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M É M OIR 2 E
LAISSÉ
PAR M. BARBÉ DE MARBOIS,
INTENDANT À SAINT-DOMINGUE.
Ve
--- Page 6 ---
M 1
-
N. B. J'aiété infruit; le 19 de ce mois, que SA MAJESTÉ
m'autorifoit à ufer, des-a-préfent, du congé qu'Elle m'avoit
accordé pour le mois d'Avril prochain. La faifon déjà avancée ne
me permettant aucun délai, fai pris le parti de faire imprimer ce
Mémoire, dont il étoit nécefraire d'avoir plufeurs expéditions, , qui
n'auroigne pu être prètes à temps, s'il eit fallue les copier. --- Page 7 ---
SAACA
Rue 25
C
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M E M OIRE
Laiffé par M. BARBÉ DE MARBOIS, Intendant à
Saint- Domingue, à M. l'Ordonnateur; en conformité
des ordres du Roi.
LE ROI m'a ordonné de ne pas quitter la colonie fans lailler
à mon fucceffeur un mémoire inftructif fur l'état des différentes
parties de l'Adminiftration. Celle des finances me paroît exiger le
plus de détails; vous les trouverez tous dans les états des finances de
Saint-Domingue, pour 1786, , 1787 & 1788, & je vais me borner
à vous faire connoître la fituation de chaque caiffe, au moment de
mon départ. Vous verrez par les états ci-joints, que je laife plus
d'un million en efpèces, non compris les fonds de diverfes caiffes
de fimples dépôts, telles que celles des Invalides &x des vacances.
II y a d'ailleurs des recouvremens à faire avant la fin de l'année
pour de grandes (ommes.
Nous n'avons point de dettes J'en ai acquitté d'anciennes
pour plus de onze millions. Tout eft payé au comptant ; nous
avons un fonds confidiérable en caiffe, & beaucoup d'entrepreneurs
ont reçu des avances.
Après ces aperçus fatisfaifans, je paffe à quelques vues concernant
le compte à rendre en 1790 pour 1789.
Il doit y avoir une jufte proportion dans la répartition des revenus
d'une province, comme dans celle d'un royaume, & Saint-Domingue
étant la feule de l'empire dont les finances foient régies féparément,
il eft néceffaire que les Adminiftrateurs forment tous les ans un
(*) La réclamation du fieur Artau eft réduite à 500,000 livres; il n'y en a aucune
autre.
A ij
concernant
le compte à rendre en 1790 pour 1789.
Il doit y avoir une jufte proportion dans la répartition des revenus
d'une province, comme dans celle d'un royaume, & Saint-Domingue
étant la feule de l'empire dont les finances foient régies féparément,
il eft néceffaire que les Adminiftrateurs forment tous les ans un
(*) La réclamation du fieur Artau eft réduite à 500,000 livres; il n'y en a aucune
autre.
A ij --- Page 8 ---
P AAEN
de
- 4 )
aperçu Yapplication du revenu public. Des vues peut-être
bornées m'ont empêché de publier ce tableau les années
trop
mais enfin, puifque ce travail doit, julqu'à un certain précédentes;
de guide pendant le cours de Tannée, je crois qu'il fera point, utile fervir
mettre auffi fous les yeux du public : on y verra
de de
chaque branche de fAdminiftration eft employée pour dans quelle les fomme
de ia colonie. On jugera fi fon revenu a été réparti dans une dépenfes
convenabie entre ceux qui adminiftrent la juflice, ceux mefure font
chargés de la défenfe de la fociété, ceux qui tiennent les rênes qui de
T'Adminiftration & leurs fubordonnés. On connoîtra les fommes
affignées aux ouvrages nouveaux, aux entreprifes
aux
travaux d'entretien & de confervation, à ceux d'utilité, coloniales, ou même
de pur ornement; & peut-être verra-t-on avec quelque
tout ce qu'on peut faire avec des moyens bornés, lorfqu'aucune fatisfaction
portion n'en eff divertie au profit des individus.
Je ne. ferois pas d'avis d'admettre des articles de
'dans ce tableau s. parce qu'ils font inutiles lorique d@penfesimprévues I'Adminiftration a
conftamment un fonds confidérable en réferve; d'ailleurs il y a de
f'inconvénient à annoncer ainfi qu'il peut furvenir des dépenfes non
prévues, & c'eft donner aux gens qui tirent parti de tout, un
pour faire naître des dépenfes de cette nature, ou
prétexte toutes
fortes de demandes indifcrètes ; enfin s'il furvient multiplier des
des non-valeursimprevues, . elles doivent être balancées par dépenfes des écono- ou.
