--- Page 1 --- --- Page 2 ---
3abir Carter Broion
Lilnary
Broum-pniwreraihy --- Page 3 --- --- Page 4 --- --- Page 5 ---
M E M OIR E
HISTORIQUE ET POLITIQUE
SU R
LA LOUISIAN E. --- Page 6 ---
IMPRIMERIE DE CHAIGNIEAU AINÉ. --- Page 7 --- --- Page 8 ---
(a08
M DE VERGENNES.
Mlanistee des Mfoivs Cumngins
Jon Lemim --- Page 9 ---
M É M O I R E
HISTORIQUE ET POLITIQUE
(SUR
LA LOUISIANE,
PAR M. DE VERGENNES, MINISTRE
DE LOUIS XVI,
Accompagné d'un Précis de la vie de ce Ministre,
et suivi d'autres Mémoires sur l'Indostan, SaintDomingue 2 la Corse et la Guyane.
Orné du portrait de M. DE VERGENNES.
A PARIS,
Chez LEPETIT jeune, libraire, Palais du Tribunat, galerie
de bois, n°. 223, et rue Pavée Andre-des-Arts, no, 28.
AN X. 1 1802, --- Page 10 --- --- Page 11 ---
P R-ÉC 1 I 2e 2e S
DE
LA VIE DE M. DE VERGENNES,
PAR LEDITEUR
Quxso tous les yeux sont fixés sur la Louisiane,
la chambre du parlement 'de la Gràndeque
lui-même retentit du bruit de sa restitution Bretagne à la France, on ne verra point sans le
plus vif intérêt le Mémoire historique et politique sur cette vaste contrée, > le plus complet
qui ait jamais paru. Mais quelque soit le degré
d'intérêt qu'inspire le sujet de cet ouvrage, il
devient beaucoup plus puissant, si l'on considère
la source d'où il est émané.
On ne peut douter que ce Mémoire ne soit sorti
delaplume de M. de Vergennes; plusieurs phrases
de son Introduction au roi, la découverte qui en
fut faite dans ses papiers, ses armes à la tête de
l'ouvrage, son style, ses pensées, tout concourt
à le démontrer. En 1768, Jorsque ce profond
politique retraça sous des couleurs si vraies et si
énergiques les intérêts des différentes puissances
de l'Europe, il donna la mesure de sa capacité
et la plus haute idée des ressources. que la France
Vergennes; plusieurs phrases
de son Introduction au roi, la découverte qui en
fut faite dans ses papiers, ses armes à la tête de
l'ouvrage, son style, ses pensées, tout concourt
à le démontrer. En 1768, Jorsque ce profond
politique retraça sous des couleurs si vraies et si
énergiques les intérêts des différentes puissances
de l'Europe, il donna la mesure de sa capacité
et la plus haute idée des ressources. que la France --- Page 12 ---
1j
PRÉCIS
pouvait attendre de ses
tiques. Sans Cesse et
combinaisons diplomala grandeur et de la plus spécialement occupé de
gloire de son
passer aucune occasion de
pays, il nelaissa
de ses veilles, de
lui consacrer le résultat
I'on découvre
ses méditations; et c'est ici
le grand ministre.
que
La France est armée
gens en
pour la cause des insurAmérique; ce
liberté, va
peuple 2 en naissant à la
peut-être aussi naitre à
Louisiane touche à ses états; si
T'ambition; la
exciter son envie!
ce vaste pays allait
Que fait M. de
dépose dans le sein du
Vergennes P il
ily
monarque ses
porte avec sa modération
inquiétudes;
de sa
ordinaire les lumières
ricains prévoyance; d'une main il donne aux Améà Louis toute espèce de seçours, de l'autre il
XVI des armes contre
remet
dort il entrevoit
ce même peuple,
d'avance les belles
peut-être l'esprit de
destinées et
au
conquête. Il fait
monarque les avantages qui
remarquer
la France du recouvrement résulteraient pour
tableau
de la
ne laisse rien à
Louisiane. Son
gu'il s'est proposé;
désirer, quant au cadre
mais il est des
piquantes concernant cette
particularités
reuse contrée, dont il n'avait immense et malheuou qu'il n'aurait
point connaisance,
dans
point jugé convenable
son
d'insérer
Mémoire; je me fais un devoir de les
blierici, et j'en garantis
puQuand
Tauthenticité
la Louisiane fut cédée à
FEspague, les
Louisiane. Son
gu'il s'est proposé;
désirer, quant au cadre
mais il est des
piquantes concernant cette
particularités
reuse contrée, dont il n'avait immense et malheuou qu'il n'aurait
point connaisance,
dans
point jugé convenable
son
d'insérer
Mémoire; je me fais un devoir de les
blierici, et j'en garantis
puQuand
Tauthenticité
la Louisiane fut cédée à
FEspague, les --- Page 13 ---
DE LA VIE DE M. DE VERGENNES. vij
des députés à la
habitans au désespoir envoyèrent
représenter la perte immense
mère patrie, pour
M. de Saincette cession lui causerait un jour.
que
était du nombre des députés, fit obtelette, qui
était même de Pinserver à cette occasion, qu'il
térêt de l'Europe et de son commerce de ne point
remettre cette possession aux Espagnols, parce
entre leurs colonies et
qu'il fallait une barrière
forment aujonrd'hui
celles de P'Angleterre, qui
Ce politique prudent,
les Etats-Unis d'Amérique.
chez quila force de P'esprit égalait celle du corps,
méfians peut-être,
prolongeait ses regards, trop
dans l'avenir. < Cette nouvelle puissance, disait-il,
dont la
doublera tous les vingt ans,
>
population colonies de l'Europe dans cette
> menace déjà les
et
du monde. Son exemple, son voisinage
> partie
dans plus ou moins de
> ses forces y amèneront,
Tindépendance des colonies espagnolos,
> temps,
> et le commerce de P'Amérique sera perdu pour
Siau contraire la Louisiane était restée
> FEurope. des Français, ou si elle y rentrait,
> au pouvoir
etles Etats-Unis,
> elle formerait, entre le Mexique
barrière
ces derniers craindraient de
> une
que
sous ce point de vue, il est même
> franchir, et,
> de l'intérêt des autres puissances commerçantes
> que la Louisiane soit remise aux Français>.
M. de Saintelette est du grand nombre de ces
hommes rares et modestes qui ne sont point assez
iane était restée
> FEurope. des Français, ou si elle y rentrait,
> au pouvoir
etles Etats-Unis,
> elle formerait, entre le Mexique
barrière
ces derniers craindraient de
> une
que
sous ce point de vue, il est même
> franchir, et,
> de l'intérêt des autres puissances commerçantes
> que la Louisiane soit remise aux Français>.
M. de Saintelette est du grand nombre de ces
hommes rares et modestes qui ne sont point assez --- Page 14 ---
sij
PXÉCIS
connus ; il avait reçu de la
corps
nature une force de
taient prodigieuse, , et les facultés de son
pas inférieures à celles de
ame n'équ'il était en
son corps. Lorssphère; le père rhétorique, il fit un traité sur la
fit mettre à la tête Buffier en fut si content qu'il le
il
de sa
reçut la visite d'un géographie. ALunéville,
des hommes les
Anglais qui passait pour un
venu exprès
plus forts de son pays : il était
ritait
pour essayer si M. de
que sa
Saintelette méréputation fat
Après plusieurs refus,
parvenue jusqu'à lui.
trop vives de
piqué par les instances
isAu moins si l'Anglais, M. de Saintelette lui dit:
mal,
je vous serre trop et
ne
queje vous fasse
manquez pas de
après l'avoir
m'avertirs,
étreint à sa
L'Anglais, 3
M, de Saintelette
manière, oublia l'avis de
qui, le
ses bras, et jetant le
voyant défaillir entre
le nez lui
sang par la bouche et
cria, en le
par
voulez done;
portant sur son lit : < Vous
monsieiur, queje vous
que vous ne criez pas >.
étouffe, puisM. de Saintelette dut la
au choix que les colons conservation de sa vie
firent de lui,
voyer en France porter leurs
pour lenjustes
tions; car, dans.son
représentaeux ne voulant
abeence, plusieurs d'entre
point se soumettre au
gnol, et sans doute ceux
joug espaqui avaient le
courage et d'attachement
plus de
pour leurs
condamnés à mort. Comme
pays furent
il n'y avait point de
.
étouffe, puisM. de Saintelette dut la
au choix que les colons conservation de sa vie
firent de lui,
voyer en France porter leurs
pour lenjustes
tions; car, dans.son
représentaeux ne voulant
abeence, plusieurs d'entre
point se soumettre au
gnol, et sans doute ceux
joug espaqui avaient le
courage et d'attachement
plus de
pour leurs
condamnés à mort. Comme
pays furent
il n'y avait point de --- Page 15 ---
ix
A VIE DE M. DE VERGENNES.
DEL
I
dans la colonie, on s'adressa à un nègre,
bourreau
de le pendre lui-même
qui refusa : on le menaça
d'absence,
s'iln'obéissait; après un quart-d'heure
sublime, revient et jette au
ce nègre, atrocement
et la hache dont il
milieu du conseil son poing
leur dit-il,
Maintenant,
venait de se l'abattre.
>. On fusilla
vous ne ferez plus de moi un bourreau
les Français (1).
connus
Ces détails étaient vraisemblablement
mais, comme Sl le dit dans
de M. de Vergennes;
il n'a
son Introduction, , en peignant des sauvages
devoir
des couleurs étrangères
point cru
employer
observa mieux
à leur description. Eh! quelhomme
et littéraires?
que lui les convenances politiques
de
Ce modèle des ministres le fut aussi des pères
famille. Qu'il me soit permis de' rappeler l'attende lui prétion du public sur ce grand homme,
d'un portrait que tous les gensde
senter l'esquisse
bien portent gravé dans leur ceur.
avait-il atteint sa
A peine M. de Vergennes
le
vingt-unième année > lorsqu'il accompagna
de
son oncle, dans l'ambassade
comte
Chavigny,
Je tiens ces faits d'un ami de M. de Saintelette,
()
lui-mme, remit à M.le
actuellement à Paris, et qui,
Louisiane, dans les
duc de Choiseuil un mémoire sur la
M. de
mêmes principes et avec les mêmes vues que
Yergennes.
ait-il atteint sa
A peine M. de Vergennes
le
vingt-unième année > lorsqu'il accompagna
de
son oncle, dans l'ambassade
comte
Chavigny,
Je tiens ces faits d'un ami de M. de Saintelette,
()
lui-mme, remit à M.le
actuellement à Paris, et qui,
Louisiane, dans les
duc de Choiseuil un mémoire sur la
M. de
mêmes principes et avec les mêmes vues que
Yergennes. --- Page 16 ---
X
PRÉCI S
du Portugal ; là s'ouvrit sa carrière
elle se couvrit d'épines, du
diplomatique;
moment
a voyéavecson oncle
qu'il fut ende
auprès de Charles VII, électeur
Bavière, successeur de
la mort de ce dernier l'empereur Charles VI;
trône une
avait armé autour de son
grande partie des puissances de
rope : Charles VII succomba.
l'Eude sa
Précipité du faite
grandeur, dont il n'avait joui
ment, chassé de ses états, il
qu'un moville, et sor infortune
porta de ville en
de
et son vain titre. Le comte
Chavigny et M. de Vergennés lui
toute espèce de consolations,
prodiguèrent
guine fut
pendant son règne,
qu'un tissu de calamités, recueillirent
ses derniers soupirs, partirent de Munich,
d'après leur nouvelle destination
et
Lisbonne.
retournèrent à
C'est alors que M. de Vergennes donna le
mier essor à ses talens
premoires sur le libre
diplomatiques;: ses Méusage de la colonie du SaintSacrement, et sur le traité de' commerce
désirait alors de conclure
qu'on
donnèrent la
avec le Portugal, en
plus haute idée. Aussi, de retour de
Lisbonne en 1749, M. de
roi ces paroles
Chavigny dit-il au
remarquables : < Le
> ciateur que j'ai
jeune négoformé, n'a plus besoin de
> secours, et j'aurai besoin des siens
mes
> nuer à servir votre
pour contimajesté; il est
> finisse ce qu'il commences,
temps que je
Cette recommanda-
èrent la
avec le Portugal, en
plus haute idée. Aussi, de retour de
Lisbonne en 1749, M. de
roi ces paroles
Chavigny dit-il au
remarquables : < Le
> ciateur que j'ai
jeune négoformé, n'a plus besoin de
> secours, et j'aurai besoin des siens
mes
> nuer à servir votre
pour contimajesté; il est
> finisse ce qu'il commences,
temps que je
Cette recommanda- --- Page 17 ---
DE LA VIE DE M. DE VERGENNES.
xj
tion valut à M. de Vergennes la dignité de ministre
de l'électeur de Trèves. On sait avec
résident près
et détruire tous les
quelle sagacité il sut paralyser
dans le congrès de
efforts de la cour d'Angleterre
Hanovre : le duc de Newcastle ne put s'empêcher
Jui-même, en écrivant à M. de Saint-Contest, de
rendre justice àla capacité danigociatour-fraaois
le début de M. de
Mais ce n'était encore que
Vergennes 3 une mission plus éclatante et desfonctions plus vastes l'attendaient sur un plus grand
théâtre: une mort subite enleva M. Desalleurs,
ambassadeur à la Porte, et M. de Vergennes fut
choisi pour le remplacer : il passa quatorze années à Constantinople.
Après la paix de 1767, les puissances du Nord
contre celles du
formaient une ligne redoutable
Midi; l'Europe était menacée d'une guerre générale : le duc de Choiseuil s'attache, pour détourner l'orage, à faire intervenir les Turcs au milieu
de cette coalition. M. de Vergennes est chargé
de mettre tout en ceuvre pour les soulever contre
mais il avait fallu du
les Russes; il y parvient;
déterminer la Porte à cette guerre 5
temps pour
des mesures sages furent appelées des lenteurs;
plus d'une fois le négociateur montrait del'opposition aux désirs du ministre; ce fut dans un de
ces momens que le duc de Choiseuil fit en peu de
mots l'éloge de la prudence et de la sagacité de
Vergennes est chargé
de mettre tout en ceuvre pour les soulever contre
mais il avait fallu du
les Russes; il y parvient;
déterminer la Porte à cette guerre 5
temps pour
des mesures sages furent appelées des lenteurs;
plus d'une fois le négociateur montrait del'opposition aux désirs du ministre; ce fut dans un de
ces momens que le duc de Choiseuil fit en peu de
mots l'éloge de la prudence et de la sagacité de --- Page 18 ---
xij
PRÉCIS
T'ambasadeur. <Le "comte de
> toujours des raisons
Vergennes trouve
> mais
contre ce qu'on lui
jamais de diflicultés
propose,
> nouslui demandions la
pour l'exécuter; et si
> rait que cela est
tête du visir, il nous écri-
> verrait>,
dangereux, , mais il nous FenM. de Vergennes obtint
pour la
son rappel et partit
la carrière, Bourgogne; bientôt il fallat rentrer dans
En 1771, il fut
en Suède : on sait
nommé ambassadeur
de la France, des qu'ily y fournit au roi, au nom
il
secours qui hâtèrent la
tion; est à présumer
révolubuèrent
que ses talens ne contripas moins à
un témoignage
l'aécélérer; ce qui lui valut
éclatant de la reconnaissance
roi, qui lui fit présent d'un
du
bague, sur laquelle était
diamant monté en
révolution : il demeura
inscrite l'époque de la
Cependant
jusqu'en 1774 en Suede.
ses longs travaux
sa santé; fatigué
avaient affaibli
par diverses
demandait Son rappel,
indispositions, il
nation à la place de lorsqu'il apprit sa nomiministre des
gères. < Un parfait accord,
affaires étran-
> s'établit entre le
dit M, Fiep-dAzyr;
> cabinet de Versailles souverain et son ministre; le
>
acquit une
marquée, et. l'on vit se
prépondérance
> de négociation où les perfectionner un systême
> que les
calculs ont plus de force
menaces, 9 et dans Jequel on
> de sang pour de vains mots
ne verse plus
de représailles, de
iministre des
gères. < Un parfait accord,
affaires étran-
> s'établit entre le
dit M, Fiep-dAzyr;
> cabinet de Versailles souverain et son ministre; le
>
acquit une
marquée, et. l'on vit se
prépondérance
> de négociation où les perfectionner un systême
> que les
calculs ont plus de force
menaces, 9 et dans Jequel on
> de sang pour de vains mots
ne verse plus
de représailles, de --- Page 19 ---
DE LA VIE DE M. DE VERGENNES. xiij
de grandeur ou de gloire, mais pour
> vengeance,
nationale ou pour obéir
à la richesse
> surveiller
> aux lois de la nécessités.
succédèrent ces
années de calme
A quelques
changèrent la face poligrands événemens qui
lasse duj joug
tique de P'Amérique septentrionale;
elle avait proclamé l'acte de son indépenanglais,
contenta
de la recondance: Louis XVI ne se
pas
naître, il la soutint par ses armes. Une paix; glo- de
la liberté des insurgés furent le prix
rieuse et
mirent le comble à la gloire
cette alliance, et
du ministre qui les avait préparées, sans cependant mettre un terme à ses succès diplomatiques;
à devenir le médiateur entre la Porte
il lui restait
à former. une.
et la Russie, à pacifier Genève,
alliance entre la France et la Hollande, et à con.
différens traités de commerce, soit avec, le
clure
soit avec-le duc de Mecklenbourg;
roi de Suède,
soit enfin avec
de Russie,
soit avec Timpératrice
a
LAngleterre.
les instructions données au
Une seule dépêche,
de
d'Estradesi immortalisérent le marquis
marquis
cours,
de
Lione; le résumé des intérêtsdes
queM,
offrit en 1768 à la cour de France,
Vergennes
eût sufli pour lui mériter une place distinguée
ont su indiquer
parmi ces hommes profonds qui
les fondemens de la prospérité publique
et poser
bien entendues.
sur une politique et unelégislation
LAngleterre.
les instructions données au
Une seule dépêche,
de
d'Estradesi immortalisérent le marquis
marquis
cours,
de
Lione; le résumé des intérêtsdes
queM,
offrit en 1768 à la cour de France,
Vergennes
eût sufli pour lui mériter une place distinguée
ont su indiquer
parmi ces hommes profonds qui
les fondemens de la prospérité publique
et poser
bien entendues.
sur une politique et unelégislation --- Page 20 ---
xiv
PRÉCI I S
Pour connaître à fond ce grand ministre, ce
n'est point assez que de l'avoir étudié au milieude
dans ses relations avec l'étranger,
ses fonctions,
dans ses écrits, en un mot dans l'éclat de sa grans
deur et de sa modestie, il est plus doux encore
de le surprendre au sein de,sa vie privée, de ses
domestiques. Placé sur le théâtre inoccupations
les
intérêts des
constant où s'agitaient
premiers
il. ne perdit jamais de vue
diverses puissances,
sut
ceux des particuliers 5 son zèle infatigable
toujours trouver les moyens deles servirtousdeux;
jamais il ne remit au lendemain ce qu'il pouvait
faire la veille; il consacrait au travail les jours
du soleiljusqu'à dix heures
entiers, depuislelever
avec
du soir; cette habitude lui était commune
même dans un âge
le cardinal de Bernis, qui,
audiences à six
avancé, donnait quelquefois des
heures du matin, pendant l'été (1).
aucune importance aux
: Il n'attacha jamais
sur-tout à la
formules consacrées par l'étiquette 2
de Monseigneur; 5 cependant, il conqualification
les
étrangères ces
serva toujours avec
puissances
des
tiennent plutôt de la dignité que
formes qui
il ne
Jamais dans ses conversations
convenances.
moins
à l'esprit, et n'en montra pas
prétendit facilité naturelle, qui résulte d'un grand
cette
(a) En 1785, il reçut à cette heure dans son palais
a'Albano T'Editeur de cet ouvrage.
Monseigneur; 5 cependant, il conqualification
les
étrangères ces
serva toujours avec
puissances
des
tiennent plutôt de la dignité que
formes qui
il ne
Jamais dans ses conversations
convenances.
moins
à l'esprit, et n'en montra pas
prétendit facilité naturelle, qui résulte d'un grand
cette
(a) En 1785, il reçut à cette heure dans son palais
a'Albano T'Editeur de cet ouvrage. --- Page 21 ---
XV
DE LA VIE DE M. DE VERGENNES.
il devait àlhabitude raifonds de connaissances;
convient aux personnée des affaires ce ton qui
sonnes et aux choses.
ne lui ôtèrent
et sa modération
Sa philosophie
entré dans la carrière
rien de sa fermeté; à peine
à Trèves,
il en donna des preuves
diplomatique,
de s'expliquer sur
àHanovre, à Manheim ; pressé
la cour
motifs de la protection accordée par
les
FAmédes Etats-Unisdel
de France aux insurgés
n'a d'antrebut
rique, <Le roi de France, dit-il,
à toutes les
de rendre le commerce libre
> que
1 nations >.
joignait
M. de Vergennes
A ces rares qualités,
difficiledont on trouverait
un désintéressement
touchans dans les répui
ment des exemples plus
et de la Grèce: A
bliques. trop vantées de Rome
seril avait rendu les plus grands
Constantinople,
jalouse de lui
vices à la chambre du commerces offrit de riches
elle
témoigner sa reconnaissmnce;
illes reà l'épouse de cet ambassadéur;
présens
des-t trésors plus
fusa: cJ'emporte; 2 leurrditil,
ceur votre estime et VOS re-
> précieux à mon
français
départ les négocians
> grets >. Après-son dans la chambre.
placèrent son portrait
de donner aux miNos rois avaient coutume
nistres, qui avaient négocié et qui étaient parvedes
consinus à conclure une paix,
gratifications
un million,
dérables; elles s'élevaient quelquefoisi
trésors plus
fusa: cJ'emporte; 2 leurrditil,
ceur votre estime et VOS re-
> précieux à mon
français
départ les négocians
> grets >. Après-son dans la chambre.
placèrent son portrait
de donner aux miNos rois avaient coutume
nistres, qui avaient négocié et qui étaient parvedes
consinus à conclure une paix,
gratifications
un million,
dérables; elles s'élevaient quelquefoisi --- Page 22 ---
xvj
PR É CIS
ou pour le moins à cinq cent mille livres
Vergennes se contenta
: M. de
del'honneur d'avoir
l'Europe et
pacifié
trésor
P'Amérique, et ce ne fut
au
qu'il dut
point
l'économie
langmentation de sa
et un ordre sévère dans
fortune;
furent P'unique
sa maison en
source. Quoique son
connue de tout le monde il
intégrité fut
, n'en fut pas moins
exposé aux instances de ces hommés
à échanger leur or contre des
accoutumés
à la:
honneurs arrachés
séduction; sa probité le rendit
à ce métal
inaccessible
corrupteur; on avait beau lui
un secret
promettre
inviolable, < Je le saurais, moi,
dait-ils.
réponAvare de faveurs, il était
le malheur était le
prodigue de bienfaits;
premier titre à sa
sa conduite envers. la mère d'
bienfesance;
tous les temps la
Asgill excitera dans
de toutes les mères. feconnaissance et la sensibilité
Dans la guerre entre l'Amérique et la Graade-Bretagne,
cier anglais, fait massacrer de Lyppincort, offiofficier
sang-froid Huddy,
américain, son prisonnier, et
C'esten vain quel M. Washington
s'échappe.
livre le coupable : le congrès arrête demandequ'onlui
officiers anglais détenus
que tous les
sort, et
prisonniers tireront au
que, pour réparation, l'un d'entr'eux
perdra la vie. Le jeune Asgill est celui
désigne; il est
que le sort
condamné, mais il n'a pas encore
subilesupplice; Washington enretardeléexécutiona
ain, son prisonnier, et
C'esten vain quel M. Washington
s'échappe.
livre le coupable : le congrès arrête demandequ'onlui
officiers anglais détenus
que tous les
sort, et
prisonniers tireront au
que, pour réparation, l'un d'entr'eux
perdra la vie. Le jeune Asgill est celui
désigne; il est
que le sort
condamné, mais il n'a pas encore
subilesupplice; Washington enretardeléexécutiona --- Page 23 ---
xvij
DE LA VIE DE M. DE VERGENNES.
le redemande à toutes
Lamère de cet infortuné lettre à M. de Verles puissances 5 elle écrit une
le ministre vole
une lettre déchirante ;
des
gennes,
à la reine; elle était mère;
etla communique
et de ceux du ministre;
larmes coulent de ses yeux
Louis XVI : le moils vont frapper au ceur de
sauvé. Bienécrit à Washington; Asgill est
narque
eut la douce satisfaction de
tôt M. de Vergennes
etles béné- 1
recevoir de vive voix les remercimens devaient
d'une mère et d'un fils qui lui
dictions
tous deux une seconde vie.
caractère
Il est aisé de concevoir combien ce actif et
les autres devait être
de sensibilité pour
c'est dans ses lettres à
constant envers sa famille;
du
trouve cet épanchement
son épouse qu'on
si salutaire à l'union
ceur, si naturel, si doux,
conjugale.
aime, écrivait-il de Suède;
<Loin de ce qu'on
des maux 5 si je
l'incertitude est le plus grand
>
ai
fait connaitre ce qu'elle me cau-
> ne vous pas
vous éviter d'en par-
> sait de peine, c'était pour
de mon.
le sentiment... Si la possession
> tager
le bonheur du vôtre, il est à
> coeur peut faire
-
autre
que celui que vous vou-
> vous sans
partage faveur de nos enfans.
> lez bien permettre en
franchit les dis-
> Rappelons-nous que l'amitié
la mienne pour vous ne les craint pas 5 je
> tances;
>
tout
tomncmrdalourdumcede
vousaimeraisdet
2*
peine, c'était pour
de mon.
le sentiment... Si la possession
> tager
le bonheur du vôtre, il est à
> coeur peut faire
-
autre
que celui que vous vou-
> vous sans
partage faveur de nos enfans.
> lez bien permettre en
franchit les dis-
> Rappelons-nous que l'amitié
la mienne pour vous ne les craint pas 5 je
> tances;
>
tout
tomncmrdalourdumcede
vousaimeraisdet
2* --- Page 24 ---
xvilj
PRÉCIS
> Les lettres de nos enfans; que vous m'avez
m'ont fait répandre des larmes; mais
> envoyées,
ce sont des larmes de joie et de satisfaction; je
>.
avidité le bien qu'on, me dit à leur
> saisis avec
fils
Constantin (c'était son
> sujet.. . Lorsque
aura trois à quatre ans de plus, et qu'il
2 ainé).
-
à rester habituellement avec moi, je
> sera d'âge
bien d'être son premier mentor>.
> me propose
De'nouvelles dignités, des occupations plus
n'apportèrent dans son coeur aucur
importantes
conservèrent le même
changement ; ses lettres
les mêmes témoignages de tenton de simplicité,
<Je vois
la séparation vous désole, 3
dresse :
que
moins cruelle;
> ma chère amie; elle ne m'est pas
suis, je n'ai pas même la con-
> isolé, commejele
assidu et
par un travail
> solation 13 lorsqu'épuisé
de repos,
dois prendre un moment
> opiniâtre, je
mon
d'avoir à mes côtés un seul être sur lequel
>
demain
Je me lèverai
> ceur puisse se reposer.
avoir plutôt de vOS
> plutôt qu'à l'ordinaire pour
dont j'ai le plus grand besoin; mon
> nouvelles,
quand vous souf-
> ame peut-elle être tranquille
> frez!
enfans avec toute la tendresse
> J'embrasse mes
eux et vous
coeur
leur est bien acquis 5
> d'un
qui
: je vous
seuls adoucir mon esclavage
> pouvez
du
dont tous en-
> rends mille grices
bouquet
de
> semble vous avez voulu me parer; ce sont-là
'à l'ordinaire pour
dont j'ai le plus grand besoin; mon
> nouvelles,
quand vous souf-
> ame peut-elle être tranquille
> frez!
enfans avec toute la tendresse
> J'embrasse mes
eux et vous
coeur
leur est bien acquis 5
> d'un
qui
: je vous
seuls adoucir mon esclavage
> pouvez
du
dont tous en-
> rends mille grices
bouquet
de
> semble vous avez voulu me parer; ce sont-là --- Page 25 ---
DE LA VIE DE M. DE VERGENNES. xix
dons de l'amitié
aident au bonheur. Mais
> ces
qui
> la saison des fleurs est passée pour moi>.
Elle n'était point passée pour lui cette saison
fleurs,
se retrouvait dans le sein de
des
quand'il
le
il était le plus content des pères,
sa famille;
Son
soin étaitde
plus heureux des époux.
premier
de leur bonheur; cette sollicitude s'és'occuper
tendait au-delà même de son existence : <J'invite
mes enfans, disait-il dans son testa--
> etj'exhorte
de leur mère, à
> ment; à ne point se séparer
> vivre, autant que faire se pourra, ensemble et
> en commun avec elle; cette union fera la con-
> solation de leur mère 3 elle confirmera en eux
des
et des sentimens ver-
> le germe
principes
à leur
> tueux que nous nous sommes attachés
tendre enfance; lunion
> inspirer depuisleur plus
> des familles en est le plus solide appui; iln'en
de
durable, si elle repose sur la
> est point
plus
> religion, Phonneur et la vertu>.
Quelle sagesse dans la disposition suivante de
<J'ordonne à mes enfans, aucet acte religieux!
> tant que mon pouvoir paternel peut mesurvivre,
> de s'abstenir de toutes discussions litigieuses endans le cas où il en surviendrait, de
> tr'eux, et,
et de déférer les
> s'abstenir des voies judiciaires,
différends
survenir à l'arbitrage
>
qui pourraient
> de leur mère, ou à son défaut, de parens et
> d'amis communs>. --- Page 26 ---
PRÉCIS DE LA VIE DE M. DE VERGRNNES.
XX
continuer le portrait de ce grand
Que ne puis-je
achever de peindre sa bonté, sa modestie
ministre,
mais il serait difficile de remplir.
et sa- candeur;
moins de mots que
mieux cette tâche et en
modeste
M. Mayer : < M. de Vergennes, dit-il, n'a été
dans_ses désirs, modeste dans ses habits,
>
ni
ses goûts; on
% connu nipour son luxe, pour
ses talens et de se's vertus:
S n'aj jamais parlé quede
ans de travail let
de quarante
> sa fortune estle prix
dans les bras de son
> d'économie >. Il mourut
février 1787.
épouse et de ses deux fils le 13
dans le
m'est
donné de pénétrer
a
Jl ne
point
encore moins
secretde nos dernières transactions,
si
de les publier sans l'aveu du gouvernement, les Anavais connaissance; mais si, comme
j'en
hautement, la Louisiane est
glais l'anuoncent
considérer cette
rendue à la France, on pourra
comme
nouvelle conquête du héros pacificateur mémoire de
beaux hommages à la
un des plus
des
reet une
plus puissantes
M. de Vergennes,
commandations pour son ouvrage.
encore moins
secretde nos dernières transactions,
si
de les publier sans l'aveu du gouvernement, les Anavais connaissance; mais si, comme
j'en
hautement, la Louisiane est
glais l'anuoncent
considérer cette
rendue à la France, on pourra
comme
nouvelle conquête du héros pacificateur mémoire de
beaux hommages à la
un des plus
des
reet une
plus puissantes
M. de Vergennes,
commandations pour son ouvrage. --- Page 27 ---
INTRODUCTION,
AU
ROL
SiRE,
LaLouisiane, ce pays immense dont
l'histoire fera le sujet du Mémoire que
Thonneur de présenter à Votre
j'ai
n'a jamais été considéré sous
Majesté, le
de vue où il devait Têtre ; les
point
moyens inouis dont on s'estservi, pour
établissement, le ridicule jeté sur
son
le systême de
ceux qui s'expatriaient, colonie était le
M. Law, dont cette
préà cacher les
texte, tout a contribué
avantages immenses que l'on pouvait
tirer de cette possession, et la France
a cédé aux Espagnols cette vaste contrée, sans que cet abandon ait, pour
ainsi dire, fait la moindre sensation. --- Page 28 ---
xxij INTRODUCTIOK
Tous ceux qui ont écrit sur la
siane ont exagéré les
Louicet établisement,
inconvéniens de
des
etn'ont jamais parlé
avantages que . l'on
rer. L'insuflisance
pouvait en retichoisis
de ceux qui ont été
pays, le pour désir administrateurs de ce vaste
de faire promptement
fortune, de
ont sans doute été les causes
l'inutilité des tentatives
faites dans cette
qui ont été
partie du monde.
Jaicherchié à démelerfoheuritee
règne sur Thistoire de ce :
qui
rassemblé des mémoires A. pays, j'ai
de gens qui ont été
sans nombré
Louisiane, et c'est long-témps à la
sans
en les rédigeant
partialité, quej'ai
celui
que j'ai Phonneur de composé
yeux de Votre
mettre sous les
- Le soulèvement Majesté,
rique
entier de l'Amé
la Louisiane, septentrionale et la position de
relative à celle
vinces
des
américaines, est une
proil est nécessaire de
époque ou
grand jour les
montrer dans le plus
immenses
noits pourrions retirer de avantages la
que
possession --- Page 29 ---
INTRODUGTIOU N. XX11)
Sans doute il faudrait ende ce pays.
tièrement changer rlessystèmes
quelon
avait adoptés, lors de son premier étachoisi de maublissement; quoiqu'onait
vais moyens pour se concilier les sauvages du pays, on était cependant parvenu à les engager dans notre alliance.
J'ai à combattre dans ce mémoire
les dépenses énormes que la France a
faites depuis un siècle, la ruine et les
staterttore
pagnies; mais Votre Majesté fut mal
servie, le royaume trompé par un vain
systême, etles cempagnies ruinées par
leurs agens.
Il faut faire un bon plan, ne point
outrer les moyens, et charger de l'exécution un citoyen dont les talens etles.
vertus seront reconnus. Le chef qui en
serait chargé doit se dévouer au prince
dont il est le ministre, à un peuple expatrié dont il est l'appui, auxi indigènes
dont il est le protecteur, et aux européens qui lui confinent, dont il est le
concurrent.
ystême, etles cempagnies ruinées par
leurs agens.
Il faut faire un bon plan, ne point
outrer les moyens, et charger de l'exécution un citoyen dont les talens etles.
vertus seront reconnus. Le chef qui en
serait chargé doit se dévouer au prince
dont il est le ministre, à un peuple expatrié dont il est l'appui, auxi indigènes
dont il est le protecteur, et aux européens qui lui confinent, dont il est le
concurrent. --- Page 30 ---
xxiv 1 NyT
RODUCTIOT N.
De T'inexécution dans
sacrés, naitraient le
ces devoirs
finances, le
désordre dans les
toyen, l'aversion découragement chez le cichez les anciens
priétaires, l'envie etl l'occasion de nuire prochez les voisins.
Je vais tâcher de déchirer le voile.
étendu sur cette partie de T'histoire. Je
désirerais pouvoir orner des grâces du
style les deseriptions
mais
que je vais faire;
en peignant des sauvages les couleurs primitives de la nature sont les
seules que je peux employer.
- --- Page 31 ---
M E M OIR E
ET POLITIQUE
HISTORIQUE
SUR
LALOUISIANE
CHAPITRE PREMIER
perdré de oue la restiImportance de ne jamais
Nécessité
tution du Canada pour la France.
d'assurer sa conservation avec
pour P'Espagne
et celles de la
ses limites et' dépendances,
Louisiane.
mille
Ox compte en Canada cent cinquante environ
de tout âge et de tout sexe, dont
ames,
cultivateurs; maisiln'ya
vingt-cinq millehabitans mille ames en état de
tout au plus que vingt-cinq
et environ
prendre les armes pour sa défense,
quinze mille sauvages.
bons
Les Canadiens sont tous catholiques >
de valeur et de zèle pourleur anfrançais, pleins
cienne patrie.
annuellement au commerce
Ce pays produisait
soit par la pêche
de France environ 16 millions,
àde la morue, soit en pelleteries. Il consommait
I --- Page 32 ---
M É M 0 I R E
denrées et marchandises
peu-près 8 millions en
des fabriques de France.
par une bonne administration,
Cès objets qui,
intéressans, doivent
seraient encore devenus plus
d'en renaturellement faire désirer aux Frànçais
devenir les maîitres. roi n'en retirait qu'environ
Il est vrai que le
mille'livres par an, et qu'il en dépensait
les frais du service.
mille pour
d'après ce point de vue, il
A ne considérer que
la perte
est évident que lon ne doit pas regretter
mais, outre qu'ily a des moyens pour
de ce pays;
ne soit à chargeà S. M.,
éviter que son entretien
plus utile et plus
et pour en rendre la possession encore des motifs
avantageuse à ses sujets, il cache
la perte.
puissans qui doivent en faire regretter ses lacs et
Le Canada tient à la Louisiane par
dans
nombre de rivières qui vont se dégorger
par
facilitent la communis
le Mississipi, et qui en
cation.
eût été d'un grand secoursàl'état,
La Louisiane
des richesses qu'elle
si Pon avait su tirer parti elleest suséeptible.
renferme, etderavantagedonte sud entre les possessions
Elle est enclavée au
terres du
elle tient, àl'ouest,aux
des Espagnols; à Pest; à la Floride.
Mexique,e et; connaissant la situation politique
Les Anglais, ;
de vains efforte
de la Louisiane, firent, en 1756,
cation.
eût été d'un grand secoursàl'état,
La Louisiane
des richesses qu'elle
si Pon avait su tirer parti elleest suséeptible.
renferme, etderavantagedonte sud entre les possessions
Elle est enclavée au
terres du
elle tient, àl'ouest,aux
des Espagnols; à Pest; à la Floride.
Mexique,e et; connaissant la situation politique
Les Anglais, ;
de vains efforte
de la Louisiane, firent, en 1756, --- Page 33 ---
SUR L A LoUISIA N E.
la possession du Canada leur
pour s'en emparer; la
et la Floride
en assure tôt ou tard conquète,
doit tomber d'elle-même lorsqu'elle se trouvera
isolée entre cette colonie et la Nouvelle-Georgie:
Dans le moment actuel, en supposant que les
Américains seront vainqueurs; et se sépareront de
ce
corps devient pour
leurs métropoles,
grand
avoir combattu pour
lors un état libre; et, après
ne
défendre ses foyers, sera-t-il assez sage pour
vouloir s'étendre? La Louisiane, la Floride 5
pas
maitres de tous les déle Mexique les rendraient
bouquemens de la mer. Ces positions politiques S,
inutiles à des colonies naissantes, deviennent nécessaires et indispensables à un étatindépendant.
Les Anglais formèrent ce vaste projet au malheureux instant où la France leur céda P'Acadie;
ont chérché querelle aux
c'est dans ce point qu'ils
ont
Français sur leurs limites en Canada, et qu'ils
commencé par leur prendre Louisbourg, que l'on
regarder comme la clef de cette province.
peut
soient les suites des éyénemens qui
Quelqués PEurope sous les armes, la France
tiennent toute
doivent s'unir pour en eipècher
et l'Espagne
l'exécution.
réunir deux
La Nouvelle-Angleterre pouvant
mille combattans, sans préjadicier à sa culcent
elle deviendra, si elle a du
ture et à ses fabriques,
redoutable.
succès, l'empire le plus vaste et le plus --- Page 34 ---
M E M o I R E
actuelle est favorable à la
Sans doute la guerre
diversion avantaqu'elle fait une
France, parce
les forces del'Angleterre;
geuse, et qu'elle épuise
sur les suites
mais il faut aussi jeter un coup-d'ail
nos COet si dans ce moment
de cet événement,
de la division qui règne
lonies tirent un avantage
de PAméles Provinces-Unies
entre les Anglais,
le joug de la métropole,
rique, après avoir secoué loi àla France et à PESseront en état de faire la
elles envahiront
dans toute T'Amérique, et
deux coupagne
moment où ces
leurs possessions au
le moins.
et de
ronnes y penseront
du Canada
de Louisbourg,
La restitution
pour empécher
sont les seuls moyens
la Louisiane,
les invasions quejappodhende est non-seulement
L'lle Royale, ou Louisbourg,
Canada,
SaintLaurent etlaj aportedu
la clefdu golfe
une forteresse et un
mais elle est en même temps
la naviau nord del'Amérique, la Floride
asile qui protège, comme le cap de
gation des Français,
celle des Espagnols.
et défend, au sud,
entre PAcadie et
prorège
située
Cette ile, qui se trouve
aux Anglais, ne
Terre-Neuve, qui appartiennent orientale et mérisans la partie
saurait se soutenir
qui en est
dionale du Canada; et cette partie, tout le cours
point d'appui, et qui couvre
de la
Tunique
est le houlevard
du fleuve Saint-Laurent,
Nouvelle-France.
gation des Français,
celle des Espagnols.
et défend, au sud,
entre PAcadie et
prorège
située
Cette ile, qui se trouve
aux Anglais, ne
Terre-Neuve, qui appartiennent orientale et mérisans la partie
saurait se soutenir
qui en est
dionale du Canada; et cette partie, tout le cours
point d'appui, et qui couvre
de la
Tunique
est le houlevard
du fleuve Saint-Laurent,
Nouvelle-France. --- Page 35 ---
LOUISTANE
SU R LA
occidentale, qui est à portée de la
La partie
est
Nouvelle-Angleterre et de la Nouvelle-Yorck,
nécessaire à la France pour veiller surles mouvecontre ses intérêts; elle est aussi
mens des Anglais
la Louisiane dans
à portée de secourir et défendre
elle en est comme la citadelle,
un temps de guerre;
le
l'entrée et les approches par
qui en défend
haut du Mississipi.
et est à portée
La Louisiane couvre le Mexique,
de secourirla Floride.
de la
Il pouvait y avoir dans les dépendances
-
Louisiane - environ cinq mille Européens avec six
mille nègres, de tout âge et de tout sexe, et environ vingt-cing mille guerriers sauvages.
Ces sauvages, bien gouvernés et sagement conformer une
duits, joints aux Canadiens, peuvent
et ces forces, bien discipliarmée considérable;
seraient en état de contrebalancer
nés et pourvues,
les
l'ambition des Américains, et de protéger possessions françaises et espagnoles.
des observations qui doivent
Voila une partie
obtenir
réunir les Français et les Espagnols pour
la restitution du Canada, et qui doivent engager
derniers à nous rendre la Louisiane, que nous
ces
leura avons cédée sans réflexion, et qu'ils ont acceptée de même.
L'immensité des possessions sous la domination
lui ôte la possibilité de veiller à
du roi d'Espagne --- Page 36 ---
0o
M E M O I.R2 E
leurs
conservations; et le conseil de Madrid
être dédommagé des
crut
la Havane
la
pertes qu'ilavait éprouvées à
par concession de la
calculer qu'il lui serait
Louisiane, sans
établissemens
impossible d'y forier les
gu'au
nécessaires pour le conserver 3 et
contraire, les Français se
ainsi dire, enclavés entre le
trouvant, pour
les Américains
Mexique et la Floride,
tive
ne pouvaient faire aucune tentasans que les querelles ne devinssent celles des
deux
couronnes, et nous devenions
lors
alliés nécessaires du roi
pour
les
de ces colonies.
d'Espagne. pour la défense
ens
impossible d'y forier les
gu'au
nécessaires pour le conserver 3 et
contraire, les Français se
ainsi dire, enclavés entre le
trouvant, pour
les Américains
Mexique et la Floride,
tive
ne pouvaient faire aucune tentasans que les querelles ne devinssent celles des
deux
couronnes, et nous devenions
lors
alliés nécessaires du roi
pour
les
de ces colonies.
d'Espagne. pour la défense --- Page 37 ---
A N E.
S UR -L A LOUISI
CHAPITRE II
limites du Canada et de la Louisiane.
Des
ARTIC L E P R E M I E R.
de la partie orientale et
Limites et dépendances
méridionale du Canada.
du Canada,
La partie orientale et méridionale
Canceau
s'étend, de l'est au nord, depuis le cap
le
et 'de l'est à Vouest, depuis
jusqu'à Gaspé,
Richelieu, le lac
golfejuqu'ala rivière Sorel ou
Champlain et celui du Saint-Sacrement. lieues du
On compte environ cent soixante
cent
à la rivière de Richelieu, et environ
golfe
de PAcadie à la côte méridionale
vingt des câtes
du fleuve Saint-Laurent. midi, tout le pays qui se
Elle comprend > au
les côtes de
trouve entre le fleuve Saint-Laurent, la rivière
celle de Pentagoët, et jusqu'à
P'Acadie,
de Kinibequi et de la Nouvelle-Angleterre ,etles
les Achemins ou Malacites,
Les Abenakis, dans cette étendue de pays.
Mikmaks, habitent
la baie FranL'ile Royale, celle de Saint-Jean,
de Cobeguit ou des Mines, adjacent
çaise , le pays
de P'Acadie et de Port-Royal,
àla côte occidentale
inclusivement,
jusqu'à la baie de Chedabouctou,
dépendent de cette partie. --- Page 38 ---
M É M 0 I R L
A R T I C L E II
de la partie occidentale
Limites et dépendances
du Canada.
du Canada,
occidentale et méridionale
La partie
de la rivière Sorel
commence à T'embouchure d'est-a-dire à quinze
dans le fleuve Saint-Laurent;
lieues au-dessus de Montréal.
de sa partie
du nord au sud,
A Elle est séparée,
lac Chamcette même rivière, parlel
orientale par
et des possesplain et celui du Saint-Sacrement, des Apalaches.
sions des Anglais, parles montagnes chaîne d'enqui forment une
Ces montagnes,
d'étendue, depuis le lac
viron sept cents lieues
espagnole,
jusqu'à la Floride
du Saint-Sncrement
aussi distincteracine > séparent
où elles prennent
de la Nouvelle-Anglement la Nouvelle-France séparent, en Europe,
terre, que les monts Pyrénces
la France d'avec PEspagne. jusqu'à la baie des
Elle s'étend au nord-ouest sud
TOhio et la
et elle est bornée au
par
au sudNoquets, Charbons, qui prend sa source
rivière aux
ouest de la Virginie.
cents lieues de la
On compte environ quatre
s'appelait autrefois
(*) La rivière Sorel ou Richelieu, c'était la route la plus
la rivière des Iroquois, parce que
dans le fleuve.
ordinaire de ces sauvages pour se rendre
avec PEspagne. jusqu'à la baie des
Elle s'étend au nord-ouest sud
TOhio et la
et elle est bornée au
par
au sudNoquets, Charbons, qui prend sa source
rivière aux
ouest de la Virginie.
cents lieues de la
On compte environ quatre
s'appelait autrefois
(*) La rivière Sorel ou Richelieu, c'était la route la plus
la rivière des Iroquois, parce que
dans le fleuve.
ordinaire de ces sauvages pour se rendre --- Page 39 ---
SU R L A LOUISIAT N E.
rivière 'Sorel à la baie des Noquets, et trois cent
sources dela rivière aux Charsoixante jusqu'aux
Casaona.
bons, que les Anglais appellent
Elle comprend, dans ses dépendances, le lac
Supérieur, la baie des Puans, le lac Michigan,
le lac Crié, le lac Ontari, les
celui des Hurons, 3
TOhio
cantons des Iroquois et tout ce pays que
arrose jusqu'à sa chute, et qui se trouvent au sud
Charbons, entre la belle rivière
de la rivière aux
et les montagnes des Apalaches.
A R T I C L E IIL
Limites, et dépendances de la Louisiane.
La Louisiane s'étend du nord au sud depuis les
sources du Misissipijusqu'au golfe du Mexique.
Elle comprend au nord toutes les terres et
rivières à l'ouest de la baie des Noquets et du lac
tout le
des Illinois, tout le cours V
Michigan,
pays
de Louaback et de lOhio, depuis son embouchure
sa
chute, à cindans le' Mississipi jusqu'à grande
lieues au-dessous de la rivière à la Roche.
quante
Elle comprend au sud-est, c'est-à-dire audessous de TOhio, depuis sa grande chute, oula
rivière aux Charbons, toutes les terres et rivières
la
qui se trouvent entre les montagnes Apalaches,
Floride espagnole elaNtunpijbepeahmbse
chure de ce fleuve dans le golfe du Mexique.
du
dont vais
Cette courte description
pays
je --- Page 40 ---
M EM o' I R E
afin de démontrer les comparler était nécessaire,
et
qui existent entre ces deux pays,
munications
établir,malgré) Japro:
les relations que l'on peut
de riviéres non
digieuse distance, par des çours
de huit
dans une étendue de près
interrompues vais maintenant prouver les droits
cents lieues. Je
France sur ces pays. Je préincontestables de la
seul projet d'insViens que ce mémoire n'a quele
vais donner paraîtront
truire; les détails quej je
désire ramener à
peut-être arides, mais comme je
preuves
mon opinion , je ne dois négliger aucunes
de mes assertions.
éres non
digieuse distance, par des çours
de huit
dans une étendue de près
interrompues vais maintenant prouver les droits
cents lieues. Je
France sur ces pays. Je préincontestables de la
seul projet d'insViens que ce mémoire n'a quele
vais donner paraîtront
truire; les détails quej je
désire ramener à
peut-être arides, mais comme je
preuves
mon opinion , je ne dois négliger aucunes
de mes assertions. --- Page 41 ---
LOUISIAN E..
SUR LA
CHAPITRE IIL
de la France SUT la partie orientale et
Droits
Discussions avec les
méridionale du Canada.
Anglais.
découvrirent les côtes du
Es 1504 les Français
d'Honflear reCanada, et en 1506 Jean-Denis
côtes, et
leva le gissement du golfe et desdites
en donna une carte.
Florentin, muni de
En 1523, Jean-Verazani reconnaitre le pays,
cette carte, fut envoyé pour
au nom de François premier.
et en prit possession
de Saint-Malo fut
Cartier
En 1534, Jacques
amiral deFrance,
expédié par Philippe de Chabot;
et
les découvertes de Verazani,
pour continuer
M. de la 3/
il fut de nouveau expédié par
en 1595
Meilieraye, vice amiral,
reconnut, dans ces deux voyages,
Ce navigateur
Breton, à l'entrée du.
les iles Baccalaos, au cap
auquel il donna le nom de Saint-Laurent;
golfe,
orientale et méridionale du Canada,
toute la côte
tout le cours du
qu'il nomma la Norimbegue;
la bourfleuve, depuis son embouchure jusqu'à
et
d'Hochelaga, qu'il appela Montroyal,
gade
sur la côte. septentrionale,
enfin le Saguenay. 2 --- Page 42 ---
M É M o I R E
au nom de
possession de tout ce pays
et reprit
François premier.
de Roberval
de. Laroque
En 1540, François
et vice-roi
de Norimbegue
fut nommé seigneur
Hochelaga, Saguenay et Baccalaos.
du Canada,
vice-roi fut prendre possession
En 1541, ce
des troupes et
de son gouvernement, y transporta fleuveet ylaissa
bâtit un fort sur le
des habitans,
Cartier.
sous les ordres de Jacques
garnison
la mort de M. de Roberval,
En 1598 et après
au marquis
Henri IV accorda ce gouvernement fit un établisla même année,
de La Roche, qui,
lieues au sud de
sement à l'ile de Sable, à trente
Royale,
Baccalaos,
Tentemmedeatehaties
les côtes de PAcadie.
eti il reconnut
le marquis de
En 1600, M. Chauvin, remplaça
le sieur de
La Roche et fit un établissement avec
à Tadoussac, sur le Saguenai.
Pontgravé
Chitte,gouverneur
Ena603,le scomumandeurded de M. Chauvin.
obtint la commission
de Dieppe,
Mont succéda au commandeur
En 1604, M. de
du Canada, et y
de Châtte dans le gouvernement
des troupes et des habitans.
de
transporta
et Samuel
La même année ce gouverneur visitèrent tout le
Champlain, parcoururent et
avoir rede la Norimbegue, et après
continent
de la Péninsule, qu'ils
connu la côte méridionale
qui
Acadie, du nom des sauvages
appelèrent
la commission
de Dieppe,
Mont succéda au commandeur
En 1604, M. de
du Canada, et y
de Châtte dans le gouvernement
des troupes et des habitans.
de
transporta
et Samuel
La même année ce gouverneur visitèrent tout le
Champlain, parcoururent et
avoir rede la Norimbegue, et après
continent
de la Péninsule, qu'ils
connu la côte méridionale
qui
Acadie, du nom des sauvages
appelèrent --- Page 43 ---
SUR LA. LOUISIA N E.
Thabitaient; ils firent un établissement à l'ile de e
Sainte-Croix, vers l'entrée de la baie française et
à seize lieues dela rivière Saint-Jean.
L'année suivante, 1605, M. de Mont bâtit
Port-Royal, sur la côte occidentale de l'Acadie,
et M. de Poutrincourt, son lieutenant et' son associé, à quiil céda ce poste, le fit fortifier en 1 606:
M. de
fonda la ville de
En 1 1608;
Champlain
du fleuve de
Québec, sur la rive septentrionale
Saint-Laurent, à cent douze lieues au-dessus de
son embouchure dans le golfe.
En 1613 les Français, aux ordres de
M. de la Saussaye, firent un établissement sur
la rivière de Pentagoët, à quinze lieues de celle
de aineattasass
En 1621, les. Anglais voyant P'inaction des
Français pour se rétablir sur les côtes de l'Acadie
et de la Norimbegue, et ayant eu le temps d'en
connaître les avantages pour la pêchede la morue,
inspirèrent au chevalier Guillaume-, Alexandre,
comte de Sterlin, d'en demander la concession à
Jacques premier, et ce princeluiaccorda, la même
(*) La même année quoique la Grande-Bretagne fut
en paix avec la France, des armateurs de la Virginie, aux
ordres de Samuel Argall, détruisirent cet établissement,
ainsi que ceux de Sainte-Croix et de Port-Royal, et en
chassèrent les Français sans s'y établir. --- Page 44 ---
M É M 0 I R E
Argall,
non-seulement le pays pris par
année,
les iles et le continent de la
mais encore toutes
la
orientale
c'est-à-dire toute partie
Norimbegue,
dans l'idée et sous le
du Canada,
et méridionale
n'était habité que par
prétexte que tout ce pays
Guillaume, condes sauvages ; mais le chevalier
de cette concession au préjudice
naisantlinjustice
d'être la dupe des dédes. Français, et craignant
ferait poury! former un établissement;
penses qu'il
officier
en prendre
envoyer un
pour
se contenta d'y
divisa toute cette
possession à son nom, lequel
il donna à la
étendue de pays en deux provinces ;'
le
connue sous le nom d'Acadie,
Péninsule,
la Norimet il appela
nom de Nouvelle-Ecosse,
Nouvellebegue et tout le reste du continent,
Alexandrie.
fut restitué à la France
En 1623, tout ce pays
par Charles premier.
fortifia Québec.
En 1624, M. de Champlain ordres. de David
En 1629, les Anglais, aux
les guerres
surprirent les Français pendant
Kerlk,
du Canada.
de la Rochelle et semparérent à la France, par
En 1652, ils le restituèrent
et M. de
le traité de Saint - Germain - en-Laye,
fut renvoyé en qualité de gouverneur
Champlain y
général.
toute la partie orientale et
La même année,
sous le règné
méridionale du Canada fut partagée,
En 1629, les Anglais, aux
les guerres
surprirent les Français pendant
Kerlk,
du Canada.
de la Rochelle et semparérent à la France, par
En 1652, ils le restituèrent
et M. de
le traité de Saint - Germain - en-Laye,
fut renvoyé en qualité de gouverneur
Champlain y
général.
toute la partie orientale et
La même année,
sous le règné
méridionale du Canada fut partagée, --- Page 45 ---
SUR : L A LOUISIA NE.
Louis XIII, en trois provinces , dont les goude
furent accordés, savoir:
vernemens et la propriété
et tout ce qui est au sud-ouest jusqu'à
Port-Royal
commandeurdel Razillys
laNanelie-Angltemeae
Canceau,
P'Acadie, depuis Port - Royal jusqu'à
les
à M. de la Tour; et la côte orientale, compris Caniles de Saint-Jean ét du cap Breton, depuis
ceau jusqu'à Gaspé, à M. Denis.
à
En 1653; M. de Razilly ft un établissement
la Heie, rétablit Port-Royal letle fortdePentagoët.
M. de la Tour en bâtit un autre à T'embouchure
auquel il donna son nom.
de la rivière Saint-Jean,
suivante à l'ile
M. Denis en bâtit un l'année
Royale, qu'il appela le fort Saint-Pierre.
la
En 1654, les Anglais s'emparèrent, pour
et
troisième fois, de FAcadie ou Nouvelle-Ecosse,
de la province de Pentagoët.
deux
le
de ces
proEn 1662, gouvernemeht
chevalier
vinces fut donné, par Charles II, au
Temple.
rendit à la France, par
En 1667, 3 P'Angleterre
dans la
le traité de Breda, toutes ses conquêtes
méridionale du Canada 5 et le
partie orientale et
muni des ordres et des pouvoirs
chevalier Temple,
fit la
au
Britannique : en
restitution
de sa majesté
plénipotentiaire du
chevalier de Grand-Fontaine,
roi-de France:
solennel,
Il fut reconnu, en 1670, par un acte
la France, par
En 1667, 3 P'Angleterre
dans la
le traité de Breda, toutes ses conquêtes
méridionale du Canada 5 et le
partie orientale et
muni des ordres et des pouvoirs
chevalier Temple,
fit la
au
Britannique : en
restitution
de sa majesté
plénipotentiaire du
chevalier de Grand-Fontaine,
roi-de France:
solennel,
Il fut reconnu, en 1670, par un acte --- Page 46 ---
M É M 0 I R E
40 à Bostôn le 7 juillet de la même année, que
passé
s'étend depuis le Pentagoët justout le pays qui
irrévocablement à la
qu'à Boston, appartiendrait
France.
le chevalier de GrandLa même année 1670,
la
et bâtit un fort sur
Fontaine en prit possession
rivière Saint-Jean, sous le nom de Jemset.
nombre d'habitans Anglais vinrent
En 1671, bord de la mer, entre le Kinibequi
s'établir sur le
la France
prouvé que
et le Pentagoët: 5 mais
ayant
la
le Kinibequi fesait les bornes de ses possessions,
les rappela et les fit rentrer dans
Crande-Bretagne
les terres de sa domination.
M. de Chambli fut nommé gouverEn 1675,
à la place du
neur de l'Acadie et de Pentagoët,
chevalier de Grand-Fontaine.
un
En 1674, les Anglais ayant armé, à Boston,
flamand, firent une
corsaire avec un équipage
méridionale de la
invasion, sur la côte
quatrième
et s'emparèrent, par surprise,
Nouvelle-France,
et de Jeimset; mais l'auteur
du fort de Pentagoët
la Grandeéayant été désavoué par
de cettehostilités
n'eut pas d'autres suites;
Bretagne, cette entreprise
fut renvoyé en
en 1676, M. de Chambli y
et,
de PAcadie et des autres
qualité de gouverneur méridionale de la Nouvelleprovinces de la côte
la
devint en même e-1 temps
France; Port - Royal
capitale de son gouvernenient.
de Jeimset; mais l'auteur
du fort de Pentagoët
la Grandeéayant été désavoué par
de cettehostilités
n'eut pas d'autres suites;
Bretagne, cette entreprise
fut renvoyé en
en 1676, M. de Chambli y
et,
de PAcadie et des autres
qualité de gouverneur méridionale de la Nouvelleprovinces de la côte
la
devint en même e-1 temps
France; Port - Royal
capitale de son gouvernenient. --- Page 47 ---
SUR L A LouIsiA A N E.
Anglais, profitant de la négligence
En 1680;les
fortifier dans leurs
s'établir et se
des Français pour
le fort Pennkuit entre le
possessions, 2 bâtirent
Kinibequi et le Pentagoët.
de PAcadie,
l'amiral Phibz s'empara
En 16go 5
et
et du fort de Chedabouetou,
ou Port-Royal,
trouvèrent, à prèter
força les habitans, qui s'y
l'année
mais
serment de fidélité au roi Guillaume;
le chevalierde Villebon y arriva en quasuivante, 2
releva de leurs sermens,
lité de commandant et les
conditionnel de leur part,
qui ne fut jainais que.
et de toute
et reprit possession du Port-Royal
PAcadie.
En 1696, MM. Dhiberville et de Saint-Castein
et détruisirent le fort de Pennkuit, qui
prirent échec les
de la France.
tenait en
possessions
les Anglais firent un débarLa même année,
à Beaubassin, dans la baie française;
quement avoir forcé les habitans à renouveler par
et, après
de fidélité au roi Guillaume,
écrit leurs sermens
le feu tous leurs
ils pillèrent et détruisirent par
établissemens.
de'la
En 1697, PAcadie et les autres provinces
méridionale du Canada furent rendues àl la
partie
commissaires
France par le traité de Risvik, ,etles
le réglement des limites dans cette
nommés pour
les
fixées à la rivière Saint-George,
partie, 2 ayant
leur
entre le Kinibequi et Pentagoët,
réglement
--- Page 48 ---
M É M o I R E
par M. de Villier,
et ratifié, en 1700,
fut confirmé
et par
sa
de majesté Tres-Chrétienne,
de la, part
de sa majesté Britannique.
M. de Sourdic, dela part recommencèrent leurs
En 1707, Jes Anglais
en 1710, le géentreprises contre T'Acadie, et,
et de
s'empara de cette province
néral Nicolson
commandant le sieur
où il laissa pour
Port-Royal,
à FAngleterre
Vesche, avec ordre de soumettre
aux envihabitans qui se trouvaient
le pays et les
mais les vexations que ce
rons de cette place;
leurs
les obliexerçait à
égards,
commandant
et les sauvages
N
en 1711, à se révolter,
fit
gérent,
que ce commandant
détruisirent les troupes
marcher pour les réduire.
