--- Page 1 --- --- Page 2 ---
00a9
3ubit darter Browi
Cihrirg
Bmmirl Anitersity
CH, CHADENAT ne Colonia le
Quai
10 gustins,
PARIS --- Page 3 --- --- Page 4 ---
C
RUNS
--- Page 5 ---
à --- Page 6 --- --- Page 7 --- --- Page 8 --- --- Page 9 ---
M E M OIR E
JUSTIFICATIF,
DE JOSEPH - PAUL-AUGUSTIN
CAMBEFORT, Colonel du
Régiment du Cap;
C O M M U N
A ANNE-Lou1s TOUSARD, Lieure:
5 nant-Colonel, à tous les Officiers SousOfficiers & Soldats du même Rigument,
déportés de Saint-Dominguc, par ordre
des Commilfaires Civils, déligués par le
Pouvoir-Exicuf. aux Ifes Françaifs
de tAnénigse-fausdeveme
Civis, amicus, cundis officiis aguabilis,
opum contemptor, redi pervicax, confans
adversus metus. TACIT. Hift,
Citoyen, ami, fidèle à tous fes devoirs 2
méprifant les richeffes, inflexible dans le
bien,inacceffible. à la crainte. Trad.d'ALEN.
1793 3. --- Page 10 ---
TOM SI M
ITADIITEUT
V97zot 3
EWES
citées dans ce Mémoire font dépolées
Les pieces
le
de les faire
colonial. Je n'ai pas temps
au Comité
imprimer dans ce moment-ci, elles feront l'objetd'une
quatrième partie
--- Page 11 ---
M E M OIR a E
JUSTIFICATIF,S
DE Jos.-1 PAUL-AUGUSTIN CAMBEFORT,
Colonel du Régiment du Cap;
C O M M U N Isl 5
A ANNE-LOUIS TOUSARD, Lieutenant-Co
lonel,àtous les Officiers, Sous-Oficiers,
Soldats du même Régiment, déportés de
Saint-Domingue, par ordre des Commiffaires Civils, délégués par le Pouvoir-Exécutif aux Jespumaimbrkendig-iar
le-vent,
MLEO
Les malheurs de Saint - Domingue ont
été portés à leur comble. Cette floriffante Co=
lonie a vu fes plus belles provinces dévaftées 5
fes plantations, fes nombreux bâtimens livrés
aux fammes; une grande partie de fes habin
tans égorgés O11 livrés à un efclavage pire que
la mort; fescultivateurs, naguères heureux &
Aij
if aux Jespumaimbrkendig-iar
le-vent,
MLEO
Les malheurs de Saint - Domingue ont
été portés à leur comble. Cette floriffante Co=
lonie a vu fes plus belles provinces dévaftées 5
fes plantations, fes nombreux bâtimens livrés
aux fammes; une grande partie de fes habin
tans égorgés O11 livrés à un efclavage pire que
la mort; fescultivateurs, naguères heureux &
Aij --- Page 12 ---
transformés en afaflins, en incenpailibles, fon commerce 8 fes rapports avec
diaires;
anéantis; & maintenant elle fe
la métropole
d'une faétion d'autant plus
voit au pouvoir
fini
fe couvrir du
redoutable > qu'elle a
par
des loix qu'elle avoit d'abord remanteau
jettées. C'eft elle qui, non contente d'être parvenue
de cette Ille fes plus courageux déà éloigner
à fon falut, ôfe
fenfeurs & les pusintéretiés
les accuferau tribunal des Repréfentans
encore de la France de fes propres crimes.
""Six années de travaux militaires à Saintune activité continuelle, un zèle
Domingue,
facrifices immenfes, des daninfarigable, des
des combats & des
gers fans ceffe renaiflans, à l'abri d'une dévictoires, ne m'ont pas mis
des fers
nonciation publique, 8 le dirai-je?
deftinés au crime !
de la
Sous les rapports de Commandant
placedu Cap, pendant quatre ans &càplufieurs
interim de la partie du Nord,Jai
reprifes par contribué à conferver à la France
fortement
efforts des Fadtieux
cette Colonie, malgréles
vouloient la féparer de la Mere-Patrie.
qui-v
la fureur des efclaves révoltés qui
J'ai réprimé fubverlion totale; J'ai fouftrait
vouloient une --- Page 13 ---
les propriétaires au fer des affaflins, & l'on
m'accufe d'avoir agi de
voltés,
concert avec les répour favorifer des projets contre-révolutionnaires !
La voix publique recommandoit
à la renommée &
mon nom
ma perfonne à la reconnoillànce de tous les bons
de cette délicieufe
citoyens : j'ai joui
fieurs
récompenfe pendant pliannées, & en moins de quinze jours, des
factieux > dont j'avois tant de fois réprimé
l'ambition & les projets feneftes, font
venus à foulever contre moi
parquelques citoyens
égarés, une partie des troupes nouvellement
arrivées dans la
Colonie, 3 & les Gommiffaires
nationaux qui, plutôt fiubjugués
cus, n'ont fuivi
des
que convainque
impulfions étrangères, en me dénonçant aux fondateurs del la
liberté de ma patrie.
Pendant tout le cours de la révolution
conftamment été l'homme du
j'ai
à qui tous les
peuple, celui
hommages populaires ont été
prodiguées; mes preuves écrites à cet égard
commencent en 1789,8 finiflent à
de mon embarquement.
l'époque
[]
Avant d'entret dans le détail des faits &
D] Voyez les pieces 3. 3, 4, 5, 6,7,8836
A ni
de ma patrie.
Pendant tout le cours de la révolution
conftamment été l'homme du
j'ai
à qui tous les
peuple, celui
hommages populaires ont été
prodiguées; mes preuves écrites à cet égard
commencent en 1789,8 finiflent à
de mon embarquement.
l'époque
[]
Avant d'entret dans le détail des faits &
D] Voyez les pieces 3. 3, 4, 5, 6,7,8836
A ni --- Page 14 ---
des réfiexions qu is font naître, il eftà la fois
douloureux & confolant pourr moid'avoiràdéclarer que cette défenfe eft communeà tous les
de mes travaux militaires, &
compagnons
Toude mon infortune préfente , au citoyen
fard, Lieutenant-Colonel, à tous les Officiers,
Sous - Officiers & Soldats du brave & incorruptible Régiment du Cap.
Les faits fe claffent naturellement en deux
parties.
contiendra fommairement ce
La, premiere
l'arrivée
qui s'eft paffé dans la Colonie avant
des nouveaux Commiflaires.
déforLa feconde indiquera les caufes des
dres arrivés au Cap , le,19 oétobre 1792,8
les événemens de cette journée.
réfexions réJe terminerai par quelques
fultantes des faits, 8z de la lettre des Commiffaires à la Convention Nationale.
Je'ne remplirois ce plan que d'une mafi je n'indiquois d'abord
niere imparfaite,
révolutionnaires
le principe des mouvemens
& les divers intérêts qui
de Saint-Domingue
divifent fes habitans.
Dès que la révolution de la Mere-Patries'y
le germe d'une facft fentir, O1l apperçut
la Métrotioa qui tendoità faire fcillion avec --- Page 15 ---
pole, en fe couvrant du mafque de la liberté.
Cette faétion a fouflée fon efprit à l'affemblée
générale de la partie françoife de Saint-Domingue, nommée communément, afembléc
de Saint-Marc, dont quatre-vinge-cing membres arrêtés dans leurs entreprifès parle pouvoir exécutif, comme réfractaires aux décrets
nationaux, fe font emparés du vaiffeau le
Léopard, pour fe rendre en France, ou ils ont
été retenus long-tempsà la fuite de l'affemblée
conftituante & jugés par elle.
Cette faétion s'étoit fignalée dès fonorigines
par fa haine contre l'ordre public. & les agens
chargés de le maintenir. De-là, fon oppofition
conftante aux intentions, > & aux démarches
du pouvoir exécutif; de-là, l'affafinat du CoIonel Mauduit & de plufieurs autres, tandis
que les propriétaires 2. les négocians & tous
ceux qui avoient quelque chofe à perdre fa
rallioient autour des dépofitaires des forces
coloniales.
Pendant que cette affemblée de St. Marc
travailloit à fe rendre indépendante, elle
agifloit en fens contraire pour aggraver le
fort des gens de couleur. De-là font nés les
chocs violens entre les citoyens de couleur libres & les blancs 5 entre les efclaves & la ma:
jorité des citoyens blancs,
A iv
tous
ceux qui avoient quelque chofe à perdre fa
rallioient autour des dépofitaires des forces
coloniales.
Pendant que cette affemblée de St. Marc
travailloit à fe rendre indépendante, elle
agifloit en fens contraire pour aggraver le
fort des gens de couleur. De-là font nés les
chocs violens entre les citoyens de couleur libres & les blancs 5 entre les efclaves & la ma:
jorité des citoyens blancs,
A iv --- Page 16 ---
Les agens du pouvoir exécutif
à modérer la chaleur des
chercherent
différens
attendant que les
partis > en
didaffent la
légilateurs de la France leur
marche qu'ils devoient fuivre.
De-li la haîne des uns &
tous les agensdu
des'autres contre
appuyés
pouvoir exécutif, qui étoient
par la grande maffe des
ambition, dont les'
citoyens fans
protégées
propriétés fe trouvoient
par le maintién del'ordre
Cependant les gens de couleur libres public.
efclaves révoltés
& les
attendoient, avec une égale
impatience, > les décrets de T'affemblée
tuante. Les uns & les autres
conftivertu de la
elpéroient qu'en
déclaration des droits de
ils feroient rétablis dans les
Thomme, 3
droits
qu'elle leur a fait connoitre, &
primitifs
fois à la tyrannie de
fouftraits à la
l'affemblée
à la firveillance du
coloniale, &c
pouvoir exécutif.
Ainfiles factieux qui opprimoientla
& les hommes qui vouloient
Colonie,
la bouleverfer,
pouraffitrer le fuccès deleurs vues
ennemis
relpedives,
cordoient implacables les uns des autres, s'acnéanmoins dans la haîne
toient à l'autorité active
qu'ils porcontenir dans les
qui cherchoit à les
bornes des décrets.