mies, & même par des améiorations & des recettes
cet article me paroît ne pas devoir trouver place dans imprévues, l'état des &
finances de Saint-Domingue,
Nous approchons delafin de l'année,& il importe que vous faffe
connoître ce qui s'eft pratiqué en décembre 1788,
je
appointemens, fourniturès & foldes d'ouvrages publics. relativement aux
H eft d'ufage dans la plupart des comptes, que les deux derniers
mois de l'année pour les appointemens & diverfes autres
foient acquittés au commencement de l'année fuivante, dépenfes, & ne
crois pas qu'on pit trouver irrégulier de ne porter au compte je de
1789 que.les dépenfes effectives ; mais comme jai tâché de faire
payer ceux qui nous devoient, il ne faltoit pas
dire
nous portions à notre crédit ce qui n'étoit déjà qu'on plus à pût nous.
pour
cet
da
prévenir
inconvénient, qu'aux approches de la fin de
fannée on a réglé & qu'on a arrêté tous les
on a
chacun de fe faire payer, on a ftimulé ceux décomptes; étoient en preffé
de retirer les fonds qu'ils avoient au tréfor, qui
retard
on a menacé les
it pas
dire
nous portions à notre crédit ce qui n'étoit déjà qu'on plus à pût nous.
pour
cet
da
prévenir
inconvénient, qu'aux approches de la fin de
fannée on a réglé & qu'on a arrêté tous les
on a
chacun de fe faire payer, on a ftimulé ceux décomptes; étoient en preffé
de retirer les fonds qu'ils avoient au tréfor, qui
retard
on a menacé les --- Page 9 ---
AU
(E)
récalcitrans, & on eft parvenu enfin à folder les dépenfes de l'année
f complètement, que les états que j'ai préfentés au public, & qui
font de vrais comptes de caiffe, ne s'écarteront point des comptes
d'ordre que je fuis parvenu à faire rendre' d'année en année. Celui qui publie tous les ans le compte de fon adminiftration, a
bien
la rendre refpectable, s'il a été jufte;
un moyen
puiffant eft bien pour
fi toutes fes opérations ne
mais auffi fa tâche
difficile,
bon
foutenir le plus grand jour. D'un autre côté, le
peuvent état des finances pas
eft une des bafes les plus fûres de l'ordre & de la
aucun
ne fera tenté de
tranquillité générale 3 &
gouvernement. elles feront dans un état
commettre une injuftice publique, quand
floriffant. C'eft auffi forfque le revenu public eft bien adminiftré, que fa
diminution, loin d'être défirée, eft un malheur général, & fa confervation n'eft pas moins avantageufe à ceux qui y contribuent, 9
qu'au Souverain qui en fait f'application. Rien n'eft plus propre à
propager ces principes & le bien qui en réfulte, que la publication
d'un compte de recette & de dépenfe, & je crois que vous ne
balancerez pas à le rendre 7 quoiquil ne doive être qu'en partie
celui de votre rendez, adminiftration. il fera tel fans doute,
n'y aura
un
Si vous de
qu'il
pas
citoyen qui ne puiffe en vérifier chaque article; fi chacun n'eft pas
également à portée de faire cette vérification, les comptables y
fuppléeront : ils ont tous le plus grand intérêt à relever les inexactitudes qui pourroient sy trouver. J'ai rendu juftice aux bons 1 je
n'ai point fait grâce aux autres, & je crois qu'il eft néceffaire de
n'en ménager aucuns de ceux qui fe feront écartés de la règle. On
ne pourra donc, en général, les croire difpolés à pafler VOS erreurs de fon
fous filence; & comme chacun d'eux trouvera le réfultat s'il eft
compte particulier dans votre état général, il pourra juger
vous les inviterez vous-même
exaét ou non, & je fuis perfuadé
tous à relever les inexactitudes,
y en a.
ffaire de
n'en ménager aucuns de ceux qui fe feront écartés de la règle. On
ne pourra donc, en général, les croire difpolés à pafler VOS erreurs de fon
fous filence; & comme chacun d'eux trouvera le réfultat s'il eft
compte particulier dans votre état général, il pourra juger
vous les inviterez vous-même
exaét ou non, & je fuis perfuadé
tous à relever les inexactitudes,
y en a. T
La colonie a pris l'habitude de voir fon compte annuel : c'eft
dette
faut
f'Adminiftrateur acquitte; c'eft déformais
une de fes travaux qu'il ordinaires, que
&il me femble que fi vous différiez
un feulement quelque temps au-delà de celui qui eft néceffaire pour
le publier, chaque citoyen auroit droit de vous dire : Vous négliget
1n de vos devoirs. de la
de toutes les
Vous connoiffez auffi le prix
publicité
opéachats : ils font la fauve-g garde
rations 7 contrats 2 marchés 2
Aiij
--- Page 10 ---
LEN CWBNLE
(6) )
de FAdminifrateur qu'on pourroit tenter de
&
même temps un bouclier contre les attaques des malveillans tromper
en
réduit au filence en leur difant : Venez, voyez, examinez, qu'on
Il eft fàcheux de s'expofer au mécontentement
de
que l'on contraint à sacquitter; & néanmoins, s'il général m'eft
ceux :
vous donner un confeil, c'eft de ne point mollir fur cet article: permis de le
