--- Page 1 ---
-
a
lontn Spokin
commillacie it anvrye a
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6 man '773. --- Page 2 ---
Hubit Carler Aroiun
Lilny
EnromiBlatneratity
2 The John Carter Brown Library -e
Brown University
à 4O
Purchased from the
NOK -
Louisa D. Sharpe MetcalfFund
d
vok --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
5A 12
RO
M E M TOIRE
POURlescitoyensVsaweuntoyensVnwsunt, BAILLIO
jeune, FOURNIER,eL GERVAIS,
déportés de Saint-Domingue,
CONTRE LÉGER- FÉLICITÉ
SONTHONAX, Commissaire- Civil
envoyé à Saint-Domingue pour y
rétablir l'ordre-et la paix.
Nous fommes accufés par Sonthonax d'être
des chefs de brigands, descélérats, de malveillans, de gens mal-i intentionnés & ennemis de
la France , & d'avoir voulu molester nos frères
les hommes de couleur. Ces imputations dont
contenues dans une iettre au miniftre de la
juftice, en date du 6 décembre dernier (1),
lettre ou chaque mot eft une groffière impofture,
lettre écrite d'un ton vague, embarraffé,& ou
la calomnie, abfurde & mal-adroite, n'a
même cu le don de s'exprimer avec fon A2
rance ordinaire.
L'expoié fimple de quelques-uns des faits
ont précédé notre enlévement, nous fervira a
réponse : il frappera les efprits les plus pré-
(1) Voyez cette lettre, no, I des piéces justificatives.
A --- Page 6 ---
- PJOB
(2)
même ces fcélérats habiles
venus, & pent-Bire doivent être un peu plus déli-
& fameux qui
dans le choix & l'art des.
cats que Sonthonax
fans doute avec
mensonges; ils repoufferont auffi révolant, & auffi peu
dégol: un complice
propre à embellir leur caufe.
Au mois de novembre dernier, to.it fembloit
annoncer aux patriotes du Cap la fin prochaine o8obre e,
de Jeurs maux. Nous avions, civils, le 19
la
fous l'autorité des commiffaires
les purgé plus harcolonie des conre-névoludionaiten Tousles efprits étoient
dis & lesplus dangereux.
tant blancs
de
réunis : les bons citoyens,
fans Reoe
couleur, follicitoient fans cefle,-8 nationale. d'aT'organisation légale de françaile la garde 52 & que les ciprès la conftitution ceflant de n'être: qu'ant
royens de couleur $
fuffent
ordie & une corporation parriculièie, frètes les blancs, &
enfin confondus avec leurs
; ce qui
eniêlés dans leurs feftions respedives la dernière
non-fenlement eût fait difparoitre des couleurs, mais
trace de labfurde diftingion infurmontable aux
auroit oppolé une digue & aux deftructeurs de
ennemis' de la révolution
Saint.Domingue, + 101
Ce n'étoit pas-là le compte de Sonthonax;
à maintenir le bataillon féparé
auffi perfifta-til de couleur : auffi ft-il mettre en
dés citoyens chauds parriotes de couleur, qui
prifon les plus'
français &
voulant être 'tout de bon citoyens enrôlés dans les bagardermationales, 2 s'étoiént
d'ou le
taillons de leurs fcftions relpeltives, Ce fut envain que
diSatenr les força de fortir.
de Sonthonax;
à maintenir le bataillon féparé
auffi perfifta-til de couleur : auffi ft-il mettre en
dés citoyens chauds parriotes de couleur, qui
prifon les plus'
français &
voulant être 'tout de bon citoyens enrôlés dans les bagardermationales, 2 s'étoiént
d'ou le
taillons de leurs fcftions relpeltives, Ce fut envain que
diSatenr les força de fortir. --- Page 7 ---
(3)
plufieurs de ces infortunés frères de couleur,
étroitement unis avec nous dans la focié:é des
Amis de la convention natiorale, députèrent
auprès de Sonthonax s s'efforcèrent de lui faire
fentir, combien l'union durable des citgyens
tenoit à ce mélange, fans lequel leurs ennemis
toujours le fecret de les
communs trouveroient
Baillio
divifer. Le monfre fut inflexible.
jeune,
l'un de nous, qui a toujours aimé & foatenu
le pationfme des hommes de cculeur, & dont
la candeur & la fermeté étoient fouvent embarraflantes pour les traîtres, alla plaider fortement
auprès du Sonthonax la caufe de deux citoyens de couleur qui s'étaient enrôlés dans
la compagnie dont il étoit lieutenant, & qui
defiroient vivement de n'en pas fortir. Il arracha
au tyran cette faveur; mais ce ne fut pas fans
peine.
Dans les dernierejours de novembre, la place
de capitaine de port étoit vacante. Plusieurs citoyèns dighes de la remplir, et qui avoient bien
mérité de la patrie, furent indiqués à Rochambeau, ce dernier vice-roi de la. création de
Sonthonax. La voix publique et le voea des patriotes lui défignoient fur-tout le brave SantoDomingo 9 1 qui avoit en 1790 sauvéla colonie
de la guerre civile, etque pour cette raison les
traitres vice-rois laiffoient toujours à l'écart et
fans récompenfe. Quoiqu'il ne faille s'étonner
de rien, les citoyens du. Cap furent un peu
étonnés de voir Rochambeau nommer à cette
arrivé
place un monsieur Sauter, Girondin,
depuis quatre mois dans la colonie, èt qui sous
A 2
1 qui avoit en 1790 sauvéla colonie
de la guerre civile, etque pour cette raison les
traitres vice-rois laiffoient toujours à l'écart et
fans récompenfe. Quoiqu'il ne faille s'étonner
de rien, les citoyens du. Cap furent un peu
étonnés de voir Rochambeau nommer à cette
arrivé
place un monsieur Sauter, Girondin,
depuis quatre mois dans la colonie, èt qui sous
A 2 --- Page 8 ---
(4)
aucun rapport n'étoit fait pour 1 prérendre. Les
gens au courant du trafic fcandaleux que le viceIoi, àl'exemple du dictateur a faisoit des places
à fa nomination, disoient hautemenr dans les
rues que Sautet avoit payé cette place 400-porzugaises (1), Les amis dela convention nationale, mal-contens d'une parcille nomination,
dépurèrent à Rochambeaur, lei représentèrent
qu'un tel choix lui avoit sans-doute été surpris,
et qu'il eût pu mieux choifir. Rochambeau, répondit en propres termes à la députation. , du ton
d'un despore que choque la cenfure des hommes
libres: dites à ceux qui vous envoient que lorlque
je nomme à une place elle est bien nontmée (2)!
Leboigne 2 sécretaire de Rochambeau, vint
fe plaindre au Club du bruit public qui dénonçoit la part qu'il avoit eue à la vente de la place
de capitaine de port : il fe permit à ce fujet - . 9
en fpadaffin aristocrate, des menaces infultantes
pour toute la Société. On fait que. ces fortes de
fanfaronnades tiennent toujours lieu de défense
et de raifons aux êtres de cette. trempe, La
fociété répondit sur le champ. au. défi de, ce chevalier du poignard, en le rayant de fa lifte
appel nominal. Ce'n'est pas le fenl
TeRetet
couvert d'un masque plus ou moins. : épais de
patriotisme, fe'f foit glissé par fois dans des Sociétés de vrais jacobins. 9 et qu'il aît fallu en
chasser lorfque le masque ne tenoit plus.
a
(1) 17600 livres tournois.
(:) voyezla lettre de Bailliojeune à Rochambeau,
No. 4 des pieces justificatives.
fa lifte
appel nominal. Ce'n'est pas le fenl
TeRetet
couvert d'un masque plus ou moins. : épais de
patriotisme, fe'f foit glissé par fois dans des Sociétés de vrais jacobins. 9 et qu'il aît fallu en
chasser lorfque le masque ne tenoit plus.
a
(1) 17600 livres tournois.