On dit que les négres révoltés
tous les fignes du
ont adoptés
Royalifine, qu'il.invoquent
-
a --- Page 17 ---
la Royauté & la Contre-révolution,
On dit
qu'ils regardent les chefs militaires
leur appui.
comme
Ces faits font vrais en partie 3 mais les conféquences qu'on en tire font fauflès. Si les négres portent des couleurs
contre-revolation- - .
naires, s'ils invoquent un. pouvoir qui n'elt
plus, c'eft parce que les autorités civiles &
militaires, qui les combattent
couleurs
> portent les
parriotiques, & parce que avant la 1
révolution du IO aout
3 la déclaration des
droits & tous les décrets favorables à la liberté
étoient revêtus de lafanction Royale; c'eft enfin
parce qu'ils croient cou qu'ils feignent de croire
quetous les agens de l'aucoritédans la Colonie
fe trouvent à leur égard en
volonté
oppofition avec la
nationale, exprimée dans la ci-devan:
Conftitution. Je joindrai à ce Mémoire deux
pieces originales, qui jetteront fir ces
tantes vérités une lumiere irréfiftible. imporC'eft en fe dirigeant dans le même [x]
fens
qu'on a vu les Chefs des révoltés fe
aux pieds des premiers Commiffaires, profterner
à la téte
defquels étoitle citoyen Mirbeck, tandis
n'ont jamais donné la plus légere
qu'ils
marque de
[n Voyez les pieces cotées I & 2,
à ce Mémoire deux
pieces originales, qui jetteront fir ces
tantes vérités une lumiere irréfiftible. imporC'eft en fe dirigeant dans le même [x]
fens
qu'on a vu les Chefs des révoltés fe
aux pieds des premiers Commiffaires, profterner
à la téte
defquels étoitle citoyen Mirbeck, tandis
n'ont jamais donné la plus légere
qu'ils
marque de
[n Voyez les pieces cotées I & 2, --- Page 18 ---
IO
confidération aux Chefs civils & militaires de
la Colonie.
Ces obfervations préliminaires rendront
plus facile l'intelligence des faits, dont je vais
enfin commencer le récit; & elles répondent
d'avance aux abfurdes calomnies fuggérées
aux nouveaux Commiffaires 3 &c tranfmifes
par eux à la Convention nationale. --- Page 19 ---
-
If
as
PREMIERE PARTIE
Faits antérieurs à Parrivée des Commiffaires
actuels.
Au moment de la révolte des négres, je fus
fait Major-Général; cette charge donna une
grande étendue à mes fonétions. Je propofai à
P'Affemblée Provinciale de faire paliffader la
ville du Cap, pour couper toute communication entre les négres de la ville 8c les révoltés,
ce qui fut adopté.
Je n'entrerai point dans le détail de toutes
les attaques que j'ai livrées aux brigands; par
tout je les ai battus : je citerai feulement quelques adtions brillantes [), s telles que mon paf
fage de la Riviere-Salée, après avoir emporté
le pofte redoutable du Morne-aux-Anglais, ou
mon Maitre-d'hôtel reçut une balle dans la
jambe, à mes côtés.
La CampagnedelAcul, qui dura onzejours,
dans laquelle je tuai Boukmann, fameux Chef
des révoltés, affaire ou je fus coupé & prêt à
E1 Voyez les pieces 9, IO & II. --- Page 20 ---
choifir d'être pris ou de périr de
main [r]. Cette adtion, dont le ma propre
pas été favorable, fe
début n'avoit
termina
par les manceuvres hardies glorieufement,
mondatachement,
que je fis faire à
compofé de cent cinquante
dragons, contre plus de quinze à feize
negres, dont il fut détruit un
cents
bresj je leur pris aufli trois très-grand nomun obufier.
pieces de canon &
Pasti le méme jour à minuit,
point du jour, la
j'enlevai, au
Coupe-a-David &
autres camps; je rejoignis Drozain plufieurs
qui atta-
- quoit,parle Limbé, ce pofte natutellement fortifié par fa pofition & fa hauteur.
Je ne puis paffer fous filence la
de Tousard au Limbé [2]. Elle a arraché Campagne
brigands plus de cent cinquante
aux
vieillards écenfans, blancs & de
femmes,
tenoient prifonniers, &
couleur, qu'ils
non; rendu à la
quinze pieces de caroiffe
province du Nord une Paentiere & quatre cents hommes de couleur & négres libres, qui depuis ont fait caufe
commune avec les blancs.
L'attaque que j'ai fait au Grand-Boucan,
E1J Voyez les pièces 9, 10& 11.
(2) Voyez la piece ;8.
de cent cinquante
aux
vieillards écenfans, blancs & de
femmes,
tenoient prifonniers, &
couleur, qu'ils
non; rendu à la
quinze pieces de caroiffe
province du Nord une Paentiere & quatre cents hommes de couleur & négres libres, qui depuis ont fait caufe
commune avec les blancs.
L'attaque que j'ai fait au Grand-Boucan,
E1J Voyez les pièces 9, 10& 11.
(2) Voyez la piece ;8. --- Page 21 ---
t
ou tous les brigands fembloient
pour faire une
s'être réunis
vigoureufe réfifance, fera à
jamaismémorable dans la
patriotiques &
Coloniz.Lestroupes
de Ligne excitées
exemple , celui de la Maronniere par mon
tou,
& de Poi-"
capiraines au Régiment > y ont fair des
prodiges de valeur pendant
levement & la deftruétion l'attaque, l'enpremiere
des poftes. A Ja
décharge j'eus dix-fept hommes tués
ou bleffés, dont un tomba dans mes
moment ou je ralliois
bras, au
un peloton un
étormé de ce début. Je fis ma retraite
Peu
plus de fix mille brigands
devant
avec les deux cents'
cinquante hommes que j'avois
qu'on m'en eut promis neuf obrentri, quoicents.
L'attaqued
combinée par terre
Relfeganombenes
& par mer, étoit d'une
grande utilité pour la ville du Cap. La municipalité me promit fix cents hommes &
m'en dorna
ne
qu'environ deux cents. Il me fut
impoflible del'exécuter. Je fus contraint deme
bornerde enlever à Bel-Air, dans le Morne du
Cap, onze camps en amphithéitre & trois
pierriers [rj.
Cette expédition donna lieu aux réflexions
() Voyez la piece 12. --- Page 22 ---
braves foldats des quinzieme & foixante-,
des
qu'on avoit cherché à
treizieme Régimens,
contre moi; ils
corrompre & à indifpofer
: c On ofe accufer notre
dirent publiquement
avec les brigands,
3, général d'intelligences
à elffiyer leur,
eft le premier
>> tandis qu'il
tandis
les attaque avec achar3 feu,
qu'il
un de nous ne
37 nement, tandis que pas
autant dans les combats >.
s'expofe
ainfi lesjours de mes
Lorfque je prodiguois
le falut de la
camarades & les miens, pour
les faétieux empoifonnoient déjà
colonie 2 €
Je favois tout; je contins mon
mes intentions.
entreindignation, & n'en devins que plus
DE B
prenant.
il eft notoire au Cap que chaque
2 Eneffet, m'avertit la nuit que les poftes
fois. qu'on
la sûreté de la ville, 3
fur lesquels repofoient
venoient d'être attaqués ou pris > je m'y,
fur-le-champ , rne prenant avec moi
portai
nombrede, foldats, & fans atqu'un petit demander des ordres fitpérieurs. - >
tendre ni
dans la crainte d'occalionner des allarmes,que
juftifier. Dans
le danger ne me paroiffoit pas
occalions
repoutlé les brigands,
toutes ces
j'ai
les
dont ils s'étoient emparés,
ou repris
poftes
calomC'eft ainfi que je répondois à mes
, rne prenant avec moi
portai
nombrede, foldats, & fans atqu'un petit demander des ordres fitpérieurs. - >
tendre ni
dans la crainte d'occalionner des allarmes,que
juftifier. Dans
le danger ne me paroiffoit pas
occalions
repoutlé les brigands,
toutes ces
j'ai
les
dont ils s'étoient emparés,
ou repris
poftes
calomC'eft ainfi que je répondois à mes --- Page 23 ---
IS
niateurs. Je dois ajonter que j'ai
la guerre à mes
toujours fait
frais; que je n'ai jamais voulu.
recevoir de chevaux de la Colonies
me fmispas fait
que je ne
rals
payer ma table comme Généque j'ai falarié.de ma bourfe mes ef
pions; en un mot, que je n'ai jamais
aucun compte de dépenfe,
préfenté
a Tandis que le Lieutenanr-Colonel
& moi combattions lesi
Toufard
protégions de toutes
négres révoltés, nous
influence,
nos forces, de toutenotre
les gens de couleur
par les factieux.
libres,opprimé
C'eft cette protedtion
à -
accordée,
que nous leur avons
[x] non dans les vues. qui nous font
attribuées par. les Commiflaires; mais
voir & par principes de juflice &
par dequi m'a plufieurs fois expofé à des sthumanité
minens:oo
Ponb
Périls im-s
ase -
Raire
MLeis août'
179I , nous avons ocouru les
plus-grands dangers, le Général
arracher des mains des
Semoijp pour
blancs:
croient , les hommes de couleur du quilesmaffadix-fept étoient déjà victimes de leur Cap, dont
que,les balles & le fer
rage, &c.
dans les. bras de leurs. femmes pourfiuivoient jufques
fans.
& de leurs enCT
fr] Voyez les pieces 16, 17, 18 & 19. --- Page 24 ---
i6
Le'14 août 1792, après avoir follicité 1à
réquilition de la Municipalité, je me portai F >
les
& chaffeurs du Régiment,
avec grenadiers
les
&c
au miliet des deux partis 3 je
féparai)
jempéchailes blancs de fe porter. aux Cazernes
des hommes de couleur; dont ils avoient jurél
2 ripus
le maffacre général. Er]
eft antérienr d'un
Sil'on obferve que ce jour
à T'arrivée des Commiffires ,
mois fealement
qmnevenanided déjouer,
Fonconceraficilemeue
les
Gpourla feconde fois, un desprojets plus
niftres des Fadtieux, j'avois acquis un droiti
récentateur haine, à leurs calomnies, a leurs
dénonciations.
