit
entrèrent
Vienne, et le premier servoit fait T'alliance de
Paulmy pour les affaires
de tuteur à M.de
tres portoient Jeur
militaires. Tous les minisPompadour. Cette portefeuille chez madame dé
maîtresse du roi étoit née
ne, douce et obligeante; mais
bonLouis XY, la cour qui environnoit linapplication de
persuadérent de
la marquise, lui
se charger d'un rôle
eller n'étoit pas née : son éducation lui pour lequel
tous les talens, hors
avoit donné
ceuxqui lui
pour. la soutenir dans un poste si dioientnécessires élevé.
Cest sous les auspices dun tel ministère
nous entrâmes en
que
Allemagne au
de 1757. Onyporta: successivenient comimencement
ces et tous les trésors de la France. toutes les formarine et le Canada,
On négligen la
qui avoient
cette guerre, etl'on ne
éié'lioecasion de
colonies. Cette
porta plus de secoursà nos
réflexion donne
tous les détails de cette,
lexplication de
quelle nous allons
guerreimallieurense dans lanous engager.
M. le maréchal d'Estrées
commanda sur le Bas-
yporta: successivenient comimencement
ces et tous les trésors de la France. toutes les formarine et le Canada,
On négligen la
qui avoient
cette guerre, etl'on ne
éié'lioecasion de
colonies. Cette
porta plus de secoursà nos
réflexion donne
tous les détails de cette,
lexplication de
quelle nous allons
guerreimallieurense dans lanous engager.
M. le maréchal d'Estrées
commanda sur le Bas- --- Page 105 ---
DE ROCIANHEAU.
.85
Rhin une armée de cent cinc mille
compris la réserve de M. de Sonbise: hommes, y
pire avoit pris parti
Tout l'EmVienne,
pour nous et pour la cour de
exceptéle roide Prusse, électeur de Brandebourg, leroi
le Handgrave dAngleterre, électeur d'Hanovre,
de Hesse et le duc de
contre qui on faisoit la
Brunswick,
trouver de
guerre. Nous ne devions
Wesel, passage fermé sur le Rhin que celui de
qui appartient au roi de Prusse.
palatin fit une capitulation
L'électeur
de François dans sa ville de pour recevoir un tiers
voit composer la garnison, Dusseldorf, quiy dePalatins, dont nous avions six conjointement avec les
tre armée. Le
mille hommes à nogouverneur et
devoient commanderdans
Tétat-major palatins
cette ville. Cellede Cologne, villeimpériale, ayant fourni son
Tarméede TEmpire, réclamoits
contingent à
loit point recevoir ni
sa liberté, etne vouElle
loger les
ne donnoit
troupes francoises:
à un bataillon, l'u passage que pour traverser la ville
après lautre. Il étoit
trés-essentiel d'avoir cette
à
cependant
place notre
pour en faire un de nos
disposition,
concert avec la
entrepôts! On la força, de
M. de
cour de Vienne, à nous J recevoir.
Soubise, qui commandoit
arriva à Wesel; ; il le trouva évacué Tavant-garde,
Detsiennes,quis
par les troupes
iodicientreméessarl
attribua cet abandon à la lenteur Lippstadt. On
les Anglois employérentaf
des moyens que
formerleur armée, et au
place notre
pour en faire un de nos
disposition,
concert avec la
entrepôts! On la força, de
M. de
cour de Vienne, à nous J recevoir.
Soubise, qui commandoit
arriva à Wesel; ; il le trouva évacué Tavant-garde,
Detsiennes,quis
par les troupes
iodicientreméessarl
attribua cet abandon à la lenteur Lippstadt. On
les Anglois employérentaf
des moyens que
formerleur armée, et au --- Page 106 ---
MÉMOIRES
manque de secours oà le roi de Prusse
seroit cette place de la part de ses
présuma que I
gagea à retirer par la mer son
alliés; ce quilenson parle cheminde
artillerie, et sa garnidont nous
Lippstadt. La placede Wesel,
primes possession, nous donnaun
avantage pour y rassembler toute notre armée. grand Le
passage que les Hollandois avoient donné
teaux portant lartillerie du roi de
aux badonna le droit
Prusse, nous
d'exiger d'eux celui de tous les
tres, et la permission de faire des achats
Dopays. Il étoit resté dans Gueldres
dans leur
son prussienne. Cette
une petite garnide marais,
place étant entourée d'eau et
)
on y laissa un petit corps pour la blo:
quer. L'armée alliée se rassembloit
derrière le Wesersce
tres-lentement
qui engagea M. d'Estrées
porter nos avant-gardes jusqu'à
à
Munster, apparteles Prussiens
ESAC
pendant
éacuéneutencore.Tar nôtre n'étoit cepas toute rassemblée ni
approvisionnée. La
Rearrsemenneraa fournirlesfour
rages, et le duc de Cumberland étant
perà Bilefeld dès le
venu se camde
scomidencementdomai, on eut
gradaiapridnadspor) les deux tétes de notre
arméejusqua 1. dejuin, qu'elle furt en étatde
portersur-Munster: Une avant-garde,
se
Cumberland. avoitdéachéeàN
que le duc de
born, et qui avoit donné Nenhaus, prés Padergarnison de
quelqsinmmuiétudea notre
Lippstadt, se replia setrejoignitlarmice
camde
scomidencementdomai, on eut
gradaiapridnadspor) les deux tétes de notre
arméejusqua 1. dejuin, qu'elle furt en étatde
portersur-Munster: Une avant-garde,
se
Cumberland. avoitdéachéeàN
que le duc de
born, et qui avoit donné Nenhaus, prés Padergarnison de
quelqsinmmuiétudea notre
Lippstadt, se replia setrejoignitlarmice --- Page 107 ---
DE ROCHANEEAU.
alliée à Bilefeld. Nos marches
les
furent ralenties par
pluies et les orages qui avoient rompu tous les
chemins dans des bruyères spongienses:
Lap premièreligne de Tarmée fut portée àWarendorf, ellef fut suivie delasecondesletoutf
bléà à Rheda, et lai réserve de Soubise à futrassemséjourna dans cette
Ritberg. On
le
position pour aller reconnoître
camp de l'ennemi, dont les espions avoient fort
exagéré la force et les retranchemens. On
quelques ouvrages à leur droite et à leur reconnut
mais qie leur gauche étoit dans une
centre;
bruyère, sur
laquelle on pouvoit déboucher facilement
front et, par le flanc de leur gauche. Cette sur le
étoit d'autant plus mauvaise, qu'ils avoient position
eux des défilés très-difficiles à
derrière
d'une bataille. On résolut de les passer après la perte
main. Mais on vit, dès le soir, attaquer le lendedétendre leur
et ils firent leur retraite
camp,
M. le maréchal détacha pendant toute la nuit.
M. le prince de Beauvau
pour les suivre; il prit quatre cents Prussiens
leur arrière-garde dans la ville de Bilefeld.
et
Je suis entré dans ce détail,
maréchal d'Estrées des
pour justifier M. le
lenteurs et des incertitudes
quélui attribuerent, dans le début de cette
gne, toutes nos jeunes têtes ardentes. Elles campavoulu que l'on eût
eussent
fourches caudines exterminéet fait passer par les
cette armée ennemie. Mais elle
n'étoit dans ce camp, sur le revers des
montagues,
leur arrière-garde dans la ville de Bilefeld.
et
Je suis entré dans ce détail,
maréchal d'Estrées des
pour justifier M. le
lenteurs et des incertitudes
quélui attribuerent, dans le début de cette
gne, toutes nos jeunes têtes ardentes. Elles campavoulu que l'on eût
eussent
fourches caudines exterminéet fait passer par les
cette armée ennemie. Mais elle
n'étoit dans ce camp, sur le revers des
montagues, --- Page 108 ---
que comme dans un MÉNOIRES
fasentarivs -
plutôt, obwecrvatoire: elle
si les Francois
me; enfin notre armée auroit décainpé de mé
tre lieues de Tarmée étoit encore campée à
lc parti des se retirer. ennemic, lorsque celle-ci quaNous
prit
quinze jours, marchaineat Bilefeld, oit Tarmée
pour donner le
sgjotrna
sommagniger par le pays
tenips aux vivres de
etnous
abondant de
chal préparer au passage da Weser. Paderbom,
M.d Mabancawy perdit pas son
M.len maréAuvet, pour aller
temps. Il détacha
dEmbden, et M. le duc s'emparér de 1'Ost-Frise et
cha prendre possession de la Hesse dOrikans, pour aller
aussi deux réserves,
et de Cassel, Il détal
du côté du
pour inquiéter
Il se porta, avec Bas-WYeser, le
à Vlothau et à Tennemi
sur. Hoxter,
gros de Farmée, sur Minden.
de M. le après s'être
Brackel et
due d'Orléms; Hitregjoindee parla division
les députés et la soumission qui avoit reçu en chemint
Wesat, et s'établit dans de la Hessa, Il
Holeminden: Il
le bassin de la passale
rive gauche,
laissal la réserve de
plaine de
de Paderbom. pour cotvyrir-les convois Broglie surla
qui venoient
Ge fut
que la cour pendant de le s@jonr de Tarmcea
Prance, aussi
Bilefeld,
jetinesse de
mécontente
dEsurées, Tarméd et les
que la
de scs
énnemis du maréchal
projet de deux autres prévendaes lenteurs, fit éclorele
armées, dont Tane aux
or-
la réserve de
plaine de
de Paderbom. pour cotvyrir-les convois Broglie surla
qui venoient
Ge fut
que la cour pendant de le s@jonr de Tarmcea
Prance, aussi
Bilefeld,
jetinesse de
mécontente
dEsurées, Tarméd et les
que la
de scs
énnemis du maréchal
projet de deux autres prévendaes lenteurs, fit éclorele
armées, dont Tane aux
or- --- Page 109 ---
DE ROCHANBEAU,
dres de M. de Soubise, devoit mener
mille hommes au secours de
vingt-quatre
étoit vivement
Timpératrice, qui 1
pressée parle roi de Prusse, aprèsla
bataille de Prague,et pendantl le siége qu'il faisoit de
cette ville. L'autre devoit s'assembleren
surles frontières de
Franconie,
de
Saxe, aux ordres du maréchal
Richelieu 2 se joindre à T'armée de TEmpire, et
attaquer vivement la Saxe. Elle devoit être renforcéedune partie de T'armée d'Estrées, après
lui-ciauroit décidé du sort de l'armée hanoyrienne que cepar une bataille. Mais la nouvelle de la bataille de
Chotzemits, gagnée sur ler roi de Prusse, par M. le
maréchal Daun, de la levée du siége del
en fut la suite, rendit inntile le
Prague, qui
de
secours de Tarmée
Soubise, lui fit donner Tobjet et une partie des
troupes de celles de Richelieu,
Saxe, et décida la cour de France pour à faire attaquér la
tout de suite le maréchal d'Estrées
relever
chal de
par M. le maréRichelieu, en lui laissant
à la tête desquelles il fut censé faire quelques la brigades
deux
réunion dès
armées, et n'en prendre le commandement
que comme Tancien.
J'étois parti de l'armée par ordre du roi,
être major-général de T'armée de Richelieu, pour
rendre à Strasbourg, oûi je
me
tête'de
rejoignis ce général etla
son armée, , dont mon régiment faisoit
tie; nous apprimes à Hochst, près
parle maréchal dEstrées,
Franefort, quie
après avoir séjourné à Hox-
, et n'en prendre le commandement
que comme Tancien.
J'étois parti de l'armée par ordre du roi,
être major-général de T'armée de Richelieu, pour
rendre à Strasbourg, oûi je
me
tête'de
rejoignis ce général etla
son armée, , dont mon régiment faisoit
tie; nous apprimes à Hochst, près
parle maréchal dEstrées,
Franefort, quie
après avoir séjourné à Hox- --- Page 110 ---
MÉMOIRES
ter, où il passa le Weser, avoit marché
tion que le duc de Cumberland
sur la posiruisseau dOstembeck;
prit derrière le
fait rejoindre
que M. d'Estrées s'étant
par. la réserve de Broglie, avoit
qué, le 13 juillet, le duc de
attagauche, dans les
Camberland, par sa
montagnes oùt il Tavoit
que notre droite, aux ordres de MM. de appayée;
Chevert
edAmmentiéres,y yavoit battu cette
nemi, et s'étoit
gauche de T'enemparée des
centreavoit en même
montagnes; que notre
teubeck;
temps forcé le village dHasqu'enfin la défaite de Tennemi auroit été
complète sans un incident quila
ayant fait le sujet d'm grand
suspendit, lequel
chal d'Estrées et le comte procès entre le maré-.
de
une épisode militaire
Maillebois, peut faire
digue d'être
M. de Chevert avoit derrière racontée:
tenir, une brigade d'infanterie lui, pour le souà une croisée de chemin
qu'il avoit laissée:
et soldats,
dans ces bois. Les ofliciers
entendant le succès
s'éloigner, se
delattaque et le feu
négligerent et s'endormirent.
partie de Tinfanterie ennemie,
Unegarder ces
qui étoit destinée à
montagnes, se trouvant
retraite surle gros de son
coupée dans sa
suivre sur sa
armée, prit le parti de
gauche une route dans le bois,
espéroient devoir] les conduire sur le
qu'ils
novre. En passant
de
chemin d'Haprès cette
M. dArdemberg
brigade françoise,
son
Tattaqua, la culbuta, se saisit de
canon, et le dirigea surl le centre de
notre ar-
ée à
montagnes, se trouvant
retraite surle gros de son
coupée dans sa
suivre sur sa
armée, prit le parti de
gauche une route dans le bois,
espéroient devoir] les conduire sur le
qu'ils
novre. En passant
de
chemin d'Haprès cette
M. dArdemberg
brigade françoise,
son
Tattaqua, la culbuta, se saisit de
canon, et le dirigea surl le centre de
notre ar- --- Page 111 ---
a
DE ROCHANBEAU,
mée, qui fut fort étonnée de s'entendre
sur les derrières de sa droite; on ne vit canonner la
de cette infanterie
que tête
ennemie, on craignit que cette
colonnene fàt plus considérable, on suspendit la
poursuite;l le maréchal d'Estrées donna même l'ordre de la retraite à quelques avant-gardes
toient fort avancées ; il ne douta
quis'6pas pendant quelque temps que son aile droite ne fit tournée: cette
inquiétude ne fut pas longue, mais dura assez longtemps pour donner à l'ennemi celui de passer le
ruisseau de T'Afferte, et de se retirerà Oldendorf,
surle
de trois
trmcrsrained
n'étoitqued
bataillons, se retira par la
del Bisperode, sur. le chemin d'Hanovre. Je gorge
rai jamais que le comte de Maillebois ait ne croisein
eu le desabominable, comme ses ennemis le
rent, de faire perdre la bataille au maréchal répanditrées.
d'EsCequily y a' de certain, c'est qu'il ne l'aimoit
pas, et quil avoit toujours eu des relations intimes
avec. le maréchal de Richelieu, étant maréchal-deslogis de Tarmée du premier. Ce
qui est plus vraisemblable, c'est qu'il fut dans Tinquiétude,
les autres, de Tapparition de ce
comme
on ne pouvoit juger la
corps ennemi, dont
le chasser de
profondeur;e et qu'au lieu de
cette position par des troupes de la
réserve, il envoya sous son nom, et sous celui de
plusieurs autres, en donner des avis
inquiétans et
répétés au maréchal d'Estrées, qui étoit à la tête du
est plus vraisemblable, c'est qu'il fut dans Tinquiétude,
les autres, de Tapparition de ce
comme
on ne pouvoit juger la
corps ennemi, dont
le chasser de
profondeur;e et qu'au lieu de
cette position par des troupes de la
réserve, il envoya sous son nom, et sous celui de
plusieurs autres, en donner des avis
inquiétans et
répétés au maréchal d'Estrées, qui étoit à la tête du --- Page 112 ---
centre de son armée, ÉNOIRES
serrant T'ennemi de
quspnisfactioncan né dans
lieu de
tres-prés;
ce panneau avec. comvemingullineoita donrut laisser croire
beamcoup
au
dantres, il
au maréchal
public que la tête avoit
padEstrées; il alla
tourné
d'après, sur les
plus loin, et Thiver
la conrleàt propos qmilui
mandemient bien reçu, qu'on lui revénoient, eût
quoique
de Flandres, il
donné le comner un mémoire
se crut obligé de dongénéral,
sanglant et satirique
atiquel ce dernier
contre son
modération. L'aflaire fut répondit avec force et
de France; au
jugée par les maréchanx
Le maréchal désavantage du comte de Maillebois.
tembeck,s s'empara strées, après la bataille d'OsPitulation; et
Iflamel, qui se rendit
marcha à Oldendorf,
par ÇaCumberand se retira.sur
dott le dac de
camp dOldendorf que, Nemboung. Ce futà ce
de Richelieu en toute voyageant avec le maréchal
le Mein, nous rejoiguimes diligence depuis Hochst sur
que. le maréchal de Richelieu Tarmée vietorieutse, et
le
ayant été relevé
commandement des armées
dans
dEstrées, après la prise de
par le maréchal
ment de venir le relever Mahori, eut le
taille gngnéc.
à son tonr, aprés désagré
une baLe marochal de
cette ponvelle, farieux Richielient, lorsqu'il eut
fit
du
appris
appeler, et demanda rolequtallit joner; me
conyenoit de
mon avis sur le parti
prendre. Ili n'y en a qu'un
qu'il
dhomète,
dEstrées, après la prise de
par le maréchal
ment de venir le relever Mahori, eut le
taille gngnéc.
à son tonr, aprés désagré
une baLe marochal de
cette ponvelle, farieux Richielient, lorsqu'il eut
fit
du
appris
appeler, et demanda rolequtallit joner; me
conyenoit de
mon avis sur le parti
prendre. Ili n'y en a qu'un
qu'il
dhomète, --- Page 113 ---
DE R LOCHANDEAU.
lui répondis-je, celui de rester à
tendre de nouveaux
Cassel, et dyatle vieux
ordres. Monsieur, me répliqua
courtisan, jai toute ma vie étéla
bons
dupe des
procédés;le comte de Maillebois vint
vantde nous à Gassel.
au-denet du maréchal
Lorsquil entra dans le cabide Richelieu, le comte
medit: Cethomme-là
dEgmont
ne vient pas ici
notre avis; et nous continuâmes
pourappuyer
notre route.
L'entrevue des deux maréchaux fut décente
part ct d'autre; le maréchal
de
donné tout le
dEstrées, après avoir
aflaires
temps nécessaire pour remettré les
entre les mains du maréchal de
partit avec les regrets les
vifs Richelieu,
teurs de son armée. Les plus
et les plus flatporés; je remis ma place états-majors de
furentincorretournai à ma
major-général, etje
brigade avec beaucoup
tion.
desatisfacLe maréchal de Richelieu,
dans le camp. d'Oldendorf, après quelque séjour
lui ouvrit
marcha à Hanovre,
ses portes; il envoya le duc de
qui
prendre possession de Brunswick
Nouilles
buttel, et toutes ces.
et de. Wolfenmières sommations. places se rendirent aux preporter plus loin
In'étoit guére possible de se
sans" attendre la
nouvel établissement de
formation d'un
vivres, etl'on fut
séjourner douze ou.quinze
obligéde
que la cour de France
jours. Je me souviens
étoit
miner dans une
impatiente d'extercampagne l'électeur d'Hanovre et
Nouilles
buttel, et toutes ces.
et de. Wolfenmières sommations. places se rendirent aux preporter plus loin
In'étoit guére possible de se
sans" attendre la
nouvel établissement de
formation d'un
vivres, etl'on fut
séjourner douze ou.quinze
obligéde
que la cour de France
jours. Je me souviens
étoit
miner dans une
impatiente d'extercampagne l'électeur d'Hanovre et --- Page 114 ---
NÉMOTRES
lel roi de Prusse,
que nos courtisans
plus que le marquis de
n'appeloient
nua à faireau maréchal Brandebourg, qu'elle contide Richelieu les
pnoches que lon avoit faits à
mêmes requ'il reçutà Hanovre
son prédécesseur, et
une lettre de réprimande du'
conseil, sur ce qu'il s'yarrêtoit
Enfin, l'on partit le
trop long-temps.
Rethem sur
20 d'aott, pour se porter à
TAller; le duc de
nua sa retraite sur Bremen. Cumberland contiPendant le temps que le maréchal, à la tête
son armée, employoit à le
de
cha du camp de Rethem poursuivre, il me détaavec trois bataillons, six
escadrons, et le corps de Ficher,
aller
parer du pays
pour
m'emde la
dHalberstadt, et géner les courses
garnison del Magdebourg. Les
devois avoirà mes ordres faisoient troupes que je
de Richelieu venant
partiede T'armée
d'Alsace, et furent
droiture de Cassel sur
dirigées en
joindre le I.
Wolfenbuttel, où je fus les
que le roi de Prusse, septembre. Jappris, en y arrivant,
les
quelon croyoit fort
par Autrichiens en
occupé
Lusace, en étoit
une armée de trente mille
parti avec
passé à Dresde, il étoit hommes; qu'après avoir
porter à
en pleine marche pour se
Leipsick et Halle, afin de
entreprises des armées de Soubise s'opposer aux
réunies, qui débouchoient
et de TEmpire
te nouvelle
en Saxe par Gotha. Cetme rendit
tion
tres-circonspect dans la posiqueje pris dansle
Papw-dHalberstadtsjes m'at-
ée de trente mille
parti avec
passé à Dresde, il étoit hommes; qu'après avoir
porter à
en pleine marche pour se
Leipsick et Halle, afin de
entreprises des armées de Soubise s'opposer aux
réunies, qui débouchoient
et de TEmpire
te nouvelle
en Saxe par Gotha. Cetme rendit
tion
tres-circonspect dans la posiqueje pris dansle
Papw-dHalberstadtsjes m'at- --- Page 115 ---
DE ROCHANEEAU.
tendis qu'au piemier moment il feroit un détache- 95
ment pour m'en chasser, et ne. me laisseroit
inpunément dévaster un pays qui,joint à celui pas de
Magdebourg, est le magasin de blé de tous ises
états.
Jeme portai donc avecl le gros des' troupes à Osterwick, quiest à l'entrée des plaines du
meg garderune retraite sûre.Je
pays, pour
portai Ficher àHalberstadt, et je plaçai, intermédiaire à Tabbaye de
Huisbourg, le seul bois et la senle monticule
domine cette plaine
qui
immense, un poste de
cents hommes d'infanterie et trois cents chevaux cinq
pour soutenir Ficher. Par cette disposition,
je me
rendislemaitresans; me commettre, de tout
et de sa régence, à qui je fis
lepays
contribution, tel
signer un traité de
que la cour de France
crit, et qu'elle se mit en devoir d'exécuter Tavoitpres de
ne foi. J'appris, quelque
bonde Prusse,
temps après, que le roi
ayant continuésa pointe sur Neumbourg et Gotha, Tarmée de Soubise etde
se.I replioient sur Eizenach. Cette retraite IEmpire
vroit mon flanc droit, et
à
découm'engagca tout tenter
pour m'emparer de la forteresse de
tuée près de
Regenstein, siBlankenbourg, sur le bord de
qui étoit au débonché du chemin le
THartz,
lequel le roi de Prusse
plus court par
nous. M. le duc de
pouvoit envoyer contre
Noailles,
commandant à
lieutenant-général
Brunswick, aux ordres duquel j'é-
traite IEmpire
vroit mon flanc droit, et
à
découm'engagca tout tenter
pour m'emparer de la forteresse de
tuée près de
Regenstein, siBlankenbourg, sur le bord de
qui étoit au débonché du chemin le
THartz,
lequel le roi de Prusse
plus court par
nous. M. le duc de
pouvoit envoyer contre
Noailles,
commandant à
lieutenant-général
Brunswick, aux ordres duquel j'é- --- Page 116 ---
MÉNOIRES
tois, m'étant venu voir dans
lai proposai de venir à
cette circonstance; ; je
mai le commandant, cette expédition. Je somjelui fis de tonte Tarmée etle décidai par la frayeur que
sois Tavant-garde. Le bon françoise, domtjeme ditoutes ces
colonel fut la dupe de
quatorze démonstrations Il me rendit son
nières de pièces de canon, et sa garnison fort,
Noailles, guerre. Jenvoyai avertir M. le duc prisonpour en prendre
de
tous Jes honneurs de cette possession, et je lui fis
llyavoit un proverbe conquéte.
disoitque, quandle diable allemand dans le pays qui
cher de
vouloit monter sur
Regenstein, il
leromission du gouverneur. balloitquil denandit la perc
telligenees dans ce fort, Maisjesavois 2 par mes inéeritanroid dePrusse
que le gouverneur avoit
pourlaic demander les après
secours en
sbtasitadihieasen
lui envoyoit l'état;
munitions dont il
ses demandes,
que ce prince,
avoit
importume de
voitdes François réponda: : Ce diable dhomme
son fort, et
partout; qu'il aille andiable lai
qu'il me laisse
et
Pendant que le roi de Prusse tratqmilles
devant lui M.des
portssoit toujours
voya Tordre, Soubise, le duc de Noailles
par M. de
sm'ens
M. de Lurignen;
Voyer, de déneheral Egela
cette
pour tirer des
partie du pays de
contribitions de
deix autres
Magslchourg, tandis
détichemens qu'il faisoit
que
Brunswick et de Wolleulbatel
partir dé
feroient, à Oscher
de Prusse tratqmilles
devant lui M.des
portssoit toujours
voya Tordre, Soubise, le duc de Noailles
par M. de
sm'ens
M. de Lurignen;
Voyer, de déneheral Egela
cette
pour tirer des
partie du pays de
contribitions de
deix autres
Magslchourg, tandis
détichemens qu'il faisoit
que
Brunswick et de Wolleulbatel
partir dé
feroient, à Oscher --- Page 117 ---
DE ROCHAXDEAU.
leben et à Hemlstadt, le
ché. M. de
partage du reste de ce duM. de
Voyer donna lui-mème les ordres à
Lusignan, et je lui ajoutai, dans son
truction, d'être surtout très-alerte
insroit lui venirda côté de la
sur ce cqui pour18, septemibrea
Saxe. Je fus averti, le
que le prince matin, par toutes nos patrouilles,
Ferdinand de
avec nenf mille
Brunswick, détaché
Prussiens, arrivoit en grande
pour nous enlever;
hâte
j'envoyai des
tous nos postes en échelons
officiers replier
ment, ayec leqnel je marchai sur un gros détachemin, et tout près
en avant sur le cheJy attendis
dHalberstadt, pour les recevoir.
inutilement jusqu'au soir M. de Lusignan, que jappris avoir été
Egeln, dans une
surpris et enlevé à
corps du prince abbaye, par un détachement du
lienes de suite Ferdinand, cqui avoit fait seize
ce, il avoit fait, pour le surprendre. Quant à ce] prinavec: son corps
lieues en deux jours,
d'armnée, vingtdeux
rémonie. Mais
pour nous faire la même cénous ne perdimes
ce qui étoit à mes ordres. Il
personne de tout
Halberstadt. Je
arriva ce soir même à
restai encore trente-six heures à
Osterwick, à faire I'entière évacnation
fembuttel-de tous les
sur Wolpays; etle 20 au matin, grains que j'avois retirés du
queleques
après avoir été rejoint par
troupes aux ordres de M. de
en partimes, et nous nous retirâmes Voyer, nous
nal
derrière le cad'Hornebourg, oùt nous primes à Echeim
I.
une
--- Page 118 ---
MÉNOIRES
excellente position que nous occupâmes plusieurs
jours,) juscqu'à Tarrivée de T'armée,
le
de Richelieu amenoit
que maréchal
Je l'avois
en personne.
laisséà Rethem, suivant de
le
de Cumberland
près duc
: ce dernier se retira par Brème et
Bremerfurd. sur Staden. Le maréchal de
le suivit en surmontant
Richelieu
tous les obstacles que lui
occasionnoit, dans un pays très-maigre,
ment de ses dépôts de vivres; il fit un détachement Téloignequi strprit Harbourg, et marcha avec la
mée jusqu'à Closte.s seven, où fut
grande artremise du comte de Linars, signée, parTende
ambassadeur du roi
Danemarck, la fameuse capitulation
ce
quia porté
nom, par laquelle toute Tarmée alliée devoit se
disperser. Quoique Tarticle du désarmement,
servit de prétexte pour la
qui
ment
rompre, ne fut pas claireexpliqué, cette capitulation étoit assez avantageuse en la faisant exécuter dans le sens le
favorable à
plus
l'ennemi, en se contentant de la
sion dans leurs différens états
disperles
respectifs de toutes
troupes qui composoient Tarmée alliée, dont la
plupart de ces petits souverains offroient
mettre à la solde de la France,
déjà deles
armées, oà ils auroient
dispersés dans nos
étésurvcillésd sdeprès.
Je ne dissimulerai cependant
maréchal de Richelien
pas nos fautes : le
fit partir trop tôt son armée, pour venir nous rejoindre dans le pays d'Halberstadt; il laissa. à Closterseven
trop peu de trou-
ée alliée, dont la
plupart de ces petits souverains offroient
mettre à la solde de la France,
déjà deles
armées, oà ils auroient
dispersés dans nos
étésurvcillésd sdeprès.
Je ne dissimulerai cependant
maréchal de Richelien
pas nos fautes : le
fit partir trop tôt son armée, pour venir nous rejoindre dans le pays d'Halberstadt; il laissa. à Closterseven
trop peu de trou- --- Page 119 ---
DE ROCHANEEAU.
pes pour faire respecter et exéeuter
tion; enfin le maréchal de Richelien cette conventement le proverbe du chasseur joua complèlièvres et les
qui court deux
manqie tous deux.
Leroi de Prusse, qui au moment qu'il fit
leprince Ferdinandde Bruinswick
partir
lever à
pour venirm'enHalberstadts iguoroit la capitulation de
Glosterseven, lui prescrivit de secourir les Hanovriens, soit par une diversion dans le'
vre ou sir nos convois
pays d'Hanosoit
qui venoient de la
en hasardant tout
Hesse,
leprince
pour se joindreà eux. Mais
Ferdinand, apprenant à son arrivée Ja capitulation signée, et que le maréchal de
à la tête de toute Tarmée
Richelicu,
grande hâte surlui,
françoise, marchoit à
prit des camps
et se plaça sur la défensive, Dès
d'observation,
se eut détaché ce
que le roi de Pruscorps, il se retira avec son armée
vers lEIbe. L'armée combinée de
Soubise le suivirent. Le maréchal TEmpire et de
riva dans le
de Richelieu arnand
pays dHalberstadt, et le prince Ferdise retira à Vansleben près Magdebourg.
Cestà cette époque que la cour de France
lysa le maréchal de Richelien
parahonneurs du
pour conserver les.
commandement à M. de Soubise, en
ordonnant au premier de faire un détachement de
vingtmille honimes pour renforcer ce dernier, et
de rester tranquille avec son armée dans le
d'Hallerstadt, où elle souhaitoit
lon
pays
que
se forti-
dHalberstadt, et le prince Ferdise retira à Vansleben près Magdebourg.
Cestà cette époque que la cour de France
lysa le maréchal de Richelien
parahonneurs du
pour conserver les.
commandement à M. de Soubise, en
ordonnant au premier de faire un détachement de
vingtmille honimes pour renforcer ce dernier, et
de rester tranquille avec son armée dans le
d'Hallerstadt, où elle souhaitoit
lon
pays
que
se forti- --- Page 120 ---
1OO
MÉMOIRES
fat de manière à ymettre la droite de nos quartiers
pendant Thiver. On perdit six semaines de temps sà
disputer, avec le conseil de Versailles, sur
sibilité absolue de tenir des
Timposdans un pays aussi
troupes pendant Thiver
ouvert, sans aucun point
pui, ni possibilité de mettre Halberstadt
dapen état de
défense, que par un travail qui auroit demandé six
mois de préparation, dans une plaine où les matériaux et les palissades manquent absolument. On
proposa à la cour d'approuver une convention
étoit déjà signée par le maréchal de Richelien, qui
le prince Ferdinand, et ratifiée par le roi de Prusse. par
Elle avoit été proposée par la régence. à Ficher, dès
le temps où il étoità à mes ordres dans le
Cette
convention,
pays.
trés-avantageuse pour nous, en ce
qu'elle portoit la livraison pleine et entière, dans
Brunswick et dans Wolfembuttel, de toutes les
denrées et contribuntions que l'on pouvoit
de
ce pays,1 l'étoit aussi pour la
exiger
régence, en ce
se débarrassoit de Tarmée
qu'elle
françoise et de tous les
désordres quiy régnoient : la régence offroit que le
pays d'Halberstadt fut neutre pendant Thiyer,
nulle troupe françoise ne put passer l'Ocker, et que
nulle troupe prussienne ne pèt passer la Bode que
qualouverture de la
jusde
campagne suivante; que le
corps
Ficher resteroit seul dans le pays avec
passe-ports et sttretés, pour faire exécuter toutes les
'elle
françoise et de tous les
désordres quiy régnoient : la régence offroit que le
pays d'Halberstadt fut neutre pendant Thiyer,
nulle troupe françoise ne put passer l'Ocker, et que
nulle troupe prussienne ne pèt passer la Bode que
qualouverture de la
jusde
campagne suivante; que le
corps
Ficher resteroit seul dans le pays avec
passe-ports et sttretés, pour faire exécuter toutes les --- Page 121 ---
DE ROCHAMBEA A U.
IOI
livraisons portées dans les demandes cqui
été faites et qu'elle consentoità
luiavaient
Mais comme ces propositions payer. étoient
par une lettre du roi de Prusse au maréchal apportées de Richelieu, dans laquelle ce prince, au moment oi
sei voyoit cerné de toutes parts, faisoit, des
il
res de négociation dont il laissoit le roi de ouvertuTarbitre, le cardinal de Bernis et madame de France
padour se firent un grand mérite
Pomratrice de les refuser
auprès de limpéC'étoit le
avec beaucoup de hauteur.
moment où les affaires du roi de Prusse
étoient dans une crise si violente,
peu d'amis qui lui étoient restés, qu'il écrivit au
dans ses relations
épistolaires, que son courage étoit à bout, et
seroit forcé de finir par un suicide le dernier quil
de cette tragédie. La fortune,
acte
par sa bonne condatieetfschmulation de toutes nos
ses
bévues, releva
espérances; ses talens éminens surent en
ter. Cette fin de
profide
campagne ne tarda pas à le couvrir
gloire et lui procura les succès les plus
Ce ne fut qu'au commencement
brillans.
quel'armée de Richelieu
de novembre
eut le dernier ordre
trer' dans ses quartiers derrière TOcker
d'enl'Oller, où Ton n'avoit
et derrière
planté aucune
pris aucune précaution ni
palissade, dans lincertitude'd où lon
fittjusqu'an dernier moment des lieuxonl
roit hiverner, dans la confiance
Ton pourpersuadoit que T'armée
trompeuse qui nous
hanovrienne étoit anulée,
.
quel'armée de Richelieu
de novembre
eut le dernier ordre
trer' dans ses quartiers derrière TOcker
d'enl'Oller, où Ton n'avoit
et derrière
planté aucune
pris aucune précaution ni
palissade, dans lincertitude'd où lon
fittjusqu'an dernier moment des lieuxonl
roit hiverner, dans la confiance
Ton pourpersuadoit que T'armée
trompeuse qui nous
hanovrienne étoit anulée, --- Page 122 ---
MÉMOIRES
et qu'on étoit en droit d'exiger d'elle fort
des conditions
au-delà
Closterseven. équivoques de la capitulation de
Ce fut alors que Tarmée combinée de
et de Soubise./renforcée de
TEmpire
détachés del'armée
vingt mille hommes
de Richelieu, s'étant
marche, s'étoit portée
remise en
roi de Prusse s'étant jusqu'au-delà de la Sala. Le
prince
fait rejoindrepar) la division du
Ferdinand, vers la fin d'octobre,
ses pas, fit repasser la Sala
revint sur
awantegarndodelarmice avec quelques pertes aux
combinée
cées vers la Saxe.
quisétoientavanM. de Soubise recut en même
sa courd'aller
temps l'ordre de
prendre ses quartiers dhiver
PUnstruct, ce
à
derrière
sive. Leroi de quilengagea se tenir sur la défenà
Prusse passa la Sala et vint
- Rosbac, à deux lieues du camp de
camper
M. de Soubise
Macheln, que
occupoit. Le roi de Prusse vint le
reconnoitre, etle tronva trop bien posté
Tattaquer; mais la honte de sC tenir pourioser
avec une armée supérieure, le
en défensive
caractère bouillant
ctimpérneux de M. de
néral de T'armée de Sne-tlidhurghansen, géde Prusse
TEmpire, la facilité
avoit de géner les convois queleroj
de
qui
E
Freibonrg et Tardeur de
venoient
minérent M. de Soubise à toutelajeunese déteraller attacmer le roi de Prnsse sortir de son camp pour
ner pars sa
; on réussitàle tourMemsinemninigmenueas chan-
ant
ctimpérneux de M. de
néral de T'armée de Sne-tlidhurghansen, géde Prusse
TEmpire, la facilité
avoit de géner les convois queleroj
de
qui
E
Freibonrg et Tardeur de
venoient
minérent M. de Soubise à toutelajeunese déteraller attacmer le roi de Prnsse sortir de son camp pour
ner pars sa
; on réussitàle tourMemsinemninigmenueas chan- --- Page 123 ---
DE ROCHANBEAU.
gement à son ordre de bataille; son
étoit
camp même
encoretendu; mais, sur le midi, il fut levé subitement. On vit des colonnes
vit, qui étoient
rétrograder, on en
du côté de la déquipages sans doute, faire route
Sala. M. de
doutant pas de leur Save-Hfilburglansen, ne
retraite, ne songea qu'à les
poursuivre, quitta une hauteur sur laquelle il étoit
assez bien posté; il se mit en marche dans
qui le séparoit d'une autre crête
un fond
de hauteurs sur
lesquelles il ne paroissoit que des hussards
siens, mais qui marquoient tous les
prusTarmée
mouvemens de
ennemie; elle changea de front avec une
rapidité incroyable et porta toutes ses
forces de cavalerie,
principales
Henri, al'extrémité commandées par le prince
la
de sa gauche, , de manière
droite, aux ordres de M. de
que
sen, qui marchoit sans aucune Save-Hilidburghanfonds en
précaution dans ces
colonne, se trouva tout d'un
dée par les Prussiens
coup déborcrête;
qui parurent en bataille sur la
; T'armée françoise avoit fait la même
entraînée par. T'exemple des
faute,
Soubise
Impériaux et de M. de
qui ne voulait pas qu'on edtàlni
de les avoir abandonnés
reprocher
: en un mot, on fut
sans avoir eu le temps de se mettre
battu
Impériaux furent
en bataille. Les
droite
pliés les premiers, et de suite
et le centre des deux
la
lignes de Tarmée françoise; ; ce ne fut plus qu'une déroute
les efforts de quelques
nonobstant
escadrons de cavalerie qui
ériaux et de M. de
qui ne voulait pas qu'on edtàlni
de les avoir abandonnés
reprocher
: en un mot, on fut
sans avoir eu le temps de se mettre
battu
Impériaux furent
en bataille. Les
droite
pliés les premiers, et de suite
et le centre des deux
la
lignes de Tarmée françoise; ; ce ne fut plus qu'une déroute
les efforts de quelques
nonobstant
escadrons de cavalerie qui --- Page 124 ---
MÉNOTRES
combattirent
couragensement.
parla réserve de
Larmée, 2 protégée
se
et
M.deSant-Giemaine
retira à Fretibourg, d'on elle
par. la nuit,
par.
continua sa retraite
Sondersliamsen,stur Cassel en
mise en quartiers.
Hesse,oir elle fut
Ler roi de Prusse,
après cette victoire,
voyé en poste le prince Ferdinand
ayant enprendre le commandement
de Branswick
remettre en activité de
de T'armée alliée et la
gleterre, partit de
concert avec la cour d'Ansie, oùt les
Leipsick pour se rendre en SiléAntrichliens, après avoir
nitz, avoient battu M.le
pris Schweidprince de Bevern dans ses
retranchemens de Breslaw et s'étoient
cette capitale. Frédéric leur
emparés de
un mois après la
donna, le 5décembre,
journée de
à Lissa, oùt ildétruisit
Rosbac, une bataille
de T'armée
ou prit trente mille hommes
bloqua Schweidnitz. autrichienne, reprit Breslaw, la Silésic et
Dans le même temps, le prince
Brunswick rassembla Tarmée
Ferdinand de
rons de Stade et de
alliée dans les envichelieu
Harbourg. Le maréchal de
se trouva obligéder rassembler
Riétoit déjà ou rendue dans
la sienne, qui
min pour sy rendre. Il ses quartiers ou en cheréunirde troupes,
marcha, avec ce qu'il put
Ferdinand,
jusquilmnéhourg, d'oule prince
après lui avoir signifié la
rupture de la
convention, 2 le déposta bien vite en
toute son armée sur Zell.Le
marchant avec
maréchal de Richelieu
A
maréchal de
se trouva obligéder rassembler
Riétoit déjà ou rendue dans
la sienne, qui
min pour sy rendre. Il ses quartiers ou en cheréunirde troupes,
marcha, avec ce qu'il put
Ferdinand,
jusquilmnéhourg, d'oule prince
après lui avoir signifié la
rupture de la
convention, 2 le déposta bien vite en
toute son armée sur Zell.Le
marchant avec
maréchal de Richelieu
A --- Page 125 ---
DE ROCHAMI BEA U.
fut fort heureux dy devancer Tennemi de
heures, , et de pouvoiry
quelqes
réunion de
tenirjuscta Tarrivée et la
toute la sienne. Elle se trouva enfin rassemblée vers le 20 de décembre, et le mit en élat
de passer FAller au-dessus et au-dessons de
de former le projet d'embrasser T'armée
Zell,
Ferdinand et de
du prince
Fattaquer dans la
avoit prise vis-à-vis e de nous de l'autre position qu'il
vière. Pendant le bivouac
côté de la rinemi avoit fait
de Zell, le général en-.
faire derrière lui le siége de Harbourg; apprenant qu'il tiroit vers sa fin et la saison
élant trop rigoureuse, il prit le parti, dans la même
mit que nous marchions pour lattaquer, de se retirer pour aller prendre des cantonnemens dans le
paysde Lunébourg, ohil apprit la reddition du châ.
teau deHarbourg.
M. lei maréchal de Richelien, après avoir
le duc de Broglie
envoyé
de Bréme
repousser l'ennemi des environs
et surprendre cette ville
qui fut exécuté avec autant
impériale, ce
bonheur,
dintelligence que de
renvoya toutes ses troupes dans les
tiers qui leur avoient été
quarde la convention
désignés avant la rupture
de Closterseven. Le défaut de
magasins, les rendez-vons donnés aux recrues des
différens régimens et à leurs répartitions fitrent les
notifs mal calculés qui Tengagérent à
armée depuis le Rhin jusqu'a Brunswick. disperser son
Ferdinand
Le prince
au contraire se cantonna dans le duché
bonheur,
dintelligence que de
renvoya toutes ses troupes dans les
tiers qui leur avoient été
quarde la convention
désignés avant la rupture
de Closterseven. Le défaut de
magasins, les rendez-vons donnés aux recrues des
différens régimens et à leurs répartitions fitrent les
notifs mal calculés qui Tengagérent à
armée depuis le Rhin jusqu'a Brunswick. disperser son
Ferdinand
Le prince
au contraire se cantonna dans le duché --- Page 126 ---
MÉNOIRES
de Lundhourgdes
maniéreàse rassembler
quatre heures, et
en vingtcette ville.
prit son quarticr- - général dans
Je fus placé à
delarée
Gifhora, au poste le plus
avec un régiment de
avancé
ment de la Marche. Ce
hussards et le régi-
(mais les voitures
poste étoit 'entouré d'eau
de manière
passérent sur la glace
qu'il étoit
tout.Fhiver),
cnit.Jefis logerles attaquable dans tout son circhacune
officiers savecl leurs
avoit son poste
compagnies,
tout habillés, et nos
désigné; nous conchions
Je m'étois fait
patrouilles étoient fort alertes.
un ami du cocher de lac
partoitde Landhourgi àr midi et
diligence qui
minuit pendant toute la foire passoit à Giffhorn à
donnoit des nouvelles
de Brunswick; il me
les quartiers de
de tout ce qui se; passoit dans
l'ennemi. Je fus encore
par un homme de qualité du
mieux servi
le roi de Prusse et
pays, qui n'aimoit pas
tacher: : il
que je trouvai moyen de m'atm'apprit, dès le I.F
jet de Tennemiétoit de
janvier, que le
dant les
se reposer six semaines proplus grands
penfévrier, un corps de Prussiens froidasque, du IO au 15 de
nie, aux ordres de M.
tiré de la Pomérale prince
torp, rejoindroit cette
dHolstein-Got
alors ses opérations année,eiquelle reprendroit
ver et nous en chasser. pour percer nos quartiers d'hiparoissoit d'autant
Je donnai cet avis, qui me
mieux fondé,
serrée du prince Ferdinand
quela position resne pouvoit pas être sou-
plus grands
penfévrier, un corps de Prussiens froidasque, du IO au 15 de
nie, aux ordres de M.
tiré de la Pomérale prince
torp, rejoindroit cette
dHolstein-Got
alors ses opérations année,eiquelle reprendroit
ver et nous en chasser. pour percer nos quartiers d'hiparoissoit d'autant
Je donnai cet avis, qui me
mieux fondé,
serrée du prince Ferdinand
quela position resne pouvoit pas être sou- --- Page 127 ---
DE ROCHAMSEAU.
tenue long-temps, et que le défaut de subsistances
Tobligeroiti itnécessairement dentreprendre pour. s'é.
largir raux dépens de nos quartiers qui étoient aussi
dispersés.
Mais,sur ces entrefaites, le commandement de
T'armée fut ôté au maréchal de Richelieu et donné
àM. le comte de Clermont. Le premier
Paris dès le
partit pour
commencement de février et le second
arriva vers le 15.L'armée fut pendant cet intervalle
aux ordres de M. de Villemur, vieux lieutenantgénéral, à qui je donnai les premiers avis de l'accomplissement de la prophétie qui m'avoit été faite
par mon baron, à laquelle il n'avoit pas voulu donner la moindre confiance; de l'ordre
les
mis avoient de se tenir prêts à marcher que ennevée à
et de TarriLunébourg du corps de Prussiens aux ordres
de M. le prince
comte de
d'Holaein-Contorp. Enfin, M. le
Clermont arriva; etl le prince Henri de
Prusse s'étant avancéjussqu'a
l'ordre deqnitter Giffhorn Halsberstadt,je reçus
avec mon
laisser le corps de Ficher et de venir régiment, d'y
à Hanovre recevoir les ordres du
en personne
Il me diteu'ayant le dessein de
nouveau général.
droite, derrière
fortifier un campàs sa
HInnerste, prés de Tabbaye de Ringelheim, il m'avoit choisi pour y faire travailler
toute diligence avec ma brigade, et qu'il donnoit en
Tordreàcinge cents hussards des se porter surl'Oker,
pour former un cordon de Goslar à Volfemibut-
venir régiment, d'y
à Hanovre recevoir les ordres du
en personne
Il me diteu'ayant le dessein de
nouveau général.
droite, derrière
fortifier un campàs sa
HInnerste, prés de Tabbaye de Ringelheim, il m'avoit choisi pour y faire travailler
toute diligence avec ma brigade, et qu'il donnoit en
Tordreàcinge cents hussards des se porter surl'Oker,
pour former un cordon de Goslar à Volfemibut- --- Page 128 ---
MÉNOTRES
tel,a afin de faire ce travail
Il vint dans cet intervalle avec plus de tranquillité.
qui retarda les
un dégel épouvantable
Fordinandayant monvemens de Tennemi;l le prince
par le débordement rencontréles plus grands obstacles
qu'il avoit à
des ruisseaux et des rivières
traverser. Je répondis à M. le comte de
Clermontqe les quartiers de sa droite
moins menacés
étoient bien
ne
quesa gauche; que le prince Henri
pouvoit se porter en avant ni
coup de la
s'éloigner beauSaxe; qu'il n'étoit venu à
que pour tenirles troupes de notre droite Halberstade
tandis que toute Tarmée alliée étoit
en échec,
pour faire les plus grands efforts à en mouvement
notre
Leprince me répondit qu'il falloit
gauche.
de la terre et que cela en
toujours remuer
partis donc
imposeroit à l'ennemi. Je
aussi
pour ma destination après une réponsé
luminensesj je n'y fus pas
avoir eu
quatre jours, après
plusicursaleries du corps du prince
que je reçus Tordre d'en partir le 26
Henri,
marcher en toute
février, , de
diligence sur
me
Hildesheim, oi
rejoindrois aux divisions de M. de
je
et de Villémur pour faire
Saint-Père
traite derrière le Weser. conjointement notre reparée à notre
L'armée alliée s'éloit emgauche de Verden et de Hoya sur le
Weser, d'oi elle se portoit sur Minden
àrevers tous nos quartiers dans
et prenoit
vre. On évacua
T'électorat d'Hanofembuttel, Zell tranquillement Brunswich, Volet tout l'électorat d'Hanovre. La
M. de
je
et de Villémur pour faire
Saint-Père
traite derrière le Weser. conjointement notre reparée à notre
L'armée alliée s'éloit emgauche de Verden et de Hoya sur le
Weser, d'oi elle se portoit sur Minden
àrevers tous nos quartiers dans
et prenoit
vre. On évacua
T'électorat d'Hanofembuttel, Zell tranquillement Brunswich, Volet tout l'électorat d'Hanovre. La --- Page 129 ---
DE ROCHAMBEAT U.
garnison de Zell et les troupes sur l'Aller furent
redevables de leur salut au dégel et au gonflement
des rivières, qui obligérent la colonne ennemie,
destinéeàs se porter sur Zell ou Reckhelm, à rentrer
dans le chemin de Verden. On laissa dans les places
la plus grande partie des effets de l'armée et des hopitaux, etl'on en retira les troupes et Tartilleriejusqu'à Hameln, derrière le Weser. Le prince Ferdidinand avança pour investir Minden et Tassiéger.
La garnison n'y étoit que trop nombreuse; mais la
place étoit mauvaise et lon n'y avoit.pas plus travaillé pour la rendre meilleure que dans toutes les
autres. llye eut un grand conseil tenu à Hameln sur
les moyens de la secourir : on trouva trop de difficultésà forcer les gorges et les défilés qui sont sur
le chemin par. les deux rives du Weser. On allégua
aussi le défaut de subsistances en tout
manquoient,
genre 2 qui
disoit-on, à Hameln pour porter Tarmée à cette opération : ce fut les mauvaises raisons
quel'on donna pour laisser prendre Minden, et la
garnison fut faite prisonnière de guerre.
Le prince Ferdinand, après la capitulation de
cette place, poussa une avant - garde vers Bilefeld
pour tourner la gauche de notre armée, quis'étendoit jusqu'à Lemgow. Il n'en fallut
pour décider l'évacuation
pas davantage
d'Hameln et du Weser
sur Paderborn; T'armée y séjourna deux
elle
en repartit pour seretirer surLippstadt;les jours;
corpsde
Minden, et la
garnison fut faite prisonnière de guerre.
Le prince Ferdinand, après la capitulation de
cette place, poussa une avant - garde vers Bilefeld
pour tourner la gauche de notre armée, quis'étendoit jusqu'à Lemgow. Il n'en fallut
pour décider l'évacuation
pas davantage
d'Hameln et du Weser
sur Paderborn; T'armée y séjourna deux
elle
en repartit pour seretirer surLippstadt;les jours;
corpsde --- Page 130 ---
IIO
MÉNOIRES
lagauche-sur
ordre d'évacuer Munster; et ceux de la droite eurent
Le
la Hesse et de se replier sur
prince Ferdinand,
Soëst.
avant-garde sur notre continnant à pousser une
même
gauche, le parti futprisaroela
précipitation d'abandonner
tadt et de se retirer derrière le Munster, LippsLippstadt dix
Rhin : on laissa dans
L'armée
pièces de canon aux armes de France.
françoise arriva délabrée à
lui donna des cantonnemens
Wesel, où on
Rhin. Les
sur la rive gauche du
troupes de la Hesse étant rentrées
pays de Berg à Dusseldorf,
par le
cantonner derrière le Mein. eurent T'ordre d'aller
vint mettre son
Le prince Ferdinand
quartier-général à Munster
couvra en six semaines toutes les
: il repays que nous avions pris dans places et tout le
la
denite; on lui abandonna
campagne précéilne nous resta plus reelleweanfoutineer
Pontes
que Wesel au-delà du Rhin.
ces conquêtes furent abandonnées
tant der
avec aupromptitudequel l'on avoit mis de
et d'ardeur en dispersant Tarmée
confiance
ver morcelés dansun
en quartiers d'hipays d'une auissi vaste
Les cantonnemens furent établis de
étendue.
lap plus grande partie del Tinfanterie
manière que
mière et seconde ligues derrière fat placéeenpre.
dorf, et qu'on en laissa fort
Cologne et Dussel.
cavalerie depnis Wesel peu avec beaucoup de'
étoitla seule
jusqu'à la Hollande, qui
partie ouil fitacraindre
au commencement de la
quel'ennemi,
campagne, ne pût forcer
d'hipays d'une auissi vaste
Les cantonnemens furent établis de
étendue.
lap plus grande partie del Tinfanterie
manière que
mière et seconde ligues derrière fat placéeenpre.
dorf, et qu'on en laissa fort
Cologne et Dussel.
cavalerie depnis Wesel peu avec beaucoup de'
étoitla seule
jusqu'à la Hollande, qui
partie ouil fitacraindre
au commencement de la
quel'ennemi,
campagne, ne pût forcer --- Page 131 ---
DE ROCHANFEAU.
le passage de ce fleuve, tant
la
III
roità faire des achats de
par facilité qu'il aupar les moyens
bateaux en Hollande, que
qu'il auroit pour les faire
sans obstacles jusqu'au lieu qu'il fixeroit monter
ses ponts. On ne s'occupa derrière le pour jeter
parer les troupes, à recruter des
Rhin qu'às sévolonté, et à fixer au I.
milices de bonne
mées françoises
juillet Tépoque où les arreprendroient
nemi, On ne pensa
T'oflensive sur Teneût la témérité
pas que M. le prince Ferdinand
on luil laissoit de songer au passage du Rhin, dont
tous les moyens. Il se
en mouvement vers les derniers mit cependant
porta une. avant-garde à
jours de mai; il
del la Roër,
Duisbourg, àlemhouchure
sel, tandis pour donner jalousie aui-dessus de WeBinen, qu'il marcha avec le gros de son armée à
de Hollande an-dessous d'Emmerick, ,où avec lesbateaux
il jeta son pont sans aucun
en écornant un peu le territoire
obstacle,
porta quelques plaintes
hollandois qui en'
taillons du
pour la forme: Quatre Zarégiment de la marine,
toute
qui
Tinfanterie en quartier dans le duché composojent
ves,sy portérent
de Cletrop tard; s'ils avoient
nus par un plus grand nombre
été souteroit pu disputer à Tarmée dinfanterie, on audigue inondée
alliée le passage d'une
lai
et Ty arréter: : on prit le
de
céder et de se retirer dans la
parti la
pen et
où
bruyère entre AlRhembengs se fit le
tous nos quartiers.
rassemblement de
quartier dans le duché composojent
ves,sy portérent
de Cletrop tard; s'ils avoient
nus par un plus grand nombre
été souteroit pu disputer à Tarmée dinfanterie, on audigue inondée
alliée le passage d'une
lai
et Ty arréter: : on prit le
de
céder et de se retirer dans la
parti la
pen et
où
bruyère entre AlRhembengs se fit le
tous nos quartiers.
rassemblement de --- Page 132 ---
II2
MÉNOINES
Ont fitu unes seconde faute ena
teurs de
abandonnant les hanSanten et de Sonsbeck à T'ennemi
occupa, d'ohil nous tourna
qui les
se prolongeant sur les mêmes par notre gauche, en
baye de
hauteurs jusqu'a TabCamp, ce qui nous força à nous
core du cul-de-sac oiu
retirer ennal et aller
nous étions, pour passerle Caprendre le camp de Meurs,
jours à Tennemi la facilité
laissant toudroite sur les hauteurs
de se prolonger par sa
sitions
de Tonisherg, dans des poavantageuses. L'armée
core à Neuss, d'on elle
françoise se retira engauche et vint barrer à marcha en avant par sa
Landvest derrière
T'ennemi la position du
depuis la Nierse Crevelt, qui traverse la plaine
jusqu'an marais qui étoit à notre
droite; on sy plaça de manière
laissoit une, grande démi-lune que notre gauche
point occupée entr'elle
de plaine, quin'étoit
notre
et la Nierse, et on
gauche à une lisière d'arbres et de appuya
qui séparent la bruyère de Vischeln
maisons
plaine.
d'avec cette
L'ennemi marcha à
envoya déboucher
Kempen, et le lendemain
un corps de
à
un autrei eiSaint-Antonise
troupes Crevelt et
notre armée,
qui tinrent en échec toute
tandis qu'en plein midi ils se trouvèrent, eutre la Nierse et notre
sur notre flanc avec les deux gauche, en bataille
Ils furent
tiers de leur armée.
au moment d'entrers dans notre
par ie tlanc et les derrières de
camp
cette aile ganche,
déboucher
Kempen, et le lendemain
un corps de
à
un autrei eiSaint-Antonise
troupes Crevelt et
notre armée,
qui tinrent en échec toute
tandis qu'en plein midi ils se trouvèrent, eutre la Nierse et notre
sur notre flanc avec les deux gauche, en bataille
Ils furent
tiers de leur armée.
au moment d'entrers dans notre
par ie tlanc et les derrières de
camp
cette aile ganche, --- Page 133 ---
DE ROCHAMDEAU:
sans quily eût le moindre ordre
part.
donné de notre
Jecomamandois
lal
labrigade de Tonraine derrière
Mson-Rongesaur le chemin de
Saint-Antonis
mouvemens
fusil, et
searateets
que je vis faire aux carabiniers parles
dragons qui étoientsur ma
et aux
témps de me mettre
gauche, je 1 n'eus que le
en bataille; un
dejour me donna lordre. de
ollicier-général
haies qui nous
défendre la lisière de
séparoit de Tennemi, il
ver par lal brigade de
me fit reletement et,
Clanpagtesjyoaurnsp
jyarrivai en mêmel
prompmens de Brancos et de Latmann temps que les régilement détachés.
quily avoit éga
Lennemi étoit en colonne
mnasse,avec une ligne de cavalerie dintintericsernéeen
déboucher dans notre
formée, prêteà
deux régimens,
camp; de concert, avec ces
nous nous placâmes de
garder tous les débouchés de
manière à
et nous montrâmes des
cette lisiere de haies;
nulle profondeur,
têtes partout qui n'ayoient
mais dont Tennemi
force; nous parvinmes à lui
ignoroit la
deux bonnes heures.
en imposer pendant
tres-vif; elle
Notre artillerie faisoit un feu ::
obligea Finfanterie
ter, la cavalerie à marcher
ennemie à s'arrétourner encore
par sa droite pour nous
roit donné plus davantage dé
par notre gauche, et autemps quiln'en falloit
pour nous secourir. MM.
alarmée
Deleide et de
I.
Saint-Ger8
is dont Tennemi
force; nous parvinmes à lui
ignoroit la
deux bonnes heures.
en imposer pendant
tres-vif; elle
Notre artillerie faisoit un feu ::
obligea Finfanterie
ter, la cavalerie à marcher
ennemie à s'arrétourner encore
par sa droite pour nous
roit donné plus davantage dé
par notre gauche, et autemps quiln'en falloit
pour nous secourir. MM.
alarmée
Deleide et de
I.
Saint-Ger8 --- Page 134 ---
MÉNOIRES
main.arriverent
lal brigade de la Marine suecesivements ce dernier amena
pour tout renfort, et me dit
que Tarmée étoit en batailleal la tête de'
sans avoir fait d'autre
son camp
monvement. Il m'ajouta ironiquement que les généraux regardoient
taque: de notre gauche
cette atNous n'etmes
comme une escarmouche:
que le temps de nous
et
nous fixer de notre
poster de
de la colonne de
Aeentermensreaepe
mandoit le
vingt-quatre bataillons que comprince héréditaire de Brunswick,
n'étoit pas dans la haie à cent
de
qui
oecupâmes toute la
pas nous : nous
la
largeur de cette lisière de bois:
brigade de la Marine, qui étoit à notre
droite,
reçut l'ordre des généraux de charger à la baionnette; elle fut pliée tout de suite. M. de SaintGermain nous donna l'ordre de rester à défendre
nos postes, et nous nous trouvâmes
gade; le
avec ma bribataillons del la
deux
CrincsB-eataleans
les
Couronne avoirà sontenir seuls tous
efforts de l'ennemi. Le combat dura
d'heure sous un feu
cinq quarts
-
d'enfer, sans que l'ennemi
nous faire perdre un
put
- if
pouce de terrain. Il fit au
contraire repoussé deux fois et mis en
enfin il reprit le dessus et nous débordoit déroute;
flancs; ne recevant aucun
par nos
secours de Tarmée,
méme de poudre, dont les régimens
pas
M. de Saint - Cermain
manquoient,
nous donna T'ordre de la
'heure sous un feu
cinq quarts
-
d'enfer, sans que l'ennemi
nous faire perdre un
put
- if
pouce de terrain. Il fit au
contraire repoussé deux fois et mis en
enfin il reprit le dessus et nous débordoit déroute;
flancs; ne recevant aucun
par nos
secours de Tarmée,
méme de poudre, dont les régimens
pas
M. de Saint - Cermain
manquoient,
nous donna T'ordre de la --- Page 135 ---
DE ROGRANTEAU.
retraite; il me chargea de
giment de la
Tarritre-garde avec le réMarche et les grenadiers de
brigade qui farent écrasés dans'
ma briEn sortant de la haie
cette Bataille.
bruyère, la quene des
pour rejoindre, dans la
M. de Saint-Germain autres troupes quisuivoient
position, je
pour reprendre une seconde
bouchoit m'aperçus que la cavalerie
au grand trot
ennemie délacune
pour nous
dans
qui se trouvoit entre le
couper
la'
et mon régiment. Je fus
reste de ma brigade
Barrey,a avec un bataillon rejoint par M. de Montroit le même
de son régiment qui courisque. Nous nous
gauche pour nous
jetâmes sur notre
aux ordres du
approcher de notre cavalerie,
comte Dumeny,
ne temps avec assez de
qui chargea en mésuccès; mais
cadrons,les
de
quelques esnous fiues plus de près
nous, ayant été battus,
inondés de dragons
quelques-uns entrèrent dans
prussiens, dont
cette charge
nos rangs. Cest dans
que je fis la première épreuve
troupe que Javois pris plaisirà former
d'une
dernier
dans notre
cantonnement;e elle
gnies de chasseurs dans Tinfanterie utfoszibedescompe
fis sortir du rang
françoise, Jeles
dragons
pour faire feu sur une foule de
qui nous entonroient, dont la
rent tués ou démontés, Je
plupart fuderrière ceux de nos
continuai mon' chemin
vietorieux, et
escadrons qui avoient été
qui fut
jerejoignis M. de Saint. -
renforcé dans ce point seulement Germain,
par lés
e elle
gnies de chasseurs dans Tinfanterie utfoszibedescompe
fis sortir du rang
françoise, Jeles
dragons
pour faire feu sur une foule de
qui nous entonroient, dont la
rent tués ou démontés, Je
plupart fuderrière ceux de nos
continuai mon' chemin
vietorieux, et
escadrons qui avoient été
qui fut
jerejoignis M. de Saint. -
renforcé dans ce point seulement Germain,
par lés --- Page 136 ---
MÉMOIRES
grenadiers de France etl la brigade de
lesquels on prit une seconde
Nevers, avec
position.
L'infanterie ennemie, après nous avoir chassés
des haies, s'étant un peu avancée dans la
les généraux ordonnèrent
bruyère,
aux carabiniers de la charger, ce qu'ils firent avec beaucoup de viguenr, et 1
la percérent en plusieurs points. Le comte de Gisors, fils unique du maréchal de
mortellement
Belle-Isle,y fut
blessé; mais leurs forces étant
inégales à celles d'un corps d'infanterie aussi trop
sidérable, les ouvertures
confermérent
des
qu'ilsyavoient faites se repar
troupes fraiches; ; et ceux
étoient entrésy furent très-maltraités.
quiy
quiln'y eût rien de
Enfin,quoidésespéré et que plus des trois
quarts de l'armée n'eussent pas combattu, ayant été
toute la journée tenue en échec par deux divisions
ennemies qui se montrèrent vis-à-vis de la droite et
du centre,les généraux ne trouvèrent rien der mieux
à faire que d'abandonner la partie et de se retirer
sur Neuss.
Leduc de Brissac vintyrendre
de la rentrée de
compte au prince
Tarriere-garde et lui dit, dans un
style chevaleresque quilni étoit familier : La brave
troupe que je commandois a mauceuvréavec beaucoupde fermeté; elle en a insposéalennemi
bonne
par sa
contenance, et balayoit la honte de cette
journée. On avoit donné M. de Mortagneice malheureux prince pour être son conseil : c'étoit un
.
Leduc de Brissac vintyrendre
de la rentrée de
compte au prince
Tarriere-garde et lui dit, dans un
style chevaleresque quilni étoit familier : La brave
troupe que je commandois a mauceuvréavec beaucoupde fermeté; elle en a insposéalennemi
bonne
par sa
contenance, et balayoit la honte de cette
journée. On avoit donné M. de Mortagneice malheureux prince pour être son conseil : c'étoit un --- Page 137 ---
fortbrave
DE ROCHAMBE, A U.
hommme, mais entier dans son
qui ne voulut jamais croire
opinion,
che fit la véritable.
que Tattaque dela gauil envoya chercher Quandill'eut vu parl lui-mème,
les
à la droite de la seconde
secours pressans et nécessaires
ligue
de la gauche. M. le comte de
pour le soutien
solant avec son neveu le
Clermont, en se désoit : Ce n'étoit
prince de Condé, lui diIsle de
pas la peine au maréchal de Bellem'envoyer un tuteur, aurois
tout seul. On cite
jen
fait autant
tère du
ces traits pour peindre le caracgénéral aucquel On avoit donné un
dement si fort au-dessus de
commanOn
ses forces.
le
campa Tarmée au confluent de PErfft
Rhin : ce fut une nouvelle faute de
dans
TErfft alarmée
faire passer
pour. se retirerà
un camp détestable, la
Cologne. Onyprit
hauteurs, Cologne
gauche dominée par. des
derrière la droite. Il est certain
que sile comte Ferdinand eût continué de
sur nous et se futempanédes
marcher
çoit de décamper;
hauteurs, il nous forrière la Moselle que Tarmée se seroit retiréc deret que l'on fit préparer les marches
jusqu'à Andernach. Le général
nous. suivre,se
ennemi, au lieu de
campa entre Neuss et
détacha des divisions
Grevenbroick,
pour bombarder Dusseldorf
ets'emparer de Ruremonde : ses hussards firentdes
courses jusqu'aux portes de Bruxelles.
La ville de Dusseldorf,
née et bombardée
après avoir été canonpendant deux jours, d'un bord
la Moselle que Tarmée se seroit retiréc deret que l'on fit préparer les marches
jusqu'à Andernach. Le général
nous. suivre,se
ennemi, au lieu de
campa entre Neuss et
détacha des divisions
Grevenbroick,
pour bombarder Dusseldorf
ets'emparer de Ruremonde : ses hussards firentdes
courses jusqu'aux portes de Bruxelles.
La ville de Dusseldorf,
née et bombardée
après avoir été canonpendant deux jours, d'un bord --- Page 138 ---
MÉMOIRES
du Rhin à Tautre, T'ennemi
palement à tirer sur le château s'étant attaché princide
posa quelques jours de trève,
Télecteur, , progouverneur palatin enverroit pendant laquelle le
son maûtre : la réponse de
prendre les ordres de
conseil de Versailles
Télecteur fut telle que le
auroit pu la dicter. Elle
toitd'envoyer demanderaug
porçoise s'il
général del Tarmée france cas de faire. pourroitètre la
secouru tôt ou tard, et dans
à son palais, à plus vigoureuse défense sans
tous les incendies
égard
roity y occasionner; mais
qu'un siége pour
mée françoise
que si le général de Tarde
mandoit n'être point en situation
pouvoir lui donner aucun
teur permettoit à son
secours, alors l'élecpitulation, à condition gouverneur d'entrer en catant françoise
toutefois que la garnison ,
que palatine, auroit la libre sortie
pour rejoindre Tarmée, ainsi que tous les effets
roi trés-chrétien; enfin
du
la condition d'être
que, plutôt que de souffrir
prisonnière de
noit à sa garnison de se faire
guerre, il ordonjour Tépée à la
pour se réunir à Tarmée françoise.
main
Le gouverneur écrivit à M. le comte de
mont pour lui demander s'il
Clersecouru; la
de
pouvoit espérer d'être
voit
réponse ce prince fiit quiil ne pouque Texhorter à suivre lés ordres de
tre. Cette phrase, aussi
son mairante, acheva de tourner équivoque la tête que peu rassulatin, qui envoya chercher M. au gouverneur padArdenberg Ce
se réunir à Tarmée françoise.
main
Le gouverneur écrivit à M. le comte de
mont pour lui demander s'il
Clersecouru; la
de
pouvoit espérer d'être
voit
réponse ce prince fiit quiil ne pouque Texhorter à suivre lés ordres de
tre. Cette phrase, aussi
son mairante, acheva de tourner équivoque la tête que peu rassulatin, qui envoya chercher M. au gouverneur padArdenberg Ce --- Page 139 ---
DE ROCHANBEAD.
général commandoit le petit
l'avoit canouné; et
corps hanovrien qui
après avoir capitulé avec lui, le
gouverneur palatin eut encore la bonté de
ter des bateaux pour faire
lui prénison
passer le Rhin à une
qui vint prendre possession de cette gar
les garnisons françoise et
place:
T'armée. Cette
palatine rejoigmirent
oà M. de Valliere capitulation fut signée au moment
arrivoit par. la rive droite
avec un secours qui alloit entrer dans
du Rhin
certain que le
la place. llest
gouvemeur palatin ne se
pas en homme qui eût le moindre
conduisit
faut convenir aussi
la
courage; mais d
général
que réponse qu'il reçut du
françois n'étoit pas faite pour lui en inspirer.
Deux ou trois jours après la prise de cette
les ordres du roi arrivérent à M.le
place,
mont, de remettre le
cointe de CleràM. de
commandement de Tarmée
Contades : jeme souviens
M. de Guerchy voir
qu'étant alléavec
fit
ce lientenant-général, il nous
part avec étonnement des ordres
recevoir; ; nous fttrnes aussi
qu'il venoit de
en sortant, à M. de
surpris que lui. Jc dis,
de
Guerchy: : Il a une bonne tête
cabinet;mais gare le jour de Taction : le prince
Ferdinandlaura retourné trois fois avant qu'il n'ait
prisle parti dy parer. Cette prophétie,
caractère froid et
d'aprés son
apathique, qui nous étoit fort
connu, ne se vérifiera que trop dans le
cette histoire.
cours de
qu'il venoit de
en sortant, à M. de
surpris que lui. Jc dis,
de
Guerchy: : Il a une bonne tête
cabinet;mais gare le jour de Taction : le prince
Ferdinandlaura retourné trois fois avant qu'il n'ait
prisle parti dy parer. Cette prophétie,
caractère froid et
d'aprés son
apathique, qui nous étoit fort
connu, ne se vérifiera que trop dans le
cette histoire.
cours de --- Page 140 ---
MÉMOIRES
M. de Contades prit le
qu'il avoit reçus, de se
parti,suivant les ordres
rant des
reporter en avant
hatiteurs et des positions
ens'empaqui se trouvent
chblijsepiardenlisd Caster.
marche, au moment oùt Tarmée
Aladeuxième
vean camip; nous nous
arrivoit dans lenouT'armée
trouvâmes en présence de
ememie; le prince Ferdinand
l'Erfit toute la nuit, il se
avoit passé
pied des hanteurs
trouvoit en bataille au
sition,
que nous occupions. Cette
tres-mativaise pour lui, étoit
potendre que son artillerie,
forcée pour atTErfft avoit été
sous laquelle le pont de
couronna les rompu, eàt rejoint. Notre armée
crêtes de cette position
cellente; il eût été fortà désirer
qui étoit exquer l'ennemi tout de
qu'on eût pu atfaqu'il fallut
shite; mais tout le
pour mettre notre armée
temps
placer nos batterics, le
en bataille et
Ton avoit du terrain
peu de connoissance que
guides prétendoient qui nous en séparoit, on des
quily avoit un
yin, toutes ces délibérations
très-grand ralanuitdarriver,
dounèrent le temps à
cequiobligea de
au. lendemain. M. le maréchal remettre Tattaque
les ordres les plus
de Contades donna
des patrouilles
précis pour avoir toute la nuit
sur Tennemi, afin
ses moivemens. Il tint M,d
d'êire instruit de
grosse
d'Armentieres, avec une
mais T'ordre avant-garde, tout prêt à le suivre de
donnép
près;
de lennemi fut si parhidedhuirerles mal
mouvemens
exécuté, que le général en-
. le maréchal remettre Tattaque
les ordres les plus
de Contades donna
des patrouilles
précis pour avoir toute la nuit
sur Tennemi, afin
ses moivemens. Il tint M,d
d'êire instruit de
grosse
d'Armentieres, avec une
mais T'ordre avant-garde, tout prêt à le suivre de
donnép
près;
de lennemi fut si parhidedhuirerles mal
mouvemens
exécuté, que le général en- --- Page 141 ---
DE ROCHAMBEAL U.
I2I
nemi, ayant décampé dès T'entrée de la nuit, se retira très - tranquillement. Il repassa TErfft entre
Netiss et Grevenbroick, et se campa sur les hauteursde la rive opposée. 0
M.d'Armentières: ne semit
en marche que fort tard et ne put ramasser qu'une
pièce de canon que T'ennemi avoit abandonnée.
Nos armées françoises, cette époque, étoient
fort peu manceuvrières. La deuxième colonne de
droite attendoit patiemment que la
lonne eût déployé
première COpour appuyer sa droite à la
che de celle-ci, et vice versa
gaupar un mouvement.
successif, au lieu de le faire
simultanément, ce
employoit toute une journée pour mettre
qui
mée en bataille.
une arNous restâmes ainsi quelques jours campés à
vue,mais séparés par TErfft. M. le maréchal de
Contades envoya M. de Chevert à Cologne,
dre le commandement d'une division de six à pren-, huit
mille hommes,avec lesquels il devoit marcher
rive droite du Rhin, et se porter
parla
àmesure
snccesivementet
que notre armée avanceroit sur la tête des
pontsdelennemi au-dessous du Weser. M.de Soubiseavançoit en Hesse pendant ce temps-la;ils'empara de Marbourg, de Cassel, 2 et son ayant -
aux ordres du duc de Broglie battit
garde
à Sandershausen,
de
complètement,
près
cette ville, M. d'Isembourg, qui se retira sur Gottingen.
Le prince Ferdinand
prépara sa retraite et fai-
esivementet
que notre armée avanceroit sur la tête des
pontsdelennemi au-dessous du Weser. M.de Soubiseavançoit en Hesse pendant ce temps-la;ils'empara de Marbourg, de Cassel, 2 et son ayant -
aux ordres du duc de Broglie battit
garde
à Sandershausen,
de
complètement,
près
cette ville, M. d'Isembourg, qui se retira sur Gottingen.
Le prince Ferdinand
prépara sa retraite et fai- --- Page 142 ---
MÉNOIKES
soitfilerses grosl
pluies dans le hogagess sur ses ponts;il ilsurvintdes
Rhin si
mois d'août et un débordement du
eteprilfut consilérable, que tous ses ponts
dans le plus grand
rompirent
de ruser pour s'en tirer;
danger. Il pritle parti
Ruremonde et fit toutes ilmarcha par sa droite sur
fairecroire
les démonstrations
qu'ily vouloit
pour
tôt que les ponts du Rhin peserbifeeinasiraneg
ral ennemi fit une
furent rétablis, le généDulken le maréchal contre-marche, de
vint primer à
bataille dans une
Contades et lui présenter la
temps
bonne position. Il fit en méme
attaquer, par les derrières de son
poste de Wachtendoock
armée, le
Nierse; ils'en
que nous occupions surla
vière et marcha empara, passa toute la nuit cette riavec la plus
ses ponts du Rhin. Le
grande rapidité vers
maréchal de
autant de talens dans
Contades mit
vre, que le prince Ferdinand ses mouvemens pour le stisiens. L'armée
mit d'activité dans les
françoise n'arriva' à Wesel,
Rhin, qu'après que Tarmée
sur le
méme fleuve à Emmerick ennemie eût passé ce
M. de Chevert,
: nous y apprimes que
s'étant présenté
division des ennemis
pour atlaquer la -
qui gardoit la tête de
ponts sur la rive droite du Rhin,
leurs
avec perte à Meer, oi ce
avoitétéreponsé
au-devant de lui
corps ennemi étoit venu
ble de
pour le combattre;il esti
SC tirer d'une situation
impossitrès - critirque avec
uve à Emmerick ennemie eût passé ce
M. de Chevert,
: nous y apprimes que
s'étant présenté
division des ennemis
pour atlaquer la -
qui gardoit la tête de
ponts sur la rive droite du Rhin,
leurs
avec perte à Meer, oi ce
avoitétéreponsé
au-devant de lui
corps ennemi étoit venu
ble de
pour le combattre;il esti
SC tirer d'une situation
impossitrès - critirque avec --- Page 143 ---
DE ROCHANDE A U.
plus de d'audace et de bonheur que le fit le prince
Ferdinand dans cette occasion.
Il continua sa route paisiblement
jusque sous le
canon de Munster, oir il rejoignit la garnison qu'il
Earag2
ouelle alloityêtre investie. M. le maréchal deContades partit de Wesel, marcha jusqu'à Reklinghansen, oùt Tarmée séjourna six
semaines, , à mangerle.
comté de la Marck, tandis que l'armée de Soubise
mit à contribntion tout Je
pays d'Hanovre, et se
porta elle-méme jusqu'à Rimbeck. Le prince Ferdinand avoit pris un bon camp près Munster; ; il en
détacha un corpsdequinze, mille hommesauxo ordres
de M. d'Oberg pour marcher droit sur Casselets'en
emparer, au cas que M. de Soubise ne réurogradât
pas à temps pour le prévenir. M. de
tourna au moment où
Soubisey reTavant-garde de
en
M.dOberg
approchoit; M. de Soubise traversoit la ville et
venoit occuper le ravin de Kirckditmoll. Ces deux
armées furent en présence cinc ou six jours,
qu'alarrivée des divisions de T'armée de
jusaux
Contades,
ordres de MM. de Chevert et de Fitsjames,
renforcèrent T'armée de Soubise. M.
qui
tendit
d'Oberg n'atpas cette jonction pour décamper, passer. la
Fulde et s'établir sur les hauteurs de Landwernhagen : M. de Soubise la passa aussi avec toutes
forces réunies. M.
ses
d'Oberg se retira à
et se mit en mouvement
Luttersberg
pour passer la Verra à
jusaux
Contades,
ordres de MM. de Chevert et de Fitsjames,
renforcèrent T'armée de Soubise. M.
qui
tendit
d'Oberg n'atpas cette jonction pour décamper, passer. la
Fulde et s'établir sur les hauteurs de Landwernhagen : M. de Soubise la passa aussi avec toutes
forces réunies. M.
ses
d'Oberg se retira à
et se mit en mouvement
Luttersberg
pour passer la Verra à --- Page 144 ---
124 -
MÉNOIRES
Munden. M. de Soubise,
ment oùt sa retraite étoit arrivant sur lui au moderérograder
commencée, il pritle parti
sa division
pourcombattre. M. de Chevertavee
tournoit la gauche de I'ennemi
qua par. le flanc tandis
et T'attabouchoient
que les autres
sur son front. Le combat colonnes'delong; Tennemi
ne fut pas
plia, se retira en désordre et
perte. sur la Verra, qu'il
avec
pont de Munden.
passa toute la nuit sur le
mais n'eut
Cette victoire fut
point de suite, la saison
honorable,
cée pour former des
étant trop avanéuablissemens dans le pays
ditinowe-.M.dObeg se retira par
ayant laissé un petit corps de
Eimbeck, oè;
Hamcln etLippstadt
troupes, il revint par
Ce général étoit rejoindre le prince Ferdinand.
laissé
parti de Munster
une garnison; il avoit
aprèsy y avoir
avoir chassé et entamé passé la Lippe, et après
Chevreuse, s'étoit
Tarrière-g garde de M. de
ses avant. - gardes campé à Soest et avoit poussé
Contades
jusqu'à Werl. Le maréchal de
qui, quinze jours avant, s'étoit
jusqu'à Ham pour détacher les
avancé
et de Fisjames à T'armée de divisions de Chevert
ment dans Tinquiéude
Soubise, fut un moennemie leur barrant pour leur retour; Tarmée
camp
leur chemin, il sC porta au
dlllingen entre Ham et
une position excellente
Werl, où il prit
de M.
: il fit avancer Ja division
tion avec.MM.de dArmentières jusqu'a Werl, et fit sa joncChevert et Fiejames.qui.ant
it
jusqu'à Ham pour détacher les
avancé
et de Fisjames à T'armée de divisions de Chevert
ment dans Tinquiéude
Soubise, fut un moennemie leur barrant pour leur retour; Tarmée
camp
leur chemin, il sC porta au
dlllingen entre Ham et
une position excellente
Werl, où il prit
de M.
: il fit avancer Ja division
tion avec.MM.de dArmentières jusqu'a Werl, et fit sa joncChevert et Fiejames.qui.ant --- Page 145 ---
DE-F ROCHANBEAU,
appris dans leur marche les mouvemens de T'armée
ennemie, s'étoient jetés dans les montagnes de
Westphalie, et passant par Brillon et
nous rejoignirent àl la fin d'octobre. Cette: Arensberg,
mit fin à la triste
opération
campagne de 1758. w
L'ennemi retourna à Munster; l'armée de Soubise, après avoir mangé la Hesse, se retira entre le
Lahn et le Mein, où elle prit ses quartiers,
le château de
gardant
Marbourg et Giussen pour leur tête.
L'armée de Contades, après avoir épuisé le comté
de Lamarck, se retira derrière le Rhin, où elle
ses quartiers. On assura le Bas-Rhin
prit
au-dessous de
Wesel, par des redoutes et des cantonnemens d'infanterie pour les soutenir, de manière à
avoir
ne plus
dinquiétude pour un second
du
Rhin du côté de la Hollande.
passage
Le prince Ferdinand prit les
siens, sa droite à
Munster, sa gaucheà Cassel, et son
ral à Paderborn. Les
quartier-génébise
quartiers de Tarméc de Sourestérent au-delà du Rhin, et les plus
aux entreprises d'un ennemi
exposés
qui ne pouvoit être
long-temps tranquille, et qui devoit chercher à regagner par son activité, dans les entreprises
ce qu'il perdoit du côté du nombre et de la d'hiver,
riorité, quand la campagne étoit ouverte. M. supé- de
Soubise étant retourné à Paris, M. le duc de Broglie fut nommé pour commander son armée
dantl Thiver, etM.d'Armentières,
penaprès ledépart de,
ennemi
exposés
qui ne pouvoit être
long-temps tranquille, et qui devoit chercher à regagner par son activité, dans les entreprises
ce qu'il perdoit du côté du nombre et de la d'hiver,
riorité, quand la campagne étoit ouverte. M. supé- de
Soubise étant retourné à Paris, M. le duc de Broglie fut nommé pour commander son armée
dantl Thiver, etM.d'Armentières,
penaprès ledépart de, --- Page 146 ---
NÉNOIRES
M. de Contades,
Rhin. Il
pour commander celle du Basreçut l'ordre de la cour
de
denvoyer au duc
Broglie, sur Sa'
douze mille
réquisition, un détachement de
Germain. hommes aux ordres de M. de SaintVerslei mois de février, le
nand poussa une pointe
prince Ferditourna tout de suite.
jusqu'à Fulde, mais il redoute, et se
Cétoit pour reconnoître sans
préparer les moyens de
qu'ilfita au mois de mars stivant.