à TAnla France céda, à perpétuité en son
En 1713,
PAcadie
gleterre, par le traité d'Utrecht,
limites,
conformément à ses anciennes
entier,
ajourd'hui
ainsi que la ville de Port-Royal,
tout ce
damapolis-Réal, et généralement
nommée
terres et iles de ce pays-là.
qui dépend des
plutôt en possession
Les Anglais ne furent pas le projet de s'emqu'ils formèrent
de TAcadie,
tout le continent qui sépare
parer peu-à-peu de
pour
de la Namell-Angetere,
cette province
fleuve SaintLaurent
les maitres:
onis-re-alnatee
et s'en rendre aujourd'huil
par gagner les
à cet effet,
J
Ils commencèrent, faveur des propositions avan
Abenaquis, et, à la
-là.
qui dépend des
plutôt en possession
Les Anglais ne furent pas le projet de s'emqu'ils formèrent
de TAcadie,
tout le continent qui sépare
parer peu-à-peu de
pour
de la Namell-Angetere,
cette province
fleuve SaintLaurent
les maitres:
onis-re-alnatee
et s'en rendre aujourd'huil
par gagner les
à cet effet,
J
Ils commencèrent, faveur des propositions avan
Abenaquis, et, à la --- Page 49 ---
SUR L A LOUISTANE
leur firent, ils obtinrent la pertageuses qu'ils
de traite sur
mission d'aller établir des hangards
mais les peuples s'étant bientôt
le Kinibequi;
s'étaient servi de ce
apergus que les Anglais ne
construire des forts sur leurs
prétexte que pour
d'en vouloir à leurs
terres, et les sonpçonnant établissemens et les
libertés, ils détruisirent leurs
chassèrent de chez eux.
les Anglais tentérent en vain d'y
En 1721,
le baron de Saint-Castein;
rentrer, et regardant
commandant de Pentagoët, et un missionnaire
comme deux obstacles à leurs entre
français,
contre le droit des
prises, ils enlevèrentle premier
inhumainementle second:
V
gens, et massacrèrent
chérissaient et
les
les
qui
Les sauvages 2 qui
comme leurs pères (pour
avaient toujours regardés
à
de leurs
se disposaient
me servir
expressions), de toute leur
les venger et menaçaient les Anglais
mais M. de Vaudreuil profitant de l'ascenfurcur;
s'en servit.pour
dant qu'il avait sur ces barbares,
les appaiser.
La
toujours
aatremhesdonetosmple
France,
dissimula de pareils forfaits,
de la modération,
qui avaient
dans l'espérance que les commissaires
des
déjà entamé leurs opérations pourle réglement
rétabliraient enlin lordre et la tranquillité
limites,
dans ce pays.
confiance
C'est aussi dans cette même
quedepuis --- Page 50 ---
M É M 0 I R E
le traité d'Aix-la.Chapelle, sa majesté Très-Chrénon-seulement surlesefforts
tienne a fermélesyeux
n'ont cessé de
et les manceuvres que les Anglais
soulever toutes les nations de PAméfaire pour
mais encore
rique septentrionale contre ses sujets,
sur leurs invasions sur FOhio en 1753.
Les Anglais ont mis enfin le comble àleur
mauvaise foi par les attentats qu'ils ont commis
guerre dans laquelle
en1754,et quiaoccsionnélag
à
suite d'inconduite a donné des désavantages
une
n'a été terminée que par la
la France, et qui
cession -
de tout ce vaste continent aux Anglais
en 1763.
éfaire pour
mais encore
rique septentrionale contre ses sujets,
sur leurs invasions sur FOhio en 1753.
Les Anglais ont mis enfin le comble àleur
mauvaise foi par les attentats qu'ils ont commis
guerre dans laquelle
en1754,et quiaoccsionnélag
à
suite d'inconduite a donné des désavantages
une
n'a été terminée que par la
la France, et qui
cession -
de tout ce vaste continent aux Anglais
en 1763. --- Page 51 ---
SU R L A LOUISIANE.,
CHAPITRE I V.
Droits de la France sur la partie occidentale et
méridionale du Canada. Discussions avec les
Anglais.
Ex1555,Jacques Cartier lesicuridePontbrimn,
de la Pommeraye et de Gogelle, découvrirent les
occidentaledu Canada, ,àlouest
terres de la partie
des montagnes Apalaches - 2 dont la bourgade
d'Ochelaga ( aujourd'hui Montréal) est la capitale, et en prirent possession au nom de François
premier,
En 1603, MM. de Champlain et de Pontgrave
firent un établissement au Saut Saint-Louis, à
trois lieues au-dessus de Montréal.
En 1609, les Algonquins, qui étaient les peuV
ples les plus anciens et les plus distingués de cette
partie; vinrent demander l'amitié des Français et
se soumettre à leur domination.
Toutes les nations qui habitent sur le bord des
lacs suivirent successivement leurs exemples.
Il n'en fut pas de même des Iroquois, séparés
-
depuis long temps des Algonquins et devenus redoutables par le nombre des nations qu'ils avaient
vaincues et incorporées dans leurs cantons. La
France ne put les subjuguer que par la force des --- Page 52 ---
M: É M 0 I R E
de conquérir leur pays
armes, et elle fut obligée
du sang de
et aux dépens
par de longues guerres
ses sujets.
du
En 1642, M. de Montmagny, , gouverneur
et fit construire
Canada, bâtit et fortifiaMontréal,
de
même année le fort de Sorel, à al'embouchure
la
la rivière de Richelieu.
du
M. de Lauzon, alors gouverneur
En 1656,
les
et, les ayant
Canada, subjugua enfin Iroquois,
avec
V
il établit chez ces peuples un poste
soumis,
les ordres du sieur Dupuis.
garnison, sous
c'est-à-dire en 1658, les naDeux ans après,
etles Anglais, leurs
tions auxquelles les Hollandais à feu, se révolvoisins, avaient fourni des armcs
et leur
contré les Français
tèrent à leur instigation
déclarèrent la guerre.
c'estEn 1662, les trois cantons supérieurs, et les
les Onnontagués
à-dire Tsonnouthouans,
à la France
de nouveau
Goyogaoins, se soumirent
et demandèrent la paix.
la leur acEn 1665, M. le marquis de Tracy
marcha en même-temps
corda; mais ce vice-roi
les plus
contre les Agniers et les Ouneyouths, chassés
et les ayant
voisins de la Nouvelle-Yorck,
il reprit
de chez eux et détruit leurs établissemens,
possession de leur pays.
fit bâtir le fort
La même année, M. de Tracy
de Chambli sur la rivière de Richelieu,
demandèrent la paix.
la leur acEn 1665, M. le marquis de Tracy
marcha en même-temps
corda; mais ce vice-roi
les plus
contre les Agniers et les Ouneyouths, chassés
et les ayant
voisins de la Nouvelle-Yorck,
il reprit
de chez eux et détruit leurs établissemens,
possession de leur pays.
fit bâtir le fort
La même année, M. de Tracy
de Chambli sur la rivière de Richelieu, --- Page 53 ---
SUR LA LOUISTANT E.
ces révoltés se soumirent comme les V
En 1668,
detrois autres cantons, et tous les cinc ayant
M. de Courcelles, sucmandé des missionnaires,
la même
cesseur de M. de Tracy, leur en envoya
année.
les
M. de
En 1670, la paix faite avec
Iroquois,
Courcelles, gouverneur, , et M. Talon, intendant,
chez toutes les nations alliées.
la firent publier
de l'ouest V
En 1671, tous les peuples du nord,
le roi de France pour leur
et du sud, adoptèront
père et leur souverain, et se déclarèrent ses fidèles
général à
sujets. M. de Saint-Luçon, > subdélégué
homleurs
Montréal, fut visiter leurs côtes, reçut
solennelle de leur pays.
mages 3 et reprit possession
Frontenac fit
La même année, M. le comte de
Cataroconi), à l'entrée
bâtir le fort (aujourd'hui
du lac Ontario.
bâtirent un autre à
En 1673, les Français en
entre le lac Huron et le lac
Michilimakinak,
Supérieur.
En 1678, le chevalier de la Sale, gouverneur
reconnut les sources de TOhio,
de Cataraconi, du lac Ontario et du lac Crié, et
tous les bords
établit un poste à Niagara, entre ces deux-lacs.
bâtirent un fort au détroit,
En 1685,les Français
entrele lac Criéet
sur le bord du lac Sainte-Claire,
celui des Hurons.
excités.
La même année, les Iroquois, toujours --- Page 54 ---
M É M O I R E
la paix avec les nations
par les Anglais, rompirent
leurs alliées.
devenu gouEn 1684, le commodor Dougan,
séducverneur de la Nouvelle-Yorck, enrôla, par
tion, les cantons des Agniers et des Ounciourhs,
voisins; et, après leur avoir fait
ses plus proches
il les déterarborer les armes du duc d'Yorck,
les
à se révolter contre
mina, par ses largesses,
Français.
leur fournit des
En 1687, ce même gouverneur des défenses de
armes et des munitions, au mépris marcher avec
et les fit
sa majesté Britannique,
contre
les Mahingans, nation de sa dépendance,
Montréal.
de Denouville
La même année, le marquis
après les avoir subjugués
marcha contre eux, et,
à la France, ce
et soumis de nouveau leur pays
fit fortifier le fort de Niagara.
gouverneur
chevalier d'Andros, successeur de
En 1688, le
dans la
au lieu de maintenir ces nations
Dougan,
il les engagea, par ses
paix dont elles jouissnient,
contrel les Français.
largeses, à reprendrelesarmese
battit les
En 1689, le comte de Frontenac
Corlar
devant Québec, et prit le fort de
Anglais
Les Iroquois lui endans la Nouvelle-Yorck.
réclamer la
voyèrent aussitôt des députés pour
leur 'soumission
paix, et des ôtages pour garantir
leurs néalaFrances mais les Anglais rompirent
ses
paix dont elles jouissnient,
contrel les Français.
largeses, à reprendrelesarmese
battit les
En 1689, le comte de Frontenac
Corlar
devant Québec, et prit le fort de
Anglais
Les Iroquois lui endans la Nouvelle-Yorck.
réclamer la
voyèrent aussitôt des députés pour
leur 'soumission
paix, et des ôtages pour garantir
leurs néalaFrances mais les Anglais rompirent --- Page 55 ---
SUR L A LOUISIAT N E.
intrigues,
gociations, et les entretinrent, parleurs
dans leur révolte jusqu'en 1698.
lechevalier de Belomont, nouLa même année,
se rendit
de la Nouvelle-Yorck,
veau gouverneur
renouveler
sur les frontières des Iroquois, pour
alliance avec eux. Il leur fit, à cette occasion,
considérables; mais ayant voulu les
des présens
obliger à reconnaitre le roi de la Grande-Bretagne
brôlerent,
pourleur souverain, ces] peuplesindignés
tous les papiers
en sa présence et en plein conseil,
avaient
que les gouverneurs ses prédécesseurs leur ils lui
donnés en signe d'alliance et d'amitié, et
déclarèrent, avect fierté, queles Anglais ne seraient
frères, et qu'ils ne reconnnitraient
jamais queleurs
le roide France.
jamais d'autre souverain que
instruitde
En 1700, le chevalier de Belomont,
la mort du comte de Frontenac 2 fit de nouvelles
asservir les Iroquois à la Grandetentatives pour
à cet effet, les chefs et
Bretagne; il convoqua,
mais tous
confédérés des cing cantons à Orange,
refusèrent à son invitation, et lui firent rése
qu'ils seraient toujours
pondre, par ses envoyés, n'iraient les voir qu'à
amis des Anglais, mais qu'ils
faire la
leur retour de Montréal, où ils allaient
avec leur souverain et recevoir ses ordres.
paix La même année ils envoyèrent des députés au
V -
de Callière, successeur du comte de
chevalier
d'oublier leur conduite
Frontenac, pour le prier
à Orange,
refusèrent à son invitation, et lui firent rése
qu'ils seraient toujours
pondre, par ses envoyés, n'iraient les voir qu'à
amis des Anglais, mais qu'ils
faire la
leur retour de Montréal, où ils allaient
avec leur souverain et recevoir ses ordres.
paix La même année ils envoyèrent des députés au
V -
de Callière, successeur du comte de
chevalier
d'oublier leur conduite
Frontenac, pour le prier --- Page 56 ---
M É M o 1 R E
plus
lui déclarer qu'ils ne sécarteraient
passée, et
devaient au roi de France >
qu'ils
de Tohéissance
fidélement soumislui seraient toujours
et qu'ils
satisfait de leurs démarches,
M. de Calliere,
voulant la cimenter
leur accorda la paix; mais nations du nord, de
éclat, avec toutes les
suiavec
pour l'année
l'ouest et du sud, il convoqua,
à Montréal.
une assemblée générale
et
vante 5
les députés des Iroquois
Ce fut en 1701 que
à Montréal au
de toutes les nations se rendirent avoir renou-
- nombre de treize cents, et qu'après
et remis
soumissions au roi de France,
fut
velé leurs
5 la paix générale
leur pays sous sa protection
dans cette caconclue et ratifiée solennellement les nations.
chez toutes
pitale, et publiée
ou Loups; originaires
En 1702, les Mahingans situés au nord de la riet
abandela Nouvelle-Yorek,
des Anglais,
vière d'Orange, mécontens
firent alliance
leurs terres héréditaires,
s'établir
donnèrent
leurs voisins, et vinrent
avec les Agniers
et chez les Andastes
chez eux du côté des Français, sur la rivière de
Chonanoas,
et Chats, , anjourd'hui
IOhio.
hollandais, devenu
En 1704, Pitre Schuillier,
mit tout en
de la Nesvelle-Yorck,
pays
gouverneur
Iroquois à vendreleur
usage pour rengagerles efforts n'aboutirent qu'à
à TAngleteres mais ses
et de comeux un traité de neutralité
faire avec
Agniers
et chez les Andastes
chez eux du côté des Français, sur la rivière de
Chonanoas,
et Chats, , anjourd'hui
IOhio.
hollandais, devenu
En 1704, Pitre Schuillier,
mit tout en
de la Nesvelle-Yorck,
pays
gouverneur
Iroquois à vendreleur
usage pour rengagerles efforts n'aboutirent qu'à
à TAngleteres mais ses
et de comeux un traité de neutralité
faire avec --- Page 57 ---
SU R L A LoUISI A N E.
SI
déterminer quelques bourgades du
merce, et qu'à
à
de son gouMahingans et d'Agniers sapprocher
sur
vernement, et à étendre leurs établissemens
les terres qu'ils avaient abandonnées.
sé- V
des cantons des Iroquois,
En 1709, quatre
ayant
duits par le désir d'avoir de l'eau-de-vie,
la
de bâtir des
accordé aux Anglais permission
fit
Pitre Schuillier en
forts sur leurs frontières,
distance depuis
construire plusieurs de distance en
la pointe du sud du lac Champlain.
Orange ejusqu'àl
La même annéc, ces quatre cantons sejoignirent
à deux mille Anglais, et marchèrent contre Montréal; mais ils ne furent pas plutôt en marche, que
tombèrent malades :
la plupart de leurs guerriers
àl la boisson N
maladies
ces sauvages attribuantleurs
de leurs alliés, par quiils se crurent empoisonnés,
les mémoires de ces temps disent qu'ils empoisonnèrent à leur tour, avec les peaux de bêtes qu'ils
les eaux d'une rivière, sur les bords
écorchaient,
de laquelle les Anglais étaient campés.
le
de probabilité de ce conte, il est V
Malgré peu
beaucoup de
certain que les Anglais perdirent
régnait dans leur armée;
monde de Pépidémie qui
le sieur Vesche, qui les commandait, fut obligé
et
retraite
et de brûler, en se
de faire une
précipitée
Schuillier
retirant, les bateaux et les forts que
avait fait construire pour cette expédition.
crurent que c'était l'effet de leur
Les Iroquois
conte, il est V
Malgré peu
beaucoup de
certain que les Anglais perdirent
régnait dans leur armée;
monde de Pépidémie qui
le sieur Vesche, qui les commandait, fut obligé
et
retraite
et de brûler, en se
de faire une
précipitée
Schuillier
retirant, les bateaux et les forts que
avait fait construire pour cette expédition.
crurent que c'était l'effet de leur
Les Iroquois --- Page 58 ---
M É M 0 I R E
fait périr une partie du détaperfidie qui avait
d'appaiser
chement anglais, et ils s'empressèrent
M. de Vaudreuil, alors gouverneur
les Français.
grâce; pour lors, les cinq
du Canada, leur accorda résolus d'ètre en garde
cantons se réunitent, bien
et ces peuples,
contre la séduction des Anglais;
d'ètre fidelecetinstant, n'ont jamais cessé
depuis
à la France.
ment soumis et attachés
appris, par le
cantons ayant
* En 1712,1 les cinq
que le roi de
gouverneur de la Nouvelle-Yorck, à r'Angleterre ,
France venait de céder leur pays
pour
délai des députés à Orange,
envoyèrent sans
cession faite sans leur conprotester contre cette
aux Anglais,
sentement, et déclarirenthattenents n'avaient aumenace de les détruire, qu'ils
avec
leurs terres; et qu'étant devenus
droits sur
les
J cuns
du roi de Françe long-temps avant
les enfans
devinssent leurs voisins 2
avoir connus, et qu'ils
le roi de la Grandejamais
ils n'accepteraient maitre et pour leur souverain.
Bretagne pour leur déconcertés par la force des
Les Anglais, aussi
qu'effrayés de leurs
de ces députés
et
protestations
alors qu'à les appaiser,
menaces, ne songèrent
chargés de présens.
les renvoyèrent
désespérant d'assujettir
En 1715, les Anglais, nécessité de justifier,
nations, et sentant la
ces
s,lesdroits qu'ils avaient
pardevant des commissaires,
asemblèrent) les
fait valoir à Utrecht sur leur pays,
Anglais, aussi
qu'effrayés de leurs
de ces députés
et
protestations
alors qu'à les appaiser,
menaces, ne songèrent
chargés de présens.
les renvoyèrent
désespérant d'assujettir
En 1715, les Anglais, nécessité de justifier,
nations, et sentant la
ces
s,lesdroits qu'ils avaient
pardevant des commissaires,
asemblèrent) les
fait valoir à Utrecht sur leur pays, --- Page 59 ---
SUR L A LOUISTA N E.
les déterminer à leur
cinq cantons à Orange pour
l'obtenir, et
en faire la vente; mais n'ayant pu
offert un tribut annuel et les marchanleur ayant
meilleur marché que les Français,
dises à moitié
de
leur permirent, à ces conditions,
ces peuples
de traite surla rivière d'Osvego,
bâtir un hangard
en renouvelant avec eux un traitéde
ou Chouagen, 5
neutralité et de commerce.
de
En 1727, le chevalier Brunet, gouverneur
obtenu, à force de pré-,
la Nouvelle-Yorck, ayant
du canton des Onontagues la permission
sens,
sur la rivière
d'agrandir le hangard d'Osvego,
le métamorphosa en forChouagen ,le gouverneur
teresse, et y bâtit à l'entour quelques cabanes
les traiteurs. Les autres cantons, qui en
pour
voulurent aussitôt le détruire, 2
prirent ombrage,
mais M. de Beauharet frapper sur les Anglais,
de
nais les arrèta; et ce général s'étant contenté
faire des sommations et de protester contre cette
le chevalier Brunet trouva le secret d'apinvasion, les cantons plaignans à force de largesses,
paiser
maintenus.
etles Anglais s'y sont toujours
La même année, les Français bâtirent le fort de
la Couronne, à la pointe du sud-ouest du lac
Champlain.
En1744, les Anglais firent de nouvelles tentatives pour acquérir quelques droits sur le pays des
Iroquois; ils conyoquèrent les cinq cantons à Lan-
de protester contre cette
le chevalier Brunet trouva le secret d'apinvasion, les cantons plaignans à force de largesses,
paiser
maintenus.
etles Anglais s'y sont toujours
La même année, les Français bâtirent le fort de
la Couronne, à la pointe du sud-ouest du lac
Champlain.
En1744, les Anglais firent de nouvelles tentatives pour acquérir quelques droits sur le pays des
Iroquois; ils conyoquèrent les cinq cantons à Lan- --- Page 60 ---
M É Mo I R E
5 mais ni leurs présens, 3
castre, dans la Pensilvanie donnèrent, ne purent
nil la pompe des fètes qu'ils
qui ratides sauvages,
rien gagner sur l'esprit
neutralité et de
sculement leur traitéde
fièrent
commerce.
voulant se rendre les
En 1752, les Anglais
de nouveaux
coursdel'ohio, envoyèrent
maitresdu
sujets et alliés des Français,
présens aux sauvages,
mais M. Duquesne,
soulever contre eux;
plusieurs
pourles
du Canada, instruit que
réalors gouverneur
à la
se disposaient
i
de ces peuples, déjà séduits, des troupes sur les
volte, fit avancer 2 en 1753, contenir, et rompit,
bords de cette rivière pourles
par les Anglais
les mesures prises
par ce moyen,
pour sy établir.
plus compter
les Anglais, ne pouvant
En 1754,
exécuterleurs prosnrle secours dess ssauvages] pour Apelaches, leurs
franchirent les montagnes vinrent bâtir à
jets,
d'armée 2 et
limites 2 avec un corps
de la France, le
sur les domaines
force ouverte,
sud-ouest de la Pensilvanie,
fort de Nécessité, auet M. de Contreceur,
surla rivière Malenguenlées
les ayant fait
commandant les troupes françaises 2
de forces
de se retirer, et n'ayant pas oflicier se
sommer
contraindre, cet
suffisantes pour les y de cette même rivière 5
fortifia à Fembouchure fort
et il
rOhio, et y bâtit le
Duquesne,
dans
leur invasion.
arrèta, pour un moment 2
a
de Nécessité, auet M. de Contreceur,
surla rivière Malenguenlées
les ayant fait
commandant les troupes françaises 2
de forces
de se retirer, et n'ayant pas oflicier se
sommer
contraindre, cet
suffisantes pour les y de cette même rivière 5
fortifia à Fembouchure fort
et il
rOhio, et y bâtit le
Duquesne,
dans
leur invasion.
arrèta, pour un moment 2
a --- Page 61 ---
SUR L A LOUISIA N F.
Par ces détails, il est aisé d'apercevoir la chaîne
de tous les événemens 5 etje crois avoir débrouillé
avec assez d'ordre le chaos qui règne sur toutes
les histoires de ce pays, qui, n'ayant jamais inté- V
ressé la nation entière, a souvent été regardé d'un
coup-d'eil très-indifférent. --- Page 62 ---
M E M d I R E
CHAPITRE V.
Discussions
Droits de la France sur la Louisiane.
avec les Anglais.
jésuite, et le sieur
Ex 1675,le père Marquet, expédié par M. de
bourgeois de Québec,
Joliet,
à louest du lac MichiFrontenac, découvrirent,
le fleuve du Mississipi.
récollet,
gan,
le père Hennepin,
En 1679 et 1680, reconnaître ce fleuve, et
et le sieur Dacan, furent lieues au nord , jusqu'au
trois cents
le remontèrent
; et, la même
Saint-Antoine, vers ses sources;
Sault
de la Sale en prit possession
année, le chevalier
solennelle.
de la Sale et M. le chevalier de
En 1682, M.
de la Louisiane et le
Tonti découvrirentles terres
ison
depuis les illinois,jusqu'a
cours du Mississipi,
du Mexique, et en
embouchure dans le golfe
deLouis XIV.
également possession au nom
les
prirent
jls firent alliance avec
La même année,
ils bâtirent les forts de
nations des Illinois, ou
où ils établirent
Crevecceur et de Saint-Louis,
garnison.
chevalier de la Sale remonta
En 11683, le même
de
avoir recommufenbendhere
à Montréal, > après
et établit, par cette
rOhio dans le Mississipl,
Mexique, et en
embouchure dans le golfe
deLouis XIV.
également possession au nom
les
prirent
jls firent alliance avec
La même année,
ils bâtirent les forts de
nations des Illinois, ou
où ils établirent
Crevecceur et de Saint-Louis,
garnison.
chevalier de la Sale remonta
En 11683, le même
de
avoir recommufenbendhere
à Montréal, > après
et établit, par cette
rOhio dans le Mississipl, --- Page 63 ---
SUR LA LOUISIA NE.
du Canada et de" la
rivière, la copmunication
les fondemens.
Louisiane, dont il venait de jeter
capitaine de vaisEn 1699, M. Diberville, des habitans à la
seau, transporta des troupes et
T'embouchure du Mississipi; et,
Louisiane, par
et bâti un fort
après avoir fait un établissement
dans la baie de Biloxi;vers la rivière de Pasgade tout le
goulas, cet oflicier reprit possession
et il
nom de sa majesté Très-Chrétienne,
pays,au
commandant.
y laissa M. de Sauvolles pour
mois de septembre dela même année 1 1699;
Au
les Anglais, conduits par des déserteurs français, >
vinrent à la découverte des embouchures du Misun bâtiment de douze canons; mais le
sissipi-avec
chevalier de Bieuville, lieutenant et commandant
M. de Sauvolles avait établi sur ce
d'un poste que
fleuve, les força à se retirer.
En 1700, M. Diberville transporta de'nouveaux
habitans à la Louisiane, et établit un fort à Pile
vers Fembouchure du Mississipi;
de Toulouze, >
Saint-Louis.
auquel il donna le nom de fleuve
En 1701, les Français frent un établissement
un autre fort sur la rivière de la
et bâtirent
Mobille.
le même M. Diberville établit ret
En 1702, l'ile Dauphine au sud de la Mobille, à quafortifia
rante lieues àl'est du fleuve Saint-Louis.
En 1708, laFrance envoya de nouveaux habi3 --- Page 64 ---
M É M o I R E
M. Diron Dastagnette,
tans à la Lonisianc, avec
commissaire ordonnateur.
de la Virginie
La même année, les gouverneurs des déserteurs
et de la Caroline, instruits, la par Louisiane et des
frangais, de la situation de
formèrent le
chemins pour y pénétrer par terre, et de sy établir,
d'en chasser les Français
de ce
projet
révolter contre eux les peuples
en fesant
continent.
mêmes déserteurs, sous
de ces
Ils se servirent
des Anglais de
desquels ils envoyérent
les
la conduite
considérables pour
confiance avec des présens
colonie; mais ils
notables de cette
nations les plus
les Chicachas,ler
faire alliance qu'avec
autres
2 ne purent
et ils n'obtinrent des
Natchés et les Jazons,
traiter chez elles.
la permission de venir
les limites et
que
Louis XIV détermina
à
En 1712,
conformément
de la Louisiane,
des
les dépendances
et céda, par
celles que lon a déjà désignées, colonie à M. Crozat, pour
lettes-patentes, cette
hâter l'établissement.
établisen
firent différens
En 1713, les Français la rivière d'Ouabache, et
semens aux 1linois, sur ainsi que sur les bords
bâtirent plusieurs forts,
la naviy
en assurer et protéger
du Mississipi, pour
gation et la communication. multiplièrent leurs
La même année, les Anglais
maisles
de la Louisiane;
traiteurs dans les nations
zat, pour
lettes-patentes, cette
hâter l'établissement.
établisen
firent différens
En 1713, les Français la rivière d'Ouabache, et
semens aux 1linois, sur ainsi que sur les bords
bâtirent plusieurs forts,
la naviy
en assurer et protéger
du Mississipi, pour
gation et la communication. multiplièrent leurs
La même année, les Anglais
maisles
de la Louisiane;
traiteurs dans les nations --- Page 65 ---
SUR L A LOUISIA NE.
ombrage de leurs intrigues
Tchactas ayant pris
aussi turbusecrètes avec les Chicachas, peuples
N
ils les
les chaslens que les Iroquois,
pillérent,
les
sèrent de chez eux 2 et se liguèrent avec
les Kaioutais et les Cheraquis, contre
Alibamons, ,
incursions des
les entreprises des Anglais et les
Iroquois,
excepté les ChiEn 1714, toutes ces nations,
et
cachas, situées entre les montagnes Apalaches
des Illinois et dela rivière des
le Mississipi, au sud
aux
des députés
anciens Chouanous, envoyèrent
frent aldemander leur amitié,
Français pour
mirent leur
sous leur
liance avec eux et
pays
protection. suivante 1715, les Français furent'les
L'année
avoir reconnu les terres à l'ouest
visiter, et; après ils bâtirent le fort de Toulouze aux
de la Caroline,
lieues au nord de la
Alibamons, à cent cinquante
Mobille, et ils y établirent garnison.
Louis XV céda, par de nouvelles
En 1717,
la Louisiane à la compagnie
lettres-patentes 2
d'Occident, et, la même année, cette compagnie
fit bâtir la Nouvelle-Orléans, à l'est du Mississipi,
lieues au-dessus de son embouet à trente-cinq
les établissechure, et cette compagnie augmenta
mens et les fortifications de cette colonie.
de la Virginie.et de
" En 1729, les gouverneurs
d'amitié
la Garoline parvinrent à faire un traité
1717,
la Louisiane à la compagnie
lettres-patentes 2
d'Occident, et, la même année, cette compagnie
fit bâtir la Nouvelle-Orléans, à l'est du Mississipi,
lieues au-dessus de son embouet à trente-cinq
les établissechure, et cette compagnie augmenta
mens et les fortifications de cette colonie.
de la Virginie.et de
" En 1729, les gouverneurs
d'amitié
la Garoline parvinrent à faire un traité --- Page 66 ---
M E M 0 I R E.
les Cherakis, et obtinrent
et de commerce avec
d'un tribut annuel enl
de ces peuples, au moyen munitions 2 la permarchandiscs, en armes, en de traite dans leurs
mission d'établir des magasins
cantons et sur leurs rivières.
instruits. que la
La même année, les Anglais, envoyèrent des préLouisiane manquait de tout,
et aux nations
- aux Chicachas
et
sens considérables. les attirer dans leur parti
leurs alliées, pour
mais il n'y eut que les
les exciter à la révolte;
de leurs
Jazons qui, à Tinstigation
Natchés et les
touslesFrantetimasaerirent
traiteurs, surprirent
çais établis chez eux.
des Chicachas
Anglais se servirent
à
En 1751,les
de la Louisiane secouer
exciter. les nègres
jouir chez eux
pour
et à venir
le joug de la servitude,
mais M. de Peret de la liberté;
les esde Vabondance
heureusement que
rier ayant découvert
de mettrele feu aux
claves avaient formé le projet
pour favocoins de la Neurelle-Odléans, fit arrêter et exéquatre
riser leur fuite, ce gouverneur
, et cet acte
des conjurés
décuter les principaux
dans le devoir, et
retint les autres
de justice
des Anglais.
leur
truisit T'espérance
les Kaouitas, en
En 1735, ils séduisirent Cherakis, un tribut
offrant, de même qu'aux à meilleur marché
annuel, et les marchandises avec cux, a ces conIls firent
que les Français.
équatre
riser leur fuite, ce gouverneur
, et cet acte
des conjurés
décuter les principaux
dans le devoir, et
retint les autres
de justice
des Anglais.
leur
truisit T'espérance
les Kaouitas, en
En 1735, ils séduisirent Cherakis, un tribut
offrant, de même qu'aux à meilleur marché
annuel, et les marchandises avec cux, a ces conIls firent
que les Français. --- Page 67 ---
E.
SUR L A LOUISTAN
traité d'amitié et de commerce , et
ditions, un
d'établir,
la permission
en obtinrent également
de traite.
dans leurs cantons, un hangard
et de
les
assurés de l'amitié
En 1735, Anglais,
Kaouitas
neutralité des Cherakis et des
qui,
la
forces
leur
leurs situations et leurs
> pouvaient de
par
communication avec lintérieur
interdire toute
toutes sortes de secours
la Louisiane, enyoyèrent
leurs entreaux Chicachas, et ayant gagné, par
ils les
les Tchactas de la. partie de Pest,
inises, déterminèrent à faire avec eux une guerre ouverte
aux Français.
furent obligés de fournir
En 1736, les Français
aux Tchactas de la partie de P'ouest,
des armes
leurs ennemis, et marpour se défendre contre
Chicachas et leurs
chèrent avec eux contre les
nombre de
alliés, armés par les Anglais, qui, au
dans
le trouble
deux mille combattans , portaient
bâtirent
avoir défaits, ils
toute la colonie. Aprèsles
du
des
fort à Tombekbé, dans le centre
pays
un
mirent
pour s'opposer
Tchactas, et y
garnison, nouvelles indes Anglais et aux
aux entreprises
cursions de ces sauvages.
de la Virginie et de
En 1754, les gouverneurs
les chefs
à Carleston,
la Caroline, convoquérent,
confédérés des Cherakis et des Kaouitas, pour
et
de fortifier chez
les engager à leur permettre
de traites, et d'y établir gareux leurs magasins --- Page 68 ---
M É:M o I R E
de la Louinison. M. de Kerlerée , gouverneur d'adhérer à leurs desiane, empécha ces peuples
leurs projets.
mandes et déconcerta
incontestable,
Ces faits, établis d'une manière les terres, lacs
évidemment que toutes
et
prouvent
orientale, occidentale
et rivières de la partie
apparméridionale du Canada et de IaLouisiane,
et
droit .de découverte
tiennent à la France par
et établissedroit de possession
de conquête 2 par
ment antérieur à tout autre.
la nature et
Nous allons maintenant examiner les Anglais
la valeur des titres en vertu desquels
la propriété.
en réclamaient
lis d'une manière les terres, lacs
évidemment que toutes
et
prouvent
orientale, occidentale
et rivières de la partie
apparméridionale du Canada et de IaLouisiane,
et
droit .de découverte
tiennent à la France par
et établissedroit de possession
de conquête 2 par
ment antérieur à tout autre.
la nature et
Nous allons maintenant examiner les Anglais
la valeur des titres en vertu desquels
la propriété.
en réclamaient --- Page 69 ---
5 U R L A LOUISTANET
CHAPIT R E VI. -
de LAngleterre sur la partie
Titres et prétentions
orientale du Canada.
Os observe d'abord que les Anglais n'ont songé
qu'en
à s'établir dans l'Amérique septentrionale Elisabeth;
l'année 1584, sous le règne de la reine
environ cinquante après que Jacques
c'est-à-dire,
solennelle de toute la
Cartier eut pris possession
du Canada, au
partie orientale et occidentale
nom de François premier.
pour
On observe que P'Angleterre n'y envoya,
fois, des habitans qu'en 1785, sous
la première
c'est-à-dire, que
les ordres de Richard Greniville;
établissement, dans cette région,
leur premier
ans après que la
n'a eu lieu que quarante-quatre des troupes et des
France.e eut envoyé un vice-roi, furent établis et
habitans en Canada, et qu'ils se
fortifiés sur le fleuve Saint-Laurent. n'ont comOn' observe encore que les Anglais
mencé à établir la Nouvelle-Plymonth, aujour- c'estqu'en 1614;
d'hui la Nauvlle-Angletere, MM. De Mont et Chamà-dire neuf ans après que
de toute
plain eurent reconnu et repris possession
côte méridionale du fleuve Saint-Laurent jusla
qu'au cap Codd. --- Page 70 ---
M É M 0 I R E
n'ont bâti Boston, au
On observe enfin qu'ils
c'est-à-dire vingtnord dudit Cap, qu'en 1630, eurent bâti Portcinc ans après que les Français
de T'Acadie,
de la côte occidentale
Royal, au nord
eurent construit celui
et dix-sept ans après qu'ils
et la rivière
entre le Kinibequi
de Saint-Sauveur,
de Pentagoët.
Cabot, vénitien de
Il est vrai que Sabastien
d'Henri VII,
nâtion et muni d'une commission T'Amérique septendécouvrit
roi d'Angleterre,
trionale en 1497.
des faits que je viens -
Mais outre P'exactitude évidemment queles And'établir et qui prouvent à la France tout le terglais ont au moins usurpé
versles sources
rain au nord du cap Codd, jusque lacs d'Ouradu Kinibequi, d'est-à-dire jusqu'aux se faire un titre
T'Angleterre ne saurait
tous
mana,
puisque
des découvertes de ce navigateur,
et assu-.
s'accordent sur son compte
les historiens
dans son voyage nulle part
rent qu'il ne débarqua
fit
les
et qu'il ne qu'apergevoir
sur le continent,
côtes de Terre-Neuve. de comparerles prétenJe ne puis m'empêcher à celle d'un voyageur qui,
tions de VAngleterre,
une bourse sans se
aurait aperçu
dans sa route, de la ramasser, et qui apprenant
donner la peine
des effets précieux et
ensuite qu'elle renfermait actif que lui s'en serait
qu'un autre voyageur plus
rent qu'il ne débarqua
fit
les
et qu'il ne qu'apergevoir
sur le continent,
côtes de Terre-Neuve. de comparerles prétenJe ne puis m'empêcher à celle d'un voyageur qui,
tions de VAngleterre,
une bourse sans se
aurait aperçu
dans sa route, de la ramasser, et qui apprenant
donner la peine
des effets précieux et
ensuite qu'elle renfermait actif que lui s'en serait
qu'un autre voyageur plus --- Page 71 ---
SUR LA LOUISIA: N E.
emparé, se croirait en droit den réclamer la propriété, parce qu'il l'aurait aperçue le premier.
L'Angleterre prétend quelorsque nous lui avons
cédé PAcadie en 1715, par le traité d'Utrecht,
nous lui avons cédé en mème temps tout le pays
c'est-à-direle pays des Mines
qui lui est adjacent,
la côte de
et le Cobeguit, la Baye-Française
Kinibequi, celle de Canceau
Pentagoët jusqu'au
jusqu'à Gaspé, et généralement toutes les terres,
lacs, rivières et baies qui forment la partie orientale et méridionale du Canada.
Mais cette prétention n'est pas moinsi injuste et
moins dénuée de fondement, ce qui m'est trèsfacile à prouver.
1°, En 1535, les Français comprirent tout le
continent de cette côte, sous le-nom de Norimbegue, et lorsqu'en 1604 ils eurent reconnu la
méridionale de la Péninsule, ilsla nommèpartie
Phabitaient.
rent Acadie, du nom des sauvages qui
2°.En 1621, le udnolsco-lume-Alesadisy
comte de Sterlin, devenu propriétaire de tout ce
la concession de Jacques premier, roi
pays par
il le partagea lui-même en deux
d'Angleterre,
provinces, et donnale nom de Nouvelle-Alezandre
à la Norimbegue, et celui de Nouvelle-Ecosse à
PAcadie.
50, La France étant rentrée en possession de
ce pays en 1632 par le traité de Saint-Germain-
2°.En 1621, le udnolsco-lume-Alesadisy
comte de Sterlin, devenu propriétaire de tout ce
la concession de Jacques premier, roi
pays par
il le partagea lui-même en deux
d'Angleterre,
provinces, et donnale nom de Nouvelle-Alezandre
à la Norimbegue, et celui de Nouvelle-Ecosse à
PAcadie.
50, La France étant rentrée en possession de
ce pays en 1632 par le traité de Saint-Germain- --- Page 72 ---
M É M o I R E.
je Pai dit ci-dessus 3
en-Laye, en fit, ainsi que
distinparticuliers, et qu'elle
trois gouvernemens
des deux autres.
toujours celui de P'Acadie
gua
France et l'Angleterre ne connais4o. Que la
sous le nom d'Asaient, lors du traité d'Utrecht, de la Péninsule,
cadie, que la côte méridionale de Sable,forme
qui, depuis Canceaujusqu'an cap
lieues de
étendue de pays de quatre-vingts
une
neuf et treize lieues
T'estàl'ouest, sur dix, quinze,
fait un condu nord au sud, ce qui
de
de profondeur
lieues
d'environ deux cént vingt-cing
tour
borné au nord-est par la
France, lequel pays est
rivière ChabénaSaumons, le lac et
rivière aux
exclusivement, et par
cadie, et celle de Pigiguit
inclusivement.
le lac Rossignol et le cap Fourchu, regardaient pour
50. Que ces deux puissances
comme un établissement
lors la ville de Port-Royal
et que la cession
au-delà des limites de PAcadie, motivée dans l'arn'en fut
expresse et particulière idée et afin de prévenir
ticle XII, que dans cette
cette
discussion dans
partie.
tout doute et
iliest de droit et de règle
Qu'en fait de cession,
clairs et distincts
et motiver en termes
de stipuler
cède et transporte.
tout ce qu'on
et dont les Anglais ne
Ces principes posés, 2 évident que la France
disconvenir, il est
ou
peuvent
regardé TAcadie,
ont toujours
et PAngleterre
distincte
comme une province
Nouvelle-Ecose,
cette
discussion dans
partie.
tout doute et
iliest de droit et de règle
Qu'en fait de cession,
clairs et distincts
et motiver en termes
de stipuler
cède et transporte.
tout ce qu'on
et dont les Anglais ne
Ces principes posés, 2 évident que la France
disconvenir, il est
ou
peuvent
regardé TAcadie,
ont toujours
et PAngleterre
distincte
comme une province
Nouvelle-Ecose, --- Page 73 ---
SUR LANLOUISIA N E.
et séparée de la Norimbegue, ou NouvelleAlexandrie.
Il est évident qu'au moment des discussions,
les deux puissances n'ayant jamais connu d'autres
celles
viens de
limitesà cette province que
dontje
parler, la Grande-Bretagne ne pourrait former
de prétentions légitimes S que sur le pays que la
France lui avait cédé en termes clairs et distincts.
Or, comme la France n'a cédé clairement et
disdinctenetyparfarticde XII du traitéd'Utrecht,
que l'Acadie en son entier, conformément à ses
anciennes limites, et la ville de Port-Royal, il est
incontestable que l'Angleterre ne pouvait avoir
aucuns droits sur la Norimbegue; c'est-à-dire,
sur les terres, lacs, baies et rivières qu'elle comprend, jusques aux côtes de la Nouvelle-Angleterre, et qui se trouve au-delà des bornes de
l'Acadie et de Port-Royal.
Il est vrai que l'article XII, qui motive la cession de l'Acadie et de Port-Royal, dit et porte en
même-temps, que la France cède à l'Angleterre
généralement tout ce qui. dépend desdites terres
et iles de ce pays-là.
Mais outre que cette addition n'ajoute rien aux
'concédés, il est évident qu'elle ne peut avoir
pays objet que les terres et iles enclavées dans le
pour
continent del l'Acadie et de Port-Royal, puisque,
suivant les principes établis, il est certain que $1 --- Page 74 ---
M E M o I R E
étendro
eussent prétendu
la France etl'Angleterre
au-delà de ses
les dépendances de cette province aurait motivé
anciennes limites, l'article XII en
celle
la cession, comme il a motivé
distinctement
donc, sans
les Anglais ne purent
de Port-Royal;
mauvaisefoi,s se
tatiersnlym
leurs prétentions.
le même article ajoute,
n est encore vrai que l'avenir aux sujets de
à
qu'il ne sera pas permis d'exercer la pêche à
Tres-Chrétienne
sa majesté
des, côtes de la Nouvelle-Ecose,
trente lieues près
à l'ile de Sable incluau sud-est, en commençant sud-ouest.
sivement, et en tirant au
n'ont eu garde de
Mais outre que les Anglais
été formelleleur a
changer le nom au pays qui
clause n'interment cédé, on observe que cette
des côtes
la pêche que le long
disait aux Français
motivant ni la cession de
de YAcadie, et que ne de la côte de Pentagoët,
la baie frangaise, , ni celle
la propriété et) le
la France en a toujours conservé
droit de les pratiquer.
ladite clause n'était pas
Il est donc évident que
celle que je viens
plus favorable aux Anglais que
la Grandederéfuter, etl'on peut en conclure l'article que
XII du
n'avait pu trouver, dans
Bretagne
légitimes pour
traité d'Utrecht, aucuns prétextes
orientale
sur la partie
étendre ses prétentions au-delà des limites de
du Canada,
et méridionale
PAcadie et de Port-Royal.
it de les pratiquer.
ladite clause n'était pas
Il est donc évident que
celle que je viens
plus favorable aux Anglais que
la Grandederéfuter, etl'on peut en conclure l'article que
XII du
n'avait pu trouver, dans
Bretagne
légitimes pour
traité d'Utrecht, aucuns prétextes
orientale
sur la partie
étendre ses prétentions au-delà des limites de
du Canada,
et méridionale
PAcadie et de Port-Royal. --- Page 75 ---
N E.
SUR L A LOUISIAN
VIL
C HAPITRE
de VAngleterre sur la partie
Titres et prétentions
du Canada.
occidentale et méridionale
L/ANGLETERRE prétend que les monts Apalaches
été les limites de ses possossions dans
n'ont jamais
T'Amérique septentrionale.
il ne faut que
Pour détruire cette prétention,
déjà dit, et remonter jusse rappeler ce que jai
Thistoire nous
qu'aux premiers événemens que
les Suétransmet à cet égard; on y apprend que Nouvelledois et les Hollandais ont découvert la
la Pensylvanie et la Nouvelle-Belgiques
Jersey :
sont établis qu'en 1614, long-temps
qu'ils ne s'y
eurent pris possession du
après que les Français
Apalaches ; et que 2
pays à P'ouest des montagnes
qu'ils ont été possesseurs de ces trois propendant
comme les
vinces, ils ont regardé ces montagnes
limites de leurs domaines.
les maitres de
Les Anglais, ne sont devenus
donné
à laquelle ils ont
la Nouvelle-Belgique,
qu'en 1667,parlo
le nom de la Nouvelle-Yorck,
cette époque jusqu'en
traité de Bréda 5 depuis
les montagnes
1753, ils ont eux-mêmes respecté décidées, et qui
Apalaches, comme des bornes
leurs possessions
séparaient , sans équivoque,
d'avec celle de la France. --- Page 76 ---
M É M O I R E
d'autant plus certain et authentique;
Ce fait est
n'ontj jamais
que les sujets de la Grande-Bretagne traiter en
ni
T'Ohio que pour y
déconnu pratiqué
de Londres a toujours
fraude, et que la cour
ont surpris,
savoué les traiteurs que les Français
confisqués ou arrêtés sur cette rivière. de la NouvelleOr, si les premiers possesseurs
Apalaches
les montagnes
Yorck ont regardé
la nature avait mise
comme une barrière que
les
euxles
et si
Anglais
entre eux et
Français; de leur propre aveu,
mêmes ont toujours été, dans leurs colonies, il
bornés par ces montagnes les franchir sans injusest évident qu'ils n'ont pu
usurpateurs.
ouvertement
tice et sans se déclarer
les Iroquois et les
L'Angleterre prétend que
leur
nations à louest des Apalaches,
principales fait la vente de leurs pays.
ont
cette vente, les Anglais citèrent
Pour constater
nations; mais purent-ils
des traités faits avec ces fermerait les yeux" sur le
s'imaginer que l'Europe contrats avec des peuples
ridicule de supposer des
rendent incapables
quela simplicité etlignorance
objecter
on pourraitleur
de ccontracterDsalleun,
fussent habiles
qu'en admettant que ces sauvages sujets du roi
devenus
à le faire, les Iroquois, cetteprétendue vente,
1 del Firanerlong-tempaante en faveur des Anglais,
ne pouvaient disposer,
avaient conquis, et
d'un pays que les Français
ats avec des peuples
ridicule de supposer des
rendent incapables
quela simplicité etlignorance
objecter
on pourraitleur
de ccontracterDsalleun,
fussent habiles
qu'en admettant que ces sauvages sujets du roi
devenus
à le faire, les Iroquois, cetteprétendue vente,
1 del Firanerlong-tempaante en faveur des Anglais,
ne pouvaient disposer,
avaient conquis, et
d'un pays que les Français --- Page 77 ---
SUR L A LOUISIAN N E.
ils étaient devenus les maîtres et légitimes
dont
possesseurs.
de réflexions sur des actes aussi
Je ne fais point
d'habiles
chimériques; dans un congrès composé
être la dupe de lartifice et
ministres on ne peut
de la mauvaise foi.
droits sur
L'Angleterre prétend encore que ses
ont été solennellement rele pays des Iroquois
connus parle traité d'Utrecht.
traité il
P'article XV de ce
Je conviens que par
les habitans du Canada et autres X
est dit : < que
à P'avenir
> sujets de la France ne molesteront pas
à
nations ou cantons d'Indiens soumis
> les cinq
> la Grande-Bretagne >.
Mais outre que ces expressions ne sont.qu'un les
simple énoncé des prétentions formées par
d'Utrecht, et que j'ai prouvé
Anglais au congrès
les peuples ne
par les droits de la France, que
été soumis, il n'est pas moins
leur ont jamais
expressément, 5 que
constant que cetarticleajoute exactement et dis-
> les commissaires régleront
seront
quels seront les peuples qui
> tinctement
etamis dela France
> ou devrontêtre censés sujets
> et de la Grande-Bretagne >.
faire
Les Anglais ne pouvaient donc, sans se
se
aticlequinedécilerien,
illusion, prévaloird'un:
bien loin de parler en leur faveur, conet qui,
celle de la France.
damneleur conduite etjustific --- Page 78 ---
M É M o I R E
encore que le fort d'OsL'Angleterre prétend les bords du lac Ontario,
vego, qu'elle a bâti sur
des Français, est un
de la part
de ses
sans opposition qui prouve la légitimité
acte de possession
vente
ratifie solenallementia
prétentions, et qui
lui ont faite de leur
prétendue que les Iroquois
pays.
et je le répète, qu'en 1713
J'ai dit ci-dessus,
cantons, à force de
obtinrent des cing
de
les Anglais
de bâtir un hangard
présens, la permision
mais il n'en est
traite sur la rivière de Chouagen; T'ayant converti en
moins certain qu'en 1727,
et leur dépas
voulurentle détruire
seul
fort, les Iroquois
M. de Beauharnais
clarer la guerre, et que
massacrés.
empêcha qu'ils ne fussent tous publique, qu'en atIl est encore de notoriété
sur les lila décision des commissaires
cette
tendant
toujours contre
mites, la France protesta
invasion.
donc leur servir de
Le fort d'Osvego ne saurait
bien loin
titre légitime 5 et cet établissement, être regardé
acte de
ne peut
d'être un
possession, de surprise et d'usurcomme un monument
que
pation.
acrés.
empêcha qu'ils ne fussent tous publique, qu'en atIl est encore de notoriété
sur les lila décision des commissaires
cette
tendant
toujours contre
mites, la France protesta
invasion.
donc leur servir de
Le fort d'Osvego ne saurait
bien loin
titre légitime 5 et cet établissement, être regardé
acte de
ne peut
d'être un
possession, de surprise et d'usurcomme un monument
que
pation. --- Page 79 ---
LOUISTAT N E.
SUR LA
CHAPI ITRE VIIL
des Anglais sur la Louisiane.
Titres et prétentions
avoir découvert le
L'ANGLETERRE prétend
les terres
avant les Français, ainsi que
Mississipi
àl'est de ce fleuve jusqu'au golfe
de la Lonisiane,
lui
du Mexique, et que tout ce pays appartient.
est d'autant plus chimérique;
Cette prétention
d'une manière incontestable,
qu'il est prouvé ,
cherché la Louisiane que
que les Anglais n'ont
faitla
ans après que les Français en eurent
dix-sept
au
découverte, qu'ils en eurent pris possession
et
s'y furent établis et
nom de Louis XIV, qu'ils
fortifiés.
ont tenté plusieurs
1l est vrai que les Anglais
cette colonie, soit à main armée, 2
fois d'envahir
contre les Français;
soit en soulevant les sauvages
de leur
mais il est de fait qu'en 1699, époque
et entreprise, ils ne la conpremière expédition
des relations infidelles,
naissaient alors que par
chercher lemla même année ils furent
puisque
au fond du golfe du
bouchure du Mississipi
firent
de
Mexique. Il est certain qu'ils ne
jamais
s'emparer de ce pays que sur les
tentatives pour
déserteurs ou
avis et la conduite des Français
réfugiés.
--- Page 80 ---
M É M 0 I R E
donc leur donner
De pareils actes ne peuvent
au
cette colonie, et ne servent,
aucuns droits sur
leur injuste ambition.
contraire, qu'à dévoiler
ignorer en 1713,
I'Angleterre ne pouvait pas
d'Utrecht, que l'année précédente
lors du congrès cédé à M. de Crozat la Lonisiane,
Louis XIV avait
toutes
qui comprenaient
par des lettres-patentes tant à lest qu'àlouest
les terres, lacs et rivières,
de cette colonie.
en 1738, lors du
Elle n'ignorait pas non plus Louis XV Pavait
traité de Vienne, qu'en 1717,
de nouvelles
cédée en son entier, et par
encore
d'Occident.
lettres-patentes, à la compagnie fait aucune protesOr, cette couronne n'ayant d'Utrecht, ni au
tation juridique, ni au congrès deux cessions > ni au
traité de Vienne, contre ces
les établissemens
traité dAiscla-Chapelle, contre cessé de faire dans ce
que les Français n'ont
silence, à cet égard,
il est évident que son
de ses prépays,
de l'injustice
est un aveu anthentique
tentions.
les Anglais avaient établi
Il est encore vrai que
nations de la Louides factoreries chez quelques ces établissemens
que
siane, et qu'ils prétendent qui leur en garantisent
sont autant de monumens
était facile de mulmais, outre qu'il
d'un
la propriétés
sur la carte
pays
tiplier des établissemens
avoir été par:
étendu et trop dangereux pour
trop
'injustice
est un aveu anthentique
tentions.
les Anglais avaient établi
Il est encore vrai que
nations de la Louides factoreries chez quelques ces établissemens
que
siane, et qu'ils prétendent qui leur en garantisent
sont autant de monumens
était facile de mulmais, outre qu'il
d'un
la propriétés
sur la carte
pays
tiplier des établissemens
avoir été par:
étendu et trop dangereux pour
trop --- Page 81 ---
SU R' L A LOUISIA! N E.
je compare ces prétentions à
faitement reconnu,
carte des terres australes que l'on apporterait
une
contredire les rien France, où l'on ne pourrait
aurait pu placer
vières et les lacs que T'ingénieur
arbitrairement.
Cependant, je vais encore prouver aux Anglais
n'auraientjamaise dû seprévaloir des hangards
qu'ils
de traite dont ils appuyent leurs prétentions.
Les
n'ont eu des factoreries que
1°,
Anglais
les Chicachas et
chez trois nations, les Cherakis,
les Kaouitas ou Kriés.
été
des
20. Que les factoreries n'ont jamais
que
cabanes, différentes des autres simplement par un
seul entourage de pieux.
ni
50, Que ces établissemens n'ont jamais eu
consistance, ni propriété civile, ni'stabilité, puis- :
aux sauvages un tribut
qu'ils ont toujours payé
annuel pourles tolérer chez eux, et que ces peuples
les en ont délogés et chassés à leur gré et suivant
leurs caprices.
n'ont jamais fré4o. Que les traiteurs anglais
quenité ces nations que comme des colporteurs X
courent les foires, et que la plupart n'avaient
qui d'autres retraites que les cabanes mêmes des saulouaient pendant le séjour qu'ils
vages > qu'ils
fesaient dans le pays.
Or, comme de pareils établissemens n'ont
existence précaire et momentanée, il est
qu'ane --- Page 82 ---
M E M 0 I R E
sur les
les titres de TAngleterre,
évident que
,n'avaient niforme ni réalité,
terres dela Louisiane, monumens de possession
et que leurs prétendus
comme une preuve
être regardés que
ne peuvent
des Français, qui
éclatante de la modération
entièresoufferts, voulant s'en rapporter de
les ont
commissaires avant sy
ment à la décision des
opposer.
en effet, excité les
Les Français n'ont jamais, mis leurs têtes à prix
à la révolte, ni
cherché
sauvages
ils ont, au contraire,
la
comme les Anglais;
et à adoucir
y
à maintenir les sauvages,
toujours
barbarie de ces peuples.
ayant franchi
1756, les Anglais
Il est vrai qu'en
un corps de troupes
des Cherakisavect
les montagnes
bâtir des forts chez ces peuples,
et d'ouvriers pour bateaux sur les rivières pour desdes
et construire
de la Louisisne,
cendre le Mississipi et s'emparer
les nations
de cette colonie engagea
sur
le gouverneur ils les forcèrent à se retirer
àsy opposer, et
leurs frontièress.
sur la lépoint en réflexions
Je ne m'étendrai
qui furent formées par
gitimité des prétentions dépouillée de tout ornela vérité,
voulu
les Anglais;
arme avec laquelle j'ai
ment, est la seule
nécessaire de joindre à ce
Je crois
les combattre.
circonstanMémoire général un développement voulaient être en
dont les Anglais
cié des pays
forcèrent à se retirer
àsy opposer, et
leurs frontièress.
sur la lépoint en réflexions
Je ne m'étendrai
qui furent formées par
gitimité des prétentions dépouillée de tout ornela vérité,
voulu
les Anglais;
arme avec laquelle j'ai
ment, est la seule
nécessaire de joindre à ce
Je crois
les combattre.
circonstanMémoire général un développement voulaient être en
dont les Anglais
cié des pays --- Page 83 ---
SUR LA LOUISIAT N E.
possession sans concurrence : mon projet n'a point
été de faire un mémoire amusant; je serai trop
payé de mon travail s'il se trouvait une circonstance où l'on aurait besoin d'éclaircissemens sur
cette partie de Phistoire, > et si l'on trouvait
dans mon ouvrage les lumières que l'on désirerait
acquérir. --- Page 84 ---
M É M' ol I R E
CHAPITRE IX.
dont les Anglais réclaDeveloppement du pays
sauvages
et les peuples
maient la propriété,
soumis.
prétendaient leur être
qu'ils
des Iroquois, 2 avec la poPays des cinq cantons
sition de leurs établissemens.
est situé entre les monLE
des Iroquois
est bordé
-
pays
et le lac Ontario; il
tagnes Apalaches fort Linnan, fort anglais situé
au nord-est par le
environ quatre lieues ausur la rivière d'Albani,
nord-ouest,
dessous du lac du Saint-Sacrementjaur dégorge dans le
par rlarivière àla Planche, quise du fort d'Osà huit lieues au-dessus
lac Ontario,
sud
la rivière
ou de Chouagen, 2 et au
par
dans
vego
laquelle prend ses sources
Gasconchiagou,
courant de lest à
lesdites montagnes > et qui, le lac Ontario. Ce
dans
Pouest, va se dégorger à la Famine, le lac des
pays comprend la rivière
et le marais de
Agniers, la rivière Chouagen,
Ganantaha.
des GoyoLes cantons des Tionnourhouans, établis entre les
sont
goins et des Onotaguez,
la rivière Gasconchingou,
montagnes Apalaches, le marais de Ganentaha,
celle de Chouagen, et
du lac Ontario.
est à vingt lieues au-dessus
qui
ans
Pouest, va se dégorger à la Famine, le lac des
pays comprend la rivière
et le marais de
Agniers, la rivière Chouagen,
Ganantaha.
des GoyoLes cantons des Tionnourhouans, établis entre les
sont
goins et des Onotaguez,
la rivière Gasconchingou,
montagnes Apalaches, le marais de Ganentaha,
celle de Chouagen, et
du lac Ontario.
est à vingt lieues au-dessus
qui --- Page 85 ---
SUR L A LOUISIA NE.
au-dessus d'un petit lac qui
Les Agniers sont
au-dessous, et
leur nom, et les Ounegouths
porte
étendent leurs établissemens
ces deux cantons
desdites montagnes.
jusques dans les gorges
qui sont étaLes Ontouacts ou Missisaguets, de Ganenblis entre le lac Ontario et le marais
forment encore un petit canton composé
taha,
d'Algonquins ou Outouais >
d'anciens Hurons >
vaincus par les Iroquois.
forme
C'est dans cette étendue de pays, qui
les
V
d'environ deux cents lieues, que
un contour
cinq nations sont situées et établies.
Sources de lOhio.
deux sources; la première est
L'Ohio n'a que
nord-est du lac Crié, et
à vingt-quatre lieues au
lieues au-dessous de la rivière Gasconchiaà huit
à huit lieues au sud des limites
gou, c'est-àedire,
des Iroquois.
est la principale > est le lac
La seconde, qui
lieues à l'est du lac
Tchadakoin, situé à sept
fesant
Crié, et l'une et l'autre se réunissent en lieues.
fourche après un cours de vingt-quatre
une
lieues depuis leurs points de
lly a trente-une
trente juslac Crié, et environ
réunion jusqu'au
lesdites sources
qu'aux montagnes Apalaches 3
communication avec les branches
n'ont aucune
aret Patoumak, qui
des rivières Susquehanna
lieues à l'est du lac
Tchadakoin, situé à sept
fesant
Crié, et l'une et l'autre se réunissent en lieues.
fourche après un cours de vingt-quatre
une
lieues depuis leurs points de
lly a trente-une
trente juslac Crié, et environ
réunion jusqu'au
lesdites sources
qu'aux montagnes Apalaches 3
communication avec les branches
n'ont aucune
aret Patoumak, qui
des rivières Susquehanna --- Page 86 ---
M É M 0 I R E.
le
, et qui se
la Pensilvanie et Maryland
rosent
dans la baie de Chesapeack
déchargent, à l'est,
ou dans la mer.
ride POhio, avec le nom des principales
Cours
et la distance de l'une
vières qui s'y dégorgent >
à V'autre.
et va se déL'Ohio court nord, sud et ouest,
dans
lieues de sa source,
gorger à cent cinquante
lieues au-dessous du
le Missisipi,a quarante-trois)
du fort de
chef-lieu des Illinois, c'est-à-dire,
Chartres.
presque dans tout
Cette belle rivière serpente, et roule ses eaux
entre des rochers,
ou
son cours,
et soixante lieues
trente-cin
à vingt-cing,
chaîne des Apalaches, depuis
environ de la vraie
de la rivière
jusqu'à V'embouchure
ses sources
à courir à Touest,
Neuve, d'où elle commence
desdites
s'éloigne de plus en plus
et d'où elle
montagnes.
depuis les sources de
lieues:
On compte
Boeufs..
rivière aux
POhio jusqu'àla
Boeufs à la rivière
De la rivière aux
Atigné..
Atigné à la rivière MaDe la rivière
lengueulée.
--- Page 87 ---
SUR L A LOUISIAN E.
Ci-contre . 105
De la rivière Malengueulée à la Chi15
ningué.
De la Chiningué à la Chanouské... 100
De la Chanouské à lal la rivière Neuve. 65
De la rivière Neuve à Souhiato.
De Souhiato à la rivière Blanche. :
De la rivière Blanche à la rivière à la
Roche.
De la rivière à la Roche à la grande.
Chûte, ou à la rivière aux Charbons... 50
Dela rivière aux Charbons à l'Ouabache.
IOO
Del'Ouabache à la rivière des anciens
Chouanous..
De la rivière des anciens Chouanous
à la riviere des Cherakis.
De la rivière des Cherakis àl'emboucure de l'Ohio, dans le fleuve du Mis-.
sissipi.
550 lieues,
Situation et cours des susdites rivières.
