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CH, CHADENAT,
Librairie Americaine et Coloniale,
17 Quai des Grande-Angustins,
PARIS. --- Page 3 --- --- Page 4 ---
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M E M OI - R E
Gyjo
HISTORIQUE
DES DERNIERES RÉVOLUTIONS
DES PROVINCES DE L'OUEST ET DU SUD
DE LA PARTIE FRANÇOISE
DE SAINT-DOMINGUE,
Publié par les Commissaires des Citoyens de
Couleurde Saint-Marc et de plusieurs
de la Colonie, auprès de 1Assemblée Paroisses
nale et du Roi.
NatioQuis talia fando temperet à lacrymis?
A PARIS,
Dri R'IMPAINERIEDE PATRIOTE FaaNço1s,
place du Théâtre Italien.
JUIN 1792, L'AN 4me DE LA LIBERTE, --- Page 6 ---
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AVERTISSEMENT
1 ag
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u97
Las
GOMMISSAIRES des citoyens de
couleur quiviennent d'arriver en France,
n'ont pu sortir de Saint-Domingue
profitant
qu'en
duidépartrer de l'escorte de la
frégate la Galathies qui - a porté M. de
Saint-Léger, l'un des trois commissairesnationaux-civils
envoyés aux iles françoises de l'Amérique sous le vent. Plusieurs bâtimens du commerce mirent à la
voile dans la baie de
avril
Saint-Marc, le 9
1792: ils profitèrent de cette heureuse - circonstance pour éviter les corsaires armés par l'assemblée
provinciale de
l'Ouest, lesquels ravagent toutes les côtes;
rançonnent, à leur-profit, les capitaines;
arrêtent toutes les subsistances , - et enlèvent les blancs et les citoyens de
leur qu'ils
courencontrent, pour les conduire
A 2 --- Page 8 ---
(4)
à leur camp de la Grande-Saline et au
a I
Port-au-Prince, où ils sont ordinairement
massacrés.
Depuis six mois, les citoyens réunis des
deux provinces ont éprouvé lesplus grands
malheurs, mais principalement celui de
faire
eni France la
ne pouvoir
parvenir
justification des torts' et desrerimes qui
l'assemblée colo=
leur sont imputés par
niale, et généralement par tous ceux qui
visent à l'indépendance.
C'est tici le premier cri que trentei mille
citoyens de couleur peuvent faires entendre à la nation françoise, auenom
même des citoyens blancs, planteurs et
propriétaires des deux provinces qui se
sont unis à eux, et qui; comme eux 3 ont
été enveloppés dans des plus horribles
même
proscriptions, sans pouvoir opposer
manceuvres de leurs ennemis ni la
aux force, ni la justicé des lois; ni lesi effets
de la sagesse del M. Saint-Léger, commissaire-national-civil,
- auni
aires entendre à la nation françoise, auenom
même des citoyens blancs, planteurs et
propriétaires des deux provinces qui se
sont unis à eux, et qui; comme eux 3 ont
été enveloppés dans des plus horribles
même
proscriptions, sans pouvoir opposer
manceuvres de leurs ennemis ni la
aux force, ni la justicé des lois; ni lesi effets
de la sagesse del M. Saint-Léger, commissaire-national-civil,
- auni --- Page 9 ---
V - -
(s)
de série,
Ce mémoire ne contiendraique
qui ont eu lieu depuis la
des événemens
des citoyens de
première prise, d'armes de YOuest. Le ta-.
couleur de la province
exacte
fait, dans lai plus
bleau qui en.sera
toures. les circonsvérité, rapprochera
indià connoitre pour
tances mécessaires
d'unes
quer R
les auteurs de la dévastation dévoiler
des plus belles colonies, et pour
suite
les principes qui ont préparé cette
se
dont aucune société ne
de crimes,
rendit jamais coupable.
se sont disLes éditeurs de ce mémoire
pensés de publier en même temps toutes
des faits qu'ils raples pièces justificatives sont immenses, 9
portent 2 parce qu'elles travail de réun
et qu'elles exigeroient
ne leur perdaction que les circonstances
d'ailmettent pas de faire : elles existent
les
dans toutes
leurs, en grande partie,
du Port-aufeuilles périodiques du Cap,
Prince, qui, la plupart mensongères, ne
de fournir des rapprolaissent pas que
A 3 --- Page 10 ---
(6)
chemens etidés faits qu'il'a éitimposible
de déguireril
7n
engrt
Lesi commissaires des ciroyens de cou- TI TG
leur se réservent cependant de satisfaire
les dépositaires du pouvoir, comme tous n a
les particuliers, qui cxigeront des témoignages authentiques de leurs principes,
de leur conduite et de leurs' malheurs. iod
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DES DERNIÈRES
du Sud de la
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sadotee'l s
à
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ue cu0s de.conleur et négres libres
Luss. hommes
furent effrayés des medu Port-au.Prince
pouvoient résulter
sures et desviolences loi qui du 15 mai 1791. Elle
de
à la
: T'opposition effetr une fermentation momenproduisit en
devoit la prévoir dans
tanée, telle qu'on
héréditaire.
le. renversement d'unuf préjugé
dans une
Que n'avoient-ils pas à craindre factieux si dans
contenoit tant de
- ville qui
soupçons etn des
laquelle, 7 sur de simples
que de
ils. ne recueilloient
faux rapports,
depuis la.révolaT'outrage et de Tamertumé leur défendoit, , même
tion; dans laquelle on:l
cocarde nacomme un crime, de porierla A 4 --- Page 12 ---
(8)
tionale? Ils n'avoient pas oublié que le Comité del'ouest avoit faitporter,1 l'année pré.
cédente," le ter et le feu sur les habitations
de deux chefs de famille (Poisson et Desmare),an fond Parisien; que, sous le règne
de cette corporation, un homme de couleur
"avoit é1é assassiné, par la populace, dans les
ruesuméme du Portan.Prince; ils.versoient
encore des larmes sur l'horrible exécution
d'Ogé, de Chavannes et de cinquante de
leurs compagnons; ; ils ne pouvoient calculer
sans frémir toutes les progressions de l'injustice et de l'anarchie sous un nouveau sys.
tême, quiyl loin d'adouci leur sort, redoubloit le mépris et les vexations dont: ils
"avoient à "se plaindre depuis silong-temps;
sous lequel les séditieux avoient livré à la
fareur de la populace MI Ferrand de Baudièresi, au petit Goave, parce qu'il s'intéres-.
8bit au sort des liommes del couleur, M. de
oCaudere, "aux Cayes," le colonel Mauduit,
can Poruau-Prince. Ce qui mettoit enfin le
- comble à leur désespoir, c'est que le lieutenant àu gpivernenehh-ginéral avoit publié
lay promesse dene point exécuter le décret
du 15 maj 1791, s'il arrivoit sanctionné ;
c'est gu'il n'avoit donné aucune satisfaction
A
éres-.
8bit au sort des liommes del couleur, M. de
oCaudere, "aux Cayes," le colonel Mauduit,
can Poruau-Prince. Ce qui mettoit enfin le
- comble à leur désespoir, c'est que le lieutenant àu gpivernenehh-ginéral avoit publié
lay promesse dene point exécuter le décret
du 15 maj 1791, s'il arrivoit sanctionné ;
c'est gu'il n'avoit donné aucune satisfaction
A --- Page 13 ---
669)
aux hommes, de couleur'du Mirebalais,
luiavoient hunhlemnentdemumie
qui
tion, etl'exécution
sa protecdu, 8. mars,
delaricle IV du décret
1791;c'est que l'assemblée coloportée au
transAmEtt
Cap, avoit manifesté la plus ferme
résolution de.siopposer à la
leurs droits ; c'est que les malheurs jouissance de
province du Nord leur faisoient
de la
étre-s soupconnés les
craindre d'en
breux malveillans
autetirs, par les nomSe trouvant alors quiconspiroient contr'eux.
poir, ils sortirent sans appui comme sans esPrince
de la ville du Port-auvers le milieu du mois d'aout
ilsse réunirent en grand nombre
1791;
tagne de la Charbonnierd,
sur la montirèrent au Mirebalais, etp plusieurs se rerassemblement
pour se joindre au
pices et la
qui s'y faisoit, sous les ausdiscipline de chefs dont la
conduite et la modération n'ont
bonne
mériter les éloges de tous les bons cessé de
Ils montrèrent alors ce
François.
classe nombreuse d'hommes que pouvoit une
et menacés de
libres, outragés
désirer
proscription, pour avoir Parn
lajonissancedeleurs
par Louis XIV, et reconnus droits, 9 accordés
obligés enfin de se tenir
par deux décrets;
en garde eux-mémes --- Page 14 ---
740)
E
icontre. de nouvelles violenees." putaqwits
-avoient perdu toute espèce de protection:
-Lassemblée provinciale et la municipalité d
dn.Percamulrontesne perdirent pas tin mo-
-ment pour avoir'd dest forces et des Hilintdonis
de.touté espèce. Lendévoir de prévenir de
grands désordres leur imposoit cette a obligation; rien nétoit plus juste : mais nous remarquons ici quey comme Passemblée du
Capis célle de POuest saisit avec: empressementiF'occasioni de recourir anx : puissances
étrangéres Lesi fauteurs de Fintlependanée
n'ontjamais rién négligé ponr-olliarqualiqtiés
anpas àcette nationjqu'ils ont'toujours sicrue
disposée à favoriserlles: sinsurgens françois de
Saint-Domingues Des 1 corimissaires furent
envoyés à la Havane 2 etl à la Jamaique : les
premiers fnrentmalacaeilsyets ner reçurent
riens mais lesisieurs Boyer eti Marie, céJebres partisans dui nouiveau systémey ne revinrent qu'avec les secours que le gouvermneun de la Jamaique consentit fà faire expédiers Ils çonsistoient entinunitions de guerre
jet de, bouche, chargées suriune corvette, et
convoyées par le Centirion, commandé par
M.
Çe; capitaine anglois; trompé
- Ontwy. derniers
ne rendit
par ces
commissaites,
mais lesisieurs Boyer eti Marie, céJebres partisans dui nouiveau systémey ne revinrent qu'avec les secours que le gouvermneun de la Jamaique consentit fà faire expédiers Ils çonsistoient entinunitions de guerre
jet de, bouche, chargées suriune corvette, et
convoyées par le Centirion, commandé par
M.
Çe; capitaine anglois; trompé
- Ontwy. derniers
ne rendit
par ces
commissaites, --- Page 15 ---
(11 )
point, en:arrivant, les honneurs militaires
dus au commandant de la station
ni au commandant, pour le roi, françoise, de la ville,
On l'avoit prévenu gue, d'aprèsles nouvelles
lois, il ne devoit saluer que la ville, et ne
visiter que l'assemblée provincialey la municipalité et le chef de la garde nationale. Il
ne tarda pasà découvrir: son
l'avoir loyalement
erreur, et après
chefs
réparée auprés des deux
militaires, ils'empressa de mettreàla
voile. 01 - - c pgalt
A larrivée de ces secours, les amis de la
paix n'avoient rient négligé pour les rendre
inutiles, malgré que les perturbateurs du
Port-au-Prince eussent déjàl
succès, les citoyens de couleur attaqué, de la sans
bonniére et ceux du Mirebalais,
Chardans la plaine du Cul-de-Sac.
descendus
avoient été rencontrés
Les premiers
de dragons de Ja
par une compagnie
Montagne. Liaction fut
courte et meurtrière. Le premier
des
agresseurs fut tailléen pièces; les autres rang
fitérent des avantages de la desce nte
prosauver. Leshommes de
pour se
couleur, tels
indigènes de Saint
queles
soinde connoitre Domingue, n'ont pas bede la
les règles ni les mouvemens
tactique dans les mornes où la nature --- Page 16 ---
- 1 12) )
leur offreles situations les plus avantageuses:
Agiles, sobres et vigoureux,ils transportent,
sans peine et sans frais, leur camp et leur
artilleric d'une montagne à l'autre. Maitres
de tous les défilés, ils sont non-seulement
inaccessibles aux incursions des Européens;
mais its peuvent les repousser encore bien
loin des contrées immenses, qu'ils savent' 7
bien défendre et conserver.
les ei
rLe détachement qui marcha contre
toyens de Ia Croix-des-Bouquets étoit composé dine compagnie de cent aventariers et
matelots, formée sous snle nom de Flibustiers : elie étoit renforcée de deux censhom
ines de troupe de ligne et de la garde natio"
nale. Lartillerie précédoit cette armée, qui
s'ekposa, dansi la nuit du iau 2 seprembre,
chemin du Cal-de-Sac. Elle fut
dans un grand
dans les
de
cémée, a point du jour,
pièces
del'habitation Pernier. Après une vive
cannes
les blancs crurent favoriser
escarmonche,
incendiant les pièces de
leur retraite; en
les
mais un tourbillon
cannes iqui
séparoit;
tôt, et les rasde fammes les environna trop
sembla en un seul peloton, que les citoyens
de couleur défirent sans peine. ny eut, d'un
seub côté, , cent morts ou blessés, et'la de
route des autres fut complette.
itation Pernier. Après une vive
cannes
les blancs crurent favoriser
escarmonche,
incendiant les pièces de
leur retraite; en
les
mais un tourbillon
cannes iqui
séparoit;
tôt, et les rasde fammes les environna trop
sembla en un seul peloton, que les citoyens
de couleur défirent sans peine. ny eut, d'un
seub côté, , cent morts ou blessés, et'la de
route des autres fut complette. --- Page 17 ---
S
(13 )
Cesdeux défaites confirmérent les ainis de
la paix dans la ferme résolution
des moyens efficaces pour préserver d'employer la
vince de plus grands malheurs. Ils
probien espérer qu'à leur instance les ponvoient
del couleur ne se porteroient
hommes
tentats
jamais à des atvolontaires, qu'ils se
de se tenin en armes; mais ils contenteroient ne
répondre de la conduite des
pouvoient
Port-an-Prince. Les
indépendans du
balais et del
citoyens blancs du Mirela-Grois-desBonquere firent res:
Pectivement un concordat avecles
de couleur. Ils
hommes
leurs droits; menohestentpegesrmee ils: promettoient
s'opposer
de ne point
al'exécution des décrets nationaux
quileur serojentfavorablesy
à faire réhabiliter la mémoire ilss'engngeoient des
de couleur qui, depuis la
hommes
été mulctés et condamnés révolistion,avoient à
roisse de la
mort. La paCroix-de-Bonquets s'obligeoit,
particulièrement; à indemniser les familles
Poisson, Desmares et Renand des confiscations juridiques qui avoient été
contre eux; on devoit enfin, dans prononcées l'une
T'autre: paroisse, pourvoir à la subsistance et
d'un cértain nombre d'hommes armés
maintenir l'ordre dans les ateliers.
pour --- Page 18 ---
(14)
Lai résistance des factieuxdu Portau-Prince,
si cruel.ement battus à la Charbonnière et
à Pernier, commençoit à se ràlentir, C'étoit
le moment de profiter de leur relachement
traiter avec les citoyens de couleur, et
pour les enchainer à la conservation de la paix:
neassémblée des
Leurs amis provoquérent
districts, dans lesquels ils se trouvèrent en
grand nombre, pour nommer des commis- -
saires qui, révétus de pouvoirs suffisans',
conclurent et signèrehts delai septembiré
le premier concordat qui a été publié;
1791,
et
proclamé à la Croix - dess Bouquéts ,
une fète tout à lafois relil
sanctionné par
tous les miligieuse et civique, à laquelle
taires de terre et de mer furent invités. S
conformeài ceux du MireCe concordat,
ne conbalais eti dei la Croix-des Bouiuets,
géuérale
tenoit de plus qu'une protestation
contre tous les corps représentatifs existans;
laccordi mutuel de concourir à la proet chaine forniation des assemblées primaires,
selon la teneur des lois des 8 et28 mars; et
12 octobre.
-
: :X0 gu
Nous remarquons ici que-M Caradeux,
proglamé-depuiss peil; par l'assemblée provinciale de nheizatmveier
balais eti dei la Croix-des Bouiuets,
géuérale
tenoit de plus qu'une protestation
contre tous les corps représentatifs existans;
laccordi mutuel de concourir à la proet chaine forniation des assemblées primaires,
selon la teneur des lois des 8 et28 mars; et
12 octobre.
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: :X0 gu
Nous remarquons ici que-M Caradeux,
proglamé-depuiss peil; par l'assemblée provinciale de nheizatmveier --- Page 19 ---
L
((15)
gardes nationales del lQuest; et
ficiers
quelques ofI
delaghrdemationatod dul
refusérent de
Poreau-Princey
fut,
moins Signer ce concordat. Il n'en,
DaS
une règle sacrée pour les
toyens de couleur, qui s'unirent à
Ci-y
habitans blancs
tous, les,
lité publique, Ils pour, saffermir la tranquil-,
articles
attendoient Texécution, des
d'un traité, convenus, tandis en se reposant sur la foi
machinoient
que ceux du Port-au-Prince
à de nouveaux. sourdementi pour, les provoquer
Le premier désordres. 0
an
cher les hommes Piège qui fut tendu pour attaindépendans, fut de couleur au parti des
leurs
de les inviter à envoyer
représentans aux assemblées
et provinciale. Celle-ci
coloniale
septembre,
prit un arrété, le 7
faire
par lequel ils étoientinvités à se
de représenters sans qu'ils
son illégalité ni des actes pussent arguer
émanés. Des hommes
qui en étoient
d'user de leurs. droits, irréfléchis et jaloux
cautions que Tautorité sans prendre les précrivoient, auroient
et la prudence presnouveaux
pu céder à cetappas. Les
gardes de se citoyens rendre se donnèrent bien des
à
semblée
Tinyitation.dune as-,
et. dont les contrelaquelle ils ayoient
-
Yues
protesté,:
up
étoient d'autant plus suss
SSicioues --- Page 20 ---
((16 )
qu'elle portoit atteinte au concorpectes, dat. La bonne foi exig eoit en effet de proà la formation . des nou- u
céder simplement
velles assemblées primaires, et de confondre
dans les suffrages de tous les citoyens, les
choix des hommes del'une etdelautre classe.
étoit si conforme à TesCette opération, qui
d'ailleurs un chanprit de la loi, préséntoit
le salut dela cogementde membres, auquel hommes de couleut
lonie étoit attaché. Les
donc rien à cet arrété.
ne répondirent
Un autre projet avoit cresecrettemenicon
clu : c'étoit un serment civique et fédératif.
n'avoit
On le motivoit, en rappelant qu'il cette
point été prété le 14 juillet 1791. Dans
fédération, en effet, les députés de toutes
les provinces convinrent de ne pas sengager
au décret du 15 mai 1791.
à se soumettre
et
Malgré les invitations les plus pressantes les
d'une fidélité absolue,
les témoignages
refusèrent de se rendre
citoyens de couleur
avec raiils objectérent,
au Portau-Prince:
de
son, qu'ils avoient à se plaindre - plusieurs chefs
infractions faites au concordat; queles donnationale avoient refusé d'y
de la garde
ne leur
ner leur adhésion : qu'une fédération 11
assez garantie ; qu'ils ne s'y
paroissoit pas
soumettroient
les
d'une fidélité absolue,
les témoignages
refusèrent de se rendre
citoyens de couleur
avec raiils objectérent,
au Portau-Prince:
de
son, qu'ils avoient à se plaindre - plusieurs chefs
infractions faites au concordat; queles donnationale avoient refusé d'y
de la garde
ne leur
ner leur adhésion : qu'une fédération 11
assez garantie ; qu'ils ne s'y
paroissoit pas
soumettroient --- Page 21 ---
o
-
-e
(22)
soumettroient € 11 -
d'ailleurs SHIOIU
- que quand ils ne
verroient 1G
plus aucun, obstacle àl'entier exercice de leurs droits. Ilsn'avouoient
lei principal motifde leur refus, pas alors
la connoissance de quelques G'est-a-dire,
machinations
quileur faisoient craindre une surprise dans
la ville même du Portan-Prince. 3,
Nous ne saurions faire mention des $
supercheries
D31 autres
Goiforentemployées, soit
attirer les citoyens de couleur au
Prince, soit
pedeti
pour . les détacher des
du
habitans
Gal-de-Sucerautrest asi
bons et
avoit coutume
3 vraiscitoyens, OL
qHon P
2 de ne
comme des aristocrates 3D et > désigner -
naires.
eeaasudt
la
Unecorrespondance fut ouverte entre
1: municipalité :
et les chefs du conseil
ministration des lommes 01
de couleur. to1
Leurs d'adrypomaes, toujours
sages et àa sim-
-
ferinest
prévenoient. les
Res, on
objections 21
de ceux
qui craignojent de n'avoir pas Tautorité de
reçonnoiire leurs droits, ni d'en promettre
l'exercice. Ils
JE - offroient de S'en rapporter, les
uns et les
9 1 autres, à Tassemblée
au roi, à condition que - tout
nationale et
l'ordre
rentreroit dans
etl'espritdu décrerdui2o octobrei791,
qui,jusqu'alors, avoit été violé. Il n'en fallut
pas
davantegepour 2N
qu'on les inculpatde vou
CUU
B --- Page 22 ---
(18)
loir venger la mort du colonel Mauduit. Ce"
prétexte étoit vraiment henreux pour tourner contre eux les bataillous d'Artois et de
Normandie, les principaux: Xauicursdecethorrible attentat. Le souvenir de leur récente
défaite à Pernier indisposoit ceux-ci: qui
ne tardèrent pas d'applaudir et de contribuer 1
aux violences et aux perfidies dont nous all'histoire. 1
we
lons tracer
M. le lieutenant au poayeraement@éntral C
fournit le premier des motifs suffisans, pour
résilier le concordat : c'étoit une proclama -
laquelle il déclaroit ne pouvoir en
tion, par
:
-
approuver les articles; ils'étayoit, en outre,
de quelques objections, pour s'opposer à Te
xercice des droits des citoyens de couleur; T
leur ordonnoitdese retirerdans leurs Foyeray
et les invitoit enfin à fournir des hommés et
des forces à la province du Nord pour 43 GID comanp
battre les rebelles.