Tentreprise
Les troupes destinées à mnarcher aux
M. de Saint-Germain
ordres de
tes à partir. Le duc de eurent celui de se tenir prétiers en cantonnemens Broglie rassembla ses quarFrancfort. Vers la fin de serrés, entre Friedbertg et
Se mit effectivement mars, le prince Ferdinand
mille hommes,
en mouvement avec quarante
les
laissant le reste de son armée dans
environs dé Munster et Lippstadt. IF faut
Ter ici que, soit parla rareté des
obserpar une fausse sécurité, le ministre subsistanices, fit
soit
lenciennes et à Maubenge
reveniràVaVaux d'artillericet des"
presque tous les chevivres du Bas-Rhin, de sorte
qu'ilne fut pas diflicile au général ennemi de
cetfearmée
juger
paralytique, et qu'elle ne pourroit faire
aucune diversion" sur Munster,
ment qu'il alloit faire
pendant le mouvegrande
pour se porter avec la
partie de la sieme'sur M. de
plus
dernier demanda les douze'
Broglie. Ce
dres de M. de Saint-Germain: mille hommes aux orIls partirent tout de
ivres du Bas-Rhin, de sorte
qu'ilne fut pas diflicile au général ennemi de
cetfearmée
juger
paralytique, et qu'elle ne pourroit faire
aucune diversion" sur Munster,
ment qu'il alloit faire
pendant le mouvegrande
pour se porter avec la
partie de la sieme'sur M. de
plus
dernier demanda les douze'
Broglie. Ce
dres de M. de Saint-Germain: mille hommes aux orIls partirent tout de --- Page 147 ---
DE ROCHANTEAU,
suite, et firentla plus grande
néral ennemi
diligence; mais le go
en fit une encore plus grande, puisqu'il attaqua M. de Broglie à Bergen, à deux
de Francfort, la veille du jour de Tarrivée de lieues M.
Saint-Germain.
de
Larmée ennemie avoit marché
Fulde, d'oi le prince héréditaire. par Hirschfeld à
détaché fut
pousser les quartiers del T'arméed
pour
Mein, sur. lesquels il eut quelcques delEmopirejusqu'an
tout de suite
avantages. Il vint
forces
rejoindre son oncle à Fulde, et leurs
réunies marchérent sur deux colonnes droit
aFrancfort, où ils comptoient
les
tiers du duc de
surprendre quarBroglie, avant qu'ils pussent être
rassemblés. Ce dermiersy étoit
tonnemens
préparé, et ses canpouvoient être réunis en
heures. Ilavoit poussé trois
vingt-quatre
la
gros détachemens dans
montagne du Spesserwald, sur toutes les routes
par oi Tennemi pouvoit
Tapprocher. Ses ordres,
pour rassemblerles troupesan champde bataille de
Bergen, étoient tous signés; ils
premières nouvelles de la marche partirent dès les
prince Ferdinand
de Tennemi: : le
trouva notre armée postée
une position excellente, et qui fut choisie dans
beancoup d'art par le duc de Broglie.
avec
Le fort de cette action se passa au village de Bergen; cqui se trouvoit en avant de notre
sez mauvaise
droite, d'aslerie
défense, mais soutenu par notre artilet beaucoup dinfanterie, que le duc de Bro-
ils
premières nouvelles de la marche partirent dès les
prince Ferdinand
de Tennemi: : le
trouva notre armée postée
une position excellente, et qui fut choisie dans
beancoup d'art par le duc de Broglie.
avec
Le fort de cette action se passa au village de Bergen; cqui se trouvoit en avant de notre
sez mauvaise
droite, d'aslerie
défense, mais soutenu par notre artilet beaucoup dinfanterie, que le duc de Bro- --- Page 148 ---
NÉNOTRES
glieyplaca comme un OS à
et où il épuiseroit
ronger pour Tennemi,
attaque. Le
toute T'ardeur de sa première
prince dizembourg
avec une grande
attaqua Bergen
impétuosité;
çoise sy défendit
linfanterie franrepoussée, et aul courageusement, mais elle fut
de Broglie
moment d'être forcée. Le duc
y mena deux brigades fraiches.
mont, traversant le village,
Piedporte sur la
trouva Tennemi à la
chaussée, et le chargea
mment; la brigade de Rohan,
vigotureuseles jardins et se
tournant le village par
plier T'ennemi. présentant d'aussi bonne grâce, fit
Toute notre infanterie
se ressaisir de toutes les
se rallia, et
Rohan,
avenues. La brigade de
par trop d'ardeur,
la poursuite, elle fut
s'abandonna en plaine à
chargée et ramenée avec
gue perte aux haies du
quel:
mie. Le prince
village par la cavalerie enneforce de la
Ferdinand,a ayant recomnu toute la
position du duc de Broglie, mit
troupes derrière une crête, le plus à
ses
put de notre
couvert qu'il
cette crête, artillerie,pendant que la sienne, sur
commença sur le village et.sur nos
troupes une canonnade qui dura
pendant laquelle ilfit filer derrière quatre heures,
ken, ses
lui, sur VindeT'entrée blessés, ses chariots, et fit sa retraite
de la nuit, avec autant d'ordre
à
saison, la difficulté des chemins
que la
subsistances
et la rareté.des
purent le lui permettre. Le duc de
Broglie, ayant élé rejoint par M. de Saint-Ger..
sur le village et.sur nos
troupes une canonnade qui dura
pendant laquelle ilfit filer derrière quatre heures,
ken, ses
lui, sur VindeT'entrée blessés, ses chariots, et fit sa retraite
de la nuit, avec autant d'ordre
à
saison, la difficulté des chemins
que la
subsistances
et la rareté.des
purent le lui permettre. Le duc de
Broglie, ayant élé rejoint par M. de Saint-Ger.. --- Page 149 ---
DE ROCHAMBEAU.
main, détacha à Friedberg une partie de ce corps,
poury y couvrirnos magasins, et M. du Blaisel, avec
une forte avant-garde, pour lès suivre. Ile eut entre
Echzel et Hungen 2 un avantage sitr l'arrièregarde ennemie, à qui il enleva un régiment de dra-.
gons prussiens. L'ennemi rentra dans ses quartiers
par la Hesse, et le duc de Broglie renvoya ses troupes dans les siens pour y achever leur réparation.
Le corps, aux ordres de M. de Saint-Germain, fut
cantonné sur la Labn. Gette affaire étoit de la plus
grande conséquence, elle sauva la Franconie et tous
les états de TEmpire situés surle Mein. M. le duc
de Broglie reçut le cordon bleu, et fut fait prince
de FEmpire après cette bataille.
L'ennemi, après la bataille de Berghen, s'occupa à réparer ses pertes et son armée. Le prince Ferdinand prit son quartier à Cassel; les mêmes besoins nous firent rentrer dans les nôtres; on s'y
répara, et l'armée françoise fit dans le meilleur
état au I.F dej juin.
A peine étois-je arrivé à Paris, au commencement de cet hiver, après deux campagnes atissi laborieuses, que le maréchal de Belle-Isle mie renouvela mes lettres de service, et me donna l'ordre de
partir sur-le-champ pour aller à Dusseldorf, relever
M. de Saint-Germain dans le commandement de
cette place, et de tout le duché de Berg. Je
l'ordre ensuite de passer à la tête du régiment d'Au- reçus
I.
--- Page 150 ---
MÉMOIRES
vergne, régiment de quatre bataillonsd'mne
réputation, mais où l'on croyoit
grande
s'étoit un peu relâchée. Je
que la discipline
n'y épronvai
aucune contradiction. Je donnai le
cependant
ple des conseils dadministration premier exemndu
pour les finances
régiment, et au lieu des assembiées de
multueuses qui étoient alors en
corps tusembler une fois senlement
usage, jeles fis asmité de neuf
pour nommer un COd'entreux, avec lesquels jai toujours traité leurs alliresdintéret.
Jy établis
en arrivant, une compagnie de chasseurs aussi,
lon. Jeleur choisis des ofliciers du
par batailElles servirent de secondes
premier mérite,
diers, faisoient les
compaguies de grenadéconvertes et les
M. de
patronilles.
Saint-Germain, aux ordres daquel je servis
presque toute cette campagne, en reconnut Tutilité. MM. Dnclsâtelet, de Belsunce et de
eninstitnérent à mon exeruple dans
Guerchy,
Mon objet, en les formant, étoit d'offrir leursrégimens. de
lation,à cette classe d'hommes de
l'émupetite taille si
nombrense en France et si négligée, mais si ingambe, et quelquefois plus leste
taille plus élevée. Ce qu'il yent que ceux'd'une
c'est que len maréchal de Belle-Isle, destraordinaire, à
dis compte comme ministre de la quij'en renmenca par lear donner toute
guerre, comm'assura qu'au I. janvier suivant son il approbation, les
droit dans T'ordonnance du
comprenpaiement des troupes,
etite taille si
nombrense en France et si négligée, mais si ingambe, et quelquefois plus leste
taille plus élevée. Ce qu'il yent que ceux'd'une
c'est que len maréchal de Belle-Isle, destraordinaire, à
dis compte comme ministre de la quij'en renmenca par lear donner toute
guerre, comm'assura qu'au I. janvier suivant son il approbation, les
droit dans T'ordonnance du
comprenpaiement des troupes, --- Page 151 ---
DE ROCHAMBEAT U.
avec les six deniers de haute paie que je leuir payois
de ma poche. Mais le maréchal de Broglie ayant
été nommé à la fin de cette campagne, malgré ce
ministre, au commandement de
.
Tarmée, comme
on le verra par la suite, ct les ayant ordonnécs dans
tous les régimens, le maréchal de Belle-Isle Jes prit
alors en aversion, et refusoit toute espèce de grices
demandées pour leurs officiers sous la dénomination de chasseurs : ce qui prouve à quel point ce'
ministre d'état se laissoit gouyérner par les passions
delhomme privé.
M. le maréchal de Gontades; ayant réani le
conmandement des deux armées, arriva au BasRhin vers la fin de mai, après avoir passé à la réserve de Broglie. Il fit camper les troupes le
I." juin, en plusieurs camps, à Wesel, à Dusseldorf ctà Cologne, sous le prétexte de les exercer;
en attendant que la récolte sur la terre fut plus
avancée. Mais il marcha tout de suite par sa droité;
avec. beaucoup de célérité, en différentes divisions;
et en cantonnant dans les montagues du pays d'Achembourg, oul'onavoit reconnu la possibilité de
faire vivre Tarmée dans son passage. On séjourna
deux jours au camp d'Obervelehern, entre. Giessen
et Marbourg, dou lon marcha rapidement par Vetter, Francketbergs Sachsenberg et Gorbach sur
Stadberg, oùt nous primames l'ennemi de l'autre
côtédu défilé de la Dimel: --- Page 152 ---
MÉNOIRES
La réserve'r de Broglic, qui s'étoit rasssemblée
méme temps, marcha sur. la droite de la
en
mée, etàs sa hauteur dans la Hesse,
grande arTreissa et Fritzlar, d'où le
par Hombourg,
mandoit
général Urff, qui comune division ennemic, se retira avec précipitation.
Le prince Ferdinand, sur les
mens de M. de Contades, avoit premiers mouvede son armée entre Soëst
rassemblé le gros
et Lippstadt.
prit la marche de Tarmée
Quandilapfrançoise par les montagnes du pays dAchemberg, il fit faire une
tion par le prince héréditaire dans le duché irrup- de
Berg, jasqu'aux portes de Dusseldorf,
que cette diversion feroit rétrograder le maréchal espérant
de Contades. Dès qu'il vit qu'elle n'avoit
pli son objet, il
pas remrappela son neven, et ne fut
en mesure de venir défendre le défilé de
plus
il nous trouva campés dans la plaine de Stadberg;
Meerhoff,
lorsque la tête de son armée arriva sur.
T'Alme, au
campde Buren.
La réserve de Broglic, après la retraite du
ral Urff, avoit pris possession de Cassel généHesse,ets s'étoit
et de la
portée par Warbourgà Paderborn.
Ce mouvement engagea le prince Ferdinand à
retirer sur Lippstadt, et de là à Ritberg. L'armée se
françoise marcha à Paderborn, et la réserve de Broglie à Neubaus. De la prenant par les
que nous laissions à notre droite, et montagnes les
par sources
réserve de Broglic, après la retraite du
ral Urff, avoit pris possession de Cassel généHesse,ets s'étoit
et de la
portée par Warbourgà Paderborn.
Ce mouvement engagea le prince Ferdinand à
retirer sur Lippstadt, et de là à Ritberg. L'armée se
françoise marcha à Paderborn, et la réserve de Broglie à Neubaus. De la prenant par les
que nous laissions à notre droite, et montagnes les
par sources --- Page 153 ---
DE ROCHANEEAU.
de la Lippe et de l'Ems, nous nous
de bons
portâmes dans
camps, toujours sur le flanc gauche du
prince Ferdinand, que nous forçâmes à se retirer
derrière la Dalpe et TEffel.:
Le maréchal de Contades envoya la réserve de
Broglie à Engeren, et marcha avec le
de
armée à Hervorden.1 L'ennemi
gros son
se retira à Ybourg et
Osnabruck, où il se réunitanx corps de
gloises quivenoientde
troupes anNos
débarquer dans le continent.
troupes légères prirent poste au château de
Ravensberg.
Jusque là la campagne du maréchal de Contades fut conduite en perfection; il força piedà
par ses manceuvres l'ennemi le
pied
plus rusé et le
entreprenant, à lui abandonner un grand
plus On
fit des établissemens de vivres à Cassel pays.
et à Paderau
-acdmai
Bas-Rhin, fut en état d'entreprendre le
de
Munster. Toutavoit la plus belle
siége
sly futa arrêté, et
l'on
apparence si l'on
que
eût pris entre Hervorden
et Bielefeld une position qui eût assuré derrière
nous les siéges deMunster et Lippstadt, Ledésirde
faire repasser le Weser au général ennemi,
porta jusqu'à Minden, qui fut surpris par la réserve nous
du duc de Broglie. Ce fut un grand malheur
vouloir sy
que de
maintenir, en y appuyant la droite de la
grande armée, et en découvrant conséquemment
les opérations des siéges à notre
gauche, et nos
ût assuré derrière
nous les siéges deMunster et Lippstadt, Ledésirde
faire repasser le Weser au général ennemi,
porta jusqu'à Minden, qui fut surpris par la réserve nous
du duc de Broglie. Ce fut un grand malheur
vouloir sy
que de
maintenir, en y appuyant la droite de la
grande armée, et en découvrant conséquemment
les opérations des siéges à notre
gauche, et nos --- Page 154 ---
MÉNOIRES
propres communications, Le prince Ferdinaud
profita en habile homme; iln'eut
en
la prise de Munster, et
pas plutôt appris
que la réserve del d' TArmenà sereporter en avant sur
FA
la rive ganche du Weser. Stolzenau, en remontant
Il força le maréchal de
Contades,quis@toity
se replier derrière le Patjegpeitolmboned marais de
prit un camp
Minden, où lon
la
sansprofondeur, la droite à
gauche aux montagnes
Minden,
Lubbeke. Lep
qui se prolongent vers
princeFerdinand vint
notre armée ; mais il n'osa nous
cimperdevant
position, à cause du marais attaquer dans cette
front. Il prit le parti de
qui couvroit notre
tions. Il fit fortifier
menacer nos communicale bord du
sa gauche à Todsenbausen, sur
Weser, on il laissa la division de
genheim, pour couvrir ses
Wanquatre lieues en
ponts, qui étoient à
arrière, et la communication
sesvivres. Il détacha ley prince
de
bekc, pour menacer la
héréditaire versLubson armée à
nôtre, et garda le gros de
distanceà peu prés égale de ces deux
corps, pour être à portée del les soutenir
Cette dispersion de Tennemi
tous deux.
pourattaquer la division
parut avantagense
tes nos forces, tâcher de Hdefohrelastsmemete la
suite en flanc Farmée du battre, et prendre enOn marcha à T'entrée prince Ferdinand.
point du
de la nnit, et on fat au
jour en présence du camp de Todtenhan-
armée à
nôtre, et garda le gros de
distanceà peu prés égale de ces deux
corps, pour être à portée del les soutenir
Cette dispersion de Tennemi
tous deux.
pourattaquer la division
parut avantagense
tes nos forces, tâcher de Hdefohrelastsmemete la
suite en flanc Farmée du battre, et prendre enOn marcha à T'entrée prince Ferdinand.
point du
de la nnit, et on fat au
jour en présence du camp de Todtenhan- --- Page 155 ---
DE ROCHAMIEAU.
sen. Le duc de Broglie,
qui, avec sa réserve renforcée des grenadiers de France et Royaux, dévoit
brasqueran point du jour Tattaque de ce corps, le
trouva plus en force, et mieux
étoit
posté qu'il ne sy
attendu, cec
mnifarpgeisngendher son attaque pour aller demander de nouveaux renforts à
M.len maréchal. Pendant ces
ral ennemi
pourparlers, le généagissoit dans un pays boisé et couvert.
Notre armée s'étoit mal mnise en bataille, et au lien
déloigner le centre de la nôtre, composé de
que toute la cavalerie, chaque brigade de cette presme,soitardour,3oits malentendu, s'étoit
arcée
trop avanpour s'aligner sur la droite, de manière
notre centre faisoit un coude surla ligne.
que
Ferdinand fit avancer contre ce centre Leprince
dépourvu
d'infanterie, tout lè gros de son armée. Son infanterie déboucha sur plusieurs lignes
cavalerie hanovrienne
redoublées, sa
sur la gauche de son infanterie, et la cavalerie angloise devoit être sur la droi
te, et n'exécuta pas les ordres du
-Notre artillerie de la
général en ehef.
gauche, Bien postée, faisoit
um grand feu sur linfanterié de T'ennemi,
voit pas encore la sienne, mais qui
quin'avançoit
cependant s'atoujours. On fit charger notre
cavaleric, ce
qui masqua le feu de nos batteries. La
charge de la brigade du
première
Mestre-de-Camp fit brillante, mais point assez tôt soutenue. Toute notre
cavalerie fit successivement des charges désunies,
général en ehef.
gauche, Bien postée, faisoit
um grand feu sur linfanterié de T'ennemi,
voit pas encore la sienne, mais qui
quin'avançoit
cependant s'atoujours. On fit charger notre
cavaleric, ce
qui masqua le feu de nos batteries. La
charge de la brigade du
première
Mestre-de-Camp fit brillante, mais point assez tôt soutenue. Toute notre
cavalerie fit successivement des charges désunies, --- Page 156 ---
MÉMOIRES
et fut repoussée, ainsi
la
de la
que réserve,
gendarmeric et des carabiniers. comiposée
alors rétablir
On voulut
Tinfanterie Taffaire, en faisant charger le flanc de
ennemie par
tre droite et de notre
quelques brigades de note furent
gauche. Mais celles de la droichargées par la cavalerie
les sabra, celles de
hanovrienne qui
gauche farent
poussées par le feu de quelques
également reLes Saxons se portérent
bataillons anglois.
tête de
aussi de la réserve sur la
Tennemi, et firent une
ne réussit pas. Enfin le résultat dernière charge qui
ges successives qui
de toutes ces charde se faire battre n'eurent jamais d'ensemble, fut
en détail. M. de
quinous
Saint-Germain,
commandoit, fit avancer la
vergne et celle d'Anhalt,
brigade d'Aula seconde
qui étoient à la droite de
des haies, ligne. Il nous posta en potence derrière
pour protéger la retraite
de toutes nos
etle ralliement
troupes battues. L'ennemi
canonna vivement, mais
nous y
quand toutes les
ne nous chargea pas;
nous nous retirâmesà troupes françoises furent passées,
hauteur des
mière ligne de notre
brigades de preBroglie, derrière
droite, et de la réserve de
le marais de
vieux camp où toute Tarmée
Minden, dans le
apprit que le prince
fut rassemblée. Ony
même
héréditaire avoit
jour entre Lubbeke et
attaqué le
ment du duc de Brissac,
Gohfeld, le détachedernier endroit;
qui gardoit le pont de ce
que le duc de Brissac avoit été
hauteur des
mière ligne de notre
brigades de preBroglie, derrière
droite, et de la réserve de
le marais de
vieux camp où toute Tarmée
Minden, dans le
apprit que le prince
fut rassemblée. Ony
même
héréditaire avoit
jour entre Lubbeke et
attaqué le
ment du duc de Brissac,
Gohfeld, le détachedernier endroit;
qui gardoit le pont de ce
que le duc de Brissac avoit été --- Page 157 ---
DE ROCHAMBEAT U.
obligé, pardes forces supérieures, de se retirer sur
Tarmée, et que par conséquent notre retraite avec
Hervorden étoit interceptée. La cavalerie du duc
de Brissacétoit en une telle déroute, qu'il crioitau
lientenant-colonel du régiment Dauphin
mon cher Raincourt,
Eh!
qu'est-ce quifera Parriere-gardePLe plus mal monté, mon
lui répliqua Raincourt. Au même
général,
mandant des
instant, le comgros équipages donna avisque, l'ennemi ayant fait un détachement sur lui; il se
et' qu'il avoit coupé derrière lui le
des retiroit,
de Remen. Toutes
pont
salines
ces circonstances déterminérent
le général françois à passer le Weser,
età se retirer
par sa rive droite sur Cassel, en remontant
fleuve.
ce
Le maréchal de Contades ne nous
prouva
trop que sa téte,sage et réfléchie
que
plan de
pour combinerun
campagne, n'avoit ni l'activité, ni les talens, ni les ressources du génie, si nécessaires à
général le jour d'une bataille, Il se
du un
de
plaignit duc
Broglie, qui n'avoit pas attaquéau point du
le camp de Todtenhausen,
jour
comme cela avoit été
convenu. Il falloit donc qu'il
s'y portât ou
changeât sa disposition; mais il resta
qu'il
à la même place, à attendre les
constamment
providence,
événemens de la
qui nous fut très-contraire dans cette
journée.
La retraite étoit longuc et difficile; mais iln'y
Il se
du un
de
plaignit duc
Broglie, qui n'avoit pas attaquéau point du
le camp de Todtenhausen,
jour
comme cela avoit été
convenu. Il falloit donc qu'il
s'y portât ou
changeât sa disposition; mais il resta
qu'il
à la même place, à attendre les
constamment
providence,
événemens de la
qui nous fut très-contraire dans cette
journée.
La retraite étoit longuc et difficile; mais iln'y --- Page 158 ---
HÉWOIRES
avoit guère à choisir avec une armée
avoitperdu touteconfiance.
battue, et qui
Larmée
ser sur trois ponts,
passa le Weassez
protection de
tranqrillement, sous la
une
Minden; on laissa dans cette
garnison de trois cents bommes
place
pour elle et les blesses,
qui capitnla
que. le lendemain
que Ton ne pat transporter
T'ordre à MM. dudipart de T'armée. On envoya
dAmmentitiresete
retirer sur la Dimal
deChevreuise de se
avec M. de
par Paderborn.. Je fusdétaché
garnison Saint-Germain, pour aller masquer la
d'Hameln, pendant le
de
nous y primes deux positions passage Tarmée:
mes attaqués dans la dernière successives; nous fuhérélitaire,
parle corps du prince
cqui vouloit déboucher de cette
pourharceler) les flancs de notre armée
place
garde. Nous le continmes
et Tarrierea
passé le défilé de
jusqui ce qu'elle eût
beck. Nous
Bisperode, surle chemin d'Eimeùmes T'ordre ensnité de
toute diligence les devants de
gagner en
ouvrir le passage des
Tarmée, pouraller
Munden, dont
montagnes de la Verta, près
des troupes légères ennemies
toient emparées. Le duc de Broglie,
s'6cédoit, les ayant chassées,
qui nous prédônna ordre à M. de
Saint-Germin del le relever, et
sur Cassel.
contiua sa marche
Le prince Ferdinand marchoit
par la rive gauche du Weser
en même temps
born sur la Dimel. Notre
etle pays de Paderarmée faisoit toute la di-
Munden, dont
montagnes de la Verta, près
des troupes légères ennemies
toient emparées. Le duc de Broglie,
s'6cédoit, les ayant chassées,
qui nous prédônna ordre à M. de
Saint-Germin del le relever, et
sur Cassel.
contiua sa marche
Le prince Ferdinand marchoit
par la rive gauche du Weser
en même temps
born sur la Dimel. Notre
etle pays de Paderarmée faisoit toute la di- --- Page 159 ---
DE ROCHANDEAU.
ligence possible pour gagner Cassel; ct le prince
héréditaire, avec. une forté avant-garde, harceloit
journellement notre arrière-garde. Au départ du
camp d'Eimbeck, ill Pattaqua vivement; mais il fat
repoussé par M. deNicolay, avec quelqie perte.
Larmée ayant continué sa retraite par Gottingen et Dransfeldt, le prince héréditaire la
par son flanc gauche; quand il vit
toute côtoya
mée étoit entrée dans le défilé de que
TarWolckmarshansen, et que son arriére-garde comnençoit à Ty
suivre, il jugea le moment favorable
rer des hauteurs qui le
pour s'emiparoître
dominent; et ne voyant
sur ces hauteurs que quelques piquets pa- de
chasseurs, avec lesquels je me promenois cobtinuellement pour éclairer la lisière du bois, le reste
de l'infanterie de M. de Saint-Germain étant
campéedans lintérieur, M. leprince héréditairedé- y
boucha comme un trait par. le village de Buhren,
pour s'emparer de ces hauteurs, tandisque ses hussards, pour attirer Tattention, hurceloient
dans le fond de la vallée
toujours
M. de
Tarrière-garde de Tarmée.
Saint-Germain, à quije courus en donner.
avis, fit promptement: ses dispositions pour le recevoir. L'ennemi se présenta sur deux colonnes
avec douze pièces de canon en tête, pour
la droite de nos trois brigades, qu'il faisoit attaquer déborder par ses troupes lagéres; le bon poste que nous
tenions, la confiance des troupes en MI. de Saint-
dans le fond de la vallée
toujours
M. de
Tarrière-garde de Tarmée.
Saint-Germain, à quije courus en donner.
avis, fit promptement: ses dispositions pour le recevoir. L'ennemi se présenta sur deux colonnes
avec douze pièces de canon en tête, pour
la droite de nos trois brigades, qu'il faisoit attaquer déborder par ses troupes lagéres; le bon poste que nous
tenions, la confiance des troupes en MI. de Saint- --- Page 160 ---
MÉOIRES
nemis farent repoussés à plusieurs
Sf
mérent alors une nouvelle
reprises. Ils fornous les repoussames
attaque à notre gauche;
tus partout, s'en allant pareillement. à
Ils furent batplus grand désordre.
Tentrée de la nuit dans le
chasseurs
Je les poursuivis à la tête des
Saint-Germain quelques centaines de pas; mais M. de
nous fit rappeler, son
jet étant de conserver
principal obsentiel,
notre poste, d'autant plus esque lorsque cette action
avoit la moitié de Tarmée,
commença, il y
gages, engorgée dans le vallon troupes, artillerie, baprête à passer la Verra
derrière nous,
lequel toutes
au pont de Munden, sur
ces colonnes se
étoient obligées de s'attendre.
rémnissoient, et
champ del bataille
Nous restâmes sur le
le temps à toute jusqu'au grand jour, ayant donné
notre armée de s'écouler. M. de
Saint-Germain me chargea de
nemi cessa de nous
Tamiere-gande;lensuivre, et se portant à
pour passer le Weser, il
Hoxter
armée sur la Dimel. .Nous rejoignit le gros de son
et nous
coupâmes à
rejoignimes la nôtre près de Cassel. Lnutzelberg,
de Tarmée
marche
torrt.
ennemie, avoit été obligé
Statalberg et
d'abandonner
poster à
Warbourg: : on lui envoya lordre de se
Wolfingen, et au duc de Broglie de s'en
approcher pour le soutenir dans cette
T'armée campa la droite à Cassel, la position;
gauche à la
rejoignit le gros de son
et nous
coupâmes à
rejoignimes la nôtre près de Cassel. Lnutzelberg,
de Tarmée
marche
torrt.
ennemie, avoit été obligé
Statalberg et
d'abandonner
poster à
Warbourg: : on lui envoya lordre de se
Wolfingen, et au duc de Broglie de s'en
approcher pour le soutenir dans cette
T'armée campa la droite à Cassel, la position;
gauche à la --- Page 161 ---
DE ROCHANIEAU.
Gascade. Le duc d'Holstein, soutenu par le prince
Ferdinand, passa la Dimel, marcha par Esolzen et
Naumbourg, oi il prit un bataillon de grenadiers;
MM. de Broglie et d'Armentières se retirèrent
Fritzlar, où l'armée les suivit en abandonnant sur
Cassel un hopital considérableet
à
tous nos magasins.
M. le maréchal d'Estrées fut envoyéde Versailles
pour collègue à M. de Contades ; il arriva à Tarmée
lorsqu'elle faisoit cette longue retraite; illarréta à
Kleinlines, derrière la Lahn, oùt il prit un
quelon occupa lereste de cette
camp
Le maréchal d'Estrées avoit campagne.
rivée de
envoyé, avant TarTarmée, M. de
Beaufremont, avec quelques. brigades, pour y prendre poste. Ce général,
se laissant gouverner par M. de Surlaville, aidemacdulgrisdaldeligdo, ne voulut jamais me
permettre d'aller occuper, avec ma brigade, un
plateau sur. le bord de la Lalm, qui faisoit un grand
bastion placé par la nature, pour assurer cette
sition, et couvrir en même temps la communica- potion avec. la réserve de Broglie, qui étoiisur la méme rivière, vis-à-vis de Wetzlaer. Il me fit
dautorité dans le fond d'un vallon soumis camper à
même hauteur. Heureusement
cette
que T'armée ennemie,dont le camp se formoit vis-à-vis, ne profita
tout des suite de cette bévue. Le maréchal d'Estrées pas
arriva le lendemain, ce plateau le choqua vivement.
Prince, dit-il, est-ce pour assurer le débouché de
de Broglie, qui étoiisur la méme rivière, vis-à-vis de Wetzlaer. Il me fit
dautorité dans le fond d'un vallon soumis camper à
même hauteur. Heureusement
cette
que T'armée ennemie,dont le camp se formoit vis-à-vis, ne profita
tout des suite de cette bévue. Le maréchal d'Estrées pas
arriva le lendemain, ce plateau le choqua vivement.
Prince, dit-il, est-ce pour assurer le débouché de --- Page 162 ---
NI EMOIRES
Tarmée ennemie que vous avez laisséce
en'avant de
mamelon
bonne foi vous2Leprince de Beaufremont eut la
terla veille, sdchanjostemer mais
j'avois vouluy
que M.de
mypor
sé. Je reçus T'ordre
Surlavillesyéolire refuet de le couronnerdun dallery camper sur-le-champ,
pendant troismois, cette retranchement, qui Lassura,
que de l'ennemi.
position contre toute attaLej prince Ferdinand s'établit delautre
rivière, dans le camp de
côtédela
du châtean de Marbourg, Crosdorf, et couvrit le sicge
jours;
qui ifitpris au bout desix
Ziegenheim mal
du à la
approvisionné s'étoit renHesse, sommation, et l'ennemi recouvra toute la
Ilfit, du camp de Crosdorf, de, gros
pour renforcer M.dienhoff,
détachemens
les siége del Manster. Cettep qui fitàdeux reprises
vigoureuise défense, dans place se renditaprés une
distingua, sans que M. dArmentières laquelle Boisclairean se
courir.
pit la seLe général ennemi, s'étant fait
toute la division deM. dlenhoff, rejoindre par
qu'uneforteg
qui ne laissa
ce
héréditaire garnisondansMlunster, détachalep prindu duc de
pour donner une chasse aux troupes
Winenberg-esisadimute
large dans les environs deFalde. Il cantonnées aut
davoir ses cquartiers rassemblés, fut surprisavant
bat trés-leiger,
et après un comobiligédabandouner) le pays-de Fulde
toute la division deM. dlenhoff, rejoindre par
qu'uneforteg
qui ne laissa
ce
héréditaire garnisondansMlunster, détachalep prindu duc de
pour donner une chasse aux troupes
Winenberg-esisadimute
large dans les environs deFalde. Il cantonnées aut
davoir ses cquartiers rassemblés, fut surprisavant
bat trés-leiger,
et après un comobiligédabandouner) le pays-de Fulde --- Page 163 ---
DE ROCRANBEAT U.
pour SC retirer à Wurtzbonrg, avec une perte de
deux mille hommes. Le prince héréditaire marcha
deliginSave,avees un corpsde vingt mille hommes
pourrenforcer lei roi de Pousseyquise trouvoit alors
fortresserrép par les Autrichicns,a après le combatde
Maxen,
M. le duc de Broglie succéda
chaux dEstrées
aux. deux maréet de Contades, qui farent
lés. Ilse fit fortde ne point abandonner
rappedenep pointentrer dans
Giessen, et
nemi n'euta abandonné sesquartiers avantque Tenle projet d'en faire le
et n'eut pris les siens. Cependant la
siége,
saison, au I. er janvier,
rigueur de la
engagea les armées
tives à prendre leurs quartiers d'hiver. Le respeeFerdinand fat le premier à en
prince
prince héréditaire revint
doanerleveniple. Le
rejoindre son oncle, ayant
éédequelques secours all roi de Prusse; il éioit arrivé après la défaite de Finck à
de Prusse ne
Maxen, et si le roi
puts s'en servir pour attaquer les Autrichiens, il lui fut utile pour s'en faire
aprés cet échec,
respecter
Le prince Ferdinand mit-la droite de Ses
tiers à Munster, et. la gauche à Cassel, où il établit cquarson qmartier-général. Il tint en avant delui,
cordon,
pari un
Hoebeali.Hombonrgs sur lOhm, Amcenebourg, Marbourg et Dillembourg. Le maréchal de Broglic mit son
fori; la droite de'ses quartier-général à Francquartiers à Wurtabourg, où
aprés cet échec,
respecter
Le prince Ferdinand mit-la droite de Ses
tiers à Munster, et. la gauche à Cassel, où il établit cquarson qmartier-général. Il tint en avant delui,
cordon,
pari un
Hoebeali.Hombonrgs sur lOhm, Amcenebourg, Marbourg et Dillembourg. Le maréchal de Broglic mit son
fori; la droite de'ses quartier-général à Francquartiers à Wurtabourg, où --- Page 164 ---
MENOIRES
étoitle corps saxon ; la gauche à
puyoit la réserve du Bas-Rhin Coblentz, où aptenoit Giessen et
par sa droite. Il soufront, en avant de quelques autres. postes sur son
quille de
ses quartiers. Lhiver fut tranpart et d'autre, les
ment besoin de
troupes avoient cgalerepos.
Luckner fut cependant détaché dans la fin de
mars,par le général ennemi,
et des contributions
pour tirer des recrues
avions des
du pays de Fulde. Nous y
qui
volontaires aux ordres de M. de
couroient le pays. Il eut une action
Vair,
Luckner, entre Neuhoff et .
vive avec
que forcé par la
Steinau, et ne se retira
supériorité de
les forces qu'il
Luckner, qui, outre
étaloit, se disoit
son armée. Le maréchal de
soutenu par toute
quartiers les plus
Broglie rassembla ses
tions
éloigués, et fit toutes ses
/
pour garnir, s'il étoit besoin,
disposibataille de Berghen. Il
son champ de
avec quatre mille
m'envoya à Gelnhausen
mandement de hommes, pour prendre le comtout le cordon, et
à
nemiles gorges de
disputer l'enBirstein et de
ces bruits n'étoient
Salmunster. Tous
eut avis de ma marche, pas fondés; dès que Luckner
il se retira
Hirschfeldt; et le maréchal de diligemnment sur
dans leurs
Broglic fit rentrer
quartiers toutes les
eu partà ce mouvement.
troupes qui avoient
Lemaréchal de Broglic
fort, dans le plus
préparoit alors à Francgrand secret, l'ouverture de sa
disputer l'enBirstein et de
ces bruits n'étoient
Salmunster. Tous
eut avis de ma marche, pas fondés; dès que Luckner
il se retira
Hirschfeldt; et le maréchal de diligemnment sur
dans leurs
Broglic fit rentrer
quartiers toutes les
eu partà ce mouvement.
troupes qui avoient
Lemaréchal de Broglic
fort, dans le plus
préparoit alors à Francgrand secret, l'ouverture de sa --- Page 165 ---
DE ROCHANBEAU,
campagne, dans laquelle il surprit un ennemi trèsvigilant par un beau mouvément, pour forcer le
pasegedelOhumn,quic icouvroit ses quartiers.
Le chevalier Dumuy fut chargé pendant l'hiver
déla réserve du Ba-Niasmasifouce de la
campagne, le ministre donna le commandement à M.de
Saint-Germain; le prince Ferdinand avoit rassemblé son armée à Fritzlar, pour soutenirdeux
d'observation à Kirchain sur
camps
rOhm, aux ordres de
M. d'Imhoff, età Schlitz, sur le chemin de Falde,
aux ordres du princehéréditaire. Ilavoit laisséM.de
Sporken à Munster, avec un corps de quinze mille
hommes pour contenir la réserve de M. de SaintGermain. Lei maréchal de Broglie avoit, de son cô-.
lé, resserré ses quartiers sans camper; il avoit Sa
droite à Fulde, aux ordres du comte de
Lusace, et
sa gaucheà Achembourg. Ces deux corps des deux
extrémités firent quelques ouvertures de marche et
beaucoup de démonstrations, qui attirèrent toute
Tattention de T'ennemi. Nos troupes furent ainsi
cantonnées jusqu'au 22 juin, qu'il les fit partir de
leurs différens quartiers pour se rassembler le méme jour à Grunberg. La journée du 23 fut employée à ouvrir les marches sur
TOhm, entre
Hombourg etAmeenehroug, oulemaréchal Irésolut
de faire passer son armée, en forçant la position de
l'ennemi par son centre. Toute notre armée partit
à Tentrée de la nuit, passa la rivière d'Ohm le 24 à
I.
IO
jusqu'au 22 juin, qu'il les fit partir de
leurs différens quartiers pour se rassembler le méme jour à Grunberg. La journée du 23 fut employée à ouvrir les marches sur
TOhm, entre
Hombourg etAmeenehroug, oulemaréchal Irésolut
de faire passer son armée, en forçant la position de
l'ennemi par son centre. Toute notre armée partit
à Tentrée de la nuit, passa la rivière d'Ohm le 24 à
I.
IO --- Page 166 ---
MÉMOIRES
midi; sans opposition. Le prince héréditaire
M.d'Imhofl,n
et
nayantpos se rejoindre, furent
de se retirer sur le gros de leur armée, obligés
partie de Frizlar à la première
qui, étant
marche, arriva
nouvelle de notre
trop tard pour secourir ses avant-.
gardes, ets se campa à Neustadt, dans le dessein de
nous. attaqueràl la pointe du jour. Mais sur la nouvellequele général ennemi eut que toute l'armée
françoise étoit en entier campée sur la rive droite
del TOhm, il prit le parti de se retirer dans
conde position derrière la Scliwalm,
une seet Ziegenheim.
entre Treissa
La eeneelladeseGomcin
chéde Dusseldorff par Essen et
avoitdébouuoitenéchiecladivision
Dortmund, et teennemiedu généralSporck.
Lemaréchal de Broglie prit le campde Neustadt,
guilemitensituasionds couvrirles
fit
faire de Marbourg et de
siégesqu'il
Dillembourg. Il
son mam-gudededvoite jusque prèsde Wassem- avança
berg, vis-à-vis du camp de Tennemi; ilfit mine de
SGixiiahee parsagauche,
tandissue parila sienne il fit ouvrir et
marchesur Corbach,
préparer sa
la réserve de M.
pour y faire sa jonction avec
te
deSaint-Germain, qui prit sa roupar Arensberg et Brillon. Cette marche demandoit beancoup de précantions, et de se réglersurlé
parti que prendroit Tennemi lors de notre premier
mnouvemient, parce que le prince Ferdinand,au lieu
du camp de Tennemi; ilfit mine de
SGixiiahee parsagauche,
tandissue parila sienne il fit ouvrir et
marchesur Corbach,
préparer sa
la réserve de M.
pour y faire sa jonction avec
te
deSaint-Germain, qui prit sa roupar Arensberg et Brillon. Cette marche demandoit beancoup de précantions, et de se réglersurlé
parti que prendroit Tennemi lors de notre premier
mnouvemient, parce que le prince Ferdinand,au lieu --- Page 167 ---
DE ROCHABEAU:
de nous côtoyer, pouvoit marcher
nos
directement sur
cherchoit communications et suir Marhonrg, oùt lon
à établir nos magasins. Le maréchal
Broglie,après savoir fait halte à
de
prit que le géuéral ennemi avoit Enalenbegyap
droitesury
marché par sa
Wildlungen. .Nous
berg, et nous vinmes asseoir parthnesdePranckende la plaine de
notre camp à l'entrée
où
Corbuchi,e et à la vue de cette
nous primes poste par notre
ville;
che. M. de Saint-Gerniain avaut-gardede gauavec Jasienne, ctle
y'arriva pendant la nuit
jouravec la
maréchal s'y porta au point du
ganche de son armée.
On trouva le prince héréditaire établi
teur derrière la Justice,
sur la haumée ennemie;il
avec Tavant-garde de Tarparut décidé à combattre
souteurjnsgiafoniced de son oncle et poursly
alliée. Le maréchal de
defarmée
gades de
Broglie, avec sesquatre brigauche, les deux de M. de
main et quelque cavalerie,
Saint-Gerquer. Cette action
ne balança pas à Tattale
ne futni longue,
prince héréditaire s'étoit
Dimeuririère:
rière la bauteurde la Justice postéduns un bois derde
vingt pièces de canon qu'il faisoit Colbach,iyavoit tirer
sur nos débouchés; M.de:
vivement
deux brigades d'infanterie Saint-Germain, avec ses
de Flandres,
et celle des volontaires
Detx-Ponts renforcé par les brigades de
et de Diesback, avoit chassé Royalde la partie ganche du bois et tourné
Tennemi
sa droite. Dès
imeuririère:
rière la bauteurde la Justice postéduns un bois derde
vingt pièces de canon qu'il faisoit Colbach,iyavoit tirer
sur nos débouchés; M.de:
vivement
deux brigades d'infanterie Saint-Germain, avec ses
de Flandres,
et celle des volontaires
Detx-Ponts renforcé par les brigades de
et de Diesback, avoit chassé Royalde la partie ganche du bois et tourné
Tennemi
sa droite. Dès --- Page 168 ---
ME ÉMOIRES
que les brigades de la gauche de T'armée
rivées, M. le maréchal de
furent ardernier bois où
Broglie fit attaquer le
desde
Temenis'étoit retiré par les
Navarre et du Roi, avec ordre à celled'Au- brigavergne et à celle d'Orléans, de se tenir
pour les soutenir. La
en présence
dres du duc
brigade de Navarre, aux orDuchâtelet, se glissa par un ravin, et
fitaseshetresepours arriver. surla batteriedes sennemis, ets'en emparer. sans perte, ce qui décida le
combat, et mit Tennemi en déroute.
Le régiment d'Auvergne
extraordinaire: il
y essuya un accident
étoit en butte à toute la
des ennemis; les nôtres lui
batterie
pris leurs
répondoient, et avoient
positions à la tête de nos quatre bataillons. Un obus de T'ennemi fit sauter
torze caissons
en Tair quachargés de nos cartouches. La
tion quejavois fait
à
posiprendre nos quatre
en leur faisant
bataillons,
prèterle flancà à cette batterie,a avec
de grandes distances, nous garantit de la
énorme que nonsaurions faite s'ils avoient étéenba- perte
taille sur le même front. Cette horrible
me présente T'occasion de citer un trait de girandole la fermhetédu maréchal de Broglie dans
de soif et de fatigue, je venois de lui Taction.Excédé faire
du pain et du vin. Il étoit
à I
donner
de cette
pied terre au moment
explosion. Aprèsavoir rétabli le
sur son poste, je trouvai le maréchal seul, régiment
néde tout son cortége:.
abandonJesuistres-éilific, luidisje,
ente T'occasion de citer un trait de girandole la fermhetédu maréchal de Broglie dans
de soif et de fatigue, je venois de lui Taction.Excédé faire
du pain et du vin. Il étoit
à I
donner
de cette
pied terre au moment
explosion. Aprèsavoir rétabli le
sur son poste, je trouvai le maréchal seul, régiment
néde tout son cortége:.
abandonJesuistres-éilific, luidisje, --- Page 169 ---
DE ROCHANBEAU,
devonsvoirleveme à lan main, sans que cel accident
infernal ait troublé votre déjeuner.
répondit-il, je suis bien plas édifié de Monsicur, voir
me
ment, après une telle
un régiexplosion, se remettre. sur un
posteincendié, ayec autantd'ordre et de sang-froid.
L'armée françoise arriva et campa sur lc
de bataille. Celle de T'ennemi
champ
son
reçut les restes de
avant-garde, et se mit en bataille derrière le ravin de Sachsenhausen, quiséparoit lesdeux
armées.
Elleyprit une position respectable de front,
couvroit la Hesse. Le prince Ferdinand etqui
joindre par le corps de Sporken,
se fit recelui de M. de
qui avoit côtoyé
Saint-Germain, en Jaissant de simples garnisons à Munsteretàl Lippstadt. Il se
à
la droite du prince Ferdinand, barrant les plaça
la' Twistej
défilés de
jusprawolckensnen, près duquel la légion britannique s'établit pour couvrir
La position de Tennemi étoit fort Warhourg.
étoit trop étendue; celle du maréchal bonne, mais
vis-à-vis, étoit également
de Broglie,
bonne, mais avoit l'incoavcnieatdunclonguer communication: avec. Mar.
bourg,d d'onil tiroit encore ses vivres. On la couvrit
par deux détachemens, lun aux ordres de M. de
Glaubitz, T'autre à ceux de M. de Stainville. Le
prince héréditaire pagtit du camp de son oncle, et
vint comme un trait fondre sur le détachement de
M. de Glaubitz, qu'il battit et enleva
tier,
presqu'en enquoiqu'avec une vigouréuse résistance. M. de
: avec. Mar.
bourg,d d'onil tiroit encore ses vivres. On la couvrit
par deux détachemens, lun aux ordres de M. de
Glaubitz, T'autre à ceux de M. de Stainville. Le
prince héréditaire pagtit du camp de son oncle, et
vint comme un trait fondre sur le détachement de
M. de Glaubitz, qu'il battit et enleva
tier,
presqu'en enquoiqu'avec une vigouréuse résistance. M. de --- Page 170 ---
SÉMOIRES
Stainville, étant occupé dans le méme
battre la troupe de
moment à
Fraitag, surle chemin de Wildungen, suspendit sa poursuite
diligence couvrir
pour veniren toute
à
Marbourg. Nos vivres furent mis
convert des entreprises du prince
retourna au campde Sachsenhnusen. hénélitaire, qui
C'est ici le lieu de parler du
rappel de M. de
Saint-Germain, et de ce qui y donna lien. Dès le
commencement de la campagne, il avoit
différens d'opinion
eu des
avec M. le maréchal de Broglie, il s'étoit cru autorisé à Ini
tres ministérielles
résister, par des letqui hi déclaroient que les
tions de sa réserve étoient
opérane seroit dépendlant du maréchal indépendanres,et qu'il
de
lorsque ce dernier voudroit marcher Broglie que
pour lai donner bataille,
à Tennemi
ment et
que pour ce temps seulependant sa réunion il seroit à ses
Le ministre, d'un autre côté, mandoit ordres,
chal de Broglie qu'il pouvoit
au marédu Bas-Rhin
ordonner à la réserve
comme à un détachement de son
mée; il s'ensuivit une correspondance
ardes lettres où M. de Saint-Germain fortaigre,et
manqua à la
snbondination, ce qui força M. le maréchal de
Belle-Isle à le rappelers M. de
de Thumeur, et
Saint-Gemmain prit
passa au service du
M. le comte Dumuy prit alors le
Danemarck,
de cette réserve.
commandement
-
M. le maréchal de Broglie étant
parvenu à faire
s'ensuivit une correspondance
ardes lettres où M. de Saint-Germain fortaigre,et
manqua à la
snbondination, ce qui força M. le maréchal de
Belle-Isle à le rappelers M. de
de Thumeur, et
Saint-Gemmain prit
passa au service du
M. le comte Dumuy prit alors le
Danemarck,
de cette réserve.
commandement
-
M. le maréchal de Broglie étant
parvenu à faire --- Page 171 ---
DE ROCHAXEEAU.
un établissement de vivres à Corbach, ne
plus qu'aux moyens de déposter M. le songea
prince
Ferdinaud, ce qui fat exécuté par une belle manoeuvre générale. Il fit marcher toute l'armée
faire des démonstrations et de fausses
pour
attaques de
front, avec ordre de les réaliser, si Tennemi se dégarnissoit pour renforcer ses ailes. Il fit en même
temps tourner la droite et la gauche de l'ennemi
par ses réserves. Les véritables points d'attaque
étoient Fritzlar par la droite,
Wolckemarsen et
Welda par la gauche. Quoique de toutes les attaques il n'y ett que celle que M. de Chabot fit à
Welda cqui eut quelque succès, en tournant le
flanc droit de Tennemi, et battant la légion britannique, le prince Ferdinand décampa la nuit d'après, et se replia sur Wolfhagen, où il rassembla
toutes ses divisions dispersées, et marcha encore le
lendemain pour se retirer vers Cassel, par les
ges de Borghazungen et de Hoff. Dans la
gorvre de Sachsenhansen, je fus chargé de mancenfausses
plusieurs
attaques pendant la nuit, sur la droite du
camp de leur grande armée, ct Boischireauredeedles de leur gauche. Nous les trouvâmes dans le
moment qu'ils finissoientde décamper, mais soutenus par une. forte arrière-garde. Nous leur fimes
deux cents prisonniers; et, sur les nouvelles
j'en donnai au maréchal de Broglie, il nous fit ren- qjue
forcer par tous les grenadiers et chasseurs, aux Or-
mancenfausses
plusieurs
attaques pendant la nuit, sur la droite du
camp de leur grande armée, ct Boischireauredeedles de leur gauche. Nous les trouvâmes dans le
moment qu'ils finissoientde décamper, mais soutenus par une. forte arrière-garde. Nous leur fimes
deux cents prisonniers; et, sur les nouvelles
j'en donnai au maréchal de Broglie, il nous fit ren- qjue
forcer par tous les grenadiers et chasseurs, aux Or- --- Page 172 ---
MÉNOIRES
dres de M. le prince de Condé.
Broglic suivit Tennemi
M. le maréchal de
le forcer à combattre tris-vivement, il vouloit
lui abandonnant
ou à repasser le Weser, en
il
toute la Hesse avec la
occupa avec sa réserve de droite la Westphalies
Casscl, et par sa gauche la réserve
cascade de
emparé de
de Muy s'étoit
Warbonng sur la Dimel.
avec le gros de son armée,
Le maréchal,
et toutes les
occupa le Gottersberg
Tennemi, montagnes qui dominoient le
dans] la vue de le combattre
camp de
feroit jour. Cest à cette
aussitôt quil
na, et que la fortune époque que la chance tourlens du prince Ferdinand. secouda complètement les taCe dernier marcha
nuit, et se porta
la par sa droite à Tentrée de la
Dimel, à
par marche la plus rapide sur la
Tappui de son neveu,
core Liebenau,
qui y occupoit enAyant réuni toutes leurs forces,
enveloppèrent la réserve
ils
repasser la Dimel
Dumuy, etla forcèrent de
vorisé
avec une grande perte. Il
par. un brouillard Ic plus
futfacette saison, qui
extraordinaire dans
qu'à onze heures protégea tout ce mouvement
du matin. Aussitôt
juschal de Broglie eut nouvelle
que le maréde cette
envoya sur la Dimel des renforts
marche, il
river que pour protéger la
qui ne purent arDumuy. Le maréchal,
retraite de la réserve
sel et du poste de
après s'être emparé de Gasvint prendre, à Hesse, marcha par sa ganche, ,et
Obernstingen, une; position
respec-
heures protégea tout ce mouvement
du matin. Aussitôt
juschal de Broglie eut nouvelle
que le maréde cette
envoya sur la Dimel des renforts
marche, il
river que pour protéger la
qui ne purent arDumuy. Le maréchal,
retraite de la réserve
sel et du poste de
après s'être emparé de Gasvint prendre, à Hesse, marcha par sa ganche, ,et
Obernstingen, une; position
respec- --- Page 173 ---
DE ROCHANBEAU U.
tive sur cette rivière, qui séparoit les deux
elles resterent six semaines en présence, armées;
de part et d'autre, franchir cet obstacle. sans oser,
toit
Maisil n'é
pas dans le caractère des deux
milieu de la partie, de la
généraux, au
tenter d'une
remettre, et de se concampagne indécise.
Le: maréchal de Broglic avoit
rières de son armée, M. de
laissé, sur les dersiége de
Stainville, pour faire le
Ziegenheim. Dès que cette place fut rendue, la disette de fourrages força le maréchal de
Broglie à se retirer sur le chemin de
prendre, à
Cassel, et à
Ifhmenhansen, un camp. dans un
plus abondant; il poussa des têtes de
dans: pays
le pays d'Hanovre, jusqu'à
troupes
commença à fortifier.
Gottingen, que l'on
Dès que le prince Ferdinand vit le maréchal de
Broglie décidéàr manceuvrer par sa droite, il ne songea qu'à faire des diversions sur notre
menacer nos commumications.
gauche, et à
lever, par le prince
Après avoir fait enhéréditaire, une brigade de
troupes légères à Zieremberg, à la tête du
la réservé Demuy, il
camp de
porta sur
sur le chemin de
Franckenberg, et
mille
Marbourg, une division de huit
hommes, aux ordres des généraux
Bulow. M. le maréchal de
Fersen et
Broglie m'avoit envoyé
rejoindre M. de Stainville, qu'ilavoit
téger tous les nouveaux
chargé de provres.
établissemens de nos viCederniermedétaclac d'abordavec deux mille
réservé Demuy, il
camp de
porta sur
sur le chemin de
Franckenberg, et
mille
Marbourg, une division de huit
hommes, aux ordres des généraux
Bulow. M. le maréchal de
Fersen et
Broglie m'avoit envoyé
rejoindre M. de Stainville, qu'ilavoit
téger tous les nouveaux
chargé de provres.
établissemens de nos viCederniermedétaclac d'abordavec deux mille --- Page 174 ---
SÉNOTRES
hommes pour couvrir Ziegenhcim.
lesburgsy yayant pris
Jeme portai à
quelques
par eux parfiitement la
prisonniers, jappris
corps à
force et la position de ce
Frmckenberg. J'insistois dans mon
poetiM.deStsmviller sur la
rapde l'enlever.
possibilité quilyavoit
Cegénéral me répondit
13. septembre, sur ses
qu'il seroit, le
Franckenberg;
derrières, entre Corback et
que de mon côtéje devois
vrér, sans me commettre, de manière à manceul'ennemi de préférer cette route
engager
celle de Wildungen.
pour sa retraite à
Nous fumes trois jours séparés
nemi, sans
par ce corps enpouvoir nous donner
et nous fimes assez heurenx
aucume nouvelle,
minute, comme si nous
pour manceuvrerà la
de vue. Je
ne nous étions pas perdus
m'approchai du camp de Tennemi
qu'à Gémund; jy appris qu'il avoit.
jusFranckenberg,
décampé de
etquil se retiroit sur la route de
Wildungens je marchai par ma droite
lai
fendre le défilé de
pour dé
moment
Closter-Hainasjya arrivai dans le
qu'il chargeoit une petite troupe
avoisenvoycesnonse arrétimesson
que jy
nemi se contenta d'escarmoucher monvement.Tenpetite division, toute la
vis-à-vis de ma
la nuit, pendant
journée jusqu'a Tentrée de
laquelle il passa TEder, et
route de Corbach. C'étoit
reprit la
noeuvre.
tout T'objet de ma maM. de Stainville eut tout le
tempedarrirer;il se
jya arrivai dans le
qu'il chargeoit une petite troupe
avoisenvoycesnonse arrétimesson
que jy
nemi se contenta d'escarmoucher monvement.Tenpetite division, toute la
vis-à-vis de ma
la nuit, pendant
journée jusqu'a Tentrée de
laquelle il passa TEder, et
route de Corbach. C'étoit
reprit la
noeuvre.
tout T'objet de ma maM. de Stainville eut tout le
tempedarrirer;il se --- Page 175 ---
DE ROCHAMBEAU.
trouva sur leur chemin, comme il l'avoit projeté,
dausl la matinée du 13 septembre, sur. les dix heures
du matin. M. de Stainville les
chargea avec la dernière vigueur, les battit à plate-couture, êt les
suivit dans les montagnes de Westphalie, où pour- ils
sauvèrent dans le plus grand désordre,
se
de tous leurs canons, de tous leurs
avec perte
équipages et de
quelques milliers d'hommes. Je m'étois porté, suivant mes ordres, dans la matinée
leur
aFranckenberg,
pour
fermer ce passage important; iy appris,
sur les quatre beures après midi, la défaite de l'ennemi, par une brigade de cavalerie, à quiM. de
Stainvilleavoit donné l'ordre de tourner un bois, et
cqui im'arriva au grand trot, tournant une forêtim-.
mense qui avoit trois lieues d'étendue.
en même temps, parc des patronilles Maisje suS
sardées
quejavois havers Corbach, qu'elles avoient été poussées
vivement par un gros corps de troupes qui arrivoient fort vite dans cette plaine. Ce ne
être que. le prince héréditaire qui venoit de pouvoit. Statdberg, au-devant de la division de Fersen, dans le
dessein de la soutenir. M. de Stainville se trouvoit
dans Tembarras
parles fatigues etl T'engorgement du
butin et des prisonniers, inséparables des suites de
sa victoire. Mes troupes étant lestes et rafraichies,
je ne balancai pas à marcher toute la nuit en
avant, pour arriver, aul petit point du jour, aul déliléde Campf, qui SC trouvoit à moitié chemin de
, dans le
dessein de la soutenir. M. de Stainville se trouvoit
dans Tembarras
parles fatigues etl T'engorgement du
butin et des prisonniers, inséparables des suites de
sa victoire. Mes troupes étant lestes et rafraichies,
je ne balancai pas à marcher toute la nuit en
avant, pour arriver, aul petit point du jour, aul déliléde Campf, qui SC trouvoit à moitié chemin de --- Page 176 ---
PÉMOIRES
Corbach. Je m'y trouvai vis-à-vis du
ditaire, quiy arrivoit de T'autre
prince hérécisément dans le méme
côté du défilé, préveille.
terrain du combat de la
J'envoyai vite avertir M. de
étoit dans une gorge de
Stainville, qui
Je
montague de
développai mon petit détachement Westphalie.
têtes de colonnes, dont
sur quatre
fondeur à
je cachai le pen de
Tennemi, en garnissant les
proen même temps
côtés. Je fis
charger son
mienne, Le prince héréditaire avant-garde par la
heura arrivé la veille
ayant appris le maltant
au comte de Fersen, ne douville pas que ce ne fht tout le corps de M. de Stainréuni qui revenoit sur lui, fit sa
retourna d'une marche sur la Dimel. retraite, et
Ainsi finit cette expédition, où les
fort mélées, et qui fut la suite
cartes furent
où il n'y avoit
d'une combinaison
pas deux heures à
eûmes toute la gloire; mais
perdre. Nous en
fort peul les momens
l'ennemi manqua de
même
quilui auroient pu donner le
avantage sur nous.
M. de Stainville vint me
née du 16; il fut ensuite rejoindre dans la jours'établir à
pour continuerà couvrir nos
Wildungen,
tre les nouvelles tentatives communicationse conTennemi. Ce même jour 15 que pourroit y faire
réchal de Broglie
septembre, M. le maayant épuisé les fourrages
camp
deson
dImmenhausen, 7 vint se camper dans
camp retranché de Cassel. 1l
le
porta une partie de ses
nous.
M. de Stainville vint me
née du 16; il fut ensuite rejoindre dans la jours'établir à
pour continuerà couvrir nos
Wildungen,
tre les nouvelles tentatives communicationse conTennemi. Ce même jour 15 que pourroit y faire
réchal de Broglie
septembre, M. le maayant épuisé les fourrages
camp
deson
dImmenhausen, 7 vint se camper dans
camp retranché de Cassel. 1l
le
porta une partie de ses --- Page 177 ---
DE ROCHANBEAU.
forces sur sa droite, pour les étendre dans le pays
d'Hanovre. Le prince Ferdinand fit avancer le général Vangenhein jusqu'à Imsen, près Dransfeldt,
pour s'y opposer. Le maréchal de' Broglie, de son
côté, renforça sa réserve de droite, et battit le général Vangenheim, à qui il prit quelques pièces de
canon.
Ce fut alors que le général ennemi, qui ne vouloit pas laisser reposer le maréchal de Broglie, ni
lui donner le temps de faire aucun établissement
solide dans le pays d'Hanovre, commença à mettre
eût
en exécution un des plus grands projets qu'il
conçusdans cette guerre, combiné àvec un embarquement de vingt mille homues préparé dansles
ports d'Angleterre. Le projet du prince Ferdinand
étoit de prendre Wesel, que nous avions laissé
fort dégarni, comptant un peu trop sur la bonté de
ses fortifications. Il détacha, pour cet effet, le
prince héréditaire de Brunswick, avec vingt mille
hommes, qui devoit, -
après que cette place se seroit
rendue, en faire son entrepôt, passer la Meuse, et
donner la main aux vingt mille Anglois; dont le
projet étoit de descendre à Anvers. Cette place,
par la foiblesse de sa garnison, étoit encore plus -
aisée à prendre que Wesel. Ces deux corps réunis
devoient ensuite se jeter sur la Flandre autrichienne, dénuée de troupes, qu le moindre succès de
cette armée auroit été de rappeler de la Hesse le
seroit
rendue, en faire son entrepôt, passer la Meuse, et
donner la main aux vingt mille Anglois; dont le
projet étoit de descendre à Anvers. Cette place,
par la foiblesse de sa garnison, étoit encore plus -
aisée à prendre que Wesel. Ces deux corps réunis
devoient ensuite se jeter sur la Flandre autrichienne, dénuée de troupes, qu le moindre succès de
cette armée auroit été de rappeler de la Hesse le --- Page 178 ---
SÉNOIRES
maréchal de
fendre les fronticres Broglie, avec tous ses forces, pour détivité du maréchal et le pays de notre allié, L'actries, qu'il
de Broglic, celle de M. de Caschargea de
Tennemi, para le plus terrible s'opposer aux desscins de
été porté depuis le
coup qui nous eût
Sur la premiére commencement de la guerre.
Broglie de cette nouvelle qu'eut le maréchal de
marche, il détacha M.
avec T'ordre de rassembler
de Castries
Rhin et les
les garnisons du Bastieredela Flandre troupes qui étoient en route de la fromcées; ille fitsuivre pour. renforcer ces parties menapar deux divisions de son armée,
dontlerégiment a
par une troisième Auvergne fit partie, et peu
: elles marchèrent
après
grande rapidité par le
avec la plus
pays
Cologne et à Neuss, où M. dAchenloungjaagss de Castries
15 octobre avoir réuni
se trouva le
deux escadrons. Sur la trente bataillons et trenteWesel doitasitigedepuist nouvelle quily reçut que
foible désiroit vivement sle5,quel la garnison trèsd'être secourue, il se désemaimsauredhereneonte sans attendre la
division. Il partit donc le 14, fit
troisième
à Meurs. Il marcha à la tête camper son armée
jusqu'a Rhinberg,
de son avant-garde
douze
oulennemi avoit
cents hommes; il les fit
placé mille ou
ment par. le corps' de Ficher,
attaquer bruscqueberg après une très-molle quis'empara de Rhinposte mit en état M.de résistance. La prise de ce
Castries de faire passer dans
auredhereneonte sans attendre la
division. Il partit donc le 14, fit
troisième
à Meurs. Il marcha à la tête camper son armée
jusqu'a Rhinberg,
de son avant-garde
douze
oulennemi avoit
cents hommes; il les fit
placé mille ou
ment par. le corps' de Ficher,
attaquer bruscqueberg après une très-molle quis'empara de Rhinposte mit en état M.de résistance. La prise de ce
Castries de faire passer dans --- Page 179 ---
DE ROCHAMBEA U.
la nuit suivante.un embarquement de
le
troupes sur
Rhin, aux ordres de M. de Boisclaireau
qui entra dans Wesel sans opposition.
Ilfit
avancer, 7 dans la jourée du 15, son armée
jusqu'au canal de Rhinberg, derrière lequel il
son
prit
camp. Il plaça à Rhinberg M. de Chabo, avec
une avant-garde de trois mille hommes; et posta le
corps de Ficher, pour couvrir sa ganche, à Tabbaye
de Camp, an-delà du canal. Le camp de l'armée
avoitsa gauche au hameau de
droite à une lieue et demie de Camperbrouck, sa
Rhinberg, le canal
devant le front du camp. Le dessein de M.de Castries étoitdattendre dans cette position l'arrivée de
la troisième division pour marcher à l'ennemi et le
combattre. D'après ces précautions, on ne devoit
pas naturellement y être surpris; on fut cependant.
au moment de T'être. Le corps de Ficher, fatiguéde
sa marche forcée de la veille, se négligea dans Tabbaye de Camp et fut, dès le début de Taction, séparé delarmée. Le prince héréditaireavoit rassembléses troupes qui étoient sur larivedeitedaRtin,
les avoit fait passer à la rive gauche dans lajournée
du 15;en eus avis par des déserteurs qui vinrent
sej jeter dans nos gardes du camp; il marcha toute
la nuit pour nous attaquer; il arriva sans être découvertj jnsqu'au pont, sur le canal qui étoit entre
Tabbaye de Camp et notre flanc gauche. Ily trouva
des ponts jetés par nos ofliciers d'état-major, dans
troupes qui étoient sur larivedeitedaRtin,
les avoit fait passer à la rive gauche dans lajournée
du 15;en eus avis par des déserteurs qui vinrent
sej jeter dans nos gardes du camp; il marcha toute
la nuit pour nous attaquer; il arriva sans être découvertj jnsqu'au pont, sur le canal qui étoit entre
Tabbaye de Camp et notre flanc gauche. Ily trouva
des ponts jetés par nos ofliciers d'état-major, dans --- Page 180 ---
MÉOIRES
Il passa sur le ventre dun
gardes.
Iem
qui fit deux petites
petit poste de Ficher;
elles suffirent
décharges de
pour nous
mousqueterie:
ment dAnvergne fermoit domnerTalarme. Ler régiJ'avois donné
la gauche de la
ordre, dès la veille,
ligne;
chasseurs de se
aux grenadiers et
dansles
porter, aux premiers coups de
hajes sur les bords de la
fusil,
voit entre. le pont de
bruyère qui se troujeles y postai. L'ennemi Tabbaye et notre flanc gauche,
grande fiurie une heure nous attaqua avec la plus
les quatre bataillons du avant le jour. Je fis arriver
prolongeai de manière iréginentdAuvergne et les
taqué d'un
qu'ils soutinrent le pivot atfaire Tarmée changement de front total que devoit
quinous
françoise pour faire face à
prenoit en flanc. M. de Castries T'ennemi
lorsquel les quatre bataillons du
me joignit
il approuva mes
régiment arrivoient,
gade d'Alsace dispositions; ; il fit marcher la bridans
sur notre droite, qui soutint
que
sa partie avec la plus grande
T'attavoya Tordre aux autres
valeur et encommençoit
troupes darriver. Le
Textrémité déjà à poindre quand je fus
jour
de ma gauche par une division attaquéà
nadiersa anglois qui vouloient
de greres et penéurer dans le
tournery parl les derriéIs furent accueillis
camp de la gendarmerie.
trois bataillons
par un feu des plus violens de
route. Nous d' Auvergue et mis en pleine dénous retournâmes ensuite sur le flanc
et encommençoit
troupes darriver. Le
Textrémité déjà à poindre quand je fus
jour
de ma gauche par une division attaquéà
nadiersa anglois qui vouloient
de greres et penéurer dans le
tournery parl les derriéIs furent accueillis
camp de la gendarmerie.
trois bataillons
par un feu des plus violens de
route. Nous d' Auvergue et mis en pleine dénous retournâmes ensuite sur le flanc --- Page 181 ---
DE ROGHANEEAU.
droit de
16r
Tinfinterieque le prince héréditaire
mandoit en personne, tandis
les
comchasseurs, le premier bataillon que
grenadiers et
quatre d'Alsace soutenoient
dAnvergne, les
de front
ment Tattaque. La brigude de
vigoureusemaiselle eut un moment
Normandie arriva,
sa direction de têteet de dedésordre:notret feu,par
flanc, incommnodoit beaucoup Tenneni, quoique son feu sur nous fit aussi
très-vif' et trés-meurtriers
mais, étant
ne pouvoit
débordé, il
gagner aucun terrain. M. de Castries
fitavanceralors la brigade-de la
Textrémité de notre droite
Tour-du-Pin par
Tennemi,
sur le flanc ganche de
nous fimes en même temps une
la baionnette: sur leur flanc
charge à
rement décidée et T'ennemi droitsTaflaire fut entièLa
plia de tous les côtés.
brigade de Normandie s'abandonna à la
suite avec ardeur et sans, ordre dans la
pour-.
elle fat chargée par la cavalerie
bruyère;
bra;ets sans le secours de
angloise qui la sadrons qui
quelquesauns dei nos escachargérent à leur tour l'ennemi, cette
brigade auroit couru de grands
héréditaire,
risqtes. Le prince
après cette dernière manceuvre
protégeal lai retraite de son infanterie,
qui
le Rhin. Il fut
retourna vers
vingt-quatre heures acculéà ce fleuve, ses ponts ayant rompu par un
sa situation étoit desplus
débordement, et
dace de la
critiquessmais il eutlatmasquer par quclques retranchemens
faitsà la hâte; etne passa le Rhin
la
Is
que seconde
II
. Le prince
après cette dernière manceuvre
protégeal lai retraite de son infanterie,
qui
le Rhin. Il fut
retourna vers
vingt-quatre heures acculéà ce fleuve, ses ponts ayant rompu par un
sa situation étoit desplus
débordement, et
dace de la
critiquessmais il eutlatmasquer par quclques retranchemens
faitsà la hâte; etne passa le Rhin
la
Is
que seconde
II --- Page 182 ---
NÉNOIRES
nuitaprés la bataille, en levant
de Wesel. M. de Castries,
totalement le siége
mettre aux hasards
qui ne voulut pas commière
d'une seconde action sa
victoire, se contenta de harceler
preson
garde, , passa le Rhin à Wesel et le fit arrièrel'autre côté de ce fleuve,
suivre, de
qu'aux
par des avant-gardes
portes de Munster.
jusTous les ofliciers de grenadiers
et de chasseurs
dAnvergne furent tués ou blessés dans
tion : les sémestriers étant
cette acpartis de
ne restoit que quatre-vingts officiers Wildungen,il
du
aux drapeaux
régiment; il y en eut cinquante-huit tués
blessés et plus de huit cents soldats. La
ou
dAlsace combattit avec la même
brigade
perte aussi considérable. Je fus fermetéet fit une
la cnisse à
blessé dune balle à
lacharge des grenadiers
me resta assez de force
anglois; mais il
ordres
pour continueradonnere des
pendant toute l'action, avec T'aide de deux
chasseurs qui m'aidoient à marcher. M. de Ségur,
lientenant-général, fut pris dès le
de Taction pendant la
commencement
nuit, en voulant rejoindre nos
grenadiers; ; Beurenvold, maréchal de
montra à leur tête avec la plus grande valeur. camp, sy
Je dois à la vérité, dont jai toujours fait
sion, de détailler ici le trait connu du chevalier profesd'Assas dans toute son exactitude.
Richelieu,
Charpentier, dit
caporal des chasseurs, fut le premier
cqui découvrit l'ennemi dans cette nuit très-noire;
Taction pendant la
commencement
nuit, en voulant rejoindre nos
grenadiers; ; Beurenvold, maréchal de
montra à leur tête avec la plus grande valeur. camp, sy
Je dois à la vérité, dont jai toujours fait
sion, de détailler ici le trait connu du chevalier profesd'Assas dans toute son exactitude.
Richelieu,
Charpentier, dit
caporal des chasseurs, fut le premier
cqui découvrit l'ennemi dans cette nuit très-noire; --- Page 183 ---
DE ROCHASPEAU.
il me mena sur cette colonne qui fit feu
Je revins aux
sur nous,
donnai de faire grenadiers et chasseurs, 5 je leur orfeu par demi-compagnies alternativement; et surtout de périr à leur poste plutôt
delabandonner, en attendant T'arrivée de
que
D'Assas, un des capitaines de
labrigade.
T'extrémité de T'aile
chasseurs, placé à
gauche de ce bataillon, fut
qué et se défendoit
attacriant
vigoureusement. Un oflicierlui
qu'il tiroit sur ses propres gens, il sortit du
rang, reconnut T'ennemi et cria :
ce sont les ennemis; il fut criblé Tirez, chasseurs,
de
de
baionnettes, et voua ainsi à sa
le coups
sa vie avec cet héroisme
patrie sacrifice de
lébré.
qui a été si justement cé
Pendant le cours de ces événemens
Rhin, le maréchal de
sur le Bas=
Broglie avoit envoyé M. de
Stainville,avec un gros détachement de
tirer des contributions du
cavalerie,
fitant pour faire cette
pays dHalsbertadt, prole duc del
incursion d'un moment où
fait
Wirtemberg, avec sa petite
une irruption en Saxe
armée, avoit
réchal de
jusqu'à Torgau. Le maBroglie avoit espéré que cette
arrêteroit les secours successifs
diversion
dinand, pendant le
que le prince Fersiége de Wesel,
à son neveu; mais' la bataille de
faisoit passer
rompu entièrement le projet de Clostereamp ayant
réchal de
Tennemi, le masible
Broglie, se voyant par cette action
possesseur de la Hesse,y voulut
paiprendre ses
réchal de
jusqu'à Torgau. Le maBroglie avoit espéré que cette
arrêteroit les secours successifs
diversion
dinand, pendant le
que le prince Fersiége de Wesel,
à son neveu; mais' la bataille de
faisoit passer
rompu entièrement le projet de Clostereamp ayant
réchal de
Tennemi, le masible
Broglie, se voyant par cette action
possesseur de la Hesse,y voulut
paiprendre ses --- Page 184 ---
NÉMOTRES
quartiers d'hiver et fit perfectionner les fortifications de Gottingen qu'il destina à
laissa M. de Vaux
en être la tête: il
pour y commander. M. ler
Ferdinand fit plusieurs tentatives
prince
inutiles
s'opposer à ce dessein. Nous
pour
lorsque
étions au 16 octobre,
Gottingen fut en état d'être
ses propres forces; le maréchal fit
abandonnéà
entrer toutes ses
troupes en cantonnement derrière la Werra etl TEder. Le prince Ferdinand ne
inyestir
manqua pas de venir
Gottingen en portant la plus
de ses forces entre cette
grande partie
de
place et la Werra :il
se rendre maître du château d'Oberstein essaya
il fut repoussé; il reconnut les
dont
ouvrages faits à
Gottingen et se contenta de le bloquer
12 décembre quilfitlever) le blocus
jusqu'au
quartiers à son armée, dont la droite et prendre des
ter, la
éloit à Munsganche à Heiligenstadis bordant la
la Dimel et la Rhume:i il établit
Lippe,
àl Uslar. Le maréchal de
son quartier-général
siens,
Broglie pritde son côtéles
dont la gauche étoit à Clèves et Wesel bordantle Rhin, revenant par le Westerwald sur Siegen et Marbourg, bordant T'Eder et la Wern
Fritzlar, Cassel et Munden, et sa droite s'étendant par
jusqu'à Eizenach et Gotha en Saxe, tenant Gottingen en pointe en avant de lui.
On jugera par l'étendue de ces quartiers,
Fimmensité du
par
pays que nous occupions en. Allemagne et par lej peu d'éventluedecenx deleuneni,
ves et Wesel bordantle Rhin, revenant par le Westerwald sur Siegen et Marbourg, bordant T'Eder et la Wern
Fritzlar, Cassel et Munden, et sa droite s'étendant par
jusqu'à Eizenach et Gotha en Saxe, tenant Gottingen en pointe en avant de lui.
On jugera par l'étendue de ces quartiers,
Fimmensité du
par
pays que nous occupions en. Allemagne et par lej peu d'éventluedecenx deleuneni, --- Page 185 ---
DE ROCHANDEAU.
que leur général ne dut pas être
faire une imuption dans ceux du maréchal long-temps sans
glie. Ce dernier le
de Broprévoyoit et comptoit
n'auroit lieu qu'au conmencement de
qu'elle
crivoit à Paris, où
marsiilm'é
j'étois au moment d'être fait
manéchalde-camp, de prendre toutes mes mesures
pour être rendu à Tarmée dans les derniers
de février; qu'il comptoit me mettre dans Cassel jours
pour y commander et en soutenir le
ne doutoit
siége qu'il
pas que le général ennemi
dans les premiers jours de
entreprit
marssqu'il pressoit en
conséquence tous ses approvisionnemens
mettre en état de rassembler
pour se
lieux qu'il avoit
son armée dans des
des
reconnus, pour y être en mesure
soutenir ses places; ; mais le prince Ferdinandle
prévint dun mois et se mit en mouvement dès le
conimencement de février.
sur les
tiers de T'armée
Hlentreprit
quarfrançoise par quatre points différens, sur Marbourg, sur Fritzlar, sur Cassel où le
prince Ferdinand étoit en
Mulhausen et
personne; enfin, sur
Langensalsa; où cette division hanovrienne devoit se joindre-à un corps délaché de
Tarmée prussienne.
Lattaque de Marbourg fut d'abord
par M. de Reugi; celle de Fritzlar le repoussée
ment par M. de Narbonne,
fut pareillequi s'y défendit trèscourageusement quoique dans un mauvais
Quaut à celle de Mulhausen, M. de
poste.
Saint-Pera y
it en
Mulhausen et
personne; enfin, sur
Langensalsa; où cette division hanovrienne devoit se joindre-à un corps délaché de
Tarmée prussienne.
Lattaque de Marbourg fut d'abord
par M. de Reugi; celle de Fritzlar le repoussée
ment par M. de Narbonne,
fut pareillequi s'y défendit trèscourageusement quoique dans un mauvais
Quaut à celle de Mulhausen, M. de
poste.
Saint-Pera y --- Page 186 ---
166'
MÉMOTRES
ayant
nemi;mais ce
rnnr
dernier
santMulbausen à droite marchalelendemain en laissurl Langensalsa, où s'étant
réunia un corps prussien ils forcèrent le
de TAusterult, et battirent le
passage
vice. de France,
corps saxon au serqui étoit rassemblé derrière cette
rivière, Le même jour, le prince héréditaire
Fritzlar à capituler après l'avoir battu trois força
avec une nombreuse artillerie. Tout le
jours
mandé par le prince Ferdinand
corps cométoit resté à
en personne, qui
héréditaire masquer Cassel, se joignit au prince
et passa TEder. Le maréchal de
n'eut plus d'autre parti à
Broglie
prendreque de
ses quartiers à Hirschfeld, où il fut
rassembler
Saint-Pera; ensuite à
joint par M. de
Fuld, oùt il se
avoir brûlé le magasin d'Hirschfeld. replia après
par M. de Stainville
Il y fut joint
partit
et par le corps saxon ; il en
pour se retirer à Bergen près Francfort. Ilfit
replier tous les quartiers de sa gauche sur Friedberg et Hombourg, et envoya lordre à toutes les
troupes du Bas-Rhin de se mettre en marche
le venir joindre en laissant des garnisons pour
places. Il établit ses
dans les
troupes en cantonnement, depuis Konigstein jusqu'à Windecken,
centre, à portée de se rassembler Friedberg au
heures dans le champ de bataille de en vingt-quatre
ennemis, le voyant dans cette
Bergen. Les
rent pas plus loin leur
position, ne poussépointe;1 les Prussiens retours
lordre à toutes les
troupes du Bas-Rhin de se mettre en marche
le venir joindre en laissant des garnisons pour
places. Il établit ses
dans les
troupes en cantonnement, depuis Konigstein jusqu'à Windecken,
centre, à portée de se rassembler Friedberg au
heures dans le champ de bataille de en vingt-quatre
ennemis, le voyant dans cette
Bergen. Les
rent pas plus loin leur
position, ne poussépointe;1 les Prussiens retours --- Page 187 ---
DE ROCHANEEAU.
nèrent en Saxe; les Hanovriens
s'établirent
Wetter jusqu'a Badingen,
depuis
troupes le château de
bloquant par quelques
derrière les
Marbourg, et faisant parsiéges de Ziegenheim et de
où nous avions laissé, ainsi
Cassel,
fortes garnisons. Cette
qu'à Gottingen, de
dernière place ne fut point
assicgée, elle fut foiblement
mit à la garnison de faire bloquée; ce qui
daus le
beaucoup
pays
SiEE
dHanovre, où le vicomte de
ayec des troupes légères,s
Belsunce,
bre infini d'occasions. sedistingua dans un nomCest dans ces circonstances que le maréchal de
Belle-Isle mourut et laissa le ministère
à M. de Choiseul, Le maréchal
dela guerre
rendre Tordonnance
de Belle-Isle fit
lage où lon
pour fixer à vingt-trois ans
pouvoit être colonel, et
tres peu importantes. Le tribunal quelques aude France profita de l'entrée
des maréchaux
d'un de leurs collègues au ministère pour obtenir du roi deux
de Saint-Louis
eroix
par année, à donner à leurs
tenans dans les provinces. Mon
licupère, dès Tâge de
vingt ans, étant estropié de naissancé,avoit
tribunal une de ces commissions
reçu du
senter dans la sienne
pour les repré
s'en
comme jugede la noblesse. Il
acquittoit avec tant de distinction
longues amées,
depuis de
que, quoiqu'il n'eût
aux armées, le tribunal lui
jamais servi
de Saint-Louis,
envoyala première croix
etje fus charge, par MM. les ma-
upère, dès Tâge de
vingt ans, étant estropié de naissancé,avoit
tribunal une de ces commissions
reçu du
senter dans la sienne
pour les repré
s'en
comme jugede la noblesse. Il
acquittoit avec tant de distinction
longues amées,
depuis de
que, quoiqu'il n'eût
aux armées, le tribunal lui
jamais servi
de Saint-Louis,
envoyala première croix
etje fus charge, par MM. les ma- --- Page 188 ---
168 €
NÉOIRES
réchaux d'aller le recevoir. Cest
monie. extraordinnire
après cette céré.
et. touchante que, le même
jourque jef fus
dre de
pbrmancdalhemp je reçusTorrejoindre en toute
de Broghie. Il avoit été diligence M.le maréchal
à Cassel et
obligé de.l Jaisser son frère
me destina
son armée. Je dois Tavant-gardedn centre de
le caractère
rappeler ici.n trait qui peint
militairé et privéde ce
plusieurs questions sur la
général. Après
ses
cour, ou lévacuation de
quartiers et sa retraite sur Francfort
donné carrierealan
avoient
inaligmitédesese
coup sur coup diverses nouvelles ennemis, il Ireçut
de Tarmée ennemie,
des mouvemens
qui auroient pu lui donner
definpicudegwlonit
à la recevoir;
pas élé aussi bien
rien ne porut
préparé
calme, froid et ferme
Témouvoir; il parut
comme s'il n'avoit
penser : mais
rien eu à
ble,
mollenrensement, en se mettant à taillapergatopimne couteau qu'il avoit
première campagne d'Italie n'étoit
depnis sa
che;il fit un
plus dans Sa podans
train, 2 des recherches, un
toute sa maison qui Tagitérent mouvement
diner. Je hasardai à la fin
une partie du
lui dis que les
mne plaisinteric, et je
n'avoient
mouvemens du prince Ferdinand
pas interrompn Tormées mais
croyois que le couteau perdu alloit
que je
générule : heurensement
faire battre la
même
qr'il fut retrouvé dans le
instant, et ma plaisunterie fat bien
Desquelest troupes du Bas-Rhin
reçne.
eurent rejoiut,
mouvement
diner. Je hasardai à la fin
une partie du
lui dis que les
mne plaisinteric, et je
n'avoient
mouvemens du prince Ferdinand
pas interrompn Tormées mais
croyois que le couteau perdu alloit
que je
générule : heurensement
faire battre la
même
qr'il fut retrouvé dans le
instant, et ma plaisunterie fat bien
Desquelest troupes du Bas-Rhin
reçne.
eurent rejoiut, --- Page 189 ---
DE ROCHANBEA U.