(:) voyezla lettre de Bailliojeune à Rochambeau,
No. 4 des pieces justificatives. --- Page 9 ---
(5)
Peu, de jours aprèe, le I décembre, Sonthonax rend une proclamation qui interdit le
Club, et défend toute assemblée populaire 9
même celle de la Commune. Dans cette pièce
infâme, il feint qu'il existe au Cap une faction
qui veut s'oppofer à la loi du 4 avril, (loi dont
lui seul arrêtoit l'exécution ) et qui fait circuler
un falux décret qui prive les homme: de couleur
de T'eligibilité aux fonctions publiques. Le fcélérat favoit trop bien que ce bas ftia satagême, imité
de Mauduit quien avoit employé un pareil contre les parrjotes du Port-au-Prince dans les derniers ours de sa vie exécrable, 9 étoit la feule
reffource qui lui reftàt pour allumer la guerre
civile qu'il méditoit depuis long-tems, et rompre entin l'union défespérante qui régnoit entre
les pacriotes de toute couleur, 9 réunis en amis
de lu convention nationale. C'eft dans ce deflein
gediveetconbmmrmrefiCommtbgeds
nationale fans diftinction de couleur. Nous défions ce misérable d'alléguerla moindre preuve de fon lache menfonge. de la circulation d'un
faux décret, ni de citer un feul patriote'quife
foit oppofé à laloi du 4a avril. On reste confondu
chaque fois.qu'on fe rappelle. une femblable
allégation de la part de l'intrigant contre-révolutionnaire qui, chargé d'éxécuter cette loi
nous fauvoit, nel'a
fait,
ne
a
point
parce qu'il
vouloit pas, parce qu'il étoit payé pour n'en
rien faire, et que ce n'étoitpointla l'intentiondes
maitres qu'il fervoit.
Le jour même de cette proclamation il fait
prendre les armes au bataillon des citoyens de
.qu'on fe rappelle. une femblable
allégation de la part de l'intrigant contre-révolutionnaire qui, chargé d'éxécuter cette loi
nous fauvoit, nel'a
fait,
ne
a
point
parce qu'il
vouloit pas, parce qu'il étoit payé pour n'en
rien faire, et que ce n'étoitpointla l'intentiondes
maitres qu'il fervoit.
Le jour même de cette proclamation il fait
prendre les armes au bataillon des citoyens de --- Page 10 ---
(6)
couleur ga'il avoit trompses ; il les divife par
patrouilles sde cinquante hommes, leur fait parcourir la ville dans une attitude menaçante,
armés jufqu'aux dents : la plipart avoient
àla ceinture. Les
tiac
fieurs paires de piftolers
furent de même digons du feizième régiment
du
vifés en patrouilles, qui, parcouranflestues
Capàlas manière des anciennes patrouilles, fayettiques du Palais-Royal, divifoient brutalément
les epweipapnifemisen trois ou quatre
enfemble ; de forte. qu'iis ne purent que gémir
féparément fur la fcene fanglante que leur préparoit évidemment Sonthonax.
Cependant plufieurs patriotes fe raffemblent
à la municipalité. Sur leurs plaintes, ce corps
populaire députa auprès du commiffaire civil,
pour lui faire part de l'inquiétude que caufoient
le
et le nombre de ces p2aux citoyens Sonthonax genre fit femblant de les défentrouillesdre, mais elles continuèrent. La municipalité
réclamoit aufli le droit de - s'affembler dans ce
moment d'inquiétude & de fermentation 3 mais
fur ce point le diStateur fut inexorable : ils'en
tint avec rigueur raux termes defa proclamation.
Le lendemain 2 décembre vit recommencer
les préparatifs incendiaires de la veille. Dès fix
heures du matin le bataillon d'hommes de couleur étoit fous les armes. A dix heures on les
raffemble fur le Champ-de-Mars, où les deux
régimens du Cap & de' Walsh, qui réunis
formoient environ 350 hommes échappés aux
maladies,ux nourritures empoifonnées, ou au
fer de T'ennemi, reçoivent en même temps
2 décembre vit recommencer
les préparatifs incendiaires de la veille. Dès fix
heures du matin le bataillon d'hommes de couleur étoit fous les armes. A dix heures on les
raffemble fur le Champ-de-Mars, où les deux
régimens du Cap & de' Walsh, qui réunis
formoient environ 350 hommes échappés aux
maladies,ux nourritures empoifonnées, ou au
fer de T'ennemi, reçoivent en même temps --- Page 11 ---
(7)
ondredeferendre enaimes. On les place en face
du bataillon de couleur, fort de 600 hommes &c
gramtaucinesnekioel fitchargerlesanme,
à ce bataillon avec une affeGtation menaçante.
Alors Leborgne, ce même fécretairedont nous du
avons parlé plus haut, fomme le régiment
de déclarer, f, en vertu de la loi du 4
Cap avril, il veut recevoir le citoyen Latortues
libre
lui
officier. 1
rBE
; qu'on
préfente pour
foldats répondent qu'ils ont déjà prêté plufieurs
fois le ferment d'être fidèles à la loi, nommément à celle du 4 avril, &c qu'ilsfont incapables
de fe parjurer; mais que pour recevoirle ciroyen
Latortue comme leur oficier, ils exigent quil
rempliffe les conditions preferites par la loi militaire: Qu'ils font prêts à recevoir ce
comme tout autre, en qualité de foldat.
TOus
d'après T'égalité de, droits portée par la ioi, tout
droit,comme
citoyenincorponéau chacun d'eux, d'obtenir régiment,aura C du temps & de fa bonne
conduite la nomination aux places d'officier.
Notez que c'eft l'appareil fort imprévu que
le
fourbe Sonthonous décrivons que piroyable
minax, dans fon tiffu d'impoftures adreffé au
niftre, appelle la fete qui étoit annoncée pour.
la preflasion de ferment des troupes arrivées de
France & pour entendre la proclamation de la loë
du 44 avril. Il n'y avait ni fète, ni ferment à
1 prêter, ni troupes nouvellement arrivées, &la
loi du 4 avrii étoit promulguée depuis long- &c
temps (r). Il règne une conformité parfaite
(1) Depuis le 27 mai,
A 4
é au
niftre, appelle la fete qui étoit annoncée pour.
la preflasion de ferment des troupes arrivées de
France & pour entendre la proclamation de la loë
du 44 avril. Il n'y avait ni fète, ni ferment à
1 prêter, ni troupes nouvellement arrivées, &la
loi du 4 avrii étoit promulguée depuis long- &c
temps (r). Il règne une conformité parfaite
(1) Depuis le 27 mai,
A 4 --- Page 12 ---
(8)
bien étrange entre cet endroit & le refe de
falettre; c'eft qu'IL N'Y A PAS UN SEUL KOT
DE VRAI. La calomnie & lemenfouger'avient
jamais encore offert, du moins furla fcène politique, ce caraétère inoui d'audace & de balourdile, & lè Scapin de Molière ment affurément
avec moins d'impudence & beancoup plus d'art
quele digne commiffaire de Louis Capet, Sonthonax.
C'eft alors que l'infernal Lavaux, commandant des dragons, un de ces ariftocrates confommés dans l'art de jouer le patriotifme, & à
qui ce malque perfide avoit gagné jufqu'alors
l'eftime & les éloges des patriotes,s'en dépouilla
tout-à-coup pour montrer à nud la face d'un
contrerérolationnaire impudent. Mes amis, ditil aux foldats, vous vous trompez. La loide la.
Colonie n'ef pas comme celle de France. Les,
braves foldats, imperturbables, répondent
julgu'à ce quel la convention nationale ait
une
acate
loi particuliére pour les Colonies, ils n'en
connoîtront d'autre que celle de France.
Au même inftant arrive au bataillon des citoyens de couleur un facque les citoyens
tateurs reconnoiffent pour être rempli de cartou- fpecches. Lavaux & le"commandant du bataillon,
Cairou, veulent retirerle fac des mains des cizoyens qui l'arrêtoient, en difant que c'eft du
bifcuir pour le déjeûné de la troupe. On
le fac de bifcuir devant la
porte
vifite en préfence des deux municipalité, fcélérats
9 on récla- le
quile
moient; & par un prodige admirable à raconter 2
ce comeftible fe trouve méramorphofé en 87
paquers de cartouches.
Cairou, veulent retirerle fac des mains des cizoyens qui l'arrêtoient, en difant que c'eft du
bifcuir pour le déjeûné de la troupe. On
le fac de bifcuir devant la
porte
vifite en préfence des deux municipalité, fcélérats
9 on récla- le
quile
moient; & par un prodige admirable à raconter 2
ce comeftible fe trouve méramorphofé en 87
paquers de cartouches. --- Page 13 ---
(9)
En méme-temps on arrête plusieurs paquets
de fufils que l'on portoit pour armer les efclaves, car les citoyens de couleur avoient tous
leurs armes. Ces paquets, entourés d'une toile
d'emballage, étoient portés fur une planche en
forme de corps de nègres morts que l'on porte
2u cimetière.