Jamais homme n'a mieux réussi
M. de:
que
Blanchelande àjetter plusieurs fois la pomme
de discorde dans une grandésection del'emt."
pire françois. Sans politique et sans sagesse,,
il ne prit jamais les mesures même qui
voient
de
désordres.
Das
prévenir
grands
on condgite et ses opérations, il compro-
fournir des hommés et
des forces à la province du Nord pour 43 GID comanp
battre les rebelles.
Jamais homme n'a mieux réussi
M. de:
que
Blanchelande àjetter plusieurs fois la pomme
de discorde dans une grandésection del'emt."
pire françois. Sans politique et sans sagesse,,
il ne prit jamais les mesures même qui
voient
de
désordres.
Das
prévenir
grands
on condgite et ses opérations, il compro- --- Page 23 ---
V
a
(19)
mit toujours la pureté de ses vues et de
ses principes. Ce vieux militaire,
l'affaire du 5 mars
qui, dans
1791, , devoit
ticher de ramener les
obstinément
Jui'avoit
troupes que la nation
idel lui les confiées, qui deyoit rallier autour
bons François, et sauyer enfin les
jours de ce brave colonel, dont la
le signal de tous les malheurs
mort a été
de Saint-Domingue ; cé vieux militaire ne se servit
son expérience de
de
vice,
quarante-trois ans de serque pour fuir le siège de son
nement, et tout abandonneraux
gouverTanarchie.
horreurs de
1l'se retira au Cap, où il
clamation
publia une
pour rappeler à la loi du 12 pro- OCtobre1701 la force publique,
factieux, et constater
égarée par des
semens
Tillégalité des établispopulaires, qui s'étoient eux-mêmes
organisés, contre l'esprit de cetté loi. Bientorune autre proclamation,
toire à la première,
toute contradic.
tutions,
louoit ces mêmes instietinvita les paroisses quin n'en
pas à en former. Grand Dieu
avoient
le
!c'est ainsi
dépositaire de la loi a justifié la
que
qai en avoit été faite ! c'est ainsi violation
a-tour foible; timidé et
que tour-
"totis les
elfrayé, il a servi
partis 7 adopré tous les systémes.
B 2 --- Page 24 ---
-
- 20 )
Environné de cette bonhomie qui veut plaire
à tout le monde, il a préconisé les intentions
de ceux 1 même qui n'en pouvoient avoir de
bonnes; etne pouvantinspirerla craintedont
le chef à dela colonie etlereprésentant du roi
doitfrapperles perturbateurs du reposi public,
tantôtila panogpsideindigesdoao) tantôt
le soutien de quelques factieux. Enfin, si le
décret du 12 octobre 1791 a été complettement violé à Saint-Domingne,est, M., Blanchelande qui, n'a rien fait pour le faire respecter; : sile colonel Mauduit a été trahipar
ses propres soldats, c'est ce général quila
abandonné aux mutineries des uns et à la
perlidie des autres; si les deux bataillons de
Normandie et d'Artois ont persisté dans. lenr
insubordination, c'est M. de Blanchelande
été impunément l'objet de leur mépris;
i quia si la faction des indépendans n'a cessé de
faire des progrès, et. d'aspirer chaque jour à
de nouvelles entreprises,, c'est M. Blanchelande
les a favorisés, en ne voyant
-
qui
en
eux
des patriotes zélés; si T'horrible
-
que
projet de détruire la classe des hommes de couleur, de distribuer leurs propriétés aux factieuxdela conspiration, a prévalu jusqu'ici,
c'est M. de Blanchelande qui les a enhardi,
si la faction des indépendans n'a cessé de
faire des progrès, et. d'aspirer chaque jour à
de nouvelles entreprises,, c'est M. Blanchelande
les a favorisés, en ne voyant
-
qui
en
eux
des patriotes zélés; si T'horrible
-
que
projet de détruire la classe des hommes de couleur, de distribuer leurs propriétés aux factieuxdela conspiration, a prévalu jusqu'ici,
c'est M. de Blanchelande qui les a enhardi, --- Page 25 ---
&
-a 3
(21 )
en s'engageant le premier à ne point faire
exécuter le décret du 15 mai 1791, dut-il
officiellement
être
envoyé. M. de
enfin méconnoissoit les traités Blanchelande faits
hommes-de
avec les
couleur, tandis que l'assemblée
satiemalodécanénitigueis, forces nationalesne
porteroient aucune atteinte à ce quileur auStatreete des
- lui-méme.
obligations que tant de citoyens contractoient? Neluisuffisoitil pas d'en
à une autorité
appeler
dant, refuser supréme?Devoit-al, en attenà des
ses éloges et son approbation
citoyens qui, loin de faire flotter
dard de la guerre civile,
l'étenles auspices de la
s'unissoient, sous
paix, sous la foi d'un traité, pour le maintien de l'ordre et de la tranquillité publique ? Mais, encore un
M. de Blanchelande n'a
coup,
méme; c'est-là.
point agi d'après luimoins
tout ce qu'on peut dire de
désagréable Sa
hardit les
proclamation enentreprises des factieux.
blée provinciale; manda M.
L'assemmandant pour le roi
Dezaulnois, com-.
lui
au Port au-Prince, et
enjoignit de seirendre à la Croix-des-Bouquets, pour cetesmigperelichlionent
hommes de couleur la
aux
vernenr. M. Caradeux, proclamation du gou9 le commandant de la
B 3 --- Page 26 ---
(22),
nationale yice nouveau Sylla de Saintgarde.
méditoit alors tous les fora
Domingue, qui
ce Busirisn
faits quiont ravagé cette colonie, hommes de
du Port-au Prince dénonça les
couléur à l'assemblée, pour s'être coalisés
avec les partisans de l'ancien gouvernement,
et de vouloir n'user.de leurs forces que pour
rétablir l'ancien régime. Un homme juste,
s'il eût été présent à cette assemblée, auroit
, en la montrant
réfuté n cette imputation
classe
contradictoire aux voeux d'une grande
humiliation.
qui vouloit sécouer sa primitive environnée d'une poMaisnon, Tassemblée, etdesoldats déjà corrompus,
pulace effrénée
un arrété qui cassal
prit, sans désemparer, C'est ainsi
le
et annullal concordat.
de l'amour quelous rde
vrage honorable de la raison, factieux. at
la paix, fut renversé par les
qu'une
Tindignation
Qu'on se dépeigne dans le camp de dar
telle perfidie répandit
que lai
Des hommes
Croix ades. - Bouquets. absolument à leurs engabonne foi attachoit
le mépris,
gemens, et qu'on outragenit par
déclaration d'uné nouvelle guerre, par
par la
d'un serment solennel; ne, poula violation
dans ce dernier pévoient-ils passe trouver ou Thomme flétri ser
riodé de Toppression,
qu'une
Tindignation
Qu'on se dépeigne dans le camp de dar
telle perfidie répandit
que lai
Des hommes
Croix ades. - Bouquets. absolument à leurs engabonne foi attachoit
le mépris,
gemens, et qu'on outragenit par
déclaration d'uné nouvelle guerre, par
par la
d'un serment solennel; ne, poula violation
dans ce dernier pévoient-ils passe trouver ou Thomme flétri ser
riodé de Toppression, --- Page 27 ---
V
-
(25)
dénature et n'écoute' plus quelinquiète
tation de la vengeance et le cri
agiperçant du
désespoir? Cependant les habitans du Cul-deSac usérent, dans cette fâcheuse circonstance, de la plus grande sagesse pour arréter
dans son principe une explosion terrible : ils
resserrèrent leurs liens avec les citoyens de
couleur, et leur promirent une courageuse
résistance contreles indépendans,soi.disant
patriotes, qui se déclaroient les ennemis dé
trente mille François, tous amis de la nation
et - du commerce.
De nouvelles hostilités furent 100
par le
concertées
Port-au-Prince, et les subsistances
supprimées pour le Cul-de-Sac. Le sieur
Praloto, commandant de l'artillerie de la
garde nationale du Port-an-Prince, écrivit
unelettre insolente à M.
citoyens de couleur. Nous Bauvais-général des
vent occasion de parler de aurons trop souce vil
pour que nous diffèrions de tracer personnage,
traits de son histoire, et de la criminelle quelques mission qu'il remplissoit au Port-au-Prince.
étoit arrivé avec la station,
Ily
en qualité de
matelot, sur la Irégatelranie, Aventurier
de profession, chassé de plusieurs corps militaires, il n'avoit pas moins une grande reB 4 --- Page 28 ---
(24)
commandation auprésdes indépendans, puisqu'il fut fait capitaine des dincniers: quoique dépourvu de tous les titres qui donnent
droit aux fonctions publiques. Tout à la
fois factieux et délatenr, il vomit, il accabla d'avanies plus d'un honnete citoyen';
plus d'une fois il se rendit coupable de désordres publics ; et par une magie mconnue 1 ila" triomplié des ennemis même
qu'il avoit dans son parti, il a enchainé ses
honnêtes protecteurs. L'assemblée provinciale, dont les entreprises sur les tribunaux
et toutes les places royales sont connues,
substitua Praloto à M. de la Merveillere;chevalier de Saint-Louis, inspecteur des'f fortifications La mission de ce factieuxét it donc
importante; ses can niers, ses fortifications
devenoient - le plus ferine appui des auteurs
dela guerre civile, et on le vérra, dans la
suite de cette histoire, le' plus utile personn ge à M. Caradeux, le plus grand dévasta eur. de la province de TOuest. aiitr
Ce chef se rendit enfin"; ou feignit de
céder aux instances qui lui étrient adressées
de toute part, pour contribuer à la conservation' de son pays, en recueillant les
droits des citoyens de couletr; il-adressa
le plus ferine appui des auteurs
dela guerre civile, et on le vérra, dans la
suite de cette histoire, le' plus utile personn ge à M. Caradeux, le plus grand dévasta eur. de la province de TOuest. aiitr
Ce chef se rendit enfin"; ou feignit de
céder aux instances qui lui étrient adressées
de toute part, pour contribuer à la conservation' de son pays, en recueillant les
droits des citoyens de couletr; il-adressa --- Page 29 ---
-
(25)
alors une lettre à leurs chefs, en offrant
son consentement et sa signature. Cette lettre
surprit le public, mais la joie n'enr fut pas
moins complette dans' la ville et laprovince
de l'Ouest. Les citoyens de' couleur montrérent de leur côté la plusgrande confiance;
iln'y eut plus d'hostilitésde part ni d'autre;
les' soldats d'Artois et de Normandie commencèrent leurs fréquentes visites au
de la Croix
camp
des-Bouquets, ou ilsétoient trést
bien accueillis.
2 FGiT 3n
Caradeux demanda donc une conférence
aux chefs de P'armée desl citoyens de couleur ; le général Bauvais s'y rendit avec une
escorte. Mais quelle fut son indignation
lorsqu'il fut obligé de s'expliquer sur loffre
criminelle qui lui fut faites;n de contribuer
de toutes ses forces à soustraire la colonie
aux loix de la métropole, qui, comme une
mardtres luin disoit-on; rendoit son joug difficile et pesant! . Le mépris caractérisa son
refus; maitre de la place, il auroit pu sacrifier le traitre, mais il garda son secret
jusqu'à ce qu'il fut rendu dans son
Cest. là qu'un soldat de. la garnison camp. du
Port-quiPrince, connut les intentions, les
principes et les offres du chef des troupes --- Page 30 ---
(26)
patiotiques : slsempressa de les divulguer
Leur mécontentement
à ses camarades.
éclata jusqu'à la plainte et au murmure 7
des manoeuyres sourdes, 2 le délorsque, par
de trahison: Il demanda
lateur fut accusé
alors de fournir la preuve de ce qu'il, avoit
avancé; c'étoit une attestation signée par
legénéral Bauvais - et tous les.chefs del'armée. Pour ne pas faire une affaire essentielle
détàcher la
d'une imputation qui pouyoit
conseil
garnison du parti de Caradeux, le
d'administration de la garde nationale vouet après quelques
lut jngeranhentiquemeatse
ayoit lieu
précautions , il fut décidé qu'iln'y
à inculpation. pour personne. M .
à la
I Les citoyens de couleur, répondant
surprenantel lettre dul plus rusé et du plus
furieux de leurs ennemis, le félicitèrent de
son adhésion à leurs demandes etaux voeux
des sincères amisi de la justice ; mais loin
de consentir à un traité seulement avec le
Port - au-Princes ils en offrirent un avec
toutes les paroisses de la province ; et se
réservant dei demander des commissaires
de leur coulenrydans ces mêmes paroisses,
ils laissoient aux citoyens blancs d'appeler
seel lonlo sbi atitt asi
:
emis, le félicitèrent de
son adhésion à leurs demandes etaux voeux
des sincères amisi de la justice ; mais loin
de consentir à un traité seulement avec le
Port - au-Princes ils en offrirent un avec
toutes les paroisses de la province ; et se
réservant dei demander des commissaires
de leur coulenrydans ces mêmes paroisses,
ils laissoient aux citoyens blancs d'appeler
seel lonlo sbi atitt asi
: --- Page 31 ---
eo . Ar
(27 )
nombre égal de députés, charges de pouun
voirs suffisans. nes'attendoient pas à cette
Leurs ennemis d'affreux desseins. On
mesure qui déjoua
en effet que, dans
a recueilli des preuves auquel iln'y eût en
un nouveau concordat,
on
du Port-au-Prince,
que les commissaires du chef des personnes de
se seroit emparé
Pour l'exéçouleur; et dispersé les autres. déjà fait un
cution de ce projet, on avoit de
considérable de fusils et
poudre
amas
sur Thabitation Cazeaux.
blancs et
Les commissaires des citoyens
troude toutes les paroisses; se.
de couleur, réunis, le 19 octobre, au Oulvèrent enfin
Goureau : la, ils
de-Sac , sur Thabitation fameux traité de paix, 5
commencérent ce
On peut obqui a été imprimé eti publié. du Port-aules commissaires
server que
choisis parmi ceux qui
Prince furent tous
ennemis : en cela;
s'étoient -
0 déclarés leurs
de leurs amis avoit jugé qu'il
la politique
dans
étoit tres-ntile d'appeler et d'admettre même
conférencesi ceux - là
les nouvelles
contre les
qui. les accusoient de conspirer rétablir l'anr
et de vouloir
corps popylaires,
10I0 Bund
cien régime. I Yau1 --- Page 32 ---
(28)
Nous ne ferons pas ici le récit de tous
les détails relatifsàla confection de ce'traité,
laquelle prouva, pendant cing jours, que
la bonne foi des citoyens de couleur et des
blancs honnétes 2 avoit toujours à lutter
contre dés menées sourdes 9 et lé pénible
consentement des prétendus patriotes. M.
Caradeux; le premier des commissaires; af:
fecta toujours de soupçonner1 lès hommes
de couleur de connivènce avec oles aris
tocrates; on le rassura, f
par un article dans
lequel les citoyens juroient de répandre jus
qu'à la dernière goutte de leurrsang, pour
la conservation 1 des nouvelles loixr oinna 06
ILe traité fut signé de part et d'autre, 3
le: 23 octobre 1791, suril'habitation Damien;
et en exécution dei l'article XIX, les commissaires blancs et ceux des citoyens de
couleur, les députations dedla garde nationale du Portau:Prince, des bataillons d'Ar!
tois et de Normandie, du corps royal d'artillerie, 2 de ceuxi de la marine - royale et
marchandejc de Téquipagelidui Borée ; un
nombre égalienfimde commissaires: des ci- /
toyens de conleuro se 5 réunirent sur Phabitation Damien yioir lei traité de paix; ayant
étè lu, tous prétérent serment.deri de main-
dedla garde nationale du Portau:Prince, des bataillons d'Ar!
tois et de Normandie, du corps royal d'artillerie, 2 de ceuxi de la marine - royale et
marchandejc de Téquipagelidui Borée ; un
nombre égalienfimde commissaires: des ci- /
toyens de conleuro se 5 réunirent sur Phabitation Damien yioir lei traité de paix; ayant
étè lu, tous prétérent serment.deri de main- --- Page 33 ---
a -
(29) )
.tenir dans tout son contenu. Le maire du
Port-au-Prince se distingua. par un discours
touchant, quise srouveimpriméal la suite du
traité, et qui est un monument irrévocable
de la plus noire
hypocrisis 2. de la plus
haute trahison.
3ur79
6101 aosb
an En exécution du mémearticle XIX, quinze
cens citoyens firent leur entrée au Port-auPrince 3 le lendemain 24 octobre. Leursdra
peaux aux couleurs de la nation, portoient
poure embléme une balance,. signe éloquent
de la.justice Ide leur
bonne foir den leur
réclamation, et de da
convention.n Ils avoient
demandé. de recevoir les honneurs dus à
des citoyens quines'dtoient armés
faire cesser les troubles qui déchiroient que pour leur
malheureuse patrie > et: le cominandant des
canoniers, le factieux Praloto, les
les insulta méme au moment de leur entrée. brava,
La cérémonie eut lieu avec toute la
possible. Les hommes justes et-honnétes-se pompe
félicitoient de voir enfin le plus beau triomphe d'un préjugé ridicule et; oppresseur; ils
regrettoient que la France entière ne fat
pas spectatrice d'une réunion qui étoit le
plus bel ouyrage de la constitution françoise, 1 PO
- --- Page 34 ---
(30)
Une des plus utiles opérations qui résultoit du dernier traité de paix, étoit celle qui
pouvoit maintenir au Port-au-Prince une
force considérable, composée de citoyens
de couleur. Ils n'avoient eux-mémes. envisagé dans l'établissement de cetté garnison,
que lavantage de tenir en respect leurs
ennemis vid'empécher l'explosion del leurs
mancenvres, et de soumettre aussi à une
discipline : active et régulière une T foule
d'hommes qui, comme d'autres, peuvent
se livrer. à la licence lorsqu'ils sont campés
dans les campagnes etles quartiers qui ne
Mais les vrais amis de la
sont pas peuplés.
les habitans
paix, de Y'ordre et de la justice,
de la province. avoient saisi l'occasion d'établir dans la capitale de l'Ouest une force
dontla présence seule pouvoit réprimer l'anarchie ; carleshommesde couleur, connus
parleur soumission aux auntorieslégitimes;
donner Texemplede cetté
ne pouvoient que
exister
subordination; sanslaquelle ili ne peut
de félicité publique. Un autre avantage étoit
relatifà la circonstance. Depuis qu'on avoit
appris les malheursdel la province du Nord,
ou les citoyens-de coulenr'avoienit remporté
des avantages si considérables contre les re-
it réprimer l'anarchie ; carleshommesde couleur, connus
parleur soumission aux auntorieslégitimes;
donner Texemplede cetté
ne pouvoient que
exister
subordination; sanslaquelle ili ne peut
de félicité publique. Un autre avantage étoit
relatifà la circonstance. Depuis qu'on avoit
appris les malheursdel la province du Nord,
ou les citoyens-de coulenr'avoienit remporté
des avantages si considérables contre les re- --- Page 35 ---
-
a (5i)
l'assemblée coloniale leur
belles, puisque
authentiques et
avoit voté des remercimens
honorables, on croyoit ne pouvoir tropise
en cas de soulèvement. Les
précatitionner,
la supécolons blancs n'ont jamais ignoré
toute
dès hommes de couleur sur
riorité
quand ils sont employés
autre troupe ,
ou révoltés. Avec
contre les nègres marrons
ils
de l'eau et des vivres de terre gravissent dans les
ils sont infatigables
les montagnes) insensibles à la fatigue, là où
plaines y et
séroient livrées à
des armées européennes
Il étoit donc
Tépuisement et à la contagion. tenir dans! le
de la plus grande. sagesse de
un corps de réserve,
centre de la province
tirer des détacheou Ton' pat; au besoin, furent à peine lomens considérables. Ils
cazernés dans la ville du Port-au
gés et
offrirent d'aller en force ert
Prince, qu'ils
où quelques
divers quartiers circonvoisins, à se livrer
ateliers révoltés commençoient
la Charbonau désordre! Ils parcoururent
ils furent
nière, la ravine de la rivièrefroide;
et ne
dans les hauteurs de Jacmel,
jusque
avoir fait rentrer les esreviurent qu'après s'étoient atrotipés; ils
claves marrons qui
aU
nautacl --- Page 36 ---
(5a)
des chefs les
ramenérent mémesqwelques-ung
plus dangereux. zirshetn 91 28
fut distribuée en
A
La nouvelle garnison
plusieurs postes dans la ville du Port- au-l Prince.
les inyita, sans jalousie, à
La municipaliné
nombre dans le gouverse réunir en grand
Blanl'absence de M. dde
nement quis par.