KeachibRngiepeohiy pasuneminnter pour
reprendre T'oflensive, dans le desscin de resserrer
l'ennemi derrière l'Ohm, T'empécher de tirer attcun fourrage du pays en-deçà de cette rivière, et
le forcer de se restreindre dans le pays entre la Dimel et I'Ohm, que notre armée avant sa retraite
avoit entiérement mangé et dont on avoit eminené
la plus grande partie des voitures. Le maréchal
porta toujours en cantonnant jusqu'à
se
gagnant du terrain pied à pied; il établit Giessen, en
che à Marbourg quiil
sa gaudégagea, son centreà Giessen et sa droite à
Grunberg, ayant trois
des en avantde lai.Jecommandois
avant-garcelledu centre,
qui fut portée jusqu'à Ebsdorf, d'oi je poussoisdes
détachemens sur les bords de l'Ohm, vis-à-vis
de Schweinsberg et de Kirchain, où étoient les
quarticrs-généranx du prince Ferdinand et de milord Gramby, général des Anglois. L'ennemi
tarda pas à ressentir combien cette
ne
noit et à tomber dans
position leg gécida à
une grande disette. Il se d6du porter un gros corps de troupes aux ordres
prince héréditaire sur Gruberg, que M. de
Stainyille, qui commandoit: à cette droite, fut forcé
d'abandonner. Le projet du prince héréditaire étoit
de porter de gros détachemens sur notre
nicationavec
commuet nous forcer Kandbonipoarinpuiders à
nos convois
rétrograder. M. le maréchal de
Broglie ne lui en donna pas le temps; il renforça
6du porter un gros corps de troupes aux ordres
prince héréditaire sur Gruberg, que M. de
Stainyille, qui commandoit: à cette droite, fut forcé
d'abandonner. Le projet du prince héréditaire étoit
de porter de gros détachemens sur notre
nicationavec
commuet nous forcer Kandbonipoarinpuiders à
nos convois
rétrograder. M. le maréchal de
Broglie ne lui en donna pas le temps; il renforça --- Page 190 ---
MÉMOIRES
dans la journée M. de
de ratt quer le lendemain Stainville, et le mit en état
ces supérieures : cette
Grumberg avec des forattaque fut favorisée
vant-garde de la droite aux ordres
par Taren, qui marcha
de M. de Clode Tennemi. Le par Altenheim sur le flanc droit
la retraite, mais prince héréditaire prit le parti de
arriere-garde pas assez tôt pour ne pas avoir son
de Cloren, qui, vigoureusement battue par le baron
dans le
chargeant sa colonne
flanc, lui prit deux mille
d'infanteriehuit drapeaux et
prisonniers, dixavant-gardes de la quatorze droite canons. Les dragons des
ville y firent des
et de lai réserve de Staintroupes
merveilles, ainsi que toutes nos
legéressje fus chargé
d'amuser M. le prince
pendant ce temps-là
Ferdinand
by dans leurs
ctmilord Gramle
quartieresginéraus,p pour leur
change et les empécher de
donner
prince héréditaire. J'étendis
porter secours au
sur la lisière des bois de
quatre mille hommes
à-vis de Kircbain, Frauenberg, qui sont visberg; après avoir allumé Ameenebourg et Schweinss
de
dans ces bois
feux, sur le front d'une lieue
beancoup
des ennemis, leur
et demie à la vue
fausses
je
fis donner T'alarme
de
attaques aux ordres du
par
et de Ficher, qui leur firent
colonel Wurmser
quartiers; ils restèrent
rassembler tous leurs
vouac vis-i-vis de cette vingt-quatre heures an bipour. le gros deTarmée, avant-garde, qu'ils prirent
tandis que M. le maréchal,
feux, sur le front d'une lieue
beancoup
des ennemis, leur
et demie à la vue
fausses
je
fis donner T'alarme
de
attaques aux ordres du
par
et de Ficher, qui leur firent
colonel Wurmser
quartiers; ils restèrent
rassembler tous leurs
vouac vis-i-vis de cette vingt-quatre heures an bipour. le gros deTarmée, avant-garde, qu'ils prirent
tandis que M. le maréchal, --- Page 191 ---
DE ROCHAMBEA,
avec les divisions de sa droite, battoit le corps du
prince héréditaire, oùl le prince Ferdinand ne
aucun secours.
porta
Le soir de cette journée, qui se passa le samedi
saint, ce même colonel Wurmser, , qui depuis a
été célèbre au service de la maison d'Autriche
qu'à la prise de Mantoue, écrivit au maréchal jus- de
Broglie, un compliment sur cette bataille dans un
style original. Faisant allusion à la bataille de Bergen qu'il avoit gagnée l'année précédente, le
dredi saint, illnimandoit: ( Vousavez, M venmaniere de faire vOS pâques qui édifie
une
touté votre armée>,
beancoup
Cet échec du prince
de
hachaieafinpasiuinc
subsister derrière TOhm décidèrent le prince
Ferdinand à se retirer successivement sur l'Eder et
sur la Dimel dans ses quartiers, et à lever en méme temp les siéges de Zicgenheim et de Cassel,
Leurs arrière-gardes souffrirent différens échecs.
Celle du corps qui avoit fait le siége Ziegenheim
eut trois bataillons écharpés, et perdit trois drapeaux qui furent pris parles volontaires d'Austrasie, soutenus de T'avant-garde de droite
mandoit M. de Monteleau
que comM. de Cloren.
depuis la blessure de
Le même jour, M. de Poyanne se réunit à mon
avant-garde avec les carabiniers, et nous donnâmes
une fière chasse au prince héréditaire. Ce
prince
oit fait le siége Ziegenheim
eut trois bataillons écharpés, et perdit trois drapeaux qui furent pris parles volontaires d'Austrasie, soutenus de T'avant-garde de droite
mandoit M. de Monteleau
que comM. de Cloren.
depuis la blessure de
Le même jour, M. de Poyanne se réunit à mon
avant-garde avec les carabiniers, et nous donnâmes
une fière chasse au prince héréditaire. Ce
prince --- Page 192 ---
NÉMOIRES
que je suivois foiblement,
une grosse
parce qJu'il commandoit
arrière-gardle de douze, mille
meRidenunbrjerodn,ag
hommes, 2
plus volontiers,
quoije consentis d'autant
Poyanne qui étoit quejattendois la division del M. de
en marche pour me
Après un q@art-d'heure de
renforcér.
des troupes qui desccndoient ccomtenation,daperent la
nous; il me dit qu'il craindroit montagne derrière
restoit plus
d'être indiscret s'il
garde s'étant long-temps. Le gros de son arrièreéloigné pendant ce
ma montre, et lui
temps-1a, je tirai
la
proposai un quart-d'heure
rejoindre. Il me remercia, et me dit
pour
avoit pas besoin. Il
qu'il'n'en
mit tout de suite passa un petit vallon, et se reen bataille sur le côteau,
cents hussards,quil avoit
avec six
nous faisant face
gardés pour. son escorté,
et un espèce de défi. M. de
Poyanne me rejoignit dans ce moment;
une disposition
nous fimes
prompte, nousl le fimes
nos dragons et nos hussards,
tourner par
quois de front avec le
pendant que je TattaLes
reste de mon
carabiniers
avant-garde,
débonchèrent,ets se
tement en Bataille
mirent promppour me soutenir. Nous
geimes ce prince et son
charsuivimes, dans la
escorte, et nous le pourplus grande déroute,
gros de son arrière-gardes de
jusqu'au
présentesàla
quatorze personnes
conversation, il y en eut treize
prises; ce prince le fat aussi
deux
dereNassau, qui le relichérent par
hussards de
par le sacrifice de sa
débonchèrent,ets se
tement en Bataille
mirent promppour me soutenir. Nous
geimes ce prince et son
charsuivimes, dans la
escorte, et nous le pourplus grande déroute,
gros de son arrière-gardes de
jusqu'au
présentesàla
quatorze personnes
conversation, il y en eut treize
prises; ce prince le fat aussi
deux
dereNassau, qui le relichérent par
hussards de
par le sacrifice de sa --- Page 193 ---
DE ROCHAXBEAU.
bourse et de sa montre, qu'il leur jeta. Nos hussards sabrèrent deux cents hommes
d'infanterie, et
prirent quelques picces de canon mal atelées. C'étoit pour les sauver et se donner le temps d'avoir
des chevaux de trait qu'il avoit demandé cette conversation, qui pensa lui être si funeste. Luckner
se conduisit, dans cette même
de prudence. Nous réunimes journée, avec plus
lui; M.le maréchal de
nos avant-gardes sur
il fut serréde
Brogliey vint en personne;
près, mais manceuyra si lestement et
si bien, qu'il passa l'Oder sans être entamé. L'ennemi, dans cette retraite, abandonna tous ses hopitaux, etl'on peut compter que cette irruption de
la Hesse lni coûta plus de quinze mille honimes
tués, blessés oul prisonniers.
Le maréchal de Broglie, après avoir ravitaillé
Gotingen, remit Ses troupes en cquartiers. Il renrenvoya aul Bas-Rhin les troupes qui, avec celles
qui venoient de France, devoient former T'armée
de Soubise à T'entrée de la campagne. Le
Ferdinand
prince
reprit ses quartiers dans les évéchés de
Paderborn, Munster et Osnabruck, tenant par un
cordon Einbeck, Uslar, les bords de la Dimel,
ceux de la Lippe et de FEms, jusqu'à Embden
dans TOst-Frise.
On s'occupa, pendant trois mois que dura ce
repos, à achever, de part et dautre,la
des
réparation
troupes, que cette campagne d'hiver avoit fort
agne. Le
Ferdinand
prince
reprit ses quartiers dans les évéchés de
Paderborn, Munster et Osnabruck, tenant par un
cordon Einbeck, Uslar, les bords de la Dimel,
ceux de la Lippe et de FEms, jusqu'à Embden
dans TOst-Frise.
On s'occupa, pendant trois mois que dura ce
repos, à achever, de part et dautre,la
des
réparation
troupes, que cette campagne d'hiver avoit fort --- Page 194 ---
MÉNOIRES
interrompue. On ravitailla Cassel
ce qui étoit
et Gottingen de
siége de la indispensable à ces places, après le
avoient
première et le blocus que la
eu à
seconde
nécessaires sontenir; on forma aussi les
à Touverture de la
magasins
Le siége de Cassel, dont il campagne. n'a été
gérement
parlé que léci-desus,avoité été
de Buckehourg, aussitôt entrepris par le comte
glie avoit été forcé
que le maréchal de Brode
Onya avoit laissé
réurograder sur Francfort.
tachemens formant quatorze bataillons et quelques dé
à huit mille hommes. ensemble une garnison de sept
Le comte de
mença par établir le plus grand
Broglic comvice et les
ordre dans le serfense. Il fit consommations, deux
pour prolonger sa déplein jour, où ill vigoureuses sorties, dont une en
balaya la plus grande partie des
yrages, encloua le canon de
ouna quelques
Tennemi, et en rames
pièces dans la place.
bonne défense quel la rigueur de la Enfin, tant sa
de moyens que le prince Ferdinand saison, et lepeu
donnerà M. de la
fut en état de
de ce
Lippe, retardèrent les
siége, au point que lorsqu'il fut
progrés
mi n'étoit point
levé, l'enneencore maître d'aucun
extérieur.
ouvrage
L'inquiétude que donna au
sailles cette
ministère de Vercampagne d'hiver,
ment terninéc, servit les amis de quoique glorieusepour le remettre
M. de Soubise,
encore à la téted'une armée. On
fut en état de
de ce
Lippe, retardèrent les
siége, au point que lorsqu'il fut
progrés
mi n'étoit point
levé, l'enneencore maître d'aucun
extérieur.
ouvrage
L'inquiétude que donna au
sailles cette
ministère de Vercampagne d'hiver,
ment terninéc, servit les amis de quoique glorieusepour le remettre
M. de Soubise,
encore à la téted'une armée. On --- Page 195 ---
DE ROGHAYHEAT U:
lui donna celle du Bas-Rhin,
l'on
commandement
que
retira du
général de M. de Broglic.
Vers la fin de 1761, les armées étant bien
rées, Tarméc de Soubise et la nôtre ayant combiné répaleur mouvement pour entrer en campagne en
même temps, le maréchal de Soubise rassembla la
sienne en trois camps, > sous Dusseldorf, Wesel et
Roër. Lemaréchal de Broglie fit marcher la sienne
en cantonnant sur Eizenach, Cassel et Dillembourg. Les troupes qui s'étoient
nach, marchérent
portées sur Eizetout de suite par leur
pour se rapprocher du gros de l'armée. L'armée ganche
Soubise s'étant avancée
la
de
Lippe
par rive gauche de la
jusqu'a Unna, et M. le prince Ferdinand
ayant porté la plus grande partie de Ses forces visà-vis d'elle, le maréchal de Broglie
partit le 28 de
Cassel, sur quatre colonnes, et SC
marche sur la Dimel, dont il
porta en une
quatre points différens
força le passage en
: l'ennemi n'ayant laissé,
pour défendre cette riviére, qu'un
de
mille
corps vingt
hommes, ne fut point assez en force
s'opposer à notre armée, et se replia dans la pour
partie par la gorge de
nuit,
chemin de Brakel. Kleinenberg, partie par le
Belsunce
L'avant-garde aux ordres de
atteignit les ennemis dans la
ne de Kleinemberg; la division
petite plaipassé la Dimel à
françoise qui avoit
même
Statdberg, s'étant montrée en
temps dans la plaine de Meerboff, lennemi
fut point assez en force
s'opposer à notre armée, et se replia dans la pour
partie par la gorge de
nuit,
chemin de Brakel. Kleinenberg, partie par le
Belsunce
L'avant-garde aux ordres de
atteignit les ennemis dans la
ne de Kleinemberg; la division
petite plaipassé la Dimel à
françoise qui avoit
même
Statdberg, s'étant montrée en
temps dans la plaine de Meerboff, lennemi --- Page 196 ---
MÉMOIRES
n'eut d'autre ressource
dansla gorge de
pour. l'éviter que des se jetor
bandonner
Villebadessen, oit il fat forcé d'aonze pièces de canon à M. de
ce, quile serroit de près. La réserve
BelsunLusace ayant passé la Dimel à
du comte de
vit le corps de Luckner,
Liebenau, poursuigages. Cedernier
qui y perdit tous ses base retira près
néral Sporcken
d'Hamclu, etle gé
le maréchal
ayant fait sa retraite sur
de Broglie marcha à
Lippstadt,
se fit rejoindre par la réserve de Paderborn, où il
appris que M. de Soubise s'étoit Lusace. Y ayant
ment pour se réunir à lui;
mis en mouveavoit tourné cette
que le prince Ferdinand
armée, et s'étoit présenté
Tattaquer par les derrières de sa
pour
maréchal de Soubise,
position; que le
bataille dans
après leur avoir présenté la
un bon poste, voyant cependant la
communication de ses vivres
plus de ressource
de interceptée, n'avoit
que
se réunir à Tarmée de
Broglic; ce dernier prit sur-le-champ les
pour opérer cette jonction. Il
moyens
tié de son armée, à
marcha, avec la moiCroatz et à Soest, où se fit la
réunion. Il laissa à Paderborn le comte de
pour couvrir la communication de
Lusace,
voit faire revivre Jes deux armées. Cassel, qui deLe prince Ferdinand se borna pourlors ala défensive, en prenant la position
il
dit sa droite par des
d'illingen; étenderick, près de
corps délachéssjusia BruVerll, et Sa gauche appuyoit à la
ée, à
marcha, avec la moiCroatz et à Soest, où se fit la
réunion. Il laissa à Paderborn le comte de
pour couvrir la communication de
Lusace,
voit faire revivre Jes deux armées. Cassel, qui deLe prince Ferdinand se borna pourlors ala défensive, en prenant la position
il
dit sa droite par des
d'illingen; étenderick, près de
corps délachéssjusia BruVerll, et Sa gauche appuyoit à la --- Page 197 ---
DE ROCHAMI BE A U.
Lippe, par le corps anglois campé derrière
hausen et Landskron. Dans
Frilinga
naçoit toujours les convois celte sitnation, il mede l'armée de
qui venoient de Balve; dans le duché Soubise,
phalie. On se détérmina à le forcer
de Westcette position par une attaque combinée d'abxndonner
différens corps d'arméedes deux
entre les
M. le maréchal de Sonbise généraux françois.
une division de dix mille
fit avaucer à Unna
de tourner la droite du hommes, qui avoit ordre
ta, avec le gros de son prince Ferdinand: il se porWerl
armée, le 15
et la Bruyère de
juillet, entre
vantson
Scheding, qu'il laissa decamp, et fit des préparatifs
l'ennemi dans la journée du 16. Le pour attaquer
Broglie, de son côté, marcha
maréchal de
troupes dans la journée du
avec son corps de
la petite plaine
15, pour s'établir dans
l'ennemi.
d'Uisop, vis-à-vis de la
Le pays quilen séparoit, élant ganche de
vert, M. de Broglie la fit
fort cougardes; Tennemi,
attaquer par ses avantses
campé derrière, voulut soutenir
retranchemens: : nous les
rent forcés de se retirer
enportâmes; et ils fusur leur camp. Nous
émparâmes de Landskron et de
nous
de tous leurs abatis. Cettea affaire Filinglansen, et
on y fit passer la plus
uue fois engagée,
notre petite armée, Je grande fus partic des forces dè
lons, d'occuper le
chargé, avec six bataila
village de Landskron à
droite, sur le bord de
potre
la Lipper P
I.
L'ennemi se ren12
er
enportâmes; et ils fusur leur camp. Nous
émparâmes de Landskron et de
nous
de tous leurs abatis. Cettea affaire Filinglansen, et
on y fit passer la plus
uue fois engagée,
notre petite armée, Je grande fus partic des forces dè
lons, d'occuper le
chargé, avec six bataila
village de Landskron à
droite, sur le bord de
potre
la Lipper P
I.
L'ennemi se ren12 --- Page 198 ---
MÉNOIRES
força, de son côté, par différentes divisions
tira de son centre et de sa droite.
qu'il
nonné toute la nuit le
Après avoir caill Tattaqua
village où je commandois,
plus sérieusement à la petite
du
jour, par un feu de mousqueterie
pointe
nous fit pas perdre un
très-vif, qui ne
ra jusqu'à huit
pouce de terrain, et qui duheures du matin. Vers les neuf
heures, tous ses renforts lui étant
bla ses
arrivés, il redouattaques, tant sur le village de
que sur les brigades qui étoient dans Landskron
Frilinghansen:l le maréchal
les abatis de
de
son inférioriténe lui
Broglitejugeante que
temps de soutenir des permettroit pas encore longpérieures,
attaques de for ces aussi suet n'entendant faire aucune
du côié de Tarmée de
diversion
toutes les troupes de Soubise, envoya l'ordre à
SC retirer. La
Rougé fut la seule qui,
la
brigade de
par mort des ofliciersgénéraux qui la commandoient, le duc
le marquis de Rougé, qui furent tués d'Havréet
coup de canon, ne reçut
du même
elle fut
pas T'ordre de la retiaite;
investie, et perdit deux bataillons
furenty prisonniers. Ce fat notre plus grande qui
celle de cing cents hommes tnés
perte, et
Tattaque du village de Landskron. ou blessés à
en très-bon ordre
La retraite se fit
de l'ennemi fut jusqu'à Oestinghausen. La perte
égale à la nôtre. M. le maréchal de
Soubise, qui ne se présenta qu'entre neuf et dix
heures. du matin, pour attiquer le prince hérédi-
ataillons
furenty prisonniers. Ce fat notre plus grande qui
celle de cing cents hommes tnés
perte, et
Tattaque du village de Landskron. ou blessés à
en très-bon ordre
La retraite se fit
de l'ennemi fut jusqu'à Oestinghausen. La perte
égale à la nôtre. M. le maréchal de
Soubise, qui ne se présenta qu'entre neuf et dix
heures. du matin, pour attiquer le prince hérédi- --- Page 199 ---
DE ROCHANBEAL.
taire, sur les hauteurs
retraited du maréchal de dillingen, y ayant appris la
La même indécision Broglie, seretiray vers Soëst.
mandoient
conduisit les têtes qui comde Werl. Tattaque qui devoit avoir lieu du côté
Elles ne firent aucune tentative,
retirèrent aussi.
et se
Cette aflaire mérite quieleques
Tobjet dan grand
réfexions; elle fut
Soubise
procès entre les
et de Broglie, dont le
maréchaux de
me. Cesdeux
dernier fat la victigénéraux, de caractères fort
ne pouvoient marcher du même
différenis,
de Broglie, actif,
pas : le maréchal
confiance des
ferme, entreprenant, ayant la
fort
tronpes; le maréchal de
brave, mais indécis,
Soubise,
même timider
circonspect, et devenu
la tête des par lesmalheurs qu'il avoit essuyés à
armces, prenoit tous ses
beancoup de lenteur. Il est cerlain partis avec
mnaréchaux n'étoient
que ces' deux
Tenneni dans la
convenus que dapprocher
dans la matinée journée du 15, et de
du 16. Mais le maréchal Tattaquer
glie s'étant vu forcé
de Broles différentes
d'engager Taction dès la veille,
attaques de M. de Soubise
roient-elles pas dà être plus
n'aufeu infernal
aceélérées, d'après le
qui se faisoit du côté de
Broglie? Le maréchal de
T'armée de
cette action,
Broglic eut le tortaprès
daprès la relation
buer la perte de cette
qu'il en fit, d'attribataille à T'irrésolution des
mouvemens de M. de
Soubise, ce qui engagea ce
,
attaques de M. de Soubise
roient-elles pas dà être plus
n'aufeu infernal
aceélérées, d'après le
qui se faisoit du côté de
Broglie? Le maréchal de
T'armée de
cette action,
Broglic eut le tortaprès
daprès la relation
buer la perte de cette
qu'il en fit, d'attribataille à T'irrésolution des
mouvemens de M. de
Soubise, ce qui engagea ce --- Page 200 ---
MÉNOIRES
dernieràl T'accuser d'avoirmis
vacité dans les siens.
beancoup frop deyiAprès cette affaire
malheureuse, les deux
raux convinrent d'un nouvean
géncplan de
par lequel le maréchal de Broglie
campagne,
renfort de trente mille
devoit, avec un
M. de Sonbise,
hommes que lui donnoit
tâcher de reprendre la
sur le prince Ferdinand,
supériorité
bise
pour mettre M.de Souen état de faire les siéges de Munster
Lippstadt. M. de Broglie,
et de
renfort,
après la jonction de ce
marcha vers Dribourg etl le
attirer Tarmée
Weser, poury
ennemie; il m'envoya
Vrir la commanication de
pour couCassel, et Belsunce
pour couvrir celle de Gottingen. Ce fut
corps détachés aux deux ailes de
sur ces
prince Ferdinand chercha
T'armée, que le
à porter ses
coups.
premiers
Liarmée de Soubise s'étoit retirée à
pours s'approcher de ses
Arensberg,
vivres, et attendre
ment de ce qui se passeroit à Tarmée de l'événeLe général ennemi laissa le prince
Broglie.
observer M. de Soubise; marcha héréditaire pour
son armée à Buhren
avec le gros de
milord
sur T'Aline, d'où il poussa
la
Gramby jusqu'à Meerhofr, sur les bords de
Dimel, dans le dessein de menacer la
cation de Cassel. Le maréchal de
communicette rivière à M. de
Broglie fit passer
en m'ordonnant
Stainville, pour la défendre,
de me placer avec ma division sur
le prince
Broglie.
observer M. de Soubise; marcha héréditaire pour
son armée à Buhren
avec le gros de
milord
sur T'Aline, d'où il poussa
la
Gramby jusqu'à Meerhofr, sur les bords de
Dimel, dans le dessein de menacer la
cation de Cassel. Le maréchal de
communicette rivière à M. de
Broglie fit passer
en m'ordonnant
Stainville, pour la défendre,
de me placer avec ma division sur --- Page 201 ---
DE ROCHAMBE, A U.
sa gauche, et de garder les débouchés de
et
Padberg Bredelaer.
Statdberg,
Le prince Ferdinand fit un monvement
pour masquer le dessein qu'il avoit d'enlever général
le
corps que je commandois, et de s'emparer de la
communication de Cassel. Il
fet, milord
chargea, pour cet efGramby de tenir en échec, sur les hauteurs de la Dimel, la division de M. de
tandis
Stainville,
que quinze mille hommes, aux ordres
MM. de
de
Vangenheim et de Vutgenau, chercheroient à me tourner par les
d' Adorf
Bredelaer, et déboucheroient gorges
et de
ensuite dans les
nes de Corbach. Prévoyant la
plainemi
manceuvre que l'enpourroit faire, je changeai, de concert
M. de Stainville, ma
avec
position dans la soirée. Je
décampai de Stadberg, où
vins
j'avois ma gauche,
camper à
ctje
Giershagen, sur le chemin de Bredelaer, dans le dessein de
sortie des
dispnter à Tennemi la
gorges et le passage de ce défilé.
à mes ordres la
J'avois
brigade suisse de Boccard, une
brigade de cavalerie et cent hussards. Je fus
desneuflieures du soir, de la marche des averti,
ce qui m'engagea à aller au-devant
ennemis,
cuper la tête du défilé
d'eux pour OClons. Je trouvai
avec Tinfanterie par écheTennemi à Tabbaye de
une. heure avant le jour. Les hauteurs Bredelaer,
les jarrivois commandant
par lesquelpas à le faire
ce. poste, je ne balançai
attaquer brusquement par M. d'Es
desneuflieures du soir, de la marche des averti,
ce qui m'engagea à aller au-devant
ennemis,
cuper la tête du défilé
d'eux pour OClons. Je trouvai
avec Tinfanterie par écheTennemi à Tabbaye de
une. heure avant le jour. Les hauteurs Bredelaer,
les jarrivois commandant
par lesquelpas à le faire
ce. poste, je ne balançai
attaquer brusquement par M. d'Es --- Page 202 ---
MÉNOIRES
couloubre, à qui je donnai.le
cette
commandement de
avant-garde; il fut emporté, et lennemi
fut chassé avec' perte : il ne s'attendoit
en
attaqué par un corps aussi
pas à être
inférieur ; croyant qu'il
avoiétérenforcé, il attendit le grand
mettre en mouvement.
jour pour se
niers,
J'appris, par les prisonque deux autres colonnes étoient
pour nous tourner. Je fis filer les
dirigées
plateau de Maxenhausen.
équipages sur le
Stainville,
J'envoyai avertir M. de
traite
pour qu'il eût le temps de faire sa resur Rhoden. En abandonnant
Tabbaye de
Bredelaer, nous fimes volte-face à une demi-lieue
de cette abbaye, et nous
livrâmes, au pont de la
Dimel, un nouveau combat. Nous
deux heures avec un feu de
nons y battimes
terie très-vif de
canon et de monsquepart et d'autre. Vers les
res, nos munitions furent tellement
neufhenlinfanterie suisse resta
épuisées, que
prête à
une demi-heure sans. tirer,
charger à la baionnette si Tennemi vouloit
déboucher sur le pont devant elle.
intervalle, M. de
Mais, dans cet
tourner
Vangenheim cherchoit à nous
par la gorge dAdorf: je le vis
dans la plaine de
déboucher
etla a
Corhach,stri notre fianc. gauche;
poudre continuant à
me
sur
cegeerjppeisiepenide
replier
le plateaude Maxenhausen,
mine toute cette plainc. Cette retraite
qui.doplus grandordre; elle fut fort
se fitdansle
mi, quoique vivement
respectée de lennecanonnée. Son infanteric
angenheim cherchoit à nous
par la gorge dAdorf: je le vis
dans la plaine de
déboucher
etla a
Corhach,stri notre fianc. gauche;
poudre continuant à
me
sur
cegeerjppeisiepenide
replier
le plateaude Maxenhausen,
mine toute cette plainc. Cette retraite
qui.doplus grandordre; elle fut fort
se fitdansle
mi, quoique vivement
respectée de lennecanonnée. Son infanteric --- Page 203 ---
DE ROCHANBEAU.
colonnes sur nos traces, et sa cavaledéboucha en
flanc
s'abanrie, qui avoit tourné notre
gauche, escadrons,
donna à toute bride, au nombre de dix
notre retraite. Jei portai, avec la même
pour couper
de Royal-Pologne, pour venir
célérité, la brigade
raleur faire face, et les arrêter derrière. un grand
traversoit cette plaine. La cavalerie enevin qui
; Tinfanterie
mie n'osa le passer en notre présence
Maxenfiloitderière nous pour gagncrleplateande réuelle y fut arrivée, je n'y
hausen, et, quand
nisavecla cavalerie. M. de Stainville m'envoya,sur
de la poudre et des balles, avec douze
ce plateat,
le régiment de Choiseul
compagnies de grenodiers,
Dès que
dragons, et les lussards de Chamborant.
fis
furent en bataille sur la sommité, je
les troupes
Les ennemis S'arrêtérent au pied
marquerle camp.
de
de quinze
de notre position, au nombre. plus
soleil couché. Ils marchèmille hommes, jusqu'au
retourner d'ou ils
rent alors par leur gauche, ponr
suisse monta
étoient venus. La perte de la brigade
fimcs
à trois cents hommes tués ou blessés. Nous
prisomiers; ils n'eurent des nôtres qu'une
quelques
pour pouvoir
trentaine de blessés trop grièvement
Leur projet fut manqué, et nous
être transportés.
sur la Dimel.
reprimes lel lendemain nos postes
Cette tentative n'ayant pas réussi sur notrecomle prince Ferdinand eut à craindre
munication, le maréchal de Broglie, dent les
pour la sienne :
. La perte de la brigade
fimcs
à trois cents hommes tués ou blessés. Nous
prisomiers; ils n'eurent des nôtres qu'une
quelques
pour pouvoir
trentaine de blessés trop grièvement
Leur projet fut manqué, et nous
être transportés.
sur la Dimel.
reprimes lel lendemain nos postes
Cette tentative n'ayant pas réussi sur notrecomle prince Ferdinand eut à craindre
munication, le maréchal de Broglie, dent les
pour la sienne : --- Page 204 ---
MÉNOIRES
avant-gardes avoient déjà poussé
dans le glacis dHameln,
Luckner jusque
ces entre cetie ville et leur pouvoit se placer en fornand prit en
armnée; le prince Ferdimarcha
conséquence le parti de la
par sa gauche avec la
retraite, et
Le maréchal de
plas grande célérité,
mais le général Broglie en fit autant par sa droite;
derrière le
ennemi prima le général
ruisseau de
françois
les têtes des colonnes Steinheim, vis-à-vis duquel
françoises
me temps. L'ennemi
arrivoient en méla crête des
s'y déploya suivant toujours
chemens. Le hauteurs, en occupant Horn par détamaréchal de
lal bonté de la position de Broglic, ayant reconnu
vis-a-vis, à Imminghausen. Tennemi, placa son camp
Beauvan occupa les hauteurs Liavant-garde de M. de
fut envoyé le 14;
tâier de Wintrup, doit il
fut reponssé,
pour
la ville de Horn, où il
Lnckner, dans le
un renfort du prince
même temps, reçut
taquer la commmnication Ferdinand, avec Tordre d'attachement de Belsunce de Gottingen, queledé
dernieravoit
étoit chargé éde couvrir. Ce
cing mille hommes
fendre différens débouchés
dispersés pourdé.
Luckner marcha à lui
qu'il avoit à garder.
avec dix mille
prit deux bataillons, et lui tua
hommes, lui
dans deux combats
beaucoup de monde
mouvemens de
conséentifs. Tous ces différens
l'ennemi engagérent le
Broglie à passer le Weserà Hoxter, maréchalde
faire, dans lc pays dHanovre,
dans la vue de
une diversion assez
endre différens débouchés
dispersés pourdé.
Luckner marcha à lui
qu'il avoit à garder.
avec dix mille
prit deux bataillons, et lui tua
hommes, lui
dans deux combats
beaucoup de monde
mouvemens de
conséentifs. Tous ces différens
l'ennemi engagérent le
Broglie à passer le Weserà Hoxter, maréchalde
faire, dans lc pays dHanovre,
dans la vue de
une diversion assez --- Page 205 ---
DE ROCHAXBEAU.
forcer le génsral ehnomià venirdépuissante pour
M: de Soubise en
fendre cet électorat, et mettre
Mais le
état dentreprendre le sicge de Manster.
Ferdinand,qui ne vouloit pas quitter la poprince sition centrale entre les deux armées; se contenta
dc laisser le corps de Luckner pour observer Ics
du maréchal de Brogle dans cet élecmouvemens
torat. Il marcha avec le gros de son armée, en remontant le Weser par la rive ganche. Il canonna
vivement Tarrière-garde du maréchal de Broglie,
qui passoit ce fleuve à Hoxter. Lenneni poussa en
même tenps une partie de son armée sur la Dimenacer la commnnication de Cassel.
mel, pour
retranché de
M. de Stainville se retira dans le camp
cette ville, oi il fut rejoint par le détachément qui
venoit de T'armée de Soubise, aux ordres de
nous M. de Levis. Le prince Ferdinand ne tarda pas à
marcher avec toutes ses forces sur la Dimel; il renle prince héréditaire en Westphalie, pour
voya
faits, desopposeràquelqies mouvemens qu'avoit
le maréchal des Soubise. Les génépuis son départ, la Dimel avec la moitié de son arral ennemi passa
mée, laissant l'autre moitié divisée en plusieurs
camps, jusqu'à Hoxter, pour, couvrir sa commmnication d'Hameln sur la rive ganche du Weser. Le
maréchal de Broglie, à la tête de quclques brigarenforcer le corps de M.de
des, vint en personne
força der rcStainville, et marcher à Tennemi, quiil
chal des Soubise. Les génépuis son départ, la Dimel avec la moitié de son arral ennemi passa
mée, laissant l'autre moitié divisée en plusieurs
camps, jusqu'à Hoxter, pour, couvrir sa commmnication d'Hameln sur la rive ganche du Weser. Le
maréchal de Broglie, à la tête de quclques brigarenforcer le corps de M.de
des, vint en personne
força der rcStainville, et marcher à Tennemi, quiil --- Page 206 ---
MÉNOTRES
passer la Dimel.Je fus
du châtean de
chargédep protéger la reprise
défense. Le maréchal Sabbabung, qui ne fit pas une
de Broglie
longue
beck, avec le dessein de
repartit pour Eimversion dans le
repousser vivement sa dipays
se campa à
dHanovre; et Sr. de Stainville
Grebenstein,
de Sabbaburg,
ayant sa droite à la forêt
Le prince Ferdinand fat huit
tion, en attendant le
jours dans Tinacpela auprès de lui; retour de son neveu,
; il revint avec douze quilrap:
mes, ayant fait rétrograler
mille homde Soubise. Le
jusqu'à Luinen Tarmée
prince héréditaire n'eut
rejointson oncle, que ce dernier fit
pas plutôt
irruption en Hesse; il passa la
une nouvelle
M. de
Dimel, serra de près
Seinvillsjnepra ce qu'il l'eût
trer, pour la seconde fois, dans le
forcéà rende Cassel. Il
camp retranché
poussa ensuite le prince
jusqu'a Fritzlar, d'oi il détacha
héréditaire
légères pour tomber sur
un gros de troupes
ges,qui navoit
nos magasins. M. de Thianque deux
un de hussards
régimens de dragons et
pour les couvrir, se retira
Ziegenheim. J'eus lordre de
jusqua
quatre mille
partir de Cassel avec
hommes, de tâcher de rejoindre M. de
Thianges, de mapprocher de Tennemi
dre les
pour défenla force commtmieations, de l'ennemi
et me conduire suivant
et les
chai sur Melzungen, d'on circonstances. Je martits
je hasardai plusienrs pepartiscqui, passant aul milicu de ceux del Tenne-
se retira
Ziegenheim. J'eus lordre de
jusqua
quatre mille
partir de Cassel avec
hommes, de tâcher de rejoindre M. de
Thianges, de mapprocher de Tennemi
dre les
pour défenla force commtmieations, de l'ennemi
et me conduire suivant
et les
chai sur Melzungen, d'on circonstances. Je martits
je hasardai plusienrs pepartiscqui, passant aul milicu de ceux del Tenne- --- Page 207 ---
DE ROCHAMI BEAT U.
le moyen de porter de
mi, trouvérent cependant
Je lui indiquois
mes nouvelles à M. de Thianges.
à Homle point de notre réunion, qui s'eflectua
vit
Le
héréditaire ne nous
bourg en Hesse. prince
dans la nuit, et se'
pas plntôt réunis, quil décampa lendemain à Fritzlar, je
retira à Hofl. Jemarchai le
de
campai derrière le ruisseau
passai TEder, elje héréditaire se retira encore sur
Vorckel; le prince
Zieremberg.
nouvelle de cette seconde irrupSur la première maréchal de Broglie étoit retion dans la Hesse, le
échelons,
venu à Cassel, en faisaht rétrograder par différentes
Cassel, les
depuis Gottingen jusqua
le
hérédidivisions de son armée. Dès que prince
taire eut fait sa retraite sur Zieremberg, jinondai
Valdeck, surla droite delennede partis le paysde
les fourrages,
mi, ce qui resserra son armée pour de Cassel,
fut obligée de s'éloiguer
au point qu'elle
oùt elle
marchant
sa droite sur Volfhagen,
en
par
subsistances. Dans cette:
fut plus au large pour ses
avoir leurs plus:
position,1 lcs ennemis se trouvoient
forces réunies à vue, et vis-à-vis du corps
grandes commandois. Dès que je les vis s'établir à
que je
retirai derrière TEder, vis-à-vis
Volfhagen, je me
des différens points
de Fritzlar, pour être au centre
faire
sur lesquels ils pouvoient
de nos entrepôts, d' un moment à l'autre.
de fortes incursions
laissa
longLe maréchal de Broglie ne me
pas
ennemis se trouvoient
forces réunies à vue, et vis-à-vis du corps
grandes commandois. Dès que je les vis s'établir à
que je
retirai derrière TEder, vis-à-vis
Volfhagen, je me
des différens points
de Fritzlar, pour être au centre
faire
sur lesquels ils pouvoient
de nos entrepôts, d' un moment à l'autre.
de fortes incursions
laissa
longLe maréchal de Broglie ne me
pas --- Page 208 ---
MÉNOIRES
temps dans cette peine; il fit. marcher
Lusace, avec sa réserve
Ic comte de
buttel,
renforcéc, sur Wolfendontilsemparal le IO
ta tout de suite devant
octobre, et se présenCette diversion
Brunswick, qu'il investit.
M: le prince
produisit son eflet. Elle obligea
d'oi il détacha Ferliuaudi se retirer sur
le prinee Frédéric
Hameln,
avec Luckner, qui firent
de Brunswick
dans
entrer un gros secours
Brunswick, et retirer le comte de Lusace
Wolfenbutel.
de
Du côté du
de forts
Bas-Rhin, M. de Soubise
détachemens en
avoitporté
courses déprédatrices Ost-Frise, qui firent des
bruck
dans tout lévéché d'Osnajusquansportes de Bremen.
ditaire fut
Le princel héréde Soubise obligédallerà son secours. Mais
s'étant encore retirée à
Tarmée
rivée, il retourna
Weselà son:arrejoindre à
Ferdinand.
Hameln-le prince
Tous ces mouvemens
bandonner la
ayant obligé T'ennemi d'aHesse, le maréchal de
tira M. de Stainville
Broglie en repour Tenvoyer dans le
d'Halberstadt, en me. chargeant,
pays
division, de la défense de la Dimel. avec une petite
versions tardives
Toutes ces disuccès
produisirent pen d'effet
général de la
pour. le
d'autre que férailler, campagne; on ny fit de part: et
Elles ne furent
point de manceuvres décisives.
qui fut
utiles que pour conserver la Hesse,
heancoup moins ravagée que la
campagne
our Tenvoyer dans le
d'Halberstadt, en me. chargeant,
pays
division, de la défense de la Dimel. avec une petite
versions tardives
Toutes ces disuccès
produisirent pen d'effet
général de la
pour. le
d'autre que férailler, campagne; on ny fit de part: et
Elles ne furent
point de manceuvres décisives.
qui fut
utiles que pour conserver la Hesse,
heancoup moins ravagée que la
campagne --- Page 209 ---
U.
DE ROCHANEEA
jincoslenie, ce qui nous mit en mesure dy prendre
solidement établis. La
des quartiers d'hiver plus le maréchal de Broglie
saison devenant pluvieuse,
il fit filer la
établit son. armée en cantonnemens;
artillerie sur les derrières, et resta avec peu
grosse
à Eimbeck.
de troupes dans son quartier-général
Ferdinand mit les siennes en mouveLe prince
détourés, chercha à
ment, et par des chemins
surprendre le général françois, ctàl Tattaqueravant
Is'en
qu'il eùt pu rassembler ses cantonnemens.
d'audace ne réussit au généfallut peu que ce coup
fut assez ferme
ral ennemi. Le maréchal de Broglie
d'Eimcontenir, dans le champ de bataille
pour
de troupes, la tête des colonnes
beck, avec peu
la
du 5 novembre,
ennemies pendant toute journée
et donner le temps aux troupes les plus éloignées
en. sorte que cette journée. se passa
de ler rejoindre;
vives. Les armées furent deux
en canonnades fort
resdans une bonne disposition
jours en présence,
levée de bouclier par. aller
pective, et finirent cette
d'hiver,
prendre de part et d'autre leurs quartiers
furent lcs mêmes qu'en 1761. Mais nos magaqui
et placés de manière à pousins étoient abondans,
de bataille
voir rassembler T'armée en trois champs
On avoit fortifié et palissadé, sur notre
reconnus.
Mulbausen, Munden,
première ligne, Gottingen, Battemberg et SieCassel, Fritziar, Frankemberg,
hiver
rendirent notre
gen. Toutes ces dispositions
de part et d'autre leurs quartiers
furent lcs mêmes qu'en 1761. Mais nos magaqui
et placés de manière à pousins étoient abondans,
de bataille
voir rassembler T'armée en trois champs
On avoit fortifié et palissadé, sur notre
reconnus.
Mulbausen, Munden,
première ligne, Gottingen, Battemberg et SieCassel, Fritziar, Frankemberg,
hiver
rendirent notre
gen. Toutes ces dispositions --- Page 210 ---
MÉMOIRES
beancomp) plus
d'auparavant. tranquilleqeil nel l'avoit été T'année
Nos campagnes
mélées de
dAllemagne, si indécises; si
succès et de revers, étoient
malleureuses que celles de
encore moins
glois, maitres de la
nos colonies : les Ande
mer depnis la défaite dela flotte
Brest, aux ordres de M. de Conflans,
pliérent leurs
multiritimes.
expéditions sur nos possessions maAprès nous avoir entiérement chassés
Canada, malgré éla défense
du
pendant deux
vigoureuse ety prolongée
et de Levis, ils campagnes de MM. de Montluc
colonies. Il
prirent snccessivement toutes nos
ne nous resta que
dans Touest, et Tisle-de-France Saint-Doningue
Domingue fut
dans l'est. Saintla pariic
respecté par les Anglois, à cause de
occupée par les
le gouvernement
Espagnols, avec lesquels
broniller. Ils tentérent anglois ne vouloit pas alors se
mais ils furent
des descentes sur nos côtes;
repoussés et battus à Saint-Cast en
Bretagne, par le duc
ils
pas à s'en
d'Aignillon: ne tardèrent
de la forteresse dédommager par ja prise de Belle-Isle et
qui la défendoit.
Tous ces malheurs engagérent à ouvrir
gociation. Les prétentions du ministère une nérent si exagérées et si humiliantes
anglois fuM. de Choiseul, alors ministre pour nous, que
des affaires étrangéres, se servit du moyen
nières années du
employé dans Jes derrègne de Louis XIV, pour exciter
d'Aignillon: ne tardèrent
de la forteresse dédommager par ja prise de Belle-Isle et
qui la défendoit.
Tous ces malheurs engagérent à ouvrir
gociation. Les prétentions du ministère une nérent si exagérées et si humiliantes
anglois fuM. de Choiseul, alors ministre pour nous, que
des affaires étrangéres, se servit du moyen
nières années du
employé dans Jes derrègne de Louis XIV, pour exciter --- Page 211 ---
DE ROCHANDEAT U,
françois : il fit imprimer la négociale patriotisme
tion. Toutes) les corporations du royaume s'empressèrent d'oflrir de Targent pour construire des vaisde
Mais un secours plus eflectif,
seaux très-tardif, guerre. fut le pacte de famille qu'il
quoique
Ce traité nous engasigna avec la cour d'Espagne.
Nous y
dans une querelle avec. le Portugal.
gea
de
aux ordres de M. de
réunimes un corps troupes,
Beauveau à Tarmée espagnole commandée par
des premiers succès assez brilM. d'Aranda. Après
M. de la
lans, cette canpagne eut aussi ses revers.
Buckehourg, à la tête d'un corps anglois, raLippe
nima T'armée portugaise, et la remit en possession
de
tout le terrain qu'elle avoit perdu. Les
presque
furent encore plus décisifs dans
succès des Anglois
Tile de Cuba, oil ils s'emparérent de Ia Havanne,
de
vaisseaux espagnols. Les Anglois
et plusieurs
avoientdes: avantages énormes dans toutes ces mers,
Jes secours que leur procuroient leurs colonies
par.
dont ils tiroient les
de TAmérique septentrionale,
milices, les vivres, les matelots et tous les transnécessaires à ces expéditions, sous le' minisports tère du fameux Pitt, depuis lord Chatham, qui
avoit la confiance de sa nation. Revenons enfin à
dernière
d'Allemagne, et nous n'y
notre
campagne
trouverons pas des motifs de consolation.
Le maréchal de Broghelnissa le commandement
de Tarmée aul comte Dumuy, il me destina pour
de TAmérique septentrionale,
milices, les vivres, les matelots et tous les transnécessaires à ces expéditions, sous le' minisports tère du fameux Pitt, depuis lord Chatham, qui
avoit la confiance de sa nation. Revenons enfin à
dernière
d'Allemagne, et nous n'y
notre
campagne
trouverons pas des motifs de consolation.
Le maréchal de Broghelnissa le commandement
de Tarmée aul comte Dumuy, il me destina pour --- Page 212 ---
MÉOTRES
commander dans
Versailles,
Cassel, et prit le parti d'aller à
faire de présentér un mémoire au roi, sur T'aflé. Ce Filinghansen, dont il a été ci-devant
malheureux mémoire
parM. de Soubise, fut
ayant été répondu par
sion de la
jugé en plein conseil, et T'occadisgricé de M. le maréchal
fut priyédu commandement
de Broglie; il
dAluce,ete exilé à
des armées, de celui
dont le caractère Broglic. Le comte, son frère,
étoit aussi haineux contre
nemis, qu'il étoit bon et francami,
ses encontribué à déterminer le
avoit peut-être
mémoire, qui contenoit, maréchal à donner ce
de guerre
dit-on, une déclaration
vigoureuse à tous leurs
puni avec aulant de
ennemis; il firt
rigueur, exilé en termes
mortifians, et privé du
plus
Cejugement
gouvernement de Cassel.
Topinion publique; trés-rigotreux la
n'eut pas pour lui
gée
comédic françoise fut oblidinterrompre la représentation de
où ce vers:
Tancrède,
C'est le sort d'un héros d'être
persécuté
fut applaudi si excrssivement,
eurent la défense
que les comédiens
d'annoncer cetie
Le duc de Noailles, à qui le roi pièce. disoit
mémoires du maréchal de
que les
nuyenx, lui répondit:
Broglie étoient bien enplacé qud la téte de Cet homme-ld n'est bien
seil de ly
nos armées, ,je vous conrenvoyer.
de,
C'est le sort d'un héros d'être
persécuté
fut applaudi si excrssivement,
eurent la défense
que les comédiens
d'annoncer cetie
Le duc de Noailles, à qui le roi pièce. disoit
mémoires du maréchal de
que les
nuyenx, lui répondit:
Broglie étoient bien enplacé qud la téte de Cet homme-ld n'est bien
seil de ly
nos armées, ,je vous conrenvoyer. --- Page 213 ---
DE ROCHANREAU.
Le résnltat de toutes ces
fut favorable
intrigues de cour ne
lui douna qualarmée ennemie : cet événement
toute confiance. Le prince Ferdinand
voyoit écarter le seul général françois
lui
imposé, etl'eàt battu
qui en eût
en plusieurs
On nomma, pour commander
circoustances.
France en
toutes les forces de
Allemagne, les maréchaux
de Soubise qui devoient être à la tête de d'Estrées et
la
armée; et le prince de Condé devoit
grande
leurs ordres, la réservedu Bas-Rhin. commander, à
arrivérent au mois de mai. Leur Lesmaréchanx
reconnoître le
ils
premier soin futde.
pays; se déterminèrent
une triste défensive qui.leur étoit
ensuite à
doute; au lieu de se porter dans de prescrite sans
avec toutes leurs forces dans le
bons camps
suivant, le projet du maréchal pays d'Hanovre,
Texécution
de Broglie, pour
duquel il avoit rassemblé, dans
gen et Cassel, des vivres
Gottindant trois mois, les
pour nourrir T'armée penchercher à
maréchaux se contentèrent de
marchèrenti manger le pays en avant de Cassel. Ils
à Grebenstein, ohi ils
tion trop reculée,
prirent une posides
qui ne nous rendoit pas maitres
débouchés.de la Dimel, derrière
prince Ferdinand avoit rassemblé
Jaquelle le
La droite de notre
toute son armée.
qu'elle éloit
camp étoit mauvaise, en ce
appuyée à la forêt de
T'ennemi s'étoit
Sabbaburg, dont
château la veille emparé, en se rendant maître de ce
de l'arrivée de Tarmée
I.
françoise.
--- Page 214 ---
MÉTOIRES
Notre gauche ne valoit pas mieux; elle se
choit des montagnes du
mpproberg,d
Gottersberg et de Duremde Taction. Ce fut dans
Cbmcrttcas
çoisé fat
cê camp que Tarmée fransurprise à sept heures du matin,
marche que le général ennemi fit
par une
toute la nuit.
surnous pendant
Une petite injustice fat, dans cette
cause d'un grand malheur. Le
occasion, la
les ordres du maréchal
baron de Bon, sous
de Broglie,avoit monté une
correspondance d'espions qui avoient jusqu'ici
faitement bien servi. Un chasseur du
parBroglie,
maréchal de
etles nomméMartin, en connoissoit tout le fil
principanx acteurs. Il lui étoit dà,
ron de Bon,deux cents louis des
par le badens. Ficher,
ses comptes précequi eut la confiance de MM. les
réchaux pour gouverner cet
mapasacquitter les dettes de espionnage, ne voulut
son
seur déserta, alla servir le prédécesseursle chasdéclara tous les chefs de prince Ferdinand, et lai
furent tous airêtés et conduits cette correspondace qui
Hameln; de manière
dans les prisons de
que T'armée se trouva, à cette
époque, sans recevoir aucumn avis des
de T'ennemi.
mouvemens
Le prince Ferdinand passe la Dimel la nuit
du 25au 24j juin,i il marche vers T'arnée
sur six colonnes.
fiançoise
Quatre se présentent de
une sur le flanc droit de la réserve de M. de fiont,
Cas-
lai
furent tous airêtés et conduits cette correspondace qui
Hameln; de manière
dans les prisons de
que T'armée se trouva, à cette
époque, sans recevoir aucumn avis des
de T'ennemi.
mouvemens
Le prince Ferdinand passe la Dimel la nuit
du 25au 24j juin,i il marche vers T'arnée
sur six colonnes.
fiançoise
Quatre se présentent de
une sur le flanc droit de la réserve de M. de fiont,
Cas- --- Page 215 ---
DE ROCHAXBEAU.
tries, et. l'autre surle flanc
à-vis de
gauche de Tarmée, visMempressen; MM. les
voyant tournés par cette
maréchsuix, se
de se retirer dans la
manceuvre, , résolurent
position de
étoit à deux lieues derrière
Hohenkirchen qui
traite sur six
nous. On se mit en recolonnes,p pourp passerle ravindeWilhemstadt; M. de Castries faisant
gauche, et M. de Stainville celle Tamitre-ganle de
de
Castries fut obligéde
droite. M. de
fut attaqué
combattre en se retirunt;i il
vigourenisement, il se défendit de
me, et. fit plusieurs churges de cavalerie
méques succès. La réserve de Stainville avec quelnemimaitre du bois de
trouva Tenhemstadt,
Kalden et de celuide WVilsous le feu desquels il nous falloit nécessairement passer. Cétoit Ja coloune du lord
by, à la tête du corps anglois,
Gramsur notre flanc
quia avoit débouché
gauche sans trouver
M.de Stainville ordonna
d'opposition.
le bois de
sur-le-champ d'attarner
Kalden, ce quenous exécutimes
tre colonnes d'une brigade chacune.
surquaville conduisoit les deux
M. de Stainet
des Grenadiers de France
Royaux, il me chargea de celle de la
Nous nous emparâmes
gauche.
étoit
très-aisément du bois,
trés-ourné, el qui n'étoit garni
de qui
seurs à pied. Mais,
que
ehassurl le bord dane quandje fus au coin du bois, et
de Wilhemstadt, petite plaine equi le sépare de colui
je me trouvai à la
tolet d'une ligne d'infantcrie
portée de pisqui barroit cette
Grenadiers de France
Royaux, il me chargea de celle de la
Nous nous emparâmes
gauche.
étoit
très-aisément du bois,
trés-ourné, el qui n'étoit garni
de qui
seurs à pied. Mais,
que
ehassurl le bord dane quandje fus au coin du bois, et
de Wilhemstadt, petite plaine equi le sépare de colui
je me trouvai à la
tolet d'une ligne d'infantcrie
portée de pisqui barroit cette --- Page 216 ---
NÉNOIRES
plaine. M. de Stainville et le maréchal d'Estrées
arrivérent;i ils m'ordonnèrent de les
le-champ. Je retirai les
attaquer surWaldner
brigades de Poitou et de
du bois, je les formai en bataille
deux lignes, nous
sur
chargeâmes à la baionnette.
L'enneni, après avoir fait une décharge,
nous laissa la place. M. de Stainville
plia,et
m'ordonner de continuer
vint alors
notre marche, en nous
approchant de Tarmée, qui continuoit sa retraite:
Je fis tournerà, gauche les
dans cette
troupes qui SC trouvoient
petite plaine, et je les conduisis dans le
qui étoient dans le
Hsi
bois de Kalden Tordre de se retirer et de me suivre : quelques-unes le
d'autres, qui s'étoient perdues dans
reçurent;
ce bois
ne le reçurent pas, et furent investies
fourré,
du prince Ferdinand,
par T'armée
qui, lorsque nous combattions en tête le corps anglois, nous canonnoit
derrière, et nous serroit de près. Ces
par
composées d'une partie du régiment
troupes,
de vingl-quatre compagnies de Grenadiers dAqpitsine,
de France et Royaux, farent prises après une faible résistance. L'armée côntinua sa retraite jusqu'au
retranché de Cassel. Le prince Ferdinand camp
et campa à Hohenkirchen. Les maréchaux s'arrêta,
le soir même, la résolution de laisser M. de prirent,
ville dans le camp retranché, et de faire StainFulde àlarmce,
passer la
pour s'établir à Landwerulagen,
Grenadiers dAqpitsine,
de France et Royaux, farent prises après une faible résistance. L'armée côntinua sa retraite jusqu'au
retranché de Cassel. Le prince Ferdinand camp
et campa à Hohenkirchen. Les maréchaux s'arrêta,
le soir même, la résolution de laisser M. de prirent,
ville dans le camp retranché, et de faire StainFulde àlarmce,
passer la
pour s'établir à Landwerulagen, --- Page 217 ---
DE ROCHAXBEAU.
Minden. On renforça la réscive de M. de
Cassel et
et l'on m'enLusace entre Minden et Gottingen;
de
mille homvoya,avec un détachement cqjuatre
démolir Fritzlar, et couvrir nos places
mes, pour
sur trente-six
depuis Francfort jusqu'a Cassel,
lieues de pays. Je représentai aux maréchaux que
ce seroit surl le corps qu'ils me donnoient à comtomber tous les efforts de Tenmander qu'alloient
de la
nemi; et que, pour sontenir nos places
gan- le
che, il n'y avoit de moyens sûrs que ceux que
maréchal de Broglie avoit employés Tannée dande prissantes diversions dans le pays
paravant par
c'éd'Hanovre: : MM. les maréchaux me dirent que
toit aussi leur intention, qui fut bien mal remplie.
Tordre
écrit de démolir
Je partis donc, avec
par
laFritzlar. Ce fut encore une grande faute que
le maréchal de Broglie
bandon de ce poste, > que
soutenir
avoit fait fortifier de manière à pouvoir y
comme il n'étoit pas approvisionun siége. Mais,
avoir le
avant
né, on craignitde ne pas en
temps
Tenneni se présentit en forces pour Tinvestir.
que Enfin Tordre positif me fat donné de Tévacuer. J'y
demeurai trois jours à déponiller les ouvrages de
palissades que je fis bruler, et à raser un front de
fortifications entre les portes de Vorekel et le pont
de TÉder. Cette démolition fut interrompue deux
fois
les-différentes tentatives de Fennemi, qui
par
né, on craignitde ne pas en
temps
Tenneni se présentit en forces pour Tinvestir.
que Enfin Tordre positif me fat donné de Tévacuer. J'y
demeurai trois jours à déponiller les ouvrages de
palissades que je fis bruler, et à raser un front de
fortifications entre les portes de Vorekel et le pont
de TÉder. Cette démolition fut interrompue deux
fois
les-différentes tentatives de Fennemi, qui
par --- Page 218 ---
MÉNOIRES
vint, dabord avec quatremille hommes, enfin
avec
dixmille,p pour en trombler Touvrage. Cet objetétant
rempli.je repassai la Schwalm,
me
etje retirai sur I
Hombourg en Hesse. Ce mème jour l'ennemi
posteà Fritzlar. Il fat renforcé la nuit da 50 prit
au I.j juillet de tout le
juin
corps aux ordres du lord
Gramby, qui marcha sur deux colonnes, à la tête
de dix-huit
la
millehiommesypours nous attaquer dans
position que j'avois prise à
à ses
Hombourg. L'une,
ordres, se dirigeoit sur la gorge de
heim; ; Tautre, à ceux du lord
Ziegenchoit sur la gorge de Hirsclfeld, Cavendisch, marper toute reiraite. Dès
pour nous couque j'eus bien reconnu la
supériorité de ce corps ennemi, et de son projet,
quise développa aprés trois conps de canon de signal entre ses colonnes, je pris sur-] le-champ le
parti de me retirer par un chemin
connu sur la crête de la
que j'avois reentre ces deux vallées à montagne, ui conduit
il falloit,
Neukirchen. Mais comme
pour; y monter, passer très-près da chemin de Ziegenheim, où l'ennemi s'abandonnoit
toutes jambes pour nous prévenir, j'ordonnai à
aux
diagonsduRoi et dela Férounavede le chargerau
débonché d'an petit ruisseau qn'il avoit à
po:r y arriver. Nous pliâmesd'abord Jes passer
d'Elliot, et fimes pliés à notre' tour
la dragons
par cavaierie
angloisc,qmi Dous atiagnal anl moment du désordre
dela première charge, qui ne fut pas franche dans
it
toutes jambes pour nous prévenir, j'ordonnai à
aux
diagonsduRoi et dela Férounavede le chargerau
débonché d'an petit ruisseau qn'il avoit à
po:r y arriver. Nous pliâmesd'abord Jes passer
d'Elliot, et fimes pliés à notre' tour
la dragons
par cavaierie
angloisc,qmi Dous atiagnal anl moment du désordre
dela première charge, qui ne fut pas franche dans --- Page 219 ---
DE ROCHAXBEAU.
plusieurs de nos escadrons. Je fis mettre sur-lechamp la brigade d'infonterie de Bourbonnois en
bataille derrière la chaussée de Ziegenheim, et
pointer. son artillerie sur cette cavalerie angloise,
feux de chasseurs; les dragons se
avec quelques
sous la protection de ce
rallièrent à notre gauche,
scconde
feu qui arrêta Tennemi. Ils firent une
charge avec le plus grand succès sur les dragons
anglois quils battirent jusqu'au rissenu, tandis
le feu de notre artillerie, de nos piquets de
que chasseurs et les hussards de Chamborant arrètèrent pendant une demi-heure un gros de cayasoutenu dinfanterie, qui voul loit
lerie angloise
Dès
vis
déboncher, devant notre droite.
que je
notre petit champ de bataille nettoyéd'ennemis,
n'acheminer tranquillemient,] je
et que je pouvois
la colonne du lord
ne voulus pas attendre que
Cavendish, qui gagnoit chemin dans la gorge
d'Hirschfeldt, eût le temps de venir prendre les
hauteurs qui étoient derrière nous. J'ordonnai
notre retraite sur la crête des montagnes. En yarrivant, je trouvai Tavant-garde des troupes légères
du lord Cavendisch cqui arrivoit de son côté; je
la fis charger et culbuter par nos hussards. Nous
marchâmes, par notre droite sur deux colonnes,
dansle chemin de Neukirchen : celle de droite, le
long du bois, étoit composée de notre infanterie,
dont les grenadiers et chasseurs de Boubonnois
notre retraite sur la crête des montagnes. En yarrivant, je trouvai Tavant-garde des troupes légères
du lord Cavendisch cqui arrivoit de son côté; je
la fis charger et culbuter par nos hussards. Nous
marchâmes, par notre droite sur deux colonnes,
dansle chemin de Neukirchen : celle de droite, le
long du bois, étoit composée de notre infanterie,
dont les grenadiers et chasseurs de Boubonnois --- Page 220 ---
MÉMOIRES
faisoient
Tariere-gardes celle de gauche étoit
composée des dragons, dont les hussards de
borant faisoient
ChamTarriere-garde. Les deux
nes marchoient à même hautenr
colonpistolet. Dès
et à la portée du
tit
que nous eûmes passé à moitié u
ravin, les deux avant-gardes de Tennemi
pedonnèrent à toutes jambes
s'abansards de Chamborant. pour fondre sur les linsJe les fis soutenir sur-lechamp par du canon à cartouche, qui
nemi en flanc et en écharpe;
baitoitlenravin avec. la plus grande
Chamborant passa le
l'autre côté.
rapidité, et se réforma de
Iy fit un feur de
nourri que celui de Tinfanteric, mouscuieterie attssi
respecter
qui nous fit sibien
parlenneni, qu'il cessa de nouis
Cette affaire dura
suivre.
trois
quatre heures; la perte fnt de
centshommes de' chaque côté, en tués,
sés ou pris dans le cours du combat.
blesplusieurs ofliciers
Nous primes
anglois; milord
de se retirer, m'envoya
Gramby, avant
un chirurgien de sa nation
pour] panser SCS blessés. Mon ami intime
roit pas écrit dun style phus hornête
ne m'auet la précision des
sur la vigueur
mouvemens
au corps de troupes françoises qu'ilayoit vu faire
que je commandois,
pouréchapperà la triple supériorité de ses
Je marchai le lendemain à
forces.
jappris que, sur le bruit du Ziegenhcim, où
MM. les maréchaux
canon de la veille,
avoient envoyéM.de
avec sa division, à Melaungen,
Guerchy
pour renforcer la
style phus hornête
ne m'auet la précision des
sur la vigueur
mouvemens
au corps de troupes françoises qu'ilayoit vu faire
que je commandois,
pouréchapperà la triple supériorité de ses
Je marchai le lendemain à
forces.
jappris que, sur le bruit du Ziegenhcim, où
MM. les maréchaux
canon de la veille,
avoient envoyéM.de
avec sa division, à Melaungen,
Guerchy
pour renforcer la --- Page 221 ---
AU.
DE ROCHANDEA
communication. Je repris le 3, à Hombourg, ma
etje me rejoignis, par des pospremière position,
Milord Gramby repassa
tes, avec M. de Guerchy. Fritzlar. J'écrivis surTEder, et se campa derrière
c'étoit le mole-chianp? à MM. les maréchatix, que
le
à notre tour, sur
pays
ment dentreprendre,
depa
d'Hanovre, et que si nous nous contentions
rer les coups sans en porter, nous serions comme
qui finit par êue percé; que
le meilleur plastron
rien entrepreus'ils ne ponivoient ou ne vouloient
dre àl leur droite, jeles priois de me faire remplacer d'oit
jemarcherois à Wildungen,
à Hombourgrquej
sur Warje détacherois u gros de troupes légères
oà étoit leur boulangerie mal gardée; que,
bourg,
essuyéele corps de milord
vu la fatigue qu'avoit faisable le lendemnain; ;qu'elGramby, la chose étoit
devicndroit difficile le troisième jour, eti imposle
qu'alors le corps de nisible le quatrième, parce
auroit été renforcé et préparé pour
lord Gramby incursion. Je n'eus de répouse des
une nouvelle
jour; on me mandoit
maréchaux quele quatrième
cette
de rester à Hombourg, et de détacher, pour
des troupes légères avec celles sdeM.de
expédition,
convinmes d'en charger M. de
Guerchy; nous
Wildungen,
Caulaincourt, qui marcheroit jusqu'à
les hussards de Chamborant sur
d'oi il détacheroit
eu tout le temps
Warbourg. Mais Tennemi ayant
'eus de répouse des
une nouvelle
jour; on me mandoit
maréchaux quele quatrième
cette
de rester à Hombourg, et de détacher, pour
des troupes légères avec celles sdeM.de
expédition,
convinmes d'en charger M. de
Guerchy; nous
Wildungen,
Caulaincourt, qui marcheroit jusqu'à
les hussards de Chamborant sur
d'oi il détacheroit
eu tout le temps
Warbourg. Mais Tennemi ayant --- Page 222 ---
SENOIRES
de renforcer ce
prendre les
poste, Chamborant ne put que
chesausduncomote de pain
parqués hors la ville, et fit sa
qui étoient
par un trés-grand
retraite diligenment
troupes que l'ennemi détoury pour éviter toutes les
nière que cette
détacha contre lui; de maexpédition,
encore quelque succés.
quoique tardiye, eut
Les maréchaux, à leur droite,
M. de Chevert avec
avoient
un gros corps de
envoyé
Gottingen et Munden,
troupes entre
sur la communication avec ordre dentreprendre
Mais il ne fut rien de l'ennemi par le Weser.
fait de considérable
partie. Toutes les tentatives
en cette
soutenues, , et donnèrent le furent foibles et mal
temps au général ennemidepréporer une seconde incursion
vigoureuse que la. première. Il fit
qui fut plus
droite, le général Freitag,
marcher, par sa
way. Le
soutenu du lord Conpremier se porta à
le dernier se fiut
Wildungen, après quc
Milord
emparé du chiteau de Waldeck,
Gramby, avec un
à Hombourg. Me
trésagros corps, marcha
le corps de Freitag, voyant débordé à ma gauche par
sein,
dontjignorois le
je me retirai à Treissa,
véritabledes
nement,a après avoir renforcé pour être, à tout évéde couvrir
Ziegenheim, à portée
Marbourg. Mais ayant
ng et Conway, en contremarchant appris que Freiche, s'étoient réunis à milord
par leur ganavoient tourné sur M. de
Gramby, et qu'ils
Guerchy, qui avoit re-
le corps de Freitag, voyant débordé à ma gauche par
sein,
dontjignorois le
je me retirai à Treissa,
véritabledes
nement,a après avoir renforcé pour être, à tout évéde couvrir
Ziegenheim, à portée
Marbourg. Mais ayant
ng et Conway, en contremarchant appris que Freiche, s'étoient réunis à milord
par leur ganavoient tourné sur M. de
Gramby, et qu'ils
Guerchy, qui avoit re- --- Page 223 ---
ROCIAM MBEAU.
DE
surles derpasséla Faldesje revins snr-le-champ
de
rières de Tenneni, d'oujer pereijsapianspenad
qui firent quelques
Fritzlar, des tronpes légères
été renforcé par
prisonuiers. M. de Gnerchy,ayant
d'Hesde M. Dumny, reprit la position
la division
derrière TEder; je
ler. Les ennemis se retirèrent
tentative leur
repris le camp 'Hombourg, et cette L'inaction de nofut aussi inutile que la première. avoit été lors de la
tre droite fut la même qu'elle
rendit
snr notre gauche, ce qui
preniereincursion dantant plus décidé el d'autant
le général ennemi
Saxons étoient campés enplus entreprenant. Les
fut abandonnéà
tre Munden et Cassel; Gottingen
fut
forces; toute notre droite
repliée
ses propres
fut renfermée entre cette riderrière la Verra, et
Tarmée
vière et la Fulde. Les maréchaux placèrent Hesler
depuis Munden jusqu'à
en camps séparés,
les troupes légéM. de Chabo,avec
et Hombourg.
les débouchés de la Verra
res à ses ordres, gardoit Witzenhausen.1 .Leprinan-dessus de Munden etde
même
Ferdinand forma le projet de battre en
ce
étoit à notre droite, et
temps le corps saxon qui
qui étoit
d'enlever le corps que je commandois, les divià Testrémité de notre gauche. Il destina
sions de Luckner et de Freitag pournlenvelopper. de
rien à craindre pour les places
Je n'avois plus
division de la réserve de
notre gauche, qu'ane
en bon ordre
Condé avoit renforcée. Je me repliai
Ferdinand forma le projet de battre en
ce
étoit à notre droite, et
temps le corps saxon qui
qui étoit
d'enlever le corps que je commandois, les divià Testrémité de notre gauche. Il destina
sions de Luckner et de Freitag pournlenvelopper. de
rien à craindre pour les places
Je n'avois plus
division de la réserve de
notre gauche, qu'ane
en bon ordre
Condé avoit renforcée. Je me repliai --- Page 224 ---
MÉNOIRES
sur les hauteurs qui étoient
ler et
entre le câmp d'HesHombourg, en me
MM. Dumuy et de
rapprochant des corps de
pas si heureux, ils Guerehy; 9 les Saxons ne furent
maréchal
perdirent deux
dEstréos leur
regimens;M. le
retirerl les ennemis. Le porta des sécours cqJui firent
qui éloit renfermé
marquis de
alors
dans les murs de Rochechouart,
une sortie, et prit, dans
Munden, fit
pièces de canon et
leur retraite, deux
Le
queleques prisonniers.
toit passé général ennemi, jugeant par tout ce
depuis Taffaire de
quisédessein des maréchaux
Grebenstein, que le
sive la plus morte, étoitdesen tenirà la défendevint plus
jamais : il fit marcher le
entreprenant que
gros de son armée
densberg, ne laissant
à Guqu'une très-petite division à
Hohenkirchien, et une à la cascade de
passa TEder le lendemain,
Cassel; il
colonnes, aul camp
etmarcha, sur plusicurs
teurs
d'Hesler; je me retirai des hauarmées dHombourg, et je rentrai dans la
furent en
ligne. Nos
prince Ferdinand présence totite la journée. Le
la position
reconnut, dans tous les points,
réchaux, dHesler, qui étoit respectable. Les
macependant, qui ne vouloient
tre, retirérent cette partie de
plus combatla nuit, derrière la
Tarmée à Tentrée de
Fulde, où ils la
vers camps derrière cette
placèrent en dinand fit marcher
riviére; le prince Ferdihuitmille
Luckner avec une division de
hommes sur Fulde, ch il
interrompoit
. Le
la position
reconnut, dans tous les points,
réchaux, dHesler, qui étoit respectable. Les
macependant, qui ne vouloient
tre, retirérent cette partie de
plus combatla nuit, derrière la
Tarmée à Tentrée de
Fulde, où ils la
vers camps derrière cette
placèrent en dinand fit marcher
riviére; le prince Ferdihuitmille
Luckner avec une division de
hommes sur Fulde, ch il
interrompoit --- Page 225 ---
DE ROCHAXDEAU.
communication avec Francfort. 11
notre dernière
d'enlever un
manqua aussi, de fort peu dhéures,
artillerie, et des gros bugaconvoi de notre grosse
de
qui fut obligé prendre
ges queTon y renvoyoit,
sy rendre.
un grand détour par Wurtzbourg pour
maréchaux envoyèrent M. de Stainville avec
Les
tout Tintérieur du
tous les dragons, pour nettoyer
dont nous
pays, et en chasser tous les petits partis
étions inondés. Il marcha jusqu'à Fulde, Luckner
se retira à Nideraula.
entourer et
Le général ennemi SC disposa à nous
aflamer
que jamais; il fit marcher, par
à nous
plus
avec
le
Frédéric de Brunswick,
sa gauche, prince
un
une division de six mille hommes, qui, prenant
grand détour, se porta à Erfurt, sur la Hante-Verde manière que tenant par sa droite la division
ra, Luckner vers la Haute-Fulde, et par celle du
de
notre armée se.
prince Frédéric la Haute-Verra,
laissa bloquer entre ces deux petites rivières, sans
chercher à combattre aucun de ces corps ennemis
autour de nous avec autant :
cqui ne se dispersoient
sur la timid'audace, que parce qu'ils comptoient
dité de tous nos mouvemens.
telleNotre armée fut enfin réduite à manquer.
avoir évament de vivres et de fourrages, qu'après
cué Gotingen, dont on fit sauter les fortifications;
à Cassel,avec trois
avoir établi une grosse garnison
nous
mois de vivres, nous partimes le 16 août; pour
emis
autour de nous avec autant :
cqui ne se dispersoient
sur la timid'audace, que parce qu'ils comptoient
dité de tous nos mouvemens.
telleNotre armée fut enfin réduite à manquer.
avoir évament de vivres et de fourrages, qu'après
cué Gotingen, dont on fit sauter les fortifications;
à Cassel,avec trois
avoir établi une grosse garnison
nous
mois de vivres, nous partimes le 16 août; pour --- Page 226 ---
MÉMOIRES
retirer sur Fulde, et chercher
joindre à la réserve de
ensuite à nous reBas-Rhin après
Condé, qui étoit partie du
places. L'armée syavoir laissédes garnisons dans les
fit sa retraite
Fulde, elle marcha sur deux tranquillement sur
Les réserves de Staiuville colonnes à Bndingen.
une troisième
et de Castries formérent
dinand
colonne surla, droite. Le
se contenta de renforcer le
prince Ferhéréditaire, qui, depuis le
corps du prince 1
réserve de Condé. Il le fit Bas-Rhin, côtoyoit la
de Luckner,
joindre par la division
pour le mettre en éiat
prince de Condé, Il en fitla
d'attaquer le
première
Gruningue, où ce dernier s'étant bien tentativeà
poussa T'ennemi avec perte de trois
posté, renon. Il continua de côtoyer
pièces de cadé, qui marcha à
M. le prince de ConFriedberg, ensuite à
pour rejoindre Tarmée des maréchaux
Kirdorf,
fort et la Nidda. Ces
entre Francderniers
M. le prince de Condé avoit ayant appris que
de Joliamnisberg,
abandouné le camp
près Frieilberg, poste
portant, et d'oit Tennemi,
tres-imnous, auroit couvert les
s'y établissant avant
Marbourg,
sidges de Ciessen et de
Condé
envoyèrent Tordre à M. le
de
dy retourner, et Se mirent en prince,
toutes leurs forces pour le soutenir. marche avec
Condé se fit précéder
Le prince de
dres de M. de Levis, par son avant-garde, aux orberg, oùt les
qui se porta sur. le-Johanniscolonnes de nos deux armnées s'acho-
-imnous, auroit couvert les
s'y établissant avant
Marbourg,
sidges de Ciessen et de
Condé
envoyèrent Tordre à M. le
de
dy retourner, et Se mirent en prince,
toutes leurs forces pour le soutenir. marche avec
Condé se fit précéder
Le prince de
dres de M. de Levis, par son avant-garde, aux orberg, oùt les
qui se porta sur. le-Johanniscolonnes de nos deux armnées s'acho- --- Page 227 ---
DE ROCHANBEAU.
minoient. D'un autre côté, le prince héréditaire
dès le matin pour s'en emparer; il y vit
sébranla
dattaquer. Lei mar-.
des troupesquilnel balança pas
les
d'être soutenu par
quis de Levis, se voyant près
le mieux quil
deux anmécs, défendit le terrain
des
Il fut cependant forcé par la supériorité
put.
héréditaire, qui s'empara du somforces du prince
oà ce dermet de la montagne. Mais au moment chassé à son
nier sy établissoit, il fut attacmné et
la tête des colonnes de la réserve de Contour par
Tarmée. Linfanteric du prince hédé, et celles de
sans une charge
réditaire auroit été taillée en pièces
la
de cavalerie que fit Luckner pour
vigonreuse
le temps de repasser le Wetsauver, et lui donner
deux mille
ter. Les François y firent cependant mille homprisonniers, et cette affaire coûta trois
héréditaire, qui y fut griévement
mes au prince
avoir passé le Wetter, fut
blessé. Son armée, après
colonnes du
la tête des
prinreçue et sontenue par
dans la
de Scearrivoit
plaine
ce Ferdinand, quiy:
de cette
del. On auroit pu tirer un plus grand parti vit le
action, si dans le premier moment oùt l'on
héréditaire chassé de la montagne; onl eût
prince
les carabiniers et Taile gauche de la
fait marcher
cavalerie, qui étoit en bataille près de Friedberg,
eussent chargé le flanc droit de Tennemi
et qu'ils
dans sa retraite.
àl Friedberg, et la
L'armée des maréchaux campa
:
de cette
del. On auroit pu tirer un plus grand parti vit le
action, si dans le premier moment oùt l'on
héréditaire chassé de la montagne; onl eût
prince
les carabiniers et Taile gauche de la
fait marcher
cavalerie, qui étoit en bataille près de Friedberg,
eussent chargé le flanc droit de Tennemi
et qu'ils
dans sa retraite.
àl Friedberg, et la
L'armée des maréchaux campa --- Page 228 ---
MÉNOIRES
réserve de Condé sur le
ennemi établit son
Jolnnnisherg. Le général
de Scedel,
campàn notre vae, dans la
entre le Wetter et TOrloff. Les plaine
chaux, après avoir séjourné
maréberg, marchèrent à
quatre jours à FriedGiessen; ils y firent
ponts sur la Lahn. L'armée du
jeter des
marcha par. sa droite, et se dirigeant prince Ferdinand
et. Laubach, alla se poster derrière par Grunberg
réchaux passérent la Lahn,
TOlm; les machemin de
séjournérent à moitié
Marbotirg, et firent leur
tant de lenteur, qu'ils donnèrent
marche avec
ral ennemi de se
le temps augénéposter
TOhm et son confluent, avautagettsement derrière
Il
dans la Haute-Lahn.
ne nous resta, du combat de
tre avantage que d'avoir
Friedberg, d'aubourg,
dégagé Giessen et Marrepris toute la Weteravie, et une;
tie de la Hesse. Le gros de
petite parqui s'occupa à rendre
ce pays restaafennemi,
sa position
former derrière lui le siége de Cassel inattaquable, età
de
et le blocus
Ziegenheim. II avoit laissé un
poste au château
dAmenebonrg, qui étoit de notre côté de la riviére; les maréchaux ayant étendu leur armée
puis Merhujnsqu'a
desions, firent des Kalderen, en différentes divichâteau
dispositions pour s'emparer du
dAmenebourg, ce qui
affaire beaucoup
occasionna une
aussi
trop meurtrière pour un
peu insportant.
objet
Cette petité ville est bâtie sur le haut dune coi-
un
poste au château
dAmenebonrg, qui étoit de notre côté de la riviére; les maréchaux ayant étendu leur armée
puis Merhujnsqu'a
desions, firent des Kalderen, en différentes divichâteau
dispositions pour s'emparer du
dAmenebourg, ce qui
affaire beaucoup
occasionna une
aussi
trop meurtrière pour un
peu insportant.
objet
Cette petité ville est bâtie sur le haut dune coi- --- Page 229 ---
DE ROGHAMBEAU,
line isolée; elle est entourée d'un simple mur, et
du reste de la ville par un fossé
a tin château séparé
entre
revêtu. Nos généraux placérent nos troupes
de TOhm,
fermer tout sela ville et le pont
pour
coursàlat garnison, qui étoit de cinqeents hommes.
On négligea, dans le cours de la nuit, de retrancher ces troupes, ce qui les mit au jour, et dès que
fut tombé, à découvert sous le feu de
le brouillard
des bords de la rive
T'ennemi, qui nous opposa,
droite, un feu d'artillerie et de mousqueterie formidable. L'ennemi crut que notre dessein étoit de
TOhm de vive force. Il redoubla son feu et
passer
opposer. On se canonna et on
ses troupes pour sy
acharnement et
se fusilla tonte la journée avec un -
de part et d'autre. M. de
une perte très-grande
blessé. Les maréCastries y fat dangereusement
chaux faisoient, dans le même temhps, battre avec
de l'artillerie de bas en haut les murs d'Amcenebourg, et les gens qui en furent chargés en connoissoient si peu Tintérieur, qu'ils s'attachèrent à
fairel la brèche précisément à la partie du mur cons
truit sur le grand fossé revêtu, qui séparoit la ville
du château. On en fit une autre sur la basse-cour
du même château, cpai n'avoit de communication
lui
une
Enfin, à T'entrée de
avec que par
poterne.
divila nuit, on fit une attacue environnante pour
ser leurs forces; les troupes qui marchèrent aux
brèches y arrivérent, mais infruetneusement; elles
I.
isément à la partie du mur cons
truit sur le grand fossé revêtu, qui séparoit la ville
du château. On en fit une autre sur la basse-cour
du même château, cpai n'avoit de communication
lui
une
Enfin, à T'entrée de
avec que par
poterne.
divila nuit, on fit une attacue environnante pour
ser leurs forces; les troupes qui marchèrent aux
brèches y arrivérent, mais infruetneusement; elles
I. --- Page 230 ---
MÉMOIRES
yI perdirent un nombre de braves soldats
ués,les uns sur les bords du fossé
qui furent
voieht pas franchir, les autres
qu'ils ne pou-.
où ils étoiento canardésde
dans la basse-cour,
toutes les fenêtres
teau. Le coininandant
du châpendant
ennemi, qui ne vouloit cepas avoirà soutenir un second assaut, demanda, àl la pointe duj jour, à
libre sortie de
capituler, et obtint la
cette garnison. La perte, dans
cours de la journée
le
trois mille hommes précédente, fut au moins de
tués ou blessés de
tre. On
part ou d'auemploya toute la nuit, où l'on donna Tassaut, à se retrancher sur les bords de la
pour mettre les troupes à couvert
rivière,
lon auroit dà
: on finit par où
commencer. L'ennemi ayant
mêmes
pris les
précautions, on convint de ne plus se
en pure perte; cette méme trève fut établie tirer
front des deux armées entre les
sur le
gardes
se réservant de faire feu sur tout
respectives,
forcer le
ce qui voudroit
passage d'un bord tàl T'autre,
Les deux armées restèrent trois mois dans
cette
position, avec une grande incommoditéde
d'autre pour les fourrages,
lon
part et
que
étoit- obligé
d'envoyer chercher à dix lieues sur la fin de Tarriére-saison. Le prince Ferdinand fit faire le
de Cassel, qui ne se rendit vers la fin
siége
douzième jour de tranchée
d'octobre, au
des
ouverte, que surlordre
généraux, à M.
sortie de
Dieslyack, 2 d'obtenir la libre
sa garnison. Elle lui fit accordée,
après
ages,
lon
part et
que
étoit- obligé
d'envoyer chercher à dix lieues sur la fin de Tarriére-saison. Le prince Ferdinand fit faire le
de Cassel, qui ne se rendit vers la fin
siége
douzième jour de tranchée
d'octobre, au
des
ouverte, que surlordre
généraux, à M.
sortie de
Dieslyack, 2 d'obtenir la libre
sa garnison. Elle lui fit accordée,
après --- Page 231 ---
DE ROCHANBEAT U.
avoir fut un commencement de
21I
honneur.
défense quilui fit
Le prince Ferdinand
heim; ilen alloit faire le bloquoit aussi Ziegensiége;
cement de novembre,
lorsqu'au commenla signature des
nous reçûmes la nouvelle de
tainebleau,
préliminaires de la paix faite à Fonentre les ministres de France et
gleterre. Les généraux
d'Anférencel à ce même respectifs eurent une conmoulin
T'ons s'étoit, deux mois
dAmoenebourg, où
devant, si fort
armes. On y convint d'une trèvé
passé par les
tion de
et d'une
quartiers aux deux
répartiratification du traité.
armées, en attendant' la
Ainsi finit une des plus tristes
jaie faites de ma vie. Le
campagnes que
accablé dinfirmités,
maréchal dEstrées,
dans les douleurs mourut peu de temps
et
aprés
maréchal de
Topération de la pierre, Le
Soubise, ami de Louis
honnête homme, n'avoit
XV, brave,
tés qui constituent
aucune des autres
un bon général d'armée. qualiguerre malheurense fut mal conduite
Cette
des ministres et des
par la plupart
sances; elle combla de généraux des grandes plisgloire le roi de
profitoit habilement de nos fatites. Prusse, qui
juger que les conditions de la
On peut bien
la France
paix s'en ressentirent;
y perdit le Canada, la Louisiane
plus grande partie de sa marine. Ce
et la
au nombre des
traité fut mis
plus malheureux que la France
ée. qualiguerre malheurense fut mal conduite
Cette
des ministres et des
par la plupart
sances; elle combla de généraux des grandes plisgloire le roi de
profitoit habilement de nos fatites. Prusse, qui
juger que les conditions de la
On peut bien
la France
paix s'en ressentirent;
y perdit le Canada, la Louisiane
plus grande partie de sa marine. Ce
et la
au nombre des
traité fut mis
plus malheureux que la France --- Page 232 ---
NENOIRES
ait jamais signés : les autres grandes
térent en Europe à
puissances respeu présavec les mêmes limites qu'elles avoient au comnencement de
guerre de Sept - Ans si fameuse et si cette
dieuse.
dispeuDès que la paix fut ratifiée, le ministre françois
s'occupa de réformes sévères. On se
troupes de nos malheurs dans
prenoit aux
étoitdautant
cette guerre, ce qui
plus injuste qu'elles avoient montré
beaucoup de vigueur SOLIS tous les
leur avoient inspiré de la confance. généraux qui
gea de faire les réformes dans
On me charProvence.
le Daupbiné et la
J'étois porteur de trente-trois retraites
forccessje n'en donmai que six, et j'en rapportai
vingt-sept à M. le duc de Choiseul, qui n'en
prouva.
apCei ministre fit d'abord le plan de trois armées
permanentes,: il mc destina à celle d Alsace,
y être employé
pour
maréchal-dle-camp et
ral de Tinfanterie. Il changea d'idées major-génc
peu de temps
après, homma des olliciors-généraux qui devoient
passer six mois auprès des troupes. Je fus
à
cmployé
Strashourg, et chargé, jusqu'en 176g,de l'inspection de linfanteric françoise en Alsace; tandis
qué M. de Wurinser l'étoit de l'infanterie allemande, Le ministre fit ensuite, pendant six mois,
uné rédection dinspectenrs à
fia toute Vinfanterie.
quatre. , aquiil conJ'étois du uombre des quatre
raux qui devoient
passer six mois auprès des troupes. Je fus
à
cmployé
Strashourg, et chargé, jusqu'en 176g,de l'inspection de linfanteric françoise en Alsace; tandis
qué M. de Wurinser l'étoit de l'infanterie allemande, Le ministre fit ensuite, pendant six mois,
uné rédection dinspectenrs à
fia toute Vinfanterie.
quatre. , aquiil conJ'étois du uombre des quatre --- Page 233 ---
DE ROCHAMBEAT U.
conservés, et à mon retourj je fus le premierà voter
auiministrec que, dans
contre, en faisant comprendre
étoit mal vu
que le nôtre,il
un militsireansidiendne
à quatre
der réduire Tactivité des' ofliciers-agénéraux
d'infanterie, et à quatre inspecteurs de
inspecteurs
les
et remit
cavalerie : il en sentit
conséquenccs,
les choses comme elles étoient.