Jen fus dédommage par les remerciemens
TAfemblée Coloniale me vota pour cette"
que
29l
Go 101 UTTT O00i L II iup
action.l
feulement dans les combats 3l
Ce n'eft pas
dérails de ma
c'eft aufli dans les plus légers
j'ai. manifefté mon civifime.Ser
conduitenque
aux loix. C'eft moi feul:
mon attachement
1789, fis prendre la
quij dès de 19 feptembré
cocarde, d'abord bleue & blanche s enfuite,
tricolore. J'en fis la premiere diftribution,&,
[r] Voyez la piece 14 & 1S.
t23 Voyez la piece 1S.
priar
n'eft pas
dérails de ma
c'eft aufli dans les plus légers
j'ai. manifefté mon civifime.Ser
conduitenque
aux loix. C'eft moi feul:
mon attachement
1789, fis prendre la
quij dès de 19 feptembré
cocarde, d'abord bleue & blanche s enfuite,
tricolore. J'en fis la premiere diftribution,&,
[r] Voyez la piece 14 & 1S.
t23 Voyez la piece 1S.
priar --- Page 25 ---
priai ma femme de la continuer aux
de la Garnifon & aux
Officiers
Citoyens.
En janvier 1791, le Régiment a fait un don
patriotique à l'Affemblée Provinciale duNord.
Il reçut en cette occafion douze cent cocardes
tricolores. []
Ce corps s'eft également diftingué
fes
fêtes patriotiques, & la franchife
par,
jours mile à fraternifer
qu'il a toutionales.
avec les troupes naJ'allois, ainfique les Officiers', au milieu des foldats & des
les
citoyens s & je fermois
yeux fixr les légeres infraétions à la dif
cipline militaire, occafionnées par ces mémes
fêtes. [2]
Les cravattés fricolores qui décorent
nos
drapeaux ont été données par les corps conf-.
titués, avec la folemnité la plus
titre de reconnoiffance.
touchante, à
& de
notre civifme. [3]
récompenfe de
Aufli-tôr que je fus informé de la oil nouvelle
organifation de l'Armée Françoife,
décrets de l'Affemblée
par les
Conflituante, 5
au Général, pourl'engagerà demander j'écrivis
la for-
[J Voyez la piece 21.
[2] Voyez idem.
t Voy.z la piece 20:
B --- Page 26 ---
mation confitutionnelle, pour le Régiment
que je commandois. Cette lettre eft du
mars 1791. [] J'ai plulieurs fois renouvellé 29
çette demande.
L'effet que produifit la connoiffànce du dé.
cret du 15 mai fut terrible : Il accordoit
gens de couleur les droits
aux
tieux fe
politiques. Les Facfignalerent par leurs.excès ; Ces
tendus patriotes foulerent à leurs
précocarde nationale
pieds la
> & jurerent, , avec folemnitéy de verfer jufqu'àla derniere
leur
goutte de
fang, plutôt que des'y conformer. Certain alors de l'influence de mon
m'élevai contre ce procédé
opinion, je
dire
facrilége, & j'ofe
que mon filence eut fuffi, peut-étre,
rendre général le crime de
pour
dus. On fonda
quelques indivimes intentions ; mais je reftai
ferme, &p pour réponfe,ie lespubliai. J'affurai
que dans les circonftances les plus
je ferois exécuter la
périlleufes,
loi, en tout ce qui dépendroit de mon autorité; & cependant
opinion étoit alors un titre de
cette
Ma conftance' à croifer les Factieux, profcription.
infatigable
, mon
application à préferver, autant
qu'il dépendoit de moi, la Colonie d'une
[1 Voyez la piece 22.
réponfe,ie lespubliai. J'affurai
que dans les circonftances les plus
je ferois exécuter la
périlleufes,
loi, en tout ce qui dépendroit de mon autorité; & cependant
opinion étoit alors un titre de
cette
Ma conftance' à croifer les Factieux, profcription.
infatigable
, mon
application à préferver, autant
qu'il dépendoit de moi, la Colonie d'une
[1 Voyez la piece 22. --- Page 27 ---
fubverfion totale, allumoient 19
de
la rage de mes ennemis
plus en plus
ordres
[x]: ayant. à leurs
plufieurs feuilles
à
périodiques,
pliquerent m'y diffamer, à m'y rendre ilss'ap- fiuf
pect aux yeux des hommes foibles,
que ma mort & celle deplufieurs
au point
réfolues pour le
autres furent
fus
25 ou le 26 mars 1792. J'en
avertis, & aflez heureux
à ce complot.
pour échapper
Les troubles & les malheurs
chaque jour , en raifon méme des augmentant efforts
faifoient les chefs pour les faire ceffer, que
femblée
5 l'AIConftituante, vers la fin de fa feflion,
envoya pour Commiffaires Nationaux les citoyens Mirbeck > Roume & Saint-Léger.
Le fouvenir des agitations fufcitées
quatre-vingt-cing, nommés les
par les
étoit trop récent; ils s'étoient Leopardins,. rendus
odieux en France
trop
> pour que les Commiffaires
ne fe miffènt pas en garde contre leurs infinuations : en s'appliquant. > au contraire, à *
appuyer les mefiires du pouvoir exécutif, ils
firent à la fois chérir & craindre leur autorité
parmi les bons citoyens, & même
négres révoltés, qui leur
parmi les
tation.
envoyerent une dépuEJ Voyez la piece 23.
B 11 --- Page 28 ---
20LesFadieux redoutant ces rapprochemens 5
avant-coureu rS de la paixyredoublerent d'intrigues ; ils dirigerent leurs efforts contre les
Commiflaires eux-mémes. Ceux-ci, menacés
& prêts d'être alflaffinés, s'embarquerent précipitamment & revinrent en France.
Le patriotifme & la véracité de ces Commiffaires n'ont point été-f fufpedés, or voici
conment.ibvesgrimear dans leur rapport fait
à l'Aflemblée Légiflative :
calamité a boulverfé la Co-
>> Une grande
confufion horrible :
52 lonie : elle eft dans une
facféditieux T'opprime, 3 c'eft la
52 un parti
>, tion des Quatrevinge-cing.
des Léopardins (les quatre-
>2 L'arrivée
charme
vinge-cinq), damuifittont-a-couple
foutenoit & allégeoit le poids de
>> qui nous
perfides,
Leurs manceuvres
>> nos travaux.
avoient été
notre miflion,
>> pour paralyfer
Bacon de la Che-
>> concertées en Francè, par
& fes adhérens. - On a perfinadé
5> valerie
notre deffein étoit
>2 aux efclaves révoltés que
enfuite.
exterminer
>> de les défarmer, pourles
de fe rendre.
>> Ceftainfiqu'on les a empéchés
les
juridiques dans
1 Nous en avons
preuves
étéarrérés.
>> les dépofitions de ceux qui ont
ouverte qui
1)
Ici commence la guerre
>> concertées en Francè, par
& fes adhérens. - On a perfinadé
5> valerie
notre deffein étoit
>2 aux efclaves révoltés que
enfuite.
exterminer
>> de les défarmer, pourles
de fe rendre.
>> Ceftainfiqu'on les a empéchés
les
juridiques dans
1 Nous en avons
preuves
étéarrérés.
>> les dépofitions de ceux qui ont
ouverte qui
1)
Ici commence la guerre --- Page 29 ---
Coloniale,
e3 nonsaéédéclaitée parlAfemblée
>> c'efta-dire , par la fadion des Léopardins
>> qui domine cette allemblée. -I1 a été arles trois af-
>> reréentrel'Allemblée Coloniale,
3> femblées provinciales & tousles corp's po-
>> pulaires qui leur font fubordonnés, que pera fonne ne correfpondroit avec nous.
>3. Nous nousi étions déjà concertés avec le
3>
Général fur la nature & Tefficacité dés
3> mefures à prendré, pour requérir l'emploi
3) des troupes, > lorique le falut public nous
2 en fercitune loi indifpenfable. L'A Nemblée
>> Coloniale a ôfé prendre jure elle de' difpofer
a en fouveraine des fecours , en les divifant
>> & les fubdivifant de maniere à les rendre
35 nuls.
-
as
TLaal Déconcertée par la marehe prudente de
D nos opérations; elle prit le parti de fe débar-
>5i rafferdenous,d'une maniere ou d'une autre.
> Elle : fit publier par fes émiflaires que nous
22 étions protedteurs déclarés des efclaves &
32 des gens de couleur.
>2 Plufieurs de fes membres ont fait impri-
> mer, publier,ycolporrer dans les cafés, ca9> barets, tripots de jeu; far les quais, dans
1) les' places publiques > des libelles affreux
11 contre nous. Le 2 mai, l'avocat d'Augy
B iij --- Page 30 ---
-
131 avoit fait la motion de nous
33 cette motion fut appuyée
embarquers
3, membres. Dans les
par trojs atitres
22 avett, dévoués à la galeries, des gens fans
Faction,
33 feroit bien plus
difoient gu'il
s> dimanche,
fimple de nous noyer. Le
25 du même
>> citoyen
mois, je fus (le
Mirbeck) du momene
>> né avec le Général ET M.
d'étre afalie
3 Colonel du Régiment
DE GAMBEFORT,
du
2 donné: izouS dames
Cap.Lefignal étoit
a
notre falut à la préfence
d'efprit des aidesdecamp € alla
35 farmedes braves militaires,
contenance
"devant Phôtel du Général. quife rangerent
a
22 Le lendemain dundi, àla fuite d'une
" préparéeà deffein,
orgie
> la méme
>> chez le Général, & le força de troupe fe
fe porta
>
rendre avec
33 cufations intentées
aant
contre lui,
3) avec le cortége affàffin 5 non Ilfetranfporta pas à la
32 cipalité,mais à l'Affemblée
Muni35 fubit, jufqu'à deux heures Coloniale, & y
du
3) les
matin; toutes
humiliations, les horreurs &les
2) qu'il-ef poffible
angoifes
d'imaginer. Il fut arrêté
aI qu'il feroit embarqué fur le méme
> qui devoit
bâtiment
porter en France les
3 veaux
fix nouCommiflaires de T'Aflemblée Colo32 niale, & qu'en attendant, il feroit
gardé à
Muni35 fubit, jufqu'à deux heures Coloniale, & y
du
3) les
matin; toutes
humiliations, les horreurs &les
2) qu'il-ef poffible
angoifes
d'imaginer. Il fut arrêté
aI qu'il feroit embarqué fur le méme
> qui devoit
bâtiment
porter en France les
3 veaux
fix nouCommiflaires de T'Aflemblée Colo32 niale, & qu'en attendant, il feroit
gardé à --- Page 31 ---
23 commune. La nuit fut
s vue dans la maifon
civile étoit alluméé.