Les citoyens blancs alarmés, & ne doutant
plus qu'un complot fanglant ne les. menace 2
crient à la trahifon, aux armes. Lavaux court
au bataillon de couleur,.& leur dit: Tout eft
découvert; alleg vâte yous emparer du pofte de
la Foffette. Ce qu'ils coururentfaire far-le-champ;
après avoir toutefois braqué leurs deux piéces
de canon, l'unedans la rue Espagnole, & l'autre
dans la rue Saint-Louis, dont ils firent plufieurs
décharges qui tuèrent huit à dix citoyens blancs,
dont quelques-uns fans armes devant la porte
de leurs maifons (1). Cependant la générale
bat dans toute la vilie; les citoyens blancs faifis
d'une indignation foudaine & bien naturelle
fe réuriffent au nombre de 2 à 300. vont à 9
l'Arfénal fe faifir de deux piéces de canon, qu'ils
oppofent à celui du baraillon de couleur. Ce
bataillon commence un feu de moufqueterie fur
divers
de blancs, 8c leur tuent
fieurs etetet Les blancs ripoftent à leur plu-
& fi ce choc meurtrier eût duré plus d'une tour;
() ils avuient déja commencé par tirer sur les
soldats du régiment du Cap, dont ils tuèrent même
quelques-uns d'Assass
aux fenêtres deleurs casérnes. Le braveparoles s'étentavancé de
sans armes etleurayant porté des
fracassa le paix, en reçut un coup de fufil qui lui
pied.
ieurs etetet Les blancs ripoftent à leur plu-
& fi ce choc meurtrier eût duré plus d'une tour;
() ils avuient déja commencé par tirer sur les
soldats du régiment du Cap, dont ils tuèrent même
quelques-uns d'Assass
aux fenêtres deleurs casérnes. Le braveparoles s'étentavancé de
sans armes etleurayant porté des
fracassa le paix, en reçut un coup de fufil qui lui
pied. --- Page 14 ---
(1o)
demi-heure, les citoyens du Cap, mis aux
T'exécrable Sonthonax, euffent fait
prifes par
les uns des autres un carnage irréparable,
Sonthonax & Lavaux 3 après avoir fait tous
des
leurs' efforts pour prolonger légarement exhortés
citoyens de couleur, après les avoir
à maffacrer tous les blancs, fe fauvèrent chez
Rochambeau, chez ce digne repréfentant que
Sonthonax avoit encore donné à fon maitre
le prifonnier du Templé. Du fond de ce reils continuèrent de fouffer le feu de la
paire,
guerre civile.
à
La retraite de ces deux bourreaux infpira
une députation de patriotes blancs, 2 dont nous
fimes partie, le courage d'expofer leur vie en
s'avançant fans armes fous le feu du bataillon
de couleur oour lui porter des paroles de paix.
On nous concha bien en joue comme nous approchions, mais on ne tira pas. Le réfultat de
la conférence fut que Sonthonax feul avoit provoquéla guerre civile par sa proclamation men-
&
fans linculpation infernale
songere 2
que:1 rien .n'eût altéré l'harmonie
qu'elle portoit 9
entre tous les citoyens. Nous nous quittâmes
& union éternelle, &c
en nous promertant paix
de voir le calme
Sonthonax eut le déboire
renaitre.
Les blancs, fidéles à leur promeffe, ramenèrent les canons al'Arfénal, & fe retirèrent paifiblement. Mais les citoyens de couleur, égarés
par de nouveaux confeils de Lavaux & du lâche'
'harmonie
qu'elle portoit 9
entre tous les citoyens. Nous nous quittâmes
& union éternelle, &c
en nous promertant paix
de voir le calme
Sonthonax eut le déboire
renaitre.
Les blancs, fidéles à leur promeffe, ramenèrent les canons al'Arfénal, & fe retirèrent paifiblement. Mais les citoyens de couleur, égarés
par de nouveaux confeils de Lavaux & du lâche' --- Page 15 ---
(Ir)
Sonthonax, demeurèrent en état d'infurreltion,
des poftes extérieurs du Cap-
& s'emparèrent
des
& 5 décembre,
Durant les journées
3,4
la commifles citoyens blancs, la municipalité, moitié de cifion intermédiaire, (compolée par d'envoyer des
toyens de couleur,) ne ceffèrent Plufieurs fois, fe
députations pour les ramener.
fages de leurs
laiflant aller aux repréfentations
de renmagiftrats, 9 ils promirent de bonne-foi Sonthonax &
trer; ; mais chaque fois le traître même bonnefon complice abufèrent de cette
à leur
foi pour les engager auffi-tôt à manquer
parole.
Dans! Ia nuit du 5 au 6, nouvelle taéique Les de
Sonthonax, nouvelle fourberie de fcapin. des
hommes de couleur firent tout-à-coup, feu conpoftes dont ils s'étoient emparés, un comme fi
tinuel de canon & de moufqueterie, blancs de
un ennemi les attaquoit. Les citoyens
Ja ville prirent les armes, marchèrent au fecours
de leurs frères de cculeur, & à leur approche
lefeu ceffa. Ils eurentbeau battre des patrouilles
pendant deux heures, ils ne découvrirent au- .de
cune trace d'un ennemi qui n'avoit pas & eu fon
peine à difparoître ; puifque fa venue
attaque n'étoient qu'imaginaires.
Ce fut la mème nuit, à 3 heures du matin,
revenus depuis environ une heure des patrouilles
cette fauffe alerte nous avoit obligés de
que
nous fàmes enlevés tous quatre 9
faire, que
dragons
chacun de notre maifon, par vinge-cinq
exécuteurs des ordres arbitraires de Sonthonax.
d'officier à leurtête.
Ces/ foldatsn'avoient point
fa venue
attaque n'étoient qu'imaginaires.
Ce fut la mème nuit, à 3 heures du matin,
revenus depuis environ une heure des patrouilles
cette fauffe alerte nous avoit obligés de
que
nous fàmes enlevés tous quatre 9
faire, que
dragons
chacun de notre maifon, par vinge-cinq
exécuteurs des ordres arbitraires de Sonthonax.
d'officier à leurtête.
Ces/ foldatsn'avoient point --- Page 16 ---
(r2)
Ce fut un nommé Gighoux, homme qui n'ef
revêtu d'aucup caraétère politique, civil ni militaire, qui préfida feul â.notre capture ; un malhonnête aventurier qui, de la profeflion eftimable d'arracheur de dents, eft defcendu au rôle
infâme de mouchard dans la bande de Sonthonax; il fait partie d'une cinquantaine de limiers
affidés, gens fans moeurs & prefque tous fans
état, dont ce defpote s'eft entouré.
D'après les ordres précis & rigoureux (r) de
Sonthonax, nous - fumes mis au fecret, fans
qu'il nous fàt permis de voir perfonne
mettre ordreà nos affaires,de recevoir ni lettres pour
ni paquets, de rien emporter de ce qui eftnéceffaire à des hommes qu'on tranfporte foudainement d'un climat très - chaud à un climat
froid au milieu .de l'hiver. Les moindres adouciffemens que Thumanité-a toujours prefcrit en
pareil cas aux plas cruels tyrans, font
ài l'ame de boue de Sonthonax. Nos érrangers domiciles.
à T'abandon, au pillage.. Mais uniquement
occupés de tracer avec candeur & fimplicité les
faits qui nous juftifient, nous n'arrêterons
les yeux des patriores fur les détails
pas
et f révol:ans aujourd'hui, qui
barbares, 2
les explofions arbitraires d'un tyran accompagnent & de fes
fatellites.
On chercha à fe défaire de nons, à nous
faire lanterner parl'équipage du vaiffeau l'Eole,
à bord duquel on nous porta. Les eftafiers de
Sonthonax infinuèrent aux matelots que nous
(1). Voyez ces dirers ordres, no, 2 des
tificatives.
piéces-jus-
et f révol:ans aujourd'hui, qui
barbares, 2
les explofions arbitraires d'un tyran accompagnent & de fes
fatellites.