Il avoit succédé au maréchal de Belle-Isle; et
caractère ne ressembloit en rien à celui de ce
son
de ce ministre étoit bon; il étoit
dernier. Le coeur
de son
tres-généreux, mais encore plus prodigue
bien qu'il ne l'étoit de celui de Tétat : son
propre étoit actif; il avoit surtout celui de la répliesprit
trait
être cité: Le duc
que, En voici un
qui pent
de Richemond, envoyé un an après la paix amà Dunkerque, où il
bassadeur en France, passa
avoit une discussion entre le commissaire: anglois
y celui de France pour la destruction d'ue écluse.
et
intervenir Tambassadeur de Tempereur, en
On fit
la destruction de cette écluse OCprétendant.que inondation dans la chatetellenie
casionneroit Onsassembla une
chez M. de Choiseul : le
de Furnes.
commissaire françois, vieil ingénieur, battit, pasur table, le commissaire anglois, qui ne sapiers
Mais, monsieurleduc, dit
voit plus que réponcre.
de
M. de Richemond, toujours. des complaisances
monsieur
la rhrlermRo-artoaee répliqua M. de
Tambassadeur, des complaisances?
la chatetellenie
casionneroit Onsassembla une
chez M. de Choiseul : le
de Furnes.
commissaire françois, vieil ingénieur, battit, pasur table, le commissaire anglois, qui ne sapiers
Mais, monsieurleduc, dit
voit plus que réponcre.
de
M. de Richemond, toujours. des complaisances
monsieur
la rhrlermRo-artoaee répliqua M. de
Tambassadeur, des complaisances? --- Page 234 ---
MÉMOTRES
Choismul,en se levant; sachez
maître, ne veut de
que le roi, mon
sance de TEurope, complaisances d'aucune puisque de toute
encore moins de
autre. Avez-vous
TAngleterre
tre cour pour me parler rainsi? commission de vOparfaitement
Ce ministre savoit
étoicnt aussi que TAngleterre, dont les finances
épuisées que les
pas recommencer la
nôtres, ne voudroit
Duibkerque, M. de guerre pour une écluse de
s'excusa
Richemond fut
sur ce que, parlant mal
embarrassé,
pu se servir d'une
françois,il avoit
Choiseul le
expression impropre. M. de
bien !
prit sur le temps, et lui
Eh
monsieur
répliqua :
ment
Tambassadeur, siguez
proposé, et que tout soit
Tarrangefut exécuté.
terminé; ce qui
Jeciterai encore une
ce ministre étoit aussi anecdote, qui prouve que
qu'il étoit fier et tranchant facile dans son intérieur,
blique. Le maréchal de
dans son audience pule ministre accueilloit Broglie étoit toujours exilé
qui lui étoient
fort mal toutes lesd demandes
faites de
voir dans son exil : après permission lui
pour aller le
de Topération de
avoir renda
mes revues de
compte
qu'ayant fini tout ce
le
réforme,j je lui dis
de moi, je voulois que service du roi exigeoit
ment de liberté profiter de mon premier mopour aller à
néral aux ordres daquel
Broglie voir le géjavois
plaisir dans cette
serviayecl le plus de
guerre mollieureuseyet qui m'a-
es
faites de
voir dans son exil : après permission lui
pour aller le
de Topération de
avoir renda
mes revues de
compte
qu'ayant fini tout ce
le
réforme,j je lui dis
de moi, je voulois que service du roi exigeoit
ment de liberté profiter de mon premier mopour aller à
néral aux ordres daquel
Broglie voir le géjavois
plaisir dans cette
serviayecl le plus de
guerre mollieureuseyet qui m'a- --- Page 235 ---
DE ROCHANBEAU,
le plus de confiance. 11 se renfrogua
voit témoigné
tout de suite que mes
d'abord; mais il me répondit
avoir toute
motifs éloient trop nobles pour ne pas
aller
et que le roi me la donnoit d'y
permission,
le voudrois. Je reçus le cortoutes les fois que je
Tavoir dedon rouge peu de temps après, sans
mandé.
la
nous eûmes
Quelques années après
paix,
de
la visite du prince héréditaire
à Strasbourg
où il avoit
Brunswick. Il revenoit de T'Aingleterre,
de la nation, et surtout du parti
été très-bien reçu
froidement du roi, son
de Topposition, mais assez
Nous
beau-frère, et de ses nouveaux ministres.
parde nos vieilles guerres; et le prince,
lâmes un peu
combloit de marques d'estrès-aimable, qui me
désira, en nous quittant, que je
time et damitié,
de bataille oùt M.de
le conduisisse jusqu'au champ
Turenne avoit été tué, dans la dernière campagne
de ce grand homme contre Montécucully.
Nous eûmes en chemin une conversation assez
extraordinaire, que je rapporte pour la suite que
de TAmérique auront dans ces Mémoiles affaires
du désir qu'il avoit d'ètre allié
res. Il me parloit
de faire la
avec eux.
avec les François, et
guerre
seroit possible que nous fusJe lui répondis qu'il
alliés du roi de Prusse, son oncle;
sions un jour
de Tembarras du côté de
mais qu'il auroit toujours
TAngleterre, qui étoit notrerivale, et notre enue-
que je rapporte pour la suite que
de TAmérique auront dans ces Mémoiles affaires
du désir qu'il avoit d'ètre allié
res. Il me parloit
de faire la
avec eux.
avec les François, et
guerre
seroit possible que nous fusJe lui répondis qu'il
alliés du roi de Prusse, son oncle;
sions un jour
de Tembarras du côté de
mais qu'il auroit toujours
TAngleterre, qui étoit notrerivale, et notre enue- --- Page 236 ---
MÉNOTRES
imie naturelle. Il me réponditavee
parti seroit bientôt
vivacité que son
son
pris en pareil cas.
peu d'attachement
Quand je vis
sance,je lui dis
pour cette dernière puisen riant qu'il devroit aller
en Amérique, le rôle du roi
jouer,
faire souverain d'un
Guillaume, et sy
en
superbe empire, Ce château
Espagne, me répondit-il,
mon imagination;
peut avoir passé dans
mais, monsieur, il faut un
pour que des colonies divisées
siècle
moeurs, le langage, la
entr'elles par les
religion, et quise
puissent se réuuir et former
détestent
Lorsqu'elles
une confédération.
prendront le parti
tendront à la plus grande
dexinsurger, elles
pas un mattre
liberté, et ne quitteront
toute raison pour en prendre un autre. Ilavoit
pour ce dernier
me dit pour le premier,
article; mais ce qu'il
terre étoit mal instruite prouve combien TAnglepositions de
alors de Tesprit et des disses colonics, dont la résistance
confédération furent
et la
après.
complètes peu de temps
On me donna, en 1769, le
dun camp de quatorze bataillons commandeinent
une nouvelle artillerie de
amalgamés, avec
les épreuves devant le roi campagne, à
dont on fit
piègne. Ilya avoit trois
Vetberie et à Comdépendantes les
divisions dans ce camp, inavoit celle
unes des autres. M. de
des Allemands
Wurmser
étoit
et Suisses;, la mienné
composée de quatorze bataillons
françois;
, le
dun camp de quatorze bataillons commandeinent
une nouvelle artillerie de
amalgamés, avec
les épreuves devant le roi campagne, à
dont on fit
piègne. Ilya avoit trois
Vetberie et à Comdépendantes les
divisions dans ce camp, inavoit celle
unes des autres. M. de
des Allemands
Wurmser
étoit
et Suisses;, la mienné
composée de quatorze bataillons
françois; --- Page 237 ---
DE ROCHANBEAU.
de Puységur étoit de douze autres
celle du comte
comme Tancien, à
bataillons. C'étoit au premier,
commander le tout; mais on a toujours cru que
voulant se faire maréchal de
le duc de Choiseul,
commandeFrance, s'étoit réservé le suprème
d'abord séparément,
ment. Quoique ces divisions,
avec le plus grand
ensuite réunics, manoeuvrassent
les étransuccès, et les applandissemens de tous
vinrent à ce camp, les circonstances ne
gers qui
Une nouvelle
furent pas favorables au ministre.
derqui se rallia
maîtresse, un parti dopposition culbaté, Il ne fut jamais
rière elle, l'eurent bientôt
les hommaplus grand que dans sa disgrâce, par
lui furent rendus, au milieu de son exil,
ges qui
obligés, et qni composbient
par les gens quilavoit
Il rendit, avant son
de la nation.
une grande partie
les comptes des finances de ses deux-midépart,
censure de ses' ennemis ne s'exerça
nistères, et la
femme
contr'eux. Sa vertueuse et respectable
pas
sacrifier toute
se constitua dans un couvent, pour
mari.
fortune à Tacquit total des dettes de son
sa Elle soutint cette démarche avec une constance
héroique.
deux événemens qui
Il arriva à cette époque
bien Tinstabilité des choses de ce monde:
prouvent
femme que M. de Choiseul avoit
la scule jolie
Lange,
brusquée dans sa vie, fut mademoiselle
comtesse Dubarry, qui devint maitresse du
depuis
acrifier toute
se constitua dans un couvent, pour
mari.
fortune à Tacquit total des dettes de son
sa Elle soutint cette démarche avec une constance
héroique.
deux événemens qui
Il arriva à cette époque
bien Tinstabilité des choses de ce monde:
prouvent
femme que M. de Choiseul avoit
la scule jolie
Lange,
brusquée dans sa vie, fut mademoiselle
comtesse Dubarry, qui devint maitresse du
depuis --- Page 238 ---
MÉNOIRES
roi et le chassa; le seul
qu'il
lingedeurgullalsinoit
maltraitoit, et qui étoit en
pas,
lant de faire son travail
Dauphiné, recupour venir le
avec lui, reçut le courrier
M. de Choiseul, remplacer au ministère de la guerre,
dans les dernières
son ministère, avoit
années de
Il fut flatté de cette entrepris la guerre de Corse.
feroit époque dans petite conquéte, et crut qu'elle
jusqu'ici aussi
son ministère, qui avoit été
litaires,
malheureux dans les
miqu'il fut habile et
opérations
affaires
respecté dans celui des
étrsangéres. Il essuya
revers. Il confia, dansla
cependant encore des
conquête à faire au première campagne, cette
ami, qui avoit été ministre marquis de Chauvelin, son
Tesprit, de la
à Gênes : il avoit de
politique, étoit fort aimable
san; mais il y éprouya des échecs
courtirappeler. On donna le
qui forcèrent à le
de Vaux, pour la seconde commandement au comte
moyens les plus amples. Cet campagne, avec les
fait la guerre en 1758,
ollicier-général y avoit
mnent d'
comme capitaine au régiAuvergne;il ilsy étoit
noissoit
distingué, et en contune nilitaire parfaitement bien le pays. Ila a fait une formaréchal de complète, étant parvenu au bâton de
de
France. Il ne sera pas hors de
parler de lui et de son
propos
et bien servi,
caractère; il a beaucoup
commandé à
Gottingen; et je crois
Berg-op-Zoom et à
étoit la délense des
que son genre particulier
places, Tart de les fortifier, ella
étoit
noissoit
distingué, et en contune nilitaire parfaitement bien le pays. Ila a fait une formaréchal de complète, étant parvenu au bâton de
de
France. Il ne sera pas hors de
parler de lui et de son
propos
et bien servi,
caractère; il a beaucoup
commandé à
Gottingen; et je crois
Berg-op-Zoom et à
étoit la délense des
que son genre particulier
places, Tart de les fortifier, ella --- Page 239 ---
DE ROCII TANDEAU.
homme tres-courageux. Mais ce qui
fermeté d'un
étoit un esprit
T'avoit fait valoir singulièrement, décisions miliorigial dans ses idées et dans ses
II
l'avoit fait percer dans tous les gradés.
taires qui
mais
d'une grande sévérité;
affectoit un caractère
homme du monde.
il étoit au fond le meilleur
fit dans cettc campagne la conquéte
Ce général
chefs s'emde la. Corse ; Paoli et les principaux molle réTAngleterre après une
barquérent pour
sistance.
la dernière année
Un autre événement occupa
ministère de M. de Choiseul. Les Espaguols
du
à main armée, les Anglois d'un
avoient chassé,
avoient fait aux iles de Falcétablissement qu'ils
cette injure,
Kland;TAngleterre arma pour venger
la soutenir; la France, son alliée,
TEspagne pour
offrant sa médiation. Les
arma de même, mais en
de TAméprévoyant déjà les troubles
Anglois, furent moins hautains; et cet arrangement
rique,
de temps après Texil
fut terminé à T'amiable, peu
qui n'ade M. de Choiseul, par le roi lui-mème,
des
de la place de ministre
voit pas encore disposé
affaires étrangeres.
ministère de la
M. de Monteinard arriva au
les
la
de culbuter toutes
guerre avec. disposition
soit par la réordonnances de son prédécesseur;
trouva dans les iuspecteurs qui pensistance qu'il
mais quilsen
soient quelon pouvoit y corriger,
T'amiable, peu
qui n'ade M. de Choiseul, par le roi lui-mème,
des
de la place de ministre
voit pas encore disposé
affaires étrangeres.
ministère de la
M. de Monteinard arriva au
les
la
de culbuter toutes
guerre avec. disposition
soit par la réordonnances de son prédécesseur;
trouva dans les iuspecteurs qui pensistance qu'il
mais quilsen
soient quelon pouvoit y corriger, --- Page 240 ---
MÉMOIRES
falloit de beanconp que Ton dàt les
soit par jalousie
dairuire;
particulière et
traita assez fraichement à
personnelle, il me
de mon caractère le fit son début. La franchise
dispositions du, roi le firent revenir d'une part, et les
donner la
enfin résoudre à me
grand'croix de
voit été
Suint-Louis, qui m'aIl
promise au dernier camp de
supprima Tinspection de Tinfanterie Compiègne.
etsuisse, et chargea le baron de Wurmser allemande
fanterie françoise et
delinle
étrangère en Alsacesjeusalors
département de la Normandie et de la
tagne.
BreM. leduc
fut
mé ministre d'Aiguillon en même temps nomdes aflaires étrangéres.
son ministère
Ce fut sous
que se fit, sans le
partage de la Pologne.
consulter, le
avoit fait élire un roi de L'impératrice de Russie y
intimes. Ses
son choix, et de ses amis
troupes étoient
le pays : la liberté
répanducs dans tout
laide de
polonoise se conféléra; et, à
quelques moyens dargent et de
secours dhommes que la France y fit
petits
ne laissa pas que d'occuper les Russes. passer, elle
action où le peu de François
La seule
ployés dans ce
que lon avoit empays, aux ordres du baron de
menil, se distinguèrent, fut la
Viovie, et le siége
surprise de Cracoqu'y soutint M: de
se rendit
Choisy, qui ne
qu'après une vigoureuse résistance.
antre côté, M. de Choiscul avoit fait
D'un
exciter, par
fit
petits
ne laissa pas que d'occuper les Russes. passer, elle
action où le peu de François
La seule
ployés dans ce
que lon avoit empays, aux ordres du baron de
menil, se distinguèrent, fut la
Viovie, et le siége
surprise de Cracoqu'y soutint M: de
se rendit
Choisy, qui ne
qu'après une vigoureuse résistance.
antre côté, M. de Choiscul avoit fait
D'un
exciter, par --- Page 241 ---
U.
DE ROCHAMBEAL
alors ministre à ConsM. le eomte de Vergenues, la
aux Russes:
les Turesà faire guerre
tantinople, les battirent pendant trois campaCes derniers
Tous leurs succès dongues de terre et de mer.
et au roi de
nèrent de la jalousie à Timpératrice nentralité qu'à la
Prusse;et ils ne vendirent leur
puisde la Pologne, ou chaque
charge du partage
étoità sa convenance;
sance voisine prit la part qui
roi de PoJaissant le noyau au mallenreux
en
logne.
de prince hérédiLe roi de Suède, en qualité France lors du boutaire, se trouvoit voyageur en
11 apprit la mort
leversement de notre ministère. à M. le duc d'Aide son père, fit part all roi et
Tanarchie
guillon de ses projets pour anéantir dans les derla Suède étoit tombée
dans laquelle
de son père; on lui donna
nières années du règne
qui ent Torambassadeur M. de Vergennes,
le roi
pour
dans ses projets. Mais
dre de le seconder
de l'autorité d'une
de Suède, lui-mème, s'empara qu'elle ne coûta
manière qui lui fit honneur, , parce
pas une goutte de sang.
avoir bouleversé tout
M. de Monteinard, après
des ordonnances de son prédécesce qu'il avoit pu
qui réunit les deux
seur, fit place à M. d'Aiguillon
et qui fut alors le ministre prineipol
départemens, Cehi-ci,srouvant le ministère
et prépondérant.
Choiseul et celui du dernier
partagé entre le parti
qu'elle ne coûta
manière qui lui fit honneur, , parce
pas une goutte de sang.
avoir bouleversé tout
M. de Monteinard, après
des ordonnances de son prédécesce qu'il avoit pu
qui réunit les deux
seur, fit place à M. d'Aiguillon
et qui fut alors le ministre prineipol
départemens, Cehi-ci,srouvant le ministère
et prépondérant.
Choiseul et celui du dernier
partagé entre le parti --- Page 242 ---
BÉNOIRES
ministère, prit sagement le parti d'assembler
iuspecteurs dinfanteric chez le
les
et ceux de cavalerie chez le maréchal de Biron,
pour: raccorder les
maréchal de Soubise,
opinions.
Liassemblée de Tinfanterie fut
on y traita toutes les matières tris-instruetive,
ministration militaire.
qui concernent T'adjets
Il y fut fait d'excellens
d'ordonnances: : on a dit, dans le
projy avois joné quelque
temps, que
se découvrit
rôle;j je peux convenir
en moi un talent dont
qu'il
mais fait d'nsage, de rendre
je n'avois jasur le militaire d'une
en public mes idées
Celle de la cavalerie manière claire et précise.
Elle étoit
n'eut pâs le même succès.
ciers des composée de tous les chefs et survivancorps de cavalerie à
éiats-majors de la cavalerie
privilèges, et des
nombre étoit
et dés dragons, dont le
beaucoup plus fort que celui
pecteurs connaissant les détails.
desinsdant à bout de réunir les
On vint cepenmixtes des deux
opinions par des comités
membres.
assemblées dont je fus un des
Ces conférences durèrent deux
mourut à la fin de la
ans : Louis Xv
duc
première conférence. M. le
dAiguillon se trouva renversé du
roue de la fortune, où il n'étoit
hant de la
peines ni sans
pas parvenu sans
fut remplacé intrigues, mais avec dès talens. Il
par M. le comte Dumuy,
fitachever notre
qui nous
travail, et commença à mettre en
ées dont je fus un des
Ces conférences durèrent deux
mourut à la fin de la
ans : Louis Xv
duc
première conférence. M. le
dAiguillon se trouva renversé du
roue de la fortune, où il n'étoit
hant de la
peines ni sans
pas parvenu sans
fut remplacé intrigues, mais avec dès talens. Il
par M. le comte Dumuy,
fitachever notre
qui nous
travail, et commença à mettre en --- Page 243 ---
DE ROCHAXBEAU.
partie de nos ordonnances.
exécution une grande
ministère,
Il mourut au bout de dix-huit ans de
vertus. M. de Saint-Germain lui
regretté pour ses
de
succéda. Ce ministre étoit sans comnoissance
militaire actuel, qu'il avoit perla nation et de son
fut
sur un
du de vue depuis vingt ans : il
appelé,
avoit composé dans sa retraite en
mémoire qu'il
le service de DaHaute-Alsace, après avoir quitté
nemarck. Il annonçoit, dans ce mémoire, de grande
économies. M. le comte
des réformes et grandes
confiance du roi,
de Maurepas, qui avoit toute la
en vieux courtisan ,il fut ceen fut séduit; mais,
exécupendant le premier à le déjouer dans son
rouloit
sur la suption. Son projet
principslement
pression de tous les corpsà priviléges, par lesquels
notre militaire étoit peuplé d'officiers- généraux,
dans le cours de leurs fonctions, dans les difqui,
entouroient le trône, n'aférentes troupes qui
voient fait d'autre service réel que celui de capiet de réduire la
taine de cavalerie ou d'infanteric,
donner plus de conmoitié des capitaines pour
sidération à cet état. On parut d'abord lui accoren réunissant à son déder une grande confiance,
étoient
toutes les parties du militaire qui
partement dans celui de la maison du roi, et toutes les caisses
Mais il fut forcé de conserver
qui en dépendoient.
la moitié des gentous ceux des gardes-du-corps,
darmes et des chevau-légers: avec tous leurs olli-
ie ou d'infanteric,
donner plus de conmoitié des capitaines pour
sidération à cet état. On parut d'abord lui accoren réunissant à son déder une grande confiance,
étoient
toutes les parties du militaire qui
partement dans celui de la maison du roi, et toutes les caisses
Mais il fut forcé de conserver
qui en dépendoient.
la moitié des gentous ceux des gardes-du-corps,
darmes et des chevau-légers: avec tous leurs olli- --- Page 244 ---
MÉMOIRES
ciers, la gendarmerie en entier
tres et d'argent. Enfin la
augmentée de tisur les pauvres
réforme ne tomba que
chefs accrédités mousquetaires qui n'avoient pas de
pour les maintenir, Il réforma les
inspecteurs pour y substituer des.
raux de division. Je fus
olliciers-généoù je servis
nomméà celle de Metz,
pendant deux ans en cette
Après avoir bien détruit,
qualité.
illui fut difficile de réédifier, vu le peui de connoissance
hommes qui
qJu'il avoit des
composoient alors le militaire françois. M. le comte de
moment
Maurepas le prit dans un
d'embarras pour lui proposer de se
ner le prince de Montbarrey
dontarda pass s'en méfier
pour adjoint. Il ne
et à en devenir
fut dans ces circonstances
jaloux : ce
à la fin de mon second
que j'arrivai de Metz,
service. M. de
main redoubla d'amitié à
Saint-Gerdes rendez-vous
mon égard, me donna
de confiance à sa maison
senal et me consulta sur différens
del'Ar
fut pas difficile de voir le
objets. Il ne me,
but auquel il
et, comme je n'avois aucune
tendoit;
der à M. de
prétention de snccéjoint
Montbarrey, je le renvoyai à son adpour toutes ces explications;
le prétexte d'une maladie de
etje partis, sous
passer six moisà
mon père, pour aller
il fut
Rochambeau. Dans ceti intervalle,
renvoyé, et mourut de chagrin, dans sa
de
maison
PArsenal, un an après, ayant réellement fait
surcroît de dépense au militaire, de
un
quelques mil-
. de
prétention de snccéjoint
Montbarrey, je le renvoyai à son adpour toutes ces explications;
le prétexte d'une maladie de
etje partis, sous
passer six moisà
mon père, pour aller
il fut
Rochambeau. Dans ceti intervalle,
renvoyé, et mourut de chagrin, dans sa
de
maison
PArsenal, un an après, ayant réellement fait
surcroît de dépense au militaire, de
un
quelques mil- --- Page 245 ---
DE ROCHAMDEAU.
lions, par une augmentation de
cessaire à la vérité; mais
paye qui étoit néne fut même
fort peu déconomie, qui
laisser Jes
qu'éventuelle, pnisqu'il fut forcé de
forma. Ce traitemens presqu'entiers a ceux quil rémalheureux homme finit sa vie
testanent qui a été imprimé
par un
après sa mort. Il
distingua, , puisqu'il mynommoit
n'y
conseil de guerre qu'il établissoit rapporteur d'un
litaire, en me donnant la
pour régir le miles bureaux.
surintendance de tous
On n'eut aucun égard à ce
dans l'oubli des
testament, qui resta
bilbfiothieques comme tant
tres; et M. de Montbarrey
d'autoute la plénitude du
conserva sa place dans
M. de Maurepast
pouvoir, sous. les ordres de
Les troubles delAmérique
engager dans sa querelle, commençant à nous
en Normandie,
on forma à
en
Vaussienx;
1778, un camp
rable, aux ordres du maréchal de
trés-considé.
bat que M. d'Orvilliers
Broglic. Le comla flotte
donna à Onessaut, contre
angloise, étant resté
ne fut occupé que de
indécis; notre camp
Cestici le lieu de manceuvres et d'évolutions.
parler d'une
fit honneur dans le
discnssion qui me
de peine à mon
militaire, mais qui fit le plus
position formelle coeur, en me forçant à une opBroglie
aux idées de M. le maréchal de
que j'avois respecté toute ma vie; il
contraignit lui-mème à me mettre à la tête de me
I.
cette
--- Page 246 ---
MI ÉNOIRES
opposition à ses vues, en me donnant le commandement d'une brigade dressée suivant
res ordopnances, dont il
nos dernière tous les
comptoit battre et détruimouvemens par un réglement nouyeau
qu'il avoit donné à toute son armée. Il
pas que j'avois été un des
n'ignoroit
donnances, etne
promoteurs de ces orbasse
croyoit pas quej j'eusseTâme assez
pour les abandonner. On doit se souvenir
que M. le maréchal de Broglie fut exilé
une partie du ministère dé M. de Choiseul pendant
assez naturel de
; il est
critiquer tout ce que fait son ennemi, et M. le maréchal de
pas. Il avoit dans son
Broglie ne s'en gêna
voisinage un oflicier grand
géomètre, mais très-médiocre tacticien,
renouvela un projet de plésion
qui lui
qu'il avoit donné
déjà comme ordre primitif dans
qui n'étoit que le perfectionnement Tinfanterie, et
de Folard. Ce
des colonnés
projet, fort protégé par. M. le comte
deBroglie, avoit déjà été rejetédans un conseil tenu
à Cassel, en présence du maréchal,
MM.
muy, Cloren, Guibert le
par
Dupère. et moi. On étoit
convenu que c'étoit une bonne manceuvre à
dans Tordonnance pour s'en servir dans
placer
mais que l'ordre mince étoit le
T'occasion;
premier ordre pour
déployer son feu, et pour être moins en
à
Tartillerie quadruplée qui existoit
prise
dans les armées de PEnrope, M. de actuellement
renouvela son projet dans T'exil du Mesnil-Durant
maréchal, qui
On étoit
convenu que c'étoit une bonne manceuvre à
dans Tordonnance pour s'en servir dans
placer
mais que l'ordre mince étoit le
T'occasion;
premier ordre pour
déployer son feu, et pour être moins en
à
Tartillerie quadruplée qui existoit
prise
dans les armées de PEnrope, M. de actuellement
renouvela son projet dans T'exil du Mesnil-Durant
maréchal, qui --- Page 247 ---
DE ROCHAMBEAU.
exclusivement. J'eus beau lui représenter
Tadopta Tordonnance de 1776 réunissoit l'ordre proque
mince pour s'en servir àla volonté
fond etlordre leur donnoit tous les moyens les
des généraux, ct
se monvoir
plus courts et les plus simples pour
son centre 2 par ses droites et par ses gauches,
par
ordre à l'autre avec la plus grande
et passer, dun
de M. de Mescélérité; au lieu que le réglement
paralyser Fordre minnil-Durant conimençoit par
le moment du
ce: dont il ne se servoit que pour
cirfeu, en lui défendant de marcher en aucune
et qu'il réduisoit-Tordre profond à un
constance,
central, lorsque les débouchés
seul mouvement
souvent decharger Tennemi se trouvoient
pour vant la droite ou la gauche. Je fus si peu écouté,
M. le maréchal, en partant pour le camp, dit
que
la
de comparaiau roi qu'il me destinoit brigade
formée d'aprèsl Tordonnance de 1776;ct qu'il
son, alloit démontrer. , par Fordre nouveau qu'il donnoit à son armée, combien ce réglement étoit préEnfin, dès le début de ce camp,
férable aul premier.
tout de suite
être T'avocat le plus
il se porta
pour
ardent d'une cause dont il eût été plus convenable
à sa dignité de rester le juge.
C'est dans des circonstances aussi pénibles pour
moi
la carrière du défi s'ouvrit entre Tordonque
J'exécutai, avec
nance et le nouveau réglement.
labrigade de comparaison, toute la manoeuyre de
ien ce réglement étoit préEnfin, dès le début de ce camp,
férable aul premier.
tout de suite
être T'avocat le plus
il se porta
pour
ardent d'une cause dont il eût été plus convenable
à sa dignité de rester le juge.
C'est dans des circonstances aussi pénibles pour
moi
la carrière du défi s'ouvrit entre Tordonque
J'exécutai, avec
nance et le nouveau réglement.
labrigade de comparaison, toute la manoeuyre de --- Page 248 ---
MÉNOIRES
T'ordonnance de
1776,avee un succès et des applaudissemens universels. M. le maréchal de Broglie voulut me prendre sur le
noeuvres : il disoit
temps en deux maque, dans les changemens de
front, tous nos pelotons et nos bataillons étoient
décousns, de manière à être taillés en
moindre charge de cavalerie. Au
pièces par la
moment oà
commencé. le changement de front de la
j'eus
il vint, avec toute la troupe
brigade,
qui
conime s'il avoit voulu me
Taccompagnoit,
vis s'ébranler
charger. Dès que je le
je commandai : Colonnes,
masse, serrez les colonnes. Il les
halte, en
dans un ordre solide et d'antant
trouva toutes
que par leur position naturelle, plus respectable,
elles furent arrêtées,
au moment où
elles se Baniquoient mutuellement. Il me cria que ce mouvement n'étoit
dans Tondonnancesj je lui citai la
et l'article pas
où il étoit désigné
page
précisément pour le cas en
question. Il fit arriver ensuite une
en
brigade formée
plésions, et nous fit partir à la même minute
pour voir le temps que chacune mettroit à changer de position. Le mouvement de cette
fut fait avant le mien : ily eut un grand brigade
des partisans de ce systéme,
triomphe
qui ne dura pas. Je
m'approchai froidement de M. le
dis
maréchal, et lui
que cette brigadle avoit mal marché; car, n'occupant que la moitié du front que la mienne OCcnpoit en bataille, elle n'avoit que la moitié du
même minute
pour voir le temps que chacune mettroit à changer de position. Le mouvement de cette
fut fait avant le mien : ily eut un grand brigade
des partisans de ce systéme,
triomphe
qui ne dura pas. Je
m'approchai froidement de M. le
dis
maréchal, et lui
que cette brigadle avoit mal marché; car, n'occupant que la moitié du front que la mienne OCcnpoit en bataille, elle n'avoit que la moitié du --- Page 249 ---
DE ROCHANBEAU.
de cercle que la mienne avoit eu à parconrir,
quart
auroit dû
son mouvement
et que conséquenment les rieurs furent alors de
être fini moitié plutôt ;
je
m'attristoit d'antant plus, quej
mon côté, ce qui
: tel fut le résavois que cela ne feroit que Taigrir:
sultat de cette séance.
T'armée ennemie, dont
Il me plaça ensuite dans
fois à M. de Chail donna le commandement une
Dans la première
bo, ensuite au comte dEgmont.
chargé de
manceuvre, M, de Chabo, m'ayant
consistànt en dix bataillons, ,et
toute Tiofanterie,
nous etmes
lni s'étant mis àl la tête dela cavalerie,
fait faire
tourné T'aile droite de M. le maréchal, et
derrière ses troupes avant quil
un feu prodigieux
Sy
eût ramener toutes ses masses pour opposer.
pu retirai enfin derrière un ravin à mi-côte;
Je me
furent entassées dans ce côdès que ses colonnes
un feu de canon et
teau resserré, je lui déployai
fit cesser le
si formidable, qu'il
de mousqueterie
mouvement avec beaucoup dhumeur. ordonna de
A la troisième manceuvre, il nous
auprès d'un village ou il viendroit nous
nous placer
observoit à la tête de la
attaquer. M. d'Egmont de Tinfanterie, à cqui je W
cavalerie, et me chargea
et belles comfis border le village avec de grandes
munications derrière la droite et la ganche. Il nous
cherchant à nous amuser de
tourna par celle-ci,
n'étoit
à moitié fini,
front; son mouvement
pas
isième manceuvre, il nous
auprès d'un village ou il viendroit nous
nous placer
observoit à la tête de la
attaquer. M. d'Egmont de Tinfanterie, à cqui je W
cavalerie, et me chargea
et belles comfis border le village avec de grandes
munications derrière la droite et la ganche. Il nous
cherchant à nous amuser de
tourna par celle-ci,
n'étoit
à moitié fini,
front; son mouvement
pas --- Page 250 ---
NÉMOIRES
que nous eûmes
décampé, traversé une
quart de lieue et
plaine d'un
pris une nouvelle
péctable, où il finit la
position resLa dernière fut la manceuvre.
plus vive et la
sante; son projet éloit de
plus intéresde nous y prendre
nous acculer à la mer, 2
fairé ensuite la
tous prisonniers et d'en faire
posta à la. défense réjonissance par son armée. Il nous
lieucs plus bas d'une rivière qui se jetoit à trois
seule. M.
dans la mer, au village de Courle maréchal de Broglie,
faire plusieurs fausses
après avoir fait
attaques, fit un
mouvement
trés-beau.
vière de
pour nous tourner en passant la riSeule, à une lieue au-dessus de
droite. Je fis faire un
notre
changement de front à Tinfanterie, en appuyant sa gauche où elle avoit
paravant sa droite. Nous bordions
audominoit
une hauteur
une petite plaine dans
qui
maréchal ne pouvoit faire
laquelle M. le
par des défilés;
entrer ses colonnes
tout notre canon fut
que
tête de ses colonnes
dirigé sur la
Ce feu,
en les prenant en écharpe.
quoiqu'à poudre, simuloit un si
gieux effet, qu'il fut forcé de
prodiligue et de la faire
déployer sa première
dans l'ordre
marcher, contre ses
mince. Nous nous retirâmes principes,
par une plaine de deux lieues,
ensuite
de
jusqu'au
Sainte-Croix, sur le bord de la
village
avions l'ordre de
mer, oùt nous
Tarmée
diriger notre retraite. Avant
fit sortie des défilés
que
que nous venions de
gieux effet, qu'il fut forcé de
prodiligue et de la faire
déployer sa première
dans l'ordre
marcher, contre ses
mince. Nous nous retirâmes principes,
par une plaine de deux lieues,
ensuite
de
jusqu'au
Sainte-Croix, sur le bord de la
village
avions l'ordre de
mer, oùt nous
Tarmée
diriger notre retraite. Avant
fit sortie des défilés
que
que nous venions de --- Page 251 ---
ROCIAM BEAU.
DE
se fit avancée dans son ordre
quitter, et qu'elle
càmes le temps de
deb bataillons en colonne, nous
halte de repos pour lés troupes.
faire une pétite
M. le maréchal chercha alors à nous enveloppèr
mais, dès quil commença ce moupar nos ailes;
par Taile gauche
vement, je marchai légerement
traverser une autre plaine d'une demie-licue,
pour
la même rivière de Seule près de
et aller repasser
au
de Courdans la mer, pont
son embouchure
de Sainte-Croix, un
seule. J'avois laissé, aul village
minutes après
bataillon de grenadiers quelques
retraite;
notre
moi, avec du canon pour masquer
avec sa cavalerie placée
et M. le comte d'Egmont,
couvroit notre
entre Sainte - Croix et Banville,
Dès que M. le maréchal s'en apermouvement.
et
il marcha à la tête de ses avant-gardes,
çut,
tout étoit passé et que
ne put arriver que quand
lui-mème
nousye eûmes pris une position quiljugeal
inattaquable:
malheureuses discussions fut
Le résultat de ces
M. le maréchal de Broglie; ; je
très-ficheux de pour lui à la fin du camp : je lui parlai papris congé et les larmes aux yeux; ; il parut touthétiquement
être convaincu. Je me
ché, mais ne voulut pas
trois mois. Les
retirai à Rochambeau pencdant
furent mal
épreuves de son nouveau réglement ordonna de
des troupes, et le ministre leur
reçues
de 1776, en rentrant
se remettre à Tordonnance
je
très-ficheux de pour lui à la fin du camp : je lui parlai papris congé et les larmes aux yeux; ; il parut touthétiquement
être convaincu. Je me
ché, mais ne voulut pas
trois mois. Les
retirai à Rochambeau pencdant
furent mal
épreuves de son nouveau réglement ordonna de
des troupes, et le ministre leur
reçues
de 1776, en rentrant
se remettre à Tordonnance --- Page 252 ---
232.
MÉNOIRES
dans leurs garnisons
dant, à M. le maréchal respectives. Je dois cependire qu'il étoit
de Broglie, la justice de
taire;
grand tacticien et excellent miliqu'il est le premier général
l'instar du grand Frédéric,
françois qui, à
taille en deux
divisa son ordre de baou trois avant-gardes,
divisions; et des réserves
quatre ou six
rentes
composées des-difféarmes; que s'il fut égaré dans cette
sion, c'est par Tintrigne de
occaet quelques
quelques sous-ordres,
M. de Choiseul; préventions contre le ministère de
; qu'il rentra dans des
avoit du négliger depuis
détails qu'il
fort au -dessous de
long-temps, et qui étoient
tuelles.
sa dignité et de sa position acLes Espagnols ayant alors,
famille, : déclaré leur
d'après le pacte de
escadres
intention de réunir leurs
aux nôtres, les hostilités étant
cées entre la France et
commenrésolution combinée TAngleterre, on prit une
avec le ministre
de tenter une descente en
dEspagne,
des deux
Angleterre. Les flottes
puissances devoient se
dre maîtresses de la Manche
réuir, se rencente de
et protéger une desM. le'
guarante mille hommes aux ordres de
cointe de Vaux, sur la côte
pendant que Tarmée de terre du roi dAngleterre,
bloqueroit Gibraltar. M. le maréchal de dEspagne
brouilla avec le ministre
Broglie se
qui doma le
ment de T'armée au comte de
commandeVaux: ce ministre
puissances devoient se
dre maîtresses de la Manche
réuir, se rencente de
et protéger une desM. le'
guarante mille hommes aux ordres de
cointe de Vaux, sur la côte
pendant que Tarmée de terre du roi dAngleterre,
bloqueroit Gibraltar. M. le maréchal de dEspagne
brouilla avec le ministre
Broglie se
qui doma le
ment de T'armée au comte de
commandeVaux: ce ministre --- Page 253 ---
A U.
DE ROCHANBEA
avec nous ; il jugea que ce godevoit s'embarquer
à suivre. les ordres quil
néral seroit plus souple
M. le maréchal
donneroit, comme ministre, que beau rôleavec
de Broglie, et qu'il joueroit un plus
le premier.
à la tête de la plus belle
M. de Vaux me mit commander à la guerre; 5
avant-gardequion puisse
bataillons de tous
on.me forma un corps de cinq
lesgrenadiers et chasseurs des régimens quiavoient
des vaisseaux à la flotte de
fourni les garnisons
la légion de Lauzun
M.d'Orvilliers; on yjoignit
immédiats; on
et celle de Nassau à mes ordres maréchaux de
donna en même temps, à quatre
de tous les
camp, aux cadets 2 le commandement d'entr'eux
et chasseurs de Tarmée : trois
grenadiers
moi aussitôt après la
avoient ordre de se réunirà
descente, et jaurois alors eul, sous mon commanmille grenadiers ou chasseurs. Le
dement, sept
avoir battu la flotte angloise ou
projet étoit, après
d'attaquer
Tavoir forcée de rentrer dans ses ports,
Portsmouth et Tile de Wight. Mais, jamais on ne
de la part du miprit de plus mauvais arrangemiens
des somnistre de la marine, quoiquily dépensit
On rassembla tous les transports
mes prodigieuses.
Hâvre, moitié à Saint-Malo.
des troupes,moitié.au)
on ne pouvoit se
Apnès être sorti de ces ports,
hauteur de
réunir de droite et de gauche, à la
des yents traversiers qui pouCherbourg, que par
ports,
Portsmouth et Tile de Wight. Mais, jamais on ne
de la part du miprit de plus mauvais arrangemiens
des somnistre de la marine, quoiquily dépensit
On rassembla tous les transports
mes prodigieuses.
Hâvre, moitié à Saint-Malo.
des troupes,moitié.au)
on ne pouvoit se
Apnès être sorti de ces ports,
hauteur de
réunir de droite et de gauche, à la
des yents traversiers qui pouCherbourg, que par --- Page 254 ---
MÉNOIRES
voient être contraires à l'une des
Enfin, on força M.
deux divisions.
de vivres, daller
d'Orvilliers, avec trois mois
au - devant des
qu'au cap Finistère. Cet amiral Espagnols jus-:
senter que, connoissant
eut beau repréleur
on alloit lui faire
lenteur ordinaire,
une croisière
consommer tous ses vivres dans
voi prét
prématurée : on lui promit un conpour son passage à Ouessant,
jonction. Ce qu'avoit
après leur
va : les
prévu M. d'Orvilliers arriEspagnols se firent attendre deux
demi; le convoi n'étoit
mois et
villiers passa à la
pas prét quand M. d'Orcombinée. Il
hauteur de Brest avec la flotte
entra dans la
larme à Plimouth,
Manche, donna l'aMalo pour
envoya une frégate à Saintde vent violent annoncer son arrivée; mais un
le força de sortir de
coup
dans un moment où
la Manche,
côte de
sa flotte alloit être jetée à la
tié de ses Cornouailles;il il rentra à Brest avec la moitie de équipages malades, et la
ses vaisseaux n'ayant
plus grande parLe convoi lui
plus de vivres ni d'eau.
ayant été envoyé
rut la mer pour le
trop tard, coupu rejoindre, à Brest chercher, et rentra, sans lavoir
désolé de
après lui. M.
toutes ces bévues,
dOrvilliers,
unique, envoya sa démission ayant perdu son fils
rine. On
au ministre de la machaflaut, nomma, pour le remplacer, M. Daqui vit sans jalousie les
de toute la flotte
regrets universels
combinée sur le départ de
ni d'eau.
ayant été envoyé
rut la mer pour le
trop tard, coupu rejoindre, à Brest chercher, et rentra, sans lavoir
désolé de
après lui. M.
toutes ces bévues,
dOrvilliers,
unique, envoya sa démission ayant perdu son fils
rine. On
au ministre de la machaflaut, nomma, pour le remplacer, M. Daqui vit sans jalousie les
de toute la flotte
regrets universels
combinée sur le départ de --- Page 255 ---
DE ROCHAMBEAU.
M. de Cordova, amiral espagnol,
M. d'Orilliers.
été mis à ses
qui étoit son ancien ami, et qui avoit
servi
déclara hautement qu'il n'avoitj jamais
ordres,
tacticien. On tint à Brest, àl la
sous un plus grand
de
des généfin de septembre, un conseil il guerre fut décidé que, 0
raux de terre et de mer, oir
de vent de
vu le temps de Tequinoxe et les coups de tenter aucette saison, il n'étoit plus possible Ainsi finit la
dans la Manche.
cune expédition
et la plus mal comcampagne la plus dispendieuse
vivement,
binée. La flotte angloise fut chassée
la perte d'un vaisseau mauvais
en fut quitte pour
marcheur; et rentra dans Portsmouth.
dans le
Après vingt ans d'activité continnelle
de maréchal de camp, après avoir commangradc
années, les avant-gardes
dé, dèsles deux premières
fus enfin fait lieutenant - général
de Tarmée, je
très-nombreuse.
dans une promotion
mon père à la fin de
Jeus le malheur de perdre
inflammafévriersjétois malade d'un rhumatisme
alet tout le monde venoit me dire qu'on
toire,
un corps I
loit envoyer, 2 sous mon commandement, J'avois d'aude troupes auxiliaires aux Américains.
le
tant moins de confiance à cette nouvelle, que
venoit de m'accorder la permission d'aller
ninistre
les aflaires de cette succesà Rochambeau pour
les chevaux de
sion. Au moment de mon départ,
étant arrivés, je reçus la nuit un courrier
poste
d'un rhumatisme
alet tout le monde venoit me dire qu'on
toire,
un corps I
loit envoyer, 2 sous mon commandement, J'avois d'aude troupes auxiliaires aux Américains.
le
tant moins de confiance à cette nouvelle, que
venoit de m'accorder la permission d'aller
ninistre
les aflaires de cette succesà Rochambeau pour
les chevaux de
sion. Au moment de mon départ,
étant arrivés, je reçus la nuit un courrier
poste --- Page 256 ---
MÉMOIRES
quim'apportoit Tordre d'aller
ceux, de sa majesté,
àVersilles recevoir
Peu de temps avant cette
les çours de Vienne et de Berlin guerre dAndique,
à l'occasion de la succession
furent aux prises
cour de Vienne chercha
de Baviére, dont la
du dernier
isemparerapeds la mort
latin
électeur, au préjudice de
et de la branche des
Télecteur padevoit appartenir
Deux-Ponts, à qui elle
Le roi de
par, les pactes de cette famille.
Prusse étoit alors vieux
son esprit avoit encore
et usé, mais
dans le cours de
toute sa force. Après
sa vie, fait deux
avoir,
rables, dont la première fonda
guerres mémoconde mit le comble à
sa puissance, 7 la seter au désird'en
sa gloire, il ne put résisme protecteur de entreprendre la liberté une troisième commettre à la tête d'une
germanique, et de se
tentions du
ligue qui modérat les préjeune empereur
et
son d'Antriche, Ils
Joseph de la maifirent, T'un contre
guerre savante en marches,
Tautre, une
marquant de
sans aucun succès bien
part et d'autre. Ces deux
avoient également pour but de
princes
ces
ménager leurs forrespectives, en évitant une affaire
France et la Russie intervinrent
généralc. La
ces médiatrices. L'électeurp
comme puissansession de la succession palatin fut mis en posde quelques districts
de Bavière, à Teseeption
sur la rive droite
restèrent à Tempereur.
delInn, qui
Tautre, une
marquant de
sans aucun succès bien
part et d'autre. Ces deux
avoient également pour but de
princes
ces
ménager leurs forrespectives, en évitant une affaire
France et la Russie intervinrent
généralc. La
ces médiatrices. L'électeurp
comme puissansession de la succession palatin fut mis en posde quelques districts
de Bavière, à Teseeption
sur la rive droite
restèrent à Tempereur.
delInn, qui --- Page 257 ---
DE ROCHANBEAU.
d'un corps de
Je reviens à l'envoi en Amérique donna le comauxiliaires, dont le roi me
troupes
mandement.
par le
J'avois été précédé, dans ce continent,
la
d'Estaing, dont les succès brillans, après
comte
etl la bataille navale quil avoit
prise de la Grenade,
étoient venus échoner à
gagnée contreles Anglois,
de
il avoit eu beanicoup peiSavanne; en Géorgie;i
avec une flotte
la côte de France,
ne à regagner
le coup de
entièrement délabrée et dispersée par
vent le plus violent.
dans cette expédition,
Les revers qu'il épronva
contre la Caroà New-Yorck
une attaque projetée
continental, tous ces
line, la dépréciation du papier
TAmérique dans un violent
motifs réunis jetérent
seule depuis
état de crise: elle se sontenoit presque
toutes
de sa révolution, contre
le commencement
Plus ses efforts avoient
les forces de T'Angleterre.
moins ils pouvoient se renouveler.
été vigoureux,
situation violente,se déterLe congrès, dans cette du roi de France son allié,
mina à solliciter, amprès
de
en
nouveau secours en vaisseaux
guerre,
un
Le roi lui accorda une escatroupes et en argent.
sur ses côtes, un
dre de sept vaisseanx; pour agir hommes, et des
corps de troupes de quatre mille
fut desLe chevalier de Ternay
secours en argent.
etje fus nommé comtinéà commandertescadre,
comme
mandant du corps que le roi envoyoit
e
ié,
mina à solliciter, amprès
de
en
nouveau secours en vaisseaux
guerre,
un
Le roi lui accorda une escatroupes et en argent.
sur ses côtes, un
dre de sept vaisseanx; pour agir hommes, et des
corps de troupes de quatre mille
fut desLe chevalier de Ternay
secours en argent.
etje fus nommé comtinéà commandertescadre,
comme
mandant du corps que le roi envoyoit
e --- Page 258 ---
MÉMOIRES
auxiliaire à ses alliés. D'après les
fiss sur le peu de moyens
olservations que je
agir à une aussi
que l'on me donnoit pour
aussitôt le
grande distance, le roi doubla
corpsqui im'étoit
lement
destiné; on doubla
Tartilleric, et les munitions
égatout ce qui concernoit le
en tout genre:
fut acheminé sur Brest département de la guerre
avec une
yaj peu d'exemples, et rendu
diligence dont il
premiers jours d'avril,
dans ce port dans les
Larquement. Iln'en fut époque fixée pour cet emment de la
pas de même du départeGuichen, marine; le départ de la flotte de M.
avec tous les
de
muitions que lon
transports de troupes et de
envoyoit à nos
épuisé tous les vaisseaux de
colonics, avoit
Brest. Le ministre de la
transport du port de
tardifs
marine donna des
pour en faire venir de Bordeaux,
ordres
contrariés par les vents, de manière
qui furent
vai, à mon arrivée à Brest,
que je ne trouSaires
que les vaisseaux. nécespour embarquer la moitié des
étoient destinées à
troupes qui
disoit que la montre TAmérique. de
M. de Choiseul 1
bitude de
M. de Sartines avoit Thalui
retarder toujours : c'étoit bien
en faire une juste
le cas de
M. Hector,
application. Les soins de
comnandant de la marine à
procurèrent une petite augmentation
Brest,
quer jusqu'à cinq mille hommes.
pour embarministres
Nous fimes à nos
respectifs les
tes sur Tinconvénient représentations les plus forde séparer en deux moitiés
montre TAmérique. de
M. de Choiseul 1
bitude de
M. de Sartines avoit Thalui
retarder toujours : c'étoit bien
en faire une juste
le cas de
M. Hector,
application. Les soins de
comnandant de la marine à
procurèrent une petite augmentation
Brest,
quer jusqu'à cinq mille hommes.
pour embarministres
Nous fimes à nos
respectifs les
tes sur Tinconvénient représentations les plus forde séparer en deux moitiés --- Page 259 ---
U.
DE ROCHANDEAT
n'étoit déjà que trop foible; mais les
un corps qui
arTon faisoit en Angleterre pour
préporatifs que
Tavantage
mer une escadre pour nous suivre, nous alàuroit marchant sans convoi pour
qu'elle
nécessité d'un prompt départ, et plusteindre, la
de
qui
Turgence des affaires TAmérique,
encore.
et eflectif, déterminédemandoit un secours pressé
Y'ordre le plus précis
rent le conseil à nous envoyer
de troupes
de séparer en deux divisions le corps
et de partir au premier
destiné aux Etats-Unis,
enbaravec ce que Ton pourroit
vent favorable,
on nous rassuroit sur les
quer dans la première;
faire suivre
moyens que Ton alloit employer pour
conla seconde division. Les vents
promptement le convoi etlescadre en radejustraires retinrent
vents retinrent dans le
qu'au 2 de mai; ces mêmes destinés pour la seport de Bordeaux les transports obéir à des ordres
conde division. Enfin, il fallut
de replique. Quinze jours
qui ne souffroient pas
retournoit à
avant cette époque, La Fayette, qui
en la qualité de général-miajor
Yarmée américaine,
lui
dans son premier voyage,
que ses services,
dans une frégate àlile
avoient mérité, s'embarqua
chargé
d'Aix, avec un commissaire des guerres,
d'annonceret préparer aMbaod-lbendlederge
du corps françois.
ment et les approvisionnemens contraires et d'attente
Après un mois de vents
dans la rade de Brest, le chevalier de Ternay pro-
de général-miajor
Yarmée américaine,
lui
dans son premier voyage,
que ses services,
dans une frégate àlile
avoient mérité, s'embarqua
chargé
d'Aix, avec un commissaire des guerres,
d'annonceret préparer aMbaod-lbendlederge
du corps françois.
ment et les approvisionnemens contraires et d'attente
Après un mois de vents
dans la rade de Brest, le chevalier de Ternay pro- --- Page 260 ---
NÉNOIRES
fita habilement, dans] la nuit du I.F
de la première
au 2 de mai,
à la voile
pointe de vent de nord pour
avec tout son convoi,
mettre
cun accident, la passe du
qui passa, sans autrois jours après,
Rat; mais il fut accueilli
dans le golfe de
coup de vent violent : le convoi Gascogue, d'un
dant quatre jours
se dispersa penchangement de que dura cette tempéte; mais au
doubla le
vent, il se rallia avec célérité, et
cap Finistère. Lramiral
par le même vent de nord;
anglois étoit sorti
pris avant
mais la tempête
qu'il ne fit hors de la
Tayant
obligé de rentrer dans
Manche, il fut
rable
un port, ce qui fut tres-favopour donner
çois. Sa navigation, quelqavance au convoi franAçores, fut
après'avoir doublé le sud des
calmes.Le douce, mais lente et contrariée
20 de juin, étant au sud des
parles
nous découvrimes une escadire de Bermudes,
faisant force de voiles
six vaisseaux,
Ternay la rallia
sur le conyoi; le chevalier de
Tennemi,
derrière sa ligne, et SC
à
qui fut étonné de voirsortir de présenta
pe de voiles marchandes
ce grouordre de bataille. Le
sept vaisseaux de ligne en
vent, un seul deleurs gros de son escadre retint le
longation denotre vaisseaurse trouva sur la proligne, quilechassa si
sement, qu'il étoit au moment d'être vigoureuvalier de Ternay,
pris. Le cheProvence,
s'apercevant que le vaissean le
le
quoique chargé de voiles, ne
suivre, et faisoit une lacune dans
pouvoit
sa ligne, crai-
ataille. Le
sept vaisseaux de ligne en
vent, un seul deleurs gros de son escadre retint le
longation denotre vaisseaurse trouva sur la proligne, quilechassa si
sement, qu'il étoit au moment d'être vigoureuvalier de Ternay,
pris. Le cheProvence,
s'apercevant que le vaissean le
le
quoique chargé de voiles, ne
suivre, et faisoit une lacune dans
pouvoit
sa ligne, crai- --- Page 261 ---
DE ROCHANBEAU.
Tescadre ennemie, qui étoit au vent,
guant que
le séparer, et tomber ensuite sur
n'en profitàt pour
de voiles aux deux
le convoi, fit signal de diminuer
qui le précédoient: le vaisseau anglois en
vaisscaux 6
revirer de bord, et pour aller se réuprofita pour
tout le feu de notre
nirà son escadre, en essuyant
le
On se canonligne, qui ne put pas désemparer. coucher du soleil. Le
na de part et dautre jusqu'au
route avec son
chevalier de Ternay continua sa
dont il préféra la conservation à la gloire
convoi,
de prendre un vaisseau ennemi.
personnelle
ceite escadre angloise
L'on apprit depuis que
Cornwallis, et
étoit conmandée par le capitaine
retournoit à la Jamaique, après avoir esqu'elle
vaisseaux marchands, jusqu'à la
corté cinquante
hauteur des Bermudes.
Ce fut quelques jours avant cette époque que
Tescadre françoise prit un cutter ennemi conduiiles
ofliciers de Charles-Town.
sant aux
quelques
faite
Nous apprimes par eux le siége et la prise
par
de cette- capitale de la Caroline mériles Anglois sondes trouvèrent fond le 4juillet, et
dionale. Nos
étions à
de distance
nous firentj tjugerque nous
peu
des côtes de Virginic. On pritunl bâtiment ennemi,
dans les papiers duquel on eut la certitude de la
de Charles-Town, du retour à New-Yorck
prisé Tescadre de Tamiral Arbuthnot, et de la partie
dé
des troupes qui, aux ordres du général Clinton, ,
I.
is sondes trouvèrent fond le 4juillet, et
dionale. Nos
étions à
de distance
nous firentj tjugerque nous
peu
des côtes de Virginic. On pritunl bâtiment ennemi,
dans les papiers duquel on eut la certitude de la
de Charles-Town, du retour à New-Yorck
prisé Tescadre de Tamiral Arbuthnot, et de la partie
dé
des troupes qui, aux ordres du général Clinton, ,
I. --- Page 262 ---
MÉMOIRES
avoient été fire ces siége, Il avoit laissé cinq mille
hommes dans
Charles-Town, aux ordres du lord
Cornwallis.
de
Les'passagers nous dirent que le retour
ce corps de troupes à New-Yorck portoit la
force de la garnison de cette place à quatorze mille
hommes, et qu'Arbuthnot. attendoit, d'une minute
à Tautre, d' Angleterre, Tescadre de Pamiral Graves
pour se joindre àlui, et agirensuite avec tous leurs
moyens réunis. Le soir du même jour, le chevalier
de7 Ternay: aperçut, à l'ouverture des
de
caps dela baie
Chesapeak, onze voiles fortes que nos meilleurs
marins' prirent pour des vaisseaux de guerre. On
conjectura que c'étoient les six vaisseaux
avions déjà combattus le
que nous
20, qui s'étcient réunis
aux forces d'Arbuthnot ou de Graves, et
nous attendoient pour prendre leur revanche. Les qui
ordres du chevalier de Ternay, portant de débarquer. son convoi à Rhode-Island, il revira de bord,
fit quelques fausses routes dans la nuit, dont la dernière fut dirigéeau nord-est,
de-Island. Ce fut
pour porter sur Rhoune belle occasion de manquée,
parce que les onze voiles fortes n'étoient,
on Ta su depuis; qu'an convoi venant de Oharles- comme
Town à New-Yorck, sous T'escorte de
firégates. Mais le chevalier de Ternay,
quelques
tonjours Occupéde mener son convoi au lien de sa destination, cherchoit à éviter toute cspèce
d'engagement
quine pouvoit tendre qu'à sa gloire personnelle. Il
. Ce fut
pour porter sur Rhoune belle occasion de manquée,
parce que les onze voiles fortes n'étoient,
on Ta su depuis; qu'an convoi venant de Oharles- comme
Town à New-Yorck, sous T'escorte de
firégates. Mais le chevalier de Ternay,
quelques
tonjours Occupéde mener son convoi au lien de sa destination, cherchoit à éviter toute cspèce
d'engagement
quine pouvoit tendre qu'à sa gloire personnelle. Il --- Page 263 ---
DE ROCHANEEAU.
le i2 juillet, dans le port de Rhodeentra enfin,
de soixante-dix jours.
Island, après une navigation
de
L'escadre de Tamiral Graves nous suivoit près,
elle arriva le lendemain à New-Yorck. La tempête
avions soutenue dans le golfe de Gascoque nous
amiral de rentrerà Plimouth;
gne, avoit obligé cet
apréss il trouil ne put en sortir que quinzé'jours
de la
va, vers lés Acores, le vaisseau le Fargès,
desi indes françoises, le chassa et le prit,
compagnic
le remorqua une partie de sa route, parce quilétoit
retarda sa marche, et
richement chargé:ce qui
auroit été rudement acsauva notre convoi, qui
si Tescadre de Craves, réunie à celle d'Arcueilli,
fat trouvée en travers sur les attérages
buthnot, se
à notre arrivée à Rhode-Island.
Le corps françois débarqua à Newport, capitale
de cette ile; il fut campé en couvrant cette ville,
sa'
à la mer, sa droicoupant Tile en travers, gauche
delescadre,
protégée
teau
mouillage
quistenbosag fis établir dans les
par des batteries de terre que je
les plus convenables. Je fis travailler égalepoints
Tennemi
menrirfortfier divers points sur lesquels
pouvoit débarquer, et à ouvrir des marches pour
aller Tattaquer au premier moment de son débarDans cette position, le corps françois
quement.
la
la plus courpouvoit toujours se porter par ligne
débaroùt Tennemi airoit voulu
té, sur le point
d'attaque,
quer, tandis que pour varier ses points
par des batteries de terre que je
les plus convenables. Je fis travailler égalepoints
Tennemi
menrirfortfier divers points sur lesquels
pouvoit débarquer, et à ouvrir des marches pour
aller Tattaquer au premier moment de son débarDans cette position, le corps françois
quement.
la
la plus courpouvoit toujours se porter par ligne
débaroùt Tennemi airoit voulu
té, sur le point
d'attaque,
quer, tandis que pour varier ses points --- Page 264 ---
MÉWOIRES
celui-ci avoit de grands cercles à parcourir. En
douze jours de temps cette position fut rendue erespectable, par un travail soutenu'de toute la
de l'armée en état d'agir; mais un grand tiers partie dans
l'armée de terre et dans celle de
mer, 2 éloit vivement attaqué du scorbut, et fut envoyé dans l'intérieur du pays, aux hopitaux qu'on y fit établir.
La prise de Charles-Town avoit jeté un grand
discrédit dans les finances américaines. Le
monnoie étoit
papierdéprécié, au point que l'on donnoit
soixante piastres en papier pour une en argent. Le
général Washington, après avoir détaché, dans la
Caroline, toutes les troupes des états du sud aux
ordres du général Gates, se trouvoit réduit à la
défensivedans) lesJerseys, avec son armée,
sée des' troupes des états du nord. L'arrivée compo- du
corps françois, qmoiquinfcrieura ce quileuravoit
élé annoncé, fut reçu par le général Washington
et par. le congrès, avec beaucoup de joie et de recomnoissance;d on se livra àl T'espérance de voir arriver bientôt la seconde division, cqui fut annoncée
au congrès par le ministre de France, et une
mentation de forces de mer qui idevoient Tescorter, augnous rendre la supériorité maritime, si nécessaire
pouragir sur toutes les places de la côte occupées
par lés Anglois.
Dix jours aprés le débarquement du corps françois, les escadres angloises, réunies au nombre de --- Page 265 ---
U.
DE ROCHANBEAT
dont douze vaisseauix de ligne,se prévingt voiles,
de Tile
sentèrent devant nous, et sapprochirent Tescachercher à attaquer
dans tous les sens, pour
ils renoncérentà
dre françoise dans son monillage; fussent secondés par, Tarce projetj tjusquà ce quils
pressoit alors
mée de terre, dont le général anglois deNew-Yorek.
Sund,près
Tenhenpenecandanaks qui observoit tous leurs
Le géneéral Washington,
trés-fréquens,et,
mouvemens, m'en donnadesavis
armée et
diminution de notre petite
vu la grande
les maladies, il m'autorisa
de Tescadre afloiblie par de Tétat de Boston et de
à requérir les milices nousaider dans les trayaux ctla
Rhode-lsland.pours
Ou
défense de Tile. Ces états envoyérent quatre Heats,
millel hommes convoqués parle général
cinq
dardeur et de bonqimarchierents avec beaucoup américain avoit été détaché
ne volonté. Ce général
procurer. au
par le général Washington 7 pour seroient en son
françois tous les secours qui
corps etil s'en acquittoit avec un zèle vraiment
pouvoir,
deux mille hommes,
Je ne gardai que
patriotique.
à La Fayette,
dont je donnai le commandement m'envoya en même
que le général Washington Heats de renvoyer le reste
temps. Jep priai le général
moissons; quils avoient eu le bon procélé
à leurs
dinterrompre pour venir nous secourit. embarClinton, s'étoit effectivement
Le général
avec, dix mille
qué dans un port de Long-lland,
acquittoit avec un zèle vraiment
pouvoir,
deux mille hommes,
Je ne gardai que
patriotique.
à La Fayette,
dont je donnai le commandement m'envoya en même
que le général Washington Heats de renvoyer le reste
temps. Jep priai le général
moissons; quils avoient eu le bon procélé
à leurs
dinterrompre pour venir nous secourit. embarClinton, s'étoit effectivement
Le général
avec, dix mille
qué dans un port de Long-lland, --- Page 266 ---
MÉNOTRES
hommes de ses meilleures troupes,
grosse artilleric et de mortiers, afin beaticoup de
Francois aRhode-lsland,
d'attaquer les
le des dispositions
nmis,soitqulilent nouvel.
que nousavions faitesp pourlereeevoir, soit que par unc' marche que fit
- ton pour s'approclier L
de New-Yorck, il Washings
conmettre le sort de-cette place à
craignitde
garnison, il prit le parti de
une trop petite
et de former des
débarquer ses troupes,
camps sur Long-Island. On dit
qu'ily eut, à cette époque, des altercations
lears généraux de terre
entre*
Toccasion des
eldemer: ce fut sans doute
différentes démonstrations'
firént dans'l la fin d'août et dans le, cours de qu'ils
bre, mais qai furent
septem.
5+
toutes trop tardives
ner de linquiétude au
pourdoncorps françois,
l'éscadre
Cependant
ennemie ne cessa pas de bloquer l'escadre
françoise, et paroissoit attendre une.
de forces' pour nous
combinaison
:
attaquer.
Cest'icil le lieu de parler d'un
de tracasserie dans ma
commencement
néral
correspondance avec le géIValigta,petinduuted dès son origine,
Après avoir répondu à maj première leurede la
nière la plus honnête, je m'aperçns
maprétexte du défant
que, SOLS le
d'usage de notre
il traitoit peu les affaires dans les siennes; langue, il
Fayette avec ses pleins
m'envoya La
pouvoirs, Il eut occasion,
comme on vient de le voir, d'être témoin de
défensive vigoureuse contre les
notre
préparatifs de T'en-
origine,
Après avoir répondu à maj première leurede la
nière la plus honnête, je m'aperçns
maprétexte du défant
que, SOLS le
d'usage de notre
il traitoit peu les affaires dans les siennes; langue, il
Fayette avec ses pleins
m'envoya La
pouvoirs, Il eut occasion,
comme on vient de le voir, d'être témoin de
défensive vigoureuse contre les
notre
préparatifs de T'en- --- Page 267 ---
DE ROCHAMBEAU.
de voir combien Ja position de T'armée de
nemi, et
escadre contre la suterre protégeoit notre petite
Quant aux opérapériorité des escadres angloises.
et moi,nous
tious offensives, ,le chesalierd-Temnaye des trois chances qui
les différimcs jusqu'à Tune
avions alors la
pouvoient nous venir, et dont nous
de la
espérance: : 1.. celle de Tarrivée
plus grande
2.0 d'un secours de vaisseaux que
seconde division;
avoit requis à M. de Guile chevalier de Ternay
ou enfin
chen, d'après le pouvoir quil en avoit;5." sud, déTememi, en portant ses forces versles
quel New-Yorck aul point que nous n'eussions
garnit
Tescadre françoise à
plus rien à craindre pour
dans la
Rhode-Island, et de nous mettre
possibilité
de faire, avec T'armée de terre, quelqu'entreprise
vive sur Tile de New-Yorck.
La Fayette fut-il de retour aul quartierA peine
qu'il m'écrivit la dépèche
général de Washington,
après avoir rappelé
la plus pressante, dans laquelle,
de ce
il concluoit, au nOnl
gé
nos conversations,
de venir le rejoindre surnéral, par me proposer
de T'ile de Newle-champ, pour tenter Tattaque
de somYorck; et sa lettre finissoit par ue espèce
mation fondée sur la politique du pays, et que cette
étoit le dernier eflort de son patriotisme.
campagne
mécontens de cette déNous fumes d'antant plus
Wasle même conrrier, le. général
pêche, que,par
ne me parloit pas du tout
hington, dans sa lettre,
rejoindre surnéral, par me proposer
de T'ile de Newle-champ, pour tenter Tattaque
de somYorck; et sa lettre finissoit par ue espèce
mation fondée sur la politique du pays, et que cette
étoit le dernier eflort de son patriotisme.
campagne
mécontens de cette déNous fumes d'antant plus
Wasle même conrrier, le. général
pêche, que,par
ne me parloit pas du tout
hington, dans sa lettre, --- Page 268 ---
MÉMOIRES
de ce projet; mais il ne répondoit
ces, , pour obtenirde lui
pas à mes instanune conférence, où
une heure de conversation
dans
de choses
on conviendroit de plus
que dans des volumes d'écriture.
pris occasion d'écrire à La
J'en
laquelle, après lui
Fayette une lettre dans
avoir rappelé que, d'après ses
propres renseignemens, il étoit constanto
quatorze mille hommes de
quilyavoit
iles' de New-Yorck,
troupes réglées dans les
les milices du
indépendamment de toutes
pays, que la marine françoise étoit
bloquée dans Newport par une force
périeure de plus de moitié;
maritime suje lui prouvois que si
jabandonnois notre escadre dans ces
Tamiral anglois seroit Thomme le circonstances,
s'il ne la bruloit pas d'abord
plus pusillanime,
s'il ne venoit
après notre départ, et
pas ensuite nous attaquer dans nos
communications, sur les bras de mer
le continent des iles de
qui séparent
New-Yorck et de
Island, en supposant que nous eussions
Longune descente,
pa y faire
J'écrivis en même temps au général
ton, en anglois: je me louois des lettres Washingreçues de lui, et je le priois de
que j'avois
correspondance de toutes les affaires permettre que la
termédiaire entre lui et moi;
passât sans ininstances
la
je renouvelois mes
pour conférence.
Je dois cependant dire, pour la
La
justification de
Fayetle,quil rendoit substantiellemient les sen- --- Page 269 ---
DE ROCHAMAEAU.
Washington, et que ce dernier
timens du général
et de son ardeur pour les
se servoit de sa jeunesse
Ce général croyoit
exprimer avec plus d'énergie. e
fondeelfectivement alors, non pas sans quelque
absolu des finances du conment, vu le discrédit
étoient les
les efforts de cette campagne
gres, que
expirant: ,il vouloit, à quel
demiers du patriotisme
dans le
ce fit, brusquer une attaque
que prix que des forces de son ennemi, pendant
principal foyer
françois à sa disposition. Il en
qu'il avoit le corps
il adopta
sentit cependant toutes les conséquences,
de ma letire;ct du moment que
tous les principes
fut directe, je n'eus plus
notre correspondance de la solidité de son jugement, de
qu'à me louer
Taménité de son style, dans une correspondance d'un
ne
finir qu'à la mort
très-longue, et qui peut
étrangeres
de nous deux, ou par des circonstances
jai de la peine à prévoir. -
quej
enfin des nouvelles, au commencement
On eut
Tescadre deM. de. Guichen, qui
de septembre, de côtes du sud de TAmérique:
avoit paru sur les
batailles navales dans
Après avoir gagné plusieurs
convoi
il se mit à la tête d'un grand
les Antilles,
le ramener en France. Le
de nos colonies, pour
ou il s'étoit vu
chevalier de Ternay, au moment
requisdelui
bloqué par desforces supérienres,avoit
de lui
vaisseaux de ligne qu'il avoit pouvcir
quatre
renforcer. La lettre n'arriva au
demander, pour se
:
avoit paru sur les
batailles navales dans
Après avoir gagné plusieurs
convoi
il se mit à la tête d'un grand
les Antilles,
le ramener en France. Le
de nos colonies, pour
ou il s'étoit vu
chevalier de Ternay, au moment
requisdelui
bloqué par desforces supérienres,avoit
de lui
vaisseaux de ligne qu'il avoit pouvcir
quatre
renforcer. La lettre n'arriva au
demander, pour se --- Page 270 ---
MÉMOIRES
cap qu'après le départ de M. de Guichen
remise à M. de Monteil,
: elle fut
et qui dailleurs s'étoit qui ne put la déchifirer,
engogé avec les
pour une entreprise contre Pensacola. Espagnols,
On eut, au
tréssfichetises commencement de septembre, de
Cornwalis nouvelles des états du sud. Le lord
avoit étéà Cambden, au-devant
néral Gates, qui marchoità lui
du gé
Ce dernier fut
pour le combattre.
Lattn, ct, Tarmée
mise dans la plus grande
américaine fut
françois, s'y fit tuerà la tête déroute, Cabb, ollicier
caine, qui soutint tout le d'une division amérile général Gates
poids de cette journée;
armée
se retira avec les débris de son
jusqu'a Hilsborongh, dans la
nordi
Caroline du
Cependant, sur la nouvelle de
M. de Gnichen, j'obtins enfin
Tapproche de
général
T'entrevuc avec le
Walington, pour fixer les
qu'une supériorité maritime
opérations
donner les moyens
pourroit peut-être
Hartfort, le 20. dentreprendre; elle eut lieu à
bascs des
septembre; on y régla toutes les
opérations, dans la
de
vée de la seconde
suipposition Tarridivision, ou dune
de forces navales amenées
augmentation
Guichen. Mais
ou envoyées par M. de
ces apparences furent bientôt
nouies par les nouvelles
évaTarrivée à New-Yorck que nous y reçumes de
de la flotte de Tamiral Rodney, qui triploit les forces des
Anglois; on pressa
à
bascs des
septembre; on y régla toutes les
opérations, dans la
de
vée de la seconde
suipposition Tarridivision, ou dune
de forces navales amenées
augmentation
Guichen. Mais
ou envoyées par M. de
ces apparences furent bientôt
nouies par les nouvelles
évaTarrivée à New-Yorck que nous y reçumes de
de la flotte de Tamiral Rodney, qui triploit les forces des
Anglois; on pressa --- Page 271 ---
25r
DE ROCHANEEAU.
les générauix françois, voula On de la conférence,
ils étoient désirés. Is
Jant arriver à leurs postes, oir
de Viomenil
que le baron
trouvèrent. cependant
rassurer le
avoit fait toutes les dispositions pour
dande notre escadre contre ce nouveau
mouillage
Washington étoit également presger; le géuéral
devenoit
sé de rejoindre son armée, où sa présence
aussi trésméecssaire.
ici Tattention du lecJe hasarde dinterrompre historiette qui ne laisse pas
teur, par le récit d'une
des bons
de caractériser parfitement les moeurs allant à cette
républicains du Connecticut. En
Taconférence, la voiture qui me conduisoit,avec
étoit fort. infirme, vint à casser.
miral Ternay, qui
mon
Fersen,
premier side-de-camp,
J'envoyai
demeuroit à un mille du
cherclier un charron, qui
avoit
lieu où nous étions. Il revint me dire qu'il
homme malade de la fièvre quarte, dont
trouvé un
lui avoit répondu que son
il étoit tourmenté, qui
travailchapeaut; plein de guiuées, ne le feroit pas
Tamiral de m'accompaguer,
ler la nuit. Jengageai
Nous lui dimes
aller ensemble le solliciter.
pour
arrivoit le soir à Hartque le; général Washington le lendemain, et que
fort, pour conférer avec nous raccommodoit pas
la conférence manqueroit sil,ne
nous
notre voiture. Vous n'êtes pas des menteurs,
dit-il; jai lu dans le papier du Connecticut que
doit y arriver ce soir pour conférer
Washington
iuées, ne le feroit pas
Tamiral de m'accompaguer,
ler la nuit. Jengageai
Nous lui dimes
aller ensemble le solliciter.
pour
arrivoit le soir à Hartque le; général Washington le lendemain, et que
fort, pour conférer avec nous raccommodoit pas
la conférence manqueroit sil,ne
nous
notre voiture. Vous n'êtes pas des menteurs,
dit-il; jai lu dans le papier du Connecticut que
doit y arriver ce soir pour conférer
Washington --- Page 272 ---
NÉMOIRES
avec vous; je vois que c'est le service
aurez votre voiture
public, vous
tint
préte,à six heures du matin. Il
parole, et nous partimes à Theure
Au retour de cette conférence,
indicquée.
vint à casser, et nous fûmes
une autre roue
haranguer
forcés daller encore
notre charron. Eh. bien! nous
vous voulez encore me faire travailler
dit-il,
las! oui, lui
la nuit? Hérépondis-je, Tamiral
vé pour tripler la force
Rodney est arrinous, et il est trés-instant maritime qui est contre
Rhode-Island
que nous retournions à
Mais
pour) nous opposer à ses entreprises.
vaisseaux qu'allez-vous faire, répartit-il, avec VOS six
lep plus beau contrevingt vaisseaux anglois? 1 Ce sera
jour de notre
loir nous forcer dans vie,silssavisente de vounotre rade.
vous étes de braves
Allons, dit-il,
à cinq heures dui gens, vous aurez votre voiture
àl
matin. Mais avant de me mettre
Touvrage, dites-moi, sans vouloir savoir
crets, avez-vous étécontens de
VOS set-il été de vous? Nousl'en
Washington, etl'a
me
assurames;son
fut satisfait, et il nous tint sa
patriotisprétends
parole. Je ne
pas donnerà croire'que tous les
camns ressemblent à ce bon
Américultivateurs dans
charron;n mais tous les
lintérieur des terres, et
tous les propriétaires du
presque
prit public qui les
Connecticut, ont cet esmodèle à bien
anime, et qui pourroit servir de
d'autres.
Cest à cette époque qu'arriva la trahison
d'Ar-
fut satisfait, et il nous tint sa
patriotisprétends
parole. Je ne
pas donnerà croire'que tous les
camns ressemblent à ce bon
Américultivateurs dans
charron;n mais tous les
lintérieur des terres, et
tous les propriétaires du
presque
prit public qui les
Connecticut, ont cet esmodèle à bien
anime, et qui pourroit servir de
d'autres.
Cest à cette époque qu'arriva la trahison
d'Ar- --- Page 273 ---
U.
DE ROCHANBEAT
Anprès d'an nois avec
nold:i il négocioit depuis
Clinton, pour livrer
du géitéral
dré, aide-de-camp
place de dépôt des
la forteresse de Westpoint, d'Hudson, et qui conteAméricains sur la rivière
profiter de
noit toutes leurs munitions; il comptoit exécuter
Tabsence du général Washington faisoit pour cas de ses
cette trahison. Ce général, qui
lpi avoit donné ce commandetalens militaires,
le visiter, ainsi que
ment de confiance, et comptoit
fut arrêté par
Je
même qu'André
sa place, jour milices, qui étoient d'antant plus
une patrouille dej
assurer. le retour de leur
actives, qu'elles vouloient
la personelles suspectèrent
général à son armée;
trouvèrent déguisé sur
ne du jeune. André, qu'elles
Elles Tarde Westpoint à New-Yorck.
le chemin
dans ses souliers tout le
rêtérent, et tronvèrent H offrit une bourse à ces
plan de la conspiration.
condnisirent au
miliciens; quila refusérent, et le
arrivoit
Le général Washington
quartiergénénal. chez Ainold. Ce dernier fut averen mème temps détention d'André; il descendit
ti à Tinstant de la
dans un basur-le-champ de sa forteresse, se mit
fit ramner à grande hâte vers une frégate
teau qu'il
au-dessous de Kingsaeleneideacteneee Washington le trouva parti, et
ferry. Le général
son mari étoit
madame Arnold ignorant CC que
mais des lettres qu'il recut de son armée,
devenu;
de la tralison. Il donna des ordres.
le mirent au fait
temps détention d'André; il descendit
ti à Tinstant de la
dans un basur-le-champ de sa forteresse, se mit
fit ramner à grande hâte vers une frégate
teau qu'il
au-dessous de Kingsaeleneideacteneee Washington le trouva parti, et
ferry. Le général
son mari étoit
madame Arnold ignorant CC que
mais des lettres qu'il recut de son armée,
devenu;
de la tralison. Il donna des ordres.
le mirent au fait --- Page 274 ---
MEMOIRES
pour la sûreté de la
place, et
ment son quartier-général. rejoignit prompteTout le monde
procès et la fin tragique du
sait le
ritoit un sort plus
jeune André, qui méheureux, et
me par ses juges, que la sévérité qui fit plaint mécessité de faire
des lois et la nédamner,
un exemple forcèrent à le conAu retour de cetle couférence,
je n'eus plus
Eneermrettauedrn des
dant Thiver, dans un pays de
troupes penindividu
liberté, où
regarde sa
chaque
Tarmée du général propriétécommes si sacrée, que
Washington n'avoit
que sous Ja toile pendant
jamais été
Téé, et dans des baraques qu'elle se construisoit au milieu des
pour passer T'hiver. Ce plan étoit
forêts
Rhode-lsland, où les Anglois
impraticable à
leur
avoient brûlé
chauflage, en trois années qu'ils l'avoient. pour
cupé,jusqu'au dernier arbrè de cette ile.
OCC'est ici le lieu de parler de la
T'armée
discipline
observoit, et d'avancer, sans crainte d'être que
démenti par aucin Américain,
au-delà des idées
qu'elle étoit bien
qu'ils s'en étoient
ne contribuapas peu à les faire
faites, et qu'elle
revenirdes
qu'on leur avoit domnés contre les
préjugés
différentes
François. Les
déptitations de sauvages qui vinrent
camp ne marquoient aucune
au
canons, des
surpriseà la vue des
troupes et de Jeurs
ne revenoient point de leur exercices;n mais ils
étonnementdey voirles
des idées
qu'elle étoit bien
qu'ils s'en étoient
ne contribuapas peu à les faire
faites, et qu'elle
revenirdes
qu'on leur avoit domnés contre les
préjugés
différentes
François. Les
déptitations de sauvages qui vinrent
camp ne marquoient aucune
au
canons, des
surpriseà la vue des
troupes et de Jeurs
ne revenoient point de leur exercices;n mais ils
étonnementdey voirles --- Page 275 ---
DE ROCHANBEAU.
an-dessus des tentes
pommiers chargés de fruits,
trois mois. La
les soldats occupoient depuis
que
Farmée françoisé Ta tonjours suivie
discipline de
Elle étoit due au zèle
dans toutes ses campagnes.
et particudes ofliciers supérieurs
des généraux,
esprit du soldat, quines s'est
liers, et surtout aubon
à faire
démenti; elle ne contribua pas peu
jamais
proposition
acquiescer Tétat de Rhode-isiandàla les maije lui fis de faire réparer à nos dépens
que
dégradées.alae charge
sonsqueles Anglois yavoient pendant T'hiver pour
qui'elles serviroientde casernes
tous les
les soldats, et que les habitans logeroient mille écus
ofliciers. On fit une dépense de vingt
et on laissa dans cette
pour réparer ces maisons,
de la France enville des marques de la générosité
alliés. Un camp baraqué, par le transport
vers ses
à tirer du continent, nous eût
des bois nécessaires
suflicoûté plus de centmille écus: nos chaloupes bois de
du
soient à peine à fapprovisiomnement
chaullage.
dont il est mention
Un des chefs des sauvages,
une
ci-dessus, me fit, dans uncandience publique, il
réflexion qui me surprit : Mon père, me dit-il,
bien étonnant que le roi de France, notre père,
est
protéger les Américains
envoie ses troupes pour
le roi d' Angleterre
daus une insurrection contre
lui
Votre
le roi de France,
réponleur père.
père naturclle
Dieu a dondis-je, protégel la liberté
que
des chefs des sauvages,
une
ci-dessus, me fit, dans uncandience publique, il
réflexion qui me surprit : Mon père, me dit-il,
bien étonnant que le roi de France, notre père,
est
protéger les Américains
envoie ses troupes pour
le roi d' Angleterre
daus une insurrection contre
lui
Votre
le roi de France,
réponleur père.
père naturclle
Dieu a dondis-je, protégel la liberté
que --- Page 276 ---
MÉNOTRES
née à Thomme. Les Américains
de fardeaux qu'ils
ont été snrchargés
Ila trouvéleurs n'étoient plus en état de porter.
les anis de leurs plaintesj justes: nous serons partont
nemis.
amis, et les ennemis de
Mais je ne peux
leurs.enneutralité la
que vous exhorter à la
Cestainsi plus exacte dans toutes ces querelles.
que jeme tirai, tant bien quemal, d'une
question qui ne, laissoit pas
sante. De bons traitenens que. d'être embarrasfurent
et beauconp de
encore plus concluans pour la
présens
avec. ces sauvages, qui fat terminée négociation
eutiérement à notre
et mainténue
campagnes de Tarmée satisfaction, pendant les trois
Unautre
françoise en Amérique.
objet qui devenoit de jour en
pressant à remplir, fut de prendre le
jourplus
faire percer, au milien de T'escadre moment pour
gate portant mon fils,
angloise, la fréchargé
nistres tous les besoins de
despliquer aux mide nos alliés. Il avoit été notre armée et de celle
rence d'Hartfort,
convenu, lors de la confécelui de toutesles qu'il en porteroit le résultat, et
demandes en
en
seaux et en argent, qai
hommes, vaismoire. Ce dernier article accompagnoient étoit
ce méque le prêt du soldat. n'étoit surtout si essenticl,
prunts onéreux,
assuré, par des emfilsavoit, dans que jusqu'au I.r janvier, Mon
sa mémoire, toutes mes
pour) pouvoirles rendre verbalement dépèches,
silavoit le
aux ministres,
malleurdatreperis, aprésayoir submer-
et
demandes en
en
seaux et en argent, qai
hommes, vaismoire. Ce dernier article accompagnoient étoit
ce méque le prêt du soldat. n'étoit surtout si essenticl,
prunts onéreux,
assuré, par des emfilsavoit, dans que jusqu'au I.r janvier, Mon
sa mémoire, toutes mes
pour) pouvoirles rendre verbalement dépèches,
silavoit le
aux ministres,
malleurdatreperis, aprésayoir submer- --- Page 277 ---
U.