La rivière aux Boeufs se dégorge au nord de
TOhio, elle prend sa source à sept lieues du lac
Crié, et on lui donne trente lieues de cours.
La rivière Atigné est au sud,elle prend sa
anous..
De la rivière des anciens Chouanous
à la riviere des Cherakis.
De la rivière des Cherakis àl'emboucure de l'Ohio, dans le fleuve du Mis-.
sissipi.
550 lieues,
Situation et cours des susdites rivières.
La rivière aux Boeufs se dégorge au nord de
TOhio, elle prend sa source à sept lieues du lac
Crié, et on lui donne trente lieues de cours.
La rivière Atigné est au sud,elle prend sa --- Page 88 ---
M É M O I R E
dela Pendans les montagnes au sud-ouest
source
lui donne environ quarante lieues
sylvanie, et on
de cours.
au sud; elle a
La Malenguculée se dégorge
son embousoixante lieues de cours depuis
environ
montagnes Apalaches
chure dans r'Ohiojusqu'aux louest du Maryland.
od-elle prend sa source, à
lieues au-dessus de F'embouchure
C'està trente
vinrent bâtir, >
les Anglais
de cette rivière 2 que le fort de la Nécessité.
en 1754, à main armée,
et prend sa
est au nord de l'Ohio,
La Chiningué
du lac Crié;elle a
source à huit lieues au-dessous
lieues de cours.
la
environ quarante-trois
appellent
La Chanouské, que les Anglais elle prend sa
Rivière d'Elan, est aussi au nord, elle a environ
à neuf lieues du lac Crié, et
source
quatre-vingts lieues de cours.
que les
cette rivière et la Chiningué
sud
C'est par
à la baie de, Sandoské, au
Anglais. se rendaient traiter en fraude avec les
du lac Crié, pour y
sauvages.
les sauvages appellent la
La rivière Neuve, que
qu'elle est le passage
Rivière aux Anglais, parce et au sud de TOhio
leurs traiteurs sur FOhio ;
em4 de
lieues de cours depuis son
elle a soixante-dix
Apalaches, out
montagnes
bouchure jusqu'aux nord-ouest de la Virginie.
elle prend sa source, au
elle a environ cent
La Souhiato est au nord, --- Page 89 ---
LOUISIAT N E.
SUR L A
elle
sa source à vingt lieues
lieues de cours 3
prend
cêtte
sud-est du lac Crié : c'est encore par
au
vont à la baie de Sandoské.
rivière que les Anglais
elle a aussi enLa rivière Blanche est au nord,
à
lieues de cours et prend sa source
- viron cent
du lac Crié.
vingt-cinq lieues au sud-est
nord de
La rivière à la Roche se dégorge au
cent douze lieues de cours;
TOhio, et elle a environ
lieues au sud du
elle prend sa source à soixante
lac Crié.
laquelle les
Cette rivière est aussi la route par
dans les nations du nord, ce
Anglais pénètrent
les détails suivans :
qui est facile à entendre par
d'un
1°, Cette rivière communique, au moyen de la
de huit lieues, > avec une branche
portage
à soixante lieues
rivière des Méanis, quia sa source
du lac Crié, dans laquelle elle se dégorge.
rivière des Méanis communique, au
20, La
de trois lieues au sud, 3
moyen d'un autre portage
d'un troisième de
avec l'Ouabache, et au moyeni
avec la rivièreS Saint-Joseph,
douze lieues au nord,
lieues dans la
qui va se dégorger à quatre-vingts
pointe, au sud du lac Michigan.
de la
5°. Les Méanis, qui sont situés au-dessus
rivière à la Roche étendent leurs établissemens
appellent la Rivière à la Roche, la ri-
(*) Les Anglais
vière de l'Awars.
portage
d'un troisième de
avec l'Ouabache, et au moyeni
avec la rivièreS Saint-Joseph,
douze lieues au nord,
lieues dans la
qui va se dégorger à quatre-vingts
pointe, au sud du lac Michigan.
de la
5°. Les Méanis, qui sont situés au-dessus
rivière à la Roche étendent leurs établissemens
appellent la Rivière à la Roche, la ri-
(*) Les Anglais
vière de l'Awars. --- Page 90 ---
M É M o I R E
l'embouchure de celle
depuis leur rivière jusqu'à
et les Andans le lac Michigan,
Saint-Joseph,
à ces sauvages un tribut,
glais paient annuellement libre sur leurs terres.
pour avoir un passage de cette nation, séduits
4°. Les jeunes guerriers
accordèrent aux
par des présens et del'eau-de-vie, d'aller établir un
Anglais, en 1748, la permision au-dessous du fort
hangard de traite à vingt lieues surleur rivières
dudétroit que les Français avaient
s'y
de ces peuples
mais les chefs et considérés
n'a
cet établissement
étant fortement opposés,
jamais été que projeté et tracé. borne au sud les
qui
La rivière aux Charbons,
au sud de
du Canada, se dégorge
dépendances
dans les montagnes
TOhio; elle prend sa source
et elle a enà P'ouest de la Virginie,
Apalaches,
lieues de cours.
de
viron cent vingt
deux cent vingt lieues
L'Ouabache a environ
cette rivièrea
cours, etse afprmanseddatolig rivière Saintdeux sources, qui se Strouvententrelar Pune à soixantedix
Joseph et celle des Méanis 5
etl'autre à cinsud-est du lac Michigan,
Jieues au
Crié. Elle communique,
quante lieues au sud dulac
2 au
avec la rivière Saint-Joseph.
par la première,
de six lieues ; et, par la semoyen d'un portage des Méanis, au moyen d'un
conde, avec la rivière
ainsi que je l'ai exde trois lieues,
autre portage
pliqué ci dessus. --- Page 91 ---
SUR L A LOUISI: A N E.
La rivière des anciens Chouanous, que les Anmaintenantlarivisede Cumberland,
glaisappellent
établissemens
depuis qu'ils y ont formé quelques
la conduite des Chicachas, est au sud de
sous
lieues de cours
l'Ohio; elle a cent quatre-vingts
dans la belle Rivière
depuis son embouchure,
au sud-est des
jusqu'à sa source, qu'elle prend
montagnes de la Virginie.
La rivière des Cherakis, que les Anglais appellent Hogohegée, prend sa source dans lés monApalaches, au sud-ouest de la Virginie ;
tagnes
elle porte d'abord ses eauxàl'ouest des montagnes,
puis, courant au sud, et se repliant au sud-ouest,
elle forme un coude, et va se dégorger dans l'Ohio.
Cette rivière est grossie, dans son cours, par
plusieurs autres; mais les principales sont les rivières TanasséetEnfazé, qui prennentleurs sources
au nord-ouest des montagnes de la Caroline.
La rivière des Cherakis peut avoir deux cent
cinquante lieues de cours; elle en a quatre-vingtdix depuis sa source jusqu'à la rivière Tanassé, et
cent soixante depuis la Tanassé jusqu'à l'Ohio.
Noms des peuples établis sur les bords de l'Ohio.
.
Cette rivière est grossie, dans son cours, par
plusieurs autres; mais les principales sont les rivières TanasséetEnfazé, qui prennentleurs sources
au nord-ouest des montagnes de la Caroline.
La rivière des Cherakis peut avoir deux cent
cinquante lieues de cours; elle en a quatre-vingtdix depuis sa source jusqu'à la rivière Tanassé, et
cent soixante depuis la Tanassé jusqu'à l'Ohio.
Noms des peuples établis sur les bords de l'Ohio. Il faut observer que les sauvages ne font jamais
la guerre à leurs semblables pour conquérir leurs
les Anglais ont avancé ce fait, qu'il est aisé
pays;
de détruire : la vengeance ou la gloire de vaincre --- Page 92 ---
M É M O I R E
On obsersont'les seuls motifs qui les y engagent.
n'ontjamais incorporé parmi
vera queles Iroquois
ont faits sur les autres
les
qu'ils
N eux
prisonniers
peuples. sud de la fourche des sources del'Ohio
Ilyaan
Kanaouangon et
deux villages, que l'on appelle
de toutes
Paille-Coupée ; ces villages sont Chouanous peuplés ou par
alliés des
sortes de sauvages, 2
établirent en 1671,
eux adoptés, et que ceux-ci y
avec les
leur paix de leur réconciliation
après
Iroquois.
de la tribu des Eriés ou
Les Chouanous sortent naturels du lac Crié et
Chats, et sont propriétaires
de TOhio.
maintenant sous les noms de
Les Loups, connus
que les ChouaMahingans, de la Nouvelle-Yorck, sont établis
parmi eux en 1702,
nous adoprèrent
lieues plus bas; c'està-dire,
à trente et quarante de la rivière aux Boeufs, et
au-dessus et au-dessous
sausud de FOhio. Il y a parmi eux quelques
au
desOutagamisoul Renards,
vagesdela Pensylvanie,
anciens Hurons et
et des Kicapoux, quelques mécontentement de
quelques Iroquois, qui, par
sont retirés anleurs nations et des Anglais, s'y
et
les Loups ont aussi adoptés
ciennement, et que
incorporés parmi eux.
leurs anciens et
Les Chouanous et les Andastes,
ou
fidèles alliés, sont situés à quarante-cing
et
a parmi eux quelques
au
desOutagamisoul Renards,
vagesdela Pensylvanie,
anciens Hurons et
et des Kicapoux, quelques mécontentement de
quelques Iroquois, qui, par
sont retirés anleurs nations et des Anglais, s'y
et
les Loups ont aussi adoptés
ciennement, et que
incorporés parmi eux.
leurs anciens et
Les Chouanous et les Andastes,
ou
fidèles alliés, sont situés à quarante-cing
et --- Page 93 ---
SUR L A LOUISI A N E.
soixante lieues plus bas que les Loups, leurs frères
leurs établissemens au nord de
adoptifs; ils ont
et Chanousté.
l'Ohio, entre les rivières Chiningué
eux quelques Iroquois, pluIly a encore parmi
anciens sauvages de
sieurs Tuskagoras, et autres
méconla Virginie, qui s'y sont aussi retirés par
tribus et des Anglais,
tentement de la part deleurs
et
les Chouanous ont également adoptés
et que
dans leurs nations.
incorporés depuis long-temps
Cours du Mississipi, avec les noms des principales
au nord-est.
rivières qui s'y dégorgent
dans Pincertitude sur le lieu des
On ést encore
du cours
sources du Mississipi; on peut juger
à
le suppose
immense de ce fleuve, puisqu'on
trois cents lieues au nord du saut Saint-Antoine.
Le Mississipi, ou fleuve Saint-Louis, courtnord
et sud. On lui donne depuis le saut Saint-Antoine
l'embouchure de TOhio, trois cent trentejusqu'à
lOhio jusqu'au golfe
cinq lieues de cours; depuis
du Mexique, quatre cent quarante, cequifaitsept
lieues de cours bien reconnu.
cent soixante-quinze Saint-Antoine à
On compte du saut
lieues.
P'embouchuree edela rivière Sainte-Croix. 20
Dela rivière Sainte-Croix à la rivière
10O
Ouiscousing
--- Page 94 ---
M É M o I R E
De l'autre part 1 120
De la rivière Ouiscousing à la rivière
des Illinois.
De la rivière des Illinois à la rivière
des Casquaquias.
Dela rivière des Casquaquias à Fembouchure de TOhio:
37.
lOhio à la rivière des Chicachas. e 60
De
Chicachas au fort
De la rivière des
situé à Pouest du fleuve. 100
des Arkancas,
àl'embouchure
Du fort des Arkancas
de la rivière des Jazons.
fort de
De la rivière des Jazons au
Natchez.
au fort de la
Du fort de Natchez
fleuve. 40
situé à l'ouest du
Pointe coupée,
à lal Nou3 Du fort de la Pointe coupée
velle Orléans.
à Y'embouDe la Nouvelle-Orléans
du
dans le golfe
chure du Mississipi
Mexique .
775 lieues
Sources et cours des susdites rivières.
Sainte-Croix prend ses sources dans
La rivière
lieues au-dessous du lac
les terres, à cinquante l'est du Mississipi, et à
à cent lieues à
Supérieur,
é à l'ouest du
Pointe coupée,
à lal Nou3 Du fort de la Pointe coupée
velle Orléans.
à Y'embouDe la Nouvelle-Orléans
du
dans le golfe
chure du Mississipi
Mexique .
775 lieues
Sources et cours des susdites rivières.
Sainte-Croix prend ses sources dans
La rivière
lieues au-dessous du lac
les terres, à cinquante l'est du Mississipi, et à
à cent lieues à
Supérieur, --- Page 95 ---
LOUISTAN E.
8g.
U R LA
lieues à l'ouest de la baie des
quarante-cinq
Noguets, sur le lac Michigan.
prend aussi ses sources
La rivière d'Ouiscousing lieues à l'est de son emdans! les terres, 2 à soixante
lieues à l'ouest de
bouchure, et à quarante-cin
la baie des Puants.
communique, 3 par un porNota. L'Ouiscousing
Renards,
de deux lieues, avec la rivière aux
tage
lieues dans le lac des
qui se dégorge à cinquante au-dessus de la baie
Puants, situé à quinze lieues
refoule
baie ledit lac
de ce nom, et dans laquelle
fort entre ledit
ses eaux. Les Français avaient un
lac et ladite baie.
cetté route que les traiteurs du CaC'est par
nord du Mississipi, et qu'ils
nada se rendent au
au nord de ce
communiquent avec les nations
fleuve.
qui forme une fourche
La rivière des Ilinois,
le Theakiki, prend ses sources à vingt-cinq
avec
sud du lac des Puants, et à vingt lieues à
lieues au
et on lui donne cent
louest du lac Michigan,
lieues de cours. Cette rivière, qui
quatre-vingts plusieurs autres > et qui traverse le
est grossie par
après un cours d'enlac Pinitcoui, communique,
lieues, avec le lac Michigan,
viron cent cinquante
d'un
d'une demi-lieue,et parla
au moyen
portage
à
se dégorge quinze
rivière Chicagou 2 laquelle
--- Page 96 ---
M É M 0 I R E
dans ledit lac, et à trentelieues aulieues à Pouest
dessus de la pointe méridionale. source à trente lieues
qui prend sa
Le Theakiki,
et qui communique
sud-est du lac Michigan,
au
Saint-Joseph, au moyen d'un poravec la rivière
roule ses eaux au sud-ouest,
tage de six lieues,
et va se joindre,
entre ledit lac et la Loubache, lieues, àla riviére
de cent trente
après un cours
lieues de son embouchure
des Illinois, à cent
dans le Mississipi.
Theakikiest encore grossi par plusieurs
Nota. Le
le nom des Iroquois,
et que celle qui porte
de
rivières,
les Illinois, en mémoire
a été ainsinommée par
remportèrent,
la victoire complète que ces peuples
sur les Iroquois.
en 1684,
lieues de
a cinquante
La rivière des Cascaquias
lieues au
à trente-six
cours > et prend ses sources
sud du lac Pinitcoui.
prend sa source à
La rivière des Chicachas embouchure dans le
lieues à l'est de son
soixante
Misissipi.
Jazons prend sa source au-dessus
La rivière des
court nord et sud, à
du pays des Chicachas, et lieues à l'est du fleuve;
vingt et dix
vingt-cing,
lieues delongjuslui donne cent quatre-vingts
on
qu'à son embouchure.
nte-six
cours > et prend ses sources
sud du lac Pinitcoui.
prend sa source à
La rivière des Chicachas embouchure dans le
lieues à l'est de son
soixante
Misissipi.
Jazons prend sa source au-dessus
La rivière des
court nord et sud, à
du pays des Chicachas, et lieues à l'est du fleuve;
vingt et dix
vingt-cing,
lieues delongjuslui donne cent quatre-vingts
on
qu'à son embouchure. --- Page 97 ---
SUR LA LOUISTANE.
Noms des prineipales Nations établies
rivières CIL nord du
sur les
Mississipi.
Les Malomines, ou
à quarante lieues
Folles-Avoines, sont établis
de
au sud des sources de la rivière
Sainte-Croix.
Les Renards, autrement
Outagamis 3 et les
Mascoutins, sont établis sur la rivière
sing et celle des Renards.
d'OuiscouOn observe ici que ces nations furent
en 1712, par les Anglais, et, qu'à
gagnées,
et par leurs secours , elles
leurinstigation
le fort du Détroit,
entreprirent de brûler
tous les
établi en 1701, de massacrer
Français et de livrer le
mais les Outaouais, les
pays aux Anglais;
Malomines; les
Hurons, les Sakis, les
Illinois etles
été instruits de leurs
Pouteouatamis, ayant
aussitôt au secours des entreprises > marchèrent
Français, détruisirent
que entièrement les peuplés
preséchouer le projet
les
révoltés, et firent
de s'y établir.
que
Anglais avaient formé
Nota. Le fort du Détroit est à.
nord de l'embouchure de
vingt lieues au
à vingt-cinq lieues
la rivière de Meanis, et
des sources de la rivière
Josph; ce poste est entre le lac Crié
SaintHuron, et il est d'autant
et le lac
plus
au centre des
important qu'il rest
il favorise
nations, et qu'au défaut de
Ja communication
l'Ohio,
du Canada avec la --- Page 98 ---
M E M o I R E
rivière Saint-Joseph ou par
Louisiane, soit par la
r'Ouabache.
la branche ainée des
Les Sakis, qui forment établis entre le Iac
étaient autrefois
Renards ,
Puants; msisdepsiatépoque
Michigan etlelacdes
parmi
vient de citer, ils ont incorporé, habitent
que lon
de la race cadette, et ils
éux, les débris
la rivière d'Ouiscousing.
avec eux également sur
sont établis le long
Les Puants, ou Olchagras,
les Français y
la baie qui porte leur nom;
de
avaient un fort.
font deux branches;1 la
Les Ponteouatamis sud du lac
est établie au
la seconde
tE
mière
Saint-Joseph, et
bouchure de la rivière
au Détroit.
quisortent toriginairement
Lesnations) Ilinoises,
forment huit
du Misissipl,
du pays au nord-ouest : les Illinois les Méanis,
tribus différentes, quisont: les Kaokias, les Cascales Tamarouas,
les Péorias,
et les Peanguichias.
quias, les Metchigamins au-dessus de la rivière
Les Peorias sont établis
Illinois, vers son embouchure. du lac Pinides
établis au-dessus
Les Illinois sont
à laquelle ils ont donné
et de ladite rivière,
toui,
leur nom.
les Metchigamias
Les Kaokias, les Tamarouas, au.dessous de ladite
sont aussi
et les Cascaquias, bords du Mississipi.
rivière et sur les
orias,
et les Peanguichias.
quias, les Metchigamins au-dessus de la rivière
Les Peorias sont établis
Illinois, vers son embouchure. du lac Pinides
établis au-dessus
Les Illinois sont
à laquelle ils ont donné
et de ladite rivière,
toui,
leur nom.
les Metchigamias
Les Kaokias, les Tamarouas, au.dessous de ladite
sont aussi
et les Cascaquias, bords du Mississipi.
rivière et sur les --- Page 99 ---
SUR LA LOUISIA: NE.
sont établis sur rOuabache, a
Les Peanguichias
à soixante lieues aucôté du fort Vincennes, et
dessus de la jonction avec FOhio.
étaient établis, en 1671, sur
Les Méanis, qui
vers celle
la rivière des Illinois, et quisétendsient
de Chicagou et le lac Michigan, forment aujourd'hui trois branches. Les Méanis de la première
sont situés au-dessus de la rivière Saintbranche
danslelacMichigan
Joseph, vers son embouchure
établis au sud du
Les Méanis de la seconde sont
les
lac Crié, sur la rivière qui porte leur nom;
Français y avaient un fort.
doCeux de la troisième, sont les Oyatanous,
à
lieues -
miciliés sur TOuabache, quatre-vingts
ou du fort Vincennes,
au-dessus des Peanguichias,
de
environ à
lieues au-dessous
et
quatre-vingts ont encore un second
ses sources, où les Frangais
fort sur cette rivière.
situation des Chirakis ' au sud des
Pays et
Illinois et de lOhio.
N
héréditaire des Cherakis est au nordLe pays
entrelarivière
ouest des montagnes de la Caroline,
ont donné leur nom, et les
àlaquelle ces sauvages
les rivières
montagnes Apalaches; ; al comprend
Tanasséet Enfaséquile traversent, et qui prennent
leurs sources dans lesdites montagnes.
court ouest et sud depuis ses
La Tanassé, qui --- Page 100 ---
M É M O I RE
dans la Cherasources jusqu'à son embouchure lieues de cours 2 et
kise, a environ quarante aussi dans la Cherakise,
T'Enfasé, qui se dégorge de la Tanassé, et qui
à trente lieues au-dessous
On compte cent
court à Vouest, en a cinquante. de VEnfasé jus
l'embouchure
trente Jienes depuis
qu'à TOhio.
habitent s'étendent
Les terres que ces sauvages la chaîne des mondu nord au sud, en suivant nommée Outago,
la petite rivière
tagnes > depuis au-dessus de la Tanaséjuoqai
située à dix lieues
ce qui fait une
dix lieues au-dessous de TEnfaé,
lieues,
d'environ soixante-cinq
étendue de pays
de larges ;c'esttrente et quarante
sur vingt-cind, d'environ deux cents lieues.
à-dire, un contour
quarante bourgades,
Les Cheraquis composent dans la plaine, entre
d'établies
ily en a dix-neuf
vers les bords de la
le Tanassé et TEnfassé, et :
des montagnes,
onze dans les gorges
Cherakise 2
attirées et fixées à l'est
dix
Anglais ont
et
queles
c'est-a-dire,d de leur côté,
desdites montagnes
le fort Tugelo, pour
ou ils ont le fort Kiouchi et
Ils en ont enCaroline et la Géorgie.
défendrela
la Cherakise, à cinquante
core un troisième sur
environ trente ou qua-
(*) On donne à ces montagnes aux montagnes des
lieues de traversée, et autant
rante
forts Kiouchi et Tugelo.
Anglais ont
et
queles
c'est-a-dire,d de leur côté,
desdites montagnes
le fort Tugelo, pour
ou ils ont le fort Kiouchi et
Ils en ont enCaroline et la Géorgie.
défendrela
la Cherakise, à cinquante
core un troisième sur
environ trente ou qua-
(*) On donne à ces montagnes aux montagnes des
lieues de traversée, et autant
rante
forts Kiouchi et Tugelo. --- Page 101 ---
LOUISIA N E
SUR L A
et à quarante lieues
lieues au-dessus de ses sources,
les incursions
au nord de la Tanassé, pour arrêter
traiteurs
du côté de la Virginie;les
de ces penples
T'appellent lefort London.
quartier de ces
Les' Anglais ont dans chaque
celui qu'ils
des magasins de traite 5
bourgades,
lieues, et son em-*
avaient sur la Tanassé a quinze
de pieux
bouchure dans la Cherakise est entourée
lefort Chotté.
et fortiftée, on T'appelle
à vingt lieues de
Celui qu'ils ont sur PEnfasé,
était fortifié de même, et s'apson embouchure,
pelait le, fort Cataga.
du
des
terre, du centre
pays
On compte par
lieues; et cent quatreCherakis à TOhio, cent
de Ja
Carlestone 2 capitale
vingt - dix jusqu'à
Caroline.
Apalaches
On observe ici que les montagnes
leur chaîne du nord au sud, jusqu'au
continuent
où elles forment un coude et
pays des Kaouitas,
de la rivière des Alataà l'est, le long
se replient borne au sud de la Géorgie.
maha, qui
forment une étendue d'environ
Ces montagnes
les sources de la rivière
deux cents lieues, depuis
occidentale du
Charbons, qui borne la partie
aux
des Kaonitas.
Canada, jusqu'au pays la situation des Cherakis.
On observe encore que
et que
comme celle des Iroquois,
est à-peu-près
céder à P'Angleterre sur leur
Pon ne pouvait rien --- Page 102 ---
M É M o I R E
Apalaches, sans
pays, ni à l'ouest des montagnes assurée pour pénélaisser aux Anglais une porte dans la Louisiane,
trer, quand ils auraient voulu,
d'exciter dans
leur faciliter les moyens
et sans
mêmes troubles qu'ils ont toujours
cette colonie les
le moyen des Iroquois.
excités dans le Canada, par
principales, au sud
Tableau des autres Nations
de la Louisiane.
lieues au sud de l'emLes Chicachas sont à cent
lieues à l'est du
bouchure de FOhio, à cinquante
des
lieues au sud-ouest
Mississipi, et à cent vingt
Cherakis.
magasin de
ont chez eux un grand
Les Anglais
traites fortifié.
des Tchactas, est à
Le fort de Tombekbé, ou des Chicachas, à
soixante-dix lieues au-dessus
et à
lieues à l'est du Mississipi,
soixante-quinze
des Alibamons.
cinquante lieues à Pouest Condé de la Mobille
Mobiliens et le fort
Les
lieues au sud du fort de Tombekbé,
sont à soixante
lieues au nord de la
et la Mobille est à cinquante de la Louisiane.
Nouvelle-Odléans, capitale
avaient un fort'
Alibamons, ou les Français
Les
1715, et les Talapouches,
et une garnison depuis nord-est du fort Condé, à
sont à cent lieues au
des bornes de la
et à dix lieues à Pouest
de la
quinze
situés sur une des branches
Floride, et sont
ekbé,
sont à soixante
lieues au nord de la
et la Mobille est à cinquante de la Louisiane.
Nouvelle-Odléans, capitale
avaient un fort'
Alibamons, ou les Français
Les
1715, et les Talapouches,
et une garnison depuis nord-est du fort Condé, à
sont à cent lieues au
des bornes de la
et à dix lieues à Pouest
de la
quinze
situés sur une des branches
Floride, et sont --- Page 103 ---
N-E.
SU R L A LOUISIA
sa source vers le
rivière de la Mobille, qui prend
pays, des Cherakis.
deux cents lieues de
La Mobille peut àvoir
nord
les Abekas et Abecouechis, sont au
cours,
à
lieues, au sud-est des
des Alibamons, quarante
sud-ouest des
Chicachas, et à vingt lieues au
Chouanous de Chalacagué.
chez les
Les Anglais avaient une factorerie
séduits
l'eau-de-vie,
Abekas, et ces peuples,
par
mais
leurs avaient permis de s'y fortifier en 1755;
les Alibamons, aussi alarmés de leurs entreprises
ordres du
de la Louique soumis aux
gouverneur
détruisirent, en 1756, les palissades qui
siane,
P'entouraient.
factorerie simple aux
Ils avaient encore une
Chouanous de Chalacagué.
Ce canton était composé desanciens Chouanous,
établis autrefois sur la rivière qui conserve leur
l'embouchure de lOhio dans le Misnom, vers
de
errans et
sissipi, et de toutes sortes
sauvages
vagabonds.
Kricks,
Les Kaouitas, que les Anglais appellent
à trente lieues au nord-est des Alibamons, à
sont
dix lieues à l'ouest du coude des montagnes Apalieues 'au sud-est des
laches, et à soixante-quinze
Cherakis.
tiz
avaient deux magasins de traite
Les Anglais
d'un tribut annuel
chez les Kaouitas, au moyen --- Page 104 ---
M É M O I R E
mais ces nations ne voulurent
qu'ils leur payaient; de les fortifier, et leurs
jamais leur permettre
que comme des
traiteurs ne les fréquentaient
colporteurs.
les Chicachas, Sr peuple naOn observe ici que
sont à deux
belliqueux et turbulent,
malturellement
et que,
NE
lieues de Carleston;
cent cinquante,
les Anglais entretiennent,
gré leur éloignement,
2 pour àvoir
à force de largesses, ces sauvages la fureur de ces
droit de diriger à leur gré
le
peuples.
également les Kaouitas
Les Anglais sondaient
lieues
qui sont à cent quatre-vingts la route de
et les Abekas,
se trouvent sur
mais qui
leur
de Carleston,
pour favoriser
cette ville aux Chicachas 2
communication avec ces peuples. viens de faire du
abrégée que je
FimLa description
désire faire connaitre
immense dont je
Vétendue.
pays
doit suflire pour en apprécier détail de ces avanportance, d'entrer dans le
qui pourAuparavant hasarder quelques moyens
je vais
si nous
tages,)
la France et TAngletere, vaste
raient concilier
de ce
à rentrer en possession supposer que
parvenions asse% ma nation pour
J'estime
Pont obligee
pays.
malheureuses
elle n'a
si des circonstances de ses domaines,
de céder une partie
de rentrer dans
perdu de vue le moment
fautes
jamais
qu'éclairée parles
légitimes;
ses possessions
qui pourAuparavant hasarder quelques moyens
je vais
si nous
tages,)
la France et TAngletere, vaste
raient concilier
de ce
à rentrer en possession supposer que
parvenions asse% ma nation pour
J'estime
Pont obligee
pays.
malheureuses
elle n'a
si des circonstances de ses domaines,
de céder une partie
de rentrer dans
perdu de vue le moment
fautes
jamais
qu'éclairée parles
légitimes;
ses possessions --- Page 105 ---
SUR L A LOUISI A N E.
qu'elle a faites dans les premiers momens de ces
établissemens, elle rectifiera son administration et
concourra au bonheur des pays qui brûlent de ren -
trer sous sa domination; la Louisiane désolée, emprunte ma faible voix; concilions, s'il est possible,
ses intérêts, la gloire de la nation et la justice qui
doit servir de base à tous les traités, --- Page 106 ---
M E M o I R E
IOO
CHAPITRE X.
concilier la France et
Moyens praticables pour
dans
sur leurs limites respectives
PAngleterre
L'Amérique septentrionale.
Pour autoriser les idées que jose avancer
1°.
prenièrement que
dans ce chapitre, je supposerai Tinutilité pour eux
éclairés sur
les Espagnols, Louisiane aux vastes possessions
d'avoir ajouté la
Monde, sur T'impossiqu'ils ont dans le Nouveau
de cette
bilité où ils sont de veiller aux progrés doivent
et enfin sur les avantages qui leurs
colonie,
la défense de
résulter de notre alliance pour
consencolonies qui avoisinent ce pays,
anciennes
à la France la Louisiane, , que
tiront à remettre
le traité de Versailles,
nous leur avons cédée par
-
en 1762.
de France, toujours plus jaloux
20. Que le roi
de leur
et
tranquillité,
du bonheur de ses sujets
domaines, conde ses
que de Taggrandisenent
quelques sacrifices
sentira à faire à T'Angleterre
dans le nord de r'Amérique.
ou Jes ProBritannique,
50, Que sa majesté
voudront se prêter
vinces-Unies de TAmérique, de paix justes et
de leur côté à des conditions
raisonnables. --- Page 107 ---
NE.
I0I
SUR L A LOUISIAN
rappelle, 1o.queLouiss
Dans ces suporitions,jes
absolue à
est de nécessité
bourg, ou l'Ile-Royale,
son compour favoriser et protéger
la France,
cette ile est la porte
merce dans P'Amérique; que
du golfe et du fleuve Saint-Laurent.
de ce
la côte orientale et méridionale
20. Que
de tout le Canada, et en
fleuve est le boulevard
d'appui de
le seul et l'unique point
même-temps
Louisbourg. la France ne saurait conserver long-.
5°, Que
lui conserver une comtemps Louisbourg 2 sans
d'appui et
munication, sure et libre avec son point
avec Québec.
sé trouverait sans
4o. Que son point d'appui
fondement et sans défense > sans la Baie-Française
qui en sont les remparts.
et la côte de Pentagoët, cette côte sont encore
50. Que cette baie et
une porte
nécessaires à la France pour ménager
entre
de secours au Canada, et pour conserver, barrière
une
PAcadie et la Nonvll-Angleterre, rendrait ces deux
qui empêche la réunion qui le
et sur le
puissantes sur
golfe
provinces trop
les Anglais plus à portée
fleuve, et qui mettrait
d'envahir tout ce
jamais de surprendre et
que
les Français y penseraient
pays, au moment que
le moins.
la
occidentale
Je rappelle encore ici que partie de la partie
du Canada fait la force et la sureté
une
PAcadie et la Nonvll-Angleterre, rendrait ces deux
qui empêche la réunion qui le
et sur le
puissantes sur
golfe
provinces trop
les Anglais plus à portée
fleuve, et qui mettrait
d'envahir tout ce
jamais de surprendre et
que
les Français y penseraient
pays, au moment que
le moins.
la
occidentale
Je rappelle encore ici que partie de la partie
du Canada fait la force et la sureté --- Page 108 ---
M É M o I R E
est le rempart qui couvre ;
orientale, et qu'elle
défend la Louisiane, et sans lequel
protège et
long-temps cétte
la France ne peut conserver
colonie.
à cela que la France et TAngleterre
J'ajouterai
Pinconstance des sauvages, ni
ne sauraient fixer
civilisés, à un doV
les assujettir, comme des sujets
dans
encore moins les gêner
micile permanent,
leurs traites etleur commerce, > sans devenirl'objet
de leur haine et les exciter à la révolte. d'avoir
bien essentielle, c'est
Une observation
choix de ceux qui
attention au
la plus grande
la plupart étaient
iront traiter avec ces'nations; ;
et
des
sans foi ni lois, perdus de débauche,
gens
Vinfidélité deleurs
sacrifiant tout à leur cupidité; été la source et le
rapports a presque toujours
ont dédes malheurs et des guerres qui
principe
solé ces infortunés indigens. étaient infestées de
La plupart de ces nations
et sans
déserteurs , ou traiteurs banqueroutiers autant
qui s'y étaient retirés et domiciliés
aveu,
et du crime, que
par l'amour de l'indépendance
ces déserla crainte du châtiment; et que
par
tous leurs vices aux
teurs, qui communiquaient sans cesse dans l'essauvages, les entretenaient mettre à Tabri des pourprit de révolte, pour se
les plus cruels
eux-mêmes
suites, et devenaient
ennemis des Français et des Anglais. --- Page 109 ---
S UR LA LOUISTANE
I03
J'ajouterai enfin, qu'en laissant subsister de
pareils abus, les sujets de la France et de
l'Angleterre ne sauraient être
sureté dans leurs
tranquilles et en
établisemens; et qu'il est autant
delasagesse des deux couronnes d'y remédier,
de régler,sans équivoque,leurs
que
limites,
venir désormais entr'elles
pour prétout sujet de discussions
et de rupture. En voiçi les moyens.
M O Y E N S.
Quelque soit l'issue de la guerre des
et des Américains la fin
Anglais
>
de cette révolution ne
peut finir sans que les puissances
belligérantes de
T'Europe ne se mélent de la querelle, ou ne
de médiateurs. Dans ces deux
servent
néral
cas, un congrès gépeut changer les dispositions du traité de
Versailles 5 et, en supposant que les ProvincesUnies de FAmérique soient séparées de leur métropole, la France est en mesure pour réclamer ses
anciennes possessions.
La restitution de ce pays à la France
sans doute, être faite suivant les droits devrait,
établis d'une manière
que j'ai
incontestable; mais voulant
éviter à jamais tout objet de discussion
couronnes la
entre les
de
>
France pourrait faire le sacrifice
quelques-unes de ses
toutefois,
prétentions, en fixant
par un traité solennel , les
des cessions
conditions
qu'elle ferait aux Anglais,
pour ac-
pour réclamer ses
anciennes possessions.
La restitution de ce pays à la France
sans doute, être faite suivant les droits devrait,
établis d'une manière
que j'ai
incontestable; mais voulant
éviter à jamais tout objet de discussion
couronnes la
entre les
de
>
France pourrait faire le sacrifice
quelques-unes de ses
toutefois,
prétentions, en fixant
par un traité solennel , les
des cessions
conditions
qu'elle ferait aux Anglais,
pour ac- --- Page 110 ---
M É M o I R E
fo4
à tous les peuples :
célérer la paix, si nécessaire
propose 5
c'est dans cette hypothèse queje à T'Angleterre >
la France abandonne
1°. Que
du Canada,
orientale et méridionale
dans la partie
de la Péninsule, qui
tout le reste du continent isthme de cinq lieues
est bornée au nord par un
la pointe
la rivière Méngoueche,
exde large, par
Chinitou, et la Baie-Verte
de Beaubassin ou
lui céder tous le pays
clusivement, c'estàdire, adjacent à la rivière
des Mines et de Cobequit, Chabenacadie et à la
Pigiguit, aux lacs et rivières limites de PAcaanciennes
rivière aux Saumons; >
trouve entre la
tout ce quise
die, et.g généralement
exclusivede la Baie-Française
côte méridionale
dela] Péninsule, qui comment, et la côte orientale
et d'Artigoniche,
prend la baie de Chédabouctou et la baie de TaSaint-Louis, de Portépis,
le cap
aussi exclusivement.
lamegouche, le tout
quinze lieues de
20. La France cédera encore
c'est-àà l'est de la
de
Novell-Aaglnene,
côtes
limites de la baie
dire, qu'elle reculera ses Montinic, ou la rivière
Kinibequi, jusqu'à l'ile
du sud au
Saint-Georgés S 5 et tirant une ligné et.le long de la
nord-nord-est depuis ladite ile,
de lest
jusqu'à la pointe
rivière Saint-Georges,
et une seconde de
du lac Kesben inclusivement,
jusqu'à Oudepuis ladite pointe
l'est à Pouest,
la Nouvelle-Anglequi borne, au nord,
ramana,
baie
dire, qu'elle reculera ses Montinic, ou la rivière
Kinibequi, jusqu'à l'ile
du sud au
Saint-Georgés S 5 et tirant une ligné et.le long de la
nord-nord-est depuis ladite ile,
de lest
jusqu'à la pointe
rivière Saint-Georges,
et une seconde de
du lac Kesben inclusivement,
jusqu'à Oudepuis ladite pointe
l'est à Pouest,
la Nouvelle-Anglequi borne, au nord,
ramana, --- Page 111 ---
SUR L'A LOUISIANE.
i05
terre; elle. cédera tout le pays qui se trouve eritre
la rivière du Kinibequi et lesdites
noncera à la pêche de la
limites, et rebaie
morue le long de la
Française et de la côte de Pentagoët.
3°. La France cédera à l'Angleterre,
partie occidentale et méridionale
dans la
le pays des
du Canada, tout
Iroquois 2 qui s'étend, comme je l'ai
déjà dit, du nord au sud,
3 depuis la rivière à la
Planchejusqu'a celle de
à l'ouest,
Casconchiagou, et de l'est
depuis les montagnes Apalaches
bord du lac
jusqu'au
à la
Ontario, et qui comprend la rivière
Famine, le lac des Agniers, la rivière Chouagen et le marais de Ganentaha.
4o. La France cédera tout le
l'Ohio, c'est-à-dire,
pays au sud de
côte
toutes les rivières et, toute la
qui s'étend du nord au sud, depuis la rivière.
Casconchiagou jusqu'à la Rivière-Neuve inclusivement, ce qui fait une distance d'environ
quarante lieues par terre.
cent
50, La France cédera tout le cours de
depuis sa source, au nord, jusqu'à
l'Ohio,
de la rivière Neuve,
l'embouchure
c'est-à-dire, deux cent
tre-vingt-cing lieues du cours de la Belle-Rivière. quaImportance des susdites cessions
au profit de
LAngleterre et czu préjudice de la France,
1o, On observera que la
Fmnte,alandomanta
l'Angleterre tout le reste du continent de la Pénin6 --- Page 112 ---
M É M O I R E
établi et cultivé, et
sule, perd un pays excellent, terrain qui augmencède àla Grande-Bretagne un d'environ deux cents
tera la province de T'Acadie cents lieues de suJieues de contours, et de onze
perficie.
Contonr. Superficie.
lieues. 1100 lieues.
Comme ci-dessus..
20. Qu'en lui accordant
lieues de côtes à Y'est
quinze
de la Nonvell-Anglatere,
elle lui cède une étendue de
qui augmentera aussi
pays
de cent quacette province
rante lieues de contouretde
cents lieues de su400
quatre
perficie, ci.
dans la
30. Qu'en cédant
occidentale tout le
partie
entre la
des Iroquois
pays sud de FOhio, concôte au
forménent aux limites qu'on
d'établir,la
vient également
France cède un pays qui
étendra soixante et qualieues à l'ouest des
rante
les
montagnes Apalaches, 2
temmdeivenedetonh
contouretde
cents lieues de su400
quatre
perficie, ci.
dans la
30. Qu'en cédant
occidentale tout le
partie
entre la
des Iroquois
pays sud de FOhio, concôte au
forménent aux limites qu'on
d'établir,la
vient également
France cède un pays qui
étendra soixante et qualieues à l'ouest des
rante
les
montagnes Apalaches, 2
temmdeivenedetonh --- Page 113 ---
SUR LA
LOUISTANE E,
Contour. Superficie:
Ci-contre..
dela
340 lieues. 1500 lieues:
Pensylvanie, du
land etdel la
MaryVirginie, ce qui
augmentera encore les
sessions de sa majesté Britan- posnique, dans cette
d'environ
partie 3
cing cent soixante
lieues de
mille
contour, et de six
cing cents lieues de
superficie.
Il est vrai que cette côte
est parsemée de
de
rochers; mais elle jetées, )
est couverte de bois et
valons
remplie de
> jusqu'aux grandes
montagnes 3
c'est-h-dire, 5
jusqu'a leur véritable chaine; et ce pays n'en est ni
moins bon ni moins
à cultiver, ci..
propre J'observe enfin vingt-cinq lieues qu'en cédant deux cent
de cours sur
quatre
abandonne à
l'Ohio, la France
fort du
FAngleterre le fort Machault et le
Quesne, et perd
nication du Canada
non-seulement la commuavec la Louisiane,
par Ia. Belle- --- Page 114 ---
M É M o I R E
considérable
mais encore le commerce les Loups, les
rivière, ferait avec les Iroquois, établies sur TOhio,
qu'elle
les nations
Chouanous et toutes
Britannique seront
dont les sujets de sa majesté
et
dans le cas de profiter.
aussi considérables,
En proposant, des cessions prouverait à toute PEula France, en les ratifiant,
la paix entre les
le désir qu'elle a d'affermir
faire
rope, ,
elle ne pourrait cependant
deux nations :
clauses et condisacrifices qu'aux
d'aussi grands
tions suivantes :
proposées par
des cessions
Clauses et conditions à PAngleterre.
la France
M I E R.
ARTICLE E PI RE
toutes les
restituera à la France
L'Angleterre
faite dans PAmérique septenconquètes qu'elle a
dernière; et au moyen
trionale pendant la guerre lui cède dans cette partie
du pays que la France lui fait, le roi et la couqu'elle
tous ses
et des avantages
- 5 ainsi que
ronne de la Grande-Bretagae toujours, ) en termes
sujets, renonceront pour droits acquis par traités
à tous
et
clairs et distincts, Canada tetla Louisiane, génédes limites
ou astrementariec
an-delà
ralement à toutes prétentions
Apalaches
vient de fixer et des montagnes
qu'on
A R T. II
et
dans Ja partie orientale
La France conservera
qu'elle
tous ses
et des avantages
- 5 ainsi que
ronne de la Grande-Bretagae toujours, ) en termes
sujets, renonceront pour droits acquis par traités
à tous
et
clairs et distincts, Canada tetla Louisiane, génédes limites
ou astrementariec
an-delà
ralement à toutes prétentions
Apalaches
vient de fixer et des montagnes
qu'on
A R T. II
et
dans Ja partie orientale
La France conservera --- Page 115 ---
N E.
SUR L A LOUISIAN
non-seulement la proméridionale du Canada,
Saint-Jean, mais
de Louisbourg et de Pile
de
priété
du passage de Cancéau et
encore la propriété
avec la baie de
la côte orientale de la Péninsule,
SaintChedabouctou et d'Artigoniche, le cap
l'ile Pictou, le cap de Portepis et de TataLouis,
la propriété de la côte
megouche, la Baie-verte,
sujets
de Pentagoët et de la Baie-frangaise, queles
pratiquer en tout temps,
du roi de France pourront"
c'est-à-dire,
communiquer avec le Canada;
pour
rentrera en pleine possession,
que cette couronne
du fleuve
de toute la côte orientale et méridionale nord des
Saint-Laurent, et de tout le pays au Pénin- -
ou de la
limites de la Nouvelle-Ecosse,
sule, et des bornes de la Nouvelle-Angleterre
A R T. IIL
ne pourront en aucun temps, et
Les Anglais
élever aucunes fortificasous aucuns prétextes, de la côte orientale-de la
tions à dix lieues près
ni avoir
où de la Péninsule,
Nouvelle-Ecosse 2
de ladite côte, que celui
d'autres forts à portée
de la rivière
qu'ils ont au sud de P'embouchure
de
c'est-à-dire au sud de la pointe
Mesagoueche;
Beaubassin, ou Chignitou.
A R T. IV.
la France rentrera aussi en possession de
Que --- Page 116 ---
M E M O I R E
du Canada, à la réserve
toutela partie occidentale
Apaconcédé à l'ouest des montagnes
du pays
le pays des Iroquois, les
laches; c'est-à-dire, sud del'Ohio et de son cours,
terres et rivières au
inclula Rivière-Neuve
depuis ses sourçes jusqu'à les Anglais ne poursivement; dans lequel pays
d'autres fortiront non plus conserver 7 ni avoir
la rivière
le fort d'Osvego, sur
fications, > que
celui qu'ils ont bâti
Chouagen, ni surl'Ohio, que
à la place du fort du Quesne.
A R T. V.
bornes au nord du
La France conservera pour.
la
et de la Nouvelle-Yorck,
pays des Iroquois
le lac du Saint-Sacrement,
rivière à la Plance et
lac Crié, avec la
et à l'ouest le lac Ontario et le rivières au nord
de toutes les terres et
sud
propriété
la
du pays au
de rOhio, ainsi que propriété des terres et rivières
de cette rivière 5 c'est-a-dire,
exclusivela Rivière-Neuve
au-dessous, et depuis
de POhio dans le
F'embouchure
ment jusqh'a
Mississipi.
A 1e R T. VI.
prévenirles discussions que pouraient
Quepour
les sujets de sa majesté Trèsoccasionner entre
Britannique, la
Chrétienne et ceux de sa majesté établissemens,
proximité de leurs
trop grande
les Français ne pourront en audans cette patrie,
rivière 5 c'est-a-dire,
exclusivela Rivière-Neuve
au-dessous, et depuis
de POhio dans le
F'embouchure
ment jusqh'a
Mississipi.
A 1e R T. VI.
prévenirles discussions que pouraient
Quepour
les sujets de sa majesté Trèsoccasionner entre
Britannique, la
Chrétienne et ceux de sa majesté établissemens,
proximité de leurs
trop grande
les Français ne pourront en audans cette patrie, --- Page 117 ---
L'A LOUISIA: N E.
SUR
construire
et sous aucuns prétextes,
cun temps
la
entre ses
forts sur Belle-Rivière,
ni bâtiraucuns
de la Rivière-Neuve, qui
sources et P'embouchure
lieues au-dessous
se dégorge à cent quatre-vingts les terres qui se
du fort du Quesne, n'y établir
entre le lac Crié et la rive septentrionale
trouvent
jusde TOhio, depuis la rivière Casconchiagou c'estl'embouchure de la rivière Souhiato;
qu'à
cette étendue de pays restera
à-dire, que toute
inculte, inhabitée et en désert.
A R T. VII.
néanmoins que la France puisse mettre
Qu'afin
à l'abri et à couvert
ses sujets et ses possessions
des incursions des sauvages, cette couronne-.conde son côté, le fort de Catarakoui, ou
servera,
le lac Ontario et le fort de NiaFrontenac, sur
comme aussi le droit
au nord du lac Crié,
gara,
dans les autres limites, lors et ainsi
de se fortifier
qu'elle le trouvera à propos.
A RT. VIIL
libre à toutes les nations et peuples sauV
Il sera
dominations qu'ils soient,
vages, sous quelques volonté de domicile; et de se
de changer à leur
et leurs
retirer et de s'établir suivant leurs goûts
de T'Angleterre ou de la
caprices sur les domaines
de ces deux puissancez
France, sans qu'aucuné --- Page 118 ---
M É M 0 I R.E
obstacles ou s'en forpuisse jamais y porter
maliser.
l'amour de la
Nota. Cet article est fondé sur
ne
inné chez tous les sauvages, et Yon
liberté,
-
leur ôter le droit primitif
peut, sans injustice,
la
les a
sur les terres ou providence
de propriété
fait naître et placés.
A R T. IX.
à tous les sauvages, sans
11 sera libre également
traiter à leur
distinction, de porter et d'aller
ou
ou chez les Français,
choix leurs pelleteries
en aules
; mais il ne sera permis
chez
Anglais
prétexte que ce soit,
cun temps, ni sous quelque
d'aller
de la France et de lAngleterre. ,
aux sujets
les nations ou peuples situés
faire la traite chez
respectives des
au-delà des limites et des bornes
des défenses
sur quoi il sera fait
deux couronnes 2
de punition
et sous peine
expresses et publiques, la
de sa majesté Trèstant de part
exemiplaire,
Britannique.
de celle de sa majesté
Chrétienne que
A R T. X.
de l'intérêt commun de la
Comme il est aussi
à leurs
de
de procurer
France et
FAngleterre
dont ils ont besujets la sureté et la tranquillité dans leurs comdans leurs établissemens et
soin
Tres-Chrétienne et sa majesté
merces, sa majesté
es et publiques, la
de sa majesté Trèstant de part
exemiplaire,
Britannique.
de celle de sa majesté
Chrétienne que
A R T. X.
de l'intérêt commun de la
Comme il est aussi
à leurs
de
de procurer
France et
FAngleterre
dont ils ont besujets la sureté et la tranquillité dans leurs comdans leurs établissemens et
soin
Tres-Chrétienne et sa majesté
merces, sa majesté --- Page 119 ---
SUR L A LOUISTANE
Britannique se concilieront pour remédier aux
troubles et aux désordres queles déserteurs, traiteurs, banqueroutiers, ou gens sans aveu, réfugiés parmi les sauvages,
pourraienty occasionner, et qu'à cet effet on donnera aux
respectifs les ordres les plus précis. gouverneurs
A R T. XI
Comme rien ne saurait contribuer
cement au maintien de la
plus efficaparmi les nations
paix et du bon ordre
et les sujets des deux
dans l'Amérique
couronnes
desdits
septentrionale, que la restitution
déserteurs, le roi de France et le roi d'Angleterte conviendront d'un cartel
rendre de part et d'autre,
pour se les
pour être punis suivant
l'exigence des cas et selon les peines
les réglemens que leurs
portées par
de concert à cet égard. majestés pourront faire
A R T. XII
Qu'attendu néanmoins
voir tous les cas
Fimpossibilité de précontrées
qui peuvent se passer dans des
aussi éloignées, . > contre le bon ordre
l'intention des deux rois, soit de la
et
vages de, leurs
part des saudominations, qu'on ne saurait
discipliner ni contenir dans une exacte
tion; soit de la part de leurs
subordinasujets, sa majesté
Très-Chrétienne et sa majesté Britannique
convien- --- Page 120 ---
M É M 0 I R E
dront aussi de se renvoyer et communiquer réciles griefs et les plaintes qui pourront
proquement
en
entre
leur parvenir à cet égard, pour
juger
elles et à l'amiable, et concerter les moyens de
troubler leur
remédier aux abus qui pourraient
union et leur harmonie. --- Page 121 ---
LA LOUISIAN E.
S UR
CHAPITRE XI.
Christophe Colomb.
Découverte de VAmérique par
découSituation de V'Europe au moment de la
Jacques Cartier déverte du Nouveau-Monde.
couvre le Canada; ony.forme quelques établissemens; on s'établit auc Antilles. Solo parcourt
la Louisiare et y trouve la mort. La Sale part
de Québec et découvre le Mississipi et la Louisiane ; il est nommé gouverneur; sa mort violente. Expédition de Diberville; Crozat obtient
lui concédent la Louides lettres-patentes qui
siane. Faute qu'ilfait : il est obligé de céder
à la compagnie d'Occident ; nouson privilège
vellefautequ'elle.fait. Espeditionrisfnctuuer
Mort de Charles II, roi d'Esde Saint-Denis.
pagne. Guerres de sa succession.
CE Mémoire a pour but de resserrer les neuds
Palliance entre la Louisiane et ma nation, de
présenter des faits et des objets, de ne rien cacher
le ce quia été, mais d'annoncer ce qui peut être,
Je dois peindre l'accablement de ce pays, et
lever ensuite le voile sur les plus belles espérances. V
ansm'appemntiraur les moeurs 2 les coutumes des
haturels du pays,jen parlerai seulement pour inliquer les ressources que lon peut en tirer; mais
pour but de resserrer les neuds
Palliance entre la Louisiane et ma nation, de
présenter des faits et des objets, de ne rien cacher
le ce quia été, mais d'annoncer ce qui peut être,
Je dois peindre l'accablement de ce pays, et
lever ensuite le voile sur les plus belles espérances. V
ansm'appemntiraur les moeurs 2 les coutumes des
haturels du pays,jen parlerai seulement pour inliquer les ressources que lon peut en tirer; mais --- Page 122 ---
M É M O I R E
les cultures, sont les
le commerce, > les terres,
d'étendue.
je dois traiter avec plus
une
objets que
arrivés à la Louisiane après
Ceux qui sont
ont trouvé ce pays sans
pénible traversée > et qui
inhabitable,
Pont peint comme un pays
culture,
dont les moeurs étaient différentes
et les peuples,
des barbares : je comdes leurs, leur ont paru erreur. Jetons aupabattrai plus d'une fois cette
révorapide sur l'étonnante
ravant un coup-d'ail
d'un Nouveaulution qu'a produite la découverte
à cette
la situation de TEurope
Monde, et sur
trois siècles que lon
époque. Il n'y a pas encore
celui qui
traité d'insensé et d'irréligieux
et
aurait
eût des antipodes,
aurait osé avancer qu'il y
alors'o
était telle
qu'on arefumitdécouter
Tignorance
la curiosité de Punivers.
un systême quiintérenait
un pilote
Dans le fort de cette prévention, état et publia ses
s'éleva au-dessus de son
et après
génois
par des raisonnemens,
idées, les appuya
de la raillerie et du
avoir été long-temps l'objet
plus instruit
des cours, un roi de Castille,
et
refus
à ses propositions
heureux, se rendit
ou plus
agréa ses services.
fit voile avec trois caraChristophe Colomb
il donne
mois après son départ,
velles, et, sept
d'un Nouyeauétonnée le spectacle
à l'Europe
habitans et de ses trésors.
Monde, de ses
de faire apprécier la
Rien n'est plus capable
de la raillerie et du
avoir été long-temps l'objet
plus instruit
des cours, un roi de Castille,
et
refus
à ses propositions
heureux, se rendit
ou plus
agréa ses services.
fit voile avec trois caraChristophe Colomb
il donne
mois après son départ,
velles, et, sept
d'un Nouyeauétonnée le spectacle
à l'Europe
habitans et de ses trésors.
Monde, de ses
de faire apprécier la
Rien n'est plus capable --- Page 123 ---
E.
SUR L. A LOUISTANE
bien ou mal fondées
juste valeur des prétentions différentes cours, que de
Hes grands seigneurs de
sur un homme sans naissance,
jeter ses regards
d'un grandprince,
kansemploi, quisderancemapeesd la réussite avant Fentraite avec lui, s'engage sur
avant le sertreprise, et qui fixe la récompense
fait déclarer amiral des mers quel'on
vice. Il se
vice-roi d'un pays que Yon
croyait impraticables, -
et en un mot, il
regardait comme chimérique,
monde
ait
n'existe point de particulier au
qui
et mérité de plus grands éloges.
demandé, reçu
il lui deIl commença par s'offrir à sa patrie; du néant et
il aurait tiré
vait cette préférence;
il en fut
égalé aux rois ces faibles républicains, de son
rejeté, et Gênes ne tarda pas à se repentir
incrédulité et de son aveuglement. découverte,
Au bruit de cette étonnante
VI, aussi connu par ses crimes que par
Alexandre
exerçait sur tous les états cale despotisme qu'il
dont il était né
tholiques 2 gratifia Ferdipand, l'on ne connais- 1
sujet, de toute l'Amérique que
connue,
sait pas, et qui n'est pas même encore L'espagnol
conditions d'y prècher l'évangile.
aux
libéralité qui fût
avidement la plus étrange
reçut
à Pabri de cette investiture chiméjamais, et
sans remords, aux
rique, il crut pouvoir ajouter,
des
avait déjà, celui de monarque
titres qu'il
et le tyran,
Indes, dont il fut Pusurpateur
e
ujet, de toute l'Amérique que
connue,
sait pas, et qui n'est pas même encore L'espagnol
conditions d'y prècher l'évangile.
aux
libéralité qui fût
avidement la plus étrange
reçut
à Pabri de cette investiture chiméjamais, et
sans remords, aux
rique, il crut pouvoir ajouter,
des
avait déjà, celui de monarque
titres qu'il
et le tyran,
Indes, dont il fut Pusurpateur
e --- Page 124 ---
M É M 0 IR E
L'or, l'argent et les diamans qui abondaient
tracèrent bientôt une vaste
dans ces contrées; mit le comble aux recherroute sur les mers; on
furent envahies, les
ches et aux crimes, les iles
Caciques mis à mort, leurs sujets succombèrent
sousle poids des fers et de la misère, et des nations
entières disparurent.
des corps de
Ce pays ne cessa plus d'être jonché
seshabitans, l'Océan de transporter ses dépouilles,
les forfaits, et lAméP'impunité d'accompagner
de n'opposer à la dévastation et au pillage
rique
la consternation et le silence.
que
du dieu de la paix et de la clémence
L'évangile milieu des flots de sang, et l'on masfut préché au
- distinction au lieu de faire des prosésacrait sans
Ferdinand se frustra des
lites. C'est ainsi que
l'abus
droits prétendus qu'il tenait de Rome par
qu'il en fit.
joignit à la
Charles-Quint, son successeur, qui
d'Espagne, laj pourpre des Césars, voyait
couronne
de Castille d'un pôle à l'autre,
flotter la bannière
vol audacieux dans
tandis que l'aigle prenait un
l'Europe dans la frayeur
ses mains, et contenait
dans l'intéet le respect. Il étendit ses conquêtes
de l'Amérique : le Mexique, le Pérou, emrieur
devinrent la proie d'un ravisseur
pires florissans,
à quile choixl légitime des
insatiable. Montezuma,
Ataliba, qui
électeur's avait ceint le diadème;
otter la bannière
vol audacieux dans
tandis que l'aigle prenait un
l'Europe dans la frayeur
ses mains, et contenait
dans l'intéet le respect. Il étendit ses conquêtes
de l'Amérique : le Mexique, le Pérou, emrieur
devinrent la proie d'un ravisseur
pires florissans,
à quile choixl légitime des
insatiable. Montezuma,
Ataliba, qui
électeur's avait ceint le diadème; --- Page 125 ---
SUR LA LOUISIA N E.
la frange des Incas, se
ne devait qu'à sa naissance
palais, et
virent enchaînés dans leurs propres
à d'insolens satellites. Le premier
donnés en garde
indignés
les mains de.ses sujets,
finit ses jours par
celles des Espade sa faiblesse; et le second, par
gnols, dans Fignominie et les supplices.
Henri VIII était maître de l'Angleterre.
La situation de ses états le provoquait à en
chercher de nouveaux dans les Indes; il commença
êtrejuste, mais le Défenseur de lafoi changea
par
de ses amours
tout-à-coup; il ne s' 'occupa plus que
il tira le glaive sur ses sujets,
et de ses divorces,
débris des
ensevelit leur culte sous les
églises,
etsedéclara ennemi dela thiare,
éleva destemples,
parce qu'elle l'était de son incontinence.
répremier avait succédé à Louis, et
François
de Charles-Quint,
gnait en France; contemporain
et la bail fut digne d'être son rival à l'empire,
restalong-temps: sans pencher; mais Charles,
lance
faveur de
les voix se réunirent, ne put jaen
quil
et François était trop
mais aimer son concurrent,
n'être pas irrité de la préférence;
magnanime pour
à
firent une
cruelle, et transmirent
ils se
guerre haine dont les suites sont trop
leurs héritiers cette
ne
connues, et qui causa un embrasement qui
s'éteignit que dans le sang des peuples.
Jean, assis sur le trône de Portugal, ne tourvers-les climats où se trouve
nait les yeux que
-
ne put jaen
quil
et François était trop
mais aimer son concurrent,
n'être pas irrité de la préférence;
magnanime pour
à
firent une
cruelle, et transmirent
ils se
guerre haine dont les suites sont trop
leurs héritiers cette
ne
connues, et qui causa un embrasement qui
s'éteignit que dans le sang des peuples.
Jean, assis sur le trône de Portugal, ne tourvers-les climats où se trouve
nait les yeux que
- --- Page 126 ---
M É M O I R E
et le commerce des épiPivoire et nait la canelle;
de Lisbonne. I
ceries fixait toute T'attention éblouis de la puissance
Les autres souverains,
assez de forces
n'avaient pas
de Charles-Quint,
à ses découvertes:
pour oser s'associer du vivant de Charles même;
Il est vrai que
et Cartier le fleuve
Cabral découvrit le Brésil,
Saint-Laurent, avec le pays qu'il arrose. la valeur
qui ignora long-temps
Le Portugais,
de médiocres étadu Brésil, n'y fit d'abord que
trouva que des
blissemens; et le Français, qui ne des nations
couvertes de neiges et
démontagnes
d'attention à sa
pauvres et guerrières, fit peu même alors envier.
couverte , qu'on ne daigna pas
une de ces inconséquences
Cependant, 5 par
Charles-Quint fit un
inouies de V'esprit humain, le néant de son ambiretour sur lui-même, voit
et cède, avec
tion, est effrayé de ses remords, 'son frère, et
l'Empire à Ferdinand,
précipitation,
le
de son fils Philippe:
furent partage
ses royaumes
que Charles, plus
Philippe fut aussi politique
si lâche, qu'il
dur, moins grand, moins heureux; osât flétrir la
souffrit qu'un tribunal de prêtres
fit
si dénaturé, qu'il périr,
mémoire de son père;
et son fils:
soupçon, sa femme
sur un simple
d'être craint; Philippe n'eut
Charles avait mérité
de T'Empire par la
de la haine; il se vit privé
lui
que
celui d'Angleterre
concurrence de son oncle;
si lâche, qu'il
dur, moins grand, moins heureux; osât flétrir la
souffrit qu'un tribunal de prêtres
fit
si dénaturé, qu'il périr,
mémoire de son père;
et son fils:
soupçon, sa femme
sur un simple
d'être craint; Philippe n'eut
Charles avait mérité
de T'Empire par la
de la haine; il se vit privé
lui
que
celui d'Angleterre
concurrence de son oncle; --- Page 127 ---
LA LOUISIA N E. : 121
SUR
des mains par la mort de son épouse, et
tomba
qu'il traitait en
quelques-uns de ses peuples,
lui échappèrent par sa faute.
esclaves ,
jusqu'alors, sé fait un nom >
Le Batave, ignoré allume le feu de la révolte au
prend les armes,
ne veut
milieu de ses marais, et proteste qu'il
l'éteindre qu'en obtenant sa liberté.
démarche servit de signal à plusieurs
Cette
de Pillusion où ils étaient,
princes; ils revinrent
danslAmééquipèrent des flottes, les envoyérent
rique, et sy firent des établissemens.