défavantage de lutter feul contre une multitude de
rien auprès des maux de toute efpèce qui
mécontens, le défordre n'eft
des finances ; & s'il faut que quelqu'un fouffre, accompagnent il vaut mieux
ce foit l'Adminifrateur que toute la fociété. que
La réfiftance de ceux que l'ordre importume eft
conftante, & fouvent ils embarraffent le chef des finances; vigoureufe; ils fe
liguent pour faire un effort commun, , tandis que ceux qui
les mefures prifes pour le rétabliffement de f'ordre, ne approuvent
leurs fentimens par aucun figne extérieur. Je dirai
manifeftent
votre encouragement, que ces embarras font
cependant, pour
par les avantages de toute efpèce que procure amplement un attachement compenfés invariable à la règle, & la force qu'un Adminiftrateur fe donne à
même loriqu'il peut toujours répondre aux folliciteurs : Je n'ai luid'exception en faveur de perfonne. fait
On s'eft plaint de mes refus; ; on m'a trouvé
roide,
inflexible. Mais croit-on queje puffe donc difpofer trop d'un bien trop
m'appartenoit pas? croit-on que j'euffe pu pourfuivre fans qui ména- ne
gement un comptable infidèle, après lui avoir demandé la moindre
complailance: Aurois-je eu le courage de le traduire devant les
tribunaux, & de leur dénoncer l'infidélité, ou même l'inexaétitude
de fes livres, de fes bordereaux, s'il eût Du me
ufé de mon influence fur lui, en faveur de mes reprocher amis? Comment d'avoir
aurois-je ofé diftribuer la louange aux uns & le blâme aux
fi j'euffe été l'obligé d'un feul d'entr'eux? N'edt-on
dit autres,
fondement que je me vengeois de la réfiftance des uns, pas & avec
récompenfois la foumiffion timide & coupable des autres? Mais que je je
iiberté puis, jufqu'au dernier jour, m'expliquer fur eux tous avec la même
doit que par le paffé.
is-je ofé diftribuer la louange aux uns & le blâme aux
fi j'euffe été l'obligé d'un feul d'entr'eux? N'edt-on
dit autres,
fondement que je me vengeois de la réfiftance des uns, pas & avec
récompenfois la foumiffion timide & coupable des autres? Mais que je je
iiberté puis, jufqu'au dernier jour, m'expliquer fur eux tous avec la même
doit que par le paffé. Cette infiruction même, fi elle eft conue: 2
encore frapper les mauvais comptables de terreur, & fervir
d'encouragement aux autres. Faites que mon départ ne
ce qui a été dit bien fouvent : Qu'il ne faut à 1171 mauvais prouve pas
à
comptable
Saint-Domingue, Je fais, Monfieur, que gagner du temps, pour ne jamais payer. diredternent
que vous ne fouffrirez jamais que fon
ou. indirectement les fonds publics aux nombreux préte de-
même, fi elle eft conue: 2
encore frapper les mauvais comptables de terreur, & fervir
d'encouragement aux autres. Faites que mon départ ne
ce qui a été dit bien fouvent : Qu'il ne faut à 1171 mauvais prouve pas
à
comptable
Saint-Domingue, Je fais, Monfieur, que gagner du temps, pour ne jamais payer. diredternent
que vous ne fouffrirez jamais que fon
ou. indirectement les fonds publics aux nombreux préte de- --- Page 11 ---
LAN
-
(7 )
mandeurs qui ne cefferont de vous affaiflir, jufqu'à ce que vos difpofitions négatives foient bien établies; mais vous aurez à vous garantir
d'un autre écueil encore plus dangereux. Ce que je vais dire ne
regarde point le tréforier, dont l'exactitude & l'ordre me font connus;
mais fi jamais un comptable, chargé de maniemens auffi importans,
fe permettoit de préter des fonds de fa caille, de faire des avances
à ceux qui font appointés par le Roi, de mettre leurs billets à la
place des fonds qu'il doit avoir, malheur à 'Adminiftrateur qui
aura fouffert que fon envahiffe de la forte cette portion importante
de fon autorité! Le comptable ceffe dès ce moment d'être dans fa
dépendance;i ils'eft créé de nombreux partifans 9 & fi jamais on veut
porter la lumière dans fes opérations, il ralliera tous fes débiteurs,
en leur difant : L'Adminifrateur me prefe de compter des fonds que
jai reçus : ilfaut que vous me rendiez ceux que je vouls ai prétés. Afors
vous aurez en tête une multitude de détraéteurs intéreffés à condamner toutes vOS opérations. Tandis qu'ils éleveront de tous côtés
des clameurs contre VOS févérités inouies, contre VOS innovations
dangereufes, les citoyens amis de l'ordre garderont le filence, &
fe borneront à vous plaindre; vous ferez feul, & une fois entamé,
il vous fera bien difficile de regagner le terrain que vous aurez
perdu. On s'efforcera de reculer la reddition des comptes jufqu'à
une autre adminiftration, & les maux qui en réfulteront ne peuvent
être appréciés que par ceux qui connoiffent que je n'ai figné les
comptes de 1773; qu'en 1786; fes fuivans julques & compris
1782 font en règle. Il en eft de même de 1786 & 1787; à
l'égard de celui de 1788, il eft prèt à être figné.