DE ROCHAMEEAT
et été renvoyé sur parole. M. de La
géses papiers,
de toutes celles du chevalier
Peyrouse fut chargé
colode Ternay, et de conduire, ,avec sa frégate,le Cet
nel Rochambeau à leur destination respective.
marin
le 28 octobre, son point de déhabile
prit,
dans un coup de vent violent, qui ne permetpart
de se tenir réunie; il
toit pas à T'escadre angloise
milieu delle avec deux autres frégates,
passa au
Boston. Elles furent
quiavoient une mission pour
la fréchassées vivement par les croiseurs anglois;
de La Peyrouse fut démâtée, mais heureusegate
hors de la portée de Tennemi quileva la
ment déjà
chasse.
les iles dans le
L'amiral Rodney repartit pour
laissant une escadre de douze
cours de novembre,
Arbuthnot, qui établit
vaisseaux de ligne à Famiral
dans la baie de
son mouillage, pour tout Thiver,
Gardner, à la pointe de Long-Island, pour. ne pas
devue Tescadre françoise; tandisqu'avecd odès
perdre
et un nombre infini de frévaisseaux de cinquante, croisières à l'entrée des autres
gates, il établit des
convenir
de T'Amérique. Il faut cependant
ports
le
avoit rassemblé
pendant tout
temps qu'il
que
tâcher d'attaquer les Frantoutes ses forces pour
fut très-brillant
çois, le commerce des Américains
dans les ports de Philadelphie et de Boston, et que
leurs corsaires firent beaucoup de prises sur Tenla rémion de leurs flottes, vis-à-vis
neni; qu'enfin
I.
des autres
gates, il établit des
convenir
de T'Amérique. Il faut cependant
ports
le
avoit rassemblé
pendant tout
temps qu'il
que
tâcher d'attaquer les Frantoutes ses forces pour
fut très-brillant
çois, le commerce des Américains
dans les ports de Philadelphie et de Boston, et que
leurs corsaires firent beaucoup de prises sur Tenla rémion de leurs flottes, vis-à-vis
neni; qu'enfin
I. --- Page 278 ---
NÉOIRES
de Rhode-Island, étoit un grand
les autres ports dune côte aussi étendue, sonlagement pour
Le lord Cornwallis,
den, suivit Tarmée
aprés sa victoire de Cambline du
américaine jusque dans la Caronord; mais la nécessité des
la suretéde ses convois,
subsistances, et
détachemens
exigeoientequil fit de forts
pour les protéger. Un de ces
aux ordres du major
corps,
divers délachemens Fergusson, fut attaqué par
de milices
battirent
américaines, qui le
complètement, et lui tuèrent Ou
douze cents hommes. Cet échec
prirent
Cornwallis à rétrograder
obligea le lord
Clinton
rsur Cambden. Le
avoit fait partir, à la fin d'octobre, général
tachement de trois mille hommes
un débrigadier-général
aux ordres du
Portsmouth,
Leslay, qui avoit débarqué à
dans la baie de
vue de combiner
Chesapcak, dans là
ses opérations avec celles du lord
Cornwallis; il fut mandé par ce
barqua pouraller le
dernier, se remla Caroline
rejoindre, et le renforcer dans
méridionale. Ce vide fut remplacé daus,
New-Yorck par trois mille hommes de
qui arrivèrent dirlande sur un convoi troupes
Corck. Le général Green
parti de
partit del Tarmée de Washington à celte, époque, pour aller
dre du congrès, le général
relever, par Ormée du sud.
Gates, à la tête de l'arLe corps françois entra, dansle
de novembre, à
commencement
Newport, dans les cquartiers qui
dans
méridionale. Ce vide fut remplacé daus,
New-Yorck par trois mille hommes de
qui arrivèrent dirlande sur un convoi troupes
Corck. Le général Green
parti de
partit del Tarmée de Washington à celte, époque, pour aller
dre du congrès, le général
relever, par Ormée du sud.
Gates, à la tête de l'arLe corps françois entra, dansle
de novembre, à
commencement
Newport, dans les cquartiers qui --- Page 279 ---
DE ROCHAMEEAU.
été
La légion de Lauzun fut
lui avoient.
préparés.
obligée, fante de subsistances, de se séparer de sa
cavalerie, qui fut envoyée, avec les chévaux d'artillerie et des vivres, dans le Connecticut, occuper
des baraques que cet état avoit fait faire à la Banora
ses milices. Le duc de Lauzun -Birop, qui
pour
par son
commandoit ce cantonnément, s'yrendit
anésidinc-ige@hleanta Américains,et réussit parfaitement dans toutes les affaires qu'il eut à traiter,
soitavec le vieux goevemen-Touoball,; soit avec
les autres membres du corps législaifde cet élat.
On peut citerde lni cette anecdote, qui peint
caractère de société: un bon Américain dé ce
son
village lui demandoitde quel métier étoit son père
en France: : Mon père, lui dit Lausun,ne faitrien;
mais jai un oncle qui est maréchal, faigant allusion
de Biron. Fort bien, lui dit T'Amériau maréchal
ricain, en lai serrant les mains de toutes ses forces
c'est un très-bon métier.
Je crus ensuite devoir m'occuper à aller reconnoitre. des quartiers dans le même état, pour ne
pas être pris atl dépourvu, au cas que la seconde
division arrivât. Nous n'avions reçu aucune nouvelle, depuis mon départ de France, que de vieilles
lettres, dont la plus fraiche étoit de la veille de
notredépart de Brest. Ellesnous arrivèrent par une
frégate qui avoit mené M. de Choiseul et les jeunes Berthier aux iles, edel lààNewport. Onconjec-
à aller reconnoitre. des quartiers dans le même état, pour ne
pas être pris atl dépourvu, au cas que la seconde
division arrivât. Nous n'avions reçu aucune nouvelle, depuis mon départ de France, que de vieilles
lettres, dont la plus fraiche étoit de la veille de
notredépart de Brest. Ellesnous arrivèrent par une
frégate qui avoit mené M. de Choiseul et les jeunes Berthier aux iles, edel lààNewport. Onconjec- --- Page 280 ---
MÉMOIRES
turoitque toutes les dépéches des ministres étoient
en route avec ceite secondedivision
tantdésirée,ct
quiellenepouvoitplis être retardée,
savions le retour en Europe de la plus puisque nous
de nos forces navales aux ordres de grande partie
Je trouvai, à mon retour à
M.deGuichen.
lier deTernay malade
Newport, le chevad'une fièvre qui ne donnoit
aucune inquiétude. Je continuai mes reconnoissances sur Boston, où je fus à peine arrivé
reçus un courrier du baron de
que je
prit. la mort du
Viomeniliquintapchevalier de Ternay. Ses plus
grands ennemis ne pourront jamais lui refuser une
grande probité, et qu'il ne fit un très-habile
vigateur; le corps françois lui rendra la justice na- de
dire qu'il étoit impossible de conduire un convoi
avec plus de vigilance et d'habileté qu'il n'a amené
le sien à sa destination. Le chevalier Destouches
prit, comme Tancien, le commandement de l'escadressye conduisitd'après les mêmes instructions,
et maintint la plus parfaite harmonie entre l'escadreet Tarmée de terre, qui se soutenoient
tivement dans ce port, quoique
respecforces
bloquées par des
trés-supérieures:
Le commencement de cette année s'annonça
très-mal pour la cause américaine. Le tiers de Farmée du général Washington se révolta; la ligue.de
Pensylvanie, aprésavoirmis auix arrêts ses
et ses ofliciers, marcha, sous la conduite d'un généraux
ser- --- Page 281 ---
DE ROCHANBEAU.
allerà Pliladelphie demander sa paie
gent, pour On doit citer dans ce moment de réau congrès.
fort extraordinaire.
bellion un trait de patriotisme
dans NewClinton, commandant
Le général
passoit ce corps de trouYorck, à portée duquel
les engager
pes,1 leur envoya des émissaires, pour
rédes Américains
à venir se joindre aux troupes
en leur faisant
fugiés qu'il avoit dans son armée,
qui ne leur
offire de leur payer tous les arrérages Le sergent
étoient véritablement que trop dus.
la ligue s'écria : Camarades, il nous
commandant
des
des traîtres; nous ne sommes qjue
prend pour
demandons justice à nos combraves soldats qui
trabirons
notre pamais nous ne
jamais
patriotes;
ces espions 2 et continua sa
trie. Il fit pendre
nomma des
marche. Lassemblée de Pensylvanie
aller au-devant d'eux, qui, après une
députés pour
parvinrent à
négocistion difficile et très-éjineuse,
les ramener à leurdevoir. dans la ligue de Jersey;
La mutinerie sétendit fut forcé darrêter par un
le général Washington
dont la comexemple de sévérité un désordre,
étoit d'antant plus dangereuse que
munication armée eavoit les mêmes griefs, et pouvoit
toute son
former les mêmes plaintes.
en toute justice
de son côté, étoit
: La caisse du corps françois, Tarniée amériloin d'être en sitation de seconrir le jour, suF
caine, puisqu'il ne vivoit qu'au jour
forcé darrêter par un
le général Washington
dont la comexemple de sévérité un désordre,
étoit d'antant plus dangereuse que
munication armée eavoit les mêmes griefs, et pouvoit
toute son
former les mêmes plaintes.
en toute justice
de son côté, étoit
: La caisse du corps françois, Tarniée amériloin d'être en sitation de seconrir le jour, suF
caine, puisqu'il ne vivoit qu'au jour --- Page 282 ---
MÉNOIRES.
desempranus extrémement onéreux.
époqite que les
Cefutàceue
gociérent, à Boston lettres-dechuinge sur France se neeti à
rante pour cent de
quaPusiiplinojeplig
anéricain
perte. Le papier - monnoie
perdoit au-delà de cent
marchoit à grands
à
pour un, et
total.
pas
son anéantissement
Ce fut dans cette circonstance
barqua, à New-Yorck,
qu'Arnold s'emhommes prendre
pour alleravec deux mille
poste à
faire dans la baie de Portsmouthen) Virginie,et
prédatrices,
Chesapcak des incursions dé
contre lesquelles il ne pouvoit trouver.
dopposition que de la part des milices du
Tous ces malheurs,
pays.
qui se
gérent le congrèsà
maltiplièrent, engaLaurents,
envoyer en France le colonel
side-dle-camp du
el filsde fameux
général Washington,
Laurents, ci-devant
congrès, qui étoit alors détenu
président da
Londres. Cet oflicier
dans la tour de
dans
avoit ordre de
son plus grandjour, à la cour de France présenter,
de déuresse dans lerquel il laissoit
Tétat
Les frégates
sa pairie.
Boston
françoises qui étoient parties de
par un coup de vent, après en avoir été
tournientées Tespace de trois senaines,
à Newport vers la fin de janvier.
rentrèrent
naitre T'idée ati clevalier
Lour retour fit
une escadre
Destouches de former
légère dun vaissean de
et
trois frégates,
aller
ligne de ces
pour
dans la baie de Chesa-
laissoit
Tétat
Les frégates
sa pairie.
Boston
françoises qui étoient parties de
par un coup de vent, après en avoir été
tournientées Tespace de trois senaines,
à Newport vers la fin de janvier.
rentrèrent
naitre T'idée ati clevalier
Lour retour fit
une escadre
Destouches de former
légère dun vaissean de
et
trois frégates,
aller
ligne de ces
pour
dans la baie de Chesa- --- Page 283 ---
-
U.
DE ROCHAMBEAT
d'Amold en Virgipeak troubler les opérations
n'é-.
nie. On savoit que ces vaisseaux de transport de
deux petits vaisseanx
toient escortés que par
autres batimens
quarante canons, et par quelques
il
En faisant ce détachement,
encore plus petits.
réitérées de Tétat de Vir:
répondoit aux instances
faire la demande,
ginie, qui ne cessoit de lni en
escadre, aux ordres de M. de Tilly,
Cette pelite
dans le plus grand secret.
fiut préparée, et appareilla
lequel elle
Elle remplit une partie de l'objet pour
du Romulus,
avoit été destinée, en s'emparant
transvaisseau de quarante canons, 2 et de quelques
mais le reste des forces ennemies remonta
ports;
Portsmouth, et le
la rivière dilisabeth jusqu'à
faire piloter son vaischevalier de Tilly ne put y
tiroit trop d'eau. Il revint avec ses prises,
seau qui
bien clairde sa reconnoissance,
rendit un compte
sériense, à laet détermina une entreprise plus
donTévénement ci-après détaillé pouvoit
quelle
ner une espérance de succès.
tourmenté
Ces mêmes coups de ventquiavoient
terà leurrentrée, eurent un eflet plus
nos frégates
vaisseaux de ligne anglois qui
rible contre quatre
les interétoient sortis de la baie de Gardner, pour
furent
à la côte, et deux autres
cepter : deux
jetés
aux difdémités. Le chevalier Destouches envoya
bien reconnoître
férens points du continent, pour
Nétat de leur escadre, dont on voyoit parfaitement
es mêmes coups de ventquiavoient
terà leurrentrée, eurent un eflet plus
nos frégates
vaisseaux de ligne anglois qui
rible contre quatre
les interétoient sortis de la baie de Gardner, pour
furent
à la côte, et deux autres
cepter : deux
jetés
aux difdémités. Le chevalier Destouches envoya
bien reconnoître
férens points du continent, pour
Nétat de leur escadre, dont on voyoit parfaitement --- Page 284 ---
MÉNOTRES
bien le
mouillage; et donna pendant le méme
temps tous ses ordres pour mettre la
de sortir, aussi
sienne en état
gent, de vivres et promptement de
que le défaut d'arroient le leur
moyens de toute espèce pourment le général permettre, J'informai de cet événeparti de' détacher Wahington, La
qui prit aussitôt le
Fayette, avec mille
pour se réunir aux milices de
hommes,
posa de faire
Virginic. Il me propartir un pareil détachement du
françois, pour aller, avec
corps
La Fayette, et
T'escadre, se réunir avec
attaquer ensemble Arnold dans
position de Portsmouth, où
sa
liér de Tilly dans la baie l'avoit Tapparition du chevanai douze cents hommes
fait rentrer. Je donavec un nombre de
au baron de Vioménil,
rie de
mnortiers et de pièces dartillesiége suffisant pour cette expédition, si
escadre avoit été assez heureuse
notre
le tempsqu'elle mità
pour arriver. Mais
T'armée de terre lui fournit préparer son départ, quoique
tout ce
en vivres et en argent
quilui en restoityne permit
de sortiravant le
pas à l'escadre
angloise eut le commeueementdensirs: : la flotte
nôtre
temps de se réparer, et de suivre la
vingt-quatre heures après son
venis forcés et la navigation dure
départ. Les
obligérent le chevalier
de cette saison
Destonches à porter au
large, pour se rapprocher ensuite de la côte
tôt qu'il seroit dans la latitude de la
aussimer orageuse et la marche
Virginie. Une
inégale de ses. vaisseaux
re
angloise eut le commeueementdensirs: : la flotte
nôtre
temps de se réparer, et de suivre la
vingt-quatre heures après son
venis forcés et la navigation dure
départ. Les
obligérent le chevalier
de cette saison
Destonches à porter au
large, pour se rapprocher ensuite de la côte
tôt qu'il seroit dans la latitude de la
aussimer orageuse et la marche
Virginie. Une
inégale de ses. vaisseaux --- Page 285 ---
DE ROCHANEEAU.
qui auroit pu
une séparation,
lui occasionnérent
matin même du jour du
devenir funeste, si, le
réunir
combat, il n'eût été assez heureux pour de huit
escadre. Elle étoit composée
toute son
le Romulus, qu'il mit en
vaisseaux, en comptant
attérages de la baie
ligne. Il découvrit Tennemiaux:
étoit comCette escadre angloise
de Chesapeak.
de vaisseaux; mais, au lieu
posée dumême nombre
montoit le LonTamiral Graves
du Romulus,
les autres vaisseaux
don, vaisseau à trois ponts;
d'égale. force.
à peu près
étoient gespectivement très-vivement par les quatre
Le combat s'engagea
du chevalier Desvaisseaux de la tête de la ligne
de celle des
touches contre les quatre vaisseaux
: le ConAnglois. Il fut très-vif et trèsmeurtrier
le
M. de la Grandière,
quérant commandé par
MM. de Macommandés par
Jason et WArdent
distinguérent. Trois
rigny et la Clocheterie sy
de sortir de leur
vaisseaux anglois furent obligés
le furent
tris-maltraités, deux des nôtres ne
ligne
où le chevalier Despas moins;et dans le moment de bord, pour retouches se préparoit à revirer
tele combat, on vit la flotte angloise
commencer)
entrer dans la baie
nirl le vent, et manceuvrer pour le chevalier Desde Chesapeak : ce qui engagea
en remortonches à se retirer à Rhode-Island,
qui avoit perdu son gouquant le Conquérant de Laval fut blessé à bord de
vernail. Le marquis
des nôtres ne
ligne
où le chevalier Despas moins;et dans le moment de bord, pour retouches se préparoit à revirer
tele combat, on vit la flotte angloise
commencer)
entrer dans la baie
nirl le vent, et manceuvrer pour le chevalier Desde Chesapeak : ce qui engagea
en remortonches à se retirer à Rhode-Island,
qui avoit perdu son gouquant le Conquérant de Laval fut blessé à bord de
vernail. Le marquis --- Page 286 ---
NÉNOIRES
cevaisseau. Enfin, lechevalier
ron de Viomenil rentrèrent Destonches et le bacombat vigoureux,
à Newport, après un
n'avoir
mais indécis, et le vif
pu remplir Tobjet de leur
regret de
On eut, dans le cours de
mission.
la défaite de Tarleton
février, la nouvelle de
gadier-général
par le détachement du briqu'irriter lord Morgan. Mais cet échee n'avoit fait
Cornwallis, qui
ses forces à la poursuite de
marcha avec toutes
teindre avant sa réunion Morgan, et nepatTatsonniers à Tarmée du
et celle de tous ses prigénéral Green.
obligé de se retirer,
Cedernier fut
cours qui lui
pour aller au- -devant des seroline du Nord. arrivoientsur le Renokedans la CaLes. ayant ralliés, il se posta à
Guilbn-boaumebione, lord
avec la plus grande
Comwallis ly atfaqua
vigueur, et après une action
trés-meurtrière il parvint à
néral américain
ledéposter. Mais le
ne perdit que le
gétaille, et prit une nouvelle
champ de ba
milles en arrière. Le lord position, à quelques
fert tout ce que
Cornwallis, ayant soufpeuvent oecasionner une
marche, un combat
longue
sanglant et une grande
devivres, fat
disette
dans un canton obligeiderérognder vers le capFear,
occapé par une colonie dEcossois
rogsatiaes,otilepéroite trouver
nécessaires et des secours
lesrafigiclisemens
duite du général Green pour ses blessés. La condu combat de Guilfort dans cette retraite, atl jour
et après cette action lni fit
ayant soufpeuvent oecasionner une
marche, un combat
longue
sanglant et une grande
devivres, fat
disette
dans un canton obligeiderérognder vers le capFear,
occapé par une colonie dEcossois
rogsatiaes,otilepéroite trouver
nécessaires et des secours
lesrafigiclisemens
duite du général Green pour ses blessés. La condu combat de Guilfort dans cette retraite, atl jour
et après cette action lni fit --- Page 287 ---
DE ROCHANDEAU.
dhonneur, ct annonça tous les talens
beancoup
quil déplova dans la suite.
de Boston dans
M. de la Peyrouse fnt de retour
lui
de février. Ce fut par
que
les dernicrs jours
dépéches depuis notre
nous eûmes les premières
mon fils
départ de France. Nous y apprimes que Versailles,
avoient tronvé, à lenr arrivée à
et lui
retiré du ministère de la marine;
M. de Sartines
le ministre
M. de Castries le remplaçoit; que
que
de donner sa déde. la guerre étoit au moment avoit fini sa glomission ; que Timpératrice-reine
la
-
que les Anglois, ayant déclaré
rieuse carrière;
les prenant au dépourvu
guerre aux Hollandois,
ohils étoient à découdans toutes leurs possessions
des forces de
vert,le conseil de France préparoit
les empécher de succomber;
terre et de mer pour
réanies ne perqu'enfin, toutes ces circonstances
de donner aux besoins de T'Amérimettoient pas
Le roi donna Tord
une attention bien éflicace
que
à M. de la Peyronse, de repartir
dre cependant,
de Brest, la meilleure
sur-le-champ sur la frégate
cents
voilière, et de porter, 2 en Amérique, quinze six mois à
mille francs qui étoient déposés depuis division. Il oravec la seconde
Brest, pour partir
Rochambeau de rester
donna ensuite au colonel
détermidans son "conseil,
jusqu'à ce qu'il eût pu,
demandes de
ner les réponses que Ton feroit aux
FAmériqque.
ant,
de Brest, la meilleure
sur-le-champ sur la frégate
cents
voilière, et de porter, 2 en Amérique, quinze six mois à
mille francs qui étoient déposés depuis division. Il oravec la seconde
Brest, pour partir
Rochambeau de rester
donna ensuite au colonel
détermidans son "conseil,
jusqu'à ce qu'il eût pu,
demandes de
ner les réponses que Ton feroit aux
FAmériqque. --- Page 288 ---
MÉNOIRES
Après la rentrée de notre
renforcé, dans la
escadre, Arnold fut
de trois mille
Virginie, par un détachement
hommes partis de
ordres du général
New-Yorck, aux
ta à New- -Yorck Philipps. L'escadre angloise resavoient été fort pour réparer trois vaisseanx qui
ches
maltraités; et le chevalier Destous'occupa, de' son côté, à réparer le
rant. La Fayette continua
Conjubsa marche
pour se réunir au baron de Suben
par terre
détachemens de milice
et aux divers
sur pied.
que la Virginie avoit mis
Notre escadre étant
touches eut le
rétablie, le chevalier Desplus grand désir de faire une
ruption sur
ircité
Penobscot; ; il en, - étoit fort sollipar les commereans et par l'état de
cette forterosse,
Boston,
trémité da nord occupée par les Anglois, à Texde
des Etats - Unis, les infestant
corsaires et de pirates. Le
ton
général Washingvalier n'approuiva pas ce projet, et fit sentir au cheDestouches que, pour un objet d'une trèsnine'consépience, il alloit
dans un golfe oii,
exposer son escadre
apris un combat
reux, il n'auroit aucun port de
malheuétoit arrivé deux
réfuge : ce qui
ans auparavant à une
partie de Boston pour faire cette
expédition
troupes et la flouille
les conquête, dont les
truites dans la
qui
escortoit farent dé
vir de
rivière de Penobscot, devoit serleçon. On eut aussi nouvelle
que Tescadre
dans un golfe oii,
exposer son escadre
apris un combat
reux, il n'auroit aucun port de
malheuétoit arrivé deux
réfuge : ce qui
ans auparavant à une
partie de Boston pour faire cette
expédition
troupes et la flouille
les conquête, dont les
truites dans la
qui
escortoit farent dé
vir de
rivière de Penobscot, devoit serleçon. On eut aussi nouvelle
que Tescadre --- Page 289 ---
DE ROCHANBEAU.
à New-Yorck
angloise sétoit réparce, et renforcée
avoit eus
de tous les vaisseaux de cinquante qu'elle toute entredifférentes. stations; ensorte que
en
à Tescadre franmer devint imposible
prise par
ces renforts donçoise, par. la supériorité que décidé à porter
noient à T'ennemi qui paroissoit états du sud. Il détoute T'offensive contre les
divers détaalors New-Yorck par ces
garnissoit
marine à Rhode-Island, pouvant
chemens, et notre
nmoinêtre laissée en stretéavecuni
à cette époquey
la protéger, , je prodre nombre de troupes pour de marcher par terre
posai au général Washington réunir à lui, visà la rivière d'Hudson pour mettre me en état de ren-.
à-vis de New-Yonck,etlen
un détacheforcer La Fayette, en Virginie, par retardoient ceDeux motifs
ment de son armée.
les préla possibilité de ce mouvement;
pendant
les subsistances, et Fattente
paratifs à faire pour,
Ton pouvoit espérer
du secours queleonque que
de
retour de mon fils, qu'il seroil avantageux
aul
Si les allaires du sud ne derecevoir auparavant,
Le général Wasvenoient pas trop pressantes.
de reconhington reçut ces offres avec beaucoup du sud assez
noissance;. il ne jugea pas les affaires
faire usage avant d'avoir rempli
pressées pour en
Cependant, il fit marcher
les deux derniers objets.
ordres du général
la ligue de Pensylvanie, aux
aller rejoindre La Fayette.
Vaine, pour
retour de mon fils, qu'il seroil avantageux
aul
Si les allaires du sud ne derecevoir auparavant,
Le général Wasvenoient pas trop pressantes.
de reconhington reçut ces offres avec beaucoup du sud assez
noissance;. il ne jugea pas les affaires
faire usage avant d'avoir rempli
pressées pour en
Cependant, il fit marcher
les deux derniers objets.
ordres du général
la ligue de Pensylvanie, aux
aller rejoindre La Fayette.
Vaine, pour --- Page 290 ---
SÉMOTRES
Lel Jord Comwallis
chissement fort
donna un quartier de rafraidavril
court à ses
et une partie de
troupes, dans le mois
Fear. Le général Green mai, aux environs du cap
là par
marcha pendant ce
Hebhourongh, vers
tempsline du sud,
Cambden et la Caroétoit resté
pour attaquer le lord
avec une petite division Randon, qui
Ilespéroit, parce
pour la couvrir,
wallis à rétrograder. monvement, obligerle lordCornMais,
manceuvre il
commepar celter même
découvroit la
wallis en profita,
Virginie, le lord Cornune marche
partit de ses quartiers; et par
rapide, passa le
doti il se réunit
Roenoke à
au généraux
Hallifax,
Péersbourg en Virginie.
Philipps et Amoldà
Mon fils arriva le 8 mai à
gate la Concorde,
Boston, dans la frécadre qui venoit avec M. de Barras, chef d'csnay. Ils nous dirent remplacer le chevalier de Terune flotte
qu'ils avoient Vil partir de Brest
qu'une puissante, aux ordres de M. de
Madrid partie devoit se séparer à la hauteur Grasse;
pour aller, avec le bailli de
de
courir le cap de Bonne-1
Suffren, senotre eScadre
Espérance, et
aux
renforcer
de Grasse devoit Inde-Orientales: que le eomte
des
détacher, après avoir
all
Açores, un petit convoi de six passé sud
sous Tescorte du
cents recrues
dans ce moment-ci Sagittaire, seul secours destiné
à
Targent destiné à la ATAsetm-snentete marine
et à la terre étoit
par-
courir le cap de Bonne-1
Suffren, senotre eScadre
Espérance, et
aux
renforcer
de Grasse devoit Inde-Orientales: que le eomte
des
détacher, après avoir
all
Açores, un petit convoi de six passé sud
sous Tescorte du
cents recrues
dans ce moment-ci Sagittaire, seul secours destiné
à
Targent destiné à la ATAsetm-snentete marine
et à la terre étoit
par- --- Page 291 ---
DE ROCHASIEBAU:
le
et la frégate qui portoit
tagé sur
Sagittaire
ce qui fut en même
M.de Barras. On memandoit,
le ministre de sa
temps déclaré au congrès par
entr'autres
najesté, que différentes circonstances,
supérieure qui avoit établi sa
ue flotte angloise
mais
Hcg2r2
partir) la seconde division Tannée précédente;
d'un secours
que , pour ne pas priver T'Amérique dont la France ne vouqui lui avoit été destiné et
clle
le parti dy
loit pas faire son profit,
prenoit
et qu'on assignoit en consésuppléer en argent, de six millions, dont le généquence une somme
servir
les beral Washington. pourroit se
pour
soins de T'armée américaine. On me confioit, pour
le comte de Grasse avoit ordre de
moi seul, que
en juillet ou août,
venir dansles mers d'Amérique,
Tescadre de M. de Barras; et que
pour dégager
marcherois avec
cette dernière, dans le cas oir je
J'armée dans le continent, pour me réunir aui gé-
. avoit ordre de se replier sur
néral Washington,
Boston. On regardoit tle port de Rhode-tslandcomassuré sans le concours des troupes de
me mal
de Tescadre:
terre, pour y protéger le monillage dans le nord de
On me proposoit des expéditions
Terre-Neuve ou HaT'Amérique, sur Penobscot,
le maître de comlifen. On me laissoitcepeudant
biner, avec le général Washington, qclqu'autre être
proportionnée à nos forces; qui pàt
opération
Boston. On regardoit tle port de Rhode-tslandcomassuré sans le concours des troupes de
me mal
de Tescadre:
terre, pour y protéger le monillage dans le nord de
On me proposoit des expéditions
Terre-Neuve ou HaT'Amérique, sur Penobscot,
le maître de comlifen. On me laissoitcepeudant
biner, avec le général Washington, qclqu'autre être
proportionnée à nos forces; qui pàt
opération --- Page 292 ---
NÉMOIRES
protégée pendant la trés-courte station
comte de Grasse avoit ordre de
que M. le
rages. Les dépêches
faire dans ces pata frent
quie M. de Barras
: les plus anciennes, de M. de m'apporrey; les nouvelles, de M. de
Montbarsuccédé dans le ministère
Ségur qui lui avoit
nières, de M. de
de la guerre; et les derde
Castries, qui étoit à Brest
ce grand embarquement. On me
lors
mes lettres
mandoit, dans
France, le particulières, roi
que, si javois été en
m'auroit nommé ministre de la
guerre.. Jen n'ai jamais ambitionné cette
place; mais
Javoue que, vu l'état de détresse oi
soit, la pénurie des
on me laisce fut le seul moment moyens de quelon me donnoit,
tai.il fallut
ma vie où je la regretpourtant partir de: ma situation
et chercher à en tirer le meilleur
actuelle,
pour le service de nos deux nations. Dès parti possible
déchiffié mes
que j'eus
dépèches,jen n'eus rien de
sé que de proposer une conférence plus presau général
Washington, qui fut assignée à Wetersfield,
dHartefort, pour le' 20 de mai; le comte de près
ne put sy trouver, parce qu'au moment de Barras
départ l'escadre angloise vint parader devant son la
sienne. Le général Washington étoit
du géuéral Knox et du brigadier-général accompagné
tail : jy étois arrivé avec le chevalier de DuporLe général
Chatelus.
Washington, pendant toute cette conférence, eut toujours, pour principal
objet, une
assignée à Wetersfield,
dHartefort, pour le' 20 de mai; le comte de près
ne put sy trouver, parce qu'au moment de Barras
départ l'escadre angloise vint parader devant son la
sienne. Le général Washington étoit
du géuéral Knox et du brigadier-général accompagné
tail : jy étois arrivé avec le chevalier de DuporLe général
Chatelus.
Washington, pendant toute cette conférence, eut toujours, pour principal
objet, une --- Page 293 ---
DE ROCHAXEEAU,
contre Tile de New-York, quil reentreprise
la
capable de porter le dergardoit comme plus angloise dans sa patrie.
nier coup àla domination diminuée dans cette place
Ilsavoit Tarmée ennemie
été
les différens détachemens qui en avoient
par
sur Tassurance de quelques
faits au sud, et croyoit,
n'étoit pas insurpilotes, que la barre de ce port
Il consimontable sans être obligé de s'alléger.
dans la baie de Chesapeak,
déra une expédition,
comme un objet seconcontre le lord Cornwallis,
Jorsil faudroit n'avoir recours que
daire, auquel
suffire au premier.
qu'on seroit sûr de ne pouvoir
condiscussions, il fut cependant
Après quelques
Tarrivée des recrues et du
venu quaussitôt après
le corps françois se
petit convoi du Sagittaire, venir se réunir à
mettroit en mouvenient pour
Tarmée américaine,
weetiuNelod
le plus près posible, en
dont on sapprocheroit nouvelles de M. de Grasse, à qui
attendant des
Ton expédiroit une frégate.
,le général Was-.
Aussitôt après cette conférence,
Sullivan,
bington en écrivit le résultat au général
député du congrès. Ses lettres furent interceptées:
et toutes les gazettes le répétérent, qu'il
on croit,
les iles de "New-Yorck
n'y avoit parlé d'attaquer.
ennemi,et qu'il
que pour tromper le général lettre tombât entre
avoit été bien aise que cette
besoin de
ses mains. Ce grand homme n'a pas
I.
général Was-.
Aussitôt après cette conférence,
Sullivan,
bington en écrivit le résultat au général
député du congrès. Ses lettres furent interceptées:
et toutes les gazettes le répétérent, qu'il
on croit,
les iles de "New-Yorck
n'y avoit parlé d'attaquer.
ennemi,et qu'il
que pour tromper le général lettre tombât entre
avoit été bien aise que cette
besoin de
ses mains. Ce grand homme n'a pas
I. --- Page 294 ---
RENOIRES
telles fictions pour faire passer sa gloire à la
térité. Ila avoit réellenent alors le désir
posd'attaquer
New-Yorck; nous Taurions exécuté si T'ennemi
avoit continnéàs s'y dégarnir, et si la marine françoise. eût pu nous seconder. Mais ce qui
le plus complètement le général
trompa
une lettre
le
anglois, ce fut
que chevalier de Chatelus écrivoit
confidentiellement au ministre de France
du congrès, dans laquelle il se vantoit d'avoir près
T'art de m'engager à
eu
celle du
rapprocher mon opinion de
général Washington; que le
delile
de New-Yorck étoit enfin
siége
déterminé, et que nos
deuxaréesallientd être réunies devant cette
ct que T'on écriroit à M. de Grasse
place;
à venir avec sa fiotte forcer la barre de pour fengager
Sandyhoock
et l'entrée du port de New-Yorck. Il se
avec amertame, dans des ternies
pinignoit
assez malhonnêtes, du peu de ressource que peut avoir ur
homme d'esprit sur le caractère impératif d'un
général qui veut toujours commander : Toflicier
anglois chargé du détail des espions
pie de cette lettre
m'envoya COinterceptée; ce ne n'étoit assurément pas dans le dessein de mettre la paix dans
mon ménage. Je fis venir le chevalier de Chatelus;] je lui montrai cette lettre; je la
ct le laissai Cll proie à tous
jetai aut feu,
bien
ses remords, On
ne
que je
cherchai pas à le
juge
l'on va voir, dans la suite de
détromper; et
ces mémoires, à quel
pie de cette lettre
m'envoya COinterceptée; ce ne n'étoit assurément pas dans le dessein de mettre la paix dans
mon ménage. Je fis venir le chevalier de Chatelus;] je lui montrai cette lettre; je la
ct le laissai Cll proie à tous
jetai aut feu,
bien
ses remords, On
ne
que je
cherchai pas à le
juge
l'on va voir, dans la suite de
détromper; et
ces mémoires, à quel --- Page 295 ---
DE ROCHANBEAU.
étoit dans la confidence
point cet oflicier-géneral
au comte de Grasse.
du projet réel queje proposai vis avec douleur
A mon retourà Newport, je
retirer à Bosde la marine pour se
les préparatifs
françois quitteroit cette
ton: , aussitôt que le corps
Le port de
marcher dans le continent.
ile pour
trente lieues par terre de NewBoston , quoiqu'à
lieues
mer, parle
port, en est à plus de cent
par les bancs de
doubler
tour qu'il faut prendre pour des vents régnans,
Nantucket. Il est au-dessous
de notre
retarder d'un mois la jonction
et ponvoit celle de M. de Grasse.. Cet doigneescadre avec
plus sensible, que jétois
ment m'étoit d'autant
artillerie de siége
obligé de lui confier toute notre dans la marche
emmener
que nous ne pouvions
Tartllerie
pénible que nous allions entreprendre, bien lourde à
étant déjà une charge
de campagne
à Tamiral Barras de
trainer avec nous. Je proposai
composé des oftenir un conseil de guerre mixte, des denx. armes,
ficiers- généraux et supérieurs
étoit indiqué dans nos instrucmoyen qui nous
nous obligeroient
tions, quand les circonstances
accepté,
M. de Barras Tayant
de nous en écarter.
de la garnison de
ily futagité, vu Taffoiblisement détachemens qu'elle
New-Yorek parl les différens
ponvoit resfrançoise
avoit faits aul sud, sil'escadre
après le départ
ter dans le port de Rhode-lsland, détachement de cin[
du corps françois, avec un
indiqué dans nos instrucmoyen qui nous
nous obligeroient
tions, quand les circonstances
accepté,
M. de Barras Tayant
de nous en écarter.
de la garnison de
ily futagité, vu Taffoiblisement détachemens qu'elle
New-Yorek parl les différens
ponvoit resfrançoise
avoit faits aul sud, sil'escadre
après le départ
ter dans le port de Rhode-lsland, détachement de cin[
du corps françois, avec un --- Page 296 ---
MÉXOTRES
cents hommes, aux ordres de M. de Choisy, et'de
mille hommés de milices américaines
per les forts qui assuroient
pour occuson mouillage. Je
porte ici, avec grand
rapplaisir, un propos noble et
généreux de T'amiral Barras, qui caractérise le
triotisme de ce respectable oflicier. M. de la Ville- pabrune, premier opinant,
manda si M. de Grasse m'interpella, et me deviendroit
les mers de TAmérique
certainementdans
viendroit
septentrionale, ou s'il n'y
pas. Silyvient, dit-il, mon avis est
lon doit. rester ici pour faire avec lui
que
tion plus prompte. Maiss
une joncécartons
siln'yvient pas,nous nous
en pure perte des ordres du conseil de
France, et nous prenons sur nous des événemens
qui, quoique peu vraisemblables, pourroient être
ficheux. M. de Barras prit la parole et
dit: ( Personne n'est plus intéressé que moi à Tarrivée de
M.de Grasse dans ces mers. Il étoit mon cadet; il
vient d'être fait
lieutenant-général. Dès que le
saurai à portée d'ici, je mettrai à la voile
je
vir sous ses ordres ; je ferai cette
pour sern'en ferai pas une seconde ). Ce campagne, je
de grandeur d'âme, entraina sentiment, rempli
l'unaninité pour Taf
firmative, sans questionner davantage les généraux
sur le secret des opérations.
Je m'oceupai tout de suite de ma dépéche à
M. de Grasse, qui devoit partir dès
la
corde seroit cn élat de mettre à la voile. que Je Con- lui
voile
je
vir sous ses ordres ; je ferai cette
pour sern'en ferai pas une seconde ). Ce campagne, je
de grandeur d'âme, entraina sentiment, rempli
l'unaninité pour Taf
firmative, sans questionner davantage les généraux
sur le secret des opérations.
Je m'oceupai tout de suite de ma dépéche à
M. de Grasse, qui devoit partir dès
la
corde seroit cn élat de mettre à la voile. que Je Con- lui --- Page 297 ---
DE ROCMANBEAU
faisois le tableau de Tétat de détresse oi étoit le
sud des Etats - Unis; et surtout la Virginie, qui
n'avoit à opposer, aux efforts du lord Cornwallis,
de troupes aux ordres de M. de
qu'un petit corps
n'avoit pour lui, dans
La Fayette; que ce dernier
sa bonne conduite et la nature
cette défense, que
à
d'un. pays coupé de grandes rivières. J'envoyois,
M. de Grasse, les articles de la conférence de
Wetherfield. Je lui observois qu'il devoit connoimieux
moi la possibilité de forcer le port
tre
que
dans des circonstances à
de New-Yorck, puisque, d'Estaing, sous les ordres
peu près semblables, M.
inutilés
du quel il serveit, avoit fait, des instances
à ses pilotes, en leur offrant vainement une somme
les engagerà forcer la barre de ce
énorme, pour
Enfin, je lui présentai, comme mon opinion
port.
dans la baie de Cheparticulière, une entreprise
contre l'arnée du lord Comwallis, que je
sapeak,
praticable, ct plus inatteridue par Tencroyois plus
Je lui
nemi qui se fioit sur notre éloignement.
demandois de. requérir avec la plus grande insdes
de Saint - Domingue, et
tance
gouverneurs
la
françoise
demprunter, pour trois mois, brigade
ordres de M. de Saint-Simon, qui. étoit desaux tinée à agir avec les Espagnols, ceux-ci ne me paraissant pas en mesure d'en faire usage pendant
Je luig demandois encore douze
cette campagne.
à faire. dans nos Çocent mille francs d'emprunt
notre éloignement.
demandois de. requérir avec la plus grande insdes
de Saint - Domingue, et
tance
gouverneurs
la
françoise
demprunter, pour trois mois, brigade
ordres de M. de Saint-Simon, qui. étoit desaux tinée à agir avec les Espagnols, ceux-ci ne me paraissant pas en mesure d'en faire usage pendant
Je luig demandois encore douze
cette campagne.
à faire. dans nos Çocent mille francs d'emprunt --- Page 298 ---
MÉNOIRES
lonies, pour assurer le succès de cette
Je concluois parle prier de
opération.
la
renvoyer sur-le-champ
frégate, pour que je pusse, sur sa
biner, avec le général
réponse, compar terre pour aller le Washington, notre marche
dans la baie de
rejoindre, à point nonué,
Chesapeak,
On envoya an général
conférence de
Washington, lors de la
ches du lord Wetherfield, un paquet de dépé.
Georges Germaine an
ton, en date du 7 février et da
général Clinvoient point été
7 mars, qui n'atées
chifliées, et avoient été
par un corsaire américain. Elles
intercepgrandes Jumières sur les
donnèrent de
cette
projets des Anglois dans
campagne, dont le but n'étoit
que la conquête de tous les états pas moindre
réduire le général
du sud, et de
vière d'Hudson. Washington au nord de la riLe ministre anglois
le dernier mépris des forces
parloit avec
prochoit au général Clinton, américaines, et reavoir, à la solde du roi
que, puisqu'il disoit
ricains
dAngleterre, plus d'Améroyalistes quiil n'y avoit de rebelles dans
T'armée de Washington, il étoit bien
naire qu'il laissât durer cette rébellion extraorditemps. Il ne parloit du
auissi longassurer le général anglois corps françois, que pour
France, aucuns
qu'il ne se faisoit, en
conde
préparatifs pour faire partir sa sedivision, et que la première auroit assez
daffaires pour soutenir et
proteger sa petite es-
, plus d'Améroyalistes quiil n'y avoit de rebelles dans
T'armée de Washington, il étoit bien
naire qu'il laissât durer cette rébellion extraorditemps. Il ne parloit du
auissi longassurer le général anglois corps françois, que pour
France, aucuns
qu'il ne se faisoit, en
conde
préparatifs pour faire partir sa sedivision, et que la première auroit assez
daffaires pour soutenir et
proteger sa petite es- --- Page 299 ---
DE ROCHABEAU.
Newport. Il n'oublioit pas d'observer dans
cadreà
étoient tombées les finances
quel état de discrédit
si
du congrès; et, sur cet article, il approchoit
de la conférence de
fort de la vérité, qu'alépoque
avcir été
Wetherfield, le papier monnoie, après
déprécié jusqu'a mille pour m, fut entièrement
annulé par une résolution du congrès.
Le général Green, en poussant sa pointe sur
Cambden, avoit été repoussé par une sortie que fit
lui,à la fin d'avril, le lord Randon; mais le
sup
américain, avoit réduit le fort
général Maion,
de Tennemi, et le
Watson dans la commanication
Green conservoit tonjours des apparences
général succès dans la Caroline du sud. La situation. de
de
étoit bien différente. Le lord Cornwalla Virginie
lui
avoir rassemblé toutes ses forces, qui
lis, après
armée de huit mille hommes, serformoient une
n'avoit d'autres
roit le marquis de La Fayette, qui
de se retirer de rivière en rivière,
ressources que
Vaine,
maraller au-devant du général
qi
pour
avec la ligue de Pensylvanie.
choit à son secours
Le lendemain du conseil de guerre qai prit
la résolution de laisser Tescadre à Rhode-Island,
fis embarquer Tarmée pour aller à Providence
je
attendre les secours de nos recrues, quejespérois
devoir arriver dunmoment à l'autre, sous lescorte
ou marcher sans ses recrues, siles
du Sagiltaire,
ficheuses. Nous
nouvelles du sud devenoient plus
avec la ligue de Pensylvanie.
choit à son secours
Le lendemain du conseil de guerre qai prit
la résolution de laisser Tescadre à Rhode-Island,
fis embarquer Tarmée pour aller à Providence
je
attendre les secours de nos recrues, quejespérois
devoir arriver dunmoment à l'autre, sous lescorte
ou marcher sans ses recrues, siles
du Sagiltaire,
ficheuses. Nous
nouvelles du sud devenoient plus --- Page 300 ---
NÉMOIRES
reçimes enfin l'argent et les recrues qui arrivèrent
à bon port, quoiqu'une partie du convoi eût élé
dispersée. Après en avoir laissé la plus grande
tie pour former le détachement de M. de
parnécessaire à la protection de T'escadre, le Choisy,
francois se nuit en marche, le 18; juin,
s'ache- corps
miner vers la rivière d'Hudson
pour
et faire sa
avec celui de
jonction
Washington. Nous reçimes en chemin nouvellede queleques succèsdu
surla communication du lord Randon, généralGrcen,
qui forcèrenteedenticraq.iter Cambden et à se retirer sur
Chatles-Town. Les nouvelles de Virginie étoient
toujours. très-ficheuses, ce qui ne contribua pas à
ralentir la marche du' corps françois. Le général
Washington ayant eu Tavis que T'ennemi s'étoit
dispersé en plusieurs camps, et qu'il avoit même
fait un assez gros détachement dans les
crut devoir profiter de son absence
Jerseys,
du fort Washington, à T'entrée de pours'emparer lile de NewYorck, par un coup de main; il marcha avec toute
son armée, le I. cr juillet, pour soutenir le
Lincoln,à qui il avoit donné son avant-garde général
tenter cette expédition. 113 m'écrivit
pour
de doubler ma marche
pour me prier
la
avec le corps de Lauzun et
première demi-brigale, de manière à
notre jonction si elle devenoit nécessaire. opérer
néral Lincoln tomba dans
Le gede
un fort détachement
fennemi, qui étoit sorti le matin de New- --- Page 301 ---
U.
DE ROCHANBEAU
il se replia en bon
Yorck pour faire un fourrage;
Wasla tête' de la colonne du général
ordre sur
Tennemi, en même temps que
hington qui arrêta
menaçoit son flanc. Ce
la cavalerie de Lauzun
dans
détachement ennemi rentra précipitamment de part et.
New-Yorck, et la perte fut tres-legère
d'autre.
marche et notre discipline
La célérité de notre
alliés. Les deux
eurent un grand succès parmi nos
réunirent dans le camp de Philippsarmées se
premier poste
bourg, à trois lieues de Kingsbridge, Ce mouvede Tennemi dans Tile de New-Yorck.
en attout Teffet qu'on pouvoit
ment produisit
le général Clinton,
tendre. Il retint à New-Yorck ci-dessus citées,
savions, par les dépèches
- que nous
avec un corps de trouavoir Tordre de sembarquer
et les
aller par le Mariland, la Pensylvanie de
pes pour
Washington à lest
Jerseys, réduire le général
d'Hndson. Il contribua à faire rétrograla rivière
avoit faite
der le lord Cornwallis; de la pointe qu'il
aller à T'entiée
dans Tintérieur de la Virginie, pour
suivant
de la baie de Chesapcak fixer et fortifier, Peu
les mêmes instructions, un poste permanent. lc
nous sûmes que
dejours après notre jonction, rivière de James,
lord Cornwallis se replioit parla
Richemond; et de là à Willanmsbourg,à quatre
à
lieues dYorck.
étoit arrivé
Nous
en même temps qu'il
apprimes -
pointe qu'il
aller à T'entiée
dans Tintérieur de la Virginie, pour
suivant
de la baie de Chesapcak fixer et fortifier, Peu
les mêmes instructions, un poste permanent. lc
nous sûmes que
dejours après notre jonction, rivière de James,
lord Cornwallis se replioit parla
Richemond; et de là à Willanmsbourg,à quatre
à
lieues dYorck.
étoit arrivé
Nous
en même temps qu'il
apprimes - --- Page 302 ---
MÉMOIRES
de Corck, en Irlande, un convoi de trois
recrues à Charles-Town, - et qu'on attendoit mille
reil
un paTrenfortaNew-Yurck, avec la garnison de Pensacola, que les Espaguols lui
deux divisions de
renvoyoient. Les
moient
Wasbington et la mienne ne forensemble que neuf mille hommes,
commencèrent cependant à troubler leurs qui
sures.
me-
/ Les marches forcées
françois rendirent
qu'avoit faites le corps
ses subsistances difliciles;
nemi, ayant
Tenenvoyé une petite floutille
la rivière d'Hudson,
remonter
s'empara d'un batiment chargé dej pain pour quatre jours pour les François. Le
soldat fut réduit à quatre onces de
donna du riz et un
pain; on lui
soutint
supplément de viandes, et il
ces petites contradictions avec la même
gaité dont la plupart de ses ofliciers avoient
né Texemple, en faisant toute cette.
donà piedàla tête de leurs
pénible route
troupes. Nous
une batterie de pièces de douze et envoyâmes
droit le plus étroit de la
d'obus, àl'encapitaine
rivière, aux ordres du
Verton, attendre cette flottille
à son retour; elle y fut si bien accueillie, angloise
perdit Tidée de recommencer
qu'elle
Nous fimes ensuite les
pareille expédition.
détaillées de tous les
reconnoissances les plus
des iles
ouvrages de New-Yorck et
adjacentes : nous les fimes
yue
nos ingénieurs respectifs. Cette leverày
par
reconnoissance fut
'encapitaine
rivière, aux ordres du
Verton, attendre cette flottille
à son retour; elle y fut si bien accueillie, angloise
perdit Tidée de recommencer
qu'elle
Nous fimes ensuite les
pareille expédition.
détaillées de tous les
reconnoissances les plus
des iles
ouvrages de New-Yorck et
adjacentes : nous les fimes
yue
nos ingénieurs respectifs. Cette leverày
par
reconnoissance fut --- Page 303 ---
U.
DE ROCIANEEAT
détachement de cin mille homsoutenue parun
chevalier de Chatelus et du
mes aux ordres du
lè continent des
général Lincoln. On nettoya tout
américains qui le désoloient, et
postes de réfugiés
fut tué
ce qui n'eut pas le temps de s'embarquer
qui se joignirent
ou pris par nos aides-de-camp, escortoient. 11 y
aux dragons américains qui nous
de canons tirés de tous les ouvraeut beauconp
tous les
bâtimens
de New-Yorck, et de
petits
ges
la ccinture. Cette vive
de guerre qui en faisoient
cclui
canonnade ne produisit d'autre effet que
que
je désirois, en attirant sur ce principal entrepôt
des forces de ennemi toute son attention.
Nous fimes dans cette reconnoissance Tépreuve
pour faire passer à la
de la méthode américaine,
les rivières aux chevaux. que lon rassenble
nage
àlinstar deschevaux sauvages. Nons
en troupeaux
fe
étoit séparée de Tenavions passé dans une cqui
posté à Long-lsland, par un bras de mer, 2
nemi,
Washington voulut faire mesudont le général
faisoient
rer la largeur. Pendant que nos ingénieurs
nous nous endormicette opération gcomérique,
haie, sous
mes, excédés de fatigue, au pied'dune
le feu du canon des vaisseanx de l'ennemi cqui
vouloit troubler ce travail. Réveillé- le premier,
le général Washington, et je lui fis rej'appelai
avions oublié Theure de la mamarquer que nous
chaussé du moulin,
rée. Nous' revinmes vite à la
faisoient
rer la largeur. Pendant que nos ingénieurs
nous nous endormicette opération gcomérique,
haie, sous
mes, excédés de fatigue, au pied'dune
le feu du canon des vaisseanx de l'ennemi cqui
vouloit troubler ce travail. Réveillé- le premier,
le général Washington, et je lui fis rej'appelai
avions oublié Theure de la mamarquer que nous
chaussé du moulin,
rée. Nous' revinmes vite à la --- Page 304 ---
NÉTTOIRES,
sur laquelle nous avions traversé
mer, qui nous
ce petit bras de
vâmes
séparoit du continent : nous la troucouverte d'eau. On nous amena deux
bateaux, dans
petits
lesquels nous nous
avec, les selles et les
embarquâmes
équipages des
on renvoya deux dragons
chevaux. Puis
par la bride deux chevaux américains, qui tiroient
bons
furent suivis de tous les
nageurs; ; ceux-ci
coups de fouet de
autres, excités par les
à
quelques dragons à Tautre
qui nous. renvoyâmes Jes bateaux.
bord,
vre fut faite en moins dune
Cette manceusement notre embarras
heure; mais heureuNous
futiguonédeTemeni,
eumes, à notre retour, la nouvelle de la
continuation de la retraite du lord
La Fayette le suivoitavec
Cornwallis;
né le
précaution; il avoit doncommandement de son
néral Vaine, brave
avant-garde au géhomme, mais
eut un premier succès contre trésardeut, qui
Cornwallis; mais il fut
Tarricre-g garde de
tentative
repoussé dans sa seconde
avec perte de son canon. Le lord
wallis descendit la rivière de James
Cornmouth, doi, après avoir
jusqu'à Portsne trouva pas à son gré, reconu il
ce poste, qu'il
d'Yorck, fit son établissement remonta la rivière
à Yorck et Glocester, sur les rives droite ct gauche de
vière qui.lui servoit de
cette rivaisseaux
port, et Oùt les plus gros
pouvoient mouiller en sûreté,
Le convoi de trois mille
recrues angloises, an-
la rivière de James
Cornmouth, doi, après avoir
jusqu'à Portsne trouva pas à son gré, reconu il
ce poste, qu'il
d'Yorck, fit son établissement remonta la rivière
à Yorck et Glocester, sur les rives droite ct gauche de
vière qui.lui servoit de
cette rivaisseaux
port, et Oùt les plus gros
pouvoient mouiller en sûreté,
Le convoi de trois mille
recrues angloises, an- --- Page 305 ---
DE ROCHANDEAU.
arriva le 1I août: ; ce qui,
noncé à New-Yorck,y
la force de
avec la garnison de Pensacola, portoit
mille
Tennemi, dans cette ile, à plus de douze
nonobstant tous les détachemens qu'on
hommes,
en avoit tirés pour le sud.
le comte de
C'ést dans ces circonstances que
Grasse, après avoir fait anx Antilles une campaintéressante, oùi il n'avoit pris quelile de
gne peu arriva à Saint - Domingue : il y trouva la
Tabago,
il les commufrégate qui lui remit mes dépéches;
de Saint-Doniqua str-le-champ au commandant
mingue et à M. de Solano, amiral espagnol, qui
contre Tarmée de Comwaladoptèrent mon plan
contribuérent de tout leur ponvoir;le prelis. Ilsy
trois mois, le corps
mier, en nous prétant, pour ordres de M. de Saintde trois mille hommes aux
Simon; et le second, en faisant trouver, au passage
du comte de Grasse, à la hauteur de la Havanne,
les douze cent mille francs dont nous avions becette opération. M. de Grasse fit reparsoin pour
la frégate; et je reçus, le 5 août,
tir sur-le-champ
il m'annonçoit son arrivée
sa réponse par laquelle
la fin d'août,
dans la baic de Chesapeak, pour demandés. Il
avec tous les moyens quejel lui avois
le 15 octobre seroit le terme de sa
ajoutoit que
tout le temps qui fut
station ; mais il la prolongea
nécessaire pour compléter cette importante expédition. --- Page 306 ---
NÉXOIRES
Aussitôt après que j'eus
ponse au général
comnuniqué cette réM. de Barras,1 les Washington, je concertai, avec
M. de
moyens de faire sa jonction avec
Grasse, et de m'amener Tartillerie
avec le détachement de M. de
de siége
Washington
Choisy. Le général
déterminoit,
deux mille
pendant ce temps-là,
dans le hommes des états du nord à le suivre
sud, pour se réunir aux troupes de La
Fayette. Cent mille écus, qui restoient
caisse du corps françois, furent
dans la
deux arinées.
partagés entre nos
Elies se mirent en moavementle
rérogradines trois
19 août; nous
vière d'Hudson, marches, pour remonter la rique nous passâmes à
sous la protection des forts américains. Kingsferry,
Le
Washington laissa à la rive gauche trois général
mes aux ordres du général
mille homWestpoint et les états du nord. Héats, pour couvrir
Nous
ensuite la même rivière par la rive droite. descendimes
nous portâmes en vue
Nous
Chatham, où Tarmée deStaten-Island en avant de
françoise fit
et simuler des
établirdes fours
une
arprovisionenesqi,
attaque de New-Yorck par Iile des annouçoient
qui redoubla
Etats, ce
sieur de
Tinquiétude du général ennemi. Le
Villemaurys commissaire des guerres, remplit parfaitement cette commission. Mais
toutcourt à droite, sur le revers dcs
tournant
séparent
montagnesrqui
haainimz
Staten-Island en avant de
françoise fit
et simuler des
établirdes fours
une
arprovisionenesqi,
attaque de New-Yorck par Iile des annouçoient
qui redoubla
Etats, ce
sieur de
Tinquiétude du général ennemi. Le
Villemaurys commissaire des guerres, remplit parfaitement cette commission. Mais
toutcourt à droite, sur le revers dcs
tournant
séparent
montagnesrqui
haainimz --- Page 307 ---
DE ROCHANBKAU.
les côtes de la mer, nous condnisimes nos arsur mées à la Delavarre : nous fimes assez heureux
la trouver basse et la passer à gué auprès de
pour
être
cette époque que le
Trenton. Ce ne put
qu'à
véritable desgénéral anglois put juger de notre
si
scin; mais il étoit trop tard pour y remédier, Chesadans la baie de
M.de Grasse se trouvoit
oiil s'étoit annoncé. Les deuxarpeak alépoque
leur mnarche, traversérent
mées, en continnant
devant le congrès asPhiladelphie, et défilèrent
Tamisemblé. Ce fut là que nons apprimes que
ral Hood étoit arrivé devant New-Yorck, qu'il
faisoit force de
s'étoit réuni à Famiral Graves,et
voiles vers la baie de Chesapeak. Cette nouvelleinfut balancée par un rapport de Baltiquiétante ville située dans le, fond de cette bae, qui
more,
Tarrivée de M.de Grasse à son ounous annonça
vaisseaux de ligne. Nous
verture, avec vingt-six
hâtâmes notre marche à la tête de nos avant-gar-.
et, en arrivant à la tète de TEIk,
des respectives;
des dépèches de
nous trouvâmes Tofficier porteur
heure.
M.deGrosse,quis somymtodaitdrptisuel
Toutes les dificultiés n'étoient pas vaincues : les
Anglois, dans leurs différentes incursions, avoient
tellement détruit toutes les barques américaines,
fut impossilble d'en rassembler pour embarqu'il
de deux mille hommes. Ce nombre étoit
quer plus
les deux avantà peine suflisant pour convoyer
Ik,
des respectives;
des dépèches de
nous trouvâmes Tofficier porteur
heure.
M.deGrosse,quis somymtodaitdrptisuel
Toutes les dificultiés n'étoient pas vaincues : les
Anglois, dans leurs différentes incursions, avoient
tellement détruit toutes les barques américaines,
fut impossilble d'en rassembler pour embarqu'il
de deux mille hommes. Ce nombre étoit
quer plus
les deux avantà peine suflisant pour convoyer --- Page 308 ---
MÉMOIRES
composées des grenadiers et des chasseurs
gardes
Les deux Viomenil continuèrent
des deux'armées.
la
à marcher par terre avec Tarmée, en tournant
Baltimore et Annapolis; le général
baie jusqu'à
les devants avec
Washington et moi; nous primes
marches
escorte; et: ayant forcé nos
une tres-légère
arrivâmes le 14sepà soixante milles parj jour, nous
trouvâmes les
tembre à Williamsbourg, oà nous
divisions de La Fayette et de Saint-Simon réunies,
pris une bonne position pour nous alquiavoient
Cornwallis étoit occupé à se retendre. Le lord
Il barroit la rivière
trancherà Glocester etâYorck.
de ses
embossés sous la protection
par ses vaisseaux
quelques-uns pour
ouvrages, etil en avoitcoulébas
barrer le canal.
del'apOn étoit fort inquiet à Williamsbourg dun
de la flotte ennemie, de lévénement
parition
dans la journée du 5 septembre
combat de mer
deux
dont on avoit entendu le feu le pnsviolent,ded dans la
angloises qui avoient paru depuis
frégates
dans la nuit du 14 au 15, nous
baie. Mais enfin, de M. de Grasse qui nous apreçûmes une lettre
forte de vingt: vaisprenoit qu'une flotte angloise
quoiavoit
le 5 au cap Charles;que,
seaux
paru la rivière de Janes quinze cents maqu'il eût dans
des troupes de
telots employés au déharquement à couper ses
M. de Saint-Simon, il ne balança pas
aller combature Tennemi avec vingtcables,pour
14 au 15, nous
baie. Mais enfin, de M. de Grasse qui nous apreçûmes une lettre
forte de vingt: vaisprenoit qu'une flotte angloise
quoiavoit
le 5 au cap Charles;que,
seaux
paru la rivière de Janes quinze cents maqu'il eût dans
des troupes de
telots employés au déharquement à couper ses
M. de Saint-Simon, il ne balança pas
aller combature Tennemi avec vingtcables,pour --- Page 309 ---
28g
DE ROCHASREAU:
Graves s'élevant au veut, Tarjuatre vaisseaux; ordresde que M. de Bongainville attcivant-garde aux
qui fut très-maltrsitées que
gnitlescadre angloise
quelque temps;
M. de Grasse Tavoit poursnivie, trouva T'escarentrant dans Ja baie, ily
qu'en
cet amiral étant parti de
dre deM. .de Barras;que artillerie de siége, Tavoit
Newport avec notre
étoit entré le 10 dans la
habilement convoyée, et
les deux frégates
baie; quil y avoit trouvé et pris de suite les dix
angloises: quil avoit détaché tout
ctles
de M. de Barras, ces deux frégates
transports de son armée, pour aller prendré
autres prises
aux ordres de M.de la Vilà Anmapolis les troupes
ayant rejoint Violebrune. Ce capitaine de vaisseati
le
ils réunirent leur activité, et arrivérent
menil;
furentdébarquées
a5AJanies-Town, ou nosarmées
le 26etle27de WilliamsLe 28 septembre, nous partimes
bourg à la pointe du jour, et nous nous portimes
Yorck: Je commençai avec le corps françois"
sur
depuislehautd tdela rivièredYorck
Tinvestissement, la maison du colonel Nelson,
jusqu'au marais près
madesi bois, des rideaux et des criccs
en profitant de manière à resserrer Tennemi jusqu'à
récageux,
Les trois brigaportéc de pistolet de ses ouvrages:
mais à
des françoises furent campées très-près, ViomeTabrij par le terrain du canon de Tennemi. de Tales grenadiers et chasseurs
nil commandoit
19.
I:
autd tdela rivièredYorck
Tinvestissement, la maison du colonel Nelson,
jusqu'au marais près
madesi bois, des rideaux et des criccs
en profitant de manière à resserrer Tennemi jusqu'à
récageux,
Les trois brigaportéc de pistolet de ses ouvrages:
mais à
des françoises furent campées très-près, ViomeTabrij par le terrain du canon de Tennemi. de Tales grenadiers et chasseurs
nil commandoit
19.
I: --- Page 310 ---
MÉMOIRES
vant-garde; et notre investissement fut fait sans la
perte d'un seul homme, Le même jour, le
général
Washington, 2 à la tête du corps américain, fut obligéde doubler derrière nous, et de
marais dont tous les
s'arrêter sur le
le
ponts étoient rompus $ il employa reste de la journée et la nuit pour les
commoder. Le 29; l'armée américaine
racpassa le
maris,yappuyas sa gauche, et sa droite à la rivière
d'Yorck. L'investissement de cette place se trouva
complet et serré d'aussi près qu'il fut possible.
Linfanterie de Lausun étant débarquée,
aux ordres de son colonel
marcha,
valerie,
pour rejoindre sa caque j'avois dirigée par Tarre sur le chemin de Glocester, aux ordres du
Voueden qui y commandoit un brigadier-général de
américaines.
corps
milices
Toute cette légiony fut réuniele
jour de TivesiseomeantdYont
28,
La nuit du 29 au 50 l'ennemi, craignant d'être
insulté par un coup de main dans la position trèsélendue qu'il avoit fortifiée, prit le partid'abandonner son camp retranché de Pigeonshill, et de se
réduire à T'enceinte de sa place. La journée du 50
fut employée pour nous loger dans les ouvrages
abandonnés par I'ennemi : ce qui nous mit à portée
de le resserrer dans un cercle moins
étendu, et
nous donnoit les plus grands avantages.
On apprit à celie époque qu'Arnold avoit été
envoyé vers. la fin d'août faire une exécution dépré-
anché de Pigeonshill, et de se
réduire à T'enceinte de sa place. La journée du 50
fut employée pour nous loger dans les ouvrages
abandonnés par I'ennemi : ce qui nous mit à portée
de le resserrer dans un cercle moins
étendu, et
nous donnoit les plus grands avantages.
On apprit à celie époque qu'Arnold avoit été
envoyé vers. la fin d'août faire une exécution dépré- --- Page 311 ---
DE JOCHAMEEAU.
datrice à New-London dans le Connecticut; en
qitoi il nc réussit que trop complètement, puisqu'a- colonel
près avoir passé au fil de Tépée le brave
Lidger, qui défendoit ce fort avec une garnison de
miliciens, il brèla cette ville avec une partie des
vaisseaux de commerce qui étoient dans ce port;
mniscettediversion lointaine neprodnisit aucun efOn entnouvelleen même
fet tcontrenos opérations.
de Tarrivée à New-Yorck del'amiral Dighy,
temps trois vaisseaux de ligne, un corps de troupes
avec
qu'il avoit à bord, avec le prince Guillame-Henri,
enfansdu roi
et cqui étoit enun
des
dAngleterre,
de son
voyé par la cour pour reprendre possession
de Virginie. On sut que ce secours
gouvernenent de terre et de mer mit le général Clinton en état
une partic de son armée sur la flotte
dembarquer
comangloise, composée de vingt-six vaisseaux,y
vaisseaux de cinquante qu'ils mirent
prisqueiques
de quelques bràlots;
en ligue, et accompagnée
cette nouqu'on pressoit vivement à New-Yorck
secourir Cornwallis, mais qui,
velle tentative pour
dasTestrémitéon ce dernier étoitréduit, ne pouvoit être quet tardive.
M.. de Choisy à
Le 50, nous avions envoyé
de la
M.de Grasse lui demander un détachement
aller renforcer
garnison de ses vaisseaux, pour
M.de
M. de Lausun dans le comté de Clocester;
Grasse lui donna huit cents hommes. Il marcha,
qu'on pressoit vivement à New-Yorck
secourir Cornwallis, mais qui,
velle tentative pour
dasTestrémitéon ce dernier étoitréduit, ne pouvoit être quet tardive.
M.. de Choisy à
Le 50, nous avions envoyé
de la
M.de Grasse lui demander un détachement
aller renforcer
garnison de ses vaisseaux, pour
M.de
M. de Lausun dans le comté de Clocester;
Grasse lui donna huit cents hommes. Il marcha, --- Page 312 ---
MÉNOIRES
le 5 octobre, en avant,
prendreune
pour resserrer Glocester, et
position plus rapprochée. Tarleton
trouva sur ce terrain ayec quatre cents
se
deux cents hommes d'infanterie
chevaux et
rage. La légion de
faisant un fourde milices
Lausun, soutenue d'un corps
améiaiànes,Pautsqe si
qu'elle le culbuta, et força le vigourensement
trer dans la place avec
détachement à rensy, après cette
quelque perte. M.de Choiaction, poussa ses postes
qu'à un mille de Clocester.
avancésjusLa tranchée fut ouverte dans les deux
an-dessus et au-dessous de la rivière
attaques,
la nuitduGau
d'Yorck, dans
six
7 d'octobre. Cellede la droite avoit
ousept cents toises de
flanquée de quatre redoutes. développement; Elle
elle fut
cunej perte,
fut faite sans auparce que nous fimes commencer l'ouvrage par celle de ganche, qui, quoique la fausse
attaque, attira cependant toute T'attention de l'ennemi. La force de T'armée ennemie
fermée, le caractère de celui
qui étoit renqui la commandoit
obligérent de conduire toutes ces
beaucoup de méthode et de
attaques avec
le lien de faire léloge de MM. précaution. C'est ici
Querenet qui condaisirent
du Portail et de
ce siége à la tête des
ingénieurs, et de M. d'Aboville, et du
Knox, commandant T'artillerie des deux général
L'arméc américaine se
nations.
tranchée, les
chargea de la droite de la
Français du centre et de la gauche.
k
rent de conduire toutes ces
beaucoup de méthode et de
attaques avec
le lien de faire léloge de MM. précaution. C'est ici
Querenet qui condaisirent
du Portail et de
ce siége à la tête des
ingénieurs, et de M. d'Aboville, et du
Knox, commandant T'artillerie des deux général
L'arméc américaine se
nations.
tranchée, les
chargea de la droite de la
Français du centre et de la gauche.
k --- Page 313 ---
DE ROCHANEEAU,
On doit rendre aux Américains
dire qu'ils se
la justice de
rage et une émulation comportérent avec un zèle, un couqui ne les
en retard dans toute la
laisserent jamais
gés,
partie dont ils furent charquoique les opérations dun siége leur fussent
étrangères.
Nous fimes mettre le feu,
un vaisseau de
par nos batteries, à
guerre ennemi, età trois
seaux de transport,
autres vaisqui avoient
dessein de prendre à
motillé, dans le
revers nos
Dans la nuit du 14 au 15, la attaques. tranchée
relevée par les régimens de Gatinois
ayant été
et de RoyalDeux-Ponts, aux ordres du baron de
nous résolimesde faire faire
Viomenil;
doutes de la gauche de lennemi. Tattaque des deux rehington
Le général Waschargea La Fayette de celle de
jechargeai M. de Viomenil de cellede droite, et
les François. Quatre cents,
gauche avec
à la tête de cette
grenadiers débouchèrent
latme des
attaque, aux ordres de M. GuilDeux-Ponts, et de M. de
licutenant-colonel de Gatinois. M. de TEstrapade,
La Fayette firent une
Viomenil et
attaque si
redoutes furent
vigoureuse, que les
même moment. emportées Tépée à la main dans le
grande
On tua, blessa, ou prit la
partie de ceux qui les gardoient.
plus
ment fut fait en
Le loge
munication à la joignant ces redoutes par une comdroite de notre seconde
Leur emplacement fournit le
parallèle,
moyen détablir de
de Gatinois. M. de TEstrapade,
La Fayette firent une
Viomenil et
attaque si
redoutes furent
vigoureuse, que les
même moment. emportées Tépée à la main dans le
grande
On tua, blessa, ou prit la
partie de ceux qui les gardoient.
plus
ment fut fait en
Le loge
munication à la joignant ces redoutes par une comdroite de notre seconde
Leur emplacement fournit le
parallèle,
moyen détablir de --- Page 314 ---
294SÉMOIRES
nouvelles batteries qui achevérent de cerner Tarmée de Cornwallis, et de battre à ricochet
Fintérieur desa place, à uneportée
tout
Ini être
qui ne pouvoit
que faneste. Le comte Guillaume des
Deux-Ponts fat blessé, ainsi
que Charles de Lameth,spedant-géainl, et M. de Cimet, aide-decamp de La Fayette.
On doit faire ici mention d'un
rise le courage des
traitqui caractégrenadiers françois. Le
ment de grenadiers de Gatinois, qui avoit été régi- dédoubléde celui d'Anvergne, devoitavoir la têtede
Tattaque; au moment où elle fut décidée, leur
dis : Mes enfans, si jai besoin de
je
vous cette nuit,
j'espère que vous n'avez pas oublié que nous avons
servi ensemble dans ce brave régiment dAuvergne sans tache, surnom honorable quiila mérité
depuis sa création. Ilsi merépondirent
que,s sijeleur
promettois de leur faire rendre leur
nom, ils alloient se faire tuer jusqu'au dernier: ils tinrent
role, chargérent comme des lions,
pale uers de leurs troupes. M. de
ety perdirent
Sireuil,
de chnsseurs,y y fut blessé, et mourut de, ses capitaine blesstres, universellementr regretté.
lui en
Leroi,surlecompe
que je
rendis, signa f'ordonnance qui restituoità CC régiment le nom de Royal-Auvergne.
La nuit du 15 au 16, T'ememi fit une sortie de
six cents hommes de troupes d'élite; il trouva de la
résistance à toutes nos redoutes, et se jeta dans.
ireuil,
de chnsseurs,y y fut blessé, et mourut de, ses capitaine blesstres, universellementr regretté.
lui en
Leroi,surlecompe
que je
rendis, signa f'ordonnance qui restituoità CC régiment le nom de Royal-Auvergne.
La nuit du 15 au 16, T'ememi fit une sortie de
six cents hommes de troupes d'élite; il trouva de la
résistance à toutes nos redoutes, et se jeta dans. --- Page 315 ---
DE ROCHANREAU.
dont il enune batterie de la seconde parallele,
Le chevalier de Chatelus marcloua quatre picces.
cettc
cha à Tenneni avec sa réserve, et repoussa
mal enclouées, tirèrent
sortie. Les quatre pièces,
les soins du général d'Abosix heures après, par
Le
de
ville, commandant notre artillerie.
marcquis
Saint-Simon fut blesséilat tranchée du lendemain,
heures sans vouloir se faire
et finit ses vingt-quatre
relever.
Enfin, le 17, Tennemi commença à parlemenet la
fut signée le 19 octobre, par
ter,
capitnlation
fulaquelle le lord Cornwallis ct son corpsctarméc
de
Les Américains et les
rent prisonniers guerre. amidi de deux bastions.
François prirent possession deux heures, entre les deux
La garnison défila, à
armées, tamnbour battant, portant ses armes,qu'elle
avec une vingtaine de
remit ensuite en faisceaux,
le
Le lord Cornwallis étant malade, gédrapeaux. Ohera défila à la tête de la garnison. En arrinéral
lui montrai, visvant, il me présenta son épée; je
tètél de
à-vis de moi, le général Washington, à la
Tarmée américainé, et je lui dis que T'armée franétant auxiliaire dans ce continent, cétoit au
çoise américain à lui doner ses ordres.
général colonel Laurens, le vicomte de Noailles, et
Le
avoient été nommés par leurs
M. de Granchain,
de
respectifs, pour dresser les articles
généraux
conjointement avec des oflficiers
cctte capitulation,
tél de
à-vis de moi, le général Washington, à la
Tarmée américainé, et je lui dis que T'armée franétant auxiliaire dans ce continent, cétoit au
çoise américain à lui doner ses ordres.
général colonel Laurens, le vicomte de Noailles, et
Le
avoient été nommés par leurs
M. de Granchain,
de
respectifs, pour dresser les articles
généraux
conjointement avec des oflficiers
cctte capitulation, --- Page 316 ---
MÉMOIRES
supérieurs de T'armée de Cornwallis. Elle
par le général
fut signée
Washington, le comte de Rochambeau, et M. de Barras,
chargé des
comte de Grasse, et mise
pouvoirs du
tion. Nous tronvâmes
sur-le-champ en exécusept mille de
huit mille prisonniers, dont
deux
troupes régulières, et mille
cent quatorze pièces de canon dont matelots, soixante
qJuinze de fonte, et vingt-deux
nombre des
drapeaux, Dans le
prisonniers, ori peut en
moins deux mille qui étoient dans les compter au
dont on prit le plus grand soin, Tout le hôpitaux,
envoyé dans lintérieur du
reste fut
Je dois, à cette occasion, pays. rendre
et à Tactivité de M.
justice au zèle
Blanchard, commissaire des
guerres, Coste et Robillard, officiers de
par les soins les plus assidus
santé, qui,
blessés, tant amis
pour nos malades et
hôpitaux
qu'ennemis, ont rempli, dans nos
militaires, les soins les plus
Thumanité dans le cours de ces trois précieux à
Je fis partir le duc de
campagnes.
laume des
Lauzun et le comte GuilDeux-Ponts sur deux frégates
tes, pour porter la
différensieur Tilman,
capitulation en France; et le
aide-de-camp du général
ton, fut envoyé par ce général au
WashingTousles détails de cette
congrès.
finis,
opération étoient à peine
que T'escadre angloise, forte de
vaisseaux, parut le 27 octobre au
vingt-sept
avoit à bord un çorps de
cap Henri; elle
troupes aux ordres du ge.
s sur deux frégates
tes, pour porter la
différensieur Tilman,
capitulation en France; et le
aide-de-camp du général
ton, fut envoyé par ce général au
WashingTousles détails de cette
congrès.
finis,
opération étoient à peine
que T'escadre angloise, forte de
vaisseaux, parut le 27 octobre au
vingt-sept
avoit à bord un çorps de
cap Henri; elle
troupes aux ordres du ge. --- Page 317 ---
DE ROCHANBEAV.
néral Clinton. Après s'être assurée de Tinutilité du
elle gagua le larges la
secours qu'elle apportoit,
flotte de M. de Grasse partit le 4 novembre pour
retourner aux Antilles. Il renvoya à Saint-Dominla partie des troupes qu'il avoit empruntéc du
gue
et laissa à Yorck une petite escadre
gouvemeur, légère, dont le. Romulus étoit tle plus gros vaisseau,
ordres de M. de La Villebrune; ce qui génoit
aux moins Tarmée de, terre dans ses opérations, une
telle flottille pouvant remonter les rivières à des
rétrécis, où il étoit plus aisé de la mettre en
points
retourna, avec le
sûreté. Le général Washington
détachement des étals du nord, dans ses quartiers,
la rivière d'Hudson, vis-à-vis dc New-Yorck.
sur
étoient ci-devant aux orIl envoya les troupes qui
le
dres de M. de La Fayette, renforcer au sud général Green. Les François restérent à Yorck, GloHampton et Williamsbourg, ou ils prirent
cester,
Tennemi avoit compté occuper, en
les quartiers que
détruites
les
rétablissant les maisons
par
opérations
du siége.
aussitôt quil eut reçu la nouvelle
Le congrès,
résolution
de la reddition de Cornwallis, passa une
faire ériger une colonue de marbre à Yorck,
pour
ornée d'embièmes marquant Tallianen Virginie,
avec un récit
ce entre les Etals-Unis et la France,
Cornwallis: aux
succinct dela reditiondefamiede
Washington, Rochambeau et de Grasse,
généraux
rétablissant les maisons
par
opérations
du siége.
aussitôt quil eut reçu la nouvelle
Le congrès,
résolution
de la reddition de Cornwallis, passa une
faire ériger une colonue de marbre à Yorck,
pour
ornée d'embièmes marquant Tallianen Virginie,
avec un récit
ce entre les Etals-Unis et la France,
Cornwallis: aux
succinct dela reditiondefamiede
Washington, Rochambeau et de Grasse,
généraux --- Page 318 ---
MÉNOIRES
n résolut également de présenter deux
général
drapeaux all
Washington, et quatre piéces de canon
prises sur Tarmée angloise, au comte de
beau et au comte de Grasse,
Rochamtion quileur marquât la
portant une inscripdes Etats-Unis, de la reconnoissance du congrès
cette brillante
part glorieuse qu'ils ont eue à
expédition.
Leg général Green eut, dans le sud, de
succès : il descendit des hautes
nouveaux
Santé, passa la
montagnes de la
Vatieric, et la
sur
Congérée, marcha
Dorehester, et força Tennemi à lui
tousl les postes qu'il avoit dans la
abandonner
dans les ligues de
plaine, et à rentrer
la fin de cettc
Charles-Town. Les Anglois, à
malheureux campagne, dont le début avoit étés si
pour les Américains; ne
plus, dans le continent de
possédoient
nale
TAmérique
que Charles-Town, Savanha
septentrioles iles de New-Yorck.
en Géorgie, et
buérent
Tous ces succès ne contripas peu à bouleverser le ministère
lorsque la nouvelle de la prise de Cornwallis anglois,
rivée en Europe, et à faire
fut arprendre aul parlement
dAngleterre la résolution de renoncerà
treprise offensive sur le continent de toute enseptentrionale,
TAmérique 6
A peine Tarmée françoise fut-clle entrée
ses quartiers après la prise
dans
laboricuse,
d'Yorck et sa campagne
que le général Green me demanda le
secours le plus prompt et le plus pressant sur la
lorsque la nouvelle de la prise de Cornwallis anglois,
rivée en Europe, et à faire
fut arprendre aul parlement
dAngleterre la résolution de renoncerà
treprise offensive sur le continent de toute enseptentrionale,
TAmérique 6
A peine Tarmée françoise fut-clle entrée
ses quartiers après la prise
dans
laboricuse,
d'Yorck et sa campagne
que le général Green me demanda le
secours le plus prompt et le plus pressant sur la --- Page 319 ---
DE ROCHAMI BEAT U.
delanivéeà Charles-Town de trois réginouvelle
etdun faux
envoyés de New-Yorck,
mens anglois
d'un secours de quabruit quie fit courir Tennemi,
Jcluifis
tre: mille hommes qu'il attendoit d'lrlande. du Mariobserver que les ligues de Pensylvanie et
le
land étoient en chemin pour le rejoindre; que
de TIrlande, dont Tennemi se targuoit,
secours
venir
les derniers évépourroit bien ne pas
d'après
qu'on ignoroit d'ailleurs sur quel point
nemens;
le corps frande TAmérique il se porteroit; que
intermédiaire entre les armées américaiçois placé
devoit attendre le dévelopnes du nord et du sud,
d'être mis
pement des projets de Tennemi, avant
Poure calmer cependant lesinquiéen mouvement.
aux
tudes des deux Carolines, et répondre
réquiside ces deux états,jallongeai lalétions pressantes
ordres de M. de Choisy, jusgion de Lausun, aux,
la Caroline
surlaRoanoke, sur les frontiéresdel
que
de la
du nord, et je fis faire une reconnoissance
marche de l'armée françoise dans cet état, au.cas
les circonstances la rendissent nécessaire, par
Tadjudant-général que
Dumas. Il sut , par son esprit
conciliant, tranquilliser ces différentes législatude cette commission avec beaures, et s'acquitta
coup d'art et d'intelligence.
des aflaires
Lebaron de Viomenil fut forcé, par
indispensables, de partir pour la France, sur une
commandée par. M. de La Touche. La Difrégate
armée françoise dans cet état, au.cas
les circonstances la rendissent nécessaire, par
Tadjudant-général que
Dumas. Il sut , par son esprit
conciliant, tranquilliser ces différentes législatude cette commission avec beaures, et s'acquitta
coup d'art et d'intelligence.
des aflaires
Lebaron de Viomenil fut forcé, par
indispensables, de partir pour la France, sur une
commandée par. M. de La Touche. La Difrégate --- Page 320 ---
MÉNOIRES
ligente, aux ordres de M. de
même temps pour aller à
Clouard, sortit en
bâtimens et
Boston, rallier quelques
prendre des poudres
sées. Cette demicreéchioung
qu'on ya avoit laiste.Jep
par lai maladresse du
parle ede cet événement
pilopour rendre la
quiestdue au courage que montra le sieur justice
dans ce malheur. Il resta trois
Clouard
qu'à la
jours dans T'eau jusceinture, et n'en sortit
sauvé tout ce qui étoit sur la
qu'après qu'il eut
rir d'une fièvre
frégate; il pensa moului
violente que cet effort de courage
occasionna; ; ce brave oflicier,
reux, puisqu'il étoit à son
toujours malheuri depuis avec La
troisièmenaufiage, ,ape
dans son
Peyrouse, dont il étoit le second
expédition autourd du monde.