L méfèrent
chelande, étoit vaquant. Ils ne isen
de cet emplacement ; ils ne s'aperçur
pas
leur assignoit le lieu leplus
rent pas qu'on
les
commode pour les: attaquer un jour.er foi
massacrer. Cest ainsi que leur bonne
concouru à leur perten tsing
a G toujours
l'affaire
aLaville du Port-au-Prince, depuis
dus mars, n'avoit présenté que le spectacle
del l'anarchie et de la violation des autorités
légitimes. Les troupes que les corps popu:
laires s'efforçoient de soustraie à lautorité
servoientsans cessed'instrumens
du général,
sesers
aux vexations dont les indépendans
la
voient pour faire sortir leurs adversairesde
colonie. Les plus honnétes citoyens avoient
étéforcés de disparoitre; les craintes perpé
tuclles du commerce et des habitans ralentissoient la marche des affaires : elles étoient
embarrassées, mauvaises 1 et la misére se
faisoit sentir dans un pays où il faut bien peu
de
servoientsans cessed'instrumens
du général,
sesers
aux vexations dont les indépendans
la
voient pour faire sortir leurs adversairesde
colonie. Les plus honnétes citoyens avoient
étéforcés de disparoitre; les craintes perpé
tuclles du commerce et des habitans ralentissoient la marche des affaires : elles étoient
embarrassées, mauvaises 1 et la misére se
faisoit sentir dans un pays où il faut bien peu
de --- Page 37 ---
(33J
de soin pour jouir de l'aisance; la
tion de la capitale de l'Ouest avoit populasiblement angmenté, mais on ne voyoit sendes étrangers de toute espèce
que
inconnus et propres à ces
> suspects 9
lesquels les factieux tâchent mouvemens par
d'intimider les
honnétes citoyens. Quelques jours après
lacceptation générale du traité de paix, cette
ville reprit rapidement son ancienne
deur. Il parut aux uns et aux autres, splenfalloit enfin que tout rentrât sous le qu'il de
la loi; cette populace effrénée, joug
insolente
etI parasite, sembla s'éclipser ; presque tous
les émigrés rentrérent, la confiance et le
crédit reparurent dans les affaires; l'espoir
enfin d'un avenir doux et tranquille fit
aux conjectures de désolation
place
alarmés tous les
qui avoient
propriétaires : il ne restoit
plus qu'un motif d'affliction, c'étoit la continuité des malheurs de la province du Nord;
mais les citoyens de couleur n'attendoienr
que le moment où leurs droits seroient soli-.
dement établis pour voler en très -
nombre à son secours. Il est donc incon- grand
testable que les citoyens réunis, c'est-àdire, ceux des deux
jusqu'ici
classes, qui avoient
concouru, non-seulement à leur
C --- Page 38 ---
(54) )
satisfaction mutuelle, pouvoient, en ne dérogeant plus à leur accord mutuel, maintenir la colonie dans l'état le plus Alorissant,
écarterà jamaisles fléaux dela révolte, faire
respecter des loix, et conserver à la France
cette importante section de l'empire, de laquellel les richesses inapréciables découloient
jadis dans son sein. Qu'on juge au reste les
progressions infinies de la culture et du commerce , si 50 mille citoyens de plus avoient
été retirés de leur abjection primitive. Ils
n'avoient autrefois d'autrc ressort que celui
de pourvoir à leur subsistance ; bientôt,
comme tous les autres François, l'industrie auroit multiplié dans leurs mains leurs
trésors, la prospérité de la colonie, et celle
de l'empire.
Ces principes et ces vérités sembloient
les ennemis
être accrédités jusques parmi
des citoyens de couleur; c'étoit à qui leur
feroit plus de caresses, et à quidéclareroit
que son opinion avoit toujours été favorable
à leurs droits, à leurs intérêts ; c'étoit à
quiparoitroit lej plushypocrite. Les nouveaux
citoyens recevoient avec reconnoissance
tant de démonstrations Hatteuses d'attachement, de sincérité ; ils pardonnoient à
vérités sembloient
les ennemis
être accrédités jusques parmi
des citoyens de couleur; c'étoit à qui leur
feroit plus de caresses, et à quidéclareroit
que son opinion avoit toujours été favorable
à leurs droits, à leurs intérêts ; c'étoit à
quiparoitroit lej plushypocrite. Les nouveaux
citoyens recevoient avec reconnoissance
tant de démonstrations Hatteuses d'attachement, de sincérité ; ils pardonnoient à --- Page 39 ---
M RA
(55,) )
ils fraternisoient avec eux.
leurs ennemis, T'oubli du passé se maniLa modération,
dans leur fête et leurs assembléés.:
festoient
animés de
Hélas.! s'ils ont ensuite paru les traits
c'est que parmi tous
vengeance,
ils n'ont que trop reconnu
de linjustice,
dont les and'une horrible trahison,
ceux
sauroient fournir des
nales du monde ne
exemples.
É1
que celui du
Un traité aussi anthentique
du Sud se
25 octobre, et que la province celle de T'Ouest,
préparoit à adopter comme du Nord applauauquel plusieurs paroisses disons nous, prédissoient; un tel traité,
D'une part,
inviolable,
sentoit une garantie
de
de tant : de paroisses;
le voeu exprimé
de la colonie semTautre, la convocation
le constituer
bloit le rendre immortel, et
la base des loix et de la prospérité
comme
Les citoyens de couleur
de Saint-Domingue.
méfiance. Ilss'abperdirent enx-mémes toute
aller visiter
sentèrent en grand nombre pour
familles et leurs habitations. Ils ne prileurs
pour se maintenir
rent aucune précaution leur négligence, qui
en force et en activité;
étoit aussil'effet
provenoit deleur bonne foi,
natuet de cette paresse
de cette apathie
C2 --- Page 40 ---
(56 - )
relle aux hommes indigènes des contrées
chaudes. Leurs adversaires, 7 inquiets, factenoient une conduite bien
tieux et vigilans,
: nous devons en publier quelques
opposée
T2
traits.
réussiroient plus
Ils avoient jugé qu'ils
aisément à les tromper ou à les trahir, en
d'eux et dans le sein de
les attirant auprès
doute à
leur ville. Ce motif les porta sans
hardiment à tous les articles du
souscrire
traité de paix. Nous croyons cependant qu'ils
auroient écarté le projet d'exterminer tous
les hommes de couleur, s'ils eussent voulz
entrer dans leurs
adopter leurs principes, )
fortifier leur pacte, servir leurs mavues,
consentir à l'indépendance 9 et
noeuvres,
inviolablement attapersécuter les François
Leurrésistance se machés à la mère-patrie.
les invita
nifesta formellement , lorsqu'on
comme on avoit fait après le
de nouveau,
à
leurs
concordat du 13 septembre, envoyer
coloniale et
représentans à une assemblée
Mais devoient-ils d'ailleurs conprovinciale. leur traité de paix ? pouvoient ils se
trarier
de députés au Cap? cette
rendre en qualité
du
ville dont les citoyens s'étoient repus
de leurs frères; cette ville orgucilleuse
sang
nifesta formellement , lorsqu'on
comme on avoit fait après le
de nouveau,
à
leurs
concordat du 13 septembre, envoyer
coloniale et
représentans à une assemblée
Mais devoient-ils d'ailleurs conprovinciale. leur traité de paix ? pouvoient ils se
trarier
de députés au Cap? cette
rendre en qualité
du
ville dont les citoyens s'étoient repus
de leurs frères; cette ville orgucilleuse
sang --- Page 41 ---
(57)
où le nom de mulâtre avoit ourdi tant de
cenjurations ; cette ville où l'assemblée CO
loniale ne sembloit s'être installée
consommer avec plus de réflexion que pour
de
l'oeuvre
l'indépendance et de la proscription ?
Non, non, quelques foibles et ignorans
paroissent ces hommes, ils sont au moins que
conséquens, ils sontjustes; et de plus, ils
n'ont pas le front de se présenter sans ressentiment aux barbares oppresseurs de leur
c'asse et de leurs frères.
Un autre expédient fut employé
essayer de corrompre les citoyens de pour
leur en garnison au Port-au-Prince
cou-
: on leur
promit des honneurs et des places L'indignation se réveille au souvenir de ces menées sourdes et de ces viles manceuvres
lesquelles on croyoit captiver l'ambition ou par la
cupidité de ceux qui ne demandoient que de
sortir de leur humiliation.
On voulut aussi les inviter à se former un
régiment de gardes soldées; car l'assemblée
coloniale avoit déjà pris un arrété pour se
faire et se donner des forces
de
indépendantes
l'état. L'appas du salaire fut présenté;
des sommes immenses devoient être bientôt
distrabiuées; mais ces belles promesses ne
C3 --- Page 42 ---
(58)
produisirent rien; les hommes de couleur ne
voulurent pasméme paroitte s'incorporer. àla
nationale; ils firent toujours leur sergarde
Ils
vice, et la garde de la ville en particulier.
avoient raison de ne vouloir d'autre union
cellequi dérivoit du concordat etdu traité
que
qu'elle seule pouvoit leur pade paix, parce
sauroit
roitre ferme et sincère. On ne
trop
louerlasagesse etlintelligence deleurs chefs,
habiles à déméler les motifs coutoujours
caresses 7 et à
pables des plus trompeuses
des mesures utiles àla patrie et
n adopter que
au commerce.
une
10 Parmi tant de manceuvres, il en est
plus remarquable, et qui développera
des factieux du
PHotc
faitement le caractère
au-Prince.
nationale invitèrent
Les chefs de la garde
tous ceux des citoyens de couleur à un repas
Une promenade fut ensuite orpatriotique. donnée dansla ville, aut son du tambour retdes
fanfares. On voyoit M. Caradeux, commannationales de l'Ouest, à la
dant des gardes
bras le
tête du cortège, et tenant sous son
général Bauvais ; les autres chefs de deux
classes suivoient de deux en deux, ayant
couronnés de feuilles de lauleurs chapeaux
Les chefs de la garde
tous ceux des citoyens de couleur à un repas
Une promenade fut ensuite orpatriotique. donnée dansla ville, aut son du tambour retdes
fanfares. On voyoit M. Caradeux, commannationales de l'Ouest, à la
dant des gardes
bras le
tête du cortège, et tenant sous son
général Bauvais ; les autres chefs de deux
classes suivoient de deux en deux, ayant
couronnés de feuilles de lauleurs chapeaux --- Page 43 ---
L
- Ar
(59)
rier; les uns sembloient provoquer leurs timides compagnons à une joie tumultueuse
et à une démonstration de sentimens qu'ils
ne professoient certainement pas. Cette - procession fut d'abord conduite au quartier des
bataillons de Normandie et d'Artois, et saluée par une éclatante décharge d'artillerie.
Les-acclamations exagérées, les sermens réitérésd d'union et defidélité, voloient debouche
en bouche: : ce spectacle sembloit attendrissant. On sortit de là pour se rendre au gouvernement, qui servoit de quartier aux citoyens de couleur ; mémes honneurs et
reilbrouhaha de part et d'autre. Cestlà qu'un pacapitaine de la garde nationale blanchemonta
sur un affut de canon, et environné de cette
tumultueuse assemblée, il proclama M. Caradeux, commandant général des gardes nationales de l'Ouest, et deinanda le serment
d'obéissance et de fidélité. Ceux de son parti
répondant affirmativement 2 tachérent de
méler à leurs cris ceux des citoyens de
couleur ; comme si un aveu forcé eût
signalerlouritiomple.
pu
chose
Imumédatementapris,
étonnante, le même hérault surprit
son auditoire, en proclamant le général
Bauyais commandant en second de la
parC 4 --- Page 44 ---
(40)
Pouvoit-on plusimpademmene
tie del'Ouest. les honneurs, et offrir àla crédule
distribuer
confiance l'appas trompeur d'une charge qui
avoir de réalité que par le voeu
ne pouvoit
des citoyens de la prolégalement exprimé
d'élever au-dessus de
vince? Quelle bassesse
des mensonges, ceux à qui l'on resoi, par
les
fuse ensuite l'objet des promesses
plus
sacrées, qu'on trahit, qu'on massacre comme
dindignesbrigandote) proclamateuresigeane
à chaque fois des sermens, appela les chefs
des deux classes les uns après les autres.
célébre Praloto,
Iln'y eut pas jusqu'au trop
des
surnommé le mal-peigné, commandant
canoniers du Port-a au - Prince, qui n'eut sa'
placeà côté du premier canonier des citoyens
de couleur. Cette scènehypocrite se termina
la pitié des'
à la nuit, et ne fit que provoquer
honnêtes citoyens et le mépris des hommes
à débrouiller'
de couleur , quicommecérent
quelques horribles machinations.
le récit de T'horAvant que d'entreprendre
rible et lamentable journée du 21 novembre,
il ne nous reste plus qu'à parler d'une opéu
ration ourdie avec ruse et avec inhumanité
par les indépendans S, et par laquelles ils
eroyoient tournerà jamais les negres esclaves
nuit, et ne fit que provoquer
honnêtes citoyens et le mépris des hommes
à débrouiller'
de couleur , quicommecérent
quelques horribles machinations.
le récit de T'horAvant que d'entreprendre
rible et lamentable journée du 21 novembre,
il ne nous reste plus qu'à parler d'une opéu
ration ourdie avec ruse et avec inhumanité
par les indépendans S, et par laquelles ils
eroyoient tournerà jamais les negres esclaves --- Page 45 ---
V
:e à
(41)
de couleur. Ils avoient
contre les citoyens
prise d'armes,
laissé, depuis leur première
s'enesclaves fugitifs et inconnus, seul
plusieurs
compagnies. Le passage
rôler dansleurs dans les plaines et les monde leur armée
Les machitagnes, en avoit attiré plusieurs. sujets de leur
nations de quelques mauvais contribué au détourclasse avoient pent-étre de certains ateliers.
nement et à la corruption chefs de leur armée
Quoiqu'il en soit, les
à un si fàcheux
n'avoient cessé de s'opposer
besoin pour
désordre, et dontils n'avoientpast
formidables : , mais la prudence,
se montrer
comme un devoir impérieux
leur prescrivoit
d'eux ces esclaves
celui de retenir auprès
de montrer à
trompés, pour leur empécher
de les séd'autres. un exemple si pernicieux,
soulèduire et de provoquer enfin quelque une comterrible. Ils en formèrent
vement
lances
pagnie, qu'ils n'armérent qw'avecdes sous le
et des houes, et qu'ils désignèrent de conde Suisses. Ils se réservèrent
nom
les blancs à user de tous les
courir avec
sévérité pouvoit presn
moyens qu'une sage de ces. revoltés del la macrire pour disposer à les rendre utiles, à.
nière la plus propre
les autres, et à
empécher leur influence sur --- Page 46 ---
a
(42)
dédommager! leurs propriétaires. Immédiatement après leur entrée au Port-au-Prince,
ils demandèrent des commissaires blancs,
poursoccuper, de concert avec eux, de cette
importante affaire. Il fut convenu, de part
et d'autre, 1°. que l'on rendroit aux propriétaires les valeurs qu'ils réclameroient; 2°. que
l'on retiendroit, sous unebonne garde, ceux
qu'il paroissoit dangereux d'introduire de
nouveau dans les ateliers; 30. que les propriétaires, obligés de céder etde perdre quelesclaves très-mauvais sujets, seroient
ques dédommagés par le trésor public; 4°. que
lorsqu'il seroit reconnu qu'il ne restoit plus
des esclaves répudiés, on s'occuperoit
que
de leur sort. En effet, quinze jours après
l'acceptation du traité de paix, il ne restoit
deux cens nègres et mulâtres esclaplus que
réprésentèrent
ves. Plusieurs coinmissaires
qu'il étoit trop inhumain de condamner au
supplice ou à la mort des étres qne la séducavoient
tione etTexemple delinsubordination
arrachés à leur devoir. Ils ouvrirent un expédient très-sage; c'étoit de former une comd'archers depolice de cesmèmes hompagnie de les retenir sous la discipline la plus
mes,
de les
de crimes en les
sévère, et
préserver
rent
ves. Plusieurs coinmissaires
qu'il étoit trop inhumain de condamner au
supplice ou à la mort des étres qne la séducavoient
tione etTexemple delinsubordination
arrachés à leur devoir. Ils ouvrirent un expédient très-sage; c'étoit de former une comd'archers depolice de cesmèmes hompagnie de les retenir sous la discipline la plus
mes,
de les
de crimes en les
sévère, et
préserver --- Page 47 ---
Le
(43)
rendant utiles, jusqu'à ce qu'ils eussent mérité leurliberté. Cet acte de sagesse et de justice ne fut point accepté par les commissaires.
blancs; ils voulurent que ces esclaves fussent
tous expatriés, et jettés sur quelque terre
inconnue. Leur avis prévalut. Cette expédition ne réussit pas; ainsi qu'on l'avoit ordonné. Cesmalheureux furent
ile
débarqués sur une
angloise. Le gouvernement de la Jamaique, instruit que les François de SaintDomingue tfansportoient chez eux des révoltés, les fit reconduire au Cap aux frais
de la colonie.
Une telle opération pouvoit produire des
divisions d'état, et fournissoit peut-être cet
espoir aux indépendans. Ils s'en servirent
pour animer tous les nègres contre les citoyens de couleur; les premiers croyoient
l'ordre avoit été donné de les jetter à la mer. que
Le temps approchoit auquel les principaux
articles du traité de paix devoient être exécutés. Les citoyens de couleur, qui, à travers tant de mouvemens, avoient aperçu de
sinistres projets, , s'avisérent trop tard de
rallier leurs forces, qui étoient
sement
prodigieudiminnées, car ils n'étoient plus au
Port-au-Prince qu'au nombre de six ou sept --- Page 48 ---
(44)
cens. Iln'en étoit plus temps, car dans huit
jours ils devoient être massacrés. Jettons un
d'oeil rapide sur la situation de la COcoup
lonie.
du Nord
d'une part,
-
La) province
présentoit,
Taffreuxspectacle du sonlévementde6 60 mille
nègres qui ont tout bouleverse, tout ravagé.
L'assemblée soi-disant générale, installée au
Cap, qui, dans les premiers jours de cette
révoltel avoit employé avec succès les
,
élleavoit tmême
hommes de couleur,ausquels
voté des remercimens, auroit bien pu, en
confirmant le traité de paix, les appeler aut
secours de cette riche province, et, conciliant la clémence avec une force bien plus
réelle dans les colonies que celle des troupes
de ligne, accélérerla fin des plus grands malheurs. Elle poursuivit, au contraire, un sysdevoitacheverla- destème de résistance qui
dans
truction de la colonie, et elle envoya
dont la
toutesles provinces des commissaires
été secrette. On envit deux
mission a tonjours
disau.Port-au.Prince,) portant pour marque
non aux couleurs dela
tinctive une écharpe,
noire. Cette couc
nation, mais simplement
raljleur, au reste, a toujours été lèis signede
les indépendans. A peu près à la
ilimeat pour
, un sysdevoitacheverla- destème de résistance qui
dans
truction de la colonie, et elle envoya
dont la
toutesles provinces des commissaires
été secrette. On envit deux
mission a tonjours
disau.Port-au.Prince,) portant pour marque
non aux couleurs dela
tinctive une écharpe,
noire. Cette couc
nation, mais simplement
raljleur, au reste, a toujours été lèis signede
les indépendans. A peu près à la
ilimeat pour --- Page 49 ---
a
(45) )
méme époque, c'est-à-dire du 10 au 15 no-,
vembre 1792, 7 M. Cadusch, membre de cette
même assemblée, arriva dans la
Sud. A son arrivée aux
province dux
Cayes et dans
autres paroisses, tout
plusieurs
changea de face. La
municipalité de cette dernière ville
une assembléede la
subrogea
commune, dans
on se proposoit d'adopter le
laquelle
lap province del'Ouest.
traité de paix de
Insenaiblemeniespias
les
Cr
personnes de couleur. Nous en
rons quelques détails dans la suite rapporte- de
moire; et
ce mépour preuve des grands désordres
qui ont été provoqués dans les
provinces du.