3, tresorageufe.La guerre à fon comble 5.
s> Le défordre paroiffoit
douter encore
D'après ce rapport peut-on des manceude la puillance, des inténtions, dela Fadion
des calomnies & des crimes
vres, déchire la Colonie : On y voit que la
qui
avec les elclaves ré
Liopardine communique
voltés, comme elle a, dès le commencement
P'Aidestroubles dherddhcommsaigerased
D) On y voit qu'elle a fes agens tougleterre à foulever le péuple &x l'armées
jours prêts
haîne
à tous les
qu'elle a voué une
implacable
amis de l'ordre public > à tous les dépolitaires
légitimes 82 qu'enfin ellei fait avec
de T'autoritéld
dévouer à T'allaflinat & à la
uné adrefle égale
de fes propres
déportation, en chargeant
crimes céux dont les intentions droites 8 papoint à fes vues.
cifiques ne concourrent remarquable dans ce rapUne circonftance
faaion aceufoit
port, c'eft que dès-lors cctte
& les Commiflesagens du pouvoirexécuif
avec les réfairescut-mémes de connivence
de fe
ceux-ci
voltés', tandis qu'elle empéchoit
foumettre: c'eft que dès-lors aufi, n'ayant pu
[ Voyez la piecé 24B iv --- Page 32 ---
faire
égorger.l les Chefs militaires, elle a
leur
réfolu
déportation en France, &
opérer l'un ou
elle
que s pour
mentation
Tautre,
a excité une fertelle, que ces
ont étéobligéde fuir premiesCommiflires
avec
i Or, n'eft-il
précipitation.
pas évident que c'eft en
toujours fur le même
agiffant
Parvenue à me rendre plan qu'elle eft enfin
camarades de fes
viétime, , ainfi que mes
defleins perfides?
Pourroit encore envifager
Eht.qui
fations férieufe &cvraie,
comme une accudans les fers!
cellequi nous a plongés
N'y voit-on pas les mêmes inculpations, les mémes projets & les. mémes
moyens employés contre nous.?.
Comment [ les Commiffaires actuiels ont-ils
dopc PI, fe laifer égarer? Comment
bonne-foi A-t-elle, été aufi
leur
prife?
groffièrement firlefuisdifpenfe de le dire...
ils ne. Pronvent aucun fait;
D'ailleurs
acculant de
&, tout en nous
projets
dès long-temps
conte-révolationaiter, >
combinés, ils n'y croient
elx-mémes: ils n'ont entendu
pas
ils n'ont pas jugéà
aucunstémoins;
fur, nos
proposs'appofer les fcellés
papiers, ni de nous mettre en état
d'arreftation. Ce contrafte entre la
leurs accufations & la
gravité de
çautions érablit
légèreté de leurs pre
cette vérité, On voit que leur
conte-révolationaiter, >
combinés, ils n'y croient
elx-mémes: ils n'ont entendu
pas
ils n'ont pas jugéà
aucunstémoins;
fur, nos
proposs'appofer les fcellés
papiers, ni de nous mettre en état
d'arreftation. Ce contrafte entre la
leurs accufations & la
gravité de
çautions érablit
légèreté de leurs pre
cette vérité, On voit que leur --- Page 33 ---
unique objet, en nous renvoyant en France,
a été de fatisfaire les Factieux, dans l'intention, fans doute , de les ramener plus facilement à des voies de conciliation.
Envifagée fous ce rapport,le plus favorable
aux commiffaires, notre déportation ne peut
être qu'une mefure politique.
J'arrive maintenant à l'époque Fatale de
linfurredion du 19 actobre,
eu Q5
tega
ics --- Page 34 ---
SECONDE PARTIE
Faits poftérieurs a Farrivée des
actuels. . efsai Commifaires
97zbt 200
fait notoire,
Commbee
miflaires, dèsleur artivée quelesnonveaux Comlieu
dans la Colonie, au
d'enimpofer à laFaction
les forces militaires qui les Léopardineavec
font rendus acceflibles
environnoient, fe
fes membres.
aux plus fougueux de
gné
Plufieurs fois je leur en ai témoi:
ma furprife; ils m'ont
€c qu'ils favoientà
toujours répondu
>> decesprétendus quois'entenir fur le compte
patriotes,
33 obligés d'écouter tout le maisqu'ilse sétoient
>>
amis des loix
monde; que les
ne devoient
>> mer; &
point s'en allarque,Jans me
>> referferme à
dicourager, je devois
mon pofte 32.
Cependant lejour n'étoit pas éloigné, ouun
grand complot dévoit éclater, ou les
faires eux-mêmes,
commif
dupes de leur
devoient être entraînés
confiance,
voir forcés de feconder par le torrent & fe
contre
la rage des
ceux qui, jufqu'alors, avoient Fadtieux,
une barrière
oppofé
Je
infirmontable à leurs entreprifès,
garantis, fur ma tête, la vérité du récit
qui --- Page 35 ---
va fuivres & les lecteurs attentifs, en le comparant à celui dont les Commiffaires ont tiré
leurs inculpations, y déméleront facilement les
altérations de circonftances & les tranfpofitions defaits, qui donnent au leur une forte
de vraifemblance.
Le 4 odtobre 1792, les commiffaires ayant
annoncé qu'ils alloient s'occuper de l'exécution de la loi du 4 avril précédent, concernant
les droits politiques des citoyens de couleur,
les Affemblées Coloniales & Provineialéspreffentirent leur fupprefion. L'opinion de la
majorité de la premiere n'éroit plus celle qui
avoit déterminé l'arrêté du Terjuin [), contre
lérablifement des Clubs. Le IO oétobre dernier, elle en prit un en leur faveur; il ne fut
pasi fanétionné.
indemro.
Une proclamation des Commiffaires du 12
octobre, fupprima les Afemblées Coloniales&
Provinciales ,& 2
fut mife à exécution le 13.
Dès le lendemain un Clubfe forme; d'Augy
ex-préfident de l'Affemblée Coloniale & Tun
des quatre-vinge-cing: 3 le préfide : plufieurs
membres des Aflemblées diffoutes, des Municipaux, des Officiers de dragons & des Vo0J Voyez la piece 25.
à
Commiffaires du 12
octobre, fupprima les Afemblées Coloniales&
Provinciales ,& 2
fut mife à exécution le 13.
Dès le lendemain un Clubfe forme; d'Augy
ex-préfident de l'Affemblée Coloniale & Tun
des quatre-vinge-cing: 3 le préfide : plufieurs
membres des Aflemblées diffoutes, des Municipaux, des Officiers de dragons & des Vo0J Voyez la piece 25.
à --- Page 36 ---
lontaires , envoyés de France
& repouffèr lesi brigands,
pour contenir
Affemblée. Ony
fe rendent à Cette
y dreffe une lifte de
-tion, qui comprend
proferipmilitaires. &
prefque tous lesOfficiers
feil & les plus dadminiftration, riches
ceux du contation des foldats du propriétaires. Une dépudragois-du feizième Régiment du Cap &cldes
leur
, qui venoient de-fceller
réconciliation, lel verre à la.
admifeà Ce Glub;on les preffe
maineft
lifte; Lielfoir un Officier du d'adhéreràcetté
eft infulté
Régiment du Cap
par une mulitude
forçant, lel fabre à lan
quién.fortoit, >
criptions & fe livrant main,à lignér ces profpables,
aux excès les.plus cou+
-
1e
- Sur le bruit de cès
en
Général&c au
profcriptions , je fis.au
Province,
Commandant en: fecond Lde la
toutes les répréfentations
expérience & lesi malbeurs
que mon
me fliggérèrent. Le Général que je prévoyois
en fit part aux
Gommiffaires, , - quiir répondirent à. l'aide-decamp qu'il leur avoit envoyé: >> Nous
>> les Clubs
croyons
contraires au bien de la
321 nous penfons qué le Gouverneur Colonie:
32 pas.
ne dévroit.
fanctionnerlaireté de
v.les. autorile; mais-nous TAfimbléequi
9)
avouons en mêmetemps, 3 qtle s'il s'y
s mettra
refufes Wil fe comptopérfonnellement. cc --- Page 37 ---
J'étois chez le Gourverneur
lorfque l'aide
de-camp lui rapporta cette réponfe.
Cette fanétion ne fut pas accordée &
pendant le Club continua fes féances.
cebre des profcrits
Le nomaugmenta ; les habitans, les
citoyens alarmés fe rendirent chez le
ils lui
Général;
témoignèrent leurs craintes s le
plièrent de voir les Commiffaires,
fuap-
& de les
engager à fe fervir de leur autorité,
foudre une pareille Affemblée.
pour dif
Le Gouverneur fe rendit à la Commifion:
après une longue conférence,l les Commiffaires
fe déterminerent à
fufpendre les féances du
Club. L'un deux, Sonthonax
neuf heures du
, s'y rendit à
foir; & malgré les réclamations & un difcours violent
Thibaud, autre
del.Archevéquequatre-vinge-cing, Il en
nonça la diffolution. Le Gouverneur fut prononcer dans les Cafernes auxi foldats de J'anles citoyens refpirèrent, mais les
garde:
s'endormirent
agitateurs ne
pas.
Le lendemain la
Municipalité fait battre
un Ban : on publia que la patrie & la ville
étoient en danger; ; on invita tous les
à s'allembler dans T'Eglife
citoyens.
prendre des mefires de sureté. Paroifliale, , pour
furentcon
Les troupes
fignéesaux Cazemer-La'amblée fe
de J'anles citoyens refpirèrent, mais les
garde:
s'endormirent
agitateurs ne
pas.
Le lendemain la
Municipalité fait battre
un Ban : on publia que la patrie & la ville
étoient en danger; ; on invita tous les
à s'allembler dans T'Eglife
citoyens.
prendre des mefires de sureté. Paroifliale, , pour
furentcon
Les troupes
fignéesaux Cazemer-La'amblée fe --- Page 38 ---
tint à quatre heures : la place d'armes
vrit d'hommes armés,
fecoupièce decanon
quis'emparèrent de la
; on infulta les patrouilles des
Cardeptaiondin.di.dherdl, ; les cris
tèrent 5 le tumulte étoit à fon
augmencitoyens & les Officiers
comble ; les
fe réunirent
des.t troupes de ligne
auprès du Gouverneur, quele Capiraine-Général, efcorté de douze
entretenoit alors fur le
dragons,
Les
Champ-de-Mars.