Le général Nelson éprouva, à cette
rigidité sdest principes
époque, la
la loi prescrit
républicainss ssur lei respect que
pour les propriétés. Il avoit, dans sa
qualitéde gouverneur de Virginie, montré
et un
un zèle
cotrage peu communs à la tête des
cet état,
milices de
pendant toute celte campagne; ; il avoit fait
camper T'armée alliée au milieu de ses
diriger Tartilleric sur les maisons
récoltes, vu
plus belles, derrière les
d'Yorck, dont les
ouvrages de T'ennemi,
partenoient à lui ou à sa famille, et avoient été aptiérement rasées, sans prétendre à
ende
aucune espèce
besoins dédommagement. Il pressa d'autorité
les
de T'armée, et faire arriver
pour
ment les vivres
plus prompteetlartillerie de sidge, quelques voi-
iger Tartilleric sur les maisons
récoltes, vu
plus belles, derrière les
d'Yorck, dont les
ouvrages de T'ennemi,
partenoient à lui ou à sa famille, et avoient été aptiérement rasées, sans prétendre à
ende
aucune espèce
besoins dédommagement. Il pressa d'autorité
les
de T'armée, et faire arriver
pour
ment les vivres
plus prompteetlartillerie de sidge, quelques voi- --- Page 321 ---
DE ROCHANDEAT U.
tures et quelques chevaux du pays; il
par ceux de tons ses fermiers, ets ses plus beaux commença
lages personnels. Il sut, aprés le
atteêtre recherché
siége, qu'il alloit
pouilla
par Tassemblée générale; il se désur-le-champ de sa qualité de
vint, en particulier, rendre
gouverneur,
à lassemblée
compte de sa conduite
citoyens d'avoir législative, et défia aucun de ses conplus contribué au succès de cette
campagne importante et mémorable,
fait dans toutes ses
qu'il ne. l'avoit
rablement des
propriétés. Il futacqnitté honocharges alléguées contre
ne désira pasreprendre
Jui; mais il
son gouvernement, T'assemHiéeginéralenient fut pas fichée,
orateur de Tassemblée, lc
etlesieurHarisson,
dant devoir à la
remplaca. Je crus cepentraite hui rendre la reconnoissance d'aller dans sa repremière visite que fis
pays; et le général Washington
je dans ce
ches au congrès, la mention fit, dans ses dépdcet
la plus honorable de
ex-gouverneur.
Il arriva dans le commencement
et à peu de distance Tune de
de cette année,
portant de
Tautre, deux frégates
Targent et des dépéches. Ces
duisirent le changeà
secours répeu près au
ces dépéches,
pair.Jappris, par
Tarrivée en Europe de M. de
sun, et du comte Guillaume de
Laurecevois les assurances
Deux-Ponts. J'y
mée de
pour lc général et pour TarTapprobation de sa majesté. Elle
pour me donner T'ordre de faire
m'écrivoit
chanter le Te
Tautre, deux frégates
Targent et des dépéches. Ces
duisirent le changeà
secours répeu près au
ces dépéches,
pair.Jappris, par
Tarrivée en Europe de M. de
sun, et du comte Guillaume de
Laurecevois les assurances
Deux-Ponts. J'y
mée de
pour lc général et pour TarTapprobation de sa majesté. Elle
pour me donner T'ordre de faire
m'écrivoit
chanter le Te --- Page 322 ---
MÉMOIRES
Deum à la tête de l'armée françoise, et dy faire les
réjonissances qu'elle avoit ordonnéesà Paris et dans
toutelal France.
Le début de l'année 1782 fut brillant par ces
jours d'allégresse; nous fimes aussi des réjouissances pour la prise de Saint-Eustache et de SaintChristophe par M. de Bouillé, et de Tile de Minorque par M. de Crillon. Mais les faveurs de la
fortune eurent un terme fatal pour le malheureux
de Grasse. On eut d'abord des nouvelles de la dispersion du convoi parti de Brest, aux ordres de
M. de Guichen, ct dont une partie seulement dece
qui étoit destiné à M. de Grasse arriva aux Antilles, sous Tescorte de M. de Vaudreuil. L'amiral
Rodney revint dAngleterre avec une escadre puissante qui, réunie à celle de Hood, donnoit aux
Anglois) la supériorité maritime; cependantle comte de Grasse crut pouvoir sortir avec la sienne
pour escorter un convoi de troupes aux ordres de
M. de Bouillé, et le conduire à Saint-Domingue,
oil ildevoit se réuniraux forccs espagnoles de terre
et de mer, quisy rassembloient sOuS le commandement du général don Calvès. M. de Grasse eut
un combat glorieuxlegavril, mais un très-malhettreux dans la journée du 12. Cette ficheuse nouvellearriva, én Amérique, dansle coursdumois de
mai, par une relation de Roducy, qui vint à NewYorck, et quelennemi eut grand soin de faire pu- --- Page 323 ---
DE ROCHANBEAU.
bher. Elle étoit d'autant plus importante, que le
congrès et lès assemblées de plusieurs. états étoient
résoudre si lon écouteroit les proconvoqués pour
positions du général Carleton, qui avoit relevé,
cans le commadement de T'armée angloise, sir
Henri Clinton. Il proposoit, au nom de son gouvernement, aux Etats-Unis, la reconnoissance de
leur indépendance, sans aucune restriction, pourvu qu'ils se détachassent de Talliance qu'ils avoient
contractée avec la France. Le congrès refusa de
recevoir le secrélaire de Carleton, porteur de ces
propositions; et Tétat de Mariland prit le premier
résolutiou
déclaroit ennemi de T'état quiune
qui de traiter sans le concours de
conque proposcroit
des
la France, accompagnant cette proclamation
sentimens les plus expressifs de la reconnoissance
lui devoient. Ceite résolution fut suivie dans
quiils
de Virginie, et ne tarda pas à
Tassemblée générale
Têtre
tous les autres états, aux époques oà leurs
par
tiennent ordinairement. Le général
assemblées se
anglois, ayant fait partir en même temps de Charaller à la Jamailes-Town un détachement pour
que, fit proposer: au général Green une suspension
d'armes, qui fut également refusée par ce"général
T'assemblée législative de la Caroline du sud.
et Le par chevalier de la Luzerne envoya toutes ces noule chevalier de Clouard. Elles
velles en France, par
avoit de
confirmérent la bonne opinion que T'on y
ordinairement. Le général
assemblées se
anglois, ayant fait partir en même temps de Charaller à la Jamailes-Town un détachement pour
que, fit proposer: au général Green une suspension
d'armes, qui fut également refusée par ce"général
T'assemblée législative de la Caroline du sud.
et Le par chevalier de la Luzerne envoya toutes ces noule chevalier de Clouard. Elles
velles en France, par
avoit de
confirmérent la bonne opinion que T'on y --- Page 324 ---
NÉTOIRES
la fermeté des
leur
Américains, de leur constance et de
reconnoissance envers la Françe,l Jeur
Le chevalier de la Luzerne
alliée.
M. Gérard en qualité de
avoit remplacé
de France en
ministre plénipotentiaire
simples,
Amériqué. Ses manières franches et
jointes à une
ble, avoient
représentation fort honoragagné l'estime et la confiance. des
Américains, au point que, sansavoirlair devouloir
s'immiscer dans leurs discussions
se passoit guère d'affaires
intérieures, il ne -
vint le consulter
considérables qu'on ne
inspirer
par Tattachement qu'il avoit su
pour son caractère. personnel,
Je dois réduire ici, à la simple vérité de
toire, Tépisode du
Thisexagérée dans tous les capitaine Asgil, qui a été si
fait le sujet de
journaux, et dont on a déjà
récit.
plusieurs drames. En voici le simple
Le capitaine Lippencut, américain
service des Anglois, étant sorti de rélugié au
avec un détachement, alla
New-Yorck
son, un capitaine de milices prendre, dans sa maiger sans
et
américaines, le fitjuformes, pendre à un arbre du
nent, avec une inscription
continouvelle, le général
infamante; sur cette
aux instances de
Washington ne put résister
Il
son armée, qui crioit
envoya aud quartier des
vengeance.
sort tous les
prisonniers, et fit tirer au
le
capitaines anglois. Le sort tomba sur
capitaine Asgil, un des prisonniers de Tarmée
de milices prendre, dans sa maiger sans
et
américaines, le fitjuformes, pendre à un arbre du
nent, avec une inscription
continouvelle, le général
infamante; sur cette
aux instances de
Washington ne put résister
Il
son armée, qui crioit
envoya aud quartier des
vengeance.
sort tous les
prisonniers, et fit tirer au
le
capitaines anglois. Le sort tomba sur
capitaine Asgil, un des prisonniers de Tarmée --- Page 325 ---
DE ROCHANFEAU.
de Cornwallis.
comnandoit L'oflicier supérieur anglois,
lous ces prisomiers, n'écrivit qui
demhundern garantic comme un des
pour
de la capitilation
contraetans
ticle
d'Yorck, et m'observer
14 de ladite capitulation
quel T'arCornwallis en sûreté
mettoit Tarmée de
contre loute
menrire de
représaille. Le
pitulation. Lippencut étoit postérieur à ladite CaCest de cette date que Tarnée
caine arguoit pour demander la
amérivis
représaille, J'écrisur-le-champ en faveur
dans
mes les plus
dAsgil,
les terle
forts, au chevalier de la
priant de joindre ses sollicitations Luzerne, en
lorsquil montreroit
aux miennes,
ton. Il
ma lelire au général
nie fit répondre, à l'instant Washingje pouvois être
même, que
cette démarche àl traqrille la
sur son sort. qu'il devoit
qu'il donnoit
sollicitation de son armée; inais
sa parole qu'Asgil ne périroit
quc, pour le tranquilliser
pas, et
ordonner de
totalement, il alloit lui
simples arrêts dans le contéde
tham, qui a cing ou six lieues
Chade New-Yorck. La letire détendne, àla porte
arriva,
du miuistre de Frince
portant la recommandation du
de ce jeune
roien faveur
capitaine, et de son
mille: le général
intéressante. faWashington et le
tout l'égard quils
congrès eurent
devoient à d'anssi
tecteurs, et ordonnèrent
puissans proson
Aussitôt que le conseil de élargissement.
opcrations de la
France eut réglé les
campagne, on prépara deux
I.
liega20
miuistre de Frince
portant la recommandation du
de ce jeune
roien faveur
capitaine, et de son
mille: le général
intéressante. faWashington et le
tout l'égard quils
congrès eurent
devoient à d'anssi
tecteurs, et ordonnèrent
puissans proson
Aussitôt que le conseil de élargissement.
opcrations de la
France eut réglé les
campagne, on prépara deux
I.
liega20 --- Page 326 ---
MÉMOIRES
tes qui devoient en porter les dépéches en Amérique: une de ces frégates qui portoit M. de
fils du ministre, avec de Targent, fut retardée Ségur,
divers accidens; et,aprésavoirété forcée de
par
à Rochefort, elle ne
rentrer
putque se réunir à la seconde,
et'p partir avec eile à une époque plus dloignée. Ce
contre-temps laissa le corps françois, pendantquelques mois, dans la disette d'argent.
L'intempérie de la saison, si fichenseen
nie, commençoit à donner beancoup de maladies: Virgile chevalier de la Luzerne eut, à cette
des riouvelles de M. de Vaudreuil,
époque,
qui, après la
prise de M. de Grasse, avoit pris le commandement de la flotte. Cet amiral le prioit de lui préparer des secours pour la ravitailler dans le port de
Boston. Enfin, on sut quil se préparoit à NewYorck un embarquement de troupes qui paroissoit
destiné à aller attaquer quelques-unes des' colonies
françoises. Toutes ces circonstances me déterminèrent à mettre. I'armée françoise en
pour la rapprocher de
monvement,
New-Yorck, et à proposer
une conférence à Philadelplie, au général Washington. Ily fat réglé que les deux armées se réuniroient sur la rivière d'Hudson,
au
sapprocheroient
plus près de New-Yorck, pour menacer cette
place, et Tempêcher de faire aucun délachement
contre nos colonies. Pendant ce temps-là, l'armée
alix ordres du chevalier de Chatelus et du cheva-
ise en
pour la rapprocher de
monvement,
New-Yorck, et à proposer
une conférence à Philadelplie, au général Washington. Ily fat réglé que les deux armées se réuniroient sur la rivière d'Hudson,
au
sapprocheroient
plus près de New-Yorck, pour menacer cette
place, et Tempêcher de faire aucun délachement
contre nos colonies. Pendant ce temps-là, l'armée
alix ordres du chevalier de Chatelus et du cheva- --- Page 327 ---
DE ROCHANEEAU.
lier de Viomenil, marchoit
posoit le jour. Lessoins toute la nuit, et se r'Cde ces deux
régime et sa discipline T'amenérent généraux, Ce
Baltimore,o
saine et sanve à
ohellefutj jointeparun
ordres de M. de La Vallette, détachementaux
pour évacuer Tartillerie
que jy avois laissé
raser ces places.
d'Yorck et Glocester, et
cheminoit
Quoique pendant que Tarmée
la
lentement par terre, il càt été
parl petite escadre de M. de la
convoyé
mend par elle au fond de la baie, Villebrune, et radepuis le commandantjusqu'an dernier soldat, ils
malades sans
arrivérent tous
exception.
Pendant le séjour que T'armée fut
faire à Baltinore,
obligée de
laisser
pour rafraichir les malades et
passer les grandes
velleque T'enneni
chaleurs, on y eut nougie;
avoit évacué Savanha en Géorqu'une partie de cette garnison étoit rentrée à
New-Yorck, et Tautre à
faisoitaussi les
Charles-Towo, où Ton
gasins. Je
préparatifs pour en retirer les mareçus alors de M. de
soit voile avec les débris de Tarmée Vaudreuil, qui laisur
de M. de Grasse
Boston, une lettre dans laquelle il me
doit des secours nécessaires à
demanson ravitaillement. IL
prévoyoitquil. alloit être suivi par la flotte angloise
qu'ilavoitlaisséca à la Jamaique, préte à mettre
voile. Cependant,
à la
quoiquil eût détaché M. de la
Peyrouse vers la baie d'Hludson,
les établissemensa
quiyruina tous
anglois, il se croyoit encore assez
asse
Boston, une lettre dans laquelle il me
doit des secours nécessaires à
demanson ravitaillement. IL
prévoyoitquil. alloit être suivi par la flotte angloise
qu'ilavoitlaisséca à la Jamaique, préte à mettre
voile. Cependant,
à la
quoiquil eût détaché M. de la
Peyrouse vers la baie d'Hludson,
les établissemensa
quiyruina tous
anglois, il se croyoit encore assez --- Page 328 ---
XÉNOIRES
en force pour entreprendre de forcer Penobscot
pari un coupdemain,avantr Tarrivéede l'escadre
nemie. Je lui envoyaiM.de
ender ses troupes de
Choisy, pour commanterre, et les ofliciers dartillerie
et du génie qu'il me demandoit: et je lui observai
que par les connoissances très-détaillées
de Penobscot, il n'y avoit
que j'avois
T'enlever de vive force;
aucune apparence de
que Tobjet avoit trop peu
d'importance pour risquer un combat
avec
la flotte angloise, dans ce golie, où il inégal
cun port de retraite. Le général
n'yavoit auajouta à toutes ces observations, Washington lui
que si par un coup
extraordinaire, il pouvoit s'en emparer, il n'avoit
aucun moyen pour s'y maintenir, la communication par terre avec Penobscot étant
pour les Américains.
impraticable
Le général Carleton fit encore, pour une trève,
une tentative: il annonça que la reconnoissance
absolue et sans restriction, de
Tindépendance de
TAmérique, avoit passé dans les deux chambresdu
parlement d'Angleterre, et que sous fort peu de
temps les préliminaires de la paix alloient être signés. Cependant nous eûmes nouvelle de Tarrivée
à New-Yorck de Tamiral Pigot, qui avoit succédé
à Rodney dans le commandement del l'armée
le de T'enneni, et des préparatifs
navaque
faisoit
un
Tony
pour embarquement de troupes contre nos iles
françoises. Cette dernière nouvelle détermina Ia --- Page 329 ---
DE ROCHANDEAU.
marche prompte di corps françois pour effectuer
avec T'armée de Washington, et nous
sa jonction
cette place.
présenter ainsi réunis anxapprochesde
la
Cette marche se fit dans le même ordre ct par
la
précélente. Le corps
même route que campagne Philadelphie, et trafrançois, après avoir passé à
versélal Delavarre à Trenton, côtoyoit une chaine
sur le revers de laquelle la légion de
de montagnes
Dillon, marchoit
Lausun, autx ordres de Robert
obsur, le flanc et à même hauteur que Tarméc, en
tous les mouvemens de Tennemi dans Tile
servant
ct dans celle des Etats. La jonction
de New-Yorck
P'armée de Washington se fit à Kingsferry,
avec
sur la rivière d'Hudson.
Ce général voulant nous témoigner son respect
seS bienpour lal France, 2 et sa reconnoissance pour
faits, nous fit passer entre deux haies de ses troupes
et armées pour la première fois
habillées, équipées
d'étoffes et d'armes vedepuis la révolution, , partie
à
nues de France, partie des magasins anglois pris
T'armée de Cornwallis, dont Tarmée françoise avoit
fait Tabandon à Parmée américaine.
généensement
Le général Washington fit battre par ses tambours
la marche françoise pendant toute cette revue, et
lcs deux armées se rejoignirent avec les marques
les-] plus sensilbles de leur satisfaction réciproque.
L'armée américaine resta campée à Kingsferry,
à Tembouchure du Croton
ayant une avant-garde
partie des magasins anglois pris
T'armée de Cornwallis, dont Tarmée françoise avoit
fait Tabandon à Parmée américaine.
généensement
Le général Washington fit battre par ses tambours
la marche françoise pendant toute cette revue, et
lcs deux armées se rejoignirent avec les marques
les-] plus sensilbles de leur satisfaction réciproque.
L'armée américaine resta campée à Kingsferry,
à Tembouchure du Croton
ayant une avant-garde --- Page 330 ---
SÉNOIRES
dans la rivière d'Hudson; le corps françois prit, en
avant de Crampont, un campmilitaire dans la montagne; le corps de Lausun étoit en avant-garde sur
la sommité qui borde le Croton. Dans cette position, les deux armées pouvoient, dans une marche, aller sur New-Yorck et sur Tile des Etats.
Leurs patrouilles s'étendoient depuis la mer, sur
les côtes du Connecticnt, jusqu'à la rivière d'Hudson, qui sépare l'état de New-Yorck de celui de
Jersey.
Ce fut à cette époque que M. de Ségur arriva,
porteur des dépêches du ministre, son père, après
avoir échappé, dans la frégate lal Gloire, à tous les
malheurs qui arrivérent à M. de La Touche, commandant celle de TAigle. Ces deux frégates étant
parties de conserve, avoient trouvé sur le banc de
Terre-Neuve un vaisseau de soixmte-quatorze C2nons qu'elles combattirent avec beancoup de vigueur;ellesétoient chargées dargentpon-farmace,
de M. de Viomenil, de Lausun, de Ségur et du
prince de Broglie, fils ainé du maréchal, à qui ce
dernieravoit donnéla permission de servir sotsmes
ordres, avec plusieurs aides-de-camp qui venoient
rejoindre le corps françois. M. de La Tonche,
voulant entrer dans la Delavarre, fut-chassé évigonreusement par un vaisseau de ligne et plusieurs
frégates qui y étoient en croisière : les pilotes Jeur
firent prendre un canal où la frégate la Gloire pas-
du
prince de Broglie, fils ainé du maréchal, à qui ce
dernieravoit donnéla permission de servir sotsmes
ordres, avec plusieurs aides-de-camp qui venoient
rejoindre le corps françois. M. de La Tonche,
voulant entrer dans la Delavarre, fut-chassé évigonreusement par un vaisseau de ligne et plusieurs
frégates qui y étoient en croisière : les pilotes Jeur
firent prendre un canal où la frégate la Gloire pas- --- Page 331 ---
U.
DE ROCHANBEAT
Aigle, qui tiroit plus d'eau, y échoua
sa; mais
M. de La Touche s'occupa
sans pouvoir se relever.
et
du soin de déborquer ses dépêches, ses passagers II fut a
Targent, qui arriva à bon port à Philadelphie.
forcé de rendre enstite sa frégate au commandant
qui avoit à son bord le prince Guillaumeanglois,
Henri, fils du roi d'Angleterre.
ordres du conseil portoient que si Ténnemi
Les
ou seuleévacuoit New-Yorck et Charles-Town,
Roment l'une ou lautre de ces places; lc général
devoit faire embarquer Tarmée sur la
chambeau
être condnite à Saint-Dominflotte françoise, pour
et être enaux ordres d'un oflicier-général,
gue, suite remise à ceux de M. de Galvez, lientenantespagnol, qui avoit T'ordre pour commangénéral
de terre des deux nations, destinées
der les troupes
Toutes
combinée avec TEspagne.
à une opération
alors Tévacuation de
les nouvelles annonçoient
marche du corps
Charles-Town commeneée; et la
du fond de la Virginie à la rivière d'Hudfrançois amené T'armée fort à portée dexécuter,
son, avoit
couseil. Je fis part
les ordresdu
avec promptitude, instructions à M. de Vaudrenil, et lni mande mes
à conduire Tarméerà Boston,
dai que j'étois prêt
à T'embarquer.
le moment où il seroit prêt
pour M. de Vaudreuil m'observa que son escadre ne
être ravitaillée que pour la fin de novempourroit
d'embarquer plus
bre, et quillni seroit impossible
dexécuter,
son, avoit
couseil. Je fis part
les ordresdu
avec promptitude, instructions à M. de Vaudrenil, et lni mande mes
à conduire Tarméerà Boston,
dai que j'étois prêt
à T'embarquer.
le moment où il seroit prêt
pour M. de Vaudreuil m'observa que son escadre ne
être ravitaillée que pour la fin de novempourroit
d'embarquer plus
bre, et quillni seroit impossible --- Page 332 ---
512,
NÉMOIRES
de quatre mille honmes,y compris les officiers et
leur suite. Je proposai au baron de Viomenil, et à
son frere, de se mettre à la tête des deux brigades
d'infamnteric, et d'une partie du corps dartillerie,
pour les conduire à cette destination. Je laissai le
corps de Lausun avec Tartillerie de siége qui étoit
restée avec un détachement à Baltimore, au fond
de la Daie de Chesapeak, et je chargeai le duc de
Lausan du commandement de cette partiedu
françois qui resta en Amériqne, aux ordres du corps général Washington.
Audépart du corps françois de Crampont, pour
allarsembarquer à Boston, un capitaine de milices
américaines, chez qui javois logé dans ce camp,
eut avec moi un procédé qui caractérise la liberté
républicaine. Il étoit venu, la veille du départ, me
demander le paiement de quinze mille francs pour
le bois que la brigade du Soissonnois avoit brilé
dans son - camp. Je trouvai sa demande exagérée, et
jele renvoyai aui commissaire Villemanzy, chargé,
avec les arbitres da pays, de liquider et de
payer
comptant toutes les consommmationsdel l'armée dans
chaque camp. Au moment du départ, la générale
étant battne, et larmée sous les armes, un homme
fort regpectnonesapprocis de moi, et me dit qu'il
savoittous les services quej'avois rendusà
sonpays,
quilme respectoit, mais qu'il étoit obligé de faire
son devoir. il me signifia, en conséquence; un
pa-
res da pays, de liquider et de
payer
comptant toutes les consommmationsdel l'armée dans
chaque camp. Au moment du départ, la générale
étant battne, et larmée sous les armes, un homme
fort regpectnonesapprocis de moi, et me dit qu'il
savoittous les services quej'avois rendusà
sonpays,
quilme respectoit, mais qu'il étoit obligé de faire
son devoir. il me signifia, en conséquence; un
pa- --- Page 333 ---
DE ROCHANDEAU.
il me mit doucement la main sur Tépaupier; puis
son prisonnier.
le, en me disant qu'il me constitnoit
emJui répondis-je en riant,
Eh bien! monsieur,
votre excollènce,
menez-moi si vous pouvez. Non,
avoir
répondit le schérif; mais je vous prie, après
de me laisser faire ma retraite
fait mon devoir,
En continuant ma marche, j'entranquillement.
Villemanzy? à la maison de cet
voyai le commissaire) entourée de tous ses comAméricain, qu'il trouva
les plus
patriotes, qui lui faisoient les reproches
Ce' commissaire les écarta
vifs sur son procédé.
par letous, fit signer au capitaine un compromis,
rapportoit à une sentence arbitrale, qui
quel lilsen
lieu des quinze mille
le taxa à deux mille francs,au
et le
francs portés dans sa demande assermentée,
condanna à tous les dépens.
tout
dans sa marche traversa
Le corps françois
Trumbold et son
le Counccticut. Le gouverneur
invitoit tous
conseil firent une proclamation qui
obole
leurs. concitoyens à ne pas augmenter d'une
de denrées au passage du corps frantoute espèce
conformèrent si généçois. Tous les habitans s'y
avoit
chaque chambrée de soldats
reusement, que
les
toutes sortes de vià très-bas prix, tous
jours,
L'armée arvres à joindre à sa ration ordinaire.
où de nonveaux accidens arrivés
riva à Providence,
la forcèrent de s6àTescadre de M. de Vaudreuil --- Page 334 ---
MÉMOIRES
journer et de baraquer pendant tout le reste du
mois de novembre.
On n'a pas fait mention de la multitude d'adresses de toutes les villes et assemblées générales
des différens états de TAmérique
présentées au
général, dans lesquelles on trouve partout les assurances les plus expressives de leur reconnoissance envers la France. On fait les voeux les plus
ardens pour le succès de ses armes; on souhaite à
Tarmée une continuation des siens. Je me borne à
citer une seule de ces adresses. Unedépatation des
anciens cquakers de Philadelphie m'aborda, dans
toute la simplicité de son costume. ( Géné-
> ral, me dit le plus igé, ce n'est pas pour tes
> qualités militaires que nous venons te faire cette
> visite. Nous ne faisons nul cas des talens
> la guerre; mais tu es l'ami des hommes, pour et
> ton armée vit dans un ordre et une discipline
> parfaite. C'est ce qui inous amène à te rendre des
> respects >. Enfin l'armée s'embarqua à Boston,
dans les premiers jours de décembre, avec les bénédictions universelles de nos alliés dans les treize
états sans aucune exception. On peut affirmer une
preuve de la discipline incroyablede cette armée;
c'est que dans le cours de trois campagnes il n'y a
pas eu un coupd'épée, ni une rixe entre un soldatde
l'armée françoise et un soldat defarmécam@sicsine
Jc fus obligéde retourner sur mes pas, avec le
s'embarqua à Boston,
dans les premiers jours de décembre, avec les bénédictions universelles de nos alliés dans les treize
états sans aucune exception. On peut affirmer une
preuve de la discipline incroyablede cette armée;
c'est que dans le cours de trois campagnes il n'y a
pas eu un coupd'épée, ni une rixe entre un soldatde
l'armée françoise et un soldat defarmécam@sicsine
Jc fus obligéde retourner sur mes pas, avec le --- Page 335 ---
DE ROCHANBEAU.
M. de Belleville, M: de
chevalier de Chatelus,
et nos aides-de-camp,
Choisy, tout Tétat-major
destinée à
pour aller chercher la frégate quejavois étoit dans la baie de
en France. Elle
nous repasser
je n'avois pas voulu priver
Chesapeak, parce que
des siennes, où il étoit
M. de Vaudreuil d'aucune avoit embarquer
obligé d'entasser tout ce qual
pu
de Tarmée.
à
en Virginie, nous repassimes
En retournaut
Washington. Ce
New-Windsor chez le général
adieux, ct que
fut là que se firent nos plus tendres im'accompaje reçus, ainsi que tous les ofliciersqmi américaine, les assugnoient, de la part de Tarmée coufiatemitélenlle
Eomatnphsasimedue ordres de M.de CaLa Danaé, frégate aux maladresse du pilote
pellis, échoua encore par la
mais,
américain au même endroit que Aigle;
ses mâts et débarqué son argen',
après avoir coupé
il fut assez
et partie de ses canons,
ses dépéches la relever, et rentrer à Philadelheureux pour
du ministère de France annonphie. Les dépêches
sur tous les
la satisfaction de sa majesté
parçoient
françois avoit pris pour aller
tis que le général
de ses ordres. En passant
au-devant de Texéculion
lui remit
aPhiladelplie, le président du congrès
T'adresse et la résolution suivantes :
le
assemblés en congrès,
( Par les Etats-Unis
2 I.E janvier 1785.
relever, et rentrer à Philadelheureux pour
du ministère de France annonphie. Les dépêches
sur tous les
la satisfaction de sa majesté
parçoient
françois avoit pris pour aller
tis que le général
de ses ordres. En passant
au-devant de Texéculion
lui remit
aPhiladelplie, le président du congrès
T'adresse et la résolution suivantes :
le
assemblés en congrès,
( Par les Etats-Unis
2 I.E janvier 1785. --- Page 336 ---
MÉNOIRES
>Le. ministre plénipotentiaire de S.M.T.C.
> ayant conimuniqué, cau congrès, par le moyen du
) secrétaire des aflaires étrangéres,
décembre
>
le7
dernier, la résolution prise
d'embarquer l'armée
> SOuS les ordres du conte de
Rochambeau, et le
> 29 son embarquement ct son départ actuel, ainsi
> que l'intention de salmajesté de leur ordonner de
> revenir toutes les fois qu'il se
> objet
présenteroit un
pour lequel elle pourroit efficacement CO-
> opérer avec les troupes des États-Unis: : résolu
> que les secrétaire. pour les affaires
étrangères in-
)) formera le ministre de France
))
que, quoique le
congrès ne sauroit voir sans regret le
> dune armée à la bravoure de Jaquelle il départ
est si
> grandement redevable de la réduction des forces
) ennemies dans ce pays; il a néanmoins
de
> confiance dans l'attention de sa
trop
majesté aux in-
> térêts de Talliance,p pour ne pas être persuadéque
> l'ordre pourle départ de cette armée a été dicté
> par la conviction qu'elle pourroit être employée
) plus utilement ailleurs contre le commun enne-
) ni; que le congrès prie M. le ministre
> tentiaire de faire connoître à sa majesté plénipo- les
)) timens de gratitude dont il est
sen-
) attention à SCS intérêts
pénétré pour son
immédiats, manifestée
> par le secours important qu'elle lui a si
)
longtemps donné, et par sa détermination générense
) d'ordonner à ses troupes de revenir dans ce
pays,
ilement ailleurs contre le commun enne-
) ni; que le congrès prie M. le ministre
> tentiaire de faire connoître à sa majesté plénipo- les
)) timens de gratitude dont il est
sen-
) attention à SCS intérêts
pénétré pour son
immédiats, manifestée
> par le secours important qu'elle lui a si
)
longtemps donné, et par sa détermination générense
) d'ordonner à ses troupes de revenir dans ce
pays, --- Page 337 ---
DE ROCHASDEAU,
) tontes les fois que les circonstances permetavantageuse avec les ar-
> troient une coopération
désire, par
) mes des États-Unis; que le congrès
de M. le plénipotentinire, de recom-
> le moyen
le comte de
manière particulière
> manderd'une
ses ordres à la
> Rochambeau et Tarmée sous
raison
grande
) faveur de sa majesté, ayanit laplus
bonne
d'être satisfait de sa bravoure ct de sa
)
de la discipline exacte à la-
) conduite, ainsi.que
la parfaite har-
) quelle le congrès est redevabledel subsisté entre cette
> moniequi a si hereusement
etles soldats et citoyens des États-Unis.
> armée
du congrès fera les
) Résolu que le président
du congres d'une manière particu-
> remercimens
etlui fe-
> lièreà S. E.J le comte de Rochambeau,
sa haute estime pourles talens dis-
)) ra connoitre
déployés avec tant d'avantage pour
> tingués quila
ces états dans les conjonctures les plus impor-
>
raison de la discipline exacte et
> tantes, ainsi qu'à
parmi les
a brillé uniformément
) exemplaire qui
lui
à juste
sous ses ordres, et qui
acquis
> troupes Tadmiration et Testime des citoyens de ces
) titre
afconserveront à jamais un souvenir
) états,qui
et des égards
> fectionné de ses services signalés,
de délicatesse qu'il a eus en tout temps
> pleins
> pour leurs intérêts particuliers.
CHARLES THOMSON, Secrétaire >.
> Signé
'à
parmi les
a brillé uniformément
) exemplaire qui
lui
à juste
sous ses ordres, et qui
acquis
> troupes Tadmiration et Testime des citoyens de ces
) titre
afconserveront à jamais un souvenir
) états,qui
et des égards
> fectionné de ses services signalés,
de délicatesse qu'il a eus en tout temps
> pleins
> pour leurs intérêts particuliers.
CHARLES THOMSON, Secrétaire >.
> Signé --- Page 338 ---
MÉMOIRES
Ma marche rétrograde
à bord de la,
par terre pour me rendre
ignorée
frégate Tlmeraude, n'avoit pu être
par Tennemi.
séquence, sortir
L'amitalanglois fit, en conun vaisseau de ligne et deux frégates pour croiser à Tentrée des caps de la Chesapeak, et chercher à me faire
fus instruit; mais j'espérai
prisonnier. Jen
de la nuit, à la faveur
pouvoir sortirà T'entrée
éloigné les
d'une brise forte qui auroit
croiseurs. La frégate sortit des caps le
14janvier, par une brise fraiche du nord-ouest. A
peine avoit-elle débouqué, qu'elle
liene au large, un vaisseau
aperçut, à une
nord. On fit fausse
croiseur ayant le cap au
mit le
routeàlentréee dela nuit, et on
cap au sud. Dans l'instant lc vent fit
saute, et redevint nord-est. Une heure
une
vaisseau croiseur arriva
après, le
de bas-bord,
vent-arrière par la hanche
lui. Il
serrant notre frégate entre la côte et
se mit en travers pour lâcher sa bordée;
TEmeraude, après Tavoir reconnu
de ligne, ne put prendre
le
pour vaisseau
que parti de forcer de
voiles, en arrondissant la côte
Il se mit dans nos
pour ne] pas échouer.
lune, il
eaux, et favorisé par le clair de
nous appuya une chasse de trente heures,
pendant laquelle il gagna deux fois-la
àla
portée du canon. A la seconde fois, le frégate
molli, notre capitaine prit alors le seul vent ayant
restoit; il s'aliégea des mâts
parti quil fui
et vergucs de
ge, et de quelques canons des
rechangaillards : ce qui
dans nos
pour ne] pas échouer.
lune, il
eaux, et favorisé par le clair de
nous appuya une chasse de trente heures,
pendant laquelle il gagna deux fois-la
àla
portée du canon. A la seconde fois, le frégate
molli, notre capitaine prit alors le seul vent ayant
restoit; il s'aliégea des mâts
parti quil fui
et vergucs de
ge, et de quelques canons des
rechangaillards : ce qui --- Page 339 ---
DE ROCHANDEAU.
rendit la
de marche, et nous pernous
supériorité le vaisseau ennemi, après avoir
dimes enfin de vue
fait quatre-vingts lieues au sud.
nous fimes assaillis d'un ouragan
Le 16 au soir,
plus d'une fois
des plus violens qui fit regretter
les
de rechange : cependant
les mats et vergues
doubles cordages jusqu'à
mâts résistérent, aidés de
oi le tonnerre tomla hauteur du cap Finistère,
Ce même
bant à bord, brisal le petit mât dehune.
Tenla frégate jusqu'à
coup de vent accompagna où elle monilla heutrée de la rivière de Nantes,
sans avoir
rensement en traversant tous les brisans,
à bord. Nous apprimnes, à nopu obtenir un pilote de la signature de la paix.
tre arrivée, la nonvelle
sur-le-champ
Le général Rochambeau partit
Versailles, où le roi le reçut avec beaucoup
pour
il lui dit que c'étoit à lui et à la
de distinction ;
qu'il devoit la paix.
priseide Tarmée de Comwallis
lui demanda la permission de partager
Ce général
dont les malheurs, qui
cet éloge avec un homme lui étoient connus que
lui étoient arrivés depuis, ne
mais qu'il n'oublieroit japar les papiers publics;
de ne point oublier
mais, et prioit sa majesté
étoit
M. de Grasse, sur sa simple réquisition,
que
lui avoit demanarrivé avec tous les moyens qu'il
nous n'anrions pas
dés, et que, sans son concours, lui
surT'armée de Cornwallis. Le roi répliqua
pris
très-bien de toutes ses
le-champ quil se souvenoit
mais qu'il n'oublieroit japar les papiers publics;
de ne point oublier
mais, et prioit sa majesté
étoit
M. de Grasse, sur sa simple réquisition,
que
lui avoit demanarrivé avec tous les moyens qu'il
nous n'anrions pas
dés, et que, sans son concours, lui
surT'armée de Cornwallis. Le roi répliqua
pris
très-bien de toutes ses
le-champ quil se souvenoit --- Page 340 ---
NÉMOIRES
dépéches; quiln'oublieroit jamais les services que
M. de Grasse y avoit rendus concurremment avec
lui; que CC qai lui étoit arrivé depuis étoit une affaire qui restoit à juger. Il douna le lendemain, au
général Rochambeau, les entrées de sa chambre;
peu de temps après le cordon bleu au lieu du cordon rouge qu'il remit, et le commandement de
Picardie, qui vaqua, un an après, par la mort du
maréchal de Croi; mais ce qui le flatta le plus,
c'estquelon accorda toutes les grâces distinguées
qu'ildemanda pour les officiers généràux, particuliers, ct pour les soldats delarmée qui eurent trois
mois de paie d'Amérique en gratification. Le
baron de Viomenil fut fait lieutenant-générat.
MM. de La Fayette, de Choisy, de Béville; le
comte de Custine, le duc de Lausun, MM. de
Rostaing, d'Autichamp, furent faits maréchaux-decamp. MM. d'Aboville, Desandrouin,de La Valette, FEstrade, du Portail, du Muy, et le marquis
de Deus-Ponts, fuurent faits brigadiers. Tous les
colonels en second eurent des régimens;1 le vicomte de Rochanbeau fat fait chevalier de, SaintLouis, eti mestre-de-camp, commandantd.bordda
régiment de Saintonge, et peu de temps après de
celuide Royal-Auvergne.
Le général Rochambeau eut le malheur de
perdre sa mère trois mois avant son retour :
elle avoit vécu et terminé sa carrière comme une
le marquis
de Deus-Ponts, fuurent faits brigadiers. Tous les
colonels en second eurent des régimens;1 le vicomte de Rochanbeau fat fait chevalier de, SaintLouis, eti mestre-de-camp, commandantd.bordda
régiment de Saintonge, et peu de temps après de
celuide Royal-Auvergne.
Le général Rochambeau eut le malheur de
perdre sa mère trois mois avant son retour :
elle avoit vécu et terminé sa carrière comme une --- Page 341 ---
DE ROCHASEEAU,
femme dunrare mérite. La providence la retira de
ce monde, sans doute pour qu'elle ne fit
16moin des événemeus qui sonillèrent,
pas
après, le
peu d'aunées
Palsis-Royaly oi elle avoit un
ment et sa retraite. M. le duc de Penthièvre apparteme remplacer auprès delle,
voulut
pendant sa dernière
maladie, ct ne cessa de lui donner les soins les
tendres et les plus assidus jusqu'à Theure plus
mort. C'est un hommage
de Sa
doit consacrerà
que ma reconnoissance
toutes les vertusd'un
et si sensible.
prince sil bon
Cette paix si glorieuse et si intéressate
TAmérique, lui fat annoncée peu de
pour
Legéuéral Washington, à la tête d'une temps après.
il étoit dà près de
armée à qui
sept années des arrérages de
paie, ne fut pas peu embarrassé
sa
tion de la licencier
quand il
avec
futquesdes
papier. Il s'éleva dans son sein reconnoissances en
elle ne vouloit
une insurreetions
pas moins que se conserver en
d'armée et en forces
corps
eàt
jusqu'a ce que chaque état
liquidé sa juste dette. Leg général
conservant ce caractère noble et
Washington,
toujours fait la base de sa conduite, patriotique quia
prits aux sentimens de
ramena les esanimés dans le cours de la générosité qui les avoient
ser Tinstitution de la société révolution. II fit propode
perpétuer la mémoire de T'alliance Cincinmatus, pour
comme un lien éternel de leur
de la France,
I.
confraternité mu21
jusqu'a ce que chaque état
liquidé sa juste dette. Leg général
conservant ce caractère noble et
Washington,
toujours fait la base de sa conduite, patriotique quia
prits aux sentimens de
ramena les esanimés dans le cours de la générosité qui les avoient
ser Tinstitution de la société révolution. II fit propode
perpétuer la mémoire de T'alliance Cincinmatus, pour
comme un lien éternel de leur
de la France,
I.
confraternité mu21 --- Page 342 ---
MÉNOIRES
tuelle et la marque honorable de leurs
Enfin après avoir licencié
services.
de la vie militaire
son armée, il prit congé
tère de
par une lettre qui peint le caracce grand homme; et
sera
conservée. à la postérité dans a qui
certainement
La nouvelle de la
toutes les histoires.
paix n'arriva en Asie quel
temps après sa signature : le bailli de Suffren longcontinua une campagne maritime des
y
tes. Après
plus brillansêtreemparé de lile de
nant aux Hollandois, il sortoit Ceylan appartequemale, à toutes les
du port de Trinoccasions qu'il trouvoit
combattrel les flottes angloises. Ces combats pour
toujours glorieux pour la marine
furent
les troupes de
françoise; mais
terre, aux ordres de M. de
eurent autant de revers que de succès, et Bussy,
qu'une campagne très-indécise.
n'y firent
En terminant Tarticle de
un essai sur les moeurs, les TAmérique, je hasarde
religieuses, et les différences opinions des
politiques et
immense de
climats de ce pays
TAmérique septentrionale,
sous le nom des Etats-Unis. En
connu
les
distinguant d'abord
commerçans des agricoles, les
des villes maritimes de
habitansdes grandes habitations
ceux des petites villes ou
étonné
de lintérieur, on ne doit pas être
que les commerçans et ceux qui, dans ces
ports, avoient une rélation on des intérêts directs
avec le gonvernement
moins de zèle
anglois, aient lémoigné
pour la révolution que les agricoles.
-Unis. En
connu
les
distinguant d'abord
commerçans des agricoles, les
des villes maritimes de
habitansdes grandes habitations
ceux des petites villes ou
étonné
de lintérieur, on ne doit pas être
que les commerçans et ceux qui, dans ces
ports, avoient une rélation on des intérêts directs
avec le gonvernement
moins de zèle
anglois, aient lémoigné
pour la révolution que les agricoles. --- Page 343 ---
DE ROCHANDEAU.
déclara
dès Torigine de cette
Boston se
pourtaut,
états
la liberté et Tindépendauce; : Jes
guerre, pour
zèle
du nord secondèrent son
presquinaninieviolens des Anglois et des
ment. Les procédés
Hessois, leurs alliés, firent cheminer rapidenent
révolution du nord au sud. Ceux du nord,
cette
dont les fortunes sont
composés de propriéuires
nécessairemeut à
durent tendre
à peu près égales,
la démocratie;! ;les états du sud, comptantbcaucomp
au milieu de blancs moins
de grands propriétaires
visoient
de nègres,
aisés, et dune grande quantité
naturellement à Taristocratie. Tous cependant se
à déclarer la liberté,
réunirent très-promptemient de la mère-patrie, en
Tégalité et Tindépendance
les
un
conservant
graud respect pour
propriétés.
Tousl les cultesy furent également tolérés : les plus
setles
nombreux sont les anglicaus,les presbytériense
Les premiers, à cause de la suprématie
quakers.
reconnoissoient dans
du chef de leur église, qu'ils
Le
étoient les plus dangereux.
le roi d'Angleterte,
exclure, des assenbléescongrès commença par
sanis
politiques et civiles, tous les ccclésiastiques
Les ministres anglicans furent
aucune exception.
d'abandonforcés, dans beaucoup de communes,
ner leurs églises, et ce ne fut qu'à la paix que plusieurs d'entr'eux s'étant allés faire consacrer par
luthériens de Danemarck et de Suèdes évèques
dans leurs presbytède, parvinrent à se réintégrer
ure, des assenbléescongrès commença par
sanis
politiques et civiles, tous les ccclésiastiques
Les ministres anglicans furent
aucune exception.
d'abandonforcés, dans beaucoup de communes,
ner leurs églises, et ce ne fut qu'à la paix que plusieurs d'entr'eux s'étant allés faire consacrer par
luthériens de Danemarck et de Suèdes évèques
dans leurs presbytède, parvinrent à se réintégrer --- Page 344 ---
HÉMOIRES
res. Par ces précautions, la
rien dans les délibérations religion n'entra pour
fessa son culte avec exactitude politiques; chacun pro-
: la sanctification du
dimanchesy observoit
scrupulensement. On
serva au ministre du culte la
conles
première place dans
repas pablics; il bénissoit le repas; mais ses
prérogatives ne s'étendoient pas plus loin dans la
société, Cet exposé doit amener naturellement
moeurs simples et pures.
des
la plus
Lihospitalité est la vertu
libres généralement observée. Les filles y sont
jusqu'à leur mariage. Leur première
tion est de savoir si vous éles marié;
quesTêtes, leur conversation
et, si vous
tombe tout à plat. Il est
très-commmn qu'à Tâge de puberté, suivant leur
père et mère au temple, elles n'aient
fait choix d'une
pas encore
religion; elles disent
seront de la religion de leurs maris.
qu'elles
mariées, elles se livrent
Mais, une fois
entièrement à leur nonvel
état,etil est très-rare, surtout dans les
de trouver une femme dérangée. Les campagnes, enfans
sont
généralement tenus dans une grande propreté. Le
colon, dans son habitation, n'est ni un seigneur de
château, ni un fermier : c'est un propriétaire, dans
toute Tétendue du terme, ayant tout le
et vendant le surplus de ses récoltes nécessaire,
des vêtemens d'un
fin
pour acheter
drap
et propre, sans or ni
argent. Il en est de même de son mobilier;
grande propreté en fait tout le principal mérite: une
ans
sont
généralement tenus dans une grande propreté. Le
colon, dans son habitation, n'est ni un seigneur de
château, ni un fermier : c'est un propriétaire, dans
toute Tétendue du terme, ayant tout le
et vendant le surplus de ses récoltes nécessaire,
des vêtemens d'un
fin
pour acheter
drap
et propre, sans or ni
argent. Il en est de même de son mobilier;
grande propreté en fait tout le principal mérite: une --- Page 345 ---
DE ROCIANT BEA U.
sans
que lon parvient à cet
mais CC n'est pas
peine
état de colon.
de ces habiJe vais reprendre comme la plopart
formées et se forment encore tous
tations SC sont,
plus de terrains
les jours. Comme il y a beaucoup
les
à défricher qu'il n'y a de bras pour la culture,
fort
le moindre maouvriers y sont
recherchés;
se
de mon temps,
noeuvre ou journalier payoit,
1l
ou
livres dix sous par journéea
une piastre
cin
assidiment peudant
est ordinaire qu'ayant travaillé
six ans, le manceuvre ait gagné suffisamment pour
Ils commencent par mettre le
acheter un terrain.
feu à la forêt, ce quils appellent to clear ( pour
éclaircir) ). Il sème ensuite, entre les souches, toucroissent avec la plus
tes sortes de grains, qui
feuilles
abondance sur une conche de
grande et réduites en terreau végétal formée penpourries
nombre d'années. Il bâtit son
dant un très-grand
arbres
Tan
habitation avccles rondins de ces
placés
soutenus par des piquets. Il entoure
sur T'autre,
suivant leurs différentes
ses champs de barrières
d'ardestinations. Il a soin de laisser des bouquets
les
les fortes rosées et les arbres contre
pluies,
deurs du soleil, aux différentes sortes de bestiaux
liberté. Au bout
quiy passent les nuits en pleine
déde vingt O11 trente ans, lorsqu'il est parvenu à
soucher, et à rendre la terre ameublie, il songe à
construire une maison plus propre, en planches
,
suivant leurs différentes
ses champs de barrières
d'ardestinations. Il a soin de laisser des bouquets
les
les fortes rosées et les arbres contre
pluies,
deurs du soleil, aux différentes sortes de bestiaux
liberté. Au bout
quiy passent les nuits en pleine
déde vingt O11 trente ans, lorsqu'il est parvenu à
soucher, et à rendre la terre ameublie, il songe à
construire une maison plus propre, en planches --- Page 346 ---
MÉMOIRES
bien jointes, et travaillécs avec art. II y. entre
de fer, ct, par T'adresse des
peu
menuisiers, toutes les
fenêtres et toutes les portes y sont
closes. Enfin, après
parfaitement
vingt ou trentre ans
le luxe gagne la famille, et l'on bâut la encore,
maison de
brique : c'est le complément de leur architecture.
Elles ont toutes un vestibule
onvert, ou une espèce
d'avant-scène; un joli salon, où le bois,
Thiver, n'est pas épargné;la cuisine
pendant
famille
est à côté. La
se tient, toute la journée, dans le
y fait au moins quatre
salon; on
travail
repas, interrompus par un
modéré, et le petit negre est continuellement occupé à défaire ctà remettrele cotrvert. Les
chambres à coticher, avec des lits fort
sont au premier étage, dont les murailles propres 7
blanchics tous les ans. Dans les
sont reluxe a fait plus de
grandes villes,le
progrès : les riches commerçans, les banquiers,T'ont établi dans leurs menbles
anglois; les femmes dans les modes françoises, dont
elles sont fort curieuses.
Les états du nord ont à peu prés la même température qu'à Paris; ceux du milieu ont celle de
nos provinces méridionalés, et ceux da sud ont la
chaleur brilante des côtes de Barbarie: d'ou il résulte que lon vit vienx dans les états du nord,
moins long-temps dans les états du milieu, et
soixante ans on est absolument
qu'à
états du sud. Je parle des
décrépit dans Jes
plaines à trente licues de
fort curieuses.
Les états du nord ont à peu prés la même température qu'à Paris; ceux du milieu ont celle de
nos provinces méridionalés, et ceux da sud ont la
chaleur brilante des côtes de Barbarie: d'ou il résulte que lon vit vienx dans les états du nord,
moins long-temps dans les états du milieu, et
soixante ans on est absolument
qu'à
états du sud. Je parle des
décrépit dans Jes
plaines à trente licues de --- Page 347 ---
DE ROCHAXBEAV.
la mer; les différentes chaines de montagnes. quiy
ont, un air infiniment plus pur et
sont parallèles,
raréfiés La population, de mon temps, n'alloit
plus
trois millions d'âmes; elle augmente àilpas jusqua
circonscrit sous le noi des
nuellement; et le pays
cédés
Ltats-Unis, avec les arrondissemens qu'ont
les Anglois, par la paixde 1783, pourra comporter
de trente millions d'habitans sans se
un jour plus
géner.
de Portsmouth dans le New-HampLes ports
la baie de
shire, de Boston, de Rhode-Island,
Cliesapeak, sont les ports les plus fréquentés par
CenxdeNew-Yorck et de Charlamiarinemilitaire.
une barre et des forts,
les-Town sont couverts par
T'entrée qu'anx vaisseaux qui
qui n'en permettent
Cette côte a
peuvent salléger sous leur protection.
beaucoup de ports marchands très-favorables pour
le commerce maritime.
ressentirent
Leurs établissemens politiques se
d'abord de leurs anciennes moeurs et de leurs anciens usages. Ils établirent un gonivernenent fédéétat, composé de la chambre des
ral dans chaque
du
représentans, du sénat, du gouverneur ou
président. Ces trois suffrages réunis formoientlalois
le véto de Tun d'entr'eux la détruisoit : mais la
mauvaise des résolutions, fut celle qui étaplus Tunanimité des voeux des différens états, pour
blit
une résolution fixe. Ils ne
former, dans le congrès, --- Page 348 ---
SÉNOIRES
furent pas long-temps sans la corrigers ils sentirent
que chaque état, en s'isolant, s'éloignoit du bien
général, auquel doit tendre tout bon gouvernement; que nul état séparément ne pouvoit avoir aulcun poids dans le monde politique pour la protection de son commerce, et qu'ils ne pouvoient en
acquérir que par leur union. Ils se décidèrent à
former une loi qui prescrivoit que Topinion des
deux tiers des voix des députés des différens états
donneroient force à une résolution. Dès lors leur
congrès ligura entre les puissances, et ils ne tardèrent pas à sentir combien leur existence en étoit
fortifiée, puisque leur alliance fut recherchée, à
cctte époque, par toutes les puissances les plus
considérables de FEurope.
1 Le traité de paix de 1783 étoit aussi glorieux
pour la France que modéré dans ses avantages.
Elle n'avoit stipulé de grandes cessions qu'en faveur de ses alliés. La reconnoissance de TindépenI dance de PAmérique avoit diminué la puissance
réellede TAngleterre, et pofigiesementanguen
téla masse de ses dettes. Dans cet état de la politique de TEurope, la France avoit une prépondérance marquée dans tous les cabinets, etyjonoit le
premier rôle. Aprés avoir terminé par sa puissante
médiation le traité de paix particulier de la Hollande et de T'Angleterre, elle fit un traité d'alliance
défensive avec la première. Cebonheur ne futin-
puissance
réellede TAngleterre, et pofigiesementanguen
téla masse de ses dettes. Dans cet état de la politique de TEurope, la France avoit une prépondérance marquée dans tous les cabinets, etyjonoit le
premier rôle. Aprés avoir terminé par sa puissante
médiation le traité de paix particulier de la Hollande et de T'Angleterre, elle fit un traité d'alliance
défensive avec la première. Cebonheur ne futin- --- Page 349 ---
DE ROCHAXBEXU.
des prétentions de Tempereur
terrompu que par
la libre navigation
Joseph contre la Hollande, pour
sa méde TEscaut. La France arma, pour appuyer
des sacrifices de générodiation, et détermina, par
dont il lui
sité, la paix entre ces deux puissances,
étoit également important, pour sa tranquillité,
de conserver Talaprès une guerre dispendieuse,
liance.
deux mil- -
La guerre avoit coûté à TAngleterre coûté à la
liards cinq cent millions; ; elle n'avoit
France
douze cent cinquante millions, quoieût que servi de couverture à beaucomp d'autres
qu'elle Le bonheur de la France ne fut pas de
dépenses.
eut un ministre écolongue durée. L'Angleterre
M. Pitt
quiavoit la confiance de sa nation.
nome, toutes les dettes de la guerre; il enassura les
liquida
créances
des économiés et tdenonveanx impôts,
par
parce qu'on cn
dont on ne regrettoit pas lepoids, Le ministère
connoissoit Temploi et la nécessité.
de
des finanees fut livré, en France, à un home
trés-aimable; mais léger, quiles
beatcoupd'esprit,
Il avoitl le
considéra comme un fonds inépuisable.
de
travail le plus facile; mais il abusoit tellement
étoit rare qu'il refusât le dernier
ce talent, quil
préparerun rapport
quantdleureàs sonplaisir, pour
important; se laissant entrainer par des spéculations brillantes, il méprisoit les économies méthoce qui dloignoit de lai
diques de son prédécesseur,
léger, quiles
beatcoupd'esprit,
Il avoitl le
considéra comme un fonds inépuisable.
de
travail le plus facile; mais il abusoit tellement
étoit rare qu'il refusât le dernier
ce talent, quil
préparerun rapport
quantdleureàs sonplaisir, pour
important; se laissant entrainer par des spéculations brillantes, il méprisoit les économies méthoce qui dloignoit de lai
diques de son prédécesseur, --- Page 350 ---
MÉNOIRES
les banquiers
caleuilatenrs, et les principales têtes
qui soutenoient alors le crédit de la France. Il
obligé de se livrer, pour soutenir les fonds
fut
à des
publics,
intermédiaires, et à des manceuvres ruineuses
qui n'étoient pas propres à lui raméner la
de la nation.
confiance
Enfin, se trouvant à bout de tous ses
en. butteà à tous les parlemens,
moyens,
dont il avoit été
deptislscommision
de M. de La
chargé en Bretagne, dans l'affaire
Chalotais, M. de Calonne n'eut
dautre ressource que de mettre Tautorité
plus
la sienne dans le même
royale et
semblée de notables péril. Il convoria une asau mois de janvier
à laquelle il exposa ce trop fameux déficit 1787,
ça s'être accumuld
qu'il annonla
jusqu'à cent dix millions entre
recette et la dépense annuclle. Il
méme temps, des balances
offroit, en
une imposition
pour le remplir, dans
territoriale prisé sur les fruits de la
terre, un acte du timbre auquel il
@
tes les opérations de
assujétissoit toucommerce, et quelques autres
moyens fiscaix. Cette assemblée
qu'elle n'étoit revêtue
illégale, pnisdaucunjonvoirdel la
ne put que voir, ainsi que toute
nation,
TEurope, un mal
effrayant; ; mais n'eut aucune puissance
médier. Elle ne
pour y revices de
put que découvrir au roi tous les
Tadministration, et quoiqué nommée
son ministre, ellc demanda et obtint du roi de par lui
retirer sa confiance.
, et quelques autres
moyens fiscaix. Cette assemblée
qu'elle n'étoit revêtue
illégale, pnisdaucunjonvoirdel la
ne put que voir, ainsi que toute
nation,
TEurope, un mal
effrayant; ; mais n'eut aucune puissance
médier. Elle ne
pour y revices de
put que découvrir au roi tous les
Tadministration, et quoiqué nommée
son ministre, ellc demanda et obtint du roi de par lui
retirer sa confiance. --- Page 351 ---
DE ROCHASEEAU.
Ce malheureux déficit, connu des phissances
fut la source de nos troubles intérieurs
étrangères,
à Textérieur. La Holet de nos humiliations
deux factions
lande avoit toujours élé divisée en
été
Le traité fait tavec la France n'avoit
puissantes: la majorité ét non à Tunanimité des
ratifié qu'à
àvoit la majorité dans qualre
états. Lel stathouder
qui
états, dont il aut détacher la ville d'Utrecht,
Les états de Gros'étoit livrée au parti patriotique.
soutenoient
ningue, d'Overyssel et de Hollande,
donet la ville d'Amsterdam lui
ce demier parti,
Cependant le
noit une grande prépondérauce.
stathouder avoit, dans ces mêmes états patriotes,
lanciènne magistrature, une partie du
la noblesse,
étoient attachées. Le
militaire et du peuple qiini
la bourparti paitriote n'étoit donc soutenu que par celle
démocratique des villes, et surtont par
geoisie
Elle avoit forcé le stathouder en lui
d'Amsterdam.
restreignant
ôtant le commandement de La Haye,
d'autres égarels, dé sen
son pouvoir à beaicoup dans létat de Gueldres.
éloigner, et de se réfugier
On avoit proposé des conférences; unenégociation la
avoit été entance, sans sticcès, en 1786, sous
médiation de la France et de la Prusse, dont le résultat fut que ces deux puissances les abandonnérent à leurs forces respectives, et déclarèrent conjointement qu'elles ne souffriroient pas qu'aneune
étrangere intervint dans leurs affaires inprissance
oup dans létat de Gueldres.
éloigner, et de se réfugier
On avoit proposé des conférences; unenégociation la
avoit été entance, sans sticcès, en 1786, sous
médiation de la France et de la Prusse, dont le résultat fut que ces deux puissances les abandonnérent à leurs forces respectives, et déclarèrent conjointement qu'elles ne souffriroient pas qu'aneune
étrangere intervint dans leurs affaires inprissance --- Page 352 ---
MÉNOIRES
térieures. Tel étoit l'état de la Hollande au moment oùt M. de Calonne présenta le bilan de la'
France aux yeux de toute TEurope, et oû le
grand Frédéric termina sa glorieuse carrière.
. L'Angleterre ne manqua pas de profiter de
notre situation pour recouvrer' son influence en
Hollande. Elle se servit du pouvoir de la princesse
d'Orange sur T'esprit du nouyeau roi de Prusse,
son frère. Le dernier prit, avec beaucoup de hauteur, les intérêts du prince d'Orange. Le roi d' An-:
gleterre, en congédiant son parlement, lui annonça que les affaires de Hollande devenoient si sérieuses, qu'elles alloient exiger toute son attention
immédiate. Si, à cette époque, on eût envoyé, dès
l'ouverture du printemps, à cette république,
douze mille François à joindreàs ses propres troupes, il est probable que la Hollande étoit sauvée, et
que son parti patriotique auroit repris vigueur et
toute sa prépondérance; mais, dans létat mnalheureux de nos finances, on ne fit que de foibles.
démonstrations, et l'on n'osa faire aucune démarche vigoureuse et réelle. Je partis pour mon
conimandement au mois d'avril, pour faire mon
service ordinaire. J'y reçus, peu après mou arrivée à Calais, un volume de lettres dolliciers-généraux, de colonels, d'aides-de-camp, qui demandoient à servirau camp que l'on disoit se formerà
Givet, sous mes ordres, et enfin une lettre dui mi-
fit que de foibles.
démonstrations, et l'on n'osa faire aucune démarche vigoureuse et réelle. Je partis pour mon
conimandement au mois d'avril, pour faire mon
service ordinaire. J'y reçus, peu après mou arrivée à Calais, un volume de lettres dolliciers-généraux, de colonels, d'aides-de-camp, qui demandoient à servirau camp que l'on disoit se formerà
Givet, sous mes ordres, et enfin une lettre dui mi- --- Page 353 ---
U.
DE ROCHAMBEAT
m'ordonnoit de me tenir prétamarcher
nistre, qui
avis; mais de ne faire d'équipages que
au premier
courrier. Environ
quand je recevrois un nouveau
les mêdeux mille hommes de troupes reçurent
ordres dans le mois de juin. M. Desterhazy fut
mes
à Givet. Pendant
chargé d'aller marquer un camp
courrier
quejsttendis, T'espace de quatre mois, un
n'est jamais venu, le roi de Prusse fit d'abord
qui
rassemblerdorze mille hommes de ses troupes près
Wescl, aux ordres du général Gaudy. Le stathouhollandoises, resserra dans
der, à la tête des troupes
du RhinUtrecht les patriotes qui, 'sous les ordres
sembloient vouloir faire la résisgrave de Salm,
d'Orange se
tance la plus vigoureuse. La princesse
sur le chemin de La Haye, où le peuple
présenta
contre ses régens. Elle
Tattendoit pour se sonlever
elle réclafut arrêtée parlestroupes républicaines;
irrita Tesprit du roi, son
ma contre cette insulte,
frère,qui fit marcher un nouveau corps de troupes
ordres du duc de Brunswick. II réunit vingtaux mille Prussiens à douze mille Hollandois
quatre
du stathouder; il envoya, vers la fin
des troupes
du
de Givet. Ses
d'août, savoir des nouvelles camp
aides-de-camp ne trouvèrent que des jalons, un
malheureux lieutenant du roi, avec une garnison
de deux bataillons; il abrégea les négociations du
ministre de Prusse à La Haye, et déclara que si,
dans quatrejours, on n'avoitpas faitles satisfactions
mille Hollandois
quatre
du stathouder; il envoya, vers la fin
des troupes
du
de Givet. Ses
d'août, savoir des nouvelles camp
aides-de-camp ne trouvèrent que des jalons, un
malheureux lieutenant du roi, avec une garnison
de deux bataillons; il abrégea les négociations du
ministre de Prusse à La Haye, et déclara que si,
dans quatrejours, on n'avoitpas faitles satisfactions --- Page 354 ---
NÉNTOIRES
les plus authentiques à la princesse
lon n'avoit. pas rétabli le
d'Orange, si
tous ses titres,
prince d'Orange dans
dignités, pouvoir et
et si on ne lui avoit pas rendu le prééminence,
de La Haye, il entreroit
commandement
lande. Les
avec son armée en Holquatre jours n'étoient pas écoulés,
entra sur trois colonnes, avec toutes
qu'il
la réquisition du
ses troupes, à
prince d'Orange, et de l'état de.
Gueldres, sur le territoire de la république. Le
Jandgrave de Salm abandonna lâchement la ville
d'Utrecht, avant que T'armée prussienney y fut rassemblée. La Hollande fat envahie
presqu'aussitôr
qu'attaquée, On reprocha aux troupes
des actes de cruauté; d'autres les
prassiennes
troupes du stathouder, excitées attribuèrent aux
et par les haines
parlesprit de parti
particulières.
La France fit alors une déclaration
à l'Angleterre qui, liée d'intérêt
menaçante
avec la Prusse
pour reprendre sa prépondérance en Hollande,
avoita alimenté tous ces troubles.
pondit à cette
L'Angleterre rédéclaration,ep armant par terre et
par mer dans toutes ses possessions, même en Allemague, chez tous ses alliés daus TEmpire. L'enpereur étoit alors au moment de faire
Flandre un corps de trente mille hommes, passer en
forcer à T'obéissance les états de
pour
Brabant, et terminer par un coup de vigueur toute leur résistance.
Toutes ses troupes s'arrêtoicnt sur les frontières
é tous ces troubles.
pondit à cette
L'Angleterre rédéclaration,ep armant par terre et
par mer dans toutes ses possessions, même en Allemague, chez tous ses alliés daus TEmpire. L'enpereur étoit alors au moment de faire
Flandre un corps de trente mille hommes, passer en
forcer à T'obéissance les états de
pour
Brabant, et terminer par un coup de vigueur toute leur résistance.
Toutes ses troupes s'arrêtoicnt sur les frontières --- Page 355 ---
DE ROCHANBEAU.
étoit dans Tinquiétude
de Bavière, et TEurope
les
qu'il ne renouvelit son projet favori d'échanger
états de Félecteur de Bavière contre les Pays-Bas,
la
lorsquil s'alluma un volcan en Turquie, auquel
politique de la plupart des puissances européens'attendoit pas. L'empereur. avoit accomnes ne
de Russie dans un voyage en
pagué Timpératrice fortinquiété la Porte ottomane.
Crimée, quiavoit
appuyées de
Quelques demandes extraordiunires, alarmèrent le dileur présence sur les frontières, consulta le mivan. On assure que le grand-visir
nistre d' TAngleterre, qui avoit sul par ses intrigues
le ministre de France dans la confiance
supplanter cour. Il lui
TEurope embraséedans
de cette
peignit
attiroit toute l'atla guerre de Hollande; qu'elle
la
tention de Tempereur, allié de la France;que
des finances de cette dernière la rendoit
mullité
Timpératrice de Russie étoit
peu redontable; que
n'avoit pas de
épnisée dargent; que Tempereur
la
qu'il avoit porté plus
quoi faire une campagne;
la frontière de la
grande partiede son armée sur
Bavière: enfin, il excita si bien le divan à prendre
fut déclarée à la Russie,
les avances, quela guerre
et son ministrefut mis aux SepeTburs,aumoment
des cabinels de FEurope sy attenoù la plupart
doient le moins. De nouvelles combinsisons,de
mouvemens suivirent nécessairement
nouveaux
L'empereur. fit
une démarche aussi imprévue.
;
la frontière de la
grande partiede son armée sur
Bavière: enfin, il excita si bien le divan à prendre
fut déclarée à la Russie,
les avances, quela guerre
et son ministrefut mis aux SepeTburs,aumoment
des cabinels de FEurope sy attenoù la plupart
doient le moins. De nouvelles combinsisons,de
mouvemens suivirent nécessairement
nouveaux
L'empereur. fit
une démarche aussi imprévue. --- Page 356 ---
NÉMOIRES
contreamarcher ses armées; il les porta sur la frontière de Tarquie, abandonna
tous ses autres
jeis, et déclara que, comme allié de la
provouloit la sontenir de toute
Russie, il
ce, divisée dans
sa puissance. La Franson intérieur par Texil de ses
lemens,qui se refusérent à
pardont la plupart avoient
enregistrer les édits,
des
été présentés à Tassemblée
notables, fit une première montre de
en faisant armer par terre et
viguetr,
ment
par mer. Henreusepour elle, TEspagne, son alliée, fit des démonstrations encore plus vigonreuses.
terre, qui avoit
L'Anglede la
rempli son objet par la soumission
Hollande, se rapprocha par des
et offrit dedésarmer, si la France négociations,
ner le parti qu'elle avoit en Hollande vouloitabandonheureux sort. La
à son malcrifice aussi
tranquillité fut rétablie par un sala fin de humiliant. Telle fut, pour ma patrie,
l'année 1787.
Au milien de tous ces troubles,
courrier du nouveaur
je reçns un
ministre,M.de Brienne:ilme
proposoit d'être le premier membre d'un
de la guerre qu'il alloit établir
conseil
Je refusai cette
sous: sa présidence.
nouveaux
place, parce que je n'y vis que de
moyens suscités par quelques ambitienx,
pour tourmenter encoren notre élat militaire. Je
rendis à Tassemblée
me
provinciale d'Orléms, où mes
concitoyens m'avoient élu pour être député de la
nobiesse. Je m'y trouvai
par mon âge à la tête de
de la guerre qu'il alloit établir
conseil
Je refusai cette
sous: sa présidence.
nouveaux
place, parce que je n'y vis que de
moyens suscités par quelques ambitienx,
pour tourmenter encoren notre élat militaire. Je
rendis à Tassemblée
me
provinciale d'Orléms, où mes
concitoyens m'avoient élu pour être député de la
nobiesse. Je m'y trouvai
par mon âge à la tête de --- Page 357 ---
DE ROCIANPEAU.
de cet ordre. Cette assemblée
les petits intérêts
se passa fort bien, et
céder
particuliers ne tardérent
à
aul bien général de la province. Le due pas de
Lnxembonng 3y présidoit par ordre du roi. Le
réchal de Levis,
maP'Artois,
gouverneur et commandant de
mourut pendant cette assemblée. Le
nistre de la guerre m'offrit le
miT'Artois, en
gouvernement de
cotiséquence de la
voit été faite, après la
promesse qui m'ade
prised'Yorck et de T'armée
Cornwallis, du premier gouvernement de
vince vacant. Il y avoit une finance de
promille écus à rembourser;
cinquante
étoient les
qui, dans le trouble où
affaires, ne me parurent pas faciles à
trouver : je le refusai par cette raison. On
na au duc de Guines, à la
le donfonctions
charge de n'en faire les
que pour la tenue des états
et Ton réunit l'Artois à
seulement,
Picardie, dont il n'avoit mon été commandement de
sous le maréchal de
séparé autrefois que
plus beaux
Levis; ce qui le rendit un des
commandemens militaires de
Le ministère de M. de Brienne;
France.
Tonlouse, puis de
archevèque de
brillant, ni de
Sens, et cardinal, ne fut ni
longue durée. Débarrassé
guerre étrangère, qu'il
dune
sidération
esquiva, en perdant sa conpolitique, il voulut remonter
rité royale;il il essaya de faire un
Tautotne séance
gros emprunt dans
royale par un enregistrement forcé. Il
annonça les éiats-généraux
I.
pour 1791, et se flatta
--- Page 358 ---
MÉNOTRES
il auroit, soit de gré,
que jusqu'à cette époque dans toute la plénitude
soit de force, rétabli le roi
à
Iltint un trop fameux lit de justice
du pouvoir.
furent réduits à leurs
Versailles, où les parlemens
et restreints dans leurs resfonctions judiciaires, Tautorité nationale dans une
sorts; il réunit toute
seuls membres de la
cour pléniére, composée des
des députés des parlemens de progrand'chambre,
nommés par le roi. Le
vince, et de courtisans
dans les termes les
garde-des-sccaux le fit parler
dans
plus absolus. Le public ne. reconnut plus
avoit défendu
M. de Lamoignon ce magistrat qui
tant de
les droits de sa compagnie,
avec
vigueur
M.de Maupeou:
lorsqu'ils avoient été attaqués par
de
parut avoir changé éde prinen changeant siége,ilt ainsi
tous ceux decette
cipes.llétoit cependant,
que
Il fut si
famille, honnête homme et bon François.
ténébreux qui commençoient à
frappé des orages
de notre intérieur,
s'élever sur Thorizon politique
donna une mort volontaire peu après sa requilse
traite dans sa terre de Bâville.
versatile
L'archevèque, léger dans ses' projets,
employa tour à tour la force
dans leur exécution,
succès. Les troubles
etla ruse, mais toujours sans dans le Béarn; un
en Bretagne, en Dauphiné,
monvementdans' les trospes.psinanqseieat
grand
avoient de marcher
hautement le regret qu'elles
le
contre leurs concitoyens; la perte de confiance,
ilse
traite dans sa terre de Bâville.
versatile
L'archevèque, léger dans ses' projets,
employa tour à tour la force
dans leur exécution,
succès. Les troubles
etla ruse, mais toujours sans dans le Béarn; un
en Bretagne, en Dauphiné,
monvementdans' les trospes.psinanqseieat
grand
avoient de marcher
hautement le regret qu'elles
le
contre leurs concitoyens; la perte de confiance, --- Page 359 ---
DE ROCHAMBEAU.
erédit ancanti, une espèce de
55g
payant plus que trois
banqueroute, en ne
cinquièmes en argent et deux
cinquièmos en papier; les troubles que cetarrêtdn
conseil excita dans Paris, qui jusque-là étoit resté
tranquille; tous CCS événemens accumulés
tirent le premier ministrequil étoit
averner sa démission. Il
temps de donM.Necker
proposa au roi de rappeler
àladministration des finances.
nier trouva dans le trésor
Cc. derfrancs
royal cinq cent mille
pour faire face à toutes les
de
l'état.
dépenses
Jei ne tardai pas, après le famcux lit de
d'allerdans mon commandement.
justice,
reux pour n'ayoir ni
J'étoisa assez heuparlement, ni chambre des
comptes, ni cour des aides à combattre, Je
tai de cet instant de calme
profidouze
pour faire un voyage de
jours en Angleterre. Un congé.si court
ne put que me permettre de voir Londres,
campagnes et Portsmonth. Je fis
ses
dernier port parl'amiral
reçu dans ce
la guerre à bord
Hood, avec, quijavois fait
plus
opposé, Il my accueillit avec la
grande distinction, tous les honneurs
taires, et salut de canon sur tous les
milime laissa voir toutes les
vaisseaux. n
fortifications de
mouth, avec lai même
Portsficilitéque
ser en revue celles de Calais.
jaurois et à passité le chemin
Jy suivis avec curioque je devois tenir, à la tête des
grenadiers de T'armée françoise, dans la descente
is fait
plus
opposé, Il my accueillit avec la
grande distinction, tous les honneurs
taires, et salut de canon sur tous les
milime laissa voir toutes les
vaisseaux. n
fortifications de
mouth, avec lai même
Portsficilitéque
ser en revue celles de Calais.
jaurois et à passité le chemin
Jy suivis avec curioque je devois tenir, à la tête des
grenadiers de T'armée françoise, dans la descente --- Page 360 ---
NÉMOIRES
nous y devions faire en 1779- Je reconnus
que toute la vérité de la reconnoissance qu'avoient
faite à cette époque MM. de Paradis et Bertois,
Rnumsneodoediudephue SIM.dOrvilliesawoit
savoir qu'il avoit laissé derrière lui Y'amiral
pu
hors de la Manche; si, sans s'arrêter devant
Hardly Plimouth, il ett fait voile tout de suite vers Portsmouth, ils'emparoit de la rade du Spithead, nous
faisoit débarquer, et nous aurions sans difficulté
brûlé tous les chantiers et magasins de la marine
de Portsmouth, qui n'étoient alors couverts que
de légères fortifications de terre, et gardés par
par bataillons. L'ennemi a depuis éventé notre
deux
anssitôt
la paix, les
projet;il a fait étendre,
après
fortifications de Portsmouth et celles du faubourg
envelopper tousses arsenaux; 5
de Common, pour
à la
il a fait construire un fort tres-considérable
de Camberland, où avec Tavant-garde je
pointe
en a fait élever un pareil avec
devois débarquer;il
de canon à la
une batterie de einquante pièces
la rade de
pointe de Gosport, qui prolonge toute
néenfin il a entrepris tous les ouvrages
Spitheaths
d' un pareil
cessaires pour" 'parer ati renouvellement diversions'
projet, sil n'est pas soutenu pard'autres
sur les autres parties de cette côte.
pnissantes
Calais, je me rendis au camp'
A mon retonrà
de
aux ordres de M. le prince
de Saint-Omer,
de conCondé. Ce prince me donna beacoup
pièces
la rade de
pointe de Gosport, qui prolonge toute
néenfin il a entrepris tous les ouvrages
Spitheaths
d' un pareil
cessaires pour" 'parer ati renouvellement diversions'
projet, sil n'est pas soutenu pard'autres
sur les autres parties de cette côte.
pnissantes
Calais, je me rendis au camp'
A mon retonrà
de
aux ordres de M. le prince
de Saint-Omer,
de conCondé. Ce prince me donna beacoup --- Page 361 ---
DE ROCHAMAEAE,
fiance : il ayoit antour de lui de bons
militaires qui n'étoient
ct anciens
point du tout tacticiens,ct
beaucoup pdejeunes tacticiens quinavoient
expérience:nons tichimes de les raccorder. aucune Il se
au campdes tours de force qui surprirent les
ft
gers. Un changement universel dans
étran
tion militaire, une charge d'ordonnances Tadministravoientà chaque
qui arri-.
poste, par la production surabondantedu conseil de la guerre; rien ne
le zèle et Tardeur du soldat
put arrêter
exécuté avec une
françois : tout y fat
précision àlaquelle on ne devoit
pas sattendre, par. le peu de temps
les troupes pour s'instruire de
qu'avoient cu
A mon retour à Paris; ces nouveantés.
je reçus l'ordre du roi
pour mer rendre à Versailles à la seconde
des notables. Elle fat
assemblée
bres de la
composée de tous les mempremière : on ne fit queremplacer
quiy manquoient. Je me trouvai du nombre ceux
remplacans et du bureau de Monsieur,
des
roi. Cette assemblée étoit
frère du
nombre
composée I. d'an petit
d'archevéques et dévèques, à
il
aisé de prévoir que T'ordre du
qui fiut
blenent
clergé seroit
sacrifié à combler le
probade Tétat.
déficit et les besoins
Accoutumés à gouverner leur ordre, à
Tintrigue de leurs assemblées
n'eurent pasde
à
particulières, ils
rité
peine se réunir une grande
pour s'opposer à tous les
de
majoIls tendirent
plans M.Necker.
toujours à donner aux étatsngénéraux
'ordre du
qui fiut
blenent
clergé seroit
sacrifié à combler le
probade Tétat.
déficit et les besoins
Accoutumés à gouverner leur ordre, à
Tintrigue de leurs assemblées
n'eurent pasde
à
particulières, ils
rité
peine se réunir une grande
pour s'opposer à tous les
de
majoIls tendirent
plans M.Necker.
toujours à donner aux étatsngénéraux --- Page 362 ---
MÉNOIRES
les mêmes formes qui avoient été obserde1789
la même force,
vées en 1614, pour y reprendre
le même ascendant qu'ils avoient eus à cette épofat la différence des temps. Ils ouque, quelle que Tassemblée des notables de Yannée
blioient qu'à
avoit été acprécédente, la double représentation
cordée aul tiers-état dans toutes les assembléesproet qu'il étoit de la dervinciales avec unanimité,
de préteudre retirer à vingtnière imprndence
dont ils
millions d'hommes une prérogative
quatre
une loi toute réétoient en pleine jouissance par
de
cente. Je me trouvai un jour avec Tévèque de
Blois, qui sontenoit à peu près comme article
tiers des états de 1614.
foi la représentation par
sont à ceux de
Les états de 1614, lui répoudis-je:
de
comme les États-Unis d'Amérique, 2 lors
1789,
étoient à la première assemblée
leur révolution,
les
ont fait
de leurs paisibles fondateurs : Anglois
irremédiable; gardons-nous de les imiune faute
de Philadelter. 1 n'est pas question, me dit-il,
fait des
Croyez-vous que, si le tiers-état a
phic.
les antres ordres
progrès deptis cette époque,
dans la
lumières et en phissance
n'ont pas gagnéen
lui répliquat-je; ceux-ci
même proportion? Non,
l'autre
ont tout perdu dans la proportion de ce que
les trois quarts de ses reag gagné. L'église a perdu
la noblese
liques et de son crédit sur le peuple;
ses châteaux ni ses forteresses, un simnple
n'a plus
phic.
les antres ordres
progrès deptis cette époque,
dans la
lumières et en phissance
n'ont pas gagnéen
lui répliquat-je; ceux-ci
même proportion? Non,
l'autre
ont tout perdu dans la proportion de ce que
les trois quarts de ses reag gagné. L'église a perdu
la noblese
liques et de son crédit sur le peuple;
ses châteaux ni ses forteresses, un simnple
n'a plus --- Page 363 ---
DE ROCHAXREAY.
entre de plai pied chez
cavalier de maréchanssée
résistance. Le tiers-état a gagné depuis
lui et sans
maritime, des manucctte époque un commerce
de lumië- A
factures qui in'existoieut pas, une masse
la liberté qu'il faudroit diriger,
res et d'amour pour toutes ses lisières, avec une
et qui lui fera arracher
fausse. politique
violence irritée par celle qu'une
emploiera pour sy opposer.
Tassomblée des
Le second ordre qui composa Plusieurs dennotables, étoit celui de la noblesse.
inde grâces abusives et courtisans
tr'eux, chargés
faire aucun sacrifice; mais la
téressés, ne vouloient
ordre renonçoit loyaleplus grande partie de cet
étoient
et ils
ment tà tous les priviléges pécuniaires, leurs droits hoégalement déterminés à défendre
de toutes leurs forces.
norifiques
ordre étoit composé de toute la 1
Le troisième
de toutes les cours souverairobe et des présidens
comme la nones. Ceux-ci pensoient, cn général,
les priviléges pécuniaires , mais ne
blesse pour
inquiétudes,
voyoient pas, sans les plus grandes ayoient tant
Tapproche des états-généraux, qu'ils
la suspension du crédit déleur corps,
provoqués;
total. Cet esprit
etprévoyoient son anéantissement
encorc. leur résistance et leurs
de corps augmentoit
intrigues.
ordre, le tiers-état y étoit
Quant au quatrième
les maires des villes. Lal plopart prireprésentépar
, mais ne
blesse pour
inquiétudes,
voyoient pas, sans les plus grandes ayoient tant
Tapproche des états-généraux, qu'ils
la suspension du crédit déleur corps,
provoqués;
total. Cet esprit
etprévoyoient son anéantissement
encorc. leur résistance et leurs
de corps augmentoit
intrigues.
ordre, le tiers-état y étoit
Quant au quatrième
les maires des villes. Lal plopart prireprésentépar --- Page 364 ---
MÉNOTRES
vilégiés par Tachat de leurs charges, avoient des intérêts personnels quiles attachoient à la
mais la crainte de la défàveur dans leur noblesse; cité
choit le voeu de la plus grande partie à Tintérêt attacommunes.
des
D'après la composition de cette asseniblée de
notables, on vit, sans surprise, une grande majorité
adopter toutes les formes de
sentation du
1614, pour la reprétiers, et une petite minorité
double représentation; le bureau de
pour sa
un de ceux oùt cette
Monsieur fut
opinion fut partagée, et, où la
majorité, en faveurde.ce dernieravis, fut de treize
contre douze.Je fus du nombre des treize;
motifs furent
nos
deMonsieur, iniprimes, et rédigés sous les yeux
par Tarchevèque de
fut dans la minorité de. son ordre Narbonne, qui
M. Necker, à la fin de cette
pour cet avis.
dre au roi un parti qui irrita assemblée, fit prenrité des notables, celui de violemment la majostivre-lavis de la minorité, eti d'outrer cette
les letures
opinion, en appelant, dans
deconvocation du clergé, ,7me telle
tité de curés et de simples tonsurés,
quandes évéquedy fit
gne la voix
tièrement
étouflée: ce qui fit pencher enla balance, et donna aux communes une
grande prépondérance, Cette conduite éloit, disoit-on, d'une politique
quoi a-t-il assemblé les notables tris-inconséquente. Pourleurs avis? S'il vouloit
pour ne pas suivre
que le parti démocratique --- Page 365 ---
DE ROCRAXBEAU.
dominit dans les états-généraux, pourquoi a-t-il
perdu six mnois à demander conseilà une assemblée
prdininaire, dont la composition ne pouvoit pas
lui donner un autre résultat?
avoit fait 1
Quoi qu'il en soit, Topinion publique
si
en faveurdes communes, quil
un chemins rapide
avoient déjà
provinces
cst certain que beancoupde
du tierspris le parti de doubler la représentation
autres délibéroient si elle ne
état; et que plusieurs
devoit
être portéc tont desuite à la proportion
pas
d'ou il seroit résulié une conde leur population,
de calculer les suifusion, dont il étoitimpossible
double des comtes; ensorte quela représentation
forcé
munes fut en efict mn parti mitoyen, et
par
la nécessité des circonstances.