Sud, nous renvoyons les lecteurs au mémoire
justificatif de M. Cadusch. Revenons
au-Prince.
au PortLe lundi 21 novembre 1792, étoit le jour
marqué pour l'exécution des articles 7 et 8
du traité de paix, par lesquels il étoit
nu que les paroisses
converappelleroient leur députés aux assemblées coloniale et
ciale.
provinTousles corps constitnés, le conseil d'administration de la garde nationale, la' commission prévôtale 2 le comité secret et le
club,
eatcaraainat --- Page 50 ---
(46)
decotleurcherchoien: à rétablirlesanciennes
Une assertion si gratuite, et que leur
loix.
détruisoit auprès de tout
conduite antérieure s'accréditoit parmi le peuhomme pensant, 3
en tout
les factieux travailloient
ple 2 que
du pillage, ne de-r
sens, etqui, dans l'espoir
C'est ainsi
siroit que le trouble et la guerre.
les soiétonnante contradiction,
que, parune
et les faux amis de lai consti-.
disant patriotes
enneà se déclarerles
tution, commençoient réclamoient que les bienmis de ceux qui ne
faits des nouvelles loix.
des
Liassemblée provinciale, déjà privée
du plus grand nombre des paroisses
députés
de
des dispo-,
de l'Ouest, ne cessoit prendre elle fitle sersitions contraires; entr'autres, et de n'obéir.
ment de ne point se dissoudre
force.
dasait 10 0
qu'ala
sembloit avoir des intenLa municipalité
la comtions bien différentes. Elle convoqua
le lundi 21 novemmune de la paroisse pour
les députésiaux
bre 1791, 2 aleffetderappelerl cette assemblée
assemblées; elle ordonna que
section de districtsi, comme
se feroit par l'affluence dn peuple : mais cette
pour éviter
détruite
un arrété
disposition fut taussitôt
par vouloit
de l'assemblée provinciale, qui ne
loit avoir des intenLa municipalité
la comtions bien différentes. Elle convoqua
le lundi 21 novemmune de la paroisse pour
les députésiaux
bre 1791, 2 aleffetderappelerl cette assemblée
assemblées; elle ordonna que
section de districtsi, comme
se feroit par l'affluence dn peuple : mais cette
pour éviter
détruite
un arrété
disposition fut taussitôt
par vouloit
de l'assemblée provinciale, qui ne --- Page 51 ---
V
a
(47) )
qu'une seule et même assemblée. Ce conflit
d'autorité sur un objet qui n'étoit pas du ressort de son admninistration, n'a jamais
paru,
qu'un jeu et un trait de plus de la noire
trahison dont on vouloit écarter le moindre
soupçon.
Ily avoit donc un complot que les
rateurs
conspiseuls concertoient en secret, et dont
il étoit difficile de prévoir les
binant
suites, en comméme les forces des traitres. Les bataillons de Normandie et d'Artois, le
royal
corps
dartillerie, ne paroissoient pas entièremeut décidés pour le parti de T'opposition;
ils promettoient de ne pas se méler davantage des querelles des citoyens. On auroit
pu, malgrécela, concevoirquelques craintes
des préparatifs dont on étoit témoin. Par
exemple, la compagnie dePralotos'egergoit
journellement à l'école du canon; mais ces
brayades ne psnoibssientgw/entanite decelles
dont Caradeux et consorts étoient souvent les
auteurs. Les fortifications de la ville,
2 auxqJuelles ces derniers faisoient travailler sans
relâche, ne sembloient avoir aussi d'autre
objet que de s'opposer aux insultes des esclaves, en cas de soulèvement. n
L'assemblée des citoyens se réunit le lundi --- Page 52 ---
(45)
sections différentes. A onze
21, en quatre
trois secheures du matin, on annonça que
tions avoient unanimement voté pour l'exécution du traité de paix. On espéra alors que
ne pouvoit plus être
la tranquillité publique n'altéra la confiance de ceux
troublée; rien
s'ils avoient
qui se seroient armés et réunis,
Il étoit midi, lorsque
prévu une trahison., vinrentinsulterutht nègre
quelquesparticalierse
libre, factionnaire au quartier des citoyens
de couleur. Des cavaliers de la maréchaussée
arrivent à linstant, et le conduisent à la
municipalité. Les chefs des citoyens de couleur la firent aussi-tôt prier de ne rien presdanslej
de ce nègre; mais on reser
jugement
avoit été pendu
çut pour toute réponse qu'il
deux esdevant la maison commune, et que
qu'on avoit cru mulâtres, avoient
pagnels
même lieu. Qui pourroit -
déété égorgés au
quis'empara des
peindre la juste indignation
ou
hommes de couleur 2 après un jugement
plutôt un attentat exécutéavectante depromp- la voix
Ils méconnurent
titude et d'atrocité?
et les invide leur chef qui les consoloient,
de detoient à bien éclaircir le fait, avant
satisfaction; ; mais un.canomander une juste
arrive devant le
nier de Praloto, à cheval,
gouvernement.
-
déété égorgés au
quis'empara des
peindre la juste indignation
ou
hommes de couleur 2 après un jugement
plutôt un attentat exécutéavectante depromp- la voix
Ils méconnurent
titude et d'atrocité?
et les invide leur chef qui les consoloient,
de detoient à bien éclaircir le fait, avant
satisfaction; ; mais un.canomander une juste
arrive devant le
nier de Praloto, à cheval,
gouvernement. --- Page 53 ---
a - a
A sr
(49)
gouvernement. Ce stupide envoyé ne savoit
pas quesa mission combinée alloitlui devenir
funeste, et qu'elle fourniroit sans doute un
mhotifd'attaque, En effer.apotsquelques,
pos,ilfutaccueill parplusieurs coupsde pros feu,
Il ne mourut pas; les citoyens de couleur le
portèrent eux-mémes dans le gouvernement,
pour lui donner desisecours. Au bruit de ce
meurtre, lagénérale rallia lagarde nationale
et les troupes de ligne; tout fut prét,
que tout étoit prévu., parce qué le pla. parce de
la conjuration étoit dressé.
. Les hommes de couleur
311 i1 In
ouvrirent enfin
les yeux sur leur position; ils ne doutèrent
plus qu'ils alloient étre livrés, aux, nombreux
ennemis qui les entouroient. Mais, hélas !
que pouvoient-ils faire, se trouvant sans préparatif et méme sans munitions71 Ilsseralliérent comme ils purent dans leur quartier, et
attendirent patiemment tous les
du
sort.
coups,
Le premier capitaine du bataillon de Nor.
mandie, faisant fonction dans la ville decommandant pour le roi, reçut une, réquisition
dela municipalité, qui lui ordonnoitde faire
marcher les troupes contreleumalintention:
nés attroupés au gouvernement, et de les
D --- Page 54 ---
(50 )
Cet officier obtint apparemment la
dissiper. d'userdes voies de modération, avant
faculté faire éclater des mesures terribles, et qui
de
aucunement motivées. Il
ne lui paroissoient
suivi de plusieurs ofvint au gouvernement,s des deux bataillons.
ficiers et sous-officiers
ses lar:
La douleur exprimée sur son visage,
mémés étoient d'un bien triste présage...
mes
des intentions des hommes de
Il s'informa
n'étoient point
couleur; on l'assura qu'elles
des hostilités; qu'allligés prode commettre de la violence commise sur un
fondément
nationale; ils offroient
canonier de la garde
exiger;
toutesles satisfactions qu'on pouvoit
le
le prioient de considérer quel
mais qu'ils
la
dernier meurtre avoit été provoqué par
dur negre libre, qui, au lieu de juges 3
mort trouvé que des bourreaux ; que 2
n'avoit
on les menaçoit encore
malgré cet attentat, étoient incertains de
de toute part; qu'ils
la force
l'issue d'une action dans laquelle
n'étoit pas de leur côté ; mais quesjusw'a
surla défensive.
Ia An, ils se tiendroient satisfait de leur réM. le commandant 5 dansla rue qui est
ponse, étoit à peine retiré
en' face du gouvernement, qu'on vit un gros
nationales s'avancer, tambour
de troupes
CI
açoit encore
malgré cet attentat, étoient incertains de
de toute part; qu'ils
la force
l'issue d'une action dans laquelle
n'étoit pas de leur côté ; mais quesjusw'a
surla défensive.
Ia An, ils se tiendroient satisfait de leur réM. le commandant 5 dansla rue qui est
ponse, étoit à peine retiré
en' face du gouvernement, qu'on vit un gros
nationales s'avancer, tambour
de troupes
CI --- Page 55 ---
1 3
(51)
battant et drapeaux déployés. Il les
les arréta, parut leur parler, et ils défilèrent joignit,
dans une rue latérale,
Les mouvemens d'alarme, 2 les bruits de
guerre 7 redoubloient toujours
seconde députation de deux
lorsqu'une
particuliers vint
auprès des chefs des citoyens de couleur.
Ces messieurs sembloient avoir
sion deles
reçu la misconjurer de ne pas provoquer une
affaire générale. Le président et le général
des citoyens de couleur répondirent
l'annonce de ces nouvelles leur
que
une déclaration des
paroissoit
ghereigplo/atendaimnt
aux plus grands malheurs et aux derniers
résultats d'une trahison concertée;q
vidence et la justice de leur cause quelapro- seroit
doute leur appui, bien plus
le
sans
armes.
que
sort des
Qu'il: nous soit permis de nous arréter
moment ici. Les corps populaires voulant un
faire massacrer tousles citoyens de couleur,
paroissoient suivre la marche d'une affaire
autorisée par la loi martiale,
qui permet d'attaquer et disperser les
mal-intentionnés attroupés; mais pour en venir là, il falloit au
moins s'être assuré que ces hommes
sur la foi d'un traité,
qui,
> étoient réunis dans la
D2 --- Page 56 ---
(52)
ville et dans le quartier à eux assigné, 2 étoient
des mal-intentionnés; il falloit qu'un drapeau
rouge fut déployé devant eux, suivant la loi,
que des municipaux eux-mémes leur ordonnassent par trois fois de se retirer; il falloit
que, revétus de leur écharpe, ils fussent à
la tête de Ja force publique. Ces magistrats
du peuple n'eurent pas l'impudeur d'appliquer la loi dans une circonstance qui l'eut
rendue inutile, en prouvant qu'il n'y avoit
d'autres mal-intentionnés que les vils instrumens d'une horrible conjuration: : c'est pourquoi, sans user d'aucune formalité, toutes
les forces furent mises en action contre des
citoyens tranquilles et trahis.
Un cri général annonça dans le quartier
deshommes de couleur, que Praloto paroissoit de loin conduire l'équipnge de son artillerie sur un poste éminent, situé au nord de
la maison du gouverneur. Onle vit, en effet,
s'emparer d'une grande case, etl'environner
de vingt canons. La réflexion n'avoit pas encore fait place à Fatonnement,quelépouvan
table feu de l'artilerie éclata comme plusieurs coups de tonnerre, qui ne furent plus
interrompus Mif qu'a la consommation du plus
grand.des foriaits.
0 1
ire l'équipnge de son artillerie sur un poste éminent, situé au nord de
la maison du gouverneur. Onle vit, en effet,
s'emparer d'une grande case, etl'environner
de vingt canons. La réflexion n'avoit pas encore fait place à Fatonnement,quelépouvan
table feu de l'artilerie éclata comme plusieurs coups de tonnerre, qui ne furent plus
interrompus Mif qu'a la consommation du plus
grand.des foriaits.
0 1 --- Page 57 ---
2 Yax
(55)
Le sifflement des boulets, le
quelques,hommes
spectacle de
les
déjà renversés, tels furent
premiers signaux qui déterminérent les
citoyens de couleur à se ranger en
et tandis que, par le-flanc droit, ils bataille;
à
étoient
exposés A a un feu roulant, ils attendirent tlennemi par devant. Les troupes de
effet, précédée du
ligne, en
corps royal
se, rangérent devant leur
d'artillerie,
gouvernement.
quartier 7 à cô:é du
voir dans
Le général Beauvais ne crut
ce dernier mouvement qu'une
eaution prise pourque les citoyens de la prén'en vinssent point aux, mains
ville
mée, et défendit à
avec Son arses canoniers de les repousser., Tandis que le feu de Praloto çommengoit, parunemeilleure direction, à rompre ses lignes, les troupes s'avancèrent
qu'a la distance de la
jusd'unp premier
mousqueterie; et là,
coup de canon, le mur du gouvernementfutr
tués. La
trenversésetpliaiteurs) hommes
position dec ce général étoit alors bien
terrible; et ne voyant plus de salut
dans
la retraite, il fit avancer son artillerie, que
protéger le ralliement de ces hommes. Tous pour
ceux qui étoient dans quelques
garde circonvoisins
corps-deaccoururent à
et au milieu de deux batteries
l'instant;
qui, à chaque
D 5 --- Page 58 ---
(54)
instant, diminuoient ses forces, malgré que
celle de Praloto fut mal dirigée; il parvint
à dégager sa petite armée, 9 et à la disposer
les
situés derrière le
en retraite par
jardins
il avoit heugouvernement et Phopital; 2 car
reusement fait garder les avenues etl l'unique
chemin qui conduit àla montagne. Cette opération fut peut-être aussi belle quunebataille
Jamais la providence n'a plus favogagnée.
risé le salut de cinq ou six cens hommes,
qu'on espéroit exterminer jusqu'au dernier,
dans une affaire qu'on auroit appelée loi
martiale, pour la dispersion des perturbateurs du repos public. Larmée des citoyens
de couleur ne laissa que vingthommes morts
dans l'enceinte du gouvernement, qui devoit
être son tombeau. Les blessés furent emporet
des chemins escarpés dans le
tés; par à la lueur de l'incendie de quelmorne 7 et
au
ques maisons, , les expulsés se rendirent,
milieu de la nuit, au bourg de la Croix des73
Bouquets.
La nécessité de n'omettre aucune circonstance essentielle à la triste histoire que nous
sommes chargés de transmettre au peuple
françois, nous oblige de raconter successivement les faits qui se passèrent dans le
oret
des chemins escarpés dans le
tés; par à la lueur de l'incendie de quelmorne 7 et
au
ques maisons, , les expulsés se rendirent,
milieu de la nuit, au bourg de la Croix des73
Bouquets.
La nécessité de n'omettre aucune circonstance essentielle à la triste histoire que nous
sommes chargés de transmettre au peuple
françois, nous oblige de raconter successivement les faits qui se passèrent dans le --- Page 59 ---
a
L wX
( 55 -
)
Praloto vouluts'eme
méme moment. Lorsque venons de: parler,
parer du posté dont nous devant. le corps-deil fut obligé de passer
hommes a
garde de Bel-Air, quiappartenoitauxl bonne foi fut encore cause
de couleur. Leur
le laissèrent passer avec sa formidaqu'ils
dont ils auroient pu s'emble artillerie,
des traitres n'a souparer : mais T'avantage la confiance et la
vent d'autre origine que bruit del'attaque,
franchisedes citoyens. Au
harceler avec force lese canoniers.
ils vinrent
restèrent dans leur
Ilsleur prirent un canon,
au bas d'une rue; jusqu'à
mauvaise position Flibustiers les obligeat de
ce qu'un corps de
de bataille. Ils s'y
choisir un autre champ
héroique :ils
défendirent avec une valeur
déroute,
mirent toute cette compagnie en hommes.
après avoir tué son chiefetplasicurs' ils restèrent
Maitres de cette hanteur, d'autres y
détoute la nuit; ils repoussérent
tachemens, et nel sortirent quelelendemain,
furent instruits de la retraite enJorsqu'ils de leurs : frères, casernés. siau gouvertière
R0N
nement.
a osé accuser
Cest cette compagnie qu'on
Triste et
d'avoir livré la ville à lincendie.
imputation, que MM. les commismisérable
D4 --- Page 60 ---
(56 )
saires nationaux ont refutée dans leur lettre
ala municipalité dul Port-au-Prince, en date
duir janvier 1782. sagang eb gildo ani ir
de' l'artillerie
C Une heure'après T'explosion
deil Pralotoge le feu parut àux deux extrémités de Ia rville; des faisceaux même! dè luamièresn parvenoient jusqu'au fond des rat
vines: et au sommet des.montagnes que parr
counoient.les citoyens de couleun fugitifs:
du côté du: nord futincenUne grande.case
habitée
diéenrc'étoit celle du sieurl Pivetau,
sor gendre. Aucun homme du posté de
par Bel-Air nauroit pu y venirrjetter des torches;
puisiquaur milieu étoit Pralotor aveor sonv artillerie. Lautre extrémité, du côté -di sud,
présentardincendie de la maison duis isieur
d'Agulard,laquelle non-seulemente étoittrèséloignée du quartier dés citoyens de COLr
deuryg mais encore isolée et distante detouite
autre maison; le feurd'ailleurs lenveloppa
éclatar Linen: même temps quelartillerie
culpation faite aux malheureux citoyensde
couleur paroftra plus calomnicuse, lorsqu'on
ne s'est manifesté
saura que Tincendiegénéral
et
quesur la fin du jourdu 221 novembre 1791,
desla-pointe du mémejour, il n'existoit
quel
homme de couleur dans la ville.
plus aucun
(I
g mais encore isolée et distante detouite
autre maison; le feurd'ailleurs lenveloppa
éclatar Linen: même temps quelartillerie
culpation faite aux malheureux citoyensde
couleur paroftra plus calomnicuse, lorsqu'on
ne s'est manifesté
saura que Tincendiegénéral
et
quesur la fin du jourdu 221 novembre 1791,
desla-pointe du mémejour, il n'existoit
quel
homme de couleur dans la ville.
plus aucun
(I --- Page 61 ---
TA x
(57)
ny a bien'plas de'certitude erd'ordre dans
Fexécution da projet des conjurés, qui vous
lurent assurer un pillage immense à la
pulace et aux soldats'? pour les engager pas. A
jamaisa la défensed'une cause'd qu'illeur étoit
impossible de justifier. BITI enf aue
-Des lé litidiau soir, dés chefsdela garde
nationale, suivis d'une foule de misérables?
se" porrerent"dins les maisons des plus
Bebermegntingerammer particuliers étran:
gersi à ka conspiration, les en firent
et les forcérentde marcher contre les sortir,
mesder couleur : aucuni motif ine put hom- les
dispenser. de cette violence. Le Sénéchal de
Kercado, 2 jeunel époux; riche héritiery qui
devoityd dès le
son épouse ponr kendenainydenharyner la Nouvelleavec
fat arraché den chez luiy et dans Angleterreig le
feus il recut unie Wesure-mortellesia premier an
Que det forfaits rcacha 3 Cette nuit mémorablet I yen eutd'autres
fureur de daj
qu'on exposa à la
populace, en les accusant d'avoir
mis le feul dans leur propre maison Lorsi
que la. désolation et le désordre furent assez
engagés, les maisons abandonnées
les honnètes
; et tous
citoyenslivrésa Tépouvante, le
pillage futcommencé dans la nuit,
lement dans les magasins de
principar
commerce et --- Page 62 ---
(58)
des
des domestiques, des
ceux
capitaines;
dans cet
nègres esclaves s'empressoient,
tumulte, d'emporter les effets
effroyable de leur maitre dans des lieux seprécieux leurzèle étoit punide mort, et le butin
crets ;
ravisrestoit daus les mains des impitoyables
ne pas verser
seurs. François! pourriez-vous
de
auteurs
des larmes? Sonvener-sous-en,jes
-
étoient des François; les instruces horreurs
n'étoient,
des étrangers, 9 mais des
mens
pas
François méme, que vous aviez envoyés pour
défendre et, sauver votre colonie.
fuite de cette ville infâme ; ne nous
21 Notre
de connoitre tous lesi actes de
a 'pàs permis
furent commis ;
fureur et de cruauté quiy
mais nous eni connoissons en'core assez pour
arracher des larmesau lecteurle plus indiffémilieul des horribles bruits de guerre,
rent. Au
telle cataset dansle fracas que produisitune
femmes elewenianacherchciont
trophe 5 les
femmedecouleur;
leursalutdansla fuite. Une
mèrede famille, nommée Françoise Papiliot;
fuyoit avec la dame Beaulieu, sa fille, jeune
épouse etr avancée dans sa grossesse; deux
brigands de la garde nationale rencontrèrent
deux,quoique préce conpleinfortuné.Lan larmes et les cris de la mère,
venu par les
pang 9h
TAL
elewenianacherchciont
trophe 5 les
femmedecouleur;
leursalutdansla fuite. Une
mèrede famille, nommée Françoise Papiliot;
fuyoit avec la dame Beaulieu, sa fille, jeune
épouse etr avancée dans sa grossesse; deux
brigands de la garde nationale rencontrèrent
deux,quoique préce conpleinfortuné.Lan larmes et les cris de la mère,
venu par les
pang 9h
TAL --- Page 63 ---
/
. *
(59)
tira sur elles un - coup de feiz qui ne produisit
rien; l'autre consomma son crime,etlep plomb
meurtriertaversant la main delamère, porta
la mort dans le sein de la fille
quis'étoit envain cachée dans ses bras. Ce même
arracha la vie aussi au fruit malheureux coup
étoit sur le point de naitre.
qui
Une mulâtresse fut massacrée, et par un
nouveau rafinementd decruauté, les lambeaux
deson corps furent jettés dans les flammes.