ThériMarie, épouse de Philippe, avait laissé
de la Grande-Bretagne à Elisabeth, sa sceur;
tage
celle-ci détestal'ambition de son beau-irère, peutfut plus ambitieuse queluis elle
être parce qu'elle
bien
entra dans la lice de la gloire, et dévança
resserrés en Angleterre,
des rois; ses sujets 2 trop
s'emet qu'elle anima à prendre l'essor , coururent
Noud'une vaste contrée qu'ils appelèrent
parer
une autre fut nommée Virginic.
velle-Angleterre; ;
semblaient dès-lors
Les succès de ces insulaires
leur
attachés à leurs. entreprises. Philippe, qui
avait donné des lois, devint furieux; il fit des
incroyables pour les exterminer: 3 ses
préparatifs
coffres furent épuisés, et ses efforts n'aboutirent
quiemborauerlat mer par desnaafrages,infester
les côtes, enhardir ses ennemis, et abaisser son
orgueil.
7.
-Angleterre; ;
semblaient dès-lors
Les succès de ces insulaires
leur
attachés à leurs. entreprises. Philippe, qui
avait donné des lois, devint furieux; il fit des
incroyables pour les exterminer: 3 ses
préparatifs
coffres furent épuisés, et ses efforts n'aboutirent
quiemborauerlat mer par desnaafrages,infester
les côtes, enhardir ses ennemis, et abaisser son
orgueil.
7. --- Page 128 ---
M É M 0 I R E
le bonheur de la France vint
Enfin, la gloire et
fils, triste
Henri II et ses trois
avec les Bourbons;
avaient monté rapostérité de François premier,
descendus de
pidement sur le trône, et en étaient
vit
II; le premier de ses enfans,
même. François
et le
entre son inauguration
à peine un intervalle
à
flots le sang
cercueil;' le second, versa grands dans le sien; le troide ses sujets, et mourut noyé
par le
faiblesses et ses irrésolutions
sième expia ses
et ces règnes ne furent
couteau d'un vil parricide; 5
des guerres, dés conjurations,
marqués que par
des massacres et des assassinats: Henri le-Grand
Tout était désespéré quand le fit craindre auparvint à la couronne; sa valeur adorer. Il abattit la
tant que sa clémence le fit
à mettré fin
tête de la ligue, il obligea lEspagne calme au dedans.
tout devint
à ses lachesintrigues:"
envoya des colons;
du Canada, on y
On se souvint
nouvelle patrie.
ils y trouvèrent une
les Antilles, parce
L'Espagnol avait négligé elles subirent de plus
d'or;
manquaient
de la Marqu'elles
S emparèrent
douces lois. Les Français
de Sainte-Lacie, > de
tinique, de la Guadeloupe, des Indiens qui ne
ils y trouvèrent
la Grenade; d'exister et d'ètre libres qu'à leur
devaient le bien
parmi des
avec joie,
indigence; ils se mélent,
de T'opibienfesans, et se désabuserent vomissait
Européens
POrient ne
nion reçue chez eux, que
S emparèrent
douces lois. Les Français
de Sainte-Lacie, > de
tinique, de la Guadeloupe, des Indiens qui ne
ils y trouvèrent
la Grenade; d'exister et d'ètre libres qu'à leur
devaient le bien
parmi des
avec joie,
indigence; ils se mélent,
de T'opibienfesans, et se désabuserent vomissait
Européens
POrient ne
nion reçue chez eux, que --- Page 129 ---
N E.
SUR L A LOUISIA
ennemis de leur espèce et fléau
que des monstres,
de Phumanité.
dans la
Une poignée de Français se cantonna
occidentale de l'Espagnola, qui était départie
les connut sous le nom de Flibustiers,
serte : on
et
infatigables, sans solde, sans aveu, qui,
gens
en dépit de Saintseuls, se soutinrent long-temps
des Indes. La
Domingue, cette superbe métropole
France jeta enfin un ceil de complaisance sur ces
aventuriers, leur envoya des chefs et
généreux et leur fut redevable de la plus flodes secours,
rissante de ses colonies.
La France étendit ses conquêtes jusques sous
de Cayenne, où le
l'équateur, et prit possession
le
le cacao et le tabac enrisucre > café, l'indigo,
chissent le cultivateur.
Il fat statué alors que les acquisitions dans
l'Amérique seraient valables lorsque l'on découvrirait des terres et qu'on les habiterait.
Si, à ce titre, on en ajoute encore un bien plus
incontestable, quis'acquiert par le consentement
des peuples habitans des pays où l'on veut s'établir, on va juger lequel des deux capitaines, Pun
Français et l'autre Espagnol, qui s'introduisirent
successivement dans la Louisiane, a dâ laisser à
sa patrie des droits inieux fondés.
Fernand Soto fut un des guerriers qui servirent
sous Pizarro, ce conquérant ou plutôt ce destruc-
on en ajoute encore un bien plus
incontestable, quis'acquiert par le consentement
des peuples habitans des pays où l'on veut s'établir, on va juger lequel des deux capitaines, Pun
Français et l'autre Espagnol, qui s'introduisirent
successivement dans la Louisiane, a dâ laisser à
sa patrie des droits inieux fondés.
Fernand Soto fut un des guerriers qui servirent
sous Pizarro, ce conquérant ou plutôt ce destruc- --- Page 130 ---
M É M 0 I R E
de sang, où le sien
teur du Pérou, qu'il remplit
pour
tard, et oà il est douloureux,
fut versé trop
ait trouvé des vengeurs:"
Thumanité, qu'il
immense qu'il fitau sac de
Soto, riche du butin
si son avidité ne lui
Cusco, pouvait vivre heureux
des biens imPeu content
eût tendu un piège. il voulut en chercher de
menses qu'il possédait,
dont il se flattait, iI
nouveau; 5 et, au lieu de ceux
ayait, la mort
trouva que la perte de ce qu'il
à
ne
tous ceux qui Jattachèrent
et celle. de presque
sa fortune.
cents hommes sur
Soto débarqua avec quinze il fut attaqué par les
de la Floride;
près
la peninsule
Tapergucent; il employa
sauvages dès qu'ils
qu'à fuir; et, après
moins à visiter
de troisannées,
que l'objet quil
avoir fait une route aussi vague méridionaux du
il vint dans les pays
de
avait en vue,
accablé de fatigues et
Misissipi, où il mourut
chagrins.
du pouvoir queavaitlata ils
On voit ici Pexemple mercenaires, et combien
rice sur ces guerriers
quand leur espoir fut
furent mols et languissans
avec des forces
déçu. Ils renversèrent des empires Soto, et la vue de Yor
inférieures à celles de
des déserts;
bien
miracles. Soto, engagédans
facilita les
hommes nuds et indigens,
où il n'apercut que des fureur, et sucçomba encombattit d'abord avec
avait enchainé un
lâcheté : celui qui
suite avec,
and leur espoir fut
furent mols et languissans
avec des forces
déçu. Ils renversèrent des empires Soto, et la vue de Yor
inférieures à celles de
des déserts;
bien
miracles. Soto, engagédans
facilita les
hommes nuds et indigens,
où il n'apercut que des fureur, et sucçomba encombattit d'abord avec
avait enchainé un
lâcheté : celui qui
suite avec, --- Page 131 ---
N E.
SUR L A LOUISIA
devant des sauvages
Incas, trembla, à son tour,
armes:
sans discipline et presque sans
sans police,
glaça son courage et
V'aspect de leur pauvreté
causa son découragement. destiné à fonder un jour de
Ovous! qui êtes
de vue
établissemens, ne perdez. jamais
nouveaux
contractez avec Phumales engagemens que vous
vous devez
de votre départ;
nité au moment
doivent être la-base de:
V'exemple des vertus qui
de votre
5 fidèle ministre
votre gouvernement
fermeté; répriaux abus avec
roi, opposez-vous
seront établis, et,
mez, avec douceur, ceux qui
conciliateurheureuxe du peuple qui vous est confié,
devenez son défenseur et son père.
remit le comSoto, sentant sa fin approcher,
Mocoso,
mandement du reste de sondétachemental
fesant
de jeter, après sa mort, son
en lut
jurér
les saudans le fleuve, 3 pour empêcher que
corps
sur son cadavre les outrages
vages n'exerçassent
cruautés. Mocoso s'acquifavait mérités par ses,
construit des
quitta de ce devoir ; et, ayant
du
au cours du fleuve
barques, il s'abandonna
Mississipi, et fut montrer à la Nouvelle-Espagne
débris et la honte d'une armée qui avait promis
les
des conquêtes.
lors, avec le plus grand
On travaillait pour
et le
fameuses mines des Sacataras,
succès saux
ses peines et
récit de Mocoso sur ses aventures,
avait mérités par ses,
construit des
quitta de ce devoir ; et, ayant
du
au cours du fleuve
barques, il s'abandonna
Mississipi, et fut montrer à la Nouvelle-Espagne
débris et la honte d'une armée qui avait promis
les
des conquêtes.
lors, avec le plus grand
On travaillait pour
et le
fameuses mines des Sacataras,
succès saux
ses peines et
récit de Mocoso sur ses aventures, --- Page 132 ---
M É M. 0 I R.E
avait vus, était trop
la misère des hommes qu'il
floabandonnâtle pays
sincère pour que personne allât s'enfoncer dans
rissant où il se trouvait et
de
plus de danger que
des forêts qui promettaient
profit:
pensaient si peu, qu'un siècle
Les Espagnols y
tentative de leur
et demi s'écoula sans la moindre
ils seraient
leur domination, et
part pour y porter)
de l'autre côté de la
encore à présent renfermés
limites, si les
rivière du Nord, leurs anciennes
placés en-deça, ou si, après
Français ne se fussent
cherché à s'y étendre
s'y être établis, ils avaient
et à s'y maintenir.
avait déjà
M. de Frontenac
A cette époque,
beaux fleuves du
affermi le Canada; un desplus cdmmode et assurée
monde donnait une retraite
enfin, était deun pays désert,
aux vaisseaux;
la retraite paisible de pluvenu, par ses soins,
et la terre, cultivée par
sieurs milliers de citoyens,
tàleurnourrileurs soins,
oarminastabedenmens
déjà le nom de Nouvelle-France.
ture, et méritait
aux transports
Les canots sans cesse occupés
dont la
fourures précieuses
du castor et autres
de ses bienfaits, payait
nature, sage dispensatrice
vodes colons septentrionaus,
la persévérance lacs ou le. fleuve Saint-Laurent
guaient sur les
ne tarda pas à s'aperceprend naissance, etl'on
dans les côtés oppovoir que la pente de ses lacs,
edenmens
déjà le nom de Nouvelle-France.
ture, et méritait
aux transports
Les canots sans cesse occupés
dont la
fourures précieuses
du castor et autres
de ses bienfaits, payait
nature, sage dispensatrice
vodes colons septentrionaus,
la persévérance lacs ou le. fleuve Saint-Laurent
guaient sur les
ne tarda pas à s'aperceprend naissance, etl'on
dans les côtés oppovoir que la pente de ses lacs, --- Page 133 ---
LA LOUISTA N E.
$U R
tombant
également des rivières qui,
sés, formaient
conduisirent à la province condans le Mississipi,
nue sous le nom de Louisiane.
était réservée à
découverte
Cette importante
officier de réRobert de la Sale, natif de Rouen,
obstacles,
dont le génie s'irritait par les
solution,
objet que la gloire.
et qui n'avait pour
la route que
Il partit, en 1682, de Québec par
sont
rendit chez les Illinois, qui en
j'ai indiquée, se
construisit un fort
éloignés de cinq cents lieues, y
nombre
consentement, détacha un petit
avecleur
le
presqu'à une
des siens qui remonta Mississipi
ce fleuve,
et descenditlui-mème
pareille distance 3
qui le guida au golfe du Mexique.
toutes les
Pendant ce trajet, il fut regardé, par
descomme un homme
>
nations qu'il rencontra,
dont les ancendu du ciel. Les mêmes sauvages, irréconciables
cêtres s'étaient déclarés les ennemis férocité à la vue de
de Soto, abandonnèrent leur avait su! les captiver
la Sale, qui, par ses manières,
abord; ils volaient à sa rencontre;
dès le premier
et ils ne lui permirent de
recevaient ses caresses,
eut laissé chez
continuer son chemin quelorsqu'il
comme un
de ses compagnons,
eux quelques-uns
gage de son retour.
à leurs instances, , qu'il
Ce fut pour souscrire
des Akancas, saudans le village
bâtit un magasin
de leurs semblables,
vages qui, malgré l'exemple
! les captiver
la Sale, qui, par ses manières,
abord; ils volaient à sa rencontre;
dès le premier
et ils ne lui permirent de
recevaient ses caresses,
eut laissé chez
continuer son chemin quelorsqu'il
comme un
de ses compagnons,
eux quelques-uns
gage de son retour.
à leurs instances, , qu'il
Ce fut pour souscrire
des Akancas, saudans le village
bâtit un magasin
de leurs semblables,
vages qui, malgré l'exemple --- Page 134 ---
M E M 0 I R E
démentis de l'affection qu'illeur
ne se sont jamais
il en bâtit un second sur
inspira pour le Français;
Prudhomme,
les terres des Chicachas 3 appelé des armées
fameux depuis par le concours
trop
signalèrent ce lieu fatal par leurs
françaises qui
défaites et leur déshonneur.
retourna
La Sale, après un début si favorable,
plus
sans avoir consommé
à la Nouvelle-France,
Frontenac, sincère
d'une année dans son voyage. le pressa de s'emadmirateur du mérite d'autrui,
de son témoibarquer pour la France, et appuya,
le récit qu'il allait y faire de ses aventures
gnage,
et de ses succès.
infatigables
M. de Seignelay, un des ministres avaient choisi,
queles lumières de Louis-le-Grand il accueillit
était pour lors à la tête de la marine; à
utile Yagrandisla Sale, qui présentait un projet
monarchie, lui donna une commission
sementdela
des soldats, des
des vaisseaux,
de gouverneur,
les ustensiles et les vivres
familles, des ouvriers,
considérable
nécessaires; il lui promit un renfort
arrangeniens.
quand il aurait vaqué à ses premiers
en fut
de ses prospérités
Mais le commencement
des revers.
le terme, et il n'essuya plus dans que le Mississipi, peutIlr n'aspirait qu'à entrer
assez exacte
être. n'avaitil pas une connaissance
fut-il
du fleuve, ou peut-être
de l'embouchure
des courans, qui
emporté au-delà par la rapidité
nécessaires; il lui promit un renfort
arrangeniens.
quand il aurait vaqué à ses premiers
en fut
de ses prospérités
Mais le commencement
des revers.
le terme, et il n'essuya plus dans que le Mississipi, peutIlr n'aspirait qu'à entrer
assez exacte
être. n'avaitil pas une connaissance
fut-il
du fleuve, ou peut-être
de l'embouchure
des courans, qui
emporté au-delà par la rapidité --- Page 135 ---
E.
SUR L A LOUISTANT
Il manqua
des plus habiles navigateurs.
se jouent
: une baie qu'il
le fleuve, et ne le revit jamais
lui parut
cent lieues plus au couchant,
dans
aperçut,
la côte qui,
être l'objet de sa recherche;
le tromper
court est et ouest, put
ses passages,
enfin, il indiquait la
parle rapport de la latitude;
étaient dans Y'obligation
route, et les marins qui
le
suivant ses désirs, gardèrent
de manceuvrer,
aborder ou il voulut.
silence, et le laissèrent
donna le nom de baie
Cette baie, à laquelle il
sont
une rade, devant laquelle
Saint-Louis 2 forme
de la viorépandues des âles qui la garantissent
de
mais elle ne donne accès qu'à
lence des vents;
les plus gros
petits navires, ce qui fut cause que
Les
mouillèrent.
des siens se tinrent au large, ety
partagées
terres consistent en de belles prairies,
etl'aspect d'un pays 'si charmant
par cing rivières, consolations dans son erreur.
lui donna quelques
La Sale n'ouvrit les yeux sur sa position qu'après
la plus grande partie de ses
avoir fait débarquer
de se remeffets et tout son monde. Il se proposait suffisamment
barquer lorsque ses gens seraient
comremis des fatigues de la mer 5 mais Beaujeu,
des vaisseaux, lui signifia qu'il se prépamandant
rait à faire voile pour la France.
de foudre;
La Sale fut frappé, comme d'un coup
obil employa ses prières pour
de cette nouvelle;
dit que sa
tenir un délai : Beaujeu fut inflexible,
partie de ses
avoir fait débarquer
de se remeffets et tout son monde. Il se proposait suffisamment
barquer lorsque ses gens seraient
comremis des fatigues de la mer 5 mais Beaujeu,
des vaisseaux, lui signifia qu'il se prépamandant
rait à faire voile pour la France.
de foudre;
La Sale fut frappé, comme d'un coup
obil employa ses prières pour
de cette nouvelle;
dit que sa
tenir un délai : Beaujeu fut inflexible, --- Page 136 ---
M É M o'I R E
protesta que ses vaisseaux,
mission était remplie,
et appareilla;
faute de ports, étaient en danger, où il laissait la
il vint annoncer au ministre l'état le mauvais aucolonie, la méprise de son chef, et
con-.
ne fut que trop
gure qu'il en tirait, qui
firmé par Pévénement.
régnait entre ces deux
qui
La mésintelligence
désastres. Beaujeu
officiers fut cause de tous ces dont la Sale était
ne voyait pas sans envie lesg grâces
de
la cour; la Sale, pour se venger
comblé par
une machine quile
Beaujeu, le regardait comme n'était pas disposé
conduisait à son élévation : lun
et
l'autre à en recevoir;
à donner des conseils,
cause qui fit
la principale
ce fut, sans contredit,
échouer cette expédition.
un moment sur
Qu'il me soit permis de gémir
le
ordinaire de voir des gens que
le malheur trop
sacrifier tout à la
bien du service doit réunir,
entièrequi les dévore, et s'en occuper intérêts du
jalousie
de la gloire et des
ment aux dépéns honorés de son choix.
prince qui les a
frégate à la Sale; il
1l ne restait plus qu'une fit naufrage; à cet
Venvoya visiter la côte, elle
d'un tiers
la contagion, et plus
accident se joignit
La Sale ne perdait
de son monde périt à ses yeux.
et le fruit de
courage, il assistait les malades, santé. 11 trapas
de la
ses soins fut le rétablissement
sy logea; revailla ensuite à des retranchemens;
de son choix.
prince qui les a
frégate à la Sale; il
1l ne restait plus qu'une fit naufrage; à cet
Venvoya visiter la côte, elle
d'un tiers
la contagion, et plus
accident se joignit
La Sale ne perdait
de son monde périt à ses yeux.
et le fruit de
courage, il assistait les malades, santé. 11 trapas
de la
ses soins fut le rétablissement
sy logea; revailla ensuite à des retranchemens; --- Page 137 ---
LA LOUIStAN E.
SUR
les naturels du pays, et ses espérances
connut
vit quele hasard l'avait conduit
revinrent lorsqu'il
riantes contrées de P'Amérique.
aux plus
désespéré; il se mettait en marche
Rien n'était
établissealler chercher des secours dans ses
pour
quand il fut massacré par
mens sur le Mississipi,
escorte.
une partie de ceux qui composaient son
scella
Telle fut la fin tragique de la Sale, qui
la
d'une grande province,
de son sang propriété
assuraient à son souverain.
que ses travaux
Ses lâches assassins ne furent pas. long-temps
subir la
due à leurs forfaits; le parsans
punition
une
des dépouilles fit élever entre ces traîtres
tage
victimes furent Duhaut
dispute dont les premières
lui avaient porté les preet Larchevèque, qui
les
miers coups; scélérats dont on ne se rappelle
faire voir quel les crimes ne restent
noms que pour
dans les lieux mêmes où la
pas toujours impunis
licence parait le plus autorisée.
la
fut bientôt su de la colonie,
Ce meurtre, qui
dans la consternation; elle resta sans resplongea
quelquessource, sans appui et sans espérances;
cherchèrent un asile chez les sauvages et en
uns
d'autres se rendirent chez les
furent accueillis;
;le reste, arrêté
Illinois avecdes peinesincroyables;
la maladie, ne tarda point d'être arraché des
par bras de la mort pour se voir livrés à des horreura
plus cruelles que la mort même.
,
Ce meurtre, qui
dans la consternation; elle resta sans resplongea
quelquessource, sans appui et sans espérances;
cherchèrent un asile chez les sauvages et en
uns
d'autres se rendirent chez les
furent accueillis;
;le reste, arrêté
Illinois avecdes peinesincroyables;
la maladie, ne tarda point d'être arraché des
par bras de la mort pour se voir livrés à des horreura
plus cruelles que la mort même. --- Page 138 ---
M É M 0 I R E
de la Sale n'avait point étéignorée
L'expédition
s'assembla dans
un corps de troupes
au Mexique,
de Léon, fondit à l'improviste
le nouveau royaume
de résisle fort
et, sans éprouver
sur
Français; fers des hommes exténués,
tance, chargea de
jusqu'aux mines ; là,
qu'il traina dans Vignominie qui n'est fait que pour
on leur assigna un travail
des
libres et
ou les criminels :
gens
les esclaves
malheurs furent ensevelis
respectables par leurs
souterrains; nouveau
jamais dans des abymes
de Jeurs
pour
l'avarice etla cruauté
supplice inventépar
maîtres.
vaisseau sortit de la VeraEn méme-temps un
baie Saint-Louis et s'y
cruz, jeta l'ancre dans la
du roi; ce
et des munitions
chargea de V'artillerie
Yespagnol se perla paix
fut ainsi que pendant etle dégât qu'on ne se permettait tous les excès
cours de la guerre.
met qu'avec douleur pendantle les Espagnols ont
Les massacres affreux que
leur barbarie
fais à la découverte de P'Amérique, dont il se renvis-à-vis des cing cents Français de la Floride,
dirent maitres dans cette partie Caroline, et que
conserve encore le nom de fureurs de Phiqui
instroment des
Menendès, digne
après leur
lippe II, fit égorger de sang-froid, dans leur patrie 5 atroavoir juré de les renvoyer
Dominique de
cité qui fut si bien vengée par Leur conduite à
gentilhomme gascon.
Gourgues,
P'Amérique, dont il se renvis-à-vis des cing cents Français de la Floride,
dirent maitres dans cette partie Caroline, et que
conserve encore le nom de fureurs de Phiqui
instroment des
Menendès, digne
après leur
lippe II, fit égorger de sang-froid, dans leur patrie 5 atroavoir juré de les renvoyer
Dominique de
cité qui fut si bien vengée par Leur conduite à
gentilhomme gascon.
Gourgues, --- Page 139 ---
E.
SUR L A LOUISIANT
ci-dessus, et
dont j'ai parlé
la baie Saint-Louis,
ont ensanglanté la
affreuses qui
les proscriptions.
cruel
en 1764,
le
Orellyvint,
Louisiane, 2 lorsque
nom du roi d'Espagne.
possession au
en prendre
à des réflexions funestes sur
Ces meurtres amènent
d'une nation qui ne sait point pardonner,
le génie
ont été cimentés par
et dont tous les établissemens
des massacres. n'avait été à la Floride que) pour déMenendès
et
en
furent abandonnées,
truire. Les possessions Charles II, roi d'Angleplus d'un siècle après,
et sans même
terre, s'en empara sans contestation anglaise est la
changer son nom, et la Caroline
inême dont nous avons été en possession.
Saint-Louis fut également négligée, 2
La baie
les échecs attachés aux pretant il est vrai que
et l'amourcausent le dégoût,
mières opérations obstacles, voit de Vimpossipropre, offensé des
de la constance; et je ne
bilité où il ne faut que
si faite
dissimuler que la nation française, >
puis
lois
la douceur de ses
pour faire adopter ses
par celle qui connaît le
principes, est peut-être aussi
dans les noumoins l'économie qu'il faut apporter
veaux établissemens.
semblât se
Dix années s'écoulèrent sans qu'on Diberville la
souvenir qu'il y eût une Lonisiane; second fontira de T'oubli; en s'offrant pour son
lui refusa rien de ce qui pouvait
dateur : on' ne
puis
lois
la douceur de ses
pour faire adopter ses
par celle qui connaît le
principes, est peut-être aussi
dans les noumoins l'économie qu'il faut apporter
veaux établissemens.
semblât se
Dix années s'écoulèrent sans qu'on Diberville la
souvenir qu'il y eût une Lonisiane; second fontira de T'oubli; en s'offrant pour son
lui refusa rien de ce qui pouvait
dateur : on' ne --- Page 140 ---
M É M 0 I R È
n'était plus
ètre utile à ses desseins, et personne
lui à faire fleurir la province qu'on
propre que mais il ne vécut pas assez pour remlui confiait;
l'on avait, à justes titres, de son
plir les idées que
expériencé et de son courage.
l'arinement que l'on fit à ce sujet
Cependant,
les Espagnols, qui en eurent
traîna tellement, que
de la France 3
avis
traverser le projet
2 pour
du port de Pensacole, hâvre
vinrent s'emparer
la France.
magnifique, et qui ne convenait qu'à
vit avec chagrin qu'on
Diberville, en arrivant,
il se plaça sur une ile sablonneuse,
l'avait prévenu;
lieues, qu'il
quin n'en est éloignée que de quatorze
il
Peu de jours après,
nomma Pile Dauphine.
ferme, dont il n'était
envoya reconnaître la terre
étroit, et cette
séparé que par ua canal assez
à son
démarche lui valut ce qui avait échappé
prédécesseur.
chargea de cette exBienville, son frère, qu'il dans le lac Pontpédition; passa successivement et de ce dernier dans
chartrain et de Maurepas,
le conduisit
rivière de Manchac, qui
la petite
habifleuve sur les bords duquel
dans un grand
nation composée
taient les Babayoulas > petite
comme
d'environ huit cents guerriers; ily fut reçu
lui fit voir une cotte d'émail, qui, probaami; on
à Soto 5 mais ce qu'il
blement , avait appartenue fut une lettre de Tonti,
trouva de plus intéressant, --- Page 141 ---
SUR L A LOUISIANE.
de la Sale, quilui écrivait en
un des compagnons
confirma qu'il
allant à sa découverte, et quilui
était au Mississipi.
attendu, il résolut
Flatté d'un bonheur si peu
jusqu'à la mer, et ce fut, sans conde pousser salut de la colonie. Au détour à PAntredit, le
de cette nation
glnis, ily rencontra une frégate
Bienville lui
qui cherchait aussi un établissement.
persuada qu'il n'était ( que Y'avant-garde d'un nomet
crut les
breux détachement, 2
P'Anglais, qui
forces de Bienville supérieures aux siennes, prit
son parti et abandonna son entreprise.
Diberville ne fut pas plutôt informé de ces circonstances, qu'il se disposa à aller rendre compte
à la cour de sa mission; mais ce ne fut qu'après
s'être bien assuré de T'embouchure du fleuve, y
avoir construit un fort sur l'une des pointes de
l'entrée, où il laissa Bienville commander pendant
son absence.
delamer du nord,
Legolfe du Mexique, partie
le
ovale, s'avance
qui, sous une figure presque
les
plus à P'ouest, a son ouverture marquée par
Dyncatin et de la Floride. L'ile de
péninsules
Cuba, dont la pointe occidentale vient se placer
entreleurs extrémités, forme deux canaux, 3 dont
les vaisseaux qui arrivent, et
lun est pratiqué par
Le
l'autre par ceux qui retournent en Europe.
tropique du Cancerpartagele golfe en méridional,
ovale, s'avance
qui, sous une figure presque
les
plus à P'ouest, a son ouverture marquée par
Dyncatin et de la Floride. L'ile de
péninsules
Cuba, dont la pointe occidentale vient se placer
entreleurs extrémités, forme deux canaux, 3 dont
les vaisseaux qui arrivent, et
lun est pratiqué par
Le
l'autre par ceux qui retournent en Europe.
tropique du Cancerpartagele golfe en méridional, --- Page 142 ---
M É M 0 I R E
dont il
les provinces du Mexique,
où se trouvent
oulel Missisipi,
porte le nom, et en septentrional,
degrés de
par les vingenauvièmes
se décharge
lattitude.
à $ lentrée de ce fleuve sont
Les terres qui sont
difficilement; cette
si basses, qu'on les distingue barre qui change de
entrée est traversée par une
qu'il faut
selausse et s'affaisse si souvent, mouveplace,
en garde contre son
être continuellement
même
aux vaisseaux,
ment; raison qui ne permet de tenter ce passage
de moyenne grandeur 2
et après s'ètre
qu'avec d'extrêmes précautions, de leurs effets.
déchargés d'une grande quantité placé sur une
Le poste de la Balise, sagement au-dehors,
il
observer ce qui se passe
ile où peut
des pilotes, et fournit
fait des signaux, envoye
arriver et sortir
tout ce qui est nécessaire pour
heureusement.
entrée, le fleuve se divise
Outre cette principale négligés, et qu'on renen deux bras totalement
embouchure, ils se
lieues de son
contre à soixante
Tun de l'autre; le pretrouvent presque vis-à-vis Rivière des Chetimachas,va,
mier, sous le nom de
dans la baie de l'Ascenle couchant, sejeter
route
par
est le Manohac, connu parla
sion;les second
ci-dessus.
dont jai parlé
déde Bienville;
ces deux rivières
Il est tres-probable que
du Missisipi, et
Fancienne embouchure
signent
contre à soixante
Tun de l'autre; le pretrouvent presque vis-à-vis Rivière des Chetimachas,va,
mier, sous le nom de
dans la baie de l'Ascenle couchant, sejeter
route
par
est le Manohac, connu parla
sion;les second
ci-dessus.
dont jai parlé
déde Bienville;
ces deux rivières
Il est tres-probable que
du Missisipi, et
Fancienne embouchure
signent --- Page 143 ---
N E.
SU R L A LOUISIA
marécageux qui se trouvent ertre
que les terrains
canal du fleuve, n'ont
ces deux rivières et le grand
les attérissemens qui se sont
été formés que par
causés par limmenfaits par successions de temps,
qui auront été
sité d'arbres que le fleuve entraîne,
d'autant
cimentés par le limon; cette opinion est
en creusant
plus fondée, qu'il est très-commun,
entiers
de trouver des arbres
dans ces terrains, 3
trèshorisontalement. 1l est également
couchés
dont l'entrée du fleuve est
probable que les iles,
est encore
ont la même origine, ce qui
couverte >
continuels.
confirmé par les agrandissemens
Celles d'ouest, qui n'ont pas de noms particuqu'entr'elles et la
liers 2 sont remarquables, banc parce de sable fort dangepleine mer il règne un
vaisseaux en apreux, qui ne souffre pas que les
un canal
et entre le continent et elles,
prochent,
praticable pour les chaloupes.
considérables de ces iles remplissent
Les plus
la baie de l'Ascension,
l'espace qui est depuis
la
indiqué l'accès par le fleuve, jusqu'à
dont j'ai
les
baie de Saint-1 Louis, et les Espagnols qui
évitent leur ont donné le nom d'lles-Infortunées.
Celles de l'est, à l'exception de quelques-unes
noustirions partipourye élever des troupeaux,
dont véritables écueils et trop renommés par
sont de
les
de fréquens naufrages; ; les anciens navigateurs
évitées, et Diberville, plus hardi,
avaient toujours
--- Page 144 ---
M É M 0 I R E
des canaux
hasarda de les reconnaitre et y.trouva
à
jusqu'alors ignorés,
aboutissans au Mississipi,
embouchure.
squisetrouvent à son
causedesdangers Saint-Louis, ou le Mississipi, traverse
Le fleuve
et la divise en orienla Louisiane du nord au sud, orientale est trèstale et occidentale. La partie
Pensacole,
du fleuve, par
bornée, à l'embouchure
à proportion
espagnol, mais elle sélargit
poste
de la mer; en sorte qu'après avoir
qu'elle s'éloigne
Apalaches, elle s'étend au
cotoyé les montagnes
nord-est et s'unit.au Canada.
bornée, à
occidentale est également
La partie
Saint-Augustin, qui
l'embouchure du fleuve, par
espagnol; elle
un établissement
est également
de la mer; et, après
s'élargit aussi en s'éloignant
du Nouvenu-Mexique,
avoir cotoyé les montagnes espagnols à sa gauche,
laissant les établissemens
qui confine à
elle embrasse un pays immense,
dont
inconnue, habitée par des peuples
une région
e vante les richesses et Pindustrie.
on
donc considérer nos anciennes
L'on peut
sous
E
septentrionale
sessions dans PAmérique
dont les sommets
d'une figure à trois angles,
l'autre
pect
l'un par le golfe du Mexique,
sont baignés,
et le troisième par ce
par celui de Saint-Laurent,
et qu'il est
dont on vante les merveilles,
facilités
pays
à la Nation française, avec les
humiliant
de n'avoir pu vérifier.
qu'elle en avait,
.
on
donc considérer nos anciennes
L'on peut
sous
E
septentrionale
sessions dans PAmérique
dont les sommets
d'une figure à trois angles,
l'autre
pect
l'un par le golfe du Mexique,
sont baignés,
et le troisième par ce
par celui de Saint-Laurent,
et qu'il est
dont on vante les merveilles,
facilités
pays
à la Nation française, avec les
humiliant
de n'avoir pu vérifier.
qu'elle en avait, --- Page 145 ---
SUR LA LOUISIAN N E.
trois côtés
renferment la surface,
Des
qui
infinité de rivières qui, pour la plucoulent une
dans
part, se joignent, par une pente commune,
elles fertilisent les pays qu'elles
le Mississipi;
bois de construction,,
arrosent, etquiabondenten
de
aux cultures et en gibier
en terres propres
de ménager les
toutes espèces. Il ne s'agit que
faire
peuples qui habitent ces contrées pour en
des sujets et des colons industrieux 5 on peut en
conclure que tous les ports qu'on pourrait y étafleurir, tant par les resblir ne pourraient que
sources qu'ils y trouveraient, que par.leurs connexités.
Si l'on examine encore que depuis la Balise on
onze degrés nord pour se rendre chezles
parcourt
arriver chez les
Illinois, de là, cinq autres pour
les découvertes
Scioux, ce qui ne comprend que
de leur étendue et de
de la Sale, on peut juger
leur température.
immodérées
L'on n'y ressent jamais les chaleurs
iaccablent les habitans des tropiques, ni les
qui
ceux du nord. Le
froids excessifs qu'éprouvent
soleil y répand avec plus de ménagement qu'ailleurs ses douces influences; un ciel presque touserein, des rosées, sources de fécondité pour
jours
pas les habitans à se tenir
la terre, n'assujettissent
en garde contre leurs malignités; ; l'on n'yest point
ces tremblemens de terre et les ouraeffrayé par --- Page 146 ---
M É M O I R E
îles de l'Amérique 3 ces
gans qui désolent nos
connues, et
destructives n'y sont point
épidémies habitans de ce pays délicieux y atles fortunés
être amenés par ces
teignent la caducité sans y
Yexistence
d'affaiblissement qui rendent
degrés cruelle que la mort même.
et
plus
attirait les soins Diberville
le
qui
% Voila pays
lui fournit des secours qu'il
qui les méritait; on
accompagnait sa
conduisit avec le bonheur qui troisième voyage
vigilance; il se préparait à un
carrière
mourut, après avoir rempli une
sa
lorsqu'il
lui, mais trop limitée pour
glorieuse pour
patrie.
Louisiane consistaient alors
Les troupes de la
réglées, de cindeux
de troupes
en
compagnies soixante Canadiens volonquante hommes > et le roi. Leurs soldats, ainsi
entretenus par
taires, 2
ouvriers, se payaient en piastres
que les gages des
Pensacole avait
quelque commerce avec
: - on
que
ne suffisant pas
procuré 5 mais ces espèces monnaie qui emprunte
donna cours à des billets,
la conserve par
valeur de la confiance, , qui
sa
la perd par trop de proful'économie, et qui
quelque temps;
sion. Ces papiers se soutinrent
éprouva une
les liquida, le public
mais lorsqu'on
mille livres, léger prélude
perte de quatre-vingt
dans la suite, et qui
de ce qu'il devait supporter
un pays où
à inspirer du dégoût pour
commenga
qui emprunte
donna cours à des billets,
la conserve par
valeur de la confiance, , qui
sa
la perd par trop de proful'économie, et qui
quelque temps;
sion. Ces papiers se soutinrent
éprouva une
les liquida, le public
mais lorsqu'on
mille livres, léger prélude
perte de quatre-vingt
dans la suite, et qui
de ce qu'il devait supporter
un pays où
à inspirer du dégoût pour
commenga --- Page 147 ---
NE.
SU R L. A LOUISIAT
variations en
l'on venait d'essuyer ces dangereuses
finances.
mais
un particulier,
Crozat 2 très-opulent pour
dont on ne
à un domaine
pas assez pour aspirer
la
connaissait pas les bornes, , osa en demander
concession, fit ses conditions, et l'obtint, par
lettres-patentes, en 1712.
Crozat, accoutumé au commerce maritime, >
crut trouver des facilités en établissant une circulation avec les colonies espagnoles : indépendamment des frais quelui coûtèrent ses premiers envois
à la Louisiane, il expédia un vaisseau richement
chargé à la Véracruz; mais les Espagnols, jaloux
lon
avoir pour létablisdes projets que
paraissait
refusement d'une province qui les confinait,
sérent de traiter avec lui, et renvoyérent son
avoir
de rien débarquer : sa
vaisseau sans
permis
s'était
cargaison valait un million, et comme on
flatté d'avoir de l'argent de sa vente pour payer
les travaux de la Louisiane, cette ressource ayant
fut
de donner aux artisans, en
manqué, on
obligé
de luxe
déduction de leur paie, les marchandises
avait exportées de France, pour tenterles
quel'on Crozat, trompé dans ses idées, lutta
Mexicains.
avant de renoncer à son privilège, qui ne
encore
ne connut pas
lui devint onéreux que parce qu'il
d'abord ses véritables intérêts.
L'essenticl objet de celui qui forme une colonie --- Page 148 ---
M É M o I R E
d'habitans pour s'indemest de la pourvoir d'assez
un échange
de ses savances, par
niser promptement
les effets qu'ils en rede leurs, productions, pour doublement contre ce sysçoivent. Crozat pécha
fesant pas chez lui ce qu'il pouvait,
tème, en ne
chez) les autres ce qu'il ne pouet en voulant faire
vait pas.
à la compagnie d'OcCrozat céda son privilège
mais non moins
cident, plus puissante que lui, les fautes de son
avide: elle s'attacha à réparer
dâns les
et en fit de plus grandes; culture
prédécesseur,
soins à la
donnait quelques
temps qu'elle
nouveau d'établir un comdes terres, elle tenta de
la différence que
merce avec les Espagnols, avec
et que la
contre ses intérêts,
Crozat n'agit que
ceux de la province et
compagnie ruina les siens,
: de Vétat.
que négociateur,
Saint-Denis, meilleur guerrier
dans l'ind'aller faire des propositions
fut chargé
Il se rendit, par
térieur de la Nouvelle-Espagne.
étades rivières, chez les Natchitochés, de
le cours
et à deux cents lieues
blis dans le nord-est,
chez ces sauil ly laissa ses canots
TIle-Dauphine;
il fit chez eux
dont il était connu et aimé;
un
vages,
marcha au sud-ouest
emplette de chevaux,
fait par eau, et tourespace égal à celui iquilavait s'être suflisamment
il jugea
nant au sud; quand
dans le golfe, il entra
élevé pour ne pas tomber
, de
le cours
et à deux cents lieues
blis dans le nord-est,
chez ces sauil ly laissa ses canots
TIle-Dauphine;
il fit chez eux
dont il était connu et aimé;
un
vages,
marcha au sud-ouest
emplette de chevaux,
fait par eau, et tourespace égal à celui iquilavait s'être suflisamment
il jugea
nant au sud; quand
dans le golfe, il entra
élevé pour ne pas tomber --- Page 149 ---
LOUISTA N E.
S U R LA
Iy fut arrêté, et, son bagage
cliezles Espagnols.
la décision du vicefut mis en sequestre jusqu'à
Tinformer
roi, à quil'on dépêcha un courier pour
de cet étranger et de son dessein.
du voyage
de Léon, où Saint-Denis
Le nouveau royaume
mais
était médiocrement peuplé,
était arrivé,
les richesses que la nature
cependant opulent par
beaux pâturages
rassemblait : ily trouvales plus
y
immensité de bestiaux en tout
couverts d'une
des grains et des
genre, des terres cultivées,
fruits de toute espèce.
LaMonterey en est la capitale; Caldeyreta,
Saint-Antoine de Lianos, Linarès et
bradores,
de
villes de son ressort, ouSeralvo sont
petites
Les habitans
vertes comme elle et sans défense.
industrie
n'ont point de mines, mais leur heureuse
les fait refluer chez eux par les échanges.
est bornée au nord par la proCette province à l'orient par la mer; au midi
vince de Coaguitas;
et à P'occident
parle Mexique et ses dépendances,
de
et Sacatecas. Les noms
par la Nouvelle-Biscaye
là annoncent Jes richesses sur lesquelles
ces pays
d'Occident fondait de superbes esla compagnie
reçut le vicepérances; mais sur la nouvelle que
il donna ordre de
roi de l'arrivée de son député,
ses effets et de le mettre en prison.
confisquer
longSaint-Denis n'obtint son élargissement que
et le seul fruit que la compagnie
temps après; --- Page 150 ---
M É M 0 I R E
tirer de sa course fut d'en voir la frivolité.
put
qu'il n'y avait
Les Espagnols, qui s'aperçurent
d'intervalle qu'on ne pût franchir pour percer
pas
consentirent à le relâcher pour se
jusqu'à eux,
des
mettre sur ses traces, les observer, et établir
à l'avenir des démarbarrières qui empêchassent
ches où leurs politiques voyaient plus d'une conséquence.
faible et valétuCharles II n'était plus : prince
dinaire, moins connu quand il fut roi, que quandil
de
de son successeur
cessa l'être, parlechoix qu'ilfit
ensanglantèrent sa succession.
et les guerres qui
à le relâcher pour se
jusqu'à eux,
des
mettre sur ses traces, les observer, et établir
à l'avenir des démarbarrières qui empêchassent
ches où leurs politiques voyaient plus d'une conséquence.
faible et valétuCharles II n'était plus : prince
dinaire, moins connu quand il fut roi, que quandil
de
de son successeur
cessa l'être, parlechoix qu'ilfit
ensanglantèrent sa succession.
et les guerres qui --- Page 151 ---
N E.
SUR LA LOUISIAT
CHAPITRE XIL
possession de la baie
Les Espagnols reprennent Santo-Fernando. La
Saint-Louis; ils bâtissent
d'Occident favorise les usurpations
compagnie
établir un commerce
des Espagnols, espérant
Expédiavec eux ; elle s'aperçoit de son erreur.
tion de la Harpe ; elle manque. Guerre avec
Pensacole est pris, rendu à la paix.
l'Espagne;
Chappart se conLa colonie devient florissante.
sont
duit mal chez les Natchés: Les Français y
les Natchés le sont à leur tour. On
massacrés;
de précautions que
donne des concessions ; peu
Billets
l'on prend. Dépenses extraordinaires. contre les
établis ; leur discrédit. Eapédition Révolte des
Chouacas. Les nègres les détruisent.
Guerre des Chicachas.
nègres ; elle est appaisée.
les CheAlliance avec
Guerre avec V'Angleterre.
La colonie reraguis, Alibamons et Chactas.
Paix générale. La Louisiane
devientflorissante.
Ulloa vient en prendre
est cédée aur Espagnols. le renvoie. Orelly est enpossession. sanstitre; on
les
voyéavec les ordres de sa cour; ilfaitarréter
il les condamne à la mort.
principaur,/rangois;
Lours XIV, à force de victoire, avait forcé
la validité du testament de
l'Europe à reconnaître --- Page 152 ---
M É M o I R E
duc d'Anjou, son petitCharles II; et Philippe,
Les
fils, venait de monter sur le trône d'Espagne. les
fiers du lien sacré qui unissait
Espagnols,
point de vue les avantages
Bourbons, ne perdirent
et s'en
qu'ils pouvaient en tirer à PAmérique, louest de la
pour avancer dans
firent un rempart
de la baie Saint-Louis
Louisiane. Ils se souvinrent
de ce nom; ils sy transporet du fort français
les ruines qu'ils avaient
térent, et s'établirent sur
d'Esfaites autrefois, et y arborèrent le pavillon dans leur
Ils attirèrent quelques sauvages
bienpagne.
fut exposé
parti, et formèrent un bourg qui
moins pacid'autres naturels
tt aux incursions
dans le nord, où
fiques, et fut obligé de se reculer
lieues de
à vingt-cing
il se maintient aujourdhui
la mer.
des familles des
Ils firent venir en même temps
soixante
Canaries; et ces insulaires s'étantarrétésàs ils y
Jieues dans le nord-est de ce premier poste, qui
bâtirent une ville nommée Santo-Fernando, située surles
elle est
s'est rendue assez florissante; sources de la petite
bords et à peu de distance des
jettent
Saint-Antoine, une de celles quise
rivière
et qui, à l'aide de queldans la baie Saint-Louis,
les
reflue dans les terres pendant
ques digues,
la fertilité.
temps de sécheresse, et y porte toile de coton qui
de
Elle a des manufactures
d'arbres fruitiers
croît, des plaines ombragées
y
surles
elle est
s'est rendue assez florissante; sources de la petite
bords et à peu de distance des
jettent
Saint-Antoine, une de celles quise
rivière
et qui, à l'aide de queldans la baie Saint-Louis,
les
reflue dans les terres pendant
ques digues,
la fertilité.
temps de sécheresse, et y porte toile de coton qui
de
Elle a des manufactures
d'arbres fruitiers
croît, des plaines ombragées
y --- Page 153 ---
E.
SUF R L A LOUISTANT
des
et ce serait une
et couvertes de troupeaux; heureuses, si sa tranpolonies espagnoles les plus
belliqueuses,
n'étaitaliéréey par des nations
muillité
cesse lalarme aux environs.
yui répandent sans
les fondemens de cette
Pendant qu'on jetait
maîtres, diride cinquante
kille, une. compagnie
se fixa chez les
geant sa marche dans le nord-est, recommandables par
Acynais et Nabedakious,
leur union avec la Sale.
5 et deux
Ce poste en enfanta un nouveau détachèrent
moines, avec quelques soldats, se
un
cathéchiser les Andailles, séparés, par
pour
des Natchitochés, où un
intervalle de sept lieues,
domiciliés.
petit nombre de Français étaient
se sont
dont les Espagnols
Les odieux moyens
les naturels des pays
toujours servis pour subjuguer établissemens,' tantôt
ouils formaient de nouveaux
l'un
et tantôt en les détruisant
en les massacrant, fait des ennemis irréconcipar lautre, leur ont
liables des sauvages qui, riches deleurseuleliberté, dicte la franont osé leur résister. La loi naturelle
fidèle en
chise; le sauvage fût devenu un sujet
avec lui; mais dès qu'il vit qu'on
l'employant l'asservir, il gravit ses rochers, et jura
voulait
Les missionnaires
la destruction des usurpateurs.
chez eux ne firent aucuns proqui furent envoyés
dieu de la paix
sélytes; ils ne purent croire quele
et
fût celui des Espagnols,
et de la miséricorde
osé leur résister. La loi naturelle
fidèle en
chise; le sauvage fût devenu un sujet
avec lui; mais dès qu'il vit qu'on
l'employant l'asservir, il gravit ses rochers, et jura
voulait
Les missionnaires
la destruction des usurpateurs.
chez eux ne firent aucuns proqui furent envoyés
dieu de la paix
sélytes; ils ne purent croire quele
et
fût celui des Espagnols,
et de la miséricorde --- Page 154 ---
M É M 0 I R E
abhorrant un culte adopté par leurs ennemis, ils
sur la cîme des montagnes, après
se réfugièrent dansl la plaine, des hostilités qui ont
avoir exercé,
dans le cas d'abanmisplus d'une foisles Espagnols
donner leurs meilleurs établissemens.
les NaTelle est àpeu-près leur position avec
cogdozés, les Aiches et les Andailles, quihabitent
3 car c'est ainsi qu'ils
les Nouvelle-Philippines
envahissaient
nommèrent le vaste terrain qu'ils
de
autant pour honôrer Philippe
sur la Louisiane,
détourner les
France, leur monarque, que pour
à Jeurs usurpations 2 qu'ils
Français de s'opposer
leur était aussi cher.
appuyaient d'un nom qui
dont il n'y aura jamais
Par un aveuglement
d'Occident,
d'exemple, la nouvelle compagnie
avait l'oeil sur les mouvemens des Espagnols,
qui
ombrage, et de protester contre
loin d'en prendre
lui
imaginant que ce voisinage
leurs usurpations,
chimérique
fourniraitles menut@ablireoproiped l'idée, crut devoir les
dont elle avait
de commerce
et de leur
aider de vivres pour leur subsistance, du
lenrconcilier les naturels pays.
médiation pour
tardèrent
à lui faire aperLes Espagnols ne
pas
but
leurs établissemens n'avaient pour
cevoir que
dont elle n'avait que
que de couvrir les contrées
convoitait les richesses.
trop fait voir qu'elle
société de marchands,
Ce fut ainsi que cette
guerrière, ,
bientôt après, aussi politique que
qui,
commerce
et de leur
aider de vivres pour leur subsistance, du
lenrconcilier les naturels pays.
médiation pour
tardèrent
à lui faire aperLes Espagnols ne
pas
but
leurs établissemens n'avaient pour
cevoir que
dont elle n'avait que
que de couvrir les contrées
convoitait les richesses.
trop fait voir qu'elle
société de marchands,
Ce fut ainsi que cette
guerrière, ,
bientôt après, aussi politique que
qui, --- Page 155 ---
SUR L A LOUISIANT E.
couvrit la mer de ses
eut des armées à sa solde,
faste des rois, eut
Rlottes, et fit son négoce avecle
d'avoir favorisé Pusurpateur sans
a se reprocher
dut mettre le comble
profit pour elle, et, ce qui
sans
lui sût gré de sa complaià son dépit,
qu'il
sance, dont il avait pénétré les motifs.
la compagnie fut convaincue qu'elle
Lorsque
elle ouvrit les yeux )
était dupe de sa politique,
elle
tard, sur l'ambition des Espagnols;
mais trop
pour reLaharpe avec un détachement
envoya
de la baie Saint-Louis; mais
prendre possession
établis. Il ne tira
celui-ci y trouva les Espagnols
de perdre
d'autres fruits de sa campagne, que
la confiance des sauvages qu'il avait
pour jamais
En arrivant à la baie Saintcherché à captiver.
autorité
Louis, il les somma de reconnaître son
d'une manière siimpérieuse, que ceux-cirefusèrent
d'accommodement; il trouva le secret
toute voie
des plus
d'enlever dans ses vaisseaux quelques-uns
considérables, etil les transporta al'lle-Dauphine.
la manière dont ils seraient traités
Il croyait que
malheureux
finirait par les' captiver; mais ces
périssant de misère et
furent si négligés, que
dans
d'ennuis, ils risquèrent tout, pour retourner
où ils firent le récit des peines qu'ils
leur pays,
confirma la haine que
avaient éprouvées; ce qui
ces peuples avaient jurée à la nation.
Quoique la conduite de la compagnie paraisse
ine.
la manière dont ils seraient traités
Il croyait que
malheureux
finirait par les' captiver; mais ces
périssant de misère et
furent si négligés, que
dans
d'ennuis, ils risquèrent tout, pour retourner
où ils firent le récit des peines qu'ils
leur pays,
confirma la haine que
avaient éprouvées; ce qui
ces peuples avaient jurée à la nation.
Quoique la conduite de la compagnie paraisse --- Page 156 ---
M É M O I R E
irrégulière dans cette circonstance, puisqu'elle
hostilité
la paix qui récommettait une
pendant
entre la France et l'Espagne, néanmoins il
gnait
fussent bien
fallait que nos droits sur cette partie
cette expédition ait été résolue
certains, pour que
n'audans un conseil composé degens sages,quils
sous les
de Louis XIV, haraient pas osé,
yeux
sarder sans son aveu.
Malgré tant de fautes, la Louisiane ne laissa
de donner quelques espérances, lorsque par
pas
et qui est étranger à
un événement imprévu,
traite, la guerre vint à se déclarer
l'objet que je
ses
entre la France et T'Espagne; et qu'étendant
Amérique, la Louisiane eut ordre
ravagesjusqu'en le fort de Pensacole, éloigné de quad'attaquer
torzelieues del FIle-Dauphine eyqui,à cette époque,
était le siège principal de la colonie française.
Pensacole fut pris par nous 2 repris par ses
qu'il ne rentra
maîtres, qui ne purent empêcher
firent
sous notre obéissance : et ces révolutions se
en deux ans.
Pensacole à T'Espagnol, et les
La paix rendit
On les vit errer
Français à leur assoupissement.
sur le vieux et le Nouveau-Bide Tlle-Dauphine
différens endroits
loxei, sur Ple-aux-Vaiseaux, leurs malheurs, ,et
qui ne furent marqués que par:
les élémens
qu'ils n'abandonmérent que parce que
contre eux leur en interdirent le séjour.
conjurés
utions se
en deux ans.
Pensacole à T'Espagnol, et les
La paix rendit
On les vit errer
Français à leur assoupissement.
sur le vieux et le Nouveau-Bide Tlle-Dauphine
différens endroits
loxei, sur Ple-aux-Vaiseaux, leurs malheurs, ,et
qui ne furent marqués que par:
les élémens
qu'ils n'abandonmérent que parce que
contre eux leur en interdirent le séjour.
conjurés --- Page 157 ---
SUR L A LOUISIAT N E.
vieux Biloxei fut renversé parle vent, le nouLe
des flammes, et le port de Plleveau fut la proie
furent comblés
Bux-Vaissenux et de Tlle-Dauphine
furieux
Enfin, après vingt années
par un
ouragan.
l'on
d'irrésolution et de misère: on se souvint que
était à proximité du plus beau fleuve du monde,
a
Nouvelle-Orléans fut le port, le chef-lieu et
etla
le magasin de toute la province.
La Mobile devint en même temps célèbre par
ses mines de fer, qu'on eût pu trases goudrons. 2
bois de cedre et
vailler avec succès, par ses
par
l'affluence de tousles peuples de l'est.
Le fort de Chartre, frontière du Canada, et la
clef de tout le nord, fournissait du plomb; du
sel, des farines, du castor et autres pelleteries.
Les commencemens heureux donnaient quelques
la mauvaise conduite d'un des
espérances, > lorsque commander une des nations
chefs, choisi pour
détruisit tout par la dureté de son adsauvages,
ministration.
Déjà les Français, répandus chez les naturels,
adorés
eux, commengaient à sentir le prix
et
par
la culture. Ils
des soins qu'ils se donnaient pour
V
avaient partagéles terres; les sauvages les aidaient
à les mettre en valeur > et ils goûtaient les douceurs d'uneh hospitalité quia peu d'exemple. Tant
de bonté fut taxée de faiblesse; on crut devoir à
la crainte. les services que les sauvages nous ren- --- Page 158 ---
M É M 0 I,R E
affection, etl l'on voulut traiter comme
daient pas
maitres chez eux, avaient
des esclaves ceux qui,
bien voulu consentir à devenir nos égaux..
commandait chez les Natchés : ses
Chappart
violences lui attirèrent la haine de cette nation;
en facilita les effets, et sa lâcheté
sa présomption
V les souffrit sans défense.
massacrèrent tous les Français qui
Les sauvages
ils
étaient chez eux, et après ce coup funeste,
leurs demeures. Au moment où ils se
quittèrent
les Français les incroyaient le plus en sureté,
à la disforcés de se rendre
vestirent, et ilsfurent
leur destruction
crétion d'un ennemi implacable :
fut chargé des captifs:
était résolue, un vaisseau
où ces inforon les transporta à Saint-Domingue, servitude, contunés, condamnés à une éternelle
à la honte
fondus avec les nègres, plus sensibles
à.
de leurs fers, survécurent peu
qu'àla pesanteur
leur transmigration.
peuple doux 2
Telle fut la fin des Natchés,
n'eût jamais démenti ce caracbienfesant, et qui
les
n'eût lassé sa patience par
plus
tère, si on
injures: il eut la consolation, 9 en pérismortelles
donner un asile à ses désant, de voir ses pareils
bris, et toute leur aversion à ses tyrans.
entretenait six cent cinquante
La compagnie
suisses
la garde
soldats français et deux cents
pour lieutedeux
de cette province; un gouverneur,
,
n'eût jamais démenti ce caracbienfesant, et qui
les
n'eût lassé sa patience par
plus
tère, si on
injures: il eut la consolation, 9 en pérismortelles
donner un asile à ses désant, de voir ses pareils
bris, et toute leur aversion à ses tyrans.
entretenait six cent cinquante
La compagnie
suisses
la garde
soldats français et deux cents
pour lieutedeux
de cette province; un gouverneur, --- Page 159 ---
LOUISIA N E. SU R LA
maintien de la
nans de roi et trois majors pour le
de presque
Mais, suivant le système
discipline. toute Pautorité résidait
toutes les compagnies,
et des commis;
entre les mains des administrateurs ces
qui,
avili sans - cesse par
gens
et le militaire,
ne s'étaient expaayant peu de gloire à acquérir, commençait à
faire leurs fortunes,
triés que pour activité et du zèle qui lui avait
perdre de cette
fait rechercher un service aussi périlleux. n'avait point eu de prétentions
Si la compagnie
occupée de
outrées, et qu'elle se fut uniquement
un
la culture des terres, ce pays serait peut-être maisons de
florissant du monde. Plusieurs
des plus
des concessions, et les feFrance avaient obtenu
de Belle-Ile,
saient valoir. MM. de Grammont, Paris de Montd'Affeld, Leblanc, Law, et MM. à
qui remplirent,
martel, ces heureux plébéiens le vide imagiforce de mérite et de sentiment,
à donner
naire de la naissance, tous concouraient familles arrivaient en
les plus belles espérances. Les
pour y venir
foule de France et d'Allemagne, des lois leur
chercher des domaines que Vinjustice naissance. Mais le
refusait dans les lieux de leur
l'on avait prises pour pourpeu de précaution que firent que la plupart de
voiraux premiers besoins,
àlal Louisiane,
ces malheureuses famillesarriverent: surles sables, sans
et furent obligées de débarquer
dès secours
trouver delogement, ni aucuns
pouvoir
--- Page 160 ---
M É M 0 I R E
traversée. Ce début,
nécessaires après une longue
ils avaient fondé leur espédans un pays sur lequel
de
rance, les accabla, et presque tous périssaient
chagrin et de misères. de
un assez long espace
Les soldats, pendant
effets à juste
temps, se payaient en piastres ou
ceux
à l'être jusqu'à ce que
prix, et continuèrent
déposé dans la
qui prirent des concessions, ayant
la
de Paris des sommes que
caisse de compagnie
dans celle de la
leurs agens devaient répandre
celle-ci se trouva
Louisiane, il en résulta que
de ces emprunts. épuisée par le remboursement
on fourOn eut recours à desbillets, pourlesquels
sur France; pourlors
sinitdnlstre-de-dhange
étaient droites,
la compagnie, dont les intentions ordre de s'en
du cuivre monnoyé, avec
envoya
envers le
ses
charges
public,
servir pourlacquitde même cuivre du public en acquit
et derecevoir ce
nécessaire, dont il ne pouvait se procurer. de son
Cette alternative
ailleurs que dans ses magasins.
oursement
on fourOn eut recours à desbillets, pourlesquels
sur France; pourlors
sinitdnlstre-de-dhange
étaient droites,
la compagnie, dont les intentions ordre de s'en
du cuivre monnoyé, avec
envoya
envers le
ses
charges
public,
servir pourlacquitde même cuivre du public en acquit
et derecevoir ce
nécessaire, dont il ne pouvait se procurer. de son
Cette alternative
ailleurs que dans ses magasins. ceux qui se
fut si mal observée par les agens, que
le
n'obtenaient que
présentaient avec ces espèces briller d'une autre
rebut de ceux qui en fesaient
des colons
la plupart
matière; il en résulta que
monopole, et désespéaccablés par cet indigne
discrédité par
rés de ne pouvoir refuser un argent
la circulation,
ceux-mêmes qui en perpétuaient
abandansle besoin de tout, ou
ou languissaient
--- Page 161 ---
L A LOUISIA N F.. SUR
infestée de
donnaient une colonie impunément
Tausse monnaie. avait aussi tourné
La compagnie qui, pourlors,
s'était déjà
du côté des Indes , et qui
ses vues
et ses alliances, et présignalée par ses conquêtes
où irait
quela Louisiâne serait un gouffre
voyant
renonça à cette possess'enfouir tous ses projets,
sion, et remit au roi son privilège. le roi
Ce fut après le massacre des Natchés que
ii
de la Louisiane;
s'empara de T'administration
Lès Chicachas
trouva tout en feu dans ce pays. ils eurent
Natchésfugitifsi
avaient reçus quelques
vouloir
les livrer
assez de générosité pour ne
pas les
réclamaient. Ce refus porta
aux Français quiles
si
à leur déclarer la guerre avec un émportemient avant
ceux-ci la firent long-temps
indiscret, , que
contre eux. que lon fût en état de-marcher n'entendait parler
L'Est était tout en feu; on
en
de meurtres, et P'exercice
que de massacres,
sur un simple soupçon on
devint si familier, que
Chouacas, indiens
n'hésita pas à se défaire des
leurs servoisins de la capitale, et excusables par
vices passés et leur foiblesse.
ient avant
ceux-ci la firent long-temps
indiscret, , que
contre eux. que lon fût en état de-marcher n'entendait parler
L'Est était tout en feu; on
en
de meurtres, et P'exercice
que de massacres,
sur un simple soupçon on
devint si familier, que
Chouacas, indiens
n'hésita pas à se défaire des
leurs servoisins de la capitale, et excusables par
vices passés et leur foiblesse. afin J
les nègres de cette expédition,
On chargea
les naturels les semences d'une
de jeter entr'eux et
de concourir avec les
haine qui les empéchàt colonie. Ils remplirent
troubles qui déchiraient la
furie
à des Africains,
ee projet avec une
propre --- Page 162 ---
M É M o I R E
tout ce qui se présenta devant
et exterminèrent
d'âge ni de sexe. Mais ces
eux, sans distinction enchaîna de nouveau quand on
esclaves, que lon
aussi criminelle,
crut avoir satisfaità une politique leurs fers; et le
sentirent mieux la pesanteur de
férocité dont on leur permit
succès qu'avait eu la
liberté était le prix
lessai, leur persuada que leur
contre leurs maitres;
d'une nouvelle entreprise
la veille du
mais Perier découvrit la conspiration
furent
devaient T'exécuter, et les chefs
jouro qu'ils
saisis et punis.
maltraitéan-dehors,
Ce
Français,
I
efutainsiquele
épuisé par ses pertes, >
inquiet dans son intérieur,
même aset dévoré de soupçons 2 ne pouvait dans pas ses nforpirer à la satisfaction d'être plaint
tunes, parce qu'il en était Yartisan.
la force,
Incapable ledésormais de se soutenir par
jeta la division parmi
il eut recours aux intrigues,
un
à prix d'argent,
les sauvages, et se ménagea, était, lui fut bientôt
appui qui, tout honteux qu'il
envié.
crurent
attentifs à ces désordres,
Les anglais,
la ruine d'un voisin
l'occasion favorable pourhâter volèrent chez ses ennequi les avait alarmés; ils
libérateurs; et, rémis, s'annoncèrent pour leurs
ils ébranlèrent
tout-à-la-fois des présens,
pandant
n'était fondée que sur
la fidélité des sauvages, qui
lintérêt.
bientôt
appui qui, tout honteux qu'il
envié.
crurent
attentifs à ces désordres,
Les anglais,
la ruine d'un voisin
l'occasion favorable pourhâter volèrent chez ses ennequi les avait alarmés; ils
libérateurs; et, rémis, s'annoncèrent pour leurs
ils ébranlèrent
tout-à-la-fois des présens,
pandant
n'était fondée que sur
la fidélité des sauvages, qui
lintérêt. --- Page 163 ---
SUK LA LOUISIA N E.