Municipaux fe rendirent fur Cette
ils demandèrent à entrer. aux
place;
fommerent les
Cazernes, &
Ils
troupes de quitter les armes.
n'y trouvèrent qu'un piquet de
hommes de chaque Régiment
vinge
ordre aufli-tôt. Mais le
qui exécuta cêt
bataillon de T'Aifne,
qu'àleur grand étonnement & au nôtre, ils
trouvèrent en entier fous les armes leur
clara au contraire
>
dé
qu'il ne les poferoit
ordre des
que, par
commifaires.g qui leur avoient donné
celui.de les prendre.
Quelques citoyens, entr'autres Cairou &c
Lachaile [1], l'un des plus ardens
du pouvoir-exécurif,
ennemis
fuccedèrent aux Officiers
[] Voyez la lettre de Lachaife, inférée dans
Annales Patriotiques de Baillot, n".
les
piece 23. Voyez aufi la piece 26.
33, page 1o, --- Page 39 ---
Municipaux > pour. s'afforer s'il exiftoit un raf
femblement armé; ce ne fut qu'à leur retour
que celui qui s'étoit formé far la place d'armes
fe fépara, > en fe donnant parole pour le lendemain à quatre heures du matin.
La nuit du 18 fut tranquille. Le
heures du
19,à fept
matin, on battit la Générale. Les
Commiflaires, à quifenfidemanderle
me firent répondre qu'elle étoit
motif,
nelle & qu'ils alloient la faire ceffèr. inconfictioUn piquet de grenadiers foutenoir les tam
bours qui étoient armés de piftolets, & forçoit les citoyens étonnés de fortir & de
s'armer. Le Capitaine-général & Brocas, officier.Municipal, voulurent les faire celfer'de
battre. Le premier ne futpas écouté, le fecond
- reçut des injures &c des coups pour réponfe.
A huit heures je reçus un ordre diredt des
Commiffaires, pour me rendre auprès d'eux.
J'en rendis compte au Général; il m'ordonna
les arrêts & je m'y rendis.
Sur l'avis qu'il reçut qu'on fe
foule à l'arfenal, il ordonna
portoit en
renfort; il arriva
d'y envoyer un
trop tard:1 l'arfenal étoit
déjà forcé. Lachaife, Ergo, Verneuil &
Borel avoient conduit les féditieux. Une
de huir, deux de
&
pièce
quatre >
une de deux
-
; il m'ordonna
les arrêts & je m'y rendis.
Sur l'avis qu'il reçut qu'on fe
foule à l'arfenal, il ordonna
portoit en
renfort; il arriva
d'y envoyer un
trop tard:1 l'arfenal étoit
déjà forcé. Lachaife, Ergo, Verneuil &
Borel avoient conduit les féditieux. Une
de huir, deux de
&
pièce
quatre >
une de deux
- --- Page 40 ---
avoient été enlevées. On fe préparoit à marcher: contre nous.
T'ordre de fe
Les troupes de ligne recurent
du
le Régiment
porter au Champ-de-Marss laifer aucun doute
Cap s'y rendit. Pour ne
Lieutenantjeconfeillai au
fur mes intentions,
démonter les deux!
Colonel Toufard de taire
étoient
pièces de canon de mon Régiment, qui
fut
placées dans la cour des Cazernes , ce qui
exécuté,
-
des Commiffaires
Une nouvelleréquifition rendre à bord de T'Eole : les
m'ordonna de me
bataille
foldats du Régiment du Cap, ; alors en
en étant inftruits, défur lei Champ-de-Mats,
clarèrent qu'ils vouloient tous, être embarqués:
Lieutenant - Colonel Toufard en rendit
Le
Général. Celui-ci vintparleraut Ré-:
compte au
perfévérer dans cette réfogiment qui parut
notre uniforme
lution. Tout ce qui portoit
rifques; néanmoins
couroit les plus grands
il
Toufard fe rendit. chez les Commiffaires;
leur fit part de ce qui fe paffoit, &c les conjura
II
de remédier aux maux qui s'annonçoient: & finit
r'aflafinat de Mauduit,
leur rappella fetranfporter fur le Champpar lés engagerà
de-Mars.
tin
Sonthonax y vint. Après
Le Commiffaire --- Page 41 ---
avoir parlé infrudueufement -
ati Régimient, il
lui donna l'ordre d'attendre ceux de la Com:
mifion:
LesOfficiers Municipaux (Picard ' & Domergue) réçurent de la pàrt du Régiment les
mêmes déclarations. Toufard voyant qu'on
faifoit dépéndre la paix & la tranquillité de
la ville du Cap de la rentrée des troupes de
ligne , leur déclara qu'il alloit en donnerlordre. Ces deux citoyens eftimables l'embrafferent les larmes aux yeux., & lui dirent qu'il
fauvoit la ville. A1 la vue de cette fène attenCrifante-toutes les troupés rentrerent.
Mais dans le même inftant on annonça que
quatre colonnes de trompes, aux ordres des
Factieux, montoienta.vecdul icanon. Les gardes
nationales à cheval fe retirèrent fur le Champde-Mars. Les deux - Régimens fortirent de nouveau, &c l'oufard dità Beaumont,
2 commandant du bataillon de l'Aifne: c On marche fur
3) nous avec de l'artillerie; vous avez été té5, moin de notre conduite, & cependant vous
1) voyez comme on en agit; je vous laiffe
> maître des Cazernes. >> Beaumont ne répondit 1 ue p.2 une révérence.
Les Commiffaires difent au contraire
2 ce
qui n'eff pas conforme àa vérité: c qu'alors
C
oufard dità Beaumont,
2 commandant du bataillon de l'Aifne: c On marche fur
3) nous avec de l'artillerie; vous avez été té5, moin de notre conduite, & cependant vous
1) voyez comme on en agit; je vous laiffe
> maître des Cazernes. >> Beaumont ne répondit 1 ue p.2 une révérence.
Les Commiffaires difent au contraire
2 ce
qui n'eff pas conforme àa vérité: c qu'alors
C --- Page 42 ---
& les.
harangua le Commandant
s Tonfard
nationales dudéparter
23 Officiers des gardes
àépoun
de T'Aifne, pour les engager
9> ment
de M. de Cambeforts contre
5 fer la querelle
& que la réponfe
> les citoyens du Cap,
& des Of-
& Jage du Commandant
29 ferme lui laida aucun efpoir de les égat
> ficiers ne
2 rer ni de les corrompre.
cette aflertion
oppolerà
Nous ne pouvons exact
vient d'être
erronée, que le récit
qui
8c dont Toufard fe rend refponfable.
donné,
égiment Rprit
Le geitenving-dosiene Cafernes; celui du Cap fe
polte à la porte des
On fit
bataille fur le Champde.Mars,
remit en
grindepamtieden foldats
afleoir parterrelaplus àl'entrée des rues; 011
devant les canons placés
alors fur leur LisurenantcColonel
les braquoit
Captninoqmialaca à
8.lamrosierepranierd s'efforçoient de fe faire enleur embouchure,
Municipaux fe réunitendrer Les deux mêmes
d'emL'ordre feul des Commiflaires
rent à eux.
appaifer la multibarquer le Régiment parut En paflant devant la
tude. Le régiment rentra.
Lachaife,
derniere de ces quatre colonnes, Toufard >
le baidonna à
qui ia commandoit, Yafitrant que les citoyens
fer de paix, en amis du Régiment.
étoient maintenant --- Page 43 ---
A peine étoit-il rentré, qué le Champ-ded
Mars fe trouva couvert de troupes; on brales canons far le Gouvernément & fur
qua
ma maifon.
On donna l'ordre de partir pour quatrà
heures & demie. Dès trois heures & demie les
les
augmenrèrenr; les
murmures 7 impatiences de méttre le feu aux
canonniers menaçèrent
pièces, f, dans dix minutés, le Régiment ne
Chacun sapprétoit; les foldats departoit pas.
lendemain matin pour
mandoient jufqu'au
rafembler leurseffers. On fut obligéd'avancet
de
d'une heure; 3 alors il hè fe
le rappel plus
dès Offitrouva autour de moi qu'une partie
fous-officiers & foldats: Le
ciers , quelques
fans doute,
Gommiffaire Polverel, préveru
àla
des Cazernes D]: : il étoit acparut
porte
Municipaux; étorné de
compagné d'Officiers
décidée à me fuivre, il chervoir ma femme,
cha à l'en diffutader en lui difant: c Reftez,
Ir] On voudra bien remarquef que ma maifon étoit
aux Cafernes. Ce fait détruit une des inculpations les
des Commiffaires, qui; (oit par ignoranee
plus graves
m'accufent de m'être retranché dans
ou aurrement, lorfqueje fus canfigné chez moi par le
les Général.J'étois Cafernes, bien en effet chez moi.
C i
il chervoir ma femme,
cha à l'en diffutader en lui difant: c Reftez,
Ir] On voudra bien remarquef que ma maifon étoit
aux Cafernes. Ce fait détruit une des inculpations les
des Commiffaires, qui; (oit par ignoranee
plus graves
m'accufent de m'être retranché dans
ou aurrement, lorfqueje fus canfigné chez moi par le
les Général.J'étois Cafernes, bien en effet chez moi.
C i --- Page 44 ---
ceci n'eft qu'une effervelcence
$i Madame,
n'aura pas de fuite; il eftpof
>2 populaire, qui
demain. >
votre mari débarque
3> lible que
éroitréfolueàs mefuivre
Eleluirépondir qu'elle
Il nous accomtout oûl'on me conduiroit.
par
les deux Officiers Municipagna, ainfi que
deflinéà nous porter fur
paux, jufqwàtArcem,
TÉole.
L
une {cene atroce.
Ceftalors qué commença
la batterie - , les autres emLa cale , le rivage,
d'hommes armés; les
barcations font remplies
les meles infultes,
cris, les vociferations, fur la
des
a naces, les fufils préfentés
poitrine les cala demandé de leurs armes 2
Officiers,
enfin fept àhuit
Coa
avoit fait fuivre,
nons qu'on
embarquer une quaranmille hommespouren le Chef&c ceuxqui,
taine; ; tout fit croire quie obéiffance envers
honneut 8
Par devoir, par l'avoient luivi, alloient être
les Commifaires, Cndemanda a ec le même
autant de victimes.
conduits a bord de
tumulte que nous fuflions fut acceptée, fans
TAmérica. Cette demande des hommes qui
aucunes repréfentations, par
le choix du
peut important
regaedoientcommney
être facrifiés.
lequel ils yatrendoienta
lieu idans conduifit à bord de ce vaiffeau.