La négresse libre, Marie-Rose, fut tuée
d'un coup de feu,e en vonlantdérober ses effets
aux brigands. Combiend'autres ont été
suite recherchés
parla
envain, et qui sans doute
cachés dans le fond de leurs cases,
dansdes tourbillons de Hlammes
, périrent
et de fumée!
Fournissons, quoiqu'en frémissant, un trait
plus atroce encore. Une troupe de plus de 80
femmesde couleur fuyoient avec à * leurs effets
du côté du fort
Saint-Joseph ; le scelérat Praloto les aperçut du haut de son
te7
poste 2 et
dirigen aussitôt ses canons sur elles, Torsqu' run
passant charitableles conduisit sur une route a
Oi elles furent à l'abridece feu
dans S ce
terrible. Tout,
déplorablejour, sembloit conspirer à
la destruction entière des personnes de cou- *
leur. Iy en avoit quelques-uns détenus,
par --- Page 64 ---
(60)
maladic, dans leurs. maisons : ils ne furent
épargnés Les nommés Michel Lilayoi,
point Pélerin etc chevalier du Plan, furent assassinés
dans leurs lits;l mais le corps de ce dernier S
fut porté sur une table des boucheries, où les
vinrent assouvir leur insatiable
cannibales, 11
cruauté, en partageant IDl ses lambeaux dégoà-
: s'ils en eussent fait un festin, 2 rien
tang
aUe cette C: scène horrible YICIL
n'eut imanqweareieace une foule de bourIl est donc, PAINE LNH
les
a
reaux s'étoient proposé d'extetminer, 291 - 31
couleur,
femmes et leurs 11
de
2 /
D
leurs
citoyens
la fuite déroba à leurs çoups.
onlansa que
a
au, nombre, de
se.
représente 9
.
1 1 1
Qu'on
let
Trh
de deux,
de Aammes
plue 150
sptligarenronnen so
en foule du côté
et. atwassinss (uI 91 39 accourant G à bord des navires; 51
de la mer UU pour natrenir 1 u D
2 se -
ne trouvant
assez 911 de canots, 33a Pres
SD
bssin
08 sant SD les esl unes n5pAS sur les autres, tombant dans
Gsllo 6TISI dans YS le no bourbier, oû elles troulamer J1u ou
vent une mort
affreuse que cellequ'elles i
10 9
. atwassinss (uI 91 39 accourant G à bord des navires; 51
de la mer UU pour natrenir 1 u D
2 se -
ne trouvant
assez 911 de canots, 33a Pres
SD
bssin
08 sant SD les esl unes n5pAS sur les autres, tombant dans
Gsllo 6TISI dans YS le no bourbier, oû elles troulamer J1u ou
vent une mort
affreuse que cellequ'elles i
10 9 plus
301 : d'autres arriyent aux issues de
fuyoient 1111
C
11R
feu
a
:
rille; mais elles. ont BDI passé àtraversle D
assassins 33
et des maisons. Bientôt la mère ne
E
son enfant à cotéd'elles la fille 9 éplo-
:
voitplus
: 753
dans
buissons; d'innorée est errante 02100 d'épais
DO0 9D victimes
loin de leurs
centes
périssent
EUides;etsila terreur disperse au loin des trou- --- Page 65 ---
a
:
(6L)
peaux d'enfans, il u'y a' qu'un esclave
touché de cempassion, les conduit
quiy
sur T'ha
bitation de son maitre. Pères et
méres nous
à votre reconnoissantel les tendres
queM. et madame
EXEN
Volanontdomnelongs
tenipsa plus de soixante enfans de tout
de tout sexe et de toute couleur,
age,
qu'ils aient pu leur faire
jusqu'à ce
chez leurs
retrouver un asyle
parens ou les amis de leurs fa
milles.
0U
HF
C'estenfin dans la fatale journée du 22 nol
vembre que 27 Islets, 7 1 d'une des plus riches
villes de
T'Amérique, 7 furent la proie des
flammes. Ils contenoient les
emplacemensles
plus beaux et les magasins précieux du
merce. Des maisons de bois qui ont unetrès- comgrande valeur dans les colonies,
le bord de la mer aux brisés exposées sur
régulières du
large et de la terre, ne tardèrent pas à former
un foyer terrible, dansl lequel lest métaux fondus et calcinés furent confondus
cendres, On dit
avec les
que, pour ce désordrehorri
ble, , des méches phosporiques
le même
furent, dans
instant, jettées sur le couvert des
maisons : c'est pourquoi le feu dévora tout
avant même qu'on eût découvert la marche
de ces tourbillons de flammes
troient et
qui se rencons'unissoient 1 lorsqu'en abbattant
terrible, dansl lequel lest métaux fondus et calcinés furent confondus
cendres, On dit
avec les
que, pour ce désordrehorri
ble, , des méches phosporiques
le même
furent, dans
instant, jettées sur le couvert des
maisons : c'est pourquoi le feu dévora tout
avant même qu'on eût découvert la marche
de ces tourbillons de flammes
troient et
qui se rencons'unissoient 1 lorsqu'en abbattant --- Page 66 ---
(62)
on croyoit en interrompre le
des maisons,
cours.
(
Nous voudrions ici donner,parl la plus juste
uneidée vraie delaj perteréelle
aproximation, fut le fruit de l'incendië du
et effective qui
saurions calPort-au-Prince; mais nous ne
culer tout ce qui en estrésulté, soit dansles.
soit dans les titres, soit dansles
créances, personnels. Nous ne relevons pas
dommages
dans
la
de ces pertes
non plus
progression etla
du crédit;
la cessation des affaires
perte
maisd'après les plus sûres données, calculées
2 nous
sur des moyennes proportionnelles effective
osons assurer que la perte réelle et
des articles de cargaison, des
des maisons,
denrées enplace de commerce 7 des magasins
du mobilier de plus de 500
de marchands, 2
familles, et du pillage qui fut à-peu-prés gémonte à 45,000, 000 de liv. tournois.
néral, se
aussi terrible que celle
Une déroute
et les
les honnêtes citoyens
qu'éprouvèrent
les força à se réfugier
familles de couleur,
mais
circonyoisines S,
dans les campagnes
marchands
principalement à bord des nayires
vaisseaux de
que M. Grin
et des
guerre, les mettre à
mouard fit retirer en rade pour
Ceux
la force,
T'abri de l'incendie.
qui, par
avoient été obligés de s'unir aux gardes nan --- Page 67 ---
A
ad S
(63) )
tionales, abandonnérent lés brigands à la faveur de la nuit; il ne resta bientôt
les cendres du
plus sur
Port-au-Prince, que les corps
populaires 7 les bataillons de Normandie
et
d'Artois, 2 les gardes soldées, et ceramassis de
mauvais sujets et de citoyens corrompus
formoientla garde nationale.
qui
Ilssetrouvèrent
pendant plusieurs jours dans toutes les horreurs du désordre qu'ils avoient si bien
voqué. Leurs remords étoient
promoins
sans doute
effrayans que ledélired'une
enivrée de crimes, de vin, de populace
éclairée dans ses
pillage 1 et
brigandages par les flammes
de l'incendie. Ils pensérent à travailler à leur
défense, parce que rien ne les alarmoit tant
que la crainte d'être au premier instant assiégés parl l'armée des citoyens de couleur. Praloto partageant cette frayeur, se réfugia avec
ses canons et des bandits de sa
dans un bâtiment de la rade. Nous compagnie nedoutons
point que la ville ne présentoit plus de résistance insurmontable. La terreur etle rernord
des assiégés auroient sans doute combattu
pour les assiégeans; maisla postérité n'auroit
pas admiré un retour de vengeance qui eut a
achevé la destruction de la ville. La France
entière,au contraire, et les hommes justes admireront la modération des chefs de Tarmée,
sa
dans un bâtiment de la rade. Nous compagnie nedoutons
point que la ville ne présentoit plus de résistance insurmontable. La terreur etle rernord
des assiégés auroient sans doute combattu
pour les assiégeans; maisla postérité n'auroit
pas admiré un retour de vengeance qui eut a
achevé la destruction de la ville. La France
entière,au contraire, et les hommes justes admireront la modération des chefs de Tarmée, --- Page 68 ---
(64)
calmer les fureurs decinq ou
quiréussirenta. hommes chassés de leurs foyers et
six cens
leurs femmes, de leurs enfans
séparés de
pardes assassins.
bu eol
C'est dans cette alarmante position, que,
interrompre ou écarter une attaque
pour
prochaine,jilse Isenvoyérent pluqu'ilscroyoientr
Lacaye, membre de
sieurs fois M. Caradeux
l'assemblée provinciale ét frère du commannationales, auprès des cidant des gardes
Bousyenadecouleusonéanis à la Croix-des:
Il vint parmi des hommes que la dou
quets.
animoient tour-à-tour;
Ieuretderessentiment.
Il
son caractèren'y fut pas moins respecté.
un' arrété de la municipalité, qui,
apporta sur des causes accidentelles lévéneréjettant
le traité de
ment affreux du 21, représentoit
plus
paix commeintacte ; elle renouveloitde
de Texécuter en tout point, et
da promesse liberté lés femmes ques pour
de mettre en
enfermées dans les
leur sureté, on; avoit
avouoit donc que
prisons. La municipalité
les meurtriers avoient dirigéleurs coupssur
de SA part de
elles. Un troisianeengagement
coureconnoitre les droits des citoyens.de
attestoit sa dernièrer trànhison. (La
deur, des chefs de l'armée fut courte ;
téponse
ello
Mannel 0u aailo 291 noUa --- Page 69 ---
(65)
elle n'insistoit
de ce
que sur l'exécution formelle
dernierarticle; et déslez5,
au nombre de 500, furent
les femmes;
bourg de la
escortées jusqu'an
,
un
(Crois-der-Bouquets,
tachement des troupes de
par
déUn autre arrété suivit ligne.
délivrance des
immédiatement la
femmes; il prodiguoit les
témoignages de confiance, les
amicales, les voeux de
expressions
demeura sans réponse. La rapprochement: il
put résister
municipalité n'y
plus
davantage, car il ne lui falloit
de défense. que quelques jours pour être en état
Grimouard, Elle se transporta vers M. de a
pour le prier de commandant de la station,
de T'armée,
se rendre auprès des chefs
de se charger
tion que lui seul
d'une médiapouvoit entamer
stccés, et dont le
avec
sans doute le fléau principal effet écarteroit
d'une
Cet. estimable
guerre civile.
dans unu autre officier, ne pénétrant pas
horrible
à des motifs si
projet, se rendit
fiance de tout pressans. Digue de la conhonnéte homme et des
François, il obtint sans difficulté
bons
malheureuxe qu'on avoit
celle des
de rendre
tant outragés. Avant
tristes suites compte de sa mission et des
dela séduction employée auprès
E
*
principal effet écarteroit
d'une
Cet. estimable
guerre civile.
dans unu autre officier, ne pénétrant pas
horrible
à des motifs si
projet, se rendit
fiance de tout pressans. Digue de la conhonnéte homme et des
François, il obtint sans difficulté
bons
malheureuxe qu'on avoit
celle des
de rendre
tant outragés. Avant
tristes suites compte de sa mission et des
dela séduction employée auprès
E
* --- Page 70 ---
-
(66 )
des hommes de l'équipage de son vaisseau,
disons quelque chose de la nouvellearmée
des citoyens réunis; c'est ainsi que nous
appellerons désormais une foule d'habitans
des deux classes des provinces de l'Ouest
et du Sud, que les mêmes principes rallièrent pour travailler à la conservation des
propriétés dont les perfidies du Port-auPrince pouvoient entrainer l'anéantissement.
Les chefs des hommes de couleur prièrent
quelques habitans notables du Cul-de-Sac
de se réunir à leur conseil d'administration;
ils demandèrent à toutes les paroisses des
commissaires qui, de concert avec eux,
pussent rétablirlat tranqbilitépublique Celle
du 24
de 1.Crois-decs-Donquets , parunarrété
novembre, déclara se réunir de nouveau aux
citoyens de couleur, confirma le traité de
paix, et-écrivite tau général, tant pourle prier
den'en plus retarder Téxécution, que pour
lui dénoncer les crimes du Port-au-Prince.
Bientôt après, les paroisses de Saint-Marc,
du Mirebalais, de Léogane, du petit Goave
de l'Anse-à- Veau, prirent des arrêtés
et
l'armée. Bienconformes, et renforcèrent
tôt après, toutes les autres paroisses de la
de celle du Sud 5 fuprovince, et plusieurs --- Page 71 ---
(67)
rent représentées à la Croix - des-Botiquets
par leurs commissaires,
qui; pour écarter
tois les malheurs de la guerre civile et du
soulèvement des
esclaves, pour tâcher
enfin de ramener l'ordre,
1 formètent un
conseil général des commissaires des
vinces de l'Ouest et du Sud. L'armée pro- fut
renforcée par divers détachemens de blancs,
envoyés de plusieurs paroisses; les citoyens
del couleur ne voulurént pas les soumettre
exclusivement à leur général Beauvais; ils
arrétèrent que le commandement de l'armée
seroit partagé entre ce dernier et le capi- a
taine général de la Croix - des -
M. Hanus de Jumécourt,
Bouquets 9
habitant, ancien
capitaine d'artillerie, chevalier de SaintLouis. Quatre majors. - généraux, dont deux
blancs et deux de couleur, furent également
choisis; une discipline exacte , une surveillance continuelle furent établies pour maintenir les esclaves, pour empécher toutesles
incursious dans les avenues de la riche
plaine du Cul-de-Sac; on plaça des postes
pour empécher la communication des personnes suspectes. Tous ces préparatifs
n'avoient pour but que celui de s'opposer
aux progrès des désordres dont le Port-au:
E 2
- généraux, dont deux
blancs et deux de couleur, furent également
choisis; une discipline exacte , une surveillance continuelle furent établies pour maintenir les esclaves, pour empécher toutesles
incursious dans les avenues de la riche
plaine du Cul-de-Sac; on plaça des postes
pour empécher la communication des personnes suspectes. Tous ces préparatifs
n'avoient pour but que celui de s'opposer
aux progrès des désordres dont le Port-au:
E 2 --- Page 72 ---
(68,)
Prince étoit le foyer, et de prévenir des
hostilités dont les suites eussent été redoutables. Les principes etle systême des planr
teurs confédérés ne sauroient être repréhensibles. Ils calculoient tout ce que la vengeance et le désespoir pouvoient produire
après une conspiration aussi atroce que celle
du 21 novembre; ils n'envisageoient pas sans
effroi, quel eut été le triste sort des blancs,
s'ils eussent été soupçonnés d'applaudir, par
leur silence, au perfide projet de détruire
la classe des hommes de couleur. Ce soypçon d'ailleurs eut été tres-probable, s'ils ne
se fussent pas séparés des conps populaires
du Port-au-Prince. Nous raconterons en
effet comment cette conjuration fut exécutée dans plusieurs paroisses, et comment
elle avoit été projetée dans beaucoup d'autres.Les confédérés enfinn'ignoroient pas que
des commissaires nationaux étoientattendus,
que, sans doute, dépositaires de la force
et de la loi, ils remédieroient aux maux affreux de la colonie, et que, pour ne pas
les aggraver davantage, il étoit de leur sagesse de se soutenir dans leur réunion, de
consacrer leurs principes par leur conduite,
de soutenir, par l'appareil de la force, la --- Page 73 ---
A
XX
(6g )
troisième classe; dontlesliens
si aisément
pouvoient étre
brisés, et de conscler enfin la
seconde dans ses malheuts, par
de la franchise, de
T'éxemple
l'attachement, et
la voie de la persuasion.
par
M. de Grimouard trouva dans l'armée
dans le conseil général des
et
par le souvenir des malheurs esprits aigris
dont
et des crimes
chaque jour on apprenoit de nouveaux
détails; mais le vif desir de la paix l'emportant sur toute éspèce de
on ne lui
ressentiment,
demanda quedeux choses, comme
les bases de Punion qu'il vouloit
ment établir; savoir, l'éxécution solidede
du traité
paix, et le' rétablissement de la sureté
individuelle, qui avoit été violée d'une
nière si atroce envers les
maleur, chassés de leurs
citoyens de ccufoyers. Les
tions qu'il fut chargé de
propositransmettre au
Port-au-Prince, ne rouloient que sur ces
deux objets; et loin de demander des réparations personnelles, et bien dues à
ou' six hommes ruinés
cing
par le pillage et l'incendie ,. on n'exigeoit que la punition juridique ou T'embarquement des assasins et des
voleurs. Plusieurs
jours se passèrent sans
qu'on eut de réponse, et M. de Grimouard
E3
tions qu'il fut chargé de
propositransmettre au
Port-au-Prince, ne rouloient que sur ces
deux objets; et loin de demander des réparations personnelles, et bien dues à
ou' six hommes ruinés
cing
par le pillage et l'incendie ,. on n'exigeoit que la punition juridique ou T'embarquement des assasins et des
voleurs. Plusieurs
jours se passèrent sans
qu'on eut de réponse, et M. de Grimouard
E3 --- Page 74 ---
a (70)
restoit auprès de l'armée. Mais quel fut
l'étonnement ec l'indignation des amis de
la paix, lorsqu'on apprit que toutes les
propositions avoient été réjetées avec autant
de fierté que si elles avoient été adressées
aux brigands méme et aux chefs de la
conspiration.! La municipalité tenoit un langage bien opposé à celui dont elle faisoit
usage, lorsqu'elle craignoit le retour de l'armée. Elle ne paria plus du traité de paix;
il ne fut plus question des citoyens de couleur. CC Les hommes de couleur, réponditD) elle à M. de Grimouard, n'auront rien de
>> ce qu'ils demandent que par la force;
>) nous sommes forts des bataillons de Nor-
> mandie et d'Artois, de la garde nationale,
> du corps royal d'artillerie, de la garde
D) soldéez de la marine marchahde, de votre
> vaisseau, M. le commandant, et de tous
D> les hommes de votre équipage 5). C'étoit
donc par une déclaration de guerre civile
quela municipalité répondoit à des hommes
trahis, aux planteurs confédérés, aux amis
de la paix, et à M. de Grimouard, qu'elle
avoit rendu médiateur dans, l'unique but de
le faire absenter, pour corrompre et séduire
les hommes de son équipage. L'argent et le --- Page 75 ---
3 - a
(71)
vin les plongérent dans la plus affreuse in:
subordination, et par la suite ils servirent
d'insttumens à des hostilités horribles. Le
oommandant de la station, surpris et affligé,
sentit, mais trop tard, quel coupable abus
on avoit fait de sa confiance : l'homme de
bien ne pénêtre pas aisément dans les coupables desseins des méchans. Il proposa alors
un autre moyen à l'armée des citoyens réunis ; c'étoit le projet d'une confédération
avec tous les corps militaires du Port-auPrince,1 laquelle serviroit de garantie à l'exécution du traité de paix et à la punition des
coupables. Quel sacrifice il imposoit à des
hommes ! il vouloit qu'ils s'unissent à
ceux
qui naguère les avoient trahis, combattus;
pillés, brûlés et assassinés. Mais la voix imposante de la générosité
autre
l'emporta sur tout
motifa tout lui fut accordé. Il partit
pour le Port-au-Prince; où il espéroit faire
aisément adopter cette mesure.
M. Caradeux le reçut dans une assemblée
composée de tous les corps
environnée de factieux.
populaires, et
Feignant d'être indigné des propositions hardies des hommes
de couleur, et d'un projet de confédération
qui tendoit à renverserles
corps populaires 5
E 4
générosité
autre
l'emporta sur tout
motifa tout lui fut accordé. Il partit
pour le Port-au-Prince; où il espéroit faire
aisément adopter cette mesure.
M. Caradeux le reçut dans une assemblée
composée de tous les corps
environnée de factieux.
populaires, et
Feignant d'être indigné des propositions hardies des hommes
de couleur, et d'un projet de confédération
qui tendoit à renverserles
corps populaires 5
E 4 --- Page 76 ---
(72)
il l'accusa de s'étre rendu l'instrument des
ennemis de la loi, et d'avoir voulu provoquer une guerre civile. Le murmure, l'insulte,
l'outragea alloient s'emparer des témoins sanguinaires. Quelle réception pour Ihomme
de bien, Thomme de paix, Phomme de la nation, dont on avoit emprunté le secours 7
dont on avoit trahi la confiance! A linstant oùt une populace, déjà accoutumée au
meurtre, se disposoit à un nouveau crime,
l'officier, compagnon du commandant, justifia éloquemment ses principes et sa conduite; il prouva que là où l'on vouloit trouver des torts publics, il n'y avoit qu'une
insulte personnelle faite à M. Grimouard.