J'eus, ainsi que tous les commandans de proT'ordre de m'y rendre pour maintenir le
vinces,
tout le temps des élections.
bon ordre pendant
commandeToutes celles des provinces de mon
Elles ne
ment se passèrent assez, tranquillement.
furent troublées que par quelques insurrections
la cherté des grains y occasionnoit. Il y en eut
que
même temps à Amiens, à Abbeville, à
presqu'en
de brigands dans les enviArras, et une irruption
de
Je fis marcherdes troupes,
rons Saint-Quentin.
moi-mème dans ces trois premières
je me portai
places, et Tordrey fut rétabli.
de
Cest icil le lieu de parler du commencement
ment se passèrent assez, tranquillement.
furent troublées que par quelques insurrections
la cherté des grains y occasionnoit. Il y en eut
que
même temps à Amiens, à Abbeville, à
presqu'en
de brigands dans les enviArras, et une irruption
de
Je fis marcherdes troupes,
rons Saint-Quentin.
moi-mème dans ces trois premières
je me portai
places, et Tordrey fut rétabli.
de
Cest icil le lieu de parler du commencement --- Page 366 ---
MÉNOIRES
Tinsurroction des troupes.
aux arrêts du parlement, L'époque en remonte
rérent infame
qui, un an avant, déclatout militaire qui
tre des citoyens. Je crois
marcheroit conde Bretagne
que ce fut le parlement
qui rendit le premier arrêt de cette
espéée; ce qu'il y a de certain, c'est que, dès le
camp de Saint-Omer, SOuS le ministère de T'archevèque de Sens, il y eut une coalition dans les
mens, pour refuser de
I'on
régitroupes
marcherysi
en tiroit des
pour aller en Bretagne. Je pris le
dans toutes cesi insurrections
parti,
donner les
populaires, de subortroupes à la réquisition des ofliciers
municipaux et de police; j'engageai ceux-ci à
assidus aux marchés, et fermes dans Jeurs être
en les menaçant de les dénoncer
postes,
aux
raux, s'ils se négligeoient dans leurs élats-généToutes les
fonctions.
troupes, aul moyen de ces
se montrèrent avec beaucoupde
précautions,
tes les circonstances
fermetédans touquilesigérent.
Tout étoit alors si tranquille dans
mandement, que je fis un second
mon comgleterre, sur des instances
voyage en Anréitérées de notre ambassadeur, et avec Tapprobation du ministre: Le
marquis de la Luzerne avoit reçu T'ordre de
cour, de donner une grande fête
la
notre
cence du roi d'
pour convalesAngleterre. Ce prince avoit été,
pendant plusieurs mois, dans un état de démence
absoluc. Tontes les
intrigues qui en furent la stite,
mandement, que je fis un second
mon comgleterre, sur des instances
voyage en Anréitérées de notre ambassadeur, et avec Tapprobation du ministre: Le
marquis de la Luzerne avoit reçu T'ordre de
cour, de donner une grande fête
la
notre
cence du roi d'
pour convalesAngleterre. Ce prince avoit été,
pendant plusieurs mois, dans un état de démence
absoluc. Tontes les
intrigues qui en furent la stite, --- Page 367 ---
DE ROCHANBEAU.
Thistoire d'Angleterre. M. Pitt ct
appartienent à
sous son nom.
le chancelier Turlow gouvemnérent six mois de malaCe prince en retrouvant, après toutes les cabales,
die, son bon sens, resta, malgré ministres et le
sur le même trône, avec les mèmes
fidèle.
dont la majorité lui resta
même parlement,
lui donnèTous les clubs, toutes les corporatious
de
rent des fètes superbes, et les ambassadeurs
eurent Tordre, de leurs cours,
France etd'Espagne fis reçu avec distinetion par
de sy distinguer. Jy
TAngleterre, et
tous les partis qui gouvernent d'éloges qui pouleurs gazettes furent remplies
Maisceux
voient le plus flatter mon amour-propre. vinrent de tous
qui me firent le plus de plaisir, me
troude Tarméc de Cornwallis, qui se
les ofliciers
les démonsvoient à Londres; ils marquérent, par
de
trations les plus publiques, 1 leur reconnoissmce
ils avoient été traités par
Thumanité avec laquelle
combien
l'armée françoise après leur reddition, et
avoit cherché à adoucir le sort de leur capelle
tivité.
de
Mon serCe voyage ne fut que quinze jours. M. de
vice de commandant en chef étant fini,
commandant en mon absence, étant
Sommierre,
qui
venu me relever dans ces trois provinces,
revins à Paétoient alors calmes et tranquilles, je
à mon arrivée, la mort du maréchal
ris: jyappris,
L'amitié et la confiance
de Stainville à Strasbourg. --- Page 368 ---
NÉOIRES
qu'iln'avoit jamais cessé de me marquer dans toutes les épocques du service depuis son arrivéc en
France, me le firent infiniment regretter. Le roi
me doma Tordre d'aller le remplacer, et de partir
aussitôtque mes lettres de comumandonentemoiont
scellées, celte province annonçant une crise trèsprochaine. Le foyer de tous ces troubles étoit à
Versailles. Sans entrer en matiére sur-Phistoire des
élats-généraux, :
qui, dès celte époque, se çonstituérent en assemblée nationale, et dont assez d'autres historiens transmettent à la postéritéjusqu'anx
moindres détails,je me contente de donner ici un
précis de leur situation.
Les trois ordres débutérent dans une agitation,
dans uneméfiance les uns desautres, qui étoientde
bien mauvais angure. Le tiers-état exigea,
pour
préliminaire, la vérification des pouvoirs en commun, les deux autres ordres sy refusérent avec
opiniâtreté; nul moyen de conciliation ne put être
entendu : les deux premiers mois se passérent à
faire fermenter ce levain d'aigreur qui finit
exciter les commotions les plus violentes. La par
étoit
cour
partagée ainsique le ministère. Mais le tiersétat, dans Tun et dans Tantre, n'étoit soutenu
par la minorité. Ce dernier étoit appuyé
nion
de
par
e
publique presque tout Paris, par une grande majorité dans lcs provinces; enfin, le tiers-état
étoit composé des représentans de vingt-trois mil-
fermenter ce levain d'aigreur qui finit
exciter les commotions les plus violentes. La par
étoit
cour
partagée ainsique le ministère. Mais le tiersétat, dans Tun et dans Tantre, n'étoit soutenu
par la minorité. Ce dernier étoit appuyé
nion
de
par
e
publique presque tout Paris, par une grande majorité dans lcs provinces; enfin, le tiers-état
étoit composé des représentans de vingt-trois mil- --- Page 369 ---
DE ROCHANTRAU.
lions de têtes, lorsque les deux autres ordres ne reun million de toutes les classes
présentoient pas
privilégiées.
la minorité de la noblesLa majorité du clergé,
successivenent aux communes, ense se réunirent
arriva
la ve
fin la totalitéde ces deux ordres y
pour
rification des pouvoirs, mais forcée par des premièdont la cherté des grains n'étoit
res insurrections;
eri
quel le prétexte. Cest à cette époque que, pour des
inposer à Paris, on crut devoir faire arriver
et former une armce aux environs de cettroupes,
le commandement à M. le
te ville, dorrt on donna
maréchal de Broglc. Cette armée donna beaucoup
dinquiéude à T'assemblée nationale, qu'ellé
plus
au
de Paris. Les intrigues conn'en imposa petple
les troupes
tinuèrent à agiter la cour, et quoique
occasions, la réeussent déjà marqué, en queleques
leur faiqu'elles avoientau service qu'on
pugnance
le régiment des Gardes se fat
soit faire, quoique
dune manière trèsdéjà prononcé pour le penple
marquéc, on se. crut assez fort, a Versailles, ponr
du
M. Necker et la plus grande partie
renvoyer oùt on ne laissa que le garde-des-sceaix
ministère,
-
Barentin, et M. de Villedenil.
Jamais volcan ne produisit une explosion plus
: Paris fit sous les armés en
violente et plus rapide
s'étendit dans
vingt-quatre heures, Tinsurrection
toutes les rilles: du royaume, come un déluge
penple
marquéc, on se. crut assez fort, a Versailles, ponr
du
M. Necker et la plus grande partie
renvoyer oùt on ne laissa que le garde-des-sceaix
ministère,
-
Barentin, et M. de Villedenil.
Jamais volcan ne produisit une explosion plus
: Paris fit sous les armés en
violente et plus rapide
s'étendit dans
vingt-quatre heures, Tinsurrection
toutes les rilles: du royaume, come un déluge --- Page 370 ---
NÉNOIRES
universel, au moment même où
renvoi du ministre, dans
Tony apprenoit le
avoient placé leur
lequel les communes
confiance. Toutes les histoires
parleront assez de la prise de la Bastille, de
nal, , des Invalides,et des
l'Arsedinaires que le peuple entreprisesles plus extraoragité fit en deux fois
quatre heures; de la retraite du maréchal vingtglie avec sOn arméc, dont
de Brobanda
une graude partie se dépour. se réunir au.peuple de Paris;
renvoi du nouveau
enfin, du
Paris
ministère, du voyage du roi à
M. pour appaiser ces troubles, et du rappel de
Necker.Je fus forcé, par mon
ser au milieu de toutes
devoir, de pasces révolutions
rendre en Alsace, et je fus plus à
pour me
autre d'observer la rapidité de
portée qu'un
tous leurs
mens.
mouveJ'arrivai à Versailles
12 juillet au matin:j
pour prendre congé le
iy appris que M. Necker étoit
parti dès la veille, que presque tous les autres
nistres alloient le suivre; je pris
midemandai à quel ministre de congé du roi, je
la guerre je devois
m'adresser, et qui relevoit M. de Puiségur. On
m'indiqua M. le maréchal de Broglie. Jallai
dre ses ordres : je le trouvai fort
prengu'on ait pu dire de ses projets offensifs occupé, et, quoiris, il ne me parut en ce moment
contre Padivergence des ordres
qu'accablé de la
qu'il recevoit de toutes
parts,à tous les instans, et surchargé du rôle
qu'on
is
m'adresser, et qui relevoit M. de Puiségur. On
m'indiqua M. le maréchal de Broglie. Jallai
dre ses ordres : je le trouvai fort
prengu'on ait pu dire de ses projets offensifs occupé, et, quoiris, il ne me parut en ce moment
contre Padivergence des ordres
qu'accablé de la
qu'il recevoit de toutes
parts,à tous les instans, et surchargé du rôle
qu'on --- Page 371 ---
DE ROCHANDEAU.
Voici quelle fut sa consigne: :
lui faisoit jouer.
nihil dicas; quand on enMitte sapientemt, et rien à lui dire : mais allez vite
voie un sage, on n'a
à votre commandement. route de Paris : en y arJe pris srlechampla
au milieu d'une foule dattrouperivant,je passai
beaucoup de têtes exaltées,
mens, oû je distinguai
Arnombre dans la consternation.
mais un grand
m'occupois à
rivé dans ma maison, , pendant que je de fusil du
Jentendis des coups
faire mes paquets,
dans les rucs, les hacôté des Tuileries; je voyois, réunir à toutes lcs
bitans s'attrouper, s'armer, et se
dont les sentipatrotilles du régiment des Cardes,
étoient alors très-publics. On promens populaires
Tefligie de
menoit, avec de vives acclamations,
celle de
M. le duc d'Orléans dans les rues, et
de
Necker.. Je
enfin le parti, le 13 à midi,
M.
pris
la barrière de Fontaisortir avec mes chevaux, par d'avoir des chevaux
nebleau, voyant Timpossibilité où T'on arrêtoit toude poste, et de traverser Paris,
alvoitures. Jepris une route plus longue pour
tes
la route
lerpar Sens, Troies et Langres, regagner
Je trouvai Sens en insurrection;.
de Strasbourg.
armé dans les rues;
jy traversai une fouledepeuple
à Troies, une
des bateaux de grains;
on y pilloit universelle, et sur toute la route,
consternation
Enfin, j'arrivai à Nanune effervescence générale. commandant de Lorraine,
dy. M. dHaussonville,
alvoitures. Jepris une route plus longue pour
tes
la route
lerpar Sens, Troies et Langres, regagner
Je trouvai Sens en insurrection;.
de Strasbourg.
armé dans les rues;
jy traversai une fouledepeuple
à Troies, une
des bateaux de grains;
on y pilloit universelle, et sur toute la route,
consternation
Enfin, j'arrivai à Nanune effervescence générale. commandant de Lorraine,
dy. M. dHaussonville, --- Page 372 ---
552 .
MÉMOIRES
vintm'yvoir. Il me fit part de toutes lesinquiétudes
quele peuple lui causoit par la cherté des grains, à
laeqpuallilernignaitbien la chuleurpiallientgajonter toutes les nouvelles de Paris. Il m'assura que
nouvelles
avoit d' Alsace, ne failes dernières
qu'il
soient mention d'ancun trouble; qne nous y avions
aboudance de
pusque c'étoit cetau moins
grains,
dans le
lni fournissoit des secours
te province qui
la Lorraine et les évé
besoin pressant qui allligeoit
chés. Quelque satisfaisantes que fussent ces nounem'arretai pas; je fus le lendevelles d'Alsace, je
main coucher à Phalsbourg, et jarrival, le 18 au
matin, à mon poste, à Strasbourg-J'ya appris quele
renvoi de M. Necker y causoit beaucoup de ferqu'elle se manifestoit même dans les
mentation,
troupes, et qua ajouter aux intérêts généraux qui
animoient dans ce moment tout le royaume, il y
insurrection locale prête à éclater dans le
avoit unei
peuple contre les magistrats, qui s'annonçoit par
des plaintes exagérées sur le prix
des pétitions, par
encoon ne s'étoit
des comestibles; que cependant
aucune voie de fait. Une pluie violente,
re permis
ne T'avois
et mon arrivée deux jours plutôt que je
m'ayant
de voir les troupes
annoncé, ne
pas permis
entrée de commandant en chef, j'en pris
à mon
sur
prétexte pour en faire des revues partienlières
la place d Armes; pendant que les magistrats d'une
les
du peuple de Tautre, négopart, et représentans
estibles; que cependant
aucune voie de fait. Une pluie violente,
re permis
ne T'avois
et mon arrivée deux jours plutôt que je
m'ayant
de voir les troupes
annoncé, ne
pas permis
entrée de commandant en chef, j'en pris
à mon
sur
prétexte pour en faire des revues partienlières
la place d Armes; pendant que les magistrats d'une
les
du peuple de Tautre, négopart, et représentans --- Page 373 ---
A U.
DE ROCHAMBEA
sur la taxation des
cièrent et parurent s'arranger
les nou
denrées. Le courrier de Paris nous apporta
de M. Necker, du voyage du roi à
velles du rappel
avoit chanté; le peuParis, du Te Deum qu'on) y:
dumagistrat, par ses reple de Strasbourg exigen
une illumination et des réjouissances
présentans, ordonnées pour le soir, en doublant les
qui farent
le bon
patrouilles et les précantions d'usage pour
ordre.
à trois heures après midi, ThôCe même jour,
six
tel-de-ville fut attarqu@snbitement par cinq ou
brigands armés de haches, auxquels se joicents
nombre considérable de
gnit en peu de temps un
la
au
de tous métiers. Je fis battre générale
gens avis; les piquets de cavalerie s'y portérent
premier ordres de M. de Klinglin; je me mis à la tête
aux
d'Alsace. Je trouvai cette maison-dedu régiment
ville à moitié pillée et dévastée; Klinglin péroroit,
arrêler ce peuple furieux : on
et rien ne pouvoit
voivint me dire qu'ils entroient dans une maison
sine oùt étoient tous les papiers des mnineurs de la
province. Je pris ce moment pour animer les grenadiers d'Alsace: ( Mes enfans, leur dis-je, ce sont
pille, et vOS contrats qu'on sacvos papiers qu'on
cage. Ne souffrez pas un pareil brigandage; entrez,
et chassez à coups de crosse tous ces malfaiteurs >.
conduisit bien, les chassa tous de ce
Alsace sy
dépôt qui fut mis à couvert; et nous parvinmes 2
I
mnineurs de la
province. Je pris ce moment pour animer les grenadiers d'Alsace: ( Mes enfans, leur dis-je, ce sont
pille, et vOS contrats qu'on sacvos papiers qu'on
cage. Ne souffrez pas un pareil brigandage; entrez,
et chassez à coups de crosse tous ces malfaiteurs >.
conduisit bien, les chassa tous de ce
Alsace sy
dépôt qui fut mis à couvert; et nous parvinmes 2
I --- Page 374 ---
NÉMOIRES
et celui de Hesse-Dornstadt, à
avec' son secours
oà
faire vider tous les étages de Thotel-de-ville,
les
cassé les meubles et
ils avoient pillé
caisses,
enfoncé mille pièces de vin dans toutes les caves,
où plusieurs d'entr'eux se noyèrent. Pour ma part,
j'en fus quitte pour la perte de la moitié de mon
habit, qui fut emporté par un gros poële de fonte,
une fenêtre au milieu de ce tumulte,
jeté par
avoit trente-six.
Japprisdans le moment quily
maisons de magistrats marq.ées pour le pillage,
surtout celles de la chambre des Quinze. J'enet
sur-le-champ des troupes pariout pour les
voyai
ordre de présenter la baionmettre à couvert,avec
T'entrée. Les
netteà qniconque voudroit en forcer
troupes.jnsquia.cer moment, agissoient mollement;
elies chassoient les brigands devant elles, mais ne
les arrêtoient pas. Cette réjonissance augmentoit
le désordre et la confusion; tout le monde se promenoit dans les rues, et la cavalerie ne pouvoit
de brigands sans courir le rise
charger ces troupes
Nons fiunes
d'écraser d'honnêtes citoyens.
que
quelque temps, de nous borner
forcés, pendant
toutes
à mettre, sous la proteetion des troupes,
les maisons menacées. Cette situation dura jusTous les citoyens étant
qu'à près à de minuit.
dans les
alors rentrés chez eux, il ne resta plus
les cabarets
toutès ces bandes de
rues et dans
que
dans les rues
brigands; les charges de cavalerie
ons fiunes
d'écraser d'honnêtes citoyens.
que
quelque temps, de nous borner
forcés, pendant
toutes
à mettre, sous la proteetion des troupes,
les maisons menacées. Cette situation dura jusTous les citoyens étant
qu'à près à de minuit.
dans les
alors rentrés chez eux, il ne resta plus
les cabarets
toutès ces bandes de
rues et dans
que
dans les rues
brigands; les charges de cavalerie --- Page 375 ---
DE ROCHANBEAU,
beaucoup chargés de pillage; la
en ramassérent
harrassée S'anima, et on arrêta quatrecents
gamnison
Nous restâmes, avec les troude ces malfaiteurs.
heures du mapes, sous les armes jusqu'a sept
- les
enfin,
avoir doublé les gardes et
tin; ;
après
rentrèrent dans leurs quarpatronilles, les troupes
du
tiers.. Alors,les magistrats et les représentans
peuple vinrent me demander des armes pour arrestoit de ces brigands. Je leur
rêter tout ce qui
fis délivrer cin cents hallebardes et douze cents'
sabres de T'arsenal pour cette opération. Ils s'en
servirent avec) justice et zèle, et doublerent) le nombre des prisonniers dont nos prisons furent bienLe surlendemain, le magistrat fit exétôt pleines.
cuter un de ces brigands, qui avoit ses poches
de Targent volé dans les caisses de Thôpleines tel-de-ville. Le calme parut rétabli dans Strashourg : il n'en étoit pas de même dans le reste de
la province,
dans le
Cet ouragan d'insurrection commença
Sundgau, et dans les Vosges, par la vallée de SaintAmarin, et s'étendit dans toute TAlsace, depuis
jusqu'à Landau. Je fus obligé de faire
Huningue
toutes les troupes, et de mettre
marcher presque
huit olflitiers-généraux dans un mouvement perpétuel pour maintenir Fordre public, et s'opposer
dévastations dont étoient ménacés les abbayes,
aux
les châteaux, les Juifs et toutes les propiétés.J'en- --- Page 376 ---
NEMOIRES
voyai trois fois M. de Vaubecourt, lieutenantgénéral, à Saverne, pour protéger le cardinal de'
Rohan et toutes ses possessions contre les attroupemens les plus tumultueux. M. de Wittinghoff
marcha contre trois mille hommes sortis du val
Saint-Amerin, qui avoient saccagéle château de
Tabbé de Murback, et menaçoient tous les propriétaires du pays. La maison du bailli de Ferette fut
brulée; le château de M. de Montjoie d'Hivringen fut pillé; 1 ily eut beaucorip de familles juives
qui furent rançonnées et dévastées avant Tarrivée
des troupes; mais on leur doit la justice que, partout oùt elles purent arriver à temps, elles se comportèrent avec fermeté, ainsi que les maréchaussées; et que, si IAlsace n'a pas essuyé de plus
grands malheurs, c'est à leurs efforts réunis qu'elle
a dà son salut. Ily éut quelques exécutions de faites dans le Sundgau 7 par des tribunaux de maréchaussée, et la tranquillité fut rétablie partout; ;
mais elle fut troublée de nouveau, à Strasbourg,
uneinsurrection qui fut pire que la première.
par Ilya avoit, dans le nombre des prisonniers dont
le magistrat instruisoit le procès, un brasseur et
quelques mauvais citoyens fort impliqués comme instigateurs du pillage de Thôtel-de-ville;
leurs parens ct leurs amis cherchèrent à corrompre la garnison. Il s'y trouvoit aussi trois soldats
du corps royal de T'artillerie, qui furent arrêtés,
is elle fut troublée de nouveau, à Strasbourg,
uneinsurrection qui fut pire que la première.
par Ilya avoit, dans le nombre des prisonniers dont
le magistrat instruisoit le procès, un brasseur et
quelques mauvais citoyens fort impliqués comme instigateurs du pillage de Thôtel-de-ville;
leurs parens ct leurs amis cherchèrent à corrompre la garnison. Il s'y trouvoit aussi trois soldats
du corps royal de T'artillerie, qui furent arrêtés, --- Page 377 ---
ROCHAMBEAU.
DE
Il étoit
travestis, au milieu de tous cesmalfiteurs.
à Strasbourg, de donner une gratificad'usage,
homme aux soldats qui
tion de vingt sous par
le magistrat
avoient servi à arrêter les incendies;
fut délivrée aux
vint me prier de permettre qu'elle
du
avoir sauvé la ville le jour
piltroupes pour
Je lui répondis qu'avee
lage de Thôtel-de-ville.
enivroit toute
vingt sous de bierre par homme on
dune
et
je ne répondois plus
une garnison, que demande fut répétée par
garnison ivre. Cette
dans des
deux jours après,
les mêmes magistrats,
excessivement
je fis ce que je
termes
pressans; à renoncer à ce dessein et
pus pour les engager
à
leur persuader de donner en vivres, chaque
pour
le produits de cette gratification. Enchambrée,
fois, les magistrats et les refin, pour la troisième
réunis, ayant à leur
présentans de la bourgeoisic
tête le commissaire du roi, vinrent me rétérer
demande, et me déclarèrent que si je ne
cette
chaque bourgeois étoit
voulois pas y consentir,
lui-même aux solrésolu de délivrer cet argent
d'audats à qui ils l'avoient promis. Je n'eus plus
contre tous les
tre parti à prendre, en protestant
de soufmouvemens qui pouvoient en arriver, que
n'avois
le pouvoir d'empécher,
frir ce que) je
plus
la moiet de dicter un ordre de police pour que
restât de garde à son quartié de chaque régiment
du bataillon
tier, pour répondre de la discipline
,
lui-même aux solrésolu de délivrer cet argent
d'audats à qui ils l'avoient promis. Je n'eus plus
contre tous les
tre parti à prendre, en protestant
de soufmouvemens qui pouvoient en arriver, que
n'avois
le pouvoir d'empécher,
frir ce que) je
plus
la moiet de dicter un ordre de police pour que
restât de garde à son quartié de chaque régiment
du bataillon
tier, pour répondre de la discipline --- Page 378 ---
MÉMOIRES
à qui la gratification seroit délivrée, et dy ajouter
toutes les précautions possibles pendant deux jours,
que cette orgie devoit durer! Dès le premier jour,
tout ce que j'avois prévu ne manqua pas d'arriver; il se forma, dès deux heures après-midi, des
attroupemens tamultueux. Je me portai au milicu d'eux, je les haranguai; ils faisoient mine de
se disperser; la moitié étoit déjà ivre, crioit : Vive
le tiers-état! c'est d nous d commander d notre
tour. Je fus un instant entouré et mon cheval arrêté par eux; je me débarrassai de ceux qui en
avoient saisi les rènes; enfin, le seul parti qui me
restoit à prendre avec des gens qui n'avoient plus
ni sens ni raison, fat de me contenter de les observer: J'envoyai M. de Klinglin aux prisons, oùt
la garde étoit doublée, avec quatre pièces de çanon 3 ily fut forcé, et tous les prisonniers furent
délivrés; ce qui étoit le principal but de cette journée. A Theure de la retraite, je me promenai de
nouveatt dans les rues, et chacun se retira assez
régulièrement à son quartier. Avec de grosses patrouilles, des gardes militaires et de la bourgeoisie, la nuit fitt assez tranquille; mais le second jour
fut pire que le premier. Dès le matin, les régimens
françois fturent reprocher aux régimens allemands
de ne s'être pas mélés la veille avec eux; ; ils forcèrent leurs quartiers, ct la garnison se trouva
ivre à dix heures du matin. Tous les ofliciers-ge-
un se retira assez
régulièrement à son quartier. Avec de grosses patrouilles, des gardes militaires et de la bourgeoisie, la nuit fitt assez tranquille; mais le second jour
fut pire que le premier. Dès le matin, les régimens
françois fturent reprocher aux régimens allemands
de ne s'être pas mélés la veille avec eux; ; ils forcèrent leurs quartiers, ct la garnison se trouva
ivre à dix heures du matin. Tous les ofliciers-ge- --- Page 379 ---
DE ROEHANPEAU sortir ce jourvinrent me prier de ne pas à donner. à
néraux
ny avoit plus dorire
la, parce quil
doreille pour les entendre. aimé
gens qui Navoient pas
qui éloit
Nous dauelines.A. dEqmevilly, il les mena sur Tesd'autres
du
uepikCacdenes
régiment
avec des violonss
planade de la citadelle oùi lcs filles sont renfermées:
forcèrent la maison
toutes ces bandes
deux diversions partagérent Les officiers su-'
ces
les cabarets dela ville.
rendre
avec tous
sncoresivement nons
il
périeurs venoient
contre lesqueis
de tous ces désordres,
La soirée
compte restoit ancune forceà opposer. retraite en
ne nous
très -orageuises. La
et la nuit furent
mais ils avoient forcé
avoit fait rentrer à Tappel; ressortir. Les régimens altoutes les. gardes pour
que le second jour 7 e
lemands, ne sétant échappés fortenient talag plus
plus tard, mais plus
de Ja lanterne
se livrèrent débanche. Ils menaçoient Denx-Ponts étoit
grande chefs; M.le prince des
tous leurs
désiguer plus partienlitre- récelui quils paroisoient les ofliciers de son
ment. Il en fut averti par
avec sa femme
qui Tengagerent à passer Rhin. Il fallut attengiment, fils de Tautre côté du
oû
et son
le moment
dre avec patience et résignation
la voix de
débandée recounoîtroit douzaines e
cette garnison Dès la pointe du jours une aidesses chefs.
parlérent à mes
de ma garde
de quitter
de grenadiers demandérent la permisiou
Ae-camp,
iers de son
ment. Il en fut averti par
avec sa femme
qui Tengagerent à passer Rhin. Il fallut attengiment, fils de Tautre côté du
oû
et son
le moment
dre avec patience et résignation
la voix de
débandée recounoîtroit douzaines e
cette garnison Dès la pointe du jours une aidesses chefs.
parlérent à mes
de ma garde
de quitter
de grenadiers demandérent la permisiou
Ae-camp, --- Page 380 ---
NÉNOIRES
leurs postes pour aller rassembler tous les honnêtes soldats qui gémissoient de ces désordres. Ils
m'amenèrent, une heure après, une députation de
vingt bas-ofliciers de tous les
donnail'ordre d'aller
régimens : je leur
dans tous les
tous les braves soldats de
quartiers rallier
nassent un détachement sang-froid; qu'ils amede cent soldats par régiment sur la place d'Armes; quejallois
tre à leur tête, et que nous
me metremettrions l'ordre
partout. Dès quily eut Six cents hommes de formés sur la place d'Armes, nous en fimes
patrouilles de troupes mélées de tous les
quatre
qui, marchant dans le plus grand ordre' dans régimens,
quartiers de la ville, firent retirer
tous les
et, à dix heures du
tous les ivrognes;
matin, toute la
étoit
sous la clef dans les différentes
garnison
ment de Hesse-Darmstadt,
casernes. Le régicomposé de beaucoup
d'étrangers tenus dans une discipline austère,
s'en étoient échappés les
qri
tardif
derniers, fut aussi le
et le plus difficile à rentrer dahs
plus
Tous les régimens
Tordre.
françois, et surtout le
royal dartillerie, avec qui ils avoient eu une vieille corps
querelle, les accnsérento dequelques vols
été faits dans ces débauches. M. de quiavoient
Vaubecourt,
Lsarebtndingeen vint m'en
et qu'ils vouloient
avertirg
attaquer ce régiment dans son
quartier. Je pris le parti de le faire sortir à la
du jour'et de T'envoyer
pointe
camper dans la plaine des
çois, et surtout le
royal dartillerie, avec qui ils avoient eu une vieille corps
querelle, les accnsérento dequelques vols
été faits dans ces débauches. M. de quiavoient
Vaubecourt,
Lsarebtndingeen vint m'en
et qu'ils vouloient
avertirg
attaquer ce régiment dans son
quartier. Je pris le parti de le faire sortir à la
du jour'et de T'envoyer
pointe
camper dans la plaine des --- Page 381 ---
DE.ROCHANBEAT U.
56t
Bouchers pour lui donner le temps de se
I
fier, et éviter tousles désordres
justice régiment
que la présence de
douze
pouvoit renouyeler. Il y resta dix ou
jours, pendant lesquels il
son retour à la
prouva fortement
discipline; el que, dans le cours de
cette orgie, il n'avoit que le tort d'être rentré
tard que les autres à son quartier,
plus
étél le dernier à en sortir. Le seul parce qu'ilavoit
giment fut
tort qu'eut ce récier
d'envoyer, sans ma permission, un offidéputé pour se plaindre de moi à Tassemblée
nationale, qui déclara quil n'y avoit pas lieu à délibérer, et le renvoya à son régiment. Je lui fis
dire, à son retour : ( Que, s'il étoit partisans
pour porter une plainte contre son
conge
Taurois fait
capitaine, je
de
mettre en prison pour tout le
son alsence; mais
temps
étoit contre
que, comme cette plainte
moi, je le reverrois comme s'iln'étoit
pas sorti de Strasbourg ). Cette douce
fit repentir les ofliciers de ce
réprimande
régiment d'avoir
douter un instant de mon
pu
cessèrent de
impartialité; et ils ne
me donner des marques
ment pendant le reste de mon
d'attachebourg.
scjour à StrasJe pris alors le parti de faire rentrer
ment toutes les troupes dans Tordre eila graduellequia avoient souffert danscette
discipline
secousse. M. le
occasion uney violente
prince des Deux-] Ponts étant
venu, ce même prince
re2 qui depnis fat électeur de --- Page 382 ---
MÉMOIRES
Bavière, je l'envoyai aux arrêts pour s'être absenté sans ma permission, en lui disant qu'il falloit
donner cet exemple à la garnison. Il s'y soumit
sur-le-champ, en en sentant toute la justice et la
nécessité. A peine étoit-il arrivé dans sa maison,
qu'ily reçut la visite de tous les bas-officiers de la
garnison : il leur dit qu'il étoit aux arrêts, quillavoit bien mérité. Ce même corps de sous-ofliciers vint tout de suite chez nioi me demander
sa grâce : une députation dentr'eux me la demanda en très-bons termes et de la manière la plus respectueuse. Ils me dirent que ce prince avoit été
calomnié et menacé par des mauvais sujetss.quil
avoit fait une action bien excusable en cherchant
à sauver sa femme et ses enfans de leur fureur. Jc
leur répondis que je la leur accordois, à condition
désormais ils seroient responsables de la disque
cipline de leurs compagnies, et de chércher à y
découvrir tous les mauvais sujets indignes d'être
leurs camarades, qui portoient le trouble et la révolte dans les troupes; ils me le promirent, et
Tordre commença à renaitre.
Pendant le même temps, les exercices recommencèrent t: j'ordonnai le simulacre d'un siége aul
corps royal d'artillerie, qui eut deux représentations parfaitement bien exécutées; et tous les détachemens que Ton envoyoit au- -dehors poir le.
écouvrir tous les mauvais sujets indignes d'être
leurs camarades, qui portoient le trouble et la révolte dans les troupes; ils me le promirent, et
Tordre commença à renaitre.
Pendant le même temps, les exercices recommencèrent t: j'ordonnai le simulacre d'un siége aul
corps royal d'artillerie, qui eut deux représentations parfaitement bien exécutées; et tous les détachemens que Ton envoyoit au- -dehors poir le. --- Page 383 ---
DE ROCHANEEAU.
bon ordre dans les campaghes, sly conduisoient
merveille.
à
Dans lecours de tous ces événemens, le
sans
roi étoit
ministre; je ne recevois d'ordre ni de
de personne; il falloit se conduire
réponse
née , mais surtout
au jour la jourétouffer les
mettre beaucoup d'activité à
germes des insurrections renaissantes.
L'organisntion particulière de T'Alsace tenoit,
une lutte continuelle, la
dans
baillis et justices
noblesse, le clergé, les
seigneuriales, qui
toutes les autorités des
réunissoient
gouvernemens les plus absolus, contre les nouvelles municipalités, les
ples des villes, et de celles surtout
peutrefois libres et impériales. Dans
qui étoient auinextricable de tous ces
T'embarras souvent
pouvoirs qui me
roient en sens contraire; dans le choc des requétions les plus exagérées, il falloit chercher prétencôté étoit la justice. La commission
de quel
dont M. de
intermédisire,
Schawembourg étoit alors
syndic, m'étoit d'un grand
procureurder dans un dédale d'affaires secours pour me guiaussi compliquées.
AI peine M. Necker et les autres ministres
voyés avec lui furent -ils
à
renrevenus, peine M. de
Latour-Dupin se fut-il annoncé comme
de la guerre et du
ministre
département d'. "Alsace,
semblée nationale eut de nonvelles
que I'asfête trés-imprudente,
agitations. Une
que les
nérent à Versailles, dans
Garde-gh-Compadon
laquelle on prétendit trou- --- Page 384 ---
MÉMOIRES
ver le projet d'une contre-révolulion, dont le but,
disoit-on, étoit d'enlever le roi et de le conduire
à Metz pour le mettre à la tête des troupes, mécontenta excessivement le peuple de Paris. Les
nouvelles de cette capitale avoient une réaction
très-prompte dans les provinces. La bourgeoisie
de Strasbourg, inquiéte, qui s'étoit contentée des
armés blanches que je leur avois fait délivrer des
arsenaux, voulut être armée de fusils. Je portai
leur demande au gouvernement, qui m'autorisa
de leur en donner, mais le moins qu'il seroit possible, pourlusage de leurs patronilles journalières.
Ils se contentèrent de six cents fusils, qui étoient
plus que suflisans pour bien armer leurs gardes.
Enfin, les murinures de Paris se terminérent par
une nouvelle explosion des plus violentes : M. de
La Fayette fut, dit-on, forcé, par la garde nationale, d'aller,àl la tête de vingt mille hommes, prendre le roi et lemmener à Paris. La journée du 6
octobre fut souillée par des meurtres et des violences, dont heureusement je n'ai pas été témoin. On se rejeta, de part et d'autre, tous les crimes de cette journée. La vigilance de La Fayette
fut prise en défaut, en confiant imprudemment,
aux soins de la garde nationale, la sûreté delaj personne du roi et de la reine, aul milieu des brigands qui l'avoient précédé à Versailles; ets'étant
retiré dans un appartement assez cloigné pour y
obre fut souillée par des meurtres et des violences, dont heureusement je n'ai pas été témoin. On se rejeta, de part et d'autre, tous les crimes de cette journée. La vigilance de La Fayette
fut prise en défaut, en confiant imprudemment,
aux soins de la garde nationale, la sûreté delaj personne du roi et de la reine, aul milieu des brigands qui l'avoient précédé à Versailles; ets'étant
retiré dans un appartement assez cloigné pour y --- Page 385 ---
DE ROCHANEEAU.
repos, ce fut pendant cette faiale
prendre quelque
militaire de la reine fut forabsence que la garde
le temps de se sauver
cée,et qu'elle eut à peine
de venir
du roi. Il prilley parti
dans Tappartement famiile. Le- cri public accuà Paris avec toute sa
tout ce désoit M. le duc d'Orléans d'avoir payé
sordre:leroi le chargea d'aller en Angleterre pour
passagére qu'il eut la foiblesse
une commission
absense de queld'accepter. n obtint, après une
tardif en sa faveur. ; qui
cques mois, un jugement
publique. Ce fut, à
ne lui ramena pas Topinion nouvelles à Strasbourg,
Tarrivée de ces ficheuses
nationale, mal constituée, n'ayant pas
que la garde
d'officiers reconnus, m'envoya
encore de chefs ni
cin mille
tumultueuse demander
une députation
nulle force ne pourfusils. Je leur répondis que
de Tétat ;
roit m'obliger à disposer du dépôt
un député faire leur dequils pouvoient envoyer qu'anssitôt que j'aurois
mande au gouvernement; scroient' délivrées; qu'ils
son attache les armes leur
en
ponvoient employer le temps tres-utilement,
leurs officiers, en organisant leurs trounommant
le service fàt fait avec
pes, de manière à ce que
Tutilité que
toute
règle, subordination, 2 et remplit
du
l'ordre public devoit en attendre. La réponse
leur fut favorable;1 la garde nationale fut
ministre
bien organiséc, bien armée et bien disciplinée.
imagina alors d'envoyer, à
M. de Latour-Dupin
ponvoient employer le temps tres-utilement,
leurs officiers, en organisant leurs trounommant
le service fàt fait avec
pes, de manière à ce que
Tutilité que
toute
règle, subordination, 2 et remplit
du
l'ordre public devoit en attendre. La réponse
leur fut favorable;1 la garde nationale fut
ministre
bien organiséc, bien armée et bien disciplinée.
imagina alors d'envoyer, à
M. de Latour-Dupin --- Page 386 ---
NÉOIRES
toutes les troupes, une proclamation prématurée,
par. laquelle, au nombre des abus que le roi étoit
-dans Tintention de supprimer, il articuloit les
commandans en chef des provinces, et les méloit avec tous les autres titres sans foncions et
sans activité, comme frappés d'une suppression
prochaine : cette imprudence de sa part produisit
T'effet auquel il auroit dà s'attendre. Tous ces
des en furent déjoués; et je m'aperçus, dans l'au- gratorité qui me restoit, qu'on ne rendoit plus qu'à
la considération personnelle, T'obéissance qui avoit
éléduejusqu'icis au conmandant en chefde la province. Peu de temps après, les maréchanssées fu-'
rent dénoncées à Tassemblée nationale comme des
justices bottées et oppressives; ; lcurs jugemens furent sursis et Ton paralysa toute leur activité. Sans
vouloir justifier quelcques abus particuliers, je crois
pouvoir assurer en général que,si ler royaume n'a
pas funé sur ses ruines, c'est aux commandans
de province, aux maréchaussées, et aux troupes,
que les propriétés de province ct la sûreté individuclle ont dà leur conseryation dans les six
miers mois qui suivirent l'époque de la révolution. preLes troupes nationales ne se formèrent que successivenuent;ilfevoeption de Parisetdesgrandes villes,
elles ne s'établirent que lentement, sans uniformit6, sans principes, jusqu'au décret qui fut rendu
pour leur organisation générale.
de province, aux maréchaussées, et aux troupes,
que les propriétés de province ct la sûreté individuclle ont dà leur conseryation dans les six
miers mois qui suivirent l'époque de la révolution. preLes troupes nationales ne se formèrent que successivenuent;ilfevoeption de Parisetdesgrandes villes,
elles ne s'établirent que lentement, sans uniformit6, sans principes, jusqu'au décret qui fut rendu
pour leur organisation générale. --- Page 387 ---
U.
DE ROCHANEEAT
de corps et d'esprit avoient
Toutes ces fatignes
à ue vic active, je
altéré ma santé. Accoutmé d'une table, à dicter, à
passois la mienne autour
les oret à deux secrétaires,
quiatre aides-de-cimp falloit donner dans toute la
dres contimels quril
le temps d'aller aux paproviuce: 5 javoisà peine lcs
mes jamrades, faire une ronde sur remparts; se déma constitution physique
bes s'enflèrent, forcé de demander un congé
truisit, et je fus
qu'au moment
pour Thiver, dont je ne profiterois laisserois la province
ou, ayant été remplacé, je
dire que j'avois
dans Tétat de tranquillité oi j'ose ordres à donla rétablir. Différens
bien contribuéal très-serrée de troupes établies pour
ner, une chaîne
des grains, me retinrent
empécher Texportation
ce que mon successeur
encore deux mois, jusqu'a décida
M. de
fit nommé. Le ministre se
pour
qui; comme plus ancien maréchal-de
Klinglin,
commander en mon abcamp, fut désigné pour
qu'aux
sence, tant auix autres naréchats-ede-camp Jarrivai à Paris à la fin
troupes de cette province.
de décenbre.
médécin,je partis
Après avoir consulté faire mon les remèdes qui m'a
pour alleràl Rochambean
fus-je arrivé, que
voient été indiqués. A peine y
du roi pour
je reçus des patentes de commissuire les assembiées
stiveiller dans mon département adininistratifs,
primnires et les éléctions des corps --- Page 388 ---
MINOIRES
copjointement avec MM. de Venaille et de Rancogne : ce dernier, homme d'esprit, de mérite,
etd'une grande sagesse, me fut d'un grand secours:
à quelques tumulies près dans un ou deux cantons, eHes se passérent plus tranquillement que
dans la plupart des départemens; et lorsque les
élections furent terminées, nous cessâmes nos
fonctions aux termes du décret.
L'Alsace resta tranquille pendant les premiers
mois de cette année; tous les boute-feux de nos
troubles militaires parurent se transférer dans les
trois évéchés et dans la Lorraine avec la plus
grande violence. Un nouveau mode d'insurrection s'établit dans les troupes. On leur persuada
deréclamer leurs masses en réserve dans les caisses
des conseils d'aduninistration, et on ne cessa de
leur inspirer une méfiance universelle contre
leurs officiers. Ces derniers, qui avoient applaudi
dans le début à tous les décrets de l'assemblée constithante, qui avoit parn jusqu'ici n'attaquer que la
noblesse de cour, devinrent les ennemis les plus
chauds de la révolution, quand ils virent détruire
tous les priviléges honorifiques de la noblesse. De
là s'établirent une discorde ct une insubordination
presques généralesdans toutlemilitaire : elles furent
si violentes à Nancy, 2 que T'assemblée constituante fut obligée de se concerter avec le roi pourles
réprimer. M. de Bouillé fut chargé d'aller mettre
noblesse de cour, devinrent les ennemis les plus
chauds de la révolution, quand ils virent détruire
tous les priviléges honorifiques de la noblesse. De
là s'établirent une discorde ct une insubordination
presques généralesdans toutlemilitaire : elles furent
si violentes à Nancy, 2 que T'assemblée constituante fut obligée de se concerter avec le roi pourles
réprimer. M. de Bouillé fut chargé d'aller mettre --- Page 389 ---
DE ROCHANEEAU,
le décret à exécution : il fit
5Gg
plus grande
ses dispositions avec la
odlérité; méla, dans le corps
sembla, les troupes de
qu'il rasnales de Metz et
ligue avec les gardes natioautres villes de guerre
lesquellesi silpouvoit
voisines, sur
tes de Naney,
compter, Ise] présenta aux porquatre ou
cret sanctionuélui
cinqjours après quel ledévoir
fat parvenu. On luir
altaqué les troupes qui
reprochad'a
la
gardoient les portes de
Ville-Nane, qui n'est point
de vivacité, et pendanto la fortifiée, avec trop
que
nue au -devant de lui
municipalité étoit veque le régiment du Roi pour étoit parlementer. Il paroit
se rendre au lieu
déjà en chemin pour
qu'il lui avoit fixé
ses armes. Mais M. de Bouillé,
pour déposer
dent, n'avoit arrêté
d'un caractère arsa colonne dinfanterie
portée de fusil de la porte de
qu'à la
dit pas la marche des
Metz, et ne suspenTordre d'entrer
hussards, à quiil avoit donné
feu
par celle de France. Le
partit de la porte neuve, dite de premier
oi étoit le régiment de
Stainville,
fort que fit M. Desiles, Chatean-Vieux,q quelqu'ef
Roi,
oflicier au régiment da
du pour Tempécher, en se plaçant à la bouche
canon, où il périt d'une mort
ment célébréc et
qui a été justetransmise à la
lonne de Metz
postérité. La COsards
força cette porte; celle des
entra et cliargea
husBouillé fit metire bas par celle de France. M. de
et à celui de
les armes au régimentdu Roi
Chitesu-Vionx qui Gt une longue ré
--- Page 390 ---
NÉMOIRES
sistance, pendant que le régiment de Mestre-deCamp, dragons, quittoit cette ville par une autre
porte. Cette expédition coûta la vie à un grand
nombre de braves soldats de part et d'antre, quianroient dû la réserver, dans une meilleure occasion,
pour le service de la patrie.
Cestà cette époque, qulaprèssix mois de repos,
on vint me rechercher à Rochambeau pour me
donner le commandement de P'armée du Nord,
qui s'étendoit sur vingt-deux départemens dont
Paris étoit le point central, Lille et Brest les deux
extrémités. On avoit partagé le royaumie en quatre
parties; je fus nommé à T'armée du nord; M. de
Bonilléà celle de l'est; le. maréchal de Mailly eut
celle du sud, et à celledelonest il ne fiul pas nommé. Ma santé étoit à peine rétablie, les cnflures
dont j'étois menacé à peine dissipées, que je reçus Pordre du roi de venir à Paris pour y recevoir
mes: instructions.
Jamais on n'eut tant de peine à s'arracher de
sa retraite. J'ignorois si l'assemblée constituante étoit véritablement dans l'intention de soutenir le pouvoir exécutif; et si les entreprises
que Ton pourroit faire, pour rétablir l'ordre et la
discipline dans les armées, seroient franchement
appuyées. Lépreuve que j'avois faite dans ma province, où le roi m'avoit nommé un de ses comI'on donnoit contre
missaires > da peu d'appui que
'arracher de
sa retraite. J'ignorois si l'assemblée constituante étoit véritablement dans l'intention de soutenir le pouvoir exécutif; et si les entreprises
que Ton pourroit faire, pour rétablir l'ordre et la
discipline dans les armées, seroient franchement
appuyées. Lépreuve que j'avois faite dans ma province, où le roi m'avoit nommé un de ses comI'on donnoit contre
missaires > da peu d'appui que --- Page 391 ---
DE ROGIANEEA U.
toutes les
irrégularités, et de la protection
donnoit au contraire à ceux qui les
quelon
étoit ftite pour dégonter de toute commettoient,
miais les lettres de tous mes
comnission 5
litaires de
amis, deitous les mima connoissance, enfin,
voen des
2 j'ose dire, le
troupes et du public
se
me forcèrent à partir
qui manifesta,
Rochambenu
pour Paris, en laissant à
toute ma famille.
Mon début n'étoit pas fait
un ministre chancelant
pour m'encourager:
blée nationale
m'avoit nommé; Tassemvoir
m'avoit désiré: le roi, chef du
exécutif, me recevoit bien, mais
pouJe pris alors le parti
froidement.
particulière
deluidenunder unea audience
qu'il m'accorda à
exposai la situation de
Saint-Clonl.Je lui
plus
son armée; que je désirois,
que persoane, de contribuer au
ment de' lordre;
rétablissedifliciles
que cette tâche étoit des
à entreprendre, mais
plus
sible sans le concours franc qu'elle étoit impostière de sa majesté, Jel
et la confiance endonna le
luimppelai que lorsqu'il me
commapdement de son arniée en Amérique, le choix qu'il fit fut de son
ment; que si je n'étois anjourdhui propre monveses ministres, je lui demandois
que celui de
retourner à
la permission de
Rochanibean, d'oi je n'étois
qu'avec la plus grande
parti
répondit
répngnance. Le roi me
que ses ninistres n'étoient
ce choix; qu'il avoit
pour rien dans
toujours en moi la même
commapdement de son arniée en Amérique, le choix qu'il fit fut de son
ment; que si je n'étois anjourdhui propre monveses ministres, je lui demandois
que celui de
retourner à
la permission de
Rochanibean, d'oi je n'étois
qu'avec la plus grande
parti
répondit
répngnance. Le roi me
que ses ninistres n'étoient
ce choix; qu'il avoit
pour rien dans
toujours en moi la même --- Page 392 ---
MÉNOIRES
confiance, et qu'il m'appnieroit de tout son pouvoir, conformément aul serment qu'il avoit fait prèter à ses troupes et qu'il avoit prété lui-même. Il
parut me traiter, depuis cette époque, avec la distinction, j'ose le dire, qui étoit due au travail pénible que j'allois entreprendre; mais la suite de
ces mémoires fera yoir si, du côté de la confiance
et de la franchise. il me tint parole
Je me déterminai donc à accepter, et je fis retrancher à mon début les cinq départemens de la
Bretagne de mon commandement, en le restreignant sur les côtes de la mer, depuis Grandville
jusqu'à Dunkerque; et sur la frontière du Brabant, de Dunkerque à Givet, indépendamment de
tous les départemens de l'intérieur où l'ordre public étoit fréquemment troublé. Je m'occupai de
faire relever promptement les fortifications de
Dunkerque, qui, depuis la paix d'Utrecht, étoient
restées rasées, et qu'on n'avoit pas songé à rétablir
d'après le traité de 1785, où la France étoitrestée
dans son droit naturel. Tous les fonds avoient été
portés à Cherbourg : je me fis rendre compte de
Fétat de ce dernier port, et je vis avec peine que.
Targent immense qu'on y avoit dépensé le laissoit
encorc très-imparfait, et que le mouillage d'une
grande flotte nly avoit pas encore un refuge assnré. L'éloignement de près de quatre mille toises
du fort Royal à celui de Querqueville ne permet --- Page 393 ---
DE ROCHANDRAU.
pas aux feux de se croiser; un ennemi
pourroit encore se galioter à bombe dans stupérienr le milieu de cet intervalle
pour incendier notre
qui court d'autant plus de risques,
flotte,
nombreuse
qu'elle y estplus
en voiles. L'Angleterre armoit à cette
époque pour des contestations
qu'elle avoit avec
TEspague, où le pacte de famille, convertien
de nation, nous forçoit à intervenir. Je-fis pacte
ner promptement les batteries de
termije les fis mettre en état, ainsi
Qnerqueville;
Royal, de tirer à boulets
que celles du fort
del l'est et de
rouges sur les deux passes
Touest, que ces deux forts, construits
par M. dHarcourt, défendent bien.
devint au moins un bon
Cherbonrg
petites escadres
refiuge pour toutes les
la
que nous aurions pu envoyer dans
Mauche, en les mouillant dans le fond de la
rade, entre le fort Royal et celui du
On radouba les
Houmet.
prames et lcs batteries
dont on peut se servir
flottantes
des
pour éloigner les bombarquand elles ne sont pas soutenues
flotte plus puissante.
par une
Lingénieur Meunier,
depuis a été tué à Mayence, avoit
qui
de M. d'Harcourt,
eu la confiance
dans la construction de
les ouvrages, et me fut dun grand
tous
disposition à faire
leur
secours dans la
pour
défense.
Les discussions entre
s'étant
TEspagne et TAngleterre
terminées, je portai toute mon attention
la frontière du Brabxunt,
sur
pour faire armer et appro-
puissante.
par une
Lingénieur Meunier,
depuis a été tué à Mayence, avoit
qui
de M. d'Harcourt,
eu la confiance
dans la construction de
les ouvrages, et me fut dun grand
tous
disposition à faire
leur
secours dans la
pour
défense.
Les discussions entre
s'étant
TEspagne et TAngleterre
terminées, je portai toute mon attention
la frontière du Brabxunt,
sur
pour faire armer et appro- --- Page 394 ---
MÉNOTRES
visionner toutes les places. Les Brabançons, sous
T'étendart des nobles ct les bannières des
prêtres, 7
avoient réduit les trompes de T'empereur et le maréchal Benderà seretirer dans le duchéde Luxembourg, sur la rive droite de la Meuse. Le roi de
Prusse n'avoit pas illustré le commencement de.
son règne par une politique noble et franche. Il
se crut réduit à avoir recours aut machiavélisme
età la duplicité pour se tirer des circonstances épineuses où il se trouvoit. Après avoir soutenu le
gonvernement du stathonder contre le parti républicain en Hollande, il crut voir, dans la révolution du Brabant, une diversion puissante pour
forcer Tempereur à suspendre ses efforts combinés
avec la Russie contre les Turcs. Comme directeur
du cercle de Westphalie,il futappelé, par un décret de la chambre impériale de Wetzlar,
pour
rétablir I Tévêque de Liége que le peuple avoit chassé de son siége : il profita de ce voisinage pour fomenter les troubles du Brabant, et protéger, dans
lun et Tautre pays, la révolte contre T'empereur,
Cette diversion n'eut un succès marqué que jusqu'à la mort de T'empereur Joseph. Léopold, qui
lai succéda, prince pacifique, ne tarda pas àfaire
sa paix avec le sulian, et fit marcher une armée
de qtarante-cinc mille honmes en Flandre pour
réduire cette insurrection. Le roi de Prusse abandonna SCS nouveaux alliés : leur armée fat disper- --- Page 395 ---
DE ROCHANEEAV.
à
sée ; celle de Tempereur rentra triomphante
Bruxelles et dans tout lel Brabant. tomber sur nos
Un reflux de ces fuyards vint
et
Par les Autrichiens,
y
frontières, poursuivis
On me fit partir, dans
causa de gandesinqictudes. aller rassurer toule mois de décembre 1790, pour
dans
et faire rentrer en ordre,
tcs nos gamisons
sétoientjoints
notrei intérieur,t tous les Françoisqui
sans Taveu du gouverneà ces révolutionnaires
ordonné, par le
ment. 1l me fut expressément
nous
décret, d'éviter tout ce qui pourroit
même
dont on vouloit
compromettre avec Tempereur 2
oùl nos
alors ménager Talliance, 2 dans un temps
affaires ne nous permettoient pas de nous
propres de celles de nos voisins : je restai trois seoccuper
des affaimaines à cette tournée. Indépendamment à rétablir
de la frontière, je fus très - occupé
res
les
la confiance resTordre dans toutes
troupes, les ralliant tous
pective de Toflicier et du soldat, en
due à la loi. 1sétablitime grande
à la soumission
administratifs. Nos places
harmonie avec les corps
Tordre fut
furent armées de toute leur artillerie ;
toutes nos fortifications; et
donné pour réparer
de
travailla surtout dans les places première
Ton y
et de seconde lignes.
rendre
Revenu, vers la fin de janvier, pour
avec bien de la
compte de cettc tournée,jappris,
toutes
douleur, plusieurs décrets qui déjouoient
1sétablitime grande
à la soumission
administratifs. Nos places
harmonie avec les corps
Tordre fut
furent armées de toute leur artillerie ;
toutes nos fortifications; et
donné pour réparer
de
travailla surtout dans les places première
Ton y
et de seconde lignes.
rendre
Revenu, vers la fin de janvier, pour
avec bien de la
compte de cettc tournée,jappris,
toutes
douleur, plusieurs décrets qui déjouoient --- Page 396 ---
MÉMOIRES
ces mesures. Le premier, dont je retardai la sanction royale le plus qu'il me fut possible, fut l'admission des soldats dans les clubs. La force armée
étant essentiellement obéissante, il me parut da
plus grand danger d'admettre les soldats dans les
sociétés, où l'on se piquoit déjà de devancer les
décrets de T'assemblée, oùt on délibéroit sur leur
exécution, où on leur donnoit toujours des interprétations forcécs, où enfin l'esprit dominant étoit,
certes, trés-muisible à la discipline et à la subordination des troupes.
Le second décret qui commençoit à produire
un grand trouble dans les dépaitemens de mon
commandemene, fut celui du clergé. Il arriva à
Tordre ecclésiastique ce cpii étoit arrivéà cclui de
la noblesse : ceux de la seconde classe, après avoir
applaudi au dépouillement du haut clergé, s'6-.
toient flattés qu'on respecteroit les propriétés des
curés et de tous ceux qui ont les plus immédiates
charges du sacerdoce; dès qu'ils se virent dépouillés comme les autres, ils rentrérent dans la foule
des mécontens. L'exigence du serment décrété sur
la constitution civile du clergé, acheva la réanion
de la plus grande partie des curés à la cause des
évèques, dont ils avoient cru jusqu'ici devoir se
séparer. Cette révolution se fite dautant plus sentir
dans les départemens du Nord et du Pas-de-Calais,
par le voisinage du Brabant, que le peuple y étoit --- Page 397 ---
DE ROCHAMBEAL,
également habitué à respecter,
Tidolatrie, le clergé, les moines de presque jusqu'à
bayes, Jeurs
ses grosses abconfréries, et la distribution de leurs
indulgences.
Un troisième décret qui tripla le nombre des
mécontens, fiut la suppression de toutes les
ces,et de tout ce qui les accompagne dans les villes. justiElles avoient, d'après le même
à la destruction des
principe, applaudi
parlemens et de toutes les
à cours souveraines; mais elles se rallièrent à eux et
leurs opinions, dès qu'elles se virent
la finance du second
supprimées:
ordre, en perdant ainsi son
état, ne contribua pas peu à faire des recrues
les émigrés. Le nombre des mécontens
pour
certes la besogue n'en
tripla, et
tous
les fonctionnaires devintpas plus, facile pour
nouvelles
publics. Tout annonçoit de
commotions : la première
fit vers le temps de Paques,
explosion se
Paris
lorsque le roi partit de
pour aller passer la semaine sainte à
Cloud. Les fanatiques de la révolution
Saintles articles de la constitution
oublièrent
opinions
sur la liberté des
Paris. Cetie religieuses, et forcèrent le roi à rester à
journée fut une des plus
au maintien de T'ordre
attentatoires
excitée
public. La garde nationale,
par une foule de séditieux, résista
ment,à son chef, toutes les autorités constamet força le roi à rentrer aux Tuileries. constituées,
étoit.entouré, depuis
Ce prince
prés'de deux mois, de toute
lièrent
opinions
sur la liberté des
Paris. Cetie religieuses, et forcèrent le roi à rester à
journée fut une des plus
au maintien de T'ordre
attentatoires
excitée
public. La garde nationale,
par une foule de séditieux, résista
ment,à son chef, toutes les autorités constamet força le roi à rentrer aux Tuileries. constituées,
étoit.entouré, depuis
Ce prince
prés'de deux mois, de toute --- Page 398 ---
MÉMOIRES
Tintrigue du clergé. Il se servit de tout le pouvoir
qu'il avoit sur lui, pour en faire un martyre de la
religion romaine. On écarta le curé de Saint-Eustache,s son ancien confesseur, qui s'étoit soumis au
serment civique. Le haut clergé, qui avoit paru se
resigneràlespoliation de sesbiens, qu'il ne pouvoit
. plus éviter, se saisit de l'arme si dangereuse de la
religion, quand il sait Temployer à ses fins, et déclara hautement que le nouyeau serment aflichoit
un schisme avec la cour de Rome, et avec les
puussances soumises à la même religion. Les prétres, dans ce temps pascal, se servirent de tous les
moyens quel la religion leurdonne, pour augmenter
le nombre de leurs adhérens, et ils n'y réussirent
que trop, surtoutdans la famille royale. Mesdames,
tantes du roi, donnèrent le premier exemple de
cette espèce d'émigration, fondée sur la différence
des opinions religieuses. Elles étoient parties pour
Rome, dès le mois de février.
Dès que le décret sur I'admission des soldats
dans les clubs eut reçu Ja sanction du roi, je ne
pus y appliqner d'autre reméde, qu'en engageant
leurs officiers à lesy surveiller, et à les y accompagner. Mais ce palliatif étoit d'autant plus médiocre, que les opinions contraires et prononcées de
la plupart d'entr'eux étoient peu propres à ramener
la confiance du soldat, avec lequel ils se compro- --- Page 399 ---
DE ROCHANBEAU.
mettoient
continuellement, de sorte que la discipline en souflroit excessivement.
Lei ministère de la guerre avoit vaqué à la fin de
Tannée précédente. On me fit les sollicitations les
plus vives pour m'en charger. M. de Montmorin
envoya M. Duportail, à qui il fut ordonné de
nir plusieurs fois chez moi,
m'offrir
vevices, et der m'y servir de
pour
ses sersecoud. Je lui répondis
que n'étant toujotrs éloigné de ce poste dans le
temps du pouvoir le plus absolu,
procherois
je ne m'en rapcertainement pas dans un moment de
révolution, oùt je n'avois ni la force, ni lcs talens
pourlnter contre toutes les factions. Il se
à me prier de me charger de
réduisit
comités,
la
présider tous les
pour
rédaction de toutes les
nances que le nouvel ordre de choses
ordondispensables. Mes
rendoit injournées entières étoient employées à ces différens comités. Celui de
et da génie étoit, de tous, celui
Tartillerie
dans
trouvois le plus de lumières. Je
lequel je
à
me plais à reudre
justice ces deux corps : c'estle résultat des
et des examens qui y fixent leurs
éludes
Ce fat dans le fort de
admissions."
velles
ce trayail, que les noupubliques m'apprirent Tévasion du
de la famille royale, dans la mnit
roi et
tendis, Tinstant
du 21 juin. J'enà
d'après, publier dans mon carrefour, son de trompe, un décret del'assemblée
tionale, qui me chargeoit de la défense
nade toutes
ces deux corps : c'estle résultat des
et des examens qui y fixent leurs
éludes
Ce fat dans le fort de
admissions."
velles
ce trayail, que les noupubliques m'apprirent Tévasion du
de la famille royale, dans la mnit
roi et
tendis, Tinstant
du 21 juin. J'enà
d'après, publier dans mon carrefour, son de trompe, un décret del'assemblée
tionale, qui me chargeoit de la défense
nade toutes --- Page 400 ---
MKBTOIRES
les frontières du royaume. Je me renfermai chez
moi, frappéde consternation du tableau de toutes
les suites que la fuite du roi alloit occasionner dans
Je royaume. Il m'arriva, sur le midi, une députation du comité militaire de Tassemblée,
pour
m'inviter à m'yrendre. Je le refusai, n'étant point
député, et n'ayant aucun titre pour m'y trouver.
Elle fut suivie de près par une seconde députation
des quatre comités, avec le décret qui avoit été
rendu à Tunanimité, Je leurdemandai où étoient
les ministres. M. de Montmorin les a tous rassemblés à la chancellerie, me répondit-on, et l'assemblée nationale vous invite à vous y rendre. Je promis d'aller les y rejoindre. On venoit, à mon arrivéc, de rendre un décret qui fixoit un serment
pour défendre la frontière contre tous les ennemis
du dehors, et la constitution contre tous les ennemis de l'intérieur. Je restai à la chancellerie
ces horribles vingt-quatre heures, au bout deswelosengetmafarmastondundivoarmsstondunsiVarnes
Cette funeste évasion et son arrestation ne sont
que trop connues : je ne me permets qu'une seule
réflexion. C'est à cette époque que furent mises à
découvert la foiblesse et la dissiniulation qui, dans
les dernières années du règue de CC malheureux
prince, changérent totalement son caractère, né
franc et naturel. Quels reproches la postérité
n'est-clle pas en droit de fuire à tous ccux qui se --- Page 401 ---
DE ROCHANEEAU,
chargérent de lexécution d'une mesure aussi mal
conçue, et qui fut exécutée avec autant d'irrésolation que de foiblesse; dont les suites, dans toutes les chances, né pouvoient qu'être désastrenses
pourlnilEnfin, lasituation du roi étoit-clle alors si
désespérée, quilu'yeàt plus ày employer d'autre
reméde que de manquer à tous les sermens qu'il
venoit de renouveler de son propre mouvement?
Ce parjure inutile et volontaire le diffama dans le
peuple; etl l'on peut dater, de cette époque, la
de Tamour personnel que le gros de la nation perte
avoit encore pour lui.
Je reçus alors deux courriers des corps administratifs de la frontière, cqui me faisoient part de tous
les troubles que la nouvelle de Tévasion du roiy
occasionnoit, et que les têtes étoient dans une fermnentation qui exigeoit
impérativement ma'
sence. Je commençai par faire annuler le
prélatc qui m'avoit été attribué sur toutes les généra- frontiéres:Je déclarai queje ne pouvois me charger
des départemens dont j'avois déjà le commande- que
ment; ; que j'étois très-pressé de m'y rendre
ycontenir Tarmée
pour
autrichienne,mn cas qu'elle voulity faire quelques repnwmdhpéibenend
ci-dessus prescrit : la plupart des membres, tenant
au militaire, sortirent de leurs places, tant du côté
droit que du côté gauche de Tassemblée,
réunir et le préter avec moi. Je me rendis pour se
sur la
-
is me charger
des départemens dont j'avois déjà le commande- que
ment; ; que j'étois très-pressé de m'y rendre
ycontenir Tarmée
pour
autrichienne,mn cas qu'elle voulity faire quelques repnwmdhpéibenend
ci-dessus prescrit : la plupart des membres, tenant
au militaire, sortirent de leurs places, tant du côté
droit que du côté gauche de Tassemblée,
réunir et le préter avec moi. Je me rendis pour se
sur la
- --- Page 402 ---
SIÉNIOIRES
frontière, dans la plus grande diligence. Je rejoignis, à Arras, Jes députés de Tassemblée nationale, qui my avoient précédé. Je les trouvai fort
pnécontens de M. de Castajant, de quelques officiers de cette garnison, qui élevoient unedifliculté
sur ce quele nom du roi n'étoit pas inséré dans ce
serment, quoiqu'il y fit intégralement compris
dans un des premiers articles de la constitution
de 1791, à laquelle on juroit fidélité, Tous les
corps administratifs et tous les soldats éloient prèts
à le préter : mais, comme nous n'avions pas
oflicieilement Texpédition de ce décret, il fut reçu convenu de l'attendre, et de ne revenir à Arras qu'après qu'eile seroit arrivée.
Nous allâmes droit à Valenciennes, prendre
Jangue sur ce qui se passoit dans le Brabant. J'y
trouvai M. de Sarlabans, qui s'étoit parfaitement
conduit. A la nouvelle du départ dn roi, il réunit
tous les corps militaires aux corps administratifs, et
convint avec eux des dispositions les plus vigoureuses pour se défendre contre toute surprise. Ilme fut
confirmé, par toutes nos correspondances, . que les
Autrichiens n'avoient fait encore aucun mouvement : mais les courriers de Lille, de Dunkerque,
de Saint-Omer, ne tardèrent pas à nons apporter
des nouvelles de beaucoup de désordres et de fermentation dans toutes ces villes. Nous commençàmes par Lille, où je trouvai la méliance la plus g6- --- Page 403 ---
DE ROCHAMBEAU,
nérale, quoiquela plusinjuste, coutre M.de Montrozier, commandant de cette place, à quila municipalitéavoit retiré les clefs des portes et des
sins. Le club avoit forcé Jes
magales
corps administratifsà
ouvrir; tous les citoyens faisoient sur les remparts des batteries à leur volonté, et prirent,
s'armer complètement, la plus grande partic pour dés
armes qui se trouvoient dans Tarsenal. Ce ne fut
pas sans peine que nous ramenâmes tout lemonde
àlordre. M.de Montrozierme demanda
un congé,
quej jelui accordai, d'autant plus
place, et tous'les
volontiers, que sa
états-majors des places, alloient
être supprimés. J'instituai,
M. Théobald
pour commandant,
Dillon, qui se trouvoit le plus ancien
colonel de la garnison, et qui jouissoit de la confiance la plus universelle, tant du soldat
du
citoyen.
que
Les décrets nous étant arrivés
serment fut prêté
les
oflicicllement, le
la garde
par corps admiinistratifs, par
nationale, et par toutes les troupes de
ligne. Une vingtaine
d'ofliciers, au plus, donnérent leur démission, parmi
dix Irlandois
lesquels il y eut huit ou
fort papistes, qui vinrent nous déclarer que la constitution civile du clergé
leur
répugnoit à
couscience, et qu'ils vonloient retourner en
Irlande. fous ces ofliciers
partirent avec des
ports, et n'essuyèrent aucun trouble. Les Suisses passele prétérent, suivant leur usage,avec la réserve de
'ofliciers, au plus, donnérent leur démission, parmi
dix Irlandois
lesquels il y eut huit ou
fort papistes, qui vinrent nous déclarer que la constitution civile du clergé
leur
répugnoit à
couscience, et qu'ils vonloient retourner en
Irlande. fous ces ofliciers
partirent avec des
ports, et n'essuyèrent aucun trouble. Les Suisses passele prétérent, suivant leur usage,avec la réserve de --- Page 404 ---
MÉMOIRES
Tobéissance qu'ils doivent à leurs cantons respectifs, au terme de leurs capitulations. Il fut ensuite
question d'accorder les ingénieurs et les artilleurs
militaires avec les officiers municipanx et.les citoyens du club, qui s'étoient emparés de leurs
foncrions. Nous fimes assembler ce club et la municipalitésaprès un discours d'un quart d'heure, il
ne me fut pas difficile de leur prouver que, lorsque
tous les pouvoirs se heurtent et se croisent respectivenent, il en doit résulter les plus grands désordres, et l'anarchie la plus complète. Toutes les
clefs furentrapportées sur-le-champ chez M. Théobald Dillon, et le service se remonta avec la plus
grande régularité.
Ladésertion de la plus grande partie des officiers
du premier régiment d'infanterie, dont le major,
qui le commandoit, avoit emporté les drapeaux,
nous appeloit à Dankerque; mais une insurrection
violente contreM. Lorestan, ancien maire de SaintOmer, qui avoit été dépouillé, maltraité, et au
moment d'être pendu, nous engagea à passer à
Saint-Omer, pour sauver ses jours, s'il nous étoit
possible. Le tribunal du district nous dit qu'il
n'avoit pas la plus légère charge contre M. Lores-'
tan; mais qu'il n'osoit ni Tabsoudre, ni le faire
sortir de sa prison, vu la rage populaire qui se
manifestoit contre lui. Il fallut encore avoir recours au club, où Tévèque, qui en étoit président,
é, maltraité, et au
moment d'être pendu, nous engagea à passer à
Saint-Omer, pour sauver ses jours, s'il nous étoit
possible. Le tribunal du district nous dit qu'il
n'avoit pas la plus légère charge contre M. Lores-'
tan; mais qu'il n'osoit ni Tabsoudre, ni le faire
sortir de sa prison, vu la rage populaire qui se
manifestoit contre lui. Il fallut encore avoir recours au club, où Tévèque, qui en étoit président, --- Page 405 ---
DE ROCHANBEAU.
nous accompagna. Cette séance eut un
cès. Après quelques discours
plein sucles
pour rappeler tous
citoyens au respect pour la loi, un des
bistes se leva, et dit que c'étoitlui
cluM. Lorestan,
qui avoit arrêté
parce qu'il le croyoit
seroit également le
coupable; qu'il
couvrir de
premier à le défendre et à le
tout son corps, si le tribunal le renvoyoit. absous. Il engagea tous les membres de
semblée à faire le même
Tasabsous le
serment, M. Lorestan fit
lendemain, clargi, et conduit en triomphe chez lui.
Dès que nous fumes arrivés à
trouvâmes toutes les affaires dans Dunkerque, le
nous
sordre. M. de Boistel,
plus grand déquiy
donné sa démission.
commandoit, avoit
conduite eût été
Quelque respectable que sa
jusqu'à ce jour, la désertion
officiers du premier régiment,
des
tout Thiver, de sa société
qui avoient été,
intime, le rendirent
pect. Il n'en restoit que
susofliciers et les
cing ou six avec les soussoldats: : le
s'étoit maintenu en ordre vingt-demième régiment
Courcy, Enfin,
par les soins de M. de
la garde nationale, fort
bien dressée, se trouvoit commandée
belle, et
meri. C'est à lui surtout
par M. Emde T'ordre
que lon dut le maintien
public, dans le moment
suivit
dagitation
Tenlévement des
qui
des officiers du
drapeaux, et la désertion
premier régiment.
Je reçus, à Dankerque, des nouvelles
I.
d'Avesnes
--- Page 406 ---
MÉMOIRES
et de Landrecie, qui m'apprirent la désertion de
la moitié des officiers de ces deux garnisons. Nous
primes le parti de nous séparer, pour expédier plus
vite ce qui nous restoit à faire sur la côte maritime.
M. de Biron fut à Calais, Boulogne et Gravelines;
je revins, avec les autres commissaires., par Bergues, Cassel, Aire, Béthune et Douay. Nous ne
trouvâmes, dans ces dernières garnisons, que des
troubles partiels, auxquels il fut facile de remédier. M. de Vauban, colonel du quarante-quatrième régiment, étoit eflectivement parti d'Avesnes
avec la moitié des ofliciers de son régiment, et le.
commandant du sixième bataillon de chasseurs de
la garnison de Landrecie en avoit fait autant.
L'ordre fut rétablidans ces deux places. Je pourvus
tous ces régimens d'officiers, en me faisant proposer, par les chefs, outre les sous-officiers à qui un
décret donnoit la moitié des emplois, I. les enfans ou neveux des officiers qui étoient restés fidéles à la défense de la patrie; 2.° les citoyens actifs
servant dans les gardes nationales, dont la conduite
et T'instruction militaire auroient été les plus remarquables. Tous ces remplacemens furent généralement bons et fort bien reçus du soldat, de manière à me donner Tespérance de remonter bientôt
le service et la discipline de l'armée. La maladie
de T'émigration n'étoit cependant pas cessée, et les
officiers dungarante-neniàne régiment, en gar-
° les citoyens actifs
servant dans les gardes nationales, dont la conduite
et T'instruction militaire auroient été les plus remarquables. Tous ces remplacemens furent généralement bons et fort bien reçus du soldat, de manière à me donner Tespérance de remonter bientôt
le service et la discipline de l'armée. La maladie
de T'émigration n'étoit cependant pas cessée, et les
officiers dungarante-neniàne régiment, en gar- --- Page 407 ---
DE ROCHANREAU.
nison au
Quesnoy, en donnèrent un
marquable. Les commissaires de
exemple renale se faisoient
Fassemblée natiodans
prévenir par ue lettre imprimée,
laquelle, après avoir exprimé les bases constitutionnelles du sermént qpu'ils faisoient
Jaissoient toute liberté à ceux
préter, ils
de partir
qui s'y reluseroient
pour Tintérieur du
pase-portsequileur étoient
royaume, avec des
ter le scandale et les suites accordés, pour leur évi-.
leurs refus à la tête del la
que ponvoient avoir
M. de Bergh et le troupe.
avoient reçu cette lettre quarante-nenvième régiment.
ils attendirent
depuis plus de luitjours;
constamment) les
térent ce serment dans la forme commissaires, la
préM. de Berg fut, le même
plus solennelle.
diers, dans une fédération jour, visiter ses grenales moyens de fêter
qu'il leur avoit donné
avec la garde
au club à leur
nationale; il fut
les
tête, et parut donner les
plus exagérées de patriotisme.
marques
après, il partit
Cing ou six jours
pour Mons,
trente ofliciers de ce régiment. accompagné de plus de
personnellement
Il m'avoit demandé
de relever, dans le
ment de
commandeValenciennes, M. de
infirmités les plus
Sarlabons, que les
Celte conduite
graves forçoient à la retraite.
clié à différer ne me fit pas repentir d'avoir cherla retraite du premier; mais
surditéabsolne et ses instances
une
rent à n'en séparer. Je fis
réitérées, me forcèvenir M. de Chalap, de
de
personnellement
Il m'avoit demandé
de relever, dans le
ment de
commandeValenciennes, M. de
infirmités les plus
Sarlabons, que les
Celte conduite
graves forçoient à la retraite.
clié à différer ne me fit pas repentir d'avoir cherla retraite du premier; mais
surditéabsolne et ses instances
une
rent à n'en séparer. Je fis
réitérées, me forcèvenir M. de Chalap, de --- Page 408 ---
NÉMOIRES
Dunkerque, pour le remplacer. M. DAlebeck,
maréchal de camp, député à Tassemblée, en obtint
un congé pour relever M. de Chalup, et'poursuivre les nouveaux ouvrages quejavois réglés à Dunkerque. Mon fils, qui venoit d'être fait ollicier-général, fut placé à Maubeuge pour y suivre, avec
activité, le camp retranchéauqnel je faisois travailler, et pour surveiller de près Ja garnison de Mons.
M. de Fléchin fut placé à Condé; M. d'Harville à
Saint-Omer; M. de Lanoue à Douay; M.de Caulaincourt releva, à Arras, M. de Casteja; Théobald Dillon commandoit à Lille SOUS M. d'Aumont. L'on travailla dans toutes ces places, avec la
plus grande célérité, pour rendre la frontière trèsréspectable. Tous mes préparatifs furent faits pour
rassembler vingt mille hommes au camp de Berlaimont, près Maubeuge, au moindre mouvement
Tarmée antrichienne pourroit faire dans le
que
pays d'entre Sambre et Meuse, qui étoit le plus
exposé.
Après savoir lutté, pendant six semaines, contre
toutes les extensions de conmandement.cpion vouInt me donner, je reçus enfin les ordres sles plus absolus pour aller faire une revue de surveillance
dans les départemens des Ardennes et del la Meuse.
Cette tournée me tint quinze jours, et je la bornai
à Sédan, oùt j'ordonnai de travailler à un camp retranché parcil à celui de Maubeuge, pour défendre --- Page 409 ---
DE ROCHANDEAU.
la trouée entre cette place et Mont-Medi,
regardée comme la partie la plus foible de qui est
frontière. M. de Belmont, commandant
cette
du
tement de la Moselle, fut chargé de tout le déparde ce
reste
commandement, et M. de Witgenstein,
lieutenant-général, commandant à Mézières, fut
misàunes ordres, avec les départemens des Ardennes et de Ja Marne. On réduisit,
tournée,
pendant cette
plusieurs des ofliciers-généraux dans lesquels j'avois le plus de confiance. M. de
Fléchin, à
qui je venois d'obtenir le grade de maréchal-decamp, m'envoya sa démission. Celle qui me fut le
plus sensible,me fut envoyée par M. de Chalup,
que j'avois appelé pour être mon second à Valenciennes, logéchezmoi, et en quijfavois la confiance la plus intime, Il prit un prétexte
demander un congé de huit jours,
pour
etm'envoya, de
sa démission, avant de passer du côté des Paris,
C'étoit Tépoque où j'avois fixé de grandes princes.
vres, pour exercer les troupes à la
mancengrands mouvemens militaires
tactique des
: c'étoit celle où le
roi, sorti de Tarrestation dans
laquelle il avoit été
resserré pendant prés de deux mnois, sanctionna
lennellement la
SOconstitution; où je venois de lui
envoyer le baron de Clozen, mon premier aidede-camp, lui porter, au nom de l'armée du
lal lettre la plus
Nord,
pathétique, pour lui renonvelerles
assurances de notre fidélité, conformémenta la
ands mouvemens militaires
tactique des
: c'étoit celle où le
roi, sorti de Tarrestation dans
laquelle il avoit été
resserré pendant prés de deux mnois, sanctionna
lennellement la
SOconstitution; où je venois de lui
envoyer le baron de Clozen, mon premier aidede-camp, lui porter, au nom de l'armée du
lal lettre la plus
Nord,
pathétique, pour lui renonvelerles
assurances de notre fidélité, conformémenta la --- Page 410 ---
5g0
MÉMOIRES
loi qu'il venoit d'accepter. Cette lettre fut applaudie généralement; le roi lui-même y parut trèssensible, et me fit une réponse qui m'exprimoit
toute sa satisfaction. C'est cependant à cette époque que les émigrations des officiers de tout grade
se renouvelérent avec le plus de force.
Les grandes manceuygres furent exécutées pendant le mois de septembre, avec plus de précision
que l'on ne ponvoit s'attendre dun renouvellement d'officiers aussi considérable.
Le baron de Clozen, dont il vient d'être mention, étoit neveu du général Clozen, mon camarade et mon ami; il avoit hérité de Jui ses vertus
militaires, et un altachement inaltérable pour la
France,à qui il avoit voué ses premières armes à
Tâge de douze ans, dans le régiment de RoyalDeux-Ponts. Il m'étoit persomnellenent fort allaché.
On vit, dans le mois d'octobre, arriver, sur la
frontère, un nombre considérable dé bataillons de
gardes nationales nouvellement formées. La paix
rétablie entre lempereur eù les Turcs, une entrevue entre Tempereur et le roi de Prisse, un
traité d'alliance signé dans lei mois d'août entre ces
deux puissances, la bonne réception quiy fut faite
aux princes françois et aux chargés de lcursaflaires,
tout donna à penser que la nouvelle constitution
françoise alloit être Tobjet de la spéculation politi-
nombre considérable dé bataillons de
gardes nationales nouvellement formées. La paix
rétablie entre lempereur eù les Turcs, une entrevue entre Tempereur et le roi de Prisse, un
traité d'alliance signé dans lei mois d'août entre ces
deux puissances, la bonne réception quiy fut faite
aux princes françois et aux chargés de lcursaflaires,
tout donna à penser que la nouvelle constitution
françoise alloit être Tobjet de la spéculation politi- --- Page 411 ---
U.
DE ROCHAMBEAD
de TEurope, et quilse
de tontes les puismnces
La notifique
armenient contr'elle.
préparoit un grand
du roi fut cependant reçue
cation de Tacoeptation de manière à calmer les
Temperenr Léopold,
nationale
par.
Mais la nouvelle assemblée
inquictudcs.
bien plus exagérées que
s'annonça par des opinions chaud de Tassemblée consticelles du bord le plus
à lexpliquer dans le
tuante. Chaque parti songea Il s'ouvrit une guerre
sens dont il étoit dominé.
exécutif: La moientr'elle et le pouvoir
conde plume
en dénonciations
tié des séances se passojent
sétoit retiré à
M. de Montmorin
tre les ministros.
constituante,
la fin de la session de Tassemblée il fut remplacé par
le suivit de près;
et
M.I Duporail
de la guerre,
M. de Narbonne, au ministère
M. de
remplaça M. de Montmorin. Tair
M. de Lessart
à cette assemblée, eut
Nacbonne, pour plaire
d'appuyer, au début
Tintention réclle,
et peut-êure
étrangere. 11 proposa
une guerre
forde son ministère, trois armées à pett] près dégale
la formation de
ordres; Yautre en Alsace,
ce: Tune au nord, à mes
et la troisième aul
ordres de M. de Luckner;
trois évéchés,
aux
deux armées dans les
centre de ces
qui venoit dètre
ordres de M. de La Fayette,
aux
Lp roi proposa à Tasscmbiée
fait Hentenant-génénl.
décret de Tassemblée
nationale une dérogation aul six le nombre des mafixéà
de ce
une
eonsitemnteupianoie
et
angmientiation,
réchaux de Francc,
et la troisième aul
ordres de M. de Luckner;
trois évéchés,
aux
deux armées dans les
centre de ces
qui venoit dètre
ordres de M. de La Fayette,
aux
Lp roi proposa à Tasscmbiée
fait Hentenant-génénl.
décret de Tassemblée
nationale une dérogation aul six le nombre des mafixéà
de ce
une
eonsitemnteupianoie
et
angmientiation,
réchaux de Francc, --- Page 412 ---
MÉMOIRES
nombre en faveur de M. de Luckner et de moi.