On nous
rade dix jours, pendant
Nous reftâmes en --- Page 45 ---
lefquels on nous a laiffé la liberté de recevoir
nos amis & de leur écrire. Cambis, Commandant du dernier convoi, vint de la part
des Commiffaires, nous donner la lifte des
bâtimens préts à faire voile. Le 27,11 fut
remis à chacun de nous > par un Officier de
fon bord, un extrait du procès - verbal ou
arrêté des Commiffaires; cet ordre nous acçordoit un mois de dilai du moment de
notre arrivée en France, 2 pour nous rendre
à la Convention Nationale, & déclaroit que
nous n'étions pas en état d'arrefation.
Je paffe fous filence les traitemens humilians & rigoureux , que nous avons éprouvés
à notre débarquement & à notre arrivée à
Paris.
J'ai paru à la Convention le 24 décembre,
i'y ai fubi mon interrogatoire. Le LieutenantColonelToufard & les autres Officiers ont été
de là transférésà
entendus au comité Colonial,
FAbbaye ou nous fommes encore.
Giij
& déclaroit que
nous n'étions pas en état d'arrefation.
Je paffe fous filence les traitemens humilians & rigoureux , que nous avons éprouvés
à notre débarquement & à notre arrivée à
Paris.
J'ai paru à la Convention le 24 décembre,
i'y ai fubi mon interrogatoire. Le LieutenantColonelToufard & les autres Officiers ont été
de là transférésà
entendus au comité Colonial,
FAbbaye ou nous fommes encore.
Giij --- Page 46 ---
TROISIEME
PARTIE,
Referions fur Farrêté des
Commifaires, 8
Jur leur letere à la Convenzion nationale,
senfermée L'ACCUSATION dirigée contre nous, eft
dans deux pièces différentes,
La premiere eft un arrété du 22
#792, gui nous fnfpend de nos fonctions oétobre
pous déporte de la Colonies,
&c
La fecoade eft une lettre miflve des
miffaires à la Convention
Comnationale,
Les faits pofés par les
37 I°. Que j'étois
Commifaires, fonts
Joupsonné
s dans la Colonie, de
généralement
> volutionnaires &
complots contre-réd'intelligences
#, avec les efclaves révolrés,
criminelles
32, :°. Que le
y
partageoir Lientenan-Colonel Toufard
aveç moi les mêmes Joupsons.
3, 3° Que plufieurs déclarations
% differens corps
faites à
3 teibunaux,
populaires d > & à divers
* Jougson, viennent al Tappui de ce dernier --- Page 47 ---
4". Enfin, que le premier paroit COITThabitude ou j'étois de confer33 firmé par
la loi,
39 ver le titre de Baron, profcrit par
la cocarde natio-
>> &c de ne jamais porter
3 nale >).
Dans la lettre des Commiffaires, piece auffi
ridicule qu'infenfée, on revient fur ces prétendues connivences avec les révoltés ; on
n'en parle plus comme d'un foupson, mais
comme d'un fait d'une vérité évidente.
On y obferve que les efclaves font décorés des Ordres militaires 3 qu'ile invoquent
fans ceffe le nom duci-devant Roi; que les
Chefs militaires peuvent aller impunément
dans leurs camps.
Ces impoftures font bien abfurdes!
Il réfulte des faits hiftoriques rapportés
dans ce Mémoire fur ma conduite civile &c
la
militaire à Saint-Domingue, 2 depuis que
révolution, françaife y a jeté fa premiere:
racine,
Que j'ai toujours été le plus fcrupuleux
obfervateur des décrets (1);
(:) Voyet les pieces 28, 29,30, 31,32 &33
Civ
aller impunément
dans leurs camps.
Ces impoftures font bien abfurdes!
Il réfulte des faits hiftoriques rapportés
dans ce Mémoire fur ma conduite civile &c
la
militaire à Saint-Domingue, 2 depuis que
révolution, françaife y a jeté fa premiere:
racine,
Que j'ai toujours été le plus fcrupuleux
obfervateur des décrets (1);
(:) Voyet les pieces 28, 29,30, 31,32 &33
Civ --- Page 48 ---
Qne mon patriotifmne s'y eft
toutes les occalions & fous
déployé dans
fans hypoctifie,
tous les rapports,
douter de
fans qu'il foit
leur fincérité;
Permis de
Que depuis la révolte des
ment du Cap,
négres, le Régique je
cette guerre avec
commandois, a foutenu
un
une volonté dont il courage, uneintrépidité,
a-t-il été réduit n'y a pas d'exemple: aufi
en moins d'un an, & quoiqu'acclimaté, à un tiers de fa force
(1);
Que nous avons tous,
colledivement &c
individuellement, un droit
facré à la reconnoiffance inconteftable &
publique ;
Qu'à moi Colonel, il m'en coute
grande partie de ma fortune
la plus
été chargé de Thonorable (2), pour avoir
refpedter les
miffion de faire
loix, de faire
priétés, de conferver
refpecter les proles intérêts du com-
(:) Voyeg la piece 34.
(2) II me feroit facile de
par la feule énumération des prouver cette vérité,
venir à
fommes que j'ai fait
tableau Sint-Domingue, & dont je
par un emprint de
terminerois le
obligé de faire en quittant fo,oco liv. que j'ai été
cette Colonic. --- Page 49 ---
merce & les rapports de la
plus belle,
France, avec la
comme la plus riche Colonie du
monde;
Que mes paroles, mes actions, 2 mes
mes
écrits, -
démarches, > n'ont jamais ell d'autre
but.
Et c'eft d'après cette conduite fi
&
fi défintéreflée,
pure
que nous
d'avoir été
fommes/oupgonate
d'intelligence avec les négres révoltés, pour opérer, par leur moyen, l'indépendance de la Colonie,
plus abfurde
ou, ce qui eft
cien
encore, pour y rétablir l'anrégime !
Mais fi les Commiffaires avoient
manceuvres, fur
eu fur ces
ces projets , des notions
certaines, nous auroient-ils laifle notre liberté? N'auroient-ils pas fait appofer les fcellés
fur nos demeures? Auroient-ils
prendre connoiffànce
négligé de
de nos papiers, pour
y chercher les traces de Ces prétendus
plots : Au lieu de fe
com-
& le plus fouvent Eerwirdonpretiannvagies vuides de
auroient-ils
fens, ne nous
pas oppofé des faits & des pieces
d'une évidence frappante?
ils pas les témoins prêts à N'indiqueroient- dépofer
contre
nos demeures? Auroient-ils
prendre connoiffànce
négligé de
de nos papiers, pour
y chercher les traces de Ces prétendus
plots : Au lieu de fe
com-
& le plus fouvent Eerwirdonpretiannvagies vuides de
auroient-ils
fens, ne nous
pas oppofé des faits & des pieces
d'une évidence frappante?
ils pas les témoins prêts à N'indiqueroient- dépofer
contre --- Page 50 ---
nous? Ils n'ont rien fait de tout cela. Ne
devons-nous pas en conclure qu'il n'y 22
ni cette éyidans ces odieufes inculpations, lettre à la
dence dont ils parlent dans leur
Convention,ni même ce foupgon, tant de
fur lequel ils ont motivé leurs
fois répété,
fufpenfions & leurs déportations.
fait connoître les caufes de la haine
J'ai
les blancs, & de leur atdes négres contre
direêtement
tachement apparent aux actes
Ils
émanés des autorités de la Mere-Patrie.
la Déclaration des Droits &c
connoifloient
les décrets favorables aux hommes qui
tous
fecouer le joug de Tefclavage. Ils y
veulent
fonétionnaire
voyoient le nom du premier
la marche des autorités conftituées
public;
8z fur-tout les prétende Saint-Domingue, >
tions de fes habitans leur paroiffoit être en
avec les loix adoptées avec enoppofition
toute la France. Il étoit donc
thoufiafme par
le nom du Roi,
naturel qu'ils invoquafent
mais.
& abhorraffent tout autre que le fien;
n'étoit
dans le fens qui a fervi de
ce
pas
abfurdes qui nous
prétexte aux inculpations
ont été faites. --- Page 51 ---
Qu'on fe donne la peine de lire deux letles Chefs des révoltés à
tres écrites (I) par
&
l'Alemblée Colmuledatats-Demiage
on y verra que ce
aux Commifaires civils,
n'étoit ni Pancien régime, ni la Royauté
vouloient, mais la liberté 8 toute la
qu'ils
des
liberré réfultante de la Déclaration
Droits.
En fuppofant aux Chefs civils & militaires
de Saint-Domingue des fentimens Royaliftes
étoii-il
& des projets de conire-révolution,
qu'ils fe ferviffent d'hommes qui ne
poflible
conquérir la liberté la plus
(ongeoient qu'à
érendue,
Quant à l'induétion que lon tire des Déçorations militaires dont fe parent les révoltés, hélas ! il n'a pas tenu à nous qu'ils ne
fe décoraffent aufli des nôtres. C'eft fur les
çadavres de nos braves compagnons d'armes
honorables! Ils
qu'ils ont enlevé ces marques
&
s'en fervent à-la-fois comme de trophées
des
qui Aattent les yeux de
comme
parures
dit-on, ils
tout peuple barbare. Mais, nous
çonnojfent la tactique, ils ne peuvent l'a-
(1) Voye les pieces 1 & 2s
à nous qu'ils ne
fe décoraffent aufli des nôtres. C'eft fur les
çadavres de nos braves compagnons d'armes
honorables! Ils
qu'ils ont enlevé ces marques
&
s'en fervent à-la-fois comme de trophées
des
qui Aattent les yeux de
comme
parures
dit-on, ils
tout peuple barbare. Mais, nous
çonnojfent la tactique, ils ne peuvent l'a-
(1) Voye les pieces 1 & 2s --- Page 52 ---
44'
de vous? Certes, nous leur
voir apprife que
donné de fortes leçons, , d & nous
en avons
ofons nous en faire gloire.
les avons atta-
- Par-tout & fans ceffe nous
battus 1 & détruits. Nos
qués pourfuivis,
dans tous les paviétoires ont été confignées
de la Colonie; elles nous ont
piers publics
& les
mérité les plus touchans hommages,
regifires des corps. populaires en contiennent
d'honorables mentions (4).
circonfance ou
Mais qu'on cite une feule
de
aient
de nous des leçons
les révoltés
pris
ils nous
tactique, données par bienveillance; révolfait des
& parmi ces
ont
prifonniers,
d'Furope
tés il exifte des meneurs, venus
le deffein de bouleverfer la Colonie.