On chercha à fe défaire de nons, à nous
faire lanterner parl'équipage du vaiffeau l'Eole,
à bord duquel on nous porta. Les eftafiers de
Sonthonax infinuèrent aux matelots que nous
(1). Voyez ces dirers ordres, no, 2 des
tificatives.
piéces-jus- --- Page 17 ---
(13)
étions des ariftocrates ; que c'étoit nous qui
empoifonnions les troupes. Nous échapâmes à
ce dzeger par le bon témoignage que nous
rendit un officier du. bord, patriote, membre
de notre club, & qui nous connoiffoit bien. Il
appaifa la fermentation des matelots qui devenoit très-menaçante, & parvint aifément à les
détromper.
Durant les 24 heures qui précédèrent notre
départ, les citoyens, la municipalité,la commilfion intermédiaire (1) ne ceffèrent de nous
réclamer par des députations mulipliées auprès
du commiffaire ; de faire en un mot toutes les
démarches que nous méritoient notre civifme.
La municipalité continua fa féance toute la
nuit du 6 al! 7 pour- cet unique objet. Sonthonax fut inexorable : il n'avoit garde de fe
deffaifir de fa proie.
Le7,à 4 heures du matin, on nous transféra à bord du Pacifique de Nantes, que l'on
forga, par ordre exprès de Sonthonax, (2) à
partir fur-le-champ.
TEL eft l'enfemble de faitsincontefables qui
nous juftifie vicrorieufement, fur-tout en le rapprochant de la lettre où un monftre ofe nous
accufer. Dans cette miférable lettre, que nous
(1)Voyez no. 3 des pièces justificatives : laréclimation de ce corps administratif en notre faveur
estd'autant plus frappante,qu'ilest composé par moitié
de citoycns de couleur.
(2) Voyez le no. 2 des piéc:s justificatives-
contefables qui
nous juftifie vicrorieufement, fur-tout en le rapprochant de la lettre où un monftre ofe nous
accufer. Dans cette miférable lettre, que nous
(1)Voyez no. 3 des pièces justificatives : laréclimation de ce corps administratif en notre faveur
estd'autant plus frappante,qu'ilest composé par moitié
de citoycns de couleur.
(2) Voyez le no. 2 des piéc:s justificatives- --- Page 18 ---
(-14)
réimprimons à la fuite du préfent memoire
comme la
éffentielle de nos piècès
jafificatives, (No.L.) -
il eft Rcd de reconnoitre le trouble
d'unlâche &g groffier fcélérat
bégaye le menfonge, frappé fans doute t" limage du fupplice qui lui eft du. En la lifant attentivement,
on fera étônné d'obferver que dans ce honteux
riffu d'affertions fauffes & contradi8oires, il n'y
ait cependantpas un feul mot quicontredife pofitivement notre récit, en affoiblifle l'effet ou en
infirme la véracité. Impofeur mal-adroit plus
encore qu'impudent, Sonthonax a bien cherché
à mentir, il. a:bien menti ; mais il n'a pas fu
trouver le contraire, de la vérité. Louis Caper,
Lacofte, & les autres Xdlérati-conpinateur dont
il tenoit fa miffion, l'avoient mal endoériné
fans-doute. Quoi de plus piquant que cet aveu
échappé à un traître imbécille, qui cherchant
en vain l'expreflion d'une fauffeté, énonce par
balourdife une vérité qu'il ne vouloit pas dire,
& déclare en propres termes que-la gloire de
la Nation & lapropenLUISONT. A CHARGE!!!
Ponrs'efforcer Seayrelagiogpibosforioe
de fa Jettre, Sonthonax a fair paffer quatre dépofitions contre nous, dont nous ignorons la teneur, le comité colonial nous en ayant refufela:
connoiffance, fans doute parce qu'il ne voit pas
en nous des accufés, & qu'il ne fe croit pas
notre jage; fans quoi certainementil ne pourroit moute-hufercommunicsisn des pièces qu'on
veut faire fervir à nous inculper.
Ne pouvant réfuter ces dépofitions fans les
forioe
de fa Jettre, Sonthonax a fair paffer quatre dépofitions contre nous, dont nous ignorons la teneur, le comité colonial nous en ayant refufela:
connoiffance, fans doute parce qu'il ne voit pas
en nous des accufés, & qu'il ne fe croit pas
notre jage; fans quoi certainementil ne pourroit moute-hufercommunicsisn des pièces qu'on
veut faire fervir à nous inculper.
Ne pouvant réfuter ces dépofitions fans les --- Page 19 ---
(15)
connoître 9 il nous refte à caradériferles quatre Sonmiférables qui ont vendu au & calomniateur vile reffource. Ce
thonax cette impuiffante Lachaife & Leborgne.
font Gignoux, Dupuis,
2 Gignoux, infâme chevalier d'induftrie, ce
mouchard de Sonthonax, ce vil fatellite que nous
fait connoitre, & qui fut chargé de
avons déjà
Ne voilà-t-il
un témoin biennotre capture.
pas
choifi!
Dupuis,chevalier du poignard,ancien exempt
en
*
de maréchauffée, vil aniftocrate dévoué combattit
tout temps au gouvernement. s & oétobre qui dernier
pour la contre-révolution le 19
jous les drapeaux des Cambefort, des Sonthonax, Defparbés
& de leurs complices, contre lefquels avoit été forcé
diffimulant alors fon incivifme,
de fe déclarer.
Lachaife, ci-devant garde-du-corps, un de
leftes & fringans qui n'ayant ni
ces érat, coquins ni probité, nip pudeur, ni principes 9 jouent rôle de
rour-à-tour avec une égale effronterie ie
patriote ou d'ariftocrate ; qui font toujours à vendre, toujours à l'encan, ne connoiffent de parti
à foutenir que celui quiles paye; qui fe mettent
à tout & font tout pour de Targent. Qu'onjuge d'un
la valeur que peut avoir le témaignage
pareil ere.ulcéred'ailleurs des applauditiemens que
2 décembre, à fa démiffion
nous prodiguâmes,le de lagarde - nationale du
du commandement
Sonthonaxfeul l'avoit
Cap, enluireprochant que étoit fi indigne & fi
porté à cette place, , qu'il
été le
incapable de remplir. Il a
greluchon
à tout & font tout pour de Targent. Qu'onjuge d'un
la valeur que peut avoir le témaignage
pareil ere.ulcéred'ailleurs des applauditiemens que
2 décembre, à fa démiffion
nous prodiguâmes,le de lagarde - nationale du
du commandement
Sonthonaxfeul l'avoit
Cap, enluireprochant que étoit fi indigne & fi
porté à cette place, , qu'il
été le
incapable de remplir. Il a
greluchon --- Page 20 ---
(16)
de la femme de Poncignon (1), riche ariftocrate long-temps mafqué en patriote, profcrit
par les citoyens avec Cadufch dont il étoit le
complice & l'imitateur, & dérobé ainfi que lui
à la vengeance nationale par des paffe-ports que
leur vendit l'infidèle Sonthonax.
Enfin le quatrième témoin, bien
des
trois autres 7 c'eft ce même Leborgne, digne qui fut
fécretaire des commiffaires contre-révolation-.
naires Roume, Mirbeck & Saint-Léger, avant
de l'être de Rochambeau; cé fpadallin honteufement chaffé par les Amis de la ConventionNationale, & qui leur porte cette haine vénimeufe des faux patriotes contreles patriores
quiles expulfent deleur fein;ce vila agentque Sant
thonax n'a pas rougide créer Commifaire-desguerres-auditeur, comme il a fair auffi un comm.faire-des-claffes de fon perit fcribe Albert,
frippon & concuffionnaire imberbe qu'il a emmené de France, & quigroffitla-bas la horde de
fes fatellites.
Si Sonthonax lui-même n'eût pas été forcé
de rendre hommagé à notre civifme, s'il nous
avoit reconnus en effet pour des chefs de brin
gands commeilledonne à entendredans fa lettre
(1) Poncignon fut le deuxième président de l'assemblée coloniale de
Son prédécesseur Cadusch Jui
traasmit l'honneur 2p0 porter la fameuse toque à
Toires et blanches, ouvrage de la femme Blanchelande. plumes:
*
L'autre aigrette dont la femme Poncignon le coéffoit
pour son argent, faisoit dire aux plaisans du
que le mari avoit le Faxteuil, et sa femme la cdA
au
à entendredans fa lettre
(1) Poncignon fut le deuxième président de l'assemblée coloniale de
Son prédécesseur Cadusch Jui
traasmit l'honneur 2p0 porter la fameuse toque à
Toires et blanches, ouvrage de la femme Blanchelande. plumes:
*
L'autre aigrette dont la femme Poncignon le coéffoit
pour son argent, faisoit dire aux plaisans du
que le mari avoit le Faxteuil, et sa femme la cdA
au --- Page 21 ---
(1)
au miniftre, et comme ille fait dire Ainr-douté
à ces viles créattres quilui fervent de, témoins,
auroit-il-balancé à nous confronter: avec
à faire inftruire
EURTRO
notre procès avant de nous embarquer?