Encore un an & demi, & cette comptabilité importante fera terminée. Elle eft jufqu'à préfent, pour ainfi dire, enveloppée d'un
voile; chaque compte augmente le débetapparent du dernier tréforier,
& celui de 1783 ie conftitue débiteur au Roi, de 43,036,63 liv.
den. mais ce débet fera réduit, finon en totalité, du moins
7 tn@-coniderablement, C9
par le réfultat de fes comptes avec les autres
caiffes : on ne fauraà quoi s'en tenir fur fa fituation envers le Roi
qu'à da fin de cet immenfe travail, & vous y touchez.
Vous fentirez, comme je l'ai fentie, la néceflité de tenir toutes
les parties des finances dans votre main : rien ne vous portera à vous
contraire
a été la caufe
départir de ce principe. C'eftla pratique
qui
du défordre qu'il a été fi difficile de réparer. Pas une feule Ordonnance ne doit être faite, fi ce n'eft par vous, dans les départemens
du fud & de l'oueft; & quant à celui du nord, maintenez ftridte
A iv
- - at
'ai fentie, la néceflité de tenir toutes
les parties des finances dans votre main : rien ne vous portera à vous
contraire
a été la caufe
départir de ce principe. C'eftla pratique
qui
du défordre qu'il a été fi difficile de réparer. Pas une feule Ordonnance ne doit être faite, fi ce n'eft par vous, dans les départemens
du fud & de l'oueft; & quant à celui du nord, maintenez ftridte
A iv
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AM -
18)
ment la règle de faire enregiftrer en votre bureau des fonds du
Port-au-Prince, toutes celles que l'ordonnateur aura été par vous
autorifé à faire; ne croyez pas qu'il en réfulte pour vous un
grand travail (je fais affez que vous ne le craignez pas); mais d'ail- plus
Jeurs cette marche tend à diminuer la correlpondance & un détail
qui eft infini, quand on ne-tient pas da tête de tous les fils qui font
mouvoir la machine de la finance, Tout fera perdu
une multitude d'ordonnateurs en matière de fonds. forfqu'ii y aura
Une obfervation vous fera encore fentir. l'utilité infinie de cette
marche. Deux jours après avoir reçu fe congé que j'avois demandé
à Sa Majefté, jai eu dreffé les états de la fituation de la colonie, &
dans une forme fi certaine & fi précife 3 que j'ai aul même inftant
provoqué, de la manière la plus preffinte, une vérification de la
part des chambres d'agriculture : j'elpère qu'elles la feront, mais ce
n'eft pas affez; il vous importe d'en faire une générale de votre côté,
& les bordereaux de femaines m'annoncent que vous trouverez des
fonds encore plus confidérables dans les caiffes, au moment où votre
adminiftration commencera, qu'iln'y en avoit au premier de ce mois.
Je dois rendre aux comptables un témoignage que tous ont mérité;
au 20 oétobre, j'avois les bordereaux de tous les trimeftres fans
exception; & c'eft une chofe remarquable, puifque l'état de fituation
eft le réfultat de plus de quarante comptabilités.
Je laifferai des abus à réformer ; ne leur faites aucune grâce. Vous
exciterez, je le fais, des plaintes & des murmures de la part de
ceux qui profitoient du défordre. Elles tiendront l'opinion générale
fulpendue pendant quelque temps, & le public, ce
des
-
juge intègre
juges eux mêmes > attendra pour porter fes décilions,
les
réformes aient produit leur effet. Si la confufion fuecédoit à que Ja conlfufion, fi des abus d'un autre genre 7 ou déguifés fous un autre forme,
fe gliffoient à la place des anciens, les décrets de l'opinion publique
condamneroient de réformateur. On jugeroit avec raifon
€e
n'étoit pas la peine d'anéantir de mauvais établiffemens pour que les
remplacer par des inftitutions auffi vicieufes, & de févir contre les
fpoliateurs de la chofe publique, pour leur donner des fucceffeurs
auffi coupables. Cela ne peut arriver fous votre adminiftration
mais fi, comme j'en fuis d'avance certain, les effets correlpondent ;
complètement aux mefures que vous prendrez, fi l'aifance
en eft le réfiudtat, fi l'ordre & les avantages éclatans qui générale l'accompagnent, viennent frapper les yeux des plus obftinés à ne point de
voir, des plus intéreffés à le combattre, les détraéteurs fe tairont,
Cela ne peut arriver fous votre adminiftration
mais fi, comme j'en fuis d'avance certain, les effets correlpondent ;
complètement aux mefures que vous prendrez, fi l'aifance
en eft le réfiudtat, fi l'ordre & les avantages éclatans qui générale l'accompagnent, viennent frapper les yeux des plus obftinés à ne point de
voir, des plus intéreffés à le combattre, les détraéteurs fe tairont, --- Page 13 ---
Ws
(9)
I'opinion incertaine fe fixera : ceux qui prétendoient être des victimes innocentes & malheureufes, le retireront de la fcène; on
verra que f'ordre a fuivi leur éloignement, & le procès fe trouvera
jugé
ceux mêmes qui n'auront pas ell le loifir d'en examiner
par
les pièces. fuis fouvent demandé
eût été mon fort dans les circonfJe me
quel l'indulgence à la févérité; aujourtances actuelles, fij'euffe préféré
d'hui que la France ne peut, comme autrefois, faire en partie des
fonds de da dépenfe de Saint-Domingue, , ma fituation feroit telle
je dois m'applaudirà jamais d'avoir préféré à un repos pallager,
RLt maintien de la règle & de la loi.