On ne pouvoit plus adroitement déconcerter le projet d'un meurtre; on ne pouvoit plus générensement travailler à la conservation d'un chef. Le Bnsiris ne put se
refuser à une explication avec ce méme officier, qui engagen un duel. H eut grand soin
d'avoir pour témoin la multitude effrénée:
c'étoit encore là son espoir et son appui;
mais le Ciel ne seconda pas ses voeux. M. de
Grimouard perça la foule pour retirer SOI
officier, qu'une autre mort menaçoit, et sur
la téte' duquel plusieurs sabres étoient déjà --- Page 77 ---
5 3 MX
a
1C73 )
crime n'eut pas lien; et le
levés. Un grand
qui, de
Borée resta au sage commiandant,
dann'a céssé de courir les plus grands
puis,
des forces quilui sont confiées,
gers àla tête
empéclierle criminel
sans ponvoir cependant d'en faire.
usage qu'on ne tarda pas l'incendie, s'é:oit
Le Borée , qui, pendant
du comretiré en rade avec tous les navires faisoit mouqu'une autre multitude
merce,
plus pour le bon ordre;
voir, ne commanda
il en fit sortir des
il fournit des hommes, renforcer la ville du
autres bâtimens, 2 pour
soutenir un siège
Port-au-Prince, qui vouloit
de faire. Le
qu'on n'avoit pas les intentions
les bâtiBorée fit rentrer dans le port tous
et descendre les partimens du commerce,
aux désordres
culiers, qui, loin de participer
factieux.
de la ville, s'étoient détachés des à ceux
Ils furent forcés de préter main-forte
de servir d'instrumens
du Portau-Prince 7
et de sesoudétestoient;
à une guerre qu'ils
aux avanies
qu'on proportionnoit
mettre
de tant d'hortoujours à leur éloignement
reurs.
T'assemblée
Pour exécuter ses desseins,
del'Ouest, disposant desl bâtimens
provinciale
des artide la rade, défendit Texportation
és des à ceux
Ils furent forcés de préter main-forte
de servir d'instrumens
du Portau-Prince 7
et de sesoudétestoient;
à une guerre qu'ils
aux avanies
qu'on proportionnoit
mettre
de tant d'hortoujours à leur éloignement
reurs.
T'assemblée
Pour exécuter ses desseins,
del'Ouest, disposant desl bâtimens
provinciale
des artide la rade, défendit Texportation --- Page 78 ---
(74 )
cles de cargaison, 9 nécessaires à la vie et à
la culture. Cette disposition, rigoureusement
exécutée, ne pouvoit qu'accélérer la famine. Des troupes canonières furent envoyées vers l'embarcadaire du Cul-de-Sac,
des bateaux armés furent expédiés tout le
long des côtes; ; ron arma en corsaire des
brics et des goélettes, qui, depuis la tête de
l'isle, infestérent le golfe, foreérent les
bâtimens expédiés de France pour différens ports 3 ainsi que les Américains, à ne
mouiller qu'au Port-au-Prince. Que d'abus,
que de crimes 2 que de pillages ont résulté
de cette infernale disposition, et dont nous
donnerons une idée par la suite!
Sur ces entrefaites 7 une petite armée,
commandée par M. Rigaud, citoyen de couleur, arriva, du fond de la province du Sud,
au secours de celle de l'Ouest; ; elle étoit
composée de blancs et de citoyens de couleur qui l'avoient grossie dans les endroits
de son passage. Elle se campa dans la plaine
de Bisoton, à un mille du Port-au-Prince,
du côté du Sud. La paroisse de Léogane
s'engagea, par un arrêté, de fournir à ce
nouveau camp des munitions de guerre et
de bouche, en lui imposant la plus sévère --- Page 79 ---
V
2 MX
(75)
tâche de veiller à la conservation de la
plaine, de la garde des côtes, et de s'opposer aux incursions des malintentionnés,
de quelle espèce qu'ils fussent. Nous ne
pouvons nous empécher de rappeler ici,
combien il eût été facile aux deux armées
combinées du Cul-de Sac et de Bisoton,
d'assiéger la ville du Port-au-Prince
2 d'en
exterminer tous less scélérats, et d'y rétablir
Tordre, qui, comme d'un centre commun,
se seroit répandu dans les deux provinces.
La première armée étoit de quatre mille
hommes, tant blancs que de couleir, et
la seconde de mille. L'une et l'autre avoient
une forte artillerie, mais non, l'amour de
la paix, la conscience d'une bonne cause,
le vrai patriotisme des citoyens réunis les
éloignèrent toujours d'en venir à des violences qui, pour déconcerter les perfides
projets des perturbateurs, auroiententrainé
la ruine et la désolation d'une contrée. Les
paroisses confédérées enjoignirent expressément aux généraux, de borner T'activité
de leur force à celle de la
d de
la défensive et de la surveillance. discipline ,
Tel étoit l'état des confédérés, le 51 novembre, lorsque l'on vit venir au camp de
is les
éloignèrent toujours d'en venir à des violences qui, pour déconcerter les perfides
projets des perturbateurs, auroiententrainé
la ruine et la désolation d'une contrée. Les
paroisses confédérées enjoignirent expressément aux généraux, de borner T'activité
de leur force à celle de la
d de
la défensive et de la surveillance. discipline ,
Tel étoit l'état des confédérés, le 51 novembre, lorsque l'on vit venir au camp de --- Page 80 ---
(76)
la Croixe-des-Bonquets, MM. Dezaulnois et
Surville, capitaines dans les deux bataillons
de Normandie et d'Artois. Ils apportèrent
officiellement la nouvelle de l'arrivée de
MM. les commissaires nationaux-civils, débarqués au Cap, le 28 novembre; de plus,
tue expédition du décret du 24 septembre;
et uue autre concernant l'amnistie généraleLa municipalité, fière de l'impunité de ses
crimes, du succès de sa conspiration, de
l'expulsion de mille citoyens qui contrarioient la marche de ses projets, de l'état
où elle faisoit mettre les fortifications de la
ville, des resources que lui offroient la rade
et les magasins du roi, de l'arrivée des nombreux factieux que le bruit de ces entreprises attiroit de toutes les parties de la COlonie, des dispositions qu'elle pouvoit encore accommoder au décret du 24 septembre; cette municipalité envoya parlesmèmes
l'arrété lei plus propre à aigrir les esprits.
Elle ninvitoit personne à la paix ; mais
elle annonçoit que, par la voie de la force,
elle dissiperoit les attroupemens des rebelles
du Cal-deSac et de Bisoton. Lecteurs, croirez-vous que ce langage étoit adressé aux
confédérés de 20 paroisses,et à une foule --- Page 81 ---
1 4 -
(T)
d'hommes qui, sils eussent dus vraiment
abandonner les plaines et les propriétés
hazard de la guerre, n'avoient
au
puisqu'ils avoient été chassés plus de d'asyle,
son, de leur foyer, du
leur maitrayers toutes ces
Port-au-Prince? A
de se rendre à menaces, elle avoit l'air
une nouvelle
par l'organe des officiers dont médiation., 2
parlé. Toujours le desir; de la nous avons
side aux opérations des hommee paix présaisirent cette occasion
sages. Ils
corps militaires
pour envoyer aux
une adresse honorable,
les invitoit ase réunir aux vrais
qui
de la colonie, et à terminer
citoyens
grands désordres
ayec eux de
: on vouloit par là exé
cuter le plan gu'avoit au moins produit l'infrectuensemédlintion? de M. Grimouard. Leur
réponse écartoit entièrement l'idée de cette
confédération. Les factieux qui
des forces de la nation,
disposoient
de les
se: gardérent bien
ramener à de meilleurs principes.
On,offrit simplement d'envoyer; de
d'autres, des députés
part et
auprès de MM. les
commissaires nationaux-civils. Encore sice
dernier expédient eut été dicté par la bonne
foi, il n'auroit certainement pas été inutile;
mais, tandis que les confédérés
s'empres:
. Les factieux qui
des forces de la nation,
disposoient
de les
se: gardérent bien
ramener à de meilleurs principes.
On,offrit simplement d'envoyer; de
d'autres, des députés
part et
auprès de MM. les
commissaires nationaux-civils. Encore sice
dernier expédient eut été dicté par la bonne
foi, il n'auroit certainement pas été inutile;
mais, tandis que les confédérés
s'empres: --- Page 82 ---
(787)
soient de leur côté à instruire MM. les commissaires nationaux - civils, et qu'après le
départ de deux députés de lenr conseil geu
néral, ils s'attendoient à n'avoir plus qu'a
se - conformer à la marche prescrite par les
représentans de la nation, ils eurent à gémir
sur de nouveaux malheurs , provoqués par
le desir de continuer les troubles, et d'élever
le triomphe 1 des' insurgens sur la ruine et
le désespoir des colons françois. y
Les camps du Cul-de-Sac et de Bisoton
n'avoient pour principal objet, comme nous'
lavons dit' 5 que d'opposer une force toujours active aux' insurrections des nègres,
que l'on's soupçornoit les factieux de vouloir provoquer. Mais, dans' peu de jours;
le Port-au-Prince fut environné de forts et
de batteries qui', la nuit et le jour, vomissoient des boulets et des bombes; ces hos:
tilités obligèrent les citoyens de couleur à
détourner les eaux qui se rendoient dans
cette ville. D'une batterie flottante 5 établie à Textrémité" du port , un boulet
atteignit et tua sur la même ligne trois
hommes de Bisoton, dont deux blancs et
un de couleur; l'un dés premniers étoit le
jeune et brave Santo-Domingo; officier du
régiment du Port-au-Prince. De grands ra- --- Page 83 ---
1 MX
(79)
vages furent commencés sur les sucreries
de Bisoton, Coite, Trutier et Volant, carles
esclaves 2 éponvantés par ces foudres incon-.
nues, menaçoient des'enfuir, ; lorsquele COlonel Rigaud dirigea ses canons , le 13 décembre au matin , sur la batterie flotante du'
Port-au-Prince pour la coulerbas. Ilétoit sur
le point d'achever son ouvrage; mais M. de
Grimouard, qui ne pouvoit être spectateur
tranquille d'un tel combat, et dont l'équipage étoit révolté , interposa son vaisseau
etla frégate la Galathée au milieu des deux
feux. Ace signal, M. Rigaud
Bientôt
cessal'attaque.
après, une députation du commandant le joignit, et en vertu d'une
tion de la
réquisimunicipalité, lui ordonna d'enlever ses batteries, de rendre les eaux à
leur cours naturel. M. Rigaud
à la position de M. de
ayant égard
Grimouard, dont
Téquipage n'obéissoit plus qu'aux factieux,
répondit que sesl hostilités n'avoient été
voquées que par le feu de la batterie pro- flotante, et Tinterception des vivres qu'on ne
pouvoit retirer d'aucune part, qu'en sus-!
pendant toute action; qu'il alloit instruire le
conseil général des demandes de M. le com-:
mandant;
qu'iln'auroit rien de plus - agréable
Grimouard, dont
Téquipage n'obéissoit plus qu'aux factieux,
répondit que sesl hostilités n'avoient été
voquées que par le feu de la batterie pro- flotante, et Tinterception des vivres qu'on ne
pouvoit retirer d'aucune part, qu'en sus-!
pendant toute action; qu'il alloit instruire le
conseil général des demandes de M. le com-:
mandant;
qu'iln'auroit rien de plus - agréable --- Page 84 ---
I 8o )
que de concouriraurétablissement del'ordre.
Le conseil reçut en effet la lettre de M.
Grimouard, laquelle, d'après les fausses promesses de la municipalité, promettoit de
laisser passer des subsistances : c'étoit le
14 décembre. On répondit sans délai, que
les sources demandées avoient été fermées
par.des homes justement indignés d'être
réduits à la famine, après avoir été chassés de leur ville; quele. seul moyen de les
ouvrir, étoit deleur faire obtenir des vivres.
Cette lettre ne pouvoit être rendue avant 24
heures ; mais, dès le soir, le Borréc,la Galathée se trouyant, par I'effet de l'insubordination, 1 au pouyoir des factieux, s'embossèrent devant Bizoton, et leurs batteries
éclatérent à la nuit close sur le petit espace
qu'occupoit l'armée de Rigaud.
Le feu roula pendant près de six hepres;
le calibre des pièces, la précipitation des
coups,, l'horreur de la nuit 7 répandirent
lépouvante dans cettej plaine; et tandis que
l'adroit Rigaud rallioit ses hommes sur les
hauteurs, qu'on ne pouvoit discerner dans
la nuit, les esclaves effrayés, tombant euxmemes sous tant de coups meurtriers., se
livrèrent au désordre; le feu parcourut en
un --- Page 85 ---
en XX
(Sr)
un instant l'espace de plusieurs terres rie cul*:
tivées en canne. Quelques habitans furent
mmassacrés par les nègres ; la nuit acheva
de cacher tout ce que l'épouvante et le désespoir avoient fait commettrela ceux
avoient vu avec horreur les forces de qui la, S
nation tournées contre eux. Le jour ne reparut que pour éclairer une triste solitude;
des monceaux de cendres, des terres sillonnées par des boulets, là où la veille brilloit encore le spectacle de la cultare, dé,
la richesse et de la population, et clest le
Port - au- Prince qui dirigea les foudres.
Rigaud ne perdit pas un seul
une pièce
il
homme, pas
d'artillerie; ne fit que doubler
l'extrémité de la montagne, et se trouva
en sureté.
.
La multitude des faits que nous avons encore à rapporter, ne nous dispense pas de
remarquer les-maux affreux qui ont résulté
de cette attaque, Le silence de la nuit et
l'écho des montagnes en propagérent le bruit
à plus de 20. lieues à la ronde, et le signal
du' désespoir en fut donné en
Les hommes de couleur n'étoient méme-temps.
instruits
pas encore
que cettenouvelle conspiration étoit
l'onyrage des mêmes ennemis. Ceux qui
F
à rapporter, ne nous dispense pas de
remarquer les-maux affreux qui ont résulté
de cette attaque, Le silence de la nuit et
l'écho des montagnes en propagérent le bruit
à plus de 20. lieues à la ronde, et le signal
du' désespoir en fut donné en
Les hommes de couleur n'étoient méme-temps.
instruits
pas encore
que cettenouvelle conspiration étoit
l'onyrage des mêmes ennemis. Ceux qui
F --- Page 86 ---
-
( 82)
résultoit d'une autorité légicrurent qu'elle
la classe des
time yise crurent proscrits par
sei retrace des actes de récriblancs. Qu'on
auroit pu commination, que le désespoir
'des esclabiner avec la secrette impatience
la hardiesse des méchans de toute
ves, avec
que des prétextes.
espèce, qui ne demandent
été affreux
se livrer au désordre. Il eut
pour
n'avoient reet général, si les confédérés
estimables
doublé leur sollicitude, et si les
de couleur n'avoient touchefs des citoyens
les
opposé les leçons de modération,
jours
l'activité de la surlumières du patriotisme,
veillance, et le zèle des bons au désespoir
des autres. Sans
des uns et au découragement inom d'homme
doute il ne fautqu'être dignedus
meurpour être révolté parles
et de François,
la sévérité de la loi,
tre; et s'ilmérite toute
c'est sur
dévastateurs de Saint-Domingue,
doit tomber, 2 vous qui
vous que son glaive
raffermi T'erla contagion ,
avez répandu ressentiment,attisé la venreur, provoquéles ne suffisant pas à tous
geance ; vous qui, cherché des bras jusques
vOS crimes, avez
et dont la vie ne
parmi des êtres innocens, crime. Jamais,
comnoissoitpasla discordenile
les forfaits de ceux, qui
pon, rien n'égale --- Page 87 ---
a MX
(85) )
soufflent le désespoir, qui trahissent leurs
amis, qui les induisent en erreur, et leur
reprochent ensuite les crimes dont ils sont
le2 auteurs.
Ceux du Port-au-Prince n'étoient pas encore,à leur comble. Dans différens arrêtés
de l'assemblée provinciale, les confédérés
n'étoient représentés que comme des révoltés. Une doctrine de proscription fut
bliée dans une gazette du Port-au-Prince, puet Par un imprimé de l'assemblée coloniale, qui osoit attribuer le soulèvement des
esclaves du Nordauxhabitans de l'Ouest, de
l'une et de l'autre classe. Il ne falloitqu'une
scène affreuse pour autoriser et commencer
enfin la destruction complette des confédérés; elle fut exécutée au Portau-Prince,
les derniers jours du mois de décembre.
Ici,rlépositaires du pouvoir, lecteurs francois,quiqneyous soyez, quand
vous 1 ne pour.
riez faire autre chose
de
que 3 répandre une
larme,elle doit couler, sur le tombeau des
f sept François que lesatroces cannibales, les
insurgens, les assassins. du Port-au-Prinçe
ont livrés au supplice, à l'infamnie et à la
mort. Lhistoire lamentable du Mexique et
du Pérou fait encore pousser des gémisseF 2
, lecteurs francois,quiqneyous soyez, quand
vous 1 ne pour.
riez faire autre chose
de
que 3 répandre une
larme,elle doit couler, sur le tombeau des
f sept François que lesatroces cannibales, les
insurgens, les assassins. du Port-au-Prinçe
ont livrés au supplice, à l'infamnie et à la
mort. Lhistoire lamentable du Mexique et
du Pérou fait encore pousser des gémisseF 2 --- Page 88 ---
(84)
inens à la philosophie ; mais celle du Portau-Prince méritera à jamais lindignation des
François et de tous les peuples du nouveau
:
monde. Messieurs Piément, respectable nagistrat, membre da conseil souverain de
Saint-Domingue; Dupont, 2 maitre ên chirurgie; Vidau, . négociant; ; Gayot, curateur
des biens vacans, sn et son commis; Vignol,
commis de MM. Barbe et - Leyrac , Brésit,
ab
jeune militaire, furent suecessivement 'surpar divers émissaifes dans les batimens
E depais l'affaire du nos 21, ils s'étoient feFugies,on ils se decbeient ala persécution.
Conduits dans une ville pleine de hottrelus,
ilss sonffrirent tous ce genre de suppliceipte
la fureur d'un peuple taR rend SI affreux,1 lorsqu'il.est lui-méme juge e"et instrument de
la conjuration. Leur mort fut précédée de
ces tourmens St
Vut auxiquels chaqie individu
LaT contribue 1OT par - ae sa brutalité; leur vie fut'prolongée par des 3 ekpldiens que la férocité
seule emploie, Un faisant méme usage du
poignard: Les yeux Esetent long-rempsisur
des potences ceux qui'avoient étéf foulés et
trainés dans la hone.Tontes les' rues, toutes
les maisons furent teintes du sang de ces
n'enfantàt
François; et pour que le'temord --- Page 89 ---
3 .
(85) )
plus de regret, tous les habitans de cette
ville infame furent complices... O jour af
freux 1 jour épouvantable dans
laterre avoit
l'univers, si
frémicommmeleconure del l'homme
sensible et honnéte!
On pleura par-tout dans la colonie, et l'on
murmura contre la providence, qui n'avoit
pas protégé ces infortunés; l'on ne douta
plus que tout étoit perdu sans ressource, , si
les
projets, 7 les desseins, la férocité des
conjurés du Port-au-1 Prince ne trouvoient
plus aucune résistance. Les confédérés ne
prirent point sur eux-mémes de punir tant
de crimes; ils redoublérent leurs instances.
auprès de MM. les comnissaires nationauxcivils, auxquels ils dépeignirent de nouyeau
les atroces violences de leurs ennemis et
lei malbeureux élat de la culture et du commerce, les dangers dont on éloit menacés
Pan les asclaves, el les suppliérent
ce qu'il y. avoit de plus sacré, de venir, partout
leur
par
présençe 7 prévenir de plus grands malheurs, et sur-tout les effets d'une
prete à éclater. Une députation vengeance
fut
considérable
envoyée au Cap: : elle étoit composée de
huit habitans, membres du conseildelOuest,
et conwnissaires de dilférentes,
paroisses.
F3
és
Pan les asclaves, el les suppliérent
ce qu'il y. avoit de plus sacré, de venir, partout
leur
par
présençe 7 prévenir de plus grands malheurs, et sur-tout les effets d'une
prete à éclater. Une députation vengeance
fut
considérable
envoyée au Cap: : elle étoit composée de
huit habitans, membres du conseildelOuest,
et conwnissaires de dilférentes,
paroisses.
F3 --- Page 90 ---
-
( 86 )
Leur mission ne fut pas infructueuse ; mais
toujours d'accord dans
T'assemblée générale,
du
sa marche avec T'assemblée provinciale
Penan-asgu-autuend pour rendre
inutiles toutes les opérations des commissairesnationaux-civds Ils s'en sont plaints
eux-mémes dans leurs lettres, adressées s
soit à T'assemblée coloniale ou autres corps
M. de Saint-Léger, l'un des trois
populaires.
commissaires; trouva tant d'obstacles préparés pour empécher rson départ pourlesprovinces de l'Ouest et du Sud, qu'il redoubla
d'efforts et de zèle. Avant qu'il soit question
arrivée au Port-au Prince, le 28 jande son
les conjurés ne
vier 1792, rappelons que fameuse lettre
furent pas intimidés par la
de MM. les commteireraaiseamncbdk 2
laquelle retraçoit, avec autant d'éloquence
d'énergie, la vraie cause des malheurs
que
de l'Ouest, et la vérité'des
de la province
de
faits que les conjurés avoiént tant pris
soin à défigurer par leurs députés 2 et par
Ne pouvant emdes imprimés mensongers.