0 :
Le 19 o&tobre dernier, à la tête des Ho X :
nationales du Cap, nous avions répété gardess à Sainte
Domingue la gluieufe révolution du IO aout::
Nous avions affuré le triomplie duségublicanifme par la défaite &-T'embarquement des chefs
contre-révolitionnsirer
Rien ne place mieux dans tout fon jour le
fervice que nous avions rendu à la
& les crimes des fcélérats dont nous République, venions
de rompreles projets,quela proclamation donnée
à la fuite de cette grande journée par les trois
commiffaires Polverel, Ailhaud, & Sonthonax
lui-mâme; où on lit cette énumération
fondée fur des faits dont l'évidence eft énergique, auffi
blique au Cap, que celle des crimes de la pu- caverne des Thuileries à Paris. <
55 excité
Ceuxquiavoient
ou protégé la révolte'de vos efclaves
$5 ceux quiavoient fait égorger vos pères, vos 7,
5> frères, vOs époufes, vos enfans, brûler &
$5 dévafter VOs propriétés ; ceux qui,
55 de diriger la force publique contre chargés les bri55 gands, la tournoient contre vousmmessceux
$> qui révéloient aux brigands le fecret de vos
55 forces & de votre foibleffe, 9 le lieu, le
>
le moment des marches & des attaques jour,
59 jettées ; qui leur difoient: aujourd'hui vous pro-
$5 devez fuir, parce que votre défaite feroit
57 inévitable; demain vous pourrez nous attaB
VOs propriétés ; ceux qui,
55 de diriger la force publique contre chargés les bri55 gands, la tournoient contre vousmmessceux
$> qui révéloient aux brigands le fecret de vos
55 forces & de votre foibleffe, 9 le lieu, le
>
le moment des marches & des attaques jour,
59 jettées ; qui leur difoient: aujourd'hui vous pro-
$5 devez fuir, parce que votre défaite feroit
57 inévitable; demain vous pourrez nous attaB --- Page 22 ---
(18,)
59 quer ou. nous artendre de pied ferme,
vous ferez sûrs de vaincre ; ceux qui
FeSt
55 que diftribuer aux
armes & les.
$. faient
de
brigandsles & de bouche., que la
$5 miunitions 4 guerre
votre
$> méiropole vous envoyoit pour
défenfe.; des
55 ceux qui ont fait périr les trois-quarts foit
venues à votre fecours,
9 troupes linfatabrité quifont des dieux ou ils les ont
59 par
l'inagion où ils les ont fait
tote
55 tées 5 foit foit par les difféminant fous le feu des
9 guir;
à en de
diftances les unes
>> brigands,
très-grandes
55 des autres 2 fur des points où elles ne
fe fecourir mutuellement, &
otes
9 voient pas
facilement les couper :
5> brigands ponvoient
$5 ceux qui ont laiffé quelquefois pendant plos
9> de quinze jours les camps fans un mot d'ordre,
fervir de reconnoiffances
s> commun qui pltleur
fomenté les haines,,
$ ceux qui ont fi foutple long-temps le feu de la guerre civile
59 f long-temps
d'hommes libres.
5> entre les diférentes clalles
les
entr'eux,
$> pour qu'ils de s'égorgea.fent rallier a la. défenfe de pour la caufe
9) empécher fe
ne font
99 commune. a
- Ces hommes
plus; de
* les uns vont fubir en France le jugement
52 la nation, &c. &c.9
Certes, le comité colonial ne pouvoit avoir. :
oublié des inculpations auffi graves & aufli,
précifes, 2 loriqu'il s'eft tant empreffé, le 5
février, pendant que depuis trois. femaines on,
nous retenoit à Nantes, de furprendre à la convention le décret d'élargiffement de Touzard
& de Cambefort. La vérité ne force-t-elle pas.
de dire que pour dérober au glaive de la ven
.9
Certes, le comité colonial ne pouvoit avoir. :
oublié des inculpations auffi graves & aufli,
précifes, 2 loriqu'il s'eft tant empreffé, le 5
février, pendant que depuis trois. femaines on,
nous retenoit à Nantes, de furprendre à la convention le décret d'élargiffement de Touzard
& de Cambefort. La vérité ne force-t-elle pas.
de dire que pour dérober au glaive de la ven --- Page 23 ---
1 19) )
geance publique d'aufli monftrueux coupables,
le comité n'a pas meme ofé fe fier au juri fi
peu révolutionnaire, qui venoit d'acquitter le
fcélérat vifir Lacofte, & qui vient encore d'abfoudre les Saint-Léon & les Sainte-Foy?
Nous avions, le 4 oRobre, fondé le club
des Amis de la convention nationale.
effentiel de cette fociété révolutionnaire L'objet étoit
d'affurer le triomphe de la liberté & de l'égalité
par le mélange de toutes les clafles,
falutaire auquel nos tyrans fe refufoient melange & fe
refusent toujours, , parce qu'il feroit dès-lors
hors de leur pouvoir de nous divifer & de nous
détruire. Elle avoit de plus un but
bien cher à nos coeurs, & bien précieux d'argence à la
république, c'étoit de fauvér les reftes
de nos malheureux frères d'armes
mourans
venus d'Europe, qu'on empoifonnoit dans les camps;
qu'on allailinoit dans les hôpitaux, & dont on
étoit déjà parvenu à faire périr le
nombre. Nous avions
plus grand
9 dès les premiers huit
jours, amassé une contribution volontaire de
cinquante mille écas, Ces offrandes
avoient continué; plufieurs citoyens patriotiques s'étoient
même engagés à les renouveller tous les mois.
Lorique,le premier décembre, l'infâme Sonthonax détruifit notre fociété, qui ne comptoit
pas encore deux mois d'exiftence, douze cents
foldats étoient placés par nos foins dans les
maifons, & huit cents autres dans un
que nous venions d'établir; déjà les foins hofpice les
plus recherchés, les plus fraternels & les
tendres, rendoient à la vie &il la fanté plus ces
B2
ouveller tous les mois.
Lorique,le premier décembre, l'infâme Sonthonax détruifit notre fociété, qui ne comptoit
pas encore deux mois d'exiftence, douze cents
foldats étoient placés par nos foins dans les
maifons, & huit cents autres dans un
que nous venions d'établir; déjà les foins hofpice les
plus recherchés, les plus fraternels & les
tendres, rendoient à la vie &il la fanté plus ces
B2 --- Page 24 ---
20 )
deux mille patriotes français, à la république
ces deux mille défenfeurs. Il nous reftoit en
caiffe plus de cent vingt mille livres.en argent.
La main perfide du rapace tyran Sonthonax
a tout détruit en un inftant ; cette fomme étoit
un fimulant de plus pour l'ame baffe & avide
de ce péculateur, ce déprédateur impitoyable: écrafés.a été,
Le coup d'aurorité dont il nous a
un coup de mort pour nos chers 8c malheureux
frères d'armes, qui fans doute ont été depuis,
les tragiques vidimes de ce brigand & des
montresinfernaux dont iln'eftque le complice.
un
nos frères les jacobins
- Ce feroit outrageàn
de France, de leur faire une longue apologie
compofoient cette fociété, fi
des patriotes de la ociété qui mère & de toutes celles qui
digne n'ontt tourné le dos niaux yraies vertus civiques,
ni àla puretédes principes. < Nous déclarons 2
leur a8e de fondation) que nous ne
>> (poric comme nos ennemis que ceux qui
y regardons le font de lan révolation françsife; nons leur
9>
haine
Nous jurons de
59 jurons une
implaeable. haine à la
la
cette
poftérité
>> tranimettre
jutte le
de la loi
>> plus reculée, tant que
glaive
dernier des confpira59 n'aura pas exterminéie
la
> teurs; : Nous faurons toujours placer à
drà côté du trahre, & la 'calomnie
> trahison
quil'aura forgée 5>.