Je vais préfentement, paffer à quelques opérations particulières,-
ainfi qu'elles s'offriront à ma plume, & vous ferez d'autant plus
porté à excufer le peu d'ordre qui règne dans cet écrit, que f'Adminifrateur n'eft jamais plus occupé qu'au moment où fon départ va,
pour ainfi dire, l'affranchir de toute occupation publique.
€a
Approv/fiornemeus.
Les opérations de l'Adminiftration fe font reffenties de la crife
qu'éprouvoit la colonie à f'égard des fubfiftances. Plufieurs quartiers
manquèrent de farines en mars, avril, mai, juin & juillet, & il failut
en envoyer du Port-au-Prince au Petit-Goave, à Jérémie & aux
Cayes. Les magafins du Roi, épuifés par d'autres avances, fe trouvèrent entièrement dénués au milieu de juillet, à f'époque de la plus
grande cherté & au moment où les capitaines de navires nous annonçoient une augmentation de prix, & où les Juges de police nous
faifoient preffentir une nouvelle diminution dans le poids du pain ;
c'eft dans ce moment difficile que M. de Vincent & moi fimes
acheter au comptant, des farines à 132 & même 150 liv. pour
les livrer au public à 120 liv. Les prix tombèrent fueceffivement,
le poids dupain fut augmenté, & cette circonftance a encore prouvé
que le fonds de réferve eft un retranchement oùt f'Adminiftration
peut attendre les fpéculateurs de pied ferme, & contre lequel tous
leurs efforts viennent échouer.
Au refte, cette mefure utile, dans le cas d'une exceffive cherté,
ne doit être employée qu'avec circonfpection; & fi le commerce
qui vend quelquefois à perte, n'avoit jamais la chance d'un prix
confidérable, s'il avoit toujours à craindre de lutter contre l'Admimiftration armée des fonds de l'épargne, il fe décourageroit bientôt,
- J NIDES
me, & contre lequel tous
leurs efforts viennent échouer.
Au refte, cette mefure utile, dans le cas d'une exceffive cherté,
ne doit être employée qu'avec circonfpection; & fi le commerce
qui vend quelquefois à perte, n'avoit jamais la chance d'un prix
confidérable, s'il avoit toujours à craindre de lutter contre l'Admimiftration armée des fonds de l'épargne, il fe décourageroit bientôt,
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LAR AME
( (1oT )
il ralentiroit fes expéditions; & des difpofitions faites pour empécher
l'extrême cherté, produiroient infalliblement la difette.
Hya en ce moment dans les magalins du Cap & dans ceux
du Port-au.Prince, des. farines pour plus de 300,000 liv. Elles
font deftinées à donner des fecours au public, en cas que les
accaparemens occafionnent une difette pendant f'hiver; mais ia chofe
ne fera probablement pas néceffaire, parce que l'effet d'une
caution prife à propos, eft d'empêcher le mal même auquei on s'étoit prépropofé de remédier. Une fimple augmentation de prix ne me parut
pas devoir être un motif foffifant pour en livrer au public.
Nous venons de nous occuper d'une prolongation de deux mois
pour l'importation des farines étrangères, & l'Ordonnance a été
enregiftrée le 23.
Quelques maifons de Bordeaux ont fait des envois affez confidérables, mais qui n'égalent pas le quart de Tapprovifionnement
de la colonie. Je vois avec une vraie peine qu'elles ne procureront
que de la perte aux armateurs.
Vous ferez bien de faire vendre des farines dès que le befoin
fe manifeflera, 2 ou d'en envoyer dans les quartiers.
nement feroit d'ailleurs trop confidérable & elles ne fe Lapprovifion- garderoient
pas. Vous favez combien je répugne à courir le rifqué de voir des
articles auffi précieux fe gâter fans que les hommes en profitent.
Ces farines ne coûtent un prix compenfant l'autre, qu'environ huit
gourdes.
Mettez le plus grand foin à faire cultiver des vivres de terre.
M. le Comte de Peinier & moi, penfons de même à l'égard de
la difette fur les habitations : n"épargnez rien pour la prévenir.
Hattes fiar la Gonave.