*
la communication des vivres pour
pécher
établie par terre
les deux armées, quis'étoit
en
J de Saixt-Marc à la Croix-des-Bouquets,
le Mont-Rouis, les Vases, TArpassant par --- Page 91 ---
a X
(87)
calaie et le Boucassin', ils tournèrent leurs
soins et leurs manceuvres contre Saint-Marc,
la seule ville où la réunion des
citoyens et
la bonne intelligence conservoient encore
la paix et la plus parfaite tranquillité. Persuadés des nombreux partisans qu'ils trouveroient dans cette paroisse, où la méme
faction régnoit, quoique cachée et intimidée, Tasemblencolonislo et l'assemblée
vinciale publièrent des arrêtés
autori- propour
ser la formation d'un camp à la grande
Saline, située aux bouches de I'Artibonite,
à six lieues de la ville. Quelques membres de l'ancienne municipalité, les plus
factieux, et dont la conduite étoit connue depuis l'installation de lassemblée de
Saint-Marc, furent reconnus dans leurs
lités respectives. Le siège de la paroisse qua- fut
établi dans une plaine inculte et marécageuse, et les corps représentatifs ne la reconnurent que dans un lieu inhabité. La
ligne de démarcation rangeoit tous ceux de
la ville et tous les amis de l'ordre de
quartier, parmi des rebelles et des brigands. ce
Des villes du Cap et du Port au-Prince; des
corsaires armés apportoient des hommes
enrôlés pour quatre livres deux sous six deF 4
--- Page 92 ---
-
( a 88 )
niers par jour , sous! les drapeaux des insur-
(1). Ici, comme au Cul-de Sac 2 la guerre
gens
fut déclarée aux citoyens réunis. del'Artibonité futinfestée
L'immense plaine
composés de miséde plusieurs détachemens, surles sables de
rables, vomis parses corsaires
la Saline, de ceshommes enfinqui, se repaissant de rapines, commeitoient mille ravages.
---
-
( a 88 )
niers par jour , sous! les drapeaux des insur-
(1). Ici, comme au Cul-de Sac 2 la guerre
gens
fut déclarée aux citoyens réunis. del'Artibonité futinfestée
L'immense plaine
composés de miséde plusieurs détachemens, surles sables de
rables, vomis parses corsaires
la Saline, de ceshommes enfinqui, se repaissant de rapines, commeitoient mille ravages. Les confédérés de Saint-Marc, unis de coeur
et d'esprit à ceux du Cul de-Sac,ne se départirent point des voies de conciliation : nous
d'une fois l'occasion de rendre
aurons plus
justice à leur sagesse. Ils avoient prévenu
-nationaux-civils de
MM. les commissaires
Jeur parfaite soumission à la'loi, et aux dispositions qu'ils voudroient prendre pour rétablir l'union. Les citoyens dé couleur euxmêmes renoncèrent à Texécution du traité
de paix, et se soumirent à recevoirleur sort
de l'assemblée coloniale, ainsi que les représentans de la nation et du roile leur ayoient
mIG
T'assemblée LD
coloniale
(1) C'est à: cette époque que,
Ini enjoindre
'écrivit à la municipalité du Mole, pour
d'écarter
d'armer des corsaires aux frais dela colonie, les bàde tous les ports, e cepredi Pori-au-Prince,
timens expédiés de France et les Américains. --- Page 93 ---
V
(8 )
prescrit. Les uns et les autres firent un ders,
nier sacrifice, car l'amour du bien public
est une J passion qui étouffe peu à peu le. ressentiment et la haine. D'après une délibération du conseil général de T'Ouest, la
paix fut demandée au Port-an-Prince ; on
la motiva sur la nécessité de s'opposer de
part et d'autre aux soulèvemens des nègres,
que le spectacledes hostilitéset du continuel
boinbardement ne pouvoit manquer de provequer 2 par le devoir pressant dene point
anéantirla cnlture, et de permettre au commerce, de réparer ses pertes; parl'obligation
mutuelle de se soumettre. aux lois. et aux
commnissaires nationaux - civils. Des émissaires furent envoyés : ils retournèrent sans
réponse, parce que le Port-au- Prince ne
vouloit répondre que par de nouvelles violences. L'on attendit vainement pendant
vingt-quatre hedres. Un détachement considérable de l'armée escortoit,àdleux lieues du
Port-au-Prince, les députés, à quile a conseil
avoit donné plein pouyoir d'entrer en. conférence avec ceux de l'ennemi, si lecaslexigeoit.
s. Des émissaires furent envoyés : ils retournèrent sans
réponse, parce que le Port-au- Prince ne
vouloit répondre que par de nouvelles violences. L'on attendit vainement pendant
vingt-quatre hedres. Un détachement considérable de l'armée escortoit,àdleux lieues du
Port-au-Prince, les députés, à quile a conseil
avoit donné plein pouyoir d'entrer en. conférence avec ceux de l'ennemi, si lecaslexigeoit. Une disposition aussi pacilique, aussi
conforme aux vues de MM. les commissairesnationeux-civils, ne rallentit pasf'acharne- --- Page 94 ---
(go)
ment des insurgens ; leur armée de 1200
hommes sortitle 21 au matin, précédée d'une
forte artillerie et de 500 esclaves armés. Ils
fondirent à l'improviste sur le foible détachevioment des confédérés, 2 qu'une attaque
lente força de se retirer jusqu'au bourg de la
Croix -des - Bouquets. Lennemi s'étendant
jusqu'à deux lieues dans la plaine , laissa
des marques de brigandage; le feur
par-tout
de canne. Les
fut mis daas plusieurs pièces
Robert, Drouilhabitations Saint-Martin,
lard, Cazeanx; Sartre , Damien et Goureau
furent pillées par ces bandits, qui, non contens de s'émparer d'un butin immense, démolirent des cazes 5 brisèrent les meublès
essayèrent
qu'ils ne pouvoient emporter,
de s'adjoindre les nègres , et dispersérent
quelque résistance
ceux qui présentérent
Telle fut la première ataux devastateurs.
teinte portée aux précieuses propriétés que
l'armée des confédérés avoit conservées intactes. Ils nes'abusérent plussur les perlides
des
il crurent de leur
intentions
conjurés;
devoir de s'opposer à l'infernal projet dedévastation ; et le surlendemain, , ils rétournéen force là d'ou la surprise les avoit forcés
de seretirer. Ilsne s'y fortifiérent pas envain; --- Page 95 ---
-a MX
(9i)
la nouvelle attaque du Port-au-Prince,
suivit de près 3 fut inutile ; le feu de Tar- qui
tillerie des confédérés rompit la principale
colonne des factieux
2 qui furent poursuivis
jusqu'aux portes de la ville. Ils perdirent
beaucoup de monde; ; mais ce châtiment
n'étoit pas proportionné àla criminelle
dition
expe
par laquelle ils avoient déjà ravagéla
plaine. Leur défaite fut egalenenthumiliaente
le méme jour au poste de Turgeau, où 200
soldats furént conduits
30 hommes
pour s'emparer de
de couleur qui le gardoient ;
mais hélas! ! ils n'avoient pas gravi la moitié
du chemin, qu'ils virent autour deux plus
de morts et de mourans que d'ennemis à
combattre, et ils prirent la fuite. Il ne restoit donc plus d autre espoir à ceux du Portau-Prince, , pour opérer des maux, qu'en continuant d'intercepter toute espèce de subsistances, de enlever, par les corsaires. 2 les caboteurs et les navires qui pouvoient fournir
des farines aux différentes paroisses des deux
provinces. Le systéme le plus affreux étoit
celui de provoquer au désespoir la classe innombrable des esclaves
2 par la privation de
ces modiques trafics, de ces petites douceurs
qui charment leur ambition,
3 qui adoucisa
maux, qu'en continuant d'intercepter toute espèce de subsistances, de enlever, par les corsaires. 2 les caboteurs et les navires qui pouvoient fournir
des farines aux différentes paroisses des deux
provinces. Le systéme le plus affreux étoit
celui de provoquer au désespoir la classe innombrable des esclaves
2 par la privation de
ces modiques trafics, de ces petites douceurs
qui charment leur ambition,
3 qui adoucisa --- Page 96 ---
(92,)
sent leur fatigue. Depuis trois mois, leurs
murmures touchoient leurs maitres, effrayoient les amis de l'ordre, et Caradeux,
le premier, fomenta de sang-. froid cet horrible désordre. Les soldats etles gardes soldées en étoient les instrumens. Combien de
fois ces ennemis, ces dévasiateurs de la COlonie se sont joués, à ce sujet, des ordres,
des représentations même de M. de : Saint:
Léger, commissaire-national-civill
Il arriva au Port au- Prince, le 27 slécembre, et il y fut précédé par des caIomnies atroces et destinées à - tromper le
vulgaire; mais on n'affecta pis moins de le
recevoir d'une manière éclatante A sa présence, on discontinua enfin le feu des forts
et des batteries qui environnoient la.xille;
c'étoit un usage journalier, établi depuis
trois mois, d'entretenir un horrible fracas
de batailie, nimporte par quels frais immenses. Plus de 3000 boulets et 5oo bombes ont été lancés des murs du Port-auPrinçe dans toutes les campagnes circonyoisines; l'armée des confédérés na jamais
eu d'autre ressource pour son aruillerie,
Iue le fer qu'cile a recueilli à trois lienes
de_son camp et aux environs de ses postes. --- Page 97 ---
2 XX
(95)
Une autre opération de M. de'
fut de rappeler toutes les
Saint-Leger,
fédérés
paroisses des conaux forines etaux loix constitution-.
nelles, conformément à la marche qu'il
avoit montré vouloir tenir, de concertaved
ses' collègues. I's avoient toujours gardé le
plus profond silencel sur tous les motifs
les réclamations des confédérés
et
légalité des
contre la
corps populaires. A la
cette pierelle existoit
vérité, 2
la
-
du décret du
depuis
violation
12 octobre, qui
de rétablir l'ancien ordre de chose, prescrivoit
la confection
juqu'a
parfaite des lois coloniales.
Elle fut renouvelée par linstallation deTassemblée provinciale de l'Ouest, qui ne se
forma en vertu d'aucune autorité
Cette querelle fut encore motivée légitime.
semblée
par T'ascoloniale,qui, comme celle deSaint
Marc, se constitua 2 non en vertu des décrets de l'assemblée - nationale, mais en verti
des pouvoirs à euxc donnés par leurs constituans. La même querelle enfin qui devoit
étre terminée par le traité de paix du 20
octobre, et par la réconnoissance des droits
des citoyens de couleur, fut encore animée
par la violation du concordat. Tous ces
motifs furent présentés par les confédérés
A
-
, comme celle deSaint
Marc, se constitua 2 non en vertu des décrets de l'assemblée - nationale, mais en verti
des pouvoirs à euxc donnés par leurs constituans. La même querelle enfin qui devoit
étre terminée par le traité de paix du 20
octobre, et par la réconnoissance des droits
des citoyens de couleur, fut encore animée
par la violation du concordat. Tous ces
motifs furent présentés par les confédérés
A
- --- Page 98 ---
(94)
à MM. les commissaires nationaux civils,
qui, en vertu du décret du 24 septembre,
persistérent à reconnoitre l'assemblée coloniale, ainsi que les assemblées provinciales
et les municipalités; ils exigèrent méme que
dernières,
avoient été suspendues
ces
qui
leurs
en vertu du traité de paix, reprissent
fonctions ; annullant le traité de paix, ils
ordonnèrent aux hommes de couleur et
nègres libres, de s'en rapporterenti@rement,
leur sort politique, à la décision de
pour Tassemblée coloniale. Malgré que cette
marche fut contraire à leur voeu, iis s'y
soumirent complettement; ils se retirèrent
délai des municipalités et bureaux de
sans établis dans toutes les paroisses de
police
et du conseil général du Culla province,
de- Sac. Non contens de cet acte de soumission, ils firent de toute part écrire par
leur chef. à MM. les commissaires nationaux-civils, afin qu'il constât de leur enà la loi et aux ordres des
tière soumission de la nation et du roi.
représentans
président des citoyens de
M. Pinchinat,
élevé,
les sufcouleur du Mirebalais,
par
même des blancs, à la place de préfrages du conseil
de T'Oucst, remsident
général --- Page 99 ---
a
(95)
plit ce devoir, au nom de tous ses fréres
de l'armée de la province. Qu'il soit
passant permis de louer, en présence méme en
de la nation entière, l'homme qu'un
reux dévouement a livré tout entier au géné- bien
de,s ses frères : en méritant leur reconnoissance,ila. fait aimer ses principes et sa conduite aux Européens qui savent rendre
quelquhommage à T'expérience, aux talens
et aux vertus.
M. de Saint-Léger n'eut donc besoin
de connoitre de près la conduite
que
mission des
et la souconfédérés, pour les
et les plaindre. Il accorda
justifier
à
une. conférence
leurs-députés, aux portes mêmes de la
ville, où la populace et les
nirent
troupes se réuayec quelques factioux., et qui bravèrent le commissaire, et le forcèrent à
admettre des témoins, C'étoit une fête dans
laquelle les, malveillans
poussant des mugissemens affreux, 2 ne regrettérent
de
n'oser faire quelque tragédie:
que
tacle d'amertume
quel specpour un missionnaire de
paix ! Mais il eut quelque consolation de
la part des confédérés. Il leur demanda
obtint de laisser aux eaux leurs
et
dinaires, de fournir des bestiaux cours orà la villes
admettre des témoins, C'étoit une fête dans
laquelle les, malveillans
poussant des mugissemens affreux, 2 ne regrettérent
de
n'oser faire quelque tragédie:
que
tacle d'amertume
quel specpour un missionnaire de
paix ! Mais il eut quelque consolation de
la part des confédérés. Il leur demanda
obtint de laisser aux eaux leurs
et
dinaires, de fournir des bestiaux cours orà la villes --- Page 100 ---
(66)
et tous Tes vivres de terre; d'enlevet lesi
postes circonvoisins' qui pouvoient provoquer des hostilitéss de se ranger en tout
sous les termes des lois nouvelles, en oubliant les anciens motifs de récrimination;
dengager leurs' paroisses respectives à rétablir les municipalités anciennes, et d'en
installer de nouvelles dans. celles qui n'en
avoient pas. Tout lui fut promis et accordé
Pour prix d'une aussi completté sounission,
afin de' rétablir
il promit dene riennégliger
la paix tant désirée, la communication des
sa' médiation enfin auprès de l'asvivres, 2
semblée coloniale, pour la reconnoissauce
des droits-des personnes de couleur. Pour
fois, depuis Tarrivée de M. de
1à première
Blanchelandes un dépositaire de l'autorité
fut juste envers les habitans et les vrais
colons, en condamnant même les opérations
quils avoient été obligés de concerter.
W La paroisse de la Croix.des-Bourqets 9
autorité légitime n'avoit encore
qu'ancune
s'eminvitée à former une municipalité 7
à réunir la dommune; se conformant
pressa
à l'esprit et à la lettre de la
avec exactitnde
situation
loi; elle se mit dans cette
qui
n'auroit du laisser aucun prétexte aux conjurés. --- Page 101 ---
(97,)
jurés. Les citoyens de couleur furent exclus
de Tassemblée primaire; il leur fut méme
ordonné de s'écarter du bourg, de ne point
paroitre en armes, de ne géner en rien la
liberté des suffrages. Cette municipalité fut
formée en méme-temps que. les autres
ses rappeloient les leur; ; mais les assemblées parois-,
coloniale et provinciales méconnurent
la suite celles qui contenoient des
par
membres
ennemis des insurgens. L'une et l'autre ne
manquérent' pas de prétextes M. de St.-Léger
condescendit àleurs spécieuses observations
il fut ordonné à quelques
;
courir à de nouvelles
paroisses de reformations : toujours
et en tout on se rendit à ses vues ; on corrigeales défauts de formalités.
de l'assemblée coloniale
L'opiniatreté
cela à
se porta, malgré
, casser les municipalités de SaintMarc, de Léogane et de la Croix-des-Bouquets; et T'assemblée provinciale ne voulut
correspondre qu'avec celle qui présidoit au
rassemblement faitalag grande Saline, contre
les citoyens réunis. Tous ceux des blancs et
des hommes de couleur quiavoient composé
l'armée de I'Ouest, toujours persuadés
les dispositions dn représentant de la nation que
préviendroient les malheurs publics, que la
G
les municipalités de SaintMarc, de Léogane et de la Croix-des-Bouquets; et T'assemblée provinciale ne voulut
correspondre qu'avec celle qui présidoit au
rassemblement faitalag grande Saline, contre
les citoyens réunis. Tous ceux des blancs et
des hommes de couleur quiavoient composé
l'armée de I'Ouest, toujours persuadés
les dispositions dn représentant de la nation que
préviendroient les malheurs publics, que la
G --- Page 102 ---
(98)
résistance de ceux du Port-au-Prince se ralentiroit, qu'ils ne pourroient en aucune
manière exécuter leurs perfides desseins,
encore à l'ordre de lever lel
se soumirent
camp du Cul-de-Sac, d'interrompre les ira-i
vaux de fortifications, et les postes dont la'
seule représentation offusquoit les malveil-"
lans. Cependant la cruelle famine commençoit à se fairesentir aux blancs, aux citoyens
de couleur et aux nègres ; la ville de SaintMarc ne pouvoit plus fournir des farines; le
vin et - tous les articles de subsistance
étoient de la plus grande tareté; T'exploitation des denrées ne se faisoit plus, faute de*
bois mérain, faute de repos public; le suc
précieux des cannes se déssechoit. La continuation d'unt tel état alarmoit toujours pius"
les habitans, et en forçoit plusieurs à re-:
tourner au Port-au-Prince même 2 pour y
acheter des vivres, au prix de Tabjuration del
tous leurs principes. Mille et mille sollicitations adressées à M. de Saint-Léger étoient
inutiles, parcequela force publique étoit paralyséepour tout ce quitendoitaul bien public,
parce que le représentant de la nation épuisoit envain les voies de la perstasion et de la
descemtypoursnlasamer adéperfides projets, - --- Page 103 ---
Jan 3
(99 )
l'union et le patriotisme, parce
étoit lui-méme en butte à
qu'enfin il
vouloit
une faction qui
contrarier ses mesures, en
san confiance, et qui, déconcertée trompant
méme, leva le masque. enfin de
elleet, ne se montra plus qu'avec celui Thypocrisie, de la
volte aux yolontés et aux
ré,
commissaires. La
dispositions des
majesté de la nation francoise,Tauguste caractère de leurs
tans, furent méprisés
représentraitres et de scélérats par une foule de
nels furent
; des projets crimisouvent entrepris ; l'assemblée
provinciale de l'Ouest fut, à deux voix
décidée à embarquer M. de Saint
près,
au moment même où l'assemblée - Léger, 2
s'efforçoit, par des écrits, des motions coloniale
intrigues, à répandre
et des
leuse sur la véritable une erreur scandaautorité des commissaires nationaux-civils, et à décider
étoient sans fonctions
qu'ils
Il falloit
comme sans pouvoir.
encore remporter ce succès pour
rompre un lien précieux entre la
etla colonie, et soumettre les métropole
les plus criminelles à
dispositions
traitres..
une association de
Nous ne croyons
nous permettre plus de
pas devoir
détails
réflexions, plus de
sur une immense partie des crimes
G 2
X
une erreur scandaautorité des commissaires nationaux-civils, et à décider
étoient sans fonctions
qu'ils
Il falloit
comme sans pouvoir.
encore remporter ce succès pour
rompre un lien précieux entre la
etla colonie, et soumettre les métropole
les plus criminelles à
dispositions
traitres..
une association de
Nous ne croyons
nous permettre plus de
pas devoir
détails
réflexions, plus de
sur une immense partie des crimes
G 2
X --- Page 104 ---
(100)
des insurgens, et qui compose sans doute
le compte qui sera rendu par M. de Saint-
-
Léger. L'exposition des faits que nous sommes
obligés de completter, 2 ne peut manquer
d'épisodes, si nous voulons attirer les larmes
du lecteur sur le sort des victimes qui, de
à autre, scelloient de leur sang la contemps
L'un des corsaires
juration des insurgens.
armés par T'assemblée provinciale; surprit,
en croisant dans le golfe, - une chaloupe
un des réfugiés de la ville, M:
qui portoit
la catastrophe du 21 no.