w.cbté.de-l'infame
Et voila la fociété que Sonthonax a détruite'? & c'eft aux fondateurs de, cette fociété
fes
crimes! Ce font
qu'il eflaye d'imputer propres
fi dévoués
ces pairiotés f francs, fi courageux,
au
dont il a, depuis notre départ,
faluit, public,
a J
--- Page 25 ---
(2r)
fait déporter l'élite au nombre de foixante citoyens, 9 dont plufieurs membres de la municipalité ou de la commiflion intermédiaire ! Il
avoir déporté encore, peu de temps après nous,
42 foldats du régiment du Cap, Jes meilleurs
de ces foldats patriotes fi bien acclimatés, modèles de toutes les vertus civiques & militaires,
échappés à tant de morts en défendant leurs
concitoyens. Depuis plus d'un mois ils languiffent au châreau de Nantes, prifonniers & manguantdetouseifencompentedelsarst hérciques
fervices & de leur attachement à la patrie! Sonthonax vient de couronner fes crimes, en embarquant en dernier lieu tout ce qui reftoit de
foldats de ce régiment. Le cruel Blanchelande
avoit, comme lui, privé la colonie d'une partie
des braves foldats qui défendirent fi long-temps
le Port-au-Prince. Quel eft, après cela limbecile ou le traitre qui ofera douter que les eontrerévolutionnaizres d'Outremer, ceux, de Coblentz & ceux de Paris, ne fe foient juré
refpefivement la deftruéion d'une colonie fi
précieufe à la république, & qui devoit fervir
de pivorala révolution françaife dans le Nonveau-Monde?
Sonthonax nous a inculpés. La convention,
en nous admettant d'emblée aux honneurs de
fa féance, a montré le cas qu'elle fafoit delinculpation, 8 a indiqué avec énurgie à fon Comité colonial, dans quel féns elle la lai renvoyoit. En dépit des protefeurs de
de ces hommes affreux dont il tient Senthonax, ja miflion
de détruire les parriotes de Saint-Domingue,
B2
dans le Nonveau-Monde?
Sonthonax nous a inculpés. La convention,
en nous admettant d'emblée aux honneurs de
fa féance, a montré le cas qu'elle fafoit delinculpation, 8 a indiqué avec énurgie à fon Comité colonial, dans quel féns elle la lai renvoyoit. En dépit des protefeurs de
de ces hommes affreux dont il tient Senthonax, ja miflion
de détruire les parriotes de Saint-Domingue,
B2 --- Page 26 ---
(22)
nous ne fommes donc pas accufes : mais nous
nous portons, nous, les accufateurs de cetinfâme commiffaire de Louis Capet.
Nous l'accufons d'avoir laiffé fans exécution
la loi du 4 avril 1792, qu'ilétoit chargé d'exécuter.
sD'avoir conftamment éludé la formation des
aflemblées primaires, où le mélange de tous
les citoyens & la fufion de toutes les couleurs
auroit détruit fans retour les germes de la guerre
civile, & amené la formationimmédiate, furles
mêmes bafes, d'une nouvelle affemblée coloniale d'après la loi du 4avril.
D'avoir détruit les fodiedaparinigseeqeiaee
doientau même but.
D'avoir, après la révolution du 19 oSobre,
qui étendoit aux Français de Sainit-1 Domingue
le bienfait de la deftruétion d'une monarchie
impure & déteftée, ofé donner un nouveau repréfentant à fon maitre le prifonnier du Temple, au chef de brigands qui l'avoit nommé
lus-même; d'avoir ainfi rétabli in partibus la
monarchie détruites d'avoir donné cette place
de vice-roi,def fous-monarque, à un perfonnage
auffi vil que le fils Rochambeau, chaffé de la
Société-mère pour avoir trahi fa patric dans les
armées, réprouvé par le nouveau régime comme
un lâche sans talens & fans vertus, même par
l'ancien comme un homme fans honneur, &
devenu le fcandale du Nouveau-Monde par
fes mceurs obicènes & crapuleufes.
D'avoir recréé plufieurs places de l'ancien
arque, à un perfonnage
auffi vil que le fils Rochambeau, chaffé de la
Société-mère pour avoir trahi fa patric dans les
armées, réprouvé par le nouveau régime comme
un lâche sans talens & fans vertus, même par
l'ancien comme un homme fans honneur, &
devenu le fcandale du Nouveau-Monde par
fes mceurs obicènes & crapuleufes.
D'avoir recréé plufieurs places de l'ancien --- Page 27 ---
(23)
régime; de les avoir vendues a fes dupes ou
prodiguées à fes complices.
D'avoir refufé d'organifer la garde-nationale
compofée de tous les citoyens; d'avoir maintenu
des corporations fiparées & inconlitutionnelles,
dans la vue de faire égorger les citoyens les uns
par les autres.
D'avoir formé, & exécuté les I & 2 décembre
dernier, le complot d'allumer au Cap la guerie
civile, ce qui réfulte évidemment des faits que
nous avons rapportés, 2 & que tous les françois
qui arrivent ou arriveront du Cap attefteront
uniformément.
De s'être voué au complot-général de contrerévolution qui fe trame depuis trois ans dans' les
Colonies; d'avoir repris le plan fi conftamment
fuivi par Blanchelande & confers.falibif@iner.em
poifonner ou déporter les foldats patriotes dont
un malheureuxrelfiedcfendencore St.Domingue.
Nouspourtionssjoater une foule d'autreschefsd'accufation; mais nous nous bornons aux faits
notoires, aux faits qui parlent d'eux-mémes,&
dont les preuves ultérieures feroient fuperflues.
Nous dénonçons à la convention nationale fon
comité colonial, pour avoir indignement abufé
de fa confiauce le. 5 février, en lui propofant
lélargiffement de Cambefort & de Touzard.
Nous ne motiverons pas en détail cette dénonciation. Quelque foit le degré poflfible de l'impudence humaine 2 nous ne croyons pas que le
comité colonial osât nous foutenir en fice qu'il
B4
ures feroient fuperflues.
Nous dénonçons à la convention nationale fon
comité colonial, pour avoir indignement abufé
de fa confiauce le. 5 février, en lui propofant
lélargiffement de Cambefort & de Touzard.
Nous ne motiverons pas en détail cette dénonciation. Quelque foit le degré poflfible de l'impudence humaine 2 nous ne croyons pas que le
comité colonial osât nous foutenir en fice qu'il
B4 --- Page 28 ---
(24)
n'eft pas convaincu des crimes de ces deux fcélérats.Iir ne dira pas qu'ilen ait; produitlesp spreuves
à la convention; mais il ne dira pas qu'il n'en
exiftuit pas de preuves.
Nous le dénonçons, ce comité, à tous les
patriotes, pour léloignement & la captivité oùr
illaiffe languir dans nos ports-de-mer cette foule
de foldats & de citoyens patriotes que le tyran
a déportés après nous, captivité ouil nous laifferoit encore avec eux,fi le courage & le civifme
des patriotes de Nantes ne nous avoit
de
dégagés
cet indigne état; fi le brave & généreux concierge du château de Nantes, le patriote Forger,
n'étoit partiavec nous pour partagernos dangers,
braver avec nous les ennemis de la république,&
fe porter notre premier défenfeur.
Veut-on un trait de plus du machiavélifme
des monftres que nous combattons? Quatre des
patriotes les plus éclairés du Cap (1), qa'on
craint de voir paroître à la tête de leurs frères, & d'entendre plaider leur intéreffante
caufe, font en ce moment difperfés & retenus
dans quatre ports differens, à la Rochelle, à
Rochefort, à Bordeaux & à Marfeille ; ils Jont
au) fecret, Car perfonne ne reçoit de leurs lettres.
Mais les précautions du comité font infuffifantes.
Ila oublié de nous mettre au fecret, d'y mettre
notre courageuxami Forget; d'y mettre augi le
patriote quirédige ce mémoire. Iln'a pas mis'au
fecret le héros du 5 oétobre 1789.(2) indigné de
(I) LArcherègue-Tibsd, Raboteau, d'Augy,et
#
Delaire.
(2) MAILLARD,
ne ne reçoit de leurs lettres.
Mais les précautions du comité font infuffifantes.
Ila oublié de nous mettre au fecret, d'y mettre
notre courageuxami Forget; d'y mettre augi le
patriote quirédige ce mémoire. Iln'a pas mis'au
fecret le héros du 5 oétobre 1789.(2) indigné de
(I) LArcherègue-Tibsd, Raboteau, d'Augy,et
#
Delaire.