Des trois grandes iles dépendantes de cette colonie, fa
confidérable n'a point été aliénée ; elle eft auffi étendue plus que
quelques-unes des fles du vent qui ont des gouvernemens particuliers,& c'eft une poffeffion précieufe de Saint-Domingue. M. de
Vilaire, Diredteur général par intérim, en a fait le tour, & l'a
vifitée intérieurement, non fans fatigues & de grandes diflicultés;
d'après fes rapports, on doit beaucoup de reconnoifance aux
Miniftres qui ont réfifté aux demandes réitérées & preflantes
leur en ont été faites. L'Adminifration.n's pu y faire. que de foibles qui
effais, & déjà cependant elle en reçoit le prix; elle y emploie un
ire, Diredteur général par intérim, en a fait le tour, & l'a
vifitée intérieurement, non fans fatigues & de grandes diflicultés;
d'après fes rapports, on doit beaucoup de reconnoifance aux
Miniftres qui ont réfifté aux demandes réitérées & preflantes
leur en ont été faites. L'Adminifration.n's pu y faire. que de foibles qui
effais, & déjà cependant elle en reçoit le prix; elle y emploie un --- Page 15 ---
-
(1r )
atelier de go'nègres, & le produit de l'établiftement en bois de
chauffage & de confruction en pierres, &ec. eft évalué à 36 ou
40,000 liv. Ce n'eft pas affez, eu égard aux moyens ; mais ce
revenu n'a été auffi peu confidérable, que parce qu'il a fallu occuper
les nègres diverfes conftructions, ouvertures de chemins & autres
travaux non produdifs en eux-mèmes, quoiqu'ils foient néceffaires
obtenir les produdtions; elles feront beaucoup plus confidépour rables d'année en année. Puiffe cette belle poffeffion ne jamais être
abandonnée aux folliciteurs qui ne fe lafferont pas de la demander,
&
nous n'avons écartés qu'à force d'en repréfenter l'utilité!
jlietoe un projet pour y établir des hattes; il n'eft pas rédigé,
& il y a peut - être des objedtious folides : je ne puis
vous
nos vues. Adminiftrateur & colon à la fois,
vôtres
Rr
indiquer
feront appuyées fur plus d'expérience.
Fonds de réferve.
M. le Comte de Peinier eft d'avis, & je crois que vous penferez
'de même, d'accroître jufqu'à environ 1,500,000 liv. le fonds de
réferve. La circonftance l'exige. Nous n'avons en ce moment
qu'environ 1,200,000 liv. en efpèces, y compris les fonds des
Invalides & les confignations; c'eft affez dans les temps ordinaires,
mais dans la conjoncture préfente, je regarde cette épargne comme
foible; & cette foibleffe vient du payement de 800,000 liv. fait
depuis peu de mois aul fieur Artau, de 200,000 liv. pour la foffette,
& je croyois, en vérité, en ordonnant ces dépenfes, diftribuer la
fubftance même de la colonie.
Faites toujours mettre fous la clé du Contrôleur & fous celle du
Tréforier, des fonds que vous préfumerez devoir être Jong-temps
fans emploi, conformément à mon Ordonnance du 8 août 1788.
J'en ai fait tirer 100,000 liv. depuis peu de jours pour être
envoyées au Môle & au Cap. Vous pourrez, je penfe, faire rentrer
une fomme égale dans cette caiffe, le Tréforier ayant depuis fait
plufieurs recettes affez confidérables, dont aul refte il fera attentifà
vous rendre compte.
Un Adminiftrateur peut montrer beaucoup d'argent dans le tréfor,
& cependant laiffer fon fucceffeur dans de grands einbarras; ; mais
s'il n'y a rien à payer, fi toutes les dettes font éteintes, (je ne
parle pas. de da réclamation du fieur Artau), la caiffe de réferve
eft un des meilleurs fymptômes du bon état de la finance : ainfi,
SS - NEEN
, dont aul refte il fera attentifà
vous rendre compte.
Un Adminiftrateur peut montrer beaucoup d'argent dans le tréfor,
& cependant laiffer fon fucceffeur dans de grands einbarras; ; mais
s'il n'y a rien à payer, fi toutes les dettes font éteintes, (je ne
parle pas. de da réclamation du fieur Artau), la caiffe de réferve
eft un des meilleurs fymptômes du bon état de la finance : ainfi,
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FAIT
( 12 )
en vous invitant à en accroître le fonds, ou du moins à le maintenir, je fuppofe que ce fera toujours fans faiffer aucun
en fouffrance.
payement
Logemens des Officiers d'Aminiflration au Port-au-Prince.
IL convient d'établir le bureau de la guerre dans les
font en bas du nouveau bâtiment, & de tout donner au Commifaire, pièces qui
à l'exception d'une chambre de bureau de la marine & des deux
cabinets attenant. Je penfe auffi qu'il faudra faire conftruire par les
nègres du Roi, des cuifines & décharges pour le Commifaire, Le
bâtiment fera payé dans fept ans, par fépargne que nous faifons
des loyers.