Le ministre Narbonne nous apporta Ini-mème,
avec des lettres de sa majesté, le bâton de cette dignité, qu'il nous remit à la tête des troupes, à
Metz, avec le plus grand appareil. Le roi signa de.
sa main mes lettres-patentes de maréchal de France,et renvoya à la griffe du bureau celles del Luckner. Cefutdansles
Le nouyeau
snempestedemtbengp
ministre fit en même temps la tournée
des troupes de ces trois frontières. Il mit, dans son
département, une activité que les contradictions et
la guerre personnelle que son prédécesseur avoit
euesà essecemnteeslicens,
presque suspendue. Cette ardeurmnitlitaire,das cejeune ministre, fit fortapplaudie par la majorité, qui, pardes
motifs fort différens, s'étoit presque réunie à
voquer toutes les puissances de FEurope. M. pro- de
Narbonne ne fut pas long-temps sans s'apercevoir
du peu de moyens qui lui restoient pour une entreprise aussi téméraire. Le prince, que nous devionsà celte époque ménager avec le plus de soin,
étoit T'empereur: . il étoit pacifique par inclination;
son indécision seule suspendoit les coups que IEurope, échauffée ct sollicitée par les énigrés, se
préparoit à nous porter, Il n'avoit dautre dessein
que de souténirle roi, son beau-firère, dans la
sition critique où il se trouvoit, et de lui faire con- poserver la latitudeque la constitution, qu'ilavoit ac-
poque ménager avec le plus de soin,
étoit T'empereur: . il étoit pacifique par inclination;
son indécision seule suspendoit les coups que IEurope, échauffée ct sollicitée par les énigrés, se
préparoit à nous porter, Il n'avoit dautre dessein
que de souténirle roi, son beau-firère, dans la
sition critique où il se trouvoit, et de lui faire con- poserver la latitudeque la constitution, qu'ilavoit ac- --- Page 413 ---
DE ROCHAXEEAU,
ceptée, devoit donner au pouvoir exécutif. Un
grand parti, dans Tassemblée, vouloit. lei restreindre
aul point d'être absolument gonverné
n'avoir d'autre
par lui, et de
volontéque celle qui Iui seroit
tée par un petit nombre d'orateurs
dicfluence dans les sociétés
qui, par leurinà tous les
populaires, en imposoient
corps constitués, ets s'étoient
rendus maitres de l'état. Ceux-ci,
presque
qui s'annonçoient
déjà pour àvoir des vues républicaines,
guerre à quelque
vouloient la
factions
prix que CC fit, et les différentes
ralliées à celle de la Gironde, qui étoit la
plus dominante, comptoient se servir de ce fléau
pour Tavancement de leurs vues particulières. Onapplaudissoit à M. de Narbonne toutes les fois
qu'il présentoit des vues
étoit
hostiles, et chaque séance
marquée par les diatribes les plus
contre toutes les puissances de
injurieuses
contre Tempereur,
FEurope, et surtout
tion.
qui étoit à la tête de la coaliM. de Bouillé fait, dans ses
aveu qui prouve la vérité des
Mémoires, un
de Tempereur. Il convient dispositions pacifiques
que, réunissant son ardeurmilitairei celle du roi de Suède, il ne
de courird'uneconr à l'autre
cessoit
àr rassembler toutes
pour exciter TEurope
France.
ses armées sur les frontières de
Mais l'électeur de Mayence lui
froidement: Vous êtes bien hetreux, répondit
Tagression
général, de
que prépare la France contre
saris elle, vous n'auriez
nous ;
jamais eu cette guerre que
convient dispositions pacifiques
que, réunissant son ardeurmilitairei celle du roi de Suède, il ne
de courird'uneconr à l'autre
cessoit
àr rassembler toutes
pour exciter TEurope
France.
ses armées sur les frontières de
Mais l'électeur de Mayence lui
froidement: Vous êtes bien hetreux, répondit
Tagression
général, de
que prépare la France contre
saris elle, vous n'auriez
nous ;
jamais eu cette guerre que --- Page 414 ---
MÉMOIRES
vous désirez tant. Jamais la cour de Vienne ni
TEmpire ne s'y seroient déterminés.
Cependant M. de Narbonne travailloit avec une
activité sans égale. Il ne fut pas Jong-temps à s'apercevoir combien Tindiscipline, Tinsubordination, protégées alors ouvertement par les sociétés
populaires, ct par contre-coup par le corps législatif, avoient désorganisd nos troupes. L'émigration
desofliciers, quiaugmentoit chaquejour, étoitpour
ce ministre T'ouvrage de Pénélope; elle défaisoit le
lendemain tout son travail de la veille. Nombre de
citoyens actifs admis auix sous-lientenances, se
croyoient nobles dès qu'ilsavoient Thabit d'oflicier,
et alloient recruter à Coblentz l'armée des princes:
L'hiver fut si pluvieux, qu'il rendit en Flandre
toute opération d'armée impraticable; dans cette
position, je fus mandé pour conférer avec le ministère. 1l ne me fut pas difficile de lui prouver
combien nous étions peu préparés pour entreprendre une guerre offensive, J'en déduisis toutes les
preuves dans un mémoire qui fut lu au conseil.
M. de Narbonne, qui se trouvoit fort embarrassé,
et qui T'étoit d'autant plus quil avoit hautement
donné lesespérancesdel l'offensive laplus prompte,
fit mander, par le roi, les deux autres généraux.
Ces derniers ne purent contredire aucune de mes
assertions. M. Luckner, pour plaire à M. de Narbonne et à la majorité de Fassemblée nationale, ne
isis toutes les
preuves dans un mémoire qui fut lu au conseil.
M. de Narbonne, qui se trouvoit fort embarrassé,
et qui T'étoit d'autant plus quil avoit hautement
donné lesespérancesdel l'offensive laplus prompte,
fit mander, par le roi, les deux autres généraux.
Ces derniers ne purent contredire aucune de mes
assertions. M. Luckner, pour plaire à M. de Narbonne et à la majorité de Fassemblée nationale, ne --- Page 415 ---
DE ROCHANHEAU,
parloit que d'attaquer, et restoit absolument court
quand on lui en demandoit les moyens. Il disoit,
comme les charlatans, que c'étoit son secret. Enfin, le roi nous appela tous troisà à son conseil. Je
dis au roi les vérités les plus frappantes. Jy
qu'étant assuré que dans l'armée de
exposai
Tempereur il
n'yavoit alors aucun équipage de siége, je devois
présumer qu'il n'attaqneroit pas cetteannée notre
frontière hérisséede places fortes, si nous n'allions
pas lui chercher querelle. Jy démontrai T'état du
militaire françois dans un jour trop vrai, et de manière à n'admettreaeune, réplique. Je perçai lesecret de M. Luckner. Je déclarai
avoit alors
que comme il n'y
aucune armée formée sur le territoire
ennemi, de l'autre côtédu Rhin, vis-à-vis delAL
sace, il éloit très-facile d'y faire une course dans
les élats des petits princes de
dans' ce que le feu roi de Prusse TEmpire, ct surtout
des
appeloit la rue
prétres; mais qu'il falloit calculer les
dune pareille irruption dévastatrice, avantages
avec la perte
que nos armées, sans instruction, sans ofliciers, ni
discipline, devoient faire partout oi, comme en
Flandre, elles trouveroient des
tacticiennes et subordonnées. Je troupes aguerries,
pressai vivement
pour nous mettre en état de former des
nos fronticres, d'y travailler
camps sur
et d'y instruire nos
troupes dans des positions formidables
préparées, de les agucrrir
des quejyavois
Par
succès Si nous
que nos armées, sans instruction, sans ofliciers, ni
discipline, devoient faire partout oi, comme en
Flandre, elles trouveroient des
tacticiennes et subordonnées. Je troupes aguerries,
pressai vivement
pour nous mettre en état de former des
nos fronticres, d'y travailler
camps sur
et d'y instruire nos
troupes dans des positions formidables
préparées, de les agucrrir
des quejyavois
Par
succès Si nous --- Page 416 ---
NÉMOIRES
étions attaqués, et de profiter ensuite de toutes les
occasions qui se présenteroient pour jouer à coup
sûr, ou du moins avec la plus grande probabilité,
sur toutes les' communications de T'ennemi, lorsqu'il feroit des entreprises hasardées, et qu'il s'éloigneroitde ses dépôts, qu'il n'avoit pas, comme
nous, l'avantage de pouvoir placer dans des villes fortes. Je terminois mon mémoire
par adjurerle roi d'éviter une guerre étrangère, qui seroit
certainement suivie d'une guerre civile dans l'intérieur; que tous les événemens malheureux de l'une
et de Tautre lui seroient attribués, et quily alloit
jouer sa couronne sur sa tête et, sur celle de sa postérité. M. Luckner fit lire son mémoire écrit avec
beaucoup de feu; ce qui fit dire à M. de Narbonne, par tous les ministres, que c'étoit lui quile lui
avoit fait. M.de La Fayette parla peu, etne se
nonça pas. Le roi et tout son conseil, à T'excep- protion de M. de Narbonme, se rangérent à mon opinion.
Les diflicultés renaissoient
chaque jour sous les
pas de ce ministre, au point de lui faire croire son
poste insoutenable, s'il ne se' rendoit pas le maitre
du conseil. On dit qu'il eut l'ambition de se faire
nommer principal ministre, et de renvoyer tous SCS
confrères. Nous étions à travaillerun soiravec lui;
il nous dit qu'il vouloit donner sa démission. J'étois dans Tignorance absolue de toutes ces intri-
.
Les diflicultés renaissoient
chaque jour sous les
pas de ce ministre, au point de lui faire croire son
poste insoutenable, s'il ne se' rendoit pas le maitre
du conseil. On dit qu'il eut l'ambition de se faire
nommer principal ministre, et de renvoyer tous SCS
confrères. Nous étions à travaillerun soiravec lui;
il nous dit qu'il vouloit donner sa démission. J'étois dans Tignorance absolue de toutes ces intri- --- Page 417 ---
DE ROCHANIRAU,
gues;jem'devai avec force contre
dis que toute la machine
ce projet. Je lui
s'il
militaire alloit
ne continnoit pas à la condnire; sécrouler,
seul qui eût eu le talent de
qu'il étoit le
SC faire
semblée nationale;
entendreà Tasbles et de
que dans ces momens de troudéfiances, il en obtenoit chaque
peu près ce qu'il vouloit, et
jour à
elle, depuis deux mois
qu'il avoit fait avec
qu'il étoit
travail
ministre, par un
infatigable,par une éloquence
improvisante qui lui avoit
persuasive et
qu'aucun de ses prélécesseurs. toujours réussi, plus
néraux lui
Les deux autres g6parlérent de même. Il nous
lui écrire ce que nous venions de
proposa de
réellement notre façon de
luidire, si cétoit
Jenlyfisauemned
penser sur son compte.
dillieulté; je pensois que,
parti que lon prit sur la guerre, il étoit quelque
de s'y préparer, et de conserver le
nécessaire
propre à obtenir de Tassemblée ministre le plus
saires. Il reçut, dans les
les secours néceslettre de chacun de
vingt-quatre heures, une
projet de démission. nous, pour le détourner de ce
Nos lettres furent
Il yj joignit une répouse
imprimées.
Fayette, dans
qu'il faisoit à M. de La
laquelle il inculpoit
ses confrères. Le roi fut
quelques-uns de
laj publication de ces lettres: excessivement choqué de
tre lni par les autres
déjà tres-prévenu condes
ministres, qui lui attribuoient
projets et des liaisons crimiuelles,
persuadé qu'il n'a jamais
que je suis
eus, il prit le parti de le
yj joignit une répouse
imprimées.
Fayette, dans
qu'il faisoit à M. de La
laquelle il inculpoit
ses confrères. Le roi fut
quelques-uns de
laj publication de ces lettres: excessivement choqué de
tre lni par les autres
déjà tres-prévenu condes
ministres, qui lui attribuoient
projets et des liaisons crimiuelles,
persuadé qu'il n'a jamais
que je suis
eus, il prit le parti de le --- Page 418 ---
MÉNOIRES
renvoyer; et dans ler même tempsqu'il lui signifioit
l'ordre de se retirer, le roi manda les trois généraux dans une audience particulière. Ilnous déclara qu'il renvoyoit M. de Narbonne, et nous rappela le serment que nous avions fait à la nation, à
la loi et au roi, pournous engagerà continuer nos
fonctions sous tel autre ministre qu'il jugeroit à
propos de choisir. Je lui répondis que rien n'étoit
capable de nous faire manquer au serment que
nous avions prété et fait préter aux troupes par ses
ordres; mais que la responsabilitéd'un commandement d'armée étoit effrayante, si nous n'étions pas
soutenus par un ministre qui eût sa confiance et
celle de la nation; que M. de Narboune avoit jusqu'à ce moment ce talent particulier; < que, quoiqme
mon opinion sur la guerre ne fit pas la sienne,je
lui rendois justice sur son activité; que depuis un
mois que nous travaillions avec lui, malgré toute sa
légèreté, jen'avois vu en lui que le zèle le plus vif
ctl le plus soutenu pour vaincre toutes les difficultés qui entouroient sa charge, et que sur mon honneur je ne voyois personne qui pàt le remplacer.
Le roi me répliqua qu'il éloit plus instruit que moi
de toutes ses menées; qu'il savoit fort bien que je
ne me mélois pas dans les intrigues; qu'il le remplaceroit bien, et que sur tout ce quipourroit nous
manquer, il nous permettoit de nous adresser directement à lui; quily feroit pourvoir avec la plus --- Page 419 ---
DE ROGCHANDEA U.
e
grande diligence; il répondit de même aux
mots que Luckner lui dit, et traita froidement quatre La
Fayette. Tous les autres ministres restèrent triomphansà à leur poste;1 mais ce triomphe ne fut
de
durée. Le roi nonima M. de Grave, qui venoit pas d'étre fait maréchal-de-cump, pour succéder à M. de
Narbonne.
La démission de M. de Narbonne causa le plus
grandmouvement daus T'assemblée nationale, et. lui
donna beaucoup d'humeur. On porta un décret
d'accusation contre M. de Lessart, on menaça tous
lesautres ministres, On en vint au point de renouveler toutes les accusations vagues du comité autrichien, et enfin de menacer la reine d'une dénonciation prochaine. Ce dernier trait tourna la tête
aux
Tuileries; tous les ministres donnèrent leurs démissions; M. de Lessart fut envoyéà la haute-cour
nationale, et le roi remplaça ce ministère
les
nembres les plus ardens
la
par
pour déclaration de
gucrre. M. Dumourier fut faiti ministre des aflaires
étrangères, et M. de Grave ne resta ministre de la
guerre que pour y jouer un rôle secondaire. Cest
vers le même temps que l'empereur
rut. Son fils renouvela le traité
Léopold mou- /
lin.
dalliance. avec BerCependant le ministère autrichien, cherchant
encore à éluder la guerre, répondit à une dépêche
pressante de M.de. Lessart, qu'il reconnoissoit n'avoir aucun droit de se méler de notre
gouverne-
, et M. de Grave ne resta ministre de la
guerre que pour y jouer un rôle secondaire. Cest
vers le même temps que l'empereur
rut. Son fils renouvela le traité
Léopold mou- /
lin.
dalliance. avec BerCependant le ministère autrichien, cherchant
encore à éluder la guerre, répondit à une dépêche
pressante de M.de. Lessart, qu'il reconnoissoit n'avoir aucun droit de se méler de notre
gouverne- --- Page 420 ---
MÉSIOIRES
ment; mais que, notre constitution étant attaquée
continuellement par un parti de factieux qui gouvernoit lassemblée, ce seroit à cette faction
les puissances coalisées seroient forcées de faire que la
guerre. En un mot, cette réponse étoit une déclaration de guerre aux jacobins. Cette dépêche, trèsimprudente dans les circonstances, se. croisa avec
la notification du nouveau ministère que Dumourier fit àl'empereur dans des termes au moins trèsindécens.
Je crois que l'on peut citer cette époque comme
une de celles où le roi et la reine marquérent le
plusde foiblesse et de versatilité. Une attaque d'hydropisie nie prit à la fin de mars, m'obligea à une
suite de remèdes qui me tinrent quinze jours sans
sortir. J'y appris que M. Dumourier et son parti
dans l'assemblée vouloient déclarer la guerré et la
faire offensive sur les plans les plus fous, qui ne
pouvoient avoir été forgés qu'aux Petites-Maisons.
M. de Grave vint me voir de la part du roi. Je Jui
dis qu'il étoit inconcevable que japprisse, par les
papiers publics, qu'il se formoit des plans de campagne sur lesquels on ne cherchoit pas à avoir du
moins mon opinion. 1I n'assura que rien ne seroit
arrêté sans mon concours, et me donna le lendemain rendez-vons chez . Jui,avec MI. Dunourier.Je
crus que ces miistres avoient le transport au cerveau : ils me parlerent dune désertion générale
Je Jui
dis qu'il étoit inconcevable que japprisse, par les
papiers publics, qu'il se formoit des plans de campagne sur lesquels on ne cherchoit pas à avoir du
moins mon opinion. 1I n'assura que rien ne seroit
arrêté sans mon concours, et me donna le lendemain rendez-vons chez . Jui,avec MI. Dunourier.Je
crus que ces miistres avoient le transport au cerveau : ils me parlerent dune désertion générale --- Page 421 ---
DE ROCHANHEAU,
dans Tarmée
toient, du autrichienne, sur laquelle ils
parti énorme qu'ils avoient dans le compDant, d'une
Braliommes
émigration de plus de trente mille
qai viendroient au -devant de
qu'ilyen avoit déjà cing mille de rendus nous, et
compmandement. Je leur dis
dans mon
caractère me donnoient le que mon age et mon
rités; qu'ils étoient
droit de. leur dire des véimpudemment et
trompés; que mon fils à
horriblement
Valenciennes,
Maubeuge, M. de Biron à
M.dAumonta à
à
Lille, M. d' Alebeck
Dankerque, me mandoient qu'il
mouvement chez Tennemi;
n'y avoit aucun
rouloitsur une vingtaine
que leur émigration
venoient; que le
d'hommes qui alloient ou
étoit
corps des émigrés
toujours de cin ou six cents brabançons
ordres de M. de Béthune,
hommes, aux
puis trois mois
sans être. augmenté, denéral du
quej'en étois parti; que Tesprit
Brabant, sans être favorable
g6
ment autrichien, étoit
au gouvernetre révolution,
encore plus ennemi de noétoient
puisque les agitations de ce
toujours conduites par. les
peuple
nobles; que ces deux classes
prêtres et parles
de gouverner celle du
étoient en possession
toit plus fou que de faire peuple; des enfin, que rien n'étions aussi absurdes
plans sur dess supposiBrabant ct au pays de dinsurections prétenducs au
dans des libelles
Liége, qmi n'existoient que
fabriqués à Paris.
Jinterpellai les quatre chefs du bureau
I.
sur l'état
--- Page 422 ---
MÉMOIRES
de nos troupes et de nos magasins. L'u me dit
que les officiers ne pourroient pas être nommés
avant la fin de mai, qu'il leur falloit un mois pour
être avertis et pour rejoindre, et qu'à mesure qu'il
proposoit des remplacemens, il se : formoit de nouvelles brèches par des émigrations qui ne discontinuoient pas; Fautre dit qu'il avoit élé trompé dans
un marché de chevaux, et qu'on poursuivoit en
justice les entrepreneurs; enfin, ceux dont les approvisionuemens étoient le plus assurés, demandoient jusqu'au 15 de mai pour fixer le premier
rassemblement des troupes. Je conclus, avec ces
ministres,parl leur proposer un campdevingtr mille
hommes sous Valenciennes, un autre de cinq. à six
mille hommes au camp retranché de Maubeuge,
à
rassemblerois du 1O -
ui pareil Dunkerque, queje
au 15 de mai. Ces trois camps devoient être composés de trente mille hoinmes, qui me restoient
disponibles, après avoir prélevé les garnisons des
piomsipejanoandhaites néossireleplusindispensable.Je consentis de céderàl M. de La Fayelte
les troupesqui étoient dans le département des Ardennes et de la Marne, afin de lui donner les
moyens, en oecupant le camp retranché de Givet,
de menacer Namur et le pays de Liége. Je déclarai que mon plan, dans ces rassemblemens, étoit
de donner aux troupes les leçons de tactique et de
service de campagne dont elles ne connoissoient
ireleplusindispensable.Je consentis de céderàl M. de La Fayelte
les troupesqui étoient dans le département des Ardennes et de la Marne, afin de lui donner les
moyens, en oecupant le camp retranché de Givet,
de menacer Namur et le pays de Liége. Je déclarai que mon plan, dans ces rassemblemens, étoit
de donner aux troupes les leçons de tactique et de
service de campagne dont elles ne connoissoient --- Page 423 ---
DE ROCHAMBEAU,
pas les premiers élémens; d'établir
réciproque du soldat à
une confiance
qui,
Toflicier, dans dès
depuis trente ans, à
troupes
partielles de
Tésception des guerres
TAmérique et de Ja Corse,
pas entendu siffler une balle;
les
n'avoient
nales avoient encore bien
que gardes natiotruction;
plus besoin de cette insque de laje verrois les mouvemens
T'ennemi; que, s'il se rassembloit
de
Tournay, comme
entre nous et
rois,
jen'en doutois pas, je me
par une marche rapide, entre la
portemer, pour y essayer le mouvement
Lys et la
prétendue insurrection
à donner à la
faire un
de
du Brabant, et tâcher de
coup
main sur cette frontière
me; tandis que M. de La Fayette
maritià Givet, pourroit, à la même
s'étant rassemblé
tre Namur, et le
de époque, essayer conoffensif;
pays Liége, un monvement
que nous prendrions alors
ses deux ailes, après Tavoir forcé. de Tenneni par
tes ses forces pour
rassembler toutre; qu'enfin,
protéger les places de son cenpréalablement à tout, il
mer nos troupes, tant de
falloit fortionales. Ce
ligne que de gardes naplan fut arrêté; M. de Grave
pronitqulilnyseroit rien
me
tement, et
changésansn mon consenquil ne signeroit que ce dont
convenu. On va voir comment
j'étois
tinrent parole, et les suites
ces messieurs me
rielle.
de Tintrigue ministéLa réponse de Tempereur étant
arrivée; les mi-
cenpréalablement à tout, il
mer nos troupes, tant de
falloit fortionales. Ce
ligne que de gardes naplan fut arrêté; M. de Grave
pronitqulilnyseroit rien
me
tement, et
changésansn mon consenquil ne signeroit que ce dont
convenu. On va voir comment
j'étois
tinrent parole, et les suites
ces messieurs me
rielle.
de Tintrigue ministéLa réponse de Tempereur étant
arrivée; les mi- --- Page 424 ---
MÉMOIRES
nistres n'eurent rien de plus pressé que d'aller, en
vertu de l'initiative du roi, proposer à l'assemblée
nationale la déclaration de guerre contre l'empereur. J'allaileur observer que toute notre frontière
étoit bordée d'un cordon de troupes qui, respectivement, alloit s'assassiner dans le mélange des territoires,si l'on ne faisoit pas promptemént un accord conventionnel pour éviter tous les désordres
qui en seroient la suite; que je partois le lendemain pour en faire la proposition au général ennemi, avant que la déclaration de guerre n'ait été publiée olliciellement ; on Tapprouva, et l'on me,
renouvela l'assurance que rien ne seroit dérangéati
plan convem,etqu'on alloit forcer tous les moyens
pour me mettre en état de rassembler les camps
projetés pourl le 15 de mai.J'arrivai à Valenciennes
le22 avril, je fis sur-le-champ ma convention pour
le cordon avec le général Beaulieu. Je ne fus pas
peu surpris de me voir suivre de près par MM. de
Chartres et de Montpensier, à qui j'avois donné
l'ordre de se rendre. à Laon, pour y préparer les
deux escadrons de leur régiment, que je devois
appeler aut camp SOUS peu de jotirs. Ils me direut
qu'au sortirdu conseil quej j'avois tenu chez le mi-.
nistre de la guerre, avec M. Dumourier, M. de
Grave leur avoit ordonné de se rendre à Valenciennes, auprès de M. de Biron. J'envoyai cher-.
cher ce dernier, qui me protesta n'y rien compren- --- Page 425 ---
DE ROCHANBEAU.
dre; je reçus enfin,le 24, un courrier, qui
porta, sous mon
m'apenveloppe, un paquet pourM.de
Biron, un pour M. d'Aumont, et un autre
M.
pour
d'Albeck, avec le contenu des instructions siguées au conseil, parlordredu roi et de l'avis unanime de tous ses ministres.
Cette instruction portoit
M. de Biron,
que je remettrois à
mille
pour le 27 avril, un corps de dix
hommes, composé de toutes les troupes
formoient les garnisons de première
qui
même
ligne; que le
jour on rassembleroit à Lille douze
drons aux ordres d'un
escaze cents hommes maneclaldecmpiqpue doupartiroient également de Dunkerque à la même époque. Trois
paquets accompagnèrent ces instructions, avec des ordres
aux officiers ci-dessus nommés. Ces trois directs'
voient se mettre en mouvement
corps deavril, devant Mons,
pour étre, le 29
Tournay et Furnes, et favoriser une insurrection générale, sur
comptoit dans le Brabant, M. de La laquelle on
voit être, le 50, devant Namur. Mais Fayette deil étoit
critde faire marcher les trois
prescorps ci-dessus désignés, dès le 29 avril, pour faciliter le
ment de La Fayette.
mouveJe devois, par le même ordre du conseil,
à Valenciennes,
rester
pour y rassembler tout ce qui
pourroit rester de troupes dans les places de seconde et de troisième lignes, en former
une réscrve,
le Brabant, M. de La laquelle on
voit être, le 50, devant Namur. Mais Fayette deil étoit
critde faire marcher les trois
prescorps ci-dessus désignés, dès le 29 avril, pour faciliter le
ment de La Fayette.
mouveJe devois, par le même ordre du conseil,
à Valenciennes,
rester
pour y rassembler tout ce qui
pourroit rester de troupes dans les places de seconde et de troisième lignes, en former
une réscrve, --- Page 426 ---
MÉMOIRES
avec laquelle je marcherois à Tappui de toutes ces
pointes; que je me réunirois à elles entre Liége et
Ruremonde, et que j'irois ensuite en Allemagne
combattre les armées combinées de Tempereur et
du roi de Prusse. On oublioit
que Mastricht, la
plus forte place des Hollandois, étoit entre ces
deux dernières villes, et en interceptoit la communication. On faisoit peu d'attention aux cinquaute
mille Autrichiens que Tempereur pouvoit rassembler, en quatre jours, dans le Brabant, et l'on
posoit qu'ils passeroient de notre côté. Enfin, supcomble de démence ou de
pour
trahison, ce plan fut
donné à tous les papiers publics et à tous les journaux du parti ministéricl, et fut si promptement
répandu, que je le reçus par la poste deux heures
après Tarrivée de ces dépèches, dont le porteur me
parutétreundes correspondansdu ministreDumonrier. Jeliseequejed devois, et tout ce quiétoit possible à un généralisolé, dont presque tous les ofliciers
dadministration étoient restés à Paris pour solliciter tous les objets nécessaires aux mouvemnens de
l'armée. Par une diligence incroyable, avec T'aide
des corps administratifs de Valeuciennes,
vius à rassembler,
je paraux jours nommés, toutes. ces
troupes, et tous les moyens de les faire marcher'et
subsister. J'ajoutai au détachement de cavalerie de
M. de Dillon, partant de Lille, trois bataillons et
quatre pièces de canon, pour appuyer sa cavalerie
iter tous les objets nécessaires aux mouvemnens de
l'armée. Par une diligence incroyable, avec T'aide
des corps administratifs de Valeuciennes,
vius à rassembler,
je paraux jours nommés, toutes. ces
troupes, et tous les moyens de les faire marcher'et
subsister. J'ajoutai au détachement de cavalerie de
M. de Dillon, partant de Lille, trois bataillons et
quatre pièces de canon, pour appuyer sa cavalerie --- Page 427 ---
DE ROCHANIEAU.
dans le besoin, et la
qu'elle avoit à
protéger dans le pays coupé
zieu.
traverser dans les environs de BaiEnfin, je me mis en mesure pour l'exécution
complète dun plan aussi impératif
J'envoyai aux ministres toutes
qu'absurde.
par un autre courrier,
mes représentations
la chimère d'une
oijel leur démontrois toute
lequel ni moi, ni révolution les
dans le Brabant, dans
voyions la plus
généraux à mes ordres, n'en
légère apparence. Ge
croisa avec d'autres du ministére, courrier se
qui nous croyoient
plus pressans,
les, où les
déjà sur le chemin de Bruxelpapiers ministériels
François pour] le 5 ou le 4 mai au annonçoient les
Ces trois
plus tard.
mirent
corps furent rassemblés le
et
en mouvement le
28, se
territoire ennemi. Je
29, pour entrer sur le
Biron, étoit
me portai- à celui de M. de
qui
le plus
sous ses ordres,
considérable, et commandé
T'élite de la
par mon fils, quiy étoit venu avec
garnison de Maubeuge,
à
vrechen. Ilse en partirent,
camper Quiectje rentrai à
pour. se porter vers Mons;
aux ordres du Valenciennes, pour me conformer
conseil, et prendre tous les
mens les plus prompts
arrangene prévoyant
poury rassemblerla réserve,
de Tennemi, que trop, par les nouvelles quej'eus
que toutes ces pointes alloient finir
par quelque catastrophe. Jy: appris,
anglois, que javois fait
par un général
que toutes les
prisonnier en Amérique,
troupes autrichiennes étoient en
per Quiectje rentrai à
pour. se porter vers Mons;
aux ordres du Valenciennes, pour me conformer
conseil, et prendre tous les
mens les plus prompts
arrangene prévoyant
poury rassemblerla réserve,
de Tennemi, que trop, par les nouvelles quej'eus
que toutes ces pointes alloient finir
par quelque catastrophe. Jy: appris,
anglois, que javois fait
par un général
que toutes les
prisonnier en Amérique,
troupes autrichiennes étoient en --- Page 428 ---
MÉMOIRES
mouvement, et qu'il en avoit vu les chemins remplis depnis Bruxelles, se portant sur nous et sur
Tournai, ouils savoient qu'on devoit les attaquer.
Biron ne tarda pas à trouver lennemi. Cette nouvelle, qu'il avoit également reçue, le fit marcher
avec beaucoup d'ordre ct de circonspection; il replia tous les postes et les petites avant-gardes du général Beaulieu, jusqu'aux hauteurs de Frameries et
de Berthaimont, où il trouva ce général posté dans
une position quicouvroit Mons, de manière à être
diflicilement abordée. Il paroit, par la relation de
Tennemi, qu'iln'avoit que six mille hommes le 29,
mais qu'il fut renforcé, dans la soirée, de quatre
autres mille hommes qui lui donnérent le moyen
de s'étendre sur le poste qu'il avoit choisi. Quoi
qu'il en soit, M. de Biron, ayantremis son attaque
au lendemain, reçut le soir la nouvelle de la catastrophe du détachenient de Lille. Le malheureux
Théobald Dillon étoit parti dans la nuit du 28 au
29; pour se trouver aul jourdevant Tournai.
en
Ilapprit
chemin que la garnison de cette place avoit
éié renforcée, et qu'elle étoit sortie à la pointe du
jour pour venir au-devant de lui. Il poussa SCS premiers postes; mais avant reconnu que l'ennemi y
avoit des forces doubles des siennes, il fit sa retraite
sur son infanterie.quil avoit laissée ayec l'artillerie
au pont de Baizicu. Sa cavalerie mancenyra trèsmal dès le début; deux colonnes arrivérent ensem-
garnison de cette place avoit
éié renforcée, et qu'elle étoit sortie à la pointe du
jour pour venir au-devant de lui. Il poussa SCS premiers postes; mais avant reconnu que l'ennemi y
avoit des forces doubles des siennes, il fit sa retraite
sur son infanterie.quil avoit laissée ayec l'artillerie
au pont de Baizicu. Sa cavalerie mancenyra trèsmal dès le début; deux colonnes arrivérent ensem- --- Page 429 ---
DE ROCHANBEAU.
ble dansle grand chemin,
40g
terie et sur le
se poussérent sur Tinfancanon qu'elles culbutérent.
T'ennemi ayant tiré quelques
Enfin,
n'atteignirent
coups de canon qui
pas même les chasseurs de Tarriéregarde, tout lityolte-face, dans une déroute
point d'exemple. La
quin'a
derniers
plume se refuse à écrire les
traits de celte malheurensej
journée;
ques troupes de moitié avec des
quelaussi grande ville n'est
brigands, dont une
nérent
que trop pourvue,la termipar faire périr du supplice le
nieux M. de Berthois,
plus ignomiqu'il avoit abandonné directeur du génie, sur ce
été sa
le canon, qui n'avoit jamais
charge, et massacrer Théobald Dillon,
jouissoit la veille du respect, de la confiance qui
troupes et des habitans de cette ville.
des
Dès que Biron en eut la nouvelle, il auroit
commencer alors sa retraite; mais sa
pu
fatiguée, etla crainte des
troupe étant
de nuit, avec des
désordresdans une retraite
troupes aussi peu
l'engagea à la différer
disciplinées,
dabord
jusqu'au jour. Il fit sa
en fort bon ordre; il
retraite
chargea mon fils de
Tarrière-garde, qui la conduisitdans la
règle jusqu'a
plus grande
Quievrain, en
coup de fermeté et une vive contenant, avec beautroupes qui voulurent le suivre canonnade, toutes les
Biron y
oul le tourner.M.de
reprit son camp. Il plaça, dans
deux
réginens, : avec quatre pièces de Quievrain,
petite ville, sur le bord del la
canon. Cette.
rivière, faisoit leposte
mon fils de
Tarrière-garde, qui la conduisitdans la
règle jusqu'a
plus grande
Quievrain, en
coup de fermeté et une vive contenant, avec beautroupes qui voulurent le suivre canonnade, toutes les
Biron y
oul le tourner.M.de
reprit son camp. Il plaça, dans
deux
réginens, : avec quatre pièces de Quievrain,
petite ville, sur le bord del la
canon. Cette.
rivière, faisoit leposte --- Page 430 ---
MÉMOIRES
avancé du centre de ce corps françois, qui étoit
campé sur la rive gauche. A peine les tentes furent-elles tendues, qu'un corps de hullans, arrivant par une rue collatérale de cette ville,tomba
sous le feu d'un poste d'infanterie quiyétoit placé.
Les deux régimens prirent les armes dans le plus
granddésordre, firent feu Tun sur. l'autre, prirent la
fuite, abandonnèrent leur canon, passérent par les
armes les ofliciers-généraux qui voulurent les rallier; toute la ligne suivit, et revint sur Valenciennes, dans une déroute universelle. Sur la première
nouvelle de T'arrivée de ces fuyards, je n'eus quele
temps de faire prendre les armes à trois régimens
de troupes à cheval, qui venoient d'arriver de lintérieur, et aul seul régiment d'infanterie qui me restoit dans cette garnison.Je fis sortir huit pièces de
canon,avec lesquelles je ne portai sur les hauteurs
de Sainte - Sauve: je poussai la tête de la cavalerie
jusqu'à Onnain, oùr nous arrêlâmes Tennemi.Nous
nous réunimes aux hussasds du troisième régiment, qui fut le seul de la cavalerie du corps
de Biron qui conserva dans cette déroute un peu
d'ordre et d'ensemble. Ce fut avec ces troupes que
je protégeai la rentrée à Valenciennes de ce corps
absolument disloqué. Ce fut dans cette disposition
passai le reste du jour et toute la nuit à la
que je
tête des grenadiers du cinquième régiment dans le
faubourg de Sainte-Sanye, qui étoit occupéparle
du troisième régiment, qui fut le seul de la cavalerie du corps
de Biron qui conserva dans cette déroute un peu
d'ordre et d'ensemble. Ce fut avec ces troupes que
je protégeai la rentrée à Valenciennes de ce corps
absolument disloqué. Ce fut dans cette disposition
passai le reste du jour et toute la nuit à la
que je
tête des grenadiers du cinquième régiment dans le
faubourg de Sainte-Sanye, qui étoit occupéparle --- Page 431 ---
DE ROCHAMDEAU.
reste de ce régiment. La ville de
étoit alors encombréc de
Valenciennes
sées de ce
toutes les têtes renvercorps de Biron.
J'appris alors que tout le camp avoit été
donné à
abanQnievrain et éloit tombéentre les
de Tennemi, et
mains
qu'il ne nous restoit plus
tentes à
aucunes
à
Valenciennesj je fis travaillertoute la
un plan de cantonnement derrière
nuit
entre Valenciennes
la Ronnelle,
dès six heures
et le Quesnoy; et j'envoyai,
du matin, des ordres à
ment pour sly rendre. Pour
chaque régiment et cacher à Tennemi la protéger le cantonnesituation,
turpitude de notre
j'étendis un cordon sur les hauteurs
couvrent le chemin du
qui
Quesnoy: j'en donnai le
commandement à Louis de Noailles, le
régiment de chasseurs
premier
conduit
qu'il commandoit s'étant
avec le plus grand ordre ct la plus grande
énergie dans ces derniers mouvemens.
J'appris le lendemain que le détachement
de Dunkerque étoit entré dans Furnes
sorti
sition; mais que, sur la nouvelle de sans oppoTournai, et du retour de
Taffaire de
chiennes dans
quelques troupes autricette partie, il étoit rentré à Dunkerque. Je reçus en même temps des nouvelles de
La Fayette, quim'annonçoit
ter, , le 50, une
qu'il tâcheroit de por.
le
avant-garde jusqu'à Dinant; mais
que
reste de son corps ne pourroit être
sembléà Givet avant les premiers
de
rasjours mai, et --- Page 432 ---
NÉMOIRES
qu'il manquoit de tout : je lui fis passer les nouvelles désastreuses des détachemens de Dillon et
de Biron.
Enfin, je rendis compte au roi de tous ces malheurs, et je ne lui dissimulai pas qu'il m'étoit impossible de continuer à être chargé du commandement d'une armée dont M. Dumourier, son ministre des affaires étrangères, vouloit faire jouer
toutes les pièces de son cabinet sans aucun égard
pour mes avis et mes représentations, et quej je lui
remettois en conséquence ma démission. Ces nouvelles et celle de ma démission firent un grand
mouvement dans le public et surtout dans Tassemblée nationale. Les ministres furent quelques
jours sans oser y paroitre, et la clameur publique
les accompagnoit partout. M. de Grave donna sa
démission. Enfin Dumourier, soutenu par Brissot
et son parti, vint faire une relation tronquée de
tout ce qui s'étoit passé, et donna les plus grandes
espérances pour l'avenir. L'accueil qu'il reçut,
malgré Tappui de son parti, ne dut pas le rassurer.
Cependant, le conseil me manda que le roi me
permettoit de profiter du congé que le mauvais
état de ma santé m'avoit fait emporter en partant
de Paris, etm'ordonnoit de remettre à M. de Bironle commandement de l'armée par intérim et
proyisoirement. Ce dernier le refusa absolument,
quelqu'instance que je pusse lui faire; il déclara,
reçut,
malgré Tappui de son parti, ne dut pas le rassurer.
Cependant, le conseil me manda que le roi me
permettoit de profiter du congé que le mauvais
état de ma santé m'avoit fait emporter en partant
de Paris, etm'ordonnoit de remettre à M. de Bironle commandement de l'armée par intérim et
proyisoirement. Ce dernier le refusa absolument,
quelqu'instance que je pusse lui faire; il déclara, --- Page 433 ---
DE ROCHAMEEAL,
dans sa réponse,
qu'il ne ponvoit se charger de me
remplacer à la têtede cette
armée, et
ce refus. Le ministre avoit
pérsista dans
envoyé, à M.
un courrier pour le lui
Lukner,
fit
proposer: : ce dernier ne se
pas prier, et se mit tout de suite en route
Paris.
pour
Cependant, toutes les feuilles
étant remplies du compte infidele
publiques
rier avoit rendu à
que M. DumouTassemblée nationale,
le
parti d'écrire au président, le 8
la je pris
je joins ici la copic,
mai, lettre dont
ministres de
que j'adressai également aux
sa majesté:
( M. le président, sans adopter lexactitude
> compte de mes
du
) des aflaires
dépéches au roi, que le ministre
étrangères a rendu à Tassemblée
> tionale, je crois devoir faire observer
na-
> lement à Tassemblée,
principa-
) de ma troisième
qu'il n'a pas fait mention
dépéche qui me paroit
> importante,
la plus
puisquily est question du
> campagne que javois
plan de
> exactement
formé, et dont on a pris
Tinverseslignorel les motifs de
> réticence.
cette
> Ilm'accuse d'avoir cessé de
> les ministres du
correspondre avec
roi; ce fait est de toute
) Jai écrit à M.
fausseté,
> à M. de Grave, Dumourier, lcs 24 et 26 avril;
ministre.de la guerre, les
> 26 et 29, du même
24, 25,
mois, et les
> courant.
5,4,5 5,Gety du
> Ma première lettre au roi étoit
accompagnée
.
cette
> Ilm'accuse d'avoir cessé de
> les ministres du
correspondre avec
roi; ce fait est de toute
) Jai écrit à M.
fausseté,
> à M. de Grave, Dumourier, lcs 24 et 26 avril;
ministre.de la guerre, les
> 26 et 29, du même
24, 25,
mois, et les
> courant.
5,4,5 5,Gety du
> Ma première lettre au roi étoit
accompagnée --- Page 434 ---
MÉMOIRES
> d'une dépèche au ministre de la guerre, que j'ai
>; renvoyéan contenu de celle quejécrivoisà sa ma-
> jesté pour expédier plus vite M. Berthier. La se-
> conde étoit incluse dans une dépèche adressée,
> par M. de Biron, au ministre, sur son affaire
> malheureuse.
) La troisième étoit accompagnée d'un détail
> envoyé par M. d'Alebeck, de son cantonnement
) de Dunkerque, sur l'expédition de Farnes. Je
> conserve toutes ces pièces et les correspondan-
) ces ministérielles, et celles qui ont été adressées
> directement, par le ministre des affaires étran-
) géres, à MM. de Biron et de La Fayette, dont
>. nous avons dà nous donner respectivement con-
>). noissance, et dont je donnerai communication
> lorsquejen serai requis légalement.
) Le ministre des affaires étrangères dit
que
> j'ai. eu connoissance des ordres et des instruc-
) tions de M. de Biron : il falloit bien
que j'en
) fusse instruit pour lui fournir tous les moyens
> quini@oieutordonnis, et surlesquels il me rend
> la justice de dire que je n'ai rien
mais
-
épargné;
> ces ordres et instructions ne lui ont pas moins
N été adressés par le ministre, quoique souS mon
> enveloppe, avec injonction à moi de les lui re-
> mettre et de m'y conformer.
) L'infanterie et le canon que j'ai accordés à
) M. de Dillon, sur ses plus vives instances, n'a-
ir tous les moyens
> quini@oieutordonnis, et surlesquels il me rend
> la justice de dire que je n'ai rien
mais
-
épargné;
> ces ordres et instructions ne lui ont pas moins
N été adressés par le ministre, quoique souS mon
> enveloppe, avec injonction à moi de les lui re-
> mettre et de m'y conformer.
) L'infanterie et le canon que j'ai accordés à
) M. de Dillon, sur ses plus vives instances, n'a- --- Page 435 ---
DE ROCIANBEA U.
> voient dautre objet que d'assurer le retraite de
) sa cavalerie au cas qu'elle fit repoussée; et cette
> mesure n'a sûrement pas été
infiruetueuse, quoi-
> qu'elle n'eût pas été prévue par le conseil :
> pense que j'aurois été fort blâmable sije n'avois je
> pas adhéréà cette réquisition.
> On me reproche de ne m'être
> qu'à Quievrain
pas porté juspour protéger M. de Biron dans
> sa retraite; on oublie que, par l'ordre du conseil,
) j'avois donné à ce général toutes les
dis-
> ponibles, et qu'il ne me restoit, au premier troupes avis
) de sa retraite, , que trois régimens de troupes à
> cheval, dont deux venoient d'arriver de linté-
> ricur, et un régiment d'infanterie, avec
> jes me portai, avec la plus grande célérité, lesquels
> plus de la moitié chemin de
jusqu'à
D protection de huit
Quievrain, sous la
pièces de canon que je
> surles hauteurs de Sainte-Sauve." Tout le plaçai
monde
) convient que c'est ce mouvement qui a arrêté la
> poursuite de Tennemi, et qu'il n'a pu être fait
> avec plus der rapidité.
> Ona a dit que le corps de Biron avoit
> de tout: : il avoit pour
manqué
quatre jours de pain et est
) rentré le troisième jour. Un convoi de
> autresjours a étéc deux fois tant à
quatre
)
delà de cette
Quievrain qu'auville, et n'a pu être distribué,
) que le corps de ce général ne s'est
arrêté puis-
> pour le receyoir. Les boeufs ont
pas
toujours suiyi
der rapidité.
> Ona a dit que le corps de Biron avoit
> de tout: : il avoit pour
manqué
quatre jours de pain et est
) rentré le troisième jour. Un convoi de
> autresjours a étéc deux fois tant à
quatre
)
delà de cette
Quievrain qu'auville, et n'a pu être distribué,
) que le corps de ce général ne s'est
arrêté puis-
> pour le receyoir. Les boeufs ont
pas
toujours suiyi --- Page 436 ---
NÉMOIRES
) cette armée, et sont rentrés de Quievrain avec
> elle.
> Lhopital lambulant, c'est-à-dire, ce qu'on avoit
> imaginé ici pour y suppléer, a été jusqu'an-delà
)) de Quievrain; mais les blessés ont préféré de re-
> venirà Valenciennes pouryêtre pansés.
) Il me reste actuellement de désirer l'exécution
) la plus prompte de la mesure déclarée par M. Du-
> mourier, au nom du conseil du roi, de me rem-
> placer ici par M. Luckner. Ce général a tou-
> jours voté pour la guerre offensive; ily est très-
> propre; ila encore toute l'activité et la vigueur.
> qu'ila conservées depuis trente ans qu'a été ter-
> minée la guerre d'Hanovre. Pour moi, je n'ai
> ceacdevoterpourp'on) medonnel letemps, dans
> des camps retranchés, de former des troupes,
>) tant de ligne que nationales, à un métier que la
> plus grande partie d'elles ne connott point en-
> core, et d'attendre là une occasion sûre, ou du
) moins bien vraisemblable, de porter des coups
> offensifs à l'ennemi. Cette, opinion ne me paroit
) pascelleda conseil. Rien n'est donc mieux vu que
> de donner à M. Luckner le commandement de
) guerre offensive qu'il a dessein d'entreprendre:
) quant à moi, avec un corps usé par cinquante
) années d'activité sans relâche dans lesdeux mon-
> des, accablé d'infirmités, criblé de blessures, je
> pérsiste à remettre, entre les mnains du roi, un
à l'ennemi. Cette, opinion ne me paroit
) pascelleda conseil. Rien n'est donc mieux vu que
> de donner à M. Luckner le commandement de
) guerre offensive qu'il a dessein d'entreprendre:
) quant à moi, avec un corps usé par cinquante
) années d'activité sans relâche dans lesdeux mon-
> des, accablé d'infirmités, criblé de blessures, je
> pérsiste à remettre, entre les mnains du roi, un --- Page 437 ---
DE ROCHANBEAU,
>) commandement dont
> supporter la
je ne suis plus en état de
La
responsabilité ).
calomnie à laquelle tous les
parti donnèrent le plus, de
papiers de ce
fusé, aux
vogue, étoit d'avoir repersonnes qui me le proposérent,
reprendre les tentes et bagages
d'aller
laissés dans son
que Biron avoit
étoient si bien camp. Je proteste que les têtes
m'en fit la
terrifiées, que jamais personne ne
trouvée téméraire proposition ; et javoue que je Taurois
et impossible à
raire, en ce qu'il eût été
exécuter : teméT'état où éloit
plus qu'indiscret, dans
Valenciennes derrière
gédune déroute sans
moi, engorverts de charrettes exemple, tous les ponts couet de caissons
avec une poignée de monde,
brisds; d'aller,
tion pour
mi'exposer à une acdix mille hommes, reprendre un camp que Biron, avec
avoit
dans Texécution,
abandonnés impossible
le district de
puisque les voitures fournies par
tous les effets Valenciennes, de
pour le transport de
dans le milieu de campement, étoient retournées,
cette bagarre, dans leurs
ges, chacune par le plus court
villam'ett fallua quatre jours
chemin, et quil
le désordre où la
pour les rassembler dans
Ma
terreur avoit: mis toutes les têtes.
lettre, au président de
un effet qui ne dut pas flatter Tassemblée, produisit
ne virent dautres
les ministres. Ils
vais eflet qu'elle ressources, 2 pour détruirel léinaufaisoit contreux,
I,
que d'aller pré27 --- Page 438 ---
NÉMOIRES
senter M. Luckner à Tassemblée, sous un nouveau titre, qui ne seroit que ridicule silonn'ydécouvroit T'esprit dintrigue des héros de ce parti.
M. Luckner déclara qu'il n'avoit quitté son armée
que pour vénir me servir d'aide-de-camp pendant
tout le temps que ina santé pourroit l'exiger, et
quil retourneroit ensuite à Farmée d'Alsace. Cette
démarche réunit tous les suffrages et fut applaudie
généralement.
Le cantonnement que javois pris entre le Ques:
noy et Valenciennes étoit respecté par Tennemi.
La discipline se rétablissoit dans les troupes; le cordon de Tavant-garde donnoit T'exemple du service
le plis vigilant : on prit quelques hullans, et on
les réduisit à ne plus s'aventurer sur' notre territoire ; mais j'eus.n ennemi dans lintérieur plus
facheux à combattre. Une foule de démissions me
plenvoit de tous les côtés; je les refusai toutes, et
je déclarai que ceux qui, par le mauvais état deleur
santé, auroient des raisons aussi fortes que les
miennes pour demander des congés, pourroient
n'accorderois
s'adresser au ministre, mais que je
ancun passe-port, et moins encore dans les circonstairces dans lesquelles je me trouvois personnellement. Enfin, je parvins à calmer la plus grande
partie des officiers, et Ton vit arriver mon prétendu aide-de-camp, non pas avec plaisir; mais je lui
rendis ct lai fis rendre tousles devoirs dus au chef
, auroient des raisons aussi fortes que les
miennes pour demander des congés, pourroient
n'accorderois
s'adresser au ministre, mais que je
ancun passe-port, et moins encore dans les circonstairces dans lesquelles je me trouvois personnellement. Enfin, je parvins à calmer la plus grande
partie des officiers, et Ton vit arriver mon prétendu aide-de-camp, non pas avec plaisir; mais je lui
rendis ct lai fis rendre tousles devoirs dus au chef --- Page 439 ---
DE ROCHANBEAT U.
à qifiallois ineessamment
commandement.
remettre les rênes da
La Fayette vint Jerestai six jours avee lui; M. de
désola du
se réunir à nos conférences. Il se
nir le
parti que je prenois; il me pria de réuvouloit commandement de son armée et
partout être que mon second. qu'il ne
pondis que,
Je lui rél
lorsque mes forces se- refusoient
commandement d'une armiée, il étoit
aul
de songer à en commander deux.
impossible
lag guerre,q quenous avions faite
Lhabitude de
rique, me persuada de la sincérité ensemble en Améllprit alors à l'ennemi la
de ses regrets.
de Bavay: : ce poste, intermédiaire fantaisie de s'emparer
et
entre
Valenciennes, est ouvert au
Maubeuge
je ne voulus cependant
premier occupant;
temps de sy fortifier. pas donner à T'ennemi le
hommes
Je partis avec trois mille
dinfanterie, du canon, 2 des
en déloger sjel
obus pour les
géres à commander doansifrant-garded à M.
des troupes lénemi retiré, Jerevins Luckner, qui trouva T'enérésipèle tniversel. de ce détachement avec un
Tous les.
bydropisic de
simptômes dune
poitrine se manifestérent si
ment, que je ne m'occupai
de
fortement militaire
que
mon testaleur avoir
pour mes deux collègues.
remis le mémoire le
Après
Tétat de nos frontières,
plus détaillé sur
depuis
Huningue, la manière de les Dankerque josqu'a
sources que lon
défendre, et les respouvoit tirer de T'oflensive faite
Tous les.
bydropisic de
simptômes dune
poitrine se manifestérent si
ment, que je ne m'occupai
de
fortement militaire
que
mon testaleur avoir
pour mes deux collègues.
remis le mémoire le
Après
Tétat de nos frontières,
plus détaillé sur
depuis
Huningue, la manière de les Dankerque josqu'a
sources que lon
défendre, et les respouvoit tirer de T'oflensive faite --- Page 440 ---
HÉOIRES
à propos, je renis le comnandement à M. Luckner, etje partis pour Paris.
Un retour aussi prompt étonna un peu le ministre; il ne s'attendoit pas à un dénoûment aussi
court de la comédie qu'ils avoient voulu faire jouer
anl maréchal Luckner, et que je mhe fusse décidé
si généreusement à lui laisser seul tous les honneurs du généralat. J'appris qu'il étoit question
de dénoncer un prétendu comité autrichien, et
de me faire jouer un rôle dans cette dénonciation. Je fis dire à ces ministres qu'il n'étoit pas
dans mon caractère d'attaquer sans un objet pressant, et dentretenirle public de toutes leurs sottises; mais que, s'ils s'avisoient de m'inculper par
leurs calomnies, je me défendrois comme un lion,
et que javois dans mon portefeuille une artillerie
toute prête à les battre en brèche à la cour nationale d'Orléans, ou à toute autre juridiction oit je d
pourrois être traduit. Je crois que cette franche
déclaration détermina ma tranquillité pour ce moment. Il ne fut question que d'une dénonciation
brute d'une prétendue correspondanceavee le maréchal dé Broglie, où le grand dénonciatet Chabot imagina de me faire jouer un rôle. Mais elle
fut si bêtement calomieuse et dénuée de preuves, que l'assemblée nationale renvoya la calomnie contre les généraux, au mépris qu'elleluiavoit
inspiré épourle dénonciateur.
a ma tranquillité pour ce moment. Il ne fut question que d'une dénonciation
brute d'une prétendue correspondanceavee le maréchal dé Broglie, où le grand dénonciatet Chabot imagina de me faire jouer un rôle. Mais elle
fut si bêtement calomieuse et dénuée de preuves, que l'assemblée nationale renvoya la calomnie contre les généraux, au mépris qu'elleluiavoit
inspiré épourle dénonciateur. --- Page 441 ---
DE' ROCKAXREAU: :
plutôt parti de Tarmée, que
Je ne fus pas
L'esprit
Thonora de sa présence.
M. d'Orléans
lni persuada
de M. Dumourier
fertile en intrigues
seroit un ducà présenter
sans donte que ce prince
les démocrates
du Brabant, ct que
à Taristocratie
La froideur avec Jaquelle
le verroient avec plaisir. lui fut pas de bon autil fut reçu à T'arméc ne
le
de plu-
-
Il fut encore la cause ou prétexte m'avoit
gure.
d'ofliciers. Ce prince
sieurs démissions
de venir servir
trois mois avant,
réfait demander,
du Nord. Je lui fis
sous mes ordres à Tarmée
auroit obtenu
Biron, que, dès quil
a
pondre, par
venir, comme il étoit
la permision du roi pour y
moi, je lui
lieutenant- général plus ancien que
et
remettrois tout de suite le commandement, lui déCette- réponse
que je ferois ma retraite.
ne me la pardonplat, et jai lieu de croire qu'il
na pas.
à Paris, avec la fièvre, sans sortir
Je fus un mois
le 15 dej jain pour Rode ma chambre. J'en partis
me méler d'aubien résolu de ne plus
vieille
chambeati, d'affaires, et dy reposer ma
cune espèce
n'étoient plus
existence. La franchise et la loyauté d'aucune utiplus être
de saison, et ne pouvoient
Tautorité royale
tilité pour ma patrie. Je voyois redoublés de tous
à s'écrouler sous les coups
Técraser. Une
prête
cherchoient à
les partis coalisés qui
le trône constitutionnel
foible minorité zélée pour
ille
chambeati, d'affaires, et dy reposer ma
cune espèce
n'étoient plus
existence. La franchise et la loyauté d'aucune utiplus être
de saison, et ne pouvoient
Tautorité royale
tilité pour ma patrie. Je voyois redoublés de tous
à s'écrouler sous les coups
Técraser. Une
prête
cherchoient à
les partis coalisés qui
le trône constitutionnel
foible minorité zélée pour --- Page 442 ---
MÉMOIRES
Juir restoit attachée;mais tous les chefs des factions
n'étoient dans T'assemblée législative réunis que
pour l'avilir. Ils n'étoient d'ailleurs occupés qu'à
se détruire entr'eux, et cherchoient par tous les
moyens à s'emparer exclusivement de toute l'autorité. Le roi, d'un autre côté, donnoit prise à tous
leurs soupçons par une correspondance que Ton
prétendoitqu'il entretenoit.avee ses frères et les
émigrés de Coblentz, nonobstant la déclaration
de guerre. La majorité des sectionsde Paris vota
pourla déchéance du roi 3 et la nuit qui précéda le
jour où le rapport de cette pétition devoit se faire,
la fermentation fut à son conble, tout Paris s'arma. Les fédérés de Marseille et de Brest marché
rent aux Tuileries, dout le chitean étoit rempli de
Gardes-Suisses, d'anciens Gardes-da-Corps et d'officiers retirésquisy étoient rassemblés:i ily eut un
choc violent dont j'ignore les détails. Mais plasieurs dépntés de Tassemblée, pour obtenir la faveur des républicains les plus exaspérés, ont Osé se
vanter dans tous leurs journaux davoir provoqué
tous ces tumultes. Alors Louis XVI n'auroit donc
donnéquedes ordresde pereikensiveapicénient
d'autant plus naturels après la journée scandaleuse
duzr juin, où le peuple des faubourgs arméavoit
forcé les Tuileries, pour lui faire les insultes les
plus avilissantes. Quoi qu'il en soit, il résulte de
cette matinéedu IO août que ce malheureux prin-
vanter dans tous leurs journaux davoir provoqué
tous ces tumultes. Alors Louis XVI n'auroit donc
donnéquedes ordresde pereikensiveapicénient
d'autant plus naturels après la journée scandaleuse
duzr juin, où le peuple des faubourgs arméavoit
forcé les Tuileries, pour lui faire les insultes les
plus avilissantes. Quoi qu'il en soit, il résulte de
cette matinéedu IO août que ce malheureux prin- --- Page 443 ---
DE ROCHAMERAU.
ce, craignant plus
méme,crut devoir pour sa famille que pour luinationale,
se rendre avec elle à
oùt il entendit
Tassemblée
et son décret
prononcer sa déchéance
T'on se battoit damestalion, de
pendant le temps que
venoit de
part et.d'autre dans le lieu qu'il
quitter.
Les aflaires militaires
pagne une tournure
prirent dans. cette camM. Dumourierau qui ne tarda pas à amener
étoit tout le but de commandementdesar ses
armées,qui
tion. Luckner,
intrigues et de son ambis'étant réuui à Tarmée de
Fayette, en laissa une
La
nier au. camp de
partie aux ordres de ce dermée du Nord Maubeuge, et se porta avec Tarsur Menin et
rendit maitre, ,mais
Courtrai, dont il se
qu'on fut
aprésqu'on eut fait bràler les obligédsbandomes,
dernière place sans nécessité. faubourgs de cette
eussent été nécessaires
Les troupes qui leur
pointe faite à
pour Tappuyer dans cette
davantage à la contre-temps, défense de la Tétoient encore bien
menacée par T'armée
Nonie.midostaler
enfin ày
prussienne. I se
ymarcher, et à laisser La
determin
sive à Tarméedu
Fayette en défentendue
Nord, dont il lui détermina lédepuis Dunkerque jusqu'à
firent entreux un
Mont-Médi. Ils
d'dat-msjor.qui échangedotroupes, de généraux,
daus cette
napporta qu'une grande lenteur
manceuvre. La
son arinée histoitentiérencate Fayette, persuadé que
dévouée, avoit exi-
ymarcher, et à laisser La
determin
sive à Tarméedu
Fayette en défentendue
Nord, dont il lui détermina lédepuis Dunkerque jusqu'à
firent entreux un
Mont-Médi. Ils
d'dat-msjor.qui échangedotroupes, de généraux,
daus cette
napporta qu'une grande lenteur
manceuvre. La
son arinée histoitentiérencate Fayette, persuadé que
dévouée, avoit exi- --- Page 444 ---
MÉMOIRES
géde Luckner cette complaisance: : et, fort de cette
opinion, il vint avec audace, quelques jours avant
la déchéance du roi, à la barre de l'assemblée
tionale
naprésenter une pétition très-vigoureuse contre les républicains, qui formoient déjà la majorité
defawemblécligalanie, Un partidans les citoyens
de Paris soutint un moment cette démarche; mais
il fut forcé de retourner à son armée près de Sedan, où il ne tarda pas à éprouver toute la fragilité
de la faveur populaire.
Vers le même temps, dans le cours de juin;
M. Dumourier, dont le crédit étoit fort tombé
dans Tassemblée nationale, se retourna du côté de
la cour : il fitrenvoyer tous les ministres, ses confrères, entr'autres, Rolland, Servant, Clavière, qui
étoient les idoles de l'assemblée. En se chargeant
du ministère de la guerre, il voulut se donnerdes
collègues; mais, en butteà tous les traitsdelassemblée, n'ayant du côté de la cour qu'une confiance
d'intrigue et de pure circonstance, il ne put pas
même en trouver, et fut obligé de se démettre entièrement. Il partit enfin, pour aller servir dans
son grade de licntenant-général à Tarmée du Nord;
sous son ami Luckner. Ce dernier, en partant de
Valenciennes, l'envoya prendre le commandement
du camp de Maulde,
.
prés Mortagne, oùt il laissa
une partie des forces qui, couvroient cette frontière. Mais à peine Luckner fut-il arrivé à Metz --- Page 445 ---
DE ROCHANBEAU.
quil fut forcé dei rappeler auprés de lni
deses troupes. Dumourier lui résista
cette partie
en déclarant que, s'il
formellement,
Maulde, toute
dégarnissoit le camp de
cette frontière seroit
invasions de Tennemi.
exposée aux
La Fayette, à lépoque du IO août où la déchéancedu roi fut prononcée, fit arrêter les
miers députés que Tassemblée nationale lui preDe nonveauxdéputés les firent
envoya.
surger T'armée contre
élargir, ct firentinque le
son général. La Fayette n'eut
temps de se sauver avec quelques officiers
généraux ets sOn état-major dans le
de
où il fut arrêté par les Autrichiens. pays Liége,
qu'il éprouva dans
Les rigueurs
une longue détention, le courage avec lequel illes supporta forcèrent,
Angleterre,ses plus implacables
jusqu'en
téresser à son sort. Mais
ennemis à s'intétrès-longue
ce ne fut qu'après une
vrance.
captivité qu'il put obtenir sa déliLuckner tergiversa pour préter le nouveau
ment; il se rendit
sersuspect par ses dernières
avec La Fayette, qu'il avoit lui-méme liaisons
Paris dans un moment d'ivresse.
dénoncé à
pendant à
Il se décida ce-:
préter ce serment, ct à le faire
son armée. On peut croire
préter à
pas tant prier.
que Dumourier ne se fit
Au milieu de tous ces troubles
mée prussienne arrivoit, elle
intérieurs Tarinvestissoit Longwi,
le nouveau
ment; il se rendit
sersuspect par ses dernières
avec La Fayette, qu'il avoit lui-méme liaisons
Paris dans un moment d'ivresse.
dénoncé à
pendant à
Il se décida ce-:
préter ce serment, ct à le faire
son armée. On peut croire
préter à
pas tant prier.
que Dumourier ne se fit
Au milieu de tous ces troubles
mée prussienne arrivoit, elle
intérieurs Tarinvestissoit Longwi, --- Page 446 ---
MEMOIRES
Soit par licheté, soit par trahison, cette ville, qui
pouvoit tenir pendant un mois de siége, se rendit
aprés vingt-quatre heures de bombardementan duc
de Brunswick, qui sy arrêta peu dejours, présenta
une avant-garde vers Richemont, sur la route de
Metz, et porta le gros de ses troupes sur le chemin
de Verdun; tandisqu'il laissoit un corps pour masquer Thionville, où le général Wimpfen fit une
défense qui lui fit honneur. Le maréchal Luckuer,
après avoir garni ses places, se retira à Frescati,
derrière Metz, avec son armée réduite à dix-huit
mille hommes. Ce fat à cette époque que Dumourier ne trouva plus de difficulté à quitter le camp
de Maulde, près Condé, et qu'il marcha avec célerité au secours de Ja Champagne, avec toutes les
troupes qu'il avoit retenues jusqu'alors.
Après avoir fait, en raccourci, le tableau le plus
véridique de toutes les intrigtes de ce ministre caméléon, jusqu'au moment oùt il parvint au généralat,je lui rendrai la justice la plus impartiale str
des talens politiques et militaires qu'il va développer dans le reste de cette campagne: Aprés lévasion de La Fayette, les irrésolutions de Luckner,
l'acivité deDamonrier, dans le moment oùt il vit
que les circonstances qu'il avoit fait naitre, alloient
le constituer général en chefde la république françoise, lui fit prendre des mesures d'une défensive
bonne et militaire, pour arrêter les succès de l'en- --- Page 447 ---
DE ROCHANBEAU. snivide près celie
de Verdum avoit
nemi. Laprise
commandoit,
de Longwi. M.de Bemrgsirequiy au conseil de
voyant la lacheté de ses reddition collègues de cette placc,
résolut Ja
guere, , qui
d'un coup de pistolet. Tous
sy britla la cervelle
le discrédit sur la tête de
ces malheurs attirèrent
puis rétabli dans le
Luckner. 11 fut suspendn,
mais avec Tordre
grade ridicule de geinéralisnine,
pour
du conseil de se tenir à Chalbnssaur-Marue. secours dont elles
difiérentes arniées les
foumiraux
délinitiveauroient besoin. Il fut enfin suspendu L'armée du
ment, puis décapité Tannée Damourier; d'après.
celle du
Nord fut commandée par mais, en attendant
centrele fut par Kellermanm; Dumourier chargea Arthur 1
Tarrivée de ce dernier, défilés des Argonnes près
Dillon de la garde des
la défense de celui de
de Clermont,il se réserva
Grand-Pré.
que Tassemblée législative
Ce fut à cette époque
les assemblées
déclara la patrie en péril, convoqua convention nationale,
primaires pour élire une
répuétablit provoisoirement un gouvernement la nation à
blicain, excita par des proclamations et que touses forces aux armées,
quadrupler
marchérent avec une, rapidité
tes les réquisitions
pas même en
dont jei n'ai jamais vu d'exemple, les plus critiques.
Amérique dans les situations Tancien régime, les payTel canton, dont, sous
que
les assemblées
déclara la patrie en péril, convoqua convention nationale,
primaires pour élire une
répuétablit provoisoirement un gouvernement la nation à
blicain, excita par des proclamations et que touses forces aux armées,
quadrupler
marchérent avec une, rapidité
tes les réquisitions
pas même en
dont jei n'ai jamais vu d'exemple, les plus critiques.
Amérique dans les situations Tancien régime, les payTel canton, dont, sous --- Page 448 ---
MEMOIRES
sans sC faisoient couper le pouce pour ne pas tirer
à la milice, fournirent decinquante à cent hommes
de bonne volonté dans une journée;il arriva de
toutes parts beaucoup pacfleommmgpilayamat
d'armes à leur donner. Cette levée se fit au mois
d'août en pleine récolte, fut une des époques les
plus marquantes dela révolution, et peut être comparée aux croisades de saint Bernard : Tenthousiasmne de la liberté produisit les mêmes effets. Cette
nuée de volontaires nationaux arriva à Châlons; elle
fut armée et équipée tant bien que mal, mais avec
la promptitude la plus extraordinaire.
L'armée du duc de Brunswick étoit déjàafligée
par des maladies et par les difficultés qu'il trouvoit
à lui procurer des subsistances. Après cquelques
jours. employés à ses préparatifs, il se porta sur
Grand-Pré, tourna cette position avec une avantgarde de quinze cents chevaux, et mit dans la plus
grande déroute le corps d'armée commandé par
Dumourier. Ce; général se rallia à Dampierre, près
Ssinte-Menehonkl, oà il fathenrensement rejoint
par l'armée de Kellermann qui venoit de la Moselle, et par un second - Irenfortqu'il tiroit delarmée
du Nord aux ordres de Beurnonville. Kellermann
se posta en avant sur les hauteurs de Valence, et
plaçaà sa gauche Beurnonville. Dans leur position,
ces différeus corps se retranchérent avec la plus
grande diligence, et couvrirent leur front d'une --- Page 449 ---
DE ROCHANBEAU. Le duc de
artillerie formidable et bien postée. Kellermamn. Ce
devant
Brunswick se présenta
les efforts de Tendernier, après avoir sontenu
hala nuit un monvement
némi, fit pendant le flanc de Tarmée prussienne.
bile qui menaçoit
à se canonner
Cette seconde journée se passa
à se
respectivement, et força Tarmée prussienne Ce fut alors
plus reculée.
camperdanst une position
sorti du ministère
Dumotrier, fratchement
de
que
se servit habilement
des affaires étrangères,
dérouter tous les
sa plume et de son épée pour
plans du roi de Prusse.
subsister que par
L'armée ennemie ne pouvoit
les municides fourrages arrachés par la violence; aucuns vivres
palités, le peuple ne fournissoient déjà très-longue
de gré à gré;1 une communication harcelée; enfin la disette, qui
à garder, et toujours d'une telle immuption dans la
est la suite naturelle surnommée Pouilleuse,
partie de la Champague,
territoire, occasionà cause de la maigreur de son Tarmée ennemie.
terrible dans
na une épidémie
d'armes et
demanda une suspension
Leur général
Dumourier accorda quelques
une conférence.
à Tassemblée nationale
jours de trève pour envoyer le même temps à profit
et mettre
ces propositions, armée, et
ses rerenforcer son
perfectionner
pour
Lassemblée répondit qu'elle n'écoutranchemens.
de Tennemi, qu'il n'eit
teroit aucune proposition
occasionà cause de la maigreur de son Tarmée ennemie.
terrible dans
na une épidémie
d'armes et
demanda une suspension
Leur général
Dumourier accorda quelques
une conférence.
à Tassemblée nationale
jours de trève pour envoyer le même temps à profit
et mettre
ces propositions, armée, et
ses rerenforcer son
perfectionner
pour
Lassemblée répondit qu'elle n'écoutranchemens.
de Tennemi, qu'il n'eit
teroit aucune proposition --- Page 450 ---
MÉNOIRES
Dumourier connoissoit parévacué son territoire.
il
faitement toute la situation de Tarmée ennemie;
étoit instruit de la désunion qui régnoit entrelle
émigrés.
pas que le roi
et les Frauçois
Iln'ignoroit
de T'ade Prusse leur reprochoit continuellement
voir trompé, en Tembarquant dans cette irruption
fausses
dont il ne voyoit aucune
sur de
espérances,
les obstacles se multise réaliser, pendant que
croit
le roi de e
plioient sans nombre. Enfin on
que
Prusse reçut une leutre vraie ou simulée de la mai
dont les jours étoient menacés si
de Louis XVI,
TenT'armée prussienne marchoit vers Paris, pour
à faire rétrograder son armée. Ajuger seugager lement par'les faits, il paroit que Dumourier protoutes ces circonstances, en
fita tesadroitementde
t e roi de Prusse à se retirer tranquilleengagea du territoire françois, età remettreles places
ment
qui fut exécuté fidèlementdont tilsétoit emparé;ce
de part etdantre.
collèDumourier, après avoir laissé à ses deux
deux petites armées pour suivre les Prussiens,
gues du côté de la Flandre,y compris tous les
dirigea
avoit tirés, trois corpsdarmiée dont
renfortsquilen:
et dont la force montoit
il prit le commandement, mille hommes. Le duc de I
à plus de quatre-vingt
de la ChamSaxe: -T. chen, pendant Tirruption
s'étoit présenté sur la frontière du Brabant,
pagne,
dont il respecta le camp
d'abord vers Maubeuge,
ées pour suivre les Prussiens,
gues du côté de la Flandre,y compris tous les
dirigea
avoit tirés, trois corpsdarmiée dont
renfortsquilen:
et dont la force montoit
il prit le commandement, mille hommes. Le duc de I
à plus de quatre-vingt
de la ChamSaxe: -T. chen, pendant Tirruption
s'étoit présenté sur la frontière du Brabant,
pagne,
dont il respecta le camp
d'abord vers Maubeuge, --- Page 451 ---
U.
DE ROCHAMBEAV
Lille, ou il imagina qu'un
retranchés ensuite vers
des émeutes
bombardement pourroit lui procurer à lui ouvrir
et forcer le commandant
de
populaires,
efforts furent vains; le peuple
ses portes, Ses
dont il bombardoit le quarLille le plus pauvre,
énergic, sacrifia tout
tier, marqua la plus grde défendre ses renparts,
pour aider la gamnison à
fut obligé de se redont ie duc de Saxe-Teschen
tirer.
alors son projet favori, pour
Dumourier reprit
du
de Liége;T mais,
s'emparer du Brabant et pays force à laquelle
cette fois, ilyemploya une
résis-,
pour
autriclienne pât
il étoit diflicile quelarmée celle de la guche, aux
ter. Il forma trois armées :
sur Tournai,
ordres de La Bourdonnaie, se porta aux ordres
celle de la droite,
Oudenarde et Gand;
et la grande
de Valence, se dirigea sur. Charleroi; marcha sur
à la tête de laquelle il se mit,
armée,
une forte réserve,
à sa droite,
Quievrain. 2 ayant,
qui partit de Maubeuge
aux ordres de dHerville, le bois de Sart, àla
Bavay et
pour se rendre,par Ce dernier sapprocha de
droite de Dumourier. d'ordre et de précantion;
Tennemi avec beancoup
de. Jemmape,
il le trouva
Biron
Srerechoanhebantewmed
où il avoit attendu
dans la même position
Dumourier fit avanconvrirl la ville de Mons.
et em-:
pour
de dHerville pour menacer
cer le corps
il ft attaquer sa
brasser la gatiche de Tennemi;
ay et
pour se rendre,par Ce dernier sapprocha de
droite de Dumourier. d'ordre et de précantion;
Tennemi avec beancoup
de. Jemmape,
il le trouva
Biron
Srerechoanhebantewmed
où il avoit attendu
dans la même position
Dumourier fit avanconvrirl la ville de Mons.
et em-:
pour
de dHerville pour menacer
cer le corps
il ft attaquer sa
brasser la gatiche de Tennemi; --- Page 452 ---
MÉMOIRES
droite, et parvint à s'emparer du village de Jemmape; il fit placer avantageusement toutes ses batteries de canon, qui baltoient de front et à revers
tous ces ouvrages, et par un effort simultané de la
droite, de la gauche et du centre, il attaqua en COlonnes toutes ces redoutes à la fois, et les emporta
après une trés-grande résistance. Les grenadiers
quilavoit consultés sur cet instant décisif, marchérent, au coup de midi, à la tête des colonnes, et
leur domérent le meilleur exemple. Ilse porta sur
les deux points où ses troupes furent un moment
repoussées, et secondépar leli licutenant-général. lduc
de Chartres, et son valet-de-chambre Baptiste,
il parvint à les railier. (Je me sers des expressions
et de la relation de ce général.) I ajoute que le
général Beurnonville s'y distingua à la tête de l'aile
droite. Cette action fut conduite par Dumourier,
avec uneactivité et un talent vraiment militaires. Il
fut secondé par une masse de forces trés-supérieure, et de laquelle on va voir qu'il se servit habilement pour subjuguer tout le territoire autrichien
et le pays de Liége. Mons se rendit le lendemain
del la bataille; il marcha sur Bruxelles que l'ennemi
évacua pour se retirer derrière Jla Mense; Tournai, Courtrai, Oudenarde et la ville d 'Anvers ouvrirent leurs portes à l'armée commandée par La
Bourdonnaie; celle de Valence s'empara de Charleroi et de la ville de Namur, dont la garnison se
ilement pour subjuguer tout le territoire autrichien
et le pays de Liége. Mons se rendit le lendemain
del la bataille; il marcha sur Bruxelles que l'ennemi
évacua pour se retirer derrière Jla Mense; Tournai, Courtrai, Oudenarde et la ville d 'Anvers ouvrirent leurs portes à l'armée commandée par La
Bourdonnaie; celle de Valence s'empara de Charleroi et de la ville de Namur, dont la garnison se --- Page 453 ---
DE ROCHANBEAU,
retira dans la citadelle. Ce
le sicge, pendant
corps de troupes en fit
que Tarmée commandée
Miranda, qui succéda à La
par
la citadelle d'Anvers. Bourdonnaie, fit celui de
ges, s'étoit posté Dumourier, pendant ces siéavec son armée d'observation
trés-militairement à Liége, d'oiilles
se firentavec d'autant plus de
protégea ; ils
nemi continua sa retraite
tranquillité que Ienen deux
routes de
colonnes,s surles
Lixembourg et de Cologne.
L'ardeur des conquêtes
époques, des armées d'
s'empara, aux mêmes
débuta
'Alsace et du Midi. Custine
Rhin. parfaitement bien avec T'armée du BasL'ennemi avoit laissé à Spire un
vivres qui n'étoit couvert
entrepôt de
de trois mille hommes. que par un détachement
Ce général y marcha, fit ce
corps prisonnier, et s'empara de cette
respectant la neutralité
villespuis,
latin et le duc des ;densnadéepeer@lecteury paWorms, ensuite Deux-Ponts, il marcha sur
sur Mayence; enfin
son caractère le
Tardeur de
porta jusqu'à Francfort, dont il
s'empara sans aucune résistance, mais
moyen pour soutenir une
sans aucun
toutes les forces
pareille pointe contre
dans les environs. prussiennes qui se rassembloient
Montesqquieu, commandant une des armées du
Midi,sempara de la Savoie, accorda à Genève
espèce de transaction, dans
une
chad'avoir
laquelle on lui reprotrop ménagé le parti des
I.
magistrats de
--- Page 454 ---
NEMOTRES
cette ville. Des marchés de fournitures à un prix
excessif, passés avec unJuif, qu'il avoitapprouvés,
furent le prétexte d'un décret d'accusation qu'il
n'attendit pas. Il rentra en France après que cette
persécution se fut appaisée, et se justifia completement de cette accusation. 11 fut relevé par Kellerman, qui ne put s'accorder avec Custine, à la
tête de l'armée de la Moselle, et Kellerman fut
remplacé par Beurnonville, Anselme, qui s'étoit
emparé du comté de Nice, appuyé d'une escadre
sortie de Toulon, fut rappelé à cause des plaintes
qu'occasionna Tindiscipline de son armée, et lon
envoya Biron pour le remplacer. Tous ces événemens se passèrent en trois mois de temps, dans la
fin de Tannée 1792.
Mon fils, après l'affaire de Mons, oùt il étoit
aux ordres de Biron, voulut absolument quitter
l'armée au moment où ma santé me forçoit à en
abandonner le commandement. On peut se rappeler qu'au moment oùi il conduisoit Tarrière- e-garde
de Bironavecl le courageet le sang-froid qui luisont
naturels dans Taction, des brigands, des agitateurs
jetérent des cris de terreur etd'effroi qui mirent ce
corps en déroute. Il fut fusillé par tous ces fuyards,
qui blessérent le maréchal-de-camp Fleury, que javois envoyé pour lui servir de second. Cependant,
à son retourà Paris, le cri de la patrie se fit entendre au fond de son coeur. On lui proposa le com-
Bironavecl le courageet le sang-froid qui luisont
naturels dans Taction, des brigands, des agitateurs
jetérent des cris de terreur etd'effroi qui mirent ce
corps en déroute. Il fut fusillé par tous ces fuyards,
qui blessérent le maréchal-de-camp Fleury, que javois envoyé pour lui servir de second. Cependant,
à son retourà Paris, le cri de la patrie se fit entendre au fond de son coeur. On lui proposa le com- --- Page 455 ---
U.
DE ROCHAMBEAU refusa; mais
qu'il
mandement de Ssint-Domingne et des iles duVent
il accepta, cclui de la Martinique
alloit devenir
qui,suivant toutes les apparences, où nous allions
teis-intéressant dans la position
A peine le
trouver vis--vis de TAngleterre.
et
nous
lui eut-il fait expédicr ses pouvoirs,
ministère
accompagué
les ordres du roi, qu'il partit
le
prendre commissaires civils, qui avoient reçu
de trois
colonie. Qnoique M. de
même ordre pour cette lui-méme à être remplacé,
Behague eût demandé
eût annoncé aul ministre qilaiatendoit
quoiquil
lui remettre son commanque son successeur pour dans toutes ces iles avec les
dement, il intrigua
de ligne des coloadministratifs, les troupes
corps
de mnanière à y allicher publinies, et la marine,
Mon nle,iquile
quement une contrenérolation. frégate et les transministre n'avoit accordé qu'une de deux mille quatre
nécessaires à une force
ports
devoit réunir aux troupes déjà
cents hommes quil
fut
peu surpris de
stationnées dans ces iles, ne
pas du conseil de
voir abordé par des membres
se
déclarérent que ni lui ni ses troucette ile, qui lui
débarquer. Il offrit d'aller
pes ne pourroient y civils, ou même seul, exhiavec les commissaires dans la rade avec sa fréber ses pouvoirs; il entra
des prépamais voyant faire, de toutes parts,
gate;
vaisscau de ligne et trois frégates
ratifshostiles, un
faire les mancenvres pour
statiounaires dans le port
voir abordé par des membres
se
déclarérent que ni lui ni ses troucette ile, qui lui
débarquer. Il offrit d'aller
pes ne pourroient y civils, ou même seul, exhiavec les commissaires dans la rade avec sa fréber ses pouvoirs; il entra
des prépamais voyant faire, de toutes parts,
gate;
vaisscau de ligne et trois frégates
ratifshostiles, un
faire les mancenvres pour
statiounaires dans le port --- Page 456 ---
NÉNOIRES
appareiller, le capitaine de la frégate resta sous voiles, couvrit son convoi, et se mit en route pour
aller à la Guadeloupe. Il fut suivi de prés par les
trois frégates de M. de Behague. Son convoi qui,
jusqu'àla nuit, s'étoit toujours bien maintenu, se
dispersa dans l'obscurité. Un seul bâtiment suivit
la frégate, qui fit voile vers Porto-Ricco ou SaintDomingte, oi il étoit probable que le convoi s'étoit dinigé. Il eût été auissi mal reçu à la Guadeloupe qu'h la Martinique, cette ile ayant également
affiché la contre-rérolution ; enfin il rejoignit au
Cap la plupart des bâtimens et ses troupes.
Dès que cette nouvelle fut venue en France, on
décréta daccusation M. de La Coste, ancien ministre de la marine, pour n'avoir pas donné à ce
convoi une escorte plus puissante et plus capable
d'en imposer à M. de Behague, dont on supposoit
quil devoit connoûtre les dispositions. Mon fils,
ayant rendu compte de ces événemens, se mit,
ayecles troupes qu'il avoit amenées, aux ordres de
0 M. Desparbès, gouverneur-général de Saint-Domingue. Il trouva cette malheureuse colonie toute
fumante des dévastations qu'elle avoit éprouvées,
une scission prononcée entre le gouverneur et les
commissaires civils qui l'avoient accompagné. Il fit
Timpossible pour les réunir, et ne s'occupa que des
sois qu'il devoit donner à toutes ses troupes débarquées, qui furent attaquées des maladies du cli- --- Page 457 ---
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U.
DB ROCHAWDEAU
victilui-même pensa être la première
mat, dont
la différence d'opiuions
me. Pendant ce temps-la, de Saint-Doningue et
entreles commiseires civils
les premiers se
vinrent au point que
étatle gouvernetr d'arrêter le gouverneur et son
crurent obligds
la France. Enfin,
major, et de Tembarquer pour les troupes de ligne,
unanimement par
ils
appuyés
et les corps administratits,
celles des colonies
mon fils comme gouproclamérent provisoirements la confirmation du
vemcur-général. en attendant
Il fut forcé de
exécutif de la métropole.
bizarrepouvoir
et par une
Taccepter avec ces conditions; malgré lui, dans un
destinée, il fut placé,
rie dela
refusé avec toute la répugnance
poste qu'il avoit
de Paris.
possilble, avant son départ
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