(2) MAILLARD, --- Page 29 ---
(25) )
la tyrannie dont nous fommes vi8imes, qui vient
d'épouler notre caufe'lavec la chaleur d'une belle
ame 2 & d'embraffer notre défenfe en vainqueur des defpotes. Il n'a pas encore ofé mettre
au fecret"hos deuxcommiflaires patriotes Bruley
& Page. il oublie de mettre au fecret le patriote
Montréal, fecrétaire des Jacobins de Paris ; l'intrépide Roufillon, préfident dés fédérés. Il oublie
de mettre au fecret Collor-d'Herbois, 9 Bentabole,
Saint-Juft, Camille Desmoulins Foucher, une
foule de patriotes montagnards dont l'ame eft
fortement émue de nos malheurs & des crimes de
nos bourreaux.quiprendront notre défenfe,&qui
pourront nous confoler d'être en butte à la laine
d'un Briffot, aux préventions hoftiles d'un Camboulas, aux chétives calomnies d'un BoyerFonfrède. Il oubliera même de faie murer les
portes de la Société-mère des amis de la liberté
& de l'égaliré, dont les voûtes retentiront plus
d'une fois d'accens généreux contre nos coupables opprefleurs,
JACOBINS DE PARIS, notre caufe eft la
vôtre. Nous fommes periccutés, calomniés pour
avoir voulu fuivie vOs traces 8c imiter votre
exemple; pour avoir planté vos étendards &
tenté de propager vOs principes fur des bords
long-temps ravagés par le plus hideux despotisme; pour avoir voulu donnerd cette Sociétémère, que tant de filles impures osèrent outrager,des filies tendres, fideles & courageuses, ;
brilantes sur-tou. de la haine des monstres dont
T'exiftence, pour se. prolonger, a besoin de
votre perte. Tous vos ennemi font les nôtres.
La deftruéon des patriotes de Caint-Domingte,
de propager vOs principes fur des bords
long-temps ravagés par le plus hideux despotisme; pour avoir voulu donnerd cette Sociétémère, que tant de filles impures osèrent outrager,des filies tendres, fideles & courageuses, ;
brilantes sur-tou. de la haine des monstres dont
T'exiftence, pour se. prolonger, a besoin de
votre perte. Tous vos ennemi font les nôtres.
La deftruéon des patriotes de Caint-Domingte, --- Page 30 ---
(26)
comme la vôtre, eft une des bafes
de leur vafte complot, & la trame dont principales la horde
royalifte & girondine nous
eft celui
de tous ses crimes qu'il importe enveloppe le plus de dévoiler, & qui portera le jour le plus étendu fur
tousles autres. Prenez garde, Jacobins & Cordeliers s ces monftres prennentle chemin le
court de la contre-révolution parla ruine du plus
merce & de la subfiftance d'un tiers de la çomils en rendent la Montagne complice. Commen- nation;
cez donc à vous défier de ceux qui, dans voure
fein, veulent écarter cet objet comme fans importance ; voyez dans ces hommes-là ce
jont en effet, des émiffaires du chef de qu'ils nos
ennemis communs, de cet homme dont vous
avez mis le nom en opprobre, & que tant de
vrais jacobins regardent comme l'antéchrift de
la révolurion & le direéteur de la monarchie
pofthume. Sur la fin de votre séance du mercredi 20 février, un péuitionnaire patriote
entendu trop tard & d'un trop petit nombre, (1)
vous a développé une partie des vérités
nous cherchons à faire percer
vous que
le patriote Montréal y a ajouté d'éloquens jusqu'a déve- ;
loppemens, dont chaque mot retentiffoit dans
nos coeurs : nous prenons atte de ce qu'il vous a
révélé tout haut, que zous les minifres de la
marine, depuis Laluzerne jufqu'à Monge inclusivement, étoient contre - révolutionnaires
les colonies. C'eft-là, , citoyens, un des grands pour
myftères de la contre- révolution 3 & vous l'ignorez fib bien,que ce Monge jouit d'une certaine
faveur dans votre fein, & que le fommeil de la
(1) Baillio l'ainé,
ons atte de ce qu'il vous a
révélé tout haut, que zous les minifres de la
marine, depuis Laluzerne jufqu'à Monge inclusivement, étoient contre - révolutionnaires
les colonies. C'eft-là, , citoyens, un des grands pour
myftères de la contre- révolution 3 & vous l'ignorez fib bien,que ce Monge jouit d'une certaine
faveur dans votre fein, & que le fommeil de la
(1) Baillio l'ainé, --- Page 31 ---
(27)
montagne l'a replacé une seconde fois au miniftère des colonies!
Il eft temps, citoyens, d'oppofer une digue
à ce torrent d'infamies qui nous entraineroit
gous. Il eft temps enfin, pour le falut de la
république & des quatre parties du monde
que le régne des Briffotins (1), des Girondins,
des Fonfrédins finiffe. Il eft remps d'effacer
la honte que les excès d'un Sonthonax & les
turpitudes d'un Rochambeau, impriment dans
le Nouveau-N Mondeàla Mère-Patrie. Puiffe une
aufli forte leçon apprèndre à jamais aux hommes libres à n'établir des defpores nulle part ; à
ne plus érigeren pacha un fcribe inepte e&cupide,
faire un genéral d'un gredin & d'un fot, & tranfformer des cuiftres en vice-rois.
Nous demandons, 19. le décret d'accufation
contre Sonthonax; 2°. que la convention nationale, toujours jufte, réconnoiffe par un décret
notre innocence & nos services : 3". qu'elle décrète que nous ferons tranfportés au Cap aux
frais de la République ; & 4. des dédommagemens proportionnés au préjudice que la tyrannie de Sonthonax nous a caufés.
Paris ce 6 mars, l'an 2 de la République.
BAILLIO l'ainé, Petit-blanc, defenfeur volontaire defes frères opprimés.
(1) ils sort parvenus à effectuer ce que n'avoient
pu ni les fayettistes, ni les feuillans ; une contrerévolution complerte de journaux. Cette éclipse totale
de f-uilles patriotiques n'est pas un des moindres phénomenes du inument présent.
tyrannie de Sonthonax nous a caufés.
Paris ce 6 mars, l'an 2 de la République.
BAILLIO l'ainé, Petit-blanc, defenfeur volontaire defes frères opprimés.
(1) ils sort parvenus à effectuer ce que n'avoient
pu ni les fayettistes, ni les feuillans ; une contrerévolution complerte de journaux. Cette éclipse totale
de f-uilles patriotiques n'est pas un des moindres phénomenes du inument présent. --- Page 32 ---
28 a J
PIECES - JUSTIFICATIVES
No. I.
Copie d'une lettre du Commissaire civil
dilégué d
Sonthonaz >
Saint-Demingue, en date du 6 décembre
dernier, au ministre dela jnstice, lue àla Convention
nationale dans la séance du 18 Janvier.
CITOYEN MINISTRE,
Je vous écris du milieu de Ia nuit, après six nuits
bien orageuses ; les ennemis de la] aFrance, qui sont en
grand nombre dans cette ville. ont voulu encore une
fois molester leurs freres, les hommes de
ces
hommes féroces ont profité du jour de couleur; Ja fète
étoit annoncée pour la prestation de serment des qui
troupes arrivées de France, et pour entendre la proclamation de la loi du 4avril, sur la régénération de
cette malheureuse contrée; tous les ciroyens étoient
réunis pour cette cérémonie ; desgens mal-intentionnés, sous prétexte que ce rassémblement pouvoit devenir dangereux, se sont portés à l'arsénal, en ont
pris 200 fusils et six pieces de canon, et: se sont portés
sur les mulâtres et gens de couleur; les scélérats ont
fait plusieurs décharges, ils ont tiré sur moi, car ils
ont intérêt de se défaire d'un homme qui ne cherche
que la glcire de la nation, et le retour d'une prospérité qui me sontà charge; j'ai requis Jcs
et Jes bons citoyens ; les malveillans opt été troupes mis en
fuite 3 quatre deleurs chefs ont été saicis, je les fais
passer en France sur le vaisseau Nantais, le Pacifique ; j'ai fait rentrer dans ja ville les gens de
couleur quien avoient été chassés par ces brigands ;
je continuerai à prendre tcates les précautions et les
moyens prepres à remplir dignement ma mission.
d'une prospérité qui me sontà charge; j'ai requis Jcs
et Jes bons citoyens ; les malveillans opt été troupes mis en
fuite 3 quatre deleurs chefs ont été saicis, je les fais
passer en France sur le vaisseau Nantais, le Pacifique ; j'ai fait rentrer dans ja ville les gens de
couleur quien avoient été chassés par ces brigands ;
je continuerai à prendre tcates les précautions et les
moyens prepres à remplir dignement ma mission. --- Page 33 ---
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No. II.