On vit alors les Européens se donner en specleur alliance, la
tacle aux sauvages, se disputer
mettre à l'enchère, et cette conduite leur fit connaitre combien ils étaient redoutés.
situés dans le voisinage de la CaLes Cherakis,
roline, épièrent les Français dans leurs voyages,
attaquèrent leurs convois, et remplirent d'embuscades la communication de ses postes.
à
des Français et des AnLes Chactas, portée
les attaquaient indistinctement; ; ils apporglais, successivement les têtes d'un parti à Fautre,
taient
également le prix des deux
et ils en recevaient
côtés.
se déclarèrent neutres, > et reLes Alibamons
dans leur
çurent de gros tributs pour persévérer
indifférence.
de réflexion
Si l'on veut observer avec un peu
la conduite que nous avons tenue à la Louisiane,
sera-t-on surpris du peu de succès que nous avons
En considérant les sauvages attirés dans notre
eu.
et nous recevant avee
alliance par nos présens,
aurait-il été
plaisir au milieu de leurs habitations,
difficile de nous les attacher, si nous avions agi
eux avec la franchise et la droiture qu'ils méavec ritaient? Nous leur avons donné l'exemple de la
perfidie, et nous sommes doublement coupables
des crimes qu'ils ont commis, et des vertus.qu'ils
n'ont point acquises. --- Page 164 ---
M É M 0 I R E
vous! quiavez été les premiers administrainfortunée colonie, écoutez les sauteurs de cette
disent :
de différentes nations, qui vous
vages
de nos fo-
< Tranquilles et légitimes possesseurs
vimes
deux peuples eu-
> rêts, nous ne
paraitre
domaine,
pour se disputer notre
> ropéens que
et deleurs
nous rendre témoins de leurs jalousies
>
inviter de prendre part à leurs
> querelles, nous
à cet effet,
nous accabler de présens
> débats,
services
ne caufixèrent moins nos
qu'ils
> qui
ensuite nous attaquer
> sèrent notre indécision 5
qui
les menaces, et nos mains tremblantes,
> par
Firrésolution, n'ont frappé
> s'armèrent dans
qu'elles ont été poussées par
> Fun, que parce
dans la douleur
nous attendions
> l'autre; alors, 3
du blessé, mais il nous
> etl'effroi le ressentiment
va
Viens arracher ce fer de mes plaies,
> cria :
dans celui de mon en-
> le plonger tout sanglant
m'as faite si
j'oublie la blessure que tu
> nemi,
ce
sa tète : je ne te pardonne qu'à
> tu m'apportes
nous a conduits
C'est par ces degrés qu'on
> prix.
abominations dont on se plaint.
> au comble des
ton
t'avons cru supérieur à nous,
exemple
> Nous
vertueux; tu nous as apporté
> nous eût rendus
avant toi le
> dès besoins par ton commerce,
à
à lui-même. Disparaissez
> sauvage se suffisait
et à notre
rendez-nous à notre stupidité
> jamais;
aussi à notre innocence >.
5 misère, mais
nous a conduits
C'est par ces degrés qu'on
> prix.
abominations dont on se plaint.
> au comble des
ton
t'avons cru supérieur à nous,
exemple
> Nous
vertueux; tu nous as apporté
> nous eût rendus
avant toi le
> dès besoins par ton commerce,
à
à lui-même. Disparaissez
> sauvage se suffisait
et à notre
rendez-nous à notre stupidité
> jamais;
aussi à notre innocence >.
5 misère, mais --- Page 165 ---
SU R LA LOUISTAN E.
était aux abois, et l'état d'avilisLa Louisiane
ôtait
sement où l'on était vis-à-vis des sauvages,
de possibilité de traiter avec eux 5 on
toute espèce
nécessaire de faire un acte de rigueur, etlon
crut
des Chicachas. Le rendez-vous
décida l'attaque
du fort de Chastre deétait marqué, les troupes
à celles de la Nouvelle-Orléans.
vaient se joindre
les deux
On fit des combinaisons si fausses, que
détachemens furent battus en détail; etle résultat
devait réhabiliter la nation,
d'une campagne, qui
le plus
la plongea dans l'état d'anéantissement
complet.
événément,
La cour, informée de ce malheureux
effort
rétablir la colonie expirante;
fit un
pour
Les Hurons
on envoya un bataillon de l'artillerie.
des'étaient joints à nous, et l'on
et les Iroquois
brillante, lorsque la
vait espérer une campagne
désunion des chefs fit tourner en négociation
où il était nécessaire d'inspirer la
une campagne
terreur.
indignés qu'on leur
Les Iroquois et les Hurons,
fait descendre leurs rivières sans les employer,
cut
dans leurs pays sans auet honteux de retourner
sur les traces
de victoires, se mirent
cunes marques Chicachas, et les massacrèrent: :
des députés des
furent raconter à leurs comceux qui échappèrent
infraction.
la conclusion du traité et son
patriotes Chicachas, étonnés de cette perfidie, qu'ils
Les --- Page 166 ---
M É M o I R E
recommencèrent leurs hostinous attribuèrent,
que jamais, et les
lités avec plus d'acharnement
laissèrent la colonie
troupes qui se rembarquèrent
dans la consternation.
Toutes ses démarches, aussi vaines que coûteuses, les achats de vivres, de chevaux, d'ustenfallait soudoyer, épuisèrent
siles, 9 les troupes qu'il
et l'on
la colonie du peu d'argent qu'elle avait,
eut recours aux billets, qui se multiplièrent en
des abus et de la malversation des adproportion
ministrateurs.
dont il
Le colon fut si effrayé de sa fortune,
qu'il s'imposa de lui.-
connaissait Pillégitimité,
même la loi de perdre trois cinquièmes sur son
papier, et il le négociait en conséquence. La cour
en ordonna la réprofita de ce découragement,
devait.
duction, et paya à peu de frais ce qu'elle
Laguerre qui, pendant ces entrefaites, s'alluma
entre la France et P'Angleterre, surprit la Louisanesmsoldatsetoamef fortifications. LesTchactas,
gagnés par les Anglais 2 poussèrent leurs courses
jusqu'à la vue de la capitale. Une partie très-intéressante de la côte orientale du Mississipi fut
abandonnée; et au traité d'Aix-ln-Chapelle, ceux
eurent du bon sens', se hâtèrent de quitter
qui
où la liberté et la vie étaient exposées à
un séjour
de continuelles révolutions.
Pour remplir le vide causé par ces émigrations,
ifications. LesTchactas,
gagnés par les Anglais 2 poussèrent leurs courses
jusqu'à la vue de la capitale. Une partie très-intéressante de la côte orientale du Mississipi fut
abandonnée; et au traité d'Aix-ln-Chapelle, ceux
eurent du bon sens', se hâtèrent de quitter
qui
où la liberté et la vie étaient exposées à
un séjour
de continuelles révolutions.
Pour remplir le vide causé par ces émigrations, --- Page 167 ---
e
LoUISI A N E.
SUR L A
des troupes et de nouveaux
le ministère envoya
presque
habitans; mais les familles 3 composées
de mendians ou gens sans aveu, traînant
toutes
la
se trouvérent déaprès eux la honte et misère,
société.
les membres d'une
placés en devenant
Elles restèrent peu surles
teresgenleurasconda,
cherchèrent à vivre d'une manière plus conet
hommes établissaient des
forme à leur génie. Les
soldats et des
refuges scandaleux des
tavernes,
et ces misénègres; les femmes se prostituaient,
de relâche à Ia justice,
rables ne donnaient point
à leur infliger des châtimens
sans cesse occupée
infructueux envers des gens qui ne craignaient
point la perte de l'honneur.
composées
Les troupes étaient presque toutes leur inconspar une suite de
de déserteurs, qui,
del'amnistie
.tance, était rentrés en Franceàl'abri
été publiée, et qui, se trouvant expaqui-avait
de quitter leurs nouveaux
triés, et sans espoir
de complots, de
drapeaux, ne s'occupèrent que
frémissaient
et les habitans
vols et d'assassinats,
à la vue de cette milice licencieuse.
la
On en était à des termes si funestes , lorsque
les armes pour se faire
France, en 1756, reprit
de l'Angleterre. L'ile Royale,
raison des pirateries
et la Guale Canada, la Grenade, la Martinique
furent bientôt envahies: la Louisiane était
deloupe dénuée de secours, elle paraissait livrée
menacée; --- Page 168 ---
M É M o I R E
M. de Kerlerec, qui, pour
à l'esclavage, quand
trouva les moyens-de
lors, en était gouverneur,
se soutenir en fesant alliance avec les Alibamons,
les Cherakis et Tchactas, qui furent nos barrières
contre les Anglais.
l'on eût
Il est aisé de juger des ressources que
pu tirer de ce pays avec une sage administration,
colons se
dans ces circonstances, les
puisqué, 3
récoltes
mirent à défricher de nouvelles terres, 3 les
furent abondantes, et il n'y eut presque point
le
désespéré de la
d'intervalle entre Pinstant plus
où elle fut le plus à portée de
colonie et celui
sentir tous ses avantages.
Plusieurs bâtimens de la Nouvelle-Angletere,
le
de venir traiter les échanges des
sous prétexte
abondamment la coloprisonniers, fournissaient
à
nie des choses qui manquaient et contribuaient
les exportations de ses
son aisance, en favorisant
denrées.
La Louisiane, éclairée par les fautes qu'elleavait
commises dans lés premiers temps de son établissement, sur ses réssources et ses moyens, commençait à concevoir les plus grandes espérances; 5
de rendre un jour avec usure, à sa
elle se flattait
métropole, le prix de ses soins. L'on conimençait
autant de cultivateurs que d'habià y compter
la constervaisseau vint apporter
tans, lorsqu'un
les
et leur
nation dans le ceur de tous
citoyens,
'elleavait
commises dans lés premiers temps de son établissement, sur ses réssources et ses moyens, commençait à concevoir les plus grandes espérances; 5
de rendre un jour avec usure, à sa
elle se flattait
métropole, le prix de ses soins. L'on conimençait
autant de cultivateurs que d'habià y compter
la constervaisseau vint apporter
tans, lorsqu'un
les
et leur
nation dans le ceur de tous
citoyens, --- Page 169 ---
N E.
SU R L. A LOUISIA
nouvelle que le roi de
apprendre l'accablante
à l'Espagne,
France venait de céder cette proyince
temps la colonie gémissait par
Depuis quelque
des
troubles occasionnés par la mésintelligence
les
de la colonie,
administrateurs. Le commandant
de sévérité pour maintenirl'ordre,
obligéaun: acte
.
rendre compte
avait été mandé à la cour pour y
cause
oi, malgré la justice de sa
de sa gestion,
plus
l'évidence de sa conduite, ses ennemis,
et
les moyens de le faire papuissans, trouvérent
Tous les esprits étaient partagés
raître coupable.
la nouvelle de P'abandon
entre ces deux partis, et
effervesde la France arriva au moment de cette
regretter leur patrie;
cence. Tous sem réunirent pour
cet
trop ordinairement,
mais ce qui n'arrive que
suivant
événement fit plus où moins d'impression, L'on esdont chacun étaient affecté:
les passions
nouvelle ne se confirmepérait encore que cette
à l'arrivée de
rait pas; mais on n'en douta plus
vint en
officier général d'Esagne, qui
M. d'Ulloa,
au nom du roi son maitre.
prendre possession
singulière, cet officier
Par une circonstance
entrer
n'étaitrevêtu d'aucuns titres de sa cour pour
de ce pays; il en avait simplement
en possession
l'ordre du gouverneur de la Havane, quiavait
reçu
en recevant la
eu celui de dépêcher un officier
nouvelle de la cession de la France. M. d'Ulloa
le commandant français, imas'attacha à gagner
loa,
au nom du roi son maitre.
prendre possession
singulière, cet officier
Par une circonstance
entrer
n'étaitrevêtu d'aucuns titres de sa cour pour
de ce pays; il en avait simplement
en possession
l'ordre du gouverneur de la Havane, quiavait
reçu
en recevant la
eu celui de dépêcher un officier
nouvelle de la cession de la France. M. d'Ulloa
le commandant français, imas'attacha à gagner --- Page 170 ---
M É M o I n E
ginant qu'il entraînerait le reste des
mais cet oflicier, qui avait succédé
suflrages;
toute la colonie
à un chef que
gné
regrettait, et qui in'avait été désique par son adversaire, n'avait
le crédit que la subordination
lui-méme que
et comme, dans cette
militaire exigeait;
juguer les
circonstance, il fallait subdésobéissances opinions, il en résulta des troubles, des
aliénation si aux ordres d'Ulloa; enfin, une
étant informés grande pour lui, que les habitans,
d'Espagne, qu'il n'avait aucune patente du roi
comité fut #assemblérent, et le résultat de ce
une signification par écrit, signée des
principaux membres de la
on lui demandait à
colonie, dans laquelle
nait
produire son titre quilui donpouvoir de commandér; qu'à l'instant
y aurait satisfait, toute la colonie
qu'il
le devoir; mais
rentrerait dans
à rejeter ses]
qu'à son défaut, on était décidé
lois, qui tendaient à la destruction.
commerce et des fortunes des
du
à quitter, sous trois
colons,et qu'il eût
jours, la colonie.
jugea parfaitement le danger
Ulloa, qui
lui de pousseràl bout des
qu'il y aurait pour
son
esprits aussi
parti, et vint rendre
animés, prit
Europe.
compte de sa conduite en
Il peignit les Français comme des révoltés
l'on ne parviendrait pas à
que
et la cour
captiverparla douceur;
sion de d'Espagne, qui avait à ceur la concluson traité, choisit M. Orelly,
inspecteur
ugea parfaitement le danger
Ulloa, qui
lui de pousseràl bout des
qu'il y aurait pour
son
esprits aussi
parti, et vint rendre
animés, prit
Europe.
compte de sa conduite en
Il peignit les Français comme des révoltés
l'on ne parviendrait pas à
que
et la cour
captiverparla douceur;
sion de d'Espagne, qui avait à ceur la concluson traité, choisit M. Orelly,
inspecteur --- Page 171 ---
LOUISIANT E.
SUR LA
aller à la Nouvellegénéral d'infanterie, pour mécessaires, et carte
Orléans, muni des pouvoirs quil aurait à prendre.
blanche sur tous les moyens décrire succintemnent! les
M. Orelly, dontje vais iclandais dont les ancêtres
atrocités, est un de ces la cause du roi Jacques;
patrie pour
MM. les
ont quittéleur
campagnes avec.
il avait fait quelques de
: quelques rapd'Estrées et Broglio
élevèrent
maréchaux
de ces deux généraux,
que
ports avantageux plutôt par une suite dehasards de
sa fortune, et,
il devint en peu de
son mérite personnel,
M.
par à la tête du militaire d'Espagne. cet aventemps chercha à Pélevers parce que de plus
Grimaldi
était une créature
turier lui devant tout,
qu'il se fesait.
la Havane pour y faire TinsM. Orelly était à
avaient été envoyées
des troupes qui y
de
pection
rentra en possession
lorsque le roi d'Espagne avaient prise pendant
cette place, que les Anglais les ordres de sa cour,
Dès qu'il eut reçu
aller à la Louila guerre. trois régimens pour
laléil partit avec
était déjà annoncée, et
siane : son arrivée y avait ramené tous les esprits
gitinité de son titré
devoir.
mission dont il
au
dans la
rétaOrelly crut entrovoir,
utile en
l'occasion de paraitre
de
était charge,
par la douceur
blissant la paix de la colonie,
crut, appeén'ent point, à ce qu'il
ses ordres; on
ila guerre. trois régimens pour
laléil partit avec
était déjà annoncée, et
siane : son arrivée y avait ramené tous les esprits
gitinité de son titré
devoir.
mission dont il
au
dans la
rétaOrelly crut entrovoir,
utile en
l'occasion de paraitre
de
était charge,
par la douceur
blissant la paix de la colonie,
crut, appeén'ent point, à ce qu'il
ses ordres; on --- Page 172 ---
M É M 0 I R E
et, à l'instant de son départ, il
cié ses services;
d'éclat qui pàt en
avait résolu de faire un coup
homme de
imposer,1 lui donner la réputation d'un
que des infortunés
tête; et il jugea parfaitement
trouvel'on rejetait du sein de la patrie, y
que
de vengeurs : ce fut dans ces principes
raient peu
du fleuve de Mississipi.
qu'il larriva à l'embonchure
à la NouDumoment que l'on sut son arrivée
velle-Orléans, Fon députa M. de Lafrenière, proaller le recevoir, et l'assurer
cureur-général, pour
les habitans. Orelly le
de la soumission de tous
de bonté, lui
reçut avec les plus grandés marques essayant de
les ordres du roi d'Espagne,
annonça
comme des sujets qu'il
traiter tous les Français
rassurèrent
désiraitacquérir. Ces premiers momens
naturellement emtous les esprits : le Français,
et ne passe
se rend toujours à la justice,
porté,
de la colère la plus violente
que trop rapidement
à la confiance la plus dangereuse.
victimes 3
Orelli observait tout , marquait ses
faire
connaissait le moment où il devait
et lui seul
Il avait commencé par
éclater ses proscriptions. français, et ce début avait
adopter les réglemens
se crut assuré de
entrainé la multitude. Lorsqu'il
chanil hasarda de faire quelques
ces moyens,
de la part de la justice,
gemens qui éprouvèrent,
Orelli dissimula endes représentations positives.
des impressions
être à portée de juger
core, pour --- Page 173 ---
LOUISIANT E.
SUR LA
le nouveau
particulier
que ferait sur chaque établir: Orelli jugea parfaitystême qu'il voulait
Fexactitude de ses
tement que Lafrenière, par obstacle invincible à
serait toujours un
le jour
principes,
: il détermina
ses projets concusionnaires ordres furent donnés de maHe ses attentats 5 ses
et lorsque tout fut
nière que rien ne transpirât,
habitans,
il manda chez lui les principaux irrévocable,
prêt, fixer avec eux, d'une manière laloi dela
pour
feraient
les
réglemens quiyderdémant,
kolonie. Français furent choisis pour représenter désir de
Douze
le
Nation; chacun d'eux y apportait attendait
la
et la colonie
Panion et de la concorde, cette délibération désilence le résultat de
en
cisive.
rassemblés chez M. Orelli,
Les députés étaient la salle d'audience, son
dans
et ils attendaient,
les troupes prirent
arrivée, quand tout-à-coup environs du gouverneles armes et parurent aux
Orelli parut armé,
ment. Les portes s'ouvrirent, de satellites, et avec une
au milieu d'une troupe Tatrocité du crime qu'il
figure décomposée, par
il bégaya quelques
était à Vinstant de commettre, de révolte qui réreproches vagues sur T'esprit déclara les députés
gnait dans la colonie, en
harangue par les
et termina sa criminelle
auteurs, condammer tous à la mort.
armes et parurent aux
Orelli parut armé,
ment. Les portes s'ouvrirent, de satellites, et avec une
au milieu d'une troupe Tatrocité du crime qu'il
figure décomposée, par
il bégaya quelques
était à Vinstant de commettre, de révolte qui réreproches vagues sur T'esprit déclara les députés
gnait dans la colonie, en
harangue par les
et termina sa criminelle
auteurs, condammer tous à la mort. --- Page 174 ---
Ils
M É M o I R E
furent à Vinstant
dans d'affreux
chargés de fers et
cachots.
conduits
Cette nouvelle avait volé
ville, ety avait jeté la
rapidement dans la
sespoir.
consternation et le déY
Orelli se renferma dans
refusa de voir qui
son gouvernement et
eût consommé
que ce fut, jusqu'à ce
son crime,
gu'il
malheureux Français
Cependant, sept des
furent
qui attendaient la
qui élargis, 3 et personne né douta
mort, 3
détermina leur
du motif
la manière
grâce : lavidité
dont il s'est
d'Orelli, et
doute sur les
conduit, n'ontlaisé: aucun
toucher.
moyens dont on se servit
le
Pour
Ah ! sire, peut-étre
malheureux
que les noms des
jamais
Français qui furent exécutés cing
parvenus jusqu'a votre
ne sont
jeter quelques fleurs sur leurs majesté 5 daignez
gnant dire :
tombeaux, en dai-
< Lafrenière,
> quis et
Noyant, Caresse,
Millet, ont été
Villeret, Mar-
> du barbare Orelli,
massacrés par les ordres
> vice et pour avoir pour avoir regretté mon ser-
> monstre voulait voulu soutenir les lois qu'un
Tous ces infortunés anéantirs.
avec la fermeté
souffrirent leur
citoyens
qu'on devait attendre de supplice
nière, qui n'avaient rien à se
vertueux
avant d'être fusillé,
reprocher. Lafreprotesta de son inno-
illeret, Mar-
> du barbare Orelli,
massacrés par les ordres
> vice et pour avoir pour avoir regretté mon ser-
> monstre voulait voulu soutenir les lois qu'un
Tous ces infortunés anéantirs.
avec la fermeté
souffrirent leur
citoyens
qu'on devait attendre de supplice
nière, qui n'avaient rien à se
vertueux
avant d'être fusillé,
reprocher. Lafreprotesta de son inno- --- Page 175 ---
LOUISTAN N E.
S UR LA
à mourir sans
ses concitoyens
d'encence, encouragea faiblesse ; il dit à Noyant la
témoigner aucune
pour qu'elle pût
à sa femme
ans; il
voyer son écharpe
il aurait vingt
remettre à son fils, quand soldats de faire feu, et
lui-même aux
à
commanda
en abandonnant
comme un héros,,
il mourut le cruel Orelli.
de rassemses remords dans ce court abrégé,
arrivés
J'ai tâché,
événemens qui sont
bler les principaux
mnalheureusedu monde, > trop
dans cette partie
Il est aisé d'apercevoir
ment négligée par nous.
les artisans de
nous avons été nous-mémes : mon proque l'infortune que nous y avons éprouvée mais en parn'est pas de donner des conseils, nous avons comjet des fautes sans nombre que
c'est
lant
et en administration, avermises, en politique l'état reçoit, et un
cruelle que
tout ce qui
une legon d'observer avec attention d'une colotissement
contribuer au bonheur
peut nuire, ou
établir. Dans le chapitre
nie, que l'on voudrait
détails relatifs aux
suivant je vais donner quelques et des éelaircissemens
sauvages de la Louisiane, cette contrée 2 et sur les
la nature du sol de
sur
Pon doit en attendre.
productions que
--- Page 176 ---
M É M o I R E
CHAPITRE XIII ET DERNIER.
dans la Louisiane aucune
Le Frangais ne voyait
facilement avec
contrée où il ne pât sintroduire
convenables à ses intérêts, 3 et
des marchandises
objets égades forces nécessaires pour sa défense, l'amour et le
lement essentiels pour se concilier élévation et son
respect d'où dépendaient son
étant
mal-entendue,
repos. Maispar une politique
dela Conmaitre de pénétrer 2 sous les auspices
Tchactas, et Alibacorde, chez les Chicachas,
l'amitié géconduite qui lui aurait acquis
mons,
les
il débuta par porter
nérale de tous sauvages,
nadésolation chez les Chicachas; ce peuple,
la
et il le fit
turellement brave, osa se défendre,
les Français furent reavec tant de succès, que
recherché
Toutes ces nations auraient
poussés.
ils furent obligés de l'acheter par
leurs alliances;
humilians.
des traités fort chers et souvent
par un autre sysLes Anglais se conduisirent
les résultats,
tème, et il est aisé d'apercevoir, par
et condes deux nations fut la plus sage
laquelle
intérêts. Depuis le règne d'Elisanut mieux ses
n'ait augbeth il n'est aucun des successeurs qui
en
menté les domaines de la Grande-Bretagne
nations auraient
poussés.
ils furent obligés de l'acheter par
leurs alliances;
humilians.
des traités fort chers et souvent
par un autre sysLes Anglais se conduisirent
les résultats,
tème, et il est aisé d'apercevoir, par
et condes deux nations fut la plus sage
laquelle
intérêts. Depuis le règne d'Elisanut mieux ses
n'ait augbeth il n'est aucun des successeurs qui
en
menté les domaines de la Grande-Bretagne --- Page 177 ---
SUR L A LOUISTASE
de bonheur et de ressources,
Amérique,avec tant
les passages
des iles qui gardent
leur
jue sans parler
iservent autant à faire
ielAmérique, et quiluis des autres et de la baie
pommerce qu'à géner celui
maitres, ils ont
'Hudson, dont ils se sont rendus
le
la Pensylvanie,
Fcquis la NourellcAnglderce, qui sont voisines
Maryland, la Virginie, provinces fait donner ce que
unes des autres : ils se sont
dans leurs
les
la Hollande possédaient
Jla Suède et
et la
dont ils ont fait la Nouvelle-Gersey
centres,
ils se sont fait succesivement
Nouvelle-Yorck :
par les Franconcéder dans le Nord de TAcadie,
la colonie
sans obstacles,
Gais, et ils ont acquis, des droits Si bien fondés,
nous avions
Y'avait
sur laquelle
ou l'amiral de Coligny
depuis l'époque
établie.
P'Anglais s'étendit
Par la cession de TAcadie, dès ce moment,
et,
jusqu'au golfe Saint-Laurent, sur le Canada, et
il forma le projet d'empiéter il ne vit plus entre
l'invasion de la Caroline, médiocre interpar
du Mexique et lui qu'un
le golfe
Sainte-Marco
sont
vale, où
épars Saint-Augustin, espagnols.
etPensacole, méchans postes la mer du nord dans
Les provinces anglaises ont
dans le coudes Apalaches
l'est, les montagnes
séparent de la Louichant, faible barrière quiles
mais moins
plus grande qu'elles toutes, 3
dans
siane,
moindre d'elles, et le Canada
peuplée que la
du Mexique et lui qu'un
le golfe
Sainte-Marco
sont
vale, où
épars Saint-Augustin, espagnols.
etPensacole, méchans postes la mer du nord dans
Les provinces anglaises ont
dans le coudes Apalaches
l'est, les montagnes
séparent de la Louichant, faible barrière quiles
mais moins
plus grande qu'elles toutes, 3
dans
siane,
moindre d'elles, et le Canada
peuplée que la --- Page 178 ---
M É M 0 I R E
le nord-ouest, aussi
Ces
grand et aussi moins peuplé.
provinces s'étendent depuisle 50e, delatitude
jusqu'à 45*, elles ont des côtes
postes commodes, des
très-sires, des
l'on construit des
chantiers, des arsenaux ou
rablés, telles
vaissenux; des villes considéque Boston, la Nouvelle-Yorck,
Philadelphie, Orange, Mancatte,
Alifax, toutes dignes d'être
Chacles-Town,
T'Europe;
comparées à cellesde
puissantes par leurs
beauté et le rapport de leurs muanufactuares, la
d'habitans
terres, et le nombre
: l'industrie sur-tout y est
ment augmentée, depuis la révocation. singulièrede Nantes, où une fausse
de l'édit
de citoyens, dont les
politique fit perdre tant
Américains
qui portèrent chez eux leurs
s'enrichirent, et
et leur désespoir.
fortunes, leurs talens
Qu'ilme soit pérmis de faire
sur l'état où se trouvaient
quelques réflexions
les colonies anglaises en
comparaison du Canada; où nous étions
ciennement
plus anétablis; et osons
de
déméler: les causes
lagrandissement des uns, et de l'état
sement des autres. Je n'ai
d'avilisdu mal de mon
point le projet de dire
pays; mais d'un côté
nos moyens détruire nos
j'aperçois
ceux de nos concurrens espérances, et je vois
couronnés du
succès; nous avons donc
plus grand
eu des torts
qui nous ont nui,
politiques
éclaircir,
pourquoi ne pas chercher à les
pour ne plus retomber dans les mêmes
les causes
lagrandissement des uns, et de l'état
sement des autres. Je n'ai
d'avilisdu mal de mon
point le projet de dire
pays; mais d'un côté
nos moyens détruire nos
j'aperçois
ceux de nos concurrens espérances, et je vois
couronnés du
succès; nous avons donc
plus grand
eu des torts
qui nous ont nui,
politiques
éclaircir,
pourquoi ne pas chercher à les
pour ne plus retomber dans les mêmes --- Page 179 ---
SUR LA LoUrstiNE
V
exclusive, le gouvernement
erreurs? La religion absolu dans les colonies;
qui est pour ainsi dire
et la vile
le mauvais choix des adninistrateurs, dans les
que Fon a transportés
classe des citoyens
les habitans, voilà sans
colonies pour en devenir qui nous ont assiégés
doute les causesdes malheurs
et qui ont empêché nos succès. doivent être Tes déLes nouvelles découvertes Providence accorde aux
dommagemens que la
auxquels le hasard ou V
habitans des différens pays
leurs subsistances:
Pabus ont refusé des terres pour la terre offre ses tréUn vaste pays se présente, voudraient les resors aux fortunés habitans qui foule se ranger sous
cueillir, ils accouraient en
les adopter; il
daignerait
les lois du prince qui
sont inutiles sansleur
leurdonne des terres quilui
les denrées de
et ilen regoit le prix parl tribut annuel
industrie,
un
>
toute espèce qui produisent heureux, trandouanes. Laissez ce peuple
à ses
il récompensera vos bienquille dans ses. opinions;
deviendra la source
qui
faits par une population mais au lieu d'un plan si sage 3
de vOs richesses; de controverse vont assiéger
de vaines disputes
suit la loi que ses pères
habitant qui
il
ce paisible
le champ qu'il a déftiché,
lui ont enseignée;
à moins d'être traître
ne péut plus le posséder > sait depuis son enà la religion qu'il
les
et parjure
ce pays malheureux,
fance; il abandonne --- Page 180 ---
M E M O I R E
et la terre, privée de culmoissons disparaissent,
se recouvre de ronces et d'épines.
ture,
qu'il existe des
Cet habitant désolé apprend
voisines où, à l'abri des lois, il pourra
provinces
le champ qui lui sera concultiver tranquillemient s'informe
du dogme
cédé; il y vole : on ne
point
et
on lui demande sa profession;
qu'il a adopté;
retentissent
les forêts de la Nouvell-Angleterve nous avons
les charpentiers, que
sousles coups que
les bois de consperdus, donnent pour façonner
ientretiennent cette flotteformidable,
tructions qui
la supériorité
dont nous éprouvons
le
de
Heureux, sans doute, sous gouvernement veux
une critique que je
mon pays , ce n'est point
dontles colonies
en blâmant la manière
en faire,
le sont encore.
ont été conduites et peut-être
sans
administrateurs militaires et civils,
Les
les uns avec les autres, 3 ont
cesse en contradiction
la plus directe du peu
été de tout temps la cause
voulu composer
de progrès de nos coloniess on a
rendre la justice aux citoyens,
des conseils pour fait attention aux sujets que
mais l'on n'a jamais
lois. Ceux qui ont
lon envoyait pour présider aux souverains les
obtenu des places dans les conseils sollicitations
ont eues par brigues et souvent par les
familles, qui cherchaient à expatrier
de leurs
D'après ce véritable
comme des sujets dangereux.
lc peuple se
iln'est point étonnant que
exposé,
nos coloniess on a
rendre la justice aux citoyens,
des conseils pour fait attention aux sujets que
mais l'on n'a jamais
lois. Ceux qui ont
lon envoyait pour présider aux souverains les
obtenu des places dans les conseils sollicitations
ont eues par brigues et souvent par les
familles, qui cherchaient à expatrier
de leurs
D'après ce véritable
comme des sujets dangereux.
lc peuple se
iln'est point étonnant que
exposé, --- Page 181 ---
LOUISTA N E.
SUR L. A
ou rien ne garand'un pays
soit déplu et éloigné
tissait sa propriété.
France dans Pidée d'un
Il n'est jamais venu en d'aller s'établir dans les cOcitoyen riche et connu
et ses talens; ;les
lonies, d'y porter ses ressources en sont remplies:
colonies anglaises, au contraire, de grandes choses,
d'opérer
dans la
il est impossible n'influera pour rien
quand le patriotisme
conduite.
mauvais , lorsquil a
Par un système également
habitans dans
d'envoyer de nouveaux
la
été question
nous avons émigré plus
une colonie naissante,
des malheureux vagavile classe de citoyens, femmes perdues par la
bonds, sans aveu, et des voilà les citoyens avec
débauche la plus outrée;
11 est aisé
voulu fonder des empires.
lesquels on a
et mon étonnement
d'en tirer les conséquences, toujours tombés dans
n'est point que nous soyions sur Taveuglement de
mais il porte
auxla décadences
à ces établissemens,
ceux qui ont présidé fois ce que je répète ici,.et
quels on a redit cent
tombés dans les mêmes
cela,
qui sont, , malgré
erreurs.
lorsqu'ils ont pris
Les Anglais, au contraire, américaines 2 après avoir
possession des provinces était aussi fertile que les
examiné le sol et vu qu'il
n'ont pas
contrées de FAngleterre,
plus riches
entre ce pays et la métropoles.
vu de différence --- Page 182 ---
M É M O I. R F
ils P'ont conduit
avec les mêmes lois et le méme
gouvernement; ils ont accordé la
tion à tous les cultivateurs,
même protecd'industrie
et toutes les branches
ont été encouragées.
nations s'est conduite
Laquelle des deux
plus
a jugé ce problême.
sagement? L'expérience
Cependant, la nature nous offrait le
plus vaste et le plus
pays le
mains
fertile, nous avions dans nos
l'établissementdu
pour s'en
romuseleploufiarinant:
ressources convaincre, qu'on daigne examiner les
qui nous étaient
commerce
offertes, 2 tant pour le
que nous pouvions faire,
celui dont cette colonie était
que pour
productions.
susceptible par ses
La préférence que l'on doit à certaines
tions sur d'autres est
producbesoins; ainsi les
toujours indiquée par les
bleds, les riz, les
pois, les fèves, méritent les
mahis, les
qu'ils sont de première
premiers soins, parce
le commerce
nécessité: mais examinons
immense que l'on pouvait faire indépendamment. L'indigo, les
de
et le tabac en
peaux
chevreuil
manocs, suflisaient
commerce de
pour payer le
Rochelle. L'on Bordeaux, 2 de Bayonne et de la
ne peut guère
à moins d'un
apprécier ces objets
million, et
de la
malgréle peu d'industrie
colonie, et sa
suffisaient
dévastation, ces trois
pour les importations de
objets
vaisseaux
France. Les
chargeaient aussi des bois de
charpente,
le tabac en
peaux
chevreuil
manocs, suflisaient
commerce de
pour payer le
Rochelle. L'on Bordeaux, 2 de Bayonne et de la
ne peut guère
à moins d'un
apprécier ces objets
million, et
de la
malgréle peu d'industrie
colonie, et sa
suffisaient
dévastation, ces trois
pour les importations de
objets
vaisseaux
France. Les
chargeaient aussi des bois de
charpente, --- Page 183 ---
LOUISIA N E.
SUR LA
et une cargaiqu'ils portaient à Snint-Domingue, rendait ordinairement
de huit mille livres leur
son
mille francs qu'ils poutrente-cing à quarante
ce
en sucre à Ssint-Domingue, en
vaient employer leurs fonds à leur retour
qui quadruplait
France.
intelligence devenait une
Ce cabotage faitavec
pour le pays, et
source de richesses inépaisables
infiniment
contribuait encore
Saint-Domingue y
davantage que la France.
moins quarante
Il venait, année commune, 3 au
et de la
bâtimens de Saint-Domingue
en
à cinquante
cargaison était
Martinique, dont la principale dont le capital poutaffia, sucre, vins, farines, l'autre à quarante mille
vait être estimé lun dans
en totalité, en
livres; ces bâtimens chargeaient bardeaux, tabacs
bois de charpente, , planches, pouvait être estichaque cargaison
et ils
en carottes;
à six mille livres; >
mée, lune dans lautre,
sur le tréprenaient le reste en lettresde-change
sor des colonies.
comme indigo, peaux
Les principales denrées,
ne passaient en
de chevreuil et tabac en manocs, bâtimens du roi,.
France que par le retour des
les effets
tous les ans 2 venaient apporter
qui,
le bien du service.
nécessaires pour d'anéantissement où cette colonie
Malgré l'état
qui l'avaient
par tous les malheurs
était réduite, --- Page 184 ---
M É M 0 I R E
assiégée depuis son établissement, elle était parà établir le commerce dont je
venue cependant
vais donner un aperçu.
Des objets du commerce en général.
Trente-huit indigoteries, fabriquant ensemble, année commune,
liv.
100 milliers à 5 liv. ci...
500,000
Deux cent mille peaux de chevreuil à 40 sols, ci.
400,000
Trois cent milliers de tabac en
manoc, à 4 sols, ci..
80,000
Bois de charpente, mérin, bar250,000
deaux.
50,000
Riz, pois, fèves .
Cuirs sallés, peaux d'ours, de
20,000
boeufs sauvages .
6o,000
Brais et gaudrons
Suifs de chasse, quarante milliers,
à 10 sols, ci..
20,000
Le commerce extérieur en pias300,000
tres, gourdes .
1,680,000
Dépense du roi en lettres de change 1,800,000
TOTAL.. 3,480,000 liy.
000
deaux.
50,000
Riz, pois, fèves .
Cuirs sallés, peaux d'ours, de
20,000
boeufs sauvages .
6o,000
Brais et gaudrons
Suifs de chasse, quarante milliers,
à 10 sols, ci..
20,000
Le commerce extérieur en pias300,000
tres, gourdes .
1,680,000
Dépense du roi en lettres de change 1,800,000
TOTAL.. 3,480,000 liy. --- Page 185 ---
N E.
SUR LA LOUISIAN
l'on aurait pu tirer de la
Ressources que
Louisiane.
déjà dit plusieurs
Jerépéterai encore ce que) j'ai
le plus
la Louisiane est sans contredit 4 clifois, que
la douceur de son
beau pays de l'univers par
les possessions de
situation ;
mat et son-heureuse d'une si vaste étendue qu'elles
sa majesté étaient
toute l'Europe; elles
surpasnient de beaucoup
d'endroits d'une
étaient remplies d'une multitude n'attendaient que les
richesse immense > qui
les recueillir; l'on y
habitans qui seraient venus toutes les plantes
pouvait cultiver avec succès
toutes
sans distinction, et presque
de PEurope
celles de PAmérique. inférieur à celui de SaintL'indigo qui était
défaut de culture
Domingue, ne Pétait que par Les cannes de sucre
des habitans.
à
et ignorance réussir etlon serait parvenu
à
>
et si
commengaient tabac venait à profusion,
les établir. Le
y branche de commerce,
cette
l'on avait encouragé les besoins que nous nous
devenue précieuse par
lon pouvait évidonnés de cette plante,
sommes
chaque année du royaume pluter de faire sortir
qui nous
millions qui passent aux Anglais
sieurs
la fournissent.
bornaient les possessions de
Les montagnes qui
de Mexique,
la France, d'avec celles du royaumc --- Page 186 ---
M E M O I R E
dont la chute des eaux viennent
tites rivières
par diverses
se perdre dans celle des
penousi indiquaient, par les
Akancas,
trouvés sur les bords
morceaux de minéraux
des rivières,
remplies de ces riches
qu'elles sont
métaux, et
que celles des
aussiabondantes
possessions du roi d'Espagne.
Ilya aux Illinois une mine de cuivre
des plus riches, mais
qui parait
qui n'a jamais été mise en
valeur, faute de gens en état de faire les
mières dépenses.
preA huit lieues de Ia Mobile,
sur les bords dela
Rivdosre-aue-Poimens, le
ily a une mine de fer, dont
minéral est si abondant,
superficie de la
qu'il se trouve à la
terre. Le terrain où elle sé
est couvert de bois,
trouve
facilités
conséquemment toutes les
pour T'exploitation s'y
envoyé des essais de cette mine rencontre; on a
fer en a été trouvé de la
en France, et le
dépenses du
meilleure qualité. Les
duits
premier établissement, pour les cond'eaux, les marteaux, s les
raient pu coûter 250 mille
fourneaux, aupreneur s'en serait
livres; mais l'entreles richesses
lui promptement dédommagé par
que
aurait procurées son industrie.
L'essai que l'on envoya en France produisit
vingts pour cent du plis beau fer.
quatreDans le pays des Illinois, à cinq lieues du
de Kas, ily a une mine de
fort
plomb qui produit
quntre-vingt-dix pour cent, l'on en tirait, sans
raient pu coûter 250 mille
fourneaux, aupreneur s'en serait
livres; mais l'entreles richesses
lui promptement dédommagé par
que
aurait procurées son industrie.
L'essai que l'on envoya en France produisit
vingts pour cent du plis beau fer.
quatreDans le pays des Illinois, à cinq lieues du
de Kas, ily a une mine de
fort
plomb qui produit
quntre-vingt-dix pour cent, l'on en tirait, sans --- Page 187 ---
E.
SUR LA LOUISTANE
frais, environ deux cent milliers
presqu'aucuns
année
faire des balles et du plomb
chaque
pour
pour le service de la colonie.
A la
Voilà le pays que nous avons abandonné.
conclusion du traité de Versailles, on aurait pu se
Camille fut nommé dictateur,
rappelerquelorsque d'autorité fut de rompre le traité
son premier acte
les Gaulois; il ne
que l'on allait conclure avec
calcula pas l'état désespéré où se trouvait la répuà son déshonneur.
blique, mais ilvoulut s'opposer
F I N. --- Page 188 --- --- Page 189 ---
M É M OIR E
HISTORIQUE ET POLITIQUE
SUR
LINI DOSTA N. --- Page 190 --- --- Page 191 ---
A V
S
DE
LEDITEUR
suivant sur l'Indostan
LE Mémoire
de M. de
trouvé dans les papiers
s'est
qu'il lui
il est probable
Vergennes;
qu'il était amfut remis dans le temps
cet .
bassadeur à la Porte Ottomane ;
diplomate avait le
habile et profond recueillir des renplus grand soin de
divers états
positifs sur les
seignemens
d'une fois il envoya
du monde; plus hommes propres à
sur les lieux des
seconder sa curiosité.
abusé;
ait jamais
Ce n'est pas qu'il
voulu abuser de ses connaisni même
ait coûté une goutte
sances 2. qu'il en
qu'il aurait
unelarme, parce
de sang,
--- Page 192 ---
AVIS DE LEDITEUR
pénétré dans les secrets d'une
sance, deviné sa faiblesse
puiset trouvé le
moyen d'augmenter à ses dépens la
grandeur de la Nation
se contentait
française - 5 il
d'avoir saisi le fil
soutient l'équilibre
qui
dans la balance des
gouvernemens.
Il n'attachait
pas sans doute à ce
Mémoire
qu'il avait
atfiepantaseprace
fait recueillir sur la Russie
par le baron de Tott; mais il n'en était
pas moins curieux
d'apprendre ce
qu'on ne trouve ni dans la
tion du père
compilaCatrou, ni dans la relation du célèbre Tavernier,
ainsi dire écrit, du
quin'a, pour
moins quant àcette
partie du globe, que pour les
chands ; ni même dans
marBernier,
tout philosophe
qui,
qu'il était, n'a pu s'instruire à fond ni du
des
gouvernement, ni
usages de ce vaste pays. --- Page 193 ---
AVIS DE LÉDITEUR 187
Tout le monde sait combien peu
comnaissons IIndostan, sur-tout
nous
fréquentes qui
depuis les révolutions
dénaturé, après Tamerlont dévasté,
aul
lan. Le Mémoire que je présente
laissera point que de républic ne
au milieu de ces
pandre quelque jour, 2
l'attenténèbres ; s'il a mérité de fixer
tion d'un grand ministre, ilne paraitra
d'exciter celle du grand
point indigne
d'instrucnombre d'hommes avides
lorsqu'ils trouvent l'ation, sur-tout
à des sources si
vantage de la puiser
authentiques.
ont dévasté,
aul
lan. Le Mémoire que je présente
laissera point que de républic ne
au milieu de ces
pandre quelque jour, 2
l'attenténèbres ; s'il a mérité de fixer
tion d'un grand ministre, ilne paraitra
d'exciter celle du grand
point indigne
d'instrucnombre d'hommes avides
lorsqu'ils trouvent l'ation, sur-tout
à des sources si
vantage de la puiser
authentiques. --- Page 194 --- --- Page 195 ---
E
M E M OIR
ET POLITIQUE
HISTORIQUE
SUR
N.
DINDOSTA
les nations européennes se sont
Deruis que
elles
établies sur les côtes de la mer des Indes, >
attentives à faire prospérer leur k
ont paru plus
des connaiscommerce 2 que curieuses d'acquérir civile et polisances détaillées sur la constitution.
contrées.
morale et militaire de ces vastes
tique, relations des Portugais ne nous entretiennent
Les
de conquêtes et de. miguères que de projets
n'ont donné
racles : les Hollandais et les Anglais
sérieuse attention qu'aux objets purement
une
les Français ne sont pas à cet égard
mercantiles: :
les autres nations de l'Europe 5
plus avancés que
Bernier, on n'apetsilon en excepte le judicieux relations des autres
prend rien d'important dans les
tous les cas parvoyageurs; ils prennent presque
des lois générales ; ils ont composé
ticuliers pour
rien dit qui
de gros volumes, et n'ont presque
alimenter la curiosité du lecteur.
puisse --- Page 196 ---
M É M O I R E
Cet inconvénient a sa source dans
ou l'inattention des
Tignorance
voyageurs qui ont publié leurs
observations; la plupart sont des
et sans. culture. Les révolutions esprits grossiers
viennent
rapides qui surpériodiquement dans l'état
des
Indes, jettent une nouvelle
politique
idées; c'est ce cahos
confusion dans les
que nous voulons
en posant quelques
débrouiller,
principes, à l'aide
on prendra une notion plus distincte
desquels
cise des affaires de lInde.
et plus préNous supposons à ceux qui liront ce
une connaissance générale des
Mémoire,
tares mogolsdansl la
conquêtes des Tarils y fondèrent, presqu'ile, en deçà du Gange;
sous la conduite des enfans de
Tamerlan, un puissant empire que leurs
dans possèdent encore
descenlons en Europe les Princes aujourd'hui; nousles appegnons leurs états
mogols, et nous désisous le nom d'Empire du
Mogol,
grand
Les successeurs des enfans de Tamerlan
tous de grands princes; ils
furent
de leur empire.
reculèrent les limites
Aureng-Zeb (ce qui
nement du trône) l'étendit
signifiel'orComorin:cete
depuis jusqu'au cap.
tempereurcontempanint
mourut en
deLouisXIV
1704, après un règne de plus de cinguante ans; les conquérans mogols suivirent
tement les lois politiques des
striccontentèrent de la
Tartares. Ils se
domination suprême, et ils
furent
de leur empire.
reculèrent les limites
Aureng-Zeb (ce qui
nement du trône) l'étendit
signifiel'orComorin:cete
depuis jusqu'au cap.
tempereurcontempanint
mourut en
deLouisXIV
1704, après un règne de plus de cinguante ans; les conquérans mogols suivirent
tement les lois politiques des
striccontentèrent de la
Tartares. Ils se
domination suprême, et ils --- Page 197 ---
OST A N.
S U R L'INDO
tribut à la
Thommage et le
n'imposérent que
plupart des princes vaincus.
et
fut partagé entre Tes conquérans
Le pays
la première portion comles anciens habitans 3
confère à ceux dont
les fiefs que Y'empereur
posa
les services, et l'autre poril veut récompenser
gentils : ce.
tion resta entre les mains des princes
les
héréditairement par
sont les états possédés
à la réla souveraineté de T'empereur,
Rajas sous
serve d'un tribut.
les. soudes titres de l'empire, que
La portion
consiste en vingt-trois
verains se sont attribués, Subards (1), un cergouvernemens qu'on appelle
dispose
nombre de terriers dont T'empereur
tain
immédiatement; ces terriers se nomment/arquois, sont les
Jacquidars. Ce
et ceux qui les possèdent
de nos fiefsen
temariots de Turquie et une image
Subards de l'empire sont des espèces
europe : les
fiefs; ceux quel l'empede jacquers ou de grands
sont tenus de I
de ces gouvernemens
reur pourvoit
d'argent pour le tribut de
lui payer une somme marcher à ses ordres avec un
leur province 2 et de
les Subards donrent
certain nombre de troupes;
mêmes con-.
des terres de leur gouvernement aux
les confère à qui bon lui semble; les
() L'empereur
le titre de Subards, qui. veut dire
gouvernemens portent
gouverneurs.
empede jacquers ou de grands
sont tenus de I
de ces gouvernemens
reur pourvoit
d'argent pour le tribut de
lui payer une somme marcher à ses ordres avec un
leur province 2 et de
les Subards donrent
certain nombre de troupes;
mêmes con-.
des terres de leur gouvernement aux
les confère à qui bon lui semble; les
() L'empereur
le titre de Subards, qui. veut dire
gouvernemens portent
gouverneurs. --- Page 198 ---
M É M 0 I R E
ditions; celui
auquel on remet un territoire
charge de marcher avec
a la
fantassins et de
un certain nombre de
cavaliers, à la première
tion; son territoire se nomme
réquisi
Jacquir: celui
Jacquidar, et lui
auquel on remet la
teau ou d'une petite ville
garde d'un châil
fortifiée est un
paie sa garnison avec ce qu'il
Guilidar,
ville et de quelques
peut tirer de la
l'ordre
aldées du voisinage; tel est
politique et Fadministration de
mogol. La faiblesse des
l'empire
cédéà Thamas Kouli-kan empereurs qui ont suclaissé affaiblir,
a changé cet ordre, l'a
et jetté une confusion
dans le
effroyable
gouvernement; mais lorsque les
n'avaient rien perdu de leur
principes
empire était
vigueur, ce grand
sureté
régi avec autant de facilité et de
qu'une ville suisse.
Dès que la saison des pluies était
pereur quittait sa
passée, l'emil
capitale, et il se rendait à son
camp; appelait auprès de lui les
Rajas et les principaux
Subards, les
tait en corps d'armée dans Jacquidars, et il se porles parties de
qu'il avaitrésolu de visiter; il écoutait l'empire,
il châtiait, il déposait les Subards les plaintes,
et les
se servait des uns pour
Rajas 5 il
il recevait le tribut de opprimer et punirles autres;
P'empire; il destituait ceux
qui manquaient d'exactitude et de célérité
le paiement.
dans
Ces empereurs commençaient
chaque année les
dans Jacquidars, et il se porles parties de
qu'il avaitrésolu de visiter; il écoutait l'empire,
il châtiait, il déposait les Subards les plaintes,
et les
se servait des uns pour
Rajas 5 il
il recevait le tribut de opprimer et punirles autres;
P'empire; il destituait ceux
qui manquaient d'exactitude et de célérité
le paiement.
dans
Ces empereurs commençaient
chaque année les --- Page 199 ---
S U R L' IN N_D 0 S T A N.
mêmes caravanes ,/et ils visitaient ainsi successideleur empire. Ekbar,
vement toutesles provinces
dironsle grand; Jehau quire, qui signifie
que nous
etAureng-Zeb, ,suivirent conspremierdu monde,
furent toutamment cette méthode; ; ces princes
Les enfans d'Aureng-Zeb réjours tout puissans.
de
paisiblement, grâces aux impressions
gnèrent
avait
respect et de soumission qu'Aureng-Zeb
jetées dans les esprits; ils conservèrent encore
temps toutes leurs forces; mais en s'affaiquelque
elles affaiblirent l'empire.
bisantimnensiblenent,
d'Aureng-Zeb,
Le lâche Mohabet-Kan, petit-fils
perdit tout par sa molesse ; les grands de l'Ems'aperçurent qu'il leur était aisé de ne plus
pire.
obéir.
donna la première idée de
Mizam-et-Moulouc
funeste
afin d'écarter tout danger,
ce
exemple;
habillement de la faiblessedu prince,
il sut profiter
dans toutes les
et sema le désordre et la confusion
parties de l'état. A ces maux intérieurs son artificieuse politique joignit des maux étrangers; il
suscita contre son pays la puissance maratte, encore abattue de deux grandes guerres, qu'AurengZeb, Chah Jehan, avaient faites successivement
à cette turbulente nation 5 il l'excita secrètement
à reprendre les armes, il lui en fournit même les
les plus efficaces, - soit en lui fesant de
moyens remises soit en restant à la tête de toutes
grosses
> --- Page 200 ---
M É M o 1 R E
les forces de son gouvernément, paisible speci
des
de ces brigands; nous
tateur
déprédations
voulons nous borner aux notions préliminaires,
maisil est à propos de faire connaitre cette nation
dont l'ambition a fait tant
puissante et guerrière
de bruit dans toute cette partie de l'Asie.
Les Marattes habitent dans un grand centre
à l'ouest de la presqu'ile, vers le
de montagnes
ils obéissent à un
250. degré de latitude du nord;
roi qui réside à Sefera dans une forteresse construite sur le sommet de la montagne Seragy, que
ont rendu célèbre parmi
Bernier et Tavernier
nous.
commela plupart des princes
Lesrois marattes,
Textérieur de la souveraiorientaux, n'ont que
sont
neté ; les droits réels et la véritable pnissance.
entre les mains de leur premier ministre. Balagi
maratte de la caste de Brahme, ne laisse
raou,.
vaine pompe, et il reau roi son maitre qu'une
toute T'autorité; le prince, renfermé
tient pourlui
voit autour de lui que des resdans un palais, ne
lui
de soumissions qui
pects et des apparences
mais la garde quil'environne
cachent ses chaînes;
le retenir dans son palais que
est autant pour
Balagiraou s'est emparé
pour lui faire honneur.
le fil de la
les
il tient
guerre
de toutes affaires;
discussion des intérêts
et des négociations S, la
lui. Ilne
généraux de la nation ne se fait que par
des resdans un palais, ne
lui
de soumissions qui
pects et des apparences
mais la garde quil'environne
cachent ses chaînes;
le retenir dans son palais que
est autant pour
Balagiraou s'est emparé
pour lui faire honneur.
le fil de la
les
il tient
guerre
de toutes affaires;
discussion des intérêts
et des négociations S, la
lui. Ilne
généraux de la nation ne se fait que par --- Page 201 ---
-
s U R L' IN D o T A N.
le roi, il lui écrit avec les expressions
voit jamais
mais il réside loin de
Bu plus profond respect,
de ses
et il ne lui rend aucun compte
a cour,
ce qu'ily y a de plus
Hesseins, ni de ses affaires;
dans
Femarquable c'est qu'il a succédéà son père
et dans ce crédit, aussi paisiblement que
pe poste
$1 c'eût été un héritage.
habitans de la
Les Marattes sont les premiers
les conquêtes des mahométans tarpresqu'lles
tares les firent refluer dans les montagnes qu'ils
renoncèrent
habitent aujourd'hui; ces peuples
toutes les professions, , pour ne s'occuper que
l'espérance
He la guerre, et ne perdirent jamais
tle dessein de se rétablir dans leurs pays et surde leurs conquérans; de là ces
out de se venger
ils ont presréquentes incursions, par lesquelles
troublé la tranquillité de l'empire.
que toujours
moment de les détruire,
Aureng-Zeb touchait au
les
nais un des fils de cet empereur, séduit par
ponseils de ses ministres et de ses généraux, précette nation d'une ruine inévitable; ils vouerva
à la puissance de
aient conserver ce contrepoids
et se rendre ainsi plus considérables
empereur,
maîtres dans leurs gouvernemens.
la cour. et plus
la faiblesse de
Depuis la mort d'Aureng-Zeb,
aux Marattes les
ses successeurs a laissé prendre
avaient
, et ensuite un ascenforces qu'ils
perdues
même ils en ont
Hant incroyable sur l'empire 2 --- Page 202 ---
M É M O I R E
retranché de belles et grandes
ont incorporé à leurs
provinces, ils en
lement
domaines; mais ils ont telabusé de la faiblesse de la cour de
qu'ils ont Osé en exiger le droit le plus Dély,
qui soit aujourd'hui
singulier
perçu sur la terre; ce droit
est le chatage en vertu duquel les Marattes
çoivent le quart de tous les revenus de l'Indostan. reLes Marattes regardent l'octroi du
comme un simple
chatage
tares
dédommagement que les Tarmogols leur doivent pour l'usurpation de
leur pays.qu'ils ont conquis; c'est à ce titre
l'ont exigé.
qu'ils
L'empire mogol n'avait de voisin redoutable
que le seul royaume de Perse; mais la Perse
que toujours occupée de ses guerres avec les' preset ne jouissant
Turcs,
presque jamais d'un bon gouvernement, laissait à cet égard l'Indostan dans
assez grande tranquillité, à
une
l'exception de quelques entreprises respectives pour la ville de
dahar.
CanLes.Mogols et les Persans n'avaient rien à discuter ensemble; c'était pour maintenir leurs
saux gentils et leurs sujets mahométans
vasdans la
soumission et fidélité que les empereurs
se tinrent si puissamment
mogols
saient la
armés, et qu'ils pasplupart du temps à la tête d'un
de troupes; de quelque côté
gros
qu'ils se présentassent 5 ils fesaient pencher la Lalance; mais la
dahar.
CanLes.Mogols et les Persans n'avaient rien à discuter ensemble; c'était pour maintenir leurs
saux gentils et leurs sujets mahométans
vasdans la
soumission et fidélité que les empereurs
se tinrent si puissamment
mogols
saient la
armés, et qu'ils pasplupart du temps à la tête d'un
de troupes; de quelque côté
gros
qu'ils se présentassent 5 ils fesaient pencher la Lalance; mais la --- Page 203 ---
L' IND O S T N E.
- U R
les empeconstitution de cet empirecondaunait soutenue
à une vie active et à une attention
reurs
de l'état; il leur était si peu
sur toutes les parties
la moindre néglipermis de s'en dispenser que ruinait pour un
sur un point si délicat,
gence,
temps leurs affaires.
se relâcher
Mohabet-Kan fut le premier quiosa
conduite dont le plus grand de ses
du plan de
il eut
ARCE
décesseurs avait senti la nécessité;
La malheureuse
des'en repentir.
tôt un juste sujet
a fini son règne,
ce prince
les
Estarophepsrlaqslled sans retour; et sans
a ruiné l'empire peut-être
la Perse, il
divisions qui déchirent aujourd'hui le théâtre de la
est à croire que PIndostan serait
en
: lempereur,
gloire d'un nouveau conquérant vassaux et de ses
atténdant, est le jouét de ses
étrangers.
au défaut d'ennemis
propres sujets >
des trois derniers empeconduité
La pitoyable
cing sortes d'ennemis
reurs a suscité à T'empire
destructifs
plus dangereux et plus
domestiques
sont: les Marattes,
querles étrangers;' les premiers manceuvres et de
venons de parler de leurs
nous
Jeurs prétentions.
ce sont les
Les seconds sont les Raja-Poutes; combattit
descendans de ces anciens Indous que
des Mogols les ont paAlexandre 5 les conquêtes
ont
chassés de leurs pays; 5 ces peuples
reillement
au centre
cherché un asile dans les montagnes,
plus dangereux et plus
domestiques
sont: les Marattes,
querles étrangers;' les premiers manceuvres et de
venons de parler de leurs
nous
Jeurs prétentions.
ce sont les
Les seconds sont les Raja-Poutes; combattit
descendans de ces anciens Indous que
des Mogols les ont paAlexandre 5 les conquêtes
ont
chassés de leurs pays; 5 ces peuples
reillement
au centre
cherché un asile dans les montagnes, --- Page 204 ---
M É M o I R E
conservent encore
de PIndostan : les Raja-Poutes
les anciens
aujourd'hai l'esprit belliqueux que
leur donnent; ils ne sont pas cependant
historiens
que les Marattes 9
des ennemis aussi dangereux aussi bien unis, et que
parce qu'ils ne sont pas
de se
dissensions intestines les empêchent
leurs
mais comme ils font quelqueréunir au-dehors;
ils minent toujours
fois d'assez fortes incursions,
le corps épuisé de T'empire. Patanes d'une race tarLes troisièmes sont les
c'est
des frontières de Perse vers Candahar;
tare
la plus brave et la plus guer
la nation de PAsie
habitent
les Patanes
rière sans aucune exception: est une branche du
au pied du mont Imaiis, qui dans la partie de
Caucase; ils se sont répandus
le JenPIndostan 3 que nous appelons en Europe le
c'est royaume
ribe, oul le pays des cingrivières;
des Patanes
de Porus; le centre de la domination
vassaux
dans les montagnes 2 ils étaient
est encore
n'avait pas de meilleurs
del'empire, et l'empereur
toute sa cavasoldats ; ils composaient presque soulevés; quel
leurs chefs se sont
lerie impériale;
cèlèbres guerriers allèrent
ques-uns de leurs plus Subabs des Indes; le Kan,
servir les princes et les
Dély, à la tête
ou le chef des Patannes vint piller
d'une armée de cent mille chevaux.
les autres
sont les Rajas et
Les quatrièmes
ils professent encore
grands vassaux de Pempire ;
ur
toute sa cavasoldats ; ils composaient presque soulevés; quel
leurs chefs se sont
lerie impériale;
cèlèbres guerriers allèrent
ques-uns de leurs plus Subabs des Indes; le Kan,
servir les princes et les
Dély, à la tête
ou le chef des Patannes vint piller
d'une armée de cent mille chevaux.
les autres
sont les Rajas et
Les quatrièmes
ils professent encore
grands vassaux de Pempire ; --- Page 205 ---
PINDOST. A N.