Cazenave, que
Autant
vembre exiloit du Port-au-Prince.
connus le distinguoient des
ses principes
faction, autant ilavoit
individus dela grande
un sort semblable à celui des
à craindre
étémassacrés.
sept François qui avoient déjà
L'impitoyable forban emporta cette proie
l'y faire dévorer. Ne
dans son repaire, pour
afdavantage d'une scène trop
parlons pas
voile sur des détails qui
frense; tirons un
laissons-les aux
répugnenttrop à Thumanité;
rédacteurs de l'histoire des crimes du noude MM. les
veau monde: La correspondance
commissaires avec les corps représentatifs
administratifs, en offrant les instructions
et --- Page 105 ---
3 %
(101 )
sincères sur les sujets : que nous
les plus
de notre ressort, justilfiera
ne croyons pas
et dont nous,
aussi ceux dont nous parlons Ce fut enfin
avons des preuves authentiques. sortit d'une
le 1er mars que M. de Saint-Léger
son
ville oùt son autorité étoit méprisée, contracompromis, et sa mission
caractère
leséjour du crime et de
riée. En abandonnant
intentions dans
la rebellion, il consigna ses
adminislettre, où il déclaroit les corps
une
autorités légitimes, eta aptratifs rebelles aux
dans la propliqués à appeler la discorde
mesures quilavoitda
vince Ilconstatalest des forces à Léoprendre pour faire porter étoient rétranchés,
où d'autres rebelles
gane,
qui,
et T'arré é de T'assemblée provinciale,
un nouveau commandement,
s'arrogeant
condition que. 500
n'offroit des forces qu'à
ville; car
dans cette
hommes se rendroient auroit établi le systéme
c'est ainsi qu'elle y
et le
l'abus de son pouvoir
de conjuration,
des troubles
règne de l'anarchie. La nature
exidéchiroient la paroisse de Léogane,
qui
de forces suffisantes pour
geoit la préseuce
Les troucombattre et dissiper des brigands.
plus aux factieux que
pes qui ne servoient de la discorde 5 s'étant
pour attiser le feu
G 3
-
mes se rendroient auroit établi le systéme
c'est ainsi qu'elle y
et le
l'abus de son pouvoir
de conjuration,
des troubles
règne de l'anarchie. La nature
exidéchiroient la paroisse de Léogane,
qui
de forces suffisantes pour
geoit la préseuce
Les troucombattre et dissiper des brigands.
plus aux factieux que
pes qui ne servoient de la discorde 5 s'étant
pour attiser le feu
G 3
- - --- Page 106 ---
(1oa )
refusées àla réquisition de M. deSaint Leger,
il eutla précaution de se faire précéder par
hommes de couleur du Mirebalais et du
cent
Cul-de-Sac. Ils volèrent à ses ordres avec ce
zèle et ce courage dont ils étoient pénétrés
pourle bien public. Cesticiqu'ils prouvèrent
à leurs détracteurs que, loin d'enhardir les
malintentionnés de leur classe; etl les nègres
révoltés, ils se faisoient un devoir de les
dont il s'agit
combattre. Lattroupeinent
existoit dans les hautenrs de Léogane 1 à
huit lieues de la ville , sur une caffeière,
connue sous le nom du Trou- Coffy. Elle
ci-devant
appartenoit à un grife espagnol ,
menacé par un deses voisins, M. Tavet, qui,
à Tépoque du premier concordat, réunit sur
habitation une centaine d'hommes. Penson
dant leur campement 2 ils eurent quelplanteurs mulâtres et nègres libres du
ques
Ce rassemblement en occasionna
quartier.
considérable chez Romaieun bien plus
de couleur de LéoRivière. Des personnes
de Jacmel et du petit Goave se
gane,
sous ses' ordres; ils fondirent sur
rangérent
la dévastèrent
l'habitation de ce. Taveti,
et la brulérent. Le bruit de
complettément
beaucoup de
cette violence annonça qu'avec --- Page 107 ---
(103 )
prétestes, ces dévastateurs n'avoient pour
motif quele brigandage. Les chels de larmée
des citoyens de couleur les conjurérent de
se dissoudre; ils joignirent mêmela menace
à la promesse de les désavouer et deles combattre. Ils s'occupoient de cette expédition,
lorsque T'affaire du 21 novembre: les obligea
de se garder eux-mêmes. Le camp du TrouCoffy continua ses incursions et ses brigandagcs dans les hauteurs et la plaine de Léogane. Le chef de ces scélérats réusissoit d'au-,
tant mieux à maintenir l'union dans ses
forces que, comme un autre Mahomet., il
s'environnoit de l'appareil de la religion, des
simagrées d'un culte dont il s'étoit rendu
le ministre 7 et s'attribuoit le don de
phétie. Pour peu qu'on connoisse les nègres, proleur penchant pourla
superstition, on aura
une idée de. leur facilitéà obéir avec vénération à cetimposteur, Les blancs de Léogane,
unis. aux citoyens de couleur, opposérent
vainement la persuasion et la douceur à
l'esprit de licence et de désordre qu'il autorisoit; carils nep pouvoient employerla force;
quoiqu'admis dans la confédération il
leur étoit impossible de détourner l'armée 2
duCul-de:Sac et de Bisoton. Ce fut alors que
G 4
-
. leur facilitéà obéir avec vénération à cetimposteur, Les blancs de Léogane,
unis. aux citoyens de couleur, opposérent
vainement la persuasion et la douceur à
l'esprit de licence et de désordre qu'il autorisoit; carils nep pouvoient employerla force;
quoiqu'admis dans la confédération il
leur étoit impossible de détourner l'armée 2
duCul-de:Sac et de Bisoton. Ce fut alors que
G 4
- --- Page 108 ---
-
(104 )
le conseil général chargea M. l'A. O., cidu Portan-Prince, de se transporter
toyen
dans cette paroisse infortunée, et d'opérer,
la voie de la conciliation, la cessation
par de tant de désordres. Ce commissaire conciliateur après s'être concerté avec tous les
del'endroit, 1
serenditau' Trou-Coffy;
citoyens
à
ily arriva, la veilledeNoël, à minuit précis,
travers de beaucoup de dangers. Il obtint la
fit faire un concordat d'union entre
paix,et
Léogane et le Tron-Coffy. Il délivra 22 prisonniersanis: aux! fers par ceux dela montagne;
ilamena 2oode ceshommes dansla ville, pour
lesyeshorteràlapaixe setoperereneréconoilia
Elle
elle fut telle assez
tion parfaite.
parut;
comme il conste parles remerlong-temps ,
l'assemblée de la paroisse à
cimens votés par
de LéoM. TA. O. Un mois après son départ
leurs
les brigands récommencérent
gane 2
des émissaires
incursions ; ils accueillirent,
les esclaves réblancs du Port-au-Prince,
ermméconnurent même l'autorité de M.
voltés,
été témoins ocude Saint-Léger. N'ayant pas
laires des événémens qui ont succédé à son,
arrivée à Léogane, nous n'ajouterons que
nous avons connu par ses lettres à
ce que
il apprend
quelqués paroisses > auxquelles --- Page 109 ---
d
(-105)
qu'aidé du secours de cent hommes de couleur dont nous avons parlé, et des citoyens
des paroisses circonvoisinesy il avoit remponédegrandesncots sur les brigands, lorsqu'ils étoient venu attaquer > incendier la
ville et la plaine ; qu'il les avoit poursuivis
jusques dans leur retranchement ; que les
ayant heureusément dissipés, il rendoit enfin les éloges les plus mérités à la bravoure
et au zèledes personnes de couleur. Le bruit
publici a consacré le courage de celui d'entr'eux qui a veillé à la'conservation de ses
jours, comme le chevalier d'Assas s'étoit dévoué à la défense de sa patrie. Quel revers
pour le Port-au-Prince que le triomphe de
Léogane !
Les insurgens tournèrent toutes leurs manoeuvres contre le Cul-de-Sac; ils ne se crurent liés, ni par la conduite de la municipalité de la Croix des-Douquets,
toujours sévèrement attentive à ne provoquer aucune
hostilité, , ni par l'ordre quileur avoit été signifié par M. de
Saint-Léger, 2 de-tenir seulement en état de défensive leur ville,
toit menacée d'aucun
quin'édanger. Ils commencèrent de porter des plaintes indécentes à
l'assemblée coloniale contre lui; ils l'accu-
- a
D
ni par la conduite de la municipalité de la Croix des-Douquets,
toujours sévèrement attentive à ne provoquer aucune
hostilité, , ni par l'ordre quileur avoit été signifié par M. de
Saint-Léger, 2 de-tenir seulement en état de défensive leur ville,
toit menacée d'aucun
quin'édanger. Ils commencèrent de porter des plaintes indécentes à
l'assemblée coloniale contre lui; ils l'accu-
- a
D --- Page 110 ---
(.106)
F
sérent de seconder les vues des rebelles,
de laisser la force publique enire les mains
du commandant pour le roi, d'avoir pris
des sommes considérabies dans lacaisse publique. Un arrété du corps de ces représentans, ordonna à l'assemblée provinciale
et à la municipalité de désobéir formellement aux réquisitions de M. de Saint-Léger;
et prétextant que la colonie n'étoit point en
seulement de trouble
état de guerre, 2 mais
intérienr, elle arrêta que la force publique
seroit sous l'obéissance immédiate des corps
antermédiaires. Cette opération préparatoire
fut bientôt suivie d'une incursion dans le
Cnl-de-Sac. Des émissaires noirs et armés,
furent d'abord envoyés dans tous les quartiers del la plaine, pour faire germer, le pludiscordes. La munitôt possible, quelques
alloit
cipalité, avertie du criminel projet qui
être exécutés invita, de.la manière la plus
les citoyens de couleur de ne pas
pressante,
s'ils
-se retirer ; elle leur représenta que)
devant leurs ennemis, ils les enfayoient
dans leurs desseins de dévastahardiroient:
tion. Ils consentirent donc de rester encore;
faire face
imais prévoyant ne pouvoir pas
ils voulurent sortir du bourg,
à Tennemi, --- Page 111 ---
(107 )
où il étoit_facile de les
envelopper, et se
campérent à une lieue sur Thabitation Pera.
La municipalité écrivit encoreà T'assemblée
provinciale, pour Tavertirqu'aueun désordre
dans le Cul-de-Sac n'exigeoit l'envoi de
forces considérables ; que si quelque chose
pouvoit déterminer le désordre, ce seroit la
présence de ces troupes, à quiles esclaves
méme attibueroient des desseins hostiles;
elle la rendoit enfn
heurs
responsable des malquine manqueroient pas de
à une
succéder
démarche, non seulement inutile,
mais impolitique et funeste. Ces représentations, si vivement motivées; ne produisirent
rien, > et les esclaves salariés du Port-auPrince commerçoient à tout alarmer, tout
intervertir. Les officiers des bataillons de
Normandie et d'Artois, et du corps royal
d'Artillerie et du détachement de Provence,
instruits des ordres de M. de
des intentions
Saint-Léger,
perfides du
et des malheurs
Port-au-Prince,
qu'une sortiel formidable
alloit occasionner, signifierent à l'assemblée
et à la municipalité leur ferme résolution
de ne concourir à aucune action défendue
par le dépositaire et l'organe de la loi.
N'ayant d'autre alternative dans leur refus,
-
a
is, et du corps royal
d'Artillerie et du détachement de Provence,
instruits des ordres de M. de
des intentions
Saint-Léger,
perfides du
et des malheurs
Port-au-Prince,
qu'une sortiel formidable
alloit occasionner, signifierent à l'assemblée
et à la municipalité leur ferme résolution
de ne concourir à aucune action défendue
par le dépositaire et l'organe de la loi.
N'ayant d'autre alternative dans leur refus,
-
a --- Page 112 ---
(108)
celle de donner leur démission, ils la
que
le
firent constater et partirent pour
Cap.
Ils étoient peut-étre les derniers, parmiles
hommes honnêtes, que leur devoir. enchatnoit aut milieu de rebelles et de brigands.
Ils n'eurent plus aucune entrave à craindre, aucun ménagement à garder, aucune
loià respecter. Un rassemblement de troupes
de ligne, de gardes soldées, dè nègres armés et de canoniers, commandés par le
Praloto, se mit en marche le 22
brigand
l'cmars dès le matin. Un phénomène que
pinion vulgaire regarda toujours comme l'annonce du féau de la guerre, signala ce jour
de crime. Comme si la vue de ces dévastateurs, marchant pour secouer des flambeaux et agiter des poignards, et ruinerles
concitoyens, eut été aussi horrible que le
repas d'Atrée, , le soleil s'éclipsa..
L'incursion d'un troupeau de bétes sauvages et
demonstres n'auroit pas répandu plus d'effroi que cette armée en produisit dans toute
bordoient le
lap plaine. Les habitatins qui
ésclachemin furent abandonnées par les
ils laissèrent le pillage à T'ennemi,
yes.s l'atelier de Thabitation Santo - Doà qui
nembre de trois, cents 1 op
mingo, au --- Page 113 ---
(109)
posa quelqu e résistance, car il n'y avoit
pas jusqu'aux esclaves que les injustices,
les crimes du Port-au-Prince n'eussent
déterminés: sà les combatre, si
enfin
on avoit,
un signe, applaudi à leurs desseins. Pas par
seul
un
blanc, par un seul di omme de couleur;
pasane femmen'osérent attendre un ennemi
connu, non par des
victoires, 2 mais pardes
atrocités. Encore une fois; dés familles ré:
fugiées furent dispersées ; elles n'eurent; à
cette fois, d'autre asyle que dans les foréts
etsur quelques montagnes, parce que l'insurrection pénétroit par tout. Plusieurs habitans n'osérent restèr sur leurs habitations.
Avant d'aller plusi loin 5 et pour l'inielligence des faits, remontons à quelques considérations morales. Lorsqu'une
suite de
longue
récriminations a donné aux divisions publiques tous les motifs de la haine
et de la terreur 3 tous les caractères de l'acharnement et de la faction; ; lorsque l'étendard de la guerre intestine est
et
déployé
qué les noms sacrés de patriotisme et de
loi, égaleurent empruntés de part et d'autre, servent de prétexte pour les plus grands
crimes; ; lorsque les malheurs dont un parti
accable l'autre sont extrémes, et qu'ils me-
criminations a donné aux divisions publiques tous les motifs de la haine
et de la terreur 3 tous les caractères de l'acharnement et de la faction; ; lorsque l'étendard de la guerre intestine est
et
déployé
qué les noms sacrés de patriotisme et de
loi, égaleurent empruntés de part et d'autre, servent de prétexte pour les plus grands
crimes; ; lorsque les malheurs dont un parti
accable l'autre sont extrémes, et qu'ils me- --- Page 114 ---
(110)
nacent également dar vie et les fortunes ;
alors le parti foible, quoique le plus juste,
devient peu à peu comme un corps que des
maux affreux affoiblissent et désorganisent,
dont ils troublent la raison et dont ils flétrissent l'ames sans le vouloir il perd l'harmonie et la bonne intelligence quil le constituoient; les individus qui-les composent,
toujours surpris pardes vielences auxcquelles
ils ne peuvent opposer de mesures,, 2 font
un retour sur eux-mémes, et cherchent à
racheter leurivie et leur bien par'l lesacrilice
de leur opinion. Des trois espèces d'hommes
qu'on retrouve dans tous les partis 2 les
foibles ou ignorans quil ne s'étoient décidés
qu'a l'exemple de ceux dont ils s'hohorent,
cherchent à soupçonner, à accuser. même
ceux dont ils exaltoient les principesi, et
qu'ils établissoient leurs modèles. Ceux que
leur raison etleur coeur dirigent assez- bien,
dans les circonstance ordinaires, mais que
les grandes tribulations ébranlent, ne manquent pas de prétextes pour avoir des regrets 7 pour interpréter 7 pour espérer même
qu'ils peuvent se rendre aux vues, de l'ennemi, Les uns et les, autres opérent. alors
leur, propre ruine, en se contrariant dans --- Page 115 ---
a
(111,)
leur conduite; ils vont quelquefois
jus
qu'à s'accuser réciproquement; ils étabissent enfin des divisions qui contribuent à
leur destruction, Il n'y al donc alors
l'homme à caractère et imperturbable dans: que
les vicissitudes, dont l'opinion: reste toujours conforme à sa conduite, malgré
les siens l'abandonnent et.lui attribuent que
les maux dont il n'est pasila cause. Plus
sieurs de ces grandes catastmophes quiont
terminé des divisions mémorables
7. n'eurent pas d'autre cause que lai durée de la.
peine de la guerre ou de la proscription; et
c'est ainsi que les mesures d'un ennemi, accessibleatout crime,se comtlinentbienmoins
sur ses forces que sur les eflets moraux de
la foiblesse, de l'épouvante et de la misère.
Le plus grand ennemi que la colonie ait
nourri dans son - sein', étoit digne de ces
moyens : nous lui connoissons toutel'énergie
et toute la constance qui lesi enfantent.
:
Avant la sortie de sonwarmée , il avoit vu
Jes heureuxieffets de son stratageme; mais
lorsqu'elle fut en merche,la confédération
fut dissoute , nos liens: furent
chacun chérchn son salut dans la rompuss; fuitel, et
cetie fuite n'offrit de salut pour un grand
', étoit digne de ces
moyens : nous lui connoissons toutel'énergie
et toute la constance qui lesi enfantent.
:
Avant la sortie de sonwarmée , il avoit vu
Jes heureuxieffets de son stratageme; mais
lorsqu'elle fut en merche,la confédération
fut dissoute , nos liens: furent
chacun chérchn son salut dans la rompuss; fuitel, et
cetie fuite n'offrit de salut pour un grand --- Page 116 ---
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nombre, que dans les murs méme du Portau-Prince. A peine l'ennemi se fut emparé
du bourg de la Croix-des-Bouquets, que la
terreur et l'épouvante répandues jasqu'a
douze lieues à la ronde, disposèrent de
malheurs. Tous lestchefs de la
nouveaux
abandonnérent les rênes de
confédératicn
Breton dela Vilandrie et
la surveillance.
Praloto publièrent" une proclamation qui
invitoit tous les habitans à se. réunir dans
lebourg, dens le plus court délai, sous peine
d'être regardés comme traitres à la patrie.
C'est là que les plus scélérats des hommes
consomméreat: un-nouveau drime; environdu
de la force et de la tranant
spectacle
hison des honnètes citoyens', ils leur arrachèrentles serment fohanbonwererlemaies
de couleur, de les combattre, même. Quels
sei dérobèrent à ce nouvel opproques-uns bre; mais tous en gémirent dans un silence
la douleur et l'infamie.
aussi déchirant que
La fermentation des esclaves se propageoit
réunis
cependant, et quinze jours après,
au nombre de 20 mille, mais sans, ordre
et sans chef, ils tombèrent sur les ennemis
de leurs maitres ; s'offrant par-tout au fer
eti au feu, ile ne parvenoient à une ligne
rangée
robèrent à ce nouvel opproques-uns bre; mais tous en gémirent dans un silence
la douleur et l'infamie.
aussi déchirant que
La fermentation des esclaves se propageoit
réunis
cependant, et quinze jours après,
au nombre de 20 mille, mais sans, ordre
et sans chef, ils tombèrent sur les ennemis
de leurs maitres ; s'offrant par-tout au fer
eti au feu, ile ne parvenoient à une ligne
rangée --- Page 117 ---
-
(115) )
rangée en bataille, qu'en marchant
pelotons entiers des
sur des
de fer et de plomb leurs, qu'une pluye
noissoient
accabloit: : ils ne conde
d'autres moyens d'éviter les
tonnerre qu'on
coups
lançoit sur
couvrant de leurs bras
eux, qu'en
les canons des
et de leurs corps
accablés
ennemis, qui furent enfin
parle nombre,e et obligés de
en retraite jusqu'au
batttre
sant que deux cens Port-au-Prince, ne laisplus demille
morts, confondus avec
nègres. Nous n'allons
lyser ici de quelle nature
pas anaopéré dans la
étoit le désordre
plaine du
les planteurs étoient
Cul-de-Sac, dont
les citoyens de
chassés ou fagitifs, oi
forts pour maintenir couleur n'étoient pas assez
le bon. ordre, oùt les
des excès
commirent
awermmenat
abominables:
Le dernier événement
le comble
qui devoit
aux malheurs de la
mettre
d'Ouest, c'étoit le
province
vastation de la
soulèvement et la déVases. Elle ne plaine du Boucassin et des
longues tribulations s'étoit jamais ressentie des
vaux y étoient
de la contrée ; les tratrouroit quelqu'asyle réguliers et soutenus; ; on y
confédérés s'y étoient encore, Plusieurs des
réfugiés ; nul émisH
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4125-2
(114)
saire,nul Rcomhptarnyseietenree,
la garde publique, c'est tout dire, n'y paru;
rcissoit pas nécessaire. Mais vers les der- paniers jours du mois de mars, trois cens
négres armés, débarqués au BoisBlanc, 2
arrivérent de grand matin sur T'habitation
Foncault. Ils y. commirent dés cruautés in.
croyables. Plusieurs personnes quiy étoient
à demeure, furent dispersées. Ce furieux
ébranlement répandit l'alarme dans tout le
quartier ; les blancs qui purent S 'échapper,
trouvérent des bâtimens et des bateaux sur
la côte, qui les conduisirent au Port-auPrince.
Quelques jours après enfin,
plusieurs corsaires protégérentl'enlérement
des sucres.
Le desir de faire connoitre cette histoire
nous oblige de nous arréter ici, et d'en
différer la continuation, --- Page 119 --- --- Page 120 --- --- Page 121 ---
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