'dans
donc attribuer à des Chefs, dont
Comment
foumife à la furveillance de
la conduite eft
inftruétions
tous les citoyens, de prétendues
étranêtre l'ouvrage d'émiflaires
qui peuvent
domeftiques :
gers ou d'ennemis
(1) Voyez à ce fujet les pieces dépofées au Comité
& les journaux des débats de l'Affemblée
colonial ,
coloniale. --- Page 53 ---
On voit que ces Foupsons de contre-révos
lution & d'intelligences avec les révoltés font
dénués de touie vraifemblance 5 il émanent
évidemment de cette Fation criminelle qui
les avoit aufi répandues fur les premiers
Commiffaires (I) déléguésa Saint-Domingue,
tandis qu'elle infinuoit aux révoltés même
qu'ils feroient exterminés par eux', s'ils fe
laiffbient jamais défarmer ; de cette Fadion
enfin qui correfpond à-la-fois avec les ennemis intérieurs &c ceux dy dehors, & dont
l'art perfide confilte à accufer de fes propres
crimes les dépofitaires & les foutiens de
Tordre public.
ROO
Je n'ajouterai plus qu'un mot fur les Joupçons répandus fur mes intenzions. Depuis
1789, jufqu'après l'arrivée des Commiffaires
actuels, je n'avois pas ceffe d'être l'objet de
fuis forcé de le dire,
la reconnoaifance,8c.je
de l'admiration des Colons (2). Et c'eft ici
le cas d'affirmer fur mon honneur, que pen-
(1) Voyez leur rapport.
(z) Pieces 3,4, S, 6,78 8. Voyex en outre
la lettres qu'ils m'écrivirent dans un moment où
l'on craignait que je ne m'abfentaffe.
n'avois pas ceffe d'être l'objet de
fuis forcé de le dire,
la reconnoaifance,8c.je
de l'admiration des Colons (2). Et c'eft ici
le cas d'affirmer fur mon honneur, que pen-
(1) Voyez leur rapport.
(z) Pieces 3,4, S, 6,78 8. Voyex en outre
la lettres qu'ils m'écrivirent dans un moment où
l'on craignait que je ne m'abfentaffe. --- Page 54 ---
dant celaps de tems, je n'ai jamais etl de re=
Jations ni direêtes ni indiredtes avec aucun
émigré.
n'en avoir eu aucunes
J'affirme pareillement
de dix-huit
avec les Tsles-du-vent depuis plus
moissjen'y ai écrit qu'une.ou deux lettres pour
& ce n'eft que par
mes affaires. perfonnelles,
ce
is'elt
la voix publique que j'ai connu
qui
à la Martinique & à la Guadeloupe.
paffé
Je crois devoir imprimer ces particularités, s'élever
qu'étant affuré qu'il ne peut
parce
contefter la vérité, leur
perfonne pour. en
doit leur donner un grand poids
publicité
dit-on, le titte de Baron!
J'ai confervé,
je crois
C'eft une autre impofture à laquelle
im=
fuffifant de répondre par une formule lés
(n. Je multiplierai à cet égard
primée
qu'oni le défirera.
preuves autant
encoré d'àm'accufent
Les Commiffaires
à arborer la
voir montré de la répugnance
cocarde tricolore ; ils citent tine circonftance
oil, s'il faut les en croire, j'ai éprouvé,
ce fujet, quelques défagrémens.
(1) Vuyet la picce 27+ --- Page 55 ---
J'ai démontré dans mon
fauffèté de cette double
interrogatoire ia
accufation : c'elt moi
qui ai porté le premier ce ligne de la liberté
dans la Colonie, , qui l'ai diftribué
ciers &c aux foldats; c'elt
aux Offimon
l'ai fait porter par tous les
exemple qui
citoyens dans les
parties du Nord, du Sud & de I'Ouelt; &
c'eft à mon empréffement à
révolutionnaire
adopter Ce figné
que je dois les cravattes tricolores qui décorent les drapeaux du
que je
Regiment
commandois, 3 & qui me furent données par l'autorité civile ,: avec la plus grande
folemnité, Enfin, ce brave &
Régiment, qu'on s'eft permis incorruptible
dans ces révolrantes' accufations, d'envelopper
s'eft conf
tamment montré le foutien de la révolution
& l'ami des citoyens &des volontatres
bravé les rigueurs de la traverfée qui ont
climat. meurtrier
& d'un
pour venir ly foutenir.
Dois-je réfuter aufii les 5
font faits au fujet des
reproches qui me
mes difcuflions polémiques : de Timportance que je mettois
diffentions entre les différens
aux
& des conféquences
corps militaires
perfides que l'on en tire
pour m'accufer d'avoir voulu les tenir dans
des volontatres
bravé les rigueurs de la traverfée qui ont
climat. meurtrier
& d'un
pour venir ly foutenir.
Dois-je réfuter aufii les 5
font faits au fujet des
reproches qui me
mes difcuflions polémiques : de Timportance que je mettois
diffentions entre les différens
aux
& des conféquences
corps militaires
perfides que l'on en tire
pour m'accufer d'avoir voulu les tenir dans --- Page 56 ---
un état de divifion, lorfque je n'ai.jamais
pour les réunir, l'autorité qui
employé,que
m'étoit confiéè.
font tellement oppofées
Ces accufations
à mes principes. connus ,
à mon caraétère,
faétieux outrés
àma conduite, que des
pou- à
voient feuls entreprendre de les fuggérer
n'étant que depuis un
des Commiffaires qui,
dans la Colonie, n'avoient eu le tems, 3
mois
les occafions de diftinguer 2 les para
ni trouvé
divergentes, le jeu
tis divers, les opinions
bien
des paflions & les intérêts oppofes,
encore les vues & la marche des chefs
moins
de leurs ennemis I atti -
militaifes 2 & celles
farmes
rels. iovi
-
référet encore,
Au furplus, je dois me
à mes réponfes à la Conver tn
fur ce point,
juftificatives citée dans
nationale & aux pièces
lefquelles font ringés
ce Mémoire 2 parmi 1s
:
ces mémes écrits ().
0 znp
fait 210 un crime fur le mode de
Ils m'ont
-
ils le font aufli a
répartizion des troupes ;
Gouverneur Général de Saint-DoDelparbès,
(1) Yoyez les pieces 36 &: 37mingue: --- Page 57 ---
mingue. J'ai répondu iur cela d'une
précife à la
manière
fant
convention; il me paroit fuffide renvoyer à mon
rappellerzi
interrogatoire. Je
de
feulemenricique, dans le mémoire
Defparbès, on lit, page 8:
>> accufation ne peut le
que cette
s> e'eft l'ancien Gouverneur concerner, puifque
de
33 gue que le Miniftre de la Marine Saint-Domin33 cialement chargé du travail
avoit ipo
de
D tition 5 qu'au fiurplus,
cette réparl'utilité
>> exigeoit
publique
impérieufement la
9> laquelle elle a été
rapidité avec faite, dont fe
gnent les
plai-
>>
fzux
Commiftiressq qu'ileft
l'ait été à leur
qu'elle
>>
tranfmir le
infgu, puifqu'il leur en
tableau,
3 loix
quoique d'après les
militaires, la nature de leurs
3> &. leur aveu méme,
fonctions
s leurs lettres
2 configné dans une de
en date du 30
3> nier, cette
leptembre derrépartition ne les
>> pas; 3 qu'il eft également faux de concernât
5> cun bataillon
dire qu'aune fut établi dans la
>> Cap, puifque la
ville du
garnifon de
D fortifiée de
cette ville fut
&
3) des
dragons, que la réponfe
cemmiffaires, du 30
33 que
feptembre, prouve
Defparbès avoit laiffe à leur
3s bataillon de
choix' le
gardes nationales qui devoit
D
>> pas; 3 qu'il eft également faux de concernât
5> cun bataillon
dire qu'aune fut établi dans la
>> Cap, puifque la
ville du
garnifon de
D fortifiée de
cette ville fut
&
3) des
dragons, que la réponfe
cemmiffaires, du 30
33 que
feptembre, prouve
Defparbès avoit laiffe à leur
3s bataillon de
choix' le
gardes nationales qui devoit
D --- Page 58 ---
enfin, qu'a Tarrivée du
>2 féjourner au Cap; il avoit faifi loccade TAifhe,
>) bataillon
à leursvacux >. Cn voit,par
> fion de fatisfaire
des Commifctte citation que les reproches donné d'aufaires font mal fondés; jen ai
motifs encore dans mon interrogatoire 5
tres
feroient bien placés qu'ils ne pourmais ils
roient retomber fur moi.
refte encore à repouffer deux accufaIl me
paroitre plus directes que
tions qui peuvent
celles-ci.
difent que j'ai été la preLes Commiffaires troubles qui ont agité la ville
miere caufe des
donnent
du Caple 19 oaobre 3 & ils en
pour.
défobéifance à Y'ordre qu'ils sm'amotits ma
donné de me rendre par
voient diredement refter fous la fanve-garde
devers eux, pour y
j'ai apportée
de la loi, & la réfiftance que
prov.-
exécuter celui de mon embarquement
a fur le vaiffeau YEole.
foire
TT
défobéillance au
Quant à ma prétendue
dans mes
mandat par devers eus.jwiobfervé, les ordres des
réponfes a la Convention, que
régu
me parvenir
Commifaires ne pouvoient de mon Chef, &
liérement que par la voie --- Page 59 ---
SI
qte ce dernier m'ayant mis aux arrêts dans
ma maifon placée dans les cafernes, j'avois
été obligé de me foumettre à cet ordre.
Defparbès, mon chef,a d'ailleurs jaflifié les
ordres qu'il m'a donnés en démontrant
l'exécution de celuides Commiffaires eut que
trainé dans cette circonflance les
enplus grands
malheurs.
Au fujet de la réfifance qu'on dit quej'ai
apportée à l'ordre de mon embarquement
on a vu dans le récit de tout ce quis'eft pafté
le 19 odtobre, & qui a été mis dans ce Mémoire en cppofition avec les affertions des
Commiffaires, qu'il m'étoit impofliblede pouf
fer plus loin l'obéifance & la réfignation.