SUR
déreligion des Indes; ces princes,
lancienne
droits de la souveraineté
pouillés des principaux
laissé échamogols, n'ont pas
par les conquérans
des'en ressaisir : ils ont trouvécette
per Poccasion l'affaiblissement de l'empire.
occasion dans
étant sujets
sont les Subabs, qui
Les cinquièmes
dont ils tiennent leurs
immédiats de Pempereur semblaient devoir conrangs et leurs pouvoirs, autorité et la majesté du
courir à maintenir son
mais ils n'ont vu dans la conspiration g6trône;
éclaté de toute part contre la puismnérale, qui a
également sûr et
sance impériale, qu'un moyen
facile d'assurer leur grandeur et leur indépendance. Aussi les deux derniers empereurs ont-ils
été opprimés par le roi de Perse, par leurs sujets
leurs vassaux, sans que les Subabs aient
et par
véritable. Mohabetparu y donner une attention
de
contre le roi de Perse un nombre
Kan arma
à beaucoup près de
soldats 5 Darius n'opposa pas
mais la plupart
si grandes forces à Alexandre;
sur les avis
des chefs de ces nombreuses troupes,
et les conseils qu'ils recevaient de Mizan-et-Mouet de quelques. autres grands de Pempire,
Jouc,
et les servirent commé ils ause laissèrent gagner
raient dû servir leur empereur.
C'est de ces cingq sortes d'ennemis domestiqués
l'empire mogol reçut les rudes secousses qui
que
sa ruine; il subsite encausèrent probablement
grandes forces à Alexandre;
sur les avis
des chefs de ces nombreuses troupes,
et les conseils qu'ils recevaient de Mizan-et-Mouet de quelques. autres grands de Pempire,
Jouc,
et les servirent commé ils ause laissèrent gagner
raient dû servir leur empereur.
C'est de ces cingq sortes d'ennemis domestiqués
l'empire mogol reçut les rudes secousses qui
que
sa ruine; il subsite encausèrent probablement --- Page 206 ---
M É M 0 I R E
les rebelies
que ses ennemis; ouf plutôt
core, parce autant de suite et de concert dans
n'ont pas mis
desseins
de rapidité
la conception de leurs
que
mais il est vraisemblable
dans leur exécution;
insuccombera sous le faix de ses divisions
qu'il
la fortune ne suscite enfin
testines 2 à moins que
les affaires dans
de remettre
un prince capable
leur ancienne vigueur.
seigneurs que
Ilya à Dély. vingt-quatre grands
de
Imbras; ils composent Jes conseils
Ton nomme
l'empereur et ils remplissent les principaleadigni
des
tés de létat. Avant la confection générale
nommait à tous
affaires de FIndostan 2 T'empereur
choisis
> et les seigneurs
les grands gouvernemens,
dans
la cour étaient reçus sans contradiction
par
mais les choses ont tellement changé
la provinces
aujotird'hui un
lorsque l'empereur désigne
que
d'une province, le
Imbra pour le gouvernement doit être de se propremier soin du sujet désigné
soit en la levant à ses dépens, ,
curer une armée;
d'un Subab placé; s'il
de l'appui
soit en s'étayant
il jouit du don de l'emchasse son concurrent,
le
le rebelle
mais si son ennemi a dessus,
pereur 5
des titres nécessaires pour
demande à la cour
dans, la province, et il ne manque
commander
jamais de Pobtenir.
multitude imOn trouve dans PIndostan une
cavaliers et cipayes,
mense de chefs de guerre, --- Page 207 ---
LINDOSTAS N.
SUR
concession des Jacdans les aldées; soit
épars
grands seigneurs,
certain nombre de cavaliers
ont tous un
toaegers
ces chefs
ils donnent la subsistance;
et de cipayes auxquels armement, ils viennent
bruit d'un
est
au premier
homme
a de l'argent
un
qui
s'offrir en foule;
de former en
un étendard,
assuré, en arborant
armée aussi nombreuse
quelques semaines une
qu'il le désire.
l'empire est agité par des
De là vient que
continuelles : les révolutroubles et des divisions
on y
y sont tres-fréquentess
tions domestiques nombre de familles considévoit un très-grand
de fortune à la
rables réduites par des pertes chef des Marattes
misère la plus profonde. Le l'asile et la subdont nous avons parlé a donné seigneurs mogols,
sistance à plus de quatre cents des conjonctures
de tout rang , que la nécessité et qu'il a réduits à
dans la pauvreté,
a plongés
la fuite.
preuve du pouvoir
Remarquons ici une grande
de la
et de la force des préjugés
de Thabitude
daris les Indes qui-ne
naissance. Iln'est personne
Timpuissance de -
connaisse la faiblesse ou plutôt aucun établisil n'y a
l'empereur, et cependant des Indiens, s'il n'est
sement solide dans Pesprit
ne,
impériale : Balagiraou
autorisé d'une patente solliciter à la courde Dély
manque jamais de faire
- 12
Remarquons ici une grande
de la
et de la force des préjugés
de Thabitude
daris les Indes qui-ne
naissance. Iln'est personne
Timpuissance de -
connaisse la faiblesse ou plutôt aucun établisil n'y a
l'empereur, et cependant des Indiens, s'il n'est
sement solide dans Pesprit
ne,
impériale : Balagiraou
autorisé d'une patente solliciter à la courde Dély
manque jamais de faire
- 12 --- Page 208 ---
M É M o I R E
les paravanas pour la possession des terres
arrache chaque jour de l'empire.
qu'il
On sait en Europe que le grand
peser chaque année dans
mogol se fait
une balance
une des plus grandes fêtes de la
d'or; c'est
des provinces
cour: les subabs
qui affectent le même faste et la
même étiquette que l'empereur, n'ont
osé s'attribuer ce droit; c'est-une
pas encore
chée à la seule
cérémonieattapersonne de
:
raou
s'est cru au-dessus de la l'empereur loi; il
Balagitous les ans.
se fait peser
La grosseur du corps est une chose si distinguée dans les Indes, que les grands
n'oublient rien
seigneurs
pour se la
ils
une quantité
procurer;
boivent
qui leur réussit prodigieuse si
de beurre fondu, ce
des
bien, qu'il est ordinaire de voir
jeunes gens 2 au-dessous de trente ans,
grosseur incroyable; mais cet
2 d'une
peu de chose,
avantage est bien
faire
quand on n'a pas le droit de se
peser.
Eclaircissons ici une difficulté sur le titre de
Nabab, que les journaux de nos
ploient si
voyageurs emfréquemment, et qui est pris par les
européens dans un si grand nombre
différentes. Nabab est un titre
d'acceptions
rapporte à la
d'honneur qui se
personne et
le croit
nullemént, comme on
communément, aux
de l'empire; c'est donc
principaux ofliciers
tres-improprement que --- Page 209 ---
PINDOSTA: N.
SUR
disons à la côte une nababie pour signifier
nous
par un scigneur maure;
une province. gouvernée établis à Bengale et sur la
les européens qui sont
devraient reconnaitre
côte de Coromandel, n'y
et le subab
nababs, le subab du Bengale
quedeuxn l'officier de l'empire que nous nomdu Decan 5
nabab d'Arconstamment et mialaproposles
aumons
titre de faussedar du Decan,
catte, n'a quele
confusion dans les
cette
quel il est subordonné; de ces nations sur les
titres vient de Fobscurité
obscurité est
affaires de P'empire mogol ; cette Indes la
homme remplissant aux
pretelle, qu'un
pour fixer
parmi les Frangais envoyés
mière place
éclaircir ce qu'on
enfin les doutes de la cour,
donner à nos
croyait avoir été embrouillé, ét servi de cette
allure convenable, s'est
affaires une
< Qu'imdans une lettre au ministre,
expression
des rajas se disputent
> porte à la compagnie que
> des nababies?s.
de l'empire mogol donne
La première charge tous les autres états des--
le droit de commander
du grand visir. Celui
poriquements c'estl tl'emploi
est
aujourd'hui ce poste important,
qui remplit
subab du Decan,
un neveu de Salabetringue > soutenu la gloire et
dont nous avons long-temps relations désignent trèsles intérêts, et que nos de roi de Golconde. Le
sous le titre
improprement
Haren Decan, fils de Zizamel
grandvaretib.d de
mogol donne
La première charge tous les autres états des--
le droit de commander
du grand visir. Celui
poriquements c'estl tl'emploi
est
aujourd'hui ce poste important,
qui remplit
subab du Decan,
un neveu de Salabetringue > soutenu la gloire et
dont nous avons long-temps relations désignent trèsles intérêts, et que nos de roi de Golconde. Le
sous le titre
improprement
Haren Decan, fils de Zizamel
grandvaretib.d de --- Page 210 ---
M É M 0 I R E
Moulouc; il a pris le nom
grand père l'a porté pendant d'Aresjacques; les
son
de sa vie : ce nom
dernières années
sublime
d'Aresjacques est le titre le plus
qu'on puisse recevoir de la
de T'emperéur; ; les mahométans magnificence
tion qui leur
ont une tradiSalomon
apprend que le premier ministre de
s'appelait
coup-d'ail,
Aresjacques; on voit, d'un
ce gu'une pareille dénomination a de
grand et de flatteur.
Le grand visir de l'empire
core atteint sa
mogol n'a pas entrentième année, et il
cette éminente dignité
possède
depuis 1755; mais il n'a
pu y parvenir qu'au moyen d'une
pendant
guerre civile,
laquelle, secondé - de Hoscar , un des
célèbres chef des Marattes et le plus aecrédité plus
près de Balagiraou, le jeune Garendikan,
auposer
2 fit déF'empereur, qui ne lui était pas
et fit élever sur le trône
favorable,
qui
le
impérial un vieux
prit nom d'Alenguir, du même
prince
nom, 2 puisqu'Aureng-Zeb, son bisayeul, porta
nom sur la fin de son
le même
règne : c'est un prince de
soixante-quatre ans qui était dans la prison de
Scheherade, à Dély.
Cette prison est destinée pour les
famille impériale,
princes de la
auxquels on juge à
de
conserver la vie et l'usage de
propos
sont enfermés à
leurraison; ; les autres
Gualior; on les contraint de boire
ajeun tous les matins un grand verre d'une
drogue
porta
nom sur la fin de son
le même
règne : c'est un prince de
soixante-quatre ans qui était dans la prison de
Scheherade, à Dély.
Cette prison est destinée pour les
famille impériale,
princes de la
auxquels on juge à
de
conserver la vie et l'usage de
propos
sont enfermés à
leurraison; ; les autres
Gualior; on les contraint de boire
ajeun tous les matins un grand verre d'une
drogue --- Page 211 ---
LIXDOSTAT N.
SUR
décoction de paqu'on nomme Point 5 c'est une mois, et qui les
les abrutit en quelques
vots qui
dans un état de lanfait mourir insensiblement
gueur et d'imbécilité. dix-hait ans auparavant
Alenguir avait refusé
des mains du
de recevoir la couronne impériale fit sortir de sa prison,
Naderscha le
roi de Perse;
d'Orbard le choix qu'il
et il lui déclara en plein le trône de PIndostan;
fesait de lui pour remplir fit cette noble réponse :
prince lui
ce généreux
honneur m'asseoir sur le trône
<Je ne puis avec
avoir vengé élaffront que
> de Tamerlan, qu'après
sur le trône
> tu fais à sa famille en Pimmolant
> des Perses>.
touché de sa grandeur d'ame
Naderscha, plus
dans sa
blessé de sa fierté, le fit reconduire qu'il
que
le
à Y'empereur,
prison, et il rendit sceptre avancé d'Alenguir
avait résolu de déposer. L'âge doute de déployer
ne lui avait pas permis sans
que cette réla vigueur
dans le gouvernement
semblait annoncer de sa part. Cegouverne- visir:
ponse
à la discrétion de son
ment est absolument dans cette capitale, autrela misère est si grande
nous écrivait de
fois si riche, si florissante, qu'on les premiers mois
Dély à Pondichery, que dans
en 1755,
l'invasion des Patanes >
qui suivirent
roupies par jour du visir
T'empereur recevait cinq
n'a pas.
ce puissant prince
pour sa subsistance;
annoncer de sa part. Cegouverne- visir:
ponse
à la discrétion de son
ment est absolument dans cette capitale, autrela misère est si grande
nous écrivait de
fois si riche, si florissante, qu'on les premiers mois
Dély à Pondichery, que dans
en 1755,
l'invasion des Patanes >
qui suivirent
roupies par jour du visir
T'empereur recevait cinq
n'a pas.
ce puissant prince
pour sa subsistance; --- Page 212 ---
M É M.O I R E.
un seul soldat qui
dépende de
il
plus en état de contraindre
lui;
n'est
mer. une armée
lés subabs à lui for-
: lorsque son grand visir
recouvrer quelques sommes
peut
ploie à lever des
d'argent, il les ema
sur ceux
troupes , avec lesquelles il tombe
qli ne sont point sur leurs
en arrache quelques
gardes, et il
expéditions il
tributs; mais dans toutes ses
contracte des dettes bien
rieures au profit qu'il en retire,
supéQuoique la place de grand visir ait
plus grande partie de son lustre
perdu la
son autorité, elle est
et presque toute
pire; il
encore la plus belle del l'emdispose des terres qui
maine impérial; c'est à lui
composent le doobtenir les
qu'on s'adresse pour
chancellerie paravanas et les autres pièces de Ia
impériale, qui sont
saires dans
toujours nécesvisir est redouté l'oppression des peuples. Le grand
susciter
des subabs; il peut aisément leur
des ennemis; leurs divisionsl lui
un reste d'influence dont
conservent
prévaloir
un habile homme sait se
avantageusement.
Aresja, encore dans le feu de la
rempli de
jeunesse, est
courage, d'ambition et
intrignes le font craindre
d'esprit; ses
un assez grand
et respecter , et il tire
partide sa place : il
quatre ans,
conçut; ilya
d'étendre lorsqu'il se vit grand visir, le
son gouvernement,
projet
de force et de vie à l'autorité etdedonner un peu
de l'empereur; il
avantageusement.
Aresja, encore dans le feu de la
rempli de
jeunesse, est
courage, d'ambition et
intrignes le font craindre
d'esprit; ses
un assez grand
et respecter , et il tire
partide sa place : il
quatre ans,
conçut; ilya
d'étendre lorsqu'il se vit grand visir, le
son gouvernement,
projet
de force et de vie à l'autorité etdedonner un peu
de l'empereur; il --- Page 213 ---
VINDOSTA A N.
SUR
dans
dont la réputation
s'adressa à M. de Bussy,
lon peut dire ;
de ce que
PIndostan est au-dessus dans son dessein et delaiil lepria de le seconder diverses parties de Pemder à rétablir dans les
(ce sont les
Pordre et la sabordination visir à M. de
pire
mots de la lettre du grand
vint à
propres
voulait que M. de Bussy
Bussy). Aresja
douze cents français; on
Dély avec un corps de
pouvait ramasser
les eût joint à ce que Vempereur
de troupes.
M. de Bussy, suivi dui
Ce prince 2 conduit par de son empire; ; il est
visir, eût fait le tour
des resgrand
n'eût trouvé par-tout que
si
certain qu'il
: cette démarche
pects et que de la soumission rétabli l'empire pour
eût
simple et si praticable rentraient dans leur anlong-tempss les affaires
à propos; la cour
cien ordre en le rétablissant elle avait le plus à se
les subabs dont
excessifs
eût puni
diminué les droits
plaindre 5 elle eût
elle eût supprimé les sucqu'ils se sontattibués; commencent à s'établir
cessions héréditaires qui
dans les principales familles. avait osé disposer > par un
Nian-et-Moulouc
des
-
seulement
gouvernenens
testament, non
mais de ceux qui redont il était en posession, attachés à sa fortune
levaient de lui ; les gueriors des dispositions qui
avaient suivi
de
et à sa personne
titre légitime. Ce voyage
leur paraissaient un
é les sucqu'ils se sontattibués; commencent à s'établir
cessions héréditaires qui
dans les principales familles. avait osé disposer > par un
Nian-et-Moulouc
des
-
seulement
gouvernenens
testament, non
mais de ceux qui redont il était en posession, attachés à sa fortune
levaient de lui ; les gueriors des dispositions qui
avaient suivi
de
et à sa personne
titre légitime. Ce voyage
leur paraissaient un --- Page 214 ---
M É M O I R E
T'empereur, quelques exemples de sévérité, la
destitution de
subabs
quelques-uns des plus puissans
rétablissaient à cet égard
monie du
l'ancienne liargouvernement; de là, il h'yavait
qu'un pas à faire
plus
Marattes,
pour réprimer les révoltes des
2 de Patannes, de
dait à
Raji-poutes 3 on renl'empire son ancienne
sensiblement
majesté, on eût inguéri toutes les plaies dont il était
frappé depuis vingt années, tandis
doit nécessnirement
que le temps
rendre
les amener au point de les
tout à fait incurables.
Quelques auteurs nous disent froidement
T'empereur a neuf cent millions de
que
entretient sans cesse deux
revenu 3 qu'il
neufcents
cent mille soldats, et
éléphansauprès de sa personne.
que nous venons
il
Après ce
d'exposer, est aisé
ces ridicules
d'apprécier
exagérations; je crois
pas au juste à Dély même à
qu'on ne sait
revenus de
combien s'élèvent les
l'empire; la partie
de ces revenus, consiste
plus considérable
et des
dans les tributs des rajas
subabs; cette partie est toujours
france; mais
en soufaprès une évaluation aussi
blable qu'il est possible de la faire dans vraisemtoujours un peu arbitraire
un calcul
et un peu
pense que les revenus de
vague, 2 on
P'empire,
perçus, passeraient 200 millions de régulièrement
qui fait plus de 500 millions de
roupies, ce
Les
notre monnaie.
rapports des européens avec les
grands
dans les tributs des rajas
subabs; cette partie est toujours
france; mais
en soufaprès une évaluation aussi
blable qu'il est possible de la faire dans vraisemtoujours un peu arbitraire
un calcul
et un peu
pense que les revenus de
vague, 2 on
P'empire,
perçus, passeraient 200 millions de régulièrement
qui fait plus de 500 millions de
roupies, ce
Les
notre monnaie.
rapports des européens avec les
grands --- Page 215 ---
VINDOSTI A N.
20g
SUR
du Gange au cap
officiers de l'empire mogol, deux subabs de BenComorin, se bornant aux du Decan étend sa
gale et du Decan 5 le subab
Comorin, aussi
jusques vers le cap
dans les
jarisdiction
établissemens sont-ils
nos principaux
de lui.
terres qui dépendent
destiné à donner
Ce mémoire est uniquement mogol; ce qui nous
idée
de T'empire
sur
une
générale dans une autre discussion,
entrainera, même
qui est sépapolitique de la presqu'ile
lasituation
sorte de ce qu'on appelle proprerée en quelque
bordons au sud par
ment FIndostan, que nous s'étend de Surate à
chaîne de montagnes qui
une
bouches du Gange et qui remonte
Balazor, vers les
du Caucase, dont
vers le tenhomnjoglompinl et vers le nord
chaîne le sépare de la Perse,
monune
autre chaîne des mêmes
et jusques à une
tandis que le Bensépare du Thibé,
fait
tagnes quile
dire, le tour du Gange
gale, ou pour mieux FIndus à l'ouest.
sa limite vers Pest,
contrée que les descenC'est dans cette vaste
toutes les
essuyent aujourdhui
dans de Tamerlan
les petits fils
humiliations dont nous avons parlé; forces, et
réunissent leurs
de ce conquérant y
le patrimoine de leurs
renonçant à Samarcandre, de toutes les conquètes
ils ne conservent
Ebar,
ayeux,
le nord du Mogolestan.
de ce guerrier, que
la ruine de ses frères
ans après
cent cinquante
vers Pest,
contrée que les descenC'est dans cette vaste
toutes les
essuyent aujourdhui
dans de Tamerlan
les petits fils
humiliations dont nous avons parlé; forces, et
réunissent leurs
de ce conquérant y
le patrimoine de leurs
renonçant à Samarcandre, de toutes les conquètes
ils ne conservent
Ebar,
ayeux,
le nord du Mogolestan.
de ce guerrier, que
la ruine de ses frères
ans après
cent cinquante --- Page 216 ---
M É M 0 I R E
etde ses neveux, et. le parricide le
qui furent les dégrés
plus détestable,
mogol, étendit
qui le menèrent au trône
ses conquêtes
fonda jusqu'à
d'Aurengabar, qu'il
Mazulipatham. Un de ses
conquit Méliapour, que les
généraux
Saint-Thomé,
européens appellent
Saint-Thomas parce qu'ils supposent que l'apôtre
y couronna son
néral d'Aureng-Zeb
apostolat; ce geétablit le premier faussedar
d'Arcatte, et il lui donna le droit de
dans la
maintenir
dépendance de l'empire tous les
princes de la côte de Coromandel,
petits
le bruit de la marche de
lesquels, sur
de toutes parts au-devant l'empereur, coururent
sentait; les rois de
dajoug qu'on,leur préGengy, de
de
se
Tanjoar,
Trichenapaly,
leur
reconnurent vassaux de l'empire; on
conserva à prix leur
se sont éoutenues
souveraineté; les affaires
sur le même pied bien
temps après la mort d'Aureng-Zeb.
longLes Français, les Anglais et les
les principaux
Danois, dont
Coromandel
établissemens sont à la côte de
et dans le' Bengale, sont à cet
dans une dépendance forcée des
égard
gale et du Decan : les
subabs du BenHollandais, établis
ment dans l'ile de Java, et ne
puissamcontinent
les
possédant dans le
que
petits comptoirs, me
en ce point dans une situation
parnissent
plus fixe et
heureuse; mais pour nous borner ici à plus
T'expérience peut nous apprendre, la
ce que
compagnie
ôte de
et dans le' Bengale, sont à cet
dans une dépendance forcée des
égard
gale et du Decan : les
subabs du BenHollandais, établis
ment dans l'ile de Java, et ne
puissamcontinent
les
possédant dans le
que
petits comptoirs, me
en ce point dans une situation
parnissent
plus fixe et
heureuse; mais pour nous borner ici à plus
T'expérience peut nous apprendre, la
ce que
compagnie --- Page 217 ---
LIXDOSTAS N.
SUR
de la
d'abord tiré un grand profit
de France a
et les liaisons qu'elle
situation de ses établissemens avec le subab du
commencées à former
la
avait
bien tendre à lui procurer
Dekan, devaient
sur tous les étrangers.
supétiorité du commerce
et bizarre que ce
étrange
C'est une singularité
qui a des
souverain si mal obéi, cet empereur mille-s soldats;
entretiennent trente
vassaux, qui
souvent de sa subsistance,
incertain
la
ce prince,
à main armée
voit ses soldats se disputer
et qui
gràcess c'est pourtant
distribution de ses propres dans le sens le plus rigouun souverain despotique
primitive et à l'exisreux, às'en teniralfinstitutiong les terres de l'empire
tence de ses droits : toutes arrache de main en
lui
on se les
du
enappartiennent; de son nom et respect
mâin, en se servant
envers l'ombre de son
core réel qu'on conserve de cette règle générale
autorité; nous exceptons restent toujours dans
les états des rajas, lesquels laccord de leurs soumisla même famille par
ne sont possions; tous les autres gonvernemens les portions
d'une manière précaire ;
sédés que
les paysans sont sujettes
de terres cultivées par
des proà la même instabilité; les gouverneurs chassent
les faussedars,
vinces, les jacquidars, les paysans des fonds
de leurs caprices
au gré
ceux-ci sont dépouillés aujourtravaillents
ils
qu'ils
ennemis domestiques 2 comme
d'hui par leurs --- Page 218 ---
M-É M o I R E
l'étaient autrefois par la seule volonté de
pereur.
l'emSi l'assertion que les terres de l'Indostan
tiennent en propre à F'empereur,
apparchamps et autres biens-fonds
signifie que les
impériaux
sont des domaines
qu'il fait travailler
il est visible
pour son compte,
qu'en parlant
assertion est
rigoureusement cette
fausse; mais si elle veut dire
ment que les terres ne sont
simplemanière précaire dans
possédées que d'une
dépouille le cultivateur tout TIndostan, que l'on
sans
du fonds qu'il fesait valoir
aucune formalité, rien au monde n'est
véritable; cet usage inhumain s'étend
plus
reur aux subabs, des subabs
de l'empe:
ceux-ci à leurs fermiers
aux faussedars, de
ensemble aux
subalternes, et de tous
cultivateurs. Nous
cet usage dans toutes
suivons même
tion de
nos possessions dans la
nos domaines; ; il produit
gesdans
plusieurs vices
l'administration. Les
leur propre
paysans, étrangers sur
fonds, ne s'attachent
rent en foule où la subsistance point; ils couse trouve à
prix, et la désertion des
plus bas
déplorable suite.
campagnes en est une
Ce sujet n'a écarté de P'objet
proposé; revenons
que je m'étais
au despotisme des
mogols.
empereurs
-
J'appelle gouvernement
chie
despotique une monarrigoureuse dans laquelle l'autorité
souveraine
paysans, étrangers sur
fonds, ne s'attachent
rent en foule où la subsistance point; ils couse trouve à
prix, et la désertion des
plus bas
déplorable suite.
campagnes en est une
Ce sujet n'a écarté de P'objet
proposé; revenons
que je m'étais
au despotisme des
mogols.
empereurs
-
J'appelle gouvernement
chie
despotique une monarrigoureuse dans laquelle l'autorité
souveraine --- Page 219 ---
VINDOST A N.
2:3
SUR
d'autres bornes que celles qu'elledims
ne connaît
de sorte que son despotisme
pose à elle-même,
c'est-àdire que
terme et sa règle;
est son propre fondée sur aucuneslois, et qu'on
sa puissance n'est
les choses humaines
s'arrête qu'aux limites que
ne
leur nature.
ont toujours pour
F'autorité des empereurs
Telle est, sans doute >
sur le droit
Mogols; leur empire n'est fondé que de lois, il n'y
de conquête; ce grand état manque la succession à la
seulement pour régler
en a pas
constamment suivijusqu'à
couronne, qu'un usage dans la maison de Tamerlan,
présent a conservé
à la
de la naisà Fordre et
légitimité
sans égard
de lois sur un objet
sance. Un état qui manque doit point avoir sur! les
n'en
de cette importance,
généraux, les mceurs, 2
moindres. Quelques usages le seul frein qu'on pouvait
la religion, étaient
autorité sans bornes ;
opposer au ravage d'une faible; aussiles emmais cette digue est toujours veiller à leurs affaires 5
pereurs qui ont voulu aussi entière que celle
ont-ils joui d'une autorité
ottomans les
des rois de Perse et des princes
moins obéis.
fit adorer pendant cinquante
Aureng-Zeb se
l'assassin de ses frères
trône des Mogols;
ans surle
un parricide!
et de ses neveux, un empoisonneur, nombre de ses sujets
il fit mourir un plus grand ensemble n'avaient fait
que ses trois prédécesseurs --- Page 220 ---
M É M OI R E
pendant le cours de leur règne; il détruisit
plus de fortunes
aussi
le deuil etla particulières; ses caprices jetaient
consternation dans toutes les
familles de
grandes
l'empire ; enfin, il donna tous les
exemples de cette atroce sévérité
ces princes despotiques.
qui caractérise
Il ne s'agit plus d'examiner si le
despotique existe ou
s'il est gouvernement
non,
une forme de
gouvernement ou seulement une
autre forme; il n'est
corruption d'une
que trop vrai que cet
pouvoir se trouve comme naturalisé
étrange
de l'Asie.
dans les états
Asedhlsinessisiecas, au
ce qui me parait
despotisme,
empires
très-naturel; mais si ces grands
tombent facilement, , il leur faut
moins de moyens
aussi
les
pour se relever de leurs
révolutions de ces vastes monarchies pertes;
dinairement plus funestes
sont orde
aux souverains
corps
l'état. .
qu'au
La situation où sont aujourd'hui les affaires
l'empire Mogol, nous annoncent
de
révolution; il s'écroulera de
une prochaine
débris, ou il se relèvera
toutes parts sous ses
les
avec force; lcs Marattes, >
Rochepoutres, les Patanes,
côtés, et chacun'de
Fattaquent de tous
ces peuples se conduit relativement à son intérêt, sans aucun égard
intérêts des autres; les Patanes font des pour les
commettent d'horribles
incursions,
brigandages; les Roche-
de
révolution; il s'écroulera de
une prochaine
débris, ou il se relèvera
toutes parts sous ses
les
avec force; lcs Marattes, >
Rochepoutres, les Patanes,
côtés, et chacun'de
Fattaquent de tous
ces peuples se conduit relativement à son intérêt, sans aucun égard
intérêts des autres; les Patanes font des pour les
commettent d'horribles
incursions,
brigandages; les Roche- --- Page 221 ---
PINDOSTAS N.
S UR
l'empire
déchirés et plus divisés que
poutres, plus
9 sans
font que des courses passagères,
même, ne
les Marattes joignent seuls
au ucun objet déterminé; des desseins secrets et
à leur goût pour le pillage faveur des droits de cheà la
des vues profondes;
de nouvelles acquisitions,
tage, ils font sans cesse
ils entreils serrent et rétrécissent l'empire, et les jalousoigneusement les divisions
tiennent.s
l'ambitieux Balagiraou
sies parmi les grands;
de la presà la souveraineté
court à grands pas faire subab du Decan; ;c'en
qu'lle, ila tenté de se
mahométan dans la
était fait du gouvernement de
n'ent pas fait
de T'Inde si M.
Bussy
presqu'lle
avorter ce dessein.
mahométan,! PexNous disons le gouvernement dire l'autorité de
pression est plus juste que de qui le représente
le subab du Decan,
de Ddly
T'empereur,
la cour
dans la presqu'lle, ne reconnait
de sa conl
l'extérieur; il ne rend compte
le
qu'à
il s'est dispensé de payer
duite à personne; 5
véritable puissance,
tribut; c'est dans le fait une
rapports;
elle que sont nos plus grands
et c'estavec
de travailler à la rendre
il est de la fine politique retenir les Marattes dans
assez redoutable pour
de
Mogol ne
Le sort
l'empire
leurs montagnes.
mais comme
nous touche que dans l'éloignement, du subab du
de plusieurs égards
nous dépendons
saurait nous être indifféDecan, sa prospérité ne
puissance,
tribut; c'est dans le fait une
rapports;
elle que sont nos plus grands
et c'estavec
de travailler à la rendre
il est de la fine politique retenir les Marattes dans
assez redoutable pour
de
Mogol ne
Le sort
l'empire
leurs montagnes.
mais comme
nous touche que dans l'éloignement, du subab du
de plusieurs égards
nous dépendons
saurait nous être indifféDecan, sa prospérité ne --- Page 222 ---
M É M O I R E
rente; et s'il ne nous en coûtait
des
nous devrions les
que
voeux 3
prodiguer pour le
de l'empire
rétablissement
Mogol dans son ancieri
serait le seul moyen de
Instre, ce
s'occuper de
ment du commerce,
l'accroissesans être
mêler
des objets
contraintsd'y
étrangers et ruineux.
D'après ce que nous venons de dire,
Mogol se trouve ruiné par le
l'empire
tances
concours des circonsqui en ont énervé la
deur; on a vu
farceetdétritasplenque la presqu'Ile de lInde, dans
laquelle ses empereurs. avaient établi leur
n'est plus soumise à leur
autorité,
reste de formalité
jurisdiction que par un
qui montre plutôt la force de
l'usage qu'ilne retrace l'existence d'un droit.
La presqu'Tle de l'Inde est Ia partie du
qu'il nous importe le plus de
Mogol
blissemens
connaître; nos étay sont situés, nous en avons fait le
principal entrepôt de notre commerce;
quisitions forment
5 nos acà
y
un état considérable; il est
propos d'entrer à cet égard-d dans un détail un
peu plus étendu.
Nous ne cherchons pas la précision
phique, en assignantici les bornes de la géograde l'Inde : nous
presqu'lle
désignons sous ce nom la vaste
éteridue du pays quis'étend au sud par une grande
ligne, partant de Suratte et venant
par Aurengabat, aux bouches du Gange vers Balazor
quifait une largeur de plus de
, ce
quatre cents lieues;
er à cet égard-d dans un détail un
peu plus étendu.
Nous ne cherchons pas la précision
phique, en assignantici les bornes de la géograde l'Inde : nous
presqu'lle
désignons sous ce nom la vaste
éteridue du pays quis'étend au sud par une grande
ligne, partant de Suratte et venant
par Aurengabat, aux bouches du Gange vers Balazor
quifait une largeur de plus de
, ce
quatre cents lieues; --- Page 223 ---
LINDOST A N.
SUR
diminue toujours pour venir se
il est vrai qu'elle
vers FIndostan le
terminer en pointe et former
qui
adoptons une division générale
cap Comorin;
principales : la côte
nous donnera quatre parties
la côte d'Orixa
le subab du Decan,
de Malabar 2
chaîne de
et la côte de Coromandel, une grande
séparera ces quatre parties.
montagnes
Malabar contient plusieurs états;
La côte de
de Canara, ne sont
lesquels, à la réserve du roi
des Mogols; les Marattes occupent
point vassaux
les Anglais y
le nord, où ils ont quelques ports;
le Visa; ;
tiennent Bombay ; PEmpire y possède
est de Goa et quelques petits postes >
pour ce qui
restesdela vaste domination queles
cesontlesseuls
les FranPortugais s'étaient procuréesdanalinde;
si
la ville de Demarche, comme
çais ont acquis
les laisser
avaient juré de ne
tranquilles
les Anglais
lieue de distance de ce
nulle part; ils ont, à une
Danois ont aussi
comptoir, , le poste de Jalisery 5 les
établissement à la côte de Malabar.
un petit
à la réserve-de Bombay qui
Ces établissemens,
n'ont d'autres
est un. grand et magnifique port,.
objets d'utilité, pour les nations commergantes 3
du commerce du
que de se procurer l'avantage
nous excluons les Portugais, qui-ne-se
poivres
d'être négocians, et qui ne trouvent
piquent pas
de Goa que le seul avantage
dans la conservation
les missions 5 les Hollandais, outre
de protéger
--- Page 224 ---
M É M 0 I R E
quelques comptoirs répandus le long de la côte;
y possèdent la ville de Cochin. Les princes les plus
considérables sur la côte de Malabar sont les rois
de Canara, de Callicute, nommé Samorin,
et de
Tranvacor, dont les états sont tout-à-fait vers le
cap Comorin; le premier est vassal de l'Empire,
depuis que les Mogols ont conquis le Visa; le
second est absolument indépendant; le roi de
Tranvacor s'est conservé dans la même indépendance, mais il doit ce bonheur à la faiblesse des
1 mogols squi, de nos jours, n'ont pas su se prévaloir
de l'acquisition qu'ils ont faite de Madère, dont
les frontières touchent à un état de ce
comme ils se prévalurent autrefois de la prince, 2
conquête
du Visa pour mettre le roi de Canara sous le joug.
Ce fut avec le Samorin que Vaser de Hanna
traita, lorsqu'il fut parvenu dans les Indes par la
route de l'Océan; ce prince est le plus puissant
de la côte de Malabar; on prétend
qu'il peut rassembler une armée de quarante mille hommes; il
est de la religion des Brahmes; son autorité est
despotique; le roi de Tranvacor n'est pas si puissant que ie Samorin, cependant il se conserve
toujours, malgré leurs fréquens démélés, par la
siiuation avantageuse de ses états, et sur-tout par
le bon esprit qu'a eu le père du roi régnant de
former un petit corps de troupes européennes,
qui est encore aujourd'hui au service du roi de
sembler une armée de quarante mille hommes; il
est de la religion des Brahmes; son autorité est
despotique; le roi de Tranvacor n'est pas si puissant que ie Samorin, cependant il se conserve
toujours, malgré leurs fréquens démélés, par la
siiuation avantageuse de ses états, et sur-tout par
le bon esprit qu'a eu le père du roi régnant de
former un petit corps de troupes européennes,
qui est encore aujourd'hui au service du roi de --- Page 225 ---
A N.
SUI R PINDOST
et de
de Portugais
Tranvacor , et qui se recrute
déserteurs. Cess soldats, en tempsde paix,
Français
citadelle de Cottate, avec autant
servent, dans la
dans une forteresse
dit-on, que
de régularité,
d'Europe.
Malabar est dans une situation poliLa côte de
la côte de Coromandel;
tique plus heureuse que
au préjudice
n'ont aucune prétention
e les Marattes
n'influent que sur une
de ses princes 5 les Mogols
n'en
les querelles des Européens
petite partie;
il est vrai que les Portutroublent pas le repos :
les Marattes
inquiétés par
guais y sont quelquefois
de leurs postes >
qui leur enlèvent quelques-uns n'altèrent la tranquilmais ces troubles passagers
de la presqu'le, que pourquellité de cette partie
durée; les troubles,
ques.intervalles d'une courte
les
civiles et étrangères,
les discussions,
guerres
les maladies des corps politiques
enfin toutes
domiciliées à la côte de
sont, pour ainsi dire,
Coromandel.
chose de la côte
Nous ne dirons pas grand
avaient formé un établissed'Orixa;1 les Anglais y
M. de Bussy les chassa
mentà Vimngapalam,dont
Ragogy Boude cette guerre;
au commencement
des Marattes, le
sole, prince de la race royale
qui fit cette grande
même qui commandaitlarnée nord de la côte
invasion en 1740, s'établit au
du
dont il obtint la cession
d'Orixa à Balazor, --- Page 226 ---
M É M 0 I R E
subab du Bengale ; ses enfans possèdent
encore
ce Jacquir, dans lequel ont habité les chefs des
Marattes et leurs cavaliers attachés à la fortune
de leur père.
Le subard du Decan comprend le
s'étend
pays qui
d'Aurengabar à Mazulipatan, ou, joint à
ce qu'on appelle communément le Decan, l'ancien état de Golconde ; ce vaste
seul
pays compose un
gouvernement, régi par un subab, dont le
Carnatte, le Madurée, le Tanjaor et le Mahissore
ressortissent; le Visapour même en dépend quelquefois 3 de sorte > qu'à proprement
parler, 3 Ia
presqu'ile de PInde relève entièrement de ce grand
oflicier de l'empereur.
Les gouverneurs, dans leurs institutions primitives, n'étaient que les fermiers des
dans lesquelles ils commandaient les provinces, >
armées
une suite de la police générale de l'Asie, laquelle par
réunittoujours le plus de pouvoir qu'il est possible
sur la même tête; ; comme ces levées d'argent se
font toujours à main armée, depuis le plus petit
jacquidar jusqu'au plus puissant gouverneur, les
fonctions des fermiers del'empereur, dans les provinces, sont devenues les fonctions de la souveraineté; et la situation où sont les affaires aujourd'hui
y joint l'indépendance. Le Decan est rempli de
Marattes possesseurs de différens jacquirs, et de
rajas, qui sont des princes idolâtres, simples tri-
la même tête; ; comme ces levées d'argent se
font toujours à main armée, depuis le plus petit
jacquidar jusqu'au plus puissant gouverneur, les
fonctions des fermiers del'empereur, dans les provinces, sont devenues les fonctions de la souveraineté; et la situation où sont les affaires aujourd'hui
y joint l'indépendance. Le Decan est rempli de
Marattes possesseurs de différens jacquirs, et de
rajas, qui sont des princes idolâtres, simples tri- --- Page 227 ---
PINDOST A N.
SUR
du Palcagar, et des petits
butaires de P'empereur
cantons,
subalternes, maîtres de certains
princes
forêts, ou situés dans les
environnés d'épaisses
des
d'un accès difficile, qu'habitent
montagnes
autres maarabes, patanes, mogols, 2 et
princes
les charges civiles et milihométans remplissant
que de
les anciens habitans ne s'occupent
taires ;
trouve peu de fabriques.
laculture des terres 5 on y
Pétendue du pays
Le subab jouit, dans toute
de l'autorité
qui relève de son gouvernement,
même; ses
souveraine, comme s'il était empereur
autant de force et de vertu que
paravanas ont
Nizam-et-Moulouc, mort
ceux de la cour de Dely.
fut toudu subab d'aujourd'hui,
en 1748, père
tant qu'il
jours tout puissant dans la. presqu'le
la faiblesse de l'empire
vécut; on ne soupçonna
qu'il la fit
lorsque ses intérêts exigeaient
que
Dans toutes les occasions il déployait
apercevoir.
digne des belles années
une force et une vigueur
les
; on l'a vu réprimer
du règne d'Aureng-Zeb mille hommes, et avec
Marattes à la tête de cent
forces rester. tranquille spectateur
d'aussi grandes
de leurs dépradations et de leurs brigandages.
Salabelzingue, son fils, n'a jamais eu le même
crédit ni la même considération ; par le secours
toujours heureuse, son père avait
d'une politique
été visir; on a écrit sa vie, c'est un tissu d'intrigues
et de fourberies très-adroites.
règne d'Aureng-Zeb mille hommes, et avec
Marattes à la tête de cent
forces rester. tranquille spectateur
d'aussi grandes
de leurs dépradations et de leurs brigandages.
Salabelzingue, son fils, n'a jamais eu le même
crédit ni la même considération ; par le secours
toujours heureuse, son père avait
d'une politique
été visir; on a écrit sa vie, c'est un tissu d'intrigues
et de fourberies très-adroites. --- Page 228 ---
M É M o I R E
Le subab du Decan entretient
cents cavaliers et environ
toujours quinze
dans les
trente mille fantassins;
occasions importantes il
ceux qui doivent marcher à
convoque tous
fait un
de
ses ordres, Ce qui lui
corps
cinquante mille cavaliers, et de
/ plasceataillgeipgeiear le
pions 5 ilfait
tour de la plus grande
chaqueannée
en lever les
partie de son subab pour
revenus; il n'arrache guère que des
à-comptes; il tombe souvent sur des
T'empire pour les contraindre
vassaux de
s'il cessait
à payer leur
une année de se mettre
tribut;
ses sujets se
en campagne,
rien.
moqueraient de lui et ne paieraient
Le faussedar d' 'Arcatte,
que nous nommons assez
improprement le nabab
d'Arcatte, est son
/
vassal,c'estàlui
premier
Orcan Palcam et
rststngeaiognahrese
auquel ils
Morava, doivent payer le tribut
sont assujétis; les subabs du Decan
souvent pourva à.la faussedarie
ont
d'Arcatte. Si les
Européens ont confondu les droits et les véritables
usages, c'est que les Mogols ne s'y soumettent.
jamais que lorsqu'ils y sont contraints
force! majeure. Les faussedars
par une
de l'absence de
d'Arcatte profitant
appelaient
Nizam-et-Mouloue, que ses affaires
souvent à Dély, ou retenaient
des Gattes,
au-delà
2 affectaient l'indépendance et se donnaient des titres qui ne leur étaient
les Européens, établis à la
pas dus; et
côte, ne surent pas --- Page 229 ---
A N.
SUF R LINDOST
de la cour
du protocole
distinguer ces usurpations
impériale.
à ce Mémoire.
Supplément
renferme des détails qui
Le Mémoire précédent
des hommes
être recueillis que par
il
ne pouvaient
les Indiens 5 mais
accontumés à vivre parmi devoir remplir par
laisse des lacunes que j'ai cru
la notice suivante:
d'Asie, dont les bornes
L'Inde est ce grand pays l'Océan des Indes, la
sontlegrand detlepetitcTiber, la Perse et la mer des
Chine, la mer de la Chine,
la
en trois parties > presqu'lle
Indes; elle se divise
Porientale: au-delà -
occidentale en-deçà du Gange, soumise à un seul
et le continent; 3 celle-ci est
sous le nom
qu'on connaît en Europe
celui
monarque
et son empire sous
de Grand Mogol 1
d'Indostan.
si étendu qu'on y trouve tous
L'Indostan est
variétés de la nature. De
les climats et toutes les
que dans
Agra il ne pleut jamais
Surate jusqu'à
depuis le milieu de juin
une saison de l'année,
mais alors c'est un
jusqu'au milieu de septembre;
commence et
fertilise les terres et qui
déluge qui
effrayantes auxquelles sucfinit par des tempêtes
cèdé une sérénité continue.
'Indostan.
si étendu qu'on y trouve tous
L'Indostan est
variétés de la nature. De
les climats et toutes les
que dans
Agra il ne pleut jamais
Surate jusqu'à
depuis le milieu de juin
une saison de l'année,
mais alors c'est un
jusqu'au milieu de septembre;
commence et
fertilise les terres et qui
déluge qui
effrayantes auxquelles sucfinit par des tempêtes
cèdé une sérénité continue. --- Page 230 ---
M É M o I R E
Fossiles, minéraux, végétaux et
est en-abondance dans FInde.
animaux, tout
la richesse de
Vingt provinces font
TIndostan;] presque toutes leurs capitales ont été bâties par des souverains, dont les
palais attestent l'ancienne magnificence.
Différens
peuples habitent cette vaste région, les Indiens,
les Patans ou Afghans, les Baluchis, les
les
Parsis,
Mogols ou Tartares. Les Indiens sont les naturels du pays; les Parsis descendent des
Persans, adorateurs du feu, sortis de leur anciens
quand les Mahométans s'en
pays
emparèrent. Les Patanes, ou Afghans, sontles descendans des Mahomnétans, Turcs, Persans, Arabes,
qui, vers l'an
i1000, s'emparèrent de l'Inde. Les Baluchis sont
comme un détachement des
Perse et
Patans, entre la
l'Inde; ce sont des barbares adonnés au
pillage. Les Mogols sont actuellement lés vrais
maitres de l'Inde et y règnent
les Européens y ont aussi des despotiquement ;
Indiens
établissemens. Les
sont idolâtres; les Parsis
core la religion des anciens
pratiquent enPerses réformés par
Zoroastre; les Patans et les Mogols observent
scripuleusement la loi mahométane.
Les Mogols actuels de l'Inde tiennent
peu des
Mogols tartares leurs ayeux 5 le fondement de leur
nourriture est le riz, ils usent aussi du pain,
fèrent l'eau à toute autre
préboisson; elle est excellente dans l'Inde:les cérémonies des
mariages sont
des anciens
pratiquent enPerses réformés par
Zoroastre; les Patans et les Mogols observent
scripuleusement la loi mahométane.
Les Mogols actuels de l'Inde tiennent
peu des
Mogols tartares leurs ayeux 5 le fondement de leur
nourriture est le riz, ils usent aussi du pain,
fèrent l'eau à toute autre
préboisson; elle est excellente dans l'Inde:les cérémonies des
mariages sont --- Page 231 ---
SUR
LINDOSTAN N.
magnifiques ; on enterre dans la
deuil est excessif; la
campagne, le
langue est un
persan et d'arabe. Les
mélange de
Mogols sont très-sobres et
tres-charitables; le pays est rempli de fondations
pieuses, d'hôpitaux dans les
les grands chemins, où
villes, d'auberges sur
tuit. On
l'on trouve le couvert gracompte dans l'Indostan
cent mille Faquirs
a-peu-près huit
distingue les derviches, mahométans; ; parmi eux on
la retraite et dans la , qui passent leur vie dans
que des aumônes contemplation, et ne vivent
qu'on leur
uns d'entr'eux
apporte; quelquesfrayantes:
s'astreignent à des austérités efToutesles
religions sont toléréesdans
lesIndous, ou Gentils, sont divisés
l'Indostan;
tribus qui se subdivisent
en quatre grandes
d'autres : 1o, Les gens de loi chacune en beaucoup
gens de guerre, les
ou prétres; 20, Les
marchands;
rajas et les rois ;' 50, Les
4°. Les artisans, les
qu'on appelle communément laboureurs, et ce
prêtres sont nommés
le menu peuple. Les
cêtre; quelque crime Brames, de Brama leur anqu'ils
peuvent être condamnés à commettent , ils ne
cantons ils deviennent
mort; dans quelques
Benarès, ville
rois ou rajas.
considérable,
dans un pays très-beau et très situéesurle Gange,
de l'Inde: : il n'y a
riche, est T'Athènes
les maîtres
point de collèges ni de
sont dispersés dans la
classes ;
ville, ont chacun --- Page 232 ---
M E M o I R E
cin ou six disciples qu'ils instruisent en se promenant dansles magnifiquesjardins des faubourgs,
où les possesseurs se font un plaisir de les recevoir.
Les Baneans se marient de très-bonne heure, à
quinze ou seize ans auplus tard. Ceux qui ienontle
moyen font brûlerles morts;1 lesfemmes des grands
attachent un point d'honneur à se brûler avec
leurs maris.
Le Grand-Mogol tient sa cour à Dély sa capitale; il a toujours autour de lui, dans la citadelle,
qui équivaut à une très-grande ville, une garde
de cinquante mille hommes de cavalerie; Finfanterie est immense ; la garde de l'empereur est
composée de femmes arabes très-exercées, qui
ne sortent pas du sérail; elles ont entre elles tous
les grades qui sont entre les hommes; ily à, de
même, , un conseil de femmes expérimentées qui
correspondent avec les ministres, vice-rois, gouverneurs; elles portent le titre de leur emploi et
de leur province, de sorte qu'on peut les regarder
comme tenant les rênes de l'empire.
Outre l'armée de Dély, il y en a toujours une
aussi considérable à Agra, l'autre capitale 2 en
outre, le moindre village a deux cavaliers et six
fantassins, qui sont comme les espions du gouvernement, auquel ils doivent rendre compte de
tout ce qui se passe. Toutes les villes ont des
garnisons.
neurs; elles portent le titre de leur emploi et
de leur province, de sorte qu'on peut les regarder
comme tenant les rênes de l'empire.
Outre l'armée de Dély, il y en a toujours une
aussi considérable à Agra, l'autre capitale 2 en
outre, le moindre village a deux cavaliers et six
fantassins, qui sont comme les espions du gouvernement, auquel ils doivent rendre compte de
tout ce qui se passe. Toutes les villes ont des
garnisons. --- Page 233 ---
SUR PINDOSTAT N.
fls de Tamerlan, nommé Bubor,
Ce fut un petit
vers
fonda l'empire des Mogols dans TInde,
qui
siècle; il détrôna le sultan
la fin du quinzième
trente-deux ans
Ibrahim, se mit à sa place, régna
et laissa pour successeur Homajàn, J
avec gloire,
ans sur
son fils, qui se soutint pendant vingt-six
ébranlé
de fréquens orages, et mourut
un trône
par
d'accident.
Shah Johan,
Parmi ces empereurs on distingue
le Salomon des Mogols; il avait de grands défauts,
de rendre
il aurait
mais il ne cessa jamais
justice;
tranquillement sans les troubles de sa cour,
règné
occasionnés par sa mollesse à l'égard de ses enfans;
ils étaient au nombre de quatre : Aureng-Zeb, un
d'entr'eux, à force de ruses et de violences, tant
contre ses frères que contre son fils et son propre
s'empara du pouvoir suprème, et finit par
père,
paternelle de Shah Johan,
obtenir la bénédiction
il
qu'il tint enfermé dans une prison où il mourut;
fit périr ses trois frères; il mourut à quatre-vingt
laissant des trésors immenses.
dix ans, >
de Mohamed Shah fut signalé par un
Le règne
événement, qui produisit les plus grands
grand
malheurs. Thamas-Koulilhan, qui règnait en Perse,
Nizam, ministre tout puissant du grand
appelé par
avoir pris
Mogol, se présenta devant Dély, après
toutes les autres villes sur son passage, y entra 2
fut assailli par
moins en conquérant qu'en ami, y --- Page 234 ---
228 MÉMOIRE SUR L'INDOSTAN:
une populace révoltée. Thamas, connu par cette
expédition sous le nom de Nadir Shah, livra la
ville à ses soldats; il en coûta, dit-on, un million
d'hommes aux états du Mogol, et une contribution d'environ cinqg milliards; Mohamed Shah
mourut en 1748; il avait fait payer bien cher à ses
sujets son orgueil et son indolence.
FIN. --- Page 235 ---
M E M OIR E
SUR
L'ILE SAINT-D O MINGUE. --- Page 236 --- --- Page 237 ---
L' E DIT E U R
AU PUBLIC
I est des Mémoires utiles,
circonstances
dont les
commandent
sement la plus
impérieutels sont les deux prompte publication;
ils
sur
des
suivans;
roulent
sujets d'une utilité
On ne peut parler des iles de générale.
et de
Corse
soi-même Saint-Domingue, sans éprouver
un vifintérêt, qu'on est
j'ose le dire, de
sûr,
lecteurs.
communiquer à ses
Je sais que des Mémoires
tie
sur la paréconomique ne
au premier
paraissent point,
mis dans
coup-d'aeil, devoir être
un même livre à côté des
Mémoires politiques; mais
aussi qu'il en est d'un
je pense
déposées les
ouvrage où sont
humain,
conceptions de l'esprit
comme des ouvrages de la
vifintérêt, qu'on est
j'ose le dire, de
sûr,
lecteurs.
communiquer à ses
Je sais que des Mémoires
tie
sur la paréconomique ne
au premier
paraissent point,
mis dans
coup-d'aeil, devoir être
un même livre à côté des
Mémoires politiques; mais
aussi qu'il en est d'un
je pense
déposées les
ouvrage où sont
humain,
conceptions de l'esprit
comme des ouvrages de la --- Page 238 ---
232 LÉDITEUR AU PUBLIC.
nature ; les contrastes leur donnent
quelquefois un nouvel attrait.
Ces deux Mémoires font partie des
Guvres inédites d'un homme célèbre,
bien facile de deviner : ils
qu'il sera
furent présentés au gouvernement.
On ne saurait, à mon avis, communiquer trop tôt des vues qui peuvent
D'ailleurs, les plus
être avantageuses.
dans les
célèbres Editeurs d'ouvrages,
premiers temps de Timprimerie, n'ontils
recueilli en un seul et même
pas différens traités sur des sujets
volume
entreux? On
absolument étrangers
une brochure et lon conserve
perd
soigneusement un livre. --- Page 239 ---
M E M OIRI E
SUR
LILE DE SAINT-DOMINGUE;
Concernant les améliorations qu'on pourrait faire dans la partie française de
cette ile.
Lne Saint-Domingue est susceptible d'améliorations, en sebornant à ne considérericique celles
qui dépendent d'un plus grand déloppement de
cette vérité est. assez
ses productions physiquess
une discusfrappante pour qu'elle ne mérite pas
sion; et, à dire le vrai, iln'existe pas un seul pays
à qui elle ne puisse convenir du plus au moins;
mais si nulle part encore on n'a pu parvenir à tirer
le parti convenable des productions naturelles,
du moins celles de première nécessité y ont toujours été soignées de préférence, et paruneo obstination raisonnée on est parvenu à surmonter des
difficultés qui paraissaient d'abord insurmontables : la nécessité a naturalisé sous certains clila nature leur avait
mats. . des productions que
refusées : l'abondance a occasionné lapopulation;
--- Page 240 ---
M É M o I R * E
Vindustrie; parce qu'il est de
celle-ci a développé
naturelles d'un pays
fait que c'est des productions
les autres, en quelque manière, dépendent.
que
dans l'ile Saint-Domingue les
Qui croirait que
manquent absolument, et par conséquent
prairies bétail nécessaire à la nourriture des colons,
le
dans la même ile les Espagnols, nos
tandis que
une branche assez convoisins, font de cet objet
sidérable de leur commerce ? D'oû cette différence
provenir? la nature du sol
frappante peut-elle être la cause! La situation
pourrait-elle seule en
bien la rareté
relativement aux montagnes, ou
des, rivières influeraient-elles assez puissamment
interdire, dans la partie française, la mulpour
du bétail; ce défaut de réussite ne
tiplication
des colons, au défaut de
tiendrait-il pas au génie
d'autant plus contentations, et à une insouciance
les Frandamnable, qu'elle tient en quelque sorte
de cette colonie sous la dépendance de leurs
çais
à la veille d'une privation ab:
voisins , et toujours
nécessité.
solue d'un objet de première
ne
On doit d'autant plus se le persuader qu'on
les Espagnols, plus portés
peut se dissimuler que détails de la vie pastorale,
que les Français aux
bétail dans toutes leurs
ont réussi à multiplier le
de Saintpossessions, et que la partie française
ileur
aussi
que celle quil
Domingue en était
peuplée
du commerce se fut
appartient, avant que l'esprit
privation ab:
voisins , et toujours
nécessité.
solue d'un objet de première
ne
On doit d'autant plus se le persuader qu'on
les Espagnols, plus portés
peut se dissimuler que détails de la vie pastorale,
que les Français aux
bétail dans toutes leurs
ont réussi à multiplier le
de Saintpossessions, et que la partie française
ileur
aussi
que celle quil
Domingue en était
peuplée
du commerce se fut
appartient, avant que l'esprit --- Page 241 ---
SUR SAINT-Do
MING U E. 235
fixé sur d'autres objets. Quand mêmes les
qui prospèrent chez les
prairies
réussir dans la
Espagnols ne Pourraient
partie française, ne
pas réussirr à
pourrait-on
introduire, ou à substituer d'autres.
végétaux à la place de ceux à
donner la
qui on voudrait
préférence? Quelques tentatives faites
avec attention sur un objet SI
de l'attention
important, si digne
publique, ne procureraient-elles
bientôt des lumières suflisantes
pas
cessaires
et absolument néavant de se décider? mais de qui doit
attendre ces notions, si ce n'est des ordres on
rés du gouvernement et de
éclaide ses
l'obstination soutenue
tentatives, qui est hors de la portée d'un
simple particulier?
Après cet objet de première nécessité
suite l'amélioration
vient entire
des cultures, dont la
sa prospérité et. l'état son
colonie
Y a-t-ileu des
approvisionnement.
changemens faits dans cette
que dis-je? même de légères tentatives? partie,
tion a généralisé les
l'imitas
des
procédés dans toute l'étendue
possessions françaises; ; ce qu'on a
pratiqué eau
commencement on le
aisé de sentir
pratique encore, Il est donc
ce que l'expérience éclairée
encore procurer de nouvelles
peut
par l'augmentation des
connaissances, soit
la qualité;
récoltes, soit par celle de
et quelles ne seraient pas les consé.
quences de la réussite dans l'un
Les colons
ou l'autre objet!
reconnaissent si fort la nécessité de
ces
endue
possessions françaises; ; ce qu'on a
pratiqué eau
commencement on le
aisé de sentir
pratique encore, Il est donc
ce que l'expérience éclairée
encore procurer de nouvelles
peut
par l'augmentation des
connaissances, soit
la qualité;
récoltes, soit par celle de
et quelles ne seraient pas les consé.
quences de la réussite dans l'un
Les colons
ou l'autre objet!
reconnaissent si fort la nécessité de
ces --- Page 242 ---
M E M o I R Ed'entr'eux se sont
expériences, que quelquesuns de la Luzerne; > leur
déjà adressés à M. le comté
demander une personne qui
/ gouverneur, > pourlui
chargée.
en fut expressément
s'être fixé dans
L'esprit d'imitation qui parait
n'a
l'étendue comprise entre les.t tropiques,
toute
: habitans de
des
encore permis à ses
profiter
pas
utiles et des pratiques usitées ailleurs
découvertes
est inconnue dans l'ile
avec succès. La greffe
revient au
Saint-Domingue, ou du moins, ce qui
; contens de manmême, elle n'y est pas pratiquée
ils ont
gerles fruits produits par des sauvageons,
bonification des espèces et la perfecnégligé la
donneraleursfruits;
tion qu'ilspouvaient aisément
choses:
ont fait ici ils lont fait en toutes
ce qu'ils
les procédés établis avant
en imitant servilement
augmenter
eux, ils n'ont pas fait un seul pas pour
de leurs terres, de même que ceux
les produits
Combien la fabrication du
de leurs fabrications.
àgagner
sucre et celle de l'indigo n'aurait-elle a
pas
à
instruite et zélée
entre les mains d'une personne
hasarde à
conjecture qu'on se
ce n'est que par
l'on trouve dans
l'avancer; mais les défauts que
quoique plus à la portée
tant d'autres parties,
beaucoup, surgénérale, permettent d'augurer
à
réfléchit sur le genre des personnes
tout si on
sont réservés.
qui ces travaux
en
le commerce général
On doit espérer que --- Page 243 ---
MIN G U E. 257.