Chemin de Jacmel,
M. le Comte de Peinier fe propofé de déterminer le chemi de
Jacmel, & je crois auffi qu'il convient de s'en occuper, dès le
commencement de l'année prochaine, fi la faifon le permet. Vous
ferez dans l'obligation de faire venir pour les travailleurs des tentes
du Cap; nous n'en avons plus ici : on penfé que l'ouverture de ce
chemin a été l'époque & ia caufe de la création de divers établiffemens, dont le revenu paffera deux millions; ; la valeur des terres
voifines à tiercé,
Cure - Port.
ON nous propofe de convertir le Cure-port en un ponton, &
d'en tirer un loyer de 9 à IO mille livres, le fermier demeurant
chargé de tous les frais; c'eft à mon avis le feul moyen de fortir,
fans grande perte pour le public, d'une mauvaife entreprife. Nous
en avons écrit au Miniftre, & la chofe, en attendant, pourroit être
mûrie & préparée pour donner à ce plan fon exécution, quand
les ordres arriveront,
Port-au-Prince, Cap.
JE ne dis rien des divers travaux quis'exécutent au Port-au-Prince
& au Cap; les premiers ferent fous VOs yeux, & vous connoiffez les
autres: je n'ai à cet égard rien à vous rappeler. On les fuit avec
aétivité; les payemens font non-feulement ati courant, ily a même
des avances.
roit être
mûrie & préparée pour donner à ce plan fon exécution, quand
les ordres arriveront,
Port-au-Prince, Cap.
JE ne dis rien des divers travaux quis'exécutent au Port-au-Prince
& au Cap; les premiers ferent fous VOs yeux, & vous connoiffez les
autres: je n'ai à cet égard rien à vous rappeler. On les fuit avec
aétivité; les payemens font non-feulement ati courant, ily a même
des avances. --- Page 17 ---
(13 )
Si vous faites faire des remblais au magalin, , comme je me l'étois
propofé, le fieur Lunley, débiteur au Roi, pourroit en être chargé,
& ce feroit pourlui un moyen plus facile de s'acquitter. II eft débiteur
comme caution, & c'eft ce qui m'a engagé depuis quatre ans, à lui
accorder des termes, à l'échéance defquels il a payé ponétuellement.
Fontaines de Saint-Marc.
DES fontaines ont été promifes à Saint-1 Marc, les canaux en fonte
y font déjà envoyés: il importe de terminer ces travaux.
Léogane, Jérémie, Jacmel, Petit- Goave, erc.
ON pourra donner des fontaines à Léogane auflitôt qu'on aura
recouvré une partie des anciens droits fur les nègres & fur les
maifons. Je vous invite à en ufer de même pour les autres villes;
c'eft le moyen de prévenir des maladies & de fauver la vie à beaucoup d'hommes.
Chemin royal de communication.
CETTE entreprife touche à fa fin; les voitures communiquént du
Cap au Port-au-Prince. L'embranchement dont on s'occupe achèvera
de déterminer tous les voyageurs fur cette route, plus courte & beaucoup plus belle. I importe de s'occuper de la réparation de toutes
ces communications nouvelles. L'embranchement qui doit lier le
quartier de la Marmelade à la grande communication, eft fuivi avec
affiduité, & les retards qu'éprouve ia répartition du Chemin royal,
prouvent qu'il eft prudent de s'occuper le plus tôt poffible du foin de
faire répartir les nouveaux chemins. I convient donc dès ce moment
de faire répartir l'embranchement qui, dans le quartier de Plaifance,
doit lier da nouvelle communication avec la Marmelade. Plufieurs
habitans des hauteurs de la Marmelade exporteront leur café par ce
chemin, qui eft d'une utilité bien reconnue pour tout le quartier.
Les habitans de Plaifance & des Gonaives font fatigués des longues
portions de la nouvelle eommunication qu'ils ont à entretenir ; ils
ont réellement moins befoin du nouveau chemin à répartir que les
habitans de la Marmelade, puifqu'ils peuvent aller au Cap & au
Port-au-Prince fans prendre ce chemin; au lieu qu'il eft abfolument
néceffaire aux habitans de la- Marmelade qui ont des affaires dans
la partie de l'oueft & au Port au-Prinee.
- Cu Z M
& des Gonaives font fatigués des longues
portions de la nouvelle eommunication qu'ils ont à entretenir ; ils
ont réellement moins befoin du nouveau chemin à répartir que les
habitans de la Marmelade, puifqu'ils peuvent aller au Cap & au
Port-au-Prince fans prendre ce chemin; au lieu qu'il eft abfolument
néceffaire aux habitans de la- Marmelade qui ont des affaires dans
la partie de l'oueft & au Port au-Prinee.
- Cu Z M --- Page 18 ---
LAK LAE
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Auditoire cr Prifons du Port-de-Paix,
M. le Comte de Peinier eft d'avis de terminer cette
& vous & moi fommes du même fentiment. Je vois
entreprife; les
faites aux entrepreneurs, , laiffent aujourd'hui peu à leur que avances
payer.