Comment donc pourrois-je avoir été la
caufe ou l'objet des a gitations de cette journée? qu'on s'attache au récit
nous
fimpleScvraique
en avons préfenté, & l'on reconnoîtra
qu'il a fallu toute ma prudence, mon défintéreffement & mon activité infatigable
pour
déjouer, jufqu'à ce moment, Çe projet des
ambitieux & des intrigans que j'étois certain de faire échouer encore, fans mon obéif
fance paflive à ces mêmes ordres des Commiffaires. Ce font eux qu'il faut plaindre de
Dij
cit
nous
fimpleScvraique
en avons préfenté, & l'on reconnoîtra
qu'il a fallu toute ma prudence, mon défintéreffement & mon activité infatigable
pour
déjouer, jufqu'à ce moment, Çe projet des
ambitieux & des intrigans que j'étois certain de faire échouer encore, fans mon obéif
fance paflive à ces mêmes ordres des Commiffaires. Ce font eux qu'il faut plaindre de
Dij --- Page 60 ---
dans lequel
Tignorance ou de Tavenglement milieu des orages
ils font reftés plongés, au
encore la Co+
quiles environnoient ; & plus à toutes les
lonie abandonnée maintenaut
fureurs d'une faction bien fornidable,puif
à fubjuguer jnfqu'aux
qu'elle eft parvenue rExécutif, envoyés pour
délégués du Pouvoir Isle lesloix & la paix qui en
rétablir dans cette
forcé des prefont bannies, depuis le départ
miers Commifaires.
véritable de nos
J'ofe invoqueriditopinion c'eft contre leur voeu qu'ils
accufateurs même 5
& cepennotre éloignement,
ont prononcé
àle juflifier par r'affentidant ils cherchent n'eurent jamais que celui
ment général. Factieux Ils
& de leurs agens, auxde quelques
des
fe méler. momentanémenr
queis ont pu
En quittant Saintgens féduits ou corrompus. m'a le plus péDomingue, le fentiment qui douleur, d'anétré, a été celui d'une profonde j'avois fait
bandonner une Colonie, à laquelle falut de lafacrifices, & au
les plus grands
encore utile,je dirai
quelle je me croyois
abfolument néceffaire.
plus,
tout cfois à rendre aux commifJe me plais --- Page 61 ---
53:
faires laj juftice queje crois leur être due
ont éréfubjugués
; s'ils
Par une Faction puiffante ;
s'ilsont cru devoir céder au torrent,
créépar
elle;fi, comme mefure
ils
notre
politique, ont cru
la
embarquement néceffaire au repos de
Colonie ; fi, dans l'ignorance des caufes &
des effets de la révolution coloniale &
des
mouvemens tumultueux qu'ils ont vu naître,
ils ont cru devoir fe rendre
ennemis de
auxinfpirations des
l'ordre, & rédiger eu forme d'accufation tous les lieux communs dont lesFactieux s'étoient fervis jufqu'alors, non-feulement contre nous, mais encore contre les
premiers Commiffaires, qu'ils avoient chaffés;
du moins ceux-ci fe font-ils contentés de
safcumerlarautmubocrfien faélice dans des
écrits, & nous ont laiffé jouir de tous les
avantages que les circonflances fembloient
permettre 5 de tous Ceux qui pouvoient s'accorder avec leur conviction intime & la févérité apparente que leur preferivoit l'orage
politique qui menaçoit la Colonie.
Ainfi donc, en nous accufant de projets
contre-résolutionaires, 2 de défobéillance, de
mahocuvres
anti-patriotiques, en un mot, de
élice dans des
écrits, & nous ont laiffé jouir de tous les
avantages que les circonflances fembloient
permettre 5 de tous Ceux qui pouvoient s'accorder avec leur conviction intime & la févérité apparente que leur preferivoit l'orage
politique qui menaçoit la Colonie.
Ainfi donc, en nous accufant de projets
contre-résolutionaires, 2 de défobéillance, de
mahocuvres
anti-patriotiques, en un mot, de --- Page 62 ---
54 17
dont fe compofent les délits
tous les élemens
ils nous ont laiffés libres de voir nos
majeurs,
amis & de mettre ordre à nos affaires, pennous avons été retenus en
dant dix jours que
néceffaire de mettre
rade; ils n'ont pas jugé
les fcellés fur nos papiers 5 ils ne nous ont
fait fabir d'interrogatoire ; ils n'ont pas
pas fait d'information, & ne nous ont confrontésa ucuns témoins ; enfin, ils ont déclaré que
nous ne ferions pas en état d'arteftation >
dater du jour de notre. arrivée en
& qu'à
France, nous aurions un mois pou: nous préfenter à la Convention nationale, enforte que:
eft, d'une part, le fruit
notre emprifonnement
de la volonté arbitraire des corps adminiftra-
& de
tifs des lieux de notre débarquement,
T'autre, une mefure de fimple précauition de
la
des fondateurs auguftes de la Républipart
que françaife.
Avant de terminer cette difeullion, je la
réduirai à fon dernier terme.
R É S U M f.
dénoncée à
Une faéion bien connue 2
T'aflemblée conftituante, & réprimée par. --- Page 63 ---
elle, a bouleverfé la Colonie de
mingue.
Saint-Dos
(
Elle a trouvé les chefs & les
Pouvoir Exécutif,
agens du
defleins
conftamment oppofés à fes
ambitieux; elle a voulu les
en les accufant de fes
perdre
propres crimes.
Les commiffaires
envoyés Par l'Affemblée
légilative, ont pénétré les vues
les moyens
fecrètes &
perfides de cette
ils
font réunis au Pouvoir
fadion; fe
tenir dans les
Exécurif pour la conlimites de la loi; mais
nies par elle, & bentôt.menzcés calomnat, ils ont
de T'affàlicolonie.
précipitamment abandonné la
Les nouveaux commiffaires,
le malheur de leurs
inftruits par
devoir marcher fur prédécefleurs, crurent
le' méme
un autre plan pour éviter
fort; ils ont écouté, careffé les Factieux, efpérant : fans doute,
l'amour de la
2 leur infpirer
paix par l'exemple de la modération 5 mais bientôt entrainés
par des mouvemens
eux-mémes
fe font
populaires imprévus, ils
vus forcés de nous facrifier à nos
ennemis; au milieu de l'orage, ils ont re-
édécefleurs, crurent
le' méme
un autre plan pour éviter
fort; ils ont écouté, careffé les Factieux, efpérant : fans doute,
l'amour de la
2 leur infpirer
paix par l'exemple de la modération 5 mais bientôt entrainés
par des mouvemens
eux-mémes
fe font
populaires imprévus, ils
vus forcés de nous facrifier à nos
ennemis; au milieu de l'orage, ils ont re- --- Page 64 ---
une mefure politique de nous
gardé comme
envoyer en France.
fuis, ainfi que mes camarades; juf
Jeme:
dont les prétextes ne
tifié de T'accufation motifs véritables aux ef
dérobent point les
déveéclairés. J'ai indiqué, plutôe que
prits
de défenfe. Je prouve
loppé, nos moyens notre innocence, par
bien plus encore pour
du comité Comifes fous les yeux
les pieces
le pillage de ma mailon
tonial, quoique
de mes papiers.
m'ait enlevéles trois quarts
- S
de, ces preuves
Mais, indépendammect réfulte-t-il de Taccufation
convaincantes, que
confidérée en elle-méme
à concevoir qu'en defcenOni aura peine
ncus ayons
dant fur la terre de la liberté,
dans des
de fers & enfevelis
été chargés
nous avoient
cachots, lorfque les' commifaires
renvoyés libres, quoiqu'accufés.
J'ai déja obfervé que Taccufation contient fur le
deux chefs ; le premier eft fondé contrefoupçon d'intelligences & de complots fur la
révolutionnaires; ; le fecond porte
fur des écrits polérépartition des troupes,
miques. --- Page 65 ---
miques, fur des querelles & des opérations
militaires.
Un foupçon 3 toujours indépendant de
celui qui en eft l'objet, ne peut point lui
étre imputé à crime; il peut provoquer des
mefures de prudence, mais jamais la vengeance de la loi.
Les autres inculpations n'indiquent
de fmples délits milicaires, dont la que
noiffance
conappartient aux cours martiales ;
mais à cet égard croira - t-on l'accufation
férieufe, en voyant les Commiffaires négliger de la faire juger fir les lieux mémes ou
Ces prétendus délits ont été commis, & nous
envoyer à deux mille lieues de-là, loin des
rémoins qui auroient fervi à notre charge
oli à notre julification.
Quant aux écrits polémiques, ils' confiftent
en deux lettres écrites par moi aux Commif
faires, (I) pour leur indiquer les moyens de
fauver la Colonie
> lettres que j'ai fait publier
parce que les Fadtieux avoient attribué l'inaction des Commifhiresfur
Narate
l'emploi des troupes,
Yoyer les pieces 353,36 & 37.
E
, loin des
rémoins qui auroient fervi à notre charge
oli à notre julification.
Quant aux écrits polémiques, ils' confiftent
en deux lettres écrites par moi aux Commif
faires, (I) pour leur indiquer les moyens de
fauver la Colonie
> lettres que j'ai fait publier
parce que les Fadtieux avoient attribué l'inaction des Commifhiresfur
Narate
l'emploi des troupes,
Yoyer les pieces 353,36 & 37.
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confeils
prétendoient que je leur
aux
qu'ils
donnés. Ces lettres font fous les yeux
avois
fuffidu comité; elles font telles, qu'elles
roient feules pour juftifier mes intentions &
follicitude
lé bonheur de
prouver ma
pour
la colonie.
LÉGISLATEURS! Pefez ces faits & ces obfervations dans votre fageffe, & hâtez-vous
de faire tomber des mains de l'innocence
le crime : vous
les chaînes forgées pour
Patriotes la
rendrez par ce moyen à de vrais
jullice qui leur eft due.
CAMBEFORT
des Frères CHAIGNIEAU, rue & aux,
Dés Petites Imprimeries Ecuries de Chartres; rue Mâcon, no.0,. près
celle Saint-André-des Arts; 8 rue des Méneftrieis,
n. 17, près celle' Saint-Martin. --- Page 67 --- --- Page 68 --- --- Page 69 --- --- Page 70 --- --- Page 71 ---
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