SU R SAINT-DON
des recherches qu'un naturagagnerait beaucoup
outre les bois de teintures
liste ferait dans cette Sle; 4
doity faire soupçonner, on recueilque Vanalogie
étonnante de gommes et de
lerait cette vatiété
foissonnent, et qui
résines dont les forêts du pays
ce jour sans emploi; on pouront resté jusqu'à
analogues dont
rait les substituer aux substances
et rares quelquefois;
on use , qui sont étrangères utile à la fois à la colonie
cette découverte serait
et au commerce national.
maintenant un objet
La gomme élastique serait
faire des fourde consommation, si on pouvait en
considérables et régulières ; la chirurgie,
nitures
utilement; et Si cette producles arts Pemployent
bientôt
tion était moins rare, on lui verrait
prendre toutes les formes sous les mains industrieuses
artistes, et céder à la fois à des usages écode nos
nomiques, physiques et médicinaux.
tenter aussi Vintroduction des épiOn devrait y
la muscade, le géceries, telles que la canelle,
suivant
rofle et le poivre; ce dernier a été cultivé,
Labat, dans une des Antilles, et sans les
le père
cette culpnalheurs de la guerre, quidévastérent
serait
maintenant
ture naissante, 2 elle
peut-être
moins étendue de la prospérité
une source non
publique.
sont
Le gingembre, le curcuma, T'ipécacuanha
à élever ou à introduire et à multiplier
des objets
suivant
rofle et le poivre; ce dernier a été cultivé,
Labat, dans une des Antilles, et sans les
le père
cette culpnalheurs de la guerre, quidévastérent
serait
maintenant
ture naissante, 2 elle
peut-être
moins étendue de la prospérité
une source non
publique.
sont
Le gingembre, le curcuma, T'ipécacuanha
à élever ou à introduire et à multiplier
des objets --- Page 244 ---
M É M O I R E
dans le pays; la vanille, dont la
est si forte de nos jours,
consommation
pourrait aussi se décou:
viicetlypropager; il serait de même
nille, avec des
délacocheêtre abandonné précautions dont le soin ne peut
à des mercenaires
été un objet d'étude sérieuse
qu'après avoir
Pour
pour un naturaliste.
multiplier cet insecte, il faut
naitre le climat
d'abord conauquel on veut le
T'expérience est le seul
naturaliser; et
véritables
moyen de déterminer les
époques de ce travail.
L'olivier, cet arbre précieux
fait du ciel
qui est un bienpourles provinces quile
vrait être
possédent, detransporté en Amérique; il
cette partie du'monde
existe dans
Olea
une espèce du même genre,
americana, dont les fruits secs et arides
sont d'aucune utilité; mais
ne
les belles
on pourrait y greffer
espèces de la Provence et du
et
Languedoc,
multiplier par ce moyen un arbre
dont la culture
précieux,
d'autant
s'appauvrit tous les jours, et avec
plus de raison qu'en Amérique il est
diflicile qu'ailleurs de
plus
beurre.
remplacer Phuile par le
Après tous ces objets, que nous
importans
croyons assez
pour exiger seuls les fonctions d'un
turaliste, j'en joindrai un autre qui, de l'aveu nasavans, mérite aussi quelque
des
masser et réunir dans un
considération. Rations
jardin toutes les producvégétales de nos colonies
d'Amérique 2 verser --- Page 245 ---
SAINT-DO M I N G U E. 239
SUR
prédu royaume tant d'espèces
dans les jardins
dans des herbiers,
cieuses qui ne sont connues que
suivre d'un
décrire tout ce qui ne Ta pas été,
s'instoutes les parties de la zoologie,
mêne pas
du pays, telles seraient
truire de la minéralogie
dans cette
les fonctions d'un naturaliste
en unemot
encore de quoi s'exercer
colonie ; il trouverait
dont les prenières
dans tant d'objets différens,
et dont Futilité et Tapplicanotions manquent,
d'un. homme exercé.
tion se manifestent aux yeux
FIN.
ivre d'un
décrire tout ce qui ne Ta pas été,
s'instoutes les parties de la zoologie,
mêne pas
du pays, telles seraient
truire de la minéralogie
dans cette
les fonctions d'un naturaliste
en unemot
encore de quoi s'exercer
colonie ; il trouverait
dont les prenières
dans tant d'objets différens,
et dont Futilité et Tapplicanotions manquent,
d'un. homme exercé.
tion se manifestent aux yeux
FIN. --- Page 246 --- --- Page 247 ---
M É M OIR E
S U R
LILE DE CORSE. --- Page 248 --- --- Page 249 ---
M E M OIR E
SUR
LILE DE CORSE,
observations physiques à
oncernant des
établir dans cette ile.
que Ia société a retirés jusqu'ici
JES avantages naturalistes, les découvertes préPs travaux des
à la
est si sensible
phy
euses dont Tapplication
le
nous
ue, la médecine, les arts et commerce lele
éclairé squs
nt espérer que gouvernement de.vivre sentira limhel nous avons le bonheur
de
brtance et la nécessité de l'érablissement pailles fonctions dans l'ile de Corse. :
Cette iles à qui la nature n'ap presque rien reoontribuer à l'étendue de ses
sé de ce qui peut
de son commerce ;'
roductions et par.conséquent d'observations
n'a pas:e ent un champ vaste
qui
actuelbre été défriché. La tranquillité dont jouit
cette ile, la parfaite sécurité avec laquelle
ment
dans son intérieur, sont autant
n peut voyager
apoint
qui ine permettentp
e dircontancenbeureueig l'exécution d'un projet
le différer plus long-tempsl
fut différé
ue le ministère avait conçu, et qui ne --- Page 250 ---
M É M O IR E
qu'à raison des troubles
encore mal éteints
s'opposaient au libre exercice des
qui
naturaliste
fonctions du
qui en était chargé. Ce sont ces
tions importantes dont
fonc
vellement
nous demandons le
: quelques réflexions
renou
développement de
nécessaires au
mon plan mettront à même
d'apprécier son dégré de bonté et
: L'agriculture mérite à
d'utilité.
juste titre les premières
considérations; on sait aujourd'hui
a tiré de ressources des
combien elle
travaux des
qui s'en sont occupés; rien
naturalistes
effet à la
ne contribue plus en
perfection de F'agriculture, et de toute
l'économie
rurale; qu'une étude réfléchie et. expérimentale des fossilles de
du rapport
chaque contrée, et
qu'ils ont avec les végétaux et les
néraux qui s'y trouvent : plus les
miront nombreuses, faites
expériences seen divers
/ rens
lieux et en diffétemps, plus les conclusions
seront elles certaines
qu'on en tirera
férence des
et utiles. Connaître la difterres qui constitue celle des
comparer leurs propriétés
terroirs,
tions, c'est le seul
par celles des producmoyen de marcher à
dans une route où bien des
pas sûrs
qu'ils
gens SE 'égarent,
manquent de ces
parce
conduits le plus
lumières, et qu'ils ne sont
souvent que par Pusageetles
jugés qui, presque toujours, sont des
pré
guides.
mauvais
Outre cette source intarrissable de biens
que
res qui constitue celle des
comparer leurs propriétés
terroirs,
tions, c'est le seul
par celles des producmoyen de marcher à
dans une route où bien des
pas sûrs
qu'ils
gens SE 'égarent,
manquent de ces
parce
conduits le plus
lumières, et qu'ils ne sont
souvent que par Pusageetles
jugés qui, presque toujours, sont des
pré
guides.
mauvais
Outre cette source intarrissable de biens
que --- Page 251 ---
L'ILE DE CORS E.
SUR
la terre nous offre éncore
Agriculture nouspromet,
dont certains
variété immense de végétaux
ne
économiques et médicinaux,
ervent à des usages
devenir autant d'objets
t peuvent parconséquent
S'agit-il de
et de commerce.
e consomiation dérangemens de notre frèle
orriger les fréquens
avoir semé les
hachine? La providence ne semble
de nous
avec tant de profusion autour
égétaux
indiquer sans doute qu'ils sont plus
jue pour nous
Le plus grand nombre -
ppropriés à nos maux.
réduit à PimpuisHes arts ne serait-il pas bientôt
le plus
ance et à Pinaction, si on ne substituait
à
avec succès des substances analogues
touvent
climat? les manubelles que la nature a refuséeau
long-temps
se soutenir
factures pourraient-elles et bornées à un climat
si des substances uniques alimenter ? C'est au botaniste
pouvaient seules les
les anaest réservé de reconnaître, 2 par.
seul qu'il
quelles sont celles
logies ou affinités des plantes,
aux autres
substituer par-tout les unes
qu'on peut
fonctions; quelles sont celles
pour ces importantes dénoncées comme pernicieuses 2
qui doivent être malheureux hasard ou une criavant même qu'un
être fuexpérience les ait décelées pour
minelle
d'oeil
suffitpour pronestes. Un coup
expérimenté c'est ici un fruit
noncer dans un pays inconnu; bon à cuire; là
qu'on peut manger, la un légume
à faire
semence ou une racine farineuse propre
une --- Page 252 ---
M E M à I R E
du pain dans la nécessité, ici
qu'on ajoute à tel autre
ce sera un remède
tance analogue à telle déjà connu , ou une subsautre qui
un poison affreux dont il faut manque, là enfin
On a senti de
retirer la main.
conservation
tout temps l'importance 'de
des forêts;
la
néanmoins,
ayent toujours été regardées
quoiqu'elles
de l'état, et administrées comme le bien propre
Çoit depuis
en son nom, on s'apertendue des quelque temps que le nombre et l'éforêts > ont beaucoup diminué
France, quoique l'état se soit bien
en
méthode desdefrichemens;
trouvé de la
puisque c'est une
d'expérience que la culture des
règle
pays en raison du nombre de terres est dans un
rait à désirer,
ses habitans, il sequ'on fit plus d'attention à
ration des forêts, sur-tout dans
la répatoutes les landes
l'ile de Corse, où
L'état
ne sont pas encore défrichées,
pourrait trouver dans cette ile une
ressource pour ses constructions
grande
l'abondance de résine,
maritimes, et
qui est. un défaut
reproche à ses bois, n'est
qu'on
mède : cet objet
pas absolument sans reclasse de
important est encore dans la
ceux qui doivent être soumis à
tion d'un observateur
linspecnaturaliste:
Il ne suffit pas de considérer seulement
ductions végétales propres à l'ile de
les proretirer tous les
Corse, et d'en
il faut aussi
avantages gu'on peut en
tenter d'autres cultures
espérér,
étrangères,
qui est. un défaut
reproche à ses bois, n'est
qu'on
mède : cet objet
pas absolument sans reclasse de
important est encore dans la
ceux qui doivent être soumis à
tion d'un observateur
linspecnaturaliste:
Il ne suffit pas de considérer seulement
ductions végétales propres à l'ile de
les proretirer tous les
Corse, et d'en
il faut aussi
avantages gu'on peut en
tenter d'autres cultures
espérér,
étrangères, --- Page 253 ---
LILE DE CORS E. - 247
SUR
pas de l'enrichir;
Hont le succès ne manquerait
concourènt à prouver. 5, par
outes les analogies culture du coton du levant peut
Exemple,que la
même
dans la Corse, T'expérience
être: entreprisé
mais il est dans
h'a pas démenti cette assertion;
ètre
des difficultés qui ne peuvent
cette entreprise la vigilance et lés vues d'un nappplaniés que par
assuré qu'il existe dans
turaliste ; on nous a même
de coton; dans ce
cette île quelques plantations
cette culture n'a besoin que d'encouragement
cas l'activité d'un homme instruit, qui s'assure
et de
rétérées sous divers sols et
par des expériences
celles
diverses expositions, quelles sont
quiluisont
favorables. Dans des entreprises de cette
les plus
la démonstration qu'on
nature ce n'est que par
défiance des culespérer de vaincre la sage
peut
ce zèle actif qui n'est
tivateurs, et leur inspirer
même,
un intérêt positif, et qui
excité que par
besoin d'être modéré.
dans certains cas > a
raisons
aussi, fondés sur des
plus
Nous croyons
la culture du thé
fortes que des probabilités, que
Chine réussirait dans l'ile de Corse. Quoique
de la
ait
été encore tentée, on a de
l'épreuve n'en pas
cet arbuste vit
fortes raisons de le croire, puisque
froid
air sous le climat de Paris, malgréle
en plein des hivers. Ce n'est donc pas trop présuexcessif
réussitede cette plantation,
mer que de prévoirla
T'entreprendre;
si le gouvernement veut jamais
fortes que des probabilités, que
Chine réussirait dans l'ile de Corse. Quoique
de la
ait
été encore tentée, on a de
l'épreuve n'en pas
cet arbuste vit
fortes raisons de le croire, puisque
froid
air sous le climat de Paris, malgréle
en plein des hivers. Ce n'est donc pas trop présuexcessif
réussitede cette plantation,
mer que de prévoirla
T'entreprendre;
si le gouvernement veut jamais --- Page 254 ---
M É M O I R E
le bien quien résulterait n'est
pas borné à l'ile
Corse; on sait combien
de
Fusage du thé s'est
tiplié en France, et combien il serait
mulqu'une de nos provinces
avantageux
sommation,
put fournir à cette conqui fait sortir du
quatre millions en
royaume plus de
argent tous les ans.
Nous, nous bornons aux deux objets
blement sont les plus
qui véritacroyons cependant
intéressans, mais nous ne
pas' qu'on doive négliger l'exploitation des autres richesses
ce jour et que la nature
négligées jusqu'à
telle que la gaude, la
prodigue dans cette ile,
racine de
le safran, objets
garance, lerscille,
considérables de
et parconséquent de
consommation
commerce.
Nous vivons des productions de la
tous les animaux à
terre, nous et
qui nous devons la
puisqu'ils nous servent 5 nous trouvons subsistance,
plantes des remèdes à
dans les
l'aliment direct
nos maux, nous en tirons
ou indirect de tous les
de nécessité que de
voilà
arts, tant
le
luxe;
sans doute
plus important de la mission d'un
l'objet
naturaliste; mais il en est encore observateur
d'une part la convention des
une autre que
la considération
hommes, de l'autre
de beaucoup de services réels
doivent nous faire considérer
immédiatemnent
après. Dans l'état actuel de la société, les
naissances
conminéralogiques sont devenues d'une
nécessité absolue 5 la consommation des métaux
à
arts, tant
le
luxe;
sans doute
plus important de la mission d'un
l'objet
naturaliste; mais il en est encore observateur
d'une part la convention des
une autre que
la considération
hommes, de l'autre
de beaucoup de services réels
doivent nous faire considérer
immédiatemnent
après. Dans l'état actuel de la société, les
naissances
conminéralogiques sont devenues d'une
nécessité absolue 5 la consommation des métaux --- Page 255 ---
S UR L'ILE DE.CORSE,
assure àux pays que la nature en a
autre source de richesses qui
pourvu, une
même, dans certains
cas, peut remplacer le manque
Outre ces métaux précieux
d'agriculture,
qui
ter tous les biens, la terre
peuvent représenen renferme d'autres
qui, privés d'une valeur arbitraire
aussi
portionnée, nous rendent
disproplus essentiels; le fer, le
cependant des services
sont chez les hommes cuivre, l'étain, le plomb,
d'un nange.indispenable;
l'oretlargent sont les représentans du
ceux-la'en sont les
travail, et
moyens. On sait
l'ile
Corse est riche en minéraux de
que
de
"onn'yaj pas établi encore
toute espèce, mais
une suite
assez complette pour évaluer
d'observations
au juste, ou par
proximation 3 leur qualité, leur
aplité ou les
de
quantité, 3 la faciavantages leur
vail est si utile et si nécessaire exploitation; ce traque le ministère,
qu'on ne doute pas
convaincu de son
ne se hâte de l'ordonner.
importance 2
La recherche des sables des
des eaux
rivières, l'analyse
des
métalliques 5 linspection de la
terfains qui couvrent les
superficie
fouille ou de l'éboulement
mines, celle de la
considération de leurs
spontané des terres, la
tout en un mot
lits, 3 Fanalyse des matrices,
exige dans cette
instruit et exercé,
partie un homme
de sables,
Ily à plus, une suite de terres,
d'argilles, de cailloux, de
d'ardoises, 3 de charbons de
marbres,
terre, faite soigneu25
qui couvrent les
superficie
fouille ou de l'éboulement
mines, celle de la
considération de leurs
spontané des terres, la
tout en un mot
lits, 3 Fanalyse des matrices,
exige dans cette
instruit et exercé,
partie un homme
de sables,
Ily à plus, une suite de terres,
d'argilles, de cailloux, de
d'ardoises, 3 de charbons de
marbres,
terre, faite soigneu25 --- Page 256 ---
M É M 0 I R E
suffire, sans autre considération,
sement, peut
intérieure et extéà déterminer 'la constitution
rieure des pays où on les aura collectés, et néutiles qui doivent être le
cessiter les conséquences
un
fruit de toutes les richesses ordonnées par
gouvernement éclairé.
dits,
L'inspection des fossilles., proprement
comme leluxe de la partie éricpeut être regardée
en effet, avec
tologiques cette connaissance a,
des rapports assez éloignés; mais
nos besoins,
doit
être entiérement négligée, puiselle ne
pas
à éclaircir la théorie phyqu'elle peut contribuer dont les académies sasique du globe terrestre,
avec tant d'arvantes se sont toujours occupées
d'observer
deur. Ilserait utile, pourleméme objet,
leurs
la hauteur des montagnes, leur direction,
le degré d'inclinaison
angles rentrans ou saillans,
leur
de leurs groupes 2
de' leur plan, Pinégalité au-dessus du nivéau de
hauteur perpendicalaire
la fertilité ou la stérilité de leurs couches;
la mer,
de leurs stratifila qualité, la position respective accidentellement
cations intérieures, découvertes
des ravins quiles coupent.
par la profondeur
en Corse une suite
Il'serait enfin utile d'établir
d'observations météréologiques S, qui prêteraient
une nouvelle clarté; il importeaux précédentes
exact des variations de
rait de tenir un registre
de
latmosphère, de ses différences spécifiques --- Page 257 ---
"spo
SU R L'ILE DE CORSE
des divers degrés du froid, de chaud,
pesanteur,
de la direction de la
d'humidité et de sécheresse, 2
force et de la durée des vents, de la quantité des
tombées du ciel par année, de l'abondance
eaux de la rareté des rosées, des orages, des temou
obsersentir combien ces différentes
pêtes, pour
s'éclairent naturellement.
vations se concilient et
ne puisse être aperçu que
Cet ensemble, quoiqu'il
des
accoutumés à bien voir, est pourtant
par
yeux
saisir
c'est
la partie la plus essentielle à
> puisque
d'élle quedépendent la connaissance des rapports,
les vues en grand, et la somme des conséquences
utiles.
F I N.
des temou
obsersentir combien ces différentes
pêtes, pour
s'éclairent naturellement.
vations se concilient et
ne puisse être aperçu que
Cet ensemble, quoiqu'il
des
accoutumés à bien voir, est pourtant
par
yeux
saisir
c'est
la partie la plus essentielle à
> puisque
d'élle quedépendent la connaissance des rapports,
les vues en grand, et la somme des conséquences
utiles.
F I N. --- Page 258 ---
# --- Page 259 ---
M E M O I 1 R E
SUR
LA GUYAN E. --- Page 260 --- --- Page 261 ---
N FOTICE
AIRE
PRELIMIN
collection de MéJE termie cette
et politiques par
moires économiques
la Guyane ;
un Mémoire concernant
si célèbre
des particularités sur un pays
-dans
tant de motifs, exciteront
pour
: on pourtous les temps un vifintérêt
lui
de rapports,
rait, sous beaucoup
auteur trèsce passage d'un
appliquer l'ancienne Grèce : On n'y -
sauconnu sur
marcher sur une
rait faire un pas, saris y
des souvehistoire. La Guyane rappelle
d'ames
nirs tout récêns, auxquels peu étrande familles sont
sensibles, peu
dans des temps
gères : on y cherchera, des
de tant
calmes, la trace
pas
plus
victimes qui, pour Thond'illustres --- Page 262 ---
256 NOTICE PRELININAIRE
neur de Thumanité - > n'ont fait qu'y
passer.
Ce Mémoire m'a paru présenter des
il
vues "et des renseignemens utiles;
tient à un fait historique, l'un des plus
marquans dans lesannales des colonies,
souvént arrosées de sang ou de
trop
larmes; par suite de fausses mesures
de
mal entendues : il
ou
spéculations
est suivi d'une lettre apologétique de
M. le chevalier Turgot à M. le duc de
Choiseuil, au sujet de sa mission à la
Guyane. Outre les détails intéressans
qu'elle renferme;' on y trouve le grand
caractère d'un homme aussi recommandable par san intégrité que. par
l'étendue de ses connaissances. Ces
deux pièces sont imprimées sur une
copie fidèle que j'ai sous les yeux, --- Page 263 ---
M E : M O 1e IR E
SUR PETARLISSENENT
NOUVELLE COLONIE
D'UNE
A LA GUYANE
Les malheurs qui ont accompagné le nouvel
établissement commencé à la Guyane 2 ne sont
connus. Le plus funeste de tous avait
que trop
de plus de six
été la maladie contagieuse 2 qui
rassemblées au camp de Kourou,
mille personnes
douze çents. Les
n'en avaient laissé qu'environ
donné le
M. de Chanyalon ayait
Islets, 2 auxquels
nom des Islets-du-Salut, et sur lesquels plusieurs
d'hommes étaient restés déposés 2 avant
milliers
avaient esqu'on pût les placer sur le continent,
suyé le même fléau.
La maladie avait été précédée et accompagnée
extrème misère et de toutes les circonsde la plus
cruelle, Les
tances qui peuvent la rendre plus
tentatives qu'on avait faites au mois deseptembre
placer enfin quelques personnes sur des terpour rains à défricher le long de la rivière de Kourou,
n'avaient abouti qu'à les faire périr, éloignés de
et
dans toutes les horreurs
tous secours 3 plongés.
du désespoir.
éau.
La maladie avait été précédée et accompagnée
extrème misère et de toutes les circonsde la plus
cruelle, Les
tances qui peuvent la rendre plus
tentatives qu'on avait faites au mois deseptembre
placer enfin quelques personnes sur des terpour rains à défricher le long de la rivière de Kourou,
n'avaient abouti qu'à les faire périr, éloignés de
et
dans toutes les horreurs
tous secours 3 plongés.
du désespoir. --- Page 264 ---
M É.M o I R E
C'estdans cet étatque M.le chevalierTurgot
à son arrivée à
(1),
Cayenne, 3 trouva la colonie. Il y
aurait certainement de Finjustice àl in'imputer
la mauvaise conduite de celui
gu'à
qui avait dirigé
l'établissement (2), des malheurs dont une partie
étaient peut-être inévitables.
On peut appliquer ici une réflexion qu'on a
déjà faite en sa faveur, c'est que quand il aurait
fait tout ce qui était en son pouvoir, les maux de
la colonie eussent encore été extrêmes 5 le seul
moyen de les diminuer eût été de diminuer l'engorgement des hommes, et malhaureusementles
mesures prises pour y parvenir ont été très-lentes
et suivies du plus triste succès.
On va entrer. sur cela dans quelques détails,
et l'on croit même nécessaire de dire quelque
chose du plan général de l'établissement de la
colonie, pour fixer les idées à ce sujet et mettre
en état de porter un jugement sur les détails de
l'exécution.
() Tout le monde connaît la mission de M. le chevalier
Turgot à la Guyane, dont le principal objet était de vérifier
sur les lieux la conduite de M. de Chanvalon ; mais peu de
personnes ont eu connaissance des peines' secrètes et de la
disgrace qu'elle lui causa 3 le détail en est consigné dans
une lettre qu'il écrivit à M, le duc de Choiseuil : elle se
trouve à la fin de ce Mémoire.
(2) M. de Chanyalon. --- Page 265 ---
GUYANE.
s U R LA
de
par M. de Chanvalon, 3
Le projet proposé
colonie de blancs, a
former dans la Guyane une
çomme enété regardé par bien des personnes. du climat, et
tièrement contraire à la nature
semble avoir confirmé ce préjugé.
l'événement
cependant prouver
Quelques exemples paraissent même dans la Zone
que les Européens peuvent, bien des travaux aussi
soutenir assez
Torride 2
T'exploitation des
considérables que ceux qu'exige
nationale et
térres. Le système d'une population
: à la
de
libre, aurait eu l'avantage
procurer plus
France, dans P'Amérique, un établissement et
capable de résister aux attaques étrangères, >
à fournir des ressources pour la conplus propre
le système d'une
servation des autres colonies , que
D'ailleurs,
d'esclaves toujours précaire.
population
si fort à Phumal'esclavage en lui-même répugne
était bien naturel de saisir avec avidité
nité, qu'il
la proposition de s'en passer.
dans l'établisse11 est cependant certain que si
d'asd'une colonie, on n'a d'autre objet que
ment
à la Métropole les retoursd'un
surer promptement
des denrées
riche commerce, par la production
il
aux colonies méridionales,
précieuses propres d'atteindre à ce but sans employer
est impossible esclaves; ; il est aisé de le faire sentir:
le travail des
acheter les denrées de la
les Colons ne peuvent
ce revenu ne
Métropole qu'avec leur revenu i
ependant certain que si
d'asd'une colonie, on n'a d'autre objet que
ment
à la Métropole les retoursd'un
surer promptement
des denrées
riche commerce, par la production
il
aux colonies méridionales,
précieuses propres d'atteindre à ce but sans employer
est impossible esclaves; ; il est aisé de le faire sentir:
le travail des
acheter les denrées de la
les Colons ne peuvent
ce revenu ne
Métropole qu'avec leur revenu i --- Page 266 ---
M E M- O I R E
peut provenir que de la vente des denrées de la
colonie.
Ce qu'un cultivateur fait produire à la terre
pour sa propre consommation, a pour lui une 2
valeur d'usage tres-précieuses mais c'est la valeur
vénale et la vente effective du surplus de la
duction sur la consommation du
proet
sur ce
cultivateur,
qu'il est. obligé de réserver pour la reproduction de l'année suivante, qui donne la naissance au revenu, lequel n'est autre chose que
l'excès du produit des ventes sur la totalité des
frais, de quelque espèce qu'ils soient. Les denrées
ne peuvent se vendre que sur les lieux ou audehors; on ne peut vendre sur les lieux qu'autant
qu'ilse trouve un assez grand nombre de consommateurs qui. manguent de la denrée offerte ; ce.
qui suppose d'autres hommes que des propriétaires
culivateurs, et une population déjà nombreuse,
occupée à tous les emplois différéns de la société.
Il est évidént gu'une semblable population
n'existe pas dans. une colonie naissante, et que
par conséquent le cultivateur ne peut vendre
qu'au dehorsl'excédent de ses récoltes; mais, pour
vendre au-dehors, il faut pouvoir suivre le cours
du marché général, et donner sa denrée à àuss!
bas prix gue ses concurrens; et, pour vendre à
aussi, bas prix, il faut pouvoir cultiver à aussi
de frais. Or, il est démontréimposible qu'on cul peu --- Page 267 ---
S U R L. A GUYANE
colonie, avec des hommes libres, à
tive; dans une
des esclaves. La raison
laussi peu de frais, qu'avec
autrui 5
est
: on ne travaille pas pour
en simple
de profit, travailler
quand on peut, avec"plus
pour soi.
oh les terres n'ont point encore
Dans un pays
sans beaucoup
de maîtres, un homme libre peut,
cultiver assez de terre pour se nourrir,
de peine,
à travailler pour autrui,
etjamais il ne se réduira
queld'un modique salaire. Or,
en se contentant
il serait toujours
que modique que fût ce salaire, coûte le travail
infiniment plus cher que ice que,
pât
des esclaves 5 il serait donc impossible qu'on
ét soutenir dans une colonie une grande
monter
des hommes libres, parce que
exploitation avec
cher, il serait
leur travail étant excessivement la vente des denrées,
imposible de soutenir, dans
des colonies à nègres.
la concurrence
s'établissent dans
Des hommes nouveaux, qui
avoir
ne doivent et ne peuvent
un pays nouveau,
vivre 3 ce n'est que dans la
d'autre objet que d'y
les terres sont enfin
toutes
suite des temps, 5 lorsque
les progrès de la
cultivées et ont des maîtres, que d'hommes
créent une autre classe
qui,
spopulation
à eux, sont forcés de
n'ayant point de propriété
leur tratravailler pour autrui, et satisfont, par
la
les besoins d'une grande société ;
vail, à tous
du
de ceshommes fait haisserle prix
çoncurrence
'autre objet que d'y
les terres sont enfin
toutes
suite des temps, 5 lorsque
les progrès de la
cultivées et ont des maîtres, que d'hommes
créent une autre classe
qui,
spopulation
à eux, sont forcés de
n'ayant point de propriété
leur tratravailler pour autrui, et satisfont, par
la
les besoins d'une grande société ;
vail, à tous
du
de ceshommes fait haisserle prix
çoncurrence --- Page 268 ---
M É M 0 I R E
travail, et la colonie se met enfin
niveau des anciennes nations
par dégré au
voit le revenu renaître
commergantes; ony,
pense que font les
annuellement par la dépropriétaires de ce même
venu; lequel, après avoir vivifié
rede la sociétè, revient à la
toutes,les classes: -
l'année
terre pour se
suivante > et recommencer reproduire
même cercle:
toujours le
C'est par des hommes qui
où ils pussent
cherchaient un asile
vivre, que les colonies anglaises de
T'Amérique
septentrionale se sont
c'est par le seul effet du travail peuplées et
rassemblés
de ces hommes
qu'elles se sont accrues avec le
qu'elles sont devenues une des
temps,
des richesses de la nation
principales sources
formé dans
anglaise, et qu'elles ont
l'Amérique cette masse formidable de
puissance, qui menace de l'enlever toute
aux autres nations. Cet
entière
sirer de tenter
exemple pouvait faire déun établissement sur les mêmes
principes dans la
Guyane, qui, se trouvant
au vent de nos autres colonies,
située
suite, devenir
aurait pu, dans la
en quelque sorte leur
temps de paix, et leur
magasin en
Une
appui en temps de guerre.
population blanche dans cette
nouveau
partie du
monde, ne pouvait avoir d'autre
de vue, et le projet de faire
point
de cette nature
entrer une colonie
en concurrence avec la Martinique et Saint-Domingue pour le
commerce des --- Page 269 ---
SUF R L A GUXANE E.
mêmes denrées, eût été certainement un projet
mal combiné. Quant à Putilité que l'état aurait
du succès d'un établissement formé uniretirée dans des vues dé population, on est
quement
cette utilité aurait été réelle, mais
persuadé que
d'une discussion assez
cette question serait l'objet
d'entrer.
étendue, dans laquelle il paraît inutile
étant adopté, sa réussite devait déCe projet
combinaison des moyens avec
pendre de la juste
le but et avec les circonstances locales.
fut
une première faute et une
Ce
peut-être
ceux qui
fausse combinaison que d'avoir partagé
devaient passer à la colonie en deux classes: celle
habitans
de fonds ou concession-.
des
porteurs
cultivateurs. Les prenaires, et celle de simples
miers devaient obtenir des concessions proporles autres, 2
tionnées aux sommes qu'ils portaient;
leurs bras, devaient travailler
qui ne portaient quel
pour le compte des concessionnaires. fondemens:
Ce systême péchait par ses deux
qui portaient le plus de
ceux des concessionnaires
monter à
fonds, n'en avaient point assez pour
d'argent la plus petite exploitation, > s'il eût
prix
avaient
au paiefallu employer ce qu'ils
apporté
du salaire des cultivateurs, 2 leurs fonds
ment
certainement été consommés long-temps
eussent
leur terrain eût pu être en état de
avant que D'ailleurs, il s'en fallait beaucoup que
produire.
péchait par ses deux
qui portaient le plus de
ceux des concessionnaires
monter à
fonds, n'en avaient point assez pour
d'argent la plus petite exploitation, > s'il eût
prix
avaient
au paiefallu employer ce qu'ils
apporté
du salaire des cultivateurs, 2 leurs fonds
ment
certainement été consommés long-temps
eussent
leur terrain eût pu être en état de
avant que D'ailleurs, il s'en fallait beaucoup que
produire. --- Page 270 ---
M É M O I R E
ceux qui étaient venus à titre de cultivateur's,
j
eussentrenoncé: àl l'espérance d'avoir du terrain en
propriété, et se fussent expatriés pour vivre à la
journée. Cette foule d'hommes qu'on avait engagés
en Allemagne ne s'attendaient nullement à un
pareil sort qui ne leur avait point été annoncé;
et si lon fesait dépendre la concession des
terrains de la quantité d'argent que l'on aurait porté
dans la colonie, plusieurs d'entr'eux n'y auraient
pas eu moins de droit que la plupart des-prétendus
concessionnaires; car quelques-uns de ces
allemands avaient porté avec, eux beaucoup plus
d'argent que n'en avaient déposéune grande partie
de ceux que M. de Chanvalon avait inscrits sur ses
registres.
Ainsi, d'un côtéles concessionnaires n'auraient
pas eu de quoi payer les cultivateurs, et de l'autre
les cultivateurs n'auraient pas voulu travailler
pour les concessionnaires. En exigeant de ceuxci qu'ils portassent des fonds à la colonie, et en
leur. promettant des concessions proportionnées
à ces fonds, on ne leur présentait donc qu'une
espérance illusoire : il eût beaucoup mieux valu
annoncer à tous qu'ils auraient de la terre à cultiver, et qu'ils ne devaient fonder leurs espérances
que sur leur travail.
Chacun d'euxplacé sur un terrain proportionné
à ses forcesy eût vécu; la terre y eût été cultivée;
igeant de ceuxci qu'ils portassent des fonds à la colonie, et en
leur. promettant des concessions proportionnées
à ces fonds, on ne leur présentait donc qu'une
espérance illusoire : il eût beaucoup mieux valu
annoncer à tous qu'ils auraient de la terre à cultiver, et qu'ils ne devaient fonder leurs espérances
que sur leur travail.
Chacun d'euxplacé sur un terrain proportionné
à ses forcesy eût vécu; la terre y eût été cultivée; --- Page 271 ---
SUR L A GUFANE E.
le pays se serait peu-à-peu rempli
les richesses seraient
d'hommes, et
suite. Il
venues tôt ou tard à leur
ne fallait certainement pas rebuter ceux
qui avaient de l'argent à porter,
argent aurait été très-utile
parce que cet
colonie; mais il
pour eux et pour la
ne fallait n'y s'engager
d'eux à leur
vis-à-vis
procurer un traitement
celui des
différent de
autres, n'y exiger cet argent,
une condition pour obtenir du terrain. comme
Chanvalon n'aurait
M. de
s'en
point été alors dans le cas de
rendre dépositaire et de
sa réputation et la confiance compromettre par là
Il serait à souhaiter
publique.
flexions
qu'on eût pu faire ces réavant que le
engager dans cette gouvernement se fût laissé
dives
fausse route; elles sont taraujourd'hui, l'on en convient, mais on les
présente parce qu'elles servent à donner
juste de
une idée
Mémoire F'entreprise, et parce que l'objet de ce
n'est ni d'amuser
mais
nidejustifioer personne,
uniquement de dire la vérité.
Indépendamment de cette
sur la manière dont
première difliculté
colons, ilyenavait on distribuerait les terres aux
d'autres inséparables du
port d'une nouvelle peuplade
transpays à
d'hommes dans un
défricher, et quelques-unes étaient
mentées par des circonstances
augclimat de la Guyane.
particulières au
Des hommes transportés dans
un pays inculte
--- Page 272 ---
M É M o I R E
des besoins, et quelque travail
n'y trouvent que
défricher la terre, ils ne
qu'ils puissent faire pour
la
moims dénués de tout jusqu'à prerestent pas
avant tout,
mière récolte. Il est don'c nécessaire,
à ieur nourriture et à leurs auqu'il soit pourvu
leur travail ait pu y
tres besoins, jusqu'à ce que
arrivée dans le
subvenir et qu'ils trouvent à leur
tout
contre les injures
pays, ou un abrij
préparé
ils
de lair, ou des facilités au moyen desquelles
puissent s'en procurer très-promptement.
roi s'était chargé
A légard de la nourriture, > le
vivres
de faire distribuer aux nouveaux colons les
deux ans; et quant au logenécessaires pendant
il avait été arrangé que le sieur Depréfonment,
mois de mars 1763, avec queltaine partirait au
travailleurs auxquels on joindrait quelques
ques
-
faire des abnègres de Y'ancienne colonie > pour
des barraques ou cases propres
batis et construire
deux
à déposer , au moment du débarquement,
hommes ou environ que M. de Chanvalon
mille
lui
mois après.
devait mener avec
quelquès
devaient demeurer dans ce dépôt
Les colons ne
les disperser sur les
jusqu'à ce qu'on eût pu
que
leur aurait destinés, et où ils se
terrains qu'on
construit des cases avec le
seraient eux-mêmes
leurs défrichebois qu'ils auraient abattu pour
dans le
alors ils devaient être remplacés
mens ;
été
de nouveaux arrivans, quiauraient
dépôt par
après.
devait mener avec
quelquès
devaient demeurer dans ce dépôt
Les colons ne
les disperser sur les
jusqu'à ce qu'on eût pu
que
leur aurait destinés, et où ils se
terrains qu'on
construit des cases avec le
seraient eux-mêmes
leurs défrichebois qu'ils auraient abattu pour
dans le
alors ils devaient être remplacés
mens ;
été
de nouveaux arrivans, quiauraient
dépôt par --- Page 273 ---
GUYANE E.
SU R LA
sur le terrain et remplacés
à leur tour dispersés
de ce plan
d'autres. C'est en conséquence
par
M. le chevalier
qu'il avait été convenu que
et
le second envoi,
Turgot ne partirait qu'avec
du
avoir reçu la nouvelle de Pétablissement
après
premier.
du roi pendant
Le parti de fournir aux dépens
deux ans les vivres nécessaires aux nouveaux
infiniment dispendieux quand il faut
colons est
et dans tout établissement
tout porter d'Europe;
de ménager
de ce genre il serait très-avantagenx
de
le travail des premiers pàt
les envois, façon que
nécessaires, -
nonproduire la quantité de vivres
subsistance, mais encore pour
seulement pourleur
le
celle des envois suivans. Par cet arrangement
fournirait aux colons des nourritures et plus
roi
moins coûteuses. De plus,
saines et infiniment
colons, du sul'achat fait par le roi aux premiers
de leurs récoltes, assurerait un débouché
perflu
travaux; et la dépense
aux fruits des premiers dans la colonie un refaite par le roi, en créant
dedès les
instans de sa naissance,
venu
premiers
viendrait la source de son accroissement.
exigerait que les premiers conUn pareil plan
chaque année
vois fussent faibles et devinssent
considérable, à mesure qu'il y aurait déjà
plus
d'habitans et que leur culdans la colonie plus
la coloture serait plus étendue, jusqu'à ce que --- Page 274 ---
M É M O I R E
nie fat en état de soutenir et d'augmenter par
elle-même sa population.
dans les envois était
Cette progression graduée
nécessaire à la Guyane et dans les
encore plus
climats chauds en général, que dans les climats
tempérés ou froids. Il serait excessivement dispendieux de transporter par mer un assez grand
nombre d'animaux vivans pour fournir journellement de la viande fraiche à une nombreuse population, et il est absolument impossible d'y supdela viande salée dans les climatschauds
pléer par
et
de l'Amérique, où elle ne peut se conserver,
des
où son usage occasionne très-promptement
maladies putrides.
douter
cette nourriture n'ait
On ne peut
que
été une des causes de la contagion qui a fait périr
tant d'hommes à la Guyane. Il est donc nécesla
des bessaire que dans ces climats population
celle des hommes;. et l'on ne doit
tiaux précède
songerà remplirle pays d'habitans, qu'après avoir
jeté assez de bestiaux pour fournir à leur nourriêtre
d'épuiser les souches desture > sans
obligé
Il faut donc
tinées à la multiplication de l'espèce.
d'abord peu d'hommes et beaucoup de
porter
ensuite les nouveaux
bestiaux, et proportionner
àl'accroissement du nombre des
envois d'hommes
bestiaux.
L'opération eût pu d'autant mieux ètre con-
songerà remplirle pays d'habitans, qu'après avoir
jeté assez de bestiaux pour fournir à leur nourriêtre
d'épuiser les souches desture > sans
obligé
Il faut donc
tinées à la multiplication de l'espèce.
d'abord peu d'hommes et beaucoup de
porter
ensuite les nouveaux
bestiaux, et proportionner
àl'accroissement du nombre des
envois d'hommes
bestiaux.
L'opération eût pu d'autant mieux ètre con- --- Page 275 ---
S U R LA. GUYANE
duite
26g
d'après ces principes, que l'ancienne
niede Cayenne présentait
colopouvait faire servir
une première base qu'on
avec avantage au nouvel établissement, en
encourageant les anciens
par quelques secours et
colons
à
par l'assurance du
planter une quantité suffisante
débit,
multiplier les bestiaux
de vivres, > et à
surleurs
Le
habitations.
logement des colons à leur
distribution sur le terrain
arrivée, et leur
grandes dificultés,
> présentait de trèsqui
envois fussent
exigeaient aussi que les
très-exactement très-modérés pour le nombre et
circonstances combinés pour le temps avec les
locales et l'ordre des
culières au climat.
saisons partiC'était déjà une chose très-difficile
Depréfontaine que de
au sieur
nable et de faire
préparer un dépôt conveconstruire des
placer deux mille
logemens pour y
suflisans
personnes avec des magasins
pour contenir leur
réussir
subsistance. Il n'y
que d'une manière
put
l'espace de cing mois
tres-imparfaite dans
arrivée et celle de M, de qui s'écoulérent entre son
culté de
Chanvalon; mais la diffiplacer ses hommes sur le terrain
vidercet entrepôt et le mettre en état
pour
les convois suivans, était
de recevoir
un pays comme la
encore plus grande dans
tie des terrains
Guyane, où une grande
sont couverts
parde la moitié de
d'eau pendant
l'année; il est
plus
impossible de faire --- Page 276 ---
M É M 0 I R E
distribution des terres sans, avoir reconnu
aucune
de soins leur position et comparé
avec beaucoup le niveau des plus grandes eaux,
leur hauteur avec
noyées et
s'assurer quelles ne seront point
pour
communiquer dans la saison des
qu'on pourra y
pluies.
reconnaissance faite d'aIl faut ou trouver cette
à la faire.
de temps
vance, 2 ou perdre beaucoup convois n'a pas été
D'ailleurs, si T'expédition des
habitans
combinée de façon que les nouveaux
dans la saison de l'année où ils peuvent
arrivent
non-seulement la
s'établir, défricher et planter,
et le roi
récolte est retardée d'un an,
première
chargé de la nourriture des
est par conséquent
de
non-séulement
colons pendant un an
plus;
les colons ont apporté
Yargent du roi et celui que
a de
sans fruit, mais ce qu'ily
se consomment
c'est-qu'on est obligé de garplus triste encore 2
favorable, tous ces
der, en attendant la saison livrés à l'inaction,
hommes dans le lieu du dépôt,
l'oisià tous les désordres que produit
à l'ennui,
rassemblés, aux maladies
veté parmi les hommes
climat chaud et
leur entassement dans un
que
bientôt contagieuses. Si pendant ce
humide rend
convois arrivent, on ne sait
temps iles nouveaux
de plus en
où les placer : on est obligé d'entasser laisser une
les hommes; 5 on est forcé d'en
plus
les
de l'air et aux
partie exposée à toutes
injures
tous les désordres que produit
à l'ennui,
rassemblés, aux maladies
veté parmi les hommes
climat chaud et
leur entassement dans un
que
bientôt contagieuses. Si pendant ce
humide rend
convois arrivent, on ne sait
temps iles nouveaux
de plus en
où les placer : on est obligé d'entasser laisser une
les hommes; 5 on est forcé d'en
plus
les
de l'air et aux
partie exposée à toutes
injures --- Page 277 ---
SUR L A GUx A N E.
27%
envoi redouble les
intempéries du climat.; chaque
la misère générale et la mortalité qui
embarras, ,
en est la suite.
les
Il est malheureux que toutes
dispositions
de Cayenne n'ayent pas été comde l'entreprise
et d'après une conbinées d'après ces réflexions
des obstacles de tout genre
naissance approfondie
cette
avait à vaincre. Il faut avouer que
qu'on
être bien faite que
combinaison ne pouvait guère
les lieux
des personnes qui eussent acquis sur
par
des circonstances loune connaissance parfaite
cales et des obstacles ainsi que des ressources
Ce quily'eut de plus fàqu'elles présentaient.
le dessein d'établir
cheux, c'est qu'aussitôt que
colonie nouvelle à la Guyane eut été conçu,
une
eût eu le temps de combinerle
et avant qu'on
on avait donné
plan et les détails de P'entreprise,
et
dans différentes provinces,
ordre d'engager
une foule d'hommes pour
sur-tout en Allemagne,
la colonie.
Ces hommes, attirés par les espérances qu'on
leur avait données d'un établissement avantageux,
rendirent en foule dans les entrepôts qu'on leur
se
dans différentes villes voisines de
avait assignés
On ne
Rochefort, où ils devaient s'embarquer.
ces premiers
peut dissimuler que Tengorgementde
la dépense et l'embarras qu'ils occaentrepôts 3 n'aient été une des causes de la trop
sionnaient, --- Page 278 ---
272 MÉMOIRE SUR L A GUYANE.
grande célérité avec laquelle on a pressé les embarquemens d'hommes coup-sur-coup, sans être
assuré du succès des premiers envois et de la possibilité de placer les nouveaux.
Ces causes générales des calamités de la colonie ne doivent être imputées à M. de Chanvalon
qu'à raison de la part qu'il peut avoir eue au projet de l'établissement et aux premières combinaisons formées pour son exécution. --- Page 279 ---
E d TT T R E
L
TURGOT,
DE M. LE CHEVALIER
A
M. LE DUC DE CHOISEUIL
Paris, le 1O octobre 1765.
MoxSTEUR,
m'avez reçu dans les deux
La manière dont vous
a été si difféaudiences que vous m'avez données,
je
lieu d'espérer, que
rente de celle que j'avais
m'exposer à
à moi-même de ne plus
me devais
sans avoir
si durs et si peu mérités,
des reproches
les fausses impresauparavant essayé de détruire
contre moi: c'estl'objet
sions que vous avez prises
vais entrer. Ils sont
des détails dans lesquels je
si
différé à
et j'ai
écrits depuis assez long-temps,
c'est
cru plusà provous les faire passer,
quej'ai
vous end'attendre le moment où je pourrais
pos
raisonné, auquel je travaillais,
voyer le compte
D'ailleurs; je ne vous
de l'affaire de M. Chanvalon.
la
toute ma sensibilité sur récepdissimulerai pas
peut-être betion que vous m'avez faite : j'avais
Je sens
soin d'en laisser affaiblir Timpression. ministre du
parfaitement tout ce que je dois au
cru plusà provous les faire passer,
quej'ai
vous end'attendre le moment où je pourrais
pos
raisonné, auquel je travaillais,
voyer le compte
D'ailleurs; je ne vous
de l'affaire de M. Chanvalon.
la
toute ma sensibilité sur récepdissimulerai pas
peut-être betion que vous m'avez faite : j'avais
Je sens
soin d'en laisser affaiblir Timpression. ministre du
parfaitement tout ce que je dois au --- Page 280 ---
LET T R E
roi; mais ce n'est pas sans effort qu'on peut s'entendre patiemment accabler de reproches, lorsqu'on. croit n'avoir fait que ce qu'on a dà faire.
Je commence par ce qui concerne ma conduite,
relativement à M. de Chanvalon. Le mémoire que
jevous adresse ajourd'huilajustilien pleinement;
dans laquelle je
mais ma lettre du 9 juin dernier,
vous rendais compte de mes motifs, a dà, j ose
le dire, vous convaincre que j'étais autorisé, par
et
n'ai pas fait usage du
mes instructions, queje
pouvoir qui m'était confié, sans des motifs trèsgraves; or, si vous en êtes convaincu, vous ne
refuser de m'en rendre
pouvez; > sans injustice,
contraires
témoignage, et démentir les bruits
qu'on a répandus ; ces bruits étaient si bien enracinés dans les esprits, que même dans vos buréaux j'ai trouvé des personnes à portée de vérifierà tout moment mes instructions, et cependant,
persuadées qu'elles ne contenaient pas le pouvoir
de faire arrêter M. de Chanvalon.
On a dit aussi que je ne devais pas faire usage
demande pourquoi? mes instrucde ce pouvoir;je
tions étaient-elles donc illusoires?
Quand il serait possible que je me fusse trompé
sur la nature des faits qui m'ont déterminé au
pris, je ne devrais pas moins être
parti que j'ai
justifié del'imputation d'avoir passé mes pouvoirs.
J'aurais fait à la vérité une faute; mais une faute --- Page 281 ---
CH. TURGOT T. 275
DE M. L E.
excusable.
bien différent et bien plus
de
d'un genre
faits m'a cependant garanti
L'évidence des
cette erreur.
de la précipitation, et
On me reproche encore attendu la fin del'instrucl'on voudrait queyensses éclat. Je vous ai dit mes
tion avant de faire un
Sij'eusse laissé à
raisons pour en agir autrement. qu'il n'en n'eût
Pintendant la liberté, pense-t-on tous ses papiers
pas fait usage, pour supprimer
? L'iméteindre les preuves qui en résultaient
et
assurée par là, n'était pas
punité qu'il se serait
inconvénient de cette
à mes yeux le plus grand
devait me fiapperdavantage,
suppression; ; ce qui
le sort des
compromettre
c'est qu'elle pouvait
vacantes
Pétat des successions
concessionnaires, >
Pincertitude de la situaet lesi intérêts du roi, par
cru être coution de toutes les caisses > j'eusse
la
aucun moyen de prévenir
pable de négliger
constater les
des seuls titres qui pussent
du roi.
perte de tant de malheureux > et ceux
droits
vous dussiez zcondamner
Je n'aijamais pensé que donner les moyens de
M. de Chanvalon, sans Jui
ni fait
ses défenses; jen'ai
proposer juridiquement
était de
ni dû faire son procès > ma commission
conjointement avec le procureur-générecueillir,
officier du conseil supérieur, >
ral et le plus ancien
de dresser procès- -
formées contre lui;
les plaintes
ct de ses réponses;
verbal des dires des plaignans
vous dussiez zcondamner
Je n'aijamais pensé que donner les moyens de
M. de Chanvalon, sans Jui
ni fait
ses défenses; jen'ai
proposer juridiquement
était de
ni dû faire son procès > ma commission
conjointement avec le procureur-générecueillir,
officier du conseil supérieur, >
ral et le plus ancien
de dresser procès- -
formées contre lui;
les plaintes
ct de ses réponses;
verbal des dires des plaignans --- Page 282 ---
LE T T R E
de rassembler les pièces et renseignemens
à constater les faits et de vous en rendre propres
compte,
pour mettre le roi en état de
J'ai
prendre un parti.
rempli cette commission, et ce sera à vous
d'examiner, 3 d'après la nature et la gravité des
accusations et la force des charges, s'il est ou non
convenable qu'elles soient suivies par la voie de
l'instruction judiciaire; mais ce sur quoi je dois
appuyer, c'est que le parti que vous prendrez
sur la suite que, vous voudrez donner à cette instruction, et l'événement qu'elle aura m'est absolument étranger. Quelque chose qui arrive, il sera
toujours vrai que j'ai rempli une commission dont
j'étais spécialement chargé; quej j'ai usé des
voirs qui m'avaient été donnés,
pou5 et que j'avais les
motifs les plus forts pour en user. La justice
m'est due à cet égard est
qui
indépendante du procès
qu'on peut faire, ou ne pas faire, à M. de Chanvalon. J'insiste sur ce point, et je dois y.insister
avec d'autant plus de force, que je ne suis pas à
m'apercevoir de l'affectation avec
laquelle on a
cherché à représenter toute cette aflaire, comme
un procès entre moi et M. de Chanvalon, dans
lequel je serais l'accusateur et lui l'accusé : c'est
l'idée que lui et ses amis ont toujours cherché à
faire prendre du compte que je vous ai rendu dans
le temps de mes premiers soupçons, et des plaintes
qui étaient venues à ma connaissance.
avec d'autant plus de force, que je ne suis pas à
m'apercevoir de l'affectation avec
laquelle on a
cherché à représenter toute cette aflaire, comme
un procès entre moi et M. de Chanvalon, dans
lequel je serais l'accusateur et lui l'accusé : c'est
l'idée que lui et ses amis ont toujours cherché à
faire prendre du compte que je vous ai rendu dans
le temps de mes premiers soupçons, et des plaintes
qui étaient venues à ma connaissance. --- Page 283 ---
DE M. L E CH. TURGOT.
Devais-je donc vous les taire P devais-je trahir le
roi, vous et la colonie en vous laissant
raisons
ignorer les
que j'avais de douter de la fidélité d'un
hommeaqui le sort de tant d'hommes étaitconfié?
N'était-ce pas pour moi une obligation
sable de vous
indispenj'avais
communiquer sans réserve ce que
appris, et de vous engager à vérifier les
faits? et qu'ai-je faitautre chose?
la peine de relire ma lettre du Daignezp prendre
2 février
vous verrez
1764, et
que je ne vous donne mes
que comme des soupçons,
soupçons
la valeur;
afin que vous en pesiez
que vous preniez des mesures
profondir des faits encore douteur
pour apprès leur vérification,
J et régler, d'ale degré de
vous permettait de
confiance qu'elle
J'ajoutais
conserver pour l'intendant.
que ces soupgons détruisant
ment la confiance et Punion
nécessaired'une opération conduite
essentielle au succès
par deur
avantageuz à tous deur et au bien chafs,je du
croyais
si vous ne jugiez pas mes
service, que
ne continuassiez
soupçons, fondés, vous
pas de partager cette
entre nous J et que vous vous
entreprise
choisir lun ou l'autre, Je
déterminassiez c
réflexion, dont
joignais même à cette
les raisons
l'évidence saute aux yeux, toutes
qui, si M. de Chanvalon était
pouvaient déterminer votre choix
innocent,
Si j'eusse été
en sa faveur.
partie contre M. de
je ne me serais pas chargé de vérifier Chanvalon,
les faits qui --- Page 284 ---
L E T T R E
lui étaient imputés, et vous n'auriez pas dà m'en
charger.
J'avais seulement rempli mon devoir en vous
avertissant des soupçons graves qui étaient venus
à ma connaissance, et dont la vérification importait au succès de l'opération qui m'était en partie
confiée; je le remplis encore en vous rendant
de la commission que le roi m'avait doncompte
née. Comment ce compte me constituerait-il partie dans un procès? Je ne fais que rapporter,
comme je le dois, ce quej'ai ivu; le procès-verbal
dressé contient les défenses de M. de
que j'ai
Chanvalon, aussi bien que les plaintes portées
lui. Encore une fois, je n'ai rien à discuter
contre
et
réclame contre cette supposition,
avec lui, je
voudrait en tirer ;
contre les conséquences qu'on
d'après le compte que je rends, le roi jugeait
si,
il n'aurait
convenable de faire faire son procès,
d'autre parti que la partie publique.
Bien loin de demander sa punition, je serais au
à solliciter la clémence de sa
contraire le premier
majesté en sa faveur.
J'aurais, à la vérité, vu avec quelque peine
eussiez entiérement laissé tomber cette
que vous
craint que cette espèce
affaire, non que j'eusse
àM.de Chand'amnistie que vous auriezaccordée
valon eût jeté aucun nuage sur ma réputation,
de tous ceux dont je suis connu, mais
auprès
, je serais au
à solliciter la clémence de sa
contraire le premier
majesté en sa faveur.
J'aurais, à la vérité, vu avec quelque peine
eussiez entiérement laissé tomber cette
que vous
craint que cette espèce
affaire, non que j'eusse
àM.de Chand'amnistie que vous auriezaccordée
valon eût jeté aucun nuage sur ma réputation,
de tous ceux dont je suis connu, mais
auprès --- Page 285 ---
M. LE CH. TURGOT. 279
DE
de voir les claqu'il m'eût été désagréable
autoparce
de Chanvalon et de ses amis,
meurs de M.
sorte par vous.
risées en quelque
vous
reste, je n'ai jamais cru possible que
Au
sont dans
Plusieurs particuliers
prissiez ce parti.
fonds
ont été confiés
le cas de réclamer des
qui
compte
Chanvalon; d'autres demanderont
à M.de
mortes à Kourou.
des successions des personnes
je suis à Paris, plusieurs personnes
Depuis que
savoir à quel tribusont venues me trouver pour
intenter les acnal elles doivent s'adresser pour
avoir à
peuvent
tions en réclamation qu'elles
Il sera
exercer 5 je n'ai pu que vous les renvoyer.
les
d'indiquer à ces particuliers
indispensable
ils doivent se pourvoir; et
juges devant lesquels
on aura à se
ce sera un des objets sur lesquels
décider.
dans l'admiL'excessive confusion qui a régné
successions vacantes ne laisse aucun
nistration des
ou moins
de prévoir si l'objet sera plus
moyen
considérable.
Finstruction judiciaire commenPeut-être que
les sieurs Nermand,
cée à Cayenne, tant contre M. de Chanvalon,
Rique et Collier , que contre
dans
de lumières. Cette procédure >
donnera plus
accusés est en suspens,
laquellele sort de plusieurs
a rester sans
non plus de nature
ne parait pas
décision. --- Page 286 ---
LE T T R E
L'intérêt, du roi se trouve aussi compromis par
le désordre dans Fadministration des finances de
la colonie et par Timpossibilité d'en mettre en
ordre la comptabilité : j'ai fait ce qui dépendait
de moi pour constater ce désordre; les précautions
ultérieures à prendre pour mettre les intérêts du
roi entiérement à couvert, s'il est possible; la
conservation des droits des particuliers, la réparation quela vindicte publique et l'intérèt de l'état
exiger, si les malversations sont en effet
peuvent
prouvées, > tout cela ne regarde que vous.
dans la conComme mon prétendu despotisme,
duite
j'ai"tenue avec M. de Chanvalon, n'a
été que le seul reproche que vous m'ayez fait, et
pas
prétendus torts
que vous avez insisté sur quelques
dont j'ai d'autant moins pu me défendre, que
laissez
le temps, et que d'ailvous ne m'en
guère
être aussi
leurs mes réponses ne pouvaient pas
vais entrer ici dans
vives que vos reproches; je
quelques discussionss ssur ces reproches, et sur ceux
de répandre dans le public, tant
qu'on a affecté
avant qu'après mon arrivée.
J'ai su qu'on me fesait un crime de mon retour;
je ne puis penser que vousayeza adoptéce reproche.
avoir oublié que vous avez
Vous ne pouvez pas
la proposition que je vous fesais par ma
approuvé
lettre du gjuin 1764, de faire un premier voyage
pour examiner son état 2
à la colonie, uniquement
ss ssur ces reproches, et sur ceux
de répandre dans le public, tant
qu'on a affecté
avant qu'après mon arrivée.
J'ai su qu'on me fesait un crime de mon retour;
je ne puis penser que vousayeza adoptéce reproche.
avoir oublié que vous avez
Vous ne pouvez pas
la proposition que je vous fesais par ma
approuvé
lettre du gjuin 1764, de faire un premier voyage
pour examiner son état 2
à la colonie, uniquement --- Page 287 ---
DE M. LE CH. TURGOT. 281
Vexactitude des récits, la conduite des
vérifier
mériet le degré de confiance qu'elles
personnes reconnaitre la nature et les causes du détaient;
les remèdes provisoires que
sordres et J- apporter
ensuite vous
croirais les meilleurs; de revenir
je
vl..
Ma prérendre compte de ce quej'aurais
absolument nécessence, ajoutai-je, me parait
asseoir l'opération sur une
saire à la colonie pour,
et mettre
dans son
base certaine J
quelqu'ordre
état actuel. Elle ne sera pas moins indispensable
France
achever de tout régler d'une maen
pour
et quelnière définitive ; ainsi J quelque.fatigante
désagréable que doive étre pour. moi une
que
n'hésite pas à m'offrir.
pareille course , je
Tout autre parti, vous disais-je encore, portede la précipitation ou de la lenrait le cardetère
concilier la
teur; celui-ci est, le seul qui puisse
le besoin du moment J avec la
célérité qu'exige
dese décider à la hâte,
prudence qui ne permet pas
Ces considérations
sur mille objets qu'on ignore.
sans, doute aussi fortes qu'à moi,
vous parurent
des instructions qui me
puisque le préambule
furent données porte : < Que je me transporterai,
dans la colonie, pour y examiner
5 sans délai,
moi-mème sur les lieux, et après y
> tout par
nécessaire revenir
> avoir demeuré toutletemps
>
du tout à sa majesté, qui se réS rendre compte
d'après les mémoires que je lui présen2 serve,
17,
ille objets qu'on ignore.
sans, doute aussi fortes qu'à moi,
vous parurent
des instructions qui me
puisque le préambule
furent données porte : < Que je me transporterai,
dans la colonie, pour y examiner
5 sans délai,
moi-mème sur les lieux, et après y
> tout par
nécessaire revenir
> avoir demeuré toutletemps
>
du tout à sa majesté, qui se réS rendre compte
d'après les mémoires que je lui présen2 serve,
17, --- Page 288 ---
L E T T R E
de statuer d'une manière définitive sur la
> terai,
croira devoir donner à la colonies.