Cayes er autres lieux de la Colonie.
Nous avons commencé aux Cayes une fontaine
notre empreffement à en faire jouir les habitans, nous publique, avoit- porté &
à faire faire Ja conduite en canaux de bois; mais un
effai
nous fajt revenir aux tuyaux de fer coulé, dont la demande premier eft faite
en France, &. je crois qu'il faut en ufer de même pour toutes les
autres fontaines de la colonie. Vous obferverez que par-tout oà le
local a pu le permettre 9 nous nous fommes attachés à donner une
portion de l'eau à la rade, & c'eft un objet de dépenfe peu confidérable, lorfqu'une fois les eaux font conduites
dans
villes.
jufque
les
Ponts.
LES fonds pour le pont de f'Artibonite, montant à plus de
300,000 liv. font à la difpofition de T'Adminifration : les
de cette importante conftruction font faits; M. de la
plans
eft au moment de fe rendre fur les lieux. Je fuis, Merveillere
Gouverneur générai, d'avis
comme M. le
à faire jouir les habitans de qu'on ne diffère pas plus long- temps
défai leur occafionne des
ce grand avantage : chaque jour de
confidérable eft
pertes ou des privations, & cette fomme
réellement oifive & morte pour eux, car il ne faut
pas confondre la nature de ce fonds de f'épargne. Je n'ai
befoin de vous dire que les 1,200,000 liv. que nous avons pas en
caiffe, ne comprennent point ces 300,000 livres. .
Jen'entre dans aucuns détails concernant les ponts dont la
eft allignée fur la caiffe
dépenfe
ceux de l'Arcahaye
municipale; je me borne à vous dire que
paroiffent à M. le Comte de Peinier comme à
moi, les plus importans à faire. M. de Vignier
une fomme de 15,000 liv. à la conftruction de celui contribuera par
de fon habitation,
qui fera près
EN lifant çet écrit, le dernier acte de mon adminiftration,
dans lequel j'en rappelle les principes, vous vous direz peut-être &
fe
ceux de l'Arcahaye
municipale; je me borne à vous dire que
paroiffent à M. le Comte de Peinier comme à
moi, les plus importans à faire. M. de Vignier
une fomme de 15,000 liv. à la conftruction de celui contribuera par
de fon habitation,
qui fera près
EN lifant çet écrit, le dernier acte de mon adminiftration,
dans lequel j'en rappelle les principes, vous vous direz peut-être & --- Page 19 ---
N
(15) )
qu'après tant de réformes, H ne pourra refter des partifansà celui qui
les aura exécutées fans ménagement. Raffurez-vous, il lui en,reftera
de nombreux : ce font tous ceux qui n'auront point éprouvé fes
refus ou fes févérités; ceux qu'il n'aura point été obligé de pourfuivre pour leur faire rapporter les dépouilles envahies fur le
tréfor public; ceux en un mot, qui, jouifant en paix des fruits
de l'ordre & de l'économie, reconnoîtront avec joie, par une
expérience de plufieurs années , qu'il. eft établi far une bafe
inébranlable.
à embarraffer la marche d'un
Si cependant ceux qui s'ingénient
Adminiftrateur, & à répandre des dégoits fur fes opérations :
trouver quelque fatisfaction à apprendre le fuccès de leurs
peuvent efforts, qu'ils fachent que celui qui eft animé de l'amour le plus
ardent du bien public, ne peut être affez impaffible pour s'avancer
avec indifférence & tranquillité dans une route qu'ils sèment d'écueils:
qu'ils jouiffent pleinement de leurs avantages en apprenant qu'il
n'eft pas inaccefible à leurs efforts, & qu'ils mêlent quelquefois de
l'amertume à fes travaux ; mais qu'ils examinent en même temps,
s'ils ont un feul inftant arrêté fa marche dans la carrière qu'il a
parcourue; & fi elle a été invariable & ferme, qu'ils ne s'attendent
pas qu'elle puiffe jamais changer.
Si' Thomme public n'obtient pas aujourd'hui l'approbation générale,
il l'obtiendra demain; fi demain elle lui eft refulée, elle ne le fera
pas toujours; ou s'il doit y renoncer pour jamais, fi même on
refufe à fa tombe les témoignages qu'il n'a pu obtenir vivant, du
moins il aura vécu en paix avec fui-mème, & c'eft un bien dont
il n'eft pas au pouvoir des hommes de le priver.
Sera le préfent Mémoire dépolé au Contrôle de la Marine. An
Port-au-Prince, le 25 odlobre 1789. Signé BARBÉ DE MARBOIS.
Dépofé an Contrôle de la Marine. Au Port-an-Prince, le 25 ofobre
1789. Signé DESCHAMPS.
Imprimé par MOZART, au Port - au - Prince, ile Saint-Domingue 7
le 26 Oatobre 1789; & réimprimé depuis à Paris,
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