Copie exacte des ordres gui ont ééadressés au Commandant de la station, au-sujet de MM. Verneuil, Buillio,
Feurnier et Gervais, et d'après lesquels s'est opéré de
leur emburquement à bord du navire le Pacifique
Nanies.
6 décembre 1792; , premier ordre. Commission nationale
civile.
AU NOM DE L A NATION.
Nous, J.éger- Félicité Sonthonax, commissaire
civil, etc. Ordonnons au sieur Verneuil de se rendre
sur le champ à bord de T'Eole, pour y demcurer a
notre disposition , jusqu'à ce qu'il en soit par nous
autrement ordonné.
Requerrons M. le commandant de la station de tenir
la main à l'exécution du present.
Signé SONTHONAX. Par M. le Commissaire civil 3
signé O. F. Delpech.
Mème ordre pour le sieur Gervais; même ordre
pour le sieur Fournier ; même ordre pour le sieur
Baillio.
49 heuresdu matin, deuxième ordre..
Requerrons M. le commandent de la station de faire
transporrerà bord du Grand-Dalembert les sieurs Baillio'
et Gervais, 2
y rester jusqu'après nos ordies ultérieurs.
spr SONTHONAX.
Le soir à IO heures, troisième ordre.
Requerrons M. le commandant de la station de faire
transférer de suite, à bord du navire le Pacifique ,
les sieurs Verneuil, Gervais, Fournier et Baillio.
Signé SONTHONAX.
Sept décembre à minuit et demie, quatrième ordre.
Requerrons M. le commandant de la station de faire --- Page 34 ---
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partir, avant le jour,'le navire le
sieurs Baillio, Verneuil, Gervais Pacifique, et Fournier, avecles
le forcer de mettre à la voile, dans le Cas où il refuseroit et de
de le faire ; leur reguerrons en même
de dé+
fendre à bord du navire le Pacifique toute temps visite des
Commissaires de rade: ; bien entendu que le navire
partira sans aucun permis de la municipalité.
Signé SONTHONAX.
Tous les ordres ci-dessus sont datés du 6 décembre.
Cinquième ordre. Lettre du Commissaire civil au Com-.
mandant de la station.
Je vous prie, M. le Commandant, de donner
ordres les plus sévères, pour que les détenus
les
bord soient trnus au secret le plus
à votre,
reçoivent ni lettres, ni paquets, rigoureux, et ne.
Signé SONTHONAX,
Sirième ordre donné par Sonthonax au citoyen Santo,
Commandant du navire le, Pacifique.
Nous, Leger-Félicité Sonthonax, etc.
Il est ordonné au sieur de Santo de conduire en
France, à bord du navire le Pacifique les sieurs Verneuil, Gervais, Fournier et Baillio pourles remettre
à MM. les Officiers Municipaux de la ville de Nantes.
Prions MM. les officiers municipaux de les faire
conduire sous bonne et sire garde à Paris,
être détenus à la dispesition de la Convention pour y
nale et du. ministre de la justice,
NatioAu Cap', le 6 décembre 1792,signé,
Et plus bas: : par M. le Comemistubaur-anut, SONTHONAX.
signé Delpech,
Gervais, Fournier et Baillio pourles remettre
à MM. les Officiers Municipaux de la ville de Nantes.
Prions MM. les officiers municipaux de les faire
conduire sous bonne et sire garde à Paris,
être détenus à la dispesition de la Convention pour y
nale et du. ministre de la justice,
NatioAu Cap', le 6 décembre 1792,signé,
Et plus bas: : par M. le Comemistubaur-anut, SONTHONAX.
signé Delpech, --- Page 35 ---
(3r)
No. IIL
Eatrait de la séance du 6 décembre
de la Commission intermédiatre de la HLNTPE Françoise de
St. Domingue 1 Présidence de M. Gerbier.
Les membres de Ia municipalité da Cap entrent dans
le sein de la Commission :
On donne lecture d'une lettre de la municipalité en
date de ce jour, parlaquelle elle invite la Commission
intermédiaire i se réunir à elle pour demander à M. le
Commiundire-zuiong-died la relaxation des sieurs Ver-"
neuil, Fournier, Gervais et Baillio, embarqués par
ses ordres.
M. le procureur de la Commune appuye cette proposition avec cette énergie qui le caractérise.
Une députation du corps des Commissaires de rade
se présente à la barre > et vient réclamer au nom du
corps l'intercession de la municipalité et de la Commission intermédiaire, pour obtenir de M. le Commissaire-national-civil la relaxation du sieur Gervais, leur
camarade. 1 M. le président répond à la députation
que la commission et la municipalité s'occupent de
l'objet de sa pétition.
La Commission intermédiaire et la municipaliré
nomment chacune deux Commissaires pouraller auprès
de M. le Commissaire national le,prier de faire relaxer
ces quatre citoyens.
M. le Comiswuire-oxiona-cieil fait réponse que
ce n'est qu'après les plus exactes informations et après
les plus mures réflexions qu'il s'est décidé à l'embarquement. de ces quatre citoyens : et. qu'il Jui est impassible de revenir sur une décision d'ou dépendeient
la paix et le bon ordre,
ment chacune deux Commissaires pouraller auprès
de M. le Commissaire national le,prier de faire relaxer
ces quatre citoyens.
M. le Comiswuire-oxiona-cieil fait réponse que
ce n'est qu'après les plus exactes informations et après
les plus mures réflexions qu'il s'est décidé à l'embarquement. de ces quatre citoyens : et. qu'il Jui est impassible de revenir sur une décision d'ou dépendeient
la paix et le bon ordre, --- Page 36 ---
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Bellanger
8-5-69
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No, IV.
Lettre de Baillio jeune, membre de la société des Amis
de la Convention rationale - et oficier dans la gurde
nationale du Cap, à Rechambegu.
Cap, le-27 Novembre 1792.
Vous venez de faire une grande faute : vous avez
nommé à la place de capitaine de port, M. Sauter, qui
n'avoit aucun titre pour y concourir, et qui n'a que
quatre mois de séjour dans cette colonie.
M. Santo-Domingo à qui vous l'avez préféré, vous"
étoit désigné par le peuple ; le mérite de cet' officier
vous étoit parfaitement connu, et la colonie entiere
auroit applaudi à ce cboix.
Je vous avoue > monsieur, que je vous croyois patriote, ce qui me fit assurer à mes concitoy ens , que
votre religion avoit sans doute été séduite ; que désabusé, vous n'hésiteriez pas de vousrendre à la volonté
du souverain.
Mais d'après votre réponse à notre députation , il
ne me reste plus que le regret de vous avoir cru digne;
de remplir Ja place que vous occupez.
Iln'y a qu'un despote qui puisse dire au peuple ;
quand jai nommé à une place elle est bien nommée; et,
c'est vous M. Rochambeau, qui avez, pu faire cette,
réponse : vous méprisez doncla confiance d'un peuple:
qui vous l'avoit donnée toute entiere ; yous insnitez à
sa misere ; et vous finirez: pent-être un jour par lui,
dire 2 comme tons ceux quil'onttrahi, gu'il est intraim,
sable, et qu'il est cause lui-même de ses malheurs.
Quant a moi, si les citoyens du Cop molissent dans
cette circonstance, je gémirai de leur foiblesse, et ne
cesseraide vous reprocher combien vous êtes coupable.
Vousallez peut-être me. traiter de perturbateur; mais"
fier dutémoignage de ma conscience 1'zi su mépriser 2,
etj je mépriserai toujours de.s sembi.bles épithètes.
Toutes les fois qu'un fonctionnaire public s'écartera
de ses devoirs, je lelui dirai avec la même franchise :
comme citoyen français, j'en ai le droit,etje n'y renoncerai Salut. jamais. BAILLIO, jeune, membre de Ja Société des
Amis de lai Convention Natiouale.
Chez B. GUILHEMAT, rue Serpente, No2 23. --- Page 37 --- --- Page 38 --- --- Page 39 ---
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