> forme qu'elle
$
Puisque vous m'avez donné ces instructions,
n'avez
être surpris de mon retour.
vous
pas pu
mois à m'instruiredela
Après avoir passé quatre
état de
situation de la colonie, à me mettre en
convenables à la cirvous proposer. les mesures
après avoir rempli les commissions
constance;
et n'avoir rien épargné
dont vous m'aviez chargé,
e
maux
trouvé faits, les
pour apporter aux
que jai
oht dépendu de moi, j'ai
remèdes provisoires qui
utile à la colonie
cru mon retour en France plus
étéla
de mon séjour,
que ne l'aurait
prolongation
et voici mes raisons pour le croire.
me
Je n'ai pas eu besoin d'un long-temps pour
absolue de suivre'le
convaincre de T'impossibilité
lequel P'entreprise avait été commenplan d'après
nullement décider si létabliscée; je ne prétends
d'hommes blancs, ou
sement d'une population
ou non
plutôr d'hommes libres, est compatible
méridionale, et la
avec le climat de P'Amérique
question susceptible
nature de ses productions;
dont la décision
d'être agitée pour et contre, et
sur N.
varier, suivant le parti qu'on embrasse
peut
d'utilité des colonies, et.sur le
le véritable objet
entre les nations;
systême général du commerce
d'étamais je crois pouvoir assurer que le projet
colonie blanche dans la Guyane, en supblir une
utôr d'hommes libres, est compatible
méridionale, et la
avec le climat de P'Amérique
question susceptible
nature de ses productions;
dont la décision
d'être agitée pour et contre, et
sur N.
varier, suivant le parti qu'on embrasse
peut
d'utilité des colonies, et.sur le
le véritable objet
entre les nations;
systême général du commerce
d'étamais je crois pouvoir assurer que le projet
colonie blanche dans la Guyane, en supblir une --- Page 289 ---
D E M. L E CH. TURGOT.
fut démontré possible et avantageux
posant qu'il
réussir par Ies moyens qu'on
à létat, ne pouvait
on avait marché
avait pris; dès les premiers pas faire tout à la
dans une fausse route, en, voulant
avec
lorsqu'il eût fallu au contraire agir
fois,
n'entreprendre d'abord
lenteur et circonspection,
succès
très-peu, et faire suivre les premiers
que
de plus grands. On
de moyens pour s'en procurer
quanet rassemblé une très-grande
avait engagé
d'avoir aucun plan formé ;
tité d'hommes avant
à la Guyane, sans
ces hommes étaient arrivés
ni abeût ni logemens préparés pour eux,
qu'ily.
les défrichemens, > sans qu'il y eût aubatis pour
les envois d'hommes et les
cune proportion entre tirer du pays, en vivres et
secours qu'on pouvait
à grands frais
il avait fallu apporter
en bestiaux; alimens de toute espèce, et une
d'Europe des
viandes salées) n'avaient
partie de ces alimens (les
de la
hâter la naissance et les progrès
servi qu'à
e
contagion:
transportés à la Guyane, se trouLes colons,
celle des habien deux classes ;
vaient partagés
on avait promis
de fonds, auxquels
tans porteurs
qu'ils
de terrain proportionnées,
des concessions
et celle des
devaient fairé valoir avec ses fonds;
qui n'avaient
simples ouvriers ou cultivateurs,
leurs bras, et qui, cependant, compporté que
d'un terrain.
taient aussi sur la propriété --- Page 290 ---
L E T T R E
La totalité des fonds était un trop faible objet
du nombre des simples ouvriers.
en comparaison
Pourqu'on pût imaginer de faire subsister ceux-ci
de salaires, il fallait donc aussi leur donner des
terres à défricher; et dès-lors ces hommes, OCcupés à la culture du terrain qui devait les
nourrir, ne l'auraient pas abandonné pour gagner
quelques salaires modiques. L'argent des porteurs
de fonds devait ainsi se trouver sans emploi,
et leurs concessions rester inutiles entre leurs
mains.
A chaque envoi d'hommes V'engorgement augmentait et les difficultés redoublaient. Embarrassé
de ceux qui descendaient à terre', et qu'il ne savait où placer, M. de Chanvalon avait pris le parti
laisser les derniers venus entassés sur quelques
4 de
avait appelés les Iles du
rochers stériles 2 qu'il
Salut. Ceuxqu'il avait déposés à Kourou n'étaient
moins resserrés. Cet entassement, les mauguère
la misère, 9 avaient produit des
vaises nourritures,
dont près de neuf mille
maladies contagieuses, 3
avaient été les victimes. La contagion
personnes
à l'ancienne colonie; élle
s'était communiquée
s'était répandue sur les habitans, sur Tes nègres,
et jusques sur les Indiens.
qui semAinsi, cette nombreuse population,
blait devoir du moins procurer à l'ancienne colod'un débouché facile pour ces dennie l'avantage
la misère, 9 avaient produit des
vaises nourritures,
dont près de neuf mille
maladies contagieuses, 3
avaient été les victimes. La contagion
personnes
à l'ancienne colonie; élle
s'était communiquée
s'était répandue sur les habitans, sur Tes nègres,
et jusques sur les Indiens.
qui semAinsi, cette nombreuse population,
blait devoir du moins procurer à l'ancienne colod'un débouché facile pour ces dennie l'avantage --- Page 291 ---
e
DE M. L) E CH. TURGOT.
rées, n'avait servi qu'à l'épuiser et à l'entraîner
dans la ruine commune.
il était éviDans des circonstances aussi tristes,
les
ferait en suident que toutes
opérations qu'on
le
vant l'ancien plan ne pouvait qu'augménter
e
désastre. Quand il n'y aurait eu d'autre obstacle
celui de la contagion, il devenait absolument
que nécessaire d'abandonner toutes les mesures prises
dans la Guyane de nouveaux habipour envoyer
une mort
tans, puisque * c'eût été les envoyer à
certaine ; il fallait donc travailler sur un
presque
se borner à sauver de la miplan tout différent,
sère les hommes échappés à la contagion., et à en
tirer le meilleur parti qu'il serait possible, pour
former quelques établissemens nouveaux et soutenirles anciens; ; se faire sur-tout un objet principal
et de la relever de
. de secourir l'ancienne colonie
afin de conserver du moins les anciens
ses pertes,
leur prospérité seule peut
établissemens, pulque
servir de base solideaux nouveaux, et fonder une
raisonnable de rendre utile au royaume
espérance
la fertilité de cette contrée et les productions précieuses que la nature y a prodiguées.
Je ne pouvais opérer seul ce changement de
plan et de mesures > qui exigeait un concert et
entre ce
je ferais
une correspondance parfaite
quej
dans la colonie et les ordres que vous donneriez CII
France. Il était indispensable que tout fut con- --- Page 292 ---
LI E T T R E
devais vous instruire de l'état
certé avec vous; je
idées
de la colonie, et vous proposer mes
pour
de
un parti définitif.
vous mettre en état prendre
à vous rendre de l'adminisLe compte que j'avais
n'était pas moins
tration antérieure à mon arrivée,
de
la colonie, puisqu'il s'agissalt
important pour
dont elle
faire cesser ou de perpétuer Toppression
était accablée.
moi de
Maintenant, Monseigneur, permettez
demander si vous pensez que je puisse vous
vous
lettre, tous ces détails d'une maprésenter, par
assez convaincante
nière assez nette, assez précise,
tous les doutes, toutes les incertitudes,
pourlever
les difficultés qui naissent en
pour prévenir toutes
locales et
foule de lignorance des circonstances
variation des récits : un seul fait mal explide la
le plan le mieux comqué suffit pour renverser assurément pas que vous -
biné, et je ne me flattais
sans ehen, à ma manière
vous en rapportericz,
toutlieu de craindre
de voir. J'avais, au contraire,
et les mesures
que mes opérations en Amérique, croisées par ce
je proposerais, ne fussent
que
Je voyais que, malgré
qu'on ferait en Europe.
lon avait
et ce que
toutes mes représentations,
des
appris des maux causés par T'engorgement savais
d'en
je
hommes, on : continuait
envoyer; hommes
combien Pembarras présent de garderces
était grand, et qu'on ne
à Saint-Jean d'Angely
, au contraire,
et les mesures
que mes opérations en Amérique, croisées par ce
je proposerais, ne fussent
que
Je voyais que, malgré
qu'on ferait en Europe.
lon avait
et ce que
toutes mes représentations,
des
appris des maux causés par T'engorgement savais
d'en
je
hommes, on : continuait
envoyer; hommes
combien Pembarras présent de garderces
était grand, et qu'on ne
à Saint-Jean d'Angely --- Page 293 ---
287.
D E M. LI E CH.TURGOT
apprécier en France, aussi exactepouvait pas
l'embarras plus grand enment que surles lieux, >
de les
de périr à Cayenne.
core
empêcher
combien votre façon de.
Je ne pouvais ignorer
savais que
à mon égard était changée; je
penser
m'étaient conmalgré l'étendue des pouvoirs qui
dont
malgré la délicatesse de la commission
fiés,
relativement à Fintendant, quoique
j'étais chargé
et même à le faire
je fusse autorisé à le destituer, >
comme
arrêter, je ne pouvais pas me regarder
assuré de la même confiance que vous m'aviez imj'avais senti l'effet des
autrefois témoignée;
données contre moi dans
pressions qu'on vousavait tintes
de jours avant
lés discours que vous me
peui
auriez été
J'avais cru voir que vous
mon départ.
me
fort aise alors de piquer ma sensibilité pour
remettre ma commission, et me
pousser à vous
été difficile si
prendre au mot 5 cela n'aurait pas
écouté
ma sensibilité;
n'avais, en effet, >
que
je
devoir e
me retinrent. Je vous avais
Thonneur. et le
si vous le
offert, au mois de févriér, de renoncer,
dans
de la Guyane,
jugiez utile, au gouvernement
où n'y ayant contre M. de Chanvalonque
un temps
susceptibles de doute, et que vous
des soupçons
de la mésintelpouviez ne pas adopter 2 le danger
natureldes chefs semblait vous conduire
ligence
choisir
des deux, mais je
lement à n'en
qu'un
L'état
n'étais plus dans les mêmes circonstances.
de févriér, de renoncer,
dans
de la Guyane,
jugiez utile, au gouvernement
où n'y ayant contre M. de Chanvalonque
un temps
susceptibles de doute, et que vous
des soupçons
de la mésintelpouviez ne pas adopter 2 le danger
natureldes chefs semblait vous conduire
ligence
choisir
des deux, mais je
lement à n'en
qu'un
L'état
n'étais plus dans les mêmes circonstances. --- Page 294 ---
L E T T R E
facheux de la colonie était connu ; si j'avais pu
T'abandonner, le public, qui aurait ignoré les
dégoûts que vous m'aviez fait essuyer, n'eût vu
et un découradans ma démarche qu'une légéreté
condamnable, etl'on' n'aurait pas manqué
gement
tous les malheurs de'la colonie.
de rejeter sur moi
le motif le
Mais Ces malheurs étaient pour moi
plus puissant de partir; j'aurais regardé comme
d'én laisser les habitans à la merci d'une
un crimé
administration suspecte ?. que ma retraite aurait
mis en liberté de tout oser. Je ne doutais même
les sollicitations de ceux qui craignaient
pas que
l'événement de l'examen dont vous m'aviez chargé,
n'eussent beaucoup influé sur la manière dont tvous
me traitiez alors; cette conjecture est devenue
j'ai vu une
pour moi une certitude, depuis que
e
lettre écrite à M. de Chanvalon, dans laquelle on
lui rendait compte de la dernière conversation que
vous aviez eue avec moi avant mon départ.!
les discours qui ont
Je n'ai pas non plus ignoré
été tenus dans le temps de mon embarquement,
aveclaquelle les mêmes personnes,
ni l'affectation
auraient tânt désiré que je ne fusse pas parti,
qui
à
dans le publie que je ne
cherchaient répandre
et s'efforçaient de faire regarvoulais pas partir, retards comme la cause des
der mes prétendus
n'avait
désordres de la colonie. Je savais qu'on
donner ces impressions au purien épargné pour
plus ignoré
été tenus dans le temps de mon embarquement,
aveclaquelle les mêmes personnes,
ni l'affectation
auraient tânt désiré que je ne fusse pas parti,
qui
à
dans le publie que je ne
cherchaient répandre
et s'efforçaient de faire regarvoulais pas partir, retards comme la cause des
der mes prétendus
n'avait
désordres de la colonie. Je savais qu'on
donner ces impressions au purien épargné pour --- Page 295 ---
Ci. TURGOT. 28g
DE M. LE
de
roi. J'avais pris mon parti,
blic, et même au devoir et de remplir ce qu'il
ne regarder que mon
dût m'en arriver; mais
quoiqu'il
me prescrivait,
assuré de toutes les
dans une pareille position 3
de vous, à
résistances qu'on opposerait auprès
fait ou proposé, j'ai cru plus
tout ce que j'aurais
de venir, sans délai, vous
que) jamaisindispensable
vu, de ce que
rendre compte de ce que j'avais
avait
qu'ily
j'avais fait, et de ce que je pensais
à faire.
d'imaginer que;
Avais-je tort, Monseigneur, à craindre de la
pendant mon absence, j'avais tout
manière dont vous me jugeriez? et croyez-vous
à mon arrivée P'ordre que vous
qu'en apprenant
mon rappel, , j'ai pu ne
aviez fait expédier pour
vous instruire de la
m'applaudir d'ètre venu
pas
vérité?
la faire
surement conC'était pour vous
plus
aussi avec
cru devoir amener
naître que j'avais C'était, je ne, le dissimule pas, 2
moi M. Morisse.
je craim'armer, contre la prévention que
pour
lumières et des connaissancesgnais, et de ses
dans le
avait recueillies pendant son séjour
qu'il
administré; enfin, de la confiance
pays qu'il avait
sa probité devait vous inspirer.
que
vrai
m'étais trop flatté en espérant
Il est
que je
s'il doit être infrucce fruit de mon voyage 3 mais
l'événement, je n'aurai pas, du moins,
tueux par
armer, contre la prévention que
pour
lumières et des connaissancesgnais, et de ses
dans le
avait recueillies pendant son séjour
qu'il
administré; enfin, de la confiance
pays qu'il avait
sa probité devait vous inspirer.
que
vrai
m'étais trop flatté en espérant
Il est
que je
s'il doit être infrucce fruit de mon voyage 3 mais
l'événement, je n'aurai pas, du moins,
tueux par --- Page 296 ---
29o
L E T T R E
de.reproches à m'en faire. Vous êtes persuadé
je n'ai rien d'utile à vous dire, et vous m'avez que déclaré trop nettement que vous n'aviez pas besoin
de mes projets pour que je puisse insister : je n'ai
pas le droit d'exiger que vous m'écoutiez, si ce
n'est pour me justifier lorsque vous m'accusez.
Avant de partir de la colonie, j'ai tâché de
mettre dans son administration tout l'ordre qu'il
était"possible d'y établir 2 après le désordre
avait
quiy
régné; j'aipris toutes les mesures que le local
etles cirçonstances permettaient pour faire distribuer le reste des colons sur différens terrains,
aussitôt que'la saison des pluies serait passée, etj'ai
chargé des officiers de confiance de présider à
cette distribution dans chaque canton, conformément aux arrangemens que j'avais pris, de concert
avec M, Morisse et les principaux officiers de la
colonie. M. de Behague, et, à son défaut, M.de
Fiedmont, devaient commander en mon absence;
etj j'avais chargé de faire les fonctions d'intendant,
dans l'absence de M. Morisse, M. Macaye,
procureur-général du conseil supérieur, homme sage,
et qui ala confiance des habitans : ces personnes
sont très-capables de faire tout ce que l'état actuel
de la colonie exige. Ainsi, j'étais assuré qu'elle ne
souffrirait point de mon éloignement, et je devais craindre, au contraire, que la prolongation
de mon séjour ne lui devint funeste par l'incerti-
dans l'absence de M. Morisse, M. Macaye,
procureur-général du conseil supérieur, homme sage,
et qui ala confiance des habitans : ces personnes
sont très-capables de faire tout ce que l'état actuel
de la colonie exige. Ainsi, j'étais assuré qu'elle ne
souffrirait point de mon éloignement, et je devais craindre, au contraire, que la prolongation
de mon séjour ne lui devint funeste par l'incerti- --- Page 297 ---
M. L E CH. TURGOT. 291
DE
et les fausses metude du plan qu'on adopterait,
en France.
continuerait de prendre
à la
sures qu'on
de n'avoir rien fait
Vous m'avez reproché
avoir fait quelque
colonie. Je crois pourtant y était possible d'y :
chose, et même tout ce qu'il
réussir à subsfaire dans la circonstance. Sijai pu parties de l'adtituer l'ordre dans les différentes
régnait,
à lexcès du désordre qui inutile. y
Le
minjstration
crois
avoir fait un voyage
je ne
pas
de vous prémémoire que nous-a avons eu T'honneur indiquait pluM. Morisse et moi, vous
senter,
communes; car je ne fais
sieurs de nos opérations
fait sur
difficulté d'avouer que tout ce quejai
le
pas T'administration a été autant son ouvrage que déserions entrés dans de plus grands
mien. Nous
voulu nous écouter, et nous nous
tails si vous aviez
désirerez.
livrerons quand vousle
n'avais
y
sur-tout insisté sur ce que je
Vous avez
vous m'avez fait ce'
point été à Kourou; lorsque doute, que je n'ai
reproche; vous ignoriez, sans la colonie sans être
plus d'un mois dans
pas passé
dont presque
atteint de la maladie contagjeuse,
attaquée,
toute ma maison a été successivement
douze
sur vingt; qu'à
et qui en a enlevé
personnes flux de sang et une
maladie ont succédé un
cette
treslgnguinsante,@uis ne pouvaient
convalescence
de voyager. dans une saison
guère me permettre J'aurais fait Timposiblepour
aussi peu favorable.
sans la colonie sans être
plus d'un mois dans
pas passé
dont presque
atteint de la maladie contagjeuse,
attaquée,
toute ma maison a été successivement
douze
sur vingt; qu'à
et qui en a enlevé
personnes flux de sang et une
maladie ont succédé un
cette
treslgnguinsante,@uis ne pouvaient
convalescence
de voyager. dans une saison
guère me permettre J'aurais fait Timposiblepour
aussi peu favorable. --- Page 298 ---
29a
L E T T R E
allerà Kourou,s sij'eusse
absolument
regardé ce voyage comme
nécessaire, mais je n'en avais
soin pour constater des faits
pas betrop Hotoires, et sur
lesquels les procès-verbaux qui ont été dressés
laissaient aucun doute. La saison
ne
pas de faire aucun établissement ne permettait
et,
dans lés terres 5
quantàl'objet de connaître le pays, le
de Kourou ne
voyage
m'auraifpas plus instruit
de toute autre partie de Ia
que çelui
Guyane.
Quelque désir que j'eusse de satisfaire, à cet
égard, ma curiosité, le
maladie
temps que me laissait la
m'était trop nécessaire pour les
tions forcées auxquelles j'étais
de occupaobligé me livrer;
enfin, j'ai cru le mieux employer.
Vous avez continué de nous blâmerd'avoir renvoyé des bâtimens chargés d'hommes et de vivres,
quoique nos raisons fussent expliquées dans le mémoire que nous vous avons remis, M, Morisse
ces raisons sont d'une évidence telle
etmoi;
rien
queje ne puis
yajouter, et que je suis forcé de me borner à
vous répéter que les hommes ont été renvoyés
ne les pas livrer à la contagion, quien eût enlevéla pour
plus grande partie, et queleur nombre aurait
core augmenté; et qu'àl'égard des vivres, la dimi- ennution qu'avait faitla mortalité dans le nombre des
hommes les rendant superflus, ils se seraient nécessairement corrompus Si nous les eussions gardés à
Cayemne, et ils auraient été perdus pour le roi.
forcé de me borner à
vous répéter que les hommes ont été renvoyés
ne les pas livrer à la contagion, quien eût enlevéla pour
plus grande partie, et queleur nombre aurait
core augmenté; et qu'àl'égard des vivres, la dimi- ennution qu'avait faitla mortalité dans le nombre des
hommes les rendant superflus, ils se seraient nécessairement corrompus Si nous les eussions gardés à
Cayemne, et ils auraient été perdus pour le roi. --- Page 299 ---
DE M. LE CH. TURGOT. 293
On m'a fait un crime des passe-ports que j'ai
des habitans qui ont voulu revenir
donnés à ceux
retenus? Conen France : pourquoi les aurais-je faire le bien de
descendre à leurs désirs, c'était
le nombre des
la colonie; c'était, en diminuant
diminuer le danger de la contagion et
hommes,
ces hommes
la difficulté de les placer. D'ailleurss
étaient-ils esclaves? et n'aurait-ce pas été me
du dernier degré de tyrannie et
rendre coupable de les forcer de rester dansun
d'inhumanité que
de fortune,
pays oà ils n'avaient plus d'espérances
partie avaient perdu leur santé,
où la plus grande
leur mettaient à
et où les ravages de la contagion
chaque instant sous les yeux l'image de la mort,
la frayeur et le désespoir eussent rendus presque
que infaillible?
l'avoue, prévoir que ces malOn pouvait, je
heureux, de retour en France, en racontant ce
avaient souffert et les mauvais succès de la
qu'ils
faire porter au public un jucolonie, pourraient
fàcheux sur l'entreprise de Cayenne;j'en
gement d'autant
affligé, que le malheur quejai
suis
plus
l'exécution,
d'être
chose dans
eu
pour quelque
m'expose à partager le-désagrément de ces murmures 5 mais c'est un inconvénient inévitable:
Quandjfaurais été l'auteur du projet, quand toutes
les fautes qui ont été commises, et les malheurs
qu'clles ont entrainé, auraient été mon ouvrage, --- Page 300 ---
L E T T R E
n'aurais pas voulu couvrir mes fautes par un
je
mille fois
et forcer des misécrime
plus grave,
rables à rester au milieu de la contagion pour les
de rendre témoignage contre moi; mais
empêcher
me rendent justice et qu'ils ne
je me flatte qu'ils
m'attribuent pas leurs malheurs."
une imputation sur laquelle je dois
Il est encore
j'ai,
: c'est l'excès des dépenses que
me justifier
à la colodit-on, ordonnées pendant mon séjour
nie Comme cette imputation nous est commune 2
à M. Morisse et à moi, nous nous justifierons tous
deux, et nous n'en serons point embarrassés;
article de dépense sera discuté en partichaque
me contenterai de vous
culier; en attendant, je
orobserver que dans les sommes de dépenses
notre administration, il y en a
données pendant
ily en a qui ne
dont nous ne pouvons répondre;
travaux
le
de marchés ou de
sont que paiement Chanvalon; d'autres ont
faits du temps de M. de
commencées
été des suites néconairend'opérations
entrelui, que nous n'aurions peut-être pas
par
mais
nous ne pouvions nous dispenser
prises,
que
nous sont
Quant aux dépenses qui
de continuer.
nous nous réservons de vous prouver,,
propres, article, qu'il n'en est aucune qui n'ait
article par
par la justice, ou
été dictée par la nécessitéson
mot sur un
Phumanité. Je n'ajouterai qu'un
par
c'est le supplément
point qui m'est persounel,
ations
entrelui, que nous n'aurions peut-être pas
par
mais
nous ne pouvions nous dispenser
prises,
que
nous sont
Quant aux dépenses qui
de continuer.
nous nous réservons de vous prouver,,
propres, article, qu'il n'en est aucune qui n'ait
article par
par la justice, ou
été dictée par la nécessitéson
mot sur un
Phumanité. Je n'ajouterai qu'un
par
c'est le supplément
point qui m'est persounel, --- Page 301 ---
DR M. L E CH. TURGOT. 295
j'ai accordé aux officiers. Je
d'appointemens que
de ce qu'illeur
ne l'ai fait que sur la comparaison
vivre
coûtait chaque jour à Tauberge, pour
en
ce
retiraient de
avec
qu'ils
tres-mesquinement,
le roi ne les avait pas
leur paie; j'ai cru que
réduire à mourir
envoyés à Cayenne pour les
de faim.
les différens
Je crois avoir à-peu-près parcouru
finirai
m'ont été faits ; je
objets de reproches qui
que je
d'apologie en vous rappelant
cette espèce
de
désiré la place de - gouverneur
n'ai point
m'avez cherché pour me
Cayenne; c'est vous qui
cédant à vOS
Poffrir; je ne l'ai acceptée qu'en
reninstances;j'y étais si peu attaché, qu'en vous
au mois de février 1764, des predant compte >
M. de Chanvalon, et en vous
miers soupçons sur
de remettre
priant de les vérifier, je vous proposai
bien
si vous le jugiez utile au
le gouvernement,
tout ce
du service, et de remettre en même temps
reçu du roi. D'après cela, Monsieur,
que j'avais
fait des fautes, j'ose dire que vous
quand j'aurais
de m'en faire les mêmes
ne seriez pas en droit
vous feriez à tout autre 5 j'aurais
reproches que
m'avez-vous choisi?
toujoursà vous dire, pourquoi
m'avez-vous fait quitter ma tranquillité
Pourquoi faire
une place dont j'étais inpour me
prendre
capable et que je ne désirais pas ? Vous pouvez, 2
Monsieur, m'avoir jugé trop avantageusement du
fautes, j'ose dire que vous
quand j'aurais
de m'en faire les mêmes
ne seriez pas en droit
vous feriez à tout autre 5 j'aurais
reproches que
m'avez-vous choisi?
toujoursà vous dire, pourquoi
m'avez-vous fait quitter ma tranquillité
Pourquoi faire
une place dont j'étais inpour me
prendre
capable et que je ne désirais pas ? Vous pouvez, 2
Monsieur, m'avoir jugé trop avantageusement du --- Page 302 ---
L E T T R E
côté des talens; de tout autre côté je crois être
fautes j'auconnu; au surplus, j'ignore qu'elles
rais commises. Quand j'aurais eu les plus grands
talens, la position ouj'ai trouvé la colonie m'aurait empéché de rien entreprendre de difficile, et
je suis persuadé que pour y faire tout ce que les
circonstances permettaient, il suffisait d'avoir du
zèle et les intentions droites.
Cette lettre est devenue insensiblement un mémoire justificatif très -long; je suis bien faché
d'avoir été obligé de me livrer à des détails qui
et
ne sont pas
vous ennuieront peut-être,
qui
moi ; mais je dois à moimoins désagréables pour
même et à ma famille de réclamer dela manière
la plus forte contre des imputations injustes; je me
en silence d'être traité
dois de ne pas supporter
comme sij'étais coupable.
Vous m'avez déclaré que je n'étais plus gouver-.
neur de la Guyane. Puisque je n'ai point désiré
encore moins la regretter; je
cette place, je puis
le roi
n'aurais retourné à la colonie qu'autant que
nécessaire pour le bién de son serl'aurait jugé
est bien
vice, et ce queje viens d'éprouver
propre
à faire renaître mon goût pour la vie tranquille.
si en changeant de vues sur la colonie
Au surplus;
cessiez de la regarder comme
de la Guyane, vous
entretenir un
un objet assez considérable pour y
et un intendant sur le même pied que
gouverneur
le roi
n'aurais retourné à la colonie qu'autant que
nécessaire pour le bién de son serl'aurait jugé
est bien
vice, et ce queje viens d'éprouver
propre
à faire renaître mon goût pour la vie tranquille.
si en changeant de vues sur la colonie
Au surplus;
cessiez de la regarder comme
de la Guyane, vous
entretenir un
un objet assez considérable pour y
et un intendant sur le même pied que
gouverneur --- Page 303 ---
DE M. L E CH. TURGOT.
coloniess je serais fort loin de
"dans les autres
dans le
d'adblâmer cette économie; et
plan
nous devions vous présenter ,
ministration que
aurions été les premiers
M, Morisse et moi, nous
la suppression de toutes dépenses
à vous proposer
nécessaire.
qui n'ont pas été absolument
de
de
Iln'est nullement dans ma, façon penser
désirer des grâces que je ne croirais pas mériter
des services vraiment utiles; c'est par une
par
dès les premiers
suite de cette disposition que
j'ai eu Phonneur de vous
temps de mon arrivée,
la
de
de
pension
dire que je ne profiterais pas
le
douze mille francs dont vous m'aviez'envoyé
ne sache le respect
brevet; non qu'assurément je
de la
avec lequel on doit recevoir les marques
bienveillance du roi; mais parce que n'ayant pas
bonheur de réussir à établir la colonie de la
eu le
Guyane, je n'ai pu lui rendre un service proporMon objet était aussi,"
tionné à cette récompense.
faciliter les
en remettant cette pension, de vous
de récompenser, sans augmenter les. démoyens
qui ont besoin des bontés
penses, des. personnes
en rendant les serdu roi, et qui les ont méritées
vices les plus réels à la colonie, en mème-temps
croirais mie donner un titre de plus pour vous
je
leur faveur: ces personnes sont M: de
solliciter-en. M. Morisse, M. Fiedmont, M. de MaBehague,
et
du conseil-supérieur,
caye, procureur-général
--- Page 304 ---
L E T T R E.
en chef. La marque la plus
M. Baron, ingénieur
de sa satisprécieuse que le roi peut me donner
faction, serait de leur partager la pension que
bontés m'avaient destinée ; mais j'avoue qu'ils
ses
lobtenir à titre de justice.
doivent encore plus
semblez
Je reviens à la révocation que vous
annoncée. Comme je suis fort loin de
m'avoir
être
l'avoir méritée 2 comme elle ne pourrait
de ma conduite,
fondée que sur la désapprobation
comme elle paraissait, de votre part, uneapprobation tacite de toutesles fausses imputations qu'on a
détruites dans cette lettre,
répandues, et quéj'ai
m'empêcher, Monseigneur, de vousprier
jene] puis
sur cet article, et
de vouloir bien vous expliquer
de façon, à lever tout nuage.
sur ma conduite,
dire,et vous vous devez à
Vous me "devez,j'ose.lo
fausses,
vous-mème, de démentir des inculpations
la manièré dont vous m'avez reçu paauxquelles
raitrait donner du poids.
Je conçois tout le chagrin qu'a pu vous causer
malheureux succès d'une entreprise dont vous
ce.
considérables pour
aviez espéré des avantages
mais
ai été aussi affligé que vous 5
je
l'état ; j'en
je ne suis ni l'aune dois pas en souffrir, puisque
succès, le
du
ni la cause du mauvais
teur projet,
queje fusse nommé.
projet était formé avantmême
j'ai touQuant au mauvais succès, vous savez que
réclamé contre ces envois d'hommes multijours
succès d'une entreprise dont vous
ce.
considérables pour
aviez espéré des avantages
mais
ai été aussi affligé que vous 5
je
l'état ; j'en
je ne suis ni l'aune dois pas en souffrir, puisque
succès, le
du
ni la cause du mauvais
teur projet,
queje fusse nommé.
projet était formé avantmême
j'ai touQuant au mauvais succès, vous savez que
réclamé contre ces envois d'hommes multijours --- Page 305 ---
DE M. LE CH. TURGOT,
Je dois même à M. de Chanvapliés et précipités
vous a aussi fait des
lon' la justice de dire qu'il
ait à se
à cet égard, quoiqu'il
areprésentations
toujours tenu le même
reprocher de n'avoir pas
exaclangage, et de ne vous avoir pas instruit plus dans
de l'état des choses depuis son arrivée
tement
la colonie.
même de M. de Chanvalon,
Al'égard du choix
contribuer
pas
j'ai pu y
je ne disconviendrai
rendis-de que
lui à MM. Trupar le témoiguage que je
sollicitait Pintendaine et Chauvelin, lorsqu'il
dance de la Guadeloupe; mais je ne l'ai présenté
homme
: je n'ai point réque comme un
d'esprit
vécu
pondu de son caractère - > n'ayant jamais
intime, et vous pouvez
avec lui dans une société
informé, des
prendre, pour en être exactement
je n'avais pas. Aussitôt que j'ai eu
moyens que
s'élevaient sur sa
connaissance des soupçons qui
vis-à-vis des concessionnaires, je vous en
conduite
ai instruit comméje le devais.
facile de
ces faits, et j'ai
Il me sera
prouver
d'intérêt à ce que la vérité soit connue 2 pour
trop subsister le moindre doute, à cet égard,
laisser
de ma conduite. L'honneur me
sur aucune partie
tous les moyens posfait un devoir d'employer
lès fausses impressions qu'on a
sibles pour dissiper
est en dreit de
cherché à répandre, et ma famille
n'ai voulu faire
l'exiger de moi. Cependant, je
et j'ai
Il me sera
prouver
d'intérêt à ce que la vérité soit connue 2 pour
trop subsister le moindre doute, à cet égard,
laisser
de ma conduite. L'honneur me
sur aucune partie
tous les moyens posfait un devoir d'employer
lès fausses impressions qu'on a
sibles pour dissiper
est en dreit de
cherché à répandre, et ma famille
n'ai voulu faire
l'exiger de moi. Cependant, je --- Page 306 ---
500 LETTRE DE M. LE CH. TURGOT.
jusqu'ici aucune démarche pour, majustification,
et j'ai voulu l'attendre de vous seul; j'ai espéré
que le temps et l'examen vous feraient revenir de.
vOS premières idées, 2 et je l'espère aujourd'hui
plus que jamais.
Je suis avec respect, etc.
F IN. --- Page 307 ---
T
A' B
L
E
D ES S MA TIÈI RES.
invasions dans ce pays, elle fut
'Acari Après plusieurs
Canada, par le Traité aA
rendue aux Français, ainsi quele
de Riswick , pag. 41.
en 1707,
Les Anglais reprennent cette province
cette
Cession que leur fit la France de toute
pag. 42.
ib. Ils profitent de cette
péninsule et de ses dépendances, établissemens de ia
cession pour s'emparer des autres
France, ib.
-
Situation de
Agniers. Lac auquel ils donnent leurs noms.
leurs pays, pag. 79.
considé- e
Agriculture (") mérite à juste titre les premières
des
rations, pag. 244. A tiré beaucoup de ressources' ib. Ce
travaux des naturalistes qui s'en sont occupés,
qui contribue à sa perfection, ib.
avoir été tiré
Alenguir, élevé sur le trône Mogol après
de sa prison, pag. 204.
aux FranAlgonquins. Peuple Canadéen qui se soumet
çais, pug. 43.
de concilier
e
Amérique septentrionale. Moyens praticables
la France et T'Angleterre sur leurs limites respectives
100. Exposition de ces moyens >
dans cette partie 2 pag.
pag. 103.
inutiles, tentées pour détacher les
Anglais. Séductions de leur alliance avec la France, pag. 53, 54.
Iroquois
Invasion sur TOhio,
les
de la LouiLeur projet de chasser
Français
siane, pag. 58.
Origine de leurs établissemens dans T'Amérique
septentrionale, pag. 63.
'Angleterre sur leurs limites respectives
100. Exposition de ces moyens >
dans cette partie 2 pag.
pag. 103.
inutiles, tentées pour détacher les
Anglais. Séductions de leur alliance avec la France, pag. 53, 54.
Iroquois
Invasion sur TOhio,
les
de la LouiLeur projet de chasser
Français
siane, pag. 58.
Origine de leurs établissemens dans T'Amérique
septentrionale, pag. 63. --- Page 308 ---
TABLE DESNATIERES
Angleterre. Ses prétentions et "titres sur une partie du Canada, pag. 63.
la cession de PAPays qu'elle réclame avec
cadie. Fausseté de ses prétentions 2 pag. 65. "
Ses titres et prétentions sur la partie occiden-.
tale et méridionale du Canada, pag. 6g.
Titres et prétentions des Anglais sur la Louisiane; pag. 75. Fausseté de leurs prétentions, puisque
la France en était en possession dix-sept ans avant eux,
pag. 74.
à la Louisiane sur
Elle fonde ses prétentions
des hangards de traite et factoreries établies chez trois
nations. Fausseté de ces prétentions 3 pag. 75.
Développement du pays dont elle réclamait la
Position des cinq cantons iroquois, et de
propriété.
letrs établissemens, pag. 78.
(Monts-). Anciennes limites des possessions
Apalaches
pag. 6g.
anglaises dans TAmérique septentrionale,
Arcaite ; par qui fut établi son premier faussedar, pag.210.
Ses faussedars affectaient l'indépendance et se
donnèrent des titres qui ne leur étaient pas dus, pag. 222.
réunit toujours le plus de pouAsie Sa police générale
voir sur la même tête, pag. 220.
recevoir de
Aresjacques, titre le plus sublime qu'on puisse
du
du Grand-Mogol, pag- 204- Nom
la magnilicence
premier ministre de Salomon, ib.
facilité d'en former une dans lIndostan, en quelArmée 3
ques semaines, pag. 201. condamné à la mort; comAsgill, jeune officier. anglais
ment il fut sanvé, pag. xvj, xvij.
le trône
Aureng-Zeb, adoré pendant cinquante ans sur
213. Ses crimes, ses caprices; sa sévédes Mogols, pag.
rité, pag. 214.
- Nom
la magnilicence
premier ministre de Salomon, ib.
facilité d'en former une dans lIndostan, en quelArmée 3
ques semaines, pag. 201. condamné à la mort; comAsgill, jeune officier. anglais
ment il fut sanvé, pag. xvj, xvij.
le trône
Aureng-Zeb, adoré pendant cinquante ans sur
213. Ses crimes, ses caprices; sa sévédes Mogols, pag.
rité, pag. 214. --- Page 309 ---
MATIÈRES 503
TABLE DES
règnant au nom de son maître, p. 194.
Balagiraou, maratte
détacher les Iroquois
Belomont. Ses tentatives inutiles pour alliance avec la France,
autres nations de leur
et cinç
pag.49belle situation, est T'Athènes de
Benarès (la villede), sa élève la jeunesse, , p. 225, 226.
l'Inde; manière dont on y
des colons, manque
Bétail (le) mécessaire à la nourriture
pag. 234française de Saint-Domingue, >
dans la partie
à la restiBoston. Acte passé dans cette ville, relativement
tution du Canada aux Français, pag4o. 64.
Fondation de cette colonie, pag. les plantes ;
censure qu'il doit exercer envers
Botaniste, >
sévère sur leur usage, pag. 245.
doit porter un jugement
fait la découverte de Tmérique sepCabot ( Sébastien)
tentrionale, pag. 64.
Cabral découvre le Brésil, pag. 120. du fleuve Saintfait la découverte
Cartier (Jacques), qu'il arrose, pag. 120.
Laurent et du pays
et recession qu'ils ear
Canada pris par les Anglais 2 reprise nouvelle de ce pays, sous
firent , pag. 38. Division restitution quel les Anglais
Louis XIII, pag. - 3g. Nouvelle
ib.
dans 'le Canada, pag.
firent aux Français
de Riswick, p.41.
Rendu aux Français parletraité
fortifiés par
Différens forts et postes élevés' ou
les Français, pag:47. à l'Acadie le nom que cette péninChamplain. Il donne
36. Fonda la ville de Quésule porte aujourd'hui, pag.
bec et Port-Royal, pag. 37. Natchés. Ils massacrent
Chappart; sa conduite chez les
152.
Destruction horrible de ce peuple, P.
les Français.
de former daus
Chanvalon. Vice du projet qu'il proposa
la Guyane une colonie de blancs, pag-a5g
postes élevés' ou
les Français, pag:47. à l'Acadie le nom que cette péninChamplain. Il donne
36. Fonda la ville de Quésule porte aujourd'hui, pag.
bec et Port-Royal, pag. 37. Natchés. Ils massacrent
Chappart; sa conduite chez les
152.
Destruction horrible de ce peuple, P.
les Français.
de former daus
Chanvalon. Vice du projet qu'il proposa
la Guyane une colonie de blancs, pag-a5g --- Page 310 ---
504 / TABLE DES MATIÈRES
Chanvalon; sous quel rapport on peut lui imputer les.
des calamités de la nouvelle colonie
causes générales
commencée à la Guyane, pag. 272.
Chérakis. Traité et alliance de cette nation avec les Anglais, pag. 60.
sud des Illinois et de
Leur pays, et situation au
TOhio, pag. 95.
découvrir dans l'ile SaintCochenille (la) pourrait se
Domingue et dévenir l'objet d'une étude sérieuse pour
un naturaliste, pag 238.
fit la
Colomb ( Christophe). Etat de l'Europe, lorsqu'il
découverte du Nouveau-Monde, pag. 116.
Colonie ( une) ) ne peut être cultivée avec des hommes
libres à aussi peu de frais qu'avec des esclaves,pag. 261.
soutenir une grande exIl est impossible qu'on y puisse
ploitation avec des hommes libres, ib.
comment elles se sont peuplées, et
Colonies anglaises ;
des richesses
sont devenues une des principales sources
de la nation anglaise, pag. 262.
Colonie nouvelle à la Guyane; en quoi péchait son systême, relativement au partage de ceux qui devaient y
passer, pag. 263 et suiv.
de la métroColons (les) ne peuvent acheter les denrées
qu'avee leur revenu, pag. 259. Ce revenu ne peut
pole
de la vente des denrées de la colonie, ib.
provenir que
et 260.
beaucoup aux recherches qu'un
Commerce (le) gagnerait
naturaliste ferait à Saint-Domingue, pag. 237d'Occident ; elle favorise les invasions des
Compagnie.
dans l'espérance de s'en dédommager parle
Espagnols,
commerce > pag. 148.
détails relatifs à leur expédition à la Guyane,
Convois ;
pag. 270, 271,
peut
pole
de la vente des denrées de la colonie, ib.
provenir que
et 260.
beaucoup aux recherches qu'un
Commerce (le) gagnerait
naturaliste ferait à Saint-Domingue, pag. 237d'Occident ; elle favorise les invasions des
Compagnie.
dans l'espérance de s'en dédommager parle
Espagnols,
commerce > pag. 148.
détails relatifs à leur expédition à la Guyane,
Convois ;
pag. 270, 271, --- Page 311 ---
MATIÈRES 505.
TABLE DES
fléaux attachés à la situation politique de sa
Coromandel;
côte, pag.219.
dans les
sa grosseur est une chose très-distinguée
Corps ;
de chose quand on n'a pas
Indes, pag. 202. Elle est peu
l'avantage de se faire peser > ib.
Corse. Mémoire sur cette ile, pag." 243.
rien refusé de ce qui peut
La nature ne lui a presque
243.
contribuer à T'étendue de ses productions, pag.
d'observations qui n'a pas encore
Est un vaste champ
été défriché, ib.
ressource pour ses C
L'état peut y trouver une grande
constructions maritimes, pag.246.
dont le
Serait susceptible de cultures étrangères,
pas de l'enrichir, pag. 246,247succès ne manquerait
249Est riche en minéraux de toute espèce, pag.
ne sont point assez conLeur qualité et leur quantité
nues, ib.
d'observations météoAvantages d'un établissement
rologiques dans cette île, pag. 250, 251.
la
Coton du Levant ; sa culture peut être entreprise dans
Corse , pag. 247.
concession qui lui est faite
Crozat. Lettres-patentes, > ou
Ses fautes. Recession de son privilège,
de la Louisiane.
pag. 141.
(les) ont été utiles à T'Etat , pag. 246.
Défrichemens
naturalisé dans les Etats de
Despotisme (le) est comme
T'Asie, pag. 214.
de la Louisiane, au nom du
Diberville. Prend possession
fait passer et forts qu'il
roi de France. Habitans qu'ily
y établit, pag. 57.
133 à 140.
Son expédition, pag.
253.
(Saint-). Mémoire sur cette ile,
Domingue
--- Page 312 ---
TABLEDES MATIÈRES
Domingue (Saint-) ; améliorations dont cette ile est
susceptible dans la partie française 2 pag. 233 et suiv.
Différence entre la partie française et la partie
espagnole de cette ile , quand à la multiplication en
bétail, pag.234. Motifde cette différence, ib.
Ebar; par quels degrés il parvint à monter au trône mogol,
pag. 210..
Empereur Mogol; sa puissance, ses droits; respect qu'on
porte à l'ombre de son autorité, pag. 211.
Empire mogol, cause de sa ruine, pag. 216.
Epiceries (les) devraient être introduites dans la partie
française de Saint-Domingue, pag. 237.
Esclaves ; leur travail est nécessaire pour assurer promptement à la métropole les retours d'un riche commerce,
pag. 25g.
Espagnols. Ils reprennent la baie de Saint-Louis et bâtissent Saint-Fernando, pag. 146. Leur conduite, constamment tyrannique dans le Nouveau-Monde, avec les
sauvages, pag. 147.
Espagnols de l'ile Saint - Domingue plus portés que les
Français aux détails de la vie pastorale, pag, 254.
Forces ; importance de leur conservation reconnue dans
tous les temps ) pag. 246. Leur pombre et leur étendue
ont, depuis quelque temps, beaucoup diminué en
France, ib.
Fossiles, > proprement dits ; leur connaissance ne doit pas
être négligée; à quoi peut servir leur inspection, p. 250.
France. Ses droits sur la partie occidentale et méridionale
du Canada. Discussions qui en furent la suite, pag.4 45.
Garendikan dépose l'empereur de l'Indostan, pag. 204.
Gomie élastique (la) est employée utilement parles arts,
étendue
ont, depuis quelque temps, beaucoup diminué en
France, ib.
Fossiles, > proprement dits ; leur connaissance ne doit pas
être négligée; à quoi peut servir leur inspection, p. 250.
France. Ses droits sur la partie occidentale et méridionale
du Canada. Discussions qui en furent la suite, pag.4 45.
Garendikan dépose l'empereur de l'Indostan, pag. 204.
Gomie élastique (la) est employée utilement parles arts, --- Page 313 ---
MATIÈRES. 507
TABLE DES
servir à la fois à
la chirurgie, etc. pag. 237. Pourrait
ib.
physiques et médicinaux,
des usages économiques,
étaient dans leurs instituGouverneurs indiens ; ce qu'ils
tions primitives, pag. 220.
dans celui des Iroquois
Goyogoins. Pays qu'ils occupent
dont ils font partie, pag. 78.
ou
inconnne dans l'ile Saint-Domingue,
Greffe(la) est
n'y est pas pratiquée, pag. 236.
donne à boire aux
Galior, prison de Dély; ce qu'on y
205.
les faire mourir insensiblement, pag.
détenus pour
d'une nouvelle coloGuyane. Mémoire sur l'établissement
nie qu'on y avait commencé, pag. 257.
d'une nouSon climat peu favorable au transport
velle peuplade d'hommes, pag. 265.
Contagion dans ce pays; unedes ses causes, p.268.
des terrains y est couverte
Une grande partie
269.
plus de la moitié de l'année > pag.
d'eau pendant
qu'ils ont découvert dans T'Amérique
Hollandais. Pays
septentrionale, pag. 6g.
par le beurre,
Huile, diflicile à remplacer en Amérique
pag. 238.
ce que ce môt signifie, pag. 191, 199.
Jacquidar ;
Chicachas et Cascaquias; leurs sourJazons (Rivière des),
dans IOhio, p.9 9o.
leurs cours, leurs embouchures
ces, >
avec cette nation; forts
Illinois. Alliance des Français
établis sur leur territoire, pag. 56.
qu
des ). Ses sources, son cours; peuples
Illinois (rivière
89.
habitent les pays qu'elle traverse , pag.
Leurs fonctions à Dély, , pag. 200.
Imbras (les).
prodigieuse de beurre
Indiens (les) boivent une quantité
202,
de T'embonpoint , pag.
fondu pour gagner
9 9o.
leurs cours, leurs embouchures
ces, >
avec cette nation; forts
Illinois. Alliance des Français
établis sur leur territoire, pag. 56.
qu
des ). Ses sources, son cours; peuples
Illinois (rivière
89.
habitent les pays qu'elle traverse , pag.
Leurs fonctions à Dély, , pag. 200.
Imbras (les).
prodigieuse de beurre
Indiens (les) boivent une quantité
202,
de T'embonpoint , pag.
fondu pour gagner --- Page 314 ---
TABLE DES MATIÈRES
Indostan Enumération de ses ennemis domestiques,
pag. 197.
La source des troubles et des divisions continuelles qui l'agitent, pag. 201.
La plus belle place de cet empire > pag. 206.
Revenu de cet empire; erreur de quelques auteurs au sujet de celui de l'empereur, pag. 208.
Les terres n'y sont possédées que d'une manière
précaire, pag. 212.
Sa description géographique, pag. 216 et suiv.
Introduction du mémoire sur la Louisiane, pag. xxj.
Iroquois. Conquétequ'en fit la France, et leur résistance,
pag. 46.
Paix avec cette nation ; succès des Français et
les forts qu'ils élèvent dans le Canada,
pag. 47Ils se soulèvent, à la sollicitation de l'Angleterre,
contre la France, pag. 48. Ils font la paix et se séparent
de l'Angleterre, pag. 49Assemblée de ce peuple et de diverses autres
nations pour consolider la paix avec la France, pag. 50.
Jonction de plusieurs de leurs cantons avec les
Anglais pour attaquer Montréal, pag. 51.
Protestation qu'ils firent contre la cession
due de leur
prétenpays faite par la' France à T'Angleterre,
pag. 52.
Traitéset ventes qu'ils font avec les Anglais; prétentions de ces derniers, tirées de ces actes illusoires et
frauduleux, pag, 70.
Leurs, limites et position de leur pays ; rivières
qu'il comprend, pag. 78.
1slets du Salut (les) atteints d'une maladie
contagieuse )
pag. 257.
firent contre la cession
due de leur
prétenpays faite par la' France à T'Angleterre,
pag. 52.
Traitéset ventes qu'ils font avec les Anglais; prétentions de ces derniers, tirées de ces actes illusoires et
frauduleux, pag, 70.
Leurs, limites et position de leur pays ; rivières
qu'il comprend, pag. 78.
1slets du Salut (les) atteints d'une maladie
contagieuse )
pag. 257. --- Page 315 ---
a
TABLE DES NATIÈRES
avec les Chérakis et, autres
Kaouitas. Ils se réunissent
61,
faire la guerre aux Français, pag.
peuples pour
Protestation de son innocence avant d'être
La Frénière.
sa mort héroique
fusillé par les ordres d'Orelly;
pag. 168.
La Harpe. Son expédition à la baie de Saint-Louis.pag.149 de
La Sale. Reconnaissance qu'il fait de T'embouchure
TOhio ) pag. 57.
dans le Mississipi et la Louisiane, >
Ses découvertes
dont il est nommé gouverneur; sa mort violente, pag,
à 131,
Etabli le fort Saint-Sauveur, pag.37.
La Saussuye (de).
cette contrée; discusLouisiane. Droit de la France sur
sions avec les Anglais, pag. 56.
déterminées par
Ses limites et ses dépendauces,
Louis XIV, pag. 58.
d'OcciCession de cette colonie à la compagnie
dent, pag. 5g.
les droits de la
Nouveaux faits qui prouvent
France sur cette contrée, pag. 62.
habitent au
Tableau des nations principales qui
sud de çette contrée, pag. 96.
Son régime sous la régence du duc d'Orléans;
billets de Law ; discrédit de la colonie, pag. 153.
Guerre des Chicachas et des nègres, pag. 155, Fautes
des Français dans cette contrée, pag. 157.
de
Etat où se trouve ce pays avant la guerre
159. Elle est cédée à l'Espagne à la cession
1756, pag.
161. Conduite cruelle de l'agent
des hostilités,, pag.
espagnolià l'égard des Français, pag. 163.
Des objets du commerce dont elle est susceptible, pag. 178.
ie, pag. 153.
Guerre des Chicachas et des nègres, pag. 155, Fautes
des Français dans cette contrée, pag. 157.
de
Etat où se trouve ce pays avant la guerre
159. Elle est cédée à l'Espagne à la cession
1756, pag.
161. Conduite cruelle de l'agent
des hostilités,, pag.
espagnolià l'égard des Français, pag. 163.
Des objets du commerce dont elle est susceptible, pag. 178. --- Page 316 ---
TABLE DES MATIERES
Malabar. Avantages de la position politique de sa côte,
pag. 219.
qui ravagea le camp de Kourou >
Maladie contagieuse
pag. 257.
Etablissement de ce peuple
Malomines, ou Folles-Avoines.
sur la rivière Sainte-Croix, pag. 91.
leurs rois,
Marattes. Leur portrait, leurs habitations,
pag. 194- Doivent leur force à la faiblesse des successeurs
195. Reçoivent le quart de tous les
d'Aureng-Zeb, pag.
revenus de l'Indostan, pag. 196.
189.
Mémoire historique et politique sur TIndostan, pag.
Métaux. Ce que leur consommation assure aux pays que
la nature en a pourvus > pag. 249.
20c.
Militaires. Leur grand nombre dans l'Indostan, pag.
Sa connaissance est devenue d'une nécessité
Minéralogie.
absolue > pag. 248. établissemens près le lac Ontario,
Missisaguets. Leurs
pag. 79.
reconnaissance et
Mississipi. Découverte de ce Aeuve;
navigation vers ses sources, pag. 56.
rivières
Cours de ce fleuve; nomsdesp principales
avec leur distance,pag. 87-.
quis'ydégorgent au nord-est, nations établies sur les riNoms des principales
vières au nord de ce feuve, pag. 91.
année
Grand). Sa coutume de se faire peser chaque
Mogol(
dans une balance d'or,pag. 202.
danslInde. Parquifut fondéleur empire, pag. 227.
Mogols
tiennent actucllement: bien peu des
Mogols de IInde (les)
Leur nourriture,
Mogols Tartares leurs aieux,pag. 224.
suiv.
leur langue, leur religion, ib. et pag.
leurs usages,
effets de sa molesse, pag: 193.
Mohabet-Kan. Déplorables
fortifie Montréal et le fort Sorel, pog-46.
Montmagni
. 202.
danslInde. Parquifut fondéleur empire, pag. 227.
Mogols
tiennent actucllement: bien peu des
Mogols de IInde (les)
Leur nourriture,
Mogols Tartares leurs aieux,pag. 224.
suiv.
leur langue, leur religion, ib. et pag.
leurs usages,
effets de sa molesse, pag: 193.
Mohabet-Kan. Déplorables
fortifie Montréal et le fort Sorel, pog-46.
Montmagni --- Page 317 ---
a
TABLE D ES MATIÈRES
titre
il se rapporte à la personne
Nabab. Ceque ce
signifie; officiers del'empire. , P. 202.
et nullement aux principaux
ce peuple et les Jazons
Natchés. Massacre des Français par
réunis, pag. 60.
exercer dans la partie
Naturaliste. Fonction qu'il pourrait
238, 23g.
française de l'ile Saint-Domingue, pag.
servir de
le
pour ne point
Nègre (un) se coupe poignet
bourreau, pag. ix.
, pag 221.
Nizami-Boulouc. Portrait de cet empereur,
sa position ; pays qu'il traOhio. Sources de ce fleuve,
qu'il reçoit, et
verse; son cours ; les rivières principales à 81.
la distance de l'une à l'antre, pag. 79
85.
Ohio. Noms des peuples établis sur ses bords , pag.
tous les jours.
Olivier. La culture de cet arbre s'appauvrit
pag. 238.
Olivier (I) devrait être transporté en Amérique, les pag,938. belles essur rOlea Americana
On pourrait greffer
ib.
pèces de la Provence ou du Languedoc, cantons qu'ils
Onotagues. Un des cing peuples Iroquois;
occupent, pag. 78.
espagnol contrel les Français
Orelly. Atrocités de cet agent
Français,P.1 167.
de la Louisiane, p. 165. Ilfait fusillerles)
sur sa
Orixa. Les Anglais avaient formé un établissement
côte, pag. 219.
Projet d'incendier cette ville,
Orléans (la Nouvelle-).
des Anglais, p. 60.
conçu par les nègres, à l'instigation
Monument de surprise et d'usurpation
Osvego (lefort).
voulu se faire un titre dans le Cadont les Anglais ont
nada,pag. Etablissemens 72.
des Français sur ce fleuve, p. 58.
Ouabache.
Ounegouths. Pays qu'ils occupent , pag. 79Sources et cours de cette rivière, pag. 8g.
Ouiscousing.
-).
des Anglais, p. 60.
conçu par les nègres, à l'instigation
Monument de surprise et d'usurpation
Osvego (lefort).
voulu se faire un titre dans le Cadont les Anglais ont
nada,pag. Etablissemens 72.
des Français sur ce fleuve, p. 58.
Ouabache.
Ounegouths. Pays qu'ils occupent , pag. 79Sources et cours de cette rivière, pag. 8g.
Ouiscousing. --- Page 318 ---
TABLE DES MATIÈRES
Patanes, Leur race; nation de l'Âsie la plus brave; leur
habitation ; le centre de leur domination; excellens soldats, pag. 198.
Patente impériale. Lej prixqu'onyattache dans l'Indostan,
pag. 201.
Poivre (le) a été cultivé, suivant le P. Labat, dans une des
Antilles ; cette culture dévastée par les malheurs de la
guerre, pag. 237.
Prairies (les) manquent dans la partie française de l'ile
Saint-Domingue, pag. 234.
Population (la) nait de l'abondance, pag. 233.
Effets de ses progrès dansa une colonie nouvelle,
pag. 261.
Philz (l'amiral) s'empare de l'Acadie; reprise de ce pays
par les Français, pag.4 41.
Puants ou Olchagras. Leurs établissemens, pag. 92.
Quebec. Fondation de cette ville, pag. 37.
Ragogy-Bousole, prince de la race royale des Marattes
s'établit au nord de la côte d'Orixa, pag. 219.
Raja-Poutes (les) sont les descendans des anciens Indous
que combattit Alexandre; habitent les montagnes au 2
centre de l'Indostan, pag. 197, 198.
Rajas (les). Grands vassauxdel'empire del TIndostan,P-198.
Ils professent encorelanciemnereligion des Indes, p. 199:
Rénards (les), ou les Outagamis et Mascoutis. Leurs établissemens, pag. 91.
Résine. Son excessive abondance reprochée aux bois de
l'ile de Corse, pag. 246. Ce défaut n'est point sans remède, ib.
Saint-Castein. Droit des gens violé dans la personne de ce
Français par les Anglais, pag, 45.
ostan,P-198.
Ils professent encorelanciemnereligion des Indes, p. 199:
Rénards (les), ou les Outagamis et Mascoutis. Leurs établissemens, pag. 91.
Résine. Son excessive abondance reprochée aux bois de
l'ile de Corse, pag. 246. Ce défaut n'est point sans remède, ib.
Saint-Castein. Droit des gens violé dans la personne de ce
Français par les Anglais, pag, 45. --- Page 319 ---
-
DES MATIÈRES 313
TABLE
Saint-Denis. Expéditions infructueuses, 3 pag. 142. 88.
(rivière de). Ses sources et son cours, p.
Sainte-Croiz
Sakis. Etablissemèns de ce peuple, pag. 92.
les
député à la cour de France par
Saintelette (M.de),
vij- Force prodigieuse
habitans de la Louisiane, pag.
d'étouffer dans
viij. Est sur le point
de son corps, pag. avait voulu se mesurer avec lui,ib,
ses bras un Anglais qui
dans les Indes, pag. 210.
Saint-Thomé. Origine de cenom
et de fourbeSalabelzingue. Sa vie est un tissu d'intrigues"
ries-très-adroites, pag. 221.
de Saint: i
Sauvageons. Les habitans de la partie française
contentent de manger les fruits qu'ils proDomingue se
duisent, etnégligent la bonification des espèces,pag.a36.
de Dély; sa destination , pag.2 204.
Scheherade, prison
Shah-Jehan, fut le Salomon des Mogols, > pag. 227.
dans la Floride et sa mort dans la LouiSoto. Son voyage
siane 3 pag. 124..
qu'il obtient dans le
Sterlin (le comte de). Concession
Canada, au préjudice des Français , pag. 57.
comte de). Concession que Jacques premier
Sterlin (le
65.
lui fit de TAcadie et d'autres pays adjacens > pag.
de la
générale qui a
Subabs (les) ont profité
conspiration
leur
éclaté contre la puissance impériale pour appuyer
indépendance, pag. 199Subards ; ce que ce mot signifie, pag. 191.
un
Subard du Décan (le-); ce qu'il comprend compose
seul gouvernement, , pag. 220.
6g.
Suédois. Leurs découvertes dans T'Amérique septent.,p.
Ligue de ce peuple contre les Anglais et
Tchactos (les).
les incursions des Iroquois, pag. 5gThamas-Koulikam. Son expédition à Dély 5 ce qu'il en
coûta aux états du Mogol, pag. 228,
ifie, pag. 191.
un
Subard du Décan (le-); ce qu'il comprend compose
seul gouvernement, , pag. 220.
6g.
Suédois. Leurs découvertes dans T'Amérique septent.,p.
Ligue de ce peuple contre les Anglais et
Tchactos (les).
les incursions des Iroquois, pag. 5gThamas-Koulikam. Son expédition à Dély 5 ce qu'il en
coûta aux états du Mogol, pag. 228, --- Page 320 ---
MATIÈRES
514 TABLEDES
Theakiki (le). Sa source, son cours, son embouchure,
pag. 90.
culture réussirait dans l'ile de Corse,
Thé de la Chine; : sa
pour la
247. Il en résulterait un grand avantage
pag.
France, pag. 248.
la
de"
Thé. Son usage fait sortir tous les ans de Franceplus
quatre millions en argent, pag. 248.
Tsonnoiuthouans. Etablissemens de ce peuple, pag. 78.
marquis de). Peuples qu'il subjugue "dans le
Tracy (le
Canada, pag. 46. Sa lettre à M. le duc de Choiseuil,
Turgot (le chevalier).
pag, 273.
relativement àM. de ChanDétails sur sa conduite
valon, pag. 274 et suiv.
Objet de sa commission à la Guyane, pag.275.
Réfute les. reproch es du duc de Choiscuil, et ceux
dans le public, pag- 280. Ce que
qu'on avait répandus
281, 282.
porte le préambule de ses instructions , pag. colonie blanche
Son avis sur l'établissement d'une
dans la Guyane, pag. 282 et suiv.
lui sont
Continue de réfuter les imputations qui
faites, pag. 286 et suiv.
Fut atteint à la Guyane de la maladie contagieuse,
pag. 291.
Sa conduite généreuse à l'égard des Anglais qui
Yaudreuil.
des Français dans leurs établisseavaient fait assassiner
mens en Amériqué, pag.43.
des
Leur immense variété; leur emploi pour
Végétaux.
et médicinaux, pag. 245.
usages économiques
à Saint-Domingue, et
Vanille (la) pourrait se découvrir
s'y propager, > pag. 238.
et privée 2
Vergennes (M. de). Précis de sa vie publique --- Page 321 ---
TABLE DES MATIÈRES
ix et suiv. Ses premiers travaux diplomatiques 3
pag.
qu'en fait M. le ducde Choiseuil, pag.xj,
pag.x. Eloge
XV. Sa bienfesance,
xij. Son désintéressement, pag.
pag. xvj.
écrivit de Suède à son épouse.
Vergennes. Lettre qu'il
pag. xvij.
Etablissement qu'y avaient formé les AnVizagapalnam. Ils én furent chassés par M. de Bussy 2 ib.
glais, ,pag. 219.
quelquefois du subard du Décan,
Visapour (le) dépend
pag. 220.
dans lIndostan, pag. 205
Visir (grand). Sa puissance
a
et suiv.
traité d'). Ce qu'il renferme de précis relativeUtrecht (
la France fit à l'Angleterre conment à la cession que
en quel sens ces
cerhant T'Acadie et pays adjacens;
derniers mots doivent être entendus, pag. 67.
Fin de la Table des Matières. --- Page 322 ---
- --- Page 323 --- --- Page 324 --- --- Page 325 ---
-
2.1 )
E802
V495m --- Page 326 ---